Travaux de la Commission française sur l'industrie des nations
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1851.
- TRAVAUX
- DE
- LA COMMISSION FRANÇAISE
- SUR L’INDUSTRIE DES NATIONS.
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- î'Xm 55.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1851.
- TRAVAUX
- DK
- LA COMMISSION FRANÇAISE
- SUR L’INDUSTRIE DES NATIONS,
- PUBLIÉS
- PAR ORDRE DU MINISTRE DE L’AGRICULTURE ET DU COMMERCE.
- TOME PREMIER.
- (INACHEVÉ.)
- PARIS.
- IMPRIMERIE NATIONALE.
- M DCCC LXXIII.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1851
- A LONDRES.
- LISTE ALPHABÉTIQUE
- DES '
- EXPOSANTS FRANÇAIS,
- INDIQUANT LEURS RÉCOMPENSES.
- NUMEROS
- RECOMPENSES
- des
- JURTS.
- de la FRANCE.
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- 1 X 2 (m.p.) Ackxin, Paris, rue Bourbon-Ville-neuve , 36. — Orgue monoclave.
- 2 XII Adolphe (Charles), Mulhouse (Haut-Rhin). — Damas de laine.
- 3 IV M. bon. Affourtie (Gustave-Louis), Valle-< rangues (Gard). — Soie grége.
- 4 XXVII M. hon. Agombàrt (Preser), Saint-Quentin (Aisne). —Chaux hydraulique.
- 5 6 XII XXI 2 (m. p.) M. lion. Albinet fils, Paris, rue de la Vieille-Estrapade ,19. — Couvertures. Alcan, Paris, rue d’Enghien, 28.—
- VI 2 (m.p.) Tour à filer la soie, limes.
- 7 X M. hon. Alexandre et fils, Paris, rue Meslay, 39. — Orgue.
- 8 XXIX 2 (m.p.) 1 (m. c.) Alexandre (Félix), Paris, rue Saint-Honoré, 40. — Éventails. Algérie. (Envoi collectif*. — Produits divers.
- 9 XIX 2 (m.p.) Allard et Claye, Paris, rue du Faubourg Saint-Denis, 317. — Parfumerie.
- * Les envois de l’Algérie ont été faits collectivement par l’entremise du Département
- à la suite de celle-ci.
- Médaille du conseil décernée au Ministère de la guerre, pour les produits de l’Algérie dus aux soins qu’il a donnés à la colonie française.
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- 2
- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- des de la
- D'ORDRE DU JURY. JURYS. FRANCE.
- 10 IV. Ilf. M. hon.
- 11 XXIX 2 (m.p.)
- 12 I. M. bon.
- XXV. M. hon.
- 13 XXVII. 2 (m.p.)
- XXV.
- 14 XXIV 2 (m. p.)
- 15 16 IX
- XXVII 1 (m.C.) •
- 17 VII
- 18 XVII 2 (m.p.)
- 19 20 21 II III XXVI M. bon.
- 22 IV 2 (m.p.)
- 23 24 25 x
- VI XVIII
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- Alléon, Annonay (Ardèche). — Albumine d’œuf.
- Allix, Paris, rue Montmartre, 41. — Modèles de bustes pour coiffeurs.
- Alluaud aîné, Limoges (Haute-Vienne ). — Porcelaines.
- Amuller, Paris, Faubourg-Poissonnière, 51.— Tuiles.
- Andelle et C‘e, Epinac (Saône-et-Loire ).—Bouteilles.
- André et major Bronno-Bronski , Bordeaux (Gironde). — Charrues.
- André (Jean-Pierre-Victor), Val-d’Osne (Haute-Marne). — Objets en fonte.
- Andreolety père et fils, Saint-Lô (Manche).—Appareils culinaires.
- Angrand, Paris, rue Meslay, 59. — Papier de fantaisie.
- Anthelme, Andelain (Aisne). — Potasse.
- Appert , Paris, rue des Trois-Bornes, 15. — Conserves alimentaires.
- Archambault, Paris, rue Saint-Lazare, 126.—Moulures et bâtons cannelés.
- Ardoisières de Rimogne (Voir Société des).
- Arduin et CHancel , Briançon ( Hautes-Alpes).— Bourre de soie peignée, cressentin, etc.
- Arera , Paris, rue de la Barillerie, 3. — Horlogerie.
- Armengaud aîné, Paris, rue Saint-Sébastien, 45. — Dessins de machines.
- Arnaud Veissière, Puteaux (Seine). — Teinturerie.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 3
- NUMÉROS
- RÉCOMPENSES
- D’ORDRE
- DU JURY.
- des
- JURYS.
- de la FRANGE.
- NOM , DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- 20
- 27
- 28
- 29
- 30
- 31
- 32
- 33
- 34
- XXX
- XXIX
- II
- XXI
- IX
- V
- XVII
- XXII
- XXX
- II
- XXIX
- XII
- 2(m.p.; \2 (m. p.;
- 1 ( m. G.’
- 2 (m.p.j
- M. lion.
- 35
- 36
- 37
- 38
- 39
- XIX
- X
- XXIX
- III
- XXIII
- XIX
- 2 (m. p.) M. lion. |2 (m.p.)
- 2 (m. p.) M. lion.
- 40
- 41
- XXIX XXIII IV '
- )2 (m.p.)
- |2(m. p.)
- M. lion.
- 42
- XXX
- Arnauld Berltner, Paris, rue de Provence, 4. — Calligraphie.
- Arnavon, Marseille (Bouches-du-Rhône) .—Savons.
- Arnheiter, Paris, place Saint-Ger-main-des-Prés, 9. — Instruments horticoles.
- Arnoüx, Paris, rue du Mont Parnasse, 23. — Voitures.
- Arrault , Paris, rue Saint-Denis, 96. — Papier de fantaisie.
- Aubanel, Paris, rue de Trévise, 43. — Porte en fonte et bois sculptés.
- Aubergier, Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).— Sirop de lactarine.
- Aübert et Noël, Paris, rue Saint-Honoré, 265. — Eaux-de-vie de fruits.
- Aübedx, Paris, rue et impasse de l’Oreillon. — Etoffes de cachemire.
- Aobry frères, Paris, rue des Jeûneurs, 33. — Dentelles.
- Aucher, Paris, rue de Bondy, 44.— Pianos.
- Aüclerc et Ledodx (veuve), Paris, rue des Lombards, 46. — Confiserie.
- Aococ aîné, à Paris, rue de la Paix, 6.— Nécessaires.
- Audiat, Paris, rue du Mail, 22. — Tulles brodés.
- Aüdot, Paris, rue Richelieu, 81.— Nécessaires.
- Aügan, Paris, rue de La Tour-d’Au-vergne, 10. — Gomme artificielle.
- Aozoux, Paris, rue de l’Observance, 2.—Anatomie plastique.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUN D'ORDRE lÉROS DU JUIIY. RÉCOMP des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 43 XXV M. lion. Avisseau, Tours (Indre-et-Loire).— Poterie.
- 44 IV Aîné frères, Lyon (Rhône).— Soie grenadine. B
- 45 XXVI M. hon. Bach frères, Fauhourg - Saint - Denis, 89. — Stores.
- 46 XII 2 (m. p.) Bacot et fils (Paul), Sedan (Ardennes. — Draps.
- 47 XXIII Badin, Paris, rue Saint-Martin, 105. — Tissus de plumes diamantées.
- 48 XXIX M. hon. Bagré, Paris, rue Neuve-Saint-Lau-rent, 18. — Cannes.
- 49 IV M.hon. Baiiuet, Beaumont (Marne). — Mérinos, soies.
- 50 XVII Baillière, Paris, rue Hautefeuille, 19. —Ouvrages de librairie.
- 5Î X M. hon. Bailly Comte père et fils aîné, Mo-rez (Jura). — Horloge de tour.
- 52 XIII 2 (m. p.) Balay ,Saint-Étienne (Loire). — Rubans.
- 53 XIII 2. (m. p.) Ballf.idier, Lyon (Rhône).—Soies et velours.
- 54 X Bai.ly, Paris, rue Notre-Dame-de-Nazareth, 25. — Horlogerie.
- 55 XXVI M. hon. Balny jeune, Paris, rue de Charen-ton. — Meubles.
- 56 XVII Bance, Paris, rue Croix-des-Petits-Champs, 25. — Livres reliés.
- 57 XXV 2 (m. p.) Bapterosse, Paris, rue de la Muette, 27. — Boutons en porcelaine.
- 58 X 2 (m. p.) Baranoyvski, Paris, rue de Parme, 3. — Compteurs divers.
- 59 XVII M. hon. Barbat , Châlons-sur Marne (Marne). — Librairie.
- 60 XII Barbaux-Lescüyé, Bazancourt (Marne ). — Mérinos.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
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- NüM D’ORDRE ÉROS »ü jour. RÉCOMP des JURYS. ENSES de la FRANCE.
- 61 XXX
- 62 XXX I (m. C.)
- 63 VIII. 2 (m. p.)
- 63 IV M. hon.
- 64 XIII
- 65 XVI 2 (m. p.)
- 66 XXV
- 67 XVII XXX 2 (m. p.)
- 68 IV M. lion. 2 (m. p.)
- 69 XIII 2(m.p.)
- 70 IV M. hon.
- 71 X
- 72 I V
- 73 XXX
- 74 * II
- 7A IX
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS,
- Bardé, Mulhouse (Haut-Rhin).— Dessins pour impression.
- Barbedicnné et C‘°, Paris, boulevard Poissonnière, 30.—Objets d’art.
- Barbotin, capitaine de vaisseau.— Cabestan pour chaînes-câbles.
- Barrai., Ganges (Hérault).—Soies grèges et ouvrées.
- Barrallon et Brossard, S‘-Étienne (Loire). — Rubans de soie.
- Barrande, Paris, rue des Cinq-Diamants, 11. — Cuirs.
- Rarré-Russin, Orchamps (Jura).— Porcelaine.
- BarrÉre, Paris, rue Mazarine, 62. — Procédé pour la gravure.
- Barres frères, Saint-Julien-en-Saint-Alban (Ardèche). —Soies grèges et ouvrées.
- Barth, Massing et Plichon, Paris, rue du Temple, 29.—Peluches de soie.
- Barthelats (De), Logères (Allier). — Soies grèges.
- Basely, Paris, rue Constantine, 11. — Aiguilles pour horlogerie.
- Basin, Paris, rue d’Antin, 14. — Tripoli français.
- Bastard (De), Paris, rue Saint-Dominique, 95. — Peintures et ornements, 48planches, présentant l’histoire figurée de l’art de nos manuscrits nationaux.
- Bataille, Blangy-sur-Bresle (Seine-Inférieure) .—Produits chimiques.
- Batailler, Neuilly (Seine), et Mon-targis (Loiret).—Machine agricole.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NU1V D’ORDRE. [ÉROS DU JURT. RÉCOMP des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 76 XX XVI 2(m.p.) Bathier, La Souterraine (Creuse). — Sabots, guêtres.
- 77 XX M. lion. Bâton (veuve et fils), Lyon (Rhône). — Chapeau de feutre et soie.
- 78 XVII Battenberg, Paris, rue du Dragon, 20.— Gravure et typographie.
- 79 VI Baughet-Verlinde,Lille (Nord).— Machine.
- 89 IV Baudon, Paris, rue Neuve-Saint-Lau-rent, 6.— Bois teint.
- 81 XXIV Baudouin, rue de Socrate, Rouen (Seine-Inférieure). — Vitrerie, peinture, émail.
- 82 I XXVII 2 (ni. p.) M. hon. Baudry (A.-T.), Mons-Athis (Seine-et-Oise). — Aciers. Bay (De) (Auguste),Paris, rue Notre-
- 83 XXX 2 (m. p.) Dame-des-Champs, 75. — Sculptures.
- 84 XXX 2 (m. p.) Bay (De) (Jean), Paris, rue Notre-Dame-des-Champs, 76. — Sculptures.
- 85 XXX 2 (m. p.) \ Bayard , Bâtignolles ( Seine ). — Dessins photographiques.
- 86 XVI Bayvet frères et Cie, Choisy-le-Roi (Seine). — Cuirs.
- 87 XIII Bazelaire (De), Moyrans (Isère).— Ri^ians.
- 88 IX Bazin (Armand), Mesnil-Saint-Fir-min (Oise). — Charrue.
- 89 90 III XVII 2 (m.p.) Bazin père, Mesnil-Saint-Firmin (Oise). — Blés. Beard , Paris, rue Jean-Jacques-Rousseau, 20. — Impression en taille-douce.
- 91 XXVI Beaufils, Bordeaux (Gironde). — Ebénisterie.
- 92 XXI Beaufort (De), Paris, rue de Bourgogne, 28. — Pied artificiel.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 7
- NUM D’ORDRE. ÉROS DU JURÏ. RÉCOMP des junrs. ENSES de la FDANCB.
- 93 IV 2 (m.p.)
- 94 IX 2(m. p.)
- 95 X
- 96 III.
- 97 XXIV
- 98 XVII
- 99 XXVI 2 (m.p.)
- 100 IV 2 (m. p.)
- 101 XIII 2 (m.p.)
- 102 XII )
- 103 V 2 (m.p.)
- 104 XVI
- 105 IV M. lion.
- 106 X 2 (m. p.)
- 107 108 I 2 (m.p.) 1 (m. C.) &
- 109 VIII
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- Beauvais (Oise). [Manufacture de]. — ( Voir Manufactures nationales. )
- Beauvais ( Camille ), Paris , rue Notre-Dame-de-Nazareth, 18. — Soie grége.
- Beauvoys (De) (Charles-Paix), Seiches (Maine-et-Loire). — Ruches. Béchot fils, Paris, rue du Pont-de-Lodi, 3. — Pendules.
- Begou frères, Bordeaux (Gironde).
- — Pâtes alimentaires.
- BÉGUÉaîné, Le Cardin (Dordogne). — Verrerie.
- Béguin , Paris, rue du Marché-Saint-Honoré, 6. — Cartonnages. Bellangé, Paris, rue des Marais, 11. — Ebénisterie.
- Bellevillefrères, Nancy (Meurthe). — Amidon.
- Bellon et C‘e, Lyon (Rhône). — Soieries. «-
- Bellot-Collière, Anzicourt ( Aisne). — Laine filée.
- Belvalette frères, Boulogne (Pas-de-Calais). — Voitures. Bencrafft, Paris, rue de Ponthieu, 36. — Objets de sellerie.
- Benouville (Mélanie), Igny (Haute-Saône). — Soie grége.
- Béranger et Cie, Lyon (Rhône). — Instruments de pesage.
- Béranger (A.). — Peinture sur porcelaine.
- Bérard et C1*, Paris, rue Blanche, 44. — Houille.
- Berger, Saint-Étienne (Loire). — fiusils de luxe.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NU1Y D'ORDRE. IÉROS Dü JURY. RÉCOMP des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE des exposants.
- 110 XXIV Berger-Walter, Paris, rue de Paradis-Poissonnière, 27. — Boutons de cristal.
- 111 112 XXX M. hon. Berger-W alter, (successeur de Bauer-keller et Cie), Paris,rued’Enghien, 7. — Cartes géographiques. Béringer. — Armes de chasse.
- 113 XXIV 2 (m. p.) Berlioz et C‘e, Paris, rue de la Douane, 16. — Glaces.
- 114 VII Bernard, Paris, rue Constantine, 34. — Machine à filer.
- 115 VIII M. hon. Bernard (Albert), Paris, rue Constantine, 34. — Canons de fusil.
- 116 XXVI Bernard (Jean - Baptiste), Valenciennes (Nord). — Parquets.
- 117 X M. hon. Bernard (Désiré-François), Paris, rue des Marmousets, 30. — Instruments d’optique.
- 118 VIII 2 (m. p.) Bernard (Léopold), Passy (Seine). — Canons de fusil.
- 119 X 2 (m. p.) Bernardel aîné, Paris, rue Croix-des-Petits-Champs, 211 .— Instruments de musique. Bernoville, Larsonnier et Che-
- 120 IV M. hon. nest, Paris, rue des Jeûneurs,
- XVIII 2 (m.p ) 23. — Laine peignée et filée, tissus imprimés.
- 121 XIX 2(m. p.) Berr etC16, Paris, rue de Clichy, 17, — Tulle brodé.
- 122 XXX 2(ra. p.) Berrüs frères, Paris, rue Mont- 1 martre, 73. — Dessins pour 1 châles. B
- 123 XIII M. hon. * Bert, Lyon (Rhône). — Tissus de soie.
- 124 XXIV 2 (m. p.) Bertadd jeune, Paris, rue de Bretagne, 32. — Objets d’optique.
- 125 XII 2 (m.p.) Bertèche, Chesnon et Cie, Sedan (Ardennes). — Draps.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
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- NU* D'OUDRE. [ÉROS DU JURY. RÉCOMP1 des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE SES EXPOSANTS.
- 126 XVI 2 (m. p.) Bertiiaült fils, Issouclun (Indre).— Parchemins.
- 127 VI 2 (m.p.) Bertiielot, Troyes (Aube). — Métiers circulaires.
- 128 XVI Berthiot, Paris, rue Oblin, 5. — Cuirs.
- 129 XVII Berton, Paris, Faubourg-Saint-Mar-lin, 13. — Cartonnages.
- 130 VIII 2 (m.p.) Bertonnet, Paris, passage Cboiseul, 56. — Arquebuserie.
- 131 •XIII M. bon. Bertrand (Adolphe), Lyon (Rhône). — Soieries.
- 132 XXVIII Bertrand et C!e, Ganges (Hérault). — Filets de pêche.
- 133 XIII 2 (m.p.) Bertrand , Gayet etDumontat, Lyon, (Rhône). — Soies.
- 134 XVII Bescher, Paris, i’ue Guénégaud, 8. — Composteur musical.
- 135 XIV 2 (m. p.) Besnard, Richon, Genest, Angers (Maine-et-Loire). — Cordages, lignes.
- 136 X 2 (m.p.) J Besson, Paris, rue des Trois-Cou-ronnes, 7. — Instruments de musique.
- 137 XIII Besson et C1*, Lyon (Rhône). — Soies.
- 138 XXV 2 (m. p.) Bettignies (De), Saint-Arnoud-les-Eaux (Nord). —Porcelaines.
- 139 X 2 (m.p.) Beyerle, Paris, rue Mazarine, 44. — Optique.
- 140 X - Bezadlt et C,e, Paris, rue des Vinaigriers, 18.— Machine hydro-extracteur.
- 141 IV 2 (m.p.) Bianchi (Jame-) et Duseigneur, Lyon (Rhône). — Soie grége.
- 142 XVII Biard, Paris, rue Jean-Jacques-Rousseau, 20. — Impression de luxe.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- D’ononE* I>ü JURY. des de la
- JURYS* FRANCE.
- 143 XXI
- 144 XV 2 (m. p.)
- 145 XV
- 146 XII 2 (m. p.) &
- 147 XXI
- 148 XIX XXVI M. hon.
- 149 XXIX
- 150 XIV
- 151 XXX !
- 152 XIX
- 153 V
- 154 XVII 2 (m. p.)
- 155 XXIX
- 156 XXX
- 157 XXIV
- 158 XXII XVII 2 (m. p.)
- NOMS, DEMEURE ET INDUSTRIE
- SES EXPOSANTS.
- Biber, Paris, rue Hautefeuille, 32. — Clyso-irrigateurs.
- Biétry et fils, Paris, rue de Richelieu, 102. —Châles.
- Bigny (Forges de). Voir Galicher et C:e.
- Billecoq, Paris, boulevard Poissonnière, 23. — Châles brodés.
- Billiet etHoot, Paris, rue du Sentier, 43. — Laines peignées filées.
- Biondetti , Paris, rue Vivienne, 48. — Bandages herniaires.
- Bisiaux, Paris, rue de la Victoire, 54. — Tableaux, imitation de bois et marbres.
- Bisson jeune, Bernay (Eure). — Ouate.
- Blais fils, Letellier et Cie, Goufre-ville-l'Orcher ( Seine-Inférieure). — Cordages.
- Blaise, Paris, rue de Touraine-Saint-Germain, 3. — Gravures.
- Blanchet (Jean-Baptiste), Paris, rue des Mauvaises-Paroles, 14. — Filet brodé et bas de soie.
- Blanchet frères, Fures (Isère).— Bandes de locomotive.
- Blanchet frères et Kléber, Rives (Isère). — Papier.
- Blank, Paris, rue du Roi-de-Sicile, 20. — Porte -monnaies-, peintures appliquées.
- Blanquart, Lille ( Nord).— Epreuves héliographiques.
- Blanvin, Paris, rue aux Ours, 23. — Miroirs.
- Blanzy-Poure et C”, Boulogne (Pas-de-Calais).— Plumes métalliques.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
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- NUft d’oudue. IÉROS DU JURT. RÉCOMP des JDRTS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE ». DES EXPOSANTS.
- 159 XXX Blaquiçre, Paris, rue Neuve-Saint-Augustin, 6. — Cartes.
- 160 XVIII 2 (m. p.) Blech, SteinBach et Mantz, Mulhouse (Haut-Rhin). — Tissus imprimés.
- 161 XIV Blériot et Lemaistre, Paris, rue de Cléry, 21. — Toiles et linons.
- 162 XXVIII M. hon. Bleuze-Hadencourt , Paris, rue des Lombards, 33. — Parfumerie.
- 163 XV 2 (m. p.) Boas frères et C18, Paris, rue Vide-Gousset, 4. — Châles.
- 164 II 2 (m. p.) Bobée (veuve) et Lemire, Choisy-le-Roi (Seine). — Produits chimiques.
- 165 XXII M. hon. Boche, Paris, rue des Vinaigriers, 19. — Articles de chasse.
- 166 IX Bodin, Rennes (Ille-et-Vilaine). — Charrues.
- 167 XXI M. hon. Boeringer et C19, Paris, cour des Miracles, 6. — Ferme-portes.
- 168 XII Boileau - Robert , Pontfaverger (Marne). —Mérinos écru.
- 169 XXVII M. hon. Boissimon (De), Langeais (Indre-et-' Loire). — Poteries.
- 170 VI 2 (m. p.) Boland , Paris, rue et île Saint-Louis, 52. — Pétrisseur mécanique.
- 171 X Bollée , Saint - Croix - lès - Le - Mans (Sarthe). — Cloches harmoniques.
- 172 XVII M. bon. Bondon, Paris, impasse Sainte-Opportune. — Papier de fantaisie.
- 173 XV M. hon. Bonfils, Michel Souvraz et (V9, Paris, rue des Fossés-Montmartre, 3. — Châles.
- 174 XIV 2 (m. p.) Boniface et fils, Cambrai (Nord). — Tissus de lin.
- 175 IV M. hon. Bonnal et C19, Montauban (Tarn-et-Garonne). — Soie grége.
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- 12 LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMPI des JURYS. SNSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 176 177 XXX M. hon. Bonnassieüx, Paris, rue du Cherche-Midi, 57. — Statue. Bonnet. — Peinture sur émail. Bonnet (Jean-Baptiste), Rousset (Bouchés-du-Rhône). — Charrue.
- 178 IX
- 179 XXVII M. hon. Bonnet jeune, Paris, Chemin de ronde, 5. — Creusets.
- 180 XIII 2 (m. p.) Bonnet et C,e, Lyon (Rhône). — Soieries unies.
- 181 IV 2 (m. p.) Bonneton, Saint-Vallier (Drôme).— Soie grége.
- 182 XV M. Lon. Bonte, Roubaix (Nord). — Tissus de laine et de coton.
- 183 184 X II Bontems, Paris, rue de Cléry, 80.— Pendules-bronze. Bonzel frères, Haubourdin (Nord). — Céruse.
- 185 XXX Boqüet (MUe Virginie), Paris. — Peinture sur porcelaine.
- 186 II Boqüet, Sèvres (Seine-et-Oise). — Galvanoplastie.
- 187 X Bord, Paris, boulevard Bonne-Nouvelle, 35. — Pianos.
- 188 XXVII 2 (m. p.) Borie frères, Paris, boulevard Poissonnière, 24. — Briques et machines pour les fabriquer.
- 189 XXI . Borsary, Dijon (Côte-d’Or). —Machines et bandages.
- 190 XXVII 2 (m. p.) Bossi, Paris, rue Saint-Hyacinthe, 26. —Mosaïques, marbres.
- 191 VI Bottier, Paris, rue Saint-Jean-de-Beauvais, 30. — Moules à battre l’or.
- 192 IV M. hon. Boüasse-Lebel et Cie (Mme veuve), Paris, rue du Petit-Bourbon.— Images en gélatine.
- 193 XVII Boochard-Hozard (Mme veuve), Paris, rue de l’Éperon, 5. — Ouvrages imprimés.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- • 13
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMPJ • des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS,
- 194 XII M. hon. Bouchart -FlorIn, Tourcoing (Nord). — Tissus.
- 195 XXII II 2 (m.p.) Boucher et Cie, Paris, rue des Vinaigriers, 15. — Etamage, fontes.
- 196 VII 2 (m. p.) Boucherie, Paris, rue Mondovi,5. — Appareil à injecter le bois.
- 197 XII Bouchez-Pothier, Wameriville (Marne). — Tissus mérinos.
- 198 VI Bouchon, Paris, place de la Madeleine, 16. —Moulin à bras.
- 199 XXV Boudon de Saint-Amans, Lamarque près Agen (Lot-et-Garonne). — Porcelaines.
- 200 XIII 2 (m. p.) Boudon, Saint-Jean-du-Gard (Gard). — Soies.
- 20J XXVI 2 (m. p.) Bouhardet, Paris, rue de Bondy, 70. — Billards.
- 202 XXIII 2 (m.p.) Bouii.LETTE-HYVELiN'etC16, Paris, rue Sainte-Avoie, 46. — Bijouterie.
- 203 XXII M. hon. Boulonnois, Paris, rue Saint-Sébastien , 48. — Bronzes d’art.
- 204 XXX Bouquet (Michel), Paris et Londres. — Dessins lithographiés.
- 205 XVII Bouquillard, Paris, rue Saint-Martin, 226. — Lithographie.
- 206 V Boubdadoüe , Bourges (Cher). — Plans bisaulomoteurs pour chemins de fer.
- 207 XIII Bourdin, Condrieux (Rhône). — Soies ouvrées.
- 208 VII 1 (m. C.) è Bourdon (Eugène), Paris, faubourg du Temple, 74. — Machines.
- 209 XXV Bourdon, Saint-Amand (Lot-et-Garonne). — Poteries.
- 210 XXVI 2 (m. p.) Bourgery (Mme), Paris, rue Haute-feuille, 24. — Peinture en relief.
- 211 X Bourgogne (A.), Paris, rue du Havre, 3. — Lampes-modérateurs.
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- 14 LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- D’ORDRE DU JURY. des JURYS. de la FRANCE.
- 212 X 2 (m. p.)
- 213 XII
- 214 XIII 2 (m. p.)
- 215 XXX M. hon.
- 216 II
- 217 XXIII 2 (m. p.)
- 218 X
- 219 XII
- 220 XVII
- 221 XIX
- 222 XXX M. bon.
- 223 xxn XXIII 2 (m. p.)
- 224 XVII
- 225 XX M. bon.
- 226 XXIX M. hon.
- 227 X M. hon.
- 228 X
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- Bourgogne (J.), Paris, rue d’Arcole, 2 bis. — Objets microscopiques.
- Boütellier , Beauvais ( Oise ). — Draps.,
- Bouvard et Lançon, Lyon. — Soieries
- Boyer, Paris, rue de la Paix, 22. — Porcelaines.
- Boyer et C‘e, Paris, rue de la Harpe,
- 33. — Albumine de sang.
- , . ®
- Boyer (Victor-Placide) Paris, rue de
- Saintonge, 38. — Bronzes divers.
- Boyer (P.-J.), Dole (Jura). — Horlogerie.
- Boyer aîné et Lacour frères, Limoges (Haute-Vienne). —Flanelles.
- Brandcs et C1", Paris, rue Richelieu, 87. —Ouvrages de musique.
- Braquenie et C1,6, Paris, rue Vi-vienne, 16. — Tapis.
- Braun, Paris, boulevard Bonne-Nouvelle, 34. — Dessins de fabrique.
- Braux d’Anglüre (De), Paris, rue Castiglione, 10. — Vases et statues en zinc galvanisé.
- Bréauté, Paris; rue de la Monnaie, 11. — Papeterie de fantaisie.
- Bredif frères, Paris, rue Caumartin, 3. — Chaussures.
- Breteau, Paris, rue Notre-Rame-des-Victoires , 34. — Fleurs artificielles.
- Breton frères, Paris, rue Dauphine, 23. — Appareil éleèlro-médical.
- Breton, Paris, rue Jean-Jacques-Rousscau, 28. — Instruments à vent.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 15
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURT. RÉCOMPI de» JUHYS. :nses de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE SES EXPOSANTS.
- 229 XVII Breton frères, Pont-de-Claix, près Grenoble (Isère). — Papier.
- 230 XIII Breton frères etC'a, Lyon (Rhône). — Soiries.
- 231 XXII 2 (m.p.) Bricard et Gauthier, Paris, rue Pavée-Saint-Saüveur, 3.—Serrurerie.
- 232 XX M. hon. Bridard, Paris, rue Vivienne, 53. — Botlerie.
- 233 XX Brie et Geofrin, Paris, rue Richelieu, 81. — Parures et bonnets.
- 234 II M.hon. Briere, Paris, boulevard Beaumarchais, 24. — Produits arsenicaux.
- 235 VI Briet, Paris, rue Neuve-Saint-Jean, 22. — Appareil gazogène.
- 236 XX M. hon. Briquet et Perrier, Paris, rue Jean-Robert, 22. — Tissus pour bretelles.
- 237 XVI Brisou fils aîné, Rennes (Ille-et-Vilaine.) — Cuirs.
- 238 X Brisset (Eugène), Paris, rue des Martyrs, 13. — Presse lithographique.
- 239 XIII 2 (m.p.) • Brissonfrères,Lyon (Rhône).— Peluches.
- 240 III Brocciiieri, Paris, rue Louis-le-Grand ,21. — Sang conservé.
- 241 XXX 2 (m.p.) Brocot, Paris, rue Chariot, 18.— Bronze d’art.
- 242 IV 2 (m.p.) Bronno-Bronski (Major de), Saint-Selve (Gironde). — Soies grèges, cocons.
- 243 XIII 2 (m. p.) Brosse et Cie, Lyon (Rhône). — Velours de soie.
- 244 VI Brun, Grenoble (Isère). — Gants et machine à couper les gants.
- 245 XXIII 2 (m.p.) Bruneau , Paris, rue Montmorency, 40. — Orfèvrerie et bijouterie.
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- 16 * LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUR D'ORDRE 1ÉROS DU JURY. RÉCOMI des JURTS. ’ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 246 VII Bruneau (Félix), Cambrai (Nord). — Appareil de sûreté pour machines à vapeur.
- 247 IV JV1. hon. Bruneaux aîné père et fils, Rethel (Ardennes). —- Laines peignées.
- 248 XIII 2 (nup.) Brunet, Lecomte, Guichard et C‘°, Lyon (Rhône). — Soieries imprimées.
- 249 XXIII Brunier, Paris, rue Vivienne, 55. — Doublé d’or sur cuivre.
- 250 XXVIII Brunier, Lenorimand et Cie, Paris, rue Vivienne, 55. — Parfumerie.
- 251 XVI M. hon. Budin (Rubes-ApoIIon), Paris, rue du Fer-à-Moulin, 50. — Cuirs.
- 252 XII Budin-Signez, Beauvais (Oise). — Feutres.
- 253 XXVIII * * Budï, Paris, rue de la Roquette, 13. — Ustensiles de cuisine, poêle en fonte.
- 254 XII M. hon. Bdffault et Truchon, Paris, rue des Bourdonnais, 11. — Couvertures en laine.
- 255 X 2 (m.p.) Buffet jeune, Paris, rue du Bouloi, — Instruments de musique.
- 256 XXIII Buignier, Paris, rue des Vertus, 20. — Matrices gravées.
- 257 XIII 2 (m.p.) t Buisson aîné et Cio, Saint-Étienna (Loire). — Rubans de soie.
- 258 IV Buisson-Robert et Ciiampanhet, Ma-nosque (Basses-Alpes). — Soies grèges.
- 259 XXI 2 (m.p.) Burat frères, Paris, rue Mandar, 12. — Instruments de chirurgie.
- 260 XXIV 2 (m.p.) Burgun Walter-Berger et Cia, Gœt-zenbruck (Moselle). — Verres de montre.
- 261 X 1 (m. C.) Buron, Paris, rue des Trois-Pavil-lons, 8. — Instruments d’optique.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 17
- NUMEROS
- D’ORDRE. DD JURY.
- RECOMPENSES
- des
- de la
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS#
- 262
- 263
- 264
- 265
- 266
- 267
- 268
- 269
- 270
- 271
- 272
- 273
- 274
- 275
- 276
- 277
- JÜRYS. FRANCE.
- c
- III XXX 2 (m. p.) Cabanes et Rambié, Bordeaux (Gironde). — Farines. Cabasson, Paris, rue Taranne, 13.— Dessins sur bois.
- XXVIII M. hon. Cabirol, Paris, rue Saint-Marc, 6.
- — Instruments de chirurgie en gulta-percha.
- IV M. hon. Cabrit et Roux, Saint-André-de-
- ..Valtorgne (Gard). — Soies grèges.
- XXVII M. hon. Caffort, Carcassonne (Aude). —
- Marbres.
- V XX 1 (m.C.) Cail et C18, quai de Billy (Chaillot). — Machines. Caillaüx ( Alexandrine), Paris, pas-
- sage du Saumon, 16. — Corsets.
- XII 2 (m. p.) Caillet-Frangville , Bazancourt-
- XXII XXIX 2 (m. p.) sur-Suippe (Marne).— Mérinos. Caïn, Paris, Faubourg-Sairit-Denis, 103. — Sculptures. Caligny (De), Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise). —Appareil
- VII
- hydraulique.
- XVII XXVII 2 (m. p.) Callaud, Belisle, Noüel de Tinan et Cie, Angoulême (Charente). — Papier. Camion-Pierron, Vrègne-au-Bois (Ardennes). — Ferronnerie.
- III XI M.hon. Camus, La Rochelle (Charente-Inférieure). — Sardines confites. Candlot, Paris, rue Saint-Pierre-Popincourt, 6. — Ouates.
- XVI Canino frères, Amiens (Somme). — Cuirs vernis.
- X Canneaux et Sons, Reims (Marne). Appareil à doser les vins.
- 2
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- 18
- LISTE ALPHABÉTIQUE
- nuj D’ORDRE. 1ÉR0S DU JURY, RÉCOMP des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 278 XXX Carbonneau, Paris, quai Bourbon, 33. — Gravure sur bois.
- 279 XII Cariol-Baron, Angers (Maine-et-Loire). — Laine filée.
- 280 XXII M. hon. Carle, Saint-Maur-les-Fossés (Seine). — Bronzes.
- 281 III - Carnet-Saussier, Paris, rue Rambu-teau, 95. — Conserves alimentaires.
- 282 XXX XXIII VIII Carnet, Paris, rue de Mulhouse, 13. — Dessins d'impression.
- 283 2 (m. p.) Caron, Paris, passage de l’Opéra. — Armes à feu.
- 284 IV 2 (m. p.) Carquillat,Lyon (Rhône).— Soies grèges.
- 285 XXIX Carré, Paris, rue Beaubourg, 43. — Cadres en bronze pour miniature.
- 286 XXII M. hon. Carrier-Rouge, Lyon (Rhône).— Bronzes, encensoirs.
- 287 iy M. hon. Carrière , Saint - André - de - Valbor-gne (Gard). — Soies grèges.
- 288 XVI Carrière frères, Amiens (Somme). — Cuirs vernis.
- 289 XXX Carteaux et Chailloux, Paris, rue Louis-le-Grand, 20. —Anatomie artificielle.
- 290 XIX 2(m. p.) è Castel, Aubusson (Creuse). — Tapisseries.
- 291 IV 2 (m. p.) • Castelle, Paris, rue de la Verrerie, 55. — Gélatine.
- 292 XIII M. hon. Causse et Garion , Lyon (Rhône). — Soies grèges.
- 293 XII M. hon. Cauvet, Chantilly (Oise). — Laines peignées.
- 24 II 2 (m. p.) Cavaillon, Paris, rue Taitbout, 30. — Ammoniaque liquide.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
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- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- D’ORDRE. DD JDRÏ. des JURYS. de la FRANCE.
- 295 I
- 296 XXIX 2 (m. p.)
- 297 XII 2 (m. p.)
- 298 XVII
- 299 XXIX 2 (m. p.)
- 300 , III s M. bon.
- 301 VI
- 302 XV M. hon.
- 303 IV 2 (m. p.)
- 304 XVIII
- 305 IV 2 (m. p.)
- 306 307 XIII XXIV 1 (m. C.) 2 (m. p.)
- 308 IV 2 (m. p.) &
- 309 IV 2 (m. p.)
- 310 IV M. hon.
- 311 VI
- 312 I M. hon.
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- Cavelan et Cie, Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne). — Minerai de plomb et litharge.
- Cazal, Paris, boulevard des Italiens, 27. — Parapluies.
- Cerceuil, Paris, rue Traversière, 33. — Laines teintes et moulues.
- Cerf et Naxara, Bordeaux (Gironde). — Cartonnages.
- Chagot aîné, Paris, rue Richelieu, 73. — Plumes de parure.
- Chaillou et Pochon, Lepage, Pui-seaux (Loiret). — Miel et safran.
- Chaleyer, Paris, rue du Roi-de-Si-cile,24. —Découpoir, balances, etc.
- Chambellan et Cie, Paris, rue des , Fossés-Montmartre, 8. — Châles.
- Chambon, Alais (Gard). — Soies grèges.
- Chambon, Chaylard (Ardèche). — Impression sur foulards.
- Chambre de commerce d’Avignon, Avignon (Vaucluse). —Garances.
- Chambre de commerce de Lyon, Lyon (Rhône). — Soieries.
- Chamouillet, Paris, rue de.Cléry, 22.— Glaces pour vitrine.
- Champacne et Rougier, Lyon (Rhône). — Soies grèges.
- Champanhet-Sarjas, Vais, près Au-henas (Gard). — Soies grèges.
- Champoiseau, Tours (Indre-et-Loire). — Soie grège, soie filée.
- Chapelle, PaTis, rue du Chemin-Vert. — Machines.
- Chapot et Pelon, Vigan (Gard). — Lithographies.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUM D’ORDRE» [ÉROS DU JURY. RÉCOMP] des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 313 II Chapus et Richter, Wazemmes-lez-Lille ( Nord ). — Bleu d’outremer.
- 314 XXIX 2(m. p.) Ciiarageat, Paris, rue Saint-Denis, 268. — Parapluies.
- 315 XXI Charbonnier, Paris, rue Saint-Honoré, 347. — Appareils chirurgicaux.
- 316 XXX Chardon aîné, Paris, rue Haute-feuille, 30. — Impression en taille-douce.
- 317 XXII M. hon. Charles et Cie, Paris, rue Furstem-herg, 7. — Buanderies économiques.
- 318 XXI 2 (m. p.) o-é Charriere , Paris, rue de l’École-de-Médecine. — Instruments de chirurgie.
- 319 XXIV Chartier, Douai (Nord). — Bouteilles, dames-jeannes.
- 320 IV 2 (m. p.) Ciiartron père et fils, Saint-Vallier (Drôme.), — Soies grèges.
- 321 XXX Chatel, Paris, rue de Mulhouse, 2. — Dessins pour meubles.
- 322 III Châtelain et Basset, La Rochelle ( Charente-Inférieure ). — Conserves alimentaires.
- 323 XII 2(m. p.) Chatelain-Féron, Reims (Marne). — Tissus de laine.
- 324 XXII M. hon. Chauvin, Paris, rue des Gravilliers, 10. — Acier polir
- 325 XVIII Chaverondier, Saint-Germain-Laval (Loire). — Passementerie.
- 326 X M. hon. Chavin frère aîné, Morez (Jura). — Horlogerie.
- 327 XXX 2 (m.p.) Chebeaux, Paris, rue Saint-Fiacre, 3* — Dessins de fabrique.
- 328 XX 2 (m.p.) Chenard frères, Paris, rue du Puits au Marais. — Chapeaux de feutre.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS. 21
- NUIV D’ORDRE. IÉROS DU JURY. RÉCOMP des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 329 XII Chennevière (Delphis) , Louviers (Eure). — Draps.
- 330 XII 2 (m.p.) O-è ChenneviÈre (Théodore ) , Eibeuf (Seine-Inférieure). — Draps.
- 331 XXVII 2 (m.p.) Chenot, Clichy ( Seine). — Eponges métalliques.
- 332 XIV Chérot et C‘\ Nantes (Loire-Inférieure). — Fils de lin et de chanvre. Chesnon. — (Foir Bertèche-Ches- NON.)
- 333 334 X m | M. hon. 2 (m. p.) 2{m.p.) Chevalier, Paris^ Palais-Royal. — Instruments de photographie. Chevet , Paris, Palais - Royal. — Conserves alimentaires.
- 335 XV M. ton. Chinard fils, Paris, rue de Cléry, 9. — Châles.
- 336 XVIII XV 2(m. p.) Chocqueel (Louis), Labriche (Saint-Denis) [Seine]. — Châles.
- 337 XV XVIII 2 (m.p.) Chocqueel (Félix) , Saint - Denis ( Seine ). — Impressions sur étoffes.
- 338 XXX Chomerot, Laval (Mayenne).— Ornement en cire.
- 339 III M. hon. Choquart, Paris, rue Saint-Honoré, 259. —' Chocolat.
- 340 XX XXIX 2 (m. p.) Ciiosson et C,e, Paris, rue Montmartre, 63. — Gants de peau.
- 341 XXX Chretïn, Amiens (Somme). — Mosaïque.
- 342 XXIII 2 (m.p.) Christofle et C1#, Paris, rue de Bondy, 56. — Orfèvrerie argentée.
- 343 XVIII Christophe, Leschelles (Aisne). :—. Sparterie.
- 344 X 2 (m. p.) Chuard, Paris, rue Carnot, 6. — Appareils, lampes de sûreté.
- 345 V 2 (m. p.) Clair, Paris, rue du Cherche-Midi, 93. — Mécanique.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUM D’ORDRE» [ÉROS DU JURY. RÉCOMPI des JURYS. :nses de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 346 VIII , 2 (ni. p.) Claudin, Paris, rue Jocquelet, 1.-— Armurerie.
- 347 XVII 2 (m.p.) Claye, Paris, rue Saint-Benoît, 7.— Livres, albums, etc.
- 348 XX Clemençon ( Mme ), Paris, rue du Pont-de-Lodi. — Corsets.
- 349 X Clément-Boorgeois, Morez (JuraJ. — Horlogerie.
- 350 VI Clerc (Armand), Paris, rue Saint-Maur, 198. — Outils et instruments.
- 351 XXX 2 (m. p.) Clerget, Paris, rue Montmartre, 171. — Dessins de fabrique.
- 352 XXX Clésinger, Paris, rue dePenthièvre, 32. — Sculpture.
- 353 VI Clicqüot, Courbevoie (Seine). — Outils de gravure.
- 354 III M. hon. Cloet, Lille (Nord). — Farines.
- 355 XX XVIII |2 (m. p.) Cochois et Colin , Paris, rue des Déchargeurs, 7. — Bonneterie.
- 356 XV M. hon. Cocü, Paris, rue du Temple, 58.— Tissus de cachemire.
- 357 ' IV II M. hon. M. hon. Coignet père et fils, Lyon (Rhône). — Produits chimiques.
- 358 VI Coint-Bavarot et fds aîné, Lyon (Rhône). — Peignes à tisser.
- 359 XXVII I M. hon. 2 (m.p.) Colin (Joseph-Remy),Épinal (Vosg65). — Marbres et granits polis.
- 360 X Colin ( Louis- Antoine J, Paris, rue du Bac, 30. —- Piano.
- 361 XIII IV 2 (m. p.) M. hon. Collard et Comte, Saint-Étienne (Loiret). — Rubans.
- 362 XXX 2 (m. p.) Collas, Paris, rue Dauphine, 8. —
- 363 11 nm.i\ Produits chimiques.
- XIX Collet, Paris, rue des Vieilles-Au-driettes. — Passementerie.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS. 23
- NUM D'ORDRE ÈROS DU JURY. RÉCOMPI des JURYS. ÎNSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 364 XXIX 2 (m.p.) Colletta-Lefebvre, Paris, rue Man-dar, 9. — Tabatières, étuis, etc.
- 365 XXX 2 (m.p.) Collin, Paris, quai Conti, 7. — Cartes géographiques.
- 366 X 2 (m. p.) Collot, Paris, rue de l’Ecole-de-. Médecine, 4L — Balances de précision.
- 367 II 2 (m. p.) Colville (M. et MUe), Paris, rue des Vinaigriers, 22. — Couleurs vitrifiables.
- 368 IV Combet, Paris, rue Grenétat, 30. — Cordes de violon. Commission des monnaies. — (Voir Etablissements nationaux.)
- 369 XXIX M. bon. 2 (m.p.) Connerat, Paris, rue Grenétat, 30. — Parapluies.
- 370 n IV Conrad (William), Paris (Seine), rue Vieille-du-Temple, 26. — Camphre, iode. Conservatoire des arts et métiers. — (Voir Etablissements nationaux.) . '
- 371 XXIX 1 (m. C.) Constantin, Paris, rue d’Antin, 7. — Fleurs artificielles.
- 372 XVI Coppin-Lejeune, Douai (Nord). — Cuir travaillé.
- 373 XXIV M. bon. Corderant, Paris, rue de Paradis, 12. — Boutons de portes.
- 374 XXX M. bon. Cordier, Paris, rue Carnot, 5. — Bronze.
- 375 XXVI M. hon. Cordonnier et C18, Paris, rue Cba-> ronne, 7. — Bibliothèque.
- 376 XXIII M. bon. Corntllon, Paris, rue du Temple, 36. — Flacons en cristal avec incrustations.
- 377 XVI Corniquel, Vannes (Morbihan). — Cuirs.
- 378 XVII Cosnier et Lachese, ^igers (Maine-et-Loire). — Typographie.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- D'ORDRB DU JURY. des JURYS. de la FRANCE.
- 379 XVII
- 380 XIII
- 381 XIX
- 382 XXX 2 (m. p.) &
- 383 IV 2 (m. p.) è
- 384 XX M. hon.
- 385 XXI XXII 2 (m. p.)
- 386 XVII
- 387 XVIII XX 2 (m. p.)
- 388 II 2 (m. p.) >
- 389 IV
- 390 XVI 2 (m. p.)
- 391 XII
- 392 II 2 (m. p.)
- 393 III M. hon.
- 394 X M. lion.)
- 395 X ^
- é
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- Cosquin, Paris, rue de l’Université, 71. — Cartes géographiqnes.
- Couchond, Saint-Etienne (Loire).— Rubans.
- Couchonnal et C1*, Paris, rue Richelieu, 73. — Broderies de soie sur robes. 1
- Couder, Paris, rue Rochechouart, .67.—t- Dessins industriels.
- Couderc et Soucaret, Montauban (Tarn-et-Garonne). — Soies gré-ges.
- Coui.bois fils, Avallon (Yonne). — Cuirs vernis.
- Coule aux aîné etCio, Molsheim (Bas-Rhin). — Quincaillerie.
- Coupier et Mellier, Paris, rue Gaillon, 20. — Papier.
- Coupin, Aix (Bouches-du-Rhône).— Chapeaux en feutre.
- Coubnerie et Cie, Cherbourg (Manche).— Produits chimiques.
- Courte (Paul), Lyon (Rhône). — Soies teintes.
- Courtépée-Duchesnay, Paris, rue du Renard-Saint-Sauveur, 11. — Cuirs.
- Courtey frères et Barret, Péri-gueux (Dordogne). — Étoffes de laine.
- Courtial, Grenelle (Seine). — Bleu d’outremer.
- Courtin (Raoul), Orléans (Loiret). — Vinaigre. ,
- Courtois, Paris, rue du Caire, 21. — Instruments de musique.
- Courtois aîné, Paris, rue des Vieux-Augustins,. 28. — Instruments de musique.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS. 25
- NUM D 'ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMP] des JURYS. SNSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE „ DES EXPOSANTS.
- 396 XVI 2 (m.p.) Courtois (Etienne), Clignancourt (Seine). — Cuirs vernis.
- 397 XXX Cousin, Paris, Grande-Rue-Verle, 38. —Epreuve héliographique.
- 398 X Couteaur, Taveaux-Pont-Séricourt (Aisne). —Machine pour écrire.
- 399 XX Couturier et Renauld, Paris, rue Sainte-Avoie, 31. — Peluches de soie.
- 400 XXVI 2 (m.p.) Cremer, Paris, rue de l’Entrepôt, 39. — Meubles.
- 401 III 2 (m.p.) Crespel-Delisse, Arras (Pas-de-Calais). —Blé et semoir.
- 402 XV 2 (m.p.) Croco, Paris, rue de Charonne, 163. — Tissus brochés.
- 403 XVI M. lion. Croisât, Paris, rue de Richelieu, 76. — Mécanique à implanter les cheveux.
- 404 X Cropet, Toulouse (Haute-Garonne). — Piano.
- 405 XII 2 (m. p.) Croutelle neveu, Reims (Marne). — Fils cardés.
- 406 XXVI XXX 2 (m.p.) Cruchet, Paris, rue Notre-Dame-de-Lorelte, 58. —Sculpture en bois.
- 407 XVI Crucifix, Crèvecœur (Oise). — Chaussures imperméables.
- 408 XXII M. hon. Cudrue, Paris, rue du Faubourg-du-Temple, 58. — Crémones pour portes et croisées.
- 409 XXII M. hon. Cügnot, Paris, rue Montmartre, 177. — Serrurerie de luxe.
- 410 XVII Curmer, Paris, rue des Marais-Saint-Germain, 13. — Typographie.
- 411 VIII Cusson-Pourcher etRossiGNOL, Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). — Pistolets-carabines.
- 412 III Cuvillier aîné, Paris, rue de la Paix, 16. — Conserves alimentaires.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- D 'ORDRE DU JURY. des junYS. de la FRANCK.
- 413 XIX XIII M. hon.
- 414 XXIII 2 (m. p.)
- 415 XXX /
- 416 III 2 (m. p.)
- 417 XIII 2 (m. p.)
- 418 XXII 2 (m.p.)
- 419 XXXII M. hon.
- 420 XXIX
- 421 XXII
- 422 III 1 (m.C.)
- 423 XXI
- 424 XIX XX. 2 (m. p.)
- 425 426 IV IV M. hon. M. hon.
- 427 XXVI 2 (m. p.)
- 428 XIX M. hon.
- 429 XIV M. hon.
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DBS EXPOSANTS,
- D
- Dabaret-Tampé , Précy - sur - Oise (Oise). — Boutons de soie.
- DAfrique, Paris, rue Jean-Jacques-Rousseau, 8. — Bijouterie.
- Dagand, Paris (Seine). — Camées.
- Damainville, Poudron près Crépy (Oise). — Rayons artificiels pour abeilles.
- Damiron et Cie, Lyon (Rhône]. — Soieries.
- Dandoy, Maillard, LucQetCie,Mau-beuge (Nord). — Quincaillerie.
- Daniel jeune, Paris, rue Michel-Ie-Comte, 33. — Acier.
- Danjard , Paris, rue de Seine-Saint-Germain , 40. — Têtes pour modistes.
- Danloy-Mathieu (veuve), Raucourt (Ardennes). — Boucles en fer et acier.
- Darblay' jeune, Paris (Seine). — Farines.
- DaRbo , Paris, passage Choiseul, 86. — Biberons.
- Darnet, Paris, rue Richelieu ,17._
- Chemises.
- Barras, Fixin (Côte-d’Or). —— Soies.
- Darvied aîné, Valmale et Cie, La-roque près Ganges (Hérault). — Soies filées.
- Daobet etDoMARET, Lyon (Rhône). — Meubles.
- Daüchel fils aîné, Amiens (Somme).
- Tjssus pour ameublement.
- Daudré, Paris, rue Bertin-Poirée, 17. — Linge de table.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 27
- NUM D’ORDRE ÉR OS ! DU JURY. RÉCOMPJ des JURYS. ïNSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS. «
- 430 XVII Daodrieu, Pontchartrain (Seine-et-Oise). — Papiers peints.
- 431 XI 2 (m. p.) Daudeville, Saint-Quentin (Aisne). — Broderie, rideaux et stores.
- 432 XII 2 (m.p.) Daophinot-Perard , Isles-sur-Suip-pe (Marne). — Mérinos.
- 433 XVII Daüthuille, Paris, rue Montmartre, 84. — Reliure et cartonnage.
- 434 XIV 2 (m. p.) Dautremer, Lille (Nord). — Fils de lin.
- 435 XVI M. hon. David (Charles), Paris, rue Mon-conseil, 12. — Maroquins.
- 436 V David, Havre (Seine-Inférieure).— z Chaînes-câbles.
- 437 XV 2 (m.p.) David frères et Cie, Saint-Quentin (Aisne). — Tissus de laine.
- 438 xvr 2 (m. p.) Déaddé, Paris, rue Tiquetonne, 12. — Cuirs vernis.
- 439 X 2 (m. p.) Debain, Paris, rue Vivienne, 53.— Piano.
- 440 XIX XI 2 (m.p.) Debbeld, Pellerin et C'*, Paris, rue de Richelieu, 73.—Broderie.
- 441 XXIX Debray (Constant), Paris, rue Ram-buteau, 73.— Vannerie.
- 442 XII Debüchy, Lille (Nord). — Coutils.
- 443 VI Degardin, Paris, rue du Temple, 62. — Pierres pour brunir.
- 444 X - Delabaume (Ch.), Paris, rue de Courcelles, 20. — Timbre additionneur.
- 445 XXII VIII M. hon. M. hon. Delacoür, Paris, rue aux Fers, 20. — Armes et quincaillerie de luxe.
- 446 . XV 2 (m.p.) Delacoür, Paris, rue Vieille-du-Temple, 47. — Étoffes en crins.
- 447 XXIX M. hon. Delacretaz et Fourcade. Vaugirard (Seine). — Bougies stéariques.
- 448 XXIX M. hon. Delage-Montignac, Paris, rue Saint-Honoré, 414. —Soies filées.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- D’ORDRE DU JURY. des JURYS. do la FRAHCE. *
- 449 IV. •
- 450 X1IL M. bon.
- 451 1 XIX 1 XX j 2 (m.p.)
- 452 j IV XII M. hon. 2 (m. p.)
- 453 XIX M. bon.
- 454 XII
- 455 X 1 (m.C.) è
- 456 IV M. bon.
- 457 XII 2 (m. p.)
- 458 XXVI 1 (m. C.) &
- 459 II M. hon.
- 460 XVI M. hon.
- 461 V
- 462 X
- 463 VIII 2 (m.p.)
- 464 XIX 2 (m. p.)
- 465 XV 1 (m. C.)
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- Delarbre (René), Lavalette (Hérault). — Soies moulinées.
- Delarbre (Victor), Cazilhac près Ganges ( Hérault). — Soies filées.
- Delaroche-Daigremont, Paris, rue de la Paix, 17. — Broderies et nouveautés.
- Delattre père et fils, Roubaix (Nord). — Tissus de laine.
- Delcambre , Paris, rue de Choiseul,' 6. — Dentelles.
- Delègue et C,e, Saffres (Côte-d’Or). — Laine peignée et filée.
- Delecil, Paris, rue du Pont-de-Lodi, 8. — Instruments de physique.
- Deleuze, Saint-Ambroix (Gard). — Soies.
- Delfosse frères,Roubaix (Nord).— Tissus de laine.
- Delicourt, Paris, rue de Charen-ton, 157.— Papiers peints.
- Delignon, Paris, rue Montmartre, 165.— Calorifères. (Essence de schiste, V. p. 26.)
- Delisle et Cie; Brié près Grenoble ( Isère). — Maroquins imprimés.
- Delongueuil, Paris, rue de la Concorde. — Voiture.
- Delvart, Zouques (Pas-de-Calais).— Horloge astronomique.
- Delvigne, Paris, rue du Bouloy, 24. — Obusier et porte-amarres.
- Demy-Doineau et Braquenié, Paris, rue Vivienne, 16.—Tapis.
- Deneirouse Boisglavy et Cîe, Paris, rue des Fossés-Montmarrre, 16. —Cachertiires.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 29
- NUM D'ORDRE ÉROS DU JURY. RÊCOMP des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 466 IV M. bon. D’Enfert frères et C1*, plaine d’Ivry ( Seine). — Gélatines.
- 467 XVIII Denis, Notre-Dame-de-Bonneville ( Seine-Inférieure ). — Teintureries.
- 468 II Denuelle, Paris (Seine), rue des Petits-Champs, 43. — Produits chimiques.
- 469 1 (m. C.) Dépôt de la guerre. — Carte topographique de la France.
- 470 XVIII Depouilly , Paris, rue du Faubourg-Poissonnière, 7.— Impression sur étoffes.
- 471 XV M. hon. Depouilly frères, Boizaux et Cie, Paris, rue du Faubourg-Poissonnière, II.,— Châles.
- 472 X Deraze, Mirecourt (Vosges). — Instruments de musique.
- 473 l 2 (m.p.) Derenémesnil, Paris, boulevard Beaumarchais , 29. — Cartes géologiques.
- 474 XVII XXII 2 (m. p.) Derriey , Paris, rue Notre-Dame-des-Champs, 12. — Typographie.
- 475 1 M. hon. Dervaux-Lefebvre, Condé (Nord). — Chaînes, boulons, clous, etc.
- 476 I 2 (m. p.) Dervillé et Cie, Paris et Marseille. — Marbres.
- 477 XXVII 2 (m. p.) Desauges, Paris, quai Vaïmy, 157. — Ch*eminée sculptée.
- 478 XVI 2 (m.p.) Dezaux-Lacoür, Guise (Aisne).— Tannerie.
- 479 X Desbordes, Paris, rue des Fossés-du-Temple, 22.— Instruments de précision.
- 480 XXVI XX XVI M. hon. Descartes, Paris, rue du 29 Juillet, 6. — Meubles.
- 481 2 (m. p.) Deschamps, Paris, Palais-Royal, 14. — Chaussures.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUMEROS
- RECOMPENSES
- D’ORDRE DU JURY. des JURYS. de la FRANCE.
- 482 XXIII X M. lion. 2 (m. p.)
- 483 XXXII XXI 2 (m. p.)
- 484 V
- 485 V
- 486 VI
- 487 XXVI
- 488 XVII 2 (m. *p.)
- 489 X _ M. hon.
- 490 XXII X M. hon. 2 (m. p.)
- 491 XVII
- ' 492 XXX 2 (m. p.)
- 493 XXIV 2 (m. p.)
- 494 VIII 2 (m. p.) •
- 495 XVII
- 496 VII XXII M. hon.
- 497 XIII M. hon.
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- Desfontaines (maison Leroy et fils). Paris, galerie Montpensier, 15.— Horlogerie.
- Desjardins-Lieux, Paris, passage Sainte-Avoye. — Bronzes.
- Desouches-Touchard, Paris, avenue des Champs-Élysées, 42.—Voiture.
- Desouciies-Duflos, Paris, rue des Fossés-Saint-Marcel, 39. — Ressorts de voitures.
- Desplanques jeune, Lizy-sur-Ourcq (Seine-et-Marne ). — Machine pour le lavage des laines.
- Despreaüx, Versailles (Seine-et-Oise). — Soieries et cuirs.
- Desrosiers, Moulins (Allier). — Librairie.
- Detir et Cie, Paris, rue Saint-Denis, 162. — Pianos.
- Détouche et IIoudin, Paris, rue Saint-Martin, 158 et 160.— Horlogerie.
- Deusy et C“, Athiez-les-Arras (Pas-de-Calais. i— Cartonnage.
- Devers, Paris, rue d’Enfer, 32. — Emaux.
- Deviolaine frères, Vauxrot (Aisne).— Cloches et bouteilles!
- Devismes, Paris, boulevard des Italiens, 36. — Arquebuserie.
- Devrange, Paris, rue Saint-Denis, 257. — Papier-dentelle.
- Deydier, Vaugirard, rue de l’École, 90. — Vases et toiture en zinc.
- Deydier, Ucel, près Aubenas (Ardèche). — Soies grèges et organsins.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
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- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMP des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 498 VI 2 (m. p.) Deyeux, Liancourt (Oise). — Creusets pour métaux.
- 499 II N Dida , Paris, boulevard du Temple, 11. — Vernis, papeterie, tissus hydrofuges.
- 500 XXX M. bon. Didier, Paris, rue des Jeûneurs, 40. —Dessins pour châles.
- 501 XVII Didot ( Ambroise - Firmin ), Paris, rue Jacob, 56. — Livres.
- 502 503 XXI 2 (m. p.) 2 (m. p.) Diéterle. — Peinture sur émail. Dietrich et fils (veuve de) , Nieder-bronn (Bas-Rhin). — Fontes moulées.
- 504 XII Dietscii et Cie, Strasbourg (Bas-Rhin:).— Draps.
- 505 II Digeon, Paris, route d’Ivry, 34.— Produits chimiques.
- 506 X Dillenseger et Patry, Paris, rue Frépilion, 8.—Instruments d’optique.
- 507 III Dînant et Huette, Nantes (Loire-Inférieure).— Beurre conservé.
- 508 XIX Docagne, Paris, rue de Grammont, 3. — Dentelles, point d’Alençor .
- 509 XVIII 2 (m. p.) Dollfus Mieg et Cie, Mulhouse (Haut-Rhin). — Tissus de coton.
- 510 X M. hon. Domeny, Paris, Faubourg-Saint-Denis, 101.— Harpes.
- 511 IV 2 (m. p.) Donat (André), Lyon (Rhône).— Soies.
- 512 XIII 2 (m. p.) Donat et Cie, Lyon (Rhône) et Paris, rue Rambuteau, 2. — Peluches de soie.
- 513 XIX M. hon. Donneaud et C1#, quai de Jemmapes, 100. — Produits chimiques.
- 514 XIII Donzel et Maüssier, Saint-Etienne ( Loire ). — Rubans.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- nuj D’ORDRE IÉROS DU JURY. RÉCOMP des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 515 XVH M. hon. Dopter, Paris, rue de la Harpe, 58. — Imagerie.
- 516 X / 2 (m. p.) Dorey, Havre (Seine-Inférieure).— Machines.
- 517 XVII Dourlet et Huchet, Paris, rue des Ursulines, 12.—Gravure typographique.
- 518 XX 2 (m. p.) Doucet et Duci.Erc, Paris, rue de la Paix, 21. — Lingerie.
- 519 XVII 2 (m.p.) Doümerc, Marais - Sainte - Marie (Seine-et-Marne). — Papiers.
- 520 II 2 (m. p.) Droüin et Brossier, Labriche, près Saint-Denis (Seine). — Produits chimiques.
- 521 XI 2 (m. p.) Dubar-Delespaul, Roubaix (Nord). — Tissus de coton.
- 522 XVI Dubois et fils, Bordeaux, rue deChe-verus (Gironde).—Tiges débotté.
- 523 X 1 (m. C.) Durosq-Soleil, Paris, 35, rue de 1 Odéon.— Instruments d’optique.
- 524 III Dubreuille, Dervaux-Lefebvre et Defitte, Magnin-Legrand (Nord). — Sucre de betterave.
- 525 VI Dubüs aîné, Rouen (Seine-Inférieure). — Cylindres à émeri.
- 526 XXII M. hon. Ducel, Paris, Faubourg-Poissonnière , 26. — Statue, objets de fonte.
- 527 XV 2 (m. p.) & . Ducijé aîné et Cie, Paris, rue des Petits-Pères, 1. — Châles brochés.
- .528 XVIII Duchene aîné, Paris, rue Geoflroy-Lasnier, 7. — Chapellerie.
- 529 X Duchenne, Paris, rue Louis-le-Grand, 35.'— Appareils électriques.
- 530 XXVII i\l. hon. Duchesne, Paris, rue Croix-des-Pe-Cbamps , 16. — Préparation de peinture.
- 531 VIII Duclos, Paris, rue de Richelieu, 47. Armes à feu.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS. 33
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMP des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS. 1
- 532 2 (m.p.) Ducluzeau (M,oe). — Peinture sur porcelaine.
- 533 X Ducommun, Paris, boulevard Poissonnière, 28.— Fontaine à fil Ire.
- 534 XXI è Ducourtioux, Paris, rue Fontaine-au-Pioi, 4. — Ceintures etbas élastiques.
- 535 X 1 (m. C.) Ducroquet, Paris, rue Saint-Maur-Saint-Germain, 15. — Orgues.
- 536 XXIX XX M. hon. Ducrot et Petit , Paris, rue des Fontaines , 11. — Eventails. Dufossé aîné, Paris, rue Saint-Do-
- 537 XVI XX j XVI j 2 (m. p.) minique-Saint-Germain, 13. — Chaussures de chasse.
- v538 2 (m.p.) Dufossée, Paris, rue de la Paix, 20. — Chaussures pour dames.
- 539 XXVII M. hon. Dufour (Jean-Baptiste), Saumur (Maine-et-Loire).—Pierres asphaltiques.
- 540 XVII -M. hon. Dufour (Louis), Paris, boulevard Beaumarchais, 8.—Papiers dorés.
- 541 VI Dufour fils, Lille (Nord).—Brosses mécaniques,
- 542 XXX Dujardin, Paris, rue Saint-Severin, 18. —Typographie.
- 543 III Düliscoet fils et Cie, Paris, rue Bar-bet-de-Jouy. —Conserves alimentaires.
- 544 XXVI M. hon. Dulud , Paris, boulevard des Italiens, 27. — Cuirs pour meubles.
- 545- IV 2 (m.p.) Dumaine, Tournon (Ardèche). — Soies grèges et ouvrées.
- 546 XXIII Dumas, Paris, rue Saint-Honoré, 1 272. — Becs à gaz. I
- 547 XXX M. hon. Dumeril fils et Ci0, Saint-Omer (Pas-de-Calais).— Pipes,
- 548 X DumÉry, Paris, rue des Pétites-Écu-ries, 45. — Machines.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUIV D’ORDRE. [ÉROS DU JURY. RÉCOMP des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 549 XXIII Domont-Petrelle, Paris, rue Thé-venot, 12. —Dorure sur bois.
- 550 XVI Dümont, Douai (Nord). — Cuirs forts.
- 551 XXIX II 2 (m. p.) Dumortier, Lyon (Rhône).— Bougies.
- 552 IV 2 (ni. p.) Do mortier (Louis), Bousbèque ( Nord ). — Lin.
- 553 XX Dumoclin (Mmc), Paris, rue Basse-du-Rempart, 44. — Corsets.
- 554 V 2 (m.p.) Dünaime, Paris, rueLepelletier, 18. — Voitures.
- 555 III Dopas, Paris, rue Folie-Méricourt, 6. — Conserves alimentaires.
- 556 V Düpasqüier, Lyon (Rhône)’. —Banquettes pour voitures.
- 557 XXVI Dopes et Cie, Paris, rue Fontaine-au-Roi ,21. — Bâtons conducteurs pour croisées.
- 558 XXVI Dopont (Auguste),Paris, rueNeuve-Saint-Augustin, 3 et 5. — Meubles en fer.
- 559 XVII 2 (m. p.) Dopont (Paul), Paris, rue de Gre-nelle-Saint-Honoré, 55. — Typographie, pierres lithographiques.
- 560 XVI 2 (m. p.) Düport, Paris, rue des Francs-Bourgeois, 16. — Peaux de bœufs mastodontoïdes.
- 561 XXVIII 2(m. p.) Duprat et C!e, Castres (Tarn). — Machines et bouchons.
- 562 II Dopré (Jean-François), Forges-les-Eaux (Seine-Inférieure). — Sulfate de fer.
- 563 X Dopré (André-Georges), Arcueil (tÇeine).— Capsules métalliques.
- 564 XXX Dopüis , Paris, rue Saint-Pierre-Ame-lot, 22. — Cheminée en marbre.
- 565 III Dorand, Grenade (Haute-Garonne). — Pâtes alimentaires.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS. 35
- UM D’ORDRE. ÉROS DU JURY. RÉCOMP] des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 566 X Durand (Jëan), Lasauvetat-du-Droz (Lot-et-Garonne). — Appareils de chauffage.
- 567 XVI Durand (Guillaume), Paris, rue Marie-Stuart. -— Cuirs et peaux.
- 568 XXVI 2 (m. p.) Durand (Étienne-Ph.), Paris, rue Saint-Claude. — Ebénisterie.
- 569 xxin 2 (m. p.) Durand (François), Paris, rue du Bac, 41. — Orfèvrerie.
- 570 m * * Durand , Boncourt et Pitard, Rouen (Seine-Inférieure). — Sucre de pomme.
- 571 VI Durand et Bal, Lyon (Rhône).— Peignes à tisser. Durand. — ( Voir Eck et Durand.)
- 572 XI 2 (m.p.) Duranton, Paris, rue Saint-Joseph, 11. — Tissus de coton pour chemises.
- 573 XXX Duseigneur, Paris, rue de l’Ouest, 36. — Sculpture;
- 574 IV M. hon. Düssol, Sumaine (Gard). — Soies et gants.
- 575 XXV Dutremblay, Paris, galerie de l’Orme, 24. — Porcelaines, faïences.
- 576 XIII Dutrou fils, rue Saint-Denis, 345. — Rubans de soie.
- 577 V Duval, Paris, rue de Cléry, J5.— Nouveau système de chemin de fer.
- 578 III Duval, Paris (Seine). —Conserves et produits chimiques.
- 579 XXII M. hon. Duval et Paris, Paris, boulevard Saint-Denis, 1. — Lampes complètes.
- 580 581 IV XIX 2 (m. p.) Duval (Achille), Caen (Calvados). — Soies grèges. Duval, Paris, rue de Cléry, 17. — Tapisserie pour meubles.
- 582 XXIX 2(m. p.) Duvelleroy, Paris, passage des Panoramas, 17. — Éventails.
- 3.
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- 36
- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUMEROS
- RECOMPENSES
- de la
- FRANGE.
- ’ORDIIE* DU JURY. des JURYS.
- 583 584 XXX 1 (m.C.)
- 585 I M. bon.
- 586 VI 2 (m. p.)
- 587 XVII
- 588 X 1 (m. C.)
- 589 XX
- 590 XI
- 591 XXIX
- 592 7 M. hon. 1 (m. C.)
- 593 IV 2 (m. p.)
- 594 XVII 2 (m. p.)
- 595 X' '
- P-*
- è
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- E
- Eck et Durand , Paris, rue des Trois-Bornes, 13. —Bronzes d’art.
- Ecole des mines. — Carte géologique de la France.
- Eloffe, Paris, rue de TEcole-de-Médecine, 10. —Collections minéralogiques.
- Enfer, Paris, rue de Malle, 32. — Machines soufflantes.
- Engelmann et Grafft, Paris, cité Bergère, 1. — Epreuves lithographiques.
- Ërard (Pierre), Paris, rue du Mail, 23. — Pianos et harpes.
- Ernoux,Paris, passage Saint-Avoye, 9. — Chapellerie de feutre.
- Esprit et Noyé, Lyon (Rhône). — Bonneterie.
- Essique et Delamarre, Paris, rue de Périgueux, 9. —Echantillons de perles métalliques.
- Estivant frères, Givet (Ardennes). — Cuivre, colle forte.
- Établissements nationaux (1). Bergerie nationale, de Rambouillet (Seine-et-Oise).—Toisons mérinos.
- Etablissements nationaux. Imprimerie nationale, Paris (Seine).-*» Typographie.
- Etablissements nationaux. Conservatoire des arts et métiers et Direction de la Monnaie, Paris (Seine). — Poids, monnaies et mesures métriques, et collection de médailles.
- (1) Voir aussi Manufactures natio a et.
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-
- I
- DES EXPOSANTS FRANÇAIS. 37
- NUM D'ORDRE. ÉROS DD JURY. RÉCOMPJ des JURYS. SNSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE i DES EXPOSANTS.
- 596 XXX 2 (m. p.) Etex, Paris, à l’Institut. — Sculpture.
- 597 IX Eustathe , frère des écoles chrétiennes, Lille (Nord). — Machine à faucher.
- 598 XXVII Evrot, Charmes (Vosges).— Imitations de marbres.
- 599 XIII M. hon. Eymieü père et fils, Saillans (Drôme). — Soies filées. F
- 600 XIII M. hon. Fabrègue, Noüry, Burnonin et C10, Nîmes (Gard). — Soies.
- 601 XXX Famin, Paris, rue de Berlin, 13.— Statues.
- 602 IV M. hon. Farjon, Roquemaure (Gard). — Soies.
- 603 XXX Farochon , Paris, rue d’Enfer.— Sculpture.
- 604 XV 2 (m. p.) Fassin jeune, Reims (Marne). — Tissus de laine.
- 605 X Fastre, Paris, rue de l’École polytechnique, 3. — Instruments de physique.
- 006 XI Fadqüet-Lemaître , Bolbec (Seine-Inférieure). — Fils de coton.
- 607 XXVIII M. hon. Faüquier , Paris, rue Bourg-l'Abbé, 7. — Brosserie.
- 608 XXVI M. hon. Faure, Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 14.—Meubles.
- 609 XII Faure (Charles). Paris, rue de Cléry, 5. — Dentelles de laine.
- 610 XXX Faure (Pierre), Paris, place de la Madeleine, 24. — Sculpture sur bois.
- 611 IV Faure (Prosper) , Avignon ( Vaucluse). — Garance.
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- 38
- LISTE ALPHABÉTIQUE ,
- NUIV D’ORDRE. [ÉROS DU JURY. RÉCOMP des. JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET-INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 612 II ....... Faüssemagne, Lyon (Rhône). — Colle de poisson.
- 613 XXVIII 2 (m. p.) Fauvelle-Delebarre, Paris, boulevard Bonne - Nouvelle, 10. — Peignes.
- 614 I Favrel, Paris, rue du Caire, 27.— Or battu en feuilles.
- 615 XXII M. hon. Faye, Paris, rue du Parc-Royal, 9. — Pendules.
- 616 XXII Fayet-Baron, Paris, rue Saint-Honoré, 209. —Serrures.
- 617 XXIII Fayolle, Paris, galerie de Valois (Palais-National), 180. —Décorations, croix, etc. >
- 618 XVIII 2 (m. p.) Feau-Bechard, Passy (Seine). — Teinture sur cachemire.
- 619 VI Feldtrappe frères, Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 144. — Gravure sur cylindre.
- 620 XVI Félix (J.), Paris, rue Rambuteau, 66. — Maroquins, objets en maroquin.
- 621 XXVI FÉron , Paris, rue de Clicby, 29. — Rampes.
- 622 XI 2 (“. p.) Feroüelle et Rolland, Paris, rue du Sentier, 8. — Tissus de coton.
- 623 III 2 (m. p.) Féry, La Teste (Gironde). — Riz.
- 624 I FestugiÈre et Cie, Les Eyzies (Dordogne). — Fonte de fer.
- 625 626 XXII M. bon. M. hon. Fétu , Paris * rue des Gravilliers, 10. — Bronzes. Février. — Chaussures pour l’exportation.
- 627 III 2 (m. p.) Feyeux, Paris, rue Taranne, 10. — Produits alimentaires.
- 628 XVI 2(m. p.) Fieux fils aîné et Cie, Toulouse (Haute-Garonne). — Cuirs. i
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
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- NUM D'ORDRE. ÉROS Dü JURY. RÉCOMP] des JURYS. 3NSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE SES EXPOSANTS.
- 629 XIII Fillier père et fils, Lyon, La Guil-lotière (Rhône). — Tapis satin et velours.
- 630 XXIX M. lion. Fiolet, Saint-Omer (Pas-de-Calais). • — Pipes.
- 631 XI Fisher frères, Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin). —Tissus.
- 632 XXX 2 (m. p.) Flacheron-Hayard , Paris, rue Saint-Martin, 257. — Epreuves de daguerréotype.
- 633 XIX 2 (m.p.) Flaissier frères, Nîmes (Gard). — Tapis.
- 634 XXIX Flamet jeune, Paris, rue Saint-Martin , 87. — Bas élastiques.
- 635 VII 2 (m.p.) Flaud, Paris, rue 3ean-Goujon, 27. — Machines.
- 636 IV M. hon. Fleury, La Teste-de-Buch (Gironde). — Térébenthine.
- 637 VIII Flobert, Paris, rue Racine, 3. — Armes à feu.
- 638 XXVI M. hon. 1 Florange jeune, Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 20. —Ebé-nisterie.
- 639 XXIX M.hon. Florimond, Paris, rue Monsigny, 8. — Fleurs artificielles.
- 640 XXII M. hon. Fonde!1, Paris, boulevard Poissonnière, 11. — Machines de fumiste.
- 641 XX 2 (m.p.) Fontaine (Félix), Lyon (Rhône).— Velours de soie.
- 642 XXII VI 2 (m. p.) Fontaine (Paul-Louis), Paris. — Fontainerie.
- 643 XXIX Fontana (Mme), Paris, rue des Marais , 41. — Pinceaux.
- 644 VIII Fontenau,Nantes (Loire-Inférieure). — Fusils.
- 645 XII Forgeot et Cia, Saleux-Thil, près Amiens (Somme). — Fils de poils de chèvre.
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- 40 LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUM D'ORDRE ÉROS DD JDRT. RÉCOMPI des JURYS* :nses de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 646 XII Fortellarbre et Cie, Reims (Marne). — Tissus de laine.
- 647 XVI M. bon. Fortier-Beaulieu, Bercy, rue de la Lancette. — Tannerie.
- 648 XII 2 (m.p.) Fortin-Boutellier, Beauvais (Oise). — Draps et feutres.
- 649 XXVII M. hon. Forton - Dcponceaü, Cliatemoux (Mayenne). — Table de billard en ardoise.
- 650 X 2 (m.p.) Foocault, Paris, aux Quinze-Vingts, rue de Charenton. — Appareils pour les aveugles.
- 651 II 2 (m. p.) Foüché-Lepelletier, Javel (Seine). — Produits chimiques.
- 652 VI Fodcher, Paris, rue Salle-au-Comte, 8. — Mécanique polir tisser les chaussons.
- 653 XXV XIX XVIII Foulques, Saint-Gaudens (Haute-Garonne). — Porcelaines.
- 654 2 (m. p.) Foulquié et Cie, rue Hauteville, 20. — Filet de soie.
- 655 XXVI Fouqueau-Lecomte, Orléans (Loiret). — Billard.
- 656 XXVI 1 (m. C.) è Fourdinois, Paris, rue Amelot, 46. — Meubles, ébénisterie d’art.
- 657 X Fourneaux, Paris, galerie Vivienne, 64 et 70. — Orgues.
- 658 XII M. bon. Fournival fils, Altmayer et Cie, Rethel (Ardennes). — Laine filée.
- 659 XXX 4* Fourquemin et Godet, Paris, rue Neuve-des-Bons-Enfants, 25. — Dessins pour châles.
- 660 XXVII M. bon. Fox, Saint-Génis-Laval (Rhône). — Tuiles.
- 661 X Fraigneau, Paris, Palais-Royal, 114-115. — Horlogerie.
- 662 XII Franc père et fils, Saint-Rambert (Ain). —p Fils de laine.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 4L
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMP] des jurys. 3NSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS,
- 663 X 2 (m.p.) Franche, Paris, rue de l’Université, 42. — Piano.
- 664 2 (m. p.) Francillon. — Teinture des tissus de la maison Paturle.
- 665 XXVI François-Laurent, Paris, rue Mé-nilmontant, 98. — Sculpture sur bois.
- 666 XXX 2 (m.p.) Fratin, rue de Trévise, 43. — Groupes d’animaux.
- 667 XXIII Fray, Paris, rue Pastourel, 22. — Orfèvrerie.
- 668 VI 2 (m. p.) Frey, Belleville (Seine), impasse Saint - Laurent. — Machines à clous.
- 669 X Frinaült, Orléans (Loiret).— Robinets.
- 670 XVII XXI VI Friry et Riga, Paris, rue Saint-Jacques, 124. — Epreuves typographiques.
- 671 2 (m. p.) Froely, Besançon (Doubs). — Limes.
- 672 VI Fromage, Darnétal ( Seine - Inférieure). — Métiers à tisser.
- 673 X 1 (m.C.) Froment, Paris, rue Ménilmontant, 5. — Instruments de précison.
- 674 XX M. hon. ' Froment-Clolüs, Paris, rue Saint-Merry, 15. — Sabots.
- 675 XXIII 1 (m.C.) 0.4 Froment-Meurice, Paris, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 52. — Oifévrerie, produits d’art.
- 676 VI 1 (m. C.) Fromont, Chartres (Eure-et-Loir).— Turbine.
- 677 XXII M. hon. Fumet, Paris, rue du Helder, 25. — Produits chimiques. Appareil à faire de la glace. G
- 678 XXVI Gabriel (Jean), Paris, rue Mandar, 8. — Incrustation d’ivoire.
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- 42 LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUÏW D’ORDRE ÉROS DU JÜRT. RÉCOMP des JURYS, ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 679 XXII XXIII 2(m. p.) Gagneau frères, Paris, rue d’En-ghien ,25. — Lampes.
- 680 I M. bon. Gaillard fils aîné, La Ferté-sous-Jouarre (Seiue-et-Marne). — Meules.
- 681 XXII M. lion. _ Gaillard fils, Paris, Faubourg-Saint-Denis, 210. —Machine à conserver les grains. f
- 682 XII Gaili et - Baronnet , Somme - Puy (Marne). — Laine filée.
- 683 IV Galimard (Eugène), Vais (Ardèche). — Soies.
- 684 XXX M. hon. Galimard (Nicolas-Auguste), Paris, rue Chevalier-Honoré, 4. — Dessins de fabrique.
- 685 1 2 (m. p.) Galiciier (Louis) et C'°, les forges de Bigny (Cher). — Fers et fils de fer.
- 686 VI 2 (ni. p.) Galy-Cazalat, Paris, rue Chariot, 14. — Machines.
- 687 XXVI 2 (m. p.) Gandillot et C1C, Paris, rue Belle-fonds, 4. — Fers creux.
- 688 X 2 (m. p.) Gannery (Victor), Saint-Nicolas-d’A-liermont (Seine-Inférieure). — Pendules.
- 689 XIII M. hon. Gantillon (Christophe-Elie), Lyon (Rhône). — Soieries.
- 690 XXX Garache, Roquemingarde (Hérault). — Composition écrite.
- 691 XXVII M. hon. Garnaud et fils, Paris, rue Saint-Germain-des-Prés, 9. :— Ornements en terre cuite.
- 692 XXX Gaspard, Paris, rue Madame, 1.— Estampes.
- 693 VIII 2 (m. p.) Gastinne-Renette, Paris, allée d’An-tin, 39. — Fusils.
- 694 XXX G attirer (Gaspard), rue des Marais-Saint-Martin, 80. — Dessins d’impression.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS. 43
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMP des * JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 695 XII Gaudchaux-Picard fils, Nancy (Meur-the). — Draps.
- 696 XXIX 2 (m. p.) Gaudet dü Fresne (J.), Paris, rue Richelieu, 41. — Fleurs artificielles.
- 697 XVII Gaüme et Cie, Paris, rue Cassette, 4. — Librairie.
- 698 XV 2(m.p.) Gaussen jeune, Fargeton et C!e, Paris, place des Victoires, 2. — Châles.
- 699 XV Gaussen (Maxime) et C18, Paris, rue de*la Banque, 1. — Châles.
- 700 II M. bon. Gauthier-Bouchard, Paris, Cloître Saint-Merry, 14. — Couleurs.
- 701 XVI 2 (m. p.) Gauthier (Jean), Paris, rue du Faubourg-Montmartre, 4. — Cuirs.
- 702 XVII M. hon. Gauthier fils, Paris, rue de la Par-cheminerie, 14. —Caractères typographiques.
- 703 X M. hon. Gautrot aîné, Paris, rue Saint-Louis, 60. — Instruments de musique.
- 704 VIII 2(m. p.) Gauvain (Jean), Paris, boulevard Montparnasse, 93. — Armes.
- 705 X M. hon. Gavard (Adrien), Paris, quai de l’Horloge, 9. — Instruments de précision.
- 706 XVII 2 (m. p.) Gaymard et Gérault, Paris, rue Montmorency, 10. — Registres.
- 707 XXIX 2 (m. p.) Gellé aîné et Cie, Paris, rue des Vieux-Augustins, 35. —Parfumerie.
- 708 IV 2 (m. p.) Geminy, Marseille (Bouches-du-Rhône). — Huiles.
- 709 XXVI M. hon. Genoux (François), Paris, rue du - Faubourg-Saint-Antoine, 230. — Papiers peints.
- 710 XXX 2 (m. p.) ' Gerente (Alfred), Paris, quai d’Anjou, 13. — Vitraux peints.
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- LISTE ALPHABETIQUE
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- D’ORDRE DU JURY. des JURYS. de ]a FRANCE.
- 711 XIII
- 712 XVII
- 713 XXII 2 (m.p.)
- 714 XII
- 715 VIII
- 716 IV 2 (m.p.)
- 717 XVII
- 718 XII
- 719 XXVI
- 720 XVII t 2 (m. p.)
- 721 XXVII XXV M. lion. 2 (m. p.)
- 722 III M. hon.
- 723 XVII M. hon.
- 724 XXII XXIII j M. hon.
- 725 XIII 2 (m. p.)
- 726 XIII 2 (m. p.)
- 727 XVI M. hon.
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- GÉrimon fils, Saint-Étienne (Loire), — Rubans.
- Germain Simier, Paris, rue Saint-Honoré, 314. — Papiers de sûreté.
- Gervais, Paris, rue des Faussé-Saint-Jacques, 3. — Chaudière en cuivre.
- Gesson Mazille, Rethel (Ardennes). — Tissus de laine.
- Gevelot et Lemaire , Paris, rue No-tre-Dame-des-Victoires, 30. — Amorces.
- Gibelin et fils, Lasalle (Gard). — Soies grèges.
- Gide et J. Baudry, Paris, rue des Petits-Augustins, 5. — Livres.
- Gigot et Boisotau, Reims (Marne). — Tissus mérinos.
- Gilbert (Charles-Isidore), Paris, rue du Bac, 63. — Stores.
- Gilbert et C10, Givet (Ardennes).— Crayons.
- Gille (Jean-Marie), Paris, rue de Paradis-Poissonnière, 28. — Céramique.
- Gillet ( Auguste ), Knevel ( Morbihan). — Conserves alimentaires.
- Gillot, Paris, rue du Chevalier-du-Guet, 10. — Typographie.
- Gillot (François), Paris, rue du Pont-aux-Choux, 19. — Bronze.
- Gindre (Louis), Lyon (Rhône). — Soieries unies.
- Girard neveu, Lyon (Rhône). — Soieries, velours.
- Giraud frères, Paris, rue Fer-à-Mou-lin, 38. — Cuirs.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS. 45
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMPI des JURYS. :nses de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 728 IV 2 (m. p.) Girod de l’Ain (général), Chevry (Ain). — Toisons mérinos.
- 729 XIII Girodon (A.), Lyon (Rhône). — Cravates de soie.
- 730 X Giddicellt et Delabarre, Paris, rue Montmartre, 154. — Instruments de précision, Gobelins (Manufacture des). — (Voir Manufactures impériales. )
- 731 XXVI Gocïit (Frédéric), Paris, rue des MaraisSaint-Martin, 10. — Ébé-nisterie.
- 732 XIV M. bon. Godard (Auguste) et Bontemps, Paris, rne de Cléry, 10. — Batistes.
- 733 VIII Goddet (A.), Paris, rue Saint-Lazare, 130. — Canons de fusil..
- 734 XXX Godefroy, Paris, cité Trévise. — Albums.
- 735 XVIII XV M. hon. 2 (m.p.) Godefroy (Léon), Puteaux (Seine). — Tissus imprimés.
- 736 X 2 (m. p.) Godfroy (Clair) aîné, Paris, rue Montmartre, 63. — Instruments à vent.
- 737 XVI 2(m. p.) Goerger fils (J.-B.) et Emmerich, Strasbourg (Bas-Rhin). — Maroquins.
- 738 IV Goffinet Salle (J.-B.-E.), Reims (Marne). —Laine cardée.
- 739 XXI XXII 2 (m. p.) Goldenberg et C'e, Zornhoff (Bas-Rhin ). — Quincaillerie.
- 740 III Gonse et Magnier, Bapaume (Pas-de-Calais.) — Poudre clarifiante pour la bière.
- 741 XXV M.hon. Gorsas etPERRiER, Limoges (Haute-— Vienne). Porcelaines.
- 742 XVII M. hon. Gosse de Serlay, à tiueures (Seine-Inférieure). — Papiers.
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- 46
- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- D’ORDRE DU JURY. des JURYS. de la FRANCE.
- 743 XVI
- 744 X M. hon.
- 745 X 2 (m. p.)
- 746 XXVI M. hon.
- 747 XXX
- 748 XXX
- 749 750 XVII XXII XX M. hon. M. hon.
- 751 XXIX
- 752 II
- 753 III 1 (m. C.)
- 754 XIV 2(m.p.)
- 755 XXX
- 756 XVII ,
- 757 IV 1 (m. C.)
- 758 II
- 759 III M. hon.
- 760 II 1 (m. C.) è
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- Goube-Pierraciie , Douai (Nord),— Cuirs ouvrés.
- Goüin (Arthur), Paris, rue Louis-le-Grand, 37.— Daguerréotype colorié.
- Gourdin (J-), Mayet (Sarthe). — Horlogerie.
- Gradé (Louis), Paris, rue Castex,9. — Ebénisterie.
- Graillon (Pierre-Adrien), Dieppe (Seine-Inférieure). — Groupes en terre cuite.
- Grandbarbe , Paris, rue des Marais-du-Temple, 48. — Dessins de fabrique.
- Grangoir, Paris, rue Sainte-Apolline, 22. — Serrures.
- Grangoir, Paris, rue de Bourgogne, 28. — Corsets.
- Granjean (Veuve), Paris, 8, cité d’Antin. — Fleurs filées.
- Granval (Jean-Baptiste), Hôtel-Dieu de Reims (Marne). — Pharmacie.
- Grar (Nume) et Cie, Valenciennes (Nord). — Raffinage du sucre.
- Grassot et Cie, Lyon (Rhône). — Linge damassé.
- Gratia, Paris. — Tableaux au pastel.
- Gratiot (Amédée), Paris, rue Vi-vienne, 8. —Papiers.
- Graux (Jean-Louis), Mauchamps-Juvincourt (Aisne) —Toisons.
- Grégoire (François), Haubourdin (Nord). — Esprit de mélasse.
- Gremailly (Joseph), Gray( Haute-Saône ). — Conserves alimentaires.
- Grenet, Rouen (Seine-Inférieure). — Colle, gélatine.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS. 47
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- D’ORDRE DU JURY. des de la DES EXPOSANTS.
- JURYS. FRANCE.
- 761 III Grey (Maurice), Dijon (Côte-d’Or). — Graine de moutarde.
- 762 XVIII Griffon frères et sœurs, Paris, quai Bourbon, 15. — Teinture.
- 763 XXII XXIII 2(m. p.) Grignon-Meüsnier, Paris, rue d’Orléans, 8. — Bronzes.
- 764 765 XV XIII 2(m.p.) Grillet aîné et C‘e, Lyon (Rhône). — Soieries. Grimonprez (Eugène) et C1C, Roubaix (Nord)/1—Tissus de laine.
- XII
- 766 X Grison, Paris, nie Bourg-l’Abbé, 15. — Planisphère.
- 767 XVIII Grolleau et Deville, Paris, rue du
- Sentier, 33. — Impressions sur étoffes.
- 768 XVIII 2 (m. p.) Gros-Odier , Roman et C1C, Paris,
- XI boulevart Poissonnière, 15. — Tissus de coton.
- 769 X Grosse frères, Paris, quai Napoléon, 29. — Instruments de physique.
- 770 X Grosselin (Augustin), Paris, rue Serpente-Saint-André. — Globes
- et sphères.
- 771 XXVIII 2 (m.p.) Grossmann et Wagner, Paris, rue du
- XI Renard-Saint-Sauveur, 11. — Tissus en caoutchouc.
- 772 I 2 (m. p.) Groult et Cie, Paris, rue Frépillon,
- 7 et 9. — Tubes en cuivre.
- 773 III M. hon. Groult (Thomas)jeune, Paris, rue
- Sainte-Apolline, 16. — Pâtes alimentaires.
- 774 XVII M. hon. Guénal. — Planétaire.
- 775 XX M. hon. Guérin, Méneville et Robert. —
- Soies.
- 776 // 2 (m.p.) Grüel, Paris, rue de la Concorde,
- 10. — Livres reliés. ,
- 777 XVI Guerlin-Houel , Grenelle (Seine).
- — Cuirs.
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- 48 * ' LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- des de la NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- D'ORDRE DD JURY. DES EXPOSANTS*
- JURYS. FRANCE.
- 778 II Gcerot (A), Elbeuf (Seine-Inférieure). — Teinturerie.
- 779 XXI 2 (m.p.) Guerre père, Langres (Haute-Marne).
- — Coutellerie.
- 780 XVII M. bon. Guesnu, Paris, rue Portefoin, 16.
- — Papiers de fantaisie.
- 781 VI 2 (m. p.) Gueuvin-Bouchon et C10, La Ferté-
- sous-Jouarre (Seine-et-Marne).— Meules à moulins.
- 782 XXIII 1 (m.C.) • Güeyton , Paris, rue Cbapon ,11. —
- Orfèvrerie et bijouterie.
- 783 III 2(m. p.) Guihery-Deslandelles etC‘e, Nantes
- (Loire-Inférieure). — Conserves alimentaires.
- ! 784 XII M. hon. Guilbert et Watteau, Paris, rue
- Saint-Fiacre, 16. — Tissus.
- 785 XIX M. bon. Guillemot frères, Paris, rue Neuve-
- des-Matburins, 83. — Passementerie.
- 786 XVI 2 (m.p.) GuiLLOïjeune(Jean-Antoine), Paris,
- rue du Bouîoy, 17. — Tannerie,
- corroierie.
- 787 II 1 (m. C.j Guiruet ( Jean - Baptiste ) , Lyon
- 788 XXII XXIX .( M. bon. (Rbône). — Bleu d’outremer. Guinier (Thomas), Paris, rue de
- Grenelle, 25. — Garde-robes et robinets.
- XVIII IV
- 789 790 2 (m. p.) è Guinon, Lyon (Rhône). — Soies teintes. Guynemer fils (société Vieille-Montagne), Paris, rue Ricber, 19. —
- I
- Zinc laminé.
- 791 XIV M. bon. Guynet et Bequet, Paris, rue du
- ' Sentier, 33. — Batistes.
- 792 « 793 XII XII M. bon. Guyon (Édouard), Paris, rue Ga-lande, 57. — Couvertures de coton et laine. Guyotin Lorsignol et C16, Reims (Marne Couvertures de laine.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 49
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- D'ORDRE DU JURY. des JURYS. de la FRANCE »
- 794 XXflI 2 (m. p.)
- 795 X 2 (m. p.)
- 796 XX r
- 797 II 2 (m. p.)
- 798 XXIX 2 (m.p.)
- 799 VI 2 (m. p.)
- 800 XXX
- 801 XXIX 2(m. p.)
- 802 XVIII XII 2 (m. p.)
- 803 XI 2 (m. p.)
- 804 XXX
- 805 XXX
- 806 XX M. hon.
- 807 V
- 808 XV 2 (m. p.)
- 809 Il '
- 810 XIX
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- H
- Hadrot jeune, Paris, rue du Fau-bourg-S*-Martin, 37.— Lampes.
- Hamann , Paris, quai des Augustins, 43. — Planimètre sommateur.
- Hamm et Cie, Paris, place de l’École-de-Médecine, 6. — Coutellerie, instruments de chirurgie.
- Hàmon. — Coffret en émail.
- Harand, Paris, rue de Choiseul, 15. — Fleurs artificielles.
- Harding Cocker, Lille (Nord). — Machines.
- Hardodin , Paris, rue de Bréda, 26. — Sculpture plastique.
- Haro, Paris, rue des Petits-Augustins. — Toiles et objets pour peinture.
- Ha rtmann et Cie, Malmerspach ( Haut-Rhin). — Laine peignée.
- Hartmann , Munster (tiaut-Rhin).— Tissus de coton.
- Hartweck , Paris, rue du Mail, 24. — Dessins de châles.
- Haüssy (De), Paris, rue Lafayette. — Dessins pour panneaux de papiers peints.
- Hayem aîné, Paris, rue du Sentier, 38. — Cols et chemises.
- Hayot, Caen (Calvados).—Voiture.
- Hébert et fils, Paris, rue du Mail, 13. -— Châles.
- Hébert (Louis-Antoine), Paris, rue Saint-Martin, 352.—Vernis et couleurs.
- Helbronner, Paris, rue Montmartre, 129. — Tapisseries et canevas.
- 4
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- 50
- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUÏV D'ORDRE IÉROS DD JURY, RÉCOMP des juuïs. ENSES de ta FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 811 XIII 2 (m.p.) Heckel aîné et C'e, Lyon (Rhône). — Soieries.
- 812 XXVII M. lion. Heiligenthal et Cie, Strasbourg (Bas-Rhin). — Mastic-Pierre.
- 813 VI Hennecart, Sailly-Saillizelîe (Somme). — Bluterie.
- 814 XXIII Hennequin, Paris, rue Chapon, 17. — Ecrins.
- 815 XVI M. hon. Hénoc, Paris, rue Saint-Sauveur, 1. — Plumeaux.
- 816 VI Henri, côte Saint-Sébastien, Lyon (Rhône). — Peignes d’acier.
- 817 XXIII Henrv (Félix), Paris, rue du Vert-Bois ,47. — Bijouterie d’imitation.
- 818 XXIII Henri (Frédéric), Paris, rue de Limoges, 8. — Articles en bronze.
- 819 X M. hon. Henry (Henri-Joseph), Paris, rue de Rivoli, 12. — Lunettes, etc.
- 820 XXX Henry (Hippolyle-François), Paris, rue des Marais, 69. — Dessins de fabrique.
- 821 XXX Hérault, Paris, rue Neuve-Saint-Eustache, 22. — Dessins de fabrique.
- 822 VI 1 (m. C.) êt Hermann, Paris, rue de Cliarenton, 92. — Machines à chocolat.
- 823 XXX Hermanowska (Martin), Troyes (Aube).—Verrière, style LouisXV.
- 824 IV 2 (m.p.) Herme, Crest (Drôme). — Soies grèges et ouvrées.
- 825 XVI 2 (m.p.) Herrenschmidt, Strasbourg (Bas-Rhin). — Cuirs.
- 826 X M. hon. Hertz (Henri), Paris, rue de la Victoire , 58. — Pianos.
- 827 IV M.hon. Hervé frères, Bercy (Seine). — Gélatine.
- 828 XV M. hon. Hess, Paris, rue de la Vrillière, 62. — Tissus pour gilets.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS. 51
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMPJ des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 829 XIV M, hon. Heüzé , Radiguet, Homon , Godry et Leroox, Landernau (Finistère). Toiles à voiles.
- 830 XIX XIII 2 (m.p.) Heyler (M11* Maria), Paris, rue de l’Echiquier, 36. — Mitons et gants de soie.
- 831 X Hildebrand, Paris, rue Saint-Martin, 292. — Cloches.
- 832 XII 2 (m.p.) Hindenlang aîné, Cramoisy (Oise). — Tissus de laine.
- 833 XXVI Hoen , Nîmes (Gard).— Croisées avec persiennes et volets.
- 834 XI Hofer et C‘e, Kaysersberg (Haut-Rhin). — Cotons filés.
- 835 XXVII M. hon. Holstein et Cie, Saint - Etienne (Loire). — Terre cuite.
- 836 X M. hon. M. hon. 2 (m. p.) Honoré, Paris, boulevart Poissonnière, 6. — Porcelaines. Hooper Carrow et Tabourier, Pa-
- 837 XIII XIX ris, rue des Fossés-Montmartre, 6. — Broderies.
- 838 XXIX Hostin, Etel (Morbihan). — Fleurs artificielles. /
- 839 XX XVI 2 (m.p.) Hodbigant-Chardin, Paris, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 19. — Parfumerie, ganterie.
- 840 XXIII Hoddaille, Paris, rue Saint-Martin, 171. — Bijouterie pour garniture de livres.
- 841 Xxvi 2 (m.p.) Hoüette et C1*, Paris, rue Fer-à-Moulin, 46. — Veaux vernis.
- 842 XXIII M. hon. Hooillier Blanchard, rue deCléry,
- VIII 2 (m.p.) 36. — Armes de luxe.
- 843 III Hodsçard, Paris, rue Saint-Honoré, 99. — Pâtes alimentaires.
- 844 845 XVII X Hoczeau, Paris, rue de l’Arbre-Sec, 33. — Papier à calquer. Hüard frères, Versailles (Seine-et-Oise). — Horlogerie nautique.
- 4.
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- 52
- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUN D’ORDRE [F.ROS DD JURY. RÉCOMP des JURYS. ENSES de ia FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE * 'des exposants.
- 846 XXVI XXX 2 (ni. p.) Huber, Paris, rue Bergère, 28.— Sculptures.
- 847 XIX 2 (m.p.) Hubert (Mnie) , rue du Grand-Chantier, 1 bis. — Dentelles.
- 848 VI 2 (m.p.) Hück, Paris, rue Corbeau, 31. — Appareil pour féculeries.
- 849 VI 2(m. p.) Hue, Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, 76. — Agrafes découpées.
- 850 XXII M. lion. Huet, Paris, rue Pastourelle, 3. — Acier poli.
- 851 XX M. lion. Huet (Veuve), Rouen (Seine-Inférieure). — Bretelles caoutchouc.
- 852 XXIX 2 (m.p.) Hugues fils, Paris. — Distillerie, parfumerie.
- 853 XVII M. hon. Hulot, Paris, hôtel des Monnaies. — Gravure sur planches.
- 854 ÏV M. hon. Humbert et C‘e, Dieuze (Meurthe). — Gélatine.
- 855 VI Hurtrel et C,e, Lille (Nord). — Virole de générateur.
- 856 XXIX Husson, Paris, quai de la Tournelle, 13. — Toile transparente.
- 857 X Husson et Buthod, Mirecourt (Vosges). — Violons et guitares.
- 858 XVII Huyot, Paris, rue Saint-Germain-des-Prés. — Epreuve de billet de banque. I
- 859 XXI Imlin, Strasbourg (Bas-Rhin).— Modèles en plâtre pour médecine vétérinaire.
- 860 XXV M. hon. J Jacob-Petit, Paris, rue de Bondy 32. — Porcelaines. J
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 53
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- des de la NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- D’ORDRE DU JURY. DES EXPOSANTS.
- JURYS. FRANCE.
- XXX Jacober, Paris, rue du Faubourg-
- 851 XXV 2 (m. p.)
- Saint-Denis, 43. — Porcelaines.
- 862 XX M. hon. • Jacobs etDupuis, Paris, r. de la Paix,
- 32. — Chaussures pour dames.
- 863 864 /; VIII 2 (m. p.) « Jacotot (Mme). — Peinture sur porcelaine. Jacquemart frères, Cbarleville (Ardennes).— Armes et quincaillerie.
- 865 X Jacquet, Paris, rue du Jardinet, 3. — Mélophone.
- 866 VI Jacquet-Robillard, Arras (Pas-de-Calais). — Machine.
- 867 VI 2 (m. p.) Jacquïn, Troyes (Aube). — Métiers.
- 868 X Jacquot, Nancy (Meurthe). — Instruments de musique. Jaileon-Moinier et Cie, La Petite-
- 869 870 871 872 873 874 875 XXIX II 2(m.p.) M. hon. M. hon. 2 (m. p.) 1 (m. C.) 2 (m. p.) 0.*
- Villette, rue de Thionville, 6 bis. — Bougies. ' Jamin, Paris, rue Saint-Martin, 71. — Verres d’optique. Jaudin, Paris, rue de la Croix-Saint-Martin, 15. — Etain en feuilles. Japuis et fils, Claye ( Seine-et-Marne). — Tissus divers. Japy frères, Beaucourt (Haut-Rhin). — Quincaillerie. Jaulin, Paris, rue Albouy, 11. — Panorgue. Javet, Paris, rue Geoffroy-Marie ,10. —Dessins industriels.
- X XXII I
- XVIII XXII X XXX
- 876 XXX Jeannin, Paris, rue de l’Ecole de
- médecine ,81. — Table mosaïque.
- 877 XXVI M. hon. Jeanselme, Paris, rue du Harlay, 7.
- — Meubles de luxe.
- 878 XXVI 2 (m. p.) Jeanselme jeune , Paris, impasse
- Saint-Claude, 4-6. — Meubles de luxe.
- 879 III 2 (m. p.) Jeanti, Prévost, Perraud et C‘e, La
- - Villette (Seine). — Sucres raffinés.
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- 54
- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUM D’ORDRÇ ÉROS DU JURY. RÉCOMPI des JURYS. :nses de la FRANCE. NOM, DEMEURE,ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 880 VI Jérome frères, Amiens (Somme].— Machines.
- 881 IV Jolly, Mer (Loir-et-Cher). — Huile épurée pour machines.
- 882 XXVI 2 (m. p.) Jolly-Leclerc, Paris, Faubourg-Saint-Antoine, 38. — Éhénisterie.
- 883 XIV Joly aîné (Jean-Marie), Saint-Malo, (Ile-et-Vilaine). — Cordages pour haubans.
- 884 XXV Joly (Jacques), Esternay (Marne). — Porcelaine.
- 885 XX 2 (m. p.) Joly sœurs (Mmes) Paris , rue Saint-Augustin, 45. —Corsets.
- 886 XX 2 (m. p.) Josselin, Paris, rue Louis-le-Grand, 37. — Corsets.
- 887 IV 2 (m. p.) J'oobert-Bonnaire et C:°, Angers (Maine-et-Loire). — Chanvres.
- 888 XXV 2 (m.p.) Joühanneaod etDüBOis, Paris, rue de l’Entrepôt, 5. — Porcelaines.
- 889 XVIII 2 (m.p.) é Jourdain, Altkirch (Haut-Rhin). — Jaconas, organdis, mousseline.
- 890 XV Jourdan, Paris, rue Neuve-Saint-Eustache, 3.-— Châles de laine.
- 891 IV Joürniac, Grenelle (Seine). — Bouchons.
- 892 XVI 2 (m.p.) Joüvin et Doyon, Paris, boulevard Bonne-Nouvelle, 8. — Ganterie de peau.
- 893 XVI 2(m. p.) Joüvin (Veuve), Grenoble (Isère). —> Ganterie de peau.
- 894 XII Juhel-Desmares, Vire (Calvados).— Pièces de drap.
- 895 XI • J ülien (Marguerite) , Le Puy (Haute-Loire). — Dentelles.
- 896 XIX 2 (m.p.) Jdllien, Tours (Indre-et-Loire). — Passementerie.
- 897 XXIX 2(m. p.) Jomeau, Paris, rue Meauconseil, 18. — Poupées.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 55
- NUIV D’ORDRE [ÉROS DU JURY. RÉCOMP des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- K
- 898 XVII K/eppelin (E.), Paris, quai Voltaire, 17. —Lithographie!
- 899 XXII 2 (m. p.) Karcher et Westermann, Metz (Moselle). — Fers estampés.
- 900 X Keller, Paris, rue du Bac, 10. — Instruments de précision.
- 901 // Kervegüen (De). — Cuivre natif!
- 902 XXIII M. hon. Kirstein ( F. ) , Strasbourg ( Bas-Rhin). — Ciselure au repoussé.
- 903 XXVI M.hon. Kissel (Jean), Bordeaux (Gironde). — Lits mécaniques.
- 904 X M. hon. Kleinjasper (Jean-François), Paris, rue Saint-Honoré, 296.—Pianos.
- 905 XXVI XXX XVIII XI 2 (m.p.) Knecht (Emile), Paris, rue de Ba-
- 996 2 (m.p.) bylone, 45. — Sculpture sur bois. Koechlin (frères), Mulhouse (Haut-Rhin). — Indiennes, percales.
- 907 XXVI 2 (m.p.) Krieger et Cle, Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 79. — Ebé-nisterie. ,
- OC O IV M. hon. Kohlmann (Frères), Lille (Nord).
- II 2 (m.p,) — Produits chimiques.
- 909 XII • Künzer (Jacques), Bischwiller (Bas-Rhin).— Draperie. L
- 910 X Laass d’Agüen , Paris, institut des aveugles. — Cartes géographiqu es.
- 911 X M. hon. Labbaye, Paris, rue du Caire, 37. — Instruments de musique.
- 912 XII 2 (m.p.) Labbez et C1*, Sains-Richaumond (Aisne). — Tissus mérinos.
- 913 XVI 2 (m.p.) Laboulaye et C“, Paris, rue Madame, 30. — Caractères d’imprimerie. ,
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- 56
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- D’ORDRE DU JURT.~ des JURYS. de la FRANCE.
- 914 XXIII 2 (m.p.) 2 (m.p.)
- 915 XII 2 (m.p.)
- 916 XXV
- 917 XXIII
- 918 XVII 2 (m.p.)
- 919 VI 2 (m. p.)
- 920 XIII
- 921 XXX
- 922 VIII
- 923 XXIII XXV 2(m. p.)
- 924 V 2 (m. p.)
- 925 V 1
- 926 XIV 2 (m.p.)
- 927 II
- 928 X M. hon.
- 929 ' X
- 930 IV 2 (m. p.)
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS. i
- LacarriÉre, Pâtis, rue Saint-Élisabeth , 9, Lustres et appareils pour gaz.
- Lachapelle et Levarlet, Reims (Marne). —Filatures.
- Lachassagne , Paris, rue Meslay, 55. — Porcelaines.
- Lacombe, Calamane (Lot). — Fleur en émail.
- Lacroix frères, Angoulême (Charente). — Papeterie.
- Lacroix père et fils, Rouen (Seine-Inférieure). — Fonderie et machines.
- Ladent (A.) fils, Amiens (Somme). — Velours d’Utrecht.
- Lafave, Montmartre, rue de l’Empereur, 9. — Vitraux peints.
- Lagreze , Paris, rue Michel-le-Comte, 8. — Fusils.
- Lahoche , Paris, Palais - National, 162. — Porcelaines et cristaux.
- Lahore, Le Havre (Seine-Inférieure). — Yole de sauvetage.
- O
- Laignel, Paris, rue de la Harpe, 13. —Modèle de freins pour chemins de fer.
- Laine, Laroche et Max Richard, Angers (Maine-et-Loire). — Filature de chanvre.
- Lalande et Chevallier, Le Mans (Sarthe). — Produits chimiques.
- Lai.anne, Paris, rue de Fleurus, 1S. — Règle calcul. Compteur universel.
- Lallemand, Montluçon (Allier). — Niveau d’eau.
- Lallier, L’Hôtellerie (Calvados). — Lins teillés.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 57
- NUM D’ORDRE ÉROS du juivr. RÉCOMP des JÜRÏS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS*
- 931 XX Lambert et fils frères, Toulouse Haute-Garonne). — Chapellerie de feutre.
- 932 XII Lamop.t-Georgin , Rethel ( Ardennes). — Tissus mérinos.
- 933 XXIX M. hon. Landon et C1', Paris, rue Montor-gueil, 67. — Vinaigre Bully.
- 934 XVI 2 (m.p.) Landron frères, Meung-sur-Loire (Loiret). — Cuirs.
- 935 VI Laneuville, Paris, rueChanoinesse, 26. — Machines.
- 936 937 XXII II M. lion. Lang, Schélestadt (Bas-Rhin). — Toiles métalliques. Lange -Desmoulin, Paris, rue du Roi-de-Sicile, 32. — Carmins.
- 938 IV 2 (m.p.) è Langevin et Cie, La Ferté-Aleps (Seine-et-Oise). — Fils de bourre de soie.
- 939 XVII Langlois et Leclercq, Paris, rue de la Harpe, 81. — Librairie agricole.
- 940 XXI M. hon. Lanne, Paris, rue du Temple, 120. — Coutellerie.
- 941 X Lannes de Montebello, Mareuii-sur-Ay (Marne). — Machine à boucher les bouteilles.
- 942 943 XII XXVI 2 (m. p.) Lantein et Cte, Reims et Tinqueux (Marne ). — Fils cardés. Lafeyre-Kob et C,e, Paris, rue de Charenton, 112. —Papiers peints.
- 944 XIII 2 (m.p.) Lapeyre (O.-N.) et Dolbeaü, Lyon (Rhône). — Soieries.
- 945 I M. hon. LapeyriÈre (Famille de), Bruniquel (Tarn-et-Garonue). —Fers forgés.
- 946 IV Lapierre père et fils, Vallerangue (Gard). — Filature de soie.
- 947 IV M. hon. Laporte (Veuve et fils), Limoges (Haute-Vienne). — Laines.
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- 58
- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- des de la
- D'ORDRE DU JURY. JURYS. FRANCE.
- 948 XIII 2(m.p.)
- 949 IV '
- 950 I M.bon.
- XXVII M. hon.
- 951 XXX 2(m. p.)
- 952 IV M. bon.
- XIX M. bon.
- 953 IV
- 954 XXIII
- 955 XXIX
- 956 III M. bon.
- 957 X M. hon.
- 958 X M. bon.
- 959 XXII. XXIII 2 (m. p.)
- 960 | XXVIII XXIX 2 (m. p.)
- 961 j XXIX M. bon.
- XXVI 2 (m. p.)
- 1 962 1 ’ XIX XXIX M. bon. 2(m. p.)
- 963 XXX 2 (m. p.)
- 964 XXX
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DBS EXPOSANTS.
- Larcher-Faure et Cie, Saint-Étienne (Loire). — Rubans.
- LarenaudiÈre , Paris, rue du Mouton, 5. — Encres.
- Lariviere, ardoisières d’Angers (Maine-et-Loire). — Ardoises.
- Laroche, Paris, rue des Jeûneurs, 10. — Dessins de fabrique.
- Laroque frères fils et Jaquemet, Bordeaux (Gironde).— Laine filée.
- Latache de NEUviLETTE,Valbruant, près Arc (Haute-Marne). — Toisons mérinos.
- Latettjn et Payen , Paris, place Saint-Nicolas-des-Champs, 2. — Bijouterie.
- Laude, Paris, rue de la Roquette, 19. — Lits en fer.
- Laugier aîné, Angles (Basses-Alpes). — Miel et cire.
- Laümain, Paris, rue de la Tixeran-derie ,15. — Horlogerie.
- Laur, Paris, rue Saint-Claude, 14. — Instruments de précision.
- Laure au , Paris, rue Saint-G ill es, 12. 12. — Bronze.
- Laurençot, Paris,rue Neuve-Bourg-l’Abbé. — Brosserie.
- Laurent (François), Paris, rue Chapon, 5. — Ébénisterie d’art.
- Laurent (Jéan-Baptiste), Paris, rue de Rambuteau, 40. — Passementerie de soie.
- Laurent (Mme Pauline), rue Richer, 44. — Peinture sur porcelaine.
- Laurent, Gsell et Cie, Paris, rue Saint-Sébastien, 43. — Peinture sur verre.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 59
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMP1 des JURYS. 2NSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 965 XX XIII 2 (m.p.) Lauret frères, Paris, rue des Mau-vaises-Paroles, 19. — Bonneterie de soie.
- 966 | XXII YII 2 (m.p.) Laury, Paris, rue Tronchet, 29. — — Calorifères.
- 967 XXX M. lion. Lautz, Paris , rue de Montmorency,
- 968 XIII IV M. lion. 40. — Ivoire sculpté. Laverne et Mathieu, Uzès (Gai'd). — Soie filée.
- 969 IX 2 (m.p.) Lavoisy , Paris, rue Montmartre, 180. — Machines à beurre.
- 970 XX XVI 2 (m.p-) Laydet fils aîné et C1®, Niort (Deux-Sèvres). — Peaux cliamoisées.
- 971 XIII 2 (m.p.) Lazare Amic et Lacroix, Avignon (Vaucluse). — Foulards et garan-cine.
- 972 XIV Lebel, Soissons (Aisne). — Remorque à double torsion.
- 973 IX Lebert, Pont-sous-Gallardon (Eure-et-Loir). — Machines.
- 974 III M. hon. Leblanc , Mourroux (Seine-et-Marne). — Farines.
- 975 IV III M. hon. LeblÉis, Pont-L’Abbé (Finistère).
- — Farines..
- 976 977 XXX X • ••••»* Leblond, Paris, rue Saint-Louis, 5 , au Marais. — Mannequins en caoutchouc. Lebrun (Alexandre), Paris, rue Chapon , 3. — Optique.
- 978 XXVII 2 (m. p.) Lebrun jeune (Joseph-Alexandre), Paris, boulevart du Temple, 9. — Sculpture et arts plastiques.
- 979 XVII M. hon. Lebrun ( Louis-Jacob). Paris, rue de Grenelle-Saint-Germain, 126. — . — Reliure.
- 980 XXX 2 (m. p.) Lechesne frères, Paris, rue des Martyrs , 66. — Sculpture.
- 981 XXVI XXX 2 (m.p.) Lechesne , Paris, rue Fontaine-Saint-Georges ,30. — Sculpture sur bois.
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- 60
- LISTE ALPHABETIQUE
- NUMEROS
- RECOMPENSES
- des
- jurys.
- de la
- FRANGE.
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- 9 82
- 983
- 984
- 985 <
- 986
- 987
- 988
- 989
- 990
- 991
- 992
- 993
- 994
- 995
- 996
- 997
- IV
- XXII
- IV
- XXX
- XXII
- VII
- XX
- XVI
- VIII
- XXV
- XIX
- XVIII
- XIX
- XXIV
- XIV
- XXIII VIII
- XIX
- XX
- XVI
- VI
- X
- 2 1 m.
- M. hon.
- 2 (m.p.)
- 2 (m.p.)
- 2 (m. p. M. hon.
- 2 (m.p.) 2 (m. p.)
- 2 (m.p.)
- Leclerc frères, Angers (Maine-et-Loire). — Chanvres bruts et peignés.
- Leclerc (Henry), Paris, quai Valmy, 105. — Machines hydrauliques.
- Leclercq (N.), Paris, rue Chapon, 17. — Gélatines.
- Leclercq (Jules), Mesnil-Saint-Fir-min (Oise). — Raquettes et vitraux.
- Lecocq, Paris, rue des Francs-Bourgeois, 14, au Marais.— Appareils de chauffage.
- Lecocq-Préville, Paris, passage du Saumon. — Gants.
- Lecoentre , Paris, rue Saint-Georges, 52.—Plomb desondemécanique.
- Lecoq et Rieder, Billom (Puy-de-Dôme). — Produits céramiques.
- Lecrosnier, Paris, rue Bourg-l'Abbé, 7. — Toiles cirées.
- Lecun et C18, Nîmes (Gard). — Tapis de pied.
- Ledrenëy, Paris, rue de la Miclio-dière, 21. — Glaces.
- Leduc, Nantes (Loire-Inférieure). — Cordages.
- Lefauciieux, Paris, rue Vivienne, 37. — Armes.
- Lefébure, Paris, rue de Cléry, 42. — Dentelles.
- Lefébure (Joseph), Paris, rue de Paradis - Poissonnière , 14. — Chaussures et machines à confectionner la chaussure.
- Lefebvre (Antoine-Prosper), Paris, rue Jean-Jacques-Rousseau, 4 bis. — Ressorts d’horlogerie.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS. 61
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DU JURY. des de la DES EXPOSANTS.
- JURYS, FRANCE.
- XV XII Lefebvre-Ducatteaü frères, Rou-
- 998 2 (m. p.) baix (Nord). — Tissus pour gilets.
- 999 1000 II XXVI 2 (m. p.) Lefebvre (Théodore) et Cie,-Moulins-Lille (Nord). —Céruse. Lefebvre fils et C1®, Lille (Nord). — Ebénisterie.
- 1001 II Lefebvre frères, Warquessal (Nord). — Alcool et potasse.
- 1002 1003 IV XXX 2 (m.p.) Lefevre (Elysée), Gévrolles (Côte-d’Or). — Laines et toisons. Lefevre, Paris, rue Fontaine-au-
- Roi, 40. — Galvanoplastie.
- 1004 1005 II XVII Lefevre (B.), Paris, rue Montmartre, 109.—Vernis. Lefevre , Paris, rue Beaubourg ,21.
- — Papeterie.
- 1006 II M. bon. Lefevre aîné, Nantes (Loire-Infé-
- rieure.) — Blanc de zinc.
- 1007 XXIX 2 (m.p.) Lefort aîné, Paris, rue Mauconseil,
- 12, et à Sèvres (Seine-et-Oise). — Apprêts et couleurs.
- 100S XXII Lefrançois, Paris, rue Saint-Denis,
- 302. — Boîtes métalliques pour allumettes.
- 1009 XVI Legal , Châteaubrianl ( Loire-Infé-
- , rieure). — Tannerie. Legoff et Barbottin. (Voir Minis-
- tere de la marine.)
- 1010 XIV M. hon. Legrand, Avesnes-lez Aubert (Nord)-.
- — Batistes et linons.
- 1011 XVII 2 (m. p.) Legrand (Marcellin), Paris, rue du
- Cherche-Midi, 99.—Gravure sur
- acier.
- 1012 XVII Legray, Paris, Chemin de ronde de
- 2 (m. p.) la barrière de Clichy, 7.— Photographie. Lehman (J.) et fils. — Soieries.
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- 62
- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUIV D’ORDRE IÉROS DU JURY• RÉCOMP des JURYS. ENSES de Ja FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1014 II Lehurï et Cie, Paris, rue Saint-Lazare, 78. — Capsules au lichen.
- 1015 XXIX Leistner, Paris, rue de Chaillot, 48. —Parfumerie.
- 1016 XVIII Lejeune, Paris, rue Saint-Honoré, 251. — Chapellerie imperméable.
- 1017 XXX Lemaire (Philippe-Henri), Paris, rue Jean-Bart, 3. —Sculpture.
- 1018 XXII M. lion. Lemaire Paris, place du Caire, 2. — Ornement d'ameublement.
- 1019 XII Lemaître, Pontfaverger (Marne).— — Mérinos.
- 1020 XX 2 (m. p.) Lemercier, Paris, rue de Seine, 57. — Estampes.
- 1021 XIII 2 (m.p.) Lemire père et fils, Lyon (Pihône). — Soieries.
- 1022 III M. hon. Lemolt, Paris, passage Jouffroy. — — Choca; batterie galvanique.
- 1023 XXIII 1 (m. C.) è Lemonnier, place Vendôme, 6. — Bijouterie.
- 1024 XVI 2 (m.p.) Lemonnier etC‘°, Paris, rue du Coq-Saint-Honoré, 1. — Dessins en cheveux.
- 1025 XX M. lion. Lennens (Natlianiel). — Bretelles.
- 1026 XII 2 (m.p.) Lenormand, Vire (Calvados). — Tissus de laine.
- 1027 VI Lenseigne , Paris, rue Saint-Jacques, 72. — Machines.
- 1028 II Léon, Paris, rue de Crussol, 7.— Vernis.
- 1029 XXVI Léonard, Paris, boulevard Saint-Martin, 55. — Lits en fer.
- 1030 IV M. hon. Lepaisant, Pont-L’Abbé (Finistère). — Fécule et glucose.
- 1031 II Leperdriel, Paris, rue des Martyrs, 28.— Produits pharmaceutiques.
- 1032 ! XVI Lepine, Paris, rue des Vinaigriers, 19. — Fermoirs de gants.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 63
- NUM D'ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMPJ des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS*
- 1033 2 (m.p.) Lequesne (E.-L.). — Statue en bronze.
- 1034 XXIII XXX 2 (m.p.) Lerolle frères, Paris, Chaussée des Minimes, 3. — Bronzes d’art.
- 1035 II 2 (m.p.) Leroux, Vitry-le-Français (Marne). — Produits chimiques.
- .1036 X Leroux, Cancale (Ille-et-Vilaine).— Horlogerie.
- 1037 V Leroux-Maireguet., Nantes (Loire-Inférieure). — Appareil distilla-toire.
- 1038 XXX Leroy , Paris, rue des Jeûneurs, 10. — Dessins de/abrique. Leroy. — Horlogerie. (Voir Des- FONTA1NES.)
- 1039 XXIV Leroy - Soyez ( veuve ), Masnières (Nord). — Chicorée.
- 1040 III M. hon. Lervilles, Lille (Nord).—Chicorée.
- 1041 XXX Leseco, Paris, quai de Bourbon, 35. — Héliographie.
- 1042 IX Lesourd-Delisle , Angers (Maine-et-Loire.)— Machines agricoles.
- 1043 VII Lespinasse, Paris, quai de Billy, 24. — Modèle de four.
- 1044 XII Lessieux père et fils, Réthel (Ardennes).— Mérinos.
- 1045 VII 2 (m.p.) Letestu, Paris, rue du Temple, 118. — Pompes hydrauliques.
- 1046 VI Lethuillier-Pinel, Rouen (Seine-Inférieure). — Appareils de sûreté pour les chaudières à vapeur.
- 1047 II Letillois, Paris, rue des Noyers, 47. — Vernis.
- 1048 XXVIII 2 (m. p.) Leunenschloss, Paris, rue de la Fidélité , 1 5. —Bretelles.
- 1049 XVI * Leven fils aîné, Paris, rue de Lour-cine, 23.'— Tannerie.
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- 6 4
- LISTE ALPHABÉTIQUE.
- NU IV D’ORDRE IÉROS DU JURY. RÉCOMP des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1050 XII Levert frères, Réthel (Ardennes). — Mérinos.
- 1051 III Levraud, Nantes (Loire-Inférieure). — Conserves alimentaires.
- 1052 XXIII 2 (m.p.) Levy frères, Paris, rue des Fossés-du-Temple, 76.—Bronzes et porcelaines.
- 1053 XXX Lhoest, rue Pastourelle, 14. — Sculpture réduite.
- 1054 XVI M. hon. t Lhuillier, Paris, rue Saint-Martin, 86. — Plumeaux.
- 1055 XVI Liégard, Paris, rue du Val-Sainte-Catherine, 19. — Sellerie.
- 1056 XXX 1 (m.C.) è Liénard, Paris, rue Plumet, 25.— Sculpture.
- 1057 XV 2 (m.p.) Lion frères et Cie, Paris, place des Petits-Pères, 9.—Châles brochés.
- 1058 XVI M. lion. Loddé, Paris, rue Bourg-l’Abbé, 59. — Plumeaux.
- 1059 XVI 2 (m.p.) Lolagnif.r, Paris, rue Saint-Hippo-lyte, 6 et 8. — Peaux.
- 1060 XXVI Lombard, Paris, rue Thorigny, 5. — Cadres.
- 1061 XII Lorthiois-Desplanques , Tourcoing (Nord). — Fils de laine.
- 1062 XVII 2 (m.p.) Lortic, Paris, rue Saint-Honoré, 199. — Reliure.
- 1063 III Looit frères et (T, Bordeaux (Gironde.) —Chocolat.
- 1064 XVI Louvet, Soissons (Aisne). — Cuirs tannés.
- 1065 XII 2 (m.p.) Lucas frères, Bazancourt (Marne). -— Laine filée.
- 1066 XXII M. hon. Lüce, Versailles (Seine-etOise).— Cheminée.
- 1067 XXI 2 (m. p.) Luer, Paris, place de l’École-de-Mé-decine, 19.— Instruments de chirurgie.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS. 65
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMP1 des JURYS. :nses de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1068 XXX Lundy, Paris, rue Chapon, 1.—Paléographie.
- 1069 XXX M. hon. Lusson , Paris, rue de Laval, 21 bis. — Vitraux. M
- 1070 III M. hon. Mabire, Rouen (Seine-Inférieure). — Céréales.
- 1071 xvn Mabrun (Paul), Paris, place Royale, 21. — Cartes géographiques.
- 1072 XX Macé (‘Joseph-Marie), Paris, rue Neuve-Saint Augustin, 5. — Corsets.
- 1073 XII Machet-Marot et Paroissien, Reims (Marne). — Tissus.
- 1074 XXVI 2 (m.p.) Mader frères, Paris, rue de Montreuil , 1. — Papiers peints.
- 1075 VI 1 (m. C.) 2 (m.p.) Maéhly, Paris, rue Richer, 69. — Machine pour extraire l’huile des' schistes.
- 1076 XXIV & Maes, Clichy-lâ-Garenne (Seine).— Cristallerie.
- 1077 m 2 (m.p.) Magnin (Jean-Vincent), Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).—Pâtes alimentaires.
- 1078 VI Magnin, Villefranche (Rhône). — Machine dite cousobrodeur.
- 1079 XXVI Maillard (Florentin), Paris, rue Notre-Dame-de-Lorette, 21. — Meubles de salon.
- 1080 ni 2 (m.p.) Maille et Segond , Paris, rue Saint-André-des-Arts, 14. — Conserves alimentaires.
- 1081 XXIII M. hon. Maillot (Eugène), Paris, rue Grenier-Saint-Lazare, 28. — Bijouterie pour flacons.
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- 66 - LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMPI des JURYS. ZNSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1082 II M. hon. Maire et C‘% Strasbourg (Bas-Rbin).
- 1083 XII — Produits chimiques. Maistre frères ( Hippolyte-Quintin),
- 1084 XVI Villeneuvette (Hérault).—Tissus de' laine. Maître (Antoine), Dijon (Côte-d’Or).
- 1085 II —Reliure. Malapert, Poitiers (Vienne).—Pro-
- ,1086 IV duits chimiques. Malingié (Edouard-Louis-Àuguste),
- 1087 1088 XXII X XXIX 1 (m. C.) Ponllevoy (Loir-et-Cher).—Laine peignée et filée. Mallat (Jean-Benoît), Paris, rue Neuve-Saint-François, 5. — Hor-logeriè. Mallet et I^ailly, Paris, rue Ram-
- 1089 XIX 2 (m. p.) & buteau, 23 —Fleurs artificielles. Mallet frères, Calais (Pas-de-Ca-
- 1090 XXVI lais). — Tulle. Mallet (Jean-François), Paris, rue
- 1091 XII 2(m. p.) de l’Abbaye, 8.—Drapeaux, écussons. Malot Benoist et Valraüm, Reims
- 1092 XIV 2 (m. p.) (Marne). —Tissus mérinos. Malo Dickson et Cie, Coudekerque-
- 1093 XVII 2 (m. p,) Branche (Nord). — Toiles à voile. Mame (Alfred) et Cie, Tours (Indre-
- 1094 XII et-Loire). — Livres reliés. Maniguet (Nicolas), Vienne (Isère).
- 1095 XXV 2 (m. p.) — Draperie. Mansard, Paris, rue Richelieu, 93.
- 1096 XVI — Arts céramiques. * Manson (Édouard), Nantes (Loire-
- 1097 11 Inférieure ). — Veaux cirés. Mantois (Mme Elisa), rue du Pot-de-
- Fer-Saint-Sulpice, 4.— Couleurs, tableaux d’anatomie.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 67
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- D’ORDRE DU JURY. 0 des JURYS. de la FRAXCE.
- 1098 1099 XIX XIX
- 1 (m. C.)
- 1100 XXV 1 (m. C.)
- 1101 XII XII
- 1102
- 1103 XXVI 2 (m. p.)
- 1104 XII «
- 1105 XXII XXIII |2 (m- pO
- 1106 VII 2 (m. p.)
- 1107 XXX 2 (m. p.)
- 1108 XXVII M. hon.
- 1109 XXVI M. hon.
- 1110 XXVII M. hon.
- 1111 1112 XXIII VII 1 (m. G.) è
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- Manu facture nationale de Beauvais, Beauvais (Oise). — Tapisserie.
- Manufacture nationale des Gobe-lins, Paris (Seine). — Tapis de haute lisse; théorie des couleurs.
- Manufacture nationale de Sèvres, Sèvres (Seine-et-Oise).—Produits céramiques. (Voir, en outre, les Etablissements nationaux.)
- Maquet (Auguste), Rethel (Ardennes). — Tissus mérinos.
- Maquet-Harmel, Rethel (Ardennes). — Tissus mérinos.
- Marcelin, Paris, rue Basse-du-Rem-part, 4. —Ebénisterie. •
- Marcelle, Bétheniville (Marne).— Tissus mérinos.
- Marchand (Jean-Baptiste), Paris, rue Richelieu, 57. — Horlogerie, bronzes.
- Maréchal (Jules), Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, 82. — Machines.
- Maréchal et Guynon, Metz (Moselle. — Peinture sur verre.
- Marga (Eugène), Paris, boulevard des Filles-du-Calvaire. — Sculpture, marbrerie.
- Marguerie, Paris, rue de Ménii-montant, 23. — Papiers peints.
- Marion (Augustin), Paris, cité Bergère, 14. — Papiers, machine à plier les enveloppes.
- Marrel frères, Paris, rue de Choi-seul ,27. — Orfèvrerie.
- Mars, Paris, rue de la Cerisaie. — Machine.
- 5.
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- 68 LISTE ALPHABÉTIQUE-
- | NUIV d'ordre IÉROS DU JURY. RÉCOMP des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1113 I XXII XXVI Marsat fils (François), Angou-lême (Charente). — Forges. Marsaux et Legrand , Paris, rue de
- 1114 2 (m.p.) la Perle, 14. — Ornements en cuivre.
- 1115 1116 XIII M. hon. Martel, Geoffroy et Valansot, Lyon, (Rhône). — Soieries. Marti (S.) et Cie, Paris, rue d’Orléans, 9. — Pendilles.
- 1117 XIII 2 (m.p.) Martin (Jean-Baptiste), et Casimir Tarare (Rhône) etMetz (Moselle). ‘ — Peluches de soie.
- 1118 XXII M. lion. Martin (Ovide) et Viry frères, Paris , quai de la Mégisserie. — Ornements en fonte.
- 1119 III M. hon. Martin de JLignac, Mont-Levade (Creuse ). — Lait conservé.
- 1120 VI Martin (Willîam), Saint-Pi erre-lès-Calais (Pas-de-Calais). — Mécanique Jacquart.
- 1121 X M. hon. Martin (Louis-Pierre-Alexandre), Paris, rue Fontaine-au-Roi. — Orgue expressif.
- 1122 XIX M. hon. Martin aîné (Charles - Augustin), Paris, rue Mauconseil, 18.—Passementerie.
- 1123 XXX 1 (m. C.) ' Martens (Frédéric), Paris, rue du Pot-de-Fer, 24. — Photographie.
- 1124 I M. hon. Marx (Auguste) et C16., Paris, rue Trévise, 32. — Pierres lithographiques.
- 1125 XXX Masse, "Paris, Faubourg-Saint-Honoré, 5. — Pianos en relief.
- 1126 XXIX 2 (m.p.) Masse, Victor Tribodillet et Cie. Neuilly-sur-Seine (Seine). — Bougies.
- 1127 XVI M. hon. Massemin (Charles-Louis), Paris,
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 69
- NUMEROS RÉCOMPENSES NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- D’ORDRE des de la DES EXPOSANTS*
- JURYS, FRANGE.
- 1128 XX 2 (m. p.) Massez, Paris, rue Aubry-le-Bou-
- XVI cher, 24. — Chaussures.
- 1129 XIII 2(m.p.) Massing frères , Huber et C14. Puttelange (Moselle). —Peluches de soie. Masson, Paris, place de l’Ecole-de-Médecine, 1. — Librairie.
- 1130 XVII
- 1131 III 1 (m. C.) ê Masson (Étienne), Paris, rue Saint-
- Michel, 8. — Substances alimentaires conservées.
- 1132 XXVIII XXIX XI 2(m.p.) Massue (Louis-Joseph), Paris, rue Aumaire, 3. — Ivoires. Matagrin Stoltz et C1®. Tarare
- 1133
- (Rhône). —Mousselines.
- 1134 XIII 2 (m. p.) è Mathevon et Bouvard, Lyon (Rhône).
- — Soieries.
- 1135 XIII Mathevon (J.), Lyon (Rhône).—
- Soieries.
- 1136 XVII Mathias (Louis-Augustin), Paris,
- quai Malaquais, 15. — Livres. Mathieu, Paris. —Cartes marines.
- 1137 -1138 XVII XXI
- Mathieu (Louis-Joseph), Paris, rue de l’Ancienne-Comédie. — Instru-
- 1139 XXX ments de chirurgie. Mathieu (Eugène), Paris, rue Mont-
- 1 (m. C.) martre, 132.—Dessins de châles. Matifat, Paris,.rue delà Perle, 9.
- 1140 xxiii
- —Bronzes, pendules, candélabres.
- 1141 XVII 2 (m. p.) Mauban et Vincent Journet ( pape-
- teriedu Souches), Pans, rue du Pont-de-Lodi, 5.—Papiers divers.
- 1142 X M. bon. Maucomble, Paris, rue de Gram-mont, 26. — Daguerréotype. Maurel (T.) et Jayet, Paris, avenue
- 1143 X
- de l’Observatoire, 43. — Machine à calculer.
- 1144 VI 2 (m. p.) Mauzaize (Jean - Noël ), Chartres
- (Eure-et-Loir). — Machines.
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- 70
- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUMEROS
- 1145
- 1J 46
- 1147
- 1148
- 1149
- 1150
- 1151
- 1152
- 1153
- 1154
- 1155
- 1156
- 1157
- 1158
- 1159
- 1160
- XXV'
- XVII
- X
- XXVII
- XIII
- VII
- XX
- XVI
- XIII
- XVII
- II
- XXII
- XXX
- IV
- II
- RECOMPENSES
- des
- JURYS*
- 2 (m. p.
- M. hon.
- 2 (m. p.)
- 2 (m. p.)
- M. lion. M. hon.
- 2 (m. p.)
- 2 (m. p.)
- 2 (m. p.)
- de la FRANCE.
- III 1 M. hon. II 12 (m. p.)
- XXVI
- XIX 9, .
- XXX \2 (m-P-)
- 2 (m. p.)
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- SES EXPOSANTS.
- Mayer et Cie, Paris, rue des Marais-Saint-Martin, 64. — Décoration sur porcelaine.
- Mayer (Mmeveuve P.), Paris, rue de la Vieille-Monnaie, 22,—Papiers de fantaisie.
- Mayer frères, Paris, rue Vivienne, 48. Instruments pour daguerréotype.*
- Mazarin, Paris, passage du Havre. — Acier poli.
- Meadze fils et Pillet, Tours (Indre-et-Loire). — Damas de soie, bro-catelles.
- Mehd (Jean-François), mines d’An-zin (Nord). — Appareil pour l’extraction dans les mines.
- Meier (Frédéric), Paris, rue Tron-chet, 17. — Chaussures.
- Méjean, Lyon (Rhône). — Soies.
- MEiLLETet Pichot, Poitiers (Vienne). — Papier infalsifiable.
- Meissonnier (Charles), Paris, rue Meslay, 8. — Sels divers.
- Mène (Pierre-Jules), Paris, rue du Faubourg-duTemple, 7.—Sculpture, bronze d’art.
- Menet (Jean), Annonay (Ardèche). — Soies grèges.
- Ménier et Cie, Paris, rue Sainte-Croix -de-la-Bretonnerie, 37. — Substances pulvérisées, chocolats, orge, etc.
- Ménotti, Batignolles (Seine). — Hydrofugine.
- Méraux (Joseph-Hippolyte), Paris, rue de la Jussienne, 7. — Dessins pour fabriques.
- Mercier, Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 100. —Ébénisterie.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 71
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMP.1 des JI7RY8. SNSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE SES EXPOSANTS.
- 1161 XIX M. hon. Mercier, Paris, rue d’Anjou, 21, au Marais. — Bourses, porte-monnaie, etc.
- 1162 XXIX 2 (m.p.) Mercier (Claude-Victor), Paris, rue des Gravilliers, 28. — Tabatières de diverses sortes.
- 1163 VI 1 (m. G.) Mercier (A.) et C,e,Louviers (Eure). — Cardes.
- 1164 X M. hon. Mercier (Sébastien), Paris, boulevard Bonne-Nouvelle, 31.—Pianos.
- 1165 XXX Méresse (Eugène), Noyon (Oise). — Peinture.
- 1166 XVI Merlant (Louis) jeune, Nantes (Loire-Iuférieure). — Cuirs.
- 1167 XIV 2 (m.p.) è ' Merlie Lefebvre et Cie, Ingouville (Seine-Inférieure). — Cordages.
- 1168 II 2 (m.p.) Méro, Grasse (Var). — Parfumerie.
- 1169 VI Mesmer fils et Cartier, Pontoise (Seine-et-Oise). — Machines.
- 1170 VI Meurant et Villemain, Charleville (Ardennes).—Pressoirs, machines.
- 1171 XIII Meurer et Jandin, Lyon (Rhône). — Soieries.
- 1172 XX Medrisse, Paris, rue du 29 juillet, 1. — Corsets.
- 1173 XVII M. hon. Meyer (Ernest), Paris, ru^e de l’Abbaye , 3. — Impressions typographiques.
- 1174 XXX M. hon. Meymer, Paris, rue Hauteville, 1. — Dessins de châles.
- 1175 XX XVIII 2 (m.p.) Meyrüies et fils frères, Paris, rue des Mauvaises-Parolés, 18.—Bonneterie.
- 1176 X . i Michaud (Noël-Firmin), Paris, rue Jean-Jacques-Rousseau, 22. — Instruments de musique.
- 1177 II 2 (m.p.) Michel (Alfred), Puteaux (Seine). — Produits chimiques.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- D’ORDRE DU JURY. des JURYS. de la FRANCE*
- 1178 \ XIX XIII 2 (m. p.)
- 1179 XXIX 2(m. p.)
- 1180 XX XI 2 (m.p.)
- 1181 II 1 (m. C.)
- 1182 XII
- 1183 V ' 1 (m. C.)
- 1184 II
- 1185 VI 2 (m. p.)
- 1186 XXIII XXVI 2 (m.p.)
- 1187 XIV 2 (m.p.)
- 1188 VI
- 1189 I
- 1190 XII 2(m. p.)
- 1191 IV 2 (m. p.)
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- Michelin (Théodore), Paris, rue Montmartre, 139. — Rubans.
- Milliard jeune, Marseille (Bouches-du-Rhône). — Savon.
- Milon aîné (Pierre-Dominique), Paris, rue Saint-Honoré, 98.— Bonneterie.
- Milly (De) (Louis-Adolphe), Paris, rue Rochechouart, 52. — Produits chimiques.
- Milon-Marquant, Beine (Marne).— Baréges.
- Mines de Boüxvilliers. — ( Voyiez Société des).
- Ministère de l'agriculture et du commerce. — ( Voyez Manüfac-
- TORES NATIONALES et ÉTABLISSEMENTS NATIONAUX.)
- Ministère de la marine, Paris. — Cartes de France. — Modèles des cabestans Barbottin etLinguet-Le-goff, du Musée naval. — ( Voyez Barbottin et Legoff. )
- Miramont, Méru (Oise). — Médicaments.
- Miroude, Rouen (Seine-Inférieure). — Cardes.
- Miroy frères, rue d’Angoulême-du-Temple, 10. — Bronzes.
- Mistivier et Hamoir, Valenciennes (Nord). — Batistes et linons.
- Mittelette (Victor), Soissons (Aisne). — Machine.
- Moison (François-Théophile), Mouy (Oise). — Machine.
- Molet - Warmé frères , Amiens (Somme). — Tissus' de laine.
- Molines (Léon), Saint-Jean-du-Gard (Gard). — Soies et cocons.
- I
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 73
- NUM D’ORDRE. ÉROS DU JURY. RÉCOMPI (les JURYS. 1NSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DBS EXPOSANTS.
- 1192 X M. hon. Molteni et Ziégler, Paris, rue NeuVe-Saint-Nicolas, 62. — Instruments de physique.
- 1193 XX Molyn-Lesouef (Mme), Paris, rue des Petits-Champs,. 36. — Cols, rosettes.
- 1194 X Monet, Paris, rue Meslay, 11.— Chronomètre.
- 1195 X 2 (m.p.) è Montal (Claude), Paris, boulevard Montmartre, 5. — Pianos.
- 1196 X 2 (m.p.) Montandon frères, Paris, boulevard Montmartre, 5. — Ressorts de montres.
- 1197 VI Montcharmont, La Fermelle (Nièvre). — Pierres meulières.
- 1198 XIII 2 (m. p.) Montessuy et Chômer, Lyon (Rhône). — Soieries.
- 1199 XVII 2 (m. p.) Montgolfier, Paris, rue de Seine, 18. — Papiers.
- 1200 II 2 (m. p.) Moreaü (Alexis-Urbain), Montrouge (Seine). —Produits chimiques.
- 1201 II Moreau (Félix), La Glacière-Gen-tilly (Seine). — Charbon artificiel.
- 1202 XIX XX 2 (m. p.) Moreau et Cie, Paris,rue d’Enghien, 22. — Devants de chemise. Moreaux. — ( Voir Société des ardoisières de Rimogne.)
- 1203 XXII |2 (m- P-) Morel frères, Charleville (Ardennes). — Fonte moulée.
- 1204 XXVI Morgant (Eugène), Guines (Pas-de-Calais). — Stores.
- 1205 VI - Moriceau (Prudent) et Cayeux (Pierre), Mouy (Oise). —Régulateur pour moteurs hydrauliques.’
- 1206 XVIII 2 (m.p.) Morintère (De la), Gonin, Michelet, Paris, quai de Béthune. — Châles et robes imprimés.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- 74
- NUM D'ORDRE. ÉROS DU JURY, RÉCOMP] des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1207 XXII XIX XIII M. lion. » Morisot, Paris, rue de la Cerisaie, 12. — Bronze d’art.
- 1208 2 (m.p.) Mornieux (François), Paris, rue Mondétour. — Boutons de soie.
- 1209 XXIII Moser , Paris, boulevard du Temple, 15. — Horlogerie.
- 1210 XI Motte Bossut etC16, Roubaix (Nord). — Fils de colon.-
- 1211 II 2 (m.p.) Mottet (Charles), Paris, rue des Trois-Bornes, 1. r- Orseille.
- 1212 VI Mouchot, Petit-Montrouge (Seine). — Machine.
- 1213 XIX 2 (m. p.) Moulard (Mü0 Henri), Paris, rue Montmartre, 39.— Passementerie;.
- 1214 XXVI 2 (m.p.) Mourceau (Henri), Paris, rue du Mail, 27. — Tissus pour meubles.
- 1215 IV M. hon. Mocrgue et Bousquet, Saint-Hippo-lÿte-du-Fort (Gard). — Soies grèges.
- 1216 V Moussard, Paris, allée des Veuves, 58. — Carrosserie.
- 1217 X Moussier et Boclland , Nantes (Loire-Inférieure). —Optique.
- 1218 IV M. hon. Mocssillac, LaRéole (Gironde).— Tonnellerie.
- 1219 XXIII 2 (m. p.) \ Moütier-Lepage, Paris, rue Riche-
- , VIII 2 (m.p.) lieu, 11. — Arquebuserie.
- 1220 XXII I 2 (m.p.) Muel-Wahl et C,e, Tusey (Meuse). Fontes.
- 1221 X M. hon. Muller (Achille-Théodore), Paris, rue de la Ville-l’Evêque, 42.— Orgues.
- 1222 VII 2 (m.p.) Mulot pèreetfils, Paris, rue Roche-chouart, 69. — Outils de sondage.
- 1223 VI Musard (Louis), Paris, rue de Buf-fauît, 22. — Machines. Musée navàl. — ( Voir Ministère de , LA MARINE.)
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS. 75
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- . des de la DES EXPOSANTS.
- JURYS. France.
- N .
- 1224 X 2 (m.p.) Nachet , Paris, rue Serpente ,16. —
- Microscope.
- 1225 XXV M.bon. Nast (Henri-Jean), Paris, place des
- Vosges, 22. — Porcelaine.
- 1226 XXX M. hon. NazeüIs etCie, Paris, rue du Sentier,
- 1227 XV 23. — Dessins pour impression. Nazet Boirette, Reims (Marne).— Tissus de laine.
- 1228 XVII M. hon. Néraudaü (Jules-Alexandre), Paris,
- ' rue des Fossés-Montmartre, 16-18. — Registres.
- 1229 XXII M. hon. Neubtjrger, Paris, rue Vivienne, 4.
- 1230 — Lampes.
- VI. 2 (m.p.) Nicolas ( Paul), Thann (Haut-Rhin).
- — Machine à guillocher.
- 1231 XI Nicot (Ve) et fils, Annonay (Ardèche). — Mèches.
- .
- 1232 XVII 2 (m. p.) Niédrée (Jean-Edouard), Paris,
- passage Dauphine. — Reliure.
- 1233 VI Nillus, Graville (Seine-Inférieure). — Machines.
- 1234
- X Noël (François), Paris, barrière des
- Vertus, 14. — Filtres.
- 1235 XXIII XXVIII XXIX Noël (M.), Paris, rue du Ponceau, 16. —Bijouterie en faux. Noël jeune (François-Julien), Paris,
- 1236 2 (m.p.)
- rue de Lancry, 33. — Peignes d’i-
- voire.
- 1237 1238 IV XIII M. hon. Nogarède (Jean-Louis), Saint-Jean-du-Gard (Gard). — Soie grége. Nourry frères et Meynard cousins,
- Lyon (Rhône). —Soieries. Noyé, Lyon (Rhône). — Pâtes alimentaires.
- 1239 III
- 1240 XVI 2 (m.p.) Nys et Cie, Paris, rue du Faubourg-
- du-Temple, 32. — Cuirs vernis.
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- 76 LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- —— NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- des de la DES EXPOSANTS.
- JURYS. FRANCE.
- 0
- 1241 XVII M. hon. Obry fils, Jules Bernard et C‘e, Pa-
- ris, rue Saint-Benoît, 5. — Papiers.
- 1242 XXIII Ochs (J.), Paris, rue Notre-Dame-
- de-Nazareth, 28. — Bijouterie et coffre en cornaline.
- 1243 XVII 2 (m.ip.) Odent Xavier, ses fils et Cie, Cour-
- talin (Seine-et-Marne). —' Papiers.
- 1244 XXIII 2 (m. p.) Odiot , Paris, rue Basse-du-Rem-
- part, 26. — Orfèvrerie, produits d’art.
- 1245 XXIX 2 (m. p.) Oger (Jacques-Louis-Marie), Paris,
- XX XV rue Culture-Sainte-Catherine, 17. — Parfumerie.
- 1246 2 (m. p.) Opigez et Chazelle, Paris, rue Ri-
- chelieu, 83. —Châles, nouveautés.
- 1247 1248 XXIX III 2 (m. p.) ï Oudard fils (Louis) et Boucherot, Paris, rue des Lombards, 42. — Fruits, bonbons. Oudin Cormy, Bétheniville (Marne). — Tissus mérinos.
- XII
- 1249 III Oudin ( Jean - Antoine - François),
- 1250 III Nantes (Loire-Inférieure). — Conserves alimentaires. Oudin et C*\ Saint-Herblain (Loire-Inférieure). — Lait solidifié.
- 1251 X Ozouf (Hyacinthe), Paris, rue de Chabrol, 36. — Appareil à fabri-
- X
- 1252 quer les eaux gazeuses. P ’ ' , • Paget, Béziers (Hérault). — Horlo-gerie.
- 1253 XVII Pagnerre , Paris, rue de Seine, 18. — Librairie.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 77
- NUM D’ORDRE. ÉROS DD J DH Y. RÉCOMP des JDRYS. ETNSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1254 XIX 2 (m.p.) Pagny, Bayeux (Calvados). — Dentelles.
- 1255 xxm Paillard (E.), Paris, rue du Grand-Chantier, 16. —t* Bronzes.'
- 1256 XVII XXII ' Paillard (Jacques-Michel), Paris, rue des Francs-Bourgeois, 21, au Marais.—Couleurs, crayons, etc. t
- 1257 XXIII 2 (m.p.) è Paillard (Victor-Alexandre), Paris,
- XXX 2 (m.p.) rue Saint-Claude, 8. — Bronzes.
- 1258 XVI M. hon. Paillart frëres, Paris, rue du Grand-Saint-Michel, 17. — Tannerie.
- 1259 XXVIII M. hon. Paillette , rue Grenier-Saint-Lazare, 29. — Brosserie. ,
- 1260 XXII X 2 (m.p.) Palmer , Paris, rue de Montmorency, 16. — Tréfîlerie, emboutissage.
- 1261 VI Papavoine et ChÂtel, Rouen (Seine-Inférieure). — Machines.
- 1262 X 2 (m.p.) Pape, Paris, rue des Bons-Enfants, 19. — Pianos.
- 1263 IX Pardoüx, Randan (Puy-de-Dôme.)— Charrues.
- 1264 X 2(m. p.) Parent, Paris, rue des Arcis, 33.— Balances.
- 1265 XII XXII 2 (m. p.) Paret, Sedan (Ardennes).— Draps. Paris, Bercy (Seine), rue deBescq. — Fer et tôle controxydés.
- 1266 I
- 1267 XXVI Parisot, Paris,quai Jemmapes, 192. — Appareils à gaz.
- 1268 XII 2 (m.p.) Parnuit, Dadtresme et Cie (Veuve), Elbeuf (Seine-Inférieure). — Draps.
- 1269 XXIX M. hon. Paroissien , Paris, rue Sainte-Apolline, 12.— Coiffures pour dames.
- .1270 XXVIII Parreyron, Paris, Palais-Royal. Boutons.
- 1271 XXX M. hon. Pascal (Michel), Paris, quai d’Anjou, 27. — Sculptures.
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- 78
- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUR D'ORDRE, IÉROS DU JURY. RÉCOMP des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1212 XXIV 2(m.p.) Patoux Drion etCie, Aniche (Nord). , — Glaces.
- 1213 XII 2(m. p.) M. hon. 2 (m. p.) £ Patriaü, Paris et Reims (Marne).— Tissus de laine et de coton.
- 1274 IV XII 4 Paturle, Lupin, Seydoüx, Sieber et Cie, Paris et au Gateau (Nord). — Tissus de laine, et laine et soie.
- 1275 XXII 2 (m. p.) Paublan, Paris, rue Saint-Honoré, 366. — Coffres-forts et serrures.
- 1276 XXII M. hon. Paul frères, Paris, boulevard Bonne-Nouvelle. — Bronze d’art.
- 1277 XVIII Paul (Ulysse), Bourg-lez-Vai.ence ( Drôme ). — Impression sur étoffes.
- 1278 VII Pauwels , Paris, Faubourg-Poissonnière, 179. — Appareils à gaz.
- 1279 XXIII 2 (m. p.) Païen , Paris, boulevard Saint-Dénis, 18. — Bijouterie.
- 1280 XXVIII Pecqueür, Paris, rue Neuve-Popin-court, 7. — Filets de pêche.
- 1281 VIII Peigné, Nort (Loire-Inférieure). —-Fusil.
- 1282 XI 2 (m. p.) Peigné Delacourt (société d’Ours-camp), Paris, boulevard Poissonnière, 14. — Calicots.
- 1283 X Pellerin, Paris, cour des Petites-Écuries. — Mélophones.
- 1284 III M. hon. Pellier frères, Mans (Sarthe). — Conserves alimentaires.
- 1285 XVI 2 (m. p.) Peltereau (Auguste), Château-Renaud (Indre-et-Loire). — Cuirs tannés.
- 1286 XVI 2 (m. p.) Peltereau, le jeune frère, Château-Renaud ( Indre-et-Loire ). — Cui rs tannés.
- 1287 III ‘ M. hon. Peneau, Mus, près Nantes (Loire-Inférieure). — Conserves alimentaires.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 79
- NUM D’ORDRE. ÉROS DD JURY. RÊCOMPI des JURYS. :nses de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS*
- 1288 XII * * * Pépin Vieillard, Orléans (Loiret). — Couvertures de laine.
- 1289 XXX Perot (Gabriel-Jean), Paris, rue Mandar, 8. — Incrustation sur acier.
- 1290 XXX Perot (Giulio-Giacomo), Paris, rue des Trois-Portes, 13. — Ornements gravés pour bijouterie.
- 1291 X 2 (m. p.) Perreaux, Paris, rue Monsieur-le-Prince, 14. — Machine.
- 1292 III 2 (m. p.) Perron, Paris, rueVivienne, 14.— Chocolats.
- 1293 XXIX 2(n,.p.) Perrot Petit et C10, Paris, place de la Bourse, 12.— Fleurs artificielles. '
- 1294 X Pescheloche-Vivin, Epernay (Marne). — Horlogerie.
- 1295 XII 2 (m. p.j Pesel et Menuet , Paris, rue Bourbon-Villeneuve , 7. — Tissus cachemire.
- 1296 I Petit fils, Nantes (Loire-Inférieure). — Pierres meulières.
- 1297 XII 2 (m. p.) Petit Clément, Boult (Marne). — Tissus mérinos.
- 1298 XXX Petit Colin , Paris, place Dauphine, 2. — Gravure.
- 1299 XXII M. hon. Petithomme, Paris, rue Saint-Jacques, 283. — Cloches.
- 1300 XXIX Peyron , Quimperlé (Finistère).— Cribles et tamis.
- 1301 II Peyroulx, Gouzon (Creuse).—rBleu de cobalt.
- 1302 XXVIII 2 (m. p.) Philip, Paris, passage Choiseul, 16. — Bijouterie d’écaille.
- 1303 XXIX III 2 (m. p.) Philippe et Canaud, Nantes (Loire-Inférieure). — Conserves alimentaires.
- 1304 XXX M. hon. Picard, Rouen (Seine-Inférieure). — Dessins sur indiennes.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUN d’Ordrb. IÉROS DU JURY. RÉCOMP des JURYS* ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1305 XXX Pigarel, Paris, rue Saint-Jean, 11. — Sculpture sur hois.
- 1306 XXI 2 (m.p.) Picault, Paris, rue Dauphine, 46. — Coutellerie.
- 1307 XXIII M. hon. Pichard , Paris, rue des Blancs-Manteaux, 26. — Bijouterie fausse.
- 1308 XXI Pichot, Poitiers (Vienne). — Imitation de marqueterie sur ivoire.
- 1309 XXX Piedagnel (Mlio Blanche), Paris, quai Voltàire, 9. — Peinture sur porcelaine.
- 1310 XXIII Piéron, Paris, rue des Enfants-Rouges, 13.—Objets en cuivre moulé.
- 1311 X M. hon. Pierret (Victor-Athanase), Paris, rue des Bons-Enfants ,21. — Horlogerie.
- 1312 VI Pierret (Joseph-Benoît), Paris, rue de Bréda, 29. — Machines à vapeur. /
- 1313 XX Pilladt et Cie, Paris, rue Vivienne, 8. — Ceintures et corsets. Pillet ( Voir Meadzé fils et Pillet.)
- 1314 1315 XIX VI Pilont, Paris, rue du Puits-l’Her-mite ,21. — Aube brodée. Pimont , Saint-Léger-du- Bourg-Denis (Seine-Inférieure). — Machines.
- 1316 XII 2 (m.p.) Pin Bayart, Roubaix (Nord). — Satin laine.
- 1317 XXX Pinsonnet, Paris, rue Neuve-Sainte-Marguerite, 34. — Bois sculpté.
- 1318 1319 XVII XI M. hon. Piques, Velars-sur-Ouche (Côte-d’Or). — Cartons. Piqüot, Monville (Seine-Inférieure). — Cotons.
- 1320 XXIX Pitet aîné, Paris, rue Saint-Martin, 257. — Brosses et pinceaux.
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- DÇS EXPOSANTS FRANÇAIS.
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- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- D’ORDRE. DTJ JURY. des JURYS. de la FRANCE.
- 1321 IV M. hon.
- 1322 XXIX 2 (m.p.)
- 1323 X 2 (m. p.)
- 1 1324 XXIII
- 1325 XXIII
- 1326 XVII 2 (m. p.) è
- 1327 II
- 1328 XXVII 2 (m.p.) fi
- 1329 XXIV 2 (m.p.)
- 1330 XXVIII 2 (m.p.)
- 1331' XXII VI 2 ('m.p.)
- J 332 XX XVI 2 (m.p.)
- 1333 XXIX M. hon.
- ! 1334 XII
- 1335 XII
- 1336 II
- 1337 XIII 2 (m.p.)
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- Pitout , Paris, rue Pavée, au Marais, 24. — Papiers en gélatine.
- Piver, Paris, rue Saint-Martin, î03. — Savons, etc.
- Plagniol, Paris, rue Pastourel, 5. — Jumelles et têtes de daguerres.
- Plasse, Paris, rue Saint-Honoré, 67. — Bronzes.
- Plichon, Paris, rue des Filles-du-Calvaire, 10. — Bijouterie fausse.
- Plon frères, Paris, rue de Vaugi-rard ,26. — Librairie.
- Poelman , Moulins-ïez-Lille (Nord). — Céruse.
- Poilleü frères, Brest-(Finistère).— Monument funéraire en granit.
- Poilly ( De ) et Cie, Folembray (Aisne). — Verrerie.
- Poinsignon, Paris, rue Neuve-Saint-Martin, 23. — Peignes.
- Poirier (Laurent), Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, 33. — Presses à copier.
- Poirier ( Pierre ) , Châteaubriant (Loire-Inférieure). — Chaussures de chasse.
- Poisat oncle et Cie, Paris, rue d’Enghien, 19. — Produits chimiques.
- Poitevin et fils, LouvierS*(Eure).— Draps.
- Polliart et Carpentier, Aubenton (Marne). — Filature de laine et tissage mécanique.
- Pommier, Paris, rue Neuve-Coque-nard,22 bis. — Vernis pour voitures.
- Ponson (Claude), Lyon (Rhône).— Soieries.
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- LISTE ALPHABETIQUE
- NUM D’ORDRE. ÉROS DU JURY. RÉCOMP (les JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1338 II 1 (m. G.) è Popelin-Ducarre , Paris, boulevard de i’Hôpital, 137. — Charbons artificiels.
- 1339 XXIII Potonié, Paris, rue Neuve-Saint-François, 5. — Pendules.
- 1340 XIII 2(m.p.) Potton, J. Rambaüd et Cie, Lyon (Rhône). — Soieries.
- 1341 XII 2 (m.p.) Pouciier-Pottier. — Mérinos.
- 1342 X Poulat, Lyon (Rhône). — Filières en cuivre.
- 1343 I 2 (m.p.) Poclet, Paris, rue Pierre-Levée, 12. — Plomb filé.
- 1344 X # Poullot , Paris, rue Neuve-Saint-Louis, 35. — Optique.
- 1345 XXIII 2 (m.p.) Podssielgüe-Rüsan, Paris, rue Cassette, 34. — Bronzes et orfèvrerie.
- 1346 XXV Pouyat, Limoges (Haute-Vienne). — Porcelaines.
- 1347 VI 2 (m. p.) Pouyer, Rouen (Seine-Inférieure). — Machines.
- 1348 XXX Poyet, Paris et Londres.—Tableaux au pastel.
- 1349 IV M. hon. Pradier (Joseph), Annonay (Ardèche). — Soie grège.
- 1350 XXX 1 (m.'C.) Pradier (James), Paris, à l’Institut. — Sculpture.
- 1351 XII Pradine et C'®, Reims (Marne). — Laine peignée.
- 1352 II 1 (m. C.) 4 Prat et Agard, Aix (Bouches-du-Rhône). — Produits des eaux salines.
- 1353 XVI 2 (m.p.) Prax et Lambin, Paris, passage Bas-four, 9. — Sellerie et harnais.
- 1354 XXX [ XXIII [ VIII Preinsler, Paris, rue Saint-Fiacre, 20. — Dessins de fabrique.
- 1355 2 (m.p.) Prélat, Paris, rue delà Ferme, 41. — Armes à feu.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS. 83
- NUM D'ORDRE. ÉROS DU JURY. RÉCOMPI des JCRÏS. :nses de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE ' DES EXPOSANTS.
- 1356 XXIX Presboürg, Paris, rue Quincam-poix, 56. — Pinceaux.
- 1357 XXVI 2 (m.p.) Prétot, Paris., rue du Harlay, au Marais, 3. — Ébénisterie et bronzes.
- 1358 XVI 2 (m.p.} Prin fils aîné, Nantes (Loire-Inférieure). — Cuirs.
- 1359 II • \ Prot, Paris, rue d’Enfer, 16. — Produits chimiques.
- 1360 XXI VI 2 (m.p.) Proutat, Michot et Thomeret, Ar-nay-le-Duc (Côte-d’Or).— Outils.
- 1361 XXX Provancher, Montmartre (Seine). — Dessins sur porcelaine.
- 1362 1363 X Prüdent, Paris, rue du Ponceau, 29. — Lorgnettes de spectacle. Püjade ( J.), Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales).— Appareils chirurgicaux.
- 1364 XIX M. bon. Püzin, Paris, rue Saint-Denis, 135. — Galons et passementerie. Q
- 1365 X 1 (m.C.) & Quenessen, Paris, rue du Boulcy, 4. — Affinage de platine.
- 1366 XXX Qüéru et Cw, Paris, boulevard Poissonnière, 14. — Dessins pour étoffes. * R
- 1367 XXI Rabiot, Paris, rue de i’École-de-Médecine, 2. — Appareils chirurgicaux.
- 1368 XX M. hon. Rabourdin (Michel), Paris, rue des Marais-Saint-Martin, 88. — Bretelles.
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- 84 ' LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUN D’ORDRE IÉROS DO JURY. RÉCOMP des JüRYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1369 XIX Ragot (Jules-Félix), Paris, boulevard Saint-Martin, 39. — Dentelles.
- 1370 XII Ragot-Ma yeüx , Reims (Marne).— Tissus de mérinos.
- 1371 VI Raguenet-Roland, Lyon (Rhône).— Peignes à tisser.
- 1372 XXX 2 (m. p.) Ramus (Joseph-Marius), Paris, rue de l’Ouest, 33. —-Sculpture.
- 1373 XII o.* Randoing (J.), Abbeville (Somme). — Draperies.
- 1374 XIX 2 (m. p.) Randon (Louis), Caen (Calvados), Paris, passage des Petits-Pères, 2. — Blonde de soie.
- 1375 XX M. hon. Rapp (Charles-François), Paris, rue Feydeau, 21. — Chaussures.
- 1376 V Rastouin, Blois (Loir-et-Cher). —• Essieu de voiture.
- 1377 XXII M. hon. Rebert (Chrétien), Strasbourg (Bas-Rhin). — Ferme-porte.
- 137à XIII Rébeyre, Lyon (Rhône). — Soieries, châles.
- 1379 X Recy ( Le docteur ) , Saint-Amour (Jura). — Telangeons opaques.
- 1380 XXIX Rédelix (Jean-Henri), Paris, rue Notre-Dame-de-Nazareth, 25. — Boutons à vis.
- 1381 VI Rédélix, Paris, rue Saint-Denis, 357. — Outils pour fabriquer les fleurs.
- 1382 , X 2 (m. p.) Redier (A.), Paris, place du Châtelet, 2. — Horlogerie.
- 1383 IV 2 (m. p.) Regard frères, Darbrès, près Privas (Ardèche). — Cocons, soies
- 1384 XXVII | M. hon. grèges. Regny (Léon) etCie, Marseille (Bouches-du-Rhône). — Ciment.
- 1385 XVII Reichmann (Alexandre), Paris, rue Saint-Benoît, 21. — Papiers.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS. 85
- NUMÉROS RÉCOMPENSES -
- des de !a NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- D’ORDRE DU JURY. SES EXPOSANTS.
- JURYS, FRANGE.
- 1386 1387 IV XII M. hon. Reidon (Emilien), Saint-Jean-de-Valeriscies (Gard). — Soies. Reims (Fabrique de), Reims (Marne).
- 1388 XXX — Tissus de laines teintes. Rémond (Jb), Paris, rue du Foin-Saint-Jacques, 13. — Imprimerie
- 1389 II en taille douce. Renard (Louis), Paris, rue des Gra-villiers, 54. — Vernis.
- 1390 1391 XXIV VI M. bon. Renard père et fils, Fresnes (Nord). — Verrerie. Renard (Jean-Aimé), Paris, rue des Gravilliers, 28. — Outils.
- 1392 XIII Renard père et fils, Lyon (Rhône). — Soieries.
- 1393 XXI Renodier père et fils, Saint-Etienne (Loire).—Coutellerie.
- 1394 XVII Renouard (Jules) et C1B, Paris, rue de Tournon , 6, — Livres.
- M. hon. 2 (m. p.)
- 1395 XV XIII Repiquet et Silvant, Lyon (Rhône). — Tissus.
- 1396 XIX 2 (m. p.) èt Requillart, Roussel et Chocqdel,
- — Paris, rue Vivienne, 20. — Tapis.
- 1397 XVI M. hon. Reulos (Armand-Joseph), Paris, rue
- Geotfroy-Saint-Hilaire, 15. — Tannerie. *
- 1398 X 2 (m. p..) Reydor frères (I.-G.) et Colin, Paris,
- rue Jean-Robert, 17. — Horloges.
- 1399 XIII 2 (m. p.) Reynier Cousins, Lyon (Rhône).—
- 1400 VI • Soieries. Riby (Pierre), Angers (Maine-et-Loire ). — Meules.
- 1
- 1401 1402 XXII XXIX M. hon. Regniaud (J.), Paris. „— Moules à pâtisserie. Richard frères, Saint-Chamont
- ( Loire). — Lacets.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- D'ORDRE DU JURY. des de la
- JURYS. FRANCE
- 1403 IV 2 (m.p.)
- 1404 XX
- 1405 XXV
- 1406 XXVI
- 1407 II
- 1408 X 2 (m. p.)
- 1409 III M. bon.
- 1410 X
- 1411 XXVI 2 (m.p.)
- 1412 VI 1 (m. C.)
- 1413 XXVI 2 (m. p.)
- 1414 IV M. hon.
- 1415 XVI
- 1416 ? 2 (m.p.)
- 1417 X
- 1418 XIX -
- 1419 XII
- 1420 XIII XII M. hon.
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- Richer (François), Gouvix (Calvados). — Toisons.
- Richez (M“e), Paris, rue Saint-Honoré, 323. — Corsets.
- Ricroch et C1®, Limoges (Haute-Vienne.) — Porcelaines.
- Riel (Jules), Paris, rue Masséna, 10. — Ecussons, enseignes.
- Riess (Martin), Dieuze (Meurthe).— Gélatine.
- Rieussec (Nicolas-Mathieu), Saint-Mandé (Seine). — Horlogerie.
- Rigault fils, Orléans (Loiret).____
- Vinaigre.
- Ringard, Paris, rue Saint-Martin, 147. — Optique.
- Ringuet-Leprince (Auguste-Émile), Paris, rue Caumartin, 9. — Ébé-nisterie.
- Risler (Mathieu) fils, Cernay (Haut-Rhin).'— Machine.
- Rivard et Andrieüx , Paris, rue de Normandie, 1. — Meubles incrustés.
- Rivaud (Gustave), Petit-Rochefort (Charente). — Toisons.
- Robaüt (Louis), Douai (Nord). — Cuirs.
- Robert (Alexandre) et Cie, La Vil-lette (Seine). — Métaux.
- Robert (Adolphe), Sancerre (Cher). — Horlogerie.
- Robeiw (Charles), Faüre, Paris, rue de Cléry, 25. — Dentelles.
- Robert - Galland , Pont - Favergcr (Marne). — Tissus de mérinos.
- Robert - Guérin , Pont - Faverger (Marne). — Tissus de mérinos. Magnaneries (soies grèges).
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-
- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 87
- NUMEROS RECOMPENSES
- D’ORDRE DU JURY. des JTJRYS. de la FRANCE.
- 1421 XII 2 (m, p.)
- 1422 XX 2 (m. p.)
- 1423 XXIV 2(m.p.)
- 1424 XXII M. hon.
- 1425 XIII
- 1426 1427
- VIII 2 (m. p.)
- 1428 IV II M. hon.
- 1429 XXIX III 2 (m. p.)
- 1430 IV X > M. hon.
- 1431 XII 2 (m. p.)
- 1432 I M. hon.
- 1433 XXI
- 1434 I
- 1435 X 2 (m.p.)
- 1436 VIII XIII
- 1437
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- Robert- Mathieu, Pont-Faverger (Marne). — Tissus de mérinos.
- Robert-Werly et Cie. Bar-le-Duc (Meuse). — Corsets.
- Robichon et C10, Givors (Rhône).— Verres à vitre.
- Robin (Louis), Paris, rue Grenétat, 30. — Timbres-sonnettes.
- Roche et Dîme, Lyon (Rhône).— Soieries (châles).
- Rochefort (Mme de) , Paris (Seine). — Miniatures peintes avec une nouvelle préparation chimique.
- Rocher (Michel), Nantes (Loire-Inférieure). — Machines.
- Rocher (Louis) jeune, Saumur (Maine-et-Loire). — Engrais.
- Rodel et fils frères, Bordeaux (Gironde). — Conserves alimentaires.
- Roeck (Louis), Lyon (Rhône). — Se-rimètre.
- Roger frères, Trie-le-Château (Oise). — Laines filées.
- Roger fils, La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne). — Carreaux.
- Roissard (Julien-Marie), Brest (Finistère). — Instruments de chirurgie.
- Rojon (Jean-Léopold), Paris, quai Valmy, 51. — Emeri.
- Rgller etBLANCHET, Paris, rue Ha u-teville, 26. — Pianos. ,
- Ronchard - Siaüve , Saint-Etienne (Loire). —- Armurerie de luxe.
- Rondot (Natalis), pour la ville de Lyon (Rhône). —-Ornementations pour la fabrique de Lyon.
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- 88 LISTE ALPHABÉTIQUE
- —5— NU1V D’ORDRE IÉROS DU JURY. I RÉCOMP des JURYS. ENSES de la FRANCE, NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1438 1439 II XV M. bon. Rosselet (Cbarles-Philippe-Honoré), Paris, rue de la Madeleine, 23. — Liquides pour redorure. Rosset et Normand, Paris, rue Feydeau, 32. — Châles, dentelles.
- 1440 XXII 2 (m.p.) Roswag (Auguste), Scbélestadt (Bas-Rhin). — Toiles métalliques.
- 1441 X « M.bon. Roth (Jean-Chrétien), Strasbourg (Bas-Rhin). — Instruments de musique.
- 1442 III Roechier (François) et fils, Ruffec (Charente). — Conserves alimentaires.
- 1443 XXX 1 vm ! 2 (m.p.) Roucou (Joseph), Belleville (Seine). — Damasquinerie.
- 1444 XVI Rougé fils et C10, Châtenay (Loire-' Inférieure). — Cuirs.
- 1445 X M. bon. « RoüGet de Lisle (Thomas-Amédée), Paris, rue des Vinaigriers, 26.— Machines.
- 1446 H Roullet, Gilly et Chaponnière, Marseille (Bouches-du-Rhône).— Savon d’huile de palme.
- 1447 III 2 (m.p.) Rousseau frères, Paris, rue de TE-cole-de-Médecine, 9. —Sucre.
- 1448 III, Rousseau (Louis), Paris, rue des Cinq-Diamants, 12. — Fruits conservés.
- 1449 XXX Roussel (Charles), Besançon (Doubs). — Gravure et typographie.
- 1450 XII Roussel-Dazin , Roubaix (Nord). — Tissus.
- 1451 XII Rousselet-Baronnet , Bétheniville (Marne). — Tissus.
- 1452 IV Roussy (Casimir), Ganges (Hérault), 62. — Soies grèges,
- 1453 XXIII M. bon. Rouvenat (Léon), Paris, rue Haute-ville, 62. — Joaillerie, bijouterie.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 89
- NUMÉROS récompenses'
- des de la NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- D’ORDRE DU JURY* DES EXPOSANTS.
- JURYS. FRANCE.
- 1454 XXIX Roux (Félix-Marie), Saint-Chamont
- 1455 X (Loire). — Lacets de soie. Roux et Fortin, Paris, rüe d'Anjou, 21. — Roulettes à sphères.
- 1456 IV 2 (m. p.) Rouxel (Frédéric), Saint-Brieuc
- Côtes-du-Nord). —Lin peigné.
- 1457 1458 IV XXIX M. hon. Royer (Joseph), quai de la Tournelle, 55. — Gélatine. Royer (Pierre-Eustache), Trilport
- 2 (m. p.) l(m.C.) 2 (m. p.) M.hon. M.hon. è
- 1459 1460 1461 1462 1463 1464 IV XXV XXIII XXVIII IV XXVII (Seine-et-Marne). — Feuillages artificiels. Ruas et C‘e, Saint-André de Valbor-gne (Gard). —Soie. Rüaud ( Jean - Baptiste ), Limoges (Haute-Vienne). — Porcelaines. Rudolphi, Paris, rue Tronchet, 3. — Orfèvrerie, joaillerie. Ruez (Louis), Cambrai (Nord).— Amidon. Rüolz (Hippolyte-Cath.-Camille de), Paris, rue de Verneuil, 53. — Peinture, enduit hydrofuge. S Sabatier, Paris, Palais-Royal, 65. — Daguerréotypes.
- X
- 1465 1466 XV X M. hon. Sabin-Rebeyre, Paris. — Châles. Saget (Veuve), Paris, rue Sainte-Élisabeth, 17. —Éclairage.
- • •
- 1467 XXX • Saintain, Paris, rue du Petit.-Bour-
- bon, 8. — Gravures. Saint-Gobain (Aisne). — Saint-Quirin et Cirey (Meurthe). —
- 1468 XXIV
- 1469 XXX Manufactures de glaces. Saint-Jean (Simon), Lyon (Rbône). — Peinture à l’huile.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURY» RÉCOMP des JURYS* ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1470 II 2(m.p.) Saint-Ubéry, Tarbes (Hautes-Pyrénées).— Bois préparé.
- 1471 XIX Sallandrouze de Lamornaix, Paris, boulevard Poissonnière, 23. — Tapis. *
- 1472 IV M. hon. Sambuc, Vaison (Vaucluse). — Soie grège.
- 1473 XXIV Samuel Lambert, Paris, rue Verte, 34. — Argenture de verre.
- 1474 III 2 (m.p.) Sandoval, 'I arbes (Hautes-Pyrénées). — Chocolats.
- 1475 XI Sanson, Evreux (Eure). — Coutil et' coton.
- 1476 IX Sap.ran et Dufour, Sauve (Gard). — Fourches et atelles.
- 1477 XXX Saugrin, Paris, boulevard Montmartre. — Daguerréotypes (por-‘ traits).
- 1478 XXVI Sauraux, Paris, Faubourg-du-Tem-ple, 21. — Billard.
- 1479 XII Sautret fils, Bétbeniville (Marne). — Mérinos.
- 1480 VI 2 (m.p.) Sautreuil fils, Fécamp (Seine-Inférieure). — Machine à raboter.
- 1481 XIII M. hon. Sauvage et Ci#, Lyon (Rhône). — Soieries.
- 1482 XXIII 2 (m.p.) Savard, Paris, rue Saint-Gilles, 22. — Bijoux doublés d’or.
- 1483 XXIX Savaresse fils (Jean-François), Paris, rue Saint-Martin, 223. — Cordes harmoniques.
- 1484 X Savaresse (Philibert), Paris, rue des Marais, 42. — Appareils pour eaux gazeuses. »
- 1485 XXIX Savaresse (Henri), Grenelle (Seine), avenue Saint-Charles, 30. — Cordes d’instruments.
- 1486 XXIII 2 (m.p.) Savary et Mosbach, Paris, rue Vau-canson, 2. — Imitation de pierres et diamants.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 91
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- r»ORDRE DU JURY. des de la
- JURYS. FRANCE.
- 1487 X 1 (m.c.)
- • 1488 XXIII
- 1489 XI
- 1490 XV11I
- 1491 XXVI 2 (m. p.)
- 1492 2 (m. p.) 2 (m. p.)
- 1493 XVIII
- 1494 XII 2 (m.p.)
- 1495 XVII XVI 2 (m. p.)
- 1496 XXII X 2 (m. p.)
- 1497 VI 2 (m. p.)
- 1498 2 (m.p.)
- 1499 XIII
- 1500 VI 2 (m.p.)
- 1501 X
- 1502 XVII
- *1503 XVIII 2 (m. p.)
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE des exposants.
- Sax et C1®, Paris, rue Saint-Georges, 50. — Instruments de musique.
- Saye, Paris, rue du Parc-Royal, 9. — Pendules-statuettes.
- Scamps, Roubaix (Nord).— Tissus de coton.
- Scheurer-Rott, Tbann (Haut-Rhin). — Tissus imprimés.
- Schiertz, Paris, rue de la Huchette, 27. —Ebénisterie de précision.
- Schilt. — Vase peint.
- Schlumberger jeune et Cie,Thann (Haut-Rhin). — Tissus imprimés.
- Schlumberger (Gaspard) et C'ej Mulhouse (Haut-Rhin). — Etoffes pour meubles.
- Schloss et frères (veuve Henri), Paris, rue Chapon ,15. — Portefeuilles, etc.
- Schmautz aîné, Paris, rue du Cher-che-Midi, 19. — Rouleaux pour impression lithographique.
- Schmerber, Atkirch (Haut-Rhin). — Marteau-pilon.
- Schneider. — Dessin de bateau à vapeur.
- Schneider frères, Paris, rue Montmartre, 137. — Rubans de soie.
- Schneider et Legrand, Sedan (Ardennes). — Tondeuse.
- Scholtus, Paris, rue Bleue, 1.— Pianos.
- Schonenberger , Paris, boulevard Poissonnière, 28. — Impression de musique.
- Schwartz et Hoguenin, Mulhouse (Haut-Rhin). — Impression sur étoffes.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMP des JURTS. EN SES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE ] DES EXPOSANTS, 1
- 1504 XII Schwartz, Trapp et Cie, Mulhouse (Haut-Rhin). —Fils de laine peignée.
- 1505 N XIV 2 (m.p.) è Scrive frères, Lille (Nord). — Fils de lin.
- 1506 VI 2 (m.p.) Scrive frères, Lille (Nord). —Machines.
- 1507 XIV Scrive frères et Danset, Lille (Nord). — Tissus de lin.
- 1508 XIX M. hon. Segoin (Joseph), Paris, rue des Jeûneurs, 40. — Dentelles.
- 1509 XXVII 2 (m.p.) Segoin (Antoine), rue d’Assas, 22. — Marbrerie.
- 1510 IX Séguy, Thezan (Hérault). — Charrues.
- 1511 XIX XVIII 2 (m.p.) Seib, Strasbourg (Bas-Rhin). — Toiles cirées.
- 1512 VI Sénéchal, Belleville (Seine), rue des Solitaires, 41. —Machine à couper les gants.
- 1513 IV Sengenwald, Strasbourg (Bas-Rhin). — Garance.
- 1514 XII 2 (m. p.) Sentis père et fils et C1C, Reims (Marne). — Laines filées.
- 1515 XXII M. hon. Serionne, Loin et Cie, Belleville (Seine), boulevard du Combat, 22. — Boutons de porcelaine.
- 1516 III 1 (m. C.) & Serret, Hamoir, Doqoesne et Cie. Valenciennes (Nord). — Sucre de betterave.
- 1517 XXVI Servais, Paris, Saint-Louis-en-l’He, 15. — Cadres. Sèvres (Manufacture de). — ( Voir Manufactures nationales.)
- 1518 III Sigaut, Paris, rue de la Vieille-Monnaie, 25. — Pâtisserie.
- 1519 XII 2 (m.p.) Signoret-Rochas, Vienne (Isère). — Draps.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS. 93
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMPI des JURYS. ÏNSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1520 XXX 2 (m. p.) Silberaian, Strasbourg (Bas-Rhin). — Imprimerie.
- 1521 XVII M. hon. Simter neveu, Paris, rue de l’Arbre-Sec, 38. — Reliure.
- 1522 XVI Simon, Lyon (Rhône). — Veaux cirés.
- 1523 XVII Simon fils (Emile), Strasbourg (Bas-Rhin). — Lithographie.
- 1524 XXIII Simon (J.), Paris, Vide-Gousset, 4. — Marbre.
- 1525 XXX Simon (Paul), Paris, rue du Temple. — Arts plastiques.
- 1526 X M. hon. Simon et Henri, Paris, rue Saint-Honoré, 179. — Archets,
- 1527 XXX Simonnet (Mlle), Paris, rue Saint-Jacques, 161. — Peinture sur porcelaine.
- 1528 XXII M. hon. Sirot père, Valenciennes. —Clous.
- 1529 V ‘ 2 (m.p.) Sochet, Toulon (Var).—Appareil pour la distillation de l’eau marine.
- 1530 III Société d’agriculture du Rhône, Lyon (Rhône). —Céréales.
- 1531 I M. hon. 2 (m.p.) Société des ardoisières de Rimo-gne, Rimogne (Ardennes). — Ardoises.
- 1532 IV Société des mines de Bouxwiller,
- ' II Bouxiviller (Bas-Rhin). — Produits chimiques.
- 1533 XVII 2 (m.p.) SoehnÉe frères, rue des Vinaigriers, 17.— Vernis.
- 1534 XIV • Soins père et fils, Esquemmes (Nord). — Fils de lin et de coton.
- 1535 II 2 (m.p.) Sorel, Paris, rue de Lancry, 6. — Blanc de zinc.
- 1536 IV 2 (m.p.) Soubeïrand, Saint- Jean - du-Gard (Gard). — Filature de coton.
- 1537 II Souchon, Paris, rue Montmartre, 111. —— Produits chimiques.
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- 94 LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUIV D’ORDRE ÏÊROS DU JURY* RÉCOMP des JURYS. ENSES de la FRAKCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1538 XVI • Soucin-Corbet , Chaumont (Haute-Marne). — Peaux.
- 1539 X M. hon. Soufléto, Paris, rue Montmartre, 171. — Pianos.
- 1540 XX M.hon. SoulÈs (Mme Hippolyte), Paris, rue de la Michodière, 21. — Corsets.
- 1541 XII Sourd, Tenay (Ain). — Laine peignée et filée.
- 1542 VI 2 (m. p.) Stamm et C10, Thann (Haut-Rhin1). — Banc à broches.
- 1543 II 2 (m. p.) & Steinbach, Petit-Quevilly (Seine-Inférieure). — Amidon.
- 1544 XVIII 2 (m. p.) Steiner, Ribeauvillé (Bas-Rhin).-— Impression sur étoffe.
- 1545 VI Stolz fils, Paris, rue de Boulogne, 10. — Machines.
- 1546 XXX Sturm, Paris, rue de l’Ancienne-Comédie, 28. — Peinture sur émail.
- 1547 XX Suchel, Lyon (Rhône). —Corsets sans couture.
- 1548 XVI 2 (m. p.) Suser, Nantes (Loire-Inférieure).— Peaux, cuirs, chaussures.
- 1549 XXIII 2 (m. p.) Susse frères, Paris, place de la Bourse. — Bronzes d’art. T
- 1550 XXI VI M. hon. Taborin,Paris, rue Amelot, 62. — Limes.
- 1551 XXI M. hon. Taboürdeau, Moulins (Allier). — Coutellerie.
- 1552 XXII M.hon. 4 Tachy et Dupuis, Paris, rue Dauphine, 24. — Aiguilles.
- 1553 XXVI 2 (m. p.) Tahan, Paris, rue de la Paix, 30.— Ebénisterie d’art.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
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- NUM D'ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMP1 des JURYS. ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET,INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1554 XX Talbouis-Verdier et Cie, Paris, rue des Mauvaises-Paroles, 15. — Passementerie.
- 1555 X Tailfer, Batignolles (Seine). —Machine.
- 1556 xxir M. hon. Tailfer et C,e, Laigle (Orne). — Aiguilles.
- 1557 XI Taillandier, Évreux (Eure). — Coutils.
- 1558 XXI 2 (m.p.) Talabot (L.) etC1®, Toulouse (Haute-Garonne). — Faux, limes.
- 1559 IX 2 (m. p.) Talbot frères, Menetou-Salon (Cher). — Instruments aratoires.
- 1560 XVI Tambour-Ledoyen, Paris, rue Neuve-Saint-Augustin ,19. — Gants.
- 1561 i Tarride fils et Cie, Toulouse (Haute-Garonne).— Marbres.
- 1562 1 (m. C.) Taurines. —Dynamomètres.
- 1563 XVII Tautenstein et Cordel, Paris, rue de la Harpe, 90. — Musique imprimée.
- 1564 XIII 2 (m.p.) é Teillard, Lyon (Rhône). — Soieries.
- 1565 XXX Tellier, Dieppe (Seine-Inférieure). — Sculpture, ivoire.
- 1566 IV M. hon. Terrasson de Montleau, Saint-Es-tèphe (Charente). — Toisons mérinos.
- 1567 XII Terrier et C!®, Suresnes (Seine). — Étoffes de laine.
- 1568 IV 2 (m.p.) Tessier-Ducbos et C1®, Vallerangues (Gard). — Soies grèges et ouvrées.
- 1569 XXX Texier (Louis), Paris, rue Saint-Honoré , 350.—Musée de sculpture.
- 1570 1571 XVI VI 2 (m. p.) Texier fils (Théophile), Niort (Deux-Sèvres).— Ganterie. Tiieil , Saint-Lucien-Épernon (Eure-et-Loir. — Meules.
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- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- des de la NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- d’ordre BU JURY.
- JURYS. FRANCE.
- 1572 XXVI 2 (m. p.) Tiiéret, Paris, rue des Saints-Pères,
- XXVII 2 (ni, p.) 38. — Mosaïques.
- 1573 XIII M. hon. Thévenet, Raffin et Roux, Lyon
- (Rhône). — Châles de soie.
- 1574 XXX Thévenot, Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).—Vitraux peints.
- 1575
- XXX Thibaud-Dallet, Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). — Vitraux.
- 1576 VI Thibault-Boilesoc, Cinq-Mars-la-Pile (Indre-et-Loire).—Meules et
- 1577 X carreaux. ThibertFiIs, Paris, rue Michel-le-Comte, 31.—Jumelles.
- 1578 XIII M. hon. Thibert et Adam, Paris, rue du
- Grand-Chantier, 10. — Peluches de soie.
- 1579 XVI M. hon. Tiiibierge, Paris, rue Vide-Gous-
- set, 4. — Ouvrages en cheveux.
- 1580 XXI 2 (m. p.) Thier, Paris, passage Choiseul, 39.
- X XVI — Objets d'hygiène.
- 1581 M, hon. Thierry, Lyon (Rhône). —Ilélio-
- graphie.
- 1582 XX 2 (m. p.) Thierry, Paris, rue Saint-Honoré,
- 301. — Chaussures.
- 1583 XVIII 2 (m.p.) Thierry-Mieg, Mulhouse (Haut-
- Rhin).— Impressions sur étoffes.
- 1584 X Thiffereau, Paris, rue de Vaugi-rard, 10. — Horloge.
- 1585 XXIX M. hon./ Thollon, Grenoble (Isère). — Par-
- fumerie.
- 1586 X 2 (m. p.) Thomas (de Colmar), Paris, rue du
- Helder, 13.—Machines à calculer.
- 1587 XIII M. hon. Thomas frères, Avignon (Vaucluse).
- — Soieries.
- 1588 III Thorel, Ruffec (Charente). — Ter-
- XXIII XXVI rines de foie gras.
- 1589 2 (m. p.) Thoumin, Paris,boulevard Beaumarchais, 44.—'Cuivre estampé.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS. 97
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURT. RÉCOMPI des JURYS. ÏNSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1590 XXIII 2 (m.p.) Tiioüret, Paris, place de la Bourse, 31. — Orfèvrerie argentée.
- 1591 IV 2 (m.p.) Tillancoort (de), Paris, rue de Chaillol, 85. — Soie grège.
- 1592 XXIX 2 (m.p.) Tilman, Paris, rue Ménars, 2.— Fleurs artificielles.
- 1593 IV I M. lion. M.hon. Tordedx, Cambrai (Nord). — Produits chimiques. Tooaillon, Paris, rue Coquillière, 12.
- 1.594 VI 2 (m.p.) —Machines à rhabiller les meules.
- 1595 XXII Toülza, Saint-Etienne (Loire). — Grosse quincaillerie.
- 1596 III Tourneur, Parjs, rue Richelieu, 39. — Café torréfié, jus de groseille conservé.
- 1597 XIX M.hon. Toussaint (Eugène-Nicolas), Paris, rue de la Jussienne, 4. — Dessin pour dentelles.
- 1598 XXVIII XXIX 2 (m.p.) Trancart, Paris, rue Neuve-Saint-Denis, 12.—Peignes d’écaille.
- 1599 VII 2 (m. p.) Travers, Paris, rue du Faubourg-Poissonnière , 146.—Combles en fer. '
- 1600 XXII XXV 2 (m.p.) * Trélon, Weldon et Weie, Paris, rue de Bercy-Saint-Antoine, 28.— Boutons de porcelaine.
- 1601 X Trémaux, Charcey (Saône-et-Loire). — Instruments de musique.
- 1602 1603 X XI 2 (m.p.) TRiBERT, Paris, rue Montmartre, 132. — Instruments de musique. Tricot frères, Rouen (Seine-Inférieure). —Cotons teints et écrus.
- 1604 XXIII Triouller , Paris, rue du Vieux-Colombier, 1.—Orfèvrerie d’église.
- 1605 IV Tripet, Paris, boulevard des Capucines. — Tulipes.
- 1606 XIII M. hon. Troccon, Lyon (Rhône). — Châles de soie.
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- 98 LISTE ALPHABÉTIQUE
- . NU1V D'ORDRE 1ÉROS DU JURY. RÉCOMP des . JURYS* ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1607 XXII . î 1 , 2 (m.p.) ,Tronchon, Passy (Seine).—Meubles en fer. .
- 1608 XI Trotté,Paris, rue Quincampoix, 19. — Bonneterie.
- 1609 XXX Trouiller, Paris, rue.de Cléry, 31. — Dessins pour impression sur étoffes.
- 1610 XXIII Troupeau, Paris, rue Grange-Bate-• lière, 4. — Réflecteurs diurnes.
- 1611 1612 XXVI XVI Trouvé, Paris, passage Violet, 5.— Cadres décorés. Trouvé Cutivel et Cie, Lazure (Sar-the).—Tannerie.
- 1613 XXII M. hon. * -, Truc, Paris, rue de Saintonge, 9.— Lampes.
- 1614 1615 XXIII XVII • 2 (m.p.) Truchy, Paris, rue du Petit-Lion-Saint - Sauveur, 18. — Fausses perles. Tudot, Moulins (Allier). — Lithographie.
- 1616 X M. hon. Tulou, Paris,.rue des Martyrs, 27. — Instruments de musique.
- 1617 XXX M. hon. Turgan (Mm0), Paris, rue d’Enfer, : 28.—Peinture sur porcelaine.
- 1618 III 2 (m.p.) Türpin, Paris, rue de Richelieu,28. — Chocolat.
- 1619 XIII Tuvée et Cie , Paris, rue de Choiseul, 13. — Soieries, rubans. y
- 1620 IX 2 (m.p.) Vachon père et fils et C“, Lyon (Rhône). — Machines.
- 1621 XIII M. hon. Valansot, Lyon (Rhône). — Soieries.
- 1622 XVII Valant (Paul-Télémaque), Paris, rue de Seine, 23. — Papeterie. I
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS. 99
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURT. RÉCOMPI des JURYS. IN'SES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1623 X Valéiuis (Philippe), Paris, rue du Coq-Saint-Honoré, 7. — Lits mé-
- 1624 XXIII XXIX 2(m.p.) caniques. Valès (Constant), Paris, rue Saint-Martin, 16Ï. — Perles fausses.
- 1625 XXV Valin (Jean), Limoges (Haute-Vienne). — Porcelaines.
- 1626 XX M. lion. Valtat et Rouii.lé, Paris, rue Ramr buteau, 70. — Lingerie.
- 1627 XXVI Vanbalthoven (Pierre), Paris (Seine). — Ebénisterie,
- 1628 X Vandenbrouke, Paris, Faubourg-Saint-Denis, 144. — Tôlerie.
- 1629 XVII M. hon. Vandendorpel fils, Paris, rue Chapon, 3. —Papiers de fantaisie.
- 1630 XIX Vaneeckhout et Cie, Paris, rueNotre-Dame-des-Victoires, 38. — Dentelles.
- 1631 XXIV 2(m.p.) .Van Leempoel de Colnet et Cie, Quiquengrogne (Aisne). — Verrerie.
- 1632 X ' Van ÔyERBERG, Paris, rue de Choi-seul, 9. — Pianos.
- 1633 XXII XXIX 2 (m.p.) Vantillard (Victor) et Cie, Laigle (Orne). — Epingles en fer.
- 1634 XI 2 (m. p.;) Vantroyen et Mallet, Lille (Nord). — Filature de coton.
- 1635 X Vasse de Saint-Ouen, Paris, rue du Cherche-Midi, 71. — Jauge générale.
- 1636 XIII 2 (m. p.) Vatin jeune et Cie, Paris, rue de Cléry, 13.—Tissus de gaze desoie.
- 1637 XII Vaugher-Picard , Rbetel (Ardennes). — Tissus de mérinos.
- 1638 XIX 2 (m. p.) Vaugeois (A.) et Truchy, Paris, rue Mauconseil, 1. — Broderies.
- 1639 X 2 (m.p.) è VÉDY (Félix), Paris, rue de Bond y, 52. — Instruments d’astronomie.
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- 100
- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUMÉROS
- RÉCOMPENSES
- d’ûrdue
- DU JURY.
- des
- junvs.
- de la FRANCE.
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- 1C40
- 1641
- 1642
- 1643
- 1644
- 1645
- 1646
- 1647
- 1648
- 1649
- 1650
- 1651
- 1652
- XI
- XVI
- IV
- XXVI
- IV
- III
- XXII
- XIV
- II
- XX
- XVI
- III
- XIX
- XXIX
- 2 (m. p.)
- M. hon.
- M. hon. 2 (m. p.) 2 (m. p.)
- M. bon.
- 2 (m. p.) I (m. C.)
- 1653
- XVI
- 1654
- 1655
- 1656
- XIII
- VI
- XXV
- 2 (m.p.)
- &
- 1657
- XXIII
- 2 (m. p.)
- Vélin frères, Gerbévilier (Meurthe). — Tissus de coton.
- Ventüjol et Chassang, Paris, rue Coquillière, 39. — Tannerie.
- Verdet et C‘e, Avignon (Vaucluse). — Soie et organsin.
- Vergé (A.) aîné, Nantes (Loire-Inférieure). — Sculpture sur bois.
- Véron frères, Ligugé (Vienne). — Pâtes alimentaires.
- Verstaen (Louis-Napoléon), Paris, rue Beaujolais, 6. — Serrurerie.
- Verstraete frères, Lille (Nord). — Fils de lin.
- Viard (Louis), Paris, rue Saint-Martin, 51. — Couleurs et vernis.
- Viault-Esté, Paris, rue de la Paix, 17. — Chaussures.
- Vidal (Raymond), Toulouse (Haute-Garonne). — Vermicellerie.
- Videcoq et Simon, Paris, rue des Jeûneurs, 35. — Dentelles.
- Vïdi. — Baromètre anéroïde.
- Vié (Joseph), Paris, rue Saint-Jacques, 161. — Tissus en caoutchouc.
- Viette (Théodore),Paris,rue Neuve-des-Petits-Champs, 31. — Sellerie.
- Vignat frères, Saint-Etienne (Loire). — Rubans.
- Vigoureux (Stanislas), Reims (Marne) — Bobinoir.
- Viguier (Pierre-Bertrand), Paris, boulevard Beaumarchais, 6. — Chauffe-pied.
- Villemsens (F.), Paris, rue Sainte-Avoie, 57. — Lustres.
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- DES EXPOSANTS FRANÇAIS.
- 101
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMP des JURYS. ENSES de la > FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1658 XXX Vilpelle (Jules), Montereau (Seine-et-Marne). — Objets d’art sculptés.
- 1659 XVI Vincent (J.), Nantes (Loire-Inférieure)-. — Cuirs.
- 1660 IV M. hon. Vincent (Jules), Valleraugues(Gard). — Filature de soie.
- 1661 XXX Vincent (Ilippolyte), Paris, rue Saint-François, 14. — Moulage plastique.
- 1662 1663 1664 XVII XIX III M. hon. M. hon. Vincent et Tisserant, Paris, rue Micbel-le-Comte, 21. — Cire à cacheter. Violard (G.), Paris, rue de Choi-seul, 4. — Dentelles. Violette, Saint-Omer (Pas-de-Ca-
- II 2 (m. p.) lais). — Produits chimiques.
- 1665 XXVII XXV 2(m.p.) Virebant frères, Toulouse (Haute-Garonne). — Fabrique de grès.
- 1666 X 2 (m.p.) Vissière, Argenteuil (Seine-et-Oise). — Chronomètres. i
- 1667 XXX 1 (m. C.) Vittoz (Joseph-Gaspard), Paris, me des Filles-du-Calvaire, 10j — Bronze d’art. [
- 1668 XXVI M. hon. Vivet, Paris, rue des Petits-Hôtels, 6. — Décors.
- 1669 XIII Vivier et Cie, Lyon (Rhône). — Velours et soies.
- 1670 XXII M. hon. Voizot (Edme), Paris, rue Bourg-. l’Abbé, 10.—Acier poli et pierres fausses.
- 1671 XXVI Volkert, Paris, rue Saint-Antoine, 99. — Marqueterie.
- 1672 V Vorüz aîné (Jean-Simon), Nantes (Loire-Inférieure). — Coussinets de chemins de fer.
- 1673 1 (m. C.) * Vüillaüme (Jean-Baptiste). — Violons.
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- 102
- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUM D’ORDRE ÉROS DD JURY. RÉCOMP1 des Jünrs. SNSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1674 X 1 (m. C.) è w Wagner neveu, Paris, rue des Pe-
- 1675 XXX tits-Champs, 47. — Horlogerie. Walwein, Paris, passage de l’In-
- 1676 IV M. hon. dustrie, 24.—Dessinsdefabrique. Warmont, Neuilly-sur-Sèine.—Tein-
- 1677 VI 2 (m.p.) ture. Warrall, Middleton et Elwell,
- 1678 III 2 (m.p.) Paris, avenue Trudaine, 9.—Machines. Watrelot-Delespaul, Lille (Nord).
- 1679 XVII — Chocolat. Weber, Paris, rue Hautefeuille, 2.
- 1680 ' XXII x 2 (m.p.) — Reliures mobiles. Weygand* Paris, rue Vieille-du-
- 1681 VI Temple, 108. — Horlogerie. Whitaker fils et Cic, Charleville (Ar-
- 1982 XVII ' • dennes). — Plaques et rubans de cardes. Williams, Paris, rue de Charenton,
- 1683 XXVIII 2 (m.p.) 111. — Papiers peints. Wolf, Paris, rue Sainte-Apolline, 2.
- 1684 XXX — Sculpture sur ivoire. Y Yon (veuve), rue Neuve-Pigale, à
- 1685 XV Montmartre.—Médaillons sculptés. Z Zadig, Paris, rue du Sentier, 20.—
- 1686 X Tissus de laine, soie, coton. Zeiger (Augustin), Lyon, rue des
- 1687 XXX Marronniers, 8.—Piano octaviant. Zipelin's et Fuchs, Mulhouse (Haut-
- 1688 II XXVI 2 (m. p.) Rhin ). — Dessins de portières. Zober et-C1', Rixheim (Bas-Rhin).
- XVII 2 (m. p.) — Papiers peints.
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- 103
- DES EXPOSANTS DE L’ALGÉRIE.
- EXPOSANTS DE L'ALGÉRIE*.
- NUMEROS
- 1689
- 1690
- 1691
- 1692
- 1693
- 1694
- 1695
- 1696
- 1697
- IV
- II
- IV
- II
- IV
- XX
- XIV
- IV
- III
- RECOMPENSES
- des
- JURYS.
- 2 (m.
- M. bon.
- M. hon.
- de la
- FRANCE.
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- André , directeur de la manufacture des tabacs, à Alger. — Tabac en feuilles, du Sahel et de la Mitidja; tabac haché, dit scaferlati; cigares fabriqués avec des tabacs de Krachenas.
- Arnaud, Boue (Constantine). — Savon blanc.
- Averseng, Delorme et C,e, manufacture à Toulouse (brevetés). — Crin végétal, fabriqué avec la feuille du palmier nain d’Algérie.
- Beauregardv Philippeville (Constantine). — Echantillons de minerais de fer du mont Filfilah.
- Bedel, Arzew (Oran). —Sel blanc cristallisé du lac salé d’Arzew.
- BenÈs (M.) Philippeville (Constantine) —Coton blanc, dit de Naples, récolté en 1850.
- Ben-Zekri (la femme du caïd), Constantine. — Haïk en soie et laine.
- Bernardon (H.-A.), soldat détenu à la prison militaire de Bone (Constantine).— Tissus en fil d’aloès, produit d’art et de goût.
- Borde (J.), Philippeville (Constantine). — Huile d’olives de la récolte de 1850.
- Ils sont, en tout, au nombre de 68.
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- 104
- LISTE ALPHABÉTIQUE
- NUMÉROS RÉCOMPENSES
- D’OIU>RE DU JURY . des JURYS. de la FRANCE
- 1698 XVI
- 1699 I
- 1700 IV
- 1701 XXVI
- 1702 XII
- 1703 XIII
- 1704 III M. hon.
- 1705 | 1706 IV IV I M.hon. 2 (m.p.)
- 1707 I
- 1708 ï M. hon.
- 1709 XXVI
- NOMS, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- Boulanger (P.-H.), sellier (Alger). — Selles à l’européenne, en peau de cochon ; selle en velours piqué ; mors nouveau; brides.
- Briqueler et Cie, société des mines de cuivre de Tenez (Alger). — Minerais de cuivre pyriteux des mines de l’Oued-Allelah.
- Cabanillas (veuve), Alger.—Feuilles de placage en bois,indigène, sciées à la mécanique,pourl’ébénisterie.
- Cailliez, ébéniste, Mustapha (Alger). — Table de toilette; coffre en marqueterie , en bois indigènes.
- Canton, président de la chambre de commerce d’Alger. — Laine brute de Bouçada et de Médéah; laines du bas Chélif, peignées à la mécanique.
- Casteiran, colonie de Saint-Louis (Oran). — Foulards en soie blanche et soie jaune cuite.
- Chatel, Kouba (Alger). — Farine de Canne-root (canna-discolor ), nouveau produit alimentaire.
- Chcffard, agriculteur, Birmandréïs (Alger).—Coton, soie, blé tendre.
- Compagnie (La) des mines de Mou-zaïa (Alger).—Minerais de cuivre gris argentifère.
- Compagnie (La) des mines de Aïn-Morka ( Constantine). — Aciers travaillés en France avec des mi-' nerais algériens; limes.
- Compagnie (La) des mines et usines de Bone (Constantine).—Fonte brute aciéreuse ; aciers.
- Converso, Bone (Constantine). — — Marqueterie en bois indigène.
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- DES EXPOSANTS DE L’ALGÉRIE. 105
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMPI des JURYS. ]NSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET QUALITÉ DES EXPOSANTS.
- 1710 IV 2 (m.p.) Cuiitetjeune, fabricant, Bab-el-Oued (Alger). — Huiles d’olive, de sésame, de colza, de media-sativa, de ricin, de coton, de moutarde, de cameline, de lin et de tournesol.
- 1711 IV 2 (m. p.) Dupré de Saint-Maor, agriculteur, Arbal (Oran). — Blé, tabac en feuilles, coton, laine, racine de garance, etc.
- 1712 XVII t Flechey (J.-B.), fabricant (Alger). — Papier fabriqué avec la feuille de palmier nain d’Algérie.
- 1713 IV Frédéric (J.-B.), colon, Montpen-sier (Alger).—Opium, capsules de pavot somnifère.
- 1714 IV M. hon. Grima (F.), Philippeville (Constan-tine). — Coton.
- 1715 IV M. hon. Haloche, Drariah (Algérie).— Coton.
- 1716 IV 2 (m.p.) Hardy , directeur de la Pépinière centrale, au Hamma, près Alger. -—Soie, cotons, cochenille, graines oléagineuses.
- 1717 III Jeantet , agriculteur, Bone (Constan-tine). — Orge et blé récoltés en 1850. |
- 1718 XIII Jodas-Moiia (Oran). — Robe de soie | brodée en or, pour dames juives.
- 1719 III Julien, Bougie (Constantine).—Conserves alimentaires; olives confites.
- 1720 III M. hon. Laya et Cia, minotiers (Alger). — Fabrique de blé dur indigène.
- 1721 III 2 (m. p.) Lepelletier, agriculteur, au Fon-douck (Alger). — Blé tendre récolté en 1850.
- 1722 III Lutzow (De), Bone (Constantine). — Safran.
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- 106 LISTE ALPHABÉTIQUE
- Nua D’ORDRE 1ÉROS DU JURY. RÉCOMP des JURYS* ENSES de la FRANCE. NOM, DEMEURE ET QUALITÉ SES EXPOSANTS.
- 1723 IV M. hon. Maffre (E.-F.), Bougie (Constan-tine). — Huile d’olive superfine de la récolte de 1850.
- 1724 III Marchal, cultivateur, Boudjaréah (Alger). — Blé tendre et avoine rousse de 1850.
- 1725 ni 2 (m.p.) Mercdrin (H.-J.), Chéragas (Alger). — Huile d’olive de 1850; essences odoriférantes.
- 1726 ni 2 (m.p.) Montigny (G. de), agriculteur à Saint-Joseph ( Oran ). — Blé tendre et orge de la récolte de 1850.
- 1727 IV 2 (m. p.) Morin, agriculteur, El-biar (Alger). — Tabac en feuilles, cigares, coton de 1850, cocons et soie grége.
- 1728 IV Oxeda et Aqui, fabricants (Alger), — Treize échantillons de cigares, depuis 75 francs jusqu'à 10 francs le mille.
- 1729 i Pêcheries de la Calle (Constan-tine). — Corail, polypier conservé dans l’esprit de vin.
- 1730 IV M. hon* 2 (m. p.) Pélissier (C.), agriculteur au Kad-dous (Alger). — Coton blanc.
- 1731 IV Piglia (J.), Constantine.— Racine de garance.
- 1732 IV Reverchon (H.), agriculteur, Birka-dem. — Tabac en feuilles et coton jumel, de la récolte de 1850.
- 1733 i Service des aunes à Alger (Le chef du). —Minerais divers, cuivres, nickel, etc.
- 1734 i Service des mines À Bone (Constantine). — Minerais divers; galène argentifère ; fer magnétique et oxv-dulé, etc.
- 1735 IV M. hon. Service des forêts (Algérie). — Collection de bois et de lièges indigènes.
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- DES EXPOSANTS DE L’ALGÉRIE.
- 107
- NUM D’ORDRE ÉROS DU JURY. RÉCOMPJ des JURYS. EN SES de la France. NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE DES EXPOSANTS.
- 1736 ' XII Si-Ahmed-el-Hachemi, de la tribu des Amer-Cheragas (Constantine). — Un hambel, sorte de couverture ou tapis de laine.
- 1737 XII Si-Amar-Smin (La femme de), Constantine. — Laine filée au fuseau.
- 1738 XVI SiEl-Bey-Ben-Bou-Ras, Constantine. — Sellerie arabe en maroquin rouge, brodée en soie, or et argent.
- 1739 II Simoünet ( P. ), chimiste, Alger. — Essences odoriférantes de jasmin, de géranium, etc.
- 1740 I Soüal, Bone (Constantine). — Une hache en fer.
- 1741 XX Tribu (La) des Béni-Abbès(Constantine).— Un burnous abessi blanc.
- 1742 XX Tribu (La) de Bou Taleb (Constantine). — Un baïk boutabbi.
- 1743 XX Tribu (La) des Drides (Constantine). — Burnous en laine.
- 1744 XII \ Tribu (La) des Haractas (Constantine).—Spécimen de laine brute; deux grands tapis de laine; une couverture de laine.
- 1745 III Verrier (F.), Alger, fabricant de conserves alimentaires.—Sardines à l’huile.
- 1746 XIII Barucii-Toledano, Oran. — Robe de soie brodée en or.
- 1747 XX Chérie (Le) Ben-Mimoun, Constantine.— Burnous blanc.
- 1748 XX Caïd (Le) Ben-Zekri des Seignas, Constantine. — Un gandoura en laine et soie.
- 1749 XX Mohamed-Ben-Achir, caïd de Mascara (Oran). — Un buvnous de laine noir.
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- 108
- LISTE ALPHABETIQUE.
- NUMEROS
- D’ORDRE DU JURY.
- 1750
- 1751
- 1752
- 1753
- 1754
- 1755
- 1756
- XXIX
- XX
- XX
- XX
- XXIX
- XI
- IV
- RECOMPENSES
- des
- JURYS.
- M. lion.
- i(m.c:
- de la FRANCE.
- &
- NOM, DEMEURE ET INDUSTRIE
- DES EXPOSANTS.
- Saad-Ben-Barkat, Bone (Constan-tine). —Paniers en feuilles d’a-loès et laine.
- Si - Hamod - Ben - Onataf - Zamoura (Constantine). — Burnous gris en poil de chameau.
- Si-Ali-Ben-Lamoociii , Constantine. — Burnous Zamouri.
- Si-El-Medani, delà tribu des Ouled-Taben (Constantine). — Un haïk blanc.
- Beni-Snous (De la tribu), Oran.— Natte en laine et sparterie.
- Edmond Cox et Cie, filateurs à la Louvière-lès-Lilie (Nord). —Cotons filés avec les cojtons Géorgie, longue soie d’Algérie, récoltés en 1850; série d’échantillons, du n° 200 au n° 360 métrique en fil simple, et n° 400 en fil retors.
- Le délégué * du ministère de la guerre pour les produits de l’Algérie extraits de l’exposition permanente à Paris. — Cotons, laines, soies, tissus de soie, fabriqués à Lyon avec des soies algériennes de l’éducation de 1850. Chapeaux feutrés et feutres en coton, tapis, bijouterie algérienne, tissus de soie et de laine de fabrication indigène, etc.
- Le delegué était M. Bonvie, chef du bureau du commerce, dans la direction générale del Algérie, à Paris, récompensé par la décoration de la Légion d’honneur, pour services rendus a l’exposition algérienne.
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- Ie" JURY
- MINES,
- OPÉRATIONS MÉTALLURGIQUES,
- PRODUITS MINÉRAUX ET CARRIÈRES,
- PAR M. DUFRÉNO'Y,
- AfEMDRE DE L’INSTITUT, INSPECTEUR GENERAL DES MINES ET DIRECTEUR DE L’ECOLE IMPERIALE
- f
- / DES MINES.
- COMPOSITION DU Ier JURY.
- Sir Henry de la Bêche, Président, membre de la Société royale de Londres, directeur générai du levé géologique des Trois-Royaumes...........................
- MM. DufrÉnoy, Vice-Président et Rapporteur du Jury
- anglais........................................
- Faraday, de la Société royale de Londres, associé étranger de l’Institut de France (Académie des
- Sciences)......................................,
- Jules-Henry Geirnhaert, ingénieur en chef du corps j
- des mines dans le royaume de Belgique........j
- W. E. Logan, directeur du levé géologique duCa-|
- nada...........................................;
- Ferdinand Schreiber, ingénieur des mines.............
- RichardTAYLOR, explorateur minéralogique du duché (
- de Cornouailles................................
- le professeur Peter Tonner, président de l’école im-j périale des mines, à Leoben, en Styrie............j
- Angleterre.
- France.
- Angleterre.
- Belgique.
- Angleterre.
- Zollverein.
- Angleterre.
- Autriche.
- ASSOCIÉ.
- W. Gabriel Kamensky , conseiller des finances............ Russie.
- •i" JURY.
- 1
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- 2
- Ier JURY.
- CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES.
- Les industries où le travail de l’homme joue le principal rôle, celles surtout où les arts sont associés à l’habileté de l’ouvrier et en rehaussent les œuvres, ont figuré avec éclat à l’Exposition de Londres. L’industrie minérale, dont les produits sont dépourvus de tout ce qui flatte les yeux, de l’élégance des formes et de la variété des couleurs, n’a pas obtenu la popularité qui naît de la curiosité publique; mais elle a fixé l’attention des hommes qui en ont fait l’objet spécial de leurs études. La partie de l’Exposition qui se rapportait aux produits de la nature minérale a été même, à quelques égards, une des plus nouvelles et des plus intéressantes. Elle a fourni l’occasion de comparer les charbons, les minerais, les matériaux de constructions, ainsi que les amendements employés en Europe, aux productions analogues de l’Amérique, de l’Asie et de l’Afrique. Cette revue du règne minéral, aussi curieuse qu’instructive, a rendu évidente à tous les yeux l’identité de composition du monde entier; elle a confirmé les lois que les géologues de notre époque ont établies sur l’uniformité des phénomènes qui ont présidé à la formation de notre globe. Elle a, en outre, fait connaître les principaux points qui fournissent les matières premières aux arts, ainsi que ceux où l’activité de l’homme peut se porter avec quelque chance de succès.
- Sous ce point de vue, l’Exposition de Londres a justifié son titre d’Universelle; la position spéciale de l’Angleterre, ses nombreuses colonies et son commerce, qui embrasse le monde entier, ont été très-favorables à la réussite de cette merveilleuse entreprise.
- La partie de l’Exposition relative aux forges et aux autres usines où l’on extrait les métaux de leurs minerais est loin d’avoir présenté le même caractère de généralité; cette différence résulte de la nature même des choses. Pour mettre les procédés métallurgiques à la portée du public, pour les
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- MINES, OPÉRATIONS MÉTALLURGIQUES, ETC. 3 rendre intelligibles à tous les esprits, il eût été nécessaire de joindre aux produits des différentes opérations par lesquelles passent successivement les minerais, des modèles de fourneaux et des appareils au moyen desquels on les exécute. On doit ajouter que les objets que l’on élabore dans ces usines, généralement d’un poids considérable, sont d’un transport difficile et coûteux. Il est donc résulté, pour les établissements métallurgiques qui ont envoyé leurs produits au Palais de Cristal, des dépenses élevées, et presque sans compensation, car cette exposition ne pouvait leur créer de nouveaux débouchés.
- Des raisons analogues ont également nui à l’ensemble de l’exposition destinée à représenter l’exploitation des mines. Cependant on y observait avec intérêt des modèles de plusieurs mines, remarquables par leur étendue et par leur mode d’exploitation; la disposition intérieure des travaux, les procédés de ventilation, y étaient figurés avec détail, ainsi que les machines et les appareils servant à élever au jour les eaux, le charbon ou le minerai. Mais la plupart des mines métalliques n’étaient représentées que par des échantillons, ayant pour objet d’en rappeler la nature ou d’en faire connaître la richesse.
- Pour les gîtes nouvellement découverts, pour ceux à l’état de simples recherches, l’examen de minerais isolés fournit déjà des données intéressantes et peut servir de guide pour les procédés métallurgiques à leur appliquer. Toutefois, quelque précieuses que soient les indications qui résultent de l’étude de la nature des minerais, elles ne sauraient seules donner une idée exacte des avantages que l’exploitation d’une mine peut offrir; elles pourraient parfois même induire en erreur, et souvent la beauté des échantillons n’est qu’un indice trompeur : la valeur commerciale d’une mine dépend plus de l’abondance du minerai que de sa richesse ; la facilité de l’exploitation, celle des transports, qui résulte de la position géographique de la mine, sont aussi des conditions essentielles de succès qu’on ne saurait apprécier loin des lieux.
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- k
- 1“ JURY.
- Certaines mines de cuivre offrent des exemples du peu de confiance à accorder à la simple richesse du minerai; la plupart des échantillons qu’on en retire donnent jusqu’à 60 p. o/o de métal, et cependant elles n’ont jamais rapporté de bénéfice. Cette absence de produits résulte du peu d’abondance du minerai, inégalement réparti dans des filons qui, riches sur quelques points, sont stériles sur une grande partie de leur étendue. Les mines du Cornouaillçs, dont les échantillons isolés sont pauvres et dont les minerais préparés pour la fonte ne contiennent en moyenne que 8 p. o/o de cuivre, sont au contraire d’une exploitation avantageuse par la régularité de leur gisement; leur abondance est telle, qu’elles fournissent plus du quart du cuivre du monde entier, i5,ooo tonnes environ sur 5o,goo.
- Ces observations expliquent et justifient l’absence regrettable des produits des mines et des usines de la Saxe et du Hartz, contrées où les sciences minérales et l’art du mineur sont portés à un si haut degré de perfection. C’est par des raisons analogues que la Suède, la Norwége et l’Espagne, tout en ayant répondu à l’appel de l’Angleterre, n’ont envoyé à Londres que quelques collections de minerais.
- Les abstentions que nous venons de rappeler ont empêché de constater une partie des améliorations qui ont eu lieu dans les procédés métallurgiques depuis une dizaine d’années. Les lacunes qui en sont résultées ont en quelque sorte laissé passer inaperçus les faits importants qui se sont produits depuis cette époque dans le travail du fer, dans la fabrication et le commerce du cuivre, aujourd’hui concentrés presque exclusivement à Swansea, et dans la découverte de ces riches dépôts aurifères qui ont pu faire craindre un instant pour l’équilibre des systèmes monétaires de l’Europe.
- Cependant quelques échantillons isolés de l’Oural, de la Californie et de l’Australie me fourniront l’occasion de donner des détails sur le gisement de l’or dans ces parties du monde, ainsi que sur le commerce des métaux précieux.
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- MINES, OPÉRATIONS MÉTALLURGIQUES, ETC. 5
- Je crois devoir annoncer d’avance que les gisements de l’or de la Californie et de l’Australie augmenteront la masse du numéraire en circulation, faciliteront les moyens d’échange, enrichiront les contrées qui les possèdent, mais ne sauraient porter atteinte à la fortune de la vieille Europe. Après les premières découvertes, toujours les plus fructueuses, les travaux de ces mines nécessiteront, ainsi que je l’ai annoncé dès 1849 des dépenses qui reporteront le prix de l’or à un prix analogue à celui qu’il possédait. Il résultera, il est vrai, de l’exploitation de ces beaux gisements une augmentation très-notable dans la masse d’or en circulation; mais cette augmentation aura pour effet de donner une valeur plus élevée aux produits delà terre. De plus, ces importantes découvertes créeront de nouveaux centres de consommation pour les richesses de notre sol et de notre industrie; déjà cette double prévision s’est en partie réalisée : l’or jouit de la même faveur qu’en 1847 » et de nombreux vaisseaux portent en Californie et même en Australie les produits les plus recherchés des manufactures de l’Europe aussi bien que de sa culture.
- Les diverses méthodes employées pour la fabrication de la fonte et du fer sont décrites avec autant de soin que d’exactitude dans plusieurs ouvrages spéciaux1 2; dès lors il serait sans utilité de les exposer dans cet aperçu général sur les produits métallurgiques qui ont figuré à l’Exposition universelle de Londres. Je pense, au contraire, qu’il y a quelque intérêt à
- 1 Mémoire sur la nature et la richesse des sables auriftres de la Californie, par M. Dufrénoy, Annales des mines, 4e série, tome XVI, 1849.
- 2 Manue l de la métallurgie du fer, par Karsten, traduit par Culmann; 2 vol. 1824. — Handbuch der Eisen Hülfen-KuInde, von Dr Karsten, 5 vol. Berlin, 1841. — Traité de la fabrication du fer et de la fonte, envisagée sous les rapports chimique, mécanique et commercial, par MM. E. Flachat, A. Bar-rault et J. Petiet, ingénieurs; 3 vol. et un atlas; Paris, i84a. — Traité théorique et pratique de la fabrication du fer, par Valérius; 1 vol. et un allas; Paris, i843.— Voyage métallurgique en Angleterre, par MM. Dufrénoy et Elie de Beaumont.
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- 1er JURY.
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- établir le prix de revient de la fonte et du fer en Angleterre et en France. Cette comparaison dissipera les erreurs que commettent des économistes distingués, qui ne séparent pas le prix de revient des procédés de fabrication; il résulte de cette confusion entre des choses si éminemment distinctes, qu’ils accusent les maîtres de forges français d’avoir un esprit de routine et qu’ils les engagent à suivre les méthodes perfectionnées des Anglais : or ces méthodes ont été adoptées dans la plupart des localités où les circonstances s’y prêtaient; elles ont même été perfectionnées, et un procédé mixte est depuis longtemps en usage dans un assez grand nombre de nos usines, où il a produit une économie notable de combustible. Si donc le prix de revient du fer en France est généralement plus élevé qu’en Angleterre, les procédés de fabrication y sont néanmoins plus économiques, en ce sens qu’ils exigent moins de matières premières; autrement dit, la consommation en combustible pour produire une tonne de fer est moindre dans les forges françaises que dans les usines du pays de Galles et de l’Ecosse. La perte en fonte y est également moins élevée.
- Les maîtres de forges français pourraient donc avec quelque raison conseiller l’adoption de leurs méthodes. Déjà, du reste, ce conseil est suivi : nous avons vu avec un certain orgueil national que les chaudières de la soufflerie des hauts fourneaux de la compagnie dite Ebbw Vole Company, près d’Aberga-venny, sont alimentées exclusivement par les gaz qui s’échappent de ces hauts fourneaux ; cette disposition, d’origine française, adoptée dans un grand nombre de nos usines, réalise, d’après la déclaration des propriétaires d’Aber-gavenny, une économie journalière de plus de 3o tonnes de houille.
- Les perfectionnements que nous énonçons ont permis d’abaisser en France, depuis vingt ans environ, le prix de la fonte de 4o francs à i4 francs et celui du fer de 70 francs à 27 francs. Le prix du combustible, qui domine l’industrie du fer, nous fait penser que cet abaissement est très-rappro-
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- MINES, OPÉRATIONS MÉTALLURGIQUES. « 7
- ' ché de la limite extrême à laquelle on puisse arriver. Ce qui nous fait émettre cette opinion, c’est qu’un certain nombre d’usines, moins favorablement placées que les autres, ont été obligées de cesser leurs travaux. L’industrie des forges en France serait gravement compromise si les tarifs, que l’on peut modifier sans inconvénient, ne la protégeaient pas d’une manière efficace.
- Tandis que plusieurs des contrées où l’industrie minérale est arrivée à son apogée ont en partie fait défaut à l’Exposition de Londres, celles où elle ne fait que naître y ont, au contraire, envoyé les éléments de leur prospérité future. Nous y avons examiné avec un grand intérêt les bouilles de la Turquie et des Indes, les masses gigantesques de cuivre natif du lac Supérieur et les beaux minerais de cuivre de l’Australie. Ces derniers minerais, d’abord exclusivement transportés à Swansea pour être fondus, sont maintenant traités en partie sur les lieux, dans les usines dites Barra-Barra 1 Works et Barossa Range Mining Company. Ces deux établissements ont envoyé de très-beaux produits au Palais de Cristal.
- Cette partie de l’Exposition m’a paru une des plus instructive* par les données qu’elle fournit sur des gisements minéraux encore peu connus. Nous consacrerons quelques pages à leur description sommaire.
- Le compte rendu de la Iie classe de l’Exposition, comprenant les mines, les carrières, les opérations métallurgiques et les produits minéraux, offre' des difficultés qui n’existent pas dans les classes consacrées à une industrie unique. Pour exposer avec quelque détail les différents sujets quelle embrasse, il serait nécessaire d’y consacrer un ouvrage entier; mais alors les éléments nous manqueraient, et il faudrait les recueillir en dehors de l’Exposition même, ce que ne comporte pas l’objet de ce rapport. Nous ne pourrons, en conséquence, faire connaître que quelques résultats généraux; nous les indiquerons par matières, en consacrant des chapitres successifs :
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- i° A la houille, au 1er et à l’acier;
- 2° Au cuivre et à l’étain;
- 3° Au plomb, au zinc, à l’argent et autres métaux1;
- 4° Aux sels natifs et aux différentes autres substances minérales qui fournissent des matières premières à l’industrie ;
- 5° Nous réunirons dans un chapitre spécial la description sommaire de quelques gisements de minéraux utiles peu connus, auxquels nous avons fait allusion précédemment ;
- 6° Enfin, nous rappellerons, dans un dernier chapitre, les noms des exposants qui ont obtenu des récompenses; cette énumération sera accompagnée d’une description' sommaire des procédés ou des objets qui leur ont mérité ces honorables distinctions.
- Avant de passer à l’examen des différents sujets que nous venons d’indiquer, nous grouperons dans un tableau le nombre total des exposants de la Ire classe, répartis par contrées; nous y mentionnerons les récompenses obtenues par chaque contrée, ainsi que les principales branches de l’industrie minérale auxquelles elles se rapportent. Nous a^ons adopté, dans cette nomenclature, l’ordre suivi dans le catalogue officiel de l’Exposition. Cet ordre est alphabétique, mais suivant les dénominations anglaises.
- Ce tableau, qui donne un aperçu général de la partie de l’Exposition de Londres relative à la I e classe, forme une introduction naturelle à ce que nous avons à dire sur les produits^qui y ont figuré et sur les industries minéralogiques qui y ont pris part.
- 1 Mercure, or, platine, manganèse, cobalt, nickel.
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- MINES, OPÉRATIONS MÉTALLURGIQUES, ETC.
- TABLEAU GÉNÉRAL
- DES EXPOSANTS ET DES RÉCOMPENSES DU lei' JURY.
- CONTRÉES qui ont exposé. NOMBRE TOTAL | des exposants. 3 g GRANDES.MÉDAILLES | | ( council malais ). j MÉDAILLES | [prize medah). 8 honorables. | ' ® | ordinaires. | g 9 g CS H H •-3 P O e Z 5 H W H CS > P O MERCURE , PLOMB , ZINC , 8 argent, platine. g SELS NATIFS , SOUFRE , 1 bitume* | MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION, 1 marbres, ardoises, 1 | pierres'lithographiques. 1 U Z w Ch S O o -w as u A P H O H
- Angleterre 406 2 30 32 19 25 7 9 4 38 83
- Colonies anglaises. 152 " 5 7 21 15 8 2 4 4 33
- Etats-Unis d’Amér. 39 « 5 i 7 8 1 1 1 2 13
- Autriche 50 1 8 15 10 20 ,, 8 4 2 34
- Belgique 65 1 8 •8 8 . 8 » 1 « 16 25
- Chine 4 » « « 1 « » » u 1 1
- Chili 2 n » • 1 * „ » 1 „ 1
- Égypte 8 » " » 5 » » " 4 1 5
- France 46 2 10 11 10 10 4 2 1* 16 33
- Zollverein 53 2 9 7 13 12 1 11 3 4 31
- Bavière 4 » 2 » - 1 K » « 1 2
- Hesse 5 » 1 2 » f, >• « 3 3
- Nassau 3 » 1 „ » „ „ « « 1 1
- Grèce 3 « « 1 „ „ « » « 1 1
- Portugal 14 « » 4 1 » 1 0 4 5
- Russie 231 n 3 2 n 4 « 1 « " 5
- Nouvelle-Grenade.. 2 u /, 1 u » /< « 1 « 1
- Rome 3 „ ,, „ 2 « • » » 2 2
- Espagne ( Spain ). . 32 » 1 3 » 2 » " 1 2 5
- Suède et Norwcge. 14 « 2 3 5 6 » 3 " 1 10
- Suisse 5 u 2 1 » 3 « » « 3
- Toscane 8 „ 2 1 « 1 « 2 » 3
- Turquie 1 " " 1 " 1 “ " * " 1
- Totaux 929 8 89 3( 100 )0 • 103 116 21 39 300 26 98 300
- 1 Le nombre de médailles obtenues par la Russie ne correspond pas au nombre des etablissements qui ont exposé : cette circonstance tient a ce que la plupart de ces etablissements appartiennent à la Couronne, et qu’on n a pu accorder qu une seule médaillé au Gouvernement russe.
- I
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- Ier JURY.
- I. HOUILLE, FER ET ACIER.
- L’industrie minérale de la France a été presque exclusivement représentée à l’Exposition de Londres par l’exploitation de la houille et la production du fer; cependant le territoire de l’Empire français est aussi riche en dépôts métallifères que celui de plusieurs autres Etats de l’Europe renommés pour la prospérité de leurs mines. Des documents publiés, il y a quelques années, par l’Administration des mines portent en effet à plus de 5oo les gîtes connus et explorés. L’existence d’anciennes galeries, la présence d’amas considérables de déblais, remontant à une époque reculée, et divers documents écrits témoignent que ces mine$ ont été exploitées sur une grande échelle pendant la domination romaine, et plus tard par les seigneurs féodaux. A partir de l’époque où la puissance de ces seigneurs s’est abaissée sous un pouveir central, les traditions nous apprennent que les exploitations se sont de plus en plus restreintes et n’ont plus présenté que quelques rares périodes d’activité et de succès. La grande commotion de 1793 a porté le dernier coup à cette industrie, qui exige de la sécurité dans l’avenir, et des mines alors florissantes ont été abandonnées. Aujourd’hui, en ne comprenant pas les mines de fer, il n’existe que dix à douze mines métalliques en activité; dans ce petit nombre, quatre seulement ont une importance réelle : elles ont pour objet l’exploitation du plomb argentifère, et leurs produits réunis atteignent au plus 1 million de francs.
- L’exploitation de la houille est d’origine assez récente. Vers le commencement du xvme siècle, cette branche de l’industrie minérale, aujourd’hui si florissante, existait à peine. La houille, alors connue à Saint-Etienne, à Alais, au Vigan et à Saint-Gervais, dans l’Hérault, ne servait qu’à la maréchalerie. Ce n’est que plus tard que le riche bassin houiller des environs de Valenciennes a été découvert et que celui du Creusot a été exploité: toutefois l’exploitation de la houille n’a commencé à être active en France que vers 1802 ,
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- époque où le Gouvernement consulaire donna un grand essor à l’industrie : en 1789, la production de la houille, en France, était de 2i5,ooo tonnes; en 1802, elle s’éleva presque subitement à 900,000; stationnaire jusqu’en 1820, elle était en i83o de 1,600,000, et en 1847, de 4,o45,859 tonnes, ayant une valeur de 38,486,000 francs.
- Aujourd’hui la France passe immédiatement après l’Angleterre pour l’exploitation de la houille. L’incessante impulsion donnée à l’emploi du charbon de terre se fait sentir dans les arts métallurgiques encore plus que dans les autres industries; elle se manifeste surtout dans les usines à fer, où la chaleur est, par excellence, l’agent de production. Le charbon de terre la produit à un prix beaucoup moins élevé que le bois, du moins pour les contrées du centre de l’Europe. Cette différence de prix résulte du mode de gisement du charbon de terre, qui, ordinairement concentré dans un espace assez circonscrit, peut être relié d’une manière économique aux points de consommation par des chemins de fer ou par des canaux.
- Cette concentration des sources de production du charbon de terre a eu pour conséquence la création de nouveaux types d’usine, où se produisent à la fois de grandes quantités de fer, dans des conditions plus économiques que dans les anciennes forges. Cette circonstance a provoqué la découverte et la propagation des laminoirs pour l’étirage du fer, qui a donné à la fabrication du fér la même impulsion que la mull-jenny au filage des matières textiles.
- Ajoutons que le charbon de terre, d’après sa composition chimique, pouvant donner lieu à la production de flammes portées à des températures fort élevées, on a pu appliquer avec succès à la production du fer des fours à réverbère, où ce métal est réchauffé rapidement et en grandes masses, et qui se prêten t, par conséquent, à l’intervention du laminoir. Ce moyen mécanique, qui a donné un si grand développement à la fabrication du fer, est, au contraire, peu compatible avec les anciennes méthodes, où ce métal est produit ou réchauffé avec
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- lenteur dans de petits foyers, au contact du charbon de bois.
- L’immense développement de l’exploitation de la houille est donc lié avec le développement de toutes les industries dont le combustible est un des éléments de fabrication. 11 a surtout marché parallèlement avec la production du fer, sans cesse croissante.
- USINES À FER DE LA FRANCE.
- L’industrie des forges a toujours été assez active en France : les minerais de fer y existent dans presque toutes les formations géologiques; mais ils sont répandus surtout avec profusion dans les terrains tertiaires moyens qui recouvrent les plateaux de la Champagne, du Berry, et, en général, toutes les sommités de la vaste ceinture jurassique qui enveloppe les montagnes du centre de la France. Ces terrains tertiaires, généralement sablonneux et peu fertiles, sont, depuis des siècles, consacrés à la culture des bois. Cette position des minerais de fer au milieu des forêts a été de tout temps utilisée pour la construction des forges. Chacun de ces plateaux tertiaires formait alors autant de petits districts métallifères où la fabrication de la fonte et du fer était d’autant plus active que les bois y étaient plus abondants. Pendant des siècles ils ont fourni seuls à la consommation du fer.
- Depuis trente ans, l’introduction du fer à la houille a changé les conditions que la nature semblait avoir si bien établies. La fabrication du fer à la houille étant d’un prix beaucoup moins élevé que celle du fer au bois, et sa production n’ayant pour limites que les demandes du commerce, les forges au bois n’auraient pu soutenir la concurrence, si l’on n’eût apporté des modifications profondes dans leur régime. La principale a eu pour objet de continuer la fabrication de la fonte au bois sur les minières mêmes et d’effectuer la transformation de la fonte en fer par la méthode anglaise ; cette seconde opération a maintenant lieu dans des usines spéciales, qui, construites sur une grande échelle, et là où la
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- houille revient à un prix modéré, constituent de véritables forges de concentration, dans lesquelles toutes les conditions économiques de la production se trouvent réunies.
- Cette séparation de la fabrication de la fonte et du fer, qui se généralise tous les jours, a apporté une grande diminution dans les prix des fers, qui sont tombés, en moyenne, de 70 francs à 271 par quintal pour le fer au bois et de 52 francs à 22 pour le fer à la houille.
- Dans quelques usines, pour conserver au fer qui est fabriqué avec la fonte au bois toute sa supériorité, on a en outre inventé un affinage mixte composé de deux séries d’opérations distinctes :
- La première, qui a pour objet la transformation de la fonte en fer et qui produit des massiaux, est exécutée au charbon de bois ;
- La seconde, destinée spécialement à l’étirage ou à la fabrication du fer marchand, s’exécute avec de la houille. Dans ces dernières opérations il n’y a pas de contact entre le combustible et le métal, et le fer ne saurait éprouver aucune altération dans sa qualité par l’effet de la houille.
- Ces méthodes, en abaissant les prix, ont donné en outre un grand développement à la fabrication de la fonte et du fer : si l’on choisit la production de la fonte pour terme de comparaison, on trouve en effet que depuis 1819, où elle était de 112,000 tonnes, elle s’est élevée en 1847 à 522,385 tonnes; autrement dit, elle s’est accrue dans le rapport de 100 à 465.
- 1 Le prix des fers varie suivant leur qualité et leur mode de fabrication. Les cours étaient, au mois d’août dernier ( 1853 J, à la foire de Saint-Dizier,
- les suivants :
- Fers battus, roche au bois...................... 32f oo° le quint.
- ------------demi-roche au bois.................. 3o oo
- ------------roche à la houille.................. 2 5 oo
- ------------demi-roche à la houille............. 2k 00
- Fers laminés, ire classe, livrés à Saint-Dizier. ... 25 00 ---------------------- livrés à Paris....... 26 5o
- Fonte à fer livrée à Saint-Dizier, 100 à io3E la tonne.
- Fontes pour seconde fusion, ire classe, i3of; 20 classe, i20f.
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- Ce n’est cependant encore, comme nous le dirons dans quelques lignes, que le quart de la quantité de la fonte produite par la Grande-Bretagne. Mais sur le continent la France est au premier rang; la Russie produit environ 2 00,000 tonnes, la Suède 120, et la Prusse 112 à 115.
- Les procédés que nous venons de rappeler ont permis de reporter sur la fabrication de la fonte au bois une partie du combustible employé à la fabrication du fer; toutefois ce serait une erreur de croire que la consommation du bois employé par les forges a diminué, et même que l’affinage au bois est moins actif. La production du fer à la houille s’est développée dans une proportion prodigieuse : elle est maintenant de 70 p. 0/0 de la totalité du fer fabriqué en France; mais cependant la quantité de fer au bois est de beaucoup supérieure à ce quelle était en 1820, époque où les premières usines à l’anglaise ont été construites.
- Les chiffres suivants, que nous empruntons au compte rendu des ingénieurs des mines , établissent ces faits; ils montrent en outre toute l’importance de l’industrie des fers, qui, en y comprenant la valeur des charbons, s’exerce sur un capital qui atteint 200 millions.
- MOUVEMENT DE LA FABRICATION DE LA FONTE DEPUIS 1819 JUSQU’EN 18/17.
- Tonnes. Tonnes. Totaux.
- 181 g, la fonte au coke était de 2,000 fonte au bois, 110,5oo 112,5oo
- i83o,------------------- 27,103 =-239,258 266,361
- i84o, ------------------ 77,o63 270,710 347,773
- 1847,-------------------239,702 282,683 522,385
- En 1819, la fonte au coke était seulement cl’un 56e de la production totale; en i83o elle en fournit i3 p.o/o, et en 1847 elle parvint à 4o 0/0. Malgré cette proportion toujours croissante de la fonte à la houille, cependant, en réalité, le produit de la fonte au bois a presque triplé de 1820a 1847.
- MOUVEMENT DE LA FABRICATION DU FER.
- Un fait semblable a lieu pour l’affinage de la fonte : l’augmen-
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- tation pour le fer fabriqué à la houille est encore plus considérable que pour la fonte au coke ; l’égalité s’établit entre les deux espèces de fer dans la période de 1835 à i838. A partir de cette dernière année, la production du fer affiné au bois est à peu près stationnaire et se balance vers 110,000 tonnes. L’affinage à la houille grandit toujours, et en 1847 il forme environ les 70 centièmes de la totalité; mais, pour le fer comme pour la fonte, il y a cependant encore une augmentation notable pour la fabrication au charbon de bois. Ces faits sont rappelés par les chiffres suivants :
- Tonnes. Tonnes, Totaux.
- 1819,fers fabriq. à la houille, 1,000 aucharb. deb. 73,20p 74,200
- i835, ------------------101,38o ------------108,159 209,539
- i838,---------------------n5,iio 109,085 224,195
- 1847,------------------- 254,325 io5,865 36o,igo
- Le travail du fer à la houille n’a donc pas, comme on le suppose assez généralement, remplacé la fabrication au charbon de bois. Ces deux méthodes ont grandi parallèlement, et leur action réunie a quadruplé la production de la fonte et du fer en France.
- La transformation que nous avons signalée, qui consiste à consacrer le charbon de bois à la fusion des minerais de fer et à exécuter l’affinage du fer par les procédés anglais, n’est pas encore arrivée à sa dernière limite. Il existe encore dans le centre de la France un assez grand nombre de forges au charbon de bois qui vivent, bien qu’en marchant dans des conditions très-défavorables ; mais leur position s’aggravera à mesure que les communications deviendront plus faciles, et elles succomberont inévitablement1 lorsque le fer à la houille pourra pénétrer dans le rayon que ces forges alimentent. Les fers
- 1 Ces observations ne se rapportent qu’aux usines du centre de 1 Europe. Dans l’Orient et dans le Nord, les principaux groupes d’usines au bois n’ont nullement été entravés dans leur essor par la concurrence des usines au charbon de terre. Plusieurs de ces groupes exportent même des quantités sans cesse croissantes de métaux sur les marchés neutres, ou se rendent concurremment les fers fabriqués au moyen du combustible minéral.
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- quelles produisent ont, il est vrai, toujours une qualité un peu supérieure à ceux des fers à la houille, et ces derniers ont surtout contre eux des préjugés anciens; mais ils diminuent à mesure que l’emploi de ces fers augmente. Au premier moment de leur apparition dans l’industrie, ils furent jugés impropres à la plupart des usages auxquels on appliquait précédemment les fers au charbon de bois; peu à peu l’attrait du bon marché excita les ouvriers qui mettaient ce métal en œuvre à modifier leurs habitudes et à adapter leurs procédés de travail aux propriétés et aux défauts de ces nouveaux produits; en même temps les maîtres de forges n’ont cessé d’atténuer ces défauts et même de développer certaines qualités qui manquent dans les fers au charbon de bois. Dans cette voie, les succès ont été si marqués, que plusieurs forges marchant au charbon de terre produisent aujourd’hui des sortes de fer qui ne le cèdent en rien, pour l’ensemble de leurs qualités, aux produits correspondants fabriqués au moyen du charbon de bois; il reste toutefois encore beaucoup à faire dans cette direction. Il en résulte que le fer au charbon de bois possède sur celui à la houille une prime qui permettra aux usines qui le produisent de subsister, si elles savent mettre à profit leurs avantages; mais elles ne pourront soutenir la concurrence qu’en suivant le mouvement de transformation que j’ai indiqué il y a quelques lignes. Dans mon opinion, un assez grand nombre de maîtres de forges pourront continuer à fabriquer isolément la fonte au bois, mais ils devront établir des forges à l’anglaise sur une grande échelle pour la production du fer : c’est à cette condition qu’ils conserveront leur belle industrie et qu’ils favoriseront la culture des bois. La comparaison de la dépense de main-d’œuvre entre les deux modes de fabrication suffit pour montrer l’impossibilité pour les forges au bois de conserver leur régime actuel. Celles-ci exigent un minimum de douze journées pour la production d’une tonne de fer au charbon de bois, tandis que cette dépense atteint à peine trois journées pour le fer à la houille.
- Si les maîtres de forges bornaient leurs efforts à perfection-
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- ner leurs procédés, ils n’obtiendraient que des résultats probablement insignifiants, car nous devons dire à leur honneur que ces procédés ont atteint une grande perfection.
- Des essais qu’il serait toutefois utile d’entreprendre, serait en premier lieu l’emploi du ligneux, dont l’usage devient presque général dans la Carinthie, la Styrie et l’occident de l’Europe, où les forêts sont si abondantes; en second lieu, l’application de générateurs de gaz à l’affinage. Si le travail au gaz devenait industriel, ainsi que son inventeur Ebelmen, enlevé si jeune à la science, l’espérait, on obtiendrait probablement par ce moyen un abaissement notable dans les prix de revient du fer. L’économie qui résulterait de ces perfectionnements ne serait pas toutefois spéciale aux forges françaises; bientôt elle se généraliserait, et les conditions naturelles reprendraient leurs avantages : celles-ci, en effet, ne se modifient que fort rarement. Le côté faible de notre industrie métallurgique consiste dans la cherté du combustible : la facilité des transports y apportera des améliorations; mais quand on paye le charbon de bois en moyenne 80 francs la tonne et la houille 4o francs, on ne peut soutenir la concurrence avec des contrées où le premier combustible coûte 3o francs 1 et le second 7 fr. 2 5 cent.
- Ces différences dans le prix des combustibles en produisent de correspondantes dans le prix de revient de la fonte et du fer.
- Les renseignements que nous citons ci-après, p. 19, à la suite du peu de détails que nous donnons sur la fabrication de la fonte et du fer en France, montrent en effet que les différences entre le prix de revient dans les usines françaises et anglaises consistent, en très-grande partie, dans la valeur des combustibles; on peut avancer qu’il en sera toujours ainsi. L’émulation que crée la concurrence développe l’industrie, fait naître sans cesse des perfectionnements; la facilité des communications, les relations bienveillantes qui existent entre
- 1 En Suède, Je prix du charbon de bois est seulement de i5 francs la tonne-, dans l’Oural, il s’abaisse même à 11 fr. 80 cent.
- 1" jury. 2
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- les nations, les font connaître presque au moment de leur découverte et en généralisent bientôt l’emploi.
- Il résulte de ces renseignements auxquels nous venons de faire allusion il y a quelques lignes que le prix de revient de la tonne de fonte, abstraction faite des bénéfices, varie en Angleterre, suivant les circonstances locales, de 45 fr. 3i cent, à 73 fr. 08 cent.; le prix de la tonne de fer serait, dans les mêmes conditions, de 107 fr. 01 cent, à îôg fr. 08 cent.
- En France, dans les départements où le charbon de bois est au prix le plus bas, la fonte au charbon de bois revient de 137 fr. 75 cent, à i48 francs, et le fer au charbon de bois de 318 à 364 francs.
- L’affinage mixte a baissé notablement ces prix; nous les trouvons dans la Haute-Saône à 278 fr. 18 cent., et seulement de 273 fr. 61 cent, à Ancy-le-Franc.
- Quant à la fonte et au fer à la houille, leurs prix, quoique beaucoup plus modérés, sont encore notablement plus élevés qu’en Angleterre; la différence que l’on remarque tient à ce que dans l’Aveyron et à Gommentry, que nous citons pour exemples, ces usines étant celles où l’on obtient les prix les plus avantageux, on ne trouve pas réunis tous les éléments de la fabrication du fer, comme dans le pays de Galles, en Ecosse et dans le Staffordshire.
- La fonte de Decazeville revient à 95 francs, celle de Com-mentry à 85 fr. 78 cent.
- Le fer marchand de Decazeville revient à 198 fr. 89 cent., celui de Commentryà 192 fr. 57 cent.
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- MINES, OPÉRATIONS MÉTALLURGIQUES, ETC. 19
- PRIX DE FABRICATION D’UNE TONNE DE FONTE EN ANGLETERRE.
- De 45 fr. 31 c. à 73 fr. 08 c.
- Usine du Derbyshire, fonte n° 3.
- Houille pour le haut fourneau, la soufflerie et l’air i;v< sh. d. fr.
- chaud : 2 tonnes à 4 sh. 6 d................... o 9 o 11 î5o
- Minerai, 2 tonnes 1 2 quintaux [long weight) àgsh... 1 3 5 29 275
- Castine, 12 quintaux à 5 sh. la tonne............. o 3 o 3 750
- Fondeurs, chargeurs, casseurs déminerais et de castine. o 2 3 2 8x5
- Autres mains-d’œuvre de toute nature et réparations. . o 4 3 5 315 Fi’ais généraux évalués, mais très-lai’gement........... 060 7 5oo
- 2 7 11 5g go5
- Bénéfice............................... o 3 o 3 750
- 2 10 11 63 655
- Usine des environs de Pentypool.
- sh. fr. c.
- Coke, 1 tonne 3 quintaux à 8 sh......................... 10,4 x3 00
- Minerai, 3 tonnes à 6 sh................................ 18,0 22 5o
- Castine, o tonne 80 quintaux à 1 sh. 6 d................ i,4 1 75
- Main-d’œuvi'e, o journée, gi5 à 3 sh.................... 2,75 3 45
- Tntérêt du capital engagé............................... 1,6 2 00
- Entretien du matériel................................... »,4 ) 3 ^
- Matériaux............................................... 1,2 J
- Direction, surveillance, administration................. 1,0 1 25
- Frais divers, impositions, taxe des pauvres, etc........ 1,6 2 00
- 3g,35 4g 20
- Bénéfice..................................... 3,o 3 75
- 42,35 52 95
- La valeur du shelling a été calculée à 1 fr. 2 5 cent.
- Usine du Lanbashire.
- ah. fr.
- Houille, 2 tonnes 1/2 à 4 sh............................... 10>° 12 5©
- Minerai, 2 tonnes 1/2 à 7 sh............................... 21 87
- A repoi’ter. .......... 27,5 34 37
- 2.
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-
-
- 20
- Ier JURY.
- sh. fr. c.
- Report 27,5 34 37
- Castine, 6 quintaux à 5 sh. la tonne 1,2 5 1 56
- Main-d’œuvre. 0,875 journées à 3 sh Intérêt du capital engagé Entretien du matériel 2,6 ) ' 3 13
- Matériaux Direction, surveillance, administration Frais divers, impositions, taxe des pauvres, etc.. . 1 5,o 6 2 5
- 36,i5 45 31
- Bénéfice 3,o 3 75
- 39,15 4g 06
- Usine da Staffordshire. sh. d. fr.
- Houille, 2 tonnes 8 quintaux à 8 sh .. 19 21/2 24 002
- Minerai, 2 tonnes 7 quintaux à 10 sh . . 23 6 29 375
- Houille pour la soufflerie, 8 quintaux à 2 sh 0 9 3/4 1 006
- Fabrication du coke . . 0 11 1 i45
- Castine, 17 quintaux à 6 sh. la tonne .. 5 1 1/2 6 4o6
- Main-d’œuvre .. 2 1 1 3 645
- Frais généraux .. 6 0 7 5oo
- 58 5 3/4 ?3 079
- Bénéfice .. 3 0 3 75
- 61 5 3/4 76 829.
- PRIX DE LA FABRICATION D’DNE TONNE DE FONTE Aü CHARBON DE BOIS,
- EN FRANCE.
- De 137 fr. 75 cent, à i48 fr. 5o cent.
- Dans le département de la Dordogne.
- Résultats de trois fondages dans des fourneaux de 11 mètres de hauteur, avec de fortes machines soufflantes :
- Durée des fondages. Minerais consommés. Charbon brûlé.
- x° 1225 jours. 9047581 kil. 4202906 kil.
- 2° 3g6 2826209 1320128
- 3° 593 4i7o853 2042769
- Fonte obtenue.
- 3724869 kil.. 1198448 1725235
- Totaux : 2214
- i6o44643
- 75658o3
- 6648552
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- MINES, OPÉRATIONS MÉTALLURGIQUES, ETC. 21
- D’où il résulte une production journalière de 3,oo3 kilogrammes, et des consommations de 2,410 kilogrammes de minerai et de i,i4o kilogrammes de charbon, pour obtenir 1,000 kilogrammes ou une tonne de fonte. D’après^ ces données, le prix de revient de 1,000 kilogrammes ou une tonne de fonte
- d’affinage est établi de la manière suivante :
- Minerai, 2,410 kil. à 16 fr. les 1,000 kil................. 38f 56e
- Charbon, 1,14okil. à 62 fr. 5o cent........................ 71 25
- Castine, 5oo kil. à 2 fr. 5o cent.......................... 1 25
- Main-d’œuvre, entretien des machines, frais accessoires.... 20 00
- Frais généraux évalués..................................... 17 5o
- i48 56
- Dans le département de la Haute-Saône.
- Dans ce département, le prix du minerai est très-variable d’un point à un autre, suivant son abondance et sa qualité. Sur la Biaise, le minerai coûte seulement 5 francs le mètre cube; à Vassy, il s’élève à 11 francs; dans l’arrondissement où il est le plus cher, on le paye de 20 à 25 francs. Ces différences règlent de prix des bois ; il est fixé de manière que celui de la fonte soit à peu près le même pour toute la Franche-Comté. Le prix des bois éprouve d’une année à l’autre des variations assez considérables : en i852, il a coûté en moyenne 4 fr. 68 cent, le stère; en i853, 5 fr. 5o cent. La fabrication d’une tonne de fonte exige la consommation de 5 m. cub. 5o de charbon, correspondant à i3 stères de bois: la différence sur la fabrication de la fonte a donc été, parla valeur seule du bois en 1852 et en 1853, de 60 fr. 84 cent, à 71 fr. 5o cent. J’ai adopté, pour l’établissement du prix de revient de la fonte dans la Haute-Saône, le prix du bois â 5 fr. 5o cent, le stère et celui du minerai à i4 francs le mètre cube, moyenne de tout le département.
- Minerai, 1 mètre cube 5 à 1 fr. i4 cent 21e 0 00* 5o
- 3 00
- 18 00
- Bois, 13 st. à 5 f. 5o c., corresp. à 5m,5o de charbon. 7*f 5°C ) 8 25 j 95 25,
- 5 5o 1
- 0 0 0
- i37 75
- Bénéfice calculé comme en Angleterre................. 3 7 5
- i4i 5o
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- 22
- I” JURY.
- A Ancy-le-Franc, département de l’Yonne.
- iœ,65 de minerai à 15 fr. 83 cent........................ s6f 12e
- Main-d’œuvre, réparations, etc., non compris frais généraux. . 8 02
- Vent, etc., frais généraux............................... 12 67
- 6®,52 de charbon de bois à 28 fr. 79 cent................ 93 87
- i4o 68
- Bénéfice............................................ 3 75
- 144 43
- PRIX DE FABRICATION D’UNE TONNE DE FER EN ANGLETERRE.
- De 107 fr. 01 cent, à 159 fr. 08 cent.
- Usine des environs de Pentypool.
- La même que pour la fonte. fr.
- $1\. d.
- Fonte d’affinage, une tonne 3i quint, à 39 sh. 35 d. 5i 6 1/2 64 437
- Houille, 2 tonnes à 4 sh 8 0 10 60
- Main-d’œuvre, 4 journées à 4 sh 16 0 20 00
- Intérêt du capital engagé 4 0 5 00
- Entretien du matériel 4 0 5 00
- Main-d’œuvre pour idem 3 0 3 75
- Direction, administration, surveillance 1 2 1 458
- Frais divers, impôts, etc 3 0 3 75
- Prix de revient, abstraction faite des bénéfices sur
- la fonte et sur le fer 9° 8 1/2 113 995
- Bénéfice sur la fonte 3 7 1/2 4 53o
- Bénéfice sur le fer 5 0 6 25
- Prix de revient, y compris les bénéfices 99 4 124 775
- 99 sh. 4 deniers = i24f 17.
- Usine du Staffordshire.
- »b. d. fr.
- Fonte d’affinage, 1 tonne 42 quint, à 58 sh. 3/4.. 83 1 io3 858
- Houille, 2 tonnes à 8 sb........................... 16 o 20 00
- Houille pour la machine, demi-tonne à 3 sb..... 1 6 1 875
- Main-d’œuvre....................................... i5 0 18 75o
- A reporter...... n5 7 i44 483
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-
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- MINES, OPÉRATIONS MÉTALLURGIQUES, ETC. 23
- sb. d. fr.
- Report 115 7 i44 483
- Matériel, réparations, etc 4 8 5 833
- Direction 1 8 2 073
- Frais divers, impôts, etc 5 4 6 666
- 127 3 i5g o55
- Bénéfice sur la fonte 3 10 4 00 0 0
- Bénéfice sur le fer 5 0 6 25o
- 136 1 170 io5
- i36 sh. 1 d.= i70f io4.
- Usine du Lancashire.
- sb. d. fr.
- Fonte d’affinage, 1 tonne 4o quint, à 36 sh. i5 d. 5o 6l 63 262
- Houille, 2 tonnes 1/2 à 4 sh 10 0 12 5oo
- Main-d’œuvre i4 O *7 5o
- Matériel, réparations 5 0 6 25
- Direction 2 0 2 5o
- Frais divers 4 O 5 00
- 85 6l 107 012
- Bénéfice sur la fonte 3 85 4 812
- Bénéfice sur le fer 5 6 6 25o
- 94 46 118 074
- 94 sh. 46 d. à 1 fr. 25 —- n8f 075.
- PRIX DE LA FABRICATION DU FER AU CHARBON DE BOIS.
- De 3i8 fr. 78 cent, à 364 francs, pour le fer au charbon de bois; de 273 à 278 francs, par la méthode mixte.
- Dans le département de la Dordogne.
- Cet exemple est pris dans les mêmes établissements que celui relatif à la
- fonte :
- Fonte, 1,32 0 kil. à i5 fr. le quintal...................... ig8f oo
- Charbon, 1,700kil. à 6 fr. (Le charbon d’affinage est un peu
- moins cher que le charbon pour la fusion.)................ 102 00
- Main-d’œuvre à prix faits................................... 3 2 00
- Entretien des machines et frais accessoires................. 12 00
- Frais généraux, entretien des bâtiments, intérêt des capitaux
- engagés................................................... 20 00
- 364 00 i5 00
- Bénéfice
- 379 00
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- 24
- Ier JURY.
- Déparlement de la Haute-Saône.
- Fers martelés :
- Fonte, 1,2 25 kil. à 37 fr. 75 cent, la tonne........... i68f 74e
- Charbon de bois, i,3oo kil. à 7 fr. 20 cent................. 93 60
- Main-d’œuvre, o fr. 5o cent, de maître, o fr. 28 cent, d’aide.. 27 3o
- Frais généraux.............................................. 3o 00
- 3ig 64
- Bénéfice............................................ 15 00
- 334 64
- Usine du même département dans laquelle laffinage a lieu à la houille. Fers laminés :
- Fonte, 1,25o kil. à 137 fr. 75 cent, la tonne............. 172 18
- Houille, i,400 kil. à 35 fr. la tonne..................... 4g 00
- Main-d’œuvre.............................................. 2 5 00
- Frais généraux............................................ 32 00
- 278 18
- Bénéfice.............................................. i3 90
- 292 08
- Affinage à la houille de fonte au hois dans le département de la Dordogne. Puddlage :
- Fonte, 1,090 kil. à i5o fr. la tonne...................... 163 5o
- Houille, 1,100 kil. à 2 65 fr. la tonne..................... 29 i5
- Main-d’œuvre.............................................. 14 5o
- Entretien des fours et machines.................................. 5 00
- 212 i5
- Chauffage et étirage :
- Massiaux puddlés, 1,13o kil. à 2 1 2 fr. 15 cent............... 23g 73
- Houille, 700 kil. à 2 fr. 65 cent............................... 18 55
- A reporter.
- 258 28
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- MINES, OPÉRATIONS MÉTALLURGIQUES, ETC. 25
- Report........ 2 58f28°
- Main-d’œuvre.............................................. 11 5o
- Entretien des fours et machines.............................. 9 00
- Frais généraux; ils sont très-élevés. (Le nombre porté est plutôt trop faible que trop fort.)........................... 4o 00
- 3i8 78
- Bénéfice............................................... i5 92
- 334 70
- A Ancy-le-Francj département de l'Yonne.
- 1,174 kil. de fonte à 146 fr. 4i cent »75 56
- Houille au four à puddler 6f 55e Houille au four à réchauffer 6 75 | i3f 3oc à i6r 02e. 21 3o
- Prix de la façon dans les deux opérations. . . 43 43
- Intérêt de l’argent par 1,000 kil. de fer. . . . 24 76
- Frais généraux, etc 8 56
- 273 61
- Bénéfice i3 80
- 287 41
- La différence qui existe entre le prix de fabrication de l’usine de la Dordogne et celui de l’usine d’Ancy-le-Franc tient au prix de la houille, quatre fois moindre à Ancy par sa proximité du bassin de Commentry.
- FABRICATION D’UNE TONNE DE FONTE AU COKE, EN FRANCE.
- Prix : de 85 fr. 73 cent, à g4 fr. 84 cent, b Usine de Commentry.
- im,48 de minerai à 27 fr................................. >V 96e
- 1,680 kii. de coke à i4 fr. 85 cent, la tonne. (L’hectolitre de
- houille coûte o fr. 5o cent.)................................... 24 9^
- Castine, 0,39 à îofr. 70 cent................................... 4 17
- Prix de la façon............................................... *6 65
- 85 73
- Bénéfice................................................... 4 27
- 90 00
- 1 Si l’on réduisait l’intérêt de l’argent à 3 p. %, le prix de revient diminuerait dans la même proportion5 mais dans ce cas on fabrique en perte, ce qui a lieu dans beaucoup d usines.
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- 26
- 1er JURY.
- Usine de Deccizeville (Aveyron).
- Fonto de 1" qualité. Fonte de 2e qualité.
- Minerai houiller, 51 7k à 10 fr. i5 c. les i,oook. 5f 25° i,487k 15f 10e
- calcaire, 3,i to3k à 8 fr. 31 c. les i,oook. 25 79 1,402 11 65
- Castine 4 o5 6 i5
- Coke, 2,2 25 kil. à 1 3 fr. 84 cent, les 1,000 kil. 3o 80 1,626 22 5o
- Vent 7 5o 6 25
- Réparations 1 5o 0 96
- Main-d’œuvre 11 54 8 5o
- Frais divers 8 4i 5 4o
- 9^ 84 76 5o
- Bénéfice... 4 01 4 10
- 98 85 80 60
- FABRICATION D’ÜNE TONNE DE FER A LA HOUILLE AVEC DE LA FONTE À LA HOUILLE.
- Prix : de 192 fr. 57 cent, à 187 fr. 85 cent.
- Usine de Commentry.
- 1,290 kil. de fonte à 85 fr. 53 cent.......................... 110 5g
- 18m, 16 de houille à o fr. 81 cent............................. i4 70
- Prix de la façon aux mazéage, puddlage et réchauffage....... 46 71
- Frais généraux.................................................. 5 95
- Intérêts de l’argent1.......................................... i4 62
- Bénéfice,
- 192 57
- 9 63
- 202 20
- 1 En retranchant l’intérêt de l’argent, il reste pour le prix de revient en forge 177 fr. g5 cent. : c’est souvent sur ce prix de revient que la vente du fer est fixée en Angleterre. Cela tient à ce que, il y a plusieurs années, les bénéfices des forges anglaises étaient considérables, et que le capital de ces usines est depuis longtemps amorti. Toutefois on ne saurait considérer le capital d’une usine comme nul, et nous l’avons constamment fait entrer en ligne de compte.
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-
- MINES, OPERATIONS MÉTALLURGIQUES, ETC. 27
- Usine de Decazeville.
- lr0 operation.— Ferpuddle. 2e opér.— Fer laminé et balle.
- Fonte, i,o34 kilogr. à 94 fr. 84
- 1,000 kil.......................
- Houille, 1,326 kil. à 5 fr. 2 3 cent. . .
- Entretien des fours................
- Outils.............................
- Machines...........................
- Main-d’œuvre.......................
- Frais divers, généraux.............
- Fer marchand.
- Fer puddlé, 1,207 kil. à i4o fr. 23 c.
- Fer ballé..........................
- Houille, 800 kil. à 5 fr. 23 cent. . . .
- Entretien des fours................
- Outils.............................
- Machines...........................
- Main-d’œuvre.......................
- Frais divers.......................
- Bénéfice....................
- cent, les i,i73k.à i4ofr.23 c. les g8f 00e 1,000 kil... i64f 38e
- 6 g4 655 kil. ..... 343
- 2 21................... 2 21
- 1 86.................... 1 86
- 3 38.................. 3 38
- >9 92..................... 9 16
- 7 92.................. 3 43
- i4o 23 187 85
- Rails.
- 169 25 63o kil.......... 92 25
- // 422............. 79 3°
- 4 18 1,182.............. 6 18
- 2 37.................... . 2 37
- 2 33...................... 2 33
- 2 58...................... 2 58
- i3 44....................... 17 3t
- 4 74...................... 5 90
- 198 89 208 22
- 9 99.............. 10 46
- 208 88 218 68
- FORGES ET USINES À FER DE L’ANGLETERRE. 1
- A l’appui des réflexions que nous avons présentées sur les avantages que les maîtres de forges anglais trouvent dans la disposition géologique des terrains houillers de leur patrie, nous croyons devoir dire quelques mots sur ce sujet, ainsi que sur l’immense développement qui en est résulté pour l’industrie sidérurgique de l’Angleterre.
- On sait que le terrain houiller constitue, dans les trois royaumes dont se compose l’empire britannique, des bassins riches et étendus; mais ce qu’on oublie trop souvent, c’est qu’indépendamment de la bouille, on trouve dans plusieurs de ces bassins les autres éléments de la fabrication du fer,
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-
- Ier JURY.
- 28
- savoir : le minerai, Yargile réfractaire et la castine. Il en résulte que ces bassins offrent les conditions les plus favorables pour la fabrication de la fonte et du fer : aussi chacun d’eux est-il devenu un immense district métallifère ; deux entre autres, le bassin du pays de Galles et le bassin de Glasgow, placés sur les bords de l’Océan, peuvent exporter leurs produits dans le monde entier. L’abondance de la houille et du minerai est, du reste, telle dans chacun de ces bassins, que leur exploitation pourrait suffire à cette vaste clientèle, si les lois de douane ne mettaient un obstacle au monopole qu’ils pourraient exercer.
- Ces conditions, essentiellement favorables, ont donné à l’exploitation de la houille et à la fabrication du fer un développement considérable dans tout l’empire britannique; l’application de la fonte aux constructions et l’exécution des grandes lignes de chemins de fer ont surtout communiqué une immense impulsion à ces industries.
- On évaluait en effet, en i84o, la quantité de fonte produite en Angleterre à i,3oo,ooo tonnes. En i85o, elle avait presque doublé : elle s’était élevée à 2,2 5o,ooo tonnes. La production de la houille a également subi une forte augmentation de i84o à i85i, mais cependant dans une proportion qui paraîtrait moindre : d’après les documents que je transcris ci-dessous en note1, elle se serait élevée de 31 millions de tonnes à 34,754,700 tonnes; sa progression aurait dû suivre celle de la production de la fonte, dont elle est l’élément le plus essentiel.
- 1 Évaluation de la quantité de houille produite par l’Angleterre, d’après M. Mac-Cullock :
- En i83g.
- Consommation domestique et petites manu- tonnes,
- factures............................... 18,000,000
- Employée dans la fabrication du fer, les ateliers de construction, chemins de fer, etc.. .. 10,575,000 Exportée aux colonies et pays étrangers... 2,449,417
- En 1848.
- tonnes.
- 19,443,468
- 1 2,780,000 2,53l,282
- 3l,024,447 34,754,750
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-
- MINES, OPÉRATIONS MÉTALLURGIQUES, ETC. 29
- Le prix moyen de la tonne de houille sur les lieux d’extraction est de 6 fr. 98 cent.1, et celui de la fonte de 60 centimes; ces deux produits donnent donc lieu chaque année à un commerce de 377 millions de francs, savoir :
- 2,25o,ooo tonnes de fonte à 60 francs.. . . i35,ooo,ooof 34,754,75o tonnes de houille à 6 fr. 98 c. . 242,588,i55
- 377,588,155
- De cette immense production, le tiers environ est exporté aux colonies anglaises ou sur les marchés étrangers.
- Les procédés de fabrication de la fonte et du fer usités en Angleterre n’ont éprouvé presque aucun changement depuis la description que M. Elie de Beaumont et moi nous avons donnée dans l’ouvrage que nous avons publié en 1827 sous le titre de Voyage métallurgique en Angleterre. L’emploi de l’air chaud, qui a été le dernier effort de la métallurgie anglaise pour réduire la consommation du combustible , n’a même que très-peu modifié le traitement métallurgique proprement dit. En i833, époque où je fus chargé par l’Administration des mines d’étudier cette question, je retrouvai les usines anglaises dans l’état où je les avais laissées dix ans auparavant. La partie chimique de la métallurgie du fer m’a paru, dans le voyage que j’ai fait en i85i à la suite de l’Exposition de Londres, ne présenter aucun fait nouveau. Mais, par contre, la partie mécanique a reçu des changements extrêmement importants qui simplifient les procédés de compression et d’étirage et diminuent notablement les dépenses du travail du fer; le plus remarquable est l’emploi de cylindres à mouvements alternatifs pour le laminage des grosses pièces et surtout des rails. Par une disposition nouvelle, les ouvriers sont dispensés de relever les pièces pour les faire passer par-dessus les laminoirs : ils travaillent ainsi constamment au meme
- 1 Les prix en monnaies anglaises sont : houille, 5 sh. 7 d.; fonte, 48 sh.
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-
- Pr JURY.
- 30
- niveau, et peuvent manœuvrer des pièces beaucoup plus lourdes sans développer plus d’efforts. J’ai vu laminer par ce moyen par 7 ouvriers, 4 à l’entrée et 3 à la sortie, des rails pesant 4i kilogrammes par mètre courant et ayant 5m,6o de longueur; leur poids total était, par conséquent, de 23o kilogrammes. On pourrait augmenter encore d’une manière très-notable ces dimensions si le besoin s’en faisait sentir ; les laminoirs à mouvement alternatif, qui offrent une heureuse disposition mécanique pour le travail du fer, sont donc en même temps la cause de modifications importantes dans le matériel des chemins de fer. La disposition 1 que je viens d’indiquer n’aura pas échappé aux maîtres de forges français que j’ai eu l’honneur de rencontrer à Londres; il m’a paru néanmoins nécessaire de la rappeler dans ce rapport; j’ajouterai que ces modifications mécaniques ne peuvent être employées avec avantage que dans les grandes forges dites à l'anglaise, que j’ai appelées forges de concentration.
- USINES À. FER DE LA BELGIQUE.
- L’industrie du fer se présente en Belgique à très-peu près dans les mêmes conditions qu’en Angleterre. Le bassin liouiller du Nord, qui la traverse dans toute son étendue depuis Aix-la-Chapelle jusqu’au point où il pénètre en France, alimente ses usines; ce même bassin houiller fournit, en outre, une partie des minerais de fer, mais il est beaucoup moins riche sous ce rapport que les bassins du pays de Galles, de l’ÉcOsse et du Staffordshire ; une moitié au moins des minerais est empruntée au terrain de transition, qui en renferme, du reste, de nombreux dépôts. Cette différence est en partié compensée par les nombreux canaux qui sillonnent la Belgique dans tous
- 1 Ces notes ont été rédigées en 1851, quelques mois après l’Exposition de Londres. Depuis cette époque, on a adopté dans plusieurs établissements français les laminoirs à mouvement alternatif. Je citerai particulièrement les forges de Decazeville, où M. Cabi'ol, qui les a créées avec tant d’habileté, a fait construire un laminoir où l’on passe des rails de 53 kilogrammes. Les dispositions adoptées par M. Cabrol se distinguent par leur simplicité.
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- MINES, OPÉRATIONS MÉTALLURGIQUES, ETC. 31
- les sens et portent le minerai au pied même des hauts fourneaux. Il résulte de cette similitude de conditions que les procédés de fabrication et les prix de revient sont à très-peu de chose près les mêmes qu’en Angleterre : aussi la production de la fonte et du fer s’y est-elle développée sur une très-grande échelle, peut-être même beaucoup trop considérable pour les ressources qu’offre la Belgique.
- L’examen du tableau que nous avons donné au commencement de ce rapport, et dans lequel nous avons indiqué le nombre de récompenses obtenues par chaque contrée, ainsi que leur répartition entre les différentes industries qui constituent la première classe de l’Exposition, montre que dans tous les Etats de l’Europe celle du fer est au premier rang comme importance et comme degré de perfection; nous allons indiquer en quelques mots la distribution des principaux groupes de forges.
- USINES À FER DE L’ALLEMAGNE.
- Dans l’association douanière qui constitue le Zollverein, la Silésie occupe le premier rang pour le travail du fer; le vaste bassin houiller qu’elle possède a conduit les maîtres de forges de la Silésie à adopter les procédés anglais ; ils y ont acquis un grand développement. Les minerais y sont extrêmement abondants et les conditions de la fabrication de la fonte et du fer seraient aussi avantageuses qu’en Angleterre si la houille y était de même qualité; mais le charbon de Silésie est maigre et donne un coke moins propre à la fabrication du fer que celui du Staffordshire et du pays de Galles. Il résulte de ce manque de qualité de la houille que la Silésie présente un fait analogue à ce qui a lieu en France : la fabrication du fer au bois, malgré le bas prix de la houille, continue à exister et marche parallèlement à la fabrication du fer à la houille. On calcule que sur les 2 5o,ooo quintaux métriques de fer en barres produits par la Silésie, les 3/5 environ sont obtenus par les forges marchant au charbon de bois.
- M. Goldenberg, dans l’excellent rapport qu’il a publié sur
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- Ier JURY.
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- l’exposition qui a eu lieu en 1844 à Berlin, évalue à i5o,ooo tonnes la production de tous les Etats du Zollverein 1 ; la Silésie entrerait donc à elle seule pour le sixième dans cette production.
- Presque tous les Etats dè l’empire d’Autriche possèdent de nombreux gisements de minerais de fer. L’abondance du bois a permis d’y élever partout des usines pour les traiter. La Styrie, la Carinthie et la basse Autriche se placent en première ligne pour la fabrication du fer. Il suffit de citer leurs noms pour rappeler l’importance de leurs usines.
- Les minerais spathiques et les hématites y jouent le rôle principal, et sont propres l’un et l’autre à la fabrication de l’acier et du fer fort. Les minerais à gangue calcaire et quartzeuse sont, en général, d’une grande pureté.
- Les minerais spathiques, outre leur supériorité pour la fabrication de l’acier, sont extrêmement fusibles ; la rapidité avec laquelle ils se traitent est telle, qu’on obtient dans les fourneaux de Lôlling, dont les produits ont figuré à l’Exposition de Londres, jusqu’à 20 tonnes par jour: le relevé d’une campagne, communiqué au Jury par M. le professeurTunner, a établi qu’ils ne consommaient, en moyenne, que o,83 de charbon de bois pour 1 de fonte.
- La métallurgie du fer a éprouvé en Allemagne, comme en France, une véritable transformation; on trouve bien encore en Styrie de petits fourneaux styriens, mais les principales usines ont adopté les fours à réverbère pour le puddlage, le corroyage et le travail du fer. La méthode que l’on emploie offre une certaine analogie avec les procédés gallois ; la différence de combustible, qui est en Styrie et en Carinthie du bois complètement desséché, au lieu de houille, a nécessité l’emploi de fourneaux particuliers. Les résultats remarquables qu’on a obtenus par cette substitution nous font penser qu’on
- 1 Rapport adressé à M. le Ministre de l’agriculture et du commerce, par M. Goldenberg, sur l’exposition des produits dë l’industrie allemande ouverte à Berlin le i5 août x844.
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- lira avec intérêt la description des procédés nouvellement en usage dans cette partie de l’Allemagne; nous les indiquerons en quelques lignes.
- Le bois n’est pas, au reste, le seul combustible employé actuellement en Styrie et en Carinthie pour le puddlage du fer; à Scblegel-Müch, près Gloggnitz, on utilise pour l’affinage du fer les gaz produits dans des générateurs spéciaux.
- A Neuberg et à Wolfsberg, on se sert de bois simplement desséché à l’air ou torréfié dans les fours.
- A Montern, près de Léoben (en Styrie), on brûle de la tourbe desséchée à l’air.
- A Prévaly, en Carinthie, on emploie des lignites.
- Pour l’élaboration du fer, et notamment pour la fabrication de la tôle, l’emploi de la tourbe est général dans les usines de la Styrie. Nous citerons particulièrement celles de la vallée de Màrz, qui avaient envoyé des produits fort remarquables à l’Exposition de Londres.
- USINES À FER MARCHANT AU LIGNEUX.
- L’application de ces différents combustibles à la fabrication du fer offre un véritable intérêt; mais les résultats les plus importants sont ceux donnés par l’emploi du bois complètement desséché : à cet état, le bois constitue, pour ainsi dire, un combustible particulier, par les effets métallurgiques qu’on en obtient. M. Le Play le désigne sous le nom de ligneux; son emploi a pris une grande extension dans les forges de la Styrie, de la Carinthie et dans celles de l’occident de l’Europe. Le ligneux rend des services analogues à ceux de la houille; la température qu’il développe, que l’on peut évaluer à 1,700 degrés centigrades, est plus que suffisante pour exécuter la fusion de la fonte et le soudage du fer, opérations qui exigent des températures comprises entre 1,200 et i,4oo degrés. La flamme produite par le ligneux, analogue à celle donnée par la houille, permet de se servir de fours à réverbère pour le puddlage, en sorte que le ligneux a sur le charbon de bois un avantage considérable. On peut produire a la fois ,
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- avec ce combustible, de grandes quantités de fer et se servir des moyens économiques d’étirage propres aux forges- à l’anglaise. Dans le travail au charbon de bois, l’affinage ne peut avoir lieu que sur des masses trop petites pour être soumises à l’action de puissants laminoirs. Le fer doit être façonné au marteau, en sorte que l’opération métallurgique, de même que lu travail mécanique, absorbe une quantité considérable de main-d’œuvre. On peut évaluer, au plus bas, à douze journées la main-d’œuvre nécessitée pour la production d’une tonne de fer dans les afifmeries alimentées par le charbon de bois, tandis quelle ne dépasse pas trois journées pour l’affinage aux fourneaux à réverbère. Outre cette économie considérable en main-d’œuvre qui résulte de l’emploi du ligneux, M. Le Play, qui a eu l’occasion d’étudier un grand nombre d’usines marchant avec le ligneux, annonce que ce mode d’emploi du combustible végétal offre une certaine économie dans sa consommation. Quant à la dépense en argent, elle résulte des moyens de transport dont on dispose. Le bois et le ligneux étant d’un transport notablement plus élevé que le charbon de bois, c’est donc de la comparaison de ces frais, joints à la dépense de la transformation du bois en ligneux, que résultera la possibilité de remplacer le charbon de bois par le ligneux.
- La forge de Lippitzbach, en Carinthie, propriété de M. le comte Egger, qui avait envoyé de très-beaux produits à l’Exposition de Londres, nous fournira un bon exemple de l’emploi du ligneux pour la fabrication du fer.
- La matière première élaborée aux forges de Lippitzbach est un mélange de fontes blanches, truffées et grises des hauts fourneaux d’Eberstein, d’Heft et de Treibach, qui reviennent en moyenne à l’usine à i35 francs la tonne.
- Les ouvriers sont rétribués la plupart à la tâche : les salaires sont peu élevés pour les travaux qui n’exigent que la force des bras et pour ceux dont l’apprentissage est fait depuis longtemps dans le pays; ils sont au contraire considérables pour les travaux, tels que le puddlage et le laminage, dont 1 importation est récente. Les femmes attachées au service
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- des fours à ligneux reçoivent 60 cent, par jour; les ouvriers hommes faits ont des salaires qui varient de 1 fr. 08 cent, à 1 fr. 4o cent.; celui des puddleurs et des lamineurs est de 3 fr. à 3 fr. 5o cent.; il s’élève de 4 fr. 3o cent, à 6 fr. 20 cent, pour les maîtres puddleurs et les maîtres lamineurs.
- La fonte amenée près des fours à puddler y est traitée directement sans affinage préalable et convertie en loupes; on leur donne successivement la forme de lopins sous un marteau frontal, puis celle de barres méplates en les passant dans un laminoir à cannelures.
- Ces barres de fer puddlé brut sont découpées à la cisaille, puis transportées à la forge inférieure , où elles sont réchauffées en paquets dans des fours alimentés, de même que les fours à puddler, au moyen de ligneux ; lorsque ces paquets ont été portés à la température du blanc soudant, on les étire ensuite au laminoir en barres de toutes formes et de toutes grosseurs. On applique surtout ce mode de compression aux fers de petites dimensions, qu’on n’obtient qu’à grands frais dans les anciennes forges au bois de Carinthie.
- Cette fabrication offre, dans ses moyens mécaniques, une identité presque complète avec les méthodes adoptées généralement aujourd’hui dans les forges à la houille du pays de Galles, de la Belgique et de la France; il serait donc sans intérêt de les indiquer ici. Les fours à puddler avec le ligneux deLippitzbach diffèrent notablement de ceux en usage en Suède et en Russie. M. Le Play, qui a eu l’occasion d’étudier la plupart des forges de ces contrées, classiques pour l’emploi du bois, considère les fourneaux de Carinthie comme plus avantageux L Il exprime à cet égard l’opinion « que ce sont les fours carin-« thiens qui, dans letat actuel de la métallurgie, devront être « pris pour modèle par les districts forestiers où l’on appré-« ciera la convenance de renoncer aux anciens fours d’afïinerie
- 1 De la méthode nouvelle employée dans les fonderies de la Carinthie pour la fabrication du fer, etc., par M. Le Play, ingénieur en chef des mines, professeur de métallurgie à l’Ecole des mines, p. io5.
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- «à tuyère au charbon de bois, et de fonder la production du « fer sur l’emploi des fours à flamme alimentés par le ligneux. »
- On remarquera d’abord que, dans la majeure partie des fours à réverbère, les gaz combustibles qui résultent de la décomposition de la houille ou des lignites employés commencent à réagir dans le foyer même que l’air atmosphérique doit traverser. La réussite de l’opération dépend de l’habileté du chauffeur, qui doit faire arriver une quantité d’air en rapport avec chaque période de travail. Dans les fours carinthiens on admet séparément les deux éléments de la flamme, et ou établit à volonté entre les deux gaz, au moyen de registres, la proportion qui satisfait le mieux, à chaque moment, aqx exigences de l’opération.
- Le foyer, dont les dimensions dans le sens vertical sont considérables, comme dans les fours gallois, contient toujours un grand excès de combustible. A la partie supérieure se trouvent les dernières charges de ligneux en voie de distillation. La partie inférieure est remplie des fragments charbonneux débarrassés de leurs élémens volatils, et formant le dernier résidu des charges antérieures. L’air admis à la partie inférieure en quantité toujours limitée et proportionnée à la quantité de ligneux qu’on veut gazéifier dans un temps donné, se transforme en oxyde de carbone dans la couche inférieure par son contact avec le ligneux à l’état de charbon ; puis, après avoir traversé toute la hauteur du foyer et s’être mêlé aux gaz combustibles donnés par la distillation du ligneux, il débouche enfin par le rampant horizontal, à l’origine de la sole, dans la partie où s’effectuent le puddlage de la fonte ou le réchauffage du fer puddlé; c’est à l’origine de cette même sole que l’on projette par une tuyère, avec une grande vitesse et une température élevée,c’est-à-dire dans les conditions les plus propres à produire une combustion énergique et instantanée, un courant d’air soigneusement dosé. En résumé, le foyer fournit au laboratoire, au lieu d’une flamme proprement dite, un gaz combustible absolument exempt de toute trace d’oxygène libre. Celte nature des gaz
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- donnés par le foyer a fait désigner sous le nom de fours à gaz (gazofen ) l’appareil distillatoire des fourneaux à puddler carinthiens.
- La quantité d’air à admettre dans le four à gaz, lorsqu’on veut y produire les plus hautes températures, est déterminée par la condition de convertir en gaz brûlé, c’est-à-dire en eau et en acide carbonique, tous les éléments combustibles du ligneux. Cette proportion d’air s’élève donc constamment à 6, 21 pour chaque unité de poids de ligneux; mais le partage à effectuer du poids total d’air entre le foyer et le laboratoire dépend exclusivement de la marche de la gazéification. La proportion à admettre à la naissance des laboratoires augmente à mesure que le gaz qui y afflue est chargé d’une plus forte dose d’éléments combustibles, à mesure, par exemple, que, la température étant plus élevée dans le foyer, la distillation est plus instantanée et dissout dans l’hydrogène et surtout dans l’oxygène du ligneux une dose plus forte de carbone. Il ne dépend pas, toutefois, du métallurgiste d’augmenter à volonté la combustibilité du gaz provenant du foyer. Toute modification de l’appareil qui accélérerait d’abord la distillation du ligneux et augmenterait la dose de carbone dissoute dans le gaz diminuerait d’autant la quantité de carbone à gazéifier, et par suite la quantité de chaleur à produire dans le foyer. Ces deux résultats ne pouvant se produire simultanément, il s’établit bientôt un certain état moyen indépendant de la construction et de la conduite du four, et qui dépend essentiellement des propriétés physiques et chimiques du ligneux.
- Les ouvriers qui gouvernent les fours s’appliquent avec beaucoup de soin à maintenir à chaque moment la température maximum qui correspond à la quantité de bois chargée ; ils font varier, à cet effet, la quantité d’air projetée parla tuyère : ils sont ainsi conduits par l’expérience à admettre l’équivalent exact du ligneux, c’est-à-dire 6 kilogr. 19 d’air pour chaque kilogramme de ligneux chargé dans le foyer. Dans les conditions de distillation rapide auxquelles le bois est soumis, on
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- peut admettre que les quatre cinquièmes au moins du carbone contenu dans le combustible se gazéifient à la partie supérieure du foyer, et qu’en conséquence on ne laisse guère entrer dans la partie inférieure du foyer que le dixième de cette quantité d’air, le reste étant projeté par la tuyère à l’entrée du laboratoire.
- Les quantités de ligneux brûlées par minute dans les fours à gaz de Lippitzbacb, avec une moyenne de 5 journées et un tiers de travail effectif par semaine, sont :
- Au four à puddler........................ 3k 81
- Au four à réchauffer..................... 3 70
- Les quantités totales d’air admises dans les mêmes fours sont :
- Au four à puddler........................ 2 3k 58
- Au four à réchauffer..................... 22 90
- Les fours à réverbère employés pour le puddlage au moyen du ligneux se composent de trois parties différentes :
- A gauche, un foyer sans grille, ou gazofen, formant une espèce de puits de im,4o de hauteur avec une coupe horizontale de om,47 sur om,90, dans lequel on charge le ligneux par la partie supérieure; il s’y gazéifie successivement par distillation et par combustion. Un tuyau en fonte, qui débouche à la partie inférieure de ce foyer, amène l’air d’une machine soufflante; la quantité en est réglée par un robinet.
- Le fourneau proprement dit se compose de deux compartiments successifs, séparés l’un de l’autre par un étranglement très-prononcé qui n’a que om,4o de large; ils sont presque à la même hauteur. Le compartiment le plus rapproché du gazofen destiné au puddlage du fer est désigné sous le nom de laboratoire. La sole, formée de scories pilées, repose sur une plaque de fonte. Les dimensions de ce premier compartiment sont de 2 mètres de large sur 2m,i5 de long.Il y a deux portes, situées en face l’une de l’autre; elles sont pratiquées sur chaque face du four et placées sur l’axe du laboratoire; la séparation de ce
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- compartiment et clu gazofen est formée par le mur qui représente le pont de la chauffe des fourneaux à réverbère ordinaires. Au-dessus de la plaque en fonte, et sur toute sa largeur, règne un vide qui a pour but de refroidir le bord de la sole et de chasser l’air destiné à alimenter le laboratoire. Une disposition analogue à celle que j’ai fait connaître pour les forges marchant à l’air chaud1 est pratiquée sous cette sole pour admettre l’air qui provient de la machine soufflante et le conduire, après avoir été chauffé, à la tuyère qui doit le distribuer dans le laboratoire.
- Le second compartiment est destiné à chauffer préalablement une charge de fonte qui sera puddlée, dans une autre opération, dans le laboratoire. La sole de ce second compartiment, faite en sable réfractaire, est établie sur une plaque en fonte, supportée elle-même par des piliers de maçonnerie. Ce second compartiment a om,64 dans le sens de la longueur du fourneau et im,6o transversalement. Il est desservi par une seule porte placée sur la face du fourneau, et au milieu de ce second compartiment; enfin cette seconde partie de la sole du fourneau à puddler se resserre de manière à produire un canal, large seulement de om,4o, par lequel la fumée et le gaz se rendent dans la cheminée.
- Rappelons qu’une tuyère, qui pénètre parla voûte du premier compartiment appelé laboratoire, projette l’air jugé nécessaire pour brûler les gaz combustibles qui sortent du gazofen et pour produire la température nécessaire au puddlage.
- Beaucoup d’anciens fourneaux de puddlage ont des soles composées de deux compartiments ; mais ce qui distingue essentiellement les fourneaux carinthiens, c’est l’admission de l’air faite par la tuyère, avec une vitesse correspondant a une pression de om,o 12 ; la direction du vent est telle qu’il rencontre la sole un peu au delà de l’axe transversal passant par les portes de travail. Cet air a été échauffé environ à 200 degres centi-
- 1 Emploi de l’air cliaud dans les usines à fer de l’Ecosse et de 1 Angleterre, par M. Dufrénoy; Annales des mines, in* série, t. IV, p. 431.
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- grades en passant sous la sole; cette température le rend plus propre à réagir promptement sur les gaz combustibles.
- La fonte, après avoir été chauffée dans le second compartiment, est reportée sur la sole du laboratoire; le travail est exactement le même que pour le puddlage à la houille. Les ouvriers réduisent la fonte en grenailles, l’exposent à l’action de l’air, puis la réunissent en lopins de fer malléable; cette opération s’exécute avec plus de facilité que par l’intermédiaire de la houille. Cependant les fontes élaborées à Lippitzbach sont inférieures à plusieurs variétés de fontes au bois traitées dans les usines de France, de Suède et de Russie. Il paraîtrait que les bonnes fontes de Champagne, et celles qu’on pourrait fabriquer sur une grande échelle avec les excellents minerais de la Franche-Comté, du Dauphiné, des Pyrénées et du Périgord, prennent plus facilement nature par le travail des pud-dleurs.
- Chaque charge des fourneaux de Lippitzbach comprend :
- Fonte brute................................. 448k ) k
- Débris de fer malléable, rognures de tôle. . 28 ) ‘
- L’élaboration totale d’une charge est, en moyenne, de 1 heure 55 minutes; elle se compose de quatre périodes successives, qui sont : le chargement, la fusion de la fonte, la conversion de la fonte en fer spongieux et l'agglomération du fer spongieux en loupes prêtes à subir le travail mécanique et à être transformées en barres.
- Le temps nécessaire à chacune des opérations peut être évalué de la manière suivante :
- lre période. — Chargement.
- Ktendage des crasses du marteau.......... oh.o3' ) h ,
- Chargement de la fonte................... o .o5 ) 0 *°
- 2e période. — Désagrégation de la fonte,
- Echauffement............................. 0.16
- Désagrégation et mélange des parties. ... o .22
- o .38
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- 3e période. — Puddlage.
- Travail au ringard courbe.................... oh.25'
- Travail au ringard à biseau................ 0.12
- 4e période. — Formation des loupes.
- Façon des loupes.............................. o.i3
- Application d’une chaude suante........... o .o5 > o .32
- Sortie des loupes............................. o.i4 J
- 1 .55
- Le travail est exécuté aux portes par deux brigades composées chacune d’un maître et de deux aides et secondées par un seul chauffeur. Ce personnel, qui constitue deux postes, se renouvelle à des intervalles de huit heures environ, après avoir accompli quatre opérations. Tout le service d’un four double est donc confié en définitive à i4 ouvriers, savoir : 4maîtres - fondeurs, 8 aides et 2 chauffeurs; ils reçoivent ensemble à prix fait 10 fr. 16 cent, par tonne de fer puddlé.
- Chaque charge de 476 kilogrammes donne, en moyenne, 455 kilogrammes de fer puddlé brut. La production de chaque four monte par jour à 5,435 kilogrammes et par semaine à 32,100 kilogrammes.
- Lorsqu’il ne survient pas d’accidents aux appareils mécaniques et que le travail métallurgique peut être suivi avec régularité, on consomme par jour et par semaine, en 128 heures de travail effectif, 2 9*, 6 2 de ligneux provenant d’un mélange de bois résineux, dont le mètre cube massif pèse 3g5 kilogrammes.
- Pour chaque tonne de fer puddlé brut obtenu, on consomme :
- Fonte brute............................ o1, 986 J
- Débris de fer malléable fournis par le tra- > i\o47
- vail de la forge..................... o, 061 )
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- Main - d’œuvre.
- Pour le fer à puddler................... 2^,576 1
- Pour le marteau et le laminoir.......... o ,736 > 3^,067
- Pour la cisaille........................ 0,552 J
- Ligneux................................. i\on
- A la forge de Lippitzbach, le prix moyen des fontes est, comme nous l’avons annoncé, de i35 francs. On donne aux ouvriers 10 fr. 16 cent, par tonne de fer puddlé. Enfin le prix du ligneux est de i4 fr. 56 cent. D’après ces données, la tonne de fer puddlé revient à 166 fr. 226.
- La conduite du feu, dans les diverses périodes, offre des particularités nécessaires à connaître pour la réussite de l’opération.
- L’ouvrier, pour faire varier la quantité de chaleur dégagée dans l’unité de temps, a deux choses à sa disposition, savoir : les registres, qui règlent la quantité d’air admise dans le foyer et le laboratoire ; le ligneux, qu’il peut charger en quantité plus ou moins considérable ou à des intervalles plus ou moins rapprochés. Par le premier, on augmente ou l’on diminue la quantité d’air; par le second, on produit une quantité plus ou moins grande de gaz combustibles. Quand il est nécessaire de donner un violent coup de feu, on combine ces deux moyens d’action; on fait alors arriver une plus grande quantité d’air et on charge une proportion plus considérable de ligneux.
- Au commencement de la première période, on donne un fort coup de feu, afin de réchauffer le fer et d’amener la fonte aussitôt que possible au point de fusion. Dès qu’on a atteint ce terme, on modère le vent et l’on diminue les charges de ligneux, de manière à produire une désagrégation plutôt qu’une fusion tout à fait complète.
- On continue d’opérer à une température modérée, dans le commencement du puddlage au ringard courbe; puis on aug-
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- mente graduellement la température, de manière à la porter au maximum dans la seconde subdivision du même travail, où le fer prend nature.
- On évite soigneusement de forcer le feu dans la partie de la quatrième période qui est consacrée à la formation des loupes; on n’ajoute point le ligneux à cette époque, parce qu’on a remarqué que le contact des gaz carbonés produits par distillation nuit au soudage des masses ferreuses. Pour éviter, d’ailleurs, que le foyer se dégarnisse trop, par suite de l’interruption des charges, on réduit dès la troisième période la quantité de vent, qui peu de temps auparavant avait été portée au maximum; mais aussitôt que les loupes sont préparées, on porte le four à la plus haute température qu’il soit possible d’y obtenir, en donnant la totalité du vent et en remplissant de ligneux toute la capacité du foyer. Le four, dans lequel il ne se dépense plus de chaleur jusqu’au moment où la dernière loupe en est extraite, se maintient à cette température par la seule addition de quelques bûches. Le four se vide donc en partie. Aussi est-il nécessaire de faire, ainsi qu’on l’a dit, une charge considérable de ligneux pour produire le coup de feu par lequel on prélude toujours à l’élaboration d’une nouvelle charge.
- Le fer obtenu par le puddlage doit être corroyé pour être converti en fer marchand de différents échantillons. Cette opération a lieu par des procédés analogues à ceux du puddlage. Les fers sont également chauffés par du ligneux; l’air destiné à favoriser la combustion ou à brûler les gaz qui résultent de la décomposition du ligneux est divisé en deux parties.
- La première arrive directement au foyer; la seconde est lancée par une tuyère placée à la voûte du fourneau, sur le laboratoire même du fourneau à réchauffer.
- Le fourneau sur lequel on charge le ligneux est a grille. On ne peut donc pas mesurer exactement ici la quantité dair qui passe à travers cette grille. Le tirage de la cheminée doit contre-balancer l’effet de compression qui tend à se produire
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- à la partie supérieure du foyer par la gazéification subite des éléments volatils du ligneux et à l’entrée du laboratoire par la projection de l’air atmosphérique. La pression des gaz, même dans la partie de l’appareil la plus éloignée de la cheminée, doit rester inférieure à celle de l’atmosphère, afin que le foyer reçoive la quantité d’air nécessaire à la production de* gaz combustibles.
- La construction des fours à réchauffer est fondée sur les mêmes principes que celle des fours à puddler; la sole, toutefois, ne présente qu’un seul compartiment, et il n’existe qu’une seule porte pour le travail : elle est placée sur le devant et correspond à l’axe de la sole. Celle-ci est en sable quartzeux; elle est supportée par de la maçonnerie réfractaire. Ses dimensions sont moindres que la sole des fours à puddler.
- Pour le réchauffage, il est nécessaire que le courant de gaz combustible soit aussi régulier que possible. Pour y parvenir, on fait les charges de ligneux à des intervalles égaux. Les bûches de ligneux ont des sections uniformes qui n’excèdent pas 5o centimètres carrés ; elles sont sciées à la longueur de om, 2 5 ; on les introduit rapidement dans le foyer par une porte dont la tablette est inclinée, et qui se ferme par son propre poids.
- Le travail du réchauffage n’offre à Lippitzbach aucune circonstance particulière; peut-être même se présente-t-il avec quelque infériorité sur l’opération analogue que l’on pratique avec les fours gallois.
- Chaque four à réchauffer, lorsqu’il ne survient aucun accident, donne moyennement 4,700 kilogrammes de fer marchand par vingt-quatre heures; la consommation de ligneux pendant le même temps est de 5,328 kilogrammes : la consommation de ligneux est donc, pour un travail régulier, de 1 kil. i3 cent, par 1 kilogr. de fer; les pertes de chaleur dues à des interruptions accidentelles élèvent cette moyenne, dans le cours d’une année entière, à 1 kilogr. 3o cent, par kilogr. de fers assortis.
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- Les dépenses en matières pour une tonne de fers assortis peuvent être établies de la manière suivante :
- Fer puddlé brut................................... i* 187
- Main-d’œuvre.
- Pour le four à réchauffer................ iJ o65)
- Pour le laminoir......................... 2 343> 4-i 687
- Pour les travaux accessoires............. 1 279)
- Ligneux........................................... U 3oo
- En réunissant les dépenses auxquelles donnent lieu la transformation de la fonte en fer puddlé, le corroyage de celui-ci et sa fabrication en fers assortis, dans lesquels les petites sortes jouent un grand rôle, on trouve, pour le prix de revient d’une tonne de fers assortis, les chiffres suivants :
- Valeur en argent.
- i\242 i67f67c
- iU, 55 46 20
- 25 5o 26 39
- 240 26
- Ce prix est notablement plus élevé que le fer a la houille, qui est en France, en moyenne, de 200 francs; mais il est inférieur au prix du fer obtenu par la méthode mixte, que nous avons vu être à Ancy-le-Francde 273 fr. 61 cent., et à.celui du fer au bois, qui dans la Haute-Saône est de 3i9fr. 64 cent.
- La méthode que nous venons de faire connaître est fondée
- Fonte......................... 15170
- Riblons...................... o ,072
- Main-d’œuvre.
- Pour le puddlage................. 3586
- Pour le corroyage................ 4,69
- Pour les travaux accessoires. . 2,80
- Ligneux.
- Pour le puddlage............ i\20 )
- Pour le corroyage........... i,3o )
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- sur ia propriété du ligneux, c’est-à-dire de bois complètement desséché, de produire une température suffisante pour la fusion de la fonte, le puddlage et le soudage du fer.
- FABRICATION DU LIGNEUX.
- La transformation du bois en ligneux est la condition essentielle pour toute usine qui veut substituer le puddlage au bois à l’affinage au charbon de bois. Le bois coupé depuis un an et séché à l’air retient encore environ 4o p. o/o d’eau; en cet état, il ne saurait développer une température supérieure à i,3oo degrés, laquelle ne pourrait être suffisante pour le soudage du fer, qui se produit environ à i,4oo degrés.
- C’est donc sur la fabrication économique du ligneux que doit se porter l’attention des maîtres de forges qui auraient l’intention de faire des essais pour le puddlage de la fonte au moyen du bois. Pour que cette fabrication soit économique, il faut qu’elle ait lieu sur une très-grande échelle, et cette condition ne peut être obtenue que lorsque les forêts qui fournissent le bois sont tellement placées, que son transport peut être effectué jusqu’aux fourneaux de dessiccation à des prix extrêmement modérés. Dans le nord de l’Europe, la glace en se formant sur les lacs et les rivières pendant plusieurs mois de suite, la neige en nivelant les anfractuosités du sol, couvrent le pays tout entier de voies de communication dont la nature fait seule les frais; la traction que l’on y exécute par traînage occasionne des dépenses moindres que celles dont sont grevées, dans lé reste de l'Europe, les usines pourvues de voies de transport les plus multipliées et les plus parfaites.
- Ajoutonsqpe, dans ces contrées, la rareté de la population donne à la terre une très-faible valeur, et que le bois, quoique se vendant à un prix extrêmement bas, est encore une culture avantageuse.
- Les méthodes assez variées qu’on a mises en usage jusqu’à ce jour pour convertir le bois en ligneux se rattachent à deux principes différents.
- Dans le premier principe, les gaz brûlés provenant du
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- foyer où se produit la chaleur nécessaire à l’opération sont mis en contact immédiat avec le bois : ils agissent en premier lieu en portant le bois à une température supérieure à 100 degrés centigrades et en provoquant par là la vaporisation de l’eau ; en second lieu, ils favorisent cette vaporisation par la tendance qu’ils ont eux-mêmes à se saturer de vapeur : c’est sur ce dernier principe qu’est fondée la fabrication du ligneux aux forges de Lippitzbach.
- L’appareil qui sert à cet usage se compose essentiellement d’une chambre rectangulaire en maçonnerie de 8m,55 de côté sur 5ra,5o; elle est recouverte par une voûte, également eu maçonnerie, dont le sommet s’élève à 4m,5o au-dessus du sol. Cette chambre est partagée en deux étages par un grillage horizontal : le compartiment supérieur, d’un volume de i3o mètres cubes, reçoit la charge de bois à convertir en ligneux; dans le compartiment inférieur, de 60 mètres cubes environ, se prépare l’agent de conversion, c’est-à-dire un courant de gaz brûlés portés à une température modérée, insuffisante pour produire la carbonisation. Le grillage formant la séparation des deux étages se compose de poutrelles scellées par leurs extrémités dans les parois de la chambre et de poutrelles mobiles placées transversalement sur les premières; leur écartement est réglé d’après les dimensions des bûches de bois. Le bois est chargé dans le four, en partie par deux portes latérales, en partie par trois orifices pratiqués dans la voûte. Pour faciliter la circulation des gaz chauds au milieu de la masse à dessécher, on y réserve plus de vides qu’il n’en existe dans le bois cordé : ainsi on ne charge dans le four dont il s’agit que 108 stères de bois, c’est-à-dire les 83 centièmes du volume disponible. Le rapport du plein au vide, qui est de 0,67 environ dans le bois cordé, se trouve donc réduit dans les fours à ligneux de Lippitzbach à o,56.
- Deux foyers, qui remplissent en partie le compartiment inférieur de la chambre, fournissent le courant de gaz chaud nécessaire à la préparation du ligneux : ils se composent
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- chacun d’une galerie voûtée, longue de om,47 et haute de on\68 ; ils occupent en longueur toute la largeur de la chambre. Le combustible, qui se compose de copeaux et des débris de la fente du bois, est placé sur deux rangées de briques servant de chenets et ayant une longueur de 2 mètres environ. On le charge par une porte en tôle au-dessous de laquelle arrive un fort courant d’air : .la flamme et l’air en excès se portent d’abord, en rasant le sol, vers l’extrémité inférieure du foyer; de là, ils reviennent en sens inverse en léchant la voûte, et ordinairement ils se trouvent convertis, par leur réaction mutuelle, en gaz brûlés, lorsqu’ils sont revenus dans la partie du foyer contiguë à la porte de la chauffe. Dans ce trajet, ces gaz cèdent d’abord une partie de leur chaleur sensible aux parois du foyer, qui la dispersent par rayonnement; ils se refroidissent encore, en se mélangeant avec de l’air affluant directement par les interstices de la porte, avant de déboucher par les nombreux ouvreaux dans le compartiment inférieur de la chambre; dans cette région, la température des gaz brûlés subit un abaissement considérable par suite du rayonnement exercé sur la masse supérieure. Cependant, en vertu de la température d’environ 180 degrés centigrades qu’ils possèdent, ces gaz s’élèvent dans la portion de la masse ligneuse située au-dessus des ouvreaux du foyer et contiguë à la paroi de la chambre où sont pratiquées les portes de chauffe. De là, les gaz se rendent, en longeant la voûte, vers la paroi opposée de la chambre; plus ou moins refroidis par le contact du bois et par l’absorption de la vapeur d’eau, ils redescendent le long de cette paroi, rasent le sol du compartiment inférieur de la chambre au-dessous du niveau des ouvreaux du foyer, et ils débouchent enün au dehors par six orifices ayant ensemble i4 décimètres carrés, à une tempéra-" ture qui s’élève graduellement, à mesure qu’avance l’opération, de 30 degrés centigrades à 90.
- Le temps nécessaire pour l’élaboration d’une charge varie selon 1 état hygrométrique du bois et la température atmosphérique. La durée du feu, de deux jours et demi en été, s’élève
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- MINES, OPÉRATIONS MÉTALLURGIQUES, ETC. 49 jusqu’à six jours en hiver. Lorsqu’on juge, àl’apparence des gaz, qu’ils ne sont plus chargés de vapeur d’eau, on cesse de chauffer; on ouvre les portes latérales et les orifices pratiqués dans la voûte : on refroidit par là les parois de la chambre, ainsi que le ligneux qui y est contenu, et l’on procède bientôt au déchargement. La consommation du bois varie selon la durée de l’opération : on l’évalue, en moyenne, à of,33 de ligneux par chaque tonne de ligneux préparé.
- A la forge de Lippitzbach, une tonne de ligneux exige une tonne quarante centièmes à une tonne cinquante centièmes de bois coupé depuis un an : le prix de cette quantité de bois* est de 7 fr. 825; le droit du propriétaire du sol, correspondant à la valeur du bois, est de 2 fr. io5; la valeur totale est de 9 fr. g3o. Les différents éléments de ce prix de revient sont les suivants :
- Frais spéciaux de production.......... if 768
- Frais généraux........................ 1 925
- Frais de transport, partie par glissoirs,
- partie par charrettes............... 4 i32
- Rente prélevée par le propriétaire, fixée, en
- moyenne, à 3 fr. 20 cent, par hectare et par an. 2 io5
- 9 93°
- Les frais de transformation des bois en ligneux et les frais de transport de ce combustible aux fours depuddlage, situés à environ 3oo mètres, élèvent le prix de la tonne de ligneux à i4 fr. 56o. Les éléments de ce prix de revient sont établis de la manière suivante par M. Le Play dans l’important ouvrage1 que nous avons déjà cité :
- Achat et transport du bois, y compris la rente au propriétaire du sol forestier......................... 9f 93°
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- Report......... 9f 93o
- Transport intérieur de toute nature.
- Ouvriers, oJ4i3........................ of 446 |
- Chevaux, o,i5o......................... o 3i3 j 0 ^ ^
- Vente et sciage du bois.
- Ouvriers pour la fente, oj,45o......... o 535 \
- Ouvriers pour le sciage > 0713
- mécanique, 0,15o..................... o 178 )
- Conversion du bois en ligneux.
- Salaire des femmes employées
- au service des fours........ o3o o, 5g3 \
- Intérêts et fonds immobilisés, I
- 800 fr. par an, ou par tonne.. o 100 \ I
- Frais d’entretien du matériel. . o ojb\ o, 355 ! ^
- Pour quatre ans, frais divers . . o 180 ) /
- Bois brûlé, correspondant à 0,32 de li- I
- gneux et équivalant à 2/3 de bois à J
- convertir en ligneux.................. 2,210/
- Prix de revient d’une tonne de ligneux.......... i4 56o
- Ce prix est déjà élevé; toutefois, pour connaître l’avantage de l’emploi de ce combustible, nous transcrirons ici la comparaison établie parM. Le Play1 entre les prix du bois, du ligneux et du charbon de bois provenant de fonds situés à 100 kilomètres, mais où le transport se ferait en grande
- partie par voie de flottage :
- Ql de bois équivalant à 1 tonne de ligneux...... 7f 00e
- Une tonne de ligneux............................ 8 4o
- Une tonne de charbon de bois.................... 23 00
- La rente au propriétaire du sol n’est pas comprise dans cette appréciation.
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- Résumé sur les usines a fer. Les détails que nous avons donnés sur l’industrie de la fabrication du fer établissent quelle a fait de grands progrès depuis vingt cinq à trente ans dans toutes les contrées de l’Europe. Les procédés, partout perfectionnés, ont amené un abaissement général sur les prix de fabrication ; les qualités de fers exceptionnels, comme ceux de Suède, ont conservé avec les nouvelles méthodes toute leur supériorité-, quant aux fers de seconde qualité, ils ont généralement éprouvé une amélioration très-notable. L’expérience en a fourni une preuve éclatante : les fontes, les fers et les aciers exposés par la plupart des usines des différents Étals que nous venons de rappeler ont été reconnus par le Jury de qualité supérieure. Un grand nombre de ces usines ont été honorées de médailles ordinaires ; aucune, il est vrai, n’a reçu la grande médaille (council medal), malgré la perfection de leurs produits. Les règlements adoptés par les lords commissaires ne permettaient en effet d’accorder cette haute distinction à des produits, quelque remarquables qu’ils fussent, s’ils n’avaient été obtenus par des procédés présentant quelque point de vue nouveau, soit dans le mode de fabrication, soit dans les machines employées pour la fabrication de ces produits.
- Toutefois, les industries de la houille et du fer ont obtenu trois des huit grandes médailles accordées à la Ire classe de l’Exposition; avant de faire connaître les personnes qui les ont obtenues et les procédés qui leur ont mérité cette haute distinction, nous croyons utile de donner quelques détails sur la. fabrication de Vacier.
- DE L’ACIER.
- Le travail de l’acier a été représenté à l’Exposition de Londres avec une véritable splendeur; l’élaboration de ce métal y attirait les regards du public par l’élégance des objets en acier et par la beauté de leur poli. La fabrication proprement dite n’y jouait en apparence qu’un rôle secondaire, mais son étude offrait un enseignement utile qui nous engage à lui consacrer quelques pages dans ce rapport; il consiste en ce que les
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- aciers de première qualité, destinés à la coutellerie fine et à la confection des instruments les plus délicats, ont une origine commune, à savoir l’emploi des fers de Suède. M. Le Play a déjà établi ce fait d’une manière irrécusable dans un mémoire1 sur la fabrication et le commerce de l’acier; les observations qui suivent sont en partie déjà consignées dans l’important travail qne je viens de citer; mais les espérances ou, plus exactement, les illusions des personnes qui font des recherches sur la production de l’acier étant toujours les mêmes, et les expériences qu’elles entreprennent étant presque constamment fondées sur les mêmes principes, il m’a paru utile de rappeler dans cet ouvrage les conditions essentielles de la fabrication de l’acier de première qualité. La constatation de ces faits offre en outre, en ce qui regarde le commerce des fers, un côté utile ; car, de même que j’ai établi au commencement de ce rapport que l’industrie du fer ne pourrait supporter une concurrence absolue avec l’Angleterre par suite du bas prix du combustible, je pense que l’industrie de l’acier serait, de son côté, dans une position inférieure à celle de l’Angleterre si elle ne pouvait se procurer à un prix modéré du fer propre à l’acier. Ces conclusions pourraient, au premier abord, paraître opposées; elles sont, au contraire, en parfaite harmonie et tendent l’une et l’autre à favoriser le travail national. Les fers que nous fabriquons sont en effet de qualités supérieures et propres à tous les usages comme fer : la France peut donc se suffire à elle-même pour ces matières premières. Leur production emploie un grand nombre d’ouvriers. L’acier fondu, que nous ne pouvons obtenir avec les fers français, n’exige qu’une petite quantité de ce métal ; le prix du fer de Suède est tel, qu’il ne pourrait être consacré à d’aulres usages que la fabrication de l’acier : son introduction en France ne porterait aucun tort à l’industrie des forges ;
- 1 Mémoire sur la fabrication et le commerce des fers à acier dans le Nord de l’Europe, par M. F. Le Play, ingénieur en chef des mines, professeur de métallurgie à l’École impériale des mines; 1848.
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- celle de l’acier, qui consiste principalement en main-d’œuvre, n’aurait plus à craindre la concurrence anglaise, une fois qu’elle se servirait des mêmes matières premières.
- Les aciers peuvent être réunis en deux classes essentiellement distinctes : les aciers naturels et les aciers cémentés.
- Les premiers sont produits directement par les forges catalanes ou par un affinage au charbon de bois de fontes à acier, qui proviennent elles-mêmes de minerais d’une nature particulière.
- Les aciers cémentés sont obtenus de certains fers forgés par leur contact intime, pendant plusieurs jours, avec du charbon de bois et à une haute température.
- Pour les aciers naturels, la combinaison de fer et de carbone qui constitue l’acier est la conséquence de la fabrication du fer ou de la fonte. Pour les aciers cémentés, cette combinaison est artificielle et postérieure^ la fabrication du fer.
- Ces deux classes d’aciers ne peuvent que rarement être employées dans l’état où ils sortent des feux d’affinerie ou des caisses de cémentation : les aciers naturels sont corroyés une ou plusieurs fois, de manière à les rendre plus homogènes ; quant aux aciers cémentés, on se contente ordinairement de les soumettre à l’étirage, que l’on pratique une ou deux fois, selon la dimension des barres que l’on en veut obtenir. Enfin, pour les aciers purs et complètement homogènes, on les soumet à la fusion; cette dernière catégorie d’aciers, que Ton désigne sous le nom d'aciers fondus, se prépare ordinairement avec certains aciers cémentés cassés en fragments et chauffés dans des creusets à la plus haute température qui se produise dans les arts usuels. L’acier fondu, coulé en lingots, est ensuite étiré en barres, et c’est à cet état qu’il est livré au commerce.
- Les aciers naturels ne sont produits que dans quatre ou cinq districts métallurgiques spéciaux, où les minerais possèdent les qualités propres à cette fabrication ; la Styrie et la Carinthie sont les plus importants de ces districts par l’étendue des gîtes qui existent et par la nature des minerais. En France, la Lorraine , l’Alsace et les Pyrénées en produisent de bonne qualité;
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- mais les montagnes de l’Isère constituent le groupe à acier naturel le plus remarquable de la France, par les beaux gîtes d’Allevard et de Saint-Georges-d’Heurtières.
- La fabrication de l’acier cémenté peut être entreprise partout où l’abondance du combustible rend économique la transformation du fer en acier. On obtient même des aciers propres à un grand nombre d’usages par la cémentation du fer de bonne qualité; mais ces aciers n’ont jusqu’à présent jamais pu soutenir la concurrence des aciers fabriqués avec le fer de Suède : ils sont impurs et sans consistance; une expérience de plus de cent cinquante ans ne s’est jamais démentie. Les fers de Suède ont, au contraire, donné constamment les mêmesrésul-tats : c’est à leur emploi exclusif que l’Angleterre doit la supériorité incontestable de ses aciers. Ajoutons que, le fer rendant poids pour poids d’acier cémenté, l’acbat du fer propre à l’acier ne charge pas cette industrie de frais de transport inutiles; ils seraient les mêmes si on achetait l’acier, et l’industrie perdrait les avantages de la transformation du fer en acier cémenté et de l’élaboration de celui-ci.
- En comparant les aciers de première qualité que nous avons eu occasion d’examiner à l’Exposition de Londres, il nous a paru que le secret principal de la fabrication de l’acier de Shefïield, et en général de l’acier de première qualité, réside dans l’emploi du fer de Suède. Cette vérité n’est pas assez comprise des fabricants, qui, soit pour se soustraire au prix élevé du fer de Suède, soit par le désir de n’utiliser que les ressources nationales, ont constamment entrepris, depuisRéau-mur, des expériences dans le but d’obtenir des aciers avec le fer français. Les tarifs de douane, si élevés de 1824 à 1847, ont développé la fabrication de l’acier; mais si, au lieu d’étudier son développement, on cherche à se rendre compte des qualités produites, on reconnaît que, même depuis cette époque, on n’a fait d’acier fin en France qu’en cémentant les fers du Nord.
- Il me paraît donc que la supériorité des fers de Suède pour la. fabrication de l’acier doit être admise comme une vérité;
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- mais notre science se borne au fait lui-même, et jusqu’à présent l’étude minéralogique et chimique des minerais n’a donné aucune raison de la supériorité de ces fers.
- Les qualités qui distinguent les aciers produits avec les fers de Suède sont de deux sortes : la première et la plus essentielle est celle que les ouvriers de Sheffield expriment en disant qu’il a du corps (body) : M. Le Play l’a désignée par l’expression de propension aciéreuse; la seconde, plus difficile à définir, consiste en sa pureté et son homogénéité aciéreuse.
- La propension aciéreuse ne consiste pas, ainsi qu’on pourrait le croire, en ce que le fer de Suède se transforme plus facilement en acier que tout autre fer, mais en ce qu’il conserve mieux cette propriété. Dans les chaudes successives auxquelles on doit soumettre l’acier cémenté pour l’afïiner, l’étirer et le façonner, il retient la qualité aciéreuse à un degré supérieur à tous les autres fers, en sorte qu’ouvré, sous forme d’outils ou d’objets polis, l’acier fabriqué avec le fer de Suède l’emporte sur tous les autres par sa dureté, son éclat, et surtout par la vivacité de son tranchant. La propension aciéreuse est essentiellement distincte des qualités qui caractérisent les meilleurs fers, notamment la malléabilité, la ductilité, la douceur, etc., si recherchées pour les emplois usuels, tels que la fabrication des câbles, du fil de fer, des canons de fusil, du ferrage des animaux de trait, etc. Ces qualités, si précieuses pour le fer, n’entraînent nullement la propriété aciéreuse, et les personnes qui font des essais sur la fabrication de l’acier ne portent pas assez leur attention sur ces différences si essentielles.
- L’homogénéité ou la pureté aciéreuse, que nous avons signalée comme la seconde qualité du fer de Suède, consiste en ce que la cémentation s’y développe d’une manière uniforme; cette opération n’y produit pas, comme dans la plupart des fers, de fortes ampoules, qui ont fait désigner souvent les aciers cémentés sous le nom d’aciers poules. Au sortir de la caisse de cémentation, les fers de Suède conservent la forme du fer forgé; à peine les barres sont-elles recouvertes de tres-petites ampoules réparties d’une manière uniforme sur toute
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- leur surface; celles-ci, soumise.s à l'étirage, puis trempées, ne laissent voir ni fissure ni défaut de continuité; cassées en travers, elles offrent un grain homogène d’un gris d’acier clair.
- L’homogénéité aciéreuse est surtout appréciée par les fabricants : les aciers qui renferment des pailles et des cendrures se travaillent maf; souvent ces défauts n’apparaissent que lorsque l’objet que l’on travaille est prêt à recevoir la dernière façon, et l’ouvrier ne reconnaît la nécessité de mettre l'objet au rebut que lorsqu’il y a appliqué en pure perte presque tous les frais qu’exige la fabrication.
- Cette propriété est beaucoup moins rare que la propension aciéreuse. Un grand nombre des fers de bonne qualité de la France la possèdent; presque toujours c’est elle qui a séduit les personnes qui se sont livrées aux expériences relatives à la fabrication de l’acier. Ces fers, qui se cémentent facilement, perdent leur vertu aciéreuse aux premières chaudes, et les objets qu’on fabrique avec cette nature d’acier sont presque à l’état de fer. Le soin que l’on apporte dans l’élaboration de l’acier peut, jusqu’à un certain point, remédier à ce grave inconvénient; mais les objets obtenus ne sont pas homogènes, et les précautions que l’on est obligé de prendre pour conserver à l’acier ses propriétés essentielles élèvent les prix de fabrication.
- J’ai eu fréquemment l’occasion d’examiner des objets cl’acier exécuté^ dans ces conditions; j’ai toujours reconnu qu’ils ne constituaient pas une fabrication courante : ce sont des espèces de chefs-d’œuvre qui constatent le soin de l’ouvrier, mais qui ne sauraient former la base cl’une industrie.
- Les personnes qui se livrent à la fabrication de l’acier ne doivent pas se contenter, quand elles font des expériences de cette nature, de l’exécution de quelques pièces et même de quelques centaines de kilogrammes; elles doivent passer à l’application en grand. On peut assurer que jusqu’à présent aucun fer n’a pu supporter la comparaison avec les fers de Suède, et que pour les objets délicats, tels que coutellerie fine, limes d’horloger, burins, etc., on se sert presque exclu-
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- sivement des aciers fabriqués avec ce fer. On doit ajouter que les fers de Suède, qui possèdent à un si haut degré les qualités essentielles à la fabrication de l’acier, ont aussi pour les fabricants cet avantage inappréciable d’être toujours identiques à eux-mêmes. Les ouvriers qui les emploient n’ont donc aucun essai à faire; l’acier obtenu avec une certaine marque, soumis à la fusion, à l’étirage et à l’élaboration, donne toujours les mêmes résultats. 11 en résulte une précision et une rapidité de manipulations qu’aucun autre fer n’a données, et c’est une des causes essentielles de la fortune et de la réputation des aciers de Shefifield.
- Si, après avoir constaté la supériorité des fers de Suède pour la fabrication de l’acier, on en cherche les causes, on ne saurait en découvrir d’autres que la nature du minerai; les forges dans lesquelles on les obtient n’offrent*aucune supériorité sur la plupart des usines de l’ouest de l’Europe, et particulièrement sur celles de la France. M. Le Play1, qui les a étudiées presque toutes, annonce «qu’au point de vue qui préoccupe, «particulièrement les métallurgistes français, celui de l’éco-« nomie du combustible, les forges de la Franche-Comté, des « Vosges, de Champagne et de Lorraine offrent une très-grande «supériorité sur celles de Suède. En Suède même, ajoute « M. Le Play, l’opinion générale est que les forges les plus ar-« riérées, sous le rapport technique, sont précisément celles de « Danemora, où se produisent les meilleurs fers à acier. » Ces usines ont conservé, presque sans modification, les méthodes de travail qui y furent introduites par Louis de Geer, en i643, au moyen d’ouvriers amenés à cet effet de l’ancien paysWallon.
- Dans toutes ces usines, les minerais, préalablement grillés au moyen du bois de corde ou par l’intermédiaire du charbon de bois, sont fondus dans des hauts fourneaux ayant environ 8 mètres de hauteur et 2 mètres de largeur au ventre. La fusion des gangues résulte soit du simple mélange des divers
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- minerais, soit de l’addition d’une faible proportion de cliaux carbonatée. L’air froid ou modérément chauffé est projeté par une seule tuyère à raison de i5 à 20 kilogrammes par minute sous une pression de 3 à 5 centimètres de mercure.
- Dans de district de Danemora, la fonte est affinée par la méthode wallonne, qui a disparu depuis longtemps du pays où elle a pris naissance, et qui n’est plus guère pratiquée aujourd’hui que dans quelques petites forges du Maine, de la Bretagne et *de l’Eiffel. Cette méthode est caractérisée par l’emploi simultané de deux feux: l’un pour l’affinage de la fonte, l’autre pour l’étirage du fer brut. En Suède, comme dans les autres localités que l’on vient de rappeler, elle exige une grande quantité de combustible, bien quelle soit appliquée à des foutes faciles à affiner. On consomme ordinairement, dans le district de Danemora, 2,90 de charbon de bois pour 1 de fer forgé obtenu.
- On apporte, il est vrai, au choix des matières premières et au triage des produits des soins presque minutieux; ils ont pour résultat de classer les fers obtenus, suivant des qualités ou des marques toujours identiques, ce qui, ainsi que je l’ai annoncé, est un des caractères saillants de la fabrication suédoise. Les minerais, cassés, triés et grillés avec de grandes précautions, sont associés dans de certaines proportions que l’expérience a fait connaître. On écarte du mélange destiné à la fabrication des fers à acier tous les minerais dont la qualité est douteuse. Les charbons sont choisis avec des soins particuliers, et dans plusieurs forges on les soumet à un lavage à grande eau pour les débarrasser des matières terreuses qui pourraient y adhérer. Les fers fabriqués sont soumis au contrôle d’agents spéciaux, qui ne laissent apposer la marque caractéristique du fer à acier que sur les barres parfaites. Celles de moindre qualité sont généralement converties, dans l’usine même, en acier de cémentation; elles sont ensuite étirées au martinet et exportées à cet état. Les fontes inférieures sont consacrées à la consommation locale ou exportées comme fers communs.
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- Ces détails sommaires suffisent pour faire apprécier l’ensemble des procédés de la fabrication de la fonte et du fer en Suède. Je les ai donnés, non pour faire connaître ces procédés, décrits avec beaucoup de détails dans plusieurs ouvrages1, mais pour rappeler les soins que l’on apporte aux travaux des forges en Suède. Je voulais surtout montrer qu’on ne saurait attribuer à ces procédés la supériorité du fer de Suède sur les autres fers de l’Europe pour la fabrication de l’acier; cette supériorité est afférente, ainsi que je l’ai déjà annoncé, à la nature même des minerais. Quelle est la cause à laquelle elle est due? est-elle chimique ou physique? Personne ne peut, dans l’état actuel- de la science, répondre à ces questions; les chimistes les plus distingués n’ont pu encore, en effet, malgré les recherches les plus délicates, découvrir dans les minerais de Suède la moindre différence avec les minerais analogues des autres contrées. Toutefois ,* la propension aciéreuse, constante dans ces minerais, ne saurait être le résultat du hasard; on est en droit de supposer que ces minerais offrent un principe particulier qui a jusqu’ici échappé à nos investigations. On rappellera, à cet égard, que la Suède a doté la science de plusieurs corps simples nouveaux, toujours répandus avec une grande parcimonie dans les roches cristallines qui en constituent le sol; peut-être les minerais de fer privilégiés en contiennent-ils de très-petites proportions; on rappellera aussi que c’est surtout de la Suède que proviennent les aimants naturels. Il serait également possible que la disposition moléculaire qui préside à cette propriété eût de l’influence sur la nature des fers que l’on obtient de ces minerais.
- Les minerais de la Suède ne diffèrent entre eux que par des nuances insensibles; on ne saurait en donner une description spéciale. Nous dirons seulement quelques mots sur la mine de Danemora^ la plus célèbre de toutes, et qui présente la plus grande masse de minerais que les travaux de l’homme
- 1 Métallurgie du Jer, par Karsten. — Mémoire sur la fabrication de l acier dans le Nord de l’Europe, par Le Play, ingénieur en chef des mines.
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- aient fait connaître. Cette mine, décrite tant de fois par les géologues et par les curieux, est cependant imparfaitement connue sous le rapport de la nature des minerais; on croit généralement que les minerais y sont également propres à la fabrication de l’acier; il n’en est cependant rien : elle offre, sous ce rapport, une représentation exacte des minerais de la Scandinavie.
- La mine de Danemora comprend trois champs principaux d’exploitation : celui du nord, celui du centre, dit la grande mine, et celui du sud; ils correspondent à trois masses principales, entre lesquelles il n’y a pas de continuité, et qui forment en réalité des groupes distincts; il existe même entre ces groupes des masses isolées de minerai qui ne se rattachent pas aux trois massifs principaux que nous venons d’indiquer par leurs positions géographiques.
- Chacun de ces champs d’exploitation est divisé en concessions.
- La plupart de ces mines fournissent des minerais oxydulés magnétiques, plus ou moins imprégnés de fer oligiste ; quelques-unes donnent principalement du fer oligiste mélangé de fer carbonaté et de fer oxydé hydraté. La grande prédominance du fer oxydulé, dans les mines de Suède, a généralement fait supposer que ce minerai était celui qui possédait exclusivement la propriété aciéreuse, mais le mélange de minerais que l’on vient d’énumérer ne confirme pas cette opinion; on a également admis assez généralement que tous les fers oxydulés étaient propres à la fabrication de l’acier.
- , L’expérience faite sur une large échelle prouve le contraire : depuis un siècle, les Anglais, qui possèdent dans l’Inde et dans l’Amérique du Nord de nombreux gîtes de fer oxydulé, ont cherché à échapper au monopole de la Suède en construisant des forges pour traiter ces minerais; tous ces essais ont été infructueux : les fers qu’ils ont obtenus étaient souvent de bonne qualité, mais ils ne possédaient pas la qualité propre à la fabrication de l’acier. Le nombre de gîtes de fer oxydulé avec lesquels on a tenté inutilement de fabriquer du
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- fer à acier est certainement beaucoup plus grand que le nombre de gîtes qui se montrent propres à celte fabrication dans la Suède et dans la Russie. Mais ce qui prouve, avec la dernière évidence, que la cause qui donne aux minerais de fer la propension aciéreuse n’est pas exclusivement la combinaison qui produit le fer oxydulé, c’est que, dans les régions de la Suède même où le sol est criblé de minerais magnétiques, la propriété aciéreuse ne se manifeste que très-rarement, et çà et là, au milieu de minerais qui en sont dépourvus. Nulle part la distribution, pour ainsi dire, capricieuse de cette qualité n’est plus frappante que dans la mine de Dane-mora. Là, sur un espace de quelques hectares, où toutes les conditions semblent identiques, l’origine, la nature minéralogique des roches et la continuité des masses de minerai, une expérience de deux siècles a mis en évidence des différences de qualité tellement prononcées, que les prix des fers fabriqués avec les portions de ces masses varient de 5o à 87 francs le quintal métrique rendu à Sheffîekl.
- Médailles du conseil ( Council medals) accordées à la Ire classe.
- Ie A M. le baron de Kleist, pour la tôle mince, dite feuille de papier, fabriquée dans son usine de Neudeck, en Bohême, exposée sous le n° 424 du Catalogue pour l’Autriche;
- 2° A M. Bérard, pour son appareil employé pour le lavage de la houille, exposé sous le n° 5i de la France;
- 3° A M. Krupp, d’Essen, près de Dusseldorf, pour ses aciers fondus, exposés sous les nos 649 677 du Zollverein.
- Nous allons indiquer succinctement les procédés et les produits fabriqués qui ont mérité ces grandes médailles.
- La tôle des usines de Neudeck justifie, par son extrême ténuité, le nom de iron paper qui lui est donné; d’une grande souplesse, elle est cependant très-résistante, et les nombreux échantillons exposés ne présentaient aucune gerçure. La tôle de ces usines, tout à fait exceptionnelle par sa beauté et par son extrême ténuité, est un objet ordinaire de commerce. Elle est employée à la fabrication des boutons, ainsi qu’à des
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- objets estampés; elle prend un très-beau poli après avoir été travaillée.
- Les aciers de M. Krupp sont remarquables par la finesse et l’homogénéité de leur grain, même dans les pièces de très-grandes dimensions. On a particulièrement remarqué un cylindre en acier fondu de i5 pouces de diamètre, cassé par son milieu.
- M. le baron de Kleist et M. Krupp n’ont donné, ni l’un ni l’autre, de détails sur leurs procédés; nous sommes, en conséquence , obligés de nous borner à indiquer la nature de leurs produits.
- M. Bérard, au contraire, a communiqué au Jury le plan de son appareil pour séparer de la houille les matières étrangères quelle contient, telles que les pyrites et le schiste. Nous allons le faire connaître par une courte description.
- Nous ferons d’abord remarquer que le lavage de la houille, introduit en France depuis quatre ou cinq ans, a déjà eu des conséquences importantes pour le travail du fer et pour l’industrie des chemins de fer : les cokes obtenus avec des houilles lavées sont d’une grande pureté ; leur emploi diminue la consommation du combustible et augmente la puissance des machines. Cette opération permet, en outre, d’utiliser des houilles qui, par leur mélange avec du schiste, ne pouvaient trouver presque aucun emploi; on l’applique également avec avantage à certaines houilles regardées comme de bonne qualité, mais contenant une quantité de cendres qui en diminue la valeur; on les purifie par le lavage, de manière à amener le coke qu’on fabrique avec ces houilles à ne contenir que 3 à 4 p. o/o de cendres. Le chemin de fer du Nord], en France, et celui de l’Ouest ont constaté l’un et l’autre l’efïicacité de ce procédé. Une partie notable des cokes qu’ils
- 1 Le lavage de la houille est devenu assez général depuis que cet article est rédigé. Les procédés de lavage ont en outre éprouvé quelques modifications; mais cette partie du rapport ayant pour objet spécial de faire connaître le procédé de M. Bérard, qui a été vivement apprécié par le Jury de Londres, je n’ai pas dû le modifier.
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- consomment est fabriquée avec de la houille lavée; il est résulté de leur emploi une économie notable de combustible et un plus long service des locomotives.
- Les dépenses de lavage, assez considérables par le criblage ordinaire, sont réduites par l’appareil de M. Bérard à 10 ou 12 centimes par tonne métrique de charbon. On peut donc regarder cet important problème comme résolu.
- Cet appareil se compose de trois parties :
- i° Un élévateur, formé d’une chaîne sans fin à godets qui puise, dans une fosse où la houille est déposée, une quantité constante de charbon , réglée au moyen d’une vanne;
- 2° Un classificateur, sur lequel le charbon est versé par l’élévateur. Il se compose cl’une caisse longue, divisée par compartiments et contenant des plaques perforées étagées en gradins; les ouvertures des plaques perforées vont en décroissant de la plaque supérieure aux inférieures, en sorte que, par le •mouvement que le classificateur reçoit du moteur, le charbon sc trouve instantanément classé en quatre catégories de grosseur. La poussière la plus fine tombe au fond du classificateur. Quant aux fragments de grosseurs différentes, ils se rendent, par des ouvertures ménagées sur les flancs à l’extrémité de chacune des plaques, dans les cribles fixes dits bacs de lavage, qui forment la troisième partie de l’appareil Bérard.
- 3° Les bacs sont des caisses longues de 2m,8o sur im,02 ; le fond de ces caisses est formé d’une plaque percée de trous, dont le diamètre est moindre que la grosseur du charbon. Us sont entièrement remplis d’eau et divisés à l’intérieur en trois parties. Dans l’une d’elles se trouve un piston qui reçoit du moteur un mouvement alternatif qui donne à l’eau une assez forte impulsion; celle-ci communique son mouvement aux matières placées sur le fond du bac; elles se soulèvent et se classent rapidement par ordre de densite, les plus lourdes se déposant sur le fond du bac.
- Le charbon pur vient seul à la surface, et par un courant d’eau provenant d’un canal supérieur, il est entraîne hors du bac, d’où il tombe directement dans les waggons de transport.
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- Les substances plus lourdes que le charbon, telles que les schistes, les pyrites, etc., après s’être déposées dans le bac sur la plaque perforée, laquelle présente une légère inclinaison vers un déversoir, avancent sans cesse vers ce point de sortie. Par une disposition spéciale, l’écoulement des résidus s’effectue de lui-même dans l’un des compartiments ménagés à l’intérieur du bac; ils en sont extraits au moyen de la simple ouverture d’une valve.
- Il résulte de cette description que le travail est continu dans toutes ses parties, et qu’il n’exige aucune main-d’œuvre. La quantité de houille qui peut être épurée par heure dans un appareil dont l’établissement, suivant la déclaration de l’inventeur, serait de 10,000 francs, est de îoà 12 tonnes métriques. Le travail journalier de cet appareil n’exige pas au delà de 8 à 10 mètres cubes d’eau.
- Les divers objets exposés sous le n° 5i sont les suivants :
- i° Charbon classé en quatre grosseurs, et matières étrangères qui en ont été séparées ;
- 2° Deux échantillons de coke, l’un obtenu avec la houille telle quelle provient de la mine, l’autre avec la houille purifiée : le premier coke est terne et contient 26 p. 0/0 de cendres; le second, sonore et brillant, en renferme seulement 2 1/2 ; ^______
- 3° Un dessin de l’appareil. /
- Les échantillons proviennent d’un établissement fondé par M. Bérard à Molenbeck-Saint-Jean près Bruxelles.
- M. Bérard annonce que son appareil a été adopté par la Société générale des mines de la Loire, la Société des mines du Creuzot, la Société des mines d’Epinac, etc., en France, et que dans ce moment même il en monte un à Newcastle.
- PROCÉDÉ
- POUR RENDRE ADHÉRENTE LA POGSSIERE DE GRAPHITE, DITE MINE DE PLOMB, par M. Brockdon , n° 65 du Catalogue de la partie anglaise de l’Exposition.
- Dans le tableau général des récompenses que nous avons placé au commencement de ce rapport, on a dû remarquer
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- que l’industrie anglaise avait obtenu pour la Ire classe, deux médailles du conseil; Tune d’elles se rapporte à un procédé fort intéressant pour rendre adhérente la poudre de graphite sans l’addition d’eau gommée ou de tout autre corps agglutinant. Nous croyons devoir donner quelques détails sur ce procédé, qui pourra peut-être être mis en pratique dans les fabriques de crayons en France.
- La seconde médaille a pour objet la séparation de l’argent du plomb d’œuvre; nous ferons connaître ce procédé à l’article auquel il se rapporte.
- Nous rappellerons que les crayons de mine de plomb de première qualité, propres au dessin et connus dans le commerce sous le nom de Broockman , sont faits avec de petits prismes sciés dans des masses de graphite pur et enchâssés dans du bois. Les morceaux de graphite assez volumineux pour pouvoir être débités sont très-rares, et la mine de Borrowdale, dans le Cumberland, qui les fournit est presque entièrement épuisée. Depuis longtemps M. Brockdon s’est occupé de la recherche d’un procédé qui permît d’employer la poudre de graphite pur, sans l’agglutiner par un mélange qui en détériore toujours la qualité. Il a essayé de rendre cette poussière adhérente en la soumettant à de fortes pressions; les différents appareils dont il s’est servi se sont brisés sous ces pressions, quelle que fût leur force de résistance, et ses recherches ont été infructueuses jusqu’au moment où il a eu l’heureuse idée d’opérer dans le vide. Mais il était fort difficile d’introduire sous le récipient d’une machine pneumatique un appareil pour comprimer la poudre de graphite. M. Brockdon a surmonté cette difficulté par une disposition aussi simple que facile : après avoir agglutiné la poudre de graphite par une pression légère et en avoir fait un morceau d’une certaine grosseur, il l’a enveloppée avec un papier très-fin, qu’il a collé sur toute sa surface. Il a ensuite pratiqué sur cette enveloppe un petit trou rond qui devait permettre à l’air interposé dans la poudre cl’en sortir sous l’action de la machine pneumatique. Il a alors placé le graphite sous la cloche de l’ap-
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- pareil, et quand le vide a été jugé complet, il l’a retiré; puis il a bouché le petit trou de l’enveloppe par un rond du même papier. Dans cet état, le graphite pouvait rester privé d’air pendant plus de vingt-quatre heures. Le soumettant à une pression modérée, les différentes parties de la poussière se sont agglomérées et ont produit par' la simple adhérence un bloc de graphite artificiel aussi solide que les échantillons provenant de la mine. Il a pu alors être facilement débité en petits prismes, qui ont donné des crayons d’aussi bonne qualité que ceux fabriqués avec les morceaux les plus purs de Borrowdale.
- Les objets exposés par M. Brockdon sont :
- i° Des échantillons de graphite du Cumberland, de l’Inde, du Groënland, de l’Espagne, de la Bohême et de plusieurs autres localités;
- 2° Du graphite en poudre purifiée;
- 3° Le même sous forme de blocs artificiels, obtenus par le procédé qu’on vient d’indiquer;
- 4° Des petits cylindres pour les crayons de poche, dits mordan pendis, ainsi qu’un échantillon de crayons pour tous les autres usages, et notamment pour le dessin. Ces crayons sont fabriqués avec de la poudre agglutinée par le procédé particulier à M. Brockdon.^/
- II. CUIVRE; CUIVRE JAUNE ET ÉTAIN.
- Les usines où l’on obtiçnt le cuivre et l’étain, ainsi que celles où l’on élabore ces métaux, ont à peine été représentées dans la partie française de l’Exposition universelle de Londres. Quant à l’étain, son absence était naturelle; il existe, en effet, plusieurs recherches intéressantes de minerais d’étain dans le département de la Loire-Inférieure et dans celui du Morbihan, mais elles n’ont encore conduit à la connaissance d’aucun gîte exploitable. Toutefois, les minerais d’étain d’alluvion se présentent avec quelque abondance à Piriac, sur les fyords de la mer, non loin de l’embouchure de la Loire.
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- Quant au cuivre, sans être absolument dépourvue de mipes de ce métal, la France n’en possède que deux, les mines de Saint-Bel et de Chessy, dans le département du Rhône, dont les produits réunis atteignent à peine la somme de 80,000 fr. Les découvertes des mines de cuivre gris de Mouzaïa et de cuivre pyriteux du cap Ténès, dans l’Algérie, sont appelées, du moins nous l’espérons, à doter la France d’une richesse minérale qui lui manque. Les produits que ces mines ont donnés depuis quelques années sont de nature à confirmer ces espérances. La production des mines de Mouzaïa, qui s’était élevée en 1847 5 2,000 tonnes, tenant 5oo tonnes de cuivre, a dépassé 3,000 en i85i. Ces résultats importants ont vivement intéressé le Jury de l’Exposition de Londres. Dans le désir d’encourager les efforts de l’industrie minérale de l’Algérie, il a accordé des mentions honorables à la compagnie des mines de Mouzaïa, ainsi qu’à la compagnie des mines de la province d’Alger, pour les échantillons de ces mines qu’elles avaient exposés sous les numéros 18 et 45 de l’Algérie.
- La découverte des mines de cuivre de l’Algérie a été la cause de la création d’usines métallurgiques dans les environs de Marseille, et plusieurs ont déjà acquis une certaine prospérité. La position de Marseille doit leur assurer dans l’avenir un grand développement; situées sur le littoral de la Méditerranée et reliées au bassin houiller d’Alais par un chemin de fer, ces usines obtiennent le combustible à des prix modérés. Leur approvisionnement en minerai sera également facile .-les Relies mines de cuivre de la Toscane, qui fournissent annuellement plus de 3 00 tonnes de cuivre, deviendront incessamment les tributaires des fonderies de Marseille ; elles expédient aujourd’hui leurs minerais à Swansea; mais elles auront plus d’avantage à les faire traiter dans les usines situées sur les bords de la Méditerranée, dès qu’elles y trouveront un placement certain. Les opérations commerciales si multipliées de Marseille avec Cuba et le Chili peuvent, en outre, ramener, en retour des produits français, les minerais si riches de ces deux contrées.
- Les mines assez nombreuses, mais jusqu’à présent presque
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- improductives des montagnes de l’Aude, duVar, de la Lozère, des Alpes et du Beaujolais, trouveront aussi un débouché avantageux dans les usines des environs de Marseille. Les minerais qui en proviennent y seraient, pour la plupart, transportés à très-bas prix par le Rhône et les différents chemins de fer du midi de la France. Ajoutons que l’existence des usines centrales a pour conséquence immédiate de favoriser la découverte de nouvelles mines, ainsi que l’exploitation de mines jugées jusqu’alors peu productives. La certitude d’utiliser leurs produits, de vendre les minerais, presque au fur et à mesure de leur extraction, et de renouveler ainsi à chaque instant leur capital seront, pour les propriétaires de mines, autant de circonstances favorables. L’existence de ces usines centrales offre un puissant moyen de développement pour l’industrie minérale; elles sont souvent même, dans leur rayon d’approvisionnement, la cause de la découverte de nouvelles mines, qu’elles font en quelque sorte naître par les recherches qu’elles excitent.
- Si la production du cuivre en France est faible, l’élaboration de ce métal a lieu sur une très-grande échelle. La fabrication des produits de cuivre, tels que le bronze et le laiton, est l’objet d’industries prospères et qui ont atteint une grande perfection. La fabrication du laiton a été très-remarquée à l’Exposition de Londres, et elle a été honorée d’une grande médaille, la seule qui ait été donnée pour l’exploitation et le traitement du cuivre; cette haute distinction a été accordée à MM. Estivan frères, de Givet1.
- Le tableau suivant, qui fait connaître l’importation des cuivres en France de i83i à i853, montre toute l’impor-
- 1 Parmi les objets que MM. Estivan avaient exposés, nous citerons :
- i° Une planche de cuivre jaune de 4m,8o de longueur sur im,o9 de lar-
- geur, de om,oi6 d’épaisseur et pesant........................... 255k
- 2° Une planche de im,3o de longueur sur im,20 de largeur,
- et om,oig d’épaisseur, pesant.................................. 66o.
- 3° Un barreau rond en cuivre jaune battu, ayant 2m,45 de longueur sur im,24 de diamètre et pesant............................. 25o
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- tance des industries qui élaborent ce métal. Si l’.on rapproche ce tableau de celui placé à la fin de cet article, dans lequel sont indiquées les quantités de cuivre produites à Swansea, on reconnaît que la France emploie plus du tiers de ces cuivres. Cependant ils sont le résultat de presque toutes les mines connues, à l’exception de celles de l’Oural.
- IMPORTATION DES CUIVRES EN FRANCE, DE 183 1 À 1 853.
- ANNEES* GRANDE- BRETAGNE. RUSSIE. SUÈDE, Norwége, Alle- magne. ÉTATS méditer- ranéens. TURQUIE. AMÉRIQUE. TOTAL.
- 1831*..... 1,004 948 340 360 58 170 2,880
- * M H a « ' n a
- 183C 2,027 2,584 790 240 402 270 6,313
- 1837 3,008 1,248 290 30 473 660 5,709
- 1838 4,242 1,017 200 90 529 820 6,898
- 1839 3,855 642 220 190 679 870 6,446
- 1840.-.... 5,327 1,502 410 170 430 830 8,669
- 1841 6,831 818 430 130 450 750 9,409
- 1842 8,309 396 540 70 170 850 10,335
- 1843 5,573 205 320 50 250 1,490 7,888
- 1844 4,686 194 700 40 10 950 6,580
- 1845 7,096 499 1,460 80 4 470 9,609
- 1846 4,603 686 1,100 110 44 1,270 7,813
- 1847 3,840 319 1,543 197 146 1,529 7,574
- 1848 1,703 374 „ 77 M 836 2,990
- 1849 3,886 83 M 31 591 168 4,759
- 1850 4,770 165 a 17 430 238 5,620
- 1851 4,059 379 M 139 146 15 4,738
- 1852 4,801 1,927 98 390 528 195 7,939
- 1853 3,581 1,095 121 274 135 M 5,206
- 4° Un barreau carré en cuivre jaune laminé, de 3m,53 de Ion- ,
- gueur sur om,i2i de section, pesant............................. 4i8
- 5° Deux bassines en cuivre jaune battu, ayant chacune 1 ,32
- de diamètre sur ora,4o de hauteur, pesant................... 46 et 5o
- 6° Une planche de cuivre tombac laminé, de 2m,o5 de longueur et om,67 de largeur, pesant............................... 53
- 70 Des fils de laiton de différents numéros : 1 un, quia 3,375 mè-
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- La quantité totale de cuivre exploitée annuellement peut être évaluée à 32,5oo tonnes.
- Pendant longtemps l’Angleterre et la Russie ont presque seules fourni tout le cuivre employé dans le monde entier. La découverte, faite il y a douze à quinze ans, de mines de cuivre très-riches dans les environs de Valparaiso et à l’île de Cuba ont classé le Chili et les colonies espagnoles au nombre des Etats producteurs de cuivre.
- Mais le manque de combustible a empêché de traiter ces minerais sur les lieux, et les propriétaires ont dû les faire fondre à Swansea, dont ils ont ainsi augmenté l’importance.
- La découverte des mines de cuivre de l’Australie est venue encore ajouter à la richesse en cuivre de l’Angleterre; ces différentes circonstances ont fait de Swansea la métropole du commerce du cuivre : cette place domine la vente des cuivres sur les deux continents, et c’est même Swansea qui règle les prix des cuivres de l’Oural et de la Sibérie. Ce fait commercial est certainement un des plus importants qui se soient produits dans les annales de la métallurgie depuis longtemps : il est le résultat du génie entreprenant des négociants anglais, qui ont progressivement étendu le rayon d’approvisionnements des usines galloises ; elles sont maintenant, par suite de l’immense commerce maritime de la Grande-Bretagne, en contact avec toutes les parties du monde civilisé et ne connaissent aujourd’hui d’autres limites que celles du globe terrestre, en sorte que, lors même que les minerais indigènes viendraient à manquer, les fonderies du pays de Galles, alimentées par les minerais du littoral euro-
- tres de longueur et i millimètre i/4 de diamètre, est d’une section parfaitement uniforme sur celte grande longueur; il pèse. 48k
- Ces pièces, malgré leurs dimensions, ne présentaient aucun défaut, et le grain en était homogène jusqu’aux bords les plus extrêmes.
- Le Jury a été guidé dans sa décision par la difficulté d’obtenir des pièces de dimensions aussi considérables sans défaut, et surtout par l’outillage particulier qu’un semblable travail exigeait.
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- péen, ceux de l’île de Cuba, du Mexique, des deux Amériques et de l’Australie, produiraient encore trois ou quatre fois plus de cuivre que les districts du continent européen les plus renommés pour l’importance de leur production. Les frais de transport de la plupart de ces minerais pourraient, au premier aspect, être regardés comme un obstacle à la continuation de la prospérité toujours croissante de Swansea, mais la situation littorale des usines du pays de Galles paraît devoir la fixer: le prix des minerais étrangers n’est pas plus élevé sur le marché de Swansea que celui des minerais indigènes à Redruth ou à Truro; de plus, les frais de transport pour la même teneur en cuivre, d’une tonne de minerais, s’élèvent en moyenne, pour le Cornouailles et le Devonshire, à 6 shellings environ, tandis qu’ils n’atteignent pas 1 shelling pour les minerais étrangers achetés au dépôt de Swansea.
- La variété des minerais traités dans les usines galloises ont apporté aux procédés employés dans ces usines une grande perfection. Enfin l’immense échelle sur laquelle elles sont établies est, en outre, la source d’une économie considérable dans leur application; on sait, en effet, que les frais de traitement des minerais métalliques se composent de deux éléments principaux : l’un, qui comprend les frais spéciaux de réactifs et de main-d’œuvre, croît à peu près comme la quantité de minerais traités; l’autre, qui a pour objet les frais généraux, à savoir la direction, la surveillance, l’administration, etc., reste à peu près constant, quelle que soit l’importancé des opérations de l’usine.
- Le traitement du cuivre proprement dit est le même dans tous les groupes métallurgiques de l’Europe. Il n’offre de différence réelle que lorsqu’il embrasse à la fois la séparation de l’argent, comme cela a lieu pour certains cuivres gris du Hartz ; mais ceux-ci doivent être considérés comme de véritables minerais d’argent, et les opérations auxquelles on les soumet sont en rapport avec la proportion du métal riche <pi’ils contiennent.
- La méthode galloise, arrivée, comme nous l’avons annoncé,
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- à un grand état de perfection , donne donc une idée générale du travail des minerais de cuivre. Les principes sur lesquels elle repose sont très-simples, bien que le travail soit cependant assez complexe par les opérations nombreuses qu’elle exige; mais ces opérations se groupent en deux, que l’on renouvelle successivement, sur des matières de plus en plus enrichies en cuivre.
- Les minerais de cuivre, quelle qu’en soit la nature, sont réunis dans un lit de fusion tenant une proportion de soufre, de cuivre et de fer assez considérable pour que la totalité du. cuivre se concentre dans un sulfure double désigné par les fondeurs sous le nom de matte. Ce sulfure, à raison de sa fluidité et de sa pesanteur spécifique, se sépare aisément, sous l’influence de la haute température où il se produit, des verres terreux qui l’accompagnent. Ceux-ci, connus sous le nom de scories, contiennent les éléments fixes du lit de fusion, et notamment les substances pierreuses qui accompagnent les minerais et qui en constituent les gangues.
- Par cette première opération, on sépare donc immédiatement les minerais en deux parties distinctes, les mattes et les scories; celles-ci sont rejetées. Les mattes, si la fonte a été bien conduite, doivent contenir tout le cuivre qui existait dans les minerais soumis à cette première opération : elles constituent un minerai enrichi par l’expulsion des gangues terreuses ; dans les mattes, le cuivre est combiné au soufre et à une proportion plus ou moins grande de sulfure ferreux. C’est, à bien dire, dans le traitement de cette matte que consiste celui des minerais de cuivre. La fusion qui précède, et qui n’a pas lieu pour les minerais où la gangue est pyriteuse, est analogue à la préparation mécanique des minerais de plomb ; son seul but est de les'enrichir.
- Le traitement de la matte comprend des séries de manipulations qui, dans quelques cas simples, se réduisent à deux opérations. La première est le grillage, où, sous l’influence de l’oxygène atmosphérique et d’une température élevée, on gazéifie la majeure partie du soufre contenu dans la matte, sous
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- forme cTacide sulfureux, en amenant à l’état de peroxyde le cuivre et le fer qui y étaient combinés.
- La seconde opération est une fonte, où, sous l’influence d’une très-haute température et à l’aide de certains agents réductifs et de la silice, on porte le cuivre à l’état métallique et l’oxyde de fer à l’état de silicate. Ces deux corps, également fluides, mais de pesanteurs spécifiques très-inégales, se séparent nettement l’un de l’autre par le repos de la matte; le silicate ferreux, ou scorie, beaucoup plus léger que le cuivre, se porte à la surface de celui-ci, et forme une couche que l’on fait écouler avec facilité.
- Le cuivre, ainsi obtenu au contact du silicate ferreux et cl’une certaine quantité de matte regénérée, retient ordinairement une proportion variable de fer et de soufre. Il constitue un produit particulier désigné sous le nom de enivre noir, lequel est impropre à la plupart des usages auxquels ce métal est ordinairement employé. On doit le soumettre à Y affinage pour le transformer en cuivre marchand. Dans cette dernière opération, la petite proportion de soufre, de fer et de silice mélangés au cuivre est séparée sous l’influence de la chaleur et de l’air atmosphérique, le soufre à l’état d’acide sulfureux et le fer sous la forme de silicate.
- Il résulte de cet exposé très-sommaire que le traitement des minerais de cuivre comprend quatre opérations fondamentales :
- i° La fonte où se produit la matte, et dans laquelle les matières terreuses se séparent sous forme de scories;
- 2° Le grillage de la matte;
- 3° La fonte de la matte grillée et la production du cuivre noir;
- 4° L’affinage du cuivre noir.
- Ce traitement, si simple dans son énoncé général, se complique avec la nature des minerais et les proportions des éléments qui entrent dans leur composition. Ce n’est que très-rarement que la troisième opération, la fonte de la matte grillée, donne immédiatement du cuivre noir; le plus ordi-
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- nairement elle produit une nouvelle matte plus riche en cuivre, mais où le fer et le cuivre sont encore en proportions trop considérables pour que la séparation du cuivre puisse avoir lieu : on est alors obligé de soumettre cette seconde matte à un grillage analogue à celui qui a fait l’objet de la seconde opération. Le produit de ce second grillage doit être de nouveau fondu, suivant la richesse de la matière, quelquefois même suivant la manière dont l’opération a été conduite. Cette seconde fusion de la matte grillée - donne du cuivre noir ou une troisième matte, qui devra être de nouveau grillée.
- C’est la succession plus ou moins réitérée des grillages et des fontes qui constitue la variation presque infinie des méthodes de traitement des minerais de cuivre. Mais elles sont toutes fondées sur les mêmes principes, et si elles présentent des variations apparentes quand on étudie des contrées métallurgiques différentes, elles résultent de la teneur en cuivre des minerais de chaque contrée et de la nature des gangues qui y sont mélangées.
- Si, par exemple, la gangue du minerai est essentiellement composée de pyrite de fer, comme dans le Cornouailles, on tenterait vainement de l’enrichir en le soumettant directement à la. première fonte. Par cette opération, les éléments du minerai se réuniraient en une matte qui aurait une composition presque identique à celle du minerai même. La première opération à laquelle on doit soumettre le minerai est, dans ce cas, le grillage, qui ne forme que la seconde dans l’exposé général qui» précède.
- La concentration du commerce des minerais de cuivre sur la place de Swansea est très-favorable aux usines du pays de Galles-, elles peuvent s’y approvisionner de minerais de compositions diverses, ce qui leur permet de composer leur lit de fusion d’une manière presque uniforme. Cette circonstance a donné naissance à une méthode unique dont les opérations, constamment les mêmes, sont exécutées avec soin par des ouvriers expérimentés. Elle a également permis d’adopter, pour
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- les fourneaux de grillage et de fusion, les dispositions les mieux appropriées à ces opérations; mais la méthode galloise rentre dans la formule générale que l’on vient d’indiquer : elle n’en diffère que par le nombre d’opérations, qui est de dix. Elles se succèdent dans l’ordre suivant :
- I. Calcination of the ore. Grillage des minerais sulfurés.
- IL Melting for coarse métal. Fonte des minerais pauvres et formation de la matte couleur bronze.
- III. Calcination of coarse métal. Grillage de la matte > bronze.
- IV. Melting for white métal. Fonte de la matte bronze grillée et production de la matte blanche.
- V. Melting for blue métal. Fabrication de la matte bleue.
- VI. Remelting of slags. Refonte des mattes avec scories riches,
- VII. Roasting of white métal. Rôtissage ou grillage de la matte blanche.
- VIII. Roasting for regale. Formation de la matte régule.
- IX. Roasting. Rôtissage de la matte régule et production de cuivre brut ou cuivre noir.
- X. Refining and ioughening. Raffinage du cuivre brut etpro-, cluction de cuivre malléable.
- Cet aperçu général sur le traitement des minerais de cuivre, et en particulier sur la méthode galloise, suffit pour faire apprécier l’état actuel de cette branche de la métallurgie. M. Le Play, ingénieur en chef des mines, a consacré un ouvrage très-important au traitement du cuivre en Angleterre1. Dans ce travail, publié en i848, l’auteur donne des détails circonstanciés sur toutes les manipulations; il décrit avec beaucoup de soin la théorie de chacune d’elles et les modi-
- 1 Des procédés métallurgiques employés dans le pays de Galles pour la fabrication du cuivre, et recherches sur l’état actuel et l’avenir probable de la production et du commerce de ce métal, par M. Le Play, ingénieur en chef des mines, professeur à l’École des mines.
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- fications successives que la pratique, éclairée par l’observation , y a successivement introduites.
- Aucun changement n’a été apporté au traitement des minerais de cuivre depuis la publication de l’ouvrage de M. Le Play ; les personnes qui voudraient connaître la métallurgie du cuivre avec quelques détails y trouveront tous les renseignements quelles pourront désirer.
- La préparation mécanique des minerais cuivreux est restée aussi presque stationnaire depuis cette époque. Je signalerai cependant une amélioration intéressante apportée par M. Richard Taylor à la préparation des minerais très-pauvres dits halvans. Je la décrirai d’après un très-joli modèle que j’ai vu à l’Exposition de Londres. Cette classe de minerais, après avoir été triée à la main, est soumise à deux cylindres broyeurs (crushingmill) qui diffèrent en quelques points de ceux généralement employés. Les minerais broyés sont alors classés par grosseur, dans des systèmes de cribles mus par un mouvement oscillatoire, puis lavés sur une table très-longue. Cette table est surmontée par une espèce de balai horizontal de peu d’épaisseur, mais de largeur égale à celle de la table. Ce balai, doué d’un mouvement de rotation, effleure légèrement la surface du minerai et déplace les parties fines qui s’y trouvent et qui lui sont étrangères. L’action de ce balai, réunie à celle de l’eau, complète l’épuration du minerai.
- M. Richard Taylor, qui est directeur des mines de cuivre de Tywarnhale, situées dans le Cornouailles et appartenant à Son Altesse Royale le prince de Galles, est parvenu par ce procédé à utiliser des minerais regardés jusqu’alors comme sans valeur. La disposition du système de cribles qu’il a adoptée est différente de celle généralement en usage; mais les dispositions réellement nouvelles de cette préparation mécanique consistent dans la longue table, sur laquelle s’opère une classification des minerais, ainsi que dans l’application du balai mobile à action continue.
- Le gisement des minerais de cuivre du Cornouailles a été décrit depuis longtemps, et je ne saurais rien ajouter à la
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- description que j’en ai donnée, de concert avec M. Élie de Beaumont1, il y a déjà vingt-cinq ans.
- Pour compléter ce que l’Exposition de Londres nous a fait connaître d’intéressant sur la travail et le gisement du cuivre, j’aurais à donner quelques détails que j’ai pu me procurer sur le gisement du cuivre en Australie et au lac Supérieur; ils seront mieux placés au paragraphe que je consacrerai à quelques gisements de minerais encore peu connus, et je les ajouterai à cette partie de mon rapport (voir pages i36 et suivantes).
- ÉTAIN.
- Le traitement des minerais d’étain est très-simple : on les fond, soit dans des fourneaux à manche, soit dans des fourneaux à réverbère, en les mettant en contact avec du charbon qui les désoxyde, et l’étain coule immédiatement. Le métal est pur, si les minerais qui le produisent, comme ceux d’alluvion, sont exempts de métaux étrangers. Il est impur lorsque ces minerais proviennent de filons qui contiennent des arséniures, du wolfram ou d’autres combinaisons métalliques ; ces minéraux ayant une grande analogie de pesanteur spécifique avec l’oxyde d’étain, on ne les en sépare qu’incomplétement par le lavage, et ils se réduisent avec l’étain. La difficulté réelle du traitement de Pétain consiste donc principalement dans la préparation à laquelle on soumet les minerais avant de les fondre.
- Cette partie du travail de l’étain est assez complexe : elle diffère essentiellement de la préparation des autres minerais métalliques, en ce sens qu’elle ne se compose pas uniquement d’opérations mécaniques, telles que le bocardage, le criblage et le lavage; on est obligé, dans quelques établissements, de recourir à des grillages pour décomposer les arséniures de fer; on sépare ensuite l’oxyde de fer produit par cette opération,
- 1 Voyage métallurgique en Angleterre, par MM. Dufrénoy et Elie (le Beaumont, page 65, année 1827.
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- au moyen d’un nouveau lavage; le wolfram résiste à ce grillage, et lorsqu’il existe avec une certaine abondance, il rend l’étain cassant.
- Séparation du wolfram et du minerai d’étain. M. Oxland Robert , de Plymouth, a inventé un procédé au moyen duquel il opère cette séparation d’une manière complète. Il consiste dans l’opération suivante :
- M. Robert commence par s’assurer, au moyen de l’analyse, de la proportion de wolfram que contient le minerai d’étain lavé et prêt à fondre ; il y mélange alors une quantité de sulfate de soude telle, qu’il y ait un excès de soude, relativement à la proportion de l’acide tungstique. Il ajoute ensuite de la poussière de charbon à ce mélange; elle a pour objet de décomposer l’acide sulfurique et de faire passer le sulfate de soude à l’état de sulfite. Le mélange est placé dans un fourneau à réverbère dont la sole est en fonte : on le soumet d’abord à une flamme chargée de gaz réducteur; puis, pour compléter l’opération, il est nécessaire de produire une flamme oxydante.
- Le sulfate de soude étant transformé en sulfite, le tungstate de fer se décompose et l’acide tungstique se combine à la soude : l’oxyde de fer est alors à l’état d’une poudre très-fine; on dissout le tungstate de soude et on sépare l’étain oxydé de l’oxyde de fer par le lavage.
- On évapore la dissolution de tungstate de soucie, puis on la fait cristalliser. Ce sel est vendu comme mordant pour la teinture; il remplace avec avantage'le stannate de soude. On peut aussi retirer l’acide tungstique.
- La valeur, dans les arts, soit de l’acide tungstique, soit du tungstate de soude, rend le procédé de M. Oxland Robert d’un emploi avantageux pour la préparation des minerais d’étain. Il résulte, en outre, des notes remises au Jury, et qui portent tous les caractères de l’exactitude, que des minerais cl’étain qui ne produisaient à la fonte que 42 livres d’étain en ont donné 56 après cette opération. Il y a donc eu une augmentation notable sur la valeur du minerai.
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- M. Oxland Robert a reçu une médaille pour la découverte et la mise en pratique de cet intéressant procédé.
- Je terminerai le peu de détails que j’ai donnés sur le cuivre et l’étain, en transcrivant des tableaux que M. de la Bêche m’a communiqués sur la production du cuivre et du minerai detain en Angleterre; les résultats que contiennent ces tableaux sont officiels. La vente des cuivres et du minerai d’étain a lieu sous la sanction du Gouvernement; l’administration dite Geological Survey, dont M. de la Bêche est le directeur général, préside à ces ventes.
- quantités de cuivre obtenues dans les usines du pays de galles pendant
- LES ANNÉES 1844 À l85o, AVEC LES MINERAIS ANGLAIS ET LES MINERAIS ÉTRANGERS QUI Y SONT TRAITÉS.
- ANNÉES. CUIVRES retirés des minerais anglais. VALEUR moyenne de ces cuivres. CUIVRES retirés des minerais étrangers. VALEUR moyenne de ces cuivres. TOTAUX du cuivre produit. VALEURS en livr. sterl. TOTALES en francs.
- tonn. ï. St. tonn. 1. st. tonn. -
- 1844.... 14,841 1,089,603 12,674 1,006,851 27,515 2,096,454 52,412,350
- 1845.... 14,939 1,028.535 10,876 798,528 25,815 1,828,063 45,701,575
- 1846.... 14,955 1,073,924 11,092 848,677 26,047 1,928,601 49,065,025
- 1847.... 13,785 965,661 9,040 690,038 22,825 1,655,699 41,387,475
- 1848.... 14,720 943,846 8,463 631,643 23,183 1,575,489 39,387,215
- 1849.... 13,543 813,030 9,021 605,219 22,653 1,418,250 35,456,250
- Totaux. 86,783 5,914,610 61,166 4,5S0,956 147,948 10,495,556 263,465,890
- PRODUIT DU MINERAI D’ÉTAIN DANS LE CORNOUAILLES PENDANT L’ANNEE l8dg.
- Minerai........ 1,794 tonnes 3*‘ 2* 191, valant 77,180 liv.
- sterl. 3 sh. 9 d. :
- Ou, en monnaie française, 1,929,504 fr. 69 cent.
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- III. PLOMB-, ARGENT; OR; ZINC; PLATINE; MERCURE
- ET AUTRES METAUX.
- Nous avons réuni dans ce paragraphe le travail des différents métaux autres que le fer, le cuivre et l’étain ; cette assimilation est naturelle pour le plomb et l’argent, dont les minerais, souvent associés dans les mêmes gisements, constituent quelquefois même un seul minerai, comme la galène argentifère. 11 aurait été préférable de consacrer à chacun des autres métaux un article à part; mais ils n’ont été représentés à Londres que par des échantillons isolés, et seulement par un ou deux exposants. J’ajouterai que les objets exposés ne se rattachent à aucun procédé nouveau, qu’ils ne font connaître aucune particularité relative à leur exploitation ou au traitement métallurgique par lequel on les obtient; nous ne pourrions donc donner, à l’égard de ces métaux, que des détails entièrement en dehors de l’Exposition.
- PLOMB.
- L’Angleterre a été 'a peu près la seule contrée pour laquelle cette partie deTindustrie minérale ait été représentée ; les mines de plomb du Devonshire, du Cumberland, du Westmoreland, du Derbyshire, du pays de Galles-, de l’Ecosse, de l’île de Man et même de l’Irlande y occupent une large place ; toutefois les exposants paraissent avoir eu pour but presque unique de faire connaître la richesse de leurs minerais : les échantillons magnifiques de filons qu’on y admirait étaient, en effet, rarement accompagnés de collections faisant connaître la préparation mécanique des minerais, et moins encore leur traitement métallurgique. Il est cependant une amélioration importante pour la condensation des vapeurs sulfureuses , appliquée dans les usines à plomb du duc de Buccleugh, que nous indiquerons bientôt.
- Pour un géologue, l’étude des échantillons de filons des minerais de plomb qui étaient exposés dans le Palais de Cristal
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- MINES, OPÉRATIONS MÉTALLURGIQUES, ETC. 81
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- est une des plus intéressantes; les dimensions gigantesques de plusieurs permettaient d’y remarquer la succession de veines de minéraux différents qui forment l’un des caractères essentiels des filons métalliques : les veines de même espèce, placées sur les parois du fdon, à droite et à gauche de son axe, révèlent la marche que la nature a suivie dans la formation des gîtes métallifères ; dans plusieurs autres, la position des cristaux appartenant tantôt aux espèces métalliques qui constituent le filon proprement dit, tantôt aux minéraux pierreux qui en forment les gangues, nous apprend que le phénomène du remplissage des filons a été long et successif, qu’il a présenté des intermittences, des successions de produits différents, et des retours des mêmes produits; dans quelques échantillons, le volume des cristaux et leur orientation, par rapport aux parois sur lesquelles ils sont déposés, dévoilent même les secrets de la cristallisation.
- Nous ne saurions, dans ce rapport, destiné à faire connaître spécialement les progrès de l’industrie minérale, donner la description de ces filons, quelque intérêt qu’ils présentent; jè ferai cependant une exception en faveur des échantillons qui pro-viennentdes mines de Laxey et deSnailbatch,prèsShrewsbury.
- L’échantillon des mines de Laxey, qui représente toute la puissance du filon, a environ om,8o d’épaisseur sur im,5o de longueur et om,y5 de hauteur. Cet échantillon offre cinq veines massives de galène [sulfure de plomb), parallèles entre elles: deux forment les parois du filon et l’une des trois autres en occupe le centre ; les veines extérieures sont recouvertes par de la chaux carbonatée ferrifère d’un gris jaunâtre, qui constitue des zones de om, 10 de puissance environ; les deux autres veines de galène sont séparées de la veine centrale par de la baryte sulfatée. Cet échantillon fait donc voir que la formation du filon a été le résultat de trois dépôts de galène, séparés par la formation de deux zones de gangues pierreuses de nature différente ; leur dépôt a eu lieu à des époques probablement éloignées l’une de l’autre.
- L’échantillon provenant des mines de Snailbatch est plus
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- curieux encore; il est composé cl’un assemblage de gros cubes de galène de om,o8 de côté et de cristaux rhomboédriques de chaux carbonatée violacée de om,24 de largeur, les uns et les autres placés parallèlement entre eux comme le sont les cases d’un damier. Les arêtes des cristaux de chaux carbonatée sont abattus par de larges facettes appartenant a un scalénoèdre très-obtus dont le signe cristallographique est b3. Ces facettes sont lisses et éclatantes. Les faces des rhomboèdres sont au contraire hérissées d’aspérités très-élevées, dues à des métastatiques ordinaires de la chaux carbonatée incolore; ceux-ci sont disposés selon leur orientation naturelle par rapport à l’axe du rhomboèdre, en sorte que les faces de toutes ces pointes sont parallèles entre elles.
- On remarquera que le fdon de Snailbatch, comme celui des mines de Laxey, doit avoir eu également trois phases successives de formation; mais dans le dernier, en outre, les lois qui président à la cristallisation n’ont éprouvé de modification ni par la longue période du remplissage du filon ni par les changements qui se sont opérés dans le dépôt, les faces de tous les cristaux étant placées les unes par rapport aux autres dans leur position cristallographique.
- L’échantillon des mines de Snailbatch ne représente qu’une partie de la puissance du filon : il a im,4o de longueur sur im,io de hauteur; son épaisseur varie de om,35 à ora,4o.
- Production du plomb en Angleterre. — Les mines de plomb sont répandues dans différents comtés de l’Angleterre : leur dispersion fait généralement supposer que cet Etat, si riche sous le rapport de la production du fer, du cuivre et de l’étain, est peu favorisé pour celle du plomb; du moins, on n’attribue aux mines de plomb de l’Angleterre qu’un rang bien inférieur à celui des mines de la Saxe, du Iiartz et de l'Espagne. Des documents officiels publiés par M. Robert Hunt, professeur à l’Ecole des mines de Londres et l’un des hommes les plus au courant de l’industrie minérale, montrent au contraire que l’Angleterre marche encore en tête de la production du plomb.
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- D’après ces documents, la production du plomb dans la Grande-Bretagne se répartit de la manière suivante entre ses
- principaux districts métallifères.
- Minerois. Plomb.
- Cornouailles et Devonshire............ 12,328* 7,945*
- Cumberland, Durham, Northumberland
- et Westmoreland....................... 29,803 20,85o
- Derbyshire, Shropshire et Sommerset-
- shire................................. 10,016 6,776
- Yorkshire................................. 7.906 15,596
- Pays de Galles........................... 19,711 13,389
- Irlande................................... 2,739 i,653
- Ecosse.................................... 1,421 957
- Ile de Man................................ 2,826 i,535
- 86,750 68,701
- J’ai mis en regard, dans cette énumération de la richesse en plomb de l’Angleterre, les quantités de minerais et les quantités de plomb qui en ont été retirées. Cette comparaison établit que, par la préparation mécanique, la teneur de l’ensemble des minerais de plomb de ces différentes mines est, en moyenne, de 67 p. 0/0; dans quelques mines, cette richesse est inférieure à 63 p. 0/0. En France, la teneur des minerais de plomb prêts à fondre est de 70 p. 0/0; cette différence dans les soins qu’on apporte au lavage des minerais tient à ce que, la houille étant en Angleterre à un très-bas prix, il y a avantage à économiser sur les frais de la préparation mécanique et à dépenser pour le traitement métallurgique une plus forte proportion de combustible.
- Les plombs que produisent ces différentes mines sont argentifères. On sépare l’argent du plomb par l’opération particulière désignée sous le nom de coupellation.
- Séparation de Vargent du plomb par cristallisation. On ne peut soumettre à la coupellation les plombs qui contiennent moins de 20 onces par tonne, ou 0,000625. Les dépenses diverses
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- qu’occasionne cette opération seraient supérieures à la quantité d’argent quelle produirait. M. Pattinson, de Newcastle, a, depuis plusieurs années, inventé un procédé au moyen duquel on peut enrichir les plombs d’œuvre dont la teneur est seulement de 5 onces et les soumettre plus tard à la coupellation : cette découverte est appliquée depuis dix ou quinze ans en Angleterre, en Ecosse, en Espagne et en France; elle a été introduite aussi dans ces dernières années en Prusse, où elle est mise en usage avec succès dans l’importante usine de Stolberg. La concentration d’argent qu’on opère par ce procédé a permis d’exploiter certaines mines de plomb considérées jusqu’alors comme improductives. Cette importante découverte a donc reçu la sanction de l’expérience; le Jury a accordé une grande médaille (council medal) à son auteur, M. Pattinson. Ce nouveau procédé d’affinage est fondé sur la propriété que les corps ont de se séparer les uns des autres par la cristallisation et de devenir, en quelque sorte, plus purs par son intervention. Il consiste à fondre dans une chaudière le plomb argentifère dit plomb d’œuvre; lorsque la fusion est complète, on amène la température à un point tel que la cristallisation du plomb se développe; on enlève, avec une espèce d’écumoire/les cristaux de plomb à mesure qu’ils se forment; l’argent se concentre alors dans une moindre quantité de plomb. On enrichit ce métal progressivement par des opérations successives, et on l’amène à une teneur telle qu’on puisse en séparer ensuite avec avantage l’argent par la coupellation.
- Le procédé de M. Pattinson porte le n° 4oo de la partie anglaise de l’Exposition ; il est représenté :
- i° Par un dessin de l’ensemble d’une usine où il est appliqué; on y voit sept chaudières contiguës, chauffées par le même foyer, et dans lesquelles le plomb est amené successivement à contenir î once i/4, 2 onces 1/2, 5 onces, 10 onces, 20 onces, 4o onces, et de 70 à 7b onces d’argent par tonne;
- 2° Un gâteau d’argent obtenu par la coupellation du plomb enrichi.
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- Condensation des vapeurs sulfureuses et métalliques. La métallurgie du plomb a également donné naissance à un procédé intéressant pour la condensation des vapeurs sulfureuses et plombifères, qui pourrait trouver son application dans des industries où il se dégage des vapeurs analogues. Il a été appliqué dans les usines de Wanlock, situées dans le comté de Dumfries, en Ecosse, et appartenant à M. le duc de Buccleugh. Ce procédé consiste dans un vaste condensateur divisé en plusieurs compartiments, dans lequel on produit une pluie artificielle abondante. Il est difficile de faire connaître la construction exacte de cet appareil sans le secours d’une figure; j’en indiquerai toutefois la disposition générale.
- Le condensateur des mines de Wanlock est construit à environ 100 mètres des fourneaux à plomb; il se compose d’un bâtiment en maçonnerie de forme rectangulaire, très-solide, d’environ 10 mètres de haut, et est divisé en deux chambres par un mur de refend : la première, désignée plus spécialement sous le nom de chambre de condensation (condensing chamber), reçoit directement les fumées des fourneaux à plomb par un large tuyau placé à l’extrémité de la sole opposée à la chauffe; la seconde, appelée chambre haute (exhausting chamber), communique à une cheminée très-élevée ayant la forme d’une tour.
- La chambre de condensation est elle-même divisée en deux compartiments distincts par deux cloisons verticales à jour, distantes seulement de ora,6o. Ces cloisons constituent, par leur ensemble, une espèce de tuyau plat de la largeur de la chambre, dans lequel tombe constamment de l’eau sous forme de pluie ; l’eau qui l’alimente est divisée par un filtre en charbon concassé placé à la partie supérieure de ce tuyau sur im,6o de hauteur. Quatre cloisons horizontales ou planchers divisent la chambre de condensation en cinq compartiments de chacun ini,6o de haut; le dernier correspond exactement à la couche de charbon, qui devient un filtre pour la fumée, comme nous avons indiqué qu’elle l’est pour l’eau. La fumee, a son entrée dans la chambre de condensation, est obligée,
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- pour gagner la chambre haute, de circuler en zigzag à travers les cinq compartiments et de traverser la couche de charbon. L’ouverture qui de la chambre haute conduit la fumée clans la cheminée est placée au bas de celle-ci, en sorte que la fumée doit parcourir toute la chambre haute avant de s’y rendre. Elle rencontre dans son trajet une pluie très-abondante qui balaye toutes les parties insolubles qui se sont déposées le long des parois de la chambre haute.
- Pour obtenir cette pluie d’une manière régulière et uniforme, on a pratiqué la disposition suivante au haut de cette chambre ; l’ouverture du condensateur par laquelle s’échappent la fumée et le gaz est fermée par un large couvercle en fer ayant douze rainures d’environ om,o3 de largeur, disposition qui lui donne l’apparence d’une grille. Sur ce couvercle est une coulisse portant des ouvertures de même grandeur; celle-ci peut glisser sur elle-même, de manière à fermer ou à démasquer les ouvertures du couvercle; un courant cl’eau amené sur le haut du condensateur se précipite alors par ses rainures et produit dans la chambre vide une abondante pluie.
- La pression atmosphérique agit à chaque mouvement de la coulisse avec une force analogue à celle d’un soufflet de haut fourneau et produit une action assez forte pour mélanger les vapeurs impures avec l’eau, de manière que la fumée se dégage dans l’atmosphère après avoir perdu ses propriétés délétères.
- L’eau provenant de ces chambres est conduite dans un réservoir, où elle dépose les parties plombeuses que la fumée avait entraînées. Celles-ci, composées en grande partie de sulfate et de carbonate de plomb, sont ajoutées aux autres produits plombifères de l’usine.
- ARGENT.
- Les travaux relatifs à l’exploitation et au traitement de ce métal n’étaient représentés à l’Exposition de Londres que d’une manière très-sommaire. On y remarquait principalement
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- des minerais de Kongsberg en Norwége, de Chanaveillo au Chili, quelques gâteaux d’argent provenant de la coupellation et des produits de l’affinage.
- Les échantillons d’argent de la mine de Kongsberg, presque tous cristallisés, étaient remarquables par le volume comme par la netteté des cristaux. Ils présentaient les trois variétés de formes les plus ordinaires du système régulier, savoir : le cube, l’octaèdre et le dodécaèdre rbomboïdal ; les cristaux cubiques avaient de 7 à 8 millimètres de côté.
- Un des échantillons d’argent natif du Chili pesait 75 kilogrammes; ses dimensions en feraient seules un objet d’histoire naturelle, mais il est surtout intéressant par sa structure : il est formé de zones successives repliées sur elles-mêmes à la manière des couches du terrain houiller; le centre en est occupé par du chlorure d’argent. •
- Les minerais d’argent appartiennent à deux catégories bien distinctes, les minerais d’argent proprement dits et les minerais argentifères. Les premiers sont principalement l’argent natif, l’argent chloruré, le chloro-bromure d’argent et l’argent sulfuré ; les minerais argentifères sont des minéraux divers enrichis par une proportion d’argent telle que ce métal leur donne sa principale valeur : les principaux sont le plomb sulfuré argentifère, la bournonite, sulfure triple de plomb, d’antimoine et de cuivre, le cuivre gris et le cuivre sulfuré.
- Ces derniers minerais d’argent sont exploités dans les différents groupes métallifères connus : ils forment en partie la richesse du Hartz et de la Saxe ; en Suède, en Russie, en Angleterre, en France, en Espagne, presque toutes les mines de plomb sont en même temps des mines d’argent. Les schistes cuivreux du Mansfeld, les mines de cuivre de l’Algérie, etc., fournissent une certaine proportion d’argent; l’existence de ce métal enrichit ces minerais et rend profitable et même possible l’exploitation de la plupart des mines que nous venons d’énumérer. Les minerais argentifères affectent donc le même gisement que la plupart des mines métalliques ; répandus avec une certaine abondance dans toutes les contrées à mines,
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- les minerais argentifères sont beaucoup plus fréquents que les minerais d’argent proprement dits; néanmoins, leur produit est faible relativement à la quantité totale d’argent fournie par les différentes mines du monde : elle n’en est que la sixième partie environ.
- A l’exception de la mine de Kongsberg, en Norwége, les mines d’argent de la première catégorie appartiennent presque toutes à l’Amérique méridionale ; on peut même ajouter qu’elles sont placées presque uniquement sur les pentes des Andes.
- Le tableau suivant établit la production des. deux catégories de mines que nous venons d’indiquer. Il montre en même temps la manière dont elle se répartit entre les différents districts métallifères :
- Production des mines d’argent pendant l’année i85i.
- Kilogr. Val. en francs.
- Kongsberg ,.... 1,323 293,706
- Etats-Unis 1,470 297,480
- Brésil 261 57,902
- Mexique 53o,4oo 1 17,748,800
- Nouvelle-Grenade 5,028 1,1 l6,2 l6
- Pérou 117,185 26,015,070
- Bolivie 42,i85 9,365,070
- Chili 34,783 7,721,826
- Totaux, 732,635 l62,6 16,070
- Argent obtenu des minerais argentifères dans l’année 1851.
- Kilogr. Val. en francs.
- Nord de l’Allemagne.... i6,i65 3,588,63o
- Saxe 20,947 4,65o,234
- Autriche 28,941 6,424,902
- France 1,874 416,028
- Piémont 869 192,918
- A reporter 68,796 15,272,712
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- MINES, OPERATIONS METALLURGIQUES, ETC. 89
- Kilogr. Val. en francs.
- Report 68,796 15,272,712
- Espagne 46,077 10,340,094
- Angleterre 16,688 3,704,736
- Russie 17,930 3,980,460
- 149,991 33,298,002
- Java, Bornéo, Sumatra, Malacca,
- etc 160,891 35,7 1 7,802
- Ne sachant pas si l’argent produit par les mines de Bornéo, Java, Sumatra, etc., est le résultat de l’exploitation de minerais argentifères ou de minerais d’argent proprement dits, nous avons dû le faire figurer à part dans ce tableau.
- Le gisement des minerais argentifères ne présente aucune particularité : il est le même que celui des mines de plomb; dans le plus grand nombre de localités, ces minerais forment des filons dans les terrains de transition. Tel est le gisement des mines de la Saxe, du Hartz, de celles des différentes provinces de l’Angleterre, où nous avons vu qu’elles sont aussi abondantes que nombreuses.
- Des filons cVargent. Les mines d’argent de l’Amérique méridionale se trouvent dans des circonstances géologiques différentes. Situées sur les pentes des Gordillières, leur ensemble forme une bande parallèle à cette chaîne, qui se dirige à peu près du N. O. au S. E. Les sommets de la chaîne des Cordillières appartiennent en grande partie aux roches volcaniques anciennes, que l’on désigne sous le nom de tra-chytes ; mais le terrain métallifère est compose de calcaires compactes gris, quelquefois assez fortement colorés, qui appartiennent, sur la plus grande partie de£ Cordillières, aux formations secondaires les plus modernes. Des g res quartzeux sont associés aux calcaires compactes.
- Les mines d’argent se trouvent toujours dans le terrain calcaire , et à l’exception de celles de Villalpando et de Bolanos, qui
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- sont exploitées dans une amygdaloïde, on ne connaît pas de fdons d’argent traversant les roches trachyliques. Toutefois il paraît exister une relation entre la formation des filons d’argent et celle des porphyres, car ce n’est que dans les lieux où les montagnes sont couronnées par ce genre de roches que fon trouve des filons métallifères avec quelque abondance.
- La gangue la plus générale des filons est le quartz; ce minéral étant dur et indestructible par les agents atmosphériques, les filons argentifères forment des veines saillantes ou des crêtes au-dessus du sol, désignées dans le pays parle nom de crestones; ces veines offrent une grande régularité dans leur direction ; absolument dépourvues de végétation, on les remarque même de loin, et il n’est pas rare de les voir se poursuivre pendant plusieurs lieues. Les mines en exploitation sont toutes le long de ces crestones, et leur existence motive constamment les travaux de recherche des mineurs.
- La plus grande partie des veines métallifères court entre le nord et l’ouest; on peut même affirmer que toutes celles qui ont fourni les plus grandes richesses se rapprochent beaucoup de la ligne nord ouest sud-est. Quant à l’inclinaison, elle est plus généralement vers le sud que vers le nord, et l’angle qu’elle fait avec l’horizon est rarement moindre que 45 degrés. Cette observation a été considérée comme assez générale pour que, dans les lois sur les mines, toutes les variations que, par suite des diverses inclinaisons des filons, on a jugé convenable d’introduire dans les points de départ des mesures de concession, soient calculées sur des angles de 45 à 90 degrés.
- La presque totalité des exploitations s’exécute sur des filons dont tous les caractères sont bien accusés ; quelquefois ils simulent des veines par la manière dont ils coupent les couches. On a souvent décrit le beau gisement d’argent de Guanaxuato, connu sous le nom de Ve ta Madré, comme une veine : sa direction et son inclinaison se concordent effectivement sur une grande longueur avec la direction et l’inclinaison de la couche de calcaire compacte qui lui sert de
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- matrice; mais M. de Humboldt a observé dans la masse métallifère des fragments angulaires du toit, ce qui Ta engagé à considérer cette belle veine, qui a sur quelques points plus de 60 mètres de largeur, comme un véritable filon. Plus tard M. Burkart a confirmé l’opinion de M. de Humboldt en annonçant qu’il avait vu la veine couper les strates de la roche encaissante. Nous ajouterons que le minerai d’argent de la Veta Madré est associé à du quartz, analogue par tous ses caractères à la gangue des autres filons du Mexique. Il n’est donc pas douteux que cette mine, si remarquable par la richesse de son minerai comme par son abondance, ne soit exploitée sur un gîte analogue à tous les autres, et que la formation de ce vaste filon ne soit due aux mêmes phénomènes qui ont présidé à l’enrichissement si remarquable de la chaîne des Cordillières.
- La puissance du filon de la Veta Madré est exceptionnelle. La Veta Grande de Zacatecas offre, cependant, un second exemple d’une richesse presque analogue : sa largeur à Santo-Acasio est de vingt-cinq mètres. Mais la puissance moyenne des filons argentifères des Cordillières varie depuis 2 mètres jusqu’à quelques décimètres seulement. Ces derniers, connus plus spécialement sous le nom de cintas, rubans, contiennent une grande quantité de minerai massif, et leur richesse extraordinaire en argent compense souvent la petitesse de leur puissance.
- Les salbandes des filons (nom que l’on donne aux parties contiguës à la roche encaissante) sont souvent fort riches en' argent. La roche encaissante est quelquefois même imprégnée d’argent.
- Les combinaisons d’argent qui forment la richesse des mines de l’Amérique méridionale sont, ainsi qu’on l’a-déjà annoncé, de l'argent natif, de l'argent sulfuré et de l'argent chloro-bromuré. On doit y ajouter une combinaison d’argent et de mercure, fréquente au Chili, que j’ai désignée sous le nom à'arquerite. Cette combinaison, dont tous les caractères sont analogues à ceux de l’argent métallique, avait été constamment con-
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- fondue avec l’argent natif jusqu’aux travaux intéressants que M. Domeyko a faits sur la géologie du Chili.
- Nous avons annoncé que les filons du Mexique présentent fréquemment des masses d’argent massif. Malgré leur beauté, ces masses ne forment que des échantillons isolés, et l’on jugerait bien mal de la richesse d’un filon en l’appréciant d’après ces morceaux exceptionnels. L’argent est ordinairement disséminé en grains indiscernables dans la roche même du filon : il en résulte que si l’on sépare et l’on fond à part le minerai massif, on extrait avec soin l’argent qui enrichit la masse du filon et qui n’atteint que rarement trois millièmes. Les essais les plus exacts donnent, pour la richesse moyenne des minerais d’argent du Mexique, 0,0020; elle s’élève pour le minerai de St0 Clemente, à Zacatecas, à o,oo45; elle descend dans la mine de Mellado, dépendante du district de Guanaxuato, à 0,0013. Au Fresnillo, l’une des mines qui fournissent la plus grande proportion d’argent, elle est de o,ooi5.
- Cette richesse est bien loin de celle que l’on attribue généralement aux mines de l’Amérique méridionale ; elle ne correspond pas à l’idée que donne la vue des échantillons comme celui du Chili, que nous avons décrit au commencement de cet article, qui pèse 75 kilogrammes. Pour les mines d’argent, comme nous l’avons déjà fait remarquer pour les mines de cuivre, c’est la richesse moyenne du minerai qu’il faut consulter, si l’on veut connaître les chances que présente toute exploitation de mine.
- Pour donner une idée assez complète des minerais d’argent de l’Amérique méridionale, il est nécessaire d’ajouter quelques mots sur celui de Corocoro, en Bolivie. L’argent, en presque totalité à l’état d’argent natif, est disséminé dans un grès siliceux à grains fins, composé de petits fragments de quartz hyalin mélangés à des parties blanches feldspathiques. D après les beaux échantillons recueillis par M. Weddell et déposés à la collection du Muséum d’histoire naturelle, l’argent parait disséminé dans ce minerai d’une manière assez homogène.
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- L’étude de ces échantillons ferait penser que l’argent a cristallisé dans ce grès au fur et à mesure de son dépôt. II est probable cependant que l’argent est postérieur au terrain de grès, comme il est postérieur au calcaire, et qu’il y a été introduit par une action électro-chimique.
- Traitement des minerais d’argent. Pour obtenir la faible quantité d’argent répandue dans la masse des filons, on réduit le minerai en poussière presque impalpable, soit par le moyen de meules, soit par l’action de pilons. On transforme ainsi le minerai en une poussière fine comparable à une farine grossière; on la soumet à l’amalgamation. Le mercure, par son affinité pour l’argent, s’empare de ce métal et produit un amalgame d’argent. Le mercure étant volatile, on expose l’amalgame à une température élevée, dans des vases analogues à une vaste cornue; le mercure se distille, et il reste dans l’appareil distillatoire l’argent que contenait le minerai.
- Nous ne croyons pas devoir parler des différents procédés d’amalgamation en usage, les uns pratiqués à froid, les autres exécutés à chaud; dans chacun d’eux on y introduit du sel marin et du magistral, mélange de sulfate de fer et de sulfate de cuivre, dont les proportions sont variables.
- L’addition de ces sels a pour but de faire passer à l’état d’argent métallique les minerais autres que l’argent natif; sans cette addition, ces minerais échapperaient à l’action du mercure, et on n’obtiendrait qu’une faible proportion de l’argent contenu dans le minerai. La nature du magistral, la bonne exécution de l’amalgamation, influent sur le rendement du minerai en argent, mais la perte la plus considérable résulte de la composition même des minerais; quelques-uns, difficilement et lentement attaquables par le magistral, ne sont qu’en partie transformés à l’état d argent métallique ; le métal riche qu’ils contiennent ne peut alors se combiner avec le mercure et reste dans le minerai.
- Un des faits les plus remarquables pour l’histoire de la métallurgie, c’est que le traitement des minerais d argent par l’amalgamation, introduit en Amérique en i5Ô7 par Bar-
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- tolomé Médina, mineur de Pachuca, n’a pas éprouvé de modifications importantes depuis cette époque. Il peut paraître étonnant que cet art ait été pratiqué pendant près de trois siècles sans que les progrès de la chimie n’y aient introduit de changements notables ; cependant le fait est certain. M. S^Clair-Duport, dans un ouvrage fort intéressant1 sur les mines du Mexique, annonce en effet qu’il résulte de documents conservés soigneusement dans l’hôpital de Jésus, fondé à Mexico par Cortez, que la perte de mercure relative à un marc d’argent obtenu alors est précisément la même qu’elle l’est actuellement.
- Ces documents, qui se rapportent à une période de travail comprise entre i5yo et i585, lui ont offert les chiffres suivants :
- Quint, de minerai. Marcs d’arg. obtenus. Livr. de mercure perdus.
- 237,000. 772 1/4. 58i.
- Ces nombres nous apprennent que la richesse du minerai était alors de o,ooi63 et que la perte du mercure correspondait à 12 onces par marc d’argent obtenu. Nous rappellerons que les essais que nous avons cités donnent, pour la richesse moyenne des minerais du Mexique, 0,018. Quant à la perte en mercure, M. Duport annonce qu’il a constaté les résultats suivants à la Hacienda Nueva de la compagnie Fresnillo, dans l’état de Zacatecas; la perte en mercure pour un marc d’argent a été en :
- onces.
- L84o................................ 14 1/16
- 1841 .............................. 11 4/6
- 1842 .............................. 12 5/16
- En moyenne........................... 12 12/16
- Ces nombres sont presque identiques avec ceux de lôyo,
- Cette observation singulière se reproduit pour le traitement
- De la production des métaux précieux au Mexique, par M. S^Cfair-Duport, i843, p. 120. r
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- de plusieurs autres métaux, et notamment pour celui des minerais de plomb argentifère dans les fourneaux de fusion. Les masses considérables de résidus métallurgiques que l’on trouve accumulés sur plusieurs points de la France, ceux qui existent en si grande abondance sur la côte orientale de l’Espagne, démontrent avec la plus grande évidence que les premières exploitations de plomb et d’argent y étaient conduites exactement d’après les mêmes principes qui sont encore aujourd’hui en usage. Les Phéniciens, lorsqu’ils abordèrent en Espagne, onze siècles avant Père actuelle, trouvèrent déjà le travail de l’argent dans un état prospère. Cependant plusieurs des opérations que nécessite la production de ce métal sont très-complexes et très-délicates. Cet état de la métallurgie à des époques déjà reculées de nous nous montre que la plupart des principes fondamentaux qui servent de base à la production des métaux étaient découverts et régulièrement appliqués aux besoins de l’homme, avant que les principes généraux des sciences physiques et chimiques fussent même connus.
- Ces faits établissent une grande différence entre la métallurgie et les autres sciences, et l’on commet une grave erreur quand on considère le traitement des métaux comme de la chimie pratiquée en grand. Les procédés de la métallurgie et de la chimie expérimentale ne se distinguent pas seulement par l’échelle des opérations, mais ils s’appuient sur d’autres principes et leurs moyens d’action sont également différents.
- Malgré la similitude de produits que nous venons d’indiquer pour le traitement de l’argent dans l’Amérique méridionale , à des époques très-éloignées, nous espérons que la métallurgie n’a pas dit son dernier mot. Les résidus sortant des ateliers d’amalgamation, et qui contiennent encore i5 à 20 p. 0/0 de l’argent qui existait dans les minerais, doivent pouvoir être appauvris; la perte en mercure, que nous avons vue être presque égale à la quantité d’argent obtenue, doit être susceptible d’une grande diminution. Il y a donc tout lieu d’espérer qu’on introduira incessamment des améliorations
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- clans le traitement des minerais d’argent, qui diminueront les frais qu’il occasionne. Mais ce qui doit surtout permettre cl’é-lever considérablement la production de l’argent dans l’Amérique méridionale, ce sont les changements à introduire dans l’exploitation.
- De V exploitation. Les travaux de mines, au Mexique, s’exécutent sur une échelle fort réduite; on les conduit presque uniquement sur le minerai, sans chercher à étendre le champ d’exploitation. L’intermittence de richesse, si fréquente dans les filons, fait souvent abandonner un travail au moment même où il deviendrait productif. Aussi, bien souvent, est-ce le hasard qui sert le mineur mexicain. On en a une preuve clans la fameuse masse de Sombrezète, dite Bonanza, qui fut découverte par une erreur de nivellement clans la direction d’une galerie destinée à reconnaître le massif existant entre les filons de Pavilla et de Yeta Madré. Construite d’après les règles de l’art, cette galerie eût passé à quelques pieds au-dessus de l’endroit où le filon a commencé à contenir cette masse d’argent qui, en peu de mois, a donné un bénéfice net de plusieurs millions de piastres.
- Outre ce défaut de recherches et ces travaux faits au hasard, qui nuisent tant à la prospérité des mines, on a négligé presque tous les gîtes secondaires pour les filons de grandes dimensions. Cependant les premiers sont en nombre considérable , et s’il arrive en Amérique ce qui s’est produit en Europe, depuis que les recherches ont embrassé à la fois les gîtes irréguliers et les gîtes réguliers, on peut assurer que les gisements travaillés depuis trois siècles ne présentent qu’une faible richesse comparée à ceux qui restent à explorer. M. de Humboldt, frappé de la beauté des filons de Tasco, cle Réal del Monte, cle Guanaxuato, et des nombreux filons qu’on négligeait pour se livrer exclusivement à l’exploitation de ceux-ci, disait, il y a cinquante ans, que la Nouvelle-Espagne possédait assez d’argent pour en inonder le monde.
- Les explorations nombreuses qui ont été faites vers 1825, époque où tant de compagnies se sont formées, pour exploiter
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- les mines d’argent de l’Amérique méridionale, ont confirmé les prévisions de M. de Humboldt. Il est certain qu’on pourrait par des exploitations mieux entendues augmenter considérablement la production de l’argent et rétablir l’équilibre, détruit dans ce moment, entre les proportions d’or et d’argent qui forment le capital monétaire du monde civilisé; mais la production de l’argent ne peut être développée d’une manière notable qu’en changeant le mode et les procédés d’exploitation adoptés dans la plupart des mines du Mexique.
- Le minerai y est encore transporté des chantiers aux points d’extraction à dos d’homme. Les galeries qui y conduisent, tracées sans régularité, offrent souvent des pentes fort roides et des distances très-longues à parcourir; l’aérage, inhabi-lement ménagé, ne rafraîchit pas l’air, dont la température atteint quelquefois 36 degrés centigrades. Le minerai et les eaux sont élevés au jour par des chevaux qui font tourner des tambours sur lesquels s’enroulent et se déroulent les cordes auxquelles la charge est suspendue : le minerai, dans des sacs de toile d’agavé, et les eaux, dans des outres de cuir de bœuf. Ces machines, appelées malacaies, sont mues par deux, quatre et jusqu’à neuf chevaux à la fois, suivant le volume des outres et la contenance' des sacs. Ces chevaux sont tenus presque continuellement au galop, au moins ceux qui ont le plus grand cercle à parcourir.
- On comprend qu’avec des procédés si imparfaits l’exploitation des mines d’argent soit très-onéreuse en Amérique, et qu’on ne puisse lui donner une grande extension. Ces imperfections ont frappé toutes les personnes qui ont visité l’Amérique : elles ont désiré y transporter les procédés du Cornouailles, où des machines à vapeur de 700 à 800 chevaux de puissance élèvent des masses d’eau aussi considérables que celles de certaines rivières; mais la disposition des lieux ' et la nature du climat se sont jusqu’à présent opposées à la réalisation de la plupart de ces projets. Le défaut de routes a opposé un obstacle alors insurmontable au transport de machines d’une forte puissance ; le manque de bois n’aurait pas permis de les
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- alimenter, quand même elles auraient pu être conduites à leur destination. Le plus grand nombre des compagnies qui se sont formées en 1825 pour l’exploitation des mines d’argent de l’Amérique méridionale ne s’étaient pas rendu compte de ces difficultés. Elles ont dû abandonner sur les côtes les machines qu’elles avaient envoyées d’Europe, et le découragement a bientôt succédé à l’enthousiasme qui avait présidé à la formation de ces entreprises.
- La compagnie du Fresnillo était, en i84o, la seule qui eût vaincu ces difficultés : elle a dû sa réussite précisément à la faible échelle des moyens quelle avait employés; les appareils qu’elle avait fait construire en Angleterre, tous de petites dimensions, purent être transportés du golfe du Mexique sur les mines, malgré l’absence de routes régulières. Une machine à vapeur de 3o chevaux, qu’elle parvint à monter, lui permit de rentrer dans des travaux depuis longtemps envahis par les eaux. Après quelques mois, elle avait retrouvé un champ vierge, à peine à 100 mètres de profondeur, dont l’exploitation 11e tarda pas à lui donner des bénéfices considérables. Le succès obtenu par la société du Fresnillo a engagé les propriétaires des mines de Plateros, situées également dans le district de Zacatecas, à se servir du même moyen d’épuisement. Us parvinrent facilement, par l’intermédiaire d’une machine à vapeur de 25 chevaux, à maîtriser les eaux, dont l’abondance avait fait abandonner l’exploitation de cette belle mine ; à partir de 1842, elle a retrouvé son ancienne prospérité.
- Ces deux exemples ne laissent aucun doute sur l’avantage qu’il y aurait à appliquer l’emploi de la vapeur à l’exploitation des mines du Mexique; on doublerait facilement les produits des mines de Zacatecas et de Guanaxuato si l’on pouvait en porter l’exploitation dans la profondeur, et peut-être même seulement par la reprise de parties abandonnées. Toutefois, si 1 avenir des mines du Mexique nous permet d’espérer que l’on pourra développer la production de l’argent de manière à conserver a ce métal son importance monétaire, cet avenir est encore éloigné. Les mines du Fresnillo et de Plateros sont,
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- d’après M. Saint-Clair-Duport1, à qui nous empruntons en partie ces détails, dans une position spéciale. Elles trouvent du combustible dans des forêts de chênes verts situées à une petite distance de leurs exploitations; mais ces forêts, peu abondantes, seraient bientôt épuisées, si de nouvelles mines venaient à adopter l’usage des machines à vapeur. La petite distance à laquelle elles sont du golfe du Mexique a été aussi pour ces mines une circonstance favorable que ne possèdent pas les mines de Guanaxuato, situées sur la pente des Cor-dillières qui regarde le Grand-Océan. Un laps de temps peut-être assez long s’écoulera avant que nos prévisions ne se réalisent; mais les difficultés que nous venons de signaler ne sont pas insurmontables : plusieurs seront aplanies par le temps. Car nul doute que la civilisation, qui se développe chaque jour au Mexique, n’amène l’ouverture de nouvelles voies de communication, et le golfe du Mexique sera certainement relié au Grand-Océan par des routes facilement praticables. Quant au manque de combustible, difficulté, à notre avis, la plus sérieuse, pour asseoir sur une grande échelle l’exploitation des mines d’argent de cette partie de l’Amérique, elle peut être vaincue par des dépôts de charbon qui serviraient à la fois à l’approvisionnement des mines et aux exigences de la navigation. L’ouverture de l’isthme de Panama, due aux richesses de la Californie, pourra hâter le moment où les houilles de l’Europe deviendront un auxiliaire des exploitations du Mexique. Ce serait, du reste, un résultat curieux de la marche progressive de la civilisation que de voir les mines d’or de la Californie devenir la cause du développement des mines d’argent du Mexique. Leur découverte, qui un instant avait fait craindre pour le système monétaire de l’Europe, aurait alors pour effet de doter le monde de produits nouveaux, tout en conservant l’équilibre entre les deux métaux qui en représentent la richesse. ,
- 1 De la production des métaux précieux au Mexique, par M. Saint-Clair-Duport, i843,p.387.
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- Comme l’or et l’argent se font concurrence et se remplacent alternativement dans les divers usages auxquels on les emploie, une grande agglomération de l’un de ces deux métaux doit nécessairement avoir un double effet, savoir: de changer le rapport entre l’or et l’argent et de modifier leur valeur relative par rapport aux autres objets. L’expérience des temps passés a constaté ces importants résultats. La découverte des riches mines du Potosi a amené, dans la seconde moitié du xvi8 siècle, la baisse de l’argent relativement à l’or, et en même temps une haussé sensible dans le prix de tous les objets de consommation. La découverte des richesses de la Californie et de l’Australie, en versant en Europe des masses considérables d’or, produira-t-elle un résultat analogue? exercera-t-elle une influence sur notre système monétaire? La prime accordée à l’or passera-t-elle du côté de l’argent, bien que ces deux métaux aient en France le privilège d’être considérés comme monnaies légales? Ces questions, quelque intéressantes qu’elles soient, me paraissent trop en dehors du cadre de ce rapport pour que j’essaye de les étudier. Elles ont du reste été traitées avec un grand talent, quoique sous des points de vue différents, par M. Léon Faucher1 et par M. Michel Chevalier2, et je ne saurais rien ajouter à ce que ces deux savants économistes ont écrit à ce sujet; mais peut-être pourrai-je fournir quelques faits plus précis sur la production des métaux précieux. Avant de les indiquer, je donnerai sur les mines d’or des détails analogues à ceux que j’ai fait connaître sur le gisement et l’exploitation des minerais d’argent.
- OR.
- Des minerais d'or. Ce métal se trouve, de même que l’argent, associé à différents minerais, et, malgré la faiblepropor-
- 1 Sur la production et la démonétisation de l'or, Revue des deux Mondes, livraison du 15 août 1853.
- 2 Cours d'économie politique, 3 vol.
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- tion qu’ils en contiennent, comme ils lui doivent souvent la plus grande partie de leur valeur, on les considère comme des minerais d'or : telles sont les pyrites aurifères et les différentes combinaisons naturelles de tellure. L’argent est fréquemment, en outre, enrichi par une certaine proportion d’or. Les minerais d’argent du Mexique en fournissent un exemple remarquable : l’or1 * * 4 qu’on en retire par l’inquartation forme plus de la moitié de la valeur du produit de ces mines; toutefois, malgré cette richesse, l’or obtenu de ces minerais n’est qu’une fai ble proportion de celui qui, chaque année, vient augmenter la richesse métallique. La plus grande partie est fournie par l’or natif, et l’on peut dire que c’est en réalité le seul minerai d’or. Ce métal s’y présente avec sa belle couleur, et comme il ne contient que peu d’alliage, les caractères de l’or natif sont les mêmes que ceux de l’or ordinaire du commerce; il est d’un beau jaune, malléable, inattaquable parles acides.
- Dans son gisement originaire, l’or natif fait partie de fdons de quartz blanc laiteux. C’est, en effet, associées à des gangues quartzeuses qu’existent les mines d’or au Mexique, au Pérou. Le filon de la Gardette, dans le département de l’Isère, est un filon de quartz blanc dans lequel se trouvent disséminés des cristaux ou de petites masses d’or natif. C’est également le quartz qui forme dans l’Altaï, la Californie et l’Australie, la gangue ordinaire des minerais d’or. Il existe cependant quelques exceptions à cette règle générale : au Brésil, les mines de Gongo-Soco sont exploitées sur un schiste bleu satiné,
- 1 M. Saint-Clair-Duport annonce que dans l’usine de Mariquita, appartenant à la compagnie de Zorillo, l’une de celles qui exploitent le filon de Guanaxuato, 4,44g cargos de minerai, pesant chacun 3o6 livres, ont fourni 7,36o marcs d’argent et 274 marcs d’or.
- D’après ces nombres, les proportions d’argent et d’or contenues dans ce minerai seraient de 0,00274 d’argent, 0,00010 d’or, ce qui établirait que pourune-valeur de 6,082 fr. 80 cent, en argent, le minerai de la compagnie de Zorillo fournirait 3,444 francs en or.
- M. Duport ajoute qu’en moyenne la richesse peut être évaluée pour l’argent à 0,0027 du minerai et en or à o,oooo5, ce qui correspondrait à
- 4 fr. 88 cent, en argent pour 1 fr. 73 cent, en or. (Page 322.)
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- dans lequel l’or forme des veines parallèles au sens des feuillets du schiste. Ce gisement, en apparence très-différent de l’or en filons, s’y rattache cependant. Le terrain de Gongo-Soco, qui appartient aux terrains de transition, a été postérieurement modifié par le soulèvement de la chaîne granitique de Las Aimas et l’enrichissement des schistes a eu lieu en même temps que leur métamorphisme.
- L’or natif ayant les mêmes propriétés et pouvant servir aux mêmes usages que l’or du commerce, il en résulte que l’extraction de l’or de ces minerais n’exige aucune opération métallurgique; il suffit de le séparer de la gangue qu’il contient, et il pourrait être immédiatement mis dans le commerce. Toutefois, cette séparation est souvent fort coûteuse; l’or étant disséminé dans le quartz, il faut, pour pouvoir l’en séparer:
- i° Réduire le minerai en poussière très-fine;
- 2° Isoler l’or en lavant cette poussière sür une table ou même dans une augette. La pesanteur spécifique du quartz étant de 2,6 et celle de l’or 19, c’est-à-dire près de huit fois plus forte, le quartz est immédiatement entraîné par le filet d’eau qui sert au lavage; l’or se dépose sur la table ou reste dans le fond de l’augette; avec quelque soin et un peu d’habitude, on sépare ainsi complètement la poussière de quartz de l’or, et on ne perd aucune partie de ce métal.
- Or d’allavion. Dans les filons et dans les autres gisements originaires,l’or est généralement disséminé d’une manière fort-irrégulière et en très-petite quantité; leur exploitation est, comme on vient de l’indiquer, fort coûteuse, par suite de la grande masse de quartz à pulvériser, ainsi que de la dureté considérable particulière à ce minéral. Les filons de quartz, bien qu’ils forment le gisement réel de l’or, ne sont exploités que dans quelques localités. La très-grande partie de l’or produite chaque année est fournie par les mines d’alluvion, désignées sous le nom de lavages d’or. Ces dépôts sablonneux d’où on 1 extrait sont le résultat des révolutions successives auxquelles la terre a été en proie depuis la formation des filons d’or. Ces
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- révolutions, qui ont démantelé les montagnes, ont détruit les filons qui y existaient; leurs fragments, transportés au loin par les courants d’eau qui ont toujours accompagné ces révolutions de la terre, ont été réduits en sables par le frottement qu’ils ont éprouvé. Ces sables, entraînés ensuite par ces mêmes courants d’eau, que l’on a comparés à ceux résultant du déluge, se sont déposés dans les vallées que surmontaient les montagnes aurifères. Ils ont produit des alluvions analogues à celles qui se forment encore de nos jours; mais, pour rappeler leur ancienneté et les phénomènes généraux qui ont présidé à leur formation, on les a distingués des alluvions ordinaires par le nom de diluvium. L’or arraché des filons s’est concentré dans ces alluvions anciennes ; il s’y est même déposé, par suite de sa pesanteur spécifique, dans leur partie la plus rapprochée des montagnes, ou autrement dit dans la ^partie supérieure des vallées. Il résulte de ces phénomènes que la nature s’est chargée de l’opération la plus difficile dans l’extraction de l’or de ses minerais, celle qui consiste dans ; la trituration des roches ; on peut même dire qu’elle a également exécuté en partie le lavage de la poussière aurifère, puisque les paillettes d’or, entraînées par l’eau en même temps que les grains quartzeux, se sont précipitées les premières, en sorte qu’elles sont principalement concentrées à la base des alluvions. Il résulte de cette disposition que lorsqu’on entreprend le lavage de l’or dans une vallée, on essaye la richesse successive des couches d’alluvions, afin de déterminer l’épaisseur des couches de sables qui seraient improductives; on enlève ces couches de sables, et on ne soumet au lavage que les parties inférieures de l’alluvion, qui doivent, par la proportion d’or qu’elles contiennent, dédommager les ouvriers de leurs travaux et leur donner un certain bénéfice.
- La plus grande partie de l’or de lavage est donc en grains lins ou en paillettes, ce qui fait désigner souvent sous le nom de poudre d’or l’or de lavage. Quelquefois il se trouve au milieu [de l’alluvion des fragments d’or dun certain volume.
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- Ces fragments, connus sous le nom de pépites, enrichissent l’alluvion et peuvent, dans quelques cas, faire la fortune de ceux qui les trouvent; mais leur rencontre est toujours accidentelle , et ils ne modifient que très-faiblement le produit moyen d’une vallée aurifère. Ces pépites sont plus nombreuses à la partie supérieure des vallées que vers le bas, ce qui tient à ce que les gros fragments, ayant un poids considérable, n’ont pu être transportés au loin par les courants d’eau qui ont formé les alluvions. Les pépites les plus grosses sont souvent encore adhérentes au quartz qui leur servait de matrice. La réunion de l’or et du quartz qu’elles présentent établit l’identité entre l’or d’alluvion et celui en filon; elle en fait connaître aussi l’origine.
- Lorsque les fragments de filons se trouvent avec quelque abondance, comme dans la vallée de la Mariposa en Californie et dans certaines parties de l’Australie, notamment dans les environs deBingora, on les soumet au bocardage, comme le minerai de filons. Il nous paraît qu’on a fréquemment confondu l’exploitation de ces fragments de quartz aurifère avec les filons de quartz, sous le nom de mine d’or dans le quartz. La richesse considérable que j’ai vu indiquer pour quelques-unes des mines d’or dans le quartz exploitées en Californie et dans l’Australie me fait penser que plusieurs d’entre elles sont ouvertes sur des fragments de filons triés par les phénomènes diluviens. L’exploitation des filons d’or à gangue de quartz du Brésil, du Mexique, du Pérou, et de plusieurs localités de l’Europe a toujours été très-peu productive.
- L’or de lavage est le plus anciennement exploité. L’Afrique fournissait de la poudre d’or à l’Egypte sous ses anciens rois, et ce n’est que dans les temps modernes qu’on a découvert le petit nombre de filons aurifères aujourd’hui exploités.
- La courte description que nous avons donnée des alluvions aurifères suffit pour faire apprécier ce genre de gisement et le phénomène qui l’a produit. Toutefois, l’attention publique s étant portée depuis quelques années avec un grand intérêt sur les mines d’or, nous pensons devoir ajouter quelques dé-
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- tails sur les trois groupes de mines d’or les plus importants, celles de la Russie, de la Californie et de l’Australie.
- Lavages d'or de la Bussie. Ils sont groupés en deux districts particuliers : l’un appartient à la chaîne de l’Oural et l’autre aux montagnes de. l’Altaï. Dans l’Oural, la région des sables aurifères est située sur le versant d’Asie et s’étend entre les rivières d’Atléan, Miass et Ouï, sur une longueur de 5o kilomètres environ. Les alluvions les plus productives se rencontrent au nord de la chaîne, près de la rivière Soudokhoïka, se prolongent des deux côtés des montagnes et viennent finir non loin de la rivière Ouï.
- La richesse des sables qu’on exploite est très-variable : on peut cependant évaluer la moyenne du rendement des sables aurifères de cette partie de la Russie à 0,000 oo4 ou 4 kilogrammes d’or pour un million de kilogrammes de sable. Cette richesse s’élève quelquefois jusqu’à 0,000 2Ô; mais elle descend dans plusieurs lavages à 0,000 002 6.
- Les monts Altaï présentent quatre groupes de districts de lavages d’or; ils se rattachent aux quatre grands fleuves qui prennent leur source dans ces groupes de montagnes, savoir :
- L’Amma, qui appartient à la Tartarie indépendante et qui se jette dans la mer d’Arai, après avoir reçu un grand nombre d’affluents;
- Le Tomsk, qui se réunit à l’Obi et forme avec cette rivière une grande fourche dans laquelle se trouvent les lacs Tchani;
- L’Yénissé, qui se jette dans l’Océan Glacial un peu à l’est de Volgino ;
- La Léna.
- Les lavages qui se rattachent aux vallées aurifères de l’Yé-nisséi et de la Léna sont les plus importants par leur richesse et par leur étendue. Les chiffres suivants1, que nous
- 1 Les chiffres donnés dans les documents officiels sont, en mesures russes :
- 1,212 pounds 11 livres 77 zolotnick 28 doli d’or par 145,573,710 pounds
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- empruntons aux documents officiels du Gouvernement russe, établissent leur richesse moyenne à environ 0,000 oo5.
- 102 lavages de l’arrondissement d’Yénisséi ont donné dans l’année 1847, l’une des plus favorables pour la production de l’or, 24,246 kilogrammes d’or pour 2,911,474,200 kilogrammes de sable aurifère.
- 96 lavages appartenant à d’autres arrondissements du même groupe ont produit 3,646 kilogrammes d’or pour une quantité de i,647,63i,o4o kilogrammes de sables lavés.
- Ces quantités d’or obtenues représentent, dans le premier cas, un rendement de 0,000 008 32, et dans le second, de 0,000 002 21. Ce dernier se rapproche de la limite où les sables aurifères sont exploitables avec bénéfice : dans ce dernier cas, le produit en or est de 2 kilog. 21 pour un million de kilogrammes de sable.
- On prend un aperçu de la dépense que nécessite l’exploi- J tation de ces sables en remarquant qu’un mètre cube de sable pèse environ 1,800 kilogrammes, et que, par suite, un million de kilogrammes de sable correspond à 555 mètres cubes; il faut donc, après avoir enlevé les couches supérieures de l’al-luvion qui sont improductives, transporter aux ateliers de lavage 555 tombereaux de sable au moins, qui doivent être lavés, pour obtenir 2 kilog. 21 d’or en poudre.
- Ces nombres permettent aussi de se faire une idée de la dépense considérable nécessaire pour l’exploitation des mines d’or en filons; il faut en effet, pour séparer l’or de sa gangue, que le minerai soit réduit en poussière fine, afin qu’on puisse en isoler les parties métalliques par le lavage.
- Il est inutile de faire observer que, suivant le prix de la main-d’œuvre, on peut exploiter dans certaines contrées des sables qui seraient sans aucune valeur clans d’autres.
- Mines d’or de la Californie. Le bassin aurifère de la Calî-
- de sable aurifère, et 182 p.ounds i3 livres 25 zolotnick et 76 doli sur 82 millions 38i,552 pounds de sable.
- 1 pound == ko livres; 1 livre = 96 zolotnick; x zolotnick = 96 doli = 4ogr.
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- forme s’étend des montagnes Neigeuses (Sierra-Nevada), à l’est, jusqu’à la mer, qui le termine à l’ouest : il comprend toute la vallée du Sacramento, qui prend naissance dans les montagnes Rocheuses et se jette dans l’Océan au port de San-Francisco; le San-Joaquin, qui se réunit au Sacramento vers lev38e de-^ gré et qui longe les monts Californiens, complète ce vaste bassin aurifère. Les montagnes qui délimitent cette vallée et l’encaissent de tous côtés présentent des roches anciennes à leur base, surmontées d’un calcaire compacte assez moderne et couronnées sur beaucoup de points par des terrains trachytiques; les filons d’or qui, par leur destruction, ont produit l’alluvion si riche de la Californie existent près de la limite des roches anciennes et des calcaires que nous venons d’indiquer. Us sont à gangue de quartz; plusieurs d’entre eux paraissent avoir déjà été l’objet de travaux d’exploitation.
- Toutes les petites vallées qui se réunissent au Sacramento sont aurifères : les exploitations ou, suivant l’expression du pays, les placers les plus riches sont dans la rivière Américaine, la vallée de l’Ours [Bear-river], la vallée d’Yuba, celles de la Plume et des Trois-Buttes.
- Les placers de San-Joaquin sont moins riches que ceux qui se groupent autour de la vallée du Sacramento; cependant il y en a quelques-uns de très-importants dans la vallée de la Mariposa, l’un des affluents du San-Joaquin.
- Les alluvions aurifères de la Californie offrent, suivant les vallées dans lesquelles on les observe et les hauteurs où elles sont placées, des caractères différents. Les différences sont assez prononcées pour que M. John Traskj qui a présenté très-récemment au Gouvernement américain un rapport sur l’exploitation et la situation des mines d’or de la Californie , ait cru pouvoir rapporter ces alluvions à des époques distinctes. Suivant ce géologue, les unes seraient plus anciennes que certains tertiaires du Vermont décrits par M. le professeur Highcock; les autres seraient à peu près contemporaines de ces terrains. Peut-être les différences signalées par M. Trask correspondraient-elles aux phénomènes des terrasses
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- qu’offrent en France les terrains d’alluvions anciennes des vallées des Pyrénées plutôt qu’à une différence d’âge. Ces terrasses ont bien entre elles des anciennetés relatives, mais elles correspondent à un phénomène unique qui, bien qu’ayant eu des phases successives, caractérisent l’époque diluvienne.
- Cette remarque ne serait pas toutefois contraire-à l’existence d’alluvions d’époques différentes ; on en connaît des exemples en Auvergne. Une observation semble indiquer qu’il en est de même en Californie; elle consiste en ce que les fragments volcaniques que l’on trouve assez fréquemment dans les allu-vions aurifères ne se rencontrent jamais qu’à la surface, ce qui indiquerait effectivement deux époques alluviales distinctes : l’une, faite aux dépens des terrains anciens contenant les filons d’or, serait antérieure aux roches volcaniques qui surmontent la vallée du Sacramento; l’autre serait postérieure à l’éruption de ces roches. La séparation de ces deux époques alluviales serait, d’après M. Trask, très-marquée à Minesota1. Le terrain d’alluvion y offre une assez grande épaisseur. Des débris de roches et de tufs volcaniques recouvrent toute la surface et forment une couche assez puissante; au-dessous « on rencontre « une couche de soixante pieds d’épaisseur de sables de diffé-« rentes natures et de fragments de roches sans la moindre « parcelle d’or. » Des argiles imparfaitement schisteuses forment la troisième assise en descendant; elle établit la séparation de l’alluvion moderne et de l’alluvion ancienne.,Une quatrième assise de roches de transport, de trente-huit pieds de puissance, succède aux argiles ; elle est composée de sables et de galets de quartz hyalin. Une circonstance particulière à cette assise, c’est de contenir une grande quantité de bois siii-cifiés, parmi lesquels M. Trask annonce l’existence de fruits également à l’état siliceux.
- C’est inférieurement à ces couches que l’on trouve la partie aurifère de l’alluvion. Bien quelle ne soit pas exploitée
- 1 Beport on ihe geolocjy of the coast mountain and part of the Sierra Nevada , by Dr John B. Trask ; presented to the assembiy, session i85A, page 64-
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- exactement dans la même coupe, on ne saurait, dit M. Trask, en méconnaître l’identité; elle est constatée par l’existence des mêmes Lois silicifiés, aussi abondants dans les lavages d’or de Minesota que dans la coupe qui les surmonte. Ces alluvions reposent sur des roches de granité et de porphyre. M. Trask signale une relation intéressante entre la nature des alluvions et le sol des vallées dans lesquelles elles sont encaissées. A Miuesota, le sable qui accompagne l’or est siliceux et les galets de quartz sont nombreux; l’or est, en outre, allié à une faible proportion d’argent; les paillettes d’or atteignent aussi une certaine grosseur.
- Dans les vallées septentrionales, le sable est mélangé de beaucoup de fragments anguleux de schiste et de serpentine. L’or, d’une couleur blanchâtre assez terne, est allié à une proportion d’argent plus grande ; enfin, les paillettes sont toujours assez petites et les pépites très-rares. Les lavages d’or des vallées septentrionales contiennent, en outre, une assez grande quantité de fragments de fer arsenical ; l’essai de ce minéral a appris qu’il était riche en or.
- Les différences que nous venons de signaler entre la nature des alluvions aurifères de la Californie annoncent non-seulement qu’il existe des terrains différents, mais que les veines d’or qui appartiennent à ces terrains n’offrent pas exactement les mêmes conditions d’âge et de formation. Le gisement de l’or en Californie, si remarquable par la richesse et l’abondance des filons, aurait donc un intérêt particulier pour la science.
- (Nous empruntons encore quelques détails, à cet égard, au rapport de M. Trask1.)
- Les veines aurifères se présentent dans deux conditions distinctes : les unes forment des filons bien nets, se prolongeant sur des distances assez considérables avec une puissance analogue et une gangue quartzeuse toujours la même; les autres constituent des veines plus ou moins nombreuses, se ramifiant
- Report on the geology, etc., p. 68.
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- entre elles : chacune d’elles, considérée isolément, est bien en réalité un filon, mais un filon irrégulier. L’irrégularité disparaît par l’étude de l’ensemble de l’épanchement métallique dans les roches encaissantes ; on reconnaît alors que ce groupe de veines forme par leur réunion un véritable filon. Il est assez difficile de donner des raisons absolues sur l’âge relatif de ces deux classes de veines aurifères ; cependant M. Trask les distingue sous les noms de groupe ancien, older group, et groupe récent, recent group.
- Les veines de la première catégorie forment trois bandes parallèles distinctes, placées sur la pente occidentale de la Sierra Nevada; elles embrassent dans leur ensemble une largeur de onze milles. La première, la plus orientale, est distante de la seconde d’au moins quatre milles; elle est sur la chaîne même.
- Les filons qui appartiennent à ces deux premières zones pénètrent dans les granités, les porphyres et les serpentines, qui constituent les montagnes de la Sierra Nevada; elles se prolongent même dans les roches trappéennes les plus anciennes. Ces filons anciens sont uniformes et réguliers sur une grande longueur. Le gangue quartzeuse conserve constamment le même aspect; l’or y est disséminé par nids : il y forme quelquefois de petites masses ou de petites plaques. La gangue, très-adhérente aux roches, est cassante, s’en sépare difficilement et semble parfois les avoir pénétrées. Celles-ci sont fréquemment décomposées.
- Les filons exploités, ceux surtout remarquables par leur richesse, appartiennent au groupe le plus ancien. On peut évaluer l’or obtenu des filons aux 6/8 de la totalité de l’or produit par les mines dans le quartz. Ils sont principalement dans les comtés d’El-Dorado, Placer, de la Nevada, et dans une partie du comté d’Yuba, à une petite distance de Scott’s-Ferry. Dans ce dernier comté, on a reconnu également des filons appartenant au groupe le plus récent; ceux-çi coupent et dérangent les premiers, disposition qui établit leur postériorité.
- Les filons qui appartiennent à la troisième zone parais-
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- sent, d’après tous leurs caractères et surtout eu égard à leur parallélisme, être de la même époque que les deux premiers, mais plus éloignés de la chaîne principale ; les terrains qu’ils traversent sont très-différents. Les roches dominantes sont ici les schistes talqueux. Les fdons en coupent les couches d’une manière distincte ; mais on y observe toutefois une disposition qui apporte une différence notable, quand on étudie les filons avec quelque détail : c’est que l’altération des schistes s’étend à une beaucoup plus grande distance des filons que pour le granité. Le quartz qui sert de gangue à l’or s’est, en outre, infiltré dans les fentes et les strates du schiste sous forme de réseau et l’a endurci. Il en résulte qu’au premier abord on reconnaît moins facilement l’allure de ces filons, et qu’on en constate plus difficilement la puissance. Mais quand on étudie ces filons sur une certaine longueur, un mille par exemple, on constate leur régularité et on s’assure alors qu’ils dépendent du groupe des filons anciens. Une dernière observation faite par M. Trask et qu’il est nécessaire de signaler, c’est que ces filons ne se prolongent jamais dans les terrains tertiaires, qu’ils ne les ont pas dérangés, et qu’ils sont par conséquent d’une formation antérieure à ces terrains.
- Les filons du second groupe se distinguent par une régularité moins prononcée que celle qui caractérise les filons les plus anciens; souvent ils se divisent nn petits rameaux dont la puissance s’abaisse à un pouce. Us ne constituent pas toutefois le genre de gisement désigné sous le nom de stockwerk, qui exige, par la dissémination du minerai dans la roche, qu’on exploite sa masse même. Les rameaux dans lesquels se divisent les filons du second groupe affectent par leur ensemble la direction qui les caractérise. C’est, à proprement parler, une bande de là roche encaissante enrichie sur les parois des filons par un épanchement de quartz aurifère. Mais ces filons, pour ainsi dire multiples, se poursuivent sur une assez grande longueur : tel est celui que l’on exploite près de Centreville, dans le comté dit Placer-county; il est continu, dans la direction nord-sud, sur plus d’un mille et demi. Il
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- traverse successivement le granité, les schistes talqueux, les schistes salins bleus et lç trapp. Enfin un dernier caractère fait connaître son âge récent : il consiste en ce qu’il coupe et qu’il rejette un vaste filon appartenant au premier groupe.
- M. Trask émet l’opinion que ce second groupe de filons, de beaucoup postérieur au premier, lui semble lié avec les déjections trachytiques, et qu’il est postérieur aux terrains tertiaires. Nous n’avons trouvé dans le rapport de ce géologue aucun fait positif à l’appui de cette opinion ; elle n’est pas improbable : elle se concilierait avec celle émise depuis longtemps sur la formation des filons d’argent du Mexique, que l’on considère comme en relation avec les vastes éruptions trachytiques des Andes.
- Les filons de la seconde catégorie sont beaucoup plus nombreux que ceux de la première. M. Trask estime qu’il y en a plus de cent cinquante de connus sur une certaine longueur. Toutefois l’incertitude qui règne sur leur richesse, la faible puissance qu’ils affectent fréquemment, sont cause que les exploitations ouvertes sur cette classe de filons sont très-peu nombreuses. Les filons de la première catégorie sont plus recherchés, et une grande partie des mines désignées sous le nom de. mines de quartz ont pour objet des filons qui appartiennent au groupe le plus ancien.
- Malgré l’importance que l’on s’accorde maintenant à attribuer aux filons aurifères, leur exploitation ne fournit qu’une très-faible partie de l’or produit par la Californie. Les dépenses considérables que nécessitent les exploitations de mines, qui exigent la possession d’une vaste étendue de territoire pour y asseoir les travaux, des machines dispendieuses pour extraire le minerai et l’eau, ainsi que pour préparer les minerais, enfin un vaste personnel, s’opposeront longtemps encore au développement de ce genre d’entreprises. Mais si la richesse des filons est aussi réelle que M. Trask l’annonce, l’exploitation des mines assurerait encore la prospérité de la Californie bien longtemps encore après que les lavages en seraient épuisés.
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- Nous ne possédons aucun renseignement sur la richesse moyenne des sables aurifères de la Californie, en la calculant d’après le nombre de personnes qui se livrent au lavage et la quantité d’or produite annuellement, évaluée à 3oo millions de francs, elle serait environ le double de la richesse des sables aurifères de la Russie. Ce rapprochement est probablement très-erroné. En Russie, l’exploitation, entreprise par le Gouvernement ou par de grands propriétaires du sol, est régulière ; elle se fait de proche en proche, de manière à utiliser les alluvions aurifères dans leur entier. En Californie, on néglige les parties les moins riches pour se porter sur les placers qui donnent des bénéfices immédiats; en sorte que rien n’est comparable entre les mines de Russie et celles de la Californie. On ne saurait, avec le peu de renseignements que Ton possède, établir aucun rapprochement utile entre ces deux groupes de mines d’or de lavage.
- Il a été fait au contraire en Californie des expériences intéressantes sur l’exploitation des mines d’or dans le quartz, qui ont indiqué à peu près les limites dans lesquelles ce genre de minerai est exploitable. Ces expériences ont consisté à réduire en poudre, par le moyen de cylindres* ou de bocards, trois tonnes de roches de quartz aurifère de richesses différentes. Les sables et les boues provenant de cette trituration ont été amalgamés avec soin. Le mercure, s’alliant avec l’or, isole ce métal du quartz, et la décomposition de l’amalgame par la distillation fait connaître exactement la richesse du minerai.
- On a fait cinq expériences dans le comté de Bath, situé entre TYuba et la rivière de la Plume, sur autant de veines différentes : le n° 1 a donné 3 dollars 53 cents, par tonne; le n° 2, 9 dollars 5ocents; les nos 3 et 4, n dollars chacun, et le n° 5, 17 dollars. *
- Dans le comté de Nevada, on a fait des essais sur quatre points différents; les résultats ont été: i5 dollars, 3 dollars i4 et 5g. Les trois premières veines ont été abandonnées; la quatrième, d’une richesse extraordinaire, a produit des bénéfices considérables à ses propriétaires.
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- Dans le comté d’El-Dorado, trois veines de quartz aurifère essayées par les mêmes procédés ont été abandonnées; elles produisaient, en moyenne, 17 dollars par tonne.
- Dans le comté de Mariposa, sur huit expériences, trois veines donnèrent à peine de 3 à 7 dollars; deux, de 7 à 20 ; une seule 24 dollars, et les deux dernières de 35 à 38 : les deux dernières sont exploitées avec avantage.
- M. Murchison 1, à qui nous empruntons ces détails, termine cette espèce de procès-verbal par les réflexions suivantes :
- « Aucune entreprise n’exige une étude plus attentive ni plus dispendieuse que l’exploitation du quartz aurifère ; sa richesse est très-variable, et l’exploitant doit toujours se rendre compte de son produit. Une veine de quartz qui donne un produit net de 180 à 200 francs par tonne de minerai peut être considérée par des hommes modérés comme une^aflaire satisfaisante. Mais de tous les moulins à broyer le quartz qui ont été établis en Californie, je ne crois pas qu’un seul ait continué ses travaux pendant un laps de temps un peu long sur des minerais qui ne produisaient que 3o dollars par tonne, ou 160 francs; on doit considérer que, pour être productive, une veine doit donner environ 36 dollars2, soit 192 fr. 60 c. : ce produit correspond en poids à 56 kilogrammes d’or pour un million de kilogrammes de minerai, ou à une richesse de o,oooo56. Nous avons vu que des sables de l’Altaï qui donnaient 2 kilog. 21 pour un million de kilogrammes de minerai étaient encore exploitables avec bénéfice: les filons de quartz aurifère doivent donc contenir une proportion vingt fois plus considérable d’or, pour que l’exploitation en soit profitable. »
- On pourrait peut-être s’étonner de la faible teneur en or des sables aurifères, comparée à celle des filons; on la compren-
- 1 Mémoire sur le gisement et l'exploitation de l’or en Californie, lu à la Société royale de Londres, 184y.
- 2 Le dollar = 5 fr. 35 c. ; 1 kilogramme d’or vaut 3,444 francs.
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- cira toutefois en remarquant que les filons n’occupent qu’une surface très-limitée clans les montagnes et que, vus de loin, ils se dessinent sur leur surface comme de simples rubans. Les alluvions aurifères sont enrichies par la destruction des filons, mais leurmasse est forméepar les débris des montagnes mêmes; les paillettes d’or seraient, pour ainsi dire, noyées dans un océan de sables, si elles ne s’étaient concentrées dans les couches inférieures des terrains alluvions, par suite de la grande pesanteur spécifique de ce métal.
- Mines d’or de l’Australie. Les alluvions aurifères de l’Australie se trouvent dans des conditions analogues à celles de la Russie et de la Californie ; elles se groupent sur les pentes des montagnes Bleues, qui forment la côte est de l’Australie, depuis la baie de Scbloal, située vers le 29e degré de latitude, jusqu’au détroit de Bass, par le 39e degré. Cette grande chaîne ne constitue pas exactement le rivage cle la mer; elle en est séparée par une large bande de terre formée en partie de terrain de transition et de terrain carbonifère; elle est traversée par quelques cours d’eau qui se rendent k la mer, dont plusieurs offrent des alluvions aurifères ; mais le véritable gisement de l’or est sur le revers ouest des montagnes, celui qui regarde l’intérieur des terres de l’Australie. Les placers les plus nombreux et les plus riches sont groupés dans de petites vallées hautes qui dépendent des trois grandes rivières qui arrosent toute l’Australie : le Darling, qui prend sa source vers Bingora, sous le 3oe dégrève latitude; le Lacblan, qui descend de la chaîne désignée sous le nom de montagnes de Liverpool, qui s’étend du 32°au 34e degré; leMurrumbidgee, qui appartient plus spécialement aux montagnes Bleues proprement dites, vient se réunir au Darling, pour former la rivière Murray, et se jette dans la mer près de la pointe Jervis.
- Chacun des affluents de ces trois grandes rivières présente des alluvions aurifères. Les placers les plus célèbres par leur richesse sont, en marchant du nord vers le sud, ceux de Bingora, dans la partie la plus supérieure du Darling; les exploitations de Muagee, de Meroo, sur les bords du Turon,
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- l’un des affluents duLachlan; Abercromby,KinetonetBendigor dont les eaux se rendent dans le Murrumbidgee. Les deux derniers groupes d’exploitations, situés dans le sud de l’Australie, sont indiqués fréquemment comme placés dans les environs de Melbourne : leurs produits sont effectivement exportés par cette ville ; c’est également de Melbourne que viennent la plupart des chercheurs qui exploitent les placers de Kineton et de Bendigo, mais ils sont à plus de cinquante lieues de distance de cette ville, qui, du reste, est sur le revers sud de ces montagnes.
- L’or se trouve dans ces gisements :
- i° En paillettes et en pépites disséminées dans l’alluvion ; en cet état, il n’est pas réparti d’une manière uniforme dans les masses sablonneuses ; il s’est concentré sur certains points par des lavages naturels : aussi les personnes qui s’adonnent à la recherche de l’or portent-elles de préférence leurs travaux à la réunion des petites vallées, où les remous hâtent le dépôt des substances sablonneuses, dans les anfractuosités des roches, les sinuosités de terrain, enfin dans tous les points où les dispositions des lieux font supposer que les substances lourdes-ont dû se déposer de préférence.
- 2° A l’état désagrégé. On désigne spécialement par cette expression, en Australie, l’or concentré presque sur place sans transport, mais par une décomposition successive des filons aurifères au moyen des agents naturels. Ces fragments, analogues à ceux qui composent les moraines des glaciers, sont anguleux et contiennent beaucoup de quartz; ces dépôts aurifères sont placés dans de petits ravins situés à la partie supérieure des montagftes, presque toujours à sec; l’eau n’est pas même suffisante pour les travaux de lavage, ce qui a fait désigner les mines qu’on y exploite sous le nom déminés sèches (drydiggins) ; on les appelle aussi mines de quartz.
- 3° En filons. Ceux-ci sont situés dans le schiste de transition qui forme le contre-fort des montagnes, rarement dans le granité qui constitue l’axe de la chaîne. La gangue des filons
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- -aurifères de l’Australie est le quartz, ainsi que cela a lieu pour ceux de la Californie; toutefois, le gisement de l’or en Australie est plus analogue à celui du Brésil, où, comme nous l’avons indiqué, l’or est en veines dans le schiste micacé et dans le schiste satiné bleu, qu’aux fdons nets et bien prononcés de la vallée de Mariposa, en Californie.
- On ne possède, pour l’Australie comme pour la Californie, aucun renseignement exact sur la richesse de ces alluvions ; bien que le Gouvernement anglais ait en quelque sorte régularisé leur exploitation, on se porte encore exclusivement sur les parties riches et on néglige celles où le rendement est faible. D’après les différents rapports adressés au Gouvernement, il paraîtrait que l’on n’exploite que les placers qui donnent, au minimum, un produit de 12 francs par jour pour chaque travailleur. Leur rendement est compris, d’après ces mêmes documents , entre 12 francs et 75 francs.
- L’or de l’Australie contient moyennement 91p. 0/0 d’or, 8, 4o d’argent et o, 60 de métaux divers.
- Cette composition est à peu près celle de l’or de la Californie. Dans les mines de l’Oural et de l’Altaï, l’alliage de l’argent varie de 1 p. 0/0 à 16 p. 0/0.
- La découverte de l’or en Australie remonte à l’année 1847 ; quelques échantillons de minerais, de sables et d’or de cette contrée furent remis à cette époque à M. Murchison, président de la Société de géographie de Londres. Ce savant géologue, qui avait visité, peu d’années auparavant, la Russie et en avait fait connaître la constitution géologique dans un ouvrage fort remarquable, reconnut l’identité de ce nouveau gisement avec ceux de l’Oural et de l’Altaï; il invita lord Grey, alors ministre des colonies, à faire étudier le gisement de l’or de l’Australie. Plusieurs indications analogues avaient été données par le révérend docteur Clarke, qui, en étudiant les montagnes Bleues, avait découvert de l’or à trente lieues de Sydney.
- On avait à peu près oublié ces données de la science jusqu’en i85i, époque où M. Hargraves, au retour d’un voyage
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- en Californie, trouva des gîtes, d’or très-riches sur les pentes, de la montagne dite Summer-Hill. Cette nouvelle observation ayant confirmé la découverte d’alluvions aurifères en Australie, le Gouvernement anglais organisa alors un comité sous les ordres deM. de la Bêche, chargé d’étudier les gisements indiqués et de faire connaître les mesures les plus propres k en régulariser l’exploitation. MM. Clarke, Mitchell, Hardy, Hammond et Hargraves constatèrent le gisement de l’or; les mesures qu’ils firent adopter par le Gouvernement anglais, en régularisant l’exploitation de ce métal presque à l’origine de sa découverte, évitèrent la plupart des inconvénients qui s’étaient présentés en Californie ; et à partir de cette époque, l’exploitation de l’or prit un grand développement en Australie : les produits qu’elle donne sont évalués de 4oo k 47b millions.
- Résumé sur la production de l’or. La découverte des richesses aurifères de la Californie et de l’Australie a plus que quintuplé la production annuelle de l’or; le tableau suivant fait connaître cette marche ascendante de la production de l’oiv Pour l’établir, nous nous sommes servis des nombreux documents qui ont été publiés depuis que la découverte de l’or en Californie a soulevé des questions importantes d’économie politique. Nous avons contrôlé ces documents avec tout le soin possible et nous croyons les renseignements insérés dans ce tableau suffisamment exacts.
- Les chiffres que nous avons admis pour l’Amérique remontent à huit ou dix ans ; les modifications qui ont pu avoir lieu depuis cette époque sont peu importantes. Quant aux autres évaluations, nous les avons empruntées en grande partie aux documents publiés par le Gouvernement anglais; nous les ayons toutefois contrôlés avec les chiffres donnés par M. Léon Faucher dans l’excellent article que nous avons déjà cité, ainsi qu’avec ceux publiés par M. de Tegoborski1 dans
- 1 Essai sur les conséquences éventuelles de la découverte des gîtes aurifères en Californie et en Australie, par M. L. de Tegoborski, membre du conseil de l’empire de Russie.
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- son ouvrage sur les gîtes aurifères. Quelques renseignements que nous avons obtenus de personnes qui ont été sur les lieux et les ont étudiés avec soin nous ont, en outre, permis de faire certaines rectifications.
- TABLEAU GÉNÉRAL DE LA PRODUCTION DE L’OR POUR L’ANNÉE l852.
- NATIONS. KILOGRAMMES. VALEUR EN FRANCS.
- Piémont 134,92 464,000
- Espagne 20,00 68,880 7,404,118
- Nord de l’Allemagne 3,00 10,332
- A u triche 1,992,22 6,860,906
- Etats-Unis. 872,00 3,003,168
- Mexique 6,550,00 22,558,200
- Nouvelle-Grenade 1,900,00 6,543,600|
- Pérou 860,00 2,961,840 48,308,988
- Bolivie 445,00 1,532,580
- Chili ."... 1,200,00 4,132,800
- Brésil 2,200,00 7,576,800
- Sibérie 24,916,00 85,840,704 85,840,704
- Bornéo, Java #
- Malacca , Sumatra, etc 21,511,600 21,511,600
- Californie 350,000,000
- Australie 1 475,000,000
- Totaux 286,886,28 988,065,410 988,065,410
- Comparaison entre la production de l’argent et celle de l’or; conséquences
- qui en résultent.
- La production de l'or en Europe et dans l’Amérique méridionale est presque stationnaire depuis près de deux siècles; la découverte des gisements de l’Altaï et de l’Oural avait triplé la production de l’or dans le commencement de ce siècle : cette augmentation avait fourni à la Russie des ressources précieuses, mais'elle n’avait eu que peu d’influence sur le reste de l’Europe. Il n’en a pas été de même de la découverte des richesses de la Californie et de l’Australie. Celles-ci, en intro-
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- duisant plusde 700 millions d’or dans la balance commerciale, a fait craindre la dépréciation des métaux précieux ; elle a surtout jeté de l’inquiétude sur la valeur réciproque de l’or et de l’argent, et par suite sur le système monétaire de l’Europe.
- Pour apprécier tout l’intérêt qui s’attache à cette question, nous allons indiquer la production de l’or et de l’argent au commencement de ce siècle, ce qu’elle était avant la découverte de la Californie et le chiffre auquel elle s’est élevée depuis cette époque.
- PRODUCTION DES METAUX PRÉCIEUX AU COMMENCEMENT DE CE SIÈCLE.
- NATIONS. A KILOGR. RGENT. VALEUR. KILOGR. OR. valeur.
- Europe 72,400 16,072,800 1,297 4,466,868
- Amérique 720,500 159,951,000 13,620 46,907,280
- Bornéo, Java, Sumatra, etc... 19,810 2,399,820 1,848 6,364,512
- Sibérie 19,632 4,358,304 3,910 13,466,040
- Totaux 832,342 182,781,924 20,675 71,204,700
- Il résulte de ces nombres qu’au commencement de ce siècle la production en or était de 1 kilogr. d’or pour 43 kilogr. d’argent; elle correspondait à 1 franc en or pour 2 fr. 55 cent, d’argent. Si l’on établit une comparaison analogue pour l’année i846, avant la découverte de la Californie, mais postérieurement au développement de l’exploitation de l’or dans l’Altaï et dans l’Oural, on reconnaît que déjà, à cette époque, ces relations étaient profondément altérées.
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- PRODUITS DES MÉTAUX PRÉCIEUX EN l846.
- NATIONS. Al KILOGR. EIGENT. VALEUR. KILOGR. OR. VALEUR.
- Europe 116,100 25,552,200 2,150 7,404,600
- Amérique 732,605 162,616,110 14,855 51,160,620
- Bornéo, Java 10,810 2,399,820 1,848 6,364,512
- Sumatra, Sibérie 19,532 4,358,304 29,873 102,882,612
- Totaux 879,047 194,926,434 48,726 107,812,344
- En établissant une comparaison analogue à celle que nous avons faite ci-dessus, on trouve qu’en 1846 l’exploitation de i kilogr. d’or correspondait à 18,22 d’argent, ou que, pour 1 franc d’or, la production en argent a été, à cette époque, de 1 fr. i5 cent.
- La valeur monétaire des deux métaux précieux produite en i846 s’est donc presque équilibrée; la découverte des richesses de la Californie et de l’Australie a changé le rapport de l’or et de l’argent : la production du premier métal, qui depuis trois cents ans était encore le tiers de celle de l’argent, est devenue très-prépondérante. Pour établir ce fait remarquable, il suffit de rapprocher les nombres que nous av.ons donnés pour le produit de l’argent et de l’or en i85i et i853, pages 88 et 89. Ces nombres sont:
- Production de l’argent en i85i, 903,396 kilogrammes, ayant une valeur de 198,111,912 francs;
- Production de l’or en i853, 286,856 kilogrammes, ayant une valeur de 988,065,410 francs.
- D’après ces chiffres, 1 kilogr. d’or correspondrait à 3\44 d’argent, ou 1 franc en or seulement à 0f,200.
- Il résulte des détails qui précèdent que la production de l’argent, qui était au commencement de ce siècle 43 fois aussi
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- considérable en poids que celle de l’or, n’élait plus en ] 846 que 18 fois celle de l’or, et que depuis la découverte des richesses de la Californie et de l’Australie elle en est seulement le triple. Considérée sous le rapport monétaire, la différence est encore plus sensible, car en 1800 î franc d’or qui entrait chaque année dans la balance commerciale correspondait à 2 fr. 55 cent, d’argent, et aujourd’hui l’or prime l’argent dans la proportion de î à 0,20 : elle est donc cinq fois plus considérable.
- Une pareille révolution dans la production des deux métaux précieux qui servent de base à la plupart des transactions du monde commercial est un fait de la plus haute importance. Il serait très-intéressant de constater quelle sera l’influence, dans un certain nombre d’années, sur le fonds métallique de l’Europe, de l’accum'ulation de cette masse d’or, qui s’élève à près d’un milliard chaque année.
- Ces genres de calculs sont très-complexes : ils reposent en outre sur des hypothèses tellement incertaines, qu’ils sont entachés de beaucoup d’erreurs ; néanmoins ils donnent encore un aperçu général du plus haut intérêt.
- La plupart des économistes admettent que le fonds métallique du monde civilisé est d’environ 36 milliards, qui se partagent entre l’argent et l’or de la manière suivante :
- Argent............. 27,000,000,000
- Or......... ...... 9,000,000,000
- Chaque année, une certaine quantité de ces métaux se perd par l’usure, par les naufrages et par des usages qui l’enlèvent à la circulation, et qui souvent même sont une cause de destruction. L’argent employé en plaqué est aux deux tiers détruit par l’usure des objets fabriqués avec ce mode d’alliage ; une partie notable de l’or destiné à la dorure est également perdue. La refonte des monnaies anciennes permet d’apprécier, jusqu’à un certain point, la perte que celles-ci éprouvent par le frottement auquel elles sont constamment soumises : Jacob, dans son ouvrage sur les monnaies de l’Europe, la porte à un cent cinquantième pour les pièces d’argent et à un six
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- centième pour les monnaies d’or. On ne possède aucunes données analogues pour établir la perte résultant des autres causes que nous avons citées. En l’absence de toutes observations, nous admettrons pour le moment, avec M. Léon Faucher etM. de Tegoborski, qu’elle est de 1 p. o/o du fonds métallique existant, bien que cette proportion nous paraisse exagérée.
- Dans ce cas, le capital en argent de 27 milliards perdrait donc annuellement 270 millions, et celui en or 90 millions. Si l’on remarque que le produit annuel des mines d’argent est d’environ 200 millions, on en conclura que le capital en argent serait, dans le cas le plus favorable, stationnaire, c’est-à-dire que l’exploitation ne ferait que combler chaque année le déficit résultant de l’usure et de la perte de ce métal.
- Pour l’or, les choses se passeraient différemment ; la perte annuelle de 90 millions représente, à peu de chose près, le dixième de la production, et comme la production annuelle correspond elle-même environ au dixième de tout l’or en circulation, il en résulte que, chaque année, le capital en or augmenterait de neuf centièmes de sa valeur : il serait donc presque doublé en onze ans et à peu près triplé eh vingt ans. Remarquons aussi que la proportion de l’or est à celle de l’argent de 1 à 3; il en résulterait que dans vingt ans la valeur en or serait égale à celle en argent. Cette égalité entre la valeur des deux métaux précieux serait très-certainement défavorable à l’argent.
- Nous croyons que la perte de 1 pour 0/0 sur le capital total en circulation est une proportion beaucoup trop forte; toutefois, en l’abaissant à 1/2 pour 0/0, ou à 5 millièmes, on n’obtiendrait que des résultats peu différents. Il en serait tout autrement si l’on supposait que la perte porte sur la matière même, au lieu d’affecter la valeur représentative de ces métaux, attendu qu’un gramme d’or représente i5,5i d’argent. Dans ce cas, il arriverait pour l’or, à la vérité dans un nombre d’années considérable, ce que nous avons signalé pour l’argent, à savoir que la masse d’or resterait stationnaire.
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- Cette manière de calculer la perte des métaux précieux serait plus rationnelle qu’en l’établissant par parties égales sur leur valeur. L’usure des monnaies, la perte pour la dorure et l’argenture, etc., constituent en effet un véritable déchet sur la matière; mais nous ne possédons aucun élément pour faire le calcul de la déperdition des métaux précieux : d’après ces principes, nous nous contenterons d’indiquer cette seconde manière de l’établir. Nous répétons, du reste, que, dans notre opinion, on exagère beaucoup l’influence de la perte de l’or et de l’argent, et que leur accumulation est constante; en sorte que si aucune modification profonde n’est apportée sur la production de l’argent, la prédominance de l’or, comme valeur représentative, est certaine.
- Nous ferons remarquer, en terminant ces détails sur l’exploitation des mines d’or et des mines d’argent, que les mines en alluvion s’épuisent toujours au bout d’un laps de temps plus ou moins long, peut-être d’autant plus vite quelles sont plus riches ; on en voit plus d’un exemple en Sibérie, où des lavages d’une grande richesse se sont épuisés après quelques années d’exploitation. Plusieurs des placers de la Californie manifestent déjà des symptômes semblables.
- L’exploitation de l’or tendrait donc un jour à se concentrer sur des filons quartzifères analogues aux filons d’argent; ces derniers étant plus nombreux, plus riches et plus étendus, l’or conserverait sa valeur, qui est due, à la fois, à la rareté de ce métal dans la nature et au prix élevé de son exploitation. Quant à l’argent, nous avons annoncé que les mines connues pourraient facilement donner une proportion double, ou même triple, de celle qu’elles produisent actuellement, ce qui rétablirait l’équilibre entre la proportion de ces deux métaux. Les difficultés qui s’opposent dans ce moment au développement de leur exploitation ne sont pas insurmontables , et nous avons la confiance qu’elles s’aplaniront devant le mouvement général de progrès qui caractérise notre époque.
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- Council medal accordée pour ia séparation de l’or des pyrites aurifères.
- Le traitement des pyrites aurifères a donné lieu à une heureuse application d’un procédé de M. Plattner pour la séparation de l’or de ces genres de minerais.
- L’application en a été faite par M. Güttler, ingénieur des mines de Reichenstein. Le Jury, associant le nom du savant chimiste à celui de l’ingénieur, a accordé une grande médaille ( council medal) pour cette intéressante découverte.
- Le minerai de Reichenstein, en Silésie, consiste en pyrites arsénicales qui contiennent environ deux cents grains d’or par tonne. On le grille dans un fourneau à réverbère surmonté d’une large chambre de condensation, dans laquelle l’acide arsénieux se dépose à mesure qu’il se volatilise ; il reste sur la sole l’oxycle de fer mélangé d’une certaine quantité d’arsenic, ainsi que l’or qui enrichissait le minerai. Ces résidus sont placés dans un vase disposé de manière à ce que l’on puisse y faire passer un courant de chlore à l’état de gaz. L’or et le fer sont attaqués; on les sépare du résidu en les dissolvant au moyen d’une certaine quantité d’eau. On précipite l’or de cette dissolution par de l’hydrogène sulfuré. Pour empêcher qu’il ne s’y mélange une certaine proportion de fer, on ajoute à la dissolution, avant d’y introduire l’hydrogène sulfuré, une faible dose d’acicle hydrochlorique; la combinaison aurifère, après avoir été séparée de la liqueur, est lavée, puis chauffée dans un creuset de porcelaine ouvert : cette opération a pour but de chasser le soufre. L’or est ensuite réduit à l’état métallique en le chauffant dans un creuset avec un mélange de flux.
- Ce procédé, aussi simple qu’ingénieux, s’applique avec un égal avantage à l’immense quantité de résidus accumules près des anciennes fonderies et aux minerais vierges.
- ZINC.
- U y a dix ans, au plus, le zinc était exclusivement fourni par le zinc carbonaté, minerai connu des mineurs sous le
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- nom de calamine. Son traitement, d’une grande simplicité théorique, est, au contraire, d’une exécution pratique assez difficile. On décompose le carbonate de zinc par le grillage, qui donne de l’oxyde de zinc. Celui-ci, mis en contact avec du charbon dans des cylindres en terre faisant fonction de cornues, produit immédiatement du zinc métallique. Ce qui rend cette dernière opération d’une exécution difficile, c’est que le zinc étant volatil, il s’échappe en partie à l’état de vapeur à l’extrémité des cornues; il brûle alors en donnant une flamme d’un beau vert. Il résulte de cette propriété du zinc que, suivant que l’opération est bien ou mal dirigée, que le feu est convenablement conduit, et, il faut le dire, que l’ouvrier est plus ou moins habile, la perte en zinc peut s’élever de 10 à 4o p. o/o.
- Plusieurs autres circonstances viennent encore s’ajouter aux difficultés -de cette opération, notamment la nature de la terre avec laquelle on fabrique les cylindres ou creusets, ainsi que la fabrication même de ces appareils. Si les creusets sont de mauvaise qualité, ils supportent mal le feu et se cassent rapidement, ce qui constitue une dépense assez considérable. Dans ce ca$, le zinc contenu dans ces creusets se répand dans le fourneau et brûle; enfin l’opération nécessaire pour remplacer les creusets hors de service arrête la marche du fourneau pendant un temps assez long; elle est quelquefois la cause d’un dérangement dans l’allure du fourneau; dans tous les cas, elle est la source d’une dépense assez considérable de main-d’œuvre et de combustible.
- La Belgique et la Silésie, qui possèdent l’une et l’autre de vastes dépôts de calamine, ont été pendant longtemps les seuls Etats producteurs de zinc; ils conservent encore toute leur supériorité, mais cependant la production de ce métal commence à s’établir dans plusieurs autres contrées de l’Europe: la France elle-même possède, depuis quelques années, cinq ou six usines à zinc. Cette modification apportée dans la production de ce métal résulte de ce qu’on est parvenu à retirer le zinc d’un minerai assez fréquent dans les filons métalliques,
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- notamment dans les filons plombifères, et qui y est connu sous le nom de blende : ce minerai est le sulfure de zinc. On comprend, en effet, que si l’on soumet ce sulfure à un grillage qui chasse le soufre, on transforme la blende en un oxyde de zinc analogue à celui que l’on obtient par le grillage de la calamine. On peut donc traiter cet oxyde par les mêmes procédés et dans les mêmes appareils que celui provenant de la calamine.
- La transformation de la blende en oxyde avait été fréquemment essayée: on avait toujours réussi à l’opérer en petit. M. Berthier1 etM. Boucher l’avaient même exécutée sur une assez grande échelle. Us ont obtenu du zinc métallique et ont même fabriqué, dès 1817, du laiton au moyen de la blende de Pontpéan, mine de plomb située dans les environs de Rennes. M. Boucher, poussant plus loin ses expériences, a fabriqué à cette époque, dans les usines qu’il possédait à l’Aigle, des planches et des fils de laiton de toutes dimensions. Dans ces essais, continués pendant plus de trois semaines*, M. Boucher a fabriqué plusieurs quintaux de produits, qui ont subi l’épreuve de l’expérience; ils ont été émis dans le commerce, et leur qualité a été reconnue égale à celle des planches et des fils de laiton que M. Boucher produisait alors dans une usine qu’il possédait a Jemmapes, dans laquelle il employait les minerais et les zincs de la Belgique.
- Malgré les résultats importants obtenus par M. Berthier et M. Boucher, lelîrs expériences restèrent alors à l’état d’essais. Le savant académicien avait prouvé cl’une manière incontestable que la blende fournissait du zinc d’une qualité égale à la calamine, mais le prix de revient était alors un obstacle à son emploi en grand. La dépense consistait dans le soin à apporter au grillage, qu’il fallait faire sur une très-petite échelle. Sans cette précaution, le soufre, en se dégageant,
- 1 De l’emploi de la blende dans la fabrication du zinc, par M. Boucher; Annales desinines, ire série, t. III, p. 227, 1818; — De la fabrication du laiton au moyen de la calamine et de la blende, par M. Berthier, ingénieur en chef des mines, ibid., p. 461.
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- agrégeait la poussière de blende; elle se prenait en masse, l’opération du grillage était manquée, et l’on ne pouvait obtenir l’oxyde de zinc propre à la fabrication du métal.
- Cette difficulté a depuis été heureusement vaincue par l’emploi de fours à réverbère plats et très-surbaissés. La dispo-, silion de ces fourneaux est si habituelle dans les procédés métallurgiques, que l’on ne comprend pas, quand on a visité une usine à zinc, que le grillage de la blende ait été considéré pendant si longtemps comme un obstacle à l’emploi de la blende. C’est, du reste, le sort des découvertes les plus simples, de n’avoir été trouvées qu’après de longues recherches.
- Le grillage de la blende s’opère dans ces fourneaux avec une facilité extrême; et cette combinaison de zinc est maintenant un minerai précieux par sa richesse et sa pureté. Elle est recueillie avec un grand soin partout où elle existe ; elle est même un minerai fort recherché en Belgique, malgré la vaste étendue des dépôts de calamine qu’elle possède.
- La société dite de la Vieille-Montagne, constamment à la tête de tous les perfectionnements qu’ont subis les procédés de traitement des minerais de zinc, emploie maintenant la blende en concurrence avec la calamine. Cette société, la plus importante de toutes par son immense production, a, en quelque sorte, popularisé l’emploi du zinc. Elle est parvenue , par les nombreuses applications quelle a faites de ce métal à des usages où le plomb, le cuivre et même la tôle étaient uniquement employés, à donner à l’exploitation du zinc un développement considérable. Ses produits ont figuré à plusieurs reprises aux expositions qui ont eu lieu en France, et notamment à celle de i84g, où cette société a reçu une médaille d’or pour la variété et la perfection des objets en zinc qu’elle avait exposés.
- Nous croyons inutile de reproduire les détails qui ont été donnés dans le compte rendu 1 de cette exposition sur la na-
- 1 Rapport cia jury central sur les produits de l'industrie exposés en 1849, t. II, p. 281.
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- ture et la qualité des objets fabriqués en zinc dans les grands établissements que la société de la Vieille-Montagne a créés. Toutefois nous devions rappeler ici le nom de cette société pour compléter l’histoire des huit grandes médailles (council medals) accordées à l’industrie minérale parle Jury de l’Exposition de Londres. L’une d’elles a été donnée à cette société pour les objets qu’elle a exposés sous le n° 26 de la partie belge de l’Exposition.
- Nous ajouterons que la Société de la Vieille-Montagne a également participé à l’application de l’oxyde de zinc pour la peinture en bâtiment; elle a même donné récemment une grande extension à la fabrication des blancs de zinc, qui paraissent destinés à prendre une place importante dans la consommation de ce métal.
- IV. ROCHES ET MINÉRAUX
- PROPRES X L’AMENDEMENT DES TERRES ;
- MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION,
- MEULES, PIERRES MEULIERES, PIERRES LITHOGRAPHIQUES, ETC.
- Cette partie de la Ire classe de l’Exposition de Londres est, ainsi que nous l’avons annoncé au commencement de ce rapport, une des plus intéressantes pour l’étude; les collections qui la représentent sont nombreuses et souvent assez complètes : elles ont fait connaître les recherches qui ont été entreprises depuis plusieurs années pour améliorer le sol arable par des amendements minéraux; elles nous apprennent aussi que les pierres lithographiques dont la Bavière a depuis longtemps le monopole sont répandues dans toutes les formations géologiques et qu’il ne faut pas se borner à en faire la recher che exclusive dans le terrain désigné sous le nom de calcaire du Jura. M. Logan, qui a exposé une suite très-intéressante de minéraux du Canada, a découvert dans la partie inférieure du terrain de transition de Marmora des bancs de calcaire gris qui donnent des pierres lithographiques de bonne qualité et de dimensions assez considérables : il y en avait plusieurs de ora,8o
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- sur om,6o; le grain en est parfaitement homogène et elles prennent bien l’encre; les épreuves des dessins exécutés sur ces pierres que nous avons vues sont d’une grande netteté. Il y avait également au Palais de Cristal des pierres lithographiques de Portugal paraissant de bonne qualité.
- Les contrées les mieux représentées dans cette partie de l’Exposition étaient l’Angleterre, la Belgique, la France et le Portugal. L’exposition relative à ce dernier royaume renfermait une collection magnifique de marbres1 ; il manquait malheureusement les indications nécessaires pour apprécier les différentes circonstances qui se rattachent à leur gisement, leur exploitation et le prix de revient.
- J’ai remarqué avec intérêt, parmi ces marbres, une plaque ronde pour table, d’un gris clair, assez analogue par la teinte au marbre bleu turquin ; elle présentait des coupes de coquilles univalves appartenant aux formations crétacées. La pâte de ce calcaire, bien qu’un peu cristalline, est cependant compacte; les fossiles se dessinent en gris très-foncé. Comme marbre, cette plaque était remarquable par la beauté du poli et le ton général de la couleur; mais son intérêt était bien plus grand sous le rapport du gisement, et par suite pour l’industrie même des marbres. Une grande quantité des marbres exploités proviennent de terrains de transition, notamment ceux que la Belgique exporte sur une si vaste échelle. Le marbre que je signale établit que, dans certaines circonstances, des terrains plus modernes peuvent fournir de beaux marbres; les Pyrénées nous ont, du reste, depuis longtemps dévoilé ce
- 1 Les marbres qui faisaient partie de l’Exposition étaient presque tous en plaques sciées et polies ; plusieurs même offraient quelques sculptures : tels étaient un certain nombre de chambranles pour cheminées. Sous ces formes, les marbres faisaient partie de la XXVIIe classe de l’Exposition. Je n’en ai donc examiné qu’un très-petit nombre, ceux dont les plaques polies étaient accompagnées d’échantillons bruts des mêmes matériaux. M. Gourlier, qui a été chargé depuis la perte de M. Héricart de Thury du rapport sur la XXVIIe classe, y a donné des détails circonstanciés et fort intéressants sur les diverses variétés de marbres qui sont dans le commerce, ainsi que sur les procédés de sciage et de polissage qui y sont appliqués.
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- fait important, et il existe près de Bagnères-de-Bigorre des exploitations de marbre dans le calcaire jurassique.
- Pour la France, les pierres meulières de la Ferté, dont l’exportation a lieu dans le monde en tier, étaient au premier rang. Venaient ensuite les marbres des Pyrénées, qui présentaient une variété de couleurs du plus bel effet : sous ce rapport, les Pyrénées ont une supériorité incontestable sur la Belgique et sur l’Angleterre, dont les marbres, tantôt noirs, tantôt gris, de nuances différentes, doivent principalement leur coloration à un mélange de matière bitumineuse ou charbonneuse. Mais, par compensation, l’exposition anglaise présentait une série extrêmement remarquable de dalles de porphyre et de granité, sciées et polies; elle était d’autant plus intéressante, que ces dalles ne constituaient pas de simples objets d’ornement et de décoration. Les scieries mécaniques qui existent dans le Cornouailles et en Ecosse, mues toutes par des cours d’eau, permettent de livrer les dalles de ces piërres dures au prix assez modéré de 8 à 10 francs le pied carré. Elles deviennent alors d’un usage assez habituel pour le dallage des vestibules des maisons élégantes. On obtient par ce moyen un dallage très-beau et qui, par sa durée, offre en réalité une certaine économie. En France, on débite aussi et on polit quelques plaques de granité et de porphyre dans les Vosges, mais leur prix est très-élevé ; ces dalles ne sauraient être employées que dans les monuments, pour lesquels les dépenses disparaissent devant les dispositions architecturales.
- Nous signalerons encore une collection, très-remarquable de meules à émoudre, a aiguiser et à polir, ainsi qu’une collection de pierres à repasser, dites pierres à huile, exposées sous le n° 84 de la partie anglaise par M. Meinig.
- Ces meules de toutes dimensions, depuis î pouce 1/2 de diamètre jusqu’à 24» embrassent les différents usages, depuis la taille des diamants jusqu’à l’ébauche des armes blanches. Elles sont de grès quartzeux, a grains appropries à leurs destinations diverses. Elles appartiennent toutes aux différentes formations neptuniennes, depuis les terrains de
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- transition jusqu’au grès vert. Enfin, elles proviennent de localités répandues sur les deux hémisphères; sous ce rapport, la collection de meules de M. Meinig constitue une revue très-intéressante des terrains de grès des diverses parties du monde où l’industrie présente quelque développement.
- La collection de pierres à huile offre un intérêt géologique analogue; elle ne fait pas connaître des terrains de natures différentes comme celle des meules : ces pierres appartiennent toutes à des schistes argileux qui offrent une identité remarquable de caractères; ils sont jaunâtres, rarement rosés, à grains très-homogènes et à cassure un peu esquilleuse. La plupart de ces schistes paraissent avoir subi une action métamorphique; ils dépendent du terrain de transition et nous dévoilent l’existence de ces terrains dans certains points de la Turquie, de la Perse, de l’Inde, du Pérou et de l’Amérique méridionale où ils n’étaient pas indiqués.
- C’est pour donner un aperçu de l’ensemble de l’Exposition relative à l’industrie minérale que j’ai pensé nécessaire de consacrer quelques lignes aux objets qui précèdent. Quant aux matériaux de construction et aux amendements minéraux, ils sont les mêmes dans tous les pays et dépendent de la constitution du sol; je ne saurais donc ni les faire connaître, ni les décrire, sans entrer dans des détails géologiques qui ne peuvent trouver place dans ce rapport. Toutefois je dois citer un amendement nouveau employé sur une échelle assez grande dans le Yorkshire et dans le comté de Surrey, en Angleterre ; il consiste dans des rognons de phosphate de chaux abondants dans les argiles de certains terrains, notamment dans les marnes du lias du Yorkshire et dans les argiles du gault dans le Surrey. Ces rognons, qui d’après toutes les observations paraissent appartenir à des déjections animales désignées sous le nom de coprolithes, contiennent jusqu’à 70 p. 0/0 de phosphate de chaux, le même que celui qui entre dans la constitution des os. Ce phosphate de chaux est un amendement précieux, du moins quant à l’effet qu’il produit. On ne
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- possède pas encore de données économiques suffisantes pour qu’on puisse apprécier si son emploi est avantageux, relativement au prix de revient. Les expériences entreprises avec cet amendement remontent seulement à trois ans 1 ; elles ne suffisent pas encore pour faire connaître sa durée et par conséquent les dépenses qu’il occasionne annuellement par hectare. Le prix d’acquisition de cet amendement est assèz élevé, ce qui tient, d’une part, à la non-continuité des rognons de chaux phosphatée et, de l’autre, à ce que pour le mélanger facilement avec la terre, à la manière de la marne, et produire tout son effet, ce minéral doit être réduit en poudre fine ; dans le comté de Surrey, cette opération s’effectue au moyen d’un appareil analogue par sa forme et sa disposition à un vaste moulin à café.
- Le phosphate de chaux en rognons a été trouvé avec une certaine abondance dans le terrain de grès vert des environs du Havre et de Honfleur; peut-être pourrait-on renouveler dans ces localités les expériences en cours d’exécution dans le comté de Surrey, où les terrains qui composent le sol et la culture sont analogues.
- V. DESCRIPTION SOMMAIRE
- DE QUELQUES GISEMENTS DE MINERAIS PEU CONNUS.
- FABRICATION Dü FER ET DU WOOTZ DANS LES INDES.
- J’ai annoncé, au commencement de ce rapport, qu’on remarquait à l’Exposition de Londres des collections de minerais accompagnées de roches et d’indications écrites qui permettaient de donner un aperçu sur quelques gisements peu
- 1 Ces lignes ont été écrites en i8'52. Je sais que les expériences que je viens d’indiquer continuent sur une grande échelie en Angleterre, mais je n’en connais pas le résultat. En France, on en a entrepris d’analogues dans le département du Nord : les indications que j’ai données à mon retour d’Angleterre à la Société d’agriculture de Lille les ont en partie excitées ; mais elles sont surtout dues à M. Delanoue, qui en a été, je crois, le premier promoteur.
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- connus de ces minerais. On possède en outre, pour le terrain houiller cjes Indes, un rapport de M. Williams, qui a rempli longtemps les fonctions de geological surveyor au service de la compagnie des Indes,^dans lequel il indique le nombre et la puissance des couches exploitées; c’est la réunion de ces documents qui m’a permis de donner les indications qui vont suivre.
- Ce paragraphe ne peut avoir aucune relation avec la partie française de l’Exposition ; mais il m’a offert personnellement de l’intérêt, il est court, et j’ai pensé devoir le conserver, comme imprimant à l’Exposition ce caractère d’universalité qui l’a particulièrement distinguée.
- Mines de houille d’Erekli (Héraclée).
- La partie de l’Exposition consacrée à la Turquie offrait, en même temps qu’un grand nombre d’échantillons de minerais métalliques, une soixantaine de morceaux de houille analogues par leurs caractères à la bonne houille de Saint-Etienne et d’Alais. Les étiquettes assez détaillées qui accompagnaient ces échantillons faisaient connaître les localités exactes d’où ils provenaient; elles précisaient même les couches d’où ils avaient été extraits et les usages auxquels ces houilles avaient été appliquées. Ces données, réunies à des renseignements que M. de Chancourtois, ingénieur des mines, qui a fait un voyage dans l’Asie-Mineure, a bien voulu me communiquer, me permettent de rédiger une très-courte notice sur les mines de houille d’Erekli; quelque incomplète qu’elle soit, elle me semble offrir de l’intérêt. La découverte d’un terrain houiller bien constaté sur les rives de la mer Noire, à une petite distance de Constantinople, peut avoir sur l’industrie de la Turquie, et même sur la civilisation de l’Asie, une influence telle que j’ai cru devoir mettre cette notice en tête des quelques gisements que j’indique dans ce rapport L
- 1 Depuis les importants événements qui se sont déroulés en Orient, le Gouvernement turc a compris toute l’importance des mines de houille
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- Il existait, à l’appui des échantillons de charbon, un assez grand nombre d’échantillons de roches; ils paraissaient se rapporter à deux terrains :
- i° Des grès et des schistes qui appartiennent, d’après tous leurs caractères, au terrain houiller; plusieurs même portaient des empreintes de fougères et de sigillaires ; un échantillon de grès offrait la forme de calamite; leur réunion m’a rappelé avec exactitude des collections de terrains houillers que j’avais recueillies dans les mines de la Grand’Combe et de Portes, près d’Alais ;
- 2° Des grès micacés se rapprochant de la grauwacke; des schistes noirs, plus durs et plus fissiles que ceux du terrain houiller; enfin, des calcaires compactes gris foncé,presque noir, fort analogues au calcaire de Sablé, dans le département de la Mayenne. Un de ces échantillons présentait plusieurs moules de spirifères dont, en absence de tout objet de comparaison, je n’ai pu déterminer l’espèce; mais l’ensemble de ces différents échantillons m’a conduit à penser qu’ils représentaient le terrain de transition supérieur et que le bassin houiller reposait sur celui-ci. Du reste, les étiquettes, dont un interprète a bien voulu me donner la traduction, n’indiquaient pas la relation qui pouvait exister entre les deux terrains que je viens de signaler.
- Les échantillons exposés provenaient d’Erekli, de Filios et d’Amasrach, situés sur le rivage sud de la mer Noire, vers le 3oe degré de longitude, de Boli et de Mankin, dans l’intérieur des terres. En examinant ces localités sur une carte, on est conduit à supposer que le bassin houiller d’Erekli longe la côte sur près de dix myriamètres de longueur, depuis Erekli à l’ouest jusqu’à Amasrach à l’est, et qu’il s’étend dans les
- d’Héraclée. L’exploitation en a été poussée avec activité. Des membres du corps impérial des mines de France, M. Garella, ingénieur en cbef, et M. Huyot, ingénieur ordinaire, ont été envoyés à Héraclée. Ils en ont étudié le bassin houiller avec quelque détail; sans doute l’Administration fera connaître le résultat de leurs recherches. Néanmoins, j’ai cru devoir conserver cette courte notice, rédigée en i852.
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- terres à une distance d’environ sept myriamètres, qui est à peu près celle qui sépare Boli de la côte; ce bassin serait, par' conséquent, d’une très-vaste étendue. Peut-être, au reste, les localités que je viens de citer appartiennent-elles à de petits bassins houillers différents, séparés les uns des autres par des montagnes de terrain de transition dont ils occuperaient les anfractuosités. Les indications portées sur les étiquettes ne m’ont pas permis d’avoir une opinion à cet égard.
- On annonce qu’il y a cinq couches en exploitation, dont la puissance est de deux mètres à quatre mètres. Les échantillons que j’ai examinés présentent presque tous la structure feuilletée, fréquente dans la houille de bonne qualité; on y voyait peu de parties mattes et moins encore de veines légèrement fibreuses, que l’on compare au charbon de bois. Je n’ai pu faire aucun essai pour constater la pureté de ces houilles et la manière dont elles brûlent.
- 11 y avait encore des échantillons de houille provenant de Vivan, dans la mer de Marmara, et de Scala-Nova, dans l’Archipel, à quarante milles de Smyrne. Il est bien difficile de penser que ces échantillons appartiennent au prolongement du bassin houiller d’Erekli : il serait alors le plus étendu de tous les bassins houillers connus; il est plus probable que ces. échantillons ont été recueillis dans des dépôts de houille destinés pour l’embarquement.
- Je citerai aussi des échantillons de charbon de Rodosto,. dans laRoumélie, à vingt-huit ou trente lieues de Constantinople. Ce charbon, très-brillant et assez fragile, m’a paru un espèce de lignite ou de jayet. Il est entièrement différent de celui d’Erekli; il provient probablement des terrains crétacés qui, d’après les travaux importants de M. Visquenel1, constituent en grande partie les montagnes de la Roumélie.
- Mines de cuivre de i’Australie.
- Ces minerais sont analogues à ceux de l’Oural; ils sont en,
- 1 Mémoires de la Société géologique de France, année 1852.
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- rognons disséminés au milieu d’un grès peu cohérent, cimenté et coloré par de l’argile ocreuse. La surface de ces rognons est hérissée de cristaux dont les interstices sont remplis d’argile ou de sable; quelques-uns sont volumineux : j’en ai étudié spécialement un, qui provenait de la mine de Burra-Burra, dont les dimensions sont om,76 sur om,70 et environ o“,42 d’épaisseur. Il est composé de cuivre oxydulé, formant la masse principale, de cuivr carbonaté vert et de cuivre carbonaté bleu. Cette dernière combinaison de cuivre constitue l’enveloppe extérieure. Les trois minerais que je viens de citer ne sont pas superposés par zones, comme cela a lieu ordinairement dans les rognons. Le cuivre oxydulé, quoique formant la masse centrale de chacun de ces rognons, pousse des digitations dans tous les sens. Il y existe, en outre, un peu de cuivre natif associé au cuivre oxyduîé.
- J’ai remarqué avec quelque surprise, au nombre des minerais de l’Australie, plusieurs échantillons de cuivre phosphaté et de cuivre chloruré. Ces combinaisons cuprifères, que l’on trouve principalement en Cornouailles et au Chili, appartiennent ordinairement aux gîtes en fdons; cette réunion semblerait indiquer que le double mode de gisement du cuivre existe en Australie.
- Les minerais de cuivre de l’Australie sont exploités par plusieurs compagnies; les deux plus florissantes sont Barossa-Bange-Mine company et celle dite Burra-Burra-Mine. Cette dernière compagnie a obtenu, dans les quatre années comprises entre i846 et i85o, 56,428 tonnes de minerai, contenant en moyenne 4o p. o/o de cuivre.
- Gisement du cuivre au lac Supérieur.
- La découverte du cuivre au lac Supérieur remonte déjà à une époque assez ancienne; elle a été signalée très-peu de temps après l’établissement des Français au Canada. Si à cette époque on n’y a donné aucune suite, cela a tenu à ce que le pays, habité alors exclusivement par les Indiens, était peu accessible aux étrangers; que, pour les Indiens memes, des idees
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- superstitieuses très-anciennes les empêchaient de faire aucun séjour prolongé au Keweenaw-Point, première localité où l’existence du cuivre natif avait été constatée.
- L’ancienneté de cette découverte est attestée par l’ouvrage publié à Paris en i636 par M. Lagarde; il y annonce, en effet, que M. Truchemont-Bruslé lui a donné un lingot de cuivre recueilli à cent lieues à l’ouest du lac Huron. On trouve une seconde indication du gisement du cuivre dans cette partie de l’Amérique dans la relation faite en 1666, par le père Claude Allouez, de la mission du Saint-Esprit aux Outaouacs, dans le lac Tracy ou Supérieur : il y est dit, chapitre II, page 32, que le cuivre existe en abondance sur la côte sud de ce lac, à 5o ou 60 lieues au delà du Sault-Sainte-Marie, de l’autre côté de la place appelée Missipiconatong.
- Il résulte des publications qui se sont succédé depuis cette époque que la trace de cette découverte ne s’est jamais perdue; plusieurs voyageurs, au nombre desquels on doit citer le général Cass, l’ont vérifiée personnellement. Mais les premières recherches scientifiques remontent seulement à 18/12 : elles ont été faites par M. Douglas-Houghton, attaché au gouvernement de l’Etat du Michigan comme geologist surveyor; il périt sur la côte de Keweenaw-Point avant d’avoir publié ses observations. Les détails que l’on possède sur le gisement du cuivre au lac Supérieur sont dus à M. Jaclcson, qui en a fait une étude circonstanciée.
- D’après la description donnée par ce géologue distingué, le cuivre natif constitue, au lac Supérieur, deux gisements distincts: l’un à l’extrémité nord de l’État du Michigan, à la pointe Keweenaw, qui forme un cap très-avancé vers le milieu de la côte sud du lac Supérieur; l’autre à l’île Royale, située dans le même lac, à cinquante milles environ au nord de la pointe Keweenaw : cette île, allongée du N. E. au S. O., est exactement parallèle au cap Keweenaw, ainsi qu’à la ligne de séparation des terrains; elle présente une composition géologique identique à celle de la côte sud du lac Supérieur : les deux gisements de cuivre se trouvent dans les mêmes terrains,
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- et les circonstances qu’on y observe sont exactement les mêmes.
- Suivant la carte géologique de M. Jackson, la constitution de la côte du Michigan offre du granité, du trapp et du grès rouge qui appartient au terrain silurien inférieur; le trapp, analogue à celui de l’Ecosse, est composé, d’après M. Jackson, principalement de la réunion de cristaux de hornblende et de feldspath mélangés de fer oxydulé; on y trouve, en outre, accidentellement de la préhnite, de la datholite, de la laumo-nite, de la chlorite et de la chaux carbonatée lamelleuse.
- Le grès et le trapp forment des bandes parallèles qui courent presque exactement de l’est au sud-ouest : au cap Keweenaw, on voit le grès à droite et à gauche du trapp; à l’île Royale, la côte sud est la seule sur laquelle il existe du grès. Il résulte de celte disposition que le trapp forme deux bandes parallèles. La séparation du grès et du trapp est marquée par un conglomérat que M. Jackson désigne sous le nom de trapp-taff; il est composé de fragments de grès, de trapp compacte, de trapp fondu, d’amygdaloïde, et quelquefois de galets de roches anciennes. Le conglomérat a, dans plusieurs localités, une puissance assez considérable, notamment à Eagle-River; il a été alors considéré à tort comme appartenant au terrain de transition même. Sur sa limite, le trapp est amygdalaire et paraît avoir éprouvé une certaine modification dans sa texture par son contact avec le grès. Les vacuoles sont remplies de chlorite, d’agate, de laumonite, de pecto-lile et de chaux carbonatée lamelleuse, en petits rognons con-crétionnés; leur grosseur varie d’un grain de millet a celle d’une balle de fusil. La surface des amandes de calcaire et d’agate est recouverte d’une couche de chlorite, et Ion ne connaît leur nature qu’en les cassant. On a observé, dans les exploitations de la compagnie dite du lac Supérieur, que lorsque les vacuoles étaient remplies par une amande de chlorite, « il y avait invariablement un grain de cuivre au «centre; sur un autre point, et près des veines de cuivre, « les amandes de cette amygdaloïde étaient remplies d’un
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- « bouton de cuivre ou d’argent natif, ou de ces deux métaux « à la fois. »
- Le cuivre et l’argent natif se trouvent à la pointe de Keweenaw et dans l’île Royale; seulement, dans la formation du trapp, celui-ci forme des veines parallèles qui constituent, par leur ensemble, une zone étroite dans l’amygdaloïde. Quand une veine de cuivre pénètre dans le trapp compacte, elle s’amincit immédiatement et ne présente plus qu’une feuille mince qui ne paye pas les dépenses de l’exploitation. Le grès et le conglomérat forment la limite de la bande métallifère, et lorsque les veines cuprifères ne s’arrêtent pas au contact du grès, la partie qui se prolonge dans cette roche est remplie de calcaire spathique au lieu de cuivre. Il résulte de cette disposition que l’épaisseur de la bande d’amygdaloïde qui existe à la séparation du trapp et du grès indique les limites du terrain dans lequel on doit rechercher les veines de cuivre. Cette épaisseur ne dépasse guère 2,000 pieds en largeur; quant à la profondeur des veines, on ne la connaît pas : M. Jackson suppose qu’elles s’étendent au-dessous des couches de grès.
- A la pointe de Keweenaw, la zone cuprifère peut avoir 120 milles de long ; à l’île Royale, elle s’étend sur toute sa longueur, qui est d’environ 45 milles. La richesse est, du reste, inégalement répartie, et M. Jackson annonce que les recherches nombreuses qui ont été entreprises depuis plusieurs années ont fait connaître presque tous les points où les exploitations peuvent être faites avec avantage.
- Le trapp formant une bande au milieu du grès, il existe sur ses limites longitudinales deux zones d’amygdaloïde. Toutefois on observe une différence très-prononcée dans la richesse en cuivre, ainsi que dans l’état sous lequel il se présente. Cette différence est peut-être en rapport avec la nature du trapp. Le cuivre métallique se trouve principalement dans la zone nord de Keweenaw-Point; dans la zone sud, le cuivre est à l’état de sulfure. Quant au trapp, il présente les caractères d’un porphyre composé d’une pâte de feldspath
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- compacte avec des cristaux de feldspath. A l’exploitation dite de la Belle Mine, qui appartient à la zone sud, la roche de trapp est très-cristalline et ressemble à une syénite,
- Les veines explorées sont au nombre de plus de cent; elles sont, en général, transversales à la bande d’amygdaloïde et offrent sous ce rapport les caractères propres aux liions. Dans les mines dites Copper Fall’s mines, ces veines affectent une direction comprise entre nord 25 à 3o° ouest à sud 25 à3o°est, presque perpendiculaire à la ligne de séparation du trapp et du grès; leur inclinaison est de 70° vers l’ouest. Ces veines ont 18 pouces de puissance; M. Jackson annonce que le cuivre métallique en occupe le quart au moins. Il ajoute qu’il a vu retirer de ces mines une masse de 20 pieds de long, 9 pieds de large et de 4 à 6 pouces d’épaisseur; elle pesait 10 tonnes environ.
- Ces masses de grandes dimensions ne sont pas rares. Pour donner un aperçu de la richesse de ces mines et des dépenses de leur exploitation, M. Jackson annonce, dans un procès-verbal de visite du 26 septembre i848, que pour une année le produit de ces mines a été de 99,994 pounds de minerai, contenant 70 p. 0/0 de cuivre ou 66,495 livres. Ce produit avait été le résultat du travail de 33 hommes, savoir : 20 mineurs et i3 ouvriers.
- Parmi les masses de cuivre retirées de ces mines, il en cite quatre dont les poids sont : 7,018 livres, 7,484, 7,678 et 14,ooo.
- Terrain houiller de la province de Bénarès.
- On exploite la houille dans quatre localités différentes, situées à une petite distance de Mirzapour. Ces mines appartiennent à deux bassins distincts, quoique se présentant avec des circonstances analogues.
- Le premier est situé dans la vallée du Son (Son-River), qui se jette dans le Gange un peu au-dessus de Patna. Les couches affleurent dans la vallée même, et on peut suivre facilement la stratification du terrain.
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- Le second bassin est situé dans la vallée de Damoodah, qui se jette dans le Petit Gange très-près de Calcutta.
- Les houilles qui proviennent de ces deux bassins sont de très-bonne qualité. Les fragmenls exposés dans le Palais de Cristal étaient des espèces de cubes de 4o à 5o centimètres de côté; ils avaient la structure lamelleuse qui caractérise la bonne houille de Newcastle. Us étaient entièrement exempts de pyrites.
- La houille du premier district a été exposée par M. Ha-milton ; elle appartient à une couche de quatre pieds d’épaisseur. La coupe suivante en fait connaître la position dans le terrain houiller :
- Terre végétale et alluvion...................... 3p o
- Grès............................................ 35 o
- Première couche de charbon....................... o 9
- Argile avec empreintes végétales................. 1 6
- Schiste argileux et argiles...................... 4 6
- Deuxième couche de charbon....................... 1 2
- Schiste argileux, grès schisteux micacé, etc.... 20 o
- Troisième couche de charbon exploitée............ 4 o
- Le bassin houiller de Damoodah est situé sous le 84e degré de longitude Est et le 22e 1/2 de latitude Nord. Il commence un peu à l’ouest du point où le Barakur se jette dans la Damoodah et occupe un espace de plus de dix lieues, le long de cette vallée; au nord, il s’étend jusqu’à la rivière Adji (Adji-River), sur les bords de laquelle on voit le terrain houiller affleurer surplus de 2 5 milles de long. Il est compris entre les villes de Nagore et de Bancoorah, la première au nord de P Adji et la seconde au sud de la vallée de Damoodah.
- Il repose sur des terrains cristallins composés de diorite, de gneiss et de micachiste; on voit également dans les collines au nord, sur lesquelles s’appuie directement le terrain houiller, des schistes talqueux contenant de la tourmaline et des chlo-rites schisteuses avec du fer oxydulé. A l’est, il est recouvert
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- par un sable ferrugineux, prolongement de l’alluvion qui forme les plaines du Gange.
- Des recherches étendues ont été faites par la compagnie houillère duBengale {Bengale Coal company) et parMM.Erskine et Cie.
- Les recherches de M. Erskine ont eu lieu principalement dans le voisinage de Bucktennuggur et de Mungulpore; elles ont fait connaître cinq couches de charbon ayant ensemble une épaisseur de 22 pieds, ainsi que l’indique la coupe suivante, que l’on observé dans un de ses puits :
- Grès blanchâtre et brun à grains fins, composé de quartz,
- de feldspath et de mica...................... n^o
- Grès schisteux micacé............................ 2 o
- Première couche, charbon schisteux, dit top-coal. . 6 o
- Schiste noir très-charbonneux.................... o 4
- Deuxième couche, charbon de la meilleure qualité,
- best-coal..................................... 8 4
- Schiste noir avec impressions végétales.......... o 1
- Troisième couche, charbon schisteux................ o 6
- Schiste noir charbonneux......................... o 1
- Quatrième couche, charbon de bonne qualité, good. 4 6
- Schiste charbonneux avec impressions végétales. . o 8
- Cinquième couche, charbon........................ 2 6
- Ces couches ont été recoupées par plusieurs autres puits, mais elles ne paraissent former qu’une partie de la richesse houillère de ce bassin : en effet, un puits ouvert à moitié chemin de Mummudpore et de Dussul par la Dhaba company a fait connaître trois autres couches, dont l’une a dix pieds de puissance.
- En résumé, un comité chargé par le Gouvernement de s’assurer de la richesse du bassin houiller de Damoodah et de la possibilité de le relier à Calcutta par un chemin de fer a reconnu que la houille exploitable avait une épaisseur d’au moins 54 pieds, savoir :
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- A Mungulpore............................. 20 pieds.
- A Khantagurreah.......................... 10
- A Mummudpore............................. 24
- Total.......... 54 pieds.
- Fabrication du fer aux Indes.
- Parmi les objets exposés.par la Compagnie des Indes, on remarque, sous le titre de produits minéraux, des collections du travail du fer dans le Salem, et sous celui de fabriques diverses, un modèle de forge avec tous ses accessoires provenant de la même province. Le nombre et la position des ouvriers sont indiqués avec soin dans ce modèle, en sorte qu’il fait connaître la manœuvre du travail ; il en résulte qu’en rapprochant ces deux genres de documents, on prend une idée suffisamment exacte du travail du fer dans le Salem. Leur examen nous a permis d’en faire une description sommaire, par laquelle nous terminerons ce paragraphe.
- La fabrication du fer aux Indes se compose de deux opérations distinctes: la formation de loupes qui pèsent au plus 10 kilogrammes; puis l’affinage, ou plus exactement le soudage de ces loupes, pour en obtenir des barres méplates de 2 5 à 3o centimètres de longueur. Ce fer est toujours aciéreux; quelques barres sont même complètement à l’état cl’acier. Il résulte de ces indications que le travail du fer au Salem est analogue à celui des forges catalanes; la différence consiste dans la petite échelle sur laquelle il est exécuté.
- On peut apprécier les dimensions des forges du Salem par celles des loupes qui font partie de la collection des produits de ces forges. Le modèle dont nous avons parlé complète ces données ; en supposant en effet que toutes les parties soient en proportion, on peut calculer les dimensions des foyers et des appareils en prenant pour échelle de comparaison la grandeur des ouvriers.
- On trouve, par cette évaluation, que le foyer, qui est rond et creusé dans le sol, a de 45 à 5o centimètres de diamètre;
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- il est entouré d’un bourrelet en terre de i5 centimètres environ de hauteur : c’est dans ce bourrelet qu’est pratiquée la tuyère, alimentée par deux soufflets dont la forme est à peu près celle d’une outre. Les dimensions des loupes font supposer qu’on n’en obtient qu’une par chaque opération; des barres placées sur les parois du foyer, et qui entrent en partie dans le charbon, montrent qu’on forge en» même temps qu’on obtient la loupe. Deux forgerons complètent, avec l’ouvrier qui fait mouvoir les soufflets, le personnel de ces petits ateliers. On forge exclusivement à la main.
- Le minerai, qui est principalement du fer oligiste métalloïde, est concassé en fragments au plus de la grosseur cl’une noix; la plus grande partie n’ont même que les dimensions d’une noisette.
- Les forges du Salem ne paraissent être que des espèces de forges de campagne, que l’on transporte d’un lieu à l’autre.
- La collection contient en outre des culots d’acier fondu de 5 à 6 centimètres de diamètre : cet acier est le wootz, si célèbre dans les Indes pour la confection des armes damassées. Rien ne rappelle d’une manière directe le procédé que l’on suit pour sa fabrication; toutefois on ne peut douter, par la forme des culots, qu’ils n’aient été obtenus dans des creusets brasqués.
- VI. NOMS DES EXPOSANTS FRANÇAIS
- QUI ONT OBTENU DES MEDAILLES OU DES MENTIONS À LA T° CLASSE DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE LONDRES.
- Description sommaire des procédés ou des objets pour lesquels ces'récompenses ont été accordées.
- Nous avons suivi, dans l’énumération des personnes qui ont obtenu des récompenses, l’ordre adopté dans le courant de ce rapport pour les differentes branches de l’industrie minérale qui ont été représentées à l’Exposition de Londres ; toutefois, le petit nombre d’exposants se rapportant aux i"jury. t io
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- mêmes industries nous a quelquefois empêchés de suivre ce classement.
- Nous rappellerons d’abord, en commençant celte énumération, que deux grandes médailles [council medals) ont été obtenues par des exposants français1 :
- La première par M. Bérard , pour son appareil pour séparer de la houille les matières étrangères quelle contient, telles que les pyrites et le schiste;
- La seconde par MM. Estivan frères, de Givet, pour les dimensions et la belle exécution de leurs objets en laiton, laminés et battus.
- Appareil pour l’extraction du charion, ainsi que pour la remonte des ouvriers, par M. J.-M. Méhu, ingénieur des mines d’Anzin, n° 627 de la France.
- On a établi depuis quelques années en Allemagne, en Angleterre et en Belgique des appareils destinés à la remonte et à la descente des ouvriers; ils ont pour but d’éviter aux ouvriers mineurs la fatigue excessive qui résulte pour eux de la circulation par le moyen d’échelles verticales placées dans les puits d’une grande profondeur, ainsi que les dangers de la descente et de l’ascension par les tonnes.
- Ces appareils consistent en un système de deux tirants en bois placés dans le même puits en regard l’un de l’autre, s’équilibrant mutuellement, et auxquels une machine imprime un mouvement rectiligne alternatif. A chacun des deux tirants sont fixés de petits planchers horizontaux, distants entre eux d’une longueur égale à deux fois l’amplitude d’une excursion; lorsque les tirants arrivent, l’un à la limite supérieure, l’autre à la limite inférieure de son excursion, les planchers fixés à l’un et à l’autre se trouvent en regard; l’ouvrier qui s’est placé sur le plancher ascendant, pour arriver au jour, passe, pendant la durée très-courte de l’arrêt qui a lieu au point mort, sur le plancher opposé, qui se trouve alors à son
- 1 Voir ia description de l’appareil de M. Bérard et des objets exposés par MM. Estivan, ci-dessus pages 62 et 68.
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- niveau et sur lequel il est élevé à une hauteur égale à l’amplitude de l’excursion des tirants. Là il repasse sur le plancher fixé au premier tirant, pour être élevé de nouveau d’un étage, et ainsi de suite. Une des plus belles machines de ce genre est celle que M. Abel Waroqué a établie sur un des puits des mines de houille de Marimont, situées entre Mons et Charleroi.
- Ces appareils constituent déjà une grande amélioration dans l’exploitation des mines; mais ils présentent un inconvénient grave, qui consiste dans l’impossibilité% d’opérer l’extraction des minerais par le puits sur lequel ils sont établis.
- M. Méhu a construit une machine analogue, qui sert à la fois à l’extraction des minerais et à la circulation des ouvriers ; elle est en activité depuis trois ans sur la fosse Davy aux mines d’Anzin, et cette longue expérience en a constaté tous les avantages. Cet ingénieur a remplacé dans son appareil chacun des deux tirants en bois par un couple de tirants jumeaux pourvus de taquets à loqueteaux, sur lesquels reposent les chariots d’extraction montants et descendants. Un de ces couples de tirants sert à élever les chariots pleins, tandis que l’autre couple sert à descendre les chariots vides. Sur l’une et l’autre ligne les chariots sont élevés ou descendus par relais successifs, séparés par des intervalles de repos, pendant lesquels ils restent déposés sur les taquets ou loqueteaux fixés aux parois du puits et disposés par étages à des intervalles un peu moindres que l’amplitude d’une excursion des tirants.
- Pour la descente ou la remonte des ouvriers, ceux-ci se mettent sur des planchers mobiles qui tiennent la place des chariots d’extraction; les mouvements de descente et d’ascension s’opèrent de la même manière. La profondeur du puits Davy, sur lequel a été construite la machine de M. Méhu, est de 7 o mètres. Les tirants parcourent à chaque excursion i5m,4o8,
- Le Jury, considérant que la machine de M. Mehu est destinée à rendre de grands services à l’exploitation des mines, a accordé à son auteur une médaille de prix (price medal).
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- N° 229. MM. Gallichet et Cie, -propriétaires des forges de Bigny, département du Cher. — L’exposition des forges de Bigny consiste en fer marchand de différents échantillons et en fil de fer de numéros variés ; les fers et les fils ont été reconnus de première qualité. Une médaille de prix a été accordée à M. Gallichet pour la beauté de ses produits.
- N° 1071. M. A. Baudry, propriétaire de l’aciérie d’Athis-Mons, département de Seine-et-Oise. —L’aciérie d’Athis-Mons, dont la construction remonte à 1823, comprend deux fours de cémentation, ainsi que les fours et les appareils nécessaires pour le réchauffage, le laminage et le corroyage de l’acier; sa production annuelle est d’environ 200 tonnes. Sa principale fabrication consiste en acier pour ressorts ; cependant' M. Baudry commence à fabriquer des aciers pour la coutellerie. Ces différents aciers sont en partie faits avec du fer de Suède; il emploie les meilleurs du 3e rang pour les ressorts et des fers des 1er et 2e rangs pour la coutellerie.
- Les aciers de M. Baudry ont un grain uni et homogène; leur qualité a paru mériter au propriétaire de cet établissement une médaille ordinaire.
- Des mentions honorables sont accordées
- AM........... propriétaire des forges de Bruniquel, département
- du Lot, qui a exposé, sous le n° 1216, des fers de différents échantillons reconnus de bonne qualité;
- A MM. Morel frères, de Charleville, qui ont exposé, sous le n° 1666 , une collection de poteries en fonte, dont un grand nombre sont recouvertes intérieurement d’une couche d’émail;
- A MM. Dietrich, de Niederbronn. —L’exposition faite par MM. Dietrich, sous le n° 188, se compose principalement de fontes moulées; ces objets appartenant à une autre classe * le Jury de la première classe n’a pas pu accorder de médaille à ces maîtres de forges, tout en reconnaissant la supériorité de
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- leurs produits. Il a remarqué en premier lieu un Christ de im,5o de hauteur, en ronde-bosse, qui atteste les soins apportés au moulage dans cet établissement; en second lieu, une collection de clichés pour la lithographie qui constitue une application toute nouvelle de la fonte à Part de graver sur la pierre avec la machine. Par l’intermédiaire de ces clichés, on reproduit sur la fonte des moulures très-fines; sous ce rapport spécial, les fontes justement célèbres dites de Berlin sont égalées par MM. Dietrich.
- Par la machine à graver, on obtient avec ces clichés des vignettes délicates, dont la contrefaçon semble devoir être difficile; on en tire parti déjà pour tracer des fonds de mandats et de lettres de change.
- On est parvenu à Niederbronn à donner à la fonte beaucoup de douceur, de ténacité et de flexibilité, et MM. Dietrich ont exposé une plaque de fonte de plus d’un mètre de longueur qui est très-flexible. Ces maîtres de forges pensent que, pour quelques usages au moins, ces plaques de fonte pourraient être substituées à la tôle.
- N° 23o. MM. Gandillot et Cie, rue Bellefond, n° 49, à Paris (fers creux et tuyaux). — L’exposition de M. Gandillot était composée de deux parties distinctes : l’une, de tubes dits légers, destinés à la confection de travaux de bâtiments , d’ameublements et autres objets qui n’exigent pas que la soudure des tubes soit imperméable; l’autre, de tuyaux proprement dits, dont la soudure imperméable peut supporter une pression de beaucoup supérieure à quinze atmosphères : ces derniers tuyaux sont employés dans la construction des calorifères, à la conduite du gaz ainsi qu’à la confection de serpentins pour des usines chimiques.
- Ces tuyaux, suivant les usages auxquels ils sont destinés et la pression qu’ils doivent supporter, sont exécutes par des procédés differents.
- Les tubes ordinaires, qui ne doivent résister qua une pression de quinze à vingt-cinq atmosphères, sont soudes au
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- blanc soudant, par juxtaposition, dans une série de trois à cinq filières décroissantes. Le degré de résistance de la soudure dans ces tubes dépend de leur plus ou moins d’épaisseur.
- Pour des usages qui demandent une pression beaucoup plus grande, M. Gandilîot fait des tubes doubles, qu’il appelle sans soudure. Pour exécuter cette sorte de tubes, il dispose deux tubes ordinaires de telle façon, que l’un puisse entrer dans l’autre à frottement; il introduit le plus petit dans le plus grand, en opposant les soudures, et dans cet état, il les soumet à l’étirage, à la température du blanc soudant, et par une série de filières décroissantes, jusqu’à ce que le diamètre du tube extérieur soit devenu moindre que celui du petit tube qu’il contenait : par cette disposition, le tube intérieur s’est soudé et en quelque sorte incorporé avec le tube extérieur de manière à ne plus faire avec lui qu’un seul et même tube, qui dès lors est sans soudure.
- Lorsqu’on introduit de force un mandrin dans un tube ainsi fabriqué, il se déchire en un point quelconque de la circonférence et non suivant le sens de la soudure du tube extérieur; si l’on répète cet essai sur des bouts différents d’un même tube qu’on avait sciés d’avance, on remarque qu’à chaque essai la déchirure prend yne direction différente : la mesure de résistance à assigner à ce tube est donc celle d’un fer d’égale épaisseur.
- M. Gandilîot a joint à son exposition des fragments de tubes essayés qui montrent qu’effectivement la déchirure a lieu suivant des directions variées. Pour quelques industries, notamment pour la révivification du noir animal, où la vapeur doit être surchauffée, les tubes dits sans soudure ont parfaitement réussi; M. Gandilîot a donc rendu service à l’industrie en mettant à sa disposition des tubes capables de supporter des pressions considérables : le Jury lui a accordé une médaille de prix.
- N° 531. MM. Groult et Cie, rue Frépilîon, n° 9, à Paris. — Fabrique de tubes en laiton de tous les diamètres compris
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- entre om,ooi et om,i5o, et dont les épaisseurs sont tellement graduées, que tous ces tubes peuvent s’emboîter avec précision les uns dans les autres; de tubes pour impressions d étoffés et pour lunettes télégraphiques et de tuyaux pour locomotives.
- Le jury a remarqué avec intérêt, parmi les produits exposés par M. Groult, des tubes tordus, que cet ingénieux fabricant obtient en combinant le travail ordinaire du tréfilage avec une rotation régulière imprimée à l’outil principal de cette opération. Ce genre de tube se déchire moins facilement que les tubes unis; ils commencent à être employés, sous le nom de tubes cordes, aux appareils d’éclairage.
- Une médaille de prix a été accordée à MM. Groult et Cie.
- N° 476. M. Deyeux , à Liancourt ( Oise ). — Creusets pour la fusion des métaux.
- Les creusets fabriqués par M. Deyeux se divisent en deux catégories distinctes, suivant les usages auxquels ils sont destinés : les uns, propres à la fusion du bronze, du cuivre, de l’or et de l’argent, sont marqués des lettres A D; les autres, spécialement fabriqués pour la fusion de la fonte ou de l’acier, portent le n° 28.
- Ces creusets sont employés depuis plus de dix ans ; des certificats joints aux objets exposés, et signés de M. le baron Thénard, de MM. Barruel, Darcet et Despi etz, constatent la bonne qualité de ces creusets. Le Jury, qui n’a pu se livrer à des essais, a été heureux d’avoir, pour se guider dans son jugement, l’opinion de savants si compétents : il a accordé une médaille à M. Deyeux.
- N° 1680. M. J.-F. Poulet, rue Pierre-Levée, n° 12, à Paris. Manufacture de plomb filé. —M. Poulet a eu l’heureuse idée d’appliquer le plomb filé à l’usage des jardins. L’inaltérabilité de ce métal sous les influences atmosphériques le rend préférable , dans beaucoup de cas, à l’emploi des liens d’origine végétale; on remarque parmi les produits exposés des fils très-tenaces, dont le diamètre est inférieur à om,ooo6.
- Le Jury a accordé une médaille à M. Poulet.
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- N° 162. MM. Dervillé et Cie, quai de Jemmapes, n° 36, à Paris. Marbres.—L’exploitation des marbres, si longtemps prospère en France et notamment sous les règnes de Louis XJV et de Louis XV, avait été délaissée depuis le commencement de ce siècle. L’Italie a presque exclusivement, depuis cette époque, le monopole des marbres statuaires, et la Belgique fournit la plus grande partie des marbres employés en France pour l’ornementation des maisons particulières; cependant, depuis quelques années, on a repris, sous l’influence du Gouvernement, un grand nombre d’exploitations abandonnées, notamment dans les Pyrénées et dans les Vosges.
- L’exposition de M. Dervillé a pour objet plus spécial les marbres des Pyrénées ; sa collection, qui contient plus de cent plaques de quatre décimètres de hauteur, en offre au moins vingt espèces, parmi lesquelles on remarque le marbre Cam-pan, le marbre griotle, le marbre lamachelle et le marbre blanc de Saint-Béat.
- Ces marbres sont très-remarquables par la variété de leurs couleurs et la beauté de leur poli. Le marbre Campan offre aussi un intérêt géologique particulier par la multitude de goniatites qu’il renferme ; celles-ci se fondent souvent avec la pâte de marbre : cette disposition témoigne de l’altération profonde que ces calcaires ont dû éprouver à une certaine époque, et vient à l’appui de la belle théorie du métamorphisme.
- Le Jury, prenant en considération les différentes circonstances qu’on vient de relater, a accordé une médaille à M. Dervillé.
- N° i564. M. Colin, marbrier, à Ëpinal. — Les marbres des Vosges, à l’exploitation desquels M. Colin s’est spécialement livré, prennent un beau poli, mais leurs couleurs sont moins agréables que celles des calcaires des Pyrénées. Ce marbrier a également entrepris l’exploitation des granités, des syénites, des porphyres et des diorites, si variés dans les Vosges. Ce sont principalement ces belles roches qui ont fixé
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- l’attention du Jury et l’ont engagé à donner une médaille à M. Colin. Parmi ces roches dures, difficiles à scier et à polir, le Jury a remarqué une belle plaque de granité à grands cristaux de feldspath rose de 2m,5o de longueur sur om,45 de largeur, d’un très-beau poli; malheureusement cette plaque avait été fendue dans le transport. 1
- N° 532. MM. Gueuvin , Bouchon et Ck. Meules de la Ferté-sous-Jouarre. — La pierre meulière de la Ferté est un quartz silex carié, présentant un assemblage de pleins et de vides qui lui donnent une grande supériorité pourda confection des meules sur toutes les autres roches, notamment sur les granités et sur les grès. Le grain qui se loge dans les petites cavités de la meule fixe est immédiatement réduit en farine par" la meule tournante. La dureté du quartz molaire est telle, qu’aucune partie de la roche ne se mêle avec la farine. Les qualités de ces meules leur ont obtenu une préférence sur toutes les autres, et elles sont devenues pour les pays d’outremer une branche d’exportation de quelque importance. Il y a peu d’années encore, ces meules étaient d’un prix très-élevé : d’une part, parce que dans l’ancien système de moulins on se servait de meules d’un grand diamètre, et de l’autre, pailla rareté des blocs capables de les donner; enfin, la difficulté que présentait leur exploitation était aussi une source de dépenses qui en augmentaient la valeur. Depuis trente ans environ, on a substitué aux meules d’une seule pièce des meules formées de segments scellés avec du plâtre et réunis ensemble par une bande de fer; ces segments, auxquels on donne le nom de moulage, ont presque entièrement remplacé les meules d’une seule pièce, ainsi qu’on le remarque dans les nombres ci-dessous transcrits. Cette industrie, bien qu’elle se soit développée, qu’elle ait donné lieu à une exploitation plus active, a cependant produit, dans ces dernières années, des bénéfices moindres que dans les années précédentes.
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- Situation de l’exploitation de la pierre meulière de la Ferté,
- en 1837............ 18Ù9.
- 15 paires de meules de 6 pieds,
- ir* qualité, à i,200f........ i8,ooof
- s6o paires id. 2e qualité, à 8oof.. 208,000
- 3oo-------id. 3e qualité, à 6oof.. 180,000
- 300 ------ de 5 pieds, à 3oof.. . 90,000 ) 2,600 ou prix moyen
- 3oO ------ de 4 pieds, à 35of.. . 105,000 ) de 250f la paire. 670,000*
- 190,000 moulages à 3* 5o°.... 685,000 200,000* 700,000
- 1,286,000
- 1,370,000
- Les carrières de Tarterel sont les plus importantes; le nombre d’ouvriers qui y sont constamment employés dépasse 200. La répartition des vides et des pleins, propre à la meulière de cette localité, y est regardée comme très-propice à un bon moulage : aussi les meules de Tarterel sont presque toutes rangées dans la première qualité. L’exploitation et le commerce de ces meules sont concentrés entre les mains d’un petit nombre de personnes. La maison Gueuvin-Bouchon est une des plus importantes. L’exposition qu’elle a faite à Londres, sous le n° 532, page 23i, est très-complète, et donne une juste appréciation de cette industrie : le Jury lui a accordé une médaille.
- Des mentions honorables ont, en outre, été accordées à MM. Gaillard et Roger, qui ont exposé, sous les nos 226 et 1428, des produits similaires de qualités moins supérieures; leurs expositions sont, en outre, moins complètes que celle de M. Gueuvin.
- M.Touaillon, rue Coquillière, n° 12, à Paris: n° i5o8 du Catalogue de l’Exposition. — M.Touaillon a exposé également des meules, mais elles ne sont pas, de sa part, l’objet d’une exploitation; il s’occupe plus spécialement de l’opération désignée sous le nom de rhabillage des meules. Quand les meules sont usées,que toutes les arêtes vives qui servent, pour ainsi dire»
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- d’outils pour raboter le grain sont émoussées, il les remet à neuf par un repiquage; il exécute cette opération avec une machine de son invention d’une grande simplicité et d’un prix peu élevé. Le Jury a accordé à M. Touaillon une mention honorable pour le double objet de son exposition.
- N° 290. M. Larivière. Ardoisières d’Angers.—Les ardoises d’Angers jouissent d’une grande célébrité; les produits en sont exportés en France partout où la facilité des communications permet de le faire à un prix qui ne soit pas trop onéreux. Dans la plupart des villes de la vallée de la Loire, des vallées de la Seine et de la Marne, les maisons sont en partie couvertes en ardoises d’Angers; il en est de même de beaucoup de villes du littoral, telles que la Rochelle, Rochefort et Bordeaux. Ces ardoises jouissent d’une grande fissilité, ce qui permet de leur donner une très-faible épaisseur, et, par suite, d’apporter une grande légèreté dans les charpentes qui doivent les supporter. Ces ardoises, qui ne contiennent pas de pyrites, offrent, malgré leur peu d’épaisseur, une résistance assez forte à l’altération, ce qui donne aux toitures en ardoises d’Angers une longue durée; elles ne sont, en général, détruites que par les ouragans, qui, soulevant les feuilles, les projettent à des distances plus ou moins considérables ou les brisent par le choc des unes contre les autres.
- L’exposition des ardoises d’Angers à Londres ne répond pas à la juste réputation dont elles jouissent, et sans vouloir établir de comparaison entre les produits cle même nature, le Jury l’a trouvée bien inférieure à l’exposition des ardoises du pays de Galles; il a accordé une mention honorable à la compagnie des ardoisières d’Angers, représentée par M. Larivière.
- N° 448, MM. Chapon et Pelon; n° i344, MM. Maix et Cie. — Des mentions honorables ont été accordées à ces deux maisons du Vigan pour les pierres lithographiques qu’elles ont exposées. Ces pierres, qui proviennent des couches supérieures du lias, dites marnes à hélemnites, sont de bonne qualité; il
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- y a déjà plusieurs années qu’elles sont dans le commerce : plus de douze mille pierres sont exploitées chaque année au Vigan, et cette expérience, faite sur une large échelle, a constaté que la pierre du Vigan pouvait, dans certains cas, soutenir la comparaison avec celle de Pappenheim.
- N° 688, M. Pouyat; n° io5i, M. Alluacd aîné, fabricants de porcelaine, à Limoges. — Ces deux fabricants ont ajouté à leur exposition de porcelaine blanche des kaolins et des pegmatites qu’ils emploient dans la préparation de leur terre à porcelaine ou de leur couverte. Les objets fabriqués ne pouvant pas être examinés par la Ire classe, c’est seulement pour la beauté de leurs produits naturels et pour le soin qu’ils apportent à leurs exploitations que le Jury a décerné à M. Pouyat et à M. Alluaud une mention honorable.
- Nous devons ajouter que le kaolin de Limoges est considéré depuis longtemps comme le meilleur connu; que la supériorité de la porcelaine blanche de Limoges, dont il se fait une exportation considérable, notamment aux Etats-Unis, est due à la pureté de cette argile. M. Alluaud aîné est, en grande partie, le promoteur de cette belle industrie, par la découverte de gisements considérables de kaolin qu’il exploite et dont il livre les produits aux autres fabricants de porcelaine.
- N° 1597. M. Éloffe, naturaliste, à Paris. — M. Élofïe a exposé :
- i° Une collection de géologie agricole;
- 2° Une collection générale de géologie technologique ;
- 3° Deux tableaux intitulés : Epoques géologiques, où toütes les formations sont caractérisées par les minéraux, les roches et les fossiles qui leur sont propres ;
- 4° Une collection de minéralogie dite de voyage, composée de seize cents échantillons rangés dans deux boîtes à compartiments et classés d’après le Traité de minéralogie de M. Dufrénoy ;
- 5° Deux petites collections de minéralogie et de géologie
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- de cent cinquante échantillons chacune, destinées aux étudiants.
- La Collection de géologie agricole a pour objet de faire connaître les matières propres à servir à l’amendement des terres et qui se trouvent en quantité telle, que le bas prix permette de les utiliser à cet important usage : elle contient une cinquantaine de ces roches environ. L’auteur de la collection, M. Boubée, affirme que la plupart se troùvent en gîtes inépuisables ; leur usage est indiqué par un rapprochement ingénieux qui consiste à mettre en regard les roches qui, par leur destruction, donnent les terres qu’il s’agit d’amender et les roches qui fournissent les amendements qui leur sont propres.
- La Collection générale de géologie technologique est accompagnée d’un grand tableau synoptique qui lui sert de catalogue. Ce tableau, intitulé : Ensemble des matériaux dont le globe terrestre est formé, est rédigé par M. Boubée; le Jury a dès lors considéré que ce géologue est également le véritable auteur de cette collection.
- On y trouve successivement les minéraux employés dans la préparation des métaux, ceux qui servent dans l’architecture, les travaux hydrauliques, le pavage, la lithographie et les autres arts dont les matières premières sont empruntées au règne minéral.
- L’intérêt que présente ce tableau a engagé le Jury à accorder une mention honorable à M. Boubée, bien que ce tableau ne soit pas mentionné dans le Catalogue officiel de l’Exposition sous un numéro particulier; il a également accordé une mention honorable à M. Éloffe pour l’ensemble de ses collections.
- Le Jury n’a pas cru devoir décerner une médaille, soit à M. Boubée, soit à M. Éloffe, parce que les idées représentées par les collections, et même par le tableau sur les amendements, n’ont pas encore reçu la sanction de l’expérience; dans des questions qui touchent à des intérêts considérables, et qui peuvent avoir des conséquences si graves, il faut qu’une
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- longue pratique ait fait connaître l’usage des amendements, avant de les recommander aux agriculteurs.
- Des mentions ordinaires, ou secondes mentions, ont été accordées aux exposants dont les noms suivent :
- N° 119. M. Chenot. — Fer et acier produits par le moyen d’éponges métalliques. *
- N° 211. M. Louis Fiolet, de Saint-Omer. — Argiles diverses pour la fabrication des poteries fines et grossières.
- N° y58. M'A. Bazin, pour son exposition d’un tripoli, dit tellurine, espèce de dépôt siliceux très-fin provenant des mines de Marsanne, dans le département de la Drôme.
- N° 835. M. Favrel, pour le battage des feuilles d’or.
- N° 915. M. Maëhly, pour un modèle d’appareil destiné à la distillation des huiles de schiste.
- N° 1693. M. Séguin, marbrier, rue d’Assas, à Paris.
- La plupart des objets exposés par M. Séguin sont sous forme d’ornements sculptés; le Jury n’a pu examiner que les marbres bruts, sciés ou polis.
- Nous croyons devoir dire quelques mots surlesobjets exposés par M. Chenot et sur l’appareil de M. Maëhly, relatif à la distillation de l’huile de schiste.
- M. Chenot s’est proposé de résoudre un problème très-important, qui a pour objet d’obtenir le fer directement, sans passer par l’intermédiaire de la fonte, ou sans être obligé de faire deux opérations et de fondre les scories comme dans la méthode catalane.
- Pour y parvenir, M. Chenot désoxyde le minerai de fer, maintenu en vase clos, à une température rouge sombre par le contact de gaz réducteurs; il obtient ainsi des fers poreux, qu’il désigne sous le nom d'éponges métalliques. M. Chenot espère pouvoir les réunir en un massiau par la simple compression , opérée à la température ordinaire pour le forgeage.
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- Jusqu’à présent les espérances de M. Chenot n’ont pas été couronnées de succès; s’il avait réussi à obtenir du fer en barres par ses procédés, il aurait obtenu une récompense beaucoup plus élevée. La mention qui lui a été accordée est en considération de propriétés remarquables dont jouissent ses éponges métalliques; échauffées par la simple flamme d’une allumette, elles brûlent avec flamme, et le fer se transforme en oxyde. La facilité avec laquelle ces éponges s’oxydent fait que, mélangées avec de certains corps et humectées, elles donnent un ciment très-solide.
- L’appareil de M. Maëhly pour la distillation de l’huile de schiste consiste en une espèce de caisse en tôle que l’on place dans une moufle, en la faisant glisser sur un petit chemin de fer qui se prolonge jusque sur la sole de la moufle. Dans cette caisse sont placées horizontalement des plaques de tôle espacées les unes des autres d’un décimètre environ, et formant une espèce d’étagère. Ces plaques de tôle sont destinées à recevoir les schistes que l’on veut distiller; elles ont pour effet d’égaliser la température dans toute la cornue. Les schistes sont alors tous exposés au même courant d’air chaud, et l’huile se distille dans les mêmes conditions. Par cette disposition , il n’y a pas de schistes calcinés, tandis qu’un certain nombre d’autres n’éprouvent qu’une température insuffisante.
- Lorsque la distillation est terminée, on enlève la caisse chargée des schistes calcinés et on en substitue immédiatement une autre. M. Maëhly considère que cette disposition apportera une grande économie dans la dépense de combustible, attendu qu’on n’est pas obligé de laisser refroidir le fourneau à chaque opération, comme avec l’emploi des cornues ordinaires de distillation.
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- Les explorations entreprisés sur le sol de l’Algérie depuis douze ans par les ingénieurs des mines charges de ce ser-
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- vice et par plusieurs sociétés industrielles ont démontré l’existence d’un grand nombre de gîtes métallifères. L’exploration de ces gîtes n’est pas encore assez complète pour qu’on puisse assurer que leur exploitation sera lucrative; mais beaucoup d’observations tendent à le faire espérer.
- En i85o, le Gouvernement avait déjà fait la concession de huit mines métalliques, dont quatre dans la province de Constantine, qui ont pour objet des minerais de fer riches et de bonne qualité; la difficulté de se procurer des combustibles en abondance, et à un prix modéré, a été jusqu’à présent un obstacle pour mettre ces mines en valeur; une seule usine a été créée près de la concession de Mébouja, aux environs de Bône.
- Les quatre autres concessions sont situées dans la .province d’Alger; elles ont été instituées sur des gîtes de cuivre et de plomb. Ce sont les concessions de Mouzaïa, du cap Ténez, de l’Oued-Alleah et de l’Oued-Taffilès.
- Les mines de Mouzaïa comprennent trois groupes de filons, composés de baryte sulfatée, de fer carbonaté et de cuivre gris; elles sont situées sur le versant méridional des premières montagnes de l’Atlas, au nord de Médeah. On exploite ces mines depuis i844;à de certaines époques, elles ont employé jusqu’à 600 ouvriers.
- Les filons de Ténez ont une composition toute différente: le minerai qui les constitue est de cuivre pyriteux; la gangue est une dolomie ferrifère, mélangée des argiles encaissantes. Ces filons sont exploités depuis deux ans; ils sont remarquables par leur grand nombre, mais leur allure irrégulière et encore mal connue rend les travaux préparatoires très-coûteux.
- Les filons du cap Ténez, de même que ceux de Mouzaïa, sont encaissés dans des grès et des argiles crétacées qui paraissent correspondre aux macignos de l’Italie.
- Les mines de la Calle sont ouvertes sur un beau filon de galène argentifère, mélangée d’une argile ferrugiueuse argentifère; sa gangue est quartzeuse.
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- MINES, OPÉRATIONS MÉTALLURGIQUES, ETC. 161
- Ce filon, exploité avec activité depuis deux ans, a déjà donné des produits assez importants.
- La province d’Alger, où sont situées ces mines, est, comme celle de Constantine, peu riche en combustible; mais ici les minerais ont plus de valeur et peuvent facilement supporter les frais de transport sur le continent : déjà deux usines sont construites dans les environs de Marseille pour le traitement des minerais de cuivre et de plomb provenant de ces gîtes. Le riche bassin houiller d’Alais offre à ces usines les conditions les plus favorables, et il y a tout lieu d’espérer qu’elles deviendront florissantes dans un avenir assez prochain.
- Le Jury, pour témoigner tout l’intérêt qu’il porte au développement de l’industrie minérale de l’Algérie, a accordé une première mention et quatre mentions ordinaires aux produits exposés, savoir :
- Une mention* honorable à la Compagnie des mines et des forges de Bone , pour les aciers de forge et les aciers fondus produits de sa fabrication;
- De simples mentions :
- A M. Beauregard, de Philippeville, pour les minerais de fer du mont Fillilah qu’il a exposés;
- A la Commission des mines de Moüzaîa, pour les minerais de cuivre gris;
- A la Commission des mines de la province d’Alger, pour les minerais divers de cuivre, de plomb et de fer;
- A la Commission des mines de la province de Constantine , qui a exposé une collection géologique de la province et des minerais divers.
- Les concessionnaires des mines de l’Algérie ont fait depuis 1801, époque à laquelle remonte l’Exposition de Londres, des travaux de recherches et même d’exploitation d’un grand
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- 162 l" JURY.
- intérêt; iis ont justifié en partie ies espérances que le Jury de Londres avait exprimées. La voie sérieuse dans laquelle les propriétaires de mines sont entrés donne tout lieu de penser que l’industrie minérale de l’Algérie se développera en même temps que son industrie agricole.
- FIN.
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- TABLE DES MATIÈRES.
- Pag.
- Composition du P'jury................................................. 1
- Considérations préliminaires..................................... 2
- Tableau général des exposants et des récompenses du Ier Jury..... 9
- I. Hoüille, fer et acier............................................ 10
- Usines à fer de la France.................................... 12
- Mouvement de la fabrication de la fonte depuis 1819 jusqu’en
- 18^7......................................................... *4
- -----------de la fabrication du fer......................... Ibid.
- -----------des prix de fabrication de la fonte et du fer... 15
- Prix de fabrication d’une tonne de fonte en Angleterre..... 19
- -----------------d’une tonne de fonte au charbon de bois en
- France....................................................... 20
- -----------------d’une tonne de fer en Angleterre.......... 22
- -----------------du fer au charbon de bois en France....... 2 3
- Fabrication d’une tonne de fonte au coke en France......... 2 5
- -----------d’une tonne de fer à la houille avec de la fonte à la
- houille...................................................... 26
- Forges et usines à fer de l’Angleterre......................... 27
- Usines à fer de la Belgique.................................... 3o
- -----------de l’Allemagne.................................. 31
- —.---------marchant au ligneux............................... 33
- Puddlage exécuté avec du ligneux............................... 36
- Fabrication du ligneux........................................ 46
- Frais de production du ligneux................................. 49
- De l’acier................................................. ^1
- Procédé de M. Brockdon pour rendre adhérente la poussière de
- graphite, dhe mine de plomb.. . ......................... ^4
- II. Cuivre ; cuivrejaune et étain...............................
- Importation des cuivres en France, de i83i à 1853.......... 69
- Traitement des minerais de cuivre............................ 73
- Étain......................................................... 77
- Quantités de cuivre obtenues dans les usines du pays de Galles
- pendant les années i844 à i85o............................... 79
- Produit du minerai d’élain flans le Cornouailles pendant 1 année 1849.......................................... ^l(J"
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- \0k TABLE DES MATIERES.
- Pag.
- III. Plomb; argent; or; zinc; platine; mercure et autres métaux.. 8o
- Production du plomb en Angleterre.......................... 82
- Séparation de l’argent du plomb par cristallisation........ 83
- Condensation des vapeurs sulfureuses et métalliques........ 85
- Argent......................................................... 86
- Production des mines d’argent pendant l’année i85i......... 88
- Des filons d’argent............................................ 89
- Traitement des minerais d’argent.............................. q3
- De l’exploitation.............................................. 96
- Or............................................................ 100
- Or d'alluvion................................................. 102
- Lavages d’or de la Russie..................................... io5
- Mines d’or de la Californie................................... 107
- --------- de l’Australie................................... 115 '
- Résumé sur la production dé l’or............................. 118
- Tableau général de la production de l’or pour l’année i852 . . . 119
- Comparaison entre la production de l’argent et celle de l’or;
- conséquences qui en résultent............................. Ibid.
- Production des métaux précieux au commencement de ce siècle. 120
- Produits des métaux précieux eni846........................... 121
- Council medal accordée pour la séparation de l’or des pyrites
- aurifères.................................................. 120
- Zinc........................................................ Ibid.
- IV. Roches et minéraux propres à l’amendement des terres;matériaux DE CONSTRUCTION, MEULES, PIERRES MEULIERES, ETC. ...... 129
- V. Description sommaire de quelques gisements de minerais peu
- connus....................................................... i33
- Mines de houille d’Erekli (Héraclée)....................... 134
- -----de cuivre de l’Australie.............................. i36
- Gisements du cuivre au lac Supérieur.......................... i3y
- Terrain houiller de la province de Bénarès................. 141
- Fabrication du fer dans le Salem (Indes orientales)....... j 44
- ---------du wootz dans les Indes. ......................... 14 5
- VI. Noms des exposants français qui ont obtenu des médailles ou
- DES MENTIONS À LA l” CLASSE DE l’ExPOSITION UNIVERSELLE DE
- Londres.—Description sommaire des procédés ou des objets pour lesquels ces récompenses ont été accordées..................... IbuL
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- IIIe JURY
- tIIB
- PRODUITS AGRICOLES ALIMENTAIRES,
- PAR M. LE COMTE DE KERGORLAY,
- SECRETAIRE DE LA COMMISSION FRANÇAISE.
- COMPOSITION DU III0 JURY.
- MEMBRES.
- MM. Edouard de Lode, Président, membre du comité scientifique attaché au ministère des domaines..
- Sir J. P. Boileau, Vice Président.................
- Joseph D. Hooker, botaniste, Rapporteur...........
- le comte Hervé de Kergorlay, secrétaire de la
- commission française du jury central...........
- le D1 J. Lindley, professeur de botanique au collège) . ,
- de l’Université de Londres.....................) 6 erre*
- Ashbel Smitb, planteur au Texas................... États-Unis.
- Russie.
- Angleterre.
- France.
- La III0 section comprenait tous les objets soit du règne végétal, soit du règne animal, qui sont employés comme substances alimentaires (ail substances usedasfoodJ. Cependant, au nombre des objets attribués à la XXIXe section, se trouvaient tous ceux qui sont fabriqués parles confiseurs (confectionary of ail fonds) *, celle-ci a, en conséquence, revendiqué les compotes de fruits, biscuits et .en général les objets dans la préparation desquels^! entrait du sucre: au moyen de cette distraction, le III0 jury n’a eu à s’occuper que de i,45o exposants, dont 55o appartenaient à l’Angleterre et à ses colonies, et 900 appartenaient à 32 pays, qui sont : la France, la Russie, les Ftats-Unis, l’Autriche, la Belgique, la Prusse et les autres
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- 1
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- 2 IIIe JURY.
- États qui constituent le Zollverein, la Bavière, la Saxe, le Wurtemberg, les villes Anséajiques, le Danemark, Francfort, les Pays-Bas, le Piémont, la Suisse, l’Espagne, la Grèce, le Portugal, la Turquie, l’Egypte, Tunis, la Perse et la Nouvelle-Grenade.
- Le jury de la IIIe section s’est réuni quarante fois, a siégé pendant environ deux cents heures, et a rendu toutes ses décisions à l’unanimité ; il a décerné six grandes médailles :
- Une à M. Lawson , marchand de graines à Edimbourg, pour une collection complète de tous les végétaux qui croissent en Écosse. Cette collection, arrangée scientifiquement avec autant d’ordre que de goût, était à elle seule un musée agronomique pour l’Ecosse et doit être regardée comme un modèle qu’il serait intéressant d’imiter dans d’autres pays.
- Une autre grande médaille a été donnée à M. Darblay pour des farines de gruaux et de commerce, qui ont été unanimement reconnues supérieures à toutes celles que renfermait l’Exposition, quoique IWutriche, la Russie et les Etats-Unis en eussent envoyé de très-bonnes et de très belles. M. Darblay produit aujourd’hui plus de 20 millions de kilogrammes de farine par an dans ses vastes usines de Corbeil et de Saint-Maur. Il y a introduit tous les perfectionnements apportés à cette précieuse industrie depuis trente ans. Parmi ces perfectionnements, il en est deux qu’il a appliqués le premier.
- L’un est la substitution de courroies aux engrenages, pour communiquer le mouvement du moteur principal à chacune des meules; le second consiste à donner le mouvement aux meules par en dessus et non.plus par en dessous, ainsi que cela s’était fait jusqu’alors. L’un et l’autre procédés ont pour résultat d’imprimer un mouvement plus doux, plus égal aux meules, et par conséquent de produire une farine plus homogène.
- La supériorité des farines de M. Darblay est reconnue depuis longtemps sur la place de Paris ; elle l’est également en Angleterre, depuis que son marché est ouvert aux produc-
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- PRODUITS AGRICOLES ALIMENTAIRES. 3
- teurs étrangers. Un grand nombre d’étrangers, et notamment des Anglais, sont venus dans ces dernières années visiter ses usines, et ils les ont trouvées établies avec une telle perfection, qu’ils ont cru ne pouvoir mieux faire que de lui demander la permission de les imiter, et plusieurs millions de francs ont été employés à la construction d’usines établies sur ce modèle.
- Les différents perfectionnements introduits soit dans le nettoyage des grains, soit dans les procédés et le mécanisme de la mouture, soit enfin dans le blutage, ont assez augmenté la quantité de la farine extraite du grain et amélioré sa qualité pour que le meunier puisse aujourd’hui payer l’hectolitre de froment deux francs de plus qu’il n’aurait fait il y a quarante ans, et y trouver les mêmes profits dans les mêmes circonstances commerciales.
- La troisième grande médaille a été accordée à M. Numa Grahr, fabricant de sucre à Valenciennes, qui avait obtenu la médaille d’or à l’Exposition française de 1849. Cette médaille lui a été donnée pour l’application du procédé Du-brunfault, c’est-à-dire pour le perfectionnement de la clarification du sucre par le sulfate de baryte.
- La quatrième grande médaille a été donnée à MM. Serret, Hamoir et Cie, fabricants de sucre à Valenciennes, qui avaient obtenu une médaille d’argent à l’Exposition de 1849. M. Serret travaille des betteraves desséchées, ce qui lui permet de faire marcher sa fabrication pendant toute l’année, au lieu de la terminer au moment où, sous l’influence du printemps, la germination des betteraves altère et diminue le sucre qu’elles contiennent.
- M. Serret ^ extrait aussi des mélasses incristallisables tous les produits chimiques qu’elles contiennent. Ainsi, il avait exposé de l’alcool, des sels de potasse et de soude de la plus grande beauté. La valeur de ces produits accessoires vient en diminution du prix de revient du sucre lui-même.
- La cinquième grande médaille a été donnée a M. Masson » jardinier en chef de la Société d’horticulture de Paris, pour
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- 4 IIIe JURY.
- le procédé au moyen duquel il conserve des légumes sans altérer leur goût ni leur fraîcheur.
- Ce procédé consiste à les dessécher dans une étuve à une chaleur modérée, puis à les soumettre à une compression très-énergique, exercée au moyen d’une presse hydraulique. Dans cet état, les légumes se conservent un temps indéfini et peuvent supporter tous les changements de climat et de température, sans éprouver aucune altération. La Société d’horticulture de Paris, la Société centrale et impériale d’agriculture et l’Institut, ont reconnu l’efficacité de ce procédé et proclamé ses avantages en accordant à son auteur des médailles d’or. Le ministre de la marine en a ordonné l’emploi à bord de nos flottes. Pour employer ces légumes, il suffit de les plonger pendant quelque temps dans de l’eau tiède, puis de les faire cuire et de les assaisonner comme s’ils étaient frais, ils ont retrouvé toute leur saveur, toute leur délicatesse. Le jury a reconnu l’importance de ce procédé, qui lui a paru surpasser tous ceux qui ont été employés jusqu’à présent, au point de vue économique, au point de vue de l’efficacité et de la perfection des résultats, enfin au point de vue de la commodité des transports, à cause du très-petit volume auquel ils sont réduits, quelquefois le dixième du volume naturel.
- La sixième grande médaille a été décernée à M. Gail Bor-den, du Texas, pour son méat biscuit, ou biscuit-viande.
- De nombreux essais ont été tentés à diverses époques pour animaliser du pain ou du biscuit. Un homme à qui la chimie et l’humanité ont eu de grandes et nombreuses obligations, M. Darcet, membre de l’Institut, avait fait fabriquer des biscuits gélatineux qui furent employés en i83o dans notre première expédition d’Algérie. A l’Exposition universelle même, ceux de M. Borden n’étaient pas les seuls, mais ils ont été reconnus par le jury avoir une grande supériorité sur les produits analogues auxquels ils ont été comparés.
- Le biscuit-viande s’obtient en faisant bouillir pendant plusieurs heures des masses considérables de viande fraîche et de très-bonne qualité, dans des marmites chauffées à la vapeur.
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- PRODUITS AGRICOLES ALIMENTAIRES. 5
- Le bouillon qu’on en extrait est soigneusement dégraissé puis décanté dans une autre marmite et réduit à une consistance sirupeuse. Dans cet état, on le mêle à de la farine de froment très-pure, dans la proportion de neuf parties contre sept de farine. Puis on prépare la pâle comme du biscuit de mer ordinaire, sans aucune addition de sel, de poivre, ni d’aucune épice ou antiseptique. Quand le biscuit est bien cuit, il supporte indéfiniment les vicissitudes de climat et de température, il en a été présenté au jury qui avait été transporté de New-York à Canton, et de Canton à Londres. Ses qualités nutritives nous ont été attestées par un des membres du jury qui en a fait sa nourriture exclusive pendant un voyage de plusieurs jours. Nous avons su que la marine et l’armée des Etats-Unis en faisaient une consommation importante. Quant au goût, il est tout à fait agréable et ressemble à une semouiile faite avec un consommé très-corsé. Cinq onces anglaises ( i4o grammes) suffisent pour nourrir un homme pendant vingt-quatre heures. De quelle importance serait un semblable aliment pour les expéditions dans lesquelles les soldats sont obligés de porter sur leurs épaules les vivres de plusieurs journées; quelle ressource précieuse il eût été pour les armées alliées, quand elles ont été privées de vivres frais en Crimée !
- MÉDAILLES DE PRIX.
- Je passe maintenant aux médailles de deuxième classe, dites médailles de prix, prize medals.
- CÉRÉALES.
- \ FROMENT.
- L’Angleterre et ses colonies présentent 7 4 exposants de froment; sur lesquels 16 ont été récompensés.
- Après la collection de M. Lawson, qui était la plus complète, le jury a vu avec un vif intérêt une série de io4 va-
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- IIIe JURY.
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- riétés de froments présentée par M. le colonel Lecouteux , de l’île de Jersey, accompagnée d’un tableau indiquant la quantité de grain, de paille et de pain, donnée par chacun de ces froments sur une même étendue de terrain. Le colonel Lecouteux poursuit avec un grand zèle, depuis bien des années, ses études et ses expériences sur la culture du froment. La médaille qu’il a reçue en a été la récompense bien méritée.
- M. Maund a présenté plusieurs échantillons de froment nouveaux obtenus au moyen d’une hybridation artificielle.
- M. Raynbird a fait des expériences analogues qui ont été aussi couronnées de succès.
- Le jury, voulant récompenser des travaux qui peuvent avoir des résultats importants, a décerné une médaille à l’un et à l’autre.
- Les plus beaux froments de toute l’Exposition étaient incontestablement ceux qui venaient de l’Australie du sud et qui étaient présentés par MM. Hallett frères et par MM. Heath et Burrows, facteurs à Londres, qui n’ont pas fait connaître les noms des cultivateurs qui avaient récolté ces grains.
- Sous le rapport de la couleur, de la forme, de la finesse et du poids, de la quantité et de la qualité de la farine, aucun froment du nouveau ni de l’ancien continent ne pouvait leur être comparé : ils pesaient plus de 86 kilogrammes l’hectolitre. L’autour de ce rapport en a cultivé quelques échantillons dans le département de la Manche : ils ont bien réussi et n’ont pas perdu de leur poids cette année; mais, sous le rapport de la couleur et de la finesse de la peau, ils n’égalent pas ceux de l’Exposition de i85i.
- L’île de Van-Diemen, le cap de Bonne-Espérance et l’île de Malte avaient envoyé des blés blancs très-tendres et de fort bonne qualité : cinq médailles leur ont été accordées.
- Un exposant écossais, M. Mac-Killican, et deux anglais, M. Webb, de Calcottfarm, prèsReading, etM. Payne, en ont aussi obtenu.
- La France avait 4 exposants, 3 ont été récompensés.
- M. Bazin (de l’Oise), qui avait obtenu une médaille d’or à
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- PRODUITS AGRICOLES ALIMENTAIRES. 7
- l’Exposition française de 1849, a reçu'une médaille de prix. II avait exposé, non-seulement son blé du Mesnil, variété créée par lui il y a seize ans, mais aussi une collection des plus intéressantes de tous les produits qu’il récolte et fabrique dans sa grande et belle exploitation, et une collection des instruments aratoires qu’il a inventés ou perfectionnés, au nombre desquels il faut citer en première ligne sa charrue fouilleuse,; qui fait un travail plus complet qu’aucun des instruments analogues qu’on trouvait réunis en si grand nombre à l’Exposition de i851. La médaille lui a été accordée pour l’ensemble de son exposition.
- M. Mabire, qui avait obtenu une médaille d’argent en 1849, a obtenu une mention honorable pour des blés étrangers russes et égyptiens cultivés avec succès dans son exploitation.
- M. Magnin , fabricant de pâtes d’Italie de toute espèce et de macaronis à Clermont, avait présenté de magnifiques échantillons des blés étrangers les plus convenables à sa fabrication qu’il a introduits et cultivés dans le Puy-de-Dôme. Il a aussi obtenu une mention honorable pour ces blés.
- M. Lepelletier, cultivateur à Fondouck, en Algérie, a obtenu une médaille pour de très-beau blé blanc et tendre qui a fixé l’attention du jury, comme une preuve de la fertilité de cette province, qui fut pendant longtemps appelée le grenier des Romains, et qui est fécondée de nouveau aujourd’hui par les travaux des colons français. Dans le cours de ce rapport et dans plusieurs autres, par exemple celui qui concerne les produits agricoles employés comme matières premières , on trouvera signalés bien d’autres produits qui en sont des manifestations éclatantes.
- La Russie présentait 12 exposants.
- Le comte Koutcheleff avait envoyé une collection remarquable de la plupart des produits agricoles que le sol russe fournit sous le climat de Saint-Pétersbourg, froment, seigles, avoines, sarrasin, millet, vesces, graine de lin, pois, gruaux divers, etc.
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- IIIe JURY.
- Il a obtenu une médaille de prix.
- Deux autres ont été accordées, l’une à un excellent blé dur et glacé expédié d’Odessa; l’autre, à un froment grossier (pé-tanielle à barbe bleue), présenté par les Cosaques de la mer d’Azof.
- Deux autres froments ont obtenu des mentions hono- \ râbles.
- Les États-Unis avaient 9 exposants de froment. La Société d’agriculture de New-York avait réuni une collection intéressante de toutes les variétés de froment cultivées dans cet État. Elle a obtenu une médaille de prix.
- Une seconde a été accordée à M. Bell (Thomas ), qui présentait une collection remarquable de tous les produits agricoles qu’il obtient dans son exploitation située dans l’État de New-York, à savoir : de bon blé blanc très-tendre, d’hiver et d’été, des orges, des avoines, plusieurs variétés de maïs, du millet, du sarrasin, du trèfle et d’autres graines fourragères.
- Une autre mention honorable a été accordée à un cultivateur de l’État de Kentucky.
- CÉRÉALES AUTRES QUE LE FROMENT.
- L’Espagne, sur 32 exposants, a obtenu une médaille, l’Égypte, une sur 4 exposants; la Turquie, une. La plus belle avoine et la plus belle orge venaient de l’Australie du sud; elles auraient certainement obtenu des médailles, si elles n’a-vaientpas été présentées par MM. Hallett frères, qui en avaient déjà obtenu une pour leurs admirables froments.
- L’auguste époux de la reine d’Angleterre, S. A. R. le prince Albert, qui a créé dans le parc de Windsor un établissement d’agriculture, avait exposé une avoine d’hiver très-remarquable, des fpveroles charmantes et un très-bon froment. Le jury lui a décerné une médaille pour ces produits.
- Une avoine de Pologne cultivée au Canada et une de Russie, exposée par M. Selivanoff, du cercle de Koutchouk-Portch en ont aussi obtenu.
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- PRODUITS AGRICOLES ALIMENTAIRES. 9
- Une autre avoine russe, de M. Oumkowsky , a obtenu une mention honorable.
- Une mention honorable a été accordée à M. Sheppard d’Ips-wich, Tun des exposants anglais, pour des orges et des maltes.
- Une autre aussi pour une orge à un exposant russe, M. Ropp.
- Une médaille a été accordée à M. Kirtland, des États-Unis, pour une collection intéressante de 34 variétés de maïs.
- RIZ, MILLET, SARRASIN.
- M. Féry, qui a introduit la culture du riz dans les landes de Bordeaux et l’a étendue sur plus de 100 hectares, en avait exposé de comparable au plus beau riz du Piémont. Il a obtenu une médaille.
- Quatre autres ont été accordées : l’une à la Compagnie des Indes, pour une collection de 44 variétés de riz cultivées dans l’Inde ;
- La seconde, à du riz de la Caroline, exposé par M. Heriot, de Charlestown;
- La troisième, à du riz de Valence, en Espagne;
- La quatrième, à du riz de Piémont, exposé par MM. Blondel, Gaston et Cie, de Turin.
- Une médaille a été accordée à un millet remarquable exposé par M. Ershoff, propriétaire russe de Sératoff, district de Kamishinsk, et une mention honorable à un riz sec du Caucase, nommé en Russie chaltick, cultivé àErivan.
- M. Treuholm de Knisey, en Canada, a obtenu une médaille , pour du sarrasin en grain et en farine.
- FARINES.
- SuV 5 exposants de farines de froment, la France en a eu 4 récompensés.
- J’ai déjà fait connaître les titres qui avaient valu à M. Dar-blay la grande médaille.
- MM. Cabanes et Rambié, de Bordeaux, avaient exposé de magnifiques minots, qui ont obtenu une médaille de prix.
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- III* JURY.
- Des mentions honorables ont été accordées : à MM. Leblanc et Miller de Mouroux, près Coulommiers (Seine-et-Marne) ; à M. Cloet, de Lille (Nord), qui, outre des farines, avait exposé de l’orge perlée et diverses pâtes ; à M. Laya et C,e, d’Alger, qui avaient déjà obtenu en 1849 une médaille d’argent, pour de très-belle farine fabriquée à Alger avec des froments indigènes.
- Sur 7 exposants anglais, deux ont obtenu des médailles : M. Chitty, deGuilford, et MM. Kidd et Podger, de Isleworth (Middlesex).
- MM. Buck père et fils, de Middleham, et Jason , de Redhill (Shrewsbury), ont obtenu des mentions honorables, ainsi que M.Walker, de Hobart-Town, dans file de Van-Diemen, et un exposant du cap de Bonne Espérance.
- Un exposant de l’Australie du sud a obtenu une médaille.
- Sur 6 exposants canadiens, un seul M. Simpson, de Bow-manville, a obtenu une médaille.
- Sur 11 exposants des Etats-Unis, deux ont obtenu des médailles, MM. Hecker frères, de New-York, et Raymond et Schuyler, de New-York.
- Sur 7 exposants autrichiens, un seul a obtenu une médaillé, MM. Jordan et Barber, de Teschen sur l’Elbe.
- La Russie n’avait que 4 exposants, elle a obtenu une médaille pour de la farine fabriquée par M. Roussanoff, négociant d’Oecl ; district d’Eletz.
- MM. Buck père et fils, que nous avons déjà cités, ont obtenu une médaille pour du gruau d’avoine; deux autres ont été accordées pour le même produit, l’une à M. Squail de Bowmanville au Canada, et l’autre à M. Mac-Caund, d’Irlande.
- Une mention honorable a été accordée aux moulins d’Os-wégo près New-York, pour de la farine de maïs.
- Une mention honorable a été accordée àM. Ratshinsky, de Smolensk en Russie, pour du gruau de sarrasin.
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- PRODUITS AGRICOLES ALIMENTAIRES.
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- BISCUIT.
- Une médaille a été accordée à du biscuit de mer préparé au Canada.
- M. Violette, directeur de la poudrière d’Esquerde, près Sl-Omer, a obtenu une mention honorable pour du biscuit excellent et cuit au moyen de la vapeur surchauffée; procédé ingénieux dont M. Violette a fait de nombreuses et intéressantes applications, qui lui ont valu une médaille de la IIe section.
- PÂTES D’ITALIE.
- M. Magnin a créé en Auvergne la fabrication des macaronis, vermicelles et autres pâtes de toute espèce, dites pâtes d’Italie; cette industrie occupe aujourd’hui à Clermont 80 fabricants, qui convertissent en semoules 20 millions de kilog. de froment. M. Magnin achète ces semoules et emploie 4oo ouvriers à les convertir en macaronis, etc.; non-seulement M. Magnin a rendu un immense service à l’Auvergne en ouvrant ce débouché nouveau au froment rouge, dur et glacé qui était déprécié par les boulangers, parce qu’il faisait un pain rude, difficile à travailler et d’une couleur désagréable; mais il a tellement perfectionné cette industrie, que ses produits sont aujourd’hui supérieurs aux macaronis de Naples et aux pâtes de Grèce les mieux travaillées. Le jury français lui a déjà accordé, dans trois expositions la médaille d’argent, et le savant rapporteur qui l’a demandée pour lui en 1849 déclarait que ses produits ne laissaient rien à désirer et se vendaient couramment à Paris comme véritables pâtes d’Italie. Ayant été à même de les comparer à Londres avec un grand nombre de produits analogues, je n’hésite pas à constater leur supériorité, soit pour la finesse de la pâte et l’habileté avec laquelle elle est travaillée, soit pour la manière dont elle se comporte à la cuisson et pour la délicatesse du goût. Il doit donc, sans hésitation, être placé a la tete des fabricants de pâtes qui ont obtenu des médailles a lEx-
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- IIIe JURY.
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- position; après lui viennent MM. Paoletti, de Florence, Wittekop, de Brunswick, et Levy, de Londres, qui en ont aussi obtenu.
- Le gluten granulé de M. Véron, qui avait obtenu une médaille d’argent à l’Exposition de 1849, a été justement apprécié par le jury de l’Exposition universelle et a reçu une médaille.
- M. Feyeux, de Paris, qui a exposé une collection intéressante de diverses farines de légumes, de fécules de cacao ou tapioca, etc., a obtenu aussi une médaille.
- M. Groult, qui a obtenu une médaille d’argent à l’Exposition de 1849 Pour les farines de légumes qu’il fabrique et vend sur une grande échelle, a obtenu à Londres une mention honorable.
- D’excellentes fécules d’arrow-root, provenant des îles des Bermudes, de Montserrat et de Démérara, ont été remarquées par le jury et ont reçu des mentions honorables.
- L’Algérie en avait envoyé aussi de très-bonnes fabriquées avec les racines de la canne à sucre, pour laquelle une mention honorable a été accordée à M. Chapel , de Fouba.
- M. Hammond avait exposé d’excellent sagou de Bornéo, qui a obtenu une mention honorable.
- Il y avait à l’Exposition un grand nombre de variétés remarquables de fèves, de pois et de haricots. J’ai déjà dit que le jury avait accordé à S. A. R. le prince Albert, une médaille pour des féverolles très-remarquables, cultivées à la ferme du parc de Windsor.
- Une autre médaille a été accordée à M. Muir, d’Hinchin-brooke, du Canada, pour des pois blancs nouveaux et remarquables.
- Une mention honorable a été accordée àM. Crocghton, de Tenterden, Angleterre, pour des féverolles dites golden pod beans.
- Une autre mention honorable a été accordée à MM. Kokkol-koff, et Grégorieff de Yaroslaff, pour des petits pois séchés au four, qui se conservent très-bien et forment un aliment
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- agréable et salubre en toute saison. Ce procédé est peu connu dans d’autres pays, et le jury, le trouvant bon à imiter, a cru devoir le récompenser.
- La France, qui produit des légumes secs si recherchés et si dignes de l’être, n’en avait envoyé aucun à l’exposition.
- Le Canada avait envoyé de très-belles graines fourragères de trèfle et de timothée. Les plus belles étaient exposées par MM. Geffries , de Bandon, et M. Guin , de Montréal, qui ont obtenu des mentions honorables.
- GRAINES OLÉAGINEUSES.
- TODRTEAÜX.
- 5 exposants anglais, MM. Fea, Wood, Spürr, Thirsk et Payne , ont obtenu des mentions honorables pour de bons tourteaux de lin ou de colza.
- M. Burn en a obtenu une pour de l’huile extraite de la graine du coton et pour des tourteaux provenant de cette fabrication, qui sont employés avantageusement comme engrais, pouvant être livrés aux agriculteurs au prix très-bas de 7 fr. 5o cent, les 1,000 kilog.; mais, jusqu’à présent, l’huile, n’ayant pas pu être convenablement épurée, est peu appréciée.
- M. Calvi, de Gênes, M. Vercautern, de Zèle en Flandre,
- ' ont obtenu aussi des mentions honorables pour leurs tourteaux;
- EtM. Karnowitch, de JaroslafF en Russie, pour de très-belle graine de navette. ,
- MM. Bridge, de New-York, Lee père et fils, de Boston, Vercruysse frères, de Courtray, et un autre exposant belge de Hull » ont obtenu des mentions honorables pour de très-bons tourteaux de lin et de colza.
- M. Peterson, de Hambourg, en a obten une pour des tourteaux de navette.
- Il est très-regrettable que la France, qui produit d’excellents tourteaux de lin, d’œillette, de colza, de sésame, etc.,
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- à Marseille, en Normandie, dans le Nord et dans les environs de Paris, et qui en exporte des quantités considérables, n’en ait pas exposé un seul ; ils auraient bien facilement soutenu la concurrence de ceux qui ont été récompensés par le
- jury-
- HOUBLONS.
- La France n’avait exposé non plus^aucun houblon, quoiqu’elle en produise d’excellents.
- 2 exposants anglais, MM. Payne et Richardson , ont obtenu des médailles ;
- M. Gôlding, de Hunton, une mention honorable.
- M. Smith, de Stanstbead au Canada, a obtenu une médaille, et M. Peimer, de Lachine (Canada), une mention honorable.
- MM. Stein et Schroeder, de Mayence, ont obtenu une médaille pour des échantillons d’uue qualité tout à fait supérieure.
- M. le comte Koutcheleff, de Russie, déjà mentionné, et des exposants belges dePoperingbe, ont obtenu des mentions honorables.
- FRUITS SECS OU CONFITS.
- C’est avec peine que je suis obligé de dire encore, à propos de cet article, ce que j’ai dit pour plusieurs autres; la France n’avait pas exposé un seul échantillon de ces fruits secs et confits qui jouissent d’une si grande et si juste réputation et font l’objet dlun commerce considérable.
- Pour trouver, à l’Exposition universelle, des pruneaux d’Agen ou de Tours, des brignoles ou des pistoles, de l’angélique de Niort, des pâtes d’Auvergne et des mirabelles de Metz, il fallait s’adresser à MM. Fortnum et Mason, négociants anglais, qui avaient réuni une collection des plus complètes de tous les fruits secs ou confits que produisent les diverses parties du monde.
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- Aucun clés produits de la France n’y manquait, et près d’eux se trouvaient les noix de coco, les goyaves, les gingembres et tous les fruits de l’Amérique, de l’Asie, de l’Afrique, de l’ancien et du nouveau monde.
- Le jury a pensé qu’une collection aussi intéressante méritait une médaille, quoique MM. Fortncm et Mason n’eussent fabriqué aucun des objets qu’ils exposaient et ne fussent que des négociants aussi intelligents que considérés.
- J’ai déjà parlé de la grande médaille que M. Masson avait obtenue pour son nouveau procédé de conservation des légumes.
- De magnifiques raisins de Malaga secs ont vâlu à M. Clé-mens, négociant anglais, une médaille.
- Une collection de nombreuses variétés de dattes présentée par le gouvernement de Tunis;
- Une collection de figues, exposée par M. Gomès, de Portugal , et une collection de fruits confits à Villareal, aussi en Portugal ;
- Une collection de fruits secs, du Cap de Bonne-Espérance, ont obtenu des médailles ;
- Une collection de fruits, confits en Espagne, a obtenu une mention honorable.
- THÉS.
- M. Ripley, négociant anglais établi à Canton, a obtenu une médaille pour une collection de près de cinquante variétés de thés, dont plusieurs étaient tout à fait inconnus en Europe et sont très-rares et très-chers en Chine.
- La Compagnie des Indes et la Compagnie d’Assam, ont obtenu chacune une médaille, pour des échantillons de thés cultivés et préparés dans l’Inde anglaise.
- Une mention honorable a été accordée à M. Hammond, négociant de Canton, pour une collection moins complète que celle de M. Ripley.
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- SUCRE.
- J’ai déjà parlé des deux grandes médailles obtenues par M. Numa Grahr, et Serret Hamoir et Cie.
- Aucun autre fabricant de sucre n’en a obtenu.
- Ainsi la supériorité de la France dans cette industrie est établie d’une manière éclatante, comme elle l’a été pour la fabrication de la farine par le résultat de l’Exposition universelle.
- La France n’avait que 6 exposants.
- 5 ont obtenu des médailles.
- MM. Crespel père et fils, dont le nom se rattache à la création en France de la fabrication du sucre de betterave, qui possèdent et dirigent simultanément onze établissements, qui cultivent autour de ces établissements 1,570 hectares, fabriquent et raffinent eux-mêmes environ 2,5oo,ooo kilos de sucre par an, et ont reçu l’un et l’autre plusieurs médailles d’or et la décoration de la Légion d’honneur aux précédentes expositions de l’industrie, ont obtenu une médaille.
- MM. Jeanti Prévost , Perraud et Cie, qui ont obtenu deux fois la médaille d’argent pour un procédé ingénieux de cuite, au moyen duquel ils font cristalliser le sucre dans la chaudière à mesure que se produit l’évaporation, ont aussi reçu une médaille.
- Enfin M. Rousseau, dont le procédé d’épuration du sucre par la chaux en excès est très-apprécié, a obtenu la cinquième médaille.
- L’Angleterre et ses colonies, qui comptaient éo exposants, ont obtenu sept médailles ordinaires, dont une a été donnée à du sucre extrait de cannes cultivées en serre, en Angleterre par M. Perkins, une autre à du sucre d’érable et cinq à du sucre de canne fabriqué aux Indes, dans les plantations de la compagnie d’ARTAGRAM, à Siam, à file Maurice, à Déme-rara et à Java.
- Une mention honorable a été accordée à du sucre d’érable fabriqué au Canada.
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- Deux mentions ont été accordées à du sucre de dattes fabriqué aux Indes.
- L’Autriche comptait 7 exposants.
- Un seul, M. Richter et Cie, de Bohême, a obtenu une médaille.
- 4 autres, le prince Ferdinand de Loekowitz, de Bilin, en Bohême ;
- Les chevaliers de Neuwall, en Moravie;
- M. Robert et Cie, de Gross-Selowitz, en Moravie, et la fabrique de Tlumacz, en Gallicie, ont obtenu des mentions honorables.
- Deux mentions honorables ont été accordées pour du sucre de betterave à M. Brcmme de Berbury et à MM. Hirdmaan, Hirshenderf et Ranitch, fabricants prussiens.
- Sur 5 exposants américains, deux ont obtenu des médailles pour du sucre d’érable, MM. Dean et Barnes, de l’Etat de Vermont.
- M. White, de la Nouvelle-Orléans, a eu une mention honorable pour du sucre de canne non raffiné.
- MM. Claus et Caron, de Gand (Belgique), ont obtenu une médaille pour du sucre de canne très-bien raffiné.
- MM. Zulueta et Arieta, de la Havane, ont obtenu des médailles pour du sucre de canne.
- M. Enriquez, de Malaga, en a obtenu aussi une pour du sucre de canne fabriqué à Malaga.
- Une mention honorable a été accordée à du sucre de betterave provenant des fabriques de la princesse Marie Sangoutzko.
- Cette industrie prend un développement immense en Russie et en Pologne. Les comtes Bobrinski, KoutchelefF, les princes Sangoutzko et bien d’autres grands propriétaires, possèdent des fabriques nombreuses et considérables*. Us sont en relations habituelles avec les meilleurs fabricants français d’appareils, qui les tiennent au courant de nos inventions importantes. Déjà ces fabriques entrenfpour une part importante dans.la consommation de la Russie, et tous les ans il s’en crée de nouvelles. nie JCRY.
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- CAFÉS.
- L’Angleterre et ses colonies comptaient i5 exposants; un seul, de Bornéo, a obtenu une médaille.
- 6 exposants de Mysore, de Java et de l’île de Ceylan, ont eu des mentions honorables.
- M. Snowden (de Londres) , a obtenu une médaille pour un procédé au moyen duquel, en faisant brûler le café, il sépare un petit parenchyme placé dans le milieu de la baie ; ce qui, prétend M. ’Snowden, ajoute beaucoup à la délicatesse de l’arome du café.
- M. Lervillez, de Lille, avait exposé du café de chicorée, évidemmént supérieur à tous ses concurrents. Il a obtenu une mention honorable.
- MM. Saunders et Gatchell, de Dublin, Mme Catherine So-rokin, de Jarosloff, en ont obtenu aussi.
- CHOCOLAT, CACAO.
- 7 fabricants Français de chocolat avaient envoyé leurs produits à l’Exposition ; ils ont tous été récompensés.
- L’établissement qui a acquis une grande réputation, sous le nom de M. Masson, et qui la conserve sous le nom de MM. Delafontaine et Dettwiller , ses propriétaires actuels, M. Sandoval, M. Watrelot-Delespaul, de Lille, et M. Perron, ont obtenu des médailles; MM. Ménier, Choquart et Lemolt, l’inventeur du cho-ca, ont reçu des mentions honorables.
- Sur i4 exposants anglais, 2 ont obtenu des médailles, M. de Monteiro et M. Fry (de Londres); 2 ont obtenu des mentions honorables, M. White et M. Benham; celui-ci avait exposé du cacao de la Trinité, qui était le plus beau de l’Exposition.
- Mais il est à remarquer que le meilleur des chocolats anglais ne pouvait pas être comparé au moins bon des chocolats français, tant il lui était inférieur.
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- CONSERVES DE VIANDES, SARDINES,' ETC.
- Le jury de 1849, en accordant une médaille d’argent à M. Chevet, pour ses conserves de volaille, de gibier et de poissons, préparées avec toute l’habileté de la cuisine parisienne la plus raffinée, avait proclamé la supériorité de ses produits, qui sont, au reste, appréciés aujourd’hui dans le monde entier. L’Exposition universelle n’a fait que confirmer cette supériorité, quoique M. Chevet se trouvât placé en présence de nombreux rivaux appartenant à des pays differents. Aussi le jury, après s’être livré à des expériences très-attentives de dégustation, n’a-t-il pas hésité à accorder une médaille de prix à M. Chevet.
- . MM. Guihery, Deslandelles et Cie, de Nantes, dont les produits sont très-appréciés par nos navigateurs au long cours, en ont aussi obtenu une.
- MM. Rodel , de Bordeaux, Rouchier , de Ruffec, Gremailly, de Gray, ont obtenu des mentions honorables, ainsi que MM. Gillet, de Knevan, qui avait obtenu une médaille d’argent en 1849, Perreau, de Nantes, Pellier, du Mans, et Camus, de la Rochelle, pour des sardines salées ou préparées à l’huile.
- M. de Lignac, qui a reçu une médaille d’argent en 1849 pour un nouveau procédé de conservation du lait, a obtenu à l’Exposition universelle une médaille pour le lait qu’il fait préparer en Angleterre, et qui est en grande partie consommé par l’Amirauté, et une mention honorable pour celui qu’il prépare en France: mais la médaille accordée au lait préparé en Angleterre lui a été donnée sous le nom de M. Moore, à qui il a cédé le droit d’exploiter son brevet.
- MM. Ritchie et Maccall , Gamble , Copeland et Cie, qui ont de grands établissements à Londres, avaient exposé des produits qui, sans être préparés avec la délicatesse ' et la perfection qui caractérisent ceux de M. Chevet, ont été justement appréciés par le jury, et leur ont valu à chacun une médaille de prix.
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- Une médaille a aussi été accordée à un exposant de la Nouvelle-Galles.
- 5 mentions honorables ont été accordées à MM. Saint-Etienne, de Harbertonford, pour des légumes biën conservés; à M. Mosès, pour des conserves préparées à Adélaïde, capitale de l’Australie du Sud ; à 2 exposants de Halifax, pour du saumon fort bien conservé; et à un exposant du Canada, pour des jambons.
- M. Brocchieri a obtenu une mention honorable pour des gâteaux et des biscuits préparés avec du sang de divers animaux, auxquels il attribue de grandes vertus nutritives.
- Des jambons très-bien préparés ont valu une médaille à MM. Schouley et Hough, de Cincinnati, et Duffield, de Louisville, au Kentuky.
- M. Baup , de Suisse, a obtenu üne médaille pour des poissons et des viandes desséchées.
- Une mention honorable a été accordée à M. Weill, de Berlin, pour des alouettes bien conservées.
- M. Wsivolosjky, de Russie, a reçu une mention honorable pour du caviar parfaitement préparé.
- LIQUEURS FERMENTÉES.
- Les liqueurs fermentées en général n’étaient point admises à l’Exposition ; cependant le jury y a trouvé une bière préparée par M. Christians , de Kerstenbruck, en Prusse, qui était présentée comme pouvant se conserver longtemps sans être altérée soit par les voyages, soit par les changements de température. Une mention honorable lui a été accordée»
- M. Garrissini, de Turin, en a obtenu une pour un vin préparé avec des oranges, qui est fort agréable et ressemble un peu au vin de Lunel.
- VINAIGRE.
- M. Maille a une réputation trop légitimement acquise pour
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- que le jury ne se soit pas empressé de la sanctionner en lui accordant une médaille.
- MM. Coürtin Raout et Rigaud fils, fabricants à Orléans, ont obtenu des mentions honorables.
- MM. Hills et Underwood, de Eastcheap, fabricants anglais, ont obtenu une médaille.
- M. Guillespie et Cle, de Montréal (Canada), une mention honorable pour du vinaigre de bois.
- MM. Batty et Featt, de Londres, ont obtenu une médaille pour la préparation de conserves au vinaigre, cornichons et autres produits analogues, fort recherchés des Anglais, sous le nom de pickles.
- Une mention honorable a été accordée à des olives espagnoles , remarquables par leur grosseur.
- ÉPICES.
- La Compagnie des Indes, le gouverneur de l’île de la Trinité et M. Travers et Cie, de Londres, ont obtenu des médailles pour des collections intéressantes de muscades, de clous de girofle, de poivres d’espèces variées et d’autres épices.
- MM. Hammond et Cie, de l’archipel indien, a reçu une mention honorable pour une collection analogue.
- MIEL, RUCHES.
- Le jury de 1849 avad admiré les ruches du docteur de Beauvois et lui avait accordé une médaille d’or. Le jury de l’Exposition universelle a confirmé cette décision en lui accor dant une médaille de prix.
- Il en a accordé une aussi à M. Damainville, de Poudron (Oise), pour un appareil très-ingénieux destiné à faciliter l’alimentation des abeilles pendant l’hiver, en les empêchant de s’attacher aux bords du vase qui contient le miel dont elles se nourrissent pendant cette saison.
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- MM. Laugier (Basses-Alpes), Chailloux et Lepage, de Pui-seaux (Loiret), ont obtenu des mentions honorables pour des miels véritablement délicieux. ,
- M. Milton, exposant anglais, a obtenu une médaille pour une ruche fort appréciée en Angleterre.
- M. Kitchener, de Newmarket, en Cambridgeshire; Miss Mortlock; M. Soubert, du cap de Bonne-Espérance, ont obtenu des meiitions honorables.
- Il en a été accordé à du miel de Turquie; de Calatrava, en Espagne, exposé par M. Molina; de Portugal, exposé par le marquis de Ficalho; enfin à M. l’évêque d’Eubée, pour du miel de Carysto, dit Rhodomeli (miel de roses), et à M. Tsit-zimbakos, d’Athènes, pour du miel du mont Hymette, par respect pour les poètes qui les ont chantés et dont les vers sont restés gravés dans toutes les mémoires.
- TABACS.
- L’Espagne a obtenu deux médailles pour des cigares de La Havane.
- Il en a été décerné à MM. Benton Gones et Cie, Cohen et Orr, Gonas frères, Lambert et Butler, Richardson frères* Lundy Foot et Cie, pour dès cigares et du tabac à priser provenant de La Havane et de la Virginie, et au gouverneur de. la Trinité, pour du tabac cultivé dans cette île.
- La Compagnie des Indes a obtenu une médaille pour des cigares de Java et deux mentions honorables pour des cigares de Manille.
- MM. Sales Pollard et Cic, Bremner et Till, ont obtenu des mentions honorables, ainsi que M. Leroy, de Montréal, et M. Moss, du Cap de Bonne-Espérance.
- Le Gouvernement turc a obtenu une médaille pour une collection d’excellents tabacs turcs d’espèces variées.
- Il a été accordé trois médaillles à MM. Grant, Dill et Mül.-chahey, Robinson (de Virginie), et des mentions honorables à MM. Oyler et Anderson, de New-York; Mooklar et Ciiiles,
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- de Cincinnati (Ohio); Gonas Thomassin; Thomas et Cooke, père et fils, du Maryland.
- M. Spiglazoff, de Saint-Pétersbourg, a obtenu une médaille pour des cigares d’une perfection remarquable.
- Trois mentions honorables ont été accordées à M. Molsta-pha, de Tiflis, district de Berchalin, pour du tabac turc cultivé et récolté par lui, et à deux autres exposants russes.
- Enfin la fabrique royale de tabac de Portugal a obtenu une médaille pour cinq variétés de cigares.
- RÉSUMÉ; VUES GÉNÉRALES.
- Parvenu au terme de ce long exposé, je crois devoir le résumer en quelques chiffres.
- La France était représentée dans ma section par 61 exposants, plus 18 appartenant à l’Algérie.
- La France a obtenu 4 grandes médailles dites médailles du conseil, 18 médailles de prix et 23 mentions honorables.
- L’Algérie a obtenu une médaille, deux mentions honorables, et a concouru, par la beauté et l’importance des produits exposés dans cette section, à mériter la grande médaille votée au ministre de la guerre par la IVe section.
- L’Angleterre, c’est-à-dire les trois royaumes réunis qui composent la Grande-Bretagne sans ses colonies, comptait i63 exposants.
- .Elle a obtenu une grande médaille, 32 médailles de prix et 22 mentions honorables; mais il convient d’observer qu’au moins îo exposants anglais ont obtenu des médailles de prix pour des produits qui n’avaient pas été récoltés sur le sol anglais et qu’ils n’avaient pas fabriqués eux-mêmes, parce qu’ils ne sont pas industriels, mais simplement négociants.
- La France a donc obtenu une grande médaille sur 20 exposants, une médaille de prix sur 4 exposants 1/2 ; et en réunissant les médailles et les mentions honorables, 44 récompenses sur 61 exposants, ou plus de 7 sur 10.
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- L’Angleterre *n’a obtenu qu’une grande médaille sur i63 exposants; une médaille de prix sur 5 exposants, en y comprenant les négociants lion producteurs, et, si l’pn y réunit les médailles et les mentions honorables, une récompense sur 3 exposants.
- Ses colonies réunies comptaient 292 exposants.
- Elles ont obtenu 29 médailles de prix et 34 mentions honorables , c’est-à-dire :
- Une médaille sur 10 exposants;
- Une récompense sur à peu près 5 exposants. '
- Si on compare la France et l’Algérie réunies à l’Angleterre réunie à ses colonies, on trouve pour la France une médaille pour trois exposants, une récompense sur un exposant et demi; et, en Angleterre, une médaille sur 7 exposants, une récompense sur 4 exposants.
- Les Etat-Unis avaient 71 exposants.
- Ils ont obtenu une grande médaille, 12 médailles de prix, 10 mentions honorables, c’est-à-dire une médaille de prix sur 6 exposants et une récompense sur 3 exposants.
- La Russie avait 52 exposants.
- Elle a obtenu 7 médailles de prix, 15 mentions honorables, c’est-à-dire une médaille sur sept exposants et une médaille sur deux exposants et demi.
- L’Espagne a obtenu 7 médailles de prix, 3 mentions honorables.
- La Belgique, une médaillle, une mention honorable.
- La Turquie, deux médailles, une mention honorable.
- Le Piémont, une médaille, deux mentions honorables.
- La Toscane, unè médaille.
- L’Egypte, une médaille.
- Tunis, une médaille.
- La Chine, une médaille, une mention honorable.
- La Grèce, deux mentions honorables.
- Hambourg, une mention honorable.
- Il .ne me reste plus qu’à présenter quelques considérations sur le développement de la production agricole en France,
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- comparé à celui des principaux pays qui ont figuré à l’Exposition universelle et sur l'affluence que l’Exposition de i85i est appelée à exercer sur l’avenir de cette production.
- M. le baron Charles Dupin, dont on est toujours heureux de pouvoir invoquer l’autorité quand on s’occupe de recherches statistiques, avait établi, dans son bel ouvrage sur les Forces productives et commerciales de la France, que le produit brut agricole de la France s’élevait, en 1825, à 5,3oo,ooo,ooo francs. Dans mon rapport sur la partie agricole de l’Exposition de l’industrie de 1849, j’ai été assez heureux pour démontrer que, depuis cette époque, ce produit s’était élevé de 5,3oo,ooo,ooo francs à 8 milliards, en ajoutant que je croyais ce chiffre au-dessous de la vérité. Un homme, justement considéré pour le zèle infatigable et l’exactitude scrupuleuse qu’il apporte dans ses travaux statistiques, M. Maurice Bloch, a cru pouvoir porter ce chiffre à 9 milliards, dans son ouvrage sur les charges de l’agriculture, livre remarquable auquel j’emprunterai quelques-uns des chiffres que j’aurai occasion de citer dans ce résumé. Je n’hésite pas à adopter ce chiffre de 9 milliards1, avec la certitude qu’il ne représente pas encore la totalité des produits obtenus chaque année du sol de la France; car il ne tient compte ni du résultat du glanage, ni de celui du grapillage, ni de celui de la pêche des étangs et des rivières auxquels les nouveaux procédés de la pisciculture vont donner d’immenses développements.
- Ces divers produits, dis-je, n’ont pas encore été appréciés, quoiqu’ils ne soient pas dépourvus d’importance : les prin-
- 1 Depuis ta publication de l’ouvrage de M. Block, M. de Lavergne, dans son intéressant ouvrage sur l’économie rurale de l’Angleterre, a cherché à réduire ce chiffre à 5 milliards.
- Ce n’est pas ici le lieu de discuter les bases sur lesquelles il a établi ce chiffre, car cette'discussion exigerait des développements qui excéderaient les bornes de ce rapport.
- Je mécontenterai de dire, qu’après un examen très-scrupuleux, je nai pas cru devoir changer le chiffre que j’avais adopté précédemment.
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- cipaux produits qui composent ce chiffre de 9 milliards sont le froment, qui, seul et calculé au prix moyen de notre siècle, s’élève à 1,600 millions. Les autres grains, qui servent habituellement ou qui peuvent servir à la nourriture de l’homme, à i,4oo millions.
- Les produits d’animaux, à 1,700 millions, parmi lesquels la viande compte pour 800 millions; les volailles et les œufs pour 200 millions, la laine pour 2Ôo millions et la soie seule pour i4o millions.
- Viennent ensuite les vins, eaux-de-vie et cidres, pour 600 millions; les betteraves, qui ont donné 80 millions de kilos de sucre et qui n’en donnent moins aujourd’hui que parce qu’elles présentent plus de profits à être converties en alcools; les graines oléagineuses, les lins, les chanvres employés comme matières textiles.
- Enfin, la production forestière, qui dépasse 200 millions.
- La France a donc une production agricole annuelle de 9 milliards pour une population de 36 millions d’habitants, répartie sur une superficie de 52,768,610 hectares.
- Le Royaume-Uni, avec une population de 2 7,435,32 5 habitants et une superficie de 30,956,772 hectares, a une production agricole annuelle et brute évaluée à 6,697,328,000 francs.
- La Belgique, avec une population de 4,333,195 habitants et une superficie de 2,942,574 hectares, a une production agricole évaluée à 024,218,000 francs.
- La Prusse, avec une population de 15,471,465 habitants et une superficie de 28,269,763 hectares, a une production agricole évaluée à 3,434,842,85o francs.
- La Bavière, avec une population de 4,5o4,874 habitants et une superficie de 7,789,758 hectares, a une production agricole évaluée à 462,000,000.
- Si, dans ces différents pays, on compare la production à la population, c’est-à-dire si on divise le produit brut total parle nombre des habitants, on trouve que le produit moyen . par tête est, en France, de 2Ôo francs; que, dans le Royaume-
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- Uni, il n’est que de 24o francs; en Prusse, de 222 francs; en Belgique, de 121 francs; en Bavière, de 102 francs.
- Si on compare la production à l’étendue de la superficie mise en culture, on trouve qu’un hectare de terres cultivées ou en prairies donne, dans le Royaume-Uni, un produit de 354 francs; en Belgique, de 292 francs; en France, de 219 francs; en Prussse, de 169 francs; en Bavière, de 90 francs.
- Sur une superficie de 52,768,610 hectares, la France en a 4i,o43,843 occupés par des cultures diverses, des prairies et pâturages ou des bois, ce qui représente les 8/10 de l’étendue totale du pays.
- L’Angleterre seule, sur une surface de 12,936,000 hectares, en compte 10,262,800 occupés de la même manière, ce qui établit le même rapport de 8/10 à la superficie totale du pays; mais, si on considère le Royaume-Uni, composé de l’Angleterre, de l’Ecosse, de l’Irlande et des petites îles, on trouve que, sur une superficie de 30,966,772 hectares, il n’y en a de cultivés que 18,610,188, c’est-à-dire les 6/10.
- La Belgique, sur une superficie de 2,942,574 hectares, en a 1,793,155 occupés par des cultures ou des prairies, c’est-à-dire les 6/10.
- La Prusse, sur 28,269,768 hectares, en a 20,280,763 occupés par des cultures, prairies, etc., c’est-à-dire les 7/10.
- L’Autriche, sur 66,232,664 hectares, en a 36,161,254 en cultures, prairies, etc., c’est-à-dire les 54/ioo.
- Ainsi, l’Angleterre isolée est le seul pays qui ait une aussi grande partie de son territoire que-la France mise en valeur utile, mais le Royaume-Uni, pris dans son ensemble, et tous les autres pays de l’Europe lui sont inférieurs.
- Quant à la production spéciale du froment, cette production était estimée par Vauban de 8 à 9 hectolitres par hectare; elle n’a pas augmenté pendant le xvme siècle; aujourd’hui, pour la France entière, elle est de i3 hectolitres; et plusieurs fois, notamment en 1847» elle s’est élevée à 16 hectolitres à
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- l’hectare, en ne tenant compte que de l’évaluation moyenne. Nous voyons donc que le rendement a augmenté de 5o o/o dans ce siècle-ci, et, comme nous avons beaucoup de terrains aujourd’hui qui rapportent plus de 20 hectolitres à l’hectare, comme ceux qui ont été fécondés par la main habile des Bella, des Grespel, des Crombecq, etc., ont été amenés à donner 36 et même 4o hectolitres à l’hectare, quoique la nature du sol fût pauvre par elle-même, il est hors de doute que le produit moyen de la France tend à s’élever au-dessus de i3 hectolitres à l’hectare.
- L’étendue des terrains occupés par cette culture ne s’est pas moins développée que le produit par hectare.
- On l’évaluait, en 1814, à 4,48i,385 hectares.
- Il était, en 1847, de 5,979,311 hectares.
- Dans cet intervalle de 33 ans de paix et de prospérité, c’est une augmentation de plus de 3o 0/0.
- Le produit total en quantité, résultat de l’étendue du terrain cultivé et du rendement à l’hectare, s’est élevé, dans cet intervalle de temps, de 39,460,971 hectolitres à 97,611,640, c’est-à-dire de ioo à 25o ou de 1 à 2 1/2.
- M. le baron Dupin, dans son Rapport sur VExposition française de l’industrie en i83h, a fait une remarque aussi judi- 1 cieuse qu’importante, à savoir que, de i8i4à i833, la production des denrées alimentaires s’était développée beaucoup plus rapidement que la population destinée à les consommer.
- Pour le démontrer, il compara le produit de toutes les substances végétales alimentaires, en i833, à ce qu’il était en 1814, et il trouva que l’excédant de i833 sur 1814 représentait la nourriture de 7,041,427 individus; tandis que,dans* le même intervalle de temps, la population française ne s’était accrue que de 3,5o8,5y5 individus ; la masse des denrées alimentaires à la disposition de la population s’était donc considérablement augmentée. ,
- Eludions de la même manière le développement de la culture spéciale du froment, de 1814 à i854, nous trouverons que, dans cet intervalle de temps, la population s’était accrue
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- de 29 millions d’habitants à 36 millions, c’est-à-dire à peu près de 25 0/0, tandis que la production du froment s’est développée de 1 à 2 1/2, c’est-à-dire quelle est aujourd’hui deux fois et demie ce qu’elle était en i8i4. Alors elle ne représentait que la nourriture de i3 millions d’individus; aujourd’hui une bonne récolte représente la nourriture de 32 millions, ce qui veut dire que la production, dans les bonnes années, est désormais supérieure à la consommation du pays, car il y a malheureusement plus de 4 millions de nos concitoyens qui ne se nourrissent pas encore de pain de pur froment1. Celte vérité sera surabondamment démontrée tout à l’heure lorsque j’examinerai le développement qu’ont pris nos exportations depuis quelques années. Mais, en ce moment, je voudrais comparer les développements qu’a pris la culture du froment, dans les principaux pays de l’Europe, dans le cours de ce siècle, à celui qu’elle a pris en France. Malheureusement les éléments me manquent pour établir ces comparaisons. Je ne puis que comparer ce qu’elle est aujourd’hui en France à ce qu’elle est chez les principales nations agricoles.
- J’ai dit qu’en France la moyenne de la production à l’hectare était de i3 hectolitres; en Angleterre et en Ecosse, elle est au moins de 21 hectolitres , Macculloch la porte à 23 et M. de Lavergne à 25 ; en Belgique, elle est de 18 hectolitres ; en Autriche, elle est de 17 hect. 60 cent.; en Prusse, de 12 hectolitres; en Bavière, de 10 à 11 hectolitres; en Russie, elle est de 9 hectolitres seulement pour les grains d’automne, et de i3 hectolitres pour les grains'de printemps, toutes céréales confondues. Or l’orge et l’avoine sont beaucoup plus productives que le froment. La production du froment seul n’atteint donc certainement pas 7 hectolitres à l’hectare ; et l’Angleterre, la Belgique et l’Autriche ont donc, à cet égard,
- 1 La production du méteil s’élève de i3 à i4 millions d’hectolitres-, elle représente donc à elle seule plus que la nourriture de 4 millions d’individus, et il y en a un grand nombre qui mangent encore du pain de seigle pur, d’orge, et même de sarrasin.
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- sur la France, une supériorité évidente : il dépend des agriculteurs français de la diminuer notablement, sinon de l’effacer entièrement.
- En 1812, Chaptal portait le nombre des animaux de la race bovine existant en France à 6,681,952; la statistique officielle de 1839 l’a évalué à 9,936,538, et aujourd’hui ce nombre excède 12 millions : il a donc doublé en quarante ans.
- Quant aux moutons, il n’existe pas de constatation officielle antérieure à celle de de 1828, qui est de 29,i3o,23i; onze ans après, en 183g, leur nombre était de 32,i5i,43o; aujourd’hui, il dépasse 35 millions, c’est-à-dire qu’en vingt-cinq ans il a augmenté de plus de 20 0/0.
- Les chevaux, qui, en 1812, étaient évalués à 2,122,617, dépassent aujourd’hui 3 millions : leur nombre a donc augmenté de 5o 0/0 en quarante ans.
- Le nombre des porcs dépasse 5,5oo,ooo.
- Le nombre des mulets et des ânes dépasse 900,000.
- Le nombre des chèvres dépasse 1,000,000.
- Ces chiffres parlent par eux-mêmes; aucune époque de notre histoire ne présente de progrès analogues exécutés dans le même espace de temps. Cependant, pour en apprécier toute l’importance, il faut ne pas oublier que le développement des divers produits, que nous venons de citer a été plus remarquable encore au point de vue de leur qualité et de leur mérite qu’à celui de leur nombre. Ainsi des races nouvelles de blé, importées d’Angleterre et de quelques autres pays, contenant plus de farine et des farines plus fines et plus blanches, ont remplacé les espèces anciennement cultivées dans la Brie, dans la Beauce et dans nos départements du Nord et de la Normandie; les touzelles de la Provence s’acclimatent sur les bords de la Loire et même dans le département de la Manche ; les admirables froments d’Australie se sont introduits avec succès dans nos cultures, et des agronomes zélés, comme M. Bazin, de l’Oise, sont parvenus à créer des variétés nouvelles, qui ont été adoptées avec empressement par leurs émules.
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- L’introduction de là culture des racines et des choux, ainsi que les croisements avec la race Durham, ont étonnamment perfectionné les races bovines, mancelle, charollaise, niver-naise, limousine, au triple point de vue de la régularité des formes, de la quantité et de la qualité de la viande fournie par ces animaux.
- Nos plus habiles éleveurs, MM. de Torcy, de Béhague et de Gernigon, présentent à nos concours des animaux qui paraîtraient avec honneur à ceux de Smilhfield et de la Société royale d’agriculture d’Angleterre.
- Il en est de même pour les moutons : les races anglaises de Dishley et autres se sont multipliées dans diverses parties de la France, et l’emportent de beaucoup sur les races indigènes quelles ont remplacées, ou auxquelles elles se sont heureusement croisées sous le rapport du poids des toisons, de leur longueur, de la précocité avec laquelle elles arrivent à l’engraissement et de la quantité de viande que produit chaque animal.
- Nous avons vu même se créer sous nos yeux une variété toute nouvelle, la race graux-Mauchamps, qui a obtenu une grande médaille du conseil à l’exposition de i85i, et qui est si précieuse pour l’industrie, que sa laine a une valeur très-supérieure à toutes les autres. D’habiles agronomes, tels que MM. Paturle, Malingié, Pluchet, ont opéré avec le plus grand succès des croisements divers, l’un recherchant la laine la meilleure pour une industrie spéciale, l’autre se proposant d’atteindre une précocité égale à la plus grande qui ait été obtenue en Angleterre, le troisième parvenant à concilier la qualité de la'laine avec la précocité et la quantité de viande obtenue au rendement.
- Des progrès non moins remarquables doivent être signalés. dans l’éducation des chevaux: non-seulement, depuis plusieurs années, toutes les remontes de notre cavalerie se font sans qu’on ait besoin de recourir à des chevaux étrangers, mais, en i848, l’agriculture française en a fourni 3o,ooo, et en i854, les trois départements de la basse Normandie, le Cal-
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- vados, l’Orne et la Manche, ont pu seuls en fournir 16,006 pour la remonte extraordinaire que les prévisions de la guerre ont rendue nécessaire. A aucune époque notre cavalerie n’a possédé des chevaux du mérite de ceux qui lui sont fournis maintenant chaque année. Un grand nombre de chevaux de luxe vendus à Paris à des prix très-élevés, comme chevaux anglais, sont nés et ont été élevés dans les plaines de la Normandie ; et il est permis d’affirmer qu’on ne trouverait pas aujourd’hui en Angleterre un aussi grand nombre d’étalons demi sang, et d’un mérite égal à ceux que possède l’administration des haras et qui sont nés chez des éleveurs français : l’Europe nous les envie et vient souvent acheter chez nos éleveurs ceux que l’administration des haras n’a pas daigné admettre dans ses écuries.
- Je ne puis, en traçant cette esquisse des principaux progrès de notre agriculture, oublier ni l’industrie viticole, qui, en 1788, n’occupait que 1,546,614 hectares, et qui, en 1849, comptait 2,192,939 hectares; ni la culture de la betterave, à laquelle la fabrication de l’alcool donne en ce moment une immense impulsion ; ni la culture des plantes oléagineuses, qui se développe d’année en année avec grand profit pour les cultivateurs intelligents qui s’y livrent dans de bonnes conditions.
- Je voudrais pouvoir tracer/une esquisse analogue pour d’autres pays, mais il m’a été impossible d’en réunir les éléments, je ne puis faire de rapprochement qu’au point de vue du nombre des animaux qui s’y trouvent aujourd’hui. Il résulte des chiffres que j’ai donnés ci-dessus, que la France possède aujourd’hui, par 100 hectares, 22 animaux de la race bovine, 6 chevaux, 66 moutons, 10 porcs, 2 ânes*ou mulets et 2 chèvres, en tout 38 têtes de gros bétail.
- Le Royaume-Uni possède 8 millions d’animaux de la race bovine, 2 millions de chevaux, 36 millions de bêtes à laine, un nombre indéterminé de porcs, mais beaucoup plus considérable qu’en France.
- Ce qui représente, par 100 hectares) 26 têtes de la race
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- PRODUITS AGRICOLES ALIMENTAIRES. 33 bovine, 6 1/2 chevaux, 116 moutons, et en tout 44 têtes de gros bétail, sans compter les porcs.
- La Belgique possède, en animaux de la race bovine,
- I, 203,891, en chevaux 293,280, en moutons 662,5o8, en porcs 496,564, ce qui représente, par 100 hectares, 4i animaux de la race bovine, 10 chevaux, 22 moutons, 17 porcs, en tout 55 têtes de gros bétail.
- La Prusse possède, en animaux de la race bovine, 5,262,093, en chevaux 1,621,994, en moutons 16,236,000, en porcs 2,116,000, qui, répartis sur 28,269,763 hectares, donnent, par 100 hectares, 19 animaux de la race bovine, 5 chevaux, 5o bêtes à laine et 7 porcs, en tout 3o têtes de gros bétail.
- L’Autriche possède, en animaux de la race bovine,
- II, 471,623, en chevaux 2,827,181, en bêtes à laine 33,767,000, en porcs 7 millions. Ces animaux, répartis sur une surface de 66,232,664 hectares, donnent, par 100 hectares, 17 animaux de la race bovine, 4 chevaux, 5i bêtes à laine et 17 porcs, en tout 27 têtes de gros bétail.
- La Bavière possède, en animaux de la race bovine, 2,625,294, en chevaux 349,690, en bêtes àlaine 1,899,898, en porcs 842,851. Ces animaux, répartis sur une surface de 7,789,758 hectares, donnent, par 100 hectares, 33 animaux de la race bovine, 4 1/2 chevaux, 24 bêtes àlaine, 10 porcs, en tout 4i têtes de gros bétail.
- Les Pays-Bas possèdent, en animaux de la race bovine, 1,061,116, en chevaux 220,778, en bêtes à laine 6i5,ooi, en porcs 5oo,ooo. Ces animaux, répartis sur une surface de 3,265,521 hectares, donnent, par 100 hectares, 32 bêtes à corne, 6 chevaux, 18 bêtes à laine, i5 porcs, en tout 4i 1/2 têtes de gros bétail.
- Il résulte de cet examen comparatif que, sous le rapport du nombre des bestiaux, la France n’est supérieure qu’à l’Autriche, à la Prusse et à la Russie1, et qu’elle est inférieure
- 1 Les renseignements que nous avons pu recueillir sur la Russie sont si contradictoires, que je n’ai pas osé donner des chiffres précis-, mais les
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- non-seulement à l’Angleterre et au Royaume-Uni tout entier, mais à la Belgique, à la Bavière et aux Pays-Bas, que, par conséquent, il lui reste encore beaucoup à faire. L’étude des progrès qu’elle a faits depuis trente ans nous permet d’espérer qu’elle saura parcourir honorablement la carrière qui s’ouvre devant elle.
- 11 y a trente ans, en effet, les cultivateurs français ne croyaient pas pouvoir soutenir la concurrence étrangère pour la production des animaux; ils demandaient au Gouvernement de leur assurer le marché intérieur par les mesures les plus énergiques. Aujourd’hui les poi'ts de la Bretagne, de la Normandie, expédient par milliers des animaux au marché de Londres en libre concurrence avec tous les autres pays de production, et la France est parvenue à exporter, en i852, des animaux ou des denrées alimentaires provenant d’animaux (œufs, beurre, fromage), pour une valeur de plus de 33 millions de francs.
- Or il est à noter que nous ne prenons encore qu’une part presque insignifiante à l’approvisionnement de l’Angleterre, comparativement à celle que nous pourrions y prendre, si nous prenions la peine d’étudier avec plus de soin les conditions du marché anglais, les habitudes et les exigences des consommateurs. Voici les chiffres des importations des produits animaux en Angleterre pour i853 eti854:
- Années 1853. 1854.
- Bœufs vivants, Nombre 56,220 62,938
- Vaches vivantes ;. . . 38,328 25,261
- Veaux vivants '. 3o,7o5 26,i3o
- Moutons vivants 249,446 176,354
- Agneaux vivants 9»974 7.098
- Porcs vivants . 12,757 11,077
- chiffres les plus élevés, ceux fournis par M. Hassel, ne permettent pas de croire qu’il y ait plus de 13 têtes de gros bétail par î oo hectares.
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- PRODUITS AGRICOLES ALIMENTAIRES. _ 35
- Porc salé (bacon). Quintaux métriques 96,582 208,627
- Porc salé (porc Salted) . . . . 77,5i5 81,720
- Lard . . . . 6o,362 II
- Jambons . . . . 7,904 II
- Bœuf salé . . . . 92,649 97>6l4
- Bœuf frais ou légèrement salé. . . , . . 6,547 55
- Volailles. Valeur en francs. . . . . . . . 796,250 97!>925
- Beurre. Quintaux métriques. . . . ... 2o5,3i8 243,223
- Œufs. Nombre . 123,618,020 86,279,443
- Les développements qu’a pris le commerce des céréales sont bien plus remarquables encore que ceux du commerce des produits du règne animal.
- De 1827 à i836, nos imporations du froment ont dépassé les exportations, annuellement, en moyenne, de 880,000 hectolitres; de 1837 à i846 l’excédant des importions sur les exportations s’est élevé annuellement en moyenne à 1 million d’hectolitres, en tenant compte de notre exportation enfarinés.
- A peine les barrières qui nous fermaient le marché de l’Angleterre sont-elles tombées que la balance a été renversée.
- Dès i848,le mouvement de nos exportations en froment, en grains et en farines, s’élève à 3o millions; en i84g, il atteint 42,795,353 francs; en i85o, 6o,5oo,ooo; en i85i, à 69,159,799; et le mouvement d’exportation, pour les principales denrées du régne végétal, s’élève, en i848, à 111 millions 797,495 francs; en 1849, à 154,763,290 francs; en
- 1850, à 175,166,410; en i85i, à 214,939,066 francs; en i852, à 234,320,292 francs, quoiqu’il commence à se ralentir sensiblement pour les céréales dans la seconde moitié de l’année à cause de la mauvaise récolte de i8Ô2. Et pour l’enseiiible des denrées alimentaires de toute espèce, les deux règnes confondus, le mouvement de nos exportations s’élève, en i848, à 149,687,334 francs; en 1849, à 186 millions 85i,53o francs; en i85o, à 210,915,972 francs; en
- 1851, à 258,205,352 francs; en i852, à 286,960,083 francs,.
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- IIP JURY.
- Notre mouvement d’exportation de produits agricoles a donc fait des progrès immenses, et il a acquis une importance telle, qu’il doit fixer sérieusement l’attention des agriculteurs français. L’exportation du froment seul a plus que doublé en quatre ans: de 3o millions elle s’est élevée à 70 millions.
- Dans la discussion solennelle qui a eu pour résultat d’ouvrir le marché anglais aux céréales étrangères, personne n’avait soupçonné que la France prendrait place parmi les grands pays de production et quelle pourrait devenir une des principales sources d’approvisionnement de l’Angleterre. On ne pensait qu’à la Russie et aux Etats-Unis en première ligne: à l’Egypte, à l’Italie et à la mer Baltique en seconde. Or la Russie, en 1847, avait bien pu fournir à l’exportation 12 millions d’hectolitres de froment, mais c’était à cause des prix très-élevés qui avaient permis d’exporter les grains des parties les plus centrales de la Russie, dans lesquelles plusieurs récoltes consécutives, d’une grande richesse, en avaient amassé des quantités extrêmement considérables, et elle a été forcée de diminuer progressivement ses exportations les années suivantes, de sorte que, dès 1849, l’Angleterre a reçu plus de froment de la France que de la Russie et des Etats-Unis.
- Le chiffre total des importations en Angleterre, en 1849, s’est élevé à 13,938,896 hectolitres, sur lesquels la France lui en a fourni, en grains et en farines, 2,151,866, la Russie 1,741,029, et les Etats-Unis1 1,789,679.
- Une expérience irrécusable a donc prouvé: i° que la Russie n’avait pas à vendre des quantités innombrables de froment, puisque, à partir de 1847, ces quantités ont été en diminuant d’année en année ; 20 qu’elle ne pouvait pas les livrer à des prix redoutables pour l’agriculture française, puisque, dès la deuxième année, la France a pu non-seulement braver la concurrence de la Russie et des Etats-Unis, mais livrer au marché anglais une plus grande quantité de froment que ces
- 1 Roscher, traduit par Block, Du commerce des grains, p. 48.
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- PRODUITS AGRICOLES ALIMENTAIRES. 37
- deux pays réputés les deux plus grands centres de production de céréales du monde entier.
- L’Exposition de i85i a constaté que les farines françaises étaient supérieures à celles de tous les autres pays, que nos froments n’avaient à redouter aucune concurrence, que notre sucre était incomparable pour la perfection de la fabrication ; elle a fait connaître le mérite de nos produits à un très-grand nombre de personnes qui n’en avaient que des idées très-erronées. Nous sommes donc autorisés à conclure que ce mouvement d’exportation qui, en cinq ans de temps, s’est élevé à 3oo millions, et qui ne s’est ralenti, en i853 et en i854, que par suite des deux mauvaises récoltes de i8Ô2 et de i853 et des exigences de notre consommation intérieure, est appelé à prendre encore de plus grands développements à mesure que les produits français seront plus connus, mieux appréciés, et que nous saurons les accommoder aux goûts et aux habitudes des acheteurs à qui nous les destinerons. Nous ne craignons pas de dire qu’un immense et magnifique avenir s’ouvre à l’agriculture française dans cette voie : hue fata vocant, et le Gouvernement français ne peut pas rendre de plus grands services à l’agriculture nationale, ne peut pas la protéger d’une manière plus efficace, qu’en favorisant par tous les moyens qui sont en son pouvoir ce mouvement d’exportation. Mais pouvons-nous compter que l’Angleterre, qui n’est pas le seul marché, mais qui est bien certainement le plus important de ceux sur lesquels peuvent se placer nos productions agricoles, leur restera ouvert?
- Si quelque doute à cet égard était encore possible en r85i, les événements qui se sont passés en ce pays depuis trois ans les ont entièrement dissipés. Le parti politique qui avait le plus vivement combattu les réformes audacieuses introduites dans la législation douanière par sir Robert Peel est arrivé au pouvoir, et il n’a pas eu la pensée de faire un pas en arrière; ses chefs dans les deux chambres, lord Stanley et M. D’Israeli, se sont expliqués formellement à ce sujet.
- En i85î , M. D’Israeli a écrit les paroles suivantes dans la
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- profession de foi qu’il adressa à ses électeurs, à l’occasion de sa réélection par suite de son entrée au ministère :
- « Le temps n’est plus où le tort souffert par les grands inté-« rêts producteurs peut être soulagé ou peut disparaître par « un recours aux lois qui, avant i846, les protégèrent contre « de telles calamités. L’esprit du temps actuel tend à larliberté « commerciale, et un homme d’Etat ne saurait impunément « dédaigner le génie de son époque. »
- Les cultivateurs anglais, qui n’étaient nullement préparés à la révolution qu’ils ont subie en i846, l’ont combattue tant qu’ils ont cru possible de la prévenir; du moment où ils ont compris qu’elle était inévitable, ils l’ont acceptée avec un courage et une résignation dignes d’admiration, comprenant combien ces mesures étaient favorables aux intérêts de la majorité de leurs concitoyens et de l’humanité en général; ils ont appliqué leur volonté opiniâtre, leur expérience des affaires, leur génie industriel, à faire leur nouvelle position la meilleure possible; ils ont cherché à diminuer leurs dépenses et à augmenter leurs produits. Ils savent que la terre est plus fécondée par l’intelligence de l’homme que par sa sueur; ils ont commencé par augmenter la production des animaux, qui se trouvaient beaucoup moins dépréciés que les céréales, ensuite ils n’ont pas désespéré de perfectionner la culture de celles-ci : ils ont compris que, si, au lieu d’obtenir 24 à 26 boisseaux à l’acre, qu’ils vendaient autrefois 54 à 56 schellings le quarter, ils en pouvaient faire rendre au même sol 4o et 5o boisseaux, ne les vendissent-ils que 4o schellings le quarter, il y aurait profit pour eux; ils ont demandé au mécanicien de drainer leurs terres et de leur fabriquer des instruments qui leur épargnent du travail; ils ne craignent pas défaire des dépenses considérables, sur la parole des chimistes, pour donner au sol des engrais de toute nature, et ils n’ont pas été longtemps à en recevoir la récompense.
- L’honorable président dh concours de la Société royale d’agriculture à Glocester, en i853, lord Ashburton a pu dire, aux applaudissements de tous ceux qui l’entendaient : « Nous
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- PRODUITS AGRICOLES ALIMENTAIRES. 39
- «autres cultivateurs anglais, nous avons fait de grands et «généreux sacrifices au bien public, et après ces sacrifices « nous avons fait de plus' grands progrès que ceux mêmes qui « nous les avaient demandés. »
- Aussi les hommes sérieux qui ont observé l’agriculture anglaise en i85i et depuis n’hésitent-ils pas à reconnaître que la plupart des termes ont déjà retrouvé la valeur qu’elles avaient avant i846, que quelques-unes l’ont dépassée, et qu’en définitive les réformes de sir Robert Peel auront agi sur l’agriculture anglaise comme un coup d’éperon donné à un coursier au sang généreux, qui lui fait dévorer en quelques minutes l’espace qu’abandonné à lui seul il aurait employé plusieurs heures à parcourir. De même, stimulée par la nécessité des circonstances, l’agriculture anglaise a déjà fait et fera d’ici à dix ans plus de progrès qu’elle n’en aurait fait dans un siècle sous le régime engourdissant du monopole et de la prohibition. Nous pouvons donc être tranquilles, nous ne courrons aucun risque de revoir se fermer aux produits de notre agriculture le marché anglais.
- Si M. de Lavergne, dans ses belles études sur l’agriculture anglaise, a eu grande raison de dire que la création de nouveaux débouchés était le plus grand, le plus pressant intérêt de notre agriculture, exploitons avec confiance celui que l’Angleterre nous offre, sachons en tirer tout le parti possible, espérons que nous y serons aidés par notre Gouvernement, trop éclairé et trop jaloux de développer la prospérité du pays, pour ne pas faire ce qui dépendra de lui pour y parvenir; ayons confiance en lui et en nous-mêmes.
- FIN.
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- TABLE DES MATIÈRES
- Psg-
- Composition du III* Jury........................................... 1
- Médailles de prix :
- Céréales............................................................ 5
- Froment................................................... Ibid.
- Céréales autres que le froment...................................... 8
- Riz, millet, sarasin.......................................... 9
- Farines................................................... Ibid.
- Biscuit................................................... 11
- Pâtes d’Italie............................................ Ibid.
- Graines oléagineuses......................,..................... i3
- Tourteaux................................................. Ibid.
- Houblons ....................................................... 14
- Fruits secs ou confits.......................................... Ibid.
- Thés............................................................ 15
- Sucre............................................................ 16
- Cafés.............................................................. 18
- Chocolat, cacao................................................. Ibid.
- Conserves de viandes, sardines, etc................................ 19
- Liqueurs fermentées............................................. 20
- Vinaigre..................................................... Ibid.
- Épices.......................................................... 21
- Miel, ruches.................................................... Ibid.
- Tabacs.......................................................... 22
- Résumé.......................................................... 2 3
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- IVe JURY
- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES
- MATIÈRES PREMIÈRES
- OU AGENTS DES MANUFACTURES, DES AMEUBLEMENTS
- ET DES DÉCORS;
- PAR M. PA YEN,
- MEMBRE DE L’INSTITUT, ETC.
- COMPOSITION DU IVe JURY.
- MEMBRES.
- MM. le professeur Richard Owen1, directeur du collège) . ,
- des chirurgiens, à Londres, Président...........j e erre*
- A. Payen, membre de l’Académie des sciences, pro-j
- fesseur au Conservatoire des arts et métiers et à> France.
- l’Ecole centrale de Paris, Vice-Président.......J
- E. S. Düncan, juge.................................États-Unis.
- le docteur J. F. Royle, professeur de matière médi-\
- cale au collège du Roi, à Londres...............|
- N. Wai.lich, de Londres, ancien directeur du Jardin > Angleterre, botanique de Calcutta.............................
- E. Solly2, professeur de chimie, à Addiscombe. .. .
- Rasion de la Sagra, correspondant de l’Institut de) „
- France..........................................J ” ®
- F. Weyhe, conseiller des affaires intérieures....Zollverein.
- ADJOINT.
- M. Georges Peterson, membre du Comité scientifique)
- des domaines, titulaire de la XXVIII® classe..., ussie.
- 1 Rapporteur pour la section des Substances animales. a Rapporteur pour la section des Substances végétales.
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- IV JURY.
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- IVe JURY.
- INTRODUCTION.
- On ne saurait mettre en doute la grande importance des matières premières tirées des végétaux et des animaux, et qui sont destinées aux diverses industries manufacturières ou agricoles.
- De leur choix, des soins apportés dans leur première préparation , des procédés spéciaux appliqués à leur amélioration ou à leur conservation, dépendent en grande partie les succès des opérations ultérieures qui les transforment en produits variés d’une foule d’industries : filature, tissage, impressions, teintures, ébénisterie, tabletterie, incrustations, raffineries, savonneries, parfumerie, papeterie, fabriques de papiers de tenture ou de décors, produits variés de plusieurs grandes industries fondées sur l’emploi du caoutchouc et de la gutta-percha, qui fournissent à l’agriculture, aux mines, aux arts, à la guerre, à la marine et à l’économie domestique une foule d’objets usuels.
- Tous les membres du IVe Jury étaient parfaitement d’accord sur ces principes généraux. Ce ne fut que dans des cas particuliers, assez rares, que quelques dissentiments ont pu se manifester : les difficultés à cet égard, parfois assez graves d’abord, ont fini par s’aplanir complètement, grâce au bon vouloir de tous, et plus particulièrement encore à l’extrême urbanité du président, à son impartialité bienveillante, que l’on pourrait justement appeler chevaleresque1.
- Le rapport général de la section, qui avait été dévolu pour le règne animal au professeur Owen et pour le règne végétal
- 1 Quelques faits éminemment honorables pour le célèbre président du IVe Jury me semblent dignes d’être cités ici. II avait été décidé, dans une première réunion, que toutes les discussions auraient lieu en anglais. Cette mesure gênait, dans notre section, plusieurs Jurés étrangers à l’Angleterre et à la France; ils eussent préféré l’adoption du langage français. A défaut de pouvoir les satisfaire à cet égard, M. le professeur Owen
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES. 3
- au professeur Solly, est empreint de cet esprit de justice et de bonne confraternité envers les exposants et les jurés de toutes les nations ; il reproduit fidèlement les conclusions et la plupart des expressions mêmes des opinions librement exprimées qui ont prévalu. Je n’y trouve rien à critiquer; je tâcherai seulement de le compléter sur quelques points.
- Quant à l’ordre suivant lequel les matières doivent être traitées, il m’a semblé que ce serait une méthode naturelle, allant du simple au composé, que d’exposer en premier lieu, parmi les substances végétales, celles qui formées presque entièrement de cellulose, élément des tissus des plantes, constituent les fibres textiles végétales, coton, lin, chanvre, etc.; de passer, en second lieu, aux principes immédiats secrétés dans les tissus : amidon, fécule, gommes, huiles, suifs, résines, tanin, caoutchouc, gutta-percha, matières colorantes ; de présente r, en troisième lieu, les tissus incrustés de diverses substances (ligneuses, colorables, colorées, grasses, azotées) qui constituent les bois durs, les bois colo-
- s’efforçait toujours d’aider ses collègues à résumer chaque discussion, comme à faire ressortir l’opinion de chacun. Ce fut grâce aussi à ces bonnes dispositions que le nombre, proportionnellement plus grand, des jurés anglais ne fut pas un obstacle à faire prévaloir l’opinion qui leur était opposée. Dans deux circonstances, la bienveillance de nos collègues alla au devant et une fois même au delà de nos désirs : tous les membres de la section avaient remarqué le magnifique aspect de l’une des soies grèges exposées dans le département français : d’un assentiment unanime, les jurés anglais accueillirent la proposition de décerner une médaille du Conseil à l’exposant; il fallut que l’un des jurés de France fit connaître l’incertitude de l’économie pratique du procédé, pour décider le rejet de la proposition.
- Dans une autre occasion plus remarquable encore, M. le professeur Owen se chargea de défendre l’avis de la section en majorité, contre l’avis de la minorité et contre son opinion personnelle, devant le Conseil des présidents; il voulut même qu’un juré français vînt l’aider à soutenir cet avis, qui proposait une grande médaille en faveur de l’un de nos compatriotes: sans déguiser l’opinion qu’il avait personnellement émise, et que sa délicatesse l’obligeait de faire connaître, il parvint à décider un vote favorable à l’exposant français.
- 1.
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- rants, le liège, etc., et d’arriver ainsi aux produits d’altération ou de carbonisation qui donnent le charbon végétal et les hydrocarbures pyrogénés.
- J’ai cru devoir suivre un ordre semblable relativement aux substances tirées des animaux, en traitant d’abord des matières textiles, laines, crins, soies; des substances incrustées ou dures, ivoire, écaille, corne, nacre de perles, perles ; des produits d’organismes spéciaux, éponges, baudruche, ichthyocolle, gélatine, colle forte, albumine, cochenille, carmin; enfin, des matières carbonisées, charbons d’os et d’ivoire.
- FIBRES TEXTILES VÉGÉTALES.
- Toutes ces fibres, extraites de parties semblables ou différentes de divers végétaux : des parties corticales du chanvre, du lin, etc., des feuilles de l’agave americana, des poils de la graine du cotonnier, etc., sont identiques dans leur composition élémentaire ; toutes aussi sont formées de tubes plus ou moins allongés, mais elles diffèrent beaucoup entre elles par leur diamètre, la cohésion et l’épaisseur de leurs parois, par la force d’adhérence des soudures qui réunissent bout à bout les tronçons de tubes, de distance en distance, dans leur longueur; par la résistance des matières étrangères qui agglutinent plusieurs de ces fibres textiles. En un mot, elles varient en raison de la finesse, de la longueur, de la ténacité et de la résistance qu’elles offrent aux actions mécaniques et chimiques , exercées soit durant leurs préparations, soit par suite de l’usage qu’on en fait.
- Une autre cause de variation dans la qualité des fibres textiles tient aux procédés et aux soins employés pour les épurer, soit à l’aide des actions mécaniques, soit par les opérations du rouissage et du blanchiment.
- • Nous avons eu à examiner sous ces divers points de vue les nombreux échantillons parvenus à l’Exposition universelle.
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- COTON.
- ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE.
- La plus grande et la plus belle collection des différents cotons commerciaux se trouvait rangée dans le vaste emplacement réservé pour les produits des Etats-Unis.
- Les qualités si remarquables des cotons dits longues soies, par leur finesse, leur aspect soyeux et leur ténacité, semblent dues principalement aux circonstances naturelles du sol et du climat L Ces excellentes qualités commerciales résultent aussi de l’espèce ou de la variété, de l’amélioration des cultures, des soins à la récolte, des procédés d’extraction des
- 1 Dans la pensée de donner aux colons algériens des indications sur une des circonstances qui accompagnent la production des cotons de première qualité, extrêmement lins, les plus estimés des Etats-Unis d’Amérique, M. le maréchal Vaillant, ministre de la guerre, membre de l’Institut, fit venir de Charleston des échantillons du sol pris, par les soins de M. de Choiseul, consul de France, dans trois localités ; au-dessous de la couche végétale, cette couche n’ayanl elle-même qu’une épaisseur de 24 centimètres 75 millimètres.
- Les analyses que M. le maréchal ministre de la guerre voulut bien me confier ont offert les résultats suivants :
- Dosage de l’azote.
- N° 1. Terre provenant do la plantation n° 1.... N° 2. Terre provenant d'une plantation voisine N° 3. Terre provenant d'une plantation situee à quatre heures de distance son supérieur pris à a4cen\4 de profondeur. SOL INFERIEUR pris à 97cent>45 de profondeur.
- Azote 0 ,0780 0 ,0560 0 ,0850 % Azote 0 ,0130 0 ,0297 0 ,0877
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- 6 , IVe JURY.
- graines, du mode d’emballage, qui ne laissent rien à désirer sous les rapports essentiels de la loyauté des assortiments et
- Analyse du sol supérieur.
- TERRE H° 1. TERRE N° 2. TERRE N° 3.
- Silice 93,0 94,5 95,0
- Alumine et oxyde de fer 1,0 0,5 0,5
- Carbonate de magnésie et traces de chaux 3,5 2,5 3,0
- Eau, sels alcalins, matières organiques et pertes. 2,5 2,5 1,5
- 100,0 100,0 100,0
- Tamisages.
- TERRE passant an tamis n° 90. TERRE passant au tamis n° 80. RESTE sur le tamis n° 80.
- Terre n° 1. j Sol supérieur... 23,1 66,9 10,0 100,0
- Sol intérieur... 31,8 66,2 6,2 100,0
- n« 2. ! Sol supérieur... 53,2 34,1 12,7 100,0
- Sol intérieur... 22,5 70,1 7,4 100,0
- n° 3. | Sol supérieur... 61,0 30,8 8,2 100,0
- Sol inférieur,.. 61,5 32,3 6,2 100,0
- Il résulte des tableaux ci-dessus de ces analyses, que la terre en question, aux deux profondeurs de 24e et de 97e se compose d’un sable très-fin, plus fin encore dans la couche supérieure que dans la couche inférieure.
- La terre du n° 3 est celle qui, pour les deux couches, laisse le moins de sable sur le tamis n° 80; vient ensuite la terre n° 1, puis celle du n° 2.
- Sous le rapport de la'matière organique azotée, on remarque le même ordre : le n° 3 est le sol le plus riche, et sa richesse est aussi grande à 3 pieds de profondeur qu’à 9 pouces, tandis que le terrain n° 2 contient moitié moins à 3 pieds, et le n° 1 six fois moins qu’à 9 pouces. Le n° 1 vient ensuite, puis enfin le n® 2, bien qu’encore ici les différences soient légères.
- Les trois échantillons contiennent une faible dose de carbonate de magnésie, et seulement des traces de carbonate de chaux.
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- des soins intelligents pour la bonne conservation pendant les voyages1. N
- Il eût été impossible de faire un choix assuré parmi les dignes représentants de l’un des plus grands commerces internationaux2. Aussi la section, d’un avis unanime, a-t-elle proposé de décerner la grande médaille au Gouvernement des Etats-Unis, pour cette magnifique collection; la récompense fut ensuite votée par le Conseil des présidents.
- ALGÉRIE.
- c
- Les cotons améliorés se trouvaient au nombre des produits dont la remarquable collection valut une grande médaille
- A cet égard, les plus fortes proportions se trouvent dans le n° 1 ; vient ensuite le n° 3, puis le n° 2.
- Ces trois terres ne renferment que 1/2 à 1 centième d’alumine et û’oxyde de fer.
- On voit qu’en définitive ces trois terres sont très-siliceuses, formées d’un sable très-fin, pauvre en calcaire et en matière organique.
- Nota. Les deux tamis employés à la séparation des parties les plus ténues étaient garnis de toile métallique, indiquée dans le commerce sous le n° 80, représentant 80 fils de trame et 80 fils de chaîne sur la longueur d’un ponce nu 27 millimètres, et sous le n° go, offrant sur la même longueur 90 fils dans chaque sens, correspondant à 36 fils pour 1 centimètre, ouà 1296 mailles dans un centimètre carré.
- 1 Les différentes variétés du cotonnier peuvent être rangées dans les quatre espèces suivantes, d’après les recherches du docteur Royle :
- i° Cotonnier herbacé ( Gossjpium herbaceum ou InUicum), plante cultivée dans l’Inde, la Chine, l’Arabie, la Perse, l’Asie Mineure et plusieurs parties de l’Afrique; 20 Cotonnier en arbre (Gossjpium arboreum), cotonnier indigène de l’Inde; 3° Cotonnier des Barbades (Gossypium Barbadense) ou Cotonnier des Indes occidentales, dont les plants de la Nouvelle-Orléans et de la Géorgie sont des variétés : introduit depuis très-longtemps dans l’île de la Réunion, il fut de là importé dans les Indes; 4° Cotonnier du Pérou (Gossjpium Peravianwm ou acuminatam), qui fournit les cotons de Pernambouc, du Pérou, de Maranham et autres du Brésil.
- 2 En i84g, sur une importation totale de 755,469,012 livres dans la Grande-Bretagne, les États-Unis ont fourni 684,5o4,o5o livres, c’est-à-dire 83,9 pour 100 ; ce sont aussi les cotons d’Amérique qui subviennent à la plus grande partie de la consommation des 65 millions de kilogrammes . introduits annuellement en France.
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- votée par le Conseil, conformément à la proposition du IVe Jury. Nous indiquerons plus loin les noms des exposants de ce département français qui méritèrent des récompenses pour la culture du cotonnier, nous bornant à dire ici que les beaux échantillons des cotons longue soie provenant des meilleures graines d’Amérique n’ont pas dégénéré, et semblent présager un succès plus assuré que celui des cultures de différentes variétés dans l’Inde anglaise.
- Procédé Mercer.
- Une invention très-originale et digne d’intérêt s’est offerte à notre examen : l’auteur, M. Mercer , manufacturier anglais, annonçait qu’il était parvenu à modifier économiquement la fibre du coton de manière à changer les propriétés physiques et chimiques de cette substance filamenteuse, à transformer l’apparence d’un ruban plat et mou que montre, sous le microscope , chaque fibre du colon, en une forme cylindrique plus ou moins déterminée; changeant aussi, sans en amoindrir la solidité, l’aspect des tissus fabriqués, tout en leur donnant des propriétés chimiques nouvelles, notamment la faculté-d’absorber et de retenir une plus forte proportion de matière colorante, d’affecter dès lors des teintes plus intenses et plus vives.
- Après avoir vérifié ces faits curieux, le IVe Jury a voté une grande médaille pour l’auteur, plutôt en vue de récompenser son invention remarquable, applicable à l’une des plus importantes matières premières des manufactures, que de signaler un progrès définitivement acquis ou réalisé manufacturière-ment sur une large échelle ; le Conseil des présidents confirma cette récompense.
- Depuis que ces choses se passaient à Londres, j’ai voulu approfondir l’étude du phénomène et chercher à le mieux faire comprendre en le rapportant à des faits analogues antérieurement connus. Voici ce que j’ai pu constater :
- Lorsque l’on plonge des fils ou tissus de coton, comme l’a indiqué M. Mercer, dans une forte solution de potasse ou de^
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- soude caustique, les fibres se gonflent, les parois si minces des tubes (formant les poils implantés sur la graine du cotonnier) s’épaississent, la longueur diminue, le volume total reste sensiblement le même. La cellulose, gonflée, devenue plus poreuse, doit, après le rinçage, absorber en plus grande quantité les liquides et fixer une plus forte proportion de matière tinctoriale; le tissu, alors plus serrécontenant par centimètre 2 4 fils de chaîne et 28 de trame, s’est rétréci, la chaîne de 0,17 et la trame de 0,10: le retrait d’une toile de lin, portant sur 1 centimètre carré 20 fils de chaîne et 22 de trame, a été pour la chaîne 0,09, pour la trame 0,06. Le papier à lettre s’est retiré, dans les deux sens, de 0,075.
- On comprend mieux la réaction si on la compare à l’effet analogue produit sur une matière à structure plus délicate, douée d’une faible cohésion, offrant toutefois une composition élémentaire identique avec celle de la cellulose ou de toutes les fibres textiles végétales : lorsqu’on met en contact l’amidon ou la fécule avec une solution contenant quelques centièmes de soude ou de potasse caustique, on voit, sous le microscope, les couches emboîtées, constituant les granules, se gonfler au point que les dimensions acquièrent quatre ou cinq fois le diamètre primitif. Une combinaison s’est effectuée entre l’alcali et la matière amylacée, sans altérer sa composition chimique, même lorsqu’on laisse le contact se prolonger plus d’une année, car la substance, débarrassée de la base alcaline par un acide faible et par des lavages à l’eau, reprend ses caractères chimiques, notamment la propriété de se teindre, lorsqu’elle est hydratée, en bleu indigo par la solution d’iode.
- Il y a donc lieu de croire que les fils et les tissus de colon traités de même seront durables, et que l’on pourra mettre à profit les nouvelles propriétés qu’ils auront acquises ; que même on pourrait appliquer à des objets de toilette ou d’ornement l’effet de plissement produit sur l’étoffe de coton par une impression de soude caustique épaissie avec l’amidon et la forme de feston donnée directement par l’immersion d’un seul côté d’une bande de toile dans la solution alcaline.
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- EXPOSANTS AMÉRICAINS.
- Après avoir, comme nous l’avons dit page 7, voté la grande médaille pour l’ensemble des cotons exposés venant d’Amérique, le Jury voulut signaler en particulier onze des principaux planteurs ; il a décerné à chacun d’éux une médaille de prix ex œqao : ce sont MM. S. Bond, de Memphis; Hampton, de Charleston (Caroline du Sud); G. L. Holmes, de Memphis (Tennessee); J. V. Jones, J. R. Jones, W. W. M. Cleod. et Seabrook, de Charleston (Caroline du Sud); D. Lak, de Memphis (Tennessee); J.B.Merry Weather, de Montgomery (Alabama) ; J. J.Nailor, de Viesburgh (Missouri) ; J.Pope, de Memphis.
- On accorda en outre deux mentions honorables à MM. Truesdale, Jacob et Cie, de New-York, et à M. Ely Ray-ner, pour leur collection instructive d’échantillons de cotons bruts.
- COTONS DES INDES ORIENTALES.
- Après les Etats-Unis d’Amérique, la compagnie anglaise des Indes Orientales met dans le commerce les plus grandes quantités de cotons bruts. Cette puissante compagnie a fourni, en 1849, à la métropole 70,838,515 kilogrammes, représentant 9, 3p. 0/0 de la consommation totale; une quantité plus considérable encore est expédiée par les Indes en Chine ; elle forme une grande partie des 45 millions de kilogrammes que reçoit ce pays de l’Amérique et de l’Inde. La Chine obtient en outre 65 millions de kilogrammes de ses propres cultures.
- La production dans ces contrées est d’ailleurs en voie de progrès; on peut en juger en comparant les importations en Angleterre des cotons d’Amérique avec celles des Indes pour les trois années de i83o, i84o et i85o : les premières furent graduellement accrues dans les rapports de 500,000 à 950,000 et 1,200,000 balles, tandis que l’accroissement des importations de l’Inde offrit la progression de 67,000,
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- 163,ooo et 3oo,ooo balles : celles-ci étaient donc plus que quadruplées (ou quatre fois et demie plus considérables), tandis que les premières ne s’étaient guère que doublées, ou étaient devenues seulement deux fois â/îo plus fortes.
- Les améliorations dans la culture, la récolte, la séparation des graines et les soins d’emballage paraissent loin d’avoir suivi les progrès du commerce, et sous ce rapport laisseraient beaucoup à désirer. Sans ces circonstances défavorables, et en considérant l’extrême finesse de ces cotons, à la vérité trop courts, on pourrait croire que l’introduction du cotonnier de la Nouvelle-Orléans aux Indes aurait produit les plus belles sortes commerciales de coton du mondes .
- Le Jury a décerné une médaille de prix au docteur Wight, directeur de la ferme expérimentale du Mysore, qui a fait de grands et heureux efforts pour propager et améliorer la culture du cotonnier dans l’Inde. La même récompense fut accordée à la ferme du Gouvernement, à Goimbatore, pour ses échantillons, qui furent considérés comme les plus beaux et les meilleurs de la collection..
- Les cotons récoltés à Caddor par M. F. D. Meppen, remarquables par leur longueur et leur netteté et les soins apportés dans leur emballage, ont mérité une mention honorable à cet exposant.
- Un échantillon de très-belle apparence, offrant d’assez longues fibres, quoique inégales, a été présenté par M. Hentig, propriétaire à Sarawak, dans l’île de Bornéo. Ce coton provenait de graines tirées de Pernambouc; il a obtenu la médaille de prix.
- Une mention honorable fut accordée à M. G.-F. Fischer, de Salem, pour un bel échantillon provenant du cotonnier naturel au pays et bien cultivé.
- Plusieurs autres produits analogues ont été remarqués sans . obtenir de récompense spéciale, entre autres.
- Un très-bel échantillon de coton soyeux provenant du bombax heptaphyllum. Malheureusement, ce coton très-souple, fin, brillant et soyeux, est trop court pour être filé seul en
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- suivant les procédés usuels. Dans l’Inde, et plus particulièrement à Assam, on le mêle à d’autres fibres, et l’on en con-' fectionne des fils gros, peu tordus, que l’on tisse en étoffes douces, légères et très-chaudes1. Si l’on parvenait à développer davantage, par des procédés de culture, les poils si doux de la graine de ce cotonnier, on réaliserait une des améliorations les plus désirables.
- Plusieurs échantillons assez beaux de cotons provenant des graines de Bourbon et des cotonniers de Géorgie d’Amérique, cultivés à Jaffna, Batticuloa de Ceylan, ont été cités dans le rapport du Jury international; mais on regrettait généralement qu’ils fussent trop courts.
- M. G. Pulis , de Montebello, avait exposé une très-intéressante collection des cotons nankin et des cotons dits de Géorgie.
- Le Jury a décerné une médaille de prix à chacun de MM. T. Bazley et G. Manuel, de la ville du Gap, pour des cotons remarquables par leur finesse et leur longueur, mais mal nettoyés.
- Une mention honorable a été accordée à M. Warwickweston pour des échantillons de cotons de la côte occidentale d’Afrique. Quoique ce coton fût court, la belle apparence de sa fibre a fait admettre que, bien préparé, il serait estimé dans les manufactures.
- M. Reade avait présenté trois échantillons de coton des Barbades, les sortes ordinaires de Demerara et de Pernam-bouc, ce dernier d’une qualité évidemment supérieure. L’exposant obtint une mention honorable.
- Plusieurs exposants de la Guyane anglaise avaient présenté des cotons de très-belle et bonne qualité, parmi lesquels on doit citer ceux des plantations de Batavia, de la rivière de
- 1 Ce coton serait applicable à la préparation de diverses étoffes mélangées, mais il pourrait donner lieu à certaines fraudes : aussi a-t-on prohibé son importation en plusieurs pays, dans la crainte qu’il ne servît à falsifier notamment le poil de castor, qui est employé par la chapellerie fine.
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- Mahaica, Demerara; le Jury leur a décerné une médaille de prix.
- Des mentions honorables furent accordées à M. J.-F. Bee pour des cotons longue soie de bonne qualité, provenant d’une plantation (Woodlands) sur les bords de la rivière de Mahaica, et à M. Huges pour ses cotons de très-bonne qualité de la Nouvelle-Orléans et de Pernambouc, provenant de la plantation d’Anna Regina, à Essequibo.
- M. Van der Gon Hetcher a exposé un très-beau spécimen de coton court, tout à fait brut, provenant de la plantation du Klein-Ponderoyen, sur la rivière de Demerara; il a obtenu la médaille de prix. Un bel échantillon de coton de la Nouvelle-Orléans, cultivé à Black-How (Jamaïque), fut présenté par M. Finlaison et reçut une mention honorable. Une semblable récompense fut accordée à la collection de la Trinité pour des cotons provenant de graines dites de Sea Island ou Géorgie d’Amérique, importées de la Jamaïque. Ces échantillons étaient remarquables parleur longueur, leur ténacité et le lustre de leurs fibres.
- ÉGYPTE.
- Abbas Pacha avait envoyé d’Egypte de beaux échantillons de coton de Mako, première qualité. On remarquait dans la collection du même pays le coton de Géorgie d’Amérique cultivé par M. F.-W. Larkins. Ces deux exposants ont mérité la mention honorable.
- EXPOSANTS D’ALGÉRIE.
- Le Jury international a décerné une médaille de prix1 à cinq des exposants d’Algérie : M. Chuffart, de Birmandreis, pour ses remarquables échantillons de coton Louisiane ; Dupré
- . 1 Les médailles de prix et mentions honorables accordées à plusieurs exposants du département d’Alger sont indépendantes de la grande médaille décernée au ministère de la guerre (de France), sur la proposition unanime du IV0 Jury, pour l’ensemble de la collection des produits algériens. Depuis 1851, la culture du cotonnier longue soie de Géorgie et du
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- de Saint-Maur , d’Arbal, province d’Oran, pour ses beaux cotons Jumel; M. Morin, d’El-Biar, pour ses échantillons de coton Jumel, remarquables par leur longueur, leur belle apparence et leur préparation. Les mêmes qualités recommandaient les cotons exposés par M. Pélissier, de Kaddous, et méritèrent la même récompense à cet exposant. Enfin, M. A. Hardy, l’habile directeur des pépinières de Hamma, près d’Alger, avait présenté une collection également belle des cotons Géorgie, Jumel, Louisiane, New-York, Macédoine, et de coton Nankin des récoltes de 1849 et i85o; il obtint aussi une médaille de prix.
- MM. Grima, de Philippeville, dans la province de Cons-tantine; Halloche, de Drariah et Benes, furent jugés dignes de recevoir une mention honorable.
- Le Jury a reconnu que, dans son ensemble, la production naissante du coton en Algérie promettait de remarquables résultats, et, qu’oulre l’avenir qui s’ouvre par les efforts des colons, l’Algérie offre déjà des exemples dignes d’être cités, relativement aux progrès rapides que les colonies peuvent réaliser par le choix judicieux des variétés et la bonne culture du cotonnier; les soins et la haute intelligence apportés dans la récolte, la séparation des graines, le nettoyage, l’emballage et la conservation des produits; enfin le sol et le climat en plusieurs localités semblent très-favorables à la production des plus beaux cotons longue soie.
- cotonnier de la Louisiane a réalisé de nouveaux progrès : les encouragements delà métropole ne leur ont pas fait défaut. En 1854, dans son rapport à l’Empereur sur la culture du cotonnier en Algérie, le maréchal Vaillant, ministre de la guerre, fit connaître les résultats d’un remarquable concours relatif au développement et à l’amélioration de cette culture; le grand prix de 20,000 francs fondé par l’Empereur a été remporté par deux des principaux planteurs : MM. Düpré, de Saint-Maur, et Masqüelier.
- La superficie des cotonnières plantées en i853 était de 53o hectares; celle de i854 représentait une surface de 1,720 hectares, non compris les cultures des indigènes de Biskra.
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- LISBONNE.
- De beaux échantillons du coton récolté auprès de Lisbonne étaient envoyés par M. A. S. Magnara : ce sont de bons cotons (dits Brésiliens), des Algarves; ils ont des fibres fortes et longues, mais un peu dures. Une mention honorable fut accordée à cette exposition.
- PROVINCE DE SÉVILLE.
- M. J. B. Villars , de Séville, avait envoyé le produit brut des cotonniers de cette province, originaires des graines de Géorgie d’Amérique, cultivés sur des terres irriguées. Ce coton présentait des fibres longues et fortes, caractères des bonnes qualités commerciales; il a été jugé digne de la mention honorabte.
- ÎLES DE LA SOCIÉTÉ.
- Une mention honorable fut accordée à M. Hurtell pour son exposition du coton, de belle apparence, provenant des îles de la Société.
- RUSSIE.
- Une semblable récompense a été votée en faveur de deux exposants propriétaires dans les domaines de la Russie : le prince Niko Djidjevadze, d’Imérétie, qui présentait des cotons originaires des graines de Bourbon, et Abdourza-Maram-Ogli, qui avait envoyé des échantillons de coton provenant du district de Sharoor, gouvernement d’Erivan.
- TURQUIE.
- On remarquait dans la collection des produits de la Turquie un assortiment, digne d’intérêt, de cotons des différentes parties de cet empire : ces cotons laissent à la combustion une faible proportion de cendres, et comme leur combustion est très-facile, on comprend qu’ils soient particulièrement propres à la confection des mèches pour les bougies, chan-
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- déliés, lampes ; on les emploie également avec grand avantage dans la fabrication de la ouate. L’échantillon de coton cardé de Koniéh est court, un peu rude ; il ressemble à plusieurs sortes de l’Inde, mais il est bien nettoyé, comme sont en général les cotons de la Turquie. Les échantillons exposés provenaient des dix-sept localités suivantes, par ordre alphabétique : Adana, Aïdin, Baindir, Baluk-Hissar, Bigha, Cassaba, Damas, Dardanelles, Drama, Denizlou, Koniéh, Magnésie, Salonique, Smyrne, Soubougie, Thersic et Seïde. Malheureusement le coton de la plupart de ces localités est court et contourné, ce qui occasionne un déchet notable à la filature.
- BRITISH-COTTON (OU FLAX-COTTON).
- Sous ce nom nous fut présenté un produit tout particulier, sorte de coton factice, résultant d’une altération spéciale du lin, à l’aide d’un procédé imaginé par M. Clausen. Nous rendrons compte de ce procédé et de ses résultats en traitant plus loin des différents systèmes de préparation du lin; mais nous devons dire ici que, de prime abord, le but que se proposait d’atteindre l’auteur nous parut très-mal choisi; que le produit obtenu, après avoir perdu les qualités primitives du lin, n’avait pu acquérir la finesse, le brillant, ni la souplesse, propriétés caractéristiques des cotons longue soie; qu’enfm le problème, s’il eût été possible de le résoudre dans un sens contraire, en transformant le coton en lin, eût eu bien plus d’importance et même une utilité réelle. La majorité de la section partagea cet avis, et cependant il est arrivé que plus tard, alors que l’engouement de quelques spéculateurs anglais commençait à se passer, le malencontreux produit passa la Manche, légèrement déguisé sous la dénomination dejlax-coton; il excita de nouveau l’attention des capitalistes, pour éprouver bientôt après une chute plus lourde à Paris et sans doute définitive cette fois.
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- LIN, CHANVRE, JUTE, CHINA GRASS
- ET DIVERSES FIBRES TEXTILES.
- Les matières textiles provenant des fibres corticales, des tiges ou des feuilles de divers végétaux diffèrent du coton par l’épaisseur beaucoup plus grande des longs tubes qui constituent ces fibres ; moins souples que le coton, elles exigent, pour être filées mécaniquement, des dispositions particulières qui caractérisent les machines spéciales destinées à cette sorte de filature; mais aussi les produits de la filature et du tissage de ces filaments, plus solides, résistent mieux au frottement et en général aux actions mécaniques comme aux agents chimiques et aux altérations spontanées.
- En jetant un coup d’œil sur l’ensemble des produits de ce genre rassemblés dans plusieurs départements du Palais de cristal, on était tout d’abord frappé de la variété et du grand nombre de plantes à fibres textiles exposées ; mais on regrettait bientôt l’absence de renseignements positifs sur l’extraction, la valeur commerciale, la production moyenne et les qualités de ces échantillons nombreux.
- Toutes mes demandes à cet égard, fréquemment réitérées, sont demeurées vaines; sans doute il y avait impossibilité d’y satisfaire : il aurait fallu s’occuper plus tôt de réunir ces documents, indispensables toutefois pour apprécier l’utilité ou reconnaître le défaut d’intérêt pratique de tant de matières textiles ignorées des fabricants.
- Trois seulement entre ces substances encore peu usitées (le lia de la Nouvelle-Zélande (phormium tenax), le jute et le China grass) avaient été livrées à l’industrie depuis un temps plus ou moins long; les opinions sur leur valeur étaient diverses , et nous montrerons que les espérances à leur égard étaient au moins exagérées 1.
- 1 Ne pourrait-on du moins, à l’occasion de l’Exposition universelle prochaine, s’attacher d’abord à réunir les renseignements que pourraient fourni JURY.
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- Mais, d’abord, nous exposerons brièvement ici les procédés de préparation de l’une des plus importantes matières textiles, qui fixa plus particulièrement l’attention du IVe Jury et lui parut mériter une distinction de premier ordre. Nous indiquerons même les perfectionnements dont ces procédés ont été l’objet depuis l’année i85i.
- Améliorations dans la culture, la récolte et le rouissage du lin.
- Une société puissante par les capitaux engagés et ceux qu’elle pouvait y ajouter, forte de l’appui du Gouvernement comme de la sympathie de la population agricole et manufacturière, s’était proposé de développer la culture du lin en Irlande et de perfectionner les procédés de récolte et de rouissage en vue de l’intérêt général de l’agriculture, de l’industrie et de la salubrité publique.
- Des ingénieurs, au nombre de trente à cinquante, furent envoyés et entretenus chaque année par l’association dans les différentes contrées de la France, de la Belgique, de la Russie , de l’Amérique, etc., où la culture et la préparation du lin sont pratiquées avec le plus de succès. Les faits recueillis de cette manière, comparés entre eux, ont fourni des indications précieuses, que les mêmes ingénieurs furent chargés de répandre dans les exploitations rurales de l’Irlande. Ces notions utiles et les encouragements aux cultivateurs réalisèrent en partie les généreuses intentions des fondateurs de la société, malgré les obstacles graves, la perturbation générale dans les affaires agricoles et industrielles, qui surgirent de la désastreuse disette, de l’effrayante mortalité survenue depuis i845 à la suite du manque de récolte de la substance alimentaire la plus importante jusque-là dans ce pays.
- nir les lieux de production sur la récolte et le prix coûtant approximatif delà matière brute, puis soumettre à des essais de rouissage, blanchiment et teinture, ceux des échantillons qui offriraient quelques chances d’intérêt pratique en raison du bon marché et des qualités apparentes; déterminer la ténacité, avant et après le blanchiment, comparativement avec le lin et le chanvre?
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- A cette époque, on ne cultivait le lin clans certaines parties de l’Angleterre et de l’Ecosse que pour en obtenir la graine, employée dans les huileries ou directement appliquée à l’engraissement des animaux de boucherie.
- D’un autre côté, au contraire, en Irlande généralement, le lin était cultivé en vue de produire des fibres textiles de première qualité, mais en sacrifiant la graine, qu’on ne laissait pas venir à maturité.
- L’un des résultats importants des investigations nouvelles a été de démontrer qu’on pouvait satisfaire aux deux dispositions, obtenir la graine oléagineuse et la fibre de bonne qualité, en arrachant avant la maturité, laissant dessécher le lin maintenu debout, et remédier, en outre, à l’insalubrité du rouissage habituel par une nouvelle méthode.
- La méthode adoptée fut celle d’un inventeur américain, Shenck, importée à Belfast, où je l’ai examinée en i85o, par deux manufacturiers français, MM. Bernard et Gok, perfectionnée depuis par M. Scrive, de Lille.
- Elle consiste maintenant à tenir immergé le lin égrené dans des cuves remplies d’eau entretenue tiède ( à 33° ou 36°), stagnante seulement durant six ou huit heures, puis renouvelée pendant soixante-douze à quatre-vingt-dix heures; le lin roui est alors pressé et lavé à l’aide d’une presse à cylindre continue et cl’une injection d’eau. On le fait ensuite sécher à l’air, puis la dessiccation se termine en vingt-quatre heures à l’étuve; on passe entre six paires de rouleaux cannelés, afin de briser la chènevotte ; puis le lin ainsi préparé est gardé en magasin pendant deux ou trois mois, afin que les fibres, reprenant un peu d’humidité, deviennent plus flexibles. Alors, on procède au teillage et au peignage.
- En définitive, le rouissage salubre1 et la dessiccation sont effectués en huit ou dix jours, au lieu des vingt à trente
- 1 Un grand nombre d’essais ou d’applications en grand ont été faits en France et en Angleterre dans la vue de hâter et d’assainir le rouissage du lin et du chanvre, à l’aide de divers agents chimiques : acide sulfurique, alcalis (soude de potasse), chaux vive, savon, employés isolément ou plu-
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- jours qu’exigeait l’ancienne pratique, et tout en améliorant la qualité du lin, on a donné le moyen de faire disparaître les fièvres endémiques qui décimaient les populations de ces contrées.
- Voici les résultats comparés des méthodes ancienne et nouvelle du rouissage :
- Méthode ancienne ( eaux stagnantes ) nnnvpllp DURÉE DU ROUISSAGE. FILASSE OBTENUS de 100 kilogrammes de lin roui.
- 15 à 40 jonrs.... 9 à 16 kilogr. 14 à 17
- Il est facile de comprendre que, pour de tels résultats, les membres de la IVe classe aient proposé de décerner la grande médaille; des considérations techniques ont décidé le conseil des présidents à refuser cette récompense, mais nous devons ajouter qu’alors le procédé américain, dit Shenck’s process, n’était point parvenu au degré de perfectionnement qu’il a acquis, il y a peu de temps, en France et en Angleterre.
- sieurs d’entre eux successivement; tous furent, en définitive, abandonnés. La fibre était attaquée, affaiblie, et les moyens, plus dispendfeux que le rouissage, n’offrirent que des résultats défavorables en définitive.
- Les procédés mécaniques pour séparer sans rouissage les fibres textiles des tiges de chanvre ef de lin n’eurent pas de meilleurs résultats; et, chose remarquable, l’engouement général, à leur égard, fut tel dès l’époque de leur apparition, qu’ils obtinrent l’appui du Gouvernement des deux côtés de la Manche. En France, les machines à broyer et teiller sans rouissage (de Christian) furent recommandées et même expédiées aux préfets de nos départements. On alla plus loin encore dans la Grande-Bretagne. M. Lee ayant imaginé d’ingénieuses dispositions mécaniques qu’il ne faisait pas connaître, et qui furent cependant considérées comme d’une haute importance et trh-ejjicaces pour séparer la fibre du lin, obtint, en 1812, une patente avec la protection extraordinaire d’un acte du parlement, qui l’exempta de 1 obligation de décrire sa machine ou de spécifier son invention pendant les
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- Une difficulté particulière doit ralentir chez nous la propagation du rouissage salubre dans des usines centrales : les habitants des campagnes, dans les localités où le lin se cultive, ont l’habitude d’obtenir par les moyens locaux de rouissage la matière première du teillage et de la préparation de la filasse, travaux peu rétribués sans doute, mais qui cependant occupent utilement durant les longues soirées d’hiver les femmes et les enfants.
- Procédé Claussen, pour convertir le lin en une matière filamenteuse analogue au coton.
- En traitant du coton, nous avons indiqué les espérances exagérées, trompeuses même, que l’annonce de ce procédé avait fait naître. Voici maintenant en quoi il consiste, suivant la description qu’en a donnée l’auteur.
- On fait bouillir les tiges de lin, préalablement écrasées et coupées, dans une solution alcaline faible, contenant o,oo5de soude caustique ; la matière est retirée de cette lessive et plongée dans une solution acide contenant 0,002 d’acide sulfurique, où elle est chauffée à l’ébullition pendant une heure; on la porte alors dans une solution contenant 10 p. 0/0 de carbonate de soude, et, après y avoir séjourné pendant une heure, on l’en retire pour la plonger, durant une demi-heure,
- sept premières années de la durée du brevet. Mais en 1817, deux ans avant l’expiration du délai, deux autres inventeurs, MM. Hill et Bundy, ayant réclamé une patente pour une machine construite dans le même but, les deux inventions furent examinées comparativement par un comité de la Chambre des communes, et il se trouva que ni l’une ni l’autre ne satisfaisait aux conditions du problème ; elles ne tardèrent pas à tomber dans l’oubli. Ces faits doivent, du moins, nous servir d’enseignement; ils montrent que le teillage mécanique direct n’est pas utilement praticable.
- Il convient de faire observer que le rouissage â l’eau tiède n’est pas nouveau en principe : il a été pratiqué depuis très-longtemps par les Malais et les naturels de Rungpoor, dans le Bengale. Des moyens analogues, consistant dans l’emploi du lait tiède (ancien procédé de Molkenrôsa) ou du petit lait, sont parfois employés en Allemagne pour préparer les fibres textiles d’une grande finesse et d’une belle nuance.
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- dans un bain acidulé, soit par 0,002, soit par 0,010 d’acide sulfurique. Les effets indiqués plus haut sont alors produits; on peut compléter le blanchiment à l’aide du chlore ou de l’hypochlorite de chaux.
- De nombreuses tentatives, faites sans succès1, avaient précédé les essais infructueux de M. Claussen, et cependant la majorité du IVe Jury, voulant encourager de nouveaux efforts dans cette voie, décerna une médaille de prix à l’auteur de ce dernier essai. Tout ce qui s’est passé depuis l’Exposition de i85i nous porte à croire que les tentatives nouvelles n’auront pas eu plus de succès que les anciennes; et nous persistons à penser que la transformation du lin en matière semblable au coton serait très-désavantageuse, tandis que la solution du problème inverse, la transformation économique du coton en fibres semblables au lin, si elle était possible, aurait une utilité réelle.
- LINS DES DIFFÉRENTES CONTREES.
- La qualité des lins dépend beaucoup de la graine et des
- 1 En i747,Likjikreuzes et Palmquist ont décrit un moyen de transformer le iin en coton par l’ébullition dans une solution de potasse caustique, puis un lavage à l’eau de savon. A l’aide d’un procédé analogue, une quantité considérable d’étoupes de lin et de chanvre fut convertie en coton de lin. (flax cotton ) par Mme Moira, et ce produit put être soumis au cardage et aux opérations ordinaires de traitement du coton. Diverses opérations furent faites depuis en Allemagne pour atteindre le même but. Le baron de Meidenger proposa des moyens semblables, et en 1780 ils furent mis en pratique près de Vienne. Kreutzer, en 1801, Stadler etHaupfener, en 1811, Sokon, en 1816, et plusieurs autres mirent en avant de semblables projets, qui excitèrent la jalousie des dateurs de coton, comme cela était arrivé en Angleterre à l’occasion du traitement des étoupes par Mme Moira. Il est plus probable que l’opposition des dateurs ne fut pas la cause qui fit abandonner tous cçs procédés ; mais ce fut plutôt le coût de ces produits, comparativement avec le lin et même avec le coton. Be^tbollet, Gay-Lussac et Gio-berti se sont également occupés sans plus de succès de transformer le lin ou les étoupes par des immersions successives dans l’eau de savon, les soiu= bons alcalines et les acides sulfurique ou muriatique (chlorhydrique) étendus.
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- soins dans la culture : les premiers semis provenant de la graine de Riga donnent généralement, en Belgique, en Hollande, en France, des lins analogues à ceux de Russie, forts, mais généralement trop gros pour avoir une grande valeur. La graine récoltée sur ces lins est plus petite et donne, dans une deuxième culture convenablement serrée et par une récolte avant l’extrême maturité1, des lins fins, ou dont les fibres textiles ont la finesse et la flexibilité recherchées des filateurs.
- Malheureusement les graines récoltées sur les terres de France, de Belgique et de Hollande une deuxième et une troisième fois donnent jusqu’ici des lins tellement dégénérés, qu’il faut recourir dès la troisième année à de nouvelles graines d’importation étrangère. Ces inconvénients tiennent peut-être à la récolte faite avant une complète maturité de la graine, en vue d’obtenir des fibres' textiles plus fines et plus faciles à blanchir.
- La difficulté d’obtenir des graines sans dégénérescence a semblé inhérente à la variété du Linum usitatissimum à fleurs bleues, celle qui jusqu’ici produit les plus beaux lins.
- On essaye depuis deux ans une autre variété de lin à fleurs blanches : sa graine n’est pas sujette à la dégénérescence dans les mêmes conditions, et il paraît que, par des cultures serrées, on en obtient des fibres assez fines pour présenter les qualités recherchées dans les beaux lins provenant de la variété à fleurs bleues.
- Quoi qu’il en soit, les lins que l’on estime le plus dans le commerce, ce sont les produits des cultures serrées, à lin fin,
- 1 Parfois on préfère les lins gris plus ou moins foncés, rouis dans des eaux stagnantes, où la coloration brune des eaux donne aux filaments cette teinte dite gris de lin que l’on recherche pour certains ouvrages en toile écrue.
- L’amirauté anglaise exige, pour la confection des toiles à voiles, du lin blanchi avec les sels de soude et de potasse mélangés, à l’exclusion de tout autre agent chimique, notamment du chlore et des acides. Ces sages prescriptions seraient mieux précisées si l’on ajoutait l’indication de la qualité des alcalis : en spécifiant, par exemple, l’emploi des cristaux de soude (carbonate de soude cristallisé) et de la potasse perlasse.
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- et du rouissage à l’eau courante, obtenus en Belgique (particulièrement les lins tirés des environs de Malines), en Hollande et en France1. Quant aux lins importés chez nous de Riga et de Saint-Pétersbourg, ils ont été rouis sur la terre ou sur la neige; leur fibre est longue et forte, mais trop grosse pour avoir une valeur aussi grande que les lins belges, hollandais et français.
- En général, dans les localités de ces trois pays où, faute d’eau, les lins sont rouis sur la terre, les filasses, altérées en quelques points par les matières terreuses et excrémentitielles queies vers de terre (lombrics) y déposent, sont le moins estimées.
- La consommation du lin a augmenté graduellement en Angleterre, en même temps que la culture et la production en Irlande s’élevaient de 53,ooo acres (21,464 hectares) de
- 1 Les produits de la culture serrée sont moins abondants, comme on jugera par les résultats comparatifs ci-dessous ; mais la valeur plus grande des fibres textiles, plus fines, compense et au delà-les différences.
- Semencet récolte et produits comparés sur un hectare de terre.
- CULTURE
- CLAIRE. SERREE*
- Semence 108 litres. 136 litres.
- | Filasse Produits 1 980 kilog. 544 kilog.
- ( Graines. 406 231
- / Racines et chènevottes. 3,200 2,500
- Résidus •, < Capsules vides 350 280
- V Matières dissoutes au rouissage.. 1,200 900
- Poids total de la récolte 6,136 4,545 kilog.
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- terre en i848 à i38,8oo acres (56,2i3 hectares) en i85i, représentant une quantité de filasse égale à i7,680,000 kilogrammes.
- Les importations des filasses de chanvre et de lin s’élevaient de 48 millions de kilogrammes, il y a vingt-cinq ans, à 80 millions de kilogrammes en i85i; les 0,74 de ces quantités étaient tirés de Russie, 0,10 de Prusse, 0,10 de Hollande et de Belgique, 0,02 de France et o,o4 de diverses autres contrées.
- Ces progrès ont suivi les développements de la filature et du tissage mécanique, qui se sont manifestés plus tard chez nous.
- ANGLETERRE.
- Une des plus belles collections de lins et de chanvres fut présentée par M. Hutchinson; elle comprenait des échantillons de très-belle qualité, indiqués ci-dessous :
- Lin français;
- — flamand;
- — hollandais;
- — suisse (frison);
- — d’Arkhangel ;
- — de Riga;
- ---- anglais ;
- — égyptien;
- — de la Nouvelle-Zélande (Phormium tenax);
- ---- jute (Corchoras C.).
- Chanvre de Saint-Pétersbourg;
- Idem, demi-blanchi;
- Chanvre de Riga ;
- -------- d’Amérique;
- -------- d’Égypte ;
- -------- de l’Indes;
- -------- de Manille;
- -------- d’Italie.
- Cet exposant obtint une médaille de prix.
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- MM. Catar et Nelson avaient exposé du lin qui mérita une mention honorable pour sa très-bonne préparation, sans que la qualité de la fibre eût rien de bien remarquable.
- Plusieurs beaux échantillons de lin étaient exposés par M. G. Mason : ces produits avaient été cultivés, rouis et préparés dans plusieurs comtés d’Angleterre; leur envoi fut accompagné des modèles des ustensiles et machines employés à leur préparation ; ils ont mérité une mention honorable.
- M. Warnes, qui obtint une médaille de prix dans la XIVe classe, avait présenté plusieurs spécimens remarquables de lin jaune' cultivé à Frimmingham, en Norfolk; des lins bleus venus dans le Yorkshire et quelques-uns des plus beaux échantillons des lins de Gourtray et de Lokeren, en Belgique, étaient présentés comparativement à l’état brut, teillés et peignés, par MM. Hives et Atkinson, de Leeds. Ces trois exposants ont obtenu la mention honorable; M. Atkinson reçut, en outre, une médaille de prix pour ses beaux échantillons de China grass (voyez plus loin, page 36).
- La mention honorable fut encore accordée pour de très-beaux lins de Gourtray (Belgique) à M. Marshall, de Leeds, qui obtint de la XIVe classe une médaille de prix.
- Nos observations sur les procédés mécaniques isolés (voyez ci-dessus, notes des pages 19, 20, 21) nous dispensent de dire notre opinion sur la série des lins exposés par M. Dunlau, qui, d’ailleurs, obtint de la XIVe classe une médaille de prix.
- Divers beaux échantillons de lins anglais, quelques-uns comparativement avec des lins de Russie et de Pologne et sous divers états de préparation, ont été présentés par MM. Büll, Simpson, Sadler, Fenton, Hayward, récompensés dans la XIVe classe, et par MM. P. Loveless et J. Brooks.
- FRANCE.
- Plusieurs de nos compatriotes, particulièrement du département du Nord et des environs d’Angers, avaient présenté à l’Exposition universelle des lins et des chanvres de qualité très-supérieure.
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- Les lins rouis dans la rivière de Lys, exposés par M. L. Du-mortier , de Bourbecque, près Lille, Rouxel , de Saint-Brieuc, Joubert, Bonnaire et Cie, d’Angers, et Laillier, obtinrent chacun une médaille de prix.
- Trois exposants français qui avaient présenté des chanvres ' également remarquables par leur qualité supérieure obtinrent, chacun d’eux, aussi une médaille de prix : ce furent MM. Bes-nard, Richoux et Genest, d’Angers; Laîné, Laroche et Max Richard, d’Angers; enfin Leclerc, également d’Angers.
- ' BELGIQUE.
- Les lins belges ont dignement soutenu leur excellente réputation , établie depuis si longtemps et si bien méritée.
- Le jury a particulièrement distingué les échantillons présentés par MM. David etDEBOc, d’Anvers; Desmedt et Cie, de la Flandre orientale; J.-B. Van Bogaert, de la même province, et qui présentait, en outre, des chanvres d’excellente qualité; P.-J. Verbuck et J.-B. Van Viele, de la même province : une médaille de prix fut décernée à chacun de ces cinq exposants.
- De beaux échantillons de lin furent encore exposés par MM. Degraeve, Delforterie, de la Flandre occidentale; F. Leclercq, de Longchamps, près Namur; F. Vercruysse, près Gourtray, et J.-C. Van Ackere, de la Flandre occidentale : chacun de ces exposants obtint une mention honorable.
- MM. Rqels et Cie, de Lokeren, Laviolette, de Bruges, S. P. Van Hocy, de Hamme (Flandre orientale), B. Haese, de la même province, et la société linière de Gand exposèrent des lins de bonne qualité sous leurs différents états de préparation.
- Parmi les chanvres belges, les échantillons présentés par M. E. Verhelst, de la Flandre orientale, P.-J. Van Riet et H. Gilta, de la même province, furent jugés dignes d’une médaille de prix.
- Des échantillons de chanvre et de lin préparés par un moyen particulier étaient exposés par M. Swaab, de la Haye.
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- MORAVIE, TURQUIE.
- Le Jury a remarqué les beaux échantillons de lins de bonne qualité, résistants et très-bien préparés, venant des lésines pour le travail du lin de Shonbery, en Moravie; ceux qui étaient présentés par M. Jacob Birnbaum, ainsi que les échan- % tillons non moins remarquables de l’établissement breveté pour le rouissage du lin à Ullersdorf : une médaille de prix fut décernée à chacun de ces trois exposants.
- Dans la collection turque, on remarquait six échantillons de lins provenant d’Eudemith, Djanik, Unia, Aïdin, Branca et Wallachia; plus deux échantillons de chanvre de Djanik et de Wallachia.
- ZOLLVEREIN.
- L’exposition des lins du Zollverein présentait de fort beaux spécimens : le Jury a particulièrement remarqué les lins, rouis suivant la méthode belge, présentés par M. le baron Von Luttwith, de Simmenau; les échantillons de M. A. Rusin, de Rüstern, et les lins exposés par M. G. Mevissen, près Dusseldorf : chacun de ces trois exposants reçut une médaille de prix.
- La mention honorable fut accordée à MM. Elmendorf, d’Isselhorst, près Bielefeld (voyez aussi la XIVe classe) ; Kônigs etBuEKLERS, de Dulken, près Dusseldorf; A. Bruenger, de Zollenbuk, près Bielefeld; E. Hornig, de Brunswick, et P. Ollerdissen, d’Urentrup, près Bielefeld.
- Un échantillon de beau chanvre était exposé par M. Land-wirtH' Schaftlicher Verein, de Songerhausen.
- RUSSIE.
- La nombreuse collection des lins et chanvres bruts de Russie contenait quelques échantillons remarquables par la force et la longueur des filaments : on y trouvait une grande variété de lins, depuis les plus grossiers jusqu’aux qualités fines et soyeuses ;] la plupart, d’ailleurs de qualité inégale,
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- offraient une nuance assez claire, dépendante du procédé de rouissage sur le sol ou sur la neige.
- Les plus beaux échantillons étaient exposés par MM. Arda-matski frères, du gouvernement et district de Novgorod; E. Karnowitch, du gouvernement d’Yaroslaff; et Valk, du district de Vinsk, gouvernement d’Esthonie : le Jury décerna une médaille de prix à chacun de ces trois exposants.
- Une mention honorable fut accordée à chacun de MM. Michael Barbarikin, de Kolm, gouvernement de Pskoff; le représentant de la ferme de Gorigoretzk, gouvernement de Mohileff; Clarke, Morgan et Cie, gouvernement de Vologda; Zakharoff, de Kolm, gouvernement de Pskoff; et Kosma Milarkroshetghnoi, de Pudjoi.
- Des échantillons de lin de bonne qualité avaient été exposés sous les noms de MM. John et Théodore Ardamatsky, de Soletz, gouvernement de Pskoff; John Ardamatsky, de Por-koff, même gouvernement; Melnikoff, gouvernement de Vladimir; Théodore Vaniskoff, de Soletz, gouvernement de Pskoff, et de la propriété de Velikoe, gouvernement d’Ya-roslaff.
- Parmi les échantillons de chanvre de Russie, le Jury a plus particulièrement distingué, comme les meilleurs, les produits présentés par MM. Krashenenekoff, du district de Sevsk, gouvernement d’Orel; Kosma Silemonoff, de Rilsk, gouvernement d’Yaroslaff; et le prince Volkonsky, du district de Sevsk, gouvernement d’Orel : chacun d’eux obtint une médaille de prix.
- ESPAGNE.
- Le Jury remarqua dans le département espagnol de très-bons chanvres et lins à l’état brut.
- Les meilleurs chanvres de ce département étaient exposés par M. Calderon, de Grenade,P. Martjnèz, de Valence, et le comte Ripalda , également de Valence : chacun de ces trois échantillons mérita une médaille de prix; un très-bel échantillon de chanvre, à la vérité un peu gros, était exposé par
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- M. A. Diez, de Ribera de Grenade; une mention honorable lui fut accordée.
- Plusieurs échantillons de chanvre avaient été exposés par la corporation münicipale de Castellon et par MM/", de Murcie et de Saragosse.
- Les lins de M. Valgoma, de Cacabelos, ceux de la province de Huesca et de Las Heras, de Ségovie, furent particulièrement distingués et reçurent une mention honorable.
- Des lins de bonne qualité avaient été exposés par MM. Cal-deron , de Grenade, J. PinAn , de Léon ; on remarquait également les lins de Calateras et Vega, de Las Heras, de Zamora et de Saragosse; les lins de Camarzana et Puebla, de Sana-bria et de Borja.
- ÉGYPTE.
- Plusieurs beaux échantillons de chanvre et de lin figuraient parmi les produits bruts de la collection égyptienne. Les lins de Faïoum, ceux de Menouf, ainsi que l’échantillon de chanvre exposé, parurent dignes d’être mentionnés honorablement.
- SUÈDE.
- Quelques échantillons de lin roui à l’eau envoyés d’An-germaland, situé au nord de la Suède, étaient exposés par MM. Johan Joansson; ces fibres textiles, sans être bien préparées, ont paru de bonne qualité et furent jugées dignes d’une mention honorable.
- SAXE.
- Des échantillons de lin bien préparés étaient venus de Saxe, exposés par MM. C. Sommer, de Sornzig, près Mügen, Iwatteyne , de Lichlembourg, et Gaetzschmann , de Zittau ; ils obtinrent une mention honorable.
- PORTUGAL.
- Plusieurs échantillons de lin et de chanvre étaient exposés
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- dans ce département; le chanvre de Catharia, qui avait été envoyé en tiges et partiellement préparé par le duc de Pal-mella, fut jugé digne de recevoir une mention honorable.
- ITALIE.
- Parmi plusieurs produits du même genre, chanvres et lins, envoyés de Rome, l’échantillon exposé sous le nom de la chambre de commerce de la ville de Cento parut mériter la mention honorable, que lui décerna le Jury.
- MM. le comte Bianconcini et Marco Minghetti avaient aussi exposé des chanvres dans ce département, venant de Bologne.
- canada.
- MM. Bastien, de Saint-Rise, avaient exposé du lin, et M. F. Grice , du chanvre, offrant l’un et l’autre les caractères des bonnes fibres textiles, qui, sous l’influence d’une préparation mieux soignée, eussent acquis une plus grande valeur; malgré ce reproche mérité, la qualité intrinsèque de ces produits fut appréciée par le Jury, qui accorda aux deux exposants la mention honorable.
- TERRE DE VAN-DIEMEN.
- Une mention honorable fut accordée à MM. Dixon, deSkel-ton-Castle, Isis et F. Lipscombe, pour les échantillons des lins de bonne qualité qu’ils avaient exposés comme produits de la terre de Van-Diemen.
- ÉTATS-UNIS.
- Un petit nombre d’échantillons de lin et de chanvre figuraient dans le département des Etats-Unis ; ils étaient exposés par E. R. Dix, de Vernon (New-York) et présentaient les caractères des bonnes sortes commerciales ordinaires; le Jury décerna une mention honorable à cet exposant.
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- FIBRES TEXTILES DIVERSES.
- ANGLETERRE.
- Ainsi que nous l’avons dit au commencement de ce chapitre , les fibres textiles analogues au chanvre et au lin, présentées comme susceptibles de remplacer ces derniers produits, étaient fort nombreuses et difficiles à apprécier.
- La belle collection de matières premières présentée dans les importations de la ville de Liverpool, avec d’intéressantes notions commerciales, contenait les substances textiles suivantes :
- Chanvre hollandais, égyptien (Linum usitatissimum) ;
- Chanvre du Canada, polonais, russe, de Marienbourg, d’Italie ( Cannabis 'sativa) ;
- Chanvre de Bombay (Hibiscus cannabinus);
- Jute des Indes Orientales ( Corchorus capsularis};
- Sunn (Crotolaria juncea);
- Coir rope et coir yann de Bombay et Calcutta ( Cocos naci-fera);
- China gràss de Canton et Hong-Kong ( Urtica nivœa, Bœh-meria) ;
- Picaba de Para (Attalea funifera);
- Chanvre de Manille (Musa textilis), de Manille;
- Palmier du Brésil (Carnauba Palm), de Para;
- Jute du Brésil (Corchorus capsularis aut olitorius);
- Mousse espagnole ( Tillandsia usneoides) ;
- Soie végétale (Chorisa speciosa).
- Parmi tous ces articles d’importation et une foule d’objets analogues compris dans les collections des produits bruts des Indes orientales, ceux qui méritaient de fixer l’attention par les quantités introduites dans le commerce et leurs propriétés, particulières se trouvaient le jute, dont on importa 12,216,000 kilogrammes en Angleterre en i85o; le China grass, dont on a importé 370,000 kilogrammes la même an-
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- née ; enfin les fibres de coco brutes ou filées en ficelles et cordes, dont l’importation s’est élevée à 1,470,000 kilogrammes.
- JUTE.
- Les fibres textiles présentées sous ce nom proviennent du Corchorus capsularis et du Corchoras olilorius; elles ont excité un vif intérêt. L’abondance de leur production, le bon marché qui en résulte et leur solidité apparente firent naturellement supposer que ces fibres textiles apporteraient une grande amélioration dans les industries de la filature, du tissage, des impressions, etc.
- II était impossible de préjuger les propriétés de ces fibres, et pour les apprécier, des expériences spéciales étaient nécessaires : on dut donc s’abstenir. Plusieurs des expériences sur la ténacité comparative de ces fibres et de celles du lin, du chanvre, ainsi que de divers autres filaments, ont été faites par le docteurRoxburgh, mais probablement sans tenir compte, pour chaque sorte, des effets produits par l’emploi des moyens de blanchiment, de teinture, de filature et de tissage, car le jute a paru, dans une série d’essais, supérieur au lin, dans l’autre plus tenace que le chanvre.
- Depuis lors, je me suis occupé de résoudre cette question et j’ai reconnu que la résistance aux actions mécaniques et chimiques des fibres du Corchorus est bien moindre que celle du lin et du chanvre ; cela tient surtout au défaut de cohésion de l’espèce de soudure organique qui réunit bout à bout les tronçons cylindriques, assez courts, constituant ces longues fibres textiles. Ce défaut apparaît particulièrement pendant et après les opérations usuelles du blanchiment.
- De ces faits il me paraît résulter que le jute, utile sans doute pour confectionner une foule d’objets de peu de valeur et dont le bon marché développera probablement la consommation , offrira des chances d’introduction frauduleuse dans les fils et tissus. A cet égard, les faits observés relativement aux fibres du Phormium tenax pourront, devront même se repro-
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- duire. Heureusement il se trouve que ces caractères particuliers permettent également de distinguer le jute du chanvre et du lin.
- J’ai pu reconnaître, en effet, que le procédé proposé par M. Vincent pour déceler la présence des fibres du Phormium s’applique avec succès aux fibres de jute. On plonge les fibres (filasse, fils ou tissus) soupçonnées dans une solution de chlore; on fait égoutter, puis immédiatement, ou quelques instants plus tard, on met en contact avec des vapeurs ammoniacales; il suffit de verser quelques gouttes d’ammoniaque liquide au fond d’un verre et de placer dans le verre les objets, encore humides, à essayer : on voit à l’instant une coloration rouge se prononcer sur les fibres de jute.
- Si un tissu présentait ces fibres, seulement dans sa trame ou dans sa chaîne, on le découvrirait aisément à l’aspect quadrillé que présenterait le tissu. On rend le phénomène plus tranché en effilant de quelques fils le tissu sur les deux bords d’un angle d’un carré de toile, car, après les réactions précitées, tous les fils en saillie sur un des côtés paraissent rouges, et sur l’autre côté, les autres fils restent avec leur couleur normale ou légèrement orangée ou brunie.
- En tous cas, la coloration rouge est peu persistante; elle vire au brun orangé, puis au brun plus ou moins intense.
- Nous devons ajouter que ces caractères distinctifs, très-prononcés dans les filasses, fils et toiles écrues, vont s’affaiblissant par degrés au fur et à mesure que les procédés de blanchiment sont appliqués à ces produits, et qu’enfin, lorsque l’épuration est complète, que la blancheur ne laisse plus rien à désirer, ces caractères s’effacent à peu près complètement; en effet, la cellulose pure est identiquement la même dans toutes les plantes, par conséquent, dans les matières textiles du lin, du chanvre, du jute, du Phormium ienax, etc.
- URTICA NIVÆA.
- Dans plusieurs départements de l’Exposition universelle, et
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- plus particulièrement dans la nombreuse collection des plantes textiles de la compagnie anglaise des Indes, on avait présenté sous le nom de China grass les fibres textiles de YUrtica (Bœhme-ria) nivæa et tenacissima; ces fibres, blanches, brillantes, fines et souples, ont fixé l’attention du Jury: elles forment la matière première de tissus remarquables par leur finesse et quelques autres qualités. Ces échantillons de tissus étaient compris dans l’exposition de la Chine et parmi les produits de plusieurs manufacturiers de France et d’Angleterre.
- La matière textile extraite des tiges de YUrtica nivæa est d’ailleurs résistante, même après avoir subi les opérations ordinaires du blanchiment. S’il était possible de se procurer économiquement cette matière première, ce serait évidemment une précieuse acquisition pour nos filatures et nos manufactures de tissus.
- On peut espérer parvenir à ce résultat, en essayant sous un climat favorable, notamment dans certaines localités de l’Algérie, la culture en grand de YUrtica nivæa. Il faudrait que les plantes fussent assez serrées pour éviter les ramifications nombreuses qui se développent sur les pieds isolés ou trop espacés et qui produisent des fibres bifurquées difficiles à extraire, à teiller et à peigner.
- La culture n’a pu se faire chez nous que par des plants tirés d’éclats des souches ; elle serait plus facile et donnerait des végétations plus serrées, plus régulières, si l’on pouvait se procurer des graines venues à maturité; il y a lieu d’espérer que la production des graines serait réalisable en quelques contrées bien situées de l’Algérie1. On assure d’ailleurs que les variétés cYUrtica (Bœhmeria) peuvent être obtenues à bon marché et en quantités très-considérables dans diverses contrées de l’Inde.
- Pendant longtemps, il est vrai, on ignorait les moyens de préparations du China grass, qui ne pouvait être traité convenablement par les procédés de rouissage du lin et du chanvre :
- 1 M. Pépin à publié dans les Mémoires de la Société centrale d’agriculture, en 1844, un Mémoire intéressant sur cette plante.
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- MM. W. Wright et compagnie paraissent avoir résolu le problème.
- Leur procédé, patenté en Angleterre en 1849, consiste à tenir les tiges d'Urtica nivæa immergées dans l’eau froide pendant vingt-quatre heures, puis pendant un tempségal dans l’eau chauffée à -+- 5o° cent.; ensuite on les soumet à l’éhullition dans une solution de soude ou lessive alcaline; les fibres sont àlors énergiquement lavées à l’eau pure, et enfin soumises à la vapeur surchauffée jusqu’à ce quelles soient presque sèches. ,
- MM. W. Wright avaient démontré les beaux résultats de leur procédé par des échantillons variés de ces fibres blanches et brillantes et quelques-unes de leurs applications employées seules ou unies à d’autres fibres textiles ; le Jury leur a décerné une médaille de prix.
- MM. Hives et Atkinson, déjà mentionnés pour leurs lins de qualité supérieure, avaient également exposé de très-beaux échantillons de China grass : poup ces deux séries de produits, la IVe classe leur a donné la médaille de prix; ces exposants ont, en outre, été l’objet de récompenses de la part de la XIVe classe.
- De très-beaux échantillons de China grass, blanchi, filé, tissé, étaient compris dans l’exposition de MM. Marshall et compagnie, de Leeds, et ont valu de la part du Jury de la IVe classe une médaille de prix à ces grands manufacturiers, dont nous avons déjà mentionné les beaux échantillons de lin roui par le procédé Shenck perfectionné.
- L'Urtica nivæa, bien que ses fibres textiles soient une matière première nouvelle dans nos manufactures, est une des plantes très-abondantes en Chine et dans diverses parties de l’empire indien, où la filasse très-résistante qu’on en obtient par des procédés simples de macération et de battage est depuis très-longtemps utilisée.
- Des différentes fibres textiles examinées par le docteur Rox-burgh au commencement de ce siècle, en vue de trouver des matières propres à remplacer avantageusement le chanvre, 1 une de celles qui lui semblèrent offrir le plus de chances de
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- succès fut le chanvre de Calloe ou le ramy des îles et de la péninsule malaise; il reconnut que ces fibres étaient produites par une Urtica : il la qualifia par le nom de lenacissima. La plante fut introduite en i8o3 de Bencoulen à Calcutta, où elle fut pendant plusieurs années cultivée dans le jardin botanique, alors sous la direction du docteur Roxburgh.
- Une quantité considérable de ces fibres, sous le nom de chanvre de Calloe, ayant été importée en Angleterre en 1814 » ses bonnes qualités furent constatées expérimentalement, et une médaille d’argent fut décernée par la Société d’encouragement des arts et manufactures, pour cette introduction, au capitaine Joseph Cotton, de la compagnie des Indes.
- INDE.
- Les fibres végétales exposées dans le département de l’Inde offraient la plus nombreuse et la plus intéressante des collections de ce genre; elles comprenaient les principales sortes ci-dessous :
- CALLOE RHEA OU CHINA GRASS.
- Plusieurs des variétés d'Urtica dont nous venons deparler avaient fourni les divers échantillons de ces fibres textiles envoyées de différentes parties de l’Inde.
- M. le major Hannayen avait exposé des fibres textiles qui provenaient d’Assam ; M. Baboo Deonath et Baboo Laken Hath présentaient des échantillons venant de Rungpore et de Singapore : ces trois exposants obtinrent une mention honorable.
- M. Thomas avait présenté quelques échantillons des fibres de Y Urtica heterophylla, dans le Mysore ou Maïssour.
- CALOTROPJS GIGANTEA.
- DISTRICTS DE LA PRESIDENCE DE MADRAS.
- On,avait envoyé de Coimbatore et de plusieurs autres dis-
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- tricts de la présidence de Madras des filaments appelés Yer-cum nar : ce sont les fibres textiles du Calotropis ( Asclépios) gigantea, plante qui croît en abondance dans differentes parties du Bengale et delà présidence de Madras; les naturels du pays en font un fréquent usage pour fabriquer des cordes dites toondée coir ou lamb-dore. Sa ténacité, comparée il y a peu d’années par le docteur Wight avec plusieurs fibres textiles de l’Inde, a donné les résultats ci-dessous, où le Calotropis occupe le premier rang :
- NOMS VULGAIRES. NOMS BOTANIQUES. POIDS à LA RUPTURE.
- 11 YflfMim nar. . Calotropis gigantea
- 2. .Tanapnm Crotolaria juncea.. 407
- 3. Cutbalay nar. Agave Americana 362
- 4. Coton Gossypinm berhacenm n 346
- 5. MarooL Sansviera Zeytanica T . , 316
- 6. Pooley Mungu»•*•••••••«»•• Hibiscus cannabinus.. 1 290
- 1. Coir..i Cocos nucifera t 224
- Ces résultats d’expériences pratiques auraient un intérêt plus grand encore si les essais avaient pu être répétés sur des fibres, fils et tissus soumis préalablement aux opérations de blanchiment nécessaires pour confectionner les produits commerciaux et livrer aux consommateurs les objets dans l’état où ils sont applicables aux usages habituels.
- HIBISCUS CANNABINUS.
- Madras avait envoyé, sous le nom de umbaree ou maestec pat, les fibres de Y Hibiscus cannabinus, plante très-commune dans l’Inde et cultivée en plusieurs endroits pour ses fibres textiles; on extrait celles-ci par un rouissage jusqu’à putréfaction , battage et lavage.
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- SANSVIERA ZEYLANICA.
- M. F. Lima avait envoyé un bel échantillon de marool ou morva, chanvre à cordes d’arbalète, dont les fibres sont extraites du Sansviera zeylanica.
- CORCHORUS OLITORIUS, CAPSULARIS, ETC.
- Plusieurs variétés de Corchoras ont fourni les divers échantillons des fibres textiles connues dans le commerce sous le nom de jute, et dont une sorte était autrefois désignée sous le nom de chanvre chinois.
- Les uns étaient envoyés de Madras et de Calcutta, les autres de Rungpore, notamment les trois variétés désignées dans le pays sous les noms de Suffed Hemoniy Pat, Lall Hemoniy Pat et Lall Pétrie Pat.
- CROTOLARIA JÜNCEA.
- Les fibres textiles de cette plante, venues de Coimbatore, •étaientexposées sous les noms de Sunn,Janapum, chanvre indien.
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- ÆSCHYNOMENE CANNABINA.
- Cette plante fournit dans l’Inde les fibres un peu grossières, mais fortes, appelées dhunchaoudanche; les naturels du Bengale les emploient pour confectionner des filets de pêche; la plante est cultivée ordinairement au Bengale. De beaux échantillons, accompagnés de cordes et cordages confectionnés avec ces filaments, étaient exposés par MM. Thompson, de Calcutta, et reçurent du Jury une mention honorable.
- COCOS NUCIFERA (Cocoa nut, noix de coco).
- Des échantillons assez bons des fibres extraites des tissus
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- enveloppant la noix de coco, maintenant bien connus en Angleterre dans le commerce sous le nom de coir, avaient été envoyés de Calicut.
- AGAVE VIVIPARA ET AUTRES.
- M. le docteur Hunter, de Madras, avait présenté des fibres textiles connues sous les dénominations de nar ou fibres 4'aloès dans différents états de préparation et de teinture; cette série très-intéressante valut à l’exposant une médaille de prix.
- D’autres échantillons de fibres semblables, extraites également de plusieurs agavés, étaient envoyés de la présidence de Madras, des localités de Madras, Madura, Coimbatore, etc.; il en était venu, en outre, de Singapore.
- YUCCA GLORIOSA.
- Le docteur Hunter avait compris les fibres textiles d’yucca dans son envoi de Madras.
- SAGUERUS RUMPHII.
- Les fibres textiles de cette plante, appelées ejoo ou gum-muti, sont très-estimées dans l’archipel Oriental pour la confection des cordes et câbles : elles résistent bien et longtemps à l’eau; malheureusement elles sont cassantes. Tan Kim Seng, de Singapore, en avait exposé de beaux échantillons; le Jury lui accorda la mention honorable.
- BAUHINIA RACEMOSA.
- Cette plante, commune dans les collines de l’Inde, fournit la fibre dite de putwa ou marwal; des échantillons étaient exposés venant de Bangulpore, division dePatna.
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- BROMELIA. ANANAS.
- Les fibres textiles qui sont extraites de cette plante dans différentes contrées de l’Inde ont fourni de beaux échantillons venus de Singapore : ils étaient exposés par MM. F. Lima et le docteur Hunter, de Madras, et par le capitaine J. Man. Quelques très-beaux échantillons de la matière première appelée filasse d’ananas étaient envoyés de Java par L. Weber; l’origine de ces fibres textiles n’est pas certaine : elles ressemblent plutôt aux produits extraits des Urtica ou Bœhmeria. En raison de leur beauté et de leur finesse remarquable, le Jury décerna une médaille de prix àM. Weber.
- MUSA TEXTILIS ET MUSA PARADISA1CA.
- On connaît dans le commerce de plusieurs contrées, sous les noms de filasse ou fibres de plantain et chanvre de Manille, les fibres textiles extraites de la plante appelée Musa textilis et de la variété Musa paradisaica. Des échantillons de ces matières premières avaient été envoyés à l’Exposition de Madras et de Dacca et par le révérend M. Stork, de Chittagong. Ces fibres textiles sont employées sur une large échelle dans les ateliers du Gouvernement, à Ceylan. Plusieurs produits très-bien fabriqués, notamment des toiles à voiles et des cordages, étaient placés près desdites matières premières.
- Il serait intéressant de déterminer par des essais directs la force de ces produits, surtout après le blanchiment, comparativement avec des produits analogues confectionnés avec les chanvres et lins de bonne qualité.
- MARSDENIA ROYLII.
- Des échantillons exposés sous le nom de fibres de Mars-dénia provenaient de la plante nommée Màrsdenia Roylii; ils avaient été envoyés à l’Exposition de Londres par Sa Hautesse le maharajah du Nepaul.
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- BUTEA FRONDOSA.
- Les fibres textiles de cette plante étaient exposées sous le nom de pulas; elles sont employées pour la confection de cordages communs, et avaient été envoyées de Beerbhoom, division de Mourched-Abad.
- PÂRKINSONIA ACULEATA.
- Les tiges de cette plante fournissent la matière textile appelée fibre de Parkinsonia; on assure qu’elle convient particulièrement pour la fabrication du papier; les échantillons avaient été envoyés de Madras par M. Allan.
- ROXBURGHIA GLORIOSOIDES.
- Cette plante fournit les fibres textiles de Roxbu.rgh.ia qui figuraient également dans le département indien, envoyées d’Assam par M. Simons, ainsi que l’échantillon suivant.
- ARTOCARPUS.
- Un Artocarpus fournit la fibre présentée sous ce nom. Un Artocarpus fournit également la filasse dite de trap-tree (arbre-piége); elle était envoyée de Singapore.
- Diverses autres matières textiles des différentes contrées de l’Inde étaient encore exposées dans cette grande collection : on y remarquait notamment les fibres textiles tirées du Tropis aspera, du Daphné cannabina (employée pour fabriquer le papier), des feuilles de palmyre (Borassus fidbelliformis), envoyées de Madras, l’écorce de l’arbre sisse et un assortiment de fibres textiles tirées d’Aracan, appelées Theng-ban-shaw, Palhayon-shaw, Shaw-phyos, Ngan-tsoung-sbaw, Shaw-me, Ea-gywot-shaw. Une mention favorable a été donnée à cette série de fibres textiles.
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- CEYLAN.
- Plusieurs des matières textiles de l’Inde mentionnées plus haut étaient venues de Ceylan, accompagnées de divers ouvrages confectionnés avec des fibres semblables.
- AGAVÉ, BANANIER, MAURITIA, HIBISCUS, ETC.
- CAP DE BONNE-ESPÉRANCE, BARBADES, SAINT-VINCENT.
- Des échantillons de fibres textiles d’aloès (Agave Americana et A. vivipara) avaient été envoyés par M. Watermayer; d’autres étaient venus du cap de Bonne-Espérance et des Barbades. M. G. Bullock, de Saint-Vincent, avait fait parvenir des échantillons de l’écorce de Mahant à l’état brut et des fibres extraites telles qu’on les emploie dans la confection des cordes communes, des filets et lignes des pêcheurs. Divers échantillons intéressants de fibres textiles variées se trouvaient compris dans la collection de la Guyane anglaise.
- M. Davidson avait exposé la filasse de plantain [bananier), Musa paradisaica et Musa sapientum des cultures de Vigilance, sur la côte orientale de Demerara. M. A. D. Van der G. Netscher présentait de semblables produits des plantations de Klein, sur la rivière Pouderoyen, Demerara. On a calculé qu’il est facile d’obtenir huit quintaux de ces fibres par acre ( ou 3 quintaux par hectare) de terre. La Société des arts, en recomtnandant les fibres de trois espèces obtenues des tiges de bananiers qui peuvent servir à confectionner divers tissus, fils et cordages à bon marché, fonda en 1762 des prix pour encourager l’exploitation de cette matière textile; nous devons ajouter que ce concours n’eut point de résultat, en sorte que des expériences comparatives seraient indispensables pour fixer les idées sur la valeuF réelle des matières premières en question.
- M. Duggin a exposé des fibres dites de silk-grass (herbe soyeuse) extraites de Y Agave vivipara, cultivée dans les plantations précitées de Vigilance, ainsi que des fibres dites de jibiri,
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- obtenues de la plante Mauritia jlexuosa sur les bords de la rivière Berbice. v
- Des fibres de mahoe (Hibiscus datas ou Thespesia populnea), de Demerara, étaient exposées par M. Bee. Cette substance filamenteuse écrue est forte, mais grossière ; on l’emploie pour confectionner des cordes et les gros tissus servant d’emballage au café.
- Quelques bons échantillons de chanvre d'yucca et de la plante qui le fournit, Yucca serrulata, ainsi que des fils et cordages que l’on en confectionne, étaient présentés par M. J. F. Tompson , de Nassau (Babama) ; ces échantillons et les fibres et cordes obtenues du palmier nain ont été mentionnés honorablement par le Jury.
- Une semblable récompense fut accordée à M. J. L. Mitchell pour les échantillons de feuilles et fibres du Dorianthes excelsa de la Nouvelle-Galles du Sud.
- Plusieurs beaux échantillons de lin de la Nouvelle-Zélande (Phormium tenax) ont été présentés par divers exposants, notamment par Tao-Huy, un des chefs de la contrée, le révérend MM. J. Collinson, J. Robertson, J. Caradcs,Tyrrel; la filasse, blanchie et préparée mécaniquement, était présentée par M. Whylaw et fils. Chacun de ces exposants obtint une mention honorable .Nous rappellerons que la qualité de cette filasse est inférieure à celle du chanvre et du lin, en ajoutant que son bas prix la rend utile en beaucoup d’occasions.
- Une balle de mousse de la Nouvelle-Orléans ( Tillandsia us-neoides), préparée pour servir, au lieu de crin, à rembourrer des meubles, était exposée parM. G. Hicks. Cette matière olfre une certaine élasticité ; on peut en obtenir de très-grandes quan: tités'et à des prix comparativement avantageux; employée depuis longtemps déjà, son usage n’a pas paru assez répandu encore : le Jury l’a signalée à l’attention publique en décernant une médaille de prix à cette occasion. Nous devons faire observer cependant que la substitution de toute fibre végétale au crin dans ces applications constituerait une véritable falsification, si l’acheteur n’en était prévenu, ou s’il payait, au
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- prix du crin, la matière employée pour rembourrer les meubles : le crin est effectivement beaucoup plus élastique, plus durable, et sa valeur commerciale est plus grande.
- Des échantillons des glumes fibreuses du maïs employées pour rembourrer les matelas étaient présentés par M. F. O. Ketteridge, de Mount-Vernon (New-Hampshire) ; on a donné une mention honorable à cet exposant.
- Dans les collections autrichiennes, on remarquait différents échantillons de bois fibreux découpés en très-fines lanières, appliquées à confectionner divers ouvrages tressés pour remplacer la paille dite à chapeaux. Le Jury décerna une médaille de prix à l’auteur de cette curieuse fabrication, M. S. Tandler, de Linwald, près de Tœplitz, en Bohême.
- Une mention honorable fut accordée à M. Van den Abele , d’Appels (Flandre occidentale},pour un spécimen de Cynosurus cristalas.
- Des échantillons dits de fibres d’ortie ou de China grass ( Urtica, Bœhmeria nivæa) avaient été expédiés de Chine ; ils étaient exposés par M. C. M. Copland et M. Rawson. Des matières fibreuses paraissant douées de qualités utiles étaient exposées, avec des cordages, ficelles, fils et filets, brosses, etc., comme extraites du palmier-dattier; elles venaient de Broulos, Gizéh et d’autres localités de l’Egypte.
- MM. Averseng et Cie, de Toulouse, avaient exposé une utile substance fibreuse, tordue et teinte, pour suppléer le crin et les soies de porcs dans le rembourrage des meubles; le Jury décerna une médaille de prix pour l’introduction de ce produit commercial nouveau, obtenu du palmier nain d’Algérie.
- Une nouvelle substance fibreuse était encore présentée par M. C.G.Fabian, de Humboldsaw, près Breslau. Cette substance, nommée laine de pin, est préparée avec les aiguilles (feuilles étroites) de pin; elle est douée d’une grande souplesse et d’une certaine élasticité ; on l’emploie dans le rembourrage des meubles et des matelas. Son odeur légère, térébinthacée, paraîtpropre à éloigner les insectes ; on l’emploie mêlée avec d’autres substances fibreuses plus élastiques et plus résistantes.
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- Le Jury accorda une médaille de prix à l’exposant. Nous ferons observer encore ici que cette substance végétale ne peut être considérée comme ayant les qualités de la laine ou du crin.
- M. le marquis de Ficalho, de Portugal, reçut une mention honorable pour les fibres d’aloès ( Agave Americana) bien préparées qu’il avait mises à l’Exposition.
- Madère avait envoyé divers échantillons de lin et de coton, de fibres d’agavé et de mauve.
- Le Jury décerna une médaille de prix à la Société économique de Manille pour une belle et forte substance fibreuse, appelée Bejuco, venant de l’île de Luçon, et employée avec succès pour confectionner divers ouvrages tressés ainsi qu’une sorte de drap très-doux et solide.
- Une mention honorable fut accordée pour la collection, venue de Cuba, présentée par M. Ramon de la Sagra; cette collection comprenait la substance dite Daguilla, matière fibreuse de l’écorce interne du Laghetta Lintearia, les cordages que l’on en confectionne, les cordes des fibres de palmier, la fibre du Paritiam elatum (Magagna) et de Y Hibiscus cannai irms.
- Une mention honorable fut également donnée pour de beaux échantillons des fibres du Macrochloa tenacissima, très-usitée dans la fabrication des cordages; ces fibres étaient présentées par M. D. Villars, d’Huesca. Des fibres de bananier (Musa sapientum) ont été présentées par M. Vinas, de Puerto-Rico, et les fibres d’aloès sauvage ( Agave Americana) étaient exposées par M. Las Héros, de Murcie.
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- FIBRES TEXTILES ANIMALES.
- SOIE, LAINES, CACHEMIRE, ALPACA, CRINS
- ET MATIÈRES TEXTILES DIVERSES.
- Les matières textiles provenant du règne animal diffèrent, par leur composition élémentaire, leur structure, et plusieurs de leurs propriétés, des fibres textiles obtenues des végétaux ; la différence de valeur entre les fibres de ces deux origines est parfois très-grande : il importe donc de pouvoir les distinguer, non-seulement à leur état normal ou isolées, ce qui est très-facile à la simple vue, au toucher, en un mot à leurs caractères extérieurs. Il n’est pas moins important de reconnaître les mélanges accidentels ou effectués à dessein, parfois même frauduleusement, de ces matières entre elles, et d’apprécier les proportions des mélanges ; enfin, de même que nous avons indiqué les moyens de distinguer les uns des autres les produits purs ou mélangés des fibres végétales de diverses provenances, de même il peut être utile de faire connaître les procédés simples à l’aide desquels on distingue les fils ou tissus purs où mélangés de soie et de laine. Nous croyons devoir donner ici quelques notions succinctes à cet égard.
- Composition, caractères distinctifs et essai des matières textiles animales.
- Les fibres textiles animales ont une composition quaternaire : carbone, hydrogène, oxygène, azote, dans laquelle l’azote forme environ les seize centièmes ; il en résulte que, par une combustion incomplète, on en obtient les produits pyrogénés des matières animales, notamment les carbures d’hydrogène à odeur fétide et le carbonate d’ammoniaque. Il est facile de reconnaître, à l’odeur forte et désagréable ainsi qu’à la réaction alcaline très-prononcée des vapeurs (qui bleuissent immédiatement le papier de tournesol rougi),
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- en les calcinant dans un tube, que les matières essayées appartiennent aux produits tirés des animaux; Les fibres végétales, dans les mêmes circonstances, donneraient des vapeurs acides et une odeur faible de bois brûlé, car les matières azotées qu’elles renferment toujours sont en proportions trop faibles pour que les produits de leur décomposition soient sensibles.
- Le moyen simple d’essai ci-dessus ne peut suffire pour déceler les mélanges des fibres des deux origines, encore moins leurs proportions; on y parvient à l’aide d’un procédé tout aussi simple :
- Il faut d’abord préparer une solution de 5 à 10 de soude ou potasse caustique dans 100 d’eau. On plonge dans cette solution les fibres, fils ou tissus à essayer, et après les avoir fait bouillir pendant dix minutes, on constate ce qui s’est dissous et qui appartenait aux fibres provenant des animaux : cette détermination peut se faire, soit en pesant avant et après la réaction, plus un lavage, soit en comptant sous une loupe le nombre de fils de chaîne et de trame dans un centimètre carré; ce qui reste appartient aux fibres végétales; les fils qui manquent provenaient des fibres animales. On distingue encore les matières des deux origines au moyen de l’acide azotique ordinaire (à 36°), qui jaunit la laine et la soie et laisse incolores sensiblement les fibres textiles végétales. Après la réaction de l’acide, les vapeurs ammoniacales augmentent beaucoup l’intensité de la coloration jaune ou orangée des matières animales.
- Un procédé d’une exécution tout aussi facile permet de distinguer la soie de la laine dans les fils et tissus purs ou mélangés : on se procure une solution de plombite de soude, préparée en chauffant à ioo° pendant une demi-heure îo grammes de litharge porphyrisée (ou de massicot) dans îoo centimètres cubes de solution de soude caustique à 12 ou i5° Baumé. Cette solution filtrée se conserve en flacons bouchés à l’émeri.
- Lorsqu’on veut s’en servir, on plonge dans une petite
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- quantité de ce liquide les fils ou tissus à essayer (préalablement déteints, s’il y a lieu, à l’aide des acides et alcalis faibles), pendant une demi-heure; on les expose ensuite au soleil ou dans un bain-marie pu une étuve chauffée à 5o°; au bout de vingt à trente minutes, on peut observer directement ou compter à la loupe les fils de laine fortement brunis, tandis que les fils de soie n’ont pas éprouvé de changement sensible. Cette différence tient à la présence du soufre en proportion notable dans la laine et à l’absence de ce corps dans la soie, le soufre formant avec le plomb un composé (sulfure de plomb) noir et opaque1.
- SOIE.
- Cette substance, la plus brillante et la plus chère des matières textiles, consiste en un filament très-fin et très-long2, un peu aplati et strié, formé de deux brins sécrétés dans deux réservoirs tubulaires, réunis au moment de leur sécrétion par le grès, matière agglutinative que fournit une glande spéciale de la chenille. Cette matière constitue environ les 0,2 5 du poids total de la soie brute ou soie écrue, et le décreusage l’enlève.
- L’observation sous le microscope peut suffire pour distinguer le filament de soie simplement dévidé (soie grège), ou doublé, tordu et décreusé.
- Chacun sait que la soie est produite par une chenille appelée ver à soie ou bombyx mori.
- Le ver à soie, originaire de la Chine, est élevé chez nous
- 1 La présence du soufre dans les crins, les poils, les cheveux, les plumes, l’épiderme, les membranes muqueuse et fibreuse des intestins, la fibrine,* l’albumine, la caséine, la glutine, donne lieu à la coloration brune sous la même réaction, tandis que cette coloration ne se manifeste pas sur les fibrilles des tendons, l’ichthyocolle, l’ivoire, les os, la gélatine, les téguments des insectes et des crustacés, qui sont exempts de soufre.
- * Un bon cocon de ver à soie représente en moyenne une longueur de i.ooo à 1,200 mètres du double filament agglutiné qui le compose.
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- dans des bâtiments particuliers appelés magnaneries, où certaines conditions de défaut ou d’irrégularité du renouvellement de l’air, d’excès ou d’insuffisance de chaleur ou d’humidité, et peut-être plus que tout cela, l’accumulation d’un trop grand nombre d’individus de la même espèce dans un seul local, occasionnent chaque année plusieurs affections, notamment la muscardine1, et par suite des pertes énormes aux sériciculteurs, et un déficit dont l’importance se compte par millions dans la production de cette précieuse matière première.
- Récolte et consommation annuelle de la soie en France ; —consommation
- en Angleterre.
- On récolte en France environ 2,545,000 kilogrammes, valant en moyenne i4o millions de francs, et l’on importe de Sardaigne, d’Italie, de Sicile, d’Espagne, du Levant, de Chine et du Bengale i,455,ooo kilogrammes, valant 80 millions de francs. L’industrie met donc en œuvre 4 millions de kilogrammes de soie, dont la valeur s’élève à 2 2 o millions de francs.
- Sauf une minime quantité produite plutôt expérimentalement que dans des conditions économiques, on ne récolte pas de soie en Angleterre; mais ses colonies et son commerce avec toutes les contrées qui produisent de la soie lui en fournissent actuellement environ 3 millions de kilogrammes, dont la valeur est de i65 millions de francs.
- Un fait général que nous devons d’abord mentionner a prouvé que pour la production, et surtout la préparation de la soie, la France conserve le premier rang parmi les nations ; un autre fait non moins honorable pour notre industrie, et également bien constaté durant l’Exposition universelle de i85i, c’est que dans les contrées où les premières préparations de cette précieuse matière textile ont fait les plus remar-
- 1 Maladie causée par une végétation cryptogamique (1 eBotrytis Bassiana ), qui vit en parasite sur la chenille et la fait périr, souvent au moment où elle allait filer son cocon.
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- quables progrès, les améliorations sont dues à l’application des méthodes françaises.
- VARIÉTÉS DE VERS À SOIE.
- On a obtenu du ver à soie plusieurs variétés, les unes blanches, les autres jaunes. Parmi celles qui ont été soigneusement étudiées en France, la plus estimée pour sa blancheur et sa finesse est désignée sous le nom de sina. La race de Novi est petite, mais les cocons sont fermes, bien faits, donnent de la soie bien lustrée, d’une teinte moins pure. Les variétés de Syrie produisent des cocons volumineux, dont la soie est abondante, mais sensiblement plus grossière et d’une teinte verdâtre ou jaunâtre moins estimée.
- FRANCE.
- Parmi les exposants français les jurés furent embarrassés pour faire un choix, car tous paraissaient dignes de recevoir la médaille de prix, et l’on aurait voulu pouvoir décerner une grande médaille à l’ensemble des sériciculteurs français, auteurs de la plupart des progrès, dans le monde entier, de cette belle industrie agricole, plus avancée chez nous que partout ailleurs. Ce fut dans cette pensée que le Jury de la IVe classe proposa une médaille du conseil en faveur de la Société séricicole de France1.
- Vingt de nos exposants obtinrent une médaille de prix : ce furent MM. le major Bronski2, du château de Saint-Selves, près Bordeaux (Gironde) ; Alcan et Limet, Arduin et Chancel;
- 1 Par suite des objections techniques présentées au conseil des présidents , cette médaille ne fut pas votée.
- * Les cocons de cet exposant étaient remarquables par leur dimension, leur blancheur pure, la finesse et le lustre de leur soie ; la soie grége en écbeveaux semblait plus remarquable encore, et la grande médaille eût été unanimement votée s’il ne se fût manifesté quelques'doutes sur la possibilité d’obtenir en grand, d’une manière constante, des produits aussi beaux, et
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- Camille Beauvais , directeur d’une école de sériciculture d’où les meilleures méthodes d’élevage se sont propagées en France et à l’élranger; L. Boudon, C. Chambon, J. Champanhet-Sar-geas, Couderc et Soucaret, Drouin et Brossier, Gibelin et fils, Jame-Bianchi et Dusseigneur ( ceux-ci, outre leur belle exposition de cocons et soies grèges, avaient exposé vingt-cinq vues photographiques du fil de soie faites à l’aide du microscope solaire, et destinées à former les planches d’un mémoire publié par la chambre de commerce et la Société d’agriculture de Lyon), E. de Tillancourt, A. Duval; Guérin-Menne-ville et Robert , de Sainte-Tulle ; Lapeyre et Dolbeau , J. Menet,
- L. Molines,Regard frères, Ruas et Cie, L. Soubeyran, Tessier-Ducros.
- Le Jury, voulant en outre témoigner toute la satisfaction qu’il éprouvait en constatant les progrès déjà réalisés dans le département français de l’Algérie par les colons sériciculteurs,
- susceptibles de conserver leur supériorité dans les opérations auxquelles la soie grége doit être soumise. Ces doutes étaient probablement fondés, car le procédé de M. le major Bronski n’est point entré dans la pratique, et
- M. Robinet, si bon juge en pareille matière, nous a démontré depuis, qu’à l’aide d’un choix entre les cocons et d’un tour de main particulier, on pouvait obtenir des échantillons aussi beaux que ceux de M. Bronski.
- Depuis l’exposition de i85i, M.Robinet, membre de la Société impériale et centrale d’agriculture, a cru pouvoir annoncer qu’il était possible d’obtenir un produit aussi beau que la soie Bronski avec les ressources ordinaires d’une filature bien montée. En conséquence, le 20 juillet i852, ayant réuni plusieurs de ses collègues, il a fait filer devant eux, avec les précautions nécessaires, quatre échantillons de cocons sina, dont un ancien (de 1847) et trois nouveaux (de 1852 ). Ces trois derniers lots de cocons ont donné de la soie qui ne le cédait en rien à un échantillon de la soie Bronski, avec lequel elle avait été comparée, ce qui a permis de tirer de l’expérience la conclusion suivante :
- Avec des cocons sina bien choisis, filés fin, avant l’étouffage, par un beau temps, avec peu de croisure, deux bassines et de l’eau très-pure, on obtient une grége dont le blanc et ! 'éclat ne le cèdent en rien à la soie Bronski primée aux expositions de i849,à Paris, et de i85i,à Londres. (Voyez le Journal d’agriculture pratique, i852, t. V, p. a34.)
- Les échantillons résultant de cette expérience ont été déposés au ministère de l’agriculture, du commerce et des travaux publics.
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- vota la mention honorable pour MM. A. Bahuet, Morin, G.-L. Affourtit, G. Barral, Barès frères, de Barthelats, Mme Benouville, V. Bonnal , Bonneton, Cabrit et Roux, F. Carrière , Causse et Garion , Champoiseau , Charton et fils, Darras , Darvieu , Valmale et Cie, Delarbre , Delouze , Dumaine , Dussol , Eymieu et fils, fabrique Nourry, Barnoum et Cie, Tarjou, Herme , Lavernhe et Mathieu , Mejean , Mourgue et Bousquet, Nogarède, J. Pradier, Reidon, Roeck, Sanbuc, Verdet, J. Vincent.
- ESPAGNE.
- Le Jury a trouvé dans l’exposition de cette contrée de beaux échantillons de soie forte, brillante et fine. En conséquence, il a voté une médaille de prix en faveur de MM. Dotres et C,e, du bureau d’agriculture de Valence, de MM. Rey et Cie et de M. F. Monfort, qui exposaient les variétés de cocons des vers à soie appelés tre voltini, de la race appelée raicho, enfin des vers à soie de Turquie. Une semblable récompense fut accordée à la province de Murcie pour les remarquables échantillons de sanza ou gomme du ver à soie.
- La mention honorable fut donnée par le IVe Jury à trois exposants espagnols pour la bonne qualité de leurs soies brutes: MM. T. Trenor, de Valence, J. Calderon, de Grenade, et Rodriguez Real.
- toscane.
- Les cocons et soies grèges de Toscane furent placés au premier rang parmi les soies venues de l’Italie, sous les rapports de leur belle apparence et de leur bonne qualité. Le choix du Jury, pour la médaille de prix, s’est fixé sur MM. G. Fran-ceschini, T. Lepori, Poidebard, P. Ravagli, Scoti frères, P. Lavagli.
- La mention honorable fut ensuite donnée à MM. C. F. Ca-luccini, L. Davitti, L. Della Ripa, R. Lambruschini, C. G. Mordini, C. Pétrucci, comte G. Pieri, le professeur Savi. Celui-ci avait particulièrement exposé de la soie brute ob-
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- tenue de vers à soie nourris avec la feuille du mûrier des Philippines.
- ÉTATS PONTIFICAUX.
- Üne mention honorable fut accordée à M. Beretta et à M. Bolgain , pour les échantillons de soie brute qu’ils avaient exposés.
- MALTE.
- Les soies brutes exposées dans ce département ont valu la mention honorable à M. Pulis.
- SARDAIGNE.
- Plusieurs échantillons de soies exposées dans ce département méritaient de fixer l’attention par leur excellente qualité. La IVe classe décerna une médaille de prix aux trois exposants ci-après nommés : MM. Casissa et fils, H. Jacquet et Cle, Rignon et Gie.
- Quatre exposants obtinrent la mention honorable; ce furent: MM. Borzone, Michael Bravo, Imperatori frères, et Sinigaglia frères.
- AUTRICHE.
- «
- Le Jury, après avoir fait un choix entre plusieurs beaux échantillons de soies italiennes exposées dans ce département, a voté la médaille de prix en faveur de MM. G.-Querini, de Venise, Scheibler et Cle, de Milan, Verza frères, de la même ville. Enfin 1’Association autrichienne pour la sériciculture appliquée, de Grætz en Styrie, avait exposé des échantillons remarquables de ses produits, et la IVe classe lui décerna une médaille de prix.
- Six exposants de soie brute parurent dignes de la mention honorable, qui fut en effet accordée à MM. Bozzoni frères, de Riva,G.B.MATuizzi,de Varmo(Frioul), A.Scola, delà haute Autriche, F. Secchi, de Milan, Senigaglia ,et Carminati, de Parme, Frioul et G. Steiner et fils, de Bergame.
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- INDE.
- Des échantillons de soie très-brillante, généralement jaune, foncée en couleur, se remarquaient dans le département indien, à l’Exposition universelle. La médaille de prix fut accordée à MM. D. Jardine, de Calcutta, C. R. Jennings, de Commercolly, Mackenzie frères, du Bengale, W. Mac Naïr, de Surdah (Bengale), et Watson de la même localité.
- Deux mentions honorables furent en outre données, Tune pour les échantillons venus de Mysore, l’autre pour la soie brute, de Perse, exposée par M. Thompson.
- chine.
- La qualité des soies produites dans ce pays, berceau de la sériciculture, était dignement représentée par Yun-Kee, de Shang-Haï; le Jury lui décerna une médaille de prix.
- Les échantillons de soie présentés dans le même département par MM. Astell et Cie, C. J. Braine, M. Hammon et M. Lindsay valurent à chacun de ces exposants une mention honorable.
- MAURICE.
- Dans cette colonie, les efforts de M. Dupont, de Port-Louis, et de la compagnie spéciale qu’il a formée ont exercé la plus heureuse influence sur les progrès de la sériciculture. M. Dupont avait exposé de très-beaux échantillons de soie blanche ; le Jury lui décerna la médaille de prix.
- TURQUIE.
- On remarquait dans le département de la Turquie de fort beaux échantillons de soie, réunissant les qualités de la finesse, de la force et du brillant. Le Jury décerna la médaille de prix à chacun des exposants dont les noms suivent: Moüstapha Nouri Pacha, de Brousse, J. Paularki, de la même localité, Scott, de Shemlan, MontLebanon, I’École de sériciculture de Brousse. La même récompense fut destinée à constater la
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- belle qualité des cocons exposés par Mighirditz Djezerglou et Morgen, de Beyrouth.
- RUSSIE.
- Le Jury de la IV0 classe choisit pour les récompenser, parmi les exposants russes : i° P. Rier, de la Tauride, district de Molotschansk, qui présentait le plus bel échantillon et qui obtint la médaille de prix; 2° A. Rebroff, deStavropol, et Rayko, d’Odessa.
- SICILE.
- Une médaille de prix fut accordée à MM. Jaeger et C,c, de Messine, pour les échantillons de soie de la meilleure qualité qu’ils avaient présentés.
- BAVIÈRE.
- MM. Pellovz, Brentano et Cie obtinrent une médaille de prix pour leurs beaux échantillons de soie brute.
- ANGLETERRE.
- MM. Mac Kay et C10, du Canada, méritèrent une mention honorable pour les beaux échantillons de soie brute qu’ils avaient présentés.
- Prenant en considération les conditions défavorables où se trouvaient les exposants, le Jury donna une mention honorable à MM. Catherine , Dodge , qui exposaient des échantillons de soie brute obtenue des vers à soie nourris avec les feuilles de mûrier blanc à Godalming, comté de Surrey.
- SUISSE.
- Les beaux échantillons de soie brute présentés par M. To-gliardi méritèrent une mention honorable.
- SARDAIGNE.
- Trois exposants de ce royaume obtinrent chacun une mention honorable : ce furent MM. A. de Conninck, C. de Merius, et A. de Potter.
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- LAINE.
- Parmi les matières textiles obtenues des animaux, la laine, moins brillante que la soie, occupe le premier rang sous le rapport des nombreux usages auxquels elle se prête et des étoffes variées qu’elle fournit, seule ou associée avec le chanvre, le lin et la soie. Ses applications diverses aux arts vestiaires, aux ameublements, s’étendent à la confection des objets de literie, à la décoration des papiers de tenture, à la filtration des eaux potables et de différents liquides; les déchets ou résidus de toutes ces préparations mettent à la disposition de l’agriculture, et notamment des vignobles et des cultures d’oliviers, un engrais précieux par sa richesse en matière azotée comme par la lenteur de sa décomposition au sein des terres cultivées.
- Structure.
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- La' laine est une variété de poils, caractérisée par sa finesse (qui varie de ora,ooo3 à om,ooio de millimètre), ses formes ondulées et surtout sa structure imbriquée, comme écailleuse : vue sous le microscope, elle offre l’aspect de cylindres perforés d’un étroit conduit autour de l’axe, rayés de lignes transversales au nombre de 800 à 1,600 sur une longueur de un centimètre ou de 6,4oo dans la longueur de 8 centimètres des laines courtes. Deux sortes commerciales de laines sont connues sous les dénominations de laine à carde et de laine à peigne : la première, dont les mérinos offrent les plus beaux types, se compose de poils en général plus fins, plus souples et moins longs, contournés en hélices, ondulés ou sinueux; une traction légère les dresse et les allonge, mais ils reprennent leur conformation contournée dès que le tirage cesse : de là leur grande élasticité et la propriété de se feutrer ou de se prêter au foulage.
- La laine à peigne, plus longue, plus forte, formée de poils
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- moins ondulés, offre une résistance plus grande, mais une élasticité moindre; elle est susceptible detre peignée et filée seule ou mélangée.
- D’autres variétés de laines, souvent réunies sur le même animal, se composent : i° de poils fins, plus souples encore que la laine ordinaire à carde : on les désigne sous le nom de davet; 2° de poils plus longs, plus droits et plus raides que les laines longues : on les distingue par la dénomination de jarre; le jarre dépasse ordinairement le duvet et le dérobe à la vue directe. On remarque ces deux variétés notamment sur les chèvres du Thibet, qui fournissent le davet de cachemire.
- Chez les moutons sauvages ( ovis ammon, ovis musimon ), le système pileux, la variété laineuse de poils, est très-dé-veloppé. Parmi les races réduites à l’état domestique, les toisons ont été améliorées en différents sens par les soins1, la nourriture, les croisements des races; nous en citerons des exemples et nous montrerons des exemples contraires de profonde dégénérescence sous ce rapport même, par suite de négligence dans ces précautions utiles.
- Dans toutes les races, les qualités de la laine varient sur la longueur de chacun des poils; la partie le plus rapprochée de la peau de l’animal est plus souple, plus grasse, moins tenace que les portions qui se rapprochent de l’extrémité : c’est que celles-ci sont plus anciennement formées; elles ont acquis une cohésion plus grande, sont sensiblement moins hydratées et moins grasses.
- Un exemple remarquable de ces altérations spontanées que la laine éprouve à mesure qu’elle vieillit et s’éloigne des points où sa sécrétion s’opère sur la peau de l’animal, se voyait dans le département anglais, à l’exposition d’un mouton south-down de sept ans qui n’avait jamais été tondu : sa toison se composait d’une laine longue de 33 centimètres, mais dont la
- 1 En Grèce, on avait autrefois îa coutume de revêtir d’une enveloppe de toile les animaux dont on voulait protéger les toisons contre l’action des poussières et de divers corps étrangers. On emploie aujourd’hui le même moyen dans plusieurs localités, en Angleterre.
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- plus grande partie, vers le bout, était devenue brune, sèche, dure et cassante. On voit que dans le développement de ces filaments textiles il arrive le contraire de ce qui se passe dans le développement des fibres textiles du lin, du chanvre, etc. Ici lès parties rapprochées des extrémités sont les plus jeunes, les plus fines et les plus souples. En tout cas, la finesse de la laine varie sur les différentes parties de l’animal : la première qualité se trouve dans la partie moyenne du dos, sur les côtes l, entre les portions correspondantes aux quatre membres; la deuxième qualité correspond à la partie supérieure des quatre membres; la troisième est sous le ventre; une quatrième qualité se compose de laines prises sur le cou, la queue et les membres : ces portions sont aussi désignées sous les noms d'abats ou de déchets.
- Composition immédiate.
- La laine brute, dite surge ou en suint, est enduite de matières solubles et insolubles dans l’eau : celles-ci, visqueuses et graisseuses, sont formées, d’après les analyses de M. Chevreul, principalement de substances grasses particulières : l’une, solide à la température ordinaire, mais incristallisable, est la stéarine; l’autre, fluide à la même température, est l’élaïérine.
- On enlève la plus grande partie de ces matières étrangères dans les opérations du désuintage, à l’état d’émulsions que l’eau de suint favorise ainsi que les lavages par des eaux alcalines ou ammoniacales obtenues avec l’urine purifiée. Parfois on ajoute à l’effet émulsif des eaux alcalines l’action mécanique de certaines marnes argileuses; on termine le désuintage à l’aide du savon et d’une faible solution de carbonate de soude.
- Après un simple lavage à dos, ou de la toison sur l’animal, la laine peut retenir encore o,i5 à 0,20 de son poids de saint; le désuintage complet joint à la dessiccation entière enlève à la laine brute de 60 à 70 p. 0/0 de son poids.
- 1 U faut en excepter la partie médiane correspondante à la colonne vertébrale , car elle est presque toujours altérée par des corps étrangers : de là le nom de lainepailleuse qu’on lui donne.
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- La laine, même désuintée, contient un principe immédiat ' sulfuré qui donne lieu à la coloration brune ou noire par le plombite de soude, dans les conditions de l'essai des fils et tissus indiqué plus haut (voir p. 48).
- La production et les usages de la laine dans la confection de vêtements grossiers remontent très-haut dans l’histoire des peuples. Les Egyptiens et les Grecs entretenaient, sur d’abondants pâturages, de très-nombreux troupeaux; l’Italie, sur presque toute sa superficie, possédait d’innombrables troupeaux : on peut en juger par ce fait, cité dans la Statistique des peuples de l’antiquité, de M. Moreau de Jonnès, que l’un des patriciens légua à Auguste, par son testament, deux cent mille moutons.
- Chacun sait que les premiers progrès dans l’amélioration des races de moutons actuellement répandues dans les différentes contrées du globe se sont réalisés avant l’ère chrétienne : en Espagne, sous l’heureuse influence des croisements entre des brebis indigènes et les béliers importés d’Afrique par Columelle.
- L’Espagne, bien déchue sous ce rapport, occupait encore le premier rang pour la production des laines fines vers 17 451 ; venaient ensuite la Hollande, l’Angleterre, la Saxe, la Prusse, la Silésie, la France,4’Italie, les États barbaresques, les possessions de la Turquie et la Russie.
- Les choses sont bien changées aujourd’hui, et les résultats d’un examen approfondi dans le grand concours de Londres ont placé, pour les productions des laines mérinos originaires des troupeaux espagnols, au premier rang2, l’Autriche, particulièrement la Silésie autrichienne, la Hongrie, la Moravie et la Bohême; la Prusse, la Saxe et la Silésie polonaise; ve-
- 1 Alors les laines de quelques troupeaux des provinces françaises, notamment du Roussillon, pouvaient rivaliser avec lés produits espagnols.
- 2 Quant aux laines longues à peigne, les premières qualités se sont trouvées en F rance dans la race Mauchamp, et, pour de grandes productions, en Angleterre et en Hollande.
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- naient ensuite la France, les Etats-Unis d’Amérique, la Russie, l’Espagne, l’Italie et la Turquie.
- Ce fui après une comparaison attentive entre toutes les laines présentées à l’Exposition, que le IVe Jury, d’une voix unanime, et conformément à l’avis de plusieurs experts étrangers, donna la préférence aux échantillons venus des pays d’Allemagne ci-dessus indiqués.
- AUTRICHE.
- La plus grande partie de la production des laines en Autriche est fournie par la race mérine, améliorée et entretenue avec des soins remarquables; on n’obtient guère de laines longues à peigne que dans la Transylvanie et la Hongrie. La production totale est d’environ 42 millions de kilogrammes annuellement, et 3 millions de kilogrammes sont importés; sur ces 45 millions dont l’empire d’Autriche dispose, 35 millions sont employés par ses manufactures et î o millions s’exportent.
- La valeur des laines produites en Autriche est estimée à 126 millions de francs.
- MM. Figdor et fils avaient exposé des toisons offrant au plus haut degré toutes les qualités désirables de finesse, élasticité, abondance et régularité de la laine : les filaments, contournés en hélices serrées, s’allongeaient et reprenaient leurs formes immédiatement après l’étirage; la longueur atteignait les limites de cette sorte de laine à carde. L’un des experts, d’accord avec le Jury, l’a considérée comme le plus beau produit en ce genre de toute l’Exposition; un autre expert émit des doutes, quant au degré de supériorité, comparativement avec deux autres échantillons compris dans le même département.
- Le Jury, considérant la difficulté de faire un choix assuré entre des produits de qualité si parfaite, présentés par les exposants de la Silésie autrichienne et de la Hongrie, vota la recommandation d’une grande médaille pour l’ensemble de cette remarquable exposition et crut devoir maintenir le pre-
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- mier rang à MM. Figdor et fils parmi les exposants dignes de recevoir la médaille de prix. Une médaille de prix fut également accordée à M. le comte H. Larish Moennich, qui présentait quatre magnifiques toisons de ses troupeaux de Silésie : l’abondance et les qualités de la laine, sur ces quatre toisons, les rapprochaient tellement de la précédente," qu’à peine pouvait-on trouver une très-légère différence entre elles.
- Les toisons de pure race mérinos améliorée présentées par le comte Anton von Mittrowsky , de Silésie, réunissaient les qualités d’élasticité, de finesse et d’abondance qui distinguent les produits de l’élevage du mérinos dans ces localités; le Jury l’a signalé en décernant une médaille de prix à l’exposant.
- Le comte Joseph Hunyady von Kelheley avait exposé une toison non lavée d’un troupeau de Hongrie*: pour sa qualité, la laine était comparable aux précédentes, mais elle était moins tassée; elle méritait encore la médaille de prix qui lui fut accordée.
- Le Jury, appréciant les qualités des laines en suint et lavées présentées par MM. le comte O. von Wallis, de Bohême, Alexis et Panna, de Transylvanie, leur donna une mention honorable.
- zollverein.
- Dans les Etats de l’Allemagne que comprend le Zollverein, l’industrie des laines se développe par degrés, suivant les progrès réalisés dans l’amélioration des races et la production des laines brutes; la quantité totale de ces matières premières lavées et employées annuellement dans tout le Zollverein est évaluée à 26 millions de kilogrammes.
- L’un des exposants, classé en première ligne dans ce département, M. W. Graff, avait exposé, à l’aide d’un mouton empaillé, une toison remarquable par sa finesse, l’élasticité et le tassement de la laine à carde, de première qualité; le Jury lui décerna une médaille de prix.
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- Une semblable récompense fut accordée pour des toisons mérinos d’aussi belle qualité, de Brombery, exposées par Kuepfer Legations-Ràth , et qui démontrent les progrès accomplis déjà pour l’amélioration des laines dans les districts prussiens de la Vistule moyenne.
- M. E. Lubbert avait envoyé de Zweybrodt, près Breslau, des toisons remarquables par les qualités qui distinguent les belles laines à cardes de la Silésie autrichienne; le Jury décerna une médaille de prix à cet exposant.
- M. G. L. Nordmann avait envoyé de Liszkowy, près Mow-raclaw, des toisons représentant encore les types de ces belles qualités des laines fines propres à la fabrication du drap ; il a mérité et obtenu la médaille de prix.
- Ober Burggraff von Brünneck exposait des toisons d’un bélier et d’une brebis d’un troupeau de mérinos à Bellsch-witz et divers échantillons de laine pris indistinctement sur un troupeau de mérinos entretenu à Rosenberg; toutes ces laines, bien que légèrement inférieures aux plus belles qualités de Silésie, offraient une finesse, une douceur, avec une élasticité et une régularité qui ont semblé dignes de la médaille de prix. Le troupeau de Bellschwitz était originaire d’Espagne en i8i4; il avait été amélioré graduellement par des croisements avec les plus belles races de Saxe et de Silésie en 1820 et en 1824.
- Une médaille de prix fut également accordée à M. Ockel, qui exposait pour l’administration royale de Frankenfeld les toisons d’un bélier et de brebis tondus au printemps de i85o, et plusieurs échantillons de laine des troupeaux entretenus à Wrietzen, sur l’Oder. Ces laines présentaient les belles qualités des produits de races mérines.
- Une mention honorable fut donnée, dans le même département du Zollverein, à chacun des exposants ci-après nommés : *
- Le baron Ekardstein, pour la régularité de la laine sur deux toisons; le comte de Schwerin, pour deux toisons de bélier et de brebis de la race saxonne, remarquables pour leur
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- belle qualité comme laine de peigne; Flockenhàuss et O, le baron de Luttwitz; R. Lehmann, pour des toisons de belle laine en suint; A. P. Thaer, pour l’abondance et la finesse de la laine; MM. Peil et Cie, de Düren; W. A. de Sacken, le baron S. de Rothschild , pour quatre toisons de belle laine mérinos d’un troupeau de 16,000 têtes à Schillers-dorf; J. de Lipski, pour une toison de bélier de son troupeau à Ludomy ; Hey , pour des toisons d’un troupeau de la race électorale entretenu, sous la direction de l’exposant, au domaine royal de Hainsburg, en Saxe; enfin, pour les toisons exposées au nom du dépôt royal de remonte, pour le tassement de la laine, la longueur, l’élasticité et la finesse du brin, sa résistance, en un mot la réunion des qualités convenables aux laines de peigne.
- FRANCE.
- L’introduction des races de moutons àlaine fine, convenable pour la fabrication des draps, date du temps de Sully, qui tenait en si haute estime les choses de l’agriculture. Mais ce ne futqu’après un long intervalle de temps, durant lequel les affaires agricoles et industrielles demeurèrent en souffrance, et après avoir de nouveau brillé un instant sous Colbert, que l’industrie des laines, par suite de l’introduction des mérinos en France pendant le règne de Louis XVI, recommença l’ère des progrès, qui depuis fut considérablement agrandie.
- On sait que 200 mérinos, béliers et brebis obtenus du roi d’Espagne en 1776 et confiés aux soins de Daubenton, réunis plus tard aux 367 animaux de même race également venus d’Espagne, formèrent le premier troupeau de Rambouillet, qui devint le modèle des établissements de ce genre et contribua, pour la plus forte part, à la propagation en France de cette belle race, graduellement améliorée *.
- Dans les circonstances actuelles de l’agriculture, en France
- 1 5,5oo mérinos livrés à la France en 1799, par suite du traité de Bâle, furent répartis entre les six établissements fondés à l’instar de Rambouillet
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- comme en Angleterre, la production de la laine ne saurait être profitable qu’à la condition de coïncider avec la production économique de la viande; le problème recevrait d’ailleurs ainsi la solution la plus favorable aux intérêts des populations, car malheureusement la viande chez nous fait encore défaut à la consommation qui correspondrait à une alimentation salubre et complètement réparatrice.
- Ce sera sans doute par des croisements judicieux entre les races douées isolément de chacune de ces qualités utiles que l’on parviendra au but. Déjà des efforts heureux en ce sens ont été faits en Angleterre et chez nous.
- On évalue le nombre de moutons entretenus sur notre sol à 4o millions, représentant une production annuelle de 72 millions de kilogrammes de laine. Si l’on y joint les i3 millions provenant d’importations, on trouve que la consommation totale de la laine s’élève à 85 millions de kilogrammes en France.
- M. Graux, de Maucbamp.
- Un résultat des plus curieux et des plus importants, relatif à l’amélioration des races ovines, s’est manifesté depuis 1828 dans la ferme de Mauchamp; il semblerait dû au hasard, si l’on ne savait que le hasard ne favorise que les hommes de haute intelligence, persévérants et laborieux : car seuls ils savent observer et exploiter les faits nouveaux qui passeraient inaperçus ou négligés sous les yeux du plus grand nombre.
- A l’époque précitée, M. Graux, directeur de la ferme de Mauchamp , distingua parmi les produits de son troupeau un agneau mérinos dont la laine, très-fine, blanche, soyeuse et longue, était remarquable entre toutes les autres. Dès lors, M. Graux résolut de conserver la race qui s’offrait à lui dans un seul individu mâle, de petite taille, et de corriger plusieurs
- quelques propriétaires de troupeaux. Vers 1808, Napoléon décupla le nombre de ces établissements, qui fournissaient gratuitement aux éleveurs des béliers mérinos.
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- défauts de conformation, qu’il parvint en effet à faire disparaître plus tard.
- Dès 1829, M. Graux employa ce bélier dans la vue d’obtenir d’autres béliers à laine soyeuse.
- Il n’obtint, en i83o, qu’un bélier et une brebis à laine soyeuse; les produits, en i83i, furent de 4 béliers et une brebis portant de semblables toisons; enfin, dans l’année i833, les béliers à laine soyeuse devinrent assez nombreux pour le service de tout le troupeau.
- Chacune des années suivantes, les agneaux obtenus se classaient en deux parts : les uns gardant les caractères anciens, la laine fine tortillée, élastique, des mérinos, avec un certain degré d’allongement; les autres offrant les dimensions et le soyeux de la laine nouvelle. Quelques-uns avaient gardé la tête large,le cou allongé, la poitrine étroite et les longs flancs du premier bélier soyeux, tandis que chez d’autres les meilleures formes du corps se rencontraient avec la toison soyeuse.
- M. Graux, mettant à profit ces faits bien observés de réunion des deux types, parvint, à l’aide d’un système bien calculé de sélections et de croisements, à obtenir un troupeau entier offrant à la fois une laine soyeuse et des formes bien appropriées à la production de la viande : tête petite, cou raccourci, poitrine plus spacieuse et flancs plus larges.
- Bientôt la race de Mauchamp forma un troupeau assez nombreux pour permettre d’en exporter plusieurs chaque année afin de propager cette race. On a obtenu en outre par des croisements enlre les moutons à laine soyeuse et les mérinos purs une variété de laine fine particulière, connue sous le nom de mérinos-Mauchamp.
- La laine provenant de la race Mauchamp, désormais fixée, , est remarquable par la force, la finesse et la longueur du brin : c’est une des plus belles laines à peigner; elle peut entrer avec avantage dans la confection des châles et tissus dits de cachemire, dont elle améliore la qualité en leur donnant plus de force, ajoutant ainsi une qualité qui manque généralement au cachemire. Bien que la quantité de laine sur les toisons
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- de Mauchamp soit moindre que sur les mérinos, la qualité particulière de cette laine et le prix plus élevé de 0,25 qu’elle obtient en France offrent, à cet égard, une large compensation. f
- Le IVe Jury, considérant le mérite d’invention appartenant à M. Graux pour le résultat très-digne d’intérêt auquel il est parvenu en formant et fixant la race nouvelle, qui fournit une laine fine, douée de caractères spéciaux jusqu’alors inconnus, a voté en sa faveur la recommandation d’une médaille du conseil, qui lui fut en effet décernée.
- M. le général Girod , de l’Ain. Ses toisons mérinos provenant de son troupeau de Naz offraient à un éminent degré les belles qualités de cette sorte de laine, et bien que le tassement laissât quelque chose à désirer, le Jury vota une médaille de prix à l’exposant.
- Etablissement de Rambouillet.
- Chacun sait que le troupeau de Rambouillet acquit une véritable célébrité par les importants services qu’il a rendus en améliorant la race mérinos, la propageant de toutes parts et donnant lieu à la formation d’établissements auxquels il a servi de modèle ; les quatre toisons qu’il avait exposées étaient dignes de sa réputation, et le Jury le reconnut en décernant une médaille de prix à l’établissement national de Rambouillet.
- M. Elisée Lefebvre. Les échantillons de laine en toisons coupées présentés par l’exposant venaient de l’établissement de Gevrolles (Côte-d’Or). Cette laine, longue et serrée, constituait un des meilleurs échantillons de laine à peigne: le Jury vota une médaille de prix.
- Richer, de Gouvix (Calvados). Il obtint également une médaille de prix pour les belles toisons de deux béliers de race pure mérine.
- Le Jury distingua parmi les autres exposants français, en leur donnant à chacun une mention honorable, MM. Élatre et fils, Maporte et fils, Bruneau e^ fils (ce dernier pour les échan-
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- tillons de laine peignée filée au moyen d’une machine de l’invention de l’exposant); Malingié (dont l’agriculture déplore la perte récente, i854), pour de beaux échantillons de laine à peigne provenant du troupeau de l’école régionale (Loir-et-Cher); Laroque et Jacquemet, pour leurs beaux échantillons de laine filée destinée à la confection des tamis et blutoirs (étamine) ; Rivaue, du Petit-Rochefort, pour ses belles toisons de mérinos; V. E. Warmont, pour ses échantillons de laine en écheveaux; Paturle-Lupin, Seydoux, Seiber et Cîe, pour leurs échantillons de laines lavées; J. A. Lerasson, de Moulteau, qui exposait des toisons mérinos; Bernoville, Lar-sonnier et Chesnet , qui présentaient des échantillons de laine peignée et de laine filée.
- ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE.
- Le sol, composé en grande partie d’un sable très-fin sur de grandes étendues, la température douce et humide et de très-vastes prairies offrent dans les Etats-Unis d’Amérique des conditions très-favorables à l’élevage des moutons et particulièrement convenables pour la race mérinos; cependant la production des laines fines date d’une époque récente : l’introduction des mérinos ne remonte pas au delà de 1815. Cette race comprend actuellement plus de la moitié du nombre total des moutons; le surplus est formé des races de Saxe et d’Angleterre. On évaluait le nombre des moutons entretenus aux Etats-Unis, en i83o, à 20 millions, à 5o millions en i85o, et la production de la laine à 28 ou 3o millions de kilogrammes.
- M. CoCkerill. Les échantillons de laine qu’il a présentés venaient de Northville, réunissaient les qualités qui prouvent les soins apportés dans l’entretien des mérinos et les premières préparations de la laine brute; le Jury a constaté ces faits en décernant une médaille de prix à l’exposant.
- M. J. H. Ewing avait envoyé des laines de Washington (Pensylvanie) remarquables par l’abondance et les bonnes qualités des toisons; le Jury lui décerna la médaille de prix.
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- MM. Kimber et Cie reçurent la même récompense pour des échantillons semblables de belles laines à carde.
- MM. Perkins et Brown obtinrent aussi une médaille de prix pour les belles laines à peigne envoyées de l’Ohio.
- La mention honorable fut ensuite accordée aux exposants américains dont les noms suivent :
- MM. J. Blakeslee, de Norlhcastle (New-York), échantillons de laine mérine; P. A. Brown, de Philadelphie (Pensylvanie) ; Parker et Brown; F. C.Peters, deDarien (New-York), échantillons de laine provenant de race de Saxe; S. Sibley, de Hopkington (New-Hampshire), laine d’un troupeau race de Saxe. En résumé, de l’avis de l’un des experts dont les connaissances spéciales ont été fort utiles au Jury, les laines des Etats-Unis d’Amérique approchent pour leurs bonnes qualité des laines d’Allemagne.
- ESPAGNE.
- Nous ayons déjà fait remarquer que les meilleurs produits des races ovines ont été formés par les troupeaux originaires d’Espagne. On entretenait avant l’ère chrétienne, dans ce pays, les races qui alimentaient encore durant le dernier siècle le commerce international des plus belles laines pour la fabrication des draps; l’antique réputation des laines espagnoles s’est effacée par suite du défaut de soins apportés dans l’entretien des troupeaux : elle a passé graduellement aux contrées d’Allemagne, de Silésie, de Hongrie et de Saxe.
- En examinant les échantillons des laines espagnoles présentées au grand concours, il‘était impossible de ne pas reconnaître la dégénérescence générale dans ce royaume de la première des races ovines pour la production des laines fines. Nous devons espérer que la comparaison avec les produits de ce genre exposés dans les autres départements aura éclairé les producteurs espagnols eux-mêmes, car nous savons que des efforts sont tentés par plusieurs riches propriétaires dans la vue d’améliorer cet état de choses et que le domaine royal encourage ces tentatives par son exemple. Le Gouver*
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- nement,dans les mêmes vues, a fondé des établissements spéciaux, des fermes modèles, où l’on poursuit la régénération de la race abâtardie. Toutefois un des exposants, mérita la médaille de prix et deux autres obtinrent des mentions honorables. D. Justo Hernandez avait exposé quatre échantillons de laines blanches et noires de Salamanque : laines en suint, l’une propre à la fabrication du drap, l’autre destinée à la filature; ces laines avaient été lavées à dos.
- D. Justo Hernandez a introduit en Espagne sa méthode de revêtir les moutons du ier décembre à la fin de mai : en comparant deux toisons, l’une obtenue sous l’influence de cette précaution, l’autre suivant le procédé ordinaire de laisser les moutons non vêtus, on pouvait constater un résultat favorable à la méthode d’habillement des moutons; la médaille de prix fut accordée à M. Hernandez.
- Parmi les échantillons exposés, le Jury fit choix des laines présentées par M. Monclero, de Séville, belle laine mérinos non lavée, et par la province d’Huelva, laines de belle qualité des troupeaux entretenus à Sierra de Audevalo, pour accorder la mention honorable.
- ROYAUME-UNI DE GRANDE-BRETAGNE ET D’IRLANDE.
- La production de la laine en Angleterre est considérée actuellement comme d’un intérêt de deuxième ordre : les bénéfices des éleveurs se fondent principalement sur le poids, graduellement accru, de la viande obtenue en moyenne de chaque mouton.Toutefois, en améliorant aussi la qualité des laines longues et brillantes dites à peigne et le tassement des toisons par des croisemenjs appropriés, les agriculteurs anglais ont augmenté beaucoup la production totale et favorisé les applications'au tissage des étoffes variées, dont il se fait une grande consommation intérieure et un commerce considérable. La production atteignait à peine 45 millions, en 1795, dans toute la Grande-Bretagne : elle est évaluée à 94 millions de kilogrammes aujourd’hui; l’importation de l’étranger et de ses colonies fournit en outre en laines à cardes et en laines
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- longues une quantité d’environ 4o millions de kilogrammes: en totalité, i34 millions de kilogrammes.
- M. C. Dorrien avait envoyé de Chichester des échantillons de laine dont les qualités remarquables dénotaient un troupeau parfaitement bien entretenu ; le Jury lui décerna la médaille de prix.
- M. R. Milner. Les comtés de Meath et de Galway avaient fourni les toisons présentées par cet exposant et offrant les belles qualités des longues laines; des échantillons de laines courtes et longues des troupeaux de montagnes, venant du comté deWicklow, réunissaient également les caractères spéciaux des meilleures qualités commerciales, et l’ensemble méritait la médaille de prix qui fut accordée.
- J. G. Rebow : la même récompense fut accordée pour les échantillons de laine des southdown, offrant aussi d’excellentes qualités, présentés par cet exposant.
- Trois mentions honorables furent en outre accordées, i° à M. Henderson, de Wooler (Northumberland), pour les toisons de Cheviot à laines fines et soyeuses obtenues dans une localité élevée à 800 mètres au-dessus du niveau de la mer : cette laine convient bien pour la fabrication des couvertures ; 20 à M. Lippert, de Leeds, pour ses beaux échantillons de laines allemandes en toisons; 3°àM. Cheeseborough, de Bradford, pour une série de laines de belle qualité et de longueurs assorties.
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- AUSTRALIE.
- Le sol et le climat de l’Australie sont tellement bien appropriés à l’élevage du mouton, que les progrès de la production de la laine, depuis vingt ans à peine, ont été des plus remarquables.
- En 1807, la première importation des laines de l’Australie fut de 110 kilogrammes; en i848, les importations s’élevèrent à io,431,880 kilogrammes. Aujourd’hui déjà l’Angleterre peut obtenir de cette colonie plus de 18 millions de kilogrammes. C’est surtout la laine courte que fournit la race
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- ovine dans l’Australie. Cette laine, fine et très-élastique, nous a paru cependant trop peu tenace et trop courte pour être assimilée aux belles laines à cardes de l’Allemagne. Il est probable que par des soins attentifs on améliorera la race sous'ce rapport.
- M. le colonel Macarthur avait envoyé i32 échantillons de laine mérine, démontrant les conditions favorables à cette race dans l’Australie. Malheureusement, chacun de ces échantillons était en trop faible quantité pour qu’il fût facile d’apprécier exactement la qualité de cette matière première. Toutefois le Jury, prenant en considération les importants services rendus à la colonie par ses efforts persévérants et couronnés de succès, en vue de développer la source de richesse qu’offrait la race mérinos, lui a décerné la médaille de prix.
- Trois mentions honorables furent accordées dans le même département à MM. F. Laurmouth, Stevens et Thompson, et Grant, de Tasmanie.
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- CAP DE BONNE-ESPÉRANCE.
- La production de la laine a fait des progrès rapides dans cette colonie, qui en fournit à la métropole annuellement environ 9 millions de kilogrammes, 80fois autant qu’en i835 et 10 fois plus qu’en 1838.
- Les échantillons de duvet de cachemire provenant des chèvres cachemiriennes entretenues dans le parc de Windsor par S. A. R. le prince Albert offrent une nouvelle variété de laine, nouvelle our l’Angleterre. La qualité de ce produit doit encourager à faire de nouveaux efforts pour multiplier la variété remarquable du genre capra. Cet exemple d’une laine cachemire produite en Europe aurait obtenu une médaille si cette récompense n’eût été décernée déjà par le Jury' de la XIIe classe.
- RUSSIE.
- Les nombreuses bergeries disséminées dans les divers gou-
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- vernements de la Russie entretiennent au delà de 45 millions de moutons. On y trouve différentes races communes, qui forment près des deux tiers de l’ensemble, et des races à laines fines, plus particulièrement élevées dans les provinces méri-ridionales de l’empire. D’excellents pâturages, d’une vaste étendue, facilitent beaucoup le développement de l’espèce ovine dans les provinces russes. La production annuelle de la laine est d’environ 52 millions de kilogrammes de laines lavées.
- M. Schloss-Trikaten avait exposé des échantillons de laine de Livonie paraissant tirer son origine d’un troupeau de mérinos silésiens; la bonne qualité du produit, applicable surtout à la fabrication du drap, fit mentionner honorablement M. Schloss-Trikaten. Plusieurs autres exposants furent jugés dignes de recevoir la même mention : ce furent MM. Gamaley, de Bessarabie, district d’Akermann; Vassal, de la Tauride, district du Dniéper; Philibert, de la Tauride, district de Mélitopol; A. Akhondoff, Chah Mirza, de Stavropol, district de Piatigorsk, échantillons de laines blanches et noires non lavées; S. Gigolo, de Gorck, échantillons de laine noire en suint; la ferme de Gorigoretzk, de MohilefF, échantillons de laine mérinos; Mahomet Khan Youzbash, de Derbent, dans le khanat de Kiurin, échantillon de laine blanche non lavée ; J. Abramoff, d’Ékatérinoslaff, beaux échantillons de duvet de cachemire non lavé, et Narischklin Sataroff, district de Balascheffsk.
- CRINS, SOIES (POILS) DE PORC ET DE SANGLIER,
- POILS DE LIÈVRE, DE LAPIN, DE CASTOR, DE CHAMEAU, DE VACHE,
- DE BOEUF, ETC.
- Tous ces produits animaux, plus ou moins raides ou contournés artificiellement, textiles ou feutrables, lorsqu’ils sont épurés, ont sensiblement la même composition chimique élémentaire; ils offrent les propriétés caractéristiques des fibres textiles animales exposées plus haut (p. 47), qui permet-
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- tent de les distinguer des productions végétales filamenteuses et même de constater la présence ainsi que les proportions de ces dernières, avec lesquelles on les mélange parfois.
- Cependant, les dimensions variées en loDgueuret finesse, la couleur naturelle, claire, foncée ou noire, les proportions des matières étrangères, donnent à chacun d’eux des valeurs différentes et des applications spéciales.
- Ainsi que toutes les matières premières d’origine animale, celles-ci ne peuvent être obtenues jusqu’ici sur notre propre sol en quantité suffisante; on en jugerapar les indications suivantes, qui résument les importations, en 1853, de ces matières livrées à la consommation pour alimenter certaines industries spécifiées plus loin :
- , Crins, principalement des queues et crinières de chevaux, tirés de l’Uruguay, de la Plata, du Brésil, des Etats Sardes, de la Russie, de l’Allemagne et de quelques autres contrées :
- Crin de belle qualité.... 742,848kà 2f ooc= 1,485,696* ooc Id. de qualité inférieure 8,937 à 1 75 = i5,639 75
- Total.................. 1,591,335 75
- Les principaux usages des diverses qualités de crin sont dans la confection des archets, la fabrication des lignes de pêche, des tamis, des balais, des brosses, plumets particuliers, brosses, cordes à étendre le linge et crins tordus pour obtenir une élasticité convenable dans le rembourrage des meubles et des objets de literie.
- Soies [poils) de cochon et de sanglier importées surtout d’Angleterre et de Belgique, des Pays-Bas, d’Allemagne, de Russie, et de plusieurs autres pays :
- 217,062 kilogrammes, dont le prix actuel de 7 francs le kilogramme représente une valeur totale de 1,519,434 francs.
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- Les soies de porc et de sanglier s’emploient pour , confectionner les gros pinceaux ou brosses des peintres, badigeon-neurs, etc., et lavés, teints et tordus, ils acquièrent par la vapeur des formes ondulées qui les rendent élastiques et propres au rembourrage.
- Poils de lièvre, lapin, castor, etc., tirés d’Allemagne, de Belgique, d’Angleterre, d’Espagne,d’Italie, de Turquie et des Etats barbaresques. Les poils de lièvre, de lapin et de castor, servent dans la chapellerie ; les poils de blaireau et quelques autres, à confectionner des pinceaux fins; les poils de chameau et de vache s’emploient pour le rembourrage, etc.
- Poils de lièvre et de lapin. 86,5ookà i5f ooc= 1,297,5oof
- ----decastor ........ 5,026 à 5o 00= 25i,25o
- ----de chameau..... . 7,334 à o 60 = , 4,4oo
- ----de vache, etc.... . 34,34o à o 10 = . 3,434
- Total de l’importation. 133,199 =i,556,584f
- * RUSSIE.
- Les plus belles et les plus complètes collections de crins et soies de porc se sont trouvées réunies dans l’exposition de la Russie.
- Une médaille de prix fut accordée à M. Basile Koudriaff-zeff Jadenoffski pour ses remarquables échantillons de crin des queues de chevaux. Parmi les échantillons de crins blancs translucides et souples, plusieurs avaient une longueur dépassant un mètre; les échantillons de crins noirs offraient une longueur plus grande encore (im,o6 à im,io); de beaux échantillons des poils de crinières blanches avaient de 80 à 86 centimètres de Idngueur.
- Le même exposant avait présenté des échantillons de crins de plusieurs qualités préparées par la torsion, afin de les contourner et par là de les rendre élastiques.
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- Une autre médaille de prix fut décernée dans le même département à la société commerciale russe Semenoff et Fa-leyeff, pour des échantillons semblables aux précédents.
- Des mentions honorables furent accordées aux paysans Koriakin et Mougikoff, de Vologda, pour les soies de porc bien préparées et très-bien assorties qu’ils présentaient; àZoLO-toreff, de Kalouga, pour de semblables échantillons; à Bez-roukavnikoff-Sokoloff, pour des crins de cheval tordus et préparés pour meubles; enfin à P. Yvanoff, de Saint-Pétersbourg, pour des plumets de queues de chevaux et des crins de queues de buffles.
- BELGIQUE.
- Dans ce département, plusieurs mentions honorables furent accordées : i° AM. Haussens-Hap, de Vilvorde, pour des échantillons desoies de porc, assorties, préparées et blanchies, destinées à la confection des brosses de peinture; 2° à M. H. Somze-Mahey, de Liège, pour ses beaux échantillons de crin de queues et crinières de chevaux et de soies de porc. Ces deux exposants ont d’ailleurs obtenu, pour leurs produits manufacturés, des médailles de prix dans les XVIe et XVIIIe classes.
- PAYS-BAS.
- Une mention honorable fut donnéeà MM. Catz et Cîe, pour leurs beaux échantillons de crins droits à archets et de crins tordus destinés aux garnitures de meubles.
- ZOLLVEREIN.
- Deux mentions honorables furent accordées, l’une à M.Fudikar, d’Elberfeld, pour les crins destinés au rembourrage des meubles, en raison de leur belle qualité fine et élastique; l’autre à M. Gottlieb Foese, pour ses soies de porc, bien assorties et bien nettoyées. Ce dernier exposant obtint une médaille de prix dans la XXVIIIe classe.
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- ESPAGNE.
- M. D. D. Delgado, de Saragosse, avait exposé plusieurs échantillons assez remarquables de poils de lapin et de lièvre, les peaux ayant été tondues par des procédés mécaniques; le Jury, voulant encourager la récolte des produits qu’offrent des races qui pullulent en Espagne, accorda la mention honorable à l’exposant pour son utile industrie.
- Fanons de baleine. Cette substance offre la plus grande analogie, par sa composition chimique et sa structure partiellement fibreuse, et même par son mode de développement avec les poils des autres mammifères. Mais elle se forme et se présente en lames larges, épaisses et très-longues, effilées à leur extrémité et se réduisant en fibres raides sur leurs bords. On la trouve à la partie supérieure de la mâchoire des animaux de la tribu des baleines.
- Les meilleurs fanons sont obtenus de la grande baleine arctique (Balana mysticetus), dont les fanons les plus développés atteignent une longueur de 2 à 3 mètres.
- On importa en i853 des Etats-Unis, de la Russie, de l’Angleterre et de la Belgique et des produits de la pêche, pour les diverses applications de la baleine en France (baguettes de parapluies, ressorts de corsets, bourrelets d’enfants, lanières à entourer des manches de jouets, de cannes, préparation filaments textiles, etc., etc.), une quantité totale de 479,834 kilogrammes, valant, à 4 fr. 60 cent, le kilogramme, 2,207,236 francs.
- ANGLETERRE.
- Le Jury décerna la médaille de prix à M. Henry Loran, qui avait exposé de beaux échantillons de fanons bruts de la baleine arctique [Balœna mystice(us), de la baleine antarctique (Balœna australis), qui donne les dimensions au-dessous de la précédente, et de la baleine à grandes nageoires (Balœnoptera è-oops), dont on extrait les fanons les plus courts et les plus durs.
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- IVe JURY.
- L’exposant avait joint à ces matières brutes des échantillons intéressants de baleine sous différents états de préparation et de nombreux spécimens de baleine teinte propre à faire les applications variées indiquées ci-dessus.
- La même récompense fut décernée pour des motifs semblables à M. Westall. Le Jury a plus particulièrement remarqué, parmi les produits de cet exposant, une grande variété de baleine en filaments ^appropriée à diverses préparations utiles.
- ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE.
- On voyait dans ce département de très-beaux échantillons de grands fanons de baleine (Balœna mysticetus) exposés par M. Goddard; le Jury donna la mention honorable pour ces produits et accorda la même récompense à M. Moser , pour les échantillons de fanons de baleine provenant de la Balœna auslralis qu’il avait envoyés de la Terre de Van-Diemen.
- CAOUTCHOUC ET GUTTA-PERCHA.
- La plus grande partie des produits obtenus par les transformations assez récentes de ces matières introduisent dans l’industrie, le commerce.et la consommation des fils, tissus, cordes, étoffes, d’une nature particulière, doués de propriétés et d’applications spéciales, souvent associés aux fils, cordes et tissus ordinaires.
- 'Envisagés à ce point de vue, le caoutchouc et la gutta-percha trouvent une place naturelle à la suite des substances textiles et filamenteuses, encore bien que divers usages fort différents les caractérisent et les distinguent de tous les produits anciennement connus.
- caoutchouc.
- % État naturel.
- i.
- Cette substance, décrite pour la première fois en 1735 par
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES. 79
- LaCondamine, membre de l’Institut de France, existe dans le suc laiteux d’un grand nombre de plantes qui croissenten divers pays. Les Euphorbiacées, les Urticées, les Artocarpées, les Apocynées, les Cichoracées, les Papavéracées, les Lobéliacées et les Campanulacées en contiennent beaucoup; mais la sécrétion spéciale n’est assez abondante pour faire l’objet d’une exploitation profitable que dans certaines contrées chaudes.
- Le suc laiteux du Siphonia cahucha (Wildenow), d’où on l’extrait au Brésil depuis les premiers temps des importations, en contient environ 3o pour o/o de son volume.
- L’arbre qui fournit la plus grande quantité du caoutchouc brut venant de l’Inde continentale est le Ficus elastica (Mora-ceæ), très-abondant à Assam. Les Ficus radula, eîliptica et pri-noïdes fournissent une partie des produits importés de l’Amérique.
- Une plante grimpante d’une croissance rapide, atteignant des dimensions gigantesques, VUrceola elastica (Apocynaceæ), produit le caoutchouc des îles de l’archipel Indien. Un seul pied peut donner 25 kilogrammes par an à l’aide d’incisions.
- Le Collophora utilis et le Cameraria latifolia, plantes de l’Amérique du Sud, le Vahea gummifera, de Madagascar, le Taberna moniana utilis (arbre à vaches), de l’Amérique tropicale, et le Willughbeia edulis, de l’Inde orientale, sont au nombre des plantes dont le suc laiteux fournit du caoutchouc.
- Le Brésil, notamment la province de Para, et une grande partie des deux Amériques fournissent des quantités considérables des variétés de caoutchouc mis en oeuvre aux Etats-Unis et en Europe. On en tire de Java, de Sumatra, du royaume d’Assam, de Singapore et de l’Afrique occidentale, en sorte qu’aujourd’hui l’Amérique, l’Asie et l’Afrique contribuent au commerce de cette matière première.
- • Importations.
- Les quantités de caoutchouc et de gutta-percha importées en France pendant l’année i853 se sont élevées à 390,578 kilogrammes, dont le prix, à 6 francs le kilogramme, repré-
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- sente une valeur de 2,343,468 francs, non compris les quantités importées laissées en entrepôt ou réexportées. Ces matières premières provenaient principalement du Brésil, des Indes anglaises et hollandaises, du Sénégal et des côtes occidentales d’Afrique.
- On reçoit, dans le commerce, du caoutchouc en masses volumineuses provenant du liquide laiteux qui s’écoule et se concrète dans des trous en terre pratiqués au pied des arbres incisés ; d’autres masses importées résultent de la superposition de plaques enlevées à la superficie des vases où la matière crémeuse se rassemble et se contracte; d’autres encore sont moulées sous diverses formes de lames épaisses, de figures irrégulières (poires creuses, animaux grossièrement imités).
- Une variété de caoutchouc, dont on ne connaît pas encore les applications praticables, nous vient de Vizagapatam; elle paraît extraite du suc de YEuphorbia antiquorum (Roxburgh), et se présente en plaques de 5 ou 6 millimètres d’épaisseur, dure, un peu souple, sans élasticité, susceptible de s’amollir par la chaleur, de devenir alors très-adhésive et de reprendre ses caractères primitifs en refroidissant; elle pourrait sans doute servir aux impressions de poudres métalliques à chaud, surtout si elle est moins altérable que la gutta-percha.
- Plusieurs sortes de caoutchouc arrivent en Europe altérées par suite de là putréfaction de la sève aqueuse restée interposée.
- Depuis l’année 1853, il nous arrive d’Afrique un caoutchouc naturel de très-bonne qualité, blanchâtre, mais contenant o,35 à o,4o d’eau, en partie logée dans des cavités plus ou moins grandes ; il exhale une odeur vineuse, aigre, très-légèrement putride , comme le jus du tannage des peaux ; ce produit est extrait sans doute en recueillant le suc liquide, laissant rassembler et s’agglomérer à la superficie le principe immédiat, et l’expédiant ainsi en masses volumineuses sans éliminer le liquide séveux.
- On l’obtiendrait moins aqueux en laissant le lait dans des vases plats, où la crème se solidifierait plus mince. On pour-
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- rait laisser égoutter, laver et presser ou partiellement dessécher les lambeaux avant de les agglomérer en masses.
- Extraction.
- Le moyen d’extraire le caoutchouc est fort simple en ces diverses contrées : on pratique aux arbres des incisions par lesquelles le suc laiteux s’écoule.
- Ce suc, abandonné à lui-même dans des vases plats, des cavités en terre argileuse, se sépare en un liquide aqueux et une sorte de crème surnageante, presque entièrement formée du principe immédiat, le caoutchouc, qui constitue dans le suc la matière émulsive ; lorsque la matière crémeuse est solidifiée au point convenable, on l’enlève, on la laisse sécher plus ou moins, puis on l’agglomère en la superposant en masses, tresses, torsades, etc. Parfois, et surtout au Brésil, on fait écouler le suc laiteux ou la matière crémeuse sur des moules en argile séchée, mais crue, offrant les formes grossières de boules creuses, d’ellipsoïdes irréguliers, de bouteilles arrondies ou d’animaux, crocodiles, lézards, etc., et le principe spécial se concrète, se dessèche partiellement. On superpose ainsi plusieurs couches, et lorsque l’épaisseur semble suffisante, on délaye et l’on brise l’argile que l’on fait sortir par une sorte de goulot ou par la bouche*’ de l’animal imité. Lorsqu’on enveloppe de cette manière une espèce de tuile plate en argile crue, on fend les bords du caoutchouc et l’on obtient une lame irrégulière. Parfois encore, on moule la matière crémeuse sur l’argile façonnée en pied d’homme ou d’enfant, et l’on obtient une espèce de chaussure. Car dans les pays de production le caoutchouc n’est employé qu’à quelques usages grossiers et peu importants; la presque totalité est expédiée sous cés différentes formes aux pays où l’industrie, bien plus avancée, parvient à en tirer un merveilleux parti.
- Composition et propriétés du caoutchouc.
- fie caoutchouc est formé de carbone et d’hydrogène : 8 équi-
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- valents du premier et 7 du deuxième ; on représente ainsi cette composition G8H7. Complètement pur, il est solide, blanc, translucide; son poids spécifique est de 926, l’eau pesant 1,000; maintenu à une température douce, il est souple, élastique ; ses surfaces, exemptes de tout corps étranger ou coupées récemment, adhèrent et se soudent entre elles dès qu’on les met en contact, même sous une faible pression. Ces propriétés physiques sont profondément modifiées lorsqu’on abaisse sa température à près de o° ou au-dessous : il subit alors une contraction notable, devient plus dur, moins souple, très-peu adhésif, à peine extensible. Ces changements de propriétés se maintiennent même après que sa température a été ramenée à —1— x5 ou 20°; le caoutchouc refroidi à zéro pendant qu’il est allongé garde ses dimensions, lors même que sa température est portée à 2 o°. Cependant les caractères primitifs reviennent subitement dès que l’on élève la température du caoutchouc à 35 ou 4o°. L’expérience est curieuse et facile à faire: on tend une bande de caoutchouc, on la plonge dans l’eau à o° quelques minutes; elle reste étendue et très-peu élastique à la température ordinaire, sortie de l’eau; si alors on la plonge dans l’eau à 45° ou au-dessus, à l’instant même elle reprend ses premières dimensions et toute son extensibilité?
- Plusieurs carbures d’hydrogène, liquides, obtenus du goudron de houille par distillation, gonflent et dissolvent le caoutchouc; il en est de même de l’essence de térébenthine, privée d’eau par la chaux vive et bien rectifiée par distillation ; l’essence pure de lavande et le sulfure de carbone sont des dissolvants plus efficaces encore. Les huiles grasses en peuvent dissoudre une petite quantité à chaud.
- L’eau et l’alcool sont sans action dissolvante sur le caoutchouc pur et le précipitent en partie de ses solutions.
- Le chlore liquide et gazeux l’attaque à peine; il résiste à l’acide chlorhydrique, à tous les acides faibles, à la plupart des gaz, aux solutions de potasse et de soude ; les acides sulfurique et azotique concentrés l’altèrent rapidement, surtout
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- lorsqu’ils ont été mélangés en portions équivalentes. La vapeur d’eau ramollit le caoutchouc et diminue beaucoup sa ténacité; chauffé à sec de 45 à 120°, il perd graduellement de sa consistance , et ses morceaux deviennent plus susceptibles de s’agglutiner entre eux; vers i48 à i55°, il est visqueux, adhérent aux corps durs et secs : une grande partie de sa consistance et de son élasticité revient par degrés après son refroidissement. Vers 2000, il fond et paraît éprouver une modification isomérique : sa composition élémentaire restant la même, il est devenu gluant; chauffé davantage, de 220 à 23o°, il est huilehx, très-brun et propre à préserver le fer et l’acier de l’oxydation.
- Le caoutchouc, au contact d’un corps en ignition, s’allume et répand une flamme lumineuse, fumante.
- Lorsqu’on soumet le caoutchouc à la distillation, il donne différents carbures d’hydrogène, dont deux sont isomériques avec le gaz oléfiant [caoutchène, hévéène); plusieurs autres ont la composition de l’essence de térébentine; leurs points d’ébullition variés (i4°> 33°, 1710, 3i5°...) ont facilité leur séparation ; la plupart dissolvent bien le caoutchouc sec et divisé.
- Nouvelles observations sur le caoutchouc.
- Jusqu’ici Ton n’avait pas de données précises sur la composition immédiate du caoutchouc commercial; on ignorait sa structure interne, ses altérations spontanées, les résultats de l’action de Teau, de l’alcool, et même en grande partie de ce qu’on appelait ses dissolvants; enfin le mode de pénétration et les effets si remarquables du soufre à différentes températures, objets de plusieurs brevets en Amérique, en Angleterre et en France, n’étaient qu’imparfaitement connus.
- Je me suis proposé de combler ces lacunes dans un travail spécial L que j’ai étendu à Texamen de la gutta-percha et qui me permettra de rendre moins incomplètes les notions rela-
- 1 Comptes rendus de l'Académie des sciences {1852), i'rsemestre, p. 3, 453, et 2* semestre (juillet i852 ).
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- tives à ces matières premières et aux produits qui en dérivent dans plusieurs industries importantes.
- Variétés du caoutchouc solide.
- Parmi les diverses sortes commerciales de caoutchouc brut importées en Europe, on distingue les variétés suivantes :
- i° Le caoutchouc blanc, opaque, en masses assez volumineuses;
- 2° Celui qui est en feuilles irrégulières, de couleur jaunâtre peu foncée, translucide;
- 3° Une autre sorte, de couleur brune foncée, en feuilles épaisses ou poires creuses, parfois en cordons tordus ou tressés, globuliformes;
- 4° Le caoutchouc brun, en masses plus ou moins fortes, irrégulièrement cubiques, à angles arrondis; enfin une variété douée de propriétés spéciales, voyez plus haut, page 8o.
- La couleur blanche et l’opacité de la première sorte dépendent de l’eau interposée çn assez grande proportion, qui peut se rencontrer en quantités variables dans toutes les autres sortes de caoutchouc, et dont il importe souvent de tenir compte. La coloration brune de la plupart des sortes commerciales tient à la présence de matières étrangères carbonacées.
- Structure interne.
- En examinant sous le microscope des parcelles très-minces de caoutchouc, on peut y remarquer des pores irrégulièrement arrondis, très-multipliés, communiquant entre eux, susceptibles de se dilater et de faciliter la pénétration par une sorte de capillarité de divers liquides, de ceux même qui, comme l’eau, s’y introduisent sans paraître exercer d’action chimique.
- Action de l'eau.
- L’eau offre un des exemples les plus curieux de ce dernier phénomène : des tranches minces de caoutchouc de différentes qualités plongées durant trente jours dans l’eau froide
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- ont absorbé, pour 100, de 18,7 à 26,4 de ce liquide; leur volume était augmenté de i5 à 16 centièmes; leur ténacité et leur propriété adhésive étaient amoindries.
- Lorsque l’eau est restée interposée ou s’est à la longue introduite dans des masses épaisses de caoutchouc, il faut un temps considérable pour l’éliminer, car les couches superficielles, desséchées les premières, resserrent considérablement leurs pores et s’opposent à l’évaporation et à la dessiccation des parties sous-jacentes. Le caoutchouc blanchi en apparence par cette sorte d’hydratation physique a moins de valeur en réalité, car une partie de son poids est fictif, et il faut le diviser en lames minces afin d’effectuer une dessiccation souvent indispensable pour les transformations qu’on lui fait subir.
- Action de l’aicool.
- L’alcool anhydre, surtout à chaud, pénètre facilement le caoutchouc en lames minces : immergées durant huit jours et chauffées à plusieurs reprises, elles sont devenues opaques, plusadhésives, même au sein du liquide, bien que l’alcool eût dissous 2 centièmes de matière grasse oléiforme jaunâtre.
- Ces mêmes tranches, après la vaporisation de l’alcool absorbé, restèrent plus translucides et plus adhésives qu’avant cette réaction.
- )
- Action des dissolvants et augmentation de volume.
- L’éther, la benzine, l’essence de térébenthine, le sulfure de carbone et plusieurs de ces composés mélangés entre eux ou avec d’autres liquides s’insinuent rapidement dans les pores du caoutchouc, le gonflent beaucoup et semblent le dissoudre; mais sa dissolution n'est que partielle: la partie dissoute reste interposée dans la partie fortement gonflée qui résiste et, quoique très-facile à désagréger alors, conserve les formes primitives amplifiées. Cette portion non dissoute, retient presque toute la matière colorée brune, tandis que la portion dissoute extraite par évaporation du dissolvant,reste très-peu colorée, plusmolle, extensible et moins élastique.
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- L’éther anhydre, plusieurs fois renouvelé, extrait du caoutchouc translucide, de couleur ambrée, o,66 de substance presque incolore et laisse indissoute o,34 de matière de nuance jaune.
- L’essence de térébenthine pure anhydre a séparé du caoutchouc brun 0,49 de matière soluble de couleur ambrée et o,51 de matière insoluble, retenant la couleur brune devenue plus foncée. Des traces de matières résineuses, restées dans l’essence, suffisent pour laisser les deux produits longtemps visqueux et difficiles à dessécher.
- Le caoutchouc en prismes, tenu immergé dans un excès du dissolvant,se gonfle graduellement, de la superficie au centre. Lorsque le gonflement est parvenu à son terme, les dimensions des côtés se sont triplés dans la benzine, l’éther, l’essence de térébenthine et un mélange de sulfure de carbone 100 avec éther hydraté 4- Le volume de la partie non dissoute contenant le liquide interposé était donc 27 fois aussi volumineuse que le caoutchouc total avant l’immersion.
- Composition immédiate.
- Le caoutchouc commercial est formé de deux parties, l’une douée d’une plus forte cohésion, plus tenace et plus résistante à tous les agents, l’autre plus molle, ductile, adhésive et plus soluble. J’ai pu reconnaître, par l’analyse, que chacune des deux parties offre la même composition élémentaire rej présentée par la formule C8 H7. La masse ainsi constituée renferme des matières grasses, une huile essentielle, des matières colorées, trois substances azotées, de l’eau en proportions variables, et qui peuvent s’élever jusqu’à 26 centièmes, enfin des traces de matières salines.
- Aucune de ces substances ne possède les propriétés extensibles et élastiques au même degré que l’ensemble ; cela paraît tenir à l’adhérence entre les surfaces de la partie fibreuse, que les matières grasses lubrifiaient, et à l’isolement de la portion molle et soluble, qui rendait la masse entière plus souple.
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- Nous verrons plus loin comment la structure et la composition du caoutchouc permettent d’expliquer plusieurs phénomènes de la pénétration du soufre, de la volcanisation ou sulfuration du caoutchouc et des altérations lentes ou rapides du caoutchouc sulfuré.
- Altérations du caoutchouc.
- A la longue, et surtout lorsque la température de l’air est élevée, le caoutchouc éprouve des altérations spontanées, dont j’ai constaté plusieurs effets, sans déterminer ses résultats sur la composition immédiate ; la substance exhale une odeur piquante, très-sensible en vases clos; elle devient plus molle, moins résistante, parfois même facile à rompre1.
- Sulfuration ou volcanisation du caoutchouc.
- Avant la découverte de sa sulfuration, le caoutchouc offrait les inconvénients graves de s’amollir excessivement aux températures de 3 o à 5o° et de devenir dur et sans élasticité à o° et au-dessous ; il en résultaitque son emploi était à peu près sans utilité dans les pays chauds et dans les contrées froides.
- Sa combinaison avec le soufre en certaines proportions évite ces inconvénients, lui conserve son extensibilité, son élasticité, à diverses températures, même à ioo° et i5o°, mais lui ôte sa propriété adhésive. On ne peut donc plus dès lors le souder avec lui-même. On connaissait ces changements, on avait imaginé plusieurs moyens pour les réaliser, sans connaître le mode de pénétration du soufre, l’état de combinaison el^le simple interposition qu’il pouvait affecter, les phénomènes chimiques qui se passent, ni les proportions combinées, pas plus que les quantités non combinées que l’on pouvait extraire.
- Voici les résultats de mes essais à cet égard : une lame de caoutchouc de 2 à 4 millimètres, immergée deux ou trois heures
- 1 Cette altération a peut-être quelque analogie avec celle, également peu étudiée jusqu’ici, des corps gras qui deviennent rances.
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- dans le soufre fondu, et maintenue de 112 à 115°, absorbe du soufre liquide par une sorte de capillarité agissant comme pour l’eau, au point que son poids augmente de 10 à i5 centièmes et au delà. Aucun changement sensible n’est intervenu dans les propriétés de la matière organique, qui peut encore se souder avec elle-même. On n’aperçoit pas plus de changement lorsque le soufre est introduit en dissolution dans le sulfure de carbone ou en poudre par voie de malaxation à la température de 20 à 3p°; seulement sa porosité est un peumoindre.
- Si alors on élève la température de i3i à i2j.o° et même 1600, en quelques minutes la transformation sera opérée. Si l’on prolongeait l’action, le produit pourrait perdre pour toujours son extensibilité; il deviendrait dur et fragile; l’altération se prononcerait d’autant plus que le caoutchouc, aux températures de i35 à i5o°, serait en contact avec des proportions plus grandes de soufre : il pourrait en absorber et retenir en combinaison jusqu’à 48 centièmes du poids total des deux substances (même après un traitement par la soude ou la potasse caustique, qui enlève l’excès non combiné). „
- Dès que la réaction du soufre commence, et pendant tout le temps quelle s’effectue à cette température, il se produit une combinaison entre ce corps et une faible quantité d’hydrogène, et par conséquent une formation continuelle d’acide sulfhydrique dont le soufre absorbe une partie (près d’un volume égal au sien). Un phénomène curieux résulte de ce fait, lorsque l’abaissement delà température a lieu : le soufre cristallin et met en liberté l’hydrogène sulfuré; ce gaz s’interpose entre les cristaux et soulève la masse partiellement fluide, en sorte que le volume total augmente parfois de 0,20 ou o,2Ô, tandis que le contraire a lieu lors du refroidissement et de la cristallisation du soufre exempt d’hydrogène sulfuré. La combinaison du soufre n’a pas altéré les rapports entre les éléments de la substance organique, toujours représentée par C8 H7.
- Le caoutchouc sulfuré au point convenable par les divers procédés décrjts plus loin ne contient en combinaison que
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- i à 2 centièmes de son poids de soufre. Tout le reste, formant parfois 5 à i5 et même 20 0/0, peut en être extrait par plusieurs traitements, dans des solutions aqueuses de soude ou potasse caustique chauffées à ioo° environ.
- Le soufre combiné se trouve inégalement réparti, en proportions graduellement décroissantes de l’intérieur des minimes cavités ou pores, dans l’épaisseur comprise entre ces cavités. Aussi peut-on apercevoir, sous le microscope, des cercles concentriques indiquant cette décroissance, et extraire par plusieurs dissolvants (le sulfure de carbone et l’éther J 4 centièmes de caoutchouc, plus 1 à i,o5 de matière grasse, et du soufre libre.
- Quant au soufre qui se trouve interposé en excès (lorsque l’on a pas désulfuré à l’aide des alcalis), il sort, en quelque sorte spontanément, par suite de l’action mécanique qu’exercent les frottements, ainsi que les extensions et contractions alternatives qui resserrent et dilatent successivement les pores.
- Le sulfure de carbone, la benzine, l’essence de térében-. thine et l’étber anhydre gonflent le caoutchouc sulfuré, élastique , au point d’accroître de 8 à 9 fois son volume. Ces liquides peuvent enlever l’excès de soufre non combiné en se dissolvant.
- Cette dissolution s’effectue dans l’éther avec une particularité remarquable. Une portion du soufre, enlevé d’abord, se dépose en partie sur les parois du vase; puis graduellement de nouvelles quantités se dissolvent et vont grossir les cristaux octaédriques adhérents aux parois du vase et même aux parois externes des lames de caoutchouc. Ils peuvent devenir assez volumineux pour montrer directement à l’œil nu leurs formes octaédriques.
- Des essais comparés sur le caoutchouc i° normal, 20 sulfuré, 3° désulfuré, tenus pendant deux mois immergés dans l’eau, ont fait reconnaître que le premier absorba 0,20 à 0,26 d’eau pure le deuxième o,o42 et le troisième o,o64.
- Des ballons de 2 millimètres d’épaisseur remplis d’eau, sous
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- une pression qui doubla leur diamètre, et à la température de 16°, perdirent en vingt quatre heures, par une transpiration continuelle et par mètre carré, savoir : le caoutchouc normal, 23 grammes, et le caoutchouc sulfuré, seulement 4 grammes. Des ballons semblables remplis d’air, sous la même pression, n’ont sensiblement rien perdu en huit jours.
- Procédés de sulfuration.
- Nous avons indiqué ci-dessus deux moyens de sulfuration : le premier consiste à faire pénétrer dans le caoutchouc le soufre liquéfié à 112°, jusqu’à absorption de o,i5 environ de soufre, puis à élever et à soutenir la température du caoutchouc imbibé entre i3o°et i4o°, jusqu’à sulfuration convenable; le deuxième, à malaxer le soufre en poudre avec le caoutchouc, puis à tenir le mélange le temps utile à la température de i3o° à i5o°.
- M. Parker a imaginé un procédé de volcanisation à froid consistant à plonger les lames minces ou tubes en caoutchouc dans un mélange de îoo grammes de sulfure de carbone et 2,5 de protochlorure de soufre. Le liquide pénètre dans la substance organique, la gonfle et y dépose le soufre, qui s’unit au caoutchouc, abandonnant la combinaison instable qu’il formait avec le chlore. M< Gérard perfectionna ce procédé en retirant au bout de deux minutes les objets, et les plongeant dans l’eau pour décomposer le chlorure superficiel et prévenir la sulfuration trop forte de ces parties, qui deviendraient cassantes sans cette précaution.
- On doit à M. Gérard plusieurs procédés utiles de sulfuration du caoutchouc.
- L’un d’eux se réalise en tenant plongés en vase clos, durant trois heures, les objets dans une solution à 25° Baumé de po-iysulfure de potassium chauffé et maintenu à la température de i4o°, soumettant ensuite à des lavages dans une solution alcaline à 5o° ou 6o° Cx, et en dernier lieu dans l’eau pure. Le soufre se trouve combiné dans des proportions convenables et sans excès.
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- Caoutchouc sulfuré alcalin.
- M. Gérard est parvenu à prévenir ou atténuer beaucoup les altérations spontanées du caoutchouc par un procédé nouveau de sulfuration : il saupoudre, avec un mélange de 4 parties de soufre en poudre et 5o parties de chaux hydratée, 100 parties de caoutchouc écrasé en lames rugueuses; l’incorporation des matières pulvérulentes s’effectue d’une façon intime, en passant à plusieurs reprises le caoutchouc saupoudré entre les cylindres écraseurs. Le caoutchouc, ainsi mêlé intimement avec le soufre et la chaux, est travaillé par les procédés usuels. On effectue à volonté la sulfuration des objets confectionnés: tubes, rondelles, lames, étoffes, etc., les tenant immergés dans l’eau ou la vapeur à la température de -+- 4o°, durant une heure ou une heure et demie. La superficie, perdant une partie du soufre et de la chaux ou du sulfure de calcium par l’espèce de lavage qu’elle éprouve, se trouve moins sulfurée, plus souple, tandis que, dans les préparations ordinaires, la couche superficielle est plus fortement sulfurée et plus cassante.
- Altérations spontanées du caoutchouc sulfuré.
- La température et le contact des métaux détermine plus ou moins rapidement certaines altérations qu’il importe de connaître. Sous cette influence, le soufre en excès se combine à la matière organique, et le caoutchouc perd graduellement sa souplesse, son élasticité, de façon à ne plus pouvoir produire l’effet qu’on en attend : par exemple, pour rendre hermétiques les joints des tubes, en interposant entre les brides une rondelle de caoutchouc.
- Dans son contact avec certains métaux, le plomb, l’argent, l’or, il détermine la formation de sulfures noirs, résultant de la réaction du soufre en excès sur ces métaux.
- Le caoutchouc plus ou moins sulfuré, et même en grande partie désulfuré à l’aide d’une lessive alcaline, dégage une odeur plus ou moins sensible d’hydrogène sulfuré, ce qui
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- tient à une combinaison lente du soufre en excès avec la matière organique, donne lieu aux phénomènes précités d’une rigidité plus grande, et, en outre, au dégagement continuel d’hydrogène sulfuré, qui est en partie cause de l’odeur désagréable du caoutchouc volcanisé. Cette odeur est considérablement amoindrie dans le caoutchouc soumis à la désulfuration par les solutions alcalines chaudes.
- Afin de compléter les notions sur une matière première d’origine encore récente, nous donnons ci-après le tableau des principaux objets à la confection desquels elle s’applique en Amérique et en Europe :
- Feuilles découpées servant à confectionner...............
- Applications du caoutchouc ordinaire.
- ! fils nus et recouverts de soie ou de coton, tubes, lanières.
- rondelles, vases, chaussures, etc. des tissus imperméables, des pâtes.
- Pâtes
- s’appliquant aux
- Feuilles très-minces étirées à chaud, employées à la préparation.....................( des solutions
- (des bois d’ébénisterie. des bois d’instruments, des laines à former des tapis décorés.
- des fleurs artificielles.
- reliures..! des registres.
- ( des livres.
- Caoutchouc spongieux (obtenu à la râpe pur ou mêlé de soufre), qui sert à confectionner des balles pleines, nues ou couvertes de laine tontisse teinte.
- Poires creuses macérées dans l’éther, servant à confectionner des ballons gonflés par insufflation.
- Morceaux découpés en!prismes rectangulaires, usités pour effacer le crayon.
- Caoutchouc fondu uni à la chaux (ou chaux et minium) em-
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- ployé pour préparer des mastics souples à clore différents vases.
- Huile de colza contenant 0,02 de caoutchouc dissous-H i3o° centigrade contre frottements.
- Caoutchouc, dit gomme d’Assam, -+- benzine pour impressions à chaud, poudres d’étain, de bronze, etc.
- Glu marine.
- Usages du caoutchouc volcanisé, normal ou désulfuré h
- Manchons étroits pour interposer sous cloches à faire le vide. Courroies pour ligatures des rouleaux de papiers, paquets, etc. Bandes des appareils chirurgicaux à pression graduée. , Lanières des appareils de physique pour éteindre les vibrations. Pelotes, supports et pessaires plus ou moins gonflés, cylindriques, arrondis ou déprimés.
- Fonds flexibles de caniveaux à incubation des œufs.
- Plans et cartes marines imprimées.
- Coussins élastiques plus' ou moins gonflés
- des..........
- Coussins et lits hydrostatiques pour malades.
- Lacets filés, fils, tricots, tissus, bretelles, bracelets de gants, bottines, ceintures, tissus bas, mitaines à compression des varices, jarretières, porte-lorgnon.
- Balles pleines, balles et ballons creux élastiques.
- et marteaux des pianos, de serrures, loquets, sonnettes, de portes battantes, etc.
- Tampons pour prévenir les chocs des wag-gons, locomotives, etc. en blocs sous les coussinets.
- Encriers à pompe.
- 1 Dont l’excès de soufre est enlevé afin d’éviter l’odeur forte et l’action sur les objets dorés et argentés.
- Ressorts.
- fauteuils, chaises, lits, divans, voitures, etc.
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- Accumulateurs de ( lever poids.
- force pour... ( lancer projectiles.
- Genouillères unissant les locomotives au tender.
- Coussins des bandes et tables de billards.
- ^ ( pour interposer entre les brides des tuyaux
- Rondelles et rou-L r . r ..
- 1 et les vases divers.
- leaux en cer-{ c x .
- j pour lermetures hermétiques des obtura-
- .........[ rateurs, robinets, soupapes.
- Rondelles très-épaisses ou assemblées, au nombre de 10, 3o ou 60, pour amortir les chocs des waggons.
- Soupapes et sou-i des baignoires.
- papes à cane-< des pompes des steam-boats jusqu’à 1 mè-vas interposé. ( tre de diamètre.
- Garniture des pistons (stajfing-boxes), avec fibres textiles. Soupapes coniques des baignoires, citernes, bassins.
- Cuir artificiel pour cardes.
- d’encrage pour impressions typographiques et lithographiques, porte-couleur pour les impressions des toiles peintes.
- Tlmilp^nv J Press^on pour les impressions des toiles
- peintes.
- contre-presseurs destinés aux impressions en relief.
- d’impression des filigranes sur les feuilles humides du papier continu.
- Rouleaux circulaires pour joints flexibles de jonction des tubes métalliques sans brides.
- f eaux naturelles, lessives alcalines.
- acide chlorhydrique et acides végétaux, acides sulfurique et azotique faibles 1. chlore et hypochlorites liquides.
- Tubes flexibles et robinets yo-lants pour...
- 1 Ces deux acides concentrés attaquent vivement le caoutchouc normal ou sulfuré.
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES.
- (cloches à plonger, vapeur d’eau pour transmettre la chaleur et la force mécanique, gaz appliqués au chauffage et à l’éclairage lants pour... j dans les laboratoires.
- [ jets d’eau flottants. ,
- \ appareils divers de physique et de chimie. Calottes à tubes pour amorcer les siphons.
- ^Clysoirs.
- Sacs pour fermeture momentanée des conduits à gaz.
- Doubles chaussures contre l’humidité, souliers des ouvriers mâlteurs, à semelles volcanisées d’un côté L
- manteaux, tabliers, enveloppes diverses, gonfle-robes, bouts-de-sein, biberons, bouts-de-cigares, sacs, bâches , équipements de chasse et de marine, bateaux flotteurs et ceintures de sauvetage.
- Buffle et baleine artificiels.
- Figurines moulées.
- Obturateurs des voies d’eau.
- EXPOSANTS MENTIONNÉS PAR LE JÜRY.
- Les échantillons venant de Java et de Sumatra ont particulièrement fixé l’attention du Jury; un nombre considérable de spécimens, tirés de diverses localités et obtenus suivant différents modes de préparation, avaient été réunis par le docteur Royle : ils comprenaient des produits èxtraits du Ficus elastica, importés d’Assam par le capitaine Veitch, et quelques autres préparés par le docteur Scott. Une portion du bois et du suc laiteux de YUrceola elastica, venant de Sin-gapore, étaient exposés par W. Brockedon, avec une jeune plante du Ficus elastica. Un bel assortiment de caoutchouc, .
- 1 Le côté externe n’étant pas volcanisé, on peut y appliquer avec la pâte de térébenthine une semelle de cuir.
- Feuilles sans em-| preinte de tissu ( im,33 sur 3o ou 4om), pour
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- sous ses diverses formes commerciales, était exposé par MM. Macintosh, dans la vue de démon Irer la variété ainsi que l’importance des applications de cette intéressante substance.
- On remarquait dans plusieurs échantillons venus des Inc^es orientales cette fâcheuse négligence des soins utiles dans la préparation, qui amoindrit beaucoup la valeur du caoutchouc brut.
- D’un autre côté, les échantillons envoyés d’Assam témoignaient, par leur bonne qualité et leur homogénéité remar-t quable, de la grande utilité et de l’efficacité des soins apportés à leur récolte comme à leur préparation.
- Les produits de cette localité, introduits depuis quelques années par le capitaine Veitch, sont d’une qualité excellente et n’ont subi aucune altération depuis leur arrivée en Angleterre. Us étaient évidemment formés de plusieurs couches de suc laiteux, dont la partie crémeuse avait été bien coagulée et suffisamment desséchée avant de recouvrir une couche par une autre.
- Malheureusement, parmi les envois les plus récents, il se trouve des échantillons exhalant une odeur putride, annonçant une décomposition partielle des matières azotées interposées dans le caoutchouc : sans doute, on a pu épargner un peu de main d’œuvre et de temps en agglomérant, tout humides , des masses de suc précipitamment coagulées ; mais ces conditions défavorables devaient amener les détériorations profondes qui ôtent presque toute valeur à ces produits. .
- Le Jury vit avec satisfaction que tous les envois provenant de nouvelles localités, où l’on a quelque chance de récolter des quantités importantes de caoutchouc, sont bien préparés et de qualité convenable.
- MM. Lockington * Bum et C® ont présenté d’excellents échantillons des différentes sortes commerciales de caoutchouc. La société dite de la Gutta-percha exposait, dans la même classe, quelques beaux spécimens de gutta-percha, soit à l’état brut comme produit importé, soit sous les différents états par lesquels cette substance doit passer pour être ame-
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES.
- née au degré utile d’épuration. Ces deux séries d’échantillons étaient destinées à faire voir que la matière première est propre aux applications variées et aux transformations nombreuses qu’on lui fait subir. v
- GUTTA-PERCHA (GOMME DE SUMATRA).
- Cette intéressante matière première, tirée de l’Asie équatoriale, offre avec le caoutchouc des analogies remarquables; des différences plus remarquables encore se manifestent dans sa composition, ses propriétés et ses nombreuses applications ; enfin sa composition immédiate, qui n’était pas connue lorsque j’entrepris, à l’occasion du concours universel de i85i, de la déterminer, présente des particularités très-dignes d’attention.
- État naturel.
- L'Isonandra percha (de Hooker), genre Bassia hutyracea (do-djecandria monogynia), famille des Sapotées, contient, dans le suc laiteux de la sève descendante, des globules en émulsion formée par cette substance insoluble dans l’eau, et susceptible de s’agglomérer en une masse dure fibreuse, qui se sépare spontanément du liquide aqueux.
- L’arbre d’où l’on extrait ce suc croît dans l’île de Singapour, dans les forêts de Johore, à l’extrémité de la presqu’île Malaise, sur les côtes sud-est et ouest de Bornéo, ainsi que dans les petites îles groupées au sud de Singapour; il atteint de grandes dimensions : jusqu’à 20 mètres de hauteur et 1 mètre de diamètre. Un seul arbre abattu peut donner, dit-on, 18 kilogrammes de gutta ou gomme solide. Son bois, d’un tissu lâche, n’a pas de valeur pour les constructions.
- Le suc séveux, concrétionné en couches minces d’apparence fibreuse, superposées, de couleur grisâtre ou brune, s’expédie de Singapour en masses irrégulières, plus ou moins volumineuses. Les quantités importées en Amérique et en Europe ont été graduellement plus considérables depuis i845.
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- Malheureusement, le peu de soin avec lequel on récolte la gutta-percha oblige à des opérations dispendieuses, dans les lieux où elle arrive, pour en séparer les corps étrangers, et parfois altère profondément sa qualité. On doit espérer que des essais de culture améliorée et d’exploitation régulière par voie d’incisions permettront de propager Ja plante bien au delà des localités restreintes où on la rencontre, et d’extraire pendant plusieurs années, de chaque pied, des quantités beaucoup plus grandes.
- Historique.
- En i842, le docteur Montgomerie, de Singapour, déposa au bureau médical de Calcutta, puis envoya plus tard à la compagnie des Indes orientales des échantillons de gutta-percha; depuis des siècles, les naturels du pays la travaillaient grossièrement en la malaxant à chaud pour la mettre sous forme de vases et autres objets usuels; ils en confectionnaient des fouets et des manches de cognées, doués à froid d’une certaine souplésse et d’une grande ténacité. Une médaille d’or fut décernée, en i843, par la Société d’encouragement des arts de Londres au docteur Montgomerie, pour l’introduction de cette substance. On n’importa dans la Grande-Bretagne que 9,000 kilogrammes de gutta-percha en i845. Les applications se multiplièrent tellement depuis lors, que les quantités importées en i848 furent de i,4oo,ooo kilogrammes.
- Dans ces dernières années, la consommation s’accrut considérablement en Angleterre, et plus tard en France, où les transformations de la gutta-percha sont encore plus variées.
- Composition immédiate et analyse élémentaire de la gutta-percha.
- La matière brute est facile à purifier en la dissolvant dans le sulfure de carbone, filtrant (sous une cloche) cette solution trouble et brune, laissant évaporer à l’air la solution filtrée, limpide, dans des vases plats en porcelaine. Après la
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES.
- dessiccation, on obtient sans difficulté les plaques de gutta épurée, en les couvrant d’eau froide. Au bout de quelques minutes, l’adhérence cesse, et l’on enlève ces plaques'sur toute l’étendue que la dissolution occupait. Presque toute la matière colorante étrangère reste sur le filtre avec une portion de la substance non dissoute. La gutta-percha purifiée, puis extraite comme nous venons de le dire, est blanche ou très-légèrement teintée de gris, demi-translucide en feuilles minces, opaque en lames épaisses. Elle présente, d’ailleurs, les autres propriétés que nous décrirons plus loin, après avoir indiqué ici sa composition.
- La gutta-percha épurée est formée de trois principes, immédiats, très-différents entre eux quant à leurs propriétés, iso-mériques, d’après leur composition élémentaire : ce sont des carbures d’hydrogène isomériques également avec le caoutchouc épuré; tous sont représentés par la formule G8 H7.
- Ces trois principes immédiats, quej’aiappelés gutta, albane et Jluavile, se rencontrent dans la gutta-percha suivant les proportions, un peu variables, ci-après:
- Gutta 76 à 82
- Albane 17 à i4
- Fluavile 7 à 4
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- Le premier de ces principes immédiats réunit presque toutes les propriétés de l’ensemble constituant la gutta-percha normale ou simplement épurée.Le deuxième, Yalbane, substance cristalline, diffère beaucoup des deux autres : elle est blanche, se dissout abondamment dans l’alcool anhydre bouillant, qui la dépose en grande partie, par un refroidissement ménagé, sous formes de cristaux diaphanes, lamelleux, formant des groupes mamelonnés, où ils se trouvent irradiés d’un centre commun. De semblables agglomérations cristallines rayonnées se forment par la concentration de la solution
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- alcoolique à l’air. De o° à ioo°, l’albane ne manifeste aucun changement; à -+- i6o°, sa fusion commence; de -+- i?5 à i8o°, sa diaphanéité est complète, elle a une fluidité oléi-forme; en refroidissant, elle se solidifie en une masse qui se fendille par le retrait, reste transparente et plus dense que l’eau. L’acide chlorhydrique semble sans action sur l’albane, tandis que les acides sulfurique et azotique concentrés (mono-hydratés) l’attaquent vivement, comme la gutta-percha tout entière.
- L’albane est très-soluble dans la benzine (surtout à chaud), l’essence de térébenthine, le sulfure de carbone, l’éther et le chloroforme. Ces deux derniers dissolvants la laissent déposer, par l’évaporation, en groupes de lamelles irradiées.
- La fluavile, résine jaune diaphane, est un peu plus lourde que l’eau ; solide, dure, cassante à o°, elle s’amollit par degrés en s’échauffant; vers 5o° c1, elle éprouve une sorte de fusion pâteuse qu’on reconnaît en tenant incliné le vase, où elle ne reprend entièrement son niveau qu’en i5 à 20 minutes. De 100 à no0, sa fluidité est complète; chauffée davantage, jusqu’à l’ébullition, elle éprouve graduellement une altération profonde, brunit, dégage des vapeurs acides et plusieurs carbures d’hydrogène.
- La fluavile est soluble à froid dans l’alcool, l’éther, la benzine, l’essence de térébenthine, le sulfure de carbone, le chloroforme ; tous ces dissolvants évaporés laissent en résidu la fluavile jaune amorphe. Elle retient avec force une partie de l’alcool, dont on la sépare en la chauffant à ioo° dans le vide, jusqu’à la cessation du boursouflement.
- L’albane et la fluavile offrent, dans leurs relations entre elles, une propriété fort remarquable : lorsqu’ayant traité à chaud la gutta-percha divisée parl’alcool anhydre, on décante ce liquide qui tient en dissolution les deux carbures d’hydrogène par le refroidissement et le repos durant plusieurs jours, il se dépose sur les parois du vase clos, et jusqu’au niveau de la solution, des granules blancs, arrondis, opalins, formés d’une sorte de nucléus de fluavile diaphane recouvert
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES.
- d’une incrustation cristallisée d’albane. Cette singulière structure se démontre en traitant par l’alcool anhydre froid, qui dissout le nucléus jaunâtre et laisse la plus grande partie de l’incrustation blanche.
- Nous donnerons une idée des nombreuses transformations de la gutta-percha, en présentant ici le tableau de ses applications actuelles.
- Applications de la gutta-percha.
- I doubles ... I • • ) Idem, plus drap.
- ( Souliers.)
- entre fers, j cjievauXj pour garantir des cail-moulées > jqux
- sous pieds )
- Chaussures des ouvriers malteurs.
- I Papeteries.
- , ( Transmission V Brasseries.
- Courroies] . . ’ < de mouvement (Blanchisseries,
- (cylmdnques.j et traits deschevaux.j Filatures.
- \ Mines.
- I jalousies, fenêtres à coulisses, séchage du linge, ligatures à l’humidité.
- Anneaux sans bruit pour rideaux.
- Étuis imperméables pour cartes, plans, armes, etc.
- I doublés de bois pour réservoirs divers d’eaux acides et alcalines, doublés de bois pour les bains d’argenture' et de dorure par la pile, carafes, chandeliers, boîtes à savon, seaux,' cuvettes et gobelets non fragiles pour vaisseaux, hôpitaux, écoles, prisons, maisons de travail, bassins à décaper les flans des monnaies.
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- Chapeaux des...
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- jardinières à jets d’eau, bouteilles; bombonnes.
- J réservoirs de shower-bath (bain de pluie), arrosoirs.
- tamis pour les liquides acides et alcalins, pompes pour les eaux alcalines et acides. Bassins photographiques.
- mineurs, marins, facteurs, voituriers, etc. de sûreté.
- Entonnoirs.......j à filtres ou passoires.
- siphons.
- Doubles tubes à creuser, par les acides, des poches dans les roches calcaires. Conduits des gaz et liquides sous terre et sous les trottoirs des ponts suspendus. Tuyaux d’aspiration, inoxydables.
- - Tubes flexibles pour niveaux d'eau.
- Eaux salées.
- Eaux de fumier; engrais liquides. Solutions alcalines faibles et fortes.
- Acides ( excepté sulfurique et azotique concentrés).
- Vidanges et irrigations, avec eaux des fosses.
- Robinets, pom pes, soupapes,/ pistons, tubes.
- Siphons, rondelles, brides...
- Eaux gazeuses.
- Sous bras.
- Sur murs humides.
- Feuilles........| Couvre-plaies.
- Vésicatoires contre rhumatismes.
- En couverture double suppléant l’édredon. Porte-manteaux imperméables.
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- I
- cornets acoustiques, porte-voix de marine.
- Conduits des sons J porte-voix des boutiques.
- pour..........1 porte-voix de fonds et galeries des mines.
- conversations : railways et omnibus. Médecins (la nuit).
- Médailles; adresses.
- Porte-montres.
- Pendules.
- Objets moulés. ./ Ornements extérieurs.
- Cadres à moulures, ornements, sculptures. Divers objets bronzés, dits bronzes et figurines, fouets, cravaches.
- Garde-charges (marine, et divers objets à préserver du contact de l’eau).
- Nattes et baguet-i tes effilées pour]
- Planches pour galvanoplastie.
- Manches d’outils.
- Bordures des jlo-tres, bassins à défilé et pâtes au chlore... .
- Cartes.
- Plans.
- dans les papeteries.
- Instruments de chirurgie.
- Attelles moulées et coussins des appareils inamovibles à fractures (chirurgie).
- Capsules closes à garder le vaccin.
- Licols-longes in-j Bats.
- attaquables.. . ( Humidité.
- Bouleaux des filatures.
- Bouleaux d’impression (gélatine, mélasse et gutta-percha émulsionnées).
- Bandes collées ( Porte ou glissoir-navette résistant à l’hu-sur bois. ( midité (au lieu de cuir).
- Poches à tenir et lancer les navettes.
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- Doublures des mâchoires pour maintenir le lin à peigner.
- Compartiments de bateaux légers insubmersibles.
- Bouées de sauvetage.
- , ( Télégraphie électrique.
- • Enveloppes \ ° r ^ .
- des fils I télégraphié sous-manne.
- 1 Courant électrique pour mettre le feu dans métalliques, f . i r
- \ les mines.
- Bottines moulées sur les pieds des moutons contre le piétin. Pots à fleurs.
- Bouchons creux et souples pour bouteilles à eaux minérales et diverses eaux corrosives.
- Bondes creuses de sûreté, pour le vin, la bière, le cidre, etc. Boutons moulés.
- Baïonnettes d’escrime.
- Parquets sans bruit (liège cimenté à la gutta-percha).
- Nasses pour prendre le poisson.
- COMPAGNIE DES INDES.
- Au nombre des produits nombreux et variés qui figuraient dans les remarquables collections exposées par la Compagnie des Indes orientales, se trouvaient divers échantillons de guttar
- M. Kerr, de Singapour, avait envoyé de Johore, péninsule Malaise, des échantillons de gutta-percha, ainsi que des objets montrant les usages que les naturels du pays font de cette matière et de leur manière de la travailler.
- Il est fort regrettable que l’ancienne et barbare méthode d’extraction du suc en coupant l’arbre, et tarissant d’un coup la production de cette précieuse matière, soit encore généralement usitée.
- Aussi les arbres deviennent-ils par degrés moins abondants et le prix de la gutta-percha doit-il s’élever graduellement, au point sans doute de former un obstacle à son application dans plusieurs usages utiles.
- Le Jury décerna une médaille de prix pour cette collection ; on y voyait exposés par le colonel Bonner , membre
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- de la Compagnie, quelques-uns des premiers échantillons envoyés de Singapour par la Compagnie des Indes, et pour l’importation desquels il reçut en i843 une médaille d’or de la Société d’encouragement pour les arts et manufactures.
- On remarquait des échantillons de gutta-trap, substance analogue au caoutchouc et à la gutta-percha, employée à Singapour dans la préparation d’une sorte de glu; on dit que c’est le suc épaissi d’un Artocarpus. Le Jury jugea digne d’une mention honorable cette introduction, qui peut servir d’exemple en engageant à essayer les produits analogues provenant des sucs de plantes rapprochées de celles qui fournissent le caoutchouc et la gutta-percha, et qui pourraient offrir des matières premières analogues, propres à des applications nouvelles.
- TISSUS DES VÉGÉTAUX.
- MOELLE D’ÆSCHYNOMÈNE (æSCHYNOMENÆ ASPERA) , PAPIER DE RIZ; LIEGE (pÉRIDERME DE L’ÉCORCE DD QUERCUS SVBER); AMADOÜ (BOLETVS IGNIA-RIUS, BOLETUS FOMENTARIUS) j SQUELETTES DES PLANTES, VÉGÉTAUX DES HERBIERS.
- MOELLE D’ÆSCHYNOMÈNE.
- Cette substance, connue dans le commerce sous le nom de papier de riz, se présente sous la forme de feuilles très-légères, bien que plus épaisses que les papiers ordinaires, blanches ou teintes de diverses couleurs,
- Sa superficie, en quelque sorte veloutée, ressemble plus à un tissu végétal qu’au feutre constituant le papier. C’est qu’ef-feclivement les feuilles dites papier de riz sont formées du tissu naturel de la moelle d’æschynomène (Æschynomenœ as-pera, famille des Légumineuses), simplement découpée en spirale, de façon à développer cette moelle cylindrique en une lame ou feuille : les Chinois redressent la surface des feuilles ainsi obtenues, puis ils les étendent en incisant leurs
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- bords en biseau et les assemblant à l’aide de Yichthyocolle (colle de poisson).
- On comprend donc que cette sorte de papier de riz offre, sous le microscope, l’apparence d’un tissu cellulaire, à cellules larges, mais dont les parois juxtaposées sont très-minces, et qu’il soit composé de cellulose presque pure.
- Ces feuilles légères, peu consistantes, blanches ou teintes, s’emploient principalement, en France, dans la confection des pétales de fleurs artificielles; on fabrique dans l’Inde avec la moelle de l’æschynomène divers objets deluxe, notamment des chapeaux d’une extrême légèreté et qui s’opposent»eflicace-ment à la transmission de la chaleur, des flotteurs et bouées de sauvetage, des enveloppes et boîtes à contenir différents vases.
- Les importations annuelles, chez nous, représentent une faible valeur : quelques milliers de francs au plus.
- CHINE.
- Quelques échantillons des feuilles de la moelle d’æschyno-mène figuraient parmi les produits de la Chine.
- INDES ORIENTALES.
- Des échantillons plus nombreux de moelle d’æschynomène, accompagnés des objets divers que l’on en façonne dans l’Inde, étaient exposés dans la grande collection des produits des Indes orientales; le Jury accorda la mention honorable pour cette partie de la collection.
- LIÈGE.
- Le liège est formé d’un tissu cellulaire spécial qui se développe sous l’épiderme proprement dit de l’écorce du chêne-liége (Quercus suber ) ; ces couches péridermiques ne peuvent acquérir la forte épaisseur et l’homogénéité convenables pour les importants usages du liège, que dans certaines conditions climatériques : aussi l’Espagne, favorisée sous ce rapport, est-
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES. J 07
- elle en possession de nous fournir les meilleures sortes commerciales de ce produit.
- Nos sociétés agricoles, et notamment la Société impériale et centrale d’agriculture, encouragent par des prix les plantations des chênes-lièges dans les localités propres à cette culture; les Pyrénées et l’Algérie offrent d’importantes ressources à cet égard.
- Les quantités importées d’Espagne, des États Sardes, d’Algérie , de Portugal, soit à l’état entièrement brut, soit aplani et débarrassé par un râpage de l’incrustation externe, ont été :
- QUANTITÉS. VALEUR
- TOTALE.
- kilogr.t ' fr.
- 433,597 207,381
- 223,597 491,918
- 657,194 699,299
- Pour le commerce spécial..............
- Liège ouvré, venu de l’Espagne principalement
- Totaux................
- Mais l’importation totale, tant pour les applications chez nous que pour l’exportation à l’état brut ou travaillé, représentait une valeur au moins double; et les valeurs officielles, la même année, ont fixé l’importance du commerce général du liège à la somme de 4,381,269 francs.
- La fabrication des bouchons pour les bouteilles et une foule de vases en verre, en bois, en métal, consomme la plus grande partie du liège ; on s’en sert pour confectionner les rondelles qui font flotter ou soutiennent certains filets et engins à prendre le poisson, des semelles contre l’humidité, des parquets évitant le bruit, etc.
- ESPAGNE.
- Les meilleures qualités de liège étaient représentées parmi les échantillons d’Espagne, notamment dans les collections de
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- M. Guinart, de Séville, et de la province de Girone; ils furent jugés dignes de la mention honorable et obtinrent d’ailleurs des médailles de prix dans la XXVIIe classe.
- ANGLETERRE.
- Une des plus nombreuses collections destinées à faire connaître le travail qui s’exécute sur le liège, ainsi que ses applications, était exposée par M. F. Peet; il reçut une mention honorable de la IVe classe et obtint une médaille de prix dans la XXVIIIe
- Plusieurs échantillons étaient exposés par M. B. French.
- Divers échantillons d’une substance ligneuse analogue au liège par la légèreté, dite bois de liège, étaient réunis dans la collection de la Guyane anglaise par MM. Ges Pontifex et F. B. Duggin. Quelques bois légers de même genre, employés comme flotteurs , figuraient dans les collections des Indes orientales.
- FRANCE.
- M. Duprat avait exposé du liège brut de bonne qualité, avec des produits découpés à l’aide de la machine inventée par M. Bossimon.
- La commission des bois et forêts d’Algérie avait également exposé une collection de liège obtenue dans ce département, et qui mérita la mention honorable.
- PORTUGAL.
- Un seul échantillon de liège brut figurait dans les collections de ce pays, mais sans nom d’exposant.
- AMADOU.
- Cette substance, préparée avec un champignon nommé Boletus ou Polyporm igniarius, qui se développe sur le chêne et le mélèze, et le B. ou P.fomentarius, qui croît sur le hêtre et le marronnier d’Inde, est un tissu végétal léger, souple, très-
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES.
- facilement combustible, soit en raison de la grande surface que ses membranes, extrêmement minces, offrent à l’action du feu et de l’air, soit par suite de la préparation qu’on lui fait subir et de la présence d’un azotate excitant la combustion par l’oxygène qu’il fournit en se décomposant.
- Les quantités importées à l’état brut ou préparées ne se sont élevées, en i853, qu’à 51,000 kilogrammes, représentant une valeur de 106,000 francs.
- AUTRICHE ET ZOLLVEREIN.
- Les meilleurs échantillons d’amadou étaient exposés par M. Bachrich, dans les collections autrichiennes, et par MM. Becker, Sapp et compagnie, du Zollverein; l’un et l’autre furent jugés dignes de recevoir une mention honorable.
- SQUELETTES DE PLANTES.
- Cette sorte de produit, d’une faible importance commerciale, montre les portions, soit ligneuses, soit de cellulose, fortement agrégées et les plus résistantes, du système vasculaire des végétaux. On l’obtient sans peine, mais en y mettant de la patience et des soins, à l’aide d’une macération suffisamment prolongée dans l’eau de pluie.
- C’est une espèce de dissection spontanée dans laquelle le parenchyme le plus altérable des feuilles et des fleurs se désagrégé en subissant l’effet des fermentations spontanées : il faut un temps variable de trois ou quatre semaines jusqu’à plusieurs mois; dès que les parties les plus altérables sont assez attaquées, on les élimine dans le liquide même, à l’aide d’une brosse, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les parties fibreuses, représentant les nervures et une sorte de squelette très-délicat; on effectue un blanchiment ménagé par l’hypo-chlorite de chaux en solution étendue, on lave, puis on laisse sécher à l’air.
- Les échantillons des produits de cette nature présentés par
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- lio IV' JURY.
- M. E. King ont paru assez remarquables au Jury de la IVe classe pour le décider à voter une médaille de prix.
- Une mention honorable fut accordée au lieutenant Tilley pour de semblables préparations.
- PLANTES CONSERVÉES POUR HERBIERS.
- Une collection de fougères, très-bien disposées, et dans un état parfait de conservation, avait été envoyée de Madère par M. Genovefa Gonsalves ; le Jury lui accorda une mention honorable.
- Plusieurs exposants présentaient des collections de plantes d’herbiers et des fleurs disposées pour l’enseignement de la botanique, notamment MM. W. Stevens, E. W. Cooke, M. Rock et E. Holt.
- PRINCIPES IMMÉDIATS
- SECRÉTÉS DANS LES TISSUS DES PLANTES.
- FÉCULE, AMIDON, DEXTRINE, GOMME, RÉSINES, HUILES, GRAISSES, SUIFS, CIRES, TANIN, MATIERES COLORANTES.
- FÉCULE AMYLACÉE, AMIDON.
- On désigne généralement dans le commerce et l’industrie le même principe immédiat sous les noms de fécule et d'amidon. La dénomination de fécule s’applique au produit^extrait des tiges et racines : c’est ainsi que l’on dit fécule des Pommes de terre, du Marania arundinacea [arrow-root), des Bâtâtes, de Y Igname, du Cycàs circinalis, etc., tandis que l’on dit amidon du blé et des autres Céréales, des Châtaignes, etc.
- La composition chimique de la fécule et de l’amidon est la même (représentée par la formule C12H10O10 ou carbone 44,44 plus hydrogène et oxygène 55,56, suivant les rapports entre eux, qui constituent l’eau); mais les formes et dimensions de
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES.
- ces granules diffèrent et donnent lieu à des applications spéciales. La présence de certains corps étrangers à odeur spéciale, en quantités excessivement faibles, établit aussi des distinctions importantes dans les applications comme dans la valeur de ces produits suivant leur origine, c’est-à-dire suivant l’espèce de plante qui les fournit : c’est ainsi que les fécules dites arrow-root, tapioca, sagou, exemptes d’odeur désagréable, se vendent, en temps ordinaire, un prix double ou triple de la valeur commerciale de la fécule des pommes de terre. Celle-ci est en effet caractérisée, entre toutes, par l’odeur spéciale, assez prononcée, qui la déprécie pour les applications comme substance alimentaire.
- Il convient d’ajouter que l’on rencontre dans le commerce des produits offrant toute l’apparence des fécules exotiques, mais qui sont préparées avec la fécule des pommes de terre. C’est une falsification peu importante, sur laquelle les connaisseurs ne se trompent pas. Dans toutes ces conditions, le principe immédiat, appelé amidon ou fécule, affecte la même structure interne : il est formé de couches concentriques emboîtées, solides, de cohésion variable, insolubles dans l’eau froide, susceptibles de se gonfler beaucoup et de se dissoudre partiellement en absorbant de l’eau à la température de 60 à ioo°, et surtout près de ce terme1.
- Par suite de la maladie des pommes de terre, qui sévit depuis i845 sur nos cultures, on a planté et récolté de ces tubercules dans une proportion moindre encore; il en est ré-
- 1 La structure et les propriétés des fécules amylacées ont été l’objet de travaux considérables et de longues controverses parmi les savants; à cet égard, l’opinion de l’Académie des sciences, dont personne ne récuse la haute autorité, leva tous les doutes et admit l’exactitude des recherches expérimentales auxquelles je m’étais livré sur ce point, ainsi que leurs conséquences importantes pour la physiologie et les arts industriels.
- L’isomérie que j’ai depuis découverte entre la composition de l’amidon et celle de la cellulose reçut la même consécration : montrant d’ailleurs comment peuvent s’effectuer les transformations de l’un de ces principes immédiats dans l’autre, elle acquit un nouvel intérêt pour la physiologie végétale.
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- IV JURY.
- sulté une hausse graduelle qui a plus que doublé les prix ordinaires de la fécule : ils se sont élevés de 3o francs à 70 et même 72 francs le quintal métrique1.
- Un déficit notable sur nos récoltes de céréales a produit, l’année dernière, un effet, analogue, bien que moins grand, sur les cours cle l’amidon, qui se sont élevés de 60, prix ordinaire, à 100 francs les 100 kilogrammes, prix actuel.
- Malgré cette augmentation dans les prix, l’importation des fécules et de l’amidon est demeurée insignifiante, tandis que les exportations de ces produits se sont maintenues, en i853, pour la Suisse, les Etats Sardes, la Turquie, l’Algérie, l’Espagne, l’Uruguay, la Belgique et diverses contrées.
- Exportation totale de l’amidon. 772,659 kilog. à 100 francs,
- valeur actuelle.. 772,659f
- ----------------des fécules. 638,429 kilog» à 70 francs,
- valeur actuelle.. 446,900
- 1,411,088 1,219,559
- Ces quantités équivalent seulement à la cinquantième partie de l’extraction annuelle des matières amylacées en France, qui dépasse en effet une valeur de 60 millions.
- Les principales applications de l’amidon des céréales sont relatives à l’empesage du linge, aux apprêts de quelques tissus fins, des sparteries, etc.
- La fécule de pommes de terre s’emploie dans les papeteries pour le collage des papiers à la cuve, dans la préparation de l’empois ou parement, pour enduire la chaîne des fils sur les
- 1 La maladie des pommes de terre, si fatale à la population de l’Irlande, qui basait presque exclusivement sa nourriture sur ces tubercules féculents, n’occasionna chez nous que des souffrances locales et bien moins durables, grâce surtout aux habitudes générales du pays et aux sages conseils de la Société centrale d’agriculture, qui déterminèrent les agriculteurs à restreindre leurs emblaves et à livrer à nos nombreuses féculeries les pommes de terre atteintes, sans attendre que l’affection se fût propagée dans toute la masse, eût graduellement détruit la fécule et amené ensuite la putréfaction des tubercules.
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- métiers à tisser pour quelques apprêts, ainsi que dans la fabrication de la dextrine, des sucres massés et sirops de glucose; on en consomme des quantités moins considérables, ainsi que des fécules exotiques, pour diverses préparations alimentaires.
- FRANCE.
- La plupart de nos principaux fabricants de fécule, d’amidon, de gluten, de dextrine et de glucose se sont abstenus de paraître à l’Exposition universelle; on regrettait de n’y point voir figurer les inventeurs qui ont perfectionné ces industries, tout en les rendant plus salubres. Parmi ceux de nos manufacturiers que l’on y remarquait, plusieurs n’avaient présenté qu’une incomplète collection de leurs produits : quelques-uns cependant ont mérité et obtenu des médailles de prix; d’autres reçurent des mentions honorables.
- MM. J. J. Steinbach, de Rouen, présentait une belle collection de fécule de pommes de terre et de dextrine, employées dans les fabriques de papiers et d’impressions sur calicot; le Jury, considérant la bonne préparation et la qualité supérieure de ces produits, décerna une médaille de prix à l’exposant.
- M. Ruez, de Cambrai, avait envoyé des échantillons également beaux provenant de sa féculerie; le Jury lui donna la médaille de prix.
- Une distinction semblable fut accordée à MM. Belleville frères, de Nancy, qui avaient exposé de l’amidon de très-belle qualité.
- La mention honorable fut donnée aux fabricants ci-après dénommés :
- MM. Véron frères, de Ligugé, près Poitiers, grands fabricants de farine, qui obtiennent d’excellents produits par de nouveaux procédés salubres, sous les formes de gluten granulé et d’amidon; ce dernier produit seul était soumis à l’examen de la IVe classe : il y reçut une médaille de prix, iv* jury. 8
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- M. H. Lebleïs, de Pont l’Abbé (Finistère), qui exposait de belle fécule de pomme de terre;
- M. Paisant, de la même ville, qui exposait de semblables produits ;
- M. Bleuze, de Paris, qui avait exposé de très-bel amidon de blé;
- M. Chappel (aussi récompensé dans la IIIe classe), de Kouba, qui présentait de la fécule extraite, en Algérie, du Canna discolor, plutôt applicable, en raison de son prix, à l’alimentation qu’aux arts industriels ;
- Enfin M. Augan, qui avait exposé de la dextrine blanche de qualité supérieure.
- ANGLETERRE.
- La fabrication de la fécule dès pommes de terre est loin d’avoir acquis en Angleterre l’importance qu’elle a chez nous, soit que la matière première, d’un usage si général dans la nourriture des hommes, s’y trouve à un prix plus élevé que chez nous, soit- qu’au contraire divers produits et matières premières exotiques s’y rencontrent à' meilleur marché. L’extraction de l’amidon du riz s’y pratique en grand à l’aide de procédés spéciaux.
- En effet, le riz décortiqué, tel qu’on le vend en général dans le commerce, contient environ o,84 d’amidon, c’est-à-dire 10 à i5 p. o/o au delà des proportions que renferment les autres fruits des céréales ; mais l’amidon s’y trouve en, granules plus fins et pressés la plupart les uns contre les autres, au point d^offrir, sous des formes polyédriques, beaucoup de surface de contact et une adhérence sensible entre eux. Le riz 11e contient pas de gluten, mais d’autres substances azotées, qu’on ne peut éliminer par les moyens usités dans les ami-donneries salubres qui exploitent le froment.
- Les manufacturiers anglais traitent le riz par des solutions alcalines faibles, qui hydratent durant vingt-quatre heures le grain, dissolvent partiellement les matières azotées, facilitent le glissement des granules amylacés sous l’effort des meules
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- qui broyent le riz ainsi pénétré de liquide ; la pâte fluide obtenue est tamisée sur des tamis fins (n° 90), qui retiennent les lambeaux de tissus et laissent passer les granules d’amidon. Ce principe immédiat, lentement déposé, lavé à deux reprises, égoutté, puis desséché, constitue le produit commercial. On l’obtiendrait plus blanc encore par une addition de quelques millièmes d’acide sulfureux avant le dernier lavage.
- M. O. Jones paraît être le premier qui ait extrait manufac-turièrement en Angleterre l’amidon du riz par le procédé ci-dessus, qu’il a décrit dans un brevet d’invention; il reçut une médaille de prix pour les beaux échantillons qu’il exposait sous la raison sociale Orlando Jones et Cie.
- M. S. Berger obtint une semblable récompense pour l’amidon de très-belle qualité également extrait du riz par des procédés analogues.
- MM. I. et J. Colman présentaient de l’amidon de riz obtenu en traitant le grain par une solution très-étendue d’acide chlorhydrique, soumettant ensuite à des broyages à l’eau, tamisages, etc. Les exposants avaient joint à leurs échantillons d’amidon de riz l’amidon extrait du blé et de la dextrine très-bien préparée; le Jury leur décerna la.médaille de prix.
- M. R. G. Tucker, de Nottingham, exposait de beaux échantillons d’amidon et de dextrine préparés à l’aide d’une température capable de rendre l’amidon soluble. Ce produit est employé, comme on le sait, en France depuis plus longtemps / pour les apprêts, l’épaississage des’ mordants et des couleurs d’impression pour confectionner des taffetas adhésifs, foncer et gommer les couleurs des papiers peints; dans ces divers ‘usages, la dextrine remplace avec avantage la gomme arabique. Une médaille de prix fut accordée à M. Tiicker.
- Une mention honorable fut donnée à chacun des exposants ci-après dénommés :
- MM. Brown et Polson, de Paisley, pbur plusieurs sortes d’amidons et de dextrine obtenus de la pomme de terre, du blé, du sagou, et notamment du sagou complètement épuré et blanchi ;
- 8.
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- MM. Reçoit .et fils, de Hall, qui exposaient des produits analogues;
- M. R. Wotherspoon, de Glenfield, près Paisley, qui avait présenté de très-beaux échantillons d’amidons obtenus en grand par l’épuration du sagou ;
- M. E. Tucker, de Belfast, qui exposait de la fécule extraite des pommes de terre ;
- MM. Shand et Muckart, de Montrose, et M. A. Stenhouse, qui avaient présenté des amidons de très-belle apparence et de très-belle qualité;
- MM. D. et W. Muller, de Musselburgh, près Edimbourg, exposant une très-belle collection d’amidons de différentes origines ;
- M. C. Cooney, de Dublin, et M. H. C. Jennings, de Londres, qui avaient envoyé des amidons et de la dextrine de très-bonne qualité.
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- COMPAGNIE DES INDES ORIENTALES.
- On remarquait, parmi les collections de la Compagnie des Indes, des échantillon d’amidon convenable pour diverses applications industrielles. On supposait que ces produits pouvaient être livrés en quantités considérables et à très-bas prix. Cela semble probable en effet si l’on en juge par la déclaration du rajah de Vizianagram affirmant que l’on obtiendrait, en aussi grandes quantités que l’on voudrait, d’excellent arrow-root à 4 sch. 6 d. le quintal, environ 12 francs les îoo kilogrammes.
- MM. Cockburn, de Mourched Abad, exposaient de très-beaux échantillons d’amidon du Maranta arundinacea (arrow-root). Le Jury leur décerna une médaille de prix.
- ' MM. Speede, de Calcutta, présentaient des échantillons d’amidon de cassave (Iatropha), de qualité aussi belle, et qui leur valurent également une médaille de prix.
- Des échantillons de sagou et de farine de sagou extraite du Saguerus Rumphii étaient venus de Singapour, Cuttack’ et - Sumatra.
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- M. T. Oxley, de Singapour, et d’autres personnes avaient envoyé des échantillons de produits semblables des différentes parties de l’archipel Indien, et plusieurs exposants en présentaient provenant de Calcutta, d’Assam, de Vizagapatam, etc.
- Ceylan avait envoyé des fécules d’arrow-root et du ia-tropba.
- M. Warwick-Weston présentait un bel échantillon d’arrow-root avec la plante qui le fournit.
- CANADA.
- M. J. Prenderscast avait exposé, dans sa collection canadienne, deux beaux échantillons d’amidon de froment, l’un blanc, l’autre offrant une teinte bleue, propre à l’azurage du linge. Le Jury les jugea dignes d’être mentionnés honorablement. MM. Brunsden et Shipton obtinrent une distinction semblable pour un bel échantillon de fécule de pommes de terre.
- GUYANE ANGLAISE.
- La Société royale d’agriculture et commerce avait envoyé, parmi la collection remarquable des produits bruts de cette colonie qui mérita une médaille de prix, deux échantillons d’amidon dignes d’une mention spéciale : l’un provenant de la cassave amère; l’autre d’arrow-root, préparé parM. Garnett, de la rivière d’Herstellung (Demerary). Le Jury lui accorda une médaille de prix.
- Une semblable récompense fut décernée à M. D. Shier pour la fécule extraite de la cassave douce, des bananes et des racines d’igname envoyées de la côte orientale de Demerary.
- TRINITÉ.
- Lord Harris, gouverneur de la Trinité, avait envoyé de beaux échantillons d’arrow-root et d’autres fécules. La fécule de cassave a particulièrement semblé mériter une mention honorable, la culture de la plante paraissant fort avantageuse
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- IV* JURY.
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- en cette localité, où elle fournit environ 4,ooo kilogrammes par hectare.
- M. Gray reçut une mention honorable pour ses deux échantillons de fécule envoyés des Bermudes.
- ILE DE NORFOLK.
- SirW. T. Demson exposait plusieurs beaux échantillons d’arrow-root, et M. Murray, d’Hobart-Town, avait présenté dè l’amidon de froment de très-belle qualité ; ces deux exposants obtinrent la mention honorable.
- NEW-YORK.
- La factorerie pour l’amidon d’Oswego, de New-York, exposait de l’amidon de très-belle qualité, extrait du maïs. Le Jury lui donna une médaille de prix.
- MM. W. Collegate et G16, de New-York, obtinrent la même récompense pour l’amidon qu’ils avaient exposé.
- M. B. B. Kirtland, de Greenbush (New-York), exposait une intéressante collection d’amidon et d’huile extraits du maïs, ainsi que la farine de cette céréale.
- AUTRICHE.
- M. S. Engelmann , de Prague, avait exposé des échantillons de dextrine bien préparée avec la fécule de pommes de terre. Le Jury lui décerna une médaille de prix.
- BELGIQUE.
- Parmi les divers échantillons d’amidon exposés dans le département de la Belgique, le Jury distingua le produit extrait du maïs parM. C.VanGeeternyen, de Staume (Flandre orientale) : le Jury lui décerna la médaille de prix. MM. Docquir et Parys, de Saint-Josse-ten-Noode, près Bruxelles, exposaient de très-beaux échantillons de fécule de pommes de terre ; ils reçurent la mention honorable. La même récompense fut accordée pour des produits semblables à MM. H. Bocken et Cw, qui exposaient des amidons blancs et bleus ; Blyckaerts ,
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- de Tirlemont, et C. Van Bunnen, de Bruges, qui avaient présenté de la fécule de pommes de terre.
- ÉTATS DU ZOLLVEREIN.
- Un très-grand nombre d’échantillons de fécules et amidons figuraient dans les collections du Zollverein, la plupart de très-bonne qualité.
- Le Jury remarqua particulièrement l’amidôn de froment exposé par M. J. G. Haller, de Halle; il obtint la médaille de prix. Une pareille distinction fut décernée à M. A. C. Welcker , de Wallersheim, près Coblentz, pour son amidon épuré, qui s’emploie avec un grand succès dans l’apprêt des mousselines, et à MM. A. Werth et C,e, pour leur fécule d’excellente qualité, extraite des pommes de terre.
- La mention honorable fut accordée aux exposants ci-dessous nommés pour leurs amidons extraits des blés :
- MM. A. T. Kruse, de Stralsund; Kramsta et fils, et Burre et Küster, de Lübeck.
- Une mention honorable fut également donnée à MM. L. von Uechtritz, de Muhlradslitz ; L. Eipenschleid , deNeuwied, et F. Wahl , de Neuwied, qui exposaient de la fécule de pommes de terre et du sagou.
- Quelques bons produits de fécule de pommes de terre et de dextrine avaient, en outre, été présentés par la factorerie de Loburg, à Magdebourg. 1
- hollande.
- Deux exposants hollandais reçurent la médaille de prix : MM. G. C. Prins, de Wormerveer, qui présentait de l’amidon de première qualité; Schoneveld et Westerbaan, de Gouda, qui avaient envoyé de fort beaux échantillons de fécule de pommes de terre et de fécule convertie en dextrine.
- Une mention honorable, dans le même département, fut obtenue par MM. Visser , Nolet et Cle, de Schiedam, qui exposaient aussi de belle fécule indigène.
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- SAINT-DOMINGUE.
- M. Schomburgk exposait, dans une petite série de productions naturelles de cette île, un échantillon de la fécule extraite d’une plante appelée guayiga, de l’espèce Zamia, abondante en ce lieu. Le Jury donna une mention honorable à M. Schomburgk.
- ESPAGNE.
- M. Mirât , de Salamanque, présentait plusieurs beaux échantillons d’amidon.
- PORTUGAL.
- Deux des échantillons exposés dans ce département ont paru dignes d’être notés : l’amidon exposé par M. Holbeche, de l’Estrémadure, et l’échantillon d’Almantejo.
- RUSSIE.
- M, Yurghenson, de Marieno, gouvernement et district de Novgorod, exposait des échantillons de fécule de pommes de terre. Le prince de Volkousky, du district de Schatzk, gouvernement de Tamboff, présentait un bel échantillon de dex-trine obtenue avec la fécule de pommes de terre. MM. Verdan et C“, de Moscou, exposaient de la fécule et de la dextrine. Enfin, C. Rotterman, de Revel, présentait un très-beléchar-tillon d’amidon de froment.
- Chacun de ces quatre exposants reçut du Jury la mentior. honorable.
- GOMME ARABIQUE, GOMME DE PAYS, GOMME ADRAGANTE.
- Le nom de gomme désigne une exsudation mucilagineuse sortant des tiges et rameaux de plusieurs arbres. La meilleure gomme du commerce est connue sous le nom de gomme arabique ou du Sénégal ; elle se récolte sur plusieurs Acacias (Acacia arabica, Acatiavera). On la trouve dans le commerce
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- (sous forme dë petites masses arrondies à cassure vitreuse con-choïde, de couleur ambrée, légèrement jaunâtres ou blanches.
- On fait un triage des morceaux les plus blancs, formant une première qualité, vendue plus cher que les morceaux de couleur ambrée ou rousse.
- La gomme arabique est soluble dans l’eau, beaucoup plus rapidement à chaud qu’à froid; elle donne au liquide une viscosité plus ou moins grande, suivant ses proportions. Sa composition est la même que celle de l’amidon et de la dex-trine (G12 H10 O10); elle se transforme également en matière sucrée (glucose) par l’acide sulfurique, mais elle diffère de l’amidon par sa solubilité, et de l’amidon comme de la dex-trine, parce qu’elle donne, outre l’acide oxalique, de l’acide mucique, par un traitement avec l’acide azotique. La gomme arabique s’emploie dans le gommage des couleurs à l’eau, dans les apprêts, le lustrage des étoffes, la confection des sirops dégommé, les pâtes adoucissantes, les étiquettes gommées, le papier autographique, la pâte phosphorée des allumettes chimiques.
- On appelle gomme de pays ou cérasine une exsudation gommeuse analogue à la précédente, mais incomplètement soluble et généralement plus colorée; on la recueille sur plusieurs arbres de la famille des rosacées, notamment les cerisiers, abricotiers, etc. Moins estimée pour la plupart des applications, elle se vend moins cher que la gomme arabique.
- Une troisième variété, appelée gomme adragante, se récolte en lanières épaisses, irrégulières, contournées, blanchâtres, demi-translucides; c’est une excrétion produite sur de petits végétaux de la famille des Astragalées (Astragalus gummiferg) et autres espèces cultivées en Orient.
- On désigne sous le nom de bassorine le principe immédiat qui domine dans la gomme adragante, et qui est insoluble dans l’eau, même bouillante. Sa propriété principale, et qui lui donne toute sa valeur, est de se gonfler considérablement par l’eau, lorsqu’on la délaye après l’avoir pulvérisée, et de produire dans ces circonstances un mucilage épais, adhésif; elle
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- IV* JURY.
- renferme plusieurs substances étrangères, et notamment un peu de matière amylacée, qui explique sa coloration bleue par l’iode. On s’en sert pour épaissir et rendre adhérentes diverses préparations en pharmacie et dans les arts industriels.
- Bien que l’on soit parvenu à substituer la dextrine aux gommes dans plusieurs de leurs usages, le développement des industries a permis de ne pas restreindre l’emploi des gommes de pays ni le commerce des gommes exotiques. On en jugera par le tableau suivant, qui indique les importations et exportations des gommes, comprenant, pour la plus grande partie, la gomme arabique, dont il se fait une consommation plus considérable que celle des autres gommes.
- Importations, en i853, des gommes des pays ci-après : .
- Sénégal 3,018,561*
- Égypte i,ooi,548
- Turquie et Etats Barba-
- resqueé 73,i4o
- Toscane 24,802
- Indes anglaises 10,993
- Autres contrées 28,679
- Total.... 4»i57,723 à if4oc. ^82o,8i2f
- Exportations en Angleterre , en Russie, dans les villes anséatiques
- et en divers pays... . 1,552,669 à if4o°. 2,173,737
- 7,994,549
- On voit que le commerce général des gommes représentait, en i853, à l’importation de cette matière première, une valeur de 5,820,81'2 francs.
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- Les importations des gommes en Angleterre, durant l’année 1849, se sont élevées à 4,oo3,ooo livres ou 2,002,100 kilogrammes, provenant, pour la plus grande partie, du Sénégal, des Indes, de l’Egypte, du Maroc, des colonies de l’Afrique méridionale et de France.
- RÉSINES.
- Les diverses substances que l’on désigne sous ce nom comprennent plusieurs principes immédiats sécrétés dans les vaisseaux propres des plantes ; la plupart des résines sont tenues en dissolution par des huiles essentielles (hydrocarbures) que l’on en peut séparer à l’aide de la distillation : cette opération est facilitée par la présence de l’eau. Les résines sont composées de carbone et d’hydrogène, plus d’une faible proportion d’oxygène: l’une des mieux étudiées, nommée résine ordinaire ou colophane, résidu de la distillation de la térébenthine, est formée de trois résines acides, isomériques, ayant chacune la composition : C40 H30O4 ou C 40 H29 O3, HO. Ce sont : l’acide pimariqiie, qui constitue la plus grande partie du mélange, l’acide sylvique et l’acide piniqne.
- Les résines sont insolubles et inaltérables dans l’eau, solubles dans l’alcool et dans les huiles ; elles peuvent former, en s’unissant aux bases, des savons un peu grossiers. La dureté, la fragilité, la ténacité, varient dans les différentes sortes de résines. Dissoutes par l’alcool ou l’essence de térébenthine, elles forment des vernis usités en maintes occasions ; on les emploie en outre dans la confection des cires à cacheter, du mastic de fontainier, des savons résineux pour l’économie domestique, le collage du papier à la cuve; quelques-unes sont utilisées en thérapeutique.
- Les importations des résines et produits résineux en France sont indiquées, pour i853, dans le tableau suivant :
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- PRODUCTIONS DIVERSES. NOMBRE de KILOGRAMMES VALEUR en FRANCS.
- Résine de térébenthine ( colophane ou brai sec) des Etats-Unis, du Portugal, etc 787.723 118,158
- Galipot, ou poix (pâte de térébenthine) d’Allemagne, de
- Belgique, de Suisse, etc 126,979 25,396
- Brai gras et goudron de Russie, Suède et autres contrées. ... 1,469,027 220,354
- Laque hrute ou épurée des Indes anglaises, de Belgique, des Etats Sardes, etc 623,300 959,100
- Gopal d’Afrique, des Indes anglaises , hollandaises et autres navs 363,844
- Autres résines exotiques 1 131,524 169,160
- 3,502,397 2,401,778
- Essence de girolle, amandes amères, anis, etc.3,672l=133,800t 346,600
- Essence de rose '. 353 =212,800
- Les exportations de France en diverses contrées ont repré-
- senté pour les produits résineux solides, durant le même laps de temps, une quantité de 1,225,000 289,282
- Essence de térébenthine exportée 2 2,259,196 2,552,778
- En f Angleterre on a importé en 1849, principalement des États-Unis : Térébenthine 20,602,100 41,204,200
- De diverses contrées, surtout des Indes orientales : Laque .. 727,800 1,456,600
- 1 Y compris les "produits résineux! dits benjoin, baume de copahu, etc.... j
- Benjoin, Copahu. Autres.,
- 35,373
- 21,278
- 6,357
- 141,492
- 127,678
- 28,700
- 60,308
- 297,870
- 2 Cette exportation, provenant de nos exploitations des térébenthines distillées, représente une production de résine ou de colophane indigène égale à.................................. .
- 6,750,000
- 10,025,000
- ANGLETERRE.
- A l’Exposition de Londres, on avait réuni aux gommes les diverses résines et l’essence de térébenthine dans plusieurs des collections de produits naturels.
- Les nombreux échantillons des gommes et des résines ex-
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES. 125
- posés clans la collection de la Compagnie des Indes formaient une partie importante de cette magnifique collection1, pour laquelle le Jury de la IVe classe avait proposé une grande médaille, qui ne fut pas accordée par le conseil des présidents : une foule de matières premières à très-bas prix, présentées par la puissante Compagnie des Indes, seraient de nature à rendre des services notables à diverses industries, si ces produits étaient mieux connus et surtout si l’on en communiquait aux manufacturiers une liste exacte, avec le prix de revient de chacune d’elles.
- On remarquait aussi de très-beaux échantillons de gommes, de diverses résines, de caoutchouc et de gutta-percha, avec les indications des lieux de provenance et des quantités importées en 1849 !85o, dans l’admirable collection des pro-
- duits importés à Liverpool. Le Jury avait également proposé pour cette collection la médaille du conseil, qui ne fut pas accordée.
- La collection des résines exposées par M. E. Rea montrait de beaux échantillons des principaux produits de ce genre employés par les fabricants de vernis et de laque. Elle comprenait les principales sortes de laques (en bâton, en grains, en feuilles, etc.), coccus lacca, doqt les piqûres déterminent l’exsudation de la substance résineuse autour des branches et jeunes rameaux de plusieurs arbres : on y remarquait des laques épurées, ainsi que l’espèce de cire extraite dans cette opération ; les deux sortes distinctes de résines fournies par les Xanthorheea arborêa et hastilis, tirées de Swan river, l’une rouge foucé brillante, l’autre,jaune orange, toutes deux graduellement plus employées pour la fabrication des vernis colorés et d’autres applications. Le Jury décerna une médaille de prix pour cette collection.
- La société dite English’s patent camphine 2 exposait une col-
- 1 On remarquait dans la collection des Indes orientales les plus beaux échantillons de gomme laque en feuilles.
- * Sous le nom de camphine, on désigne souvent en Angleterre l’essence de térébenthine, appelée aussi oil of tarpentine.
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- lection complète des térébenthines brutes dont l’industrie dispose, et même divers insectes trouvés dans cette matière première. Les produits obtenus par la distillation des térébenthines (huile essentielle et résine solide) faisaient partie de cette intéressante collection; il s’y trouvait, en outre, des échantillons nombreux d’huiles et de graines oléagineuses : l’ensemble fut jugé digne de la mention honorable.
- La Société du commerce des drogues, de Londres, exposait de fort beaux échantillons des diverses résines, laumes, etc., montrant, à côté des produits commerciaux ordinaires, les sortes correspondantes de première qualité; le Jury donna une mention honorable à cette intéressante collection.
- La collection présentée par le Comité des importations de Hull 1 comprenait des échantillons de térébenthine et de résine d’Amérique.
- SINGAPOUR.
- Le Jury a jugé digne d’encouragement l’exposition des laques envoyées de Singapour, bien que les échantillons ne fussent pas tous de première qualité, puis surtout en raison de l’importance que l’on doit attacher à la récolte de ce produit naturel, qui se trouve, dit-on, en abondance dans les jongles de la presqu’île. Une mention honorable fut donnée pour cette collection.
- Sa Hautesse le maharajah du Népaul envoyait de beaux échantillons de gomme laque.
- M. A. Onslow en présentait qui étaient venus de Ganjam; il en était arrivé de Bombay ; des échantillons de deux variétés, appelées bala et chouch, venaient de Beerbhoom; on remarquait les échantillons de laque développée sur les Ficus indica, F.religiosa, Zizyphus jujuba, Acacia concinna ou Mimosa abs-tergens. •
- M. Huffnagle avait exposé un intéressant assortiment
- 1 On importe annuellement dans cette ville 3o,ooo barils de résine, plus 2,000 barils d’essence des Etats-Unis.
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- d’échantillons venus d’Assam, montrant la formation, la récolte et les usages de la gomme laque. Cette série et plusieurs autres petites collections de produits bruts, donnant une idée de quelques industries des Indiens, valurent à cet exposant une médaille de prix.
- L’échantillon de sang-dragon envoyé de Sumatra reçut une mention honorable.
- J. Loch, esq., présentait des échantillons de gommes et de résine, pour lesquelles ij obtint une mention honorable.
- Une semblable distinction fut accordée à Sa Hautesse le rajah de Travancore , qui exposait des échantillons de. pareils produits.
- Un très-grand nombre d’autres échantillons des résines et gommes de diverses localités de l’Inde, récoltés sur diverses plantes, eussent été dignes d’attention si l’on avait pu les classer selon leur importance, leurs propriétés spéciales et leurs applications utiles. Malheureusement le défaut de soin dans leur récolte et le manque de renseignements sur leurs qualités rendaient un pareil travail impossible.
- Il se trouvait dans la collection indienne de l’huile et du vernis naturel très-remarquables, obtenus de plusieurs espèces de Dipterocarpus, et qui appartenaient à la série des matières résineuses.
- Ces intéressantes substances, fluides au moment où elles sont extraites, s’épaississent spontanément, durcissent et forment la base des meilleurs vernis et des laques orientales. Tels sont les échantillons du theei-see, arbre à vernis (Melanorrhœa usitatissima), dont le produit est employé en Aracan dans la préparation des objets dits en papier mâché. Cet arbre est répandu sur une vaste superficie, qui s’étend de Munipour (latit. 2 5° N. longit. 94° E. ) jusqu’à Tavoy (latit. i4° N. longit. 970 E.); il atteint ses plus grandes dimensions dans la vallée de Kubba, distante de deux milles des bords de la mer. Les arbres, d’une hauteur moyenne de 10 mètres, ont une circonférence de 2 mètres à 2 m. 75 cent.; à 1 mètre au-dessus du sol, un arbre de bonne nature jjeut donner annuel-
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- lement 4 kilog.5 gr. a 5 kilogrammes de vernis, dont la valeur est à Prome, sur l’Iraouaddy, de 2 francs le kilogramme (îo deniers la livre). Les naturels du pays en consomment d’énormes quantités; mais ils sont fort enclins à frelater les portions de vernis qu’ils portent au marché en les mélangeant avec de l’huile de sésame.
- On remarquait, en outre, dans la collection indienne des spécimens intéressants de casambas ou bois d’aigle (eagle-wood), le véritable aloès ligneux, Aloexylum agallocham lignum para-disi, très-estimé en Orient comme un parfum ou un encens.
- Ce bois fort remarquable contient en grande proportion une huile résineuse aromatique: on le nomme kayu garu dans l’archipel Indien. Quand on le chauffe, il éprouve une sorte de fusion pâteuse, en exhalant une odeur fragrai\te très-agréable; sa valeur à Sumatra est d’environ 3o liv. sterl. le quintal (758 francs les 100 kilogrammes). Des échantillons de ce bois, de qualité inférieure, étaient exposés, venant de Malacca.
- On obtient le bois d’aigle de différents arbres, notamment de YAquilaria agallocha, dans le Silhet; mais le véritable eagle-wood de première qualité est très-rare.
- Le Comité de Bombay avait exposé des échantillons de gommes et résines africaines expédiées d’Aden et de très-belle qualité (variétés de gomme arabique, de myrrhe, d’oliban, de sang-dragon.
- M. Pierris, de Candy, exposait une vaste collection de résines; malheureusement elle n’était accompagnée d’aucune donnée positive sur les noms botaniques des plantes qui les fournissent.
- Les échantillons présentés portaient les dénominations locales suivantes :
- 1 Divol-gum ;
- 2 Devul-gum ;
- 3 Gockuto-gum;
- 4 Keckuna-gum ;
- 5 Dammar-gum;
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- 6 Kohombe-gum ;
- 7 Othium-gum;
- 8 Kosgam-gum;
- 9 Hick-gum;
- îo Camboge-gum;
- 11 Hildummele-gum ;
- 12 Gadjie-gum.
- Les n05 î, 2 et 7 semblaient être des gommes de cerisier et arabique ;
- Les nos 4, 8 et 11 sont des résines de peu de valeur;
- Le n° 3 paraît être un échantillon de gomme gutte;
- Le n° îo est de la gomme gutte obtenue probablement de l1Hebradendron cambogoides;
- Le n° 12 est une gomme peu soluble, comme ïesn081 et 7, mais pure et peu colorée.
- Le Jury jugea l’ensemble de cette collection et des huiles de Ceylan, exposées par la même personne, digne d’une médaille de prix.
- Il y avait peu d’échantillons de gomme d’Afrique ; on remarquait cependant un assez bel échantillon de gomme de l’Acacia horrida, ainsi qu’un bel échantillon de gomme arabique mélangée, du Gap de Bonne-Espérance.
- M. Warwick-Weston exposait un échantillon de copal de bonne qualité, venant de la côte occidentale.
- On voyait, en outre, de beaux échantillons de gomme arabique venant d’Ayer et de Touat; une résine, légèrement colorée, ressemblant au copal, venue d’Abbea-Kuta ; une matière ressemblant à la poix, appelée dekouri ou encens, envoyée de Tombouctou; enfin une résine employée comme encens par les naturels du pays et appelée omm-el-harker (mère du bonheur).
- M. Duggin exposait un bel échantillon de résine animée, produite par le simiri, arbre de locuste (Hymenœa courbaril), que l’on dit abondante dans les parages de la rivière Berbice; il obtint une mention honorable.
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- Il y avait, en outre, divers échantillons de matières résineuses offrant peu d’intérêt. ,
- Lord Harris, gouverneur de la Trinité, avait envoyé, parmi les substances formant la collection de cette localité, de beaux échantillons de résine animée de l'Hymenœa courbaril et de l’encens obtenu du Trichilia triniiensis.
- On remarquait dans les collections de l’Australie et de la Terre de Van Diemen de beaux échantillons de gommes et de résines, comprenant les gommes des Acacia mollissima et dealata et quelques autres gommes, ainsi que la résine du Xanlhorhea ausiralis, présentés par le lieutenant Smith, et qui obtinrent la mention honorable.
- La Corporation d’assurance de la colonisation d’Australie exposait de très-beaux échantillons de diverses gommes et résines, notamment plusieurs variétés dégommé arabique et de gomme d’acacia, ainsi que des résines de Xanlhorhea comprises dans les collections qui valurent à celte association une médaille de prix.
- M. J. Milligan, de l’île de Flinders, exposait diverses résines comprenant des échantillons de black-bay gum (résine du Xanthorhea), la belle résine blanche de l’oyster-bay pine (Callilris australis), de la côte orientale de la Terre de Van-Die-men, et la gomme de l’Acacia mucronata. Ces produits reçurent la mention honorable.
- NOUVELLE-ZÉLANDE.
- Un bel échantillon de kauri, sorte de copal produite par le Damara aastralis, était envoyé par M. W. Brown, de la Nouvelle-Zélande, et fut jugé digne de la médaille de prix. On assure que cette résine peut être obtenue en grande abondance dans la partie septentrionale de la Nouvelle-Zélande s’étendant de 20 milles au sud d’Auckland jusqu’au cap Nord.
- M. Mitford exposait un échantillon de la même résine et reçut une mention honorable.
- ARCHIPEL oriental.
- MM. W. P. Hammon et Cie exposaient de très-beaux échan-
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- tillons de laque, benjoin, caoutchouc et gutta-percha, produits compris dans la collection qui valut à ces exposants une médaille de prix.
- ÉTATS-UNIS.
- Une mention honorable fut accordée à M. Feuchtwanger, de New-York, qui exposait des échantillons de gomme laque en feuilles, blanchie.
- MEXIQUE.
- Une belle résine de couleur rouge orangé, nommée soipitz-haaac, figurait dans la collection du Mexique; mais aucun renseignement n’accompagnait cet échantillon.
- * ÉGYPTE. •
- La collection des productions naturelles de ce pays, qui obtint dans son ensemble une médaille de prix, contenait plusieurs bons échantillons de gommes : la gomme triée du Sennar reçut en particulier la mention honorable.
- FRANCE.
- M. S. F. Fleury, de Bordeaux, exposait de l’essence de térébenthine purifiée par un procédé nouveau; elle fut trouvée de très-belle et. bonne qualité. Le Jury décida qu’une mention honorable serait donnée à cet exposant.
- PORTUGAL.
- M. F. R. Bartalha présentait un échantillon de résine copal de belle qualité. Il reçut la mention honorable.
- ESPAGNE.
- Un très-bon assortiment de térébenthine, ainsi que des résines et essences obtenues par la distillation de ces matières, formait la collection présentée par M. Florès Caldekon, do JBurgos, qui obtint la mention honorable.
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- TURQUIE.
- On remarquait dans les collections de la Turquie d’excellents échantillons de gommes, de résines et d’essences aromatiques les plus suaves. Les premières sont indiquées, avec les noms en regard des localités d’où elles proviennent, dans le tableau suivant :
- NOMS * SES ESPECES. LIEUX SS PROVENANCE. NOMS SES ESPÈCES. LIEUX SE PROVENANCE.
- Gomme arabique....... • Arlrajynntfi Egypte, Tripoli. Damas, Sparte. Résine de pin lV^astic Tripoli. Scio.
- de cerisier Damas. Koniéh. Idem * « Koniéh,
- Caramaniacum Sandarnrjufi
- Résiné de pin......... Asie mineure. Smyrne. Brousse. Storar Smyrne. Asie Mineure. La Mecque.
- Idem. — liquide
- Idem. Baume de la Mecque..,.
- Td.p.m Konieh. Lahdanum Retbimo. Arabie. Anatolie.
- T.ihnnnm
- Idem Valachie. - , Résine indéterminée....
- On dit que la résine d’Anatolie sert à confectionner des manches de couteaux et d’autres menus ustensiles.
- HUILES FIXES ET VOLATILES,
- GRAISSES ET CIRES VÉGÉTALES, SUIFS UES ANIMAUX, CIRE UES ABEILLES, ESSENCES OU HUILES ESSENTIELLES. '
- Les corps gras et les essences ou carbures d’hydrogène sécrétés dans les organismes végétaux, la cire des abeilles, les huiles, graisses et suifs des animaux, considérés au point de
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- vue de la production, de leurs applications diverses et de la consommation considérable qui s’en fait, ont une très-grande importance agricole, manufacturière et commerciale. On ne peut établir une distinction nette entre les corps gras d’origine végétale ou animale, car leur composition se rapproche au point, parfois, de se confondre, et leurs usages sont en général les mêmes. Toutefois, les substances grasses des deux origines, indistinctement, peuvent être divisées en plusieurs classes, d’après leurs propriétés et leurs applications spéciales. Parmi les corps gras, on distingue, en effet : i° les huiles non siccatives d’olive, d’amandes douces, de colza, de navette, etc., propres à différentes industries et qui comprennent plusieurs huiles et graisses1 comestibles; 2° les huiles siccatives, également extraites des végétaux, huiles de lin, de pavot, de chè-nevis, de noix, de ricin; les huiles des animaux à sang chaud ne sont pas siccatives, quelques huiles de poisson sont siccatives1; 3° les graisses douées d’une consistance particulière ( graisseuse ou butyreuse ) ; 4° enfin les corps gras solides à la température ordinaire, les suifs, la cire des abeilles, les cires végétales.
- Tous les corps gras, à froid ou à chaud, suivant qu’ils sont fluides ou solides, ont la propriété de s’infiltrer dans des tissus , feutres et papiers collés, à peine perméables, de s’y maintenir et de former des taches tenaces, plus ou moins translucides.
- Tous aussi se dissolvent dans l’éther, qui les abandonne en s’évaporant; ils sont insolubles dans l’eau et peuvent être transformés par la chaleur, soit en nouveaux composés analogues pyrogénés, liquides ou solides, soit, si la température est plùs élevée, en gaz doués d’un pouvoir éclairant considérable; leur composition chimique présente les équivalents du carbone et de l’hydrogène en fortes proportions, tandis que
- 1 On appelle siccatives les huiles qui, en absorbant de l’oxygène, se solidifient, et non siccatives, celles qui, en absorbant de l’oxygène, acquièrent <de la rancidité sans devenir solides.
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- l’oxygène n’y entre qu’en proportion relativement plus faible.
- La plupart des corps gras sont composés de deux, trois ou d’un plus grand nombre de principes immédiats, notamment de stéarine (abondante surtout dans les suifs durs), margarine et oléine ; celle-ci douée de la plus grande fluidité. Ces principes immédiats sont eux-mêmes composés chacun d’un acide gras ou stéarique, ou margarique, ou oléique, uni à une base organique, la glycérine. Il se trouve, en outre, dans les graisses animales des matières grasses particulières : caprine, caproïne, butyrine, hircine, formées d’acides gras volatils et à odeur désagréable et de glycérine.
- Quant à la cire, qui forme les alvéoles des ruches des abeilles, elle est formée de matières grasses spéciales : cérine, insoluble dans l’alcool froid et chaud; myricine, soluble dans l’alcool bouillant, et céroléine, soluble dans l’alcool à chaud et à froid. La composition et les propriétés des cires végétales ne sont pas bien connues : elles diffèrent de la cire d’abeilles par leur friabilité entre les doigts, tandis que la cire d’abeilles devient molle et ductile dans les mêmes circonstances; leur point dé fusion est en général plus bas : 44 à 47° au lieu de 78 à 8o°.
- Parmi les applications communes à plusieurs corps gras des deux règnes, on remarque les usages alimentaires pour les hommes et les animaux, la préparation, sous différentes formes, solides, liquides et gazeuses, de produits appliqués à l’éclairage, la fabrication des savons, le graissage des machines et outils et des laines, le travail des peaux, les peintures à l’huile (plus particulièrement réservées aux huiles siccatives Végétales), les impressions typographiques et lithographiques.
- Les végétaux de différentes espèces présentent des corps gras doués de toutes les consistances, liquides, graisseuses* solides, depuis les huilés les plus fluides jusqu’aux cires les plus dures.
- Les animaux à sang chaud sécrètent des graisses de" consistance variable, suivant les espèces et les différentes parties
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- de l’organisme, depuis les plus fluides (les huiles des cavités osseuses des jambes des chevaux) jusqu’aux plus consistantes (les suifs des moutons).
- Les animaux à sang froid, notamment ceux qui vivent dans les eaux douces et salées, fournissent en général des corps gras fluides ou doués à peine d’une consistance graisseuse, et cependant on trouve dans le cerveau des cachalots un corps gras spécial huileux, composé d’une huile dite de sperma ceti et d’une substance cristallisable, brillante, solide (cétine), connue sous le nom de blanc de baleine raffiné, qui se liquéfie seulement à 490° et sert à confectionner les bougies diaphanes. Le blanc de baleine est lui-même composé de deux corps gras solides cristallisables, féthal, fusible à 48°, et l’acide éthalique, fusible à 6o°. Celui-ci se retrouve dans un des produits gras végétaux d’une grande importance industrielle et commerciale, l’huile de palme, douée d’une consistance butyreuse, et dans laquelle l’acide éthalique (dit acide palmitique) est en combinaison avec la glycérine.
- La production des corps gras est très-considérable en France; on peut évaluer ainsi (au minimum) la somme en argent qu’elle représente annuellement d’après la statistique industrielle :
- Huiles des graines oléagineuses.. ..... 6i,4n,5oofr*
- Huiles d’olives........................ 4,254,000
- Suifs et cires.......................... 9,106,602
- Valeur totale....... 74,772,102
- Cette production est loin de suffire aux besoins de dos industries, de notre consommation et de nos échanges internationaux; on en pourra juger par les chiffres des importations et exportations en i853 :
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- IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- MATIÈRES CRASSES. LIEUX NOMBRE VALEUR NOMBRE VALEUR
- DE PROVENANCE. de en de en
- kilogramm. francs. kilogramm. francs.
- Huile d'olive.. Etats Sardes,Turquie, Etats 18,121,319 20,314,041 4,498,151 6,297,411
- barbaresques, Algérie , Deux-Siciles et autres
- pays.
- Huile de palme, Indes françaises et anglai- 5,072,202 5,996,782 544,785 735,460
- de coco, etc... ses, côte occidentale d’Afrique, Sénégal et autres pays.
- Huile de graines Association allemande, Bel- 1,207,608 954,010 9,562,953 6,215,919
- gique,Pays-Bas et autres.
- Huile épurée... Indes anglaises, Etats Bar- 84,267 168,534 158,754 66,282
- baresques, Belgique, E-tats Sardes,'etc.
- Huile de baleine Saint-Pierre, pêche et dif- 1,330,970 1,330,970 23,614 23,614
- ferents pays.
- Huile de morue. Saint-Pierre et pêche, An- 2,478,640 2,478,640 136,859 136,859
- gleterre et différents pays
- Graisses de pois- Saint-Pierre, pêche et di- 63,747 . 63,747 22,531 22,531
- son* vers pays.
- /brut... Blanc & de | ( baleine <presse.• Anglejerre, Etats-Unis.. < Etats-Unis 100,870 221,914 2,259 » «
- on de J
- cachalot f , \ raffine. Angleterre et autres pays.. 1,459 1,215 729 3,281
- Graisse : sain- Toscane, Deux-Siciles,Tur- 913,432 1,051,386 1,477,088 1,597,160
- doux; graisses quie, Belgique, Uruguay,
- d’ours, de cheval, etc. etc.
- Suif de mouton Russie, Rio de la Plata, 1,498.089 1,677,860 546,818 546,818
- et de bœuf. Toscane, Algérie, Uruguay, etc.
- Cire brute Algérie, Toscane, États- 333,044 1,082,393 274,046 882,428
- Unis, Haïti, Portugal, etc.
- Cire blanche.,. Pays-Bas et autres pays... 9,950 44,746 49,926 224,168
- Totaux 31,216,350 35,388,497 17,296,254 16,751,931
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- ESSENCES OU HUILES VOLATILES.
- Les huiles volatiles, sécrétées dans les différentes parties des plantes, sont extraites, par distillation, à l’aide de la vapeur d’eau, qui les entraîne à la température de ioo°, bien inférieure à leur propre température d’ébullition; on les sépare de l’eau distillée sur laquelle elles surnagent et on les soutire du récipient florentin.
- Quoique les essences soient peu solubles dans l’eau, elles communiquent à ce liquide une odeur agréable assez prononcée pour en faire un produit commercial très-estimé, surtout lorsqu’il est préparé avec les soins qu’on y apporte dans le midi de la France, où le climat tempéré permet, d’ailleurs, d’obtenir des plantes aromatiques des essences plus suaves que dans les contrées plus chaudes.
- Parmi les essences douées d’un agréable parfum qui leur donne toute leur valeur, les unes sont composées uniquement (comme l’essence de térébenthine, dont nous avons parlé plus haut) de carbone et d’hydrogène : ce sont des hydrocarbures; telle est la composition des essences des pétales de roses, des écorces de citron et d’orange ; les autres sont formées de carbone d’hydrogène et d’oxygène : les essences d’amandes amères, de cannelle, d’anis, de girofle et de camomille sont dans ce cas.
- Dans quelques végétaux, les essences à parfum agréable se trouvent en faible proportion et accompagnées de matières altérables par la chaleur, dont les produits pyrogénés masqueraient l’odeur aromatique. On parvient à extraire à froid ces essences en stratifiant les fleurs qui les contiennent par lits alternatifs avec des étoffes de laine imprégnées d’une huile fixe non'odorante, l’huile de pavot (dite d’œillette); celle-ci dissout l’essence, et, par une expression ménagée, l’enlève aux fleurs : de là le produit commercial formé d’huile fixe parfumée.
- Tous ces produits sont employés dans les préparations et
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- le commerce de la parfumerie; on s’en sert pour la confection des savons de toilette, des pommades parfumées. On fait même entrer dans ces produits, de deuxième qualité, certaines essences artificielles, notamment la nitrobenzine, dite essence d’amandes amères artificielle ou mirbane, obtenue en traitant par l’acide azotique la benzine tirée des goudrons de houille : le produit imite par son odeur l’essence d’amandes amères.
- Les distillateurs emploient les essences ou les eaux aromatiques dans la préparation de quelques liqueurs sucrées, alcooliques et parfumées.
- FRANCE.
- On devait regretter que les localités en possession de fournir depuis longtemps les meilleures huiles d’olive ne fussent pas représentées à l’Exposition universelle. Aucune contrée du monde n’aurait pu sans doute disputer la palme à nos excellentes huiles d’Àix.
- Du moins, des localités d’Algérie, dont la réputation commence sous ce rapport, ont montré que, dans ce département nouveau, le zèle entreprenant de nos agriculteurs manufacturiers améliore et développe toutes les productions naturelles’sous ce beau climat; plusieurs propriétaires avaient exposé des huiles grasses et volatiles. Parmi les nombreuses et très-intéressantes collections algériennes envoyées par le ministre de la.guerre, on a remarqué particulièrement la série des huiles présentées au nom de M. Cürtel jeune, de Bab-el-Oued : elle comprenait de très-bons échantillons des huiles grasses d’olive, de sésame, de lin, de colza, de came-line, de Madia saliva, de soleil (Helianlhus annuas), de moutarde et des graines du cotonnier; les échantillons des graines et fruits qui avaient produit ces huiles étaient exposés comme moyen de démonstration. Le Jury décerna la médaille de prix pour cette belle collection.
- M. Mercurin, de Chéragas, présentait aussi une belle collection, comprenant des huiles d’olive et une série d’huiles
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES. 139
- essentielles propres à la parfumerie, connues sous les noms suivants: rose, géranium, jasmin, citron, porlugal, bigarade, citrine, mélarose, absinthe, myrte, petit grain, néroli, cédrat, bergamoite.
- L’essence de géranium rosa est particulièrement digne d’attention; elle exhale une odeur comparable à celle de l’essence de rose, et peut être obtenue à un prix dix fois moindre. Une médaille de prix fut décernée à M. Mer-curin.
- M. J.Borde, de Philippeville, province de Constantine, et M. Maffre, de Bougie, même province, présentaient des huiles également préparées en i85o ; ils reçurent la mention honorable.
- M. P. Simonnet, du même département d’Alger, avait exposé une série d’essences de sauge, absinthe, verveine, citronnelle, zeste de citron, mélarose, portagal, bigarade, néseri,
- néroli. ‘
- „ »
- M. Hugues jeune, de Grasse, présentait diverses essences aromatiques obtenues à l’état de pureté par un procédé direct de distillation, mis en pratique depuis un an alors, et qui n’exige aucune rectification ultérieure. L’aspect agréable et l’arome suave de ces huiles sont appréciés des parfumeurs. Le Jury décerne la médaille de prix a l’inventeur.
- M. Méro, un des principaux distillateurs de Grasse, dont la réputation est depuis longtemps bien établie, avait exposé des essences aromatiques de bonne qualité. Une médaille de prix lui fut décernée.
- M. A. G. Collas , de Paris, exposait des échantillons d’essences artificielles préparées avec les hydrocarbures du goudron, et imitant l’arome de l’essence naturelle d’amandes amères, au point de pouvoir être employées avéc autant de succès que d’économie dans la confection des savons de toilette, des pommades et d’autres objets de parfumerie de deuxième qualité. Le Jury accorda une médaille de prix à M. Collas.
- M. Conrad, de Paris, avait envoyé un très-beau pain de
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- camphre raffiné, blanc et diaphane. Le Jury lui donna la médaille de prix.
- M. Géminy, de Marseille, présentait comparativement de l’huile brute des' graines du cotonnier et de l’huile semblable décolorée par un procédé qui lui est propre (probablement un traitement à la température de ioo° avec quelques millièmes de chaux). Cette opération, déjà réalisée en grand, valut à son auteur une médaille de prix.
- M. Haro, de Paris, présentait plusieurs échantillons très-beaux d’huiles rendues siccatives, blanchies et préparées pour les peintres et les fabricants de vernis. Le Jury lui décerna la médaille de prix.
- M. de Ruoltz, de Paris, exposait des échantillons d’huiles décolorées, de bonne qualité. Le Jury lui accorda une mention honorable.
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- M. Joly, de Mer (Loir-et-Cher), exposait des huiles limpides parfaitement épurées, propres à lubrifier les parties malades.
- Des huiles de graines'épurées, pour les lampes modérateurs et autres, étaient présentées par M. Moreau.
- Des échantillons d’huile de lin blanchie et rendue siccative par la litharge, à l’usage des peintres, étaient exposés par M. Renauld, de Bordeaux.
- ANGLETERRE.
- Les six variétés principales d’huiles importées dans la Grande-Bretagne comprennent les huiles de palme, de coco, d’olive, de ricin, de lin et de navette; ces deux dernières à l’état de graines oléagineuses, principalement de Russie et des Indes orientales, et employées en très-grande partie pour semence et pour l’engraissement des bestiaux. ,
- Le tableau suivant indique les quantités de corps gras de différentes espèces importées en Angleterre durant l’année i85o :
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMÀLES. 141 Huile de palme, principalement de l’Afrique occidentale
- et d’Aînérique.................... 448,58g quint.
- Huile de coco....................».. 98,040
- Huile d’olive de Naples, de Malte et.de
- Turquie .......................... 20,783
- Huile de ricin (en moyenne) des Indes
- orientales..................... v. 7,000
- Suif de Russie, d’Amérique, etc..... i,5oo,ooo
- 2,074,412
- Huiles de baleine. .................20,ooo,oookilogr.
- Les huiles provenant de la production agricole et extraites en Angleterre sont presque exclusivement celles des graines de lin, de colza et de navette.
- M.Bürn, d’Edimbourg, exposait des échantillons de graines de cotonnier, de l’huile extraite de ces graines et des tourteaux formant le résidu. Le Jury, considérant le haut intérêt qui s’attache à l’extraction d’une huile qui pourrait devenir abonr dante, tandis que les graines, encore peu utilisées comme engrais, en sont totalement perdues, a voulu encourager les tentatives dans cette voie en décernant une médaille de prix à M. Burn.
- M. Hillas exposait des échantillons d’huiles fixes, parfaitement épurées, destinées à lubrifier les parties frottantes des machines; le Jury lui décerna la médaille de prix.
- M. Brotherton présentait de beaux échantillons d’huiles de navette, d’olive et d’amandes douces; on remarquait en outre les graines de navette provenant les unes des cultures anglaises, les autres d’importation étrangère: l’exposant avait constaté que la graine des bonnes cultures anglaises donne une qualité d’huile supérieure à celle obtenue des graines importées. Cette infériorité dépend sans doute, ajoute l’auteur, plus du manque de soins à la récolte que de la nature du produit ;
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- elle pourrait tenir aussi aux altérations durant les emmaga-sinements et les transports. Il recommande aux agriculteurs anglais cette culture, qui peut produire par acre 4 quarters de grains, valant aujourd’hui 4x5 ou 20 shillings (ce qui correspond à 28hect,7 par heclare, valant 2 fr. i5 cent, l’hectolitre) ; il donne d’intéressants détails sur l’application de cette huile bien épurée pour adoucir les frottements : aucune huile n’est, assure-t-il, aussi convenable pour les locomotives, pour les machines de la marine et pour brûler dans les lampes ; on a constaté que chaque locomotive consomme annuellement de 90 à 100 gallons d’huile, et la consommation annuelle pour ce seul usage sur les deux railways (London and Norlk Western) s’élève, chaque année, à 4o,ooo gallons. Le Jury donna une mention honorable pour les huiles bien préparées ou épurées d’olive, d’amandes ou de navette exposées par M. Brotherton.
- Plusieurs beaux échantillons étaient présentés par les exposants ci-après nommés :
- MM. Garry et fils, huiles de lin et de navette;
- Rose, huile clarifiée pour machines et lampes;
- E. Peterson, huiles végétales;
- H. Penney, huile de lin blanchie, pour vernis et peintures;
- A. Brearey, huiles raffinées pour horlogerie ;
- La Compagnie du commerce des drogues de Londres, essences aromatiques, en particulier celle des feuilles de cinnamon bell (eau de rose), préparée èn Angleterre.
- La société dite English patent camphine company, dont nous avons déjà parlé, exposait une belle collection d’huiles grasses, avec les échantillons des graines oléagineuses; elle reçut une mention honorable.
- La remarquable et grande collection des importations de Liverpool contenait des échantillons des huiles fixes ci-après, avec indication des quantités importées, s’élevant ensemble à i 1,000,000 de kilogrammes: d’olive, de pavot (œillette), d’ara-
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES.
- chide, de ricin et de navette; il s’y trouvait en outre des essences d’anis, bergamotte, cassia, girofle, cinnamon, citronnelle, genévrier, lavande, citron, néroli, muscade, orange, menthe, rose, thym.
- COMPAGNIE DES INDES ORIENTALES.
- La collection des huiles et essences formait une des parties les plus importantes des nombreux produits exposés par cette puissante société.
- Leurs Altesses les rajahs de Seypore, de Kotah,,de Kishin-gurgh, des États du Rajpootana, et MM. Godfrey, de Gazee-pore, avaient envoyé de très-bons échantillons d’essence de roses. Le Jury décerna à chacun de ces exposants une médaille de prix. ,
- Outre ces essences de roses, on remarquait un grand nombre d’essences aromatiques et de mélanges d’essences à odeur très-prononcée avec des huiles fixes.
- Les États du Nepaul, du Rajpootana et de Gazeepore avaient envoyé de l'huile du bois d’aloès.
- Le rajah de Kotah envoyait, des États du Rajpootana, de l’essence de safran.
- Le même rajah et plusieurs autres exposaient de l’essence de keora, principe odorant des fleurs jaunes du Pandanus cdoratissimus. x
- Un parfumeur, naturel de Bénarès, envoyait plusieurs excellentes essences de fleurs : les échantillons d’essence de jasmin ( Jasminum grandijlorum et J. sambac), l’essence dite de khus-khus, obtenue de VAndropogon muriaticum, ainsi que les essences expédiées de Chumeylee, Beyla, Begla et Moteya, ont particulièrement fixé l’attention du Jury, qui les jugea dignes d’une mention honorable.
- Le R. N. Hàmilton, résidant à Indore, exposait de Thuile de semence grasse obtenue de VAndropogon schœnanthas (ou Calamus aromaticus), avec un échantillon des graines et de la plante qui les fournit. Une mention honorable lui fut accordée.
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- On remarquait des échantillons d’essence de sirri (lemon-grass oil), Andropogon schœnanthas, venant de Sumatra. L’huile volatile odorante, obtenue de plusieurs espèces d’andropogon, est maintenant importée sous le nom d’essence de géranium, de Travancore, en grande quantité dans la Grande-Bretagne, pour l’usage des parfumeurs.
- Une collection d’essences aromatiques extraites de différents végétaux était envoyée des Moluques, mais sans indications précises, sous les noms suivants : kodjamas, ananas, yailang, pulasaxe, goéland, tjolang, tjindor, abier, rampsing.
- F. Key, de Madras, exposait un bon échantillon d’huile de girofle.
- Syed Omar avait envoyé de Célèbes de très-bonne huile de'Cajeput et de Macassar.
- De très-bons spécimens d’essence de bois de santal (Santa-lum album) étaient venus de Canara, de Mangalore et de Coorg.
- Le Comité de Singapour exposait du camphre de Bornéo obtenu du Dryolanalops camphora. Ce produit est surtout exporté en Chine, où il est estimé en raison de son arôme particulier et peut-être de ses qualités médicinales, au point d’être vendu plus de dix fois le prix du camphre ordinaire. Le Jury accorda une mention honorable pour ce camphre.
- La»collection des huiles fixes était plus considérable encore; elle provenait de plusieurs personnes et était envoyée de diverses localités.
- Le Jury décerna la médaille de prix à chacun des exposants dont les noms suivent :
- i° M. Sainte et Cie, de Cossipore, près Calcutta, pour leurs échantillons d’huile de coco raffinée ;
- 2° Son Altesse le maharajah Rao Scindia, de Gouaiior;
- 3° Son Altesse le rajah de Vizianagram ;
- 4° Le lieutenant-colonel Tullocii, commissaire général de Madras ; <
- 5° M. F. Bishop, de Tanjore;
- 6° Le professeur J. Key, pour leurs échantillons d’huiles grasses de l’Inde.
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- Les sortes commerciales comprises dans la liste suivante sont les plus importantes des huiles de ces collections et de la collection générale de la Compagnie des Indes orientales :
- i° Huile de sésame : trois variétés de til (Sesamumorientale) sont cultivées en grand dans diverses localités des Indes; ce sont : le suffed-til, variété à graines blanches ; le kala-til, variété partiellement colorée, et le tillec, variété à graines noires.
- Le sésame fournit 45 à 5o d’huile pour îoo de sa graine ; de très-bons échantillons de cette huile venaient de Viziana-gram, Ganjam, Hyderr-Abad, Tanjore, du district de Mour-ched-Abad et Goualior.
- 2° Huile de ram-til, analogue à l’huile de sésame, mais extraite du Guizotia oleijera, plante venue d’Abyssinie et maintenant commune au Bengale. Plusieurs échantillons étaient envoyés de Bombay, Vizagapatam et Ganjam; une autre variété de Guizotia (Abyssinica) avait fourni un deuxième échantillon venu de Ganjam.Le ram-til donne environ 34 d’huile pour îoo de sa graine; les échantillons de cette huile avaient une couleur brune foncée, due à des substances étrangères; on l’emploie dans les lampes.
- 3° Huile des noix de terre ( Arachis hypogea), plante assez généralement cultivée dans l’Inde : sa graine, qui mûrit en terre, fournit, pour îoo de son poids, environ 44 d’huile, de couleur jaunâtre clair, employée comme aliment et brûlée clans les lampes. Deux variétés d’arachide sont cultivées à Ma-îacca: l’une à graines blanches, l’autre à graines brunes.
- VArachis hypogea est très-cultivée à Java, aux environs des plantations de cannes à sucre, et les tourteaux sont utilisés comme engrais.
- 4° Huile de kossumba, extraite des semences du Carthamus tinclorius, qui en contiennent 28 à 3o pour 100. Bon échantillon, venu de Bombay.
- 5° Huile de moutarde : les graines de plusieurs espèces de Sinapis, principalement du Sinapis glauca et de l’espèce appelée moutarde noire, fournissent dans l’Inde d’excellentes huiles.
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- 6° Huile dite de castor, extraite des semences du Ricinus commuais; de beaux échantillons étaient venus, de Tanjore, Beerbhoom, Bellary, Madura, Tinevelly et Java. L’huile ordinaire à lampe, dite jung, dont un échantillon était envoyé de Tanjore par M. Bishop, est aussi une huile de ricin.
- 70 Huile de pavot (ou d’œillette), poppy oil, tirée des graines du Papayer somniferam, envoyée de Calcutta et de Bombay ; un bel échantillon, presque incolore, .était exposé par M. Bishop, de Tanjore.
- 8° Huile de fcroton, extraite du Croton sp., espèce voisine du C. iiglium; M. J. Key exposait un très-bel échantillon de cette huile, venu de Ganjam et de Vizianagram.
- 9° Huile de poon, d’hœuda ou do pinnacottay, extraite des graines du Catophyllum inophyllum ou laurier d’Alexandrie : ces graines contiennent environ 6o pour îoo de leur poids d’une huile verdâtre très-fluide, mais commençant à se pren-dré en gelée à la température de 45° F. =• C... Des échantillons de cette huile venaient de Madura, Palamcottah, Bombay, Tinevelly, Malwa et Tanjore.
- io° Huile de limboli, extraite des semences du Dergera Ttœnigii : cette huile limpide présentait une belle couleur jaune ; elle venait de Bombay.
- il0 Huile de napala, extraite des graines du caatamunaka [Jatropa curcas) ; de très-beaux échantillons de celte huile,, d’un jaune pâle, étaient envoyés de Vizianagram et de Ganjam par le commissaire général de Madras. Elle est employée clans le pays comme substance médicale et pour brûler dans les lampes.
- 12° Huile de lin, envoyée, avec des échantillons de graines, de Bombay, de Mourched-Abad et de Patna.
- i3°. Huile de mulu unnay, extraite du brumadundou unnay, graines de YArgemone mexicana, employée en médecine et brûlée dans les lampes.
- i4° Huile de cbironjie, extraite du fruit de Chironjia sapida ©u Bachania latifolia.
- i5° Huile de kurrunj, des semences du Pougamia glabra
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- ou Galedupa arborea; huile brune, fluide, se congelant à 55°. Plusieurs échantillons étaient envoyés de Vizagapatam et de Tannah.
- 16° Huile de mounila, obtenue des graines du Dolichos bissoras : huile limpide, d’une couleur jaune pâle, venant de Tanjore ; exposée par M. Bishop.
- ij° Huile de pommes d’acajou, extraite des semences de YAnacardium occidentale, envoyée de Tanjore par M. Bishop.
- i8° Huile de poungou, des semences du Sapindus emargi-naius, envoyée de Tanjore par M. Bishop et de Palamcottah par M. Horsley, qui reçut la mention honorable.
- 19° Huile de Badum nonæ, d’amandes Erminalia sp,, venue de Tanjore.
- 20° Huile de coudivetty poundou, Alliam sp., de Tanjore.
- 2i° Huile de malkamni, Celasiras paniculatus, de Madras.
- 2 2° Huile de noix de nahor, envoyée par le major Hannay.
- 23° Huile de moringa, Moringa pterygosperma.
- 24° Huile de chammanalie, exposée parM. W. B. Horsley, de Palamcottah. , '
- 25° Huile d’hingun ou d’hingota, Balanites œgyptiaca, de Bombay.
- 26° Hui^e de dessy akhrout, de la noix d'Aleurites triloba, de Bombay.
- 270 Huile de la graine de saule, Shorea robusta.
- 28° Huile de chendouroukou, de Madura et de Tinevelly.
- 290 Huile de couroukou, de Madura et de Tinevelly, en voyée par le commissaire général de Madras.
- 3o° Huile de koudri.
- 31° On remarquait dans cette collection d’huiles diverses quelques matières grasses butyreuses ou solides très-intéressantes, dont plusieurs sont totalement inconnues en Europe; de beaux échantillons étaient envoyés par le commissaire général de Madras, M. F. Bishop, de Tanjore, et plusieurs autres exposants de Madura, Malabar, Tinevelly et Sarawak (Bornéo).
- Trois espèces de Bassia indigènes de l’Inde fournissent des
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- matières grasses solides. On extrait de ces plantes non-seulement des substances oléagineuses propres à la nourriture des hommes et à brûler dans les lampes, mais encore une matière sucrée dont on convertit une portion en liqueurs alcooliques.
- 32° Huile d’ilpa, extraite de la graine d’illupie, Bassia lon-gîfolia, arbre qui abonde dans la présidence de Madras et, en général, dans les parties méridionales de l’Indoustan. Cette matière oléagineuse est blanche, consistante à la température ordinaire, fusible à 70 ou 8o° ; il paraît qu’on peut l’employer avantageusement dans la confection des bougies ou chandelles et pour la fabrication du savon. Les échantillons étaient envoyés par le commissaire général de Madras et par M. J. Key, de Madura et de Tinevelly.
- 33° Huile d’épie ou de la graine de mahowa ou mahower, Bassia latifôlia, commun dans beaucoup de localités de la présidence du Bengale. Cette matière grasse, solide à la température ordinaire, se fond à 70° environ. M. F. Coplestone, de Mangalore, qui présentait cet échantillon, reçut une mention honorable ; on en avait aussi envoyé de Canara.
- 34° Huile de phoulwa, sorte de beurre végétal extrait du choorie, Bassia batyracea. Cet arbre, moins généralement répandu que les B. latijolia et B. Jongifolia, est commun en certains districts montagneux, particulièrement dans les parties orientales de Kemaon. Il croît avec une telle abondance dans la province de Dofée que sa matière grasse, solide, blanchâtre, fusible à 120°, peu susceptible de rancir, est à plus bas prix que le beurre et sert à le falsifier. On la préfère à l’huile de coco pour brûler dans les lampes. Des échantillons de l’huile de phoulwa, préparés comme substance alimentaire, étaient envoyés de Kemaon.
- 35° Huile solide de miniak tenkawung, d’une couleur verdâtre, analogue aux huiles de bassia, mais plus consistante, ressemblant davantage à la cire de myrte. On croit que cette matière est le produit de l’arbre à suif de Java, décrit par sir S. Rafflet sous le nom de miniak Itawon, arbre commun dans la partie occidentale de l’archipel, où il est
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- appelé haivan. M. Crawsord suppose que cette matière grasse provient d’une espèce de Bassia.
- Suivant M. Low, on emploie dans les îles de Tarchipel une matière grasse (dont il existe plusieurs variétés, obtenues de différentes espèces de Dipterocarpus), jaune verdâtre, cassante, fusible à environ 93°, se solidifiant par le refroidissement à 86°, très-facilement blanchie par l’action simultanée de l’air et de la lumière, et qui paraît devoir donner lieu à d’utiles applications; des échantillons étaient exposés par le comité local de Pingoporé.
- 36° Suif de piney, extrait du fruit du doop, Vateria indica, grand arbre d’une croissance rapide abondant au Malabar et à Canara. Cette matière grasse, solide, est fusible à 970; elle donne, comme l’huile de palme, par les procédés de saponification sulfurique et de distillation, des acidesgra»qui, pressés, conviennent parfaitement à la fabrication des bougies. Des échantillons étaient envoyés par M. Coplestone de Mangalore, Malabar et Canara.
- Sj° Huile ou beurre de cocum ou kokum, obtenue des semences d’un mangosteen, Garcinia purpurea, employée, dit-on , dans différentes localités de la péninsule pour mélanger avec le beurre et avec la graisse d’ours envoyée aux parfumeurs anglais.
- Cette substance grasse est d’une couleur blanche, jaunâtre ou verdâtre, consistante, friable, douée d’une légère odeur agréable, fusible à 95°, et restant ensuite fluide à 75°; les échantillons étaient envoyés de Bombay.
- 38° Huile de kali ziri ou khatzum, de la graine du Verno-nia anthelmintica, indiquée aussi comme produite par le Salva-dore persica ; c’est une excellente matière grasse, verdâtre, fusible à 95°, facilement décolorée, à odeur légère, aromatique ; les échantillons étaient envqyés de Bombay.
- 39° Huile de neem‘, vayphm unnay, obtenue du fruit mûr du margosa, Melia azadirachta, grand et bel arbre assez commun : cette matière grasse est de couleur jaunâtre, solide à la température ordinaire ; les échantillons étaient envoyés
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- deBeîlary parle commissaire général de Madras, de Tanjore par M. Bishop.
- 4o° Gutla podah de Billiton, sorte de cire végétale, d’une couleur verte, applicable sans doute à la fabrication des bougies, mélangée avec des substances analogues qui modifieraient sa fusibilité.
- On a remarqué une collection de très-bons échantillons d’essence de citronnelle exposés par M. Winter, d’essence de cinnamon et de citron par MM. Parlett , O’Halloran et Cie, de Colombo; il s’y trouvait en outre quelques beaux échantillons, d’huile de coco, comprenant la matière première, l’huile obtenue par expression, les matières grasses solides et fluides séparées et purifiées. Une médaille de prix fut décernée pour l’ensemble de ces collections.
- Une belle collection de dix-huit échantillons, venue de Ceylan, était exposée par M. F.-H. Pieris, de Candy, sous les noms suivants :
- i° Castor (ricin); . »
- 2° Navette;
- 3° Gingelly;
- 4° Brunjematy;
- 5° Siddharte;
- 6° Kolestesma ;
- 7° Kekuna;
- 8° Makula;
- • 9° Kadjic; io° Kellporaje; il* Rattee;
- 12° Dorene; i3° Koola; i4° Balegorande; i5° Naarawyene; i6° Mahakoomure;
- 17° Dummele; t
- 18° Chandenade.
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- Les huiles n05 5 et 7 étaient presque complètement blanches. Cette collection aurait été bien plus intéressante si elle eût été accompagnée de détails scientifiques et pratiques sur les propriétés et les applications de ces produits. Toutefois une médaille de prix fut accordée pour l’ensemble de ces huiles et des gommes et résines présentées par le même exposant.
- Plusieurs beaux échantillons de cire de myrte, du Cap de Bonne-Espérance, offraient une excellente matière première pour la fabrication des bougies avec addition d’autres cires ou matières grasses solides. Le Jury décerna la médaille de prix à l’exposant, M. Lindenberg , du district de Worcester.
- AFRIQUE OCCIDENTALE.
- M. Warwick-Weston envoyait de l’Afrique Occidentale une belle collection de graines ou fruits oléagineux et d’huiles. On remarquait le beurre de Galam, extrait du fruit du Micadenm ou Bassia Parhii, arbre très-rapproché du Bassia latifolia, et ressemblant à plusieurs autres espèces répandues dans l’In-doustan. Cette matière grasse et solide, d’une couleur verte grisâtre, fusible à -4- 97° F. 36°', 11 c. Plûsieurs échantillons de semences et d’huile d’Arachis hypogea et d’huile de palme d’excellente qualité faisaient également partie de cette collection , pour laquelle le Jury décerna une médaille de prix à Texposant.
- Le docteur Mac William, d’Egga, sur le Niger, exposait aussi des échantillons de beurre de Galam qui lui valurent une mention honorable.
- POSSESSIONS ANGLAISES.
- M. J. Chalmers avait envoyé du Nouveau-Brunswick un bel échantillon de cire de myrte, avec des bougies de cette matière à l’état brut et des rameaux portant les fruits qui donnent cette matière grasse. L’exposant reçut une mention honorable.
- La Société royale d’histoire naturelle et M. Mellon , de Maurice, exposaient de bons spécimens d’huile de coco.
- M. Stutchbury avait exposé dés échantillons d’huile de
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- laurier de la rivière Poumeroun Essequibo et de l’huile de Carapa de la rivière d’Essequibo, dans la Guyane anglaise.. Cette dernière huile est une sorte de beurre végétal, tantôt consistant, tantôt demi-fluide, extrait des semences du Carapa ou Andiroba Carapa Guianensk ou Xylocarpus Carapa, grand arbre qui abonde dans les forêts de la Guyane; elle passe pour rancir promptement à l’air, mais cela tient peut-être au défaut d’épuration et aux procédés grossiers d’extraction qui laissent beaucoup de substances étrangères dans le produit. Le Jury accorda la médaille de prix pour cette collection.
- Lord Harris exposait aussi un bon échantillon d’huile de Carapa dans la collection des matières premières de la Trinité; il y avait joint un échantillon d’huile de coco, dont on obtient de grandes quantités dans cette île, principalement sur la côte orientale, et un spécimen de beurre de cacao-extrait des semences bien connues du Theobroma cacao, matière grasse blanche, solide, fusible à environ 120° F.
- MM. Hallet et fils avaient présenté des échantillons d’huile d’olive de bonne qualité obtenue dans la Nouvelle-Galles du Sud. Cette huile offrait de l’intérêt à raison de son origine co-, loniale, ainsi que de sa limpidité, de sa couleur et de sa saveur agréable; elle fut jugée digne d’une mention honorable.
- La Corporation d’assurance pour la colonisation présentait un échantillon d’huile d’olive de bonne qualité venant de l’Australie méridionale, et parmi les matières de l’Australie occidentale elle avait en outre présenté de l’hùile de la noix, du bois de santal, du goudron de Guildford, de l’huile distillée du Leptospermum, que l’on peut obtenir en très-grandes quantités; enfin une huile, également extraite par distillation, de YEacalypius piperita : cette huile , douée d’un énergique pouvoir dissolvant du caoutchouc, a beaucoup d’analogie avec l’huile de cajeput, si elle n’est identiquement la même..
- Il est probable que ces huiles s’appliqueraient avec avantage à la fabrication des vernis ; elles dissolvent facilement le copal, et la solution étendue sur une surface quelconque
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- laisse évaporer l’huile essentielle, tandis que la résine copal forme une couche de vernis brillant.
- M. Hotchkins, de Lyon, maintenant à York, exposait un très-bon échantillon d’essence de menthe poivrée. Le Jury lui décerna la médaille de prix.
- M. B. Kirtland, de Greenbushe, exposait un échantillon d’huile grasse extraite du maïs.
- AUTRICHE.
- M. Steinbock, de Sainte-Georgie, près Manlhausen, avait envoyé une intéressante collection d’échantillons de graine et d’huile de lin. La graine venait de la haute Autriche et de la Moravie; l’huile extraite de cette graine était de ire et de 2e qualité,^ l’une et l’autre à l’état brut et épurée pour peinture siccative , provenant de deux sortes de semences. Le Jury décerna une médaille de prix pour cette excellente collection.
- Plusieurs bons échantillons de graine et huile de navette à l’état brut et raffinée étaient exposés par M. C. I. Malvieux, de Pesth, enHongrie; le Jury lui donna la mention honorable.
- BELGIQUE.
- Les principales matières grasses exposées par la Belgique étaient d’origine animale; cependant il s’y trouvait plusieurs beaux échantillons d’huiles végétales.
- M. L. E. Bissé, d’Anderleeht, près de Bruxelles, exposait diverses huiles végétales parfaitement épurées, limpides et peu colorées; le Jury lui décerna une médaille de prix.
- M. Vanderstraeten, de Bruxelles, avait présenté de l’huile de colza préparée pour la peinture et de l’huile de colza bien épurée.
- M. Claude, de Bruxelles, exposait de l’huile de navette très-bien épurée, presque incolore, pour brûler dans les lampes, susceptible de remplacer l’huile de spermaceti.
- M. Derbrauld-Delacroix, de Courtray, avait envoyé de bons spécimens d’huile de colzabruteetépurée.Le Jury accorda la mention honorable à chacun de ces trois exposants.
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- HOLLANDE.
- M. A. de Hann, de Rotterdam, présentait de beaux échantillons de graine et d’huile de navette; il reçut une mention honorable.
- CHINE.
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- Des échantillons d’une cire végétale étaient exposés dans
- ce département par le consul de Sa Majesté à Chang-haï. Cette substance, en raison de son point élevé de fusion et de quelques autres propriétés physiques, a fixé l’attention des industriels; elle paraît très-bien appropriée à la confection des bougies. Le Jury jugea cette exposition digne de la mention honorable.
- Une remarquable cire végétale était comprise dans la collection du Japon. . "
- PRUSSE.
- M. C. G. Fabian, de Humboldtsau, près Breslau, exposait de l’huile essentielle de feuilles de pin, obtenue en desséchant les feuilles pour préparer la substance fibreuse,-dite laine végétale, employée pour les rembourrages. La nouvelle essence valut à M. Fabian une mention honorable.
- ÉGYPTE.
- On voyait dans la collection des matières premières d’Egypte des échantillons des diverses huiles suivantes :
- Huile de ricin, de graines de navet, de nielle, de lin, de graines du cotonnier. Cette série fut jugée digne d’être mentionnée honorablement.
- PORTUGAL. t
- Un grand nombre d’exposants avaient mis des échantillons d’huiles diverses parmi les collections du Portugal. On peut citer, pour leurs huiles d’olive, MM. J. L. de Catheiros Menezet, Almeida Praenca de Maudo, J. Larcher, le comte de Tarrobo,
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- v
- J. B. Pinto, Almeida Silva et Cie, J. d’Albuquerque , Mello, le marquis de Ficalho et le comte de Linarès. Chacun de ces exposants obtint la mention honorable.
- ESPAGNE. , '
- /
- M. F. M. C. Le al avait présenté de très-bons produits en essence aromatique de lavande, de genièvre, de romarin et de citron. Le Jury lui décerna une médaille de prix. .
- M. F. R. Batata, d’Angola, exposait de beaux échantillons d’huiles de palme et d’arachide. 11 reçut une mention honorable.
- M. V. Bürnay, de l’Estrémadure, exposait de bons spécimens d’huiles de lin, de ricin et d’amandes.
- M. J. Canalès, de Malaga, exposait de très-bonne essence de citrons; le Jury lui décerna la médaille de prix.
- L’extraction de l’huile d’olive a reçu de notables améliorations depuis quelqües années, surtout par l’emploi* des presses hydrauliques, qui donnent des produits plus abondants, et l’application de procédés plus expéditifs qui permettent d’éviter une fermentation trop avancée et les altérations pro-* fondes du fruit, si préjudiciables à la qualité et particulièrement à la saveur de l’huile.
- Des échantillons de produits obtenus dans ces conditions favorables étaient envoyés par la province d’Almeria; C. S. Montesinos, de Badajoz d’Albuquerque; Almadovar, de Rio; la province de Cordoue (l’huile était extraite des fruits d’oliviers sauvages] : J. Zayas, de Grenade (huile venant du village de Niguëllas) ; A. Dietz, de Ribera de Grenade (huile envoyée de Santa-Fé); Fernandez, de Malaga, et la province de Séville. Tous ces échantillons ont mérité la mention honorable.,
- Plusieurs échantillons d’huile d’olive étaient, en outre, exposés par le bureau d’agriculture de Valence, venant de chez MM. D. V. Tortosa et D. J. Gairascosa; le bureau d’agriculture de Cordoue et le comte Sobradiel, de Saragosse.
- »
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- . IV* JURY.
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- M. Lorea, de Murcie, présentait un échantillon d’huile de lin venant de Lorca, et D. S. Alvarez Calleja envoyait d’O-viédo de l’huile de noix.
- RUSSIE.
- f
- On remarquait dans ce département des échantillons venant de l’institut des forêts de Linsinsk, gouvernement de Saint-Pétersbourg, d’une huile pyrogénée préparée à l’aide des couches corticales externes du Bouleau. La matière résinoïde (bétuline observée par M. Chevreul), en s’altérant par la chaleur et l’action d’une petite quantité d’oxygène (sorte de combustion incomplète), produit l’odeur forte aromatique qui distingue le goudron d’écorce de bouleau des goudrons ordinaires; ceux-ci contiennent seulement les produits pyrogénés du bois (ou de la cellulose, plus des incrustations ligneuses).
- Le goudron d’écorce de bouleau redistillé exhale une odeur trop forte ; mais étendu d’eau, ou partiellement émulsionné, il peut être réparti, dans les peaux soumises au tannage, en doses assez faibles pour adoucir son odeur .et la rendre agréable : telle est l’origine de l’arome particulier au cuir de Russie. Le peu de matière huileuse odorante interposée dans ce cuir suffit non-seulement pour le caractériser par cet arôme spécial, mais encore pour éloigner les insectes qui attaquent les cuirs des reliures : aussi le cuir de Russie est-il recherché pour cette application. Sa souplesse remarquable êt sa résistance aux altérations spontanées le font appliquer avec avantage aux chaussures, à la sellerie et à diverses garnitures d’objets d’habillement et d’équipement.
- Le Jury décerna la médaille de prix pour ces échantillons d’huile distillée des écorces de bouleau.
- \
- PIÉMONT.
- MM. Girardi frères, de Turin, exposaient de beaux spécimens d’huiles de ricin, d’arachide, de lin et des graines de choux. M. S. Mesina, de Moro, et le chevalier Mancu Simone,
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- deSassari, présentaient de l’huile d’olive de bonne qualité, et M. J. Calvi, de Gênes, avait envoyé de l’huile, de lin bien préparée. Chacun de ces exposants reçut la mention honorable.
- SAINT-DOMINGUE.
- Sir R. SciïbMBURGK présentait, parmi les autres produits de cette île, un pain de cire végétale dure obtenue d’une plante indigène. Cette sorte de cire n’est pas seulement propre à la confection des bougies; elle est encore utile pour mélanger avec d'autres substances grasses, comme ia cire végétale tirée du Cap de Bonne-Espérance.
- DANEMARK.
- M. Soleph Owen, de Copenhague, exposait de bons spécimens d’huiles de lin et de navette à l’état brut et raffiné; il reçut une mention honorable.
- TURQUIE.
- La collection des matières premières ou produits bruts de la Turquie comprenait une nombreuse et intéressante série d’huiles grasses et d’essences provenant des diverses localités indiquées ci-dessous :
- NOMS i DES HUILES GRASSES. LIEUX DE PROVENANCE. NOMS DES HUILES GRASSES. LIEUX DE PROVENANCE.
- Huile d’amandes Damas. Huile d’olive... Adramati.
- Idem. Mentesche.
- Djendjiva. Idem,* Tripoli.
- d-r ,.n Constantinople. Idem.. Erzeroum.
- j> ]; _ Huile de sésame Constantinople. Beyrout. Moldavie.
- Brousse* Idem.
- Candie. Huile de graines de so-
- leil (Hel“ aan‘).
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- Parmi les huiles volatiles, les essences de roses et de géranium méritaient plus particulièrement de fixer l’attention (cette dernière est malheureusement employée quelquefois pour falsifier la première : elle coûte, en effet, beaucoup moins; d’ailleurs on l’emploie isolément avec avantage dans la parfumerie).
- La série des huiles volatiles se composait des sortes suivantes :
- NOMS DES HUILES VOLATILES. LIEUX SE PROVENANCE. NOMS SES HUILES VOLATILES. LIEUX SE PROVENANCE.
- Huile d’amandes amères.. Sara. Huile de menthe poivrée. Kezar.
- i . do fenouil........ Brousse* Idem. Carlova.
- La Mecque. Idem. Saïda.
- ' - — de laurier. ....... Salonique. Huile de romarin. Smyrne.
- de lavande... de rose . Kazemlik.
- de citron.. Salonique. — de sagouier? Elliserm.
- Idem Scio. Idem * . Constantinople.
- Huile de Acuts d’oranger. Constantinople. Huile de sahine........ Brousse.
- de marjolaine..... Salonique. d’aspic Idem.
- Idem Carlova. de térébenthine... Constantinople.
- Idem.. ............... Kezar* Idem................. Brousse.
- Huile de menthe poivrée. Ianina. Idem Nicomédie.
- Dans cette collection, les essences de roses et de fleurs d’oranger ont surtout paru mériter une mention honorable.
- TOSCANE.
- \
- Les échantillons d’huile d’olive de la Toscane étaient, en général, de bonne qualité : le Jury mentionna particulièrement ceux qu’exposaient MM. F. Qrsetti, de la partie montagneuse der Luçques; Rüschi frères, de Galici, près de Pise;
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- D. Pacini, deBuli, près de Pise, et le chevalier C. A. Saçacini, de Sienne.
- SUIFS, GRAISSES ET HUILES EXTRAITS DES ANIMAUX.
- # ' CIRES DES ABEILLES.
- Nous avons indiqué plus haut l’importance dii commerce des suifs et des importations qui s'effectuent principalement de la Russie et de l’Amérique méridionale. Les suifs de diverses contrées les plus productives sous ce rapport, et qui fournissent la matière première, en Europe, de la fabrication des acides gras solides et;liquidés': Ac. stéarique, ac. margarique, ac. oléique, etc., étaient à peine représentés à l’Exposition. Quant aux beaux échantillons d’acides gras et aux bougies que l’on en confectionne,ils étaient réunis, ainsi que les chandelles, aux objets soumis à l’appréciation de la,XXIXe classe; le beurre était compris dans les substances alimentaires et soumis à l’examen de la IIIe classe.
- ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE.
- MM. G.Dominic, T. Emory, F. Frank, Kolbrook et Stanley avaient exposé de l’huile fluide, blanche, extraite,du lard par la pression à une très-basse température. Cette huile est particulièrement propre à lubrifier les parties frottantes des machines; on peut l’employer, comme divers corps gras, pour fabriquer des savons, dans le travail des peaux, etc. Ces exposants reçurent la mention honorable.
- CAP DE BONNE-ESPÉRANCE.
- M. Clarencë exposait la matière grasse extraite de la queue d’une espèce particulière de moutons ; il a paru, d’après certains documents, que cette sorte de suif pourrait être livrée à bon marché et en quantités assez grandes au commerce : le Jury décerna, d’après ces vues, une médaille de prix à l’exposant. • i
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- NOUVELLE-GALLES DU SUD.
- MM. Moses fils et Davis exposaient du suif bien préparé ; cette industrie locale a paru digne d’intérêt, et les exposants ont obtenu une médaille de prix.
- CANADA.
- M. Jetu présentait un échantillon de l’huile de marsouin , qui est employée en grande quantité dans l’éclairage; le Jury lui donna une mention honorable. «
- PRUSSE.
- M. C. Romer reçut une mention honorable pour un échantillon d’huile.
- HOLLANDE.
- M. E. E. Visser exposait un échantillon de cire qui lui mérita une mention honorable.
- VAN-DIEMEN.
- M. W. Root avait présenté un échantillon de cire d’abeilles; il obtint une mention honorable.
- *
- PORTUGAL.
- M. F. Rretes et L'. de Carvalho exposaient de beaux échantillons de cire d’abeilles, qui leur valurent à chacun une mention honorable.
- SARDAIGNE.
- M. Guiso obtint aussi la mention honorable pour la cire
- . , I .
- quil avait exposee.
- TANIN, MATIÈRES PROPRES AU TANNAGE.
- Le principe immédiat des végétaux, désigné sous le nom de tanin, est l’acide tanique pur; cependant il existe plusieurs ta-
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- nins sécrétés dans certaines espèces végétales , particulièrement dans les vaisseaux propres des écorces du chêne, du sumac, du bouleau, de l’orme, du saule, du marronnier d’Inde; on a rencontré le tanin dans les feuilles, les gousses, les pépins de certains fruits avant la maturité, et très-abondamment dans les noix de galle (excroissances déterminées par la piqûre d’un insecte, cynips gallœ, sur les feuilles de chêne); le tanin pur, extrait des noix de galle, est composé de carbone, hydrogène et oxygène (C40, H18* O26). Le tanin de divers végétaux est caractérisé par une saveur très-astringente et, surtout, par la propriété de se combiner avec l’albumine, la glutine, la fibrine et la gélatine, comme avec la substance formant la plus. grande partie des tissus cutanés, de l’ichthyocolle, des tendons, du tissu fibreux des os, etc. : le composé, sensiblement imputrescible, qui résulte de cette combinaison explique l’utilité de l’application du tanin à la préparation des peaux, ou du taiïnage, qui conserve les peaux en les transformant en cuirs.
- C’est principalement l’écorce du chêne rouvre (Qaercas ro-bur) encore jeune que l’on emploie pour le tannage des peaux; on se sert, dans le même but, de plusieurs autres écorces, gousses, fruits etfeuilles contenant du tanin en moindre proportion. Les écorces, jeunes rameaux et feuilles de sumac (Rhus coriaria), arbrisseau de la famille des Térébinthacées indigènes de l’Orient et de l’Espagne, fournissent la substance tannante appliquée plus particulièrement au tannage des peaux qui doivent être soumises à la teinture en couleurs peu foncées, notamment pour fabriquer les cuirs teints et niaroquinés.
- La noix de galle est plus particulièrement employée dans la préparation de l’encre, l’extraction du tanin pour la clarification des vins, du tanin pur ou acide tannique à l’usage des laboratoires. Le cachou, obtenu en concentrant le liquide de la décoction des écorces et gousses de l’Acacia catechu, est réservé pour quelques teintures et des préparations médicinales.
- Bien que la production des écorces de chêne soit considérable en France et dans les autres contrées de l’Europe, on peut dire qu’elle est généralement insuffisante, ainsi que celle
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- des autres matières tannantes, pour les besoins de l’industrie : le tannage des peaux, la teinture en noir, les préparations pharmaceutiques, la clarification des vins, les expériences de laboratoire , etc.
- Il y aurait donc un grand intérêt à développer la production et le commerce des matières tannantes.
- Importations des matières tannantes et astringentes, en France, pendant l’année i853.
- DÉSIGNATION DES MATIÈRES. QUANTITÉS. VALEURS.
- Kilogrammes. 3,247,993 Francs. 229,^54
- 1,893,430 700,569
- 80,350 36,400
- Noix de galle 290,000 662,600
- Cachou 734,160 1,101,240
- TotaI 6,245,933 2,730,563
- Les exportations des mêmes substances ont représenté, pendant le même temps seulement, une valeur de 318,282 fr.
- Importations des matières tannantes et astringentes, dans la Grande-Bretagne, en i84g.
- DÉSIGNATION DES MATIÈRES. QUANTITÉS. '
- Quintaux. Kilogrammes.
- Ecorces à tan 368,582
- Cachou 169,140
- Valonia (cupules du chêne Ægylops) 333,420 ’
- Sumac t 251,800
- Total 1,122,942 65,130,636
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- Des perfectionnements notables pourront être apportés dans la préparation des extraits sous le rapport de la conservation du tanin, et pour éviter la coloration des sucs obtenus par infusion, en appliquant à la concentration de ces liquides les appareils propres aux évaporations rapides, et surtout en opérant dans le vide. »
- ANGLETERRE.
- MM. Curtis frères et Cie avaient exposé un grand assortiment des substances tannantes importées en Angleterre et employées par les tanneurs.
- Le, Jury décerne une médaille de prix pour cette intéressante collection, comprenant les écorces de chêne (Qaercus pedanculata et suber), de pin (Pinus larix), d'Acacia sp., d’Acacia arabica, d'Abies canadensis, deRhus conaria (écorces, rameaux, feuilles : Sumac), les cupules du chêne (Quercus œgilops), dividivi (Cœsalpina coriaria), myrobolans (Termi-nalia sp.), Terra japonica (cachou), du Nauclea gambir et Acacia oatechu.
- MM. Bevington et fils avaient exposé un grand nombre d’échantillons de substances astringentes propres au tannage, ainsi que les échantillons des différents produits obtenus en traitant les peaux par ces matières. Le Jury donna la mention honorable pour cette intéressante collection.
- Une autre série non moins intéressante d’échantillons de ces substances était exposée dans la collection des importations de Liverpool. Le tableau suivant indique les noms commerciaux, le nom botanique de la plante et les lieux de provenance :
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- NOM COMMERCIAL. NOM BOTANIQUE DE DA PLANTE. LIEUX DE PBOYENANCE.
- Ecorce de chêne....... Qnercus sp Hollande y Belgique.
- Ecorce de chêne-liége.... Quercas suber Rabat.
- Dividivi. Cœsalpina coriaria... Maracaïho, Rio de la Hache, Savanille.
- Algarlbilla Prosopis pallida...... Valparaiso.
- Valonia, ou cupul. de chêne Quercus Ægylops Smyrne, Camatena.
- Myrobolans Terminalia chclula.. . '. Indes orientales.
- Terr 'aponica (Cachou). Acacia catecha Indes orientales, Calcutta, Singapour.
- Kassu (Cachou) Idem. Ceylan.
- Trieste, Païenne, Marseille. Trieste.
- Feuilles de sumac. Idem
- La collection variée des importations, comprenant la plupart des échantillons ci-dessus, représentait ensemble une quantité de 2,600,000 kilogrammes.
- ' M. J. Kitchin exposait un bel échantillon de Sumac pulvérisé, tel qu’on l’emploie pour le tannage des peaux teintes et maroquinées.
- INDES ORIENTALES ET COLONIES-ANGLAISES.
- Dans la vaste collection des Indes, on remarquait, outre les substances habituellement importées pour le tannage, un grand nombre de matières astringentes propres aux mêmes usages et à diverses autres applications, mais généralement moins usitées ou moins connues, notamment les écorces d'Acacia arabica, d'Acacia catecha, de Rhizopora mangle, de Capisia auricalata, C. Fistala; de Shorea robusta, Panica gra-natum, Eagenia jambolana; le Butea hino, exsudation rouge du Bateafrondosa; le cachou, extrait de Y Acacia catechu et de plusieurs espèces rapprochées; le Gambier, extrait du Nauclea gambir; la gomme kino, tirée du Pterocarpas dalbergoides,
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- les noix de galle du Ficus infectoria et autres; la galle du Tamarix indica, le Dividivi du Cæsalpina coriaria; les Myro-bolans, fruits desséchés de plusieurs espèces de Terminalia, très-employés dans la teinture et le tannage : T. belerice, T. chebula, T. citrina, T. elata, T. angustifolia; les Myrobo-lans du Phylanthus emblica; le fruit du Diospyros glutinosa.
- M. Thalvitzer avait envoyé du Cap de BonneÆspérance des échantillons d’écorces de Mimosa pour lesquels il reçut une mention honorable.
- M. Jallon, de Montréal, avait exposé de beaux échantillons d’écorces d'Hemlock, accompagnés des spécimens de cuirs, pour démontrer les bons effets de cette substance dans les opérations du tannage. Le Jury lui donna une mention honorable.
- M. T. B. Duggin exposait des échantillons d’écorce du Spon-dias latea, très-abondant sur les rives de la rivière Berbice. Cette écorce est communément appliquée au tannage dans la Guyane anglaise.
- M. D. Shier avait présenté des écorces d'Avicennia nitida, arbre très-répandu sur la côte orientale de Demerary, également employées pour le tannage.
- M. Button, de Launceston, exposait des écorces <¥ Acacia mollissima et des extraits obtenus par décoction des écorces de cet acacia : il reçut une mention honorable.
- MM. J. Milligan, H. Hull et la corporation d’assurance de colonisation exposaient le kino, gomme bleue de ï Eucalyptus globulus, et les écorces astringentes de plusieurs Eucalyptes indigènes de l’Australie.
- NOUVELLE-ZÉLANDE.
- M. J. M. Vay présentait plusieurs beaux échantillons des écorces propres au tannage de la Nouvelle-Zélande, accompagnés de peaux taqnées ou teintes en noir avec ces matières astringentes. Le Jury donna la mention honorable à cet -exposant.
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- Taonui, un des chefs zélandais, exposait aussi plusieurs écorces à tan.
- BELGIQUE.
- MM. Struble et Baey, de Bruges, avaient présenté de beaux échantillons de tan d’écorces de chêne. Ils reçurent une mention honorable.
- GRAND-DUCHÉ DE HESSE-DARMSTADT.
- Le bureau d’agriculture de ce grand-duché exposait dû tan des écorces de chêne dans l’état où il est ordinairement employé par les tanneurs. /
- PORTUGAL.
- M. Manuel-Baptista Monteiro exposait de bons spécimens de sumac, provenant du Beira (Guarda), de l’Algarve et d’autres localités.
- ESPAGNE. '
- Le bureau D’Agriculture de Saragosse exposait, dans sa collection de matières premières, de bons spécimens de sumac sauvage.
- M. Torrelobaton, de Valladolid, présentait aussi un bon échantillon de sumac.
- . RUSSIE.
- Le Gouvernement de Chemakha, districts de Chousa et de Moucha, avait envoyé plusieurs échantillons’d’écorces du Punica granulatum, ainsi que des rameaux et feuilles de sumac propres au tannage. 1
- TUNIS.
- Les échantillons exposés dans la collection des matières premières envoyées de Tunis comprenaient plusieurs échantillons fournis par Elhage-Ali-el-Majboor , qui reçut une mention honorable.
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- TURQUIE.
- D’excellents spécimens de plusieurs substances commerciales propres au tannage étaient compris dans la collection des matières premières de la Turquie. On y remarquait :
- i° Des noix de galle envoyées de Kutayéh, Smyrne, Damas, Adana, Koniéh, Constantinople, Aïdin, Monastir, Ianina et Djibba; 2° des cupules de chêne Valonia (Quercus œgy-îops) venant de Constantinople, Smyrne, Balak-Hissar, Bigha-Adalia, Aïdin, Uschak, Sparte, Brousse, Adana des Dardanelles, Ianina, Kutayéh et Koniéh; 3° du sumac envoyé de Kaisariéh, Constantinople, Koniéh, Damas, Adana, Moula, de la Moldavie et de la Valachie.
- MATIÈRES TINCTORIALES ET COULEURS.
- Sous ce titre se trouvent naturellement comprises dès substances très-diverses : des végétaux entiers, tels que les lichens colorants, la gaude, Réséda luteola; des parties spéciales des plantes, telles que les fleurs du carthame ( Carthamus tinclorius), les styles et stigmates des fleurs du safran; la racine de garance, d’orcanette; lecorce d’un chêne, Quercus nl-gra} et les bois de teinture sous forme de bûches ou découpés en morceaux, ou effilés ou moulus; les fruits ou baies du Rhamnus infectorius et autres espèces voisines, dites graines jaunes du Levant ou d’Avignon; le produit soluble des exsudations provoquées sur des rameaux de plusieurs figuiers, Ficus religiosa, F. indica, d’un arbuste de la famille des euphorbiacées [Croton lacciferum), produit appelé lac-lake ou lac-dye; parfois des insectes entiers, tels que la cochenille; souvent des principes immédiats plus ou moins impurs extraits des plantes; tels sont : l’indigo, lagarancine, les extraits d’orseille.
- Les matières utiles de toutes ces substances ou matières premières sont les principes immédiats sécrétés dans l’organisme des végétaux ou des animaux (cochenille).
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- Ces principes immédiats sont colorés ou colorables sous l’influence de l’oxygène de l’air, favorisée quelquefois par la présence de l’ammoniaque (orseille).
- Plusieurs oxydes métalliques se combinent avec la plupart des matières colorantes jouant le rôle d’acides. Les composés insolubles qui prennent naissance, notamment avec l’alumine et l’oxyde d’étain, offrent de belles nuances et sont appliqués sous la dénomination de laques dans les peintures à l’huile et à l’aquarelle; parfois aussi ils forment la base des couleurs d’impression sur étoffes. . .
- Le charbon d’os pulvérisé offre la propriété remarquable de fixer les couleurs qu’il enlève de leur solution aqueuse sans les altérer, et de laisser redissoudre les principes colorants par des solutions légèrement alcalines.
- Les fibres textiles de cellulose, et, souvent mieux encore, les fibres d’origine animale, laine, soie, ont aussi la propriété de fixer plus ou moins solidement les matières colorantes organiques.
- Sous les influences réunies de l’air, de la lumière et d’une certaine humidité, les couleurs organiques sont attaquées : éprouvant alors les effets de combustions lentes, elles se changent en matières incolores ou jaunâtres. Si ces altérations s’effectuent rapidement, on regarde les substances qui les éprouvent comme étant mauvais teint, et l’on admet que les couleurs sont bon teint lorsqu’elles résistent assez longtemps à ces actions décolorantes.
- Les matières colorantes sont attaquées, changent de couleur ou sont transformées en matières incolores par l’acide • sulfureux, avec le concours de l’humidité, soit en se combinant avec cet acide, soit en lui cédant de l’oxygène. De là une application usuelle de l’acide sulfureux, gazeux ou liquide, pour enlevef différentes taches de fruit.
- On détruit, ou plutôt on transforme en matières incolores les principes immédiats colorés, soit au moyen de l’oxygène et de l’eau, comme cela peut avoir lieu par la rosée ; soit bien plus rapidement au moyen du chlore humide, qui pro-
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- duit également une oxydation aux dépens de l’eau, dont il prend l’hydrogène pour former de l’acide chlorhydrique, laissant en liberté l’oxygène agir à l’état naissant et avec énergie sur la matière colorante.
- Une action contraire, enlevant l’oxygène aux principes colorants, les décolore de même : c’est ce qui a lieu lorsqu’on fait agir sur eux l’hydrogène à l’état naissant, les sulfures alcalins, l’hydrogène sulfuré (acide sulfhydrique), les protoxydes de fer, de manganèse, et beaucoup d’autres corps réducteurs doués d’affinité énergique pour l’oxygène.
- Les arts de la teinture et de l’impression et l’extraction des matières colorantes ont reçu de puissants secours de la chimie et accompli de grands progrès. Depuis le commencement du siècle, on a découvert un grand nombre de principes colorants nouveaux ; on a pu isoler ou épurer plusieurs substances tinctoriales. Les lois de la fixation des couleurs et des combinaisons en proportions définies ont marché de concert dans les laboratoires, pour de là se répandre dans les ateliers : aussi les procédés de teinture, d’impression , de fabrication des laques, sont-ils devenus plus économiques, et la consommation des matières tinctoriales s’est-elle graduellement augmentée à mesure que l’usage des étoffes teintes ou imprimées se popularisait davantage. Le tableau du commerce général ou des importations et des exportations annuelles des matières tinctoriales en France .et en Angleterre, à peu près égales dans ces deux pays, donnera une idée de l’importance des grandes industries qui se rattachent aux applications de ces substances.
- FRANCE.
- Le commerce général des matières tinctoriales s’exerce en France non-seulement sur ces matières importées et exportées, mais encore sur les produits de nos cultures, notamment en ce qui touche les racines de garance, objet d’une culture et d’un commerce intérieur considérables.
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- IV0 JURY
- DÉSIGNATION des MATIÈRES TINCTORIALES ('). IMPORT EN li QUANTITÉS. ATIONS 53. VALEURS. EXPORT EN QUANTITÉS. ATIONS 853. VALEURS.
- Kilogr. Francs. Kilogr. Francs.
- Racines de garance 1,664,760 1,248,570 1,816,659 1,362,494
- Garance pulvérisée 79,525 79,525 14,596,512 14,596,512
- Garancine et extrait de garance. - M 1,353,602 3,384,005
- Racines de curcuma 983,380 588,228 18,832 11,299
- Racines d’orcanette 16,005 12,804 180,838 65,102
- Racines de garou 2,208 1,766 a „
- Quercitron 448,824 161,577 180,838 65,102
- Gaude U « 110,181 22,036
- Lichens tinctoriaux 1,282,939 1,218,792 64,895 61,650
- Extrait de Lois de teinture.... u « 292,635 731,588
- Safran 27,592 1,379,600 34,265 1,713,250
- Carthame ’ 174,340 313,812 23,510 42,318
- Nerpruç. 150,135 225,203 48,010 72,015
- Cochenille 277,107 8,313,210 86,598 2,597,940
- Kermès ( graines ) 6,748 60,732 5,388 48,492
- Laque ( teinture) 129,483 582,674 12,257 42,900
- Indigo. 1,666,987 33,085,108 464,855 9,579,528
- Rocou '. 368,320 1,104,960 245,425 726,870
- Tournesol en pâte 22,886 37,762 8,306 13,290
- Orseille » H 353,322 176,661
- Maurelle <7 « 39,714 39,714
- / Fernamhonc ..... 13,849 20,774
- Bois 1 Épine-vinette .... 164,288 32,858 O 6,448,018 1,612,004
- de teinture! Santal rouge 1,041,296 177,020 (3)
- en huches. 1 Nicaragua et sapan. 1,338,813 294,539 475,378 166,382
- \ Divers autres 21,489,234 4,942,524 -
- Importations , 31.348,709 53,830,028 26,861,038 37,091,152
- Exportations 26,861,038 37,091,152
- Commerce general r 58,209,747 90,921,180
- ( ) Les matières astringentes propres au tannage et aux teintures en noir ne sont pas comprises dans ce tableau j elles ont été indiquées ci-dessus , page 162. (a) Bois en huches. (3) Bois moulus.
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES. 171
- L’importance du commerce et des applications des matières tinctoriales en France, dont les données statistiques qui précèdent peuvent donner une idée, n’était pas complètement représentée par les échantillons de ces matières premières envoyées a l’Exposition universelle.
- La garance et ses produits constituaient les échantillons les plus dignes d’intérêt, bien que peu nombreux.
- La ciîambre de commerce d’Avignon, récompensée aussi par le Jury de la 2e classe, avait présenté une petite collection de garance et de garancine préparée pour la teinture. Le Jury lui décerna une médaille de prix.
- MM. Lazard et Lacroix, d’Avignon, exposaient un beau spécimen de garancine, résultat d’une application intelligente des observations scientifiques.
- Ces manufacturiers ayant remarqué une certaine infériorité dans la qualité de leur garance, comparativement avec les racines obtenues dans des localités différentes, en cherchèrent la cause dans la composition du sol : ils instituèrent des analyses chimiques comparatives et reconnurent que leurs terrains différaient, par des proportions de chaux beaucoup moindres, du sol qui produisait la meilleure garance.
- Us ajoutèrent dans leurs cultures l’élément calcaire qui manquait, et obtinrent les plus heureux résultats : le Jury accorda la médaille de prix à MM. Lazare et Lacroix.
- M. Mottet, qui exposait de beaux échantillons d’orseille, reçut une mention honorable.
- Des racines de garance de très-belle qualité se trouvaient au nombre des matières premières envoyées du déparlement d’Alger, plus particulièrement dans la collection de M. G. de Montigny, de Saint-Joseph, province d’Oran, qui exposait, en outre, un bel échantillon de safran : le Jury lui décerna une médaille de prix. (
- MM. Dupré de Saint-Maur, d’Arbal, province d’Oran, et J. Piglin, de Constantine, exposaient aussi de beaux échantillons de racines de garance : ils reçurent l’un et l’autre la mention honorable.
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- M. de Lutzow, de Bône, province de Constantine, présentait un beau spécimen de safran : il reçut la mention honorable.
- ANGLETERRE.
- La plus grande partie des matières tinctoriales qui alimentent le commerce anglais pour la consommation des fabriques ou les exportations viennent des colonies ou des possessions anglaises dans l’Inde, et de l’étranger,’notamment de la Turquie, la France, l’Italie, la Hollande, l’Espagne; la garancine vient également de France. Les bois colorants sont tirés de Mexico, d’Haïti, de Honduras, des Etats-Unis, des Indes orientales ou occidentales, de la Guyane anglaise, de l’Amérique anglaise du Nord, de l’Amérique centrale, de Cuba, de la Nouvelle-Grenade, du Brésil et de Vénézuéla; l’indigo vient principalement des Indes orientales, de l’Amérique centrale, de Cuba, de Honduras, du Chili; le lac-dye et le safran sont importés des Indes orientales. Les importations totales, pour le commerce intérieur et extérieur, se sont élevées en i849> pour les bois colorants, la garance, l’indigo, la cochenille, l’orseille et les autres substances tinctoriales, à 1,095,806 quintaux; ou 55,3oo,ooo kilogrammes.
- La collection des produits importés par Liverpool contenait un grand nombre de matières tinctoriales de diverses provenances.
- M. Bcrch exposait une grande et belle collection de substances tinctoriales, soit telles qu’on les récolte, soit préparées sous formes d’extraits, de précipités, ou de laques, ou de principes immédiats colorants ; il y avait joint des échantillons d’étoffes montrant les différentes phases de procédés de teinture et d’impressions, les uns applicables aux matières textiles végétales, chanvre, lin, coton, etc., et les autres aux filaments tirés des animaux, laine, soie, crin. Il y ajoutait en outre une collection à peu près complète des produits chimiques employés en teinture et impression, soit pour blanchir ou préparer les tissus, soit comme mordants, soit pour teindre ou
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- • SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES. 173
- imprimer sur coton, soie ou laine, soit enfin comme agents de réserve ou d’enlevage des couleurs, comprenant le chlore, l’hypochlorite de chaux; les acides sulfurique, chlorhydrique, azotique, acétique (ou pyroligneax), citrique, tartrique, oxalique; l’alun, l’alumine et l’acétate d’alumine; les sels de fer (sulfate, azotate, acétate, chlorure, cyanoferrure), les sels d’étain (proto et bichlorure); les sels de cuivre (sulfate, azotate, acétate,“chlorure) ; les sels deplomb (azotate, acétate) ; le sulfate de zinc; les sels de potasse (carbonate, bitartrate, oxalate, chromate, bichromate, prussiate ou cyanoferrure de potassium); le carbonate de soude et la chaux vive.
- Le Jury décerna une médaille de prix à M. Burch.
- Cet exposant, dans la vue de donner une démonstration plus complète de l’application des procédés de la teinture à Londres, avait présenté les échantillons des produits obtenus chez trois des principaux teinturiers en écheve'aux : MM. Reynolds, sur soie; M. Chabot, sur laine; et M. Burch, sur coton. Ce dernier présentait enfin une collection de teintures en couleurs solides sur fils pour les gants de coton, dont ordinairement les couleurs sont beaucoup trop altérables.
- MM. Lawson, dans leur intéressante collection, avaient exposé de très-bons spécimens des substances tinctoriales des plantes de l’Écosse; mais presque tous ces produits sont aujourd’hui dépassés en brillantes couleurs et bon marché par les matières analogues importées des contrées tropicales.
- MM. Smith père et fils exposaient une belle collection d’orseille cudbear et autres produits des lichens tinctoriaux, ainsi que des objets teints avec ces produits. En raison de l’excellente qualité de tous ces échantillons, le Jury décerna une médaille de prix aux exposants.
- MM. Wood et Bedford exposaient une collection remarquable des préparations de lichens, comprenant avec les matières colorantes, sous leurs différentes formes commerciales, les principes tinctoriaux séparés par les moyens de l’analyse; la démonstration de leurs usages par les échantillons des diverses substances teintes ; la soie, la laine, les plumes, le
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- cuir, les bois, le marbre, etc.; et enfin les principaux lichens employés en teinture; ils sont indiqués dans le tableau suivant :
- DÉNOMINATIONS DU COMMERCE. NOMS DES PLANTES. LIEUX f , DE PROVENANCE.
- Herbe d’Angola Ramalina farjaracea.... Angola.
- Herbe de Maurice Rocella juciformis Maurice et Madagascar.
- Idem Lima#
- Herbe de Valparaiso.... Idem Valparaiso.
- Rocella. tinctorîa*....... Iles du Cap-Vert. Tlfî* Oanarifis,
- Parmelia perla.ta........
- Parmelia tartarea
- Mousse vésiculeuse Umlilicaria pustulata.... Suède.
- Mousse de velours Gyrophora mûrina Suède.
- Parmi ces lichens, les uns (les premiers) se développent en parasites sur les arbres : ce sont les plus riches en principes colorants ; les autres viennent sur des rochers. Les échantillons d’orseille et de cudbear, offrant les nuances graduellement développées, sont bien préparés. Le Jury décerna la médaille de prix pour cette intéressante collection.
- MM. Long et Reynolds exposaient de beaux échantillons de safran, avec des spécimens de l’application de la matière colorante; ils reçurent une mention honorable.
- M. J. Marshall, de Leeds, présentait des échantillons de divers produits tinctoriaux, notamment d’orseille cudbear, du tournesol et une belle série de lac-dye. Une mention honorable lui fut accordée.
- COMPAGNIE DES INDES ORIENTALES.
- Cette honorable Compagnie exposait, parmi les nombreux
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- échantillons de matières premières qui lui ont valu de la part de la IVe classe la recommandation pour une première récompense (médaille du conseil), les échantillons des substances tinctoriales de l’Inde bien connues, et en outre un nombre considérable d’autres matières propres à la teinture peu ou pas connues en Europe, quoiqu’elles soient usitées dans plusieurs contrées des Indes. Leurs hautesses les rajahs de Kotah et de Cutch, qui avaient mis dans la grande collection des Indes orientales les divers échantillons intéressants de substances tinctoriales, reçurent une médaille de prix. Au nombre des échantillons reçus de ces exposants se trouvaient de très-bons spécimens d’indigo envoyés de Kotah et de Broach, de Sindh et de Madras.
- L’indigo figurait, en effet, au premier rang parmi les productions naturelles de l’Inde.
- Les plus beaux échantillons étaient exposés par MM. Mac-nair, de Baboukalhy; Arbuthnot, de Cuddapah, et les propriétaires de la factorerie de Joradah. Chacun de ces exposants obtint la médaille de prix. On avait présenté un intéressant modèle d’une factorerie ou manufacture complète d’indigo, montrant en action les naturels occupés à extraire la matière colorante dans les différentes phases de sa préparation.
- M. G.-F. Fisher, de Salem, exposait de l'indigo, dit pala ou palar, extrait, dans plusieurs parties de l’In'de, du Wrightia (Nerium) tinctoria, plante qui croît dans les terres arides. On assure que cet indigo est parfois mêlé aux autres indigos du commerce. Le Jury décerna une médaille de prix à M. Fisher.
- Le capitaine Smith , d’Assam, exposait de beaux échantillons de garance indienne, appelée munjit ou munjuth, du Rabia munjistha. Cette matière tinctoriale est estimée comme pouvant fournir des nuances à peu près aussi belles et aussi solides que la véritable garance. Le Jury décerna une médaille de prix à l’exposant.
- Sa hautesse le maharajah du Népaul exposait aussi des
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- échantillons de la garance indienne ; on en avait envoyé d’Aden et de Calcutta.
- Elle présentait, en outre, des échantillons de curcuma (Curcuma longa)\ il en était venu d’Assam, des Etats de Rajpoutana, de Rohilkund, de Calcutta, de Birbhoum, de Cuddapah, de Bombay, de Madras et de Java.
- Le capitaine Ogilvie avait envoyé de Masulipatam et de Palamcotah des échantillons de chay-root, racine de YOlde-landra umbellala, qui fournit une teinture analogue à celle de la garance indienne, mais moins estimée, d’après des essais qui semblent dignes de confiance.
- On avait envoyé de Malacca, de Java et des Célèbes, des échantillons du bois et de la racine de balu ou mangkudu, généralement usités dans l’archipel Indien.
- Il était venu d’Assam et des environs de Calcutta de l’an-notto, matière colorante extraite des graines du Bixia orelîana; des échantillons du bois desappan, Cœsalpina sappan, étaient envoyés du Bengale, de la province de Ténassérim, par Fan-Kim-Seng, de Siam, et des îles Philippines.
- Les écorces de plusieurs espèces de Morinda sont employées dans différentes parties de l’Inde. On en obtient des nuances rouges moins brillantes que celles de la garance, mais, à çe qu’il paraît, d’une solidité remarquable. Cette teinture serait peut-être améliorée à l’aide de procédés convenables que l’on se propose d’essayer.
- Le rajah de Kotah envoyait des États de Rajpoutana des échantillons de muddi, écorces du Morinda citrifolia. On avait envoyé de Patna des écorces du Morinda tinctoria.
- L’écorce de mangrove kaboung, Rhizopora mangle, employée pour teindre en couleur chocolat, arrivait a’Aracan. C’était une des matières colorantes pour l’introduction desquelles le docteur Bancroft avait obtenu un acte du Parlement qui lui accordait un privilège exclusif.
- Le capitaine Ogelvie envoyait, de la contrée de Ni-zam, des échantillons de pulos, tisso, ou fleurs de madouga, Buteafrondosa, employées dans la teinture en rouge; il en
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES. 177
- venait également de Tanna, du district de Birbhoum et de Cuttack.
- De beaux échantillons de safran bâtard carthame, Car-thamus tinctoria, étaient parvenus de Kotah, envoyés par le rajah, et d’Assam, par W. S. Hudson ; on en avait reçu en outre de Dacca, de Rohilkund, des Célèbes et des environs de Calcutta. La grande supériorité du carthame de Chine sur le carthame ordinaire de l’Inde orientale paraît tenir au défaut de soins convenables dans celle dernière contrée pour prévenir les altérations si faciles de la matière tinctoriale.
- Des fleurs du Nyctanthes arbor tristis, employées dans la teinture en jaune, étaient venues des Etats de Rajpoutana, envoyées par le rajah de Kotah et de Cuttack.
- La matière colorante préparée avec le fruit desséché du Roulera tinctoria, appelée capilla ringhill, rerso, patony, et employée pour teindre en couleur jaune-orange, donne une teinture brillante et solide; elle était envoyée d’Assam et de Cuttack.
- Le docteur Cley-Horn envoyait des forêts de Mysore, dans la péninsule, de beaux échantillons de gomme-gutte (du Gar-cinia tinctoria) ; le Jury lui décerna une médaille de prix.
- Plusieurs échantillons analogues étaient venus de plusieurs points de la même contrée.
- D’autres échantillons, de bonne qualité, de gomme-gutte tirée de YHebradendron cambogoides, avaient été envoyés de diverses localités dé l’Inde, notamment de Siam,,par M. G. Nicol, et, parmi les matières premières de l’archipel Indien, par MM. Hammon.
- Quelques matières astringentes propres au tannage des peaux et à la teinture figuraient au nombre des produits bruts de l’Inde : on y remarquait une collection de matières tinctoriales appliquées aux teintures en rouge, pourpre, jaune, chocolat, mais sans indications sur leurs propriétés ni sur les noms botaniques des plantes qui les fournissent; leur nomenclature, ne portant que les dénominations locales, n’offrait aucun intérêt.
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- N
- Enfin, parmi un très-grand nombre d'échantillons de lichens venus de diverses localités, quelques-uns étaient abondants en principes colofables et susceptibles d'être avantageusement employés dans la préparation des orseilles cudbear, extraits divers. On a remarqué les échantillons de Rohil-tund, de Mourched-Abad, des provinces de.Ténassérim et du Sind.
- CEYLAN.
- On avait reçu de Ceylan des échantillons de gomme-gutte, curcuma, myrobolan (fruits d’une espèce de Terminalia riches en tanin), et d'une substance jaune analogue à la gomme-gutte, appelée gomme gaju.
- GUYANE ANGLAISE.
- On ne voyait dans la collection des matières premières de cette contrée qu’un seul échantillon de substance tinctoriale, appelée lana-dye. Cette substance, extraite du fruit d’un arbre, lana-tree (Genipa Americana, L.), qui abonde dans la colonie, particulièrement sur les bords de la rivière Berbice, donne une belle couleur bleu foncé ; cette teinture paraît très-solide. Ces fruits étaient inconnus aux teinturiers d’Europe. Le Jury accorda une mention honorable pour ce produit.
- TRINITÉ.
- Dans la collection de la Trinité, on voyait des échantillons de campêche, de fustet et de curcuma.
- ÎLES FALKLAND.
- M. Whittington avait exposé un bel échantillon de lichen ou herbe d’orseille (Roccella fuciformis).
- AUSTRALIE.
- La corporation d’assurance pour la colonisation exposait de très-beaux spécimens des matières colorantes foncées tirées de différentes espèces de Xanthorœa.
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- ÎLE DE NORFOLK.
- M. W. Denison exposait une substance tinctoriale remarquable, appelée jus de sang, extraite d’un arbre de cette île et très-employée dans la teinture et l’impression sur calicot et comme encre indélébile pour le linge. Le Jury a accordé la mention honorable à l’exposapt.
- NOUVELLE-ZÉLANDE.
- M. J, A. Smith exposait des lichens dits herbe d’orseïlle, contenant une forte proportion de principe colorable. Le Jury lui donna la mention honorable.
- M. Mac Vay exposait des échantillons d’hinau (Elœocarpus hinau), écorce employée dans la Nouvelle-Zélande pour la teinture en noir et comme matière propre au tannage. Les échantillons de filasse de lin et d’autres substances teintes avec cette matière étaient remarquables par le ton brillant et foncé qu’ils présentaient.
- CHINE. 1
- Le consul de Sa Majesté à Chang-hai, exposait des échantillons de safran, de curcuma et d’une teinture rouge. On voyait en outre dans la collection des échantillons de Whi-mei, sorte de teinture verte, et des fruits du Gardénia radicans, employés pour teindre en jaune.
- ÉGYPTE.
- Des échantillons d’indigo, de safran et de sumac se trouvaient dans cette collection.
- AUTRICHE. * ,
- Un très-bel échantillon de racine d’orcanette, Anchusa tinc-toria, figurait parmi les collections de cet empire.
- ZOLLVEREIN.
- M. Giessler, de Troatelborn, près Erfurt, exposait un bel
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- 180 IV* JURY.
- échantillon de la matière colorante bleue extraite de YIsatis tinctoria, semblable à l’indigo. Il reçut une mention honorable.
- M. C. Jaeger présentait la matière colorante extraite du carthame préparée dans un état de concentration convenable pour être expédiée et pour l’usage des teinturiers.
- M. A. Scharenberg, de Neu-Strelitz, exposait un extrait de garance obtenu, dit-on, par un procédé économique.
- GRÈCE.
- MM. A. Malandrinus, d’Athènes, et G. Philippos, d’Eubée, exposaient des échantillons de racines de garance.
- ESPAGNE.
- On remarquait dans les collections espagnoles un grand assortiment de matières tinctoriales; les plus intéressantes étaient la garance, le bleu de pastel (Isatis tinctoria), le carthame (Carthamus tinctorius), le sumac sauvage, la gaude (Réséda luteola). La Société dite Bureau d’agriculture de Saragosse, qui présentait ces beaux échantillons, obtint une médaille de prix.
- La province de Murcie, MM. A. Matezana, de Ségovie, ét D..., de Valladolid, avaient exposé de beaux échantillons de garance. Des mentions honorables furent accordées pour ces trois expositions.
- La Société de botanique de Madrid présentait, parmi les collections de bois de Cuba, des échantillons de bois de teinture, notamment le bois de Brésil (Cœsalpina Sp.), le Clasia rosea, le fustet (Broassonetia tinctoria).'
- Plusieurs exposants de la province de Cadix présentaient des échantillons de garance et des extraits de garance.
- MM. Gisbert, d’Alicante, N..., des îles Canaries, et d’autres exposants de Murcie, de Séville,' de Zamora, avaient présenté des échantillons de gaude, Réséda luteola; un bon échantillon de racine d’orcanette, Anchusa tinctoria, venait de. Murcie.
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- PORTUGAL.
- Des échantillons de plusieurs espèces d’orseille, venant d’Angola, de Saint-Thomas, Mozambique, Vinnaudo, Minho, Madère, et des îles du Cap-Vert, des Iles Berlingues et du cap Roc, furent jugés dignes d’une mention honorable.
- TOSCANE.
- A
- L’Institut technique de Toscane présentait de très-beaux échantillons de racines de garance entières et en poudre, faisant partie de la collection qui obtint une médaille de prix.
- RUSSIE.
- La garance est cultivée sur une assez grande échelle maintenant en Russie, bien que la production y soit encore au-dessous de la consommation.
- Le gouvernement .de Derbent exposait des racines de garance. MM. Kerim-Raghim-Ogli et Babaieff-Arakel , qui présentaient les plus beaux échantillons, obtinrent une mention honorable.
- On voyait en outre, parmi les collections russes, du car-thame de Tiflis, du safran de Baki, des graines jaunes (Rhamnus insectorias) de Cubi, et le bois de Statice coriaria
- du GOUVERNEMENT DE StAVROPOL.
- TURQUIE.
- Un grand nombre d’échantillons de matières tinctoriales bien connues dans le commerce figuraient dans ce département. On remarquait surtout les garances, les graines jaunes et le carthame, le safran et l’orcanette de différentes localités. Plusieurs matières colorantes peu connues étaient envoyées de Koniéh, de Tripoli, de Kish et de la Mecque.
- TUNIS.
- Trois échantillons d’indigo, un de safran, figuraient dans la collection de Tunis; on voyait, en outre, un échantillon de grenades que l’on dit employées pour teindre en jaune.
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- BOIS. ,
- Nous donnerons d’abord quelques détails sur la composition des principales essences de bois; nous indiquerons lïm-portance du commerce international, les résultats de l’examen du Jury, et nous traiterons ensuite des causes d’altération du bois et des procédés de conservation appliqués dans l’in-* dustrie.
- La cellulose, plus ou moins injectée de matière organique incrustante, forme le tissu des bois; ceux-ci sont employés dans les constructions, la marine, le charronnage, la menuiserie, l’ébénisterie, les traverses des chemins de fer, le boisage des mines, la fabrication des produits pyroligneux, le chauffage, etc.
- La matière incrustante des bois est dure et cassante ; ses proportions varient dans les différents bois : elle est plus abondante dans le cœur que dans l’aubier et dans les bois durs et lourds que dans les bois tendres et légers. Elle contient plus de carbone et d’hydrogène que la cellulose ; c’est à sa présence surtout dans les tissus ligneux qu’est dû l’excès d’hydrogène sur les proportions qui avec l’oxygène constituent l’eau, et les plus fortes proportions de carbone que l’on rencontre dans tous les bois, même lavés; ou explique aisément, en tenant compte des proportions de la matière incrustante, les différences notables de la composition du ligneux, que l’on considérait naguère comme un principe pur, et qui est en réalité, comme je suis parvenu à le démontrer, un mélange de matière incrustante et de cellulose en proportions variables, suivant la nature du bois et la rapidité ou la lenteur de la croissance des arbres.
- La matière incrustante donne aux bois une densité plus considérable et une plus grande dureté; elle les rend susceptibles de prendre un poli plus brillant. Si les bois sont employés comme combustibles, la matière incrustante y est utile en raison de son excès d’hydrogène, qui, pour se brûler et
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- former de l’eau, exige, à poids égal, trois fois autant d’oxygène que le carbone pour former de l’acide carbonique, „et qui développe en brûlant à peu près quatre fois plus de chaleur que le carbone.
- Si l’on considère les bois comme matière première de l’acide acétique, il est utile de savoir qu’à poids égal aussi, la quantité d’acide produit augmente avec la quantité de matière incrustante contenue dans les substances végétales. En effet, j’ai obtenu :
- Pour 100 de chêne................ 4,o d’acide acétique.
- Pour i oo de peuplier...'......... 3,6 id.
- Pour îoo de coton................. 2,7 1 id.
- Pour 100 d’amidon................. 2,3 id.
- Le tableau suivant donne la composition de plusieurs bois et de la cellulose. La dernière colonne indique l’équivalent, en charbon, de chaque substance considérée comme combustible :
- BOIS ANALYSÉ. CARBONE. HYDROGÈNE. OXYGÈNE. ÉQUIVALENT EN CHARBOït.
- ;/
- Sainte-lucie 52,90 6,07 41,03 ’ 55,35
- Ebênier 52,87 6,00 41,15 53,75
- Sapin 51,79 6,28 41,93 54,70
- Chêne................ 50,00 6,20 43,80 53,30
- Hêtre 49,25 6,40 44,65 51,40
- Peuplier 47,00 5,80 47,20 47,20
- Cellulose 44,44 6,17 49,39 44,44
- 1 Le coton et l’amidon contiennent des traces de matières organiques étrangères à la substance amylacée ou à la cellulose, mais ne renferment pas de matière ligneuse ou incrustante.
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- La substance incrustante de différents bois est un produit complexe : elle se compose de quatre principes immédiats, que j’ai désignés par les noms de lignose, lignone, lignin et ligniréose. Les propriétés distinctives de ces substances et de la cellulose, soumises à plusieurs dissolvants, sont réunies dans le tableau suivant :
- INSOLUBLES
- DANS LES LIQUIDES INDIQUES EN REGARD.
- Lignose.... Lignone...
- Lignin.....
- Ligniréose.. Cellulose.,.
- Eau.
- Idem,
- Idem,
- Idem.
- Idem,
- Alcool. Étber. Ammo-
- niaque.
- Idem, Idem.
- Idem,
- Idem. Idem. Idem.
- SOLUBLES
- DANS LES SOLUTIONS OU LIQUIDES indiqués en regard.
- - —
- Potasse. Soude.
- Idem. Idem. Ammo-
- niaque.
- Idem. Idem. Idem. Alcool.
- Idem. Idem. Idem. Alcool.
- Étber.
- * La cellulose est insoluble dans les solutions même bouillantes de soude et de potasse, excepté lorsqu’elle est faiblement agrégée.
- On peut ranger dans les six classes suivantes les différents bois : lois lianes ou légers, lois durs ou lourds, bois de travail, bois colorants, lois résineux et lois odorants.
- Le peuplier, l’un des plus légers parmi les bois blancs, s’emploie, en planches minces, pour confectionner des caisses, des tonneaux légers, les divers emballages dont on a intérêt à diminuer le poids, comme pour les voliges des couvertures en ardoises. C’est un des plus mauvais combustibles : à poids égal, et à plus forte raison pour un égal volume, il donne moins de chaleur que tous les autres.
- Le bouleau, auquel on mélange souvent le peuplier, est bien préférable sous ce rapport : son tissu est plus serré ; dans les couches épidermiques de son écorce, il renferme
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- une matière résinoïde blanche (bétuline) qui conserve l’écorce, protège le bois et présente, comme les résines, un pouvoir calorifique très-grand. Cette épiderme multiple ou feuilleté sert à confectionner divers objets, tels que boîtes, tabatières, etc., qui résistent beaucoup mieux au frottement et à l’humidité que les cartonnages. Dans le Canada on construit en épiderme de bouleau de grandes barques dont on voyait un très-beau spécimen de 11 mètres sur im,6o, ayant fait 3,ooo milles en mer. Cet épiderme donne à la distillation une matière goudronneuse qui, en solution ou émulsion, est appliquée aux cuirs par le corroyage et leur communique l’odeur et les qualités du cuir de Russie : il suffit d’allumer un instant, puis d’éteindre l’écorce de bouleau, pour que la vapeur pyrogénée développe dans l’air cette odeur caractéristique.
- Le bois de peuplier est utile pour former les extrémités des trains et assurer sur les rivières le flottage des bois lourds (chêne, hêtre, orme, charme). On emploie aussi les bois légers ou demi - durs (peupliers, aunes, bourdaine, tilleuls, fusain, saules) et même, en Espagne, les tiges écorcées du chanvre (chèaevottes) pour préparer les allumettes et les charbons très-combustibles qui peuvent entrer dans la composition de la poudre à tirer.
- Les bois durs appliqués soit au chauffage,'soit à divers ouvrages, sont nombreux; les bois indigènes qu’on utilise le plus communément sont ceux de chêne1, de hêtre, de charme,
- 1 Le chêne commun, dont le cœur est beaucoup plus résistant que l’aubier, est un des bois les plus généralement usités pour les constructions, la menuiserie, la tonnellerie, la confection des échalas, les parties solides de divers meubles. Certaines espèces fournissent des produits spéciaux : les unes, un bois colorant; d’autres, par leur écorce, le tan; d’autres encore., par leur tissu sous-épidermique (périderme), le liège; par des excroissances végétales que provoquent des insectes, la noix de galle. Le chêne'vert est un des bois les plus estimés aux Etats-Unis pour construire les parties résistantes des vaisseaux; on intercale le cèdre rouge pour diminuer le poids de l’ensemble.
- Le hêtre et le charme sont particulièrement employés dans la menuiserie et dans la confection des meubles communs ou des meubles destinés au,
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- d’orme, de frêne, de cormier, de noyer, de châtaignier1 et d’acacia. Ce dernier est aujourd’hui l’un des plus estimés parrni les bois résistants; il doit sa dureté à la grande proportion et à la cohésion de la cellulose, peu injectée de matière incrustante, qu’il renferme. Sa rapide croissance permet de l’oblenir à un prix moins élevé que la plupart des bois durs. Il est économiquement employé pour les objets qui doivent résister au frottement, tels que les allachons et les dents des roues d’engrenage; pour ceux qui doivent présenter beaucoup de résistance et être peu accessibles à la pourriture, tels que les bobines des filatures de lin, les chevilles, les gournables (sortes de chevilles de navires), les rais des roues, les coins des rails de chemins de fer, les échalas des vignes, les tuteurs des pépinières, les encoignures des caisses d’orangers, les traverses des chemins de fer. L’acacia est employé avantageusement dans le boisage des mines, où sa durée est double ou triple de celle"du chêne, et de quatre à six fois plus considérable que celle des autres bois2.
- Le cormier, Sorbus domestica, est un des meilleurs bois pour former les pièces frottantes, notamment les dents et al-
- placage; le hêtre peut en outre servir à la filtration du mercure qu’on extrait des amalgames dans certains procédés métallurgiques. L’orme s’emploie dans le charronnage, notamment pour les moyeux des roues, les vis des pressoirs. Le châtaignier sert à la plupart des usages du chêne; il est préféré pour les sommiers (écrous) des pressoirs. Le frêne sert aux mêmes usages que le hêtre et le charme; on l’emploie, en outre, dans le charronnage.
- Les branches des hois durs servent’à fabriquer du charbon, et les menues branches, soit pour fabriquer le poussier qui entre dans la.confection des charbons moulés, soit comme combustible pour chauffer les fours, cuire la chaux, le plâtre, les briques, etc.
- 1 La résistance et la longue durée attribuées au bois de châtaignier dans les charpentes paraissent devoir être reportées au chêne blanc, que l’on a confondu souvent avec le châtaignier.
- 2 Plusieurs bois, comme le noyer, employés pour la confection des meubles, de quelques objets d’ébénisterie, etc., sont intermédiaires entre les plus lourds et les plus légers : ce sont, notamment, le merisier, qu’on colore pour imiter l’acajou; le platane, remarquable par ses reflets brillants lors-
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- Juchons des engrenages, les rabots, varlopes des menuisiers, tonneliers, etc.
- Le micocoulier ou perpignan, Cellis Australis, cultivé en Provence, en Espagne, sur les cotes d’Afrique, offre un bois fibreux résistant, blanchâtre et remarquable par «a souplesse et sa force; on en forme des brancards, des fourches (façonnées au four), des manches de fouets, des cercles de cuves et de tonneaux; plusieurs autres espèces de celtis sont désignées par les qualifications à'Occidentalis, d'Orientalis, etc. L
- Les bois exotiques des îles et d'Algérie, dits d’ébénisterie, ont, en général, un tissu injecté de matières colorantes et incrustantes présentant beaucoup de cohésion : aussi peut-on les diviser en lames très-minces, susceptibles d’un beau poli, applicables surtout dans l’ébénisterie comme bois de placage, Les Antilles, le Brésil, le Japon, les Indes orientales, nous fournissent des bois de teinture fortement injectés de matières colorables et colorantes, employés.
- Quelques arbres recèlent dans leur tissu ligneux des huiles essentielles en assez grandes proportions pour exhaler très-longtemps une odeur agréable : tels sont le Cedrela odorata, le bois de rose [Convolvulus scoparia), YAmyris balsamifera. Ces bois odorants s’emploient dans l’ébénisterie pour la confection de divers petits meubles, garnitures et objets de luxe.
- qu’il est verni; le marronnier et Je sycomore (érable), utilisés dans la fabrication des instruments de musique (violons, basses, etc.); le tilleul, bois très-tendre, qui sert à sculpter de petites ligures, découper des feuilles très-minces, des bandelettes de sparterie, et dont l’écorce, avec le liber, est fort usitée pour confectionner des cordes à puits.
- Le hêtre, l’aune, le bouleau et le noyer s’emploient dans la confection des sabots.
- Les différents bois de travail et de construction peuvent être préservés ‘pendant de longues années des altérations spontanées en les injectant de diverses substances antiseptiques (voyez plus loin les procédés de conservation des bois).
- 1 Les noyaux des fruits de Celtis présentent cette particularité remarquable que j’ai signalée, d’être formés de cellulose incrustée dans les nombreuses loges des cellules épaisses par du carbonate de chaux.
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- Quelques bois d’une grande dureté sont, plus particulièrement réservés pour les menus objets de tour : ce sont notamment le gaïac (Guiacum officinale), le sainte-lucie [Cerasus_ mahaleb), l’ébène (cœur du Diospyros ebenam), le buis, dont on fabrique des bobines, des galets, des moules à soufre, à beurre, des planches à graver et un grand nombre d’objets usuels.
- Les bois résineux, en raison de la résine qu’ils contiennent, développent en brûlant plus de chaleur que les bois blancs; la présence de la résine permet de comprendre aussi leur ' plus longue durée dans les constructions.
- Dans les divers départements de l’Exposition universelle en i85i, les collections de bois étaient très-nombreuses; on comptait par milliers les échantillons présentés, et parmi eux un grand nombre peu connus étaient fort intéressants, en raison de leur dureté, du beau poli dont ils étaient susceptibles, de leur résistance probable aux actions mécaniques ou chimiques.
- Malheureusement les prix de revient aux lieux de consommation n’étaient nulle part indiqués. Il est très-regrettable que cette utile condition n’ait pas été remplie, car elle aurait permis de juger des applications que l’on aurait pu faire de ces bois dans les constructions, l’ébénisterie, etc.; le Jury manquait donc des éléments indispensables pour apprécier le principal mérite de ces grandes collections.
- Toutefois, il a particulièrement distingué, en raison du nombre, du classement méthodique et des indications précises sur les noms botaniques des arbres qui fournissent ces différents bois :
- La collection française envoyée de l’Algérie par M. le Ministre de la guerre ; les grandes et belles collections anglaises des Indes orientales et les échantillons, provenant de diverses contrées, exposés par M. W. W. Saunders, ceux qu’avaient envoyés MM. Fauntleroy père et fils, les bois compris dans la nombreuse et instructive collection de M. Lawson, enfin la collection espagnole remarquable des bois de Cuba.
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- FRANCE.
- Les applications des différents bois en France ont une très-grande importance; la production indigène de cet empire, quoique très-considérable, est bien loin de suffire à la consommation. On pourra s’en faire une idée en jetant les yeux sur le tableau ci-après, indiquant les lieux de provenance, la nature et la valeur des bois importés et exportés. Certaines espèces de bois durs propres à i’ébénisterie et de bois colorants ne peuvent croître que dans des contrées plus chaudes que la France; nos possessions algériennes pour-l'ont concourir à la fourniture d’une partie de ces bois, qui feront toujours l’objet d’un important commerce international.
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- COMMERCE GÉNÉRAL DES BOIS EN FRANCE EN l853.
- NATURE w-3 IMPORTATIONS. EXPORTA-
- LIEUX O H £ TIONS.
- A, P '
- DE PROVENANCE. DES BOIS. QUANTITÉS. VALEURS.
- ^ H « VALEURS.
- BOXS A BRÛLER , BO IS DE CONSTRUCTION , BOI I DE MA RINE ET D’IN DUSTRIES DI\ £ PERSES.
- Allemagne, Belgique, Bois ài brûler, ! Stère. 122,071 732,726
- Suisse Fagot. 867,750 173,426
- Belgique , Allemagne, Charbon de bois M.cub. 171,027 3,164,000
- Espagne, etc
- Suisse, Allemagne, Su^ Bois de construct, brut. Stère. 270,145 9,455,075
- de, etc
- Pin et sapin.
- Norwègc, Suède, Suisse, Scié, 80mm et plus Idem. 192,610 7,704,760
- Allemagne, etc..... Scié, 34 à 80“““ Idem. 34,160,147 27,328,118
- ; Scié, moins de 34mm,. Idem. 3,802,500 2,660,780
- Orme, noyer, etc.
- Brut Idem. 28,946 868,380
- Belgique, Allemagne, Scié, plus de 80mœ..,. Idem. 13,238 436,854
- Etats Sardes, etc... Scié, de 34 à 80mm ... M.cub. 2,131,020 1,385,163
- Scié, moins de 34mm. . Idem. 353,512 212,107
- Etats-Unis, Russie, Allemagne Bois de marine.
- Mâts Pièce. 2,266 362,560 8,023,366f
- Russie, Allemagne, etc. Mâtereaux. Idem. 1,977 88,965
- Norwège, Russie, Suè- Espars Idem. 8,692 217,300
- de, etc J PigouiUes Idem. 13,845 20,768
- Manches de gaü'e Idem. 18,357 11,014
- j Bois d’industries diverses.
- Belgique, Allemagne , ( Perches Idem. S94.037 402,316
- Allemagne, Suisse, E-tats Sardes J | Echalas Idem. 496,834 9,937
- Deux-Siciles, Etats Sar- i Feuillards Idem. 20,378,505 1,306,264
- des, Suisse, Belgique. 1 '
- Etats-Unis, Autriche, (Merrains, chêne Idem. 9,597,900 8,794,074
- Italie, etc }
- Autriche, Belgique, Ita- {Id.,au-dessous de 974mm Idem. 5,611,998 1,794,199
- Autriche, Italie, Espa- 7 (Merrains, autres bois.. Idem. 3,635,276 1,090,583
- gne, etc )
- BOIS EXOTIQUES D’ÉBENISTERIÉ.
- Haïti, Guyane anglaise, Cuba, etc •. | Acajou scié Kilog. 7,141,805 2,499,631
- Brésil, Cayenne, Tur- ( Gaïac, angica, ébène, 2,703,426
- quie, Indes anglaises, j cèdre, cedrela, buis Idem. 8,558,819 9,835,697
- Haïti, Etats-Unis, Sé- 1 et autres bois exoti-
- ncgal, etc l ques )
- Valeur 1 TOTALE / 1 79,724,697 10,726,792
- Voyez page 170 pour les bois colorants, dont la v tree et de 1,778,386 francs à la sortie. aleur est de 5,467,715 francs à l’en-
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- La plus remarquable collection exposée dans le département français venait de l’Algérie; elle faisait partie des produits variés pour lesquels la IVe classe avait recommandé la grande médaille, et comprenait les espèces et variétés suivantes ;
- Chêne vert, Qaercus virens1.
- Chêne liège, Quercus suber1.
- Frêne, B'raxinus1.
- 'Orme, Ulmus1. t
- Micocoulier, Celtis australis1.
- Cormier, Sorbus domestica, terminalis 1.
- Cèdre, Pinus cedrus.
- Mûrier blanc, Morus alla.
- Jujubier, Ziziphus jujaba.
- Jujubier des lotopliages, Ziziphus lotus (bois dur).
- Thuya articulé (arbre vert), Thuja articulata (bois dur résineux).
- Pin pinier (arbre vert), Pinus pinea (bois résineux).
- Grand cyprès d’Italie (arbre vert), Cupressus (bois résineux).
- Ricin arborescent, Ricinus commuais (bois faible, léger).
- Aune, Alnus (bois doux, grain serré, jaunâtre.
- Pin maritime, Pinus maridma (bois résineux).
- Saule fragile, Salix fragilis (bois léger, faible).
- Genévrier phénicien, Juniperus phœnicea, de Zerulda (bois dur, résineux). Sumac, Bhus coriuria (bois peu tenace).
- Phyllirea, Phyïlirea (bois dur, à grains serrés).
- Lentisque commun, Pislacia (bois dur et pesant).
- Grande bruyère arborescente, Erica arborea[ bois dur, à grains très-serrés ). Figuier commun, Ficus carica (bois très-tendre, faible).
- Pistachier térébinthe, Pistacia terebinihus (bois dur, résineux, tissu serré). Cytise, Cytisus (beau bois serré, dur, cœur de couleur noisette). Tamarix, Tamarix. '
- Saule marceau, Salix (bois léger, souple).
- Faux pistachier ou térébinthe (grand arbre).
- Garoubier, Cercis siliquaslrum (envoyé de Mouzaïa).
- Olivier sauvage, Olea (envoyé, de Mouzaïa).
- Arbousier, Arbutus (bois dur).
- Cerisier sauvage, Prunus cerasus (bois dur, rougeâtre).
- Érable napolitain, Acer (bois à grains serrés, peu tenace).
- Laurier rose, Nerium oleander (beau bois dur, quoique léger).
- Lierre, Hedera (bois de faible diamètre, peu résistant).
- 1 Voyez les propriétés caractéristiques de ces bois, pages i85 et suiv.
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- Pin d’Aiep, Pinus Halepcnsxs (bois résineux).
- Myrte, Myrias (bois dur, serré, lourd).
- Prunellier sauvage, Prunus (beau bois dur, à tissu serré).
- Genévrierà feuilles de cèdre, Juniperus (bois résineux, couleur noisette). Houx, Ilex (bois dur).
- Laurier sauce, Laurus (bois tendre, peu résistant).
- .Aubépine, Cratœgus (beau bois, dur).
- Nerprun alaterne (arbre vert), Ramnus alalernus (bois dur, cœur brun, rouge, aubier belle teinte jaune).
- Citronnier (arbre vert), Citrus limoninm (bois dur).
- Oranger (arbre vert), Citrus aurantium (bois dur).
- Une collection nombreuse d’échantillons des bois des Hautes-Pyrénées figurait aussi dans le département français et montrait distinctement, par des coupes appropriées, les effets produits par ces bois dans les ouvrages debénisterie. Le Jury décerna une médaille de prix pour cette collection.
- M. Moussillac-Amand , de la Réole, exposa des spécimens de bois d’acacia employé dans les dentures et alluchons des machines et pour les divers autres usages énumérés p. 186. Le Jury accorda la mention honorable à cet exposant.
- ANGLETERRE.
- Les collections présentées dans ce département comprenaient les produits de 182 espèces d’arbres croissant dans les différentes parties de la Grande-Bretagne, les bois récoltés dans les vastes possessions anglaises, et même les échantillons des produits de ce genre qui sont l’objet du commerce avec les différentes contrées du globe : aussi ces riches collections, dans leur ensemble, étaient sans contredit les plus nombreuses et les plus variées.
- Les lieux d’ou proviennent principalement les bois importés en Angleterre sont l’Amérique septentrionale anglaise, la Prusse, la Russie, la Suède, la Norwège, les Etats-Unis, l’Afrique occidentale , la Toscane , les États pontificaux , l’Inde britannique, l’Australie, Spanishlown, la Guyane anglaise, etc., etc.
- L’importation annuelle totale de bois brut en grume,
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- planches, etc., s’élève à deux millions de loads ou cent millions de pieds cubes, équivalant à 3,448,ooo mètres cubes ou stères.
- Huit sortes commerciales de bois sont admises comme étant de première classe dans les constructions de la marine; on les désigne sous les noms suivants :
- i° English oak (chêne anglais) (Quercas robur) ;
- 2° American live-oak (chêne vert d’Amérique) (Qaercas virens);
- 3° Africanoak (chêne d’Afrique);
- 4° Morung saul (Shorea robasta, Dipterocarpœ);
- 5° East indian teak (Tectona, Indes orientales);
- 6° Green heart (Nectaudra Rodiœi);
- 7° Mora ( Mora excelsa);
- 8° Iron bark (Sideroxylon).
- M. W. W. Saunders exposait une collection de bois des différentes contrées du globe, notamment de la Grande-Bretagne, de l’Europe, de l’Asie, de l’Afrique, de l’Amérique du Nord, des Indes occidentales, de l’Amérique du Sud, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, avec les noms botaniques et, pour la plupart, les indications des qualités distinctives ou des usages, du poids au pied cube et de la densité apparente.
- Le Jury décerna, d’une voix unanime, une médaille de prix à cette collection , comprenant plus de 900 échantillons ainsi étiquetés : c’était la plus grande et la plus instructive de toutes les collections individuelles.
- MM. J. et R. Harrison exposaient une belle série de 160 échantillons des bois les plus usuels dans l’ébénisterie et la sculpture, taillés sous forme de livres, faciles à ranger sur des rayons de bibliothèque et montrant bien les principaux caractères extérieurs de chacun de ces bois de travail. Le Jury accorda une médaille de prix aux exposants.
- MM. R. Fauntleroy et fils présentaient une belle collection d’environ 5o espèces de bois étrangers propres aux ouvrages de décors et d’ébénisterie : tous les échantillons étaient iv® jüry. i3
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- taillés, palis et vernis de manière à montrer leurs différents aspects et les effets les plus avantageux qu’on en pouvait obtenir. Le Jury accorda la médaille de prix à ces exposants.
- M. Holt Apphel exposait une collection instructive des différents bois propres à confectionner des ouvrages taillés au tour; les extrémités des échantillons avaient été tournées de façon à montrer les effets produits par les différentes coupes des outils du tourneur. Une médaille de prix lui fut accordée.
- MM. Scott et Cie avaient exposé plusieurs beaux échantillons de marqueterie en bois de rose et noyer. Le Jury leur donna la médaille de prix.
- M. S. Cross présentait une collection de 63 échantillons des bois de construction, de menuiserie et d’ébénisterie cultivés en Angleterre. Il reçut une mention honorable.
- MM. Lawson avaient exposé, parmi leurs belles collections, de beaux échantillons des principaux bois exploités en Ecosse* montrant, par des coupes appropriées, non-seulement les propriétés caractéristiques, mais encore les maladies auxquelles sont particulièrement assujettis les arbres d’où proviennent les bois en question. Le classement méthodique, suivant l’ordre alphabétique des noms, ajoutait à l’intérêt de la collection. Voici la liste des arbres pour les constructions, les objets d’ornement et la production des fruits :
- Acer campestre.
- Acer plalanoïdes.
- Acer pseudo-platanus. Acer saccharinum.
- Acer striatum.
- Æsculus hippocastanum. Al nus glutinosa.
- Alnus incana.
- Amygdalus commuais. Arbutus unedo.
- Carayana arborescens. Carpinus betulus. Castanea vesca.
- Cerasus lusitanica. Cerasus padus.
- Cerasus sylvestris. Cerasus vulgaris. Cratægus coccinea. Cratægus oxycantba. Cratægus punctata. Cupressus sempervirens. Cupressus thyoïdes. Cydonia vulgaris.
- Cytisus alpinus.
- Cytisus laburnum. Cytisus scoparius.
- Fagus sylvatica.
- Fraxinus excelsior.
- Ilex aquifolium.
- Juglaus regia.
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- Juniperus virginiana (cèdrerouge.) Pyrus communis.
- Mespilus germanica. Pyrus malus.
- Ornus europæa. Quercus cerris.
- Pinus abies. Quercus coccinea.
- Pinus alba. Quercus îlex.
- Pinus balsamea. % Quercus pedunculata.
- Pinus canadensis. Quercus sessiflora.
- Pinus cedrus. Rhododendron arboreum.
- Pinus cembra. Rhododendron ponticum.
- Pinus iaricio. Robinia pseudo-acacia.
- Pinus iaricio austriaca. Salix alba. •
- Pinus larix. Salix babylonica.
- Pinus microcarpa. Salix caprea.
- Pinus nigra. 1 Salix forbyana.
- Pinus penduia. Salix fragilis.
- Pinus picea. Salix russelliana.
- Pinus pinaster. Salix triandra.
- Pinus slrobus. Salix viminalis.
- Pinus sylvestris. Sambucus nigra.
- Popuius alba. Taxus baccata.
- Populus nigra. Thuya occidentalis.
- Prunus domestica. Ulmus cijmpestris.
- Prunus spinosa. Ulmus montana.
- Pyrus aucuparia. Viburnum opulus
- La série des importations de Liverpool comprenait une belle
- collection de bois étrangers, très-digne d’être notée ici; plusieurs des échantillons étaient particulièrement beaux, et tous parfaitement mis en ordre. ^
- Beaucoup d’autres collections de bois rangées dans le département anglais ont fixé l’attention du,Jury; nous rappellerons ici les noms des exposants qui ont obtenu la mention honorable :
- i° M. le marquis de Breadalbane, qui présentait des échantillons venus dans les comtés de Perlh et d’Argyle ;
- 2° Sir W. Murray, des spécimens de bois d’épicéa, d’une sapinière de Stratavon ; en Ecosse ;
- 3° M. J. Long, une série de bois venus en Irlande;
- 4° M. Classon , une petite collection de bois irlandais ;
- 5° MM. Gillow etCie, beaux échantillons de bois d’acajou
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- venant de Saint-Domingue ; plusieurs beaux ouvrages de marqueterie en bois de chêne provenant d’ùn arbre tiré de la forêt de Whistleburg (Northamptonshire) ;
- 6° M. Samuels, une bordure de tableau ou cadre formée de plusieurs bois anglais, notamment de chêne, orme, frêne.
- On connaît peu en Europe les qualités et la valeur des bois qui croissent aux Indes ; sans doute la plupart ne pourraient y être importés avec avantage, mais ils pourront être d’une grande utilité dans les contrées mêmes qui les produisent, à mesure que les bienfaits de la civilisation s’y répandront. Le développement des voies ferrées nécessitera l’emploi de quantités de bois fort considérables ; dans cette application et plusieurs autres, il importera de choisir les bois les plus fortement incrustés, résineux, capables de résister aux puissantes causes de destruction par les insectes dans les régions tropicales.
- INDES ORIENTALES.
- ‘ ’ t
- On assure que les bois de plusieurs espèces de Bridelia donnent d’excellentes charpentes ; le Bridelia montana, très-commun, atteint de grandes dimensions. Le toon, Cedrela Toona, est généralement usité dans l’Inde pour les ouvrages de me-nuiseriè et d’ameublement. Le bois noir, ou rosewoodsit-sâl (Dalbergia latifolia), acquiert de grandes dimensions sur la cô£e de Malabar : c’est un bois brun-verdâtre, très-dense, présentant de belles veines de couleur plus claire; il prend un beau poli, et est très-usité pour la fabrication des meubles. Il est également fort estimé pour les pièces des machines, les affûts des canons : aussi en a-t-on planté de yastes forêts dans les provinces du nord-ouest de l’Hindoustan. Le saul ou sâl, Shorea robasta (jDipterocarpœ), est peut-être le meilleur bois de construction de l’Inde : il est d’une nuance brune claire, très-dur; son poids spécifique varie de 920 à 1182. Pour la force et la ténacité, il est bien supérieur au bois de teck.
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- Les bois kadum - berriga, Diospyros ebencaster, et huru-gulu, Chloroxylon Swietenia, sont très-beaux et fort estimés pour les ouvrages de marqueterie et de menuiserie.
- L’honorable Compagnie des Indes avait exposé, parmi les matières premières si nombreuses placées dans son département, une vaste collection de bois formée d’un grand nombre de collections^ individuelles, qui comptaient par centaines leurs échantillons, souvent remarquables, en raison de propriétés exceptionnelles: poids spécifique, dureté, poli, couleur foncée, etc., ou parfois légèreté extrême.
- On remarquait, au premier rang, les collections des docteurs Wallich et Roxburgh, ainsi que les très-nombreuses séries des bois venus de la péninsule malaise, d’Amherst, de Tavay, de Ténassérim, de l’île du Princede-Galles, d’Assam, de Cuddapah, de Madras, etc.
- En considération de l’étendue et de l’importance scientifique de la collection du docteur Wallich, composant 45o échantillons, le Jury n’aurait pas hésité à lui décerner une médaille, si ce savant botaniste n’eût été membre du Jury lui-même, et, par ce seul fait, exclu du concours. Aujourd’hui, nous remplissons un devoir de cœur et d’équité en rendant hommage au caractère honorable, à la science et à la rare modestie de l’un de nos savants collègues, bienveillant entre tous; peu de temps après le concours universel, plein de jours, il a quitté ce monde, profondément regretté de ses compatriotes et des jurés étrangers qui ont eu le bonheur de partager ses travaux, d’apprécier l’extrême aménité de son caractère et le charme de ses relations amicales.
- M. Commissioner Blundsll reçut une médaille de prix pour une belle collection des bois d’Amherst.
- MM. Almeida, de Singapour, obtinrent une semblable récompense pour de beaux spépimens de bois de Lingoa et de Kagubuka.
- Une mention honorable fut donnée à chacun des exposants dont les noms suivent :
- M. A. Onslow, de Ganjam; D. Magne, de Cuddapah;
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- Walter Elliott, de Vizagapatam; J. E. Chapman; le lieutenant-colonel Tclloch ; le commissaire général de Madras ; le capitaine Ogilvie, de Masulipatam; le capitaine Maistand et le major Balfour, de Madras ; le docteur Hunter, de Madras ; le docteur Wight , de Coimbatore ; le capitaine Marquart , de Chittagong ; et J. R. Colvin. .
- Les autres collections de bois des possessions anglaises venaient de l’Hindoustan (docteur Roxburgb), Travancore et Palama-Cottah (colonel Frith) , Coimbatore (docteur Wight), Canara (colonel Frith), forêts du Malabar (J. E. Chapman), Assam (M. Martin, le major Hannay et le capitaine Reid), Té-nassérim, Singapour, Penang (colonel Frith), île du Prince-de-Galles, archipel Indien, Ceylan, Cap de Bonne-Espérance, Bahama, Trinité, Canada.
- Des collections très-remarquables des principales sortes de bois du Canada se rencontraient notamment dans l’exposition de la commission centrale de Montréal; le Jury lui décerna la médaille de prix.
- MM. Reed et Meakins , de Montréal, avaient aussi présenté une belle collection de bois d’ébénisterie, pour lesquels ils reçurent une semblable récompense.
- Plusieurs exposants particuliers présentaient des échantillons des bois de la Guyane anglaise.
- M. J. Outridge et J. S. Stuchburg obtinrent, pour leurs belles collections, une médaille de prix.
- MM. A. Buchanan, T. B. Duggin, T. Faucet, G. Pontifex et J. F. Bee obtinrent chacun la mention honorable.
- M. C. Burnnet, parmi les bois de la Trinité, exposait un très-bel échantillon de bois de cédrèle ( Cedrela odoraia) de grande dimension ; il reçut la mention honorable.
- MM. Day et W. Francis avaient exposé,' parmi les échan-tillonsde laNouvelle-Galles du Sud, deux collections qui méritèrent la mention honorable.
- Son Excellence sir W. T.Denison, MM. Fowler , Whitsides , Mac Naughten, Hadden, Brownrigg et Hood exposaient de très-intéressantes collections des bois durs bruns, et des bois
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- mous, etc., de la terre de Van-Diemen. Une médaille de prix fut accordée à chacun de ces exposants.
- MM. Eüston et Milligan, H. Hull, révér. E. Freeman, Quin et lieut. Akers exposaient plusieurs variétés des bois de la même contrée. Us obtinrent chacun la mention honorable.
- Voici quels sont les bois les plus remarquables de ces differentes collections de la terre de Van-Diemen:
- Bois noir ( Acacia melanoxylon), bois dur, très-dense, richement veiné, atteignant de grandes dimensions et dont on peut se procurer de très-grandes quantités; il est applicable à la confection des ouvrages d’ébénisterie, tabletterie, marqueterie. Sa nuance foncée présente d’heureux contrastes lorsque l’on combine ses effets avec ceux du beau bois de pin huon (Dacridium Franklinii).
- Bois dit blue gum (de gomme bleue). Ce bois, encore peu connu, provient d’un arbre, Eucalyptus globulus, de dimensions énormes, le tronc atteignant jusqua 62 mètres de longueur; on le dit de qualité égale à celle du cœur de chêne pour la construction des navires. Un pied de blue gum, près de Tobosa, sur le versant septentrional du mont Wellington, présente un diamètre dépassant 9 mètres à sa base, et ce n’est pas pour cette sorte d’arbre une dimension exceptionnelle.
- Bois de pin céleri (celeri-pine), Phyllocladus asplenii-folia, d’un arbre qui croît dans les parties comparativement froides et humides de la terre de Van-Diemen et peut atteindre une hauteur de 48 mètres. C’est un bois à tissu serré, d’un beau blanc, propre aux ouvrages de menuiserie et d’ébénisterie.
- Dog-Wood (Bedfordia). L’arbre qui le fournit atteint une grande hauteur dans l’île de Marie ; ce bois est tacheté et très-convenable pour l’ébénisterie et les objets d’ornement.
- Pin huon, huon pine (Dacridium Franklinii), tres-beau bois de nuance claire, marqué de points bruns, surtout vers la partie inférieure du tronc; très-remarquablement propre aux objets d’ébénisterie et de décors.
- Bois de fer (Notilia ligustrina), d’un arbre dont le tronc
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- atteint rarement un diamètre de plus de 33 à 36 centimètres. L’échantillon présenté avait cependant un diamètre de 63 centimètres et avait pu être débité en rouleau propre à confectionner des poulies de vaisseaux. La grande dureté et la densité considérable de ce bois le rendent très-propre à cet usage.
- Bois de musc (Eurybia argophylla), d’un petit arbre qui croît dans les parties humides de forêts serrées. Ce bois est dur, tacheté, susceptible d’un beau poli, doué d’une remarquable odeur de musc, très-convenable pour la tabletterie et la marqueterie.
- Bois de myrte, d’un arbre (Fagas Cuninghamii) qui forme des forêts serrées, d’une étendue de plusieurs kilomètres, dont le tronc atteint une circonférence de 12 mètres et une hauteur proportionnée ; ce bois est dur, dense, susceptible d’un beau poli, d’une couleur violet rougeâtre, veiné surtout vers le bas du tronc de l’arbre, et très-propre aux ouvrages d’ébé-nisterie.
- She-oak, chêne femelle, ou bois de bœuf (Casuarina quadri-valvis), bois dur, d’ébénisterie, très - agréablement tacheté, susceptible d’un beau poli.
- Tao-Nui , l’un des chef natifs de la Nouvelle-Zélande, avait envoyé une bonne collection des bois de cette contrée; le Jury lui décerna une médaille de prix.
- MM. J. Johnson et W. Fox exposaient de petites collections de bois de la Nouvelle-Zélande. Le Jury leur accorda la mention honorable.
- AMÉRIQUE.
- La collection américaine des bois ne présentait pas un grand nombre d’échantillons; elle formait deux séries.
- Le révérend L. Thompson , de Burlington, présentait une collection composée d'échantillons bien choisis des bois de Vermont, portant des étiquettes instructives, reproduites de 1 ouvrage utile publié par l’exposant sur l’histoire naturelle du Vermont. Le Jury lui accorda la médaille de prix.
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- M. R. S. Pell, de New-York, avait exposé une série de i47 échantillons, la plupart pris sur de jeunes arbres ou des branches et ne pouvant donner une idée exacte des qualités du bois; cependant la IVe classe lui accorda une mention honorable.
- Le comité de Maryland exposait de bons spécimens des bois de cette contrée. Le Jury lui donna la mention honorable.
- M. E. B. Bell , de Charleston, envoyait de beaux échantillons des bois de la Caroline du Sud, particulièrement du chêne vert ( Quercus virens), dont la grande importance pour les constructions de la marine est généralement connue. Le Jury lui accorda la mention honorable.
- AUTRICUE.
- MM. le Dr Bienert et fils exposaient une série remarquable de planches de pin [Abies iaxifolia), destinées à servir de tables sonores pour les instruments de musique. La grande homogénéité de ce bois, l’absence de nœuds sur une très-large étendue, le rendent très-convenable pour cette application. Une section de l’arbre, ayant plus d’un mètre de diamètre, montrait au delà de 470 cercles concentriques, ce qui faisait supposer que l’arbre avait été abattu âgé de près de cinq siècles. Une mention honorable fut accordée à MM. Bienert et fils. Aucun autre échantillon de bois n’était exposé dans ce département.
- TOSCANE.
- L’institut royal technique de Toscane avait présenté à l’Exposition une très-belle collection des bois de l’Italie ; elle faisait partie des collections de matières premières de la Toscane, qui lui valurent une médaille de prix. 1
- La collection des bois, au nombre de 87 espèces, était formée de deux parties distinctes, l’une comprenant tous les bois de construction, l’autre les bois d’ebenisterie et de décors. Les échantillons étaient tailles de façon a faire bien juger des principaux caractères de ces bois et de leurs effets
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- dans les ouvrages de luxe. Plusieurs étaient d’une grande valeur par leur beauté et leur rareté.
- M. Ducci, de Florence, exposait quelques très-beaux échantillons de bois de marqueterie et de noyer coupés suivant une méthode de son invention. Le Jury lui décerna la médaille de prix.
- ESPAGNE.
- On ne voyait aucun échantillon des bois de l’Espagne ; mais, parmi les possessions de ce royaume, File de Cuba et les îles Philippines avaient envoyé de grandes collections. Cuba exposait, au nombre de 2 25 échantillons, des bois de construction et d’ébénisterie appartenant à i34 espèces d’arbres, la plupart très-denses et durs, quelques-uns résineux, d’autres dont l’écorce est employée par les tanneurs (Belotia greviœfolia, Avicennia tomentosa, Ficus populnea, Psidium pomiferum, Lonchocarpus sericeus). Quelques-uns des arbres auxquels les bois de cette collection appartiennent donnent des fruits mangeables; un plus grand nombre portent des fruits ou donnent des feuilles employés à la nourriture des animaux.
- Le cabinet du jardin botanique de Madrid présentait les bois de la collection de Cuba tous taillés sous la forme de livres, taillés, polis et vernis de façon à faire valoir le mieux possible leur apparence dans des sections différentes.
- Cette belle collection avait été réunie par les soins de M. Ramon de la Sagra; tous les bois dont elle se composait sont décrits dans son grand ouvrage sur Cuba. Le Jury décerna la médaille de prix pour cette collection.
- La société économique de Manille présentait la collection des bois des îles Philippines, au nombre de 213 échantillons. On regrettait beaucoup que cette collection ne fût accompagnée d’aucun catalogue qui eût pu augmenter beaucoup son intérêt; le Jury lui accorda, toutefois, la mention honorable.
- SAINT-DOMINGUE.
- Sir R. Schomburgk, consul à Saint-Domingue, exposait des
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- échantillons d’acajou et de satin-wood (Swietenia chloroxylon) parmi les matières premières de cette république, qui obtinrent une médaille de prix.
- PORTUGAL.
- M. le marquis de Loulé exposait une petite collection de bois. Le Jury lui accorda la*médaille de prix.
- MM. le marquis de Ficalho et A. P. F. Vaz exposaient des échantillons des bois ordinaires des foi^ts de Ceira.
- AFRIQUE (ROYAUME D’ANGOLA).
- Le gouverneur d’Angola exposait un échantillon du bois appelé tacula wood, considéré comme le plus beau bois* connu pourl’ébénisterie; il reçut la médaille de prix.
- WURTEMBERG.
- Le professeur Nordlinger, de Stuttgart, présentait une collection de bois très-bien choisie et parfaitement arrangée, préparée de façon à faire bien ressortir les caractères de chaque bois; tous les échantillons portaient une portion de l’écorce, enfin une coupe, vue sous le microscope, montrait la structure du tissu ligneux. Le Jury lui décerna la médaille de prix.
- BAVIÈRE.
- M. J. Heusteh, de Lindberg, près de Linsel, exposait des bois pour les tables d’-harmonie des instruments de musique. Le Jury lui accorda la mention honorable.
- RUSSIE.
- Il n’y avait qu’un petit nombre d’échantillons de bois dans les collections de la Russie.
- M. A. Kaufmann présentait une'série des principaux bois de construction des gouvernements de Grodno, Minsk et Volhynie; il obtint une médaille de prix.
- Le gouvernement de Courlande avait envoyé des échantillons de bois de rhododendron d’Ozoorg et le gouverne-
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- ment de Tiflis, des bois de noyer et de frêne : une médaille de prix fut accordée à chacune de ces deux expositions.
- TURQUIE.
- La Turquie avait envoyé une belle collection de bois de grandes dimensions, mais à l’état brut, en sorte qu’il était impossible de bien apprécier leurs*qualités.
- Cette collection contenait principalement les bois de hêtre, frêne, bouleau, poirier, prunier, érable, cormier, tilleul, noyer, orme, peuplier, chêne, buis, saule, pin, genévrier, mûrier.
- Quelques échantillons de bois de construction figuraient parmi les collections de matières premières de Tunis.
- ÉGYPTE. ,
- La collection égyptienne des produits bruts contenait de beaux échantillons de bois, accompagnés de renseignements utiles sur leur application, notamment dans la construction d’usten'siles agricoles; les bois d’acacia et le bois très-dur de nabh, ressemblant à l’ébène, sont au nombre des plus résistants.
- CHINE.
- On voyait dans ce département de nombreux échantillons de différents bois malheureusement d’un trop faible volume et trop incomplètement étiquetés pour avoir l’intérêt qu’ils auraient pu offrir dans de meilleures conditions.
- CONSERVATION DES BOIS EN FRANCE ET EN ANGLETERRE.
- Le problème de la conservation des bois est l’un des plus importants que puisse avoir à résoudre la chimie industrielle : en effet, par suite des développements de l’industrie et de l’établissement des chemins de fer, la consommation des bois est toujours croissante, tandis que plusieurs causes, parmi lesquelles il faut d’abord compter les défrichements des forêts,
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- tendent à en diminuer la production. La surface de nos forêts appartenant aux particuliers, à l’Etat et aux communes était de 9,590,000 hectares en 1791; elle se trouvait réduite à 8,860,000 hectares en i85i.
- , Avant d’indiquer les moyens appliqués à la conservation des bois, nous rappelons les circonstances qui déterminent leurs altérations. 0
- . La présence de la matière azotée, bien qu’en faible proportion , dans les bois y provoque l’altération désignée sous le nom de pourriture : celle-ci résulte des fermentations produites par le concours de l’oxygène de l’air, de l’humidité et des ferments que les matières azotées engendrent. Ces ferments transforment en acide carbonique, alcool, acides acétique, lactique, etc., les substances sucrées et leurs congénères, puis déterminent la putréfaction des matières azotées, etc. C’est encore la substance azotée qui, servant de nourriture à divers insectes, les scolytes, les cossus, les saperdes, leperitelus, les termiles, et à certains mollusques, les tarets, etc., porte ces espèces destructives à envahir les arbres, les bois abattus qu’elles détériorent rapidement, et les bois des navires dans les bassins de construction l. C’est encore en grande partie aux dépens de ces matières azotées, analogues aux matières animales, que se développent à la surface et jusque dans le centre du bois les diverses végétations cryptogamiques, les moisissures, champignons, etc.
- La cause principale de l’altération des bois réside, comme on le voit, dans la présence et l’altérabilité des matières azotées. O11 peut en conclure que les agents propres à la conservation des bois doivent être ceux qui assurent la conservation des matières animales elles-mêmes.
- La difficulté de résoudre le problème consiste à faire pénétrer l’agent antiseptique dans l’intérieur des cellules, des fibres, des vaisseaux, et dans les interstices qui les séparent.
- 1 Un vaisseau de ligne tout neuf, le Miani, s’est écroulé dans les chantiers de Bombay, envahi par dq§ myriades inaperçues de termites (fourmis blanches) qui avaient pulvérisé toute la masse interne des pièces de bois.
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- Champy, l’un des premiers (en i8i3), y est parvenu en plongeant dans du suif, chauffé de i5o à 200 degrés, des bois encore humides. Pendant cette immersion, l’eau hygro-scopique se réduit en vapeur, chasse l’air et les gaz enfermés dans le tissu; sa condensation, effectuée par le refroidissement, opère un vide ensuite, et la pression de l’atmosphère force la matière grasse à pénétrer dans les pores du bois. Les bois ainsi injectés se conservent parfaitementl. Plusieurs liquides, dont le point d’ébullition est plus élevé que celui de l’eau, peuvent pénétrer dans les bois à l’aide de ce moyen : ainsi, les huiles, les résines, les goudrons, agents efficaces de conservation, pénètrent les bois légers * tels que les pins, les sapins, les peupliers, etc. En faisant subir cette préparation aux bois légers, j’ai pu augmenter leur poids au point de le porter de 100 à i5o sous le même volume, en leur donnant une im-putrescibilité qui permettrait de les employer dans les constructions où domine une humidité habituelle, ainsi que dans les fabriques de produits chimiques, où des vapeurs acides attaquent les bois plus rapidement que l’humidité seule.
- Le procédé par imbibition consiste à immerger simplement le bois dans un liquide antiseptique, en l’y laissant baigner pendant un temps assez long; mais les gaz que renferment les bois s’opposent à la pénétration du liquide au delà de quelques millimètres 2.
- Kyan a fait, en 1832,un essai heureux de la simple immer-
- 1 Ce procédé était nouveau alors et remarquable par le fait de la pénétration obtenue à l’aide du vide laissant agir la pression atmosphérique extérieure. Quant à la propriété antiseptique inhérente aux cor^ gras, elle était depuis longtemps connue : en 1756, Haies avait conseillé de plonger les planches des navires dans l’huile végétale pour prévenir les altérations dues à la sécheresse et à l’humidité. En construisant plusieurs vaisseaux, on pratiqua une cavité au bout de chaque étambot, afin de la tenir constamment pleine d’huile de poisson. On sait que les vaisseaux baleiniers, imprégnés d’huile, durent très-longtemps, que les clôtures en douves de tonneaux à huile sont les meilleures.
- a A moins qu’on ne les immerge debout, en laissant l’extrémité supérieure du tronc hors du liquide : dans ce cas, la force capillaire introduit
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- sion, pour imprégner d’une solution contenant 0,01 de bi-chlorure de mercure les bois destinés à la construction des serres du duc de Devonshire : il a diminué l’inconvénient que nous venons de signaler, en divisant le bois en planches, assemblées ensuite avec des boulons pour en former des poutrelles (après une immersion de quinze jours).
- M. Bréant fit construire un appareil à l’aide duquel il soumit à une pression de dix atmosphères les bois immergés : réduisant ainsi le volume des gaz, il fit pénétrer les solutions dans presque toutes les cavités. Son procédé devint plus efficace encore lorsqu’il effectua d’abord le vide pour faire dégager les gaz renfermés dans le tissu ligneux, opérant ensuite une pression de 10 atmosphères pour forcer le liquide à pénétrer dans les fcavités du bois.
- M. Payn imagina plus tard un appareil qui réalise industriellement l’idée primitive de Bréant. C’est un grand cylindre en tôle, de 2 mètres de diamètre et de 10 à 20 mètres de longueur, fermé d’un bout par une calotte hémisphérique, comme un générateur ordinaire; l’autre bout s’ouvre et se ferme à volonté par une calotte mobile à bride munie d’agrafes articulées, à boulons. Ce grand cylindre, solidement maintenu en chantier, couché horizontalement sur son axe, reçoit les pièces de bois chargées sur deux ou trois chariots qu’on introduit successivement à l’aide de rails en fer extérieurs correspondant avec de semblables rails fixés dans l’intérieur du cylindre : lorsque le cylindre est chargé de deux, trois ou six chariots (suivant la longueur du cylindre et des pièces de bois), on ferme l’-extrémité ouverte, en présentant, à l’aide d’une grue tournante, la calotte mobile et serrant les brides par les boulons des agrafes; un tube amène alors de la vapeur qui chasse l’air contenu dans le cylindre ; on ferme le robinet de dégagement de l’air et ensuite le robinet qui introduisait la vapeur; un arrosage d’eau sur la superficie du cylindre*
- le liquide (chauffé, s’il est trop visqueux) par le bas, et, à mesure quil s’élève, il chasse l’air et les gaz, qui sortent librement par la section du haut.
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- opère la condensation ; ouvrant alors le robinet d’un tube qui plonge dans le liquide à injecter, le cylindre se remplit; on achève à l’aide d’une pompe qui foule le liquide jusqu’à la pression de dix atmosphères; au bout de six à douze heures, suivant le bois, la pénétration est effectuée, souvent jusque dans le cœur; on vide le cylindre en ouvrant un robinet, et l’on peut décharger les bois ou pratiquer une deuxième injection1. M. Payn emploie successivement deux solutions, l’une de sulfure de baryum, l’autre de sulfate de fer, qui, par double décomposition, laissent dans le bois des précipités de sulfure de fer et de sulfate de baryte. 1
- M. Payn n’avait joint à la machine qu’il exposait aucune description 'de son procédé ni des réactifs employés.
- M. Burnett, qui fait pénétrer dans le bois une solution contenant deux centièmes de chlorure de zinc (avec le même appareil), réussit bien ; son procédé est en usage pour la marine. Le Jury lui décerna une médaille de prix.
- M. Bethel mérita la même récompense pour l’heureuse application de l’huile distillée du goudron, dite créosote brute, qui conserve parfaitement les traverses en bois des chemins de fer.
- M. Moll avait, quelques années auparavant, exposé le bois dans une chambre close où il injectait de la vapeur, qui', raréfiant l’air, force les gaz contenus dans le bois à s’échapper.
- Il introduisait ensuite de la vapeur de créosote, qui se condense , pénètre dans les bois et les protège contre la pourriture et les insectes.
- M. Boucherie, mettant à profit les expériences de Haies et de Duhamel, employa l’aspiration vitale pour faire pénétrer dans les arbres, debout ou récemment abattus, le liquide préservateur. Cet ingénieux procédé peut être utilisé dans des " circonstances particulières. L’aubier des arbres étant plus poreux que le cœur, le liquide y pénètre assez facilement,
- 1 On injecte à la fois dans le cylindre, long de îo ou 20 mètres, 3oo ou 600 traverses ayant chacune 26 à 3o cent, sur i3 à i5 d'équarrissage et 2m,70 de longueur.
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- tandis qu’il n’arrive pas en général vers le centre. Certaines irrégularités dans la pénétration des bois par ce moyen produisent, à l’aide de sciages appropriés, des veines ou marbrures d’un aspect particulier et parfois agréable. Ces bois pourraient trouver des applications dans l’ébénisterie pour les objets de luxe; mais la consommation en serait assujettie aux caprices de la mode.
- L’application de ce procédé tst facile : en effet, l’arbre étant sur pied, il suffit de faire à la base deux incisions laissant entre elles un intervalle de quelques centimètres, et de disposer alentour une bande de toile enduite de caoutchouc recevant d’un petit tonneau le liquide qui doit être aspiré par l’arbre. La main-d’œuvre dispendieuse et l’irrégularité de la pénétration ont fait abandonner ce moyen.
- M. Boucherie a fait ensuite l’application d’un procédé dit par déplacement II consiste à maintenir l’arbre, récemment abattu, dans une position presque horizontale, à entourer le tronc, près de son extrémité large * d’un sac de cuir ou tissu imperméable que l’on maintient sur un bourrelet de glaise par une forte ligature; on fait arriver le liquide préservateur dans ce sac, à l’aide d’un tube partant d’un tonneau placé à proximité : la sève est chassée par le liquide, qui s’introduit dans les conduits ouverts. Relativement à certaines essences, il suffit de quelques minutes pour que le liquide arrive à l’autre bout de l’arbre ; cela tient à ce que les canaux du bois sont très-irréguliers dans certaines espèces et que le passage se fait plus facilement et presque entièrement dans les canaux d’un grand diamètre. C’est-ce qui arrive dans le chêne, dont l’aubier présente ces canaux à large section, tandis que dans les pins et les sapins les fibres ligneuses, sous forme de longs tubes, laissent infiltrer bien plus régulièrement les liquides et déplacer la sève. M. Boucherie a rendu très-simple et facile l’exécution de ce procédé : il prend, par exemple, une pièce ou bille de bois ayant deux fois la longueur d’une traverse de chemin de fer, il donne au milieu un trait de scie qui pénètre jusqu’à 3 ou 4 centimètres du côté opposé; soulevant au
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- milieu la pièce de bois au-dessous de la portion ménagée, il fait ouvrir la fente, garnit ses bords d’une corde goudronnée ; puis, ôtant la cale de dessous, le poids de la pièce fait serrer fortement la corde dans la fente ; il suffit alors de percer un trou de tarière entre le dessus de la pièce et l’espace vide entre les deux parties pour insérer le bout d’un tube et faire arriver un liquide qui s’insinue dans les fibres et canaux et se rend peu à peu vers les deux extrémités. Après beaucoup d’essais sur les diverses solutions salines, M. Boucherie donne la préférence au sulfate de cuivre dissous dans la proportion de 2 à 3 centièmes du poids de l’eau. Plusieurs centaines de traverses ainsi préparées se sont bien conservées. Le Jury décerna une médaille de prix à cet exposant, prenant en considération les longues recherches du docteur Boucherie.
- Les divers mofens de pénétration, notamment ceux de Bréant, de M. Payn et du docteur Boucheriè, réussissent bien sur le hêtre, le peuplier, le charme, le sapin, le pin, le platane, le bouleau. L’injection relativement au chêne ne pénètre en général que dans l’aubier. De l’avis de tous les ingénieurs, le meilleur agent chimique de conservation est l’huile de goudron, dite créosote brute, mélange de carbures d’hydrogène que l’on obtient en faisant passer à la distillation les 25 centièmes environ du poids du goudron de houille des usines à gaz. On ne peut malheureusement s’en procurer des quantités suffisantes pour injecter toutes les traverses des chemins de fer.
- Charbons de bois.
- Parmi les produits de la carbonisation des matières ligneuses, le Jury distingua au premier rang la collection exposée sous le nom de charbon de Paris.
- L’industrie remarquable qui a poyr résultat la fabrication dun charbon moulé et aggloméré, dit charbon de Paris, fut fondée en 1849 Par M. Popelin-Dücarre; elle ouvre un débouché utile aux menus poussiers de charbon, au tan
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- épuisé et aux débris des forêts et défrichements (branches, bruyères, etc.), comme aux goudrons des usines à gaz.
- Ce qui caractérise nettement l’industrie nouvelle, c’est l’agglomération et l’adhérence des particules charbonneuses au moyen d’une matière qui, en se carbonisant, ne laisse autre chose qu’un charbon interposé.
- Le goudron brut, qui remplit bien ces conditions, laisse environ 0,25 de son poids de charbon produisant l’effet voulu, l’agglomération, en même temps qu’il dégage pendant cette carbonisation des carbures d’hydrogène et gaz carburés qui suffisent à produire la chaleur nécessaire pour effectuer la carbonisation et toute la vapeur capable de développer la force mécanique employée dans l’usine.
- Les opérations consistent à broyer les matières charbonneuses (poussiers ou débris ligneux carbonisés), à les mélanger avec le goudron, à soumettre le mélange à un broyage mécanique à l’aide d’une ingénieuse machine inventée par l’exposant, puis à carboniser les cylindres carbo-goudronneux dans un four à moufle du même auteur.
- Ces charbons moulés s’emploient au chauffage de toutes les opérations culinaires et des laboratoires ; dans leur combustion, ordinairement plus lente et plus régulière, se réalisent des conditions notables d’économie comparativement avec le charbon de bois usuel.
- Pour les analyses élémentaires en particulier, le chauffage au moyen des charbons moulés offre l’avantage de fournir une température plus facilement réglée et de produire bien moins du rayonnement de calorique qui.fatigue l’opérateur.
- Les produits de cette industrie nouvelle sont employés dans un grand nombre d’établissements publics, chez les particuliers et dans les laboratoires de Paris, notamment au Conservatoire des arts et métiers, à la Monnaie, à l’École de pharmacie, aux Mines, etc.
- L’une des matières principales, le goudron, se produit en abondance dans les usines à gaz, qui se multiplient dans la plupart des villes de France et de l’étranger.
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- Celles de ces usines qui, à Paris seulement, alimentent environ 90,000 becs allumés chaque soir, donnent près de 5 millions de kilogrammes de goudron, quantité qui suffirait à une fabrication dépassant 12 millions de kilogrammes de charbon. .
- Une seule fabrique, montée à Paris par M. Popelin-Duearre, graduellement augmentée depuis six ans, consomme par jour 6,000 kilogrammes de goudron et obtient journellement 3oo sacs de charbon de Paris pesant chacun 5o kilogrammes, ou ensemble i5,ooo kilogrammes, ce qui représente, en supposant 35o jours de travail, une production annuelle de 52,5oo,ooo kilogrammes. Cette remarquable industrie valut à son auteur la grande médaille, proposée par la IV0 classe dans le concours international et votée par le conseil des présidents.
- Son importance actuelle, telle que nous venons de la définir, représente une production double de celle qui était réalisée à l’époque de ce grand concours.
- M. Violette, ingénieur, avait exposé des bois carbonisés à divers degrés au moyen de la vapeur surchauffée. Ce moyen, originairement dû à MM. Thomas et Laurent, a reçu de M. Violette des perfectionnements et de nouvelles applications, notamment la préparation du charbon propre à la fabrication de la poudre, la cuisson des biscuits d’embarquement, la cuisson (dessiccation) du plâtre, etc.
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES. 213 SUBSTANCES EXTRAITES DES ANIMAUX.
- FIBRES TEXTILES1, MATIÈRES GRASSES2, ICHTHÏOCOLLE, GÉLATINE, COLLES FORTES, ALBUMINE.
- ICHTHYOCOLLE.
- Sous ce nom on désigne une substance organisée, la vessie aérienne de plusieurs espèces de poissons, plus particulièrement de la famille des Acipenceridœ, surtout d’un esturgeon appelé Acipenser haso; cette"membrane, nettoyée, est roulée de façon à former plusieurs épaisseurs superposées, tordues, séchées, offrant l’apparence de, rouleaux irréguliers contournés en forme de lyre, et expédiée de Russie vers plusieurs contrées du monde, principalement celles où la fabrication et la clarification de la bière et des vins, ainsi que la confection des gelées de table, sont en usage.
- J’ai depuis longtemps démontré que, dans la clarification de la bière et des vins blancs, l’ichthyocolle agit en raison de sa structure fibreuse et de la contraction que peuvent éprouver ses fibrilles dans les liquides dépourvus de tanin où la clarification s’opère.
- Il résulte de ces notions positives que les qualités de'l’ich-thyocolle destinée à cette clarification varient suivant l’organisation des membranes dans plusieurs espèces de poissons; le mode de préparation peut exercer aussi une grande influence,
- 1 En raison des analogies dans les applications à la filature, au tissage, etc., et des mélanges que l’on peut en faire, ces fibres textiles, soie, laine, poils, crins, ont été traitées à la suite des Fibres textiles d'origine végétale, coton, lin, chanvre, etc. (Voir Impartie.)
- 2 L’impossibilité de distinguer nettement les matières grasses des deux origines, l'analogie, parfois l’identité de leur composition et de leurs applications , m'ont déterminé à traiter des matières grasses tirées des animaux, suifs, graisses, huiles, à la suite des substances semblables ou analogues extraites des végétaux. (Voir lre partie.)
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- car lorsqu’on a trop élevé la température ou prolongé l’effet de la chaleur en échaudant ou lavant à chaud les vessies en question, toutes les parties transformées en gélatine, altérées dans leur structure, ne peuvent plus produire l’effet utile, lors même que pour d’autres applications, la préparation des gelées, elles seraient tout aussi convenables qu’avant l’échaudage.
- Ainsi l’ichthyocolle, formée de membranes normales, bien qu’offrant à peu près la même composition élémentaire que la gélatine (produit de sa transformation) *, en diffère beaucoup par une propriété fort importante pour ses principales applications : aussi la valeur de l’ichthyocolle diffère-t-elle beaucoup également de celle de la gélatine et des colles fortes commerciales.
- Les meilleures colles de poisson sont celles qui, divisées, trempées et malaxées à l’eau froide, peuvent donner, par l’addition de l’acide tartrique étendu ou du vin blanc, le plus grand volume de matière gélatiniforme, résultant du gonflement des fibrilles qui composaient les membranes, et applicable à la clarification de la bière.
- GÉLATINE ET COLLES FORTES.
- Ces substances sont obtenues en faisant dissoudre, par une ébullition plus ou moins prolongée, les tissus animaux qui constituent l’ichthyocolle, la peau, les tendons et le tissu fibreux des os des animaux de boucherie et des chevaux abattus. '
- Les qualités de la gélatine et des colles fortes varient suivant la durée de l’ébullition : les meilleurs produits sont obtenus à l’aide de préparations mécaniques et chimiques qui permettent de rendre rapidement soluble la partie gélatineuse; réciproquement, les produits les moins bons en ce genre
- 1 Cette^composition est représentée par la formule C13, H10, A22,05. Cette formule s accordé avec la composition élémentaire, mais n’offre pas toute certitude, car on n a pu obtenir de combinaisons définies de la gélatine.
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- correspondent à des préparations qui exposent les matières premières à une ébullition prolongée. Toutes choses égales d’ailleurs, l’ichthyocolle et les matières premièresprovenant de jeunes animaux produisent les gélatines les plus blanches. Les altérations occasionnées par l’eau à la température de ioo° rendent les produits plus solubles à froid, plus colorés, moins tenaces, et développent une odeur putride; ces effets sont plus prononcés encore si la température dépasse ioo° et s’élève, par exemple, à 110 ou 1120, comme cela a lieu dans les chaudières closes, où la pression s’élève à une atmosphère et demie environ, conditions que l’on réalise dans le système d'extraction de la gélatine des os par la marmite de Papin.
- Les caractères des meilleures gélatine et colles fortes sont la blancheur ou la plus faible coloration, l’insipidité ou l’absence de toute odeur putride, la faculté d’absorber beaucoup d’eau froide en augmentant de volume dans le rapport de i à 4 ou 5 sans se dissoudre sensiblement; la propriété de .se dissoudre dans l’eau à la température de 70 à ioo°, et de former une gelée consistante par le refroidissement à 10 ou i5°, avec une proportion d’eau égale à 5o, à 25 fois leur poids.
- FRANCE.
- La France occupe le premier rang, sans aucune contestation, dans la fabrication de la gélatine et des colles fortes. Quant à‘ l’ichthyocolle, souvent employée à l’état brut ou après de très-simples préparations, c’est évidemment un objet de commerce plutôt qu’une matière première de l’industrie ; du moins, les industries qui l’emploient pour préparer la gélatine sont beaucoup plus simples et moins économiques que celles qui obtiennent des produits semblables en utilisant les rognures et débris de peaux, les tendons et les tissus des os.
- En tout cas, les matières premières de ces diverses préparations, de même que les autres matières animales, ne suffisent pas chez nous à tous les besoins de l’industrie, et l’on doit s’efforcer de tirer parti des ressources qu’offrent à cet
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- égard les quantités considérables de débris animaux négligés ou perdus sur les terres d’une partie du Brésil et de la Russie» où l’on se contente d’enlever la peau des animaux abattus, comme sur les plages où les résidus de la pêche fourniraient d’abondantes matières à utiliser.
- COMMERCE IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- DES COLLES , MATIÈRES
- et
- produits fabriqués. QUANTITÉS. VALEURS. QUANTITÉS. VALEURS.
- Kilogr. Francs. Kilogr. Francs.
- Rognures de peaux importées de Belgique, d’Allemagne, d’Angleterre 1,299,552 569,835 »
- Tendons de bœufs, veaux, moutons 6,398 3,199 « „
- Colle de poisson 1 de Russie, des Pays-Bas, d’Angleterre 12,527 438,445 122,220 3,492
- Colles fortes 62,382 81,097 214,526 165,020
- Totaux ,,. 1,380,859 1,092,576 336,746 168,512
- 1 Importée par le commerce dans divers pays, la colle de poisson se tire principalement de Russie.
- Dans ces quantités ne sont pas comprises les matières premières provenant des emballages et autres objets formés de peaux, notamment les surons d’indigo, les lanières ou attaches de caisses, etc., introduites en France avec diverses marchandises et qui, après le déballage, sont livrées aux fabricants de colle.
- M. Grenet, de Rouen, l’un des premiers manufacturiers en France, parvint à préparer avec des matières premières communes, les parties tendineuses fraîches achetées dans les abattoirs, de la gélatine remarquable par sa blancheur et sa transparence, applicable aux usages alimentaires et remplaçant avec économie la colle de poisson pour les apprêts des tissus, la confection des bains, etc.; l’auteur a fondé en outre
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- plusieurs industries groupées autour de la fabrication de la gélatine, notamment les pains à cacheter diaphanes à devises, jours de la semaine et ornements variés, les gélatines en feuilles blanches ou teintes, dites papier-glace, et les feuilles en gélatine imprimées, coloriées. Ces produits sont employés pour calquer et pour confectionner des cartes de visite et d’adresse, les pétales de certaines fleurs artificielles.
- Le Jury, appréciant à leur juste valeur les efforts heureux de M. Grenet, proposa en faveur de cet exposant la grande médaille, qui fut votée par le çonseil des présidents.
- Plusieurs fabricants, marchant sur les traces de M. Grenet, présentaient des produits aussi beaux.
- M. H. Castel, de Paris, avait exposé de la gélatine blanche et teinte de formes plus variées encore, en larges feuilles minces, gravées et moulées. Le Jury lui décerna la médaille de prix.
- MM. d’Eusert frères, V. Pitoux, N. Leclerq, S.-C.-A. Royer, Bonasse, Lebel et Cie, exposaient de la gélatine non moins belle, en échantillons incolores et teints, applicable aux mêmes usages. Chacun de ces manufacturiers reçut la mention honorable.
- MM. Coignet et fils, de Lyon, avaient mis à l’Exposition de la gélatine et des colles fortes de diverses qualités, portant la marque de leur fabrique, préparées avec le tissu fibreux des os extrait au moyen de l’acide chlorhydrique; plusieurs produits chimiques tirés des mêmes matières premières, notamment du phosphore, figuraient dans leur collection. Le Jury leur accorda la mention honorable.
- MM. Reiss, deDieuze (Meurthe),et Faussemagne, de Lyon, avaient envoyé de belle gélatine blanche préparée avec l’ich-thyocoile et le tissu organique des os.
- La Société des mines de Bouxwiller avait une grande et belle collection de gélatine, colles fortes, phosphore, phosphate de chaux, pour les coupelles, obtenus du traitement des •os. Une mention honorable lui fut donnée.
- M. Humber , qui exposait des colles fortes de bonne qualité,
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- et MM. Estivant frères, fabricants de colle forte, offrant le type des premières qualités brillantes, transparentes, de couleur jaune orangé, dites de Givet, obtinrent aussi la mention honorable.
- ANGLETERRE.
- La plupart des fabricants anglais emploient comme matière première richthyocolle, et la gélatine qu’ils obtiennent est généralement destinée à la consommation domestique, sous forme de gelées; quelques manufacturiers, cependant, préparent des colles fortes avec les débris de peaux et de tendons.
- M. Muller avait exposé de belle gélatine incoloré et colles fortes; mais la plus belle gélatine, sous forme de fils, a paru fabriquée avec la colle de poisson, ce qui offrait bien moins de difficulté, tout en portant plus haut le prix de revient des produits. Le Jury lui donna une mention honorable.
- M. DufavilLe présentait de beaux échantillons de gélatine, de couleur ombrée, diaphane, découpée en prismes brillants, et des filaments de colle de poisson pour la confection des gelées de table.
- MM. Watt et fils exposaient des colles fortes, façon anglaise, fabriquées avec des rognures de peaux.
- M. James Withers (qui obtint de la IIIe classe une médaille de prix) avait présenté des échantillons variés d’ichthyocolle à fetat brut et sous les divers états de préparation, battue, découpée en lanières ou filaments, fabriquée en feuilles.
- MM. Dawson et Morris et M. Gluss présentaient de beaux échantillons de colle de poisson, battue, préparée, découpée en lanières et fils fins.
- MM. Swinborne exposaient aussi de beaux échantillons de gélatine extraite de l’ichthyocolle.
- Chacun de ces fabricants reçut une mention honorable. Les quatre derniers avaient obtenu dans la IIIe classe, celle des produits alimentaires, une médaille de prix.
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES.
- CANADA.
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- M. A. Mac-Farlane exposait de beaux spécimens de colles fortes, qui lui valurent la mention honorable.
- ZOLLVEREIN.
- M. J. G. Looskn, de Cologne, exposait de beaux échantillons de l’espèce de colle en feuilles étroites et minces, jaunâtres , la meilleure de toutes il y a vingt ans, alors que les procédés de fabrication étaient bien loin d’atteindre généralement en France le degré de perfection où ils sont parvenus; c’est encore aujourd’hui une des meilleures colles fortes pour le placage des bois d’ébénisterie et la fabrication des instruments de musique. Le Jury lui décerna la mention honorable.
- M. Feigenspan, de Muhlhausen, en Saxe, avait envoyé des échantillons de colle dite de Hollande et de Givet.
- BELGIQUE.
- MM. H. Bihet, de Liège, et H. G. Hansott, de la même ville, présentaient des colles fortes en feuilles larges et épaisses, transparentes, brillantes, colorées en jaune orangé rougeâtre, réunissant en un mot les caractères des colles dites de Givet, toujours renommées, avantageuses surtout pour les travaux de menuiserie et d’ébénisterie, sans offrir la ténacité des colles dites de Cologne et de Hollande. Ces deux exposants reçurent la mention honorable.
- RUSSIE.
- Sous le rapport des qualités naturelles qui donnent à l’ich-thyocolle sa principale valeur, et que nous avons spécifiées plus haut, les matières brutes de la Russie tiennent le premier rang.
- MM. Marimanoff et Armakoona avaient envoyé de très-bons spécimens d’ichthyocolle de première qualité, présentant les membranes bien nettoyées des vessies natatoires de l’es-
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- turgeon appelé Acipenser huso. Le Jury leur donna la mention honorable.
- INDE.
- On remarquait dans la vaste collection des produits naturels de l’Inde divers échantillons de matières analogues à l’ichthyo--colle, mais provenant de poissons differents de ceux qui fournissent en Europe cette substance; les principaux échantillons de l’Inde venaient du Potynemus plebeis (Silure) et étaient formés de sa vessie aérienne.
- M. le Dr M. Clelland présentait un des plus beaux échantillons de ce genre, et il a paru que la fine structure fibreuse des membranes offre des qualités comparables à celles de richlhyocolle et propres à la clarification de la bière et des vins blancs; elle était, d’ailleurs, parfaitement appropriée à la confection des gélatines.
- On voyait en outre dans la collection de l’Inde des nageoires requin desséchées, disposées pour l’usage culinaire en Chine, mais qui probablement seraient propres à la fabrication de la gélatine.
- ALBUMINE.
- Cette substance est préparée en France pour servir à l’impression de certaines couleurs insolubles, telles, par exemple, que l’outremer. C’est à Gay-Lussac que l’on doit l’indication de la propriété que présente l’albumine, de pouvoir être desséchée à une température moindre que 45o°, en conservant la propriété de se redissoudre dans l’eau froide ou tiède et de se coaguler par une température de 90 à ioo°.
- M. H. Alléon, d’Annonay (Ardèche), présentait un bel échantillon d’albumine desséchée de façon à conserver sa faculté de coagulation, utile aux applications des couleurs sur étoffes. Cette industrie permet de tirer parti des blancs d’œufs, résidus des opérations du chamoisage, etc.
- Le Jury décerna la mention honorable à cet exposant.
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- MATIÈRES DURES OU INCRUSTÉES.
- ÉCAILLE DE TORTUE, CORNES, $ OIS DE CERF, IVOIRE, NACRE DE PERLES, COQUILLES DE CAMÉE, PERLES, CORAIL.
- ÉCAILLE DE TORTUE.
- La substance connue sous ce nom vient des larges plaques épidermoïdes imbriquées qui couvrent la carapace des tortues de mer (Chelone). Les espèces qui fournissent Iecaille la plus estimée sont la Chelone imbricaia et la Chelone caretta. On en obtient cinq grandes lames sur le milieu de la carapace et quatre sur chacun des côtés; outre ces treize grandes lames ou feuilles, vingt cinq petites écailles sont extraites des bords de la carapace ; les premières sont désignées aussi sous le nom de tête d’écaille ou carapace et onglons en feuille, et les autres sous la dénomination de pieds ou de caouanes et onglons entiers.
- En i853, on a importé en France et exporté :
- ^Des premières..... n,385là 8of=9io,8oof J lfl0^ k ^=99t^o
- Des secondes.... 15,943 à 20 =318,860 )
- 1,229,660
- 99>63o
- TRINITÉ, LAEÜAN, CEYLAN.
- Les beaux échantillons d’écailles de tortue qui figuraient à l'Exposition étaient venus de la Trinité, de Labuan et de Ceylan : les premiers, exposés par lord Harris; les seconds, par MM. Hammond et Cie; les autres sans noms d’exposants. Tous ont mérité une mention spéciale.
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- CORNES ET BOIS DE CERF.
- Ces matières brutes, qui ont plusieurs usages communs, notamment la confection de menus ustensiles, tels que couteaux et canifs, diffèrent beaucoup dans leur composition intime. Les cornes, proprement dites, sont formées d’une substance sensiblement homogène, à texture plus serrée chez les buffres que chez les bœufs, dont la composition élémentaire se rapproche beaucoup de celle des écailles de tortue, des cheveux, des ongles, des sabots de chevaux, des poils, des > plumes. Voici les résultats de l’analyse comparée de deux sortes de cornes commerciales :
- Carbone... Hydrogène Oxygène Soufre. Azote...
- CORNES
- DE VACHES. DE BUFFLES.
- 50,8 51,4
- 6,8 . 6,8
- 23,5 24,4
- 2,6
- 16,3 17,4
- 100 100
- Quant aux bois ou cornes de cerf, la plus grande partie de leur masse a une composition semblable à celle de la matière osseuse, prolongement des os du crâne qui remplit la cavité des cornes dans les races bovines. Le bois de cerf toutefois se distingue des autres substances osseuses par son tissu plus serré, plus dense, analogue à celui de l’ivoire.
- Les cornes, sabots et os d’animaux sont importés, chaque année, en quantités assez considérables chez nous.
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- IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- QUANTITÉS. VALEURS. QUANTITES. VALEURS.
- Cornes brntes l,673,485k 1,171,440* 157,992k 126,394*
- Sabots et os de bétail 6,727,660 1,345,532 • 0
- Totaux 8,401,145 2,516,972 157,992 126,394
- [INDE.
- On trouvait dans plusieurs collections une grande variété de ces matières brutes, et plus particulièrement dans le département des Indes : là se remarquaient les durs et denses bois de cerf du Cervus Aristoielis , du Cervus Duvaucellii, du Cervus hippelaphus, du Cervus vaginalis, du Cervus mœlalus, du Cervus porcinus, du Capricornis bubalina; les cornes de buffle du Bos hubalus, du Bos cavifrons, avec les produits d’autres buffles indiens et d’antilopes.
- CANADA.
- M. J. Thompson, des Trois-Rivières, exposait deux paires de belles cornes d'Alces americana.
- CAP DE BONNE-ESPÉRANCE.
- M. Mecser présentait de belles cornes de buffle et M. Haüd-burg des cornes de rhinocéros.
- ÉGYPTE.
- On avait envoyé de ce pays des cornes de taureaux, de buffles et d’antilopes.
- Toutes ces matières premières n’ayant exigé d’autres soins que de les recueillir et de les envoyer, le Jury ne crut pas devoir à leur égard faire autre chose que de les signaler comme nous venons de le dire.
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- IVOIRE.
- Cette substance diffère des os par une structure serrée, régulière, dense, et les caractères de superposition des couches, qui montrent des cercles concentriques dans les sections perpendiculaires à l’axe et qui caractérisent la modification dentaire désignée sous le nom de défense et la matière appelée ivoire.
- Ces propriétés sont particulières aux éléphants d’Afrique et d’Asie, parmi les quadrupèdes qui existent aujourd’hui. Les éléphants sauvages fournissent de meilleures défenses que les autres; du moins, la domestication dans l’Inde,paraît avoir fait dégénérer en eux la qualité de l’ivoire.
- Les dents de l’hippopotame donnent un ivoire plus dur encore et plus résistant que celui des éléphants.
- Les quantités d’ivoire brut ou de défenses d’éléphants se sont élevées, en i853, chez nous à 123,600 kilogrammes, valant 2,070,069 francs, presque en totalité employées à confectionner divers objets de tour et de tabletterie, dont la matière première ne formait que la plus faible partie de la valeur.
- AFRIQUE DU SUD, INDES, ASIE.
- M. Joseph Cawood exposait le plus bel échantillon d’ivoire brut; la pairede défenses pesait environ i5o kilogrammes; elle provenait de YElephas africanas, et d’un animal tué près du lac Mgami, dans l’Afrique méridionale.
- Une seule défense ajoutée à cet envoi pesait 5o kilogrammes et venait de la même localité; l’exposant obtint du Jury la mention honorable.
- MM. Fauntleroy et fils présentaient une nombreuse et instructive collection d’ivoire brut : la plus grande défense, venant d’un éléphant africain, pesait 60 kilogrammes; plusieurs variétés venaient de la rivière Gabon, de Zanzibar, du Cap de Bonne-Espérance, d’Angola, d’Alexandrie, de Ceylan et des
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- Indes orientales; des dents d’hippopotame étaient jointes à cette collection, qui obtint une mention honorable.
- Plusieurs autres défenses d’éléphant venaient du Cap de Bonne-Espérance, de Ceylan et de l’Asie; les échantillons obtenus de l’éléphant siamois présentaient un ivoire dense de bonne qualité.
- NACRE DE PERLE.
- Les collections de l’Inde renfermaient la plupart des échantillons des coquilles qui fournissent la plus belle nacre : ce sont la Meleagrina margarifera, YHaliotis gigas, VHaliotis iris et une grande espèce de Turbo; la nacre est la partie interne ou la couche nacrée de ces coquilles. La mention honorable fut donnée pour la collection de l’Inde.
- MM. Fauntleroy et fils et Banks exposaient de beaux échantillons de plusieurs de ces coquilles tirées de Singapour et de Manille, en particulier les grandes Meleagrina et Haliotis.
- COQUILLES DE CAMÉE ET CORAIL.
- On voyait dans le département indien des échantillons des coquilles de camée (Cassis rafa, espèce de Cyprœa) et des coquilles en usage comme bijoux chez certains naturels de l’Inde, et l’on remarquait en outre les outils grossiers, mais efficaces, employés pour couper ces matières dures.
- Un des plus beaux échantillons de corail rouge ( Corallium rubram) était exposé par MM. Paravagna et Casei.la; le Jury leur accorda la mention honorable.
- Des échantillons de corail du Cap de Bonne-Espérance et de Toscane obtinrent aussi des mentions honorables.
- On remarquait encore le corail de la collection d’Alger et une belle collection, dans laquelle se trouvait le corail flexible noir, présentée par MM. Tucker et Cie; le Jury leur décerna la mention honorable.
- ; La nacre ou nacre de perle fait en France l’objet d’un com-
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- merce assez important et donne lieu à un travail assez considérable; en y joignant le corail brut et les perles fines, les importations se sont élevées, en i853, aux quantités ci-après :
- QUANTITÉS. VALEURS.
- Kilogr. Francs.
- Nacre argentée, dite franche..................... 215,571 560,485
- 748,593 073,734
- Corail brut.' 12,067 301,675
- Perles fines 1,470 2,910,000
- Valeur totale 4,445,894 *
- * La valeur des produits exportés du même genre représente environ le les trois premiers et la moitié pour le dernier. cinquième pour
- PERLES.
- Ces corps globuleux, brillants, nacrés, sont formés parla matière à la fois membraneuse et calcaire excrétée des lames internes superposées de plusieurs coquilles.
- L’excrétion nacrée est déterminée par la présence accidentelle de corps durs qui blesseraient les organes mous très- -délicats que vient protéger l’enveloppe excrétée, arrondie, à superficie douce, constituant les perles.
- ANGLETERRE.
- M. John Nelïs, cl’Omagh, comté de Tyrone exposait des. perles, d’une qualité inférieure, extraites d’un bivalve d’eau douce ( Unio margaritifera) qui se trouve dans les parties profondes de la rivière Srule, près d’Omagh.
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- MM. Cowie et Rac , d’Elon, en Ecosse, présentaient de semblables perles de l'Unio margaritifera, trouvées dans la rivière Ythan, comté d’Aberdeen.
- M. Torstrup, de Christiania, avait exposé des perles semblables également extraites de Y Unio margaritifera.
- PLUMES.
- PLUMES ET DUVET DE LIT, PLUMES DE PARURE, PLUMES X,ECRIRE, REBUTS ET DÉCHETS, AINSI QUE LES PLUMES À PLUMEAUX, VOLANTS, ETC.
- Les plumes de lit et les duvets, ainsi que les plumes à plumeaux, volants, etc., sont l’objet d’un commerce intérieur considérable dans les différents pays de l’Europe, et d’un commerce international non moins important. Les plumes de parure donnent lieu à l’importation de valeurs assez grandes chez nous, et qui s’accroissent beaucoup par suite de leur préparation et des applications aux objets de modes; quant aux plumes à écrire, leur valeur et l’importance du commerce à leur égard diminuent graduellement à mesure que l’emploi des plumes métalliques se répand davantage, tandis que les plumes de parure ont augmenté de prix. Les diverses plumes impropres à ces divers usages, les rebuts et déchets, constituent un excellent engrais trop souvent encore négligé.
- Le tableau suivant donnera une idée de l’importance, en i853, de notre commerce général extérieur relatif aux plumes diverses :
- <
- i5.
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- IVe JURY.
- PLUMES.
- Pour lit :
- Plumes et duvets de cygne, d’oie, de canard.........
- Duvet d’eyder ( édredon épuré)...................
- Antres plumes............
- Pour parure :
- Plumes blanches.
- -------noires............
- ... de couleurs diverses
- " de coq , de vautour et de toutes couleurs...
- Pour écrire :
- Plumes brutes............
- — apprêtées............•
- Valeur totale. ..
- IMPORTATIONS.
- QUANTITÉS. PRIX de l’unité. VALEURS.
- Kilogr. Fr. Fr*
- 7,677 10 76,770
- 789 27 21,303
- 29,308 4 117,232
- 2,269 100 ' 226,900
- 2,071 10 20,710
- 1,834 7 12,838
- 45,677 6 274,062
- 19,338 2 38,676
- 795 4 3,180
- 791,671 '
- EXPORTATIONS.
- QUANTITÉS. PRIX de l’unité. VALEURS.
- Kilogr. Fr. Fr.
- 9,269 10 92,690
- U H H
- 78,167 4 312,068
- 13,982 200 2,796,400
- 6,783 2 13,566
- 25,618 ' 102,472
- 3,318,796
- ANGLETERRE.
- MM. Heal et fils présentaient une très-intéressante collection de plumes et duvets à lit sous différents étals de préparation, comprenant les plumes des oies d’Angleterre, d’Irlande et mélangées, les plumes de Dantzick et les plumes d’oies et de canards de Russie, des plumes des mêmes oiseaux venues de la baie d’Hudson, les duvets tirés de Russie et le duvet d’eider du Groenland. Le Jury accorda la mention honorable a cet exposant.
- MM. C. et W. Nightingale exposaient d’instructifs échantillons de plumes à lit, démontrant les effets de leurs ingénieux et efficaces procédés de nettoyage et d assainissement par la vapeur d’eau, sans addition d’acide sulfureux.
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES. 229
- Le procédé, que j’ai vu fonctionner avec un vif intérêt, consiste dans les opérations suivantes :
- i° Blutage et triage des plumes brutes en sortes séparées, blanches, grises, dures, douces, duvet;
- 2° Exposition à la vapeur sous la pression additionnelle de i/4 d’atmosphère. 125 kilogrammes de plumes sont introduits par le haut dans une forte caisse en fonte d’environ 2 mètres de long, im,3o de large, im,5o de haut, posée sur un double fond percé, sous lequel la vapeur est injectée et maintenue deux heures en pression ; une deuxième porte au bas facilite l’extraction des plumes : on les porte aussitôt dans un tuyau cylindrique de 2 mètres de long sur î mètre de diamètre, dont les bouts sont fermés par des toiles métalliques. L’air, chauffé à 8o degrés par un serpentin dans un four afc-dessous, est lancé par de petits trous disposés sur toute la lopgueur du cylindre, pendant qu’un agitateur à palettes, tournant suivant l’axe, renouvelle continuellement les surfaces. La dessiccation s’achève en trente minutes. Le Jury, pour témoigner sa satisfaction, donna la mention, honorable aux exposants, qui méritaient au moins cette récompense.
- MM. Blyth Hamilton et Blyth exposaient aussi de très-beaux échantillons de plumes à lit blanches et grises d’Angleterre et d’Irlande, bien épurées; le Jury leur accorda la mention honorable.
- RUSSIE.
- IVf. J. Sapshin, de Saint-Pétersbourg, exposait de beaux échantillons de plumes à lit, blanches et grises, et des duvets d’oie. La mention honorable lui fut accordée.
- Mme Ladighin avait envoyé de Tamboff une belle quantité de duvet extrait sous la poitrine des oies et quelques spécimens d’objets confectionnés avec le duvet. Elle reçut la même récompense. On voyait dans_son exposition des peaux de pélican préparées avec leurs plumes brillantes et douces destinées à des fourrures de luxe.
- M. A. Popoff avait aussi exposé de beaux échantillons
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- de duvet, pour lesquels il obtint également la mention honorable. 1
- ÉPONGES.
- Les productions animales marines désignées sous le nom d’éponge commune, Sp'ongia ojficinalh, adhérentes par une sorte de pédicule aux rochers, se présentent sous des configurations variées, souvent en masses évasées, formées de fibres délicates, entre croisées, laissant de nombreux espaces vides cana-ïiculés, maintenues par une foule de spiculés siliceuses. Ces productions, douées d’une élasticité notable, offrent la propriété spongieuse caractéristique ou la faculté d’absorber, relativement à leur çoids, des quantités très-considérables de liquide : de là leurs principales applications pour les gonfler d’eau ou d’autres liquides, qu’elles rendent aussitôt en les pressant, et qu’elles peuvent reprendre si on les laisse se gonfler de nouveau en contact avec le liquide.
- Le tableau ci dessous indique les résultats du commerce extérieur général des éponges en France pour l’année i853 :
- ÉPONGES. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- QUANTITES. PRIX de l’umté. VALEURS. QUANTITÉS. PRIX de l’unilé. VALEURS.
- Kilogr. Fr. Fr. Kilogr. Fr. Fr.
- Communes 126,584 5,50 696,212 ^ 34,668 9,00 312,012
- Fines.............,.. 21,747 20,00 434,940 4,797 30,00 143,910
- Valbus total* ... ..... 1,131,152 455,922
- Une grande variété de l’éponge flexible commune figurait a l’Exposition universelle; parmi ces collections, le Jury a distingué les produits ci-après :
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES. 231
- TUNIS.
- Solyman Essaddy présentait des échantillon^ qui obtinrent la mention honorable.
- ,, GRÈCE.
- M. B. Paulides reçut la même récompense pour des échantillons analogues tirés du golfe de Nauplie.
- SAXE.
- La mention honorable fut aussi donnée à MM. Thieme-Widmarkter et Pueschel.
- PRUSSE.
- M. François Vinler obtint également la mention honorable.
- SPONGIO-PILINE.
- Sous ce nom , l’inventeur, M. Markwik, exposait une substance spongieuse employée en médecine, en chirurgie et dafts l’art vétérinaire pour appliquer divers liquides chauds extérieurement, au lieu des fomentations et cataplasmes ordinaires. Le Jury décerna une médaille de prix pour cette ingénieuse et utile invention.
- BAUDRUCHE.
- Le produit résistant, membraneux, désigné ainsi est obtenu par l’épuration des gros intestins de bœufs, au moyen d’un commencement de putréfaction qui désagrégé et permet d’enlever, par des lavages et frottements répétés, les portions les plus altérables. Ce produit membraneux, rendu plus solide par la réunion de plusieurs couches superposées, sert aux batleurs d’or et d’autres métaux ou alliages très-ductiles, La fabrication des baudruches et des boyaux insufflés utilise en France la plus grande partie des boyaux de bœufs, de même que les intestins de moutons sont utilisés dans la fabrication des cordes harmoniques chez nous. Ni la baudruche ni
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- les boyaux insufflés n’étaient exposés dans le département français.
- ANGLETERRE.
- MM. Frederick, Pückridge et E. S. Marshall exposaient les membranes sous les différents degrés de la fabrication. Le-Jury leur donna la mention honorable.
- MATIERES TINCTORIALES.
- Cochenille et carmin.
- La cochenille brute n’est autre chose que l’insecte Coccu? cacti, qui se développe et se nourrit sur le Cactus Coccinellifer et le Cactus Opuntia. On ne recueille que l’insecte femelle, qui est dépourvu d’ailes. La valeur du produit commercial dépend de la quantité et de la qualité de la matière colorante que l’on peut en extraire, et celle-ci est influencée par le climat , les soins de la récolte, les procédés mis en usage pour faire périr et dessécher les insectes.
- Outre la substance colorante qu’elles renferment, les cochenilles sont formées de chitine, qui constitue la membrane de leurs enveloppes, comme celle de tous les insectes et des crustacés, de matières azotées, grasses, de phosphates de chaux, de magnésie, et de potasse, de chlorure de potassium, de carbonate de chaux. Le principe colorant impur de la cochenille est connu sous le nom de carmin ; on nomme carminé le principe colorant plus pur.
- FRANGE.
- L’introduction de la cochenille sur les cactus de l’Algérie promet et commence à fournir déjà des produits utiles à la teinture et à la préparation des couleurs fines.
- La plus grande partie de la cochenille employée chez nous est tirée de l’étranger : on en a importé en 1853277,107 kilog.r
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- valant, à 12 francs le kilog., 3,325,284 francsl’exportation représenta, la même année, 86,598 kilog., valant, à 12 francs le kilog., 1,089,176 francs.
- ALGÉRIE.
- M. Hardy, dont le nom se rattache à tant d’introductions de cultures utiles dans notre belle colonie d’Alger, avait compris dans les collections envoyées par M. le ministre de la guerre de très-beaux échantillons de; cochenille. Le Jury accorda la mention honorable à cette partie de l’exposition algérienne.
- ANGLETERRE.
- MM. Sewesbury et Cie exposaient des cochenilles tirées de Honduras, Mexico, Ténéritfe, Java, et des Indes occidentales; ils obtinrent la mention honorable, ainsi que M. Sadler.
- 1
- CHARBON ANIMAL, NOIR D’OS, NOIR D’IVOIRE.
- Les produits désignés ainsi sont fabriqués à l’aide de la carbonisation des os d’animaux de boucherie et de chevaux.
- On y emploie quelquefois des os de baleine et de plusieurs autres animaux marins; une partie du produit dit noir d'ivoire est préparée avec le charbon des os de pieds de moutons et des os de bœufs, des os, déchets des boutonniers et des ta-bletiers, complètement carbonisés, puis broyés à l’eau , mis en pains et séchés.
- On utilise cependant aussi les rognures et menus déchets de la taille de l’ivoire ou des dents d’éléphants carbonisés en Vases clos, pour la fabrication du noir d’ivoire de première qualité.
- La fabrication et la revivification du noir animal pour la décoloration, le raffinage ou l’épuration des jus, sirops et sucres des betteraves,' cannes et mélasses et de la glucose, ainsi que pour la préparation des noirs colorants en France,
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- 234 IV* JURY.
- s’élèvent à plus de 3o,ooo kilog. chaque année, et cependant sont encore insuffisantes pour la consommation intérieure et l’exportation, qui en utilisent 2Ôo à 3oo,ooo kilog. tirés de l’étranger.
- M. Violette avait exposé du charbon animal provenant d’os carbonisés au moyen de la vapeur surchauffée à 3oo°. Le Jury lui décerna la médaille de prix. (Voyez aussi dans la première partie le charbon de bois compris dans l’exposition de M. Violette.)
- M. Kuhlmann, un de nos principaux fabricants de produits chimiques, présentait des os carbonisés entiers et du noir animal granulé, ainsi que du noir en grain bien revivifié: il reçut une mention honorable; quant aux produits chimiques proprement dits, ils étaient dans les attributions delà IIe ( lasse.
- M. L. Raucher et M. Tordeux reçurent une semblable récompense pour les échantillons de charbon animal entier, en grains et noir d’os qu’ils exposaient.
- Une mention honorable fut également donnée à chacun des manufacturiers des différents pays ci-après dénommés :
- ANGLETERRE.
- M. D. Chau , pour ses noirs d’os et d’ivoire.
- t.
- ZOLLVEREIN.
- M. J. Wæchter, pour son noir animal en grains revivifié.
- BELGIQUE.
- M. B. Seghers, pour ses échantillons de charbon animai» noir d'os et noir d’ivoire.
- MECKLEMBODRG-SCHWERIN.
- M. Meyer , pour ses échantillons de charbon.
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- I
- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES.
- 235
- HOLLANDE.
- M. Smits , pour ses échantillons de charbon d’os.
- / PORTUGAL.
- M. Dinto-Basto, pour son noir animal en poudre.
- ENGRAIS COMMERCIAUX.
- Ce fut en France d’abord que la théorie générale des engrais, les moyens d'analyser et de reconnaître leurs falsifications, firent les plus rapides progrès, et cependant nulle part l’importance des engrais commerciaux pour élever la puissance du sol n’a été mieux comprise et les applications de ces engrais plus rapidement réalisées qu’en Angleterre, où l’introduction du guano a rendu les plus grands services à l’agriculture depuis quelques années.
- Chez nous, des services du même genre sont dus à l’emploi du noir animal, résidu des raffineries, que j’avais signalé à l’attention des cultivateurs dès l’année 1821, d’après des vues théoriques et des essais pratiques, et qui, dès cette époque aussi, s’appliqua avec le plus incontestable succès, soit à la fertilisation des terres dans les départements qu’approvisionne le cours de la Loire, soit plus tard au défrichement des bruyères. On a presque constamment jusqu’aujourd’hui employé environ 10,000,000 de kilogrammes de cet engrais tous les ans pour ces utiles applications, que des importations spéciales de l’étranger ont favorisées.
- Voici le tableau de notre commerce général des engrais en
- i853 :
- r
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- 236
- IV* JURY.
- NATURE DES ENGRAIS. IMPORTA QUANTITÉS. ltions. VALEURS. \ EXPORT/ QUANTITÉS. lTIONS. VALEURS.
- Kilogr. Francs. Kilogr. Francs.
- Noir animal (résida des raffine-ries) ; 7,382,969 885,956 U a
- Engrais divers 6,065,966 606,597 U «
- Tourteaux de colza 3,080,515 369,672 * H
- Tourteaux de lin 95,139 11,417 • «
- 13,942,885 3,485,721 a «
- Total 5,359,363 a «
- En Angleterre, l’importation seule du guano s’est élevée en i852 à 129,889,500 kilogrammes, et en 1854 elle atteignit le chiffre de 236,590,000 kilogrammes, représentant une valeur de 70,977,000 francs.
- On ne voyait à l’Exposition universelle que trois échantillons d’un seul engrais : c’était du guano importé par MM. Sea-right, de Pass et J. Milligan. Le Jury accorda la mention honorable à ces trois exposants. .
- CONCLUSION.
- En lisant le rapport qui précède, on reconnaîtra que les attributions de la IVe classe, qui s’étendaient à toutes les matières premières organiques des deux règnes, comprenaient un très-grand nombre d’objets divers, dont l’étude, très-intéressante et difficile, avait des points de contact avec toutes les industries et les applications des beaux-arts; on remarquera peut-être en outre quelques données nouvelles que j’ai obtenues depuis i85i, par mes recherches de laboratoire, sur les. propriétés de matières premières alors peu connues, notam-
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES. 237
- ment parmi les substances textiles et plusieurs principes immédiats des végétaux.
- Sous les titres généraux de fibres textiles végétales et animales, tissus organisés et principes immédiats, matières tinctoriales, bois de construction, d’ébénisterie, colorants, résineux, odorants, ichthyocolle, gélatine, écaille, corne, éponges, plumes diverses, ivoire, nacre, perles, corail, charbons et produits pyrogénés, la IVe classe eut à examiner environ i,o5o espèces, dont il se trouvait de nombreuses collections et des échantillons variés.
- On pourra se faire une idée de l’importance de ces matières en voyant que la valeur des importations dans un seul pays, la France il est vrai, représente'une valeur totale d’environ 490,000,000 francs1.
- Les jurés de la IVe classe avaient recommandé les 11 mé-
- 1 En y comprenant les importations des matières textiles végétales omises dans le premier chapitre, mais indiquées ci-dessous :
- Commerce général en 1853.
- IMPORTATIONS.
- MATIÈRES TEXTILES. * Quantités. Prix de l’unité. Valeurs.
- Kilogr. Fr. Fr.
- Chanvre teille’ et e'tonpes 3,312,944 0,90 2,981,650
- Chanvre peigné 452,006 1,50 678,909
- 293,566 0,17 49,906
- Lin teille et étoupes 22,400,083 1,35 30,240,112
- 22,971 2,40 55,130
- Coton brut, dit en laine 88,065,167 O 146,286,186
- Jute et autres fibres textiles. 1,630,258 U 2,608,413
- Tôt a t. , 116,177,595 182,900,306
- (*) Brésil, lf 85e; États-Unis, 1*68°; Colonies françaises, lf 55°; Turquie, Égypte, Afrique, lf 45e.
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- 238 IVe JURY.
- dailles du conseil qui ont été accordées aux expositions des produits naturels ou matières premières. Sur ce nombre, 6 ont été classées comme médailles générales ou d’ensemble et 5 à des exposants spéciaux : celles-ci comprenaient 3 manufactu-riers français et 2 exposants anglais.
- Voici la liste générale de ces premières récompenses :
- M. le Ministre de la guerre de France, pour la collection nombreuse et très-belle des produits bruts de l’Algérie, qui manifestait déjà les progrès remarquables de l’agriculture accomplis dans cette colonie française, et cités comme modèles à suivre dans les colonies des autres nations ;
- L’honorable Compagnie des Indes orientales, pour la grande et belle collection de produits naturels démontrant les immenses ressources offertes à l’industrie dans ces vastes contrées ;
- Le Gouvernement de la Turquie, pour la nombreuse et utile collection des matières premières de cet empire, montrant ses grandes ressources;
- Le Vice-Roi d’Egypte, pour sa collection étendue et variée;
- Le Gouvernement espagnol, pour la grande collection de produits bruts démontrant les ressources que possède l’Espagne ;
- Le Bey de Tunis, pour l’ensemble des collections de matières premières montrant les ressources naturelles et l’état manufacturier du pays ;
- M. Graux, de Mauchamp, pour avoir obtenu, par une sélection ingénieuse et persévérante, une race ou variété nouvelle, bien fixée, de moutons mérinos,.produisant la meilleure qualité de laine longue pour la filature, qui réunit à la force le brillant et la finesse des fibres ;
- M. Popelin-Ducarre, de Paris, pour l’inventien remarquable qui produit, avec de menus branchages carbonisés et divers débris charbonneux, un charbon rival, comme combustible, du charbon de bois usuel;
- M. Grenet, de Rouen, pour les magnifiques produits de
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- SUBSTANCES VÉGÉTALES ET ANIMALES. 239
- gélatine pure incolore ou diversement teinte obtenus par un procédé de son invention, en employant les divers débris des peaux et tendons des animaux ;
- M. Mercer, du Royaume-Uni, pour son procédé à l’aide duquel il modifie les fibres du coton, en leur donnant de nouvelles dispositions physiques et des propriétés chimiques différentes ;
- La Société d’amélioration du lin, de Belfast, pour ses efforts heureux et persévérants en vue d’améliorer les fibres textiles du lin, et pour la collection remarquable d’échantillons qui démontre la série des moyens employés pour atteindre ce but.
- En résumé, l’on peut dire que sur 11 grandes médailles recommandées par la IVe classe et votées par le conseil des présidents,
- La France en a obtenu......................... 4
- La Grande-Bretagne............................ 3
- Les Gouvernements de Turquie, d’Egypte, d’Espagne et de Tunis, chacun................. i
- Ce résultat témoigne en faveur de la haute impartialité du Jury anglais, presque toujours en majorité dans nos délibérations approfondies; impartialité dont la répartition des autres récompenses offre de nombreuses preuves, et à laquelle, pour mon compte, je suis heureux, en terminant ce rapport, de rendre un nouvel hommage. ,
- FIN.
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- TABLE DES MATIERES.
- grynSH
- Pag.
- Composition du IVe Jury............................................... 1
- Introduction............................................................ 2
- Fibres textiles végétales............................................. 4
- Coton........................................................• • 5
- Procédé Mercer............................................... 8
- Cotons des Indes orientales.................................. 10
- British-cotton ou jlax-cotton.......,........................ *6
- Lin, chanvre, jute, cbina-grass et diverses fibres textiles.... 17
- Améliorations dans la culture, la récolte et le rouissage
- du lin... ;..................................../. . . . 18
- Procédé Claussen pour convertir le lin en une matière filamenteuse analogue au coton..................... 21
- Lin$ des différentes contrées................................ 22
- Fibres textiles diverses........................................... 3 2
- Jute.........................................................
- Urtica nivæa................................................. • • 34
- Calloe rbea, ou china-grass.............'....................• 37
- Calotropis gigantea........................................... Ibid.
- Hibiscus cannabinus.......................................... 38
- Sansviera zeylanica.......................................... 3 g
- Corchorus olitorius ,* capsularis, etc....................... Ibid.
- Crotoloria juncea........................................ Ibid.
- Æscbynomene cannabina........................................ Ibid.
- Cocos nucifera (Coc^a nut, noix de coco)...................... Ibid.
- Agave vivipara et autres........................................ 4°
- Yucca gloriosa............................................... Ibid.
- Saguerus Rumphii....................'........................ Ibid.
- Bauhinia ...................................................... ^td.
- Bromelia ananas................................;............. ^1
- Musa textilis et Musa paradisaica............................. Ibid.
- Marsdenia Roylii.............................................. Ibid.
- iG
- IV JURY.
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- 242
- TABLE DES MATIÈRES.
- Pag.
- Artocarpus............................................... 4 a
- Agave, Bananier, Mauritia, Hibiscus, etc............. 43
- Fibres textiles animales................................... 47
- Soie, laines, cachemire, alpaga, crins et matières textiles diverses ............................................... Ibid.
- Composition, caractères distinctifs et essai des matières textiles animales............................. Ibid.
- Soie........................................................ 49
- Récolte et consommation annuelle de la soie' en France ;
- consommation en Angleterre.............................. 5o
- Variétés de vers à soie. ................................... 5i
- Laine....................................................... 5 7
- Structure ............................................. Ibid.
- Composition immédiate.................................. 59
- M. Graux, de Mauchamp........:......................... 65
- Etablissement de Rambouillet................... . . r . .. 67
- Crins, soies (poils) de porcs et de sangliers, poils de lièvres,
- de lapins, de castors, de chameaux, de vaches, de bœufs, etc. 73
- Caoutchouc et gutta-percha.................................... 7^
- État naturel............................................ Ibid.
- Extraction.................................................. 81
- Composition et propriétés du caoutchouc................. Ibid.
- Nouvelles observations sur le caoutchouc................... 83
- Variétés du caoutchouc solide.............................. 84
- Structure interne....................................... Ibid.
- Action de l’eau. ...................................... • • Ibid.
- Action de l’alcool...................................... 85
- Action des dissolvants et augmentation de volume........ Ibid.
- Composition immédiate...................................... 86
- Altérations du caoutchouc................................ 87
- Sulfuration ou volcanisation du caoutchouc............. Ibid.
- • 1 Procédés de sulfuration................................... 99
- Caoutchouc sulfuré alcalin................................ 91
- Altérations spontanées du caoutchouc sulfuré......... Ibid.
- Applications du caoutchouc ordinaire........................ 9 2
- Usages du caoutchouc volcanisé, normal ou désulfuré. .. g3
- Exposants mentionnés par le Jury................... 95
- Gutta-percha (gomme de Sumatra)............................... 97
- État naturel........................................... Ibid.
- Historique............................................... 98
- Bulca frondosa................................................ 42
- Parkinsonia aculcala....................'................. Ibid.
- Roxburgliia gloriosoides.................................... Ibid
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- TABLE DES MATIÈRES. 243
- Composition immédiate et analyse élémentaire de la gutta-
- percha..............................................
- Applications de la gutta-percha........................
- Tissus des végétaux..............................................
- Moelle d’Æschynomène...........................................
- Liège ......................................................
- • Amadou......................................................
- Squelettes de plantes.......................................
- Plantes conservées pour herbiers............................
- Principes immédiats sécrétés dans les tissus des plantes...........
- Fécule amylacée, amidon.....................................
- Gomme arabique, gomme de pays, gomme adragante..............’. .
- Résines.....................................................
- Huiles fixes et volatiles, graisses et- cires végétales, suifs des animaux, cire des abeilles, essences ou huiles essentielles...
- Essences ou huiles volatiles................................
- Huile pyrogénée d’épiderme de bouleau.......................
- Suifs, graisses et huiles extraits des animaux, cires des abeilles.
- Tanin, matières propres au tannage. ........................
- Importations des matières tannantes et astringentes, en France,
- pendant l’année i853.....................................
- Importations des matières tannantes et astringentes dans la
- Grande-Bretagne, en 184 9................................
- Matières tinctoriales et couleurs................................
- Bois........................................................
- Commerce général des bois en France en i853.. Conservation des bois en France et en Angleterre,
- Charbon de bois...............................
- Substances extraites des animaux........................
- Ichthyocolle.......................................
- Gélatine et colles fortes..........................
- Albumine................"..........................
- Matières dures ou incrustées............................
- Ecaille de tortue..................................
- Cornes et bois de cerf................................
- Ivoire.............................................
- Nacre de perle.....................................
- Coquilles de camée et corail.......................
- Perles.............................................
- Plumes............................................
- Éponges . . ;...........................................
- Spongio-piline..........................................
- Baudruche...............................................
- Pag.
- Ibid.
- 101
- 105 Ibid. '
- 106
- 108
- 109
- 110 Ibid. Ibid. 120 123
- 132 i37 i55 i5g 160
- 162
- Ibid.
- 167
- 182
- 190
- 20/i
- 210
- 213 Ibid.
- 214
- 220
- 221 Ibid.
- 222
- 224
- 225 Ibid.
- 226
- 227 23o 281 Ibid.
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- 244 TABLE DES MATIÈRES.
- Pag.
- Matières tinctoriales............................................ 2Z2
- Cochenille et carmin...................................... Ibid.
- Charbon animal, noir d’os, noir d’ivoire....................... 233
- Engrais commerciaux............................................ 235
- Conclusion....................................................... 2 36
- (Note.) Importations des matières textiles en a853............. 237
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