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Musée rétrospectif de la classe 92. Papeterie et papetiers de l'ancien temps, à l'exposition universelle internationale de 1900, à Paris. Rapport du comité d'installation. Papeterie et papetiers de l'ancien temps
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- MUSEE RETROSPECTIF
- DE LA CLASSE 92
- PAPETERIE & PAPETIERS
- de l’ancien temps
- A L'EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900, A PARIS
- RAPPORT
- COMITÉ D’INSTALLATION
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- MUSÉE RÉTROSPECTIF
- DE LA CLASSE 92
- PAPETERIE & PAPETIERS
- de l’ancien temps
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- MUSÉE RÉTROSPECTIF
- DE LA CLASSE 92
- PAPETERIE & PAPETIERS
- de l’ancien temps
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900, A PARIS
- RAPPORT
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- DU
- COMITÉ D’INSTALLATION
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- Exposition universelle internationale
- de i900
- SECTION FRANÇAISE
- Connntdeaite cjénéta f 3e fg ccj^aHtion
- M. Alfred PICARD
- £Ditectent ginetaf adjoint 3e f êccpfcâtation, cfaujé 3e fa «iecliou jxançaide
- M. Stéphane DERVILLÉ
- £Défécjné an detvice cjénétaf 3e fa Section jaauçaiàe :
- M. Albert BLONDEL
- £Défécjné an detvice dpéciaf 3e6 «Mntdéed centennancc :
- M. François CARNOT
- JlftcEitecte 3ed JlWdéed centennancc :
- M. Jacques HERMANT
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- COMITÉ ^INSTALLATION DE LA CLASSE 92
- Bureau.
- Président : M. Putois (G.), f|, Président de la Chambre syndicale du Papier et des
- Industries qui le transforment.
- Vice-président : M. Blancan (Ch.), Vice-Président de la Chambre syndicale du Papier et des Industries qui le transforment.
- Rapporteur : M. Poure (G.), »^, Fabricant de plumes [Maison Blanzy, Poure et Cie]. Secrétaire : M. Wolff (L.), fl, Cartonnages et Papiers [Maison Maunoury, Wolff et Cie].
- Membres.
- MM. Baignol (A.), Plumes et Crayons [Maison Baignol et Farjon]. Darras (Ch.), Papeterie [Maison Ch. Fortin et Cie].
- Hadrot (P.), f|, Toiles à peindre [Maison Binant et Cie].
- Lamy (Ch.), Papeterie-Begistres.
- Lhermite (G.), Machines-outils.
- Perrier-Lefranc (L.), Couleurs et Encres [Maison Lefranc et Cie]. Tochon-Lepage (P.), Papiers à dessin.
- Zeller (P.), f|, Cartonnages.
- COMMISSION DU MUSÉE RÉTROSPECTIF
- MM Bellamy (Ed.), f|, Papetier.
- Devambez (Ed.), f|, Graveur.
- Grand-Carteret (John), Collectionneur, iconophile et iconographe. Levée, Papetier.
- Rapporteur.
- M. Grand-Carteret (John), Collectionneur.
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- EXPOSANTS DU MUSÉE RÉTROSPECTIF
- D’ALLEMAGNE (Henry), à Paris.
- Petite pendule Louis XVI, à colonnes, entièrement en carton depuis le mouvement jusqu’au cadran.
- BÉGIS (Alexis-Alfred), à Paris.
- Lettres de décès, de bout de l’an; diplôme du Dr Guillotin; laisser-passer royal daté 1793. Tableau des libraires, 1779. Brochures diverses.
- Albums. Jeu de 32 cartes en couleurs, avec personnages célèbres (Restauration).
- BELIN (Mme Laure), à Paris.
- Quatre portefeuilles maroquin.
- Un almanach-nécessaire, dix-huitième siècle, maroquin.
- Quati’e almanachs, 1782, 1783, 1800, i8o5.
- Réflexions de la Rochefoucauld, édition de 1824, petit in-32, avec joli cartonnage de l’époque.
- BELLAMY (Edmond), à Paris.
- Meubles et outils divers provenant de l’ancienne papeterie H. Lard-Esnault, et datant du commencement du siècle.
- Presse dite à satiner, table-cousoir, pierre à battre, presse à rogner, comptoir. Reliures de livres de comptes et quatre cents pièces diverses se rapportant à la transformation du papier.
- BERTHIN (Eolde), à Beaurepaire (Isère).
- Quatre bois gravés de cartes à jouer, quinzième et seizième siècles (trois de ces bois gravés des deux côtés).
- BEURDELEY (Paul et Jacques), à Paris.
- Trente-cinq feuilles, papier à lettres, de Louis XV à Napoléon Ier. ,
- Vingt feuilles, papier à lettres militaire, de Napoléon Ier à Napoléon III.
- Cinq feuilles Garde nationale.
- Trois brevets de danse, contrepointe et bâton.
- Trois abat-jour.
- BRUNSWICK (Mme Berthe), à Paris.
- Un encrier de poche, bois thuya, style Restauration.
- BUISSON (E.), à Paris.
- Six éventails en papier (époque du Consulat).
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- — VIII —
- CARNOT (François), à Paris.
- Bois gravés anciens.
- DABLIN (Paul), à Paris.
- Factures diverses de corporations parisiennes, du dix-huitième au dix-neuvième siècle (98 pièces).
- Adresses commerciales (79 pièces).
- Etiquettes de parfumeurs et confiseurs, commencement du dix-neuvième siècle (12 feuilles). ,
- Trois écritoires dix-huitième siècle, quatre encriers corne ou cuivre, fin dix-huitième siècle.
- Deux encriers d’étudiants, en plomb (moyen âge).
- Six jeux de cartes à jouer, dix-huitième siècle et Révolution.
- Six jeux d’oie de la Révolution française.
- Quarante placards ou lettres mortuaires, dix-huitième et dix-neuvième siècles. Feuilles de compliments et de souhaits de jour de l’an.
- DEVAMBEZ (Ed.), à Paris.
- Une gravure de carte-adresse (J. Vicet, graveur).
- DOUMIC (Mme René), à Paris.
- Petits volumes d’enfants, avec vignettes coloriées et cartonnages illustrés (époque 1840).
- DUGRENOT (Henri), à Paris.
- Une papeterie cuir vert (ayant appartenu à la comtesse de Grammont); une papeterie cuir noir.
- Seize écrans à main (époques diverses).
- Deux calendriers perpétuels; six calendriers, 1818, 1819, 1834, 1887, i838, i845. Vingt almanachs.
- Quatre portefeuilles.
- Vingt abat-jour (de 1880 à i85o).
- Vingt-neuf éventails (Directoire, Empire, i83o).
- Un encrier porcelaine, un porte-plume nacre, un étui-cachet en argent.
- Deux cadres papier gaufré. Un cadre avec imagerie de sainteté (sainte Geneviève).
- FLOBERT (Paul), à Paris.
- Un encrier faïence, rond (dix-huitième siècle).
- Un carnet de bal Louis XVI, monture cuivre, plats en nacre gravée.
- Un faire part de prise de voile, daté 1788.
- Onze lettres à en-tête militaires (iet Empire et Louis-Philippe).
- Une lettre en-tête pour compliments (vers 1840).
- Compliment de tambour de la garde nationale de Rouen (Restauration).
- Cinq factures, à en-tête diverses.
- FONTAINE (L ), à Paris.
- Un chevalet pour peindre. Un vieux dessin encadré.
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- IX
- FORTIN (Charles), à Paris.
- Divers objets anciens de papeterie. -
- FOULONNEAU (Lucien-Alexandre), à Paris.
- Epreuves diverses. Impressions de papeterie (i83o à i85o).
- GAUBERT-TOURY à Paris.
- Trente registres (anciens).
- GILLET (Stéphane), à Paris.
- Quatre-vingt-neuf pièces, vues d’optique coloriées (château de Versailles avec les jardins; vue de la Porte Saint-Martin; vue de Bordeaux; vue du fameux phare. d’Egypte), etc., images, tîligranages, cartes-adresse, cartes à jouer, etc., affiches, almanachs, calendriers (l’Olivier de la paix), boîte pains à cacheter, etc.
- GRAND-CARTERET (John), à Paris.
- Gravures, calendriers, cartes, sujets divers, enveloppes, papiers illustrés. Factures, adresses commerciales, effet de commerce dix-huitième siècle, etc.
- Papiers des Johannot, i8i3 et 1817, avec portraits filigranés de Napoléon Ier, de Louis XVIII et de la duchesse d’Angoulême.
- Brochages dix-huitième siècle, avec dos imprimé et armoiries peintes sur les plats, à la façon des papiers peints. Brochures Restauration (série de petits volumes, avec titres collés sur les dos en manière d’étiquette).
- L'Eventail, poème.
- GROULT (Camille), à Paris.
- Une épreuve d’état d’un encadrement pour invitation, gravée par Choffàrd.
- Un brevet de pension signé Louis XVI (pension accordée à Greuze comme récompense nationale).
- GRUEL (Léon), à Paris.
- Cartes-adresse, factures et autographes de relieurs anciens.
- HARTMANN (Georges), à Paris.
- Cinquante pièces : gravures, adresses, prospectus et autres documents sur la papeterie.
- LANDRIN Fils (Armand), à Paris.
- Outils et bois servant à la fabrication du fusain.
- LAUTH-SAND (Mme Aurore), à Paris.
- Encrier Empire en étain ; chaîne acier avec clef en agate, cachet, pendeloque avec cachet; loupes breloques; compas; épingles en or et ivoire représentant une main tenant une lorgnette (époque Louis-Philippe).
- Un mètre en baleine et argent, dans son étui. Un almanach : Agenda des braves (Victoires des Français, 1792 à i8i5). Feuille de congé.
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- X
- LAYUS (Lucien), à Paris.
- Cartes-menus des restaurants d’autrefois (ier Empire, Restauration, i83o) : Rosset, rue Mondovi; Varlet, rue du Jardin-des-Plantes ; Dagnaux, rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés; Leverd, rue Montmartre; Bombarda, rue de Rivoli, etc.
- LAYUS (Mme Lucien), à Paris.
- Quarante-trois pièces : calendriers, buvard, menus, jeux, papiers à lettres, billets de part, almanachs, carnets de bal, cartes-adresse, étiquettes, etc.
- LEFRANC (M“e Emile), à Paris.
- Boîte de couleurs, fin dix-huitième siècle.
- MARIAGE (Jean), à Paris.
- Une lettre de faire part (1793).
- MARTEAU (Georges), à Paris.
- Planches de jeux, gravées, jeux de cartes anciens, vignettes, estampes, arrêts des Parlements, ordonnances et livres relatifs à la carte à jouer, de 1625 à 1776.
- MAS (Mme Georges), à Paris.
- Estampes diverses, cartes-adresse, jeux d’oie (85 pièces), deux léléoramas (cartonnages mis en mouvement et formant stéréoscope), monuments de Paris, écrans premier Empire, avec dessins de Fanchon la Vielleuse; jeux de cartes, boîte ronde i83o; papiers à gardes, etc.
- MASSIAS (Garriel), à Paris.
- Machine à plier les enveloppes de lettres, enlre 18^0 et i85o.
- MEUNIÉ (Félix), à Paris.
- Collection de petits almanachs du premier Empire, de la Restauration et de i83o (Janet, Marcilly et autres), remarquables par l’élégance et la fraîcheur des cartonnages.
- MOREAU-SAINTI (Mmc), à Paris.
- Eventail en papier, ancien.
- MORIN (Louis-Ernest), à Troyes.
- Vingt-deux pièces, billets de décès anciens, papiers filigranés, brochures sur la fabrication des cartes à jouer à Troyes (publications de M. Morin).
- PEAUGER (Mme), à Paris.
- Petit matériel de fabrication de cartes à jouer (vers 1789), comprenant : un grand ciseau à découper les cartons, cinq coins (cœur, carreau, pique, ti’èfle), un grattoir à tricorne, un polissoir, le tout provenant d’une fabrique de Limoges disparue vers i85o.
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- XI —
- PERROT (Emile-Constant), à Maisons-Laffitte.
- Soixante pièces diverses: images, calendriers, papiers, enveloppes, cahiers, plans de Paris anciens, éventails, etc.
- PETERS (Edouard), à Fontenay-sous-Bois (Seine).
- Quatre, registres système ancien. f
- Six pièces concernant la transformation du papier.
- PETIT DE MEURVILLE (Louis), à Paris.
- Quatorze lettres manuscrites, à en-têtes différents, gravés ou imprimés, datées de 1797 à 1802, adressées des armées du Rhin, du Danube et de l’armée helvétique au général Lecourbe.
- Un portefeuille armorié (lion couronné), dix-septième siècle.
- PLATEAU (Jean), à Paris.
- Bâtons de cire pour poste, rouges, datant de l83o.
- Moule ancien à hosties (avec figure du Christ).
- PUTOIS (Georges), à Paris.
- Quatre lettres de Nicolas-Louis Robert, inventeur de la machine à papier, et relatives à son invention (dont une lettre à ses enfants datée l8l5, document précieux pour l’histoire du malheureux inventeur).
- Pièce notariée portant délivrement de brevet à Robert (27 nivôse, an VII). Biographie de Havard, premier président de la Chambre syndicale du papier et des industries qui le transforment.
- Dessins de la machine Robert (1).
- ROQUES (A.), à Paris.
- Trois anciennes couvertures de registres à dos carré.
- Onze pièces sur les enveloppes (l844)-
- Une brochure : Règlement des Papetiers-colleurs (1753).
- SACRÉ (Georges), à Niort.
- Trois bois gravés avec inscriptions, devise et portraits de femmes.
- SAFFROY (Armand), au Pré-Saint-Gervais (Seine).
- Documents sur les métiers, jurandes, maîtrises, arts. s
- Vingt estampes. Deux cents arrêts, édits, lettres patentes et imprimés, in-4°.
- Vingt affiches in-4H double, dix-septième et dix-huitième siècles.
- Vingt plans de batailles françaises, au dix-huitième siècle, manuscrits coloriés.
- Vingt pièces sur parchemin, du treizième au dix-neuvième siècle inclus.
- Trente autographes, lettres, brevets, contrats d’apprentissage, patentes, etc. Ornements en écriture, à la plume et gravés.
- (1) Il existe un portrait en miniature de Nicolas-Louis Robert, lequel appartient à Alfred Firmin-Didot.
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- XII
- SAINT-SAUD (Comte de), au château de la Yalouse (Dordogne).
- Un almanach minuscule (in-128), enchâssé dans un petit boîtier en or Louis XVI, et formant breloque.
- SALOMON (Georges), à Paris.
- La plus petite bibliothèque du monde: 1000 volumes (almanachs, codes, dictionnaires, grammaires et autres), format in-64 et in-128, renfermés en une sorte de grand livre in-folio, formant bibliothèque-vitrine, et reposant sur un vieux lutrin.
- SAVIGNY DE MONCORPS (Vicomte et Vicomtesse de), à Paris.
- Etuis en carton maroquiné, tabis ou papier bleu.
- Huit almanachs et calendriers dix-huitième siècle.
- Huit almanachs dix-neuvième siècle dans leurs cartonnages et reliures.
- Quatre calendriers en feuilles, avec leurs cadres, dix-huitième siècle.
- Un almanach dit de la « naissance de Monseigneur le Dauphin », avec gravure et encadrement coloriés, passe-partout.
- Jeu de cartes avec « scènes historiques de la Révolution de i83o ».
- SÉBILLOT (Paul), à Paris.
- Cinquante menus divers.
- Images populaires, de sainteté et de pèlerinage, images de corps de métiers, almanachs.
- TISSANDIER (Albert), à Paris.
- Dix-sept petites gravures, coloriées ou découpées, images de piété (fin Louis XV et Louis XVI).
- TOURY (Charles), à Paris.
- Neuf registres anciens (dos carrés et dos ronds).
- WEBER (Mme Jean), à Paris.
- Eventails anciens, en papier.
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- PAPETERIE & PAPETIERS
- DE
- L’ANCIEN TEMPS
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- OUVRAGES DE M. GRAND-CARTERET
- se rapportant au Livre, à l’Image et au Papier
- Le Livre et L’Image* Revue documentaire illustrée avec de nombreuses vignettes, 1892-1894. 3 volumes in-4°. Paris, Ancienne librairie Fontaine (Rondeau, suce1). Epuisé.
- Vieux Papiers, Vieilles Images. Cartons d’un Collectionneur. 1 vol.
- in-8° jésus de 55o pages, avec 443 illustrations dans le texte et 5 planches coloriées, hors texte. Paris, 1896. A. Le Vasseur et Cie, éditeurs. Prix : 20 francs. Epuisé.
- Les Almanachs français (Bibliographie-Iconographie) publiés à Paris de 1600 à 1895. (Almanachs, Années, Armoiries, Calendriers, Chansonniers, Etats, Etrennes, Heures, Listes, Livres d’adresses, Tableaux, Tablettes, etc...) 1 vol. gr. in-8° de 960 pages, sur vélin spécial, donnant la description de 3633 volumes, avec 3o6 illustrations dans le texte et 5 planches hors texte, coloriées au patron. Paris, 1896. J. Alisiè, éditeur, 176, rue de Rivoli. Prix : 5o francs.
- Ouvrage tiré à 1 2bo exemplaires et honoré de la Souscription du Ministère de VInstruction publique. Restent quelques exemplaires.
- Imprimé par BELIN FRÈRES sur teinté couché mat, de la Maison G. PUTOIS.
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- Sco/b niceujc, tj u’a-te'Sico/e otc re^/zoitr li/znoce/oce-
- Ote Sut ' un arbre on cereuo tiu fer^e uac ,
- Eu face /tre /or itene a, ton anza/itr /zcutrotcjc
- Et /ut/ attire acte lus non aura Co n/zoefr euzeCe
- / 4 m. r
- ' '/>/!/ ‘ l-r et r Z c ’/t or ! ce II .-UC eti\r Afe'-.n c “ Z C fe e/l cz. 1/ 'fini.. 1/ e . ~CI c tl . Il le ce f.ferl'r / et U /Z ny
- Pointure de Jean-Baptiste Santerrc (iCoo-iyij) montrant une jeune épistolière cachetant sa missive à cachet volant, c’est-à-dire ne tenant qu’à l’un des plis de la lettre. Devant elle, son nécessaire à écrire et le gros bâton de cire rond.
- (Collection de railleur.)
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- JOHN GRAND-CARTERET
- <=§<=> <=§<=>
- PAPETERIE
- & PAPETIERS
- DE
- L’ANCIEN TEMPS
- Les Corporations — Les Boutiques — Les Marchandises Notices sur les Enveloppes, l’Encre, les Encriers, les Plumes, les Crayons, le Papier à lettres, la Cire, les Pains à cacheter, les Portefeuilles — Copies d’écritures Bibliographie — Enseignes, Étiquettes et Adresses des Marchands-Papetiers d’autrefois
- Avec 160 illustrations documentaires
- PARIS
- En l’officine de Georges Putois, Maître Marchand-Papetier Ancien Juré et Garde de la Communauté 3, rue Turbigo
- 1913
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- Intérieur de graveur : à gauche, sur le devant, ouvrier gravant sur cuivre; dans le fond, pressiers.
- (Gravure de Duplessis-Ber taux.)
- AVANT-PROPOS
- Glose sur le papier et ses fervents. — Papier, papeterie et papetier. Le livre d’or de la corporation.
- A M. Georges Putois.
- Mon cher Président,
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- Ceci devait être un rapport, une sorte de catalogue explicatif et détaillé d’une Exposition spéciale.
- C’est, comme on le verra, un volume.
- Ceci devait être l’exposé des efforts d’un groupement constitué en vue d’apporter sa pierre à ce véritable monument de l’histoire de nos industries, patiemment et laborieusement élevé par quelques hommes d’étude et de pensée, mes collègues à l’Exposition Universelle de 1900, — cette Exposition, qui a marqué entre toutes, qui laissera de son existence des traces profondes, parce que, la première, elle sut joindre au plaisir, à la gaieté, à la vie, à ce qui, de toute éternité, constitua les attractions classiques des grandes foires, la note de la documentation par l’image, par les objets eux-mêmes, par la reconstitution de tout ce qui avait caractérisé les mœurs, les habitudes sociales, la façon d’être d’autrefois.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- En montrant la grandeur et la richesse du présent, la pleine expansion des grandes industries grâce aux progrès de la science et du machinisme, en reconstituant, époques par époques, étapes par étapes, le passé de chacune des branches de l’activité humaine, 1900 a réellement innové; 1900 a posé les bases de ce que devra être, à l’avenir, toute grande exhibition, qu’elle soit générale ou partielle, qu’elle soit internationale ou simplement nationale, dans ses recherches de comparaison.
- On pourra faire plus complet, plus documenté; on pourra, surtout, — comme mes collègues de la Papeterie et moi nous entreprîmes de le faire, — faire revivre plus exactement les choses, dans leur cadre spécial, en reconstituant une boutique d’autrefois sous sa forme extérieure ; on ne fera pas mieux.
- Ceci, donc, eût pu être un simple guide, un mémento, la fixation cataloguée de ce qui avait été réuni pour un but défini.
- Et voilà que cela se trouve être, si ce n’est dans sa valeur, tout au moins dans son esprit, une sorte d’histoire, de monographie du papier et de tout ce qui s’y rapporte; pour mieux dire, un répertoire des objets multiples qui étaient vendus par les papetiers-merciers dans leurs boutiques, en un mot, un livre qui, je m’empresse de le reconnaître, ne se saurait, cependant, comparer aux œuvres vraiment remarquables de mon collègue à l’Exposition, M. Henry D’Allemagne, sur les jouets et sur les cartes à jouer.
- Une histoire! non pas la nomenclature sèche et aride d’objets exposés, amassés, réunis, groupés dans un simple but de curiosité, de rétrospec-l'wité, mais une évocation du passé ou plutôt d’un coin de vie d’autrefois, par la recherche des particularités, des détails, pour autant que cette évocation nous permet de pénétrer dans l’intimité de certains gestes, pour autant qu’elle contribue à nous faire connaître la façon dont se pouvaient accomplir certaines fonctions qui, de tout temps, appartinrent en propre à l’humaine nature.
- Comme toujours, les choses les plus intimes, les plus usuelles, et par cela même, aussi, les plus intéressantes, les plus à notre portée, restèrent longtemps pour nous lettre close.
- Et cependant, c’est de tous ces petits côtés, de tous ces petits riens, — ce que l’on a si dédaigneusement dénommé les miettes de l’histoire, — que se trouve constituée la grande histoire de l’humanité.
- Le récit des batailles, des conquêtes et des victoires ne sert qu’à nous
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- GLOSE SUR LE PRPIER
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- renseigner sur le chiffre des hécatombes humaines ; le récit des luttes de peuple à peuple ne sert qu’à nous fixer sur les désastreuses conséquences des ambitions dévorantes propres aux conducteurs de peuples.
- Ces récits ne nous apprennent rien.
- Ils ne nous font pas pénétrer dans l’organisme de nos ancêtres. Ils ne nous renseignent pas sur leurs façons de vivre; ils ne nous découvrent pas les secrets de leur existence ; ils ne nous font pas assister à leur toilette ni à leurs repas, ni à leurs affaires, nia leurs plaisirs; ils ne touchent ni à leur vie publique ni à leur vie intérieure.
- Certes, bien des détails de l’existence ancienne nous ont été révélés depuis une cinquantaine d’années par ceux qui, fouillant patiemment les archives, ont cherché à leur arracher les secrets du passé, mais combien encore restent, pour nous, incomplets, imparfaitement élucidés!
- Le costume, la table, la vie mondaine, la vie de famille, les classes sociales elles-mêmes, dans leurs attributions générales, tout cela, assurément, a été l’objet d’études, de monographies.
- Mais sur les moyens de communication, sur les façons de voyager, sur la façon de comprendre la nature, ou bien encore sur certains facteurs de la vie sociale, sur l’éclairage par exemple, —ce que M. Henry D’Allemagne a si bien appelé le luminaire, — sur la rue et sur toutes les particularités de son grouillement quotidien, les travaux sont plus récents : sur certaines particularités même, les études, encore purement locales, n’ont pas permis d’arriver à des vues d’ensemble.
- Il est vrai que M. Henry D’Allemagne — dont les œuvres sont publiées avec un soin, avec une richesse dignes de ses connaissances approfondies et de sa fortune personnelle — nous a donné l’histoire des jouets, des cartes à jouer, véritables monuments après lesquels rien plus ne saurait être glané.
- Il est non moins vrai que les précieux volumes du vicomte d’Avenel, sur le mécanisme de la vie, permettent, grâce à une richesse extrême de documents, d’embrasser tout ce qui tient aux manifestations multiples de l’existence.
- Moi-même, — il me sera bien permis de le rappeler ici, — n’ai-je pas pris une certaine part au mouvement, en dressant le catalogue descriptif des anciens Almanachs français, en écrivant l’histoire de l’Enseigne et de ses particularités multiples, en plaçant l’homme devant la Montagne, en dégageant, en analysant, en exposant ses sensations intimes devant
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- ces hauteurs, jadis redoutées par lui, — lorsqu’elles donnaient asile aux conquérants féodaux ; — aujourd’hui recherchées par lui, alors qu’il y est, moins dangereusement, mais tout aussi profondément, pillé par le seigneur-hôtelier.
- N’ai-je pas préparé expositions et publications documentaires, dans un but d’enseignement, et non pour le banal plaisir de donner satisfaction à quelques amours-propres de collectionneurs, en créant Le Livre et l’Image, cette revue qui a mis au premier plan le document dans son importance historique; en publiant Vieux Papiers, Vieilles Images, à la suite de Y Exposition rétrospective du Livre, organisée par mes soins en 1894.
- Le Papier et l’Image, deux facteurs importants de la vie : le Papier sous ses formes multiples, avec ses usages éternels, l’Image qui sert à fixer ce que notre œil a emmagasiné ; le Papier qui sert de véhicule à notre pensée, l’Image qui fait notre joie, qui nous prend dès le berceau et se trouve être notre dernière consolation, lorsque la réalité a disparu.
- Le Papier et tous ses accessoires; le Papier qui, huilé, servit des siècles durant — du quinzième à la fin du dix-septième — de vitres aux fenêtres, le Papier qui mâché, laqué, contribua à la fabrication de tant d’objets, le Papier qui nous a donné nappes et serviettes, coupes et assiettes; qui permit à tant de gens d’arborer col et manchettes d’un glaçage inimitable ; qui sert à fabriquer des corbeilles et des abat-jour ; le Papier qui, sous prétexte de joie populaire, nous a réservé les surprises peu agréables des confettis et des serpentins ; le Papier qui nous a permis de fabriquer carton, bois, cuir, paille, et même carton bitumé; le Papier qui, déjà, nous sert de toiture et avec lequel on construit des canots, des petits bateaux allant sur T eau —. le Papier qui, demain, nous fournira peut-être nos vêtements et nos meubles !
- Le Papier qu’on a appelé, non sans raison, « notre confident le plus intime », puisque c’est à lui que nous confions nos pensées; le Papier qui, au moyen de la correspondance, permet aux hommes de communiquer autrement que verbalement; le Papier qui nous apprend tout ce qui se dit et tout ce qui se fait; le Papier sur lequel on écrit et sur lequel on dessine, le Papier sur lequel on imprime, le Papier sur lequel on grave; le Papier qui est destiné à ne pas sortir des limites d’une stricte intimité, le Papier qui doit porter les nouvelles aux quatre coins du monde ; le Papier, lettre, livre ou journal; — en un mot le Papier dans toutes ses transformations et avec tous ses accessoires.
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- BpEfepS ]f: i;
- Or qu’est-ce que cela, sinon l’Exposition même de la Classe 92 en 1900; cette Exposition dont vous fûtes, mon cher Président, l’âme et la cheville ouvrière; cette Exposition qui, grâce à vous, grâce à vos remarquables facultés d’organisation, grâce à votre activité incessante, grâce à votre compréhension parfaite des choses, se montra aussi ingénieuse qu’instructive.
- Papier, Papeterie, Papetier : pour beaucoup de gens, pour la masse, cela ne rime à rien ; le papier ne les intéresse que lorsqu’il est bleu, de ce certain bleu dont la Banque de France, seule, a le secret; la papeterie est la petite boutique du coin où l’on vend mille et mille choses, où l’on trouve de tout, même des épingles, du fil et de la mercerie, dernier reste, dernier spécimen vivant de ces merciers-papetiers dont l’histoire est intimement liée à celle du commerce lui-même, qui furent la plus riche de toutes les anciennes corporations ; le papetier c’est un boutiquier quelconque, quoiqu’on lui reconnaisse, cependant, une sorte d’aristocratie dans l’ensemble de la boutiquerie.
- Je sais bien que Restif, qui a appelé certains de ses personnages Grandraism et Double/in, Petit Colombier et Double 'Colombier, nous a plus dune fois, dans ses Contemporaines, toujours si précieuses à parcourir, parlé des jolies papetières chez lesquelles il aimait à venir bavar-
- LA BELLE MARCHANDE DE CARTES
- Gravure de Binet pour les Contemporaines par Gradation de Restif de La Bretonne (dix-huitième siècle).
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- cler (1); je sais aussi que Quineampoix, personnage d’une pièce de la Restauration : Les petits papiers, nous prône fort les avantages, la condition sociale, Y indication du papetier qui rime si bien avec épicier, qui, à force de vendre du papier blanc, finit par être blanc comme neige et par se prononcer pour les blancs — lui seul vendant des papiers qui ne mentent jamais; — il me souvient également que dans une pièce de Scribe, faisant partie de son ancien répertoire au Théâtre de Madame, on vante les charmes et la position d’une jeune personne dont la mère tient une papeterie fort achalandée en jolis bibelots.
- Dans Paul de Kock, une mère d’actrice insinue à sa progéniture qu’il faut bien se garder de trop prendre à la lettre ce qu’on vous écrit sur papier à lettre, et Louis Festeau, le chantre des Egrillardes qui, volontiers, eût composé ses couplets sur des feuilles de vigne, s’est amusé adonner à chacun le papier qui lui convient.
- Le sage écrit sur parchemin,
- Sur coquille l’amant griffonne ;
- L’excellence use du vélin,
- Et les rois ont pris la couronne.
- Sur tellière on lance un plan,
- Lise, pour tracer quelques lignes,
- Achète du petit poulet.
- Hélas ! que de choses changées depuis les Eg rillardes, c’est-à-dire depuis 1842. Le petit poulet ne se trouve plus qu’en quelques rares boutiques, le vélin s’est démocratisé en boîtes à 75 centimes, et bien des rois « qui avaient pris la couronne » l’ont perdue. Les bergères ne sont plus facilement couchées sur les testaments des princes, mais, en revanche, c’est à qui fera paraître des Nu Idéal et autres insanités phoutographiques sur du papier couché... l’on pourrait dire pour toujours,... appelé qu’il est à promptement disparaître.
- Rien des fois, sur les images relatives aux métiers, l’on a vu apparaître la Papetière, la jolie Papetière. Si elle ne figure point parmi les belles filles de Lanté aux grâces charmeuses, elle n’a pas été oubliée de Philipon et de Rouchot dans leurs séries si caractéristiques sur les belles boutiquières et sur les costumes figurés, ce que les Ronnart, au
- (i) Une nouvelle des Contemporaines par Gradation, porte pour titre : La Belle libraire ou la Vie de la Rose et de la Marâtre. La jolie Papetière ou la bonne amie. Et la papetière porte le nom significatif de Rosette Rame.
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- dix-septième siècle, appelaient les Habits des métiers. La Papetière, de Bouchot, avec son collier de perles de Petite vertu et son grand livre ouvert en forme de jupe, invitant à la correspondance, pourrait presque servir d’enseigne à quelque papeterie nouveau style.
- Lithographie coloriée de Bouchot (vers i83o) pour une série de figures allégoriques représentant les commerçantes de Paris avec la figuration des marchandises vendues par elles.
- Bien des fois l’on a essayé la physiologie du papetier-libraire ; toujours, il me semble, on a dit de lui trop ou pas assez. Le papetier vend de tout, lit-on sur une petite brochure de 1842, « c’est pour cela qu’il n’est iu chair ni poisson » ; « le papetier est chartiste et Louis-philippiste », dit
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- l’auteur de Paris en 1830; « le papetier aime à rire et facilement il vous récite les calembours qu’il vend à la feuille », affirme Henri Monnier. Commerson nous a conté les amours déréglées d’un papetier qui avait fait sa fortune dans la vente du papier réglé, et André Gill, qui a souventes fois décrit la petite boutique où il venait acheter son papier et ses crayons, a prétendu que le papetier « se ferait pendre pour un sou ».
- Je ne sais si, plus que d’autres, les papetiers aiment à rire, mais mes anciens collègues — pour la plupart papetiers émérites — ne m’en voudront certainement pas de ces quelques digressions et de ces souvenirs humoristiques.
- Je ferme la parenthèse et, comme les acteurs ; an rideau, je reviens à notre sujet : au papier, au papier qui est notre vie, qui est notre sang, qui nous assure l’existence puisqu’il nous sert de monnaie, qui reçoit nos promesses et nos engagements, qui, revêtu de notre écriture, de notre signature, peut assurer notre bonheur ou consommer notre perte. Faut-il le dire, l’homme n’est pas seulement carnivore et herbivore, il est en même temps pcipivore et notre âge sera, entre tous, T âge du papier.
- On a souvent construit sur le sable des châteaux en Espagne. Nous avons vu, nous, les gens de la génération de 1850, tout un Empire s’effondrer sur le papier après avoir brillé d’un incomparable éclat.
- II
- Voici donc, enfiu, après tant d’attentes, le livre qui vous tenait à cœur, mon cher Président, le Livre cl’Or du papier, de la papeterie et des papetiers, un Livre d’Or qui devait voir le jour au lendemain de 1900, qui devait être un rapport et que, bien des événements imprévus: une longue et grave maladie, puis mon éloignement de Paris, ne m’ont pas permis de donner au moment opportun.
- Un rapport officiel sur la Classe 92 de l’Exposition de 1900 serait, aujourd’hui, saus raison d’être; un livre sur la papeterie et les papetiers, conçu à propos de l’Exposition rétrospective qui en fut l’origine, a quelques chances pour être encore le bienvenu.
- Vous l’avez compris et c’est pourquoi, mon cher Président, vous avez bien voulu patiemment attendre l’œuvre qui demandait, pour être mise au point, des années d’études et de recherches.
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- Ce qu’elle vaudra, c’est vous, ce sont les intéressés, tous les amateurs et collectionneurs de petits papiers, de petites images, de curiosités de toutes sortes, jadis vendues en la boutique du papetier, qui pourront l’apprécier et qui seront à même de le dire.
- Car ce livre n’est point l’histoire d’une corporation, écrite au jour le jour d’après ses registres et à l’aide de pièces officielles, mais bien l’historique du commerce de la papeterie, la nomenclature des objets qui se vendaient en la boutique des marchands-merciers, des marchands papetiers-colleurs de feuilles, des marchands cartiers-cartonniers, la recherche, l’étude et la reconstitution de toutes les industries accessoires, et le Bottin, le Livre d’Or, en quelque sorte, des anciens papetiers, dressé d’après les Listes des Six Corps d’Arts et Métiers, d’après les almanachs, comme les Tablettes cle Renommées, Y Almanach Dauphin, Y Almanach Général cl’ Indication, ou bien encore d’après les cartes-adresses, cartes-réclame et étiquettes dont se servaient la plupart des marchands.
- Un dernier mot. J’ai dit qu’il ne pouvait plus être question, ici, d’un rapport officiel, de la nomenclature, avec annotations et explications, de pièces exposées dans des vitrines ou sur des surfaces murales. Quoiqu’il s’agisse, avant tout, d’objets rétrospectifs, on ne saurait en effet trouver intérêt à cataloguer des estampes, des papiers ou des bibelots qui, sortis, un instant, de leurs collections, y sont rentrés pour un temps indéterminé. L’explication des sujets n’a sa raison d’être que lorsque les dits sujets sont sous les yeux du visiteur. Cependant je dois dire que plusieurs de ces documents ont servi de base au présent travail, que quelques-uns se trouvent reproduits en fac-similé et qu’il y sera fait souvent allusion au cours de ces notices. Comment parler, en effet, d’almanachs sans citer la collection, véritablement unique, du vicomte de Sa-vigny de Moncorps; de minuscules sans rappeler la collection Salomon; d’en-têtes de factures, de lettres de part, sans se souvenir du regretté Paul Dablin; de jeux de cartes sans mentionner la collection Marteau; de jeux d’oie, sans évoquer le nom de M. Cottreau; de cartes de restaurants du premier Empire et de la Restauration, sans signaler les si curieux et si rares spécimens recueillis par M. Lucien Layus; de papier cà lettres, à en-têtes de fantaisies, militaires ou civiles, et d’imagerie populaire, sans regretter la collection vraiment unique, formée par mon ami, feu Paul Beurdeley.
- Comment parler des réunions, vraiment uniques, de documents sur
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- les corps de métiers, sur les mo les et les chapeaux, sur toutes les fantaisies du graphique, sur le journal à images, sur la curiosité illustrée, sans citer les noms de Paul Sébillot, d’Edmond Liesz, d’Alfred Hartmann, de feu Ernest Maindron, amis qui me confièrent si souvent leurs pièces, et aux efforts desquels je ne saurais trop rendre justice.
- Depuis lors, il est vrai, de nouvelles collections se sont constituées; depuis lors, une société qui a bien voulu rappeler, elle-même, la part considérable que je pris à sa fondation, et qui, en 1900 encore, était dans sa période d’éclosion, j’ai nommé Le Vieux Papier, a pris largement son essor, et a constitué en quelque sorte, grâce à des bulletins dont l’intérêt va toujours grandissant, les archives du papier et de Ja papeterie.
- Dès maintenant le papier a ses conservateurs, ses chercheurs, ses classeurs, non qu’il ait été négligé jusqu’alors, puisque le cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale, lui-même, avait et a une division Papier [série L, industrie, division Li], dont la partie la plus curieuse est, très certainement, les onze recueils de papiers de tenture d’appartement déposés « suivant la loi », de l’An III à l’An X; — puisque les jeux de toutes sortes, jeux de cartes, jeux d’oie, casse-têtes et autres, tout comme les calligraphies et traits d’écriture, et les découpages eu papier, se trouvent en abondance dans la série K; — puisque les éventails occupent à eux seuls dix recueils de la division Li. — Mais combien étions-nous, aux abords de 1885, à demander, à feuilleter ces recueils, pourtant si précieux quelquefois pour l’histoire des mœurs et du costume, et avec quel mépris feu Duplessis considérait-il le « rare chercheur» qui, d’après lui, venait ainsi se livrer à un travail de chiffonneriel
- Mon excellent ami, Henri Bouchot qui, chose rare pour un chartiste, fut un passionné de l’image, n’est malheureusement plus là pour le dire; mais son successeur, François Courboin, qui a su croquer avec tant d’esprit les fidèles habitués du Cabinet des Estampes, est toujours des nôtres et ce n’est pas lui qui me contredira. Eh bien, je préfère le déclarer, sans en nullement rougir du reste, le rare chercheur, — unique serait peut-être plus exact, — c’était moi, mon cher Président, et il a fallu Y Exposition du Livre et des Industries du Papier, en 1894, dans ce vieux Palais de l’Industrie si bêtement sacrifié à la manie du démolissage, puis Y Exposition rétrospective de la Mode en 1896, au Champ de Mars, — Exposition qui, pour la première fois, mit en valeur la riche collection d’Emile Liez — et enfin l’Exposition universelle de 1900 pour me permettre de restituer
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- des tranches de vie ancienne, — mœurs, usages et coutumes, — à l’aide de ces documents que maints collectionneurs classiques, enthousiastes de la grande marge et de l’épreuve unique, traitent encore de papaillerie et considèrent comme quantité plus que négligeable.
- Aujourd’hui, heureusement, avec ce qui se distribue dans les rues, s’envoie à domicile et se vend dans les papeteries, on fait de l’histoire. Et on sait tout le parti qu’a su tirer de ces documents un passionné de la petite image, le Dr Georges Baillière, avec sa très pittoresque et très vivante Chronique des Prospectus.
- Aujourd’hui, non moins heureusement, tous les membres de la société Le Vieux Papier me suivent dans la carrière : MM. Henri Vivarez, Paul Flobert, Jules Pellisson, Marcel Monmarché, Achille Bertarelli, bien d’autres que j’oublie sans doute, ont constitué des collections et sont à la piste des pièces qui se vendent; car la petite image, les factures, les étiquettes, les cartes-adresse, tous les papiers à ornements, ont maintenant souventes fois les honneurs de la salle Sylvestre et même de la salle Drouot. On n’a pas oublié les prix auxquels atteignirent certains de ces objets lors de la vente Paul Dablin (1).
- Ap rès l’imprimerie, après la librairie, la papeterie qui, grâce à vous, mon cher Président, fut un des clous de l’Exposition de 1900 — un ministre de cette année de fin de siècle voulut bien le déclarer publiquement — et qui, grâce au concours effectif et empressé de l’Administration, grâce à l’appui que nous prêta M. François Carnot, put offrir au public un type exact et pittoresque d’ancienne boutique aux amusantes enseignes.
- Ce livre est bien quelque peu vôtre, puisque c’est par vos soins qu’il voit le jour.
- John Grand-Carteret,
- Organisateur de l’Exposition rétrospective de la Classé 92 et rapporteur du Comité.
- 0) Organisée par Dablin lui-même, cette vente sera toujours précieuse à consulter au point de vue du prix marchand de certains documents. Combien faut-il regretter qu’on ne puisse en dire autant de la vente Maindron, qui, en quelques heures, vit jeter au vent les précieuses collections amassées par cet homme aussi aimable qu’érudit. Il y avait là de petits papiers sans prix, qui furent dispersés à vil prix.
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- Titre
- a encadrement orné pour recueil commercial : les vignettes de la partie inférieure sont, comme on le voit, relatives au commerce maritime (fin dix-huitième siècle).
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- Formule de traite gravée, en vente chez les papetiers (premières années du dix-neuvième siècle).
- CHAPITRE PREMIER
- Vendeurs et procédés de fabrication. — Des marchands et communautés qui avaient le droit de vendre papiers et objets de papeterie. — Marchands merciers, maîtres cartiers, colleurs de feuilles. — La fabrication du carton. — L’art de la dominoterie. — De quelques communautés tenant à la papeterie.
- Il y a, est-il nécessaire de le dire, le papetier qui fabrique et le papetier qui vend du papier. Le premier, le fabricant, ne sera guère de notre ressort que comme cartonnier ou papetier-colleur ; le second, seul, celui qu’on avait toujours soin d’appeler, au dix-huitième siècle, le marchand papetier-mercier, pour bien définir la fabrique ou le négoce, est en entier de notre domaine.
- Donc, sans parler des fabricants, trois corporations prenaient le titre générique de papetiers, ou l’ajoutaient à leurs autres qualificatifs ou prétendaient avoir, seuls, le droit de vendre le papier; c’étaient :
- 1° Les marchands merciers, soit en gros, soit en détail, en magasin ou en boutique;
- 2° Les maîtres cartiers-cartonniers-feuilletiers-dominotiers ;
- 3° Les colleurs de feuilles et feuillets.
- Ajoutez que le papier pouvait être également débité par ceux qui
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- possédaient des lettres de regrat, c’est-à-dire par ceux qu’on appelait vulgairement des regratiers. Or, le regratier qui n’existe plus, aujourd’hui, que pour certaines denrées d’usage courant, était, en réalité, le petit marchand de seconde main ayant obtenu ce que l’on nommait alors une lettre de regrat, autrement dit le droit de vendre à petits poids et à petites mesures. Si bien que, en fait, le regratier ne pouvait vendre le papier qu’à la feuille.
- Pourquoi les merciers, la plus riche corporation du royaume, vendaient-ils du papier? parce qu’ils étaient les marchands par excellence, ainsi que l’indique leur qualificatif tiré du latin merx-venditores mercium ; parce qu’ils avaient « le droit de vendre toute espèce d’objets et de produits, quelles que fussent leur nature et leur provenance », en réalité, toute chose dont on peut faire commerce ou trafic ; parce que leurs boutiques, dès le quatorzième siècle, correspondaient déjà à nos magasins de nouveautés. Et les merciers, d’après les statuts de 1601 et 1613, comprenaient jusqu’à six états de marchands — [Savary, ainsi qu’on le verra par la note ci-bas (1), va bien plus loin encore, puisque, dans son Dictionnaire du Commerce (Paris, 1741), il parle de vingt classes] :
- 1° Le marchand-grossier (marchand en gros) ;
- 2° Celui de draps d’or, d’argent et soye ;
- 3° Celui d’ostacles et serges ;
- 4° Le tapissier ;
- 5° Le marchand de menue mercerie ;
- 6° Celuy de gouaillerie (orthographié quelquefois aussi joyallerie).
- « Marchands de tout, faiseurs de rien », comme il est dit en un vieux proverbe, tous les merciers pouvaient donc, en principe, débiter le
- (i) Ce troisième des Six Corps qui, par les Statuts de janvier i6i3, était appelé : Merciers-Grossiers-Joyaliers, avait élé établi par Charles VI. C’est lui qui lui donna ses premiers statuts en 1407 et 1412. Ils furent confirmés et augmentés par Henri II en i548, i557-i558 ; par Charles IX, en 1567, 1070;
- par Henri IV, au mois de juillet 1601; par Louis XIII, en janvier i6i3; par Louis XIV, au mois d'août i645.
- La Communauté devait être régie par eux jusqu’à la Révolution.
- « Ce corps », dit Savary. « qui dès i557 était si nombreux que Henri II, faisant faire au Landi une revue générale des gens de pied de Paris, y trouva sous les armes 3ooo merciers, et en si bon équipage qu’il les fît mettre en bataille par le Prince de la Roche-sur-Yon, est actuellement si étendu et si considérable qu’il est divisé comme en vingt classes différentes. »
- Les Merciers avaient présenté leurs statuts à l’homologation d’Etienne Boileau, en 1268.
- D’après la Liste générale et Rooles de tous les arts et mesliers en jurande, dressée en 1086, ils figuraient au premier raxg, qui sont les meilleurs mestiers, et appartenaient à la première classe (il y en avait trois ; pour être de la première, les corporations devaient compter au moins 5oo maîtres).
- (Voir, pour plus amples détails, le Livre des Métiers, édition de 1879, par Rexé de Lespixasse et F. Boxxardot.)
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- papier, mais il ressort clairement de cette division en états, ou mieux en spécialités, que vendaient, seuls, du papier, le marchand-grossier, le tapissier-dominotier ou cartier et le marchand de menue mercerie ; celui qui se rencontre quelquefois encore dans les faubourgs ou les quartiers excentriques des grandes villes et dont l’enseigne de papetier-mercier revêt une singulière éloquence pour ceux qui sont familiers avec les origines des corporations.
- En 1769, Y Almanach Général cTlndication fait figurer sur sa liste des papetiers quelques merciers, jouailliers, bijoutiers, quincailliers, marchands de modes, de toiles, dentelle, dorures, soyeries, etc. Et parmi ces merciers se trouvent les noms de Deslauriers, Cosseroy, Herbin qui, on le verra sur les listes dressées plus loin, sont bien réellement des papetiers. Huit ans plus tard, en 1777, Y Almanach Dauphin ou Tablettes Royales du vrai //Mérite, rangera également parmi les merciers des négociants comme Boulanger, Brunet, Cabaret qui tenaient, alors, un magasin considérable de papiers, ou comme Chéreau, le marchand-imagier de la rue Saint-Jacques, qui avait « les plus belles estampes ».
- En réalité, c’étaient, soit des marchands-grossiers, soit des marchands de menue mercerie qui avaient ajouté à leur commerce un magasin de papier, ou de ciresy ou de veloutés pour emmeublement — ce que l’on appellerait, aujourd’hui, un rayon— et qui, peu à peu, devaient finir par se spécialiser dans le commerce de la papeterie et du papier.
- On trouvera bien sur Y Almanach Dauphin de 1774 un papetier-joudillier, mais c’est là une simple particularité qui ne pourrait se prêter à aucune conclusion.
- Pour ce qui est des tapissiers, c’est un titre qui appartenait à plusieurs corporations, et depuis longtemps, aux clominotiers, c’est-à-dire à ceux dont l’industrie consista d’abord dans la fabrication du papier marbré et qui, peu à peu, ajoutèrent à ce premier fond le négoce des lanternes de papier « que l’on met aux fenêtres des maisons dans les réjouissances publiques, sur lesquelles sont imprimées et peintes des armoiries, des fleurs de lys, des dauphins et autres figures », — puis les amusantes et grossières enluminures dites, depuis, imageries cTEpinal, et cela jusqu’à ces merveilleux papiers peints qui devaient être, quelque jour, l’objet de 1 admiration générale, remplaçant partout les tapisseries de Flandres et les cuirs de Cordoue.
- Savary, dans son Dictionnaire du Commerce, a qualifié comme suit les
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- papiers peints qui furent l’objet, à l’Exposition de 1900, de la classe 68.
- « C’est ouvrage de dorninoterie, dit-il, que cette espèce de tapisserie de papier, qui n’avait longtemps servi qu’aux gens de la campagne et au petit peuple de Paris, pour orner et pour ainsi dire tapisser quelques endroits de leurs cabanes, de leurs boutiques et chambres, mais que, sur la fin du dix-septième siècle, on a poussé à un point de perfection et d’agrément qu’il n’est point de maison à Paris, pour magnifique qu’elle soit, qui n’ait quelque endroit, soit garde-robes, soit lieux encore plus secrets, qui n’en soit tapissé et assez agréablement orné. »
- Or, les maîtres de la communauté étaient qualifiés officiellement : dominotiers-marbreurs de papiers-imagers-tapissiers, si bien que, en réalité, l’on peut dire qu’il y avait les tapissiers ou tapisseurs d’étoffes et les tapissiers de papier.
- Au dix-huitième siècle les six états de marchands, mentionnés plus haut, se sont encore fractionnés et spécialisés de plus en plus, si l’on s’en rapporte aux édits et factums de l’époque; les classes de Savary ont même dépassé la vingtaine. Il y en a jusqu’à vingt et une : il y a les marchands cïobjets d’art qui se sont attribué les estampes ; il y a les petits merciers ou marchands-bimbelotiers ; il y a les marchands-papetiers, qui sont les ancêtres les plus directs de nos actuels papetiers.
- Et tandis que l’édit de 1613, qui fournit cependant une liste très détaillée des objets que les merciers étaient autorisés à vendre, débiter, troquer et eschanger, n’indique parmi les marchandises qui nous intéressent que les images, les Heures, Psautiers, Catéchismes et autres livres de prières, le papier, les plumes, gaines, estuits, boëtes, escritoires, les édits du dix-huitième siècle mentionnent, eux, soigneusement, toutes les sortes de papiers qui se vendent et se peuvent vendre par les soins de telles corporations désignées.
- En réalité, de tous les marchands ou artisans avant la faculté de faire, à Paris, le négoce de papeterie, — pour employer la vieille expression, — les marchands-merciers étaient ceux qui en débitaient le plus. Toutefois, ce n’est point sans peine que le corps de la Mercerie put se conserver ce commerce — il eut à ce sujet de nombreuses et longues contestations, — qui durèrent jusqu’à la fin du dix-septième siècle, — avec les deux autres communautés dont le nom a été cité au commencement de-ce chapitre et qui devaient peu à peu finir par accaparer entièrement-la vente du papier.
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- VENDEURS ET PROCÉDÉS DE FABRICATION
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- Cos deux communautés, les papetiers-colleurs de feuilles et les cartier s-cartonniers eu voulaient au fond même du commerce, prétendant, affirmant qu’il n’appartenait qu’à eux, et à eux seuls, de vendre et débiter du papier « dans la ville de Paris, ses faulx-bourgs et environs », ou du moins, des cartes et cartons de toutes sortes.
- L’abbé Jaubert, dans son Dictionnaire raisonné universel des Arts et Métiers, recueil précieux entre tous, nous fait entrer dans le détail de ces différends :
- « Les Maîtres-Relieurs de Livres », dit-il, « leur contestaient aussi le négoce du papier, mais seulement dans la manière de le débiter ; consentant qu’ils le vendissent comme ils le tirent des manufactures, mais ne voulant pas qu’ils le pussent vendre battu, lavé et coupé, ou du moins qu’ils le fissent battre, laver et couper par leurs garçons et apprentifs, leur disputant, outre cela, la faculté de relier les registres, comme pareillement d’avoir des cousoirs à relier, des presses à rogner, des marteaux et pierres à battre et autres outils semblables qui paraissent propres aux Relieurs.
- » Deux Arrêts du Parlement, rendus sur les conclusions du Procureur général du Roi, ont maintenu le Corps de la Mercerie dans sa possession, et pour le fond du négoce de la Papeterie, et pour la manière de le faire; leur ayant été néanmoins défendu de relier des registres autrement qu’à dos quarré ; ceux à dos rond ayant été conservés aux Maîtres Relieurs, comme trop semblables à la relieure des livres ordinaires qui sont du commerce de Librairie et du métier de Relieur. »
- De cela, je veux dire de ces arrêts, il résulte que les marchands-merciers purent continuer à vendre librement toutes sortes de papiers pour l’écriture, pour l’imprimerie, pour les emballages, tout ce qui, de près ou de loin, tenait au commerce de la papeterie, et qu’il leur fut même permis de tenir chez eux tous les outils et instruments de relieurs, tant pour couper et battre du papier que pour relier les registres.
- Il convient, enfin, de mentionner que par différents règlements deux autres corporations avaient acquis le droit de vendre du papier ou, du moins, certains papiers spécifiés et, cela, à titre de marchands-regrattiers dont j ai, plus haut, établi le privilège.
- Ce furent :
- 1° Les Marchands-épiciers, confondus jusqu’à la déclaration du 25 avril 1777 avec les Apothicaires-épiciers, qui ne pouvaient vendre que
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- des gros papiers rouges, bleus et gris, de Rouen, destinés à empaqueter les marchandises, et à la condition encore que ce fût « moins qu’une rame à la fois ». Même chose pour le parchemin, mais en rognures seulement, et non en feuilles. J’ajoute qu’il leur avait été également permis de vendre des couleurs servant à la peinture, mais brutes, non prêtes à être employées; le droit de les broyer et de les mélanger étant réservé aux maîtres-peintres. D’où il résulta que plusieurs épiciers se tirent recevoir peintres pour acquérir ce droit ;
- 2° Les Marchands-Chandeliers de suif qui, à partir du dix-septième siècle, purent vendre estampes communes et papier, mais seulement à la main. A la fin du dix-huitième siècle la corporation avait renoncé à ce privilège, et l’on peut dire que les marchands-papetiers-merciers finirent par être les seuls débitants de tout ce qui tenait au commerce de la papeterie.
- Notices sur les corps de Marchands et Communautés qui préparent, fabriquent, vendent papier, cartes, cartons, dominoteries
- et histoires.
- Les notices qui suivent sont empruntées aux différents recueils spéciaux déjà cités : Guide des corps des Marchands et des Communautés des Arts et Métiers (1), Dictionnaire Universel des Arts et Métiers, de Jaubert; Dictionnaire du Commerce, de Savary. Elles fixent de façon précise sur l’origine de chaque corps et sur leur organisation ; ce sont, à la fois, des documents officiels et des renseignements techniques constituant autant de monographies spéciales. D’abord, les Maitres-Cartiers sur lesquels il
- (i) Voici le titre complet de cette publication fort rare et dont il n’existe à la Bibliothèque Nationale que deux années :
- Guide des Cours des Marchands et des Communautés des Arts et Métiers, tant de la Ville et Fauxbourg de Paris que du Royaume.
- Contenant, en forme de Dictionnaire :
- L’origine historique de chaque Corps ;
- Un abrégé de leurs Statuts ;
- La manière dont ils se gouvernent, avec les Règlemens pour l’administration des deniers communs des communautés et la reddition des comptes ;
- Les Juridictions où ils peuvent être traduits et traduire les autres ;
- L’usage des différentes Places de Commerce, etc.
- Ouvrage utile aux Négocians, Banquiers, Artisans.
- A PARIS
- Chez la Veuve Duchesne, libraire, rue St-Jacques, au-dessous de la fontaine Saint-Benoît, au Temple
- du Goût. M DCC LXVI.
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- serait inutile de s’étendre longuement, après le magistral travail de M. Henry D’Allemagne, sur les Cartes à jouer. Je me suis donc contenté de quelques brefs renseignements.
- Puis les Papetier s-Colleur s cle feuilles, avec tout ce qui touche à la fabrication de leur industrie, c’est-à-dire le carton ; et enfin, les Tapissiers, Dominotiers, Imagers et Graveurs, avec la technique du papier marbré et des dominos.
- A ces trois communautés, également puissantes, j’ai cru devoir ajouter :
- Les Enlumineurs, depuis réunis aux peintres ;
- Les Eventaillistes, qui, en réalité, ne s’occupaient que du papier de l’éventail;
- Les Peintresses en éventails qui devaient se faire recevoir à l’Académie de Saint-Luc et étaient, à proprement parler, des techniciennes, des professionnelles spécialistes.
- I. — Maîtres-Cartiers.
- Les Cartiers, qualifiés cartiers faiseurs de cartes à jouer, tarots, feuillets et carton par leurs premiers statuts, étaient dits, au dix-huitième siècle : cartiers-tarotiers-feuilletiers-cartonniers-dominotiers. Ils s’intitulaient cartonniers, aussi cartiers.
- Les statuts, dont ils se servent encore à présent (1), et qui ne sont que des statuts renouvelés en conséquence de l’édit de Henri III, de i58i, ont été confirmés et homologués en 1094, sous Henri IV. Ils contiennent vingt-deux articles auxquels Louis XIII et Louis XIV en ont encore ajouté quelques autres.
- Le temps d’apprentissage est fixé à quatre ans et celui de compagnonnage à trois.
- Le brevet est de 3o livres et la maîtrise de 700 livres.
- Les filles de Maîtres, outre le droit d’affranchir ceux qui les épousent, de l’apprentissage, leur donnent celui de travailler chez les Maîtres en qualité de compagnons.
- Leur bureau est chez le Juré en charge et leur patron les Rois, dont la Confrérie est au Sépulchre.
- Aota. — Les cartes sont de petits feuillets de carton bien savonnés et lissés, coupés en quarrés longs, blancs d'un côté et barbouillés, de l’autre, de diverses figures fort mal faites.
- L on pense que, si l’on en imaginait de plus belles, ce jjourrait être un moyen de tenter l’étranger, qui se règle sur nos modes.
- (1) C’est-à-dire en 1776.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- A présent qu’il y a un droit sur les cartes perçu au profit de l’Ecole royale Militaire, parla Régie établie pour le lever, les cartiers sont obligés de se fournir de papier-pot dans les différents bureaux établis en plusieurs villes du Royaume, d’y mouler ledit papier et de faire apposer la bande du contrôle sur les jeux qui en proviennent.
- Dans ce commerce, on distingue les cartes relativement à leur degré de finesse, et pour cela, lorsqu’il y en a beaucoup de fabriquées, on les trie et 1 on en fait quatre lots :
- Celles du premier lot s’appellent la fleur; celles du second, les premières; celles du troisième, lés secondes; celles du quatrième et du cinquième, les triards ou fonds.
- Quand on a distribué chaque sorte relativement à sa qualité ou à son degré de finesse, on fait la couche où l’on forme autant de sortes de jeux qu’on a de différents lots ; ensuite on range et on complète les jeux, ce qui s’appelle faire la boutée. On finit par plier les jeux dans les enveloppes; ce qu’on exécute de manière que les jeux de fleur se trouvent sur le dessus du sixain afin que, si l’acheteur veut examiner ce qu’on lui vend, il tombe nécessairement sur un beau jeu.
- On prépare les enveloppes comme les cartes, avec un moule qui porte l’enseigne du cartier ; mais il y a, à l’extrémité de ce moule, fine petite cavité qui reçoit une pièce amovible sur laquelle on a gravé en lettres le nom de la sorte de jeu que l’enve-lopjDe doit contenir, comme pic/uct, si c’est du piquet, médiateur ou co-mète, si c’est du médiateur ou de la comète. Cette pièce s’appelle bluteau. Comme il y a deux sortes d’enveloppes , l’une pour les sixains, l’autre pour les jeux, il y a plusieurs moules pour les enveloppes. Les moules ne diffèrent qu’en grandeur.
- Les cartes se vendent au jeu, au sixain et à la grosse. Les jeux se distinguent en jeux entiers, enjeux d’hombre et en jeux de piquet.
- Les jeux entiers sont composés de cinquante-deux cartes, quatre rois, quatre dames, quatre valets, quatre dix, quatre neuf, quatre huit, quatre sept, quatre six, quatre cinq, quatre quatre, quatre trois, quatre deux et quatre as.
- Les jeux d’hombre. sont composés de quarante cartes, les mêmes que celles des jeux entiers, exceptés les dix, les neuf et les huit qui y manquent.
- Les jeux de piquet sont de trente-deux cartes, as, rois, dames, valets, dix, neuf, huit et sept.
- ATELIER DE CARTIERS
- La femme à droite coupe des cartes à la cisaille, tandis que les deux ouvriers sont occupés à brosser des bois et à en préparer des épreuves.
- (Gravure sur bois de la fin du seizième siècle.)
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- BeruirÆ 'àîrèxit
- La vignette du haut de la planche montre l’atelier d’un cartier.
- Fig. 1. Ouvrier qui peint des tètes. — Fig. 2. Ouvrier qui peint des points. — Fig. 3. Lisseur. — Fig. 4. Coupeur. —- Fig. 5. Ouvrière qui apporte des cartons au coupeur. — Fig. G. Assortisseur ou trieur ou recouleur. — Fig. 7. Ouvrier à la presse. — Fig. 8. Chaudière à colle. — Fig. 9. Cliaull'oir.
- Bas de la planche :
- L Carton à l’étendage avec son épingle. — 2. Pointe à trier ou enlever les bros. — 3. Poinçon à percer les cartons a etendre. — 4. Colombier ou boîte pour les cartes superflues. — 5. Moule gravé en bois ou en cuivre pour imprimer le Irait. — 6. Patron (il y en a un pour toutes les couleurs).
- (Recueil de planches sui les Sciences, les Arts libéraux et les Arts mécaniques, Paris, îyGS.)
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- II. — Papetiers-colleurs de feuilles (Cartonniers).
- Cette communauté ne fut érigée en corps qu’en 1599; quoique cette profession soit fort ancienne et qu’elle ait été regardée autrefois comme un art, puisque Charlemagne, en 791, tira de ce Corps quatre Jurés, auxquels il fit prêter serment pour servir auprès de l’Université qu’il venait de fonder *, ce qui fut cause qu’ils furent appelés Papetiers de l’Université.
- On voit encore qu’en i383, Charles VI, ayant accordé une exemption d’imposition aux officiers et suppôts de l’Université, ces quatre Jurés-Papetiers, ainsi tirés du Corps des Marchands-Papetiers, jouissent également de ce privilège.
- Ce dit Corps de Communauté n’a des Statuts et des Jurés que depuis le règne de Henri IV, qui leur a accordé des lettres-patentes en avril 1O99, registrées en la chambre du Procureur du Roi, au Châtelet. Ces statuts furent réformés et les nouveaux contenus en vingt articles, confirmés en 165g, par celles (1) de Louis XIV données à Toulouse, au mois de décembre, et enregistrées au Parlement le 26 janvier de l’année suivante.
- Ce corps n’a que deux Jurés qui demeurent deux années en charge, et à qui on en substitue deux autres, tous les deux ans : ce sont eux qui ont soin de la police de cette communauté, etc.
- Chaque Maître ne peut avoir qu’un apprenti, obligé pour quatre ans, lequel, après son apprentissage, est tenu de servir encore deux ans comme compagnon; car, on ne peut être reçu à la Maîtrise, qu’après avoir accompli ce temps, et fait le chef-d’œuvre dont sont exempts les fils de Maîtres.
- Les Veuves jouissent des privilèges de leur défunt mari, et peuvent aussi affranchir un compagnon en l’épousant.
- Leur bureau est rue Saint-Julien-le-Pauvre, et leur patron Saint Jean-Porte-Latine, à Saint-Julien-le-Pauvre.
- Le brevet coûte 5o livres et la maîtrise 800 livres.
- A ces renseignements officiels empruntés au Guide des Corps des Marchands, de 1766, il convient d’ajouter les détails qui vont suivre, d’après le Dictionnaire universel des Arts et Métiers, de Jaubert. Grâce à ces détails, on entrera dans la technique du métier, puisque le papetier-colleur cle feuilles était, en fait, un artisan faisant et fabriquant des cartes et cartons de toutes sortes, en collant plusieurs feuilles de papier les unes sur les autres.
- « On l’appelle aussi (le papetier-colleur), nous dit Jaubert, papetier travaillant en cuves, à cause qu’il fait pourrir de vieux chiffons dans des cuves, à peu près de la même manière qu’on fait pour la fabrique du papier, et qu’il se sert ensuite de ces chiffons bien consommés, et réduits en une espèce de bouillie assez épaisse pour en dresser des cartons de toute grandeur et épaisseur, suivant les ouvrages auxquels ils sont destinés.
- Il y a à Paris une Communauté de Maîtres de ce métier, qui prennent la qualité de Maîtres-Papetiers, Colleurs de feuilles et feuillets, Travaillans en cuve, Faiseurs
- (1) C est-à-dire par les lettres-patentes de Louis XIV.
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- d’Etuy à chapeaux, hoêtes de cartes et toutes sortes de porte-feuilles, Colleurs de papier sur châssis, de la Ville, Fauxhourgs et Banlieue de la Prévôté et Vicomté de Paris.
- De quoi était composé le carton?
- Comment se fabriquait-il ?
- Ces deux questions ne sauraient être négligées dans un volume qui a trait tout spécialement à la fabrication et à la vente du carton sous toutes ses formes, les papetiers-colleurs pouvant à la fois fabriquer et vendre, alors que les papetiers-merciers ne pouvaient que faire le négoce.
- Voici donc, d’après l’Encyclopédie Méthodique, d’après les dictionnaires de Jaubert et de Savary, les renseignements qui touchent à la partie technique de la profession :
- Le carton est un corps qui a peu d’épaisseur et beaucoup de surface : il est composé de rognures de cartes, de rognures de reliures et de mauvais papiers et entre autres de tous les livres saisis par la Chambre syndicale qui, selon les règlements, doivent être lacérés ou brûlés, que les cartonniers achètent pour être pilonnés et réduits en jàâte (1).
- Le pavé du cartonnier doit s’élever un peu vers la partie opposée à l’entrée, et l’attelier doit être garni d’auges en pierre, larges et profondes, placées vers le côté par où l’on entre. On jette, au sortir du magasin, le mélange de papier et de rognures dans les auges de l’attelier qu’on appelle le trempis; on humecte ces matières avec de l’eau, et de là on les jette sur le fond de l’attelier où l’on en forme des tas considérables.
- Quand la matière des tas a séjourné assez longtemps pour avoir acquis une fermentation suffisante, qui la dispose à se mettre en bouillie, on en prend une quantité convenable qu’on porte dans un attelier contigu, qu’on appelle Vattelier du moulin. Cet attelier est partagé en deux parties : d’un côté, sont les auges; de l’autre, le moulin. Les auges de cet attelier s’appellent auges à rompre. Avant que de jeter les matières fermentées dans les auges, on rejette les grosses ordures qui s’y trouvent. Quand les matières sont tirées, on les laisse tomber dans les auges à rompre ; on lâche des robinets et on laisse bien imbiber d’eau les matières, ensuite on les réunit, puis on les rompt, c’est-à-dire qu'on les bat avec des pelles de bois qu’on y plonge perpendiculairement, et qu’on tourne en rond. On continue ce travail jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que les matières sont mises en bouillie; alors les ouvriers prennent des seaux qu’ils en remplissent et qu’ils versent dans le moulin qu’un cheval fait tourner, qui achève de diviser la matière et de la disposer à être employée. La matière reste environ deux heures au moulin, selon que le cheval marche plus ou moins vite.
- Quand la matière est moulue, elle passe dans un nouvel attelier qu’on peut appeler proprement la cartonnerie. L’attelier de la cartonnerie est divisé en deux parties : le lieu de la presse et celui de la cuve. Le lieu de la cuve est un grand évier entre deux
- (1) Il est permis de croire que les livres saisis pour être lacérés ou brûlés ne l’étaient pas toujours intégralement, car non seulement les registres de police de l’ancien régime mentionnent des perquisitions faites chez des artisans accusés de recéler des livres destinés à être détruits, mais encore on en vit passer dans deux ventes célèbres du dix-huitième siècle. Et les dits livres parvinrent jusqu’à nous, puisque Bégis et Victorien Sardou en possédaient parmi leurs nombreux trésors.
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- auges qui sont élevées à peu près à sa hauteur ; l’auge de derrière reçoit la matière au sortir du moulin, celle de devant où travaille le cartonnier s’appelle la cuve.
- Lorsque la cuve est pleine de matière préparée, l’ouvrier prend une forme qui est un treillis de laiton de la grandeur dont on veut faire le carton. Il applique sur cette forme un châssis de bois qui l’embrasse exactement ; il plonge dans la cuve la forme garnie de son châssis qui lui fait un rebord plus ou moins haut, à discrétion. La matière couvre le treillis de laiton et y est retenue par le châssis. O11 pose la forme couverte de matière à la hauteur des bords du châssis, sur les bords qui traversent l’égouttoir : on appelle ainsi des ais assemblés les uns contre les autres, mais non
- CIRIER EN CIRE A CACHETER (CIRE D’ESPAGNE)
- La vignette représente l’intérieur de l’atelier où on fond les matières qui composent la cire.
- Fi". 1. Ouvrière qui remue la composition visqueuse qui est dans une chaudière avec deux bâtons, dont celui qui est dans sa main droite passe dans sa main gauche, ainsi alternativement. — Fig. 2. Ouvrière qui, après avoir pris, à la main, dans la chaudière une poignee de la composition, la pèse pour que les tireurs puissent en former des baguettes de quatre ou six bouts dégale longueur et d'égal poids. — Fig. 3 et 4. Tireurs qui, ayant reçu la composition pesée, la pétrissent en long entre leurs mains et la roulent sur une plaque de laiton un peu bombée sur le milieu. Cette plaque, qu'effleure le dessus de la table, couvre une ouverture qui y est pratiquée, sous laquelle est une braisière remplie de cendres chaudes. Ou voit sous une hotte de cheminée le fourneau sur lequel on fait fondre les matières dans la chaudière.
- (Recueil de planches sur les Sciences, les Arts libéraux et les Arts mécAniques, Paris, 1765.)
- pas joints tout à fait, sur lesquels on met les formes à carton, dressées. Quelquefois ces ais sont troués de distance en distance. La partie la plus fluide de la matière s échappe par les petits trous, tombe dans l’égouttoir et se rend dans un tonneau. La partie la plus grossière est arrêtée et se dépose sur le treillis de la forme.
- Pendant que cette forme égoutte, l’ouvrier en plonge une autre dans la cuve qu d met ensuite sur l’égouttoir ; puis il reprend la première, enlève le châssis et renverse la matière déposée sur le treillis, ou plutôt la feuille de carton qui est encore toute molle sur un morceau de molleton de la largeur, placé sur le fond du plateau de la presse : il étend un nouveau molleton sur cette feuille, puis il remplit a forme après y avoir remis le châssis et la met égoutter. Pendant qu’elle égoutte il reprend celle qui est égouttée, ôte son châssis et la renverse sur le molleton qui couvre la première feuille de carton. Il couvre cette seconde feuille d’un molleton
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- et continue ainsi son travail, vidant une forme, tandis qu’une autre s’égoutte, et renfermant les feuilles de carton entre deux morceaux de molleton, qui forment sur le plateau de la presse une pile qu’on appelle une pressée, quand elle contient environ cent feuilles doubles, ou deux cent trente feuilles simples, telles que celles dont il s’agit ici.
- L’épaisseur de la feuille de carton dépend de l’épaisseur de la matière et de la hauteur du châssis ; la grandeur de la feuille dépend de la grandeur de la forme. Quand le cartonnier a fait sa pressée, il lui donne le coup de presse jusqu’à ce qu’elle ne rende plus d’eau: pour lors, elle est envoyée dans un autre attelier appelé Véplu-choir. Là, des filles s’occupent à tirer des feuilles de carton d’entre les molletons que les ouvriers appellent langes, et à les visiter les unes après les autres pour en
- arracher les grosses ordures. Si on les destine à former un carton plus épais, il y a des ouvriers qui ne les épluchent pas de peur qu’elles ne se sèchent trop. Quand on veut avoir des cartons de moulage, très forts, on peut en appliquer trois feuilles l’une sur l'autre entre les mêmes langes, et n’en faire qu’une des trois ; mais cela ne va pas jusqu’à quatre. Quand la nouvelle pressée sort de dessous la presse, on l’épluche, on la rapporte sous la presse, et on Yéquarrit, c’est-à-dire qu’on enlève les bords des cartons pour les rendre plus quarrés, ce qui s’exécute avec une ratissoire tranchante; on les envoie ensuite aux étendoirs. Les éten-doirs sont de grands greniers ; les plus aérés sont les plus propres pour faire sécher. La quantité qu’on équarrit à la fois s'appelle une réglée. Quand les feuilles sont sèches, on abat, c’est-à-dire qu’on les retire de dessus les perches où elles sont étendues. De ces feuilles ainsi préparées, les unes sont vendues aux relieurs, qui les achètent dans cet état brut; les Enveloppe de jeu de caries autres, destinées à d’autres usages, sont partagées en
- poui le jeu de « Comète ». deux portions, dont l’une revient de l’étendoir dans
- Le nom de la sorte, au lieu d'èlre écrit, i?iit i t , . . , -,
- est figuré par une comète. 1 attelier des tisseurs, et i autre est portée dans 1 atte-
- lier des colleurs. Celles qui passent dans l’attelier des lisseurs y sont travaillées à la lissoire. La lissoire des cartonniers se meut précisément comme celle des cartiers, par un gros bâton appliqué à son extrémité supérieure à une planche attachée par un bout à une poutre et qui fait ressort par l’autre bout. Les feuilles sont placées les unes sur les autres, en pile, ou sur un bloc, et elles sont applanies par le cylindre placé sous la lissoire où l’on a pratiqué un canal concave qui le reçoit à moitié. Ce cylindre est de fer poli et il se meut sur deux tourillons reçus dans deux pattes de fer fixées aux deux bouts de la boîte de la lissoire. Au sortir de la lissoire, on peut les vendre. Celles qui passent dans l’attelier du colleur sont, ou collées les unes avec les autres pour former du carton plus épais, ou couvertes de papier blanc auquel elles servent d’âme. Ainsi il y a trois sortes de carton, savoir : du carton de pur moulage, du carton de moulage collé et du carton couvert auquel le carton de moulage sert d’âme. En collant ensemble plusieurs feuilles de carton et pressant, et séchant autant de fois qu’on veut doubler les cartons, on parvient à en former qui ont un pouce d’épaisseur et par delà.
- La colle qu’on emploie pour les cartons de moulage, qui sont composés de plus ou moins de feuilles de gros papier gris collé pour les cartouches d’artifice, se fait
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- avec de la parure, de la poissonnure et delà percemurc. La percemure est ce que les eorroyeurs enlèvent de dessus leurs cuirs de bœuf ; la poissonnure est la ratissure des peaux de mouton ; la parure est la ratissure des peaux d’agneaux blanchies et
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- Série de moules. (Recueil de planches sur les Sciences et les Arts, Paris, 1765.)
- passées chez les mégissiers. Celle-ci est blanche, frisée, légère, douce, et donne une colle très fluide, qui devient très dure lorsqu’elle est refroidie. Pour la faire bien onne, on met dans une chaudière de cuivre trois seaux de parure, sur cinq seaux eau, on ne la laisse bouillir qu’un quart d’heure, pendant lequel on la remue continuellement avec un trognon de balai de bouleau, bien recoupé et ébarbé ; et, pen-
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- dant la cuisson, on ajoute deux ou trois seaux d’eau à mesure que la colle diminue de volume par l’évaporation.
- Lorsqu’on la fait avec de la farine folle qui est celle qui ne peut point servir pour le pain, et que les boulangers et les meuniers balaient dans leur bluttoir, on met trois seaux d’eau sur deux seaux de farine et on la fait à peu près de la même façon que la première, qui conserve toujours sa blancheur, au lieu que celle qui est de farine folle devient fort noire dès qu’elle est faite.
- Celle dont on se sert pour les cartons de pur collage est faite avec de la farine, de l’eau et de l’amidon, comme celle des cartes; on la fait bouillir jusqu’à ce. qu’elle ait acquis une certaine consistance et on la passe par un tamis afin que la brosse l’étende plus facilement sur le papier.
- Les cartons de pur collage ne sont faits que de feuilles de papier collées ensemble, et sont composés depuis cinq feuilles jusqu’à vingt, selon la force qu’on veut leur donner et l’usage auquel on les destine : ils portent ordinairement les noms des papiers qui servent à les faire, comme cartons de papier au pot, de dard, de couronne, de raisin, de carte huile, de nom de Jésus, d'impériale, de Robert, de Richard, de cartes-Colas, de grande et de petite échelle.
- Il j a un art de gaufrer le carton, soit pour les écrans, boîtes à poudre ou de toilette, portefeuilles, couvertures de livres, papiers d’éventails, dorés et argentés, etc. Pour gaufrer le carton on se sert de moules de bois, de corne ou d’autres matières; on grave sur la planche le dessein en creux ; on ajuste cette planche gravée au milieu d'une autre qu’on place entre les rouleaux d’une presse semblable à celle des imprimeurs en taille-douce. On prend ensuite des cartons unis, blancs et point trop épais : avec une éponge trempée dans de l’eau, on les mouille à l’envers ; et, lorsqu’ils sont un peu moites, on en prend un que l’on pose sur la planche gravée, on serre ensuite le tout sous les rouleaux de la presse et l’on retire le carton gaufré en relief de tout le dessein (1) de la gravure.
- Si l’on veut que le carton soit doré ou argenté, il faut avoir du papier doré ou argenté tout uni, le coller sur le carton et sur le champ, même avant que l’or et l’argent se détachent à cause de l’humidité, mettre le carton sur la planche gravée, le papier aussitôt sous la presse, le lever promptement et le mettre sécher. Si l’on veut que la dorure ne pousse point de verd de gris, au lieu du papier uni d’Allemagne qui n’est doré que par du cuivre, il faut prendre une feuille de papier jaune, que l’on aura collée sur carton et laissé sécher, y coucher un mordant de gomme claire, adragante, arabique ou autre, y appliquer de l’or en feuilles, faire bien sécher, humecter légèrement par l’envers, mettre sùr le champ du bon côté, sur la planche, passer sous la presse ; et l’ôter ensuite promptement, de peur que l’or ne quitte et ne s’attache au creux de la planche.
- Si on veut mettre or et argent ensemble, or au fond et argent aux fleurs et bordures, on piqué un patron exact des places où l’on veut de l’argent; on ponce ce patron sur le carton doré, c’est-à-dire qu’on en marque les points et les traits ; on couche dans ces places avec le pinceau un mordant qu’on laisse sécher ; après quoi on y applique l’argent, en feuilles ; on laisse sécher et l’on procède comme nous l’avons dit ci-dessus, pour le mettre sous la presse. C’est de cette manière que se font les couvertures de livres dorées et gaufrées.
- Il y a à Paris cinquante-cinq maîtres-cartonniers.
- (1) Orthographe ancienne pour dessin.
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- III. — Tapissiers-Dominotiers, Imagers et Graveurs.
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- Les Tapissiers-Dominotiers et Imagers sont tenus de faire ajDporter en la Chambre des Libraires et Imprimeurs les marchandises de leur Art, venant des pays étrangers et des provinces du Royaume, pour y être visitées. Ils sont obligés de faire inscrire sur le registre de la Communauté, leur nom et demeure, à peine d’amende, sans que la dite inscription leur donne le droit de professer la librairie ou imprimerie.
- Les Graveurs, Imagers et Dominotiers ne peuvent graver, imprimer ou faire imprimer aucunes cartes géographiques et autres planches, sans privilège du grand sceau, ou permission du Lieutenant-Général de Police qui doivent être enregistrés sur le livre de la Communauté des Libraires et Imprimeurs de Paris.
- A ces détails du Gnicle des Corps de Marchands, nous allons ajouter, toujours d’après les sources antérieurement citées, tout ce qui a trait à la fabrication des papiers, de toutes sortes de couleurs et figures, qu’on nommait anciennement des Dominos.
- L’art de la dominotterie (sic) fut trouvé en Allemagne et porté peu à j>eu au degré de perfection où il est parvenu aujourd’hui.
- Le papier marbré a diverses dénominations, comme à fleurs, a la patte, au grand et au petit peigne, à fleurons, à tourniquet, etc., dénominations qui toutes sont relatives ou au dessin ou à la fabrication.
- Les Lebreton père et fils ont fait de petits chefs-d’œuvre en ce genre ; ils avaient le secret d’entremêler des fils déliés d’or et d’argent dans les ondes et veines colorées du papier. Quoique, pour enrichir l’artiste, ce travail demande plus de célérité que de perfection, nous allons détailler le procédé de cet art.
- L’atelier de l’ouvrier doit être pourvu d’un quarré ou baquet carré de bois de chêne, profond d’un demi-pied et excédant d’un pouce la grandeur de la feuille de papier; d’une baratte avec sa batte, d’un tamis de crin un peu lâche, d’un gros pinceau et de divers peignes dont la construction est totalement différente ; celui dont on se sert pour le papier commun est un assemblage de branches ou tringles, parallèles les unes aux autres, de l’épaisseur de deux lignes ou environ, d’un doigt de largeur, et de la longueur du baquet; ces tringles sont au nombre de quatre, dont chacune est garnie de onze dents ou pointes de fer d’environ deux pouces de hauteur, de la même force et de la même forme que le clou d’épingle. La première dent d’une branche est fixée exactement à son extrémité, et la dernière à l’autre bout. Il y a entre chaque branche la même distance qu’entre chaque dent.
- Le peigne pour le monfaucon, le lyon et le grand monfaucon n’a qu’une branche à neuf dents. Le peigne pour le per fille sur le petit baquet a une branche à dix-huit dents; et celui qui est pour le per fié sur le grand baquet en a une à vingt-quatre dents. Le peigne pour le papier d’Allemagne a cent quatre ou cent cinq pointes ou aiguilles, aussi menues que celles qui servent pour les bas au métier.
- Les autres instruments qui lui sont nécessaires sont des pots et des pinceaux pour différentes couleurs ; un étendoir semblable à celui des papetiers-fabricants ou des imprimeurs ; une pierre et sa molette pour broyer les couleurs ; une a massette ou ramassoir qui est un morceau de cuir fort, de quatre à cinq pouces de long sur trois de large, dont un des côtés est fait en tranchant ; un couteau; une ramassoire pour
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- nettoyer les eaux, ou tringle de bois fort mince, large de trois doigts ou environ de la longueur du baquet, et taillée en tranchant sur un de ses grands côtés; plusieurs châssis c/uat'rés, ou assemblage de quatre lattes, renfermant entre elles un espace plus grand que la feuille qu’on veut marbrer, et divisés en trente-six petits quarrés par cinq ficelles attachées sur un des côtés du châssis, et traversées perpendiculairement par cinq autres ficelles fixées sur un des autres côtés ; des établis pour poser les baquets, les pots, les peignes et autres outils ; une lissoirc ou pierre à lisser dont le grain doit être fin, égal et serré, et telle que celle dont se servent les papetiers-fabricants ou les cartiers.
- Pour marbrer les papiers on prépare Veau, c’est-à-dire qu’on met infuser pendant trois jours une demi-livre de gomme adragante par rame de papier dans une certaine quantité d’eau de rivière froide; on la remue au moins une fois par jour, et, quand on l’a transvasée dans un long pot de grès et qui se trouve à moitié plein de cette eau dans laquelle la gomme est dissoute, on la bat pendant un demi quart d’heure, et on achève ensuite de remplir le pot d’eau de rivière. Après cette opération, on pose un tamis sur un des baquets, on y fait passer l’eau en la remuant et en la pressant contre le tamis avec un gros pinceau. Ce qui reste dans le tamis de gomme non dissoute se remet à tremper jusqu’au lendemain et on recommence le même procédé.
- Lorsque les eaux ont été passées et remuées avec un bâton, on connait leur force ou leur faiblesse à la plus ou moins grande vitesse du mouvement de l’écume qui se forme sur leur surface, quand on les a agitées en rond. Lorsque l’écume tourne plus de cinquante fois pendant la durée du mouvement qu’on a imprimé à l’eau, c’est une preuve de sa faiblesse ; si elle fait moins de tours, l’eau est censée être forte. Comme il arrive quelquefois que l’eau est trop forte par la trop grande quantité de gomme adragante qu’on y a mise, on l’affaiblit en y ajoutant de l’eau pure, comme on la fortifie, quand elle est trop faible, en y ajoutant de la gomme qui est restée dans le pot de grès.
- Pour être plus assuré de la qualité de l’eau, on fait usage du peigne à frisons, qui est ainsi nommé de ce que les dents étant placées alternativement, l’une d’un côté et l’autre de l’autre, le marbreur en tournant le poignet arrange les couleurs en cercles ou frisons. Lorsque les frisons ne sont pas nets et distincts, qu’ils se brouillent et se confondent, les eaux sont trop faibles; si les couleurs ne s’arrangent pas dans l’ordre que l’on veut, qu’elles refusent de s’étendre, qu’elles soient trop hérissées d'écailles ou pointes, elles sont alors trop fortes, et on corrige ces défauts, en les tempérant, comme nous l’avons dit.
- On passe ensuite à la préparation des couleurs. Le bleu se fait avec de l’indigo bien broyé à l’eau sur la pierre ; le rouge avec de la laque plate également broyée avec de l’eau dans laquelle on a fait bouillir du bois de Brésil et une poignée de chaux vive. Pour avoir le jaune, on mêle trois cuillerées de fiel de bœuf dans une chopine d’eau où l’on a mis infuser de Pochre pendant quelques jours. Pour le blanc, on met quatre cuillerées de fiel de bœuf sur une pinte d’eau et on bat bien le tout ensemble. On fait le vercl avec deux cuillerées d’indigo broyé et de l’ochre détrempée dans une pinte d’eau, à laquelle on ajoute trois cuillerées de fiel de bœuf. Pour le noir on met une cuillerée de fiel de bœuf sur un poisson de noir de fumée, et sur la grosseur d’une noisette de gomme. Pour faire le violet, on ajoute au rouge, préparé comme nous Pavons dit, quatre ou cinq larmes de noir de fumée broyé avec l’indigo.
- Lorsque les eaux sont bien nettoyées et prêtes à recevoir les couleurs, on commence à jeter légèrement du bleu qu’on a pris avec un pinceau, et qu’on a mêlé auparavant avec deux cuillerées d’infusion de blanc d’Espagne, trois cuillerées de
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- fiel de bœuf et une cuillerée d’indigo préparé comme ci-dessus. La couleur bleue dont on a chargé le pinceau et qu’on a jettée sur la surface de l’eau qui est dans le baquet, forme un tapis, c’est-à-dire qu’elle couvre également toute la surface de l’eau, où elle forme des ramages et des veines. On jette après du rouge sur ce tapis et on voit que cette couleur repousse la bleue, prend sa place et fait des taches éparses. On met ensuite le jaune qui se dispose à sa manière sur ces deux couleurs. Lorsque le blanc, qu’on met après, occupe trop d’espace, on le corrige en l’éclaircissant avec de l’eau; s’il n’en occupe pas assez, on y ajoute du fiel de bœuf, de façon que les taches du blanc paraissent comme des lentilles sur toute la surface du baquet.
- On connaît que les couleurs sont au point où elles doivent être, lorsqu’elles ne marchent pas trop, c’est-à-dire qu’elles ne se pressent pas trop, et que, relativement à leur plus ou moins de consistance, elles ne remplissent que la place qu'elles doivent occuper.
- Quand les couleurs sont jetées et qu’elles forment un tapis sur l’eau, on prend le peigne à quatre branches, on le tient par ses deux extrémités, on l’applique au haut du baquet, de manière que l’extrémité de ses pointes touche la surface de l’eau et que chaque pointe trace un frison. On enlève le peigne pour le rapporter au-dessous des premiers frisons, et continuer à en former sur toute la surface. On applique ensuite légèrement une feuille de papier, dont la surface prend et emporte toute la couleur qui couvre l’eau, et qui s’attache au papier, en suivant les figures irrégulières que le mouvement du peigne lui a données.
- Lorsque la feuille est chargée de couleurs, on l’étend sur un châssis qui est soutenu sur un baquet par deux barres de bois posées en travers, et qu’on incline pour que l'eau de gomme, dont les feuilles sont imbibées, s’écoule plus facilement. Après l’écoulement de l’eau de gomme, ce qui est l’affaire d’un quart d’heure, on enlève les feuilles de dessus les châssis, et on les porte à l’étendoir pour les faire sécher : lorsqu’elles sont sèches, on les lève de dessus les cordes pour les frotter légèrement sur un marbre bien uni avec de la cire
- L’ouvrier de droite fait la feuille de marbrure; celui de gauche la fixe et la lave sur le baquet d’alun.
- ( Vignette faisant partie d’une feuille d’imagerie sur les métiers et professions, époque du Directoire.)
- blanche ou de la cire jaune qui ne soit
- point grasse; les feuilles étant lissées, on les ploie par mains de vingt-cinq feuilles; et, s il s’en trouve dans le nombre quelques-unes de déchirées, on les raccommode avec de la colle : on fait ainsi autant d’espèces de papier marbré qu’il y a de manières de combiner les couleurs et de les brouiller.
- Lorsqu’on veut pratiquer des filets d’or sur un papier marbré, on applique un patron découpé sur une feuille marbrée, on met un mordant sur les endroits qui paraissent à travers les découpures, on y applique l’or en feuilles ; et, lorsqu’il est pris, on frotte la feuille avec du coton qui enlève le superflu de l’or, et ce qui est resté forme les filets ou les figures qu’on veut donner à la feuille marbrée.
- , ^our imiter la mosaïque, les fleurs et même le paysage, on a des planches gravées en bois, où le trait est bien évuidé, large et épais, et dont le fond a un pouce ou
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- environ de profondeur. Le tapis de couleurs étant formé sur l’eau du baquet, on applique la planche sur la surface ; les traits saillants de la planche emportent les couleurs qu’ils atteignent et forment un vide de couleurs sur le baquet : alors on y étend par dessus une feuille qui se colorie partout, excepté aux endroits dont la planche a enlevé précédemment la couleur, et. qui prend le dessin qu’on a voulu lui donner.
- Il y a des personnes qui ont voulu mettre du vernis sur le papier marbré ; leur essai n’a pas réussi, parce que le vernis, jusqu’ici, a détrempé les couleurs de la’ marbrure, et a tout gâté. Il faudrait trouver un vernis qui, sans endommager l’ouvrage, le fixât sur le papier, comme celui dont on se sert pour fixer le pastel.
- Ce sont aussi les Dominotiers qui font ces espèces de tapisseries de papier qu’on a poussées, à Paris, à un tel point de perfection, que les personnes du meilleur goût ne font point difficulté de s’en servir pour orner de petits cabinets, et qu’on en fait des envois considérables dans les pays étrangers.
- Pour faire ces sortes de tapisseries qui font présentement le principal objet du commerce de la dominotterie, on commence à tracer un dessin de simple sur plusieurs feuilles de papier collées ensemble, de la hauteur et largeur que l’on veut donner à chaque pièce de tapisserie.
- Ce dessin étant achevé se coupe en morceaux, aussi hauts et aussi longs que les feuilles de papier qu’on emploie communément pour ces sortes d’impressions ; et chacun de ces morceaux reçoit ensuite séparément une empreinte sur des planches de bois de poirier, travaillées par un graveur en bois.
- Pour imprimer avec ces planches ainsi gravées, on se sert de presses en bois assez semblables à celles de l’imprimerie, à la réserve que la platine n’en peut être de métal, mais seulement de bois, longue d’un pied et demi, large de dix pouces; et que ces presses n’ont que de grands tympans propres à imprimer histoires, comme portent les anciens réglements de la librairie.
- L’on se sert aussi de l’encre et des balles des imprimeurs ; et, de même qu’à l’imprimerie, on n’essuie point les planches après qu’on les a noircies, à cause du relief qu’elles ont qui les rend plus semblables à une forme d’imprimeur qu’à une planche en taille-douce.
- Lorsque les feuilles ont été imprimées et séchées, on les peint et on les rehausse de diverses couleurs en détrempe ; c’est ce qu’on appelle enluminer : et, lorsqu’on veut les employer, on les assemble pour en former des pièces d’une grandeur convenable pour l’endroit où on veut les placer.
- On appelle aussi dominotterie certaines grandes images gravées en bois, au bas et à côté desquelles sont des légendes, des proverbes, des rébus et autres semblables bagatelles (1).
- Les ouvriers marchands Dominotiers sont appelés Dominotiers, Imagers et Tapissiers. Le premier de ces noms leur est venu de l’ancien mot Domino, qui signifiait du papier marbré, ou tout autre papier diversement peint, et orné de figures et de grotesques.
- Par l’article LXI du réglement de 1686, il est dit que les syndics et adjoints des
- (1) La Dominotterie est, en réalité, l’ancêtre du canard, de l’image accompagnée d’un texte — que ce texte soit une histoire, une chanson ou des notices explicatives. Les caricatures et les grotesques de toutes sortes, chers à l’imagerie hollandaise, avec petits versiculets, étaient également des dominos, le terme d'estampe étant réservé aux planches au burin ou à l’eau-forte. La question des légendes jouera même, alors, un rôle aussi important que, de nos jours, le nombre des mots, permis ou non, sur les cartes postales, par l’administi*ation des postes, pour l’affranchissement à cinq centimes.
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- libraires et imprimeurs, iront en visite chez eux pour voir s’ils n’y contreviennent point aux réglements.
- C'est ce même article confirmatif des statuts de i586, de 1618 et de 1649, cph règle de quelle sorte de presse il est permis aux Dominotiers de se servir ; et qui leur défend, sous peine de confiscation et d’amende, d’avoir chez eux aucuns caractères de fonte propres à imprimer des livres.
- Comme on peut abuser de ces presses pour l’impression des ouvrages ou images indécentes, que la police de l’Etat ne doit point souffrir, il y a eu une sentence rendue le 23 avril 1768, par le Prévôt de Paris, qui leur défend de rien imprimer qu’en présence d’un maître-imprimeur ou d’un compagnon envoyé par lui ; que, l’ouvragé fait, la presse sera fermée avec un cadenas par le juré comptable de la compagnie, et qu’il en gardera la clef par devers lui, sous peine de saisie de la presse et des ouvrages, d’une amende pécuniaire, et déplus grande peine en cas de récidive. Cette ordonnance est conforme aux anciens statuts de la librairie, qui défendent aux dominotiers d’imprimer et vendre aucun placard et peinture dissolue.
- Le nouveau réglement pour la librairie et imprimerie, arrêté au Conseil d’Etat du Roi, le 28 février 1723, contient aussi un article concernant les Dominotiers, dans le titre des visites de librairie et imprimerie, mais beaucoup plus ample que celui du réglement de 1686.
- Cet article, qui est le XCVII, ordonne que, si les Dominotiers veulent mettre au dessous de leurs images et figures quelque explication imprimée et non gravée, ils auront recours aux imprimeurs, en sorte, néanmoins, que ladite explication ne puisse excéder le nombre de six lignes, ni passer jusqu’au revers des dites estampes et figures.
- Le même article leur enjoint de faire apporter à la chambre de la communauté des libraires et imprimeurs, les marchandises de leur art qu’ils feront venir des pays étrangers et des provinces du royaume, pour y être visitées parles syndics et adjoints ; il est leur ordonné de faire inscrire sur le registre de ladite communauté leurs noms et leurs demeures, à peine de cent livres d’amende ; sans que ladite inscription puisse les autoriser à vendre aucuns livres ou livrets, ni à exercer ladite profession de libraire ou d’imprimeur, de quelque manière ou sous quelque prétexte que ce soit.
- La dominotterie paie par cent pesant 2 livres pour droit d’entrée et 32 sols pour celui de sortie.
- Enlumineur. — C’est un peintre en détrempe qui applique des couleurs sur des dessins, des images, des cartes, des éventails, des écrans, etc., détrempés dans de l’eau avec de la gomme.
- Quelquefois ces ouvriers rehaussent les ouvrages qu’ils veulent enluminer, ils y appliquent de l’or et de l’argent moulu qu’ils brunissent avec la dent de loup. Quoiqu’ils n’aient jamais manié ni burin, ni pointe, ils s’honorent du titre de graveurs d’images en bois et en cuivre ; ils peuvent tenir boutique ouverte, vendre des estampes et des papiers de tapisserie.
- Quelques particuliers ayant obtenu, au mois d’octobre 1607, des lettres patentes en forme d’édit pour l’érection en maîtrise jurée de l’art d’Enlumineur en la ville de Paris, la communauté des peintres et sculpteurs forma opposition à la vérification et l’enregistrement de ces lettres, et, le 28 mars 1608, obtint une sentence portant défense d’ériger cet art en maîtrise. Depuis ce temps, les enlumineurs furent réunis aux peintres, qui, en conséquence, ont ajouté à leurs qualités celle d’Enlu-mineurs.
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- Eventaillistes (Faiseurs et Monteurs d’éventails). — Cette Communauté n’a des statuts que depuis 1714.
- Elle est gouvernée par quatre Jurés, dont deux se renouvellent tous les ans, au mois de septembre.
- L’apprentissage est de quatre ans, après lesquels, sans autre service chez les Maîtres, en qualité de compagnon, on peut demander le chef-d’œuvre et être reçu à la maîtrise. Les fils de maître sont exempts du chef-d’œuvre, ainsi que les compagnons qui épousent les veuves ou les filles de Maîtres.
- Les veuves : comme dans les autres corps.
- ÉVENTAILLISTE, MONTURE DES ÉVENTAILS Planche dessinée par Goussier, gravée par Defehrt.
- (Recueil de planches sur les sciences, les arts libéraux et les arts mécaniques, Paris, 1765.)
- Fig. 8. Feuille entièrement rayée, de laquelle on a coupé à peu près la gorge avec des ci=caux. — Fig. 9. Opération de pincer, qui consiste à plier le papier dans les traits de la rayure, la pointure de l’endroit en deliors. — Fig. 10. Opération de plier, qui consiste à subdiviser en deux les espaces que les plis précédents laissent entre eux. — Fig. 11. Introduction de lasonde, dans le milieu de la face, à droite du pli saillant de la feuille, pour y introduire les brins de bois de l’éventail.
- Leur bureau est rue Saint-Denis, vis-à-vis la rue aux Ours : patron saint Louis. Le brevet est de 45 livres et la maîtrise 55o lhœes.
- Ce sont les Maîtres de cette Communauté qui peignent les papiers d’éventails, etc., et qui les montent sur les bois qui se font par les Maîtres Tabletiers.
- (Guide des Corps des Marchands.)
- D’après Alfred Franklin, les premiers statuts des éventaillistes dateraient de 1678, année de la constitution de la Communauté. Celle-ci fut sans cesse en procès avec les peintres, avec les merciers, avec les gantiers, avec les tabletiers, jusqu’au jour où, par l’édit de 1776, elle se trouva reliée à ces derniers.
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- Peintresse en éventails. — C’est celle qui, ayant appris le dessin, peint des paysages et des figures sur les papiers à éventails. Dès qu’elle commence à dessiner passablement, on la fait exercer sur du papier commun, et ce n’est que lorsqu’elle est parvenue à un certain degré d’habileté, qu’on lui permet de peindre sur une peau extrêmement fine qui est collée sur le papier.
- La même ouvrière ne peint pas un papier en éventail en entier ; il y en a qui sont pour les paysages, d’autres pour les corps ; et quelques-unes qui ne font que les têtes et les mains : il y en a aussi qui ne font autre chose que de peindre les bois des éventails.
- ÉVENTAILLISTE. PEINTURE DES FEUILLES
- Planche dessinée par Goussier, gravée par Defehrt (Recueil de planches sur les sciences, les arts libéraux et les arts mécaniques. Paris, ijIjo).
- Fig. 1. Ouvrière occupée à peindre une feuille : elle tient de la main droite un pinceau et de la gauche une coquille dans laquelle est la couleur convenable; vis-à-vis d’elle est le verrier qui contient le modèle, le verrier est soutenu par un pilier de bois à trois pieds. — Fig. 2. Table sur laquelle est l'ais sur lequel est étendu un papier prêt à recevoir la peinture; l’ais est soutenu dans une situation inclinée par un petit coussin d’un pouce et demi environ d’épaisseur. , .
- *Une autre planche de Y Encyclopédie montre le coulage el la préparation des papiers pour les éventails.
- Les couleurs dont elles se servent sont le carmin, la gomme-gutte, le verd de vessie, le bleu de Prusse, le cendre bleue, le blanc de plomb et la mine rouge ; après les avoir porphyrisées, elles les mettent à l’eau, les mêlent ensemble relativement aux couleurs dont elles ont besoin, et les emploient avec des pinceaux extrêmement déliés.
- Les peintresses en éventails sont reçues à l’Académie de Saint-Luc, sans quoi elles seraient à l’amende et leurs ouvrages seraient saisis.
- (Jaubert, Dictionnaire des Arts et Métiers.)
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- Relieurs de livres. — Les premiers statuts vraiment réguliers qu’ait vus la corporation des libraires-imprimeurs-relieurs, sont datés du 1er juin 1618.
- L’apprentissage durait cinq ans et était suivi de trois ans de compagnonnage. A la fin du dix-septième siècle, seulement, des arrêts interdirent à ces différents métiers d’empiéter les uns sur les autres. L’édit du 7 septembre 1686 constitua en communauté distincte les relieurs-doreurs de- livres, rompit tous les liens qui les rattachaient aux libraires et leur donna de nouveaux statuts.
- (Voir le précieux ouvrage : Les Relieurs Français, par Ernest Thoinan, Emile Paul, Huard et Guillemin, Paris, 1893.)
- RELIEUR AIJ COUSOIR COUSANT DES REGISTRES
- Dans le coin à gauche, ainsi que sur le mur, les oui ils et ustensiles de son métier : à droite, la presse à rogner. Le relieur coud sur ficelle et non sur ruban, ce qui laisserait croire qu’il s’agit plutôt de livres que de registres.
- Gravure sur bois de 1820 à 1825. (B. N. Estampes, Li. Papeterie.)
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- DOCUMENTS
- Sortes et qualités des papiers. — Arrêts royaux.
- On distingue le papier en trois sortes : les grandes sortes, les moyennes et les petites.
- Les petites sortes sont
- qui prennent leurs noms des marques qu’ils ont.
- La Petite Romaine ;
- Le petit Raisin ou Bâton Royal ou Petit Cornet ;
- Le petit Nom de Jésus ;
- Le petit à la main ou Main fleurie ;
- Le petit Royal ;
- Le Cartier, propre à couvrir par derrière les cartes à jouer;
- Le Pot, qui sert à mettre du côté des figures des cartes à jouer;
- La Couronne, qui a ordinairement les armes du Contrôleur général des finances qui est en place;
- Celui à la Tellière, avec les armes de feu Mr. le Chancellier Le Tellier et un double T ;
- Le Champy ou papier à châssis ;
- La Serpente, du serpent dont il est marqué. Ce papier, qui est extrêmement fin et délié, sert aux éventaillistes.
- Les moyennes sortes sont :
- Le Grand Raisin simple ;
- Le Carré simple \
- Le Cavalier ( pour l’impression ;
- Le Lombart )
- L’Ecu, ou papier de compte simple ;
- Le Carré double \
- L’Ecu double / appelés doubles à cause qu’ils sont plus forts
- Le Grand Raisin double l que les simples ;
- La Couronne double )
- Le Pantalon, ou papier aux armes de Hollande;
- Le Grand Cornet, qui prend son nom de la marque qu’il a.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Les grandes sortes sont :
- Le Grand Jésus ou Super-Royal La petite et grande Fleur de Lys Le Chapelet Le Colombier Le Grand Aigle Le Grand Lombard Le Grand Royal Le Grand Royal étranger Le Grand Missel Le Dauphin Le Soleil L’Etoile
- Le Grand Monde, c’est le plus grand de toutes les sortes de papiers.
- Us ont tous leurs noms des figures qu’ils portent, et sont propres à imprimer des estampes et des thèses, même à faire des grands livres de marchands, et à dessiner des plans ;
- Papiers gris et autres couleurs.
- Outre ces papiers que I on appelle les trois sortes, qui sont tous blancs, quoique avec quelque différence, et qui servent tous à l’écriture ou à l’impression, il s’en fait
- JrPAPIER.. FAIT. AV^S rMOVLIN DE- PISSE -f lLOVBE • PAR. GVY h SS. BVSSELET Æ
- Etiquette-adresse de fabrique de papier.
- encore une grande quantité d’autres de toutes couleurs, soit collés, soit sans colle.
- Les principaux sont :
- Les papiers gris et bleu pour dessiner;
- D’autres gris appelés papiers à patrons;
- Les gargouches (sic) de la même pâte, mais plus forts ;
- Du papier à sucre qui est bleu ;
- Encore un autre bleu, moins fort, pour couvrir les livres en feuilles ou brochures ;
- Les papiers, bas à homme et bas à femme, collés et non collés, pour les bonnetiers ;
- Les raisins collés et les raisins fluans pour empaqueter diverses marchandises ;
- Le Joseph fluant et le carré fluant pour l’impression des livres de peu de conséquence ;
- Le Joseph collé qu’on peint en rouge, verd, jaune, etc. ;
- Le Joseph à soie, dont on enveloppe les soies en bottes ;
- La main brune qu’on appelle aussi Trace, qu’on emploie à faire le corps des cartes à jouer ;
- La licorne, pour des enveloppes;
- Le papier à Demoiselle, gris, qui est ce papier brouillard qui sert aux Chandeliers à mettre leurs chandelles ;
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- SORTES ET QUALITÉS DES PAPIERS
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- Le même en blanc, qu’on nomme Papier deux feuilles, dont on enveloppe la laine ; Deux sortes de papiers rougeâtres que les Epiciers mettent en sacs pour leurs drogues ;
- Le cameloter ;
- Celui appelé Maculature, qui est grisâtre et très gros, dont on se sert dans les Papeteries pour envelopper les rames de papier : on lui donne aussi, quelquefois, le nom de Trace, parce qu’il a beaucoup de rapport avec celui qui porte ce nom.
- (Jaubert, Dictionnaire des Arts et Métiers.)
- Etiquette-adresse de fabrique de papier, gravée sur bois par Papillon.
- Fabriques de papiers et sortes fabriquées par elles.
- Auvergne : Les trois sortes, et papier gris et bleu. Ces papiers sont estimés les meilleurs qui se manufacturent en France.
- Dans cette province, le papier, au lieu de se vendre à la rame, comme cela se fait partout, se vend au poids, sur le pied de i4 onces à la livre, et chaque rame doit peser net, sans maculatures, enveloppe ni ficelle, un certain nombre de livres fixé par un tarif (voir poids des rames, à la page 43).
- Il y a à Thiers i5 fabriques et environ 5o à Ambert.
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- PRPETERIE ET PAPETIERS
- Limoges. — Les trois sortes; s’emploient presque toutes à l’impression des livres et estampes. Il s’y fait aussi de la Main brune et de la Trace.
- Angoumois. — Papiers très estimés. La plus grande partie est exportée.
- Différentes espèces et poids à la rame :
- i° du papier fin dont la rame pèse 60 livres ët se vend, année commune, 3o francs la rame ;
- 2° du Royal de 4& livres, dont le prix est de 17 à 18 livres;
- 3° Le Grand Compte, 28 à 3o livres dont le prix est de 9 à 10 livres;
- 4° Le moyen Compte, 18 » » » 6 livres ;
- 5° Le petit Compte, ou Compte ordinaire, 12 à i3 livres, dont le prix est de 4 à 4 livres 10 sols;
- 6° Le petit Cornet, 10 livres, dont le prix est de 3 livres;
- 70 autre petit Cornet ou Petite sorte, 9 livres, dont le prix est de 3 livres;
- 8° Gros bon, de 9 à 10 livres, dont le prix est de 3o sols la rame.
- Limoges. — Le papier qui s’y fait communément est du poids de 8 à 9 livres la rame ; il s’y fait aussi : du papier fort ; du gros bon ; du fin ; du gros bon de trace ; du second fin et de trace seconde.
- Beaujolais. — Ceux qu’on y fait ordinairement sont : le Carré, le Cavalier, le Cartier, la Couronne, le Petit et Grand Raisin, l’Ecu, etc...
- Bretagne. — Papier grossier et de mauvaise fabrique. Pot, Main-brune, Champy et deux façons de Carré.
- Normandie. — On fait, surtout à Rouen, des sortes ordinaires : Papier à patron, gargouche, bleu à sucre et à brochure, Raisin Huant et collé et, en général, tous les gris et couleurs.
- Perche et Maine. — Petit à la main, Pot, Main-brune.
- Etampes. — Comme au Maine.
- Le Bouchet, proche Essaune. — Carré et Champy bonne qualité.
- Brie. — Il ne s’y fait pour l’ordinaire que du petit à la main.
- Champagne. — Gros papiers de différentes qualités pour impressions ordinaires et aussi pour écriture.
- Dauphiné. — Beau papier fin. Petites et moyennes sortes, papier commun.
- Vivarais. —A Annonay on fait du papier de toutes sortes.
- Guyenne. — Mêmes sortes qu’à Limoges.
- Poitou. — Mêmes sortes qu’à Limoges.
- Provence. — Presque semblables à ceux du Dauphiné.
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- SORTES ET QUALITÉS DES PAPIERS
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- Poids des rames du papier d’Auvergne.
- Petit à la main ou Papier à Procureur, bulle..................... 8 livres.
- Petit Raisin, moyen et bulle......................................10 »
- Petit nom de Jésus, fin et moyen.................................. g »
- Petite Romaine, fine et moyenne.................................. 10 »
- Couronne ordinaire, fine, moyenne et bulle........................12 »
- Couronne double, fine et moyenne..................................i4 »
- La Tellière, fine et moyenne......................................i4 »
- Le petit Cadran, fin et moyen.....................................12 »
- Papier de compte ou Ecu fin, moyen et bulle.................... 18 »
- Carré ou Raisin fin, bulle et moyen...............................18 »
- Grand Raisin fin, moyen et bulle..................................3o »
- Grand Nom de Jésus, moyen et fin..................................60 »
- Chapelet, moyen et bulle..........................................gh »
- Colombier, fin et moyen..........................................110 »
- Grand Aigle, fin, moyen et bulle.................................i5o »
- Papiers pour les Pays Etrangers
- Le Pantalon, pâte vanante ou moyenne, pour Flandre. ... 14 »
- Amsterdam, aux Armes de Hollande, moyenne, pour Flandre
- et Hollande.........................................i4 »
- Fleur de Lys, moyenne et bulle, pour Flandre...........11 »
- Arrest du Parlement en faveur de l’Université de Paris touchant les Jurez Papetiers (19 mai 1608).
- Henri, par la grâce de Dieu, Boy de France et de Navarre, A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Salut : Sçavoir faisons que comme de la sentence donnée par notre Prévôt de Paris ou son lieutenant, le quatorzième Mars mil six cens sept, entre les quatre Marchands Papetiers de l’Université de Paris, Demandeurs d’une part, le Recteur de ladite Université joint et les Maistres Jurez Papetiers, Colleurs de feuilles et feuillets à Paris, Défendeurs d’autre, par laquelle notre dit Prévôt ou son Lieutenant, auroit maintenu et gardé les quatre Marchands Papetiers de l’Université en la possession et jouissance d’eux seuls se dire Jurez Papetiers en ladite Université de Paris, en tant qu’aucun autre puisse prendre ladite qualité de Papetier en ladite Ville, ne visiter la Marchandise de Papier qui arrivera en ladite Ville, et qui sera apportée tant par les Marchands Forains que autres, et sans que les Défendeurs puissent s’entremettre en la visitation du dit Papier, ni se dire Jurez Papetiers, ains Colleurs de Papiers et feuillets, et visiter ceux dudit Métier tant seulement, et condamne les dits Défendeurs ès dépens ; eût été par lesdits Défendeurs appelle à notre Cour de Parlement ; en laquelle, Parties ouyes, en leurs causes d’appel, et le procès par écrit, conclud et reçu pour juger entre lesdits Défendeurs Appellans d’une part, et lesdits Demandeurs, et ledit Recteur Intervenant, Intimé d’autre, si bien ou mal
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- auroit esté appellé, joint les griefs hors le procès, prétendus moyens de nullité et production nouvelle des dits Appellans qu’ils pourroient bailler dans le temps de l’Ordonnance, ausquels griefs, prétendus moyens de nullité, lesdits Intimez pourroient répondre, et contre ladite production nouvelle donner contredits aux dépens des Produisans ; joint aussi l’appellation verbale interjettée par lesdits Appellans de la sentence du vingtième Mars mil six cens sept, sur laquelle les parties auroient esté appointées au Conseil à écrire par mêmes griefs et produire griefs et réponse ; productions des Parties sur lesdites appellations verbales: Contredits respectivement fournis par lesdites Parties, suivant l’Arrêt du dix-neuvième Janvier dernier ; Arrêt du vingt-huitième Avril, aussi dernier, entre lesdits Maistres Jurez Papetiers, Colleurs de feuilles et feuillets et Communauté d’iceux, Appellans des sentences de notre dit Prévôt, des quinzième novembre mil six cens six, du vingt-sixième octobre ensuivant d’une part, et lesdits quatre Marchands Jurez Papetiers de l’Université, Intimez d’autre part, par lequel notre dite Cour auroit appointé lesdites Parties au Conseil à bailler causes d’appel et à produire, et joint audit procès par écrit, et leur auroit donné acte de ce que pour causes d’appel, réponses et productions elles auroient employé ledit procès : Conclusions de notre Procureur Général, auquel le tout a esté communiqué et tout diligemment examiné. Notre dite Cour, par son Jugement et Arrêt, faisant droit tant sur le procès par écrit qu’appellations verbales, a mis et met lesdites appellations au néant, sans amende, a ordonné et ordonne que ladite sentence, et ce dont a été appelé, sortiront leur effet, et condamne lesdits Appellans aux dépens desdites causes d’Appel, la taxe desdits dépens adjugez par devers notre dite Cour réservée : En témoin de quoi nous avons fait mettre notre Scel à ces Présentes. Donné à Paris, en notre Parlement, le dix-neuvième jour de Mai, l’an de grâce mil six cens huit, et de notre règne le dix-neuvième, et sur le repli, par Jugement et Arrêt de la Cour, signé Du Tiluet, et scellé sur double queue de cire jaune.
- Arrêt du 11 juillet 1671 pour obvier aux abus dans la fabrication
- et la vente du papier.
- Dans la quantité des arrêts et règlements relatifs au papier et qui ne sont qu’incidem-ment de notre ressort, il en est un qui doit figurer ici parce qu’il montre les soins que l’on apportait alors à la fabrication du papier et prouve que le régime du privilège et de la réglementation tenait du moins à ce que la marchandise produite par ses soins fût d’irréprochable qualité.
- En voici le sens et la portée d’après le Dictionnaire de Jaubert :
- « Louis XIY, étant informé qu’il se commettait beaucoup d’abus dans la fabrique du papier et dans la vente qui s’en faisait dans son royaume, ordonna par un arrêt de son conseil du 3 juin 1671, qu’il fût fait une assemblée de 3 imprimeurs, 3 libraires et 3 marchands de papier, devant M. de la Reynie, alors Lieutenant de Police à Paris, pour convenir entre eux des moyens d’empêcher la fraude, à l’avenir, et de rétablir la fabrique du papier dans la qualité et la perfection nécessaires.
- « Cette assemblée dressa dix-sept articles pour servir de statuts aux maîtres-fabricants et aux marchands papetiers ; comme on ne convint pas du onzième article qui traitait de la grandeur et du poids du papier, ce règlement fut réduit à seize articles par un arrêt du Conseil d’Etat de Sa Majesté, du 11 juillet 1671, par lequel il fut ordonné que les maîtres fabricants tiendraient toujours leurs cuves fournies depeilles
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- SORTES ET QUALITÉS DES PAPIERS
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- ou vieux drapeaux et qu’ils ne pourraient les en sortir qu’elles ne fussent suffisamment pourries et propres à être employées ; que les peilles ne pourraient s'acheter qu’au poids du roi ; que les cuves seraient nettoyées de huit en huit jours et les formes bien encouvertées, afin que le jjapier fût plus carré; qu’aucun papier fin gris, gros brun, gris brun, ou tracé, ne pourra se faire sans être collé, excepté le papier fl liant, ou brouillard ; que les falerans, ou ouvriers de la Papeterie, feront bouillir leur colle pendant 16 heures, et qu’ils ne pourront l’employer au collage du papier qu’après l’avoir coulée à travers un linge ; que chaque fabricant marquera chaque feuille de papier de sa marque, laquelle ne pourra être contrefaite par d’autres, à peine de mille livres d’amende ; qu’on ne mêlera jamais ensemble diverses sortes de papier, comme de l'étroit avec du large, du fin avec du gros, du mauvais avec du bon, du cassé avec de l’entier; que la qualité du papier sera marquée sur chaque rame, à peine de confiscation et de cinq cents livres d’amende, afin qu’à la seule inspection on connaisse sa bonté ou sa défectuosité, sans autre examen que le seul défaut de marque; que les rames seront composées de vingt mains, et chaque main de vingt-cinq feuilles, toutes égales et sans aucun mélange ; que chaque qualité de papier sera vendue pour ce qu’elle est, et qu’on ne pourra en exposer en vente qu’il ne soit collé et lissé, excepté le papier fluant, c’est-à-dire celui qui est sans colle; qu’aucun compagnon, ouvrier ou apprentif, ne pourra quitter qu’après six mois consécutifs de service; et avoir demandé son congé six semaines auparavant, à peine de cent livres d’amende, applicable moitié aux pauvres et moitié au maître ; qu’également aucun maître ne pourra les renvoyer avant l’expiration de leur terme et qu’il ne les ait avertis six semaines auparavant; qu’aucun maître ne pourra recevoir aucun ouvrier, qu’il ne soit muni du congé du maître qu’il aura quitté ; que, dans le cas où un ouvrier, pour obliger son maître à le congédier, gâterait son travail, outre le dommage auquel il sera condamné, sa malice sera encore punie par cent livres d’amende ; que les maîtres pourront employer tels compagnons qu’ils jugeront à propos, et qu’au cas que les autres compagnons voulussent les en empêcher, ils seront punis corporellement. »
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- Etiquette de rame de papier à correspondance.
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- Une boutique de papeterie à l’époque du Consulat, d’après le recueil : Les plus belles boutiques de Paris.
- La boutique du Marchand-papetier avant la Révolution.
- Ce qui s’y vendait.
- Le papier sous toutes les formes ; papiers blancs et papiers gravés pour les usages de la vie quotidienne. — Le papier illustré (les images, les découpures, lés cartes). — Les objets de maroquinerie. — Les objets de tabletterie.'— Cartonnages et bibelots d’actualité. — Plumes, encre, cire, boutons, poudres.
- Que vendait-on chez les marchands-papetiers?
- Si je ne faisais, ici, que de la documentation pure, que de la classification de pièces, il me suffirait de renvoyer mon lecteur aux listes et aux fac-similé d’adresses qui terminent ce volume. Et il serait renseigné, ou du moins, il trouverait là tous les éléments nécessaires à la reconstitution de l’industrie papetière sous ses formes multiples.
- Mais il n’en tiendrait pas les secrets, il n’en connaîtrait pas tous les détails; il ne pénétrerait pas, si l’on peut s’exprimer ainsi, jusque dans
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- l’arrière-boutique du magasin; il ne pourrait pas, d’un simple coup d’œil, classer les marchandises et les faire défiler comme nous allons le faire, ici, suivant les époques.
- Car, telles la plupart des industries, la papeterie s’est développée peu à peu : le commerce du papier et de ses accessoires n’était pas, au seizième siècle, par exemple, ce qu’il sera à la fin du dix-huitième.
- Non que la base se soit modifiée — et la base ce sera toujours, éternellement, le papier, l’encre, la plume, le crayon —mais, à l’origine, les objets sont plus primitifs et moins nombreux, formes et usages sont moins variés.
- Ainsi, un marchand-mercier du seizième siècle ne vendait pas d’écrans comme certains papetiers du dix-huitième — parce que les écrans étaient, à l’origine, suivant leur nature, fabriqués et vendus par les écranniers, les vanniers, les menuisiers, les tourneurs. Ce n’est qu’au bout d’un certain temps que les papetiers-merciers obtinrent le droit de vendre l’écran en parchemin qui, en se vulgarisant, donna naissance à l’écran en papier.
- Ainsi le papier à écrire se modifiera déformé, de qualité, de grandeur, suivant l’usage qui prédominera ; suivant qu’il servira au commerce et à la correspondance, ou qu’il aura pour emploi principal la calligraphie des manuscrits, cet art, souvent admirable, qui devait donner des maîtres écrivains comme Guillaume le Gangneur, célébré par tous les poètes de son temps, ou comme ce Nicolas Jarry, dont les manuscrits — telle la Guirlande de Julie — se vendent, aujourd’hui, au poids de l’or.
- Ainsi, peu à peu, le parchemin, sur la vente duquel l’Université prélevait un impôt qui dura jusqu’à la Révolution, se retirera devant le papier dont la vente était libre. On ne trouverait plus, au dix-huitième siècle, de ces écrivains à la peau, dont la dernière création devait avoir lieu en 1692, et qui avaient pour fonction « d’écrire, seuls, de leur main, tous les arrêts, exécutoires, matricules d’avocats, décrets et généralement toutes les autres expéditions sur parchemin ». Déjà, alors, en ses fonctions les plus nobles et les plus essentielles, le parchemin avait cédé le pas au papier.
- Que vendait-on chez les marchands-papetiers? ai-je dit.
- Pour le savoir, pénétrons dans leur intérieur.
- Tout d’abord, astreints aux mêmes droits et usages que les libraires, les enlumineurs, les écrivains, les parcheminiers, les relieurs, ils ne pou-
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- m BOUTIQUE DU MRRCHRND-PRPET 1ER
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- vaient s’établir hors du quartier de l’Université ; leur étalage ou boutique devait s’ouvrir dans les limites du dit.
- Cette « boutique », comme celles de tous leurs congénères, était d’une extrême simplicité : une grande arcade divisée par un ou plusieurs montants de pierre, la porte d’entrée se trouvant à l’un des côtés de l'arcade, tandis que le reste était pour l’étalage. Les volets de la boutique s’ouvrant horizontalement par le milieu, celui d’en bas, abaissé vers le mur d’appui qu’il dépassait, était destiné à recevoir les marchandises exposées, la « monstre » : celui d’en haut, relevé et maintenu par des crochets, abritait l’étalage, tandis que, au-dessus, l’auvent en bois, en brique, ou en tôle, protégeait toute la façade. En réalité, les affaires se traitaient dehors, presque en pleine rue, vers la fenêtre, ainsi que s’appelait toute la partie de la boutique consacrée à l’étalage.
- Cette vieille boutique, basse et sombre, ne se modifia, pour ainsi dire pas, des siècles durant : le seul changement consista dans la devanture qui, de fixe, devint mobile, et c’est alors qu’apparurent les auvents aux vastes proportions, aux larges avancées, puisque, à eux seuls, échut le soin de protéger la devanture.
- A la fin du dix-septième siècle apparurent les devantures vitrées, et, durant la première moitié du dix-huitième, la boutique se fit plus claire et plus vaste, présentant quelquefois des boiseries finement travaillées, avec rangées de tiroirs tout autour de la pièce.
- Mais, d’autre part, l’étalage, la monstre, la fenêtre, avait peu à peu disparu ; le commerce se faisait à l’intérieur, la marchandise sortant des tiroirs, au fur et à mesure des désirs ou des demandes du client. Longtemps durant, la boutique de papeterie se fit remarquer, entre toutes, par son extrême simplicité, ne montrant ni peinture, ni glaces, ni sculptures, ni ornements d’aucune sorte, comme si elle avait tenu à bien affirmer que tout ce luxe ne lui était d’aucune utilité.
- Sobre à l’intérieur, peu claire, peu décorative, la boutique du papetier semblait mettre tout son luxe dans l’ampleur, dans la variété, dans la richesse de l’enseigne. Ce que furent ces enseignes et à quelles tendances, à quelles recherches elles répondaient plus particulièrement, on le verra en parcourant la liste que j’en ai dressée, et en lisant les cartes-adresse, les étiquettes-réclame, ici reproduites dans toute leur éloquence.
- Dernier point. Comment s’intitulaient, se dénommaient, au point de
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- vue générique, les papetiers ? — les qualificatifs différents dont ils se paraient étant alors réservés, surtout, aux factures et aux cartes-adresse.
- De même qu’à notre époque, il y aura trois divisions bien tranchées : le papetier en gros, le papetier proprement dit, le papetier-libraire, — ce dernier se multipliant à l’infini, nous donnant des papetiers-merciers, des papetiers-relieurs, des papetiers-imprimeurs, des papetiers-graveurs, des papetier s-brossiers-parfumeurs, des papetiers-maroquiniers, des papetier s-tablet-tiers; — de même, déjà, avant la Révolution, le papetier était ondoyant et divers.
- Etiquette de jeu de cartes vendu chez les papetiers-carticrs (dix-huitième siècle).
- D’abord, il y avait toute la série des Marchands ordinaires du Roi et de tous les hauts personnages de la Cour, Dauphin, Dauphine, ducs et comtes, les « Marchands-papetiers privilègiés de la Cour, Maison et suite de Sa Majesté », les marchands suivant la Cour, dont la mission consistait effectivement à suivre la Cour, lorsqu’elle se déplaçait, afin qu’elle pût avoir ainsi, toujours, sous la main, non seulement ses fournisseurs ordinaires, mais encore les objets qui, quelquefois, eussent pu lui faire défaut, s’il lui avait fallu se servir chez un petit détaillant local.
- Il y avait ainsi un «corps des marchands suivant la Cour», lequel jouissait de l’exemption de visite et autres privilèges, et prenait sa
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- LR BOUTiaUE DU MRRCHRND-PRPETIER
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- commission du grand prévôt de France. En 1712, on comptait jusqu’à 377 charges de maîtres, mais les papetiers n’y figuraient pas nominativement; iis se trouvaient confondus dans les 26 merciers privilégiés. Ce nombre, déjà considérable, des charges, ayant été encore augmenté par lettres patentes du 12 novembre 1723, les papetiers apparurent, alors, en nom sous la forme de 2 papetiers simples et de 2 papetiers-colleurs.
- Puis — suivant les intitulés — c’étaient : ici, des marchands-papetiers-cartiers-relieurs ou des marchands fabriquants de cartes à jouer, tenant magasin de papier, ou, simplement, des marchands-papetiers tout court; là, des marchands-merciers et, même, des merciers-épiciers « tenant toutes sortes de papiers », ou des libraires « tenant également assortiment de papiers », ou encore des marchands de papiers peints et veloutés, « tenant magasin de papiers » ; ou encore des spécialistes de toutes sortes ; doreurs, relieurs, imagiers, tenant magazin d'estampes et magazin de papiers. On verra même lin sieur Morel, marchand-papetier, s’intituler en même temps, artificier françois du Roy, des gainiers — tels Dauron, Dauhancour, — faire commerce de papier, ou encore un sieur Desrousseaux, parfumeur, joindre à ses essences et savons, des « papiers à vignettes ».
- Cette sorte de mélange, cette espèce de confusion, suivant la qualification qu’on voudra lui donner, provient justement de l’origine mercière des papetiers. Et c’est cette origine, également, qui fera que, eux aussi, pour la plupart, vendront des objets n’ayant aucun rapport quelconque avec le véritable but de leur commerce ; le papier.
- Citons ainsi, comme s’étant généralisés au dix-huitième siècle, les cure-dents, les écrans peints avec guéridons, à tablettes et.autres, les volans et raquettes, les tamis à tabac, le corail pour les dents, les plombs pour la chasse; — toutes choses que les non-initiés aux bizarreries des anciens corps de métiers seront quelque peu surpris de voir figurer parmi des nomenclatures de papiers, alors que d’autres détaillants, restés plus spécialement merciers, vendaient couramment dentelles et éventails, parfumerie, gants et mitaines.
- En réalité, le papetier d’ancien régime ou, si l’on préfère, le marchand tenant magasins de papiers n’est qu’un mercier qui s’est confiné plus particulièrement dans la papeterie et les articles qui en dépendent. Or, ces articles, ce sont, avant tout, la maroquinerie et la tabletterie — la maroquinerie produite par les faiseurs de maroquin., qui ne font guère
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- parler d’eux avant le dix-septième siècle; la tabletterie, œuvre des tabletiers. Les tabletiers, ces véritables ancêtres de l’art d’écrire, puis-qu’au treizième siècle ils fabriquaient uniquement les tablettes destinées à l’écriture; c’est-à-dire les petits carnets composés de feuilles minces en corne, en ardoise, en bois dur, en os, en argent, ou en ivoire, que l’on enduisait de cire et sur lesquelles on écrivait à l’aide d’un style,
- Mais c’était, là, l’origine, car la tabletterie que vendront, par la suite, les papetiers — et qu’ils vendent couramment encore, aujourd’hui, —• était de nature bien différente : elle se trouvait être la spécialité des tabletiers devenus, — le titre est quelque peu long, mais il convient de le donner dans son intégralité,—marchands-peigniers-tourneurs-moideurs-piqueurs-faiseurs et compositeurs de bois d'éventails, marqueteurs, tourneurs et tailleurs d’images d’yvoire et enjoliveurs de leurs images. Les tables à jeu, les dez d’yvoire, les jeux de toutes sortes, tels trictracs, damiers, échets, solitaires, trou-madame, quadrilles, que vendaient, durant tout le cours du dix-huitième siècle, nombre de papetiers-détaillants, étaient donc du ressort des tabletiers au même titre que les christ, que les croix, que les tabatières que l’on trouvait, également, chez certains autres marchands.
- Puis viennent les épingles, fournies par les espingliers, devenus par la suite les aiguilliers ; la cire, par les ciriers^ des spécialistes qu’il ne faut point confondre avec les ciriers-chandeliers; la ficelle, le boldue, les compas, les canifs, les grattoirs, les pains à cacheter, tous objets de papeterie, mais ne procédant, en aucune façon, du papier.
- . Ceci posé, l’on peut donc classer comme suit les marchandises multiples qui se débitaient dans la boutique du marchand-mercier :
- 1° Le papier, sous toutes ses formes, avec ses dérivatifs et ses accessoires, depuis l’encre et les plumes jusqu’à la cire et au pain à cacheter ;
- 2° Les objets de maroquinerie ;
- 3° Les objets de tabletterie.
- A tout seigneur tout honneur. Le papier d’abord ; — le papier dont j’ai déjà fait connaître les sortes et qualités, en me servant des documents de l’époque.
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- Lettres de CJiancje ciccepte&j et peryees
- Titre à encadrement orné, pour recueil commercial, en vente chez Guérard, graveur. Les vignettes, comme on le voit, sont relatives au trafic, au négoce, et au paiement des lettres de change.
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- PAPETERIE ET PRPETLERS
- I. — Les Papiers (papiers blancs et papiers gravés) pour les usages de la vie quotidienne.
- Ils vendaient, nos papetiers, si l’on se place au point de vue général, « toutes sortes de bons Papiers » pour l’Ecriture, pour le Dessein (sic),
- pour les Mathématiques, pour la Musique, pour Tapisserie et Décoration, — d’aucuns pour l’Impression en lettres et pour les Estampes en taille douce.
- Ils vendent des papiers bruts, des papiers battus et lavés, des papiers d’Hollande et des papiers de France, des papiers bordés, dorés, glacés, vernis, des papiers pour enveloppes et même, couramment, à partir de 1750, des enveloppes de lettres, de toutes grandeurs (1).
- Ils vendent des carnets, livres et registres, des carnets fermant à pointe et, par la suite, « à crayon », des registres avec les têtes de pages imprimées comme suit : Doit, Avoir; — Recette, Dépense, etc., des registres de toutes grandeurs, « reglez » et « non reglez », pour les Comptes étrangers, Parties doubles et Journaux.
- Ils vendent du papier préparé, coupé de toutes grandeurs, papier à lettre, de compte et à la Tellière ; du Hollande fort, fin et très fin « pour écrire aux Pays étrangers », car déjà alors, point n’est besoin de le dire autrement, il y a pour la poste une question de poids. C’est même pour répondre à cet emploi nettement défini que plusieurs fabricants façonneront des ramettes de Papier de Poste destiné à cet usage particulier, ainsi que le prouvent les maruues ici reproduites.
- Il en est qui ont la spécialité des « papiers à vignettes les plus à la mode » ; il en est —tel Jallot — qui font les registres pour les paroisses,
- (1) On a beaucoup écrit, et commis pas mal d’erreurs sur la question Enveloppes, parce qu’on a toujours confondu les enveloppes fabriquées à la main et les enveloppes de fabrication mécanique : on trouve plus loin toute une série de renseignements précis qui me semblent élucider définitivement la question. Littré a cité sur les enveloppes un tarif postal du 11 avril 1616, et Mme de Genlis nous apprend qu’à son époque on pouvait déjà s'eu procurer de toutes faites. En réalité, le premier règlement royal fixant le tarif postal des lettres auxquelles il y a enveloppes est celui de 1644.
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- Titre à encadrement orné, pour recueil commercial ou album, en vente chez Larcher, marchand-papetier.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- se chargent de les faire coter et parapher de M. le Lieutenant Civil, et même de procurer les brefs.
- D’aucuns tiennent le papier bleu d’Hollande et le papier gris; d’autres se recommandent pour leur Papier marbré, doré, argenté, et façon
- d’Indienne — ce qu’on appellera, quelquefois, du «papier des Indes », qualificatif qui pourrait facilement tromper ceux qui ne sont pas au courant des spécialités de l’époque. — D’autres encore attirent l’attention du public sur cette nouveauté, aux environs de 1750, le papier « marbré, à fleurs, pour Tapisserie », le papier « imitant le marbre pour les Cheminées » (fort souvent, alors, en plâtre ou en bois et ayant, donc, besoin d’être ornées.)
- Celui-ci annonce qu’on trouvera chez lui des Livres de Musique de toutes grandeurs ; tel autre a du papier verni « préparé spécialement pour les Maîtres-Ecrivains ».
- Les papetiers qui ont la spécialité des registres ont, eux, une nombreuse clientèle à servir en dehors des habituels registres de commerce. Aux registres de paroisses on peut ajouter, ici, les registres des universités ; les registres des finances ; les registres des manufactures pour la marque des étoffes; les registres des marchands-orfèvres, avec inscriptions pour poids et espèces; les registres pour les exploits des huissiers et sergents ; les registres des maîtres de coches et carrosses; les registres pour la ferme des Tabacs.
- Tout cela c’est, en quelque sorte, d’abord le papier blanc pour écrire, chiffrer, dessiner, imprimer; — puis le papier à impressions de couleur pour la décoration et l’ornement des appartements, les fameux dominos que l’on collait, quelquefois, jusque sur les portes, les armoires et les coffres.
- Il faut, maintenant, considérer le papier sous une autre forme, c’est-à-dire dans ses usages particuliers, après les transformations ou les préparations, comme on voudra, que lui font subir l’impression et la gravure;
- [Papier 2c [PoJto Prêt fin
- Etiquette pour enveloppe de ramette de papier.
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- diverses sortes d&BxJhts d'mxritatwns.lLse chargedehs remplir ebjiare.-porter
- Modèle de composition allégorique pour faire-part de mariage.
- Les noms des futurs mariés et les renseignements sur la cérémonie se mettaient à la main.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Combien multiples, combien variés les emplois! Et quelle accumulation de spécialités pour la boutique du papetier, principalement du papetier-graveur-imagier qui se développe rapidement aux approches de 1770, le papetier, comme Croisey, comme Nicolas Guérard, comme Larcher, comme Mondhare [plus tard Mondhare et Jean], comme Ché-reau [Aux 2 colonnes], comme Basset, rue Saint-Jacques, qui tient à la fois l’imagerie, l’estampe, les principes d’écriture et de dessin, les cartes géographiques et le papier blanc vierge, ou Hollande.
- D’abord l’ornement, l’encadrement de page, le titre à composition allégorique qui doit servir pour tous les albums et recueils que le dix-huitième siècle, héritier et interprète fidèle des traditions de ses aînés, se plaît à constituer : les Livre de raison, les Livre d’amis, les Livre de voyage, les Livre de pensées et, dans un ordre d’idées plus commercial, les titres destinés à ouvrir et à orner ces assemblages factices et momentanés : Lettres de change, Billets et Mémoires acquittez,
- — Lettres de Voilures, Connaissements et prix courans, — Lettres particulières, — Ports de France et pays lointains. Il y aura, dessinés par Humblot, un graveur du temps de Louis XIV, des séries avec vues spéciales, aux noms de la Rochelle, Bordeaux, Marseille, Rouen, Lyon, Amsterdam, Londres, Gênes, Anvers, Francfort, Hambourg ; les principales places du Commerce et du Négoce européen. Ornements et vues de villes, avec des Mercure, avec des compas, avec des balances, avec des ancres, avec des messagers porteurs de ballots et de correspondances, avec des coffres et des sacs d’écus, avec des personnages, chapeau à la main, venant présenter à l’échéance, respectueusement, si ce n’est pas « l’échine basse », quelque « billet de confiance».
- La lettre de change, le billet de confiance, déjà de même format que nos traites, ornés au goût du jour et tirés sur papier fort, le plus généralement de couleur, — bleu ou chamois — [voir la vignette de la page 13 et la lettre de change reproduite dans Vieux Papiers, Vieilles Images] — papiers de négoce qui se trouvent chez certains papetiers proche le Pont Neuf et rue Dauphine, près du grand maître arithméticien, Barrême (1)
- (1) Barrême, dont le nom jouit d’une autorité incontestée; Barrême, dont certains papetiers, dans les quartiers où se traitent plus particulièrement les affaires de banque et aux approches de la trop célèbre rue Quincampoix, exposent complaisamment le portrait, les calculs spéciaux de pair et de change sous les formes les plus diverses — tel, ici reproduit, le portrait utile par son ornement; — Barrême qui, rue Dauphine et rue Saint-André-des-Arcs, servira d’enseigne à deux boutiques papelières : Au Petit Barrême, Au Grand Barrême.
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- Xü Portrait ‘VtUos pa/- sou Ornesncnt ^ y— -ion. rvoit en abroge' le PAJR , ou, lEjjaJjto des Mtcmsioifes de. Fri ^ Réduites a 1er Juste Valeur des Monnayes Ftrançe^'es f
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- cfLiutc de Gros P ÜO LA-JfD JL - _ ndaub - 7 XL - - - d^JAreutee*- Ic^Pcnin, ^J^sy-deFra/icb
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- Le « Portrait utile par son ornement », ainsi qu il s intitule, était une feuille-réclame que tenaient tous les papetiers s occupant des « papiers de négoce » : tout en faisant la réclame pour les Livres de Barrême, il renseignait le client sur les changes.
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- — papiers, dont Barruel, au bas du Petit Pont, possède jusqu’à vingt types différents.
- Au même ordre d’idées appartiennent les couvertures à usages multiples, couvertures de cahiers à écrire portant dans un ornement la marque du fabricant à laquelle, souvent, le papetier ajoutait son nom
- 1VS h H prié d afjtfler du Gortv&y, Service <ùr Enterrement de Monfieur ALE XIS-H U B ERT DU CA STI N, Maître Relieur & Doreur de Livres en l U'niverfité de Paris. Ancien Garde de fa Communauté. Sous Doyen de Me fleur s les Mar* guilliers de Saint - Hilaire. & Bourgeois de Paris, décédé en la maifon de M.fon Fils, rue du Mont Saint - Hilaire *• Qui je fera ce jour d’hui Mercredi B Février 1764* à dix heures du matin, en l’Eglife Paroif ftalè de Saint-Hilaire du Mont fa Paroijfe, où il jera inhumé\
- MeJJieurs ù Dames sy trouveront s’il leur plaît.
- Et aux MESSES qui fe diront depuis huit heures du matin jufqua midi
- Un De profiindis.
- De la part de Monfieui D U C A S T 1 N fon Fils.
- Lettre mortuaire ayant fait partie de la collection Paul Dablin, et ayant figuré à 1 Exposition rétrospective de la Papeterie, en 1900.
- Depuis quelques années, les lettres mortuaires ont été tout particulièrement étudiées, non seulement au point de vue général ou régional (c’est ainsi que des ouvrages ont paru, récoltant les lettres mortuaires à Rennes, à Montpellier, à Lyon, à Rouen), mais encore au point de vue professionnel. C’est ainsi, par exemple, que, dans sa très intéressante Chronique médicale, le Dr Cabanès a reproduit des lettres mortuaires de praticiens célèbres.
- et son adresse, à moins qu’il ne trouvât plus simple de coller au verso son étiquette-réclame — couvertures de dossiers, aux grandes vignettes d’encadrement — couvertures de brochures qui, elles, au contraire, repoussent toute adjonction de la vignette et de l’ornementation, qui — ceci est bien caractéristique — sont en papiers dorés et gaufrés,
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- en attendant que, plus simples, elles arborent les papiers rougeâtres, à gros grains, genre de ceux dont se servaient les épiciers pour leurs empaquetages. Ainsi donc, quand il s’agit de livres, de recueils écrits : la gravure ; — quand il s’agit de brochures imprimées : le papier-couverture en couleurs, à ornements frappés. C’est là une façon de voir très particulière au siècle. Notons que ces papiers dorés sur fond de couleurs: —vert, rouge, orange, brun, — avaient, comme centre principal de fabrication, Augsbourg; Augsbourg, avec ses marchands qui prennent le titre pompeux d'Académie ou de Kagazin du Négoce,
- La gravure passe-partout, l’ornement tout fait, à attribution nettement définie, est presque une des maladies de l’époque. .
- Entrez chez un papetier de la rue de Buci. Vous trouverez encore, chez lui, classés, étiquetés, avec vignettes spéciales :
- — Les billets du matin, avec leurs enveloppes ;
- — Les billets de visite précédant le mariage, avec vignette symbolique encadrant la lettre de tête de l’invitation ;
- — Les billets de messe ;
- — Les billets de prise de voile ; . 4
- — Les memento, autrement dit les images encadrées de noir, vous invitant à prier pour un mort, et tout ce qui constituait ce qu’on a pu justement appeler Ximagerie noire : imitation aux obsèques, faire part de décès, de petit et de grand format, aux légendes et aux attributs si caractéristiques, aux encadrements à rinceaux et à rocailies, aux armes pontificales et royales, avec casques et crosses, avec crânes et tibias, croisés en sautoir, avec torches et torchères, avec des damnés dans les flammes, quelquefois même, avec des squelettes d’une allure particulièrement sarcastique.
- L’imagerie noire qui a sa date d’apparition, dont Boursault, dans sa comédie : Le Mercure Galant (1683), a noté l’acte de naissance, placé ainsi par lui dans la bouche du libraire-inventeur:
- Mais, Monsieur, jusqu’ici les billets nécessaires Pour inviter le monde aux. convois mortuaires,
- Ont été si mal faits qu’on souffrait à les voir ;
- Et, pour le bien public, j’ai tâché d’y pourvoir.
- J’ai fait graver exprès, avec des soins extrêmes,
- De petits ornements de devises, d’emblèmes,
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- Pour égayer la vue et servir d’agréments Aux billets destinés pour les enterrements.
- Tous jugez bien, Monsieur, qu’embellis de la sorte, Ils feront plus d’honneur à la personne morte,
- Et que les curieux, amateurs des Beaux-Arts,
- Au convoi de son corps viendront de toutes parts.
- Billets imprimés ou billets remplis à la main, —les noms s’ajoutant à la formule passe-partout — billets de naissance, billets de mariage, — et, dans un format plus restreint, cartes de souhaits, cadres d’encadrement pour petits découpages et, tout spécialement, pour les « portraits découpés à la silhouette » (I); — cadres inventés et gravés par un spécialiste, Gonord,vers 1777, — toutes choses sur lesquellesje me suis déjà longuement étendu, et dont M. Ilenry Vivarez, le président de la Société du Vieux
- Papier, s’est également occupé, dans sa curieuse plaquette Le Physiono-trcice, si bien qu’il serait sans intérêt de s’y arrêter à nouveau, aujourd’hui.
- Que de choses encore, chez nos papetiers ; que de spécialités d’usage défini, à la portée de certains publics : les thèses à allure magistrale, les thèses que les petits marchands de la rue Saiut-
- Carte de visite de la fin du dix-huitième siècle à attributs allégoriques, ayant pu servir a différents praticiens en l’art de guérir.
- Jacques tenaient roulées, ne pouvant, en leurs vieilles petites boutiques, les conserver à plat; — les diplômes et brevets — pièces sérieuses et pièces satiriques; les premières recourant souvent encore au parchemin, les secondes inaugurant un genre cher au gros public qui se perpétuera jusqu’à nous; — les invitations, les menus et cartes de cabarets, sur lesquels nous renseigne une pièce de théâtre de 1778 : La partie de campagne. Oyez :
- (i) Le genre se continuera. C’est ainsi que sous le Directoire, le Consulat et l’Empire, des silhouettes se placeront dans des cadres soutenus par des Amours ou par les laineuses Victoires, de Carie Vernet. On a pu voir de telles silhouettes en iço8, à l’Exposition rétrospective du Papier, au Grand Palais, organisée par les soins de la Société Le Vieux Papier.
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- « Au Grand Tambour il n’y a pas de menus historiés, on ne vous donne ni amours à table, ni amants en belle humeur, ni buveurs roulant sous les tables, comme on en voit tant chez les marchands-imagiers de la rue Saint-Jacques, mais quelles matelottes et quelles fricassées ! »
- Voici — un des grands débits de l’époque — les Papiers à la mode, à vignette, et bordés de toutes couleurs, — c’est ainsi qu’ils étaient appelés sur une carte-adresse de Cabaret datée : 1754 — c’est-à-dire les papiers à encadrement gaufré, à encadrements coloriés au pochoir, ou à motifs divers et, fort souvent, à partir de 1775, avec sujets, fleurs et personnages galants. Les bordures de couleurs, rose, vert, bleu, jaune, étaient venues de la bordure noire des papiers de deuil qui avait fait son apparition dès les premières années du siècle. Quelques années plus tard, c’est-à-dire vers 1780, l’on verra des papiers avec encadrements ou portraits en filigranes.
- Cabaret, papetier du Roi, annoncera même comme nouveauté, des papiers montrant les portraits de la famille royale, par transparence.
- Voici — spécialité de quelques imagiers-graveurs, d’abord, qui, peu à peu, se répandra et, bientôt, se trouvera chez les papetiers les mieux achalandés — deux sortes de papier orné dont le dix-huitième siècle, en sa seconde moitié, fera un débit considérable : le billet de visite, qui deviendra, par la suite, — question de papier et de format — la carte de visite; la carte-adresse commerciale, l’étiquette sous ses formes multiples. La carte de visite, dont j’ai, à grands traits, esquissé l’histoire (voir Revue Bleue, 31 janvier 1891), à laquelle j’ai consacré tout un chapitre de mon livre : Vieux Papiers, Vieilles Images; — l’adresse commerciale qui n’a encore été l’objet que d’études incomplètes, et qui, toutes deux, donneront naissance à une véritable industrie dont, à l’époque, le développemeut fut aussi grand que le sera, de nos jours, l’engouement pour la carte postale.
- Etiquette commerciale, du genre passe-partout, gravée sur bois par Papillon.
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- Carte-adresse omnibus gravée sur bois par Papillon à l’usage de tous les commerçants placés sous le vocable A la Ville de Beauvais.
- Toutes deux, en effet, créeront, vulgariseront l’encadrement passe-partout, le cartouche, le médaillon, destiné à recevoir noms, qualités, indications professionnelles — pièces gravées au burin, quelquefois par des
- maîtres, et sur lesquelles les adjonctions se feront soit en caractères d’imprimerie, soit à la main. On allait, ainsi, s’approvisionner chez certains de nos papetiers, des cartons dont on avait besoin pour son usage personnel, mais comme, une fois acquis.il s’agissait de les remplir et de les distribuer, quelques imagiers-graveurs s’offrirent au public pour lui éviter cette besogne. G’est ainsi que Croisey, graveur, rue Saint-André-des-Arcs, vis-à-vis la rue Gille-Cœur, tout en annonçant que l’on trouvait chez lui « de jolie (sic) billets de mariage et diverse sorte de billets d’invitations, cartes pour .visites », ajoutait : « Il se charge de les remplir et faire porter. »
- Etiquettes et cartes-adresse! Tout un monde! Il y a les personnelles faites sur commande; il y a celles d’un usage général, avec la vignette allégorique répondant soit au métier, soit à l’enseigne. A l’enseigne,
- — je m’explique, — et c’est Papillon, le fameux Papillon, celui qui s’est posé en restaurateur de la gravure sur bois, qui va nous servir de guide en la circonstance. Combien d’industries, combien de boutiques, par exemple, se trouvent être sous ces vocables : A la Ville de Bordeaux — A la Ville de Roubaix — A la Ville de Lille — A la Ville de Béarnais. Papillon grave des profils de ces villes et de bien d’autres, et il les fournit à qui désire. Admettons qu’il s’agisse de l’enseigne : A la Ville de Beauvais .Le, commerçant, qui est sous ce vo-
- Eliquette commerciale, du genre rébus allégorique, gravée sur bois par Papillon.
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- cable, se fournit par centaines de Ville de Beauvais, soit chez le graveur lui-même, soit chez les papetiers-imagiers qui ont ses vignettes en dépôt, et, à l’intérieur même de la vignette ou en dehors, dans la marge, il ajoute ses noms et qualités.
- Autre exemple. Voici A la Tour T Argent — enseigne quelque peu répandue au dix-huitième siècle, — car j’en ai compté jusqu’à trente, de 1760 à 1780. — Papillon a des Tour d’Argent, avec attributs variés tout autour... sur la vignette ici reproduite ce sont des épées; sur d’autres ce seront des bas, des gants, des chapeaux et, dans la tablette blanche placée au-dessous, s’inscriront les noms des marchands ; noms que le graveur place lui-même, au besoin, si l’acheteur le désire.
- Cartes-adresses pour pelletiers-fourreurs, gravées sur bois par Papillon.
- Sur le côté, les attributs-omnibus avec le fameux bonnet à la polonaise, cjue l’on se gardait bien de porter — à Paris tout au moins — mais qui était indispensable à tout fourreur, à une époque où la Pologne occupait, dans ce domaine, la place qui, par la suite, sera tenue par la Russie. Au milieu, le médaillon répondant à l’enseigne du commerçant; à gauche, Au Grand Mogol; à droite, A l’Impératrice (ligure censée être la Grande Catherine).
- Voici, toujours dans le même esprit, Au Palmier Boy al. En 1760, il y en a cinq, connus, dans Paris. La façon dont les quatre majuscules sont placées autour de l’arbre (deux de chaque côté) montre combien facilement les changements se peuvent opérer. Ici c’est G. D. L. R.; — ailleurs, ce sera O. P. S. T. ou autres initiales répondant au nom de l’industriel.
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- Voici des vignettes pour fourreurs conçues comme suit : un médaillon central destiné à recevoir le personnage, la figurine de l’enseigne, donc pouvant subir des modifications et, tout autour, fixes par conséquent, des reproductions d’objets fourrés : manteaux, manchons, toques, gants, collets, etc..... Celles ici reproduites se trouvent sous les vocables suivants : Au Grand Mogol; — A ïImpératrice.
- Carte-adresse d’un bonnetier, très certainement fournisseur de la Cour d’Espagne, ou ayant pour enseigne : Aux Armes d’Espagne.
- Sur les côtés, les attributs de son commerce; au centre, les armoiries.
- Voici des Toison d’Or, enseigne alors fort répandue. Dans son petit Almanach de Paris, accompagné et suivi de spécimens de son talent, Papillon donne les armoiries en indiquant, lui-même, que le fond se peut remplir comme on veut. Ici, c’est l’adresse-réclame d’un bonnetier, ainsi que le montrent clairement les bas, les chaussons et les calottes.
- Voici A la Teste Noire, enseigne non moins populaire; enseigne prise par je ne sais combien de marchands-merciers, marchands-épiciers, marchands-confiseurs, marchands-drapiers; enseigne de papetier célèbre, puisque nous la verrons figurer à notre « Livre d'Or ».
- Est-il besoin de faire remarquer que ce qui reste fixe sur cette carte-adresse, véritable ex-libns de commerçant, ce sont les spécimens des objets accrochés de chaque côté de l’enseigne. Le médaillon et le cartouche, ainsi que l’indiquent suffisamment leurs fonds blancs, sont des-
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- tinés à recevoir la figurine, le nom, l’adresse, la qualité du marchand. Ce sont de véritables cadres-omnibus.
- Voici — autre genre; œuvre d’un autre graveur, du reste, — l’étiquette-adresse : Au Chat Lié. Ici, le marchand s’est contenté de faire achat d’un cadre d’ornement dans lequel il a placé sa vignette.
- 11 y a des Fil de Paris, comme il y a des Etamine du Mans, comme il y a des Soies grèges de Lyon.
- Après les cartes-adresses ce seront les étiquettes, les étiquettes destinées à être placées sur des sacs, sur des ballots ou autres produits de manufactures; manufactures d’Angers, du Mans, de Lyon; étolfes, dentelles, chapeaux, — et même sucre — sucre métallique, ainsi que s’appelait alors ce produit colonial; sucre en morceaux, ainsi que l’indique le mot grains placé au-dessous. Grain de sucre, vieille appellation qui n’est plus,
- aujourd’hui, qu’un provincia- Etiquette commerciale gravée sur bois par Papillon;
- 1 r cette vignette se compose, en réalité, de deux parties
- lismc, mais qui se retrouve d’usage fréquent, en Suisse, en Belgique, au Canada, partout, en un mot, où le français d’autrefois est encore en honneur.
- Et dites après cela que ces petits carrés de papier, méprisés par tant de gens, alors qu’ils peuvent servir jusqu’à fixer un point de linguistique, n’ont pas leur importance.
- Ces étiquettes se débitaient de façons différentes, en épreuves détachées ou en feuilles ; — en épreuves détachées pour celles d’une certaine grandeur — en feuilles pour celles qui, de petite dimension, — telles les étiquettes de pharmacien ici reproduites — étaient, avant tout, destinées aux flacons et bouteilles. Car c’était également chez nos papetiers que venaient se fournir pharmaciens, parfumeurs, confiseurs, liquoristes; —
- distinctes : i° le cadre passe-partout que le graveur vendait en blanc ou garni, suivant le désir du client ; 2° l’étiquette-réclame que le graveur y faisait entrer d'après la commande du client.
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- tous ces derniers pour les étiquettes-omnibus. La feuille de petits cadres-étiquettes montre comment ces vignettes s’assemblaient et se découpaient.
- Les étiquettes, elles tenaient, en réalité, chez le papetier vendant les pièces burinées pour messieurs les marchands, une nlace aussi con-sidérable que les cartes de visite, les papiers à lettres, ornés, les lettres de part et autres spécialités à l’usage du public ordinaire. Et, de cela il ne faut pas être surpris, puisque même la Ferme Généralle (sic) du Tabac avait ses papiers ornés, omnibus, les Commis et Préposés du Fermier ayant pour leur usage personnel, factures, cartes, étiquettes, quoique le monopole fût absolu entre les mains du fermier. Papillon et autres gravèrent ainsi, sous les titres génériques : A la Source du bon Tabac cTHollande, —
- A la Source du bon Tabac des Antilles, — A la Source du bon Tabac du Brésil, — de très amusantes images composées d’une vignette et d’encadrements de circonstance ou se voient les longues pipes du jour et des paquets de tabac en corde, en andouilles ou en carotte, suivant les modes et qualificatifs
- alors en usage. Les bandes et Carte-adresse d’un marchand-épicier: A la Teste Noire,
- . . i a lequél, ainsi qu’on peut le voir par les objets accro-
- etiquettes étaient en dépôt chez chés à droite du médaillon, vendait également des , <• i , plumes, des boîtes et autres objets de papeterie,
- quelques papetiers seulement, pa- Vignette gravée sur bois par Papillon.
- Etiquette commerciale gravée sur bois par Papillon.
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- petiers désignés par la régie, qui ne devaient les livrer qu’à bon escient aux préposés de la ferme. A cette exception près, ils remplissaient le rôle de nos actuels bureaux de tabac pour les feuilles de papier timbré.
- Etiquettes, dont je me plais une fois encore à signaler le très réel intérêt — voire même l’importance considérable. Ici même, ne vont^ elles pas servir à nous renseigner sur quelques marques de fabricants de papier, — papier bulle; papier d’impression; papier de Poste fin, très
- Feuille d’étiquettes pour flacons et boîtes, gravées sur gros papier bleuté, que les papetiers tenaient à l'usage des droguistes-pharmaciens, et que ces derniers découpaient en suivant les traits tracés. L’usage n’était pas, alors, pour les pharmaciens, d'user d’étiquettes imprimées; le contenu de la boîte ou du flacon se traçait donc à la plume, et les filets à l'intérieur du cadre avaient pour but de guider le scribe de façon que l’écriture fût à peu près régulière.
- fin; — documents rares, rarissimes, parvenus jusqu’à nous grâce à l'excellente idée qu’eut Papillon de constituer un recueil de ses types, de ses pièces les plus curieuses (1), en différents domaines.
- Etiquettes presque toujours imprimées sur gros papiers, rugueux, et le plus souvent gris bleuté, de ce gris bleuté indécis, pisseux, que ne connaissent plus nos teintes actuelles. En tout cas, il était, alors, assez rare de voir les étiquettes tirées sur papier blanc, surtout lorsqu’elles devaient servir à des marchandises d’un certain poids et d’un certain genre.
- (1) Cette collection, vraiment unique, se trouve au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale, et comporte trois grands volumes in-folio.
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- Résumons-nous : papiers blancs destinés aux usages les plus divers, étiquettes, adresses et cartes à l’usage du commerce, cadres d’ornement pour les cartes de visite, pièces burinées de toutes sortes et de tous formats; tels étaient les premiers objets que vendaient plus ou moins couramment les papetiers d’autrefois — du moins les principaux.
- Carte-adresse pouvant egalement servir de réclame ou de facture, gravée sur bois par Papillon.
- La partie ornementale du bas était une vignette-omnibus sur laquelle venait se placer l’enseigne
- personnelle du négociant.
- C’était, si l’on peut s’exprimer ainsi, la partie surtout commerciale de leur négoce, dans laquelle l’image n’intervenait qu’à titre d’ornement.
- Passons maintenant aux spécialités que beaucoup d’entre eux s’étaient adjointes et que le plus grand nombre — si ce n’est tous — finit par tenir.
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- II. — Le Papier illustré (les Images, les Découpures, les Cartes).
- Les Images ! la joie des yeux, le bonheur des enfants, la raison d’être de tant de petites papeteries qui, au dix-huitième siècle déjà, s’intitulaient pompeusement marchands-papetiers-imagiers. Puisque les graveurs-
- Type de l’ancienne boutique à auvent telle qu’elle exista dans Paris, de 1775 à i8a5 environ.
- Lithographie de Carie Vernet.
- * Delpech ne fut pas uniquement imprimeur-lithographe ou, plutôt, avant de se spécialiser dans cette partie, il avait également tenu commerce de papiers et crayons à dessin.
- imagiers tenaient le papier blanc, n’était-il pas tout naturel que les papetiers s’occupassent de la vente du papier « à belles histoires ».
- L’Imagerie ! vaste domaine dont j’ai déjà, plus ou moins, en ce livre auquel il me faut bien revenir malgré moi : Vieux Papiers, Vieilles Images, étudié toutes les branches, dont j’ai, déjà, dressé quelques monographies; qui nous a valu les volumes de Nisard et de Champfleury, le recueil de Garnier, à Chartres, et quelques plaquettes, plus ou moins renseignées, telles Les Anciennes Vues d’optique, de François Pouv.
- L’Imagerie! qui, dans la boutique d’un papetier, se rangeait par
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- catégories bien distinctes : les images religieuses, allant de la petite
- image de livre de messe jusqu’aux placards de confréries ou de corporations, jusqu’aux feuilles de pèlerinages, donnant en gravures, d’un coloris criard, tous les saints et toutes les saintes, les vierges et les martyres et, même, les patrons de villes ; — les images militaires, relativement encore assez rares, l’amour du soldat n’ayant pas du tout, alors, la tournure qu’il a prise depuis les guerres du premier Empire ; — les images de mœurs : types et cris de la rue; — les modèles de dessin; — les principes d’écriture, les sujets gracieux, les jeux ayant la disposition du « jeu de l’oie », et les vues d’optique, très certainement la collection la plus recherchée, la plus universellement répandue à l’époque qui nous occupe.
- L’Imagerie papetière, sur laquelle vont nous renseigner les très rares catalogues des marchands Basset et Chéreau que j’ai le grand bonheur de posséder dans mes collections.
- Entrons donc chez un marehand-pa-petier-cartier-imagier-relieur, de la rue Saint-Jacques, et faisons l’inventaire de ses rayons, tablettes et tiroirs.
- Voici ce que nous allons voir apparaître :
- 1° Sujets de Piété. — Les « petits Saints à découper » — c’est le titre, c’est ce que l’on demande, — il y en a de 2 jusqu’à 40 par feuille; — les planches dites « modèles de Dévotion », Christ, Vierges, Saints et Saintes (ceux-là ne vont jamais qu’un par un); — les Saints et Saintes dits « Ba-zins » (ceux-là sont en travers de la feuille, c’est-à-dire en largeur); — les grandes découpures de Dévotion (plu-
- Vignette d'un jeu d'oie, dit Jeu des cris de Paris.
- (Epoque du Directoire, 1798.)
- Vignette d’un jeu d’oie, dit Jeu des cris de Paris.
- (Epoque du Directoire, 1798.)
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- jLParùr Ckcx lûzdeur rut c£u.2>at£otr 3 JF\) &.
- CALENDRIER DE 1791, EN VENTE CHEZ LES PAPETIERS
- à assez répandus, aux abords de 1780, les calendriers perpétuels devaient se multiplier à partir de la Révolution, et prendre leur plus grand développement avec le calendrier républicain.
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- sieurs à la feuille); les « feuilles de prières » imprimées des deux côtés, avec 12 prières à la feuille; — les souvenirs de Baptême, de première Communion, de Confirmation, pour livres de prières; — les «14 Stations», en largeur et en hauteur, au choix; —les .« 12 Apôtres ». Et tout cela, gravé d’une manière plus ou moins rudimentaire; à volonté, dans tous les états, noir, enluminé, entouré de branches de roses ou d’armoiries pontificales, et même, suprême chic, rehaussé d’or et d’argent, quelquefois même, de paillettes — d’autres fois, avec bordures découpées au canivel; véritables dentelles, chefs-d’œuvre de patience et d’habileté aux multiples motifs d’ornementation: arabesques, feuillages, fleurs, fruits, oiseaux.
- Ne verra-t-on pas, dans ce domaine, jusqu’à des broderies sur papier, sans envers, représentant l’exposition du Saint-Suaire et même des estampes dont les saints personnages se trouvent habillés d’étoffes.
- Les trois états, les trois formes sous lesquelles apparaîtra l’imagerie à toutes les époques.
- 2° Caricatures et Jeux divers pour l’amusement des enfants.
- Petites découpures grotesques, en travers, contenant Oiseaux, Animaux, Papillons, Arbres, Fleurs; — Grandes découpures grotesques, en hauteur (Contes, Histoires, Animaux, Soldats) ; — Autres découpures grotesques : Cris de Paris; — Petites et grandes vues d’Optique (1); — Costumes militaires ; — Portraits de Rois et Princes ; — Petites mascarades ; figures grotesques ; petites têtes renversées ; — Les degrés des âges; — Tableau des vicissitudes humaines; — Jeux assortis et jeux instructifs (Jeu d’oie — de FEscole des Plaideurs, — de la Mythologie, — des Fables d’Esope, — des Cris de Paris, — des Fortifications ou de la Guerre, — de la Genèse, — d’Henri IV, — de l’Amour et de l’Himénée, — des Bons Enfans vivons sans Soucy, sans chagrin, où sont les intrigues de la vie, — de la Maraude. — Après la Révolution, ne verra-t-on pas, sous cette forme, Les Délassemens du Père Gérard ou la Poule de Henri IV mise au pot en 1792, Jeu national, etc...) (2); — Rébus en noir, rouge et bleu, pour les Confiseurs (3) ; — Cadrans d’horloges, assortis. — [Oui, cadrans de pa-
- (1) Ainsi appelées suivant leur format. Elles variaient du petit au grand in-folio. Ces vues, tirées sur papier plus ou moins fort, et qui étaient peintes ou décalquées sur des bandes de verre, représentaient les monuments, les jardins publics, les sites, les curiosités de la nature ou de l’art, les combats, les carrousels, les fêtes, les feux d'artifice, les modes, les événements historiques.
- (2) On trouvera un abrégé de catalogue des « Jeux d’oie » dans mon livre : Vieux Papiers, Vieilles Images.
- (3) Voir, plus loin, tout ce qui concerne la papeterie à l'usage de la confiserie, branche particulièrement importante du papier.
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- LE VRAI PORTRAIT DU JUIF-ERRANT,
- Tel qu'on fa vu passer d Avignon, le zz Avril 1784-COMPLAINTE NOUVELLE, sur un An- de Chasse.
- rien lô? k terra qai soit ptos surprenants
- 3ne .la grande misère “ pauvre Jaif-Errs&t? q®« son sort malheurtoK psnrtt trute et fâchrat*
- Vn jour, près de ^4 ville de Bruxelles en Bradant, des bourgeois fort docile*, l’accostèrent eo passait; jamais il* nVraieni va . «a homme si barbu. >
- On toidîtr boujoor, maître de grfice accord et nous, la tatrofaction d'être vit mouient avec vont j
- «>« nous refuses pas, retardes un pen vos pas*
- Messieurs. ji vous protetts que j’ai bien du malbeoè, jamais je se a'tirftt, si ici, oi atllaars t par beau «a nsovsih temj )« marche incessamment*
- Entres dans cette avberga .vénérable vieillard , d'on pot de bierre fraîche W* preudret votre part, jwut Touaregak rons le mrfum «tue nos» pourrons.
- J’accepterais de boire deux coups avec arias, L inats je ne pots m’asseoir |e dois rester debout» je ioa eu venté,
- Confus de vos bontés. .
- De savoir votre âge nous seno»» curieux : à voir votre visage, vous paraisse* fort vieux, vous avaa bien cent ans, vous montres bien autant*
- La vietllassa me géoe ; j’ai bien dix-huit cents an* ; chose sûre et certaine , je passe encore douce ans : l’avais dis a»<9 passé* quand Jcsas-Clmst est né*
- N'étes-voos point cet haum de qui l’on parle tant» que l’Ecriture nomme lasse, Juif-Errant? de prie*. dites-no os ai c’est sûrement voua.
- Isasc Laqordem pour nom me fut donné,
- «é s Jérusalem, ville bien renommée; oui, c est moi. mes enfant} qui suis le Juif-Errant.
- Juste Ciel que ma ronde est pénible pour moi ! je (pis le tour du monde, pour la cinquième fois: chacun meurt à son tour , et moi je vis toujours.
- J'af va dedans l'Europe ainsi que dans l'Asit, des batailles et des chocs, qui coûtent bien des VMS |
- 1* las ai traversés sans y être Miessé.
- J’ai vu daoa l’Aissiqoi, c’est une vérité., ainsi que danaJ’Afriqoa, grande mortalité?
- I* mort ne peut rien , je m’ao aperçois bimt
- Jen’ai point de ressooree en maison » oi en bien,
- . ai cu^ soàadana ma bonrsa ,
- oiU tout mou moyen t '
- '**• loua lieum, en tous *«««§
- Vu ai toujours autant.
- Mous pensions comme 00*005-au récit davos maos, non* iraîiiona de mensoogt, tou* vos plus grands ira*au*, aujourd'hui nous voyons que nous nous méprenons.
- V 008 étira donc coopabk Je quelque grand péché , poor qfe Dieu tout aimable, voua eût tant affligé ; d i tes—noua l’occasion de cette punition,
- C'est ma cruelle audace qui cause mon malheur, s* mon criaoe s'efface,
- je traitai mon Sauveur avec trop dt rigueur.
- Sur le moot du calvaire Jésua portait sa crois ;
- Il ma dit débonnaire, passant devaot dut mot : . veux-tu bien, mon ami, que je repose ici.
- Moi, brutal et rabais » je lui dis saneraisooi éle-toi criminel, de devaut tus maison 1 (vunc* , et marche dooc#
- «ar it* tue bis àiTroot.
- Jé$uf la bonté même, niedy en soupirant 1 lè'Qaicbfru toi—même pendant plu» de mille aaa, le dernier Jugement finira tou toovioent*
- De chrt moi 4 l'heure même je snrlis bien chagriii, avec douleur eatrême, je me mis en cheroin < dès ce jour-U je auia en marche joor et nuit.
- Messieurs le teins me presse , •dieu U compagnie t jrâce 4 voo politesses 9 >e voiis en remercie : je sois trop tourmenté qtiand je suis arreté.
- F I K.
- A Evreui, de rimpiimeri* d'AncEbbc fils.
- A CHARTRES, chez GARNIER-ALLABRE , Fabricant d’images, Libraire et Papetier, Place des Halles, N.” 17.
- Imagerie de la fabrique de Garnier, et dont il a été fait de nombreux
- à Chartres, qui retirages, jusque
- parut pour la première fois en vers 1840, sur les bois originaux.
- l?85,
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- pier, précurseurs des cadrans d’émail de la fabrique genevoise, et dont il se faisait, alors, un grand débit pour les horloges de bois du populaire.]
- 3° Principes d’Ecriture (française et anglaise).
- Position du corps et taille des plumes; — Ecriture du premier âge; — Ecriture expédiée; — Fidèle tableau; — L’écriture démontrée; — L’art d’écrire; — Modèles et collections de tous les maîtres, etc...
- 4° Principes de Dessin.
- Etudes pour la figure, Académies, Paysages, Fleurs et Animaux; —1 Tètes d’étude genre crayon gravées par Le Barbier et autres (Le Printemps; l’Eté; l’Automne; l’Hiver); — Les quatre parties du monde; — Sainte-Vierge, Enfant Jésus, etc... — Grandes têtes de dévotion «genre du crayon » ; — Figures d’après l’antique, avec le trait et le fini à côté ; — Triton, G al athée, deux Vénus, Laocoon, H ermaphrodite, Apollon du Belvédère, gravés par Demarteau ; — Paysages gravés d’après les tableaux de Wouwermans;
- -— Vues de Marine d’après Vernet; — Sujets divers d’après Téniers ; — Principes d’animaux ; — Principes de Paysages; — Principes de Fleurs; — Etudes de chevaux; — Principes d’anatomie par Bouchardon; — Principes de serrurerie ; — Principes d’ornement pour l’architecture.
- 5° Portraits (à mi-corps ou en pied).
- La famille royale et autres familles souveraines d’Europe. — Personnages historiques de toutes sortes et de tous pays.
- IMAGE A TRANSFORMATION, DE L’ÉPOQUE DU CONSULAT
- Irc Planche. Cette vignette se plaçait sur la planche de fond reproduite ci-contre, de façon à couvrir entièrement le feu de paille et sa légende. Elle constituait ce qu’on appelait une devinette, c’est-à-dire qu’on la faisait circuler de main en main, en demandant à celui à qui on la présentait : « Que font ces trois personnes? Que se disent-elles? » Il y eut ainsi, à certaines époques, une imagerie abondante, dont il ne reste, malheureusement, que quelques rares spécimens.
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- 6° Estampes diverses.
- Sujetshistoriques ; — Petites marchandes ; — Sujets familiers et villageois; — Sujets gracieux dessinés par Huet; — Sujets d’amour; — Sujets gracieux pour boudoirs ( Ténus gardée par ïAmour — Diane et Actéon —
- IMAGE A TRANSFORMATION, DE L’ÉPOQUE DU CONSULAT
- IIe Planche, ou planche de fond, contenant la légende, je veux dire la phrase ou la sentence qu’il fallait trouver, si l’on voulait passer pour un bon devineur de devinettes.
- Lanterne magique — La petite loterie — La sensitive — Le Galant Berger — La douce surprise — Le curieux — Le bain troublé — Invocation à T Amour — Invocation à Priape, etc.). — Figures gracieuses à mi-corps; — Pastorales
- — Bouquets variés; — Sujets de chasse; — Vues d’Italie; — Vues de Paris;
- — Vues des principales capitales de l’étranger; — ces trois dernières
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- PRPETERIE ET PRP ET I ERS
- séries — je veux dire « les vues » — constituant ce qu’on avait dénommé autrefois les profils, et ce qui s’appellera par la suite les prospects.
- Assurément les estampes diverses qui, à la suite d’achats successifs, étaient venues grossir les fonds Ghéreau Basset, Crépy, Hocquart, Jean et autres, ne se trouvaient pas chez tous nos papetiers-imagiers dont la vente, et le choix par conséquent, se portait surtout sur les sujets de piété, les caricatures, les vues d’optique, les principes de dessin, les modèles d’écriture, mais, d’autre part, combien de pièces, de vente courante au dix-huitième siècle, ne figurent point sur cette longue énumération.
- Faut-il rappeler ïArbre dtamour; les quatre Yéritez da siècle d’à -présent; le Juif errant; Crédit est mort ; le grand Diable d’argent; les Folies des hommes ou le Monde à rebours (1); la Création du monde; la Chanson de Marlborough; les Etrennes géographiques; Biaise le Savetié (sic), et les Arts et Métiers en personnages grotesques, et les Poupées à habiller, et les Pantins, et les images à transformations, soit par les plis du papier, soit par la superposition de deux sujets l’un sur l’autre, ancêtres des fameuses Portes et fenêtres, qui feront tant parler d’elles par la suite ; — et les «billets de Rois» que Lille produisait en si grand nombre, et le Joseph II labourant, et le Frédéric IIprisant, et tous les petits métiers, et toutes les Singeries, sans omettre les silhouettes que M. de Silhouette eut le grand plaisir de voir se répandre, de son vivant.
- Faut-il, en faisant une incursion nouvelle dans le domaine de l’imagerie religieuse, rappeler les copieuses iconographies de toutes les Notre-Dame — Notre-Dame des Sept Douleurs, — Notre-Dame de la Treille, si populaire dans la région lilloise, — Notre-Dame des Anges, — Notre-Dame du Rosaire, — Notre-Dame de Grâce, — Notre-Dame du Mont Carmel, — Notre-Dame du Perpétuel Secours, — Notre-Dame de Lorette, — Notre-Dame clés Affligés, — Notre-Dame des Ardents, — Notre-Dame de Lourdes, sans oublier les Visions de la Bienheureuse Marie Alacoque, qui remontent, on le sait, à 1674, les Saint Bernard, les Saint Antoine de Padoue, et surtout les images de pèlerinages, avec leurs amusantes complaintes, dont le plus célèbre, le plus recherché, — je parle ici des pèlerinages — se trouva être, toujours, Saint-Jacques de Compostelle.
- (1) Le Monde à rebours, qui s’intitula aussi, quelquefois, le Monde à l’envers; ce sont les animaux venant prendre la place des hommes et remplissant leurs fonctions, alors que les hommes marchent à quatre pattes.
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- Saint Jacques de Compostelle ou, pour l’appeler comme sur l’image, Saint Jacobe, un bon saint auquel les pèlerins, à genoux, dévotement disent : Or a pro nobis, et qui voit se dérouler, tout autour de lui, en de pittoresques petites vignettes, de bien remarquables miracles. Entre toutes, la complainte suivante vaut d’être retenue :
- ÀV CHANT DV COQ ROSTY (1).
- Trois pellerins faisant séjour,
- Yne fille pria l’vn d’amour.
- La refusant, en sa besace, De nuict elle mit vne tasse.
- Par le moyen de la rusée Sur luy fut la tasse trouvée.
- Soudain au Prévost fut mené, D’estre pendu fut condamné.
- Ses père et mère s’en allèrent Et retournant vif, le retrouvèrent.
- Lors l’innocent fut dépendu, Sain et joyeux leur fut rendu.
- La paillarde fut condamnée D’estre par le feu terminée.
- O sainte naïveté des anciens âges! Temps vraiment paradisiaques où les filles se vengeaient de vous... non en vous entôlant, mais bien en emplissant vos poches ! Non en vous volant, mais en vous faisant passer pour voleur. O haine féminine !
- (1) C’était l’enseigne de l’auberge où s’étaient arrêtés les parents du pèlerin. Miracle tout à fait populaire au moyen âge, le Chant du coq rosty était devenu une enseigne d’usage courant.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Dans le domaine de l’écriture, comme dans l’imagerie religieuse, que de choses encore se voyaient chez nos papetiers. Sous le Directoire, Schmidt mentionne que plusieurs d’entrë eux tenaient, cachés, des portraits en paraphes d’écriture, de Louis XVI et de Marie-Antoinette, preuve qu’avant 1789 leurs boutiques en étaient amplement garnies. Et, effectivement, Bernard, le célèbre Bernard, écrivain du cabinet du Boi, qui excellait dans les portraits à la plume et les exécutait presque à main levée, ne cessait de faire graver ceux du Boi et de la Beine, ceux des princes et ceux des personnages célèbres — tantôt en buste, tantôt en pied.
- Comme les silhouettes, les portraits à la plume couraient partout —
- portraits avec des paraphes, avec des pensées, avec des sentences, — portraits grâce auxquels l’art des pleins et des déliés put atteindre à une extrême habileté. La gymnastique de la plume, en laquelle excellèrent tout un groupe de plumisles qui se riaient des difficultés, qui se complaisaient aux bizarreries les plus étranges, jusqu’au jour où, avec la Déclaration des Droits de l’homme, ils arrivèrent à composer des têtes de Dépit b ligne. Et les papetiers ne vendaient pas seulement les « Modèles », les « Exemples », ils tenaient aussi les Traités, traités multiples et variés, depuis l'Art cTescripre et de tailler plumes (1), composé, au quinzième siècle, par le maître
- Carte-adresse de Baillieul, avec encadrement du genre dit : Ornements d’écriture (fin du dix-huitième siècle).
- (1) Il ne faudrait point croire que Louis XVI et Marie-Antoinette furent les premiers souverains exécutés h lu plume. Les papetiers et marchands d'images affichaient volontiers un buste de Louis XV sur socle exécute à la plume d’un trait suivi, par Rochon, de l’Académie Royale d’Ecriture, d'après l’original présenté au Roi. Et l'on peut dire que les bustes d’IIenri IV et de Sully, formant pendant.
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- ÜtnarJ Jmxî
- Art d’Ecrire
- Planche dessinée par Prévost, destinée à montrer la position du corps pour écrire et la tenue de la plume. La figure est entre les quatre lignes perpendiculaires A, B. Au-dessous sont les instruments qui servent à l’art d’écrire ; une main tenant une plume, l’autre, un canif. En une succession de planches, Paillasson, professeur de l'Académie royale d’écriture, auteur du traité l’Art d’Ecrire, montre la taille de la plume, la manière de tenir la plume et le canif, les coupes différentes de la plume, les proportions d’une plume taillée ; la hauteur, largeur et pente des écritures — ronde, bâtarde, coulée, — les modèles d’alphabets et les différentes écritures des trois caractères en usage. Une planche est réservée à « la plume à traits », ainsi nommée parce qu’elle sert à produire les lettres capitales ou majuscules et les traits appelés « cadeaux », c’est-à-dire les coups de plume qui servent aux maîtres écrivains pour embellir leurs pièces et aux commis pour donner de l’éclat à un titre.
- Recueil de planches sur les Sciences, les Arts liberaux et les Arts mécaniques. (Paris, 1763.)
- *
- Voir, plus loin, aux Suppléments, la liste des principaux écrivains d’après Y Almanach Dauphin de 1776*
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- PRPETERIE ET PRPETIERS
- des escripvains, Gobert (1), jusqu’aux recueils, plus modernes, d’Etienne de Blégny, de Paillasson, de Pierre Simian: Elémens des premières Instructions de la Jeunesse — Nouveaux exemplaires d’Ecriture chine beauté singulière — tous maîtres écrivains ou jurés-experts.
- Et les découpures! Encore une maladie du jour que ces petits motifs découpés au ciseau. Or, ces découpures, faites avec le plus grand soin et, quelquefois, d’une finesse extrême — telles des dentelles •— se plaçaient dans des cahiers de papier à la forme, assez épais et glacé, de couleurs différentes, chamois, violet, vert, noir, que vendaient la plupart des papetiers. Invariablement, les découpures — paysages, sujets rustiques, personnages, voire même scènes de mœurs, — étaient noires ou blanches.
- Et cela s’appelait et s’orthographiait : Cciier de découpures — Caler de découpures, pour les petits et les grands, — puisque Wille, en ses Mémoires, nous apprend que les amoureux, volontiers, s’en offraient.
- L’art de ces découpures — il n’est peut-être pas inutile de le mentionner— était venu de Suisse et d’Allemagne, occupant alors les salons, gagnant la rue, faisant circuler de main en main d’amusantes représentations de personnages, pris en groupe, ou de têtes chargées avec humour; bien vite, il avait pris racine en France, sans se prêter, cependant, aussi facilement, chez nous, à la silhouette caricaturale.
- Découpages et découpures d’une nature très spéciale, qu’il ne faut point confondre avec les images en feuilles, dont il a été déjà question, destinées, de même, à être détachées, détaillées, et que petits et grands se plaisaient, de même, à découper avec une véritable fureur, pour les remonter, pour les coller sur des feuilles de papier blanc, ou pour en orner boîtes, cartons, coffrets de bois, et toutes espèces de petits objets.
- Ne sont-ce pas encore les papetiers — certains d’entre eux, tout au moins, — qui tenaient « pour l’enfance et les collèges », ainsi que nous le dit une carte-adresse, « les cartes géographiques de chez Lattret et de chez De Fer » ; De Fer qui, lui aussi, avait « un rayon de papeterie » pour le dessin au lavis et en manière d’aquarelle. Mais les papetiers ne
- graves dans des encadrements ovales, à l’imitation du dessin à la plume, par Petit, d’après Bernard, lurent les deux images les plus populaires du dix-huitième siècle.
- Les spécialistes n’étaient pas des derniers à se montrer sous ce jour; c’est ainsi que Saintomer l'aîné, auteur des Vrais principes de la comparaison des Ecritures, exposait en maints endroits son buste dessiné à la plume par Bernard.
- (1) Sur le célèbre calligrapbe du roi Louis XIV, voir : Catalogue des Manuscrits de Jarry, par le baron Roger Portalis.
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- pouvaient vendre qu’en feuilles détachées, demi ou grand colombier, et chez eux l’on venait, surtout, chercher la sphère, les quatre parties du monde, les cartes de France, chronologiques, ou celles dites aux Rois.
- ÉCRAN A 51 AIN DE L’ÉPOQUE DU CONSULAT
- Dans le cadre du milieu se plaçait une image et, très souvent, l’on s’amusait à remplacer cette image par une nouvelle plus au goût du jour, lorsque l’ancienne avait cessé de plaire.
- Avec l’écran — dernier article à mentionner — nous touchons presque aux autres spécialités généralement appelées : objets de papeterie> parce que l’écran se vendait, chez eux, soit en feuilles, soit avec les divers accessoires destinés à le monter, bâtons ou tablettes et guéridons.
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- Très à la mode, très en vogue, l’écran, en effet, était alors, comme aujourd’hui, de deux espèces, de deux sortes : il y avait Yécran à main, peint « en mignature » [sic), en fleurs, en histoires; et le grand écran de pied, objet d’ornement, à trois ou quatre compartiments, plus même quelquefois; — écran peint, avec guéridon et tablettes qui, naturellement, étant donnée sa surface, devait offrir, lui aussi, un champ tout préparé au placement et au collage de découpures.
- Chose tout à fait caractéristique, et précieuse à noter, l’écran fut pour la société d’alors, en France, ce qu’avait été et ce qu’était encore, pour l’Allemagne, le poêle de catelle, orné, à briques de faïence historiée. Les papetiers se mirent à fabriquer — et l’on vendit à grand nombre — des « écrans historiques sur diverses matières, pour rafraîchir la mémoire des diverses lectures qu’on a faites, ou des choses qu’on a pu voir » ; —-c’est ainsi, tout au moins, qu’ils se trouvaient qualifiés survies cartes-adresses de plusieurs d’entre eux. L’écran-éducateur, l’écran-passe-temps, l’écran commémoratif !
- Folies et manies humaines! Aujourd’hui, le découpage: demain, la décalcomanie? Qui se serait figuré qu’un jour viendrait où, fouillant dans les vieux fonds de papeterie, on arriverait à reconstituer, par leur entremise, l’histoire de tout un coin de vie, des amusements préférés des sociétés d’autrefois. Car ce n’est point par pure manie, par* pur désœuvrement, pour tuer le temps, que l’on doit s’intéresser aux vieux papiers, mais bien pour pénétrer dans l’intimité du passé et permettre à l’humanité de prendre contact avec tout ce qui fut la vie.
- III. — Objets divers (plumes, encre, crayons, cires, écritoires, poudres). — Maroquinerie. Tabletterie. Cartonnages et bibelots d’actualité. — Papiers relatifs aux choses multiples dont s’occupait le papetier. . , .
- Objets divers, tous, quels qu’ils soient, rangés sous le titre générique de : « objets de papeterie ».
- Un véritable bazar comprenant, cependant, deux sortes d’objets :
- 1° tout ce qui touche au papier et à l’écriture ; tout ce qui, en somme, est nécessaire pour noircir du papier : la maladie particulière à l’homme ;
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- 2“ tons les à-côtés, souvent sans aucun rapport, sans aucune similitude avec la papeterie.
- Dans la première catégorie, ce seront :
- Les plumes cToie [plumes d’Hollande ou hollandais, c’est-à-dire préparées à la manière de Hollande (1)], de Danemark et de Frise, plumes de cignes, d’oies et de corbeaux, plumes entières ou bouts; bouts d’ailes de Hollande et de Silésie. Les plumes qui, au dix-septième siècle encore, paraissent avoir été la spécialité de quelques papetiers, puisque ceux qui
- Carte-adresse du sieur Erban, silhouctteur renommé de la fin du dix-huitième siècle.
- les vendaient s’intitulaient, la plupart du temps : plumassiers de plumes à écrire, pour se mieux distinguer des vrais « plumassiers » qui, eux, faisaient commerce de la plume à chapeaux. Et Grégoire d’Ierni, dans son Paris en 1596, nous dit qu’il y avait, alors, dans la capitale « douze grandes boutiques de plumes à écrire » (2).
- (1) Cette manière consistait à exposer le tuyau sous la cendre pour raffermir et en faire sortir la graisse. Après avoir paye comme entrée 10 livres du cent, elles ne payèrent plus que 4 livres après l’adoption des tarifs de 1699.
- (2) Les plumes et le papier, ces objets d’utilité pratique, s’offraient autrefois, très habituellement, comme cadeau. Je n’en veux pour preuve que les vers suivants de Jehan Passerat, extraits du recueil de ses Œuvres :
- ESTRENES A MADAMOISELLE IUDITH RE MESMES sur des plumes et du papier (1593)
- Amour vous estrene luy-mesmes,
- Damoiselle Iudith de Mesmes :
- Et n’estant pas vn Dieu pesant,
- II vous fait un léger présent :
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- Les plumes de métal, dont l’origine est fort ancienne, ainsi qu’on le verra par les documents reproduits plus loin, qui devinrent d’usage ordinaire dès la fin du dix-septième siècle, quoique, en réalité, on s’en servît peu ou point encore, et dont la vente, du reste, ne semble avoir été que très accidentellement du ressort de nos papetiers.
- La cire, d’usage général dès les premières années du dix-septième siècle, qui est venue remplacer la gomme fondue et colorée, dénommée cire de Portugal; la cire, que l’on appellera toujours cire d’Espagne, malgré les essais de fabrication tentés en France à une date que n’a pu indiquer mon savant confrère, Alfred Franklin, quelque consciencieuses qu’aient été ses recherches; la cire qui vint, en réalité, d’Espagne et de Hollande ; de toutes couleurs, musquée, parfumée, — et ne croyez point que les couleurs soient, en la matière, chose de pure fantaisie, ni même de moindre importance, car la chancellerie d’Etat, qui avait ses chauffé-cire scelleurs, employait toutes sortes de cire dont la couleur était nettement spécifiée : la verte pour les arrêts, la jaune pour les expéditions ordinaires, la rouge pour tout ce qui concernait le Dauphiné et la Provence. C’était la cire du Roi que, seuls, pouvaient vendre certains papetiers, et à certaines conditions — le restant, l’excédent uniquement, étant pour la vente.
- E encre, que fabriquaient autrefois eux-mêmes les religieux, dont une foule d’ouvrages nous ont transmis les recettes; l’encre, qui se vendait à la pinte, à la chopine, au demi-setier, — dont les bouteilles de cuir bouilli à gros ventre se peuvent voir sur certaines cartes-adresses reproduites ici même; — l’encre dont les Caquets de T Accouchée et Tabarin, en ses œuvres, nous font connaître le débitant le plus achalandé aux environs de 1610, au moment, à peu près, où Guyot venait de créer cette encre de
- C’est de plumes, et des plus belles Qu’il ait pu tirer de ses ailes :
- Afin qu’auiourd’huy ou demain Vous les tailliés de rostre main,
- Pour en ce blanc papier escrirc Quelque chose digne de lire...
- Ailleurs, dans des quatrains destinés à une jeune demoiselle qui « apprenoit à eserire », on peut lire encore :
- Du papier et de l’ancre ayés,
- De plumes ne vous souciés :
- Amour luy mesmes de ses ailles Fournit de plume aus Damoiselles.
- Mais aucun écrivain, si poétique soit-il, aucun indicateur, et pour cause, ne nous apprend quel marchand fournissait les Damoiselles de « plumes d’ailes d'amour ».
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- la Petite Vertu dont la célébrité dure toujours et que le sieur Royer devait encore perfectionner au dix-huitième siècle; — la vraie encre double et luisante,, pour laquelle tant de fabricants devaient se battre à coups de réclame, — et cela sans oublier les encres de couleurs et l’antique encre de Chine.
- CADRE A DOUBLE USAGE VENDU PAR CERTAINS PAPETIERS
- Gomme on peut le voir par la présente image, le médaillon du haut était destiné à recevoir la silhouette découpée de la personne qui, dans le cadre du bas, faisait graver son nom ou s’en servait pour y inscrire souhaits, compliments, invitation ou passage de visite. C’était, en réalité, la carte de visite-portrait que la photographie s’est figuré, de nos jours, avoir inventée.
- Les règles, d’ébène et d’autres bois, — à un certain moment la mode voulut qu’elles fussent en bois des îles et certains papetiers poussaient la fantaisie jusqu’à en annoncer des parfumées, pour les petites maîtresses; — les écritoires de faïence à éponge, les écritoires de table, de bureau, de poche, de valise, les écritoires doublées en soie; — les poudres et
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- surtout la poudre d’or « à mettre sur le papier » , — le buvard ou papier fluant n’étant encore admis que pour les portefeuilles, — les taille-plumes inventés dès le dix-septième siècle; — les porte-plumes qui existaient déjà au seizième siècle, — voir, notamment, l’inventaire des meubles et effets précieux du château de Pau (1517); — les écuelles à poudre, — les crayons, à rorigine simples stylets en plomb — stylets de minéral sans fin, pour respecter le titre qu’on leur donnait alors, — qui se mettaient invariablement dans les petits portefeuilles de poche, Nécessaire ou Secrétaire auxquels, à partir de 1775, on joindra presque toujours le petit almanach composé d’images et de poésies galantes, — crayons fins cl’Angleterre (ils en venaient presque tous); crayons allemands, sut la fin du dix-huitième siècle; crayons de mine de plomb et de sanguine; crayons « pour apprendre aux jeunes élèves à dessiner », « pour les gens de commerce et du bel air », afin qu’ils puissent, les uns, noter leurs affaires, les autres, inscrire leurs rendez-vous, mondains ou galants, — passe-temps de l’homme qui n’a rien à faire, avait insinué Rousseau, — porte-crayons. compas, pastels, pinceaux même, « pour ceux qui en ont obtenu l’autorisation de la confrérie de Saint-Luc »; — Canifs, ciseaux, couteaux d’ivoire « pour couper toutes sortes de papiers »; — Tablettes garnies d’argent, et à secret, « pour mieux garder les billets qui se peuvent perdre si facilement et être ainsi la cause de grands troubles ». — C’est Desnos, le fameux Desnos, « ingénieur-géographe et libraire de Sa Majesté Danoise, qui s’exprime ainsi dans une de ces annonces dont il avait la spécialité, et dont il se plaisait à émailler les titres de ses petits recueils si recherchés des élégants des deux sexes; portefeuilles à l’anglaise, pour la poche; portefeuilles de maroquin, garnis en argent et en cuivre pour serrer les papiers, à l’usage des gens de justice et des hommes d’État; — Epingles, — celles du Bon Ouvrier paraissant avoir été tout particulièrement recherchées — épingles blanches ou noires, vendues au cent, qui jouaient alors un rôle considérable, les colles en flacon n’existant pas encore, et la gomme arabique n’étant également que d’un rare emploi. Je n’oublie rien, je crois, en cette minutieuse et documentaire nomenclature.
- Quoique je me sois longuement occupé du sieur Desnos, géographe, papetier et relieur, logé rue Saint-Jacques, au Globe et à la Sphère, dans ma Bibliographie des Almanachs français, je ne puis, cependant, passer sous silence, ici, ses Secrétaire et Nécessaire, car ces véritables livres-tablettes se vendaient non seulement chez lui, mais chez nombre de papetiers.
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- C’était même, au plus haut point, une spécialité du métier, spécialité en laquelle excelleront également le sieur Jubert et son successeur, le sieur Janet (1).
- Qu’étaient réellement et ce Secrétaire et ce Nécessaire, les deux textes suivants, fidèlement reproduits, vont nous l’apprendre : des petits portefeuilles ou calepins de poche, de format in-24, et dont chaque page, imprimée ou non, se trouvait invariablement entourée d’un cadre typographique, à doubles filets.
- Disons, pour terminer, que ces petits livrets — il fallait bien faire usage d’un diminutif puisque les papetiers ne pouvaient pas vendre de « livres », — se composaient généralement de soixante-quatre pages, les unes en ce papier nouveau, peau d’âne ou gros carton revêtu d’une pâte spéciale [c’était déjà, en réalité, une sorte de couché], les autres en vergé, sur lequel on écrivait indistinctement au crayon ou à la plume, ainsi qu’on le peut constater sur les nombreux exemplaires d’almanachs parvenus jusqu’à nous.
- Livrets d’emploi journalier et restreint, devenus des documents précieux pour l’histoire des mœurs, nous faisant pénétrer jusque dans les plus petits détails de la vie intime, puisque, grâce à eux, on apprend à connaître les prix du linge de corps et des divers accessoires de la toilette féminine (2); les prix de mille menus objets d’usage quotidien.
- Agendas des sieurs Desnos, Jubert et Janet, livrets vendus en blanc
- (1) En réalité, quoique Desnos aimât à se poser en inventeur, les tablettes, les dépositaires fidèles et discrets sont loin d’être une création du dix-huitième siècle. Il suffit, pour en retrouver l’origine, de lire avec quelque attention nos poètes du seizième et du dix-septième siècle, souvent si remplis d’indications curieuses sur les choses de l’intimité.
- Le mot tablettes se trouve dans les Epislres de Clément Marot, et, d’autre part, Jehan Passerat (i534~ 1602), dont les vers abondent en idées et en particularités documentaires, et qui, en ses Estrennes aux uns et aux autres, nous apprend tant de choses, a, dans le Recueil de ses œuvres poétiques, fait place au huitain suivant: . . •
- SUR DES TABLETTES
- le sçay que vous aués la mémoire excellente,
- Et chascun la confesse estre des plus parfettes;
- De quoy seruira donc ce que ie vous présente ?
- C’est qu'à vn certain mal nos âmes sont suiettes,
- Si ce mal dont ie parle, et qu’on nomme Amourettes,
- Vous faisoit d’auanture oubliant deuenir,
- Comme il a fait maint autre, usés de ces tablettes,
- Pour de nous au besoing vous faire souuenir.
- Voici donc, de par Jehan Passerat, les tablettes pour se souvenir, pour « rafraîchir la mémoire » suivant un des qualificatifs de Desnos, d’un usage déjà commun au seizième siècle. Et c’est ainsi que, chaque jour, quelque découverte nouvelle vient donner un nouvel argument à la théorie du Vieux neuf, d Edouard Fournier.
- (2) C’est ainsi que la librairie Henri Leclerc a mis en vente un Souvenir, de chez Jubert, avec des notes manuscrites donnant le prix des diamants à la fin du dix-huitième siècle.
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- PRPETERIE ET PAPETIERS
- par nos papetiers et qu’un besoin très particulier à la nature humaine, — besoin de conserver ses notes, ses adresses, ses comptes, — a fait, par centaines, parvenir jusqu’à nous.
- Et maintenant, il me sera permis d’être bref; d’abord parce que les papetiers notaient eux-mêmes soigneusement sur leurs adresses les objets de fantaisie dont ils avaient la vente ou le dépôt exclusif— si bien qu’on
- LE SECRÉTAIRE
- DES
- DAMES ET DES MESSIEURS, Ou Dépofitaire fidèle & difcret,
- ETA DOUBLE V SA GF. f Utile &t néceffaire aux Gens d’Afïaiies, Négocions, Voyageurs , Militaires ,
- & à tous les Etats} COMPOSÉ
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- Chez Desnos, Ingénieur - Géographe St Libraire de Sa Afajeftp Danoile , rue S. Jacques, au Globe & A la Spheie.
- USAGE D u
- NÉCESSAIRE.
- Les t o premières Pages fervent pour écrire à chaque jour de la Semaine , fes Penfées , Pendez-vous > Souvenirs, &c. &c. Les z4\ fuivantes , qui comprennent les j i mois de l’année, font deflinces tujji pour écrire dans les intervalles de chaque jour du mois la Recette & la Dépenfe qu’on a faites, la Perte & le Gain ; & à la fin ,fe trouve une Table de Récapitulation pour chaque mois fi autresfeuillets blancs pour écrire fes affaires particulières, ou ce que l’on defirera, avec le Stylet adapte\au Livret, qui en fait la fermeture.
- Fac-similé des titres de deux Carnets à écrire joints aux almanachs de poche « de chez Desnos ».
- Le titre principal variait souvent. D’autres s’appelaient : Souvenir des Dames et des Messieurs, ou bien encore : L’Indispensable à l’usage des Dames et des Messieurs.
- en pourra relever la minutieuse énumération à l’aide des images reproduites plus loin; — ensuite parce que ces objets changeaient avec une rapidité infinie suivant les particularités du moment.
- Objets, bibelots de papeterie; en réalité, tous les riens nés à la suite de la fantaisie du jour ; les riens qui se confinaient, autrefois, dans certaines excentricités de la mode et de la Cour; objets quelconques, dus souvent à l’invention, déjà féconde, des artisans parisiens et qui ne sortaient de la banalité courante que lorsque surgissait un événement capital.
- Il est à remarquer que, depuis l’agiotage, depuis la crise financière
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- amenée par le système de Law, les affaires publiques influèrent tout particulièrement sur les créations de la papeterie et de la confiserie, parce
- LE POETE DES BOULEVARDS.
- L'art est (Le l'Homme, Le ÿenie c*rt der (lieuecj
- Le « Poiite des Boulevards » fut un personnage célèbre de la rue, au dix-liuitième siècle, dont il est souvent question dans les nouvelles, romans et mémoires de 1 époque, llestil de la Bretonne en parle dans les Conlemporaines.il rédigeait toutes sortes d épîtres en vers enflammés, meme en prose galante, et dessinait, également à la plume, des images de circonstance : amours, fleurs symboliques, etc. (1).
- que toutes deux avaient à leur disposition les cartonnages qui se prêtent
- (1) C’est au fameux Charnier des Innocents que devait fleurir plusieurs siècles durant l’industrie si pittoresque des écrivains publics. Berthod, l'auteur du poème : la Ville de Paris en vers burlesques...,
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- si facilement aux transformations. On vit chez les confiseurs des bateaux chargés de pastilles dorées échouer sur les rives du Mississipi; on vit, à ce que nous apprend le Mercure, chez Larcher, papetier du Roi, des coffrets diaboliques qui perdaient leur épargne par un trou caché, revêtu d’une petite bande d’étoffe. On vit plus tard — ils sont annoncés dans le Journal de Paris — des encriers à la Necker ornés effectivement du buste du ministre sauveur, comme il y eut, plus tard encore, des coffres à la Bastille et le jeu d’oie de la Bastille. Combien d’autres durent ainsi voir le jour qui disparurent sans laisser trace de leur passage !
- Chez les papetiers eux-mêmes, le carton se prêtait aux usages les plus divers. On en verra qui annonçaient des Boëtes de carton pour les bureaux et les coëffures des dames; des Boëtes plates bonnes à mettre papiers fins ou mouchoirs. D’autres recommandaient leur choix de Boëtes à poudre, et beaucoup tenaient des calottes de papier destinées à toutes sortes d’emplois, — calottes pour couvrir certains objets, calottes pour mettre sur la tête, avec rubans (nous avons bien vu, de nos jours, faux-cols et manchettes en papier) ; calottes « moins lourdes et tout aussi chaudes que celles de peau ou de draps ». Certains avaient la spécialité des Boëtes à minute; d’autres annonçaient des Boëtes ouvragées pour les dames.
- imprimé en i65o, nous introduit auprès de ces complaisants secrétaires, dont la popularité fut, jadis, si grande, et nous met en présence de leurs clients habituels. C’est ainsi que l’on voit La Ramée, « volontaire suivant l’armée », expliquer, comme suit, son cas à l’écrivain qui va être, à la fois, le dépositaire et le traducteur de sa pensée :
- << Monsieur, je suis très malheureux,
- J’ayme une jeune damoiselle,
- Mais je ne suis pas connu d'elle.
- Elle se nomme Louison
- Et je sçay fort bien sa maison.
- Il faut que vous preniez la peine De m’escrire une lettre, pleine De beaux discours, où vous marquiez Par des vers, où vous expliquiez Le jour que j’eus sa connaissance,
- Et qu’il n’est point dedans la France D’homme plus amoureux que moy...
- Et la piquante Dulcinée, dont les beaux yeux enflamment ainsi La Ramée, est, pour emprunter le style poétique de Berthod :
- Mademoiselle Louison,
- Demeurant chez Alizon,
- Justement au cinquiesme estage,
- Près du Cabaret de la Cage,
- Dans une chambre à deux châssis,
- Proche Saint-Pierre des Assis.
- Berthod, qui aime donner libre cours à sa verve gauloise, profite, du reste, de la circonstance pour forger les plus amusantes, extravagances épistolaires qui soient.
- Publié dans le Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle, de P.-L. Jacob. (Paris, Adolphe Delahaye, 1859.)
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- Ici, c’étaient des coffrets à bijoux avec paysages laqués; là, des boëtes à bonbon forme cœur ou rognon ; durant une certaine période du Directoire tout ne sera-t-il pas à la lyre, en losange ou en trèfle. Là, c’étaient des boëtes, rondes ou ovales, avec dessus en verre peint. Gertaines avaient des rébus — elles servaient aux déclarations d’amour — d’autres des silhouettes découpées; toutes étaient coloriées, vernies avec de véritables épaisseurs.
- N°.
- Fol.
- QUITTANCE DE SOUSCRIPTION
- POUR le Tableau du Serment du Jeu de Paume, exécuté par M. David, dont chaque Soufcripteurrecevra un Exemplaire delà Gravure, arrêtéepar la Société des Amis de la Conftitution de Paris ô celles du Royaume.
- J’ai reçu de M.
- Membre de la Société de ia fomme de pour
- de la Soufcription, conformément à l’Arrêté pris par la Société. A Paris, b 1791,
- Fac-similé d’un papier rentrant dans le domaine de la Papeterie par le fait qu’un prospectus avait été imprimé pour annoncer la gravure du tableau de David, et que ce prospectus se trouvait en dépôt chez certains marchands-papetiers chargés de recevoir les souscriptions. '
- Il y avait des boëtes à cires, avec de belles empreintes de cachets, avec, comme sur les petits almanachs galants, des cœurs enflammés, des amours enlacés, avec le classique sacrifice sur l’autel de l’Amour et aux devises de circonstance.
- Boulanger, rue du Petit-Pont, à l’image Notre-Dame, lequel s’intitulait, tantôt « relieur et doreur », tantôt papetier-doreur, engageait les amateurs, par l’entremise du Journal de Paris, à venir visiter ses créations toutes nouvelles, pour apprendre à faire tout ce que Ton veut
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- en papier : il y avait, paraît-il, une pendule sur laquelle on voyait le Roi et la Reine marquer les heures de la France dans la voie de l’avenir.
- Les cartonnages! domaine infini, aussi bien pour les choses usuelles que dans les fantaisies !
- En quoi pouvaient bien être, par exemple, les « cadrans solaires de poche » et les « petits paratonnerres » qu’avait fait fabriquer le sieur
- Desnos, pour que « chacun pût se rendre compte de visu de l’invention de Franklin »?
- Qui donc disait que le papetier était ennemi de la nouveauté !
- Quoique n’ayant, en réalité, rien à faire avec le papier lui-même, la maroquinerie fut, durant tout le dix-huitième siècle, un objet important de « papeterie ». La plupart des cartes-adresses ici reproduites mentionnent des « Portefeuilles anglais garnis », des « Porte-feuilles de maroquin
- Quittance de livraison pour Paris et ses Hominiens, de OU de cliagraill (sic), ordinaires Baltard, publication à laquelle on souscrivait chez les , . ,,
- libraires et chez les papetiers. OU à SOUttletS, garnis d argent,
- d’or ou de cuivre », fermant à clef ou non; rouges, noirs, verts; à tabis de toutes couleurs; de poche ou de bras, avec armoiries, initiales ou devises, — portefeuilles de bureau, de ministres ou de particuliers.
- Si certains — tels les porte-cédules — étaient remarquablement simples, d’autres se faisaient remarquer par l’élégance et la variété des fers dont ils étaient ornés. Il y eut là un art très particulier à l’époque, tenant de près au bel art de la reliure qui nous a laissé tant de merveilleux spécimens.
- Puis vinrent les portefeuilles de fantaisie que le dix-neuvième siècle développera sur une large échelle.
- La maroquinerie tenait, du reste, la première place parmi ces mul-
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- tiples objets que vendait le papetier, parce que mercier suivant son origine, et nullement comme articles tenant au papier.
- Sur les cartes de nos anciens marchands on en trouvera tout le détail qui va des volants et raquettes, des échecs et cornets de tric-trac — le jeu fit de tout temps bon ménage avec le papier — aux tamis à tabac, aux ivoires, « au corail pour les dents », et autres marchandises de mercerie.
- Rayons de bibelots multicolores, et souvent hétérogènes, pour bien marquer que le papetier n’était qu’un mercier ayant donné un développement particulier au rayon des papiers.
- Et plus on approche de la Révolution, plus le papetier va étendre l’objet de son commerce (1). Ou plutôt, il devient, alors, marchand et dépositaire; dépositaire de toutes sortes de marchandises tenant à l’actualité et, plus spécialement, du journal, du placard, de la brochure, des multiples publications de librairie que va faire sortir de terre, comme par enchantement, le mouvement de 1789.
- C’est chez lui que se déposent les spécimens et les exemplaires; c’est chez lui qu’on viendra les voir; chez lui qu’on viendra les acheter. Un papetier patriote annoncera qu’on peut admirer, en toute liberté, dans son magasin, le fameux modèle de la Rastille, de Palloy (2); un autre fera souscrire pour la gravure du Serment du Jeu de Paume, d’après David.
- Et c’est ainsi que, par le fait de la disparition des corporations, le papetier-mercier de l’ancien temps deviendra, peu à peu, 'papetier-dépositaire intermédiaire, et surtout « papetier vendeur de journaux et de livraisons » ainsi qu’il s’affirmera toujours plus à notre époque (3).
- En 1791, il encaissait les souscriptions pour le Jeu de Paume : en l’an XIII, il recevra les livraisons de Paris et ses Monumens, de Raltard, pour le compte des particuliers. C’est le commencement du papetier-
- (1) La carte d’un papetier-libraire, établi à Chauny vers 1798, — carte dont je dois la communication à l'amabilité de MM. Safïroy frères, — est tout à l'ait suggestive. On y lit entre autres : « Tient tout ce qui concerne les bureaux; vend les cartes à jouer, et est dépositaire de la véritable Eau de Cologne, de Mélisse des Carmes, et de la Pommade pour les differentes maladies des yeux. »
- (2) N’ira-t-on pas jusqu’à faire des encriers avec les célèbres pierres historiques. Jamais monument ne fut pareillement morcelé et commercialisé.
- (3) Plusieurs cartes ou avis de papetiers, de 1789 à 1797, contiennent cette indication : « 11 fournira les Gazettes de France, d’Hollande, Journaux de toutes espèces et Manuscrits ». Il faut entendre par ce dernier mot les Gazettes manuscrites qui circulaient encore assez couramment.
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- libraire; c’est l’empiétement du papier imprimé sur le papier blanc; c’est la fin de l’ancien régime.
- Désormais il n’y a plus de division, plus de distinction entre le papier blanc et le papier noirci : le papetier de l’ère nouvelle vendra les papiers blancs de toutes sortes, au détail, et, en même temps, se chargera de fournir le journal du jour, et l’illustré de la semaine.
- Idée nouvelle, industrie nouvelle, boutique nouvelle répondant à un monde nouveau.
- $
- Manufacture Royale dÂngers.
- Etiquette commerciale gravée sur bois par Papillon.
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- Abat-jour de carton vert, à tctes de personnages arborant les coifl'ures les plus diverses, au goût du jour. Composition de Delarue (vers 1840).
- CHAPITRE DEUXIÈME
- La Boutique du Marchand-Papetier, de 1800 à 1880.
- Papeterie-omnibus et Papeterie spécialisée. — Papeterie-Librairie. — Papeterie-Lithographie et Imprimerie. — Étiquettes et Cartes d’adresse. — L’Imagerie pour la confiserie. — Écrans et Abat-jour. — Numéros de conscrits. — Jeux. — Imagerie genre Épinal. — Ce que vendait un grand papetier aux approches de i83o. — Ce qu’on trouvait dans les salons de Susse en 1842. — Les variétés du papier à lettre.
- Voici le papetier de l’ère nouvelle, le papetier cpii pourra vendre tout, sans avoir maille à partir avec aucuns règlements ou arrêtés corporatifs.
- Tout d’abord, il a peine, ce papetier, à se débarrasser du passé qui rétreint et, n’étaient les feuilles, les gazettes qui se rencontrent chez lui, en tous les coins, on chercherait vainement ce par quoi il diffère du marchand-papetier d’avant 1789.
- C’est la période transitoire, la période de fusion entre l’ancien et le nouveau régime qui ici, comme en toute matière, se trouve être la caractéristique des premières années du dix-neuvième siècle.
- Papetier-mercier ; — il l’a été, il l’est, il le sera toujours. Ce qu’il vendait autrefois par privilège, il le vend maintenant par habitude, et pour
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- répondre aux nécessités du moment. Et puis où pourraient échouer tous menus objets nés à la suite des besoins nouveaux, si ce n’est dans sa boutique ?
- Papetier avant tout, certes, et le papier assurément trône bien chez lui, en première place; mais, aujourd’hui comme hier, il y a les accessoires, tout ce que, parle fait d’une longue accoutumance, on est habitué à trouver chez lui, tout ce qu’on lui dépose, tout ce qui vient se placer sous son enseigne « ondoyante et diverse ».
- Dans une comédie de 1819 intitulée : Les Boutiques, se trouve ce court dialogue entre une dame et sa suivante, Fanny :
- — « Où trouverai-je cet objet que Madame désire? — Chez le quincaillier, sans doute?
- — « Mais non, ma fdle, car c’est de la quincaillerie sans en être, et les quincailliers ne tiennent que de la vraie quincaillerie! Voyez plutôt chez le marchand-papetier du coin, qui tient également boutique de mercerie. Comme tous ses semblables il a de tout et procure tout. S’il ne l’a pas chez lui, en magasin, il vous l’aura sous peu.
- — « Bien, Madame ! Mais il me semble que ce que Madame désire !... »
- Or ce que Madame désirait c’était certain petit objet d’usage intime
- dont, de nos jours, herboristes et pharmaciens ont, pour ainsi dire, la vente exclusive.
- Qu’on le prenne à la lettre ou qu’il faille simplement voir, en lui, une satire contre les abus du méli-mélo en matière de papeterie, ce court dialogue n’en est pas moins caractéristique et tout à fait édifiant. Il établit, en effet, de façon probante, la multiplicité des objets hétérogènes qui se rencontraient chez le papetier et faisaient quelquefois, en sa boutique, singulier ménage.
- Juste retour des choses d’ici-bas : le marchand-mercier-papetier, ainsi étiqueté par les anciens règlements corporatifs, et libéré par la Révolution, ressuscitera lui-même de ses propres cendres, et se retrouvera durant tout le cours du dix-neuvième siècle, avec cette enseigne suggestive : Papeterie-Mercerie, ainsi que je l’ai constaté ici même, en mon introduction.
- Considéré dans son ensemble, le commerce de la papeterie, en ces cent ans, suivra deux voies bien distinctes : ou il se généralisera, englobant tout ce que les créations de l’industrie lui permettront de s’adjoindre, ou il se spécialisera dans tout ce qui, de près ou de loin, touche au papier, c’est-à-dire imprimerie, lithographie, autographie, gravure, maroquinerie.
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- Le papetier-mercier, suivant l’ancienne méthode, donnera naissance aux commerces, aux boutiques dont j’ai copié fidèlement les enseignes sur des maisons encore existantes à ce jour, ou disparues en ces dernières années seulement : Papeterie-Jouets — Papeterie-Parfumerie — Papeterie-Lingerie (est-il besoin de dire que cette enseigne est la résultante de la
- La devanture de l'éditeur Aubert, éditeur du journal La Caricature et de toutes sortes de suites lithographiques — également marchand-papetier pour tout ce qui concernait le dessin. Caricature de Ch. Philipon et C.-J. Traviès, publiée clans le journal La Caricature (1832).
- vulgarisation du linge de papier?) — Papeteries, Cols et Cravates•—Papeterie et objets d'éclairage (à l’époque des bobèches en papier) — Papeterie et Fleurs artificielles (également parce que le papier se trouve être à l’origine de la fleur en étoffe) ; enfin, retour encore plus significatif aux choses d’autrefois : Pape te rie-Epicerie. Notons encore : Papeterie-Mercerie-Objets de sainteté (union classique) — Papeterie-Yannerie — Papeterie-Objets d’étagère — Papeterie
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- Glaces — Papeterie-Corderie — Papeterie-Faïences, ce qui revient à dire que le commerce de la papeterie est un commerce ainsi conçu qu’on peut lui ajouter toutes espèces d’objets à côté, souvent même dans un esprit absolument différent. Dans les quartiers suburbains de Paris, dans les localités avoisinantes, il n’est pas rare de lire : Papeterie-Tabac, ou mieux encore : Tabac-Vins-Papier, comme si ces trois produits avaient entre eux quelque rapport et constituaient comme une sorte de trinité indispensable à l’humaine nature.
- En tout cas, n’est-ce pas la preuve évidente, incontestable, du triomphe du papier à notre époque, du papier parvenu à l’état d’objet de première nécessité; du papier devenu un des rayons les plus importants, les mieux achalandés.
- Que n’ai-je pas vu dans cet esprit ?— un cordonnier joindre à son échoppe un rayon de papeterie; une petite marchande de lacets, de cols, de cravates, afficher des boîtes de papier poste anglais ; mieux encore : des boutiques de charbonniers placer, dans une vitrine spéciale, — sorte d’annexe à leur commerce — à côté de flacons de parfumerie, des crayons, des plumes, des boîtes de papier blanc, des feuilles de papier à dentelles et à gaufrages coloriés, destinées à la correspondance de la domesticité sentimentale (1).
- Le papier blanc vendu par les nègres !........ Le papier immaculé —
- maculé par les doigts des braves Auvergnats! Nouveau système d’impression ! Certes, il fallait bien la vulgarisatiou, la démocratisation de toutes choses pour en arriver là.
- Et je n’ai parlé encore que de l’enseigne de la boutique, que du vocable sous lequel elle se place.
- Que serait-ce s’il fallait noter toutes les étiquettes, tous les cartons-affiche, toutes les banderoles de toile, tous les avis placés à la porte ou derrière les vitrines, toutes les mains plus ou moins indicatrices, qui, de nos jours, annoncent, ici : Dépôt de cafés — Dépôt de chocolats — Dépôt de farine Nestlé — Dépôt de lait — Dépôt de pain d’épice — Dépôt de dragées de Verdun — Pailles pour chapeaux — Pétrole — Benzine pour autos — Cirage végétal et même : Pain .-70 centimes les 2 Kos — là : ici on raccommode le linge — ici on taille les robes — ici on fait les costumes pour enfants — ici on cire les chaussures — ici on trouve les accessoires pour l’automobile.
- (i) Aujourd’hui toutes ces sortes de papiers figurent jusque sur les catalogues des grands épiciers genre Potin et Damoy.
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- Ici, On porte les journaux à domicile ; — là, On fait les commissions.
- Parcourez une journée seulement, le crayon à la main, les quartiers populaires, Belleville, Ménilmontant, le faubourg du Temple, la Bastille, le faubourg et la rue Saint-Antoine ; notez avec soin tout ce qui surgira à vos yeux et vous ferez ample moisson de toutes les amusantes particularités dont je ne puis noter que les plus caractéristiques.
- En vérité, la papeterie-mercerie d’aujourd’hui n’a rien à envier à la papeterie-mercerie d’autrefois, tout au moins quant à l’étendue du domaine sur lequel elle aspire à régner.
- Et puis, est-ce que, par la force même des choses, par le triomphe de certaines lois d’évolution, par l’application de certains principes commerciaux, le bazar du mercier d’autrefois ne se trouve pas, non seulement au grand complet, mais augmenté, — et combien ! — dans les grands magasins, dans les grands bazars, de nos jours.
- Et voyez quelle place occupe le papier et ses accessoires habituels dans ces entrepôts immenses de la fabrication moderne !
- Venons maintenant à la seconde forme, à la seconde conception du commerce de la papeterie; la papeterie spécialisée, cherchant à se maintenir strictement dans son domaine.
- C’est d’abord la Papeterie-Librairie née de la liberté du commerce, de la disparition des entraves créées par les anciennes corporations : la Papeterie-Librairie qui, à l’origine, ne prenait du livre que le fascicule, la livraison, le feuilleton populaire, les « brochages » en un mot, et qui, maintenant, se présente assez souvent sous la forme d’élégantes boutiques dans les vitrines desquelles Ton voit se marier les papiers de luxe aux boîtes allant du cartonnage primitif jusqu’au véritable coffret d’art, et les 3 fr 50 et tous les 95 centimes du jour devenus légion, alors même que considérablement diminués comme prix marchand — je veux dire toute la production littéraire à la mode, dans le domaine du roman, du théâtre, de la vie parisienne et de l’histoire.
- Puis la Papeterie-Lithographie-Gravure, visant à la fois les particuliers et les grandes administrations, mariant le passé au présent, ayant conservé, des spécialités d’autrefois, la gravure sur cuivre à laquelle se joindra bientôt la gravure sur acier, et inaugurant la lithographie commerciale, industrielle, née à la suite du triomphe de l’art lithographique, cet art si personnel, si attrayant, dans lequel, au commencement du dix-neuvième siècle, devaient se distinguer tant d’artistes.
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- La lithographie commerciale! Certes, ce ne fut pas un procédé très captivant, mais combien profitable devait-il être au papetier, modifiant même jusqu’à sa caractéristique, transformant sa boutique de « marchand mercier » en une industrie créatrice, lui permettant de joindre le « gros » au « détail ».
- Par la lithographie, le papetier s’élèvera d’un rang : il n’est plus seule-
- Type d'almanach de cabinet,, avec chiffres et médaillon tournant au moyen de petits bouts de carton mis en mouvement par un til de fer ou une lieelle (premier Empire).
- Çe genre de « calendrier perpétuel. » était, alors, fort prisé et se vendait chez tous les papetiers. Il en fut avec le portrait de Napoléon. Sous la Restauration il vulgarisa à l’infini le profil de Louis XVIII.
- ment le petit mercier-détaillant d’autrefois, le simple vendeur de trois sous de papier et de deux sous d'enveloppes. Il devient, en plus, un producteur.
- Aux côtés de l’Imprimeur-Lithographe se placera le Papetier-Lithographe jusqu’au jour où, grâce à la vulgarisation de toutes les professions, de tous les métiers, par la suppression des brevets et par la création de petits matériels mis à la portée du plus grand nombre, l’imprimerie, à son tour, viendra se mêler à la papeterie en permettant à cette dernière d’exécuter tout ce qu’on appelle d’un terme technique : les travaux de ville.
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- LR BOUTIQUE DU TtsmRCHKND-PRPETIER
- Et alors ce sera — de nos jours — le triomphe de la Papeterie-Imprimerie qui exécutant, comme sa devancière, la Papeterie-Lithographie, cartes, têtes de lettres, factures, enveloppes, traites, circulaires, prospectus, offre de même à ses clients habituels tout ce qui constitue les imprimés de bureau et leur évite ainsi perte de temps et changement de fournisseurs.
- La Papeterie-Imprimerie qui, déjà, a une tendance à renverser l’ordre des facteurs et qui bientôt, partout, s’annoncera au public comme Imprimerie-Papeterie, enseigne d’usage assez répandu à l’heure présente.
- Tant il est vrai qu’à notre époque, les grandes industries se morcelleront à J’infini par la force des choses, et viendront prêter au commerce de détail qui, de moins en moins, se suffit à lui-même, l’appoint dont il a besoin pour pouvoir se maintenir.
- Au dix-huitième siècle, on l’a vu, l’art, le goût, l’élégauce avaient fortement imprégné jusqu’aux moindres productions de la vie commerciale et industrielle, — vie du reste encore à peine sortie de ses langes et manifestement tenue en tutelle.
- Au dix-neuvième siècle, tout au contraire, ce qui se manifestera le plus clairement ce sera la commercialisation de l’art, sa vulgarisation, son adaptation aux choses d’usage courant.
- Et cette transformation s’opérera surtout par le moyen de la lithographie.
- A partir de 1830 et jusque vers 1860 — trente ans durant — ce sera le triomphe du papetier-lithographe fournissant à l’industrie, adresses, têtes de factures, prospectus, titres et valeurs, menus, cartes, invitations, tout ce qui jadis fut et, de nos jours, redeviendra la petite estampe d’art, et qui n’était, alors, que de la vignette sans intérêt mise au service du commerce et de l’industrie.
- Singulière imagerie d’une banalité écœurante ,qui ne doitêtre signalée que parce qu’elle sert à caractériser le ma nque absolu de goût de l’époque qui la vit naître,que parce qu’elle indique nettement les préoccupations du jour.
- Comme ses ancêtres, il a des modèles, il a des spécimens à l’usage de sa clientèle, le papetier-lithographe : il a « des dessinateurs au service de ceux qui veulent une reproduction soignée de leur boutique », dit une réclame que j’ai sous les yeux.
- Car le triomphe de l’esprit boutiquier aura pour conséquence de donner à la boutique elle-même une importance qu’elle n’avait pas encore eue. Et c’est pourquoi de nombreuses cartes-adresse reproduisent alors des
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- façades de boutiques et, quelquefois, les enseignes qui les ornent, mais bien plus rarement qu’autrefois, les enseignes-image. Ce sera le célèbre Au Persan, toujours existant ; — ce sera Verdier [Au Petit Poulain), « cannes, parapluies et ombrelles dans le plus nouveau goût », alors rue de Richelieu, 102, en face ïhôtel des Princes. On aime toujours, vieille habitude, à se recommander de quelque endroit connu. Un autre mettra ainsi : Au bas du café des Mil le-Colonne s, et cela en dit plus que tous les numéros possibles. Ce sera Pottier, papetier du Roi : A la Casbah; ce seront des papetiers plus ou moins connus qui, sans doute dans un but de propagande pour ce genre de réclame, se complairont à reproduire des magasins de la plus parfaite insignifiance. La boutique, est-ce que cela ne vous situe pas d’emblée?
- Mais voici à l’usage du gros tas, s’il est permis de s’exprimer ainsi, les allégories, les portes, les arcs, les arrangements décoratifs et architecturaux; compositions compliquées, mélange rarement heureux, et toujours lourd, de personnages, de bustes, d’amours, d’outils ou d’objets de toutes sortes, suivant l’industrie exercée par le commerçant, suivant qu’il s’agit d’un fabricant, d’un constructeur de machines, presses et moteurs hydrauliques, d’un constructeur de pompes à incendie, d’un fondeur, ou bien d’un horloger-bijoutier, d’un passementier, d’un brodeur, d’un fourbisseur, d’un armurier, etc.
- Les autres sont rangés en manière de décoration, de support; il y aura même des fonds en manière de tableau ; vues d’usines ou vues d’ateliers.
- Et tout cela, la plupart du temps, gravé par des inconnus ou bien par Emile Lesaché, dessinateur-graveur en taille-douce, aquarelliste même, qui, fécond, varié, multiple, essaiera en vain de faire preuve de bon goût. Si son burin n’est pas génial, tout au moins se montrera-t-il clair, net, précis! C’est déjà quelque chose.
- Dans cette production, joueront encore un grand rôle les écussons, les armoiries royales et princières, les cadres destinés à enserrer les noms des commerçants, les médailles — je veux dire les médailles d’Ex-positions — invention nouvelle, création du siècle, alors dans tout son intérêt et avec sa véritable caractéristique de récompense, de décoration commerciale, ce qu’elle eût dû rester, si l’on avait voulu conserver à la Légion d’honneur son importance et son caractère.
- Expositions de l’industrie de 1816, de 1819, de 1823, de 1827, de 1834,
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- de 1839, de 1844, de 1849; puis Expositions universelles de Londres (1852), de Paris (1855); médailles multiples, de modules et de formules différentes, médailles qui, souvent, ingénieusement groupées, constitueront le décor ornemental de la facture.
- Ici, ce seront des lettres entrelacées, couronnées de fleurs; ailleurs, des cartouches avec des lettres se détachant en clair sur les tailles plus noires, plus ombrées du fond.
- Et sur ces documents destinés à circuler, à populariser le nom du fabricant, à faire œuvre de réclame, en un mot, l’on n’aura garde d’oublier les titres de noblesse commerciale.
- Feuille d’expédition et de transport par mer (formulaire lithographié). Epoque de la Restauration.
- * Il n’est peut-être pas sans intérêt de faire remarquer que la formule de ces imprimés ne s’est point modifiée et existe, aujourd’hui encore, sous la même forme archaïque.
- Aussi voyez tout ce qui s’y lit : Fournisseur de L, L. M. M. l'Empereur et TImpératrice des Français ; — Fournisseur de S. A. R. Monseigneur le Duc et Orléans; — Fournisseur de L. L. A. A. R. R. MM. le Duc de Nemours, le Prince de Joinville, le Duc d’Aumale, le Duc de Montpensier ; — Fournisseur de S. A. R. Madame Adélaïde d'Orléans, et de S. A. R. Mademoiselle de Beaujolais ; — Fournisseur de L. L. M. M. les Rois de Sardaigne et de Naples; — Fournisseur de S. M. la Reine des Belges, de S. A. R. la Duchesse de Nemours, de S. A. R. la Princesse Clémentine, duchesse de Sasce-Cobourg;— Fournisseurs brevetés de L. L. M. AI. l’Empereur de toutes les Rns-sies et le Roi d’Angleterre ; — plus tard, ce sera la Reine d'Angleterre.
- D’autres détailleront, préciseront. L’un s’intitulera : Couturière en
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- robes cle S. M. la Reine des Pays-Bas; l’autre : Joaillier de S. M. la Reine d’Espagne. En 1850, ne verra-t-on pas : Joaillier de Mgr le Prince Président!
- Lettre, écusson, libellé de l’en-tête; tout cela aura l’air de se confondre, d’être sur le même plan, de ne faire qu’un.
- Mais peu importe au papetier-lithographe : il produit, il remplit pierres sur pierres — qu’il s’agisse de factures, de connaissements ou de papier à lettres — et c’est pour lui le point capital.
- On ne saurait l’en blâmer.
- Du reste, il a bien d’autres cordes à son arc.
- Ne sera-t-il pas le dépositaire principal — quelquefois également fabricant lui-même — de toute une production qui, grâce à la lithographie commerciale des plumistes, a vu son importance se quintupler? Ne sera-t-il pas le vulgarisateur, par excellence, de l’imagerie sous toutes ses formes ? Que cette imagerie s’applique aux feuilles de soldats que popularisent depuis l’Empire les fabriques d’Épinal, de Nancy, de Metz, de Belfort, de Montbéliard, de Wissembourg, de Strasbourg, de Pont-à-Mousson, de Lille, de Cambrai, de Chartres, d’Orléans, ou bien qu’elle se spécialise, ici dans l’éventail, là dans l’écran et dans l’abat-jour, ailleurs dans les enveloppes illustrées pour caramels et bonbons; ailleurs encore, dans les découpures de patience dont plus tard, sous le second Empire, l’éditeur Philipon se fera une spécialité.
- Jusque vers J 840, il y a lutte ouverte, entre la gravure qui a pour elle le passé, toute une longue pratique, et la lithographie dont les peintres avaient fait, dès l’origine, un usage si fréquent et si particulièrement artistique; mais lorsque cette dernière se sera entièrement commercialisée, alors elle sera pour ainsi dire maîtresse du terrain.
- C’est donc la lithographie, c’est-à-dire le procédé, qui donnera surtout à l’imagerie du dix-neuvième siècle sa véritable caractéristique.
- Toutefois, dans cette production intense qui se pourrait chiffrer par millions de feuilles, certaines spécialités sont à retenir, que celles-ci soient la conséquence d’institutions sociales nouvelles ou qu’elles proviennent de ces goûts, de ces modes, qui font fureur à certains moments et, souvent, disparaissent avec la même rapidité qu’ils sont venus.
- Ce seront ainsi, tout d’abord, les numéros de conscrits, à l’origine pièces rondes, ovales, ou triangulaires, à sujets populaires, bien antérieurs à la date donnée par M. Paul Flobert dans une étude spéciale [voir Bulletin de la Société le Vieux Papier, 1er mai 1895]; les numéros de conscrits que
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- signalent, déjà, les petites chroniques du premier Empire et que publiaient, alors, les fabricants de papiers peints ; les numéros de conscrits avec attributs et ornements, branches de laurier, schakos, gibernes, grenades, etc., souvent aux trois couleurs et qui, sous Louis-Philippe, s’orneront du coq gaulois.
- Peu à peu, les numéros de conscrits, passant aux mains des fabricants
- LE MAT DE COCAGNE DES AMOURS.
- Imagerie mouvante (l’on faisait monter et descendre par un mouvement de haut en bas le personnage grimpant au mât de cocagne), en vente chez les papetiers. (Restauration.)
- d’images, devinrent comme une sorte d’estampe d’un genre particulier — feuille carrée se présentant sous la forme d’un losange — et sous Louis-Philippe apparaissent les sujets qui, dès lors, ne se modifieront plus : vie des camps, adieux touchants du conscrit à sa payse, arrivée à la caserne, retour au village avec d’amples galons, ou bien faits d’armes particuliers, expéditions et campagnes historiques, — Algérie, Russie, Italie, Mexique, — souverains et chefs d’Etat — Louis-Philippe, Napoléon III, Mac-Mahon, Boulanger.
- Le numéro de conscrit, image d’actualité, qui se vendra sur le trottoir,
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- dans la rue, à la porte des marchands de vins, alors qu’autrefois il se trouvait uniquement chez les marchands-papetiers et chez les fabricants de papiers peints.'
- Longtemps durant, nos papetiers tinrent toute une imagerie spéciale pour les cerfs-volants avec des sujets comme M. la Tulipe en goguette, V'Astronome surpris, Guignol aérien, Polichinel bien né [à cause de la grandeur de son nez], ou encore Arlequin-cerf.
- Longtemps durant, la vogue fut aux brevets, aux patentes, aux règles — brevets fantaisistes ou brevets sérieux — brevet de cocu, brevet d’ivrogne, brevet de rentier, brevet de pointe ou de contre-pointe, brevet de danse, brevet d’escrime, brevet de chausson et de boxe; patente de paresseuse, patente de gourmande ; règle du jeu de billard, règle du jeu d’échecs, nouvelles règles de la poule à deux billes, etc., etc.
- Longtemps durant, les jeux constituèrent une des branches les plus importantes : les jeux, avec leur cartonnage se dépliant et se repliant, avec tours mobiles en os ou autres accessoires, avec leurs règles et paiements — Jeu de dames Bolonais, Echecs, Jeu de Boston, Jeu de Fontainebleau, Jeu du Solitaire,— d’autres avec boîtes et compartiments, — Jeu du Nain-Jaune, alors encore gratifié du qualificatif romantique de Jeu de Lindor — Lindor, le beau Lindor des romances du Directoire et du Consulat ! — Jeu de Bog, avec six compartiments.
- Le premier Empire et la Restauration furent réellement le paradis des jeux. Inventés par Lallement et publiés par Behmer, à Metz, ceux-ci se succédaient avec une fécondité surprenante : Jeu de Dames à trois personnes, Jeu de Dames à F Egyptienne, Jeu de Dames à F Allemande, Jeu de Dames à la Cosaque; — dans une comédie de 1824, un personnage annonce comme grande nouvelle qu’on vient de trouver un nouveau jeu de Dames : c’est le Jeu de Dames à la Jeanne J Arc. Comme concurrence, il y a les Casse-tête, les casse-tête qui ne se comptent plus depuis 1814, avec lesquels tout le monde « se casse la tête » au propre et au figuré, les casse-tête européens et, encore plus, chinois, les casse-tête politiques, littéraires, dramatiques, les nouveaux et les vrais et même le casse-tête impérial (1). Vers 1820, Canu, graveur-éditeur, publie le Véritable Casse-Tête ou Enigmes chinoises, suite de 25 planches in-8°, dans un étui, «en vente », lit-on, « dans les meilleures papeteries ». En 1832, on verra le Jeu des Omnibus et
- (i) Voir, sur les jeux, l’intéressant article publié par feu Henri Bouchot, dans ma revue Le Livre et l’Image.
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- dames blanches, composé de 12 voitures variées, qui se montait en tourniquet, et que les papetiers vendaient « avec Ja règle du jeu ». Et quand les courses,
- Image coloriée collée sur le couvercle d’uue boîte de jeu du Nain-Jaune, alors appelé Jeu de Liiulor
- (vers i832).
- sous Louis-Philippe, commenceront à passionner tout un public, à son tour apparaîtra le Jeu du Steeple-Chase.
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- Le papetier tient tout cela, car il est plus que jamais « papetier-imagier ». Il a, pour les enfants, les feuilles dites Ombres chinoises et Pantins à découper dont la tille Angot, nn Seigneur, le Grand Turc, un cordonnier, une danseuse et un tyrolien, constituent les principales figures; les Jeux acrobates, alors que les cirques ont mis l’acrobatie à la mode, avec Pierrot et Arlequin, la Danse, la Bonne Avanture (sic), les Danseurs de corde, qui 11e font pas seulement recette à Tivoli et sur les places publiques, les Tours d’agilité et de souplesse, et naturellement, tous les Jeux de T Enfance, tous les Amusements J Enfants, depuis le cheval fondu jusqu’aux exercices de patinage, soit qu’il s’agisse de planches isolées, consacrées chacune à un jeu différent, soit qu’011 nous représente jusqu’à 24 jeux sur la même feuille : la Patte aux Jetons, le Frappe-Main, le Jeu des Epingles, la Glissière, le Jeu de Pet en Gueule, le Cercle et le Bilboquet, etc.
- C’est le papetier, également, qui a le dépôt des « Epinal », des « Epinal » qui mettront plus de trente ans à pénétrer partout, à lutter contre la concurrence des imageries antérieures, des « Epinal » qui devront leur grande popularité à toute la série des feuilles militaires racontant par le menu la grande épopée impériale, mais qui, en même temps, vulgariseront les histoires en images, les proverbes et les fantasmagories, telles Héloïse et Abeilard, XAlambic miraculeux, le Grand saint Lundi, les Compagnons du tour de France, la Pêche, la Chasse, les merveilles de la nature et de la création, et qui, chose peu connue, consacreront également des planches aux scènes de la vie parisienne, aux cris de la rue. Et je parle ici des belles imageries coloriées et dorées qui, sous le second Empire, nous donneront si brillamment tous les corps de troupes de l’armée impériale et les Contes de fées. Une imagerie disparue, de nos papeteries parisiennes tout au moins. Disparues, elles aussi, les arrière-boutiques de la rue Saint-Jacques, dans lesquelles on pouvait encore trouver la réception des Indiens Ioways par Louis-Philippe et sa famille.
- Où êtes-vous, maréchaux et généraux du premier Empire, feuilles de rébus et feuilles de macédoines; images à transformations et à pliages; figures démesurément allongées ou singulièrement aplaties, pour lesquelles le papetier tenait à l’usage de la jeunesse verres et lentilles de toutes sortes, — figures déformées, demi-circulaires, pour être vues à l’aide d’un cylindre poli posé verticalement ; — où êtes-vous, paysages à surprise, buissons, rochers, cascades, vieux châteaux forts qui laissiez voir Hercule, ou Jupiter, jusqu’au jour où, sous la Restauration, l’on mit
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- à profit les vieilles ruines ou les curiosités de la nature, pour leur taire dessiner la silhouette du vaincu, de l’exilé... Napoléon!
- Images aux légendes suggestives : « Regardez-moi bien » — « Quand vous m’aurez bien regardé, vous n’aurez pas encore tout vu. »
- Où êtes-vous, feuilles en noir, aux personnages à découper et à assembler à l’aide de fils, pour les théâtres de Guignol, le Pont cassé et autres; où êtes-vous, feuilles à décalcomanie, du second Empire? Une rage s’il en fut! Où êtes-vous, découpures fantasmagoriques, feuilles de rébus et de calembours? Calembredaines graphiques du bon vieux temps, dignes de figurer aux côtés des coq-à-l’âne de Commerson!
- Qui dira, d’autre part, la joie des enfants quand, dans la vitrine de leurpapetier— car, au dix-neuvième siècle, un chacun aura sa papeterie — ils aperçurent cette image d’Epinal qui, aujourd’hui encore, nous charme par sa naïveté et restera certainement comme le document-type de l’époque : le chemin de fer.
- Avec l’imagerie, avec les jeux, les cartes devaient être, elles aussi, jusque vers 1860, un article de papeterie très demandé, parce que, durant toute cette période, elles eurent une fantaisie, une variété, que les règlements actuels ne leur permettent plus d’avoir, qu’il s’agisse des jeux pour enfants, à sujets plus ou moins humoristiques, ou des jeux pour grandes personnes à sujets de toutes sortes; — sujets historiques, tel le jeu avec figures des principaux personnages de la Restauration (exposé en 1900 par feu Alfred Bégis) — tel le jeu avec les principaux événements de la Révolution de 1830 (exposé, en 1900, par le vicomte de Savigny de Moncorps) — tel le jeu second Empire représentant la France, la Russie, la Hollande, l’Allemagne costumées, en pied, alors que le Roi et la Reine de Trèfle se trouvent personnifier Napoléon III et l’impératrice Eugénie — ou bien sujets de fantaisie, tel le Livre du Destin, tel le Bon Conseil, gravé par Joly; tel la Fortune.
- Ajoutez à cela les Notices, les Explications raisonnées et historiques sur les cartes, leurs noms, leur origine, que se plaisent à éditer nombre de papetiers, grandes feuilles coloriées que l’on montait au besoin sur carton, — dans le genre de la feuille ici reproduite, et publiée par Astruc, « papetier à la mode » sous le premier Empire et la Restauration.
- Je ne m’étends pas autrement sur un sujet traité par M. Henri D’Allemagne,-dans des conditions telles qu’il n’a pour ainsi dire rien laissé qui puisse être glané après lui.
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- En réalité, ce qui s’est modifié surtout depuis le dix-huitième siècle, c’est bien plus la forme, le caractère des objets que les objets eux-mêmes, car le papetier-libraire de la Restauration et de l’époque Louis-Philippe tient comme son ancêtre tout ce qui est imagerie religieuse, imagerie du jour de l’an, cartes de souhaits illustrées, images de fêtes, souvenirs de mariage —[je pique ici une amusante pièce de la Restauration. En haut, sur un lys, une colombe portant dans son bec un anneau; au bas, deux Amours tenant une écharpe, et pour légende :
- Je me donne à lui, qu’il me protège ! —
- Chaste et pure, elle remplira ma vie. —
- Dieu comblera leurs vœux.]
- lettres-farce, compliments et vœux (ils seront alors présentés sous forme de lettres de change, ou de billets de banque), calendriers muraux — ceux-ci se transformeront complètement lors de l’introduction du chromo — almanachs et livres populaires de petit format. S’il ne vend pas le livre de prix plus élevé, ce n’est point parce que défense lui en est faite, puisque les règlements corporatifs n’existent plus, mais uniquement parce qu’il n’en aurait pas le placement.
- En revanche, il est, par excellence, le grand placeur des livres de colportage, de tous les petits in-32 que Tiger, imprimeur-libraire, vend à l’origine sous couverture de papier grossier, gris, bleu, groseille, jusqu’au jour où la couverture imprimée changera du tout au tout la physionomie du livre.
- Bibliothèque d’une variété extrême donnant les vies militaires et civiles, privées et politiques des grands hommes, les batailles, les combats et victoires des Français — tout ce qui peut entretenir ou susciter dans les masses le respect et l’admiration — bibliothèque faisant également une large place à la fiction, aux vieux romans de chevalerie — jusqu’aux environs de 1840 l’on rencontrera ainsi des petits volumes ayant pour têtes de chapitres des vieux bois gothiques — riche en recueils d’énigmes, charades et logogriphes, en recueils enjoués, divertissants et même spirituels, s’il faut en croire les titres, contenant saillies, bons mots, histoires plaisantes, traits d’esprit, contes joyeux, reparties ingénieuses, etc.
- Et quels titres ! Le Parfait, Amour, tout comme s’il s’agissait de liqueurs, Elmire et Milordani, histoire d’une jeune fille trompée par un mariage secret; — Lodoïska et Arthur, histoire d’une beauté trop sensible;— le Confident de la jeunesse ; — le Mari qui n’en est pas un, etc.
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- r, aqtrét avoir accompaqpéCharles daœm a mih/awtdoerfùro.hnrfaMejuutèrr de S!Façon et mourut au q'm,jûde,a
- CARREAU,™ Quart-étui. /ci Carreau* etoeent des especes defîfacAe.> , fîrrtnr et pesants, pi an droit avec / irrhalète et pi ’ort nommait avis, pamepie lefîèr- en était- quatre.
- CESAR , fîmteur peerner.Ion politique, hon citoyen, rnmissant les
- jjiahtrs du cie, qemc, mourut assassins dans le Jtmt, a cÀtnse niru/o, Fan de Dôme y 8 -r avant J- C-
- set Commentatres et sa me par JC Dc&n
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- | H ECT01t,<& Gaiard, Capitaine de dùhncàon sous le régné de Charles ïïl et ensuùk oout Loms Jl.pa le nomma
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- islEmpr hapaZonna&hûdorinalecemaiatidernCdtM ahcréabon d'une compagnie de Gentils hommes
- ptalfîiés, appelles la hommes au hec de Corhin
- ! C (E. dt, représente le courage detf ( ^ I Chefî et îles Soldats;fknnd,A/estmJrc, César ecC/arfamiupne,sonta la tête des piadndes, ou couleurs do piquet,p?,
- que soient les troupes, (lieront hisom de- Gemnu/r aussi prwfants pie coungatv et- eapenmen/fv
- Ci iARLEMAG^n^Æyw/ J Z/gei
- le 2Ôfî>vrier 7/3/rl/ut pond Jloi,giand Gipiànne, efpnznd homme ;ilrgrur q S ans, t mois.qjours,en qualité de Jioiteci3 ans 7t. en qualité J Empereur d 'ûi -ad/tt : £eon Ut le coimmut en ce/ir derntsre qualité, /an Soo dans h Basthyne d>dFieiredeftome;ilmourutqqe.de71 ans,Fan Siq.
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- ORIGINE DES CARTES A JOUER.
- Grande planche coloriée, historique, sur les cartes, publiée par Astruc, papetier, et qui eut, des années durant, un succès considérable. (Premier Empire).
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
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- Eh! quoi! direz-vous, tout cela fut du ressort du papetier?
- Oui, certes, tout cela était mis en vente chez lui, même les étiquettes pour pharmaciens, distillateurs, parfumeurs, épiciers, — même les planches de bonbons, avec leurs images, — car ces feuilles à plusieurs sujets
- Lithographie pour boîte de bonbons dits : Bonbons cVAmours',(1819)1 : * L'image — allégorie explicative — se collait sur le couvercle et la légende se plaçait soit sur les côtés, soit à l’intérieur de la boîte.
- n’étaient point faites uniquement pour servir d’enveloppes aux douceurs des confiseurs à la mode.
- « On les voit », dit un écrivain qui a laissé sur les boutiques et les vitrines de Paris les pages les plus curieuses qui soient, Gaëtan Niepovié,
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- LR BOUTIQUE DU MRRCHRND-PRPETLER
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- Enveloppes de bonbons an caramel (Époque de la Restauration).
- « prendre place dans les tiroirs des papetiers et en sortir pour la plus grande joie des enfants. »
- J’ajouterai même, — pour la plus grande joie des parents.........., car, si
- l’on en croit un chroniqueur méticuleux qui a noté ces choses, la jeunesse, aux abords de 1825, se plaisait à jouer aux bonbons, c’est-à-dire à empaqueter toutes sortes d’ingrédients — tels cailloux ou jetons — dans les papiers-enseignes des sucreries à la mode, ce qui était à la fois plus économique et plus salutaire.
- Combien suggestives, du reste,les feuilles qui, dans l’iconographie de la petite estampe, constituent ce que l’on pourrait appeler « l’imagerie sucrée ».
- Feuilles à multiples vignettes.
- Feuilles portant ces adresses d’officines : Belleville, éditeur, 127, rue Saint-Martin. — Mozarcl, marchand-papetier, 43, rue des Lombards. — Lecourt,
- marchand-papetier, 35, rue du Mail. — Gard, rue Aumaire, 51.
- — P omet, graveur, 45, rue du Temple. — Rabiot fils, fabricant de cartonnages, rue Chilpéric, n° 8, près le Louvre. — Delarue, lithographe, 16, rue Notre-Dame-des-Victoires. — Gramain, 16, rue Quincampoix. — Le Franc,
- 54, Vieille rue du T'empile. —-Lemaire et C'°, 26, rue des Gravi lliers. — Sainton, pmpetier-gra-
- Enveloppe-image du bonbon.
- E il ve 1 o p p e -i ni a g e du bonbon.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
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- veur, 37, rue des Lombards (1). — Jacquemain, 6, rue de l’Oseille, — et bien d’autres; — feuilles qui célèbrent à la fois la sentimentalité et les actions d’éclat, sans oublier l’Amour que la Guerre n’a pu détrôner, tant le dix-huitième siècle l’avait fait entrer dans nos mœurs. U Amour vainqueur, Y Amour désarmé, Y Amour puni, la Rose et les Amours, Y Amour tenant l’aile d’un papillon, Y Amour dans un choux gigantesque, Y Amour soulevant le couvercle cl’une boîte de bonbons, — et tout naturellement le pont d’Amour, — ce pont que les gens de la Restauration aimaient tant à construire et à traverser.
- Le Belveder (sic), la Laitière Suisse, Y Hospice clu Mont Saint-Bernard, la Promenade sur l’Océan, Y Ouragan, les Plaisirs de l’Automne, les Grecs vaincus,
- Gcs petites vignettes —, représentant des amours jouant au diabolo —, étaient destinées à servir d’enveloppe au bonbon fabriqué et vendu par un confiseur à la mode en 1817, dit Bonbon du diable.
- Roland le Furieux (avec la notice des chants), tout cela, un certain temps, se vit sur toutes les tables, sur et devant toutes les cheminées.
- La Coquetterie, la Chasteté, la Passion prenaient toutes les formes possibles de l’allégorie. Que de femmes, souriant gracieusement, dans une corbeille ! Que de lyres entourées de fleurs ! Que de bouquets artistiquement rangés dans un vase ! Et souvent, ces fleurs s’animaient, s’ouvraient au moyen de mécaniques. Et souvent, autour de ces bouquets, autour de ces femmes, tournoyaient des hommes à ailes de papillons.
- (1) Sur une tête de facture de Froycr, successeur de. Sain ton, datant de 1802, on lit: « Tient assortiment d’étiquettes pour Mrs les Pharmaciens, Distillateurs, Parfumeurs, Epiciers et Confiseurs. Fait aussi l’Impression de Cartes, Adresses, Factures, Annonces, etc. (Remplies aux Caractères Mobiles), Lettres de change. Enveloppes de Bonbons. » — Ajoutons qu’il est des spécialités locales. Ainsi, une maison de papeterie et de reliure de Bordeaux, la maison Paloc, allées de Tourny, inscrira sur ses entêtes : « Fait la Papetexûc, le Cartonnage fin et commun, tout ce qui concerne MM. les Parfumeurs et Confiseurs, ainsi que ce qui est relatif à l’expédition des prunes. »
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- Ahl le voilai — nous disait une image, alors qu’une autre posait la question : Est-il sincère ?
- Prenez garde à vous, ce fruit est défendu, lisait-on au-dessous d’une image pour écran, laquelle représentait un homme et une femme devant un pommier sur lequel trônait l’Amour. Ailleurs, une colombe emportait dans son bec la classique devise: A vous pour jamais / Ou bien un bonhomme s’envolait dans un de ces nuages gris, au pointillé, bien épais, dont la Restauration avait la spécialité. C’était, nous apprend la légende, Teffet de la seringue.
- Feuilles multiples et variées qui suivent l’actualité sous toutes les for
- Celle vignette était collée sur le couvercle de la boîte contenant xes nonbons dits aux
- Dames Blanches.
- * On n’ignore pas que — comme le montre du reste la présente vignette — les Dames Blanches étaient une entreprise d’omnibus qui commença à fonctionner à Paris en 1827 et rencontra, d’ailleurs, auprès du public, un grand succès.
- mes; — qui enregistrent les événements politiques, les naissances royales, les grandes victoires tout comme les modes, les excentricités, les jeux du moment, tout comme les femmes que l’actualité met au premier plan, tout comme les nouveautés dramatiques qui font recette. C’est ainsi que l’histoire du théâtre tient en entier sur ces enveloppes de bonbons.
- Mais il faut laisser à chacun sa spécialité et, en réalité, le bonbon n'a que faire chez le papetier, une fois débarrassé du papier qui l’enveloppe (1). Voici mieux, du reste, voici qui fait plus..............papetier.
- (1) J’ai, vers 1900, préparé pour la maison célèbre An Fidèle Berger, toute une histoire pittoresque, documentaire et illustrée, du bonbon. J’ignore pourquoi cette plaquette qui était destinée à ouvrir la voie à toute une forme nouvelle d’histoire, n’a jamais vu le jour. En tout cas, étant donné la facilité avec laquelle, aujourd’hui, les idées vous sont escamotées, j’enregistre ici mon droit à la priorité.
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- Les écrans et les abat-jour, une véritable folie ! Et si les premiers nous avaient été légués par le dix-huitième siècle, on peut dire que les autres,
- AMOUR-VALEUR.
- Vignette pour bonbon destinée à envelopper des pâté: de fruits. Il y avait ainsi quinze sujets, depuis Portez-armes, jusqu’au : Joue : Feu !
- nés à la suite des lampes Carcel et des nouveaux moyens d’éclairage, furent le triomphe de la société bourgeoise à partir de la Restauration et durant le régime né à la suite de 1830.
- Événements, vues, personnages, types et cris de la rue, mœurs, fantaisies et caricatures, les écrans et les abat-jour ne négligèrent aucun sujet. Les diableries elles-mêmes se mirent à danser des sarabandes sur les abat-jour, lesquels s’étaient à nouveau passionnés pour la silhouette ; tandis qu’un écran se complaisait à représenter
- des voyageurs aériens dans une nacelle formée d’une couronne de roses, — l’Amour les abritant du soleil et les... éventant. On ne pouvait être, à la fois, plus galant et plus pratique.
- Sur les abat-jour on faisait défiler des foules, on montrait des groupes de personnages à la dernière mode ; sur les écrans, on les fixait.
- A vrai dire, avec leurs découpages en médaillons, en carrés, en ovales sur lesquels, derrière les feux de la flamme ou de la lumière, apparaissaient des vues enluminées, tels des portraits, des fleurs, des fruits, ces deux « objets de papeterie 11 y avait Y écran-cible, bande, l’écran jeu de
- AMOUR-VALEUR.
- Vignette pour bonbon destinée à envelopper des pâtes de fruits.
- récoltaient tous les succès de la foule. Y écran-paon, l’écran avec chinoiseries de contre-cartes (avec Charles YJ, roi de cœur, avec Isabeau
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- de Bavière, reine de pique, avec Bois Bourdon valet de trèfle), l’écran aux ornements gothiques, l’écran des ponts, l’écran des nouveaux ponts, 1 écran des environs de Paris; il y avait l’écran Louis-Philippe vulgarisant pour tous les traits de la famille royale ; il y eut même — Louis-Philippe régnant — l’écran Napoléon Pr, que je signale à l’attention des napoléo-
- Ecran à main aux portraits du roi Louis-Philippe, de la Reine, et des membres de la famille royale (vers 1840).
- nistes et, tout particulièrement, de mon ami, le savant historien et icono-phile anglais, A. M. Broadley. Et il n’y eut pas que l’Empereur, il y eut toutes les victoires, toutes les conquêtes de l’Empire. Un cours d’histoire dans lequel rien n’avait été omis, même les classiques: Après vous, Sirel et : On ne passe pas.
- C’était plus qu’il n’en fallait.
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- L’abat-jour, lui, tenait surtout à se rendre utile : les papetiers du moment vendaient et mettaient en bonne place Xabat-jour théâtral, Xabat-jour des plaisirs de Paris, Xabat-jour postal, Xabat-jour des diligences, Xabat-jour des chemins de fer, donnant à la fois, renseignements et figurations, en attendant que l’on vît apparaître — suite de l’esprit du moment — Xabat-jour réclame (il en est un, chose assez particulière à noter, avec un J.-J. Rousseau herborisant) : abat-jour dorés, noirs, verts, roses, bleus, qui égayaient les longues soirées sous la lampe, alors que Xécran de Junon,
- « avec son petit appareil à télégraphe de salon servant à exprimer tous les
- mots que l’on veut dire », obtenait les faveurs de tous ceux qui se complaisaient aux petits jeux de société, sans oublier les amoureux qui, bien vite, avaient su en faire un alphabet à leur usage.
- Et c’est ainsi que la Papeterie-Litho-graphie-Gravure qui, souvent aussi, s’intitulera Cartonnage - Papeterie - Reliure, répondait aux faces diverses de son industrie, servantles besoins, les nécessités quotidiennes du commerce, amusant, égayant les réunions de famille, et tenant à l’usage d’un chacun, suivant l’antique usage, tout ce qui, de près ou de loin, touche au papier.
- De quoi était composé ce tout? Etait-il alors, ce qu’il était autrefois, ce qu’il se trouve être aujourd’hui ?
- Y répondre est facile, puisqu’il suffit, pour cela, de demander aux papetiers de différentes époques ce qu’ils vendaient, ce qu’ils tenaient en leur magasin.
- Et ce qu’ils vendent, ce qu’ils tiennent, ce sont les objets multiples que crée l’industrie au fur et à mesure que les inventions nouvelles viennent élargir son domaine. Si bien que ces longues listes qui pourraient, de prime abord, passer pour des catalogues sans intérêt se trouvent être en réalité les étapes du progrès humain, en même temps qu’elles renseignent sur les spécialités et sur les préférences du jour.
- Quelle époque choisir? A quel papetier s’adresser de préférence?
- Enveloppe pour tablette de chocolat (Marquis, passage des Panoramas). Epoque de la Restauration.
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- L’époque-type, pour nous, ce sera 1830, parce que 1830 personnifie
- AbaL-jour de carton, à silhouettes, à diableries et à médaillons (compositions de Delarue, vers i8/to.) * Ces abat-jour pour bougies et lampes, de grandeurs différentes, étaient le plus généralement
- verts ou blanc.
- en quelque sorte la société nouvelle qui va créer les voies ferrées et donner le signal de l’essor industriel et commercial.
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- La papeterie type, ce sera une maison célèbre, tout à la fois d’ancien et de nouveau régime, si l’on peut s’exprimer ainsi, vendant comme autrefois, les papiers de France et de Hollande, et s’étant fait connaître par ses créations, par ses fabrications nouvelles en registres, en encres, en presses à copier, en cachets de bureau à ressort, tout ce que vise en un mot la papeterie administrative née à la suite des grandes sociétés, des grandes banques, et prête à servir, dès demain, les compagnies de chemins de fer.... la maison Cabany aîné.
- Ceci dit, qu’on lise attentivement la notice suivante.
- Notice abrégée des articles généraux qui se vendaient dans une grande papeterie, aux abords de 1830.
- Articles d’enseignement mutuel.
- Almanach de cabinet, de comptoir et de bureau. — Almanachs de poche et de commerce. — Almanach royal.
- Boîtes de carton, carrées, rondes et de toutes formes, grandeurs et espèces. Bâtonnets de tout bois, cuivre ou métal.
- Bordures dorées pour cadres de tableaux, gravures, etc.
- Bobèches en papier et en fer-blanc, vernissées.
- Brosses à timbres.
- Cartons de pâtes de toutes qualités.
- Cartons anglais de tout format, pour apprêt des étoffes et satinage des papiers. Cartes en feuilles de toute force et de tout format.
- Cartes de visite, garnies, gaufrées, à timbre sec, en taille-douce, blanches, de couleur, satinées, rehaussées d’or, d’argent, etc.
- Carnets brochés et reliés de toute espèce.
- Couteaux à papier de tout bois, os et ivoire.
- Colle à bouche, avec et sans odeur.
- Cires à cacheter, ancienne et nouvelle fabrication, noires et de couleurs.
- Canifs de toute espèce.
- Cachets, également de toutes sortes.
- Caractères, chiffres et autres objets, en cuivre, à jour.
- Cassettes de mathématiques.
- Cadres pour la miniature, en bois, carton et glaces vernisses, avec et sans cercle. Compas de toutes espèces et grandeurs.
- Couleurs fines et ordinaires en tablettes.
- Couleurs d’Antheaume, minérales. — Couleurs d’Allemagne, de toute espèce. Cartons d’Isabey (1) pour dessiner.
- Calottes de papier.
- Cure-dents de toute espèce.
- Crayons Lory (2), façon de Conté (dépôt de).
- (1) Ainsi nommés parce qu’ils avaient etc surtout employés et, par suite, mis à la mode par le célèbre peintre-miniaturiste.
- (2) Ainsi nommés de leurs inventeurs les peintres, graveurs et gouacheurs suisses, Lory père et fils, qui lurent des dessinateurs de talent.
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- Lt\ BOUTIQUE DU lxmRCtm’ND-PRP'ETIER î23
- Crayons en bois et en pierre, de France et d’Allemagne.
- Chemises de bureaux en mouton et maroquin.
- Cirage ordinaire.
- Cire coquette, cire anglaise.
- Cornets à dés.
- Ciseaux de toute espèce.
- Cirages en tablettes.
- Cartes blanches pour impression.
- Comptes de retour en taille-douce.
- Diplômes de francs-maçons.
- Eau de Cologne.
- Ecrans de toute espèce.
- Enveloppes de lettres, garnies et non garnies.
- Ecritoires en cuivre et bronze doré.
- Ecritoires communes de cuir pour écoliers.
- Ecritoires en cuir bouilli, en corne, en faïence, en plomb, en porcelaine, en étain. Ecritoires physiques.
- Ecritoires en bois tourné et autres. — Ecritoires riches en ébénisterie.
- Ecritoires de verre et de cristal.
- Ecritoires perpétuelles.
- Ecritoires de terre noire, dites Sveed-good. —Ecritoires roulantes, en mouton et maroquin. — Ecritoires forme de livre.
- Encre anglaise purifiée, noir fixe, réellement exempte de fleurs et de champignons. Encres de couleurs : d’or, d’argent et de bronze.
- Encre anglaise, noire, communicative, à l’usage des presses à copier.
- Encre de la Chine en poudre.
- Encre d’imprimerie de taille-douce.
- Eponges de toutes espèces.
- Equerres en bois, en cuivre.
- Estompes de toute espèce.
- Etuis de pastel, de mathématiques.
- Ebénisterie en général.
- Etoiles à dévider, en carton, bois, os, ivoire et nacre.
- Enigmes et casse-tête (1).
- Fil rouge et fil à coudre les registres.
- Feuilles d'ivoire pour miniatures.
- Faveurs de toute espèce.
- Gomme élastique.
- Godets à peindre.
- Glaces pour miniatures.
- Globes et sphères.
- Gravures en général, à prix d’éditeurs.
- Géographie en général, à prix d’éditeurs.
- Hygromètres pour la connaissance du temps.
- Jeu de demandes et réponses en langue et écriture anglaises.
- Livrets réglés pour musique.
- Lettres de change, billets à ordre, mandats et reçus en taille-douce, français et étrangers, de modèles particuliers et nouveaux.
- (1) Il s’agit, ici, des jeux portant ces noms.
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- Livres d’échéances, à têtes et colonnes, soigneusement imprimés.
- Livres d’entrée et sortie d’effets, soigneusement imprimés.
- Livres pour copie d’effets, dits lettres et billets à payer et à recevoir.
- Livrets à papier, ferrés des deux bouts.
- Lettres de voiture, en taille-douce.
- Lithographie en général.
- Ménagères en mouton et maroquin.
- Musique gravée pour tous instruments.
- Nécessaires en mouton, maroquin, cartonnages et bois divers.
- Nécessaires de barbe (1).
- Notes de tout genre.
- Ombrelles de tout genre.
- Papiers français et étrangers, blancs et autres, de toute fabrique, pour tous usages.
- Papier coloré des deux côtés et au transparent.
- Papiers à vignettes, timbre sec, timbre sec à jour, bordé, dentelle.
- Papiers de couleurs ordinaires et fines, sur tout format, pour tout usage.
- Papiers chagrinés.
- Papiers à vignettes d’or, d’argent et de couleur pour bordure.
- Papiers de couleurs avec dessins variés, lissés et non lissés, superfîns, fins et ordinaires.
- Papiers d’or et d’argent, unis, à fleurs et animaux.
- Papier à décalquer pour les graveurs et dessinateurs.
- Papier à grain de maroquin, de toute couleur et de tout format.
- Papier racine de veau et basane.
- Papier pâte naturelle ou végétale.
- Papier huilé, vernissé, copper plate.
- Papier réglé pour musique, gaufré.
- Papier imperméable pour presse à copier.
- Papier à copier les lettres à la manière anglaise.
- Papiers réglés pour registres de toute qualité.
- Papiers gaufrés pour couverture de boîtes et pour gainerie.
- Plumes et bouts d’ailes d’oie, de cygne et de corbeau, de France et de Hollande, taillés et non taillés. Plumes de Hambourg.
- Portefeuilles de toute espèce.
- Portefeuilles à dessiner.
- Petits livres brochés et reliés.
- Parchemins blancs et de couleurs pour couvertures de registres, pour écriture et pour fleurs.
- Plioirs de tout bois, os et ivoire.
- Plumeaux à cases, en mouton et maroquin.
- Plombs à papier en parchemin, en mouton, maroquin, bois, marbre, et avec fruits.
- Pains à cacheter, rouges et mêlés, de toute forme, et autres imitant l'agate. Pains à notaires, et papiers découpés.
- Pains à autel, à communion.
- Presses à copier les lettres, par brevet d’importation, et leurs accessoires. Pinceaux, brosses de toutes espèces.
- (1) C’est-à dire pour les rasoirs, aiguisoirs.
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- BOUTIQUE DU MRRCHRND-PRPETIER
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- Pattes en bois et en cuivre pour la musique.
- Poudre pour l’écriture, en buis, acajou, marbre de couleur, brillant naturel, etc.
- Pelotes en bois, à dessus d’étoffes.
- Polytipages de M. J. Besnard, au prix de l’artiste.
- Portecrayons en cuivre, acier, argent, or et ivoire.
- Pastels de couleurs.
- Pinceaux de toute espèce.
- Registres ordinaires de toute couverture ou réglure.
- Registres Cabany aîné, à dos élastique métallique, par brevet d’importation et de perfectionnement.
- Ronds de serviettes.
- Règles de tout bois et en cuivre. — Règles mécaniques et à jour.
- Répertoires de toutes grandeurs.
- Souvenirs (1) de tout genre, à la française et à l’italienne.
- Serviettes en mouton et maroquin, de tout genre.
- Sébilles de tout bois et de toute forme.
- Sandaraque en poudre et en bouteilles.
- Satinages de papier.
- Seaux d’osier pour bureaux (2).
- Tablettes perpétuelles de dix reliures différentes.
- Trousses de voyage.
- Têtes de lettres pour francs-maçons.
- Tablettes ou cartes du jeu de boston, avec cadran, stylet et peau d’âne.
- Tablettes d’ardoise et leur stylet.
- Têtes de crayons.
- Tableaux chronologiques.
- Tableaux calculés, de toute espèce, à l’usage des banquiers et négociants.
- Vélins à peindre (3).
- Et maintenant, on peut se rendre compte, comme je le disais tout à l’heure, de l’intérêt que présentent ces listes, non seulement parce qu’elles mentionnent soigneusement les créations, les objets nouveaux dus à l’initiative d’esprits ingénieux, mais encore parce qu’elles permettent de nettement définir la part du papier, de ses dérivés et de ses accessoires, et la part de tous les articles d’à-côté destinés à figurer dans le bazar du marchand-papetier. Il y a ce qui est de son ressort direct; il y a ce qui constitue la part de la marchandise en dépôt chez lui. C’est ainsi qu’aux côtés des papiers, encres, plumes et crayons, on peut y voir l’eau
- (1) Il s’agit ici des albums de format carré ou oblong destinés à recevoir les pensées et souvenirs que suivant un usage, alors fort à la mode, on faisait inscrire à ses invités. C'est le Liber Amicorum d’autrefois.
- (2) On dirait aujourd’hui : « corbeilles à papiers. »
- (3) Si l’on ajoute à cette liste les anneaux à lacets pour cartonnages, les outils spéciaux, les sous-mains, les buvards, les cartes d’échantillons, le papier toile cirée, les plateaux pour les passementiers, les vélins pour notaires, les peaux d’ânes, les sténographes, on aura la nomenclature, à peu près complète, de ce que vendaient les grandes papeteries administratives entre i83o et i84o. Je ne parle pas, bien entendu, des inventions nouvelles de plus en plus fréquentes a partir de cette dernière date, comme le Bihlorhnpte ou Livre couseur, par exemple.
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- de Cologne, les ombrelles, les ronds de serviettes, les trousses de voyage, les bobèches, l’ébénisterie en général. Une particularité, qui date de façon typique cette notice, c’est la fourniture de tout ce qui touche à la franc-maçonnerie : diplômes et tètes de lettres. Avant 1830 très peu de papetiers osaient tenir publiquement ces articles; après 1830 on les trouvera chez nombre d’entre eux. Une autre particularité, c’est la persistance de la plume d’oie dans des conditions telles qu’il n’est même pas fait mention de plumes d’acier.
- Plus l’on avancera dans le siècle, et plus la papeterie s’ouvrira des horizons nouveaux, ou plutôt, aux côtés de la papeterie administrative, Y on verra apparaître et se développer la papeterie de luxe, la papeterie-maroquinerie-gravure, dans laquelle le papier et ses accessoires ne joueront plus qu’un rôle secondaire.
- Pour la mieux définir, adressons-nous à Martinet, à Giroux, à Susse, à Maqnet; — ouvrons la rarissime et curieuse plaquette : Almanach des Etrennes, par un vieux garçon, pour 1842. Revue des Salons de MM. Susse frères, place de la Bourse et passage des Panoramas.
- Certes le papier, la maroquinerie, les recueils de gravures et les lithographies, les albums du jour de l’an, tout ce qui est susceptible d’être orné par la gravure, tiennent leur place en cette amusante et précieuse description qui signale, au premier chef ;
- « les boîtes à papier, en marocpuin,
- » les sachets en soie contenant des papiers illustrés par les artistes les plus habiles en ce genre d’ornementation,
- » les albums pour musique et pour dessins, enrichis de fermoirs et de peintures,
- » les buvards avec semainiers et classeurs, garnis de serrure ou sans serrure,
- » les portefeuilles de ministre et de voyage,
- » les agendas de poche,
- tout ce dont peuvent avoir besoin les artistes les plus renommés qui viennent s’approvisionner dans les magasins de MM. Susse frères; tout ce que peuvent désirer les femmes du monde qui demandent l’élégance la plus raffinée aux boîtes, pupitres et objets divers, destinés à prendre place en leur boudoir.
- Certes, on y trouvera tous les albums à riches reliures, en maroquin, en velours, en soie, tous les keepseaks français et anglais, tous les aima-
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- boutique du MRRCHRTID-PRPETIER
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- nachs, et même la grande nouveauté — telles les fameuses Excursions daguerriennes gravées et exécutées à l’aqua-teinte d’après les épreuves du daguerréotype (1 ).
- Mais qu’est ce côté papeterie à côté des objets de toutes sortes que renferment les salons de MM. Susse frères : les tableaux, les statuettes, les bronzes, les bonheurs du jour, les petits secrétaires en bois de rose et d'ébène, les vases, les pendules, les vieilles porcelaines, les coffrets, les miroirs, les cachets à manches ciselés, les pupitres à lire avec bronzes ciselés, les reliquaires sculptes, les bénitiers-rocaille — sans parler des inventions nouvelles, la lampe de
- A Paru cJie-z~ La- franc-, VieJle- rue- alu- Temple-, N? .
- Enveloppe pour bonbons à surprises, dits « papillotles » ou « cosaques ».
- (Epoque de la Restauration.)
- nuit en cristal et bronze doré, l’almanach entouré de peintures et placé dans un cadre de velours recouvert d’ornements en filigrane, le carnet de bal Méclicis, la plume serpent, le sac à la Henri III, le panier jardinière, le panier Fontanges, les presse-papier ornés de figures d’animaux par Fratin, le presse-papier ibis en plumage véritable, les porte-cigares diaboliques, les briquets à surprise, l’essuie-plume Marquise et Marie-Stuart, la pelote Alcide Tousez, la pelote Dubarry, le casier géographique qui contient, roulées sur des bâtons à ressorts, les cartes de tous les pays du monde, les
- (1) Sait-on qu'il existe, avec les dates de 1842 à 1849, plusieurs plaquettes en vers et en prose ayant comme illustrations des épreuves dagnerréotypiennes collées. Telles les photographies dans certaines éditions du second Empire.
- Je donne ici le titre d'une publication rarissime, en ma possession : Promenades poétiques et daguerriennes, Chantilly (Oise), avec six vues photographiées et notes historiques, par Louis-Auguste Martin, sténographe de l’Assemblée Nationale. — Paris, chez Comon et C'e, quai Malaquais. 1801.
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- garde-vues avec pied, les boites à jeu Maintenon, les joujoux les plus modernes et les pièces mécaniques les plus extraordinaires, parmi lesquelles, en première ligne, Y homographe à l’aide de laquelle tout le monde peut dessiner d’après nature, et — tant il est vrai que la réclame ne perd jamais ses droits — le Magasin Susse en miniature, « avec boîte de couleurs dans le parquet ».
- Pièces mécaniques ou à surprise de toutes sortes, Y Assaut de Mazagran, avec personnages et attirail de circonstance; bonbonnières grotesques, le
- Une boutique de papetier à la mode sous le second Empire.
- La boutique de Maquct, papetier-graveur et maroquinier, avenue de l’Opéra, « fournisseur de LL. MM. l’Empereur et l’Impératrice, d’après une gravure de VIllustration.
- jour de ïan, joueuse de piano, nouveau chemin de fer, le mystère de la naissance, nouvelle bonbonnière; pièces sur ressorts, telles Fanny Essler, Kléber, Dunois, le Guide de l’Empire, la famille normande; caricatures sur cheval en tout genre, enfin, primant tout cela par sa perfection et par son intérêt : Napoléon il ïile d’Elbe, son évasion, sa rentrée à Paris, « automates mis en mouvement », nous apprend notre guide, « par une mécanique qui fait ses fonctions en trois évolutions différentes ». Et ce n’est pas tout, car il faut encore faire une place aux jouets en cartonnage, parmi lesquels
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- se trouvait une nouveauté qui, dit-on, fit alors courir tout Paris : la colonne de la place Yendôme, dite de la Grande Armée.
- Qu’était cette colonne?
- Un chef-d’œuvre, s’il faut en croire Y Almanach des Etrennes. « Sur un cylindre représentant parfaitement les formes et les proportions de la colonne, une parfaite réduction des gravures du grand ouvrage de Tardieu sur ce monument. Toutes les figures, tous les groupes y étaient représentés; c’était mieux qu’un jouet d’enfant, c’était un souvenir de notre monument national ; un amusement, une curiosité à placer sur toutes les tables de salon. Cette miniature de colonne se démontait en quinze ou vingt morceaux, comme les jeux de patience; puis, il fallait les rajuster, et quand on était parvenu à les réunir, à les remettre en place, on consolidait tous ces morceaux rassemblés au moyen d’une statuette de l’Empereur, en bronze, qui servait de vis de pression. »
- Et voilà comment la colonne de la Grande Armée se trouva devenir un jeu de patience, avec « règle du jeu », destiné à la fois à instruire et à amuser la jeunesse. Un jeu en 51 morceaux de bois formant autant d’assises du monument, alors que la colonne elle-même, la colonne brute, était figurée par un axe en cuivre perpendiculaire.
- Assurément, tous les papetiers n’étaient pas comme Susse, des petits Dunkerque aux multiples salons; mais tous ceux qui avaient en vue la clientèle élégante joignaient aux multiples fantaisies du papier la maroquinerie, le bronze et le petit meuble d’art.
- C’est la transformation nouvelle opérée par le dix-neuvième siècle : le papetier-mercier d’autrefois, après avoir été papetier-graveur, va devenir papetier marchand de bronzes, de tableaux et de curiosités d’art. Et si Susse « prête ses tableaux » — car il a une véritable galerie de maîtres — aux jeunes demoiselles du monde, qui en veulent faire des copies à domicile, d’autres, qui tiennent tous les accessoires de la peinture, loueront des modèles de dessin.
- Chose à remarquer, la notice de Susse n’est guère loquace en renseignements sur les genres, pourtant déjà si nombreux, de papiers à lettres, illustrés ou non, que l’on vendait alors, un peu partout. Elle est même moins explicite que le prospectus de Cabany.
- Et cependant, le papier à lettres sur lequel on trouvera plus loin des renseignements complémentaires, a déjà fourni une longue carrière.
- 11 convient donc de s’y arrêter quelques instants. D’abord c’est le papier
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- filigrane à l’usage des particuliers qui apparaît sous le premier Empire, — que les filigranes soient dans les angles ou au milieu, sous forme de médaillon — il y a des Napoléon, il y a des aigles, il v a des Marie-Louise, il y a des rois de Rome, puis ce seront des Louis XVIII et, en 1821, des montgolfières, souvenir de la chute de Mme Blanchard.
- Puis c’est le timbrage à sec, d’origine anglaise, apparaissant aux approches de 1825, avec toute la variété des Bath dont la vogue sera longtemps. Aux approches de 1838 cet éternel « Bath » est cependant trouvé quelque peu fastidieux : on lui substitue alors, ces motifs multiples : fleurs, chiens, — le fameux lévrier courant, une lettre à la gueule, sur laquelle on lit : « Reviens-vite — Hâte-toi » — diligences, courriers, voitures de poste, navigation et commerce symbolisés, — plus tard, ce sera la locomotive. On timbre des armes des villes, ou de leurs principaux monuments. Pour Lyon et Chartres, ce seront leurs cathédrales. Et vers la même époque, également, se vulgarisent lès papiers avec vues de villes d’abord gravées à l’aqua-teinte, puis sur acier, ou bien encore lithographiées en couleurs.
- Il y aura toutes sortes d’encadrements dans le style premier Empire, Restauration ou Louis-Philippe; il y aura des papiers à gaufrage et à dentelles; il y aura les fameux papiers de fantaisie pour lettres de compliment ou d’amour.
- Plus l’on ira, plus le papier de fantaisie aux couleurs multiples se développera : à certain moment l’or, l’argent, le rouge cinabre prédomineront. La même variété se remarquera dans les formats.
- Un instant les armoiries en couleurs seront la grande mode, alors qu’à d’autres moments les chiffres entrelacés ou les devises prédomineront. Et ce sera jusque vers 1880 la grande industrie du papetier-graveur, lequel se multipliera de plus en plus.
- Grande lutte entre la lithographie considérée comme populaire et commerciale et la gravure considérée comme d’essence aristocratique.
- Aujourd’hui encore, les deux procédés se disputent la papeterie. Et le papetier, à l’aurore du vingtième siècle, peut être fier de l’essor pris par sa branche de commerce, car le papier est partout et l’esprit du papetier-mercier a pour ainsi dire conquis le monde.
- Entrez dans une grande papeterie, jetez les yeux sur le catalogue des objets en vente —tels les grands bazars, les papetiers, maintenant, onx des catalogues,— et vous verrez que les Susse se sont multipliés à l’infini.
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- Susse, en réalité, c’est l’époque Louis-Philippe; Maquet, ce sera le second Empire ; alors que, de nos jours, les maisons comme Fortin ou Ed. Bellamy, pourraient excellemment caractériser la papeterie, sous ses aspects nouveaux, je veux dire la papeterie élégante ayant su se plier aux besoins multiples d’une clientèle industrielle et populaire, la papeterie ayant de quoi satisfaire aux exigences des plus raffinés sans négliger, pour cela, l’acheteur de deux sous de papier et du crayon à un sou.
- C’est le commerce de luxe, je ne dirai pas s’élevant sur les ruines du petit commerce — car la papeterie de quartier subsiste toujours, simple et modeste, — mais bien faisant triompher l’esprit de l’ancienne corporation — l’esprit de négoce à outrance embrassant toute matière pape-tière ou mercière.
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- Les Enveloppes de lettres. — Ancienneté de leur origine. — Papiers pour enveloppes et Enveloppes toutes préparées.
- On a dit plus haut (voir p. 54) que, depuis 1720, nombre de papetiers vendaient couramment des « enveloppes de lettres », de toutes grandeurs. Or, en ces derniers temps, la question de l’ancienneté des enveloppes a été plusieurs fois posée sur le terrain et discutée par les revues spéciales, notamment Y Intermédiaire des Chercheurs et Curieux et le Bulletin de la Société : Le Vieux Papier.
- Dans le Bulletin, des amateurs se sont mis à fouiller les vieux papiers, les vieilles correspondances, et ils ont ainsi mis la main sur des enveloppes portant des indications postales, ou autres, assez précises pour leur permettre d’attribuer une date à chacune. Un vieux papiériste — qu’on me pardonne le néologisme ! — avait signalé une enveloppe datée : 14 juillet 1763, lorsque, quelque temps après, un autre collectionneur, M. de Glumane, déclara posséder une série d’enveloppes datées de 1745 et de 1789, toutes d’origine provinciale, ce qui permettait de croire, affirmait-il, que Paris en usait aussi, et depuis plus longtemps sans doute. Cela est de toute évidence. Jamais à personne, en effet, l’idée serait venue de prétendre que les enveloppes furent un usage uniquement provincial ou local, inconnu de la capitale, voire même uniquement français. Ce qui serait intéressant, d’autre part, serait de pouvoir rechercher et élucider à quel pays en revient la priorité. Ajoutons que, par un de ces heureux hasards, toujours bienvenus des « fouilleurs » et autres « vieux paperassiers », M. de Clumane, tandis que s’imprimait son article, trouvait, dans un lot d’archives, deux lettres, avec leurs enveloppes, timbrées de l’année
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- Des revues et organes spécialistes, la question, considérée, non sans raison, comme intéressante, gagna les quotidiens : le Petit Journal, le Gaulois, le Petit Marseillais s’en mêlèrent — un lecteur de ce dernier journal signalait des enveloppes datées de 1692. Or, dans Y Intermédiaire du 20 janvier 1910, M.> L. M. (lisez Louis Morin, bibliothécaire, à Troyes) disait : « Je n’ai garde de mettre en doute les conclusions du journal phocéen, car j’ai vu aux Archives municipales de Troyes et dans les minutiers des notaires de la même ville, sources sûres, des enveloppes bien françaises, dès le milieu du dix-septième siècle, i65o environ (2). »
- Voici donc une date, plus ancienne que toutes celles données à ce jour, et peut-elle être considérée comme définitive, il est permis d’en douter? — car des comptes
- (1) Voir: Bulletin de la Société : Le Vieux Papier, fascicule 39, î" novembre 1906.
- (2) L’article de M. Louis Morin a été reproduit dans le Bulletin des maîtres-imprimeurs de France d’avril 1910, augmenté de toutes les communications faites à VIntermédiaire des Chercheurs sur ce sujet. (Voir, plus loin, page i36, les renseignements concernant la personnalité de M. Morin.)
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- de fournitures, aux Archives de la ville de Genève, remontant à l’année i632, mentionnent « papier pour enveloppes ». Il est vrai que, pour se prononcer en toute connaissance de cause, il faudrait être fixé sur la nature exacte de ces papiers, puisque l’on qualifiait alors, de la sorte, tout papier destiné à « envelopper », qu’il s’agît de lettres missives ou d’objets quelconques, — lisez paquets —. Et comme les enveloppes à lettres, c’est-à-dire, en réalité', les feuilles de papier ayant pour destination « l’enveloppage » des lettres n’étaient pas toujours blanches, mais, souvent aussi, grisâtres ou bleuâtres, il n’est pas facile de conclure.
- Pour ce qui est de leur forme courante, les enveloppes anciennes ne différaient guère des nôtres; mais, comme le dit fort bien M. L. Morin, elles n’étaient point collées : leurs quatre pattes étaient fermées par un cachet de cire portant les armoiries ou le chiffre de l’expéditeur (voir la figure ci-contre et le frontispice, lequel montre, justement,une femme occupée à cacheter sa missive).
- Jetons donc un peu de clarté sur cette question, pourtant si simple, des enveloppes, embrouillée à plaisir par des confusions et par de fausses interprétations du terme fabrication ou invention. Un journal n’a-t-il j>as été jusqu’à publier, en 1908, un article intitulé : Le Centenaire de Venveloppe des lettres, absolument comme, dans un autre ordre d’idées, nombre de quotidiens se sont amusés presque chaque année, depuis 1900, à nous inviter à célébrer le centenaire du haut de forme — centenaire bien antérieur — qui fut pour moi l’objet d’un article illustré dans Le Figaro. Combien n’en ai-je pas vu, depuis douze ans, de choses déjà connues et souvent élucidées par moi, revenir sur le tapis et être présentées par certains démarqueurs comme choses nouvelles (1 ) !
- Au seizième siècle, comme de nos jours, les lettres missives, officielles, et celles des grands personnages étaient mises sous enveloppe ; c’est-à-dire qu’elles étaient placées dans
- Jeune homme occupé à sa correspondance : sur la table, devant lui, deux lettres, dans leurs enveloppes, et cachetées. Le personnage debout, qui a l’air de lui fournir quelques explications, peut êlre considéré, étant donné sa jambe de bois, comme le classique « Messager boiteux ».
- (Vignette des premières années du dix-huitième siècle.)
- (1) Cet article a paru dans Le Journal et est signé des initiales : E. L. J. (Ernest La Jeunesse, selon toute probabilité). Malgré son titre extravagant, malgré ses erreurs [l’auteur attribue l'invention de l’enveloppe indépendante des lettres missives à un très obscur papetier anglais], il montre un sens assez exact de l’inscription et de la lettre d’autrefois, et contient des appréciations philosophico-histo-riques qui valent d’être retenues :
- « Une lettre, en France, était un événement pour le destinataire, un plaisir pour celui ou celle qui l’envoyait. L’idée de parler au loin — qui est encore si agréable aux novices qui usent du téléphone — était délicieuse et aussi grande pour ceux qui se servaient de l’écriture, extra muros, hors des murs de leur demeure, de leur ville, ou de leur province.
- » Un premier effort de pensée et de style, un second effort de calligraphie, un effort de salutations et hommages d’élite; il s’agissait encore d'un chef-d’œuvre de paraphe, de parfaire une signature rare et compliquée, à la fois majestueuse et intime, très cordiale et très noble. Et ce n’était pas fini. Il fallait épandre, d’une main exercée, la poudre de sable et d’or sur l’encre qu’il fallait sécher. Il fallait, en outre, çt surtout, coucher doucement les mots, les uns sur les autres, hermétiquement.
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- un papier cacheté et scellé, afin que leur secret ne fût point violé. Mais c’était l’expéditeur lui-même qui se chargeait de cet « enveloppage », et il coupait le papier à sa guise, plus ou moins bien, souvent même fort mal, si l’on en juge par une lettre de l’abbé Galiani à Mme Necker datée du 28 août 1769. Les enveloppes de cette espèce, qui se peuvent voir aux archives de Nuremberg, d’Augsbourg, de Ratisbonne, de Francfort, sont loin d’avoir, en effet, une coupe uniforme. Et il en fut ainsi jusqu’au jour où les papetiers eurent l’idée de vendre du « papier pour enveloppes de lettres », papier coupé de façon à pouvoir se prêter aux pliures. Plus tard, enfin, certains d’entre eux se mirent à vendre l’enveloppe toute préparée d’avance, « avec charnières de papier venant s’adapter à une ouverture faite au canif ». Ce furent là, réellement, les premières enveloppes de lettres confectionnées à la main, bien entendu, si sommairement que ce fût.
- Maintenant, de ce qu’elles existaient comme fabrication, faut-il conclure qu’elles étaient d’un usage courant. C’est là une tout autre affaire. Et ce qui permet de croire qu’elles étaient fort peu employées, c’est qu’elles 11e figurent que très rarement sur les cartes-adresse ou factures des papetiers détaillants, ici reproduites 0^ retranscrites (voir, entre autres, Declaron). Mmc de Genlis devait s’en procurer de toutes faites, — puisqu’il en existait déjà, de son temps, cela est certain, — mais, elles ne servaient encore qu’à l’élite ou bien alors — autre face de la question — que pour les missives adressées par des inférieurs à leurs supérieurs. En voici du reste la preuve, fournie dès 1675, par le Nouveau Traité de la civilité qui se pratique en France parmi les honnestes gens, traité dû à Antoine de Courtin, lequel a soin de renseigner comme suit lesdits honnestes gens : « Il est bon aussi de sçavoir que, pour plus de respect, on met la lettre dans une enveloppe sur laquelle on écrit le dessus (l’adresse) (1) ».
- Enfin, nul doute que la poste n’en transportât, puisque, comme je l’ai dit plus haut, elle avait fixé un tarif pour les lettres avec enveloppes. Combien en transportait-elle? Assurément un nombre relativement peu élevé, quoique je n’aie pu trouver aucune statistique capable de nous fixer sur ce point.
- Salmon, rue Dauphine, Au Portefeuille anglais, dont la carte-adresse est reproduite ici (voir plus loin), paraît avoir été un des grands vulgarisateurs de l’enveloppe,
- » C’est ici que commençait le talent — et le génie. Les correspondants les plus pressés et les plus modestes pliaient leur lettre en trois parts égales, faisaient entrer un des derniers tiers dans l’autre, et fermaient le tout de deux — ou d’un — modestes pains à cacheter ou d’un ou deux cachets triomphaux, aux armes et sommés de couronnes, de crestes et de bêtes monstrueuses.
- » Les plus raffinés, les plus patients, savaient ployer leur texte en trois dans le sens de la hauteur, en trois dans le sens de la largeur, fermer, en triptyque, les premiers plis, ramener sur les premiers, les derniers, mais, ici, il fallait, nécessairement, deux pains ou deux cachets, très sérieux, — et la missive était sacrée.
- » C’est sous cette forme que furent closes et scellées les épîtres et épistoles les plus illustres : celles de Voiture et de Balzac (lesquelles, au reste, étaient d’avance, des « lettres ouvertes » et exercices de littérature), celles de Racine, de Fléchier, de La Fontaine, de Chapelle et de Bachaumont, de Fontenelle, de Voltaire, du président de Brosses, de Dupaty et de Paul-Louis Courier, même celles de Mme de Sé-vigné, de la Palatine et de Mlle de Lespinasse. C’était un art accessoire que de savoir donner à un chef-d’œuvre de lettre un aspect extérieur de chef-d’œuvre, avec une suscription digne d’un maître d'écriture et d’un maître à danser, déjà agréable, déjà révérence, avec un cachet qui se faisait saluer avant que d’être violé. »
- (1) Dans ses Elégies, Clément Marot nous parle d’une maîtresse aimée Dont ie maintiens la plume bienheuree Qui escrivit lettre tant desirée :
- Bienheureuse est la main qui la ploya.
- Il est donc permis de conclure, de cela, qu’au dix-septième siècle les lettres intimes — entre particuliers tout au moins, —se pliaient directement, sans le secours d’enveloppes d’aucune sorte, préparées ou non.
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- car, dans un article de 1 Intermédiaire des Chercheurs et Curieux, M. L. Morin parle d’un prospectus dudit, daté de 1789, et mentionnant toute une série d’articles
- de cette espèce (1). En voici, du reste,
- Enveloppes blanches, pour lettres, grand format;
- Enveloppes blanches, petit format;
- » » à billet;
- le détail :
- Enveloppes blanches, garnie, à lettres;
- » » à billet;
- » » à vignettes, bordée ;
- » » à paillettes.
- Je ne connais pas, à l’heure actuelle, de document plus précis, indiquant aussi nettement une fabrication méthodique.
- Voici donc qui paraît concluant pour le passé : l’enveloppe a existé de tout temps, ou, pour mieux dire, on a, de tout temps, enfermé les lettres missives dans des papiers d’enveloppe (2).
- Venons à l’époque moderne.
- S’il faut s’en rapporter à Dom Lemon, la première machine à fabriquer des enveloppes aurait été inventée par Edwin Hill, frère de Rowland Hill, le créateur de la poste à 2 pennys, en Angleterre. Si, au contraire, l’on en croit le Bulletin officiel de l’Union syndicale des Maîtres-Imprimeurs de France, son inventeur serait le papetier Brewer, de Brighton, et l’invention daterait de 1820. Mais Brewer, en fait, ne fit que couper de « petites couvertures » détachées, qu’il assortit au format des feuilles, et, si la nouveauté eut grand succès, ce n’est point là, en réalité, une machine.
- D’autre part, sur le Bottin de Paris, Maquet s’intitulera, des années durant : a inventeur des enveloppes de lettres en 1841 », ce qui pourrait laisser croire que lesdites enveloppes étaient inconnues avant lui, et ce qui ne fait qu’obscurcir une question, je l’ai déjà dit, embrouillée à plaisir. Or, la vérité est que les frères Maquet, les papetiers de la rue de la Paix, ouvrirent, en 1841 ou 1842, une fabrique d’enveloppes à la machine (3) rue Blanche, sur le modèle de l’article fabriqué en Angleterre. Un autre papetier, A. Marion, ne tarda pas à suivre leur exemple. Ce fut même son témoignage, dans un procès intenté par M. Maquet à un autre papetier de la rue de la Paix, M. Wallerand, qui fit déclarer sans valeur le « brevet Maquet pour enveloppes de lettres », car il prouva que les emporte-pièces, pour le découpage des susdites, avaient été importés avant la date de prise dudit brevet. Néanmoins,la première « fabrique d’enveloppes à la machine «fonctionnant réguliè-
- (1) Cette pièce se trouve aux Archives de l’Aube, à Troyes, fonds de Saxe. Ce fonds, particulièrement riche en objets dits de papeterie, provenant des papiers saisis en 1793, sur le prince Xavier de Saxe, émigré, possède quantité de paperasses, factures, prospectus, etc., reçus au château de Pont-sur-Seine, pendant les années qui précédèrent la Révolution.
- M. Louis Morin, bibliographe érudit et consciencieux, est l'auteur d’un nombre considérable de plaquettes sur les imprimeurs, libraires, relieurs et cartonniers de Troyes et autres lieux. Citons plus particulièrement, comme entrant dans notre domaine, les deux études suivantes : Essai sur les Domi-notiers troyens (1897), Un atelier de Peintres-Dominotiers h Troyes {1899).
- (2) Un correspondant de l’Intermédiaire,My, qui déclare avoir eu en main des enveloppes de 16G0 et 1667, dit qu’elles ont la forme habituelle: « les bords sont collés », ajoute-t-il, « à l’aide d’une substance épaisse qui rappelle les pains à cacheter, ou simplement cirés ». D’autre part, M. Choquet, dans son Rapport du Jury de la Classe XVI, à l’Exposition de 1889, dit que « les enveloppes des lettres s’achetaient dans des bureaux spécialement établis à cet effet ».— Bureaux des postes, donc! —Que ces derniers en aient tenu en dépôt et vendu, cela est fort possible, mais il 11’en est pas moins certain qu’elles se trouvaient surtout chez les papetiers.
- (3) Le Musée centennal de la Papeterie, à l’Exposition de 1900, possédait une de ces machines datant de 1840 à i85o (dont les mâchoires pliaient le papier tout découpé, tout préparé, qu’on leur présentait). En réalité, elle contenait en germe le principe des machines actuelles.
- Il exposait, également, des « enveloppes non pliées, vendues au poids, 2 francs le kilo, à la papeterie Marion »; enveloppes datant évidemment d’environ soixante-dix ans.
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- rement, paraît bien avoir été celle de Maquet (1). Les enveloppes étaient tout d’abord pliées avec une machine h pédale, puis gommées; peu après, elles furent coupées à l’emporte-pièce et pliées par des machines perfectionnées.
- Les outils de l’écrivain (9).
- (Notes sur l’Encre, les Encriers, les Plumes métalliques, les Crayons.) Les fabrications de l’Encre, d’après Pline.
- « On fabrique le noir de plusieurs façons, avec la fumée que donne la combustion de la résine ou de la poix ; aussi a-t-on construit pour cela des laboratoires qui ne laissent pas cette fumée s’échapper. Le noir le plus estimé se fait de cette façon avec le pinus teda; on le falsifie avec le noir de fumée des fourneaux et des bains, et c’est de celui-là qu’on se sert pour écrire les livres. »
- (Pline T Ancien, au paragraphe xxv du livre XXXV.)
- L’Art de faire de l’Encre.
- On entend ordinairement par ce mot Encre toute liqueur noire quelconque, soit liquide, soit huileuse ou solide. Mais, de ces encres diverses, celles pour l’imprimerie et l’imprimeur en taille-douce ne sont point de notre ressort. Seule, l’encre à écrire nous intéresse. Voici ce qu’en dit Jaubert, dans son Dictionnaire universel des Arts et Métiers :
- « Excre a écrire. — Prenez deux livres de noix de galle; concassez-les, et les faites bouillir dans six livres d’eau et, mieux encore, dans quatre livres d’eau et deux livres de vin blanc qu’il faut préférer à la bière qui rend l’encre trop épaisse ; réduisez le tout à moitié, vous aurez une décoction chargée de couleur jaunâtre et obscure. Coulez avec forte expression, ajoutez-y douze onces de vitriol verd ou blanc, et une once de gomme arabique concassée; faites fondre à petit feu. Laissez reposer la liqueur; séparez les fèces en la versant doucement dans quelque vaisseau où vous la garderez.
- (1) Gomment se fabriquaient ces enveloppes, nous allons l’expliquer en quelques mots. Au début, le pliage se fit à la main avec un simple calibre en carton ou en zinc, monté à charnière sur une planchette pour accélérer le travail. Bientôt on le remplaça par un piston en X et quatre volets pour les plis, le tout monté sur une table avec deux pédales, en sorte que l’ouvrière travaillait avec ses mains et avec ses pieds pour produire des mouvements nécessaires dans l’ordre voulu.
- Peu après, pour les sortes à grand débit, on remplaça le moteur féminin par un moteur mécanique. Sur les plieuses d’aujourd’hui, on pose une pile d'enveloppes que la machine vient aspirer, coller, plier, timbrer si nécessaire — au nom du client — et qu'elle envoie en dessous.
- Quelques machines font même le gommage de la patte qui ferme l’enveloppe, mais l’appareil pour sécher complique la machine, si bien que l’on préfère elïectuer cette operation sur l’enveloppe avant le pliage, et cela à l’aide de machines spéciales, ou sur une sangle sans fin, à marche lente : une ouvrière étage les enveloppes sur lesquelles la gomme est étalée au moyen d’une brosse circulaire, tandis qu’à l’autre bout de la sangle, une deuxième ouvrière recueille les enveloppes séchées.
- (2) Ceci est, on le sait, le titre d’un livre fort connu des bibliophiles, dû à la plume de M. Spire Blondel, et qui, avant de paraître en volume à la librairie Laurens (1890), donna lieu à une série d’articles dans la belle revue de M. Octave Uzanne, Le Livre. J’ajoute que si plusieurs des renseignements, ici donnés, se trouvent déjà dans l’ouvrage de M. Blondel, d’autres sont dus en entier à mes recherches personnelles.
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- » Prenez eau commune de pluie, ou mieux vin blanc, quatre pintes, noix de galle concassée, une livre; faites infuser pendant vingt-quatre heures sans bouillir; ajoutez gomme arabique concassée que vous laisserez dissoudre, six onces; enfin mettez-y six onces de couperose verte qui donne aussitôt la couleur noire ; et passez le tout par un tamis de crin.
- La b(mn.e Clncrc
- Estampe faisant partie d’un recueil de soixante planches dessinées par Bouchardon, gravées à l’eau-forte par le comte de Caylus, terminées par Fessard, et publiées, de 1737 à 174b, sous le titre de : Etudes prises dans le bas peuple sur les Cris de Paris.
- Le marchand de Bouchardon vendait l’ancre — pour respecter l’orthographe de l’époque — en bouteilles et en cruchon. Le cruchon était pour le détail, c’est-à-dire que le marchand prenait à même le récipient pour emplir les bouteilles des acheteurs qui l’appelaient, ou venaient au-devant de lui.
- Déjà, au dix-septième siècle, l’encre avait ses ambulants et ses colporteurs, car on voit dans les Caquets de l'accouchée (1622), parmi les commères qui prennent part aux dialogues de relevailles, une marchande qui en faisait commerce « sur le pont », — lisez sur le Pont Neuf.
- » Entre tant de recettes d’encres à écrire, nous nous contentons d’annoncer ces deux comme les meilleures et surtout la dernière ; le lecteur pourra choisir et même perfectionner (1) ».
- fl) Cette recette paraît être la copie, fort améliorée, du procédé déjà donné par l’auteur du Ménsgier de Paris, traité de morale composé, en 1393, par un bourgeois parisien, et imprimé dès la fin du quinzième siècle,
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- « L’Encre rouge à écrire se fait avec de la rosette rouge délayée dans de l’eau. On peut encore la faire plus belle en se servant d’une forte décoction de noix du Brésil, bien chargée, dans laquelle on ajoute de l’alun, de la gomme arabique, pour lui donner de la consistance. Il est facile de faire, de la même manière, des encres de différentes autres couleurs en se servant d’une forte décoction des ingrédients qu’on emploie dans la teinture (1). »
- Tableaux de Paris
- Lithographie faisant partie de la suite : Tableaux de Paris, par Marlet (1819).
- * Le marchand d’encre de la Restauration, comme on peut le voir sur cette estampe, ne vendait plus en cruchon, il portait l’encre en petits tonneaux et tenait des bouteilles de grès à la disposition de ses clients, si besoin était, mais, le plus généralement, ainsi que le montre clairement le bureaucrate qui s’amène, au cri du marchand, la plume sur l’oreille, l’acheteur apportait lui-même sa bouteille et venait la faire remplir.
- « Encre de sympathie. — Cette encre se fait avec diverses liqueurs au moyen desquelles on trace sur le papier des caractères qui ne paraissent pas, et qu’on ne peut lire qu’en y appliquant un secret qui leur donne une couleur différente de celle du papier. 11 y a nombre de manières de faire cette encre. »
- Ce que l’on peut affirmer, c’est que, dès la fin du seizième siècle, déjà, les encres avaient perdu la plupart de leurs qualités d’autrefois ; elles étaient devenues des substances « détestables et corrosives », et ce n’est pas pour rien que Guyot
- (1) Les encres « de différentes autres couleurs» furent l’encre d'argent liquide, qui s’employait principalement sur le vélin noir, l’encre d’or liquide, composée de feuilles d’or moulu, de miel, de gomme dissoute, destinée surtout au vélin pourpre; mais,au dix-septième siècle,on continuait à écrire sur les vergés avec des encres d'autres couleurs, parmi lesquelles il faut mentionner la bleue (encre de constance), la verte (encre d’espérance).
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- appela l’encre inventée par son prédécesseur, en 1602 (1), lVncre de la Petite Vertu, voulant dire parla, sans doute, qu’elle avait au moins encore une « petite vertu » alors que les autres existantes n’en avaient plus aucune (2).
- Long-temps on chercha le moyen de lutter contre la falsification. En 1764, le célèbre chimiste anglais Lewis fera paraître un traité sur les encres et sur les procédés pour les rendre indélébiles (3). .
- Mentionnons enfin, à titre de mémoire uniquement, la fabrication des encres colorées en pains, qui fut la spécialité de quelques papetiers du xvmc siècle (4).
- Recette de l’encre employée par Tannegui Le Fèvre, père de Mme Dacier, d’après une communication de M. A. Le Prévost.
- « L’emploi du papier provenant de chiffons de coton et blanchi par le moyen du chlore, celui des plumes métalliques et des encres fluides, a porté un coup mortel à la conservation de tous les manuscrits dans lesquels entrent ces éléments de destruction. Non seulement, il faut des yeux de lynx pour déchiffrer ces pâles écritures sans caractères, sans pleins ni déliés, véritable taillis de jambages informes et
- (1) Et non 1609, comme l’indique Spire Blondel.
- (2) 11 y avait, dès le xvii1 2 3 4 * * * * 9 siècle, Picard, à lu Vertu. Gorgeret, à la Grande Vertu, Guyot, à la Petite Vertu.
- L’on peut dire que les marchands-papetiers du xvme siècle se battaient, non à coups de canifs, mais à coups de bouteilles d’encre, car c’était à qui annoncerait la plus « bonne encre indélébile », la plus incorruptible », celle du « plus beau noir ».
- Notons, d’autre part, tandis que nous sommes sur cette spécialité, que le sieur Flamant, papetier, annonçait qu’il vendait de l’eau pour ôter l’encre des doigts, sur le champ.
- (3) Ce traité a paru dans son recueil Commercium philosophico-technicum or thephilosophical Commerce of the Arts (1763), dont une traduction française fut donnée en 177a sous le titre de : Expériences sur plusieurs matières relatives au Commerce et aux Arts.
- (4) Bien plus encore que le xvme siècle — et cela se conçoit, puisque la correspondance allait sans cesse en progressant, — le xixe siècle fut hanté par cette question de l’encre, de la bonne encre indélébile, inattaquable, inaltérable! Les quelques mentions de brevets qui suivent, — brevets pris entre i836 et i8âi —, le prouveront d’évidente façon.
- — Brevet d’invention et de perfectionnement, au sieur Perry (James), de Londres, pour une nouvelle encre concentrée, à l’état d’extrait liquide, pour prévenir les accidents résultant de la casse, réduite à un très petit volume pour la rendre d’un transport plus économique, résistant à l’action des acides, propre à toutes les écritures, aux plumes métalliques comme aux plumes d’oie, donnant toutes les teintes, depuis la plus claire jusqu’à la plus foncée, servant également pour le dessin et pour la presse à copier.
- — Brevet d’invention, en date du i5 juin i84o, au sieur Gagnage (Charles-Marie), à Paris, pour une encre inattaquable.
- — Brevet, au sieur Fesneaii-Petilbeau, à Paris, pour une encre indélébile et inaltérable.
- — Brevet d’invention, en date du 3o septembre 1840, au sieur Bagatta, à Paris, pour une encre inattaquable.
- — Brevet d’invention, en date du 5 août i836, au sieur Elia, demeurant à Paris, pour la composition d’une encre à écrire.
- — Brevet d'invention, en date du 28 juin i845, à la demoiselle Thahuy et au sieur Dufeu, à Paris, pour une encre indélébile.
- — Brevet d’invention, en date du 24 décembre i83i, au sieur Delunel, à Paris, pour la fabrication d’une encre indélébile.
- — Brevet d’invention, en date du 29 février 1840, au sieur Besanger (Jean-Jacques-Maric), pour une encre indélébile. Renouvelé plusieurs fois avec additions et perfectionnement jusqu’en i844-
- — Brevet d’invention au sieur Prudon (Balthazar), à Paris, pour une encre solidifiée, imitation de Chine.
- — Brevet d’invention, en date du 16 avril iS44? au sieur Héli (Alfred-Auguste), à Paris, pour une préparation d’encre métallique.
- — Brevet du 24 décembre i85i, à M. Beminel. Encre indélébile.
- — Brevet, du 12 juillet 1841, à M. Bowy de Prégny (Henri), pour une presse à copier et encre y appliquée.
- Ajoutons qu’aucun de ces brevets n’existe plus à l’heure actuelle.
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- avortés; mais encore la science peut prédire avec certitude l'époque prochaine où, encre et papier, tout aura disparu.
- » C’est de l’Angleterre que sont arrivés chez nous tous ces procédés, tous ces matériaux, les uns économiques (et quelle économie !), les autres expéditifs et ne produisant en somme que quelque chose qui ressemble de très loin à de l’encre, déposé, au moyen d’une incorporation chimique, sur quelque chose qui ne ressemble pas moins imparfaitement au véritable papier vergé provenant de chiffons de toile de lin. On peut dire que la France est littéralement empoisonnée de ces manipulations et de ces habitudes d’outre-mer. Bientôt on ne trouvera plus de plumes d’oie chez les papetiers, et personne ne saura plus les tailler. Il est à notre connaissance que l'un des plus forts magasins de Paris, en fait de plumes, ne peut plus s’en procurer de taillées qu'en les envoyant subir cette opération au fond de la Bretagne; il en est de même {tour la composition de l’encre : celle qui porte le nom de la petite vertu, la seule qui présente encore quelques garanties de solidité, disparaît de plus en plus des magasins, et l’époque n’est pas éloignée où l’on ne pourra plus s’en approvisionner que dans les grandes villes.
- » Cette dégénération rapide et universelle des encres assurera, nous l’espérons, un caractère suffisant d’intérêt et d’utilité au fait peu connu qui va suivre et qui fournira à nos lecteurs une recette précieuse, pour les circonstances dans lesquelles ils tiendraient à ne pas se contenter d’une conservation éphémère pour leurs manuscrits ; nous la tenons de M. Richard, chef du bureau du catalogue, à la Bibliothèque Nationale.
- » On possède, dans cet établissement, plusieurs volumes annotés par Tanneguy-Lefèvre, père de Mme Dacier. On s’émerveillait de la solidité et de l’éclat de son encre, A^éritablement comparable à celle des manuscrits du treizième siècle (âge d’or de l’encre en France), et l’on se désolait de n'en pas posséder la recette, lorsqu’un jour on la trouva formulée soigneusement par ce savant, sur un exemplaire de Térence, édition de Leyde, Hack, 1644 (numéro y.692, du catalogue de la Bibliothèque Nationale).
- » Voici cette recette dont un de mes amis a bien voulu vérifier l’exactitude et qui lui a parfaitement réussi :
- » Prenez demi-livre de casse, trois chopines de vin blanc, plein la moitié d’une coque de noix de gomme en poudre ; on ne la verse dans le liquide que lorsqu’il est diminué de deux doigts.
- « Demi-quarteron de couperose rose, laquelle on fait fondre sur une pelle rouge; on ne l’introduit dans le mélange qu’après qu’il est réduit de moitié par une ébullition à petits bouillons ; à partir de cette injection, on ne le fait plus bouillir, mais on le tient près du feu et on le mouve avec un bâton de figuier.
- » Après cette manipulation la confection de l’encre est terminée, et il n’y a plus qu’à la filtrer toute tiède dans un linge. »
- A. Le Prévost,
- Membre de la Société des Bibliophiles Français (1).
- (1) Lettre publiée dans les Mélanges de Littérature et d’Histoire de la Société des Bibliophiles, en i85o.
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- Les plumes métalliques.
- Les plumes dans l’Ecriture Sainte.
- Le livre de Job, qui date, on le sait, de i4 siècles avant Jésus-Christ, renferme les deux versets suivants reproduits, du reste, dans le Larousse, au mot Plumes :
- 23. — Plût à Dieu que mes paroles fussent écrites! Plût à Dieu qu'elles fussent tracées dans un livre!
- 24. — Avec une plume de fer et avec du plomb, qu'elles fussent gravées pour toujours dans le roc! (Chap. xix).
- C’est ce qu’on peut appeler le désir avant la réalité, à moins que le fer ne doive être considéré, ici, comme une pure image destinée à mieux faire ressortir la dureté de la plume.
- Il y a toutefois, dans la Bible, une autre allusion aux plumes métalliques, jnêtant moins à la controverse. C’est le premier verset du chapitre xvn de Jérémie, lequel commence ainsi: « Le péché de Yehouda est écrit avec une plume de fer... »
- Les plumes métalliques des Romains.
- Les plumes métalliques étaient connues des Romains. L’on peut lire, à ce sujet, un très curieux article de M. Schuermans, premier président de la Cour d’appel de Liège, inséré dans le Bulletin de VInstitut archéologique de cette ville (t. XII, page 186). Le savant archéologue, décrivant une plume à écrire et un encrier, tous deux en bronze, — qui figurent au Musée archéologique liégeois, et qu’on y avait présentés comme des antiquités de l’époque romaine, trouvées à Tongres,—prouve leur parfaite authenticité.
- M. le chanoine Gai, prieur de la collégiale de Saint-Pierre et Saint-Burs, à Aoste, possédait dans sa collection d’antiquités romaines une plume en bronze, fendue, trouvée dans un tombeau parmi des lampes et des vases lacrymatoires. M. Aubert en a donné un dessin et la description, dans un ouvrage sur Aoste (1).
- (IJIntermédiaire des Chercheurs et Curieux.)
- Les roseaux d’argent, pour écrire, étaient connus bien avant les patriarches de Constantinople. Un poète grec qui séjourna assez longtemps à Rome et fut en relations avec plusieurs membres de la famille impériale, Crinagoras, de Mytilène, envoyait à Proclus, — jeune noble qui faisait ses études, — pour son jour de naissance, une plume d’argent. (Anthologie Grecque, chap. VI.)
- Du reste, des plumes en métal avaient été déjà découvertes à Avenches (Suisse), à Nîmes, à Bavay, lors des fouilles exécutées pour la restauration de l’amphi-
- (1) Ce n’est pas une plume, à proprement parler, puisque l’objet est en bronze d’une seule pièce, mais l’extrémité inférieure porte une fente absolument semblable à celle des plumes d’oie ou de fer employées aujourd’hui.
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- théâtre, en 1860, par M. Revoit, architecte du gouvernement. La plume métallique du Musée de Liège, elle, est fendue et taillée comme nos plumes actuelles.
- Les plumes métalliques au Moyen Age.
- On écrivait quelquefois, au moyen âge, avec un « stylus métallique » ou, peut-être, avec une plume métallique; avec le premier, sur la cire, et avec la plume sur le parchemin ou le vellum. On trouve à Trinity-Collège, à Cambridge, une illustration manuscrite d’Eadwine, moine de Canterbury, et, à la fin, l’écrivain est représenté une plume métallique à la main. (Voir Bibliomania in thc Middle Ages, page io3.)
- Dans un précieux incunable (Expositio in libres Decretalium) conservé à la Bibliothèque de Saint-Antoine, à Padoue, on trouve au bas de la dernière page, l’observation suivante : Presens hujus sexti Decretalium præclarum opus non atra-mento plumali canna neq. ærea (sed) artificiose quadam ad inventione imprimendi seu caracterizandi sic effigiatum et, ad cusebiam Dei, industrie est consumatum, per Johannem Fust, civem Moguntinum, et Petrum Schoi.jfer de Gernszhemy. Anno Domini, M.CCCC, sexagesimo quinto, die vero décima septima mensis decembris.
- M. René de B elle val, dans un très savant volume sur la première campagne d’Edouard III en France (publié en 1864), dit (p. 9b), à propos des pièces fausses fabriquées par Robert d’Artois : « Un clerc de Jeanne écrivit les pièces et se servit d’une plume d’airain pour mieux déguiser son écriture. »
- Ce fait rappelle le grand reproche que faisait à la plume de fer un maître écrivain du dix-neuvième siècle, Chateaubriand : « Plus dure, plus géométrique et, aussi, moins personnelle. »
- Les premières plumes d’acier : André Dalesme ; Arnoux. — Plumes économiques d’Angleterre. — Plumes d’or. — Les plumes Hum-boldt ouvrant la voie aux plumes à portraits.
- Si l’on s’en rapporte au Livre Commode des Adresses de Pains (1692), André Dalesme (1), mort en 1727, membre de l’Académie des Sciences, aurait été le premier à fabriquer des plumes d’acier, mais, pendant près de quarante ans, il n’en fut plus question jusqu’au jour où, dans son numéro du 18 mai 1773 > 1 ' Avant-Coureur, Journal où sont annoncés les objets particuliers des Sciences, de la Littérature, des Arts et Métiers et de l’Industrie, publia sous le titre de : Plumes économiques d’Angleterre, en acier, propres pour écrire, la notice suivante :
- « Ces plumes ne sont point sujettes à s’émousser et forment toujours le même caractère d’écriture. Elles sont, pour cette raison, très propres aux personnes, aux
- (1) Dalesme, rue Saint-Denis, près la Fontaine de la reine, vend les plumes d’acier de son invention.
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- dames surtout, qui n’ont point l’habitude ou ne veulent point se donner la peine de tailler leurs plumes. Comme ces plumes d’acier sont ajustées à des plumes ordinaires, elles sont aussi légères et d’un usage aussi facile. On en trouve à choisir chez le sieur Fontaine, marchand bijoutier à Paris, rue Dauphine, carrefour de Bussy, au Médaillon Royal. Prix : 1 livre 10 sols, chaque plume. »...
- Bizarrerie des choses d’autrefois : la plume d’oie était née chez les plumassiers de plumes à chapeau; la plume d’acier faite, elle aussi, pour écrire, élisait domicile chez un marchand-bijoutier. Du reste, étant donné son prix de 1 livre 10 sols par unité, l’on conçoit facilement qu’elle ne fut pas d’usage courant. Economiques par leur titre, et peut-être d’usage, elles ne l’étaient en tout cas point, d’achat, et il est permis de croire qu’elles ne durent donner à leurs premiers acheteurs que médiocre satisfaction, car, quelques jours plus tard, c’est-à-dire le 22 juin, le sieur Fontaine insérait, dans le même Avant-Coureur, une nouvelle notice pour défendre sa fabrication :
- « On a objecté que les plumes étaient susceptibles de.se rouiller, et que, par conséquent, elles ne pouvaient point durer longtemps. Le sieur Fontaine à déjà répondu que, si on se donne le soin de les laver et de les essuyer aussitôt qu’elles ont servi, on n’a rien à appréhender de la rouille; mais, pour épargner même ce soin à ceux qui s’en serviront, il débite de l’encre de composition qui ne mord point sur l’acier et qui peut contribuer à conserver ces nouvelles plumes dans le même état. »
- Après quelques nouvelles réclames, suivies de quelques nouvelles objections dans la même feuille publique, les plumes d’Angleterre semblent avoir disparu, mais on les verra revenir, peu de temps après, refrancisées. Nouvel exemple de ce constant échange d’inventions entre la France et l’Angleterre. La Gazette de France, du 12 septembre 1777, annonce, en effet, des « Plumes économiques, garanties trois ans », d’un sieur Arnoux, dont le bureau se trouvait être « chez le sieur Bar-rachin, négociant-commissionnaire, rue Saint-Nicaise, ainsi qu’à la Manufacture de la rue des Juifs ».
- Mais voici qui est plus curieux encore, et qui prouve, à nouveau, que les plus fameuses inventions ne sont jamais que du réchauffé, du déjà vu, car l’auteur du Journal d’un Voyage à Paris (1607), publié par M. Faugère, parle de plumes à réservoir ( 1) qui contenaient, dit-il, « assez d’encre pour escrire de suite une demy main de papier » et qui ne se vendaient que dix francs, — moins cher que les plumes d’acier de 1772. Et ces plumes à réservoir durent se fabriquer un certain temps puisque l’on voit le sieur Cabaret, marchand-papetier, A l’Aigle d’or, inscrire sur la liste des objets en vente chez lui en 1754 : Plumes sans fin en or et en argent ‘ — puisque l’on voit figurer, à la vente des effets précieux de S. A. R. le duc de Lorraine, en 1787, des plumes qualifiées : plumes perpétuelles, absolument comme si l’on était en plein dix-neuvième siècle (2).
- Le premier usage des plumes métalliques est attribué aux solitaires et aux religieux de Port-Royal, qui les taillaient dans le cuivre. Voici la note que nous trouvons dans Sainte-Beuve (Port-Royal, III, page 5i3) : « On doit à Port-Royal l’usage des plumes de métal qui ont fait gagner bien du temps aux élèves et leur
- (l) Le Musée du Château des Landgraves, à la Wartburg, possède un couteau au millésime de 1614, lequel porte, dans son manche, une plume d’acier et un encrier. Il est permis de supposer que cet objet n’était point unique en son genre.
- (2) Un correspondant de l'Intermédiaire des Chercheurs écrivait à ce journal : « Je possède une plume métallique de fabrication hollandaise, datant certainement de l’année 1712, montée aussi dans le même porte-crayon avec une portion de plumbago solide, dans un carnet pour ladite année. >>
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- Planche dessinée par Prévost, suivie d’un texte donnant de nombreuses explications èt insistant sur la position des jeunes demoiselles pour écrire. « Elle est de la plus grande importance puisque son exacte observation conserve la taille et maintient les épaules dans une justesse égale. »
- Les lettres B, placées au bas de la table, indiquent le mouvement de la main qui tient la plume et permettent de suivre la flexion et l’extension des doigts. — G, canif ordinaire; D, canif fermant; E, Grattoir.
- Les numéros 1 à 5 et le numéro 8 indiquent la position des doigts; 6 et 7, le jour qui doit se trouver sous la main entre le poignet et les doigts.
- (.Recueil de planches sur les Sciences, les Arts libéraux et les Arts mécaniques. (Paris, 1763.)
- * Faire bien tenir les jeunes personnes fut, on le sait, une des préoccupations constantes des maîtres d'écriture du bon vieux temps. Mais, jusqu’où alla cette préoccupation, c’est ce dont on ne se douterait pas si des avis précis 11'étaient là pour nous renseigner. C'est ainsi que les notices de Y Almanach sous verre annoncèrent un Papieu Mkchaxique (sic) « avec le secours duquel la main des jeunes personnes est forcée d’acquérir un beau caractère ».
- Il
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- ont épargné bien des petites misères. Fontaine écrivait à la sœur Elisabeth-Agnès :
- « Le Féron, le 8 septembre 1691. — « Si je ne craignois d’être importun, je vous demanderois si l’on taille encore des plumes de cuivre chez vous; en ce cas, je prierais notre Révérende Mère de m’en donner quelques unes. Ce serait une grande charité pour un petit peuple de la campagne où nous sommes, dont on veut bien prendre quelque soin. »
- Après les plumes d’Arnoux dont je viens de parler, il convient de mentionner les plumes lancées en l’an X par un fabricant du nom de Barthelot, et sur lesquelles le Moniteur, de la même année, devait s’exprimer comme suit :
- « O11 ne taille pas ces plumes, qui ont été approuvées par Y Athénée des Arts et admises par le jury d’examen des objets d’art à l’Exposition publique de l’année. Ces plumes sont d’argent préparé exprès, et infiniment supérieur pour la durée et par son élasticité à l’argent ordinaire, ce qui les rend aussi douces que des plumes d’oie (1). »
- Ces plumes, d’un prix assez élevé, si l’on s’en rapporte aux annonces de l'époque, ne semblent pas avoir eu un grand succès auprès du publie écrivant. Du reste, les inventions, les spécialités, se suivaient sans porter atteinte au succès de la plume d’oie; malgré les avis favorables des spécialistes du métier, les plumes de fer n’étaient employées que tout à fait exceptionnellement par certaines personnalités, et il en fut ainsi jusqu’au jour où les Anglais conçurent l’idée de les fabriquer sur une grande échelle. Wyse, vers i8o3, avait donné les premiers types commerciaux dans sa manufacture établie à Birmingham ; mais, à cause de la qualité médiocre des produits, il fallut un certain temps pour que la nouvelle industrie pût se propager. Vers 1820, on imagina de substituer des tôles d’acier aux feuilles de cuivre mises en œuvre jusqu’alors; il en résulta, pour la fabrication, une amélioration sensible à laquelle contribuèrent également les nouveaux procédés d’exécution trouvés en 183o par Joseph Gillot, le véritable vulgarisateur de la plume, et James Perry, de Londres.
- Des années durant, l’Angleterre fournit ainsi le monde entier de plumes métalliques. Vainement, en 1807, Barthelot, associé à un nommé Bouvier, puis Dejernon, en 1820, essayèrent d’implanter cette industrie à Paris. Elle ne devait pénétrer en France que bien plus tard, c’est-à-dire en 1846, avec la manufacture que MM. Blanzy et Poure établirent à Boulogne-sur-Mer. A partir de ce moment, il est vrai, ce fut le succès, car, en peu d’années, cette manufacture acquit une importance telle que les plumes françaises, aujourd’hui, font partout une rude concurrence aux plumes anglaises.
- On sait que les premières plumes métalliques ne pouvaient se faire qu’à la main : Perry, fabricant anglais, dont le nom vient d’être cité, les paya jusqu’à 4f,35 j)ièce (plumes d’acier) ; au détail, il arriva que ces mêmes plumes se payaient 25 francs (eu égard, il faut le dire, à la nouveauté de l’objet). Et encore étaient-elles loin de valoir celles dont nous nous servons actuellement ! Après même que plusieurs manufactures en eurent établi, le prix d’une plume d’acier demeura longtemps de 5 francs; puis il descendit à 2f,5o, enfin à of,75; pendant une assez longue
- (1} Voici ce que dit Berlin, parlant des dites plumes, dans son Système de Sténographie (An IV, page 93) : « Gel es d’acier et de platine sont très commodes; les dernières ont l'avantage sur toutes les autres en ce qu'elles conservent l’encre très longtemps, qu’elles coulent facilement sur le papier, et qu elles ne se laissent attaquer par aucun acide simple. »
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- durée ce fut le prix normal. Aujourd’hui, on peut, pour ce prix, avoir une grosse ou 144 plumes.
- Les plumes métalliques ne devaient pas être seulement en acier.
- De tout temps, on en fit en argent, en platine et en or. « Envoyez-moi des plumes d’or, si vous avez de la monnoie, je suis las de vous écrire avec des plumes d oison », écrivait Voltaire à Thieriot, le 26 novembre iy38. — La carte-adresse du papetier Ca-
- L’ÉGHOPPE DE L’ÉCRIVAIN PUBLIC (D’après une estampe du dix-huitième siècle.)
- * L’ccrivain a, comme on le voit, interrompu son frugal repas, pour répondre au désir de l’accorte servante qui est occupée à lui expliquer par le menu ce qu’il faut écrire. Sur sa table un encrier rond, à godet(i).
- baret, que je citais tout à l’heure, et qu'011 trouvera plus loin, ne fait qu’enregistrer à nouveau et confirmer l’existence normale, connue, de ces plumes en métalfpré-cieux. Bien avant, Juste Lipse, le savant jurisconsulte, dans son testament dressé en 1606, consacrait à la Vierge « sa plume d’argent ». Plusieurs inventaires du dix-septième siècle font, du reste, mention « d’estuys » contenant des] plumes d’argent.
- (1) L’écrivain public a été souvent pris comme sujet par la littérature, la peinture et l’image. Il a
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- Et<ie nos jours, la plume d’or, loin d’avoir disparu, n’a fait au contraire que se vulgariser par l’emploi, bientôt sans doute général, du stylographc (1).
- même été l’objet de plusieurs chansons. Entre toutes, il convient de retenir la suivante publiée dans les Soupers de Momus pour 1819.
- L’ÉCRIVAIN PUBLIC Air de La Treille de Sincérité.
- Moi, je copie,
- Et j’estropie,
- Pour les plaisirs de l’univers La prose aussi bien que les vers. Au pied de la Sainte-Chapelle Où depuis quarante ans j’écris,
- Je fais, écrivain plein de zèle, Bouquets, placets et pots-pourris. Du dieu qui chérit le mystère Je suis le confident banal,
- Et les billets doux, à Cythère, N’arrivent que par mon canal.
- Du marché, la jeune Fanchctle Accourt chez moi, chaque matin, Et gaiement, de ce qu’elle achète Me fait dresser le bulletin :
- Ah ? comme la naïve bonne Fait danser l’anse du panier 1 Elle apprit par moi, la friponne, A soustraire, à multiplier.
- L'encre rose plaît aux fillettes Dont le cœur neuf n’a point battu, Mais j’userais, pour nos coquettes, Toute la petite vertu.
- La ronde sert pour l’égrillarde Dont le corset s’arrondira,
- J'ai la coulée et la bâtarde Pour les nymphes de l’Opéra.
- Ma muse est, dit-on, mercenaire, Mais séduit par l’appât de l’or, Certain chantre d’anniversaire Me surpasse, dans son essor.
- Ce courtisan de la puissance Chante, sous les lambris dorés,
- Ses vieux couplets de circonstance Qu’avec art il a restaurés.
- A l’instar de ce grand poëte,
- Qui ne brille pas plus que moi, J'ai des mots qui font la navette, Et dont je sais l’heureux emploi. Amour, volupté, jouissance,
- De très près suivent la beauté Et puis les cornes d’abondance, L’hymen et la fidélité.
- Dans tous les temps, ma faible plume Fut gratis offerte au malheur;
- Mais, comme mon courroux s'allume Quand il m’arrive un délateur !
- Dût ma main être desséchée,
- Mon encre dût-elle tarir,
- Jamais, pour une âme entachée,
- Ma plume ne saurait courir !
- Pour les banquets, les mariages,
- Je tiens magasin de couplets;
- On peut les voir, pour tous les âges, Chez moi rangés en chapelets ;
- S’ils manquent parfois d’harmonie, De goût, d’esprit, de traits malins, C’est que j’appris la poésie Chez les Frères ignorantins.
- M. CASuiin-MÉxiîSTiuEn.
- (1) D’après Spire Blondel(Les Outils de l’écrivain). —Leibnitz, dans une lettre autographe du2l mars 170b, parlant de choses « d’une curiosité et d’une commodité extraordinaires », dont on publiait alors le catalogue, cite les plumes sans fin.
- Le Manuel du Marchand-Papetier, publié chez Audot (1828), nous donne, le premier, la portraiture d'un de ces précurseurs des « Onoto », en l’accompagnant de la notice suivante :
- « Un Stylographe de 1828. — « Cet instrument, dit-il, contient de l'encre pour écrire dix ou douze heures de suite sans avoir besoin de la renouveler ; on peut le construire en or, en argent, en plaqué ou même en cuivre et y adapter un bec de métal ou de plume ordinaire que l’on trouve tout préparé. Voici la manière de s’en servir :
- » On enlève d’abord l’étui ou couvercle E qui recouvre le bec de la plume D afin de le garantir de tout accident, et on place cet étui à l’autre extrémité de l’instrument; ensuite on pousse un petit verrou A, position indiquée par la figure /, qui ouvre la communication avec le réservoir ; en poussant alors légèrement avec le pouce sur le bouton saillant B, on fait sortir l’encre qui est ainsi versée dans le bec de la plume.
- » Pour remplir d’encre l'instrument, on enlève le couvercle E, et on retire le bouchon de liège C, alors une petite portion d’encre sortira, mais cela est nécessaire pour chasser entièrement l’air renfermé dans le tube: on remplit ce tube, on remet le bouchon de liège, le couvercle, et alors l’instrument est prêt à servir : lorsqu’on n’en fait plus usage, on ferme le robinet A, et on replace le couvercle E. »
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- Les gens d’autrefois portaient l’épée au côté; les gens d aujourd hui, nos contemporains, portent dans leur poche une plume à réservoir d’encre, permettant de tracer des milliers de lettres, sans être rechargé. Autres temps, autres mœurs : disons plutôt, autre façon de concevoir les choses.
- Les plumes de matières précieuses se sont, il est vrai, au dix-neuvième siècle, payé le luxe de pointes de rubis ou d’iridium. En Amérique, un nommé Wollaston inventait, en i8o3, des plumes d’or armées de pointes de rhodium (1) et, depuis lors, les Américains n’ont cessé d’en faire usage. Vers 1840 — des revues anglaises ont précisé en donnant la date de 1887 — un Anglais, M. Doughty, imaginait les plumes à pointes de rubis et ces plumes étaient introduites en France en 1843, par Mallat.
- Le dix-neuvième siècle, en sa seconde moitié, n’a pas vu seulement triompher la plume métallique, de fer ou d’acier (2); il s’est complu à orner la plume d’inscriptions et d’ornements ; il a même créé les plumes des grands hommes, comme si ces derniers n’avaient pas assez, pour léguer leurs traits à la postérité, de la pipe trop cassable, des faïences trop fragiles, du pain d’épice trop éphémère. J. Alexandre, de Birmingham, l’inventeur des plumes en acier doublement cémenté, devait être également l'inventeur de la plume à noms et à portraits de personnages célèbres (3). Il créa la
- (1) Le rhodium, qui accompagne ordinairement le platine dans les minerais, et qui se rencontre assez souvent en Californie, est aussi inaltérable que l’or.
- (2 , Ce n’est pas sans une certaine surprise, qu’on lit dans Le Manuel du Marchand-Papetier (Paris, 1828): « Comme tous les objets de fantaisie, les plumes métalliques ont eu leur vogue, mais, dans l’opinion des écrivains, elles ont, depuis longtemps, perdu la majeure partie de leur mérite. Aussi sont-elles peu demandées et je ne les cite ici que pour mémoire. » Mais, en réalité, cela ne devrait pas surprendre outre mesure, car c’est seulement vers iS39 que les plumes métalliques commencèrent à se répandre dans le public. Alexandre Dumas, George Sand, Flaubert, Victor Hugo, la plupart des grands écrivains de la première moitié du siècle dernier se servirent, presque toute leur vie, de plumes d’oie !
- Il y aurait une recherche intéressante à faire parmi les brevets relatifs aux plumes. Notons seulement les trois brevets qui suivent, celui de i834 étant un des premiers, si ce n’est le premier, pris au dix-neuvième siècle.
- — Brevet d’invention (11 décembre i834), an sieur Legrand (Pierre-Joseph), pour la fabrication des plumes en écaille ou en corne.
- — Brevet d’invention à Noël Arnold, de Londres (24 novembre i834), pour perfectionnement aux plumes métalliques.
- — Brevet d’invention au sieur Du Lauzet (18 février 1837), pour des nouvelles plumes métalliques.
- (3) Que de noms, que de dénominations souvent bizarres, n’ont pas été donnés aux plumes qui, de nos
- jours, ont revêtu un peu toutes les couleurs — il en est des bronze, blanches, bleues, violettes, grises, dorées, argentines — et s’emboîtent par 100 ou 144- Sur un prospectus de la maison Blanzy, Poure et Cle, datant de quelques années déjà, je relève les dénominations suivantes : Fauvette, Caïman, Arlequin. Cadméenne, Nec pluribus impar (comme sous le Grand Roi), Caducée, Mèphisto, Satellite, Sphinx, Sapajou, Ecce Homo, Sacré-Cœur — qui eût cru que la religion s’en mêlerait, un jour! — Sylphide — les fabricants ne nous disent pas si elle donne une écriture de même, — Pygmée, Fidélès Achates, Stéphen-son — sans doute, celle-là doit écrire à la vapeur, — Ruhicon (avec elle on doit les passer tous), — Acanthe (Feuille, où es tu?), — Equateur — passons-le, — Do Mi Sol Do — à l'usage certainement, des copistes en musique, — Marquise, Myosotis, Vade niecum (et ne nous quitte point : la plume perpétuelle), Czarine, Cronstadt, Neva, — des suites de l'influence russe dans le domaine des plumes, — Empire — cela était inévitable, — Walkyrie, — du wagnérisme mis en boîtes, — Iota, Lambda, Oméga, — à l’usage, sans doute, des jeunes gens qui en sont encore à ânonner l’alphabet grec, — Gazelle, — ce qu’elle doit courir, la mâtine! — Vésuve, Météore, Comète, Syrène. J’en passe, ne voulant pas transformer ces notes en un vulgaire catalogue de noms.
- Les grands hommes de l’histoire y passèrent à leur tour. Il y a les plumes Monge et Lavoisier, Lafayette et Mirabeau ; il y a eu les Napoléon et les Grand Carnot, comme, un instant, l’on vit triompher les plumes Lamartine et Victor Hugo.
- Une plume datant de i84S et faisant partie de la collection Liesville, au Musée Carnavalet, représente le buste de Napoléon III, alors Président,
- L’histoire en plumes, comme il y a eu, comme il y aura toujours, certainement, l’histoire en bouteilles ou en bonbons, l’histoire en étiquettes de parfumerie et de confiserie !
- Ajoutons qu'à la dernière Exposition rétrospective du Papier, organisée en 1907, au Grand Palais, par les soins de la Société Le Vieux Papier, on a pu voir des cartes d’échantillons de plumes Cuthbert et anglaises.
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- PAPETERIE ET PRPETLERS
- plume Humboldt, la plume du grand Humboldt, sans doute parce que, comme le savant illustre, il s’appelait Alexandre. Alexandre Humboldt, cela faisait bien, si bien, même, que d’aucuns s’y trompèrent, oubliant que le vrai était mort en i85q (1).
- Donc, les plumes Humboldt donnèrent le signal d’une industrie, d’une création nouvelle : la plume avec le portrait des grands hommes, plume qui attend, si ce n’est une salle, tout au moins une vitrine dans le « Musée des Curiosités ». Combien de premiers ministres, combien de politiciens de haute envergure, combien de littérateurs en renom devaient être ainsi emplumés. On vit la plume Jules Favre, dite pas un pouce du territoire ; la plume Gambetta, qui semblait s’envoler dans les airs; il y eut la plumeThiers, la plume du maréchal. Pauvre Mac-Mahon! obligé de céder la place à d’autres, en nous laissant ses plumes.
- Qui nous le créera, ce Musée, vraiment curieux, de la Plume, du Papier, et de tous les accessoires dits «outils de l’écrivain », sans oublier le porte-plume, né naturellement à la suite de la plume, celle-ci n’ayant pas comme l’oie son manche naturel.
- Et, comme tant d’autres objets, le porte-plume se trouvera être, suivant le goût du moment, de toutes formes, de toutes matières, en bois ou en métaux divers.
- On verra des porte-plumes en cuivre composés de tubes reiitrant les uns dans les autres, véritables étuis de poche, en réalité; — on enverra en forme de pinces, les deux mâchoires se trouvant réunies par un coulant ; — on enverra en ivoire découpé et ciselé, en os, également, avec les fameuses petites vues photographiques placées en un trou au haut du manche, le grand succès, la grande joie des enfants aux approches de 1865 ; on en verra en métaux précieux enrichis d’émaux et d’élégantes damas-quinures.
- Les Encriers.
- Il ne faut pas confondre, ainsi qu’on le fait trop souvent, Yencrier et Yécritoire : Ycncrier est un petit réservoir, un petit vase, destiné à recevoir et à conserver l’encre pour écrire, et comme, autrefois, tout en pouvant, à l’occasion, se détacher, s’isoler,— il faisait partie d’un tout, de ce qu’on appelait Vescriptoire7 c’est ce qui a amené les confusions. Aujourd’hui, l’écritoire se fait de plus en plus rare, alors que l’encrier, revêtant les formes les plus diverses, se rencontre partout, qu’il soit de table, de poche ou de voyage.
- Dans Y esct'iptoire,pour parler du passé, c'était une petite bouteille de verre ou de corne, généralement placée près des pennes (plumes), du canivet (canif), du style de plomb à régler le parchemin; séparé, il s’appelait cornet. A partir du quatorzième siècle, on le trouve mentionné, seul, dans les inventaires, et c’est grâce aux inventaires princiers que nous pouvons citer, comme ayant appartenu à Charles Y, « un escriptoire d’argent blanc, sans cornet », « un g. cornet d’argent esmaillé de vert », un g. cornet d’y voire, bordé d’or, à mectre anque » (2). Les plombs trouvés dans la Seine, et conservés au musée de Cluny, ont rendu populaires, pour tous, les encriers du quinzième et du seizième siècle.
- (1) J. Alexandre mourut en 1870.
- (2) Ces encriers ont des formes multiples et variées : les uns sont de forme allong-ée ; les autres, ventrus, tendraient à se rapprocher de la forme sphérique, alors que certains sont, au contraire, en hauteur, en élévation. M. Alfred Darcel, qui en a décrit et reproduit deux curieux spécimens dans la Gazette des Beaux-Arts, dit : « D’autres, chargés d’écussons, ressemblaient à des édicules percés de fenêtres et surmontés d’un dôme, vrais monuments byzantins, qui servaient à contenir et fixer une bouteille remplie d’encre. »
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- DOCUMENTS ET NOTICES
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- Jusqu’au dix-huitième siècle, comme ils étaient mal fermés, ils se répandaient fréquemment. « Fi le vilain homme! il a renversé tout son cornet », lit-on dans une pièce satirique de 1682, en laquelle apparaissent toutes sortes de gens de loi (1). Baradelle, ingénieur du roi, inventa, en 1735, un encrier à fermeture hermétique qui prit son nom; il S’en fabriquait de toutes les façons, en cuivre, argent, or, étain. En 177b, l’Académie royale des Sciences fut saisie de l’examen d’encriers nouveaux dits économiques « fournissant, pendant dix ans de suite, une encre du plus beau noir en y administrant simplement quelques ç/outtes d’eau » et propagés par le sieur Pochet, marchand-mercier, rue du Four-Saint-Germain. En 1780, le
- Gravure moderne d’après une peinture de Quentin Metsys,
- * Cette vignette montre la plume et tous les différents objets qui composaient Yescripioire,
- sieur Marchand, leur « inventeur », ouvrit pour leur vente un second magasin. On peut donc conclure qu’ils avaient obtenu un certain succès auprès du public. Les « encriers à pompe » devaient faire leur apparition un peu plus tard, vers 178g, si l’on s’en rapporte aux cartes et factures-réclame de quelques papetiers. (Voir notamment une carte de Salmon, rue Dauphine, datée de 1791.)
- Ces mêmes cartes-adresse nous donneront les formes multiples des écritoires de bureau, de poche, de valise, dont il existait déjà tant de types au dix-huitième siècle; des écritoires fermant à clef et à secret, des cornets de plomb (les encriers), des bouteilles de cuir bouilli, et autres, servant à conserver l’encre. Il n’y a donc pas
- (1) D’après le Livre commode, les encriers en corne se vendaient « rue Bctizy et rue des Deux-Boules, A l’Empereur ; sur le Quai-Neuf, A la, Renommée ; et rue Saint-Denis, Au. Grand Charlemagne ».
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- PAPETERIE & PAPETIERS
- lieu de s’y arrêter plus longuement, d’autant que les différentes images reproduites ici constituent, avec la belle estampe du frontispice, une iconographie précieuse pour les divers accessoires qui nous occupent : le cornet de plomb (1), la plume, le papier, le cuir, et même l’enveloppe. < •
- Disons que ce sujet a du reste donné lieu à une imagerie assez nombreuse, que J ai, pour ma part, recueilli sur ce point spécial nombre de vignettes destinées à l’illustration d'œuvres littéraires ou philosophiques, voire même de comédies ; que quelques-unes, seulement, laissent apercevoir de grands encriers de table et qu’aucune ne permet de rencontrer un de ces fameux becs de plumes, métalliques, dont il vient d’être si longuement question.
- Que ces vignettes soient anonymes ou signées Marillier, Coypel, Fokke, Riepen-hausen, P.-A. Novelli; qu’elles soient françaises, allemandes ou italiennes ; qu’elles représentent des hommes ou des femmes écrivant, toutes mettent aux mains du scripteur la classique, l’historique plume d’oie. La plupart placent leur personnage en un vaste fauteuil, devant une grande table — la belle et grande table-bureau d’autrefois, — quelques-unes, au contraire, montrent l’homme de lettres, le poète, à sa petite table (telle la vignette de Fokke pour les Epîtres de Boileau), d’autres nous font pénétrer dans l’intimité de quelque rejeton princier écrivant sous la dictée de son professeur, un ecclésiastique de marque, ou encore nous introduisent dans le cabinet de l’homme de loi, avec la table soigneusement rangée, et la plume d’oie magnifiquement empennée, au repos, au milieu des plombs de l’encrier, la grenaille de l’écrivain. Quelques-unes montrent l’écrivain avec son papier placé sur un pupitre
- — la manière surélevée qui prévaudra longtemps,— quelques autres semblent rechercher plus particulièrement les femmes. Parmi ces dernières, une surtout est précieuse, car elle met en scène la belle Iris écrivant sur ses genoux avec des accessoires qui nous apprennent que, sur ce point, les anciens n’ignoraient rien de la commodité moderne.
- En ces matières, rien ne vaut le document graphique qui, lui, parle aux yeux et rend inutiles les longues explications.
- Mais plusieurs tableaux célèbres et quelques belles estampes en couleur, de la fin du dix-huitième siècle, permettent de voir au premier plan des écritoires devenues des encriers monumentaux de bronze, de cuivre ou de faïence, qui se sont perpétués jusqu’à nos jours; que vendaient autrefois les clincaillers et les bazars de mercerie,
- — tel le célèbre Au Petit Dunkerque, — et dont, à partir du dix-neuvième siècle, certains papetiers,—tels Susse, Maquet, Fortin, —se feront une spécialité.
- En réalité, les formes les plus diverses, les matières les plus variées furent prises, dès le seizième siècle, par ces grands encriers de table qu’on pourrait appeler les encriers stables. Encriers « façon ébène », écritoires en cuir du Levant, — tels ceux qüi figurent sur Y Inventaire des meubles de Catherine de Médicis, en 1589; — encriers Louis XIY à deux lumières, avec sonnette, en bronze doré ou en argent, encriers en marqueterie de cuivre et écaille rouge, garnis d’ornements en bronze ciselé et doré, voire même avec bustes — tels ceux qui se peuvent voir dans les catalogues des collections Lafitte, Moreau de la Tour, Léopold Double, — encriers-Louis XY, en bois de rose, montés en cuivre doré ou argenté, ou en bronze,— tel l’encrier de la du Barry (ayant appartenu au marquis de Galard) — ou en porcelaine de Sèvres (le catalogue de la collection de sir Richard Wallace contient un des plus.
- (1) Le cornet, — le « cornet à mettre enque », pour employer la vieille expression française, — était la forme classique léguée par le moyen âge, ainsi qu’on peut le voir sur les bannières de plusieurs corporations, provinciales ou étrangères, des arocats, notaires, procureurs.
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- FEMME ÉCRIVANT, UNE PLUME D’OIE A LA MAIN devant elle, se trouve le classique encrier de plomb, à ornement.
- (D’après une peinture du Guerchin [Guercmo], autrement dit Jean-François Barbiéri (1591-1666).
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- merveilleux échantillons du genre : l’encrier de la reine Marie Leczinska)-, encriers Louis XYI, en faïence décorée, faïence d’art ou faïence populaire (voir le catalogue de YExposition rétrospective, de Versailles, 1882, et l’amusant encrier en faïence de Rennes, légué par M. de Liesville au Musée Carnavalet]-, encriers en faïence monochrome provenant des fabriques de Delft; encriers en faïence polychrome provenant de Ne vers, de Rouen, de Strasbourg, de Moustiers, spécimens amusants des goûts et des préférences du jour, qui devaient donner un intérêt si grand aux pièces révolutionnaires (voir, sur ce point, les multiples ouvrages consacrés à l’histoire des différentes fabriques de céramique et l'Histoire des faïences patriotiques, de Chanrpfleury).
- ... En la voiant écrire,
- J’observois avec soin Iris.
- Ses yeux changeoient à chaque ligne.
- (Dessin de C.-A. Coypel, gravé par Tardieu, pour un poème du dix-huitième siècle.)
- J’ai parlé, tout à l’heure, des encriers monumentaux. On ne saurait compter les pièces capitales qui virent ainsi le jour, au dix-neuvième siècle, sortant d’ateliers de spécialistes renommés et vendus par les grands jrapetiers à la mode, papetiers-maroquiniers-graveurs. Entre tous, il en est un, qui fut célèbre, dont on parla longtemps, qui se retrouve dans tous les ouvrages d’art décoratif, un encrier de bois sculpté par Gayonnet et vendu par Maquet. Voici, d’après le Magasin Pittoresque, les détails qui le concernent (1).
- Un encrier de Maquet. — Exposition Universelle de i855. — Le plateau dans lequel est creusé l’encrier est une espèce d’emplacement marécageux, isolé de tous côtés par des branches d’arbres. Deux canaux de peu de profondeur, et destinés à recevoir plumes et crayons, se courbent en parties de cercle dans la longueur du meuble. Des tiges de convolvulus, de
- (]) Le Manuel du Marchand Papetier, de chez Audot, contient sur les encriers et écritoires une notice qui me paraît être intéressante à reproduire ici.
- « Il ne suffit pas, y lit-on, de s être procuré de 1 encre de bonne qualité, il faut encore savoir en
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- renoncules et de graminées des marais, rampent et promènent leurs fleurs entrouvertes et leurs légers feuillages à la surface du sol. Elles forment un frais encadrement aux trois petites citernes, dont deux en forme de puits, reçoivent les vases en verre destinés à contenir l’un l’encre et l’autre la poudre ; la troisième, de forme carrée, peut cacher sous sa vitrine les pains à cacheter ou recevoir le presse-papier. Le poudrier et l’encrier sont surmontés de deux groupes décoratifs, sculptés en bois, représentant deux épisodes d’un combat d’animaux imaginaires contre les lézards.
- Entre ces deux sujets, et de proportions plus grandes, une chimère, aux ailes à demi ouvertes, est accroupie dans l’attitude du combat. Un vigoureux serpent l’entoure et la mord à la poitrine.
- Sur le devant de l'encrier, un crocodile semble sortir d’entre les plantes bordant le plateau, et, à quelque distance, on aperçoit une grenouille rampant sur les rocs.
- Au sommet d’un rocher, une magnifique chimère accroupie et les ailes majestueusement déployées tient dans ses griffes des tablettes encore vierges : ses pattes de derrière portent sur la pierre, et celle de droite écrase un énorme serpent.
- Deux des pieds du meuble sont formés de troncs de chêne ; ceux de devant représentent des chimères accroupies, dont la queue se perd dans les branchages et dont la tête domine fièrement les solitudes d’alentour.
- Les portraits, ceux du seizième siècle surtout, sont une mine particulièrement précieuse. Tout le monde connaît l’admirable Holbein représentant Erasme écrivant; or, ce qu’il faut dire, c’est que nombre de savants, de penseurs, de réformateurs de ladite époque ont été représentés de même. Dans l’œuvre de Holbein on en trouverait toute une collection, et plusieurs ont été gravés en bois pour servir de frontispice à des ouvrages. Tel, entre autres, ce Nicolas Bourbon de Vandeuvre, précepteur de Jeanne d’Albret, qui se peut voir en tête de son recueil de Poésies sortant de l’officine célèbre de Sébastien Gryphe (Lyon, 1538). Tels les Mélanchton,tels les Zvvingle, tels tous les poètes couronnés et laurés de ce grand seizième siècle, tels les chan-
- lirer le meilleur parti possible, par un emploi économique, et en la renfermant dans des vases de nature à assurer sa parfaite conservation.
- » A une époque où les réactions chimiques qui produisent l’encre n’avaient pas encore été suffisamment étudiées, on s’est servi presque indifféremment de toutes espèces de matières pour fabriquer des encriers; c’est ainsi que les os, la corne, l’ivoire, les bois et même les métaux ont été successivement employés à cet usage. Le contact de ces différentes matières, celui des métaux surtout, produisait infailliblement la décomposition plus ou moins rapide de l’encre; cependant, tel est l’empire d’une routine sanctionnée par le temps, qu’il a fallu à la fois d’immenses progrès et dans les sciences chimiques, et dans les arts de la verrerie et de la céramique, pour qu’on arrivât à construire des encriers de forme et de nature appropriées à tous les besoins de l’écriture. Le problème est aujourd'hui à peu près résolu, depuis-que le verre, le cristal, la faïence, la porcelaine et quelques autres matières plastiques ont été exclusivement adoptés pour la fabrication des encriers. Les écritoires sont aujourd’hui devenues un objet de haut luxe, et les arts du bronzier, du ciseleur, du doreur, de l'ébéniste, du sculpteur, du peintre en porcelaine, du bijoutier en filigrane, semblent s’être réunis pour leur prodiguer leurs plus riches ornements. Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce point de vue qui doit cependant être l’objet d’une sérieuse attention de la part du papetier homme de goût.
- » Nouvel encrier à niveau constant, appelé encrier siphoïde, préservant l’encre de toute évaporation et de tout dépôt, et la maintenant toujours richement colorée et très coulante, par M. Chaulin.
- » Encriers portatifs brevetés, de VL A. Maisonneuve, 36, rue Philippeaux.
- » Encrier à compression, de M. Boquet.
- » Encrier-pompe, par M. Xuxenfans, à Paris. (Brevet de i5 ans, du 1er mars i84&). Certificat d’addition en date du 28 mars 1846.
- » Encriers-pompes et autres, de toute forme et de toute espèce, par M. Boquet, à Paris. (Brevet de 10 ans, du i5 octobre i844-y
- » Encriers dits à cuvette.
- » Encrier sphérique à cuvette.
- » Encrier de voyage.
- » Encrier de poche.
- » Encrier-filtre, par M. Eugène Monbro, de Paris. (Brevet d’addition et de perfectionnement, i4 juillet 1841.) »
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- celiers et sautiers d’Etat — ceux-ci ayant en plus, comme attributs, les sceaux et les cires — documents précieux — on ne saurait trop le répéter — pour l’histoire du papier, de l’encrier et de la plume. Et, comme si l’écriture et l’image devaient sans cesse s’appuyer l'une sur l’autre, se confirmer mutuellement, est-ce que Clément Marot, dans une Espitre à la plus noble Marguerite, ne nous dit pas, tout en maugréant contre sa lettre mal faite et mal escrite :
- La main tremblant dessus la blanche carte Me voy souuent : la Plume loing s’escarte,
- L’encre blanchit...
- « Blanche carte » et « encre qui blanchit » — ne sont-ce pas là deux documents précieux pour le j)apier dont on se servait alors, et pour ce grand inconvénient des encres signalé, on l’a vu, dès le dix-septième siècle : la disparition vraiment par trop rapide de la couleur.
- Les Crayons.
- (Grattoirs, taille-plumes, porte-crayons, règles, etc.)
- Le crayon des anciens (plumbum) n’avait aucun rapport avec le nôtre. « 11 consistait », dit Spire Blondel, dans son curieux volume Les Outils de Vécrivain, auquel on peut toujours utilement recourir en la circonstance, « en un morceau ou plutôt une plaque ronde et mince et non en un long cylindre. Cette forme dispensait de tailler le crayon et l’empêchait de se courber ou d’écorcher le parchemin. »
- Arthur Forgeais a publié dans le Musée Archéologique, du 26 octobre 187b, plusieurs spécimens de crayons historiés en plomb, du treizième siècle, trouvés dans la Seine, à Paris. La plupart de ces « styles » sont surmontés d’un écusson en forme de spatule ou de croissant, ornés de croix latines ou de fleurs de lis et reposant quelquefois sur un nœud ajouré en forme de quatre feuilles.
- C’est une pointe sèche, en métal ou en matière dure, dont la partie supérieure se termine par un bouton en tête de clou.
- Les pays qui possèdent des gisements de carbure de fer naturel eurent l’idée, dès le quinzième siècle, — sans qu’il soit possible de donner une date à l’invention — d’appliquer le graphite ou plombagine au même usage que les petits styfets de plomb [qui, eux, avaient le grand inconvénient d’inciser le papier], ayant vu par expérience qu’il laissait‘sur le papier une teinte grise et luisante. Cette substance étant très fragile, on imagina de la rendre plus solide en l’enfermant dans des petits cylindres de bois. Ainsi naquit, en Angleterre ou en Allemagne, peut-être même dans les deux pays à la fois, la fabrication des crayons modernes dits grafes ou graphes — de graphein, écrire, — et que nous appellerons, par la suite, les « crayons de mine de plomb ».
- La notice la plus ancienne sur le crayon se trouve dans l’ouvrage de Conrad Gessner, publié en i565 : De Rerum fossilium figuris. Non seulement le célèbre naturaliste suisse donne sur le crayon des renseignements précis, mais encore il en reproduit l’image. Il note, en outre, que quelques-uns appellent le mélange dont il est composé stimmi anglicanum.
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- André Césalpin, médecin et savant italien, en parle également, dans son traité : De Metallicis (1596), et il appelle le métal employé Molyhoides.
- En 1699, Imperato nomme le crayon grafio piomhino, et il en donne une description plus complète.
- MANGIN
- le célèbre marchand de crayons, d'après un croquis de Charles Yriarte, publié dans L’Illustration
- (Second Empire).
- En réalité, la renaissance du crayon au seizième siècle, c’est-à-dire à l’époque de toutes les renaissances, se trouva être chose naturelle, étant donné le besoin qu’en avaient les artistes et les architectes, ces grands crayonneurs.
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- Au commencement du dix-septième siècle les crayons de mine de plomb étaient généralement recouverts de bois, « de peur qu’ils ne se rompent ». L’Anglais Pettus, dans un ouvrage paru en i683, indique la nature de cette « couverture » en spécifiant que les crayons faits avec la mine de Cumberland sont enchâssés dans du bois de sapin ou de cèdre, et Tavernier, toujours si intéressant à consulter, explique
- j'4 C'y—
- Un marcliand clc crayons.— Toujours au-dessus de ses petites affaires. (Lithographie par Gavarni pour la suite: Les Parisiens (1857).
- excellemment, dans son Voyage des Indes : « à mesure que le crayon s’use on oste du bois pour le découvrir. »
- A partir du dix-huitième, les crayons destinés à prendre des notes ou à fixer la pensée d’une façon plus certaine, se trouvèrent être d’un usage général.
- Jusqu’à la Révolution l’Angleterre et l’Allemagne, seules, pour ainsi dire, four-
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- nissaient l’Europe de crayons (1), car Delaruelle n’avait pas pu leur faire une concurrence bien redoutable. .Lorsque la guerre eut privé la France des crayons anglais, le Conseil .des Ministres de la République chargea le chimiste français, Jacques Conté, de rechercher les moyens de fabriquer des « crayons artificiels ». Ceci se passait en l’an III, vers la fin tle 1794. Dès le 2 pluviôse, Conté avait résolu la question en mélangeant avec de l’argile parfaitement purifiée, soit du carbure de fer pour obtenir des crayons jouant le rôle de la plombagine, soit du noir de fumée pour obtenir les crayons noirs, soit diverses substances pour obtenir des crayons diversement colorés dits crayons Pastel.
- Ainsi furent inventés les crayons artificiels dits grisv ou « en mine de plomb», les crayons dits noirs de toutes nuances, les crayons bistres, les crayons rouges, les crayons bleus (2).
- Pendant plusieurs années la France tira d’Angleterre la plombagine nécessaire à la fabrication de ses crayons. Vers i835, Fischtenberg, de Paris, employa avec avantage celle des environs de Briançon.
- A part les crayons fabriqués dans l’Ariège, la France n’exporte jalus guère que les crayons de l’ancienne maison Conté, qui possède et garde soigneusement le secret de son noir.
- Les marques les plus appréciées, après Conté, sont celles de Baignol et Farjon, Cacheux, Gilbert, Faber, J.-G. Walther.
- (1) La plupart des cartes-adresse de papetiers portent la mention : Crayons superfins d'Angleterre et d’Allemagne.
- (2) Les différents crayons se préparaient autrefois en mêlant des substances colorantes à la craie et quelquefois à la céruse. Or, ce système de fabrication devait être entièrement changé à la Société des travaux de Conté, c’est pourquoi il est intéressant de mentionner ici en quoi consistait le brevet pris par ce dernier. C’est ce que nous allons faire.
- « Nouveau brevet d’invention accordé h MM. Conté et Jlnmhlot fils, pour la fabrication des crayons.
- » Les procédés exposés parM.Nicolas-Jacques Conté, dans la demande du brevet d’invention qu’il a obtenu le 11 pluviôse an III, ne font connaître que la découverte première d’un moyen de faire des crayons, dont la recherche fut provoquée par une demande du Conseil des Mines, adressée à M. Conté en l’an III. Mais avant d’avoir pu livrer ses crayons au commerce, avec quelque avantage, au prix très modéré auquel ils sont vendus aujourd’hui, et leur assurer une qualité constante et les divers degrés de dureté qui caractérisent les différents numéros, il a été obligé de découvrir de nouveaux moyens, dont les uns, en faisant varier la composition, ont procuré une qualité supérieure; et les autres, qui ne sont que la découverte de nouvelles machines et de fourneaux d’un genre supérieur et particulier, ont procuré une exécution prompte, facile et susceptible de diminuer assez considérablement les frais de main-d’œuvre pour que l’on pût fournir cette marchandise à très bas pris.
- » Nous allons exposer ces nouveaux procédés, et faire la description de ces machines et fourneaux.
- « Les divers degrés de dureté des crayons ne peuvent s’obtenir par le simple mélange de la mine de plomb et de l’argile à des doses déterminées.
- » Cette dernière substance n’étant pas toujours égale dans sa composition,le retrait n’étant pas toujours le même au même degré de feu. il en résulte que deux mélanges formés séparément, et néanmoins dans les mêmes proportions, ne donnent pas des crayons identiques. Comme ce n’est qu’après la cuisson qu'on peut connaître cette différence, il a fallu troireer un moyen de leur donner, dans cet état, le degré de dureté convenable. On arrive à ce dernier résultat, en immergeant les crayons dans les dissolutions de sels plus ou moins concentrés, qui pénètrent la matière, et lui font subir de nouvelles combinaisons en lui donnant plus d’homogénéité et de solidité. Avant de soumettre les crayons à cette opération, on juge de leur degré de dureté par des essais, et l’on conclut de ces essais le degré de concentration que doit avoir la dissolution à employer, l’espèce de sel auquel on doit donner la préférence : ce sont les sulfates, et, en général, les sels non déliquescents et peu chers, quelquefois même le sucre.
- » Le désir qu’ont témoigné nombre d’artistes d'avoir des crayons montés en bois, qui puissent s’employer sans porte-crayon et sans salir les doigts, a fait inventer une nouvelle espèce de crayons nommée grands et petits vernis, qui s’obtiennent en employant du noir de fumée, le plus fin que l’on puisse se procurer. Après l’avoir mêlé avec deux tiers d’argile, on en forme des crayons avec la machine à monter. Quand ils ont acquis un degré de fermeté convenable, par la dessiccation simple, on les polit sur une table recouverte d’un drap de laine; on les fait cuire ensuite dans cet état; ils 11e perdent plus le vernis, et ont la qualité désirée.
- » Le moulage a pour but de donner aux crayons noirs ou aux mines de plomb, soit la forme cylindrique, soit la forme prismatique allongée, ou de faire des tringles longues et minces propres à être mises en bois; on les obtient au moyen de trois machines inventées à cet effet : la machine à monter, la machine à broyer et le fourneau pour faire cuire le crayon. »
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- Le moyen âge connut également tous les objets qui peuvent être considérés comme les accessoires ou les compléments indispensables du crayon et de la plume, puisque tous deux se doivent « tailler » : tels le canif et même le canif à coulisse, — le caniveçon. — Le Livre commode des années 1691 et 1692 donne les adresses
- PHYSIONOMIES PARISIENNES — PAPIER A LETTRES!
- « Pesons (sic) des fautes d’orthographe, Mesdemoiselles !
- « Messieurs, disons des bêtises et des menteries pour un sou ! »
- (.Lithographie par Garanti pour la suite: Masques et Visages (série nouvelle) 1857-58.^
- des couteliers, rue aux Ours et rue de la Coutellerie, qui tenaient les canifs « les plus recommandables » pour l’usage de la papeterie.
- En 1666, l’Académie des Sciences approuvait l’invention de canifs destinés à tailler les plumes d’un seul coup, ce qui n’empêchait pas, plus tard, les Mémoires
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- de la Calotte de s’en moquer fort agréablement et, surtout, fort irrespectueusement pour la docte Compagnie qui les avait pris sous sa protection :
- ... Ces canifs si fort prisés Et qui taillent plume aussi vite Qu’un lièvre qui part de son gîte,
- Seront au moins aussi savants Que sont les chariots à vent Et les carrosses inversables...
- Ces canifs n'en furent pas moins les prédécesseurs des taille-plumes mécaniques au sujet desquels plusieurs annonces ont été publiées dans les feuilles du dix-huitième siècle (Voir l’intéressant spécimen qui figure au Louvre, Section des objets de bronze, cuivre, fer, etc.), et du canif mécanique dont la description est donnée dans la Décade philosophique de l’an YI.
- Canifs, grattoirs (qui seront quelquefois orthographiés qratoirc) et poinçons figurent, comme on le verra, sur la plupart des cartes-adresse ici reproduites ; canifs fins de Paris et de Toulouse, — ces derniers étant les plus renommés — canifs que l’on fera souvent suivre du qualificatif « et autres merceries », ainsi que les compas « des meilleurs ouvriers », les ciseaux de bureaux, lespHoirs, les couteaux d'y voire, les « porte-équipages », les règles ou régleoirs qui, après avoir été d’usage assez général jusqu’aux premières années du quinzième siècle — on réglait, alors, l’écriture à l’aide d’un style de plomb, — n’étaient revenues à la mode que dans la seconde moitié du dix-huitième, alors que les écoliers furent astreints à avoir « des cahiers propres et réglés avec du plomb ou du crayon »,— enfin les porte-crayons ou porte-mine dont certains détaillants avaient la spécialité, et qui donnèrent lieu à la fabrication de bibelots, d’objets de luxe ou de fantaisie; tels les « petits porte-crayons d’argent » destinés à venir augmenter le nombre des breloques lorsque la mode de tout ce hrinque hallage devint, sous le règne de Louis XVI, une véritable fureur; tels les porte-crayons à calendrier dont j’ai déjà parlé plus haut.
- A tout cela, le dix-neuvième siècle ajoutera le. taille-crayon, inventé par monsieur Lahaurre et qui, en peu de temps, dotera la papeterie de quantité de petits instruments du même genre.
- Quelques particularités de papiers.
- Papiers veloutés.
- Voici comment Savary, dans son Dictionnaire du Commerce, s’exprime sur les papiers de tenture, papiers veloutés, dits quelquefois à VAnglaise, — parce que l’on croyait, alors, communément, que cette industrie venait d’Angleterre — papiers dont il a été question plus haut :
- « Ce papier, dont on fait de très belles tapisseries, pare mieux les appartements que beaucoup d’étoffes qu’on emploie à cet usage et n’est pas sujet aux mêmes inconvénients.
- » Les Anglais ont passé quelque temps pour en être les inventeurs ; mais, en 1706,
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- GRAVURE DE REIBElî (DANS UN ENCADREMENT ROCAILLEl, ü’aPRÈS UN ORIGINAL DE BOUCHER
- )Document pour servir à l’histoire des lettres et de la poste.)
- Le personnage qui se fait cirer se prépare à confier une lettre, — mise, comme on peut le voir, sous enveloppe, — au facteur de la Petite Poste de Paris. Celui-ci est reconnaissable au sac qu’il porte en bandoullière, et à la « claquette » qu’il tient en main pour annoncer son passage dans les maisons.
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- le sieur Tierce, de Rouen, revendiqua cet honneur en faveur de sa jîatrie, et soutint que ce secret, né en France, était passé en Angleterre avec des ouvriers français, qui s’v étaient réfugiés; il prouva que le sieur François (1), établi à Rouen, avait découvert cet art en 1620 et confirma sa preuve par des planches appartenant au dit inventeur et que l’on conserve encore, qui portent les dates de 1620 et i63o; il ajouta même que le fils de ce François, mort à Rouen en 1748, avait soutenu avec honneur la manufacture de son père pendant plus de cinquante ans, qu’à peine pouvait-il fabriquer assez de papier velouté pour les étrangers qui lui en demandaient ; que ce ne fut que par l’espoir d’une fortune rapide et brillante que quelques-uns de ses ouvriers passèrent chez l’étranger; qu’ayant tenté d’imiter les ouvrages de leur maître, leur peu de dextérité ne leur permit de représenter que des hrocatelles sur des fonds bleus ou dorés, et de faire quelques papiers veloutés; et qu’une opération aussi simple n’avait pas beaucoup de mérite, puisqu’elle ne consistait qu’à appliquer un mordant sur les planches du graveur et à y semer sans aucune nuance une ou deux teintes de laines en poudre.
- » Le successeur du sieur François fils a tellement perfectionné cet art, qu’il imite dans un degré plus parfait toutes sortes de tapisseries de paysage et d’histoire, et qu’il copie quelque tableau que ce soit, en faisant que le mélange des laines réponde exactement à celui des couleurs : pour donner à ses ouvrages une durée plus longue, il exécute sur toile ce que les autres font sur le papier.
- » Après des expériences de toute espèce, dix-huit mois d’un travail assidu, et après avoir surmonté beaucoup de difficultés, le sieur Aubert, graveur sur bois (2), à Paris, est parvenu à faire des papiers veloutés, assortissants à toutes sortes de meubles, et aussi parfaits que ceux qui nous viennent d’Angleterre. »
- Cette notice a servi de base à tous les articles publiés par la suite. Mentionnons seulement que les fabricants de papiers destinés a faire tapisseries furent réunis, en 1776, à la communauté des « relieurs, papetiers, colleurs et en meubles », et renvoyons, pour plus amples détails, à l’intéressante chronologie de l’industrie du papier peint, publiée par M. Félix Follot, dans le Rapport de la Classe 68 (Exposition de 1900).
- Papiers à tapisserie couverts de portraits à Pombre.
- Il a été question, plus haut, des papiers à meubles et à tentures et des papiers à paravents, sur lesquels on se complut, un moment, à faire défiler toutes sortes de (( belles histoires », instructives et ingénieuses. On a vu également l'importance prise, à une certaine époque, par la silhouette. Il est donc intéressant de donner place à une « manie » sil/iouettiste, qui semble avoir duré plusieurs années, puisque la notice, ici Reproduite, à la date de 1709, se trouve réapparaître, sous d’autres formes, en 1760.
- Voici l’entrefilet d’après la Feuille Nécessaire du 3 décembre 1709 :
- Nos tapisseries ont été longtems couvertes de Pantins grotesques et bizarres, d’autres gens du bel air sçavaient multiplier les contorsions en tirant à propos les fils qui animaient
- a» (1) Dans son rapport : Musée rétrospectif de la Classe 68, M. Follot appelle François « Le François » papetier-gainier.
- (2) Rue Saint-Jacques, près la Fontaine Saint-Séverin, Au Papillon.
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- ces petites figures. Nous ne sommes plus maintenant si frivoles : aujourd hui, ces tapisseries sont couvertes de portraits à l'ombre.
- Nos dames, à l’imitation de Débutade, tracent partout les traits de leurs amis sur un papier noir qu’elles découpent ensuite, elles donnent même leurs portraits sans que cela tire à conséquence : utile invention qui multiplie partout la figure de ce qui vous intéresse, et en fixe le souvenir dans une imagination trop légère.
- Pantins et silhouettes, cela se tenait quelque peu. Et ces portraits à l’ombre, découpés en pleine lumière, ont une saveur toute particulière.
- Papier patriotique.
- Tout le inonde connaît le fameux papier patriotique, à faisceaux, à rubans et cocarde tricolore, à bonnets phrygiens et même à arbres de la Liberté, dont le Musée Carnavalet, le Musée des Arts décoratifs et certaines collections particulières (telle celle de feu Félix Follot) possèdent de précieux spécimens.
- Disons qu’un modèle du dit papier patriotique a été très exactement reproduit dans un journal de modes, hollandais, de l’année 1793 : Kahinet van Mode en Smaak (1), publié à Harlem. En voici le détail: « La bordure se compose de deux bandes ; l'une à fond chamois est ornée de rubans tricolores, croisés à angle droit avec une rangée de cocardes tricolores au milieu ; l’autre, plus étroite, est formée d’un faisceau sur lequel s’enroule en spirale un ruban tricolore, portant sur le blanc cette devise : Soyons libres — Nous serons invincibles.
- » Le fond du papier, qui est bleu, est formé d’une série de médaillons ovales, reliés par des losanges de rubans tricolores, avec une cocarde tricolore au milieu.
- » Le médaillon, entouré de branches de chênes, jaune d’or, renferme, sur un fond bleu pâle, une pique surmontée d'un bonnet rouge et de deux faisceaux en sautoir, reliés par un ruban blanc sur les bouts duquel on lit : Liberté - Egalité. Dans le champ au-dessus est écrit : République française. »
- Or, il n’est pas sans intérêt, à ce propos, de reproduire l’annonce publiée dans le Journal de Paris du 24 décembre 1792, cette annonce ayant donné lieu, par la suite, à une rectification insérée trois mois plus tard dans le même journal. Et ce document est d’autant plus précieux pour l’histoire du papier peint que l’Exposition rétrospective de la classe 68, si riche en pièces imprimées chez Jacquemart, de 1792 à 1801, ne possédait aucune pièce de ce fabricant, le peintre-décorateur Dugoure, une des personnalités les plus intéressantes de l’art révolutionnaire (2). Voici les notes du Journal de Paris :
- « Le véritable papier Républicain, propre pour tenture des salles d’administration, établissement public, bureau et appartement de particuliers, se trouve toujours à la Manufacture Républicaine, place du Carrousel, Hôtel Longueville, où en sont les planches originales. — S’adresser au citoyen Dugoure, inventeur du dit papier. »
- Dans le Supplément du 23 mars 1793, Urbain Jaunie et Jeari-Démosthènes
- (1) Suite du Cabinet des Modes, publié à Paris, et qui avait dû se transporter à l’étranger à la suite des événements révolutionnaires.
- ,2) Voir sur Dugoure l'ouvrage de Renouvier, L’Art sous la Révolution.
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- Dugoure font précéder leur prospectus de cartes à jouer de la lettre suivante aux « citoyens rédacteurs » du Journal de Paris :
- « Nous vous prions d’avertir nos concitoyens qu'il ne se fabrique ni ne se vend point de papiers peints pour tentures (dits Républicains) dans notre manufacture des nouvelles cartes à jouer de la République, rue Saint-Nicaise, n° il. L’établissement de l’Hôtel de Longueville, au Carrousel, n’a rien de commun avec nous ni avec notre manufacture ; c’est ce que nous vous prions, citoyens, de faire connaître par la voie de votre journal. »
- Si l’on veut savoir pourquoi Dugoure tenait à affirmer bien haut que sa nouvelle manufacture n’avait rien de commun avec l’ancienne manufacture de la place du Carrousel, c’est parce que son associé, dans ce précédent établissement, Anisson-Duperron, érudit célèbre et directeur de l’ex-Imprimerie Royale, était monté sur l’échafaud en janvier 1798. Il devenait donc, quoique décapité, un personnage gênant qu’il fallait à tout prix jeter par-dessus bord.
- Et maintenant, comme il est dit que rien ne se perd et que tout se retrouve ; que le goût et les modes ne sont qu’un éternel recommencement; notons ici, à seule lin qu’il puisse en rester trace, ce qu’enregistraient tous les organes de la papeterie en 1900 :
- « D’après The Paper Makers’ Circulaide Londres, une des dernières nouveautés, aux Etats-Unis, est le papier peint patriotique. La couleur est vive, mais le dessin est original et gracieux. L’un d’eux rejmésente l’aigle aux ailes déployées, avec l’écusson des Etats-Unis sur la poitrine, une branche de laurier et un paquet de flèches dans ses serres ; en dessous, un nœud de ruban formant feston auquel pend une étoile et des drapeaux. »
- Assurément le papier patriotique, invention éminemment française d’une époque de foi et d’enthousiasme, — alors que tout devait porter la marque de l’esprit nouveau, — ne se doutait pas que, cent ans après, il traverserait les mers et deviendrait chez la République-sœur l’objet d’une industrie solidement établie.
- Cire à cacheter. — Pain à cacheter.
- Aux renseignements, déjà fournis plus haut, et empruntés à la Grande Encyclopédie du XVIIIe siècle (voir page 27), aux détails de fabrication que nous donne l’estampe, reproduite à la même page, ajoutons ceci :
- Le premier ouvrage qui fasse mention de bâtons de cire pour cacheter les lettres est un livre espagnol publié en i563 : Aromatum et simplium aliquot Historia; auteur : Gardas de Orta.
- En France, l’usage de la cire fut surtout vulgarisé, à partir de 1620, par le marchand-papetier-mercier, François Rousseau.
- Quoiqu’elle ait, jusque vers i83o, conservé son nom de cire d’Espagne, — nom dû, sans doute, au fait qu’il y en avait une fabrique à Perpignan et que, jusqu’à Louis XIII, le Roussillon fut considéré comme faisant partie de l’Espagne, — la cire venait de loin, en plus grande partie de l’Orient, où on la fabriquait depuis fort longtemps.
- Voici, d’autre part, les renseignements que donne sur sa fabrication Savary des Bruslons, dans son Dictionnaire du Commerce. « Si l'on veut faire de la cire d’Espagne
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- rouge, il faut faire fondre, dans une chaudière, de la gomme laque avec du vermillon ; si l’on veut de la cire d’Espagne noire, avec du noir de fumée; si l’on veut faire de la cire d’Espagne jaune, avec de l’orpin, et l’on y mêle un peu de civette si l’on veut la parfumer, après quoi onia retire, on la coule, on la façonne en petits bâtons ronds, plats ou tordus. »
- Ce nom de cire d’Espagne devait, du reste, lui rester, tant et si bien qu’on peut lire sur l’adresse du marchand-papetier Cabaret : « Cire d’Espagne à cacheter, super-fine, tant de France que des Pays étrangers », et les pays étrangers, c’était surtout la Hollande.
- On sait combien précieuses sont les lettres de Voltaire quand on veut être renseigné sur les menus objets du jour, et cela grâce aux nombreuses commandes que le seigneur de Ferney ne cessait de faire à ses correspondants. C’est ainsi que, dans une lettre du 3 novembre 1 y3y, à l’abbé Moussinot, il demande « douze bâtons de cire d’Espagne, à l’esprit-de-vin ».
- On ne demande plus de la cire d’Espagne ; mais le xixc siècle a fait le succès de la cire à cacheter anglaise, tant il faut toujours, en toute matière, des spécialités.
- Extérieurement, le bâton de cire a revêtu des formes différentes, plus qu’on ne le saurait croire, et ces formes se retrouvent aujourd’hui encore. Il fut carré, il fut ovale, uni ou cannelé, il fut plat (1), il fut rond, il fut gros et court, il fut allongé et mince. Mat ou brillant, il le fut et il l’est toujours, suivant sa qualité, suivant son usage ; icq pour le commerce, pour les gros empaquetages; là, pour la correspondance officielle ou privée.
- On vit autrefois des bâtons fleurdelysés, des bâtons armoriés et écussonnés ; c’était la période durant laquelle la cire avait été considérée comme une sorte de régale. De nos jours, les fabriques marqueront leurs produits au moyen d’initiales ou d’un simple nom d’abord, puis par le titre, plus ou moins long, de leur raison commerciale.
- Rouge à l’origine — c’est même si l’on veut sa couleur normale — la cire a revêtu peu à peu toutes les couleurs. Elle fut verte, jaune, jaune d’or (au moyen de la poudre d’or), bleue, pourpre, noire; elle sera à partir de 1800 d’une richesse de tons peu ordinaire : chamois, orange, bronze, rouge de Chine, rose fraise écrasée, violette. Que sais-je !
- Unie, mouchetée, granitée, marbrée, par le même procédé que le papier, la cire a pu subir des hauts et des bas; elle n’en reste pas moins d’un emploi fréquent.
- Elle devait, il est vrai, rencontrer dans le pain à cacheter un concurrent d’abord de quantité négligeable mais qui, peu à peu, devint redoutable.
- Les pains à cacheter!
- En réalité, on les voit rarement figurer sur les cartes-adresse de nos marchands, au xviii0 siècle, ce qui ne veut pas dire que ceux-ci n’en tenaient pas, mais bien qu’ils étaient, eux, considérés comme objets tout à fait secondaires. En usage surtout dans le Sud de l’Europe, ils commencèrent à se propager en France à partir de 1789, Et cela a une raison.
- Jusqu’alors, en effet, leur principale clientèle avait été celle des commerçants, ceux-ci trouvant le pain à cacheter plus expéditif que la cire, alors qu’il s’agissait de simples lettre's d’affaires. Or, l’éclosion à la vie sociale d’une nouvelle classe de citoyens et, plus encore, les guerres de la Révolution et du premier Empire, devaient développer considérablement l’usage de la correspondance parmi les gens
- (1) Les bâtons carrés furent, de tout temps, peu en usage: lorsqu’on veut en avoir, c’est l'ouvrier qui leur donne cette forme.
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- du peuple, et le peuple, sous les armes à l’état pour ainsi dire permanent, n’avait pour la cire ni l’attirance originelle, ni le calme nécessaire à une opération aussi importante. Quelque bizarre que cela puisse paraître à notre époque, le cachetage, le scellement des lettres était, en effet, une opération qui demandait du soin, du temps, de la réflexion, voire même un certain sens décoratif. En réalité, c'était à la fois une fonction et comme une sorte de privilège social.
- Or, de cela le peuple n’avait cure. Il lui fallait, à lui, tracer à la hâte quelques lignes— missives toujours naïves, quelquefois d’un pittoresque achevé, — qui se font remarquer de la postérité par la fantaisie de leur orthographe, par l’irrégularité des lettres, parle zigzag âge des mots, et il était tout indiqué que son mode de fermeture préféré serait le pain à cacheter qui. humecté, ferme instantanément la lettre, dût-il même — véritable cataplasme — « foirer si trop mol », ainsi que dira un chansonnier du premier Empire.
- Et c’est ainsi que, sans le savoir, la Révolution devait faire échec à la belle cire parfumée — mode de fermeture aristocratique — et amener le triomphe du pain à cacheter — mode de fermeture démocratique.
- Le pain à cacheter ! Un objet minime, de peu d’importance, comme sa fabrication elle-même, demandant quoi? — deux gaufriers tout simplement et des emporte-pièces de diamètres variés.
- Un accessoire quelconque, sans figure, sans style, sans ornementation possible ; un rond « bête », une simple rondelle de pain à hostie, qui se place délicatement sur la langue et se pose, mouillée, sur le feuillet de papier qu’il s’agit de fermer, de sceller.
- Eh bien ! détrompez-vous ! Le pain à cacheter, lui aussi, subira les influences de la mode. Il avait été énorme, épais, mat; il se fit plus petit, extrêmement mince et très brillant, pour finir, quelque jour, lilliputien.
- En ces cinq ou six grandeurs il se présentait glacé ou non glacé : le dix-neuvième siècle inventera les pains à cacheter transparents, inaltérables, « agréables au goût » (sic).
- Dans les sébilles de bois, il se rangeait par séries soigneusement triées, blanches, — ce fut son origine — bleues, violettes, brunes, rouges, jaunes, vertes; chaque couleur ayant son attribution bien définie. Subitement, le goût du moment sera pour le mélange, pour la variété des couleurs. Hier, il était tout uni ; aujourd’hui, il sera moucheté ; demain on l’agrémentera de rayures ; il apparaîtra marbré comme des tranches de livres, il imitera l’agate, il esquissera des profils grecs. Et c’est ainsi que telles lettres pourront être cachetées avec des Mercure, tandis que d’autres offriront des profils de Diane. Et puis, comme pour la cire, on usera, afin de les mieux fixer, de cachets qui lui donneront des empreintes de chiffres, de légendes ou d’armoiries. Au cachet de cire, en relief, succédera le cachet de pain à cacheter, en creux.
- Et cela durera jusqu’au moment où, devenue d’un usage général, l’enveloppe à la machine, gommée, aura complètement fait disparaître l’emploi de la lettre à feuille double, fermée directement, ou mise sous enveloppe non gommée.
- De quelques marchands ambulants de la papeterie.
- La plupart des Petits Métiers et Cris de Paris, auxquels M. de Savigny de Moncorps consacrait en 1905, avec le sens parfait qu’il possède des choses d’autrefois, une précieuse notice, contiennent, dans leurs suites, qu’il s’agisse de livres
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- ou (l’estampes, le marchand d’images — « images ! voyez mes belles images ! » — le marchand d’encre, le marchand d’almanachs et le marchand de crayons. Tous, il est vrai, n’ont pas la même antiquité; ce dernier, notamment, n’apparaît guère —
- Lithographie de Rafl'et, d’après l’épreuve du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale.
- comme spécialiste, s’entend — qu’à la fin du dix-huitième siècle; mais, les uns comme les autres, doivent avoir leur place dans un volume consacré au papier et aux objets de papeterie (1).
- (x) Le marchand de crayons, du xviii' siècle, se pi’ésente sous une forme quelque peu diflex’ente. Voici en effet, ce que nous apprend sur lui Savary, dans son Dictionnaire universel du Commerce : « On appelle marchands de crayons des petits marchands étalés à Paris sur les Parapets du Pont-Neuf, qui achètent en gros des épiciers la craye, la sanguine, la mine de plomb et qui les revendent en détail après les avoir sciés, coupés et aiguisés par le bout. Ces petits marchands vendent pareillement des porte-crayons de cuivre, des compas de même métal, des équelles pour les couleurs, »
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- Car ces objets étaient déjà de ceux auxquels s’intéressait la niasse — alors même qu’elle sut à peine lire et écrire — si bien qu’aux industriels fixes, à demeure, se trouvèrent assez vite adjoints des ambulants, ces crieurs et colporteurs qui, aujourd’hui encore, font la joie des campagnes, et qui alors, apjDortant nouvelles et marchandises de toutes sortes, étaient reçus à bras ouverts, et voyaient, dans tous les villages, petits et grands accourir au-devant d’eux.
- A mes belles images, images,
- Images pour du pain,
- Acheptez-les aujourdhuy Car je m’en vois demain !
- criait le colporteur d'images, alors que le marchand d’encre, qui quittait peu la grand’ville, se contentait de crier: « à la belle « ancre » sympathique, pour gagner les cœurs! »
- Le porte-balle, le marchand d’épingles, le petit mercier} surtout, avaient tous, plus ou moins, les menus objets de papeterie, mais aucun n’obtenait le succès du marchand d’images et du montreur de lanterne magique, « ah! la pièce curieuse ».
- A ces « cris », à ces métiers « jurés », devaient succéder, par la suite, tous les ambulants et les industriels du pavé que le dix-neuvième siècle verra surgir d’entre tous les coins. Le marchand d’encre, type de l’ancien temps, fixé par le crayon si profondément observateur de Marlet, est, lui encore, un classique, mais les camelots de Gavarni, vendeurs et mendiants, en même temps, sont des irréguliers, des indépendants criant papier a lettres et crayons, ce qui ne les empêchait pas d’avoir les yeux à tout et les oreilles sans cesse sur le qui-vive.
- Certaines spécialités du domaine de la papeterie eurent recours au colportage et à la vente dans les rues, à une époque où Y accrochage du passant commençait à devenir une véritable industrie. Entre toutes, il faut signaler et retenir les colporteurs des Papiers Weynen, papiers qui encombrèrent tout Paris de réclames étourdissantes, qui avaient des dépôts dans nombre de papeteries, qui eurent les honneurs d'un costume dessiné par Raffet, d’une lithographie signée du même — ce qui n’est point ordinaire — et d’une caricature de Grandville, caricaturant à froid ce papier venin qui poursuivait alors les Parisiens, et laissait partout des traces de son venin.
- Il eut maille à jaartir avec nos papetiers, ce papier du Diable, qui avait eu la prétention, paraît-il, de conquérir la capitale, et il finit, comme on peut le voir sur la lithographie ici reproduite, à n’avoir plus qu’un seul dépôt.
- Quant à Mangin, ce fut une de ces spécialités de la rue dont la renommée a été assez universelle pour qu’il ne soit pas nécessaire de s’y arrêter autrement, surtout après les notices multiples qui lui ont été consacrées (voir, notamment, le volume de Charles Yriarte : Les Industriels du pavé, et l’ouvrage de Victor Fournel : Ce qu’on voit dans les rues de Paris). Une remarque cependant.
- Si Mangin, de son vivant, a tant intrigué et, après lui, laissé une renommée qui dure encore, c’est qu’il exerça son métier ambulant dans des conditions peu ordinaires, se montrant revêtu de vêtements aux étoffes soyeuses, aux couleurs éclatantes, le chef couvert d'un casque surmonté d’un dragon héraldique — tel quelque chevalier errant de la réclame, de la banque, du puffisme,— faisant son boniment et vendant sa marchandise, c’est-à-dire ses crayons, du haut d’une riche voiture attelée de fort beaux chevaux.
- Sous un régime où, facilement, l’on voyait surgir des espions de partout, notre marchand de crayons finit par être considéré avec une certaine méfiance : on alla jusqu’à se demander s’il n’exerçait pas une sorte de rôle policier, s’il ne remplissait pas
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- une sorte de mission spéciale d’enquêteur, d’observateur, tâche qui ne pouvait être que facile à quelqu’un parcourant sans cesse Paris et la province.
- Quoi qu’il en soit, une chose est certaine, c’est que Mangin faisait un superbe boniment pour la vente de ses crayons — lesquels, à un certain moment, portèrent son nom — et qu’il en vendait en nombre considérable, au point que, si jamais les fabricants songeaient à lui élever un buste, ils pourraient inscrire sur le socle : A Mangin, les fabricants de crayons reconnaissants. Car oncques jamais ne s’était vu et ne se pourra revoir un pareil consommateur de mine de plomb.
- Et l’on peut bien lui donner, aujourd'hui, le qualificatif qu’il aimait à s’octroyer si libéralement : le roi du crayon.
- Un sou les crayons! Deux sous et trois sous le cahier de papier avec enveloppes ! Voici ce que n’ont cessé de crier, depuis près d’un siècle, les industriels du pavé, les irréguliers, les réfractaires, toux ceux qui ont été croqués de façon pittoresque par Victor Adam, par Daumier, par Philippon, par Gavarni.
- Premières inventions pour la multiplication des Copies d’écriture.
- I. Machine pour écrire avec sept plumes (1682).
- On sait que nombre d’inventions, nombre de choses curieuses, dans le domaine de l’industrie et de la mécanique tout particulièrement, se faisaient voir aux anciennes foires de Paris et s’annonçaient par voie de prospectus, distribués ou envoyés, tout comme de nos jours. Or, voici ce que nous apprend un prospectus trouvé dans un recueil de correspondance de 1682 joint à quelques feuillets de la Gazette de France :
- (( MACHINE AVEC LAQUELLE ON ECRIT 7 COPIES A LA FOIS
- « Ceux qui ont veu écrire sept plumes sur sept feuilles de papier par une seule main et prendre l’encre à l’ordinaire, en ont trouvé l’effet aussi agréable que nouveau ; et n’ont pas trouvé de différence entre faire écrire sept plumes ou écrire avec une, soit pour bien écrire viste et aisément : en sorte que toutes sortes peuvent écrire dans une heure et un quart, tout au plus, ce qu'ils écriroient dans sept heures.
- » On voit cette machine à la foire Saint-Laurent, dans la rue Dauphine : Aux Plumes d’Acier.
- » On prend 7 sols pour chaque personne.
- » Et après la foire, dans la rue Saint-Denis, vis-à-vis les Filles-Dieu : Aux Plumes d’Acier.
- » L’on vend aussi aux mesmes endroits les Plumes et Guredents d’acier. »
- IL Le Polygraplie de M. de Cotteneuve (1769) ou le faiseur de plusieurs écritures à la fois (l).
- Quoiqu’il soit rédigé en un style quelque peu pénible, nous avons cru devoir respecter entièrement l’orthographe de ce précieux document qui, une fois de plus, nous apprend que rien n’est nouveau sur terre.
- (1) Parlant du Polygraphe du sieur de Cotteneuve, la Notice de Y Almanach sous Verre dit : « Son bureau est rue Grenier-Saint-Lazare, près celle Saint-Martin. »
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- » Après que le désir de se procurer ce qu’on n’avait pas, eut fait imaginer l’échange de certaines denrées avec celles qui étaient étrangères ; que le commerce eut commencé à s’établir entre les peuples les plus voisins", que certains hommes furent obligés de sortir de leur climat pour traiter avec ceux qui habitaient un autre ciel que le leur; la bienfaisance naturelle qui caractérisait alors presque tous les mortels les unit par les liens de l’amitié-et leur fit inventer des figures pour se faire entendre de ceux avec lesquels ils ne pouvaient habiter toujours. C’est à ces signes différents entre eux, mais de convention entre certains peuples, que l’écriture doit son origine. Les besoins des hommes s’étant multipliés dans la .suite, leur commerce étant devenu plus étendu ; il fallut nécessairement que les relations fussent plus fréquentes, et que les écritures se multipliassent, lorsqu’on était obligé de faire à l’étranger plusieurs demandes pour soi, ou pour ceux qui avaient mis leur confiance en ceux qui se mêlaient de plusieurs branches de commerce. Comme le même homme ne pouvait pas vaquer à tout, qu’il ne lui était pas possible de faire toutes les écritures dont il avait besoin, il employa le secours des mains étrangères qui, travaillant sous ses ordres, l’acquittaient des obligations qu’il avait contractées avec le public. C’est ainsi que les négociants se virent insensiblement obligés d’avoir plusieurs commis pour suppléer à leur défaut, et que dans divers bureaux on se trouva dans le cas de faire plusieurs copies sur le même original.
- » Ayant égard à ces besoins souvent renaissants, M. de Cottencuve inventa le polygraphe, et après avoir eu l’approbation de l’Académie des Sciences, de Paris, il obtint, le i5-avril 1769, un privilège exclusif, qui l’autorisait à construire le susdit instrument, et à le faire vendre par tout le royaume, pendant l’espace de dix ans.
- » Comme les inventeurs des machines ne sont pas toujours ceux qui leur donnent le degré de justesse et de perfection dont elles sont susceptibles, M. de Bussy, Parisien connu par ses talents dans le mécanisme, et élève de M. de Prémonval, ancien professeur de mathématiques, a trouvé le moyen de simplifier cet instrument, de le rendre portatif et d’un usage plus facile.
- » Le mécanisme du polygraphe étant le même, quelque multipliés qu’en soient les moyens, pour diverses copies, afin de mettre le lecteur au fait de cet instrument, nous allons faire la description d’un polygraphe pour trois copies. La base de ce multiplicateur d’écriture consiste en une table portative, sans pieds, qu’on met sur une autre table. La forme est un carré long, divisé par trois panneaux posés perpendiculairement, et propres à recevoir chacun une feuille de papier sur le drap dont ils sont recouverts : ces panneaux sont séparés entre eux par une coulisse d’un pouce de large sur neuf lignes de profondeur, dans laquelle est un petit auget de cuivre doublé de plomb,afin de contenir l’encre; au bout de cette table et du côté opposé où se doit placer l'écrivain, est une règle de cuivre couchée horizontalement, épaisse d’une ligne, large de dix, attachée dans sa longueur par trois charnières et garnie intérieurement de plusieurs petites pointes d’acier, afin que la feuille de papier qui est sur chaque panneau soit stable, et ne puisse aller ni en avant ni en arrière, pour la mieux assujettir et la rendre immobile, il y a du côté de l’écrivain un petit châssis de bois, sur lequel porte sa .main; ce châssis, qui glisse perpendiculairement dans deux coulisses parallèles placées au côté de la table, porte sur son extrémité intérieure toute la mécanique de cet instrument, qui est attachée par deux vis, et qui consiste en une grande règle carrée de cuivre de six lignes d’épaisseur sur tous sens. Sur la surface de cette règle, et dans son milieu, règne une rainure triangulaire de trois quarts de ligne de profondeur; deux supports de cuivre, formant une courbe par le bas, quoique posés perpendiculairement, y sont attachés par des queues d’aronde, et y sont vissés à la distance d’un pied l’un de l’autre ; sur le haut de ces
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- deux supports sont un petit carré vide traversé d une vis de rappel et une petite règle carrée d’un pied de longueur, semblable à celle de dessous, et ayant à sa partie inférieure une rainure triangulaire, perpendiculaire et parallèle à celle de dessous, qui en est distante de six pouces. C’est entre ces deux règles, et dans ces deux rainures, qu’on conduit de droite et de gauche toute la mécanique du polygraphe, par le moyen de trois petites roulettes d’ivoire, de dix lignes de diamètre et qui, par leur situation, forment un triangle, dont les deux angles sont à chaque extrémité de leur base, lesquelles roulettes sont éloignées d'un pied l'une de l'autre, la troisième se trouvant faire l’autre angle dans le sommet de la machine. Tout près, et au derrière de chacune des roulettes d’en bas. est un mouvement de cuivre semblable à celui d’une sonnette, dont les deux bras forment une équerre parfaite, placée de champ et se mouvant sur un axe, ou un arbre d'un pouce de haut qui est posé perpendiculairement entre deux petites pointes de vis; chaque bras de ces deux mouvements a dix-huit lignes de longueur, à compter de l’intérieur de l'équerre; le point de réunion où se terminent les deux bras de chaque mouvement, est aplati et taraudé pour recevoir une vis; les extrémités de ces mêmes mouvements sont aplaties sur champ, leur courbure présente dans son bout une espèce de fourchette ouverte de trois lignes et taraudée perpendiculairement dans son extrémité pour y recevoir deux vis à pointe, l'une par dessus, l’autre par dessous. Entre les deux pointes de ces vis est posée perpendiculairement une petite olive de cuivre percée au travers de son diamètre ; les deux bouts de chaque mouvement sont attachés à une petite tringle d’acier de trois quarts de ligne d’épaisseur, en tous sens, et qui a des anneaux à chacun de ses bouts pour recevoir une vis à collet, dont le taraud entre dans chaque bras des mouvements : comme tous les mouvements se communiquent par le moyen de cette tringle, on lui a donné le nom de tringle de rappel.
- Indépendamment de cette première tringle, il y en a une seconde, qui est d’un cuivre bien écroui, qui, étant large d’une ligne et demie et étant aplatie par dessous, forme et porte la portion qui est au devant de l'instrument et qu'on nomme tringle de porteplumc; sur cette tringle, qui a, dans sa longueur, la largeur de deux panneaux, sont attachés à vis trois petits tuyaux ou canons de cuivre de neuf lignes de longueur et dont le calibre ou l’ouverture peut recevoir une forte plume : ces tuyaux sont disposés de manière que lorsque le canon, ou porte-plume, du milieu est au centre du dessus de l’auget qui est dans la coulisse du milieu, les deux autres se trouvent exactement au centre des augets latéraux : chacun de ces canons est garni, par le côté, d'une vis à tête ronde, appelée vis de pression, afin d’arrêter et contenir la plume qu'on y insère, au point qu’il faut pour écrire.
- Le canon, ou porteplume, du milieu est le seul qui ait sur le devant une petite tettine de cuivre pour recevoir l’écrou d’une vis à collet, qui est passée transversalement dans une petite olive de cuivre ; c’est à cette olive attachée au porteplume du milieu, et légèrement forée dans ses deux extrémités, que tient un manche d’ivoire rond d’environ 6 pouces de longueur, de la circonférence d’une grosse plume qui va se terminer en pointe : le gros bout de ce manche, qu’on nomme plume fictive, est foré à une petite fourche de cuivre montée en porte-mousqueton, dont chaque branche est longue et séparée de trois lignes et est taraudée afin que chacune puisse recevoir une vis à pointe pour retenir l’olive où est attaché le porteplume ; au moyen de ce manche, qu’on tient entre ses doigts comme une plume, l’écrivain jouit de tous les mouvements qui lui sont nécessaires pour faire tous les traits qu’il veut et faire aller également les plumes qu’il a à ses deux côtés, pour leur faire copier ce qu’il écrit sur la feuille qui est sur le panneau du milieu.
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- La tringle des porteplumes donne le mouvement à tout l’instrument, par le moyen de deux bras de cuivre qui y sont soudés et qui sont d’une longueur égale aux bras des mouvements à sonnettes, dont les bouts présentent une fourche sur plan et sont placés directement vis-à-vis des olives contenues dans les fourches des mouvements à sonnettes, afin de s’y unir en embrassant la grosseur de l’olive et la retenant dans la susdite fourche par une vis à collet, laquelle traverse l’olive et va se visser dans un des côtés de la susdite fourche : c’est par cette manœuvre que le bâton d’ivoire ou la plume fîctice est susceptible de tous les mouvements que procure le genou d’un graphomètre.
- Les augets, ou encriers, sont accrochés sur le devant de la grande règle à rainure et suivent, en montant ou en descendant, le même chemin qu’on fait faire à l’instrument.
- Le bâton, ou plume fictice, avec lequel on peut faire et imiter toutes sortes d’écritures, copier ou dessiner d'idée toutes sortes de sujets, n’est ni lourd à la main ni difficile à conduire, pourvu qu’on soit attentif à placer de niveau les trois plumes dont on veut se servir et que leur bec soit taillé d’égale grosseur; pour peu qu’on en fasse usage, on acquiert bientôt l’une et l’autre manière d’opérer.
- Avec un polygraphe à trois plumes, on peut seulement faire deux copies à la fois et écrire, en même temps, sur le panneau du milieu avec un papier qui ne soit pas plus grand que celui pour lequel sont faits les panneaux de la table, et qui soit ce qu’on nomme du papier à la tcllièrc.
- Inventions diverses se rapportant à la correspondance.
- SECRÉTAIRE MÉCANIQUE
- Instrument de M. Royer, maître-écrivain, à Versailles, qui peut servir d’écritoire, de portefeuille et est très léger.
- SECRÉTAIRE MÉCANIQUE PORTATIF
- Le présent secrétaire contient : un encrier fermant à vis, des plumes, dix feuilles de papier à lettres, un canif, un grattoir, du sandaraque, de la poudre, un cachet, du pain à cacheter, de la bougie, un briquet, une pierre à fusil, de l’amadou, des allumettes, et cependant il n’a que 5 pieds 2 lignes de long, 3 pouces 2 lignes de large et il lignes d’épaisseur. Les Dames le peuvent porter aussi facilement à la poche que les Messieurs. Par le Sieur Royer, Maître-Ecrivain Arithméticien, à Versailles, rue des Frippiers.
- INSTRUMENT POUR LA CORRESPONDANCE ÉLOIGNÉE
- M. Ghristin vient d’achever une machine à correspondre cinquante fois plus vite que les Coursiers ou les Postes, au moyen de laquelle deux amis, placés chacun dans leur cabinet, pourront s’entretenir par écrit à un grand éloignement, en se dictant mécaniquement leurs idées.
- Un Souverain qui auroit fait construire une correspondance de cette nature d’une grandeur suffisante, pourroit donner des ordres à îoo ou 200 lieues de sa personne. (Cl. 1786.)
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- Portefeuilles. Nécessaires. Papeteries. Papiers à lettres.
- Sans vouloir faire ici l’historique du portefeuille à travers les âges, il peut être intéressant de noter quelques particularités.
- D’abord, quand apparurent les premiers portefeuilles ?
- Guère, avant Louis XIY. Et ils avaient eu pour ancêtre, la bougctte, simple pochette de cuir porte-monnaie, qui se portait sur le devant de la tunique ou du pourpoint, un peu de côté, suspendue à la ceinture; qui, à la suite de la première convocation des Etats généraux, en i3oa, devint pour les clercs comme une sorte de portefeuille contenant plumes d’oie, écritoiré de bois, ou de plomb, avec feuilles de vélin. Bientôt, la bougettc étant devenue trop petite pour tenir les papiers d’Etat, on emprunta aux gens de justice le sac dans lequel ils enfermaient les pièces de procédure. Et il en fut ainsi jusqu’au jour où Louis XIY, trouvant le sac à minutes et à dépêches ministérielles, peu élégant et, surtout, peu majestueux, fit distribuer à ses secrétaires d’Etat des portefeuilles de maroquin, à l’origine de forme et de grandeur égales. Mais, peu à peu, — les dossiers des ministres étant plus ou moins volumineux, suivant l’importance de la fonction, — le roi permit à chacun de ses secrétaires d’adopter la forme et la grandeur qui lui conviendraient le mieux, si bien que les portefeuilles ministériels 11e tardèrent pas à se faire remarquer par leur extrême variété.
- Il fallut la Révolution pour, en 1790, imposer à chaque ministre l’égalité du portefeuille... de cuir, qu’il fût de veau ou de bœuf. Ministériels ou non, tous ces grands et beaux portefeuilles étaient de cuir rouge, vert ou bleu, avec de larges dentelles à petits fers, — grecques en or, ornements ou fleurettes également dorés, — avec des couronnes, des armes ou des chiffres entrelacés, avec des devises, avec des inscriptions, avec des dauphins et des trophées de drapeaux; avec des vignettes se répétant aux angles. D’autres fois, c’étaient de ces délicates broderies, aux semis de fleurs, aux enguirlandements à tons chauds, comme le dix-huitième siècle, seul, sut les exécuter.
- Portefeuilles, autrefois fleurdelvsés, qui, sous l'Empire, seront frappés de semis d’abeilles.
- Portefeuilles à simples pochettes, ou à multiples compartiments intérieurs, portefeuilles aux soufflets plus ou moins amples, mais invariablement à serrure, celles-ci toujours en forme d’écusson, tantôt simple, tantôt richement armorié; portefeuilles égayés par la variété de couleurs des cuirs intérieurs, par la richesse des tabis.
- Faites sur commande, les très belles pièces sortaient directement de chez le gainier, pour aller chez leur possesseur, mais les marchands papetiers, ainsi qu'on le verra sur les cartes-adresse reproduites plus loin, en tenaient en nombre, de toutes façons et de tous formats.
- Si l’on excepte le portefeuille de poche, enrubanné, pailleté, orné d’arabesques brodées, tous ces portefeuilles dix-huitième siècle étaient en cuir.
- Le dix-neuvième siècle, lui, inaugurera les portefeuilles de fantaisie, en velours, en soie, en ivoire, en métal précieux ; il développera considérablement le portefeuille-buvard, et la papeterie de bureau, ce que, sous Louis-Philippe, on appelait la papeterie de salon, le nécessaire-buvard. Rêve de tant de jeunes filles à imagination romantique, — à une époque où l’on écrivait encore, —la papeterie, à l’origine en cuir, bientôt, construite en bois, sera, aux approches de 1840, un véritable pupitre enserrant dans ses flancs toutes les fantaisies des papiers de luxe.
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- Combien curieuses et combien rares, en même temps, ces « papeteries » qui nous initient à tous les détails de la mode en matière de papier, d’enveloppes, de buvard, de cire, de cachet ;qui nous fournissent,— ici, des spécimens de beaux vélins, de papiers vergés ou à grains, épais comme de la carte; là, de la véritable pelure, aussi indéchirable que du Chine, des papiers à baguettes, à cadres, —ici, des papiers blancs dans toute la gamme des crèmes ; là, des papiers multicolores, aux verts, aux violets, aux jaunes, aux oranges, aux rouges dont les violences de tons ne sont pas sans nous surprendre. — ici, des formats carrés, dans toutes les dimensions imaginables; — une symétrie désespérante; —là, toutes les excentricités : de l’oblong, en largeur ou en hauteur (l’ancien in-24),—ici, des papiers unis; là des papiers se prêtant à toutes les fantaisies de l’ornementation ou du pliage ; des papiers à volets (à bordures d’or) permettant ainsi à la correspondance amoureuse de se mieux cacher sous un double pliage; des papiers à dentelles, à gaufrages, de toutes sortes, de toutes hauteurs.
- Et c’est ainsi que l’histoire de la mode et des goûts particuliers en matière de papier à lettres se trouve être tout un côté — et non des moindres — de la vie intime et sociale. L’éminent historien qu’est M. Franklin, —n’est-ce pas, en effet, à lui que l’on doit les premières monographies de la vie d’autrefois, n’est-ce pas lui qui a réellement ouvert la voie aux travaux de reconstitution du passé? — l’a admirablement compris, et c’est pourquoi en un chapitre de son remarquable ouvrage La Civilité, VEtiquettc, du treizième au dix-neuvième siècle (1), une partie du chapitre Les Lettres est consacrée aux variétés et aux formes diverses du papier lui-même, aux suscriptions et aux fermetures des missives.
- à) Paris, 1908. Emile Paul, éditeur. 2 vol. gr. in-8°. Ouvrage édité avec tout le soin que la librairie Paul met à ses publications; Les passages reproduits ici sont extraits du tome Ier (chap. vin, page i85) et visent le papier lui-même, la lettre et sa fermeture :
- » Le papier à lettres a adopté successivement des aspects très variés. Dans le compte des dépenses faites pour Henri IV, au temps où il n’était encore que roi de Navarre, je vois figurer du « papier au ehill'rc et à la devise royale ». La reine Marguerite, sa femme, préférait « une sorte de papier dont les marques estoient toutes pleines de trophées d’amour ». La vogue fut ensuite au papier parfumé, puis aux papiers de couleur. Racine le mande en ces termes à sa fille cadette :
- » 4 octobre 1746. Je vous écris trois lettres, ma chère fille, sans avoir rien à vous mander; je ne veux que vous faire connoître à quoi s’amusent aujourd’hui les dames. Elles écrivent sur des papiers de toutes couleurs. Celui-ci, qui est du papier de petit deuil, n’est plus de mode, parce qu’on s’en servait il y a un mois; les deux suivantes sont sur des papiers si à la mode que le marchand n’y peut fournir : toutes les dames en font provision. On pourrait penser que les femmes sont folles, mais qui oserait le dire? J’écris sur du papier pareil à votre frère. Adieu, ma chère fille, mes lettres ne sont pas longues, elles ne sont que pour vous faire connoître notre papier à la mode. » (Cette lettre est écrite sur papier à tranche dorée et est ornée de vignettes à l’encre de Chine, la suivante est sur papier jaune, la troisième n’a pas été retrouvée.)
- » 1er août 1747. Puisque j’ai écrit à ma cadette avec cérémonie, il est bien naturel que je vous écrive de même en vous donnant un Madame en tête, et un petit serviteur à la fin. Je tâcherai de vous apporter une pareille feuille, au lieu d’un serviteur ce sera une servante, et vous pourrez vous en servir pour écrire à M. l’Abbé. »
- Cette lettre, dit M. de la Roque, qui l’a publiée d’après l’original, « est ornée de vignettes coloriées, lin tête figure une dame richement vêtue à la manière du temps pour tenir lieu du mot madame; à la fin, pour remplacer celui de serviteur, on voit un beau monsieur faisant une profonde révérence. »
- » Pour les lettres privées comme pour les actes officiels, les formules de rédaction sont terminées par l’étiquette et observées avec rigueur.
- » L’emploi des enveloppes est encore très restreint. La lettre, une fois pliée, est entourée d’un fil de soie, dont les deux bouts sont réunis par un cachet de cire.
- » Tous ces usages commencent à se modifier vers îG^o. Le format du papier diminue. La fermeture en fil de soie devient moins commune, et le cachet s’applique alors sur le repli du papier. La mode des enveloppes se généralise, mais l’enveloppe n’est encore qu’une feuille de papier blanc, dans laquelle on renferme sa missive en répétant une seconde fois l’adresse. Antoine de Courtin écrivait en 1672 : « Il est bon aussi de savoir que, pour plus de respect, on met la lettre dans une enveloppe, sur laquelle on écrit le dessus (l’adresse). Et pour les dames, on cachète les lettres avec de la soie; si ce n’est que
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- On ne saurait mieux dire que lui, d’autant qu'il s’appuie sur des documents certains. J’ajoute qu’on consultera également avec fruit la collection de la revue Le Vieux Papier, laquelle abonde en études sur les papiers à lettres, sous leurs formes multiples.
- Papiers à lettres, civils ou militaires, privés ou officiels, dont on ne s’était occupé, autrefois, qu’au seul point de vue des en-têtes gravés — lorsque ces en-têtes, richement ornementés, devinrent, sous la Révolution, un des côtés de l’art — qui eurent les honneurs de l’Exposition rétrospective du Livre et du Papier, organisée par mes soins en i8g3, qui eurent une place dans mon volume : Vieux Papiers, Vieilles Images, et dont les premiers collectionneurs, dans un esprit de méthode nettement défini, furent Paul Dablin et Paul Beurcleley.
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- * *
- J’ai parlé, plus haut, des portefeuilles de fantaisie, en velours ou en soie, qui, au dix-neuvième siècle, devaient devenir d’un usage assez général pour les femmes. Les deux spécimens suivants, notés par VIntermédiaire des Chercheurs et Curieux, fixeront de façon plus précise sur le genre et les particularités de ces objets :
- (( DEUX PORTEFEUILLES DE DAMES ».
- « Le premier est en velours bleu avec coins en cuivre : une guirlande de fleurs en écailles de petits poissons sur le plat, et les initiales J. L. brodées en fil d’or; il est doublé de satin blanc et a été conservé avec amour depuis le jour où il a été offert en 1828.
- » A la première page, le mari galant a écrit ceci :
- » Envoi.
- » Présent discret de mes amours,
- Que ton sort est digne d’envie !
- Tu vas passer tes plus beaux jours Où je voudrais passer ma vie!
- Son sein palpitera sur toi,
- Il te confiera ses pensées ;
- Sois discret et ne dis qu’à moi Celles qu’amour aura tracées.
- » Puis, à l’imitation des livres de raison du moyen âge et des bibles protestantes, l’épouse a inscrit les dates intéressant l’histoire de la famille, de 1828 à 1848.
- pour marque d’un plus grand respect, on peut mettre la lettre déjà cachetée de soye dans une enveloppe, sur laquelle on met encore le dessus. »
- » Dès 1715, les lettres présentent à peu près le même aspect qu’aujourd'hui. L’étiquette pourtant reste encore impérieuse.
- » Je ne sais si les lettres d’amour avaient alors un nom spécial, mais à la fin du seizième siècle, et même au commencement du dix-septième siècle, on les appelait des chapons. Dès 1604, elles étaient devenues des ponlels, expression encore usitée aujourd’hui. Son origine a donné naissance à une foule de conjectures saugrenues. La moins déraisonnable nous est fournie par Le Duchat : « On nomme ainsi les billets d’amour, dit-il, parce que les premiers furent pliés en forme de poulets, à la manière dont les oiiiciers de bouche plient les serviettes, auxquelles ils savent donner différentes figures d’animaux. » — (« On y faisoit,dit Furetière, deux pointes qui représentoient les ailes d’un poulet »). L’Isabelle, de l’Ecole des Maris, l’entendait bien de cette manière, lorsqu’elle raconte à Sganarelle qu’un jeune homme
- ... a, droit dans sa chambre, une boite jetée Qui renferme une lettre en poulet cachetée. »
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- » Le second est en argent doré et doublé de moire blanche ; fait pour une actrice de ce temps, vers i83o, il a sur les plats deux miniatures émaux sur cuivre, purs chefs-d’œuvre.
- » Le plat de dessus représente les trois grâces assises sur des nuages mêlés de guirlandes de roses. Au-dessus du groupe deux amours planent, et, au-dessus d’eux, un nœud de rubans roses avec guirlande de roses pendante.
- » Le plat de dessous représente, sur des nuages, deux tourterelles se becquetant, te au-dessous, immédiatement, sont enlacés un cœur et des attributs mythologiques. »
- Documents bibliographiques et autres se rapportant au commerce du Papetier-Marchand.
- I. — Documents officiels. (Statuts. Ordonnances. Règlements.)
- — Statuts des Maîtres et Marchands-Papetiers de Paris (1099-1723). Imprimé à la diligence et par les soins de François Lucas et Claude Gaurnel, Jurés et Gardes, en charge. 1742. In-4-
- — Guide des Corps des Marchands et des Communautés des Arts et Métiers tant de la Ville et Fauxhourg de Paris que du Royaume. A Paris, chez la Veuve Duchesne.
- [Voir, page 20, le titre complet de cette sorte d’annuaire pour l’année 1766.j
- — Ordonnance du Roy Louis XIV, servans de statuts et règlemens, accordés en faveur de la Communauté des Jurez et Gardes, Anciens et Maîtres Marchands Papetiers et Collcui'S de feuilles et feuillets, de toutes sortes de forces et grandeurs, travaillans en cuves, Faiseurs d’étuits à chapeaux, Boîtes de cartes, et toutes sortes de Portefeüilles, Colleurs de papier sur châssis, et autres généralement quelconques de la Ville, Faux-Bourgs, Banlieue, Prevosté et Vicomté de Paris, en l’année mil six cens cinquante-neuf. A Paris, M.DC.LXXVIII. Imprimé à la diligence de Charles Poiret et Jacques Lespicier, à présent Jurez et Gardes, en charge. In-8.
- « Fait partie du Recueil d’Edits, Ordonnances et Règlements » appartenant à la Bibliothèque Nationale, sous le titre de : Recueil de Pièces Fugitives concernant la Police B. N., F. 2io25[.
- — Statuts, Ordonnances, Règlemens du Corps des Marchands, Merciers, Grossiers, Joüailliers de cette Ville de Paris, Accordez par les Rois Charles VI, Charles IX, Henry IV, Louis XIII et Louis XIV, Imprimez de nouveau par l’Ordre des Sieurs Michel Judde, Grand Garde, Philippe Lefort, Louis Le Roy, Deféteuil, Philippe Le Gras, Antoine Dejean, Jean François Bouquet, Henry Millon, Gardes, en charge, avec plusieurs Arrests rendus en conséquence desdits Statuts et Ordonnances. Paris, de l’Imprimerie de la Veuve Garnier, rue Galande. 1727. In-4- — [B. N., F. 13096.]
- — Recueil d’Ordonnances, Statuts et Règlemens concernant le Corps de la Mercerie. Avec deux tables, l’une par ordre de date, contennant le Titre des Pièces
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- DOCUMENTS ET NOTICES
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- et le Sommaire de leurs principales dispositions, l’autre des Matières, par ordre alphabétique. A Paris, chez J. Chardon, Imprimeur-libraire, rue Galande, 1702. In~4.
- Ce recueil fait partie du Recueil de Pièces Fugitives concernant la Police (Tome XV, 1754, B. N., F. 2io36) et contient les deux arrêts suivants relatifs aux Papetiers-Colleurs ;
- 1° Extrait d'un Arrêt du Parlement qui confirme une sentence du i3 février 1686 portant main-levée de papiers et cartons saisis sur des Merciers par les Papetiers Colleurs.
- 2° Extrait d’un Arrêt du Parlement du 31 mars 1699 contre les Papetiers-Colleurs, qui permet aux Merciers de se servir d’un marteau, d’une pierre, d’une presse et autres outils, pour parer leur papier.
- — Règlement des Papetiers-Colleurs. Paris, 1753.
- [Pièce faisant partie de la collection Anisson.]
- — Réponse pour le Sieur Rasset, Graveur et Marchand-Mercier, contre les sieurs Esnauts et Rapillv, Marchands-étaleurs d’Estampes. Paris, lmp. Valade, 1779. In-4-
- Publié à l’occasion d’un procès fait par Esnauts et Rapilly à Basset, qu’ils accusaient d’avoir copié les planches de la Gallerie des Modes et Costumes François, publiée par eux.
- Ce factum a figuré au Bulletin de la librairie D. Morgand (avril 1908, p. i36) et était coté 5oo francs.
- — Recueil de Règlemens pour les Corps et Communautés cl’Arts et Métiers, commençant au mois de février 1776. Paris, 1779. In-4-
- Ce recueil, fort rare, contient toutes les pièces officielles concernant les corporations de nouvelle création, je veux dire celles créées en vertu de l’édit d’août de 1776(1) « portant nouvelles créations de six corps de marchands et de quarante-quatre communautés d’arts et métiers ». Cet Edit réunit les relieurs aux papetiers-colleurs et en meubles, les attributions de la communauté comprenant, outre la reliure, « le commerce de tout ce qui sert à l’écriture et au dessin, en concurrence avec le mercier; plus la peinture et le vernis des papiers, en concurrence avec le peintre. »
- De cette fusion devait naturellement résulter ceci que nombre de relieurs joignirent à leur état le commerce de la papeterie et des fournitures de bureau.
- Pièces officielles provenant de la collection Anisson.
- Voici toute une série de pièces imprimées et manuscrites provenant de cette célèbre collection, la plus précieuse qui soit en matière d’imprimerie, librairie, papeterie, et dont le catalogue a été publié par M. Ernest Covecque, sous le titre de : Inventaire de la Collection Anisson sur l’Histoire de VImprimerie et la Librairie, principalement à Paris (Manuscrits français, 22061-22193), 2 vol. Paris, Ernest Leroux, éditeur, 1900 [B. N., 4° Q- 869].
- Ces pièces, — arrêts, sentences, commissions, règlements, mémoires, — sont toutes relatives aux marchands merciers-papetiers, dominotiers ou relieurs, et nous permettent de pénétrer plus avant dans la vie intime de leur corporation.
- (1) Cet édit fut, on le sait, la réponse de Louis XVI à la tentative de Turgot, c'est-à-dire à l’édit portant suppression des Jurandes et des Communautés de Commerce et d’Arts et Métiers ()2 mars 1776),
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- — Arrêt du Parlement qui contient règlement touchant la fabrique et le commerce du papier (18 mars 1538), 16 f. [22119-3].
- — Arrêt du Parlement fixant les impressions permises aux dominotiers (18 juillet 1600).
- — Arrêt du Parlement qui, pour obvier aux mauvais principes et à la négligence des maîtres en l’art d’écrire, porte que des alphabets faits de son ordonnance seront gravés et imprimés pour servir de modèles d’écriture, et qui fait deffenses d’enseigner autres formes de caractères et d’écriture (20 février i633) [22119-14].
- — Commission obtenue par les Papetiers Jurez.
- Etienne Bourdon, papetier, se transportera dans tous les endroits de Paris où se trouve de la marchandise de papeterie, et adressera un rapport à la Prévôté de Paris (4 novembre i634). Placard [22119-15).
- — Sentence [du Lieutenant civil] contre les nuditez, et pour la visite de tous les mois (19 décembre 1639), [22119-16].
- Il s’agit, ici, des estampes considérées comme attentatoires à la morale et qui se trouvaient en vente chez les marchands d’estampes et papetiers.
- — Sentence rendue par M. le Prévost de Paris... par laquelle on void la nécessité qu’il y a que les papetiers ayent des marques particulières pour connoistre s’ils ont vendu les papiers qui se trouvent défectueux (8 novembre 1641). 3 p. [22119-17].
- — Sentence du Lieutenant civil portant défense à tous imagiers de faire et débiter des images ayant plus de six lignes d’impression, ou dont la légende passeroit au revers de la figure (12 octobre 1600).
- — De par le Roi... Sentence de police qui... déclare bonne et valable la saisie faite sur le sieur Hérisset, marchand-mercier-papetier, d’une presse de taille-douce (11 septembre 1761). Placard.
- — Arrêt du Parlement maintenant les marchands-papetiers dans le droit d’avoir les outils nécessaires à la reliure des Registres (17 mars 1717), 4 f* [22118-33).
- — Arrcst... de Parlement portant règlement entre la Communauté des Maistrcs relieurs-doreurs.... et la Communauté des Maistres papetiers-colleurs travaillais en cuves, appelés vulgairement cartonniers (20 mars 1702). Paris, Antoine Chrétien, imp. lib. [22il8-38].
- — De par le Roi, Règlement concernant la contre f action des papiers peints et tontisses dans la Communauté des Maîtres relieurs, papetiers-colleurs en meubles (6 juillet-11 septembre 1778). Paris, D’Houry, 8 p. [22177-1 82].
- — Mémoire pour les Maistrcs et Gardes de la Communauté des Maistrcs relieurs et doreurs de livres... contre les marchands papetiers-colleurs... qui prétendoient avoir le droit de faire des registres de papier blanc ou manuscrits. Signé : Rousselet, avocat, 4 p- [22118-23].
- — Sentence du Prévost de Paris par laquelle les papetiers de l’Université ont fait condamner les marchands-libraires, imprimeurs et marchands-papetiers, de souffrir la visite des papiers qu’ils feront venir, de laquelle les syndics et adjoints d’alors se portèrent pour appellants (4 septembre 1627b Placard [22081-16].
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- DOCUMENTS ET NOTICES
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- — Jugement souverain de police de la Prévôté de VHôtel... qui décharge Jacques Blainvillain, dit Leblanc, papetier-colleur privilègié suivant la Cour, de l'amende de trente livres contre luv prononcée par M. le Lieutenant de Police du Châtelet, de Paris, pour n'avoir pas accepté la commission d'allumer les chandelles des lanternes de son quartier (Paris, 1er septembre 172a).
- — Des Maîtres experts et jurés écrivains de la Ville de Paris, leurs statuts et règlemens, des privilèges qu’ils ont de tenir des écoles d’écriture, d’orthographe, d’arithmétique, tant au get qu’à la plume et de tout ce qui regarde cette profession (1570-1672).
- — Recueil chronologique des Lettres patentes, Edits, Déclarations, Arrêts du Conseil sur la Librairie et Imprimerie de Paris depuis 1270 jusqu’à 1777, par Guillaume-Claude Saugrain, libraire.
- IL — Annuaires anciens, dictionnaires et recueils techniques a consulter.
- — Almanach Général des Marchands, Négocians et Commcrçans de la France et de l’Europe. Paris, 1772. In-8.
- — Tablettes Roy aies de Renommée, ou de Correspondance et d’indication générale des principales Fabriques, Manufactures et Maisons de commerce de pelleterie, chapellerie, ganterie, parfumerie, librairie, papeterie, de Paris et autres villes du Royaume et des pays étrangers, avec une notice des motifs qui les ont rendus recommandables, par une Société de commis-voyageurs et d’amateurs du commerce et des arts. Paris, 1788. In-8.
- — Almanach Dauphin, ou Tablettes Royales de Correspondance et d’Indication générale des principales Fabriques, Manufactures et Maisons de Commerce de Paris, autres villes du royaume et des pays étrangers. Avec une notice des motifs qui rendent ces maisons recommandables. Paris, 178g. In-8.
- — Dictionnaire Universel du Commerce, d’Histoire naturelle et des Arts et Métiers contenant tout ce qui concerne le commerce qui se fait dans les quatre parties du monde, contenant le détail du commerce de la France, etc. Ouvrage posthume du sieur Jacques Savary des Bruslons, Inspecteur général des Manufactures pour le Roy, à la Douane de Paris, continué et donné au Public, par Philémon-Louis Savary. A Copenhague, chez les Frères Philibert, 1709. 4 vol. in-folio.
- — Notices des dix premières années (1768-1777) de l’Almanach sous Verre des Associés, rue du Petit-Pont, à Paris, contenant les Découvertes, Inventions ou Expériences nouvellement faites dans les Sciences, les Arts, les Métiers, l’Industrie, etc. Paris. In~4.
- De 1768 à 1797 cette publication, curieuse entre toutes, contient 878 colonnes.
- — Dictionnaire raisonné, universel, des Arts et Métiers, contenant l’histoire, la description, la police des fabriques et manufactures de France et des pays étrangers, parl’abbé Joubert,de l’Académie Royale des Sciences, de Bordeaux. Paris, 1770. In-8.
- — Description des Arts et Métiers, faites ou approuvées par Messieurs de l’Académie Royale, avec figures en taille-douce.... Nouvelle édition, publiée avec des observations, et augmentée de tout ce qui a été écrit de mieux sur ces matières, en Allemagne, en Angleterre, en Suisse, en Italie, par Jean-Elie Bertrand, professeur en
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Belles-Lettres à Neuchâtel, membre de l’Académie des Sciences, de Munich, et de la Société des Curieux de la nature, de Berlin. — Neuchâtel, 1771-1783. 19 volumes in-4- [B. N., Y. 10901-10919.]
- III. — Quelques ouvrages techniques.
- Il existe une Bibliographie de la Papeterie, par M. Charles Dumercy, juge-suppléant au Tribunal d’Anvers (Bruxelles, 1888); il n’existe pas, et pour cause, de « Bibliographie du Papetier-Marchand ». Je me contente, donc, de mentionner les quelques ouvrages qui peuvent avoir un intérêt quelconque pour ce dernier, en dehors des Annuaires et Répertoires trop connus pour être analysés ici.
- — Du Commerce du papier en général et des Marchands-papetiers de la ville de Paris en particulier (1697).
- — Papier. Notice, par Desnos, le célèbre marchand-papetier, éditeur d’almanachs, du dix-huitième siècle. (Paris, 1777). In-24.
- — Manuel du Marchand Papetier. Dans la préparation des Plumes à écrire, des Encres Noires, de Couleurs, de la Chine, de celles propres à marquer le linge, etc. ; des Cires et Pains à cacheter, des Colles à bouche et autres ; des Crayons, de la Sandaraque, des Sables de couleur, du Papier glacé et des différents Papiers à calquer; des Papiers glacés, huilés, à dérouiller, suivi d’un Tableau de tous les formats de papier, avec leurs mesures. Paris, Audot, éditeur, 1828. In-18.
- — Art de la réglure des registres et papiers de musique, suivi de l’Art de relier les registres, par Méguin. Bruxelles-Paris, Audot. 1828. In-18.
- — Nouveau Manuel complet du Fabricant de Papiers de Fantaisie. Papiers marbrés, unis, piqués, jaspés, bois, granits, satinés, maroquinés, gaufrés, moirés, dorés, argentés. De la jieau d’âne factice, papiers métalliques, impressions à la congrève, etc., par M. Fichtenberg. Ouvrage orné de modèles de papiers. Paris, à la Librairie encyclopédique Roret, 1862. In-18.
- — Nouveau Manuel complet du Marchand Papetier et du Régleur. Contenant la connaissance des Papiers divers; la fabrication des crayons naturels et factices, gris noirs et colorés; celle des Encres à écrire ordinaires et indelibiles... des Encres de couleur et de sympathie ; la Préparation des Plumes, des Pains et de la Cire à cacheter, de la Colle à bouche, des Sables, etc., par MM. Julia de Fontenelle et
- P. Poisson.... Nouvelle édition entièrement refondue et ornée de Figures. Paris, à
- la Librairie encyclopédique Roret, i853. In-18.
- La collection des Manuels Roret contient également un Manuel sur la Fabrication des Etoffes et Papiers peints, précieux pour les papiers destinés à l’ameublement.
- — Histoire d’une feuille de papier, par Jules Pizzetta. Paris, Rrunet, 1868.I11-12.
- Ouvrage de vulgarisation faisant partie d’une Bibliothèque de la Science Pittoresque.
- — La grande industrie sous le règne de Louis XIV (plus particulièrement de 1660 à 1710), par Germain Martin, ancien élève de l’Ecole des Hautes Etudes. Paris, Librairie A. Rousseau, 1899. In-8. '
- IV. — Articles de Revles ou Collections.
- 1. — Bibliographie des Billets mortuaires.
- Voir Bulletin de la Société Le Vieux Papier, 1er mai 1907. «Ouvrages imprimés.
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- DOCUMENTS ET NOTICES
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- Collections publiques et privées ». Article de M. Lucien Raulet, pages 190-201.
- Voir: Annuaire du Conseil héraldique de France, publié par le vicomte Oscar de Poli. Année 1897 : 34o billets d’enterrement et faire-part de décès.
- 2. — Bibliographie des Billets de Naissance et de Mariage.
- Voir : Annuaire du Conseil héraldique de France. Année 1904 : 365 billets de visite, de mariage, de naissance.
- Voir : Inventaire de la collection Aniéson. « Billets de Mariage et d’Enterrement de Lbraires et Imprimeurs (1762-1788) ».
- Facéties. — Pièces de fantaisie.
- Restif de La Bretonne, toujours si précieux à consulter quand il s’agit des particularités de la vie et des métiers, parle à plusieurs reprises, dans Monsieur Nicolas, des chansons et complaintes des apprentis ou apprentif’s, jiour employer l’orthographe de l’époque. Choses d’autrefois pleines de saveur que le regretté bibliothécaire du Conservatoire, Weckerlin, se plaisait à recueillir, mais qui, malheureusement, se font de plus en plus rares.
- Or, au cours de mes recherches, à la Bibliothèque Nationale, j’ai eu la bonne fortune de mettre la main sur un volume qui, quoique plusieurs fois édité au cours du dix-huitième siècle, n’en est pas moins d’une extrême rareté. Ce volume, ce sont Les Misères de ce Monde, ou Complaintes Facétieuses sur les Apprentissages de différais Aids et Métiers de la Ville et Fauxbourgs de Paris, précédées clc VHistoire du Bonhomme Misère (1).
- Or, si l’Histoire du Bonhomme Misère, répandue à foison par toutes les officines de colportage, est un bouquin sans intérêt; il n’en est pas de même des complaintes, d’autant que l’un de ces poèmes est en entier, de notre ressort, puisqu’il vise les apprentis papetiers-colleurs. C’est pourquoi je le reproduis, ici, dans ses parties les plus essentielles, pour la plus grande joie, sans doute, de nos modernes papetiers et commis-papetiers qui, eux, ne connurent jamais ces « misères ».
- Sur ce, je laisse la parole à notre poète, quoique son vers manque assez souvent de maîtrise. Après tout, n’oublions pas que c’était là poésie pour apprentif.
- LA MISÈRE DES APPRENTIES PAPETIERS-COLLEURS, RELIEURS ET DOREURS DE LIVRES. (PoÈ.ME)
- Pour chanter dignement une double Misère,
- Et remplir avec soin cette illustre carrière, Lecteur, je n’ai point pris un Héros glorieux, Niais un simple Relieur, honnête et malheureux.
- Martin Collant, mon père, étoit un for j brave homme, Peut-être en parle-t-on à cette heure dans Rome. Quoiqu’il aimât le vin, et qu’on le crût bavard, Bazanne, sa moitié, fut sage à tout hasard.
- C’étoit pour moi des gens d’une grande nature ;
- (1) A Londres, et se trouve à Paris, chez Cailleau, lmp. Libraire, rue Gallande, M.DCC.LXXXIII. [IL À\, Ye 12.098.]
- En ce très curieux et rarissime ouvrage qui n’a, je crois, dans l'espace de trente ans, figuré qu'une fois dans des ventes, se trouvent également: La Misère des Clers de procureur ; La Misère des Garçons chirurgiens; La Patiente Complainte d'un clerc de procureur sur son misérable apprentissage ; La Misère des Apprentis Imprimeurs ; La Misère des Garçons boulangers ; l’Etat de servitude ou la Misère des Domestiques.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Selon eux, j’efi'açois la plus belle peinture. (Oui, le fils de Vénus, ce dangereux enfant, N’avoit rien de si beau que le Petit Collant.)
- Bref, à dix ans passés, devenu moins volage,
- Il fallut d’un Métier faire l’apprentissage.
- Un jour, il m’en souvient, jour au logis fété,
- Mon bouquet à mon père humblement présenté,
- Je l’attendris si-bien que, me connoissant sage,
- Il me tint, en pleurant, à-peu-près ce langage :
- « Depuis trois ans, mon fils, je cherche à vous pour-
- [voir,
- » Je ne sçaurois chez moi plus long-tems vous avoir. » Mon malheur, en croissant, fait accroître mes
- [peines,
- » Et ma misère rend mes entreprises vaines.
- » Du barbare Destin devenu le Forçat,
- » J’ai tâché sans succès de changer mon Etat.
- » Relieur sans qualité, privé de la Maîtrise (1),
- » Mal payé, mal vêtu, nourri de pâté bise,
- » J’éprouve en languissant un sort si rigoureux,
- » Qu’il n’est point de mortel enfin plus malheureux. » Voilà quelle est, mon fils, ma triste destinée,
- » Sur vous seul maintenant ma pensée est tournée. » Plût au Ciel qu’affranchi de trop cruelles loix,
- » Je pusse d’un Métier vous procurer le choix 1 » Mais non, né comme moi, dans un dur exercice,
- » Nous devons contenter la divine justice.
- » Tout votre amour pour moi dont je vois la gran-
- [deur,
- » Trouve sa récompense à l’instant dans mon cœur.
- » Votre Profession sera donc la Reliure,
- » Elle décore autant que la Magistrature.
- » Pour votre apprentissage on veut quatre cent
- [francs,
- » J’ai pi’oposé, mon fils, six ans de votre tems,
- » Et je dois aujourd’hui conclure cette affaire » Avec Tr anche filard, sur le mont Saint-Hilaire.
- » Çà, poudrez vos cheveux, lavez-vous en cette eau ; » Quittez votre bonnet, prenez votre chapeau,
- » Décrassez-vous la face ; allons, levez la tête,
- » Suivez-moi, mais sur-tout soyez civil, honnête. » Nous sortîmes ensemble, et par un chemin sur, Nous vînmes au logis de mon Maître futur.
- Ah! quel homme c’étoit ! quelle étrange figure !
- Il étoit fait, je crois, pour narguer la nature. Quatre pieds moins un pouce en formaient la hauteur,
- Puis deux pieds et demi composaient sa grosseur. Il avoit la poitrine et l’estomac en pente,
- Et le dos surmonté d’une bosse charmante.
- Son col était épais, court, noirâtre et veineux ;
- Son menton large et plat, d’un poil roux et crasseux ; Sa bouche ressembloit à la plus noire forge,
- Et ses quatre ou cinq dents à du bon sucre d’orge. Enfin ses petits yeux ornés d’un beau corail,
- Son front gras et ridé, son nez en gousse d’ail,
- Et ses cheveux châtains achevaient l’appanage D’un homme sans pareil, d’un rare personnage. Dès qu’il nous apperçut, il s’avança vers nous.
- . « Bon jour, Maître Martin, comment vous portez-
- [vous?
- » Est-ce là, lui dit-il, votre progéniture ?
- » Elle est, pour un Garçon, d’assez belle figure.
- » J’avais un Apprentif aussi bien fait que lui;
- » Son visage est le sien, jambes torses aussi;
- » Ma femme le voyant va confondre, je jure,
- » Ses traits avec les traits du pauvre la Rognure.
- » Sçait-il bien lire, écrire ; il est sans doute instruit ? » Parlez, Martin, parlez : qui vous rend interdit?
- » Allons, s’il ne sçait rien, il apprendra peut-être ;
- » Sa bonne volonté lui servira de Maître.
- » Là, là, consolez-vous, je vais le recevoir,
- » Pourvu qu’en bon enfant il fasse son devoir.
- » Avance ici, Collant, je suis bon et sincère,
- » Désormais je vais être et ton Maître et ton père : » Tu peux être assuré que partes actions » Tu recevras ici prix ou punitions.
- » Voici ce que je veux : d’abord obéissance,
- » Respect pour la Bourgeoise et point de pétulance, » Point de paresse; enfin, être laborieux,
- » Docile, affable, honnête et point contentieux;
- » Soumis aux Compagnons, les servir sans réplique, » Te lever le premier pour ouvrir la boutique,
- » Ne point perdre le tems dans la rue à jaser,
- » Revenir au logis au lieu de t’amuser ;
- » Voilà pour le dehors ce que je veux qu’on fasse,
- » Si tu romps ce Traité, n’espère point de grâce.
- » Quant à l’instruction de tout l’intérieur,
- » Ce sera pour nous deux le commun point d’honneur. » Allons, Maître Martin, on ne fait point d’affaire » Sans boire au Cabaret. Suivez-moi, mon compère. » Nous allâmes ensuite au petit Broc du coin,
- Où d’appaiser sa soif mon Maître eut un grand soin.
- Revenus au logis, ma mère fut charmée Que l’affaire si bien eût été consommée.
- Aussi le lendemain, après avoir dîné,
- A mon Maître futur je fus enfin donné.
- C’est ici, cher Lecteur, que commencent mes
- [peines,
- Mes tourmens, mes douleurs, mon martyre et mes
- [chaînes.
- Dès que je fus reçu dans mon nouveau domaine, Je compris aussi-tôt ma misère et ma peine.
- A l’aspect des débris d’un dîner dégoûtant,
- Servi sur un torchon de graisse tout gluant,
- Je m’écriai, saisi d’une humeur sombre et noire ; Sans doute qu’on relie en ce lieu le Grimoire. Mais sans qu’on me laissât réfléchir plus long-tems, La Maîtresse qui sait profiter des momens,
- Voulant faire l’essai de mon obéissance,
- Fit une épreuve aussi de mon expérience.
- « Allons-donc, mon ami, faut-il être si neuf,
- » Vous êtes immobile et planté comme un œuf.
- » On vous prendroit, ma foi, pour un Jean de Nivelle: » Démêlez promptement ce paquet de ficelle,
- « Ou, pour vous dégourdir, allez chez le Mercier » M’acheter des signets ; puis deux mains de papier » A quatre pas d’ici ; pour mieux trouver le gîte,
- » Remarquez la maison, et revenez bien vite. »
- Ma commission faite, au logis de retour,
- De rechef on m’envoye en Ville faire un tour.
- « Alerte, holà, Collant, me dit un Alouette (2),
- (1) Il paroît que Martin Collant n’était pas fils de Maître, car il n’y a que ceux-là, seuls, qui peuvent être promus à la Maîtrise de Relieur. Depuis la dernière Ordonnance du Commerce, en 1777, est Relieur qui veut, même sans faire apprentissage..
- (2) Terme usité parmi les Relieurs, pour exprimer un Compagnon qui n’est, pas fils de Maître.
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- DOCUMENTS ET NOTICES
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- » Va me chercher du vin pour faire la trempette.
- » Prends pour moi, dit un autre, aussi demi-septier, » Et pour un sou de noix chez le premier Fruitier.
- » Mais tu n’oublieras pas pour deux sols de fromage, (Dit mon Maître à son tour en laissant là l’ouvrage,) » Je me sens prcsqu’entrain de faire un petit coup, » Tu me prendras chopine ici près, à ce chou.
- » Il me faut de l'argent, dis-je, pour ces emplettes, » Sinon vous me verrez revenir les mains nettes.
- » Va, va, reprit-on, dis que c’est Tranchefilard » Qui promet de payer dans trois jours au plus l ard. Mais je courus en vain, l’intraitable Fruitière Avoit reçu le mot de la Cabaretière.
- » Qu’il pave ce qu’il doit, s’écria-t-on d’abord,
- » Autrement pour toujours chez nous Crédit est
- [mort;
- « Décampe promptement, va, fuis, Jatte à la Colle,
- » Et ne reviens jamais nous porter la parole. » Quelle honte, bon Dieu, reçus-je en ce moment, Et que je fus choqué d’un pareil traitement !
- Ma peine en arrivant parut sur mon visage,
- Et nul ne fut touché de mon triste message,
- Bref, personne ne but; et le jour finissant,
- Je fermai la boutique encore en gémissant;
- Mais pensant qu’on allait bientôt se mettre à table, Je me représentois un repas agréable,
- Lorsqu’on me fit quitter mon paisible escabeau, Pour m’envoyer au puits tirer quatre seaux d’eau. La faim me tourmentoit, et j’étais si débile,
- Que je doutai d’abord si je serois docile.
- Je le fis cependant ; mais à mon dernier seau,
- Je tombai de fatigue à terre comme un veau. Quoiqu’on s’apperçût bien que j’étais hors d’haleine, Personne n’arriva pour alléger ma peine.
- Il fallut, pour combler la dose de mes maux,
- Que je courusse encore acheter deux fagots.
- La Maîtresse parut enfin à la cuisine,
- Et sans s'embarrasser de mon humeur chagrine, M’ordonna sur-le-champ de battre le fusil,
- De mettre le trépié. de nétoyer le gril.
- Je fis plus, et je mis sur le feu le potage,
- J’épluchai les poireaux, les navets et l’herbage;
- Et grâce à mon soufflet, comme à mon appétit, Nous fûmes en état de souper à minuit.
- Le travail cesse donc, puis en moins d’un quart-
- [d’heure,
- Soupe et harengs mangés, aucun mets ne demeure ; Chacun quitte la table et veut s’aller coucher. J’attends que l’on m’apprenne où je dois me nicher : Enfin, du bout du doigt, on me montre, on m’indique Une vieille soupente au haut de la boutique.
- Voila, pour y monter, une échelle, dit-on.
- « Bon soir, Monsieur, repris-je ». Allez, dormez,
- [c’est bon.
- Je grimpai tristement à ce cachot funeste,
- Où je fus accueilli d’une vapeur de peste.
- J’étois là sans lumière, au haut des échelons, Cherchant et recherchant mon grabat à tâtons,
- Je n’y pus pénétrer que l’échine courbée,
- Et les genoux pliés et la tête baissée.
- Est-ce ici, m’écriai-je, un soupirail d’Enfer,
- Ou le sale privé du méchant Lucifer?
- Sur quoi vais-je coucher? Quelle nouvelle peine! Ah! je sens : c’est un lit fait de paille d’avoine; Encore chez mon père avois-je un matelas,
- Une honnête couchette, une paire de draps.
- Il ne tint presque à rien que pour chercher plus
- [d’aise,
- Je n'allasse coucher au fond du Porte-Presse (l). Mais dans ce lit à peine étendu pour dormir,
- Je sens mille souris qui viennent m’assaillir.
- Sur mes membres rompus les puces acharnées,
- Se saoulent de mon sang en bêtes affamées.
- Je me lève en fureur, et sans ménagement Je m’écorche tout vif, par-tout, en un moment. Enfin je m’endormis, mais à mon premier somme, Un Lutin déchaîné (ce ne peut être un homme,) Vint frapper à la porte impitoyablement,
- Me criant de descendre et d’ouvrir promptement. C’était un ouvrier de triste diligence,
- A qui, les yeux fermés, je fis la révérence.
- Songe, l’ami, dit-il, d’être plus matinal.
- « (Et vous, disois-je bas, d’être un peu moins brutal.)» J’allois dans ma soupente achever ma toilette, Quand je fus appelé par la jeune Brochette, Ouvrière gentille et d’assez belle humeur,
- Que mon Maître occupait par santé, par honneur.
- « Comment vous portez-vous,aujourd’hui, me dit-elle, » Avez-vous bien dormi? Voyons, quelle nouvelle?
- » Vous plaisez-vous ici? Non... Vous êtes rêveur?
- » Etes-vous donc fâché qu’on vous fasse Relieur?
- » Allez, consolez-vous, et prenez patience,
- » Un état plus heureux est votre récompense.
- » A mes avis je crois que vous déférerez,
- » Et que jamais ici vous ne murmurerez. »
- Je fus très-satisfait.de cette politesse,
- J’y répondis du mieux que permit ma jeunesse.
- Oui, je rends grâce à Dieu de nous avoir unis,
- Et si nous nous aimons, c’est qu’il nous a bénis.
- Finissons notre Histoire.......
- J’entendois volontiers chanter ces kirielles :
- <c Rabaisse les cartons, épointe les ficelles,
- » Vite, endosse ce livre (2), et colle des paquets (3), » Va les faire sécher, arrange donc les ais ;
- » Collant, dresse les nerfs (4), mets de la colle-forte, » Rogne,fais la goutière (5), ouvre, ferme la porte;
- » Allons, il faut jasper (6), il faut couper les coins, » A frapper les cartons n’épargne pas tes soins.
- » Couvre ensuite le livre, et qu’on le défouette (7), » Marbre la couverture, et qu’elle soit bien nette (8) : » Bas promptement les plats (9), va-t’en chez le Doreur ; » Allons, dégage-toi, montre de la vigueur. »
- Mon maître étoit content, et sa femme peut-être : Au reste je n’ai pu jamais bien le connoître;
- Et si Tranchefilard m’a donné quelques coups,
- (1) Espèce de coffre dans lequel tombent les rognures.
- (2) Le mettre en presse entre deux ais.
- (3) C’est coller des petits morceaux de parchemin sur le dos du livre.
- (4) Les éminences qui sont sur le dos du livre.
- (5) C’est donner la figure d’une gouttière à la tranche.
- (fi) Mettre la tranche en couleur.
- (7) Oter les ficelles du livre en le retirant d’entre les ais.
- (8) Jetter du noir ou du rouge sur la couverture.
- (9) Battre la peau et le carton ensemble.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- J’en suis très-redevable à son vieux Loup-garoux.
- Il s’agissait un jour d'aller faire un message; C’étoit pour transporter une somme d’ouvrage.
- Il fallut m’affubler d’un vieux tablier gras,
- Et bâté comme un âne, on assigne mes pas, D’abord chez un Doreur, de là chez un Libraire, Où j’arrive aussi las qu’un forçat de Galère.
- Là, mes livres posés, j’en reprends de nouveaux,
- Et deux fois plus chargé par ces cruels Bourreaux, Je gagne en chancelant le logis de mon Maître,
- Qui me gronde en jurant dès qu’il me voit paraître. « D’où vient ce coquin-là? Voyez quelle heure il est?
- » Depuis qu’on ne t’a vu, réponds-moi, qu’as-tu fait? » Je gage, (dit la femme épousant la querelle,)
- » Qu’il quitte dans l'instant le jeu de la marelle.
- » Ou qu’il vient de jouer tout son saoûl aux noyaux. » Eh 1 mais vraiment, croit-il que nous soyons des
- [sots ? »
- Mon Maître, à ce discours, poussé par sa Mégère, N’écoute point ma voix ; mais suivant sa colère,
- De trois coups d’une peau me terrasse à ses pieds : (J’en ai jambes et bras encore estropiés).
- Puis s’armant d’un paquet de cordes meurtrières, Découpe sur mon corps plus de trente lanières. L’expédition faite, accablé, sans vigueur,
- Je me mets à l’ouvrage avec peu de ferveur.
- Et maudissant cent fois livres, cartons, rognures, Je les envoyé au Diable avec leurs garnitures.
- Qu’un Apprentif Relieur est un enfant à plaindre ! Hélas ! pourquoi le sort a-t-il pu me contraindre D’embrasser cet état? Cessons de murmurer, Brochette me l’ordonne, il faut y demeurer.
- Enfin, mon tems finit. Devenu Compagnon,
- Je remerciai le Ciel de ma Profession.
- Je sentis de l’amour pour l’aimable Brochette ; Nous nous aimions tous deux, sans fard, sans amourette,
- Et nous fûmes liés en face des Autels,
- Par des nœuds qui seront aussi doux qu’éternels.
- Les papetiers, le papier et la papeterie, — il serait assez facile de le démontrer si l’on voulait lui faire de plus nombreux emprunts, — ont tenu, en réalité, une assez grande place dans la poésie. Le papier blanc, immaculé, ne semble-t-il pas tout particulièrement fabriqué pour recevoir, toutes chaudes, les élucubrations de la..... divine poésie, et, même, de la vulgaire prose ?
- Ce qui est certain, c’est que les recueils de chansons, du premier Empire et de la Restauration, contiennent souvent des pièces où le papier, blanc ou non, timbré ou non, fort ou léger, se prête plus ou moins spirituellement aux à peu près et aux calembours qu’affectionnaient si fort nos ancêtres.
- Déjà, dans l’introduction à ce livre, j’avais cité quelques vers des Egrillardes, de Louis Festeau. Voici, maintenant, quelques couplets amusants, et l’on peut dire
- de circonstance, puisqu’il s’agit d’un mariage dans...... la papeterie, empruntés à
- l’un des recueils du Consulat :
- A UNE JEUNE PERSONNE
- QUI ALLAIT ÉPOUSER UN MARCHAND DE PAPIER
- Air; Si contre moi Dorilas (Des Femmes).
- Hé quoi! c’est vous que l’on marie, Chère Angéla! c’en est donc fait!
- Et c’est d’une papeterie Que l’Amour lance son trait.
- Demain le fripon, je parie,
- A chacun dira volontiers,
- Qu’il ne s’est jamais de la vie Si bien trouvé dans ses papiers.
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- Mettez sur papier ordinaire Les compliments qu’on vous fera;
- Au papier fou livrez, ma chère,
- Les doux propos qu’on vous tiendra ; Aux espérances chimériques,
- Réservez le papier doré ;
- Pour nos modernes politiques, Gardez votre papier timbré.
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- * *
- Que chez vous toujours la franchise Tienne les soupçons à l’écart; Reléguez cette marchandise Au rang de vos papiers brouillard ; Le bonheur naît de l’indulgence; Pour conserver ce doux accord,
- Sur papier mort, mettez l’offense, Et le bienfait sur papier fort.
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- DOCUMENTS ET NOTICES
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- Au vil séducteur, s’il s’arrête, N’offre que du papier glacé; Qu’à l’insidieuse coquette,
- Le papier fin soit délaissé.
- Redoute un éclat éphémère ; Songe, en pensant au lendemain, Que le plus doux vélin, ma chère, Finit par être parchemin.
- Dieu-la-Foi.
- (Le Chansonnier du Vaudeville, ir0 année.)
- Le poète, — dernière image — finit, lui, par traiter la plupart des amis de papiers volans ! Et je termine en faisant remarquer que le jour où l’on voudra faire, à la façon moderne, une de ces copieuses bibliographies où rien ne se trouve omis, il ne faudra pas oublier de feuilleter avec soin les Chansonniers « amis du papier ».
- LES ALBUMS ET RECUEILS DE PAPIER ", LES OBJETS DE PAPETERIE DANS LES VENTES.
- On a pu voir figurer à plusieurs reprises, dans les ventes de livres des grandes collections particulières, ce que, à défaut d’autre terme, on a toujours dénommé objets de papeterie, objets multiples et de tous genres, dont j’ai fait connaître avec soin le détail.
- Blancs ou manuscrits, reliés presque toujours, ces recueils qui, souvent, ont précieusement gardé l’adresse du marchand-papetier, se trouvent traiter des matières les plus diverses.
- Pour généraliser, l’on peut dire qu’ils appartiennent aux spécialités suivantes, ou, du moins, qu’ils doivent être classés en un certain nombre de divisions bien nettes. Ce sont :
- Les Inventaires. —Les Règlemens. — Les Extraits des titres des terre et seigneurie. — Les Etat et Menu général de dépense. — Les Livres de Coppieset Notes.
- — Les Recueils cV Armes, Blasons et Généalogies. — Les Baux. — Les Mémoires.
- — Les Livres de Raison. — Les Comptes et Règlemens. — Les Pièces de vers, Sonnets, Madrigaux. — Les Journal.
- Il ne saurait être question, ici, d’en donner une nomenclature qui, même abrégée, demanderait de nombreuses pages. Je me contenterai, donc, de signaler quelques pièces provenant d’une des ventes les plus célèbres avec leurs prix d’acquisition.
- *
- * *
- I. — Papiers et objets de papeterie ayant figuré à la vente du baron Pichon :
- 1° Un manuscrit de 80 feuillets : Copie de lettres, commencé le ier vendémiaire, 3e année de la République française, une, indivisible et impérissable, de l’Etablissement des Barnabites.
- 20 Un Répertoire du grand livre B, contenant la continuation de mes affaires (sic), 1727 à 17.., pet. in-fol. vél. vert, fl. de lis aux coins [n° 2609] ; 114 francs.
- 3° Un Album de papier blanc, du xvme siècle, in-4, chaque page étant encadrée d’un filet rouge [n° 2613] ; — 4° francs.
- 4° Un volume, petit in-12, renfermant du papier blanc, relié en mar. blanc, doublé de satin rouge, tr. dorées, aux armes de Mesdames filles de Louis XV [n° 2611] ; — 106 francs.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- 5° Une petite boîte mar. bleu, avec dentelle et fermoirs, le fond étant doublé de maroquin rouge, aux armes de la duchesse d’Orléans, femme de Philippe-Egalité [n°a6i2] ; — 339 francs. ,
- 6° Un Registre de papier blanc, réglé, in-folio, aux armes du GrandDauphin, registre destiné a recevoir les comptes' de la Gardc-robhe du Dauphin fn° ljqS ; — 1 francs.
- II. — Papiers ayant figuré sur des catalogues de libraires :
- \ — Carnet de papier blanc, glacé, petit in-8 oblong. Album destiné à prendre
- des notes, datant du milieu du xvii0 siècle. >
- • [Bulletin de la Librairie Morgand, mai 1907.)
- III. — Portefeuilles et objets de maroquinerie ayant figuré à la vente du baron
- Pichon : 7.
- 1) De format petit in-4, en maroquin bleu, larges dentelles à, petits fers, doublé de mar. rouge, larges dent, à petits fers [n° 1^97] ; 280 francs.
- Aux armes de Michel-Ferdinand d’Albert d’Ailly, duc. de Chaulnes.
- 2) De format in-4, en maroquin vert, larges dentelles à petits fers jn° 1499J i 4oo francs.
- Aux armes du Dauphin, père de Louis XVI ; avec trophées de drapeaux et dauphins couronnés, aux angles.
- 3) De format in-4, en maroquin rouge, larges dentelles jn° 1000I ; — 1 o5o francs.
- Aux armes de la marquise de Pompadour. Dentelle ornée de trophées de canons ; semis de tours et de griffons au dos.
- 4) De format petit in-4 contenant 80 ff de papier blanc ancien, maroquin vert, fl. de lis aux coins et sur le dos, gardes de papier doré et étoilé, fermoir en «argent avec sa clef fn° i5oi] ; — 115 francs.
- ; Aux armes royales. Le second plat portait : Ordres et Papiers, M. de La Ferlé,'Intendant des Menus.
- . ; : DOCUMENTS GRAPHIQUES.'
- — Enveloppe de ramette des papeteries d’Arches (xvine siècle).
- Fin papier au double X.
- (Etude sur les Filigranes lorrains, par Lucien Wiener.)
- — Marques d’enveloppe des Caprony, à la Serra (xvn° siècle).
- Papier fin au Raisin.
- (Ont figuré au Musée Rétrospectif de la classe 88, Fabrication du Papier.)
- Recueils à consulter : Musée Rétrospectif de la classe 68, Papiers Peints (E. Foli.ot, rapporteur). — Musée Rétrospectif de ta classe 88, Fabrication du Papier (Aug. Flanchet, rapporteur).
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- Armoiries — Bannière — Privilèges
- U Armorial général de 1696 définit comme suit les armoiries des Cartiers et des Papetiers.
- Cartiers :
- D’argent à une croix dentelée d’azur, cantonnée aux 1 et 4 d’un cœur, et aux 2 et 3 d’une pique et d’un trèfle de sable.
- Papetiers :
- D'azur semé de billettes d’argent, à un livre ouvert de même, brochant sur le tout.
- D’autre part, d’après les Registres des Bannières [Arch. Nat., X, 7, f° 84), les libraires, parcheminiers, escripvains, enlumineurs, étaient rangés sous la même bannière.
- Suivant lettres patentes du 25 juillet 1660, Louis XIY créa :
- 2 papetiers,
- et 2 papetiers-colleurs suivant la Cour,
- lesquels étaient tenus de décorer leurs boutiques et établis de tapis fleurdelisés et chargés de la devise ordinaire de la Prévôté, pour qu’ils pussent être reconnus et distingués.
- Ces « papetiers suivant la Cour » étaient tous « marchands privilégiés » de la Chambre ou des Bureaux du Roi.
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- PAR BREVET D’INVENTION.
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- LE LIVRE D’OR DE LA PAPETERIE
- Liste par ordre alphabétique
- [Les indications placées à la suite du nom sont celles qui se trouvent sur les cartes-adresse, factures ou papiers à lettres des marchands. Les enseignes sont mentionnées en italique.]
- Angrand, Fabricant et Marchand de papiers de fantaisie, rue Meslée, 61 (devenue rue Meslay, 59, puis 41, rue Réaumur).
- Cette maison, honorée d’une mention honorable à l’Exposition de 1802, date de la fin du dix-huitième siècle. Une note, la concernant, de l’annuaire Le Bazar Parisien (1821), est ainsi libellée : « Angrand est très connu pour ses papiers en feuilles, dorés, argentés, brunis, satinés, bronzés, classés, en couleurs fines ; pour ses bordures, vignettes et petits dessins d’or et d’argent, gaufrés, dont il est l’inventeur; pour ses papiers de fantaisie, maroquinés, chagrinés et marbrés, tant à l’usage des cartonniers, gainiers et relieurs, que des décorateurs de table, éven-taillistes et chapeliers (1). M. Angrand fabrique aussi les papiers-taffetas, teints de toutes couleurs, pour feuilles et Heurs artificielles ; les feuillages à bougie, gaufrés et dorés, ainsi que les étiquettes applicables sur toutes sortes de marchandises, sans avoir recours à aucune colle. »
- La maison abandonna peu à peu le commerce de la papeterie en détail pour fabriquer les papiers de fantaisie sur une plus large échelle. Elle installa même, par la suite, une fabrique de cartons dits : façon Lyon, mais fabriqués à la mécanique et d’une façon continue.
- A partir de i856, elle passa aux mains de M. Eugène Vacquerel (Evette et Germain, gendres et successeurs).
- (1) Il s’agissait de chapeaux en carton imperméable imitant la paille.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
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- Antoine, Fabricant d’encres à écrire, rue des Marais.
- Maison fondée en 18/fO, par M. Narcisse Antoine, continuée, en 1866, par le fils du fondateur, et actuellement aux mains de M. Henri Pusson, son gendre.
- Arnaud, Marchand-Papetier, rue Coquillière.
- Figure sur Y Almanach-Dauphin de 1777, avec la mention : « Tient magasin de Papiers, Cartons, Plumes, Crayons et autres objets concernant la fourniture des bureaux. »
- "
- Arnoult, Au Saint-Esprit, rue Coquillière, vis-à-vis celle des Vieux-Augustins.
- Arnoult ne figure pas sur les annuaires du dix-huitième siècle, mais une carte-adresse de lui est aux archives de la Seine. On y lit, entre autres : «papiers vernis, glacés, grattoirs, poinçons ».
- Arthur, Papetier-Marchand pour meubles, quai de Conti.
- D’après Y Almanach Dauphin, les papetiers pour meubles étaient des spécialistes appartenant au corps des Marchands papetiers-colleurs.
- Arthur et G-renard, Marchands de papiers peints, sur l’ancien Boulevard, vis-à-vis le Dépôt des Gardes françaises.
- Peut-être la continuation de la précédente maison. En tout cas, sur une annonce énumérant les spécialités de leur commerce, se trouve cette assez curieuse particularité :
- « Font et vendent des ceintures de femmes, lesquelles sont imprimées sur ruban-satin, dans le genre des peintures étrusques, arabesques, camées antiques. »
- Il faut également signaler Arthur et Robert, fabricants de papiers peints, vers 1780.
- Astruc, Marchand-Papetier, Au Petit Courrier, 12, rue Jean-Jacques Rousseau.
- Le nom d’Astruc apparaît sur une annonce du Journal de Paris, à l’époque de la Révolution.
- Il devint célèbre sous la Restauration, avec son petit facteur monté sur un chien, et eut, tout d’abord, la spécialité des boîtes fines en carton, des papiers et bordures dorés pour le cartonnage, et des glacés minces pour cet usage.
- Mais son nom n’apparaît pas à Y Almanach du Commerce avant i8i5. Il reste surtout papetier commercial. En 1820, il fait observer, sur son annonce de l’Annuaire, que « ses registres s’ouvrent mieux que les autres et sont plus solides ».
- A eu pour successeur, eu 1829, Drouet.
- Aubert, Graveur-Enlumineur et Fabricant de papiers peints, rue Saint-Jacques, près la Fontaine Saint-Sévérin, Au Papillon.
- Paraît s’être adonné à la fabrication du papier peint, vers 1700, et disait avoir trouve la véritable façon de fabriquer les papiers d’Angleterre, en façon de damas ou de velours d’Utrecht.
- Lorsque, en 1778, un arrêt du Roi interdit de livrer des rouleaux de moins de 9 aunes, Aubert, lui, fabriqua les rouleaux de « moindre importance ».
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- LE LIVRE D'OR i93
- Aublet, Marchand-Papetier, Au Marc d’Or, rue des Lombards, presque vis-à-vis celle des Trois-Mores.
- Les Archives de la Seine possèdent d’Aublet, qui fit faillite vers la fin du dix-huitième siècle, une carte-adresse dans un encadrement agrémenté de cornes d’abondance et de feuilles de lauriers; au milieu, cartouche avec un sceau. Dans le bas, port de mer, avec vaisseaux abordant et marchandises "que l’on débarque.
- Dans le texte on lit : « Tient toutes sortes de registres, à la Lyonnaise et autres Relieures, Boëttes de carton. »
- Aumoitte, Graveur, 47, passage des Panoramas, au coin de la Galerie des Variétés.
- Cartes de visite, cachets, armoiries, peinture héraldique. Maison fondée en i839
- au coin de la/G'al efrelie s Van êtes?)
- Carte-adresse de Aumoitte (Stern, successeur), vers i85a.
- qui devint, en i85i, la propriété de Stern et est toujours restée, de père en lils, la célèbre maison de gravure.
- Auzou, Marchand-Papetier, rue de la Verrerie, près Saint-Méry, Aux Envieux de la Vertu.
- Avait eu pour prédécesseur, au dix-huitième siècle, De Saint-Amand. Eut pour successeur, vers 1810, IIanot.
- L'Almanach du Commerce, de i8o5 à 1820, continue à enregistrer un Auzou (en i8o5 il y en a même deux : Ch.-Marie, i3, rue d’Anjou, et Pierre-François, 171, rue de la Verrerie). En 1820, Ch. Auzou est domicilié rue Saint-André des-Arts.
- On a du premier Auzou une carte-adresse du dix-huitième siècle, gravée, avec vignette allégorique dans un encadrement rocaille : une femme qu’on essaie de descendre de son trône.
- Du même, également, une carte, style premier Empire, avec le nota suivant : « On trouvera dans le dit magasin un assortiment général de Registres, avec les réglures les plus extraordinaires et titres imprimés en tête. »
- Sur les cartes de Hanot se trouve indiqué en plus, ceci : « Compose aussi la véritable encre double et luisante. »
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- PAPETERIE ET PRPETLERS
- Bac (G-.), Fabrique de porte-plumes. [Aujourd’hui : Compagnie française de plumes et de porte-plumes, 62, rue d’Hauteville.]
- Maison créée en l836. G. Bac peut être considéré comme le père de l’industrie du porte-plume. Il est l’inventeur du « protège-pointe » et le créateur de nombre d’articles se rattachant à la branche des « Fournitures de Bureaux ».
- Baignol et Farjon, gendres et successeurs de Lebeau. Fabrique de plumes métalliques, crayons et porte-plumes, à Boulogne-sur-Mer. A Paris, 13, rue du Faubourg-Poissonnière.
- Inventeurs de la plume « double-trempe » et du crayon « Gentennal ».
- Bail (du), Marchand-Quincaillier, Bijoutier, A la Tête Noire, rue Saint-Jacques, vis-cà-vis celle des Mathurins.
- Marchand-Quincaillier-Bijoutier, appartenant à la grande corporation des merciers, du Bail tenait de la papeterie tout le côté tabletterie. De la longue et détaillée notice le concernant, qui figure dans Y Almanach des Marchands de 1770, nous extrayons les objets suivants qui rentrent dans le domaine de la papeterie :
- « Vend et achète toutes sortes de Bijouteries en fin et en faux, Cire à cacheter, Ecrans de toutes espèces, Ecritoires de toutes façons, Encre de la Chine, Pains à cacheter, Plumes sans fin, Portefeuilles de maroquins et autres, plus communs, Dés à jouer au Trictrac et pour la ferme, Optiques pour les points de vue, Raquettes et volans de toutes espèces, Tabatières de carton doublées d’écail. »
- Ajoutons que le nom de du Bail ne figure pas dans les almanachs corporatifs antérieurement à 1770.
- Baillieul l’aîné, Graveur en Lettres, rue Galandc, chez un Coutelier.
- Voir plus haut (page 80) sa carte-adresse.
- Baillieul, dont le nom ne figure pas sur les almanachs corporatifs, était à la fois un écrivain, un graveur en écriture et un graveur-géographe. Il appartenait à cette curieuse phalange d’artistes dont les'encadrements hardis, les grandes lettres initiales, les enroulements, les décors et les personnages à la plume faisaient les délices de l’époque.
- Bailly, Marchand-Papetier, place du Chevalier du Guet.
- Figure sur la liste de Y Almanach Général des Six Corps, en 1769, avec la mention : « Tient magasin de Papiers en gros pour l’impression, bureaux et autres, généralement quelconques. »
- On peut voir une annonce de lui dans le Journal de Paris (année 1785, p. 70).
- Bance aîné (Charles), Marchand d'Estampes, Graveur, 214, rue Saint-Denis (1).
- Ma gasin considérable d’estampes et de fournitures pour le dessin.
- Bance et Aumont, Marchands d’Estampes, 10, rue Jean-Jacques-Rousseau.
- Editeur des Cris de Paris, de Vernet.
- Bance tenait, à l’origine, tous articles de gravure et papeterie.
- (1) Les marchands d’estampes et gravures qui ligurent sur cette liste sont ceux qui, sous une forme quelconque, tenaient en même temps commerce de papiers conformément aux usages du dix-huitième siècle.
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- LE LIVRE D’OR
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- Basan (Pierre-François), Marchand, A la Justice, rue Saint-Martin, au coin de celle Aubry-le-Boucher.
- Basan tenait un coin de rue, si bien que sa boutique était considérée comme point de repère à une époque où la numérotation était fort incomplète. On voit, en effet, souvent, sur les indications du moment : A côté, — en face — ou près de chez Basan : A la Justice. B ne faut point confondre ce Basan avec Pierre-
- CarLc-aclressc de Basan avec la ligure allégorique de la Justice tenant les balances, qui était la représentation de son enseigne.
- François Basan, le célèbre marchand d’estampes, à l’origine, éditeur de ces petites pièces galantes si à la mode, alors dites « dessus de boëtes ou de tabatières » et qui eu son domicile, rue et hôtel Serpente, devait établir une sorte de Salle des Ventes. Sur un catalogue de ses estampes publié en l’an XI (1802), par II.-L. Basan, on lit : « Se charge de tous les articles relatifs à la Peinture, au Dessin et à la Gravure. »
- Basant, Marchand-Papetier, rue Helvétius, à Versailles (1).
- (1) Comme on le voit, les papetiers de Versailles ont été placés ici conjointement avec les papetiers de Paris.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Une carte-adresse de ce papetier, de l’époque du premier Empire, a figuré au catalogue 28 de Godefroy Mayer.
- Basset, Marchand d’Estampes, Graveur-Enlumineur et Fabricant de papiers peints, rue Saint-Jacques, au coin de celle des Mathurins [n° 670 puis n° 64],
- A Sainte-Geneviève.
- La célèbre boutique de Basset date des dernières années du xviii® siècle.
- Associé comme éditeur, avec Françoise Basset graveur, Basset fut le plus fécond éditeur d’imageries populaires, vues d’optique, actualités historiques, fêtes, feux d’artifices. Il devait laisser sa maison à son fils. Non content d’épuiser le fonds ancien,dont il publia le catalogue en 1821, Basset fils publia, aux approches de i83o, toute une série nouvelle d’images et de vues d’optique de Paris. D'après Le Blanc (Manuel de VAmateur d’Estampes) la maison existait encore en i85o.
- Batardy, Marchand-Papetier, rue Saint-Denis, "IM, et passage Bourg-l’Abbé.
- Spécialité d’articles pour confiseurs (voir : Prévost père).
- Bazin [voir : Guillot].
- Beal (Jean), Marchand-Papetier, rue des Cordeliers (1).
- Figure sur la liste de Y Almanach Général des Six Corps, en 1769.
- Beaudenier, Marchand-Papetier, A la Ville de La Rochelle, rue des Prouvâmes.
- Beaudenier ne figure pas en nom, dans les annuaires antérieurs à 1770. Il était lui, réellement, papetier-colleur, puisqu’il allait poser en ville les papiers, comme on peut le voir par la notice suivante de VAlmanach des Marchands de 1770 :
- a Tient Magasin de Papiers veloutés de la Manufacture de la Nouvelle-France, où demeurait ci-devant le comte de Charolais. Il vend toutes sortes de papiers de couleur, et va les poser en ville. »
- Beaumont, Cartier du Ro/, près la place des Victoires.
- D’après le Livre-Commode des Adresses de Paris pour 1692.
- Béchard (Mme), rue Thiroux, Chaussée d’Antin, 895, en face de la Manufacture de Porcelaine.
- Mmc Béchard figure, dès l’origine, sur les listes de Y Almanach du Commerce. Son fils, sans doute, dut lui succéder, car une carte-adresse, à ce nom, [carte gravée avec léger filet d’encadrement, ovale et datant de i835], porte :
- «. Béchard, Marchand-Papetier de S. A. R. Madame la duchesse d’Orléans, 5, rue Thiroux, Chaussée d’Antin.
- « Tient tout ce qui concerne la fourniture des Bureaux, les Écoles de Dessin et d’Architecture. »
- Une autre carte-adresse, (également ovale, en largeur), porte simplement : « Béchard, Marchand-Papetier. »
- (1) Rue des Cordeliers, ancien nom de la rue de l’Ecole-de-Médecine.
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- LE LIVRE D’OR
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- Bedel, Marchand-Papetier, rue Montmartre, 219, Porte cochère près le passage du Saumon, [puis rue Yivienne, 10].
- Epoque du premier Empire. Une carte-adresse, gravée, de ce marchand est en possession des Archives de la Seine.
- Bellamy (Edmond), Papetier Régleur et Maroquinier, 115, rue Réaumur, successeur de Lard et Gazet (voir ce dernier nom).
- Articles spéciaux pour musique, cartons, albums, carnets. Systèmes divers pour porte-musique et pour l’écriture musicale.
- Belangé, Marchand, A la Petite Vertu, rue Dauphine.
- On a de Belangé une carte-adresse avec les détails qui suivent : « Vend toutes sortes de Papiers batus (sic) et lavés pour les Dessins et Mathématiques, toutes sortes de Papiers réglés pour la Musique et pour l’Ecriture; Ecritoire de poche, de table et de malle; Plumes d’Holande (sic) et de Cigne (sic), Canifs tins de Paris et de Toulouse, Cire d’Espagne, très fine, de toutes sortes de couleurs, musquée et parfumée, la vraye Encre double et luisante, et toutes sortes de marchandises à plusieurs prix (1717). »
- Belangé date du commencement du dix-septième siècle et paraît avoir été le prédécesseur de Guyot (voir ce nom), car son encre était déjà à l’enseigne de la Petite Vertu, fabrication et marque qui remontent à 1602. Mais d’aucuns donnent à cette dernière une date bien antérieure, la faisant remonter au dernier quart du seizième siècle (voir, plus loin, Périne Guyot).
- Bellangé, Marchand-Papetier, 153, rue Montmartre.
- Successeur d’un nommé Nicolas, qui avait dû vendre son fonds, Bellangé devait à son tour avoir pour successeur Soye, puis Derrey-Zambeaux et enfin Frazier-Soye. Papeterie-lithographie, imprimerie, registres, la maison Frazier-Soye s’est fait une spécialité de l’impression des catalogues des ventes artistiques et de quelques publications de luxe. En 1897 Frazier-Soye acheta la papeterie Mauclerc, sise 14, rue de la Monnaie, laquelle dut disparaître à la suite des agrandissements des magasins de la Samaritaine. [Voir également Dorville].
- Bénard, A la Providence. Carrefour de l’Odéon, 10. Tient magasin de Papiers, Encre, Plumes, Cire à cacheter, etc.
- Bénard, sous la Révolution et le Consulat, demeurait rue Egalité, 34- Il ne figure plus sur Y Almanach du Commerce à partir de 1810.
- On a de lui une carte-adresse étiquette, imprimée, dans le style de la Restauration.
- Benoist, Marchand-Mercier, Au Pressoir d’Or, rue Saint-Martin, près la Fontaine Maubuée.
- La carte-adresse de Benoist est de petit format, et imprimée dans un encadrement typographique. En voici la teneur :
- « Marchand-Mercier; vend toutes sortes de Papiers, Plumes de Hollande, Cire d’Espagne, Encre double et luisante, Registres de toute façon, et généralement tout ce qui concerne l’Ecriture.
- « Il tient aussi Magasin d’Entoilages, Mignonettes, Dentelles et Eventails, en gros et en détail. »
- La maison apparaît pour la première fois vers 1765.
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- Berger. [Voir : Grenard|.
- Bernard, puis Houtret-Bernard. [Voir : Guyot].
- Bernard (Jacques), Marchand-Papetier, rue et Montagne Sainte-Geneviève.
- Figure sur l'Almanach des Six Corps d'Arst et Métiers, de 1769.
- Berville (Jules), Papetier, Articles pour peinture et dessin, rue de la Chaussée d’Antin, 19, (aujourd’hui 25). *
- Maison fondée, en 1833, par Jules Berville, eontinuée en 1867 par Léon Berville, aujourd’hui (depuis 1885 j Paul Berville, créateur d’une chambre noire pour le dessin. C’est Jules Berville qui fit les premières couleurs moites, au miel, pour l’aquarelle. La maison s’est créé une spécialité du dessin au fusain.
- Billon, Marchand-Papetier, 3, rue de Bétizi, près celle des Bourdonnais.
- Maison fondée entre 1820 et i83o. Sur sa carte-adresse, on lit : « Tient magasin de toutes sortes de Papiers : pour l’Ecriture, la Musique, le Dessin, le pliage des soieries et Bonneteries; fabrique de llegistres à dos élastiques perfectionnés, Cartons en feuilles lissés et roulés, Cartes d’échantillons, Etiquettes pour draps et soieries, Boîtes de bureaux, et entreprend la Gravure, l’Impression, la Reliure. »
- Birtelle jeune, Fabrique et Magasin de Papiers. Impasse de la Pompe, 8, derrière le théâtre de la Porte-Saint-Martin.
- ELiquette datant de 1829 et ainsi libellée :
- « Tient Fabrique et Magasin de Papiers fins de toutes couleurs, genre anglais ; Papier glacé, satiné, bronzé; Papier maroquiné, feuilles d'or et d’argent, mat et bruni; Papier cuivré à l’usage de MM. les cartonniers, gainiers, éventaillistes. »
- Blanchard, Marchand-Papetier, sur le quai Pelletier, A la Couronne d’Or.
- Ne figure pas sur les annuaires du dix-huitième siècle.
- Mais une carte-adresse, imprimée, de lui, (il en existe deux exemplaires datés, l’un de 1773, l’autre de 1777), se trouve aux Archives de la Seine. Signalons, parmi les objets qu’il vendait : << Journaux réglez, reliez en façon de Lyon, Boetes de carton pour les Bureaux et pour les CoëlFures des dames, Poudre, Pommade et Pâte d’amande. »
- Eut pour successeur : Dauron (voir ce nom).
- Blanché, Marchand, rue des Deux-Ponts, ïsle Saint-Louis, Au Griffon.
- Marchand-mercier, Blanché ne figure pas sur les listes des Six Corps d'Arts et Métiers que j’ai eues en ma possession, quoique ce fût une maison du dix-huitième siècle. Mais, il nous a laissé deux cartes-adresse typographiques, sur lesquelles on lit :
- « Encre double et luisante qui épaissit moins que les autres, Bouteilles de cuir bouilli, Ecritoires de fayance (sic) à éponges, Poinçons, Lacets, Ecuelles à poudre, Règles d’ébène, Epingles du bon ouvrier, Volans, Raquettes, Calottes de papier, poudres, pommades et toutes sortes de menues merceries. »
- L'Almanach du Commerce, de 1800, contient deux Blanché (Mme Blanché, rue des Deux-Ponts, 38, — à partir de 1810, rue de Bondy, 19,— et Blanché fils, rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois). En 1810, il n’y a plus que Mmc Blanché.
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- Blanzy, Poure et Cie, Fabrique de plumes métalliques, à Boulogne-sur-Mer; à Paris, boulevard Sébastopol, 107,109, [actuellement Poure, O’Kelly et Cioj.
- Maison fondée en 1846, avec du matériel et des ouvriers anglais, pour faire concurrence aux produits anglais; malheureusement, la Révolution de 1848 vint arrêter son essor, ou du moins l’empêcher de se développer avec rapidité.
- Mais, peu à peu, le préjugé contre les plumes fabriquées à Boulogne disparut, et bientôt l’usine vit ouvrir à ses produits le marché de l’Angleterre et de l’Amérique. Dès i855, MM. Blanzy-Poure adjoignirent à la fabrication des plumes, celle des porte-plumes, et depuis, celle des porte-mine et des protège-pointe.— La dernière invention est celle du porte-plume-compas-tire-lignes.
- Blaye, Marchand, rue Saint-Honoré, vis-à-vis le Trésor Royal, dans le Bâtiment des Feuillants.
- Blaye figure sur les listes de 1772. Il avait une carte-adresse gravée, dans un cadre orné, agrémenté, sur les côtés, d’objets de papeterie (écrans, portefeuilles, paquets de plumes) et reposant sur une sorte de socle, avec cahiers de musique, ouverts, boîtes de papier et d’enveloppes, encriers, grattoirs, etc.
- Bligny, Marchand, Lancier du Roi, Cour du Manège, aux Thuilleries (sic).
- Célèbre par sa suite d’« Estampes pour servir à l’histoire des modes » (1775).
- Boimare, Marchand-Papetier, rue Neuve des Petits-Champs (1).
- Papiers, Cartons, Plumes, Crayons. Figure sur les listes de VAlmanach Dauphin, en 1777.
- Boissière, Marchand-Papetier, rue de Versailles.
- Cité par Y Almanach-Commode des Adresses de Paris pour 1692, comme vendant carton pour relieurs et autres papiers pour différents usages.
- Boissière, Marchand, rue de Bussy (2), au coin de la rue de Seine : A la Flotte d'Hollande.
- Les Archives de la Seine possèdent de lui une carte-adresse, imprimée, datée 1755, sur laquelle on trouve comme détails : « Poinçons et Compas des meilleurs ouvriers, Etuis garnis pour Messieurs les Ingénieurs, Epingles de toutes grosseurs, Ecritoires de table, de poche et de valise; Portefeuilles en maroquin doublés de tabis de soye, garnis en argent et en cuivre; Serviettes et petits portefeuilles à l’Anglaise pour la poche. Le tout en conscience. »
- Bouton [Voir le deuxième de ce nom] était, lui aussi, comme on le verra, A la Flotte cl'Hollande, et avec cette particularité qu’il se domiciliait : rqe de Seine, au coin de celle de Bussy.
- Boivin, Marchand-Papetier, rue des Prescheurs, vis-à-vis la rue Mondétour, proche les Halles, A la Vertu.
- Boivin ne figure pas sur les anciens almanachs marchands, mais c’était une des vieilles maisons du dix-huitième siècle, car on a de lui, aux Archives de la Seine,
- (1) Actuellement : rue des Petits-Champs.
- (2) Cette orthographe a prévalu durant tout le dix-huitième siècle.
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- des cartes-adresse, datées 1780 et 1735. Ces cartes-adresse donnent le détail des marchandises qu’il vendait : « Canifs de Paris et de Toulouse, poudre d’or à mettre sur le papier, raquettes et volans, plomb pour la chasse, de toutes grosseurs, etc. », avec, en haut, dans un médaillon ovale, une femme assise tenant une ancre.
- Bonnet (A.), Comptable-Expert. Librairie-Papeterie de l’Octroi de Paris, depuis 1832, et de plusieurs autres administrations, 4, rue Cardinal-Lemoine.
- Bougis, Marchand-Papetier, quai des Augustins. Tient magasin de papiers en gros.
- Figure sur la liste de Y Almanach des Six Corps, en 1769.
- Bougron, Papetier, rue Montmartre, 190, vis-à-vis les Diligences.
- Maison de la Restauration.
- Bougy, Marchand-Mercier, rue Saint-Jacques, la première porte cochère après la rue Gallande, vis-à-vis celle de la Parcheminerie, Toute Sagesse vient d’en haut.
- Bougy nous a laissé une adresse du dix-huitième siècle, de grand format, dans un cadre rocaille de fort beau style. Au-dessus, le Seigneur disant à Salomon : Toute Sagesse vient d’en haut, sujet qui devait très certainement constituer la peinture de l’enseigne. Le texte était ainsi libellé : « Vend toutes sortes de Papiers, de toutes les Fabriques du Royaume,tant pour l’Impression en Lettres, que pour les Estampes en taille douce, Papiers pour l’Ecriture, la Musique et le Dessein {sic), papiers dorés, glacés et à vignettes; Registres de toutes façons et grandeurs, Cuirs d’Espagne, de toutes les qualités et couleurs, Plumes d’Hollande, Canifs et autres Merceries. Encre double et généraient tout ce qui concerne la fourniture des Bureaux. » — Cette carte-adresse a été cataloguée 20 francs par Godefroy Mayer (Cat. 28).
- Bougy qui existait avant 1750 eut pour successeur Despilly (voir ce nom).
- Bouillotte (Jules), Marchand-Papetier, 313, puis 221, rue Saint-Denis : Au Calendrier.
- Fondée au dix-huitième siècle, la « Papeterie du Calendrier» faisait partie d’un groupe de petits marchands avoisinant la Cour des Miracles. Elle fut transférée rue Saint-Denis, en i83o, et après avoir passé aux mains de M. Weynen (i832) (voir ce nom), et de MUo Orsciiner, elle devint, en 1842, la propriété de M. Jules Bouillotte. Ce dernier joignit à la fabrication des registres de commerce, celle des enveloppes de lettres, mécaniques.
- A Bouillotte succédèrent Buzenet, FI. Landrin (1876-1894); Barthe et Boudox (1894-1900). Aujourd’hui propriété de Boudon seul.
- Ajoutons qu’il y eut un autre Bouillotte, Bouillotte-Dorignie : A VExactitude, également rue Saint-Denis, plus haut que la rue Saint-Sauveur, et que tous deux se prétendaient successeurs de Maquet « pour la fabrication des enveloppes ».
- Boulanger, Papetier-Doreur [ou : Relieur et Doreur), rue du Petit-Pont, A l’Image Notre-Dame.
- Papetier de la fin du dix-huitième siècle, connu surtout par ses petits Almanachs galants.
- (1) Cette enseigne était un calendrier mobile, en plaques de verre, qui avait le talent d’intriguer les passants, beaucoup de personnes s’imaginant que le mouvement qui changeait les jours et les dates était dans la muraille.
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- Boulanger père, Marchand-Papetier, rue Saint-Séverin.
- Figure sur VAlmanach des Marchands, de 1772.
- Boulanger fils, Marchand-Papetier, rue des Noyers (i).
- Figure sur Y Almanach des Marchands, de 1772.
- U Almanach du Commerce, de i8o5, mentionne encore deux autres Boulanger : (Boulanger, rue aux Ours, 33; — veuve Boulanger, rue Vivienne, 47)*
- Boulanger, rue Saint-Benoît, faubourg Saint-Germain, 929.
- 0 Tient Manufacture et Magasin de papiers peints et veloutés; les fait coller à la ville et à la campagne. Il tient aussi Magasin de papiers de France et d’Hollande. »
- Cette maison fut fondée entre 1785 et 1790.
- Boulanger-Marc, Marchand-Papetier, A la Providence, rue Saint-Denis, 81, au coin de celle de la Féronnerie (sic).
- Ses cartes portent : « Magasin de Papiers de toutes espèces pour l’Ecriture, le Dessin, le Pliage et les Emballages; Papier imprimé,
- Papier à la livre et blanc.
- « Fabrique les Registres à dos souple; Réglures pour le commerce et la banque. » Maison fondée vers 1800.
- A eu pour successeur, vers 1820, Mallet. Aujourd’hui, rue Jean-Jacques-Rousseau, 62, sous le titre de : Papeterie de la Poste et de la Meunerie réunies.
- Boulard, Marchand d’Estampes et Editeur, 112, rue Saint-Martin.
- Spécialité pour modèles d’éventails signés des monogrammes B. L. D. (Restauration.)
- Boullanger (Louis) le jeune, rue de la Grande-Truanderie, à droite, en entrant par la rue Saint-Denis, 5 : Au Puits d'Amour.
- Ce Boullanger ne figure pas sur les annuaires du dix-huitième siècle ; mais on a, de lui,deux modèles de cartes-adresse, imprimées, en petit format,dont voici le libellé : « Tient Magasin de Papiers de toutes grandeurs et qualités pour l’Ecriture, l’Impression en caractère, en taille douce, et pour Enveloppes. Cartes de toutes grandeurs, plomb pour la chasse, etc. »
- (1) Entre la place Maubert et la rue Saint-Jacques; ce qu’il en restait a été absorbé par le boulevard Saint-Germain.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Bourgouin, Marchand de Portefeuilles, Palais duTribunat, Galerie de Bois, 227.
- Maison datant de 1796. Ne figure plus sur VAlmanach du Commerce à partir de 1810.
- Bouton, Papetier-Cartier de la Chambre du Boy: Aux Armes de France et de Navarre, rue Neuve des Petits-Champs, au coin de la rue Neuve des Bons Enfans.
- Eut pour successeur, Latizeau [voir ce nom]. Voir ci-contre la reproduction de sa carte-adresse.
- Bouton, Marchand-Papetier-Cartier de la Chambre du Roy, A la Flotte d’Hollande, rue de Seine, au coin de celle de Bussy, Faux-bourg Saint-Germain.
- Successeur de Boissière, Bouton figure sur Y Almanach des Marchands, de 1770. Voici le texte de la réclame insérée à son nom : « Tient magasin de toutes sortes de papiers pour l'écriture; Boëttes de carton pour les bureaux; Plumes d’Hollande d’oyes, de cignes et de corbeaux, de toutes grosseurs; Curre-dents à la carmeline et autres; Cire d’Espagne, très fine, de toutes couleurs; Canifs, Grattoirs, Poinçons, Compas et Ciseaux de bureaux, Couteaux d’y voire; Portefeuilles en maroquin de toutes grandeurs, garnis en argent et en cuivre; Serviettes et porte-feuilles à Y Anglaise, pour la poche; Ecritoires de poche et de valise; Encre de la Chine; Encre double et luisante, et autres marchandises concernant l’Ecriture et la Mercerie. »
- Il eut, lui, pour successeur Duchesne [voir ce nom] qui changea l’enseigne de la maison.
- Bresson de Maillard, de l’Académie de Saint-Luc, Graveur [qualifié aussi quelquefois : Dessinateur] et Marchand d’Estampes, rue Saint-Jacques, près de celle des Mathurins.
- Dans une annonce des Petites Affiches de Paris [année 1762, page 790] il s’intitule : « Découpeur privilégié en caractères et vignettes de feu le duc de Bourgogne et, en 1766, « pour les ouvrages en dessins et vignettes des Enfants de France ». En 1777, il devient : «Graveur-Coloriste de la Cour », et, en 1782 : « Graveur et marchand-peintre ».
- Voici, d’autre part, l’avis le concernant qui figure dans le Catalogue hebdomadaire des Livres nouveaux, du 6 avril 1771 :
- « On trouve chez le sieur Bresson de Maillard, de l’Académie de Saint-Luc, Graveur et marchand d’Estampes, un assortiment de Vases, de Paniers, de Guirlandes de fleurs, d’Ecrans à pied, de Cartels, et autres dessins d’ornements, propres à décorer les maisons de campagne, comme de ville, pour dessus de portes, etc.,de différentes grandeurs. Prix : sur grand aigle de Hollande, 3 francs; de grandeur au-dessous, 2 francs, et plus petits, 1 fr. 10. Il a aussi de ces Paniers de Fleurs peints sur Toile et sur Glace, sorte de peinture d’une nouvelle et agréable invention, par la manière de l’exécuter. Et pour les personnes qui désireroient s’occuper au dessin, on.en trouvera au même endroit, sur cuivre évidé, comme des caractères, à l’aide desquels on peut peindre sur soie et autrement, même sur les murs; ce qui serait préférable à tous papiers, et plus œconomique, principalement pour des endroits exposés à l’humidité. »
- Sur une autre annonce, parue dans Y Almanach des Six Corps, on lit :
- « Le sieur Maillard (Bresson de), rue Saint-Jacques, privilégié de feu Monseigneur le duc de Bourgogne, tient un assortiment d’ouvrages en Caractères,
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- 0 ZIÙ07L, pa
- ap ch er, Cartier?'
- de La, Chambre du Roy, demearetnt à, Paris, ruerVlewvîf des petits Champs;au ccwn de la rué IZeuvc des bons dn\ Joins. Vend toutes^ sortes dp Papiers fins, batus, Laver, doroxd h dessiner, et ci t lies e; des fèrlùnres de poche et de table, de^ vrays Canifs de 'Tendonse, et dx Paris, des plumes d’Hol-,. lande, de Cipne etc de Cor b eau, • milices et non tcuUees et\ Curedents, de toutes sortes de poudres a mettre sud l C -\ enture. Fait et vend toutes sortes de Kerj Istres a CkrircJ des Jaurès etpapie/s replia, pour LaJTLusuyup de leu Cire dfspapne très J'ine, des pains a. cacheter de toutes couleurs, des p o rte-feuilles de maroquin/ a, serrure et à ressort, des Cartes dpoiiepjfaif/M* ,^qude bonne Cncre double et luisante; et'
- 'k iii'wv autres marchanda es, enpros ct-ydmHÈ dzùzd,à,juste Pr^fpr^^p
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- Vaut aussi tenittes Sortes de Papiers dholande detoutesprandeures pour l denture dessin, tantaPaas quoi Versailles ou Ion trouvera aussi de/lcvVerltable Encre de lAchuiej
- ebEstunw
- Cette
- Reproduction de la grande carte-adresse de Bouton. — Papetier de la Chambre du Roi, il avait naturellement un second domicile à Versailles, superbe carte-adresse, datant de 1690 environ, format petit in-folio, a figuré dans le catalogue d’estampes de Godefroy Mayer (n° 28), et fut cataloguée par lui V» francs.
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- Dessins, Vignettes et Figures propres à peindre toutes sortes de meubles, habille-mens, ou en figures. On peut se servir dans un instant de ces planches, par le moyen desquelles on imite toutes sortes de fleurs que l’on croirait être faites au pinceau. »
- Et ailleurs, encore : « Le Sieur Maillard vend divers Emblèmes, Fables, Devises, Cadrans, Bouquets, Etrennes, gravées et enluminées proprement, pour chacune des principales Fêtes de l’année, avec petits compliments en vers, adaptés à des airs connus, avec différens desseins [sic) pour les confiseurs. »
- Bridot, Marchand-Papetier, rue Grenetat, 37.
- Registres à dos élastiques, cartes de visite, papillottes de toutes couleurs pour dames, papiers à cigares espagnols, plumes métalliques anglaises.
- Figure sur Y Almanach du Commerce de 1837.
- Brissart-Carolet, Marchand-Papetier, Au Lime d’Or, rue du Cadran-Saint-Pierre, 17, près celle des Chapelains.
- Maison des premières années du dix-neuvième siècle.
- Broust, Marchand-Papetier, rue aux Ours, 44.
- Magasin de crayons, papiers de couleurs et bordures gaufrées, anglaises, pour le cartonnage, de la fabrique de Lewis Salomon, de Londres.
- Brunet, Cloître Saint-Jacques de la Boucherie (1), Au Roy David. Fabriquand {sic) de cartes à jouer.
- Figure sur Y Almanach général d’indication, de 1769, mais ne se trouve plus sur les suivants. La maison était, en tout cas, bien antérieure à cette date. Une des cartes-adresse de Brunet a été reproduite par le service des Archives de la Seine. Elle a, dans le haut, un médaillon rond : David jouant de la harpe, avec attributs de papeterie reposant sur le haut de la tablette où se trouve le texte.
- Dans Y Almanach du Commerce, de 1810, on voit : « Brunet frères, fabricants, rue du Chevalier du Guet, 5. »
- Devint par la suite Brunet et Louvet, la firme étant comme suit : « Rue Saint-Honoré, au coin de celle de l’Echelle. Brunet, fabriquand {sic) de cartes à jouer, et Louvet, marchand. »
- Cabany, rue de la Barillerie, vis-à-vis la porte du Palais, A la Croix de Lorraine.
- Cabany ne figure pas sur les annuaires du dix-huitième siècle ; mais une carte-réclame, ancienne, de lui, porte: « Papier doré, glacé, à vignettes, Boettes, Ecri-toires de poches (sic) et autres. Cartes à jouer, la véritable Encre double et luisante, et autres de différentes couleurs. »
- L'Almanach du Commerce de i8o5 mentionne deux Cabany : Cabany, rue de l’Aiguillerie, 124 (lequel devient, en 1810, Cabany frères, fabricants de registres à dos élastiques, 57, rue Saint-Avoie (2), — cette société fut dissoute en 1816, — puis Cabany aîné, lequel Cabany était l’ancien chef de la Société Cabany frères, et veuve Cabany, rue Saint-Denis, 35. En 1820, on trouve « Cabany (Saint-Maurice). Presses et registres à dos élastiques, portefeuilles, papiers imperméables, dorés, à border; carton émaillé, dit porcelaine » (3).
- (1) Près de la Tour Saint-Jacques.
- (2) M. Paul Delalain, dans son précieux répertoire, L’Imprimerie et la Librairie à Paris, de 1789 a 1813, donne pour adresse à Cabany frères la rue Saint-Denis.
- (3) La division Li, au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale, contient (vol. 2 a) tout un recueil d’étiquettes pour registres de chez Saint-Maurice Cabany.
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- Gabany aîné, rue Beaubourg, 52, près celle Michel-le-Comte.
- Successeur de Gabany frères.
- « Manufacture des Registres Cabany aîné, reliés à dos élastique, métallique, perfectionné; des Encres anglaises, purifiées, noir fixe et communicative; des Presses à copier, par brevet d’invention. Cachets de bureau à ressort, Cire et Pains à cacheter, Papiers de couleurs, papiers de tenture, Papiers d’enveloppe de toute espèce. »
- A eu pour successeur : Roumestant aîné (vers 1827). Puis, en 1837, Ch. Sat, faubourg du Temple, 17, qui s’annonce, lui, « successeur de Cabany aîné et Cabany frères ». Ensuite Gérault, actuellement Vve Gérault et fils, 10, rue de Montmorency.
- Cabany jeune, Marchand-Papetier, rue Saint-Avoye, 57, et rue Ncuve-des-Petits-Champs, n° 1.
- Maison fondée en 1816, qui a repris la suite et le local de Cabany frères.
- Cabaret, Marchand. Au Griffon, rue de Bussy, faubourg Saint-Germain, à Paris, attenant la rue de Seine. [N° 1504 jusqu’en 1805; de 1806 à 1850, n° 16; et après 1850, n° 12].
- Une des plus anciennes papeteries de Paris, que ses possesseurs font remonter à l65q, quoiqu’elle ne figure pas dans le Livre Commode des Adresses de Iiaris pour 1692, et qui existe aujourd’hui encore, avec son enseigne au-dessus de la porte.
- Quel en fut le fondateur?
- On ne le sait. Ce qui est certain, c’est que sur une liste manuscrite de 17^7, que j’ai eue entre les mains, on voit figurer : Cabaret, rue de Bussy, et d’autre part, les listes imprimées des Six Corps d’Arls et Métiers et les Almanach Marchand mentionnent encore et toujours un Cabaret.
- M. Elleaume aîné, propriétaire actuel de la maison, qui a fait tirer des épreuves surl’ancien cuivre retouché (voir la vignette reproduite dansl e Bulletinde la Société Le Vieux Papier, numéro de septembre 1901) et qui a ajouté, au bas de la vignette, la généalogie de quelques-uns de ses prédécesseurs, me paraît avoir commis une confusion. En effet, il donne pour la partie qui nous intéresse, c’est-à-dire le dix-huitième siècle, la généalogie suivante :
- JOLLIVET, 1773 à I788.
- Cabaret, 1788 à 1796.
- Or, du dépouillement des annuaires anciens (Almanach Dauphin ; Tablettes de Renommée; Almanach des Marchands, etc.), il résulte que Cabaret, rue de Bussy, ligure sur la liste des papetiers de la Ville et fauxbourgs de Paris, aux dates 1769, 1772, 1775, 1777, 1778. M. Elleaume, je le répète, doit donc avoir fait confusion. Le Jollivet, de la rue de Bussy, qu’il compte parmi ses prédécesseurs avait, lui, sa boutique près, tout près de la rue de Seine, comme le portent les réclames. Et c’est certainement pour éviter tout malentendu que Cabaret mit, par la suite, sur ses adresses, la sixième boutique au dessus de la rue de Seine. [Au lieu de la simple mention : attenant la rue de Seine, qui figure sur l’épreuve de la carte-adresse ici reproduite.]
- J’ajoute que la carte-adresse de M. Elleaume laisse voir nettement les transformations par lesquelles elle a passé. Les entailles tout autour du Griffon ont été enlevées si bien que la cadre se détache sur fond blanc et, de chaque côté du cadre, on a placé des objets de papeterie : encriers, plumiers, boîtes, paquets de plumes.
- Le texte a été également quelque peu modifié ou complété (on y a notamment
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- ajouté : Petites Envelopes (sic) et Visites du matin) et Cabaret, lui-même, y est titulé : Marchand-Papetier Ordinaire des Bureaux du Roy.
- Donc, Marchand, puis Marchand-papetier, et, ensuite, Marchand-papetier ordinaire des Bureaux du Roi, Cabaret dut, sans doute, se succéder de père en
- AU GRIJWNXUEDE BUSSY TAUBOVRG S^GEFMAUN A BAJUSM T TENANT LA RUE TSE SEINE .
- Gahoret, fïlàrchjuiA,‘Vendde très beau-Papier_ batu, lané,papier düo lande cLe toutesgrandeurs, arupe^, dore et venzy de toutesjprondeurs pour bien écrire, toutes sortes de papier pour la musùjiie et pour dessiner, deecceL- \ lentes Plumes dHolande des nueuoc taillées, de la plus belle are d&pagne, des Canifs, des Registres, des Portesfeiulles~ Sermania Clef, dentaire de Poche, de table de màlie, ta. = blettes^garnies dargenia secret, toutes sortes de Hures de \ Compte etdeJTLatématuj. rde rru&ujletautres\ Sacre double et luisante, et boutes sortes de marchandises desplus nouvelles.
- Reproduction de la carte-adresse de Cabaret, en son premier état, d’après une épreuve datée 1700.
- fils, car les adresses gravées, quelle que soit leur date — j’en ai eu avec notes d’achats au verso, portant les dates de 1742, de iy45 et de 17^9’ — P01'ient toujours le même nom.
- M. Paul Fromageot, dans son intéressante élude : La rue de Buci, ses maisons, et ses habitants (Bulletin de La Société historique du VP arrondissement, iqo3-1906), me paraît, lui aussi, commettre la même erreur, en disant : « Quelques années après 1781, Honoré-François Jollivet céda son fonds de commerce au sieur Cabaret, venu de la rive droite se fixer rue de Buci, avec son enseigne : Au Griffon. » Plus loin, il est vrai, dans cette même notice pleine de documents curieux, M. Fromageot ajoute : « Jollivet aurait accepté comme locataire [car il était devenu propriétaire de maisons rue de Buci), dans une boutique tout près de
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- la sienne, un papetier venu d’un autre quartier, Cabaret, avec son enseigne : Au Griffon. » Et ceci, alors, permettrait de conclure que Jollivet et Cabaret existèrent simultanément. Mais voici qui va peut-être donner la solution du problème Cabaret-Jollivet. En effet, M. Fromageot nous apprend qu’une maison, située à l’angle de la rue de Bucy et de la rue Mazarine, ayant pour enseigne : A la, Providence, fut acquise le 25 mai 1744, par le sieur François-Nicolas Cabaret, marchand-mercier., qui y tint boutique.
- Or, l’on sait que nombre de merciers étaient également papetiers. Ce François-Nicolas Cabaret serait donc, peut-être bien, « notre » Cabaret.
- Parmi les possesseurs de ce fonds historique, avant M. Elleaume, citons : MM. Mouciiinat père (1790-1821) (1), Edard (1846-1861), Mouciiinat fils (1821-l846), A. SOLENNE (1861-1896).
- Cabaret le fils, Marchand, A l'Aigle d’Or, rue Saint-Honoré, vis-à-vis la Croix du Trahoir, au coin de la rue des Vieilles Etuves.
- Peut-être un fils du « Cabaret » de la rue de Buci, car la carte-adresse qui figure aux Archives de la ville de Paris, porte la date de 1754. Dans le haut un aigle monté sur une boîte de papier, tenant, dans ses pattes, un paquet de bâtons de cire. Très longue nomenclature d’objets : « Papiers à la mode, à vignettes et bordés, de toutes couleurs ; Ecritoires doublées en soye ; grosses plumes de Frise et d’Hollande; plumes à la mode, panachées, de toutes couleurs; Corbeilles; Bara-delles de poche en argent et en similor; Plumes sans fin et autres, en or et en argent; Poudres de toutes couleurs à mettre sur le papier. »
- Cabasson, Marchand-Papetier, 128, rue Montmartre.
- Figure à cette adresse, sur Y Almanach du Commerce, de i8o5 à 1825.
- Cabasson, Papetier ordinaire du Boi, et de l'Ordre Royal de la Légion d’Ilonneur 15, (2), [puis 53], rue de la Chaussée d’Antin.
- "CABASSON,
- rFab'.dcBeuislivs a dos élastique
- [fut'CdeJÆSPIliy TEKIVOJJK Papetier du IU7I. idc, la Ûtau.<ve& d/lntin N 1 <r> \ A PA-RIS
- Étiquette à registres.
- Très certainement le même que le précédent.
- Prit en i833 la maison Despilly-Terzuolo (voir ce nom) qu’il garda jusqu’à sa mort, en 1868. A ce moment, la maison devint la propriété de son gendre, M. Bronne, qui l’exploita jusqu’en 1908. Est, aujourd’hui, Bronne-Cabasson et Cic [depuis 1861 en partie, et depuis 1870, en entier, rue Joubert, 29].
- Carpentier, Marchand-Papetier, 16, rue Saint-Jacques.
- Maison datant des dernières années du dix-huitième siècle. U Almanach du Commerce de 1810 contient à son nom la notice suivante : « Fabr. de papiers de toutes couleurs, maroquinés, marbrés, et papiers de musique. »
- Carré, Marchand-Papetier, rue Montmartre.
- Maison fondée en 1810 qui a eu successivement pour propriétaires MM. Trou-ciion, Legrand, L. Morin. Aujourd’hui : E.-L. Morin, rue Croix-des-Petits-Champs.
- (1) M. Fromageot a découvert aux Archives une pièce intéressante; c’est une facture de Mouciiinat, datée 18 août 1792, pour fournitures à la famille royale, au Temple : Encrier, plumes, canif, grattoir, papier réglé, poudre et pains à cacheter, — du montant de 47 livres 16 sous.
- (2) Le i5 de la rue de la Chaussée-d’Antin fut démoli en 1861, lors des expropriations nécessitées par le nouveau quartier de l’Opéra.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Gastagnery (Mlle), Privilégière du Roy, A la Musique Royale, rue des Prouvaires, près la rue Saint-Honoré.
- « Tient Magazin de toute sorte de Musique vocalle (sic) et instrumentais (sic), du Papier réglés (sic) de toute façons (sic), peti (sic) Livre réglés (sic), »
- Chabot père, Marchand-Papetier, A l’Ordre clu Saint-Esprit, rue Saint-Antoine, 112, entre le notaire et le lycée Charlemagne, vis-à-vis la rue des Ballets (1).
- Maison datant delà fin du dix-huitième siècle. En outre des papiers des grandes manufactures, Chabot tenait fabrique de registres de banque, et d’encres de toutes couleurs.
- En i8o5, deviendra Chabot aîné et Chabot jeune, également rue Saint-Antoine.
- Ghagniat, Fabricant de papiers de fantaisie, rue de la Grande-Truanderie, 55, [puis rue Tiquetonne, 8 (devenu 58), et, à partir de 1873, rue Turbigo, 3.J
- Maison fondée en 1838. Fabrique papiers de couleurs, de tous genres, pour relieurs,papetiers, cartonnages, gainiers, portefeuilles, confiseurs et lithographes. Papier maroquin verni et pour doreurs, chagriné, moiré, gaufré, rouleaux imprimés et percalines gaufrées, façon anglaise; Articles de fantaisie d’Angoulême et d’Allemagne ; Vernis, fils à coudre, signets, tranche-fil, cartes en feuilles, roulées et lissées; Percalines gaufrées, façon anglaise.
- Successivement Ve Ciiagniat et fils en 1870, puis G. Putois, son neveu, en 1881.
- Chamauleau, Marchand-Papetier-Cartier, rue et carré Saint-Martin [d’autres adresses portent VCarré Saint-Marc), entre la rue Mêlée et le Boulevard : Au Bon Ouvrier.
- Ne figure pas sur les annuaires marchands du dix-huitième siècle, mais se trouve sur la liste des Six Corps de 1755. Sa maison devait dater des premières années du dix-huitième siècle.
- Eut pour successeur Fournier (voir ce nom).
- Chamoulaud, Marchand, vieille rue du Temple, à côté l’IIôtel Pelletier.
- Avait le dépôt des produits de la « Nouvelle Manufacture de papiers peints de Lancake. »
- Ghamproger, Papetier-Cartier, Au Grand Empereur. [Par la suite, tient Magasin de Papiers de Bureaux, et Objets de Fantaisies], rue du Hurepoix, 9, et rue de F Arbre-Sec, n° 25.
- Une curieuse adresse de ce marchand, datant de 1795 environ, a figuré au Catalogue 28 de Godefroy Meyer, et fut cataloguée par lui 3o francs.
- En i8o5, est orthographié Camproger ainsi qu’on peut le voir sur la facture ici reproduite.
- Chanterot fils, Marchand, rue de la Harpe, 32, près de la rue Serpente, A T Américain.
- Il ne figure pas sur les almanachs marchands du dix-huitième siècle, mais on
- (1) La rue des Ballets a disparu en 184S.
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- LE LIVRE D’OR
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- possède de lui des adresses avec ce libellé : « Papiers, Portefeuilles, Crayons, Plumes, Encre, Fourniture des Bureaux et Reliure. Papiers de tenture. »
- Une carte-adresse de 1786 porte : Cuciie, successeur de M. Ciianterot fils.
- Chaponnet, Marchand-Cartier, Au Soleil d’Or, rue du Petit-Lion, fauxbourg Saint-Germain.
- Sur l’Almanach des Marchands de 1770, il est annoncé comme suit : 0 Tient fabrique de cartes très fines. Il vend aussi tout ce qui concerne l’écriture. »
- Réduction d’une facture de Camproger datant de la Restauration, et particulièrement intéressante par les multiples objets de papeterie qui s’y trouvent reproduits.
- (Communiqué par MM. Léo Delteil et Lecorbeiller.)
- Chapron, Papetier-Relieur, rue de Seine-Saint-Germain, n° 30 (en face le passage du Pont-Neuf); 34, rue de Seine (ancien 30J, Aux Beaux-Arts. [Coquelin, successeur.]
- Papiers, Registres, Encres, Boîtes, Portefeuilles, Plumes, Cartes à jouer et Cartes de visite.
- Maison fondée entre 1800 et 1806, qui eut pour successeur son gendre, Guerrier, puis Chevalier. Devint en 1866 la propriété de Jules Coquelin père et passa depuis aux mains des fils, gardant sa spécialité de fournitures pour l’architecture et les beaux-arts. Le titulaire actuel est M. Fernand Coquelin fils cadet.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Chartier, Papetier, 117, rue du Faubourg Saint-Honoré, [aujourd’hui 105].
- « Articles de dessin, français et anglais ; Fabrique de registres, Gravure et impression; Encadrement, Reliure, Souscriptions aux ouvrages périodiques, Abonnement de lecture au mois et au volume. »
- Maison du commencement du dix-neuvième siècle. Aujourd’hui, P. Langlois.
- Chartier, Marteau et Boudin. [Voir : Gruiaud.]
- Chassonneris, Marchand-Fabricant de Cartes. Aux Trois Maures, [et, par la suite, Aux Trois Roys, même adresse], rue de la Verrerie, au coin de la rue des Coquilles, en face de la rue Bardubec, à Paris.
- Rue de ta. Verrerie an corn. de. la. Mue dea Cocjudlej, c/ijuce cle lccB.wzBardubec A Paru
- 9 CHASSONNERIS ♦
- Al à PoJjncjucu il rte Carter d Jouer Tcent MagajzjJt de Popter, tant. dJi.ollcuieLe,cjiu?. de France, poiu-LF.crititre. et teDcjrein,Faut toute/ eorteu. dn Rentrer, et Gxefo/ude toulu erpeeen, Vend ciej
- Por te Feu. (Mm eu Maroquin, et entrer, Cire- a_.
- Ccijctieter, Plumez cUvollanelc, Q'cpjanjJiru, da.ru/telerre., Cariifi.Gralouy,etPouzçonr, Encre delà rnctliew
- fquedite Papiei ùVigncO’cn,Envelopper, et tout cc-quot ConcrrnmloeFourt'uliLre des Bureauoc,, le tenu.
- Junte prue. —Tr
- Carte-adresse dix-huitième siècle, de Chassonneris : le verso servait de facture.
- Papetier-cartier, qui a produit de 1766 a 1811, et a eu un successeur de môme nom.
- L’orthographe de son nom a varié par la suite. C’est ainsi que, sur Y Almanach du Commerce de i8o5 et de 1810, il figure comme Chassonnerie, toujours rue de la Verrerie, au 133, devenu, par la suite, le 57. En i8a5,il redevient Chassonneris.
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- Chauchard, Marchand-Papetier-Cartonnier.
- A disparu vers i83o et a eu pour successeur Joseph Janet.
- Chaulin et Cie, Marchand-Papetier des Bureaux du Roi, successeur de M. Dubois, Au Château de Chantilly, rue Saint-Honoré, au coin de celle d’Orléans, vis-à-vis celle des Poulies.
- Sur VAlmanach Dauphin de 1777, il est domicilié rue Plâtrière.
- Sa carte-adresse portait : « Tient Magasin de Papiers, Registres, Boêtes, Portefeuilles, Plumes, Crayons, Cire à cacheter, et tout ce qui concerne la fourniture des Bureaux, etc. Il entreprend les Impressions. »
- Plusieurs tirages. Les uns avec l’indication imprimée de l’enseigne, les autres sans.
- Deviendra plus tard, en 1820 :
- « Chaulin, Papetier du Roi et de S. A. R. Mgr le duc d’Orléans, Breveté de la Chambre du Roi, du Cabinet et des Conseils, Fournisseur de divers Ministères et autres Administrations. » Après i83o : «. Papetier du Roi, de la Reine, de la famille royale. »
- Sur sa carte-adresse, après les habituels détails, on lit : « Bijouteries de papeterie, nouveau polygraphe, nouveaux timbres gravés avec chiffres, couronnes et armoiries pour papiers à lettres et enveloppes; aquarelles, sépias et dessins; pinceaux de Chérion, couleurs de Mercur et Newman; crayons de Burgers et Ackermann ; gravures anglaises. »
- Chauvigny, Marchand-Mercier, rue de la Harpe, vis-à-vis le collège d’Harcourt.
- Il est annoncé comme suit sur Y Almanach des Marchands, de 1770 : « Tient magasin de Papiers pour écrire et dessiner, papier réglé pour la musique, papier à lettres, à la tellière et de compte, papier battu, lavé et vernis; Plumes de Hollande, Cire d’Espagne, Registres de toutes façons, Boëtes à minute; Cahiers de philosophie, Porte-équipages, Livres à termes, toutes sortes de Quincailleries et autres marchandises. Il fait aussi la véritable Encre double et luisante. »
- Chereau (Jacques) le Jeune, Marchand-Mercier, rue Saint-Jacques, près la Fontaine Saint-Séverin [ou : au-dessus la Fontaine Saint-Séverin], Au Coq [puis Aux deux Colonnes]. Il tient magasin de papiers en Rouleaux pour Tenture.
- Maison très ancienne, remontant à lC/Jo environ, et dont le fondateur devait probablement porter un autre nom.
- François Chereau, le premier Chereau, mort en 1729 (1), fut surtout graveur.
- Sa veuve devait lui succéder, son nom se voit encore sur nombre d’eslampes de Saint-Aubin, Lancret, Watteau, Recueil des Troupes de Eisen (1756), et sur des suites publiées en 1761, avec l’indication : « chez la Veuve de F. Chereau. »
- Jacques Chereau, frère de François, figure sur Y Almanach Dauphin de 1777, à la liste des merciers, avec la mention : « Magasin considérable des plus belles estampes » (vues de Paris et de l’étranger, vues d’optique, ornements, etc.), et de papiers de luxe de toutes sortes. » Son nom se voit encore au bas d’estampes datées 1787.
- On sait, en effet, que Chereau était, en même temps, graveur, enlumineur,
- (l) Ne pas le confondre avec François Chereau, Graveur du Roy, entré à l’Academie le 17 oct. 1754.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- imagier, éditeur et marchand d'estampes. Vers 17^0, il devait perfectionner les papiers à rentrures à plusieurs planches pour tentures.
- En 1811,011 trouve, à la même adresse, la Veuve Chereau, avec l’enseigne Aux deux Colonnes. J’ajoute que sur des estampes portant le classique : Déposé h la Bibliothèque Impériale ou même le : Déposé à la Bibliothèque (c’est-à-dire sous la Restauration), l’on rencontre à nouveau la signature : « J. Chereau, rue Sl-Jacques, 10. «
- Chereau t;r Jouberfc, Marchands d’Estampes, rue des Mathurins, Aux deux Piliers a Or.
- Ce Chereau (J.-François fils), associé à Joubeiit, avait repris la vieille enseigne de François Chereau. Ils exerçaient, comme on le voit, leur commerce à deux pas de Jacques Chereau. Parmi leurs publications il faut mentionner les Cahiers d’Ornements, de Queverdo (1788). En l8o3, Joubeiit (voir ce nom) se dira « successeur de J.-Fk. Cheueau ».
- Chéron, Au Temple du Goût. Magasin de papiers, rue du faubourg Saint-Martin, 9, près la Porte [Saint-Martin].
- Ne figure pas sur les almanachs du dix-huitième siècle, mais on a de lui deux cartes-adresse intéressantes. L’une surtout, de format oblong, avec cadres et retombées de tleurs, a, en haut, comme figuration de l’enseigne, un temple grec, avec un Amour sur le devant. De chaque côté, un aigle et un coq. Cette composition signée E. Maucler, sculp., constitue une des plus jolies petites estampes de l'époque. Elle a été reproduite par le service des Archives de la Seine.
- En i8o5, Chéron, sur F Almanach du Commerce, est toujours faubourg Saint-Martin. En 1810, la maison a pour firme Veuve Chéron, puis le nom disparaît des annuaires.
- Chilliot, Marchand-Papetier, rue de la Parcheminerie, 2.
- Fabrique de cartes de visite. — Epoque de la Restauration.
- Chiquet, Marchand d’Estampes, rue Saint-Jacques, Au Grand Saint Henry.
- Egalement graveur, a produit durant la seconde moitié du dix-huitième siècle.
- Clerin, Marchand-Papetier, 8, rue de la Heaumerie, [puis, 7, rue Bertin-Poirée.]
- « Fabricants de Boîtes de bureaux, Cartes de visite à timbre sec, Papiers gaufrés et anglais, à vignettes et sujets, etc. »
- A eu pour successeurs, vers 1827, Vasseur et Beiiuet jeune. (Voir ce nom.)
- Goger, Marchand-Papetier, Au Coq couronné, rue de Richelieu, 26. Maison de M. Beauvilliers.
- « Papiers de France et de Hollande pour l’écriture elles plans; Carnets, Livres de croquis, Cartons tendus en vélin anglais, Bordures dorées de toutes grandeurs, Papiers huilés vernis et végétal dits à calquer; idem, gaufrés et pour Musique ; Souvenirs, Agendas, Almanachs, Ecrans, Cartes de visite, Porte-feuilles de toutes grandeurs pour dessin et autres; Cartons de bureaux; Cires et pains à cacheter, Plumes, Canifs, Equerres, Compas, Chevalets, Porte-originaux, Principes de dessin, Estampes, Crayons de Conté. » — Premier Empire.
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- Goiffier, Marchand de couleurs, rue du Coq, 133 [devenue rue du Coq-Ilonoré, 1211 (1), près la Barrière des Sergens (2).
- A eu une carte-adresse avec enseigne, puis une autre, sans vignette, donnant les détails suivants:
- « Tient manufacture et magasin de Papiers préparés de la Chine, Vélin et autres, pour le Dessin et la Peinture, fabrique et tient assortiment de Toiles imprimées et de Couleurs fines pour la Peinture à l’huile, la Gouache, la Miniature et le Lavis, et généralement tous les articles relatifs à la peinture et au dessin, dans tous les genres. Prépare les Ivoires pour peindre la miniature dans des proportions extraordinaires, et se charge particulièrement d’exécuter avec précision tous les ouvrages qui peuvent avoir rapport à la peinture et au dessin; Fabrique les Crayons noirs de Velours, de différentes qualités, et autres. Il entreprend aussi le nétoyage {sic) et la restauration des anciens Tableaux, les Enca-dremens de tous genres et le collage des Dessins. »
- Devint après 1802 : Coiffier et Salmon, vendant à la fois objets pour la peinture et le dessin et objets pour la fourniture des bureaux.
- Sur la notice de ces derniers, on voit figurer, entre autres : « Billets du matin à vignettes et paillettes, canifs à quatre lames, petites presses pour cacheter, dites chancelières ‘ Portefeuilles de toutes sortes, comprenant, tous, un crayon et des tablettes en papier ou en peau d’âne, et des Registres réglés, coïtés et intitulés : Recette et Dépense, enfin des presses à copier, d'une invention nouvelle, très simple, pouvant se transporter. »
- Collard, Marchand-Papetier et Fabricant de cartes à jouer, A la Ville de Versailles, rue Neuve-des-Petits-Champs, près celle Neuve Saint-Roch, 69.
- « Papiers, registres, boîtes, portefeuilles, plumes, crayons, efc. » Vers 1800.
- Conté, Manufacture et Magasin général de crayons, rue de l’Université, 910, et place du Palais du Tribunat (3) [puis place du Palais-Royal] ; [aujourd’hui rue de Rivoli, 65].
- Maison ouverte en 1798.
- Conté figure, dès l’origine, sur les listes de Y Almanach du Commerce. « Durant la Révolution », dit Alfred Franklin, dans son Dictionnaire historique des arts, métiers et professions, « quand les relations avec l’Angleterre devinrent difficiles, le Conseil des Ministres demanda au chimiste Conté de produire un graphite artificiel ; il y parvint et créa, ainsi, les crayons dont nous nous servons. »
- Après i83o devint Humbi.ot, Conté et Cie ; aujourd'hui : Desvernay et Ci0, petits-fils et successeurs.
- Coquelin. [Voir : Chapron.]
- Cornu (Joseph), Marchand-Papetier, rue des Amandiers.
- Ne figure plus sur Y Almanach des Six Corps après 1 769.
- Cosseron (Etienne), Marchand, rue Saint-Honoré, Au Grand Empereur. Tient fabrique de cire d'Espagne.
- Cosseron, dont la maison remonte aux premières années du dix-huitième siècle,
- fl) Actuellement rue Marengo.
- (2) La barrière des Sergents était à l’angle de la rue Marengo.
- (3) Ce fut, on le sait, le nom donné au Palais Royal, de 1800 à 1808.
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- rentrait dans la division des merciers, joailliers, bijoutiers, quincailliers, mar-
- ‘ chauds de modes, etc.
- Eut pour successeur Herbin (voir ce nom).
- Cosseron (Mme), née Lagrenée. Couleurs et papiers lucidoniques, 10, quai de l’Ecole (1).
- Fabrique ouverte en l8o3, et qui doit figurer ici, à cause du fameux « papier lucidonique » — que vendront, alors, plusieurs papetiers, — « transparent comme une vitre, servant aux graveurs et dessinateurs pour calquer à la pointe, au crayon tendre ». — Voir sur le dit papier le Journal de Paris, année i8o5, page 12817.
- Cottard, Marchand-Papetier, rue Saint-Denis.
- Ne figure plus sur VAlmanach des Six Corps après 1769.
- Coudert, Marchand-Papetier, Aux Cartons dorés, rue Saint-Honoré, près le boulevard (15, faubourg Saint-Honoré).
- Maison fondée dans la seconde moitié du dix-huitième siècle.
- Coudert eut pour successeur Henry (voir ce nom).
- Coulombel, Papetier, Cartes à jouer, rue Saint-Maur, 78.
- Cartes françaises à deux tètes, anglaises et espagnoles, portugaises et autres, unies, vélin et non vélin, impression et dessin. — Maison du dix-neuvième siècle
- Gourbray (Antoine), Marchand-Papetier, rue des Amandiers.
- Ne figure plus sur Y Almanach des Six Corps après 1769.
- Goursonnet, Marchand-Papetier, 2, rue de Bussy.
- Cité par M. Fromageot dans son intéressante étude : la Rue de Bussy, comme existant en 1802.
- Crépy le père (J.), Graveur-Éditeur, rue Saint-Jacques, vis-à-vis le Miroir, devant la rue du Plâtre, A St-Pierre (2), Au Lion d’Argent (3), et Cloître Saint-Benoît.
- Dessinateur et graveur au burin, Crépy le père produisit et vendit des images, de 1680 à 1730. Sa carte-adresse a été publiée par Henry D’Allemagne, dans son ouvrage les Caries h jouer (tome II, p. 469).
- Crépy (Louis) le fils, Graveur-Éditeur, rue Saint-Jacques, près Saint-Yves, A Saint-Jacques.
- A publié nombre de jeux ( 1743) et édité des Chardin, des cahiers de serrurerie et d’ornements de toutes sortes.
- (1) Actuellement quai du Louvre.
- (2) A St-Pierre était l’enseigne du commerce de Crépy.
- (3) Au Lion d’Argent était l’enseigne de la maison où se trouvait son commerce.
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- Crépy l’aîné, rue Saint-Jacques, la troisième boutique au-dessus de la fontaine Saint-Severin, A Saint-Louis.
- h'Almanach Dauphin de 1770 contient, le concernant, la notice détaillée que voici : « Donne avis aux Marchands qu’il tient magasin de Papiers anglais et Ton-tisses; d’Ameublements, dont la beauté des desseins (sic), la vivacité et la solidité des couleurs sont supérieures. Il les vend au même prix que la fabrique. Il est connu pour les petits papiers à la main, et l’on trouvera continuellement dans ses magasins du monde prêt à satisfaire les curieux. Il entreprend aussi de rassortir les étoiles. Il fournit la toile convenable et fait coller les papiers en ville. Il vend des paravens et écrans et fournit les baguettes dorées. Il a une grande quantité de desseins variés pour satisfaire les goûts. »
- D’autre part, une notice parue l’année suivante dans VAlmanach sous Verre, nous renseigne sur les prix de vente : « Le rouleau de Papier de neuf aunes est depuis deux jusqu’à vingt-quatre livres, en augmentant toujours de vingt sols. »
- Crochat, Marchand-Papetier, rue Saint-Martin.
- Figure sur la liste de VAlmanach Général d’indication, de 1769. Ne se trouve plus après.
- Croisey (P.), Graveur, rue Saint-André-des-Arts, vis-à-vis la rue Gît-le-Cœur [puis quai des Grands-Augustins, en 1771].
- « Vend de jolis Billets de mariage et d’invitation pour les Fêtes, dîners, soupers; des Billets de bal et de visite pour la nouvelle année, gravés avec soin et analogues à ces objets. » (Voir le faire-part reproduit page 57.) Vend aussi Y Almanach des Dieux. — D’après une notice de Y Almanach Dauphin de 1777.
- Croisey est également l’auteur d’un portrait de la Dauphine, « entouré de différents caractères symboliques », annoncé par les journaux en 1770.
- L’Almanach du Commerce, de i8l5, mentionne une dame Croisey, 19, rue de la Huchette, « tenant la Dominoterie ». La maison Croisey existait encore versi83o.
- Cuche, Marchand-Papetier, rue de la Harpe [voir Chanterot.]
- Existait encore dans les premières années du dix-neuvième siècle.
- Culambourgt, Marchand-Papetier-Cartonnier, rue d’Ecosse.
- Cité par Y Almanach Commode des Adresses de Paris pour 1692, comme vendant cartons aux relieurs et autres papiers pour différents usages.
- D’Ailé, Marchand, A la Fidélité, demeurant rue Saint-Denis, proche Sainte-Catherine.
- « Vend toutes sortes de Papiers fins, en gros et en détail, des Registres façon de Lion (sic) et autres pour écrire, canifs, cire d’Espagne, Plumes de toutes sortes, Relie les Registres pour les Banquiers. » — Carte-adresse fin dix-huitième siècle.
- Damien, Marchand-Papetier pour meubles, carrefour de Bussy.
- Figure sur Y Almanach Dauphin pour 1777.
- Danbrin (Nicolas), [puis Veuve Danbrin], Marchand-Papetier-Cartier, rue Saint-Avoye, près rue Michel-le-Comte.
- Le Bazar Parisien, de 1821, donne sur cette maison la notice suivante : « La
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- PAPETERIE ET PRP ETI ERS
- maison de madame Danbrin, avantageusement connue, tient l’une des fabriques de cartes à jouer les plus importantes de Paris ; on y confectionne tous les articles de ce genre, tels que cartes françaises, anglaises, espagnoles, portugaises et à deux têtes, tant en blanc qu’en diverses couleurs. On y fabrique également des cartes de visite et papiers gauflrés blancs, dorés et bordés en couleurs fines, satinés, avec vignettes rehaussées en or et argent, comme aussi des enveloppes coloriées et satinées, de toutes dimensions; en un mot, tout ce qui constitue la papeterie tine et de luxe. »
- Dandrieu, Fabricant de papiers, 8, place Saint-Michel.
- Maison datant de la première moitié du dix-neuvième siècle. Spécialité de papiers marbrés, peints à la main et pouvant se laver, à 5 francs le rouleau.
- Dangerville, Fabricant de papiers de fantaisie, rue Saint-Avoie, 35.
- Maison du dix-neuvième siècle. Papiers glacés pour éventails et cartonnages.
- A eu pour successeur Magnien.
- Darras (Eugène), Marchand-Papetier, 17, rue d’Aboukir.
- Succéda en 1890 à Adrien Darras (ancienne maison Ravaiixiî), (voir ce nom).
- Daubancour, Marchand-Gainier, Aux Armés de France, rue Saint-Barthélemy (1), vis-à-vis celle de la Pelleterie.
- Il s’annonçait comme suit dans VAlmanach des Marchands, de 1770: « Fait et vend toutes sortes d’Etuis de roussette verte, polis, et de chagrin, garnis d’or et d’argent, renfermant toutes sortes de Bijoux; Portefeuilles de maroquin ordinaire, et à soufflets, tant grands que de poche, garnis d’argent ou de cuivre; Ecriloires de poche, de bureaux et de valises ; bouteilles à Encre, de cuir bouilli.... »
- Daumont, rue Saint-Martin [et, plus tard, au commencement du xixe siècle, chez Lachaussée, rue Saint-Jacques].
- Figure sur Y Almanach Dauphin, pour 1777, à la liste des merciers, avec une annonce ainsi rédigée : « Magasin considérable d’estampes, découpures, cartes géographiques, principes d’écriture et collections de grands hommes. »
- Dauptain, Marchand-Papetier, Fabricant de papier peint, rue Planche-Mibray.
- Maison des dernières années du dix-huitième siècle.
- Dauron [successeur du sieur Blanchard], Marchand-Papetier [et Gainier], quai Pelletier, 37, à Paris.
- Une adresse imprimée, de grand format, donne à son nom les renseignements suivants : « Tient la seule Manufacture de Porte-feuilles de Bibliothèque, dont la figure, inconnue jusqu’alors, éloignera la subtilité des personnes suspectes. Portefeuille de voyage, à écritoire et sans écritoire; Porte-feuille de poche de toute
- (1) Entre le quai de l’Horloge et la place du Palais-de-Justice : a été absorbée par le boulevard du Palais.
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- grandeur, et en tout genre. 11 tient aussi Magasin de papiers de France et de Hollande, Encre de la première qualilé, et tout ce qui concerne la fourniture des Bureaux. »
- En i8o5, Dauron figure sur l’Almanach du Commerce, rue Planche-Mibray, et en l$iOj rue de la Barillerjç,
- Le « Cachet Méd,ailler », dont nous reproduisons ici le prospectus à -vignettes, fut une des spécialités
- de De Brasscux sous la Restauration.
- Deberry [successeur de M. Thierry], A la Ville d’Angoulême, rue Saint-Séverin. Figure sur Y Almanach du Commerce, de 1825 (voir Thierry).
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Debord, A l'Empereur, gendre de feu le sieur Guichard, Marchand ordinaire de la Musique du Roy, rue de l’Arbre-Secq (sic), derrière Saint-Germain-TAuxerrois.
- Debord figure au supplément de VAlmanach général des Six Corps pour 1769, et l’on a de lui une carte-adresse à ornements avec les habituels attributs de la papeterie : (boîtes, cartons, ballots, papier à musique, ardoises avec lettres), sur laquelle se trouvent les indications suivantes : « Vend en gros et en détail toutes sortes de Papiers et Plumes, Registres de toutes façons, Cire d’Espagne et d’Hollande; Vend aussi les bons Papiers lavés et à dessiner, Encre de la Chine, serpente vernie, huilée, crayons d’Angleterre, Règles d'ébenne (sic), Papiers à vignettes, etc. »
- Cette carte-adresse, dans la manière de Choffard, dessinée par Berthault, a été reproduite dans le livre de M. Maillard : Menus et Programmes illustrés. Elle a été également donnée en phototypie par le service des Archives de la Seine.
- Dans le haut de la carte, est un ovale, avec la reproduction de l’enseigne (Empereur, globe et glaive en main), dont Je titre court sur une banderole. (Voir Guichard.)
- De Brasseux, [puis De Brasseux jeune], Graveur sur pierres fines, 17, puis, 5, passage des Panoramas.
- Maison fondée en 1825 et qui devait s’occuper tout spécialement du cachet à armoiries, et à devises. En l863, De Brasseux eut pour successeur, Bertz, graveur en tous genres. En 1872, la maison passa aux mains de Devambez, et, sous la direction de ce dernier, acquit une certaine célébrité. C’est à Devambez qu'on devra la rénovation de l’art si charmant de la petite estampe.
- Declaron, Marchand de Papier, rue Saint-Antoine, vis-à-vis les Filles-Sainte-Marie.
- Declaron ne figure pas sur les almanachs marchands du dix-huitième siècle, mais on possède de lui plusieurs cartes-adresse. Parmi la nomenclature des objets qu’il vendait figurent les spécialités suivantes : « Papier à Lettres, lissé, doré sur tranche et à vignettes; Papiers dorés, unis et à fleurs, en marbre et façon de bois^ unis, de toutes couleurs ; Papier gris et à enveloppes ; Papier cassé, à sacs et à sucre; Estampes et découpures; Dessins de broderie.
- » Tient une Fabrique de Papiers en rouleau pour Meubles, au pinceau, veloutés, moirés et de tous dessins, les fait assortir aux Meubles, les fait poser en place. »
- Dècle, Aux Beaux-Arts, Papetier du Roi et de la Direction du matériel des fêtes et Cérémonies, 15, rue du Roule (près celle Saint-Honoré).
- Figure sur Y Almanach du Commerce à partir de 1816, mais existait antérieurement, car je possède de lui des factures datées de i8i4- Plusieurs cartes-adresse. Sa spécialité était le dessin et le lavis. « Livres de croquis, de toutes grandeurs, en papier vélin; Carnets, Souvenirs et Agenda en marroquin (sic), assortiment de Boîtes, Cassettes et Nécessaires, en carton ou en bois choisis, de France et des Iles. » Fabriquait également les cadres dorés.
- Eut pour successeurs :
- Vivet, Geringer et Cie, également « papetiers du Roi, Chimistes, Fabricants de couleurs fines et restaurateurs de tableaux ».
- Deduy [successeur de Lavenne], Marchand-Papetier, 37, rue Goquillière.
- Figure sur Y Almanach du Commerce après i83o, avec cette notice : « Brevets
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- LE LIVRE D OR
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- CATALOGUE DE S OUVRAGES DUS ^DE FER jusqu’en 1 Année 1705
- Grandes Cartes
- Livre s ^ Ca rte s dîme, JFeiuZZej^-}
- Ai A PPE -MON UE ouymnde Carte Un loersede die Globe Ter/rste-e eP ytÿzt&l2ÿu£, suoiymt les dermères Relatons et ôbser'/xzt&ens de if.r des? lAcademte Royale des Siêncesfà/vec les Futures des Planettes.et les Mesures de la Tbrro au report de la Tcn/e-du Châtelet de Pans LES QUATRE PARTIE DLt AI ONDE , sur les Naiouslles Observizùcns et dont les principauté -points sent plates suloa-it le sentiment- de N^s de lAcadenue Rcyade des Stences .
- La F R-AIV CE , Historique , Genealqyiqur, et Geqyrap/uçue*
- L> ESPAGNE , Historique. t GenealcyiŸue, it Geoymp/ique*
- LE PORTUGAL . Tnss particulier' et: très e'scactE-LcILLEMA GNE , H. istcr'iÿue Geneadoyique. et Geoorap/uque.
- LA LOMBARDIE , ou. se trouve le cours du Pc . et les 'autre.' Riineres qm si dee/iarpent avec les Etats du Duc de Savoye de Milan de Memtode de Parme de Plai/à*<re de Modeste, de Bouloyne de ferrure d UT in ri et tes Républiques de vesu/e> de. Gestes de L upues
- l'Italie . oasoc la- Route. des Postes j
- LA PERRE SAINTE , Ancienne-, Moderne., et Histm-ique*
- LES THEATRE DE LA GUERRE , e*i A/lcmaqne. , est Italien , sur le P Item r sim la Moselle, tauoc Pais'. Bas)et en, Espagne, . L'ALSACE , très'particulière de plusieurs yrandeurs .
- LE COURS JIU R ME/N, ET LE COURS VU DANUBE IPs FRONTIERES DE FRANCE , E T DES PAIS BAS.ET LF. BAS R HEIN
- LA SOUABE , LA BAVIERE, et Ll VIIR TE MUER G LE PIEMONT., de plusieurs Sortes t et particulier"
- LE PLAN DE PARIS .de plusieurs jq ronds un,
- La .MOSFELLE ' et LA SARRE
- Une Carte 1res -particu/tcne des Pais Situes, entre tft Pas de^> Caius et le R Asm, auax en mrons de lu Meu/c., de CEscaut,et~ de. A?, /.is, ou. se trouoe^ les DucAcx. di Brabant, de Lunbouy. de lichens, et de Luocembeurcr, Les Comte*. de Flandre, de Hamaut, d Artois, et de Namur t le ïioulonneis, le PontAieiu.
- l Atlas curieux ou, le Monde compose de Trois cents. * 1 Fyures.Cartes.etDescriptionsten ?•?? eu en. deucc Volumes,tn^/oub en* Tablettes .
- LES FORCES UE LJcUROPE Compose de deuoc, cent Plans des principales Places de cette Parue du blonde., uc^/blie <en* Tablettes en on, Volume .
- SUCCESION DE LA COURONNE d'EsPAGNEi
- LES LIVRES POUR LA GUERRE D ITALIE DÆLîÆMAGNE
- et des PAIS BAS -
- LE PETIT rî TL A S t Tenus ce, dernier, Limes Smit tu quao-ce . R ECEUIL de. Cartes un.y rend in yoho, ce Lizme e/b compose.' de l Introduction, a la. Geoy*tzpAie ,de la M<ippe-Monde, des p . Partie/ -tt de tous les principaux. Etat, d t'E u/ ope en. pv/icuber
- Al VE RTIS S EME Ar7
- 7buo’j le. Cartes dcmtrji <?st_/ait mention dans ce. Catalopue.^on.0 sur tes Notavelle s Obscri'atdms de M V de l'Academie Royale* des Sventes , conune toutes celle, que l, Ctuteur a Laites depuis dm 10 ans , Etutit le premier ÿtu ccst Seriez, de ces Obscrvaltens dans ses O utotyyes de Ceoymp/ize , et la.y ronde Miippe -Monde* 9u il a donne au P/i&ho en jé'04. . est la Première carte que a-i/e pa.*'u Rc/b* mee ou Contyee Sur les Nouvelles Observations.
- Reproduction fac-similé d’une des nombreuses cartes-adresse de De Fer; le verso servant à facturer les marchandises. Au fur et à mesure de la publication de nouveaux ouvrages, le texte se modifiait et le chiffre de l’année s’augmentait. J’ai rencontré la même carte-adresse, ou le même prospectus, suivant le titre qu’on voudra lui donner, avec des dates différentes, 1710, 1716, 1721» etc.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- d’invention pour papiers glacés, moirés et parfumés, pains à cacheter à camées, cires chinoises et égyptiennes parfumées, papier des Odalisques, destiné à être brûlé pour embaumer les appartements. »
- De Fer (Nicolas), Géographe de Sa Majesté Catholique et de Monseigneur le Dauphin, A la Sphère Royale. Dans l’Isle du Palais, sur le quay de l’Orloge.
- Le sieur De Fer, dont le nom est bien connu puisqu’il fut le plus grand éditeur de cartes géographiques, au dix-septième et au dix-huitième siècle, fut à l’origine marchand-papetier, graveur et géographe. Sur une carte-adresse à son nom on lit, en effet : « De Fer vend papiers battus et lavés pour les Cartes et les plans, Compas et règles, Estampes et découpures, papiers lavés pour les plans d’Archi-tectureetde Fortifications. »
- Mais De Fer ne fut pas uniquement cantonné dans les cartes géographiques, car il éditera quantité de jeux — genre jeux d’oie — tels le Jeu royal et historique de la France,le Jeu de la Monarchie française, etc., — des vues de Paris et des plans de Paris en nombre.
- Defourcroy, Marchand-Cartier, Papetier, Dominotier, rue Jacob-Saint-Germain.
- Maison datant de la fin du dix-septième siècle.
- Daglos, Fabricant de papiers de fantaisie, rue Simon-le-Franc, [puis rue des Blancs-Manteaux].
- Papier moiré, chagriné, gaufré et maroquiné à façon, pour les évenlaillislcs et confiseurs.
- A eu pour successeur, en l856, E. Villeneuve, lequel s’est fondu dans la maison G. Putois.
- M. E.-J. Villeneuve installa le premier, en France, la fabrication mécanique des papiers de fantaisie et du carton. 11 exposa, en 1878, des spécimens de cette fabrication en bobines sans fin.
- Deharambure, Marchand-Papetier et Cartes à jouer, rue Saint-Denis, 166.
- Cartes françaises et étrangères, cartes pour les enfants.
- Delahaye, Marchand-Papetier, Au Griffon, rue des Deux-Ponts, n° 16, Isle Saint-Louis.
- Delahaye nous a laissé une carte-adresse du premier Empire sur laquelle figuraient parmi ses spécialités : « Portefeuilles de poche et d’échéances, Papier pour tenture, Ecrans, Paravents et Devants de cheminée. »
- Delallée. [Voir : Magnier.'J
- De Lanoue, Marchand-Cartier, Aux Trois Etoiles Couronnées.
- Figure à la date de ij58 sur la liste donnée par Henry D’Allemagne.
- Delarue, Papeterie des deux Créoles, 60, rue du Faubourg-Saint-Ilonoré, au coin de celle d’Aguesseau.
- Cette maison, qui a disparu tout récemment (en 1904), fut fondée vers i833. Elle eut autrefois, pour enseigne, un tableau peint, avec la légende : Aux deux
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- (^réoles, puis ce tableau fut enlevé et remplacé par un écusson aux armes d'Angleterre, la maison étant en lace de l’Ambassade.
- Delarue avait eu pour successeur, Yvert.
- Carte-réclame de Delarue datant du milieu du dix-neuvième siècle.
- Delaruelle (Vve) et Ledanseur, Fabricants et Marchands de crayons, rue Dupetit-Thouars, 20, au Temple.
- L Almanach des Marchands de 1//0 contient sur eux la notice suivante : « Crayons pour dessin et bureau, inventeurs d’un noir extra-lin dit noir d’Elnu, inventeurs de crayons de couleurs et de nuances à l'infini, pastels, crayons pour
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- dessin, ronds, carrés et de couleurs; pierre blanche, noire, sanguine, mine de plomb, sans bois et sans fin, composition de pierre d’Italie; fabrique de couleurs pour gouache et lavis, fusain de Lyon. »
- Delatre [orthographié aussi Delastre] (Noël-Pierre-Louis), Marchand-Cartier-Papetier-Relieur [puis veuve Delatre], rue Sainte-Anne, butte Saint-Roch, Au Roi Salomon.
- Figure au Tableau Général du Commerce de 1789-90.
- Eut de nombreuses cartes-adresse, toutes plus ou moins dans ce style.
- AU ROI SALOMON
- NOËL PIERRE LOUIS DELATRE MP cartier papetier relieur rue ST.E Anne hutte S T roch au coinde la rue iheresse vend Tout ce qui concerne L’écriture A PARIS
- Carte-adresse de Delatre, Marchand-Cartier, connu surtout pour la fabrication des cartes populaires.
- Delaville, Marchand-Papetier, 15, rue de la Monnaie.
- Figure sur le Tableau des libraires, imprimeurs et éditeurs, de 180I, comme fondé en 1808. Peut-être est-ce ce Delaville qui succéda à Despilly-Terzuolo (voir ce nom).
- D’autre part, Y Almanach du Commerce donne, à partir de i8o5, un Delaville domicilié rue des Petits-Champs, 55.
- Delavoypierre, Marchand-Papetier, rue du Roule.
- Faisait le commerce en gros et en détail.
- Figure sur Y Almanach des Six Corps, de 1769, mais ne se retrouve pas après.
- Ce Delavoypierre, malgré la différence d’orthographe, est, peut-être, le même que Delavoiepierre, successeur de Vautrin-Ciianvalet (voir ce dernier nom).
- Delermoy, Marchand-Papetier à Paris, successeur de M. Soupèhe, Marchand-Papetier du Roy, à Versailles.
- Vendait papier pour écriture et dessin. Sou adresse datée de 1778 a été reproduite par Henry D’Allemagne, dans les Caries à jouer (tome II, p. 491).
- Delermoy, A la Donne Foi, Marchand-Papetier ordinaire des Enfans de France, rue Dauphine, à Versailles.
- Le même que le précédent, mais cette adresse (voir la reproduction ci-contre) est celle de la maison de Versailles.
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- De Lorme (Louis-Nicolas), Marchand-Cartier, rue Bourtibourg, proche le cimetière Saint-Jean, vis-à-vis l’Hostel de M. le Lieutenant Civil, Au Grand Louis.
- ‘ ‘ '-------- W\AW-a>VWS/AV\A'VV\(VVWVWV
- e-1
- A LA BONNE FOI,
- Rue Dauphine, à Ver failles. '
- DELERMOY, Marchand Papetier Ordinaire des EN FAN S :
- DE FRANCE, vend toutes fortes de bons Papiers pour l’Ecriture , Papiers d’Hollande de toutes grandeurs pour l’Ecriture & le Deflein , à Lettre, fariné, doré fur tranche, Papier battu, lavé & verni pour écrire; Exemplaires de Papier battu , lavé, verni pour les Maîtres Ecrivains, Papier battu, lavé pour les Mathématiques, Papier bleu de Hollande, Papier gris à ddTiner,* Porte - ieuilles d’Académie de toutes grandeurs & autres ; Encre de la Chine Sc Carmin pour deffiner; crayons, Portes-Crayons, Compas Sc Régies ; Papier réglé pour la Mufique & le Plein-Chant, Livres de Mufique de toutes grandeurs ; véritable Encre double Sc luifante ; Bouteilles de cuir bouilli Sc autres ; Ecritoires de ’ Bureaux Sc fermant à clef, de poche Sc de valife ; Cornets de.plomb; véritables Plumes d’Hollande de Cigne Si. de Corbeau, Canifs, Poinçons, Gracoirs des meilleurs ; Pains à cacheter, Cire d’Efpagne très-fine; San*-daraque pour l’Ecriture; Régihres de toutes grandeurs réglés pour les Comptes étrangerss Parties doubles &'Journaux, Boëtes pour les Bureaux ; Curedents des meilleurs ; Tablettes & Porte-feuille.? garnis d’argent Sc aucres ; Papier marbré , doré, argenté Sc façon d’Indienne , de toutes fortes ; Découpures venant d’Allemagne, Papier marbré, à fleurs pour Tapifferie, Sc imitant le Marbre, pour des cheminées; toutes fortes de Papiers de couleurs ; Papiers à vignettes & à Lettres de toutes grandeurs, li vend aufli toutes fortes d’ECRÀNS à main , communs , peints en mi-gnature, en fleurs, en Hiftoires & en Découpures, des plus beaux; avec les bâtons; grands Ecrans peints, avec guéridons, à tablettes & autres. Il vend feul les Ecrans hilhoriques fur diverfes matières, pour rafraîchir la mémoire des ieétures qu’on a faites / Compas à quatre pointes , Dez à jouer de toutes façons} Calottes de papier; Boëtes pour bonnets-de Dames ; Echecs Sc Cornets de Tric-trac; Tamis à tabac & Boëtes à poudre; Volans Sc Raquettes de toutes façons; Poudre d’or; grandes Cartes fines pour peindre, Sc autres. Le Jeu de la récréation fpirituelle pour les Communautés, Jeu d’Oye, Damiers; Corail pour les dents, Sc autres Marchandées en gros Sc en décail. Le tout à jufte prix.
- ,lAWV\AAv>VWaW\A^,VWi
- f&rc w & o w & » w
- Reproduction fac-similé'de la carte-adresse typographique de Dklebmoy (seconde moitié du xvm® siècle). Le dos servait de facture pour les marchandises achetées.
- De Lorme, cartier, qui a fabriqué de 1740 à 1757, était en même temps, comme
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
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- la plupart de ses collègues, papetier. Tout au moins vendait-il plumes et papiers pour écrire.
- Demoraine, Marchand-Papetier, Graveur, rue du Petit-Pont, 18.
- Editeur, au dix-huitième siècle, de petits Almanachs et d'Estampes.
- Denise, Marchand-Papetier, rue Saint-Jacques, 112.
- Avait, en même temps, une fabrique de papier.(Almanach du Commerce de 1S28.)
- Cartes très fines,delouis Nicolas DE LORME MARCHAND CARTIER À PARIS DEMEURANT RUE BOURTIBOURG PROCHE LE CIMETIERE S. JEAN, VIS-A-VIS LHOSTEL DE MONSIEUR LE LIEUTENANT CIVIL
- au GRAND LOUIS, vend tout ce
- QUI CONCERNE L'ECRITURE
- Enveloppe de jeu de cartes, de De Lorme, gravée en bois par Papillon, et servant en même temps de carte-adresse pour les factures du dit marchand.
- Depeuille (G.-F.), Marchand et Magasin d’Estampes, au Pavillon, près du Bassin, Jardin du Palais-Royal [puis rue des Mathurins].
- Avait racheté, après la Révolution, le fonds de Joubert, mais disparut eu i8o3 [voir, pour les détails : Joubert].
- Derongé (aîné). [Voir : Mandar.]
- Derrey-Zambeaux. [Voir : Bellangé.]
- De Saint-Amand. [Voir : Auzou.]
- Desbordes (Hippolyte), Manufacturier de Papiers peints, rue du Bac, 15, au coin de celle de Verneuil.
- Maison datant du premier Empire. Papiers peints et papiers d’écriture.
- Deschamps, Marchand d’estampes, rue Saint-Jacques, près la Fontaine Saiut-Séverin.
- Le sieur Deschamps devait être, eu 1761, l'inventeur du fameux Almanach
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- LE LLVRE D’OR
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- ^Soiuicuo do voué ^Jautcy jnu'L du Oyl/Lti/cuiy <
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- aPoru chez [teiuteur, Rue (JallanJe
- Ll Perte Cocher e u Cote cùz-LayeUicr A • J? • fl • R '
- Type de faire part de Mariage, avec image gravée, vendu par Desmaisons, marchand papclicr-gi a\ cm [voir page 07 le faire part gravé par Croisey.]
- * Cette image ainsi que la précédente [celle de Croisey] se trouve être, assurément, une des plus typiques du dix-huitième siècle. A elles deux elles traduisent le mieux les sentiments, à la fois philosophiques et galants, de cette époque véritablement unique, mais la composition de Desmaisons a encoie, pom nous, je veux dire pour l’historien, ceci de particulier que, a la Révolution, son Amour se tioinc transformé en Amour sans-culotte, et, ainsi attilé, servira toujours de 1 aire-part pour maiiagc ciwl.
- IB
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- sous Verre, connu sous le nom cl’Almanach des Associés, qui, en plus du calendrier en feuilles, donnait des séries de « Notices » renseignant sur toutes les inventions et curiosités du jour.
- Desert (Jean-G.), Marchand-Papetier, rue Judas (1).
- Ne figure plus sur Y Almanach des Six Corps après 1769.
- Des Lauriers, Marchand, A l'Enfant Jésus, rue Saint-Honoré, près celle des Prouvaires.
- « Tient Magasin de toutes sortes de Papiers, et généralement tout ce qui concerne l’Ecriture et la formation des bureaux. »
- L’adresse de Des Lauriers, dans un très joli cadre rocaille, est une de celles qui ont été le plus reproduites. On remarquera qu’il s’intitulait marchand tout court, parce qu’il était, à la fois, « mercier, joaillier, bijoutier tenant magasin de papiers » ; de nos jours, l’on dirait qu’il avait ouvert un rayon de papiers.
- Des Lauriers figure sur Y Almanach général de 1769 et sur la plupart des almanachs marchands qui suivirent.
- Desmaisons, Marchand-Papetier-Graveur, rue Galande, la Porte Cochère, à côté du Layettier.
- On trouvait, chez le dit sieur, des Billets de mariage, des Billets de faire-part et d’heureux accouchement enrichis de gravures, et des Cartes de Visite pour la nouvelle année. — (D’après une annonce du Journal de Paris, de 1782.)
- (Voir le faire-part de mariage reproduit à la page précédente.)
- Desnos, Papetier-Graveur, Ingénieur-géographe et Libraire de Sa Majesté Danoise, rue Saint-Jacques, Au Globe et A la Sphère.
- Desnos, le plus grand fabricant de petits almanachs du dix-huitième siècle, doit tout au moins avoir son nom, sur cette liste, pour les papiers d’un genre nouveau et les stylets dont il fut l’inventeur.
- Despilly, [Successeur de Bouuv|, rue Saint-Jacques, la porte cochère après la rue Gallande, vis-à-vis celle de la Parcheminerie, Toute Sagesse vient d'en haut.
- Despilly succéda à Bougy (voir plus haut), sans doute aux approches de 1780, mais son nom ne figure pas sur les anciens annuaires du dix-huitième siècle.
- En 1790, Despilly s’adjoint deux associés, et la raison sociale est, alors, libellée comme suit :
- — « Despilly, Egasse et Bezuquet, rue Saint-Jacques, l^, la première porte cochère au-dessus de la rue Galande, tiennent Magasin de toutes sortes de Papiers, en gros et en détail, tant pour l’impression que pour l’écriture. »
- Il ne semble pas que cette association ait duré longtemps. En tout cas, en 1801, c'est à nouveau Despilly seul.
- Sur une carte-réclame de l’an X on lit :
- « Au coin de la rue Neuve des Mathurins, rue du Mont-Blanc (1), Chaussée d’Antin, Despilly tient magasin en gros et en détail de toutes sortes de papiers de
- (1) Rue supprimée. Ne figure pas clans le Dictionnaire historique de Paris, de Pessard.
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- LE LIVRE D’OR
- DESPILLY, EGASSE & BÊZU.QUET , rue St-Jacques, N°. 14.'
- la première porte cochere au-deflus de la rue Galande., tiennent Magafin de toutes forces de Papiers, en gros & en détail, tant pourTimprellion que pour l’écriture. A Paris.
- livres.
- Fac-similé d une facture de fournitures de papier d'impression, faite par Despilly au citoyen Prudhonnne éditeur des Révolutions de Paris, en janvier et février 1793, et acquittée, comme on peut le voir, en mars de la même année, par la remise d’effets. ’
- * Cette facture permettra d’établir une intéressante comparaison, entre les prix d'autrefois et ceux d'aujourd’hui, le papier des Révolutions étant du papier d’un poids relativement léger, pour tirer à la fois 32 pages in-8°.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- France et d’Hollande, et, généralement, tout ce qui concerne la fourniture des
- bureaux et des pacotilles. »
- Puis, après la création de l’Empire :
- — « Despilly, Papetier cle U Empereur, de LL. AA. II. le prince Joseph et le prince Louis, et de la Grande Chancellerie de la Légion d’Honneur, rue du Mont-Blanc, n° 382, au coin de la rue Neuve-des-Mathurins (il. »
- Deux cartes-adresse petit format : l’une imprimée, dans un cadre typo; l’autre gravée, avec les armoiries de l’Empire.
- Après avoir été Despilly-Terzuolo, la maison passa aux mains de Delaville qui rédigea ainsi son adresse :
- — « Delaville, successeur de Despilly-Terzuolo, Papetier du Loi, 15, rue de la Chaussée-d’Antin, au coin de celle Neuve-des Mathurins. »
- Papiers de France et de Hollande pour l’Ecriture et le dessin.
- Registres, Encre double, etc..... Carnets fermant à crayons, Boëtes
- en maroquin et de fantaisie.
- En i833, c’est Cabasson qui met sur ses adresses :
- — « Cabasson, successeur de Delaville et Despilly, Papetier Ordinaire du Roi, et del'Ordre Royal de la Légion d’Honneur, et qui donnera à la maison le nom qu’elle porte encore de Papeterie Cabasson. » — (Voir ce nom).
- Une facture de Despilly, datée l8c8, et ayant fait partie des collections Paul Dablin, est particulièrement intéressante parles prix qu’elle donne. En voici le relevé :
- Fournitures au maréchal duc d’Elciiingen, en 1808.
- 4oo plumes diverses, 64 fr. ; — 12 crayons supertins, 9 fr.; — 12 canifs, 7 fr. 20; — 2 bouteilles de sandaraque, 1 fr. ; — 4 rouleaux d’Encre en poudre, 7 fr. 20; — 70 livres de cire superline, 100 fr. ; — 2 règles de 18 p. en ébène, 7 fr. 20 ; — 1 portefeuille de 16 p. maroquin noir, garni en argent, avec rouland et Ecritoire, 96 fr, ; — garniture du dit, de divers papiers, canifs, plumes, etc., 29 fr.; — 1 sac avec courroie pour le dit, 33 fr., etc.
- D'après une facture d'achats faits pour les bureaux du Maréchal.
- Desventes père, Marchand-Papetier, rue Saint-Jacques, à l’hôtel de Lyon, vis-à-vis saint Yves.
- Figure sur Y Almanach des Marchands de 1772,
- Desvernay et Cie. [Voir : Conté.]
- Devambez. [Voir : De Biusseux.]
- Dondaine. [Voir : Herwn.]
- i l) Rue Xcuve-des-Mathurins, ainsi nommée parce qu'il y avait, rive gauche, une autre rue des Mathurins. La rue du Mont-Blanc, ainsi nommée en 1798, était l'ancienne rue de l’IIôtel-Dicu qui devint, sous la Restauration, rue de la Chaussée-d’Antin.
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- Dondey-Dupré et David, Marchand-Papetier, rue Neuve-Saint-Marc, n° 40, au coin de la place des Italiens.
- Maison du commencement du dix-neuvième siècle. « Magasin de tous les articles de la Papeterie; Fourniture de Bureaux. Imprimerie de tous les articles relatifs au Commerce et aux Lettres. »
- A eu pour successeurs : Mme Mallet, puis Arnould Lefebvre.
- Dorville, Marchand-Papetier, rue des Fossés-Montmartre (aujourd’hui, rue d’Aboukir, n° 6).
- Maison fondée en 1816, qui après Dorville eut pour propriétaire Duciiesxe, puis Yvoxxet, en 1861. Ce dernier s’associa à Ramé. A l’Exposition de 1878, c’est encore la maison Yvoxxet et Ramé, puis à nouveau Ramé seul, lequel en 1882 vend à M. Jules Miciiaud, qui, à son tour, cède l’ancien fonds Dorville à Frazieh-Soye.
- Douchy (Antoine), Marchand-Papetier, rue de la Jussienne.
- Maison du dix-huitième siècle. Ne figure plus sur l'Almanach des Six Corps, après 1769.
- Doyen, Marchand-Papetier, Au Soleil cl Or, rue Saint-Antoine, vis-à-vis la Vieille rue du Temple.
- Doyen a possédé plusieurs adresses, existant sous deux formes :
- l° Gravée, dans un cadre au trait, en hauteur, avec la figuration du Soleil, entouré d’une écritoire et d’un paquet de plumes d’oie.
- 2° Imprimée, dans un simple cadre typographique.
- Elles étaient libellées comme suit :
- « Tient magasin de toutes sortes de papiers de France et de Hollande, Registres de toutes grandeurs, réglés et non réglés; Porte-feuilles de carton et autres de toutes grandeurs, pour les Dessins et pour serrer le papier; Ecritoires de toutes façons, de poche et de bureau; Plumes et Bout-d’ailes d’IIollande ; Cire d’Espagne et d'Hollande, très fine ; Canifs, Grattoirs, Compas; Gravons d’Angleterre, très fins, et autres; Cure-dents de toutes façons; Raquettes de toutes grandeurs; Boëtes pour les Bureaux de toutes grandeurs; Ecrans de toutes façons; fait la véritable Encre double qui ne change point; Papier peint et à fleurs pour les cabinets et appartemens, et généralement tout ce qui concerne le commerce de Papeterie et la fourniture des Bureaux. »
- Son nom figure, pour la première fois, à Y Almanach Dauphin, de 1777.
- Drouet. [Voir : Astruc.]
- Dubois, Marchand-Papetier des Bureaux du Roi, Au Château de Chantilly, rue Saint-Honoré, au coin de celle d’Orléans, vis-à-vis celle des Poulies.
- Maison du dix-huitième siècle. Sur une de ses adresses typographiques, on lit : « Tient Magasin de Papiers, Registres, Boëtes, Portefeuilles, Plumes, Crayons, etc. »
- A eu pour successeur Ciiaulin (voir ce nom).
- Dubois, Marchand-Mercier, A la Renommée. Quo fama vocat vires aeguirit eundo.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
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- Au coin des rues Montorgueil et du Boul-du-Monde (1), au bas des Petits-Carreaux.
- La carte-adresse, — datée 1774, — de ce Dubois, qu’il ne faut point confondre avec le précédent, a été reproduite par le service des Archives de la Seine. En haut, une Renommée, debout sur le monde, trompette en chaque main; tout autour d’elle dansent plume, encrier, éventail, flacon, grattoir, cartes à jouer, etc. En plus de la papeterie, il vendait : « Parfums, gants et mitaines de toutes couleurs, Eventails, Poudres, Odeurs. «
- Ducamp de Bussy, Marchand-Papetier, rue Saint-Honoré, au coin de celle Batave (2)
- Apparaît sur Y Almanach du Commerce de l8o5. En 1810, il est rue Montesquieu, 4i et ajoute à son adresse : « Fournisseur de S. M. l’Impératrice, des Postes, et de la Banque de France. »
- M. Paul Delalain, dans son volume L’Imprimerie el la Librairie h Paris, de 1189 h 1813, donne, en juillet i8o5, avec exactement la même adresse, une Mmo Ducamp.
- Ducamp, Marchand-Papetier, Au Griffon, rue Saint-Honoré, 157. [En 1802 : rue Saint-Honoré, près le palais du Tribunat.]
- [D’après Paul Delalain.]
- Duchesne, Aux Armes de France et de Navarre. Gendre du sieur Bouton. Marchand-Papetier ordinaire de la Chambre du Roy, demeurant à Paris, rue du Maille (sic), près les Petits-Pères de la place des Victoires. [Plus tard, rue du Mail, 30.]
- Successeur de Bouton (voir plus haut). On possède de lui plusieurs cartes-adresse; les unes avec la reproduction de l’enseigne (Armes de France et de Navarre), les autres sans. Au bas d’une de ces dernières, on lit: « N.-B. Je préviens les personnes qui désireroient avoir des Papiers satinés, qu’elles seront satisfaites : cette main-d’œuvre perfectionne la fabrication et aplanit tous les défauts. Mon but est de rendre les Marchandises de France préférables ou, au moins, équivalentes à celle d’Hollande. »
- Ducroquet (Victor), Marchand-Papetier, gendre et successeur de Robert, 42, rue de Cléry.
- Maison du dix-neuvième siècle. Papiers en gros. Registres.
- A eu pour successeurs Pezieux, puis Levée, et est actuellement Gamiciion, Risciiop et Maignan, rue du Sentier.
- Dufay. [Voir : Marvis.]
- Duhamel, Graveur eu taille-douce, rue Saint-Jacques, vis-à-vis le Collège du Plessis, n° 186.
- S’occupait, surtout, de la gravure et de la vente des planches de modes.
- En 1787, il annonce une planche contenant Y Histoire d’Abeilard et dLIéloïse
- (1) Fondue avec la rue Saint-Sauveur. (?,) Ci-devant me de,Valois,
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- en 18 médaillons, « lesquels forment une garniture de boutons pour habits ou redingote. »
- Duplessis fils, Marchand-Partier, A l’Empereur.
- Fabriquait vers 1760.
- Dupré, Au Griffon, rue Neuve-des-Petits-Ghamps, au coin de celle Chabanais, n° 22.
- Il existe de Dupré, maison créée vers la fin du dix-huitième siècle, une carte-réclame imprimée, du commencement du xix° siècle, avec le détail suivant :
- « Tient Magasin de Papiers de France et de Hollande, Plumes, Registres, Boîtes, Porte-feuilles, Ecritoires, Encre, Cire à cacheter, et tout ce qui concerne la Fourniture des Bureaux. »
- Dupré figure sur Y Almanach du Commerce de i8o5.
- Durand-Ruel, Marchand-Papetier, rue Saint-Jacques, 174, [puis rue Soufflot. rue Neuve-des-Petits-Champs, 82 et, en dernier lieu, rue de la Paix, 1].
- Successeur de Guyot en l825 (voir ce nom), Durand-Ruel devait être le père du célèbre expert-marchand de tableaux. Et ce fut lui, également, qui donna à la vieille papeterie sa destination nouvelle. On la voit, en effet, figurer à Y Almanach du Commerce, de 1837, avec les spécialités suivantes :
- « Objets relatifs à la peinture, dessin, lavis et architecture. Vente et location de tableaux, lavis, aquarelles de l’école moderne. »
- Par le fait même qu’il vendait tous les articles nécessaires aux artistes, Durand-Ruel se trouva avoir des relations plus étroites avec un certain nombre d’entre eux auxquels il acheta tableaux, aquarelles, lithographies.
- Comme Susse, comme Giroux, Durand-Ruel père allait, donc, peu à peu s’orienter vers la voie qui, plus tard, fera de son fils le plus grand expert en tableaux des temps modernes.
- Vendant, en effet, tous les articles nécessaires aux artistes, il se trouva peu à peu en relations assez étroites avec un grand nombre d’entre eux et leur acheta tableaux, aquarelles, lithographies. Grand ami de Decamps, de Charlet, des frères Johannot, de Devéria, il eut aussi entre les mains un grand nombre d’aquarelles de Bonington et d’autres artistes anglais, la plupart des Constables, alors apportés en France, par son ami Arrowsmith. Puis il entra en relations avec Delacroix, Daumier, Barye, Paul Huet, Corot, Cabat, Isabey, Roquepalan et, dès leurs débuts, se lia successivement avec Rousseau, Dupré, Diaz, Marilhat, Troyon, Daubignv dont il fut un des premiers acheteurs, et dont il' a été un des plus fervents défenseurs.
- En l832, voyant l’extension que commençait à prendre le commerce des tableaux, il ouvrit, io3, rue des Petits-Champs, presque au coin de la place Vendôme, une succursale spécialement destinée à ce genre d’affaires et confia la gestion de la papeterie de la rue Saint-Jacques à un de ses commis, M. Vanblo-taque. En 1837, ce dernier en devenait acquéreur tandis que Durand-Ruel se consacrait exclusivement au commerce des tableaux. En 1841, la maison du lo3 de la rue des Petits-Champs était transférée au 82, dans un local plus grand, et en i85f, rue de la Paix, n° 1. La papeterie, qui s’était déjà considérablement développée sous la direction de M. Vanblotaque, prit encore plus d’importance avec son successeur, M. Bazin. Fut, après, Sanard et Derangeon, actuellement redevenue Papeterie Vanblotaque, 4, rue Gasimir-Delavigne.
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- PAPETERIE ET PRP ETI ERS
- Dusaussoy, A la Tête Noire, rue de Grenelle-Saint-Honoré (1), au coin de celle du Pélican.
- Maison du dix-huitième siècle. Sur sa carte gravée, oblongue, on lit :
- « Il règle les Papiers de Musique de MM. de l’Académie Royale et des Amateurs, les Registres de la Ferme générale, et ceux des Négocians et Marchands. »
- « Vend également du très beau Papier peint pour ameublement et se charge de le faire coller sur Toille (sic). »
- Dussaussois, Marchand-Papetier, rue Saint-Martin, vis-à-vis celle aux Ours.
- Figure à Y Almanach Dauphin de 1777, sur la liste des papetiers-colleurs.
- Esnault, Papetier, Gendre et successeur de Gazet, rue de Richelieu, n° 92, puis rue Feydeau, 23.
- Esnault nous a laissé une carte-adresse gravée, ovale, entourée d’un double filet en traits d’écriture, datant de la Restauration, avec le texte suivant :
- « Tient Magasin de toutes sortes de Papiers, Registres, Reliures et Carnets en maroquin, Eoëtes de bureaux et à ouvrages, garnies et non garnies, Portefeuilles de Ministre et de poche ; Ecritoires de tous genres, Plumes, Encres, Canifs, Oratoires, Cires à cacheter, Crayons de Conté et autres, Livres et Cartons pour le dessin, Papiers et Cartes de visites (sic), gaufïrés et dorés. Cartes à jouer, Ecrans transparents dans le dernier goût, et généralement tout ce qui concerne la fourniture des Rureaux et Maisons de Ranques. »
- La maison Esnault — [Lard-Esnault (1887-1866); Henri Lard (1866-1887)] — est, depuis 1882, la propriété de M. Bellamy. [Voir ce nom.]
- Esnault et Rapilly, rue Saint-Jacques, n° 239, A la Ville de Coutances, Marchands étaleurs [ou étalliers] d’Estampes, Graveurs-Enlumineurs.
- Un des marchands d’estampes et graveurs les plus féconds de la seconde moitié du dix-huitième siècle. Ils furent les éditeurs de la célèbre Galerie des Modes, si souvent imitée par d’autres marchands et notamment par Basset (voir plus haut, page 179, le factum relatif au procès qu’ils intentèrent à ce dernier). En outre de la Galerie des Modes, ils publièrent toute la série des Coëffures et Costumes de Desrais, la plupart des Queverdo, les Ornements de Voysard, des Cahiers de fleurs et de musique gravée.
- Au bas des estampes le nom de Esnault se trouve quelquefois orthographié
- IIEXACT.
- A la mort de Rapilly, la raison sociale continua entre Esnault et la veuve Rapilly, mais en l’an VI (mai 1798), il y eut dissolution de commerce et de société entre eux deux. Esnault continua seul. Il existe un catalogue du fonds de « Esnault, Marchand d’Estampes », à la date de mars l8i3. (Estampes encadrées et en feuilles.1 Comme Desmaisons, Crépy et autres, Esnault et Rapilly tenaient boutique de pièces gravées de toutes sortes pour la papeterie de luxe.
- La maison Rapilly, actuelle, qui existe sous ce nom depuis l85o, n’est point la suite de Esnault et Rapilly, mais bien du fonds de E. Lexoir, créé en 1808.
- Evette et Germain. [Voir : Angrand.]
- Falliot et fils. [Voir : Maigne.]
- (1) Actuellement partie de la rue Jean-Jacques-Rousseau.
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- Fauqueux. [Voir : Magnier.]
- Fétel, Papetier-Cartier et Relieur, à l’entrée du faubourg Saint-Denis, n° 6, Division du Nord.
- Carte-adresse de la Dévolution, sur laquelle on lit : « Fabrique Cartons à l’usage des Bureaux, des modes et des Fleuristes, et continue de fabriquer l’encre double, indélébile et incorruptible, propre aux actes publics. »
- Fétel, qui paraît remontera 1788, figure sur Y Almanach du Commerce de 1810.
- Fichtenberg, Fabricant de papiers de fantaisie, 34, rue des Bernardins, [puis rue de la Vieille-Monnaie].
- Maison fondée dans les premières années du dix-neuvième siècle. « Papiers marbrés genre anglais, allemand, français, agathe, antique et Racine. Mines de plomb et de toutes couleurs. »
- Fichtenberg est l’auteur du Nouveau Manuel complet du Fabricant de Papiers de Fantaisie, mentionné plus haut aux Ouvrages techniques (p. 182).
- Flamant, Marchand-Mercier, A la Grande Vertu, Pour la bonne encre double. Grande Salle du Palais (l), vis-à-vis la Grand’Chambre, [puis rue Saint-Eloi].
- De ce fabricant, très renommé pour son encre, et dont la maison fut ouverte en 1716, — dans le but bien évident de faire concurrence à la manufacture de Belangé et Guyot, A la Petite Vertu, — il existe plusieurs cartes-adresse, toutes en typographie. En voici le libellé :
- « Vend tout ce qui concerne la Papeterie; il entreprend la fourniture des Bureaux et Etudes en totalité ; il vend aussi d’une Eau pour ôter l’Encre des doigts sur le champ, sans nuire à la Peau : au contraire, elle la rend plus douce.
- » Sa demeure est rue S. Eloi, à l’Hôtel-Pépin, où il tient sa Manufacture d’Encre, son Magasin de Papiers et Fabrique de Cire d’Espagne. »
- Au sujet de l’encre, Y Almanach des Marchands, pour 1770, fournit ce renseignement :
- « Il fabrique et vend la véritable Encre double, connue de MM. les Praticiens depuis 5o ans. Il la vend 82 et 36 sols la pinte. Il fera une remise honnête aux Marchands de province qui en prendront une certaine quantité. Il la leur enverra par bouteille de pinte, de chopine ou de demi-septier, Ainsi qu’à tous ceux qui désireroient en avoir. »
- Fleuriau, Marchand-Papetier, rue de Joui, vis-à-vis l’Hôtel de Fourcy.
- Ne figure pas sur les annuaires du dix-huitième siècle; mais a laissé des cartes-adresse imprimées, dans un cadre typographique. Plumes, encre, cire, registres, etc. « Fait et vend toutes sortes de Boëtes de carton pour les Bureaux, les Notaires, les Bonets (sic).et autres usages. »
- Fleury, Marchand, rue Aubry-le-Boucher, vis-à-vis Saint-Josse.
- Figure àl’Almanach Dauphin, de 1777, et a une carte-adresse, gravée, de petit format: « Magazin de Papiers, Plumes à Ecrire et à Curdens (sic). »
- (1) Il s’agit, ici, du Palais de Justice. On sait que jusqu’en 1809 il y eut dans les Cours, dans la Grande Salle, dans la Galerie des Prisonniers, dans la Salle Mercière, dans la Salle Neuve, des libraires, des papetiers et quelques autres marchands.
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- PAPETERIE ET PRPETLERS
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- Flot, Papetier, rue Saint-Honoré.
- Figure sur les annuaires du commencement du dix-neuvième siècle.
- Formage de Mouvalpière, Marchand-Papetier, rue Quincampois.
- Ne figure plus sur VAlmanach des Six Corps après 1769.
- Fortin, puis Fortin et Cie, [A la Couronne, à partir de 1815]. Tient Magasin de Papiers, rue Sainte-Anne, n° 48, entre celle Neuve-des-Petits-Champs et Cha-banais, [puis rue Helvétius, ci-devant Sainte-Anne, n° 665, et, à nouveau, rue Sainte-Anne]. Aujourd’hui, 59, rue des Petits-Champs et rue Yentadour.
- Fondée en 1802, mentionnée à Y Almanach du Commerce de i8o5, cette papeterie qui est, à l’heure actuelle, une des maisons type en l’espèce, tenant un peu du grand magasin, genre Petit Dunkerque d’autrefois, par la variété des objets qu’elle vend, est encore aux mains de la famille du fondateur, Ch.-François Damien, dit Fortin, dont on pourra lire plus loin le contrat d’apprentissage en 1798, chez Raet et Lamy.
- Dirigée de 1864 à 1896 par M. Charles Fortin, elle a aujourd’hui à sa tête MM. Charles Darras et Fortin fils, et embrasse toutes les branches et toutes les formes du commerce du papier dans son application aux usages et aux nécessités de la vie et du commerce : Papeterie, Imprimerie, Lithographie, Typographie, Gravure, Dessin, Maroquinerie, Fantaisies et Nouveautés (Bronzes, Porcelaines, Sacs, Trousses et Ménagères, etc.}.
- Registres et grands livres avec appliques Art nouveau.
- Fournier, A la Chercheuse d'Esprit, me de Satory, vis-à-vis la rue du Vieux-Versailles; et, au Château, à côté de Monseigneur le Duc de Luynes, à Versailles.
- Marchand du dix-huitième siècle, Fournier, ainsi qu’il nous l’apprend sur sa carte-adresse, exerçait plusieurs métiers, étant à la fois, — chose assez rare sous l’ancien Régime, pour être remarquée et retenue — : « Libraire, Relieur du Roi et de la Reine, et Marchand-Papetier suivant la Cour. » Vendant « Papier, Plumes, Encre, Registres, et généralement tout ce qui concerne la Papeterie. »
- Papetier suivant la Cour, partout où celle-ci était susceptible de se rendre, il avait sa place et cette place se trouve indiquée, fixée sur sa carte-adresse :
- « A Fontainebleau, au Château, Galerie de Diane. — Au Château, à Com-piègne, à côté de la Sacristie. — Au Château, à Marly, à côté de la Chapelle. »
- Fournier, [Marchand-Papetier-Cartier, Successeur du sieur Chamoulau]. Au Bon Ouvrier, rue et carré Saint-Martin, au grand Balcon des Chinois, entre la rue Mélée (1) et le Boulevard.
- La carte-réclame de Fournier — qui dut succéder à Chamouleau entre 1755 et 1760 — [imprimée, avec cadre typographique], est une pièce fort intéressante par les détails qu’elle donne au sujet du papier peint. En voici l’exacte reproduction :
- « Tient Manufacture de toutes sortes de Papiers peints pour Tenture, velouté,
- (\) Orthographe populaire pour ; Rue Meslay.
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- LE LLVRE D’OR
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- Fac-similé d’une facture de la Papeterie Fortin pour fournitures au prince de Rohan (1820).
- (Collection Charles Fortin.)
- On remarquera tout particulièrement, sur cette facture, le prix élevé que se vendaient, encore, les plumes de cuivre, au commencement du dix-neuvième siècle. (Voir les prix donnés à la page 14G.)
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- nué, de tout genre; Papiers de toutes sortes de nouveaux Dessins, à figures ou avec oiseaux ; on les fait par hauteur de lès : il fait aussi du Papier imitant l’jutotfe. Si toutefois il n’a pas le Dessin, il se charge de le faire, pourvu qu’il soit nouveau. 11 tient Ornements d’Architecture, les pose, entreprend les Plafonds et tient Bordures sculptées de toutes espèces : fait Paravents, Devant de cheminées, Dessus de portes, des plus nouveaux. Il fait la fourniture des Bureaux, concernant Boîtes, Registres, Cartons, Plumes, Ecritoires, Nécessaires, Papier doré ou à vignettes, Papier glacé pour le teint, Papier d'impression et toutes sortes de Papiers à dessin ; Cartes à jour, Crayons d’Angleterre, Encre double luisante, Encre de la Chine, Cire d'Espagne, Cire à Gravure, etc. »
- Frazier-Soye. [Voir : Bellangé.]
- Froidevaux, Marchand-Papetier, 2, rue de Sèvres.
- Cette papeterie a duré un siècle, de 1797 à 1897, ayant été alors démolie pour l’élargissement de la rue de Sèvres et du carrefour de la Croix-Rouge; le fonds fut acquis par la maison Fuzelier. (Voir ce nom.)
- Fronton, Papiers de fantaisie, 64, rue Amelot.
- Papiers genre indienne. Tarots pour caries à jouer, diaphanes et opaques.
- A eu pour successeurs, en 1860, Hacriot frères (actuellement Martel frères, depuis 1873, 4g rue du Chemin-Vert).
- Fulletot (Michel), Marchand-Cartier, rue Saint-Sauveur, A l'Empereur de Paris.
- Fabriquait en 1722, et vendait également papier et tout ce qui concerne l’écriture.
- Une enveloppe à jeu de cartes de sa fabrique a été reproduite par Ilenry D’Allemagne : Les cartes à jouer (tome II).
- Furgault, Marchand de Papiers, A la Tête Noire, à l’entrée de la rue de Richelieu, près des Quinze-Vingts, [par la suite, successeur de M. Molière, rue Saint-Denis, n° 227, à côté de celle du Petit-Lion, Au Griffon d'Or\.
- Papiers battus, lavés et réglés pour la musique. Registres de toutes sortes, et autres marchandises concernant l’usage des Bureaux.
- On a, de lui, une carte-adresse, petit format, sur laquelle on lit : « Il tient aussi les Cartons et Toiles cirées pour Emballages. » Furgault figure sur Y Almanach du Commerce de i8o5.
- Futeau (Dame), Vend toutes sortes de vieux papiers et parchemins. Près Saint-Ililaire.
- D’après le Livre Commode des Adresses de Paris pour 1692.
- Fuzellier [puis Gallin-Fuzellier], Marchand-Papetier, 84, rue Bonaparte, [puis 1 et 3, rue de Condé].
- Maison fondée en i852. Exploitée de 1862 à 1866 par la Société Gallin et Fuzellier, qui a laissé son nom à la maison. Acquit, en 1877, l’ancien fonds Mai-soxnet, rue de Seine ; en 1897, le fonds Froidevaux (voir ce nom); en 1901,l’imprimerie Dubos (anciennement Barousse). Depuis 1902 est aux mains de M. Roques.
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- Gâche (H.), Papetier, rue Michel-le-Comte, 27.
- Figure sur VAlmanach du Commerce après l83o.
- Registres à dos élastiques, presses à copier, encre noire dite Nationale. Gravure et impression; éditeur d'Almanachs et Canons d’autel.
- Gardet (Alphonse), Papetier-fabricant, 12, puis, 6, rue Yivienne.
- Papetier à la mode vers i83o. « Les magasins de M. Gardet », disait Y Almanach de la Mode de Paris, « sont fréquentés par les amateurs fashionables qui tiennent à la fois à l’élégance et à la bonne qualité. »
- Gardet tenait des échantillons et des assortiments de modèles de tous les objets à la mode, papier ou carte, qui, de tout temps,constituèrent les ouvrages de dames.
- Sur VAlmanach du Commerce de i83j, il ajoute à sa réclame : « Fabrique des chapeaux de soie, à 3 fr. 5o. »
- Garnesson, Marchand de Porte-Feuilles, Palais du Tribunal. Galerie de Pierre.
- M aison de la fin du dix-huitième siècle. Ne figure plus à Y Almanach du Commerce de 1810.
- Garsion, Marchand-Papetier, An Petit Pékin, 9, rue de la Ferme, près la Made-laine (sic).
- Maison du commencement du dix-neuvième siècle. Papier pour écriture? Dessin, Fourniture de bureaux des maisons de banque et de commerce, collèges et pensionnats. Registres à dos élastique dans la perfection.
- Gazet, Marchand-Papetier, rue des Colonnes, 2, près le Théâtre Feydeau, [puis rue de Richelieu, 92, entre celles Feydeau et Saint-Marc].
- Maison fondée en 1795, figure sur Y Almanach du Commerce de l8o5.
- Il existe de Gazet deux cartes-adresse. Sur la pemière, il tient : « Magasin de plumes à écrire taillées, de toutes espèces et toutes fournitures de bureaux »; sur la seconde, il s’intitule : « Apprêteur de plumes à écrire », et nous donne ce renseignement précieux : « Connu depuis 3o ans, tant à Rouen qu’à Paris, vient de découvrir un nouveau procédé qui a l’avantage de conserver toute l’élasticité de la plume, sans qu’elle s’amollise ou qu’elle s’émousse, défaut principal de l’ancienne préparation. »
- La maison Gazet passa en 1811 aux mains de son gendre, E. Esxault (voir ce nom), dit Esxault-Gazet.
- Giroux (Alphonse), Au Coq-Honoré, rue du Coq-Saint-Honoré, n° 7.
- Fondé en 1799 et dura jusqu’aux dernières années du dix-neuvième siècle. Giroux avait une carte-adresse, — imprimée dans un cadre à vignette (style du Consulat) —qui, par la multiple nomenclature des objets qui y figurent, pouvait être considérée comme un prospectus le verso était disposé typographiquement en facture . En voici la teneur :
- « 1° Entrepôt général des ob jets relatifs h la Peinture, au Dessin, au Lavis, les Outremer, Carmin, Laques diverses; Toiles, Brosses, Chevalets pour V huile ; Boëtes d'Hubert, d’Antheaume et de Cossard pour miniature ; Ivoires, Palettes, Pinceaux, id. ; de Martre, id. ; à laver ; Encre de Chine et de couleur Seppia (sic), Equerres, Règles, Compas, Slirators, Estampes, Crayons de Conté et autres; Pastels \dc Erance et de Lausanne , Principes et Dessins a broder.
- » Nota. — Les personnes désirant utiliser leurs cadeaux ou étrennes, trou-
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- veront toujours pour les Dessinateurs, Peintres ou Écrivains, de quoi satisfaire leur goût en Nécessaires enjolivés et assortis, pour peindre, dessiner ou écrire; aussi les belles Boëtes à ouvrage pour Dames, en papier anglais et maroquin, dites à glace, à secret et à serrure, avec ou sans chiffre.
- » 2° Magasin de Papiers de France et de Hollande, battus et lavés, pour VEcriture et les Plans; Carnets, Livres de croquis; Cartons tendus en vélin anglais, les autres Papiers, blancs et de couleurs pour le Dessin ; Papiers peints, huilés, vernis, dits à Calquer, i d., réglés pour la Musique; Papiers gauffrés à vignettes dorées et argentées ; Caries de visite; Porte-feuilles de toute grandeur, en maroquin; Almanachs, Ecrans des plus nouveaux; Registres assortis, Ecriloires de toutes formes, id. en chêne et acajou, plaqués d’argent; Carions de Bureau, Cire et Pains à cacheter; Plumes, Canifs et autres.
- » 3° Bordures dorées à Palmettes nouvelles, apprêtées pour recevoir Tableaux, Dessins, et Encadrement d’Eslampes de toutes grandeurs ; Glaces à miniature et Médaillons ronds, carrés, ovales en ébène, vernis et bois noirci.
- » 4° Tableaux de Léonard de Vinci, Raphaël, Titien, Carache, le Guide et l’Albane, Rubens, Vandik, Paul Potter, Téniers, Ruisdael, Claude le Lorrain, Lesueur, Vernet et autres Maîtres. »
- On rencontre assez souvent d’autres cartes de Giroux, toujours précieuses pour la nomenclature des objets, mais toujours sans image ni ornement.
- Giroux qui tenait, à proprement parler, la papeterie de luxe dans ses rapports avec le dessin et les arts; qui, comme Susse, louait des tableaux à l’usage des jeunes demoiselles ne voulant pas aller se commettre avec les « copistes » du Louvre ; qui, comme le Petit Dunkerque, vendait les petits meubles de salon, devait jouir sous le second Empire de la môme réputation que Susse.
- Mais, peu à peu, Giroux abandonna complètement le côté papiers et papeterie, et lorsqu’il fut exproprié de son local primitif — expropriation qui fut la source de la grosse fortune de la maison — il ne s’occupa plus guère — il était, alors boulevard des Capucines — que d’objets de marqueterie et de tabletterie.
- Godartet Cousin, Marchands-Papetiers, rue des Deux-Boules.
- Cité déjà par Y Almanach Commode des Adresses de Paris pour 1692, comme un des plus importants. Et, effectivement, cette maison est une de celles qui fournirent la carrière la plus longue. Avant 1870, elle existait encore sous le nom de Cousin seul, rue du Bac, et fut alors rachetée, pour les imprimés par Jousset, pour les fournitures de bureau par Cabassox.
- Gorgeret, Marchand-Papetier, A la Grande Vertu.
- Figure sur les adresses du Livre Commode des Adresses de Paris pour 1692, parmi les marchands des « environs du Palais ».
- Goujon fils, Marchand de Papiers pour Meuble et Décoration : Au Porte-Feuille, rue Neuve-des-Petits-Champs, au coin de celle Chabanais, 37.
- Sur une étiquette imprimée de petit format, Goujon donnait le détail des objets qu'il vendait : « Il se charge du Collage, en campagne comme en ville, il tient aussi magasin de Papiers pour l’Écriture et pour le Dessin, Crayons, Registres, Papiers de Musique, Règles, Cartons, etc., etc., pour la fourniture des Bureaux. »
- Sur Y Almanach du Commerce de l8o5, figure un Goujon, rue Bourg-l’Abbé et sur l’Almanach de 1820, un autre Goujon, rue Saint-Jacques, 42.
- Graffe (frères), Manufacture royale de Cires à cacheter, route de Versailles, à
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- Sèvres. Magasin général à Paris. [En 1800, rue Saint-Thomas-du-Louvre, 40, en face du Vaudeville; puis, en 1825, rue des Fossés-Montmartre, 13.]
- Manufacture célèbre, fondée vers le milieu du dix-huitième siècle.
- Les cires à cacheter des frères Graffe furent récompensées aux Expositions de l’Industrie des ans IX, X, 1806, 1819, etc.
- Une notice de l’année 1807 s’exprime comme suit à leur sujet :
- « Les cires à cacheter des sieurs Graffe frères sont approuvées par la ci-devant Académie Royale des Sciences de Paris ; le sieur Graffe a remis sous le secret, à la dite Académie, ses procédés d’invention ; sa Manufacture fut nommée Royale ; ses Cires à cacheter ont été réapprouvées (1) par le Bureau de consultation établi par la loi du 12 septembre 1791, pour récompenser tous auteurs qui ont perfectionné, inventé et fait des découvertes; après les rapports des Commissaires dudit Bureau, qui se sont rapportés avec les approbations de la ci-devant Académie Royale des Sciences, ci-dessus nommée, il a été reconnu que le sieur Graffe est auteur de la perfection des cires à cacheter d’usage, à un point qu’elles surpassent les cires à cacheter les plus recherchées, même celles étrangères, qui dominaient sur la France. Il est l’inventeur de toutes les Cires, à odeurs les plus délicates de la parfumerie, par un nouveau procédé de manipulation; il fit la découverte des Cires à cacheter de toutes couleurs, notamment les Cires bleues et violettes, etc., etc., qui avaient été regardées impossibles et étaient entièrement abandonnées; les sieurs Graffe ont reçu une récompense du Gouvernement.
- « Il fabrique Encre et Pains à cacheter. »
- Les Graffe frères étaient également libraires. Du moins figurent-ils comme tels sur les anciens annuaires.
- Après i83o, la maison Graffe devait être rachetée par Larexaudière et Noël (voir ce nom), fabricants de Cires de toutes couleurs, encore perfectionnées par de nouveaux procédés, qui, précédemment déjà, s’étaient rendus acquéreurs du fonds, pour ainsi dire historique, de Guyot.
- Grenard, A l'Aigle d'Or. Vend de très beau papier.
- A eu pour carte-adresse une très belle pièce, gravée dans la manière de Choffard} et datant de 1775. Cataloguée par Godefroy Mayer, 20 francs.
- Grenard, Marchand-Papetier, Successeur de Prévost, rue Saint-Denis, 15, près F Apport-Paris.
- Figure sur VAlmanach du Commerce de 1810. A eu pour successeurs Longuet, puis Berger (voir le Bazar Parisien de i825).
- Grimaud (B.-P.), Fabricant de cartes à jouer, 54, rue de Lancry.
- Fondée en i85i, la maison, jusqu’en 1870, fabriqua exclusivement les cartes à jouer françaises, mais, à partir de ce moment, elle exécuta pour les pays étrangers toutes les variétés de cartes de fantaisie.
- En l865, la maison devint Grimaud et Chartier, et, depuis 189^, la raison sociale est : Chartier, Marteau et Boudin.
- Guérard (Nicolas), Graveur, rue Saint-Jacques, proche Saint-Yves, A la Reyne du Clergé.
- Une des plus célèbres officines de gravures des dix-septième et dix-huitième
- (1) Réapprouvées, puisqu’efles avaient été déjà approuvées au dix-huitième siècte par l'Académie Royale des Sciences.
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- siècles, de laquelle devaient sortir tant de pièces historiques, tant de documents précieux pour les modes et les usages.
- Mais Nicolas Guérard gravait également tous les cadres et ornements à l’usage de la finance et de la comptabilité commerciale, dont les marchands-papetiers avaient le dépôt et, lui même, joignait à son commerce d’estampes la vente des papiers de luxe destinés à cet usage. (Voir l’encadrement de titre, en vente chez lui, reproduit page 53.)
- Guérard (François), Graveur, rue Saint-Jacques, A l'Image Notre-Dame.
- Frère de Nicolas et dont l’officine ne fut pas moins célèbre.
- Guérard, Marchand-Mercier, rue du Petit-Pont, proche le petit Châtelet : A l’Image Notre-Dame.
- Tenait Magasin de toutes sortes de papiers, pour l’Ecriture, 1 Impression et la Décoration.
- Vers la moitié du dix-huitième siècle a eu pour successeur Petit (voir ce nonq.
- Guichard, Marchand ordinaire de la Musique du Roy, A l'Empereur, rue de l’Arbre-Secq (sic), derrière Saint-Germain-TAuxerrois.
- Guichard, qui existait vers 1750, ne figure pas sur les Annuaires Marchands au dix-huitième siècle.
- A eu pour successeur : Debord (voir ce nom).
- Guichard, Papetier des Pages, 24, rue Richelieu.
- Apparaît pour la première fois, sur VAlmanach du Commerce de 1822.
- Guillot, A la Dauphine, Marchand-Papetier-Cartier-Relieur, rue de Seine, faux-bourg Saint-Germain.
- A LA
- Or UILLOT, Marchand Papetier-Cartier-Relieur, rue de Seine, Faux-bourg S. Germain, fabrique & vend, en gros & en détail, toutes fortes de Cartes à jouer, très-fine.?; Cartons de toutes grandeurs, li/Tés & non lîfTés; Cartes blanches, & de toutes couleurs & grandeurs , pour [es Biîlets d’invitation, de Bat, ou Comédie-, toutes fortes de Papiers de Hollande & de France, Papier, à dcffineq verni, ou autre; Papier réglé, de routes graudeurs, pour la Mufique ; toutes fortes de Regiftres, Porte-feuilles , Boétes pour les Bureaux, Cire d’Efpagne & de Hollande, Plumes de Hollande & de France, des meilleures qualités; Écrrtoires , Porte-feuilles de poche, Canifs, Poinçons, Gratoirs, Crayons d’Angleterre, & autres pour defiîner & pour, les Bureaux; Encre de la Chine, & généralement tout ce qui concerne l’Écriture. Il fabrique auflâ la bonne Encre indélébile , connue en France depuis fi long-temps. Il fait des-Envois en Province; le tout à jujtepfix A PARIS.
- Quoique Guillot, A la Dauphine, fût un Marchand-Papetier connu, — car, dans plusieurs pièces et lettres du dix-huitième siècle, il est fait mention de ses
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- billets cUInviLalion, de Bal, ou de Comédie,— il ne ligure pas sur les Almanachs de l’époque.
- Il existe de lui plusieurs cartes-adresse, imprimées, se rapprochant toutes, plus ou moins, comme rédaction, de celle reproduite ci-contre.
- Il y parle, comme on peut le voir, de la bonne encre indélébile, fabriquée par lui et « connue en France depuis si longtemps », mais ce n’était là qu’une contrefaçon, ou tout au moins, une imitation de la célèbre « encre indélébile » fabriquée en premier par un autre marchand-papetier, fabricant d'encre et cire h cacheter, Guyot. Le rapprochement des noms, au point de vue de la prononciation, ht que Guillot essaya de mettre à profit la célébrité dont jouissait ce dernier.
- L’Almanach du Commerce de i8o5, 1810, 1810, 1820, etc., contient plusieurs Guillot.
- Guyot (E.-J.-L.), Marchand-Papetier, A la Petite Vertu, rue des Arcis, [puis : rue du Mouton (1), 5, Au Grand Balcon, vis-à-vis le Saint-Esprit, place de Grève].
- Successeur de Biu.angk, Guyot développa considérablement la manufacture d’encre luisante déjà très renommée, connue sous le nom d'encre de la Petite Vertu, par le fait de son enseigne.
- Dans les annonces de VAlmanach cjénéral des Marchands pour 1778, on pouvait lire à son sujet : « Le premier mérite de l’encre qui s’y fabrique est d’ôtre indélébile, incorruptible et du plus beau noir : deux siècles d’expérience déposent en sa faveur. Il y a peu de pays en Europe où elle ne soit avantageusement connue : les cires à cacheter que l’on fait, dans la même fabrique, sont de la plus belle qualité. » Antérieurement déjà, c'est-à-dire en 1773, ayant à se prononcer sur la vertu d'encres rivales, l’Académie Royale des Sciences avait reconnu que l'encre de la Petite Vertu passait pour avoir « le plus de réputation ».
- Et les Guyot, qui dirigeaient la manufacture depuis 17^5 environ, tenaient tout particulièrement à cette réputation dont ils cherchaient à se faire une sorte de privilège; jaloux de toute concurrence, en laquelle ils voyaient, bien vite, une contrefaçon. Ils intentèrent, ainsi, plusieurs procès et les pièces et factums de ces dits procès, parvenus jusqu’à nous, nous permettent d’entrer plus avant dans les secrets de la publicité au dix-huitième siècle. Dans une Réponse pour le sieur Royer, Marchand-Mercier, contre le sieur Guyot, Marchand-Mercier (procès entamé en 1773), ce dernier proteste contre l’emploi par Royer, dans ses affiches, des termes indélébile, incorruptible, comme si ces termes étaient devenus sa propriété, son privilège exclusif. « On verra par la composition des deux affiches, » affirmait-il, « s’il est possible que deux personnes se rencontrent avec autant d’exactitude dans le choix de leurs expressions, de leurs moyens, de leurs procédés, dans la composition de la nature de celle dont il s’agit. »
- Guyot avait ouvert plusieurs bureaux de distribution dans Paris, et à la porte desdits, un placard indiquait la vente de son encre. Lorsqu’il quitta la rue des Arcis,il lit attacher, aux deux coins de la maison qu’il avait occupée, deux tableaux, hauts de cinq pieds chacun, avec des bordures noires, et, sur le fond des dits, il ht peindre en lettres noires, de trois pouces et demi de hauteur, une inscription indiquant son changement d’adresse (voir à la page suivante).
- L’on peut voir par là que la publicité à l’américaine dont nous sommes si fiers, 11e date point d’aujourd’hui, et que Guyot la connaissait et la pratiquait bien avant nous. Du reste, l’on rencontre dans le Mercure et dans le Journal de Paris des réclames encore plus abracadabrantes. Telle la suivante : « La Grande Vertu de la Petite Vertu, c’est qu’elle ne saurait avoir aucune concurrence, et qu’elle n’en subit aucune altération. »
- (1) Entre la place de Grève et la rue de la Coutellerie : a été supprimée.
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- PAPETERIE ET PRPETLERS
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- Ferait-on mieux à notre époque? j’en doute, lût la conclusion, c'est que, à l’aurore du dix-neuvième siècle, la fabrication de l’encre Guyot atteignait le chiffre de 5oo muids.
- Devenue en i8oj, Guyot et Noee, la maison était toujours rue du Glouton.
- Vers 1820, Guyot et Noël adjoignirent à leur fabrique d’encre une imprimerie
- lithographique, industrie d’un genre alors nouveau. Ecoutons ce que dit, à ce sujet, Le Bazar Parisien :
- « Le procédé de la lithographie est dû aux Allemands qui l’ont abandonné parce qu’ils ne l’avaient pas étudié avec soin, et qu’ils creusaient, d’ailleurs, la pierre trop avant; mais la pierre lithographique est bien susceptible d’être attaquée très légèrement; nous avons sous les yeux des épreuves de vignettes au trait et au pointillé qui prouvent qu’à l'aide du burin d’un artiste habile, on peut atteindre, en ce genre, au plus haut degré de perfection.
- « Gclte perfection est due aux soins de M. Guyot. Les avantages qui résultent de sa méthode sont une grande modération dans les prix de la gravure et une extrême célérité dans l’exécution.
- « Les architectes, les peintres et les graveurs, pein ent se procurer auprès de M. Guyot tous les renseignements qu’ils désireront sur ce nouvel art, qui fera époque dans l'histoire de la gravure. »
- Après 182/1, la maison Guyot et Noël devint Laiienaudièhk et Noee. L’Almanach du Commerce contient, en effet, en 1837, la notice suivante :
- « J.arenaudière et Noël, successeurs de E.-J.-L. Guyot, papetier des principales fabriques de France et de l’étranger; registres à dos élastique; dépôt des plumes de Liégeois, de Lille. »
- Après Larenaudière et Noël, ce fut Bernaud, puis IIoutuet-Beunaud. Actuellement la célèbre marque (E.-J.-L. Guyot) est la propriété de la Compagnie des Cirages, Encres et Produits cl'entretien, Boulevard National, 58-02, à Clicby.
- Guyot, Marchand-Papetier, rue Saint-Jacques, 174.
- Maison de papeterie fondée en i8o3, très probablement, par un Guyot de la précédente maison. Elle devait devenir, à partir de 1820, la propriété de M. Durand qui, suivant un usage alors assez, répandu, ajouta à son nom celui de sa femme, d'où Duuand-Buee (voir ce nom).
- Hacquin, Marchand-Papetier, rue Saint-Honoré, 320, entre celles de la Sour-dière et du Marché.
- Sur une petite adresse gravée, de la Restauration, on lit : « Tient toute espèce-de Papiers, Parchemins, Registres, Plumes, Encre, Crayons, eLe. »
- En 1820, devint IIacquin-IIeintzel.
- Hanot, Successeur de Auzou, Marchand-Papetier, rue de la Verrerie, près Saint-Merry.
- Succéda à Auzou en 1810 et paraît avoir existé jusque vers i8/|0. V oir Y Almanach du Commerce.)
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- LE LIVRE D’OR
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- « Au 110m de Dieu » — Page initiale d’un grand Livre-Journal du dix-huitième siècle, faisant appel à la Divinité suivant l’usage de l’époque. (Collection de M. Charles Fortin.)
- Celte page est calligraphiée et entourée d'ornements coloriés à la main, conformément au goût du jour, ce qui montre l'influence, alors prépondérante, du maître cl'écriturc et de dessin. Le lî répété donne à penser que c'était là le prénom et le nom du commercant.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Hanriot frères. (Voir : Fronton.)
- Haudricourt, Marchand-Papetier, rue Thiroux, n° 1.
- Figure sur VAlmanach du Commerce de 1825. Très probablement le même Haudricourt qui s’associa, parla suite, à Lavallard (voir ce nom).
- Hautecæur (Honorât), successeur de Martinet, puis Jules Hautecoeur, 1, rue du Coq, puis 172, rue de Rivoli, et 2, rue de Rohan. Papeterie, Maroquinerie, Estampes et Gravures.
- Hautecæur devait donner en 1821 à la maison Martinet (voir plus loin) le nom qu'elle n’a cessé, depuis lors, de porter, qu’elle porte même encore, quoique, longtemps durant, l’on ait conservé sur les adresses des estampes la mention connue : Ma ison Martinet, l'in i855, par suite de l’expropriation de la rue du Coq, la maison tut transférée.... pas bien loin, à deux pas, rue de Rivoli, et c’est encore là qu’elle se trouve, aujourd’hui.
- A Honorât Hautecæur devaient succéder, vers lS^o, ses deux (ils, Eugène et Alfred Hautecæur, [sous la raison sociale : Hautecoeur frères], puis en 1882, Jules Hautecoeur.
- Sous le second Empire, c’est-à-dire en 1861 ou 1862, il y eut deux maisons Hautecæur : Hautecoeur frères (ne pas confondre avec la précédente), devenu Eugène Hautecoeur, boulevard des Capucines, et Hautecoeur, rue de Rivoli.
- A la mort de Eugène Hautecæur (1870), la maison du boulevard passa aux mains de ses deux fils : Edouard et Albert. Mais, en 1878, les deux frères se séparèrent et Edouard Hautecæur alla fonder une nouvelle maison avenue de l’Opéra, maison toujours existante (aujourd’hui Vve Ed. Hautecoeur, 35, avenue de l’Opéra), alors que celle du boulevard des Capucines a disparu.
- Quoique faisant le bronze et la papeterie de luxe, M. Jules Hautecæur, auquel se sont joints ses deux fils, cinquième génération, s’est surtout créé une spécialité comme éditeur d’estampes dans une note nouvelle.
- Hemery (Mlle), Magasin français de papiers peints et veloutés, rue Comtesse-d’Artois, au-dessus du café d’Apollon.
- Dans une annonce des Notices de Y Almanach sous Verre, à l’adresse de la dite personne, on peut lire : « Tapisseries en papier, d’un genre si neuf et d’une exécution si frappante, qu’on est forcé de convenir que rien 11’est impossible à l’industrie française. »
- Müe Hemery paraît avoir été spécialement une vendeuse de papiers peints.
- Henry, Successeur de M. Coudert, Porte Saint-IIonoré, 14, entre le boulevard et la rue de la Madelainc (sic), Aux Cartons dorés.
- Une carte-réclame, de petit format, spécifie comme suit les objets qu’il vendait : « Papiers à lettres dorés et à vignettes gaulfrées ; Cartes de visites, Poîtes de Hureau en marroquin (sic), doré et de fantaisie; Carnets fermant à crayon. — Il se charge de colcr (sic) les Dessins et tient assortiment de Papiers, Crayons Conté, et autres; Boîtes à couleurs pour la peinture; Livres de croquis. »
- Henry fut une des maisons à la mode de la Restauration : il était papetier de la duchesse de Berry, entreprenait la gravure et l’impression en taille-douce et en lettres, et tenait, en même temps, les étiquettes de toile dites fileuses, en carton et parchemin.
- En 1825, il annoncera qu’il était a propriétaire et éditeur des registres imprimés ayant pour titre : Sommiers des revenus des maisons ».
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- Herbin, successeur de M. Cosseron Étienne, Marchand, rue Tliibault-aux-Dez (1) (antérieurement, rue du Roule), Au Grand Empereur, puis A la Teste Noire.
- A quelle époque Herbin succéda-t-il à Cosseron, on ne saurait le dire exactement : il v eut, du reste, deux Cosseron et plusieurs Herbin, puisque de père en fils, d’oncle à neveu, la maison a vu, deux siècles durant, perpétuer ce dernier nom. En tout cas, nous savons, par des factures datées, que Herbin était déjà en nom en 1760.
- En 1770, s’il faut s’en rapporter à Y Almanach des Marchands, Herbin, marchand-mercier, avait plus simplement, pour enseigne : A VEmpereur, et tenait, en outre, magasin de mousselines.
- Sur ses cartes et sur ses factures, on lisait : « Eabrique de toutes qualités et couleurs, de Cires d’Espagne, et tient Magasin de Papiers d’Hollande et Crayons en Gros. »
- En i8o5, la demeure de Herbin est rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; en 1810, rue de la Verrerie, et c’est, alors, IIerbin père et fils. En i8l5, nouvelle adjonction : Herbin père et fils et Maeesciial.
- If Almanach du Commerce, de 1887, mentionne la maison J. Herbin, alors rue Michel-le-Comte, « ancienne manufacture, tenue de père en fils, » à toutes les divisions de la papeterie (papiers en gros et en détail ; — fabricant de cire à cacheter ; — fabricant d’encres) et ajoute qu’elle est avantageusement connue depuis plus de cent cinquante ans.
- A IIerbin succédera Doxdaine, actuellement, 19, rue Michel-le Comte.
- Hervet, Marchand-Papetier. [Voir : Layallard.]
- Hevreau, Marchand-Papetier, rue Saird-Dcnys.
- Eigurc au « Supplément » de Y Almanach des Six Corps pour 1769.
- Hobey, Marchand, \is-à-xis le Grand Monarejue (2), rue des Bourdonnois.
- Figure à Y Almanach des Marchands pour 1770, avec la mention : « Tient magasin de Papiers de toutes espèces. »
- Housset (Nicolas), Marchand-Cartier, demeurant au bout de la rue Ratoure, attenant la rue du Temple, Au Grand Alexandre et Empereur.
- Tenait également commerce de Papier.
- Hugues (Joseph), Marchand-Papetier, rue Galande et du Fouarre.
- Ne figure plus sur Y Almanach des Six Corps après 1769.
- Huguet, Marchand-Papetier en gros, rue Galande, spécialité pour le papier d’impression.
- D’après Y Almanach Dauphin de 1777-
- (1) Rue des Bourdonnais. Le nom de Tliibault-aux-Dez ou Odé était de très ancienne date (xive siècle), mais on le voit réapparaître quelquefois sur les adresses marchandes du dix-huitième siècle. Le 39, actuel, de la rue des Bourdonnais est encore connu sous le nom de Maison de la Tête Noire : on peut donc en conclure que la Papeterie IIerbin était là.
- (2) Le Grand Monarque, qui servit de firme à tant de commerces de luxe, était, à ce moment, l’enseigne fort connue d’un confiseur à la mode. C’est pourquoi l’on se servait ainsi de lui pour situer sa boutique.
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- Huimon, Marchand, me Saint-Honoré, vis-à-vis celle des Bourdonnois [puis : au Palais-Royal, sous les Colonnes de la rue des Bons-Enfans, n° 286].
- Vendait des Encriers d’encre concentrée « uniques dans leur espèce »,lisait-on sur le prospectus, « tant pour leur utilité que pour la bonne qualité de leur Encre » (1). Et ledit prospectus s’exprime comme suit sur la façon de régler les encriers : « Tous les dix à douze jours, ou lorsqu’on s'apercevra que l'Encrier a baissé de trois ou quatre lignes,l’on ajoutera autant d’eau que l’on aura consommé d’Encre, en observant cependant de ne la pas introduire par le grand godet du milieu, mais bien par le trou qui se trouve placé sur le grand réservoir auprès de l’anse; par ce moyen, l’eau étant obligée de traverser toute la masse d'Encre contenue dans le grand réservoir, le mélange se trouve nécessairement bien fait, et l’eau se transmue en Encre excellente. L’on pourra ainsi conserver son Encrier dix à douze ans. Prix, en fayence, 6 et 9 livres. Il en a en porcelaine et en taule sic) vernie, de diffère ns prix. On trouve également, chez lui, de l’Encre perpétuelle en Bouteilles, et d’autre en poudre pour l’usage des Voyageurs.
- Husson, Marchand-Papetier : A la Petite Vertu, rue et dessous le cadran Saint-Ilonoré, vis-à-vis la rue du Champ-Fleury (2).
- Ne fi gure pas sur les Almanachs marchands du dix-huitième siècle, mais nous a laissé plusieurs cartes-adresse, de format oblong(entourées de filets à coins écus-sonnés), avec toute une nomenclature d’objets : « Papiers à vignettes et enveloppes de lettres de toutes grandeurs; Portes-crayons, lacets à Papiers, etc. »
- Jacquet (Denis-Claude), rue de la Vieille-Bouclerie (3).
- Figure sur Y Almanach des Marchands de 1770, avec cette notice : « Fabrique la Cire d’Espagne de toutes qualités, et vend en gros et en détail. »
- Jallot, Fabricant de cire à cacheter : Ati Porte-Feuille Royal, rue Neuvc-dcs-Petits-Champs, 32.
- Xe figure pas sur les almanachs marchands du dix-huitième siècle, mais on a de lui une carte-adresse sur laquelle se trouve cette spécialité : « Fait les Registres pour les Paroisses, se charge de les faire intituler, coter et parapher de M. le Lieutenant-Civil, et de procurer des Brefs latins et françois. MM. les Curés sont priés de se faire inscrire dans le courant du mois de Juillet, à l’indication ci-dessus, et d’avertir lorsqu’ils feront quelque augmentation ou diminution. »
- Jamet, Marchand-Papetier, Successeur du sieur Jollivet, à l'Espérance, rue Croix-des-Petits-Champs, vis-à-vis le passage Saint-Honoré (4).
- h’Almanach général des Marchands de 1770 contient sur Jamet la notice suivante et son nom se retrouve sur la plupart des Almanachs qui suivirent :
- « Vend généralement toutes sortes de Papiers de France et d’Hollande, de toutes grandeurs et qualités à l’usage des Bureaux. Papiers à lettres et à Vignettes, dorés et unis. Portefeuilles en maroquin de toutes grandeurs, garnis en argent et en cuivre. Plumes de cignes et de corbeaux, taillées et non taillées.
- (1) Cet intéressant prospectus : Manière de se servir des Encriers d’Encre concentrée, en vente chez le sieur Iluimon, a figuré sur un catalogue de MM. Saffroy frères.
- (2) Située entre la place de l'Oratoire et la rue Saint-Ilonoré : a disparu en i854, et s’appelait, alors, rue de la Bibliothèque.
- (3) Actuellement partie de la rue de la Harpe.
- (4) Un passage avait été ouvert dans l’ancien cloître Saint-Honoré.
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- Règles de toutes grandeurs. Crayons d'Angleterre et communs. Porte-crayons, Compas, Canifs, Grattoirs, Poinçons, Cire à cacheter de toutes couleurs et cjualilés. Couteaux d’yvoire, Boëtes à papier, Porte-feuilles couverts en parchemin. Registres de toutes façons et grosseurs, réglés à toutes sortes d’usages. Papiers dessinés, de toutes grandeurs, de toutes nuances, pour la Peinture. Grands Papiers lavés pour les plans d’Architecture et de Fortifications. Papier verni et huilé le plus transparent. Encre de la Chine véritable. Papier de musique réglé, de toutes proportions. Livres tout faits pour le même usage. Il relie aussi les livres de musique, en maroquin comme en parchemin verd. Fait et vend la véritable encre double luisante. »
- Janet (Joseph), Marchand-Papetier, rue Sorbonne.
- Maison ouverte entre 1810 et i8i5.
- A Y Almanach du Commerce de 1807, on lit sous son nom : « Libraire-éditeur du premier agenda de poche qui ait paru, de VAgenda français ou Mémento journalier, Tablettes, Souvenirs, Semainier; Papiers de toutes qualités, Reliure, Cartonnage, Peau d’âne, Cartons à satiner; il est acquéreur du fonds de CuAuciiARn. » (Voir ce nom plus haut.)
- Janet était, sans doute, un frère du libraire et du graveur.
- Jaugeon-Suisse, Fabricant de papiers de fantaisie, A la Renommée, rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, [puis rue J.-J.-Rousseau, 18].
- « Cartes et papiers porcelaine, Impressions or, argent et couleurs. Percalines gaufrées et chagrinées. Papiers moirés, gaufrés, glacés. Fabrique spéciale de papiers pour enveloppe de chocolats, pâtes, fécules, etc., garantis bons conformément à l’ordonnance du Préfet de police, en date du 28 Février i853. » A disparu vers 1872.
- Jean, Successeur de Mondhare, Papetier, marchand d’Estampes et Graveur, 32, rue Jean-de-Beauvais. (Division du Panthéon.)
- Possesseur des fonds de Mondhare, de Bonnet et d’Alibert, Jean, qui prend les affaires en l’an XI (1801), a mis son nom au bas de quantité d’imageries militaires, napoléoniennes et autres : batailles, portraits de souverains et de grands personnages, généraux, officiers, costumes officiels de la République et du Consulat, pièces de fantaisie, plans de Paris, brevets, calendriers, etc. Mais il a également publié des Boilly [Il dort. — Que n’y est-il encore ? — Défends-moi! — La leçon d’union conjugale, etc.), des Callot, des Debucourt et presque tous les grands maîtres. Il avait acquis, notamment, les 44 planches capitales de J.-G. YVille.
- Jean eut pour successeur Jean fils, puis Mmc Vve Auguste Jean qui, n’ayant pu trouver acquéreur de son fonds, en opéra la Agente en 1846 et 1847. R y eut trois ventes à la Salle des Ventes (Février, Juin, Novembre 1846, Mars 1847), dont les catalogues se peuvent \roir à la Bibliothèque cl’Art et d’Archéologie (Collection Doucet) [Catalogue des planches gravées en tous genres par les Maîtres et les Artistes les plus célèbres, composant le fonds d'éditeur d’Estampes de Mm0 V™ Auguste Jean].
- Jeanbin (Hte), Magasin de Papiers, rne et place Vendôme, 2, au coin de la rue Saint-Honoré.
- Magasin datant de la Restauration. Sur sa carte-adresse, on lit : « Fabrique de bordures dorées; Encadrement de dessins; Restauration de tableaux; Véritable papier anglais; Fourniture de Bureaux, Banques, Collèges, Pensions. »
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- •248 PAPETERIE ET PAPETIERS
- Jobert, Marchand-Cartier, privilégié du Roy, Cour des Quinze-Vingt (1), A la Reyne de Hongrie.
- M aître cartier aux abords de 17/(0, Jobert, ainsi qu’on peut le voir sur d’autres adresses, vendait également du papier fin pour écrire.
- Cartes très fines faites par Jobert privilégié'du roy
- DEMEURANT COUR DES QUINZE-VINGT A PARIS.
- Enveloppe de jeu de cartes, — avec le portrait de Marie-Thérèse, — gravée sur bois par Papillon, et qui semble avoir également servi de carte-adresse à Jobert, dans le format petit in-folio.
- Jolivet (D"e), Marchande-Papetière, rue de Bussy.
- Figure sur Y Almanach du Commerce de 1810 [ainsi orthographiée avec une seule i) et disparaît en 1820 pour être remplacée par Louvet.
- Jollain, Marchand-étalcur d’Estampes : A l’Enfant Jésus.
- Jollivet et Robert, Marchands Ordinaires du Roy et de Monseigneur le Dauphin, A l'Image Sainte-Geneviève, rue de la Vieille-Draperie (2), proche le Palais.
- Ce Jollivet et Robert est-il antérieur aux Jollivet seuls et au Robert seul, ou bien, au contraire, cette fusion eut-elle lieu par la suite. 11 est bien difficile de se prononcer, mais j’ai tout lieu de croire que cette association précéda les deux maisons séparées qui, toutes deux, on le verra, garderont l’enseigne A l’Image Sainte-Geneviève, comme étant leur propriété personnelle.
- La Carte-adresse de Jollivet et Robert, gravée par Noblin, appartient à un genre d’ornementation qui se rencontrera longtemps. En bas, le texte dans un cadre à branches de chêne, fleurdelysé aux quatre coins : au-dessus, l’image elle-même, — et, ici, l’image se trouve être Sainte Geneviève, debout, dans la pose qu’on lui connaît, en un cadre médaillon, flanqué de quatre écussons fleurdelysés.
- Jollivet, A l'Image Notre-Dame. Marchand-Papetier ordinaire du Roy, ruë de Bussy (vis-à-vis l’Hôtel Impérial, faubourg Saint-Germain) (3).
- « Vend à juste prix tout ce qui concernent l’Ecriture, fourniture de Bureau et Papier à dessiner », lit-on sur une de ses réclames.
- Il existe de Jollivet plusieurs cartes-adresse. Citons les deux plus intéressantes :
- l° Carte-adresse gravée, en hauteur, dans un encadrement-rocaille, avec écusson
- (1) Entre les anciennes rues de Valois et de Rohan.
- (2) Supprimée en i838, la rue de la Vieille-Draperie était située entre l’ancienne rue de la Juivcrie et la place du Palais de Justice.
- (3) Actuellement n° 10.
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- fleurdelysé surmonté d’une couronne. En haut, dans un médaillon rond, entouré de branches de laurier, la Vierge à l’Enfant Jésus.
- Cette même carte existe sans le médaillon du haut, donc sans l’enseigne et, par conséquent, en petit format, oblong.
- 2° Carte-adresse gravée, divisée, pour ainsi dire, en deux parties, texte et image; — celle-ci en haut, dans un médaillon ovale, la Vierge tenant l’Enfant
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- Carte-adresse de Jollivet «A l’Image Notre-Dame », gravée sur cuivre.
- Type avec la Vierge assise tenant l’Enfant Jésus debout sur ses genoux (1).
- (D’après une épreuve communiquée par M. Paul Flobert.)
- Jésus (ce médaillon repose sur une tablette avec l’enseigne et l’adresse) ; tout autour de ce médaillon, quatre écussons armoriés, deux aux armes de France, deux aux armes du Dauphin et de la Dauphine (le duc de Bourgogne et sa femme Adélaïde), tous deux décédés en 1712.
- Cette carte-adresse, elle aussi, a deux types différents au point de vue image. Sur le type ici reproduit, la Vierge, assise sur une chaise, dont on voit le dossier,
- (1) Voir au verso l'autre étiquette, semblable comme armoiries, mais quelque peu différente comme genre d’ornements et comme texte (l’attitude de la Vierge diffère).
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- PAPETERIE ET PRPETLERS
- lient l’enfant Jésus debout sur ses genoux. A gauche, une fenêtre ouverte laisse apercevoir le Ciel. Sur l’autre type, la Vierge est debout et se prépare à faire téter l’enfant.
- Les ornements comme la typographie permettent de voir toute la différence entre la planche gravée sur cuivre (n° 1) et la planche gravée sur bois (n° II).
- Ce Jollivet paraît être le premier du nom : en tout cas, j’ai eu entre les mains facture à son nom et à son enseigne datée de 1722.
- /M'IMAOEND/
- H uje drEussi visa Y 'JFfôtcllmperuLlFaubonn) ddGermain
- PAJUS.
- J O L LI VET, ddar eh and ordt n aire chtH~ox-ctrfcJffC la. Dauphine . Vend, de 1res beaupapier- dcHollasude b'Cs, Jt/U eJ autres, hatu, (ave, coupe. dare n^lace.saline.prépare > de toutes araadeur,pour bien écrire etdgfruser, detoutts .rortes derapier de Musique ,d excellente* plumes de <
- Ho Uande, et de.r irueuoc, ta dires. Encre de la, Chine. de Ict plus belle Cme d'Espcujnc dotante couleur, des Canifs de, toutes fciçaps. des regylrrs de toutes^ rondeurs,des porte.-^feuilles de, inaroÿiuri rocir/r., et n oir ,desplus nia. mocL&> fèvnuxnts a. clef eddaitires manière, des tahlcLtc-e de 1 dlnro c]tju.n des plus nou.rrflcs.^fanuefd-Ctrejrrttr, des ecritoirt de toutes jÿratXdcurJicjar >ues d argentferni. ma clef et découd* pour mettre sur des J3urcause; des Cachets,porte cran/cms, etccm pa,r darç ^CoutfCMpesd, • rot), et U>c fera ^ncrcjdoiihle et bossante
- Carte-adresse de Jollivet, « A l’Image A.-Dame », gravée en bois [l’enfant Jésus se prépare à téter].
- Jollivet l’aîné, Marchand à Paris, rue de Bussy (1), près celle du Château-Bourbon^), A l'Image Sainte-Geneviève.
- Claude-François Jollivet, sans doute un des fils de Jollivet : A l’Image Notre-Dame.
- ( 1) N° 28 actuel.
- (2) Appelée, depuis, rue Bourbon-le-Cliâteau.
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- M. Paul Fromageot, dans son élude la rue de Russi cl scs habitants, dont il a été déjà question plus haut, à propos de Cabaret, dit que l'on rencontre, aux dates de ij3o, 17-13, 17^7, 1766, 1773, de nombreux livres de commerce revêtus des étiquettes-adresse de Jollivet et provenant de marchands de tout genre [il en est un daté 173o, particulièrement intéressant; c’est le Livre-Journal d’un bonnetier, fournisseur de la maison de la Reine, à Versailles]. S’il n’est pas possible d'être fixé de façon précise sur l’origine de la papeterie Jollivet, l’on peut dire, cependant, qu’elle doit remonter au commencement du dix-huitième siècle, peut-être même aux dernières années du dix-septième.
- En elfet, d’abord, — preuve irréfutable, — la carte-adresse de Jollivet, A VImage Notre-Dame, antérieure à 1712 pour les raisons qui viennent d’être données, ensuite, le fait que Claude-François Jollivet, possesseur de la Papeterie dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, — qui, en 1767, achetait en vente publique la maison en laquelle il exerçait son commerce; qui, en 177! et 1777, devait se rendre acquéreur d’autres propriétés, — est qualifié sur les actes : « fils, petit-fils et successeur de Papetiers Ordinaires du Roi. »
- Deux carf es-adresse de Jollivet l’aîné sont à signaler :
- l° Carte-adresse, en hauteur, de même disposition, de même arrangement que celle de Jollivet, A l’Image Notre-Dame. Seulement, au lieu de la Vierge et de l’Enfant Jésus, c’est Sainte Geneviève qui se trouve dans le médaillon.
- 2° Carte-adresse, en hauteur, dans un encadrement-rocaille divisé en deux ; une partie pour l’image; une partie pour le texte. Au-dessous de l’image, dans un cartouche, court le nom et l’adresse du marchand. Le titre de l’enseigne écrit sur banderole a disparu, l’image — Sainte Geneviève, bergère, assise sur un tertre, à côté de ses moutons, — étant suffisamment parlante par elle-même.
- Ce cadre rocaille était, on le sait, une sorte d’encadrement passe-partout, dont se servaient, alors, quantité de marchands.
- La notice concernant les marchandises est ici assez détaillée. On y remarque, comme objets à signaler ; « Du papier d’IIollande, très fin, pour écrire aux pays étrangers, du Papier à Vignettes et verni pour les Maîtres Ecrivains, des Registres fermant à clef, toutes sortes de petits Livres pour écrire, des Plumes d’Hollande, des mieux taillées, pour les personnes de qualité, des Tablettes de maroquin, des plus nouvelles, des Cachets, Portes-crayons et Compas d’argent, des Playoirs, etc. »
- D'après M. Fromageot, ce Jollivet aîné aurait existé à partir de 1756, tout au moins.
- Le Catalogue 28 de Godefroy Mayer annonçait 10 adresses de cette célèbre maison, datant de 1670 à 1770, an prix de 80 francs.
- Voir plus loin, Petit, Pociiard, Quentin, Robert.
- Jollivet, Marchand, A IEspérance, rue des Petits-Champs, vis-à-vis la petile Porte du Cloître-Saint-Honoré.
- Ce Jollivet est-il de la même famille que les Jollivet de la rue de Russy,— on ne saurait le dire en l’absence de tout travail généalogique sur la famille de ce nom, mais sa maison [voir sa carte-adresse à la page suivante; paraît remonter à la première moitié du dix-huitième siècle, et ce doit être vers 17(15 que lui succéda Jamet. (Voir ce nom plus haut.)
- Jollivet (Honoré-François), Marchand-Papetier, rue de Bussy.
- Nommé en 1781 en remplacement de Pierre-Antoine Lesclapart, Relieur-Papetier, Colleur privilégié du Roi.
- Joseph et Cie, 11, rue Grenetat. Ferblanterie, Cirages, Encres.
- Obtinrent du Roi Louis-Philippe, en l833, un brevet pour les encres (encre
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- ministre; encre violette façon de Rouen, encre royale double luisante; encre de couleurs, encre rose carminée ; encre carmin superfine).
- Figure sur l'Almanach du Commerce dès i83a.
- A XESPERANCE
- t'été des Pcéit-T Chwtlpj" tris a ms {idpctùtejporte
- dit C/oi.rLPc -P ^ H oiiorcdr
- JO LLIVET dforchorid <vâiddu Papæi: Lvxdoatu.dérny, coupe'er7 , à dessiner de -toute grandeur? du Papier à lettre, dore,’ ee7 non dore de plusieurs grandeurs.- de toute sorte de Papiers replet- pour la musique des Repitres Je toute grandeur ; des Plumes’dHollande. îadlees er non taillées, de\ la Cire dpspagœ de toute couleur / de-toute sorte de Canps- des Ecritmres ctA maroquin, er même de dwqratn a mettre dans la poche,- des Po.rtofeùilks de . maroquin rouge cr noir dormants a clef er daatres Jhcons:- 'des Pupitres de\ maroquin a ecrtioire ; des Tablettes de maroquin. er7 de ctiograin, qcitnies -dor cr7 dargent; des Porteecdules de maroquin de toute maniéré,- des Porte* eragons,- des Compas es des Cachets dargent,- de [Encre double ef luisante^ et> autre marchandise de mercerie l
- Carte-adresse de Jollivct, objets de papeterie : Ecritoire, Plumes, Registre, Portefeuille fermant à clef,
- Roîfes de papiers à lettres, etc.
- Josse, Fabriquant, A l'Eventail des 4 Saisons, rue Grenetat.
- Vendait des Bordures gravées « dans lesquelles on peut placer une estampe, jusqu’à trente-six » (1), spécialité papetière du dix-huitième siècle.
- Jouanne (Auguste), Marchand-Papetier, A l'Industrie Française.
- Papeterie du Premier Empire.
- {1} U s'agissait ici, dos petites vignettes et plus particulièrement des médaillons de modes et coiffures.
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- LE LIVRE D’OR
- Joubert, ci-devant J.-F. Chereau, Aux Deux Piliers d'Or, rue de la Sorbonne (dans la Maison Neuve), vis-à-vis le Musée des Artistes, à Paris, Magasin d’Estampes.
- Joubert qui apparaît aux approches de 1800, s’annonçait, comme suit sur ses adresses: « Fourniture de Crayons, Pinceaux, Pastels, Toiles et Couleurs ; Papiers à dessiner, de la fabrique de Conté et autres, et généralement de tout ce qui tient au commerce des objets d’art, d’étude ou de curiosité qui ont le dessin pour base. 11 fait toutes fournitures et assortiments en Géographie, Globes, Sphères, Musique, Papiers, Crayons, Pastels, Boëtes de couleur, etc. »
- On trouve son nom sur des Cahiers d'ornements, de Queverdo.
- Sur le Catalogue de son fonds d’estampes pour l’an XI (i8o3), Joubert nous apprend ce qui suit :
- « Le public voudra bien ne pas confondre celte maison de commerce avec celle qui a occupé pendant quelque temps, et après nous, notre ancien domicile, rue des Mathurins, et qui avait cru utile à ses intérêts de contrefaire notre enseigne connue de tout temps, en prenant pour sienne les deux Pilastres d’Or. Cette maison vient d’être détruite par autorité de justice. »
- ENTIÈRE
- CARTES TRÈS-FINES,
- DE hÀ FABRIQUE DE
- JOUNIN,
- RUE GR EN ET AT, N. s, PASSAGE SAINT, DERÎS.
- A PARIS.
- Enveloppe de jeu de cartes du dix-neuvième siècle tirée sur d'anciens bois.
- Celle image est une mauvaise interprétation populaire d'un bois grave par Papillon, pour Ilaisin.
- Joullain, Marchand d’Estampes, A la Ville de Home.
- C’est Joullain qui a publié, notamment, toute la suite des Bouchardon et nombre de sujets de chasse.
- Jounin, Fabricant de Cartes, 2, rue Grenetat (sic), Au Grand Gustave de Paris.
- Figure sur Y Almanach du Commerce après i83o.
- Jounin était un des successeurs de Raisin. (Voir ce nom.)
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- 254 PAPETERIE ET PAPETIERS
- La Chapelle, A l'Ordre du Saint-Esprit, Marchand-Papetier Privilégié de la Cour, Maison et Suite de Sa Majesté; Successeur de M. Mitoire, Fabriquant de cartes à jouer; rue d’Anjou, au Marais (1).
- Succéda à Mitoiiîe (voir ce nom), en 1780, fabriqua jusqu'en 179/i et devint, par la suite, La Chapelle et xAuzou, la maison étant toujours rue d’Anjou, au Marais. Son nom ne figure pas sur les annuaires du dix-liuitième siècle.
- La Chapelle et Auzou, ainsi qu’on peut le voir par la notice suivante,empruntée à
- la. Chapelle
- laPapetiei'Privflegjédela Cour^P MaifonetSuitedeSaMajefie/
- _ SuccessevudeM*. Mitoire, qfëgi
- ^t’abriquantde Csrlea àpraer; Æued’Aiyou, auJfarais | TùntMppsin de Papier de France et d'Hollande, Papür$& dace. doré, torde etccVÿnettc, de butes couleurs Papier1 1du, lapepoar 1er desseins, efBegldpour la Musique, de> \ 'utes grandeurs Boetes,Hegùtres,Puunes, Ecrttoirespour les Bureaux, Cire dErpagne-, et tout ex qui concerne le, •tofomirerœ. de Papeterie.Fait Ivvcriiab le, Encre, ) *&dniote et luisante, tlentr’eprend (paiement les Mtek fournitures de Bureaux asus te prix .
- APjms. " “
- Keproduclion réduite de la carte-adresse, gravée, de La Chapelle (armoiries du Saint-Esprit, soutenues par deux anges), laquelle avait déjà servi, identique, à son prédécesseur, J.-IL Mitoire, 1780.
- Cette adresse a été cotée 20 francs, en 1912, par la librairie Ernest Dumont (Cat. 176).
- leur carte-adresse (carte typographique simplement entourée d’un filet), continuèrent à fabriquer des cartes durant la période révolutionnaire. Cette carte porte, en effet :
- « Tienxext Magasin de Papiers pour l’écriture, le Dessin, l’impression et assor-timens de Registres, ainsi que tout ce qui concerne la fourniture des Bureaux.
- « Ils fabriquent aussi des nouvelles Cartes républicaines, et continuent de faire les Jeux d’Aluette et de Tarost (sic), »
- (1) Réunie en 1877 à la rue Pastourelle.
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- LE LLVRE D’OR
- Laclef, Marchand, rue du Four-Sain t-Gerniain, au coin de celle Princesse.
- Maison de marchand de couleurs fondée vers 1770. qui passa, par la suite, à RobertLaclef son fils, puis à Maroliæ, son gendre. Ce dernier monta en i8l5 une usine pour la fabrication des vernis, près de la barrière du Maine. En i836 lés neveux de Marolle, MM. Alphonse et Jules Lefbanc, prirent la direction de la maison sous la raison sociale, Lefbanc frères. Ceux-ci transportèrent leur usine à.Grenelle, portèrent tout spécialement leurs elforts sur les couleurs d’aquarelle, les couleurs à l’huile pour artistes, et commencèrent, en même temps, la fabrication des encres d’imprimerie.
- La maison existe toujours sous la même raison sociale, ayant pour directeurs, MM. Emile Lefranc et Perrot.
- Lacour, Marchand-Papetier-Cartier, Aux Trois Rois, rue de la Harpe, vis-à-vis la rue Saint-Séverin.
- Ce fabricant, dont l’adresse a été reproduite par Henri D’Allemagne (tome II, page 533), produisait vers 1778.
- Lafitte, Marchand-Papetier, 6, rue du Coq-IIonoré.
- On a de lui une simple étiquette datant du Consulat.
- La Fosse, Marchand, Fabricant d'Encre et Cire à cacheter, rue du Carrousel (1).
- Figure sur Y Almanach général des Marchands (année 1778), avec la notice suivante :
- « Encres colorées, en pains, comme celle de la Chine. Elles peuvent servir à peindre, à colorer les dessins, laver les plans, écrire, enluminer et peindre sur les étoffes : leur mélange peut produire tous les tons possibles. »
- Il faut croire que (De) La Fosse étendit ou modifia son commerce, car en 1802, en cette même rue du Carrousel, on le trouve Marchand d’TJslampes.
- Lalanne (Ch.), Ancienne Maison Morüt, A la Renommée, rue Coquilièrc, 18, vis-à-vis celle de Grenelle-Saint-IIonoré.
- Fabrique de Registres à dos élastique. — Lalanne figure sur Y Almanach du Commerce de 1837, avec la mention : « Successeur de Vvc Laparillé. » D’où il faut conclure qu’entre lui et Morot il y avait eu, en tout cas, un autre possesseur.
- Lambertye (P.-C.j, Marchand de couleurs, A l'Homme armé, o, rue d’Orléans, au Marais.
- Maison fondée en 1788. Couleurs fines en tablettes, en écaille et eu poudre impalpable, Crayons, Encre de Chine, Sepia, Fusain, Pastels, Papiers à dessin. Devient, par la suite, Lamberty 1:1 CIC, En 1822, Panier lu: Cléuy, puis J.-M. Paillard. Actuellement : Société anonyme des anciens Hlahhssemenls J.-M. Paillard, 17, rue de Lancrv, et aujourd'hui, 17, passage Saint-Sébastien.
- Lamy, Marchand-Papetier, rue Censier, 39. (Voir : Rousset-Bûucher.]
- Lanckaque (Richard), Marchand-Papetier, rue du Roullc, près le Pont-Neuf.
- Langlade, Marchand-Cartier, rue Plàtrière.
- Cité par Y Almanach des Adresses de Paris pour 1691, comme faisant de très bonnes Cartes à jouer.
- (1) Dans l’ancienne place du Carrousel, au Palais du Louvre : supprimée en 1849.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
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- Langlois (P.). [Voir : Chartier.]
- Larcher, Marchand-Papetier des Fermes du Roy, A la Teste Noire, rue des Arcis (2).
- Une des papeteries les plus connues ou, tout au moins, les plus populaires du dix-huitième siècle, dont les cartes adresse, répandues à profusion, se retrouvent un peu partout, sur des registres et sur des volumes.
- Larcher, dont la maison date de la lin du dix-septième siècle, ou des premières années du dix-huitième, semble avoir assez souvent changé de domicile, tout en restant toujours, à peu près, dans le même périmètre et en transportant toujours avec lui son enseigne A la Teste Noire.
- Ses Cartes-réclame sont doublement intéressantes, parce qu'elles permettent de le suivre dans ses divers domiciles, et parce qu’elles dénotent chez lui une
- recherche constante-de la figure, cle 1/image nouvelle. En voici la nomenclature faite à l'aide de litres et de pièces d’archives :
- l° Ruë des Arcis (tout court), Nègre mi-corps, enturbanné, dans un cadre : au-dessous, notice des marchandises qu’il vendait, sur une sorte de rideau drapé.
- 2° Ruë des Arcis (tout court), avec, pour tout texte : Larcher, Marchand-Papetier des Fermes du Roy »,— ledit texte étant dans une sorte de cadre-anneau, rocaille,avec une petite tête noire au milieu.
- 3" Ruë des Arcis, vis-à-vis le Singe Verd (2). [Voir l’image ci-contre. ]
- 4° Cloître Saint-Médéric (3), [en entrant par la rue Saint-Martin, la première grande porte à gauche, vis-à-vis la petite porte de Saint-Médéric]. — Suit l’indication du récent changement de domicile : « Larcher qui de-meuroit ruë des Arcis, à la Tesle Noire, demeure, présentement, Cloître-Saint-Mé-déric ». Le texte est sur une sorte de draperie sur le haut de laquelle apparaît une tête noire, énorme et nue, au nez patu.
- 5" Rue de la Verrerie, attenant la Couronne d'Or, entre la rue Bar du-Bec et celle du Renard. Proche l’hôtel Pomponne [Carte-adresse, datée 1745], avec la mention : « Larcher, qui demeuroit Cloître-Saint-Médéric, demeure maintenant rue de la Verrerie », — Tête de noir, sans turban, collier au cou, regardant vers la droite.
- 6° Rue de la Verrerie, mais la partie : « Entre la rue Bar-du-Bec et celle du Renard », a été supprimée, lCarte ici reproduite page 208, et datée 1756.)
- De iy5G à la fin du dix-huitième siècle, Larcher dut être moins loquace,au point de vue publicité, car on ne rencontre plus de cartes-adresse de lui et son nom ne figure que sur un ou deux Almanachs marchands. Peut-être, aussi, avait il disparu? En tout cas, je n’ai pas pu rencontrer de carte ou de facture datée après 1762.
- Il est à remarquer que plusieurs de ces cartes-adresse se complaisaient à mettre la tête noire au masculin. Lit si je note cette particularité, c'est parce qu’elle se ren-
- 1e1' type de la carte-adresse de Larcher (vers 1720 environ).
- (1) Actuellement partie de la rue Saint-Martin, entre l'avenue Victoria et la rue de la Verrerie.
- (2) Le Singe Yeril, dont il est question ici, était une boutique très connue au dix-liuitième siècle ; son propriétaire, Vaugeois, était marchand de tabatières d’or.
- 3) Cloître Saiut-Mcrry. — L’encadrement de titre, reproduit page 55, sortait de chez Larcher.
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- LE LIVRE D’OR
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- contre également sur les adresses d’autres marchands ayant pour enseigne cette môme tête noire, alors si populaire.
- La vérité est que 1 on avait encore l’esprit hanté de l’ancienne dénomination : Au chef noir.
- Lard. [Voir : Gazet et Esxault.]
- ALATESTE N.OIFL
- Rue des Arc 1 s ,V i s-a-vi s le SingeVerd.
- LARCHERarchandPapetier àPar^ie ;'Vend toutes Sorte*? de beau et bon papier, Lee bonncsc? plumes dtlo Uandc, laVeritablcEncrc double etr luis ante, Peyi s très de toutes pacons, CtrecUEspapm de la p lus b elle,Canifs ,Gratc 1res,Poinçons, Cont -pas etporte-ci^ax/ort; portefaeuilLe de meumcjuirt et B o etc de Cartonp our les p opter, no mp oreille de te aies Couleurs ; et toute Sortes cLeÆcu-chan-dises Concernant son commerce •• Le tout Jus fajrrioe •
- 3“ type de la carte-adresse de Larcher (vers 170O environ).
- Le Catalogue '28, de Godefroy Mayer, contenait dix adresses de Larcher, rue des Arcis, presque toutes différentes comme vignette et arrangement du texte, mais datant toutes, également, de 1700 environ. (Le lot était coté : \o francs.)
- La Renaudière et Noël, Fabricants d’Encre et de Cire à cacheter, rue du Mouton, 5.
- Les La Renaudière et Noël absorbèrent les deux plus célèbres maisons du dix-huitième siècle, dans ces deux branches : Grafke et Guyot. (Voir ces noms.)
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
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- La Ruelle, Marchand-Papelier-Cartoimier.
- Cartons pour relieurs.— La Ruelle, d’aprôsY Almanach-Commode des Adresses de Paris pour 1692, faisait « grand commerce de Boëtes de Cartes et d’Estuis de Manchons et de Chapeaux. »
- Lattré, Marchand et Géographe.
- Maison comme De Fer éditant des cartes et vendant papiers à lavis pour plans et dessin.
- Latizeau, Aux Armes de France et de Navarre. Maison de 31. Bouton, Marchand-Papetier Ordinaire de la Chambre du Roy, rue Neuve-des-Petits-Champs, au coin de la rue des Bons-Enfans. (Avant 1770, place des Victoires.)
- Latizeau ne ligure pas sur les Annuaires du dix-huitième siècle, mais on possède de lui plusieurs cartes-adresse. Sur ces prospectus, il faisait suivre son nom
- de cette indication de famille : Gendre de feu sieur Bouton. Toutefois, rapidement, cette indication disparut, et le domicile, également, changea. Très certainement, Latizeau, qui occupait la boutique de son beau-père, dut s’en aller à la mort de ce dernier, dont le fonds avait été continué par un autre gendre, le sieur Duchesne. Mais Latizeau reprit et continua l'enseigne : Aux Armes de France et de Navarre, qui avait remplacé : A la Flotte d’Hollande.
- Des deux cartes-adresse de Latizeau, l’une, la grande, est celle de son beau-père Bouton, reproduite plus haut. (Voir page 2o3.)
- L’autre, plus petite, sans ornements, a simplement, dans le haut, les armoiries soutenues par deux anges et comme adresse : « Latizeau, Marchand-Papetier Ordinaire de la Chambre du Roy, demeurant à Paris, rue Neuve, et à côté de la Grille des Petits-Pères, de la place des Victoires. »
- Papetier de la Chambre du Roi, Latizeau avait également une boutique à Versailles : « Avenue de Saint-Cloud, près le Pavillon Royal, pour les fournitures des Bureaux, à la suite de la Cour. »
- Laurens, Marchand-Papetier, rue Saint-Jacques, [puis 4, rue du Bouloy, puis rue Montmartre].
- Figure sur VAlmanach du Commerce de i8o5, avec la mention : « Fabrication de Registres de nouvelle invention, pour l’utilité des banquiers et négocians : les têtes de pages sont imprimées avec les mots : Doit, Avoir, Débiteur, Recette, Tireurs, Codeurs, Accepteurs, Payeurs. Le prix de ces registres, de divers formats, varie depuis 3 francs, jusqu’à 25 francs et au delà. »
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- * etdeUellandeFA
- en détail
- t> type des cartes-adresse de Larcher alors que son commerce avait été transporté rue de la
- Verrerie.
- * L'ancien hôtel d'Arnaud de Pomponne cité sur cette carte-adresse, et près duquel se trouvait la boutique de Larcher, existe toujours au n" 60 (actuel) de la rue de la Verrerie, reconnaissable à son beau balcon à sculptures.
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- LE LIVRE D’OR
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- Laurent. [Voir : Plateau.]
- Lavallard. Au Roi Henri IV, rue Saint-Honoré, n° 354, au coin de la place Vendôme. Tient Magasin de toutes sortes de Papiers. Gendre et Successeur de M. Lefer, Marchand-Papetier.
- Figure sur Y Almanach du Commerce de 1810. Devint par la suite Haudri-court et Lavallard, puis J. I Iervet.— Godefroy Mayer a annoncé, dans un de ses catalogues, une fort belle carte-adresse de lui, datant de i8l5 environ. (Gat. l5 francs.)
- Lavenne, Marchand-Papetier, rue Coquillère.
- Papiers glacés et de fantaisie. Maison des premières années du dix-neuvième siècle.
- A eu pour successeur, Depuy.
- Lebeau, Fabrique de plumes métalliques, à Boulogne-sur-Mer.
- Eut pour successeurs, Baignol et Farjon. [Voir, plus haut, ce nom.]
- Lebrasseur (Nicolas), Au Grand Livre de Lyon, rue Aubry-le-Boucher.
- Maison du commencement du dix-neuvième siècle. Sur sa carte-adresse, on lisait : « Fait et vend toutes sortes de registres, réglés et non réglés, toutes reliures de Lyon, à dos rond et à dos plat. »
- Lebruin, Marchand-Papetier, rue Montmartre, près la rue Plâtrière, 268.
- Les Archives de la Seine possèdent de lui une carte-adresse, imprimée, datant d’après la Révolution, avec ces quelques particularités : « Portefeuilles, Faveures (sic), Plumes », etc.
- Lebrun (Claude), Aux Armes de Monaco, Marchand-Papetier-Cartier.
- Claude Lebrun a fabriqué de 17^9 à 1770 • sa carte-adresse a été reproduite par Henry D’Allemagne (Les Caries à jouer, t. II).
- Lebrun (Pierre), Marchand-Pap'etier, rue aux Ours, près la rue Saint-Martin, Au Phénix Couronné.
- Maison du dix-huitième siècle. Sur sa carte-adresse, on lit : « Vend tout ce qui concerne l’éci’iture, et le coraille (sic) pour blanchir les dents. »
- Leclerc, Marchand-Papetier, faubourg Poissonnière, au coin de celle Bergère.
- Papiers, Registres. Figure sur VAlmanach du Commerce de 1810 et eut pour successeur, vers i83o, Morizet, lequel a dû disparaître aux abords de 1900.
- Leclercq, Marchand-Papetier, Successeur de Réveillon, Aux Armes de S. A. Mme la princesse de Conty, rue Saint-Dominique-Saint-Germain, 49.
- Leclercq, qui a dû succéder à Réveillon après 1789, ligure encore à Y Almanach du Commerce de 1810.
- Lecomte (Veuve), rue des Prouvaires.
- Maison existant vers 1777, avec cette spécialité : « Papiers tontisses, mués, très dillérens. »
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Lecourt, Marchand-Papetier, 35, rue du Mail.
- Ma ison de la première moitié du dix-neuvième siècle. Tenait l’assortiment pour les Marchands-Confiseurs, c’est-à-dire rébus, devises et papiers de couleurs.
- Leduc, Marchand-Papetier, A [‘Espérance.
- Maison ayant existé dès la lin du dix-septième siècle.
- Lefebvre. Marchand-Papetier, A la Petite Vertu, rue Saint-llonoré, vis-à-vis celle du Champs-Fleuri, 178.
- Ne figure pas sur les anciens Annuaires, mais est à VAlmanach du Commerce de 1810. O11 a, de lui, une carte-adresse de la Révolution, imprimée dans un filet à chaînons, et qui donne comme détails :
- « Papiers à vignettes et enveloppes de lettres, portefeuilles fermant à clef, etc. »
- Eut pour successeur, en 1887, « Jules Moëssard, Registres, Portefeuilles, Papiers et Cartons de musique, fabrique de Cire et d’Encre. »
- Lefebvre, Marchand-Papetier, rue Gallande, au coin de celle du Fouare, près la place Maubert, Au Griffon.
- Ne figure pas sur les Almanachs marchands du dix-huitième siècle, mais nous a laissé une carte-réclame, sur laquelle, après l’habituelle mention des papiers, portefeuilles, cires, plumes, écritoires, on lit ce qui suit : « Il tient aussi Magasin de toutes sortes de Papiers veloutés et peints, pour Tentures ; Papiers des Indes, à fig ures, paysages, fleurs, oiseaux, avec de jolies bordures enluminées, pour les appartenons de Maîtres; Cabinets de toilette; Paravents, Ecrans, etc. Papier à la main pour Armoires et Garderobes; Papier peint en gris, avec panneaux et moulures de toutes couleurs, imitant le lambris; papier couleur de bois, façon de marqueterie; Papiers marbrés les plus beaux, pour Salles à manger, Garde-l’obes, etc., pour accommoder en compartimens; et les fait poser tant à Paris qu’en Campagne, avec la plus grande propreté ; il se charge de les faire vernir avec une nouvelle composition de vernis, sans mauvaise odeur. Cartons dorés pour les Reliquaires; Découpures fines; Canons de Messe. »
- Lefer, Marchand-Papetier, Au Roi Henri Quatre, rue Saint-Honoré, attenant les Jacobins (au coin de la place Vendôme), puis : rue Saint-Jacques, 59.
- Lefer eut pour successeur son gendre, Lavallard. (Voir plus baut.î Sa carte-adresse portait : « Vend toutes sortes de Papiers de France et d’Hollande, Registres, Boëtes de Bureaux et autres; Porte-feuilles de Maroquin, de toutes couleurs, garnis d’or et d’argent, Écritoires fermant à clef et secret, Plumes d’Hollande, de Cygne et de Corbeau. Encre double et luisante et de la Chine. Il tient aussi Fabrique de Cartes et Magasin de Papiers pour tenture, des plus nouveaux. »
- Lefranc frères. [Voir : Laclef.]
- Lefuel, Papetier, Relieur et Doreur, Imprimeur et Graveur en taille-douce, rue Saint-Jacques, 54.
- Célèbre éditeur d’Almanachs et de Calendriers, qui figure pour la première fois sur les Annuaires en 1807. (Voir pour ses multiples productions ma Bibliographie des Almanachs Français.) Eut pour successeur Sampierdarixa.
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- Lejard, Marchand-Papetier, 2, rue du Faubourg Saint-Honoré.
- Figure sur VAlmanach du Commerce de 1820, avec la notice suivante :
- « Tient la fourniture de bureau, fabrique les registres perfectionnés à dos souple, le portefeuille. Album pour le dessin, l'encre façon anglaise, fait la reliure.»
- Leleu, Marchand, rue Saint-Denis, près le Sépulchre.
- Leleu ne figure ni sur les « listes», ni sur les Almanachs du dix-huitième siècle. Son adresse a été reproduite par le service des Archives de la Seine et a figuré à l’Exposition de 1900.
- Lemonnier, Au Vase d'Or, Palais de Justice, Salle Neuve des marchands, près la Cour Impériale, n° 18.
- Aucun Lemonnier ne figurant sur les anciennes listes marchandes du dix-huitième siècle, il est permis de supposer que celui-ci date de l’Empire ou du Consulat. Notons, d’autre part, que Y Almanach clu Commerce de 1828 donne un Legraxd, rue du Jardinet, successeur de Lemoxxier, rue Git-le-Cœur.
- Voici le libellé de sa carte-adresse :
- « Fabricant de Boîtes de Carton en tout genre, tant que pour les Bui’eaux, Boîte à Bobe et à Chapeaux : il fait aussi les Nécessaires tant à Glace qu'à Serrure, les dos pour les Bibliothèques, ainsi que les raccommodages. »
- CARTES TRES-FINES.FAITES PAR E LE TELLIER LUN DES DEUX MARCHAND CARTIERS PRIVILEGIE DU ROY SUIVANT LA COUR. DEMEURANT RUE. S. AVOYS VIS AVIS iLA RUE DES BLANC-MANTEAUX A PARIS
- Enveloppe-adresse de jeu de cartes, gravée sur bois par Papillon (vers 1760.)
- Leroy, Marchand-Papetier, rue de Seine, n°6, près le Pont des Arts, A la Palette de Rubens,
- VAlmanach du Commerce de i8o5 mentionne un Leroy, rue ,Saint-Martin, 321. Je ne sais si c’est le même que le présent Leroy qui figure sur Y Almanach de 1820, et dont la carte-réclame est ainsi libellée :
- « Ti en t Ma gasin de Couleurs, de Papiers ; fabrique les Couleurs en Tablettes, nétoie (sic) Jes Gravures, colle les Dessins; fait le Papier pour dessiner à la manière de Friche. Vend et loue des Manequins (sic). On trouve chez lui un assortiment de Bordures dorées, et des Médaillons pour la miniature. »
- Leroy-Ladurie, Marchand-Papetier, rue du Bac, 43.
- Figure sur Y Almanach du Commerce, après i832. On a, de lui, quelques petites cartes-adresse intéressantes pour le goût du jour.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Lesclapart (Pierre-Antoine), Relieur-Papetier-Colleur, privilégié du Roi.
- Lesclapart qui porte un nom célèbre dans le domaine du papier et de l’imprimerie (Restif de la Bretonne le cite souvent dans Monsieur Nicolas) exerça de 1760 à 1781. Il fut remplacé par Honoré-François Joi.civet. (Voir ce nom.)
- Voir, sur Lesclapart, l’ouvrage de Thoinan : Les Relieurs français.
- Le Tellier (Jean-Baptiste), Marchand-Papetier, rue Saint-Denis.
- Maison fondée en 1757. Son possesseur fut un des jurés de la corporation.
- Le Tellier (François), Marchand-Cartier, privilégié du Roy, rue Saint-Avoys (1), vis-à-vis la rue des Blancs-Manteaux.
- Le Tellier a exercé de 1758 à 1788. Comme tous ses collègues, Le Tellier vendait également ce qu’il faut pour écrire. S’il faut s’en rapporter à Y Almanach des Six Corps, de 1769, Le Tellier, Marchand-papetier-cartier demeurait, dès ce moment, rue Saint-Denys, vis-à-vis le Sépulchre [sic] (2).
- Le Testu, Successeur de Mme Paillard, A la Petite Romaine, rue Neuve des Petits-Champs, près celle des Bons-Enfants.
- Les Archives de la Seine possèdent de lui une petite carte-adresse, en écriture cursive. Figure à Y Almanach du Commerce de 1810. (Voir Paillard.)
- Letort, Graveur du Ministère des Finances, de l’Etat-Major de la Place de
- Carte-aclrcsse de Letort, graveur (Restauration), obligeamment communiquée par MM. Léo Delteil
- et Le Corbciller.
- Paris, etc., A la Vraie science du Blason, 5, rue de Castiglione, près les Tuilleries (sic).
- Letort, dont la maison remonte aux premières années du dix-neuvième siècle,
- (1) Entre les rues Saint-Mcrri et Michel-le-Comte ; réunie en i85i à la rue du Temple.
- (2) Ancienne Eglise du Saint-Sépulcre, démolie en 1791 : elle était sur remplacement delà Cour Batave.
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- LE LLVRE D’OR
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- fut un des principaux représentants de l'art du papetier-graveur comme l’indique, du reste, sa carte-adresse si intéressante pour l’art de la petite estampe, durant la période ingrate de 1825 à 18^0 ; il gravait et imprimait pour le commerce et les administrations et exécutait cartes de visite et d’adresse. Il fut, également, l’inventeur du timbre sec humide portatif.
- Aujourd’hui maison Alexis David (E. Ciiartier, graveur-liéraldiste).
- Lhermitte fils, successeur de son père, rue de Bussy, n° 1011, puis n° 34, A Sainte Geneviève.
- Maison qui figure à l'Almanach du Commerce de 1810, mais qui, très probablement, devait dater de la fin du dix-huitième siècle.
- Sur sa carte-adresse, imprimée, il faut signaler comme particularité : « Papier verni pour les maîtres d’écriture. »
- Longuet. [Voir : Grenard.]
- Loupia, Marchand de la Reine, A l'Y Grec, rue Saint-Honoré, vis-à-vis l’Hôtel d’Aligre, ci-devant le Grand-Conseil, près la Croix du Trahoir.
- Figure sur les Almanachs de 1777. On a de lui une carte-adresse, imprimée, de moyenne grandeur, et de format oblong.
- Sur la longue liste des objets que vendait ce mercier, après les bonnes aiguilles de Paris et les épingles d’Angleterre, après les éponges, les rouges et les eaux, on voit figurer : « Cire d’Espagne, très fine, à Graveur, papier, plumes et cure-dents. »
- Louvet, Marchand de Papier, rue des i\.rcis, et vis-à-vis la rue Jean-Pain-Mollet : [d’autres adresses portent : au coin de celle des Écrivains], A la Plume cVHollande.
- Les Archives de la Seine possèdent de lui une carte-adresse gravée (en hauteur), avec attributs dans le haut : plumes d’IIollande et boîtes de papier à lettres.
- Louvet, A VImage Sainte Geneviève, rue de Bussy, près le petit Marché.
- M. Fromageot veut voir, en ce Louvet, le prédécesseur du « Jol-livet l’aîné », tenant boutique, rue de Buci, au coin de la rue Bourbon-le-Château. Ce qui est certain c’est que, d’après la carte-adresse ici reproduite, il existait déjà en 1708.
- â 4 L’IMAGE STE GENEVIEVE. 1
- Rue de TSuJJy, près le petit Marché.
- IOUVET, Marchand, V end toutes g _>fortes de Papier battu, lavés pour 1er. $ % Deffeins 3t Mathématiques : toutes fortes | | de Papier réglé <5ç lavés pour laMufiquc, 3c | 2 pour l’Ecriture, Ecricoinpde poche, de Ta- jj & ble , Plumes d’Hollande, Canif de Tbulou- jj* | fe 3c de Paris : Cire d’Efpagnc très-fines, 1 | Livres de Comptes , Volans, Raquetts | fe fait la vraye Ancre double, luifantes : Ôc | | toutes forces de Marchandées , 3c à jufte g | prix. A PARIS. ’ 1708. |
- D’après un original appartenant à M. Paul Flobert.
- Louvet, successeur de DUe Jolivet, Marchand-Papetier, rue de Bussy.
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- 264 PAPETERIE ET PAPETIERS
- Magnien, successeur de Dangerville, Fabricant de papiers, de fantaisie, rue Saint-Avoye, 35. [Voir : Danger ville.]
- Semble avoir disparu aux abords de i85o.
- Magnier, rue de la Loi (1), puis rue de Richelieu, 28, près la Fontaine, [puis rue Meslay], Papetier de S. A. Royale Monseigneur, duc d’Angoulême, de la Chambre des Députés et de l’Instruction publique (plus tard il s’intitulera : Papetier du Dauphin).
- Papeterie fondée aux approches de 1800.
- Sur une carte-adresse de lui, datant de la Restauration, surmontée de l’écusson et du drapeau fleurdelysé, on lit : « Fournitures de bureau, bijouterie de papeterie; fabrique portefeuilles, albums, registres. Ecriture, impression, taille-douce. »
- Eut pour successeurs : en 1826, Fauqueux; après 1835, Delallée.
- Je possède une facture de Magnier (Fauqueux, successeur), pour relevé de fournitures faites à la Chambre des députés, avec le visa de la questure ; facture intéressante, parce qu’elle permet de se rendre compte de la quantité de papier, enveloppes, encre et plumes que consommaient messieurs les députés de la Monarchie de Juillet.
- Maigne, Marchand-Papetier, rue de la Tixeranderie.
- Maison créée en i834, reprise en i85i à Mme Vve Maigne, par M. Failliot, et depuis 1878, par son fils, A. Failliot. Actuellement Failliot fils, 87, rue Sainte-Croix de la Bretonnerie.
- Maisonnet, Marchand-Papetier, rue de Seine, 66.
- Papeterie fondée dans les premières années du dix-neuvième siècle, par Aumont, et qui fut démolie en 1877 pour le passage du boulevard Saint-Germain.
- Acquise par Gallin-Fitselier.
- Mallat (J.-B), Plumes métalliques, boulevard de Strasbourg, 53.
- Maison fondée en 1842.
- Mallet, Marchand-Papetier, successeur de Boulanger-Marc, A la Providence, rue Saint-Denis.
- Mallet (Mme). [Voir : Dondey-Dupré.]
- Mandar, Marchand-Papetier, rue Saint-Honoré, Au Griffon, 26, rue Saint-Honoré, près les grands pilliers des Halles.
- Figure sur Y Almanach du Commerce, à partir de i8o5. Papier pour écriture, impression, enveloppes pour soieries et autres, cartes et livres pour échantillons, vignettes, étiquettes gommées. Spécialité de nécessaires de fantaisie pour les dames.
- A eu pour successeur, vers 1835, J.-B. Derongé aîné.
- Mandar (fils), Marchand-Papetier, rue de la Paix.
- Apparaît pour la première fois sur Y Almanach du Commerce, en 1820, avec cette notice : a Fabrique cartonnages, gainerie, cartes de visite, élégantes et variées, fabrique timbres en couleurs sur papiers à billet et de fantaisie. »
- (1) Nom donné à la rue Richelieu de 1792 à i8o5.
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- Mandrou, Marchand-Papetier-Cartier, 14, rue de l’Arbre-Sec, Au Roi de Siam.
- Fabriquait et vendait depuis 1708. « Fournit plusieurs Princes et Seigneurs de la Cour », nous apprend la notice des Tablettes Royales de Renommée pour 1771.
- Maquet (Hector), Papeterie, Gravure, Maroquinerie, [20, puis 24, rue de la Paix (aujourd’hui au n° 10)] (1).
- Maison fondée en l84i par Hector et Charles Maquet, fabricants d’enveloppes, rue Blanche, 76, pour leur servir de maison de détail. En 1846, les deux frères se séparèrent, Charles Maquet garda la fabrique d’enveloppes et Hector la maison de la rue de la Paix. Elle devint, bien vite, une des papeteries de détail les plus à la mode. O11 sait de quelle renommée elle jouit sous le second Empire.
- Quoique papetier de luxe, Maquet ne cessa point de faire des enveloppes de lettres, sa spécialité. Doué d’un esprit inventif, c’est également lui qui eut, le premier, l’idée de notre carte-lettre en faisant perforer et gommer des papiers qu’il déposa sous le titre de : Un mol à la Poste. Avec le célèbre maroquinier viennois, Klein, Maquet, «papetier de l’Empereur», eut certainement la boutique
- la plus luxueuse de l’époque. Souvent l’Impératrice Eugénie s’y rendait en compagnie de Mme de Metternich ou de quelques dames de la Cour. Alors Madame Maquet trônait au comptoir. Comme Susse, comme Giroux, il eut ses salons, et la publicité portait aux quatre coins du monde, ce qui se vendait chez lui, ce que l’on pouvait admirer dans ses vitrines.
- En 1891, apres la mort de Hector Maquet, la maison devint la'propriété de M. et Mme Maquet-Lambert (Hector Maquet fies, celui-là même qui devait ouvrir la papeterie de la rue du 4-Septembre, aujourd’hui avenue de l’Opéra, 19). Depuis 1907 la Papeterie Maquet est la propriété de M. Léon Tissier.
- Hector Maquet était le cousin d’Auguste Maquet, le collaborateur d’Alexandre Dumas, si bien que l’on disait alors, couramment, en parlant d’eux, l’un est dans les enveloppes, et l’autre, dans les lettres.
- (1) Le 24 de la rue de la Paix ayant été démoli en 1867, lors des expropriations pour l’ouverture de la rue du 4-Septombre et de l’avenue de l’Opéra, la maison Maquet se transporta au n° jo.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
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- Engagement du jeune Damien, dit Fortin, par J.-L.-P. Raët et E.-J. Lamy, marchands-papetiers. Fac-similé d’après l’original appartenant à M. Charles Fortin.
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- LE LIVRE D’OR
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- Engagement du jeune Damien, dit Fortin, par J.-L.-P. Raët et E.-.T. Lamy, marchands-papetiers h ac-simile d’après l’original appartenant à M. Charles Fortin.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Marc (père), Marchand-Papetier, rue des Saints-Pères, à côté du Portail de la Charité, Au Marc (TOr.
- Est sur la liste de VAlmanach des Marchands de 1772, avec la mention : Cartes très fines, et figure encore sur VAlmanach du Commerce de i8o5, avec le mot : père, ajouté, son fils s’étant, alors, établi sous la raison : Marc fh.s.
- Marc fils, Marchand-Papetier, A la Providence, rue Saint-Denis, près celle de la Ferronnerie, et vis-à-vis celle Trousvache (sic).
- Successeur de Pesaut. Figure sur VAlmanach du Commerce, à partir de 1800. Sur sa carte-réclame, on lit : « Tient Magasin de Papier de France et d’Hollande pour l’Ecriture et le Dessin; Boette et Registre de toute grandeur; Encre Double et Indélébile, Plume de toute espèce, Cire à Graveur; Portefeuille en Maroquin. »
- Marchand, Maison de M. Pochet, Marchand-Mercier, rue du Four-Saint-Germain, au coin de celle de l’Egout.
- Marchand fabriquait, Pociiet vendait, ainsi qu’on peut le voir par la notice suivante de Y Almanach Général des Marchands pour 1778 :
- « Auteur des encriers d’encre concentrée, approuvés par l'Académie Royale des Sciences. Ces encriers qui ont la qualité de durer plusieurs années, en y ajoutant simplement quelques gouttes d’eau ou de vin blanc, ne sont que du prix de 6 et 9 livres, et se vendent chez ledit sieur Pochet. »
- Marcilly, Marchand-Papetier et Marchand d’almanachs, rue Julicn-lc-Pauvrc, [puis, après 1815, rue Saint-Jacques, 21].
- Marcilly commence, en 1786, une carrière qui sera bien remplie, car il n’est pas seulement vendeur de papiers, d’encre, de plumes et autres accessoires, il est encore éditeur, et éditeur d’un genre très particulier : l’almanach, le petit almanach de poche, orné d’estampes gravées. (Voir, sur ce sujet, mon ouvrage : Bibliographie des Almanachs français.)
- Dans Y Almanach du Commerce de 1820, il est inscrit comme suit : « Fabrique les écrans, almanachs et canons d’autel très assortis. » Aujourd’hui, rue Jacob, 12, le fonds ayant été réuni au suivant.
- Marcilly fils aîné, Marchand-Papetier, rue Saint-Jacques, 10, [aujourd’hui, 12, rue Jacob].
- Figure sur Y Almanach du Commerce, à partir de i83o, et a eu pour successeurs en 1840, en 1879, en 1908, d’autres Marcilly également; M. A. Marcilly, possesseur actuel, est le fils, petit-fils et arrière-petit-fils des précédents.
- Maricot, puis Maricot et Marteau. [Voir : Eugène Vacqueree.]
- Marion, Marchand-Papetier, cité Bergère, 14. Dépôt au Bazar Poissonnière et au passage des Panoramas, galerie Feydeau.
- Maison fondée vers i83o. Sur la notice de Y Almanach du Commerce de 1835, qui la concerne, on lit : « Spécialité de papiers glacés, estampés, avec initiales, ou surmontés d’un emblème ou légende, fabrique pains à cacheter à devises ou initiales. »
- A eu,depuis,la spécialité de tout le matériel photographique. Aujourd’hui Gci-RouT Miciiei.et et Cie.
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- LE LIVRE D'OR 2O9
- Marquis, Marchand, A V Espérance, rue Ncuve-des-Pciits-Champs, en face de l’Ilote] du Contrôle Général des Finances.
- Ne figure pas sur les Almanachs marchands du dix-huitième siècle, mais nous a laissé plusieurs cartes-adresse, avec cette indication :
- « Papiers de France et de Hollande; Papiers à lettres, dorés, glacés et à vignettes, etc. » Son nom est sur Y Almanach du Commerce de i8o5.
- Marsot, Marchand-Cartier-Papetier, rue de la Harpe, à côté d’un Parfumeur, vis-à-vis la Sorbonne, A la Ville de Rouen.
- Marchand de la seconde moitié du dix-huitième siècle. On possède de lui une carte-réclame, typographique, avec cadre, de grand format.
- « Papiers, Plumes, Cire, Boëtes, Portefeuilles garnis de toutes sortes de serrures et sans serrure; Crayons de toutes espèces. »
- Martel frères. [Voir : Fuoiston.]
- Martinet, Marchand-Papetier, étalagiste d’Estampes, [s’intitulera aussi : Libraire et Marchand de Nouveautés], 124, rue du Coq, [près la rue Saint-Honoré].
- Fondée en 1796, la maison devait passer, en 1821, par suite du retrait de M ar-linet, aux mains de son gendre, M. IIoxorat-Hautecoeur. (Voir Ilautecœur.)
- Le plus célèbre éditeur d’estampes, sur les mœurs, modes, usages, caricatures et pièces grivoises, galeries de costumes dramatiques, militaires et autres, de la première moitié du dix-neuvième siècle. C’est à lui que l’on doit les suites connues : Garde à vous, Suprême Bon Ton, Musée Grotesque, le Goût du Jour, Troupes Françaises, Troupes Etrangères, Arts et Métiers et Cris de Paris, etc. Et la boutique de l’éditeur a passé à la postérité, grâce à l’estampe connue de Bosio : Les Musards de la rue du Coq, en 1802.
- Marvis, Marchand-Papetier, successeur du sieur Ybert, A P Aigle Couronné, rue Saint-Martin, près celle Saint-Merry, nos 167 et 84.
- NI arvis paraît avoir succédé au sieur Ybert dans les premières années du dix-neuvième siècle. Il ligure à Y Almanach du Commerce de i8o5, mais dès 1820 a, lui-même, pour successeur A. Diuay, papiers pour les raffineries de sucre et les filatures, rue Saint-Martin, 20. (Actuellement Moxtagxax, 14-1, boulevard Diderot.)
- Massé, Marchand-Papctier-Carticr, Au Roi du Maroc, rue Beauregard, vis-à-vis celle de Saint-Claude.
- A fabriqué à partir de 1762 et ligure sur la liste de Y Almanach des Marchands, de 1772, avec la mention : « Cartes très fines..» Est encore à Y Almanach du Commerce, en i8o5, et en 1810, avec l'adresse : rue aux Ours, 27, puis 16, rue Guérin Boisseau.
- Masson, Marchand-Papetier, pour meubles, rue Coquillière.
- « Peint toutes sortes de papiers communs à la rame », — d’après la notice de Y Almanach Général des Six Corps pour 1769.
- Mathas, Marchand-Cartier de Monsieur, près Saint-Loch.
- Cité par Y Almanach Commode des Adresses de Paris pour 1692.
- Maureau, Marchand, au Bureau des Loteries, rue Saint-Antoine, près celle de Jouy.
- Maureau, Marchand-Mercier-Papetier, figure sur Y Almanach des Marchands
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- de 1770, avec une longue notice, dont, seule, la partie papeterie présente pour nous quelque intérêt :
- « Tient magasin de papiers d’Hollande et de Flandres, de toutes qualités, pour le dessein et autres. — Registres de compte. — Plumes de Hollande. — Cartes à jouer. — Rubans de soie, etc. »
- Maurin (Adrien), Fabricant d'Encre et de Cires, rue des Vieilles-Haudriettes, 4.
- Maison fondée en 1790. A eu pour successeur, G. Toiray-Maurix, lequel la dirigea pendant trente ans. Aujourd’hui, Lelaurin.
- Méant fils, A T Ancienne Renommée, rue Saint-Antoine, près la rue Vieille cln Temple, 9.
- Figure sur Y Almanach du Commerce de 1810, avec la mention : « Manufacture de Cartes à jouer, carton en feuilles, papier pour tenture et décor. Encre noire et de couleur ». Eut pour successeur, en l835, « Rozet, rue Montmartre, 3q (ci-devant, rue Saint-Antoine), fournisseur des collèges royaux el des principaux établissements d’instruction publique en France. »
- Melun, Marchand-Papetier, Cloître Saint-Jacques de la Boucherie.
- Cité par Y Almanach Commode des Adresses de Paris pour 1692, comme un des plus importants.
- Meunier (Mme)5 Marchande de crayons, place de Thionvilie, 12.
- Fin du dix-huitième siècle. Ne figure plus h Y Almanach du Commerce, de 1810.
- Meure, Marchand-Papetier, rue de Grammont, 24.
- Maison des premières années du dix-neuvième siècle. Papiers de France et de Hollande. Fabrique de registres à dos élastiques. Gravures et impressions en taille-douce.
- Meunier, Papetier-Fabricant de cartes à jouer, mode Grenelle-Saint-lIonoré, lo.
- Mignot (Charles), rue des Marmouzets.
- Figure sur Y Almanach Général des Six Corps de 1769, parmi les graveurs sur métaux, avec la spécialité: « Masquine les boîtes de carton. »
- Millet, Papetier-Relieur, rue Montmartre, n° 78, entre le passage du Saumon et la rue Mandar.
- Maison du commencement du dix-neuvième siècle. Sur ses cartes-adresse se trouvaient mentionnés : « Registres, fournitures de bureaux, cartons de dessin, boîtes de toutes espèces, livres de poche, caries d’échantillons, papier de musique, très fort, etc. »
- Minot, A la Cille de Versailles, rue Neuve-des-Petits-Champs, près celle Neuve-Saint-Roch.
- Ce marcband-papelier-carlier que M. Henry D'Allemagne fait remonter à 177b figure sur les listes du Tableau Général du Commerce (1789-1790) .Voir, ci-contre, sa carte-adresse.
- En 180O, la maison était aux mains de sa veuve, laquelle eut pour successeur, vers 181A, Testu. (Voir ce nom.)
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- LE LIVREZD’OR
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- Mitoire (J.-B.) [puis Vv0 Mitoire], Marchand-Papetier, A l'Ordre du Saint-Esprit, Privilégié du Roy et Fabriquant (sic) de Cartes à jouer, demeurant rue d’Anjou, au Marais.
- Ce J.-B. Mitoire qui a exercé comme papetier-cartier, de 1/46 à 1774, semble avoir été une papeterie en vue durant de longues années. L’adresse à encadrement orné ayant, en haut, les armoiries de l’ordre royal du Saint-Esprit, soutenues par deux anges, est très certainement la reproduction de l’enseigne. Elle paraît 11’avoir jamais varié, puisque son successeur,
- La Chapelle, s’en servait, lui encore. [Voir la reproduction au nom de ce dernier.]
- Sur les anciens Annuaires, Mitoire est qualifié,quelquefois, marchand-gantier. Dans le Supplément à Y Almanach Général des Six Corps pour 1769, on trouve, à son nom, cette spécialité :
- <t Vend des Cartes Espagnoles, qui servent pour le jeu nommé l’Aine lie. »
- Sur les Tablettes Royales de Renommée pour 1771, la V'e Mitoire qui succéda à J.-B. Mitoire, est orthographiée :
- Veuve Mitouart, et il ne saurait y avoir aucun doute sur la parfaite identité du personnage, puisqu’elle a identiquement la même adresse.
- Molière, Marchand-Mercier, Au Griffon d'Or, rue Saint-Denis, à côté de la rue du Petit-Lion, et vis-à-vis la rue du Petit-lleurleur (sic).
- Maison du dix-huitième siècle, qui tenait un rayon de papeterie, ainsi qu’011 peut le voir par la carte-adresse suivante : « Tient Magazin de Papiers de
- France et d’Hollande, Registres de toutes grandeurs et façons, Boëtes à mettre les Papiers pour les Bureaux et les Cabinets, Toile cirée et de toutes les couleurs pour l’embalage (sic), etc. ». Molière devait avoir pour successeur Flt.gault. (Voir ce nom.)
- A LA ru.LE DE VERSAILLES
- Hue Neuve des Petits Champs près celle Neuve St Rocli.
- A PAULS
- M liN O T
- Fifïtru/i/es h Cu'e a Cacheler. TzmC Maçastn do PapLCfirde, Frcfsicc et dTfoflcmde. Pùune<r. id. f<e Cif/rte et de Cof'ôcau.Portepykfùdesde Poc/u et de- T'oi/agc. en Mcu'oyum. Cire, a Krr/wemo.de for/tèa Cotriet(7\r, et Od’tirj. Compaxf. Carufrt- d Pomçoihr, Crratorrr. Oandaruy/fc , Porte-Crayon ]STo/;if>oredfe, Jlçfyfetf en ./Joie- dJAÔc-ne eâ autre#. Poicdi'.e# d Or <f.dry eut et de tvuL&f Couleur (O pour. l£crdure . Cnryono' fmd a Catdhwe. Ilouçc etJS'ofw, Feer?/~j> Manu/actnre dCncrcA double fdurante. et de toute# Co/der/r# et ûencratement-~ tout ce y/a Concerne /e.r l'o/tr/i/f/crea de Pureau ''et te JJe,r,rer/i
- _ IFfatéfa Commiihf/o/i et f'.nnviApour (aTrovnif et LJAtranger
- 1
- Mondhare, Marchand d’Estampes, rue Saint-Jacques, près Saint-Séverin, à l’hôtel Saumur [puis Mondhare et Jean, rue Jean de Beauvais, 4, près celle des Noyers].
- Mondhare, l’éditeur le plus habituel de Qucverdo, est l’éditeur d'une suite recherchée de coiffures et de chapeaux : La Parure des Dames ou première Collection des plus belles Coëffures inventées depuis Tannée 1766.
- Quantité de cahiers d’arabesques, trophées, cartouches, encadrements de toutes sortes ont été publiés par lui. (Voir l’encadrement de la page 189.)
- Montagnan. [Voir : Makvis.]
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
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- Moreaux, rue de Jouy, n° 24, vis-à-vis l'ancienne Maison Fourcy.
- Marchand du dix-huilième siècle dont on possède une carte-réclame typographique, dans un cadre, avec la mention : « TienL fabrique de Boettes pour les Bureaux et Notaires. »
- Morel, Marchand-Papetier, Artificier François Ordinaire du Roy, Au Lustre d'Artifice, rue du Four, faubourg Saint-Germain, vis-à-vis celle des Canettes.
- Ce Marchand-Papetier, doublé d’un artificier, semble avoir tenu une place à part parmi les papetiers-colleurs. Il ne figure sur aucun Almanach marchand, mais la Liste des Maistres et Marchands-Papetiers de 1771, ici reproduite (voir ci-contre), contient un Louis-Fraxçois Morel, rue des Cordiers, qui pourrait bien être le même.
- En tout cas, de notre marchand-papetier-artificier, il existe une carte-adresse, dans un encadrement rocaille surmonté de l’écusson lleurdelysé et dont le texte, la réclame ou le pallas, comme on voudra, vise les deux parties distinctes de son commerce, — la première partie, la principale, — concernant les feux d’artifice qu’il ne tire, fait-il observer, « si considérables soient-ils, en ne mettant le feu qu’une seule fois, ainsi qu'il en a exécuté devant le Roy, à Fontainebleau » ; — la seconde, en texte plus petit, indiquant qu’il vendait toutes sortes de papiers, encre double, « plomb pour la chasse, et tout ce qui dépend de la papeterie ».
- La reproduction de cette carte-adresse a été exécutée par le service des Archives de la Seine.
- Morizet, successeur de M. Leclerc, rue du Faubourg-Poissonnière, n° 9, au coin de celle Bergère.
- Papiers, Registres, Portefeuilles. Maison fondée vers i83o.
- Morot, A la Renommée, rue Goquillière, n° 18, vis-à-vis celle de Grenelle-Saint-Ilonoré.
- Fabrique de registres, à dos élastique, perfectionné. Papiers pour écriture, dessin et musique. Plumes, canifs, encre, cire. Gravure, cartes de visite. Maison datant des premières années du dix-neuvième siècle. Elle figure à VAlmanach du Commerce de i8o5. A eu pour successeur Laparillé, puis Lalanxe. (Voir ce dernier nom.)
- Mortier-Pille, Marchand-Pape Lier (successeur de Niodot jeune), rue de Richelieu, 70, Aux Deux Rois.
- Étiquette destinée à être collée sur les registres.
- Le « Niodot jeune », ici mentionné, est Niodot fils, dont la boutique était à l’origine au cloître Saint-Germain-l’Auxerrois. (Voir plus loin.)
- Mortier-Pille a laissé quantité de petites adresses et étiquettes, dans les formats les plus divers, mais aucune de grand format. Sur nombre d’entre elles, on lit :
- « Registres perfectionnés. Se charge de gravure, impression en taille-douce, et articles de nouveauté et de goût. »
- Notons que l'étiquette en forme d’écusson d’armoirie fut très à la mode durant toute la période de la Restauration.
- Mortier-Pille figure à Y Almanach du Commerce de 1810.
- Moulard, Marchand-Papetier, rue Saint-Antoine, vis-à-vis celle de Geoffroi-Lasnier,
- Figure à Y Almanach Dauphin de 177 7, avec cette spécialité : « Papiers peints, imitant ceux de Chine. »
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- LISTE
- DE MESSIEURS LES MAISTRES
- MARCHANDS PAPETIERS
- E LA VILLE ET FAUXBOURGS DE PARIS.
- Pour F Année M. D C C. L X X /.
- JUBÉS ET GARDES EN CHARGE, FRANÇOIS DUFRA YÉE, Fauxbourg faim Derus, le t ^ Janv. 1746 SIMON -PIERRE PERCHERON, rue Saint Antoine , le 29 Juillet 17 J 4.
- ANTOINE REGNAULT, Doyen, rue faint Vitfor, le 8 Janvier 1716.
- MESSIEURS LES ANCIENS. Anr(ttU
- T^TOEL SDRBLED, rue Baffe âesUrfins, le 2Avri!i73o 1749 1.^1 Pierre-François Michel, a Lyon, le 28 Juill. 1730
- 1752 Jean Beal,à Thiers, le 27 Nov. 1747
- 1754 Antoîne-Jofeph Douchy, rue de la JuJJienne, le 16 Août 1749 175y Luc-Antoine Régnault, le 23 Août 1743
- 1756 Thomas Ponche, Place Maubert » le 27 Déc. 1749
- 1758 Pierre Voifin, rue faint Jacques, d côté de faint
- Ethnne - des - Grès , U'ar 9uprr 173 t
- 1761 Jacques Bénard, rueù Montagne fainte Geneviève, le 7 Juin 1734 *762 Noël-Geoffroy Rouve, rue de la Mortellerie, le 27 Nov. 1755
- 1763 Jofeph Cornu, rue des Amandiers, le 9Avrili7jo
- 1764 Jofeph-Hyacinthe Hugue, rue du Fouarre, le y Fév. 1749
- 1765 Jean-Baptifte-Pierre Formage deMonval, rue
- des cinq Diamants , le 20 Janv. 1763
- 1767 Jean-Heélor de Lavoiepierre; rue du RoulU, le t^Oél. 1761
- 1768 Jean-Baptiffe le Teilier, rue S. Denis, le 8 Janv. 1757
- MESSIEURS LES MODERNES.
- G E 0 n g r s Ponche, rue S. Viâor,
- Pierre Lucain , abfent,
- Julien Royer , rue S. Severm,
- Nicolas Delate , rue des Carmes ,
- Charles-Pierre Baudeniers , rue S. Antoine ,
- Laurent Philippes, Quai des Augtijlins, Nicolas-Bernard Gabaret, abfent,
- Antoine Lucas, rue Judas,
- Michel Simon, rue Cadet,
- Nicolas Chaulin , rue faint Antoine,
- Nicolas Défroques, a Sentis ,
- Jean-Baptifte Gamct, Fauxbourg faint Detûs ç Louis-François Morel, rue des Cordiers,
- Jacques le Comte, abfent,
- Denis-Antoine Ponche , Charniers des Innocens, Jean-Jacques Garnier, abfent,
- Jean-François le Mercier, rue Traverfiere,
- P. Lucas du Mantel> rue de la Luntj à la Villeneuve , Pierre Delorme, rue du Mont-faint-Hilaire,
- François Galloche , rue des Petits-Champsfaint-Martin Nicolas Ludot, rue Charretière.
- François Fleuriot, rue de Jouy ,
- Pierre Gamet, abfent,
- Louis Bertrand, d Compïègne,
- Antoine Cuiret, rue Phélippeaux,
- Jacques-Philippe Bourgeois, rue faint Marc 4 Jofeph-Nicolas Ludot , che^ AJ.ybn Pere ,
- Jean Tiiîet, rue du Paon-faini-Viflor ,
- Fierre Ponche , chq^ M. fon Pere ,
- Nicolas-André ArnoëU, rue Coquillcre,
- le 22 Avril 1720 le 1 y Mars 1730 le 11 Mai 1730 le 26 Mars 1732 le 14 Déc. 1733 le 21 Fév. 1730 le 10 061. 1740 le 16 Août 1743 le 16 Août 1743 le 23 Août 1743 le 6 Fév. 1744 le 6 Fév. 1744 le iy Juill. 1747 le 4 Déc 1749 le 9 Avril 1750 le 18 0(51. 1751 le 14 Avril 1752 le 18 Avril 1752 le 21 Mars 1753 ,1e 11 061. 1753 le 7 Août 17J y le 13 Sep. 175 J le 23 Fév. 1736 le 25 Fév. 17$6 le 26 Oél. I7y<5 le 1 Août 1757 le 24 Déc. 1757 le 9 Janv. 17J& le 13 Sept. 1759 le 9 Déc. 1760
- MESSIEURS LES JEUNES.
- SÉbastien Frigout, rue des Amandiers, le 22 Mars 176$ Touffaint Bordée, r. S. Hon. vts-à-vis le Palais Royal, le 12 Avril 1764 Simon Percheron, rue de Grenelle, le 22 Janv- 1766
- Alexandre - François Charpentier de Marcé, rue faint
- Jacques, au-iejfus des Charniers faint Benoit, le 14 Mai 1766
- Louis-Marie Poftiens, rue faint Jacques, vis-à-vis celle de la Parckeminerie , le
- Ficrrc-Louis Philippe, rue Montmartre, Je
- Michel-Chriftophe Lambert, grande rue du F. S. Ant. le François Robert, Porte Montmartre, le
- Gaftien Pouperon , rue de la Roquette, le
- Noël-François Chaulin, abfent, le
- Amable Vima!, rue de la Harpe, le
- Jean-Jofeph Canu, Charniers des Innocens, le
- Louis Bequct, Charniers des Innocens, le
- Paul Moiiîbr», Charniers des Innocens , le
- François-Léonard Souchet, Place Cambray, le
- Jean-Hyacinthe Aubin, rue faint Jacques, le
- Edme Doyen, rue S. Ant. vis-à-vis la vieille rue duTcntplc, le Alexandre-Pierre Penelc , rue du Fauxbourg S. Martin ,1e Nicolas Boudin, rue de VOurfine, le
- Louis-Denis Bcville , d Gentilly , le
- Nicolas Declaron, rue S. Ant. vis-à-vis les Filles Ste Marie, le Jacques Chevreau, rue S. Denis, près le Grand-Cerf, le
- Jean-Jofeph Collot, rue de la Harpe, le
- Jacques Ybert, rue Jaint Martin, le
- Louis-Antoine Paifant, rue faint Denis, le
- Jean-Françoi* Chamoulaud, rue faint Antoine, le Germ.du Saufloy, r.S.Mart. aucoindecelledeS. La\are,le François Noël Rouve, au Marché-Neuf, le
- Gérard-François Boullard, rue des Boulangers, le
- Louis-Jacques-Philippe-Eléonore Bourgeois, rue Croix des Petits-Champs, le
- Richard Lanckaque, rue du Roulle , près le Pont-neuf, le
- MESDAMES LES VEUVES.
- LA Veuve Hugue, rme Galande, au coin de celle dm Fomarre.
- La Veuve Poulin, rue des Ornti, Buste faim Roc h.
- La Veuve Chaulin, rut faint Antoine.
- La Veuve te Mercier, rut Judas.
- La Veuve Defbois, rut faint Louis, au Palais.
- La Veuve Simon , rue du Bacq, Fauxbourg faint Germain.
- La Veuve Sence , rue des FojJès faim VtQor. ,
- La Veuve Deferc, rue Judas.
- La Veuve Toftin , Charniers des Innocens.
- La Veuve Duval, rue Charreticte.
- 24 Sept. 1766
- 7 Nov. 1766 29 Déc. 1766 4 Avril 1767 ti Mai 1767 13 Août 1767 9 Sept. 1767 9 Sept. 1767 3 0(51. 1767 3 0(51. 1767 3 061. 1767 13 Oél. 1767 ao Fév. 1768
- 9 Mai 1768 22 Août 1768
- 22 Août 1768
- 15 Déc. 1768
- 23 Janv. 1769 23 Janv. 1769 23 Janv. 1769 31 Janv. 1769
- 10 Avril 1769
- 8 061. E770
- 16 061. 1770 8 Nov. 1770
- 23 Nov. 1770 «4 Déc. 1770
- OFFICIERS DE LA CO M MU NAUT Mf* Laurent MICHEL, Prêtre, Chapelain de la Communauté.
- M* C O R N l L, Avocat au Parlement, tut faim Sauveur.
- M* MICHEL, CommifTaire, rue Aubry •le - Boucher.
- M* RINGARD, Procureur au Parlement, rue des Anglais.
- M* LEGER, Procureur au Châtelet, rue Bertin-Pairée.
- M. GIROULT, Huiflîet à Cheval, rue S. Martin, au Bureau des Tapifieri
- De l'Imprimerie de CHARDON, rue
- Galande, à U Croix dos* 1771.
- Cette liste, placard grand in-folio, aux armoiries souvent coloriées et rehaussées d’or, se publiait à l’origine, toutes les années. Il est à remarquer que si elle contient quantité de noms qui 11e figurent point dans nos notices, d’autre part, on y chercherait vainement Bougy, Bouton, Fournier, Guillot, Jollivet, Larcher, Mitoirc et autres marchands connus, cependant encore existants en 1771.
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- le LIVRE D'OR
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- Mozard, Marchand-Papetier, rue et division des Lombards, n° 24, [puis, même rue, n° 43, puis rue de la Verrerie].
- Une carte-adresse de lui est ainsi libellée :
- u Tient Magasin de toutes sortes de Papiers, ainsi que Plumes, Registres; fait la Fourniture de Bureaux, envois dans les Départemens, et tient aussi l’Assortiment pour les Marchands Confiseurs, comme Rébus, Devises et Papiers de couleur. »
- Mozard figure sur Y Almanach du Commerce de l8o5.
- Devint après 1820, Mozard et Jourdan, puis en 1825, passa aux mains de Tvonnet et, vers i835, de Charles Sédille. (\roir ces noms.)
- Mugot, Marchand-Papetier, rue Quincampoix, 6.
- L'Almanach du Commerce de 1820 indique parmi ses spécialités : « Papier argenté, doré, satiné, gaufré en tous genres, concernant le papier fin. »
- Nadaux, Fabrique Royale de Crayons, du sieur Nadaux, Graveur et Dessinateur, breveté du Roi. En sa maison, rue de la Vieille-Draperie, en la Cité.
- Nadaux a possédé plusieurs cartes-adresse, en hauteur, gravées par Duval, dans un ravissant cadre, tirées en couleurs, — en bistre, ou à la sanguine, — et datées 1780. Crayons de différentes couleurs et de différentes teintes. Les artistes des Académies royales de Peinture, de Sculpture et d’Architecture en faisaient usage.
- Sur une de ces cartes, on lit : « Seul possesseur du secret du sieur Dumarest, » lequel sera orthographié, d’autres fois, Desmarets (1).
- Deux de ces superbes adresses ont été cataloguées par Godefroy Mayer, 5o francs.
- Or, qu’était-ce que « le Secret du Sr Dumarest » ?— C’est ce que va nous apprendre une plaquette, explicative et rarissime, en possession de la Bibliothèque d’Art et d’Archéologie, de M. Doucet : — Fabrique Royale. Description et Analyse des Crayons de Composition, de Couleurs et de Teintes, inventés et composés par le sieur Nadaux, Graveur et Dessinateur, breveté du Roi, seul possesseur du secret du sieur Dumarets, Peintre et Dessinateur, à Paris, en sa Maison, rue de la Vieille-Draperie (1780).
- « Ces Crayons », lit-on, en la dite plaquette, « quoique de composition, ne sont pas à proprement parler factices, puisqu’au contraire, composés de craye et de fécule colorante, ils sont fabriqués avec toutes les substances naturelles, telles que les sanguines, la pierre blanche et noire ordinaire, d’Espagne, et d’Italie, la mine de plomb d’Angleterre : tous ces minéraux qui sont communément employés à dessiner, ne sont point le fruit des travaux d’aucun artiste. »
- Et, pour les mieux faire connaître, la plaquette les distribue en classes, subdivisées en espèces, indiquant succinctement les substances fondamentales qui les composent, avec leurs propriétés, leur degré de fermeté et de mollesse, ainsi que leurs teintes.
- ire Classe. — Crayon de sanguine — rouge — rouge à graveur, ainsi nommé, parce que la pointe ne se casse point, — rouge carminé, tiré d'une sanguine choisie, — brun, — nègre, composé de certains principes terreux, unis avec la terre sanguine, — moresque, le plus foncé de tous les bruns, — mine de plomb rouge, à base de mine de plomb d'Angleterre, préparée au feu.
- (1) Dumaret (orthographié aussi Dumarets) ou Desmarets était l’inventeur d’une couleur nommée Outremer factice » dont il est question dans les Petites Affiches de Paris. (Voir année 1787, page 288.)
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- PAPETERIE ET P R P ETIERS
- 2° Classe. — Crayons de craie, — blanc, — gris.
- 3e Classe. — Crayon noir — ordinaire — noir (crayon d’Italie ou pierre d’Es-pagne).
- 4e Classe. — Crayon de mine de plomb — Crayon de bronze — Crayons de couleurs el leinles (à dessiner sur glace : étant effacé, sans être redessiné, reparaît à son choix).
- Par acte du 12 février 1780, le sieur Dumarest avait cédé au sieur Nadaux la succession et la possession de son secret pour les crayons. Et Nadaux les a perfectionnés et en a augmenté le nombre. Aussi, par brevet royal du 2 novembre 1780, fut-il autorisé à faire inscrire sur un tableau, au-dessus de la porte de sa fabrique : Fabrique Royale de crayons de composition.
- Navarre, Marchand-Mercier, A Ici Belle Plume, rue du Four, vis-à-vis celle des Canettes, Fauxbourg Saint-Germain.
- Ne figure pas sur les Annuaires du dix-huitième siècle, mais les Archives de la Seine possèdent de lui une carte-adresse imprimée, en hauteur, sur laquelle se lisent différentes particularités intéressantes :
- « Cornets de Plomb, de Verre, de Fayance... Cartes pour les Selliers et autres, de Feuilles et de Pâles de toutes espèces. Boëtes décompté et à minutes de toutes grandeurs. Achète et vend les vieux Papiers et Parchemins à la livre. Comme aussi distribue pour le sieur Morel, Artificier Ordinaire du Roy, demeurant même maison, des Fleurs, Bouquets d’artifice pour la Table et l’Appartement. »
- Le sieur Morel, ici mentionné, est le marchand-papetier-artificier qui fait l’objet d’une notice plus haut. (Voir page 272.) En réalité, Navarre et Morel demeuraient dans la même maison et tenaient mutuellement les marchandises spéciales à l’un et à l’autre ; d’où Y artificier-papetier et le papetier vendant des bouquets d’artifice.
- Nicolet, Marchand-Fabricant de Papiers de toutes sortes de couleurs, A la Dorure française, 11, rue du Plâtre-Saint-Jacques.
- Maison datant des premières années du dix-neuvième siècle. Sa carte-adresse portait :
- « Tient Magasin de superbe Papier doré et les Papiers satinés de toutes couleurs. Papier maroquin avec le grain et sans grain, les superfins rouges de Chine, rouges anglais et portugais; Papier doré en plein et Papier bronzé; en général, toutes les sortes de Papiers à l’usage de la fabrication des boîtes pour la reliure et la brochure. »
- A eu pour successeur, vers 1828, A. Reydellet.
- Niodot, Marchand-Papetier et Fabricant de Cire, Au Grand Empereur, rue Betizy (1).
- Niodot, Au Grand Empereur, est un des anciens papetiers du dix-septième siècle.
- Les Archives de la Seine possèdent de lui une carte-adresse, donnant des détails sur les différentes sortes de cii’e qu’il vendait : « Véritable Cire et Terre pour les Graveurs, Cire à l’esprit-de-vin, Cire d’Hollande et Turque, des plus parfaites, Cire molle, rouge, à sceller, et Cire verte pour les Cristaux. »
- (1) Portion de la rue Perrault.
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- Nodot, [ou Niodot], place du Vieux-Louvre, n° 21, près l’Académie Royale : Au Chant de /’Alouette, [puis place du Muséum-des-Arts (1), n° 189.]
- Nodot figure au “ Supplément” de Y Almanach des Six Corps pour 1769, avec la notice suivante : « Tient magasin de papiers tontisses pour meubles et autres, de toutes sortes pour les Cabinets, et tout ce qui concerne la Papeterie. »
- On ne voit point son nom sur les Annuaires qui suivirent, mais une carte-adresse de 1788, avec l’enseigne : Au Chant de l'Alouette, présèrïtp sou nom orthographié Niodot, et cette orthographe se retrouve sur ufïë carte-réclame typographique, datée de 1799, et dont voici la teneur en son entier. Il est' donc permis de se demander si le Nodot de 1769 n’était pas, tout simplement, Niodot privé de son i, ou bien si à Nodot ne succéda point, en réalité, un sieur Niodot.
- « Niodot, Marchand-Papetier des Ecoles de Peinture et Sculpture, tient en gros et en détail toutes sortes de Papiers pour le Dessein (sic) et l’Ecriture, Papier d’Hollande, battu et lavé, pour les Plans, Papier blanc, bleu, gris et jaune pour les Desseins, Papier Vélin de toute grandeur; Crayons, Compas, Porte-Crayon; Encre de la Chine, Crayons fins d’Angleterre, en bois et autres; Couleurs en boîtes anglaises, Couleurs en bâton d’Angleterre et de France; Encre de couleurs pour laver les plans, Pastels fins, en boîtes et en détail ; Crayons et Cartons tendus et préparés pour dessiner à la manière d’Ysabey (sic),’ Gomme élastique, Colle à-bouche, Pinceaux fins à laver; Ivoire de toutes grandeurs, Pastels fermes, en bois et autres; Carions encadrés pour dessiner, de toutes grandeurs; Entreprend de coller les Desseins (sic) de toutes façons ; Papier réglé pour la musique ; Registres de compte, réglés et non réglés; Boîtes pour les bureaux, de toutes sortes; Ecriloires de table, de poche, de valise et autres; Plumes d’Hollande, de toutes qualités; Cire d’Espagne, de toutes couleurs; Plioirs et Couteaux d’ivoire, Canifs, Gratoirs, Poinçons, Sandaracq; Cartes à jouer, très fines; Règles d'ébène et autres; Encre double et luisante, — [et généralement tout ce qui concerne la Papeterie.
- « Messieurs les Académiciens [ou bien : les artistes] trouveront toujours chez lui des Portefeuilles pour les Desseins, de toute grandeurs, à juste prix] (2). »
- La carte de Niodot avait ainsi toutes les proportions d’un véritable prospectus.
- M. Henri Vivarez, président de la Société Le Vieux Papier, possède une carte-adresse au nom de : Engueiiard, gendre du sieur Niodot, rue Saint-Honoré, i65, vis-à-vis celle de Grenelle, à côté du Grand Frédéric, ci-devant place du Louvre, n°2i.
- En i8o5, Y Almanach du Commerce indique et enregistre trois Niodot : Niodot père, rue Froidmanteau (en 1870, 70, rue Richelieu); — Niodot Fils aîné, rue de Thionville; — Niodot Fies jeune, rue de la Loi.
- Niodot fils, Marchand-Papetier, Au Griffon d’Or, n° 43, Cloître Saint-Germain-l’Auxerrois, à Paris.
- On ne saurait dire de quel Niodot père celui-ci était le fils. Mais il nous a laissé une ravissante carte-adresse, dans un encadrement, surmonté d’un griffon, entouré d’une banderolle — avec le litre de l’enseigne — et de couronnes de roses. Par la suite, c’est-à-dire après le Consulat, le griffon disparut et fut tout simplement remplacé par un aigle, l’aigle impérial. En voici,d’autre part, le texte:
- « Tient le Dépôt des véritables Crayons d’Isabe}^ de toutes les qualités, Papier vélin anglais superfin, Cartons tendus et apprêtés de toutes grandeurs pour dessiner à sa manière. Idem, sur châssis et Tirators, etc...
- « Cartons encadrés et dorés pour dessiner et laver.
- (1) Entre le Louvre et les rues du Carrousel et du Musée. Fut supprimée en 18^9.
- (2) La partie entre crochets n’existe pas sur certaines adresses du sieur Niodot, — à part cela, du reste,absolument identiques. Il faut donc en conclure qu’il fit exécuter plusieurs tirages.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- « Il colle les Dessin (sic), Gouaches, Pastels de toutes façons ; tient, en général, tout ce qui est relatif à la Papeterie. »
- 11 existe de lui une autre étiquette, grandeur timbre-poste, sur laquelle se lit : « Niodot jeune, rue Richelieu, n° 70, entre la rue Faydeau (sic), et celle des Filles-Saint-Thomas. »
- Il eut pour successeur, Mortier-Pille. [Voir ce nom, plus haut.]
- Nourry, Marchand-Papetier, rue des Trois-Mores.
- Cité comme un des plus importants par Y Almanach Commode des\Adresses de Paris pour 1692.
- Ode, Marchand-Papetier, Au Saint-Esprit, rue Pastourelle, n° 11, au Marais.
- On possède de Ode une carte-adresse de la Restauration, — celle ici reproduite — mais la maison existait antérieurement, ainsi qu’on peut le voir par une annonce du Journal de Paris, en 1798.
- Olivet, Marchand-Papetier, rue de Bussy.
- Maison du dix-huitième siècle. Ne figure plus sur Y Almanach des Six Corps, après 1769.
- Onfroy, Marchand-Papetier, place du Caire, 35.
- Figure à Y Almanach du Commerce, à partir de 1810.
- Paillard [puis Mme Paillard], Marchand-Papetier, rue Neuve-des-Petits-Champs, A la Petite Romaine.
- Figure sur les adresses de Y Almanach Dauphin, de 1777, avec l’indication suivante : « Fournit les bureaux du Roi, la Caisse d’Escompte. »
- A eu pour successeur Le Teste. [Voir, plus haut, ce nom.]
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- LE LIVRE D’OR
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- Papelard (Étienne), Marchand-Papetier.
- Sur Y Almanach Général des Six Corps, de 1769, Papelard figure avec la mention : « absent».
- Parisel, Marchand-Cirier, rue Saint-Denis.
- Fi gure sur Y Almanach Général des Six Corps, de 1769, parmi les papetiers.
- H. Parquez, Papetier, A la Main de Jésus et de Joseph, 6, rue de la Pépinière, près le Chemin de fer (1).
- Maison datant de 1847 et qui disparut lors de la démolition de l’ancienne gare de l’Ouest. Reliures et Encadrements en tous genres.
- Paulinier, Marchand-Papetier, rue de Sève {sic), à la Croix-Rouge, Au Griffon d'Or.
- Paulinier ne figure pas sur les Almanachs du dix-huitième siècle, mais il existe de lui des cartes-adresse, datées 1780.
- A partir de l8o5,il est mentionné à Y Almanach du Commerce comme papetier et relieur.
- Pavard, Magasin de papiers, rue Saint-Jacques, n° 240.
- Pavard, lui non plus, ne figure pas sur les Almanachs du dix-huitième siècle, mais sa carte a été reproduite par le service des Archives de la Seine.
- Payet, Marchand-Papetier des Pages de la Chambre du Roi, rue Richelieu, 26.
- Figure sur Y Almanach du Commerce de 1820.
- Pelé (Pierre), Marchand-Cartier, rue de la Verrerie, vis-à-vis la rue Bar-le-Baique {sic), à l’Anseigne {sic) des Trois Haches.
- Un des plus anciens maîtres cartiers, qui a fabriqué de i643 à 1702.
- R vendait également toutes sortes de papier, carton, encre double et luisante.
- Une de ses enveloppes de jeu de cartes a été reproduite par Henry D’Allemagne {Les Caries à jouer, tome I).
- Pelfresne, Marchand, à l'Image Notre-Dame, rue Saint-Jacques, vis-à-vis celle des Mathurins (2).
- Dans Y Almanach des Marchands de 1770, il figure avec la longue notice suivante :
- « Vend toutes sortes de beaux papiers de France et d’Hollande, tant pour l’écriture que pour l’impression. — Papiers battus et lavés pour les desseins {sic) et autres, glacés, bordés, dorés sur tranches et à vignettes. — Réglés pour la Musique, de toutes grandeurs. — Cire d’Espagne à graveurs. — Canifs. — Gra-toirs. — Poinçons. — Compas. — Ciseaux. — Écritoires de poche et de bureaux.
- (1) C’est-à-dire près la gare Saint-Lazare, alors la seule existante; c’est pourquoi l’on disait communément : « le chemin de fer ».
- (2) Aujourd’hui rue du Sommerard.
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- PAPETERIE ET PRP ET LE RS
- — Couteaux d’ivoire. — Nonpareilles. — Crayons d’Angleterre. — Encre de la Chine. — Règles d’ébène. — Boettes de carton. — Registres réglés et non réglés.
- — Plumes d’Hollande, de cygnes et de corbeaux. — Cure-dents à la Carmeline et autres.— Porte-feuilles en maroquin garnis en or et argent, fermans (sic,) à clef.
- — Encre double et luisante. — Il tient aussi des Papiers de tontisse, Angleterre et autres, à fleurs, pour les cabinets. Il vend encore poudre et pommade. »
- Peny, Marchand-Papetier, rue de F Arbre-Sec.
- Figure au << Supplément » dé VAlmanach Général des Six Corps pour 1769, avec la mention : « Tient magasin de plumes à écrire. »
- Percheron (Simon), Marchand-Papetier, rue de Grenelle-Saint-Honoré.
- Figure sur la liste des papetiers-colleurs, les plus connus, à P Almanach Dauphin, de 1777, avec la mention : « Fourniture des Bureaux, papier velouté et papier peint d’Angleterre, du meilleur goût, pour ameublemens. »
- Percheron le jeune, Marchand-Papetier, A l'Espérance, rue Saint-Martin, à côté du cul-de-sac de Clairvaux, proche Saint-Julien-des-Menestriers.
- Il existe de Percheron le jeune, — fils, peut-être, du précédent, — une adresse de grand format représentant, dans sa partie supérieure, Y Espérance, assise, et regardant un rouleau de papier pour tenture qu’un Ange déploie devant elle. A ses pieds, raquette, volant, portefeuille, plumes d’oie, cartonnages. Au-dessous se trouve la mention des papiers et objets que vendait Percheron, notice qui ne sort pas de l’habituelle nomenclature. A signaler seulement cette note : « Il a une manufacture de Papiers pour tentures, de toutes façons, ainsi que du Papier des Indes (sic). »
- Perdreau (Charles), Papiers en gros, cartes en feuille, rue de la Verrerie, 50, 52 et 63. [Voir : Sédille.]
- Peronneau, Marchand-Papetier, rue Dauphine.
- Figure sur Y Almanach Dauphin de 1777, sans autre mention particulière.
- Petit, Graveur, rue de la Vieille-Bouclerie.
- Annonçait, dans le texte de Y Almanach sous Verre de 1780, une pièce d’écriture formant un cœur et divers ornements.
- Faisait, en même temps, le commerce de tous les accessoires pour la gravure, papiers, etc...
- Petit, successeur de feu M. Guérard, Marchand-Mercier, à Paris, A l'Image Notre-Dame, rue du Petit-Pont, proche le petit Châtelet, du côté de la rue Galande, vis-à-vis un Marchand de Draps.
- Sa grande carte-adresse, in-4, [avec l’Image de la Vierge, tenant l’enfant Jésus] — reproduite ci-contre — devait, très certainement, avoir déjà servi à son prédécesseur, Guérard, auquel il paraît avoir succédé vers 1760.
- Il est à remarquer par l’énumération des articles qui figurent sur la dite carte qu’il devait avoir toute une clientèle religieuse.
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- A T.’IMAOK AOTRK-DAAIK
- Rue tlu Petit-Pont proche le polit C'iiatclet tlu côu* tle la rue Galantlo, vis-a-vis un .Marchand île Draps.
- PF.TIT, oneeetèetir Je fé'tt Jl. Cl'i:n.tni>.. 'hrc/anj J/ivter a/îuio. Tient Jfai/aCtn Je toutes sortes Je Papii-rspeur l'Jvnttuv et tlmpref'ivi,Papier J/h/lamlc Je toutes t/ranJeiirspoiuTCeri/ureot le Jb'/eetn :'a Lettres,filmé, Jore sur tranche. Papier Je toute t anuiJeur, battu, lare et venu peur est ùc. Papier battu, lavépour tes. Ifa/heniti/iqucs; Papier bleu J'I/o/laiiJe, /hpierynsii Jrf'uter: Pertes PeuJ/es J'. leeaJiinie Je toutes i/ranJrurs etattfivs; rentable Kn-ereJe lu Chute peur Je/oiner; t'nu/ous,Porte ( rat/on. . ( ellea hottehe; Compas et Reqles -Wx^wrreelr jiour la -Mutùjtio eflc Planchant/livres Je J/uoit/us. rentable Lnere dottl/e etluisants, bouteilles Je rturbotulh et anbx's; f'ert/ou'eo.1' littreati.vetfèrnnuitesa efef aie poihe et Je t’d/tee. Cornet i/y >/ >/«/. Ve r m « bl a >u jionr l)einu|Huv>i'l i>our.Meuhlcs: Reyi/lres Je toutes tp nu.i'tuv/Rst/hspour les Comptes P.tranaerp, Paitic Joubic et Journeimx. Poitou/vurAv/kireaiuc rentables Plumes J/b '/lui Je. Je Cu/nesetJe Corbctui.v .lamts /’omeons. (hwttoir. Jes. Meilleurs. Pain a sadicLr-Caiklinic pourl Tenture: Cure Jiitts .Tablettes .J'ertc bctul/ss punis Jlux/ eut .et autres .Papier marbré.Jore.ar,/cnts et façon. * J7nJeune Je toutes sortes, venant J. tt/emai/ne, Papier marbre a /leurspour /dpjèene .et imitant le. Harbre pour les ehemmêes. Luttes sortes Je Peiptem Je routeur. J)eautpurcs fuies et J. t/lemat/ne. Cartun* clrri-'- ju'iir tau e d< ^u'hqit.iiiw Tient MagaliniVl'ATans K num .petnts et en Jeeottptuw-. J vend seul les J.erano fh/lonptes etlesla/hsJu Toi en t (t. forons très tnten'/Jan/s, quarante toiles de C niions d \uirl pour Jire h Mef'e .a ehoietr. entr'au/reJ le > beau Drevot. luit en Cartes tpi 'en Cuir Jin- Jes (aJ-vs Jore'.peint' 1rs.- -proprement le Jeu Je la Récréation /ptri-tucl/c pour les lenininnauti s. le Jeu J'Oie, Damiers t onul du Sieur Ihqnv. ei Jouant, t/'oeié fit ftew Du freféic . pour blanchir les dents sur le champ, les afferma' et les cnit t /. nir J fabrique aufoi la L'ire JPfpeujne. .J/Jortwient Je Papiers u latine J. iiu/leteri e. fsplus noureaiuv .peur tapi/Orr tes Cabinets. PapienS fàevnfs tontiftc Je toutes sortes Je Je/éetne et couleurs. h\f fait psOir J la f tl/e et a la Campaane b.flampesJe botte;
- . lu tours. font Je/l actuellement poficfiettr Jes Planches. J lUaerecs belle.- P/hmp.s Je tialoihou et att/rM ; itfJoriics-Fait envoie et eemmtfiumspeui'la P-armee.etlePapisb'.iranaer. /.e fout à t/'es /liste pn. v *
- Pour ne ie pas tromper lui’ îes demandes des Papiers .Marbres.
- Papiers .1/ailreSti fleuron Zieiu/e et fsnjJi/eu .pour Relieurs t- <'itr ti.vv.
- Papiers.Varbnv aaranJ PlatarJ Rou-./e pour Rrhcure 1 plue lier que ’ ee/ui ci Jessus. fur taré. Papiers FJ. trh.. façon Js .Mat A ‘peur /..- / 'hemiree.-' Je toute., sou/cnrs et Drf'ems fur tare.
- Pap
- .Viirbreo i /leurs.- Je tontes eou/enrs et DJ. es n.- pour tapi/'a' los Cabinets
- t
- Carte-adresse de Petit [à remarquer qu’en plus des papiers de toutes sortes il était marchand d’images et d’estampes et, aussi, fabricant de cirej.
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- LE LIVRE D’OR
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- Perine-Guyot et Gie, Fabrique d’Encres, rue du Mouton, n° 4, puis rue Sainte-Croix de la Bretonnerie.
- Maison fondée en 1572, si l'on s'en rapporte aux indications fournies par les actuelles réclames, et dont l’historique est d’autant plus difficile à établir que les anciens annuaires ne nous fournissent sur elle, — à ce nom — aucun document probant. E.-J.-L. Guyot qui devait reprendre la succession de Bélangé, A la Petite Vertu (voir plus haut ces noms), faisait-il encore partie, au dix-huitième siècle, de l’association Périne ou bien cette association n’existait-elle déjà plus? Il est impossible de répondre à cette question, comme il est également impossible de dire quels furent, deux siècles durant, les possesseurs de la firme.
- Voici, du reste, les seuls renseignements que l’on puisse donner sur elle de façon certaine :
- Avait pour propriétaire, en i85o, M. Boudin; en 1860, M. Vicaire; en 1889, M. Robert; en 1900, M. Ferdinand Charbonnier; en 1902, M. de Berling et est, depuis 1905, la propriété de MM. Robert frères, 3, passage de Châtillon.
- La manufacture de MM. Robert frères est possesseur des marques : Encre des Gaulois, Encre du Moine, Encre des Ministères.
- Pesaut, Marchand-Mercier, A la Providence, rue Saint-Denis, en face de la Trinité.
- Maison du dix-huitième siècle qui, au siècle suivant, passa aux mains de Marc fils. (Voir ce nom.)
- Voici ce qu’on lisait sur son adresse, imprimée typographiquement :
- « Tient magasin de toutes sortes de Papiers, tant pour l’Ecriture que pour le Dessin, Registres de toutes façons, Plumes d’Hollande, Cire d’Espagne, Boîtes de toutes grandeurs; Toile cirée; vend la véritable Encre double et luisante, et entreprend la Fourniture des Bureaux. »
- Picard, Marchand-Papetier, A la Vertu.
- Figure sur les adresses du Livre Commode, à la fin du dix-septième siècle, parmi les marchands des environs du Palais.
- En i8o5, 1806, 1807, il y a encore un Picard, Ifà, rue des Fossés-Montmartre, sur les listes de Y Almanach du Commerce.
- Pochard, Marchand ordinaire du Roi, successeur du sieur Robert, A l'Image Sainte Geneviève, rue de la Vieille-Draperie.
- On ne peut dire exactement en quelle année Pochard succéda à Robert, — sans doute vers 1775 ou 1780 —mais en i8o5, Y Almanach du Commerce mentionne encore une Vve Pochard, rue Saint-Honoré, 499, laquelle n’existe plus en 1810, et paraît avoir été remplacée par son fils ou un parent, Pochard, rue Saint-Honoré, 54, lequel figure à l’Almanach de 1820. En 1837, la firme devient Pochard (N.) et Ferdinand Mathias, et une notice de Y Almanach du Commerce nous apprend que la maison est brevetée pour ses nouveaux registres à couverture mobile et qu’elle est l’inventeur de carnets h crayon métallique, qui ne s'efface et ne se casse pas. [Voir, plus loin, Robert.]
- Pol (Louis), Marchand-Papetier.
- Figure sur Y Almanach général des Six Corps, de 1769, avec la mention : « absent ».
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- 284 PAPETERIE ET PAPETIERS
- Ponche (Thomas), Marchand-Papetier, rue Saint-Honoré, vis-à-vis les Prestres de l’Oratoire, Au Griffon d’Or.
- Papiers de France et de Hollande.
- Ne figure pins sur VAlmanach des Six Corps, après 1769. Avait une carte-adresse élégamment ornée.
- [La dite carte-adresse, datée 1754, pièce in-4°, en hauteur, était cotée i5 francs dans le catalogue de la librairie Mathias (juin 19o3)J.
- .'V
- A DI!
- S GENEVIEVE . ,
- \ Rue de la fie die Draperie proche loDalate jp.irig
- 1 s;
- POCHARD SuCCESSEÜR du Sieur
- ROBER TAfarchand ordinaire- du Rot. de lllonociyneur le IXiitp/un . et de h Cour l'end de troc Ivan laf‘ter luthict lavA de tonie,) grandeur)peut lei Elan) et Ecrhucjho/tJ dUpur J'JC’HinJÀ Z use. âpre et préparé peur lien écrire, àè.rcdlentcj Iltt/ne) dUdlutlc et Ce) mte/ic fat lice) ûre à 'Espcugne de- tende) coulent? Canif)de I toute) façon) Rayurlrot de toute) sorte) degrandeurs. Dette-fuillc\ dcJVarotjum rctye et- ruur des pùta a £1 modeet munit à Clef et'y danâe nuuuerc. Toilette' en lïloro.jam ^ç.tmù Cor et à argent Eendure) àe toute!jfro/uleeu'syarnûdàdraentfèrnumt a Clefetdeccu-\ç verte)pour mette sur la Suroadx, Encre de la Chine. Crayons et Jfmeà) J’to/nl' ddnfctaTeàc loutesyrondetav et la 1 et dalfc Enc/e double ctZuiuu^
- Il n’est peut-être pas inutile de faire remarquer que, comme arrangement général, la carte-adresse de Pochard est absolument semblable à celle de Jollivet (voir page u5o). Seulement les armoiries diffèrent un peu ainsi que les ornements du cadre destiné au texte, et la tablette portant la légende de l’enseigne est un peu moins haute.
- Ponlier, Blesimar, Caillault, Fabricants de cartonnages, 10, rue Quincampoix.
- Maison fondée en 1820 : Papiers, Dentelles, Sacs, Cornets, Cartonnages, etc. Par la suite, Caillauet et Levasseur, puis, aujourd’hui, Levasseur et Cie.
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- LE LIVRE D’OR
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- Populus (M.-J.), ancien élève de l’Ecole Polytechnique, Fabricant d’encre, 84, faubourg Saint-Denis.
- Maison établie vers l835. Inventeur d’une encre spéciale ainsi décrite :
- « Encre calamophile, spéciale pour les plumes métalliques, d’un beau noir invariable, limpide et légère, sans dépôt, ne corrodant pas la plume, etc. »
- Potrelle, Marchand d’Estampes, A la Tète d'Or.
- Fin du dix-huitième siècle. Vendait également « papiers à dessein ».
- Preslat, Marchand de Portefeuilles, 1490, rue Saint-Honoré.
- Fin du dix-huitième siècle. Figure à Y Almanach du Commerce jusqu’en 1810.
- Prestat aîné, Fabricant de Portefeuilles, ancien gainier-garniss. du Roi, rue du Sac Sainte-Marine, 2 (1).
- Ancienne maison du dix-huitième siècle qui figure, à nouveau, à Y Almanach du Commerce, à partir de 1810.
- Prévost père, [puis Prévost-Wenzel], Fabricant de Papiers de fantaisie, rue Bourg-l’Abbé, 52.
- Maison datant de la première moitié du dix-neuvième siècle.
- Papiers de couleurs, en feuilles, satinés, glacés, lissés, marbrés, maroquinés, gaufrés. A eu pour successeur, en i84i, Batardy. (Voir ce nom.)
- Prévost, Marchand-Papetier, Au Blanc Cygne, rue Saint-Denis, n° 15, près F Apport-Paris (2).
- Ne figure pas sur les anciens almanachs marchands, quoique existant au dix-huitième siècle, mais se trouve encore à Y Almanach du Commerce de l8o5. Magasin de papiers pour l’écriture, l’impression et le dessin.
- Eut pour successeur Grenard. (Voir ce nom.)
- Prudhomme, [et, plus tard, Prudhomme l’aîné], Marchand-Pape lier, rue des Lombards, vis-à-vis la rue des Cinq-Diamants, A la Prudece (sic). [Sur d’autres adresses on lit : vis-à-vis celle de la Vieille Monnoye.]
- Figure sur la liste de Y Almanach des Six Corps, de 1769, et sur les listes de Y Almanach Dauphin pour 1777.
- Magasin en gros et en détail. Papiers de la Chine peints pour Tapisseries, dessus de Porte, Ecrans et Paravents.
- Prudhomme le jeune, Marchand, Au Griffon, rue et vis-à-vis le Portail du Petit-Saint-Antoine.
- Prudhomme fils ne figure pas sur les annuaires, mais on a de lui une carte-adresse imprimée, dans un encadrement typographique, avec le texte qui suit :
- (1) Cette vieille impasse, qui conduisait à l'ancienne église Sainte-Marine, se trouvait dans la rue Saint-Christophe allant de la rue d’Arcole à la rue de la Cité, rue supprimée en i865.
- (2) L’Apport-Paris était, on le sait, l’ancienne place du Châtelet.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- « Tient magasin en gros et en détail de toutes sortes de Papiers pour l’impression et fournitures de Bureaux, Papiers lavis pour les Plans et le Dessin, Papiers d’Hollande de toutes grandeurs, glacés, dorés sur tranche et à Vignettes; Registres de toutes grandeurs, façon de Lyon et autres ; Cire d’Espagne très fine, ambrée et à l’Esprit de Vin; Plumes d’Hollande, Ecritoires de Bureaux, Canifs, Poinçons, Grattoirs, Encre de la Chine, Crayons fins d’Angleterre, Porte-feuilles de Maroquin fermant à clef, et autres; Boëtes de Bureaux, Raquettes, Volans, Cure-dents, Brouillard satiné pour le teint, Papiers couleur de bois et à fleurs pour les Cabinets, et tout ce qui concerne l’Ecriture. Le tout à juste prix. »
- Putois (Georges), Fabricant de Papiers de fantaisie, 3, rue Turbigo. [Voir :
- Chagniat.]
- Quentin, successeur de M. Jolivet l’aîné, Marchand, à Paris, rue de Bussy, près celle du Château-Bourbon, A l'Image Sainte Geneviève.
- Quentin ne figure pas sur les Almanachs marchands du dix-huitième siècle, mais on a de lui une carte-adresse dans un encadrement rocaille composé de deux cartouches distincts, l’un pour l’image, l’autre pour le texte. L’image, ici, représente sainte Geneviève assise, un livre à la main, accotée contre un arbre, ses moutons devant elle. Dans le fond, une église. On en trouve la reproduction dans le Bulletin de la Société Le Vieux Papier (fascicule du 1er mai 1907, page 2o4).
- Dans son article sur la Rue de Buci, M. Fromageot nous apprend que « Quentin, zélé patriote, s’empressa de supprimer cette enseigne compromettante. Elle reparut passagèrement, nous dit-il, sous la Restauration, sur les étiquettes du nouveau possesseur de la maison, mais ce fonds de commerce cessa d’exister après 1827.»
- Quentin (Augustin), Marchand à Paris, demeurant rue Saint-Antoine, attenant à l’hôtel de M. le Contrôleur Général, A Saint Augustin.
- A laissé une carte-adresse de la seconde moitié du dix-huitième siècle sur laquelle on lit : « Fait et vend toutes sortes de Registre, réglez et non réglez, de toutes Relieures (sic) de' Lyon, à dos plat, toutes sortes de Papiers, tant pour l’Ecriture que pour l’Impression. »
- Rabiot fils, Fabricant de cartonnages, rue Chilpéric, n° 8, près le Louvre.
- Fabricant de la Restauration qui a également publié nombre de feuilles pour écrans, éventails, confiserie (Amours du Bon ton, les Griseltes, les Ouvrières, etc.).
- Raet, [puis Raet et Lamy], Marchand-Papetier ordinaire du Roi et de l’Assemblée Nationale, à Paris, rue Saint-Nicaise, n° 8. A Versailles, rue de la Pompe, n° 4.
- Sur sa carte on lit : « Tient magasin de Papiers, Encre, Plumes, Cire, Registres, Porte-feuilles et généralement toutes sortes de Marchandises propres aux Ecritures et à l’usage des Bureaux. »
- Raet existait avant 1789 quoique son nom ne figure pas sur les annuaires des Six Corps. Il se trouve encore en i8o5 et 1810 sur les listes de Y Almanach du Commerce. Il demeurait, alors, rue Saint-Marc.]
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- LE LIVRE D’OR
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- Raisin, Marchand-Cartier du Roy, Vieille rue des Petits-Champs, vis-à-vis la rue Coquillère, [puis rue d’Anjou, au Marais]. Au Grand Gustave.
- Il vendait tout ce qui concerne l’Ecriture.
- Raisin, papetier-cartier, de la seconde moitié du dix-huitième siècle, figure sur les listes de Y Almanach des Six Corps, en 1769. Son enseigne : Au Grand Gustave de Paris, était célèbre longtemps auparavant, et se retrouvera encore chez ses successeurs, dans les premières années du dix-neuvième siècle.
- airaaci sar-i amas inb saaow aa aaNVHOwiv NOdNVD 3WVOVW Z3HO SFHVd aa SAVlSnO (3NVH9 fl CT 3N0iasN3ri v HNiHdnva 3fiH sa-nrvs-aa/^ v qnsa 33
- Cartes très finîes faites parM.RAISIN M” Cartier nu ROY A PARIS DEMEURAATT VU3CL8 RUE DES PETITS-CHAMPS VIS-AVIS LA.RUK COqUIU-ERE A COSTEZ DE LA PETITE RUE TVAILLY
- AU GRAND GUSTAVE
- -------------r^n---------------------
- Enveloppe de jeu de caries gravée en bois, par Papillon (vers 1760).
- * Gomme 011 peut le voir sur l’image, ces cartes, fabriquées par Raisin, étaient débitées à Versailles par Mme Candon, marchande de modes. L’enveloppe ne reproduit pas seulement l’image de l’enseigne, elle donne aussi la marque Au Raisin du fabricant.
- Rambault, Marchand de Papier pour tenture, rue Planche-Mibray, .4 la Renommée.
- Maison de la seconde moitié du dix-huitième siècle.
- Ravaille, Marchand-Papetier, 13, [puis 15], rue des Fossés-Montmartre.
- Maison fondée en 1824. Son possesseur étant mort peu d’années après, la maison devint Veuve Ravaille, mais, en 1887, la dite veuve cédait son fonds à M. Henry Heumann, pour ouvrir une autre maison toujours existante (actuellement rue d’Aboukir).
- En 1859, M. Heumann, à son tour, cédait à M. Adrien Darras [depuis 1890 la maison appartient à M. Eugène Darras et est, depuis 1874, 17, rue d’Aboukir].
- Ravault, Marchand de Crayons, rue de la Loi (1), 889,
- Maison fondée à la fin du dix-huitième siècle, dont le nom ne se trouve que dans les réclames de quelques annuaires.
- Elle figure encore sur Y Almanach du Commerce de l8o5.
- (1) Nom donne à la rue Richelieu de 1792 à 1800.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Régnault (Louis), Marchand-Papetier, rue Saint-Victor.
- Ne figure plus sur VAlmanach général des Six Corps après 1769.
- ___
- AUX AEMES '*’'*$ „
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- Md Fend de très beauIUpier Battujha ve, fj Vemg, dbré, &lacé/ dtioUamk et de toidtes § qualités pour llcrt titre et le desseinlivves j etBapierMéplat pont la Musique, touttes 3 sortes deJPapters a Fleurs Indienne Damas --| ses, etauà'es qu'il emploie pour tes Tapis sériés, Manns. etBarainnitsjReçistres de \ touttesgrandeurs 2teg lés pour les Comptes dtra/igeis Mar'tiex doubles, et Jotit'tleauæ,
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- 1 Ciritùire. Véritable- lucre douMe cti ’$> liusarUr, ettou/tes sortes rie marc/iem -dises a /usage des:RuraiuxJparzs
- Carte-adresse de Réveillon, de grand format. Parmi les objets de papeterie qui y figurent il faut signaler
- l’encrier en forme de commode, alors très recherché, et surtout Venveloppe qui se peut voir au haut____
- des attributs placés à droite des armoiries.
- Renault, Marchand-Cartier, rue de la Lanterne (1), au coin de celle des Marmousets, A iEmpereur.
- Figure au « Supplément » de Y Almanach général des Six Corps pour 1769.
- (1) Fondue dans la rue de la CiLé depuis i834-
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- LE LIVRE D'OR
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- Les Archives de la Seine ont, de Renault, une amusante carte oblongue avec vignette destinée à figurer l’enseigne, un bois populaire, dans un médaillon ovale, l’Empereur tenant en main le globe et un glaive qui a toutes les allures d’un poignard. Quant à l’orthographe du texte, elle est tout ce qu’il y a de plus fantaisiste. Qu’on en juge :
- « Renault tien Manufacture d’Encre double et luisante, et de sire (sic) d’Espagne et vend Registre et boüette pour les bureau de toutes grandeur et toutes sortes de papier tant pour le criture (sic) que pour le dessin, etc. »
- Au commencement du dix-neuvième siècle on trouve Renault, « rue de Baby-lone, au coin de celle du Bac » (en 1810, rue du Bacq, 120). Son fds lui succède, transporte la maison rue de la Harpe, 45, près celle du Foin, et prend pour firme :
- « Renault, Marchand-Cartier, successeur de son père. Cartes à jouer, Cartes blanches à la livre, Velin pour billets de visite; Cartes de couleurs pour bals et spectacles. »
- Réveillon, Marchand, rue de l’Arbre-Sec, près la rue des Fossez, Aux Armes de S. A. Madame la Princesse de Conty.
- Réveillon date de la première moitié du dix-huitième siècle, vers 1735. Son nom figure sur la plupart des almanachs de l’époque. En 1769, il est encore rue de l’Arbre-Sec, mais, sur VAlmanach Dauphin de 1777, il est au faubourg Saint-Antoine. R eut pour successeur Leclercq. (Voir plus haut.)
- Le Réveillon de la rue de l’Arbre-Sec était marchand-papetier; le Réveillon du faubourg Saint-Antoine, ou plus exactement de la rue de Montreuil [il s’était installé dans l’ancienne Folie-Titon], devint fabricant de papiers veloutés. Sa manufacture, bien vite célèbre, recevait, en 1784, le brevet de Manufacture Royale. Quant à Réveillon lui-même, on sait quelle part, bien involontaire, il prit à la Révolution française et à la suite de quelles circonstances son nom devint historique.
- Mon collègue, feu M. Félix Follot, fabricant de papiers veloutés, a donné à ce sujet, quelques documents qui figurent dans le rapport du Musée Rétrospectif de la Classe 68 (Papiers peints).
- Réveillon, Marchand-Papetier, nous a laissé deux cartes-adresse également intéressantes :
- 1° une carte-adresse de grand format, reproduite, légèrement réduite, à la page ci-contre; — carte, dans un encadrement rocaille, précieuse par la quantité des objets de papeterie et de commerce similaire qui y figurent;
- 2° une carte-adresse, de petit format, dans un encadrement rocaille, entouré d’Amours, dans le genre de Cholfard.
- Reydellet. [Voir : Nicolet.]
- Richard, Au Chasteau de Chantilly, Marchand-Papetier des Bureaux du Roi, ci-devant au coin des rues de la Barillerie et de la Calandre, vis-à-vis le Palais, demeurant présentement rue Saint-Ilonoré, au coin de celle d’Orléans, en face de la rue des Poulies.
- Richard date de la première moitié du dix-huitième siècle; il eut pour successeurs Dubois puis Ciiaulin. (Voir ces noms.)
- Une carte-adresse imprimée, de grand format (dans un encadrement typographique, avec figure : un château censé représenter Chantilly), donne la longue nomenclature de ce qu'il vendait.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- c< Tient magasin de toutes sortes de bons Papiers battus, coupés, pour l’écriture, Papier d’Hollande de toutes grandeurs, battu, lavé pour le dessin, glacé, bordé, doré sur tranche et à vignettes; Papier pour l’impression, la Musique et le Plain-Chant, Papier à fleurs de différentes couleurs pour tapisser les chambres et cabinets; Registres réglés et non réglés de toutes façons ; Boëtes de carton pour les Bureaux, Plumes d’Hollande, d’Oye et de Cigne de toutes grosseurs ; Cure-dents à la Carméline et autres ; Cire d’Espagne de toutes couleurs; Canifs, Gratoirs, Poinçons et Compas des meilleurs ouvriers; Epingles de toutes grosseurs, Ecrans à la mode, Encre de la Chine, Crayons fins d’Angleterre et autres, Ecritoires de table, de poche et dévalisé, en chagrin et autres façons; Porte-feuilles en maroquin de toutes grandeurs, garnis en argent et en cuivre, Porte-feuilles en serviettes, en maroquin de toutes façons; Encre double et luisante; et autres marchandises concernant la Mercerie et la Papeterie.»
- Ridan, Papetier de S. A. R. Monsieur, frère du Roi, 126, rue Saint-Martin, au coin de celle Grenier-Saint-Lazare.
- Eabrique les Cartes à jouer; portraits français, anglais, belges, espagnols, portugais, et toutes espèces de cartes de fantaisie.
- Figure sur VAlmanach du Commerce de i8o5.
- Rivière, Marchand-Papetier, A la Ville de Vendôme, rue de la Tabletterie, n° 3, au bout de la rue des Fourrures (1), du côté de la rue Saint-Denis.
- Nous a laissé une carte-réclame de la Restauration, datée 1816, et sur laquelle on lit :
- « Tient magasin de toute espèce de Papier d’écriture et d’impression, vend et achète du papier à la livre et de vieux parchemins. Fournit les Bureaux. »
- Robert, Marchand ordinaire du Roy, rue de la Vieille-Draperie, près le Palais, A l’Image Sainte-Geneviève.
- Je ne puis, au sujet de Robert, que répéter ce que j’ai dit plus haut à propos de Jollivet et Robert. En tout cas, la carte-adresse, reproduite ci-contre, avec ses très jolis ornements rocaille, n’est pas du tout la même que celle qui servit aux premiers.
- J’ajoute qu’il existe du sieur Robert une autre carte-adresse, sorte de bande en largeur (i3 centimètres sur 7), ne contenant absolument que du texte.
- Robert (François), A l'Empereur de la Chine, au coin du boulevard Montmartre, [rue de la Place-Vendôme (2)].
- Figure sur VAlmanach des Marchands de 1771, avec cette indication : « Tient magasin de papiers tontisses, veloutés, d’Angleterre, de la Chine, façon d’indienne, etc. »
- Vers 1788 le magasin de papiers tontisses devenait la Manufacture de papiers peints pour Tentures et Décorations d’où devaient sortir tant de pièces intéressantes, — manufacture qui existait encore au commencement du dix-neuvième siècle.
- (1) Toutes deux supprimées en i8»4 par le percement de la rue des Halles.
- (2) La rue de In Place-Vendôme fut le nom porte par la rue Louis-le-Grand à partir de 1798.
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- Robert, Fabricant d’encre, A la Grande Vertu, rue du Mouton, [puis rue de la Tixeranderie].
- Ce Robert, fabricant d’encre, semble avoir voulu « concurrencer» les autres fabricants qui avaient placé leur encre sous l’égide de la Vertu, et comme, ainsi qu’on l’a vu, il y avait déjà A\la Vertu et A la Petite Vertu, il ne se gêna point, lui, pour donner à son produit la qualification : A la Grande Vertu. Et, tandis que je tiens la « Vertu », il est amusant de mentionner ici, pour la postérité, la façon dont les réclames de ces « Vertu », simple, petite ou grande, furent organisées. En effet, La Vertu s’étant fait représenter sous la forme d’un U vert, la Petite Vertu eut soin de se montrer, en réalité, avec un U, petit et vert, alors que la Grande Vertu devait, tout à l’opposé, s’afficher avec une grande verte U.
- Carte-adresse de Robert, intéressante pour son ornementation rocaille (vers 1760).
- Robert-Mereur, Fabricant de Papiers de fantaisie, rue Saint-Martin, 277.
- Maison datant de la première moitié du dix-neuvième siècle.
- « Fournitures générales pour la Reliure et la Papeterie, vernis, fils, signets, tranche-fds, cartes lissées et roulées, percalines gaufrées, moirées, chagrinées, marbrure sur tranche pour livres et registres, etc. »
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- PAPETERIE ET PRPETLERS
- Roche, Marchand-Papetier, Au Port de Dunkerque, nos 27 et 29, Passage de l’Opéra, Galerie du Baromètre.
- Portefeuilles de toutes grandeurs. Objets de goût et de nouveautés. Assortiments d’Ecrans. Couleurs à l’huile et à miniature.
- Ce marchand, qui existait encore dans les dernières années du dix-neuvième siècle, nous a laissé une carte-adresse dans un encadrement à petits ornements, datant des environs de 1820.
- Roumestant jeune (V.), Marchand-Papetier, Fournisseur du Roi et de la Reine, 10, rue Montmorency.
- Figure sur Y Almanach du Commerce à partir de i8i3.
- « Fabrique Registres à dos métallique perfectionné, Presses à copier, Timbres secs, Cachets, etc. » — Devint, par la suite, Gérault, puis VVE II. Gérault et Fils.
- Roumestant fils aîné, Marchand-Papetier, Registres, rue Saint-Denis, 79, successeur de Cabany aîné.
- Figure sur VAlmanach du Commerce de 1820.
- Roumestant aîné deviendra, en 1837, la maison Cn. Sat [Voir ce nom] qui se trouvera avoir ainsi englobé deux papeteries connues.
- Roques. [Voir : Gallin-Fuzelieu.]
- Rousseau, Marchand-Papetier, rue Saint-Honoré, 85, [par la suite Rousseau Jeune, rue Saint-Honoré, 372; puis boulevard Saint-Antoine, 80].
- Ce dernier « Papetier breveté du Roi » fabriquait un papier moiré par des nouveaux procédés de son invention.
- Le nom du père se trouve à Y Almanach du Commerce en 1810 et le nom du fils y figure à partir de 1820.
- Rousseau, Marchand-Papetier, rue Fontaine-au-Roi, 47.
- Figure à Y Almanach du Commerce de 1820, avec la mention : « Papier de paille ».
- Roussel, Graveur sur métaux, rue de la Pelleterie.
- Figure sur Y Almanach général des Six Corps de 1769, avec la mention :
- « Grave en boëtes de carton. »
- Rousset-Boucher, Marchand-Papetier, 29, rue Saint-Merri.
- Maison fondée en 1793. A eu pour successeur Lamy et est, aujourd’hui, rues Censier, 39.
- Rouve (Noël), Marchand-Papetier, rue Bourgtebourg (sic).
- Ne figure plus sur F Almanach général des Six Corps après 17**9 •
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- ggggg
- RÉPONSE
- POUR le Sieur Royer 9 Marchand Mercier , tenant la Manufaâure d'Encre de la Renommée , rue Saint-Martin , vis-à-vis celle du Cimetière Saint Nicolas-des-Champs,
- CONTRE le Sieur Gu y or 9 Marchand s Mercier.
- EN retranchant les vaines déclamations qui ne conduifent à rien , & les injures qui font les raifons de ceux qui ont tort , le Précis que le fieur Guyot vient de faire imprimer , devroit être encore beaucoup plus court : car toute la Caufe confifte à {çavoir s9il a une action pour traduire le fieur Royer en Juftice. Le fieur Royer foutient quil% nen a point ; c’eft le fondement folide de la fin de non-recevoir qu’il lui oppofe ;
- Première page de la « Réponse », soit Défense de Me Desmoulins pour Royer, dans le procès
- que lui avait intenté Guyot (1773).
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- 294 papeterie et papetiers
- Royer, Marchand-Mercier, Manufacture d’Encre de la Renommée, rue Saint-Martin, entre celle Grenier Saint-Lazare et celle Montmorency. [D’autres adresses portent : vis-à-vis celle du cimetière Saint-Nicolas-des-Champs.]
- Plusieurs cartes-réclame de lui sont aux Archives de la Seine. On y lit, entre autres, qu’il compose des Encres sans fleurs, dépôt ni champignons, et que la supériorité des dites « lui a mérité la préférence des Cours souveraines, principaux Bureaux, Maîtres Ecrivains et autres Personnes de Pratique, ainsi que celle de Y Académie Royale des Sciences et celle d'Ecriture, qui ont approuvé les dites Encres les 3i mars et 10 avril 1773».
- Suit le prix des différentes encres noires et des encres de couleurs.
- Une autre carte-réclame, curieuse, datant de l’époque révolutionnaire, également aux Archives, donne les prix de l’encre indélébile du « C. Royer, présentement rue Antoine, 354 et se trouve encore collée sur sa bouteille, de grès.
- En i8o5, c’est Fr. Hilaire Royer, 26, rue Saint-Martin. En 1810, la maison devient Royer et Dufour, i32, rue Saint-Martin et, en 1820, Dufour-Chabrol.
- Royer eut à soutenir plusieurs procès contre Guyot, ainsi qu’on le verra par la reproduction de la première page d’un factum de 1773,imprimé chez Cl. Hérissant, factum signé : M. Desmoulins, avocat; L’Etourneau, procureur.
- Guyot demandait la suppression des bureaux établis par Royer pour la vente de son encre, —basant son action sur la défense de tenir deux boutiques, — la suppression des affiches de toute espèce relative au débit de ses encres ou, au moins, d’en retrancher les ressemblances avec celles de Guyot. Guyot prétendait que les termes «incorruptible, indélébile», dont Royer s’était servi pour son encre, étaient sa propriété à lui, pour Vencre de la Petite Vertu, et qu’ainsi Royer induisait le public en erreur en faisant passer ses encres pour celles de la Petite Vertu.
- Royer avait appelé son encre Encre de la Renommée, mais il n’avait point d’enseigne : A la Renommée. Or, pour Guyot, les encres de la Renommée, c’était Vencre de la Petite Vertu, la sienne, —- ainsi qu’on peut en juger par l’argumentation suivante tirée de son factum, je veux dire du plaidoyer de son avocat :
- « Que l’on interroge », y lit-on, « la première personne qui aura été dans le cas de faire usage d’Encre, et qu’on lui demande ce qu’elle entend par Encre de la Renommée ? Elle répondra, a coup sûr, que c'est celle de la Petite Vertu ‘ elle seule, en effet, est en possession de ce qu on appelle la Renommée. »
- Et Guyot se plaignait surtout de ce que Royer eût établi des bureaux de distribution dans les mêmes endroits que lui et, notamment, un dans la rue des Arcis, en face de la maison que lui, Guyot, venait de quitter.
- La conclusion c’est que le public voyant un placard : Encre de la Renommée, là, où, de tout temps, l’on avait vendu Y Encre de la Petite Vertu, devait forcément penser que c’était toujours la même puisque le débit s’en faisait au même endroit.
- Ruelle (Joseph), Marchand, Au Roy armé. Tient sa Boutique en la rue Barillerie, près le Palais.
- Joseph Ruelle est, véritablement, le type de ces marchands du dix-septième siècle dont la boutique se trouvait être comme une sorte de petit bazar. Sa carte-adresse, gravée en bois, est, du reste, particulièrement amusante pour la façon dont les spécimens d'objets, en vente en sa boutique, ont été groupés autour de l’enseigne le Roy armé. (Voir la reproduction page 296.)
- Plumes, boîtes, escriptoires, semainiers, cartes, canifs voisinent avec brosses, éperons, ciseaux, lunettes, miroirs, — et le paquetage de tabac à priser se montre sous la forme plate et allongée de l’époque. Est-il besoin d’ajouter que ce Roy Armé est une de ces cartes-adresse omnibus dont il a été longuement parlé plus
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- LE LIVRE D OR
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- EXTRAIT DES REGISTRES
- De l’A cademie Royale des Sciences.
- Du jl Mars 177j.
- J Ai examiné, par ordre de l’Académie , deux Douteilles d’Encre du fleur Royer Marchand Papetier, rue faint Martin; l’une des bouteilles eft étiquetée Éncre double , & l’autre Encre double luifame.
- J’ai fournis à differentes épreuves ces deux Encres, qui m’ont paru à peu-près les mêmes pour les effets. 'Elles font d’un beau noir : dans le moment que Poir s’en lèrt, les tracés de l’écriture paroiffènt trcs-luifantes ; ce luifant difparoît à mefure que l’Encre féche ? ce qui arrive allez promptement. J’ai comparé ces Encres avec celles de la petite Vertu, qui font reconnues pour celles qui jufqu’à préfent ont eu le plus de réputation. Je les ai trouvées exaétement lèmblables pour les effets. J’ai fait évaporer à l’air libre de l’une & de l’autre de ces differentes Encres dans des capfules de verre qui étoient de même grandeur : ces Encres ont diminué d’environ un tiers au bout de fept ou huit jours. Dans cet état elles n’ont préfenté aucune différence , fî ce n’eft qu’elles étoient un peu plus noires ; elles n’en paroiffènt pas pour cela plus épaiffès. Ces Encres ont été mifes pendant cinq à fix jours dans un lieu très-humide , ou prefque tout moiff, elles s’y font toutes bien conlèrvées , fans qu’ils fe foit formé à leur fuperfîcie » ni fleurs, ni pellicule, ni moififlure. La bonté de cette Encre, que l’auteur annonce comme indélébile & comme incorruptible, eft due, je penfe, à une portion de liqueur fpiritueufè que j’y ai reconnue. Je ne crois pas que l’Académie pu'iflè prononcer d’une manière décifive fur cette Encre, dont elle 11e connoît pas exaétement le procédé , quoique par les expériences que j’en ai faites» elle paroiflè femblable aux 'bonnes Encres connues.
- Signé, Cadet,
- Je certifie VÈpctrait ci-defius conforme àfon original & au jugement de L* Académie, A Paris, le 26 Avril 1773 .
- Signé, Grandjean de Fouchy , Secrétaire perpétuel • de l’Académie Royale des Sciences.
- Certificat figurant à la dernière page de la « Réponse pour le sieur Royer contre le sieur Guyot ».
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- haut et qui servaient aux marchands de toutes sortes ayant placé leur commerce sous cette même enseigne. Les objets changeaient suivant le métier exercé.
- Ce « Roy Armé » porte le manteau fïeurdelysé et, du reste, les armoiries placées sur le côté sont aux armes de France.
- Jofepfi 'RuelleMarcfianJa'Partf tienrjaBoutique ënlaRue èar Hier ie prer le'Palairjaict ctVend dire d£fpa^ne papier cfore etautreSaiumettecfe Soulopne pomaefe cfeJacemin pcrudrcMu/que'e 7 laSacAuJqué^cmrJirépeau de toillpjireé 0cri ta ireagenctadriaélatte plume etJTanjf'deTlîo la. TeMiroir et furiettedjpr on Gcuferw dftuwafi'zeau |/j £fhiir cCe pcijjne É ro(?e cfeToillcne^nnerd^juillc
- dt autre BcmneJîacnandifèaTufteprix corne, y aufi ejpeinqle aladiifuL a pointe fine clcmpl ij\ .cter'tdtparü^ p^ir:r66?
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- Carte-adresse gravée en bois, de Joseph Ruelle, Marchand-Mercier. D’après l’original à la « Bibliothèque d’Art et d'Archéologie » de M. J. Doucet.
- Saillard, Marchand, Au Roy de France, rue Montorgeuil (sic), vis-à-vis la rue Tictonne '(sic).
- Saillard remonte aux premières années du dix-huitième siècle. Faut-il conclure de la date figurant sur la carte-adresse que la maison fut fondée en 1719, on ne
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- LE LIVRE DOR
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- lu Roy de Fr/i/icd
- ?f~üe Æontor^eiul ri a a ^ t'U) la 7'ul Tictomie a Paru) \
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- difhzrd. sïfarcfanà Pe/td du papier, Lare, la tir, verny,Cou-<e et adeasinee de toute prandeur, de tourte Sor te de papier repie pour lot rl/uoiy ne, papier et lettre, dore et note do7'e de ptiufieur prandeu?', dea Pepurtree de toz/te prandezcr, dea plu -777ej dldfollande tai/leee et non tailleedeo lot cire d'Aopap?ie de toute cozdlezo'’, de toute J'otrte de Ooni^dee (Tcrltoirej de t 77/0/ -a yi/zn et ?neome de elaprzn a métré da7ze la. poc/xeo t 1 dee porte, -j^emllee de maroyiun roupe et noir' f fermant a cle£ et doutre £acon t dee pupttreo de maroyu/r/ o de ri -toire f dej tdllettej de maroy/on et de cl/aprin par"nie d'ûr et d'tlrpe/it, dea portecedidlee de moroyui/t de I touttee morue?'eo, dee porte crayo7U),den Compaa et des 1 cadeto d'tlrpent, de l'encre double et hao ante, et autre’ 1 7rtarcAondûre de 7nercer'ie./ . de tout pua te przoc .
- CeLte belle carte-adresse, reproduite ici avec une très légère réduction, est la même que celle de Jollivet A l’Espérance [voir page 202], ou plutôt, c’est la mênie carte, retournée. En tout cas, ceci nous permet de dire que nous nous trouvons encore en présence'd’une carte-omnibus, ou, si l’on préfère, d’un cadre-omnibus, — modèle gravé laissant en blanc la place de l’enseigne, de l’adresse, et de la nomenclature, plus ou moins longue, des objets que le marchand vendait.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- saurait le dire de façon précise, mais, en tout cas, le fait que Saillard s’était mis à l'enseigne du nouveau Roy de France, non encore régnant, puisque né en 1710, permet de conclure qu’il ne saurait remonter au delà de 1716 ou 1717.
- Cette flatterie ne lui était, du reste, point particulière, car elle se retrouve sur les enseignes d’autres corps de métiers.
- Sur Y Almanach général des Six Corps, de 1769, il est domicilié rue Comtesse d’Artois. Sur VAlmanach des Marchands, de 1770, il est qualifié «Marchand-Papetier » et parmi les objets qu’il vend se trouvent mentionnés : « Cure-dents à la Carméline, épingles de toutes grosseurs, crayons rouges et gris d’Angleterre. » En 1783, son nom se peut encore voir sur les annuaires.
- Sainton, Papetier-Graveur, rue de F Arbre-Sec [et, au dix-neuvième siècle, 37, rue des Lombards].
- Un des papetiers qui, à la fin du dix-huitième siècle, et sous la Restauration, avaient la spécialité des vignettes, rébus, devises et papiers de couleurs pour les confiseurs.
- Eut pour successeur : Froger. (Voir ce nom.)
- De Saint-Amand, Aux Envieux de la Vertu. Tient magasin de toutes sortes de papiers, rue de la Verrerie, près Saint-Méry.
- Ne figure pas sur les Almanachs marchands du dix-huitième siècle, mais on peut voir de lui, aux Archives de la Seine, une carte-adresse illustrée dans un cadre rocaille : la Vertu tranquillement assise, la tête ceinte d’une auréole, tandis que les envieux cherchent à l’attaquer.
- Eut pour successeur : Auzou. (Voir ce nom.)
- Salmon, Marchand-Fabricant d’encre, rue Dauphine, près celle Christine, Au Porte-Feuille Anglais.
- Les Archives de la Seine possèdent de lui une carte-adresse imprimée, où on lit entre autres : « Papiers et Enveloppes à paillette et à vignette; Enveloppes blanches toutes faites pour tous les formats de papier à Lettres; Billets du matin; Cartes de visite; Portefeuilles à secret et double secret pour portraits. »
- Une autre carte-adresse de lui, qui m’a été communiquée par M. Bellamy, porte textuellement ce qui suit et vise son encre réputée comme « très coulante » :
- « Salmon tient une nouvelle et seule Manufacture d’Encre, approuvée par l’Académie Royale des Sciences comme étant supérieure à toutes celles dont on a fait usage jusqu’à présent.
- Luisant, chopine. Bouteille .
- 1 liv. 4 sols 4 sols
- 1 liv. 8 sols.
- L’on rendra les 4 sols en rapportant la Bouteille. »
- Sampierdaréna, Papetier, Imprimeur et Graveur en taille douce, rue Boucher, 2.
- Figure sur VAlmanach du Commerce de 1837, comme éditeur d’almanachs et successeur de Lefuel. A dû disparaître lors des démolitions effectuées autour delà Belle Jardinière.
- Saint-Paul, Marchand-Papetier-Cartier, rue Montmartre.
- Figure sur la liste des Table lies Royales de Renommée pour 1771.
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- LE LLVRE D’OR
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- 'SAVOIE Marchand , à l'Empereur, dans l'ancienne Cour du Paiai* * v s-à-vis lesdégrez du May, â Paris, vend d'exellentc Cire d'Efpagnc, de toutesfor te* de Papier coupé&doré, ,dc toutes forces d'Efcricoire. Tablettes d’HoIanie & Amendas de chagrin garni d'argent : Ganifs de Tholofe, Plumes de Hollande Soyc à cachetter, Poudre brillante à mettre fur l’efcmure, lettons, Bourfc à lettons de velours & d'autre façons, E finis de chagrin, C.ure-dents, Corners Sc. pou-drie5 d’argent & de cuivre, Po. ce Cedule, Porcc Feuille, Poudre pour les chc-vnr, Boîte à poudre, Houpe defoye, Sav mette de Boullogtïe„ Orlogc defablc, d‘Alemagne V de Venifr . Sr aurr-c fortes de Marchandées d^ plus à la mode
- S41 maifon ejl me de la C<*l<zndre à la Cloche percée*
- Carte-adresse gravée en bois d’après l’original à la Bibliothèque d’Art et d’Archéologie de M. J. Doucet.
- * La page 296 nous montre sous le vocable : ^4iz Roy Armé, le roi de France, aux longs cheveux, à la croix et au manteau du Saint-Esprit. C’est, maintenant, au tour de l’Empereur d’apparaître; mais sous une forme tout à fait nouvelle. Ce personnage, en effet, est des plus curieux; car si, au dix-septième siècle, l’on voit plusieurs enseignes A l'Empereur reproduire la figure de Charles-Quint, — l’Empereur, dont la gloire était devenue européenne, — l'on ne songeait plus guère à Charlemagne.. Or, c’est bien le grand Karl que l’on a voulu figurer ici puisque son manteau, timbré de l’aigle impériale, est agrémenté de fleurs de lys. Et de la terre, c’est-à-dire du tombeau, émergent également l’aigle et la fleur de lys.
- Plus tard, l’on verra apparaître, nettement indiquées, les deux enseignes : A l’Empereur d'Allemagne, A l'Empereur français, — sans parler de l'Empereur de Paris, — réclames commerciales devenues, aujourd’hui, documents historiques.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Sassary, Magasin de Papiers, A la Providence, rue du Four, vis-à-vis celle de Grenelle, Faubourg Saint-Germain, près la Croix-Rouge.
- Les Archives de la Seine possèdent de lui une carte imprimée, datée 1782, en laquelle figurent comme détails : « Papiers pour Tentures, Papiers de la Chine et Arabesque, etc. »
- Sat (Charles), Marchand-Papetier, Faubourg du Temple.
- Successeur de Cabany et de Roumestant aîné. (Voir ces noms.)
- Il prit la maison en 1887, mais ne semble pas l’avoir longtemps gardée.
- Savoye, Marchand, A l’Empereur, dans l’ancienne Cour du Palais, vis-à-vis les degrez du May, à Paris.
- Sa maison était, en réalité, rue de la Calandre, A la Cloche percée.
- Il nous a laissé une très curieuse carte-adresse qui paraît dater de la fin du dix-septième siècle, et dont on peut voir le fac-similé à la page 299 :
- « Cire d’Espagne, Papier coupé et doré, Tablettes d’IIollande et Agendas de chagrin garni d’argent; Canifs de Tholose, Soye à cacheter, Jettons, Bourse à jettons de velours et d’autres façons, Estuis de chagrin, Poudre pour les cheveux, Boëte à poudre, Houpe de soye, Savonette de Boullogne, Orloge de sable, d’Allemagne et de Venise, et autres sortes de Marchandises les plus à la mode. »
- A remarquer la mention : papier coupé, car alors, contrairement à ce qui se fait de nos jours, on ne prisait, et les papetiers ne vendaient guère, que du papier non ébarbé. C’est pourquoi cette particularité ne se rencontre, pour ainsi dire, jamais, sur les réclames de l’époque.
- Sigod, Marchand-Papetier, A la Duchesse d'Orléans.
- On possède de lui des cartes-adresse datées 1762.
- Sédille (Charles), rue de Cléry [puis rue Saint-Sauveur].
- Maison du commencement du dix-neuvième siècle, faisant l’assortiment pour les marchands confiseurs. Sédille prit d’YvoNNET l’ancien fonds de Mozard et eut, lui, pour successeur Unswortii. Il porte, aujourd’hui, comme raison sociale : Gamiciion frères, Bisciiof et Meignan, 89, rue du Sentier.
- Sédille, Marchand-Papetier, n° 4, rue du Bec.
- Maison fondée en lSl/J. Achetée en 1887 par Charles Perdreau et transportée alors rue de la Verrerie, 61. A la papeterie de détail Perdreau ajouta la fabrication des sacs en papiers et la vente de papiers d’emballage. En 18^1, transportée même rue, au n° 63, s’adjoignitla fabrication à la main delà carte en feuilles collées et se fit une spécialité du bristol pour l’encadrement. En 18G9, la maison créa une installation spéciale pour la fabrication mécanique de la carte en feuilles. Depuis 1887 n’a pas cessé de rester aux mains de la même famille (Paul Perdreau fils aîné, Perdreau frères, Paul Perdreau, Charles Perdreau fils).
- Surbled (Noël), Marchand-Papetier, rue du Haut-Moulin (1).
- Figure sur les listes de VAlmanach des Six Corps, en 1769.
- (1) Supprimée en i865 ainsi que la rue de Glatigny : était dans la rue Clianoinesse.
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- Susse, Marchand-Papetier, Fournisseur de S. M. l’Impératrice-Reine [puis : breveté de S. A. M^r le duc de Berry, breveté de la Reine (Marie-Amélie) et de tous les princes de la Maison d’Orléans et, à nouveau, sous le Second Empire, « Fournisseur de l’Impératrice »]. Magazin général des Papiers et Cartes de visite, gauffrées, Timbre sec. Passage du Panorama, 7, en entrant par le boulevard Frascati et rue Montmartre, 4, puis passage des Panoramas ; actuellement : rue Vivienne, 31.
- La célèbre papeterie, qui se transformera au point de devenir avant tout un magasin de bronzes, ne vendant plus que la papeterie de grand luxe, la maroquinerie et la haute fantaisie, date de 1799 ou de 1800. A l’origine, Susse tient tous les articles de nouveautés, fabrique des écrans transparents mécaniques, de son invention, donne le ton pour les cartes et billets de visite, vend et fabrique des « crayons dont la, pointe dure toujours, faits avec une mine de plomb naturelle, de quatre degrés différents, remplaçant les crayons ordinaires, et montés en or, en argent, en plaqué ».
- Pour ces crayons il fut breveté du Roi en 1824.
- Carte-adresse de Susse (premier Empire), d’après l’original appartenant à M. Henri Vivarez.
- Michel-Victor Susse (1), le créateur de la maison, ayant cédé le fonds du passage des Panoramas à son fils Victor,-loua tout près de là, en 1827, dans une rue de création alors récente (la rue Vivienne), le magasin qui est encore occupé, actuellement, par les Susse. En i838, il cédait ce nouveau magasin à son fils Amédée, lequel s’associait son frère Eugène, troisième fils de Michel-Victor. Il y eut donc, alors, deux raisons sociales.
- 1° Susse fils aîné, successeur de son père, fournisseur breveté de la Reine des Pays-Bas, passage des Panoramas, 7 et 8.
- (F Fils de Jean Susse, graveur de Louis XVI vers 17G7.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- « Ecrans, Corbeilles de mariage, Eventails, Bourses, Livres de prière, Porcelaines, Ebénisterie, Bronzes, Portefeuilles, Papeterie fine. »
- 2° Susse frères, 3i, place de la Bourse.
- « Papiers de fantaisie, avec chiffres et armoiries, papiers français et anglais, Maroquinerie, Fournitures de bureaux, vente et location de tableaux et dessins, articles de peinture, encadrements, cadres, bronzes d’art. Editeurs de statuettes en plâtre et bronze. »
- Mais, à partir de i84o, les deux maisons n’en formèrent plus qu’une, sous la direction des trois frères. C’est pourquoi Y Almanach des Etrennes, donnant pour 1842 la Revue des Salons de MM. Susse frères, — almanach dont il a été question plus haut (voir page 129) — porte les deux adresses : place de la Bourse, et passage des Panoramas.
- Cette nouvelle maison s’adjoignit les tableaux, les meubles, les jouets, l’édition en bronze, en grand. C’est chez elle que devaient paraître les premiers Daguerre et les galvanoplasties de Gayton.
- En 1861, des trois frères Susse il ne restait plus qu’Amédée, lequel, peu après, s’associait son fils Albert, aujourd’hui encore possesseur de la maison (Jacques Susse, fils de ce dernier, y est entré, à son tour, comme associé en 1904.)
- C’est à l’initiative d’Amédée Susse et à sa perforeuse brevetée que l’on doit d’avoir en France les timbres-poste perforés. C’est lui, d’autre part, qui devait lancer les cartes et menus de table d’Edouarcl de Beaumont, origine de toute une industrie, depuis lors fructueuse.
- Ajoutons qu’en 1902 la maison, qui porte toujours comme raison sociale : Susse Frères, Fabricants de bronzes, Editeurs, a dédoublé son industrie en s’adjoignant une nouvelle maison, i3 et i5, boulevard de la Madeleine.
- Les Susse qui ont eu des cartes-réclame d’un goût exquis, dans le style romantique, se trouvèrent posséder, à un certain moment, non loin du célèbre éditeur d’estampes, Aubert, une des boutiques les plus vivantes, les plus courues, les plus parisiennes delà capitale. Seulement, chez Aubert ce qui attirait le monde, c’était la vitrine, l’étalage, alors que chez Susse, ce fut le Salon et surtout VExposition au /cr, l’exposition des mille riens charmants et des quelques unités « de poids et de prix » constituant ce que l’on pouvait, alors, réellement, appeler « l’article de Paris ». Mais un jour vint où, sous une forme différente, c’est-à-dire pas en papier mais bien en plâtre, les Susse semblèrent vouloir concurrencer Aubert, en faisant appel à la caricature. En effet, tandis que chez Aubert, les Grandville, les Forest, les Daumier, les Traviès constituaient, en quelque sorte, une exposition permanente et sans cesse renouvelée, de la poire Louis-Philippienne, chez Susse l’on vit apparaître à lavitrine les amusantes et géniales physionomies des contemporains célèbres, observés, notés, croqués le plus spirituellement du monde, par ce maître-sculpteur qui a nom Dantan jeune. Et c’est ainsi que les charges de Dantan, comme celles de Daumier ou de Traviès, amenèrent plus d’une fois devant la boutique du 3l, place de la Bourse, des attroupements tumultueux. Mais la caricature n’avait pas empêché les Susse de se consacrer aux artistes peintres, aquarellistes ou statuaires.
- Sous le Second Empire, ils rivalisèrent, je l’ai dit, avec Giroux et Maquet; lançant toutes les nouveautés du jour, polichomanie, décalcomanie, découpo-manie et autres. Des gravures sur bois de l’époque représentent l’impératrice Eugénie visitant les Salons de la « Papeterie à la mode », — tout comme Alexandre Dumas jeune y faisait entrer, au milieu d’un murmure d’admiration, la fameuse Dame aux Camélias, — tout comme les petites vignettes réclamières de la Vie Parisienne, de Y Esprit Follet, de Paris-Caprice, laissaient sans cesse apercevoir, en un coin quelconque, le nom des magasins si connus. Même les revues d& fin d’année n’avaient garde de les oublier; un Paris h la Loupe joué vers 1867 place leur nom dans la bouche du compère.
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- .THEATRE
- Le passage du Panorama a d’époque du Consulat (avec l’enseigne de la maison Susse).
- Reproduction en noir d’après une aquarelle anonyme, au musée Carnavalet, provenant de la vente Sardou. — Cette aquarelle, reproduite en couleurs, a été l’objet d’une plaquette accompagnée d’un texte amusant de M. Georges Caïn, conservateur du Musée Carnavalet, — plaquette éditée par la Maison Susse frères.
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- Editeurs et fabricants, les Susse ne cessèrent, à partir de i836, d’éditer en bronze les œuvres des maîtres statuaires de l’école française, — dans ce domaine, une œuvre devait marquer entre toutes, la célèbre Sapho, de Pradier, — et quoique cette branche de leur industrie sorte en réalité, quelque peu, de la papeterie et de la maroquinerie, il faut cependant mentionner qu’ils furent les premiers à se servir de la machine Sauvage qui, permettant de réduire en petites tailles toutes les œuvres, devait aider grandement à la vulgarisation des productions de la statuaire antique et moderne.
- Dernière particularité intéressante : on peut voir dans les collections du Musée Carnavalet une aquarelle anonyme provenant de la vente Sardou, et fixant la place de Susse dans le passage du Panorama à l’époque du Consulat (c’est la pièce reproduite à la page 3o3),
- Tacussel (Melchior), Marchand-Papetier, place de rilôtel-de-\dlle et rue Pont-Moreau.
- Maison du commencement du dix-neuvième siècle. Magasin de papiers peints et de tous articles relatifs à la Papeterie en général.
- Terzuolo, Papetier ordinaire du Roi.
- Gendre et successeur du sieur Despilly. (Voir ce nom.)
- Terrond, Marchand-Papetier et Fabricant de registres, rue Pastourelle, 3, au Marais.
- Registres à dos souples et ressorts élastiques, Carnets de poche et de voyage, Cartes d’échantillons.
- Testu, successeur de Minot, fabricant de cartes, rue Neuve des Petits-Champs, 1304 [devenue rue Croix des Petits-Champs, n° 41].
- Figure à Y Almanach du Commerce de l8o5 et doit avoir fabriqué jusqu’en 1817.
- Cartes françaises et étrangères, et blanches, à la livre. Vélin collé et sans colle pour impression et cartes de visite.
- Thibault, Au Port-Mahon, rue et division des Arcis, 198 [rue des Arcis, n° 12, puis : rue de la Verrerie]. 1
- Figure sur VAlmanach du Commerce de i8o5.
- Sur une adresse de 1816, on lit : « Tient l’ancienne Manufacture d’Encre noire et de toutes couleurs (1); Cire luisante pour toutes sortes de chaussures, et Cire forte pour gibernes. Il fabrique aussi la Cire d’Espagne et Pains à cacheter de toutes couleurs et qualités. »
- Une note de l’annuaire Le Bazar Parisien, pour 1821, fait observer : « M. Thibault a exposé, en 1819, de la Cire à cacheter, jaspée, imitant les marbres de toutes couleurs ; il est parvenu à faire la Cire rouge cramoisi, en remplaçant le vermillon de Chine par une substance indigène. »
- Thierry, Marchand-Papetier, A la Ville d’Angoulême, rue Saint-Séverin, vis-à-vis l’Eglise.
- (l) Serait-ce, par hasard, un successeur de Larcher?
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- PAPETERIE ET PRPETIERS
- Maison datant de la fin du dix-huitième siècle. Magasin de toutes sortes de Papiers. « Papiers de grandes sortes pour Estampes et Géographie, Papiers vernis, lisses et de couleur, Registres et Journaux de commerce, Cartes à jouer; tient aussi Manufacture d’Encre double et luisante.»
- En i8o5, a pour adresse : Pont Saint-Michel, i5; en 1810,quai des Augustins, 11.
- Eut, pour successeur, Deberry.
- Trioullier (Jean), Marchand-Cartier à Paris, rue Saint-Honoré, au coin de la rue de l’Echelle, vis-à-vis le Carfoure (sic) des Quatres (sic) Cheminé (sic), Au Roy David de Paris.
- Ce marchand-cartier, s’il faut en croire Henry D’Allemagne, aurait fabriqué de 1735 à 1755. Son adresse gravée sur bois, datée 1741, — c’est du moins la date de celle ici reproduite, — doit évidemment sortir des ateliers de Papillon. Comme presque tous les cartiers il vendait papier, encre et tout ce qui touche à l’écriture-
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- Enveloppe de jeu et, en meme temps, carte-adresse de Jean Trioullier, à la date de 17^1. Ainsi qu’on le remarquera, Trioullier faisait observer qu’il était le seul, rue Saint-IIonoré, à être à l’enseigne : Au Roy David de Paris.
- Truguet, Marchand-Papetier-Cartier, au coin de la rue Saint-Nicaise.
- « Fournit plusieurs Princes et Seigneurs », dit, à son nom, la notice des Tablettes Royales de Renommée pour 1772.
- Unsworth. [Voir : Charles Sédille.J
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- Vacquerel (Eugène). [Voir : Angrand.]
- Valentin, Marchand-Papetier-Cartier, A l’Ordre du Saint-Esprit, avenue de Saint-Cloud, près le Pavillon-Royal, à Versailles.
- Les Tablettes Royales de Renommée ont inséré sur lui la notice suivante :
- « Papiers de toutes sortes, et fait la véritable Encre double et luisante. »
- Vallée, Peintre, Au Bâton Turc.
- Marchand d’estampes des dernières années du dix-huitième siècle qui vendait, également, de la cire à la Turque; d’où son enseigne.
- Vasseur et Behuet jeune, Marchands-Papetiers-Cartonniers, rue Bertin-Poirée, successeurs de Clérin.
- Vasseur s’étant retiré, la maison continua sous la raison Behuet jeune. Aujourd’hui : Vollée fils, cartonniers, 9, rue des Déchargeurs.
- Vauclin(L.),Ph. Rosen, successeur, Papeterie de la Bourse. Papeterie, Registres, Maroquinerie, rue Richelieu.
- M aison fondée en 1826, par Dorival, acquise après 1870, par Mignon et qui, depuis, a ajouté au commerce du papier, ateliers de dessinateurs, graveurs, atelier de timbrages en relief. Curiosité assez piquante, la maison olfrait, en 1912, comme prime à ses clients, La Joconde « exécutée avant sa disparition », gravée et imprimée dans ses ateliers.
- Vausenville (De), rue Saint-Honoré, vis-à-vis l’hôtel d’Aligre, maison de M. Poirier, Marchand-Bijoutier.
- Figure sur Y Almanach des Marchands de 1770, avec la notice suivante :
- « Tient manufacture de papiers rayés pour la musique et le plain-chant. Papiers à registres et à états, rayés en toutes couleurs, grandeurs, marges et caractères. Idem crayonnés. On y exécute avec la dernière précision, et à peu de frais, tous les models (sic) qu'on juge à propos de donner. On y trouve toutes sortes de Papiers de choix, rayés en musique, Papiers rayés d’une manière supérieure par une méthode plus prompte que l’impression : Cette méthode a été publiée dans les journaux du mois d'août et septembre 1767. »
- Vautrin-Chanvalet, successeur de Delavoiepœrre, Marchand de Papier, rue Honoré, entre le Palais-Egalité et la rue de la Loi, n° 1373, A l’Image Notre-Dame.
- Reproduction du libellé d’une carte-réclame imprimée, et de petit format, du dit marchand, datant de la Révolution, et donnant, en plus, l’indication suivante : « Tient aussi Manufacture de Porte-Feuilles et Fcriloires ».
- Sur une autre adresse on peut lire : « rue Saint-Honoré, entre celle de la Loi et le Palais-Royal, n° 218. »
- Fn 1810, la raison sociale devint Vve Vautrin, rue Saint-Honoré, 218.
- Véron, Marchand-Papetier, Au Griffon, vus du Bacq, 1062, près celle Saint-Dominique, [en 1810, n° 43; en 1820, n° 41.]
- Sur la carte-adresse, ovale (à ornements d’écriture), qui sertderéclameau dit mar-
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- cliand, on lit: «Tient magasin de toutes sortes de Papiers de France et d’Hollande, et tout ce qui concerne l’Ecriture et la Fourniture des Bureaux. Fabrique, aussi, des Portefeuilles de maroquin et Pupitres de toute espèce. Manufacture de Papiers peints pour tenture et décor, des plus nouveaux.»
- Vidus, Fabricant de Registres à dos élastique, rue de Bretagne, 15, au Marais.
- Vidus figure kïAlmanach du Commerce de 1820, avec les indications suivantes:
- «Magasin de Papiers pour i’Ecriture, Dessin, Portefeuilles, Boîtes, etc. Cartes à jouer, atelier de Reliure.»
- Villeneuve, [Neveu et successeur de Deglos], Papiers de Fantaisie, rue Simon-le-Franc, n° 5, [transféré en 1876 rue des Blancs-Manteaux, n° 40, ensuite rue Séguier, 17].
- Villeneuve eut une usine avenue de Choisy, de i885 à 1903, époque à laquelle il céda sa maison à M. G. Pltois (Voir ce nom) qui la réunit à ses établissements. Il a été le premier, à Paris, à faire du papier couché en bobines continues. Il s'était spécialisé dans la fabrication des papiers vernis pour la dorure à chaud sans poudrage.
- Vincent, Marchand-Papetier, rue. . . , [puis : rue des Mathurins.]
- Je n’ai pas pu retrouver l’adresse de Vincent avant son passage à l’hôtel de Clu-gny, mais ce qui est certain c’est que, déjà, des papetiers furent avant lui, à cette adresse.
- En i8o5, il y a deux Vincent à Y Almanach du Commerce : Mme Vincent, rue de la Harpe, l56, et Vincent, rue de Beaune, 12.
- jfj Vincent demeure aftuellement *§ R ue des Mathurins,
- ‘ijjj Hôtel de Clüghy. 1771. Jt*j
- Voisin, Marchand-Papetier, rue Saint-Jacques, vis-à-vis le Chœur des Jacobins, la boutique attenantSaint-Etienne-des-Grès.
- Marchand de la seconde moitié du dix-huitième siècle. Voisin nous a laissé une carte-réclame de grandeur moyenne, dans un encadrement typographique, avec la longue nomenclature qui suit :
- « Fournit les Bureaux, Cabinets, Etudes, Maîtres de Pension, Collèges et Séminaires; Cahiers, Porte-Feuilles et Papiers pour les Humanités, la Rhétorique et la Philosophie; Papiers cadres; Livres portatifs et propres à copier ; Tablettes, Portefeuilles de Maroquin, Plians à clef pour les Architectes, Peintres et Graveurs ; Ecritoires de Valise, de Poche, de Chagrin, en Roussette, Fayance, Cuivre, Verre, Crystal et autres; Papiers à Lettres, glacés, vernis, dorés sur tranche et à vignettes ; Papier brouillard, battu et lissé pour le teint; Papiers dorés, marbrés, à fleurs et d’Allemagne; Découpures, Desseins (sic) et Estampes; Poudres d’or, d’argent et de buis; Plumes de Hollande, de Cigne et de Corbeau ; Crayons en bois d’odeur fins, moyens et communs, montés et autres; Nompareille; Lacets et Cachets; Cures-dents de toutes sortes; boîtes pour les Papiers, le Linge et autres;
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- Cartons en feuilles, fins, pour les Ecrans, la Peinture et le Dessein, Boîtes à poudre... Colle les Appartements et Cabinets. »
- On peut conclure de cette nomenclature intéressante que Voisin avait un rayon de papeterie classique, tout particulièrement achalandé, et qu’il tenait également les cartonnages.
- Dans la réclame, le concernant, de Y Almanach des Marchands pour 1770, on lit en outre : « Il fait aussi la véritable encre double luisante, très noire et des plus légères, et fait la Commission. »
- Wallerand, Marchand-Papetier, 11, rue de la Paix.
- Maison des premières années du dix-neuvième siècle.
- « Fabrique portefeuilles de ministre, de voyage et autres, papiers français et anglais pour lettres, dessins, objets de fantaisie en tout genre. »
- Weynen, Marchand-Papetier, rue Neuve-Saint-Marc, 10 [puis 20], place des Italiens, et rue Saint-Denis, 313.
- Maison datant de la Restauration et s’étant, en quelque sorte, créé une spécialité dans le domaine de la papeterie. Elle inscrivait parmi ses particularités :
- « Seul dépôt des papiers Weynen, — il a été question plus haut de ces papiers (voir page 169 la lithographie de Raffet, représentant le colporteur des dits papiers) — Registres perfection nés, Encres et Cires à cacheter.»
- L'Almanach de la Mode de Parisy pouri834, s’exprime comme suit, sur les produits de cette maison : « Ces beaux magasins sont toujours visités par de nombreux acheteurs. Tous les papiers, et généralement toutes les fournitures qui en sortent, sont dignes de figurer sur le bureau d’un élégant. Les papiers satinés sont d’une grande recherche et ont la beauté des meilleurs papiers anglais. »
- Et les petits journaux de mode et de littérature répétaient sur tous les tons, sans doute à grand renfort de réclame payée, qu’une élégante devait forcément écrire sur du Papier Weynen ses lettres d’ainoür.
- Würtel (Ferdinand), galerie Vivienne, 38 et 40.
- Papier à lettres et autres, Fournitures de bureau, Portefeuilles, Crayons, Cachets.
- Maison datant du règne de Louis-Philippe.
- Ybert, Marchand-Papetier-Cartier, Au Cartier du Roi, rue Saint-Martin, vis-à-vis la rue Ogniard, près Saint-Méry.
- Ybert a fabriqué de 1746 à 1772. Il figure sur VAlmanach des Marchands de 1770, avec la notice qui suit : « Tient magasin de Papiers en gros et en détail. — Papier de France et de Hollande. — Papier glacé, doré, bordé et à vignettes de toutes couleurs. — Papier battu, lavé pour desseins (sic). — Papier réglé pour la Musique, de toutes grandeurs. — Boëtes. — Plumes. — Registres. — Cire d’Espagne. — Ecritoires de bureaux, et tout ce qui concerne le corrimerce de Papeterie. — Il fait la véritable Encre double et luisante, entreprend aussi les Fournitures des Bureaux. »
- Il existe de Ybert des cartes-adresse, en hauteur ou oblongues, typographiques, dans un encadrement, avec les adresses suivantes : « rue des Arcis », ou : « rue Montmartre, entre les rues Plâtrière et de la Jussienne. »
- Une de ces cartes a été reproduite par Ilenry D’Allemagne (Les Caries à Jouer, t. I, page 519).
- Ybert eut pour successeur, Marvis, à l’enseigne de Y Aigle couronné. (Voir ce nom,)
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Yvonnet (Alphonse), successeur de Mozàrd, 43, rue des Lombards [devenu 37].
- Figure sur VAlmanach du Commerce à partir de l8a5ety reste jusqu’en i835.
- Zegelaar (F.), Fabricant de Cire, Fournisseur de la Reine et du duc d’Orléans, rue de la Corderie, au Marais, 1.
- Figure sur Y Almanach du Commerce après i83o et fut, pour ses cires, une des maisons à la mode de l’époque de Louis-Philippe.
- Sur ses cartes, on lisait : « Fabrication de Hollande; Cire rouge et noire, de toutes couleurs, fines et perfectionnées.»
- Eut pour successeurs Merkus et son gendre Unvendam; puis, en 1866, se fondit dans la maison Laurent (Plateau).
- SUPPLÉMENT
- Bertinguiet, successeur de M. Rolland. Ancienne Manufacture d’Encres et de Cires à cacheter.
- Maison datant de 1800 et qui existait encore en i84o.
- Fabriquait également les pains à cacheter glacés et marbrés.
- Boullanger (Mme), Marchand de Papiers. Ci-devant rue de la Grande Truanderie, n° 4L A la Coquille. Rue Vivienne, n° 47, près le passage Faydeau (sic).
- Successeur de Boullanger (Louis), Au Puits d'Amour (voir page 201).
- « Magasin de toutes sortes de papiers, cire à cacheter, Boîtes de Bureaux, Encre noire, Encre de Couleurs, Registres, etc. »
- M. Henri Vivarez possède de Mme Boullanger une facture de l’An XI.
- Brou, A la Tète Noire, rue de La Loy, près celle Saint-Honoré.
- « Vend toutes sortes de papiers de France et de Hollande. Boîtes pour les bureaux et, généralement, tout ce qui concerne le commerce du papier. »
- Faverolle, Elève et successeur de M. Hébert l’aîné, Marchand-Parcheminier, A la Ville de Poitiers, rue de la Parcheminerie, au coin de celle des Prêtres, n° 16.
- Parcheminés et vélins pour l’écriture et l’impression et la meilleure qualité pour le pastel et la miniature. Parchemins verts, vernis et sans vernis, pour les registres, peau d’âne, jaune et blanche, pour tablettes.
- Maison des premières années du dix-neuvième siècle.
- G-ramet, Papetier, A l'Estafette, 28, rue du Faubourg-Montmartre.
- Fabrique de registres, portefeuilles, Encadrements, Reliures.
- Ce marchand de la première moitié du dix-neuvième siècle avait, sur sa carte-adresse, un postillon-estafette.
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- LE LIVRE D’OR
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- Quelques Marchands-Papetiers de province.
- [Bordeaux — Cette — Dijon — Le Havre — Lille — Lyon — Limoges — Moulin — Nancy — Nantes — Rouen — Troyes ]
- Il faudrait des années de recherches dans les différentes archives locales pour arriver à dresser la liste des Marchands-Papetiers de nos grandes villes et, surtout, de certaines qui, de tout temps, tinrent une place importante dans le commerce du papier.
- Ce travail, nous laissons à d’autres le soin de le faire, la province ne manquant point d’archivistes et de bibliothécaires consciencieux et érudits qui se complaisent à ces sortes d’études.
- Bref, les quelques nomenclatures qui suivent n’ont aucune prétention: ce sont uniquement des adresses notées et recueillies au cours de mes recherches parisiennes et que je pique en quelque sorte, ici, pour qu’elles ne soient point perdues.
- Toutefois, jusqu’à ce jour, les cartiers seuls ont donné lieu à des recueils et à la publication de listes de fabricants, par cette excellente raison que la carte étant une gravure, une petite estampe, présente plus d’intérêt que le papier, jnême adorné. On trouvera, donc, quelques cartes-adresse, — ne serait-ce que sous forme d'enveloppe de jeu, — dans les précieux ouvrages historiques sur l’industrie cartière, à Nancy, à Troyes, à Grenoble, à Bordeaux, à Anyoulême, à Nîmes, — ouvrages dus à MM. Lucien Wiener, Louis Morin, A. Maignien, A. Nicolaï, Paul Mourier, Prosper Falgairolle, — et ceci pour ne parler que des études publiées en ces dernières années.
- Argentin-Celce, successeur deM. Celce-Pavie, son beau-père, place du Marché-au-Blé, n° 51, à Troyes.
- Voici, d’après M. Louis Morin, de la Bibliothèque de Troyes, le texte de la carte-adresse de ce marchand, — né à Troyes en 1785, — carte typographique dans un cadre et datant de la Restauration :
- « Tient magasin de Papier blanc de toute qualité, Papiers gris et bleutés, Registres, fournitures de bureau, Papier de tenture dans tout ce qu’il y a de plus nouveau. Il tient aussi les lins, les fdasses de Picardie et du pays, les ficelles et les cordages de toute espèce, et balles à emballer. Il fait des envois dans les Départements. Le tout au plus juste prix. »
- « Nota. — Il tient toujours les graines de prairies artificielles, telles que trèfle, luzerne, sainfoin, etc. »
- Comme on peut le voir par ce texte, Troyes nous donne le papetier-grainetier, un type inconnu à Paris, mais qui se rencontre dans plusieurs villes de province.
- Aulmont (Jean), Marchand-Cartier-Papetier, rue du Temple, Au Carreau Boy al, à Troyes.
- D’autres adresses donnent : « rue du Dauphin, au coin de la rue du Temple’».
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- PRPETERIE ET PAPETIERS
- Bouvet, Au Temple du Goust, Marchand-Papetier et relieur de livres, demeurant près l'Hôtel de Ville, à Troyes.
- Claude Louis Bouvet exerça la papeterie et la reliure dès 1766; en 1768 il obtint Un brevet de libraire et fonda, en 1774» la papeterie d’Estissac qu’il devait céder, trois ans plus tard, à son beau-frère A.-P. F. André, imprimeur. Voici le libellé de sa carte- adresse :
- « Vend en gros et en détail toutes sortes de Papiers de France et d’IIollande, tant pour l’écriture que pour l’impression, de toutes grandeurs; Registres, réglés et non réglés, pour les comptes de toutes espèces, Papier à vignette à lettre sur tranche, Ecritoire de valise, Très belle Cire d’Espagne et dorée de toutes couleurs, belles Plumes choisies de Frise et d’IIollande, taillées et non taillées, Papier lavé et vernis pour les plans, Papier marbré et façon d’Indienne, Gratoirs, Poinçons, Sandaraque, Encre double, Poudre à mettre sur le papier. Il fait et vend des Boëtes à l’usage des Bureaux pour mettre des papiers, Canons à mettre sur l’Autel; fabrique toutes sortes de Cartons fins, petits et grands, et autres Marchandises des plus nouvelles pour l’usage expliqué ci-dessus. 11 achète les vieux papiers et parchemins, le tout à juste prix. »
- Celce (François), Marchand, rue Notre-Dame, n° 22, à Troyes.
- M. Louis Morin a bien voulu me transmettre le texte de la carte-adresse de Celce, gendre de Pierre Pavie, étiquette typographique encadrée d’une vignetle. En voici le libellé :
- « Tient toutes sortes d’estampes, papier blanc en tout genre, papier à tapisserie de toutes façons, cartes à jouer et de géographie, livres d’écriture et Registres en blanc, Principes pour le dessin, au crayon rouge, toutes sortes d’Architectures, Serrureries, Arabesques, Fleurs et Trophées, Papier rayé et lissé : il tient aussi, toutes sortes de musique, Ariettes ou Contredanses, Paysages, Fleurs, Bouquets, Festons de dessin à broder, Plumes, Cire et Encre. On s'abonne chez lui pour brochures, Romans et autres.»
- Clément [puis Duhamel-Clément, gendre], successeur de SouDiuupère, Marchand-Papetier, et Apprêteur de plumes à écrire, A la Tète Noire, rue Ecuyère, nos 25 et 27, à Rouen.
- Papiers de toutes sortes, Grands Livres, Carnets et Cartes d'échantillons, Cire, Compas, etc.
- Maison des premières années du dix-neuvième siècle.
- Vve Daudet et Joubert, Marchands d’Estampes, rue Mercière, à Lyon.
- Daudet et Joubert peuvent figurer au nombre des marchands d’Estampes et marchands papetiers les plus connus du dix-huitième siècle. Dans le domaine de la papeterie leur nom se rencontre surnombre d’objets et plusieurs suites d’images populaires portent leur firme.
- Il existe d’eux plusieurs cartes-adresse gravées : la plus intéressante, je veux dire celle qui fournit le plus d’indications sur la variété de leur commerce, est celle dont la teneur suit, — simple carte gravée, du reste, entourée d’un cadre avec tailles au trait :
- « Tiennent Magazin d’Estampes fines et communes de Paris, Angleterre, Allemagne et Hollande ; Papiers soufflés superfins, Papiers anglais, Papiers peints fins et communs, Papiers doré à fleurs, Papiers Or et Argent, uni et lissé. Papiers à lettre, à Vignette, et autres en couleur. Cartes Géographiques de tous les Auteurs et de toutte [sic) grandeur, Plans, Vues, Atlas, Livres d’Ecritures de toutte (sic)
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- LE LIVRE D’OR
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- espèce, Livre des Postes, Lettres de change burinées, Cartons dorés pour les reliquaires, Telgitur, Actions et préparations pour la Messe. Ils fabriquent les découpures enluminées de toutte (sic) grandeur, des Papiers pour les Eventails, des Desseins de broderie et on y trouve enfin tout ce qui est relatif à l’Imagerie, Ecrans à main et à Guéridon, Globes et Sphères de toutte (sic) grandeur.
- « Ils mettent en bordure les Estampes, soit en Or ou en couleur, ainsi que les cartes Géographiques, avec des gorges et rouleaux.
- « Il y a chez eux le Dépôt des Cartes de France de M. de Cassini. »
- Ducreux le jeune, Papetier, rue Saint-Dominique, au coin de la place Louis-le-Grand, n° 17, à Lyon.
- Maison de la Restauration. Écritoires, boîtes, crayons, encres, poudre pour sécher l'écriture, cirage anglais à la brosse et autres, Estampes et images.
- Dumond aîné, Aux Armes de France, Marchand-Papetier, rue Saint-Dominique, n° 15, à Lyon.
- Maison de la Restauration, également, qui nous a laissé une carte-adresse enhau-teur, de format ovale, entourée d’un léger filet d’écriture aux armoiries de France.
- « Registres à dos élastiques, réglés en rouge pour le long et en travers, imitant le crayon, et fait toutes espèces de reliures. Encres, Plumes, Crayons anglais et autres, Pains à cacheter. »
- Fouque (François), Marchand-Cartier, à Rouen, au bas de la rue Grand-Pont.
- Vendait également toutes sortes de papiers.
- A fabriqué de îjlqà 1789.
- Son adresse a été reproduite par Henry D’Allemagne (Les Caries h Jouer, t. I).
- Girard (Antoine), Marchand-Fabriquant de Papier, Aux Quatre Parties du Monde, rue Neuve Saint-Nizier, à Lyon.
- ucc QjialrcJ Antotne Giraud, MdFabr<
- Tient MaqaœuidePnpirs peinte pour IKeulùs, aeo pre Plu. de la Cdu.it, ddnyleisrrs, tePamas, Pékin Fdours, Perse, dans le j dldrehiteitur^pour plafond, crrmcAe, frise, pilastre, bar al et a uùresPcco rations. lïjburmt ,1e dessus de porteJParaventcRBa faireposcr ses papieroàla Fille etàlaùmtpapm,etde pout^firus /lestassortienPapiero défianceeeddoSande,pourleerüure eti lianes, Journalise, Bepstrer,Cartes,etCarnetsdevenpapeletdechjjitilljns,e£pourîettres de. muustrectdc,poclic, en, maroquin, rouye, vert xrsir, Fente iras, .Z'd Litre, Souvenirs. B' bn/in ecverm. Rondes et nmdid'as notes paries et dore,pour dessert, Papier, , mqwtte ddressss, lettres et Cens-de cAanye, en bulle doux. Caractères etvtpnede a elasoyui, Code a ioucJie. Tmceauec, P rosses, ” ^ '
- leur, toutes sortes de Crayons, mine anphise.
- Junpadùpce et en peudrs, uir/nm^Csi dioùle, Pas use, date pemten v’erd,pour laréluire etjlcarsCPlu Peau danerour tablette, Cartroijui.Papier plaire tare elpcmt de. truüs couleurs, y lace, pmcffitsro etacitres decrm. à l'usaye des Bebriquedepapeer piLtc&qui concerne Couteaux, Pltysirs d ïmzre^Ecnttnredplatjii Pylc d’éèbie, Janydirrae, Jabiedtrr ecdaryml,
- Osy trouvera.la. Cire iEspa^n^e j)e ^dredsT^elPuyetde,.la.prentiereauaàte, de Raie Depàtymtral duThp des^ Ai
- dl exécute desfoiœajcclypogrsplvij
- SBEfiTifro*
- , Bstcrmpes^PasCelde JtoupanetzlePas-is,Peuz,e7bcray,
- Fac-similé de la carte-adresse d’Antoine Girard, d’après un exemplaire appartenant à l’auteur.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Ce marchaid fabriquant de papier, un des plus importants de la grande cité qui en comptât tant, a eu une très jolie carte gravée par Meunier, avec encadrement, aux quatre coins duquel des femmes assises sont censées représenter les quatre partiesdu monde. — C’est la carte ici reproduite.
- En lisant dtentivement le libellé des marchandises « en son magasin », dont il annonçait le détail, l’on peut dire que sa boutique était comme une sorte de bazar de la Papeteri;, le « Petit Dunkerque » du papier, allant des fournitures classiques aux pinceaux,aux brosses, à l’édredon et au duvet, aux fournitures pour la table, soit bandes d ronds d’assiettes peints et dorés pour dessert (c’est-à-dire les papiers fins ;t ornés, que, déjà, l’on mettait sur les assiettes).
- Quant au Vhè des Alpes et au Vrai Vulnéraire Suisse, ce sont deux spécialités très locafes, qui, aujourd’hui encore, se trouvent partout à Lyon, le vulnéraire étant plis généralement connu sous le nom de : Arquebuse.
- Joly (Pierre), surrommé Chevalier, Marchand-Cartier, sur les Fossés Saint-Eloy, au n° 37, i Bordeaux, A la Fleur des Cartes.
- Fabricant lu dix-huitième siècle, qui était également marchand-papetier.
- Lafon, place Royali, à Limoges, tient magasin de papeterie en gros et en détail.
- Une carteadresse de ce papetier, datant de i845 environ, contient l’avis suivant, intér<ssant à reproduire pour la spécialité dont il s’agit. On y lit, en effet, ce qui suit : «Garnit les ouvrages de broderies, tels que carnets, écrans, coulans de serviette, jorte-visite, étuis de cigarres (sic), corbeilles de mariage, etc. »
- Le Cauchois (Antcine), Maître-Cartier, en la rue Ganterie, A la Palme, Rouen.
- A exercé à 1679 à 1707 et vendait également toutes sortes de papiers fins.
- Le Sieur (Estienné, Marchand, à Troyes.
- Vend toues sortes de papiers et cartes très fines, et tout ce qui dépend de l’écriture.
- Marcadé, successeur de M. Hautot, Marchand-Papetier, Au Mouton couronné, n° 27, rue de la Vicomté, à Rouen.
- AfouToîsr
- ÏLAR CAJ)E, SNie iCHAITT OT, ,—, < Ùa-pedte'c. ,
- Carte-adresse lithographique de la Restauration.
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- Maison des dernières années dn dix-huitième siècle, — Papiers, Registres, Grands Livres, — qui a passé aux mains de plusieurs possesseurs.
- Mouton (Charles), Marchand-Cartier et Papetier, demeurant Croix Sainte-Catherine, vis-à-xis la rue Roïalle, A la Princesse, Lille.
- L’adresse de ce Cartier, qui fabriqua de ij36 à 17^1, a été reproduite par M. Henry D’Allemagne. [Les Cartes k Jouer, tome I.)
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- //éd,<A?ye/ded AA'eAe'/yeeed AA AyAnAeune-
- te/s./t) r/ e/ey/red eAe- aAAcrKi Aeeetey/yrye yr/y/ Au/enert}
- PRIX DES ENCRES
- ^/AeuAA/ A((kae?A'Afy/i/et/’y__________j -_Aei /ynoyeé^n* Ae?/ycAyiee
- /yeyeemAnue/r>/yu4,eA. me/enj *
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- CIR AGE. RE I. lrIS AX T Pour la. Chautsm e , noir et blanc
- | / 'yj/yiÀ, /e/eAye> t?/yâyy/yAoa /yAe Aesre
- •ei/y.iy ert.'.yAoccJcede'
- Reproduction légèrement réduite de la carte gravée de llapin, intéressante pour les spécimens d’objets qu’elle reproduit : boites de plumes d’oie, bouteilles d’encre et boîtes de cirage.
- Si le lion tenant une cornue n’a pas été une enseigne, ii fut en tout cas une allégorie du lieu et de la nature de la fabrique.
- Olivier, Fabricant de cartes à jouer, rue Grenette, 31, à Lyon.
- Maison de la première partie du dix-neuvième siècle. Vendait, en^outre, « Carton porcelaine d’Allemagne et carton satiné de Paris ».
- A eu pour successeur Caillox.
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- PAPETERIE ET PRPETIERS
- Pain, Marchand-Cartier, Relieur, Au Coq Couronné, Demeurant rue de la Halle, proche le Marché, Au Havre.
- Sur sa carte-adresse typographique, dans un cadre, on pouvait lire :
- « Fait et vend toutes sortes de Cartes, Papiers, Registres, Encre double, Plumes, Boites, Cartons pour dessiner. Papier marbré doré, Papier réglé pour la Musique, Papiers à Lettres Dorée [sic) sur tranche, et autres.»
- Pavie (Pierre), Marchand-Cartier, Papetier-Dominotier, au bas du Marché au Bled, à Troyes. Le Soleil luit poitr tous.
- Pierre Pavie, qui semble originaire de l’ouest de la France, travaillait à Troyes dans la seconde moitié du dix-huitième siècle.
- Voici le texte de sa carte-adresse, reproduite en fac-similé dans le volume de M. Louis Morin sur les cartiers de Troyes :
- «Vend toutes sortes de papier d’IIollande et de France pour l’écriture et le dessein (sic). Papiers de couleurs uni, marbré et à fleurs. Registres de toutes espèces, réglé et non réglé, Cartons, Boëtte, Plumes, Encre, Cire, Estampes et Découpures de toutes façons. A juste prix. »
- Rapet, Marchand-Papetier, rue Saint-Pierre, à Lyon, [puis : « Tenant Manufacture d’Encre et Magasin de Papier. »]
- Rapet était un ancien marchand-papetier qui, dans les premières années de la Restauration, devait joindre à son commerce de papeterie, — ainsi qu'il 1 annonce sur la carte-réclame ici reproduite, — une manufacture d’encre. Celte manufacture dura-t-elle longtemps, je ne saurais le dire, mais ce qui est certain c est que Rapet avait la prétention de lutter avantageusement avec des marques célèbres, telle l’encre de la Petite Vertu.
- Saintier (Charles), Marchand de Paris, Cartier ordinaire de Mgr le Conte (sic) de Leuy (sic), Aux Armes de Mgr le Comte de Leuy, à Moulin.
- L’adresse de ce cartier, qui vendait toutes sortes de papiers, a été reproduite par Henry D’Allemagne (Les Cartes à Jouer, tome II).
- Sainton, Marchand-Libraire et Cartier, Au Vcdet de Carreau, à Troyes.
- Sainton n’était pas seulement libraire, il était aussi papetier, ainsi que 1 indique le texte de sa carte-adresse:
- « Il tient un assortiment de Papiers fins d’Hollande, Lionnois, Auvergne, etc. Papiers d’Enveloppe, d’impression, à friser, battu et lissé, belles Plumesdu Nord, Poudre d’or, Encre luisante et généralement tout ce qui concerne l’Ecriture.»
- Il existe, du reste, plusieurs adresses au nom de Sainton, les Sainton étant une famille très nombreuse qui a fourni plus d’un membre au commerce du papier durant tout le dix-huitième siècle.
- Dans la collection Chardonneret, à Paris, se trouve une étiquette libellée comme suit :
- A.TROYES . CHEZ . SAINTON . MARCHAND I
- CARTIER REV. A ^ENSEIGNE DU CARREAU
- COURONNEE . OU . CE VEND . TOUTE . SORTES . DE . FINS
- PAPIERS . A . ECRIRE.
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- LE LIVRE D’OR
- Des vides de cette légende d est permis de conclure que la planche a servi à plusieurs membres de la famille et à plusieurs domiciles d’iceux.
- Salendres, Relieur-Marchand-Papetier, à Cette.
- Fabrique de Registres. Maison des premières années du dix-neuvième siècle.
- Sigogne (Pierre), Marchand-Fabriquant de toutes sortes de belles cartes, à Nantes.
- Fabriquait vers 1776. Sur sa carte, reproduite par Henry D’Allemagne [Les Cartes à Jouer, tome II), on lit : « Vend touttes (sic) sortes de papiers et de touttes qualités. Registre, Enveloppe et autres, tout ce qui sert à l’écriture ».
- Avait pour enseigne une cigogne, avec la légende: «. le Soleil luit pour tous. »
- Thuillier (François), Marchand-Cartier, A l'Épine couronnée, rue Saint-Etienne, à Lille.
- Fabricant qui a produit vers 17^0. Son adresse a été reproduite par Henry D’Allemagne. Armes parlantes, l’épine étant en fleurs.
- Vauthier, Marchand-Cartier, rue Bossuet, à Dijon, Au Ballon.
- « Papiers de France et d’Hollande, à l’usage des bureaux. Encres de toutes couleurs, Cire d’Espagne rouge et noire. »
- La carte-adresse de Vauthier, qui faisait partie de la collection Gaston Tissan-dier, a été reproduite par Henry D’Allemagne (Les Caries à Jouer, tome II).
- Vincenot, Libraire, à Nancy, rue Jean-Jacques Rousseau, n° 177.
- Vincenot, comme on peut le voir par le détail suivant, était libraire-papetier. On lisait, en effet, sur sa carte-adresse :
- « Tient un cabinet littéraire de journaux et de livres, un assortiment d’articles de bureaux et de dessin comme papier, plumes, cire, encre noire et de couleur, crayons, etc.»
- Cette carte-adresse gravée sur bois, médaillon ovale, — aux quatre coins, des anges soutenant des fleurs et desrinceaux, — appartient à M. René Wiener, à Nancy.
- Wiener, rue des Dominicains, 53, Nancy.
- Papetier du commencement du dix-neuvième siècle ; ancêtre de M. Lucien Wiener, le bibliophile éminent qui fut conservateur du Musée Lorrain, et de M. René Wiener.
- Il a laissé une carte lithographique, dans le goût romantique, datant de 1828, et sur laquelle on lit :
- « Magasin de Papiers ; fabrique de régistres réglés ; fournitures de bureaux ; reliure.»
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- LES CALLIGRAPHES ET LA CALLIGRAPHIE
- de 1600 à 1840.
- La communauté des Écrivains, dont le commerce était sans cesse obligé de recourir aux marchands papetiers, fut érigée à la suite de la punition infligée, en 1569, à un faussaire qui avait contrefait la signature de Charles IX. L’année suivante, elle obtenait des lettres patentes, avec la qualification de Maîtres-Experts-Jurés-Ecrivains- Vérificateurs cVécritures contestées en Justice (1).
- Les premiers statuts furent renouvelés et autorisés par lettres patentes registres au Parlement en 1728.
- En 1762, ils furent autorisés à se constituer en Académie. Nul ne pouvait être reçu Maître avant l’âge de 26 ans.
- La plupart avaient extérieurement, à la porte de leur habitation, pour se faire connaître du public, un tableau, enseigne vivante en quelque sorte de leur profession, par le fait que ce tableau donnait des modèles d’écriture, de chiffres ou de figures au trait de plume.
- Et comme beaucoup logeaient en chambre, aux étages supérieurs, ils élisaient domicile, «pour commencer», chez les boutiquiers. C’est la raison pour laquelle plusieurs avaient adresse chez le marchand-papetier.
- Il ne s’agit pas bien entendu, ici, de donner les noms des maîtres-écrivains depuis 1570, ce serait une nomenclature sèche et aride, étant donné que quelques rares personnalités ont, seules, survécu à l’oubli. Telles : Guillaume Lcgangneux; Jean de Beaugrancl, qui fut Secrétaire de la Chambre du Roy et Escrivain de la Reine; Louis Barhedor, également Secrétaire ordinaire et Syndic des Maîtres; ou encore, le particulièrement célèbre Estienne de Blegny. 11 suffit, donc, de reproduire une liste de ces Maîtres en escripture, d’après Y Almanach Dauphin, qui nous a déjà servi à établir un état des maîtres-papetiers au dix-huitième siècle.
- Noms et adresses des Maîtres Experts-Jurés-Écrivains, d’après (( l’Almanach Dauphin » de 1776.
- Bedigis, rue Saint-Antoine, vis-à-vis le passage Saint-Paul, Juré vérificateur, est très renommé pour sa belle écriture (2). Il a donné au public une méthode des plus claires, des plus instructives et des plus complètes sur l'art d'écrire. Volume in-folio : prix, 9 livres (3).
- (1) A plusieurs reprises des recueils spéciaux furent publiés, dans ce but, dès les premières années du dix-septième siècle. Voici le plus complet : Traité concernant la manière de procéder à toutes vérifications d’écritures contestées en justice. (Paris, G. Cavelier, 1698.)
- (2) Nous avons maintenu ici l’emploi de l’italique conformément au texte original de l’Almanach Dauphin.
- (3) Voici le titre exact de l’ouvrage auquel il est fait allusion : L’Art d’Écrire démontré par des principes approfondis... Ouvrage dans lequel... on a joint des modèles qui renferment les diverses écritures pratiquées actuellement en France, par M. Bediïgis.— Paris, Butard, 1768, in-folio, avec i5 planches de modèles d’écritures gravées par Baisiez.
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- Blin, vieille rue du Temple, vis-à-vis le cul-de-sac d’Argenson, ancien professeur pour l'écriture, l’arithmétique, l’algèbre, etc.
- Charme, rue de Bussy, ancien professeur, excellent grammairien, renommé pour l’Ecriture , l’arithmétique.
- Coberge, rue des Fossés-Saint-Germain, pour l’arithmétique et la tenue des livres, entreprend toutes sortes de lettres, de placels, mémoires, manuscrits, etc.
- Colas, rue des Prouvaires, pour l’écriture, l'arithmétique, etc., entreprend toutes sortes de lettres, placels, mémoires, manuscrits.
- Collier, rue Saint-Denis, vis-à-vis celle de Guérin-Boisseau, Adjoint à professeur pour la grammaire française, l’Ecriture, etc.
- Dambreville, rue Quincampoix, vis-à-vis celle de Venise, très renommé pour la tenue des livres, les changes étrangers.
- Dautrepe, aux Grandes Ecuries du Roi, ancien professeur, très renommé pour les comptes étrangers, la tenue des livres et la belle écriture. Il a fait différents traités sur les principes de l’art d'écrire, les calculs et la vérification des écritures.
- Gallemant, à Versailles, académicien, un des plus célèbres pour la belle écriture.
- Goulin, rue Saint-Martin, vis-à-vis Saint-Julien, ancien professeur, renommé pour les mathématiques, les changes étrangers, etc.
- Guillaume, rue du Bout-du-Monde, ancien professeur, un des plus renommés pour la belle écriture et la vérification.
- Hénard, rue Croix-des-Petits-Champs, un des plus célèbres pour la belle écriture.
- Jon, rue Saint-Jacques, vis-à-vis celle du Plâtre, ancien directeur, renommé pour la belle écriture, l’arithmétique et la vérification.
- Liverloz, rue de Viarmes, maître des pages de S. A. S. Mgr le duc d'Orléans, très renommé pour la belle écriture, l’arithmétique et la belle vérification.
- Michel, rue de la Tisseranderie, cul-de-sac Saint-Paron, maître de mathématiques des pages de S. A. S. Mgr le prince de Clermont, renommé pour la vérification, etc. Il est sur le point de donner un nouvel ouvrage sur la papeterie (1).
- Ouvrier de lTsle, rue Saint-Jacques, à la Vieille Poste, très renommé pour les changes étrangers et la tenue des livres à parties doubles. Il a donné au public plusieurs ouvrages sur l’arithmétique.
- Paillasson, rue des Fossés-Saint-Germain, élève de Rossignol et ancien professeur de l’Académie royale d'écriture, un des plus célèbres vérificateurs; est celui qui a été chargé du traité inséré dans le second volume des planches du Dictionnaire Encyclopédique, et qui a eu l'honneur de présenter et cl’expliquer au Roi, avec M. Potier, le 22 novembre il67, les deux tableaux qu’ils ont fait ensemble, en traits en or et argent, avec des ornements d'architecture, etc.
- Poiré, rue de Bièvre, ancien directeur et professeur de VAcadémie, célèbre vérificateur et maître des élèves protégés du Roi, au collège de Louis-le-Grand.
- Pollard, rue du Cimetière Saint-André des Arts, ancien professeur pour l’écriture, l'arithmétique, les changes étrangers, l’algèbre, etc.
- Potier, rue Saint-Honoré, vis-à-vis les écuries du Roi, maître des pages de S. A. S. Mgr le prince de Condé, a eu l’honneur de présenter au roi, le 22 nov. i767, deux superbes tableaux d’écritures, d'environ quatre pieds et demi, qui ont été très favorablement accueillis de Sa Majesté.
- Rochon, à Versailles, un des plus renommés pour les calculs et la belle écriture (2).
- Roland, rue Culture Sainte-Catherine, très renommé pour la légèreté de la main. Plusieurs livres de principes, qu’il adonnés au public, justifient la supériorité de ses talents, et les progrès rapides de ses élèves, de son aptitude dans l’art d'enseigner.
- (t) J’ai vainement recherché à la Bibliothèque Nationale cet ouvrage qui eût été, sans doute, intéressant à parcourir. Mais, après tout, peut-être n’a-t-il jamais paru ?
- (2) Après le buste de Louis XV, dont il a été parlé plus haut (voir la note de la page 80), il devait être l’auteur d’un des plus fameux portraits de Louis XVI en traits de plume.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Ruelle, rue Sainte-Catherine, très renommé pour la tenue des livres à parties simples et parties doubles, est auteur des opérations de change des principales places de l’Europe.
- Taxis de Blaireau, rue Saint-Germain l’Auxerrois, vis-à-vis celle des Lavandières, pour l’écriture, la tenue des livres à parties doubles, les changes étrangers.
- Vallain, rue de la Comédie-Française, ancien professeur et maître de Mgr le prince de Coudé et de Mgr le duc de Bourbon, très renommé pour les vérifications, l’écriture.
- Étrangers agrégés à P Académie.
- Beljean, à Genève, académicien, très renommé pour la belle écriture.
- Dubourg, à Bayonne, académicien très renommé pour la belle écriture et expert pour tout ce qui concerne la partie du commerce.
- L'Eclabart, au bureau de l’auteur (1), rue Saint-Honoré, hôtel d’Aligre, non agrégé, un des plus habiles et des plus célèbres de l’Europe, pour la conlrefaction (sic) de toute espèce d’écriture, en caractères d'imprimerie, et pour l'imitation de toutes sortes de vignettes. Il vient d’exécuter la « Bible » de Jean Fusle, (sic) la première qui ail été imprimée, et qu’il a copiée d’après l’original de la Bibliothèque du Roi. On peut regarder cet ouvrage comme un chef-d’œuvre.
- Autres Maîtres connus
- Bernard, Maître d’Ecriture de la Reine, plus lard professeur d’Ecritures des Pages de S. M. l’Empereur et Roi, à Saint-Cloud.
- C’est lui qui avait dessiné à la plume la Marie-Antoinette dont il a été question plus haut et qui portait comme légende : « Rendu à main levée et sans remplissage. » A la veille de 1789, les élégantes, avant le dîner de 3 heures, « s’allaient faire écrire de profil à main levée », dit une gazette du jour, « par le célèbre plumisle Bernard ».
- Bernard (MIle), Maître d’Ecriture, Nièce de Bernard. En 1816, exécuta des Louis XVIII d’un seul trait, à main levée.
- Durbeiin, Académicien. Exécuta nombre de pièces curieuses, portraits et compositions, qui furent présentées à Marie-Antoinette.
- Huet de Jostes, Expert-vérificateur, Professeur d’Ecriture.
- C. P. Jumel, ancien Maître-Ecrivain de la Ville de Caen, de l’Académie Royale d’Ecriture, Expert-vérificateur. Exécuta également, en 1777, une « Marie-Antoinette d’un seul trait, à main levée. »
- Montfort (Guillaume), Expert-vérificateur et Professeur au Prytanée français, en 1798. A exécuté plusieurs Bonaparte « à main levée ».
- Palme fils (M. Ant.), élève de Bernard, académicien en 1790.
- Rollin, Expert-vérificateur.
- Rossignol, Expert-vérificateur.
- Saintomer l’Aîné, Académicien, Professeur d’Ecriture.
- (1) C’est-à-dire au bureau de l’annuaire dit Almanach Dauphin.
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- II_QUELQUES VOLUMES DE CALLIGRAPHIE
- I. Principes et Modèles d’Ecritures.
- Il ne sera peut-être pas inutile de joindre à cette liste les titres de quelques volumes curieux sur Y Art d'Écrire, cet art, autrefois tout particulièrement développé, tenant, alors, une place importante dans le commerce et dans la boutique du Marchand-Papetier, au point que Papeterie et Écriture, on peut l’affirmer, se tenaient de près sous l’ancien Régime.
- Jadis très appréciés, très en honneur, ces livres de format in-4, in-folio, ou oblong, sont en quelque sorte complètement ignorés des nouvelles générations.
- Il y avait donc intérêt à les recueillir et à en donner, non une bibliographie complète — telle n’est point ma prétention — mais un choix judicieux depuis le dix-septième siècle jusqu’aux approches de 1840, époque où l’art d’écrire, — je veux dire la calligraphie artiste, pour me servir d’un terme plus approprié, — entre dans une période d’indifférence et, par suite, de décadence, dont il ne se relèvera plus.
- — La Technographie ou Briève méthode
- pour parvenir à la parfoite connois-sance de VEscriture françoise. — La Bizoqraphie ou les Sources, élèmens et perfection de l’LJscrilnre italienne. — La Calligraphie ou belle Escrip-iure de la lettre grecque, par Guillaume Legangneur, Angevin, s. d. (Paris, 1099). In-4 oblong.
- Ouvrage composé de trois parties ayant, chacune, leur texte et leurs planches gravées en taille douce. Ire partie, 45 gravures ; IIe partie, Si gravures; IIIe partie, 11 gravures.
- Toutes ces planches (modèles d’écriture et de calligraphie) sont entourées de jolies bordures changeantes.
- — Pœcilographie ou diverses Escritures
- propres pour l’usage ordinaire, avec une méthode fort brève et facile pour les bien apprendre, par Jean de Beau-grand, Parisien, Secrétaire ordinaire de la Chambre du Roy, Escrivain de la Reyae et M° Juré à Paris. Paris, i6o4- In-4 oblong.
- Titre orné et 42 planches gravées de calligraphie.
- — Modèles d'Escriture, par Pétré, s. I. n. d.
- (Paris, i647)-
- — Les Escritures Financière et Italienne,
- Bâtarde, dans leur naï/veté (avec un
- Traité de l’Art d’Escrire), par Louis Barbedor, Secrétaire ordinaire de la Chambre du Roy et ancien Syndic des Maistres-Escrivains-Jurez de Paris. Paris, chez l’auteur, i655. In-folio oblong.
- Les planches sont signées : Barbedor scripsil, Gordier sc.
- Portrait et 54 planches gravées.
- — Pièces cl’Ecriture Financière et Italienne,
- Bastarde et Coulée, par Barbedor. A Paris, chez Mariette (les réimpressions du xviii0 siècle portent : « et présentement chez F. Chéreau »). In-folio. Titre et 17 planches gravées par Bailleul.
- — Livre d’Escriture italienne bâtarde.
- Paris, s. d.
- — Nouveau Livre d’Escriture italienne.
- Paris, s. d.
- — Traité des Escritures financières. Paris,
- s. d. (vers 1668).
- — Traité d'Escriture, par Nicolas Duval,
- s. I. n. cl. (Paris, vers 1670).
- i5 planches gravées de calligraphie, avec titre et portraitdel’auteurgravé parBonnart.
- — L’Art d’Escriture, expliqué en trois
- tables, par L. Fontaine. Paris (1677).
- — L’Art d’Ecrire, par Allais. Paris, chez
- l’auteur (1680). In-folio.
- Titre, texte et 24 planches de calligraphie gravées par Sénault.
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- PAPETERIE ET PRPETIERS
- — La perfection de l'Escriture pour tous
- les caractères françois. A Paris, chez F. Follain, s. d. (1690). In-folio oblong.
- Belles planches d’écriture. Le livre est dédié à Mme la duchesse de Maintenon.
- -— L’Escriture en sa perfection, représentée naïvement dans tous les caractères, financiers, italiennes, hastardes nouvellement à la mode, par L. Senault. A Paris, chez F. Poilly, s. d. In-4.
- Titre orné et 24 pages de modèles de calligraphie.
- — Les Eléments ou premières instructions
- de la jeunesse, par Estienne de Blégny, Maître-Ecrivain à Paris. Paris, 1712. In-8.
- , 25 planches gravées de modèles d’écriture.
- — Nouveaux Exemples d’Ecriture d’une
- beauté singulière, écrits par Estienne de Blégny, Me Ecrivain à Paris, Juré-expert, et gravez par G.-A. Beroy. Paris, s. d. (1712.) In-8.
- Titre et 19 pages gravées de modèles d’écriture calligraphiés.
- — L'Ecriture Italienne bâtarde, en sa per-
- fection, de la manière qu’elle s’écrit à présent. Ecrite et gravée par Beroy, graveur. A Paris, chez l'auteur, s. d. ln-4 ob'long.
- Titre avec personnages en calligraphie, texte et 6 planches de calligraphie.
- — Les Nouveaux Principes de l'Art d’Ecrire
- ou la Vraye Méthode d’y exceller, par le sieur Royleet, divisée en 2 parties. Paris, 1731. In-4-
- Texte imprimé et 25 planches gravées de calligraphie.
- — Les Vrais Principes de VArt d’Ecrire,
- ou les Vérités de cet art rendues faciles, par demandes et réponses, par le sieur Royllet, gravé par le sieur F. Bailleul l’aîné (1). Paris, 1785. In-4 oblong.
- 18 planches gravées de calligraphie.
- — Les Fidèles Tableaux de l’Art d’Ecrire,
- par colonnes de démonstrations, par lesquelles les principes sont développés. Ouvrage très instructif dédié à Mgr de Maupeou, par Royllet. Paris, chez J.-F. Chéreau, s. d. In-folio.
- 32 planches avec le portrait de l’auteur.
- — Traité sur les principes de l’Art d’Ecrire,
- et ceux de l’Ecriture, par D’Au-trepe. Paris, 1759. In-folio.
- Avec un titre etiyplanches de calligraphie.
- —__Nouveau Livre d’Ecriture, parCRÉpy fils s. I. n. d. (Paris, 1773).
- — Démonstration de l'Art d’Ecrire, par
- M. Royllet, gravée par Petit. Paris,
- 1785.
- 22 planches de calligraphie.
- — Traité de l'Ecriture sur l'Enseignement,
- ou nouvelle Méthode,plus claire et plus facile que toutes celles qui ont parues jusqu'à présent, par H. Defarges, Maître d’Ecriture à Versailles. Versailles et Paris, 1787. In-folio.
- Titre, préface et principes de l’Art d’écrire, avec 20 planches de calligraphie, le tout gravé.
- — Traité des vrais principes de VEcriture,
- avec la manière de dresser les mémoires de fournitures et de dépenses. Ecrit par Saintomer et gravé par Petit. A Paris, chez Mondhare (1788). In-8.
- 57 planches gravées.
- — Nouveau Livre d’Ecriture pour appren-
- dre soi-même à écrire, à dresser des mémoires de dépenses et autres, et la nouvelle manière de dresser des Lettres pour la Vie Civile. Gravé par Le Parmentier. Paris, Jacques-François Chereau, s. d. In-8.
- Titre orné et 63 pages gravées de modèles de calligraphie.
- — L'Art d’Ecrire, contenant une collection
- des meilleurs exemples d'après Messieurs Rossignol et Rollin, experts écrivains vérificateurs. Dédié et présenté au Roy. Gravé par L. Parmentier, graveur de Sa Majesté. A Paris, chez Daumont, s. d. In-folio.
- Titre orné par Martinet et 27 planches gravées de modèles d’écriture.
- — L’Art d’Ecrire démontré par principes,
- avec un Précis sur la taille et la tenue de la plume, par Bernard. Paris, s. d.
- Recueil de i5 planches de calligraphie 1 gravées par Dizambourg.
- — Expédiées à l’usage des Nations commer-
- çantes, par Saintomer l’aîné,professeur d’écriture à Paris. Paris, s. d.
- 12 planches gravées par Davignon.
- — Diverses Ecritures, par Rossignol. Paris,
- chez J.-F. Chereau, s. d.
- Rossignol avait publié quatre autres « livres d’Ecritures » gravés par Aubin, Glachant et Parmentier.
- Recueil de i3 planches gravées par Molé.
- — Choix de pièces d’Ecriture,par Guillaume
- (1) La carte-adresse de Bailleul, Graveur en lettres, a été reproduite plus haut (voir page 80).
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- LE LIVRE D’OR
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- Montfort. Paris, chez Basset. In-folio. Titre et 19 planches gravées.
- — Collection des Principes et Modèles des
- différentes sortes d'écritures , par Guillaume Montfort, professeur au Prytanée Français, gravée par Dien. Paris, s. d. (1799).
- 20 planches gravées cle modèles.
- La même collection a été gravée par Bar-riole.
- — Recueil de pièces d’Ecriture d’après J.
- Boulanger, gravées par A. Pélicier. Paris, chez Basset, s. d. In-folio.
- Recueil de 20 planches gravées dont le titre.
- — Cahier d'Ecriture anglaise écrit par
- Collon; — Davignon, sculp. Paris, chez Basset, s. d. In-folio, oblong.
- Titre, 12 pages de texte et 26 planches.
- — Choix de Modèles d'Ecriture, par Louis
- Gilbert, gravés par Sophie Beaublé. A Paris, chez Basset, s. d. In-4 obi.
- Titre et loplanches gravées de calligraphie.
- — Collection de pièces d’Ecriture anglaise
- avec différentes manières de faire des encres, par de Tresse l’aîné. Paris. s. d. (vers 1800). In-folio.
- Titre et 20 planches gravées par Davignon.
- — Feuilles de Principes. Exemples et Exer-
- cices de toutes sortes d’Ecritures par les plus célèbres Calligraphes, tels que : Bernard, Baudou, Bourgoin, Gaullier, Gilbert, Huet, Paillasson, Roland, Rossignol, Saintomer et autres. A Paris, chez Jean, s. d.
- i83 feuilles gravées. Publication du premier Empire.
- —• Recueil de pièces d’Ecriture tirées par Rossignol du portefeuille de feu G. Montfort, gravées par Beaublé, écrites par Bourgoin. Paris, chez Basset, s. d. Grand in-folio.
- — Ecritures expédiées financières, par IIuet
- de Jostes. Pa ris, s. d.
- Recueil de 18 planches gravées par Dizam-bourg.
- — Collection de pièces d'Ecriture expédiée,
- par IIuet de Jostes, gravée par Djzam-bourg. A Paris, chez Jean, s. d. In-folio. 19 planches gravées dont le titre.
- — Ecriture Anglaise démontrée par prin-
- cipes, par Huet de Jostes, gravée par Dizambourg. A Paris, chez Jean, 1818. In-4 oblong.
- 18 planches gravées dont un titre orné.
- — Traité des diverses Ecritures, par Huet
- de Jostes. Paris, chez Jean, s. d.
- Recueil de 12 planches, gravées par Dizambourg, avec texte.
- — L'Ecriture commerciale et de bureau,
- par IIuet de Jostes. Paris, chez Basset .
- Recueil de i5 planches (dont le titre) gravées par Davignon.
- — Leçons d’Ecriture h l’usage des enfans
- des deux sexes, publiées par Alex. Bourgoin, professeur d’Ecriture du Lycée LIenri IV, gravées par Dizambourg. Paris, Basset, s. d. In-folio. Recueil de 16 planches de calligraphie.
- — Beautés des Ecritures françaises, par
- Alex. Bourgoin, professeur d’Ecriture.
- Recueil de 20 planches de calligraphie, gravées par Aubert fils.
- — The Art of Wrai lin g ou l'Ecriture An-
- glaise démontrée, par Alex. Bourgoin. Containing The greatest Variety of complet Alphabet en large text Roond et Runninghand, gravée par Davignon. Paris, chez Basset, s. d. In-folio.
- 20 planches dont le titre, les instructions et la posture avec vignette.
- — Les Beautés de VEcriture ou Recueil
- complet des différens caractères Français et Anglais, offran t par des exemples variés l’art d’écrire correctement, composé par Pierre Picquet, d’après les meilleurs mai très. A Paris, chez l’auteur, graveur de toutes sortes d’Ecritures françaises et étrangères, rue de Bussy,n°i5, faubourg Saint-Germain. Titre signé : Pierre Picquet scrip1 et sculp1.
- — Principes de VEcriture Cursive abusive-
- ment appelée anglaise, à l’usage de toutes les écoles de F rance, précédés d’un Discours sur l’Ecriture, par J.-A. Barde du Vigan. Paris, s. d.
- Recueil de 24 planches gravées par Pierre Picquet.
- — Cahier d’Ecriture, Factures, Comptes,
- Mémoires, Lettres de change, Billets à ordre, par Gaullier père, maître écrivain-expert, teneur de livres à Nantes.
- Recueil de 22 planches gravées.
- — Galerie. Compositions avec écritures an-
- ciennes et modernes exécutées à la plume, par J. Midolle, gravées à la lithographie de E. Simon, à Strasbourg, s. d. (vers i83o). In-folio. Recueil célèbre composé de 3 parties.
- — Ecriture Anglaise ornée. Cahier de douze
- planches, par Dublar, gravées par Davignon. Paris, s. d.
- — L’Ecriture Anglaise enseignée en 25 le-
- çons au plus, par Favarger, calligra-
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- PAPETERIE ET PRPETLERS
- phe, membre du Gymnase central des Beaux-Arts. Galerie Vivienne, 44* Aux Six Marches, Voûte de l’Horloge, près du Palais-Royal. Cours particuliers pour les dames. Leçons en Ville et dans les Pensions. Girault, sculpsit, 21, rue Neuve des Bons Enfants. Favarger, scripsit (année i832).
- Le titre, tout en écriture, naturellement, aux enlaçantes paraphes, laisse voir une tête antique émergeant dans le fond, au-dessous du chiffre 25, c’est-à-dire du nombre des leçons nécessaires.
- — Ecriture Anglaise dans sa perfection,
- par Lépine, artiste calligraphe, breveté par le Roi le 8 août i834- Paris, s. d.
- Recueil de 12 planches gravées par Davignon.
- — Cours d’Ecriture, 1839. Nouvelle Mé-
- thode, par Regnier aîné, professeur de calligraphie, de tenue des Livres et d’Arithmétique, auteur de la grande Calligraphie : Méthode sur tous les genres d'Ecrilures, de: L'Ecriture des Gens du Monde, et professeur de Messieurs les employés de la Préfecture de la Seine. Cours à l'Hôtel de Ville, à l’Ecole communale Supérieure de la Ville de Paris, et dans les Institutions du Sacré-Cœur de Mmc Migneron, Mlle Alix, Mme Docagne, Mlles Moisez, M. Cournaud, M. de Blignières, rue Chahannais, n° 5, Paris.
- « Cette nouvelle méthode inédite », dit l’auteur, « n’a aucun rapport avec toutes celles d’après lesquelles on enseigne aujourd’hui. »
- — Cahier de Calligraphie en quatre genres :
- coulée, bâtarde, ronde et anglaise,pav Werdet père, professeur à l’Ecole normale primaire d’Enseignement mutuel, à Paris. Paris, s. d.
- Recueil de 16 planches gravées par Davignon.
- — Le 7 ’résor des Nouvelles Escritures de
- Finances et Italiennes bastardes, A la Mode, avec les belles Instructions et Secrets dudit Art. Dédiées à Son Altesse Monseigneur le Duc de Cari-gnan, par Nicolas Duval, secrétaire ordinaire de la Chambre du Roy et M° Escrivain Juré et Expert à Paris pour les vérifications d’Ecritures. A Paris, chez François Jollain, rue Saint-Jacques, 1719. In-folio.
- Portrait gravé du sieur Duval, préface au lecteur et 20 planches de calligraphie, gravées avec ornements, fleurs, oiseaux et griffons.
- — L'Exemplaire pour apprendre facilement
- l’Ecriture françoise et l’allemande, par J. Braun. A Mulhouse, 1784. In-4-Titre et 3i planches de calligraphie, gravées.
- — Exemplaire de l'Ecriture françoise et
- allemande écrit et gravé par Jean-Braun le jeune. A Mulhouse, 3 7ç)3.
- In-4-
- Titre et 14 planches de calligraphie,gravées.
- — Recueil de fac-similé de toutes espèces
- d’Ecriture française et anglaise. Strasbourg, i832.
- Frontispice avec la cathédrale en traits et ont relas.
- II. Les Curiosités de la Calligraphie.
- Peut-être ce sujet très particulier tentera-t-il, quelque jour, un bihliographe-monographe épris de pittoresque. Je le souhaite. En attendant, je me contenir d’enregistrer quelques productions de l'art calh-
- ç/raphique que les papetiers se plaisaient à vendre.
- — Atlas de Portraits et Figures de Traits et Entrelas à la plume. Ouvrage unique en ce genre. Dédié aux amateurs par le chevalier Berny de Nogent, 1761. Gravé par J.-C. Back, à Francfort. I11-4.
- L’auteur s’était fait une réputation dans plusieurs Cours d’Allemagne par ses ouvrages à la plume et il avait « enseigné » dans l’art d’écrire plusieurs princes et seigneurs. 12 planches représentent, portraiturés à la plume, le duc Charles Alexandre de Lorraine, Marie-Thérèse d’Autriche, Elisabeth Pé-trowia, czarinne (sic) de Moscovie (sic);
- Paul Rubens et sa première femme; la Flamande ; la belle Allemande ; Pantalon ; le joueur de guitare; des danseurs flamands ; un combat d’animaux et le lévrier du roy d’Espagne.
- — Cahier de Têtes, Croquis, Charges et
- Exercices de plume à main levée, par Bernard, gravé par Leblond. A Paris, chez J.-F. Chereau. In-folio.
- 4 feuilles à multiples sujets.
- — Grand Christ formé de traits et Exercices
- de plume. Paris, chez J.-F. Chereau.
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- LE LLVRE D’OR
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- — Voltaire, Rousseau, Henri IV, Fran-
- klin. Portraits en traits avec Exercices de plume.
- — Tableau curieux exécuté à la plume en encre de couleur, présenté au Roi, et Horloge Botanique sur le Sommeil des Plantes et les Veilles des Fleurs présenté à la Reine, parleSr Durbelin, de Y Académie R. d’Ecriture.
- D’après les notices de VAlmanach sous Verre.
- -- Monogrammes Louis XVI. Mayer exe. et fecit, avec Privilège du Roy.
- Cahier de 7 pièces de calligraphie, gravées.
- — Déclaration des Droits de VHomme et des
- Citoyens, décrétés par VAssemblée Aa-tionale, rédigés pour l’instruction de la jeunesse, par Jumel, expert-écrivain,
- juré vérificateur, s. I. (Paris), 1790. In-folio.
- 1 feuillet gravé pour la dédicace contenant en tète les portraits de MM. Bailly et La Fayette et i3 planches de calligraphie, gravées par Petit le Jeune.
- — Cahier de traits, rendu à main levée, par
- Bernard, Maître d’Ecriture. Paris, Basset, s. d. Petit in-folio.
- Titre avec six portraits, dont celui de Christophe Colomb, exécutés au moyen de traits calligraphiques.
- — Fables d'Esope, dédiées au premier Con-
- sul Bonaparte, écrites par Guillaume Monteort, gravées par Beaublé. Paris, chez Basset, s. d. (1802).
- Titre calligraphié, avec portrait de Bonaparte et 19 planches de modèles d’écritures, avec ligures gravées, en-têtes et ornements calligraphiques.
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- LISTE ALPHABÉTIQUE DES ENSEIGNES
- ayant appartenu
- ou appartenant encore à des marchands-papetiers.
- * Les noms placés à la suite de l’enseigne sont ceux du ou des papetiers qui en portaient le vocable et dont les noms se trouvent à notre Livre d’Or. Les enseignes précédées d’un astérisque sont, celles de papetiers 11e figurant point au Livre n’On.
- I. — PARIS
- — A l’Aigle couronné (xix° siècle). Ybert fils (Marvis, successeur).
- — A l’Aigle d’Or (xvme siècle). Cabaret. — Grenard.
- — A l’Américain (xvme siècle). Chanterot fils.
- — A l'Ancienne Renommée (xixe siècle). Méant fils.
- — A l’Ancre Royal (xvme siècle). Godin.
- — Aux Armes de France (xvme siècle). Dau-bancour.
- — Aux Armes de France et de Navarre (xvii°-xviue siècles). Bouton (Latizeau et Ducbesne, successeurs).
- — Aux Armes de Monaco (xvme siècle). (Claude Lebrun).
- — A ux Armes de S. A . Mme la Princesse de Conti (xvme siècle). Réveillon (Leclercq, successeur).
- — Aux Armes de Villeroy (xvme siècle). Quénon.
- — A la Belle Plume (xvm° siècle). Navarre.
- — A la Bonne Foy (xvme siècle). Delermoy.
- — Au Bâton Turc (xvme siècle). Vallée.
- — Au Blanc Cygne (xvui0-xix° siècles). Prévost (Grenard, successeur).
- — Aux Beaux-Arts (xixe siècle). Chapron (Guerrier, Coquelin, successeurs).—Dècle.
- — Ah Bon Ouvrier (xvme siècle). Chameau-leau (Fournier, successeur).
- — Au Calendrier (xixe siècle). Bouillote.
- — Ah Cartier du Boi (xvme siècle). Ybert.
- — Aux Cartons dorés (xvm°-xixe siècles). Coudert (Henry, successeur).
- — Au Chant de l'Alouette (xvnie siècle). Nodot.
- — Au Château de Chantilly (xvme siècle). Richard (Dubois, puis Chaulin, successeurs).
- — A la Chercheuse d’Esprit (xviiiü siècle). Fournier.
- — A la Coquille (xix° siècle) {Suppl1). Mme Boullanger.
- — Au Cocq(sic) (xvm°siècle). Jacques-Simon Chéreau.
- — Au Coq Couronné (xixe siècle). Coger.
- — Au Coq Honoré (xixc siècle). Alphonse Giroux.
- — * Au Cygne Couronné (xvm° siècle).
- — A la Coupe Couronnée (xvme siècle). Cha-ponnet.
- — A la Couronne (xixe siècle). Fortin.
- — A la Couronne d’Or (xvme siècle). Blanchard (Dauron, successeur).
- — A la Cour Boy ale (xvme siècle). Petit.
- — A la Croix de Lorraine {xyiiic-xixq siècles). Cabany.
- — A la Dauphine (xvmc siècle). Guillot.
- — A la Dorure Française (xixe siècle). Ni-colet (Iteydellet, successeur).
- — A la Duchesse d’Orléans (xvm® siècle). Sigod.
- — Aux Deux Colonnes (xvme-xixe siècles). Vve Chéreau.
- — Aux Deux Créoles (xixe siècle), Delarue.
- — Aux Deux Griffons (xviii°-xix0 siècles). Du Camp de Bussy.
- — Aux Deux Piliers d’Or (xixe siècle). J. Fr. Chéreau et Joubert.
- — Aux Deux Boisixix6 siècle'. Mortier-Pille (successeur de Niodot jeune).
- — * Au Duc de Chartres (xvme siècle). Vaus-selin.
- — * Au Duc de Lorraine (xvme siècle).
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- LE LIVRE D’OR
- — A VEmpereur (xvme siècle). Duplessis fils, Guichard (Debord, successeur).—Renault-
- — A VEmpereur de la Chine (xvme siècle). Robert (François).
- — A l'Empereur de Paris (xviii® siècle). Ful-letot.
- — A l’Enfant Jésus (xviii® siècle). Des Lauriers. — Jollain.
- — Aux Envieux de la Vertu (xviii6 siècle). De Saint-Amand (Auzou, successeur).
- — A l’Espérance (xviie-xvme-xixe siècles). Jollivet (Jamet, successeur). — Leduc. — Marquis. — Percheron le jeune.
- — A IE sta fet (e(xixe siècle),Gramet (Suppl1).
- — A l’Eventail des 4 Saisons (xvme siècle). Josse.
- — A l’Exactitude (xixe siècle). Bouillotte-Dobignie.
- — Au Fidèle Berger (xvme siècle). Renault.
- — A la Fidélité (xvme siècle). D’Ailé.
- — A la Flotte d’Hollande (xvmc siècle). Boissière (Bouton, successeur).
- — * A François Iee (xixe siècle). Bibron.
- — A la GrandeVertu (xvnc siècle).Flamant.— Gorgeret. — Robert.
- — Au Globe (xvme siècle). Desnos.
- — Au Grand Aigle (xvme - xixe siècles). Goiffier.
- — Au Grand Alexandre et Empereur (xvme siècle). Nicolas Housset.
- — * Au Grand Charlemagne (xvne siècle).
- — Au Grand Empereur (xviii® siècle). Cham-proger. — Gosseron (Herbin, successeur). — Niodot.
- — Au Grand Gustave de Paris (xvme-xixe siècles). Raisin (Jounin, successeur).
- — Au Grand Livre de Lyon (xixe siècle). Lebrasseur.
- — Au Grand Louis (xviii0 siècle). Delorme.
- — Au Grand Saint-Henry (xvme siècle). Chiquet.
- — Au Griffon (xvme siècle). Blanche, —Cabaret, — Delahaye, — Ducamp, — Dupré, — Lefebvre, — Prudhomme le jeune, — Mandar, —Véron.
- — Au Griffon d'Or (xvme-xixe siècles). Molière (Furgault, successeur).— Niodot fils. — Paulinier. — Ponche.
- — A l’Homme armé (xvme siècle). Lam-bertye.
- — A l’Image Notre-Dame (xvme siècle). Boulanger, — Guérard (Petit, successeur), Jollivet,— Pelfresne, — Vautrin-Chanvalet (successeur de Delavoiepierre), (*Maroy, rue de la Harpe). — Réveillon.
- — A l’Image Saint-Etienne (xvmc siècle). Lavallard.
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- — * A l’Image Saint-François (xvne siècle).
- — A l'Image Sainte-Geneviève (xvmesiècle). Jollivet et Robert, — Jollivet l’aîné (Quentin, successeur), — Robert (Pochard, successeur), — Louvet.
- — A VIndustrie Française (xixe siècle). Aug. Jouanne.
- — A la Justice (xvme siècle). Basan.
- — Au Livre d’Or (xvme siècle). Brissart-Carolet.
- — Au Lustre d’artifice (xvmesiècle). Morel.
- — A la Main de Jésus et de Joseph (xix® siècle). H. Parquez.
- — Ah Marc d'Or(xv 111e siècle). Aublet. — Marc père.
- — A la Musique Boyale (xvme siècle). Mlle Gastagnery.
- — A l'Ordre du Saint-Esprit (xviii® siècle). Chabot père. — Mitoire (La Chapelle, successeur).
- — A la Palette de Rubens (xixesiècle).Leroy.
- — * A la Palette Romaine (xvme siècle). Chastelain.
- — A la Petite Romaine (xvme-xixe siècles). Paillard (Le Testu, successeur).
- — A la Petite Vertu (xvme-xixe siècles). Be-langé, — Guyot — Husson (Lefebvre, suc.).
- — A la Plume d’Hollande (xvme siècle). Louvet.
- — Au Papillon (xvme siècle). Aubert.
- — Au Petit Courrier (xixe siècle). Astruc.
- — Au Petit Pékin (xixe siècle). Garsion.
- — Ah Phénix couronné (xvmesiècle). Pierre Lebrun.
- — Au Port de Dunkerque (xixe siècle). Roche.
- — Au Portefeuille (xixe siècle). Goujon fils.
- — Au Portefeuille Anglais (xviii0 siècle). Salmon.
- — Au Portefeuille Royal (xviii® siècle). Jallot.
- — Au Port-Mahon (xixe siècle). Thibault.
- — Au Pressoir d’Or (xvme siècle). Benoist.
- — * Au Prince de Condé (xviii® siècle). Ma-nesson fils.
- — A la Providence (xvme-xixe siècles). Bénard,— Boulanger-Marc (Mallet, succr), — Pesaut (Marc fils, successeur),— Sassary.
- — A la Prudence (xvmesiècle). Prudhomme.
- — Au Puits d’Amour (xviii® siècle). Louis Boullanger.
- — A la Reyne de Hongrie (xvme siècle). Jo-bert.
- — A la Reyne du Clergé (xvme siècle). Guérard.
- — * A la Règle cl’Or (xvii® siècle).
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- — A la Renommée(xvme-xixcsiècles). Dubois, — Jaugeon - Suisse. — Morot (Lalanne successeur). — Rambault.
- — Au Roy Armé (xvne siècle). Joseph Ruelle.
- — .lu Roy David (xvm° siècle). Brunet.
- — Au Roy David de Paris (xviii0 siècle). Trioullier.
- — A il Roi de France (xvnic siècle). Saillard.
- — .lu Roi du Maroc (xviii0 siècle). Massé.
- — A u Roi de Perse (xvm® siècle). Renault fils.
- — Au Roi Henry IV (xvm°-xixe siècles). Lefer (Lavallard, successeur).
- — A u Roi Salomon (xvme-xixe siècles). Delà tre.
- — .lu Roi de Siam (xvmc siècle). Mandrou.
- — A la Sagesse (xvme siècle). Bougy.
- — A Sainl-Augustin (xvme siècle). Augustin Quentin.
- — .1 Saint - Jacques (xviii® siècle). Louis Crépy le fils.
- — A Saint-Louis (xviii0 siècle). Crépy l’aîné.
- — A Saint-Pierre (xviii0 siècle). Crépy le père.
- — * A Saint-Roch (xixe sièclel, rue Saint-Honoré.
- — A Sainte-Geneviève (xvmc-xix° siècles). Basse t-Lhermitte.
- — A la Sphère (xvm® siècle). Desnos.
- — A la Sphère Royale (xviie-xviue siècles'. Nicolas de Fer.
- — Au Saint-Esprit (xvmc-xix® siècles). Ar-noult, —Aug. Grimout,— Ode.
- — Au Soleil d’Or (xvme siècle). Chaponnet, — Doyen.
- — Au Temple du Goût (xviii® siècle). Chéron.
- — .1 la Tète d’Or (xviii8 siècle). Potrelle.
- II. — P]
- — Aux Armes de France (xix° siècle). Du-mond aîné.
- — Aux Armes de Mgr le Comte de Leuy (xviii0 siècle). Saintier.
- — Au Rallon (xvme siècle). Gauthier.
- — Au Carreau Couronné (xvme siècle). Sainton.
- — Au Carreau Royal (xviii0 siècle). Jean Aulmont.
- — Au Coq Couronné (xixe siècle). Pain.
- — A l’Epine Couronnée (xvme siècle). Thuillier.
- — A la Fleur des Cartes (xvm' siècle). Joly.
- — Au Mouton Couronné (xix® siècle). Hau-tot (Marcadé, successeur).
- — A la Tête Noire (xvme siècle). Du Bail, — Dusaussoy, — Larcher, — Molière (Furgault, successeur), — Brou (Suppl.).
- — * A la Toison d’Or (xvme siècle).
- — Toute Sagesse vient d'en haut (xvm® siècle). Bougy (Despilly, successeur).
- — Aux Trois Etoiles couronnées (xvme siècle). De Lanoue.
- — Aux Trois Haches (xviic-xvme siècles). Pierre Pelé.
- — Aux Trois Maures (xvme siècle). Chas-sonneris.
- — Aux Trois Roy s (xvme siècle). Chasson-neris. — Lacour.
- — Au Vase d’Or (xix® siècle). Lemonnier.
- — A la Vertu (xvne-xvinesiècles). Boivin. — Picard.
- — * AlaVierge (xvme siècle), rue de Bussy.
- — A la Ville d’Angoulême (xvm°-xixe siècles). Thierry (Deberry, successeur).
- — A la Ville de Coutances (xvm® siècle). Esnault et Rapillv.
- — A la Ville de Poitiers (xixe siècle). Hébert l’aîné (Faverolle, successeur). (Suppl.)
- — A la Ville de La Rochelle (xviii® siècle). Beaudenier.
- — A laVille de Rome (xvme siècle). Joullain.
- — A la Ville de Rouen (xviii® siècle). Marsot.
- — A la Ville de Vendôme (xix® siècle). Rivière.
- — A la Ville de Versailles (xixe siècle). Collard. — Minot. — Delormoy et Jallot.
- — A V Y grec (xvm® siècle). Loupia.
- — A la vraie science du Blason (xix,: siècle). Letort.
- — A la Palme (xvnu-xviii®siècles). Le Cauchois.
- — A la Princesse (xviii0 siècle). Charles Mouton.
- — Aux Quatre Parties du Monde (xviii®-xix® siècles). Antoine Girard.
- — Le soleil luit pour Tous (xviii® siècle). Pierre Sigogne.
- — Au Temple du Goût (xvm® siècle). Bouvet.
- — A la Tête Noire (xvme-xix° siècles). Chesneau.—Clément (successeur de Sou-brau).
- — Au Valet de Carreau (xviii® siècle). Sainton.
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- LE LIVRE D’OR
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- AU
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- GRIFFON D'OR.
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- PONCHE, f end foules sortes Je Papiers de France et dllollando Papier lavées pour les Plans, Papiers coupés. Dorés, Glacés de, hrutes y grandeursPapiers a la mode à Pignetles crbordes de toutes eouleurs.Ixi-’piers de Musùi nos et Livresde toute esp ceo,,.Papiers Ferais et autres tarn^ pour les Desseins aùepour /Ecriture ..Registres en blanc et réglés Je toutes 'onmdeu/s pour les Comptes Livres fermant à Clgfia anus d'argent-a,-\ ’ blettes de-poche .Porte feuilles J l dngloiseajarnis a or et d argent. Perte -^ feuille.) d Serviette dorés et unie de toutes couleurs, grande Perlr-fcud/cs etJTcrûotsai ’dotibleés en sage garnies en argent et en cuivre.Ecritoiresde poche, de Talle et de balisé. Cire d Espagnea cacheter, superfine tant, de • France g lie duPaus Etranger de tentes couleurs, de 1resgrosse Plainesde Frise et d'IlolUutdc la il/ces et non taillées. Plume à la mode panachées de toutes couleurs, i itiv dents à la Canneline et de Corbeaiur RcupufleO et rola/is garnies de lelours. Canifs fèrniFet autres. Gratciis, Poinçons,Isicets ttompa -ç_ ireille,< fondai;loue, llegtés.Compas.Ba/xuielbt de pocheeu argent; Plumese _* sans fin et autres en o'ret en argent Encre double et h usante de toutes cou ( leius. et Pou ù es dememe à nieto e sut papier, et lentes sortes de Mirehan -Jï dises des plus nouvelles peur (Fcripgegggjure.et a lu sage des Bureau • " rars Vj/flViW Tapiêei'ie^etlei colles
- Carte-adresse gravée dans un encadrement rocaille qui servit à bien des commerces; cet encadrement se retrouve notamment sur une adresse de marchand de fleurs artificielles et sur l’adresse de la célèbre modiste: An Chapeau de Flore. L’enseigne, illustrée, du papetier et le détail des marchandises en vente chez lui remplacent, ici, les textes de fleurs, de plantes, et de modes; à part cela, rien n’est modifié. Le Griffon d’Or (voir la notice, page 284) fut, du reste, une des maisons célèbres du dix-huitième siècle et la vignette est intéressante parce qu’elle montre en son entier une grande boîte à papier de l’époque. Quant au texte, 011 remarquera que la dernière ligne, particulièrement amusante en son orthographe fantaisiste, a été ajoutée après coup.
- (D’après un original appartenant à M, Henri Vivarez.)
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- PAPETERIE ET PAPETIERS
- Ainsi qu’il est facile de s’en rendre compte, en parcourant cette liste, le nombre des «enseignes parlantes », c’est-à-dire des enseignes consacrées à des objets de papeterie, était, en réalité, contrairement à ce que l’on pourrait penser, fort restreint ; à peine une vingtaine, si l’on veut prendre la peine de les grouper.
- Ce furent : A la Belle Plume, Au Bâton Turc, Au Blanc Cygne, Au Cartier du Roi, Aux Cartons Dorés, A la Coquille, Au Cygne Couronné, A la Dorure française, A l’Eventail des 4 Saisons, Ait Grand Aigle, Au Grand Livre de Lyon, Au Livre d'Or, A la Main de Jésus et de Joseph, A la Plume d’Hollande, au Portefeuille (Simple, Royal ou Anglais), A la Règle dé Or, A la Sphère. Et encore faut-il faire entrer dans cette énumération des enseignes de cartographe ou de marchand d’estampes?
- Alors que tant d’enseigues — telles les Armes, les Griffon, les Dnage de saints ou de saintes, l'Ordre du Saint-Esprit, les Providence, les Renommée, les Roi, — devaient être prises simultanément par plusieurs professionnels du papier établis marchands dans des quartiers différents, quelquefois même dans la même rue, — est-ce que, fait concluant, Trioullier (voir page 306) ne faisait pas remarquer qu’il était le seid et unique à être rue Saint-Honoré, à l’enseigne Au Roy David? (1) — l’on est surpris de voir que la Belle Plume, le Grand Aigle, le Grand Livre de Lyon, la Plume d'Hollatide, non seulement ne se rencontrent pas plus souvent, mais même n’aient appartenu qu’à un seul marchand-papetier.
- Et, de cela, ne faut-il pas conclure que le jeu des enseignes fut, autrefois, bien plus général qu’attributif (2). Certes, les spécialités existaient, mais — on en a la preuve ici — elles étaient relativement peu nombreuses. Il faudra même le dix-neuvième siècle pour voir apparaître des qualificatifs comme le Calendrier, Y Estafette, le Petit Courrier.
- La vérité est que le marchand-papetier, comme la plupart de ses confrères en négoce, recherchait de préférence les enseignes connues, dont la renommée n’était plus à faire. Telles, par exemple, la Flotte d’Hollande, la Tête Noire, la Coupe, la Couronne, le Griffon, la Justice, Y Ordre du Saint-Esprit, et bien d’autres qui se retrouvent indifféremment dans toutes les branches du commerce parisien.
- Ceux qui voudraient, à ce propos, entrer plus avant dans la question de l’enseigne, consulteront peut-être avec fruit mon livre : L’Enseigne, son Histoire, son Utilité, sa Philosophie (Lyon et Grenoble, 1901), en lequel un dessinateur épris de pittoresque, Gustave Girrane, a noté et croqué à sa façon tant de vieilles enseignes lyonnaises. A signaler, également, une notice publiée dans la « Chronique » de la Bibliographie de la France (n° du 25 février 1910) sous le titre de : La propriété des Enseignes des Imprimeurs et des Libraires avant 1789. Cette notice, due au savant bibliographe, M. Paul Delalain, est d’autant plus intéressante qu’elle reproduit dans son intégralité un avis relatif à un conflit soulevé par l’usage de l'enseigne.
- (1) Un autre papetier-cartier donne pour avis : « J’ai esté obligé de changer, l’attitude du Roy estant contrefaite par plusieurs particuliers. »
- (2) Une estampe de Cochin : Le Marchand de Chansons populaires, laisse voir, au second plan, l’enseigne parlante d’un marchand-papetier vendant des cartes : c’est une série de grandes cartes en bois accrochées à un bâton.
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- LE LIVRE D’OR
- ADDENDA : Documents Complémentaires
- Prix de quelques objets de papeterie à leur origine.
- Une facture de Coiffier, datée de frimaire An XI, que j’ai eue entre les mains, donne quelques prix intéressants d’objets usuels.
- On y apprend, notamment, que les crayons de velours se vendaient l fr. la douzaine; les crayons Broquemain, 1 fr. 5o pièce ; les crayons à coulisse, 12 sols. Un paquet de plumes est colé 2 fr. 20 et dix cahiers à lettres d'Holande (sic) de poste, 1 fr. 10.
- Une facture de Joubert, malheureusement sans date, porte livraison de deux boëtes en forme de livres, avec les prix :
- 1° Carton recouvert de papier doré. Sur le couvercle vignette peinte sur verre ; miroir dans le fonds de la boëte.51.6 s.
- 2° Carton. Sur le premier plat une figure de mode, coloriée; sur le second, une glace biseautée ; le tout encadré de papier doré. A l’intérieur du couvercle, une petite glace, l\ 1. 8 s.
- Sur une facture de Despilly, datée An X :
- « 2 pintes d’encre, 4 b 10 s.; 2 mains d’enveloppes, il. 4 s. ; 6 cahiers à lettres,
- 1 1. 4 s. »
- Sur une facture de Chéron (sans date mais, certainement, des premières années du dix-neuvième siècle).
- « 1 pinte d’encre, 3 fr. 25 ; 1 chopine d’encre, 1 fr. 20. »
- Sur une facture de Mme Boullanger, datée An XI :
- « Paquet étiquettes alphabet, 25 fr. ; 1 rame Griffon, 12 fr. ; 1 rame Ecu Any, à lettres, 12 fr. »
- Sur une facture de CabassOxN, datée 1839, et au nom du prince de la Moskowa :
- « 3 cahiers papier musique, 18 portées à la française, régdure très compliquée suivant commande, 6 fr. »
- Sur une facture de Dupré (Au Griffon), datée 1818 :
- « 12 cahiers papier, 2 fr. ; 1 rame papier gris, 6 fr. ; 1 rame pot, 6 fr. ; 1 rame couronne à lettres, 6 fr. 25; 1 rame Brouillard, 2 fr. 55. »
- Les Cartes-adresse de Jollivet: «A l'Image Notre-Dame».
- Le Bulletin de la Société « Le Vieux Papier » contient dans son fascicule 74 (1 septembre 1912) un article de son président, M. II. Vivarez, sur les enseignes des anciennes factures et autres papiers de commerce, dans lequel se trouve reproduite une grande carte-adresse facture, de Jollivet, qui présente quelques variantes avec la carte ici mentionnée (voir plus haut, page 248, n° 1).
- La Vierge à l’Enfant Jésus, au lieu d’être dans un simple médaillon ovale, forme un tableau avec cadre rocaille, accroché à l'encadrement même de l’étiquette : de chaque côté du tableau, également accrochés, pendent des attributs de papeterie. D’autres attributs se tixmvent sur la tablette placée au-dessus de la carte-adresse et, parmi ceux-ci, figure une boîte de papier, ouverte, s’ouvrant comme nos boîtes modernes, et laissant voir, rangées sur deux rangs, des feuilles de papier à lettres.
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- PAPETERIE ET PRPETLERS
- Prix faits par des cartes-adresse anciennes à la Salle des Ventes (1912).
- Un nombre assez considérable de cartes-adresse de marchands d’estampes et de marchands-papetiers, faisant partie de la précieuse collection Henri Boucherez, ont passé en vente les i3 et l4 décembre 1912, par les soins de MM. Léo Delteil et A. Le Corbeiller, marchands d’Estampes à Paris, lesquels ont contribué grandement, on le sait, à donner au document professionnel, — adresses — cartes — factures —menus —programmes, curiosités du papier, — une valeur marchande qu’on se refusait, autrefois, trop facilement à lui reconnaître.
- C’est pourquoi il y a intérêt à fixer, ici, les prix atteints en vente publique par certaines de ces pièces, les nos placés en tête étant ceux du catalogue même de la vente
- Boucherez (2e partie).
- N° 88 — 1 pièce, Jacques-Simon Chereau, Magazin d'Estampes.............52 fr.
- » 108 —. i5 pièces différentes, à l’enseigne A l'Image Notre-Dame.......52 fr.
- » 109 — 8 » » A l'Image Sainte-Geneviève. ... 38 fr.
- » 110 — i5 » » A la Teste Noire. . . . . . . 25 fr.
- » 113 — 2 pièces, « Au Roy de France, rue Montorgueil », et « Papier fin fait
- par M. Jean Gaudin, au Grand-Moulin du Got ».................16 fr.
- » u4 — 14 pièces différentes (Au Saint-Esprit, à la Sagesse, au Soleil d’Or,
- au Temple du Goût, à l’Image Saint-Etienne, etc.)...........[fo fr.
- » 115 — 17 pièces illustrées et typographiques..........................25 fr.
- » 116 — i3 pièces diverses (aux noms des marchands-papetiers : Goclin,
- Réveillon, Latizeau, Debord, Renault, Deslauriers, etc.). ... 3o fr.
- Etiquette lithographiée de ramctle de papier à lettre (Second Empire).
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- POST-FACE
- Il n’v a pas de banquets sans toasts.
- Il n’y a pas de livre de travail, de documentation serrée, sans que l’auteur ne se trouve avoir à remercier les uns et les autres, je veux dire tous ceux qui l’ont aidé dans ses recherches.
- Fidèle à la coutume, je viens donc adresser mes remerciements aux papetiers et marchands d’estampes, dont le concours empressé m’a permis de mettre sur pied ce que nous avons appelé le Livre d’Or de la Papeterie; — un livre d’or d’un genre nouveau qui, je l’espère, aura bientôt ses imitateurs.
- C’est la première fois, en effet, — en France,—que l’on tente une sorte d’histoire, de généalogie commerciale, si l’on peut s’exprimer ainsi, de simples et placides marchands, — tout au moins dans un esprit de recherche, de documentation, dans le but de constituer les archives d’une iudustrie, ce qui est le côté intéressant de la chose. Car, jusqu’à ce jour, on n’avait vu sous cette forme, que des affaires de publicité commerciale, faites dans un but unique de réclame.
- Ces notices valent plus ou moins, suivant qu’elles se trouvent être plus ou moins complètes; elles n’en représentent pas moins une somme d’efforts considérables, car— on me croira, volontiers, — il est plus difficile d’établir la généalogie d’une maison de papeterie, d’une famille de Marchand-Papetier-Cartier, que la généalogie d’une maison princière, régnante ou non.
- Dois-je dire que c’est là une évolution précieuse dans les idées? Me permettra-t on de faire observer que je jette, ici, les premières bases de ce que devra être l’histoire future de l’homme et du travail. Une fabrique d’encre remontant à 1602, une papeterie pouvant fournir la généalogie de tous ceux qui la dirigèrent depuis 1659 sont, en vérité, des maisons de noblesse commerciale, c’est-à-dire d’une essence, d’une source tout aussi intéressante que des maisons royales ou princières.
- Et je ne surprendrai personne en disant que le plus chaud partisan de cette idée fut M. Georges Putois, l’homme actif et entreprenant entre tous, l’organisateur de premier ordre qui remporta tant de victoires sur le champ de bataille des Expositions; M. Georges Putois, dont je m’honore d’être l’ami, alors Président de la Chambre du Papier et des Industries qui le transforment — ce papier qui est une partie de sa vie, et dont il tient à
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- POST-FACE
- suivre sans cesse les progrès et les évolutions, tout en s’intéressant, sous toutes les formes, à son passé.
- N’est-ce pas à lui que l’on doit de nombreux et curieux essais d’imitation des types anciens — essais qui ont si pleinement réussi qu’ils constituent presque, aujourd’hui, une branche d’industrie nouvelle. Je n’en veux pour preuve que ces papiers marbrés reconstitués avec un tel art, une telle perfection au point de vue des couleurs que, souvent, ces feuilles ont été prises, parles amateurs les plus avisés, pour des morceaux anciens d’une authenticité incontestable.
- Et ainsi, son nom restera doublement attaché à l’œuvre présente, parce que, non content de la patronner, il s’est, en la circonstance, montré éditeur intelligent et non parcimonieux, doublant, triplant le budget que lui avait accordé la Classe — chose méritoire, à une époque où la vieille tradition de l’éditeur consciencieux s’est pour ainsi dire perdue.
- Mes remerciements iront donc, une fois encore, à lui, comme ils vont à tous ceux dont les indications et les collections m’ont été précieuses : M. Ed. Bellamy, papetier, qui, depuis très longtemps, se plaît aux recherches sur sa corporation; M. Charles Fortin, qui possède nombre de pièces curieuses; M. Léo Deltei’l, qui ne se contente pas, comme tant d’autres, de vendre des estampes, mais qui les groupe, les catalogue et publie de temps à autre d’intéressantes petites monographies; M. A. Wuaflart, l’érudit bibliothécaire de cette Bibliothèque cl’ Art et ch Archéologie, à l’aide de laquelle M. J. Doucet rend de si grands services aux industries d’art ; M. Henri Yivarez, Président de la Société Le Vieux Papier, ainsi que le Secrétaire de cette dernière, M. Paul Flobert; MM. Saffroy frères, qui ont déjà grandement contribué à répandre la connaissance des vieux papiers; M. A. Geoffroy qui a eu entre les mains les plus belles collections de vues d’optique qui aient été jamais réunies dans l’arrière-boutique d’un papetier.
- Et maintenant, Papeterie et Papetiers cle T ancien temps peuvent se reposer sur les lauriers qu’ils offrent à leurs jeunes successeurs.
- Par delà les Révolutions, l’ancienne Corporation des Marchands-Mer-ciers-Papetiers-Cartiers tend la main aux Papetiers-Imprimeurs-Litho-graphes de nos jours, alors que les Petit Dunkerque du dix-huitième siècle se retrouvent, considérablement agrandis, dans les Grands Bazars du vingtième siècle.
- Et par ainsi, se réalise l’affirmation de ce maître-marchand, ancien officier de la communauté, vers 1640, proclamant alors à la face des siens ce qui est devenu, depuis, une généralité : « Merciers sont maîtres du commerce du monde. »
- JOHN GRAND-CARTERET.
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- ERRATA
- Page 47 :
- Sommaire du chapitre, dernière ligne. Au lieu de Boulons, lire : « crayons ».
- Page 128 :
- Légende de la gravure : « Papeterie Maquet ». Au lieu de : avenue de l’Opéra, lire : « rue de la Paix ».
- Pages 202, 280, 258 :
- Bouton. — Duchesne. — Latizeau.
- Par le fait qu’il a existé deux Bouton, avec enseignes différentes, certaines confusions se sont produites dans nos notices. Duchesne, mentionné comme ayant changé l’enseigne du second Bouton, fut, en réalité, un des gendres et successeurs du premier Bouton, Latizeau étant l’autre. Duchesne ne changea donc rien et est à placer à la notice au-dessus.
- Pages 211 et 229 :
- Chaulin. — Dubois.
- Avaient eu pour prédécesseur Richard [voir ce nom].
- Page 222 :
- Dei.ermoy, à Paris.
- Devint par la suite : Delermoy et Jallot.
- D’après mes dernières recherches, Delermo}' à Versailles était Delermoy père, alors que la maison de Paris était Delermoy fils.
- Page 23g :
- Grenard. (Second du nom.)
- A ses successeurs Longuet et Berger, il convient d’ajouter Henry Bouchet qui exerçait encore en i83o. Page 2C4 :
- Mandar, rue Saint-IIonoré.
- Avant Derongé eut pour successeur Bemoissenet ; et c’est en i833 et non vers i835 que Derongé prit la maison.
- Enveloppe de jeu de cartes pour la fabrique de J.-Jacques Bougron (1735-176'à) : Au juste Dauphin, représentant Louis XV enfant, gravée en bois par Papillon. Epreuve avant les lettres (d’apirès le recueil Papillon, à la Bibl. Xat.).
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- Etiquettes de la « Ferme Générale des Tabacs » au xvnie siècle, gravées en bois par Papillon.
- TABLES
- I. — TABLE DES MATIERES
- AVANT-PROPOS
- Glose sur le papier et ses fervents. —Papier, Papeterie et Papetiers.— Le Livre d'Or de la Corporation......................................................................... Page 1
- PREMIÈRE PARTIE
- Les Corporations prenant le titre de Marchands-Papetiers. — Sortes et qualités des papiers. — La boutique du Papetier : des temps anciens à nos jours. — Notices sur les objets divers qui s’y vendaient.
- Chapitre I (ire partie)
- VENDEURS ET PROCÉDÉS DE FABRICATION
- Des marchands et communautés qui avaient le droit de vendre papiers et objets de papeterie. — Marchands merciers, maîtres cartiers, colleurs de feuilles (cartonniers). — La fabrication du carton. L’art de la dominoterie. — De quelques communautés tenant à la Papeterie.— Tapissiers-Dominotiers, Imagiers et Graveurs. — Enlumineurs. — Eventaillistcs. — Peintresses en éventails. i5
- Documents du Chapitre I
- Sortes et qualités des papiers, 3q. — Papiers gris et autres couleurs, 4°* — Fabriques de papiers et sortes fabriquées par elles, 4i. — Poids des rames du papier d’Auvergne, 43.— Arrêts royaux : Arrest du Parlement en faveur de l’Université de Paris touchant les Jurez-Papetiers (19 mai 1608), 4-L — Arrêt du 11 juillet 1671 pour obvier aux abus dans la fabrication et la vente du papier, 44-
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- TRBLE DES MATIÈRES
- Chapitre I (2e partie)
- LA BOUTIQUE DU MARCHAND-PAPETIER AVANT LA RÉVOLUTION. - CE QUI s’y VENDAIT
- Le papier sous toutes ses formes : papiers blancs et papiers gravés pour les usages de la vie quotidienne. — Le papier illustré (les images, les découpures, les cartes). — Les objets de maroquinerie. — Les objets de tabletterie. — Cartonnages et bibelots d’actualité. — Plumes, encre, cire, crayons, écritoires, poudres. — Les à-côtés de la papeterie............................................. 47
- Chapitre II
- LA BOUTIQUE DU MARCHAND-PAPETIER DE 1800 A 1880
- Papeterie-omnibus et Papeterie spécialisée. — Papeterie-Librairie. — Papeterie-Lithographie et Imprimerie. — Etiquettes et Cartes d’adresse. — L’Imagerie pour la confiserie. — Ecrans et Abat-jour. — Numéros de conscrits. — Jeux. — Imagerie genre Epinal. — Ce que vendait un grand papetier aux approches de i83o. — Ce qu’on trouvait dans les « salons» de Susse en 1842. — Les variétés du papier à lettre ........................................................................ 97
- Documents et Notices de la 2e partie du Chapitre I et du Chapitre II
- Les Enveloppes de lettres. — Ancienneté de leur origine. — Papiers pour enveloppes et Enveloppes toutes préparées, i33.
- Les outils de l’Ecrivain (Notes sur l’Encre, les Encriers, les Plumes métalliques, les Crayons): Les fabrications de l’Encre, d’après Pline, 137. — L’art de faire de l’encre, 137. —Recette de l’encre employée par Tannegui Le Fèvre, père de Mme Dacier, d’après une communication de M. A. Le Prévost, 140. — Les plumes métalliques : Les plumes dans l’Ecriture sainte, 142.— Les plumes métalliques des Romains, 142. — Les plumes métalliques au moyen âge, 143. — Les premières plumes d’acier : André Dalesme, Arnoux; Plumes économiques d’Angleterre; Plumes d’or; Les plumes Ilumboldt ouvrant la voie aux plumes à portraits, i43.
- Les Encriers (Des escriptoirs aux encriers monumentaux), i5o.
- Lés crayons, grattoirs, taille-plumes, porte-crayons, règles, 157.
- Quelques particularités de Papiers : Papiers veloutés, 162. — Papiers à tapisserie couverts de portraits à l’ombre, i64- — Papier patriotique, i65.
- Cire a cacheter, pain a cacheter, 166. — De quelques marchands ambulants de la Papeterie (xvme et xix° siècles), 168.
- Premières inventions pour la multiplication des copies d’écriture. — Machine pour écrire avec sept plumes (1682), 171. — Le Polygraphe de M. de Cotteneuve (1769) ou « le faiseur de plusieurs écritures à la fois », 171.
- Inventions diverses se rapportant à la correspondance : Secrétaire mécanique, 174. — Secrétaire mécanique portatif, 174. — Instrument pour la correspondance éloignée, 174.
- Portefeuilles. — Nécessaires. — Papeteries. — Papier a lettre, 17b.
- Documents Bibliographiques et autres se rapportant au Commerce du Papetier-Marchand.
- I. Documents officiels (Statuts, Ordonnances, Règlements), 178. — Pièces provenant de la collection Anisson, 179.
- IL Annuaires anciens, Dictionnaires et Recueils à consulter, 181.
- III. Quelques ouvrages techniques, 182.
- IV. Articles de Revues ou Collections, 182.
- Facéties. Pièces de fantaisie. La Misère des apprentifs papetiers-colleurs, relieurs et doreurs de livres (xvin® siècle), iS3; — les recueils de chansons (xixe siècle), 186.
- Les albums et recueils de papier; les objets de papeterie dans les ventes, 187.
- Documents graphiques, 188.
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- TRBLE DES MATIÈRES
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- DEUXIÈME PARTIE
- Le Livre d’Or de la Papeterie.
- Liste alphabétique des Marchands-Papetiers-Cartiers ; Graveurs et Marchands d’Estampes; Fabricants d’Encre et de Plumes à partir de 1691.
- I. Paris et Versailles.............................................................. igi à 3io
- II. Quelques Marchands-Papetiers des provinces (Bordeaux, Cette, Dijon, Le Havre, Lille, Lyon,
- Limoges, Moulin, Nancy, Nantes, Rouen, Troyes)........................................... 3li à 317
- Les Calligraphes et la Calligraphie, de 1600 à 1840. — Noms et adresses des Maîtres-Experts-Jurés-Ecrivains de Paris et des Etrangers, agrégés à l’Académie, d’après ïAlmanach Dauphin de 1776. — Autres Maîtres connus..................... ........................................................... 3j8
- Quelques volumes de Calligraphie: I. Principes et Modèles d’Ecriture; — IL Les Curiosités de la Calligraphie.................................................................................... 321
- Liste par ordre alphabétique des Enseignes ayant appartenu ou appartenant encore à des Marchands-
- Papetiers, avec quelques considérations sur l’Enseigne.......................................... 326
- Addenda : Documents complémentaires. — Prix de quelques objets de Papeterie à leur origine. 33i Les cartes-adresse de Jollivet, A l’Image Noire-Dame, 33o. — Prix atteints par des cartes-adresse à la Salle des Ventes (1912).............•............................................................ 332
- Post-Face................................................................. ..... 333
- Errata.......................................................................... 335
- Rue S 1 Honore, N" «.) A 4-an coin 3c la Pince Vendôme.
- Lavallard,
- ÜENDRE ET SUC* T.SSEUR DE M“ LeTER, M"IliPET 1ER ,
- ,v7*'fit '//laça,un Je ‘Capter Je. t France et J/tol/anJe lAt^gmtree, é/ournanx >peur /a/Aw/w, [ÙumejJ/JollanJe, (Ancre JoaAle et laiounte, Cire ù eucAeter Je/"Qualité. {£orte-/èull/men foutycnre et généralement ce gui concerne la fourniture Jeu 1/Aureamr , t/êentauMt unf/latpon Je ‘/épiera pour é/entureo
- 3 A PARI S.
- Carte-adresse, de Lavallard, intéressante pour le détail des objets de papeterie. (D’après un original appartenant à M. Henri Vivarez.) jt.1 1 A ;AH
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- 34o
- TABLE DES MA T 1ÈRE S
- II. - TABLE DES GRAVURES & DOCUMENTS
- GRAPHIQUES
- 1. Jeune épistolière cachetant une lettre à cachet volant............................... Frontispice
- 2. Encadrement rocaille pour recueil commercial. xvme siècle..................................... vu
- 3. Intérieur de graveur. Gravure de Duplessis-Bertaux............................................. 1
- 4. La belle marchande de caries. Gravure de Binet, pour Les Contemporaines, de liestif de
- La Bretonne............................................................................. 5
- 5. La Papetière. Lithographie coloriée, de Bouchot (vers i83o).................................... 7
- 6. Trois sons le cahier! Lithographie de Victor Adam (i83o)..................................... 12
- 7. Encadrement orné avec vignettes maritimes, pour recueil commercial (xvme siècle).............. i3
- 8. Formule de traite, gravée (époque du Consulat)................................................ i5
- 9. Atelier de Cartier s. (Gravure sur bois du xvie siècle)....................................... 22
- 10. Cartier, Atelier, Moule, Patron et Ustensiles (Gravure d’après le Recueil de planches sur les
- Sciences, les Arts libéraux et les Arts mécaniques, 1760).............................. 28
- 11. Cirier en Cire a cacheter (Cire d’Espaqne). Gravure d’après le même recueil............... 27
- 12. Enveloppe de Jeu de Cartes pour le jeu de Comète.......................................... 28
- 13. Gaufrure du Carton. Gravure d’après le Recueil de planches sur les Sciences et les Arts (176b). 29
- i4- Le fabriquant de papier marbré. Vignette d'une feuille d'imagerie du Directoire............ 33
- 15. Eventaillisle. Monture des Eventails. Gravure d’après le Recueil de planches sur les Sciences
- et les Arts (1760)........................................................................ 30
- 16. Eventaillisle. Peinture des feuilles. Gravure d’après le même recueil..................... 87
- 17. Relieur au cousoir cousant des registres. Gravure sur bois, anonyme (1820 à 1825)............ 38
- 18. Etiquette-adresse de fabrique de papier : Moulin de Pisseloube............................... 4°
- 19. Etiquette-adresse de la fabrique : Au Palmier Royal. Gravure sur bois de Papillon....... 41
- 20. Etiquette de rame de papier bulle............................................................ 45
- 21. Boutique de M. Jollivet, Marchand-Papetier, rue de Bucy (Consulat)........................... 47
- 22. Etiquette de Jeu de Cartes (xvme siècle).................................................. 5o
- 23. Encadrement pour recueil commercial : Lettres de Change, Billets et Mémoires acquittez (1735).
- Gravure de N. Guérard.................................................................. 53
- 24. Etiquette pour enveloppe de rainette de papier-poste...................................... 54
- 25. Encadrement pour recueil commercial : Lettres de Voilures, Connoissemens et Prix courans
- (1737). Edité par Larcher............................................................... 55
- 26. Etiquette pour enveloppe de ramette de papier-poste....................................... 56
- 27. Faire part de mariage. Gravure de Croisey (vers 1781)..................................... 57
- 28. Le Portrait utile par son ornement (le portrait est celui de Barrême). Gravure de Bazin... 5q
- 29. Lettre mortuaire de M. Ducastin, Maître Relieur et Doreur de Livres (1764)................... 60
- 30. Carte de visite de Gleize, oculiste de Mgr le comte d’Artois................................. 62
- 31. Etiquette commerciale : A la Tour d’Argent. Gravure sur bois de Papillon..................... 63
- 32. Carte-adresse : A la Ville de Beauvais. Gravure de Papillon.................................. 64
- 33. Etiquette commerciale avec rébus allégorique. Gravure de Papillon............................ 64
- 34-35. Cartes-adresse de Marchands pelletiers-fourreurs. Gravure de Papillon............... 64-65
- 36. Carte-adresse de Marchand-Bonnetier. Gravure de Papillon..................................... 66
- 37. Etiquette : Au Chat Lié, Fil de Paris. Gravure de Papillon................................ 67
- 38. Etiquette : Etamine F. du Mans. Gravure de Papillon (1762)................................... 68
- 39. Carte-adresse de Marchand-Epicier : A la Teste Noire. Gravure de Papillon (1768)............. 68
- 40. Feuille d’étiquettes pour flacons et boîtes de pharmacie (xvme siècle)....................... 69
- 41. Carte-adresse et facture : A la Source du bon Tabac d’Hollande. Gravure de Papillon.......... 70
- 42. Imprimerie Lithographique de F. Delpech. Lithographie de Carie Vernet (vers 1820)............ 71
- 43. Images, dessins, découpures. Vignette du jeu d’Oie, dit: Jeu des Cris de Paris (1798)........ 72
- 44- De l’encre pour écrire. Vignette de la même estampe (1798).................................... 72
- 45. Calendrier perpétuel dédié à la Nation, par du Brena (1791). Chez l’auteur, rue du Battoir... 78
- 46. Le vrai Portrait du Juif-Errant. Image de la fabrique de Garnier-Allabre, à Chartres (1784).. 75
- 47-48. La Mode passe comme un feu de paille. Image à transformation du premier Empire (indiquée
- par erreur, dans le texte, comme étant du Consulat).................................. 76-77
- 49- Carte-adresse de Baillieul l’aîné, graveur en lettres (xvme siècle)........................ 80
- 50. Art d'Ecrire (le jeune homme). Gravure de Prévost, d’après le Recueil de planches sur les
- Sciences et les Arts (1763)................................................................ 81
- 51. Ecran à main de l’époque du Consulat......................................................... 83
- 52. Carte-adresse illustrée du sieur Erban, silhouetteur (xvme siècle)........................... 85
- 53. Carte à double usage (pour le portrait à la silhouette et pour le nom) (xvme siècle)......... 87
- 54-55. Titres de deux carnets à écrire : Le Secrétaire des Dames et Messieurs et Le Nécessaire,
- joints aux almanachs de poche de chez Desnos (xviii0 siècle)......................... 90
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- TRBLE DES MATIÈRES 34i
- 56. Le Poêle des Boulevards : « l’art est de l’homme, le génie est des deux ». Composition et gravure
- de Nicolet (xvm® siècle)............................................................... 91
- 07. Fac-similé d’une Quittance de souscription pour le tableau de David : Le Serment du Jeu de
- Paume (1791), en dépôt chez les papetiers.............................................. g3
- 58. Quittance de livraison pour Paris et ses Monumens, de Baltard, en dépôt chez les papetiers (i8o5). 94
- 5g. Etiquette: Manufacture royale d’Angers. Gravure de Papillon..................................... 96
- 60. Abat-jour donnant les têtes et coiffures du jour. Lithographie de Delarue (vers 1840)........... 97
- 61. « Faut avouer que V Gouvern'ment a une bein drôle de tête » : La devanture de l’éditeur
- Aubert. Lithographie de Ch. Philippon et C.-J. Traviès (i832).......................... 99
- 62. Calendrier Perpétuel,avec mouvement (Restauration).......................................... 102
- 63. Feuille d’expédition et de transport par mer (Restauration)..•.............................. io5
- 64. Le mât de Cocagne des Amours. Imagerie mouvante (Restauration)................................. 107
- 65. Jeu de Lindor ou Nain Jaune. — Image pour le couvercle de la boîte du jeu (i832)............. 109
- 66. Origine des Cartes a Jouer. Notice historique publiée par Astruc, papetier (Premier Empire). n3
- 67. Bonbons d’Amour plairont toujours. Lithographie pour boîte de bonbons (1819)................ n4
- 68-71. Les Océanides allégoriques. Enveloppes de bonbons, illustrées (Restauration).................. n5
- 72-73. Bonbon du duc de Bordeaux. Enveloppes de bonbons, illustrées (Restauration)................... n5
- 74-76. Bonbon du Diable. Enveloppes illustrées représentant l’Amour jouant au jeu du Diable ( 1817). 116
- 77. Bonbon aux Dames Blanches. Vignette pour le couvercle de la boîte (1827)........................ 117
- 78-79. Amour-Valeur : Joue-Feu ! Vignettes pour enveloppes de bonbons............................... 118
- 80. Ecran à main aux portraits du Roi Louis-Philippe, de la Reine et de la famille royale (1840).. 119
- 81. La Sérénade espagnole. Vignette pour enveloppe de tablette de chocolat....................... 120
- 82. Abat-jour à silhouettes et diableries. Six compositions lithographiées par Delarue (vers 1840). 121
- 83. « L’existence est une ivresse — Qu’on croit prolonger sans cesse ». Vers de mirliton pour « papil-
- lottes » (Restauration)................................................................... 127
- 84. Une boutique de papetier à la mode sous le Second Empire : Maquet.............................. 128
- 85. Presses à rogner et à presser (vignette de la Restauration)................................. 131
- 86. Rosace fleurdelysée : a Brest, chez Jérôme Derrion, libraire................................ i32
- 87. Jeune homme occupé à sa correspondance : devant lui deux lettres mises sous enveloppes.
- Vignette de livre (xvm® siècle)........................................................ 134
- 88. La bonne Ancre (sic). Gravure de Bouchardon pour les Cris de Paris (1737)...................... i38
- 89. Le marchand d’encre. Lithographie de Marlet, pour les Tableaux de Paris (1819)................. i3g
- 90. Art d’Ecrire (la jeune fille). Gravure de Pi’évost, d’après le Becueil de planches sur les Sciences
- et les Arts (1763)........................................................................ i46
- 91. L’cchoppe de l’écrivain public (xviii® siècle).............................................. i47
- 92. Les usuriers, d’après une peinture de Quentin Metsys (xve siècle). Image montrant l’escriptoire
- et ses différents objets.................................................................. i5i
- g3. Ille Deus casla nascelur Virgine Magnus. Femme écrivant avec une plume d’oie. D’api'ès un
- tableau du Gucrchin (xvne siècle)........................................................ i53
- 94- « En la voïant écrire, j'observois avec soin Iris ». Dessin de Coypel gravé par Tardieu...... i55
- g5. Mangin, le célèbre marchand de crayons. Gravure de Charles Yriarte (L’Illustration, 1860)... i58
- 96. Un marchand de crayons. Lithographie de Gavarni, pour la suite Les Parisiens (1857)......... i5g
- 97. Physionomies Parisiennes. Papier a lettres! Lithographie de Gavarni, pour la suite : Masques
- et Visages (1857)........................................................................ 161
- 98. Document pour servir à l’histoire des lettres et de la poste. Gravure de Reiber, d’après un
- original de Boucher....................................................................... i63
- 99. Colporteur des papiers Weynen. Lithographie de Raffet (vers i83o)........................... 169
- 100. Encadrement pour recueil commercial, avec ornements rocailles et attributs mai’itimes (1787) 189
- 101. Tête de lettre de la Manufacture des Crayons Conté (1808)................................... 191
- 102. Carte-adresse de Aumoitte (Stern, successeur) (vers i852)..................................... 193
- 103. Carte-adresse illustrée de Basan, A la Justice (xvm' siècle).................................. ig5
- 104. Façade delà papeterie Jules Bouillotte (xixe siècle)....................................... 201
- îoô. Carte-adresse illustrée de Bouton, Aux Armes de France et de Navarre (vers 1690)............... 2o3
- 106. Carte-adresse illustrée de Cabaret, Au Griffon (1755)......................................... 209
- 107. Etiquette de Cabasson (Restauration).......................................................... 207
- 108. Facture à en-tête illustré de Camproger (Restauration)......................;.............. 209
- 109. Carte-adresse illustrée de Chassonneris, Aux Trois Maures (xvme siècle).................... 210
- 110. Cachet médaillier à cent devises de Brasseux Jeune, graveur (Restauration)................. 217
- 111. Carte-adresse illustrée de de Fer, avec catalogue de ses cartes géographiques (jusqu’en 1706). 219
- 112. Carte-adresse de Delarue, Papeterie des deux Créoles (xixe siècle)............................ 221
- n3. Carte-adresse de Delatre, cartier, Au Roi Salomon (xviii® siècle)............................... 222
- 114. Carte-réclame typographique de Delermoy, A la Bonne Foi (xvme siècle)......................... 223
- 115. Carte-adresse illustrée de Delorme, cartier, Au Grand Louis (xviii® siècle)................... 224
- 116. Faire-part de mariage, gravé par Desmaisons (xvme siècle)..................................... 225
- 117. Fac-similé d’une facture de Despilly, Egassc et Bezuquet, pour livraison de papier au libraire
- Prudhomme (1793).......................................................................... 227
- 118. Fac-similé d’une facture de Fortin pour livraisons au prince de Rohan (1820)............... 235
- 119. Carte-adresse typographique de Guillot, A la Dauphine (xvm* siècle)........................ 240
- 120. « Au nom de Dieu », page initiale d’un grand livre de commerce au xvm® siècle.............. 243
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- 342 TRBLE DES MATIÈRES
- 121. Enveloppe de jeu de cartes de Jobert, A la Reine de Hongrie (xvme siècle)................ 2/J8
- 122. Carte-adresse illustrée de Jollivet, A l’Image Notre-Dame (ier type) (xvme siècle)................. 246
- 123. Carte-adresse illustrée de Jollivet, A l’imagé Notre-Dame (2e type) (xvm® siècle).................. 25o
- 124. Carte-adresse illustrée de Jollivet, A l’Espérance (xvme siècle)................................... 262
- 125. Enveloppe de jeu de cartes de Jounin, Au Grand Gustave de Paris (xixe siècle)................... 253
- 126. Carte-adresse illustrée de La Chapelle, A l’Ordre du Saint-Esprit (1780) .......................... 234
- 127-128. Cartes-adresse de Larcher, A la Teste Xoire (rue des Arcis et rue de la Verrerie). 236-267-258
- 129. Enveloppe de jeu de cartes de F. Le Tellicr, gravée par Papillon (vers 1760)....................... 261
- 130. Carte-adresse de Letort, graveur du Ministère des Finances (Restauration).......................... 262
- 131. A l’Image Sainte-Geneviève, carte-adresse typographique de Louvet (1708)................. 263
- 132. Papeterie Maquet. Boutique de la rue de la Paix, 20 (vers 1846).......................... 265
- i33-i34- Un contrat d’apprentissage en 1793. Engagement du jeune Damien, dit Fortin, par Raët
- et Lamy, marchands-papetiers................................................................ 266-267
- 135. Carte-adresse de Minot, A la Ville de Versailles (xvme siècle).......................... .. 271
- 136. Etiquette de Mortier-Pille (Restauration)............................................. 272
- 137. Liste de Messieurs les Maistres et Marchands-Papetiers de la Ville de Paris pour l’année
- M.DCC.LXX1... D’après l’original in-folio.......................................... 273
- 138. Carte-adresse illustrée de Ode, Ali Saint-Esprit (xixe siècle)..................................... 278
- 139. Carte-adresse de Petit, successeur de Guérard, A l’Image Notre-Dame (xviue siècle)................. 281
- 140. Carte-adresse illustrée de Pochard, succr de Robert, A l’Image Sainte-Geneviève (xvm6 siècle). 284
- 141. Enveloppe de jeu de cartes, de Raisin, Au Grand Gustave de Paris, gravée par Papillon (1760). 287
- 142. Carte-adresse illustrée de Réveillon, Aux Armes de S. A. Madame la princesse de Contg (178). 288
- 143. Carte-adresse illustrée de Robert, A l'Image Sainte-Geneviève (1760).................. 291
- 144. Fac-similé de la première page de la Réponse pour le sieur Royer contre le sieur Guyot (plai-
- doirie d’avocat) (1773)............................................................ 293
- 145. Fac-similé : Examen des encres de Royer (Extrait des Registres de l’Académie R. des Sciences, 1773) 296
- 146. Carte-adresse illustrée de Joseph Ruelle, Au Roy armé (i663).......................... 296
- 147. Carte-adresse illustrée de Saillard, Au Roy de France (1719)............................. 297
- 148. Carte-adresse illustrée de Savoye, A l’Empereur (xvne siècle)......................... 299
- 149. Carte-adresse de Susse (premier Empire)............................................... 3oi
- 150. Le passage du Panorama, avec l’enseigne de Susse, d’après l’aquarelle du musée Carnavalet
- (époque du Consulat)............................................................;..... 3o3
- 151. Enveloppe de jeu de cartes de Jean Trioullier, Au Roy David de Paris (1741)........,..... 3o6
- 152. Carte typographique pour changement d’adresse, de Vincent ( 1771)..................... 3o8
- 153. Carte-adresse ornée de A. Girard, Aux Quatre Parties du Monde, à Lyon (xvm' siècle)................ 3i3
- i54- Carte-adresse de Marcadé, Au Mouton Couronné, à Rouen (xixe siècle).................... 3i4
- 155. Prospectus pour la Manufacture d’encre de Rapet, à Lyon (xixe siècle) ............................. 3i5
- 156. Carte-adresse illustrée de Ponche, An Griffon d’Or (xvme siècle)......................... 329
- 157. Etiquette lithographiée de ramette de papier à lettre (xixe siècle)................... 332
- 158. Enveloppe de jeu de cartes, de J.-J. Bougron, Au Juste Dauphin, gravée par Papillon(xvmesiècle). 335
- i5g. Etiquettes de la Ferme Générale des Tabacs (xvme siècle)............................... 336
- 160. Carte-adresse ornée de Lavallard, Au Roy Henri IV (xvme siècle)........................ 338
- SAINT-CLOUD. — IMPRIMERIE BELIN FRÈRES.
- p.342 - vue 365/366
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- p.343 - vue 366/366
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