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Musée rétrospectif de la classe 99 : caoutchouc et gutta-percha (matériel, procédés et produits) : objets de voyage et de campement à l'exposition universelle internationale de 1900, à Paris : rapport du comité d'installation
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- MUSÉE RÉTROSPECTIF
- DE LA CLASSE 99
- CAOUTCHOUC & GUTTA-PERCHA
- (Matériel, procédés et produits)
- OBJETS DE VOYAGE ET DE CAMPEMENT
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- MUSEE RETROSPECTIF
- DE LA CLASSE 99
- CAOUTCHOUC & GUTTA-PERCHA
- (Matériel, procédés et produits)
- OBJETS DE VOYAGE ET DE CAMPEMENT
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900, A PARIS
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- RAPPORT
- DU
- COMITÉ D’INSTALLATION
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- Exposition universelle internationale
- de i900
- SECTION FRANÇAISE
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- ôoMmiéô&ite géuétaf De f êccpautiou
- M. Alfred PICARD
- £Ditecieut crénelai adjoint de f êapfoitatiou, cfatcjé De fa Section jtauçatde
- M. Stéphane DERVILLÉ
- £Défécj;ué au eetvice géuétaf De fa éjection jaauçaiee :
- M. Albert BLONDEL
- £Dédécjfué au eetvice dpéciaf deé JlWàéee ceuteuuauec :
- M. François CARNOT
- Jbfccfitecte De<5 JllWdéed cetüeuuauoc
- M. Jacques HERMANT
- «=siysaj«>'
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- COMITÉ D INSTALLATION DE LA CLASSE 99
- Bureau*
- Président : M. Sriber (Alphonse), président de la Chambre syndicale des caoutchouc, gutta-percha, toiles cirées; secrétaire général du Comité central des chambres syndicales; membre de la Commission permanente des valeurs de douane.
- Vice-président : M. Guilloux (Edmond), toiles, bâches, tentes, campement; fournisseur des armées.
- Rapporteur : M. Chapel (Edmond), secrétaire de la Chambre syndicale des caoutchouc, gutta-percha et toiles cirées; expert près les tribunaux.
- Secrétaire : M. Hamet (Henri), ingénieur des arts et manufactures, caoutchouc [maison Bapst et Hamet, ancienne maison Lejeune).
- Trésorier : M. Lamy-Torrilhon (Gaspard), caoutchouc manufacturé.
- Membres.
- MNI. Artus (Remi), articles de voyage.
- Bertin (Léon), président de la Chambre syndicale de la maroquinerie, gainerie et articles de voyage.
- Bobet (René), ingénieur des arts et manufactures, ingénieur des établissements Hutchinson, Compagnie nationale du caoutchouc souple.
- Bouquillon (Gustave), administrateur de la manufacture générale de caoutchouc de Puteaux [anciens établissements Edeline et des pneumatiques Gallus].
- Balconnet (Henri), ingénieur des arts et manufactures, caoutchouc, gutta-percha [maison Falconnet, Pérodeaud et Cie, ancienne maison Decourdemanche].
- Hausser (William), directeur de l’usine de caoutchouc de la Société industrielle des téléphones.
- Laflèche (Jules), tissus élastiques.
- Maurel (Fernand), caoutchouc industriel [maison A. Maurel et fils], juge au Tribunal de commerce de la Seine.
- Mouilbau (Jules), caoutchouc et tissus élastiques [maison Mouilbau et Chevreau].
- Porte (Léon), parasols, tentes de campement.
- Vuitton (Georges), articles de voyage et de campement.
- COMMISSION DU MUSÉE RÉTROSPECTIF
- MM. Bouquillon (Gustave).
- Hausser (William).
- Maurel (Fernand).
- Chapel (Edmond), rapporteur.
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- LE CAOUTCHOUC
- RAMEAU DE FICUS ELASTICA
- (Indes anglaises, Indo-Chine, etc.)
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- Vue d'un atelier de sulcanisation (1860).
- MUSÉE GENTENNAL
- DE LA CLASSE 99
- Poire, caoutchouc naturel.
- (Collection Lamy-Torril-hon.)
- Le Musée centennal de la Classe 99 comprenait deux parties affectées aux principales industries quelle réunissait : Tune était réservée au caoutchouc et à la gutta-perclia, l’autre groupait les objets de voyage et de campement.
- L’Exposition rétrospective constituait une attraction du plus haut intérêt, tant pour les délicats que pour la masse des visiteurs ; c’était, d'ailleurs, une heureuse innovation, car, pour la première fois, il était donné au public de pouvoir comparer des produits analogues fabriqués à des intervalles dont le siècle marquait les espaces.
- La présentation d’objets dont la fabrication s’échelonnait à des époques variées permettait des comparaisons portant non seulement sur les articles mêmes, mais encore sur les procédés de la fabrication.
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- Enfin la réunion de ces intéressantes collections parlait aux yeux avec une éloquence persuasive que ne peuvent atteindre les descriptions les plus fidèles des traités technologiques, généralement très concises quant aux points de détail et ne présentant conséquemment qu’une peinture incomplète des objets, de même que dans les tableaux les personnages du premier plan sollicitent seuls l’attention, laissant dans la pénombre les pièces accessoires qui échappent aux yeux insuffisamment exercés.
- Cheval, caoutchouc Para pur (1840). — (Collection Chapel.)
- On conçoit aisément tout l’intérêt qui pouvait s'attacher à une semblable étude et le bénéfice que les visiteurs pouvaient retirer d’une exposition organisée dans ces conditions.
- Aussi, M. le Commissaire général, auquel on doit cette pensée élevée, a-t-il vu ses collaborateurs apporter tout leur zèle à la réalisation d’un programme d’une si haute portée philosophique.
- Souliers, caoutchouc naturel. — (Collection Chapel.)
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- Cette industrie est de date trop récente pour que l’on ait pu réunir de nombreux éléments d’attraction. De plus, la matière, d’origine organique, est exposée à des altérations qui ont de redoutables conséquences pour la conservation des objets. Il aurait été désirable de présenter quelques modèles des premiers jouets en caoutchouc, malheureusement les types que nous avons pu recueillir étaient par trop détériorés pour pouvoir figurer dans le Musée ; les poupées et les animaux étaient aplatis, les ballons étaient dégonflés et avaient pris de mauvais plis, il n’était pas possible de leur rendre leur apparence originelle ; on n’aurait obtenu que la caricature de pièces dont les modèles avaient au début un réel cachet artistique, enfin les organisateurs ont voulu se garder de tomber dans le bric-à-brac.
- Nous rappellerons, pour mémoire, les premières applications qui furent faites de cette matière dont l’emploi est de nos jours si multiple et si varié.
- Antérieurement à la conquête du Nouveau Monde, les Indiens confectionnaient avec le caoutchouc des balles pleines d’une remarquable élasticité, avec lesquelles ils jouaient à la paume. Ils excellaient à ce jeu, dans lequel s’affirmaient leur souplesse et leur agilité qui émerveillèrent les Espagnols.
- Ce ne fut guère que dans la seconde partie du dix-huitième siècle que quelques savants songèrent à utiliser les propriétés de cette substance bizarre, dont on ne trouvait de rares spécimens que dans les collections de curiosités de cette époque.
- Gourdes, caoutchouc gravé (1845). (Collection Lamy-Torrilhon.)
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- Hérissant, Macqner, Priestley, entrevirent les avantages que l'on pourrait tirer du caoutchouc et proposèrent tout d’abord de l’employer à soulager les misères de
- l’humanité. Ce fut la chirurgie qui utilisa la première cette matière „ -y avec laquelle on parvint à faire des sondes, dont les qualités et les effets furent hautement appréciés.
- Mais ce n’étaient alors que des tentatives timides; on ne connaissait pas encore l’action des réactifs sur le caoutchouc et nous n’en parlons que pour indiquer plutôt l’indécision des esprits à l’égard de cette substance, que l’on désignait surtout dans le monde savant sous le nom de gomme élastique.
- Le public, moins bien renseigné, n’eut connaissance du caoutchouc que par suite de la divulgation de sa propriété d’effacer les traces du crayon, et, dans son ignorance de la nature du produit, il lui attribua une origine animale. x4ussi vit-on, en 1775, les papetiers de Paris vendre, sous le nom de peau de nègre, des petits morceaux de gomme découpés dans des poires en caoutchouc provenant du Brésil.
- A la fin du dix-huitième siècle on reprend l’idée de fabriquer divers objets pour la chirurgie, puis, des tubes dont la flexibilité, la souplesse et la résistance aux acides rendirent tant de services à la chimie naissante.
- C’est vers 1825 et 1830 que les sermgueiros, récolteurs de l’x4mazone, commencèrent à envoyer quelques objets en caoutchouc naturel. L’étymologie du mot seringueiro est assez curieuse : les Portugais avaient constaté que, dans certaines tribus installées sur les bords de l’Amazone, ces indigènes préparaient avec la gomme élastique des bouteilles en forme de poire, au goulot desquelles ils attachaient une canule de bois ; ils remplissaient ces poires d’eau chaude et ne manquaient pas avant le repas de les offrir à leurs invités qui, sous peine de manquer à la politesse, devaient en faire un usage immédiat. Cette bizarre coutume fit donner le nom de pao de xiringa, ou bois de seringue, à l’arbre dont le latex fournit le caoutchouc.
- Buffle, caoutchouc Para.
- (Collection Lamy-Torrilhon.)
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- Par extension, les réeolteurs furent donc désignés sous le nom de seringueiros, au même titre que sous celui de zapateros, cordonniers, qui leur fut donné pendant quelque temps, après qu’ils eurent entrepris la confection de chaussures en caoutchouc. Vers cette même époque, on essaya d’imperméabiliser les manteaux avec un enduit de caoutchouc naturel.
- Enfin, en 1838, on imagina de découper dans les poires des lanières si fines, qu’on put les utiliser comme fils de chaîne dans la confection des tissus élastiques.
- Les inconvénients nombreux que présentaient alors les objets en caoutchouc,
- Figurine, caoutchouc Para. — (Collection Lamy-Torrilhon.)
- par suite du durcissement ou de la décomposition de la matière, sous l’influence des variations atmosphériques, avaient porté un coup terrible à l’industrie naissante du caoutchouc. La découverte de la vulcanisation, due à un Américain, Ch. Goodyear, fit enfin entrer cette industrie dans une voie nouvelle en assurant à la matière la constance de son élasticité.naturelle.
- Depuis cette merveilleuse invention, nous voyons s’élargir chaque jour le cercle des emplois de la gomme élastique : applications à la mécanique générale, à l’hydraulique, aux arts militaire, naval, à la chirurgie, etc..., en pièces moulées, pleines et creuses, le caoutchouc, véritable Protée, se révèle sous les formes les plus diverses et les plus inattendues ; l'homme utilise les facultés multiples de cette matière à la préparation d'objets si usuels, que l’on se demande comment on
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- pourrait se passer de cette précieuse substance si les sources de sa production Tenaient à manquer.
- La collection d’objets en caoutchouc que nous avons pu rassembler complétait d’une heureuse façon les explications qui précèdent.
- La gutta-percha était également représentée dans l’Exposition rétrospective ; nous ne croyons pas du reste pouvoir nous étendre sur les origines de cette industrie, sœur cadette de la fabrication du caoutchouc, et nous renvoyons le lecteur aux ouvrages spéciaux dont un entre autres traite, dans tous ses détails, la question du caoutchouc et de la gutta-percha (le Caoutchouc et la gutta-percha, par E. Chapel; Paris, 1892).
- Le Musée centennal du caoutchouc était agencé dans une vitrine murale adossée à la cloison séparative de la Classe 92 (Papeterie). Le soubassement avait été réservé aux objets de grandes dimensions. Les pièces plus petites avaient été réparties sur une tablette garnie de gradins permettant de tirer tout le parti désirable d’un espace forcément restreint. Toute la surface murale supérieure était occupée par des tissus élastiques, des bretelles et jarretières, chaque pièce dénotant soit un caractère historique, soit un intérêt rétrospectif au point de vue des procédés de fabrication.
- Aumônière, caoutchouc gravé (1830). (Collection Lamy-Torrilhon.)
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- Atelier de coffretiers-malletiers au dix-huitième siècle.
- (Gravure extraite de l'Encyclopédie méthodique.) — (Collection Hartmann.)
- VOYAGE ET CAMPEMENT
- Armoiries de la corporation des cofïretiers.
- La corrélation qui existe entre les objets de voyage et les procédés de locomotion permet de se faire une idée de la simplicité des appareils composant le bagage des voyageurs aux temps reculés. Cependant le progrès marche, et aux ballots informes succèdent les coffres massifs et encombrants. Pour remédier aux inconvénients que présentaient ces lourdes ma-
- Armoii’ies de la corporation des layeticrs.
- chines, on imagina le coffret, mais les dimensions exiguës de celui-ci n’apportèrent qu’une solution incomplète à la question.
- Grâce an vannier, l’osier remplace les matériaux pesants mais sans offrir les mêmes garanties de solidité, et c'est à combiner les avantages que chaque matière
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- possède en propre que les industriels modernes s'ingénient à créer des modèles réunissant à la fois les conditions requises de légèreté et de résistance.
- La fabrication des articles de voyage n'a pas échappé à la réglementation qui a régi les. débuts de l’industrie française.
- Dans les statuts des métiers de Paris (1260) divisant les corps d’état en cent corporations, nous trouvons au paragraphe 19 les boîtiers et faiseurs de serrures à boîtes, tandis que les huchiers ou fabricants de bahuts et gros coffres étaient
- rattachés à la corporation des char-jV ' > pentiers (§ 47).
- Plus tard, par ordonnance de juin 1478, Louis XI modifie cette classification et divise les gens de métiers et marchands de Paris en soixante et une compagnies, ayant chacune sa bannière, les cormiers (fabricants de menus ouvrages en fer), selliers, coffriers et malletiers formant la douzième compagnie, les huchiers, comprins les varlets besongnans sur les bourg ois, composant la vingt-quatrième.
- La réglementation très sévère de l’époque obligeait chaque corporation à se renfermer rigoureusement dans la confection des objets qui constituaient son privilège ; aussi les corps d’état étaient-ils tributaires les uns des autres. Huchiers et coffre-tiers étaient obligés de s’adresser aux cloustiers pour obtenir les clous et les vis. Ils demandaient leurs boucles aux boucliers de fier, les fondeurs et molleurs leur fournissaient les ornements de bronze, alors que, chez les bau-clroiers, ils s’approvisionnaient des cuirs destinés à recouvrir les malles.
- C’est en 1696 que fut autorisée la corporation des coffretiers-malletiers, à la suite d'un mouvement séparatiste qui s’était manifesté vivement et que le pouvoir royal, toujours à court d’argent, favorisa, croyons-nous, dans l’espoir de se constituer de nouvelles ressources. Le prix de la maitrise fut fixé à 760 livres. Le brevet n'était accordé qu’après versement de cette somme et après justification de cinq ans d’apprentissage et de cinq ans de compagnonnage.
- Défense était faite à ces artisans de travailler avant cinq heures du matin et
- Un malletier.
- Gravure extraite de VAssemblage nouveau des manou-vriés habilles, par Martin Engelbrecht.
- (Collection François Carnot.)
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- passé huit heures du soir à cause de la grand noise qu’ils faisaient avec leurs marteaux. Il suffit de passer devant l’atelier d’un emballeur pour comprendre le bien fondé de cette mesure.
- Les ouvrages que pouvaient faire les coffretiers-malletiers comprenaient les coffres proprement dits, les sommiers (nom que l’on donnait aux bahuts destinés à contenir les objets de literie), les bouges, varises, etc.
- A Lyon, les coffretiers formèrent une corporation avant leurs confrères de Paris. Leur communauté date de 1391; ils étaient alors réunis aux selliers, ce ne fut
- qu’en 1630 qu’ils se séparèrent de ceux-ci et formèrent une communauté distincte.
- La confection des petits coffres, cassettes, ou layettes était le privilège des Maîtres layetiers. On estime que la corporation des layetiers doit remonter au quatorzième siècle. Ce n’est qu’en 1327 que leurs statuts furent homologués pour être remaniés par ordonnance de Henri III, le 7 janvier 1382. Ces statuts, comprenant trente-quatre articles, ont régi la communauté jusqu’à la Révolution. Ils assuraient aux layetiers le droit exclusif d’exécuter des ouvrages en bois légers, tels que gaines à trébuchet et balances, ratières, souricières, cages en bois pour écureuil et oiseaux, bocles d’épinettes et manicordions, enfin toutes sortes de boîtes rondes ou ovales en peuplier, sapin, merrain, châtaignier et autres. Une particularité à noter : leurs ouvrages devaient être exécutés sans colle ni moulure. Les ajustages devaient être faits exclusivement à l’aide de pointes ou de clous,
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- Les layettes ou leyettes qu'ils préparaient consistaient surtout en des boîtes légères destinées à serrer les lettres, les rubans, les dentelles et, par la suite, l'ensemble des langes et linges à l’usage des enfants du premier âge.
- Le terme est tombé en désuétude ou plutôt l'usage en a modifié le sens, appliquant au contenu le mot qui autrefois désignait le contenant.
- Dans la Classe 99, la layette était représentée par une gaine à trébuchet (collection Chapel), et par un étui à écus (collection Gontier).
- Les déplacements des hauts et puissants personnages pour les croisades ou pour les guerres continentales donnèrent une impulsion très grande à l’industrie
- Malle en cuir, époque Louis XIII. — (Collection Remi Arlus.)
- des huchiers et coffretiers. Les bagages encombrants étaient convoyés sur le dos même des animaux par suite de l’insuffisance des moyens offerts par la carrosserie de l’époque.
- Rappelons que les bahuts de grandes dimensions étaient destinés à contenir les objets de literie, d’ou le nom de sommiers qui fut donné à certains de ces coffres et, par extension, la désignation de bêtes de somme fut attribuée aux animaux employés à transporter ces fardeaux.
- Cette habitude de traîner avec soi non seulement la garde-robe, mais de nombreux objets mobiliers, constituait les pires impedimenta pour une armée, et donnait aux campements des troupes une importance hors de proportion avec le nombre des combattants, si, surtout, l’on tient compte du nombre d’auxiliaires, domestiques et cuisiniers, qui formaient à côté des gens d’armes une multitude plus soucieuse d’assurer son salut que de concourir au triomphe de la cause générale.
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- Les chroniques de Lefèvre de Saint-Remy rapportent que, la veille de la bataille d’Azincourt (1415), on pouvait voir les seigneurs français « ployer leurs bannières et pennons autour des lances et devestir cottes d’armes, et detrosser bahus ».
- Aussi conçoit-on aisément l'importance du butin que pouvaient faire les troupes victorieuses, la conquête et le pillage du bagage étant la conséquence d’une action.
- Pour compléter ces explications, il est utile de rappeler qu’en dehors des coffres affectés au transport de la literie, les bahuts étaient généralement divisés en quatre compartiments destinés à recevoir, l’un la vaisselle d’argent
- Coffret de mariage de Louis XV et de Marie Leczinska. (Collection de M. le baron Arthur de Rothschild.)
- et les épices, le second le linge et les onguents, le troisième les vêtements, le dernier, enfin, les armes.
- Le bahut était monté sur pieds, orné de clous et muni d’un couvercle qui, parfois, était arrondi. Le fût, en bois, était le plus souvent recouvert de cuir. Dans les « Comptes » d’Etienne de la Fontaine, argentier de Philippe de Valois (1348), les bahuts sont compris sous la même rubrique que les coffres, malles et autres choses achetées de mestier (1).
- La désignation de bahut a été donnée non seulement au coffre lui-même, mais à un compartiment de bois ou d’osier recouvert en cuir, plat en dessous, bombé en dessus, que l’on attachait sur une malle plate à l’aide de courroies.
- (1) Dictionnaire de l'ameublement et de la décoration, par Henry Havard.
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- D'où nous devons conclure à la mobilité du bahut, et cela en opposition au sens attribué à ce meuble depuis une soixantaine d’années. Cette modification provient de ce que les bahuts devenaient en quelque sorte des meubles à demeure, quand leurs propriétaires faisaient un séjour prolongé. Rangés le long des murs dans les antichambres ou dans les couloirs, les bahuts tenaient lieu de siège : les seigneurs tailladaient ces sortes de banquettes avec leurs dagues pour tromper l’impatience de l’attente, d’où l’expression «piquer le coffre».
- On se plut à augmenter les dimensions du bahut; on lui adjoignit des vantaux et des tablettes que l’on supprima ensuite pour les remplacer par des tiroirs : le bahut se transforma en commode.
- Longtemps encore, le bahut constitua le gros bagage du voyage ; avec le
- progrès, il fit place à la malle et à la mallette.
- Il convient de remarquer que le transport des dépêches se faisait dans une petite malle que le courrier portait en croupe. D’où cette expression de malle, que l’on continue à employer de nos jours pour le transport des lettres, concurremment avec malle-poste.
- La mallette était une malle de petites dimensions, dont le fût de bois était généralement recouvert de drap.
- Le cadre qui .nous était assigné n’a pas permis de présenter les moyens employés pour exécuter leur travail par le hit chier, le malletier-coffretier ou par le layetier. La reconstitution d’un atelier au moyen âge avait été envisagée, l’idée était séduisante, et sa mise à exécution n’eût pas manqué d’offrir un réel intérêt et de provoquer une légitime curiosité. Nous n’avons pu la réaliser par suite de considérations d’ordre budgétaire, et de l’insuffisance de l’emplacement dont nous disposions. Du reste, les reproductions artistiques effectuées avec un si grand souci de la vérité, dans nos théâtres, ont initié les masses aux détails du costume; de plus, la connaissance des coutumes est suffisamment généralisée pour que chacun puisse concevoir les conditions de l’existence des travailleurs au moyen âge; moins répandues sont les notions relatives au travail même, et le fait de montrer un compagnon au milieu de ses outils et penché sur son ouvrage aurait été un attrait à ajouter au programme déjà si chargé de l’Exposition.
- Les réflexions qu’aurait pu suggérerun pareil spectacle auraient été, croyons-nous, profitables, et le public eût tiré un bénéfice appréciable des comparaisons à
- Cantine de camp.
- (Gravure extraite de rEncyclojiédie méthodique.}
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- faire entre les procédés d’exécution des différentes époques; il eût pu constater le degré d’ingéniosité de nos devanciers, dont les notions en mécanique étaient des plus restreintes.
- A proprement parler, les outils d’autrefois ne différaient pas sensiblement de ceux que l'on emploie de nos jours : les principaux étaient la scie ou l’égoïne, le rabot et la varlope, le marteau, etc. Si, de ce côté, il n'y avait pas de notables différences avec nos outils modernes, il n’en est pas de même en ce qui concerne le travail. L’ouvrier d’autrefois différait du travailleur moderne par l’étendue de ses
- Nécessaire de voyage Louis XV, avec gaine en cuir. (Collection de la Parfumerie Ed. Finaud.)
- connaissances professionnelles. Le huchier était à la fois menuisier, ébéniste et tapissier, il lui fallait de plus être dessinateur et sculpteur. Le malletier devait préparer les enduits nécessaires pour glacer les coffres, il lui fallait aussi avoir des notions d’art suffisantes pour décorer les malles d’enluminures qui furent à un moment fort en usage.
- Enfin, les travailleurs d’autrefois ne pouvaient être aussi expéditifs que nos ouvriers modernes, et, étant donnée la pénurie des moyens dont ils disposaient, les huchiers ou les malletiers ne pouvaient guère manquer de passer des mois à confectionner un coffre ou un bahut.
- Le matériel nécessaire aux voyageurs était, comme nous l'avons déjà dit, généralement encombrant. A ce sujet, nous croyons devoir rappeler que les
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- Bahu (sic) plat comparti.
- (Gravure extraite de VEncyclopédie méthodique.)
- bahuts ou coffres étaient principalement construits pour des seigneurs projetant de longues et lointaines expéditions.
- Puis apparurent la varise et la bouge. La varise ou valise était une sorte de porte-manteau ou de sacoche entièrement en cuir, on rattachait pour voyager au troussequin de la selle. La bouge différait de la valise moins par les proportions que par la composition; elle était formée d’une carcasse en bois recouverte
- de cuir.
- Sous le règne de Louis XIII apparaissent enfin les malles, dont les formes et la composition se rapprochent des nôtres. Ce qui les distingue surtout, c’est l’abondance d’ornements, généralement des clous à tête de cuivre estampé, disposés de façon à former des dessins, le plus souvent des arabesques, voire même des inscriptions.
- Par la suite, le coffre lourd et somptueux est relégué dans les habitations, et l’on commence à établir des objets en cuir moins pesants, qui prennent le nom de vache, lorsqu’ils sont placés derrière la chaise de poste, par opposition au veau, valise plus petite placée au-dessous de l’appuie-pieds du cocher (1).
- Le dix-neuvième siècle se signale par la création de modèles tels que le sac cle nuit, qui supplante le porte-manteau du siècle précédent, la marmotte, la valise-jumelle, etc.
- Nous avons eu la bonne fortune de pouvoir présenter quelques malles datant des dix-septième et dix-huitième sièoles, elles ont vivement excité la curiosité des visiteurs.
- Du côté du campement, nous ne pouvions accepter des appareils essentiellement encombrants, tels que les tentes marabout, ou simplement la tente-abri : nous n’avons pu accueillir que des objets de dimensions relativement restreintes, tels que : lits de camp, cantines, etc.
- Les objets de voyage et de campement avaient été exposés dans une vitrine isolée, de dimensions suffisantes pour contenir une collection choisie, dont les éléments étaient généralement volumineux. Indépendamment de l’esprit de méthode qui a présidé à la présentation des pièces, et qui a permis d’observer la gradation des dates de fabrication, des pancartes indicatrices en caractères
- Etui à chapeau en bois. (Gravure extraite de l’Encyclo-pédie méthodique.)
- (1) Le Voyage, par G. Vuitton.
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- apparents ont été apposées sur chaque objet pour obvier à l’absence de catalogue. Ces dispositions particulières avaient l'avantage de fournir au public des renseignements suffisants pour l’éclairer sur les origines et la nature d’objets qui, parfois, sans le secours des étiquettes, n’auraient pu que piquer la curiosité, sans cependant la satisfaire.
- Nous estimons que l’enseignement comporté par cette Exposition a porté ses fruits. Les connaisseurs, et en particulier les fabricants, ont hautement apprécié
- Sac de voyage, Empire. — (Collection de M. P. Le llouæ.)
- le mérite des objets exposés; la faculté qu'ils avaient de venir dès le matin leur a permis de se livrer à un examen approfondi et de tirer les conséquences d’observations raisonnées.
- Dans le courant de la journée, les vitrines du Musée centennal étaient entourées par la foule, et il a été souvent nécessaire d’organiser un service d’ordre pour assurer la libre circulation. Cette affluence témoignait de l’intérêt que présentait l’Exposition rétrospective, et, si les organisateurs ont pu s’applaudir du succès du musée, il convient d’en reporter le mérite à celui qui en a conçu le projet.
- Pour que notre compte rendu soit complet, il nous faut mentionner les pièces principales d’une collection qui, hélas! n’aura eu qu’une durée bien éphémère.
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- Arrêtons-nous tout d’abord devant la vitrine réservée au caoutchouc. MM. Bapst et Hamet avaient envoyé une coupe en caoutchouc noir durci, fabriquée en 1865, et dont les dimensions témoignent de la puissance des moyens de production que possédait déjà notre industrie à cette époque. Nos confrères avaient également envoyé une empreinte en gutta, représentant un bouquet dont les feuilles et les fleurs se détachaient du fond avec des reliefs qui en faisaient une véritable reproduction artistique.
- Vignette-adresse d’un cofïretier (1830).
- Les envois de M. Chapel, rapporteur de la Classe, comprenaient des graines à'Hevea brosiliensis, l’arbre à caoutchouc de la vallée de l’Amazone, des noix d'uru-cary, que les récolteurs emploient pour fumer les pains de caoutchouc, des souliers en para dont l’origine remonte à 1845; un presse-papiers composé d’une souris en caoutchouc durci, bronzée, montée sur socle albâtre (1880); deux petits cubes de caoutchouc durci, émaillés au feu (1885), et des marches d'escalier en métal avec recouvrements de caoutchouc souple, disposés en damier.
- Mlle Chapel avait gracieusement prêté un cheval en para pur confectionné en 1845. Cette pièce offrait un réel intérêt, plus pour la gravure et les ornements qui la recouvraient que par ses lignes quelque peu hors de proportions.
- MM. Falcoxxet et Pérodeaud avaient envoyé de nombreuses pièces en gutta-
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- percha, dont la fabrication remonte à 1850, et parmi lesquelles nous signalerons un coffret à parfums, un crucifix, des cadres de photographies, une boîte à épingles, des plateaux en feuillage, une coupe, deux poupées Huret à articulations, et un bras démonté montrant le mode d’attache des articulations, etc.
- L’envoi de la maison Bailly et Cie (anciennement Ch. Guyot) comprenait des jarretières et des bretelles, dont une paire avait été destinée à l’usage de l’empereur Napoléon III.
- MM. Hecht et Cie présentaient une Indienne allaitant son enfant, spécimen de sculpture rudimentaire des réeolteurs malais.
- Une botte sibérienne, envoyée par les anciens établissements IIltchinson, montrait les progrès réalisés dès 1860 dans la fabrication des chaussures en caoutchouc.
- MM. Laflèche et fils avaient mis à la disposition du Comité une machine à mesurer les tissus élastiques; cet appareil, dont la construction remonte à 1860, témoigne du souci qu’avaient alors les fabricants de tissus élastiques d’obtenir par un procédé automatique le métrage rigoureusement exact des tissus, dont l'extensibilité est telle que le moindre effort peut affecter l’opération particulièrement délicate du mesurage. La machine à mesurer, en évitant les chances d’erreur, a permis d’obtenir avec l’exactitude une rapidité appréciable.
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- Une mention spéciale doit être réservée à la collection très intéressante et très complète de M. Làmy-Torrilhon. Une notable partie de cet envoi se rattachait aux procédés de récolte : hachettes de seringueiros, machete,
- Bretelles de l’empereur Napoléon 111. (Collection Bailly.)
- cuillers, calebasses, tigelinas en terre d’ancien style, tigelinas modernes en fer, etc...
- Les espèces végétales et les latex étaient représentés par divers fragments d’écorces, une liane de landolphia, quelques spécimens de laits, et enfin, par une certaine quantité de dambonite, sucre que le regretté Aimé Girard a extrait du latex.
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- Parmi les pièces confectionnées par les soins des récolteurs, il convient de signaler des chaussures, poires, gourdes, etc., le plus souvent ornées de dessins obtenus à la molette. Les aptitudes artistiques des seringueiros s’affirmaient, en outre, par des figurines ou des groupes représentant divers sujets, tels que buffle, louve et son petit, Indienne-métis, etc.
- A côté de cette collection si attrayante, il faut mentionner les envois de M. Lerenard, intéressants par la date de leur préparation; une feuille caoutchouc souple avec insertion de toile métallique fabriquée en 1852, dont la souplesse et la conservation sont un exemple saisissant du souci de bien faire qui caractérise les marchandises fabriquées à cette époque.
- A signaler aussi un bas-relief en gutta, représentant l’intérieur d’un débit de boissons; cette pièce, dont l’exécution révèle quelque faiblesse au point de vue artistique, a été modelée en 1852 par un ouvrier de l’usine des Sablons, près de Metz.
- Enfin, cet intéressant envoi était complété par une série de dessus de brosses en caoutchouc durci finement gravés, avec des parties mates se détachant sur le fond d’un poli remarquablement brillant.
- MM. Mouilrau et Chevreau «avaient, exposé des jarretières en peau et des bretelles, dont les origines remontaient à 1785, 1821, 1825 et 1840.
- La Société industrielle des Téléphones avait mis à notre disposition quelques pièces seulement, mais la quantité se trouvait largement compensée par le haut intérêt qu’offrait sa collection ; une main en caoutchouc durci et une autre main en caoutchouc souple, d’une finesse de grain incomparable, un casque en durci d’un modèle projeté comme coiffure militaire, mais qui n’a pas reçu d’application.
- Deux bobines de fil naturel, d’une remarquable ténuité, témoignaient du degré d’habileté atteint, il y a soixante ans, par les ouvrières découpant les poires de caoutchouc en lanières assez fines pour pouvoir être employées dans le tissage des premiers tissus élastiques.
- La Société industrielle des Téléphones avait joint à son envoi une empreinte en caoutchouc représentant une femme couchée, vue de dos. Cette pièce curieuse avait figuré à l'Exposition de 1867, où elle avait été présentée par MM. Menier et Cie, qui avaient alors tenté de reproduire le corps humain en procédant au moulage d’un sujet vivant. La pièce était placée sur des draperies de façon à simuler une femme couchée sur le ventre, les bras repliés sur la tête et la face cachée dans un coussin.
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- Broderie des bretelles de l’empereur Napoléon III.
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- Ce procédé de fabrication n’a donné lieu, croyons-nous, qu’à cette tentative et n’offre qu’un intérêt de pure curiosité, mais à ce titre la place de cette pièce était marquée dans l’Exposition rétrospective où elle a eu un grand succès ; ajoutons qu’elle a provoqué les propos les plus divers.
- La regrettée Mme Sriber avait gracieusement mis à notre disposition un plumier en caoutchouc durci avec ornementation en relief fabriqué vers 1850. Cet objet, d’une exécution irréprochable, a permis de se rendre compte des progrès accomplis dans le moulage des pièces en caoutchouc au lendemain, pourrait-on dire, de la découverte de la vulcanisation qui, nous le rappelons, eut lieu en 1840, et ne trouva en France d’application que quelques années plus tard.
- Parmi les articles de voyage et de campement, il nous faut signaler une malle dont le fût en bois était recouvert de peau de cheval; la fabrication de cette pièce, présentée parM. Artus (hemi), remontait
- à 1617.
- Parmi les pièces de la collection Fayaud, il faut citer une sacoche arabe en cuir soutachée et ornée de paillettes et de sequins, sorte de sabretache importée en 1832, probablement quelque trophée d’un de nos vaillants pioupious.
- M. Gontier avait envoyé une collection de menus objets de voyage tels que gourdes, gaines d’argenterie, étuis à gobelets, bourses de peau à cadre d’acier avec fermeture à ressort, le tout datant du commencement du dix-neuvième siècle.
- Parmi les pièces confiées parM. Henry, signalons un des premiers lits portatifs pour explorateurs, la cantine qui accompagnait le général Archinard dans son premier voyage à travers le continent noir, et un étui à chapeau datant de 1850.
- Mme Vve Jacquelin avait mis à notre disposition le premier lit de campement que sa maison avait spécialement établi pour la guerre de Crimée. On sait les services qu’ont rendus ces modestes couchettes et le confort qu’elles ont procuré aux officiers qui ont suivi cette longue et pénible campagne.
- ^Ple Laüs, de l’Opéra, avait eu l’obligeance de nous confier une malle pour
- Bretelles du Prince impérial. (Collection Bailly.)
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- dentelles et bijoux, aux compartiments capitonnés de satin blanc et au coffre décoré dans le style florentin; sa fabrication remonte à 1740.
- La maison Maille-Layolaille exposait une malle de fabrication française portant à chacun de ses angles le millésime 1630, en clous de cuivre.
- M. Porte avait envoyé une collection de parasols variés datant du premier Empire. Mme Villiard nous avait prêté un coffret en bois peint confectionné en 1750.
- M. Vuitton avait envoyé une série de malles datant de 1840-50 et 1860-70.
- Dessin d’EcI. Morin pour la maison Guyot. (Musée Carnavalet.)
- Enfin M. Lucien Wiener, de Nancy, nous avait confié une des premières valises de 1848.
- Avant de terminer ce compte rendu, il convient d’adresser nos remerciements à tous les concours si obligeants qu’il nous a été donné de rencontrer. Les organisateurs du Musée ont cherché à justifier la confiance que leur avait témoignée l’Administration; les collectionneurs qui ont bien voulu se dessaisir temporairement de pièces intéressantes, ont facilité particulièrement leur tâche.
- Enfin, pour la réunion des illustrations qui accompagnent le texte, nous avons trouvé de la part de M. Sarriau une assistance éclairée à laquelle nous nous plaisons à rendre hommage.
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- On voit, par l'énumération qui précède, les développements donnés à l’Exposition rétrospective de la Classe 99. La faveur que le public lui a témoignée a été la légitime récompense des efforts tentés pour la réussite de cette entreprise.
- Il s’en dégage un enseignement dont l’importance ne saurait être méconnue, c’est le souci de fouiller les arcanes du passé et de réunir les éléments qui permettent d’apprécier les efforts de l’homme dans son incessant besoin d’amélio-
- rations
- C’est grâce à la patience des collectionneurs, autant qu’à leur appréciation sagace, que l’on peut soulever le voile qui s’étend graduellement sur le passé et le cache au présent, et ce n’est pas la moindre consolation que l’on puisse éprouver de savoir que le labeur patient des artisans des différentes époques peut être apprécié par les générations suivantes, grâce à la réunion d’objets qui sont le plus souvent le résultat d’efforts dans lesquels l’art et la science se trouvent réunis.
- Edmond CHAPEL
- Sac de voyage avec fond, de Pierre Godillot (1830)
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- SAINT-CLOUD.
- IMPRIMERIE RELIN FRÈRES
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