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Rapports. Comité des dames. L'Exposition féminine française à Chicago
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- RAPPORTS
- SUR
- L’EXPOSITION INTERNATIONALE DE CHICAGO
- EN 1893
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- MINISTÈRE DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE CHICAGO EN 1893
- RAPPORTS
- PUBLIES
- SOUS TA DIRECTION
- DE
- M. CAMILLE KRANTZ
- COMMISSAIRE GENERAL DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS
- COMITÉ DES DAMES L’Exposition féminine française à Chicago
- PARIS
- IM P RIM E RIE N AT IO N V L E
- M DCCC XCV
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- COMITÉ DES DAMES L’Exposition féminine française à Chicago
- RAPPORT DE M- M. PÉGARD
- SECRÉTAIRE GENERALE Dü COMITE DES DAMES
- Comité des Dames.
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- IMPRIMERIE NATIONALE.
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- Comité des Dames.
- L’EXPOSITION FÉMININE FRANÇAISE
- À CHICAGO.
- CHAPITRE PREMIER.
- LE BOA RD OF LADY MANAGERS.
- Considérations générales. — La législation des États-Unis accorde à la Femme une large part dans les manifestations sociales.
- En Amérique, la femme a plus d’indépendance, d’initiative et d’autorité que dans aucun autre pays : la plupart des carrières lui sont ouvertes. On peut même affirmer quelle a contribué pour une large part au rapide développement des États-Unis, dont la prospérité, accrue de si prodigieuse façon, est un sujet cl’étonnement pour nos pays d’Europe; en effet, quand toutes les forces vives d’une nation concourent à son développement, elles provoquent un mouvement ascensionnel très puissant.
- L’Américaine, généralement très intelligente, désireuse de s’instruire, apte aie faire, ayant une étonnante facilité d’assimilation, est arrivée, grâce à son énergie, à conquérir peu à peu une situation presque égale à celle de l’homme; aussi le peuple américain, plus qu’aucun autre, a-t-il gardé le respect de la femme. Pour se rendre compte de ce sentiment qui frappe tous les étrangers, il faut se rappeler que, pendant la guerre de l’Indépendance, la femme a suivi l’homme partout, supportant les privations et les fatigues de cette dure campagne, l’aidant de ses conseils, le soutenant de son exemple. L’homme s’est habitué à voir en elle son égale, et nulle part en Amérique il n’est question d’une infériorité intellectuelle de la femme.
- L’activité cl’esprit des Américaines s’exerce dans toutes les branches des connaissances humaines : dans l’instruction publique, sur les 363,935 pro-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- fesseurs, il y a 238,333 femmes et 125,602 hommes. Dans les écoles d’art, le nombre des élèves-femmes est habituellement du double, souvent du triple, de celui des hommes, sauf dans les classes d’architecture où c’est l’inverse qui se produit. A l’école normale de dessin de Boston, on compte i5o élèves-femmes contre 5o hommes.
- Nous extrayons de la statistique officielle du Department of Labor des Etats-Unis des chiffres véritablement stupéfiants, qui révèlent un formidable mouvement féministe, accompli surtout clans ces vingt dernières années.
- 1870 1890
- Ingénieurs . . . . 0 127
- Comptables. . . . . 0 27,777
- Architectes . . . . 1 22
- Légistes 5 208
- Sténographes et typewriters 7 21,185
- Dentistes . . . . 2Ô 337
- Journalistes 35 888
- Clergyladies 67 i,235
- Directrices de théâtre . ... 100 634
- Ecrivains littéraires ou scientifiques i59 2,725
- Peintres et sculpteurs . . .. h\2 10,810
- Remplissant des fonctions officielles , . . . h 1 h 4,875
- Médecins et chirurgiens , . . . 527 4,555
- Actrices 692 3,9*9
- Musiciennes ... 5,753 34,518
- Copistes, secrétaires, etc . . . . 8,016 64,o48
- Total............................. 16,212 177,893
- Sur toute l’étendue des États-Unis s’élèvent actuellement 179 collèges de femmes ou se confèrent des grades universitaires. Ces collèges comptent 24,851 étudiantes et 2,299 professeurs, dont 601 hommes et 1,698 femmes; la prédominance de ces dernières n’abaisse pas le niveau de l’instruction : on se plaît, au contraire, à reconnaître généralement à leur enseignement une méthode plus précise qui supplée à ce que l’enseignement de l’homme peut avoir de plus personnel.
- L’Américaine est toujours foncièrement instruite — plus que l'homme; — elle fait partie des sketch clubs, des societies of décorative art et d’une foule d’autres associations artistiques. Elle s’ingénie à trouver une position lucrative, elle prend ses diplômes avec un zèle exemplaire, s’instruit sans relâche, fréquente très assidûment les cours et
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- L’EXPOSITION FÉMININE FRANÇAISE.
- les académies. Dans les écoles, les classes de travail du bois, du fer, du dessin de machines sont suivies surtout par les hommes; mais, dans les cours de composition décorative, ce sont les femmes qui dominent. On les trouve déjà en quantité dans les manufactures de tapis, de papiers peints, d’étoffes imprimées, fournissant des dessins, des modèles. Il semble que le grand mouvement en faveur de l’art et de ses applications qui s’est produit en Amérique profite surtout à la femme, en mettant entre ses mains la direction du goût.
- (Victor Champier. Rapport de mission.)
- Un des côtés les plus remarquables du caractère de la femme américaine, c’est l’esprit d’initiative et le sentiment très vif de solidarité qui unit toutes les femmes et que nous allons voir se manifester dans l’œuvre du Board of Lady Managers et l’organisation du Womans Building. C’est cette initiative qui se montre si hautement, si pratiquement philanthropique, que nous suivrons dans ses créations diverses. Nous verrons s’affirmer surtout ce respect pour les droits de la femme, qui est l’une des caractéristiques du peuple américain.
- Nous connaissons mal les femmes d’Amérique : nous n’en rencontrons, la plupart du temps, que les types ce cosmopolites », et nous remarquons trop les excentricités de quelques tapageuses, faisant sonner bien haut leurs revendications.
- Il faut avoir vu l’Américaine chez elle, l’avoir étudiée dans son milieu pour la comprendre — et l’admirer. C’est ce qu’a fait la très distinguée jyjme Th. Bentzon, dans son livre : Les Américaines chez elles; elle nous fait assister à une magnifique floraison d’œuvres féminines, qui presque toutes étaient exposées au Womans Building et dans lesquelles nous pourrions puiser des inspirations et des encouragements, bien qu’il soit juste de reconnaître que nous avons en France une puissance de charité non moins féconde et non moins vivace.
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- CRÉATION DU BOARD OF LADY MANAGERS.
- Déjà les Comités féminins avaient fait leur apparition aux expositions du Centenaire de ^Indépendance à Philadelphie et du Centenaire du coton à la Nouvelle-Orléans, où ils avaient obtenu un succès incontestable, en créant le Département de la Femme et en y organisant une exposition de travaux remarquables.
- Ce Département avait présenté un tel intérêt, que le Congrès des Etats-Unis, en sanctionnant le projet de l’Exposition Colombienne, décida qu’il y avait lieu de créer officiellement un comité de Dames directrices : Boarcl of Lady Managers. Par son Act en date du 25 avril 1890, le Congrès, en constituant la Commission nationale, lui confia la mission de former ce comité, chargé de défendre au cours de l’Exposition les intérêts féminins.
- La Commission nomma immédiatement le Board of Lady Managers, composé de 115 membres : 2 membres de chacun des Etats ou territoires de TUnion et du district de Colombie * 8 membres adjoints et 9 dames de Chicago, nommées membres suppléants.
- Le Board élut pour présidente Mme Bertha Honoré Potter Palmer, de Chicago; pour secrétaire, Mme Susan G. Cooke.
- Ses attributions. — Les pouvoirs conférés à l’origine au Board of Lady Managers furent :
- i° La nomination de un ou plusieurs membres, dans tous les jurys des récompenses ayant à juger des expositions dans lesquelles le travail féminin entrerait pour tout ou partie. Le nombre de ces jurés féminins serait proportionné à la part de travail fourni par les femmes dans les produits d’un même Département.
- 20 L’organisation et la direction du Womans Building (Palais de la
- 3° La charge officielle et la responsabilité de tous les intérêts des femmes, à l’Exposition, savoir : l’attribution des emplacements réservés aux expositions féminines dans les divers palais, l’acceptation des demandes d’admission et le règlement des réclamations.
- h° La haute direction pour la présidente du Board of Lady Managers de
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- toutes les mesures à prendre, de concert avec le Comité exécutif du Board, l’approbation de la Commission nationale et du Directeur général, ainsi que l’ordonnancement de toutes les dépenses à soumettre ensuite à la vérification du Bureau du contrôle.
- 5° L’attribution pour le Comité exécutif du Board of Lady Managers des mêmes pouvoirs que ceux énoncés ci-dessus.
- Proportion des femmes dans le jury. — Le nombre des femmes devait donc, à l’origine, être proportionnel à l’importance du travail féminin, mais, le 29 juin 1893, M. W. F. King, vice-président du Comité des récompenses, fit savoir au Board of Lady Managers que le Congrès ayant fixé à 570,800 dollars (2,968,000 francs) l’indemnité à accorder aux jurés, dont 100,000 dollars aux femmes, avait établi par là une proportion supérieure à un cinquième pour les femmes dans le nombre total des jurés. En conséquence, on nomma i3i femmes membres du jury, réparties de la façon suivante dans les divers Départements de l’Exposition :
- Agriculture, produits alimentaires et accessoires............. 10 femmes.
- Horticulture.................................................. 10
- Animaux sauvages et domestiques................................ 4
- Poissons, pêcheries............................................ 2
- Mines, métallurgie............................................. 2
- Machines....................................................... 2
- Chemins de fer, véhicules..................................... 2
- Manufactures.................................................. 35
- Electricité.................................................... 2
- Beaux-arts.................................................... i5
- Arts libéraux................................................. 35
- Ethnographie, archéologie................................... 10
- Forêts......................................................... 2
- Total.......................... i3i
- But poursuivi par le Board. — Pour établir la première participation officielle de la Femme à une entreprise nationale aussi importante, le Board of Lady Managers résolut de montrer les progrès réalisés par elle sur tous les points du globe, au cours de ce siècle pendant lequel des moyens d’instruction plus nombreux ont été mis à sa portée. II invita donc les femmes de tous les pays du monde à prendre part à cette manifestation.
- On put croire que le Board of Lady Managers, mis en possession d’un
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- palais spécial, que venait de lui accorder la Commission nationale, y réunirait tous les éléments composant la généralité de l’Exposition féminine. Il n’en fut rien. Le Boarcl pensa que les femmes ont tort de faire des expositions spéciales, que la compétition avec l’homme est nécessaire pour éliminer les non-valeurs, et mettre au point les aptitudes particulières des deux sexes, et que, de plus, les femmes n’attacheraient de prix qu’aux récompenses décernées dans un concours impartial, où il ne serait pas fait acception du sexe de l’exposant.
- Une autre difficulté, et non la moindre, provenait de la division du travail, qui rendait matériellement impossible, dans un grand nombre de cas, l’exposition d’objets, à la fabrication desquels les hommes et les femmes travaillent concurremment; en éliminant cette part si considérable du travail des femmes, on ne serait arrivé qu’à en donner une faible et injuste représentation.
- Or, le but que poursuivait surtout le Board of Lady Managers était de combattre l’opinion fausse, trop facilement admise, que les femmes sont peu aptes à un travail assidu et important, qu’il n’y a donc pas lieu d’en tenir compte pour la solution des problèmes industriels; que leur travail, dans la plupart des cas, est inférieur comme exécution à celui de l’homme; et que, par conséquent, le salaire inférieur qui leur est accordé est, en réalité, l’équivalence de services qui n’ont pas une valeur commerciale bien déterminée.
- Il s’agissait de démontrer, avec preuves à l’appui, que leur travail est, au contraire, un élément fixe et permanent, un facteur considérable, dont le rôle dans la production industrielle devait être sérieusement étudié, afin d’en établir la valeur réelle. Le Board désirait, par cette démonstration de la production de chacun, aider au relèvement du salaire de la femme, si notoirement inférieur à celui de l’homme : la justice d’une part, la moralité de l’autre exigeraient qu’à travail égal il fût donné salaire égal.
- Il désirait encore faire ressortir la nécessité d’un enseignement technique - plus développé, pénétrant profondément dans la masse du peuple et mettant les femmes à même de quitter les positions subalternes quelles occupent dans la plupart des industries, et d’arriver à de meilleures situations.
- Il fut donc arrêté que la majorité des travaux serait exposée dans les différents palais (rentrant ainsi dans la classification générale par Départe-
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- ments^j, et que le Womari’s Building serait consacré à établir la synthèse du travail des femmes à notre époque; qu’il grouperait, mais en un petit nombre résultant d’une sélection sévèrement faite, les œuvres les plus remarquables dans chaque genre de travail, et qu’aucune considération personnelle ne ferait admettre les objets de second ordre.
- Le Palais de la Femme servirait, en outre, à reconstituer l’histoire du travail des femmes à travers les âges * par une exposition rétrospective et ethnographique, de nature à dissiper les erreurs courantes sur l’originalité et l’esprit inventif des femmes, exposition qui aurait pour résultat d’établir qu’elles ont été intimement associées au développement des arts et de l’industrie, bien quelles fussent placées généralement dans les conditions les plus désavantageuses.
- En résumé, le but que se proposa le Boarcl of Lady Managers, en organisant l’Exposition du Womaris Building, fut de créer entre les femmes un lien de solidarité, établissant entre celles de la classe élevée et celles qui luttent pour l’existence, souvent sans aucun appui, des relations de protection et de sympathie; de faire voir aux femmes la part quelles ont dans le labeur universel, et les résultats satisfaisants auxquels elles arrivent dans le travail manuel, industriel, artistique, avec des moyens très insuffisants encore; de leur montrer ce dont elles sont capables comme organisatrices et comme travailleuses; de leur rendre par là cette confiance en elles-mêmes dont une longue habitude d’infériorité sociale les a privées; et enfin d’obtenir une plus juste répartition des salaires, en montrant que le travail de la femme est égal à celui de l’homme, ou peut le devenir.
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- CHAPITRE II.
- LE WOMAN’S BUILDING.
- Création du Palais. — En avril 1891, la Commission nationale votait la somme de 200,000 dollars (i,o4o,ooo francs) pour la construction d’un palais spécialement affecté aux femmes : le Womans Building.
- Le Board of Lady Managers, qui, déjà, avait été constitué sur un pied d’égalité avec les chefs des différents Départements de l’Exposition, se trouva posséder un palais spécial dont il eut l’usage complet et la libre disposition.
- Sa situation et ses aménagements. — Le Palais de la Femme, du style de la Renaissance italienne, couvrait une superficie de 7,380 mètres carrés, et était environné de beaux arbustes et de parterres fleuris, fournis par des maisons françaises. Devant le Palais, la lagune formait une large baie, à laquelle conduisait une série d’escaliers et de terrasses.
- Par un large vestibule, on pénétrait dans le bail intérieur, vaste nef ouverte jusqu’au faîte, environnée de deux étages de galeries, dont les arcades, d’un dessin élégant et délicat, rappelaient l’intérieur des cours de certains palais italiens.
- Au rez-de-cbaussée se trouvaient : les expositions des divers pays, une école modèle, l’exposition rétrospective, et tout ce qui a trait à l’économie sociale et aux œuvres d’assistance. Dans le bail, dit galerie d’honneur: les sculptures, peintures, miniatures, émaux, et les riches collections de broderies et de dentelles anciennes.
- Au premier étage : l’exposition scolaire; la bibliothèque, composée exclusivement d’auteurs féminins; des salles de lecture; la grande salle pour les assemblées; les salles de réunions des différents Etats de l’Union, et, dans la galerie, des mannequins revêtus de costumes nationaux, provenant en majeure partie de l’Espagne. Autour de cette galerie était exposée ,1a reproduction de la tapisserie de Bayeux, envoyée par la France.
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- Au second étage : une cuisine modèle où se professaient des cours, accompagnés de démonstrations praticpies; des salles de restaurant, et, extérieurement, de grandes terrasses d’où la vue embrassait le panorama enchanteur du lac et de la Ville blanche.
- Le Womans Building fut construit sur les plans et sous la direction de Miss Sophia B. Hayden, de Boston, jeune architecte ayant reçu ses diplômes à l’Ecole de technologie du Massachusetts, en 1890.
- La décoration intérieure fut confiée, pour la peinture, à Mrs. Frederick Mac-Monnies, qui dans une composition symbolique représenta «la Femme primitive5?, et à Miss Mary Cassatt, qui à son tour prit pour sujet «la Femme moderne». Ces panneaux ont été exécutés à Paris. Quatre autres panneaux décoratifs étaient dus à Miss Lucia Fairchild, de Boston; à Mrs. Amanda Brevvster-Lewell, à Mrs. Bosina Emmet Sherwood et à Miss Lydia Emmet.
- Miss Alice Bideout exécuta les huit groupes de statues, et Miss Yandell les cariatides qui ornaient l’extérieur du Palais.
- Participation des pays étrangers. — La création d’un Palais de la Femme était une entreprise trop nouvelle pour ne pas rencontrer des incrédulités et soulever des objections; aussi Mme Potter Palmer crut-elle nécessaire d’entreprendre un voyage à travers l’Europe pour rallier à l’œuvre du Board of Lady Managers les volontés hésitantes. Sa haute intelligence et son savoir-faire assurèrent le succès de sa mission; elle vit dans chaque pays les personnalités les plus marquantes, celles dont la situation sociale, la célébrité artistique, littéraire ou professionnelle rendait le concours désirable, afin de rehausser l’éclat de l’Exposition. Elle obtint l’assentiment des femmes des chefs d’Etat, qui acceptèrent presque partout de présider les comités d’organisation. Quarante pays environ participèrent à l’Exposition du Womans Building.
- Résumé. — Il a été formulé quelques critiques sur le Womans Buüding : on lui a reproché un certain manque d’unité dans quelques-unes de ses parties, et la dispersion des divers emplacements concédés à un même pays rendait impossible la vue d’ensemble de sa propre exposition.
- Ces légères critiques admises, il est de toute justice de reconnaître que le Palais de la Femme a été l’un des succès de l’Exposition de Chicago et a certainement réussi au delà même des espérances conçues à son origine.
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- Nulle part la foule n’a été aussi compacte : «On peut affirmer, sans que personne puisse contester cette assertion, que le Womans Building était peut-êtrè, de tous les palais, celui où régnait la plus constante animation. 33 (Rapport de Al. Lourdelet, délégué de la Chambre de commerce de Paris.)
- Les dépenses totales de l’Exposition féminine s’élevèrent à 56A,iqo dollars (2,833,788 francs), répartis de la façon suivante :
- Sommes dépensées avant le vote du Congrès établissant le
- budget du Board of Lady Managers..................... 25.000 dollars.
- Montant des sommes affectées par le Congrès............. 209,190
- Construction du Womans Building..................... 200.000
- Allocation au Comité des récompenses............... 100,000
- Total
- 564,igo
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- LE CHILDREN’S BUILDING (palais de L’ENFANt).
- A côté du Palais de la Femme s’élevait lé Palais de VEnfant.
- C’était une sorte de « garderie » à laquelle les parents confiaient leurs enfants pendant les journées consacrées à la visite de l’Exposition, journées dont on comprendra la fatigue, si l’on songe que le Jackson Park, où se trouvait située l’Exposition, mesurait une superficie de 27/1 hectares. Pour amuser les plus jeunes enfants, on avait réuni des jouets et des jeux de tous les pays; on les instruisait en les amusant, et rien n’était plus curieux que de voir ces bambins apprendre à faire un lit, à balayer, à épousseter, etc. ; les rondes, les chants, les lectures à haute voix succédaient à ces jeux, et les petits emportaient, eux aussi, un gai souvenir de leur visite à l’Exposition.
- Ce palais a rendu d’inappréciables services; l’idée en était ingénieuse et charmante, animée d’une tendresse et d’une sollicitude touchante pour les enfants. Elle fait honneur à celles qui l’ont inspiré, et spécialement à Mrs. George L. Dunlap, sa dévouée et habile organisatrice.
- Le Palais fut construit avec le produit d’une souscription publique; l’administration de l’Exposition souscrivit pour 5,ooo dollars.
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- CHAPITRE III.
- LA SECTION FRANÇAISE.
- Participation officielle de la France. — Mme Potter Palmer, au cours de son voyage en Europe, obtint du Gouvernement français la promesse d’une participation officielle des femmes à l’Exposition du Womans Building.
- Nomination du Comité. — Par arrêté en date du 8 juillet 1892, M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie instituait, sous la présidence de M'ne Carnot, le « Comité des Femmes françaises », et nommait membres de ce Comité :
- Mme Carnot ,
- M'nes Beaujan.
- Georges Berger.
- Léon Bertaux.
- Isabelle Bogelot.
- Brouardel.
- Miolan-Carvalho. la comtesse Horace de Choisedl.
- O
- DE CORCELLE.
- la générale Février. la comtesse Foucher de Careil. la vicomtesse de Grandval. la comtesse Greffühle-Chimay.
- Goralie Cahen.
- Koechlin-Schwartz .
- Camille Krantz.
- présidente.
- Mmcs Madeleine Lemaire.
- Levylier-Goudchaux.
- Mlle Loizillon.
- Mmes Lodrdelet.
- Henri Mallet.
- Jebanne Mazeline. Mesureur.
- la comtesse de Montsaulnin. la marquise de Moustiers. Casimir-Perier.
- Frank Puaux.
- Gustave Roy. Marjolin-Scheffer.
- Jules Siegfried.
- Mile Toussaint.
- Quelques jours après, un arrêté nommait Mme Pégard secrétaire de la Section et lui confiait la charge de son organisation.
- La réunion constitutive du Comité eut lieu au Palais de l’Elysée, le 15 juillet 1892.
- But du Comité. — Le but que se proposa le Comité fut : i° d’établir la condition démographique et sociale actuelle de la femme en France; 20 de montrer les diverses manifestations de son travail intellectuel et matériel.
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- Statistique générale des femmes en France. — Afin de réaliser le premier de ces points, il fut décidé de produire tout d’abord une synthèse, sous forme de tableaux graphiques, parlant aux yeux et indiquant la situation de la femme, comparée à celle de l’homme, dans les différents phénomènes de la vie sociale.
- Cette statistique une fois dressée au point de vue démographique, on procéderait à des enquêtes spéciales, ayant pour objet la situation de la femme dans l’agriculture, l’industrie, le commerce; sa part dans l’enseignement primaire, secondaire, supérieur; dans les arts, les professions libérales et autres; la proportion des patronnes, des employées, des ouvrières; les variations de leurs salaires aux différentes saisons et à diverses époques, etc.
- On établirait des statistiques générales sur le nombre des écoles maternelles, primaires, publiques, privées; sur les lycées, les collèges, les cours supérieurs, etc.; sur le nombre des diplômes et brevets obtenus; sur le degré d’instruction des femmes à leur mariage (proportion de celles ayant signé leur acte de mariage); sur les professions exercées par des femmes; une étude complète sur l’épargne de la femme, le nombre des livrets, leur importance moyenne, le montant des sommes dues aux déposantes, la comparaison de l’épargne de la femme avec celle de l’homme, l’épargne par profession, la progression de l’épargne féminine, etc.
- Une enquête serait ouverte sur le nombre et la condition des femmes employées dans les grandes administrations publiques, dans les principaux établissements de crédit, les compagnies de chemins de fer, etc.
- Des renseignements statistiques seraient fournis, relativement aux œuvres d’assistance, de prévoyance, les-sociétés de secours mutuels, etc., ainsi que sur la participation des femmes aux récompenses nationales accordées pour faits de dévouement, d’héroïsme, etc.
- Classification de VExposition. — Le Comité se préoccupa ensuite de montrer les diverses manifestations du travail intellectuel et matériel des femmes, et décida que l’Exposition comprendrait quatre divisions :
- La première. — Education et instruction;
- La deuxième. — OEuvres d’assistance et d’économie sociale;
- La troisième. — Travaux manuels, industriels, commerciaux, administratifs;
- La quatrième. — Art : beaux-arts, arts décoratifs et industriels, musique, théâtre, littérature, etc.
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- Cette classification avait l’avantage de montrer l’initiative de la femme s’exerçant à toutes les époques et dans toutes les situations de la vie :
- i° Dans l’enfance, par l’éducation commencée dès le berceau; dans la jeunesse, par l’instruction poursuivie jusqu’aux examens du professorat et aux carrières libérales;
- 2° Se continuant à travers la vie, dans les œuvres philanthropiques où la femme est appelée, par son dévouement, à contribuer si largement au bien-être de l’humanité;
- 3° S’exerçant dans les conditions plus humbles, secondant le chef de famille, prenant sa part du labeur qui assurera la paix et l’aisance du foyer ;
- Et 4° enfin, s’affirmant dans la vie intellectuelle.
- Voici le programme qui fut rédigé, d’après la classification adoptée :
- PREMIÈRE SECTION.
- Éducation. — Instruction.
- Éducation physique. — La mère nourrice de son enfant. — Allaitement par nourrice à gages. — Allaitement artificiel. — Soins hygiéniques après le sevrage. — Layettes. — Trousseaux. — Crèches. — Exercices gymnastiques. — Hygiène de la famille, etc.
- Education morale. — Du rôle et des occupations de la femme dans le ménage et dans la famille.
- Instruction. — Enseignement primaire, secondaire. — Enseignement supérieur. — Examens. — Diplômes. :— Brevets. — Carrières libérales. — Préparations à ces carrières. — Femmes médecins, avocats, etc. — Enseignement professionnel. — Apprentissage.
- Institutions. — Ecoles maternelles. — Ecoles primaires publiques, privées. — Pensionnats. — Lycées et collèges de filles. — Cours. — Éducation à domicile.— Institutrices. — Bibliothèques, etc.
- DEUXIÈME SECTION.
- Œuvres et institutions philanthropiques et d’économie sociale.
- Institutions relevant de l’Etat ou des municipalités; œuvres d’initiative privée, confessionnelles ou exclusivement philanthropiques. — Ordres religieux. — Sœurs hospitalières. — Diaconesses. — Infirmières. — Gardes-malades laïques. — Hôpitaux de femmes. — Cliniques. — Sociétés de secours aux blessés. — OEuvres de charité. —Etablissements correctionnels. — Femmes et filles repenties. — OEuvres des femmes libérées. — Prisons. — Maisons de retraite et de refuge. — Sociétés contre la prostitution. — Maternités clandestines. — Tours. — Sauvetage de l’enfance.
- Comité des Dames. a
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- Œuvres d’économie sociale. — Sociétés coopératives et de secours mutuels. — Asiles pour la vieillesse. — Asiles de nuit, etc.
- TROISIÈME SECTION.
- Travaux de la femme.
- Travaux manuels. — Domestiques à gages : à la ferme, à la maison. — Ouvrières à la journée. — Servantes dans les établissements de consommation. — Balayeuses des rues. — Porteuses de pain, porteuses de journaux. — Travaux à la main, à la machine; — exécutés à domicile, dans les ateliers patronaux. — Couture, repassage, blanchissage, etc. — Outillage. — Salaires, gains. — Durée du travail. — Hygiène de la famille ouvrière. — Nourriture. — Surveillance des ateliers.
- Travaux industriels. — Filature; tissage; dentelles; mines; métallurgie; ferblanterie; horlogerie; bijouterie; joaillerie; orfèvrerie; bonneterie; bimbeloterie; papeterie; brochage; reliure; peinture; dorure; céramique, etc. — Salaires. — Conditions du travail.
- Institutions pour l’amélioration morale et matérieüe de l’ouvrière.
- Travaux commerciaux. — La femme chef de maison; employée; demoiselle de magasin; comptable; placière; courtière; marchande ambulante, etc. — Statistiques.
- Travaux administratifs publics. — Télégraphes. — Téléphones. — Postes, etc.
- Travaux administratifs privés. — Travaux de bureau, de laboratoire. — Bureaux d’essais. — Chemins de fer. — Banques, etc.
- QUATRIÈME SECTION.
- Art.
- Beaux-Arts. — Dessin; sculpture; peinture; architecture; gravure.
- Musique : composition, chant. — Danse, chorégraphie. — Sociétés musicales. —-Ecoles du Conservatoire. — Cours. — Institutions pour le développement des arts.
- Arts décoratif et industriel. — Peintures sur étoffes, sur porcelaine, sur bois, sur faïence, etc. — Dessins, vitraux, céramiques, etc.
- Ecoles professionnelles d’art appliqué à l’industrie.
- Littérature. — Histoire; sciences; romans; revues; bibliographie ; critique, etc.
- Théâtre ; tragédie, comédie. — Ecole du Conservatoire.
- Organisation de TExposition. —Pour chacune de ces sections, le Comité décida que les produits exposés mettraient nettement en lumière la théorie du travail et l’application pratique de cette théorie.
- De là, deux divisions dans chaque section.
- La première, la théorie, s’établirait de la manière suivante :
- Première Section. — Tableaux statistiques sur les différents modes d’allaitement ; layettes; trousseaux; plans; photographies; maquettes représentant des crèches, des écoles maternelles, etc.
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- Programmes et méthodes d’enseignement; travaux d’élèves et de maîtres; plans; dessins; photographies; vues d’ensemble; maquettes, représentant des maisons d’éducation, lycées de filles, écoles normales, etc.
- Deuxième Section. — Tableaux statistiques comprenant : le nom de l’œuvre; la date de sa fondation; par qui elle a été fondée; si elle a été déclarée d’utilité publique; la date de cette déclaration; si elle est d’initiative privée, ou sous la dépendance du Gouvernement ou des municipalités; dirigée exclusivement par des femmes, ou seulement avec le concours des femmes; si elle est d’économie sociale, ou exclusivement d’assistance; si c’est une œuvre confessionnelle, et, dans ce cas, de quelle religion; quel est son but; si elle admet des adhérents sans distinction de religion, ou seulement de l’une d’elles, de laquelle; comment fonctionne son administration; quelle est la-composition de son budget annuel, ses recettes, ses dépenses; quels sont ses résultats matériels, moraux; si elle a déjà figuré à des expositions antérieures; quelles récompenses elle a obtenues.
- Troisième Section. — Tableaux statistiques indiquant le genre des travaux exécutés soit dans les usines, les ateliers, les magasins ou les administrations ; faisant connaître le nombre des femmes qui y sont employées ; si elles travaillent chez elles ou en ateliers; si elles sont employées seules ou concurremment avec des hommes; le genre des travaux qu’elles exécutent; là où elles travaillent en atelier, par qui est dirigé l’atelier; si elles font un apprentissage, où elles le font : à l’usine même pu en dehors ; à quel âge commencent-elles à travailler; si Ton prend de préférence des filles ou des femmes mariées ; ce que deviennent les enfants et le ménage pendant l’absence des mères ; la durée de leur journée, leur salaire, leur hygiène à l’atelier; le système des primes et des amendes ; les institutions philanthropiques, d’économie sociale, religieuses, qui s’occupent d’améliorer leur condition : caisses de retraites, sociétés de secours mutuels, sociétés coopératives, syndicats, etc.
- Quatrième Section.—Monographies, maquettes, photographies, programmes ayant trait aux écoles des beaux-arts et aux cours créés pour les femmes (les productions artistiques des femmes figurant à l’Exposition des Beaux-Arts).
- Instruction musicale, statistique; programmes d’écoles et de sociétés musicales; monographies ; photographies du Conservatoire, etc.
- Produits des arts décoratifs ; études sur les écoles professionnelles d’arts appliqués à l’industrie, etc.
- Livres, ouvrages, pièces de théâtre, etc.; toutes productions de la plume féminine qui devront figurer dans la bibliothèque organisée au Palais de la Femme.
- Enfin, portraits authentiques de femmes célèbres, etc.
- La seconde division, la pratique, comprendrait les objets divers dus au travail des femmes, et serait la démonstration de la théorie correspondante, la mise en œuvre de ces méthodes, etc.
- Le programme, accompagné d’une circulaire, fut envoyé aux femmes de
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- talent et de bonne volonté tant à Paris qu’en province, aux patrons et chefs d’ateliers, pour obtenir la mesure de la participation des ouvrières dans l’industrie.
- Des questionnaires spéciaux furent adressés aux chefs des diverses administrations de l’Etat employant des femmes, aux Compagnies de chemins de fer, aux établissements de crédit, aux grands magasins, aux chambres syndicales, aux directrices d’écoles professionnelles, aux directeurs des conservatoires de musique de Paris et des départements, etc.
- Des démarches furent faites près du cardinal-archevêque de Paris, des principaux pasteurs de l’Eglisé réformée, du grand-rabbin de France, des présidents et présidentes d’œuvres, pour s’assurer le concours des associations charitables, confessionnelles et autres.
- Mme Palmer avait demandé à chaque pays d’envoyer le plus grand nombre possible de portraits de femmes illustres dans les lettres et dans les arts, pour les exposer dans la galerie d’honneur du Wotnans Building. Ces portraits étant généralement la propriété de musées, de collectionneurs ou de familles les conservant précieusement, il fut impossible de les obtenir, en raison des risques de ce long voyage, et le Comité fut contraint de n’envoyer que des reproductions photographiques encadrées, très obligeamment mises à sa disposition par la maison Braun-Clément.
- Les mêmes difficultés s’élevèrent au sujet des objets d’art rétrospectifs sollicités par le Board of Lady Managers. Aussi le Comité renonça-t-il à organiser une exposition rétrospective; il ne revint sur sa décision que dans les derniers jours, à la demande de quelques industriels désirant exposer, pour les vendre, des collections d’éventails, de dentelles et de broderies anciennes; mais cette partie de l’Exposition ne put avoir l’importance que le Comité eût souhaité lui voir.
- Le Board ayant l’intention de faire professer, au Woman’s Building, des cours de cuisine, désira confier cette tâche à une Française. Les négociations entamées par le Comité à Paris ne purent aboutir, en raison des difficultés résultant de la nécessité de professer en anglais, de l’absence prolongée de la titulaire du cours et des frais considérables laissés à la charge du Comité.
- Il fallut également décliner l’offre de décorer les quatre panneaux du vestibule sud du Palais de la Femme. Chacun de ces panneaux mesurant 21 mètres carrés, Mü° Louise Abbéma et Mmo Van Parys, qui avaient accepté de les exécuter gratuitement, y renoncèrent devant le refus du
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- Boarcl of Lady Managers de les indemniser aucunement des frais considérables qui devaient leur incomber.
- Pour bien prouver que leur refus n’était dû qu’à une impossibilité matérielle, ces dames envoyèrent des esquisses-projets, dont il sera parlé au chapitre de l’Exposition des Arts.
- Le Comité, désireux d’assurer le succès de la Section française, pensant qu’il était nécessaire d’offrir au public une attraction suffisante pour le faire affluer dans son exposition, décida d’organiser un et Salon parisien » et d’exposer une histoire du costume depuis la Gauloise jusqu’à nos jours, au moyen de poupées habillées.
- Emballages-transports. Assurances. — Du 20 février au 20 mars, les.envois des exposantes furent reçus au Commissariat général et emballés sous la surveillance de l’administration.
- Les frais d’emballage, de transport, d’assurance, à l’aller et au retour, d’installation et de gardiennage furent supportés par le crédit alloué à la Section des femmes par M. le Commissaire général.
- L’envoi des 110 caisses renfermant l’Exposition s’effectua, du icr au 1 5 avril, par l’intermédiaire de la Compagnie transatlantique.
- Les assurances de transport s’élevèrent à la somme de 2,656 fr. 06 pour une valeur déclarée de 4/19,2/11 francs, chiffre inférieur à la valeur réelle de l’Exposition, quelques industriels ayant préféré faire leurs assurances eux-mêmes.
- Installation cle l’Exposition à Chicago. — A l’arrivée des caisses à Chicago, le Womans Building, pas plus du reste qu’aucun autre palais, n’était prêt à les recevoir, l’hiver exceptionnellement mauvais de 1892 à 1893 n’ayant pas permis de pousser les travaux aussi activement qu’il eût été nécessaire. C’est donc au milieu de bâtiments à peine achevés, encombrés de caisses et de matériaux de toutes sortes, qu’eut lieu le ier mai l’ouverture de l’Exposition. L’agencement intérieur du Woman’s Building ne fut terminé que dans les derniers jours du mois, et ce fut le 26 mai que fut inaugurée solennellement l’Exposition française.
- Le succès fut complet, et M. le Commissaire général envoya quelques jours après à Paris la dépêche suivante : « Depuis l’inauguration de notre Section, au Palais de la Femme, les salles sont chaque jour combles; grand succès. »
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- La partie principale de l’Exposition, celle renfermant le «Salon» et l’histoire du costume, se trouvait située à l’angle sud-ouest du Palais. C’était un carré long, mesurant 22 mètres de longueur sur 8 de profondeur, éclairé par trois grandes baies d’un côté et deux de l’autre. Une porte de 8 mètres donnait accès dans la galerie.
- A l’intérieur, en face de l’entrée, la grande vitrine renfermant les poupées costumées; à droite, dans le fond, le «Salon»; à gauche, tout autour, les vitrines contenant les divers objets exposés : céramique, émaux, dentelles, broderies, lingerie, travaux à l’aiguille, etc.
- Dans la galerie d’honneur, les beaux-arts et l’exposition rétrospective; au premier étage, l’exposition d’économie sociale, des œuvres d’assistance, les statistiques, les travaux des écoles, etc.
- Emplacements. -— Les divers emplacements occupés par la Section française représentaient une superficie totale de 1,087 mètres carrés, y compris les 65o mètres carrés de surface murale.
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- L’EXPOSITION. — SON CONTENU.
- PREMIÈRE SECTION.
- EDUCATION. ---- INSTRUCTION.
- Première partie. — Les réponses aux questionnaires envoyés ont fourni les éléments des monographies suivantes ^ :
- Enseignement professionnel.
- Cours techniques. Enseignement industriel et commercial.
- Enseignement commercial des femmes. Ville de Paris.
- Principaux établissements d’enseignement commercial et industriel.
- Ecoles commerciales.
- Institution nationale des jeunes aveugles, à Paris.
- Maisons de la Légion d’honneur.
- Ecoles de-la ville d’Angers.
- Enseignement professionnel des filles, à Paris.
- Enseignement professionnel des femmes. Ecole Elisa Lemonnier.
- Œuvre générale des écoles professionnelles catholiques de jeunes filles, à Paris.
- École de travail pour les jeunes filles israélites, fondation Bischolfsheim.
- Société d’encouragement aux arts et métiers pour les jeunes filles israélites de Marseille.
- Ecole de comptabilité commerciale de M. Pigier.
- Enseignement artistique.
- Direction des beaux-arts. Enseignement donné par l’État. Conservatoire national de musique et de déclamation. Succursales du Conservatoire national.
- Autres écoles de musique du Gouvernement.
- Artistes femmes. Récompenses obtenues.
- Ecole nationale de musique de Montpellier.
- École nationale de musique de Nîmes.
- École nationale des arts décoratifs.
- Académie de la place Malesherbes.
- Cours de dessin et de peinture de MUe de Nugent, à Paris.
- W Ces monographies réunies à celles de la troisième Section forment un album intitulé Conditions du travail des femmes. — Enseignement professionnel.
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- Cours de dessin et de peinture de Mme Mazeline, à Paris.
- Cours de Mlle Hortense Parent et Association pour renseignement professionnel, à Paris.
- Cours de musique de Mrae Anna Fabre, à Paris.
- Cours Charrier-Boblet.
- Cours de Mme Nelly-Hager.
- La femme médecin.
- Femmes employées dans l’administration.
- Seconde partie. — Un grand nombre de travaux à l’aiguille, des cahiers de devoirs, des dessins (linéaire, de figure, d’ornement, de paysage), etc., des objets en céramique peinte furent envoyés par le Ministère de l’Instruction publique, la Ville de Paris, l’Institution des jeunes aveugles, etc. A signaler surtout les écoles professionnelles dirigées par les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, la maison des Loges (Légion d’honneur), la Maison de refuge israélite de Neuilly.
- DEUXIÈME SECTION.
- OEUVRES ET INSTITUTIONS PHILANTHROPIQUES ET D’ECONOMIE SOCIALE.
- Première partie. — Cent monographies d’OEuvres ont été réunies dans un album mis à la disposition du public et portant ce titre : OEuvres d’assistance pour et par la femme.
- En voici la liste :
- Assistance de VEnfance.
- Association des mères de famille, à Paris.
- La Maternité de Paris. — Maison et clinique d’accouchement.
- Crèche Saint-Marcel de la Maison-Blanche, à Paris.
- Crèche protestante de Nîmes.
- OEuvre des crèches d’Angers.
- OEuvre des layettes de Nîmes.
- Société protectrice de l’Enfance, à Paris.
- Union française pour le sauvetage de l’Enfance, à Paris.
- La maison des enfants, à Levallois-Perret.
- OEuvre de l’adoption des petites filles abandonnées, à Châtenay (Seine).
- Orphelinats. — Ouvroirs.
- Œuvre des orphelines protestantes d’Orléans.
- Hospice des orphelines de la marine, à Rochefort.
- Orphelinat protestant, à Montauban.
- Orphelinat des Arts, h Courbevoie.
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- Orphelinat de Dély-lbrahim.
- Orphelinat des filles d’Angers (sœurs de Saint-Vincent-de-Paul).
- Orphelinat protestant du Gard, à Nîmes.
- Société des orphelines protestantes de Lyon.
- Orphelinat de Rothschild.
- Orphelinat de jeunes filles de Sedan.
- Œuvre des orphelines protestantes de Grest (Drôme).
- La Pépinière, à Châtel-Censoir (Yonne).
- Asile Emilie, à Arvert (Charente-Inférieure).
- OEuvre des petites filles abandonnées, à Courbevoie.
- Asile pour les jeunes orphelines protestantes, à Paris.
- Orphelinat de jeunes filles de Brassac (Tarn).
- Orphelinat des Rillettes (rue des Archives).
- Maison delà Charité de la Croix d’or, à Montbéliard (Doubs).
- Orphelinat d’Anduze (Gard).
- Ouvroir Saint-Vincent-de-Paul, à Angers.
- OEuvres autres que celles qui s’occupent de l’assistance de l’Enfance.
- Refuges et asiles.
- Asile national pour les jeunes filles moralement abandonnées.
- Asile national de Nîmes.
- Maison israélite de refuge pour l’Enfance, à Neuilly-sur-Seine.
- Les trois Sociétés charitables, fondées en 1881 par Mm0 Lorriau.
- Asile protestant de Ferney pour jeunes filles.
- Asile de vieillards Saint-Nicolas, à Angers.
- Asile John Bost, à Laforce (Dordogne).
- OEuvres de placement (patronage des domestiques et autres).
- Home ou maison hospitalière pour les institutrices et servantes sans place.
- Asile pour les domestiques et jeunes ouvrières, à Paris.
- OEuvre des jeunes apprenties servantes, Le Foyer chrétien, à Paris.
- Maison hospitalière pour domestiques femmes momentanément sans place, a Cannes. Société des Demoiselles de magasin, à Paris.
- Home français, à Paris.
- Asile chrétien pour les domestiques femmes, à Paris,
- Maisons hospitalières établies en France.
- Maison hospitalière, h7, rue Denfert-Rochereau.
- Placement des femmes. — Placements effectués par les œuvres de bienfaisance en . 189 A.
- Chambre syndicale des bureaux de nourrices, à Paris.
- Divers établissements d’assistance et de bienfaisance.
- OEuvres des Petiles-Sœurs-des-Pauvres.
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- Comité de bienfaisance israéiite de Paris.
- Institution évangélique des Diaconesses de France.
- Société de bienfaisance des Dames israéiites de Marseille.
- Refuge protestant de Paris.
- Société de la salle d’asile israéiite de Marseille.
- Hospice Grelfulile, à Levallois-Perret.
- Congrégation de Saint-Charles, à Angers.
- OEuvre de la visite des hôpitaux, à Paris.
- Société de charité des Dames protestantes de la Rochelle.
- L’Hospitalité universelle de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs.
- Hôpital libre de Notre-Dame-de-Perpétuel-Secours, à Neuiily-Levallois.
- OEuvre des femmes israéiites en couches, à Paris.
- OEuvre des jeunes convalescentes pour les jeunes filles sortant des hôpitaux, à Epinay-sous-Sénart.
- Maison de convalescence pour les femmes protestantes sortant des hôpitaux de Paris. Comité de bienfaisance israéiite de Paris.
- Maison de refuge israéiite de Lyon.
- Communauté de la circonscription israéiite de Lyon. (Maison de refuge.)
- Communauté delà circonscription de Lyon. (Ancienne Société des Dames.) Communauté de la circonscription de Lyon. (OEuvres des Dames.)
- Œuvres d’assistance féminine de la circonscription consistoriale de Vesoul. Circonscription consistoriale de Nancy. (OEuvres des Dames.)
- Circonscription consistoriale de Nancy. (OEuvres des Dames. Lunéville.)
- Circonscription consistoriale de Verdun. (Sociétés des Dames.)
- Société des Dames israéiites de Reims.
- Circonscription consistoriale de Lille.
- Circonscription consistoriale de la Gironde.
- Communauté israéiite de Rayonne. (OEuvres des Dames.) Hospice ou maison d’asile. Communauté de Bayonne. (OEuvres des Dames.) Société protectrice de la jeunesse des arts et métiers.
- OEuvre des libérées de Saint-Lazare, à Paris.
- OEuvre de patronage des détenues et des libérées, à Paris.
- OEuvre protestante des prisons de femmes, à Paris.
- OEuvre du relèvement moral de Bordeaux.
- Société française de secours aux blessés militaires, à Paris.
- Association charitable des femmes du monde, à Paris.
- Société de patronage des orphelinats agricoles.
- Atelier-refuge de Rouen.
- Atelier-école, 220, avenue du Maine.
- Association de bienfaisance protestante de Paris.
- OEuvre des loyers des Ternes.
- Société de la Ruche, à Paris.
- OEuvre philanthropique de l’assistance par le travail, à Paris.
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- Caisse de secours de la clinique ophtalmologique du docteur Landolt.
- OEuvre des draps aux pauvres, à Marseille.
- Sociétés de secours mutuels. — Prévoyance.
- Mutualité maternelle, à Paris.
- Association de secours mutuels des artistes dramatiques, à Paris.
- Dispensaire et Bibliothèque des sociétés de secours mutuels de la ville d’Angers.
- Caisse de secours mutuels du personnel du magasin de la Belle Jardinière.
- Société de secours mutuels d’Angers.
- La Famille. (Société de secours mutuels d’Angers.)
- Certaines œuvres avaient envoyé des tableaux muraux : l’Association des Dames françaises, l’Union des Femmes de France, la Charité maternelle, les Libérées de Saint-Lazare, l’OEuvre du sauvetage de l’Enfance abandonnée ou coupable, les Orphelinats agricoles, les Amies de la Jeune Fille, la Maison de refuge israélite de Neuilly, l’OEuvre delà chaussée du Maine, la Crèche de Picpus, la Maison maternelle, l’OEuvre des petites fdles abandonnées, les OEuvres de Miss de Broën, l’Asile maternel, l’Atelier-école, etc.
- Seconde partie. — L’Association des Dames françaises exposait le plan de son hôpital d’Auteuil, des boîtes de secours, un sac de soldat contenant les objets essentiels d’un pansement sur le champ de bataille, une bibliothèque portative, des machines à rouler les bandes, des livres, des brochures, etc.
- L’Union des Femmes de France, une grande maquette représentant un hôpital de campagne, des livres, des exemplaires de son bulletin, etc.
- Mme Henry, sage-femme en chef de la Maternité de Paris, une tétrelle et le modèle d’une couveuse pour enfants nés avant terme.
- Le Comité avait obtenu de Mrae la Supérieure générale des Filles de Saint-Vincent-de-Paul, pour l’exposer dans la IIe Section, le portrait de «sœur Rosalie », qui personnifiait si admirablement la charité des femmes françaises à notre époque.
- Etaient exposés également les portraits de Mme Jules Mallet et de MUo Louise Dumas, qui consacrèrent leur vie aux œuvres d’assistance avec un admirable dévouement.
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- TROISIÈME SECTION.
- TRAVAUX DE LA FEMME : MANUELS, INDUSTRIELS, COMMERCIAUX, ADMINISTRATIFS.
- Première partie. — Les conditions du travail ont été l’objet d’une véritable enquête, et les documents envoyés ont fourni les éléments des 46 monographies suivantes ^ :
- Monographies d’industries.
- Fabrication des gants, à Grenoble.
- Chambre syndicale de la tabletterie, à Paris.
- Industrie du ruban, à Saint-Etienne.
- Industrie des fleurs artificielles.
- Chambre syndicale des instruments de Part médical.
- Tissage mécanique d’étoffes de coton. Industrie roannaise.
- Industrie des fourrures.
- Industrie lainière de Sedan.
- Monographies de maisons industrielles.
- Amiedx frères, à Ghâtenay-lès-Nantes. — Conserves alimentaires.
- C. Berger, à Rouen. — Filature de coton.
- H. Boulenger et Cie, à Choisy-le-Roi. — Faïences.
- Maxime Clair, à Paris. — Ameublements.
- Colcombet et Cio, à Saint-Etienne. Rubans.
- Davenière et Cio limited, à Calais. — Tissus et dentelles.
- Déchelette Remi et fils, à Roanne. — Tissage de coton.
- J. Dümagnou , à Paris. — Conserves alimentaires.
- Etablissements Doval , à Paris.
- Halles centrales et marchés de Paris.
- A. Herbin, à Nancy. — Chaussures.
- La Belle Jardinière, à Paris.
- Lefébüre , à Paris. — Dentelles et blondes.
- Legrand , à Paris. — Parfumerie.
- Liaod frères et Gio, à Paris.— Chapeaux de paille.
- Louit frères et Cie, à Bordeaux. — Conserves alimentaires.
- Alfred Mame et fils, à Tours. — Imprimerie.
- Le Bon Marché, à Paris.
- Mahrey-Deschamps, à Trie-le-Château (Oise). — Brosserie.
- W Ces monographies réunies à celles de la iro Section forment l’album intitulé : Conditions du travail des femmes. — Enseignement professionnel.
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- François Mazurel frères, à Tourcoing. — Filature et tissage de laine.
- Menier, à Noisiel (Oise). — Chocolat.
- Maison Nayrolles, à Paris. — Broderies d’ameublement.
- Patay, à Paris. — Fleurs artificielles.
- Peugeot frères, à Valentigney (Doubs). — Constructions mécaniques.
- Révillon frères, à Paris. — Fourrures.
- E. Rogelet et G. Dauphinot, à Reims. — Tissage de laine.
- C. Say, à Paris. — Raffinerie de sucre.
- Société française des munitions de chasse, de tir et de pêche,à Paris.
- Tabourier et Cio, à Paris; — Filature.
- Tessier du Cros, à Valleraugues (Gard).— Filature de soie.
- Eugène Vacquerel, à Paris. — Cartons et papiers.
- Vincent, Ponnier et Gie, à Senones (Vosges). — Filature de coton.
- Institutions patronales dans l’industrie.
- Société d'encouragement des arts et métiers pour les jeunes filles Israélites de Marseille.
- La Couturière, à Paris.
- L’Aiguille, à Paris.
- A la Grande Maison, à Paris.
- Assistance paternelle pour les ouvrières en fleurs et plumes, à Paris.
- Société pour l’établissement des jeunes filles israélites, à Paris.
- Les travaux confiés aux femmes dans le commerce, les diverses admi-
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- nistrations publiques et privées, les manufactures de l’Etat, les établissements de crédit ont été analysés dans le tableau XV de la statistique générale. (Voir la nomenclature donnée plus loin nos 10A à 120.)
- Seconde partie. — Parmi les travaux à l’aiguille, le Comité a groupé des œuvres irréprochables, uniquement dans le but de montrer la perfection de travail à laquelle les femmes atteignent, plutôt que dans l’intention de faire une exposition industrielle :
- Les dentelles. — Les dentelles étaient représentées par M. Lefébure, qui avait envoyé les plus beaux spécimens de sa fabrication : Alençon, Colbert, Chantilly, point de France, Burano, etc., et ce magnifique « devant de robe », qui est la propriété du Musée des arts décoratifs : la diversité des points, leur finesse et leur régularité, la légèreté du dessin, la richesse des jours, en font une pièce unique.
- M. Warée, qui excelle dans la fabrication des dentelles d’ameublement,
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- exposait de grands rideaux de guipure, genre arabe, accompagnant une cantonnière brodée par les élèves de la Légion d’honneur.
- M. Ancelot : des panneaux d’échantillons de dentelles d’imitation, entre autres des guirlandes de fleurs, genre Chantilly blanc, reliant des motifs de velours appliqués sur soie.
- Les broderies blanches. — M. Charles Crouvezier : ces fines broderies dont le centre de fabrication est à Nancy et dans les Vosges; des mouchoirs d’une incomparable finesse, des taies d’oreillers, des draps, dont l’un en toile très fine, avec large bordure de fils tirés et quadrillés sur laquelle s’enlevait une volée de papillons, et de légères guirlandes de roses; une taie, dessin Renaissance.
- Les broderies en soies de couleurs. — Mme Gabriel Delessert, née de La-borde: un écran brodé, or et nuances, sur satin vert; des glands en fil et dentelle d’un très curieux travail, et des broderies genre japonais.
- M1'0 A. de Clermont-Tonnerre : un écran avec applications de fleurs en peau blanche, sur fond de satin vieux rose.
- MM. Damon (A.) et Colin : un paravent Louis XVI, en broderie au crochet, surmonté d’un médaillon peint en grisaille.
- Un grand fauteuil avec applications et broderies.
- Mme la baronne de Gartempe : des éventails, des écrans, des boîtes, des cadres en broderies à paillettes.
- Mmc la comtesse Greffuhle, née de la Rochefoucauld : des écrans, des éventails brodés et peints, avec montures anciennes.
- M. Henry (A la Pensée) a tenu à honneur de montrer aux Américains les plus jolis produits du «goût français)) : un dessus de piano en broderie du xvme siècle, des abat-jour, des coussins, des éventails, et un panneau de tapisserie au petit point, d’après Boucher, contenant, dit-on, un million de points.
- M. Henry (J.-A.), de Lyon, exposait des broderies pour ornements d’église qui soutenaient bien la réputation de cette ancienne et honorable maison. A remarquer surtout une croix de chasuble, moyen âge, avec personnages brodés au passé, absolument remarquable.
- Mme Leroudier, qui a fondé et dirige l’Ecole de broderie de la ville de Lyon, avait une exposition nombreuse et très variée. Depuis des panneaux de tenture, des rideaux, des robes, jusqu’à des tableaux brodés : Le Christ,
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- de Van-Dyck; Les Saintes Femmes au pied de la Croix; La Maraîchère, d’après Rembrandt; un triptyque, représentant la Vierge et l’Enfant adorés par les anges, rappelait, par le sentiment de naïveté tendre et pieuse de sa composition et l’ensemble de la tonalité, surtout dans certaines nuances de vert, les peintures de Memling à l’bôpital Saint-Jean, à Bruges; et, enfin, les quatre panneaux formant Tune des principales décorations du k Salon ».
- Mrae Lefaurichon-Leroudier, élève de sa mère, exposait également un tryptique représentant L’Adoration des Anges.
- Les Elèves de la Légion d’honneur (maison des Loges) : une cantonnière, fleurs et ornements de nuances vives sur fond de satin grenat.
- Mlle Marguerite Maillot : des broderies de perles et de jais sur tulle et velours.
- La Maison de refuge Israélite de Neuilly : un paravent et un écran Louis XVI, d’une exécution parfaite.
- M. J. Nayrolles. Les broderies de la maison Nayrolles sont exécutées avec des cordonnets d’or de nuances diverses et de soies aux teintes très adoucies. Une grande portière, exécutée pour M. Carnot, président de la République, d’un effet très décoratif, attestait l’habileté des ouvrières.
- Mme Edouard Pailleron : de magnifiques broderies, exécutées avec autant d’habileté que par la meilleure professionnelle.
- Mllc Charlotte Georges-Ville : un grand panneau japonais dont le dessin, composé par elle, jetait, sur un fond de satin blanc, de grandes fleurs aux teintes éclatantes, des oiseaux, des libellules, etc. Diverses broderies au passé et un écran brodé en rubans, gamme de tous les tons de roses, etc.
- La passementerie.—MM. Vaugeois-Binot exposaient un trophée en broderie d’or : panoplie de casques, d’épées, de boucliers, etc., donnant l’illusion de la plus fine ciselure, véritable pièce de musée.
- Les tapisseries. — MM. Braquenié et Cie emploient dans leurs fabriques d’Aubusson un certain nombre de femmes. Elles avaient tissé la tapisserie qui formait la tenture de fond dans le « Salon parisien », L’Arrivée de Psyché dans le palais de l’Amour, reproduisant une tapisserie des Gobelins d’après Boucher. Le mérite de cette pièce consiste dans la perfection de l’exécution et dans l’harmonie des nuances, qu’il était difficile de concilier avec
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- la solidité des teintures, puisqu’il s’agissait de reproduire exactement une tapisserie patinée par le temps.
- Les jleurs artificielles. — Mms la comtesse de Beaülaincoürt, née de Cas-tellane : des roses, des œillets, de splendides chrysanthèmes, donnant l’illusion parfaite de la nature.
- M. Patay : une grande corbeille d’orchidées et un bouquet de lilas blanc et de roses d’un merveilleux effet.
- La coulure, les robes. — La maison Sarah Mayer et Morhange avait habillé des figurines, de grandeur naturelle, avec une élégance qui a certainement fait rêver bien des visiteuses.
- Un élégant costume de fillette avait été fait par MUe Susse (ancienne maison Marindaz).
- Les chapeaux. — De petites merveilles, très parisiennes, signées Estber Meyer, Auguste Petit, Marguerite.
- La lingerie confectionnée. — La vitrine de Mme Franck contenait un choix complet de modèles d’une élégance et d’une exécution parfaites. A remarquer des garnitures en fils tirés, l’une surtout, à l’encolure d’une chemise en batiste si fine qu’elle était passée tout entière dans une bague; une robe de chambre, en velours ancien, garnie de vieux Colbert; un jeté de lit, dentelle rebrodée d’or, etc.
- La pelisse d’enfant, en satin et vieux points de Venise, et les objets de layette, de Mile Susse, étaient également très réussis.
- Mme Bureau-Bigot avait exposé des corsets et des jupons élégants et de très bonne coupe.
- La ganterie. — La Chamrre syndicale des Fabricants de gants de Grenoble avait fait une importante exposition.
- Les ombrelles. — M. Ahrweiler : une ombrelle de dentelle blanche, avec motifs de peinture à la gouache, sur crêpe de Chine blanc.
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- L’EXPOSITION FÉMININE FRANÇAISE.
- 33
- QUATRIÈME SECTION.
- BEAUX-ARTS, LITTÉRATURE
- Première partie. — L’Union des Femmes peintres et sculpteurs, dont la fondatrice présidente était Mma Léon Bertaux, membre du Comité, avait condensé, dans un tableau mural, l’historique de sa fondation, son développement et l’exposé d’une situation financière très florissante.
- Une statistique des artistes ayant exposé aux divers Salons figure dans le tableau XIV de la statistique générale, n03 101 et i 02.
- Seconde partie. Beaux-Arts. — Les bornes de ce rapport ne nous permettent pas d’analyser les œuvres exposées; elles sont en nombre trop considérable, nous nous bornerons donc à citer les noms des principales artistes.
- PEINTURE.
- Mlle Louise Abbéma, Mm=s Demont-Breton, Madeleine Lemaire, Arthur Arnould (Delphine de Cool), Brouardel, Buchet, Colin-Liboür, La Vil-lette, Müraton, Turner, Vallet, Villebesseyx, Zillhardt ; feu Marie Bash-kirtseff qui, bien que Russe d’origine, était si Française de cœur, que le Comité a cru pouvoir déférer aux instances de sa mère, désireuse de voir le chef-d’œuvre de sa fille, Jacques et Jean, exposé dans la Section française.
- Nous avons parlé, page 20, des esquisses-projets destinés à l’un des vestibules du Womans Building.
- Ceux de Mlle Louise Abbéma représentaient La Ville de Paris portant à Chicago les Arts de la Femme, et U Amérique accueillant les Nations à l’Exposition universelle.
- Ceux de Mme Van Parys : Injluence de la Femme dans les arts.
- Et Les Arts de la Femme : aimer, plaire, se dévouer.
- Celui de Mlle Jeanne Rongier : Soir d’Elé.
- Le tarif trop élevé des compagnies d’assurances obligea le Comité à
- 0) L’enseignement des arts a été considéré comme ressortissant au programme général de l’enseignement. Les notices, statistiques, comptes rendus envoyés par les Conservatoires de Paris et de la province, les écoles d’art
- Comité des Dames.
- décoratif, de musique, de dessin, etc., figurent dans la ire Section, et se trouvent contenus dans l’album intitulé : Conditions du travail des femmes. — Enseignement professionnel.
- IMPRIMERIE NATIONALE,
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- 34
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- renoncer à l’exposition des tableaux de Rosa Bonheür, les collectionneurs ne consentant à les prêter que sous la réserve formelle de les assurer contre tous risques.
- SCULPTURE.
- Citons : Mme Léon Bertaux , dont le marbre de Psyché sous Vempire clu mystère appartient au musée du Luxembourg, et celui du Buste de Sophie Arnould, au foyer de l’Opéra; Mmo Sarah Bernhardt, Ophélie; Mrae Clovis Hugues, Ma Fillette; Mm0 Laure Coutan, La Source (l’original appartient à l’Etal); Mme Manuëla (duchesse d’Uzès), son Grôupe de saint Hubert destiné à l’archevêque de Winnipeg; Mme Lancelot-Croce, Le Champagne.
- DESSINS, PASTELS, AQUARELLES, GRAVURES.
- Mn,PS Madeleine Lemaire, Arthur Arnould, Broüardel, marquise de Cha-ponay, Mlles Coësme, Léonide Bourges, Mmes Houssaye, Huillard, comtesse Pierre de Cossé-Brissac, Jehanne Mazeline, Mile Malsis, Mmes de la Calle, Gabrielle Neiter, Mourier, etc.
- ÉVENTAILS, MINIATURES, ÉMAUX, ENLUMINüRES.
- Eventails. — Mllcs Louise Abréma, Bida, Mmes Cécile Chennevière/ Marie Dumas, les collaboratrices des maisons Buissot, Düvelleroy, Ahraveiler, etc.
- Miniatures. — Mir,C3 Arthur Arnould, Marie Garnier, Camille Isbert, Hervé, Lucie Borel, M11üs Manuôlita Grimaud, Marguerite Grison, Gabrielle Lachaud, Guérin, Marie Michaud, etc.
- Emaux. — M““ Arthur Arnould (Delphine de Cool), la comtesse du Ciiaffault, Mlles Marie de Nugent, Victorine Behm, Mmes de Sainte-Anne, Lagoderie, Louvet, MUes Henriette et Marie Bichard, du Mazel, Lachaud, etc.
- Enluminures. — MUes Ernestine Soudan, Denise Montcharmont, Julia Beek, Baud, Guilbert (maison Gruëll), Mmc3 Bida, Ernest Moye, etc.
- ARTS DÉCORATIFS ET INDUSTRIELS.
- La Manufacture nationale de Sèvres exposait les belles pièces signées de Mmes Apoil et Escallier : grands vases très décoratifs, figurant dans le rcSalon55, et menus objets, dans les vitrines. Les noms des peintres femmes de la Manufacture se trouvent au catalogue.
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- L’EXPOSITION FÉMININE FRANÇAISE. 35
- Mile Descamps-Sabouret, un grand plat de faïence encadré, appartenant à la maison Deck.
- MM. Pannier-Lahoche, des assiettes, tasses et soucoupes en porcelaine peinte et émaillée.
- A signaler aussi les beaux tableaux en porcelaine peinte de MmeHortense Richard, ceux de Mllc Emilie Miserooles, les illustrations de Mme Gabrielle Lacroix, les nombreuses photographies faites par Mme la duchesse d’Uzès, et la tente, chambre noire pour photographies, dont l’auteur est Mme la duchesse d’Ayen.
- musique.
- L’Exposition comprenait les œuvres des musiciennes les plus en renom.
- M" la vicomtesse de Grand val, membre du Comité, Augusta Holmes, Cécile Chaminade, Marchesi (marquise de Castrone-Rajata), Gabrielle Ferrari, Pauline Viardot, Henriette Fuschs, Marie Jaëll, Mlles Célanie Car-rissan, Hortense Parent, Mmes Gennaro-Chrétien, Jenny Maria, Willy de Rothschild, Alice Salvator, MUe Jümel, Mmes la comtesse des Mazis, la comtesse de Lissac, etc.
- littérature.
- Le Comité envoya 1,163 volumes à la bibliothèque du Womans Building, qui en contenait environ 7,000, dont :
- 1,163 5oo 5oo 3oo 3oo i5o i3o 5o
- Abandon des livres à la Bibliothèque de Chicago. — Il n’existe nulle part de bibliothèque féminine. Le Board of Lady Managers, désireux de perpétuer le souvenir de l’œuvre accomplie au Womans Building, et considérant combien une création de ce genre rendrait de services, décida de fonder à Chicago une bibliothèque exclusivement féminine. Il demanda leur concours aux Comités des pays exposants. Le Comité français, avec l’assentiment des auteurs et des éditeurs, donna satisfaction au Board of Lady Managers et abandonna ses livres à la bibliothèque en formation.
- Pour
- la France. . l’Allemagne. l’Angleterre. l’Espagne. . la Bohême .
- l’Italie.....
- la Suède. . . le Japon. . .
- 3.
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- 86
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- HORS SECTION.
- En dehors des quatre sections délimitées parle programme, l’Exposition française comprenait :
- La Statistique générale;
- Le Salon parisien ;
- L’Histoire du costume;
- L’Exposition rétrospective;
- Les Portraits.
- STATISTIQUE GÉNÉRALE.
- Cette statistique fut établie par 189 cartogrammes et diagrammes, contenus dans 18 tableaux mesurant chacun 2 m. 65 de largeur sur 1 m. 55 de hauteur.
- Les procédés les plus variés de la statistique graphique furent mis à contribution et appropriés aux différents objets de l’enquête poursuivie.
- Tous les documents ont été fournis par les divers ministères, spécialement par le Ministère du Commerce et de l’Industrie; et, grâce au concours très dévoué de M. Turquan, chef du bureau de la Statistique générale de France à ce ministère, les tableaux ont pu être exécutés en cinq mois, ce qui, eu égard au travail considérable qu’ils représentent, constitue un véritable tour de force.
- PROGRAMME.
- I
- VITALITÉ ET MORTALITE DE LA FEMME.
- 1. Répartition de la population française par sexe, âge et état civil. — Diagramme.
- 2. Table de la mortalité de chacun des deux sexes. — Nombre de décès pour 1,000.
- — Diagramme.
- 3. Mortalité absolue. — Répartition des décès par âge, par sexe et par état civil. —
- Pyramide des décès. — Diagramme.
- 4. Age moyen des décédées. — Sexe féminin. — Moyenne des années vécues par les
- 17 millions de femmes décédées en France de 1855 à 1890. — Carte.
- 5. Vitalité de la femme mariée. — Proportion des décès des femmes mariées pour
- 100 décès d’hommes mariés. — Carte.
- 6. La mortalité moyenne des femmes en 1891. — Proportion des décès sur
- 1,000 femmes. — Carte.
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- L'EXPOSITION FÉMININE FRANÇAISE.
- 37
- II
- PART DE LA FEMME DANS LA POPULATION GENERALE.
- (Tableau I.)
- 7. Filles. — Proportion des filles sur 100 femmes de i5 à 45 ans. — Carte.
- 8. Mariées. — Proportion des veuves sur îoo femmes de i5 à 45 ans. — Carte.
- 9. Veuves de moins de 45 ans. — Proportion des veuves sur îoo femmes de i5 à
- 45 ans. — Carte.
- 10. Nombre de femmes pour 1,000 hommes. — Tous âges réunis. — Carte.
- 11. Femmes centenaires. — Nombre de femmes qui sont mortes, âgées de plus de
- îoo ans, 1855-1891. — Carte.
- 12. Veuves. — Nombre de veuves pour 100 veufs. — Carte.
- III
- PART DE LA FEMME DANS LA POPULATION GENERALE.
- (Tabieau IL)
- 13. Age des femmes au mariage. — Carte.
- 14. Proportion des filles qui se marient annuellement. — Chances de se marier dans
- l’année. — Carte.
- 15. Nombre de familles ayant plus de cinquante ans de mariage, sur 100 familles. —
- Carte.
- 16. Statistique graphique de la nuptialité par âge en France. (Moyennes établies sur
- 10 millions de mariages.) — Proportion, sur 100 femmes, de celles qui se marient avec des hommes de différents âges. — Filles avec garçons. — Filles avec veufs. — Veuves avec garçons. — Veuves avec veufs. — Diagrammes.
- 17. Durée moyenne du mariage. — Carte.
- 18. Répartition des familles d’après leur durée et d’après le nombre de leurs enfants
- vivants. — Sur 100 familles ayant la même durée. — Diagramme.
- 19. Nuptialité par année, de 1869 à 1891. — Diagramme.
- IV
- VITALITÉ ET FECONDITE DU MARIAGE.
- 20. Natalité légitime, 1891. — Nombre de naissances, en 1891, pour 100 femmes
- mariées de moins de 45 ans. — Carte.
- 21. Natalité générale. — Proportionnes naissances pour 100 femmes de i5 à 45 ans,
- en 1891. — Carte.
- 22. Nombre de naissances légitimes par mariage. — Période de 1867 à 1891. —
- Carte.
- 23. Nombre de familles ayant 7 enfants et plus, sur 1,000 familles. — Carte.
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- 38
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- 24. Graphique du développement des familles, d’après la durée du mariage.
- 25. De o à 2 ans de mariage.
- 26. De 3 à 5 ans de mariage.
- 27. De 6 à îo ans de mariage.
- 28. De 11 à i5 ans de mariage.
- 29. De 16 à 20 ans de mariage.
- 30. De 21 à 25 ans de mariage.
- 31. De26à5o ans de mariage.
- 32. De 5i ans et au-dessus.
- 33. Toutes durées réunies.
- 34. Mortalité du premier âge. — Nombre d’enfants légitimes décédés pendant leur
- première année, 1877 à 1891. — Carte.
- V
- RÔLE DE LA FEMME DANS L’EMIGRATION ET L’IMMIGRATION.
- 35. Profession des étrangères habitant la France. — Diagramme.
- 36. Condition des étrangères de toutes professions. — Diagramme.
- 37. Emigration des femmes pendant la période de 1857 à 1891. — Carte.
- 38. Mappemonde montrant l’état actuel de l’émigration et de l’immigration des
- femmes.
- 39. Françaises à l’étranger. — Pyramide des âges. — Diagramme.
- 40. Etrangères en France. — Pyramide des âges. — Diagramme.
- 41. Emigration française par sexe, de i85i à 1891. — Diagramme.
- 42. Immigration étrangère par sexe en France, de 1831 à 1891. — Diagramme.
- 43. Mariages par nationalité.
- 44. Nombre de femmes ayant acquis ou perdu la qualité de Française par leur ma-
- riage. — Diagramme.
- 45. Proportion des étrangères pour 1,000 femmes, par. arrondissement. — Carte.
- VI
- CONDITION DE LA FEMME. ---- TOUTES PROFESSIONS REUNIES.
- (Tableau I.)
- 46. Patronnes. — Proportion des femmes sur 100 patrons. — Carte.
- 47. Employées. — Proportion des femmes sur 100 employés. — Carte.
- 48. Ouvrières. — Proportion des femmes sur 100 ouvriers. — Carte.
- 49. Domestiques. — Proportion des femmes sur 100 domestiques. — Carte.
- 50. Nombres absolus. — Groupes professionnels : patronnes, employées. — Dia-
- gramme.
- 51. Proportion des femmes pour 100 personnes de chaque condition. — Diagramme.
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- L’EXPOSITION FÉMININE FRANÇAISE.
- 39
- YII
- CONDITION DE LA FEMME. ------ TOUTES PROFESSIONS REUNIES.
- (Tableau II.).
- 52. Patronnes ou chefs de famille. — Nombre de patronnes sur 100 femmes. — Carte.
- 53. Employées. — Nombre d’employées sur îoo femmes. — Carte.
- 54. Ouvrières et journalières. — Nombre d’ouvrières et journalières sur îoo femmes.
- — Carte.
- 55. Domestiques. — Nombre de domestiques sur i oo femmes. — Carte.
- 56. Salaires des ouvrières en France. — Carte.
- 57. Gages des domestiques attachées à la personne dans le chef-lieu de chaque dépar-
- tement. — Carte.
- VIII
- RÔLE DE LA FEMME DANS LES PROFESSIONS DIVERSES.
- 58. Propriétaires et rentières. — Proportion des femmes sur îoo propriétaires et
- rentières. — Carte.
- 59. Rôle de la femme dans le commerce. — Patronnes. — Proportion des femmes sur
- îoo commerçants. — Carte.
- 60. Travail des femmes dans l’agriculture. — Salaire d’une ouvrière nourrie en été.
- — Carte.
- 61. Travail des femmes dans l’agriculture.— Salaire d’une ouvrière non nourrie en
- été. — Carte.
- 62. Travail des femmes dans l’agriculture. — Salaire d’une ouvrière non nourrie en
- hiver. — Carte.
- 63. Travail des femmes dans l’agriculture. — Salaire d’une ouvrière nourrie en hiver
- — Carte.
- IX
- RÔLE DE LA FEMME DANS L’AGRICULTURE.
- 64. Patronnes et chefs d’exploitation. — Proportion des femmes sur îoo patrons.
- 65. Ouvrières agricoles. — Proportion des femmes sur îoo ouvriers,. — Carte.
- 66. Domestiques agricoles. — Proportion des femmes sur îoo domestiques. — Carte.
- 67. Propriétaires faisant valoir directement leurs terres. — Proportion des femmes sur
- îoo propriétaires. — Carte.
- 68. Fermières et métayères. — Proportion des femmes sur îoo patrons. — Carte.
- 69. Horticulteurs, pépiniéristes, maraîchers. — Proportion des femmes sur îoo pa-
- trons. — Carte.
- X
- RÔLE DE LA FEMME DANS L’INDUSTRIE.
- (Tableau I.)
- 70. Industrie textile. — Proportion des femmes sur îoo patrons. — Carte.
- 71. Industrie textile. — Proportion des femmes sur 100 ouvriers. — Carte.
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- 40
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- 72. Industrie de l'ameublement. — Proportion des femmes sur 1 oo patrons. — Carte.
- 73. Industrie de l’ameublement. — Proportion des femmes sur î oo ouvriers. — Carte. Ih. Industrie de l’habillement et de la toilette. —Proportion des femmes sur îoo patrons. — Carte.
- 75. Industrie de l’habillement et delà toilette. — Proportion des femmes sur îoo ou-’ vriers. — Carte.
- XI
- RÔLE DE LA FEMME DANS L’INDESTRIE.
- (Tableau II.)
- 76. Industries relatives aux sciences, lettres et arts. — Proportion des femmes sur
- îoo patrons. — Carte.
- 77. Industries relatives aux sciences, lettres et arts. — Fabricants de papiers. — Im-
- primeurs-relieurs, ouvriers, proportion pour îoo. — Carte.
- 78. Nombres absolus. — Patronnes ou chefs d’exploitation. — Ouvrières. — Dia-
- gramme.
- 79. Proportion des femmes sur îoo personnes de chaque condition. — Diagramme.
- 80. Toutes les industries réunies. —Proportion des femmes sur îoo patrons. — Carte.
- 81. Toutes les industries. — Ouvriers. — Journaliers. — Hommes de peine. — Ma-
- nœuvres. — Carte.
- XÏÏ
- RÔLE DE LA FEMME DANS L’ENSEIGNEMENT.
- 82. Nombre d’écoles de filles en 1891. — Carte.
- 83. Nombre des écoles mixtes en 1891. — Carte.
- 8A. Nombre d’institutrices privées dans les écoles en 1891. — Carte.
- 85. Nombre d’institutrices publiques en 1891. — Carte.
- 86. Nombre de filles, de 6 à i3 ans, pour une institutrice. — Carte.
- 87. Nombre de brevets d’instituteurs et d’institutrices, délivrés de 1833 à 1891. —
- Diagramme.
- 88. Progression du nombre des écoles de filles et des institutrices, de t85o à 1891.
- -— Diagramme.
- XIII
- INSTRUCTION DE LA FEMME.
- 89. Nombre des écoles maternelles en 1891. — Carte.
- 90. Nombre des élèves des écoles maternelles en 1891. — Carte.
- 91. Ecoles maternelles. — Nombre d’élèves par institutrice, directrice ou sous-direc-
- trice. — Carte.
- 92. Proportion pour 100 des épouses qui n’ont pu signer leur acte de mariage, de
- 1867 à 1876. — Carte.
- 93. Proportion pour 100 des épouses qui n’ont pu signer leur acte de mariage en
- 1891. — Carte.
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- L’EXPOSITION FÉMININE FRANÇAISE. 41
- 94. Instruction des conjoints. — Sur 100 conjoints, combien ont signé leur acte de mariage, de 185a à 1891. — Diagramme.
- XIV
- RÔLE DE LA FEMME DANS LES PROFESSIONS LIBÉRALES.
- 95. Enseignement secondaire des filles. — Nombre de lycées, collèges et établisse-
- ments d’enseignement secondaire. — Carte.
- 96. Sages-femmes. — Nombre de naissances pour une sage-femme. — Carte.
- 97. Professions libérales. — Nombre de femmes sur 100 personnes exerçant des pro-
- fessions libérales. — Carte.
- 98. Nombre d’élèves des établissements d’enseignement secondaire de filles. — Dia-
- gramme.
- 99. Progression du nombre des lycées, collèges et cours secondaires de filles. — Dia-
- gramme.
- 100. Grades et brevets obtenus par les élèves des établissements secondaires de filles.
- — Diagramme.
- 101. Femmes ayant exposé leurs œuvres. (Salons des Beaux-Arts.) — Diagramme.
- 102. Nombre d’exposants au Palais de l’industrie, d’après la nature des œuvres. —
- Diagramme.
- 103. Femmes étudiant dans les facultés. — Diagramme.
- XV
- RÔLE DE LA FEMME DANS L’ADMINISTRATION.
- Établissements de crédit. — Nombre de femmes employées. — Récapitulation des employées.
- Banque de France.
- Crédit foncier.
- Comptoir national d’escompte.
- Société générale pour le développement du commerce et de l’industriel Société générale du Crédit industriel et commercial.
- Manufactures nationales des tabacs et des allumettes.
- Administration des postes, télégraphes, téléphones.
- Chemins de fer. — Récapitulation des employées.
- Compagnie du chemin de fer d’Orléans.
- Compagnie du chemin de fer de l’Ouest.
- Compagnie du chemin de fer de l’Est.
- Compagnie du chemin de fer du Nord.
- Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
- Compagnie du chemin de fer de Ceinture.
- Compagnie du chemin de fer de l’Etat.
- Compagnie du chemin de fer du Midi.
- 104.
- 105.
- 106.
- 107.
- 108.
- 109.
- 110. 111. 112.
- 113.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- XVI
- ROLE DE LA FEMME DANS L’ASSISTANCE, LA PROTECTION DE L’ENFANCE ET LA MUTUALITÉ.
- 121. Statistique générale des œuvres d’assistance par la femme et pour la femme.
- 122. Œuvres d’assistance de l’enfance par la femme.
- 123. Œuvres d’assistance autres que celles de l’enfance.
- 124. Mortalité du premier âge.
- 125. Diagramme montrant la diminution de la mortalité du premier âge.
- 126. Classement des œuvres suivant leur date de création.
- 127. Rôle de la femme dans la mutualité. — Sociétés de secours mutuels.
- XVII
- ÉPARGNE DE LA FEMME.
- 128. Nombre de livrets de Caisse d’épargne pour îoo femmes. — Carte.
- 129. Nombre de livrets féminins sur îoo livrets de Caisse d’épargne. — Carte.
- 130. Epargne française. — Mouvement du solde dû aux déposantes de 1835 à 1891.
- — Diagramme.
- 131. Epargne française. — Nombre de livrets féminins de Caisse d’épargne existant
- au 3i décembre de chaque année. —Diagramme.
- 132. Importance moyenne du crédit afférent à un livret appartenant à une femme. —
- Diagramme.
- 133. Epargne. — Montant moyen du livret de Caisse d’épargne. — Diagramme.
- 134. Caisse d’épargne nationale. — Montant total des livrets. — Répartition de l’é-
- pargne postale, d’après le sexe du déposant, par profession. — Diagramme.
- 135. Montant moyen d’un livret par profession. — Diagramme.
- 136. Montant des crédits afférents aux livrets féminins. — Proportion pour 100 des
- crédits dus aux déposantes. — Carte.
- 137. Montant moyen du livret féminin. — Carte.
- XVIII
- RÉCOMPENSES NATIONALES.
- 138. Femmes décorées de la Légion d’honneur.
- 139. Médailles militaires. Médailles d’honneur, de sauvetage, etc.
- Indépendamment de son intérêt actuel, cette statistique générale de la Femme en France peut avoir, pour l’avenir, une importance capitale, car elle marquera d’une manière précise l’état de la question à la fin du xixe siècle.
- Le Board of Lady Managers et les membres les plus autorisés de l’Institut
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- 43
- L’EXPOSITION FÉMININE FRANÇAISE.
- international de statistique ont été très frappés de l’utilité de cette étude. Au Congrès de statistique tenu en 1893 à Chicago, M. Carroll D. Wright, directeur général de l’Office du travail, et M. Gould, détaché au Département du travail, en ont fait publiquement l’éloge le plus flatteur , regrettant de voir que la France seule ait produit une œuvre aussi considérable.
- Ils exprimèrent le vœu que ce travail fût livré à la publicité, et qu’une copie en fût déposée au Musée d’économie sociale qui se fonde à Chicago. Mme Palmer fit immédiatement des démarches auprès de M. le Commissaire général, afin d’en obtenir une copie.
- LE SALON PARISIEN.
- Le principal emplacement attribué à la Section française était un carré long de 8 mètres de largeur sur 2 3 mètres de longueur. Dans la partie opposée aux fenêtres, à droite de la porte d’entrée, on installa dans toute la largeur et sur 4m,5o de profondeur un « Salon Parisien».
- L’ensemble de ce Salon était de style Régence, et la frise qui courait autour du plafond est connue sous le nom de ccfrise de Montesson».
- Dans le fond, la tapisserie de MM. Braquenié et Cle ; sur les côtés, les panneaux brodés par Mme Leroudier, faisant partie de sa collection, dite des douze mois; une vitrine contenant des porcelaines de Sèvres, des émaux, des miniatures, des éventails anciens, un piano supportant une magnifique corbeille d’orchidées et un choix des plus jolis bibelots que puissent exécuter des mains de femmes ; de ci, de là, des meubles, des sièges brodés, des coussins, des vases de Sèvres, le buste de Sophie Arnould, un grand bouquet de lilas et de roses, des paravents, un métier à broder, les ravissantes fleurs de la comtesse de Beaulaincourt, enfin, un groupe de figurines de grandeur naturelle représentant d’élégantes Parisiennes à un thé de cinq heures. Sur le côté, une petite bibliothèque, composée d’ouvrages exclusivement féminins, dont le choix judicieux avait été fait par Mme Jules Siegfried, apportait une note plus recueillie. De tous côtés, d’élégants objets donnaient l’impression d’un Salon parisien.
- Ce fut le grand succès non seulement de la Section française, mais encore du Womans Building. Pendant toute la durée de l’Exposition, la foule n’a cessé de se presser sur plusieurs rangs devant le Salon, faisant entendre les exclamations les plus enthousiastes, les plus admiratives.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- Les industriels et artistes qui ont obligeamment collaboré à la décoration du Salon sont :
- MM. Aumeunié, Boussod et Valadon, Boyer, Chatroüsse, A. Chevrie, Christofle et Cle, Emile Colin et Clc, Dalsème et ses fils, Damon et Colin, Janselme, Pannier-Lahoche, Poirier et Re'mon, Sormani, Susse frères, Viardot et C,e.
- HISTOIRE DU COSTUME.
- L’Histoire du costume, au moyen de poupées habillées, fut exécutée par l’association de l’Aiguille, syndicat mixte de patronnes, d’employées et d’ouvrières en habillement et métiers similaires, ayant à sa tête Mme Marie Garnier, présidente, et M. E. Aine, secrétaire général, qui ont mis dans toutes leurs négociations avec le Comité beaucoup d’obligeance et de dévouement.
- Afin de rester dans la vérité historique, un dessinateur a relevé dans les musées, les églises, les collections particulières, les costumes des femmes aux différentes époques de l’histoire, depuis la Gauloise jusqu’à nos jours, et les principales maisons sociétaires de VAiguille se sont partagé les costumes, au nombre de 26.
- La maison Jumeau a fait don au Comité des poupées, de 80 centimètres de hauteur, et le Comité, à son tour, les a données à ïAiguille.
- Cette intéressante collection, propriété de l’association de VAiguille, a été exposée à Paris avant son départ, et a retrouvé à Chicago, puis à New-York, le succès qui l’avait saluée au début.
- EXPOSITION RÉTROSPECTIVE.
- M. Buissot exposait une collection de quarante éventails anciens, tous authentiques.
- Mme Franck : de nombreux spécimens de dentelles de tous les pays et de toutes les époques.
- Mrae John Saulnier : un magnifique devant d’autel du xvf siècle, enrichi de perles et de pierres fines, avec personnages brodés au passé.
- Mme Leroudier : des broderies de destinations diverses, et un remarquable devant d’autel Louis XIV, brodé or fin sur drap d’argent.
- La Ville de Bayeüx : une reproduction exacte (mais en peinture sur
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- L’EXPOSITION FÉMININE FRANÇAISE.
- toile) de la célèbre tapisserie, où l’aiguille de Mathilde de Flandre a retracé les épisodes de la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, son époux. Cette reproduction mesure 70 mètres de longueur sur 52 centimètres de hauteur.
- Enfin les ivoires de la Renaissance de M. Charles Read , notamment La Vénus, que les collectionneurs n’ont pas laissé revenir en Europe.
- PORTRAITS.
- Le Comité a envoyé quarante portraits photographiques des femmes qui se sont le plus distinguées dans les lettres et les arts, et, les dominant toutes, la statue de Jeanne d’Arc, la plus haute et la plus pure gloire des femmes de France.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- LA SECTION FRANÇAISE MISE HORS CONCOURS.
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- En présence du règlement adopté par la Commission américaine, règlement qui était en opposition complète avec les principes admis dans toutes les expositions européennes, M. le Commissaire général, d’accord avec M. le Ministre du Commerce, résolut de mettre la Section française hors concours.
- De ce règlement il ressortait :
- i° Qu’il n’y aurait qu’une seule classe de récompenses;
- 2° Que la mission d’attribuer ces récompenses serait confiée, pour chaque catégorie de produits, à un juge unique, désigné par l’autorité américaine, en dehors de toute intervention des commissaires étrangers;
- 3° Que les réclamations formulées contre les décisions de ce juge unique, examinées d’abord par un Comité de Département où pouvaient figurer quelques membres étrangers, seraient jugées en dernier ressort par le Comité exécutif des récompenses et par la Commission nationale, c’est-à-dire par deux commissions exclusivement formées de membres américains.
- Ces dispositions n’offraient pas de garanties suffisantes à nos nationaux, qui pouvaient craindre de voir leurs intérêts lésés. Après un échange de négociations qui ne purent aboutir, M. le Commissaire général maintint sa décision première, et la France fut définitivement déclarée et hors concours;?.
- Succès de la Section française. — Le 19 septembre, Mmo Henrotin, vice-présidente du Board of Lady Managers, écrivit à ce sujet à M. Krantz. Sa lettre contient une appréciation trop flatteuse de l’Exposition française, pour ne pas être reproduite.
- Chicago, 19 septembre 1893.
- Mon cher Monsieur Krantz,
- Ci-inclus, vous trouverez la copie d’une lettre que je viens de recevoir du gouverneur Hoyt.
- Les femmes belges semblent mécontentes de l’action du Comité belge qui a placé leur exposition rrhors concours» et, dans une réunion tenue à Rruxelles, elles ont voté de mettre leur exposition tren concours».
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- L’EXPOSITION FÉMININE FRANÇAISE.
- J’ai entendu dire que les femmes françaises aimeraient à en faire autant. Le fait que les tommes sont rrhors concours» ne regarde pas, en réalité, l’exposition féminine qui en est largement séparée. Les expositions des femmes françaises sont incomparablement supérieures à celles des autres nations, et il est à regretter que l’on ne puisse rien faire pour les mettre au concours, afin qu’elles puissent recevoir les récompenses auxquelles elles ont droit à juste titre.
- Si je puis faire quelque chose pour vous aider à ce propos, vous n’avez qu’à m’envoyer un télégramme avec vos instructions.
- Avec mes vœux les meilleurs, etc.
- Ellen M. Hexrotin, Vice-présidente.
- LETTRE DE M. JOHN W. HOYT.
- Comité du Jury de la World’s Columbian Exposition.
- Chère Madame Henrotin
- Chicago, 17 septembre 1893.
- Voyant que la Commission helge a finalement soumis les travaux de la Femme à l’inspection des juges et, devant le désir que vous m’avez manifesté de voir les autres pays changer également leur décision, je pense — comme vous — qu’il serait judicieux de la part de la France de concouru’, puisque son exposition a paru à tout le monde l’une des plus jolies, des plus réussies, et la façon dont cette grande nation a su représenter les œuvres féminines fait le plus grand honneur à l’industrie et au génie de la Femme.
- Me rappelant avec plaisir mes conversations avec le commissaire général Krantz, et mes conversations subséquentes avec son successeur ici, à qui les concessions que j’ai pu faire finalement ont semblé avoir donné satisfaction, je crois pouvoir assurer que le refus final des autorités françaises d’entrer dans le jury est dû aux délais vexatoires, que j’ai tant combattus et regrettés, avec tous ceux du reste qui comprenaient la situation.
- Des hommes aussi aimables que M. Krantz et ses distingués collaborateurs, et aussi désireux qu’eux de ne pas rompre les relations cordiales qui existent entre nos deux nations, prêteront certainement une oreille bienveillante à une idée que vous leur suggérez, puisque vous êtes pleine du désir de rechercher tout ce qui peut servir leurs intérêts.
- Désirant régler cette matière avec vous-même, avant la réponse des autorités françaises, je me mets à votre disposition pour étudier avec vous et mettre à exécution tous les plans qui pourront nous amener au résultat que vous désirez.
- J’aime très sincèrement le peuple français, et j’ai éprouvé une véritable peine, pour une question de détails, en recevant son refus catégorique de participer à l’honneur de recevoir les récompenses qui lui étaient dues dans cette grande occasion.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- Je vous prêterai d’autant plus volontiers mon concours, comme vous me le demandez, que je pourrai ainsi oublier le différend qui m’a si vivement ému.
- Veuillez recevoir, etc.
- Votre obéissant serviteur,
- John W. Hoyt.
- En mars i8q4, Mme Palmer, présidente du Board of Lady Managers, écrivait à Mm0 Carnot.
- Dans cette lettre, Mme Palmer constatait l’éclatant succès remporté par les femmes françaises dans les arts, la littérature, les ouvrages féminins, les statistiques et les monographies industrielles. L’organisation générale de l’exposition féminine française, disait-elle, faisait le plus grand honneur à son Comité.
- Mme Palmer terminait en adressant à Mme Carnot, pour elle et pour les membres du Comité des femmes françaises, les plus chaleureux remerciements de leurs sœurs d’Amérique.
- Le syndicat des exposants. — En présence du succès de la Section française et de l’affluence considérable des visiteurs au Womans Building, le Commissariat général pensa que les industriels auraient intérêt à y être représentés commercialement. Sur son initiative, la plupart des exposants constituèrent un syndicat pour faire en commun les frais d’une représentation, qui fut confiée à M. de Loynes.
- Le Syndicat proposa aux exposants d’abandonner un droit de 20 p. 100 destiné à couvrir les frais, et prélevé seulement sur chaque objet vendu.
- Le bureau du Syndicat fut ainsi constitué :
- MM. E. Lefébüre, président. E. Henry, secrétaire. Croüvezier, trésorier.
- MM. Aîné. Buissot. Nayrolles.
- Le Syndicat a rendu de réels services aux exposants, non seulement par les ventes qu’il a opérées directement, mais encore par celles qu’avec son autorisation M. de Loynes a effectuées pour quelques personnes étrangères au Syndicat.
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- RÉCAPITULATION DES COMPTES DU SYNDICAT.
- RECETTES.
- Produit brut des ventes soumises à la re-
- tenuede 20 p. i oo................ 2 2,34^ 25e
- Produit des ventes sans remise....... 285 oo
- Avances du Comité.................................
- Total....................... 24,434 25
- 22,634f 35e i,8oo oo
- DÉPENSES.
- avec une retenue de
- 90 P' 100....... 17'87f5o‘j ,8,,64'4o-
- sans retenue..... 285 oo )
- Remboursement au Comité.......................... i,8oo oo
- Frais de représentation.......................... 4,669 85
- Remboursement des objets vendus
- Total égal
- 24,434 25
- Le chiffre de 2 2,634 fr. 2 5 ne représente qu’une partie des ventes. Il faut y ajouter 16,619 fr. 5o provenant des ventes faites en dehors du Syndicat, ce qui porte à 39,2 53 fr. 75 le total des ventes effectuées dans la section.
- Ce résultat, quoique modique, est néanmoins satisfaisant .II ne faut pas perdre de vue, en effet, la situation critique créée aux affaires par l’explosion soudaine d’une crise financière d’une extrême intensité, l’élévation des droits de douane, ni enfin la nature même des produits exposés, d’un travail perfectionné, et par cela même d’un prix relativement élevé.
- Comité des Dames.
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- tMPMMEIUE NATIONALE.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO.
- RETOUR DES OBJETS EXPOSÉS.
- Pour éviter les risques d’un réemballage précipité, le Commissariat général envoya à Chicago les mêmes ouvriers qui, au départ de Paris, avaient emballé l’Exposition féminine : aussi revint-elle en excellent état. Les objets furent rendus sans difficultés, et l’unanimité des exposantes dans l’expression de leur satisfaction est un fait assez rare pour mériter d’être cité.
- En résumé, l’Exposition française au Womans Building comptait, y compris les femmes de lettres, 816 exposantes, et les spécimens des travaux qu’elle contenait représentaient une valeur marchande d’environ un million.
- A son occasion a été établie la seule statistique générale, faite en aucun pays, sur la situation des femmes; et l’enquête sur les conditions du travail et les œuvres d’assistance et d’économie sociale comportait deux cents dossiers différents.
- Les nations étrangères s’étaient presque toutes spécialisées; la France seule présentait une exposition d’ensemble, embrassant les branches les plus diverses. «La France a entièrement compris le but que nous poursuivions 55, écrivait Mme Palmer à Mme Jules Siegfried, membre du Comité français.
- EXPOSÉ FINANCIER.
- Préparation et confection des travaux statistiques.. 8,278* 83°
- Albums, cartes, ouvrages de librairie et d’imprimerie.. 3,3o7 29
- Emballages et transports................................ 15,370 06
- Assurances............................................... 2,656 06
- Décoration d’un salon, sculpture......................... 5,890 45
- Menuiserie.......................................... 14,756 48
- Indemnité au personnel.................................. 7,906 66
- Travaux divers, main-d’œuvre............................... g54 o3
- Total........................... 59,119 92
- Dépenses acquittées à Paris........:...... 52,4ii 02
- Dépenses acquittées à Chicago............... . 6,708 90
- Total égal.................. 5 g, 11 g 92
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- SECTIONS ÉTRANGÈRES.
- Les limites forcément restreintes de ce rapport ne nous permettent point de faire une étude approfondie des sections étrangères : il y aurait cependant à tirer d’utiles enseignements de cet examen.
- Nous constaterons d’abord l’immense développement de l’influence des femmes aux Etats-Unis et leur action dans les sciences, les arts, aussi bien que dans l’industrie. Leur culture d’esprit les porte plus que la nôtre vers la science, aucun champ d’études n’échappe à leurs investigations.
- L’Italie avait envoyé une collection de dentelles remarquables, notamment celles de la reine Marguerite et de la comtesse de Brazza ; — la Belgique, de superbes dentelles également; — I’Angleterre, de beaux tableaux; — I’Allemagne, une tapisserie exposée au premier étage, dont le dessin paraissait emprunté aux cartons d’Holbein, et qui est une œuvre hors ligne', faite, dit-on, dans une école professionnelle; — la Section russe était organisée avec infiniment de goût; les femmes de l’Etat de New-York, les Espagnoles, ainsi que les Turques, les Mexicaines, les Japonaises, avaient des broderies dignes de tout éloge.
- Les Gouvernements, d’un côté, l’initiative privée, de l’autre, se sont partout préoccupés de sauver les travaux d’art de l’aiguille, spécialement la dentelle et la broderie, mises en péril par l’envahissement constant des produits mécaniques. Des écoles supérieures ont été fondées à Vienne, à Dusseldorff, à Berlin, à Copenhague, à Dublin, à Burano, etc. La France seule n’en possède point; il y a là une lacune très regrettable, car si nos écoles professionnelles sont admirablement dirigées, si l’enseignement y est excellent, il ne s’applique toutefois qu’à des travaux courants.
- Certaines de nos industries, la broderie blanche, la dentelle, déclinent rapidement, non certes quant à la valeur artistique de la production, mais quant à son importance comme chiffre d’affaires ; l’école de Burano tend à nous déposséder du monopole du point d’Alençon et de tous nos points français; il serait urgent d’aviser à arrêter la disparition de deux de nos plus anciennes et plus célèbres industries, qui s’éteindront fatalement si nous ne faisons en leur faveur un vigoureux effort.
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- CHAPITRE IV.
- CONCLUSION.
- L’étude comparée de la Section française et des sections étrangères nous remet en mémoire la phrase par laquelle M. Jules Simon terminait son rapport de l’Exposition de 1878: « II nous faut maintenant courir ou mourir. » Vraie il y a dix-sept ans, elle l’est encore bien davantage aujourd’hui.
- Une vive émulation règne entre les peuples. Chacun d’eux lutte pour atteindre la suprématie dans les arts, dans les lettres, dans l’industrie. Il y a là pour nous un danger très grave; pour le conjurer, il n’est pas trop de toutes les forces vives de la nation : les femmes comme les hommes; et pour ne parler ici que des choses qui nous concernent spécialement, si nous voulons que nos arts féminins soient les premiers de tous, nos ouvrières les plus habiles de toutes, il nous faut plus que jamais travailler et lutter.
- Il est difficile de parler du travail des femmes, sans aborder la question de leur salaire. A travail égal, partout le salaire de la femme est notablement inférieur à celui de l’homme : ou bien l’on spécule sur la nécessité qui la harcèle, pour le déprécier, ou bien on lui oppose des fins de non-recevoir, à la suite desquelles elle est souvent trop heureuse d’accepter un gain dérisoire. La situation faite aux femmes par cette insuffisance de salaire est particulièrement douloureuse, car là gît surtout le problème de la moralité publique ; il faut que les femmes qui travaillent trouvent la sauvegarde de leur honorabilité dans leur indépendance : elles n’acquerront cette indépendance que par un salaire en rapport avec leurs besoins essentiels; et, s’il est nécessaire de donner une plus grande diffusion à l’instruction des femmes, ce n’est pas dans l’unique but d’orner leur intelligence, mais encore dans celui d’augmenter leurs moyens d’existence en rendant leur travail plus perfectionné et plus rémunérateur.
- En considérant les résultats obtenus par les femmes aux Etats-Unis, l’impulsion qu’elles ont su donner aux lettres, aux arts, à la philanthropie, aux œuvres sociales, on ne peut songer sans un profond regret à toutes
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- les forces inutilisées chez nous, où la routine et les préjugés semblent indéracinables; aux dévouements sans emploi, aux initiatives qui n’osent se produire par crainte de ce léger ridicule qu’en France nous déversons si volontiers sur toute personnalité féminine s’affirmant en dehors du domaine très étroit où se meut l’activité des femmes.
- Et cependant il y aurait tant de bien à faire, tant de progrès à réaliser, pour améliorer leur condition sociale! Jusqu’à présent, une femme ne pouvait disposer librement, pour elle-même ou pour ses enfants, du salaire qu’elle avait péniblement acquis par son travail; — actuellement encore, elle ne peut être tutrice d’enfants qui ne sont pas les siens, quels que soient les liens qui les rattachent à elle ; — son témoignage ne peut être reçu dans les actes civils, etc... Il y a là, dans la situation faite aux femmes par les lois, des anomalies injustifiées; réunir leurs efforts pour les faire disparaître, ou du moins les atténuer dans la mesure du possible, voilà certes une œuvre de solidarité bien digne de stimuler l’initiative des femmes.
- L’avenir nous permettra d’apprécier plus nettement tous les résultats de l’Exposition du Womans Building; mais, quelles que soient leurs conséquences futures, deux innovations importantes ont été consacrées par le règlement américain : c’est, d’une part, pour les manufacturiers, l’obligation d’indiquer la proportion de travail féminin dans les objets exposés,et, de l’autre, l’entrée des femmes dans les commissions et les jurys. Il est à souhaiter que ces résultats ne soient pas abandonnés et que, le moment venu, d’autres femmes, à leur tour, sachent reprendre l’œuvre si vaillamment commencée par les femmes d’Amérique, pour la continuer et la développer.
- Il est juste de constater aussi que le but poursuivi par le Bocird of Lady Managers a été atteint, rappelons-le brièvement.
- L’Exposition a groupé, les femmes et établi entre elles un lien de solidarité.
- Elle a mis en lumière la diversité de leurs aptitudes et leur part dans le travail universel.
- Elle leur a donné un sentiment plus net de leur valeur personnelle. Dans la constatation des résultats acquis, les femmes puiseront le courage de réclamer plus résolument la part qui leur est due dans toute société humaine.
- C’est un grand pas fait en avant, la voie est ouverte. . .
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- TABLE DES MATIÈRES.
- •-rïï-vgH
- Pages.
- Chapitre I. — Le Boarà of Lady Managers.................................................... 3
- Considérations générales............................................................. 3
- Création du Board of Lady Managers................................................... 6
- Ses attributions..................................................................... 6
- Proportion des femmes dans le jury................................................... 7
- But poursuivi par le Board.. ........................................................ 7
- Chapitre IL — Le Woman’s Building.......................................................... 11
- Création du Palais................................................................... 11
- Sa situation et ses aménagements..................................................... 11
- Participation des pays étrangers à l’Exposition........................................ 12
- Résumé................................................................................ 12
- Le Children’s Building (Palais de l’Enfant)........................................ • • i4
- Chapitre III. — La Section française.......................................................... i5
- Participation officielle de la France.. ................................................ i5
- Nomination du comité................................................................. 15
- But du comité........................................................................... i5
- Classification de l’Exposition.......................................................... 16
- Son organisation........................................................................ 18
- Emballages, transports, assurances...................................................... 21
- Installation de l’Exposition à Chicago............................................... 21
- Emplacement.......................................................................... 22
- Description de l’Exposition française................................................ 2 3
- Première Section. — Éducation, instruction..................................... 23
- Deuocième Section. — OEuvres et institutions philanthropiques.................. 24
- Troisième Section. — Travaux de la femme....................................... 28
- Quatrième Section. —Beaux-arts, littérature.'..................................... 33
- Statistique générale................................................................. 36
- Le « Salon n parisien................................................................ 43
- Histoire du costume................................................................... 44
- Exposition rétrospective............................................................. 44
- Portraits........................................................................... 45
- La Section française mise hors concours............................................... 46
- Le Syndicat des exposants............................................................ 48
- Retour des objets constituant l’Exposition.............................................. 5o
- Exposé financier........................................................................ 5o
- Sections étrangères.................................................................. b 1
- Chapitre IV. — Conclusion.................................................................. 53
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