Rapports. Comité 27. Brosserie, peignes, maroquinerie, articles en caoutchouc et jouets
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- RAPPORTS
- SUR
- L’EXPOSITION INTERNATIONALE DE CHICAGO
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- MINISTÈRE DU COMMERCE, DE L'INDUSTRIE DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES
- «XPOSITIOIV INTERNATIONALE DE CHICAGO EN 1893
- RAPPORTS
- PUBLIÉS
- SOUS LA DIRECTION
- DK
- M. CAMILLE KRANTZ
- COMMISSAIRE GENERAL DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS
- COMITÉ 27
- Brosserie, Peignes, Maroquinerie, Articles en caoutchouc
- et Jouets
- PARIS
- IMPRIMERIE NATIONALE
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- MINISTÈRE DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES
- rycu
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE CHICAGO EN 1893
- RAPPORTS
- PUBLIÉS
- SOUS LA DIRECTION
- DE
- M. CAMILLE KRANTZ
- COMMISSAIRE GENERAL DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS
- COMITÉ 27
- Brosserie, Peignes, Maroquinerie, Articles en caoutchouc
- et Jouets
- PARIS
- IMPRIMERIE NATIONALE
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- COMITÉ 27
- Brosserie, Peignes, Maroquinerie, Articles en caoutchouc
- et Jouets
- RAPPORT DE M. LOONEN
- FABRICANT DE BROSSERIE
- COMMISSAIRE RAPPORTEUR
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- Comité 27.
- BROSSERIE, PEIGNES, MAROQUINERIE,
- ARTICLES EN CAOUTCHOUC ET JOUETS.
- AVANT-PROPOS.
- La France s’étant fort judicieusement retirée d’un concours dépourvu des garanties et des récompenses auxquelles nos exposants ont été habitués dans les nombreuses expositions internationales qui ont précédé celle de Chicago, les membres du jury français furent changés en commissaires-rapporteurs; j’ai compris qu’il fallait donner à mon rapport le caractère d’une enquête, et y insérer toutes les informations diverses qui pouvaient faire de ce travail non seulement un souvenir de la participation française à la Columbian Fair, mais aussi un travail utile à mes compatriotes.
- Aucun des éléments habituels d’information n’existait à Chicago à la fin du mois de juin; aucun pays n’avait constitué son jury, les commissaires étrangers n’avaient pas de renseignements organisés sur leurs exposants ; j’ai dû faire des recherches personnelles, souvent difficiles, quelquefois mal accueillies.
- J’ai passé à Chicago et aux Etats-Unis tout le temps nécessaire pour bien assurer mes impressions, j’ai été jusqu’au Japon recueillir des renseignements; je vais m’attacher à dire la vérité sans vouloir flatter mes concitoyens, en laissant subsister des illusions sur la puissance industrielle des nations rivales.
- Peu d’exposants américains ont participé à la World’s Fair, beaucoup d’industriels importants se sont abstenus ; il serait donc trompeur de ne juger la puissance industrielle des Etats-Unis que par l’Exposition de Chicago.
- Nous-mêmes, Français, avons-nous donné toute la mesure de nos forces? Beaucoup de très bonnes maisons ne se sont-elles pas abstenues?
- Tel a été aussi le cas pour les nations étrangères, parmi lesquelles la
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- Hongrie s’est entièrement et systématiquement retirée, et parmi lesquelles l’Angleterre n’a pas fait, dans les articles que j’avais à examiner, tous les efforts dont elle aurait été capable.
- LA CLASSE 27.
- La classe 27 est installée près du centre du Palais des Manufactures; la circulation la plus active se produit tout le long de la grande voie centrale de ce palais. Quantité de gens visitent sans système, parcourent les grands chemins et ne pénètrent dans l’intérieur des classes que lorsqu’ils y sont poussés par un intérêt quelconque.
- La classe 27 aurait gagné en élégance s’il avait été possible de moins la fermer et d’installer bien en vue sur la grande voie quelques-unes des vitrines richement garnies exposées dans l’intérieur; je crois que l’on aurait ainsi attiré plus de monde.
- Les vitrines uniformes, en chêne clair à filets dorés, paraissent simples dans l’immense Palais des Manufactures et Arts Libéraux ; cependant cet effet sévère est de bon goût, et chacune des expositions est bien en vue.
- L’organisation de nos comités d’installation a été très appréciée aux Etats-Unis;beaucoup de fabricants américains qui avaient fait des dépenses préparatoires les ont perdues et ont renoncé à exposer, tant ils ont rencontré de désordre et de difficultés aux débuts de l’entreprise.
- La salle supplémentaire des jouets, en haut sur la galerie, traversée par la grande voie de circulation, est assez visitée; beaucoup de promeneurs sont arrêtés par les jouets automatiques et les jouets à musique.
- Cette section, modestement organisée dans des vitrines simples, de couleur noire, réunit toutes les variétés du jouet français; si cette exposition n’occupe pas un emplacement très favorable et ne peut pas présenter l’aspect décoratif de l’exposition allemande des jouets, elle a le grand mérite d’être claire et nette, et d’être bien disposée pour traiter des affaires et pour mettre en évidence l’exposition de chacun des exposants.
- L’Allemagne a fait un effort considérable, ses exposants occupent des vitrines décoratives ou bien forment des groupes collectifs, richement encadrés, de façon à mettre les produits bien en valeur.
- Les groupes collectifs présentent un ensemble imposant et frappant le visiteur; ces expositions, qui auraient paru bien mesquines si elles avaient été isolées, sont très bien groupées et donnent une idée avantageuse de
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- l’industrie allemande; il est évident que l’on a cherché à produire un effet d’ensemble, parlant à la masse du public, aux millions de visiteurs, dans le but de créer une impression favorable à la renommée de l’Allemagne.
- Je reprocherai cependant à la disposition allemande d’avoir trop recherché les expositions régionales et d’avoir trop négligé les groupements par industrie; si cette méthode permet à l’acheteur de voir rapidement ce que produit Nuremberg ou Munich, elle rend très difficile la recherche de tous les exposants d’une même industrie; les fabricants de même ordre sont disséminés sans aucune règle ; il est presque impossible de les visiter tous.
- Je trouve le système français beaucoup plus favorable aux affaires; je crois qu’il serait parfait si l’on y ajoutait quelque dépense de mise en scène dans quelques expositions particulières. •
- L’Autriche a suivi la même disposition que l’Allemagne, mais elle n’a pas fait les mêmes dépenses pour mettre ses produits en évidence; ses fabricants exposent tous en vitrines isolées qui sont à peu près groupées par industrie avec de nombreuses modifications suivant les besoins de place et de disposition.
- L’Angleterre, les Etats-Unis, tous les autres pays ont adopté ce système à l’exception des trois suivants :
- i° La Belgique, qui a certaines parties disposées à la française, en vitrines particulières;
- 2° La Suède, qui a concentré son exposition dans un grand chalet, construit près des pavillons des divers Etats;
- 3° Le Japon, qui paraît avoir eu en vue des ventes de détail immédiates et a organisé son exposition en grandes chayas régionales. . ., véritables bazars, dont la vente est l’objectif, et dans lesquels on n’indique même pas les noms des fabricants; vous voyez là les chayas de Tokio, de Kyoto, de Nagoya, d’Osaka, représentant les produits de la contrée, dirigées chacune par un employé qui s’occupe uniquement d’écouler l’infini détail des marchandises rapportées du Japon.
- Tel industriel figure sur le catalogue, qui a expédié un seul manche d’ombrelle ou un seul coupe-papier; l’objet porte un numéro d’ordre, un prix, et il est étalé dans une vitrine avec de nombreux articles d’aulres fabricants; le vendeur ne connaît le plus souvent que ce numéro d’ordre et ignore le nom du producteur, surtout lorsqu’il s’agit de petits objets comme ceux qui sont exposés dans la classe 27.
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- En fait, dans les industries de la classe 27, il n’y a réellement que la France, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Autriche qui fassent des importations sérieuses aux Etats-Unis; le Japon est venu y ajouter sa fabrication nouvelle de brosserie et ses poupées, jouets divers et petits articles de laque.
- Avant d’examiner chaque industrie en détail, je crois bon de rappeler ici le total général des importations de ces cinq nations aux Etats-Unis.
- Le tableau qui suit nous montrera que la France ne vient qu’au troisième rang, bien loin derrière l’Angleterre et après l’Allemagne. Je sais bien qu’un des gros chiffres de l’Allemagne consiste en sucre, mais la sucrerie est en France une industrie puissante qui fait vivre des milliers d’agriculteurs; elle exporte aussi en Amérique, et il y aurait le plus grand intérêt à la mettre à même de lutter avec l’Allemagne.
- CHIFFRE GÉNÉRAL DES IMPORTATIONS DES CINQ NATIONS SUIVANTES AUX ÉTATS-UNIS ET LEUR PROPORTION DANS LE TOTAL DES IMPORTATIONS.
- (Le dollar compté à 5 fr. 20.)
- DÉSIGNATION. EN 1890. EN 1892. PROPORTION P. 1 00.
- Angleterre francs. 969,762,571 francs. 812,766,581 18.89
- Allemagne 5i 3,955,95i 631,119,275 10.02
- France 603,896,017 356,686,923 8.29
- Japon 109,737,286 123,709,050 2.89
- Autriche-Hongrie 68,523,i65 39,i 36,538 0.g3
- Il y a lieu de remarquer que l’année 1892, sous l’influence du Mac-Kinley Bill et des affaires plus difficiles, présente une diminution d’importations pour les quatre nations européennes, alors que le Japon, au contraire, importe un chiffre plus élevé que celui de 1890.
- Un nombre considérable d’industries diverses a été attribué à la classe 27 de l’Exposition de Chicago.
- Cette classe, composée des groupes américains nos 1 07,108,109 et 110, a réuni une variété de fabrications inconnues jusqu’alors dans la composition de nos classes.
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- Suivant la nomenclature officielle américaine, le groupe n° 107 se composait des classes 672 à 675, comprenant les travaux de cheveux et de coiffure, les fournitures de coiffeurs, la brosserie et les peignes.
- Je diviserai mon rapport sur ce groupe en deux parties :
- 10 La brosserie et les articles de coiffure ;
- 20 Les peignes et articles d’écaille.
- Le groupe 108 comprenait les classes 676 à 682, c’est-à-dire la maroquinerie, les articles de voyage, les pipes et les fournitures de fumeurs, les cannes, les ombrelles et les parapluies.
- Je diviserai mon rapport en trois parties :
- - ! i° La maroquinerie et les articles de voyage;
- 20 Les articles de fumeurs;
- 8° Lés cannes, ombrelles et parapluies.
- Le groupe 10 9 se composait des classes 683 à 692, comprenant les articles en caoutchouc et les vêtements imperméables, les fournitures de bureaux, les jouets en caoutchouc et les articles en gutta-percha.
- Je ne mentionnerai dans mon rapport que les articles en caoutchouc; les fournitures de bureaux (en dehors de ce qui se fait en maroquinerie) ne sont représentées que par les crayons de l’exposition collective de Nuremberg, et les jouets en caoutchouc sont trop intimement mêlés à l’exposition des jouets pour les en distraire.
- Le groupe 110 comprenait les classes 693 à 695, c’est-à-dire les jouets de tous genres, les cartonnages de fantaisie pour la confiserie et en général, tous les Fancy goods, articles de fantaisie non classés.
- Je diviserai ce groupe en deux parties :
- La première sera celle des jouets, article d’importation extrêmement important aux Etats-Unis;
- La deuxième comprendra tous les articles non classés.
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- BROSSERIE.
- L’histoire de la brosserie, celle de la maroquinerie et de plusieurs industries de la classe 27, leur origine, leur développement en France, ont été décrits en 1889 par M. Tarbouriech-Nadal avec autant d’élégance que de vérité dans le rapport qui a suivi l’Exposition; je m’abstiendrai de refaire ici cet historique; je m’étendrai plutôt sur la façon dont la brosserie française a été introduite aux Etats-Unis et sur les dangers que lui réservent à l’avenir les fabricants du Japon.
- Sortant même un peu du sujet pour donner une notion plus complète des progrès de l’Empire du soleil levant, j’insérerai en entier le résumé du travail que j’ai fait sur les conditions industrielles de ce pays en allant le visiter.
- Venu en Amérique en 1876, lors du Centennial, j’ai consacré quatre mois à faire une étude approfondie de la brosserie en parcourant les villes des Etats-Unis. A cette époque, sur tout mon parcours, j’ai trouvé de très grandes quantités de brasses anglaises; sans doute, on vendait déjà beaucoup de brosses françaises, mais notre fabrication n’était pas dominante.
- Les brosses allemandes ou japonaises étaient inconnues; les Anglais étaient seuls nos heureux rivaux.
- L’Exposition française à Philadelphie fut, comme aujourd’hui, une brillante manifestation des trois maisons qui marchent à la tête de notre industrie nationale. De fréquents voyages aux Etats-Unis, des améliorations incessantes dans la fabrication, la compréhension du goût américain eurent bientôt élevé le chiffre des importations françaises en Amérique fort au-dessus de celui de l’Angleterre.
- Lors de mon troisième voyage, en 1881, je constatai avec plaisir que l’on importait presque exclusivement de la brosserie française aux États-Unis.
- Pendant une dizaine d’années, notre industrie nationale a joui en paix de sa supériorité; tous les fabricants ont rivalisé de zèle et d’intelli-
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- gence pour compléter et perfectionner leurs moyens d’action, poursuivant sans relâche la volonté d’assurer la suprématie française. Depuis ces dernières années, deux facteurs nouveaux sont entrés en lutte; tous les gens attachés à notre industrie doivent apprendre à connaître ces facteurs et à lutter contre eux; ce sont les fabricants de race germanique, de Saxe, de Bavière, d’Autriche-Hongrie d’une part, et les fabricants japonais d’autre part.
- Les premiers se sont attachés à l’emploi des matières premières qu’ils avaient dans leur pays; ils ont fabriqué des brosses à tête, des brosses à habits en bois; les autres, habitués au travail de l’os, de l’ivoire, de l’écaille, se sont appliqués a la production des brosses de toilette en os.
- Longtemps les Allemands n’ont fourni que des articles lourds, épais, disgracieux et très bon marché. Mais, copiant nos modèles, imitant nos formes, instruits graduellement par les acheteurs, renseignés par de bons agents, ils ont, petit à petit, modifié leur façon de faire; ils ont réellement amélioré leur production.
- Ayant l’avantage de récolter dans leur pays les soies nécessaires à cette fabrication, ils ont récemment réussi à introduire aux Etats-Unis et en Angleterre des quantités de marchandises. Leur succès a été plus grand en Angleterre qu’en Amérique, parce que ce pays a toujours préféré les brosses faites d’une seule pièce, suivant notre méthode, à celles faites de deux morceaux de bois collés suivant la méthode allemande et anglaise.
- Dès qu’ils ont eu des relations un peu importantes avec le marché des Etats-Unis, les fabricants allemands ont cherché à faire ou à imiter les brosses françaises d’une seule pièce. Ils ont en premier lieu imité la forme et l’aspect de ces brosses en donnant l’illusion par un collage parfait et par un excellent vernis; ils eurent ainsi un succès relatif; cette fois, ils exposent des brosses d’une seule pièce ; j’en ai trouvé un grand choix en bois précieux dans la vitrine d’un fabricant bavarois.
- Me refusant à croire qu’il fût en état d’en produire une grande quantité industriellement, j’ai cherché à New-York des traces de ses ventes. J’ai pu obtenir une collection de ses échantillons, et j’ai constaté avec regret qu’il avait réellement fait quelques affaires ; c’est encore peu important, mais c’est le commencement d’un danger, il faut le signaler.
- Les Japonais exposent; j’ai vu, à Osaka, quatre fabricants; un d’entre eux fait des petits pinceaux à peinture, à aquarelle et montés sur plumes,
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- dans le genre de Paris et de Nuremberg; c’est encore Tenfance de l’art, les premiers débuts d’une industrie naissante.
- En brosserie fine, en os, les petits fabricants sont imparfaitement installés, ils scient leurs matières premières à la main, ils n’ont aucun outillage sérieux; ils m’ont paru fort peu avancés et ne seront pas à craindre de longtemps.
- La troisième fabrique, grande compagnie par actions (j’entends grande pour le Japon, son capital est d’un demi-million de francs), manufacture des produits assez bien faits et très réguliers. Entièrement composée de Japonais, n’usant suivant la loi du pays que de capitaux japonais, elle a été fortement aidée par le Gouvernement, toujours empressé à amener des industries nouvelles au Japon.
- En visitant cette manufacture, j’ai eu le regret de constater quelle est bien installée, bien organisée et fort dangereuse pour l’industrie de nos populations de l’Oise.
- Son outillage a été acheté à des maisons américaines qui cessaient une fabrication de quelques années; des contremaîtres américains et des agents européens ont graduellement instruit les Japonais et ont perfectionné leur outillage; suivant la coutume invariable du Nippon, les naturels se sont débarrassés des blancs aussitôt qu’ils ont pu marcher seuls, et ils se tirent très bien d’affaire depuis deux ans.
- L’art japonais, depuis l’introduction de la civilisation occidentale, subit une dégradation constante. Les Japonais méprisent ouvertement les produits de patience et de préciosité qui ont fait leur réputation artistique. Les richesses de l’Europe, sa puissance industrielle, sa civilisation vigoureuse sont pour eux la tentation suprême.
- Ils adoptent, ils prennent nos méthodes, nos procédés, nos industries, servis par des initiateurs bénévoles dont ils se débarrassent dès qu’ils sont organisés.
- Les grandes industries au Japon, celles qui sont montées en sociétés par actions et qui emploient un nombreux personnel, sont : les mines, les compagnies de chemins de fer et de navigation, les filatures, les tissages, les manufactures d’allumettes, etc.
- Les broderies sur soie, la céramique, la fabrication des bronzes, des cloisonnés et des objets de laque, etc., sont organisées dans de petits ateliers où des artisans travaillent pour ainsi dire en famille avec 5 à 10 ouvriers. Les ateliers plus importants de 60 et i5o ouvriers sont rares.
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- Dans ces ateliers, on n’a pas encore introduit la machine à vapeur, on se sert des chutes d’eau, si petites qu’elles soient, mais partout ailleurs le travail est absolument manuel.
- Ce travail (en famille) est celui qui convient au Japonais. Il aime se lever, se coucher ou se reposer quand i] en ressent le besoin ; les nouvelles usines avec des règles fixes et des heures obligatoires sont pour lui une dure nécessité à laquelle il se soumet sans murmure, mais sans enthousiasme.
- Les ouvriers japonais ont, en général, une grande facilité de compréhension et une habileté de main étonnante; ils sont fort obéissants, très doux, très attachés à leurs chefs; ils supportent avec résignation les travaux les plus durs, alternent leur travail jour et nuit dans les grandes usines à feux continus et, dans les petits ateliers, fournissent jusqu’à quatorze heures de présence lorsque l’on ne travaille pas la nuit. Dans ces petits ateliers, ils sont nourris partiellement à midi et à 5 heures, de façon à ne pas être dérangés. Le travail commence vers 6 heures du matin, s’interrompt pour quinze à vingt minutes à l’heure des repas et reprend à 5 heures et demie jusqu’à îo heures du soir. Toutes ces heures varient à l’infini; dans les maisons où l’on brûle le thé, ils commencent au contraire à h heures du matin et terminent à 6 heures du soir; les besoins de l’industrie font la règle, les ouvriers s’y prêtent volontiers.
- Il est assez difficile d’établir exactement des moyennes de salaires; dans les campagnes reculées, dépourvues d’industrie, loin du contact des Européens , il existe quantité de gens qui ne sont même pas assez fortunés pour manger du riz, qui vivent des grains les moins chers: orge, avoine, etc., et qui sont heureux de travailler pour o,io sen par jour= o fr. 35 de notre monnaie.
- Mes moyennes sont plus élevées; elles sont basées sur les deux capitales, sur les ports et surtout sur Osaka, la grande ville industrielle du Japon.
- Les voici :
- HOMMES.
- Les mécaniciens gagnent........................................ Qf 8o
- Les brodeurs, décorateurs, sculpteurs, surveillants, ouvriers
- de premier ordre............................................... t üo
- Les très bons ouvriers de métier.................................. o 90
- La grande moyenne des ouvriers ordinaires d’usine, filatures,
- tissages....................................................... o 70
- Les hommes de peine et ouvriei’s ordinaires.................... o 60
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- FEMMES.
- Les brodeuses, peintres...................................... of 52
- Les surveillantes, femmes de premier ordre.................. o 42
- Les bonnes ouvrières............................................ o 35
- La grande moyenne des ouvrières ordinaires d’usines, filatures, tissages................................................. o 28
- Les petites filles et les apprenties pendant de nombreux mois. 0 i4
- Ces prix représentent à peine un sixième des prix américains, un quart des prix français, un cinquième des prix anglais, un tiers des prix austro-allemands.
- Le charbon n’est pas coûteux, les transports sont très bon marché, les conditions industrielles sont tout à fait propices à l’établissement d’articles de bas prix.
- Le Gouvernement japonais a créé lui-même les premières usines; il les a cédées à des compagnies, comme il a cédé ses mines, lorsqu’elles ont été en bonne marche. L’industrie progressive et énergiquement menée que l’on peut prendre comme modèle de la récente activité du Japon est celle du coton.
- Peu d’années se sont écoulées depuis que le rapporteur attitré du Gouvernement prussien estimait que les Japonais ne se prêteraient pas aux exigences de l’industrie moderne, et déjà, en 1888, un premier démenti était donné à ces appréciations par 76,000 broches de filature en pleine activité.
- On voit aujourd’hui, quatre années plus tard, des usines comme celles de «Kanegafuchi» qui emploient 2,100 hommes et 3,700 femmes divisés par équipes, qui travaillent jour et nuit et n’ont sur douze heures de travail assidu que quarante minutes pour les repas. Des dortoirs sont organisés à proximité, et l’on fournit aussi de la nourriture à raison de 7 centimes par repas.
- Les filatures que j’ai visitées à Osaka sont installées de la même façon. Toutes sont munies d’excellentes machines anglaises, travaillent jour et nuit avec deux équipes alternantes, sont prospères et donnent de bons dividendes. Beaucoup forment des projets d’agrandissement, ont déjà commandé de l’outillage à Bolton (Angleterre) et construisent d’autres établissements dans des centres populeux.
- Personne ne semble douter de l’avenir; il est vrai que la production n’a
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- pas encore atteint le niveau absolu de la consommation intérieure; elle peut achever son œuvre, puis exporter son excès.
- En 1882, la consommation totale du Japon s’élevait à 37 millions de kilogrammes; en 1891, elle s’est élevée à 55 millions de kilogrammes et, depuis, cela s’est encore accru. Non seulement les Japonais se couvrent plus aujourd’hui qu’autrefois, mais leur population augmente et en outre ils substituent dans la confection de leurs habillements le coton bon marché à la soie qu’ils vendent fort cher et qu’ils exportent de plus en plus, soit brute, soit fabriquée.
- Trente-cinq filatures, employant 5,789 hommes et 16,879 femmes, soit un total de 22,618 ouvriers, forment un syndicat puissant et semblent abuser de l’absence de lois ou de l’indulgence extraordinaire dont on use envers elles.
- J’ai vu de pauvres petites filles de 8 à 9 ans, toutes mignonnes, pas plus grandes que nos enfants de 6 ans, astreintes à douze heures de travail! Suivant la loi japonaise, elles devraient aller à l’école; les instituteurs se plaignent, aucune sanction ne vient leur donner raison. En outre, en face de ces ouvriers si résignés, si obéissants, les patrons ont organisé un système qui les met à leur merci.
- Aucune filature ne reçoit un ouvrier sans le consentement écrit de l’établissement qu’il cjuitte, et cette rigueur est poussée si loin que tout nouvel arrivant est surveillé et immédiatement congédié si l’on s’aperçoit qu’il a déjà quelque connaissance du métier.
- La moyenne des salaires de filatures est de îfi sen 67/100 pour les hommes, soit 58 centimes de notre monnaie; pour les femmes, elle est de 8 sen Ixj2 5 ou 28 centimes et demi de notre monnaie.
- La durée du travail de nuit, la modicité du salaire, devraient rendre ces filatures plus indulgentes; elles ne devraient pas compromettre, en abusant de leur autorité, les bons rapports dont elles ont le bonheur de jouir avec des ouvriers doux et patients.
- Ces trente-cinq filatures représentent un capital d’une quarantaine de millions de francs et comprennent beaucoup de petites manufactures établies très économiquement auprès de chutes d’eau dont elles utilisent la force. Elles ont 4oo,ooo broches et produisent par mois 3 millions et demi de kilogrammes.
- Il s’est ainsi créé dans ces sept ou huit dernières années une industrie puissante qui brûle d’exporter et de prendre en Chine la place des pro-
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- duits anglais. Alors qu’à Bombay et que dans le Lancashire le travail se restreint, alors que les Anglais poussent des cris d’alarme, les Japonais accroissent leurs forces. La presse et la population excitées par le Gouvernement s’entretiennent continuellement de la question industrielle.
- Des musées sont érigés pour montrer à Osaka les produits européens les meilleurs à imiter. Toutes les contrefaçons sont permises, elles sont même encouragées par le Gouvernement qui fait copier tous les systèmes d’armes, de canons et de torpilles dans ses arsenaux sans tenir aucunement compte des droits des inventeurs.
- Les Japonais, dont la monnaie est une monnaie d’argent, comme en Chine et comme dans tout l’Orient, ont un avantage considérable sur les pays qui ont une monnaie d’or : pour eux les salaires et le coton payés en argent forment des étoffes vendues en argent. Pour les Européens, les salaires et tous les frais payés en or subissent à la vente en Orient la perte de la dépréciation de l’argent, considérable en ce moment.
- Une industrie intéressante, qui grandit rapidement aussi, est celle des nattes. Semée en décembre, l’herbe est récoltée en juin et juillet; la fabrication commence aussitôt pour se prolonger tout l’hiver. Une multitude de dessins sont imaginés; ces nattes se vendent en fort grandes quantités aux Etats-Unis et en Australie. Les ouvriers travaillent à deux ou trois sur des petites machines indigènes, assez compliquées et très ingénieuses, mues par des pédales. Cette industrie a débuté par une exportation de 2,000 francs en 1886, elle s’est élevée à 55o,000 francs en 1888, à 1 million et demi en 1890, et, en 1892, elle atteint A, 118,100 francs. L’industrie des parapluies est tout à fait nouvelle, ses exportations atteignent 1 million et demi. De même, l’exportation des mouchoirs de soie n’a pas cessé de grandir; elle était déjà de A millions de francs en 1887; en 1892, elle a dépassé 12 millions.
- En 1885, l’exportation totale de la soie était de 5i millions de francs, à peu près entièrement brute.
- En 1891, cette exportation s’est élevée à 122 millions et demi, soit 1 Ao p. 100 d’augmentation en six années et, cette fois, les chiffres donnent plus de 9 millions de tissus de soie. Les Etats-Unis ont été les grands acheteurs des tissus de soie japonais, comme ils sont les grands consommateurs de thé japonais.
- Des maisons d’exportation de Kobé et d’Osaka, s’occupant surtout de soieries et de tapis de Sakaï, ont offert récemment une médaille d’or à un
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- marchand de New-York, lors de sa visite au Japon, pour le remercier de sa propagande en Amérique et des services qu’il a ainsi rendus à l’industrie japonaise.
- La sériciculture s’est développée depuis plusieurs années d’une façon prodigieuse; ce mouvement est loin d’avoir atteint son apogée : près de 800,000 familles s’y adonnent actuellement.
- Il y avait, en 1886, 35o,ooo acres consacrés à la plantation du mûrier; l’année dernière, les statistiques en constataient 600,000, plus de 70 p. 100 d’accroissement! Les sériciculteurs apportent aussi plus d’attention à la qualité : ainsi la compagnie à Hakushu qui produit la soie de Kurayoski a opéré avec tant de soin quelle a obtenu à Yokohama le prix de 800 yens ou 2,800 francs par balle.
- Ces prix très rémunérateurs propagés par la presse indigène sont un puissant encouragement.
- Jusqu’alors les provinces du Nord s’étaient spécialement consacrées à l’élevage des vers à soie; les expériences récemment faites dans les provinces plus chaudes du Midi ont été satisfaisantes. Quantités de nouvelles familles qui ne s’occupaient pas de sériciculture se procurent maintenant de bons praticiens, font des plantations de mûrier et achètent des vers au Japon et même en Chine.
- De même que les fabricants de coton visent la Chine, les tissages de soie s’équipent pour augmenter leurs affaires aux Etats-Unis.
- En 1881, les Japonais ont commencé la teinture des mousselines qu’ils achetaient en France.
- Ils ont fourni à leur clientèle intérieure des dessins et des couleurs qui ont plu; graduellement cette industrie toute nouvelle a pris de l’extension; les salaires payés aux ouvriers teinturiers de Kyoto représentent actuellement 1,200,000 yens par an, soit û,200,000 francs.
- En 1889, cette industrie importait de France près de i3 millions de mètres de mousseline, pour près de 6 millions de francs. Trois ans plus tard, en 1892, ces importations s’élevaient à plus de 16 millions de mètres pour 8 millions et demi de francs. Maintenant on cherche à fabriquer les mousselines au lieu de les importer.
- Outre leurs anciens produits traditionnels, les parapluies, les allumettes chimiques sont des articles que les Japonais vendent partout sur les rives du Pacifique. Les tableaux suivants donneront au lecteur une appréciation exacte de ces progrès industriels.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- 1889
- 1890
- 1890
- ALLUMETTES.
- Nombre en grosses. Valeur en francs.
- io,i65,6i5 5,25o,ooo francs.
- 17,658, oo4 6,44o,ooo
- CÉRAMIQUE.
- Porcelaine.............................. i,o56,56o yens.
- Poterie................................. i,88a,5o8
- Total (io raillions de francs)..... 2,883,5o8
- TISSUS, VETEMENTS ET CEINTURES. (Valeur en monnaie française par 1,000 francs.)
- DÉSIGNATION. ANNÉES. NOMBRES de PIÈCES. VALEUR I EN FRANCS.
- SOIE PURE
- i885 1,454,276 12,950,000
- Vêlements 188y 8,876,762 34,4oo,ooo
- 1890 4,i54,466 39,376,000
- 1885 152,363 780,000
- . Ceinlures 1889 593,509 7,100,000
- 1890 639,485 7,455,ooo
- COTON.
- 1885 5,195,114 17,000,000
- Vêtements 1889 32,i63,425 ' 69,800,000
- 1 1890 30.044,876 47,880,000
- i885 303,572 i,o4o,ooo
- Ceintures < 1889 688,3g5 O O O !> O
- 1 1 1890 2,189,7/12 1,627,000
- SOIE ET COTON.
- 18 8 5 780,i3o 5,600,000
- Vêtements < 1889 3,191,921 i4,35o,ooo
- | 1890 2,764,967 10,200,000
- l 1885 127,231 1,020,000
- Ceintures ' 1889 929,225 5,6oo,ooo
- l 1890 i,638,940 8,155,ooo
- SOIE, COTON ET CHANVRE.
- ( 1885 875.918 3,o45,ooo
- Vêlements < 1889 1,328,017 4,25o,ooo
- 1 1890 1,011,954 5,8oo,ooo
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- BROSSERIE, PEIGNES, MAROQUINERIE, ETC.
- M
- PRODUCTION DES MINES.
- A. Mines appartenant à l’État.
- 2 mines d’or....................................
- 2 mines d’argent................................
- 2 mines de cuivre...............................
- î mine de fer...................................
- î mine de sulfate de cuivre.....................
- î mine de charbon de terre......................
- 18,375 onces. 225,877
- 2 4 tonnes, 3,656 345 6,686
- B. Mines particulières.
- Or............................................
- Argent........................................
- Cuivre........................................
- Fer...........................................
- Plomb.........................................
- Antimoine.....................................
- Etain.........................................
- Manganèse.....................................
- Potée d’étain....................................
- Arsenic..........................................
- Couperose........................................
- Sulfate de cuivre.............................
- Charbon de terre..............................
- Pétrole.......................................
- Soufre........................................
- Lignite.......................................
- Graphite......................................
- Asphalte......................................
- Alun..........................................
- Cristal................................... . .
- 15,257 onces. 1,475,981
- i8,i3o tonnes. i8,35o 772 106 4o 2,590 7
- 280 kilogr. 947 tonnes. 28
- 2,612,25o 1,670 20,900 20,700 4,563 4
- 10
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- COMMERCE.
- Si l’on remonte à un quart de siècle, le Japon n’avait qu’un commerce bien médiocre; secoué par la révolution de 1868, il est sorti de son long sommeil, il s’est mêlé avec ardeur au mouvement commercial, et, peu d’années après, il élevait le chiffre des transactions à 227 millions de francs qu’il a aujourd’hui presque triplés.
- Comité 27.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- Les chiffres officiels de 1892 constatent :
- Exportations.............................
- Importations,............................
- Soit un ensemble de...........
- 3i8,859,635 francs. 249,641,376
- 568,5oi,oi 1
- Les exportations figurant à l’avantage des Japonais pour 69,218,269 francs, en excès sur les importations, le lecteur appréciera immédiatement et l’importance et la situation de leurs affaires.
- Il est intéressant de noter dans les exportations quelques articles connus, outre les trois grands facteurs de la prospérité japonaise : le thé, la soie et le riz.
- EXPORTATIONS INTERESSANTES.
- Millions do francs.
- Soie grège.................................................. 127
- Soie lissée (étoffes)........................................ i4
- Mouchoirs de soie............................................ 12 i/4
- Fils de soie (filatures)...................................... 6 1/2
- Déchets de soie............................................... 4 1/2
- Thé (presque exclusivement exporté en Amérique). ... 2 5 i/4
- Charbon...................................................... 16
- Riz (sur une production de 700 millions)..................... i4 1/2
- Cuivre...................................................... 8 3/4
- Feuilles et fils de cuivre.................................... 8 i/4
- Allumettes.................................................... 7 3/4
- Céramique..................................................... 5 i/4
- Camphre....................................................... 4 i/3
- Nattes........................................................ 4
- Paravents..................................................... 4 i/4
- Objets de laque............................................... 4 3/4
- Parapluies (copie des Européens).............................. 1 i/4
- Papier........................................................ 1
- Articles en papier................................... 677,000 francs.
- Cloisonnés............................................. 2o5,ooo
- Ivoires sculptés....................................... 200,000
- Une certaine somme d’objets de curiosité (si cela peut encore se nommer ainsi) est en outre achetée par les touristes et emportée dans leurs bagages.
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- BROSSERIE, PEIGNES, MAROQUINERIE, ETC.
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- Dans les importations, nous noterons :
- Millions.
- Coton brut.................................................. 43
- Sucre....................................................... 33 i/4
- Pétrole................................................... il 1/2
- Mousseline de laine.......................................... 8
- Shirting (coton)............................................ 6 3/4
- Flanelle..................................................... 3 3/4
- Italian (mélange de coton et de laine)....................... 3 3/4
- Machines..................................................... 9
- Armes et munitions........................................... 3 3/4
- COMPARAISONS PAR CATEGORIES.
- Les divisions complètes établies en 1 891 nous donnent les comparaisons suivantes : nous y verrons que les objets manufacturés, y compris le coton et les armes, figurent pour une somme d’importation relativement petite, qui ne dépasse les exportations des manufactures japonaises que de 19 millions 3/4.
- Objets de consommation EXPORTATIONS. Millions. • • 62 l/2 IMPORTATIONS. Millions. 54
- Matières brutes 3i 1/2 36 3/4
- Matières demi-brutes 12 32 l/4
- Objets manufacturés 44 63 i/3
- Objets divers 17 3/4 33 i/4
- CONSOMMATION DU SUCRE.
- La consommation du sucre au Japon, pour nous Français qui possédons de si importantes sucreries, est intéressante à observer. Avec l’augmentation de la population et de la richesse, elle suit une progression constante. Il peut y avoir là un marché sérieux pour notre production nationale aussitôt que nous aurons un fret plus réduit.
- Actuellement, presque tout le sucre consommé au Japon est acheté à Formose et à Hong-Kong.
- Millions.
- l6 l/2 22 l/2
- 33 1/2
- 2.
- 1885,
- 1888,
- 1892,
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- Les quatre grandes nations se sont partagé les affaires au Japon depuis quatre ans de la façon suivante (en millions de francs) :
- ANNÉES. GRANDE-BRETAGNE. fit COLONIES. ÉTATS-UNIS. FRANCE. ALLEMAGNE.
- 1889 194 109 61 22
- 1890 205 93 42 26
- 1891 182 128 63 22
- 1892 196 156 76 25
- En décomposant ces chiffres, il y a lieu de remarquer que, dans le chiffre considérable de la Grande-Bretagne et de ses colonies, il figure presque autant d’affaires avec Hong-Kong (plus de 73 millions) et les colonies d’Australie et des Indes (37 millions), qu’avec l’Angleterre elle-même, dont le chiffre exact n’est que de 86 millions. Sur cette somme, la proportion des ventes de l’Angleterre au Japon, c’est-à-dire de ce qu’elle y importe, est de 70 millions. Les Etats-Unis dépassent comme chiffre les Anglais, mais sont loin de fournir autant au Japon; ils en sont au contraire les meilleurs clients, ils lui achètent des sommes considérables de thé et de soieries fabriquées.
- La France figure pour une somme importante, grâce à ses gros achats de soie grège; malheureusement elle vend fort peu aux Japonais.
- Les Allemands sont restés stationnaires, leur commerce n’a pas suivi le développement extraordinaire prédit il y a quelques années, mais ils n’achètent que fort peu au Japon et lui vendent pour une somme deux fois plus considérable que la noire.
- Voici, par rang d’importance, les principaux vendeurs au Japon en 18 91 :
- Grande-Bretagne. Hong-Kong. . . . Indes anglaises..
- Chine..........
- Amérique.......
- Allemagne......
- Corée..........
- France.........
- Millions.
- 70 1/2
- 1? l/2
- 17 1/2 28 2 1
- 17 1/2 i4
- 9 xlk
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- BROSSERIE, PEIGNES, MAROQUINERIE, ETC.
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- Les affaires de fret et de navigation suivent ces proportions; sur la quantité totale, américaine et européenne, il faut attribuer :
- Aux Anglais.............
- Aux Allemands...........
- A la France.............
- Aux Américains..........
- A diverses autres nations,
- 68 p. îoo.
- i3
- i3
- a
- h
- On voit que les Allemands ont une proportion de navigation supérieure à celle de leurs échanges, c’est beaucoup aux dépens de la France qu’ils obtiennent cette supériorité; ils ont des bateaux chargés en majorité de marchandises pour la France qui vont au Havre avec une vitesse modérée, mais arrivent plus vite et à moins de frais que les Messageries maritimes qui font une escale de huit jours à Shangaï et ont le transbordement à Marseille.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- BROSSERIE ET ARTICLES DE COIFFURE.
- Pour en revenir à la brosserie, voici le tableau des importations, aux Etats-Unis, des soies de porc et des brosses.
- TABLEAU DES IMPORTATIONS TENDANT LES ANNEES 1891 ET 1892.
- SOIES. BROSSES.
- 1891 ..... 689,451 kilogr. valant 7,8io,4oof 4,465,872e 21
- 1892 ..... 665,487 — 7,347,600 4,200,788 38
- En 1892 les importations se sont ainsi réparties:
- SOIES. BROSSES.
- Allemagne......................... 4,53i,o46fr. 539,5i5fr.
- Angleterre........................ 1,049,807 338,854
- Autriche-Hongrie.................. // 133,853
- France............................ 862,758 2,920,850
- Japon.....................,....... // 133,213
- Russie............................ 1,066,769 "
- ALLEMAGNE.
- (5 exposanis.)
- Il existe en Allemagne une très grande quantité de fabricants de brosses qui font en général des articles ordinaires et très bon marché.
- Je mentionnerai, à titre de renseignement, trois maisons assez importantes, déjà connues aux Etats-Unis, qui sont bien outillées, mais qui n’ont pas exposé à Chicago.
- Ce sont : MM. Kalb, à Hanau, fabricant de brosses fines en bois, à tête et à habits; Flemming, à Schoenheide(Saxe),fabricant de brosses en bois de tous genres, montées à la main et aussi à la machine suivant le système Gane ou ancrage métallique; Dukas, à Fribourg-en-Brisgau, fabricant de brosses en bois de tous genres, montées à la main. Ce fabricant fait en
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- BROSSERIE, PEIGNES, MAROQUINERIE, ETC.
- 23
- outre, dans la prison de Strigau en Prusse, travailler sur des machines du système Woodbury ; les brosses sont montées automatiquement au moyen d’une boucle de fil de fer.
- L’exposition allemande se compose :
- De deux fabricants de brosserie fine : MM. Emile Kraenzlein, à Erlangen, et Penzberger und C°, à Munich;
- De deux fabricants de pinceaux: Vereinigte Pinsel Fabriken, de Nuremberg , ou fabriques réunies de pinceaux, et MM. F. Florheim et fils, à Apolda ;
- D’un fabricant de grosse brosserie : M. Menne (Joseph), à Munderkingen.
- Il convient d’ajouter à ces cinq expositions sur lesquelles je vais avoir ci m’étendre un peu :
- i° Celle de la Société des Aveugles de Berlin, qui nous montre un assortiment de brosses à tête, à habits, ainsi que des brosses de maison et des balais en soies et en chiendent.
- Cette exposition, extrêmement intéressante comme produits d’une installation charitable, n’apporte aucun élément à l’étude de la concurrence industrielle en Amérique; ces brosses sont aussi bien faites que les produits similaires de nos ateliers d’aveugles et, comme les nôtres, se vendent uniquement dans le pays de production.
- 2° Celle de la maison J. E. Honigsberger und C°, de Munich, qui expose des crins frisés et ne fait que des affaires exclusivement allemandes.
- M. Kraenzlein (Emile), à Erlangen.
- Cette maison, déjà ancienne et de bonne réputation, fabrique des brosses de tous genres et occupe environ Aoo ouvriers; elle s’applique à faire de beaux articles ; elle vise particulièrement notre fabrication nationale et vient d’engager dans le département de l’Oise des ouvriers français pour organiser à Erlangen une manufacture de brosses de toilette en os.
- Son exposition est disposée dans une sorte de grande vitrine-buffet à deux corps ; la partie supérieure est appliquée au mur, la partie inférieure forme pupitre en saillie et montre les objets à plat. La partie adossée est divisée en trois panneaux : l’un est rempli par un grand soleil formé de brosses à tête en bois disposées en rayons ; le second contient des rayons de brosses en écaille et de brosses en ivoire ainsi que des imitations de ces matières; le troisième est composé de brosses à habits toujours disposées en soleil.
- La vitrine en saillie est également disposée en trois parties : dans l’une sont étendues des garnitures de brosses en métal argenté et nickelé et des garnitures en celluloïd; dans l’autre s’étale un grand choix de brosses et de garnitures, ainsi que des glaces en matière blanche imitant l’ivoire ; la dernière partie contient des brosses faites en imitation d’écaille, ainsi que des garnitures en bois vernis.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- Les brosses en bois de cette exposition n’ont pas la blancheur des soies de Penz-berger, ni un vernis aussi brillant, mais les brosses blanches imitant l’ivoire sont bien faites et nous représentent ce qui, dans ce genre, s’est le mieux vendu aux Etats-Unis.
- Cette maison a été seule assez longtemps à recouvrir ses bois d’un enduit blanc en celluloïd; elle a fait avec cela quelques affaires d’exportation que nos nationaux peuvent aisément reprendre en employant ce procédé facile. Ses brosses en bois sont faites généralement en deux pièces, et ne menacent qu’indirectement l’article français dit chevillé.
- Elle occupe environ 4oo ouvriers dans l’intérieur de la fabrique et en outre un personnel assez considérable au dehors, travaillant à domicile.
- MM, Penzberger und C°, à Munich.
- Cette maison expose dans une grande vitrine à quatre faces, divisée diagonalement en quatre triangles, pourvus d’étagères ; elle nous montre une belle collection de brosses à tête, h manche et sans manche, en ébène d’une seule pièce. Elle expose également des brosses dites chevillées d’une seule pièce, en brosses à tête, à habits, à chapeaux, etc., faites en bois des îles, admirablement vernies, en citron, en palissandre, etc. L’un de ces triangles est consacré aux brosses à habits, un autre aux brosses chevillées en bois des îles, un autre aux brosses en ébène, et le dernier aux brosses en ivoire et en imitation d’ivoire.
- En réalité, la qualité des produits qu’expose ce fabricant dépasse en blancheur de soies et en finition du vernis la moyenne de ses livraisons que j’ai vues ensuite aux Etats-Unis. Poussé par deux maisons d’importation importantes de New-York, ce fabricant fait des efforts considérables pour arriver à fournir au marché américain des articles fins copiés sur les articles français; il occupe environ 4oo ouvriers et produit près de 600,000 francs de brosses dont la plus grande partie est de la brosse commune qui ne se vend qu’en Allemagne. Ce que j’ai rencontré le plus et ce qui m’a paru former le noyau de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis, c’est sa brosse à habits courante, en soies blanches, de taille petite et moyenne, dans les prix de i4 à 18 francs la douzaine.
- Vereinigte Pinsel Fabriken, à Nuremberg (fabriques de pinceaux).
- Cette Société expose des échantillons cousus sur des tableaux appliqués contre une grande vitrine plate, rangés par catégories et par tailles.
- Cette exposition comporte surtout les petits pinceaux à peindre, montés sur plume, qui font l’objet de son commerce aux Etats-Unis.
- Cette fabrication de pinceaux est très développée depuis cinquante ans à Nuremberg; elle y occupe 1,880 ouvriers travaillant pour 23 établissements; 7 d’entre eux se sont réunis et ont formé cette Compagnie qui fait aux Etats-Unis un chiffre important, représentant à lui seul presque toute l’importation allemande.
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- BROSSERIE, PEIGNES, MAROQUINERIE, ETC.
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- MM. Florheim (F.) et fils, à Apolda, près de Leipzig.
- (Fabrique de pinceaux et préparation de soies de porc.) ^
- Ces fabricants exposent des pinceaux montés en crin et en soies ainsi que des paquets ou petites bottes de crins et de soies préparés. Ces soies et crins, bien lavés et bien blanchis, ne sont pas aussi bien finis que les produits français ; ils ne m’ont pas paru convenir beaucoup au marché américain.
- M. Menne (Joseph), à Munclerkingen-sur-Danube (Wurtemberg).
- Cette maison expose des articles de grosse brosserie, des balais, des pinceaux et des brosses pour brasseries.
- Ses affaires sont essentiellement allemandes.
- ANGLETERRE.
- L’Angleterre, faisait autrefois un chiffre de brosserie fine assez considérable aux Etats-Unis; la manufacture la plus importante, celle de G. B. Kent et fils, de Londres, qui produit à elle seule au moins les deux tiers des 338,ooo francs que l’Angleterre importe encore, a jugé à propos de s’abstenir; cette maison avait exposé à Philadelphie en 1876, puis en 1889 à Paris, où elle avait obtenu une médaille d’or.
- C’est une importante fabrique qui occupe plus de 700 ouvriers et fait un peu plus de 2,5 00,0 00 francs d’affaires.
- L’Angleterre n’est donc représentée que par un seul exposant :
- Hindes Limited, London et Birmingham.
- Cette très ancienne maison, fondée en 1797, occupe 60 hommes et 270 femmes avec une force motrice de 20 chevaux et une quarantaine de machines-outils.
- Elle produit des brosses à tête et des brosses de fantaisie, telles que des brosses électriques, des brosses métalliques, des brosses à chevaux, etc.; elle exporte surtout aux Indes et aux colonies anglaises; j’ai bien rarement vu quelques-uns de ses produits aux Etats-Unis. Installée dans une grande vitrine double, évidée au milieu de façon à former un bureau contenant une vendeuse, cette maison a organisé une vente de détail à l’Exposition et fait ainsi des affaires petites, mais continuelles.
- Ces brosses en bois sont toutes de plusieurs pièces et ne menacent pas directement la production française, elles ont conservé un genre très britannique et ne se vendent en effet que dans les pays absolument anglais.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- AUTRICHE.
- L’Autriche avait porté sur son catalogue la maison Johann Tauber et fils, de Vienne, que je connais et qui fait fort peu d’affaires en Amérique; cet exposant, qui fabrique spécialement des brosses en bois, à tête et a habits, ne s’est pas décidé à occuper sa place.
- A Pressburg-sur-Danube, en Hongrie, existe une très importante maison de brosses en bois, à tête, à habits, etc., nommée Cari Gruneberg, qui occupe plus de 8 o o ouvriers et fait une exportation de plus de 5 o o, o o o francs en Angleterre et de i2 5,ooo francs aux Etats-Unis.
- Cette maison n’a pas jugé à propos de prendre part a la World’s Fair.
- Ici comme ailleurs, la Hongrie s’est systématiquement abstenue.
- ÉTATS-UNIS.
- L’exposition américaine ne saurait donner une idée exacte de la fabrica-
- r
- tion des brosses aux Etats-Unis.
- Quatre fabricants ont seuls pris part à la World’s Fair, ce sont : Gerts Lumbard and C°, de Chicago; Whiting, de Boston; The Palmette Fibre C°, de Chicago; l’India Rubber Comb C°, de New-York.
- Des fabricants qui avaient exposé à Philadelphie, tels que : E. Clinton and C°, de Philadelphie; Miles brothers, de New-York, n’exposent pas à Chicago.
- Il est intéressant de donner rapidement un aperçu de cette fabrication américaine avant de passer à la description des exposants de Chicago.
- La maison E. Clinton and C°, de Philadelphie, fait de la brosserie fine à tête et à habits, de la grosse brosserie et des pinceaux; elle occupe près de i5o ouvriers et fait un chiffre de 1,200,000 francs.
- J. J. Adams and C°, de New-York, la plus ancienne maison de brosserie, fondée en 1807, travaille avec 70 chevaux-vapeur, 60 machines-outils, îho hommes et une trentaine de femmes; elle fait les brosses les plus soignées en tous genres et produit environ pour 1,600,000 francs.
- MM. Bradley et Smith, de New-York, viennent immédiatement après, au troisième rang, comme importance.
- MM. Miles brothers, de New-York, fabriquent aussi tous les genres de brosses et les suivent au quatrième rang comme importance.
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- BROSSERIE, PEIGNES, MAROQUINERIE, ETC.
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- MM. J. C. Pushee and sons, de Boston, font aussi tous ces articles, mais se sont surtout consacrés aux pinceaux à barbe.
- Les nombreux petits fabricants de Lancingburg, près d’Albany, dans l’État de New-York, occupent près de 5.oo ouvriers à de la brosse à tête et à de la brosse à habits ordinaire.
- Les plus importants d’entre eux sont E. et G. Wood.
- Ensuite viennent les fabricants de brosses montées mécaniquement : MM. Ames-Bonner and G0, à Toledo, qui se servent du procédé Gane, comme la maison allemande de Flemming à Shoenheide ; la Grand Rapids Brush C°, à Grand Rapids (Michigan), ainsi que la Standard Rrush C°, près de New-York, et la maison Woodbury and C°, de New-York, qui se servent toutes les trois de l’attache en fil de fer semblable à celle de la maison allemande de Dukas à Striegau.
- Enfin les fabricants de pinceaux suivants sont à remarquer :
- MM. Rosenthal brothers, à New-York, qui occupent 5o hommes et i5o enfants, qui produisent pour i,5oo,ooo francs et ont entrepris la fabrication de l’article de Nuremberg.
- MM. Hanlon et Goodman, à New-York, qui font le pinceau courant, occupent une centaine d’hommes et produisent près de 1,200,000 francs.
- MM. J. M. Martin sons, qui ont la même importance et la même production.
- MM. C. I. Reynolds et F. W. Devoe, à New-York, qui occupent une cinquantaine d’hommes et produisent environ 600,000 francs.
- MM. Rennous Klinle, à Baltimore, qui emploient plus de 100 ouvriers et font 1 million d’affaires.
- Enfin la Wooster Brush Works, à Wooster (Ohio), qui occupe aussi plus de 100 ouvriers pour un chiffre d’affaires de près de 1 million.
- La Compagnie du celluloïd, à New-York, produit une quantité considérable de garnitures de toilette et de brosses à tête.
- Beaucoup de brosses en métal, garnies de soies par des petits ouvriers, sont vendues dans les magasins de nouveautés.
- La maison Tiffany and G0 fait fabriquer par MM. Grote et aussi par MM. Kaldenberg et autres les brosses en ivoire et en écaille quelle vend dans ses magasins de New-York.
- Ainsi, y compris les exposants; il n’est pas téméraire d’évaluer la puissance industrielle des fabricants de brosses aux États-Unis à un ensemble occupant 2,600 ouvriers, produisant près de 18 millions de francs, pour
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- lesquels il est importé 7 millions et demi de soies de porc, payé près de 8 millions de main-d’œuvre et dépensé en douanes, charbons, frais généraux, métaux, ivoires, fibres, bois et bénéfices 2 millions et demi.
- Les fabricants qui ont exposé sont les suivants :
- MM. Gerts Lombard and C°, de Chicago.
- La meilleure et la plus importante fabrique de brosses aux Etats-Unis; elle produit surtout de la grosse brosserie et du pinceau, mais fait aussi de la brosse en bois, à tête et à habits.
- Elle occupe 200 ouvriers, est très bien outillée et produit pour plus de 2 millions de francs.
- Son exposition,fort bien arrangée, nous montre une variété très étendue des modèles en usage dans les maisons américaines, sa série de pinceaux est très remarquable par sa bonne apparence; il paraît que leur solidité ne laisse rien à désirer et que ces produits jouissent d’une légitime réputation.
- M. Whiting, à Boston.
- Grande maison de pinceaux qui occupe 200 hommes et 200 enfants; elle produit pour 2 millions et demi de francs.
- India Rubber Comb Company, à New-York.
- Celte maison a une double exposition de peignes et de brosses. Je parlerai plus loin des peignes et du chiffre d’affaires de la Compagnie, mais j’ai à faire remarquer ici la bonne apparence ainsi que la solidité des brosses en caoutchouc durci et moulé de celte Société.
- Les soies sont insérées à travers la partie inférieure de la brosse, dans le genre du montage des brosses en celluloïd ; le dos est ensuite appliqué, assemblé et pressé avec la partie inférieure, de façon à faire avec elle une seule masse comprimée, au milieu de laquelle les soies sont fortement retenues par la compression.
- Cette Compagnie expose aussi des glaces à main et différents petits articles de brosserie en caoutchouc durci. Ces articles d’un aspect trop sévère et un peu triste se vendent moins que les articles blancs en celluloïd.
- The Palmette Fibre Company, de Chicago.
- Elle expose des articles de grosse brosserie faits en fibre de palmier.
- Ses brosses très ordinaires sont consommées surtout dans l’Ouest des Etats-Unis et répondent à des besoins d’articles bon marché; elles sont montées à la machine, ressemblent comme couleur aux fibres de coco et de piassava, mais sont plus souples que cette dernière.
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- Dans cette classe, en dehors de fabricants de brosses, ont encore exposé :
- M. Blumenthal, de Chicago, qui montre dans une grande et belle vitrine des têtes de femme gracieusement coiffées; la vitrine est rectangulaire et du genre anglais.
- M. E. Burnham, de Chicago, qui expose une jolie collection de coiffures de femmes disposée dans une belle et grande vitrine, des cheveux, des postiches et différentes fournitures de coiffure.
- M. W. E. Moutoüx, de New-York, qui présente des travaux en cheveux : médaillons et souvenirs.
- MM. Nicol et Cie, de Chicago, qui nous montrent des fers à friser pour les cheveux et les moustaches; quelques modèles à deux manches sont semblables aux fers français, les autres n’ont qu’un seul manche et fonctionnent au moyen de petites pédales ou boutons munis de ressorts.
- Cette maison expose une très belle collection de fers à onduler et une grande variété d’appareils à gaz, à esprit-de-vin, etc., pour chaufferies fers. Elle occupe 38 ouvriers avec une force de 60 chevaux-vapeur. Ses articles sont soignés, le nickelé est très bien fait et ses affaires sont assez importantes.
- FRANCE.
- La brosserie française est brillamment représentée à l’Exposition de Chicago par les trois maisons les plus imposantes de la brosserie fine, qui avaient déjà figuré avec éclat à Philadelphie au Centennial de 1876, par un spécialiste d’ivoires et par un fabricant de plumeaux.
- Cette industrie expose des produits riches et artistiques, très supérieurs à ceux des autres nations; elle expose aussi des articles courants et soignés qui représentent le gros chiffre de ses importations aux Etats-Unis.
- M. Bavdry rue Greneta, 11, à Paris.
- M. Baudry nous montre un superbe choix de plumeaux en plumes de vautour, d’autruche, etc. De très élégants petits plumeaux de fantaisie, en couleurs variées qu’aucune autre nation n’a pu imiter, attirent tout particulièrement l’attention.
- Fondée en 1867, celte maison occupe 90 ouvriers avec une force vapeur de 5 chevaux et produit plusieurs centaines de mille francs de plumeaux dont une grande partie est exportée.
- Elle a obtenu une médaille de bronze en 1878 à Paris et une médaille d’argent en 1889.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- MM. Dupont (A.) et C‘% à Beauvais.
- Dans une grande vilrine isolée, cette Société expose sur la façade principale un choix de brosses riches en ivoire, en écaille, en émail, en métal, groupées autour d’une glace en ivoire; cinq étagères de brosses variées, qui se distinguent par la perfection du travail, complètent cette disposition.
- L’autre côté, formant fond, est occupé par une collection très étendue de brosses à dents et par des paquets munis de leurs étiquettes qui servent de spécimens de livraison.
- Les côtés sont garnis : l’un de pièces de nacre et de tabletterie, manches de couteaux, manches de tire-boutons, etc.; l’autre, des matières premières nécessaires a la brosserie , telles que soies de porc, crins de cheval, etc., qui sont aussi un article d’exportation pour les Etats-Unis.
- Cet important établissement , qui occupe environ 3,ooo ouvriers, ne produit pas seulement de la brosserie de tous genres : brosserie fine de toilette, brosserie de ménage, brosserie d’appartement, d’écurie, etc., mais aussi un grand nombre d’articles de tabletterie : monnaie de cercles, touches de pianos, manches de couteaux, plaques de revolvers, plaques pour dominos, manches de porte-plume, etc., ainsi que toutes les variétés de boutons en os et en nacre.
- Il possède en outre de vastes ateliers de préparation de matières premières de crins et de soies qui sont vendus aux fabricants de brosses et de pinceaux en France, en Angleterre et en Amérique.
- C’est en -1845 cpie M. A. Dupont a organisé à Beauvais cette industrie qu'il a continuellement perfectionnée et étendue de façon à l’amener aujourd’hui à un chiffre d’affaires dépassant 4 millions de francs dont les deux tiers vont à l’exportation.
- M. A. Dupont est:actuellement le doyen de la brosserie française et, durant ces quarante-huit années d’un labeur énergique et intelligent, il n’a pas cessé de lutter pour assurer à la brosserie française la suprématie dont elle jouit sans conteste.
- De nombreuses distinctions ont reconnu ces constants efforts : M. A. Dupont et son fils, M. E. Dupont, ont été successivement nommés chevaliers de la Légion d’honneur; tous deux, dans les expositions précédentes, ont été choisis comme présidents de comités d’admission et de jurys de récompenses.
- Dans son rapport sur l’Exposition de Paris en 1889, M* Tarbouriech-Nadal a fait de la maison Dupont et Cio une description que nous ne pouvions compléter que par de nouveaux éloges.
- Elle figure h la Columbian Fair avec honneur et contribue puissamment à bien représenter l’industrie de la brosserie.
- Nous espérons que la série des récompenses n’est pas épuisée et que de nouvelles distinctions viendront apporter à M. Dupont le haut témoignage d’estime que mérite une carrière aussi bien remplie.
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- M. Gauchot (L), me Saint-Martin, 2 2 3 , à Paris.
- L’origine de celte maison remonte à i8o4; sa spécialité est le travail de l’ivoire en brosserie et en tabletterie; elle expose une glace en écaille et une garniture de brosses de même matière accompagnées de deux autres glaces en ivoire et d’un bel assortiment de brosses, de manches de limes, de tire-boutons, etc., en ivoire.
- Cette maison occupe à Paris un nombre restreint d’ouvriers et vend principalement h la consommation intérieure; elle a exposé aux Expositions universelles de Paris en 1878 et en 1889 et y a obtenu une médaille d’argent.
- M. Loonen ( Ch.), rue Bourg-l’Abbé, 8, à Paris.
- L’exposition extrêmement élégante et très recherchée de cette maison jouit à Chicago d’un succès semblable h celui quelle avait obtenu à Philadelphie en 1876.
- Un meuble de grande richesse la divise en quatre parties adossées qui présentent au public autant de dispositions intéressantes.
- Dans les articles de luxe une grande glace à chevalet en ivoire, richement sculptée, est érigée au milieu de superbes garnitures de toilette en ivoire et en écaille, décorées de sculptures, de monogrammes variés et de chiffres artistiques en or.
- Des nécessaires de brosses finement ouvragées, des écrins à ongles, des boîtes, des flacons de tous genres en ivoire et en écaille garnissent les étagères tout autour.
- Une grande façade présente au public des brosses courantes qui forment le gros chiffre des exportations de cette maison en Amérique. Tout ce qu’il est possible d’inventer en brosserie y est représenté, et, à côté des articles manufacturés avec les os les plus choisis et les bois les plus précieux, figurent de grandes brosses de toilette, élégantes et confortables, qui imitent absolument l’ivoire et sont fabriquées par des procédés nouveaux spéciaux à la maison.
- Un des côtés, réservé à une démonstration sommaire de la fabrication, nous montre les matières premières principales, les manches préparés et percés, des brosses montées prêtes à être finies, etc., ainsi qu’un choix complet de soies et de crins préparés dont l’exportation aux Etats-Unis est considérable.
- M. Gh. Loonen, qui possède et dirige seul cette importante maison, occupe plus de 2,000 ouvriers et ouvrières qui travaillent dans l’usine principale de Tracy-le-Mont et dans 34 ateliers répartis dans les communes des environs.
- Trois machines à vapeur puissantes, un outillage ingénieux, sans cesse amélioré, qui comprend plus de 4oo machines-outils construites dans les ateliers mécaniques de l'usine, des maisons de vente installées dans les pays principaux de consommation, à Londres, à New-York, h Saint-Pétersbourg, etc., assurent à cette maison un chiffre d’affaires très important, qui s’élève après de 4 millions de francs et représente aux Etats-Unis l’exportation la plus considérable faite dans cette industrie.
- L’établissement est pourvu de plusieurs institutions philanthropiques telles que : caisse de secours, assistance médicale, caisse de retraite, assurance contre les accidents, etc. ;
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- en outre, il alimem'e un atelier d’aveugles qui assure l’existence à de nombreuses jeunes filles.
- Les ouvriers de celte usine, heureux et bien traités, n’ont jamais pensé à la moindre grève et ils ont tenu à avoir comme maire, à la tête de leur commune, M. Ch. Loonen.
- De nombreux diplômes et médailles ont été décernés à la maison : une médaille d’or à l’Exposition universelle de Paris en 1878, un grand diplôme d’honneur à celle d’Amsterdam, ont déjà reconnu la supériorité de cette production qui s’est sans cesse perfectionnée.
- On ne peut que répéter textuellement ce que disait M. Dietz-Monin de cette maison dans son rapport sur l’Exposition de Philadelphie : ce Cette exposition fait honneur à la France.»
- M. Madrey-Deschamps, rue de Turbigo, 65, à Paris.
- Venant immédiatement après les maisons A. Dupont et Cie et Ch. Loonen comme importance de fabrication, cette maison nous montre une grande variétés de brosses fines en ivoire, en os, en bois des îles, parmi lesquelles se distingue une grande garniture de toilette de 3q pièces, ornée d’un chiffre en or incrusté M. D.
- Parfaitement organisée, occupant plusieurs centaines d’ouvriers avec une force hydraulique importante, elle fait un chiffre d’affaires d’environ 2 millions de francs et a mérilé de nombreuses récompenses aux Expositions universelles précédentes (Paris 1878, médaille d’or, Amsterdam, diplôme d’honneur, etc.).
- En 1889, M. Maurey-Deschamps a été membre du jury des récompenses et, comme tel, placé hors concours.
- JAPON.
- Quelques cartons de brosses, disséminés dans les vitrines de la Osaka Association, représentent l’exposition de brosserie japonaise.
- Les brosses à dents ainsi présentées par : Kosuke Kano, Naotaro Nakada et Ryunosuke Minakuchi, tous les trois d’Osaka, sont très primitives et n’ont aucune qualité.
- Seule la Osaka Seigio Kaisha Company nous montre un choix de brosses bien faites, calquées sur les modèles français.
- Suivant les relevés que j’ai faits à Osaka, j’ai constaté que pendant les derniers cinq mois cette Compagnie avait expédié 2,A85 grosses de brosses à dents et A60 douzaines de brosses à tête, représentant une fabrication annuelle de 1,200 douzaines de brosses à tête et de près de 6,000 grosses de brosses à dents.
- Si l’on considère qu’il y a trois ans cette nouvelle industrie ne gagnait
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- aucun argent, ne fabriquait pas de brosses à tête et n’avait importé que 5,ooo francs de marchandises aux Etats-Unis en 1890, puis qu’en 1891 elle a importé pour 83,000 francs pour arriver à 12/1,000 francs en 1892, si l’on ajoute à cela que j’ai vu prendre des dispositions sérieuses d’accroissement, que j’ai constaté les commencements d’importantes constructions, il y a lieu d’avoir de sérieuses appréhensions pour l’avenir de nos exportations en Amérique.
- En face d’une progression si rapide et si importante qui a fait reculer d’autant le chiffre français aux Etats-Unis, 011 peut se demander quel est le pays qui nous remplacera le marché américain ainsi menacé.
- Cette manufacture occupe une centaine de filles au paquetage, au cartonnage , au polissage et au montage intérieur ; elle a une bonne installation de machine à vapeur, débite ses os et les plaques avec des scies circulaires, donne la forme à ses manches au moyen de grêles ou fraises de forme qui coupent l’os sur toute la longueur; elle fait une grêle de forme pour chaque mode,le et en a ainsi quelques centaines; elle utilise une dizaine de machines à percer les trous de montage, une quarantaine de tours à polir (le poli de ses marchandises est très soigné), 3 faucheuses pour couper et finir ses brosses, enfin elle fait faire la plus grande partie de son montage au dehors, dans les faubourgs d’Osaka, par environ 3oo monteuses, toutes jeunes enfants qui travaillent chez leurs parents.
- La population très nombreuse et très industrielle d’Osaka permet à la Compagnie un accroissement illimité.
- Les prix sont ridicules de bon marché; les Japonais sont fort peu payés. La façon des brosses à dents en os, de qualité ordinaire, se paye aux pièces à raison de 0 fr. ko le 100 en moyenne; les très beaux manches, grands et forts, de tout premier choix, se payent 0 fr. 70 le \ 00.
- Le perçage des brosses à dents h rangs, 2 A trous, coûte, contre-perçage compris, 0 fr. 3 o le 100.
- Le montage des brosses à dents k rangs ordinaires se paye 0 fr. 06 la douzaine et celui des brosses les plus fines à trous multipliés 0 fr. 08 la douzaine.
- C’est dans le montage qu’existe la différence de main-d’œuvre la plus grande entre les prix du Japon et ceux de France.
- Les femmes et filles à la journée dans l’usine gagnent 0 fr. 3o au plus par jour; les apprenties ou enfants sont à peine payées.
- L’usine marche, sans arrêt le dimanche (il n’y a pas de dimanche au Comité 27. 3
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- Japon), tous les jours, sauf le i 5 et le 3o de chaque mois, qui sont les deux jours de paye, pendant treize heures par jour; après déduction des heures de repas, le travail effectif est seulement de douze heures par jour.
- La baisse de l’argent a éminemment favorisé cette Compagnie.
- Ses taxes, son charbon, les salaires sont payés en dollars argent, en yens, qui valent à peine aujourd’hui 3 fr. i5, qui valaient 3 fr. 5o il y a trois mois et qui valaient 4 fr. 5o il y a trois ans.
- Cette différence suffit pour la mettre à même de gagner et d’exister avec les prix qui, il y a trois ans, lui donnaient de la perte. Malheureusement, il n’est pas à espérer que le Japon adopte l’étalon d’or, il n’est pas probable que l’argent augmentera jamais, les fabricants français devront avoir recours à l’économie, au travail, aux perfectionnements mécaniques pour résister à ces nouveaux venus.et maintenir la suprématie nationale.
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- PEIGNES ET ARTICLES D’ÉCAILLE.
- Le peigne est un objet de toilette dont l’usage remonte à la plus haute antiquité; j’ai vu clans un musée de Tokio des peignes en bambou ornés d’ivoire qui dataient de Ieyasu et étaient semblables aux peignes encore en usage au Japon.
- C’est la forme employée en France pour le peigne fin à un seul côté, c’est aussi la forme conservée dans les anciens musées.
- Les civilisations grecques et romaines, puis le moyen âge nous ont transmis des formes de peignes dont plusieurs sont employées de nos jours.
- Devenu d’un usage universel grâce à l’introduction des scies à vapeur et de l’outillage mécanique qui ont permis la diffusion d’articles de prix modérés, le peigne se fabrique presque partout. Suivant les matières que les diverses nations ont à leur portée, suivant les conditions de main-d’œuvre plus ou moins faciles, le peigne se fabrique en bois, en corne, en écaille, en ivoire ou en matières comprimées.
- En Orient, l’écaille et l’ivoire ainsi que le bois sont les matières les plus employées; aux Etats-Unis, les peignes en caoutchouc durci, en celluloïd (d’invention américaine) ont absolument dominé; ils sont devenus d’un usage général et ont remplacé les peignes en buffle et en corne que la France exportait autrefois dans ce pays.
- Quoique l’Europe ait continué sa fabrication dë peignes en cornes, en buffle et celle des beaux peignes d’écaille, elle a cependant suivi l’exemple de l’Amérique et très grandement adopté le celluloïd et le caoutchouc qui sont aujourd’hui universellement employés.
- L’importation des peignes étrangers aux Etats-Unis est devenue si restreinte que l’Administration des douanes n’en fait plus le relevé spécial et ne publie aucun chiffre authentique; il n’y a aucun élément de comparaison internationale; toutes les nations européennes paraissent frappées de la même infortune, aucune n’importe un chiffre considérable dans cette industrie.
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- Le seul remède à cet abaissement serait d’une part l’abaissement des droits d’entrée excessifs établis par le Mac-Kinley Bill et, d’autre part, l’établissement à bon marché des matières en vogue aux Etats-Unis, c’est-à-dire du celluloïd et du caoutchouc durci, ainsi que l’emploi d’un outillage perfectionné.
- La fabrication française se distingue par l’expérience de ses ouvriers qui font la plus grande partie du travail à la main, mais ses produits sont, en général, sensiblement plus chers que ceux de l’étranger.
- ALLEMAGNE.
- L’Allemagne est représentée par deux fabricants :
- Gebrüeder Maeb, à Naumburg-sur-Saale (Prusse).
- Bonne et ancienne maison qui expose des peignes à décrasser en ivoire, en buis et en ébonite. Elle expose aussi une jolie série de peignes à démêler et peignes de poclie. Sa fabrication consiste surtout en peignes courants, de prix modérés, qui se vendent en Allemagne et ne s’exportent guère en Amérique.
- Cette maison expose quelques échantillons de brosses à habits et de brosses à tête, ainsi que des brosses à favoris. Je n’en ai pas parlé à la brosserie parce qu’elle ne produit pas cet article d’une façon industrielle.
- M. Wagner (/.), à Nuremberg.
- Ce fabricant s’est fait une spécialité de peignes en corne bon marché ; il exporte principalement en Amérique des peignes de poche; la maison date de i852 et occupe 60 ouvriers avec une force vapeur de 2 5 chevaux.
- ANGLETERRE.
- L’Angleterre est représentée par un seul fabricant :
- M. S. R. Stewart, à Aberdeen.
- Très ancienne maison qui occupe près d’un millier d’ouvriers et possède un excellent outillage entièrement créé dans l’établissement.
- Elle expose un choix très étendu de peignes en corne d’Irlande et en corne blonde. Son exposition est importante et fort bien disposée; elle y a joint des coupe-papier, des chausse-pieds et des coupes en cornes.
- Cette maison très importante a exposé à Paris en 1889, a obtenu une médaille d’or et fait des affaires aux Etats-Unis.
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- AUTRICHE.
- L’Autriche est représentée par un seul exposant :
- M. Mayer Sigmünd, à Vienne.
- Ce fabricant a fait une très élégante exposition, gracieusement disposée dans une vitrine carrée à quatre faces. II nous montre principalement des objets en écaille, des peignes à chignon, des faces à main, des montures d’éventail, etc. Son écaille est de jolie nuance et la finition en est très soignée. Il occupe, suivant les affaires, de 5o à 60 personnes et fait de l’exportation.
- ÉTATS-UNIS.
- Parmi les maisons dépeignes qui n’ont pas exposé, j’en citerai deux très importantes :
- i° The Celluloïd Comb Company, qui fait un chiffre énorme en peignes en celluloïd ;
- 2° Noyés and C° Horn Combs, h New Bury Port (Connecticut), qui a commencé il y a quelques années la fabrication des peignes en corne et en buffle; cette maison paraît fort bien réussir.
- Deux exposants ont seul pris part à la Columbian Fair.
- India Rubber Comb Company, Merceer Street, à New-York.
- Importante maison, fondée en i85i, qui occupe environ 45o hommes et 175 femmes avec une force vapeur de 85 0 chevaux. Elle importe son caoutchouc de l’Amérique centrale, de l’Afrique tropicale, etc., et fait venir son soufre de Sicile.
- Elle a été déjà distinguée aux expositions de Vienne 1873, de Philadelphie 1876.
- Son chiffre d’affaires peut s’élever à 3 millions de francs.
- Le peigne en caoutchouc durci, goodijear, est l’invention et la spécialité de la maison. Elle expose une très belle variété de ces peignes remarquables par la précision du travail, par leur belle couleur et par leur brillant fini.
- MM. Rice et Hochster, Broadway, 483, à New-York.
- Ancienne maison Rice and brother fondée en 1858, qui occupe une cinquantaine d’ouvriers avec une petite force motrice de 8 chevaux et fai t un chiffre d’affaires de près de 600,000 francs.
- Cette maison expose pour la première fois, et paraît n’avoir réussi à bien travailler l’écaille que récemment. Sa vitrine très élégante, petit meuble Louis XVI blanc et or,
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- à quatre faces, contient une fort belle collection de peignes en écaille, peignes à démêler, peignes fins, et peignes à cliignon, ainsi qu’un grand choix de belles épingles à cheveux.
- La grande pièce centrale est un arc de triomphe en écaille, orné de statues représentant les Arts, les Sciences, l’Agriculture, le Commerce, l’Electricité, la Presse, la Mécanique et leur propre Industrie ; ces figurines decaille blonde et d’écaille foncée sont d’une exécution des plus laborieuses et des plus soignées. Tout l’ensemble est une pièce bien conduite et très élégante.
- En outre, cette maison nous représente en forme de camées sculptés et gravés sur des écailles de tortue les 2 3 têtes des Présidents qui se sont succédé aux Etats-Unis. Ce travail est bien achevé et très méritant.
- FRANCE.
- Quoiqu’il y ait une grande quantité de fabricants de peignes, la France n’est représentée à l’Exposition de Chicago que par deux exposants :
- M. Cormier (Charles), boulevard Bonne-Nouvelle, 10, à Paris.
- M. Cormier, successeur de l’ancienne maison Fauvelle-Delebarre fondée en 1889, expose de forts jolis peignes en écaille, des épingles, des éventails, des glaces et des brosses.
- Les pièces capitales de son exposition sont deux garnitures complètes de toilette en écaille de nuance demi-blonde, parfaitement finies et soignées.
- Cette maison occupe 2 5 ouvriers, joint à l’écaille les peignes en ivoire, en corne, en caoutchouc, etc., et exporte dans les pays européens ainsi qu’en Amérique; elle a mérité des médailles d’argent à Paris en 1867 et en 1878, puis une médaille d’or en 1889.
- MM. Joannot frères, boulevard de Sébastopol, 89, à Paris.
- Cette maison, fondée en i83o, occupe 80 hommes et 3o femmes avec une force motrice de 1 o chevaux-vapeur et 25 machines-outils consistant principalement en scies et en tours à polir.
- Elle expose un choix varié de peignes en corne blonde, en buffle, en corne d’Irlande, en imitation d’écaille ainsi que des plaques en buffle découpées qui indiquent comment se prépare le peigne.
- Cette production se distingue par sa belle qualité et par sa finition très soignée; elle atteint un chiffre de âoo,ooo francs représenté surtout par des peignes démêloirs fort estimés qui, grâce à leur bonne qualité, s’exportent dans les pays voisins d’Europe et un peu aussi en Amérique.
- MM. Joannot ont exposé à Paris en 1878 et en 1889; ils ont obtenu une médaille de bronze et une médaille d’argent.
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- JAPON.
- Le Japon a cinq exposants, tous petits artisans fabriquant le peigne japonais en bois laqué, en bois incrusté, en bois doré, suivant les formes séculaires du Nippon. Ils suivent les procédés anciens, scient à la main, n’ont aucun outillage, n’exportent rien aux Etats-Unis et n’offrent aucune concurrence industrielle.
- J’ai remarqué dans l’exposition collective de Nangasaki des objets d’écaille fabriqués par E. Sakata qui n’est pas mentionné au catalogue ; comme son voisin Ezuki (non mentionné), il exposait d’élégants cadres de photographie, des boîtes, des petits paravents, des épingles, des montures de brosses et des petits objets d’étagère tels que des petites voitures à deux roues nommées Jinrikishas.
- Nangasaki est le centre du travail de l’écaille; les petits objets produits par les petits artisans de ce port sont partout répandus dans les villes ouvertes et se vendent aux touristes qui viennent excursionner au Japon.
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- MAROQUINERIE ET ARTICLES DE VOYAGE.
- La maroquinerie autrichienne et la maroquinerie allemande avaient , il y a une quinzaine d’années, une prépondérance marquée; ces deux nations exportaient une grande quantité de marchandises aux Etats-Unis.
- La fabrication française, en tête de laquelle marche résolument la maison Amson frères, de Paris, est venue prendre une place importante dans les affaires d’Amérique, mais il est impossible d’établir par des documents exacts quelle est la part de chaque nationalité.
- Les articles de maroquinerie importés aux Etats-Unis y pénètrent sous des désignations différentes, et sont classés tantôt parmi les Leather goods avec les cuirs vernis et autres, tantôt avec les Fancy goods, articles de fantaisie qui contiennent une foule d’autres articles; je ne puis que reconnaître que les Américains ont fait de très grands progrès dans cette industrie, et qu’ils sont arrivés à fabriquer eux-mêmes la plus grande partie des objets qu’ils consomment.
- Cette industrie a été entreprise aux Etats-Unis, il y a une trentaine d’années , avec des ouvriers allemands et français ; elle eut des débuts pénibles de 1860 à 1867; les peaux teintes, les fermoirs, les accessoires nécessaires à la maroquinerie étaient tous importés; les droits d’entrée sur toutes ces fournitures étaient alors inférieurs à ceux de la maroquinerie finie, de façon à protéger la fabrication coûteuse des Américains.
- Vers 1876, la fabrication devenue plus importante s’affranchit de l’Europe en terminant elle-même la préparation de ses peaux et en organisant les métiers annexes de la maroquinerie, tels que la mégisserie, la teinture, la fabrication des fermoirs, etc.
- Les Américains importent cependant encore, tannée ou non tannée, une grande partie des peaux et des cuirs nécessaires à la maroquinerie. Us se servent de peaux de singe, de truie, de chèvre, de crocodile et de veau marin.
- Ils tirent de Moscovie une quantité de cuir de Russie, achètent en An-
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- gleterre les veaux marins qui sont tannés dans ce pays, les moutons en France et presque toutes les autres peaux en Allemagne; celles de singe et de crocodile sont préparées aux Etats-Unis.
- On y fait aussi des imitations de cuir de Russie avec des cuirs parfumés à l’odeur du bouleau. On emploie des cuirs de veau pour cet usage ; l’illusion est presque complète, ce n’est qu’après un certain usage que la vérité se révèle.
- ALLEMAGNE.
- L’Allemagne compte neuf exposants parmi lesquels plusieurs ont une certaine importance et font un chiffre d’affaires considérable.
- Leur fabrication m’a paru plus soignée et plus artistique que par le passé ; ce sont des concurrents redoutables.
- M. Attenkofer (Paul), de Munich, expose des coffrets, des couvertures de livres de prières et d’albums en cuir repoussé, orné et décoré.
- M. Conrad (Oscar), de Berlin, a placé son exposition dans le Pavillon des Cuirs et nous montre des malles et des valises en cuir jaune, dans le genre de l’article anglais.
- Un groupe collectif, représentant une partie de la fabrication de Francfort et d’Offenbach, réunit ensemble :
- MM. C. et W. Dillenberger, d’Offenbach, Hochstaedter et Bergmann, de Berlin, et Carl Wagner Jr., d’Offenbach.
- Le premier expose des articles de bureau garnis de montres et de calendriers encadrés dans le cuir.
- Le second expose des portefeuilles, des porte-cartes et des porte-monnaie.
- Le troisième montre des nécessaires de toilette, des paniers à provision, des sacs à main et des articles de voyage en cuir jaune, genre anglais, et en crocodile.
- Cependant ces trois maisons ne donnent pas une idée complète de la fabrication d’Offenbach, car deux maisons importantes de cette ville, Edouard Posen et C°, Krumm (L.) et quantité d’autres n’exposent pas.
- M. Hoffmann (Auguste), de Hanau, expose des petits écrins à bijoux et des étuis en peau pour les montres.
- M. Hulbe (Georges), de Hambourg, a une grande et artistique exposition de cuir travaillé, la plus belle de l’Allemagne dans ce genre.
- Cette maison importante fait travailler à Hambourg et à Berlin 200 ou-
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- vriers et artistes ; elle possède quatre magasins de vente à Hambourg, Berlin, Francfort et Dresde; quoique datant à peine de 1876, elle fait un chiffre très important et, comme genre, se rapproche beaucoup de la production de A. Foerster, de Vienne.
- Nous admirons, dans son exposition, des cuirs repoussés à la main, richement décorés tant par des peintures imitant les anciens maîtres que par des sujets nouveaux et des motifs dorés.
- On y trouve des panneaux pour murs et pour meubles, des caissons de plafond, des écussons, des prie-Dieu, des paravents et autres meubles garnis de cuir.
- Des échantillons de porte-monnaie, de portefeuilles, etc., composent aussi une série de maroquinerie fine, mais les renseignements que j’ai pris me permettent de dire que ces articles ne représentent pas une fabrication industrielle, et sont absolument de circonstance; c’est sans doute pour nous montrer ce que l’on peut faire avec le cuir.
- Nos exposants d’Anvers ont pu apprécier en 1885 les produits de la maison Hulbe qui depuis s’est beaucoup développée et a exécuté à Berlin d’importants travaux en caissons de plafond et en tentures murales au Palais impérial, au Palais fédéral et à l’ambassade de Bavière.
- Je passerai rapidement sur la maison Huesmert und C°, à Wald, Rhein-land, qui expose des courroies de sacs et des courroies de couvertures, ainsi que des portemanteaux, sans intérêt pour l’exportation; je n’indiquerai aussi que les noms de MM. Sonnenthel et Kloppke, de Berlin, qui exposent des reliures en cuir, des dessus de livres et d’albums sans importance internationale.
- ANGLETERRE.
- L’Angleterre n’est, représentée que par une seule maison et semble avoir renoncé à toute lutte.
- M. Robert Bryant, de Londres, expose des étuis de chasse et de sport : boîtes en chêne verni, boîtes en cuir pour fusil, boîtes à cartouches, ceintures garnies de cartouchières ou d’étuis à revolvers, etc.
- Tous ces articles solidement cousus à la main sont bien faits et s’adressent surtout à la vente directe de détail aux particuliers.
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- AUTRICHE.
- L’exposition autrichienne, avec ses six exposants Lien installés, nous montre des genres variés, depuis les articles unis de MM. Wuerzel et fds jusqu’aux cuirs riches de M. A. Foerster.
- Elle a réussi à frapper ses visiteurs en joignant aux objets de maroquinerie proprement dite les cuirs de décor et d’ameublement; l’ensemble donne aussi l’impression d’un travail de cuir très varié et très important.
- M. Arneth (Franz), à Vienne.
- Ce fabricant nous offre un assortiment de maroquinerie courante exclusivement en cuir : portefeuilles, porte-monnaie, ceintures de cuir, etc. Il occupe 3o à ko ouvriers , fait peu d’affaires avec les Etats-Unis, mais exporte en Orient et dans l’Amérique du Sud.
- M. Baghinger (E.),h Vienne.
- Cette maison s’est appliquée à la fabrication d’un genre particulier, assez riche et très ornementé. Elle décore ses cuirs de toutes façons, principalement par de la peinture. Outre des porte-monnaie, portefeuilles, etc., des paravents, elle expose aussi des petits meubles en cuir; elle occupe ko à 5o ouvriers et exporte peu en Amérique et en Allemagne.
- M. Foerster (A.), à Vienne.
- Maison très considérable, qui prétend fane plus d’un million de florins, c’est-à-dire plus de 2 millions de francs, et occupe un personnel de près de 200 personnes dont le plus grand nombre est composé d’artistes et d’ouvriers de choix.
- Cette exposition absolument remarquable, très vaste et bien disposée, outre quelques objets de maroquinerie qui ne représentent qu’une bien faible partie de leur production , offre un grand choix de panneaux peints et de meubles en cuir.
- J’y ai surtout remarqué de beaux vernis Martin sur cuir et des peintures admirablement exécutées.
- Cette maison exporte en France, en Angleterre, en' Italie et en Amérique. Elle a déjà obtenu des diplômes et des médailles d’honneur; c’est certainement une des expositions les plus artistiques du Palais des Manufactures, et la plus importante de cette section autrichienne.
- Je ne ferai que mentionner l’exposition de Bernhard Gussmann, de Vienne, ainsi que celle de Ferdinand Hüebner, tous deux fabricants de
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- maroquinerie deVienne, pour passer à l’exposition de Karl Heller, de Vienne, classé et indiqué comme fabricant de maroquinerie mais, en réalité, grand manufacturier de boutons et de bijouterie en doublé, produisant des articles similaires à ceux de la maison Hericé, de Paris.
- Son exposition est surtout une exposition en doublé, dont il fait une très grande exportation en Orient et clans l’Amérique du Sud. Il expose aussi un petit choix de bougeoirs qui ont très bonne façon.
- Cette maison emploie hoo ouvriers et une force motrice importante.
- MM. Wüerzel et fils, à Vienne.
- Maison importante, qui produit tous les petits articles de cuir de fantaisie et s’est appliquée en outre à la fabrication des articles en cuir jaune, genre anglais; elle expose une variété choisie de nécessaires de tous genres, pour le voyage, pour le cheval, etc., des portefeuilles et des valises de grandes dimensions.
- Cette maison fait un chiffre d’affaires très important et exporte dans presque tous les pays.
- ÉTATS-UNIS.
- Quoique l’industrie de la maroquinerie soit fort récente aux Etats-Unis, elle a fourni quatre exposants dont la fabrication est assez importante, et elle compte, en outre, une quantité de petites maisons qui sont encore peu développées, mais qui dressent du personnel et grandissent tous les jours.
- Souhaitons qu’un prochain abaissement des droits d’entrée vienne permettre aux fabricants français de conserver et d’augmenter les affaires qu’ils font sur le marché américain.
- Trois fabricants de malles exposent aussi dans cette classe.
- M. Hacker (J. C.), South 5th Avenue, 59, à New-York.
- Cette maison expose une collection très étendue d’articles en peau de crocodile, comprenant des petits objets tels que des porte-cartes et des porte-monnaie, et aussi des sacs de grandes dimensions, des valises de voyage, etc.
- Cette maison se distingue par la qualité très soignée de ses produits ; elle a déjà figuré à l’Exposition de Philadelphie en 1876, mais ne fait pas un chiffre d’affaires très important; elle n’a pas cru devoir donner le chiffre de sa production, ni celui de son personnel.
- Son exposition est élégante et bien présentée dans une belle et claire vitrine à quatre faces dont les glaces sont ouvertes jusqu’en bas.
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- MM. Mills, Knight and C°, Pearl Street, 60, à Boston.
- Cette maison expose des carnets-mémorandums, des reliures mobiles, des cadres de calendriers garnis de montres, des étuis à cigares et des porte-monnaie en cuir souple. Elle s’est fait une spécialité de carnets-réclames dont les dessus, couverts d’une mince feuiüe de celluloïd imprimée, imitent très bien l’ivoire; eüe est la seule dans son genre; elle expose pour la première fois et ne fait que peu d’affaires à l’étranger.
- Aux Etats-Unis, elle fait un chiffre très appréciable et emploie une cinquantaine d’hommes ainsi qu’une soixantaine de femmes ; elle utilise une force vapeur de 7 chevaux et 3o petites machines-outils.
- Toutes ses matières premières sont des produits du pays; en somme, c'est une petite exposition très intéressante.
- M. Palica (F. /.), Monroe Street, Aq-5i, à Chicago.
- Grande exposition ouverte de malles empilées et groupées; ces malles fortes et résistantes sont garnies de coins très lourds et répondent à un goût particulier aux Etats-Unis.
- Affaires purement locales, n’ayant que très peu d’intérêt pour les fabricants français.
- M. Raab (J. David), North Clark Street, 28A, à Chicago.
- Cette maison expose une malle dont le devant s’ouvre comme deux portes d’armoire et permet de tirer des tiroirs disposés comme ceux d’une commode. Particulièrement adaptée aux costumes des théâtres, cette malle se vend aux artistes ; elle est aussi employée pour les collections d’échantillons de voyageurs.
- Affaires locales et limitées.
- M. Wilt (Chas. T.), Madison Street, Ao, à Chicago.
- Dans une grande vitrine à quatre faces, disposée et ornée en forme de malle, cette maison nous offre une exposition très complète de maUes; elle y a ajouté une collection de valises, de sacs de toilette en cuir, de boîtes à chapeaux et de portemanteaux.
- Etablie depuis 1862, cette maison fait un chiffre d’affaires assez sérieux et fabrique soigneusement.
- MM. Rosenblatt (H. M.) and C°, Monroe Street, 287 à 2A9, a Chicago.
- Cette maison fabrique de la maroquinerie, des gaines garnies de peluche et de cuir pour articles de toilette, pour instruments de chirurgie, pour coutellerie, pour parfumerie, etc.
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- Elle fabrique aussi les articles en cuir, genre anglais, boîtes de touristes, trousses de voyage, valises, courroies, etc.
- Fondée en 1881, elle emploie 90 hommes et i58 femmes, 20 chevaux-vapeur et 42 machines-outils.
- Son chiffre d’affaires dépasse un million de francs ; elle n’avait jamais exposé jusqu’alors ; elle importe d’Europe des satins, des peluches et surtout des garnitures de nécessaires de toilette.
- MM. Pattberg [Lewis) and bros., Franklin Street, 105-107, à New-Jersey.
- Cette maison expose des objets de maroquinerie, de toilette, des boites demanicures et des boîtes nécessaires à brosses ; elle emploie une centaine d’hommes et 15 femmes avec une machine à vapeur de 4o chevaux.
- Elle se sert d’une quarantaine de machines-outils et fait près d’un million d’affaires.
- Toutes ces gaines sont faites avec soin; cette maison a déjà exposé à Philadelphie en 1876 et a remporté une médaille de bronze à l’Exposition de Paris en 1878.
- The Tannette Manüfactüring C°, Barcley Street, Ai, à New-York.
- Celte maison expose dans une belle et grande vitrine une importante variété d’articles garnis de ce que cette Compagnie nomme Tannette (dont elle a pris le nom), sorte d’enduit très souple, imperméable et résistant qui peut s’appliquer sur le cuir, mais qui actuellement sert à revêtir des étoffes de lin ou de coton.
- Ces tissus, gaufrés de façon à représenter tous les grains du cuir, se vendent en Amérique dans la carrosserie et dans toutes les industries où il est possible de remplacer le cuir par des toiles cirées de belle qualité.
- FRANCE.
- La France, représentée par quatre exposants, tient son rang dans la maroquinerie grâce à la belle collection de MM. Amson frères qui ont donné l’impression d’une industrie puissante et bien organisée.
- En présence des expositions allemande et autrichienne qui révèlent de véritables qualités, on éprouve une satisfaction patriotique à constater l’énergie et le goût dont MM. Amson ont fait preuve.
- MM. Amson frères, rue de la Folie-Méricourt, 68, à Paris.
- Cette exposition, élégante et bien disposée, nous montre de la maroquinerie finie, très soignée, d’un cachet sobre et distingué.
- La variété des modèles est très grande : à côté de forts jolis cadres de photogra-
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- phie, de porte-monnaie, d’articles de bureau, de nécessaires, etc., ornés de chiffres de très bon goût, nous voyons des meubles en cuir : tables, bancs, chaises, prie-Dieu, etc.
- En outre, cette maison expose un choix étendu de fermoirs et d’articles en métal estampé servant au montage de la maroquinerie; elle a voulu nous montrer que chez elle se réunissent toutes les industries touchant la maroquinerie, c’est-à-dire la peausserie, l’estampage, etc.
- De retour à' Paris, j’ai tenu à aller visiter cette usine ; je puis la qualifier d’établissement modèle, absolument complet, la seule qui ait ajouté à la fabrication de la maroquinerie la préparation des peaux (MM. Amson n’importent que le cuir de Russie) et des ateliers d’estampage, de mécanique, de nickelure, d’argenture, de dorure sur métal et sur cuir, de galvanoplastie, d’ébénisterie et même de cartonnage mécanique.
- Fondée en 18/12, cette maison est dirigée depuis une quinzaine d’années par MM. Amson, et, depuis ce temps, elle a résolument marché dans la voie du progrès à la tête de son industrie ; c’est en produisant tout chez eux que MM. Amson ont pu en pleine capitale, avec les mains-d’œuvre élevées de Paris, lutter avec succès contre les maisons étrangères qui trouvent en Allemagne et en Autriche une main-d’œuvre moins coûteuse.
- C’est là leur grand mérite.
- MM. Amson frères, puissamment organisés, produisent environ i5,ooo articles par jour et font une exportation considérable; ils occupent 45o ouvriers et a00 ouvrières avec 5o chevaux-vapeur et i5o machines-outils.
- Ils ont exposé précédemment et étaient hors concours à l’Exposition de Barcelone en 1888 ainsi qu’à celle de Paris en 1889.
- M. Amson était secrétaire du jury dans l’une et l’autre Exposition.
- M. Apfler {Antoine), rue Pastourelle, 2 5, à Paris.
- M. Apfler nous montre une série d’étuis pour pipes et porte-cigares ainsi que des gaines diverses.
- Travaillant à Paris avec un nombre d’ouvriers très restreint, cette maison fournit principalement à la clientèle française.
- M. Lucas (Nicolas) fils, rue du Temple, 83, à Paris.
- Cette maison, fondée en 1858, est dirigée par M. Lucas depuis 1884 ; elle expose une grande variété de bourses et de porte-monnaie décorés d’armes diverses, ainsi qu’un choix de portefeuilles, de blagues à tabac, de porte-cartes, de trousses et de petits sacs en peluche.
- Par la régularité, la nouveauté de ses modèles et par leur bon marché, elle a contribué à empêcher l’introduction des bourses allemandes en France, mais son exportation en Amérique n’est pas importante.
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- Elle occupe environ une centaine de personnes, n’a pas de machine à vapeur et produit plus d’un demi-million de francs par an.
- Elle a exposé à Paris en 1878 et en 1889 et y a obtenu deux médailles d’argent; à la suite de l’Exposition de Moscou, en 1891, M. Lucas a été nommé officier d’Académie.
- M. Schaffer (Hermann), rue d’Angoulême, 10, à Paris.
- Celte maison expose une collection d’étuis et trousses en peau de daim dont elle fait une spécialité. Ces étuis servent à contenir tous les objets imaginables, tels que pistolets, pipes, couteaux, montres, etc.
- Fondée en 1866, cette maison occupe i4 ouvriers et 6 femmes; elle produit annuellement 2 5,ooo douzaines de ces étuis.
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- PIPES ET ARTICLES DE FUMEURS.
- Dans les pipes et articles pour fumeurs, la France tient la tête ainsi que le démontre le tableau des importations qui suit; ces chiffres contiennent les papiers à cigarettes qui sont un des articles principaux de notre exportation.
- IMPORTATIONS AUX ETATS-UNIS.
- 1891. 1892.
- Pipes en terre................... 3i2,ooo francs. 351,352francs.
- Pipes fines, articles de fumeurs, papiers à cigarettes............... 1,527,467 1,786,210
- En 1892, les importations se sont ainsi réparties :
- France............................................
- Autriche-Hongrie..................................
- Allemagne.........................................
- Angleterre........................................
- Suisse............................................
- 7o3,445 francs.
- 54i,736
- 475,800
- 24o,6q3
- 166,878
- ALLEMAGNE.
- L’Allemagne n’expose pas, quoique le chiffre des douanes américaines accuse une importation de ^175,800 francs d’articles de fumeurs allemands et qu’à Nuremberg il existe 2 1 5 maisons de tourneurs, dont 2 sont entièrement consacrées à la fabrication des pipes de bruyère et dirigées par 2 Allemands qui furent expulsés de Paris en 1870, et apportèrent leur industrie dans cette ville.
- ANGLETERRE.
- L’Angleterre est représentée par un exposant : MM. Wiiite, William and son, de Glascow, qui nous montrent une série de pipes blanches en terre et un choix de pipes de bruyère.
- Cette maison est peu importante.
- Comité 27. 4
- IIMEUJE NATIONALE.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- AUTRICHE.
- L’Autriche 11’expose pas.
- BELGIQUE.
- M. Hoütain (Emile), de Bruxelles, expose un petit fond de pipe en métal, sorte de tamis destiné à laisser un vide entre le tabac et le tuyau d’aspiration; cette invention nouvelle n’a encore acquis aucune importance industrielle.
- ÉTATS-UNIS.
- La maison de MM. Demuth (William) and C°, à New-York, fondée en 1861, qui a déjà exposé à Philadelphie en 1876, puis en 1889a Paris, occupe un grand local bien installé dans Broadway, à New-York; elle emploie 2 3 0 hommes et 5 5 femmes avec une machine à vapeur de 7 5 chevaux et fait un chiffre d’affaires très sérieux.
- Son exposition, très vaste et fort bien disposée, nous présente une série de pipes d’écume reproduisant toutes les têtes des présidents des Etats-Unis. Quoique sa fabrication principale soit celle des pipes de bruyère et d’écume, elle fabrique aussi des cannes.
- FRANCE.
- La France n’expose pas.
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- CANNES, OMBRELLES ET PARAPLUIES.
- Les nations européennes n’ont guère exposé dans cette industrie; l’Amérique se suffit à elle-même; cependant, elle importe encore quelques articles spéciaux, principalement des manches et des montures
- IMPORTATIONS AUX ETATS-UNIS.
- 1891. 1892.
- Ombrelles et parapluies.............. 234,ooo francs. 223,000 francs.
- Manches, cannes et montures.......... 476,320 479,960
- ALLEMAGNE.
- M. Kretschmar (Wilhelm), de Karlsruhe, expose une ombrelle brodée, montée sur un manche en ivoire sculpté.
- Membre de l’association badoise des industries artistiques, ce fabricant s’efforce de produire des articles de belle qualité pour la consommation de détail intérieure.
- Il ne fait pas d’exportation et occupe 6 femmes et 2 hommes avec 3 machines à coudre et 2 bancs de tour sans force vapeur.
- ANGLETERRE.
- L’Angleterre n’expose pas.
- AUTRICHE.
- L’Autriche est représentée par deux exposants :
- M. Lindner (Oswald), deVienne, occupe une cinquantaine d’ouvriers avec une petite force motrice et fait un peu d’exportation.
- Il nous montre une collection de cannes de qualité courante à très bon marché.
- h.
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- M. Walter (Georges), de Vienne, expose un petit choix de cannes et quelques articles pour fumeurs ; cette maison, de très petite importance, ne fait pas d’exportation.
- ÉTATS-UNIS.
- MM. Hirsh and bros, à Philadelphie. — Cette maison très importante expose dans une grande et belle vitrine un riche assortiment d’ombrelles et de parapluies.
- Elle suit absolument les modes européennes et fabrique très soigneusement; elle occupe Aoo ouvriers et fait un chiffre d’affaires considérable.
- Cheval Standard C°, à New-York. — Cette maison nous montre, alignées sur le fond d’une gracieuse vitrine rectangulaire de forme anglaise, des cannes de promenade et surtout la canne creuse à mesurer dont elle a pris le nom. C’est un long tube muni d’une coulisse disposée de façon à s’étendre rapidement pour mesurer la hauteur d’un cheval ; les branches en fer nickelé se replient à l’intérieur; tout l’appareil est léger et fonctionne aisément.
- Son exposition comprend aussi une belle collection de fouets de chasse. La vente de ces produits est toute spéciale et limitée à une clientèle américaine de particuliers.
- FRANCE.
- La France n’expose pas.
- Des droits d’entrée très élevés protègent la fabrication américaine.
- JAPON.
- J’ai vainement cherché dans cette exposition les parapluies de forme européenne que j’avais rencontrés partout au Nippon et qui forment un chiffre important des exportations japonaises.
- Ces parapluies s’expédient surtout aux Indes et dans les pays du Pacifique.
- Les Américains n’achètent au Japon que quelques parasols et parapluies en papier de forme indigène; les droits d’entrée élevés du Mac-Kinley Bill protègent leurs fabricants contre l’industrie cl’Osaka.
- L’exposition japonaise ne se compose à Chicago que de ces articles en papier et de quelques manches isolés en ivoire et en bambou envoyés pour la vente par de petits artisans.
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- ARTICLES EN CAOUTCHOUC
- ET VÊTEMENTS IMPERMÉABLES.
- La fabrication américaine est extrêmement développée dans cette industrie. Outre les grandes maisons qui figurent à l’Exposition de Chicago, il existe aux Etats-Unis d’autres manufactures importantes, telles que : la Boston Rubber C°, à Boston; la Woonsocket Rubber C°, à Woonsocket (Connecticut); la Boston Rubber Shoe C°, à Boston; les Compagnies de Goodyear, qui doivent leur nom à l’inventeur de la vulcanisation du caoutchouc ; la New-York Belting and Packing C°, etc., qui ont une production très considérable.
- Cependant les Etats-Unis importent un peu plus de 2 millions de francs d’articles en caoutchouc, qui sont des jouets et des halles du continent et des étoffes spéciales d’Angleterre.
- IMPORTATIONS AUX ETATS-UNIS.
- 1891. 1892.
- Articles en caoutchouc et en gutta-
- percha....................... 2,119,286 francs. 2,331 ,o45 francs.
- Ces importations se sont ainsi réparties en 1892 :
- Angleterre.......................................
- Allemagne........................................
- France...........................................
- Autriche-Hongrie.................................
- 8 4 2, k 00 francs. 809,120 572,000 107,525
- ALLEMAGNE.
- Compagnie des articles en loüfah (Deutsche Lufah), à Halle.
- Cette Compagnie fabrique des semelles pour l’intérieur des chaussures, des articles à friction pour bains, des bonnets de bains, des dessus de selles avec la courge qui s’est appelée loufah, et qui offre des qualités spongieuses particulières.
- Ces articles remplacent les objets similaires en paille de liège, en éponge ou en crin. Fondée en 1887, cette maison a exposé à Ostende, Halle, Bruxelles et Barcelone où
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- elie a obtenu une médaille de bronze; elle occupe 1 o hommes et 2 5 femmes avec un moteur de 1 o chevaux-vapeur et une trentaine de machines-outils.
- Ces courges se tirent d’Egypte et du Brésil ; les produits s’exportent partout, mais en quantités modérées.
- M. Schwanitz ( Cari), à Berlin.
- Cette maison expose dans le Pavillon des Cuirs et nous montre un très grand assortiment d’articles en caoutchouc souple tels que des tuyaux, des bandages de'roues, des courroies de machines, des feuilles de caoutchouc pour clapets de tous genres.
- Fondée en 1862, et réorganisée en 1884 par son directeur actuel, elle occupe 25 femmes et 125 hommes qui produisent avec l’aide de machines à vapeur de 200 chevaux et de plusieurs presses hydrauliques, générateurs, machines-outils, etc., un chiffre d’affaires de près de 1 million et demi de marks.
- Cette maison exporte en Autriche-Hongrie, dans les pays Scandinaves, en Italie, en Espagne et un peu dans l’Amérique du Sud.
- La clientèle principale est composée des arsenaux de l’Etat allemand, des compagnies de chemins de fer, des mines et de la marine.
- MM. Metzeler et 0e, à Munich.
- Cet établissement nous montre des balles de couleurs pour vaporisateurs, des instruments techniques de chirurgie et de sciences, des appareils de stérilisation, etc.
- Fondée depuis i863, cette maison occupe i5o femmes et 3oo hommes; son installation est spacieuse et toute moderne; elle comprend 2 5o chevaux de force motrice à vapeur, une quantité de presses et de machines-outils de tous genres ; ses procédés chimiques de coloration du caoutchouc dans la masse, en couleurs résistant à la vulcanisation , forment une de ses spécialités.
- Son chiffre d’affaires s’élève à 2 millions de marks, dont une partie importante est exportée tant en Europe qu’en Orient et que dans l’Amérique du Sud.
- M. Penin à Leipzig-Plagwitz.
- Cette maison s’applique principalement à la fabrication des articles de chirurgie, de gutta-percha ; elle occupe une centaine d’ouvriers et fait pour environ 1 million et demi de marks dont la plus grande partie est consommée en Allemagne.
- ANGLETERRE.
- MM. Anderson, Anderson et Anderson, à Londres.
- Cette maison nous montre une belle exposition de vêtements caoutchoutés convenant à tous les sports, aux usages journaliers et aux emplois d’écurie; elle nous montre aussi
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- un choix varié de jambières, de gants et de toiles huilées, de chaussures caoutchoutées.
- Ses affaires sont importantes ; eüe possède une grande vente de détail en Angleterre, dans ses magasins de Londres, de Bristol et de Cardiff (elle traite de grosses affaires en toiles huilées) et fait en-outre une sérieuse exportation; elle occupe de 3oo à 4oo ouvriers.
- Cravenette Company Limited, à Bradfort.
- Cette Compagnie expose sur un comptoir, en essayant les étoffes devant le public, des tissus rendus imperméables par son procédé Cravenette. Ce procédé consiste en une sorte de bain chimique qui remplace les applications de feuilles de caoutchouc et conserve aux étoffes leur souplesse sans leur donner aucune odeur.
- Il m’a été fort difficile d’apprécier quelle faveur ce procédé nouveau rencontrait dans le public.
- MM. Zacharias (7.) and C°, à Oxford.
- Exposent contre un meuble non fermé six vêtements waterproofs, forme usuelle. Cette maison est peu importante, se consacre aux affaires de détail et n’exporte guère aux États-Unis.
- MM. Fison, William and C°, à Burley-in-Wharfdale.
- Exposent quelques tissus imperméables, mais ont en réalité un établissement de filature et de tissage de laine qui est fort important, mais n’appartient pas à la classe 97.
- Ils y occupent 670 personnes, dont 220 enfants, 300 femmes et i5o hommes, avec une force motrice de i,3oo chevaux-vapeur; leur exportation se fait principalement en Allemagne et en Russie.
- AUTRICHE.
- L’Autriche n’a pas d’exposant dans cette industrie.
- BELGIQUE.
- La Belgique est représentée par M. Pol de Schamphelaere, à Gand, qui a exposé à Paris en 1889 et fabrique principalement les articles de caoutchouc nécessaires à l’industrie belge, tels que : les clapets, les feuilles pour joints à vapeur, les garnitures de poulies, les rouleaux et cylindres, les courroies, etc.
- Cette maison n’exporte pas aux Etats-Unis.
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- ÉTATS-UNIS.
- L’exposition américaine comprend six exposants :
- American Rubber Company, Summer street, 6A, à Boston.
- Cette manufacture qui n’est pas la plus importante d’Amérique occupe cependant 700 hommes et 900 femmes; elle a été fondée en 1876 et a atteint une production de 15 millions de francs.
- Elle fabrique toute sorte de chaussures en caoutchouc et des vêtements imperméables ; elle importe ses matières premières de l’Amérique du Sud et des régions tropicales de l’Afrique.
- Son exposition est très distinguée, la forme de ses waterproofs pour dames est généralement élégante, les couleurs sont heureuses; outre les mackintosh et les vêtements caoutchoutés, elle expose aussi une variété de surtouts huilés pour la pêche et la marine.
- Belle exposition soignée et très bien présentée.
- M. Bailey (C.-/.), à Boston.
- Habile inventeur, M. Bailey a su trouver des applications perfectionnées pour une foule d’articles déjà connus. Il expose des snow boots ou galoches avec des attaches ingénieuses, des brosses formées de caoutchouc souple moulé en losanges et en pointes, des gants, des mitaines, des leggings (jambières), des flacons, des porte-plume, des dessous de bras, des bas pour varices, des tapis, des vaporisateurs, des bandages et en général une grande variété de petits articles en caoutchouc.
- Sa production peut s’élever à 2 millions de francs.
- Elastic tip Company, à Chicago.
- Expose des pistolets à air comprimé, lançant des flèches dont le bout est garni de caoutchouc souple.
- India Rubber Comb Company, à New-York.
- Nous avons déjà passé en revue l’intéressante exposition de cette maison.
- Stoughton Rubber Company, à Boston.
- Belle exposition de vêtements caoutchoutés comprenant un bel assortiment d’ulsters, de macfarlanes et surtout de vêtements de cochers, établis d’après les dernières modes anglaises.
- Cette maison fait un chiffre assez important et son exposition a beaucoup de cachet.
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- M. Towers (A.-J.), à Boston.
- Cette maison expose uniquement des vêtements de toile huilée; elle s’est fait une grande réputation dans cette spécialité et vend aussi bien des articles de cheval aux fermiers de l’Ouest que des articles de pêche sur les rivages de l’Océan.
- Elle exporte fort peu, mais fait des affaires assez importantes aux Etats-Unis.
- Fondée en 1836, elle a déjà exposé à Philadelphie en 1876; elle occupe 5o hommes, 15o femmes, 1 machine à vapeur de 20 chevaux et une centaine de machines à coudre.
- Sa production annuelle s’est élevée à 300 tonnes de vêtements huilés.
- FRANCE.
- La France est grandement représentée par la maison Hütchinson et Cie, 1, rue d’Hauteville, à Paris.
- Cette maison, fondée en 185o, a pris un essor considérable depuis 1888 sous l’impulsion énergique de MM. Hutchinson et Southgate; elle a doublé sa production en entreprenant la fabrication dune très grande variété d’objets.
- Elle expose un choix très étendu de tissus caoutchoutés qui se prêtent à tous les besoins, des vêtements imperméables et des articles de voyage, une collection infinie de chaussures depuis les souliers de plage et de bains de mer jusqu’aux bottes de chasse et de cheval.
- Il n’y a en Europe que cinq manufactures de chaussures en caoutchouc :
- Une allemande : la Compagnie de Harburg, près de Hambourg;
- Deux russes : la Compagnie Kreskoff et la Compagnie Prowodnick;
- Deux anglaises : la North British C° et la Liverpool Rubber C°.
- La maison Hutchinson n’a rien à envier comme organisation à toutes ces Compagnies.
- Son exposition nous montre le caoutchouc souple sous toutes les formes, dans tous ses emplois industriels : en feuilles, en clapets, en tuyaux et même en garnitures de fers à cheval; elle y joint toute la série (les articles de chirurgie en gutta-percha : sondes, bougies, etc.
- Son exposition donne l’impression d’une maison puissante, parfaitement outillée.
- Elle occupe 1,200 ouvriers ou ouvrières avec une force de 160 chevaux-vapeur, de 35o chevaux hydrauliques et plus de 300 machines-outils.
- Sa production atteint le chiffre de 8 millions de francs.
- Elle exporte dans tous les pays, mais fort peu aux Etats-Unis protégés par des tarifs élevés.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- JOUETS.
- La fabrication du jouet, si importante en France où elle occupe 20,000 ouvriers, a une concurrence redoutable en Allemagne.
- Certes, les produits français sont plus soignés et plus riches, mais les chiffres témoignent malheureusement que nos qualités ne sont pas assez appréciées, et que les Allemands importent aux Etats-Unis une quantité de marchandises vingt fois plus considérable que celle de nos compatriotes.
- L’importation totale qui s’est élevée en 1 892 à près de i3 millions nous montre quel vaste champ d’exploitation nous offrent les Etats-Unis.
- IMPORTATIONS DES JOUETS AUX ETATS-UNIS.
- 189'i,......................................... ii,54o,744 francs.
- 1892........................................... 12,811,949
- répartis en 1892 de la façon suivante :
- Allemagne.........................
- France............................
- Angleterre. ......................
- Autriche-Hongrie..................
- Japon.............................
- Suisse............................
- 11,682,881 francs. 659,162 193,720 135,792 128,705 11,689
- La population des États-Unis s’accroît sans cesse, la richesse de ce pays se développe avec une étonnante rapidité; les Allemands ont su en profiter; ils doivent leurs succès à de constants efforts, à leur connaissance de la langue et sans doute aussi aux habitudes et aux relations établies par une immigration considérable de leurs nationaux aux États-Unis.
- Chicago a une population de 600,000 Allemands; tout l’Ouest est colonisé par la race germanique dont on peut estimer le nombre total des représentants à plus de 12 millions.
- Par une bonne organisation, par un outillage plus perfectionné, grâce à leur ingéniosité, â leur goût indiscutables, les fabricants français de-
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- vraient et pourraient obtenir une part plus importante dans ces affaires. Espérons que cette Exposition de Chicago sera pour eux le point de départ d’un redoublement d’efforts.
- ALLEMAGNE.
- Les Allemands prétendent produire ko millions de marks de jouets, c’est-à-dire 5o millions sur lesquels i 5 millions seraient consommés en Allemagne et 35 millions seraient exportés.
- Ces chiffres pourraient paraître un peu exagérés; cependant nous avons vu les affaires américaines accuser près de 12 millions d’importations de jouets allemands, l’Angleterre et ses colonies en usent autant, voilà déjà 2 k millions pour ces deux pays, cela ne laisse que 11 millions pour tout le reste du globe.
- Les principaux centres de cette industrie en Allemagne sont Nuremberg et Furth, Sonneberg en Thuringe et Gotha; Sonneberg domine maintenant tous les autres centres pour l’importance de ses exportations.
- Il y a plus de 70 fabricants à Sonneberg; tous se sont appliqués aux langues étrangères et il n’y en a peut-être pas un seul dans ce nombre qui ne sache que l’anglais. Ils sont entrés en correspondance avec le monde entier et leurs exportations ont suivi la gradation suivante :
- 1885........................... 611,21 à dollars. 3,178,312 francs.
- 1887............................. 1,017,363 5,290,287
- 1889............................. 1,278,619 6,648,818
- 1891............................. i,5io,866 7,856,5o3
- A Gotha, l’industrie des jouets ne date que de 1860: elle a commencé par l’installation d’une fabrique de porcelaine qui s’est fait une spécialité de biscuit; très peu de temps après, trois autres fabriques se sont bâties, puis on s’est mis à fabriquer des jouets en zinc et des animaux recouverts de peau naturelle ; ensuite s’est créée une spécialité qui occupe 3 5 0 femmes et qui a vu rapidement ses affaires augmenter; je veux parler des poupées en laine tricotée qui sont incassables, inoffensives et conviennent si bien aux tout petits enfants.
- Waltersbausen et Ohrdruf qui sont situées tout à côté de Gotha ont également développé la fabrication des jouets.
- La première de ces vilies est connue par ses articles en papier mâché
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- et par ses poupées incassables, la seconde par la fabrication des têtes de bébés en biscuit, par les petits animaux ou poupées de bain, ainsi que par les petits services d’enfants en faïence. Comme à Gotha, l’industrie a débuté par l’érection d’une fabrique de porcelaine; six autres se sont graduellement construites à côté et furent entourées de toute une fabrication d’autres jouets qui se consacre presque entièrement aux animaux recouverts de peaux naturelles, ainsi qu’aux voitures et aux petites écuries qui les accompagnent.
- Commençant par l’exposition de Nuremberg, je parlerai d’abord du Bayensches Gewerbe Muséum.
- Bayerisches Gewerbe Muséum, à Nuremberg.
- Erigée pour instruire et perfectionner les artisans bavarois et surtout ceux de Nuremberg, cette institution a fait une vaste exposition.
- Une grande vitrine centrale est pourvue de deux ailes plus petites (tout est à jour et on peut tourner tout autour); au centre, sur le devant, sont les fusils, les trompettes, les jouets qui se rattachent à l’équipement militaire des enfants; sur le derrière, des boîtes à ouvrage, des nécessaires, des articles en corne, des couverts à salade, des boîtes de couleurs, des jeux de patience, des toupies, des roulettes, des petits miroirs, des glaces à chevalet, etc. ; l’aile gauche est consacrée aux jouets en métal et aux jouets mécaniques, aux crayons et aux articles de bureau; l’aile droite contient les articles de ménage, les jouets d’étain, des écuries et des fermes, des boîtes d’escamotage, des jeux d’échecs, des compas et des articles de dessin ainsi que de petites balances munies de leurs poids, qui forment un article d’exportation assez important pour l’Amérique.
- Cette production, œuvre de nombreux artisans qui travaillent chez eux pour leur compte et qui constituent ce que les Allemands nomment Hausindustrie (industrie à domicile) se vend par l’intermédiaire d’agents et de maisons de commission qui se chargent de l’exportation.
- MM. Carette (Georges) et 0e, h Nuremberg.
- Cette maison qui ne figure pas sur le catalogue (d’ailleurs plein d’erreurs) est ancienne et bien connue.
- Son exposition, vaste et élégante, nous montre une vingtaine de bateaux à vapeur de systèmes variés, des locomotives, des moteurs à vapeur, des moteurs électriques, une petite machine à vapeur horizontale avec sa chaudière capable d’un travail réel et coûtant 3oo marks.
- Ajoutons aux jouets de métal (toupies, musiques, etc.) une foule d’objets d’optique, tels que lanternes magiques, verres grossissants, loupes, stéréoscopes, etc.
- Cette maison occupe 200 ouvriers et fait des affaires en Amérique.
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- MM. Dammborn ( Max ), à Nuremberg.
- Nous retrouvons dans cette exposition toute la belle collection décrite précédemment; elle est pourtant composée d’une plus grande variété de toupies et de moins de moteurs ; ses articles de ménage en nickel et ses lanternes magiques tiennent aussi une grande place dans la fabrication de cette maison qui occupe une centaine d’ouvriers et exporte aux Etats-Unis.
- MM. Heinricb frères, à Furth.
- Ces fabricants produisent des soldats de plomb et d’étain. Us représentent avec soin et vérité en alliage massif tous les régiments étrangers.
- M. Plank (Ernest), à Nuremberg.
- M. Plank expose dans une grande et vaste vitrine en forme de buffet des instruments d’optique et des jouets en métal, parmi lesquels dominent les bateaux à vapeur et les moteurs de tous genres.
- Cette maison fait des affaires aux Etats-Unis.
- M. Hess Math, à Nuremberg.
- Ce fabricant de jouets en métal s’est créé une spécialité de chemins de fer; ses roues, construites suivant un système breveté, présentent une grande solidité : elles sont en métal dur et sans soudure.
- M. Thaeter (Jean), à Nuremberg.
- Cette maison expose principalement des kaléidoscopes et des lunettes bon marché.
- MM. Bieg frères, à Nuremberg.
- Cette maison fait une grande et vaste exposition composée surtout d’articles de ménage. Elle nous montre une cuisine-modèle, pourvue de tous ses ustensiles, des garde-feu en métal à décors japonais, des imitations de terre cuite en métal, des articles de ménage nickelés, une interminable batterie de cuisine et une grande quantité de cuisines et de jouets pour enfants.
- Ces produits se distinguent par le soin de la peinture, du vernis, ainsi que par les qualités de l’étamage et du nickelage.
- MM. Bing frères ont obtenu différentes distinctions dans des expositions en Allemagne et à Barcelone; ils occupent un millier d’ouvriers et font un chiffre d’affaires important.
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- Passons au groupe collectif de Sonneberg, en Thuringe.
- Au milieu d’un vaste carré de 15 mètres de côté, se dresse un grand char à deux roues peintes et dorées ; il est attelé d’un cheval recouvert de peau naturelle.
- Une femme de taille moyenne est assise sur le siège avec un rameau et un caducée comme emblèmes; le char est rempli de poupées, d’animaux, de jouets de tous genres. A droite et à gauche, sur les roues, deux jolis groupes : l’un composé d’un petit garçon cpii mange des cerises entre deux petites fdles; l’aulre formé d’une fdlette assise entre un garçon et une autre petite fille. Une gracieuse enfant est grimpée sur la sellette du cheval, se tenant aux harnais, tandis qu’un grand chien du Saint-Bernard accompagne le cheval.
- Autour de cette exposition principale est ménagé un passage bordé de vitrines sur trois côtés, le quatrième côté laissé libre donne accès au visiteur; j’ai remarqué dans ces vitrines en forme de buffets des animaux fort bien faits, particulièrement des chevaux; des jockeys et des soldats en papier mâché, moulés et finement peints, des garnitures d’arbres de Noël, des animaux en laine, des billes de verre, des poupées d’une variété infinie, en bois, en peau remplie de son, en biscuit; des têtes, des masques et des folies, etc.
- Deux grandes poupées en bois représentant un clown et une femme en costume thuringien; une nombreuse série de têtes de poupées en biscuit et d’animaux divers en porcelaine font également partie de cette exposition.
- Un coin de la salle gracieusement disposé en jardin contient une quantité de poupées articulées, soigneusement habillées; des personnages mécaniques et automatiques qui me paraissent bien moins soignés que ceux exposés dans la section française complètent cette exposition collective qui fait beaucoup d’effet et attire un grand nombre de curieux.
- 'Voici une rapide nomenclature des maisons qui ont pris part à cette exposition :
- MM. Craemer et He'ron, à Sonneberg, exposent des poupées habillées, des baigneurs en porcelaine, etc.
- MM. Dressel (Guno et Otto) exposent des cadeaux de Pâques, des ornements pour arbres de Noël, des poupées de tous genres, articulées, habillées, en cuir et en porcelaine.
- M. Dressel (Wilh.), à Sonneberg, expose des jouets et des poupées.
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- MM. Fleischmann (A.) et Craemer, à Sonneberg, fournitures d’arbres de Noël, poupées et jouets divers.
- MM. Fleischmann (Ed.) et fils, à Sonneberg, jouets et poupées.
- MM. Fleischmann frères, à Sonneberg, poupées en cuir et poupées habillées.
- MM. Geyer (Ch.) et Cie, à Sonneberg, poupées habillées.
- M. Hachmeister (Hermann), à Sonneberg, poupées nues et habillées.
- M. Horn (Heinrich), à Sonneberg, poupées de cuir et poupées à soufflet.
- MM. Lindner (Joli. Ehr.), à Sonneberg, ornements en verre pour arbres de Noël, jouets divers, poupées nues et habillées.
- MM. Lindner (Louis) et fils, à Sonneberg, jouets et poupées habillées.
- MM. Luge (A.) et Cie, à Sonneberg, jouets et poupées.
- M. Luge (Ferdinand), à Sonneberg, articles d’arbres de Noël, poupées et jouets.
- Fabrique de porcelaine de Limbach, près Sonneberg, baigneuses, têtes de poupées et poupées, animaux divers.
- MM. Rüeckert et Cie, à Steinach, près Sonneberg, ornements de cire et de verre pour arbres de Noël, billes en verre, surprises.
- MM. Samhammer (Philippe), à Sonneberg, poupées de tous genres, nues, habillées, articulées, en porcelaine et en cuir.
- MM. Schilling (F. M.), à Sonneberg, têtes de poupées en bois, en papier mâché, poupées.
- M. Schmidt (Oscar), à Sonneberg, jouets et poupées.
- M. Spindler (Georges), à Sonneberg, caricatures, nez et masques en papier, en cire, en toile métallique et en gaze.
- M. Treüter (Oscar), à Sonneberg, poupées habillées.
- Visitons maintenant l’exposition collective de Gotha, de Waltershausen et Ohrdruf, disposée dans des vitrines dont quelques-unes sont assez mal placées dans une allée sombre, sous la galerie.
- Les jouets sont similaires à ceux de l’exposition voisine de Sonneberg, mais ils sont représentés sur une moins vaste échelle, et ceux qui dominent sont les poupées articulées, les baigneurs, les bébés et les animaux en porcelaine.
- Je dirai quelques mots des maisons de ce groupe :
- MM. Alt, Beck et Gottschalk, à Nauendorf, près Ohrdruf; fabrique de porcelaine, têtes de poupées, baigneurs, animaux et petites statuettes.
- MM. Alt et Koch, à Ohrdruf (Thuringe), voitures et animaux recouverts de peaux imitées ou naturelles.
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- M. Handwerck (Henry), à Waltershausen, têtes de poupées en bois et en porcelaine; produit pour une centaine de mille francs avec une vingtaine d’ouvriers.
- MM. Kaemmer et Reinhardt, à Waltershausen, poupées articulées et petits animaux.
- M. Kestner (J. D.) jeune, à Waltershausen, fabricant de porcelaine, têtes en biscuit, baigneurs et poupées.
- MM. Koerner, Gunter, à Géra (Reuss), accordéons de tous genres.
- MM. Schüetzmeister et Qüendt, à Gotha, fabrique de porcelaine, têtes fines en biscuit et petits animaux; personnel d’environ 2y5 ouvriers.
- MM. Wiesenthal, Schindel et Kallenberg, à Waltershausen, jouets, forts, théâtres en papier mâché, poupées en porcelaine et en cuir; importante maison occupant 3oo personnes et produisant environ pour un demi-million de francs.
- M. Wittzack (Emile), à Gotha, poupées en laine, animaux, oiseaux; fabrique des articles très bon marché et produit environ pour 200,000 francs.
- Enfin viennent les exposants suivants qui ont de belles vitrines isolées :
- M. Arnold (M. Oskar), à Neustadt, près Cobourg, bébés fins articulés, poupées habillées, trousseaux de poupées.
- MM. Pilz (G. W.), à Freiberg (Compagnie des zincs de Freiberg), ornements de cercueils, ornements en zinc pour arbres de Noël, surprises, boucles, seringues, mesures et articles d’étain.
- MM. Gerlach (F. W.), à Naumburg-sur-Saale; importante maison, expose des petits ménages, des articles de dînette, des petits services à thé, en étain, ainsi qu’une grande variété d’ustensiles de poupées.
- Cette maison fait une grande exportation.
- M. Gutgesell (Max), à Gotha, expose une cour de ferme en fer-blanc; les articles sont sans doute bon marché, mais peu soignés.
- M. Haack (Max Adolf), à Leipzig, articles de physique et de surprises, jouets en métal.
- M. Harrass (B.), à Boehlen-en-Thuringe; cette maison, importante par un travail de bois qui s’applique aussi à l’ameublement, expose une petite maison en bois, réduction d’une véritable habitation fort complète, munie de plusieurs chambres à coucher, de salles de réception et de travail, etc.
- Une réduction d’un élégant ameublement intérieur est disposée dans chaque pièce.
- Au point de vue du jouet, cette maison fabricrue spécialemen les jeux
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- de croquet, des raquettes, des lawn-tennis, des petits théâtres, des petits buffets, des commodes, des pianos à musique et tous les articles de jeux et d’ameublement de poupées dont elle fait une vaste exposition.
- Cet établissement emploie une force de 12 0 chevaux-vapeur et sa production atteint 2 millions de francs.
- J’ai rencontré à Yokohama un des associés, M. E. Nocht, revenant des Indes où il avait traité de très importantes fournitures de boiseries pour un palais.
- M. Schillitz (Cari), à Francfort-sur-le-Mein, jouets scientifiques, petites machines électriques.
- M. Schoenner (Jean), à Nuremberg, nous montre une variété de jouets mécaniques, de bateaux à vapeur, de lanternes magiques, d’appareils optiques et de jouets électriques.
- Celte maison expose des jouets scientifiques comme la maison précédente et occupe une cinquantaine d’ouvriers.
- L’Angleterre et l’Autriche n’exposent pas de jouets.
- ÉTATS-UNIS.
- Les Etats-Unis comptent quatre exposants dans la section des jouets :
- MM. Converse, Morton (E.),< à Winchendon (Massachusetts).
- Cette maison expose dans un pavillon ouvert sur trois faces et sans glaces une collection de petits meubles et de petits lits en bois pour enfants et poupées. Des petites malles, des tambours, des damiers complètent son exposition assez importante; celte maison fait des affaires aux Etats-Unis, mais n’exporte pas.
- MM. Ives, Blakeslee and Williams C°, à New-York.
- Cette maison expose un assortiment de jouets en fer-blanc : des locomotives, des chemins de fer, des canons. Ses petits jouets automatiques en métal, mus par des caoutchoucs, par des systèmes pneumatiques, par des ressorts ou par des volants sont tout à fait montés dans le genre des jouets parisiens et se vendent ici en place de nos jouets populaires.
- Cette maison emploie un nombreux personnel, fait beaucoup d’affaires aux Etats-Unis, mais n’exporte pas.
- Comité 27.
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- MM. Parker brothers, à Salem (Massachusetts).
- Dans une vaste vitrine bien disposée, cette maison expose des soldats de bois et des jouets en carton imprimé et découpé.
- Ses affaires sont exclusivement américaines.
- MM. Pi a {Peter F.), White street, i 23, à New-York.
- Ces fabricants nous offrent des petits ménages en étain, des soldats de plomb, des petits services à thé et à café. Ils fondent et fabricpient sur demande des petites pièces de tout genre en plomb et métal blanc.
- Ils font des affaires tout à fait indigènes.
- FRANGE.
- Par le nombre de ses exposants, par la richesse de ses produits, l’exposition française des jouets se distingue entre toutes et se montre à Chicago en progrès sur toutes les expositions précédentes.
- Elle compte :
- Exposants au rez-de-chaussée................................ h
- Exposants dans la galerie supérieure........................ 28
- Commençant par la salle principale de la classe 27, nous visitons :
- M. Bregman (Henry), rue de l’Argonne, 2A, à Paris.
- Cette maison, fondée en 1890, et qui occupe 6 hommes et 15 femmes avec une force de 5 chevaux, expose des jouets en celluloïd, des balles aux couleurs brillantes, des cadres de glaces, des gobelets, des masques à jour, etc., toujours en celluloïd.
- La finition de ces articles ne laisse rien à désirer.
- MM. Jumeau et C‘% rue Pastourelle, 8, à Paris.
- C’est avec un vif plaisir que l’on examine cette élégante exposition pleine de richesse et de sens artistique.
- Les jolies têtes des bébés, la variété et le grand luxe des toilettes des poupées, le bon goût de tous les objets exposés font de cette vitrine un des principaux attraits de la classe 27.
- Fondée en 1843, cette maison occupe une centaine d’hommes et 3oo femmes; elle fait une exportation considérable qui tend à s’accoître par la fabrication d’articles à bon marché, capables de lutter avec certains articles allemands; sa production atteint presque 1 million de francs et se fait entièrement à la main, sans force motrice.
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- M. Emile Jumeau a fréquemment exposé; il a obtenu les plus hautes récompenses et était hors concours en i88q.
- M. Rabery (Alexandre), rue des Archives, 63, à Paris.
- Cette maison expose en bas, dans le salon principal de la classe 27, et aussi dans l’annexe de la galerie.
- Composée de bébés et de poupées gracieusement groupés, l’exposition du rez-de-chaussée se fait remarquer par la finesse des biscuits ainsi que par les soins de la fabrication et la richesse de l’habiüage.
- Au premier, M. Rabery expose des poupées et des bébés des genres les plus divers : articulés, incassables, etc.; un bébé marchant et parlant, d’invention toute nouvelle, se remarque entre tous.
- Cette fabrication se distingue par un bon marché avantageux, qui n’exclut pas la grâce et le bon goût.
- Cette maison, fondée en 1860, occupe 20 hommes et 60 femmes, sans force motrice, et fait une exportation appréciable en Europe et dans l’Amérique du Sud.
- M. Rabery a obtenu une médaille d’or à Bruxelles en 1888, un diplôme d’honneur à l’exposition algérienne en 1889.
- MM. Roullet et Decamps (E.), me du Parc-Royal, 10, à Paris.
- Un ours qui bat du tambour attire les visiteurs ; ils admirent un choix étendu de jouets mécaniques, des personnages, des automates, des animaux aux mécanismes les plus perfectionnés; en effet, tout est soigné, tout est bien présenté, les étoffes qui habillent les personnages sont même luxueuses.
- Cette maison, fondée en 1860, occupe environ une cinquantaine de personnes, dont 30 hommes; elle ne se sert pas de force motrice, mais seulement de 16 machines-outils diverses.
- Sa production s’élève à 200,000 francs presque exclusivement vendue en France; exposant en 1889, elle a obtenu une médaille d’argent.
- DEUXIÈME PIÈCE.
- Passant en revue les expositions de la galerie, nous remarquons :
- M. Rarré (Hippolyte), rue des Couronnes, 87, à Paris.
- Cet exposant nous montre une série de jouets en fer-blanc : petits chemins de fer, voitures, omnibus, bateaux, cuisines, écuries, etc.
- Employant 20 hommes et i4o femmes, sans force motrice, cette maison se distingue par une grande variété de production; ses articles de prix fort avantageux atteignent le nombre considérable de 3 millions de pièces par an.
- Cette maison a exposé à Paris en 1889 et a obtenu une médaille d’argent.
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- M. Bontems (Ch.), rue de Cléry, 72 , à Paris.
- Fort belle exposition d’oiseaux chanteurs en cage. Cette science ingénieuse nous donne une illusion parfaite ; le chant du rossignol est lui-même imité.
- Fondé en 1869, cet établissement occupe 12 hommes et 8 femmes, il produit environ êoo pièces par an; il a exposé en 1889 et a obtenu une médaille d’argent.
- M. Boussard (Dominique), rue de Paradis, 21, à Paris.
- Charmante exposition de fleurs en porcelaine, très remarquables par leurs nuances fines, délicates et vraies.
- Cette maison, fondée en 1876, occupe i5 hommes et 120 femmes; elle a exposé fréquemment et a obtenu plusieurs médailles d’or; en 1889, elle a pris part à l’Exposition de Paris et y a obtenu une médaille d’argent.
- M. Boyer, rue du Temple, 118, à Paris.
- N’avait pas encore exposé en juillet.
- Cette maison produit des articles tournés, guillochés, croix, porte-plume, etc., occupe 12 personnes, et a obtenu à Paris une médaille de bronze.
- M. Chauvin (Alexis), me Chariot, 2/1, 26, à Paris.
- Cette maison expose un grand assortiment de panoplies de chasse et de guerre pour enfants, ainsi que des trompettes, des clairons, des toupies à ressort, des outils de jardinage, des instruments de musique, etc.
- Cette fabrication se distingue par l’extrême bon marché de ses articles ordinaires et par la belle qualité de ses articles fins ; elle a d’autant plus de mérite dans sa lutte contre la fabrication allemande qu’elle travaille au milieu de Paris avec un personnel de 75 ouvriers et d’environ 35 femmes et atteint le chiffre de 260,000 francs d’affaires.
- Exposant à Paris, en 1889, M. Chauvin a obtenu une médaille d’argent.
- M. Couturier (Gustave), rue Grenier-Saint-Lazare, 3 1, à Paris.
- Gentille exposition de garnitures de toilette de poupées, peignes et brosses minuscules.
- Fondée en 1875, cette maison emploie 5 hommes et 5 femmes, produit pour une trentaine de mille francs par an et n’a jamais exposé.
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- M. Cravser (G.) aîné, me de Montmorency, kk, à Paris.
- M. Crauser nous montre des animaux très bien faits, très soignés, recouverts de peau naturelle et imitant le cri de l’animal qu’ils représentent.
- Cette maison date de i84o, occupe i5 hommes et 5 femmes et produit environ pour 100,000 francs; exposant à Paris en 1889, elle a mérité une médaille de bronze.
- M. Delacral (L.), boulevard de Sébastopol, *71, à Paris.
- Cette maison expose une jolie collection de jouets en caoutchouc dont la finition ne laisse rien à désirer.
- Fondée en i84o, elle occupe 20 hommes et 3o femmes avec une force motrice de 20 chevaux; elle emploie 800 machines-outils, qui sont principalement des moules h l’exécution desquels les plus grands soins sont apportés. Sa production s’élève à 4oo,ooo francs.
- M. Delaciial a exposé pour la première fois à Paris en 1889 et a obtenu une médaille de bronze.
- M. Gavot (G.), rue des Vinaigriers, 5o, à Paris.
- Cet industriel nous montre des petits services de table, des lavabos d’enfants, des petits services pour poupées, etc., en boîtes et en papiers.
- Cette maison fondée récemment, en 1880, occupe 2 hommes et une dizaine de femmes; elle a obtenu à Paris en 1889 une mention honorable.
- M. Girard (Paul), boulevard de Strasbourg, 1 et 3, à Paris.
- Dans une vitrine isolée, les poupées et les bébés de cette maison, gracieusement groupés, obtiennent beaucoup de succès.
- Nous retrouvons dans cette exposition toutes les variétés possibles : bébés en bois avec articulations en caoutchouc, bébés en peau, bébés respirant et parlant, bébé marcheur, etc.
- Cette maison, fondée en 1860, occupe 18 hommes et une cinquantaine de femmes et enfants; sa production s’élève à 350,000 francs, dont 125,000 sont vendus en France et 225,000 exportés; elle a exposé à Paris en 1889 et a obtenu une médaille d’argent.
- M. H allé (Charles), rue Boulard, 7, à Paris.
- Cet industriel fait une gracieuse exposition de jouets artistiques en carton moulé et peint; une chaise à porteurs de forme élégante se distingue particulièrement.
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- Occupant 1 o hommes et 15 femmes, cette maison se fait remarquer par la forme artistique donnée à ses jouets. Ils sont bien loin de ressembler aux cartonnages informes d’autrefois.
- Exposant à Paris en 1889, M. Ch. Halle a mérité deux médailles d’argent.
- M. Hesse (A.), me des Haudriettes, 3, à Paris.
- M. Hesse a disposé un joli choix de bébés, de poupées d’espèces variées, de clowns et de pierrots, avec des toilettes élégantes, accompagnés de malles et de trousseaux.
- Cette maison s’est attachée à produire des jouets dont le bon marché rivalise avec la production allemande, tout en se distinguant par une recherche d’un goût bien français.
- Elle occupe 1 homme et 10 femmes, a été fondée en 1868 et expose pour la première fois à Chicago.
- M. Lamagnère (Thrue de Turenne, 129, à Paris.
- Cette maison expose des jeux d’architecture et de constructions, des cibles, des paillassons et des flèches, des œufs de Pâques, etc. Réorganisée en 1886, elle emploie 7 hommes et 5 femmes avec une force motrice de 5 chevaux et 5 machines-outils.
- Sa production est soignée, elle s’élève à 60,000 francs dont une partie s’exporte. M. Lamagnère a eu le mérite d’être le premier en France à lutter contre la fabrication des Allemands, qui, grâce aux prix modérés des bois et de la main-d’œuvre dans leur pays, importaient des jeux de construction en France; ses articles ont pris la place de ces importations ; il a exposé pour la première fois et a obtenu une médaille d’argent, en 1889.
- M. Lambert (Léopold), rue Portefoin, i3, à Paris.
- Cette maison, fondée en 1886, fait des progrès et expose des jouets mécaniques, automatiques et à musique qui se distinguent par la qualité du mécanisme et la richesse de l’habillage ; elle nous montre des Turcs, des nègres et des clowns très réussis.
- Elle occupe 7 hommes et 8 femmes, fait un chiffre d’affaires de 100,000 francs et a exposé en 1889 à Paris, où elle a obtenu une médaille de bronze.
- M. Laurent (Abel), boulevard de Sébastopol, 58, à Paris.
- M. Laurent expose des ballons à musique en caoutchouc, des ballons réclames, des fantaisies, etc.
- Le bon marché de ses articles est extraordinaire et l’a amené à une vente de 5o,ooo grosses de ballons représentant 25o,ooo francs. Fondée en 1860, elle occupe 10 hommes et i5o femmes et a obtenu une médaille d’argent à l’Exposition de Paris en 1889.
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- MM. Lefèvre (E. et F.), me Gambey, i5, à Paris.
- Cette ancienne maison, fondée en 1838, s’est acquis une réputation méritée clans les jouets en fer-blanc; son exposition de chemins de fer mécaniques, de bateaux, de soldats, ses forts, ses voitures, ses animaux montés, ses ménages de fer-blanc, toute l'immense variété de ses articles est remarquablement soignée et finie.
- Elle occupe i5o hommes et 125 femmes avec une force motrice de 5o chevaux-vapeur, 26 machines-outils et fait un chiffre d’affaires considérable tant avec la France qu’avec l’exportation.
- Exposant à Paris en 1889, M. Lefèvre a mérité le grand prix de sa classe.
- M. Maltête (Charles), rue de Belleyme, 19, à Paris.
- M. Maltête expose des jouets mécaniques et des moteurs h vapeur, des bateaux de guerre, des bébés parlants, des courses de petits chevaux, etc. ; sa fabrication soignée lui a valu une médaille de bronze à l’Exposition de Paris en 1889.
- M. Martin (Fernand), boulevard de Ménilmontant, 89, à Paris.
- Cette maison nous montre des jouets mécaniques en métal; nous retrouvons dans cette exposition tous ces jouets populaires si ingénieux et si bon marché qui ont fait la joie des boulevards : les valseurs, les pêcheurs à la ligne, la bicyclette, etc.
- Fondée en 1880, elle occupe 26 hommes et 156 femmes, et produit 1 million et demi de jouets.
- M. Martin a obtenu une médaille d’argent à Paris en 1889.
- M. Moncharmont (Henri), rue du Temple, 11 A, à Paris.
- Vaste choix d’ornements de cotillon, de têtes en carton, de masques de tous genres et d’accessoires de fêtes publiques. Le choix des dessins, leur exécution, témoigne d’une recherche véritable ; cette production est très soignée.
- Cette maison fort ancienne occupe 5 hommes et 35 femmes; elle a exposé en 1889 et a obtenu une médaille de bronze.
- M. Martin-Oreste, boulevard de Sébastopol, 38, à Paris.
- M. Martin-Oreste expose des ballons en caoutchouc dilaté; ses musettes plaisent beaucoup, et se vendent rapidement à l’exposition.
- Cette maison emploie 8 hommes et 42 femmes et produit par jour 120 grosses de petils ballons à musique.
- Elle n’a pas exposé en 1889.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- M. Pelé (Casimir'), rue du Temple, 1 51, à Paris.
- M. Pelé a envoyé à Chicago un joli choix de petites fantaisies en bronze, des flacons montés, des cristaux, des vicle-poche, des encriers, des cadres, des boîtes à mouchoirs, ainsi que des ornements pour arbre de Noël.
- Fondée en 1856, cette maison occupe 8 hommes et 4 femmes. Elle n’a pas exposé en 1889 h Paris.
- MM. Pintel et Godgüaux, rue des Archives, 79, à Paris.
- Fondée en i884, cette maison fait une exposition de bébés: bébés articulés, bébés marchant, etc.
- Si les Allemands lui font une concurrence sérieuse sur les marchés étrangers, ils ne peuvent lutter contre elle en France; sa production très bon marché s’est élevée à 90,000 douzaines de bébés par an.
- Elle occupe 75 hommes et i5o femmes avec une force motrice de 8 chevaux-vapeur et 30 machines-outils; elle exporte en Europe et en Amérique; elle a mérité une médaille de bronze en 1889 à Paris.
- Maison Rossignol ( Veuve Ch.') et 0e, avenue de la République, 110, à Paris.
- Cette exposition de jouets en métal est absolument remarquable par l’excellente finition et la belle peinture des objets.
- Ses jouets variés, ses pistolets d’enfants, tous ses articles sont d’une exécution soignée et reproduisent avec fidélité les modèles naturels. Cette maison apporte d’ailleurs la plus grande attention à l’exécution de ses modèles; elle a concentré dans ses ateliers tous les services d’études et de production, depuis le dessin et le moulage jusqu’aux alliages de métaux, jusqu’à l’estampage, la peinture et môme la fabrication des cartons qui contiennent les jouets ; aussi produit-elle 4 milhons de pièces qui varient comme prix de 1 fr. 5o la grosse à 2 francs la pièce.
- Elle occupe 5o hommes et 25o femmes avec une force de 8 chevaux-vapeur et i5o machines-outils. Son exportation en Europe, aux Indes et aux Colonies ainsi qu’en Amérique est considérable.
- En 1889, elle a mérité une médaille d’or.
- M. Sender, rue des Couronnes, 20, à Paris.
- Cette maison déjà ancienne, fondée en 1865, fait une exposition très soignée de jouets en métal, en fer-nlanc et aüiages.
- Ses cuirasses, ses casques, tout son équipement militaire pour enfants se distingue par sa bonne exécution; elle occupe 36 hommes et 20 femmes avec une force motrice de 4 chevaux-vapeur et 83 machines-outils.
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- Elle exporte en Europe et en Amérique; eRe a exposé en 1889 à Paris et a obtenu deux médailles de bronze.
- MM. Seyette (P.), Rouleau et Loiseau, rue Barbette, 12 , à Paris.
- Tout à fait dominante dans son genre, cette maison, fondée en 1863, montre un choix très considérable de tambours : tambours de basque, tambourins et jouets mécaniques à tambour.
- ERe occupe 3o hommes et 12 femmes avec une force motrice de 5 chevaux-vapeur et 10 machines-outils; elle produit environ i5o,ooo douzaines de tambours par an et exporte dans les pays latins, en Angleterre, en Orient et dans l’Amérique du Sud ; elle a pris part à l’Exposition de Paris en 1889 et y a obtenu une médaille d’argent.
- M. Tbomaron (A.-M.), rue Chapon, 2 5, à Paris.
- Exposition de jeux de patience, de jeux pour cercles et cafés, damiers, échiquiers, trictracs, steeple-chase, jetons, etc.
- Cette maison, fondée en 1845 , occupe i5 ouvriers et 14 femmes; elle travaille soigneusement et produit un chiffre d’affaires de 200,000 francs dont une grande partie est exportée par les maisons de commission de Paris.
- ERe a exposé à Paris en 1878 et y a obtenu une médaiRe de bronze.
- MM. du Val (A.-M.) et Logeât (Af.), rue des Archives, 55, à Paris.
- Cette ancienne maison, fondée en 1854, fait une exposition très complète de jouets en cartonnage et tabletterie; nous remarquons une variété infinie de merceries, de tapisseries, de boîtes à perles, de patiences, de lotos illustrés, de damiers, de cubes, de quilles, d’atlas, de tirs, de trictracs, de jaquets, de jetons, de dominos, etc.
- Hors concours, membres du jury en 1889, MM. do Val et Logeât ont exposé fréquemment et obtenu diverses distinctions; ils emploient 3o hommes et 45 femmes, exportent en Europe ainsi qu’en Amérique et se sont attachés à lutter contre la fabrication allemande par des efforts de bon goût, dignes du sens artistique de la France.
- MM. Vichy (G. et H.), rue de Montmorency, 36 , à Paris.
- L’exposition de cette maison est la véritable attraction de la classe 27 dans la galerie. Son incroyable à la canne extraordinaire et sa compagne munie d’une ombrelle et d’un éventail forment une paire d’automates qui arrête tous les visiteurs.
- Il n’est pas de jouets mécaniques plus soignés que ceux de cette maison, qui a su réunir dans ses ateliers la préparation complète de ses articles, en y concentrant le dessin, la peinture et l’habillage.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- Fondée en 18 6 4, elle occupe i5 hommes et îo femmes, fait i5o,ooo francs de production et exporte en Orient, en Amérique et en Europe.
- Elle a mérité une médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1889.
- MM. Wogue (4.) et Lévy (G.), rue Michel-le-Comte, 28, à Paris.
- Fondée en 1881, cette maison nous montre un grand choix de jeux en cartonnage et en tabletterie. Les jeux instructifs, les jeux de physique, de mercerie, de tapisserie, d’imprimerie, de photographie, etc., rivalisent avec les damiers, les lotos, les nains jaunes, etc.
- Nous remarquons des plumiers d’un bon marché inouï (7 fr. 5o la grosse) et des lotos à coins ronds qui sont un article d’exportation.
- Elle occupe 4o hommes et 25 femmes, a exposé à différentes reprises et a obtenu des récompenses à l’étranger; en 1889, a Paris, il lui a été décerné une médaille de bronze.
- JAPON.
- Le Japon compte trois exposants de poupées, un exposant de tambours, un exposant d’arcs et de flèclies, trois exposants de jouets et quatre-vingt-onze exposants d’objets en bois tournés, ou assemblés et laqués, tels que vide-poches, plateaux, etc., qui appartiendraient plutôt à la série des objets de tabletterie qu’à celle des jouets.
- Tout est strictement japonais dans cette exposition; il n’y a aucune imitation d’articles européens.
- SUÈDE.
- Dans son pavillon, la Suède a répandu des jouets suédois de Santesson (Fr. Abr.), de Stockholm, et des poupées en costume national, fabriquées par Kroeplien (Emma), de Stockholm. L’effet ainsi produit est plutôt ornemental qu’industriel.
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- ARTICLES NON CLASSÉS.
- ANGLETERRE (CANADA).
- MM. Türner (J. J.) et fils, à Peterboro (Ontario) [Canada], exposent une tente militaire, simple, conique et facile à transporter.
- D’autres maisons canadiennes inscrites au catalogue n’avaient pas encore exposé à la date du 5 juillet.
- AUTRICHE.
- M. Grmela (Franz), à Unterdorf (Moravie). — Exposition de boîtes communes en bois qui n’offrent aucun intérêt international.
- ÉTATS-UNIS.
- MM. Barney et Berry, à Springfielcl (Mass.).
- Ces messieurs ont une jolie exposition bien disposée dans une vitrine à k faces, elle se compose exclusivement de patins à glace et de patins à roulettes.
- La consommation de leurs articles est limitée aux Etats-Unis.
- MM. Estes [E. B.) and sons, à New-York.
- Cette maison expose des boîtes de calinage, des règles, des étuis, des bois tournés. Ces articles très simples sont semblables à ceux de la Suisse et du Jura, la vente en est purement locale.
- MM. Joy et Se lige r, h New-York (N. J.).
- Jolie exposition de boîtes et de coffrets ainsi que d’articles de fantaisie en aluminium et en alliages.
- Elle expose aussi des ceintures nickelées ou argentées pour hommes et pour femmes, garnies de cuir ou de peluche ; ses coffrets sont élégants et soignés.
- Cette maison emploie 90 hommes et 5o femmes avec une force motrice de 5o chevaux-vapeur ainsi qu’une quarantaine de machines-outils et de machines à coudre.
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- Elle fait environ 700,000 francs d’affaires en articles de fantaisie et i5o,ooo francs en ceintures.
- M. E. Wahl, Fancy bone Manufacturing C°, à Philadelphie.
- Cette maison qui a été fondée en 185g et que j’ai déjà visitée en 1876, lors du Cen-teUnial, a fait de très grands progrès.
- Elle fabrique toute la petite tabletterie en os du genre de Méru et de Beauvais : jetons, dominos, boutons, coupe-papier, manches de tire-boutons, de couteaux, etc., aiguilles et crochets, jeux d’échecs et petits objets en os tourné.
- Elle scie les os indigènes et en consomme 20 tonnes par semaine; elle occupe i5o hommes et une vingtaine de femmes; elle a déjà exposé avec succès en 1876 à Philadelphie; c’est une bonne maison qui fait un chiffre important d’affaires aux Etats-Unis, mais n’exporte pas.
- Elle a réuni dans ses articles une gentille exposition très nette et très intéressante.
- FRANCE.
- M. Carrière (E.), boulevard Richard-Lenoir, 11 5, à Paris.
- Cette maison expose une vaste collection de cadres de photographies et de miroirs bon marché, ingénieusement décorés; faits en verre étamé, insérés dans des cadres de métal estampé, ornés de réserves dorées et nickelées ou garnis de velours aux couleurs brillantes, ces miroirs se vendent par très grandes quantités en Afrique, aux Indes, en Amérique et en Orient.
- Beaucoup plus soignée que celle de l’Allemagne et pas plus coûteuse, cette production se distingue par une recherche élégante et par un bon marché inouï.
- Fondée il y a environ trente-cinq ans, cette maison occupe 1 o hommes et 5o femmes, fait un chiffre de 3oo,ooo francs et a participé à l’Exposition de Paris en 1889 où elle a obtenu une médaille d’argent.
- M. Clair (Maxime), me du Faubourg-Poissonnière, i46, t48,
- à Paris.
- A l’entrée de la classe, dans un vaste salon, entouré de chaînes sur deux côtés et fermé par des tapisseries sur les deux autres, sont disposés les nombreux modèles que fabrique cette maison; elle n’a pas réservé au groupe 27 son mobilier le plus élégant attribué à l’ameublement, la classe voisine, mais elle nous a montré ce qu’elle pouvait faire en bois, en osier et en rotin, à des prix extrêmement modérés.
- Malgré leur bon marché, ces meubles de tous genres : tables, tabourets, chaises, fauteuils et canapés, sont tous d’une forme élégants et souvent très heureusement décorés. Les sièges articulés sont d’une ingénieuse conception et offrent les plus grandes commodités.
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- La maison Maxime Clair a été fondée en 1860 par M. Leproust, beau-père de M. Clair; en 1873, M. Clair établit à Crépy-en-Valois une fabrique dans laquelle il occupe actuellement 640 personnes avec a5o chevaux-vapeur et plus de 200 machines-outils.
- A Paris, son établissement n’emploie pas moins de 2 5o personnes et ses affaires s’étendent à l’infini, en ameublement, en articles de bambou, de rotin et d’osier, en meubles de genre chinois, arabe, japonais, etc., en tapisserie et broderie d’ameublement.
- Le chiffre d’affaires de cette maison atteint 3 millions sur lesquels il convient d’attribuer 3a moitié à une exportation presque universelle et l’autre moitié à la consommation intérieure. Sur ce chiffre, les articles exposés dans la classe 27 représentent 600,000 à 700,000 francs.
- En 1891, la maison Clair a exposé largement à Moscou dans les classes 10, 16 et 17 et, à Paris, en 1889, e^e a obtenu 3 médailles : une de bronze pour l’ameublement; une d’argent pour les broderies et une d’or pour les meubles articulés et de fantaisie.
- M. Quitte (Prudent), rue Notre-Dame-de-Nazareth, 27, à Paris.
- Exposition d’articles de fantaisie en métal : porte-allumettes, boîtes à poudre de riz, bimbeloterie, briquets, petits plateaux et vide-poches.
- Cette maison, fondée en 1873, occupe 25 hommes et 6 machines-outils, sans force motrice.
- Elle fait une production de 2 5 0,000 francs, a exposé en 1889 à Paris et y a obtenu une médaille de bronze.
- Ancienne maison' Ronsin , el Lebaignf, Ronsin (Eugène), 32 , me de Lancry,
- à Paris.
- Cette maison expose de la petite orfèvrerie imitant l’argent; nous remarquons principalement des cristaux fort gracieusement montés.
- Fondée en 1888, cette maison occupe une dizaine de personnes et produit pour 80,000 francs par an.
- Elle n’a pas exposé à Paris en 1889.
- M. Tissier (Ch.), boulevard Sébastopol, io5, à Paris.
- M. Tissier a signé l’adhésion à l’Exposition et figure au catalogue; en réalité, la production exposée est celle de :
- MM. Mirc frères, de Mirepoix-Levis et Olive, à Leran (Ariège).
- Fondée en i843, cette maison scie de la corne pour faire l’article nommé baleine. Elle occupe i3o hommes et 60 femmes, avec une force hydraulique de ho chevaux.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- Sa production régulière et bien traitée se fait au moyen d’une trentaine de machines-outils qui pour la plupart sont des scies; elle s’élève à 2 5o kilogrammes de baleine par jour.
- Cette maison exporte dans toutes les parties du monde et n’a pas encore exposé.
- DANS LES JARDINS.
- La maison Jules Lefort à Alfortville (Seine), qui figure au catalogue, n’a pas exposé.
- Société nouvelle de construction (système Tollet), rue Saint-Lazare, 81,
- à Paris.
- En plein air, au milieu d’un vaste emplacement, près de Midway Plaisance, est dressée une grande tente du système breveté de celte Société.
- Spacieuse, claire et aérée, elle répond à toutes les conditions d’hygiène et de confortable recherchées pour les hôpitaux.
- Son éloge n’est plus à faire; les rapports aux Chambres, aux ministères, ceux de l’Exposition de 1889 ont établi sa supériorité; elle a été adoptée par le Ministère de la guerre français pour le service de santé, par le Ministère du commerce et la Préfecture de police pour servir de pavillons d’isolement en cas d’épidémies.
- Il n’a pas été possible à cette Société de représenter complètement ses travaux à Chicago, elle ne se borne pas en effet à l’établissement de ces tentes, mais construit spécialement des logements collectifs, des hôpitaux, etc.
- Ses affaires étendues comportent déjà des opérations de plusieurs millions traitées avec un grand nombre de ministères et de municipalités.
- Outre de nombreuses récompenses obtenues à l’étranger et en France, elle a mérité à Paris plusieurs médailles d’or: une à l’Exposition de 1878 et deux à l’Exposition universelle de 1889.
- Les commissions royales de Siam, de Ceylan et des Indes Orientales exposent dans leurs vitrines, parmi des produits de curiosités indigènes, des figurines et des manches d’ivoire ou d’ébène sculptés.
- Ces objets sont fort intéressants, ils nous montrent l’habileté de main et la patience des Orientaux; spécimens uniques et isolés, ils n’ont aucun caractère industriel.
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- TABLE DES MATIERES
- Pages.
- Brosserie, peignes, maroquinerie, articles en caoutchouc et jouets...................... 3
- Avant-propos..................................................................... 3
- La classe 27...................................................................... A
- Brosserie................................................................................. 8
- Brosserie et articles de coiffure........................................................ 22
- Allemagne........................................................................ 22
- Angleterre.................................................................... 2 5
- Autriche......................................................................... 26
- Etats-Unis....................................................................... 26
- France........................................................................... 29
- Japon............................................................................ 32
- Peignes et articles d’écaille............................................................ 35
- Allemagne........................................................................ 36
- Angleterre....................................................................... 36
- Autriche......................................................................... 37
- Etats-Unis....................................................................... 3j
- France........................................................................... 38
- Japon............................................................................ 89
- Maroquinerie et articles de voyage....................................................... Ao
- Allemagne..................................................................... A i
- Angleterre.................................................................... A 2
- Autriche......................................................................... A3
- États-Unis..................................................................... AA
- France........................................................................ A 6
- Pipes et articles de fumeurs.......................................................... A9
- Allemagne..................................................................... A 9
- Angleterre.................................................................... A 9
- Belgique......................................................................... 5o
- Etats-Unis.................................................................... 5o
- Cannes, ombrelles et parapluies.......................................................... 5i
- Allemagne........................................................................ 5i
- Autriche...................................................................... 51
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- 80 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- Etats-Unis................................................................ 52
- Japon..................................................................... 52
- Articles en caoutchouc et vêtements imperméables.................................. 53
- Allemagne................................................................. 53
- Angleterre................................................................ 5 h
- Belgique.................................................................. 55
- Etats-Unis................................................................ 56
- France..................................................................... 57
- Jouets............................................................................ 58
- Allemagne................................................................... 59
- États-Unis.................................................................. 65
- France.................................................................... 66
- Japon..................................................................... 7^1
- Suède..................................................................... 74
- Articles non classés................................................................ 75
- Angleterre................................................................ 75
- Autriche.................................................................. 75
- États-Unis.................................................................. 75
- France.................................................................... 76
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