La Bosnie-Herzégovine à l'Exposition internationale universelle de 1900 à Paris
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- LA BOSNIE-HERZÉGOVINE
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- L’EXPOSITION INTERNATIONALE UNIVERSELLE DE 1900
- A PARIS.
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- Le pavillon de Bosnie-Herzégovine à Paris 1900.
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- LA BOSNIE-HERZEGOVINE
- L’EXPOSITION INTERNATIONALE UNIVERSELLE DE 1900
- A PARIS
- AVEC DEUX CHROMOTYPIES, UNE PLANCHE EN NOIR ET 60 ILLUSTRATIONS INTERCALÉES DANS LE TEXTE
- VIENNE 1900
- ADOLPHE HOLZHAUSEN
- IMPRIMEUR DE LA COUR IMPÉRIALE ET ROYALE ET DE L’UNIVERSITÉ
- ÉDITEUR.
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- INTRODUCTION.
- La Bosnie-Herzégovine forme le coin nord-ouest de la péninsule des Balkans. La partie septentrionale exceptée, qui, géographiquement, appartient à la plaine de la Save, c’est un pays de montagnes bien caractérisé. Sa superficie est de 51.027 kilomètres carrés. Le dernier recensement, du 22 avril 1895, accuse un chiffre de population d’un peu plus d’un million et demi d’habitants appartenant à la race des Slaves méridionaux et qui se répartissent comme suit entre les différents cultes professés dans le pays:
- musulmans, environ un tiers . . 550.000 (en chiffres ronds),
- orthodoxes du rite oriental . . 674.000
- catholiques romains..................334.000
- juifs................................. 8.220
- protestants ........ 3.600
- Pour les natifs, comme c’est le cas dans tout l’Orient, la confession marque la nationalité. Depuis quelques années, cependant, la partie instruite
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- de la jeunesse musulmane commence à se familiariser avec cette idée que les mahométans, de sang bosniaque, tout comme les catholiques, se rattachent à la nationalité croate; les chrétiens orthodoxes, en revanche, se proclament tous Serbes; mais cette distinction a, dans leur esprit, une portée plutôt confessionnelle que nationale.
- Les 88°/0 de la population totale sont adonnés à l’agriculture. Les autres habitants nés dans le pays sont pour la plupart des commerçants ou des industriels; ils fournissent aussi le contingent des instituteurs et des prêtres.
- La plus grande ville du pays, Sarajevo, a une population de 45.000 âmes. Viennent ensuite: Mostar avec 15.000, Banjaluka 14.000, Dolnja-Tuzla 11.000 âmes. Les garnisons ne sont pas comprises dans ces chiffres.
- Les conditions géologiques de la Bosnie et de l’Herzégovine présentent de grandes analogies avec celles des Alpes méridionales. Extrêmement nombreuses sont les sources minérales et les eaux thermales des compositions les plus diverses, parmi lesquelles les thermes d’IlidZe près de Sarajevo, ceux de Banjaluka et ceux de Banja près de ViSegrad, les eaux acidulées de Kiseljak et de Maglaj, les sources arsenicales de Guber près de Srebrenica sont connues et renommées de longue date.
- La configuration du sol, comme dans tout pays de montagnes, dépend de la formation géologique. Presque partout, le sol est fertile et propre à la culture.
- Bien que l’étendue de la Bosnie et de l’Herzégovine ne comprenne que deux degrés de latitude, orfatrouve cependant réunis sur cet espace relativement restreint les contrastes climatériques les plus frappants. La Bosnie a l’hiver rigoureux particulier à l’intérieur des pays balcaniques; elle est mieux
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- favorisée quant au printemps et à l’automne, de sorte que les céréales les plus importantes peuvent y arriver à maturité même dans les régions élevées de la montagne.
- L’Herzégovine, dans les régions basses, grâce à la proximité de la Mer adriatique, jouit déjà d’un climat subtropical, à telles enseignes qu’à Mostar, à la Noël, les rosiers en fleurs sont plus fréquents que la neige. De chaude qu’elle est au printemps, la température devient torride en été. La végétation est à l’avenant : le figuier, l’olivier, l’amandier abondent, le tabac est excellent, les vins capiteux.
- Le puissant massif de montagnes qui coupe la Bosnie dans toute sa longueur du Nord-ouest au Sud-est forme le principal partage des eaux entre le bassin du Pont-Euxin et celui de l’Adriatique. La Save qui, de Jasenovac jusqu’à l’embouchure de la Drina, marque la frontière septentrionale, recueille les eaux de toutes les rivières du plateau Nord et Est et les déverse, par l’intermédiaire du Danube, dans la Mer noire. Le premier de ces affluents est l’Una dont les puissantes sources jaillissent des gorges du Karst; le Vrbas qui l’avoisine à l’Est a pour principal affluent la Pliva
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- Jajcc : Un café.
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- qui, issue, elle aussi, des abîmes du Karst, traverse une contrée extrêmement pittoresque pour venir se jeter dans le Vrbas par une chute majestueuse de 3o mètres de haut. En amont de son embouchure, le lit de la Pliva forme en s’élargissant un lac merveilleux, le plus grand du pays, qu’encadrent majestueusement des parois de roc abruptes. Viennent ensuite, en allant de l’Ouest à l’Est, la Bosna (qui a donné son nom au pays) et, en dernier lieu, la Drina.
- Le versant Sud et Ouest du grand massif descend en pente vers l’Adriatique. Les formations calcaires du Karst impriment à cette partie du pays son cachet caractéristique. Les eaux pluviales y disparaissent dans les cavernes et les crévasses rocheuses pour réapparaître en de puissantes sources dans le fond des vallées, à moins qu’elles ne se frayent une voie souterraine jusqu’à la côte voisine. Le Karst de l’Herzégovine offre aussi ce phénomène singulier de lits de rivière tantôt apparents et tantôt cachés.
- L’Herzégovine ne possède qu’une seule rivière, la Narenta. Après avoir recueilli la Neretvica et la Rama, elle pénètre près de Jablanica dans le massif du Karst proprement dit, se fraye un passage à travers un défilé des plus grandioses et des plus pittoresques, reçoit, en aval de Mostar, les eaux de la Bouna, puis celles du TrebiZat, pour atteindre près de Metkovic la frontière dalmate.
- Indépendamment de la Narenta, la Trebinjcica forme, en Herzégovine, un bassin hydrographique distinct dont le cours d’eau, allant du Nord au Sud, est en majeure partie souterrain.
- Les rivières de Bosnie-Herzégovine ne se prêtent à la navigation que dans une mesure fort restreinte. On est parvenu, après avoir triomphé de difficultés techniques considérables, à rendre la Drina navigable jusqu’à Zvornik pour des vapeurs de petite dimension. En revanche, le pays a été doté d’un réseau serré de routes admirablement construites et bien entretenues. La principale voie
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- de communication est celle qui conduit de Port-sur-Save à la capitale de Sarajevo.
- La Bosnie-Herzégovine possède aujourd’hui près de 900 km de chemins de fer en exploitation. Ces lignes, quoique à voie étroite, avec un écartement de rails de 76 cm, ont brillamment fait leurs preuves, dans des circonstances souvent difficiles, pour le transport des voyageurs et des marchandises.
- Le pays est relié avec la mer par la ligne de Sarajevo à Metkovic.
- Le réseau routier tout entier, d’une longueur de plus de 4000 km, ainsi que tous les chemins de fer ne datent que de ces vingt dernières années et ont été exécutés sous l’administration austro-hongroise.
- Il n’y a que le tronçon à voie normale de Banjaluka à Dobrlin qui ait été construit sous l’ancien régime ottoman; mais lui aussi n’a été réellement livré à l’exploitation que sous le régime actuel.
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- Restaurant à Ilidze.
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- APERÇU HISTORIQUE.
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- Ruine du castel de Krupa sur les bords du Vrbas.
- Un voile épais et, semble-t-il, à jamais impénétrable plane sur les origines de la Bosnie et de l’Herzégovine. Tout ce que l’on est en état d’affirmer, c’est que les premiers habitants étaient des Illyriens qui furent vaincus et assujettis par les Romains, après quoi leur territoire fut incorporé dans l’ancienne province romaine de la Dalmatie. :ours de la période mouvementée de la migration des les, le pays fut, tour à tour, envahi par les Celtes, es Goths, les Avares; sa physionomie ethnographique 1e modifia ainsi à plusieurs reprises pour obtenir enfin, iu VIIe siècle de notre ère, son cachet définitif par ’immigration de la peuplade slave actuelle qui, après l’être fixée dans le pays, le dota, au début, de l’organisation politique particulière aux anciens Slaves.
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- Le christianisme devint prépondérant en Bosnie à partir du IXe siècle, mais, sous l’influence de la Bulgarie voisine, un autre culte, celui des bogumilites ou patarins, qui professaient un système dualiste reposant sur l’antagonisme du bien et du mal, lui disputa le terrain et donna lieu dans la suite à des guerres civiles sanglantes et interminables. Les souverains de Bosnie n’ayant opposé au bogumilisme qu’une résistance assez molle, celui-ci était devenu à proprement parler la religion nationale, la noblesse presque tout entière y ayant adhéré. Toutes les tentatives de la Curie romaine d’amener les princes bosniaques à réprimer ce culte d’une façon plus énergique ayant échoué, le pape engagea le roi de Hongrie à entreprendre une croisade contre les bogumils de la Bosnie.
- Les relations qui existaient déjà auparavant entre les deux pays, depuis le règne de Bêla II au XIIe siècle, en furent considérablement resserrées; depuis Bêla IV les rois de Hongrie s’attribuèrent la suzeraineté sur la Bosnie. A partir du XIVe siècle, toutefois, cette suprématie ne fut plus qu’une fiction, les princes de la dynastie des Kotromanic ayant réussi, en opérant l’union de la noblesse jusqu’alors divisée en fractions ennemies, à fortifier l’indépendance du pays et même à étendre ses frontières. Le maintien de bons rapports avec le puissant Etat voisin demeura néanmoins le point cardinal de leur politique.
- Aussi Tvrtko Ier, qui devint ensuite le premier roi de Bosnie, avait-il, au début de son règne, pris le titre de «Dei et regis Hungariae gratia Banus Bosniae»; ce n’est qu’en 1367 qu’il se proclame roi de Bosnie, «par la grâce de Dieu». A la mort de Louis, roi de Hongrie, il se fit couronner comme roi de Serbie et conquit presque toute la Dalmatie avec une partie de la Croatie. Cette époque marque pour la Bosnie l’apogée de sa puissance; elle reperdit cette situation, après la mort de Tvrtko,
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- par la politique à courte vue de ses successeurs, et elle glissa dès lors sans relâche sur la pente fatale qui devait aboutir à sa complète déchéance.
- Les rois de Hongrie, c’est évident, ne pouvaient tolérer indéfiniment l’empiètement commis sur leurs prérogatives; car la Croatie et la Dalmatie formaient une partie intégrante des pays de la couronne de Sc Etienne. Aussi, le roi Sigismond de Hongrie déclara-t-il la guerre au successeur de Tvrtko, DabiSa. Après lui avoir infligé une défaite complète, il préféra néanmoins conclure la paix, la noblesse du pays s’étant alors levée comme un seul homme contre l’envahisseur. Le roi DabiSa fut donc maintenu comme souverain de la Bosnie, mais il institua le roi de Hongrie héritier de sa couronne. Ce testament, toutefois, ne fut point exécuté, la noblesse bosniaque s’étant unie sur-le-champ, dans un esprit de défense commune, à la première tentative de l’étranger de s’emparer du pays. Ce n’est que dans la suite que le vaillant roi de Hongrie, Mathias Corvin, réussit à
- Les catacombes de Jajce.
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- accaparer une partie de la Bosnie.
- Mais cette manifestation tardive du patriotisme de la noblesse bosniaque fut impuissante à prévenir la catastrophe finale. Les Osmanlis avaient fait irruption en Europe et leur domination s’étendait, irrésistible, sur toute la péninsule des Balkans. En 1453, Constantinople tombait aux mains du sultan Mehmed II. L’empire byzantin expirait sous les coups des guerriers ottomans. Déjà auparavant, la jeune puissance turque avait jeté son dévolu sur la Bosnie; elle saisit avec empressement l’occasion qui se présentait de s’en emparer lorsque les magnats bosniaques, qui n’avaient été unis que pour s’opposer
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- aux empiètements de la Hongrie, se révoltèrent contre leur propre roi et appelèrent le sultan à la rescousse. Celui-ci ne se le fit pas dire deux fois. Il conquit le pays, parcelle par parcelle, malgré la résistance désespérée des quelques fidèles qui tenaient encore pour leur roi. Leur bravoure tardive fut impuissante à sauver le pays de sa perte : en 1463 le sultan Mehmed II Fatih, après avoir conquis tout le pays, faisait décapiter le dernier roi, Etienne TomaSevic.
- Dès ce moment, le sort en était jeté : la Bosnie devait, pendant de longs siècles, demeurer sous la domination turque. Seul, un coin de territoire au Nord-Ouest, la «Krajina» ou Croatie turque, avec sa forteresse de Bihac vaillamment défendue par les Croates, put encore tenir un certain temps; mais elle finit, elle aussi, à tomber, en 1527, aux mains de l’ennemi.
- La chute de la Bosnie avait rendu plus imminent que jamais, pour l’Europe, le péril ottoman; mais l’Europe ne bougea pas un doigt pour écarter ce danger. 11 n’y eut que le vaillant Mathias Corvin qui, seul, fit face à la marée montante de la puissance ottomane, s’empara de la ville royale fortifiée de Jajce et refoula les forces turques jusqu’au-delà de Fojnica.
- Mathias créa le banat de Jajce dont il confia la défense au ban de Croatie appuyé par les troupes hongroises qui s’acquittèrent brillamment de leur tâche : à preuve que Jajce put tenir encore 70 ans contre les attaques terribles des forces ottomanes bien supérieures en nombre. La ville ne tomba entre leurs mains qu’après que la Hongrie eut été vaincue dans la plaine de Mohacs, baignée de son sang.
- C’est alors que les Etats de Hongrie et de Croatie offrirent la couronne à Ferdinand de Habsbourg, dans l’espoir que la glorieuse dynastie de ce monarque saurait les protéger contre les flots
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- impétueux de l’invasion turque. Cet espoir ne fut point déçu : avec la glorieuse délivrance de Vienne, en i683, et d’Ofen, en 1685, la puissance des Turcs en Europe se trouva brisée à jamais, et leurs terribles défaites de Zenta, Slankamen et Belgrad marquèrent l’aurore d’un jour nouveau.
- A la fin du XVIIIe siècle, la décadence de l’empire turc, si puissant jadis, était un fait accompli et sa consistance intérieure commençait à se disloquer.
- Ruine du château de Boéac dans la vallée du Vrbas.
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- Des soulèvements sanglants éclataient un peu partout, dirigés la plupart du temps contre les représentants du sultan qui ruinaient par des exactions brutales les provinces confiées à leur administration. En Bosnie - Herzégovine ces luttes incessantes avaient effacé le respect de l’ordre légal, qui n’avait jamais été bien intense. Des soulèvements répétés, dirigés contre le gouvernement et fomentés par la Serbie et par le Monténégro, avaient rendu extrêmement précaire la sécurité des biens et Ruine dc Vijcnac
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- des personnes; le commerce et 1 industrie étaient dans le
- marasme, le sol, en maint endroit, était laissé en friche. Les choses en vinrent au point que, vers 1S75, une partie de la population chrétienne commença à se réfugier en masse dans les pays voisins, la Croatie et la Dalmatie, où elle tomba à la charge
- des frères de sang croate et du gouvernement austro-hongrois. C’est pour mettre fin à cet état de choses que, au congrès de Berlin, les grandes puissances européennes investirent la monarchie austro-hongroise de la mission honorable de rétablir l’ordre en Bosnie-Herzégovine et d’occuper à cet effet les deux provinces.
- En exécution du mandat reçu de l’Europe, les troupes austro-hongroises pénétrèrent en Bosnie le 29 juillet 1878. L’espoir de pouvoir opérer une occupation pacifique fut déçu : bien que, au
- Porte de rochers près des ruines de Krupa.
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- congrès de Berlin, les plénipotentiaires du sultan eussent donné leur assentiment à l’occupation, le pays n’en dut pas moins être conquis par la force, les musulmans ayant pris les armes pour s’y opposer. Après une série de combats meurtriers de part et d’autre, l’émeute provoquée par quelques meneurs fanatiques fut maîtrisée et l’Autriche-Hongrie put entreprendre sa véritable mission. La façon dont elle s’est acquittée de sa tâche, l’Europe a été à même de l’apprécier : les quelques années qui se sont écoulées depuis que la Bosnie-Herzégovine est entrée dans une ère nouvelle, ont suffi pour assurer à ces deux provinces une place dans le rang des nations civilisées.
- Ce qui, jadis, fut le théâtre de luttes sanglantes interminables, est aujourd’hui un centre de travail pacifique, un foyer d’où rayonnent le progrès et la civilisation. Et les anciens combattants, qui avaient pris les armes pour refouler les troupes d’occupation, sont aujourd’hui les soutiens les plus fidèles du régime actuel.
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- APERÇU ÉCONOMIQUE.
- INDUSTRIE MINIÈRE.
- Il est à peu près certain qu’il y a eu des exploitations de mines en Bosnie-Herzégovine déjà quelques siècles avant notre ère. Il est même historiquement établi que vers 400 à 500 avant J. C. les Illyriens habitant la Bosnie actuelle exploitaient des salines. Et il est assez probable qu’ils s’adonnaient aussi au lavage de l’or. Quant au fer, ils paraissent en avoir produit déjà avant l’invasion des Romains, preuve en seraient certains amas de scories dont l’état de décomposition très avancée dénote la haute antiquité.
- Sous la domination romaine, il y avait des mines d’or, d’argent, de plomb, de cuivre, de mercure et de fer. Puis l’exploitation des mines chôma pendant les troubles causés par la migration des peuples, pour ne revivre que vers la fin du moyen âge, époque à laquelle des mineurs allemands appelés en Bosnie relevèrent l’industrie minière à un tel point qu’au XIVe et au XVe siècle elle constituait la principale richesse du pays.
- Au commencement du XVR siècle, l’exploitation des mines en Bosnie cessa complètement. D’aucuns attribuent ce fait au régime turc, alors à l’apogée de sa puissance, et qui par des mesures vexatoires aurait causé la ruine rapide d’une industrie florissante léguée par le moyen âge. Mais ce serait faire tort aux Turcs que de les rendre seuls responsables de ce que, en 1878, lors de l’occupation, à part
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- Le vieux pont sur la Narenta à Mostar.
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- quelques puits de minerai de fer et hauts fourneaux fort primitifs et des salines non moins rudimentaires, il n’existait plus d’exploitations minières en Bosnie. Le fait est que les Turcs, empêchés de jouir en paix d’une conquête qui leur était disputée en des luttes continuelles, n’ont pas eu le loisir de s’occuper des mines.
- Avec l’occupation de la Bosnie par l’Autriche-Hongrie et la création d’une nouvelle administration, le souffle d’un esprit nouveau s’est manifesté également dans le domaine des mines. Le nouveau gouvernement voua d’emblée toute sa sollicitude à cette branche importante de l’économie nationale. Il chargea tout d’abord des membres de l’Institut géologique de Vienne de procéder à un relevé géologique du pays et ordonna une série d’enquêtes minières. Au mois de novembre 187g commencèrent les premières fouilles de mine de cuivre grise. La même année est marquée par la réglementation des fouilles et l’introduction du monopole du sel, par l’examen géologique des sources salées et les travaux de forage à la recherche de gisements salins. Puis, à la suite d’une exploration des gisements houilliers, le bassin tertiaire de Zenica-Sarajevo fut occupé pour le compte du fisc de Bosnie-Herzégovine. En 1881 fut fondée l’association minière «Bosnia» et le ier novembre 1881 fut promulguée la loi sur les mines. Le térrain se trouvant ainsi aplani pour les entreprises minières, il suffit de quelques années pour en voir se former toute une série que voici:
- I. Entreprises du fisc de Bosnie-Herzégovine : a) Salines à Siminhan et à Dolnja-Tuzla; b ) mine de houille à Kreka ; c) mine de houille à Zenica.
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- II. Société anonyme de l'industrie du fer
- à Vares.
- III. Mines de l’association Bosnial
- a) Extraction de mine de cuivre, hauts
- fourneaux et forges à cuivre de Sinjako;
- b) mine de manganèse et atelier de
- lavage à £evljanovic-Vogo§ca;
- c) mine de chromate et atelier de la-
- vage à DuboStica.
- IV. Fouilles.
- Les salines de Siminhan et de Dolnja-Tuzla. La première saline à Siminhan a été mise en exploitation en 1885. Elle donna de tels résultats quelle dut être agrandie en 1886, puis, de nouveau, en 1890. Une seconde saline a été créée, la même année, non loin des mines de houille de Kreka. Les deux salines produisent actuellement 180.000 q de sel sauné par an.
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- Gisements de houille de Kreka près de Dolnja-Tuzla.
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- Les mines de houille de Kreka près de Dolnja-Tuzla. — Les fouilles ont commencé en 1884. La qualité de la houille et les conditions favorables de son extraction lui assurèrent rapidement un écoulement qui augmente constamment et favorisèrent la création d’établissements industriels à Dolnja-Tuzla et dans les environs.
- Les installations primitives ont dû être agrandies; la production annuelle s’élevait dès 1895 à 1,320.000 q.
- Les mines de houille de Zenica. — Ouvertes au mois de mai 1880, ces mines comportent un grand nombre de couches horizontales de houille lamelleuse. Le développement n’a pas été ici aussi rapide qu’à Kreka. Ces derniers temps, cependant, l’industrie privée s’est aussi implantée à Zenica et les mines en ont profité. En 1895, les ouvriers au nombre de 295 ont produit 520.000 q de charbon.
- Les mines de fer de Vares. — Le gouvernement a commencé en 1886 les fouilles de Vares. Les résultats en furent si favorables que l’exploitation du minerai de fer fut entreprise aussitôt. En 1890 on construisit un haut fourneau moderne avec fonderie pouvant faire face, pour le moment, à une production annuelle de 40.000 à 50.000 q de fer brut et de fonte.
- En 1895 fut fondée la société anonyme de l’industrie du fer de Vareà; la construction d’un deuxième haut fourneau porta la capacité de production à plus de 100.000 q par an. La production réelle fut, en 1895, de 37.612 q de fer brut et de fonte. L’exploitation est gérée par le fisc de Bosnie et Herzégovine.
- Les mines de martgatièse de Cevljanovic-Vogosca. — Elles appartiennent à l’association «Bosnia». Elles produisent du proto-carbonate de manganèse (Sylomelan) avec une proportion de 45 à 55°/0 de
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- métal manganèse et des quantités peu importantes de pyrolusite. Les fouilles ont été commencées en 1881, et l’exploitation de la mine en i883. En 1895 la production s’élevait déjà à 81.500 q de minerai net. L’exploitation de toutes les mines de la «Bosnia» est dirigée par le ministère commun impérial et royal à Vienne.
- Les mines de chromate de Dubostica. — Elles appartiennent également à l’association «Bosnia». Elles produisent du chromate de fer. Les premières fouilles datent de 1880. La mine produit du minerai en pièces et en farine minérale (Schlich) d’un contenu de 48°/0, au minimum, en oxyde de chrome. La production a été en 1895 de 6000 q.
- Les mines de cuivre de Sinjako. — Elles aussi sont la propriété
- Zenica. Vue du Sud.
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- de l’association «Bosnia». Le projet d’exploiter la pyrite cuivreuse fut conçu en 1881. Les fouilles opérées l’année suivante donnèrent un résultat favorable. On produisit d’abord du cuivre noir d’un contenu métallique de 95 à 96 °/0 en cuivre pur. En 1893 on construisit un four à raffinage et un marteau à platiner et l’on produit maintenant aussi du cuivre raffiné et platiné jusqu’à une quantité de 2200 q par an. La production de 1895 a consisté en 1238 q de cuivre noir, 125 q de cuivre raffiné et 175 q de cuivre platiné.
- Fouilles. — Depuis 1880, les fouilles sont pratiquées continuellement dans le pays; elles ont pour objet la recherche de l’or, du plomb, de l’argent, du mercure, de l’antimoine, de la mine de cuivre grise, du proto-carbonate de manganèse, de la mine de chrome et de la houille.
- AGRICULTURE.
- Les conditions politiques défavorables dans lesquelles la Bosnie et l’Herzégovine se trouvaient, empêchèrent pendant des siècles l’agriculture de prospérer. Le campagnard devait si souvent prendre les armes qu’il ne lui restait plus de temps pour cultiver sa terre et soigner son bétail.
- L’administration austro-hongroise se donna pour tâche d’assurer l’avenir agricole du pays.
- Des fermes modèles furent créées pour montrer à la population autochthone en quoi consiste une exploitation agricole rationnelle et pratiquée avec tous les soins nécessaires. Ce fut une tâche difficile d’agir, selon des principes pédagogiques, sur un peuple qui des siècles durant avait été laissé à lui-même, sans que personne se souciât du développement de son agriculture. Le paysan se méfiait de chaque nouveauté, de chaque amélioration, si bien qu’il se rendait lui-même incapable de prendre
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- part à la latte économique. L’enseignement théorique, surtout dans les premières années qui suivirent l’occupation, restait sans influence sur lui. Il n’était possible d’obtenir sa coopération que pour les choses dont l’expérience lui avait prouvé qu’il retirait un profit matériel.
- Le gouvernement créa des métairies modèles, placées sous la surveillance d’un employé compétent en la matière. Des secours matériels sont accordés aux propriétaires des fermes sous forme de subsides pour la construction d’étables et de bâtiments ainsi que pour se procurer des semences.
- Considérant en outre que pour la plus grande partie de la population rurale, le seul lieu où pussent être enseignés les éléments de l’agriculture, c’était l’école primaire, le gouvernement inscrivit à son programme d’études un enseignement agricole, avec démonstrations pratiques, à l’école normale de Sarajevo, pour former les maîtres des écoles primaires. Dans ces dernières, il est donné une attention toute spéciale à l’enseignement pratique, l’enseignement théorique étant limité aux connaissances strictement indispensables pour la compréhension de l’enseignement pratique. Une métairie, pareille à la moyenne de celle de la région et organisée comme les fermes modèles, est jointe à chaque école. Elle sert aux démonstrations.
- Depuis quelques années existent aussi trois stations viticoles et pour la culture des arbres fruitiers, elles couvrent 125 hectares. Dans ces stations on s’occupe, également en première ligne, d’apprendre à la population à cultiver les arbres fruitiers et la vigne et à en utiliser les produits, cela en formant des spécialistes, en donnant des cours spéciaux et par l’exemple d’une exploitation modèle, enfin en élevant et en fournissant de jeunes plantes d’arbres fruitiers et de vigne qui sont distribuées pour aider à la propagation et à l’amélioration des deux cultures.
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- Le bétail, complètement dégénéré, a été aussi l’objet des soins du nouveau gouvernement. De sérieux essais de croissement de différentes races ont été faits. On a obtenu ainsi trois races : la race de la vallée de la Moll (Pinzgauer), celle de la vallée de la Wipp et celle des steppes hongroises. Le pays fut divisé en trois régions d’élevage et des taureaux de race furent élevés dans les stations agricoles ou importés dans chacune des trois régions.
- Pour éveiller l’intérêt des habitants pour l’élevage du bétail, des inspections annuelles sont organisées dans chaque région, où des races étrangères ont été introduites, inspections à l’occasion desquelles des primes sont distribuées pour les veaux et le bétail jeune.
- Il fut procédé de la même façon pour l’élevage du cheval. Il s’agissait avant tout de rajeunir la race du pays, bonne au reste, mais épuisée par les combats continuels et gâtée par un élevage irrationnel. On y emploie en partie des étalons arabes sortant des haras d’Etat de Hongrie, à Babolna, en partie des arabes importés directement. De plus, des concours de poulains ont lieu chaque année, à l’occasion desquels des primes, allant de 2 à 10 ducats et atteignant une somme totale de 1000 ducats par an, sont distribuées en récompense aux éleveurs. La passion de la population pour les courses de chevaux aida également à éveiller son intérêt pour un élevage bien compris du cheval. Un champ de courses, répondant à toutes les exigences modernes, se trouve dans le voisinage des bains d’Ilidze. Des courses y ont lieu chaque année qui attirent une grande foule de spectateurs.
- Il a été également procédé, et avec succès, à l’amélioration des races ovine, caprine et porcine, au moyen de croissements.
- Un établissement pour l’élevage de la volaille a été créé, sur un grand pied, à Priedor.
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- Jusqu’au moment de l’occupation, un grand nombre de plantes comestibles ou autres étaient restées inconnues en Bosnie. L’administration s’efforça de les introduire et de les répandre. On fit, entre autres, des essais avec la betterave à sucre et sa culture a pris aujourd’hui déjà une grande importance. La pomme de terre était peu ou même pas du tout connue. Ce n’est que ces dernières années que sa culture a pris du développement. Les agriculteurs furent aussi poussés à cultiver le houblon.
- Comme nous l’avons déjà dit, les stations viticoles et celles pour la culture des arbres fruitiers, ainsi que les écoles communales de pomologie, contribuent à répandre les bonnes espèces de fruits et de raisins, en distribuant, à des prix très réduits et gratis, des quantités considérables de jeunes plantes et de ceps.
- L’administration s’est, dès le début, occupée avec un soin particulier de la culture de pruneaux. Elle a organisé, dans toutes les régions, où la culture de ce fruit est importante, des cours annuels dans lesquels sont enseignés la culture intensive de ce fruit, les différentes manières de l’utiliser, ainsi que le choix et la disposition rationnelle des jardins de culture. C’est en grande partie aux mesures prises par le gouvernement que les pruneaux secs de la Bosnie doivent la bonne réputation dont ils jouissent dans le commerce. La vigne est, après le tabac, la source principale du bien-être du peuple dans l’Herzégovine. Pour en favoriser la culture, l’administration prend les mesures suivantes:
- Elle remet gratuitement ou à crédit des irrigateurs et du sulfate de cuivre, des cours de vignerons ont lieu chaque année, ainsi que les cours pour les vendangeurs et les cavistes, de plus les vins et les vignobles qui le méritent obtiennent des primes; des vignobles modèles sont plantés chez des cultivateurs; enfin les instruments et ustensiles nécessaires à la récolte sont fournis à crédit.
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- Afin d’engager un nombre toujours plus grand d’agriculteurs à cultiver leurs terrains d’une façon plus conforme au progrès et plus intensive, il a été vouée une attention toute particulière à l’introduction des meilleurs instruments d’exploitation et surtout de culture. Le paysan n’a qu’à s’annoncer aux autorités politiques
- locales pour obtenir la charrue ou les autres instruments qui lui sont nécessaires et cela contre paie-jnent à termes s’étendant sur plusieurs années et sans intérêts.
- Une des plus grandes difficultés contre lesquelles l’administration de la Bosnie a eu à lutter pour améliorer la situation matérielle du paysan, ce fut l’élévation extrême du crédit agricole. Pour procurer,
- Forêt de chênes replantée près du mont Ilija.
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- Forêt en Bosnie.
- avant tout, au peuple un crédit à de bonnes conditions, le gouvernement créa dans chaque district un fond de secours dont le but est de prêter à la classe agricole l’argent dont elle a besoin.
- L’administration a doté chaque fond de district d’un capital primitif, tandis que, de son côté, la population fournissait volontairement un subside égal à celui du gouvernement. Les fonds de district disposent actuellement d’une fortune effective de 11/2 millions de florins et d’un crédit en banque s’élevant à la même somme. Les fonds de district sont gérés gratuitement par les fonctionnaires politiques auxquels un comité nommé par la population est adjoint. La comptabilité en est confiée aux fonctionnaires de l’impôt.
- Cette institution permet de prêter à des intérêts très minimes et d’ajouter au capital les intérêts courants.
- Nous aurons énuméré à peu près tout ce qui a été fait depuis le début de l’occupation, en 1878, jusqu’à nos jours, pour le développement de l’agriculture dans les deux provinces, lorsque nous aurons cité les travaux entrepris, sur une grande échelle, pour gagner à la culture de grandes surfaces de sol, incultes jusqu’alors.
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- Pour finir, quelques chiffres:
- Les 5,102.700 hectares de la Bosnie et de l’Herzégovine'comprenaient, en 1886, 1,400.800 hectares de terrains arables, de jardins, vignobles et prairies et 2,681.900 hectares de forêts.
- En 1895, l’étendue cultivée avait augmenté de io3.ioo hectares. Elle cromprenait 2,335.894 hectares de terres arables, de jardins, vignobles et prairies et 2,658.100 hectares de forêts.
- Depuis l’occupation, la superficie du territoire plantée en vigne a passé de 4500 à 5900 hectares.
- Statistique du bétail.
- 1879 1895 Augmentation
- Chevaux, ânes et mulets 161.168 239.626 48-68 %
- Espèce bovine, buffles . 762.077 1,417.341 85-98 »
- Espèce ovine 839.988 3,230.720 284-62 »
- Espèce caprine 522.123 ï ,447.049 177‘15 »
- Porcs 430.354 662.242 53-88 »
- Ruches d’abeilles 111.148 140.061 20*20 »
- Total (les ruches exceptées) . 2,715.710 6,696.978 I57-65 °/o
- Culture et manipulation du tabac.
- Le tabac de la Bosnie, aromatique et fin, est connu de tous les fumeurs, bien au-delà des frontières du pays. Si solide que soit aujourd’hui sa réputation, elle ne date que de quelques années, que
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- du moment où l’administration actuelle a porté une attention particulière à sa culture. Il existait déjà, il est vrai, sous la domination turque, un monopole du tabac, mais il différait essentiellement de celui qui fut établi plus tard.
- La culture du tabac n’était pas limitée à certains districts de production et il n’était pas besoin d’une autorisation des autorités pour le cultiver. Sa manipulation était aussi laissée entièrement aux mains des particuliers*
- Les prescriptions du monopole ottoman restèrent en vigueur, après l’occupation, jusqu’au mois d’août 1880, mais à cette date déjà la récolte de l’année dut être livrée tout entière à la régie qui venait d’être créée. Le monopole du tabac fut ensuite introduit, fondé sur les principes qui le règlent en Autriche-Hongrie.
- La culture du tabac commença dès lors à devenir pour les deux pays le facteur important de l’économie rurale qu’il est aujourd’hui.
- L’administration organisa tout d’abord les lieux de production, qu’il pourvut de toutes les ressources techniques utiles, et centralisa toute la production.
- La récolte annuelle du tabac atteint aujourd’hui en moyenne 36.000 quintaux métriques. 19.000 environ sont employés pour la fabrication du tabac à fumer et des cigarettes. En outre, des quantités considérables de tabac de la Bosnie et de l’Herzégovine sont cédées à la régie autrichienne et à la régie hongroise ou encore sont exportées, en particulier en Egypte. 3500 ouvriers des deux sexes, appartenant pour la plupart au pays, trouvent une occupation rémunératrice dans les établissements de la régie.
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- ARTS INDUSTRIELS.
- Dès l’époque de la domination byzantine, l’art de la Bosnie et de l’Herzégovine a dépendu de l’art de l’Orient, mais il a subi également à plusieurs reprises l’influence de l’Italie. Sous ces deux influences, s’est formé un caractère, propre non seulement à l’art industriel, mais aussi à l’industrie domestique, que l’on pourrait qualifier de bosnien-oriental. On reconnaît dans les produits bosnien-orientaux toutes les qualités des produits de l’Orient; les objets datant de l’époque de la floraison des différents arts industriels de la Bosnie sont marqués au coin d’une grande perfection.
- Ces arts florissaient pendant les périodes de paix; les guerres ininterrompues et les troubles qui firent disparaître la richesse et le bien-être furent aussi la cause de leur décadence. On ne fabriqua plus que des objets primitifs, destinés à l’usage journalier.
- Comme dans les autres domaines, l’administration de la Bosnie par la monarchie austro-hongroise amena une véritable renaissance. Convaincue que l’art industriel bosnien était susceptible d’un grand développement et d’une haute perfection, l’administration prit à charge de faire revivre l’ancien art industriel du pays. Il s’agissait, d’une part de remettre en honneur, dans leur pureté primitive, les plus belles formes de l’art bosnien-oriental, d’autre part d’employer un matériel excellent et d’appliquer le travail à des objets qui répondissent bien aux besoins de l’Europe afin qu’ils puissent y trouver un écoulement assuré.
- Le but vers lequel on tendait fut atteint, dans une mesure capable de satisfaire aux plus grandes exigences, après un nombre d’années relativement petit. Les produits de l’art industriel de la Bosnie
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- jouissent aujourd’hui déjà d’une grande renommée : ils sont exécutés avec goût et avec une grande perfection artistique, au moyen de matériaux excellents. Mais pour arriver à ce résultat, il fallut surmonter des difficultés presqu’invincibles. Il fallut tout d’abord découvrir les quelques véritables artistes encore vivants et les décider à former des élèves. Deux spécialistes éminents, M. Otto de Szentgyôrgyi, de Budapest, et le professeur Stork, conseiller aulique, furent chargés par le gouvernement de parcourir le pays pour faire une étude approfondie des procédés encore en usage, ainsi que pour entrer en relation avec les maîtres habiles dans leur art. On s’occupa: iu de l’incrustation,
- 2° du damasquinage,
- 3° du ciselage et de la gravure,
- 4° du tissage des tapis,
- 5° de la broderie.
- La technique de l’incrustation et de la marqueterie, remarquables par la grande finesse de l’exécution et la richesse en ornements originaux, était encore connue d’un nombre considérable d’artistes compétents. On constata trois styles, si l’on peut employer ce mot, que les différents maîtres observaient avec soin. Ils faisaient des travaux d’une ornementation extraordinairement fine et délicate; d’autres de lignes fortement appuyées et aux ornements simples; d’autres enfin dans lesquels ils s’efforcaient de réunir les deux qualités précédentes.
- Les conditions dans lesquelles se trouvait l’art de l’incrustation étaient encore relativement favorables; il n’en était pas de même pour le damasquinage, l’incrustation sur acier. Le damasquinage,
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- employé surtout pour la décoration des armes, avait atteint, en Bosnie, une haute perfection artistique, mais était tombé ensuite en décadence. Les recherches minutieuses qui furent faites dans le pays ne permirent de trouver qu’un seul véritable artiste, le vieux Mustafa Letic, à Foca. Il ne pratiquait plus son art, que ses contemporains ne savaient plus apprécier, et consacrait tout son temps à l’agriculture. Ce ne fut qu’à grand’ peine et à force d’argent qu’on parvint à le décider à former quelques 'élèves.
- C’était le moment ou jamais, car Mustafa Letic mourut à peine une année plus tard; mais l’art du damasquinage était conservé à la Bosnie.
- Le ciselage et la gravure étaient depuis longtemps pratiqués en Bosnie où on les appliquait très souvent aux objets d’usage journalier. Il restait dans le pays un grand nombre de représentants de ces deux arts.
- Le tissage des tapis, industrie domestique, avait atteint une grande perfection, mais il souffrit lui aussi de la ruine économique du pays.
- Il en advint de même pour la fabrication des «Bez», autrefois réputée, et pour la broderie, art que les femmes de la Bosnie pratiquaient avec une véritable maîtrise.
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- Produits céramiques de Kiseljak.
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- Pour relever les arts industriels des trois premiers groupes que nous avons cités, l’administration amena les ouvriers les plus habiles à servir de maîtres à des jeunes gens bien doués, dans des ateliers subventionnés par l’État. Le gouvernement acheta les objets fabriqués et les offrit sur le marché. Les expositions fournirent aussi la meilleure occasion de faire connaître dans des cercles étendus les produits de l’art industriel bosnien rappelé à la vie, qui jouit bientôt de la faveur du public qui apprécie les objets artistiques et originaux, et trouva un écoulement toujours plus grand. Les ateliers sont répartis comme
- Quartier de la Tscharschia à Sarajevo.
- suit dans les différentes localités:
- A) un atelier central à Sarajevo, auquel sont joints une école des arts industriels et un internat,
- B) un atelier d’incrustation à Foca,
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- C) un atelier d’incrustation à Livno,
- D) un atelier pour le tissage des tapis à Sarajevo.
- Les efforts que fit le gouvernement pour relever l’industrie du tissage des tapis furent guidés par les mêmes principes que ceux qui présidèrent au relèvement des autres arts industriels, mais il fallut en outre tenir compte de la concurrence du marché européen et procéder avec la plus grande prudence. Il ne fut tout d’abord créé qu’un seul atelier du gouvernement, à Sarajevo, qui eut pour tâche de rechercher les anciens exemplaires de valeur, afin de faire un choix judicieux des meilleures laines provenant du pays et de fabriquer de beaux exemplaires en employant des matières colorantes de bonne qualité.
- On chercha aussi à trouver un écoulement en dehors du pays. Dans ce but, on employa l’habileté des femmes du pays à travailler des matériaux étrangers de bonne qualité qui permissent de fournir des produits répondant à toutes les exigences de l’Europe occidentale. On veilla cependant à ce que le caractère oriental fût soigneusement conservé. En Bosnie, ce caractère avait quelque peu perdu de son originalité; pour le retrouver avec sûreté, un peintre persan fut engagé pour l’atelier du gouvernement, peintre qui fut chargé de rétablir les vieux modèles dans leur pureté primitive et d’en créer de nouveaux, tant pour les tapis que pour d’autres objets. L’atelier de tissage de tapis, dont les commencements furent fort modestes, est devenu en peu d’années un établissement considérable. Les tapis bosniens ont été vite appréciés dans les cercles des connaisseurs et les commandes se
- Fenêtre d’un harem. (Peinture sur verre.)
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- sont multipliées, surtout depuis que l’atelier s’est mis à fabriquer avec succès des tapis noués. L’atelier, dans lequel tous les procédés techniques pratiques sont employés, occupe environ 160 personnes. On a essayé récemment, et cela avec succès, de tisser des gobelins, qui rencontrent la faveur du public, si bien qu’il y a tout lieu d’espérer pouvoir acclimater cette industrie en Bosnie.
- Un atelier, à Sarajevo, fabrique des broderies et des «Bez».
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- L’ENSEIGNEMENT.
- Le domaine de l’enseignement en Bosnie et dans l’Herzégovine se trouvait dans un état déplorable au moment où l’Autriche-Hongrie prit en mains l’administration de ces deux pays. 11 y existait bien des établissements d’État, ouverts à chacun, sans distinction de confessions, le gouvernement turc avait bien promulgué une loi, en 1869, d’après laquelle des écoles devaient être ouvertes dans toutes les provinces de l’empire, mais ces écoles étaient sans utilité pour la jeunesse non-mahométane, parce que le turc y servait de langue d’enseignement; de plus, en Bosnie et dans l’Herzégovine la loi était restée en partie lettre morte. On s’était contenté de fonder quelques écoles d’enseignement religieux élémentaire (Mektebs) et quelques écoles secondaires (Ruzdie). Les chrétiens et les juifs qui voulaient donner quelque instruction à leurs enfants étaient obligés de recourir à l’initiative privée. Quelques paroisses orthodoxes, quelques prêtres catholiques et les Sœurs de la Miséricorde, d’Agram, rendaient de grands services. Ils avaient fondé des écoles populaires dans lesquelles l’enseignement était donné dans la langue maternelle; et il fallait pourvoir aux dépenses nécessitées par leur entretien au moyen des ressources des particuliers, l’administration ottomane ne consentant à subvenir qu’aux frais des écoles d’enseignement religieux mahométan et à ceux des écoles de l’Etat.
- Voilà où en était l’enseignement en Bosnie et dans l’Herzégovine, lorsque l’occupation austro-hongroise vint lui donner un nouvel essor.
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- Sarajevo. Mosquée Begova.
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- Il fut tout d’abord signifié à toutes les écoles existantes d’avoir à commencer leur enseignement et à en laisser bénéficier tous les jeunes gens, à quelque confession qu’ils appartinssent.
- Pour parer provisoirement au manque de personnel enseignant on recourut à des sous-officiers de l’armée austro-hongroise, choisis parmi les plus intelligents.
- A Sarajevo, où existaient une école primaire catholique et une école primaire orthodoxe, on attira la jeunesse musulmane en lui enseignant à lire et à écrire sa langue; le cours durait une année. Le résultat fut si encourageant que l’on adjoignit bientôt à cet enseignement ceux de la géographie, des sciences naturelles et des éléments de l’agriculture.
- Sous la domination ottomane, chacun le sait, rien n’avait été fait pour l’instruction de la femme. La nouvelle administration s’occupa de la question dès le début.
- En 187g déjà, une école de jeunes filles fut fondée, d’où sortit plus tard une école supérieure, existant en dehors de l’école primaire et comprenant cinq classes.
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- Des établissements semblables s’ouvrirent plus tard à Mostar et à Banjaluka.
- La nouvelle administration songea aussi à ne pas laisser inemployées les qualités guerrières des Bosniens et des habitants de l’Herzégovine. Un pensionnat militaire impérial et royal, qui devint dans la suite une école militaire préparatoire (Militar-unterrealschule), fort bien dirigée, fut fondé en 187g.
- Grâce aux mesures que noüs venons d’énumérer, il ne s’écoula pas beaucoup de temps avant que l’on put parler d’un véritable enseignement populaire. Il avait été paré au manque de personnel, sensible surtout au début, en faisant appel au corps enseignant de la monarchie voisine.
- Ecoles primaires.
- On espérait que la jeunesse mahométane qui, pour des motifs faciles à comprendre, était restée éloignée des écoles non-mahométanes, pourrait être amenée à fréquenter les écoles primaires interconfessionnelles. Cette espérance ne fut pas trompée. Pendant l’année scolaire 1892/93 déjà, l’élément mahométan était représenté dans ces écoles par 2618 élèves, chiffre qu’on
- Femmes musulmanes devant un bazar à
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- n’avait pas espéré atteindre. Aujourd’hui existent 192 écoles primaires et le chiffre des élèves de religion mahométane atteint 5000 environ.
- Le besoin de personnel enseignant se faisant de plus en plus sentir, par suite du rapide accroissement du nombre des écoles, il fut bientôt nécessaire de recruter le corps enseignant dans le pays même. Une école normale fut fondée à laquelle vint s’ajouter un internat dans lequel une partie des élèves sont entretenus aux frais de l’État. A la fin de l’année scolaire 1897/98, l’établissement comptait 118 élèves, parmi lesquels 25 mahométans, 49 orthodoxes grecs, 43 catholiques et 1 protestant. g3 élèves étaient des Bosniens.
- L’école normale de Sarajevo pourvoit aux besoins des écoles primaires du pays. Les prescriptions rituelles des mahométans et des chrétiens y sont attentivement observées.
- Les religieuses de l’ordre des «Filles de la Miséricorde» dirigent un établissement privé dans lequel sont instruites les jeunes filles qui se vouent à l’enseignement.
- Enseignement secondaire et écoles spéciales.
- L’enseignement secondaire dispose d’un gymnase à Sarajevo; d’un gymnase avec sept classes à Mostar; d’une école secondaire technique à Sarajevo; d’une école réale supérieure, dont le nombre de classes devra être complété, à Banjaluka, et de neuf écoles de commerce.
- Il existe à Travnik, depuis 1882, un gymnase archiépiscopal, dirigé par les Jésuites, et auquel un séminaire est adjoint.
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- La fréquentation des écoles dont nous venons de parler est si grande que les classes inférieures doivent être divisées en plusieurs classes parallèles.
- Le corps enseignant comprend un nombre respectable de professeurs originaires de la Bosnie et de l’Herzégovine qui ont fait leurs études dans les universités autrichiennes.
- Les résultats de l’enseignement sont très satisfaisants; les jeunes gens qui sortent des écoles secondaires sont aptes à continuer avec fruit leurs études dans les universités. Afin de permettre la fréquentation de ces dernières aux élèves peu fortunés, le gouvernement distribue des bourses pour une somme considérable; les postes dans les administrations publiques sont attribués en première ligne aux enfants du pays.
- Une école secondaire technique a été fondée, comme nous l’avons dit, à Sarajevo, en 1889. Elle est ouverte aux élèves qui ont fré-
- Paysans chrétiens du Sarajevsko polje,
- m t
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- quenté une école de commerce ou les classes inférieures d’une école secondaire. L’établissement possède une division d’architecture et de sylviculture; l’enseignement y est réparti sur quatre années.
- Deux écoles professionnelles, à Sarajevo et à Mostar, forment des ouvriers capables. La menuiserie, le charronnage, le métier de forgeron et celui de serrurier y sont enseignés. Les études, dans les deux écoles, durent quatre années.
- En dehors des écoles laïques existent aussi des écoles confessionnelles où sont instruits les prêtres des différentes confessions. Avant l’occupation il était fait fort peu de chose pour eux, en particulier pour les prêtres orthodoxes grecs. Nombreux étaient alors les ecclésiastiques orthodoxes qui savaient à peine lire et écrire. Pour mettre fin à cette situation déplorable et pour relever le niveau intellectuel du clergé orthodoxe, le gouvernement fonda à Reljevo, aux frais de l’État, en i883, un séminaire pour les prêtres de cette confession. Le manque en ecclésiastiques tant soit peu instruits était alors si grand que l’on dut, dans les premiers temps, recourir à des jeunes gens qui n’avaient fréquenté que l’école primaire. Après qu’il eut été paré aux besoins les plus urgents et lorsque augmenta le nombre des candidats qui avaient fréquenté une école secondaire, la durée de l’enseignement dans le séminaire, qui était de huit ans, fut réduite à quatre et le programme fut limité aux seules disciplines théologiques.
- Sarajevo. Cimetière mahométan.
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- Avant l’occupation, seuls les Franciscains de la Bosnie et de l’Herzégovine pourvoyaient aux besoins religieux de la population catholique, au milieu des plus grandes difficultés.
- Après qu’une administration ecclésiastique normale eut été établie et qu’eut été créé l’archevêché de Vrhbosna, à Sarajevo, il devint aussi nécessaire de fonder un séminaire pour les prêtres catholiques. Établi tout d’abord à Travnik, il fut transféré au siège de l’archevêché, à Sarajevo, en i8g3.
- Les élèves de ce séminaire se recrutent presque tous dans le pays même.
- Et l’on pourvut également aux besoins des mahométans. Chez ces derniers, à la mission de prêtre sont étroitement jointes les fonctions de juge. Afin de donner à la nouvelle génération une solide culture théologique et afin de la familiariser avec la nouvelle situation juridique du pays, fut ouverte en 1887 l’école de droit dont le Reis-ul-Ulema possède la direction ecclésiastique, sous le contrôle du gouvernement. L’enseignement y dure cinq années à la fin desquelles les élèves dont les études ont été satisfaisantes sont installés comme juges (Kadi) dans les tribunaux du pays.
- Cimetière juif près de Sarajevo.
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- Quelques chiffres.
- Les chiffres suivants indiqueront l’état actuel de l’enseignement en Bosnie et dans l’Herzégovine. Le pays possède:
- 1005 écoles religieuses mahométanes auxquelles se sont ajoutées, dans les derniers temps, 58 écoles religieuses réformées (Mekteb Iptidai).
- 3g écoles religieuses mahométanes supérieures (Medresse). 192 écoles primaires interconfessionnelles.
- 70 écoles primaires du rite orthodoxe grec.
- 29 écoles primaires catholiques romaines.
- 2 écoles primaires israélites.
- 4 écoles particulières.
- A l’enseignement supérieur des jeunes filles pourvoient
- 11 écoles dont 3 qui dépendent directement de l’État et
- 8 appartenant aux différentes confessions, soit 7 catholiques-
- romaines et une orthodoxe grecque.
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- j II existe 9 écoles de commerce.
- Paysannes catholiques du district de Konjica.
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- Dans une école de Dar-ul-Mualimin, les «Softas» qui étudient dans les «Medresse» pour devenir «Hodza» reçoivent une instruction laïque, parallèlement à leur instruction ecclésiastique.
- Le pays possède encore les établissements suivants:
- i école normale pour le personnel enseignant masculin, i établissement particulier pour le personnel enseignant féminin.
- 4 «gymnases supérieurs», i «école réale supérieure», i école technique secondaire, i séminaire catholique, i séminaire orthodoxe.
- 1 école formant les juges.
- 2 écoles professionnelles.
- Voici les chiffres de la fréquentation, au commencement de l’année
- scolaire 1899/1900:
- «Gymnases supérieurs».............................1000 élèves
- «Écoles réales supérieures»........................3oo »
- Écoles normales....................................200 »
- y
- Paysanne chrétienne de la Bosnie centrale.
- s m.
- MM
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- Ecoles supérieures de l’État (jeunes filles)
- Écoles de commerce.......................
- Écoles professionnelles..................
- 400 élèves 808 »
- 100 »
- 192 écoles primaires interconfessionnelles sont fréquentées par 23.020 élèves qui y jouissent gratis de l’enseignement.
- Le budget.
- Le budget du Département de l’Instruction Publique se montait en 1899 à i,o33.3oo florins.
- Sciences et littérature.
- Depuis la conquête par les Turcs, la Bosnie et l’Herzégovine appartenaient aux pays les plus ignorés de la région des Balkans. Bien que voisins de la monarchie austro-hongroise qui entretenait avec leurs habitants, parents de langue et de race, des relations continuelles, ils n’en restaient pas moins fort peu connus.
- C’est le mérite de l’administration austro-hongroise d’avoir non pas seulement ouvert mais découvert et indiqué à la recherche scientifique ces domaines vierges encore. C’est cette administration qui fonda le Musée national de Sarajevo, qui a atteint maintenant déjà un développement considérable et qui contient des collections scientifiques de première importance, dont la garde et l’entretien sont confiés à des savants dont la compétence est reconnue. Ces collections attirent chaque année des savants de tous les pays. Le Musée national fut fondé par une Association en 1885, il est entretenu depuis par le gouvernement.
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- Mosquée de Mehmed Pacha à Mostar.
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- Il comprend une «Division des Sciences naturelles» et une «Division d’Archéologie et d’Histoire».
- La première contient de grandes collections zoologiques, botaniques, minéralogiques, en particulier une collection complète de la faune et de la flore des Balkans. La collection d’ornithologie est une des plus belles qui existent.
- La division d’Histoire et d’Archéologie comprend un groupe préhistorique, un groupe romain et un groupe du moyen-âge, ainsi qu’une collection d’épigraphie (Lapidarium) des moulages en plâtre de monuments épigraphiques et autres, des collections de monnaies, d’armes, de sceaux, une importante collection ethnographique, une riche collection de costumes et de produits de l’art industriel.
- Toutes ces collections se trouvent sous la garde de quatre conservateurs et d’un directeur, dans des locaux loués; mais un édifice monumental sera construit bientôt, on peut l’espérer, qui leur sera spécialement destiné.
- Le Musée édite depuis 1889 une publication, le «Glasnik zemaljskog Muzeja» dont le rédacteur en chef est le directeur du Musée, et qui paraît dans la langue nationale, en caractères latins et cyrilliques. Le «Glasnik zemaljskog Muzeja» paraît aussi en allemand, ce qui en permet la lecture à des cercles plus étendus, sous le titre de «Communications scientifiques de la Bosnie et de l’Herzégovine», «Wissenschaftliche Mittheilungen aus Bosnien und der Hercegovina». Le «Glasnik» est parvenu à gagner pour le Musée la coopération active du pays et à y intéresser à un haut degré le monde savant. Ses efforts ont trouvé une consécration éclatante : Un Congrès international d’Anthropologie et d’Archéologie, auquel ont pris part les savants les plus illustres de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Grande-Bretagne, de la Suède et de l’Autriche-Hongrie, a eu lieu à Sarajevo au mois d’août 1894.
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- En 1895, la Société allemande d’Anthropologie tint son assemblée annuelle dans cette même ville et, en 1899, s’y réunissait un Congrès d’ornithologie.
- Le Musée national de Sarajevo a publié en outre les œuvres suivantes:
- L’ouvrage monumental «Missale glagoliticum» du duc Hrvoja, en latin;
- «Sveto Stefanski Hrisovuli Kralja Stefana Urosa II Milutina» du professeur Y. Jagic;
- «Les routes romaines en Bosnie et dans l’Herzégo-vine» de MM. Phil. Ballif et Dr Charles Patsch;
- «Omis Balcanica» de Othmar Reiser;
- «La station néolithique de Butmir, près de Sarajevo» par MM. V. Radimsky et François Fiala;
- «Contribution à l’hydrologie du district de Stolac» du Dr Justin Karlynski.
- Le gouvernement a publié également un certain nombre de travaux scientifiques qui contribuent à répandre la connaissance du pays et de ses habitants:
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- Mostar. Femmes musulmanes.
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- «Le droit matrimonial, le droit de succession et le droit de famille des mahométans d’après le rite hanéfite.»
- «Contribution à l’étude des ressources minières de la Bosnie et de l’Herzégovine» de Bruno Walter;
- «Les travaux de construction en Bosnie et dans l’Herzégovine» par Edmond Stix;
- «La justice en Bosnie et dans l’Herzégovine» d’Edouard Eichler;
- «Les travaux hydrauliques en Bosnie et dans l’Herzégovine» par Philippe Ballif;
- «Les résultats principaux du recensement du 22 avril 1895, en Bosnie et dans l’Herzégovine, avec des renseignements sur les divisions territoriales, les établissements publics et les sources minérales de ces deux pays» par le Bureau de Statistique;
- «Le recensement du bétail en 1895»;
- «Annuaire de l’Hôpital de l’État à Sarajevo, pour les années 1894 à 1896.» Un volume supplémentaire est sous presse;
- «L’agriculture de la Bosnie et de l’Herzégovine, avec 21 cartogrammes, 14 diagrammes et 20 planches», édité par le gouvernement;
- «L’état sanitaire du bétail et l’art vétérinaire en Bosnie et dans l’Herzégovine», accompagné d’une statistique des épizooties et de l’exportation du bétail jusqu’en 1898 inclusivement, édité également par le gouvernement.
- Différents ouvrages scolaires pour les écoles primaires et secondaires occupent aussi une place importante parmi les publications de l’Etat.
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- LA PRESSE ET LA LITTÉRATURE.
- JUes conditions dans lesquelles se trouvaient la Bosnie et l’Her-zégovine depuis la conquête par les Turcs firent que la littérature et la presse naquirent fort tardivement dans les deux pays.
- La première imprimerie fut créée en 1866 seulement : c’était une entreprise particulière. Elle fut achetée par le gouvernement du vilayet et transformée en imprimerie de vilayet. On y imprima le journal officiel «Bosna» qui parut une fois par semaine jusqu’à l’occupation.
- Depuis 1881 existe une- publication officielle, le «Sarajevski List» qui paraît trois fois par semaine, imprimé dans les deux caractères en usage dans le pays.
- Quelques années plus tard fut fondée la «Bosnische Post», rédigée en allemand, qui parut une fois par semaine au début, puis deux, et qui maintenant est un organe quotidien.
- Il existe en outre un certain nombre de journaux rédigés en serbo-croate, entre autres le journal catholique «Osvit» de Mostar,
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- Mosquée à Mostar.
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- les journaux serbes «Vjesnik» à Mostar et «Bosanska Vila» à Sarajevo, le journal mahométan «Bosnjak» à Sarajevo.
- Les mêmes conditions défavorables qui, avant l’occupation, empêchèrent le développement de la presse, paralysèrent également l’activité littéraire. Une littérature autochthone ne pouvait pas naître, faute d’imprimerie. Malgré cela, la Bosnie et l’Herzégovine ont produit des écrivains qui occupent une place fort honorable parmi les littérateurs slaves :
- Fra Andrija Kacic-Miosic, de l’Herzégovine, dont les «Razgovori ugodni naroda slovinskoga» sont une vraie perle de la littérature slave méridionale (croate); fra Jukic, qui sous le pseudonyme de Slavoljub Bosnjak a publié à Agram, en 1851, une histoire de la Bosnie, et, en 1858, une collection de récits de la vie populaire en Bosnie. Fra Grga Marrie, «l’Homère des Slaves méridionaux», complète le triumvirat. Chargé d’ans, il continue à produire sans interruption. Il a chanté dans de grandioses poésies épiques les luttes de la Croix et du Croissant.
- Les trois écrivains que nous venons de citer sont des Croates : ils appartiennent à l’ordre des Franciscains, qui a rendu au pays de très grands services.
- Mais l’isolement intellectuel dans lequel la Bosnie et l’Herzégovine ont vécu sous la domination turque a permis à des œuvres très particulières de mûrir, œuvres dont l’importance n’a pas encore été assez reconnue. Sans contact avec l’Occident, lés habitants de ces pays conservèrent la pureté primitive de leur langue et les trésors d’une richesse incomparable de leur poésie populaire. Cette poésie populaire fut la source abondante des deux littératures croate et serbe qui se développèrent lorsque -f furent établies les relations avec les peuples voisins, parents de langue et de race.
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- L’occupation a ouvert une voie de communication entre la Bosnie, l’Herzégovine et l’Europe occidentale, par laquelle pénétra la vie littéraire de l’Occident.
- Plusieurs imprimeries furent créées coup sur coup depuis 1882 et le commerce de librairie commença à se développer en même temps que naissait l’activité littéraire qui se manifesta tout d’abord par quelques périodiques consacrés à des questions ecclésiastiques et que suivirent des journaux littéraires. Ces derniers n’eurent pas, il est vrai, une grande influence sur la littérature proprement dite, mais leur fondation marque le début d’une grande activité littéraire.
- Un fait particulièrement réjouissant, c’est que l’élément autochthone cultiva aussitôt le domaine littéraire et cela avec zèle et succès, dès qu’il y fut encouragé.
- Le notable Mehmed Beg Kapetanovic-Ljubusak a publié un «Narodno Blago» qui est un début plein de promesses.
- Peu après paraissaient deux volumes de chants populaires des mahométans, publiés par Kosta Horman,
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- Mosquée de Ferhad Pacha à Banjaluka.
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- sous le titre de «Narodne pjesme muhamedovaca u Bosni i Hercegovini».
- La revue «Nada», qui parut pour la première fois le ier janvier 1895, sous les auspices du gouvernement, coopéra activement au développement littéraire. Son but est de fournir au public une lecture saine, d’éveiller et d’épurer son goût par de bonnes illustrations, enfin de former un foyer de véritable activité littéraire.
- En dehors des publications que nous venons de citer, parues sous les auspices du gouvernement, il convient de donner une mention toute particulière au journal de pédagogie «Skolski Vjesnik».
- Parmi les littérateurs, enfants de la Bosnie et de l’Herzé-govine, qui se sont fait un nom ces dernières années, il faut citer, à côté de Mehmed Beg Kapetanovic, dont il a été déjà parlé comme collectionneur, son fils Riza Beg Kapetanovic, poète lyrique et épique; le jeune Savfet Beg Basagic, auteur lyrique et épique, traducteur de talent d’œuvres persans et arabes, qui s’est fait remarquer il y a peu de temps, par un ouvrage sur l’histoire de la Bosnie et de l’Herzégovine écrit d’après des sources turques où il est difficile de puiser; le D1' Tugomir Alaupovic qui a publié quelques œuvres épiques d’une valeur considérable; le lyrique Aleksa Santic; Osman Nuri Hadzic;
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- Ivan Milicevic; Svet Corovic et Edhem Effendi Mulabdic qui se sont fait connaître par un grand nombre de récits bien tournés, de nouvelles et de romans qui peignent la vie du peuple.
- C’est le mérite de la revue «Nada» d’avoir suscité, pour ainsi dire, et encouragé ces écrivains.
- Il faudrait énumérer encore les nombreuses publications qui ont paru à l’étranger. Parmi celles-ci, les livres de Guillaume Capus, «A travers la Bosnie et l’Herzégovine » ; du Dr Robert Munro, «Rambles and Studies in Bosnia-Herzegovina and Dalmatia»; de Henri Renner, «A travers la Bosnie et l’Herzégovine»; du Dr M. Hoernes, «Excursions dans les Alpes dinariques»; de J. de Asboth, «La Bosnie et l’Herzégovine» mériteraient des mentions particulières.
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- TOURISME.
- I. VERS L’ADRIATIQUE PAR LES VALLÉES DE LA BOSNA ET DE LA NARENTA.
- Les Compagnies de chemins de fer ont établi leurs horaires de telle sorte que le voyageur qui vient d’Autriche-Hongrie ne peut traverser que de nuit ou de très grand matin les parties les plus intéressantes de la Bosnie.
- Après avoir franchi la Save sur un pont de 3oo m de long au milieu duquel passe la ligne frontière (ligne purement imaginaire, car elle n’est indiquée par aucun signe), le train pénètre sous le hall illuminé de la gare de Bosnischbrod, centre d’activité qui donne au touriste un petit avant-goût de la civilisation orientale. La Bosnie en effet doit être considérée, à juste titre, comme un pays de transition, adoucissant autant que possible les différences trop brusques que l’on constate chez les peuples voisins.
- Devant la gare, sous une galerie couverte, sont rangés en longues files les superbes vagons des chemins de fer bosniens à voie étroite. Tous les trains renferment des voitures de Ire, IIe, IIIe et IVe classe; celles des deux premières classes ne manquent ni d’élégance, ni de confort; le service d’exploitation, qui est du reste remarquablement fait, possède en outre quelques vagons-lits bien agencés.
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- La ligne court d’abord vers l’Est, le long de la rivière, jusqu’à Sijekovac, station de bateau à vapeur, d’où l’on peut apercevoir la chaîne de montagnes boisées qui dentellent l’horizon tout au Sud. La voie traverse ensuite la plaine et gagne les collines au pied desquelles est bâti Dervent, premier bourg important que l’on rencontre sur sa route; il est construit en amphithéâtre sur le versant d’une colline, comme le sont en général toutes les villes de Bosnie.
- Immédiatement après cette station, nous arrivons à YUkrina, rivière passablement forte dont nous allons suivre un instant la rive droite que nous quitterons ensuite pour serpenter en des courbes hardies et nombreuses à travers un pays boisé et accidenté jusqu’au point culminant, Han Maritza.
- C’est à partir de Han Maritza que commence la descente dans la vallée de la Bosna.
- Après avoir croisé de nombreuses vallées latérales, charmantes dans le cadre de verdure que leur font les hauteurs boisées qui les entourent, nous rencontrons Velika et Kotorsko. Cette masse
- d’eau que nous voyons à gauche miroiter au soleil à travers les roseaux et les aulnes, c’est la Bosna que nous allons côtoyer. La marche du train devient dès lors plus rapide et plus régulière, les montagnes défilent devant nous, reliées les unes aux autres par la magnifique chaussée qui déroule ses spirales le long de la voie ferrée.
- Un strident coup de sifflet de la locomotive nous annonce la nouvelle station de Doboj : l’arrêt
- Doboj. Vue de la ville.
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- est suffisamment long pour qu’on puisse y déjeuner à son aise dans le restaurant que le gouvernement a fait construire près de la gare et qu’il a relié à un excellent hôtel. Ce n’est du reste pas le seul du genre; maintenant surtout que dans la Bosnie et l’Herzégovine les particuliers n’osent pas encore employer leurs capitaux à ces sortes d’entreprises, le gouvernement, pour attirer les étrangers et augmenter le trafic, a fait construire à ses frais, un peu partout, des hôtels répondant à toutes les exigences.
- Cette initiative produira certainement de bons résultats et dirigera petit à petit vers ces contrées le flot toujours croissant des touristes. Tous ces hôtels sont sous le contrôle immédiat du gouvernement qui fixe lui-même les prix de façon à protéger l’étranger contre les abus.
- Doboj est une bourgade de 5000 âmes environ, bâtie au milieu d’un site délicieux dans le style oriental le plus pur. Elle est dominée par les ruines d’un antique manoir qui dresse ses vieilles murailles sur un rocher à pic, isolé, du haut duquel il semble toujours veiller sur la cité et la protéger. D’énormes tilleuls en ombragent les murs d’enceinte, imposants encore malgré leur état de délabrement. Le château de Doboj fut autrefois une des plus redoutables forteresses des seigneurs féodaux du pays, il dominait tout le cours moyen et inférieur de la Bosna et gardait l’entrée de la terrible vallée de la Spreca.
- Après Doboj vient la station à'Usora, à l’embouchure de la rivière de ce nom dans la Bosna. C’est à'Usora que part la petite ligne de chemin de fer, longue de 42 km, construite spécialement pour exploiter les belles forêts de chênes de la contrée et développer autant que possible dans la région l’industrie du bois.
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- Ville de Maglaj sur les bords de la Bosna.
- Le paysage est ravissant autour d'Usora; c’est un sol du reste historique et classique où les Romains établirent jadis de fortes colonies, comme le prouvent les ruines nombreuses qu’on y découvre. Au moyen âge, le ban d’Usora formait une province autonome sur le sol de laquelle se sont joués des événements d’une haute importance pour le pays.
- En quittant Usora, la ligne traverse la Bosna sur un magnifique pont, passe à Trbuk, célèbre par ses gorges, remonte de l’autre côté de la vallée, franchit de nouveau un pont au-dessous duquel
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- mugit la Bosna et arrive à la halte de Maglaj. Celle-ci est construite sur la rive gauche de la rivière, tandis que la ville est tout entière sur la rive droite; mais elles sont reliées l’une à l’autre par un pont suspendu.
- Maglaj est bâti comme Doboj dans le style bosniaco-oriental. Ces deux villes voisines ont plus d’un point de ressemblance : Maglaj possède aussi sur un rocher à pic son château - fort en ruines auquel on attribue un certain rôle dans l’histoire locale si fertile en luttes et en exploits. Elle possède en outre une des plus belles mosquées du pays.
- Durant ces dernières années, les habitants de Maglaj se rendirent tristement célèbres en violant leur parole jurée. Au moment de l’occupation, ils tendirent une embuscade à un escadron de hussards envoyé en reconnaissance; ils en égorgèrent presque tous les hommes après leur avoir fait l’accueil le plus amical.
- Après Maglaj la vallée se resserre; la voie suit la rivière autant que le terrain s’y prête, en décrivant une infinité de courbes. Les montagnes deviennent plus élevées, la forêt plus épaisse et de ci de là débouchent des vallées latérales des torrents impétueux qui se précipitent dans la Bosna. Il y a quelques années, on rencontrait encore tout le long de la Bosna des vallées profondes et fertiles, comme aux environs de Zavidovic, absolument, inhabitées. Aujourd’hui ce ne sont plus partout que scieries mécaniques dont les hautes cheminées, comme autant de jalons gigantesques, indiquent que l’homme civilisé et instruit a pris possession de ces solitudes.
- Zavidovic est certainement destiné à devenir le centre industriel de la Bosnie. En face de la station, sur la rive droite, la Bosna reçoit la Krivaja dont les eaux viennent d’une des contrées les
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- plus riches en bois de toutes sortes; car elle est couverte d’une véritable forêt vierge qui sera bientôt mise en exploitation. Elle a été achetée en effet par un consortium qui va construire dans cette pittoresque région une voie ferrée destinée plus tard à être prolongée et à réunir la vallée de la Drina à celle de la Bosna.
- Après Zavidovic, Zepce est la première grande localité que l’on rencontre sur la rive gauche de la Bosna.
- Dans son voisinage se trouvera fameuse tourbière naturelle qui a valu aux bains d'Ilidje une rapide renommée à cause de leurs cures merveilleuses. Il y a aussi tout près de là une source d’eau minérale.
- Zepce était déjà connue des Romains qui y fondèrent de puissantes colonies, elle est encore célèbre dans l’histoire du pays. C’est une position stratégique importante qui commande l’entrée sud du fameux défilé de Vranduk. En 1696, le prince Eugène de Savoie y battit l’armée turque dans un combat mémorable qui lui livra le défilé et lui permit de marcher aussitôt sur Sarajevo.
- Après Zepce, la ligne franchit de nouveau la rivière avant d’entrer dans le défilé. La vallée se rétrécit de plus en plus; les montagnes tombent à pic jusque dans le lit de la Bosna, leurs flancs sont couverts d’épaisses forêts; il n’y a vraiment de place dans le fond de cette gorge que pour la chaussée et la voie ferrée qui suivent, la première à gauche, la seconde à droite, les innombrables méandres de la rivière.
- Voici Han Begov, puis Nemila. Tout à coup un rocher escarpé barre le fleuve dont les eaux écumantes rejetées de chaque côté forcent la ligne à faire un grand contour en se frayant un passage
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- dans le roc; la route franchit l’obstacle sous un tunnel creusé dans le granit au pied du vieux château de Vranduk, un véritable nid d’aigle juché au sommet d’une falaise imprenable. Bien défendu, il rend absolument impossible toute marche sur Sarajevo. Vranduk et ses environs constituent certainement le coin le plus pittoresque de toute cette ligne longue de 269 km qui va de Brod à Sarajevo.
- A la sortie de ce défilé, la vue embrasse d’un seul coup tout ce vaste cirque dont la jolie ville
- de Zenica occupe le centre. La gare est sur la rive gauche de la Bosna.
- Zenica appartenait autrefois à la Bosnie et n’avait pas grande importance, mais aujourd’hui c’est un centre industriel considérable. C’est là qu’est la grande prison centrale installée d’après le système irlandais, un des plus modernes établissements de ce genre.
- Après un arrêt d’une demi-heure le train continue sa course à travers des magnifiques paysages; il suit, au commencement, le long des montagnes de la rive gauche, se rapproche ensuite de la rivière près de Janjici et arrive bientôt à l’endroit où l’impétueuse Lasva se jette dans la Bosna qu’il traverse un peu plus loin sur un pont assez curieux. Au-delà du confluent de la Lasva et de la Bosna, la vallée se rétrécit de nouveau et la ligne de Travnik—Bugojno court le long des montagnes abruptes jusqu’à la station de Lasva, d’où part un embranchement pour Dolnji-Vakuf—Jajce. Celui-ci remonte la Lasva, traverse le col de Komar, puis redescend dans la délicieuse vallée de Vrbas. Cette voie ne
- tardera pas à être prolongée jusqu’à Spalato, un des plus importants et des plus vastes ports que la
- Dalmatie possède sur l’Adriatique. Ce prolongement mettra ce pays en communication directe avec la mer et ouvrira au commerce des contrées d’une beauté incomparable.
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- Après avoir franchi le défilé qui commence derrière Lasva, on atteint la profonde vallée de Kakanj—Doboj, puis on traverse une dernière fois la Bosna et le train s’arrête à Catici, dont les environs ont eu au moyen âge leur époque de célébrité. Non loin de là, on peut encore voir les restes de l’antique castel de Bobovac et le couvent de Sutjeska, l’un des plus anciens cloîtres du pays qui renferme beaucoup d’antiquités et une riche bibliothèque.
- La station suivante est Visoko.
- En une heure, on peut aller aux bains de Kiseljak, qui possèdent une source d’eau minérale abondante; on y accourt non-seulement de tous les coins de la Bosnie, mais aussi des pays voisins.
- Podlugovi vient ensuite. De là on peut visiter les mines et les hauts fourneaux de Vares en prenant le petit chemin de fer de montagne qui dessert cette localité : c’est une des plus belles parties que puisse faire un touriste qui aime la nature.
- Après Podlugovi commence la dernière gorge avant Sarajevo; Vogosca en occupe à peu près le milieu, c’est dans les montagnes environnantes que sont les fameuses mines de manganèse de Cevljanovic où l’on peut se rendre par chemin de fer.
- Plaine d’Ilidze.
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- En face de Dvor, la station suivante sur la rive opposée du fleuve, il y a un séminaire pour les prêtres du rite oriental-orthodoxe et une église assez curieuse.
- La ligne quitte alors la rive nord du fleuve pour se diriger vers l’Est. Au loin s’ouvre une vallée encadrée de hautes montagnes. A droite se dresse comme une sentinelle avancée le massif d’Igman d’où la Bosna sort en flots impétueux; dans le fond apparaissent les crêtes dentelées de Treskavica.
- Immédiatement devant nous, une haute montagne en pyramide porte jusqu’aux nues sa tête chauve: c’est le Trebevic, à la base duquel Sarajevo, la capitale de la Bosnie, élève vers le ciel une véritable forêt de minarets élancés; tout autour, sur les hauteurs environnantes, se cache pour mieux la défendre toute une ceinture de forts. Sarajevo est une ville qui prend une rapide extension, les Turcs l’appelaient Bosna-Saraj, quand ils étaient les maîtres du pays.
- On rencontre difficilement site plus beau. La ville est cachée de tous les côtés : au Nord par le Hum et le Gradanj, à l’Est par le Mali Orlovac et la Hrastova Glava, au Sud par le Dragoljac et le Debelo Brdo. Du côté ouest la vue s’étend jusqu’au fond de la vallée de Sarajevsko Polje qui commence au pied boisé de YIgman. C’est par là que vient la Miljacka, torrent sauvage, qui a dû se frayer à l’extrémité est de la ville un étroit passage à travers les rochers, afin de pouvoir courir dans la plaine verdoyante et rejoindre sa fronde sœur la Bosna.
- Le Dragoljac et le Debelo Brdo sont des contreforts du Trebevic, dont l’altitude est de i63g m au-dessus du niveau de la mer. Leurs flancs presque à pic sont couverts de jardins ombragés.
- La ville elle-même regarde vers l’Ouest. Elle est bâtie en amphithéâtre au pied de ces montagnes qui l’entourent.
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- L’étranger, qui visite Sarajevo pour la première fois, est frappé, en sortant de la gare, par un mélange intime de la civilisation occidentale et de la civilisation orientale. Presque tous les cochers de ces longues files de voitures élégantes, qui attendent le voyageur, portent le costume national. Ce mélange est encore plus frappant dans les rues; Sarajevo est en effet presque plus orientale que beaucoup de villes du cœur même de l’Orient,
- Auprès du palais moderne qui l’écrase, la vieille maison indigène fait rêver aux générations d’autrefois, tandis que l’on coudoie partout des gens qui portent les uns le costume européen et les autres le pittoresque costume du pays.
- La vie de la rue est absolument remarquable dans la métropole de la Bosnie. A côté des tramways électriques, des landaus de maîtres ou de hauts dignitaires
- et des voitures de louage passent en longues files les Sont a. de la Zdjezmca.
- animaux porteurs des caravanes.
- Le tramway conduit au camp retranché où la garnison a établi ses quartiers; la grande rue qui part de la gare mène à la manufacture de tabac, établissement industriel de grande importance, près duquel est la station de départ du petit chemin de fer des Bains d’Ilidje. En face, la ligne du tramway se sépare en deux tronçons, dont l’un va vers
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- le centre de la ville et l’autre vers les quais de la Miljacka qu’il suit jusqu’au nouvel Hôtel-de-ville. Sur ces deux parcours, la traction électrique est seule en usage. En suivant le premier de ces tronçons, on passe devant le vieil Hôpital militaire qui date encore de la domination turque, de l’autre côté de la rue il y a une magnifique rangée de nouvelles constructions qui méritent d’être vues. Plus loin on arrive à la mosquée d’Ali Pacha dont le style d’une pureté et d’une richesse remarquable attire aussitôt le regard. Le parc est vis-à-vis.
- De là on a une vue ravissante sur le quartier nord bâti en amphithéâtre et dominé par deux énormes bâtiments : Vancien et le nouveau palais du gouvernement. La rue où sont ces palais est certainement la principale artère de Sarajevo : elle est large, commode et garnie presque d’un bout à l’autre de trottoirs en asphalte. Elle traverse, de l’Est à l’Ouest, à peu près toute la partie de la ville située en plaine. Elle a pour parallèles : i0 la rue François-Josèphe qui longe le côté est du parc, celle-ci ne renferme presque que des bazars et fait partie du quartier de Tscharschia] 2° la plus moderne de toute la cité, la rue Ferhadija où se trouve la gare des marchandises près de laquelle la municipalité a fait construire un marché couvert. La ligne de tramway bifurque de nouveau devant le bâtiment de la Banque nationale juste à l’intersection de ce s deux rues.
- Près de la gare on remarque encore une construction neuve à deux étages, dont la façade est ornée des emblèmes de la science, c’est la nouvelle école orientale-orthodoxe récemment ouverte.
- Les rues Ferhadija et Cemalusa débouchent dans la Tscharschia, le quartier des bazars, qui représente un coin du plus pur Orient au milieu de cette ville qui tend à se rapprocher toujours de plus en plus de l’Occident.
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- Parmi les monuments autour desquels les Ducans (magasins) forment un véritable labyrinthe désigné sous le nom collectif de Tscharscliia, on en remarque deux tout particulièrement : la grande mosquée Begova et le Taslihan.
- La mosquée Begova est un des temples musulmans les plus considérables de toute la chaîne des Balkans. Sa coupole a 48 m de haut et 28 m de diamètre. L’intérieur est simple comme dans toutes les mosquées. Les murailles sont ornées de versets tirés du Coran et le sol recouvert de tapis les plus grands et les plus précieux. C’est une des rares mosquées éclairées à l’électricité. Son portique est orné de colonnes magnifiques et imposantes enlevées autrefois par les Turcs à la cathédrale catholique de Vrhbosna qu’ils détruisirent de fond en comble. On croit encore en reconnaître l’emplacement près de la localité désignée aujourd’hui sous le nom d:Ilid(e.
- La cour, qu’un mur sépare de la rue, est ombragée d’un énorme tilleul que la légende dit aussi vieux que la mosquée elle-même, bâtie au commencement du XVIe siècle par le vizir Husrefbey. C’est sous cet arbre géant,
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- Vallée de la Zeljeznica près d’Ilidze.
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- qu’autrefois le peuple avait coutume de se rassembler pour préparer ses soulèvements contre l’autorité turque. Il y a aussi, juste au milieu de la cour, un jet d’eau avec des sculptures en pierre où les croyants vont procéder à leurs ablutions prescrites par la loi avant chacun des cinq exercices religieux de la journée.
- Entre la fontaine et la mosquée, voici encore une grande pierre dans laquelle sont taillées deux rainures, l’une longue, l’autre petite, qui représentent l’aune et la demi-aune turque (.Arschin) et servent de contrôle aux mesures employées à la Tscharschia.
- Dans la partie ouest de la cour, il y a quelques tombeaux de hauts dignitaires; dans le coin sud celui, en forme de chapelle (Turbe), du fondateur de la mosquée, Gazi Husrefbey, et de son adjudant. Il est confié aux soins d’un serviteur spécial payé sur les revenus laissés par le fondateur lui-même.
- En dehors des heures de prières, chacun peut visiter cette mosquée, en se conformant aux exigences du rite musulman quant à la chaussure. Un serviteur se tient là en permanence avec des sandales toutes prêtes.
- En face de la mosquée Begova, à visiter également un bâtiment de style oriental qui sert d’école (Medresse) aux enfants musulmans, on l’appelle « L’École au toit de plomb » (Kursumli-Medresse).
- A l’Ouest de la mosquée dont elles ne sont séparées que par une ruelle étroite, les ruines du Taslihan et du Besistan. C’était un assemblage de bâtiments semblables que Husrefbey fit construire pour servir de caravansérail aux marchands, dans le but d’augmenter le commerce de la ville. Du corps principal il ne reste plus actuellement que le rez-de-chaussée et le sous-sol, le reste a été détruit ^ soit par le bombardement pendant le siège, soit par de fréquents incendies.
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- Parmi les autres monuments publics de Sarajevo, le nouvel Hôtel-de-ville tient sans contredit la première place à l’Est de la ville. C’est un superbe palais mauresque, dont les salles donnent dans une cour octogonale entourée de magnifiques arcades. La façade principale regarde le Sud et donne sur la Miljacka.
- Le Cercle de lecture maliométan «Kiraethana», rendez-vous de tous les notables musulmans, touche à l’Hôtel-de-ville; le «Bendbasi» lui est contigu, c’est un café oriental très fréquenté des étrangers et des indigènes.
- En suivant la rue qui passe près du Bendbasi, on arrive à un faubourg, bâti sur une colline à pic : cette partie haute s’appelle « le Grad » et a conservé son caractère entièrement oriental; elle est encore entourée d’un énorme mur d’enceinte, à moitié démoli, percé de cinq portes fortifiées. Sa situation élevée et bien exposée au soleil en fait un séjour très sain, très recherché de la population musulmane. On y voit aussi deux forts construits par les Turcs et connus sous le nom l’un de «Bastion blanc» et l’autre de «Bastion jaune»; ils étaient surtout destinés à contenir les révoltes de la ville-basse contre les
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- Gorges de la Rama,
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- vizirs ottomans. Du reste, toutes les hauteurs environnantes sont couronnées de fortifications qui font de la capitale de la Bosnie une place presque imprenable.
- Parmi les autres monuments curieux de la ville-basse, tous du reste de construction récente puisqu’ils ne datent que de l’occupation, il faut citer Y Ecole de droit musulman (Chéri ai), bâtie sur une petite hauteur qui domine l’Hôtel-de-ville; le Séminaire catholique, imposant par sa masse que surplombe la belle coupole de sa chapelle; la Cathédrale catholique de beau style gothique, ornée de tableaux magnifiques; Y Eglise métropolitaine orientale-orthodoxe qui est plutôt remarquable par ses dimensions que par son architecture; les bâtiments du Gymnase et de Y Ecole normale; enfin près de la cathédrale catholique, le Musée national qui possède de riches collections et qui est un centre d’attraction pour les indigènes aussi bien que pour les étrangers. Tous ces bâtiments sont situés sur la rive droite de la Mîljacka.
- La rive gauche, à cause des montagnes qui l’enserrent de tous côtés, n'a pas autant de vie,
- quoiqu’elle soit reliée à l’autre par plusieurs beaux ponts, dont deux «Le Latin» et «Le Seher-Cehajina » sont très anciens. Les autres sont modernes et tout en fer, à l’exception du «Pont impérial» qui date de deux ans seulement et est formé d’énormes blocs de ciment, il n’a qu’une seule arche de
- 32 m d’ouverture. Vis-à-vis de ce pont, il y a encore une mosquée construite par Husrefbey, on
- l’appelle «Careva» ou «Mosquée impériale», c’est le temple officiel des mahométans. A côté, au milieu d’un beau parc, on remarquera «Le Konak» qui remonte encore à l’époque de l’occupation du pays par les Turcs, il sert aujourd’hui de résidence au gouverneur.
- Sarajevo est appelée tantôt «la ville des palais», tantôt «la ville des cimetières» à cause de ses innombrables tombeaux et vieux cimetières turcs qu’on rencontre à chaque pas; on n’en compte pas
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- moins d’une centaine dans la ville. Toute mosquée est entourée d’un cimetière, or il y en a déjà quatre-vingt-dix.
- Intéressant aussi est le vieux cimetière des juifs espagnols, situé sur une petite hauteur à l’entrée de la ville, sur la rive gauche de la Miljacka. Les tombes sont faites d’énormes blocs de pierres n’ayant d’autre ornement qu’une inscription hébraïque.
- Le Nouvel hôpital se trouve dans la vallée de Kosevo, ouverte seulement du côté sud et parfaitement abritée. Adossé à une colline, il est bien exposé au soleil et entouré d’un grand parc; son installation est faite d’après les dernières données de la science médicale. Les nombreux pavillons le font de loin ressembler à une petite ville de maisons de campagne.
- Sarajevo n’est pas une des plus anciennes villes de la Bosnie. Elle fut fondée au Xe siècle par deux gentilshommes, Sokolovic et Zlatarevic, sur la colline, aujourd’hui encore fortifiée, de la ville haute. Ce ne fut que plus tard, quand la mosquée de Begova fut construite, qu’elle prit de l’importance et descendit jusqu’à la Miljacka. Au temps
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- Vallée de la Narenta près de Grabovica,
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- des Romains, il y avait déjà là une petite ville, sise un peu plus à l’Ouest, près du bourg actuel d’Ilidze. Sous le gouvernement des Zupani (notables du pays), la ville était au contraire plus à l’Est, à l’entrée de la gorge de la Miljacka, défendue par le château de Starigrad ou Hodidjed, un vrai nid d’aigle planté sur le sommet d’un rocher escarpé. Les Turcs ne purent s’en emparer de vive force; leur sang, dit la légende, coula à flot sur ce rocher jusqu’à ce qu’enfin une vieille femme leur livra la place par trahison. Ce n’est plus aujourd’hui qu’un monceau de ruines. Sarajevo n’était pas encore la capitale, bien qu’elle fut la plus importante et la première ville de la région. Le Vali ou gouverneur résidait à Travnik, car la fierté indomptable de Bog et ôl Aga, c’est-à-dire de la noblesse du pays, ne put jamais tolérer que le représentant du sultan vécût dans les murs de la ville. Omar pacha Lattas, un ancien sous-officier autrichien de la frontière croate, qui obtint les plus hautes dignités au service de la Turquie, fut le premier qui, en 1850, noya cet orgueil dans des flots de sang et fit de Sarajevo le siège du gouvernement. Autrement la ville n’avait jamais vu d’ennemis qu’une seule fois, quand le prince Eugène de Savoie vint, en 1686, la châtier pour avoir assassiné un de ses parlementaires; elle fut bombardée et réduite en cendres^
- Le 19 août 1878, jour où les troupes autrichiennes prirent la place d’assaut après une terrible bataille, commença pour la ville une ère nouvelle qui fit de la vieille Bosna-Saraj un centre de culture et de commerce, dont la renommée s’étend de plus en plus dans toute la chaîne des Balkans et au-delà.
- Sarajevo compte maintenant 17.000 musulmans, 5800 chrétiens orthodoxes, 10.600 catholiques, 285 protestants et 4000 juifs, soit 37.685 habitants.
- C’est une ville que les étrangers aiment à visiter; il en vient de tous les pays du monde civilisé,
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- les communications sont d’ailleurs excessivement faciles et les hôtels offrent un confort absolument à la hauteur de toutes les exigences modernes. Les deux principaux, Y Hôtel d’Europe et Y Hôtel Central, peuvent, à bon droit, être classés parmi les établissements de premier ordre.
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- La chaîne du Prenj en Herzégovine,
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- Les Bains d'Ilid\e, dont la réputation est due surtout aux effets curatifs de leur source d’eau thermale, sont un peu à l’Ouest de Sarajevo. Un petit chemin de fer y conduit en 20 minutes. Les sites incomparables qui sont tout autour de buts d’excursions d’autant plus faciles à atteindre que la plupart d’entre eux sont reliés à la ville par une voie ferrée; la source thermale qui fournit journellement, c’est-à-dire en 24 heures, environ i38oo hl d’eau à 58° C.; l’hôtel des Bains, superbement installé, a fait de cet endroit une des meilleures stations balnéaires de l’Europe méridionale. Trois hôtels élégants et confortables, un bon restaurant, de beaux parcs, l’air pur de la montagne, la musique de l’établissement, le paysage enfin, font d’Ilid^e un séjour délicieux en été non-seulement pour les malades, mais aussi pour les personnes en bonne santé. Peu de stations climatériques possèdent autant d’attraits variés.
- En dehors des bains d’eau chaude où des cabines réservées sont mises à la disposition des personnes qui ne veulent pas se mêler à la foule des baigneurs dans les grands bassins, Ilid2e possède encore des bains de vase que les autorités médicales recommandent autant que Franzensbad. De plus on y a ajouté, pour le traitement par l’eau froide, une section spéciale installée d’après les derniers perfectionnements de l’hydrothérapie. A en juger par les débuts, il est permis d’espérer un succès toujours croissant pour cette partie de l’établissement.
- Pendant la saison, qui va du 15 mai à la mi-octobre, Ilid2e est le théâtre de fêtes nombreuses et variées dont la première place revient certainement aux courses internationales de chevaux de Butmir (localité voisine), très fréquentées par les amateurs du sport. Les nombreuses sociétés de Sarajevo viennent aussi à IlidZe pendant l’été pour y donner des concerts, organiser des excursions et autres
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- parties de plaisir. Tout cela réuni fait d’IlidZe une station qu’on aime à fréquenter. Les prix sont en général très abordables, même pour ceux que le sort n’a pas favorisé outre mesure.
- IlidZe est tout près de l’endroit où la Bosna prend sa source, immédiatement au pied de l’Igman qui atteint jusqu’à i3oo m d’altitude et dont les flancs sont couverts d’épaisses et hautes forêts où le feuillage des chênes et des hêtres mêle sa tendre verdure aux tons plus foncés des essences résineuses. Les sources de la Bosna (VrelobOsna) peuvent être rangées parmi les plus intéressantes merveilles de la nature. L’administration des bains d’IlidZe a fait un parc splendide de cet endroit ombragé d’arbres géants où jaillissent les petits ruisseaux aux eaux cristallines qui forment la Vrelobosna. C’est un lieu d’excursion charmant où l’on vient de Sarajevo même et qui tire des cris d’admiration des étrangers qui visitent pour la première fois ce petit coin de terre. L’eau y coule si fraîche et si limpide sous les hautes futaies et les petits ponts de bois! D’IlidZe on y va par une belle allée ombragée, droite, comme si elle était tirée au cordeau.
- IlidZe est bâtie sur la Zeljeznica, à l’embranchement d’un petit chemin de fer local avec la grande ligne des chemins de fer bosno-herzégoviniens, Sarajevo—Mostar—Metkovic. Celle-ci continue le long des pentes de l’Igman et traverse plusieurs torrents. En quittant la vallée de Sarajevo (Sarajevsko polje), peu après la station de Blazuj, elle entre dans une région de hautes montagnes. A Hadzici, où une société milanaise a établi une scierie à vapeur pour l’exploitation des forêts de l’Igman, la ligne monte graduellement jusqu’à Tarcin tout au fond d’un cirque sauvage, entouré de sommets élevés. La pente est parfois si forte qu’on a dû installer des crémaillères à plusieurs endroits. De là, la vue s’étend sur le massif de la Bjelasnica Planina, dont les flancs sont couverts d’épaisses forêts jusqu’à l’altitude de
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- 206g m. On y rencontre le chamois sur les pâturages élevés et assez fréquemment l’ours qui a élu domicile dans les nombreuses cavernes encore inexplorées. A chaque sinuosité de la voie, le massif dominé par les deux sommets de la Vlahina et de la Hranisava apparaît sous un aspect nouveau et toujours plus grandiose. On aperçoit de loin, sur les rochers nus de la Vlahina, un bâtiment en forme de tour; c’est une station météorologique que le gouvernement y a fait construire ces dernières années.
- Rastelica, qui vient tout de suite après Tarcïn, est le coin le plus pittoresque de toute cette contrée. C’est ici que commence la montée de Y Ivan, point culminant de la ligne de partage des eaux de l’Adriatique et de la Mer noire. A partir de cette localité, la voie est complètement à crémaillère sur une longueur de 15.155 mètres : la pente est en effet très forte des deux côtés, puisque la ligne, qui n’est guère qu’à 60111 d’altitude, atteint au sommet du col 1000 m au-dessus du niveau de la mer.
- La locomotive traîne péniblement les voitures le long d’un abîme profond jusqu’à la station d’Ivan, s’y arrête quelques instants comme pour reprendre haleine avant de s’engager dans le "sombre tunnel qui sépare la Bosnie de l’Herzégovine. A la sortie de celui-ci, l’œil plonge dans
- Raskagora.
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- une vallée étroite au fond de laquelle on distingue la ligne qui serpente à travers la forêt et les broussailles. A gauche, voici les rochers escarpés du Preslica percés de grottes profondes que la légende donne comme retraites aux anciens brigands herzégoviens; à droite, voilà le plateau de Lisin-Brdo haut de 1700 m; viennent ensuite une série de tunnels et de gorges que le train franchit avec précaution sur des ponts vertigineux, en égrenant lentement chaque dent de la crémaillère. Le paysage devient de plus en plus pittoresque à mesure que l’on avance. Tout-à-coup, vers l’Ouest, à un détour brusque de la voie, la Prenj Planina, une des plus belles montagnes de la presqu’île des Balkans, se dresse majestueuse vers le ciel, montrant la verdure de ses pâturages et les pointes aiguës de son sommet couvert de neige la plus grande partie de l’année. Au bout d’une heure environ, on atteint la station du Podorojac qui semble adossée au rocher gigantesque qui la domine. La crémaillère ne va pas plus loin; le train reprend son allure ordinaire; la vallée s’élargit; nous approchons du Prenj, car nous
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- Bord de la Narenta près de Mostar. (Mont Hum.
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- commençons à distinguer les tours et les minarets de Konjica. Ce n’est plus le même style qu’à Ivan, nous sommes définitivement dans une autre région. L’air y est plus doux, la végétation plus florissante, les hommes semblent plus légers, plus vifs que de l’autre côté de la montagne. C’est déjà le midi. La ville compte environ 2000 habitants, avec elle commence la vallée de la Neretva (Narenta), large torrent qui sort en mugissant d’une gorge sauvage des environs. Comme curiosités, elle possède un vieux pont jeté sur la Narenta par le vizir Ahmed Sokolovic pour réunir les deux parties de la ville situées l’une sur la rive gauche, l’autre sur la rive droite. Les environs sont de toute beauté et offrent aux touristes de très jolis buts d’excursions; un des plus beaux est le lac de Borke tout au fond d’une vallée à 425 m d’altitude. Le chemin qui y conduit est très commode.
- En suivant le cours de la Narenta, la ligne traverse une vallée fertile et bien cultivée, plantée d’arbres fruitiers et de vignes qui donnent un vin estimé.
- Après Lisicic et Ostro^ac, on arrive à Rama, près de l’endroit où la rivière de ce nom se jette dans la Narenta. Alors le paysage change subitement. Au lieu d’une large vallée, nous avons devant nous, jusqu’à Jablanica, une gorge étroite où le torrent s’engouffre, tombe de cascades en cascades en écumant contre les énormes quartiers de roches qui jonchent son lit.
- Depuis ces dernières années, Jablanica, à cause de sa situation merveilleuse et de la douceur de son climat, est très recherchée comme station climatérique. Le gouvernement y a installé un bon hôtel pour favoriser le mouvement des étrangers. C’est d’ailleurs le point de départ des excursions vers les hautes montagnes; on y est tout près du Prenj et de la Corstnica Planina, les deux massifs les plus giboyeux de la chaîne : le chamois y est très abondant.
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- G est à Jablanica que commence le défilé sauvage de la Narenta. Immédiatement après avoir quitté la station, le train passe un pont sous lequel la Narenta roule ses flots verdâtres. Puis, par une courbe hardie, la voie arrive sur le versant de la rive gauche, qu’elle suit pour atteindre bientôt un long viaduc du haut duquel le voya-
- geur découvre l’admirable
- panorama de la Prenj Planina. Plus tard, la voie se rapproche de nouveau de la rivière; elle passe un petit tunnel
- Mostar.
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- et décrit plusieurs courbes au milieu de rochers grandioses, dont la beauté sévère est égayée par de riantes cascades. Une des plus belles chutes d’eau est celle du «Praporac», autrement dite «Komadina». Immédiatement en dessous de la route qui suit la rive droite, entre deux de ses arc-boutants, le Praporac se précipite en écumant dans la Narenta. Des ruisselets détachés de la chute principale et sillonnant les rochers de filets d’argent, actionnent quelques petits moulins à la mode du pays. La voie s’engage dans un nouveau défilé, long de 3 km et dominé par les parois de rochers, hautes de 600 m, dont les stratifications émerveillent les géologues. Ces immenses assises horizontales, offrant parfois l’aspect d’un escalier construit par les Titans, attachent les regards du spectateur par la grandiose variété de leurs formes. Après avoir dépassé une gorge, large à peine de deux mètres, enserrant la Narenta entre deux murailles de roche dure que ses flots tumultueux heurtent sans les entamer depuis des milliers d’années, le voyage continue dans l’âpre montagne, vaincue par la main de l’homme. On arrive à la station de Dresnica, à l’embouchure du torrent du même nom, qui amène des hautes cimes ses flots limpides comme le cristal. Un pont, jeté sur le torrent, conduit à la station militaire. Au dessous de celle-ci, la «source noire» (Crno Vrelo), au sortir d’une sombre gorge désolée, se précipite 'en écumant dans la rivière. Le spectacle est imposant.
- Le défilé proprement dit finit à la station de Raskagora ; la vallée s’élargit dès lors, et la végétation dénonce un climat plus méridional. Près de Vojno, une plaine fertile s’offre aux regards. C’est «Bjelo-Polje», la «plaine blanche» au milieu de laquelle s’élève Mostar, dont les maisons, couvertes de tuiles rouges, reluisent au soleil. Mais avant d’avoir atteint cette ville, le voyageur arrête ses yeux sur le Veles, la montagne géante aux flancs abrupts, qui dresse fièrement vers les deux son front
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- dénudé. Les contreforts inférieurs de la montagne sont couverts d’épaisses forêts où vivent le rapide chamois, le chevreuil gracieux et l’ours pesant, noble gibier pour les amateurs de chasse. La plaine de Mostar accuse nettement les caractères géologiques du Karst. Le bassin de la Narenta est coupé de gorges sauvages, une grande partie des eaux de la rivière s’est creusé un lit souterrain. Tout autour, les montagnes sont dénudées et sans la moindre trace de végétation; la plaine est couverte d’éboulis et cependant l’infatigable main de l’homme l’a transformée en un riant jardin, où poussent à foison le figuier et la vigne.
- Le chant populaire appelle l’Herzégovine Une rue à Mostar.
- «la vaillante». La capitale, Mostar, est bien la
- résidence d’un peuple guerrier. Située au milieu d’une vaste plaine, elle aurait eu assez d’espace pour s’y étendre, mais ses habitants ont préféré construire sur les flancs des montagnes environnantes leurs maisons dont chacune est une petite forteresse. C’est la mode orientale et méridionale. Aussi Mostar ressemble-t-elle à une ville italienne transportée en Orient. Ce mélange des architectures, dans
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- lequel l’élément européen intervient aussi depuis quelques années, donne à la physionomie de la ville un charme singulier, encore accru par l’aspect sauvage des rives de la Narenta. Les monts sourcilleux Hum et Podvele\, couronnés d’imposantes fortifications sur les flancs dénudés desquels la ville est construite, forment un contraste frappant avec les immenses jardins à la végétation luxuriante et presque tropicale, et les forêts de figuiers et de grenadiers entourant Mostar. Le climat fait presque de la capitale de l’Herzégovine une ville des tropiques. La neige et la gelée y sont pour ainsi dire inconnues; l’hiver ne s’y fait sentir que lorsque la Bora, dont le peuple dit qu’elle est née à Mostar, souffle en tourbillons glacés à travers les rues étroites. Le quartier le plus intéressant de Mostar se trouve dans un site idyllique, sur la rive droite de là Narenta, c’est le «Zahumlje». Il est parsemé de magnifiques jardins, arrosés par les eaux du torrent Radopolja. Le quartier des moulins offre des perspectives ravissantes. Dans une série de chutes et de cascades, la Radopolja y précipite son cours vers la Narenta. L’église catholique se trouve dans ce quartier. En fait de lieux de culte, Mostar possède encore un grand nombre de jolies mosquées flanquées de minarets gracieux, quoique moins hauts que ceux de Sarajevo, à cause de la Bora, et, perchée sur le flanc de la montagne, une cathédrale orthodoxe orientale, autour de laquelle se groupe le quartier serbe.
- La merveille de Mostar est son vieux pont sur la Narenta, d’antique renommée, et dont la construction était autrefois attribuée à tort aux Romains. Ce pont, de construction élégante et hardie, enjambe la rivière, très encaissée et rapide à cet endroit, en une seule arche de 32 m d’ouverture et 29 m de hauteur. Il est flanqué de deux tours massives, qui portent dans le langage populaire le nom de «Grad» (châteaux). Une inscription arabe placée à la clef d’arche, et qui n’a été définitivement
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- déchiffrée que récemment, dit que le pont a été construit en l’an 974 de l’hégire, soit en l’an 1566 de l’ère chrétienne. En tout cas, il demeure un des monuments les plus remarquables du pays, et celui qui l’a contemplé de l’embouchure de la Rodo-polja, avec son arche gracieuse jetée à une hauteur vertigineuse au-dessus des flots verts de la Narenta, n’oubliera pas de longtemps ce spectacle.
- Les rues de Mostar sont propres et bien entretenues. Les costumes nationaux sont plus pittoresques en Herzégovine qu’en Bosnie, la race y est plus vigoureuse, la physionomie de l’individu plus fière et plus ouverte. Une particularité de Mostar est le costume de ses femmes musulmanes, qui
- portent dans la rue, par dessus leurs vêtements, un long manteau de couleur sombre, muni d’un capuchon.
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- Mostar est le centre de la fabrication du tabac de l’Herzégovine et d’une industrie vinicole qui prend toujours plus d’importance. Le raisin qui mûrit là, sous les rayons dorés du soleil du midi, fournit un vin très capiteux et d’un bouquet fort agréable, qui peut soutenir sans désavantage la concurrence des vins de la Grèce et de l’Italie méridionale. Parmi les édifices de Mostar, le premier qui frappe les yeux à l’arrivée dans la ville est l’hôtel «Narenta», construit par le gouvernement, dont l’hospitalité confortable jouit d’un excellent renom dans le monde des touristes. Le bâtiment de l’autorité du district est une construction imposante et monumentale, mais le plus bel édifice est le nouveau gymnase, avec sa belle façade mauresque. La Tscharschia de Mostar est plutôt petite, étant donné le chiffre de la population de la ville — 18.000 habitants. Des plus curieux est le quartier des tailleurs, où les superbes costumes nationaux couverts de broderies d’or, que portent les habitants aisés de l’Herzé-govine, sont faits sous les yeux du passant, dans les échoppes ouvertes qui bordent la rue. Sur le territoire de la Tscharschia se trouve aussi une grande caverne ou grotte naturelle, qui sert comme cave à bière et où nichent des milliers d’hirondelles.
- Au sud de Mostar se trouve le «BiSce Polje», grande plaine rocailleuse, autrefois un désert, et transformé peu à peu depuis l’occupation en fin superbe vignoble. Le centre de l’exploitation viticole de Mostar est la station de viticulture érigée par le gouvernement sur un terrain d’une étendue de 32 hectares, d’où la culture de la vigne s’est répandue rapidement sur toute l’Herzégovine. Passant devant cette verte oasis, et traversant le désert rocheux formé par les éboulis de la montagne, une excellente chaussée conduit au village de Blagaj, autrefois le siège des dominateurs de l’Herzégovine qui y construisirent sur un roc inaccessible la forteresse de Stjepangrad, actuellement en ruines. Après
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- le village, un sentier à piétons se détache de la route qui mène à Nevesinje. Ce sentier, bordé de luxuriants taillis de figuiers et de grenadiers, conduit à une des merveilles naturelles les plus intéressantes de l’Herzégovine, à la source de la Buna. Après cinq minutes environ le sentier s’arrête au milieu de formidables rocs entassés, près d’un petit groupe de maisons et de ruines au-dessus desquelles pendent les énormes et bizarres stalactites d’une grande paroi de rocher surplombante. On aperçoit là les ruines d’une petite mosquée qui fut détruite
- il y a quelques années par la chute d’un bloc de pierre,
- On frappe à une porte qu’un prêtre mahométan vient ouvrir, et l’on se trouve sur un balcon du haut duquel un spectacle merveilleux s’offre aux regards. L’œil plonge dans une im-
- . . . , Vieux pont près de Blagaj.
- mense halle aux parois de pierre, une grotte richement
- décorée de stalactites au fond de laquelle, à une grande profondeur, jaillit une source aux eaux limpides et bleuâtres, toute frétillante de truites mouchetées de rouge. On suppose que la Buna, qui jaillit ici de terre, vient du haut des montagnes de Gackopolje, non loin de Monténégro. Dans
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- le coin le plus sombre de la vaste grotte est construit un turbé ou tombeau musulman, qui abrite les restes d’un saint mahométan et de son serviteur.
- De Mostar, une ligne ferrée longue de 43 km conduit à Metkovic, en suivant la rive rocheuse de la Narenta. Le fleuve est dès lors accessible sur tout son parcours aux gros bateaux. Malgré la nature rocailleuse du terrain, une végétation luxuriante pousse partout où le sol permet une culture quelconque. Passant au pied des pentes du Hum, au sommet duquel les murs blancs de plusieurs forts se détachent sur le gris uniforme du calcaire, le tracé atteint la station de Buna, en face de l’embouchure de la rivière dont nous avons visité la source. La vallée s’élargit, du lit de la rivière sortent des bancs de rochers colossaux, ne laissant aux eaux qu’un étroit passage, comme dans le défilé de la Narenta et en amont de Mostar. Mais bientôt le fleuve s’étale de nouveau en une imposante nappe, la vallée s’élargit et offre l’aspect d’un coin de terre extrêmement fertile et fort bien cultivé. Sur la rive opposée, on aperçoit au fond d’un paisible vallon les murs de l’antique et célèbre couvent orthodoxe de Zitomisljic, sous le toit duquel furent préparés la plupart des soulèvements de l’Herzégovine. Ces temps sont passés pour toujours; les moines de ce couvent, richement doté par la famille Miloradovic qui le fonda, peuvent tranquillement vaquer à leurs soins spirituels. Mais les montagnes chauves se rapprochent de nouveau du fleuve, la locomotive passe un petit tunnel, au sortir duquel elle débouche dans un large cirque. Cette riche et féconde vallée est pleine de souvenirs historiques. Sur la rive gauche de la rivière devenue fleuve on voit les formidables créneaux d’une forteresse du moyen âge, dominée par une tour du sommet de laquelle se découvre une vue splendide sur le fleuve. A l’intérieur des murs étendus tout le long de la crête, de blanches maisons s’appuient
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- au rocher, enfouies dans un repli de terrain; au milieu d’elles se dresse le haut minaret d’une belle mosquée. C’est Pocitelj, qui fut un nid de brigands à une époque depuis longtemps disparue. Les habitants étaient la terreur des côtes voisines de l’Adriatique où ils faisaient de fréquentes incursions et d’où leurs barques rapides les ramenaient à l’abri des murs de Pocitelj, lorsque la vengeance de leurs méfaits menaçait de s’appesantir sur eux. Un peu plus loin se trouve £apljma, petite ville aisée, où l’on a tenté avec succès d’introduire la culture du coton. A Capljina existent aussi de grands entrepôts de tabac et une fabrique de conserves d’anguilles, car les eaux de la Narenta recèlent de grandes quantités de ce savoureux poisson.
- La contrée dans laquelle est située la ville actuelle de Capljina était dans l’antiquité un centre de civilisation. Les Romains y furent longtemps les maîtres et surent apprécier toute l’importance que le pays offrait pour les communications avec l’intérieur du territoire des Balkans. La preuve en reste dans les nombreuses fortifications romaines qu’on découvre à chaque pas, et dont la plus importante est celle
- Source de la Buna,
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- de «iviogorelo», situee a proximité immédiate de Uaplpna, au bord de la voie ferrée. Les ruines de ce fort romain ont Ville de Pociteij sur la Narenta. été mi'ses à nu en grande partie en 1899, par des fouilles
- entreprises sur l’initiative du Musée national de Sarajevo. «Mogorelo», ainsi que le peuple appelle ce témoin des temps disparus, est une colline isolée, visible de la rive du fleuve, et dont le sommet est couronné de vestiges de murailles. Au temps des Romains et sous la domination vénitienne, Gabela fut un fort de frontière important et dont la possession fut fréquemment disputée. Il défendait le cours inférieur de la Narenta et l’importante cité commerciale
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- de Narona qui, sous la période romaine, s’élevait non loin de là. Dans l’histoire moderne, Gabela est célèbre parce que c’est là qu’éclata, le lundi de Pâques 1875, le soulèvement contre les Turcs qui aboutit finalement à la libération de la Bosnie et de l’Herzégovine du joug turc et à l’occupation de ces deux pays par l’Autriche-Hongrie.
- Encore un court trajet, et le train achève sa course à Metkovic. La Narenta s’étend ici en une large nappe entre les hauts murs des quais. Metkovic est le port de la Bosnie, bien que la localité soit située sur territoire dalmate. La ville est pittoresquement établie sur les deux rives de la Narenta, à l’entrée de la grande plaine de l’Herzégovine. Le large fleuve sillonné des navires qui coulent à ses pieds lui donne l’aspect d’une ville maritime. Des communications régulières par vapeurs ont lieu entre Metkovic et les ports de Trieste, Raguse, Zara et Spalato sur l’Adriatique, et il vaut certainement la peine de faire le voyage et d’admirer les splendeurs de la côte dalmate à bord d’un des vapeurs confortablement aménagés du «Lloyd» ou de «l’Ungaro-Croata».
- IL DE LA NARENTA AU VRBAS ET A L’UNA.
- Devant l’hôtel, à Jablanica sur la Narenta, une confortable voiture, attelée de chevaux vigoureux, nous attend. Le véhicule prend les voyageurs et part dans la direction du Nord en suivant un temps la voie ferrée, puis il atteint une rivière écumante qui se précipite à grand fracas dans la Narenta. C’est la Rama; à son embouchure se trouve un poste militaire. Suivant le cours de la Rama vers le Nord-ouest, nous arrivons dans une contrée boisée. Dans la vallée on aperçoit les
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- champs fertiles, les maisons et les fermes de l’ancienne province de Rama. La population est en grande majorité catholique, elle est de même origine que celle de la Croatie voisine, avec laquelle elle présente plus d’un trait commun. La contrée est pittoresque, mais à part quelques parois de rochers et une grotte, elle ne présente pas de curiosités naturelles qui puissent frapper dans un pays aussi riche sous ce rapport que la Bosnie. Dans une série de lacets, la route gagne les hauteurs. Tout respire la paix et la concorde; la population de ce pays n’a jamais été encline aux querelles sanglantes; plus que toute autre, elle est aussi restée attachée aux coutumes, aux mœurs et aux traditions de ses antiques origines. Le chef-lieu de la vallée de la Rama est la petite ville de Prozor dont le vieux château en ruines fut la résidence des rois de Rama. La légende a entouré ces antiques murailles d’une auréole de poésie. Comme toutes les villes fermées de la Bosnie, Prozor a une population en majorité mahométane. Dans cette contrée, les diverses confessions n’ont jamais été tranchées aussi nettement que dans les autres parties du pays, preuve en soit le fait que dans la population campagnarde, les femmes musulmanes ne sortent pas voilées, mais portent le costume des femmes chrétiennes. De Prozor, la route traverse encore un temps la plaine fertile, puis elle aborde en lacets interminables l’ascension du col de Maklen. La contrée est populeuse et cultivée avec soin. Le sommet du Maklen offre une vue telle que, même en Bosnie, on en trouve peu d’aussi magnifiques. Comme un panorama colossal, les grandioses montagnes de l’Herzégovine se montrent au regard émerveillé. D’aucun point on ne peut admirer comme d’ici l’imposante beauté de la Prenj Planina, et jouir d’une vue aussi incomparable sur la chaîne géante de la Corstnika, haute de 2260 m. Le regard embrasse avec admiration les cimes neigeuses des montagnes, puis il revient involontaire-
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- ment au fond de la vallée, où s’aperçoit encore la pittoresque petite ville de Prozor, avec les ruines de son château. Sur le sommet même du Maklen, la route rentre dans une épaisse et haute forêt. Elle redescend en lacets au flanc de la montagne et atteint au fond de la vallée la petite ville de Gornji Vakuf, gardée par une tour crénelée datant de la domination turque.
- De Gornji Vakuf, la route traverse la plaine, au milieu des champs de céréales, jusqu’à Bu-gojno, tête de ligne provisoire du chemin de fer qu’on projette de continuer jusqu’à Spalato. De là, on atteint rapidement Dolnji-Vakuf, qui se mire dans les eaux vertes du Yrbas, sur la rive duquel nous allons continuer notre route. Vers Dolnji-Vakuf, les montagnes se rapprochent de nouveau du fleuve. De la rive gauche on aperçoit les ruines du vieux château de Prusac qui autrefois résista le dernier aux Turcs victorieux.
- La vallée se rétrécit et devient défilé. Sur la rive droite serpente la route, sur la rive gauche, la ligne de chemin de fer fait de nombreux lacets, le Vrbas que suivent ces deux voies de communication coule entre deux versants abrupts et boisés. Après la station de Babinoselo, le défilé se
- Chute de la Bregava près de Stolac.
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- rétrécit encore, un peu plus loin il paraît entièrement obstrué par un dôme de rochers qui s’élève à 1035 m d’altitude, au point de réunion de trois vallées latérales, et porte à son sommet une couronne de muraille en ruines. C’est la forteresse de Yienac, berceau de la famille des comtes de Keglevic, actuellement établie en Hongrie. La voie ferrée passe l’étroite gorge aux parois garnies d’épaisses forêts. Deux rochers qui barraient le passage ont été percés de tunnels. Encore une courbe hardie, et l’œil découvre un spectacle inoubliable. Sur le dos d’un mont aux formes arrondies trône une grande forteresse du moyen-âge, flanquée d’imposantes tours et entourée de murs délabrés. A ses pieds, s’étageant en terrasses sur le roc, est établie une ville importante. Entre deux parois verticales de tuf, le train passe avec un bruit de tonnerre sur un grand viaduc, dominant les flots tumultueux de la Pliva, qui précipite en cascades écumantes ses eaux d’un vert profond. La ville que nous avons devant nos yeux est Jajce et la forteresse qui la domine fut l’illustre résidence du dernier roi de Bosnie.
- On nomme souvent Jajce la perle de la Bosnie et certes on n’exagère pas. Peu de localités peuvent rivaliser avec cette ville pour les charmes du paysage. Son histoire est des plus mouvementées et des plus intéressantes. Examinons d’abord le' paysage. Dans son lit profond et encaissé, le Vrbas coule au pied du mont sur lequel le vieux château royal étale fièrement ses ruines. Mais soudain, comme un lion bondissant, la Pliva au cours impétueux se précipite en rugissant du haut d’une paroi de 3o m. Les ondes écumantes tombent sur un bloc de rocher colossal, planté au milieu du lit du Vrbas, et s'éparpillent par la violence du choc en une poussière de perles qui resplendit au soleil & levant de toute la magnificence des arcs-en-ciel. Le bruit est assourdissant, mais le spectacle est un
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- des plus grandioses que l’imagination puisse rêver. La plus belle perspective sur la cataracte s’offre du petit parc qui se trouve sur la rive droite du Vrbas, dans le quartier de Kozluk.
- En sortant de la ville par la vieille porte de la rue du Marché, on arrive aux ruines d’une ancienne église catholique dédiée à S1 Luc dont il ne reste plus que le clocher, campanile de pur style italien. Non loin de l’église de S1 Luc se trouvent les célèbres catacombes de Jajce, que l’imagination populaire a parées de légendes merveilleuses. Elles offrent à l’archéologue un riche terrain de recherches.
- Après une courte ascension, on arrive de l’église de S1 Luc à l’entrée de la forteresse. Le plan de celle-ci représente un quadrilatère irrégulier. Les angles sont munis de tours en ruines, et la cour intérieure abrite les casernements d’une petite garnison. Du sommet des tours, on jouit d’une vue admirable et l’on apprécie l’incomparable beauté de la situation de Jajce.
- Stolac.
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- Au pied du rocher sur lequel nous sommes se trouve, dans une petite plaine, le vaste couvent des Pères Franciscains, où l’on conserve, dans un cercueil de verre, le squelette du dernier roi de Bosnie, Stefan TomaSevic.
- La ville de Jajce, si tranquille il y a peu d’années, endormie dans la contemplation des gloires disparues, est de nouveau pleine de bruit. Ce n’est plus le cliquetis des armes qui retentit dans ses rues, mais le halètement de puissantes machines. A Jajce se trouve une des plus importantes usines du continent pour la fabrication du carbure de calcium. La force motrice est fournie pas les cascades de la Pliva, mais la prise d’eau est située en amont de la cataracte, et les installations industrielles ne déparent en rien le paysage.
- Les environs de Jajce sont aussi charmants que la ville elle-même. Les deux lacs de la Pliva rivalisent en beauté avec les lacs des Alpes les plus pittoresques. Le chemin qui y conduit et qui suit leur incomparable rive offre les sites les plus merveilleux de la Bosnie. Le plus beau et aussi le plus grand des deux lacs, le lac supérieur, est long de 31/2 km et large de 600 m.
- A son extrémité supérieure, dans un endroit idyllique, ombragé de grands arbres chargés d’ans, se trouve le village de Jezero, nommé «Gjôlhissar» par les mahométans, où ils vont en villégiature pendant les chaleurs de l’été.
- Dans la vallée du Vrbas, une route, qui compte parmi les plus intéressantes et semblable à la célèbre «Via Mala» conduit de Jajce à Banjaluka, localités distantes l’une de l’autre de 79 kilomètres. Taillée en grande partie dans le roc, elle franchit en plusieurs endroits le Yrbas qui bouillonne entre
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- des parois abruptes. C’est une des routes d’Europe dont la construction a offert les plus grandes difficultés, elle forme un digne pendant à la ligne de chemin de fer qui traverse le défilé de Narenta.
- Dès la sortie de Jajce, la voiture traverse un pont de fer, de 47 mètres, longe les parois du Greben et des Bijele Stijene (Rochers Blancs) et
- atteint le petit village de Bocac, après avoir passé par une contrée dont la beauté sauvage captive le voyageur. Au dessus du rempart de pierre qui domine le village, s’élèvent les restes relativement bien conservés du vieux château-fort de Bocac qui fermait absolument la vallée. Après avoir passé cet endroit, on arrive dans la plaine d'Aginoselo que continue un défilé de g kilomètres de long, commandé, à sa sortie, par les ruines du château-fort de Krupa. La vallée s’élargit, la route contourne en un grand arc-de-cercle la ruine de Zvecaj et pénètre dans la vallée resserrée du Tijesno. La rivière bondit sur des rocs géants, dans un lit qui n’a en plusieurs endroits que 10 à 12 mètres de largeur. Après un parcours de 3 kilomètres environ, la voiture atteint une plaine riante. La route, toute droite, mène à Banjaluka après avoir passé devant Gornji âeher, localité charmante.
- Le polje (lac) de Popovo en Herzégovine.
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- Banjaluka était et est encore une des places de commerce les plus importantes de la Bosnie. La plus importante de ses 32 mosquées est la «Ferhadija».
- A une demi-heure environ de Banjaluka se trouve un couvent des Pères Trappistes, appelé «Etoile de Marie». Les 250 religieux qui y vivent se consacrent entièrement à l’agriculture, et sous ce rapport ils sont devenus les bienfaiteurs de la population. Le quartier supérieur de Banjaluka, «Gornji Seher», mérite une visite pour l’architecture intéressante de ses maisons. Il possède une source thermale et des bains déjà connus du temps des Romains. Banjaluka est reliée aux territoires de la monarchie par la ligne ferrée à voie normale Banjaluka-Doberlin, exploitée en régie par le trésor de l’administration militaire. La ligne fut déjà construite sous la domination ottomane, mais c’est seulement depuis l’occupation qu’elle a été mise en exploitation régulière. De Banjaluka, elle conduit par Kozarac et Prijedor au bord de l’Una et aboutit à la ville frontière de Doberlin, où elle se raccorde à la ligne Sunja-Sissek des chemins de fer de l’état hongrois. Ainsi la Bosnie est mise en communication avec la Croatie et sa splendide capitale Agram, puis de là avec Trieste et Fiume.
- III. A TRAVERS LA VALLÉE DE L’UNA.
- La contrée de l’Una, qui forme la frontière au Nord-ouest vers la Croatie, est le cœur de la Krajina et mérite d’être visitée en détail. A Novi, ville à laquelle se rattachent les souvenirs du héros *que fut l’illustre feld-maréchal Laudon, nous quittons l’étroit coupé de chemin de fer pour continuer notre voyage dans une confortable voiture. La route suit en le remontant le cours du fleuve. Elle
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- le traverse sur un grand pont pour atteindre la petite ville d'Otoka, située sur une île de l’Una. De là, une excellente route bifurque vers un coin de terre qui a une histoire sanglante, vers l’enclave formée par l’Una et la frontière croate, connue autrefois sous le nom de «Croatie turque». Sur aucun point du monde peut-être il ne s’est livré au cours des siècles autant de combats que sur ce sol encore frémissant. Le pays est tout parsemé de ruines de châteaux-forts, et l’histoire de chacun pourrait être écrite avec du sang. Ici l’on voit le vieux n vautours de Buzim, berceau des comtes de Jelacic, là les ruines de Vrnograc, KladuSa, Cazin, Tr2ac, Ostro2ac, Izacic témoignent que la Croatie a bien mérité son nom de «rempart de la chrétienté». C’est ici que se concentra la résistance opiniâtre et souvent victorieuse contre les incursions incessantes des Turcs. Un peuple brave et toujours prêt à la lutte habitait les vallées et les gorges de cette contrée.
- Mais maintenant la paix la plus complète règne dans ce pays, autrefois si décrié, et à chaque pas l’on rencontre les indices d’une civilisation qui avance progressivement et sûrement.
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- La vallée du Vrbas entre Jajce et Banjaluka.
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- L’Una a ici une largeur de plus de ioo m. Son lit est parsemé de dépôts de tuf considérables, qui donnent au fleuve le caractère géologique du Karst. La pente régulière est parfois interrompue par des cataractes. Souvent aussi les eaux forment des chaînes de lacs, réunis entre eux par les cataractes écumantes. Nous atteignons la charmante petite ville de Krupa, toute neuve et dénotant le bien-être. Elle est dominée par un des châteaux les plus imposants de la vallée, dont les ruines formidables attestent la grandeur passée. Après Krupa, la vallée se rétrécit en une gorge impraticable. La route monte vers le haut vallon de Veliki Radici, pour atteindre sa plus grande altitude à la passe Drieno. De là elle redescend dans le fertile bassin de Bihac.
- Bihac est situé sur les deux rives de l’Una. La ville était précédemment fortifiée, et ses murailles n’ont été démantelées que plusieurs années après l’occupation. A la place des remparts, on a installé une jolie promenade qui fait le tour de la ville. Le seul vestige des anciennes fortifications est une tour massive, à cinq étages, qui sert actuellement de prison. Une des curiosités de la ville est la mosquée Fethija, construction gothique qui, avant la prise de la place par les Turcs, fut une église catholique consacrée à S1 Antoine. Lors de récents travaux de réfection, on trouva dans le sol de la mosquée plusieurs dalles de tombes portant les armes des anciennes familles nobles de la ville. Ces monuments, aussi intéressants pour l’histoire de la Krajina que pour la science héraldique, sont conservés au lapidarium du Musée national, à Sarajevo.
- La contrée de Bihac fut habitée dès la plus haute antiquité. La preuve en est fournie non-seulement par les nombreuses ruines de châteaux qui couronnent les montagnes environnantes, mais aussi par les importantes découvertes archéologiques faites dans le pays. Non loin du château de Sokolac,
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- on a exhumé un sanctuaire de Mithra, ce qui démontre que les Romains avaient ici un établissement permanent. A peu de distance de là, sur une île formée par l’Una, près de Ripac, on a découvert une station sur pilotis d’une grande étendue, qui a été l’objet de fouilles systématiques de i8g3 à 1897. Les trouvailles extrêmement intéressantes faites alors sont venues compléter les riches collections du musée de Sarajevo. On peut en dire autant de la station préhistorique de Jezerine, située près de la première, et qui va de l’âge de la pierre à la période de La Têne.
- De Bibac on peut, par de bons sentiers de montagne, passer la frontière croate et atteindre en cinq heures les célèbres lacs de Plitvice, qui, si les communications étaient meilleures, deviendraient bientôt un rendez-vous de touristes très fréquenté.
- IV. DE L’ADRIATIQUE A LA DRINA.
- Raguse, qui fut au moyen âge une république libre et le centre intellectuel de la nation croate, sera dans peu de mois reliée par un chemin de fer avec l’intérieur. Passant par Gravosa, véritable port de Raguse, la route actuelle conduit, en vue de la mer, dans la vallée de l’Ombla, puissante rivière qui jaillit de terre sous une paroi de rochers et devient dès sa source navigable aux gros bateaux; la route atteint Canosa, avec ses platanes millénaires. Cependant nous inclinons au Sud et nous passons près d’Uskoplje la frontière de l’Herzégovine. La route monte et descend à travers un paysage dénudé et rocailleux. Après quelques heures, elle entre dans une vallée fertile au fond de laquelle coule une large rivière. Au Nord et à l’Ouest, on aperçoit des fortifications sur les crêtes chauves
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- des montagnes dominant un plateau fertile, garni d’une végétation luxuriante et méridionale, au milieu duquel sourient les blanches maisons d’une jolie petite ville. Nous sommes à Trebinje, le jardin de l’Herzégovine, où pousse le fin tabac blond connu dans le monde entier. Trebinje possède de vieille date un pont de pierre sur la Trebincija, le pont d’Arslan Agic. Mais il est situé à un kilomètre environ en amont de la ville et un autre pont a été construit récemment plus près du centre. A quelques heures de Trebinje est installée, à 770 m au-dessus de la mer, la station nationale de culture fruitière et de viticulture de Lastva, créée en 1892, dont la présence a été un bienfait pour tout le pays, car c’est de l’époque de sa fondation que date le grand essor pris par la viticulture dans ces contrées.
- De Trebinje, la route incline directement au Nord. Elle traverse des terrains dénudés et rocailleux, dont la stérilité rend vaines toutes les tentatives de boisement. Non loin de la route s’étend la frontière du Monténégro, le long de laquelle a été érigée une chaîne de fortifications en vue de protéger les populations paisibles contre les incursions, autrefois fréquentes, des brigands du Monténégro. Le point central de ces fortifications est le camp retranché de Bilek, qui fournit des garnisons aux petits forts éparpillés le long de la frontière. Le chemin qui y conduit passe entre d’innombrables tombeaux préhistoriques (Gromiles). L’imagination populaire, toujours en éveil, a enfanté mille légendes sur l’origine de ces tombes. Cependant nous continuons notre route au milieu du Karst, vers la plaine rocailleuse de Korito. Autrefois, avant que la main d’hommes imprévoyants eut détruit les forêts qui couvraient les pentes des montagnes, cette plaine, actuellement nue et désolée, était fertile et couverte de riches moissons.
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- Après Cernica, la route incline vers le haut-plateau de Gacko, le Gacko-Polje riche en légendes. Il est situé à 970 m d’altitude. On y aborde par Avtovac, localité dominée par des hauteurs couronnées de fortifications. C’est une contrée autrefois infestée de brigands que la route traverse. Du reste, le territoire formant frontière vers le Monténégro est le Banjani, de sauvage réputation, C’est grâce au réseau serré de fortifications dont la contrée est couverte et à une vigilance constante que les personnes et les propriétés jouissent maintenant d’une sécurité absolue dans ce pays.
- Le Gacko-Polje est un territoire bien cultivé et assez peuplé.
- Son chef-lieu est la petite ville de Gacko ou Metohijà, qui compte environ 1000 habitants. Il s’y trouve une station agricole qui rend de grands services à la contrée.
- Le Gacko-Polje est le théâtre de nombreuses légendes héroïques immortalisées par les chants des bardes indigènes. Quantité de tombes attestent que les Bogumiles ont eu ici une station importante.
- D’Avtovac, où se trouve un camp retranché, un sentier praticable seulement pour les touristes aguerris conduit au col de Cemorno, du haut duquel on a une vue grandiose sur les montagnes de l’Her-zégovine et du Monténégro. Incomparable est l’aspect du Volujak, avec ses versants abrupts et ses parois de rocher bizarrement déchique-
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- Route dans la vallée du Vrbas.
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- tées, et celui du géant des Alpes Dinariques, le Durmitor, haut de 2550 m, dont la triple cime est couverte de neige la plus grande partie de l’année. Du col de Cemerno, le chemin redescend dans la sauvage gorge au fond de laquelle coule le torrent Sutjeska, dont elle porte le nom. C’est un coin de nature sauvage et primitive, une jouissance pour les yeux et l’esprit.
- Par la gorge de la Sutjeska, on atteint l’impétueuse Drina, l’indomptable fille des montagnes albanaises. Une excellente route suit la rive jusqu’à l’industrieuse petite ville de Foca, près de laquelle la Cehotina, venant du Sand^ak Novi-Pazar, se jette dans la Drina. Foca était autrefois le
- centre d’une fabrication d’armes renommée. Ce fut aussi un foyer de l’art industriel bosniaque, dont une des applications principales consistait dans la décoration luxueuse des armes. L’art industriel est bien pratiqué encore, mais a perdu de son importance, depuis que le siège en a été transporté a Sarajevo. En compensation, les laborieux habitants de Foca se sont voués à la culture du tabac, plus rémunératrice. Les habitants des environs de la ville sont d’une race superbe; leurs costumes sont des plus pittoresques. Foca a joué un grand rôle dans l’histoire du pays. C’est tout près de cette ville que les conquérants turcs foulèrent pour la première fois le sol de la Bosnie.
- C’est ici que se trouvent aussi les plus anciennes mosquées du pays, entre autres celle appelée «Aladza», la bariolée, à cause des ornements polychromes dont elle est décorée. Elle a été construite
- «ên 1549.
- «
- Après avoir dépassé le village d’Ustikolina, élevé au milieu d’un site ravissant, on arrive, en suivant la rive de la Drina, à Gora^da, jolie petite ville de 2000 habitants, qui fut au XVe siècle
- une place de commerce importante. Un solide pont de fer, construit depuis peu d’années, met en
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- communication les deux rives du fleuve. En deçà du pont, sur la rive droite de la Drina, au milieu de collines boisées, se trouve une petite plaine dans laquelle un haras du gouvernement a été récemment établi. De là, la route conduit aussi au Sandzak Novi-Pazar et à Plevlje, où stationne constamment une garnison avancée de l’Autriche-
- Hongrie. Conformément aux dispositions du traité de Berlin ce poste est établi depuis 22 ans dans cette région toujours prête à se soulever, pour y maintenir l’ordre et la paix, de concert
- avec les troupes ottomanes. A mi-chemin de la frontière turque, perché dans la montagne au d’une gorge au fond de laquelle court un torrent, se trouve Cajnica, lieu de pèlerinage illustre tout le monde orthodoxe. Une statue de la vierge, qui passe pour miraculeuse, attire chaque
- Le lac de Jezero près de Jajce.
- bord*
- dans
- année
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- à Cajnica des milliers de dévots pèlerins venant de la Bosnie-Herzégovine, de la Serbie, du Monténégro et des provinces turques.
- La Drina est l’un des cours d’eau les plus importants de la Bosnie. Dans son cours inférieur elle est parcourue par les vapeurs, mais dans son cours moyen, les nombreux écueils dont son lit est parsemé, forment obstacle à la navigation. Seuls, des radeaux composés de fortes pièces de bois peuvent s’y risquer et encore leurs courses sont-elles fréquemment agrémentées d’incidents, sinon d’accidents. Nonobstant ces inconvénients, la descente de la Drina en radeau est une des excursions les plus belles et les plus agréables qu’il soit donné de faire en ce pays, que la nature a doté en beautés avec une prodigalité merveilleuse. L’équipage est composé de mahométans indigènes, hommes braves, prudents et connaissant à fond le fleuve et ses écueils. La rapidité de la course dépend naturellement de la hauteur de l’étiage. Le fleuve descend entre deux rives abruptes, formées de parois de rochers dans lesquelles l’homme trouve à peine l’espace nécessaire pour établir une route ou même un sentier à piétons. Le radeau dépasse l’embouchure du Lim impétueux, qui forme frontière entre la Bosnie et la Turquie. Il atteint Visegrad, petite ville admirablement située au pied d’une chaîne de montagnes couronnée d’antiques ruines que l’imagination populaire a parées de légendes. Près de Visegrad, l’illustre grand-visir turc Mehmed Pacha fit construire par Sokolovic, fils de l’Herzégovine, un pont traversant le fleuve, large ici de 170 mètres, sur onze arches ogivales, qui vont s’élevant v fortement vers le centre. Le pont date de 1571; sa solidité est devenue proverbiale dans les Balkans. En aval de Visegrad, la contrée devient de plus en plus sauvage et primitive. Les rochers enserrent de plus près le fleuve. Des deux côtés, d’impétueux torrents, sortant de gorges étroites, se précipitent
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- dans le fleuve. Au sommet des montagnes, à des hauteurs vertigineuses, on aperçoit des habitations et des
- villages. La contrée, là-haut, est extrêmement giboyeuse, \<^
- on y trouve à foison le chamois, le chevreuil et l’ours; le sanglier s’y rencontre aussi très fréquemment. Cependant le fleuve change de direction; on entend au loin comme un bruit de tonnerre, les
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- Jajce. Vue d’ensemble.
- bateliers dirigent le radeau vers la rive et invitent les passagers à débarquer. On approche d’une cataracte, aux remous de laquelle ces braves gens vont s’exposer avec leur esquif, après avoir mis en sûreté les passagers dont la vie leur est confiée. On longe donc à pied le périlleux passage, tandis que les hardis nautonniers dirigent leur radeau qui file comme la flèche sur la pente liquide. Plus bas, ils attendent les passagers, et la course reprend, mais pour quelques heures seulement. La première cataracte n’était que le faible prélude des obstacles que nous allons rencontrer. C’est maintenant le Slap, un formidable défilé de rochers, au passage duquel le fleuve est semé d’écueils. Ici, les bateliers eux-mêmes préfèrent faire à pied le long détour sur la rive abrupte et déchiquetée, et abandonner le radeau au gré des flots. Mais, si le sentier est ardu, les beautés dont il est entouré vous dédommagent amplement de l’effort accompli. Des plus remarquables est la vue de la gorge étroite et romantique de la 2epa, torrent rapide sur
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- lequel, au milieu du chaos, est lancé un pont qui peut rivaliser, sinon dans ses dimensions, du moins en hardiesse et en beauté, avec le célèbre pont de Mostar. Il traverse la gorge d’une seule arche, monument impérissable de l’art de ses constructeurs, les Turcs. Jusqu’ici la Drina a coulé entièrement sur territoire bosnien, maintenant elle forme frontière entre la Bosnie et la Serbie. Les montagnes reculent de plus en plus, l’horizon s’élargit et des champs bien cultivés s’offrent aux regards. Cependant le lit du fleuve est encore souvent parsemé d’écueils; vers Barakovac, un seul couloir étroit permet à peine le passage. Enfin le radeau aborde à Ljubovija, but de l’excursion. Une circulation active a lieu entre les deux rives. La petite ville donne l’impression de l’aisance.
- De Ljubovija, en s’éloignant du fleuve, on atteint Srebrenica en deux heures de voiture sur une bonne route. C’est un bourg de 1500 habitants, pittoresquement perché dans la montagne et dominé par les ruines imposantes d’un fort du moyen âge. On ignore par qui la ville fut fondée. En 1376 déjà, c’était une place de commerce importante, où vivait une colonie ragusaine considérable. De grandes fouilles, entreprises par le Musée national, ont démontré qu’une ville romaine avait autrefois occupé l’emplacement de Srebrenica. Le nom de cette ville était Domavia, son extension devait être considérable. Les ruines en sont maintenant visibles en grande partie. A proximité de Srebrenica a été découverte une abondante source arsenicale, dont les précieuses eaux curatives, connues maintenant dans le monde entier sous le nom de «Guber» disputent avec succès le premier rang à toutes les eaux minérales analogues. Si un jour, grâce au développement progressif du pays, cette contrée est mise en communication plus directe et plus rapide avec le reste du monde, le trésor liquide que possède Srebrenica en fera une station thermale très fréquentée.
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- De Srebrenica on doit retourner à Ljubovija, pour continuer le voyage sur la Drina. La route, excellente, suit la rive du fleuve aux flots d’émeraude, en face de la frontière serbe. Elle traverse de pittoresques rochers, des champs fertiles et cultivés avec soin et de véritables forêts d’arbres fruitiers parmi lesquels domine le prunier de Bosnie dont les fruits savoureux ont une grande réputation. On arrive à Dri-naca, où la rivière du même nom se jette dans la Drina. Puis la route débouche du défilé dans un grand cirque dont l’entrée est gardée par un fort aux murs massifs, perché sur un rocher abrupt. On passe sous une haute porte de forteresse, au bord de la rivière, et l’on arrive dans la vieille et pittoresque cité de Zvornik.
- Zvornik est situé au pied d’une âpre montagne, du sommet de laquelle un fort menace la rive opposée du fleuve où se trouve, sur territoire serbe, la ville de Mali Zvornik. Autrefois, Zvornik était la clef stratégique de la contrée, bien de luttes se sont déroulées sous ses murs, et le terrain qui les entoure a été arrosé de sang humain. Après la conquête turque, les Autrichiens tentèrent à plusieurs reprises, et toujours vainement, de forcer à Zvornik l’entrée de la Bosnie. En 1688, le margrave Louis de Bade réuissit bien à emporter la place, mais un an plus tard celle-ci retombait au pouvoir des Turcs. L’attaque que le général Petrasch dirigea contre la ville en 1717 fut repoussée avec pertes et
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- l’armée impériale subit une sanglante défaite. En 1878, l’armée anstro-hongroise trouva dans le fort de Zvornik un canon autrichien demeuré là depuis la défaite du général Petrasch.
- V. DE LA DRINA A LA MILJAeKA.
- «Pas de forêt sans loups, pas de Romanja sans haiduques» (brigands), dit un vieux chant populaire. Il en fut ainsi autrefois, et encore il n’y a pas, bien longtemps, à peine vingt ans, mais dès lors les choses ont changé. Aujourd’hui le voyageur est plus en sûreté que sur les boulevards de bien des villes, au milieu de montagnes et de vallées où pendant des siècles les haiduques ont exercé leurs méfaits; les haiduques, ces brigands de la chanson, dont l’imagination populaire a fait des héros!
- De Zvornik en allant vers Vlasenica, la route suit pendant un temps le cours de la Drina, jusqu’à Drinaca, d’où elle incline vers la romantique vallée du Jadar. A travers un paysage d’une idyllique beauté, on arrive à Nova Kasaba, un petit bourg entouré de plantations de tabac cultivées avec un soin intelligent. Puis la vallée s’élargit en un cirque fertile. Montant toujours, la route atteint une région de superbes et antiques forêts au milieu desquelles se trouve la petite ville de Vlasenica, séjour ravissant pour les amateurs de belle nature. Rien n’est plus imposant que l’effet éprouvé lorsqu’on traverse ces bois, où le silence majestueux de la nature n’est parfois troublé que par le cri d’un oiseau effrayé. Après Vlasenica, on roule pendant deux heures dans la forêt, puis le taillis s’éclaircit, et l’on aperçoit de vastes pâturages où paissent de nombreux troupeaux éparpillés autour de chalets isolés, spectacle de paix rustique qui offre un contraste agréable avec la grandiose
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- sévérité de la sombre forêt. Cependant celle-ci va reprendre le voyageur; la route s’engage de nouveau sous le dôme mystérieux des bois de conifères, qui remplacent à cette altitude les forêts de hêtres. Nous sommes dans la région qui fut autrefois témoin des exploits des haiduques. Mais rien ne rappellerait cette sombre période, n’était la grande caserne de gendarmerie de Han Pjesak, à la présence de laquelle la contrée est certainement redevable de sa tranquillité actuelle. C’est à 1700 m au dessus de la mer que séjournent ces braves gardiens de la sécurité publique, sous le toit desquels l’étranger trouve toujours un accueil empressé et, moyennant une légère contribution, bon lit et bonne table. Dans toute la Bosnie-Herzégovine, les postes de gendarmerie et de douanes situés loin des lieux habités sont organisés de manière à pouvoir offrir au besoin l’hospitalité aux voyageurs de distinction, et ce n’est pas un des moindres bienfaits du régime actuel, que seul peut apprécier celui qui a traversé ces contrées écartées. A partir de Han Pjesak, la route redescend au flanc de la montagne. Les hautes futaies et les pâturages alpestres se succèdent, offrant d’agréables diversions, tandis que de nombreux petits cours d’eau animent le paysage. On arrive ainsi à Han Hanic, où se trouve aussi une caserne de gendarmerie. Ici s’ouvre le large plateau de la Kopito Planina, et la forêt cède la place au Karst. C’est une morne contrée, surtout si on la compare avec les riants paysages qu’on vient de traverser. Au milieu de la plaine rocailleuse se trouve pourtant une bourgade assez importante, Sokolac, des toits de laquelle émergent les coupoles d’une église orthodoxe. Nous sommes sur le haut-plateau du ^piasinac, célèbre par ses innombrables tombeaux préhistoriques.
- C’est avec angoisse que le voyageur foulait autrefois ce sol classique, théâtre des plus terribles aventures de brigands dont le souvenir était colporté par la légende. Maintenant il passe tranquille
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- et insouciant, sur une route excellente, devant la caserne fortifiée de Pod-romanja, dont la garnison, réduite à un faible détachement, a le loisir de goûter les charmes de la vie contemplative. Il arrive ainsi à Han Podro-manja$ simple auberge où la route bifurque au Nord-Ouest vers les hauteurs boisées de la Romanja, au Sud-Ouest vers la gracieuse petite ville de Ro-gatica. Ce dernier tronçon traverse dans toute sa longueur le Glasinac, il conduit à un des territoires les plus riches du monde en
- Jajce. Porte de la ville.
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- découvertes archéologiques. En 1894 eut lieu à Sarajevo un congrès d’archéologues auquel prirent part Gabriel Mortillet, Dr Verneau, Dr S. Reinach, Virchow, Munro, Montelius, Pigorini, Fellenberg et autres illustres savants. Dès lors, le nom de Glasinac est devenu célèbre dans tous les cercles cultivés.
- Les 20.000 tumulus éparpillés sur l’immense plateau fourniront encore au monde bien des renseignements et des indications. Les objets trouvés dans les tombes mises à jour remplissent déjà plusieurs salles du musée de Sarajevo.
- Par sa conformation plane et son caractère monotone, le haut plateau de Glasinac forme un contraste frappant avec les paysages mouvementés des montagnes de la Bosnie centrale. Situé à une altitude moyenne de 900 m, ce bloc rocheux est un immense camp retranché créé par la nature, ce qui a certainement contribué à retenir de tous temps sur le Glasinac une population nombreuse. Au Sud et à l’Ouest, le plateau est protégé par les abruptes parois de rochers de la Romanja, hautes de 1615 m, qui forment des remparts gigantesques; au Sud-Ouest son accès est défendu par des gorges étroites et impraticables. Au Nord-Ouest, le plateau est ondulé et serait facilement accessible;
- Vue de Bihac.
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- Coup-d’oeil de Ôarina sur Ragusa vecchia.
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- mais ce côté était garni d’une longue chaîne de remparts préhistoriques. Les hauteurs dominant tous
- les points d’approche quelque peu praticables étaient garnies de réduits. A l’intérieur de la première
- ligne de remparts et sur tous les points favorables des ouvrages étaient élevés. Ainsi la nature et la
- main de l’homme avaient fait du Glasinac une formidable et immense forteresse, dans laquelle nul
- ennemi n’eût pu pénétrer facilement.
- Au Sud-Est du Glasinac proprement dit est située la petite ville de Rogatica, au milieu d’une riante vallée. Sur le chemin qui y conduit à travers le haut plateau se trouve un grand cimetière bogumile, semé de gigantesques pierres tumulaires, car Rogatica fait encore partie de l’immense nécropole qu’est le Glasinac. Plus loin, près de Bandin OdZak, on voit un monument élevé à la mémoire des soldats tombés dans le dernier combat de la campagne d’occupation.
- A partir de Podromanja, la route s’élève en innombrables lacets aux flancs abrupts et boisés du versant est de la légendaire Romanja Planina. Le sommet du col est atteint, à une altitude de 1376 m., près de Han Naromanja. Une caserne de gendarmerie et une ferme isolée représentent seules ici le monde vivant. La vue sur les montagnes qui bornent l’horizon à l’Ouest est superbe. On voit comme sur un plan à vol d’oiseau la pyramide du Trebevic, l’imposante masse de la Bjelasnica, les cimes de la Zec Planina et jusqu’aux montagnes formant la frontière de l’Herzégovine. La route passe devant un monument à la mémoire des guerriers tombés en 1878, et atteint la petite ville de Mokro, dont les habitants fournirent autrefois le contingent principal des «héros de la forêt». Puis la route redescend dans la vallée, en face de la muraille verticale, en forme de croissant, des rochers de la Romanja. Nous pénétrons dans une gorge pittoresque, au fond de laquelle coule un torrent
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- fougueux, la Miljacka de Mokro. La route suit la rive du torrent jusqu’à son confluent avec un autre cours d’eau impétueux, la Miljacka de Pale. Puis elle remonte de nouveau. Près de Han Bulog elle atteint sa plus grande altitude. De là, on aperçoit les murailles massives du fort de Dragoljac au dessus de Sarajevo. Encore un court trajet, et nous franchissons les remparts de Sarajevo.
- VI. LE NORD-EST DE LA BOSNIE.
- Entre le cours inférieur de la Bosna et celui de la Drina s’étend la partie la plus fertile et la plus riche de la Bosnie. C’est là que se trouve la plaine basse de Save (Posavina), d’une fertilité extraordinaire; c’est là que prospèrent dans d’immenses vergers les pruniers dont les fruits séchés s’écoulent dans le monde entier sous le nom de pruneaux de Bosnie. Les flancs des montagnes y recèlent des trésors sous forme de houille; d’excellentes eaux-mères y jaillissent du sol en grande quantité.
- Comme nous l’avons dit plus haut, à la station de Doboj, sur la ligne Brod-Sarajevo, un tronçon bifurque vers l’Est. Non loin de la station, cette voie traverse la Bosna sur un pont de bois long de 160 m, et entre dans la gorge de 3 km de longueur que la Spreca a dû creuser pour se jeter dans la Bosna. Ce défilé, qui offre une grande importance stratégique, est appelé par le peuple «Magjarska Vrata», la porte hongroise, en souvenir d’événements historiques. Le trajet continue au fond d’une plaine fertile et cultivée avec soin; il atteint bientôt la petite ville de Gracanica, d’où une route conduit à Gradacac, patrie de Husein Kapetan Gradaàcevic, le «dragon de Bosnie», qui joua un grand rôle dans l’histoire contemporaine de son pays.
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- Cependant la voie ferrée, suivant le cours sinueux de la Spreca, atteint la station de Puracié; peu après elle change de direction et entre dans la vallée de la Jala. Nous arrivons à Lukavac, où se trouve une des plus importantes usines du continent pour la préparation de la soude ammoniacale. La fabrique prend les eaux-mères nécessaires à son exploitation aux salines de Dolnja Tuzla et les amène de là par une conduite de 15 km de longueur. Après un court trajet, le train atteint la ville de Dolnja Tuzla, située dans un bas-fond de vallée. De hautes cheminées d’usines donnent à la contrée l’aspect d’un centre industriel prospère. Il Vf trouve des usines de houille exploitées par le fisc, des hauts fourneaux et d’importantes salines,
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- Vue de Trebinje.
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- créées en 1891. Avant d’entrer en gare, le train traverse un quartier de riantes maisons ouvrières entourées de petits jardins; dans ce faubourg se trouve aussi une grande distillerie d’alcool.
- Dolnja Tuzla est donc bien à proprement parler une ville moderne. Autrefois d’importance médiocre, elle est devenue, grâce à l’industrie, un centre en plein développement et ses habitants ont acquis une large aisance. Tuzla compte environ 10.000 habitants, en majorité mahométans; la ville est le siège de nombreuses autorités civiles et militaires, elle possède de bons établissements d’instruction et pratique un commerce important. Non loin de Tuzla, près de Siminhan, au pied de la chaîne de Majevica, la ligne arrive à son point terminus vers les grandes salines établies en 1884, les premières dans le pays. De là, une route conduit par la Majevica Planina à Gornja Tuzla, dont les sources salées sont renommées et à la jolie bourgade de Celid, enfouie au milieu de luxuriants vergers.
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- Radeau sur la Drina
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- Ici la route bifurque. A l’Est, elle conduit à la ville de Bjelina, près de la Drina; en suivant la route qui va au Nord, on atteint la ville commerciale la plus importante de la Bosnie, Brcka, centre du commerce de pruneaux. Bjelina est située au milieu d’une large plaine extrêmement fertile, c’est une des localités les plus considérables et les plus riches du pays. L’agriculture y est prospère, les arbres fruitiers et le tabac donnent de belles récoltes, on y pratique aussi l’élevage des bêtes à cornes et du cheval; tout y dénote l’abondance et le bien-être. Dans les environs immédiats de Bjelina se trouvent des colonies d’immigrants hongrois et allemands, qui ont enseigné à la population l’agriculture rationnelle et ont fortement contribué à la prospérité de cette contrée si richement dotée par la nature. La plus importante est la colonie allemande de Franz Josephsfeld. Elle fut presque entièrement détruite par l’inondation de la Drina, en novembre 1896, mais reconstruite peu après, avec l’appui énergique du gouvernement.
- De Bjelina, en suivant dans la direction du Nord-ouest, la route qui traverse la plaine basse de la Save, on arrive en quelques heures à Brcka sur la Save, centre commercial bosniaque. Cette ville est reliée à la station de Vinkovce, sur la ligne Budapest-Brod, par un embranchement de chemin de fer qui traverse le fleuve, très large ici, sur un grand pont de fer. Bréka est aussi, après Semlin, la station de bateaux à vapeur la plus importante de tout le cours de la Save. Disposant de ressources pareilles, centre du commerce des pruneaux de Bosnie, dont le chiffre d’affaires atteint parfois douze millions de couronnes, Brcka a pris, dans les années qui ont suivi l’occupation, un développement extraordinaire et subit.
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- CATALOGUE
- DE
- L’EXPOSITION BOSNO-HERZÉGOVIENNE
- A PARIS, 1900.
- PREMIER GROUPE. — ÉDUCATION ET ENSEIGNEMENT.
- Classe i. — Enseignement primaire.
- Département de l’instruction publique du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Organisation, statistique générale. Locaux : plans et modèles; distribution, agencement, mobilier scolaire, matériel d’enseignement. Régime des établissements : plans d’études, règlements, programmes, méthodes, distribution des heures de travail. Résultats obtenus des Ecoles primaires gouvernementales.
- Classe 2. — Enseignement secondaire.
- Département de l’instruction publique du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Organisation, statistique générale. Locaux : plans et modèles; distribution, agencement, mobilier scolaire,
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- matériel d’enseignement. Régime des établissements : plans d’études, règlements, programmes, méthodes, distribution des heures de travail. Résultats obtenus du Gymnase à Sarajevo et Mostar et de l’Ecole réale supérieure à Banjaluka.
- Classe 3. — Enseignement supérieur, institutions scientifiques.
- 1. Département de l’instruction publique du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Organi-
- sation, plans, photographies et intérieur de : i° l’Ecole gouvernementale du Schériat (Droit musulman) à Sarajevo, 20 l’Ecole normale (Lehrerpraparandie) à Sarajevo.
- 2. Muséum du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Collections préhistoriques, archéo-
- logiques et ethnologiques. Travaux et publications.
- Classe 4. — Enseignement spécial artistique.
- Ecoles des arts décoratifs de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo.
- Classe 5. — Enseignement spécial agricole.
- Département de l’agriculture du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Organisation, statistique. Locaux : plans et modèles, distribution, agencement. Régime des établissements : plans d’études, règlements, programmes, emploi du temps (cours théoriques, exercices et travaux pratiques), Résultats obtenus : i° des Stations agricoles du Gouvernement à Gacko, Ilidje, Livno et Modric (Station d’aviculture à Prijedor), 20 et des Stations viticoles à Dervent, Lastva et Mostar.
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- Classe 6. — Enseignement spécial industriel et commercial.
- 1. Ecoles des arts décoratifs du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo, Foca et Livno. —
- Organisation, statistique et locaux : plans et modèles, distribution, agencement. Régime des établissements : plans d’études, règlements, programmes, emploi du temps (cours théoriques, exercices et travaux pratiques). Résultats obtenus.
- 2. Département de l’instruction publique du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. —
- Organisation, statistique. Etablissements : plans et modèles, distribution, agencement, mobilier, matériel d’enseignement. Régime des établissements : plans d’etudes, règlements, programmes, méthodes, distribution des heures du travail. Résultats obtenus de a) l’Ecole des Arts et Métiers à Sarajevo, b) des Ecoles professionnelles à Sarajevo et Mostar, c) des Ecoles commerciales à Banjaluka, Bihac, Bjelina, Brcka, Livno, Mostar, Sarajevo, JD. Tuzla, Travnik et Trebinje.
- 3. S. Mandic, instituteur à Trebinje. — Appareil du théorème de Pythagore.
- DEUXIÈME GROUPE. — ŒUVRES D’ART.
- Classe 7. — Peintures, cartons, dessins.
- 1. Alphonse Mucha, artiste-peintre, 6, rue du Val de Grâce, Paris. — Décoration du hall central du
- Pavillon de Bosnie-Herzégovine.
- 2. A. Kaufmann, paysagiste, IV. Weyringerstrasse 3y Vienne (Autriche). — Diorame de la ville de
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- Classe g. — Sculpture et gravure.
- 1. Alphonse Mucha, 6, rue du Val de Grâce, Paris. — Sculpture de la décoration du hall central du
- Pavillon de Bosnie-Herzégovine.
- 2. Henri Kautsch, 5, rue d’Armaillé, Paris. — Médaille commémorative.
- Classe 10. — Architecture.
- 1. Département des travaux publics du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Plans,
- photographies et modèles des édifices publics construits par le Gouvernement.
- 2. Joseph de VancaS, architecte à Sarajevo. — Plans de différents édifices en Bosnie.
- 3. Charles Richter, peintre à Sarajevo. — Plans et dessins d’ornementation en style oriental.
- 4. Département des travaux publics du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine. — Plans et photo-
- graphies du Pavillon de Bosnie-Herzégovine.
- TROISIÈME GROUPE. — INSTRUMENTS ET PROCÉDÉS GÉNÉRAUX DES LETTRES, DES SCIENCES ET DES ARTS.
- Classe 11. — Typographie, impressions diverses.
- Imprimerie du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Collection d’imprimés divers.
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- Classe 12. — Photographie.
- 1. Stengel & Cü, photographes-éditeurs à Dresden (Allemagne). — Collection de photographies de
- Bosnie-Herzégovine.
- 2. Samuel Zentner, photographe à Brcka (Bosnie). — Collection de photographies de Bosnie-Herzégovine.
- 3. Joseph Svacko, photographe à Dervent (Bosnie). — Collection de photographies de Bosnie-Herzégovine.
- 4. Franz Topic, employé du Gouvernement à Sarajevo. — Collection de photographies de Bosnie-
- Herzégovine.
- 5. César Vlajo à Mostar. — Collection de photographies de Bosnie-Herzégovine.
- 6. Johann Patzelt à Banjaluka. — Collection de photographies de Bosnie-Herzégovine.
- 7. August Viditz, inspecteur des chemins de fer de l’Etat à Sarajevo. — Collection de photographies
- de Bosnie-Herzégovine.
- Classe 13. — Librairie, reliure (matériel et produits), journaux.
- 1. Pacher & Kisic, imprimeurs-éditeurs à Mostar (Herzégovine). — Publications.
- 2. Chapitre catholique archiépiscopal «Vrhbosna» à Sarajevo. — Collection de publications périodiques
- et publications.
- 3. Consistoire orthodoxe-oriental à Sarajevo. — Collection de publications et publications périodiques.
- 4. Congrégation de l’ordre des Franciscains à Sarajevo. — Collection de publications et publications
- périodiques.
- 5. Rédaction de la revue illustré «Nada» à Sarajevo. — Sa publication.
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- 6. Rédaction de la revue littéraire «Bosanska vila» à Sarajevo. — Sa publication.
- 7. Muséum du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Collection de toutes ses publications.
- 8. Rédaction de la revue pédagogique (mensuelle) «Skolski Vjesnik» à Sarajevo. — Sa publication.
- 9. Rédaction du journal politique quotidien «Bosnische Post» (en langue allemande) à Sarajevo. —
- Sa publication.
- 10. Rédaction du «Bosnjak», journal politique hebdomadaire (en langue bosniaque et caractères latins)
- à Sarajevo. — Sa publication.
- 11. Rédaction du «Sarajevski List», journal officiel à Sarajevo. — Sa publication.
- 12. Adolf Walny à Sarajevo. — Sa publication «Bosnischer Bote».
- 13. Alois Studnicka, directeur de l’Ecole professionnelle à Sarajevo. — Ses publications.
- SIXIÈME GROUPE. — GÉNIE CIVIL, MOYENS DE TRANSPORT.
- Classe 29. — Modèles, plans et dessins de travaux publics.
- Département des travaux publics du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Plans de routes, voies publiques, ponts etc.
- Classe 32. — Matériel des chemins de fer et tramways.
- Direction des chemins de fer de l’Etat de Bosnie-Hérzegovine à Sarajevo. — Plans, photographies et bibliographie : a) du chemin de fer à voie étroite, b) à crémaillère, c) tramway électrique.
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- SEPTIÈME GROUPE. — AGRICULTURE.
- Classe 35. — Matériel et procédés des exploitations rurales.
- Département de l’agriculture du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Plans des fermes modèles, travaux du génie rural, dessèchement, drainage, irrigation.
- Classe 38. — Agronomie, statistique agricole.
- Département de l’agriculture du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Cartes agricoles diverses et statistiques agricoles.
- Classe 41. — Produits agricoles non alimentaires.
- 1. Régie des tabacs du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Collection de tabacs
- de Bosnie-Herzégovine en tiges et en feuilles.
- 2. Département de l’agriculture du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Collection
- de laines et toisons de mouton.
- Classe 42. — Insectes utiles et leurs produits, insectes nuisibles et végétaux parasitaires.
- Société d’apiculture de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Miel et cire.
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- HUITIÈME GROUPE. — HORTICULTURE.
- Classe 48. — Graines, semences.
- Département de l’agriculture du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Collection de graines et semences de légumes.
- NEUVIEME GROUPE. — FORÊTS, CHASSE, PÊCHE, CUEILLETTES.
- Classe 50. — Produits des exploitations et des industries forestières.
- 1. Département des forêts du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Collection des
- diverses espèces de bois des forêts vierges de Bosnie-Herzégovine.
- 2. Otto Steinbeis, scierie à Doberlin (Bosnie). — Collection de bois de sciage et bois à œuvrer.
- 3. Giuseppe Feltrinelli, scierie à Kobiljdol. — Collection de bois à œuvrer et bois de sciage.
- 4. Léopold Kern à Zavidovic (Bosnie). — Collection de douves de tonneaux et parquets.
- Classe 51. — Armes de chasse.
- 1. Vaso Kraljevic, conseiller municipal à Sarajevo. — Collection d’armes de Bosnie.
- 2. Georg Bijelic, sous-préfet à Trebinje (Herzégovine). — Collection d’armes de Bosnie.
- 3. Kosta Cukovic. — Collection d’armes de Bosnie.
- 4. Luka Radonic. — Collection d’armes de Bosnie.
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- 5. Pero Sambrajlo. — Collection d’armes de Bosnie.
- 6. Vule Ljubibratic. — Collection d’armes de Bosnie.
- 7. Muhamed Ali beg Defterdarovic. — Collection d’armes de Bosnie.
- 8. Josef Martinek. — Collection d’armes de Bosnie.
- 9. Hasan beg Ceric. — Collection d’armes de Bosnie.
- 10. Lina Bijelic. — Collection d’armes de Bosnie.
- 11. Jusuf beg Filipovic. — Collection d’armes de Bosnie.
- 12. Victor Huber. — Collection d’armes de Bosnie.
- Classe 52. — Produits de la chasse.
- 1. Muséum du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Collections et dessins se rapportant
- aux produits de la chasse.
- 2. Julius de Krajcevic, capitaine i. et r. à Sarajevo. — Collection de cornes de chamois et chevreuils.
- 3. Charles Hoffmann, conseiller du Gouvernement à Sarajevo. — Collection de cornes de chamois et
- chevreuils.
- 4. Johann Knotek, professeur à Sarajevo. — Collection de cornes de chamois et chevreuils.
- 5. Johann Santarius, collectionneur à Sarajevo. — Collection de cornes de chamois et chevreuils.
- 6. Louis Slabitz, employé des chemins de fer d’Etat de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Collection
- de cornes de chamois et chevreuils.
- 7. Wencel Kratochwil. — Collection de cornes de chamois et chevreuils.
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- 8. Albert Metz. — Collection de cornes de chamois et chevreuils,
- g. Arthur Pfob. — Collection de cornes de chamois et chevreuils.
- 10. Georg Sigmund. — Collection de cornes de chamois et chevreuils.
- 11. Emerich Vilhar. — Collection de cornes de chamois et chevreuils.
- Classe 53. — Engins, instruments et produits de la pêche, agriculture.
- 1. Département de l’agriculture du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Engins pour
- la pêche fluviale.
- 2. Muséum du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Collections et dessins de poissons
- et d’écrevisses.
- DIXIÈME GROUPE. — ALIMENTS.
- Classe 58. — Conserves de viandes, de poissons, de légumes et de fruits.
- 1. Département de l’agriculture du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Collection
- de fruits séchés, purée de prunes.
- 2. Gebrüder Weiss (Weiss frères) à Brcka (Bosnie). — Pruneaux secs.
- 3. Ali aga Kucukalic à Brèka (Bosnie). — Purée de prunes et pruneaux secs.
- 4. Savo Kojdic à Brcka (Bosnie). — Pruneaux secs.
- 5. Stefan Kovacevic à Brcka (Bosnie). — Pruneaux secs.
- 6. Muharem Balic à Kozarac. — Pruneaux secs.
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- 7. Gjorgjo Kostic, Dervent. — Pruneaux secs.
- 8. Privilegirte Landesbank für Bosnien und Hercegovina, Filiale Brcka. — Pruneaux secs, g. Vejho Paranos à Brcka (Bosnie). — Pruneaux secs.
- Classe 59. — Sucres et produits de la confiserie; condiments et stimulants.
- 1. Département de l’agriculture du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Slatko
- (Confitures).
- 2. Savo Kojdic à Brcka (Bosnie). — Slatko (Confitures).
- Classe 60. — Vins et eaux-de-vie de vin.
- 1. Département de l’agriculture du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Vins rouges
- et blancs des stations viticoles à Dervent, Mostar et Lastva.
- 2. G. R. Jelacic à Mostar (Herzégovine). — Vins en bouteilles (de ses propres vignes).
- 3. Stefan Anicic à Mostar (Herzégovine). — Vins en bouteilles (de ses propres vignes).
- Classe 61. — Sirops et liqueurs; spiritueux divers; alcools d’industrie.
- 1. Département de l’agriculture du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Eaux-de-vie
- de pruneaux (Slivovitz)
- 2. Franicevic & Pavicic à Sarajevo. — Eaux-de-vie de pruneaux (Slivovitz).
- 3. Josef Olehla à Gorazda (Bosnie). — Eaux-de-vie de pruneaux (Slivovitz).
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- 4. Abdulah Kadic à Kopanice près Brcka (Bosnie). — Eaux-de-vie de pruneaux (Slivovitz).
- 5. DimSo Mitrovic à Brcka (Bosnie). — Eaux-de-vie de pruneaux (Slivovitz).
- 6. Savo Kojdic à Brcka (Bosnie). —r Eaux-de-vie de pruneaux (Slivovitz).
- 7. Stefan Kovacevic à Brcka (Bosnie). — Eaux-de-vie de pruneaux (Slivovitz).
- 8. Nikola Kacavenda à Dervent. — Eaux-de-vie de pruneaux (Slivovitz). g. Joseph Schreiber à ViSegrad. — Eaux-de-vie de pruneaux (Slivovitz).
- 10. Philippe Schreiber à Sarajevo. — Eaux-de-vie de pruneaux (Slivovitz).
- 11. Mitar Kolakovic à Brcka (Bosnie). — Eaux-de-vie de pruneaux (Slivovitz).
- 12. De Both & Ce à Bosnisch-Gradi§ka. — Absinth.
- ONZIÈME GROUPE. — MINES, MÉTALLURGIE.
- Classe 63. — Exploitation des mines, minières et carrières.
- 1. Exploitation gouvernementale des mines de charbon à Kreka et Zenica. — Plans, photographies,
- statistiques et produits.
- 2. Exploitation gouvernementale des salines à Simin-Han et D. Tuzla. — Plans, photographies, statis-
- tiques et produits.
- 3. «Bosnia», Société d’exploitation de mines, à Vienne, Schellinggasse 5. — Plans, statistiques, photo-
- graphies et produits : a) des mines de manganèse à Gevljanovic-Vogo5ca, b) des mines de chrome à DuboStica, c) des mines de cuivre à Sinjako.
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- Classe 64. — Grosse métallurgie.
- 1. Société industrielle (Eisenindustrie-Actiengesellschaft) à Vare§. — Fer de fonte.
- 2. Aciérie et laminoir (Eisen- und Stahlgewerkschaft) à Zenica. — Produits métallurgiques.
- DOUZIÈME GROUPE. — DÉCORATION ET MOBILIER DES ÉDIFICES PUBLICS
- ET DES HABITATIONS.
- Classe 6g. — Meubles à bon marché et meubles de luxe.
- 1. Grands Magasins à la Place Clichy à Paris, en collaboration avec l’Ecole des arts décoratifs du
- Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Meubles de luxe. Création des Grands Magasins à la Place Clichy. Décoration, incrustation, damasquinage par l’Ecole des arts décoratifs du Gouvernement à Sarajevo.
- 2. Maison Krieger, 74, rue du Faubourg S1 Antoine à Paris, en collaboration avec l’Ecole des arts
- décoratifs du Gouvernement à Sarajevo. — Meubles de luxe. Création de la Maison Krieger. Décoration, incrustation, damasquinage par l’Ecole des arts décoratifs du Gouvernement à Sarajevo.
- 3. Maison Centrale à Zenica (Bosnie). — Collection de tabourets (pe§kun), travail des prisonniers.
- 4. Brüder Vekic (Vekic frères), première fabrique bosn. de meubles à Sarajevo. — Un bureau en style
- oriental.
- 5. Buttazzoni & Venturini, fabrique de meubles à Sarajevo et Mostar. — Colonnes orientales et
- tabourets (peSkun).
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- Classe 70. — Tapis, tapisseries et autres tissus d’ameublement.
- 1. Grands Magasins à la Place Clichy à Paris, en collaboration avec les ateliers du Gouvernement
- à Sarajevo. — Intérieur complet créé par les Grands Magasins à la Place Clichy. Tapis, portières, tissus d’ameublement exécutés d’après les commandes ' de cette maison par les ateliers du Gouvernement à Sarajevo.
- 2. Ateliers du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Tapis noués, tapis et portières tissés.
- Classe 71. — Décoration mobile et ouvrages du tapissier.
- Grands Magasins à la Place Clichy à Paris. — Décoration mobile du Pavillon de Bosnie-Herzégovine.
- Classe 72. — Céramique.
- 1. Clément Massier à Golfe-Juan en collaboration avec l’Ecole des arts décoratifs du Gouvernement
- à Sarajevo. — Faïences d’art. Création de la maison Clément Massier. Décoration et montures en bronze et acier d’après les dessin de M. Kautsch, sculpteur à Paris, repoussage et damasquinage par l’Ecole des arts décoratifs du Gouvernement à Sarajevo.
- 2. Th. Deck, 271, rue de Vaugirard, en collaboration avec l’Ecole des arts décoratifs du Gouvernement
- à Sarajevo. — Faïences d’art. Création de la maison Th. Deck. Décoration et montures en bronze et acier d’après les dessins de M. Kautsch, sculpteur à Paris, repoussage et damasquinage par l’Ecole des arts décoratifs du Gouvernement à Sarajevo.
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- TREIZIEME GROUPE.
- FILS, TISSUS, VÊTEMENTS.
- Classe 83. — Soies et tissus de soie.
- Ateliers du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Tissus de soie pure, tissus de soie et coton, production de l’industrie domestique exécutée sous la direction de l’administration des ateliers du Gouvernement.
- Classe 84. — Dentelles, broderies et passementeries»
- 1. Ateliers du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Broderies à la main sur l’étoffe tissée
- dans le pays, sur soie et sur satin, broderie en soie de couleur or, etc., rideaux et portières brodés.
- 2. Risto Gj. Besarovic à Sarajevo. — Passementeries de sa fabrique de «Gajtan».
- 3. Mehmed beg Kapetanovic à Sarajevo. — Collection de broderies.
- 4. Jusuf beg Babic. — Collection de broderies.
- 5. Vaso Kraljevic. — Collection de broderies.
- 6. Salom eff. J. Salom. — Collection de broderies.
- 7. Avdo Musakadic. — Collection de broderies.
- 8. Briider Demerdzic (Demerdzic frères). — Collection de broderies.
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- Classe 86. — Industries diverses du vêtement.
- 1. Muhamed Sahacic à Sarajevo. — Chaussures nationales diverses.
- 2. Brüder KaSikovic (KaSikovic frères) à Mostar. — Collection de chaussures d’été herzégoviniennes.
- QUATORZIÈME GROUPE. — INDUSTRIES CHIMIQUES.
- Classe 87. — Arts chimiques et pharmacie.
- 1. Société industrielle «Danica» (Bosnische Mineralolproducten- und Chemikalienfabrik, Actien-Gesell-
- schaft) à Bosn. Brod. — Huiles minérales et produits dérivés du traitement des matières minérales.
- 2. Première société industrielle bosniaque pour la fabrication de la soude (Erste bosnische Ammoniak-
- soda-Fabriks-Actien-Gesellschaft) à Lukavac. — Soude et divers produits chimiques.
- 3. Bosnische Holzverwerthungs-Actien-Gesellschaft à Teslic (Bosnie). — Alcool méthylique, goudron
- etc. Bois momifié (mumificirtes Holz).
- 4. Société d’exploitation des inventions Kellner à Vienne.
- 5. Société d’électricité à Jajce. — Carbures et autres produits chimiques.
- Classe gi. — Manufactures de tabacs et d’allumettes chimiques.
- Régie des tabacs du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Culture et matière première, collections complètes des produits fabriqués des manufactures de l’Etat.
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- QUINZIÈME GROUPE. — INDUSTRIES DIVERSES.
- Classe 94. — Orfèvrerie.
- 1. Ecole des arts décoratifs du Gouvernement de Bosnie - Herzégovine à Sarajevo. — Orfèvrerie
- d’argent, de bronze et de cuivre.
- 2. Maison Christofle, 36, rue de Bondy, Paris, en collaboration avec l’Ecole des arts décoratifs du
- Gouvernement à Sarajevo. — Orfèvrerie, plateaux, modèles créés par la maison Christofle, incrustation, damasquinage par l’Ecole des arts décoratifs du Gouvernement à Sarajevo.
- Classe 97. — Bronze, fonte et ferronnerie d’art; métaux repoussés.
- 1. Ecole des arts décoratifs du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Création de
- cette école, métaux repoussés, damasquinés.
- 2. Maison Barbedienne, 3o, Boulevard Poissonnière, Paris, en collaboration avec l’Ecole des arts décoratifs
- du Gouvernement à Sarajevo. — Vases et vasettes etc. Création de la maison Barbedienne, décoration, incrustation, damasquinage par l’Ecole des arts décoratifs du Gouvernement à Sarajevo.
- 3. H. Kautsch, sculpteur à Paris, en collaboration avec l’Ecole des arts décoratifs du Gouvernement
- de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Création de bronzes orientaux, ciselure, damasquinage et repoussage par l’Ecole des arts décoratifs du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo.
- 4. Anton PospiSil, sculpteur à Paris, en collaboration avec l’Ecole des arts décoratifs du Gouvernement
- de Bosnie-Herzégovine. — Création de bronzes, ciselés, repoussés et damasquinés par l’Ecole des arts décoratifs du Gouvernement de Bosnie-Herzégovine.
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- 5. Jovo Mitricevic à Sarajevo. — Produits de ses ateliers. Collection d’objets en métal repoussé.
- 6. A. Forster, Vienne, I. Kohlmarkt, en collaboration avec l’Ecole des arts décoratifs du Gouverne-
- ment à Sarajevo. — Bronzes d’art. Créations de A. Forster, ciselure, damasquinage et repoussage par l’Ecole des arts décoratifs du Gouvernement à Sarajevo.
- 7. Ahmed Tupic. — Produits de ses ateliers. Collection d’objets en métal repoussé.
- Classe 98. — Brosserie, maroquinerie, tabletterie et vannerie.
- 1. A. Forster, Vienne, I. Kohlmarkt, en collaboration avec l’Ecole des arts décoratifs du Gouvernement
- à Sarajevo. — Maroquinerie artistique. Création de M. A. Forster, incrustation et damasquinage par l’Ecole des arts décoratifs du Gouvernement à Sarajevo.
- 2. Amélie de Radio de Radiis, Paris, 5 rue D’Armaillé, en collaboration avec l’Ecole des arts décoratifs
- du Gouvernement à Sarajevo. — Maroquinerie artistique. Création de Mlle de Radio de Radiis, incrustation et damasquinage par l’Ecole des arts décoratifs du Gouvernement à Sarajevo.
- SEIZIÈME GROUPE. — ÉCONOMIE SOCIALE, HYGIÈNE, ASSISTANCE PUBLIQUE.
- Classe 104. — Grande et petite culture. Syndicats agricoles. Crédit agricole.
- Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Caisses d’assistance et de crédit de districts. Statistique, administration, résultat.
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- Classe iio. — Initiative publique ou privée en vue du bien-être des citoyens.
- Ateliers du Gouvernement de, Bosnie-Herzégovine à Sarajevo.
- Classe m. — Hygiène.
- 1. Etablissement thermal Ilid^e (source sulfureuse, boues, hydrothérapie). — Eau sulfureuse, plans
- et photographies.
- 2. Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Eau arsénicale (Mattoni) de la source Gnber,
- eau bicarbonatée de l’établissement thermal Kiséljak.
- DIX-SEPTIEME GROUPE. — COLONISATION.
- Classe 113. — Procédés de colonisation.
- Gouvernement de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. — Carte et statistique de la colonisation en Bosnie-Herzégovine:
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