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Rapports. Comité 12. Mines, exploitation des mines et métallurgie, minerais de soufre
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- RAPPORTS
- SUR
- L’EXPOSITION INTERNATIONALE DE CHICAGO
- EN 1893
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- MINISTÈRE Dü COMMERCE, DE L’INDUSTRIE
- DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE CHICAGO EN 1893
- RAPPORTS
- PUBLIÉS
- SOUS LA DIRECTION
- DF,
- M.' CAMILLE KRANTZ
- COMMISSAIRE GENERAL DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS
- COMITÉ 12
- Mines, Exploitation des mines et Métallurgie
- PARIS
- IMPRIMERIE NATIONALE
- M DCCG XCIV
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- COMITÉ 12
- Mines, Exploitation des mines et Métallurgie
- RAPPORT DE M. PIERRE ARBEL
- MAÎTRE DE FORGES
- COMMISSAIRE RAPPORTEUR
- Comité 12.
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- IMPIUIIEIUE NATIONALE.
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- Comité 12.
- MINES, EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE.
- La France était représentée au Palais des Mines par a 3 exposants dont l’ensemble des produits constituait une collection remarquable des richesses de notre sol, une démonstration intéressante de l’intelligence et de l’ingéniosité déployées pour leur utilisation, et une épreuve matérielle de la qualité et de la perfection de nos produits manufacturés.
- On peut les classer en 4 groupes :
- A. Matières premières.
- B. Utilisation directe des matières premières.
- C. Arts industriels et métallurgie.
- D. Publications concernant les mines et la métallurgie.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- MATIÈRES PREMIÈRES.
- NICKEL.
- Société k.Le Nickeln, rue Lafayette, i3, à Paris.
- (Paris, 1889, grand prix.)
- Cette Société, qui a pour objet l’exploitation des mines de nickel et de cobalt eu Nouvelle-Calédonie et leur affinage en Europe, présente une double exposition, tout à fait remarquable, au Palais des Mines et au Pavillon des Colonies.
- t° Elle comprend du minerai de nickel, des mattes, des oxydes et du nickel affiné en forme de grains, cubes et rondelles, répondant aux dimensions demandées par l’industrie; des poudres de sulfate double et simple. Deux blocs de minerai, pesant plus d’une tonne chacun, donnent une idée de la puissance de ces gisements.
- 20 Du minerai de cobalt, du cobalt affiné en cubes et en grains, et des carbonates, arséniates, phosphates et oxalates de cobalt.
- Cette Société, qui occupe plus de 1,500 hommes pour ses exploitations de Calédonie, recrutés parmi les convicts et les Japonais, et 600 hommes en Europe, possède des usines de première fusion à Kirkintilloch, près de Glasgow en Ecosse, à Erdington en Angleterre, à ïserlham en Westphalie; enfin, au Havre, elle a créé une usine modèle d’affinage occupant 3 hectares de superficie.
- Ses gisements de Calédonie représentent une superficie de Ao,ooo hectares, formés de garniérite (hydrosilicate de nickel et de magnésie), ne contenant ni cuivre,ni arsenic, ni soufre, qu’elle transforme couramment en nickel pur à 99 p. 100.
- Je ne reviendrai pas sur l’étude de ses procédés d’exploitation et d’affinage qui a été remarquablement faite par M. Martelet, Ingénieur en chef au corps des mines, dans son rapport sur l’Exposition de 1889. Il est bon toutefois de rappeler que l’industrie du nickel, après être restée de longues années en Europe le monopole de quelques maisons allemandes, est devenue, grâce aux efforts de la Société Le Nickel, une industrie éminemment française.
- Cette Société alimente en effet l’Europe tout entière, les Indes, la Chine et le Japon; elle a fourni le nickel employé à envelopper les balles du fusil Lebel, et presque tout le métal absorbé pour l’émission des monnaies de nickel faites par les puissances européennes.
- Jusqu’au bill Mac-Kinlev, celte Société avait presque un monopole.
- Ses rares concurrents, MM. Wiggin and C°, à Birmingham; Basse-Selves, d’Altona (Allemagne), lui achetaient leurs matières premières; M. Warton avait presque cessé l’exploitation en Pennsylvanie ; la Canadian Copper G0 ne produisait plus rien. Mais, depuis 1892, MM. Wiggin et Vivian s’approvisionnent complètement au Canada,
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- MINES, EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE.
- MM. Basse-Selves, et en partie la Canadian Copper Company, affinent leurs produits dans l’usine de Cleveland.
- La Société Le Nickel a donc eu d’autant plus de mérite en faisant une exposition intéressante, bien présentée et qui a eu un légitime succès.
- Ajoutons qu’un droit de 1 fr. 10 par kilogramme frappe le nickel à son entrée aux Etats-Unis, tandis qu’en France le nickel de toute provenance est exempt de droits.
- Pour l’Europe, l’industrie du nickel était représentée par une seule maison allemande, celle de MM. Basse-Selves, qui exposaient des raffinés de nickel et cobalt, ainsi qu’une assez jolie collection d’objets manufacturés en nickel et laiton, spécialement appropriés aux usages de l’armée.
- Indépendamment du nickel introduit d’Europe, la production locale américaine a été pendant longtemps fournie par les usines d’affinage de MM. Joseph Warton, à Camden (New-Jersey), qui traitaient des pyrotites delà mine de Lanças ter-Gap, en Pennsylvanie; cette usine est fermée depuis 1891, à la suite de l’exploitation des pyrites nickellifères du district de Sudbury au Canada.
- Aux Etats-Unis, comme producteurs éventuels de nickel, il n’y a plus que la mine La Motte (Missouri), qui extrait de faibles quantités de nickel et de cobalt de ses minerais de plomb, et les mines de Webster, près de la Caroline du Nord.
- On ignore encore si les arséniates de nickel et de cobalt de Lovelock, dans le Nevada, et les silicates de nickel de Riddles, dans l’Oregon, sont susceptibles d’une exploitation régulière et profitable.
- L’exploitation la plus considérable des importants gisements de pyrites de cuivre et de fer du district de Sudbury, dans le Canada, est entre les mains de la Canadian Copper Company. Cette Société grille sur place des pyrites, qui ne contiennent que 2 i/a à 3 1/2 p. 100 de nickel. Elle en fait ensuite des mattes nickelées qu’elle introduit en franchise sous celte forme aux Etats-Unis, évitant ainsi de payer des droits de 10 cents par livre sur le nickel contenu.
- La Canadian Copper Company affine les mattes de Sudbury à Cleveland dans l’Obio.
- L’Orferd Copper Company, qui semble avoir les mêmes intérêts que la Canadian Copper Company, monte dans les faubourgs de New-York une usine d’affinage pour les mattes de Sudbury.
- De grands capitaux ont été dépensés pour la recherche d’un procédé d’affinage économique des mattes du Canada, et jusqu’ici on ne semble pas être arrivé, tant par la voie humide que par l’électrolyse, à séparer complètement le nickel du cuivre et à dépouiller complètement le nickel de l’arsenic et du soufre.
- La plus grande quantité des mattes nickellifères du Canada introduites aux Etats-Unis a été achetée jusqu’ici par le Département de la Marine, qui fait traiter ces mattes à façon, et livre, sous forme d’oxydes, le nickel et le fer contenus, aux aciéries de Be thlehem et de Homestead pour la fabrication des plaques de blindage des navires de guerre.
- Les impuretés laissées dans le nickel du Canada, telles que l’arsenic et le soufre, limitent beaucoup son emploi, et font rechercher, surtout pour la fabrication du German Silver, le nickel affiné en Europe et plus spécialement celui de la Société Le Nickel, qui ne contient pas de traces d’arsenic ni de soufre.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- La production de nickel provenant des minerais des États-Unis a été, en 1891, de 118,498 livres, d’une valeur de 380,120 francs.
- Le nickel provenant de la matte canadienne a produit 2 millions de livres.
- Les importations de la même année ont été :
- Nickel pur, 355,455 livres, valeur........................ 862,38o francs.
- Oxydes ou mattes de cuivre et métal, 10,245,200 livres, d’une valeur
- de...................................................... 743,435
- Total....................... i.,6o5,8i5
- Le cobalt traité aux États-Unis (mines de Lancaster-Gap) a été, en 1891 :
- Production 7,200 livres, valeur............................... 90,000 francs.
- L’importation de la même année a été :
- Oxydes de cobalt, 23,243 livres.......................... ... 2i5,g4o francs.
- Cobalt pur, 2,377 hvres....................................... 520
- ZINC, PLOMB ARGENTIFÈRE, ETC.
- Compagnie française des Mines du Laurwm, rue Lafitte, 27, à Paris.
- (Paris, 1889, médaille d’or.)
- Cette Compagnie, constituée en 1875 au capital de i6,3oo,ooo francs, exploite sept concessions principales d’une étendue de 6,252 hectares, situées le long de la côte orientale de l’Attique, depuis le cap Colona jusqu’à Vromopoussi, et limitées à l’Ouest par la vallée de Keratea. Elle s’occupe de l’exploitation de minerais de zinc, plomb argentifère, fer manganésifère; du traitement mécanique des minerais, de leur lavagé ët séparation magnétique ; de leur calcination et de leur grillage. Enfin, elle fond le plomb qu’elle livre en gueuses. Elle occupe près de 3,500 ouvriers.
- La production totale en minerais variés dépasse annuellement 240,000 tonnes. Le tonnage du plomb d’œuvre produit est de plus de 7,000 tonnes, contenant environ 1,750 grammes d’argent par tonne.
- Les combustibles sont importés d’Angleterre, et les approvisionnements divers de France, de Belgique et d’Angleterre. Les minerais sont exportés en France, en Angleterre, en Belgique, en Allemagne, et les plombs argentifères en France, en Angleterre, en^Belgique.
- Le gisement est constitué par une série de dépôts alternatifs de calcaires et de schistes très compacts.
- Le calcaire supérieur n’apparaît que sur des espaces limités. On trouve ensuite le schiste supérieur, le calcaire moyen, le schiste inférieur et le calcaire inférieur. Ce dernier n’a pas encore été traversé. Le minerai se rencontre au contact de ces diverses roches. Le premier contact a pour toit le schiste supérieur, et pour mur le calcaire moyen. ,
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- MINES, EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE.
- La calamine existe dans tous les contacts en amas de puissance variable, incrustés dans le calcaire et pénétrant dans celui-ci à des profondeurs qui atteignent parfois îoo mètres.
- Les minerais de plomb sont généralement concentrés au contact même, à l’état de carbonates ou d’oxydes.
- Les minerais sulfurés mixtes, composés de galène riche en argent, de blende, de pyrite de fer et, accidentellement, de chalcopyrite, sont toujours rencontrés au contact.
- Les minerais de fer et ceux de fer manganésifère se trouvent tous en énormes quantités, au premier contact.
- Les produits principaux des exploitations de la Compagnie sont :
- i° Les calamines;
- 2° Les galènes;
- 3° Les minerais mixtes sulfureux, blendes, pyrites, galènes ;
- 4° Les minerais de fer manganésifères.
- Cette Compagnie, qui a obtenu une médaille d’or en 1889, expose à la section française et à la section hellénique des minerais et des échantillons de ses produits, avec les plans de son exploitation.
- ASPHALTES.
- Compagnie générale des Asphaltes de France, quai de Valmy, 117, à Paris; succursales à Pirimont, Seyssel, (Ain), Mons (Gard), Lyon, Marseille, Bordeaux, Londres, New-York.
- (Paris, 1889, un grand prix et deux médailles d’or.)
- Cette Compagnie, fondée en i855, occupe 843 ouvriers et 25o chevaux-vapeur; elle est propriétaire des mines de Seyssel, de Mons et de Sicile. Elle produit de 3o,oo6 à 35,ooo tonnes de roches asphaltiques et utilise 5,ooo tonnes de bitume épuré de Trinidad (Antilles). Elle exporte ses produits en Europe, en Asie, en Afrique, en Amérique et en Australie.
- Elle a fondé en 1892, à New-York, sur la rivière de l’Est(Longlsland City), sous la direction deM. Miard,une usine importante, occupant 7,000 mètres superficiels, dont les bureaux sont situés dans Broadway, 35, à New-York, à l’effet de concurrencer sur place les industries similaires américaines, qui prennent tous les jours un plus grand développement. Cette heureuse initiative mérite d’être signalée.
- Il faut rendre d’ailleurs à cette Compagnie le mérite, reconnu même par les Américains, d’avoir créé et fait prospérer cette grande industrie de l’asphalte, qui prend tous les jours un plus grand développement avec le besoin de propreté et de bien-être grandissant partout, sans parler des applications nouvelles qui viennent en développer l’emploi.
- L’asphalte généralement employé par cette Compagnie est une roche calcaire, imprégnée naturellement parle bitume, qui est extraite en majeure partie de ses mines de
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- Seyssel (Ain). Vue au microscope, cette roche est formée de petits grains de calcaire très fins, recouverts d’une mince pelliculle de bitume qui les agglutine. Le bitume chauffé se ramollit et perd sa puissance cohésive; les grains se détachent et forment une poussière brune. Si l’on comprime énergiquement cette poussière dans un moule, à la température de 80 à 100 degrés, elle reprend sous cette nouvelle forme sa cohésion première. C’est cette propriété qui a donné naissance au système de chaussée connu sous le nom d'asphalte comprimé. L’asphalte en poudre, mélangé avec une certaine quantité de bitume, forme les pains d’asphalte, ou mastic d’asphalte, avec lequel on fait les trottoirs.
- Pour les chaussées en asphalte comprimé, la roche d’asphalte doit être successivement broyée, tamisée, chauffée, répandue sur une couche de béton ou ciment, reposant directement sur le sol, puis damée à la main et enfin au rouleau mécanique.
- Ces différentes opérations nécessitent l’emploi d’une série d’appareils, créés par la Compagnie générale des asphaltes, et dont l’usage s’est répandu partout.
- Cette Compagnie a inauguré toute une série d’applications spéciales de l’asphalte, dont voici les principales :
- Dalles d’asphalte coulé, pour chaussées, écuries ;
- Isolement des murs humides ;
- Fondations de machines h vapeur ou autres, supprimant les vibrations et le bruit;
- Fondations de marteaux-pilons (dont les résultats obtenus aux forges de Couzon [Loire], qui appartiennent à l’auteur de ce rapport, sont très satisfaisants);
- Fondations sous-marines, qui méritent une mention spéciale. L’eau de mer, qui dissout si rapidement les silicates, est sans action dissolvante sur le bitume; on a donc pensé à tirer parti de cette propriété pour la construction des digues et jetées sous-marines. Les blocs de 9 mètres cubes que Ton a immergé à la pointe de Grave ont jusqu’ici justifié cette prévision. Ces blocs sont formés d’un massif intérieur de moellon, cimenté par du béton d’asphalte, et d’un revêtement extérieur d’asphalte. Le béton d’asphalte a la composition suivante :
- Mastic d’asphalte....................................................... g5 kilogr.
- Bitume pur................................................................ 5
- Galets en pierres cassées................................................ 5o
- La Compagnie générale des asphaltes, qui, en 1889, avait obtenu un grand prix et deux médailles d’or, a fait une exposition intéressante, dans laquelle, par des modèles appropriés, elle montre les différents emplois de ses produits.
- Un des grands avantages des procédés de fabrication de la Compagnie générale réside dans la possibilité de chauffer dans les usines éloignées des centres la poudre d’asphalte, qui, grâce à sa très mauvaise conductibilité de la chaleur, peut être envoyée dans des tombereaux en fer à 10 ou 12 kilomètres, tout en conservant ses qualités de cohésion après compression. Cette Compagnie supprime ainsi toutes les mauvaises odeurs, et Ton peut exécuter des travaux de voirie avec une très grande rapidité.
- La Compagnie générale des asphaltes doit lutter contre des concurrents puissants, notamment en Amérique. Les plus importants sont :
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- MINES, EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE.
- Aux Etats-Unis. — Barber Aspiialt Paving Company, de New-York, qui mérite une mention spéciale à cause de son importance considérable et des moyens économiques quelle emploie. La Trinidad Asphalt Company, de New-Jersey. Warren Chemical and Manufacturing Company, de New-York.
- En Allemagne. — La Société des Mines de Limiifer, près de Hanovre, et près du port de Brême. La Compagnie de Werwoiile, près de Brunswick.
- En Angleterre. — La Compagnie de Nedfchatel, à Londres, qui exploite les mines de Val de Travers (Suisse).
- Les Américains imposent le mastic de Seyssel à 20 p. 100 ad valorem. En France il n’y a aucun droit sur les asphaltes étrangers. En Autriche, on paye une taxe de 10 florins les 1,000 kilogrammes. Lors de la révision prochaine des tarifs américains, il y aurait lieu de porter une attention sérieuse sur cette question.
- Les principaux gisements d’asphalte en Amérique sont les suivants : Coxitambo (Pérou), Murindo (Colombie), l’île de Cuba, les Abruzzes.
- Le principal d’entre eux est le lac d’asphalte de l’île de la Trinité, appartenant à la Couronne d’Angleterre qui, il y a trois ans, a concédé un bail de quarante-deux ans à la Trinidad Asphalt Company à raison de i4 francs par tonne enlevée. Cette Compagnie, qui est propriétaire de tous les terrains environnant le lac, contenant eux-mêmes une grande quantité d’asphalte mélangé à la terre, vend l’asphalte brut au prix de qoù 21 francs la tonne. Le lac de Trinidad n’est exploité que depuis 1873, et occupa une surface d'environ ko hectares.
- MODE DE TRAITEMENT DE L’ASPHALTE EN AMERIQUE.
- L’asphalte brut, mêlé à 3o p. 100 de matières étrangères, est fondu à New-York dans des chaudières d’une capacité de 120 tonnes, où on le chauffe pendant sept jours à une température fixe de 200 degrés; il devient alors de l’asphalte épuré. On mélange 100 parties d’asphalte épuré avec 18 parties de résidus de pétrole, ce qui forme le ciment asphaltique.
- Au moment de l’employer, on brasse ce ciment dans les.proportions suivantes :
- Ciment d’asphalte.............................................................. 1 k p. 100.
- Poudre de pierre calcaire....................................................... 10
- Sable........................................................................... 76
- Le sable est chauffé à i4o degrés pour lui enlever toute humidité. Ce mélange est versé sur un béton préparé d’avance sur la chaussée, et dont voici la composition en
- volume :
- Ciment ordinaire...................................................... 1
- Sable................................................................. 2
- Pierre................................................................ 5
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- Un autre système consiste dans le remplacement du béton de pierre par un béton asphaltique posé directement sur la chaussée de macadam, composé d’une agglomération de petits cailloux noyés dans le ciment d’asphalte, comprimé au rouleau à vapeur et recouvert d’un lit d’asphalte de 2 pouces d’épaisseur.
- Le mélange d’asphalte et de résidu de pétrole diffère suivant le climat, la quantité de pétrole diminuant avec les climats plus froids, et variant de 23 à i5 p. 100.
- Tel est le procédé employé par la maison Barber, qui a fait une exposition très importante.
- On voit la différence capitale qui existe entre le procédé français et le procédé américain.
- Dans le procédé français, l’asphalte n’est composé que de deux éléments : la roche calcaire naturellement bitumineuse, avec une adjonction plus ou moins grande de bitume suivant les emplois.
- Dans le procédé américain, on emploie le bitume seul, en lui donnant d’abord de la fluidité par l’adjonction de résidu de pétrole et ensuite de la consistance par de la poudre de pierre calcaire et du sable, matières extrêmement bon marché.
- On comprend dès lors que la maison Barher puisse venir faire concurrence jusqu’en France à nos maisons françaises, alors surtout qu’aucun droit d’entrée ne vient régulariser une situation par trop inégale.
- Un emploi spécial de l’asphalte, qui se généralise beaucoup en Amérique, consiste dans la couverture des maisons au moyen de coulées de bitume entre deux ou trois feuilles de papier-carton sur lesquelles on répand des cailloux fins, noyés dans l’asphalte. Cette disposition pourrait rendre service dans des constructions économiques.
- Société des Mines d’asphalte de Servas ( Gard).
- (Paris, 1889, mention honorable.)
- Cette Société exploite les mines de Servas, dans le Gard, d’où elle extrait du mastic d’asphalte qu’elle livre en pains. Sa production est de 1,000 tonnes par an.
- Créée en 1845, elle occupe Ao ouvriers. Elle expose, en dehors de ses produits naturels, un type de dallage imperméable, composé d’un rang de briques creuses, d’une petite couche de ciment (o m. 02), d’une couche d’asphalte (0 m. 02), le tout recouvert de carreaux céramiques.
- CARBONATE DE MANGANÈSE.
- M. Simon {.Charles), allée de Tourny, 9, à Bordeaux.
- (N’a pas encore exposé.)
- Nous nous trouvons en présence ici d’un cas bien exceptionnel, celui d’un minerai localisé sur un point unique, et jusqu’ici seul de son espèce, mis à découvert en quantité exploitable depuis quatre ans.
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- MINES, EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE.
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- C’est en 1889 que furent découvertes ces mines de carbonate de manganèse, et, en novembre 1890, une concession fut accordée aux frères Seguelas qui vendirent leurs droits à M. Charles Simon, aujourd’hui propriétaire.
- Le périmètre concédé s’étend au Nord-Est de la commune de Reverenet, arrondissement de Saint-Girons (Gironde); 2 mines ont été ouvertes, l’une à l’Est, dite clos d’Enderre, occupant 250 ouvriers et produisant mensuellement 2,500 tonnes de minerais; l’autre à l’ouest, dite Crabiocces, occupant 3o ouvriers et produisant 2 5o tonnes par mois.
- Ces gîtes de manganèse sont tous compris dans une longue bande de calcaire dévonien qui se poursuit régulièrement de l’Est à l’Ouest, sur 25 à 3o kilomètres de long. Vers son toit, le terrain dévonien est plus franchement calcaire. Ces calcaires sont généralement gris bleuâtre, parfois noirâtres et fréquemment veinés de blanc ou parsemés de pyrites ; ils se transforment par place en amandes de griottes.
- Le carbonate de manganèse contient de25à3op. 100 d’acide carbonique, qu’on élimine par calcination. La teneur du minerai varie après calcination entre 52 à 55 p. 100.
- La production de la mine, en 1890, était de 6,000 tonnes; en 1891, de 12,000 tonnes; en 1892, de 22,000 tonnes; du 1er janvier au 1e1'juin 1893, deiâ,ooo tonnes.
- Ces minerais sont très recherchés par les hauts fourneaux, à cause de leur minime teneur en silice et en phosphore. Ils sont en concurrence avec les bioxydes du Caucase et du Chili, qui sont moins purs.
- Voici la composition à l’état brut :
- Manganèse métal............................................ âo à â5 p. 100.
- Acide carbonique........................................... 20 à 25
- Silice............................................................... 6
- Phosphore.................................................. o,o3 à o,oâ
- Chaux.............................................................. 8
- Fer. ............................................................ 20,3
- CHROME.
- MM. Placet et Bonnet, boulevard Beaumarchais, 95, à Paris.
- Bien que ne figurant pas au catalogue dans le Comité 12, je crois devoir faire une mention spéciale de la maison Placet et Bonnet, boulevard Beaumarchais, 9 5, à Paris, qui expose dans la partie technique du Palais des Mines une petite vitrine de chrome pur obtenu par électrolyse, et des objets fabriqués avec ce métal dont l’aspect et la nuance artistique sont absolument remarquables.
- 11 semble que nos bijoutiers pourraient tirer un grand parti de ce métal, dont la nuance rappelle le vieil argent foncé.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- UTILISATION DIRECTE
- DES MATIÈRES PREMIÈRES.
- M. Paul Debray, Ingénieur en chef clés ponts et chaussées, également commissaire rapporteur des mines, ayant bien voulu se charger de l’étude des matériaux de construction à l’Exposition de Chicago(1), et M. Paul Boude de l’étude des terres de couleur, du soufre et des produits chimiques^', je me bornerai à examiner les produits de nos exposants.
- CIMENT.
- Société anonyme des ciments français de Boulogne-sur-Mer.
- (Paris, 1889, hors concours, membre du jury.)
- Cette Société, créée en 1881, possède les usines fondées en 1845 à Boulogne-sur-Mer, par MM. Demarle et Lonquety; elle est devenue, par suite de l’extension croissante de ses affaires, l’usine la plus importante pour la production des ciments.
- Sa fabrication atteint actuellement 1 4o,ooo tonnes de produits.
- Son outillage comprend :
- Fours à cuire du système ordinaire......................................... 55
- Fours brevetés dits fours séchoirs......................................... 56
- Fours brevetés annulaires Hoffmann......................................... 2
- Fours brevetés coulants Dietzsch........................................... 2
- Paires de meules avec broyeurs et concasseurs.............................. 58
- Force motrice........................................................ . 1,800 chevaux.
- Cette Société a fait à Chicago une exposition très intéressante, qui permet d’apprécier et son importance et la variété de ses produits.
- Le traitement des matières se fait par voie humide :
- La terre à ciment pour le portland est délayée, et sa teneur en argile corrigée par addition d’argile noire provenant des falaises de Boulogne ;
- Le mélange des terres étant fait, son homogénéité étant assurée par une préparation mécanique spéciale et sa composition chimique déterminée par des essais de laboratoire, on envoie ce lait argilo-caleaire dans les bassins de dépôt, dans lescpiels il obtient la consistance nécessaire -, on le porte alors sur des séchoirs :
- La pâte séchée et dosée est ensuite mise au four et cuite au contact du charbon.
- (U Voir le rapport de M. Debray dans le fascicule du Comité 36. — ^ Voir, page 98.
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- MINES, EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE.
- Au bout de quelques jours, le produit obtenu forme une roche noir verdâtre, scoriacée et très dense, qu’on appelle du portland;
- Celui-ci, concassé et moulu, donne la poudre de ciment livrée au commerce.
- Pour les essais de ciment, les Ponts et Chaussées se servent de snble normal, provenant du concassage de Quartzite du Monl-du-Roule, près de Cherbourg, tamisé suivant des règles fixes.
- La qualité des ciments de Boulogne est trop connue pour qu’il soit nécessaire d’en faire l’éloge; elle répond constamment aux conditions exigées par le cahier des charges des Ponts et Chaussées et des grandes administrations. La densité est de 3,15 ; sa prise varie à volonté suivant les qualités voulues. Sa résistance à la traction, constatée à l’aide de briquettes en 8, de 5 centimètres carrés de section, est, pour le ciment pur, de 3 o à ko kilogrammes par centimètre carré après sept jours, et de 4 5 à 5 5 kilogrammes après vingt-huit jours. A la compression, on obtient : ciment pur, après sept jours, 35o à 45o kilogrammes; mortier un tiers, après sept jours, 180 à 200 kilogrammes; après vingt-huit jours, 2 5o à 33o kilogrammes.
- La résistance augmente avec le temps et paraît obtenir son maximum au bout de deux ans, où elle peut atteindre 80 kilogrammes par centimètre carré à la traction pour le mortier un tiers conservé à l’air.
- La Société des ciments expose, en outre : des conduits de ciments avec âme en verre pouvant avoir jusqu’à o m. 45 de diamètre, pour les égouts et conduites d’eau; des carreaux de verre garnis sur une face d’un revêtement de ciment et de sable coulé, pour couvrir les murs d’égouts, revêtements intérieurs, etc.
- Cette Société, qui exporte en Amérique, se trouve en concurrence avec les ciments allemands des marques DickerhofFet Schilferdeker et les ciments belges de Niel ou Rup-pel, leurs frais de transport étant sensiblement inférieurs à ceux payés par elle. Boulogne, en effet, n’étant pas tête de ligne, les bateaux prennent Un fret beaucoup plus élevé qu’à Anvers ou à Hambourg, et il y a là une cause sensible d’infériorité dans la lutte commerciale au détriment de nos produits français.
- La Société des ciments de Boulogne n’en poursuit pas moins courageusement sa propagande, pour laquelle son exposition aura été, je crois, fort utile; elle possède un agent général à New-York, chargé de la vente pour les Etats-Unis.
- Société des produits céramiques et réfractaires de Boulogne-sur-Mer, rue de la Victoire, 87, à Paris.
- (Capital : 1,600,000 francs.)
- Cette Société, créée en 1872, a ses usines situées au lieu dit : rrLa Verte-Voie», à 1 kilomètre de Boulogne-sur-Mer. Elles occupent 6 hectares de terrain, reliés d’une part à la gare de Boulogne-sur-Mer, d’autre part avec les quais du port de commerce. Il s’y trouve 60 fours servant à la cuisson des produits. La force motrice employée pour les broyeurs, concasseurs, presses, etc., est de 5oo chevaux. La moyenne des produits journaliers est de 200 tonnes, qui proviennent des carrières appartenant à la Société et situées à proximité; le nombre des ouvriers est de 3oo.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- U
- Les différents produits de cette Société sont de deux sortes :
- Les produits céramiques;
- Les produits réfractaires.
- Les produits céramiques comprennent tout ce qui a trait à l'assainissement des villes, comme tuyaux et siphons en grès vernissés, éviers, caniveaux, urinoirs, appareils hygiéniques , cuvettes à retenue d'eau en grès blanc émaillé, réservoirs à chasse d’eau, etc. ; les carreaux de couleurs unies et à dessins vitrifiés dans toute la masse, inusables et inattaquables aux acides et imperméables, employés dans les hôpitaux ; et les pavés en grès céramique dits grès artificiel, employés pour les trottoirs des rues et des gares de chemins de fer, pour les écuries, les cours, etc.
- Les produits réfractaires comprennent les briques et pièces spéciales réfractaires en silice pure pour les fours Siemens, Martin, etc., pour les cornues à gaz et autres.
- Cette Société exporte en Espagne, Portugal, Amérique.
- Elle expose à Chicago de beaux panneaux en carrelages céramiques, des tuyaux en grès vernis, des appareils hygiéniques, des briques de silice, etc.
- PIERRES DE CONSTRUCTION.
- MM. Civet, Crouet, Gauthier et G% rue de l’Aqueduc, 5, à Paris.
- Cette maison, fondée en 1863, s’occupe de l’exploitation de très importantes carrières qu’elle possède dans les départements delà Meuse, de la Côte-d’Or, des Vosges, de Meurthe-et-Moselle, de l’Yonne, de l’Oise, de Seine-et-Oise, de Seine-et-Marne, et dans lesquelles elle emploie 1,266 ouvriers.
- Elle extrait des pierres de taille, des grès pour constructions, des granits, des meulières.
- Les principales carrières sont à Saint-Maximin, à Lérouville, à Euville, à Saint-Vaast (Oise), et à Comblanchien (Côte-d’Or).
- La production de cette Société est considérable ; elle comprend :
- Pierres de taille, grès ou granit............................... 100,000 m. c.
- Meulières....................................................... 5o,ooo
- Elle exporte en Allemagne, Belgique, Hollande, Suisse.
- Elle possède un genre d’extraction très développé par l’emploi en grand d’engins mécaniques, dont 2 grues de 5o tonnes pouvant lever à 5o mètres.
- MM. Gambier (Ernest) et Ce, à Pont-à-Vendin (Pas-de-Calais).
- (Anvers, i885, médaille d’argent; Paris, 1889, médaille de bronze.)
- Cette maison, fondée en 1878, s’occupe de la fabrication des ciments portland artificiels.
- Elle emploie îoo ouvriers et utilise 120 chevaux de force. Sa production annuelle
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- est de i5,ooo tonnes. Elle tire ses matières premières de Pont-à-Vendin, et exporte en Hollande, dans les colonies néerlandaises et aux États-Unis.
- Son exposition consiste en divers échantillons de ciments en poudre, en morceaux et en barrettes d’épreuves, ainsi qu’une petite machine d’essai à la traction pour les ciments.
- ARDOISES.
- Société de la Commission des ardoisières d’Angers,
- quai Jemmapes, 170, à Paris.
- Cette Société, créée en 1827, fusionnée le 16 janvier 1891, exploite le gisement ardoisier des environs d’Angers, dont la réputation est bien connue.
- Il est peut-être regrettable que cette Société ait cru devoir limiter sa participation à l’Exposition de Chicago à l’envoi d’un seul tableau de gravures et de quelques échantillons de câbles métalliques, car rien de semblable à ses produits ardoisiers n’existe en Amérique.
- Il est plus que probable qu’une propagande active, se continuant après l’exhibition des très remarquables produits de cette Société, eût amené un courant d’affaires important.
- En Amérique, où les locaux de propreté sont si remarquablement tenus, tous les revêtements se font en marbre. Ils pourraient être remplacés avantageusement par l’ardoise. Les urinoirs dans les rues n’existent pas, et il eût été possible, en montrant les modèles de la Commission, de les faire accepter.
- Si quelques spécimens des appbcations communes en France de l'ardoise, telles que les revêtements intérieurs des cuves de galvanoplastie et de décapage, les tables de billards, avaient pu être présentés en nature, il est probable que la Société se serait ouvert un large débouché pour ses produits.
- Cette Société occupe 3,000 ouvriers. Sa production est de i85 millions d’ardoises, représentant une valeur moyenne de 5 millions de francs.
- Les nécessités de son exploitation l’ont conduite à installer une usine de tréfilerie et de corderie métallique, qui a pris une très grande extension.
- En 1889, M. Fouinât, représentant de la Commision, était membre du Jury, et par conséquent a placé cette Société hors concours. Elle a obtenu 3 médailles de collaborateurs.
- Au point de vue de la production étrangère, les ardoises étaient très pauvrement représentées.
- Les échantillons les plus remarquables provenaient de :
- i° MM. Auld et Conger, de Cleveland (Ohio), qui exposent d’assez grandes plaques, dont une peut avoir am.xim.3o, mais ces ardoises, d’un gris sale, sont irrégulières et veinées.
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- Cette maison expose deux petites machines intéressantes, l’une à tailler, l’autre à piquer les ardoises;
- 2° MM. J. R. Villianis and C°, à Arvoina (Virginie), qui exposent des ardoises grises, plus belles comme grain, mais toujours d’une couleur peu agréable;
- 3° MM. A. Robert Hall, à Whitehall (New-York), montrent une belle collection d’ardoises rouges et olives, d’un beau grain et d’une jolie couleur.
- La Pennsylvanie, l’Utah, l’Ontario et la North Carolina exposent des ardoises grises ou verdâtres pour bâtiment.
- L’Angleterre était seulement représentée par :
- MM. John Dethan and C°, de Liverpool, qui exposaient des ardoises grises et olives, ainsi que des ardoises peintes et émaillées.
- Rien de tout cela n’était comparable de bien loin aux produits des ardoisières d’Angers; il semble donc qu’il y ait une place à prendre aux Etats-Unis, alors surtout que la révision du tarif des douanes présentée en ce moment au Parlement américain prévoit le dégrèvement total des matières premières.
- ÉMERI ET MATIÈRES A POLIR.
- M. Fortin (P.), rue Sedaine, 3â, à Paris.
- Cette maison, fondée en 1828, rue de Charenton, est entre les mains de M. Fortin, qui lui a donné une grande extension depuis 1877 en la transportant dans des locaux beaucoup plus considérables, rue Sedaine. De A5 ouvriers qu’elle occupait en 1878, elle en occupe aujourd’hui une centaine, et a 6 représentants qui parcourent la France et l’étranger.
- Sa production s’est élevée considérablement.
- En 1876. En 1892.
- Produits............................. 1,070,000 kilogr. 5,725,000 kilogr.
- Toile à polir........................ 5o m. par jour. 900 m. par jour.
- Papiers verres....................... 12,000 feuilles. 36,000 feuilles.
- Calcination à façon.................. 3o,ooo kilogr. ia5,ooo kilogr.
- Ces divers produits figurent h l’Exposition de Chicago sous les formes les plus variées, dans deux expositions spéciales, l’une à la section française, l’autre à la section grecque.
- M. Fortin est en effet en relations directes pour ses exportations d’émeri de l’de de Naxos avec le Gouvernement hellénique, qui, en récompense des services rendus, l’a décoré de l’ordre du Sauveur. C’est grâce à ses efforts personnels que le prix de la tonne
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- d’émeri de Naxos est descendu de 780 francs à 65 francs; il en est résulté un bénéfice considérable pour la consommation.
- M. Fortin est un des rares exposants qui ait envoyé à l’Exposition un représentant spécial, qui a su montrer ses divers produits sous un jour très favorable, en indiquant les progrès réalisés par cette industrie.
- LES MATIÈRES A POLIR DANS LES SECTIONS ETRANGERES.
- Le groupe des matières à polir était très largèment représenté dans la section étrangère. Les matières premières sont fournies à la France par : la Grèce, avec ses émeris de File de Naxos et ses pierres à aiguiser de File de Candie; la Turquie d’Asie, avec ses émeris en roche de Smyrne; l’Italie, avec ses tripolis de Venise, ses talcs de Pignerol, ses pierres à faulx de Bergame, ses pierres à rasoir de Nimbo , et ses pierres ponces des îles Lipari ; l’Inde, avec ses corindons rouges et ses mines de plomb de Geylan ; la Suisse, avec ses agathes et ses sanguines; la Belgique, avec ses pierres à rasoir; l’Amérique, avec ses pierres à aiguiser, et ses corindons blancs d’Arkansas.
- Tous ces pays apportent leur contingent à l’industrie française des produits à polir. Mais l’Angleterre et l’Amérique lui font une concurrence de plus en plus grande, et deux nouvelles inventions américaines, qui ont fait leur apparition à l’Exposition de Chicago, pourraient bien compromettre le succès de cette industrie jusqu’ici si florissante chez nous.
- Disons de suite que l’Angleterre était représentée par la maison Beck-mann and G0, de Londres, qui avait une assez importante exposition de produits d’émeris.
- Les Etats-Unis montraient les expositions suivantes :
- L’American Tripoli Company, à Carthage (Mo.).
- Behr Hermann and C°, de New-York.
- La Colorado Turkey Honestone Manufacturing Company, de Denver.
- La Tanite Company, de Stroudsburg (Pa.).
- O’Connor , de Louisville (Ky.).
- Toutes ces maisons exposent les articles à polir ordinaires.
- Mais nous trouvons à côté d’eux deux nouveaux produits : l’acier en poudre et le carborundum, dont les curieuses propriétés méritent une mention spéciale.
- La Pittsburg Crushed Steel Company, de Pittsburg (Pa.), expose un produit appelé Crushed Steel et Steel Emery, qui serait de l’acier réduit en poudre ou en grain par un procédé tenu secret, et qui jouirait de propriétés rodantes supérieures à celles de Fémeri; on peut l’agglutiner en roues, Comité 12. 2
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- ou le déposer sur un support, toile ou papier; son action est active sur les métaux, le verre, l’onyx. Pourtant ses effets m’ont paru inférieurs à ceux du carborundum, son concurrent.
- La Carborundum Company, de Monongahela City (Pa.), a eu un véritable succès de curiosité. Son produit est un composé de silicium et de carbone répondant à la formule SiC ; il se présente sous la forme de petits cristaux vert clair; il est infusible et incombustible. Ses propriétés ont conduit son inventeur, M. Acheson , à le fabriquer commercialement pour le substituer à l’émeri et à la poudre de diamant; on en fait aussi des charbons pour la lumière à arc.
- M. Acbeson le découvrit en voulant cristalliser du carbone par sa dissolution dans du silicate d’alumine fondu, pensant ainsi obtenir des cristaux de carbone pur.
- Il prit une cuvette en fer, la remplit d’un mélange d’argile et de charbon, et fixa au milieu une tige de charbon. Puis il fit passer à travers le tout un courant électrique, la tige de charbon et la cuvette en fer servant d’électrodes. Après refroidissement de la masse qui avait fondu sous l’action de l’électricité, il trouva autour du charbon quelques cristaux brillants, bleus et très durs. Ces cristaux, très petits, se brisaient facilement, mais leur dureté était telle que, même réduits à l’état de poudre, ils rayaient le diamant.
- Ayant remarqué dans d’autres expériences que la présence de sel ordinaire facilitait l’opération en empêchant l’oxydation par l’air, et que la résistance électrique variait beaucoup pendant l’opération, une nouvelle disposition fut adoptée.
- La cuvette en fer est remplacée par un creuset en terre réfractaire, l’argile est remplacée par la silice sous forme de sable de verrier, le charbon est obtenu par la pulvérisation de charbons d’arcs voltaïques, et le mélange suivant est tassé dans le creuset :
- Carbone......................................................... 4op. 100.
- Silice (sable)............................................... 4o
- NaCl (sel marin)............................................. 20
- Les électrodes sont formées par deux charbons d’arcs voltaïques ayant un déplacement longitudinal permettant de les rapprocher. Les charbons sont placés à une certaine distance l’un de l’autre et entourés et reliés par un noyau de charbon pulvérisé.
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- L’expérience étant ainsi préparée, on fait passer un courant alternatif de ko ampères environ à 5o volts; on augmente le courant graduellement jusqu’à 200 ampères, en conservant un potentiel constant, ainsi que le courant, qui est maintenu à 200 ampères jusqu’à la fin de l’opération. La durée totale est de quatre heures. Pendant l’opération, il y a dégagement d’oxyde de carbone, de vapeurs de chlorure de sodium; puis du chlorure de sodium fondu sort de la masse; les phénomènes cessent peu à peu; l’oxyde de carbone prend une coloration violette due au sodium; la résistance intérieure diminue graduellement, et, lorsque tout phénomène extérieur a cessé, le courant est interrompu.
- On laisse refroidir et l’on brise la masse fondue. Le chimiste de la Compagnie, M. Otto Muhkhaeuser, a analysé les différents produits dus à la réaction, et a trouvé que le carborundum était un composé presque pur de silicium et de carbone, dont la composition est la suivante :
- Silicium................................................. 69,19
- Carbone................................................. 29,71
- Sesquioxydes de fer et d’alumine.......................... 0,39
- Chaux, magnésie........................................... o,s5
- Oxygène................................................. o,46
- 100,00
- M. Acheson prétend que son produit est appelé à remplacer l’émeri et la poudre de corindon, et que sa poudre raye le diamantpoli; elle s’appliquerait d’une façon remarquable au travail du verre et des métaux ; son infusibilité permettrait d’affûter des outils sans brûler l’acier et sans le détremper. Quel que soit l’avenir de ce nouveau corps, il doit intéresser vivement tous les fabricants de produits à polir. On a obtenu devant moi des résultats que je considère comme bien difficiles à atteindre avec toute autre matière.
- Voici quelques prix des roues en carborundum :
- DIAMÈTRE EN MILLIMÈTRES. ÉPAISSEUR EN MILLIMÈTRES. RÉVOLUTION par MINUTE.
- 6 MILLIMÈTRES. 2 5 MILLIMÈTRES, 5o MILLIMÈTRES. 100 MILLIMÈTRES.
- fr. c. fr. C. fr. c. fr. c.
- 25 2 5o 4 00 6 00 1 0 00 18,000
- 100 7 5o l5 00 26 00 46 00 5,000
- 200 21 OO 46 00 86 00 166 00 5,740
- 300 36 00 74 00 i4o 00 275 00 i,83o
- 400 137 00 O* © © 479 00 i,35o
- a.
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- CREUSETS ET FOURNEAUX RÉFRACTAIRES.
- M. Goyard, rue Alexandre-Dumas, 42, à Paris.
- (Anvers, 1885, médaille d’or; Paris, 1889, médaille d’argent.)
- Cette maison, fondée en 1885, s’occupe spécialement d’objets en terre réfractaire pour le traitement des métaux; elle fabrique des creusets pour la fusion des métaux précieux et émaux, des moufles à l’usage des émailleurs et des fourneaux pour recuire l’acier, le cristal, le verre et la porcelaine.
- Le personnel est de Ao ouvriers.
- La production annuelle atteint une moyenne de 600,000 francs. La quantité exportée égale 3,ü5o,ooo creusets et 4,5oo fourneaux.
- Cette maison exporte surtout aux Etats-Unis et dans l’Amérique du Sud. Elle expose une grande variété de creusets et de moufles et un nouveau fourneau à recuire avec foyer séparé, paraissant présenter de sérieux avantages dans la pratique par sa disposition, qui permet de retirer le moufle et de le remplacer pendant le travail.
- Ces creusets en terre réfractaire supportent mieux les fondants rapides que les creusets en plombagine, qui se fabriquent en si grande quantité en Amérique.
- L’industrie des creusets avait naturellement une certaine importance dans la section américaine. Elle consistait surtout en creusets de plombagine, dont quelques-uns atteignaient des dimensions inusitées.
- Parmi les exposants il faut citer :
- i° M. Dixon (Joseph), de Jersey-City (N. J.), dont les creusets en plombagine, les lubrifriants et tous les produits de plombagine sont tout à fait remarquables. Cette maison fait en outre des creusets en terre et possède une fabrication de crayons très développée.
- 20 La Kentucky Construction and Improvement Company, àMayfield (Ky.), fait des creusets et des briques en terre réfractaire, composées de :
- Silice................................................ 56
- Alumine............................................... 3o
- Chaux................................................. o,4o
- Manganèse............................................. Traces.
- En Europe, l’Allemagne avait deux exposants : i° MM. Goebel (Elias) et fils, d’Epterode (Hesse-Cassel), qui présentent des creusets en terre réfractaire, style français et anglais;
- 20 M. Ludwig (P.), propriétaire de carrières de terre à creusets, à Coblentz-Lutsen sur le Rhin, dont voici la composition :
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- Oxyde d’alumine. . Acide silicique Sesquioxyde de fer.
- Potasse...........
- Perte.............
- 34,25 p. 100.
- 49,86
- 2,55
- i,i4
- 11,74
- Le Japon, qui pendant longtemps a été tributaire de l’Enrope, fabrique aujourd’hui ses creusets :
- L’Osaka Crucible Company, à Osaka, montrait des échantillons très réussis de cette fabrication.
- Enfin, au Canada, la Walker Mining Company, d’Ottawa, présentait également des creusets en plombagine et de beaux échantillons de graphite.
- Le graphite s’exploite aux Etats-Unis, à Nelson (New-Hampshire) et dans le New-Jersey.
- Mais ni les graphites de Sibérie ni ceux de l’île de Ceylan n’étaient représentés.
- Seule la Bohême avait une très belle exposition de la maison L. C. Hardt-muth fondée en 1790, qui occupe i,56o ouvriers. Celte firme, qui en 1889 avait obtenu une médaille d’or, présentait des échantillons variés de graphite et de porcelaine extra-blanche, appropriés à tous les besoins des peintres et des dessinateurs. A signaler de nouveaux crayons en graphite Koh-i-Noor.
- EXTRACTION DE SABLES POUR FONDERIE.
- M. Martine (Eugène), rue de Chatonnay, 16, à Fontenay-aux-Roses.
- (Paris, 188g, mention honorable.)
- Cette maison très ancienne s’occupe d’exploitation de sable pour fonderie de cuivre, argent, fer, acier, fonte malléable. Elle emploie 20 hommes et 12 chevaux.
- Elle extrait 16,000 mètres cubes par an, et expédie 700 à 800 barriques de 4oo kilogrammes pour l’exportation.
- Elle fait beaucoup d’affaires à l’étranger, où elle n’a pas de concurrence pour cette qualité de sable, notamment en Amérique, au Brésil, à la Réunion, en Angleterre, en Suisse et en Italie. (La statue en argent, grandeur naturelle, exposée par le Montana, a été moulée avec du sable provenant de Fontenay-aux-Roses.)
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- MÉTALLURGIE ET ARTS INDUSTRIELS.
- La métallurgie française n’était représentée à Chicago que par le Creusot, et l’industrie métallurgique par la Société anonyme industrielle des Etablissements Arbel , de Rive-de-Gier, avec ses essieux montés et roues en fer forgé pour les chemins de fer, les tramways et l’artillerie ; par les maisons Bail , Pozzi et Cie, quai de Valmy, 1 A3, à Paris et Lemoine, rue de Lappe, 21, à Paris, qui présentaient une belle collection de ressorts, d’essieux et de quincaillerie pour voitures.
- Il est vraiment regrettable que la grande industrie de la Loire et du Centre se soit désintéressée de cette exposition, en présence de l’effort considérable tenté par l’Allemagne tout spécialement, et par l’Angleterre.
- Sans avoir à apprécier les raisons économiques qui ont motivé cette abstention, j’ai tout lieu de croire, après un long séjour aux Etats-Unis, que leur participation n’eût peut-être pas été aussi improductive que nos métallurgistes l’ont craint.
- Si, en effet, sous la protection d’une loi qui oblige les Etats-Unis à prendre leur matériel de guerre et de marine dans l’industrie nationale, des usines d’une puissance considérable se sont montées dans ce pays, il n’en est pas de même au Mexique et dans toute l’Amérique du Sud, et les événements actuels prouvent qu’il y a place dans ces contrées pour des débouchés importants aux engins militaires. Même aux Etats-Unis, le Creusot a pu livrer un canon, type Schneider, faisant partie de son exposition.
- Quoi qu’il en soit, il est intéressant, à l’occasion de l’examen de l’exposition du Creusot, de la comparer à celles de Krupp, de Brown de Shef-field, et de Bethlehem, qui figuraient à Chicago, au point de vue spécial des développements métallurgiques; je laisserai à d’autres le soin d’en étudier la valeur militaire.
- BLINDAGES.
- MM. Schneider et 0e, au Creusot.
- On sait que les plaques de cuirassement des navires furent faites d’abord en fer doux, et fabriquées pour la première fois par MM. Petin et Gaudet, de Rive-de-Gier. En
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- 1876, M. Schneider, du Creusot, présenta les premières plaques en un acier spécial, dit métal Schneider, dont la supériorité sur le fer provoquait en Angleterre Tinvention des plaques dites Compound (plaques mixtes en France, c’est-à-dire fer recouvert d’une couche d’acier).
- Les plaques Compound ont à lutter aujourd’hui contre les perfectionnements nouveaux apportés à la fabrication de l’acier à blindages, dont les deux principaux sont : l’introduction faite par le Creusot, en 1890, du nickel en alliage avec l’acier, et l’invention américaine de la cémentation de la surface des plaques, en 1892, par le procédé Harvey. Des spécimens de ces différentes plaques figuraient à l’Exposition.
- Le Creusot, qui a déjà fabriqué plus de 4 5,0 0 0 tonnes de blindages, dont 2 5,0 0 0 tonnes pour diverses marines étrangères, a exposé en fac-similé la première plaque en nickel acier ayant été éprouvée dans un concours international, plaque de 8 pieds sur 6, et 10 pouces 1/2 d’épaisseur (2 m. 44o x 1 m. 800 x o m.205), ayant arrêté 4 projectiles d’acier chromé Holtzer pesant 45 kilogr 3, avec une vitesse au choc de 632 mètres, et un projectile de 2o3 millimètres en acier chromé de Firth pesant 95 kilogrammes avec une vitesse de 564 mètres, le tout sans aucune fente dans la plaque. Le tir eut lieu les 18 et 20 septembre 1890 au polygone d’Annapolis (Etats-Unis). Les plaques concurrentes étaient : une seconde plaque Schneider sans nickel, et une plaque Compound de la maison Camel, de Shefiield.
- La plaque sans nickel du Creusot arrêta les 5 projectiles; mais au 5e coup la plaque fut fendue. La plaque Compound fut traversée et fendue à tous les coups.
- La conséquence de cet essai fut l’adoption, par la marine des Etats-Unis, de la plaque Schneider en nickel-acier, dont les premières commandes furent données à l’usine de Bethlehem qui avait acheté du Creusot ses procédés de fabrication.
- L’exposition du Creusot comprend enmitre deux plaques en acier durci pour masques d’affûts.
- La première, de 72 millimètres d’épaisseur, a reçu 35 projectiles d’acier de 65 millimètres, animés d’une vitesse de 435 mètres.
- La seconde, de 20 millimètres d’épaisseur, a reçu, à la vitesse de 35o mètres, 61 projectiles d’acier de 0 kilogr. 5oo, calibre 37 millimètres.
- L’Usine de Bethlehem applique en Amérique les procédés du Creusot. Cette usine s’est outillée largement, en particulier d’un marteau-pilon de 1 2 5 tonnes. Sa fabrication, commencée en 1890, est aujourd’hui sur le pied de plus de 3,ooo tonnes par an et va être développée par l’installation, aujourd’hui achevée, d’une presse à forger de 14,000 tonnes. Elle a exposé deux plaques d’essai et deux plaques, comme spécimen de fabrication. (Voir la description de cette usine dans ma note à la Chambre de commerce de Saint-Etienne.)
- Une des plaques d’essai est la première plaque fabriquée dans une usine américaine en métal Schneider (1891).
- La seconde est une plaque en nickel-acier de 8 pieds, de 10 pouces 1^9
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- depaisseur (2 m. 44o X 1 m. 800 X 0 m. 265) cémentée à la surface, essayée à Indian Head, le 3o juillet 1892. Elle a brisé, sans être fendue elle-même, 3 projectiles Holtzer de 8 pouces (203 millimètres), pesant 2 5o livres (113 kilogr 25o) à 1,700 pieds de vitesse (518 mètres).
- Gomme spécimens de fabrication, notons une plaque de tourelle de 430 millimètres d’épaisseur pesant 32 tonnes, et un tube de projection pesant 9 tonnes.
- M. Krüpp a exposé 5 plaques ayant subi des tirs d’expérience dans des conditions relatées en détail dans le catalogue très complet de la maison, auquel nous croyons devoir renvoyer.
- Les deux plaques Compound de 300 et de 4oo millimètres d’épaisseur ont été tirées avec des projectiles en fonte trempée qui, pour la plupart, ont été détruits.
- L’emploi des projectiles de fonte, au lieu des projectiles d’acier forgé dont on s’est servi pour les plaques en acier, est la reconnaissance et l’aveu de l’infériorité des plaques Compound.
- Deux plaques en nickel-acier de 300 et 4oo millimètres ont été tirées avec des projectiles d’acier Krupp; elles ont présenté la caractéristique, déjà signalée pour le nickel-acier, de ne pas se fendre.
- Une troisième plaque de 260 millimètres d’épaisseur paraît s’être comportée comme la plaque cémentée de Bethlebem, en ce que les projectiles d’acier ont été complètement détruits. Il est regrettable, au point de vue de la comparaison, que l’on n’ait pas employé, comme en Amérique, des projectiles Holtzer, dont la qualité et la régularité sont reconnues dans tous les pays, et conviennent admirablement pour servir de commune mesure. Les projectiles d’acier Krupp, au contraire, n’ont pas été appliqués dans des tirs d’expérience ailleurs qu’en Allemagne, et sont connus pour être inférieurs aux projectiles Holtzer, ce qui ne permet pas la comparaison avec les résultats obtenus dans les divers essais internationaux.
- A un point de vue analogue, on peut remarquer que toutes les plaques exposées par Krupp ont été tirées dans son polygone particulier de Meppen sans contrôle extérieur. Jusqu’ici, d’ailleurs, lamaison Krupps’était abstenue de prendre part aux divers concours internationaux, et ce n’est que, tout récemment, aux tirs des 2 3 et 2 4 août 1893 effectués au polygone du Hors, dans l’ile de Texel, en Hollande, qu’une plaque Krupp a figuré et s’est montrée d’ailleurs inférieure à presque toutes les autres.
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- MM. John Brown ancl C°, à Sheffield, exposent une plaque en nickel-acier de A pouces d’épaisseur, tirée en 1891 ; trois projectiles Palliser de 5 pouces, pesant 5o livres, ont été tirés à i,3oo pieds de vitesse; la pénétration a été de 6 pouces, et des fentes étoilées se sont produites au dos de la plaque. MM. Brown exposent, en outre, une plaque de Tresider de 11 pouces d’épaisseur, 6 pieds sur 8, ayant reçu des projectiles Holtzer de 6 à 3 o pieds de distance et à charge complète (mention trop vague).
- Le procédé Tresider est le dernier effort du système Compound. Il consiste à tremper en pluie le côté acier de la plaque. Malheureusement toutes les tentatives pour tremper des plaques Compound ont eu pour résultat d’amener plus ou moins la séparation des couches de fer et d’acier qui ne sont que très incomplètement soudées ensemble. On a dû y renoncer.
- Le procédé Harvey fournit, par une autre voie, le résultat cherché d’extrême dureté de la surface, par suite de la cémentation suivie de trempe à l’eau en pluie. Dans les deux procédés, on rencontre une difficulté résultant de la déformation des plaques à la trempe et de la difficulté de les rectifier sans diminuer par trop la dureté de la surface.
- CE QUE SERAIENT DEVENUES LES PLAQUES KRUPP AVEC UN TIR CONFORME AUX PRESCRIPTIONS DE LA MARINE FRANÇAISE.
- En analysant les données indiquées dans le catalogue F. Krupp, on observe, en ce qui concerne les essais de diverses plaques de blindage exposées, que les conditions de tir auxquelles chacune de ces plaques a été soumise sont notablement moins rigoureuses que les conditions imposées par la Marine française pour la réception de blindages de même nature et de même épaisseur.
- En effet :
- Si nous considérons la plaque Compound de 3oo millimètres n°7, nous remarquons que les A coups tirés sur cette plaque sont des projectiles de 28 centimètres, du poids de 23A kilogrammes, animés dune vitesse moyenne au choc de Ô07 mètres. Pour le tir de réception de cette plaque, la Marine française exigerait avec la même bouche à feu et le même projectile une vitesse au choc de A79 m. A, laquelle correspond à une augmentation de force vive pour chaque coup de 38.5 p. 100, comparée à la force vive qui résulte du tir à la vitesse de A07 mètres, indiquée pour le tir d’essai de la plaque n° 7.
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- Pour la plaque Compound de Aoo millimètres n° 85, le catalogue indique que les trois coups tirés contre cette plaque sont des projectiles de 3o cent. 5 de calibre, du poids de 32A kilogr. 1, animés d’une vitesse moyenne au choc de A71 m. A. Cette plaque, pour être admise en recette par la Marine française, devrait arrêter trois projectiles de même calibre et de même poids que les précédents, animés d’une vitesse au choc de Agqm. 2A, laquelle correspond à une force vive supérieure de i5p.ioo à celle indiquée pour le coup n° 2. Si l’on observe que la pénétration du 2e coup est de 590 millimètres sur une plaque de Aoo millimètres d’épaisseur, que les impacts sont très éloignés les uns des autres, et qu’au polygone de Gâvres, les trois coups tirés auraient dû se superposer aux trois sommets d’un triangle équilatéral de 750millimètres de côté, il est permis d’exprimer quelque doute sur la réception de la plaque n° 85 par la Marine française.
- Si des blindages Compound nous passons aux blindages en acier au nickel, les différences trouvées précédemment entre les essais indiqués sur le catalogue et ceux exigés par la Marine française pour la réception des plaques similaires qui lui sont présentées s’affirment à nouveau.
- Le blindage en nickel-acier, n°6A, de 300 millimètres d’épaisseur, a reçu 5 projectiles très espacés les uns des autres, du poids moyen de 2 32 kilogrammes, lancés par un canon de 28 centimètres, avec une vitesse moyenne au choc de A 71 m. 6. Le même blindage serait essayé à Gâvres par le tir de 3 projectiles de même calibre et de même poids que les précédents, groupés dans la région centrale de la plaque, au sommet d’un triangle équilatéral de 700 millimètres de côté, et animés d’une vitesse au choc de 516 mètres, laquelle détermine une force vive, à chaque impact, de 20 p. 1 00 supérieure à celle notée sur le catalogue.
- De même pour la plaque en nickel-acier n° 1A7, de Aoo millimètres d’épaisseur, les 5 projectiles de 3o cent. 5, du poids moyen de 335 kilogr. 3, tirés avec une vitesse moyenne au choc de 51A mètres, auraient dû être tirés à la vitesse minimum de 5A8 mètres, si cette plaque avait été soumise aux conditions d’essai du cahier des charges de la Marine française. Cette dernière vitesse correspond à une augmentation de force vive de 1A p. 100 pour chaque coup.
- De cet exposé, il se dégage que les résultats des essais de blindages insérés dans le catalogue des aciéries Krupp ont été obtenus par des tirs avec des vitesses notablement inférieures à celles qui seraient exigées par
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- la Marine française, pour les essais de tir des plaques de blindages similaires , de mêmes dimensions, avec cette aggravation que les impacts des coups tirés seraient bien plus rapprochés les uns des autres qu’ils ne l’ont été sur les plaques Krupp.
- La plaque nickel-acier n° A 8 est intéressante à plus d’un titre, et, malgré le peu de renseignements donnés par le catalogue, il est relativement facile de reconnaître la famille à laquelle appartient ce blindage.
- L’examen des résultats obtenus sur la plaque n° A9, par les tirs d’essai, nous démontre que :
- i° Pour les coups n08 1, 2 et 3, ou bien les projectiles tirés sont d’une fabrication très irrégulière, ou l’homogénéité de la plaque laisse beaucoup à désirer. En effet, le premier coup tiré à la vitesse de 57A mètres, accuse une pénétration de 70 millimètres, avec une saillie de 8 millimètres du bossage sur la face postérieure; le deuxième coup tiré à la vitesse de 609 mètres, c’est-à-dire avec une augmentation de 12 p. 100 de puissance vive au choc sur le coup, donne une pénétration qui n’est malheureusement pas indiquée, mais dont on peut se faire facilement une idée assez approchée de la réalité, si l’on observe que la saillie du bossage correspondant, sur la face postérieure, est de 8 millimètres d’épaisseur, égale à celle du premier coup, tandis que le troisième coup tiré avec une vitesse au choc de 658 m. A, à laquelle correspond une augmentation de 16.5 p. 100 sur la force vive indiquée pour le deuxième coup, accuse une pénétration de 10 millimètres et une saillie de 55 millimètres du bossage correspondant sur la face postérieure. Donc, ou bien le projectile n° 2 était de médiocre qualité, ou la partie de la plaque, correspondant à l’impact du troisième coup, était bien moins résistante que celle correspondant aux impacts des coups 1 et 2.
- 20 Tous les projectiles tirés, qui étaient en acier forgé, probablement trempé, se sont fragmentés en un grand nombre de morceaux.
- 3° Les vitesses d’essai de la^plaque n° A 9 ont été limitées intentionnellement bien au-dessous des vitesses nécessaires à la perforation stricte de la plaque, renseignement du plus haut intérêt pour cette nature de blindage, comme nous le verrons plus loin.
- Gomme conclusion de l’examen des résultats du tir et des remarques que nous venons de présenter, le blindage Krupp n° A 9 en nickel doit être assimilé à un blindage en acier durci, parle procédé de l’ingénieur américain Harvey, procédé importé en France par l’inventeur, et en service courant
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- dans quelques-unes de nos plus importantes aciéries françaises qui s’occupent de la fabrication des blindages. Nous sommes donc autorisés à comparer la plaque n° 49 à une plaque en acier, durci par le procédé Harvey, fabriquée et présentée par les usines de Saint-Chamond, dans le courant du semestre de cette année.
- La perforation stricte de la plaque de Saint-Chamond, qui n’avait que 15o millimètres d’épaisseur, a exigé le tir du projectile de 15o millimètres en acier chromé et trempé du poids de 4o kilogrammes, animé d’une vitesse au choc de 652 mètres.
- Poursuivant la comparaison, et admettant a priori que la plaque il0 h§ possède la même résistance à la perforation que la plaque de Saint-Cha-mond mentionnée ci-dessus, on détermine facilement par le calcul que la vitesse du projectile de 155 millimètres, pesant Ai kilogrammes, nécessaire pour obtenir la perforation stricte de la plaque Krupp de 260 millimètres d’épaisseur, est de 955 mètres, ou de 856 m. 5, si l’on emploie le projectile de 1 5 centimètres du poids de 5i kilogrammes, c’est-à-dire 2 00 mètres de vitesse au choc et 69 p. 100 de puissance vive en plus que celle du troisième coup tiré, sur la plaque n° 49, lequel a donné une pénétration de 310 millimètres sur une plaque de 2 6 0 millimètres d’épaisseur.
- Les conclusions de la discussion que nous venons de soutenir peuvent se résumer en ces quelques mots :
- Si les résultats de tir, contre ces plaques de blindages, insérés dans le catalogue des aciéries Krupp sont intéressants à connaître, ils sont encore notablement inférieurs à ceux exigés par la Marine nationale et obtenus couramment par les usines françaises, qui produisent les blindages destinés à protéger nos bateaux cuirassés.
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- De même que celle des cuirasses, la fabrication des bouches à feu occupe une très grande place dans l’industrie, et, depuis l’adoption de Tacier comme métal à canon, le nombre des usines s’occupant de la fabrication du matériel de guerre va sans cesse en augmentant.
- Il y a à peine un quart de siècle que, en dehors de quelques arsenaux nationaux, Krupp était le seul fabricant de canons en Europe, et pour ainsi dire le seul fournisseur de matériel de guerre du monde entier.
- Or, depuis cette époque, au moins vingt usines se sont installées en
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- Europe, pour cette fabrication; toutes concourent, chacune de son côté, à un perfectionnement actif des différents systèmes d’artillerie connus. Les nombreux témoignages de ces efforts, exposés à Chicago, permettent de se rendre compte des progrès réalisés dans cette intéressante branche de l’industrie.
- Il est à regretter que les usines des Forges et Chantiers de la Méditerranée , les Aciéries de la Marine, les Aciéries de Saint-Etienne, la maison Jacob Holtzer, MM. Marrel et les Aciéries de Firminy, qui jouissent d’une grande notoriété dans la construction du matériel d’artillerie, se soient abstenus de figurer à l’Exposition de Chicago. Là encore le Creusot était seul pour représenter l’industrie des canons en France.
- Nous allons passer ci-après en revue les divers spécimens exposés, mais, malheureusement, certains renseignements nous manquent pour pouvoir faire ressortir les avantages attribués à chacun d’eux.
- L’usine Krupp expose :
- 1 canon de côte de à2 centimètres, de 33 calibres, sur affût de côte à pivot à vent;
- 1 canon de 3o centimètres, de 35 calibres, sur affût de bord;
- 1 canon de côte de 28 centimètres, de Ao calibres, sur affût de côte à pivot central;
- 1 canon de 2 A centimètres, de ho calibres, sur affût de côte à pivot central ;
- 1 canon de 2 1 centimètres, sur affût de bord à pivot central;
- 1 canon de 15 centimètres, T. R., de ho calibres, sur affût de bord à pivot central;
- 1 canon de 12 centimètres, T. R., de ho calibres, sur affût de bord à pivot central;
- 1 canon de 87 millimètres, T. R., de ko calibres, sur affût de bord à pivot central;
- 1 canon de 75 millimètres, T. R., de 25 calibres, sur affût de capon-nière ;
- i canon de 10 centimètres et demi, de siège et‘de place;
- 1 mortier de siège et de place de 2 A centimètres;
- 1 mortier portatif de 7 centimètres et demi;
- 1 canon de campagne de 7 centimètres et demi de 28 calibres;
- 1 canon léger de campagne de 7 centimètres et demi;
- i canon de bord et de débarquement de 6 centimètres, de 2 1 calibres;
- 1 canon de montagne de 7 centimètres et demi, de i3 calibres;
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- 1 canon de montagne de 6 centimètres;
- î canon de fourrés de 37 millimètres;
- I collection de divers projectiles.
- II nous serait difficile de relater dans la présente note, même succinctement, les données de ces divers matériels, et nous ne pouvons que renvoyer au catalogue spécial de l’usine Krupp.
- Cependant nous consignerons ici certaines remarques ou observations auxquelles a donné lieu de notre part l’examen de ce matériel.
- D’une façon générale, on peut dire que les canons exposés par l’usine Krupp sont de longueur inférieure à celles qui sont adoptées généralement en France actuellement, et en particulier pour les canons de marine.
- D’autre part, ces canons sont d’un poids relativement élevé.
- Nous ne ferons pas ressortir ici tous les inconvénients de la fermeture à coins dont sont munis les canons Krupp, la question ayant déjà été traitée en détail dans diverses circonstances, mais nous croyons bon cependant de rappeler les deux principaux :
- i° Le poids élevé, comparé à celui de la vis française;
- 20 Le temps très long exigé par la manœuvre de la culasse et la mise à feu.
- L’affût du canon de 2 4 centimètres permettant de pointer jusqu’à hk degrés est remarquable, mais ne présente pas un intérêt sérieux au point de vue de la guerre. Il ne paraît pas possible en effet qu’on ait à employer les portées correspondant à cet angle de tir.
- Les canons de 15 et de 12 centimètres à tir rapide Krupp ont une puissance de 3o p. 100 inférieure à celle des canons T. R. système Schneider, des mêmes calibres, dont il sera parlé plus loin.
- Le catalogue Krupp contient des résultats détaillés d’expériences de tir auxquelles a été soumis le matériel d’artillerie exposé par cette usine.
- Toutes ces expériences ont été faites au polygone de l’usine Krupp, à Meppen, sans aucun contrôle et, il est à supposer, dans des conditions extrêmement favorables. On peut se demander si les résultats obtenus pourraient être reproduits en pratique courante, même dans des exercices.
- Nous posons cette question, parce qu’il nous est revenu qu’un gouvernement, la Roumanie, qui s’était basé sur ces résultats pour déterminer les conditions de réception d’une fourniture de canons qu’il avait com-
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- mandés à Tusine Krupp, s’est trouvé, lors des essais de recette de ce matériel, dans l’impossibilité de réaliser à nouveau ces résultats.
- MM. Schneider et C,e exposent trois bouches à feu à tir rapide, qui comportent les derniers perfectionnements apportés dans la construction de ce nouveau système d’artillerie.
- La première est un canon de 12 centimètres, de 5 0 calibres, monté sur un affût de bord et de côte à pivot central, à recul réduit et à retour automatique en batterie.
- Les propriétés caractéristiques de cette bouche à feu sont les suivantes :
- i° Très grande puissance balistique, en même temps qu’une très grande précision de tir;
- 20 Culasse à manœuvre rapide et facile, avec mise à feu à percussion ou mise à feu électrique;
- 3° Simplicité de construction et de manoeuvre, et rusticité des organes;
- k° Emploi d’une cartouche métallique;
- 5° Extracteur à grande course, fonctionnant par choc;
- 6° Emploi d’appareils divers de sécurité.
- Dans des tirs d’épreuves effectués avec ce matériel au polygone de MM. Schneider et Cie, au Creusot, il a été obtenu, avec des projectiles du poids de 2 2 kilogrammes et des charges de poudre BN variant de 8 ki-logr. 2 5o à 8 kilogr. 500, une vitesse initiale moyenne de 818 mètres, sans que la pression dépasse 2,820 kilogrammes. Avec la poudre B de la Marine française, la vitesse obtenue eût pu être sensiblement supérieure.
- Au cours de ces expériences, on a constaté que le temps moyen nécessaire pour effectuer une salve à T. B. de 10 coups sur but fixe, en rectifiant le pointage à chaque coup, a été de 72 secondes, et de 90 secondes dans le cas d’une salve de 10 coups sur but variable.
- Le matériel de ce canon à T. R. a été d’ailleurs acheté à l’Exposition de Chicago par le Gouvernement des Etats-Unis pour servir à des expériences de tir comparatives avec d’autres systèmes de canon à T. R.
- Le second canon exposé par MM. Schneider et Cie est un canon de 75 millimètres à T. R. sur affût de campagne. Les propriétés caractéristiques de ce canon sont les suivantes ;
- i° Recul réduit permettant un tir prolongé sans ramener la pièce en batterie. A cet effet, l’affût est pourvu d’un frein de pièce hydraulique, d’une bêche de crosse et dun frein d enrayage pour les roues;
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- 2° Possibilité d’effectuer un tir rapide à faible distance sans rectifier le pointage;
- 3° Grande stabilité pendant le recul;
- 4° Dépointage très faible ;
- 5° Tir précis;
- 6° Puissance balistique très grande par rapport au poids.
- Ce canon tire une cartouche métallique, et, dans les essais de tir auxquels il a été soumis au Creusot, il a fourni, avec des charges de poudre BN de 75o grammes et des projectiles du poids de 6 kilogr. 5oo , 51 o mètres de vitesse initiale en moyenne, avec une pression à la culasse de 2,390 kilogrammes.
- Une salve de 10 coups sur un même point, en rectifiant le pointage à chaque coup, a exigé 60 secondes; une autre salve de 10 coups sur des points différents, en faisant varier à chaque coup le pointage en hauteur et en direction, a exigé 195 secondes.
- Enfin, la troisième bouche à feu qui figure à l’exposition du Creusot est un obusier de 12 0 millimètres à T. R., également sur affût de campagne.
- Les avantages de ce matériel sont les suivants :
- i° Recul réduit, permettant un tir prolongé sans ramener la pièce en batterie ;
- 20 Tir sur les terrains de toute nature sans nécessiter l’emploi de plateforme, même sous les grands angles;
- 3° Dépointage très faible;
- 4° Tir précis.
- Comme celui du canon de 75 millimètres, système Schneider, l’affût de cet obusier est pourvu d’un frein de pièce hydraulique, d’une bêche de crosse et d’un frein d’enrayage pour les roues.
- Cet obusier tire également une cartouche métallique, et, dans les essais de tir auxquels il a été soumis, il a fourni, avec des charges de poudre SP de 2 kilogr. 100 et des projectiles de 20 kilogrammes, 3 00 mètres de vitesse initiale en moyenne, sans que la pression à la culasse dépasse 1,3 5 0 kilogrammes.
- Une salve de 10 coups sur un même point, en rectifiant le pointage à chaque coup, a exigé 192 secondes.
- Une autre salve de 10 coups sur des points différents, en faisant varier à chaque coup le pointage en hauteur et en direction, a exigé 2 5o se-
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- condes. Dans la première salve, le recul moyen a été de 1 mètre à chaque coup, et dans la seconde de 6 3 o millimètres seulement.
- Nous ne voulons retenir de ces essais que la qualité supérieure du métal qu’il a fallu obtenir pour donner ces résultats.
- A côté des canons précités, MM. Schneider et C'c ont exposé une tourelle à éclipse pour canon de 57 millimètres à T. R. du type des 1 26 tourelles semblables qu’ils exécutent pour le Gouvernement roumain.
- La Compagnie de Bethlehem expose le canon réglementaire des U. S. de 12 pouces (3o4 millim. 8), mesurant 11 mètres de longueur et pesant environ A6 tonnes.
- Ce canon tire un projectile de 385 kilogrammes, avec une vitesse initiale de 610 mètres. La charge de poudre correspondante est de 192 kilogrammes.
- A côté de ce canon figurent divers éléments de canons, entre autres :
- 1 tube pour canon de i3 pouces (33 centimètres) pour TU. S. A. (United States Arrny, Armée des Etats-Unis) pesant environ 27 tonnes. Ce tube, exécuté en acier comprimé liquide, a été forgé creux; sa longueur est de 11m. 5o et son diamètre extérieur de 680 millimètres.
- 1 jaquette pour le même canon et fabriquée dans les mêmes conditions que le tube; sa longueur est de 3 m. 660 ; elle mesure 610 millimètres de diamètre intérieur et 970 millimètres de diamètre extérieur.
- 1 frette de tourillons pour canon de 12 pouces (3o5 millimètres) pour TU. S. A. pesant 2,300 kilogrammes. Cette frette est parée de forge.
- Une collection de 10 frettes en acier comprimé liquide; ces frettes ont été forgées creuses. La plus grosse a 1 m. 3o de longueur, 960 millimètres de diamètre intérieur et 1 m. 3 0 de diamètre extérieur.
- Le Département de la guerre des Etats-Unis a exposé :
- 1 canon de 12 pouces ( 3 0 5 millimètres ), modèle 1888, à tourillon, sans affût, fabriqué à l’arsenal de Watervliet. Le poids en est d’environ 5 5 tonnes, Ce canon, muni d’une fermeture à vis ordinaire, tire avec une charge de poudre de 220 kilogrammes un projectile de 453 kilogrammes.
- 1 canon de campagne, en service, de 3,2 pouces (81 millimètres)* muni d’une fermeture à vis ordinaire et fabriqué, en 1892,0 l’arsenal de Watervliet. Ce canon,.du poids de 376 kilogrammes, tire, à la charge de 1 kilogr. 700 de poudre,un projectile de 5 kilogr. 4oo. L’affût de ce canon* muni de deux sièges pour servants sur l’essieu, ne comporte aucun frein* Comité 12. 3
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- 1 canon d’étude de 3,2 pouces (81 millimètres), sans affût, système Yates. La culasse de ce canon se termine en sphère. La fermeture est assurée par deux demi-sphères jointives suivant le plan vertical. Un levier les écarte en angle pour laisser introduire la charge.
- 1 canon de 2 pouces î/A (57 millimètres), du système du lieutenant d’artillerie Seabury. Ce canon est monté sur un affût chandelier sans aucun frein ni appareil de pointage. Le pointage se fait à l’épaule. Ce canon tire, à la charge de 900 grammes de poudre, un projectile de 2 kilogr. y00. Il est muni d’une fermeture à vis à A secteurs et comporte un extracteur manœuvré à l’aide d’un crochet à deux dents. Le volet porte en saillie une rainure en rampe hélicoïdale, qui fait exécuter 1/8 de tour à la culasse mobile quand on rabat le levier. Il n’y a qu’un mouvement pour fermer; le rabattement du levier fait entrer la culasse mobile dans son logement et la fait tourner. Le levier est horizontal et se rabat de gauche à droite.
- 1 canon de 6 livres à tir rapide, système Driggs Schrœder. Ce canon, dont le poids est de 38o kilogrammes, est muni d’une fermeture à bloc, qui tourne d’avant en arrière. L’axe de rotation étant rapproché du centre de gravité, la manœuvre n’en est pas pénible. Ce canon est placé sur un affût à chandelier ordinaire, sans aucun frein ni appareil de pointage.
- î canon de 8 pouces (2o3 millimètres), monté sur affût de côte à pivot central, fabriqué à l’arsenal de Watervliet, en 1892. Ce canon, muni d’une fermeture à vis ordinaire, tire, à la charge de 59 kilogrammes de poudre, un obus de 136 kilogrammes. Le poids du canon est de i5 tonnes.
- 1 obusier de 7 pouces (178 millimètres), sans affût, muni d’une fermeture de culasse à vis.
- 1 canon de siège de 5 pouces (127 millimètres), sur affût de siège et de place, muni d’un frein du type des affûts de 155 millimètres de l’artillerie française.
- 1 mortier de 12 pouces (3o5 millimètres), monté sur affût Easton et Anderson, fabriqué en 1892. Cet affût a une hauteur de genouillère d’environ 3 m. 5. Les tourillons du mortier sont pris dans les têtes des pistons des freins intérieurs; ils s’élèvent et s’abaissent suivant le mouvement de ces pistons. Le mortier est à fermeture à vis munie d’un obturateur plastique.
- 1 mortier de 12 pouces semblable à celui ci-dessus, monté sur affût .système Cannet. La hauteur de genouillère de cet affût est de 2 m. i5o.
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- Sur le mortier se trouve un cylindre récupérateur, en communication avec les freins, au moyen de tuyaux et de robinets, manœuvres à la main.
- 1 petit mortier de 3,6 pouces (91 millimètres), de 60 centimètres de longueur, muni d’une fermeture à vis. Ce mortier, qui a été fabriqué à l’arsenal de Watervliet, pèse 110 kilogrammes.
- M. Nordenfeld expose 1 canon de 61 millimètres, à tir rapide, muni d’une fermeture à vis. L’ouverture et la fermeture de la culasse s’effectuent par un seul mouvement de rabattement du levier. Le canon, exécuté en une seule pièce, comporte ses tourillons venus de forge et situés en dessus et en dessous de la pièce. Ces tourillons sont pris dans une chape horizontale à tourillons, de telle sorte que le canon peut se mouvoir dans tous les sens. L’affût comporte deux flasques parallèles, écartées de 280 à 3oo millimètres. Entre ces flasques se trouve un petit affût mobile qui reçoit les tourillons de la chape du canon. Cet affût est muni en dessous de 2 cylindres de frein, dont les tiges des pistons sont réunies à l’entretoise de tôles des flasques fixes. Le frein des roues est articulé près des fusées de l’essieu par un mouvement de sonnette, qui le rend automatique pendant le tir. La crosse porte une bêche de A centimètres de saillie. Cet affût est sans recul.
- A côté de ce canon figurent diverses autres bouches à feu, pour la description desquelles nous renvoyons au catalogue de cette maison.
- La Société Hotchkiss a exposé :
- 1 canon à tir rapide de A pouces (10 centimètres), sur affût à chandelier. Le canon est monté dans un berceau avec freins hydrauliques. Ce canon tire un projectile de 15 kilogrammes à la vitesse de 710 mètres.
- 1 canon à tir rapide de 75 millimètres, sur affût de campagne, muni d’une bêche de crosse, mais sans aucun frein. Ce canon tire un projectile de 5 kilogr. 900,
- I canon à tir rapide de 12 centimètres sur affût à pivot central à frein hydraulique. Ce dernier canon a été exécuté aux usines de MM. Schneider et Cie.
- II serait trop long de rentrer dans la description de tout le matériel exposé par la Société Hotchkiss, et nous renvoyons à cet égard au catalogue de cette Société.
- L’Artillerie espagnole était représentée à l’Exposition de Chicago par ;
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- 1 canon de campagne de 80 millimètres, en acier, muni d’une fermeture à vis, usiné en 1890, à Trubia.
- 1 canon système Saugron de 65 millimètres, en acier.
- 1 mortier système Mata, en bronze comprimé de i5 centimètres, pour siège et place, muni d’une fermeture à vis et monté sur un affût plateforme. La charge de ce mortier se place dans la vis-culasse.
- 1 canon obusier de 1 5 centimètres, en bronze, muni d’une fermeture à vis en acier, monté sur affût à éclipse.
- 1 canon en bronze de i5 centimètres, sans affût, ni fermeture de culasse, usiné à Séville en 1891. La longueur de ce canon est de A mètres.
- 1 canon de A 2 millimètres , système Sarmiento, usiné à Séville en 1891, monté sur affût à chandelier, avec freins à hauteur des tourillons.
- 1 canon de débarquement de 7 5 millimètres, du poids de 10 0 kilogrammes, usiné par MM. Schneider et Cie, du Creusot, en 1882.
- Et, en dehors du matériel mentionné ci-dessus, par :
- 1 canon à tir rapide de petit calibre, de fabrication anglaise, système Adanson, muni d’une fermeture à bloc vertical ayant quelque analogie avec celle du système Hotchkiss. La frette-tourillon de ce canon est remplacée par une frette sphérique, qui tourne dans tous les sens dans le berceau monté sur un chandelier. Le berceau est en deux parties, celle du dessus à charnière peut être serrée d’un côté, au moyen d’une vis de pression avec clef.
- 1 canon de A7 millimètres de I’Artillerie japonaise, système Yama-mouchi, fabriqué à l’usine de Tokio, muni d’une fermeture à bloc ressemblant également à celle du système Hotchkiss. Le canon est placé dans un berceau cylindrique, dans lequel il recule et revient en batterie, rappelé par un ressort à boudin qui l’enveloppe. Ce canon est rendu automatique au moyen d’une crémaillère qui vient, pendant le recul, agir sur un secteur denté placé sur un arbre fixé dans le bloc; vers la fin du recul, le bloc est déclenché, tombe et la douille est éjectée. Un ressort, qui entoure la tige de la crémaillère, se bande pendant le recul et remonte ensuite le bloc à volonté.
- Revenons a MM. Schneider. Si important que fût le matériel de guerre exposé par ces messieurs, il ne constituait qu’une partie de leur exposition qui se répartissait dans 10 groupes et 19 classes. Elle comprenait :
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- MINES, EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE.
- i° Des moulages d’acier, dont une pièce superbe consistant en un fond de cylindre de 3 mètres de diamètre, et pesant A,4oo kilogrammes, du type du paquebot la Touraine;
- 2° Des échantillons d’acier et de fer, rompus et non rompus par traction, montrant les modes de déformation des tôles, des profds laminés;
- 3° Une machine fixe horizontale à grande vitesse, de i5o chevaux à un seul cylindre à vapeur, h distributeurs, et détente automatique sans déclic; nouveau modèle particulièrement intéressant;
- h° Des dynamos à courants alternatifs de la puissance de 5o,ooo volts, système Zypernowsky Déri et Blaty;
- „ 5° Des modèles dupont Morand, sur le Rhône, à Lyon; du viaduc sur le Malleco (Chili), et du pont de la Borcea (Roumanie);
- 6° Un modèle d’un torpilleur de 36 mètres pour la marine française, d’une vitesse de 21 nœuds ;
- 70 Une tôle de face N, de boîtes à feu en acier pour locomotive Com-pound P. L. M. (marchandises);
- 8° Des dessins de locomotives: Etat français (voyageurs, type 97); Ouest français (voyageurs à bogie, type 11 3); Ouest argentin (marchandises, type 96); Orel-Vitebsk Roue (mixte, type 66);
- 90 Un modèle d’une machine marine type horizontale à triple expansion du croiseur torpilleur français Watlignies de 4,ooo chevaux;
- Un modèle des machines et compresseurs d’air construits pour les mines de houille de Blanzy;
- Le dessin d’un groupe de 8,000 chevaux pour appareils de compression d’air construits pour la Compagnie parisienne de l’air comprimé;
- 1 o° Le dessin de l’installation du laminoir pour grosses tôles et blindages au Creusot pouvant laminer ko tonnes;
- 11° Le dessin d’un pont roulant électrique de 15 0 tonnes, pour desservir la fosse à coulée des gros lingots des Aciéries du Creusot de 22 m. 500 de portée. La vitesse de translation du pont est de 10 m. 760 par minute, celle du levage peut atteindre i3 m. 5oo; celle de translation du chariot est de 8 mètres. La commande des mécanismes est obtenue au moyen de 2 réceptrices à courant continu, du système Gantz. Le voltage est maintenu constant à 220 volts. Un rhéostat de démarrage permet une mise en route des plus aisée, sans à-coup pour la génératrice ou pour les mécanismes du pont;
- 12° Le dessin de la station centrale d’électricité de la gare d’Orléans à Paris.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- On peut voir par ce rapide exposé que l’exposition de MM. Schneider et C'° pouvait supporter la comparaison avec toutes les autres expositions étrangères, tant au point de vue de l’intérêt des objets exposés que de leur diversité.
- TUBES SANS SOUDURES EN TOUS MÉTAUX.
- MM. Durand, Bossin et Brard, boulevard Richard-Lenoir, 23, à Paris.
- (Paris, 1889, médaille d’or.)
- Créée en 1863, cette maison est sous cette raison sociale depuis 1879. Elle s’occupe de la fabrication des tubes sans soudures dans son usine hydraulique de Longueville (Seine-et-Marne), où elle utilise un personnel de ho ouvriers et 42 chevaux de force. Son outillage se compose de fours à fondre et à recuire les métaux, de bancs à étirer, de machines à emboutir, de bobines de traction, etc. Ses produits consistent en tubes sans soudures de différents métaux: cuivre rouge et jaune, argent, platine, maillechort, aluminium, delta, bronze, acier, étain. Les ventes ont atteint, en 1892,36o,ooo francs et se font en Angleterre, ARemagne, Autriche, Suisse, Belgique, Etats-Unis.
- Cette maison a fait au Palais des Mines une exposition qui certainement, au point de vue du goût, est la plus heureuse de la section française, et présente un ensemble de produits tout à fait remarquable.
- Elle expose une collection de tubes variés : carrés, étoilés, aplatis, à torsade, pentagonaux, pour la bijouterie, l’horlogerie, les machines à vapeur, les presses hydrauliques, les manomètres à gaz, etc., parfaits comme facture, et du plus heureux effet comme disposition.
- A remarquer les tubes capillaires en acier, employés en chirurgie pour les seringues Pravaz, ainsi que des tubes à grande longueur, dont l’un atteint 600 mètres, pour les appareils hydrométriques, et destinés à conduire une pression quelconque à grande distance.
- HAUTS FOURNEAUX, FONDERIE.
- Ateliers de construction de Tusey (Meuse).
- M. Gasne [L.), rue du Faubourg-du-Temple, 83, à Paris.
- (Paris, 1889, médaille d’or.)
- Cette maison, fondée en 1835, s’est fait une spécialité dans la fonte d’art et d’ornement; elle s’occupe aussi de fontes industrielles pour le chauffage, l’éclairage et les fontes mécaniques.
- Elle occupe un personnel de 300 hommes environ, et sa production est de 1,800 tonnes.
- Elle exporte en Suisse, en Belgique, en Roumanie, en Amérique du Sud et en Alsace-Lorraine.
- Son passé artistique comprend des œuvres importantes d’une grande réputation : les
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- MINES, EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE.
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- fontaines monumentales, les colonnes rostrales, les candélabres de la place de la Concorde; les fontaines monumentales de Reims, de Chaumont, d’Aix, de Vitry-le-François, etc.
- L’exposition de M. Gasne , à Chicago, est bien réussie, et présente des pièces d’un réel intérêt par le fini du travail et la douceur et le réussi du bronzage donné aux œuvres d’art.
- Le buste de M. Carnot, d’après Ghapus, un groupe d’animaux de Barye, et surtout une grande statue de Marioton, représentant le travail sous la figure d’un forgeron, fondue d’un seul jet, méritent de retenir l’attention.
- Une pièce importante consiste dans la fontaine ornant l’escalier qui donne accès au Pavillon national à l’Exposition de Chicago, et dont M. Gasne, à titre gracieux, a créé les modèles et fondu les différents sujets en moins de trois mois, suivant les dessins de M. Dubuisson, architecte du Gouvernement.
- Cette exposition, surtout en comparaison de celle des autres nations, montre que le goût dans le choix des modèles, la fidélité de reproduction, le fini de l’exécution assurent à nos industriels de moulages d’art une supériorité incontestable.
- MÉTAUX EN FEUILLES ET PAILLONS.
- M. Bar (Jean), à Rantigny (Oise).
- (Paris, 1889, médaille d’or.)
- Cette maison, fondée en 1876, fabrique spécialement les paillons, feuilles de cuivre brut, ou plaquées or et argent, laminées très minces, servant à Tencartage des boutons de nacre et de porcelaine, à la découpure des paillettes, aux fleurs artificielles, au sertissage des pierres, etc.
- L’usine emploie 200 ouvriers, i5o chevaux de force et comprend des ateliers de fonderie et d’affinage pour le cuivre, l’argent et l’or, de mise en couleur, de cartonnage et d’encartage.
- Ses produits s’expédient principalement aux Indes, en Turquie d’Asie, en Espagne, en Portugal, et dans l’Amérique du Sud; ils ont à lutter contre la concurrence des articles allemands de Nuremberg, de Furth et de Vienne.
- Elle consomme actuellement :
- Cuivre.................................................................. i5o,ooo Icilogr.
- Argent................................................................. 5,000
- Platine.................................................................... 100
- Or........................................................................... 5
- Son exposition à Chicago, fort bien présentée, comprend les articles suivants :
- Fleurs en paillons de toutes nuances; paillons blancs et couleur de un à deux côtés, unis, mats, ou estampés ; or et argent de toutes nuances pour éventails, feuilles d’argent de coupelle pour tréfileurs et joailliers, feuilles de platine pour électricité ; cartes à boutons estampées.
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- PUBLICATIONS CONCERNANT LES MINES
- ET LA MÉTALLURGIE.
- La France, dans cet ordre d’idée, était représentée par les deux Sociétés dues à l’initiative individuelle, qui ont le plus fait dans notre pays pour le développement des recherches scientifiques ou commerciales, et la vulgarisation des progrès réalisés, soit dans les mines, soit dans la métallurgie.
- Société de lindüstrie minérale, à Saint-Étienne (Loire).
- (Paris, 1889, médaille d’or.)
- Cette Société, constituée le 29 avril 1855 par M. Gruner, ingénieur en chef des mines, et directeur de l’Ecole des mines de Saint-Etienne, a pour but de concourir au progrès de Part des mines et de la métallurgie, et des industries qui s’y rattachent. Son conseil d’administration comprend :
- M. Castel , inspecteur général des mines, président.
- M. Dijî Castelnau , ingénieur en chef des mines, directeur de l’Ecole des mines de Saint-Etienne.
- M. Devillaine , directeur de la Compagnie des houillères de Montrambert.
- M. Evrard , ingénieur à Saint-Etienne.
- M. Leseure, ingénieur en chef des mines, ancien directeur de l’Ecole des mines de Saint-Étienne.
- M. Villiers , directeur de la Société houillère de Saint-Etienne.
- M. Ternier, ingénieur au corps des mines, secrétaire général.
- Le nombre de ses membres actuels est de i,o5o, mais il est illimité, et les étrangers comme les Français peuvent en faire partie en étant présentés par deux sociétaires et en payant une cotisation annuelle de 3o francs.
- Les sociétaires reçoivent gratuitement les publications de la Société, qui sont :
- i° Le Bulletin de l’industrie minérale, paraissant tous les trois mois et accompagné d’un atlas gravé;
- 20 Les comptes rendus mensuels des réunions de districts, paraissant tous les mois.
- Ces deux publications présentent un intérêt de premier ordre pour tous ceux qui désirent suivre les progrès de l’art des mines et de la métallurgie, et placent la Société de l’industrie minérale à la tête des Sociétés savantes d’initiative privée.
- Cette Société expose la collection de ses publications, dont on ne saurait faire un meilleur éloge qu’en disant qu’elles se trouvent dans les bibliothèques de toutes les Sociétés d’ingénieurs et dans toutes les universités des Etats-Unis.
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- Comité central des Houillères de Frances M. Gruner (#•), secrétaire général, me Scribe, 3, à Paris.
- Le Comité central des Houillères de France , régulièrement constitué en syndicat professionnel depuis l’année 1888, n’est pas seulement une association d’intérêts, mais a pour but l’étude de toutes les questions économiques ou sociales intéressant l’industrie houillère.
- H suit à l’étranger les transformations intéressant cette industrie, et en porte tous les faits importants à la connaissance de ses adhérents par de nombreuses circulaires (180 à 200 par an). La publication de celles-ci, de plus en plus recherchée, répand l’influence de nos méthodes d’exploitation dans le monde entier.
- Le Comité groupe tous les producteurs de houille de France (plus de 2 5 millions de tonnes) et a attaché à son syndicat la presque totalité des exploitants des gîtes de fer, de plomb argentifère et de schistes bitumineux.
- Le Comité central des houillères de France n’a pas limité son action à des études journalières, il a eu recours à des collaborations diverses pour les études spéciales.
- Son secrétaire, M. Gruner, a été, en particulier, chargé d’une série démissions à l’étranger, qui ont été suivies de publications importantes :
- Les lois d’assistance d’ouvriers en Allemagne.
- Les lois de patronage et d’assistances ouvrières en Autriche.
- Les lois nouvelles d’assistance ouvrière en Allemagne, Autriche, Suisse.
- L’assurance contre la vieillesse et l’invalidité en Allemagne.
- Les associations des syndicats miniers en Allemagne.
- M. Gruner, qui est en outre secrétaire du comité des accidents de travail et des assurances sociales, a obtenu une médaille d’or de la Société des ingénieurs civils en 1888, et de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale en 1891.
- Le Comité des houillères avait envoyé à l’Exposition de Chicago son atlas, qui est une publication des plus importantes et des plus récentes, et quelques-unes de ses circulaires qui embrassent les actes législatifs, l’étude des faits économiques, les grèves, les associations syndicales, le règlement du travail dans les usines, et les questions de statistique, tant en France qu’à l’étranger.
- Telle est Tanalyse des expositions de la section française des mines et de la métallurgie qui, tout en n’ayant qu’une importance relative, n’en ont pas moins soutenu honorablement la réputation de notre pays à l’Exposition Colombienne.
- Le meilleur moyen d’en faire ressortir la valeur est d’examiner maintenant chacune des sections étrangères.
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- EXPOSITIONS NATIONALES.
- ALLEMAGNE.
- La section allemande était incontestablement la pins importante et la plus variée, surtout au point de vue métallurgique.
- La participation du Gouvernement y tenait une place inusitée, car, sur les 77 exposants allemands inscrits au catalogue dans les divers groupes, 5o appartenaient soit à l’administration gouvernementale, soit à des sociétés savantes, ou à des exploitations relevant directement de l’Etat.
- Je citerai entre autres : L’Académie royale des mines de Berlin;
- Le Bureau royal prussien des mines de Clausthal ;
- Le Ministère royal prussien du commerce ;
- Les Bureaux royaux des mines de Hall, Breslau, Saarrrück, Clausthal, Brown, etc.;
- Le Royal Geological Survey, de Berlin;
- L’Académie royale technologique d’Aachen , etc.
- De telle sorte que le nombre des exposants individuels était réduit à 27, nombre sensiblement égal à celui des exposants français.
- Mais il faut reconnaître que l’ensemble des expositions était remarquable, et que plusieurs d’entre elles avaient une grande importance.
- L'industrie de la houille était représentée par des tableaux de production et des plans de mines :
- Plans des deux mines du Roi et de la Reine Louise en Silésie, qui, en 1891,produisaient 3,867,071 tonnes; plans du bassin de Westphalie où 169 mines, en 1891, produisaient 8,567,981 tonnes; plan du bassin de la Saar qui produisait 6,389,960 tonnes au prix moyen de i3 fr. 10; nombreux échantillons de briquettes, dont quelques-unes fabriqués par le procédé Hutteman et Spiecker, qui supprimerait la mauvaise odeur provenant du brai.
- Une extraction qui a pris une importance considérable est celle des lignites dans les provinces de Saxe et de Brandebourg, pour en extraire la parafine et les huiles minérales.
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- On distille ces lignites dans des fours de 1 m. 600 de diamètre et de 7 mètres de haut; les produits sont recueillis et condensés; le résidu est un coke spécial. Un hectolitre de lignite donne 4 kilogr. 500 de goudron. Ces goudrons sont distillés, en donnant d’une part de la créosote, de l’autre de la benzine, des huiles légères et de la parafine. En 1891, la production de lignite a été de 12,862,727 tonnes, valant près de ko millions de francs et occupant 20,986 ouvriers. On a travaillé la même année 1,800,000 tonnes de lignite qui ont donné 61,600,000 kilogrammes de goudron, lesquels ont produit 7,700,000 kilogrammes de parafine, 6,700,000 kilogrammes de bougies, 5,5oo,ooo kilogrammes d’huile d’éclairage, 27,200,000 kilogrammes d’huile brute et divers.
- La Vereinigung der Paraffin , de Halle-sür-Saale, présentait une très belle exposition de tous ses sous-produits extraits du charbon, du goudron et de l’huile.
- INDUSTRIE MINÉRALE.
- De nombreux échantillons de minéraux représentaient l’industrie minérale; je citerai des minerais de cuivre provenant des mines situées entre la Sarre et les montagnes du Hartz, dont la production a été, en 1 891, de 15,365 tonnes de cuivre et 80,512 kilogrammes d’argent; des échantillons de plomb argentifère d’étain et cuivre, provenant des mines de Clausthal et Lautenhal dans le Hartz supérieur; enfin du zinc et du plomb provenant des mines de Beuthen et de Tarnowitz en Silésie, exposés par I’Ad-ministration royale des mines de Tarnowitz. La production de ces deux mines en 1891 a été, en zinc de 88,42 1 tonnes, en plomb de 2 0,4o6 tonnes et en argent de 7,885 kilogrammes.
- INDUSTRIE MÉTALLURGIQUE.
- L’industrie métallurgique était représentée par A exposants considérables, MM. Krufp, Stumm, Mannessmann et Fitzner.
- La maison Krupp, d’Essen, dont nous avons déjà parlé à propos des canons et des blindages du Creusot, avait en outre une exposition fort importante au point de vue industriel, comprenant des pièces forgées, des aciers moulés, des produits en acier emboutis ou forgés sur matrices, des bandages, des roues, des essieux montés, de petits laminoirs pour métaux précieux, du matériel de chemins de fer portatifs, etc.
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- Parmi les pièces les plus intéressantes, nous signalerons :
- Une tôle de chaudière en fer homogène Martin-Siemens de a o mètres de longueur, 3 m. 3o de largeur, 3 2 millimètres d épaisseur, du poids de 16,200 kilogrammes, présentant une surface de 66 mètres carrés;
- Un fonds de chaudière en fer homogène de 3 m. 900 de diamètre, épaisseur 38 millimètres, poids 3,44o kilogrammes;
- Un arbre de transmission creux en acier au creuset, forgé à la presse hydraulique, du poids de 12,000 kilogrammes et de 2 5 mètres de longueur;
- Un arbre d’hélice, un arbre de couche et un arbre coudé en acier Martin, forgés à la presse;
- Une étrave de cuirassé, en acier moulé en trois pièces, de 2 4,000 kilogrammes ;
- Un étambot de cuirassé, en acier moulé, de 12,800 kilogrammes d’une seule pièce.
- Il est certain que cette exposition devait faire et a fait une grande impression, non pas qu’elle présentât de grandes nouveautés, mais parce quelle s’imposait par son importance, la variété, le fini et la puissance des objets exposés.
- L’exposition du baron Stumm ( Vereinigte Eisenwerke Gebriider Stumm), de Siegen, très importante aussi, avait surtout un caractère d’originalité. Elle comprenait : un immense portique de profilés de grandes dimensions fer et acier, des pyramides de fers à T, des gerbes colossales de tuyaux en fonte, des rails d’acier, dont un de 54 mètres de long, des traverses de chemins de fer; des échantillons de charbons, de cokes, de fonte Spiegel; une très grande variété d’essais de métal fer et acier; des modèles de laminoirs à lingots, à rails, à profilés; un modèle d’une usine de fonte de gros tuyaux; des échantillons intéressants de Flusseissen (procédé Thomas) à grains fins, et de Schweisseissen a fibres très longs.
- Les tubes sans soudure de MM. Mannessmann (Deutsch-OEsterreische, Man-nesmann-Rôhrenwerke^j, de Berlin, sont trop connus du monde industriel pour qu’il y ait lieu de m’appesantir sur leur fabrication. Il suffirait d’ailleurs de se reporter à la notice publiée dans le Bulletin de la Société d’encouragement du 26 décembre 1890, par M. Gustave Richard, ingénieur civil des mines, sur cette fabrication si étrange.
- L’exposition de ces messieurs, répartie dans quatre palais (Mines, Trans-
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- ports, Manufactures et Machines) était considérable, et offrait les spécimens les plus divers : tubes pour conduites d’eau, d’air et de vapeur, pouvant résister à 17 5 atmosphères, poteaux télégraphiques, timons et volées pour les voitures d’artillerie, canons de fusil, obus, frettes de canon, arbres de transmission, tubes de sondage pour puits artésien; tubes en fer, en cuivre, même en aluminium, outils creux, etc.
- Gomme curiosité historique, il est intéressant de rappeler que l’obtention d’un tube creux par le passage dans un laminoir d’un rondin de métal plein avait été réalisée au Greusot en 1870, en essayant de fabriquer des canons de fusils au laminoir, mais on ne sut pas obtenir la régularité du phénomène, et l’idée fut abandonnée.
- Ajoutons que le procédé de MM. Mannessmann s’applique à tous les métaux, même les plus ductiles et a produit ainsi des tuyaux en aluminium parfaitement fabriqués.
- Enfin M. W. Fitzner, de Laurahütte, présentait des tubes de grands diamètres en tôle épaisse d’acier soudé, remarquables comme travail.
- MM. Mannstaedt (L.) et Cie, de Kalk, méritent une mention spéciale.
- Cette maison exposait des moulures artistiques en fer et en acier laminés, d’un travail parfait. Elle montrait tout le parti que l’industrie des bâtiments et de la décoration peut tirer de ce genre de produits, en exposant un grand portail, un balcon, des panneaux d’appartement d’un très grand effet.
- Cette industrie qui, je crois, n’a pas de similaire en France, doit attirer l’attention de nos métallurgistes, qui trouveraient là un débouché important.
- Un très bel album montrait avec quelle simplicité d’assemblage on peut varier les modèles, en les assemblant soit entre eux, soit avec des profdés ordinaires du commerce.
- ANGLETERRE.
- La section anglaise était loin d’avoir l’importance de la section allemande, et pouvait être classée immédiatement après la section française.
- Toutefois les échantillons de houilles étaient nombreux; on remarquait un bloc de 11 tonnes exposé par la maison Türner (William et John), provenant de la mine de Wigan jundion Colliery; des échantillons de terres à foulon, terre à porcelaine, briques réfractaires; enfin une exposition
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- considérable de sel marin de la Salt Union, Limited, de Winsford (Ches-hire), qui exporte beaucoup au Canada.
- Au point de vue métallurgique, l’exposition de la maison Johnson Matthey and C°, de Londres, pour les métaux rares, mérite une place hors pair. Cette compagnie présentait de nombreux échantillons de platine, d’iridium et de rhodium purs, ou alliés entre eux, dont un bloc énorme de platine pesant 266 livres et valant 2 3,0 00 francs; un bloc de palladium pesant 1,000 livres, d’une valeur de 35,ooo francs et extrait de minerais d’or et d’argent représentant 2,5 00,0 00 francs; d’autres métaux rares comme le ruthénium et l’osmium; enfin divers appareils en platine dont.un, de dimension inusitée, pour la concentration de l’acide sulfurique.
- La Société John Brown and C° (Atlas Works), de Shefïield, exposait, en dehors de ses blindages dont nous avons parlé, des corps de chaudières ondulés ; des tubes à ailettes intérieures du système français Serve ; un bel arbre de couche à manivelle pour un croiseur russe, le Rurick, forgé avec une presse hydraulique de ù,ooo tonnes; un arbre creux pour hélice recouvert d’une couche de cuivre par le procédé Ellis.
- MM. Jessop (William) and sons, de Shefïield, exposent une belle variété d’aciers au creuset pour outils, scies, plumes métalliques, pièces d’acier coulé; ces messieurs avaient obtenu une médaille d’or à Paris; ils exportent des quantités considérables d’acier aux Etats-Unis, où ils ont une agence à New-York.
- La Low Moor Company, de Bradford, expose de belles pièces en tôles d’acier embouties, des arbres, des essieux.
- AUTRICHE.
- La section autrichienne, bien aménagée, offrait peu d’intérêt, en dehors d’une exposition très importante de ses eaux minérales.
- La consommation, en effej, des eaux minérales aux Etats-Unis augmente tous les jours , tout en se vendant fort cher. Bien que les sources indigènes soient nombreuses, fort peu sont connues et exploitées. En 1889, 2 58 sources ont produit 12, '780,471 gallons, d’une valeur de 1,7/18,0 5 8 francs. La plus grande partie des importations est fournie par l’Allemagne et l’Autriche. Il y aurait en France lieu de se préoccuper de cette branche si
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- considérable de nos richesses minérales, qui pourrait trouver là un débouché très important.
- La Brunnendirection Zeidlweid, d’Eger (Bohême) et la Brunnendirection de Bilin, qui ont leur représentant à New-York, Eisner et Mendelson C°, avaient une exposition importante de leurs eaux minérales.
- De même, la Karlsbad Stadtgemeinde, qui a les mêmes agents.
- M. Joseph Frantz représentait les sociétés des eaux alcalines du Tyrol.
- En dehors des graphites de la maison Hardtmuth dont nous avons parlé, il n’y avait qu’une seule exposition métallurgique, celle de la Poldi-huette, à Kladno (Bohême), qui montrait des lingots d’acier, des barres à outils, des ressorts de chemins de fer et de voitures, des ressorts à boudins, des essieux, des boulets.
- Enfin la maison Spæter’s, de Veitsch (Styrie), exposait de la magnésie et des produits réfractaires.
- BELGIQUE.
- L’exposition belge, dont la majeure partie était composée de matériaux de construction, présentait peu d’intérêt au point de vue houiller ou métallurgique en dehors de la Société anonyme des mines et fonderies de zinc de la Vieille-Montagne, à Angleur, près Liège.
- Cette Société avait concentré son exposition dans un pavillon, dont les différentes parties étaient constituées par des échantillons de zinc estampé, étiré et repoussé; elle y avait réuni des minerais de zinc, du zinc brut, ordinaire et pur; elle y montrait un procédé de désincrustation des chaudières par une suspension de plaques de zinc à l’intérieur; elle exposait aussi différents modèles de toiture.
- La Société générale de traitement des minerais d’or et d’argent, de Bruxelles, montrait les résultats d’un nouveau procédé de traitement de l’ingénieur Body, qui, par une désagrégation chimique, permet l’extraction de l’or et de l’argent contenus dans des pyrites arsenicales, antimoniales et tellurées, dites réfractaires ou intraitables.
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- ESPAGNE.
- La section espagnole, qui englobait l’exposition de Cuba, bien que présentant une étendue assez considérable, offrait peu de particularités.
- Les principaux produits exposés étaient des minerais de fer et de plomb, de la galène argentifère, du sel marin, de l’asphalte de Cuba et du soufre.
- Au point de vue métallurgique, les Hauts Fourneaux et Fabriques de fer et d’acier de Bilbao, qui exportent beaucoup en Amérique, n’avaient pas une exposition correspondante à leur importance. Celle-ci consistait seulement en échantillons de charbons et de coke, en minerais de fer, en fontes et en un tableau contenant quelques coupes de profilés de fers et aciers.
- Cette Société, dont les deux usines sont situées, l’une à la Merced, à Cu-riezo, province de Santander, l’autre à la Carmen, au confluent des rivières de Nervion et Galindo, à 8 kilomètres de Bilbao, produit 100,000 tonnes de fer puddlé, i3,ooo tonnes de profilés acier, 6,000 tonnes de pièces fondues, etc.
- Plusieurs mines exposaient quelques échantillons de minerais de fer : Collazo, de Lugo; Foronda et Mandillo, de Santa-Cruz de Ténérife; Ol-vega, de la province de Soria; Polo Soba, de Valladolid; et les mines de Celra , de Barcelone.
- Les mines de Rio Tinto exposaient du cuivre traité par deux procédés différents; cette exposition était très modeste.
- Enfin la Société de Sainte-Barbe exposait une belle collection de poudres de mines.
- GRÈCE.
- La section hellénique était constituée par trois expositions françaises, dont deux ont déjà été décrites dans l’étude de la section française, celles des mines de Laurium et de M. Fortin; la troisième était celle de la Société des travaux publics et communaux, qui exposait du soufre et de la magnésie.
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- ITALIE.
- L’ensemble de la section italienne aux Mines, constituée par une quarantaine d’expositions très peu importantes, indiquait pourtant sur trois points, les ciments, l’asphalte et les eaux minérales, un effort assez sérieux pour introduire les produits italiens en Amérique.
- Je citerai pour les ciments : MM. l’ingénieur S. Ghilardl et Clc, de Milan; Charles Rubiani, de Sassuolo; la Société Lodigiana, de Lodi; pour les asphaltes de Sicile : Glaentzer, d’Ancône; Aveline et Cie, de Gatane; pour les eaux minérales : Bandini, de Florence; Bisleri, de Milan; Pa-ladini , de Garfagnana.
- L’industrie métallurgique était représentée par une seule maison, Van-zetti Sagramoso et Ce, de Milan, qui exposait des pièces en acier coulé par le procédé français des aciers Robert.
- RUSSIE.
- La section russe, bien que n’ayant pas d’expositions considérables, présentait un grand intérêt par les nombreux établissements métallurgiques et les mines qui la constituaient.
- Les Usines de Guta-Bankova (Pologne) exposaient de très beaux échantillons d’acier doux ou fer homogène, qui tend à remplacer de plus en plus les fers puddlés, et des échantillons de rails, de profilés, de barres, de tôles moyennes et de tôles fines.
- Les Usines de Ekaterininsk, du gouvernement de Petrokov, exposaient des rails, des profilés, de beaux emboutis.
- Les Usines métallurgiques de l’Oural étaient représentées par les Forges de Gora Blagodait (Perm), qui possèdent cinq mines et tirent leurs minerais des monts Oural; elles exposaient des fers en barres, de l’acier à outils, des tôles.
- Le district minier d’OLONETz, dans la Russie du Nord, dont les usines
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- appartiennent à l’Etat, exposait des fontes de diverses qualités et des projectiles en fonte présentant cette particularité que leur ceinture était constituée par une couronne dentée en fonte également.
- Comité 12. h
- IMPRIMERIE NATIONALE»*
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- Nous citerons ensuite :
- Les Usines de Votkinsky (gouv. de Viatka), qui, en dehors de leur production de fonte malléable, fers et aciers , ont des chantiers très importants de construction de bateaux, de machines à vapeur et de machines agricoles, etc;
- Les usines de la princesse Abamelek Lazarewna dont la spécialité est la tôle russe et les vergettes;
- Les usines de MM. Balashov frères, qui exposaient des échantillons de minerais, des fontes, des fers ordinaires, du fer homogène et de la tôle fine ;
- Enfin les hauts fourneaux au bois de Zigazinzki, qui appartiennent à MM. Shamov et C,e, dans le gouvernement d’Orenbourg.
- A signaler l’exposition d’objets d’art et de statuettes en fonte artistique de la maison Rastorgueff, des environs de Perm, reproduisant la plupart de ces bronzes qui ont popularisé chez nous le talent si original et si vivant des sculpteurs russes.
- Comme expositions houillères, les mines de la Alexeievskoie Mining Company, du sud de la Russie, montraient de beaux échantillons de leurs charbons, cokes et surtout de leur anthracite.
- La Société de Donbrowa exposait, avec ses charbons, des échantillons de dolomite, de blende, de calamine et de blanc de zinc.
- Il faut aussi mentionner la nouvelle carte géologique de la Russie d’Europe (1892) publiée par le Ministère des possessions de l’Etat.
- Enfin de nombreux échantillons de sel, d’huiles minérales et de naphte sous divers aspects complétaient cette très intéressante exposition.
- JAPON.
- La section japonaise des mines était digne de l’effort considérable fait par cette nation dans tous les palais de l’Exposition de Chicago.
- Elle témoignait d’une façon probante de la richesse minérale et de l’activité industrielle de ce peuple intelligent et laborieux, dont les progrès
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- MINES,.EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE.
- rapides frappent d’étonnement tous ceux qui s’intéressent à lui. On y remarquait de beaux échantillons de charbon, des cristaux superbes d’antimoine, de l’asphalte, de la plombagine, du cuivre brut et ouvré, des fontes, etc.; toute une série de modèles extrêmement curieux donnant le détail des exploitations minières, des spécimens de l’outillage métallurgique. Tout cela donnait à cette section un cachet et un intérêt particuliers.
- Elle était complétée par un ouvrage très documenté et extrêmement intéressant, donnant une énumération des progrès des mines et de l’industrie au Japon pendant les vingt-cinq dernières années, publié par M. Wada Tsunashiro, directeur du Bureau des mines, à Tokyo (déposé à l’Ecole des mines, à Saint-Etienne).
- CANADA.
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- Le Canada, en sa qualité de voisin des Etats-Unis, avait voulu montrer que ses richesses minérales ne le cèdent en rien à celles de la République américaine. D’où une collection minérale extrêmement variée, dont je n’entreprendrai pas la description, et pour laquelle je préfère renvoyer au rapport de la Commission royale du Gouvernement d’Ontario, que j’ai déposé, ainsi que beaucoup d’autres documents de même nature, à la bibliothèque de l’Ecole des mines de Saint-Etienne. J’aurai d’ailleurs l’occasion d’en reparler en étudiant les principales ressources minérales de l’Amérique. J’insisterai seulement sur les dimensions inusitées des roches de mica exposées et que l’on pourrait peut-être utiliser dans les fours en acier, comme je l’ai vu faire en Amérique pour les hauts fourneaux.
- ÉTATS-UNIS.
- La surface occupée par la section américaine au Palais des Mines était de 12,260 mètres carrés.
- Dans la grande galerie centrale se trouvaient les expositions minérales de 37 Etats. Une travée entière était réservée aux machines et appareils servant à l’exploitation des mines et au traitement des divers minerais. Toute la galerie supérieure contenait les produits industriels et ce qui représentait la partie technique de l’industrie des mines et de la métallurgie ainsi que les laboratoires d’essais et d’analyses.
- La Direction du Palais des Mines avait établi elle-même une collection
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- technique intéressante en minéralogie, métallurgie, charbons, sels et pierres de construction.
- Il n’est pas possible d’examiner en détail chacune des expositions particulières des Etats; leur caractéristique était l’exagération des spécimens de minéraux, présentés sous forme de montagnes de minerais ou de produits, et destinés à écraser l’imagination des visiteurs sous l’exhibition de richesses
- J’étudierai séparément les métaux dont l’importance est laplus considérable en Amérique : l’or et l’argent, le fer, le cuivre, le plomb et l’aluminium, et j’essaierai d’en dégager les faits qui peuvent intéresser notre pays soit comme extraction, soit comme production métallique. J’examinerai ensuite rapidement la série des combustibles, et je terminerai par quelques mots sur les machines les plus intéressantes exposées et sur le développement considérable que prend l’emploi de l’électricité dans l’industrie des mines.
- MEXIQUE.
- Ce que je viens de dire du Canada s’applique au Mexique dont l’exposition, très complète et très bien classée, est détaillée dans un catalogue documenté, déposé également à l’Ecole des mines de Saint-Etienne. Aucun spécimen métallurgique.
- Nous retrouvons ici la réédition de l’Exposition de Melbourne, avec ses trophées de charbon, ses lingots de cuivre, d’étain, d’argent, etc.
- Les importantes mines d’argent de Broken-Hjll proprietarv ont érigé une colonne surmontée d’un atlas supportant le monde, représentant la production de ces mines.
- Ici encore des catalogues variés, d’une minutie touchant à la puérilité, mais s’adaptant bien au monde des émigrants, montrent quel besoin tous ces pays neufs ont de bras nouveaux, et avec quelle intelligente rivalité chacun d’eux met tout en œuvre pour attirer chez lui le trop plein des vieux continents.
- AMÉRIQUE DU SUD.
- Parmi les différents pays de l’Amérique du Sud représentés à l’Exposition de Chicago nous citerons :
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- MINES, EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE.
- La République Argentine, avec ses charbons de San Raphaël et de San Juan, ses cuivres de la province de la Rioja, son sel marin de la Rio Negro Salt Company;
- La Rolivie, avec ses caoutchoucs dont elle présente de beaux échantillons, ses minerais d’or, d’argent, de cuivre, de plomb, de bismuth, de mercure, de platine.
- Le Grésil , qui présente une belle collection de pierres précieuses et de minéraux des bancs de l’Amazone ;
- Le Chili , qui mérite une mention spéciale pour sa belle exposition de nitrate et de carbonate de soude pour engrais, de MM. W. R. Grâce G0 (Nitrate combination [Iquique]). Son exportation de nitrate a atteint, en 1890, 1,050,019 tonnes, dont qo5,ooo tonnes pour la France. Cette exposition présentait une très intéressante collection de cristaux de sous-produits obtenus dans le raffinage du nitrate de soude, qui, sous le nom d’iodine, servent à la teinture et donnent de très belles variétés de tons rouge, orange, pourpre, violacé. Des flottes de soie teintées de ces diverses nuances en montraient la richesse de tons.
- L’Equateur, bien modeste.
- Enfin la Colonie du Cap, qui montre toutes les opérations de l’extraction du diamant, ainsi que celle de la taille et du polissage.
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- L’OR ET L’ARGENT
- A L’EXPOSITION COLOMBIENNE.
- PRODUCTION.
- La production de l’or dans le monde en 1891 se décompose ainsi :
- Etats-Unis......................................... 4(),9i7kilogr.
- Australie............................................. 47,245
- Russie............................................. 36,310
- Afrique.............................................. 21,366
- Chine................................................ . 8,020
- Amérique du Sud (moins Colombie)...................... 7^999
- Colombie........................................... 5,2 2 4
- Amérique du Nord (moins Etats-Unis)................ 4,i 11
- Europe ( moins Russie )................................ 2,856
- Amérique Centrale........................................ 226
- Total.................... 188,531
- Celle de l’argent de la même année se répartit entre les pays suivants
- Etats-Unis.......................................... 1,814,642 kilogr.
- Mexique............................................... 1,275,265
- Bolivie................................................. 372,666
- Australie........................................... 311,100
- Allemagne............................................... 180,000
- Pérou.................................................... 74,879
- Chili.................................................... 72,185
- France................................................... 71,117
- Espagne.................................................. 5i,5o2
- Autriche-Hongrie......................................... 5o,6i3
- I de l’Amérique.................................... 58,376
- de l’Asie........................................ 43,282
- de l’Europe...................................... 42,072
- Amérique centrale....................................... 48,123
- Total...................... 4,465,822
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- MINES, EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE.
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- PRODUCTION DES ÉTATS-UNIS.
- Cette production des Etats-Unis, de 1,814,642 kilogrammes d’argent et de 49,917 kilogrammes d’or, se répartit, par Etats, de la façon suivante :
- ÉTATS. ARGENT. TOTAL. OR. TOTAL.
- kiiogr. p. 100. kilogr. p. 100.
- Alaska a48 // i,35o Il
- Arizona 45,85o // i,46o a
- Californie 23,920 II 18,981 38.i
- Colorado 658,200 36.3 6,900 i3.8
- Dakota 3,ioo n 5,36o 10.7
- T-'ÉWgie : 1 11 124 //
- 126,000 6.95 2,520 5.o5
- Mi$sgan 2,260 n 124 u
- Wfflr 507,700 28.0 4,34o 8.07
- 109,950 6.0 3,ioo 6.2
- [mJ^Mexico 4i,i5o u i,36o n
- **dregon 7,i4o n 2,46o 4-9.5
- Carolines 171 // 384 //
- Texas 11,95° n u //
- ütah 972,000 i5 977 11
- Washington 5,120 n 496 u
- Autres Etats Total 282 i,8i4,642 u 3i 49.9*7 n
- La production de 1892, pour les États-Unis, est estimée à ^9,656 kilogrammes d’or et 2,018,584 kilogrammes d’argent ainsi répartis :
- Or. Argent.
- Provenant des raffineries............ 2 8,414 kilogr.
- Exporté dans des mattes cuivreuses.. 288
- Dépôt dans les banques................. 20,954
- Totaux............. 49,656
- 1,866,464 kilogr. 48,922 103,198
- 2,018,584
- PRINCIPAUX CENTRES DE PRODUCTION DE L’OR.
- Etats-Unis. — A. La Californie tient toujours la tête dans les producteurs de l’or : il n’est que juste de dire cependant que depuis que les tri-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- bunaux ont empêché l’exploitation, par la méthode hydraulique, des anciens placers, en raison des dégâts causés aux terrains inférieurs par les eaux et les dépôts de terre, la production est tombée de 31,000 kilogrammes en 1865-1870 à environ 18,500 kilogrammes pour ces sept ou huit dernières années.
- L’or se trouve en Californie dans une zone de schistes mézozoïques et paléozoïques sur le flanc occidental de la Sierra-Nevada. La plupart des mines ne contiennent, dans une veine quartzeuse, que l’or natif et de la pyrite ; elles ont généralement une direction Nord-Sud, et la teneur moyenne est d’environ i5 à 20 grammes par tonne; l’or se trouve encore, en quantités énormes, mais fort disséminé, dans les placers des terrains crétacés recouverts par des éruptions de lave tertiaire.
- B. En second lieu vient le Colorado avec une production oscillant entre 6,5oo et 7,000 kilogrammes, provenant pour 3a plus grande partie de sulfures complexes d’or et d’argent, plomb ou zinc et detellurures d’or, rencontrés dans des roches primitives. En 1892, on a commencé l’exploitation d’un nouveau district, dans le sud-ouest de l’Etat, près de Cripple-Creek. Cet État exposait de beaux échantillons d’or cristallisé.
- C. Les placers, recouverts de laves, du terrain cambrien, dans les Black Hills du Dakota, fournissent environ 5,000 à 6,000 kilogrammes, provenant d’un minerai pauvre, ne contenant pas plus de 18 francs en or par tonne, mais qu’on traite à l’usine de la Deadwood Terra Company, par exemple, pour moins de 8 francs la tonne.
- D. Le Montana vient ensuite ; mais la production qui, en 1866-1868, lors de l’exploitation des placers d’Adler Gulcb, près de Virgina City, s’élevait annuellement à 20,000 ou 22,000 kilogrammes, et jusqu’en 1870 se maintenait dans les iA,ooo ou 16,000 kilogrammes, est tombée maintenant à environ A,5oo kilogrammes. Cet or provient des mines situées près d’Helena, purement aurifères, et des mines auro-argentifères du district de Butte. A signaler des pépites d’or, des fils et des cristaux d’or, et des cristaux d’argent natif.
- E. La production du Nevada, qui, au moment de l’exploitation des amas de minerais riches du Comstock, était de 27,000 kilogrammes en 1887 et qui, de 1859 à 1889, atteignait 2iA,ooo kilogrammes d’or, est maintenant inférieure à celle du Montana.
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- MINES, EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE.
- F. Dans tous les autres Etats, y compris TAlaska , la production reste stationn aire.
- Amérique du Sud. — G. La Colombie est le seul producteur important; le Brésil et le Venezuela sont sur le déclin, tandis que les Güyanes anglaise et hollandaise augmentent leur production d’année en d’année.
- PRINCIPAUX CENTRES DE PRODUCTION DE L’ARGENT.
- A. États-Unis. —- Le centre de production le plus important est le Colorado, et il est digne de remarque que la baisse dans le cours du métal ne semble pas, au moins pour l’année 1892 (car il n’en sera pas de même pour 1893), avoir amené un ralentissement dans les districts argentifères. La production de Leadville a continué de diminuer, tandis que celle d’Aspen augmentait.
- La célèbre mine de Mollie Gibson, où l’on dit que l’argent peut être produit pour 0 fr. 75 les 3o grammes, rendus à New-York, a continué à produire de grandes quantités de minerai très riche.
- Dans le Montana, plusieurs des mines d’argent donnant un minerai de basse teneur, 600 grammes par tonne, traitable seulement pour l’argent, ont été obligées de fermer, et dans le district de Phiiipsburg les mines ont dû supprimer leurs opérations au commencement de 1893. La mine d’El-khom, qui fournit du minerai riche, a encore été capable de payer de bons dividendes.
- Les mines de TUtah et de I’Idaho , exploitées surtout pour le plomb, ont produit leur quantité habituelle, l’argent étant toujours pour elles un bénéfice net du traitement.
- Mais, avec les bas prix du métal sur les marchés de Londres et de New-York, il est à prévoir que, en 1893 et 189A, à part quelques mines extraordinairement riches, comme la mine Mollie Gibson, du Colorado, la mine d’Elkhom, du Montana, et la mine Delamar, de I’Idaho, l’argent produit proviendra en grande partie des minerais de plomb argentifère que l’on traite dans les grandes fonderies du Montana, de TUtah et du Colorado.
- B. Mexique. — Les principaux districts argentifères sont ceux de Gua-najuato, de Pachuga, de Zacatecas et deCATORCE; quoique le minerai di-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- minue de richesse, le développement des voies ferrées et l’introduction de meilleurs procédés métallurgiques permettent de traiter des minerais autrefois sans valeur.
- On doit aussi constater que les droits établis par les Etats-Unis sur l’importation des minerais de plomb ont refoulé au Mexique l’industrie de la fusion de plomb riche, et que d’importants établissements se sont créés à Montercy et à San Luis Potosi.
- Le Mexique exposait une très belle collection d’argent natif en cristaux, en aiguilles et en fil.
- C. Bolivie. — Les principales mines d’argent sont celles de Groro Hüanchaca et de Potosi. La production qui, en 1866-1870, était tombée à 90,000 kilogrammes par an, se relevait dans les quatre suivantes à une moyenne de 222,500 kilogrammes et s’élève maintenant à 872,000 kilogrammes. Seule, la Compagnie des mines de Hüanchaca a produit, en 1891, 182,223 kilogrammes.
- LA MÉTALLURGIE DE L’OR ET DE L’ARGENT A L’EXPOSITION COLOMRIENNE.
- A part les broyeurs de divers modèles exposés par la maison Fraser and Chalmers et les Chicago Iron Works (broyeurs à mâchoires Bloke, moulins Huntington, moulin Christian, moulin Bryan), tous de types connus, et à part la batterie de cinq pilons montée par Fraser et Chalmers et le four à plomb, à manchon d’eau, exposés par les deux mêmes maisons de construction, on trouve d’autres appareils de broyage qui présentent quelques particularités.
- Citons :leAmerican BailPulverizer, le Crawford Mïll, tous deux construits sur des principes à peu près identiques; une description de ce dernier fera comprendre le mécanisme des deux.
- Le minerai tombe par un entonnoir sur un disque tournant qui le projette avec force sous des boules en fonte, où il est broyé en poudre presque impalpable. Les particules d’or seules, en raison de leur poids spécifique, tombent dans un bain de mercure.
- L’eau introduite passe sous le disque, sur le mercure, et s’échappe par le haut, entraînant avec elle les résidus.
- Un arbre vertical mû directement par un moteur (courroie ou engrenage) transmet son mouvement au disque qui lui-même entraîne les boulets.
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- MIMES, EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE.
- A signaler encore le bocard à vapeur, exposé par Trimain et construit par les Chicago Iron Works; cet appareil renferme dans un mortier unique deux flèches d’environ 1 m. 20 de haut, se mouvant dans une armature métallique. La pièce la plus lourde ne pèse pas plus de 15o kilogrammes, ce qui permet au prospecter d’emporter sur des mules sa batterie et la petite chaudière portative qui l’accompagne; l’inventeur prétend que sa batterie de deux flèches peut broyer par jour une tonne de minerai; ce petit bocard à vapeur semble destiné à rendre de grands services dans la période d’exploration qui accompagne la découverte de filons aurifères dans un district inaccessible aux lourdes machines d’une installation régulière.
- Dans les procédés métallurgiques, seules les méthodes de lessivage sont représentées d’une façon détaillée.
- Le procédé Russell à Thyposulfite de soude, et le système Mac Arthur Forrest, pour le traitement des minerais d’or par une solution de cyanure de potassium, sont représentés par des modèles à grande échelle montrant tout le mécanisme dans ses détails.
- MÉTALLURGIE DE L’OR ET DE L’ARGENT.
- Les minerais d’or et d’argent peuvent être traités :
- A. Par voie de fusion du plomb ou du cuivre. On fait une matte ou du plomb d’œuvre et l’on effectue la séparation; environ 35 p. îoo de l’argent mis sur le marché provient des fonderies.
- B. Par amalgamation.
- i° Minerais d’or. -— Le quartz, ou, dans le cas des conglomérats des placers de l’époque secondaire, le conglomérat, est broyé d’abord dans des concasseurs, puis par des distributeurs automatiques et avec admission d’eau, dans des batteries contenant 5 pilons chacune. L’or s’attache au mercure des plaques amalgamées qui forment le garnissage du mortier, et à celui des tabhers, sur lesquels coule la boue liquide à la sortie du du mortier. Des tables de concentration reçoivent les résidus, séparant les , sulfures (pyrites) aurifères, et rejettent les parties stériles. Les produits de la concentration, sulfures complexes de fer, de cuivre et de plomb, sont traités ou bien par fusion avec des minerais d’or ou de cuivre, ou bien par chloruration : les sulfures sont grillés; la masse humidifiée est
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- ensuite traitée dans des bacs par du chlore gazeux, admis par un faux fond : le chlorure d’or est enlevé par un lavage à l’eau et l’or est précipité sur du fer.
- 2° Minerais d’argent oxydés ou chlorurés (Free Milling Ores). — Le minerai broyé, avec admission d’eau, dans des batteries, est ensuite renvoyé dans des cuves où l’on ajoute du mercure, et où l’or subit une agitation mécanique ; de là, la masse passe dans des bacs à repos, où l’amalgame se sépare; cet amalgame siphonné est distillé, fondu et raffiné.
- 3° Minerais d’argent sulfurés, ou minerais auro-argentifères. — Le minerai est d’abord soumis, avec de 6 à 13 p. îoo de sel marin, à un grillage chlorurant dans des fours à tablettes, à chute libre, ou rotatifs. La pulp grillée passe ensuite dans des cuves avec de Teau chaude et du mercure, puis dans des bacs; l’amalgame est raffiné comme ci-dessus.
- C. Par lessivages.
- i° Minerais d’argent. — Dans le procédé Russell, le minerai, après avoir été broyé est soumis à un grillage chlorurant, afin de transformer en chlorure d’argent les différents sels de ce métal. Ce chlorure d’argent ainsi formé est ensuite lessivé par une solution d’hyposulfite de soude, puis par une extra-liqueur, contenant un peu de sulfate de cuivre ; le plomb est précipité à l’état de carbonate et l’or et l’argent à l’état de sulfures par addition de sulfure de sodium. Ce procédé, au sujet duquel toute une polémique a été soulevée par ses partisans contre les défenseurs de l’amalgamation, a été en usage pendant cinq ans à I’Anglo-Mgxican Mining Company, de Yedras, Sinaloa (Mexique), et pendant quatre ans, à la Daly Mining Company, Park City (Utah). Les inventeurs prétendent que l’on peut, à un coût de y.5o dollars, obtenir un rendement de 91.57 p. 100, au lieu d’un rendement de 91 p. 100, à un coût de 10.16 dollars par tonne traitée, par l’ancien procédé d’amalgamation (expériences faites à l’usine d’Ontario [Utah]). Ils disent, d’autre part, que, pour le traitement d’un même nombre de tonnes du même minerai, l’usine d’Ontario (amalgamation) exige en comparaison avec le moulin de Massae (procédé Russell) 45 p. 100 de plus de force motrice, 39 p. 100 de plus de main-d’œuvre, 3o p. 100 de bocards en plus, 48 p. 100 de sel marin en plus, un excès de 4o p. 100 de réactifs et de 100 p. 100 de fours à réactions, avec un rendement moindre.
- Et pourtant, le procédé ne semble pas être l’objet de la faveur des
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- MINES, EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE. 61
- métallurgistes, et les minerais auxquels ce procédé peut s’appliquer sont rares.
- 2° Minerais d’or. — Le procédé Mac Arthur Forrest consiste dans l’emploi d’une solution faible de cyanure de potassium (de 5 à i5 livres de KCy par tonne d’eau). L’or contenu dans le minerai pulvérisé est dissous, puis précipité à l’état métallique sur du zinc en copeaux. Ce procédé, autour duquel s’est fait un certain bruit pendant les trois dernières années, semble être appliqué avec succès dans l’Afrique australe sur les résidus de l’amalgamation dans les moulins à bocards. Aux Etats-Unis, il a été expérimenté en maints endroits par des personnes que sa simplicité théorique attirait, et essayé sur des minerais de richesse et de composition fort différentes ; il ne semble avoir été réellement couronné de succès qu’à l’usine Mercur, dans l’Utah, sur des minerais argileux qui, à l’amalgamation, ne rendaient que 35 à 4o p. îoo.
- LE CUIVRE.
- En 1892, la valeur totale du cuivre mis par les États-Unis sur le marché a été de 37,85o,ooo dollars, représentant une production de 1/15,170 tonnes (de 2,2/io livres anglaises), soit les 49.80 p. 100 de la production totale du monde qui a atteint, pour cette année, 2 91,4 7 A tonnes. Les principaux pays producteurs sont :
- États-Unis.............................................
- f Rio-Tinto. ......................... 3o,aoo
- Espagne. < Tarsis............................. 10,800
- ( Autres mines....................... 5,600
- Chili..................................................
- Japon..................................................
- Mansfeld (Allemagne)................................ *
- 145,170 tonnes.
- 46,600
- 20,000
- 18,000
- 14,687
- Les 145,170 tonnes des États-Unis se répartissent ainsi :
- Montana.............................. 73,348 tonnes soit 5o.65 p. 100.
- Michigan.............................. 47,960 — 32.85
- Arizona.............................. 16,964 — 11.75
- Colorado............................... 3,236 — 2.23
- Les autres Etats....................... 3,662 — 2.52
- L’Etat de Michigan a produit dans le district du Lac Supérieur, de
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- 1845 à 1890, 57 p. 100 de la production totale des États, mais, depuis 1887, le Montana est passé au premier rang.
- Au Lac Supérieur, le cuivre se trouve à l’état natif dans des roches primitives, sous formes de veines, de poches, ou entre les cailloux des conglomérats résultant de la désagrégation des roches primitives. La teneur moyenne de ces dépôts atteint A p. 100 dans la Mine Calumet pour descendre à o.65 p. 100 dans la Mine Atlantic. Les belles masses de cuivre que l’on trouvait, il y a vingt ans, et quon était obligé de tailler à froid, n’existent plus que comme souvenir, ou pièces de musée, et il est rare de trouver des blocs pesant plus de quelques centaines de kilogrammes.
- C’est de cette façon que la Mine centrale expose des blocs anciens de cuivre natif pesant 2,800 kilogrammes et même 3,860 kilogrammes. La Mine Calumet et Hecla expose un bloc de conglomérat avec pellicules de cuivre natif pesant 7,000 kilogrammes.
- Notons, outre le cuivre natif, des oxydes, des produits d’altération du cuivre des mines; des modèles de puits et de soutes à minerais des mines Tamarack et Calumet.
- Les minerais du Montana proviennent presque exclusivement du district de Butte City, comté de Silver-Bow, et sont entre les mains de six grandes compagnies. Le cuivre se rencontre dans le granité sous forme de sulfure de cuivre et de pyrite de fer et de cuivre. Les veines varient en puissance, entre A et 5o pieds d’épaisseur, et atteignent jusqu’à 60 p. 100 dans une zone de concentration du cuivre à une profondeur de 200 à 300 pieds. L’argent se trouve associé dans la proportion de 8 à 10 onces par tonne de minerai.
- La Compagnie d’Anaconda expose du sulfure de cuivre natif de 7 A p. 100. La Parrot Silver and Copper Mining Company expose des spécimens de cuivre panaché ou amhescite, aux magnifiques couleurs bleu indigo, pourpre et jaune d’or, qui caractérise la zone d’enrichissement.
- Les gites cuprifères de I’Arizona se trouvent dans des schistes cristallins (United Yerde Mining Company) ou dans des calcaires carbonifères (districts de Clifton, de Globe et de Bisbee).
- La Copper queen Consolidated Mining Company expose un magnifique bloc d’azurite concrétionnée, avec couches alternées de malachite, qui se dresse
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- MINES, EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE.
- au milieu du pavillon de l’Arizona; elle montre aussi des cristallisations remarquables d’oxydes et de carbonates de cuivre dans une gangue calcaire ferrugineuse. La Old Dominion Gopper Company expose de beaux échantillons de carbonate bleu et vert, ainsi que de la chrysoeolle.
- Au Colorado, la source principale de cuivre réside dans les mélanges de pyrite et de chalcopyrite, que l’on rencontre avec les minerais de plomb dans les calcaires siluriens de Leadville. ,
- Traitement des minerais de cuivre. — Si les échantillons de minerais, de métal et d’objets manufacturés en cuivre étaient légion au Palais des Mines, les méthodes et les modèles d’appareils de traitement de ce métal n’existaient pas, pour ainsi dire. Dans la section technique du premier étage, on trouvait seulement quelques tableaux synoptiques du traitement du cuivre. — Nous reproduisons l’un d’eux.
- TRAITEMENT DES MINERAIS SULFURES.
- Minerai de Fusion ( Contenant de 20 k 26 p. îoo de enivre) Four de grillage
- Minerai^ ^pülé
- Four àmatte
- Soorie jetee
- Matte^ ( 55 à 60p. îoo de cuivre )
- C onvertis s eurs
- Scories
- Four à vent et à manchon d’eau MÂtte 1 Scoriejetée
- Cuivre en plaques Bao électrolytique
- » f~
- ' Reverbere
- Boues ___*
- Cuivre dépose Four de fusion
- Sooràes riches _______1
- Î Scorie riahe
- ' argent Cuivre en lingots ; et or pour marché
- ALliag ^ couvre et or
- Chaudières de séparation
- Argent
- 99%
- Or 99 %
- k-
- Nous pensons donc qu’il est utile de décrire en quelques mots les procédés dé réduction, tels qu’ils sont pratiqués dans les trois grands centres miniers des Etats-Unis: le Lac Supérieur, l’Arizona et le Montana.
- Au Lac Supérieur. — L’une des mines les plus remarquables de cette
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- région est sans contredit la mine Atlantic : le minerai qu’on y a traité en 1892 ne contenait que i2.3i livres anglaises par tonne de 2,000 livres, soit 0.615 p. 100, et cependant, le coût total par tonne, à l’usine, plus le transport à New-York du produit fini et les dépenses générales, ne s’est pas élevé à plus de 1.3961 dollar par tonne, soit 10 cents 8â par livre de cuivre, tandis que le prix moyen du cuivre à New-York était de 11 cents 1/2. !
- D’après une communication du directeur technique, le traitement est le suivant : le minerai est d’abord broyé sous 5 pilons à vapeur [diamètre du cylindre 18 pouces (0 m. oA5); course du piston 26 pouces (0 m. 66) ; les 5 bocards par vingt-quatre heures fournissent 1,000 tonnes de minerai]. Le minerai broyé passe dans les classificateurs consistant en bacs à fonds pyramidaux; les boues allant aux tables rondes, tandis que les gros vont aux bacs à piston. On emploie pour traiter cette quantité de minerai 100 bacs à piston et i5 tables rondes; le produit de la concentration, d’une teneur de y3 p. 100 en cuivre, passe directement au four à réverbère, puis au four de raffinage, donnant ainsi le cuivre marchand, aussi pur que du cuivre électrolytique.
- Les frais de traitement se décomposent de la façon suivante pour 1892.
- Extraction, triage, taxes....... 0.8898 dollar par tonne.
- Transport à l’usine............. o.o333 —
- Broyage et préparation mécanique. 0.2609 —
- Fonte pour cuivre, transport à
- New-York...................... 0.1767 —
- Total................ 1.3007
- 4*199 0 166 1 a54
- o 883 6 5o3
- En ajoutant les intérêts, etc., on aura 1.3351 dollar par tonne (6 fr. 675).
- La tonne de minerai pour la même année donnerait un rendement de 1.A6A5 dollar (7 fr. 3225).
- Dans ïArizona. — Les minerais carbonatés de l’Arizona sont mélangés à des oxydes de fer qui rendent facile la réduction du cuivre. Une simple fusion au four à manchon d’eau donne un métal à 97 ou 98 p. 100, qu’on raffine au réverbère. Mais les minerais oxydés, en quantité suffisante pour justifier le traitement spécial, se font rares en Arizona, et, à mesure que les travaux des mines sont conduits plus profondément, la chalcopy-^
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- rite prédomine et exige un traitement avec préparation mécanique et grillage préalables.
- Dans le cas des minerais oxydés, la matte que l’on produit est grillée en tas et ajoutée à la charge d’une opération suivante. Les minerais pyritiques de la Compagnie United Verde sont grillés en tas, traités pour mattes, et concentrés pour cuivre noir au convertisseur Manhès.
- Au Montana. — Les minerais de Butte-City, traités à Butte-City même, à Anaconda (Anaconda Mining Company), ou à Great Falls (Boston et Montana Copper Mining Company), contiennent une moyenne de y p. 100 de cuivre (Anaconda), ou 10 à 12 p. 100 (Butte et Great Falls).
- La marche générale du triatement est la suivante :
- Le minerai pauvre (de4ài2p. 100) subit une préparation mécanique qui l’amène à une teneur en cuivre de 18 à 20 p. 100; on le grille et on le mélange alors au minerai de première classe (25à3op. 100) grillé également, pour en composer le lit de fusion qui doit passer au four à manchon d’eau ou au réverbère. La matte obtenue ( 55 p. 100 de cuivre) est : soit envoyée dans l’Est des Etats-Unis, soit plus fréquemment, depuis trois ans, traitée au convertisseur Manhès pour cuivre noir, d’une teneur de 97 p. 100. Ce cuivre noir est maintenant raffiné électrolytiquement dans les deux plus grandes usines (Anaconda et Great Falls). Les autres usines l’envoient généralement à la raffinerie de Baltimore.
- Comme on trouve à Butte ou dans les environs les derniers appareils métallurgiques employés au traitement du cuivre, nous allons donner une description sommaire des deux installations les plus importantes, celle à'Anaconda et celle du Boston and Montana Consolidated Copper and Silver Mining C°, en rappelant que, sur les 73,348 tonnes attribuables à Butte pour l’année 1892 :
- Tonnes métriques.
- La Compagnie d’Anaconda a produit.................. 4o,8a3
- La Boston Montana a produit......................... 13,770
- Total................................. 54,5g3
- L’installation de la Compagnie d’Anaconda en deux usines comprend : 1 h bocards à vapeur, du système Bail, et toute la série des bacs à piston et tables rondes nécessaires à la préparation mécanique de 3,500 tonnes de minerai brut; 190 fours de grillage Bruckner, d’un diamètre de 8 pieds Comité 12. 5
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- 6 pouces (2 m. 59), sur 18 pieds et demi de longueur (5 m. 6A) [chacun d eux contient de 10 à 12 tonnes de minerai concentré que l’on grille, en vingt-quatre heures, jusqu’à ne laisser que 7 à 12 p. 100 de soufre]; 56 fours à réverbère pour la fusion pour matte.
- L’atelier d’essai pour la transformation de la matte en cuivre noir dans les cornues Manhès, et pour l’électrolyse du cuivre noir ainsi produit, ne comprend encore que 12 convertisseurs, et ne peut fournir, avec le bac d’électrolyse, en vingt-quatre heures, que 20 tonnes de cuivre raffiné. Cette installation sera sous peu agrandie suffisamment pour raffiner tout le cuivre produit à l’usine.
- La nouvelle usine de la Butte and Boston Company, à Great Falls, est située sur les bords du fleuve Missouri,, au-dessous d’une chute de 12 mètres. La force motrice fournie par des turbines, du type Victor, monte à 2,600 chevaux, et alimente l’atelier de préparation mécanique, les souffleries, l’atelier d’éclairage électrique et l’atelier de raffinage électrolytique.
- L’atelier de -préparation mécanique est divisé en trois sections; dans chacune d’elles se trouvent deux broyeurs, du type Blake, puis des grilles, ensuite des plus petits broyeurs, des seconds tamis, et enfin des cylindres. De là, le minerai passe dans des séparateurs hydrauliques (Spitz-kasten), puis dans des jigs (bacs à piston). Les gros qui sont encore mélangés à du stérile passent alors dans un moulin, du système Huntington, puis dans les jigs, et enfin aux tables rondes pour les boues.
- Le minerai concentré est séché et déversé à la partie la plus élevée de la fonderie. Le grillage se fait dans des fours Bruckner, chauffés par du gaz produit dans des gazogènes Taylor, et le minerai grillé tombe dans les réverbères à matte : ces derniers offrent cette particularité, qu’ils sont basculants et que la matte est directement déversée dans les cornues Manhès. Les fours à gaz Taylor sont employés également pour ces réverbères. L’atelier d’affinage est encore en voie de construction.
- Aux usines du Parrot, à Butte, la matte est obtenue dans des fours à manchon d’eau et avant-creuset, avec séparation automatique de la matte et de la scorie, du système de la Chicago Iron Works Company.
- Le grillage se fait aussi à Butte (principalement à l’usine Butte et Boston) dans des fours O’bara : ces fours ont 2 soles, pourvues de râteaux
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- métalliques attachés à 2 chaînes sans fin qui se meuvent à l’extérieur du four, à l’abri du minerai qu’on grille.
- La livre de cuivre (453 grammes) vendue à New-York 11 cents 1/2 en 1892 a pu être produite par les usines de Butte et portée à New-York à un prix de 9 cents 1/2. Aucun chiffre exact n’est publié par les grandes compagnies.
- Une étude complète des procédés américains de la métallurgie du cuivre, quelque intéressante qu’elle puisse être, nous entraînerait trop loin, et il nous faut renvoyer aux publications et journaux scientifiques des États-Unis.
- OUVRAGES AMÉRICAINS A CONSULTER SUR LES PROGRES RECENTS DE LA MÉTALLURGIE DU CUIVRE.
- 1. The american methods of Copper Smelting. D. D. Peters, 5e édition. New-York, 1898.
- 2. The Minerai Industry, etc. N. Y., 1898. Rich. P. Rothwell.
- 3. The Minerai Resources of the U. S., 1882-1891. 8 vol. Departement de l’Intérieur. Washington.
- A. The Copper bearing rocks of Lake Superior.
- 5. Monographie V. — U. S. Geological Survey, 1883. Roland D. ïrving.
- 6. Copper Smelting, Bulletin 26. — U. S. Geological Survey, 1885. Henry M. Howe.
- 7. Transaction American Institute Mining Engineers. 20 vol. (passim).
- 8. The Engineering and Mining Journal. 56 vol.
- 9. The Minerai Industry ofJapan. Tokio, 1893.
- 10. The New South Wales Eæhïbit (Mining, Melallurgy). Sidney, 1893, etc.
- LE PLOMB.
- PRODUCTION DU PLOMB AUX ÉTATS-UNIS.
- Au nombre des pays producteurs du plomb, les États-Unis d’Amérique occupent maintenant le second rang. En 1891, i63,3o3 tonnes ont été produites aux Etats-Unis contre 106,000 en 1881, et 18,000 en 1871. La même année, 1891, les principaux pays producteurs de plomb d’œuvre mettaient sur le marché les quantités suivantes (tonnes métriques) :
- Espagne........................................ 235,000
- Allemagne...................................... q5,5 15
- 5.
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- 56,3oo
- 32,700
- i8,5oo
- Nouvelle-Galles du Sud
- Royaume-Uni............
- Italie.................
- En 1892 la production des États-Unis s’est élevée à 198,276 tonnes, d’une valeur sur place de 17,917,000 dollars.
- Cette production se répartit de la façon suivante :
- A. Plomb d’œuvre provenant de minerais d’importation mexicaine.................................................
- 35,900 tonnes.
- B. Plomb d’œuvre provenant de minerais non argentifères :
- Missouri............................ 29,200
- Wisconsin, Illinois, divers......... /i,4oo
- 33,6oo
- C. Plomb d’œuvre provenant de minerais argentifères :
- Colorado...........................' 5 5,760
- Idaho et Montana...................I 33,5oo
- Ulah............................. > 27,500)128,776
- Nevada, Arizona, Californie, Nouveau-»
- Mexique, Dakota................./ 12,026
- Total.......................... 198,276
- Du tableau qui précède, il ressort qu’en somme la source principale du plomb d’œuvre qui alimente le marché des Etats-Unis est le minerai argentifère et quelquefois auro-argentifère des Montagnes Rocheuses, et que ce minerai a fourni plus des 79 p. 100 de la production de 1892.
- GÎTES MINÉRAUX DES ÉTATS-UNIS.
- A. Les minerais non argentifères du bassin du Mississipi se rencontrent dans les calcaires dolomitiques, plus généralement comme remplissage des cavités ou des fentes de la roche sédimentaire, parfois aussi à l’état d’im-prégnàtions par substitution de la même roche.
- Dans la vallée du Haut Mississipi (Wisconsin et Illinois) les minerais de surface sont le carbonate et le sulfate ; plus bas on rencontre la galène pure tant qu’on ne descend pas trop profondément, puis la galène mélangée de blende et de pyrite; ces dernières, dans les travaux les plus pro-onds, vont jusqu’à prédominer sur le sulfure de plomb.
- Dans l’Etat de Missouri, le district du Sud-Est, dans lequel se trouvent
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- les mines de Saint-Jor et de la Motte, est remarquable par Tabsence de blende et la présence d’une pyrite cobalto-nickellifère; dans le district Sud-Ouest, qui se continue jusqu’à l’Etat du Kansas, le zinc est très fréquemment associé au plomb, et les mines sont en réalité exploitées plutôt pour le zinc que pour le plomb.
- B. Des gîtes minéraux plombifères des Montagnes Rocheuses, ceux du Colorado sont de beaucoup les plus importants; on les trouve soit dans des filons, soit dans des calcaires paléozoïques, pénétrés par des roches éruptives tertiaires : de ces derniers (Leadville, Aspen) on tire près de 70 p. 100 du plomb argentifère du Colorado.
- Dans le comté de Boulder, la galène est fréquemment associée à des minerais d’argent riches.
- Dans la région du San Juan, la galène se trouve dans des fdons de quartz traversant d’immenses épanchements de roches éruptives tertiaires : on rencontre dans ces fdons de l’argent natif, du bismuth argentifère, quelque peu d’or, beaucoup de zinc.
- A Leadville, le minerai se trouve plus particulièrement au contact d’une roche éruptive le porphyre blanc de Leadville avec le calcaire bien ou carbonifère ; la galène est généralement associée au fer.
- Dans I’Idaho, sa roche encaissante est un quartzite, ou un schiste, dans -lequel la galène avec ses produits de décomposition se trouve en veines, variant de quelques pouces à 25 pieds de puissance (région du Cœur d’Alène), ou bien encore un calcaire (région du WoodHivet). Ces minerais sont amenés aux fonderies du Montana, de l’Utah et du Colorado, après avoir subi une préparation mécanique qui les enrichit jusqu’à une teneur de 60 p. 100 de plomb, et de 3o à 65.80 onces d’argent par tonne.
- Dans I’Utah, les gîtes plombifères se trouvent dans les calcaires ou au contact des calcaires et des roches éruptives. Dans le district de Salt Lake, les minerais de traitement sans préparation mécanique contiennent environ 4o p. 1 00 de plomb et i5 onces d’argent à la tonne.
- PRÉPARATION MÉCANIQUE ET GRILLAGE DES MINERAIS.
- On peut dire qu’en pratique tous les minerais argentifères, ou non subissent une préparation mécanique avant fusion.
- Le grillage se fait soit dans des réverbères, soit dans des fours cylin-
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- driques tournants : ce sont du reste les mêmes que l’on emploie dans les traitements des minerais de cuivre, d’or et d’argent.
- TRAITEMENT MÉTALLURGIQUE.
- Remarques générales. — En thèse générale, on peut dire que les métallurgistes américains, dans le traitement des minerais de plomb, ne s’écartent guère des formules européennes. Les perfectionnements ou modifications qu’ils ont apportés ont été le résultat des conditions particulières qui influencent l’industrie métallurgique aux Etats-Unis, plus particulièrement dans l’Ouest, à savoir :
- A. L’énormité des frais de transport à longue distance.
- B. L’éloignement des centres manufacturiers où l’on peut se procurer les matériaux de construction.
- C. Le prix élevé de la main-d’œuvre.
- D. L’obligation, pour satisfaire les spéculateurs, d’obtenir le plus rapidement possible des bénéfices.
- E. L’absence ou l’éloignement d’un marché pour des produits secondaires que l’on ne cherche même pas à récupérer.
- Ces conditions spéciales ont fait que le traitement au réverbère ou au four à manche a été presque entièrement négligé, et que là où on l’a conservé, il a été modifié de façon à donner un rendement plus considérable. Elles sont aussi la cause dominante des changements apportés dans les fours du type Raschette, changements ayant pour but de rendre le travail continu et de diminuer l’emploi de la main-d’œuvre, surtout de la main-d’œuvre spéciale. Ce sont elles qui ont amené l’emploi universel des fours à water-jacket, avec écoulement continu et automatique du plomb.
- Nous décrirons seulement cette dernière méthode.
- Fusion au water-jacket ou four à manchon d'eau. — Ce genre de four, qui a pris un tel développement aux Etats-Unis, surtout dans les régions minières des Montagnes Rocheuses, a eu probablement pour origine la difficulté que les métallurgistes, il y a quelque vingt ans, ont éprouvé à se procurer des matériaux réfractaires, indispensables pour la construction et les réparations du creuset. La mine de cuivre Longfellow, en Arizona, fut mise en exploitation il y a plus de vingt ans, à un moment où le chemin de fer n’en arrivait qu’à 700 milles; chaque brique coûtait un dollar. On
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- construisit donc un four de plaques de cuivre fondues sur place, que Ton arrosait d’eau; de là, on passa à l’emploi de manchons de cuivre, dans lesquels circulait de l’eau froide; en 1882, on les remplaça par des manchons de tôle de chaudière. Déjà alors, le type actuel de water-jacket était d’un usage général pour la fusion des minerais de cuivre et de
- Un autre avantage du four à manchon d’eau est la marche continue que l’on peut y entretenir et la suppression des arrêts pour réparation à la doublure de briques réfractaires.
- Le trait distinctif du creuset est le siphon de décharge du plomb (A.rents-siplion-tap), grâce auquel se trouve supprimée, dans les fours qui l’ont adopté, et ils sont en grande majorité, l’opération de la coulée; cette opération exigeait l’arrêt du vent et une grande attention des hommes pour éviter de laisser passer la scorie après l’écoulement du plomb; la remise en marche favorisait de plus, par les changements de température, la formation de loups et d’accrochages le long des parois du four. L’amélioration introduite par M. Arents consiste en ceci :
- Un chenal incliné de 3 à A pouces court de la partie la plus basse du creuset au niveau du sommet à l’extérieur. Là, il communique avec un réceptacle en forme de cuvette, dont la longueur varie, suivant les dimensions du creuset, de 22 à 3o pouces. Le four étant en marche, le creuset est presque complètement rempli de plomb ; celui-ci monte dans le siphon de décharge à un niveau plus élevé, et vient se déverser dans la cuvette. De cette cuvette on retire de temps à autre le métal à la cuiller, ou bien on ne le fait couler qu’à intervalles réguliers, lorsque la cuvette est pleine.
- Les manchons d’eau se font en fonte ou en tôle forgée; ces dernières sont plus coûteuses, mais durent plus longtemps, à moins que l’on ne laisse des incrustations qui sont plus nuisibles à la tôle qu’à la fonte.
- Le vent est fourni par des souffleries rotatives du type Baker ou Root; la soufflerie Root semble être plus en faveur, à cause de la facilité avec laquelle on peut en modifier la vitesse, et de l’amplitude des limites entre lesquelles cette vitesse peut varier.
- Généralement, pour des motifs d’économie, d’entretien et de main-d’œuvre, plusieurs souffleries envoient le vent dans une conduite unique d’où on le distribue ensuite aux différents fours.
- Parmi les différents types de tuyères, on doit remarquer la tuyère d’Eve-reux, dont la caractéristique est que l’on peut diriger le vent en haut, ou en
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- bas, suivant les besoins. Le trou de la tuyère est garni d’un manchon de bronze, dans lequel peut tourner à friction un cylindre de fer forgé. En tournant le cylindre on peut diriger le vent, vers le haut, le bas, la droite ou la gauche, mais jamais vers le centre.
- Les dimensions du four à manchon d’eau varient de 86 à 120 pouces en longueur, et de 30 à A2 en largeur. Les plus petits sont employés avec un vent à pression basse (1 pouce environ de mercure, correspondant à à une demi-livre ou 8 onces de pression par pouce carré), les plus grands avec une pression de 2 pouces environ, soit 1 livre par pouce carré.
- De la force du vent dépend la hauteur du four, ou la distance entre les tuyères et le plancher de chargement.
- Un four de 33 pouces sur 100 pouces, avec 5 tuyères de chaque côté et 12 pieds de hauteur réelle au-dessus des tuyères, passera, avec un vent à la pression de 1 pouce 1/8, une charge de 60 tonnes.
- Quant à la marche des opérations et au coût du traitement de 1 tonne, les variations sont si grandes dans les mélanges que l’on fond, et le coût du combustible, des fondants et de la main-d’œuvre oscille dans de telles limites, qu’il est difficile de rien dire de précis à ce sujet. Les tables publiées par les auteurs américains montrent que le traitement de la tonne déminerai peut, suivant le cas, revenir à 3o dollars ou à 6 dollars.
- ÉTATS-UNIS DE L’AMÉRIQUE DU NORD.
- Les minerais non argentifères du Missouri sont représentés par une belle collection des minéraux de zinc, rencontrés dans cet Etat. L’usine de la Saint-Joseph Lead Company, de Bonne-Terre, expose des saumons de plomb, et un modèle de leur atelier de préparation mécanique, broyeurs à mâchoires, bacs à piston et tables à courroies de Fru.
- L’Etat du'KANSAs, qui, en 1892, a produit environ 7,000 tonnes de minerai de plomb, après avoir commencé en 1886 par 3,ooo tonnes, expose des échantillons de galène et de blende, et des saumons de plomb.
- Le Wisconsin cherche également à prouver la valeur de ses gîtes plom-bifères.
- Parmi les producteurs de plomb argentifère, le Colorado tient le premier rang avec 6i,5oo tonnes anglaises; il expose une collection complète des minerais traités et des produits obtenus aux usines de Pueblo (Colorado Lead Smelting (?), de Leadvifle (American Smelting C°, Bimetalhc
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- Smelting C°, Harrisson Réduction Works, Holden Smelting cindMilling C°) et de Denver (Boston and Colorado Smelting and Refining C°, Omaha and Grand Smelting and Refining C°).
- LTdaho et TUtah, qui suivent en importance, présentent des pyramides, des tas plutôt, de minerais, arrangés sans goût, ni classification, et avec l’intention trop évidente de montrer combien abondamment le plomb se trouve dans ces deux Etats.
- Dans la section technique se trouve un tableau schématique donnant le détail de toutes les opérations de la fonte des minerais plombo-cupritères à Tusine de Pueblo (Colorado), et une autre tablé plus générale que nous reproduisons ici.
- Fondants
- Minerai
- Minerai de for calcaire
- ComVastLble
- Charbon
- Oxyde
- Sulfuré
- "T" ^ ^ J J—
- Foup a vent et a manchon d'eau. *
- s de bois ,cake )
- Pimnb argentifère Speiss
- T . A'
- Plomb d’oeuvre Grillade , f t en tas
- b e sar£en talion ou en
- ° Stalles
- MatteScorie Poussière et Accrochai es
- l . Fumées 1 ^~
- GWUî
- i£e ,----j----
- ® Agglomérés
- Four a matte
- Matte cuivreuse
- y
- U sine à cuivre
- Scorie
- Poussières
- Accrochages
- Comme appareils se rapportant à la métallurgie du plomb, Fraser et Chalmers, et les Chicago Iron Works exposent des appareils de broyage, de concentration et des fours water-jacket, décrits dans la note métallurgique dont nous avons fait précéder cette étude.
- LE MARCHÉ DU PLOMB AUX ÉTATS-UNIS EN 1892.
- Le plomb s’est vendu à New-York 4.2 o dollars (21 francs) les 100 livres (45 kilogr. 3) au mois dé janvier et 3.80 dollars (19 francs) au mois de décembre; le cours moyen étant de A.09 (20 fr. 45) pour l’année. Les deux années précédentes avaient été meilleures, et la situation semble d’autant plus bizarre, que les stocks de plomb ont diminué, que la consomma-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- tion a augmenté, et que, pendant presque toute Tannée, les gueuses de plomb se sont vendues, encore chaudes, de T usine au marché. L’explication d’un tel fait doit être cherchée dans les agissements des deux puissants syndicats, la National Lead Company, qui domine l’industrie du blanc de plomb, et la Lead Shot, combinaison qui est maîtresse du marché du plomb en barres et en grains. Ces deux syndicats achètent quand ils le jugent bon, et sont ainsi en mesure d’imposer leurs prix.
- La production en 1892 a été, comme nous Tavons dit, de 218,500 tonnes anglaises (198,276 tonnes métriques).
- La consommation a été la suivante :
- DÉSIGNATION. TONNES ANGLAISES. TONNES MÉTRIQUES.
- Céruse 66,800 58,775
- Tuyaux 37,000 33,56o
- Plaques i3,5oo 12,266
- Granulé i5,ooo i3,6o5
- Divers 75,626 67,683
- Total. 206,926 185,867
- LISTE DE QUELQUES OUVRAGES À CONSULTER SUR LA METALLURGIE DU PLOMB
- AUX ÉTATS-UNIS.
- The Metallurgy of Lead, by H. 0. Hofman, 1893.
- The Minerai Industry; its statistics, technology and trade for i8ga, by R. P. Roth-well, 1893.
- U. S. Geological Survey. — Minerai Resources of the United States, 1882-1891, 8 volumes, by D. T. Day.
- Geology and Mining Industry of Leadville, Colorado (Monographie XX. — U. S. Geological Survey), by S. F. Emmons, 1886.
- Geology of the Eurêka district, Nevada (Monog. XX. — U. S. Geological Survey ), by A. Hague, 1892.
- Silver Lead Desposits of Eurêka, Nevada (Monographie VII, idem), by J. S. Curtis, i884.
- Transactions of the American Institute of Mining Engineers (1871-1893). 22 volumes (passim).
- The Engineering and Mining Journal (passim).
- Geological Survey of Missouri : Industrial Report, 1 §77, by Williams, idem, 1874, etc.
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- L’ALUMINIUM.
- Ce métal, relativement nouveau, et dont la consommation va croissant chaque jour, à mesure que diminue son prix de revient, est l’objet d’un engouement tout particulier aux Etats-Unis. La Pittsbdrg Réduction Company, qui exploite le procédé Hall, est à la tête des différents producteurs américains; elle avait une exposition très complète et très remarquable tant de ses fours électriques et des minerais qu’elle traite que des échantillons très variés des divers emplois de l’aluminium.
- L’aluminium est extrait aux Etats-Unis de la cryolithe du Groenland et de la bauxite pulvérisée provenant d’Allemagne.
- On l’extrait encore d’une sorte de corindon contenant 33 p. 1 oo d’aluminium. Il y a également des gisements de bauxite en Alabama, en Géorgie et dans l’Arkansas.
- Le procédé Hall ressemble beaucoup au procédé Minet ; seulement, au lieu de doser le bain avec du chlorure de sodium, on emploie du fluorure de lytbium. Dans le procédé industriel de la Pittsburg Réduction C°, on décompose la bauxite en présence de la cryolithe, en se basant sur ce fait que le sesquioxyde d’aluminium est réduit par un courant électrique quand la réduction se fait en présence d’un fluorure double d’aluminium.
- On se sert à cet effet d’un bac en tôle, garni intérieurement de charbon pilé et de goudron, formant l’une des électrodes.
- L’autre électrode est constituée par des morceaux de charbon plongeant dans la masse à réduire.
- Ces deux électrodes sont reliées à des conducteurs électriques. Au centre est l’aluminium fondu; il est presque pur et ne contient comme impureté que quelques traces de silicium provenant des charbons.
- On retire le métal fondu à l’aide d’une cuiller, et il suffit d’avoir soin d’alimenter le bain de cryolithe avec l’alumine, pour empêcher la cryolithe d’être décomposée par le courant électrique.
- La quantité d’aluminium produite a été, en 1891, de 150,000 livres, tandis que les importations ont été de 3,906 livres, valant 6,2 63 dollars. Actuellement le prix est de 75 à 5o cents la livre, mais il peut être produit à 1 franc la livre, tout en laissant un bénéfice, ainsi qu’il m’a été assuré.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- L’INDUSTRIE DU FER.
- L’industrie du fer aux États-Unis traverse une crise aiguë qui, déclarée en 1892, a pris l’extension d’un véritable désastre en 189S.
- Cette dépression a eu pour origine la surproduction excessive des usines de fer et d’acier; la production de la fonte en donne la preuve.
- La production des hauts fourneaux était, en novembre 1889, de 11,757,351 tonnes; en janvier 1892, elle était de i4,550,708 tonnes, soit près de 2,800,000 tonnes d’augmentation pour deux ans, bien que la consommation n’eût pas augmenté. Aussi les prix sont-ils allés continuellement en diminuant. Si vous ajoutez à cela la crise financière actuelle, l’incertitude relative aux tarifs douaniers, la presque certitude d’une diminution de protection, on expliquera facilement la fermeture d’un nombre considérable d’usines, qui se sont arrêtées ces derniers temps.
- Mais ce n’est là qu’un arrêt temporaire; les richesses minérales de ce pays sont si grandes, les besoins et les débouchés si considérables, l’énergie et l’activité individuelle si intenses, qu’une fois ce moment d’arrêt passé, l’industrie reprendra un nouvel essor, et avant peu d’années l’Europe pourrait bien avoir à compter avec l’Amérique au point de vue industriel , comme elle est obligée de le faire pour les céréales.
- L’examen de la production générale pendant ces trois dernières années nous permettra de nous rendre compte de ce prodigieux développement de l’industrie sidérurgique aux Etats-Unis.
- TABLEAU DE LA PRODUCTION (GROSS TONS).
- DÉSIGNATION. 1890. 1891. 1892.
- /de fonte ] de lingots acier Bessemer. . . Production. .r .. 1 Acier Martin ^ Rails de toutes sortes Importations de minerais de fer 9,203,703 3,688,871 5i3,932 i,885,3o7 i,a46,83o 8,279,27° 3,247,617 579,753 1,807,175 912,856 9,157,000 4,i68,635 669,889 i,55i,244 806,585
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- MINES, EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE.
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- RÉSUMÉ DE LA CONSOMMATION.
- L’industrie des chemins de fer est certainement en décroissance ; alors que le nombre de milles construits était en 1887 de 12,98/1, il est tombé en 1890 à 5,671 et en 1891 à A,A71, ce qui est encore respectable.
- Douze établissements ont construit, en 1890, 1,963 locomotives; en 1891, 1,76A. La Compagnie Bawldin, de Philadelphie, a construit à elle seule 899 locomotives en 1890. A8 constructeurs de wagons ont produit, en 1892, 93,293 wagons.
- Les tramways prennent chaque année un développement considérable, surtout depuis l’application de l’électricité à la traction. En 1892, on a construit 5,939 milles de lignes de tramways électriques, 620 milles pour tramways à vapeur, 6A6 milles pour tramways à câbles et A,A6o milles pour tramways à chevaux; total : 11,665 milles en un an.
- La construction des navires a pris une très grande extension depuis quelques années ; il en est de même pour l’industrie du fer-blanc et de la tôle mince pour quincaillerie ; cette industrie est un exemple des plus curieux de l’influence des tarifs sur la production indigène. Alors que, dans le second semestre de 1891, la production était de 2,236,7A3 livres, elle sautait brusquement en 1892 à A2,119,192 livres.
- Le tableau ci-après donne la production comparative du minerai de fer, du charbon, de la fonte et de l’acier, dans les divers pays pendant l’année 1890:
- PRODUCTION EN 1889 (GROSS TONS).
- DÉSIGNATION. MINERAI DE FER. CHARBON. FONTE. ACIER.
- Etats-Unis i6,o36,o43 1 4i,229,5i3 9,202,703 4,277,071
- Allemagne 11,409,625 89,0.61,577 4,637,239 2,161,821
- Angleterre. . 13,780,767 181,611,388 7,904,214 3,669,o43
- Autriche-Hongrie 9,200,000 25,826,417 925,3o8 44o,6o5
- Belgique 202,431 20,343,4g5 781,958 239,266
- Canada 68,313 2,783,626 19,439 24,887
- Espagne 4,5oo,ooo 1,203,119 232,000 28,645
- France 2,579A65 25,836,933 1,970,160 704, oi3
- Italie 173,489 390,320 l3,473 157,899
- Russie 1,433,513 6,228,000 745,872 263,719
- Suède q4i ,a41 258,ooo 456,102 169,286
- Autres pays.. 2,000,000 11,200,000 80,000 5,ooo
- P. 100 des États-Unis 28.9 27.3 34.i 35.2
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- MINERAIS DE FER.
- Les gîtes miniers des Etats-Unis ont été minutieusement décrits par MM. Paul Trazenter et Fréson, ingénieurs des mines belges, dans une longue étude publiée en 18 8 5 dans la Revue universelle des mines et métallurgie. Depuis lors, de nouvelles mines ont été découvertes, notamment à Duluth, petite ville au bord du Lac Supérieur et sur le fleuve Saint-Louis, qui prend depuis deux outrois ans une extension considérable. On a trouvé là des champs entiers de minerais sableux à fleur du sol, contenant 6op. îoo de fer ; l’enlèvement se fait au moyen d’excavateurs, qui chargent directement sur wagon; le prix de revient ne dépasse pas o fr. 5o la tonne. Ce minerai chargé sur bateau descend jusqu’à Detroit avec un fret de ào cents par tonne, les bateaux prenant en retour pour Duluth des charbons de Pennsylvanie.
- Le tableau suivant donne la production en minerai de fer de chaque Etat, pour l’année 1891:
- ÉTATS. HÉMATITE ROUGE. HÉMATITE BRUNE. MAGNÉTITE CARBONATE. TOTAL.
- tonnes. tonnes. tonnes. tonnes. tonnes.
- Michigan s ... . 5,/lA5,371 457,507 224,223 Il 6,127,001
- Alabama 1,5a 4,783 462,047 II II 1,986,830
- Pennsylvanie i6a,684 363,864 727>999 ig,o52 1,272,928
- New-York 153,723 53,162 789>729 27,612 1,017,216
- Minnesota 945,io5 II // // 945,105
- Virginia 3,274 653,342 2,300 u 658,9l6
- Wisconsin 527,705 61,776 // n 589,48l
- Tennessee 396,883 1 47,o4o II l\ 543,923
- New-Jersey 3,85o 3,84 0 517,922 u 525,612
- Georgia 45,027 205,728 II U 200,755
- Colorado 6,940 99,253 4.7*9 II 110,942
- Missouri 99,518 7,431 u II 106,949
- Autres Etats 14,536 242,554 57,986 14 2,444 457,420
- Total 9,327,398 2,757,564 2,317,108 189,108 14,591,178
- IMPORTATIONS DE MINERAIS.
- Les États de l’Est, depuis quelques années, ayant reconnu la supériorité des minerais étrangers en achètent d’assez grandes quantités. Certaines compagnies ont même acheté des mines à Cuba et en Espagne.
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- MINES, EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE.
- En 1890, on a importé 1,246,83o tonnes, valant 2 doll. 29 la tonne. En 1891, on a importé 912,606 tonnes, valant 2 doll. 69 la tonne. Le minerai étranger acquiert plus de valeur en ce moment.
- IMPORTATION DU MINERAI EN 1891.
- PROVENANCES. TONNES. DOLLARS.
- Espagne ; 3a3,711 267,189 154,073 96,661 80,970 716,920 720,708 544,914 193,606 28o,564
- Cuba
- Italie
- Colonies françaises (Afrique et Océanie) Les autres pays
- Total
- 912,4o4 2,956,5l 2
- Dans les 80,970 tonnes indiquées dans ce tableau comme provenant d’autres pays, l’Angleterre entre pour 39,651 tonnes valant 119,062 dollars; puis viennent la Grèce, le Portugal et le Canada.
- FONTE.
- Au fur et à mesure que les nouvelles mines de fer se découvrent dans l’Ouest, les lieux de production de la fonte se déplacent, et les hauts fourneaux s’éteignent dans le Maine, le New Hamspbire, le Vermont et le Rhode Island, qui avaient été les pionniers de cette industrie.
- Mais la production s’accroît d’année en année et dépasse aujourd’hui celle de l’Angleterre.
- Le total de 1887 avec 2,875,662 tonnes s’est élevé en 1892 à 9,167,061 tonnes.
- Parmi les causes qui ont amené cette surproduction, on peut citer le développement croissant des emplois de l’acier, et en particulier des rails, les constructions et les ponts métalliques, la fabrication des tuyaux en fonte qui à elle seule a absorbé 600,000 tonnes en 1890; enfin les perfectionnements incroyables réalisés dans la conduite et la production des hauts fourneaux. C’est ainsi qu’un des hauts fourneaux de l’usine d’Edgar Thomson de MM. Carnegie, à Pittsburg, a pu produire en 1890 les quantités suivantes avec une capacité de 515 mètres cubes :
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- DÉSIGNATION. PRODDCTION EN TONNES. CONSOMMATION DE COKE en kilogrammes par tonne.
- Janvier 10,704 775 829 8a3
- Février
- Mars y»uy / 1 n,i no
- Avril io,a36 10,193 8a4
- Mai. 84o
- La température du vent était à 593 degrés et la pression de 48 centimètres de mercure.
- Pendant les deux campagnes de ce haut fourneau, qui ont duré trois ans et cinq mois, y compris la reconstruction de l’enveloppe intérieure, ce fourneau a fait 306,024 tonnes de fonte, chiffre qui n’a jamais été atteint pendant un pareil laps de temps.
- En classant les fontes par natures de combustibles employés, on a en 1892:
- ( au charbon bitumineux, coke.............. 6,822,266 tonnes.
- „ ] h l’anthracite et coke................... i,568,oq3
- routes v
- 229,020
- à l’anthracite........................
- de haut fourneau au charbon de bois.
- 537,621
- Total................... 9,167,000
- Le nombre des hauts fourneaux en 1892 était de 2 53.
- Fonte Bessemer.
- Production en 1891 Production en 1892
- 3,472,190 tonnes. 4,444,o4i
- DÉSIGNATION. 1888. 1889. 1890. 1891. 1892.
- Production des Etats-Unis . . . Importation tonnes. 6,5oo,ooo 200,000 tonnes. 7,600,000 i5o,ooo tonnes. 9,203,000 i35,ooo tonnes. 3,280,000 68,000 tonnes. 9,157,000 70,000
- FER ET ACIER.
- La fabrication du fer tend chaque année davantage à céder la place à celle de l’acier, par suite des prétentions de plus en plus exagérées des ouvriers puddleurs, dont le salaire est trois fois plus élevé qu’en Angleterre
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- et quatre fois plus qu’en Belgique. Elle n’offre rien de particulier sur ce qui se fait en France en dehors du chauffage des fours par le gaz naturel, qui, malheureusement, diminue rapidement, et du chauffage au pétrole, essayé depuis quelques années non sans succès. En outre, pour le cinglage des loupes, on se sert non d’un marteau-pilon, mais d’un laminoir vertical appelé squeezer, composé de rouleaux cannelés, qui serrent et roulent la loupe en un cylindre de 2 5 centimètres de diamètre, lequel est transporté automatiquement au laminoir sans l’aide d’aucun ouvrier.
- Bessemer. — L’honneur de l’invention du procédé de soufflage de la fonte pour sa décarburation est revendiqué par les Américains au profit d’un Will. Kelly, qui, en 18-67, aux usines d’EüDYviLLE, comté de Lyon (Kentucky), affina pour la première fois de la fonte liquide par un courant d’air dans une cornue acide. Lors de l’apparition des premiers brevets Bessemer en 18 5 6, la réclamation de Kelly fut admise par le commissaire des brevets et on dut lui payer une annuité pour l’usage de son
- Le procédé Bessemer, jusqu’en 1870, eut peu de succès aux États-Unis, mais il se développa cl’une manière fantastique depuis 1875.8a production, de 26,000 tonnes en 1870, de 2 5 0,000 tonnes en 1875, s’élevait en 1880 à 1,200,000 tonnes, en 1890 à 3,700,000 tonnes et à A,168,435 tonnes en 1892, réparties entre 48 usines employant 98 convertisseurs et situées principalement dans l’Ohio, l’Illinois et la Pennsylvanie. L’Illinois Steel Company produit à elle seule i,34o,ooo tonnes.
- La tendance de construire les aciéries Bessemer à proximité des grands dépôts de minerais de la région des Lacs s’accentue de plus en plus avec la tendance de la population à se porter du côté Nord-Ouest.
- La caractéristique de l’industrie de l’acier Bessemer aux Etats-Unis est la rapidité des opérations, grâce à la faible teneur des fontes en silicium, ce qui permet d’obtenir des productions extraordinaires. Pour en donner une idée, je citerai l’exemple des Adonde Bessemer Works, dans lesquels on a fait du 1" juillet 1889 au 3o janvier 1890 en 502 postes de 12 heures de travail effectif, avec 2 convertisseurs de 1 0 tonnes seulement, 32 3,733 tonnes de lingots, soit une moyenne de 26,972 tonnes par mois, ou 1,195 tonnes par semaine, ou 118 coulées par vingt-quatre heures, ou encore une coulée toutes les 12.2 minutes, une année durant. Pendant la même période, on a laminé 265,055 tonnes de rails, soit 497 tonnes 3 Comité 12. 6
- IMPRIMERIE RATION AI.B,
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- par poste ou 89A tonnes 6 par vingt-quatre heures. Une telle usine serait suffisante, je crois, pour la France entière.
- La consommation du charbon atteint dans certaines usines 15 5 kilogrammes par tonne de lingots, d’autres descendent à 89 kilogrammes.
- Acier sur sole. — Le premier four Martin pour la fabrication de l’acier aux Etats-Unis a été construit à Trenton (N. J.) en 1868 par F. J. Slade pour la Cooper and Hewitt Company. Tout l’acier sur sole produit depuis cette date jusqu’à la fin de i883 Ta été sur sole acide, le procédé basique n’ayant fait son apparition qu’en 188 A.
- Depuis 186 9 jusqu’en 1883, la production a eide a été de 6 A 2,9 6 A tonnes. Il y a actuellement i5o fours Martin acides aux Etats-Unis.
- Par contre, le procédé Thomas (Bessemer basique ou Martin basique) a pris très peu de développement aux Etats-Unis. Le premier essai en fut fait en 188A par la Pennsylvania Steel Company à Steelton (Pa.), mais sans succès.
- La première réussite eut lieu en 1888 dans les usines de la Pottstown Iron Company. Mais le mérite d’être arrivé à une production commerciale courante revient aux usines d’Homestead, de Carnegie Steel Company, près de Pittsburg, en 1888.
- La production totale d’acier Martin basique a été, depuis 1888, de 500 tonnes se répartissant dans 6 usines.
- PROCÉDÉ DIRECT DU FER.
- La conduite des hauts fourneaux s’est tellement perfectionnée aujomv d’hui aux Etats-Unis, qu’il n’est guère permis d’espérer une diminution dans le prix de la fabrication du fer. Aussi cherche-t-on beaucoup en ce moment à produire, directement du minerai, du fer à l’état de matière première pour la fabrication de l’acier par simple fusion.
- Le principe de la méthode consiste à prendre un minerai riche naturellement ou artificiellement, et à le chauffer en présence de la quantité de charbon strictement nécessaire pour le réduire.
- J’ai pu voir les appareils servant à deux de ces procédés, et je pense qu’il peut être intéressant d’en donner sommairement le fonctionnement.
- Le premier procédé Eames est exploité par la Carbon Iron Company , de
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- Pittsburg, pour produire directement du fer, des barres pour creusets ou des blooms pour four basique.
- Je dois l’explication du procédé à l’obligeance de M. 0. M. Hartzell, qui est à la tête de la société d’exploitation.
- On opère dans un four à réverbère ayant deux arrivées de gaz, et la cheminée au milieu de la voûte. La sole est formée d’une couche d’anthia-cite graphitique, ou de coke retardé en gros morceaux. ( On appelle coke retardé du coke plongé dans une lessive d’argile et de chaux à raison de i3 kilogr. k de chaque pour 3oo kilogrammes de coke. Le but est de boucher les pores du coke et de le rendre moins facilement oxydable. On obtient également le même résultat en mouillant le coke après qu’il a été mélangé au minerai au moment où l’on fait la charge). Les interstices du coke sont garnis avec du minerai pulvérisé et tassé. Le tout est recouvert d’une couche d’anthracite pulvérisé de la grosseur d’un grain de blé. La couche du fond formant cuvette a 2 5 centimètres d’épaisseur. La sole ainsi préparée est chauffée lentement.
- La charge se compose de :
- Minerai broyé fin et contenant de 62 à 67 p. 100 de fer.. . . 1,000 kilogr.
- Coke pulvérisé............................................. 270
- Eau...................................................... 120
- Total..................... 1,390
- Si l’on veut spécialement éliminer le phosphore, on ajoute 10 kilogrammes de chaux à chaque charge, mais cela au détriment de la durée de la sole.
- Après que Ton a bien mélangé la charge et quelle a atteint la consistance d’un mortier épais, on Tétend sur la sole en couche de 10 centimètres d’épaisseur, en la recouvrant d’un agent retardant, chaux ou terre glaise; on ferme les portes, on les lute, et Ton chauffe en atmosphère réductrice jusqu’au rouge cerise, jusqu’à ce que la gangue soit liquéfiée; la réduction dure environ une heure. La charge diminue jusqu’à 3 centimètres d’épaisseur. Le fer se présente sous la forme d’une couche semi-fluide que Ton coupe en bandes et que Ton roule sur elles-mêmes. Ces houles sont cinglées et transformées en blooms pour être en général fondues au four au creuset, et devenir de Tacier. Mais on a fait aussi directement avec ces blooms du fer marchand et des tôles.
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- La proportion de l’agent réducteur au minerai varie entre un tiers et un demi suivant la richesse du minerai. Le tonnage dans les fours ordinaires n’est que de 2 tonnes par journées de dix heures. D’où il résulte la nécessité d’avoir un grand nombre de fours pour une production un peu importante. Le prix de vente du métal ainsi obtenu ne dépassait pas, paraît-il, 2 o dollars la tonne, tant que les fours ont pu être chauffés au gaz naturel, et le métal ainsi obtenu aurait joui d’une préférence marquée par sa pureté.
- Aujourd’hui, la fabrication est suspendue par suite, dit-on, de la suppression du gaz naturel dans la plupart des usines de Pittsburg.
- Le deuxième procédé, que j’ai vu installé aux usines à bandages de La-trobe, s’appelle Adam-Blair Process.
- Le disposition adoptée consiste en 2 fours superposés, celui du dessus produisant le métal direct, et celui du dessous étant un four à acier sur sole dans lequel on remplace le minerai par le fer direct dans le procédé de fonte et minerai.
- Le four supérieur est constitué par 4 récupérateurs à gaz, séparés deux par deux par des espèces de cheminées ou chambres de réduction. Le minerai est concassé en morceaux de la grosseur du poing et chargé dans ces chambres; on y ajoute quelquefois un fondant basique et du charbon, on chauffe et l’on réduit à la fois par une flamme de gaz. Le fer obtenu à l’état d’éponge est précipité par une trappe dans le four à acier, à l’abri complet de tout contact avec l’air, et tombe dans la fonte liquide. L’opération se continue comme dans un four à acier ordinaire. L’inconvénient du procédé consiste dans les chocs produits par la chute des boules de fer qui détruisent rapidement la sole.
- On a obtenu, paraît-il, avec ce procédé d’excellent acier à bandage, mais je n’ai pu obtenir de prix de revient dans l’un ou l’autre procédé.
- Quel que soit le sort réservé à ces tentatives, il est certain que l’avenir est au procédé d’obtention directe du fer du minerai; ces deux essais pratiques étaient intéressants à signaler.
- Terminons ce rapide examen de l’industrie sidérurgique aux Etats-Unis par l’indication des prix de quelques spécialités.
- Ces prix s’entendent par gross tons de 2,2 4o livres.
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- MINES, EXPLOITATION DES MINES ET METALLURGIE.
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- Fonte.
- New-York.
- Pitlsburg.
- Lac Supérieur, foule au bois........... 16.00 dollars.
- In0 1................... i3.5o
- n° 2................. 12.75
- n° 3................... 12.25
- Fonte Bessemer........................ i4.oo
- Fonte au charbon de bois soufflé à froid
- i5.oo dollars. i3.oo
- 12.25
- //
- 1 i.5o 25.00
- Spiegel etferro-manganèse.
- New-York. Pittsburg,
- 10 à 12 p. 100, Spiegel,
- 2 5 p. 100, Spiegel......
- Ferro....................
- 22 dollars.
- 25
- 56
- //
- //
- 55 dollars
- Fers.
- La tonne.
- | n° 1......................................................... . 14f 5 0
- Fer | n° 2........................................................ i3 5o
- ( n° 3...................................................... 12 75
- Tôles de fer...................................................... 22 00
- Fers écossais.................................. de 19.50 doll. à 22 doll.
- Aciers marchands (les 100 livres).
- Dollars.
- pour outils............
- bandages...................
- Aciers ( clous fer à cheval.....
- Bessemer pour machines.
- barres Bessemer........
- Acier Martin pour machines......
- Ressorts de voitures en Martin. . ,
- Ressorts au creuset.............
- Cornières.......................
- Poutrelles......................
- Barres communes.................
- Foyers de chaudières............
- Ressorts à boudins..............
- Tôles d’acier . ................
- Rivets de chaudières............
- ( Bessemer.............
- Billettes {
- Martin...............
- 6.50 et plus. 2.00
- 2.3o
- 2.10
- 1.60
- 2.25
- 2.10
- 3.75
- 1.75 1.75 i.45
- 2.50 2.10 2.25 4.oo
- 17.35
- 23.00
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- Rails (la tonne).
- A l’usine de New-York..................................... 29.00 dollars.
- A Philadelphie........................................... 28.29
- Eclisses.................................................. i5.oo
- Crampons................................................... 1.80
- Écrous..................................................... 2.45
- Scraps ou riblons {la tonne).
- Chemins de fer............................
- -T (de forge...........................
- Numéro 1 < .
- ( d usine...........................
- I de fer............................
- d’acier. .........................
- de fonte. .......................
- Acier mélangé.................................
- Vieux bandages.................................
- Vieux rails....................................
- Vieilles roues.................................
- 11.00 dollars. 11.00 7.5o 7-5o
- 7.50
- 4.50
- 7.00
- i3.5o
- i3.i4
- 12.00
- LES CHARBONS.
- Le terrain touiller aux Etats-Unis est divisé en deux classes, selon qu’il produit du charbon dur ou gras..
- RÉGIONS. ÉTATS. SUPERFICIE en MILLES CABRÉS. TONNAGE.
- New England...........
- Apalachienne..........
- Montagnes Rocheuses...
- POUR L’ANTHRACITE.
- Rhode Island...............
- Massachusetts..............
- Pennsylvania, Virginia.....
- Colorado, New Mexico.......
- 5oo
- 561,637,269
- 484 11
- 15 u
- Apalachienne
- POUR LE CHARBON BITUMINEUX.
- Pennsylvania, Ohio, Maryland,Virginia (en partie triasique),. North Carolina (totalement),' West Virginia, Eastern Ken-| tucky, Tennessee, Georgia, Ala-bama.............................
- 34,3go
- 933,909,805
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- MINES, EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE.
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- RÉGIONS. ÉTATS. SUPERFICIE en MILLES CARRES. TONNAGE.
- POUR LE CHARBON BITUMINEUX (suite).
- Nord..................
- Centre................
- Ouest.................
- Montagnes Rocheuses... Côte Pacifique........
- Michigan 7,000 1,455,789
- Indiana, Illinois Western Kentucky, Io wa, Missouri, Ô8,ooo 254,821,177
- Nebraska, Kansas, Arkansas, Texas, Indian territory North Dakota, Montana 98,700 188,470,000
- IJtah, Wyoming, Colorado New Mexico ? 53,848,5o4
- Washington, Oregon ? i2,3i3,o4o
- California
- On voit par ce tableau que la région apalachienne est la région la plus productive. Mais les régions du Centre et de l’Ouest croissent très rapidement.
- Les chiffres suivants donnent une idée du prix de revient du charbon. Ils donnent la moyenne, pour les différents Etats, des salaires ainsi que d’autres renseignements.
- CHARBON ANTHRACITE.
- BITUMINEUX.
- 211,095 999
- 95,961,595 45,600,487
- 180,722,319 169,035,610
- 175,202 174,310
- 69,765,711 39,365,6io
- 0 dol. 84 0 dol. 61
- 0 dol. 16 0 dol. 2 4
- 0 dol. o3 0 dol. 01
- 0 dol. 02 0 dol. o5
- 0 dol. 15 0 dol. o4
- 0 dol. 08 0 dol. 19
- 1 dol. 28 1 dol. 34
- 1 dol. 43 1 dol. 58
- DESIGNATION.
- Étendue du terrain exploité en milles carrés
- Production en tonnes (2,000 livres)...........
- Capital engagé (dollars)......................
- Nombre d’ouvriers et employés.................
- Total des salaires payés (dollars)............
- ( sous terre..
- Moyenne des salaires rapportés à la tonne de charbon..........
- sur terre........
- Bureaux..........
- Travaux exécutés
- contrat.......
- fourni-
- par
- Dépenses par tonnes........< Équipement,
- ture. ... .
- Dépenses autres.
- Grand total. Prix de la tonne à la mine. . .
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- Ceci n’est qu’une moyenne. Ainsi le prix de la tonne varie : de 0.77 dollar en Pennsylvanie, 0.86 dollar en Maryland, 0.97 dollar en Illinois, et 0.99 dollar en Kentucky; pour atteindre près de 2.35 dollars en Californie, en Montana, en Texas et en Washington.
- Le tableau suivant montre le mouvement d’exportations et d’importations pour l’année 1892.
- DÉSIGNATION. ANNÉES. ANTHRACITE. CHARBON BITUMINEUX. TOTAL.
- tonnes. tonnes. tonnes.
- Importations 1891 16,676 1,525,972 i,54a,648
- Exportations 1892 85l,639 1,645,686 2,497,325
- Production totale.................................... 171,769,355
- Consommation totale.............................. 170,41/1,940
- Nota. Les exportations sont principalement pour le Canada, les Antilles, l'Amérique Centrale et du Sud. Les importations viennent d’Australie et de la Colombie Britannique, de Nouvelle-Ecosse et d’Angleterre.
- INDUSTRIE DU COKE.
- En 1891, le nombre d’établissements produisant du coke était de 2 A3, ce qui montre une réduction continuelle depuis 18 8 7, ou ce chiffre était de 2 7 0.
- La presque totalité de ce coke est fabriquée dans des fours à ruche. Aucun des sous-produits de combustion n’est récupéré : gaz, goudron, ammoniaque. Aussi de ce chef est-il perdu 4o p. 100 du charbon employé pour la fabrication du coke. Non contents de cette perte, les fabricants de coke ne se donnent pas la peine d’améliorer leur charbon à coke, en le lavant et le cassant. On peut s’étonner de ne pas voir de compagnie étrangère venir leur faire concurrence en s’appuyant sur une fabrication plus économique.
- En 1891, il y avait 243 établissements faisant du coke, comprenant 2 0,2 45 fours et 911 fours en construction. Le charbon employé à la fabrication a été de 16,344,54o tonnes, et le coke produit de 10,352,688 tonnes, soit un rendement de coke de 63 p. 100; 37 p. 100 étant perdus totalement comme il a été dit plus haut.
- La valeur du coke a été en moyenne de 1.97 dollar la tonne.
- Les importations, qui étaient de 20,000 tonnes en 1890, valant
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- MINES, EXPLOITATION DES MINES ET MÉTALLURGIE. 89
- 101,000 dollars, sont montées en 1891 à 50,700 tonnes pour 223,184 dollars.
- Voici les prix actuels, en dollars, des diverses qualités de charbon par tonne :
- Anthracite...
- Charbon bitumineux.
- Coke de Connelsville.
- Prix du coke à Chicago.
- ( Cendre blanche. . . . à New-York. 4.00. à Chicago. \ Lykeus Walley... . . à New-York. 5.i5. à Chicago. ( Venant de Pittsburg à Philadelphie. 2.5o. à Chicago. ( Venant de l’Illinois à Baltimore... a.45. à Chicago.
- ÎCoke de haut fourneau. J (
- Fonderie................> sur wagon à l’usine(1).. <
- Menu....................) (
- I' Coke pour haut fourneau............................
- Coke pour fonderie...................................
- Coke de Connelsville ................................
- 5.85
- 6.25
- 3.25 2.70
- 1.35 i.65 1.75 4.io
- 4.35 4;4o
- LE PÉTROLE.
- Le pétrole est extrait de puits artésiens répandus sur la presque totalité du sol américain. Cependant, les principales régions productrices de pétrole sont les Etats de New-York, de Pennsylvanie, de West Virginia et d’Ohio, ainsi qu’il résulte du tableau suivant.
- PÉTROLE BRUT.
- États. Borrels en 1891.
- Pennsylvanie et New-York............................ 33,099,236
- Ohio................................................ 17,740,301
- West Virginia....................................... 2,4o6,ai8
- Colorado............................................ 665,482
- California. ........................................ 323,600
- Indiana............................................. 136,634
- Kentucky, Illinois, Kansas, Texas, Missouri, Indian Ter-
- ritory........................................... 10,509
- Total.............................. 54,291,980
- Le harrel américain est de 4a gallons; le gallon correspondant à h litres, le barrel est d’environ 168 litres.
- M Le prix de transport de Connelsville à Pittsburg est de 70 cents.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- Sur ces 54,291,980 barrels, 36 millions et demi sont consacrés à l’éclairage, 70,000 servent au graissage, et 17 millions sont employés comme combustibles.
- La valeur totale de ces 5 4 millions de barrels était de plus de 15o millions de francs, soit une moyenne de 2 fr. 5o environ par barrel, les prix extrêmes étant à Limo (Ohio), 1 fr. 5o le barrel et 42 francs dans le district de Mecca-Belden.
- Les exportations de pétrole sont réparties de la façon suivante pour
- 1891 :
- DÉSIGNATION. GALLONS. VALEUR.
- Huile brute 96,772,807 francs. 26,828,000
- Naphte, benzine 11,42/1,993 4,340,700
- Gazoléine, huile d’éclairage 531,445,ioo 174,399,00°
- Huile de graissage 32,210,264 25,000,000
- Résidus de fabrication, brais, goudrons, etc 5i,oo2,54o 3oo,ooo
- Total des exportations 673,805,703 230,867,700
- L’extraction du pétrole se fait par des trous de sonde de 0 m. 12 à 0 m. i5 de diamètre, forés au moyen de trépans à corde.
- Ces sondages ont en général 4oo à 5oo mètres de profondeur, et se font dans deux ou six semaines pour un prix moyen de i5,ooo à 20,000 francs. Certains de ces sondages ont donné un débit de 35o barrels à l’heure. Leur nombre et leur importance augmentent tous les jours, et l’on estime à plus de i5,ooo kilomètres le réseau de tuyaux en fer chargé de transporter le pétrole sur tous les points de consommation : Pittsburg, Cle-veland et même New-York où se fait l’embarquement et où d’immenses usines en font l’épuration.
- Plusieurs de ces sondages s’épuisent assez rapidement. Les Américains ont imaginé un moyen vraiment ingénieux de rendre un nouveau débit aux trous de sonde taris, et qui pourrait peut-être rendre des services dans les recherches que l’on fait en France. Quand le débit du pétrole n’arrive plus à la surface, on commence par faire un appel au moyen de pompes qui aspirent le pétrole du trou de sondage. Puis, cette ressource épuisée, on descend dans le trou de sonde une quantité assez considérable de dyna-
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- mite, sur laquelle on place un détonateur que Ton fait agir en laissant tomber une barre à mine.
- L’explosion se produit, brisant à l’intérieur les roches, et permettant à l’huile de fdtrer à travers ces nouvelles fissures. Cette très curieuse expérience a été faite, aux environs de Pittsburg, devant les ingénieurs français dans leur voyage à Chicago. L’huile fut près de trois quarts d’heure à monter, mais elle finit par jaillir en une superbe gerbe, qui obligea les spectateurs à s’écarter vivement.
- GAZ NATUREL.
- Ces trous de sonde dans les grès poreux ou les schistes bitumineux amènent souvent, au lieu du pétrole, des dégagements considérables de gaz à une pression atteignant 10 et 20 atmosphères , principalement sur la côte méridionale du lac Erié. Ce sont ces gaz qui ont été utilisés d’abord à l’éclairage et au chauffage des habitations, puis aux chauffages industriels, au moyen de conduits atteignant 70 et 80 kilomètres. Les points principaux de production sont :
- Butter County, au Nord de Pittsburg;
- Murraysville, E. N. E. de Pittsburg;
- Homewood, E. de Pittsburg;
- Mac Keesport, S. E. de Pittsburg;
- Mac Cuigan, S. O. de Pittsburg, comté de Washington;
- Wellsbury, 0. S. O. de Pittsburg, Ohio.
- Ces gaz ont un pouvoir calorifique de iA,ooo à 16,000 calories, égal a 1 fois 1/2 celui du pétrole et 2 fois celui de la houille. Des essais ont montré que, si 1 kilogramme de houille vaporisait 9 kilogrammes d’eau, 1 kilogramme de gaz naturel en vaporise 20 kilogrammes. Pratiquement on estime que Aoo à 5oo mètres cubes de gaz naturel remplacent une tonne de houille. Comme la houille ne revient guère à plus de i.5o dollar à 2 dollars la tonne à Pittsburg, il faudrait que le gaz ne se vendît pas plus de 2 cents le mètre cube pour faire une économie. Mais il faut tenir compte de tous les avantages qui résultent de son emploi, comme uniformité de chaleur, facilité de réglage, suppression de la main-d’œuvre, propreté, etc.
- Malheureusement, en raison de l’abus et du gaspillage qui en a été fait, la production du gaz tend à diminuer considérablement, et les compagnies
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- de gaz naturel à Pittsburg refusent aujourd’hui les nouveaux contrats industriels, et ne renouvellent pas les anciens, pour pouvoir alimenter la consommation particulière qui paye plus cher. C’est ainsi que tous les nouveaux fours à acier qui se construisent à Pittsburg (témoin la Carbon Steel Company) sont prévus avec des gazogènes.
- L’analyse moyenne du gaz naturel faite au laboratoire d’Edgar Thomson est la suivante :
- Acide carbonique.......................................... 0.6
- Oxyde de carbone........................................... 0.6
- Oxygène.................................................... 0.8
- Éthylène (C2H4)............................................ 1.0
- Éthyle hydrique (C2HS)..................................... 5.o
- Gaz des marais (CH4)...................................... 67.0
- Hydrogène................................................. 22.0
- Azote...................................................... 3.o
- Total......................... 100.0
- La métallurgie américaine est très peu représentée à l’Exposition, et c’est dans les usines elles-mêmes qu’il fallait l’étudier. Pour ne pas donner à ce rapport de trop grandes dimensions, je me réserve de faire la description des principales usines que j’ai visitées, dans le rapport spécial que je dois présenter à la Chambre de commerce de Saint-Etienne.
- L’ÉLECTRICITÉ DANS LES MINES.
- Par suite de la cherté et de la rareté de la main-d’œuvre aux Etats-Unis, le travail mécanique pour l’abatage du charbon et son transport à la surface a été introduit depuis de longues années, comme règle générale, dans les mines. On a employé d’abord la vapeur, puis l’air comprimé. Mais ces installations très coûteuses nécessitent de gros capitaux et présentent en outre des difficultés dans l’installation et des dépenses importantes d’entretien.
- Aussi depuis quelque temps s’est-on hardiment jeté du côté de l’électricité, et, bien que la première application aux mines ait fait son apparition en avril 1889 (mines de Shawnce, comté de Perrv, Ohio), les ingénieurs américains, avec l’audace qui les caractérise, ont fait un pas considérable
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- 93
- en avant; 3oo compagnies de mines emploient aujourd’hui l’électricité pour leurs opérations. Les premiers outils électriques pour mines ont été construits par la Jeffrey Manufacturing Company. Aujourd’hui le nombre des constructeurs est considérable, et l’Exposition de Chicago offrait les modèles et les applications les plus variés. La vapeur tend à disparaître de plus en plus dans l’exploitation des mines, et la lutte reste ouverte entre l’air comprimé et l’électricité.
- On a reproché à l’électricité le danger d’explosion ou d’incendie. En fait il n’en a rien été, et les statistiques des compagnies d’assurances prouvent qu’elle le diminue.
- L’électricité a rendu possible l’exploitation de certaines mines du Colorado, dont la situation sur des falaises escarpées ne permettait, pas le transport soit de l’eau, soit des combustibles.
- On peut maintenant trouver des dynamos de toute capacité. La plus puissante construite jusqu’à ce jour, soit de 2,000 chevaux, reliée directement à une machine Compound à condensation, faisant 75 révolutions, était installée à l’Expostion de Chicago à la station de YIntramural Electric Railway.
- Les Américains sont partisans résolus des sources uniques d’électricité, quelle qu’en soit la puissance. La plupart des machines sont munies d’un courant de 220 à 2 5o volts; il n’est pas rare pourtant de trouver des voltages de 1,000 et plus (mines de Comstock, Calumet et Hecla). Quand on emploie des fils nus, comme pour la traction, le potentiel ne dépasse pas 500 volts.
- On emploie des courants continus ne dépassant pas i,5oo volts, pour les transports de force de moins de k milles. Au-dessus, les courants alternatifs sont plus avantageux.
- A part l’éclairage, aucune application de l’électricité n’a eu autant de succès que celle des transports. Sur terre, ce mode de traction prend une extension inouïe. Pour le halage souterrain, l’absence de fumée, la forme compacte des locomotives le rendent encore plus avantageux. Les locomotives électriques ne tiennent pas en effet ni en hauteur ni en largeur plus de place que les wagons quelles traînent. L’accroissement de vitesse permet une extraction plus importante. La General Electric Company, à Schenec-tady, construit des locomotives électriques jusqu’à 9 0 tonnes, d’une force de 1,500 chevaux et marchant à 1 5 milles à l’heure (Baltimore and Ohio RR)..
- Le type ordinaire pour mine est de 3o chevaux, avec une vitesse de
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- 6 à 8 milles à l'heure. Elles ont un ou deux moteurs calés directement sur l’essieu.
- Voici un relevé donnant les résultats pratiques du halage électrique dans la houillère d’Erie, près Serantonpa :
- Distance parcourue à chaque voyage.............. 2,884 pieds.
- Temps du voyage................................. îo minutes 1/2.
- Chariots d’un voyage............................ 15
- Voyages par jour................................ 16
- Distances en milles par jour............................ 8.73
- Total du temps.................................. 2 h. 4o.
- Les treuils électriques sont construits sur les modèles des treuils à vapeur, avec sens de rotation réversible. La General Electric Company en présentait de fort beaux spécimens.
- A signaler les pompes électriques de la Gould Manüfacturing Company, de Seneca Falis (N. Y.), variant de 5o à 500 gallons de capacité à la minute.
- Les moteurs sont enfermés dans une enveloppe étanche, qui les préserve de tout contact avec l’eau.
- Les haveuses électriques sont d’un emploi général, surtout dans les mines bitumineuses. L’un des types courants attaque le charbon au moyen de mèches montées sur une barre rotative au bout d’un cadre glissant que l’on pousse contre la paroi de la couche. Un autre modèle se compose d’une chaîne galle, aux anneaux de laquelle on fixe des outils tranchants. On peut ainsi faire travailler ces machines soit latéralement le long des galeries, soit perpendiculairement aux murs des chambres. Le moteur est placé sur le cadre même de la haveuse, et occupe très peu de place.
- La General Electric Company expose un pic électrique très original : le moteur attire en arrière un projectile en armant un ressort qui le projette par un déclenchement automatique contre la paroi à raison de 15 0 coups par minute.
- Les perceuses électriques sont de date plus récente, mais commencent à entrer dans la pratique. La Mackey Electric Reciprocating Tool Company en exposait un intéressant modèle.
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- On voit, par ces nombreuses applications, combien cette question du travail électrique dans les mines est étudiée aux Etats-Unis. Ne serait-il pas temps de s’en préoccuper chez nous, et désirable de voir créer un Institut électrique, où les ingénieurs des mines trouveraient les moyens de se perfectionner dans leurs études à ce point de vue spécial et tous les documents concernant cette question si intéressante.
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- CONCLUSION.
- Tel est, en résumé, le résultat de mon examen de l’Exposition de Chicago.
- La section française des mines et métallurgie, sans avoir peut-être l’ampleur nécessaire, était très intéressante au point de vue de la variété et surtout de la qualité de ses produits. Grâce à l’exposition du Creusot, notre industrie militaire si renommée a pu soutenir avantageusement la comparaison avec les expositions formidables étrangères au point de vue de la valeur de nos engins de guerre défensifs ou offensifs.
- Les perturbations qui se préparent dans le régime douanier américain ne permettent pas de faire une étude utile des conditions économiques dans lesquelles vont se trouver nos industriels au point de vue du marché des Etats-Unis. Pourtant, d’après les tendances nettement indiquées de dégrever les matières premières, il semble que des jours meilleurs s’annoncent pour l’exportation de produits similaires à ceux de certains de nos exposants : nickel, carbonate de manganèse, ardoises, asphaltes, ciment, sable, etc.
- D’autres, produisant des objets manufacturés, auront encore à lutter et contre la production indigène et contre leurs concurrents étrangers.
- Mais, pour les uns comme pour les autres, l’Exposition de Chicago n’aura pas été inutile. Elle aura été, tant par la perfection de nos produits, que par l’honnêteté de nos fabrications (que j’ai eu le plaisir d’entendre maintes fois reconnaître), un puissant moyen de propagande, dont profitera tout notre commerce extérieur. Elle aura été de plus pour ceux qui ont cherché à se rendre compte des raisons du développement industriel prodigieux de ce peuple, composé d’éléments si divers et pourtant d’un caractère si homogène, l’occasion d’études profitables et de salutaires enseignements. Sans parler des richesses de ce sol privilégié, sans vouloir importer chez nous les installations aussi grandioses que coûteuses de la haute industrie, il y a toute une série d’observations de détail, de procédés pratiques, concernant soit l’organisation du travail, soit certaines dispositions intérieures d’ateliers ou d’outils, qui peuvent sans grands frais s’adapter
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- chez nous et abaisser notablement les frais de fabrication. Ceci ne rentre pas, il est vrai, dans le cadre de ce rapport, et je me résefve de le compléter, à un point de vue spécial, dans une note à la Chambre de commerce de Saint-Etienne.
- Ma tâche est finie, celle des industriels et commerçants commence. A la demande qui m’a été faite bien des fois à mon retour : Pouvons-nous faire des affaires en Amérique? je réponds sans hésiter : oui. Mais à la condition d’étudier d’une manière approfondie les nécessités économiques dans lesquelles se trouvera chaque produit. Le meilleur moyen est incontestablement un séjour de quelques semaines. Ce déplacement n’étant pas possible pour toutes les industries, pourquoi les Chambres de commerce ne prendraient-elles pas l’initiative d’envoyer chaque année, dans un pays pouvant présenter des débouchés, des jeunes gens actifs, parlant bien la langue, dont la mission serait spécialement de s’enquérir des besoins de ce pays, des conditions dans lesquelles telle ou telle marchandise doit être présentée pour être vendue, de chercher des représentants locaux honnêtes et capables. C’est là surtout qu’est l’écueil pour nos commerçants français, c’est de savoir à qui s’adresser.
- En Amérique tout peut se vendre, je dirai presque quel qu’en soit le prix; le tout est de trouver l’homme qui sait et peut vendre. J’ai la ferme conviction qu’une tentative faite dans ce sens, avec de bons éléments, donnerait d’excellents résultats, et permettrait de développer rapidement nos affaires à l’étranger. C’est d’ailleurs un peu l’organisation des consulats allemands et la raison de certains de leurs auxiliaires; il faut avoir le courage de prendre chez nos adversaires ce que l’expérience nous montre comme une des causes de leur extension et de leur succès.
- Comité 12.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- MINERAIS DE SOUFREE
- Les produits des mines et l’industrie minière étaient très remarquablement représentés dans le Palais des Mines (Mining Building) par les divers États de l’Amérique, et nous devions nous attendre à cette manifestation, dans ce pays si bien doté par la nature, où l’exploitation de la richesse du sol concourt si puissamment à la richesse nationale.
- La France, nous devons le dire à regret, occupait une place relativement bien petite dans cet immense concours, et n’était malheureusement représentée que par vingt-quatre exposants, dont aucun n’a exposé du soufre.
- Par contre, nous avons trouvé du soufre exposé, sous forme de minerai de soufre et de pyrite de fer ou de cuivre, par un très grand nombre d’Etats de l’Amérique du Nord : les principaux, qui seuls semblent devoir retenir notre attention, les autres ne paraissant avoir, actuellement du moins, d’intérêt que pour le collectionneur, sont : TUtah, le Nevada, le Wvoming et la Californie (minerais de soufre), le Massachusetts et la Virginie (pyrites).
- Dans des considérations générales ultérieures, nous aurons l’occasion de reparler de ces centres producteurs nouveaux et de leur importance à venir.
- Parmi les pays producteurs de soufre et ayant exposé, nous ne nous arrêterons pas à ceux qui ne nous ont fourni que des spécimens sur lesquels il ne nous a pas été permis ou possible d’avoir des renseignements suffisants; nous ne retiendrons que l’Italie (Sicile), le Japon, l’Espagne, la Russie et la Grèce. Car nous ne voulons et ne pouvons, du reste, traiter la question qu’à un point de vue purement pratique, sans nous laisser aller aux étonnements que nous avons pu éprouver en présence de morceaux déminerais que nous avons rencontrés dans une masse de collections; cela nous conduirait forcément à des indications minutieuses qui sortiraient du cadre que nous avons l’intention et le devoir d’assigner à ce travail.
- M Nous extrayons ce chapitre du rapport do M. Paul Boude, commissaire rapporteur suppléant.
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- MINERAIS DE SOUFRE.
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- FRANCE.
- Nous ne citerons les soufres de France que très subsidiairement, car il n’y en avait pas dans le Palais des Mines. Si nous sommes conduits à en parler, c’est parce que nous avons appris qu’en mai 1893 un chargement de 500 tonnes de ce produit avait été expédié de Marseille aux États-Unis.
- Dans le département de Vaucluse, à Apt, on exploite depuis quelques années un petit gisement de marnes tertiaires imprégnées de soufre; leur teneur en soufre, quand elle y arrive, ne dépasse pas 12 à i5p. 100. Ces minerais sont broyés et vendus, en l’état, à la viticulture algérienne qui, séduite à peu près seule par un bon marché apparent, consomme ces poudres.
- Dernièrement, on a demandé et obtenu une autre concession du même genre dans les environs de Manosque (Basses-Alpes), à Biabaux; mais jusqu’à présent, malgré des dépenses assez importantes, le produit est resté ignoré. C’est pourtant de cette provenance qu’était le chargement dont nous parlions plus haut.
- ESPAGNE.
- Elle possède des gîtes de soufre sur divers points. Entre autres dans les provinces de Terruel, de Murcie (Llorca), d’Albacete, d’Almeria. A Hellin, il existe une raffinerie de peu d’importance qui fonctionne depuis plusieurs années et alimente quelques besoins de la contrée.
- Le centre minier d’Alméria, dans la chaîne de las balsas ciel Gador, est le plus important; il se compose d’un groupe de 83 concessions de mines.
- La Sociedad minerai y industrial a créé, à Alméria, une raffinerie qui, malgré quelques années de pénibles efforts, n’est pas, croyons-nous, arrivée à des résultats satisfaisants. Les soufres de ces provenances, dont la totalité peut être estimée annuellement à une quinzaine de mille tonnes, ne donnent lieu à aucune exportation, malgré l’avantage que devraient avoir les exploitants sur les soufres de Sicile, car l’Espagne laisse sortir ce produit en franchise, tandis que l’Italie perçoit, à son profit, un droit de douane de 11 francs par tonne à la sortie de tous les soufres.
- Cet état peu prospère tient sans doute à la difficulté de la main-d’œuvre et des transports, au mauvais entretien du sol minier et à l’éloignement des ports d’embarquement.
- 7-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- GRÈCE.
- On rencontre des soufres en rognons dans des marnes gvpseuses, principalement à Milo et à Kalamaki. Ils ne donnent lieu qu’à une exploitation peu importante. Mis en poudre, ces minerais ont une consommation purement locale pour le soufrage des vignes.
- Dans ces dernières années, MM. de la Tour du Breuil ont essayé un traitement suivant une méthode de leur invention et qui consistait à utiliser certains sels (chlorure de sodium), lesquels ont la propriété de retarder le point d’ébullition de l’eau, mais leur tentative intéressante est malheureusement restée infructueuse, tant à cause du peu de richesse du minerai et de son inégalité que de l’état de division dans lequel il se présente. Nous n’avons aperçu qu’une seule exposition de soufre brut dans la section grecque.
- RUSSIE.
- Elle nous montre des échantillons de minerais de soufre provenant du Volga, de la Pologne et du Caucase.
- Près de Kassan, dans le Volga, il existe un gisement de soufre important; mais il ne donne qu’un rendement de 2 à 8 p. 100, et cette pauvreté du minerai explique pourquoi une usine qui s’y était installée a du fermer.
- La Pologne nous présente un minerai riche, rendant 2 5 à 70 p. 100 de soufre. On y avait aussi créé une usine qui a produit, en 1885, une quantité de 35,ooo pouds, soit 573 tonnes, et qui a dû également cesser son exploitation.
- Au Caucase, se trouve encore un gisement à i,5oo mètres environ au-dessus du niveau de la mer. Une compagnie française, Lescanne, Perdoaxfils et 0e, eut l’idée d’y fonder, en 1888, une usine qui, cette année même, produisit 88,000 pouds= i,ûào tonnes, mais, les années suivantes, il y eut une sensible diminution et nos renseignements nous laissent supposer que cette diminution est allée jusqu’à la cessafion.
- TURKESTAN.
- On y rencontre des collines de 100 mètres de hauteur formées de minerais de soufre à 60 p. 100 de richesse; ces collines seraient au
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- MINERAIS DE SOUFRE.
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- nombre de ko environ. On évalue la contenance de chacune d’elles à 3o millions de pouds= 491,000 tonnes, ce qui donnerait, pour l’ensemble de ce gisement, environ 20 millions de tonnes de minerai. Néanmoins, on n’a extrait en Russie et en Turkestan que :
- En 1881.......................... 6,5oopouds = 106,470 kilogr.
- En 1885.......................... 108,700 ==1,780,706
- En 1890.......................... 7,800 = 127,764
- Comme on le voit par ces quelques chiffres, malgré la présence de nombreux et riches gîtes sulfîfères, malgré des tentatives industrielles, la Russie doit encore s’adresser à l’étranger en ce qui concerne le soufre; aussi a-t-elle importé en 1891 :
- Soufre brut....................................... 18,427 tonnes.
- Soufre raffiné.................................... 465
- Les droits d’entrée par la Raitique, la mer du Nord et la frontière de terre y sont, pour le soufre brut, de 0 fr. 3o par 100 kilogrammes (2 kopeks par poud); par les mers Noire et d’Azov, de 0 fr. y 5 par 100 kilogrammes (5 kopeks par poud).
- Pour le soufre raffiné, ce même droit d’entrée, quelle que soit la frontière, est de 3 francs par 100 kilogrammes (20 kopeks par poud), ce qui représente à peu près 20 p. 100 ad valorem.
- Malgré ce droit, qui avait évidemment pour but de favoriser l’industrie locale, nous avons vu que toutes les tentatives d’exploitation ont échoué.
- JAPON.
- Depuis 1887, nous voyons le Japon devenir exportateur de soufre. 11 possède une dizaine de mines qui produisent environ 26,000 tonnes. 19,000 tonnes sont exportées dans la proportion de 17,000 tonnes aux Etats-Unis et 2,000 tonnes en Chine. La différence, soit 7,000 tonnes, est consommée par les besoins du pays lui-même.
- Ces soufres sont présentés dans de gros tubes en fer-blanc, de 0 m. 5o de diamètre sur 2 mètres de longueur, dans lesquels on les a coulés.
- ÉTATS-UNIS.
- Le plus grand dépôt de soufre des Etats-Unis se trouve à Cow Creek dans I’Utah. On en a extrait environ 2,000 tonnes dans l’année dernière,
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- mais, comme le gisement est très considérable et très riche et que son exploitation n’est retardée que par la difficulté actuelle des transports, on prévoit que la Dickers and Meyers Sulphur Company lui donnera un très grand développement, grâce à la rapidité avec laquelle sont créées les voies ferrées dans cet étonnant pays.
- Il y a aussi des gisements abondants dans le Nevada, le Wyoming, la Louisiane, la Californie et l’Arizona, mais, jusqu’à présent, on n’a pas trouvé profit à les exploiter. Les Etats-Unis sont donc, comme on le voit, encore tributaires de l’étranger pour les 120,000 tonnes de soufre brut qu’ils consomment annuellement.
- Malgré l’avantage indiscutable que donne, pour la fabrication de l’acide sulfurique, l’emploi de la pyrite de fer ou de cuivre, les Américains, jusqu’à ces dernières années, ne se sont servis que de soufre tiré presque exclusivement de Sicile ; il eût été trop onéreux d’importer aux Etats-Unis des pyrites dont la teneur n’est, au plus, que de 52 p. 100 de soufre, alors que le soufre brut de Sicile a 97 p. 100 de richesse.
- Mais, aujourd’hui, par suite de la découverte récente de mines de pyrites dans le Massachusetts et surtout dans la Virginie, cet état de choses paraît devoir se modifier.
- En effet, l’extraction de pyrites, sur ces points, s’étant élevée en 1892, nous a-t-on affirmé, à près de 200,000 tonnes, sur les îâo fabriques de produits chimiques qui existent dans l’Amérique du Nord et qui produisent 58o,ooo tonnes par an d’acide sulfurique, une trentaine, au moins, ont déjà transformé leurs fours dans le but de brûler cette pyrite.
- Aussi, et bien que la fabrication de l’acide sulfurique se développe chaque année aux Etats-Unis, où 307,000 tonnes sont consommées pour le traitement des phosphates, 2o3,ooo tonnes pour le raffinage du pétrole brut et 70,000 tonnes pour divers usages, nous nous sommes aperçus que, dans l’année 1892 elle-même, par suite de l’introduction des soufres du Japon, des soufres régénérés ou de l’emploi de la pyrite, l’importation sicilienne a diminué, dans ce pays, de 20,000 tonnes, décroissance que nous devons nous attendre à voir, par la suite, s’accentuer encore davantage.
- Pour la France, au contraire, l’importation des soufres de Sicile est allée en grandissant, chaque année, depuis 1888.
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- SOUFRES RÉGÉNÉRÉS.
- Ces soufres, dont il est entré clans ces dernières années, ainsi que nous le disions tout à l’heure, environ 10,000 tonnes aux États-Unis, proviennent de la régénération du soufre contenu dans les marcs de soude des fabriques de produits chimiques travaillant par le procédé Leblanc.
- Ce système de régénération, que nous n’entreprendrons pas de décrire ici, est appliqué, en Angleterre, par MM. Chance et Clausset, en France, par la Société de Saint-Gobain; au point de vue scientifique, il est certainement des plus intéressants, mais nous craignons que, sous le rapport pratique et industriel, il le soit beaucoup moins, à cause même de la complication et de la cherté des appareils qu’il comporte.
- Nous ajouterons, sans chercher le prix de revient du soufre régénéré, que, si ce dernier a pu gagner quelque terrain lorsque les soufres de Sicile, par suite d’une spéculation factice, ont atteint des prix inusités, il lui serait difficile de lutter contre eux, avec un avantage quelconque, maintenant que la Sicile a vu ses cours s’abaisser, en moins de dix-huit mois, de plus de 5o p. 100.
- Ces considérations nous amènent forcément à parler du soufre de Sicile, tout en regrettant que l’Italie n’ait pas cru devoir faire représenter cette production, dont la nature lui a généreusement donné le monopole, autrement que par quelques sacs qu’a exposés une maison de Catania.
- Les gisements de soufre sont nombreux et riches en Sicile. Nous croyons inutile de nous étendre sur cette question si admirablement traitée par M. Ralard en 1867, M. Lequin en 1889 et dans de nombreux ouvrages, notamment dans le traité des gîtes minéraux de MM. Fucks et Delaunay. Nous nous bornerons à dire que, malgré le traitement défectueux du minerai qui est fait par le « calcarone » ou four à l’air libre, malgré une perte d’environ 5o à 60 p. 100 du soufre contenu dans le minerai, la Sicile produit annuellement Aoo,ooo tonnes de soufre brut de diverses qualités.
- On comprend les désavantages du s calcarone » avec lequel le soufre se sert de combustible à lui-même et se trouve, en grande partie, transformé en acide sulfureux par l’oxygène de l’air; aussi a-t-on essayé la fusion par le bois et le charbon dans des appareils en fonte appelés Doppione, par la
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
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- vapeur d’eau et bien d’autres moyens; mais le procédé barbare du «cal-carone» paraît être encore le plus économique et le plus en faveur.
- RAFFINAGE DU SOUFRE.
- Il ne nous est pas possible de ne pas dire, en passant, un mot de l’industrie du raffinage du soufre qui ne figurait pas dans la section des mines, mais qui se relie étroitement à la production minière de la Sicile, et joue en France, depuis quarante-deux ans, époque à laquelle remonte l’apparition de l’oïdium, un rôle des plus importants.
- Il ne peut plus entrer de soufres sublimés ou raffinés aux Etats-Unis, par suite des droits prohibitifs qui frappent ces articles, et c’est à l’abri de ces droits que s’est établie, à San Francisco, une raffinerie de soufre qui tire sa matière première du Japon; nous n’avons trouvé celte raffinerie dans aucune section. lien existe une autre que nous avons déjà citée, la Dickers and Meyers Sulphur Company, dans l’Etat des Mormons.
- La seule raffinerie de soufre française qui avait exposé à Chicago, non dans un but spéculatif, puisque, comme nous l’avons dit, le territoire de l’Amérique du Nord lui est fermé par une muraille de Chine, mais pour le simple désir de représenter, dans ce grand concours, une de nos industries éminemment française, c’était la raffinerie A. Boude et fds de Marseille.
- Il ne nous appartient pas de parler de l’importance acquise, des progrès réalisés et des brevets pris par cet établissement, dont les chefs ont toujours eu l’honneur d’être membres des Jurys dans les divers concours internationaux qui se sont succédé depuis 1878. On peut se reporter à ce que disait, à ce sujet, le rapporteur de la classe /15 (grande industrie chimique) lors de l’Exposition universelle de Paris, M. Lequin, dont nous avons déjà eu l’occasion de rappeler les appréciations si autorisées.
- Toutefois, en affirmant, en 1889, que la diminution, qui, dans les dernières années, s’était manifestée sur les quantités de soufre brut importées en France, était absolument due au ralentissement de la production de nos raffineries nationales, M. Lequin n’expliquait pas quelles étaient les véritables causes de ce ralentissement. Ce n’était pas la disparition dans nos vignobles de l’oïdium, cette maladie cryptogamique, devenue endémique surtout dans les sols humides, ce n’était pas le sulfate de cuivre, reconnu efficace contre le mildew et pouvant avoir, contre l’oïdium, les mêmes effets préservatifs que le soufre, — chose qui est loin d’être prou-
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- vée; — c’était uniquement le développement d’importantes raffineries créées en Sicile à l’abri d’un régime douanier qui admettait, chez nous, en toute franchise de droits, les soufres fabriqués (sublimés, raffinés ou triturés) de provenance étrangère. Et, en effet, depuis 1888, c’est-à-dire depuis la rupture du traité de commerce franco-italien et l’inauguration des nouveaux tarifs, l’importation des soufres bruts de Sicile en France a augmenté chaque année; contre une importation de 60,000 tonnes environ pendant les années qui ont précédé 1888, nous en avons reçu :
- En 1889.......................................... 71,300 tonnes
- En 1890.......................................... 82,100
- En 1891......................................... 84,600
- Si nous défalquons de ces quantités une dizaine de mille tonnes nécessaires à la fabrication du sulfure de carbone et des pâtes de bois, nous trouvons que 74,000 tonnes sont actuellement consommées, en France, par le raffinage et la trituration du soufre.
- CONCLUSIONS.
- Le champ, relativement très restreint, des minerais de soufre exposés à Chicago, et qu’il nous a été donné d’examiner, ne nous permet pas de nombreuses conclusions, si ce n’est celle que la Sicile sera longtemps encore, — pour ne pas dire toujours, car ce mot n’existe pas scientifiquement, — la grande pourvoyeuse du monde, en ce qui concerne le soufre; les minerais de soufre, présentés par les autres points du globe, ne sont pas, à notre avis, une menace sérieuse de concurrence pour elle.
- Mais faut-il déduire de là que les divers marchés auront à subir les prix que la Sicile croira devoir leur imposer? Nous ne le croyons pas, car la situation financière de l’Italie, l’extraction toujours croissante du soufre en Sicile ne nous paraissent pas pouvoir justifier des spéculations du genre de celle que nous avons eu le regret de constater, un instant, au cours de ces dernières années.
- En outre, la diminution des quantités de soufre exportées par l’Italie aux Etats-Unis, où l’industrie des produits chimiques a une tendance à se tourner de plus en plus, pour la fabrication de l’acide sulfurique, vers l’usage de la pyrite que l’on exploite aujourd’hui dans la Confédération même; d’autre part, l’extension progressive, dans le nouveau continent,
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- de la production du soufre indigène, à mesure que surgissent les voies de communications, sont des raisons qui militent en faveur du maintien des bas cours en Sicile; il ne faut pas oublier que le marché américain absorbait, à lui seul, plus du quart de la production totale de cette île.
- Ces considérations sont rassurantes pour nous; en effet, pendant que l’importation du soufre de Sicile décroît en Amérique, elle augmente sensiblement en France, et dépassera, avant peu, 100,000 tonnes par an, si nous en jugeons par la progression des trois précédentes années.
- Nous pouvons donc prévoir le moment très prochain où la France prendra la tête dans l’importation du soufre; ce résultat sera très certainement dû à certaines dispositions du régime douanier qui a été mis en vigueur en 1888 pour les industries qui emploient, dans notre pays, le soufre comme matière première.
- Ces industries sont principalement celles des pâtes de hois a papier, de la fabrication du sulfure de carbone et du raffinage du soufre.
- Ces deux dernières ont un caractère essentiellement français parce quelles s’adressent, avant tout, à la viticulture, cette grande richesse nationale qui ne doit pas être, autant que possible, pour les produits qui lui sont le plus indispensables, tributaire de l’étranger.
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- TABLE DES MATIÈRES.
- Pages.
- Matières premières..................................................................... 4
- Nickel................................................................................ 4
- Zinc, plomb argentifère, etc.......................................................... 6
- Asphaltes............................................................................. 7
- Carbonate de manganèse...........................................................'.. 10
- Chrome............................................................................... 11
- Utilisation directe des matières premières............
- Ciment..........................................
- Pierres de construction.........................
- Ardoises........................................
- Emeri et matières à polir.......................
- Les matières à pob'r dans les sections étrangères,
- Creusets et fourneaux réfractaires............ . .. .
- Extraction de sables pour fonderie..............
- Métallurgie et arts industriels.......................
- Blindages.......................................
- Artillerie......................................
- Tubes sans soudures en tous métaux..............
- Hauts fourneaux, fonderie.......................
- Métaux en feuilles et paillons..................
- Publications concernant les mines et la métallurgie.. France.................................................. .
- îa
- 12
- 14
- 15
- 16
- *7
- 20
- 21
- 22 22 28 38
- 38
- 39
- 40 4o
- Expositions nationales..............................................*
- Allemagne .,......................................................
- Angleterre .....................................................
- Autriche........................................................
- Belgique........................................................
- Espagne.........................................................
- Grèce.... J.....................;.......
- Italie..........................................................
- Russie..........................................................
- Japon...........................................................
- Canada..........................................................
- Etats-Unis......................................................
- Mexique.........................................................
- Amérique du Sud.................................................
- 4a
- 42
- 45
- 46 4? 48 48 *9
- h
- 50
- 51
- 51
- 52 5a
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- 108 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- L’or et l’argent à l’Exposition Colombienne........................................... 5è
- Principaux centres de production de l’or......................................... 55
- Principaux centres de production de l’argent...................................... 57
- La métallurgie de l’or et de l’argent à l’Exposition Colombienne................... 58
- Métallurgie de l’or et de l’argent aux Etats-Unis.................................. 59
- Le cuivre............................................................................... 61
- Traitement des minerais sulfurés................................................... 63
- Le plomb................................................................................. 67
- Gîtes minéraux aux États-Unis......:............................................ 68
- Préparation mécanique et grillage des minerais.................................... 69
- Traitement métallurgique........................................................... 70
- États-Unis de l’Amérique du Nord................................................. 73
- L’aluminium.............................................................................. 75
- Industrie du fer......................................................................... 76
- Résumé de la consommation.......................................................... 77
- Minerais de fer.................................................................... 78
- Importations de minerais........................................................... 78
- Fonte............................................................................. • 79
- Fer et acier.................................................................... 80
- Procédé direct du fer.............................................................. 82
- Les charbons............................................................................. 86
- Industrie du coke................................................................ 88
- Le pétrole............................................................................... 89
- Gaz naturel........................................................................ 91
- L’électricité dans les mines........................................................... 92
- Conclusions............................................................................ 9^
- Minerais de soufre (M. Paul Boude, commissaire-rapporteur suppléant) .................... 98
- France............................................................................. 99
- Espagne........................................................................... 99
- Grèce.............................. '........................................... *0°
- Russie............................................................................ 100
- Turkestan....................................................................... îoo
- Japon........................................................................... 101
- Etats-Unis...................................................................... 101
- Soufres régénérés............................................................... 1 o3
- Raffinage du soufre............................................................... 10A
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- :• / ;
- Conclusions
- io5
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