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Musée rétrospectif de la classe 16 : médecine et chirurgie à l'exposition internationale de 1900, à Paris : rapport du Docteur Tuffier
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- MUSEE RETROSPECTIF
- DE LA CLASSE 16
- MÉDECINE & CHIRURGIE
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- MUSEE RETROSPECTIF
- DE LA CLASSE 16 Médecine & Chirurgie
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE
- DE 1900, A PARIS
- RAPPORT
- DU
- Docteur TUFFIER
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- Exposition universelle internationale
- de 1900
- SECTION FRANÇAISE
- ôommiôdaite cjéuétaf De f êocpoeittou :
- M. Alfred PICARD
- ^Diieeleufc géuétaf aDjoiul De f êocpfoLtaliou, efatcjé De fa Section jtauçaide
- M. Stéphane DERVILLÉ
- ÉDédéÿué au detvice cjéuétaf De fa Section jvauçaide :
- M. Albert BLONDEL
- £Défécjué au ôetvice àpéctaf De*5 Jllbuàéed ceuteuuauec :
- M. François CARNOT
- Ji) fccfilecte De4 Jllbudéeà ceuleuuaucc :
- M. Jacques HERMANT
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- COMITÉ D'INSTALLATION DE LA CLASSE 16
- Bureau.
- Président : M. Berger (le docteur Paul), membre de l’Académie de Médecine, professeur à la Faculté de Médecine de Paris.
- Vice-Président : M. Collin (Anatole), O. >*<, instruments de chirurgie [maison Charrière]. Rapporteur : M. Tuffier (le docteur Théodore), professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Paris, chirurgien des Hôpitaux.
- Secrétaire-trésorier : M. Leclerc (Théophile), objets stérilisés pour opérations.
- Membres.
- MM. Berguerand fils (Félix), caoutchouc manufacturé.
- Cunéo (le docteur Bernard), C. inspecteur général du service de santé de la Marine, président du Conseil supérieur de santé au Ministère de la Marine.
- Dupont (Alexandre), tables d’opérations, lits, fauteuils et brancards mécaniques.
- Flicoteaux (Achille), ingénieur des arts et manufactures, mobilier pour salles d’opérations.
- Galippe (le docteur Victor), *^, dentiste des Hôpitaux, chef de laboratoire à la Faculté de Médecine de Paris.
- Labadie-Lagrave (le docteur Frédéric), 0. médecin des Hôpitaux.
- Mariaud (Jean), instruments de chirurgie.
- Mathieu (Raoul), instruments de chirurgie.
- Terrier (le docteur Félix), O. *^<, membre de l’Académie de Médecine, professeur à la Faculté de Médecine de Paris.
- Tramond (Gustave), anatomie, ostéologie.
- Vergne (Henri), instruments de chirurgie en gomme.
- Wickham (le docteur Georges), chirurgien herniaire.
- Commission du Musée rétrospectif.
- MM. C unéo (le docteur Bernard).
- Galippe (le docteur Victor).
- Terrier (le docteur Félix).
- Labadie-Lagrave (le docteur).
- Rapporteur du Musée rétrospectif.
- M. Tuffier (le docteur Théodore).
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- Jeton de la Faculté de Chirurgie de Paris.
- Les initiales I. B. doivent se rapporter à Jean Debournes, doyen de la Faculté de médecine à cette époque (1652).
- (Collection H. Sarriau.)
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- Représentation de ta Circoncision rituelle. Bois sculpte du xve siècle.
- (Collection de 3W. le docteur CP. Hamonic. )
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- Frontispice de Aureum opus et sublime Plinii philosophi et medici integerrimi (1).
- MUSÉE RÉTROSPECTIF
- DE LA CLASSE I 6
- uand on considère les merveilleux résultats de la chirurgie à la fin du dix-neuvième siècle, on croit volontiers quelle date de ces dernières années et qu’elle n’a pas d’histoire. Il était donné au Musée rétrospectif de la Classe 16 de nous montrer que cet épanouissement avait été précédé d’une lointaine genèse, d’une croissance et d’un développement progressifs. Grâce à ce Musée, nous avons pu embrasser d’un seul coup d’œil l’histoire de la chirurgie et les résultats obtenus dans le domaine médico-chirurgical pendant une succession de plus de deux mille ans. Cette exposition renfermait principalement des instruments chirurgicaux du dix-neuvième siècle, c’était sur-
- Majuscule anatomique. Edit. Vesale, 1560.
- (Collection du docteur Tuf fier.)
- (1) Bologne, 1546, in-f°. (Collection de H. Sarriau.)
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- tout une revue centennale; mais, grâce aux collectionneurs particuliers et à la Faculté de Médecine de Paris, on pouvait comparer les instruments du siècle
- (Gravure extraite des Œuvres d’Ambroise Paré.)
- Telfut d’Hippocrates le port (tj le njifage:
- - De quel fçauoir il fut3de quelle nation,
- Commeilfecomporta enfaprcfejïion,
- Les Hures qu’il a fai cl s en donnent tefmoignage.
- Ce n'eft rien que de npeoir d’Hippocrates L image3 Jlfaut uoirfes efcritsjes lire & contempler, Conférer auec ceux qui enpeuuentparler3 cA fn de les entendre^ les meme en nafàge.
- finissant aux instruments des siècles passés, et remonter même aux périodes antiques de Rome, de la Grèce et de l’Egypte.
- En face du nombre, de la diversité, de la complexité de tous ces appareils
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- si ingénieux, on sent de quelle multiplicité d’efforts la chirurgie et la médecine ont été la cause, à quel point cet art aussi vieux que l’humanité n’a cessé d’être
- (Gravure extraite des Œuvres d’Ambroise Paré.)
- Ce grand Hippocrates doit/on nom & fa gloire cA Claude Gahen,icy repref enté :
- Car fans luyjes efcritsfour leur obfcurite^ Demeurohnt incogneus&J nenfujl pim mémoire•
- l’objet des incessantes préoccupations des hommes. L’influence des médecins parait d’autant plus grande sur les peuples que le degré de civilisation est plus élevé, et cela se comprend, le philosophe du scepticisme, particulièrement en faveur à notre époque, dit dans ses aphorismes sur la Sagesse : « Ce n’est pas sans raison que nous nous informons mutuellement de l’état de notre santé et que nous nous souhaitons réciproquement de nous bien porter, car c’est bien en réalité ce qu’il y a de plus essentiellement important pour le bonheur humain. »
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- Ce mouvement incessant d’idées qui agrandit et enrichit continuellement l’arsenal de chirurgie n’est pas à louer sans réserves. Beaucoup de ces instruments nous paraissent barbares; un certain nombre décèlent une grande ingéniosité mise au service d’une idée stérile ou d’une conception bizarre; mais aucun chirurgien de la fin du dix-neuvième siècle, si fier qu’il soit de son art et de son temps, ne se reconnaît le droit de blâmer les fautes, de reprocher à ses devanciers leurs erreurs. Les fautes de ceux qui nous ont précédés nous ont instruits et nous ont préservés de semblables errements. Tout effort est utile; l’ouvrier qui, par son adresse technique, modifie heureusement un instrument prépare les découvertes futures.
- Scie du seizième siècle.
- (Gravure extraite des Œuvres d’Ambroise Paré.)
- Nous devons cette vue d’ensemble à la réunion des collections officielles et des collections particulières.
- La plus grande partie de l’Exposition centennale (plusieurs milliers d’instruments) nous avait été apportée par la Faculté de Médecine de Paris. L’Hôpital maritime de Rochefort nous avait envoyé une quantité considérable d’appareils concernant diverses périodes du dix-neuvième siècle.
- L’École de M é d e c i n e
- Couteau courbé pour couper les membres.
- (Gravure extraite des Œuvres d’Ambroise Paré.)
- d’Alger exposait des instruments de chirurgie trouvés dans les ruines de l’occupation romaine en Afrique. L’École dentaire de Paris avait réuni un véritable musée en trente tableaux, comprenant des instruments ou appareils de chirurgie dentaire et des dents minérales anciennes. Parmi les collectionneurs particuliers, citons en première ligne M. Hamonie, dont la collection d’instruments antiques de l’époque gréco-romaine est absolument incomparable, et dont la collection d’instruments anciens du quinzième au dix-huitième siècle est des plus riches que nous connaissions. Un certain nombre de nos fabricants avaient tenu à honneur de faire figurer leurs noms
- Scie du quinzième siècle. [Collection du docteur Hamonie.)
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- dans les vitrines de l’Exposition centennale. MM. Collin, Mathieu, Wulfmg-Luër avaient envoyé les principaux produits de leur fabrication d’autrefois. MM. Rainai, Wickham, Liskenne, Lacroix exposaient des pièces anciennes ou des dessins
- Sceau de la Faculté de Médecine de Paris (xive siècle) (1).
- Contre-sceau de la Faculté de Médecine de Paris (xive siècle) (1).
- ressortissant à leur spécialité. Enfin un étranger à la médecine, M. Georges Hartmann, agrémentait le tout de gravures intéressantes. Une idée générale se dégage de l’inspection de ces richesses chirurgicales, c’est que les moyens dont se sont servis les chirurgiens dans l’attaque des maladies n’ont pas varié; l’ingéniosité des anciens ne le cédait en rien à la nôtre, et, si nous leur sommes supérieurs dans nos résultats, c’est que nous bénéficions des découvertes faites dans les autres branches des sciences humaines.
- PRINCIPAUX OBJETS EXPOSÉS :
- Faculté de Médecine de Paris. — Collection la plus riche d’instruments chirurgicaux de toute époque.
- Instruments pour cautériser, cautères, moxas, trois-quarts anciens, trois-quarts plats, bistouris de toute forme, bistouris courbes boutonnés, instruments pour établir des sétons, aiguille à acupuncture, aiguilles à vaccination, appareils pour ventouses, appareils pour l'allaitement artificiel, trousses diverses.
- Instruments pour amputations, pour résections, couteaux, rétracteurs, tenailles, tourniquet pour l’hémostase, scies mécaniques, scies sans arbre, tenaculums, pinces, porte-ligatures, davier, érignes.
- Instruments pour la trépanation, trépan, rugines, élévatoire, couteaux, tire-fond, exfoliatif, méningopbylax, chevalets, tréphine.
- Instruments pour les polypes du nez et de l’arrière-bouche, serre-nœud de Desault, porte-ligatures de Blandin, de Hatin, de Leroy d’Etiolles, instruments pour le bec-de-lièvre et la sta-
- (1) Extrait de Lacroix, les Sciences et les Lettres au Moyen Age et à l'époque de la Renaissance.
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- phyloraphie, instruments pour les maladies delà bouche et du nez, kiotomes de Desault, pharyn-gotomes, pinces de Graeff, aiguilles de Bérard, de Blandin, de Diffenbach, etc. Porte-fîl à coulisse de Guyot, porte-fîl de Dëpierris, de Pirogoff, serre-nœud de Sotteau, divers amygdalotomes.
- AMBROISE PARÉ
- Gravure extraite des Discours d’Ambroise Paré (1582). (Faculté de Médecine de Paris.)
- Instruments pour l’oreille, sonde d’Itard, de Gensoul, curettes, perforateurs, spéculum auris.
- Nombreux instruments pour la trachéotomie.
- Instruments d’ophtalmologistes, instruments pour les opérations des fistules lacrymales, de la cataracte, multiples ophtalmostats, ténotomes pour strabisme.
- Instruments pour les dents, pélicans, daviers, pinces, clef de Garangeot, clef du Frère Cosme, clefs de Reboul, etc...
- Instruments de gynécologie et d’obstétrique, porte-nœuds pour les polypes utérins, serre-nœuds, forceps, forceps de Palfin, de Smellie, de Levret, de Coutonby, de Saxtorph, etc... Forceps de Dubois, de Brulatour, de Brunninghausen, de Mairieux, de Guillon, perce-crânes, vide-crânes, crochets, tire-tête de Grégoire, de Levret, de Mauriceau, spéculums, spéculum de Lisfranc, de Jobert, de Ricord.
- Instruments pour les maladies des voies urinaires, algalies anciennes, sondes, cathéter, instruments pour l’opération de la taille, litholomes, gorgerets, tenettes, dilatateurs, cathéter, lithotome du Frère Jacques, lithotomes de Gheselden; instruments pour la taille, méthode latéralisée, procédé de Landrin, de Moreau, de Pouteau, d’Hawkins, de Favier, de Du-puytren, etc..., instruments pour l’opération delà taille, méthode hypogastrique, instruments pour la taille chez la femme, instruments pour la lithotritie, instruments de Leroy d’Etiolles, de Giviale, d’Àmussat, d’Heurteloup.
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- Instruments de chirurgie tirés des fouilles d’Herculanum, donnés à la Faculté de Médecine par le professeur Jules Cloquet en 1850.
- Instruments de chirurgie en bronze, trouvés dans les ruines de l’antique Égypte par Clôt Bey, donnés à la Faculté de Médecine par le professeur Jules Cloquet.
- Manière de réduire la luxation de la cuisse. — Œuvres d’Ambroise Paré.
- M. L. Audibert. — Trousse complète des instruments de chirurgie ayant servi à faire l’autopsie de Napoléon Ier. (Trousse d’Antomarchi.)
- Scies propres à couper les os de la tête. — Œuvres d’Ambroise Paré.
- M. Collin. — Un nombre extrêmement considérable d’instruments chirurgicaux du dix-neuvième siècle, la plupart construits dans la maison Charrière-Collin. Nombreux spéculums de Récamier, de Mme Boivin, d’Amussat, de Jobert de Lamballe, uréthrotome de Trelat, de Reybard, de Civiale, de Maisonneuve, amygdalotomes, ostéoclaste de Maisonneuve, canules à
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- trachéotomie, tubes laryngiens de Bouchul, lithotriteur de Giviale, de Jacobson, de Meyrieux, brise-pierre de Heurteloup, la collection des forceps Tarnier précédés des forceps de Levret, de Pajot, de Delpech, etc.
- La réduction d’une luxation du coude. — Œuvres d’Ambroise Paré.
- École de Médecine d’Alger. — Instruments de chirurgie trouvés à la suite de fouilles opérées dans les ruines provenant de l’occupation romaine en Algérie. Ces instruments, détériorés par le temps, consistent en curettes, spatules, aiguilles et cautères.
- Anneau muni d’une lancette propre à faire ouverture aux apostèmes.
- (Œuvres d’Ambroise Paré.)
- École dentaire de Paris. — Trente tableaux contenant chacun dix des appareils de chirurgie dentaire anciens, dents minérales anciennes, en tout 1000 pièces environ.
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- Dr Galippe. — Instruments destinés à l’extraction des dents, fabriqués à Paris vers le milieu du dix-huitième siècle, écrin et instruments de dentiste fin du dix-huitième siècle, miroirs de dentiste, instruments multiples d’art dentaire. La collection du Dr Galippe renfermait un nombre considérable de pièces.
- Fournier de Lempdes. — Ecrin contenant trois lithotriteurs inventés par le Dr Fr. Fournier de Lempdes.
- Ancienne Faculté de Médecine, rue de la Bucherie. (Collection de M. G. Hartmann.)
- G. Hartmann. — Des estampes, gravures, lithographies ayant trait à la médecine, en particulier les planches de la Grande Encyclopédie du dix-huitième siècle, diverses gravures ayant trait à la Faculté de Médecine de Paris, à l’ancienne École de Chirurgie, à l’Académie de Médecine, des caricatures ayant trait à la médecine, des gravures montrant les costumes médicaux à diverses époques, etc......
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- Dr Hamonic. — Nombreux instruments chirurgicaux anciens et modernes : objets provenant d’une trouvaille faite à Éphèse, près de Smyrne, objets provenant d’une fouille faite au Pirée, objets provenant d’un tombeau trouvé en Macédoine, sur les frontières de la Grèce, objets provenant d’une maison romaine découverts à Péronne, des pièces d’orthopédie du seizième et du dix-septième siècle, deux grands microscopes anciens, œil artificiel pour l’étude anatomique époque Louis XIII, boîtes à amputation, boîtes à trépan de l’époque Louis XIII, seringues chirurgicales, cautères, scarificateurs, scies, nombreuses lancettes, différents traités de chirurgie illustrés, etc.
- La saignée du pied, d'après Pietro Paolo Magni Piacentino, 1613.
- (Le médecin, coiffé de son bonnet carré, ne quitte jamais son gant et laisse au barbier l’œuvre manuelle dédaignée.)
- (Collection du docteur Tuftier.)
- Hôpital maritime de Rochefort. — Nombre immense d’appareils et d’instruments chirurgicaux du dix-neuvième siècle : appareils d’anesthésie, appareils, de pansements, appareils de fractures, appareils de luxation, appareils d’orthopédie et de prothèse, instruments de chirurgie générale et de chirurgie spéciale, instruments de gynécologie et d’obstétrique, arsenal de dentiste.
- G. Lacroix. — Anciennes lithographies représentant deux appareils prothétiques dans leur ensemble et leurs pièces démontées, l’un de bras, l’autre de jambe, inventés par Baillif, lithographies qui datent de l’époque; lithographie représentant le sabot de Venel; lithographies représentant un corset et une minerve; croquis représentant l’appareil pour fracture de la rotule, de la main même de l’abbé Neel, aumônier de la marine, qui l’avait inventé et construit pour lui-même.
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- 1. Pince en bec de cigogne de Guy (de Chauliac), pour l’extraction des projectiles et des esquilles, XVIe siècle.
- 2. Tire-balle de Maggi, instrument destiné à l’extraction des balles d’arquebuse XVIe siècle.
- 3. Pince destinée à la compression des artères de l’avant-bras et du bras dans l’amputation, XVIP'siècle.
- 4. Pièce d’appareil destinée à réduire les luxations, XVIIe siècle.
- 5. Bistouri à bascule, destiné à l’opération de la fistule anale, XV1P siècle (c’est au moyen d’un instrument
- semblable que Félix opéra la fistule de Louis XIV).
- (Collection de SVT. le docteur ‘P. Hamonic).
- Phototypie Berthaud, l'i
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- H. Liskenne. — OEil en verre peint, yeux en porcelaine, lot d’yeux artificiels anciens, une boîte en nacre et or avec gaine, des étuis pour canifs.
- M. Mathieu. — Instruments chirurgicaux du dix-neuvième siècle : notamment le spéculum à deux valves de Jobert de Lamballe, un spéculum de Récamier en verre, sonde évacuatrice de Voillemier, exciseur prostatique de Mercier, urélhrotome de Ricord, une collection remarquable de crochets à accouchements, de forceps, de cépbalotribes, de canules à trachéotomie, etc.
- Sceau de la Faculté de Médecine de Pont-à-Mousson.
- (Figure extraite de H. Dauchez : Les armoiries des chirurgiens de Saint-Cosme.)
- M. Maxe Verly. — Un certain nombre d’objets découverts dans le cimetière franc d'Euville : un bandage herniaire en fer d’une bonne conservation, un bracelet en bronze, des débris de plusieurs couteaux en fer.
- Ch. Monod. — Arsenal instrumental de Marjolin père, commencement du dix-neuvième siècle.
- Isid. Plateau. — Stéthoscope de Laënnec et lui ayant appartenu.
- Professeur Pinard. — 31 forceps.
- M. de Pezzlr. — Instruments anciens pour la chirurgie des voies urinaires.
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- MM. Rainal frères. — Nombreux modèles de bandages anciens. Les principaux étaient.
- brayer de Prevosteau, 1603 ; bandage de fer de bandage pour entérocèle de l’homme maigre.
- Traitement de l’étranglement herniaire.
- Frédéric Dekkers. Exercitationes practicæ, 1695.
- (Collection chi docteur Tuffier.)
- Le chirurgien a pratiqué une laparotomie latérale, sa main gauche, par l’ouverture abdominale, attire l’anse herniée, tandis que la main droite repousse la hernie.
- Fabrice de Hilden, 1630; brayer de Geiger, 1651 ; Lequin, 1665; bandage en fer mou de Bligny, 1668 ; bandage à ressort de pendule de Bluc-trey, 1759; bandage à pelote médicamenteuse de Jallade-Lafont ; bandages de Geoffroy, 1778.
- L. Richon. — Boîte à trépan complète du premier Empire.
- H. Weisberger. — Instruments de chirurgie ayant appartenu à la maîtrise des chirurgiens barbiers de Ribeauville : boîte à amputation, boîte à trépanation, étui à aiguilles, instruments pour opération de la cataracte, instruments pour opérations dentaires, instruments de chirurgie courante.
- M. G. Wickam. — Différents modèles de bandages anglais. Bandages inguinaux du côté opposé, 1814, bandages cruraux, bandage inguinal double, bandage ombilical, ceintures, une planche montrant les premiers modèles de bandage anglais du côté opposé, des dessins montrant les modèles de machines à pression de J.-J. Wickham.
- M. Wulfing Luer. — Nombreux instru-
- ments chirurgicaux du dix-neuvième siècle. Notamment : instrument pour la trachéotomie de Ghassaignac, uréthrotome de Giviale, cautère à gaz de Nélaton, bistouris aponévrotomes de Leroy d’Étiolles, griffe de Malgaigne, etc.
- Sceau du Collège des Médecins de Rouen, 1605. (Figure extraite de la Revue médicale de Normandie, 1900.)
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- Toutes ces collections sont intéressantes à des points de vue divers : les unes n’ont qu’un intérêt anecdotique; les autres permettent de suivre la médecine à travers les âges, d’observer les transformations successives des conceptions opératoires ou thérapeutiques,
- Une partie de ces instruments ressortissait plutôt à l’histoire générale qu’à l’histoire de la médecine. La boîte des instruments qui servirent à pratiquer l’autopsie de l’empereur Napoléon Ier, trousse d’Antomarchi, aurait pu trouver une place dans le magnifique musée élevé sur les bords de la Seine à nos gloires militaires. La trousse donnée par la reine Amélie au docteur Baudens n’aurait eu qu’un intérêt secondaire, si chacune des pièces qui la composent, élégants instruments à manche d’écaille cerclé d’or avec le chiffre du maître, n’était par lui-même la caractéristique d’un genre. L’ornementation des instruments se retrouve dans les instruments du temps d’Ambroise Paré, mais elle atteint son apogée de grâce délicate, à la période de la Régence et de Louis XV.
- Chaque ouvrier en instrument chirurgical était un artiste ; il aurait cru manquer à sa tâche envers le chirurgien s’il n’avait pas en même temps doté sa main d’un instrument solide et commode, et flatté son goût par des motifs ingénieux de décoration. Le dix-neuvième siècle vit cet art disparaître ; les fabricants modernes ne sacrifient qu’à l’utile, nulle reine ne retrouverait chez eux une trousse aussi ornée que celle du Dr Baudens. A cette partie de l’Exposition centennale appartenaient les amusantes gravures de M. Georges Hartmann. Une série de vieux dessins nous montrait les transformations du costume médical et ses métamorphoses à travers les âges. Le public, qui volontiers se gausse des médecins quand il n’a pas besoin de leurs conseils, souriait en regardant telle gravure où de la bouche du praticien s’échappe, sous forme de flèches, tout l’arsenal de la thérapeutique d’antan : saignées, ventouses, purgations, juleps, émétique enfin. De sa main droite le médecin écarte son manteau doctoral pour montrer à quel point il est bourré des livres d’Hippocrate, de Galien, d’Avicenne,
- Lithographie Delpech montrant le costume d’un docteur en chirurgie sous le règne de Henri III.
- (Collection de M. G. Hartmann.)
- gr'Ma) (ihî
- Sceau de la Collégiale de Saint-Côme.
- (Collection de M. Dourif.)
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- (Collection de M. G. Hartmann.)
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- de Paul d’Egine, etc... « Il y a déjà longtemps, disait La Bruyère, que l’on rit des médecins et que l’on s’en sert.... Ceux qui se portent bien deviennent
- I&ST TÂMAR GEMINOS VITALES AÜIT IN AVRAS POSSITVR AD PŒNAjj SIC S1AT SENTENTIA IVDÆ ^én-.JÎ
- Accouchement gémellaire. — Gravure de l’Ecole allemande. (Collection du docteur Tuf fier).
- malades, il leur faut des gens dont le métier soit de les assurer qu’ils ne mourront point. »
- Ventouse de bronze trouvée à Herculanum.
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- Dans l’Exposition rétrospective, l’Egypte ancienne était représentée par une collection d’instruments du temps des Pharaons trouvés par Clot-Bey dans les ruines des monuments égyptiens et donnés à la Faculté de Paris par le professeur Jules Cloquet en 1850. On y voit divers stylets, des aiguilles, des bistouris, une pince qui rappelle étrangement notre pince à disséquer. Il est irrationnel, en effet, de penser que ces Égyptiens, si experts dans l’art d’extraire par d’étroites
- A JY D R 2L AJ1 VtSALII.m^J
- Figure extraite du livre de Vesale «. de humani corporis fabrica ». Amsterdam, 1642.
- ouvertures les viscères des corps de leurs morts, que ces Égyptiens qui ont su assurer aux cadavres de leurs proches une quasi-immortalité, fussent dénués de toute notion d’anatomie et d’art chirurgical. Égyptiens et Phéniciens savaient se servir des applications ignées pour obtenir l’hémostase des plaies et pour détruire les petites tumeurs. Ils reconnaissaient les abcès d’après la tension et la fluctuation des parties malades et les ouvraient à l’aide d’un couteau. L’art dentaire ne leur était pas inconnu. On sait que Renan a trouvé à Sidon une série de six dents unies par des fils d’or.
- Les Égyptiens pratiquaient la circoncision, qui fut chez les Juifs en usage depuis Abraham. C’est là une des premières opérations dont la technique a été bien fixée. L’art à toutes les époques a reproduit mainte fois la scène de la circoncision de
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- Jésus enfant. Un groupe en bois sculpté, de la collection Hamonie datant du quinzième siècle de notre ère, montrait cette traditionnelle cérémonie. Le grand prêtre placé à droite, coiffé de la mitre, chaussé de bottes plissées, est occupé à pratiquer 1 excision du prépuce; l’enfant repose sur un coussin. La mère
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- Les instruments d’André Yesale. — De humant corporis fabrica.
- (Les lacs et les anneaux des bords de la table servaient à fixer les corps des animaux qui formaient alors la plus grande partie des éléments de dissection.)
- (Collection du docteur Tuffier.)
- porte une sorte de turban, elle maintient de sa main gauche le bras correspondant de l’enfant pendant que de la droite, placée sous l’aisselle, elle l’immobilise.
- La civilisation grecque et romaine nous a fourni une collection considérable d’appareils. La Faculté de médecine exposait divers instruments tirés des fouilles d’Herculanum ; l’École de médecine d’Alger avait envoyé un certain nombre de pièces trouvées dans des ruines provenant des édifices construits pendant l’occupation romaine en Algérie. Les instruments, détériorés par le temps, étaient en tous points comparables à ceux que renferment toutes les collections particulières exposées ici pour la première fois. Les instruments de la collection d’Hamonic ont été rencontrés les uns au Pirée, auprès du théâtre de Bacchus, dans les fondations d’une maison ; les autres en Erethria, à Sour. On y voit surtout des sortes de spatules, des stylets, des aiguilles. Gracilité, délicatesse, telle est la caracté-
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- ristique de tous ces instruments grecs ou romains. Les ventouses romaines, avec leur renflement et leur partie rétrécie, nous rappellent exactement les ventouses modernes ; les instruments piquants ou tranchants ne nous donnent pas la sensation d’un art chirurgical identique au nôtre. Il ne nous semble pas que le chirurgien qui s’en servait fût sûr de lui et confiant dans son‘art; tous ces instruments seraient plutôt comparables à des trousses de toilette qu’à des trousses de chirurgie. Faut-il juger de la médecine grecque ou romaine par les
- Evacuation d’une ascite chez une femme hydropique, d’après Frédéric Dekkers. — Exercitaliones practicæ, 1695.
- (Collection du docteur Tuffier.)
- Un fil de laine est passé dans l’abdomen et draine par capillarité. En bas et à gauche on voit l’aiguille qui a servi à passer le fil.
- instruments échappés aux inévitables destructions de la part des hommes et des éléments? Nous ne le pensons pas. Nous croyons, au contraire, qu’il est impossible d’apprécier complètement les chirurgiens de la Grèce ou de Rome en se basant uniquement sur quelques instruments trouvés dans les décombres. L’airain, qui constituait tous ces instruments, a succombé sous la morsure du temps ; plus durables ont été les livres des anciens, et ces livres nous montrent que la médecine et la chirurgie étaient autrefois florissantes, que les deux arts jumeaux s’inspiraient de données judicieuses, avaient des pratiques efficaces. Les écrits d’Hippocrate, exposé génial des connaissances médicales de son temps
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- et des temps immédiatement antérieurs, nous prouvent que les chirurgiens grecs
- étaient familiers avec nombre d’opérations importantes : taille, trépanation, résection costale, castration ; leurs idées sur la réduction des fractures et des luxations ont été jusqu’à nos jours les instigatrices de toute la thérapeutique des fractures.
- Rome avait des médecins pour ses empereurs; pour ses légionnaires, pour ses gladiateurs; les villes avaient des médecins municipaux ; les médecins spécialistes étaient très nombreux. Les connaissances médicales étaient fort étendues. Dans la Ville, deux grands écrivains médicaux, Celse et Galien, continuateurs des traditions hippocratiques, nous ont laissé sur l’art d’appliquer les bandages et les appareils et sur un grand nombre d’opérations des notions excellentes. Leurs écrits, transmis par la tradition, furent longtemps les seuls guides de la médecine et de la chirurgie. Dans les époques troublées où les peuples du Nord, après avoir renversé le monde romain, préludèrent par d’incessants combats à la formation des États modernes, les écrits des anciens auteurs étaient la seule lu-
- Réduction d’une fracture du bras. — Figure extraite des Anciens et renommés auteurs de la médecine et de la chirurgie. — Paris, 1634.
- miere.
- De la chirurgie au moyen âge et de la chirurgie chez les Arabes, nul instrument remarquable ne figurait dans les vitrines de l’Exposition rétrospective, et pourtant, nous le savons, la médecine chez les Arabes était florissante. Ce sont les médecins arabes qui furent les premiers éducateurs des médecins du moyen âge; mais bientôt la fondation d’Universités : Salerne,
- Montpellier, Paris, permit le développement autonome des connaissances médicales ; Bernard de Gordon (treizième siècle), Henri de Montdeville, Guy de Chauliac (quatorzième siècle), tels sont les principaux noms qui surnagent de la chirurgie moyen-âgeuse. La division entre la médecine et la chirurgie était consacrée non seulement par les usages mais par les institutions légales; les médecins se contentaient de
- prescrire solennellement; les « rhabilleurs », les « inciseurs », pratiquaient les
- Armamentarium chirurgicum. Scultet, 1675.
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- (Collection du docteur Tuffier.)
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- saignées et les diverses opérations. Dans une gravure ancienne, consacrée à la phlébotomie on voit le médecin, coiffé d’un bonnet carré, donner des ordres à l’in-ciseur pour l’exécution d’une saignée; solennel et grave, il tient ses gants à la main et ne veut rien sacrifier de sa dignité (voir p. 16).
- Si dans le domaine des beaux-arts, de l’architecture et de la sculpture en par-
- Visite des dames de charité à l’infirmerie de l’Hôpital de la Charité de Paris, époque Louis XIII.
- (Collection du docteur Tuffier.)
- ticulier, la connaissance des chefs-d’œuvre immortels de la Grèce et de Rome a pu susciter une Renaissance ; dans le domaine de l’art chirurgical rien de tel ne se produisit, l’époque de la Renaissance ne vit naître en chirurgie aucune idée particulièrement féconde. L’art médical avait besoin, pour atteindre un réel degré de perfection, de s’appuyer sur la base solide de la science. Pour que la médecine et la chirurgie pussent grandir, il fallait que la méthode expérimentale fût née.
- Toutefois, le grand mouvement d’idées que la période de la Renaissance vit naître, et surtout la découverte de l’imprimerie, influencèrent la marche de la chirurgie et de la médecine en permettant la lecture des anciens auteurs. En France, au seizième siècle, nous voyons s’élever un homme qu’on a considéré longtemps
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- comme le père de la chirurgie, Ambroise Paré, qui n’eut peut-être pas sur ses devanciers une supériorité bien marquée, mais qui eut le grand mérite de condenser en un livre admirable les connaissances chirurgicales de son temps. Devenu chirurgien de la confrérie de Saint-Côme, il restaura pour ainsi dire la chirurgie. A partir de son époque, les instruments se multiplient; les traités de chirurgie et de médecine se publient en foule ; il est facile de suivre les progrès de l’art.
- Première entrevue de Louis XIII et de Mlle de La Fayette à l’Hôtel-Dieu de Paris. (Collection du docteur Tuffier.)
- Par les instruments, nous sommes initiés aux opérations les plus fréquentes dans les siècles qui précédèrent le nôtre : c’est la trépanation, la taille, les amputations, la ponction de l’abdomen, la cure des fistules anales. Une boîte d’instruments, appartenant au Dr Hamonic, permettait de se rendre compte de l’instrumentation utilisée par le praticien du commencement du dix-septième siècle pour s’attaquer au système osseux. La boîte est en noyer, recouverte à l’extérieur de cuir parsemé d’un semis de fleur de lis. Sur ses faces supérieure et antérieure, existent trois rosaces rappelant l’époque de la fin de la Renaissance. Le trépan est bien compris : trois couronnes différentes peuvent s’y adapter grâce à un pas de vis dirigé en sens contraire des mouvements de rotation de l’instrument.
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- Transfixion d’une tumeur du sein Ablation de la tumeur avec un rasoir, tandis qu’une traction
- avec des aiguilles chargées de fil. est exercée sur la tumeur au moyen des fils.
- Armoiries de Maître Michault, chirurgien-juré à Paris, 1680. (Comparer à la main du jeton de 1652, qui porte un œil aux lieu et place du cœur.
- (Collection du docteur Tuffier.) — Exemplaire aux armes de Louis XIV.
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- Les pinces, les daviers pour extraire des tissus les corps étrangers, projectiles ou aiguilles osseuses étaient de formes curieuses; ils affectaient volontiers la forme de becs d’oiseaux, bec de corbeau, bec de perroquet. Les trocarts étaient nombreux dans les collections de la Faculté de Paris. Les manches dif-
- Jetons des chirurgiens.
- Figure extraite du livre de Lespinasse « Les métiers de Paris ».
- fèrent de forme et de composition; l’onyx, l’ivoire peuvent y être employés, mais le principe du trocart persiste invariable, aussi bien pour les trois quarts à hydrocèle, que pour la paracentèse de l’abdomen. Pour la ponction de la vessie, ils affectent volontiers une forme courbe. A côté des trocarts figuraient les multiples instruments inventés pour établir des sétons et les mombreux modèles d’aiguilles à acupuncture.
- La maladie d’un prince illustre donna, à une certaine période, un haut intérêt à la question de la fistule anale, les instruments destinés à cette opération figu-
- Jeton de la construction raient en assez grand nombre. On sait de 1 amphithéâtre de
- chirurgie. que l’opération de la fistule anale de
- Louis XIY, précédée des multiples essais médicaux exécutés sous le contrôle direct du Grand Roi, fut faite par le chirurgien Félix. L’heureux opérateur devint ainsi un des grands propriétaires terriens de son pays. Sous Louis XIY, la chirurgie française était extrêmement florissante. Après avoir parcouru tous les arts qui contribuèrent à la gloire du grand siècle, Yoltaire ajoute : « Ne passons pas sous silence le plus utile de tous les arts, dans lequel les Français surpassent toutes les nations du monde ; je veux parler de la chirurgie, dont les progrès furent si rapides et si célèbres dans ce siècle qu’on venait à Paris de tous les bouts de l’Europe pour toutes les cures et pour toutes les opérations qui demandaient une dextérité peu commune. »
- Des scies à amputation, il existait de nombreux spécimens ; beaucoup d’entre elles sont munies d’ornementations très fines ou d’incrustations, leur manche est
- CHIKVjRG.iPAKISI» ,s MMiPENS.CONSTM»
- Figure extraite du livre de Lespinasse « Les métiers de Paris ».
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- (Collection du docteur Tuf fier.)
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- Frontispice des Mémoires de l’Académie de chirurgie. (Collection du docteur Tuffier.)
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- souvent en ivoire tourné, très élégant et bien en main. Les collections de la Faculté de médecine de Paris nous montraient une grande quantité d’instruments employés pour 1 opération de la taille: gorgerets, conducteurs, tenettes, etc.
- Tout le monde connaît le rôle important joué par la saignée pendant plusieurs siècles; le dix-septième et le dix-huitième siècle surtout marquèrent l’apogée de la phlébotomie. Saignée et purgation étaient les deux pierres angulaires de l’édifice thérapeutique. Aussi s’explique-t-on le nombre considérable de lancettes que produit cette époque.
- La collection du Dr Hamonic et la collection de la Faculté de médecine en montraient une variété extrême. Certains des étuis à lancettes sont de purs petits chefs-d’œuvre d’élégance et de finesse. Les lancettes, avec leurs lames minces et souples, leurs valves de corne plus transparentes que l’écaille, donnent une sensation d’art délicat. Lames à grain d’orge, à grain d’avoine, en langue de serpent, manche de corne, d’écailie, de nacre, la multiplicité est extrême. Le désir de raffiner et de créer sans cesse des types nouveaux a produit des lancettes automatiques à déclanchement et qui, mues (Collection de m. Rainai.) par un ressort, devaient faire pénétrer la lame dans la veine.
- Pour juger de la vogue de la saignée à une certaine époque, il n’y avait qu’à voir le délicieux motif de céramique qu’exposait, Hamonic. Une jeune femme à demi nue est étendue sur un large fauteuil, son bras gauche est supporté par un Amour chirurgien qui tient de sa main droite la lancette avec laquelle il va piquer la veine, tandis que la main gauche immobilise les téguments du coude; un petit Amour infirmier tient le plat à saigner. Au côté opposé, un petit chien paraît s’intéresser vivement à l’opération que sa maîtresse va subir; le groupe charmant, en porcelaine blanche, représente la saignée dans ses moindres détails et indique que cette opération était tellement entrée dans la mode qu’un artiste ne craignait point de l’idéaliser.
- Les scarificateurs prennent place à côté des lancettes. Leur nombre à 1 Exposition rétrospective était relativement restreint. Comme la lancette, cet instrument paraît être arrivé assez rapidement à la perfection ; du temps d Ambroise Paré à la fin du dix-neuvième siècle la forme en a peu changé, ce sont toujours des lames montées sur un arbre commun et mues par un ressort; nous possédons des scarificateurs du dix-huitième siècle qui sont remarquables, non seulement par les moulures et les ciselures dont ils sont ornés, mais par la richesse de leur monture en argent massif. Avant d’en finir avec les instruments d usage courant au dix-septième et au dix-huitième siècle, on ne saurait passer sous silence les seringues, qui exercèrent la verve de Molière ; il en existait qui sont de véritables chefs-d’œuvre de fine et précieuse ciselure. De capacité restreinte, elles avaient un usage
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- exclusivement chirurgical, elles avaient pour but d’irriguer les cavités d’abcès ou les plaies sanieuses. Certaines d’entre elles étaient destinées aux injections uréthrales.
- Figure extraite de Nicolas de Biægsy, l’Art de guérir les hernies, 1688. (Gravure de la collection de M. Rainai.)
- Dans les collections de la Faculté de médecine de Paris et dans les collections particulières de M. Rainai et de M. Wickham, on pouvait assister à la longue métamorphose du bandage herniaire. Le musée de Bar-le-Duc nous montrait un
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- bandage en fer trouvé à Euville et qui remonterait au septième siècle ; néanmoins, du temps d’Ambroise Paré, on n’utilisait guère que des brayers en toile. Prevosteau, médecin obscur, confectionna le premier en 1603, un véritable bandage composé d’une pelote supportée par une ceinture de fer forgé formant ressort élastique. C’est, néanmoins à Nicolas Lequin qu’on doit réellement le bandage herniaire. C’est en 1665 que naquit le bandage français, et on voyait un spécimen des appareils de Lequin dans la collection Rainai. A côté, figurait la demi-ceinture en fer du chevalier de Blégny, qui tenta de s’attribuer la paternité de l’invention de Lequin. Tiphaine appliqua l’idée de Lequin à la construction du bandage double. Aucun des instruments imaginés dans la suite ne montra de perfectionnements véritables ; mais, si on passait à la collection voisine, à celle de M. Wickham, on voyait sur des dessins le premier modèle du bandage anglais, qui fut une révolution dans l’art du bandagiste. Ce bandage, imaginé en 1807 par Salmon, mécanicien anglais, fut importé en France par M. Wickham, dont la collection nous montrait de nombreuses variétés du modèle initial.
- L’orthopédie était représentée surtout par des corsets de fer destinés à maintenir la colonne vertébrale. M. Hamonic nous montrait des corsets tout en fer découpé en gril, rappelant tout à fait les cuirasses d’armures, qui avaient dû inspirer le fabricant. Des jambières, taillées
- dans une forte tôle de fer et divisées en deux valves maintenues par des charnières superposées, semblaient destinées à un enfant rachitique dont les membres inférieurs se déviaient. Une main artificielle, entièrement métallique, montrait beaucoup d’ingéniosité : la main, divisée en deux massifs articulés, était susceptible de mouvements de fermeture ou d’ouverture ingénieusement disposés. Cette main artificielle se rapproche, comme construction, de celles qui figurent dans les œuvres d’Ambroise Paré.
- D’anciennes lithographies, appartenant à M. G. Lacroix, nous représentaient des appareils prothétiques destinés au traitement des pieds-bots, entre autres le sabot de Yenel, un appareil de prothèse pour le bras et un autre pour la jambe, plus loin on voyait la représentation d’un corset et d une minerve.
- Le microscope, qui a reculé si loin les limites de nos connaissances et qui nous a
- Microscope Louis XV.
- (Collection du docteur Hamonic.)
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- Amputation de jambe. Premier temps, section des pai’ties molles.
- Amputation de jambe. La transfixion.
- Amputation de jambe. Manœuvre de la scie. Amputation de jambe. Le lambeau.
- (Gravures de la collection G. Hartmann.)
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- permis d analyser ces infiniment petits qui devaient révolutionner la science, était représenté dans l’Exposition rétrospective par deux remarquables spécimens de la collection Hamonic. Quoiqu’ils eussent pu figurer dans d’autres classes, nous les avons retenus, car on ne peut plus désormais séparer la médecine de lamicrogra-
- llcduction d’une luxation de l’épaule (xvme siècle). (Gravure de la collection du docteur Tuf fier.)
- phie. L’un de ces instruments caractérisait l’époque primitive, les premières années de l’invention de l’appareil; il est un peu fruste et mesure lm,10 de hauteur; sa constitution optique paraît trop simpliste. L’autre microscope, au contraire, est à la fois élégant et pratique ; sa disposition technique permet d’obtenir des grossissements très voisins de ceux qu’on obtient aujourd’hui. Cet appareil, de l’époque de Louis XV, est entièrement en cuivre doré. Le pied est triangulaire, équilatéral, il est supporté par des rocailles, très élégantes. De chaque angle du pied part une colonnette en rocaille qui supporte la platine du même modèle que le pied. Cette platine maintient trois colonnettes qui aboutissent au collier décoré en bas de moulures, en haut d’un motif tourmenté. L’ensemble de cet instrument est extrêmement coquet; les pièces optiques en sont d’un travail irréprochable. Il est absolu-
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- ment complet, intact, constitue une pièce véritablement unique ; il nous montre que les ouvriers opticiens ne le cédaient en rien, comme habileté, à ceux de notre époque et qu’ils savaient joindre le sens artistique à la précision professionnelle. L’art d’examiner au microscope les éléments cellulaires était du reste encore dans
- Attitudes pour l’opération de la cataracte. — (Encyclopédie du dix-huitième siècle.)
- l’enfance, et certaines représentations par le dessin d’éléments anatomiques, vus au microscope, font peu d’honneur à l’esprit d’observation des auteurs de ce temps; ils illustrent surtout les conceptions bizarres de leur imagination. La micrographie est maintenant indispensable à la médecine. Au dix-neuvième siècle, les Lebert, les Robin, les Mandl, les Davaine, les Virchow, les Pasteur, par l’étude des micro-organismes, ouvrirent un champ nouveau et dont la fécondité est loin d’être épuisée à l’anatomie et à la pathologie.
- Un grand nombre d’instruments, en usage chez les chirurgiens au dix-huitième siècle, étaient figurés dans les planches de la Grande Encyclopédie du dix-huitième siècle, si remarquable ouvrage. La partie chirurgicale de cette encyclopédie renferme un curieux frontispice. Le sujet de ce frontispice est allégorique; il répond bien aux idées de l’époque. Dans un lieu champêtre, d’où l’on aperçoit au loin la mer, au pied d’une haute falaise, on voit d’un côté un arbre dont une branche est souffrante, une dryade nue, armée d’une serpette, sépare du tronc le rameau des-
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- Grande Encyclopédie du dix-huitième siècle.
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- séché : c’est la Chirurgie ; au milieu du tableau trône la statue d’Esculape tenant d’une main un bâton entouré d’un serpent, au premier plan deux enfants dont l’un herborise et l’autre broie des simples; sur la droite un troisième bambin, symbole de l’Orthopédie, s’occupe à redresser un jeune arbre, un autre enfant recueille la sève d’un pin ; en l’air vole une cigogne ; sur le sol croissent diverses plantes médicinales : l’aloès, la rhubarbe, etc... On y voyait également repré-
- L’enseigne d’un maître coutelier pour barbiers et chirurgiens. (Collection du docteur Tuffîer.)
- sentées des opérations qui ne paraissent pas avoir varié beaucoup depuis Ambroise Paré jusqu’à l’aurore du dix-neuvième siècle.
- On ne peut scinder les diverses périodes de la médecine et de la chirurgie. Certains des progrès commencés dans les siècles précédents se continuèrent dans le dix-neuvième siècle ; le bandage herniaire, par exemple, dont nous avons esquissé l’histoire, revêtit, au dix-neuvième siècle, sous les mains de Salmon, une forme nouvelle et excellente. Le forceps grossier du dix-septième siècle n’atteint réellement à la perfection qu’entre les mains de Tarnier. Dans la remarquable collection du professeur Pinard, dans la collection de l’École de médecine, dans la vitrine consacrée par M. Collin à l’évolution du forceps
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- Thèse de la Faculté de médecine,
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- de Tarnier, nous pouvons nous former une idée de l’histoire générale de l’appareil. Imaginé par Chamberlen, vulgarisé par Palfyn au commencement du dix-septième siècle, le forceps a compté un nombre extrême de modifications. La Faculté de médecine de Paris nous montrait les doubles-mains de Palfyn, le forceps de Smellie ; jusqu’à Tarnier les accoucheurs utilisaient encore le forceps de Levret. La connaissance plus parfaite du mécanisme de l’accouchement et des courbures de la filière génitale fit juger les instruments anciens incapables de bien faire accomplir artificiellement à la tête les mouvements qu’elle exécute sponta-
- Gravure de Sébastien Leclerc, représentant une leçon d’anatomie. (Collection de M. François Carnot.)
- nément dans l’accouchement normal. Après de longues études et de patients efforts, Tarnier dota l’obstétrique d’un instrument précieux ; le nombre d’enfants qui lui doivent la vie ne se compte plus. On peut suivre les phases diverses des idées et des efforts de Tarnier dans la collection de M. Collin, où sont réunis les divers modèles qui, étape par étape, conduisirent au type moderne, type parfait qu’on a vainement cherché à perfectionner. Actuellement l’arsenal instrumental de l’obstétrique opératoire est extrêmement riche, trop riche peut-être, car trop souvent des modèles nouveaux d’instruments sont créés qui ne répondent point à une indication bien précise. Pour extraire les enfants morts, se présentant par la tête, les accoucheurs, avant le dix-neuvième siècle, n’avaient à leur disposition que des tire-tête, des crochets, des forceps dentés, instruments sans efficacité réelle. Le dix-neuvième siècle vit naître le céphalotribe de Baude-locque, le crânioclaste de Simpson, que le basiotribe de Tarnier fit reléguer bientôt dans les vitrines rétrospectives.
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- Une séance de dissection à l’Académie de médecine (xvme siècle). (Collection du docteur Tnffier.)
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- A partir de 1800 le nombre des instruments inventés fut beaucoup plus considérable et il a été plus facile de les réunir. Aux collectionneurs particuliers se joignait l’École de médecine de Paris, l’hôpital maritime de Rochefort et un certain nombre de nos grands fabricants; MM. Collin, Mathieu, Wul-fing Luer avaient tenu à honneur de faire figurer dans la Centennale les principaux instruments qu’au cours du siècle écoulé ils avaient construits. M. Charles Monod avait bien voulu envoyer les instruments chirurgicaux de M. Marjolin père, et M. Richon, une boîte à trépan complète du premier Empire ; grâce à eux, nous pouvions juger de ce qu’était l’arsenal instrumental d’un chirurgien au commencement du dix-neuvième siècle et, en le comparant aux nôtres, nous faire une idée des progrès accomplis au cours de ce siècle.
- Ecole de chirurgie. — Extrait du livre de Lesfixasse « les Métiers de Paris ».
- (1) Dans le grand amphithéâtre de la Faculté de médecine, au-dessus de la chaire, Gibelin avait peint en grisaille trois fresques. La fresque du milieu représentait Louis XVI accueillant son premier chirurgien, la Martinière, qui lui est présenté par la France, et accordant sa protection à la chirurgie. Ces fresques ont disparu en 1864, elles ont été remplacées par la fresque de Matoni, consacrée à Ambroise Paré.
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- Les progrès de l’arsenal chirurgical qui caractérisent le dix-neuvième siècle tiennent à une modification importante apportée dans la construction des instruments. Sous la main de M. Gharrière, bientôt imité par tous les constructeurs, les instruments acquéraient une qualité générale qu’ils n’avaient, possédée qu’impar-faitement jusqu’alors, c’est-à-dire une force, une résistance qui leur permettaient de vaincre de grands obstacles sans avoir un grand volume. Cet élément de perfection d’où dépend, dans beaucoup de cas, leur puissance et la sûreté de leur action, résulte de la trempe particulière de l’acier. Cet heureux perfectionnement de la trempe donne aux instruments, sous un moindre volume, une solidité qu’ils n’avaient pas jadis; lui seul permit de confier à des instrumehts d’assez petit
- volume pour passer par l’urèthre ou le vagin, le broiement des pierres de la vessie et l’écrasement d’une tête de foetus, de réaliser ainsi la pensée de la lithotritie et de la céphalo-tripsie. Pour que les Civiale, les Leroy-d’Étioles, les Heurteloup, etc., puissent réaliser l’heureuse conception de la lithotritie,, il fallait qu’ils trouvassent chez les fabricants les moyens d’exécution en rapport avec leurs projets. Ce sont les progrès de la mécanique qui ont permis la création des appareils de prothèse : obturateur pour le voile du palais, nez artificiels, membres artificiels, etc., auxquels nous ne trouvons dans les anciennes collections rien de comparable.
- M. Isidore Plateau avait envoyé à l’Exposition rétrospective un stéthoscope ayant appartenu à Laënnec, nous rappelant ainsi que c’est, dans la première moitié de ce siècle que naquit en France l’auscultation, qui éclaira singulièrement la pathologie des organes respiratoires et, permit le diagnostic précis des lésions de la plèvre, des poumons et^du cœur.
- La maison Collin exposait les modèles primitifs de tubes laryngiens de Bouchut, qui, oubliés à une certaine période, furent appelés de nos jours à une si belle rénovation, lorsque Behring et Boux eurent doté la thérapeutique du sérum antidiphtérique. A ces pratiques de la sérothérapie est attaché, comme instrument indispensable, une modeste petite seringue dont M. Collin nous montrait le premier spécimen, la seringue de Pravaz, appelée à un si grand avenir avec la méthode d’in-
- LAENNEC (1781-1826).
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- jections sous-cutanées, mode d’administration des médicaments si rapide et si sûr.
- Hôpital des Cliniques, situé sur l’emplacement actuel de l’Ecole pratique. Entrée qui faisait face à la porte actuelle de la Faculté.
- Par les soins de l’École dentaire, joints aux efforts de M. Galippe et au concours de la Faculté de médecine de Paris et de l’Hôpital maritime de Rochefort, on pouvait assister à toute l’histoire de l’art de la dent artificielle, depuis les instruments du siècle dernier et les essais de dentiers artificiels en porcelaine jusqu’aux merveilleux appareils prothétiques de nos dentistes modernes. Les instruments pour l’extraction des dents : pélicans, daviers et pinces, étaient en nombre imposant. La clef de Garangeot, si longtemps classique, y était envoyée par la Faculté en même temps que la longue série des daviers s’étalait dans toutes les collections.
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- Le dix-neuvième siècle est avant tout marqué, au point de vue chirurgical, par trois grandes découvertes
- DUPUYTREN, 1777-1835.
- F anesthésie, l’asepsie, la radiographie.
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- U anesthésie par l’éther et le chloroforme, entre les mains de Simpson et de Jackson, bientôt suivis par le monde chirurgical tout entier, étend le champ d’action de la chirurgie dans des proportions invraisemblables. De nos jours, elle vient d’être renforcée par un nouveau mode d'insensibilisation, l’anesthésie cocaïnique. L’Hôpital maritime de Rochefort exposait parmi sa riche collection, des appareils d’anesthésie dont on retrouvait également divers modèles dans la collection Collin. Ces instruments, qui nous paraissent aujourd’hui si incommodes, nous indi-
- Dupuytren opérant de la cataracte devant Charles X, à l’Hôtel-Dieu de Paris. . (Tableau du musée Carnavalet.)
- quent de quelles précautions infinies les chirurgiens entouraient cette découverte de l’anesthésie qui, en supprimant toute douleur, rendit possibles toutes les audaces chirurgicales. En voyant ces sacs, ces masques, ces ventilateurs, on devine que les chirurgiens n’abordaient qu’en tremblant cette méthode nouvelle, qui dut paraître si étrange au début. En 1839, après les premiers essais d’anesthésie générale par le protoxyde d’azote, un chirurgien de grand talent, Velpeau, écrivait : « Eviter la douleur dans les opérations est une chimère qu’il n’est plus permis de poursuivre aujourd’hui. » Inconcevable aberration des plus grands esprits, fermer de parti pris les yeux à toute lumière nouvelle dont l’éclat est inaccoutumé. Heureusement, la chimère a été poursuivie, atteinte; elle est devenue de nos jours une merveilleuse réalité.
- Les progrès de la chimie permirent d’extraire les principes actifs des plantes, ils dotèrent la thérapeutique de toute la série des alcaloïdes ; la chimie organique
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- fournit également à la médecine des médicaments puissants et parfaitement do-sables, et donna à la chirurgie les anesthésiques généraux et locaux.
- L’optique, en se développant, permit à la chirurgie d'explorer le fond de l’œil, de pousser ses investigations jusque dans les cavités mêmes de la profondeur du corps. Ophtalmoscopes, cystoscopes, otoscopes ne pouvaient naître qu’à notre époque. Helmoltz en 1851, en découvrant l’ophtalmoscope, bouleversa entièrement la pathologie oculaire en permettant de voir les lésions des parties profondes de l’œil.
- L’invention de l’otoscope, des miroirs réflecteurs, permit de préciser le diagnostic des maladies de l’oreille; le laryngoscope ouvrit la voie à l’étude du mécanisme de la phonation et donna l’essor à toute la chirurgie du larynx; le cystoscope rendit les plus grands services dans l’étude des maladies de la vessie.
- Vélectricité, qui donne une source lumineuse d’une faible dimension et d’un pouvoir éclairant intense, contribua beaucoup au perfectionnement des appareils d’optique ; par la galvano-cautérisation et la galvano-caustique, elle permit d’atteindre des points profondément situés et de limiter strictement l’intervention chirurgicale. Sans l’électricité, on peut dire que la chirurgie des voies aériennes supérieures serait impraticable. L’électricité rendit possibles les découvertes de Duchenne de Boulogne, qui ouvrirent la voie à la connaissance de la pathologie du système nerveux; elle dissèque les muscles aussi bien que le scalpel, et bien plus, elle analyse leur action. L’électricité médicale est actuellement une branche importante de la médecine, aussi bien au point de vue du diagnostic des lésions qu’au point de vue de la thérapeutique. Avec la merveilleuse découverte de Rœntgen, la lumière a pénétré dans la profondeur des tissus et nous permet d’y lire des lésions insoupçonnées et insoupçonnables. La radiographie révolutionne l’histoire des fractures et bouleverse sur cette question toutes nos conceptions thérapeutiques, comme j’ai cherché à le démontrer; elle a rendu facile et efficace la recherche des projectiles dans les tissus, le diagnostic des calculs formés dans les organes ; elle est un adjuvant précieux de l’auscultation et de la percussion pour la délimitation des lésions pulmonaires. Toutes ces inventions nouvelles ne sont qu’à leur aurore. Ne voyons-nous pas Finsen dissocier les rayons lumineux solaires ou électriques, choisir ceux qui lui conviennent et les conduire sous la peau pour qu’ils y cherchent et qu’ils y détruisent le redoutable bacille de Koch?
- CRUVEILHIER
- (1791-1874).
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- Les multiples perfectionnements apportés à la pratique chirurgicale, ces instruments si précis et d’un maniement si sûr, cette découverte si précieuse de l’anesthésie, risquaient de demeurer inutiles. A mesure que l’art chirurgical progressait,
- il semblait que le succès chirurgical diminuât. Toute habileté était vaine et le moindre acte opératoire était le plus souvent suivi de mort. Infection purulente, septicémie, pourriture d’hôpital rendaient impuissant tout art chirurgical. Toute plaie était une porte ouverte à la mort, la crainte des plaies vives fit inventer les écraseurs de Chassaignac, les puissants ostéoclastes de Maisonneuve. Près de nous, en 1868 et 1869, dans les hôpitaux parisiens, pour des opérations très simples, telles que : amputations de jambe, amputations de cuisse, la mortalité moyenne fut de 67,7 pour 100 et monta dans quelques services jusqu’à 85 pour 100. La solution du problème ne vint pas de la chirurgie, ne vint pas de la médecine, ce fut un chimiste qui ouvrit la porte à toutes les audaces chirurgicales et montra la voie.
- A l’entrée du pavillon de l’Hygiène et des Eaux minérales, s’ouvrait en manière de vestibule une élégante salle an centre de laquelle s’élevait un monument à Pasteur; autour de ce monument, une vitrine partagée en huit compartiments renfermait les objets ayant servi au vieux maître pour ses incomparables découvertes. C’est par un pèlerinage au salon Pasteur que devait terminer son excursion le promeneur désirant se faire une idée de l’histoire de la chirurgie, car de ces ballons, de ces tubes à essai est sortie la lumière qui guide désormais l’art chirurgical. Cette asepsie, qui fait la force et la gloire de la chirurgie, est une application directe des sciences physiques, la cristallographie en a été le point de départ, et le plus illustre des savants, par une merveilleuse chaîne de démonstrations scientifiques, nous l’a livrée si complète que nous n’avions plus rien à y ajouter.
- La lutte contre les accidents infectieux, cause si fréquente des échecs opératoires, avait duré depuis les premiers âges de la chirurgie ; toujours désespéré et désespérant, le chirurgien jusqu’ici avait toujours été repoussé, toujours battu. Chassaignac par le drainage, Guérin par son pansement ouaté, avaient été les plus heureux champions de cette lutte inégale jusqu’au jour où Pasteur, par ses merveilleuses découvertes, nous révèle du même coup la cause tant cherchée des échecs chirurgicaux et les moyens d’en triompher. Ce fut alors une révolution générale dans l'instrumentation, dans les modes de pansement, dans la technique opératoire ; c’est de cette invention que sont nés les progrès de la chirurgie et
- DUCHENNE DE BOULOGNE (1806-1875).
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- Ambroise Paré pratiquant la ligature des artères, d’après un tableau figurant dans le grand amphithéâtre de la Faculté de médecine de Paris
- et détruit par un incendie en 1889.
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- toute la thérapeutique nouvelle et vraiment efficace de la médecine; c’est à ce puissant essor que nous avons la joie d’assister.
- C’est alors que toutes les audaces chirurgicales deviennent légitimes; la cure radicale des hernies devient une opération usuelle ; la chirurgie ne craint pas d’ouvrir, de réséquer l’estomac ou l’intestin. L’extirpation des reins dégénérés, l’extraction des calculs rénaux deviennent *des opérations courantes ; le traitement des fractures se remanie entièrement sous la lumière de la radiographie. Les tumeurs de l’ovaire, les lésions de l’utérus deviennent -justiciables de la chirurgie. Récamier, Péan commencent avec succès la série des ablations de l’utérus. L’opération césarienne, la symphyséotomie, que
- LOUIS PASTEUR (1822-1895).
- des opérateurs de génie avaient déjà tentées, entrent définitivement dans la pratique. La rate, le foie, deviennent justiciables des interventions chirurgicales. On ne craint plus d’ouvrir la boîte crânienne pour rechercher les lésions cérébrales, de pénétrer dans le thorax pour traiter chirurgicalement les poumons ou le cœur. A la gloire du siècle qui finit, nous pouvons le dire hautement, aucun siècle, aucune époque, dans toute l’histoire de l’humanité, au point de vue chirurgical et médical, n’a eu une importance comparable à l’importance du dix-neuvième siècle.
- En face de ces progrès chirurgicaux, en face de leur origine et de leur cause, il nous faut franchement avouer que nous, chirurgiens, nous bénéficions des découvertes faites dans les sciences voisines, bien plus que nous ne participons à ces découvertes mêmes; mais c’est nous qui avons l’heureuse et douce mission de distribuer leurs bienfaits à l’humanité. La vérité philosophique qui se dégage de cette constatation, c’est, que toutes les sciences sont sœurs, elles doivent se prêter un mutuel appui. Dans l’arbre scientifique, chaque rameau grandit à l’ombre d’une branche voisine et profite de la vitalité de l’arbre tout entier.
- La médecine et la chirurgie eurent leurs premiers pas guidés par l’empirisme, elles ne peuvent désormais avancer qu’en s’appuyant sur la science.
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- SAINT-CLOUD. — IMPRIMERIE RELIN FRÈRES
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