Rapports du jury international
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- RAPPORTS DU JURY INTERNATIONAL
- L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1900
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- OCax Sfà
- MINISTÈRE DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900
- À PARIS
- RAPPORTS
- DU JURY INTERNATIONAL
- Groupe VIII. — Horticulture
- CLASSES 43 A 48
- BIBLIOTHÈQUE DU CONSERVATOIRE NATIONAL des ARTS &. AIETIEUS
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- ! No du Calaloguÿû ! i-irggajCsîimation ; ____
- Entrés, le.
- PARIS
- IMPRIMERIE NATIONALE
- M CMII
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- CLASSE 43
- Matériel et procédés de l’horticulture et de l’arboriculture.
- RAPPORT DU JURY INTERNATIONAL
- PAR
- M. LUCIEN CHAURÉ.
- VICE-PRÉSIDENT DE LA SOCIETE DE TOPOGRAPHIE DE FRANCE, DIRECTEUR DU MONITEUR DE L’HORTICULTURE
- Gn. VIII. — Cl. 43.
- IMPRIMERIE NATIONALE.
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- COMPOSITION DU JURY.
- BUREAU.
- MM. Viger (le docteur Albert), député du Loiret, ancieu Ministre de l’agriculture, président de la Société nationale d’horticulture de France (président des comités
- et du groupe VIII, Paris 1900), président........................................
- Francis (J. M.), vice-président.....................................................
- Ghaüré (Lucien), vice-président de la Société de topographie de France, directeur
- du Moniteur de l’horticulture (rapporteur des comités), rapporteur...............
- Ciiatenay (Abel), horticulteur, secrétaire général de la Société nationale d’horticulture de France (secrétaire des comités et du groupe VIII, Paris 1900), à Vitry-sur-Seine (Seine), secrétaire.................................................
- JURÉS TITULAIRES FRANÇAIS.
- MM. André (Edouard), architecte paysagiste, membre de la Société nationale d’agriculture de France, professeur à l’Ecole d’horticulture de Versailles (jury, Paris
- 1878, 1889; comités, Paris 1900)............................................
- Bergerot (Gustave), constructeur de serres [maison Bergerot, Schwartz-Meurer]
- (médailled’or, Paris 1878; vice-président des comités, Paris 1900)..........
- Leboeuf (Paul), appareils de chauffage (trésorier des comités, Paris 1900), trésorier de la Société nationale d’horticulture de France.......................
- Sohier (Georges), constructeur de serres (jury supérieur, Paris 1889; secrétaire du comité supérieur de révision, Paris 1900), juge au Tribunal de commerce de la Seine...................................................................
- JURÉS TITULAIRES ÉTRANGERS.
- MM. Jurgens, ingénieur des parcs et jardins, à Hambourg.........................
- Seyderhem (Ernest), horticulteur..........................................
- Bazaroff (Alexandre), membre du comité scientifique au Ministère de l’agriculture et des domaines, à Saint-Pétersbourg.................................
- JURÉS SUPPLÉANTS FRANÇAIS.
- MM. Forestier (Jean), inspecteur adjoint des forêts, conservateur du bois de Boulogne
- (comités, Paris 1900), Abbaye de Longchamps, à Neuilly (Seine)............
- Formigé (Jean-Camille), ancien architecte des promenades de la Ville de Paris et
- de l’Exposition universelle de 1889 (comités, Paris 1900).................
- Qüénat (Pierre), architecte paysagiste (architecte des comités, Paris 1900).
- France.
- États-Unis.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- Allemagne.
- Hongrie.
- Russie.
- France.
- France.
- France.
- M. Dunlap(H. N.),
- JURÉ SUPPLÉANT ÉTRANGER.
- États-Unis.
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- INDUSTRIES HORTICOLES.
- Les industries horticoles, qui sont le complément indispensable de l’horticulture, n’ont pas eu en général à se louer des emplacements qui leur ont été attribués à l’Exposition universelle de 1900, sauf pour quelques exposants.
- D’une part, les berges de la Seine privées de visiteurs, d’une autre, la rue de Paris avec sa trop grande affluence de flâneurs, n’ont pas été très avantageuses pour les fabricants à qui ces places étaient échues.
- Le soin d’organiser et d’installer les produits de cette Classe devant prendre part aux concours permanents, selon le programme, avait été confié à quatre commissions :
- La première comprenait le petit outillage horticole, instruments météorologiques, coutellerie, tondeuses, alambics, appareils d’arrosage, vaporisateurs et pulvérisateurs ;
- La seconde avait à s’occuper de tous les objets propres à l’ornementation des parcs et des jardins, c’est-à-dire les constructions rustiques, les kiosques et les ponts rustiques en fer ou en bois, les treillages, clôtures, les poteries et travaux en ciment, les vases et statues en fonte ou en béton aggloméré ;
- A la troisième, était échu tout ce qui a rapport aux serres et aux jardins d’hiver en fer ou en bois, à leurs accessoires : appareils de chauffage, claies, paillassons, ainsi que les coffres et les châssis;
- La quatrième commission avait pour mission de classer et installer les herbiers, les publications se rapportant à la science horticole, les plans de jardins et ce qui concernait l’art du paysagiste.
- Les produits de la petite industrie et de l’outillage horticole ont été exposés dans un bâtiment annexe, situé Cours-la-Reine, face aux serres de l’horticulture.
- La coutellerie horticole, dont l’importance prend de jour en jour plus d’extension, était faiblement représentée et encore ne l’était-eile, à une exception près, que par des fabricants de la région parisienne; les grandes maisons de fabrication de province avaient exposé les outils utilisés par l’horticulture dans la classe affectée à la coutellerie en général.
- Peu d’améliorations ont été apportées depuis 1889, quelques légères modifications aux sécateurs, aux échenilloirs et. * . c’est tout !
- La fabrication n’en reste pas moins bien soignée, et s’il existe une différence de prix entre ces instruments fabriqués à la main et ceux dus à l’outillage perfectionné des grandes usines de la Haute-Marne, du Puy-de-Dôme et du Jura, disons que pour un outil qui sert tous les jours, elle est largement compensée par la solidité et le fini.
- Les thermomètres, baromètres, microscopes et autres instruments de précision
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- employés en horticulture sont restés stationnaires; il en est de même aussi de l’outillage général, bêches, pioches, râteaux, etc.
- Bien qu’il n’ait pas été constaté de réels progrès dans le perfectionnement des systèmes, un concours entre les différentes tondeuses de gazon à eu lieu le 26 juin sur une pelouse, près la tour Eiffel, mise à la disposition du Jury par le service des jardins.
- Quatre tondeuses'de modèles différents, de fabrication française et étrangère, ont été mises en expérimentation et classées suivant leur ordre de mérite.
- Les alambics petit modèle, pour la distillation des jus de fruits, des liquides et même des fleurs, ont fait d’assez grands progrès par suite surtout de l’emploi du pétrole comme combustible, et de grands perfectionnements ont été apportés à leur construction, certains modèles permettant la distillation à jet continu, tant que le récipient contient du liquide et le fourneau du pétrole; ces appareils sont appelés à rendre de réels services aux petits propriétaires qui désirent fabriquer eux-mêmes leurs alcools.
- Il en est de même des appareils à projeter et à vaporiser les liquides et les poudres insecticides.
- Les maladies cryptogamiques et les insectes se sont propagés dans les cultures, depuis ces dernières années, avec une telle intensité qu’il a fallu s’appliquer à les combattre, c’est ce qui a stimulé le zèle de nos inventeurs et des constructeurs français qui ont exposé nombre d’appareils perfectionnés.
- Un concours spécial entre ces appareils avait même été décidé pour le 2 1 août; il est à regretter qu’il n’ait pu avoir lieu faute de demandes d’admission à concourir.
- Les pompes et les divers appareils d’arrosage avaient été relégués sur les berges de la Seine et sous les grandes serres; aussi nos hydrauliciens ont-ils négligé leur exposition, d’autant que les principaux prenaient déjà part aux mêmes concours dans d’autres classes plus favorisées.
- Disons aussi qu’un concours expérimental fixé au 12 juin n’a pu se tenir faute de concurrents.
- La fabrication française en cette industrie ayant donné à peu près son maximum de perfection, il est difficile d’espérer mieux que ce qui se fait, ce qu’il y a à chercher ne réside pas dans de nouveaux systèmes d’aspiration et de refoulement à peu près tous employés, mais dans l’application simple, pratique et économique de moteurs, soit : gaz, alcool dénaturé, pétrole, électricité, etc., remplaçant la main de l’homme.
- Si nous jetons un coup d’œil sur les produits dépendant de la deuxième section, nous verrons qu’eux aussi n’ont pas été favorisés pour les emplacements.
- Installés le long de la rue de Paris, côté de la Seine, faisant face à ces établissements de distraction qui eussent été mieux ailleurs, car ils accaparaient l’attention des visiteurs au détriment des produits industriels qui, eux, étaient à leur vraie place à une exposition internationale, nous voyons là des kiosques rustiques enfer et en bois couverts de chaume, des meubles de jardin en fer, fonte, bambou, rotin, coquets, élégants il est vrai, mais sans grand changement; puis des grilles en fer forgé où l’art
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- HORTICULTURE ET ARBORICULTURE.
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- du forgeron a mis tout son savoir et sa délicate habileté, ainsi que des bacs et des caisses à arbustes, de la poterie de fabrication très bien soignée, de la vannerie de fantaisie, en modèles toujours nouveaux où le luxe rivalise avec Télégance, puis çà et là de nombreux objets d’ornement, statues, animaux, vases, fontaines et autres sujets en fonte et béton aggloméré ou polychrome de bon goût et de grand style, sans oublier les remarquables travaux en ciment, rochers, grottes et cascades, lacs garnis déplantés aquatiques qui ont contribué pour une grande part à l’ornementation de la partie du jardin située derrière le Grand Palais, le coin le plus ravissant de l’Exposition.
- Les serres et les jardins d’hiver, qui avaient été attribués h la troisième section, ont été disséminés çà et là dans la partie située entre la Porte monumentale, le pont des Invalides, la Seine, les palais; leurs emplacements étaient parfaits en général.
- Quatorze Français seulement ont pris part à cette exposition, et sauf deux constructeurs, un d’Orléans et un de Laval, tous appartenaient à la région parisienne.
- Les frais énormes d’installation avaient été, cette année, laissés entièrement à la charge des exposants de cette catégorie, ce qui avait contribué à en diminuer le nombre.
- Quinze serres ou jardins d’hiver garnis de plantes et de fleurs faisaient fort bon effet et rehaussaient l’éclat des magnifiques jardins dus à l’incontestable talent de nos jardiniers de la ville de Paris.
- Constatons peu de modifications importantes dans la fabrication depuis 1889; disons, il est vrai, que nos constructeurs se sont depuis longtemps attachés à faire beau et bien et surtout pratique, et que les améliorations, après les modèles qui existent, sont difficiles à obtenir.
- Effectivement que doit-on demander à une bonne serre?
- Une forme gracieuse d’abord, selon son modèle, puis une courbe ou une inclinaison suffisante permettant l’écoulement facile des eaux de pluie ou provenant de la fonte des neiges, la solidité des fermes, le maniement facile des accessoires placés dessus : claies, toiles, paillassons servant à garantir du soleil comme à préserver du froid.
- Viennent ensuite la disposition intérieure, la suppression de la buée dont les effets sont si pernicieux aux plantes, l’aérage par prise d’air dans le bas et échappement dans le faîtage, le vitrage, les dispositions pour l’emplacement des appareils de chauffage et le passage de la tuyauterie sous les bâches, tout autant de questions qui ont été étudiées par nos constructeurs spécialistes et qu’une longue pratique leur a permis de résoudre.
- Outre les jardins d’hiver en fer, les serres en fer de forme hollandaise ou à double versant, nous avons remarqué différents modèles de serres à cultures spéciales dont la fabrication a pris beaucoup de développement depuis qu’un grand essor a été donné à la culture forcée sous abri vitré : vignes, arbres fruitiers, fleurs et même légumes.
- La mode aussi a été satisfaite par l’apparition de serres en bois (pitch pin), fabrication presque nouvelle à laquelle une grande extension a été donnée depuis 1889.
- Si ce genre de fabrication a eu ses détracteurs, il a trouvé bien des adeptes, surtout en ce qui concerne l’emploi des serres spéciales appliquées à la culture des orchidées.
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- Aujourd’hui, nous avons pu juger et apprécier un magnifique jardin d’hiver en pitchpin auquel attenait toute une série de serres basses réunissant toutes les améliorations appliquées à ce jour, aération par le faîtage, simple et double vitrage pour les pays froids, abri contre les rayons solaires par un nouveau système de claies persiennes à lames mobiles T« Eclatante », ombrant en laissant passer la lumière et pouvant préserver du froid et de la gelée.
- Si la fabrication étrangère n’a pas jugé à propos de nous faire comparer ses produits, disons avec satisfaction que c’est toujours à l’industrie française que sont demandées les grandes serres qu’on installe à l’étranger, et que,même récemment, c’est elle qui a exécuté l’important groupe des serres en bois qui abritent les merveilleuses collections de plantes de S. M. Léopold II, roi des Belges, dans sa splendide résidence d’été de Laëken près Bruxelles.
- Les appareils de chauffage, complément indispensable des serres, avaient été aussi relégués sur les berges de la Seine avec les appareils d’arrosage.
- Depuis que le principe du chauffage des serres par l’eau chaude a été reconnu comme le meilleur, nombre d’appareils thermosiphon de différents modèles ont été créés, les uns en cuivre, les autres en fonte ou en fer avec chaudière verticale ou chaudière horizontale à enveloppe nue ou entourée de maçonnerie, à tubes ou à lames avec tuyauterie en fonte ou en cuivre.
- Ce qu’il s’agit d’obtenir de ces appareils, c’est d’abord une fabrication solide et de toute sûreté, aussi ne faut-il pas s’arrêter à une question de prix d’achat; puis une économie dans le combustible employé,une combustion lente et de longue durée exigeant le moins de surveillance possible, et un réglage facile; c’est à ce résultat que sont arrivés nos principaux constructeurs, et c’est ce qui explique le peu de changements survenus depuis 1889 dans les modèles exposés, sauf néanmoins pour deux nouveaux sur lesquels il a été impossible de se prononcer faute d’expérimentation, le concours spécial fixé au 25 septembre n’ayant pu avoir de suite favorable, car deux demandes d’admission au concours seulement ont été déposées.
- Disons, en toute assurance, que les appareils actuellement employés peuvent suffire à tous les besoins de l’horticulture et de la forcerie, et qu’il n’y a plus à espérer de grandes transformations, que si, un jour ou l’autre, on trouvait un autre combustible remplaçant le charbon ou le coke ou lorsque les appareils à circulation de vapeur auront fait leurs preuves.
- Notons aussi les divers accessoires indispensables aux serres et aux cultures qui s’y font, claies à lames de bois peintes en vert assemblées par des lamelles de fer et anneaux permettant l’enroulage et destinées à garantir les plantes contre l’ardeur du soleil, les paillassons en paille de seigle passée au sulfate de cuivre, attachée avec cordes goudronnées, ce qui en augmente la durée et les préserve des rongeurs et de la pourriture, les paniers à orchidées de modèles différents en bois de pitch pin, etç.
- Les herbiers et les collections se rapportant à l’horticulture ont fait défaut à la
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- quatrième section, un herbier, quelques dessins de fleurs, artistiques il est vrai, mais éloignés de la vérité et. . . c’est tout... !
- Plusieurs éditeurs avaient répondu à l’appel du comité et nous avons pu voir, outre les publications horticoles de nos anciens maîtres, toute une nouvelle série de publications traitant des cultures spéciales et dues à de jeunes auteurs dont la plupart ont puisé leurs connaissances à notre grande Ecole nationale d’horticulture de Versailles.
- Ce serait un très grand bien pour l’horticulture que de voir se propager tous ces ouvrages spéciaux.
- Si la presse horticole a suivi le mouvement et marché dans la voie du progrès au sujet de sa rédaction et des procédés de reproduction des gravures, des aquarelles, photogravures, etc., disons que, dans un pays comme le nôtre, il est regrettable que le nombre de ses organes soit resté stationnaire, car nous retrouvons les mêmes journaux qu’en 1889 : la Revue horticole, le Moniteur dûHorticulture, le Jardin.
- Deux sociétés horticoles seulement, celles d’Orléans et d’Amiens, avaient exposé leurs Bulletins et diverses publications se rapportant à l’horticulture; il y avait pourtant là, pour les autres, une belle occasion d’affirmer aux yeux du public horticole leur existence, de démontrer le développement qu’a pris, depuis 1889, la création de ces associations dont le nombre, déjà grand, augmente encore tous les jours.
- Les plans de jardins d’agrément et d’utilité créés et à créer ont fait l’objet d’un concours qui a été l’un des plus intéressants delà Classe.
- Là, se sont trouvés en concurrence, les maîtres et les élèves, l’ancienne et la nouvelle école, qui ont rivalisé d’efforts.
- L’étranger aussi a largement contribué à ce concours, par l’exposition de plans et de reproductions photographiques,qui ont été, disons-le, récompensés avec un élan de générosité inhérent à l’esprit chevaleresque français.
- Les nombreux plans en couleurs dus à l’art paysagiste français avaient été placés le long d’un mur d’une galerie établie, après coup, dans le pavillon annexe, galerie dont l’accès semblait interdit aux visiteurs, car ceux-ci ont été rares; cette importante exposition méritait mieux que cette indifférence.
- Si on se reporte à 18 5 5, à 1867, à 1878 et à 1889, il est facile déjuger que cet art éminemment français n’a pas périclité, qu’au contraire il a encore progressé, et, par les spécimens soumis aux yeux du public, on peut, tout en jugeant des progrès accomplis, se demander si le maximum de conception artistique n’a pas été atteint et, à part quelques légères critiques de détail, les Alpband, les Bülher, les Varé, les Barillet-Deschamps, les Laforcade, les André, les Denv, etc. peuvent à juste titre se montrer fiers de leurs élèves.
- Il ne s’agit plus, comme au bon vieux temps, pour un jardinier, de prendre un terrain, de tracer des allées au cordeau, de dessiner à droite et à gauche des ronds ou des ovales au compas et de planter à tort, à travers et au hasard ; le temps a marché, le goût s’est raffiné, les besoins se sont créés, le luxe s’est imposé, et c’est au talent des paysagistes spécialistes qu’on fait appel aujourd’hui.
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- Ceux-ci, suivant les exemples et appliquantes conseils des grands maîtres modernes, doivent demander beaucoup à Part et la science; en outre, il leur faut un goût sûr et éclairé afin de pouvoir satisfaire, dans leur composition, à la fois les sens et la raison.
- Le dessin doit leur être familier pour établir leurs plans et projets; la pratique et l’expérience du travail leur permettre de dresser un devis économique; des notions de chimie, pour connaître la nature des sols qu’ils ont à utiliser leur sont nécessaires; ils doivent être surtout très versés en botanique et en horticulture, afin d’effectuer intelligemment leurs plantations et dans les meilleures conditions possibles ; enfin la notion du beau dans les choses de la nature, l’esthétique en un mot, leur est indispensable pour disposer habilement les plantations, et tirer le parti le plus avantageux des perspectives, des eaux, des accidents de terrain, delà situation environnante, etc.
- Disons que le plus grand nombre des plans exposés ont réuni ces conditions, que l’art paysagiste français a tenu la première place «à cette grande exhibition internationale, et qu’il était merveilleusement représenté par les plans et projets des parcs : des Broussailles, de Neufmoutiers, de l’abbaye du Val, de Boussy-Saint-Antoïne, de la Varenne-de-Nançay, du Champ-de-Mars de Montpellier, des jardins de la villa Masséna à Nice, des parcs deByrouta,de Cabeço à Olivaës, de la Roche-Gautier, du domaine de Rimberlieu, du jardin botanique de Limoges, des parcs de la Hache-du-Bois, de la Rivière, d’Angoulême, de la Pilardière, des Cloîtres, du jardin des plantes d’Angers, des parcs d’Arnouville, de July-les-Bucy, de Quincy, de Bibesco, d’Audelaire, de Maigret, de la Malmaison, de Coucy-les-Eppes, de Saint-Léger-Vauban, de Villers-Bretonneux, de la Rhonelle, de Pau, de Beauregard, de Sommant, du Vieux-Nançay, etc.
- Dans cette même section, un concours temporaire, qui avait été fixé au 27 juin, a produit les meilleurs résultats.
- Sur un plan donné, vingt-sept concurrents, tant étrangers que français, se sont attachés à en tirer le meilleur parti possible, et disons-le à la louange des exécutants, vingt-deux de ces projets ont été primés, le premier émanant d’un paysagiste français, le second d’un paysagiste allemand, élève de l’école française.
- COLONIES FRANÇAISES.
- Nos colonies françaises n’avaient rien exposé de bien remarquable, quelques vases en tronc de fougères arborescentes, de la Réunion; une sarcleuse bineuse, de la Martinique; quelques meubles de jardin en ciment, un album pour l’instruction scolaire de l’Algérie, et. . . c’est tout!
- ÉTRANGER.
- Si nous passons maintenant à l’examen des produits étrangers figurant à cette grande Exposition, nous constatons avec regret que, à part quelques puissances comme la Russie, la Hongrie, les Etats-Unis, l’Allemagne, peu ont répondu à l’appel de la
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- HORTICULTURE ET ARBORICULTURE.
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- Classe AB. Nous en concluons que le résultat eût été de beaucoup meilleur si l’on avait constitué, comme aux expositions antérieures, une commission unique pour le Groupe VIII.
- Les produits exposés ont été éparpillés un peu partout dans les sections étrangères, même à Vincennes, ce qui a modéré le zèle des exposants et n’a pas permis de juger comparativement les produits de l’industrie et des arts horticoles étrangers avec ceux de nos nationaux.
- Russie. — La Russie nous a envoyé de fort intéressants documents concernant l’horticulture, sous forme de publications, d’albums, de dessins et de photographies provenant du Ministère de l’agriculture, de l’Institut agricole de Moscou, des Jardins botaniques impériaux de Saint-Pétersbourg, de Nikitzky, de l’Ecole d’horticulture de Zarskaselsk, des sociétés horticoles et arboricoles de Saint-Pétersbourg, du Caucase, de Simféropol, d’Astrakan, de Klin, etc.
- De leur côté, plusieurs particuliers avaient exposé des plans, des ouvrages et photographies du plus grand intérêt.
- Hongrie. — La Hongrie officielle était fort bien représentée par les plans et photographies des principaux établissements royaux : Ecole de jardinage de Lôcse, de Nagy-foscsko, de Torda, l’Institut d’horticulture de Budapest, Commandance du château royal de Budapest, Haras de l’État de Fogaras, de Kisher, les différentes pépinières de l’État, la Commission ministérielle de pomologie et d’arboriculture de Budapest, École d’horticulture d’Oroshara, Ville de Sopron, etc.
- Plusieurs aquarelles et photographies de parcs et jardins de particuliers, quelques modèles d’instruments de jardinage, le plan en relief d’une des principales exploitations horticoles, très bien exécuté, complétait l’exposition hongroise dont l’ensemble était assurément d’une très grande valeur.
- États-Unis. — Les États-Unis, réputés pour l’importance de leurs cultures fruitières, avaient exposé un grand nombre de photographies, les unes représentant les vues d’ensemble des cultures, les travaux opérés au fur et à mesure, la cueillette des pommes, des oranges, des cerises, des raisins, des olives; les autres montrant les modes d’emballage, les procédés d’expédition, etc. donnaient une idée de l’importance des fermes fruitières de Port-Valley, Niles, New-York, Santa-Barbara, Belleville (Illinois), Woodbine, Kischvankée, Carthage, Covert, San-José, Fresno, Chicago.
- L’Université d’Idaho, la station expérimentale d’agriculture du Maryland étaient aussi représentées par des photographies.
- La Compagnie des chemins de fer de Pennsylvanie et la Société des hôtels de la Floride, parles photographies des parcs et jardins entourant les gares de son réseau et les hôtels sous sa direction, prouvent jusqu a quel pointées Compagnies s’attachent à
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- récréer la vue des voyageurs, bel exemple qu’il serait à désirer de voir suivre par les Compagnies françaises.
- Les photographies des cimetières Bellefontaine à Saint-Louis (Missouri), Graceland à Chicago (Illinois), Spring-Grove à Cincinnati (Ohio) donnaient une haute idée de l’importance que les Américains attachent à la création delà dernière demeure de leurs concitoyens, ils savent concilier le respect que l’on doit au repos des morts et la satisfaction et l’hygiène que doivent en retirer les vivants.
- Ces cimetières sont absolument différents de nos nécropoles,où la pierre, le marbre et le bronze sont entassés les uns sur les autres avec un emplacement de quelques mètres carrés réservés aux tombeaux, des sentiers étroits et une végétation mesurée parcimonieusement.
- Les habitants du Nouveau-Monde font les choses grandiosement, les hectares ne se comptent pas, ils ont créé d’immenses parcs où les voies sont larges, où l’eau serpente et traverse des rochers, où les plantations sont nombreuses, bien comprises et les pelouses vastes, c’est à peine si on aperçoit quelques monuments funéraires un peu importants dissimulés sous des arbres et des arbustes; puis, çà et là, émergeant du milieu des herbes, quelques pierres, ressemblant à nos bornes routières, portant un nom et une date ou un numéro, et c’est dans ces immenses parcs servant de lieu de promenade aux vivants que reposent en paix les morts.
- Peu de fabricants de cet outillage américain, si réputé et qui a fait le tour du monde; Philadelphie et Newburg nous avaient envoyé quelques spécimens d’instruments divers et des tondeuses de gazon sans perfectionnements sensibles.
- Allemagne. — En Allemagne, la collectivité des architectes paysagistes avait réuni une importante collection de plans et projets de parcs et jardins exécutés à l’aquarelle et à l’huile; nous relevons même des projets de cimetières, ce qui tendrait à faire croire que l’Allemagne cherche à imiter les Etats-Unis, ce qui est un bien.
- Notons les parcs de Breslau, de Cologne, de Francfort-sur-Main, de Nauheim, de Schaumbourg.
- Quelques projets laissaient à désirer, mais nous avons le devoir de constater que les meilleurs avaient emprunté leurs idées à l’école française.
- Quelques imitations déplantés et fleurs en métal, des fleurs plâtrées, quelques meubles de jardin rustiques complétaient l’exposition de cette puissance.
- Autriche. — L’Autriche avait su présenter son exposition, consistant seulement en reproductions photographiques, plans et dessins de ses principaux parcs et jardins, avec un goût et un luxe qu’on ne saurait trop approuver en pareil cas, où tant de parties ont été si négligées, et les plus grandes félicitations ne sauraient être ménagées à son organisateur.
- Les vues principales de Luxembourg (près Vienne) ; Miramar, Schoenhrunn, Helle-brunn, Belvédère, Vienne, formaient le principal appoint de cette collection, puis ce
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- HORTICULTURE ET ARRORICULTURE.
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- sont les vues des parcs et jardins des différentes propriétés privées et les projets d’un des principaux paysagistes de cette nation qui ont complété cette exposition.
- Canada. — Au Canada, nous trouvons quelques instruments horticoles et tondeuses qui n’ont d’intérêt que par l’importance de fabrication des maisons qui les exposent.
- Italie. — En Italie, notons quelques fleurs séchées.
- Japon. — Au Japon, trois plans en relief représentant, en miniature, des modèles de jardins japonais; ce travail de patience était très minutieusement exécuté.
- Suisse. — La Suisse tenait sa place avec de très beaux plans de parcs divers, et surtout de ceux du village Suisse qui était une des principales attractions de l’Exposition par sa conception et son exécution.
- Ces plans étaient dus au talent de l’architecte paysagiste qui, seul, représentait, à la Classe 43, la République Helvétique.
- Au résumé, disons que pour l’exposition des sections étrangères, la photographie a joué un très grand rôle, trop grand même, à la Classe 43, où les industries horticoles n’ont pas figuré comme elle sauraient dû le faire, et, à part l’art paysagiste, tout porte à croire que ces industries sont restées stationnaires ou n’ont pas tenu à affronter la comparaison.
- Terminons en disant qu’il a été attribué, dans cette Classe, 3o3 récompenses, dont 5 grands prix, 28 médailles d’or, 83 médailles d’argent, 67 médailles de bronze, 55 mentions honorables aux exposants; et aux collaborateurs, 9 médailles d’or, 2 4 médailles d’argent, 22 médailles de bronze, 10 mentions honorables.
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- CLASSE Ixk
- Plantes potagères
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- M. DELAHAYE
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- COMPOSITION DU JURY.
- MM. Niolet (Jean-François), ancien maraîcher-horticulteur, président du comité de la culLure potagère de la Société nationale d’horticulture de France (grand prix, Paris 1889; président des comilés, Paris 1900), ‘président.................... France.
- Scalarandis (Alexandre), directeur du Jardin royal de Monza (Italie), vice-président.. Italie.
- Delahave (Ernest), graines potagères (rapporteur des comités, Paris 1900), rapporteur........................................................................... France.
- IIébrard (Laurent), président de la Société régionale d’horticulture de Vincennes
- (secrétaire des comités', Paris 1900), secrétaire................................. France.
- JURÉS TITULAIRES FRANÇAIS.
- MM. Couturier (Jules-Edouard), président de la Société d'horticulture de Bougival (comités, Paris 1900), à Saint-Michel, par Bougival (Seine)................................. France.
- IUvoire (Antoine), graines potagères (vice-président des comilés, Paris 1900), président de la Chambre syndicale des horticulteurs lyonnais, rue d’Algérie, 16, à Lyon (Rhône)...................................................................... France.
- Vincey (Paul), professeur départemental d’agriculture de la Seine (comité d’installation, Paris 1900)................................................................. France.
- JURÉ SUPPLÉANT FRANÇAIS.
- M. Duvillard (Alfred), maraîcher-horticulteur, président du Syndicat des maraîchers de la région parisienne (comilés, jury, Paris 1889; comités, 1900), maire d’Arcueil, rue de l’Abreuvoir, 9, à Arcueil-Cachan (Seine)......................................... France.
- Gu. VIII. — Cl. 44. a
- IMl-ni.MtUlE NATIONALE.
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- PLANTES POTAGÈRES.
- CONCOURS TEMPORAIRES.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- C’est avec un sentiment de fierté bien légitime qu’il nous est aujourd’hui possible de constater, à la fermeture de cette exposition gigantesque qui fut l’apothéose très digne de l’effort artistique et scientifique d’un siècle qui s’en va, comment, dans le domaine des choses qui plus spécialement nous intéressent, la science et l’initiative heureuse des travailleurs, marchant l’une à côté de l’autre, ont élargi les horizons de notre industrie en général et ont, en particulier, contribué aux résultats si merveilleux auxquels la culture potagère doit de nos jours et son extension, et son rendement et sa prospérité.
- Inquiétée en effet par une étude sérieuse et constante, la nature, dispensatrice des richesses du sol, semble avoir avoué désormais tous les secrets de son organisation et de son économie, et l’homme ingénieux confident, mais exploiteur habile, paraît de son côté avoir su tirer de ses connaissances tout le bénéfice qu’il en pouvait souhaiter. En fait, aujourd’hui, les saisons sont dans la dépendance de nos volontés, et leur influence, soumise aux variations climatériques, c’est-à-dire au hasard et à l’inconnu, est avantageusement remplacée par l’action connue, mathématiquement déterminée de moyens nouveaux, factices et pratiques qui sont le propre des découvertes du siècle. La culture à ciel ouvert, la seule pratiquée jadis, pour cela n’est point dédaignée encore, sa prospérité grande toujours fait vivre un nombre respectable de travailleurs modestes, mais nous ne la comprenons plus comme étant l’unique façon de produire; en la conservant nous lui adjoignons, pour la doubler, la culture forcée, faite sous verre, qui permet d’utiliser toutes les époques de l’année, les plus rigoureuses même, pour fournir à la consommation qui réclame la production quelle attend, c’est ce que nous appelons la culture intensive.
- Cette conquête de la science faite sur les lois immuables de la nature n’est pas seule d’ailleurs à figurer au bilan des progrès réalisés. Le cultivateur possesseur du sol et voulant de lui un maximum de rendement en a étudié très spécialement et très scrupuleusement toutes les qualités, et c’est ainsi qu’à la suite d’expériences nombreuses répétées un peu partout et dans tous les milieux, il est arrivé à la connaître presque
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- intimement s’il est permis d’ainsi s’exprimer, pour l’exploiter ensuite dans les conditions les plus profitables et les moins incertaines. La classification est faite par zone, par départements non seulement de ce qui est cultivable, mais de ce qui peut être cultivé avec la certitude d’un rendement maximum, et cette classification entreprise dans l’intérêt général de la masse industrieuse ne nous semble pas être d’une importance moins capitale.
- Par l’élude toujours et pour obtenir cette fois non seulement un résultat de rendement, mais pour améliorer la qualité de ses récoltes, le cultivateur s’est efforcé de purifier les races reproductives par une sélection minutieuse des graines et à ce point de vue comme au précédent encore, les succès qu’il a obtenus sur ce qui était faisable sont énormes et incontestables.
- En somme, la culture en général et la culture potagère plus spécialement ont progressé visiblement en ces dernières années, et les expositions si intéressantes des grands horticulteurs qu’il vient de nous être loisible d’admirer et de récompenser ont pu à juste raison, je pense, passer pour les échantillons magnifiques d’une industrie arrivée à l’apogée de son développement.
- CONCOURS DU 18 AVRIL 1900.
- Ce premier concours a eu lieu du 18 au 2 3 avril, au palais de l’Horticulture édifié sur le Cours la Reine.
- L’aménagement adopté, tant pour la décoration des massifs, que pour celle du palais lui-même, mettait en valeur la beauté et la richesse des produits exposés.
- C’est vraiment un prodige d’avoir transformé en un délicieux et féérique jardin d’hiver un emplacement qui, deux jours auparavant, n’était qu’un chantier de construction.
- La maison Vilmorin Andrieux et Cie se faisait remarquer par une collection nombreuse de légumes admirablement cultivés.
- Dans cette collection nous avons admiré les produits suivants :
- Une botte d’asperges hâtives d’Argenteuil, de toute beauté;
- Deux variétés d’artichauts : le vert de Provence et le violet de Provence ;
- Deux meules de champignons en plein rapport;
- Plusieurs variétés d’aubergines, parmi lesquelles la ronde très grosse, naine hâtive attira particulièrement notre attention.
- Une belle collection de chicorées frisées, comprenant 12 variétés, était aussi très remarquable pour la saison. A citer principalement les suivantes : la frisée d’été à cœur jaune, la frisée d’été race parisienne et la frisée d’été printanière, la scarole blonde, la scarole ronde verte et la scarole grosse de Limay.
- Deux variétés de carottes: la carotte très courte à châssis et la rouge à forcer parisienne.
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- PLANTES POTAGÈRES.
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- A noter les concombres vert-long anglais épineux, vert-long maraîcher, Rollisson’s Telcgraph, jaune hâtif de Hollande, vert-long, vert-long de Chine, cornichon fin de Meaux, blanc de Bouchonne et deux variétés de courges.
- Trois variétés de choux brocolis et une variété de choux-fleurs dénommée «hâtif d’Erfurt».
- Toutes les variétés de cresson, cerfeuil, persil et épinard. Nous avons remarqué le cresson de fontaine amélioré, à feuille beaucoup plus large que le cresson de fontaine ordinaire.
- Une très belle collection de laitues, composée de 2/1 variétés parmi lesquelles nous signalons : laitue à forcer de Milly, laitue Lorthois ou du Trocadéro, laitue d’Alger, laitue blonde de Chavigné, etc.; la romaine grise plate maraîchère et la verte maraîchère.
- Comme les chicorées, ces laitues étaient représentées par six exemplaires de chaque variété.
- Haricots, 5 variétés: beurre-noir nain, beurre-doré, Prcdome nain, beurre-nain du Monl-d’Or et hâtif de Chaiandray.
- Une collection de mâches composée de i3 variétés, desquelles se détachait la mâche dorée, toute particulière par sa teinte.
- Moutarde à feuille de chou, dont les feuilles s’emploient comme celles de Tépinard ou en salade.
- Navet de Milan blanc, Milan rouge plat très hâtif à feuille entière.
- Oignon blanc petit extrahâtif de Barletta, très propre à forcer; oignon blanc très hâtif de Vaugirard.
- Une collection de piments : du Chili, jaune long, monstrueux, Ruby King, cerise, ronge long amélioré, gros carré doux, carré jaune hâtif, de Cayenne.
- Très intéressantes les trois variétés ci-après: noir long du Mexique, trompe-d’élé-phant et piment chinois. Ce dernier est assez bizarre, les fruits sont coniques, passant du vert au jaune, au violacé, puis au rouge.
- Trois variétés de poireaux : gros court de Rouen, monstrueux de Carentan et jaune du Poitou.
- Une collection de pommes de terre hâtives, en \lx variétés.
- Une collection de radis, en 18 variétés, très beaux et très bien caractérisés, ainsi que quatre variétés de raves aussi belles qu’on peut le désirer.
- La Société de secours mutuels des jardiniers de la Seine présentait un lot de légumes provenant de la culture des maraîchers fournissant l’approvisionnement des Halles.
- Des produits exposés nous extrayons : la chicorée frisée parisienne, la laitue passion blanche, la laitue gotteà graine blanche, la laitue gotte à graine noire, la laitue brune d’hiver, la romaine grise et la romaine plate.
- Une très belle botte de navets demi-longs blancs, d’une beauté remarquable.
- Un lot de céleri-rave, panais, salsifis noir, poireau gros court de Rouen, oignon blanc très hâtif de Vaugirard et carotte grelot.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Un lot de radis: rond écarlate, demi-long écarlate, demi-long à bout blanc et noir long, et de la plupart des plantes d’assaisonnement.
- Une meule de champignons avec des champignons très blancs et très fournis.
- Deux bottes de pointes d’asperges.
- L’École d’horticulture du Refuge de Plessis-Piquet présentait un lot de laitues et de choux, en jeunes plants, repiqués en petites boîtes.
- Une collection de 3o variétés de pommes de terre avec leurs fanes.
- Huit variétés de laitues et un lot de radis.
- M. Compoint, rue du Landy, 33, à Saint-Ouen (Seine), exposait un lot Irès important d’asperges vertes, parmi lesquelles se trouvaient trois bottes superbes de grosses pointes et trente bottes de petites pointes ; ces dernières dites bottes marchandes.
- M. Lécaillon, champignonniste à Montrouge (Seine), présentait deux meules de champignons en production et une meule lardée.
- Une cueillette de champignons d’une blancheur remarquable.
- Une cueillette de champignons gris, également très beaux, et une de champignons décomposés, ayant été attaqués par la «môle?) (Hypomyces pemiciosus) afin de montrer les dégâts que ce parasite cause dans les cultures.
- M. Berthaud-Cottard, primeuriste à Saint-Mard (Seine-et-Marne), présentait 3 variétés de fraises en boîtes et en petits pots: Docteur-Morère, Noble et Saint-Joseph.
- Cet apport fait preuve d’une bonne culture.
- M. Louis Bordelet fils aîné, primeuriste à Rosny-sur-Seine, présentait trois boîtes de fraises Docteur-Morère.
- CONCOURS DU 9 MAI 1900.
- Le deuxième concours ne présentait pas un aspect aussi brillant que le précédent.
- La Maison Vilmorin Andrieuxet G” exposait dans la serre monumentale réservée aux puissances étrangères, un lot superbe de légumes composé de variétés bien plus développées qu’au premier concours.
- Nous avons remarqué :
- Une collection d’aubergines, 2 variétés d’arroches, rouge foncé et blonde.
- Deux variétés de betteraves, plate d’Egypte et rouge ronde précoce.
- Parmi les chicorées, citons les chicorées fine deté race d’Anjou, fine d’été race parisienne, frisée printanière, grosse pancalière et la scarole ronde verte.
- Les variétés de cerfeuil, cresson, épinard, étaient représentées en très beaux spécimens; le chou brocoli blanc extratardif très gros et très blanc; le fenouil.de Florence; 3 variétés de fèves; 1 h variétés de concombres très bien cultivés; 20 variétés de haricots, parmi lesquels la merveille de Paris et le haricot jaune de Chalandray,
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- PLANTES POTAGÈRES.
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- très bien garnis de cosses, méritaient notre attention; 3o variétés de laitues romaines beaucoup plus grosses que celles présentées au premier concours.
- Plusieurs variétés de mâches; 2 spécimens de moutarde de Chine; 6 variétés de navets hâtifs; 4 variétés de poirées; A variétés d’oignons blancs hâtifs : le blanc très hâtif de Vaugirard, le blanc hâtif de la Reine, le blanc hâtif de Nocera, le blanc hâtif de mai. Une collection de piments composée de rA variétés; 32 variétés de radis et radis-raves et une collection de tomates.
- Ce lot d’ensemble était remarquable comme culture.
- M. Berthaud-Cottard, horticulteur à Saint-Mard (Seine-et-Marne), présentait cinq variétés de fraisiers en pots et en boîtes.
- M. Bordelet fds aîné, primeuriste à Rosny-sur-Seine (Seine-ct-Oise), présentait trois caisses de fraises Docteur-Morère.
- M. Compoint, à Saint-Ouen (Seine), présentait six bottes d’asperges vertes, dites grosses pointes, six bottes de moyennes pointes et vingt petites bottes de petites pointes.
- Cet apport était aussi intéressant qu’au premier concours, les produits étaient même supérieurs.
- M. Chabot, à Saint-Germain-des-Fossés (Allier), présentait six bottes d’asperges, lot peu intéressant.
- Le Comice d’encouragement de Seine-et-Oise présentait six bottes d’asperges et un lot de choux de Milan de Pontoise.
- M. Heude, à Argenteuil (Seine-et-Oise), présentait six bottes d’asperges blanches et six bottes d’asperges vertes.
- M. Juignet (Edouard), à Argenteuil (Seine-et-Oise), présentait six belles bottes d’asperges.
- M. Lécaillon, à Montrouge (Seine), présentait une meule de champignons à grains blancs et une meule à grains gris, une manne de champignons blancs et une manne de champignons gris, et une manne de blanc de champignon.
- Ces produits étaient aussi dignes d’intérêt que ceux exposés au premier concours.
- MM. Costantin et Matruciiot, à Paris, présentaient deux meules de champignons blancs et gris, deux caisses de blanc de champignon et une vitrine de blanc vierge. Tous ces produits pasteurisés.
- M. Mesley, à Poissy (Seine-et-Oise), présentait, en caisses, 3 variétés de fraises forcées.
- MM. Parent oncle et neveu, à Rueil (Seine-et-Oise), présentaient, en caisses, 4 variétés de fraises forcées : Général-Chanzy, Louis-Vilmorin, Royal-Sovereing et Docteur-Morère, ainsi que six melons cantaloup Prescott fond blanc, remarquables pour la saison.
- M. Préaumont (Franckde), à Taverny (Seine-et-Oise), présentait, en caisses, A variétés de fraises forcées et 3 corbeilles de champignons.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- CONCOURS DU 23 MAI 1900.
- Ce concours offrait un attrait tout particulier et de grand interet. Les exposants étaient assez nombreux.
- Nous voyons en première ligne :
- La maison Vilmorin-Andrieux et C'n, qui avait exposé, dans la salle des Fêtes, une immense corbeille contenant presque toutes les variétés de légumes, d’une beauté remarquable méritant tous les éloges, car cette maison ne s’était encore jamais montrée d’une façon aussi éclatante.
- La disposition de ces plantes était vraiment superbe et formait une très belle mosaïque dessinée avec le meilleur goût.
- Les pois, d’une rare beauté, formaient le milieu de la corbeille.
- On voyait ensuite :
- Les haricots, les choux hâtifs, loute la collection de laitues, romaines, chicorées, en pleine maturité, d’une grosseur extraordinaire.
- Les pommes de terre étaient représentées en ko variétés.
- Puis, 5 variétés de fèves en cosses.
- Toute la collection de radis, d’une franchise parfaite.
- Inutile de nous étendre sur ce lot qui comprenait toutes les variétés possibles de plantes potagères, toutes irréprochables.
- La même maison avait exposé, en outre, autour de la rotonde de la grande serre, une collection de pois composée de 3y variétés, d’une culture parfaite.
- A citer : le pois d’Annonay, le pois express et le pois Léopold II, garnis de nombreuses cosses, et une collection de îk variétés de chicorées et scaroles remarquables par leur grosseur et leur belle culture.
- La Société de secours mutuels des Jardiniers de la Seine avait son exposition dans la serre monumentale des puissances étrangères.
- Comme toujours, les produits ne laissaient rien à désirer.
- Les chicorées, scaroles, laitues et romaines, spécialement cultivées pour l’approvisionnement des balles et marchés, étaient de toute beauté.
- A citer aussi :
- Le chou-fleur petit Salomon, pomme très grosse et d’une blancheur remarquable ; le chou cœur-de-bceuf, le chou Milan gros des Vertus, le chou de Vaugirard, le céleri Chemin, les concombres blanc et vert long en très beaux exemplaires; un châssis contenant des melons cantaloup fond gris de toute beauté.
- L’Ecole d’horticulture du Refuge de Plessis-Piquet exposait un lot de légumes hâtifs et forcés.
- MM. Parent oncle et neveu, à Rueil (Seine-et-Oise), présentaient six melons can-
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- PLANTES POTAGERES.
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- taloup Prescott hâtif à fond blanc en pleine maturité, plusieurs boîtes de fraises forcées telles que : Docteur-Morère, Général-Chanzy et Royal-Sovereing.
- M. Berthaud-Cottard, à Saint-Mard (Seine-et-Marne), présentait quatre caisses de fraises forcées: Docteur-Morère, Noble, Général-Chanzy, Royal-Sovereing, très belles.
- M. Préaümont (Franck de), à Taverny (Seine-et-Oise), présentait 6 variétés de fraises forcées: Noble, Général-Chanzy, Docteur-Morère, Louis-Vilmorin, Le Czar, Royal-Sovereing; 3 corbeilles de champignons; h variétés de melons : melon hybride Vallerand, d’Italie, Prescott fond blanc et Prescott maraîcher.
- Le Comice de Taverny présentait une caisse de fraises Docteur-Morère.
- M. Bourgeois, à Conches (Eure), présentait un lot de melons cantaloup hâtifs.
- M. Ballédent, à Soissons (Aisne), présentait des plants d’asperges de un, deux, trois et quatre ans.
- M. Heude (Denis), à Argenteuil (Seine-et-Oise), présentait six bottes d’asperges extra comme grosseur, plus deux bottes d’asperges vertes, grosses pointes.
- M. Juignet, à Argenteuil (Seine-et-Oise), présentait six bottes d’asperges, tout ce qu’il y a de beau comme grosseur.
- Le Syndicat des cultivateurs d’Argenteuil présentait neuf bottes d’asperges superbes.
- Venaient ensuite :
- Syndicat de Bessencourt : 6 bottes d’asperges.
- Syndicat de Franconville : 7 bottes d’asperges.
- Syndicat de Groslay : 6 bottes d’asperges.
- Syndicat de Cergy : 6 bottes d’asperges.
- Syndicat de Mantes : 6 bottes d’asperges.
- M. Compoint, à Saint-Ouen (Seine), avait fait son exposition dans la première serre voisine de la Porte monumentale.
- Nous avons remarqué, comme toujours, que ses apports étaient très intéressants comme asperges à grosses pointes et à petites pointes. Ses bottes étaient présentées avec beaucoup de goût.
- M. Lécaillon, à Montrouge (Seine), présentait deux meules de champignons appelées jumelles, en plein rapport, un panier de champignons blancs et un panier de champignons gris.
- MM. Costantin et Matruciiot présentaient deux meulos de champignons et blanc de champignon.
- CONCOURS DU 13 JUIN 1900.
- Le quatrième concours, ouvert le 13 juin, était aussi remarquable que les précédents. Les exposants étaient moins nombreux, mais on a pu constater que, quel que soit le temps qu’il fasse, on pouvait alimenter nos marchés de produits provenant de la culture potagère.
- La maison Vilmorin-Andrieux et Cie, toujours au premier rang par ses nombreuses
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- collections, exposait dans la serre des étrangers un lot de produits potagers aussi beau que ceux des précédents concours. Son lot d’ensemble ne laissait rien à désirer, ainsi qu’aux quatre autres concours auxquels elle a pris part.
- Nous citons la collection d’aubergines parmi lesquelles se trouve la violette ronde à très gros fruits, l’arrocbe rouge foncé et la blonde, quelques variétés d’artichauts, plusieurs variétés de betteraves à salade, toute la collection de chicorées frisées et scaroles, laitues et romaines, d’une culture exceptionnelle; une nombreuse collection de haricots cultivés en petites caisses.
- A citer de nouveau le haricot merveille de Paris à cosses très nombreuses; toute la collection de pois et fèves; le chou-fleur Alleauine nain hatif, très bon pour la culture sur couche ou en terreau; le chou-fleur demi-dur de Paris et le tendre de Paris; une collection de fraises en assiettes, parmi lesquelles une nouveauté très recommandable, dénommée «Sensation», à fruits oblongs très gros, d’un rouge très foncé, à chair rouge ferme et juteuse; une très grande collection de concombres. Nous avons remarqué le concombre long de Sikkim à fruits longs cylindriques, vert brun craquelé de blanc, et le concombre à cornichon fin de Meaux; les melons cantaloup fond blanc et le noir des Carmes, une collection d’oignons et 2 5 variétés de pommes de terre.
- Toute la collection de piments, d’une très belle culture ; à signaler : les variétés trompe-d’éléphant, volumineux, de forme curieuse, d’un rouge vif, et les piments chinois à fruits dressés, coniques, passant du vert au jaune, au violacé, puis au rouge; une très jolie collection de radis et radis-raves et, pour terminer cet ensemble, une très belle collection de tomates; à citer encore la tomate merveille des marchés, à fruits d’un beau rouge vif, très lisses, ne se fendant pas.
- Concours de fèves. — La même maison avait exposé un lot de fèves cultivées en caisses comprenant toutes les variétés. Nous avons remarqué la fève de Séville et la fève d’Aguadulce, à très longues cosses. Le tout était parfaitement réussi.
- Concours de salades. — La même maison présentait toutes les variétés de laitues, romaines, chicorées et scaroles, par six exemplaires de chacune. Nous ne croyons pas devoir citer tous ces noms, car cette liste nous conduirait trop loin. Faisons seulement remarquer en passant la laitue blonde de Lazard, très volumineuse, à pomme très dure, et la chicorée frisée grosse pancalière, par sa grosseur peu commune.
- Concours de pois. — La même maison présentait une collection de pois composée de 6o variétés, faisant l’admiration de tous les visiteurs. Tous ces pois, cultivés en caisses, formaient un très beau lot d’étude.
- Concours de radis. — La même maison présentait toute la collection de radis et de radis-raves, ne laissant rien à désirer comme culture. Le tout était d’une franchise exceptionnelle et d’une fraîcheur qui faisait envie aux gourmets.
- Nous adressons à la maison Vilmorin-Andrieux et G10 nos plus vives félicitations pour ces cinq concours si intéressants.
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- PLANTES POTAGERES.
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- M. Enot, à la Guéroulde (Eure), présentait 1A melons cantaloup royal et cantaloup Prescott fond blanc hâtif, le tout d’une beauté remarquable.
- M. Compoint, à Saint-Ouen (Seine), présentait, comme dans les concours précédents, des asperges vertes en grosses pointes et d’autres en petites pointes, le tout d’un aspect séduisant.
- M. Préaumont (Franck de), à Taverny (Seine-et-Oise), présentait huit caisses de fraises : Docteur-Morère, quatre-saisons blanches et rouges, Général-Cbanzy, Marguerite, Royal-Sovereing, ainsi que deux variétés de melons : d’Italie et hybride Vallerant.
- M. Berthaüd-Cottard, à Saint-Mard (Seine-et-Marne), présentait de très grosses fraises : Docteur-Morère, Noble, Saint-Joseph et Louis-Gauthier, cette dernière presque totalement blanche et aussi grosse que les plus belles Docteur-Morère.
- M. Heude (Denis), à Argenteuil (Seine-et-Oise), présentait six superbes bottes d’asperges violettes et six bottes d’asperges vertes, toutes très belles pour la saison avancée.
- Le Syndicat de Taverny (Seine-et-Oise) présentait six bottes d’asperges.
- Les Syndicats de Linas, Mantes, Gerny présentaient un petit lot d’ensemble de légumes divers.
- M. Lécaillon, à Montrouge (Seine), présentait comme dans les concours précédents deux meules de champignons en plein rapport, ainsi qu’un panier de blanc de champignon et un autre panier de champignons d’une extrême blancheur.
- MM. Costantin et Matruchot, à Paris, présentaient un» meule de champignons et du blanc de champignon pasteurisé.
- CONCOURS DU 27 JUIN 1900.
- La maison Vilmorin-Andrieux et Cie avait exposé un lot d’ensemble de légumes, remarquable par sa beauté et la sélection de ses produits : 3 variétés d’artichauts, 7 variétés d’aubergines en pots, 19 de betteraves potagères rouges et jaunes, 5 variétés de carottes hâtives, parmi lesquelles la carotte rouge à forcer parisienne très hâtive et d’un rouge vif, basilic et cerfeuils en pots, une meule de champignons, i5 variétés de chicorées et scaroles atteignant le maximum de développement; à signaler d’une façon spéciale les chicorées de Rouen, de Ruffec, de Meaux, et la fine d’été race parisienne; 1A variétés de choux, dont les plus remarquables sont les variétés : express d’Etampes, cœur-de-bœuf moyen de la Halle, et le pommé plat de Paris; 8 variétés de choux-fleurs en très beaux spécimens : chou-fleur demi-dur de Paris et Lenormand à pied court, à pomme très serrée et très blanche; 22 variétés de concombres et cornichons où l’on remarque le blanc et vert long parisien, le concombre Fournier recommandable pour la culture en plein air, le vert long maraîcher, très productif et très estimé sur les marchés, et le concombre vert long de Sikkim; 6 variétés de cresson alénois, 9 variétés de fèves en pots, 3o variétés de fraises où les variétés Saint-Joseph et
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Saint-Antoine de Padoue représentent les variétés remontantes à gros fruits et la variété «Sensation» le maximum de grosseur de fruits; ho variétés de haricots en pots, 55 variétés de laitues et romaines dont la blonde et la brune paresseuse atteignent un développement extraordinaire, io variétés de melons, le vert grimpant à chair verte fondante, le cantaloup de Vauriac dont la chair rouge très savoureuse en fait une des meilleures nouveautés des dernières années; 18 variétés de navets, le Milan blanc le plus précoce de tous, le navet écarlate du Kashmyr du rouge le plus intense, 11 variétés d’oignons blancs, panais et persils, 17 variétés de piments en pots, le piment noir long du Mexique (nouveau) d’un noir brillant et d’une saveur piquante, le piment trompe d’éléphant d’un beau rouge vif et peu fort, le piment du Chili à fruits dressés, le mammouth jaune d’or, à gros fruits d’un beau jaune, 10 variétés de pois en cosses, 1 2 variétés de pommes de terre, entre autres la pomme de terre belle-de-juillet jaune, peu sujette à la maladie, et la pomme de terre Cardinal (nouveauté) à tubercules rouges à chair jaune pâle, â5 variétés de radis et radis-raves de toutes couleurs et de toutes formes, 6 variétés de tomates en pots, parmi lesquelles nous signalons la tomate merveille des marchés (nouveauté) à fruit lisse d’un beau rouge vif recommandable pour l’exportation, la tomate reine des hâtives, la plus productive et la plus hâtive de toutes les tomates.
- L’Établissement du Refuge de Plessis-Piquet (Seine) exposait un lot de légumes divers comprenant plusieurs variétés d’artichauts dont le vert de Laon, très beau; des choux pommés, cœur-de-bœuf, chou Milan gros des vertus et autres, plusieurs variétés de choux-fleurs très beaux et bien blancs, une collection de carottes rouges longues et demi-longues, poirées à carde blanche, épinards lent à monter et de Viroflay, plusieurs variétés de fraises très belles, dont la Saint-Joseph et la Docteur-Morère, fèves de marais en pots garnies de belles cosses, une collection de haricots en pots, de melons cantaloup Prescott à fond blanc, cantaloup noir des Carmes et melon sucrin, une collection de navets, de poireaux, panais, pois en pots garnis de cosses, piments en pots, persils frisé et ordinaire, une collection nombreuse de radis, sarriettes, thym, plusieurs variétés de tomates dont la tomate Chemin, la rouge naine hâtive, etc., une collection de salades composée de plusieurs variétés de laitues, romaines, chicorées frisées et scaroles; nous avons remarqué les romaines blondes et vertes, les laitues Batavia, gotte et palatine, les chicorées frisées fine d’été parisienne atteignant le maximum de développement, scaroles blonde et verte, concombres blanc et vert. La même maison avait également pris part à un concours de pommes de terre en 2 5 variétés; nous y avons remarqué la pomme de terre royale, la reine de mai très belle, la belle de Vincennes, la Marjolin, la Victor et autres sortes toutes très bonnes et très productives.
- La Société de secours mutuels des Jardiniers de la Seine exposait un lot de légumes divers :
- Aubergines en pots, artichauts, betteraves potagères, carottes grelot, de Crécy, courte hâtive, rouge à forcer parisienne, demi-longue et grelot tardive, des cardons de
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- PLANTES POTAGÈRES.
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- Tours, cerfeuils en pots, champignons, céleris Chemin (doré) et plein hlanc, chicorées frisées, fine de Louviers et fine de Rouen, poirées à carde blanche et verte, un beau lot de choux pommés tels que : chou cœur-de-hœuf très hâtif, chou plat maraîcher de Paris, chou de Milan court hâtif et autres, épinard de Viroflay, de Tétragone, fèves et haricots et pots garnis de cosses, plusieurs variétés de laitues et romaines toutes très belles, 3 variétés de navets et h d’oignons blancs, oseille, panais, persil, piments en pots, poireaux de Rouen et long de Paris, plusieurs variétés de radis, tomates, pommes de terre, scorsonère, etc.
- La même société avait pris part au concours de choux-fleurs avec les variétés Alleaume, demi-dur de Paris, Lemaître et le chou-fleur Pornot non encore mis au commerce, et, également, à un concours de melons avec les sortes : fond gris ordinaire, fond gris hâtif et Prescott. hâtif à châssis, cantaloup fond blanc gros et melon de Chypre.
- Dans un autre concours figurait le concombre vert épineux très productif, le concombre blanc de Paris, le concombre vert anglais, vert très long de Chine et vert à cornichon.
- Ces lots faisaient l’honneur de la corporation des jardiniers de la Seine, car il n’était pas possible de présenter de plus beaux produits.
- Le Comice d’encouragement de Seine-et-Oise avait pris part au concours de légumes divers.
- Le Syndicat agricole de Cergy présentait plusieurs variétés de pois en pots garnis de cosses, tels que : le pois téléphone, Duc-d’Albany, Michaux de Hollande, Léopold II, Serpette et autres.
- Le Syndicat agricole de Sarcelles présentait de forts spécimens d’artichauts de Laon de toute beauté.
- Le Syndicat de Mantes présentait des carottes demi-longues, choux cœur-de-bœuf, laitues, chicorées, romaines, oignons blancs et melons cantaloup fond blanc.
- M. Le^aillon, à Montrouge (Seine), présentait deux meules de champignons garnies de fruits blancs et gris et deux corbeilles de hlanc de champignons.
- 1V1. Rourgeois, à Conches (Eure), présentait un lot de melons en plusieurs variétés.
- M. Enot, à la Guéroulde (Eure), présentait des melons cantaloup, fond blanc, de l’Eure; melon royal et melon fond blanc Hurel.
- M. Rerthaud-Cottard, à Saint-Mard (Seine-et-Marne), présentait en corbeilles plusieurs variétés de fraises : Général-Chanzy, Louis-Gauthier et autres.
- M. Prealmont (Franckde), à Taverny (Seine-et-Oise), présentait quelques corbeilles de fraises.
- M. Ratzkre, chef des jardiniers royaux à Fredriesbourg (Danemark), présentait 8 spécimens de choux-fleurs nains hâtifs d’Erfürt qui n’ont pu être jugés par le Jury. Ces produits, étant restés trop longtemps en route, sont arrivés dans un état de décomposition complète.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- CONCOURS DU 18 JUILLET 1900.
- Dans ce concours, la maison Vilmorin-Andrieux el Cie exposait dans la serre des étrangers un lot d’ensemble qui, comme toujours, était le plus beau et le plus considérable.
- Il comprenait 18 variétés de betteraves à salade, 18 variétés de chicorées frisées, et scaroles, 2 5 variétés de laitues et romaines, chou-fleur Lenormand et chou-fleur tendre de Paris, îo variétés de choux, 20 variétés de melons et cantaloups, 10 variétés de courges, toute la collection de piments et tomates en très gros exemplaires en pois, 6 variétés de poirées, ho variétés de pommes de terre, ih variétés de concombres, la collection complète de radis et radis-raves, la collection d’aubergines, chou-rave violet hâtif de Vienne, salsifis mammouth, pâtissons, 10 variétés de carottes parmi lesquelles il convient de citer la longue rouge sang très régulière et remarquable par sa coloration, 5 variétés d’oignons, h variétés de navets, la collection complète des fèves et pois en cosses présentée en assiettes, céleri plein (doré) à côte rose, basilics, cerfeuils, estragon, cresson, etc,
- Tous ces produits étaient superbes et nous ne pouvons que féliciter de nouveau cette maison.
- La Chambre syndicale des Maraîchers d’Amiens exposait un lot de légumes très remarquables.
- Ce lot présentait une certaine originalité, car au milieu se trouvait un bateau chargé de légumes divers.
- Ce bateau représentait le moyen de transport utilisé par les maraîchers ou «hortillons » pour l’approvisionnement des marchés d’Amiens.
- Nous avons remarqué dans le lot exposé 10 variétés de choux Milan frisés et choux pommés (cabus) et entre autres le chou cœur-de-bœuf extragros, le cœur-de-bœuf moyen, le chou express ayant de grosses proportions, ainsi que le chou Milan frisé d’Aire et le chou Milan trapu de Roblet, variétés très belles et de haut mérite, l’artichaut de Laon, 6 variétés de carottes demi-longues et longues très belles, 3 variétés de céleris, h variétés de chicorées frisées et scaroles, laitues, romaines, 6 variétés de navets; à citer le navet de Fiamicourt; plusieurs variétés d’oignons, poireaux, 8 variétés de pois en cosses et en tiges, 8 variétés de pommes de terre et 10 variétés de radis.
- Cette exposition a obtenu un grand succès et nous a fourni des comparaisons très intéressantes entre les produits de cette région et ceux de la culture maraîchère parisienne.
- Le Refuge de Plessis-Piquet (Seine) présentait un très beau lot de légumes divers : 20 variétés de carottes, 12 variétés de céleris, 1 h variétés de choux, à citer spécialement le chou trapu de Brunswick et le chou de .Saint-Denis, 22 variétés de pois présentés en assiettes, une collection de radis, aubergines, artichauts, 20 variétés de courges et coloquintes, laitues, chicorées frisées, plusieurs variétés de melons.
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- Dans un concours spécial, le même présentait une collection de pommes de terre en 60 variétés, toutes très belles, et un lot d’oignons de 25 variétés. Tous ces produits étaient très beaux et bien cultivés.
- La Société de secours mutuels des Jardiniers de la Seine présentait comme à tous les précédents concours un très beau lot de légumes : artichauts gros vert de Laon, aubergine violette longue, carotte hâtive, chicorée frisée de Rouen, frisée de Picpus et de Louviers, scarole verte d’automne et blonde de Paris, céleri Chemin, chou cœur-de-bœuf, gros maraîcher de Paris et Milan d’Ulm, concombre vert long, vert long de Paris, vert long anglais et blanc de P.aris, haricot flageolet, fève de marais, laitue Batavia, verte lente à monter, palatine et brune têtue, romaine blonde de Paris et blonde de Versailles, pois télégraphe, poireau de Rouen, radis noir long d’hiver et h variétés de radis cl’été, tomate Chemin, cerfeuils, épinards, pourpiers, persils divers, etc.
- La même société présentait en outre un lot de choux-fleurs demi-dur de Paris, dur de Paris et tendre d’été en exemplaires d’une grosseur extraordinaire et un autre lot composé de melons cantaloup fond blanc gros, cantaloup hâtif de Paris, cantaloup hâtif à fond gris et melon de Chypre provenant d’une très belle culture.
- M. Rertiiaud-Cottard, à Saint-Mard (Seine-et-Marne), présentait douze petits paniers de fraises des quatre-saisons, une de Saint-Joseph et deux de Jeanne d’Arc.
- M. Préaumont (Franck de), à Taverny (Seine-et-Oise), présentait douze petits paniers de fraises des quatre-saisons, une de Saint-Joseph et deux de Jeanne d’Arc et quelques melons hybrides Vallerand.
- M. Casablancas, à Paris, présentait plusieurs melons, aubergines, concombres et autres produits du Midi de peu d’importance.
- M. Compoint, à Saint-Ouen (Seine), présentait six bottes d’asperges vertes dites grosses pointes et seize petites bottes dites petites pointes.
- M. Lécaillon, à Montrouge (Seine), présentait deux meules de champignons et deux paniers de blanc de champignon.
- MM. Costantin et Matruchot, à Paris, présentaient des champignons blancs et gris et des tubes de blanc de champignon pasteurisé.
- La Chambre de commerce de Naples (Italie) présentait un lot d’ensemble de légumes divers de peu d’importance.
- M. Wrede (H.), de Lunebourg (Allemagne), présentait six variétés d’asperges en plants d’un an.
- CONCOURS DU 8 AOÛT 1900.
- A celle date, la maison Vilmorin-Andrieux et Cie prenait part à quatre concours spéciaux de concombres, cucurbitacées, melons et fraisiers.
- Celte maison présentait dans un lot d’ensemble des artichauts, aubergines violette ronde de Chine et violette ronde très grosse, 11 variétés de betteraves à salade,
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- carotte courte hâtive de Guérande, demi-longue de Luc, demi-longue pointue, demi-longue nantaise, demi-longue obtuse, demi-longue de Garcnlan, de Danvers, de Chan-tenay et intermédiaire de James, puis la rouge longue lisse de Meaux, rouge longue obtuse sans cœur et la longue rouge sang, plusieurs variétés de cardons et céleris, plusieurs variétés de chicorées : frisée impériale, frisée d’été à cœur jaune, frisée toujours blanche, de Meaux, de Louviers, de Rouen, frisée d’été printanière, mousse et grosse pancalière, scarole grosse de Limay et ronde verte, et une corbeille de champignons.
- Par suite de la grande sécheresse, ce lot de chicorées laissait un peu à désirer et n’avait pas le meme aspect qu’aux précédents concours.
- Choux : pommé plat de Paris, de Saint-Denis, quintal d’Auvergne, de Tourlaville, de Schweinfurth très gros, conique de Poméranie, de Rrunswick, nantais gros, de Brunswick à pied court, rouge petit d’Utrecht, rouge gros, rouge de Pologne, très belle variété à pied court et pomme plate, Milan hâtif d’Aubervilliers et pancalier de Touraine; 1 5 variétés de concombres, 8 variétés de courges, plusieurs variétés de haricots , laitue grosse brune têtue, merveille des quatre-saisons, palatine, blonde de Cazard, blonde de Berlin, sanguine améliorée, blonde d’été, frisée à couper de Beauregard, frisée d’Amérique et frisée de Californie.
- Ainsi que les chicorées et scaroles, ces laitues avaient beaucoup souffert de la grande chaleur.
- Dix-huit variétés de melons et cantaloups, 22 variétés d’oignons parmi lesquels le rouge vif d’août et le rouge pâle de Niort se faisaient surtout remarquer, 16 variétés de piments en pots et en fruits cueillis, à citer les Ruby-King trompe d’éléphant monstrueux doux d’Amérique et Mammouth jaune d’or, h variétés de poireaux, poirées à carde blanche et à carde rouge du Chili, 5o variétés de pommes de terre, la collection entière de radis et radis-raves y compris le radis noir long d’été, d’excellente variété ainsi que le noir long gros d’hiver et gris d’hiver de Laon, 12 variétés de tomates dont la variété Roi-Humbert, très productive, et la merveille des marchés, d’une beauté et d’un rapport extraordinaires.
- Dans ce magnifique lot d’ensemble se trouvaient réunies toutes les fournitures et condiments divers: cerfeuil, toutes les variétés de basilics, cresson, épinard, pourpier, etc.
- Concours de concombres. — La même maison présentait à ce concours 3 variétés de concombres blancs, dont le blanc long parisien très lisse et très fin, 10 variétés de concombres verts, à citer : le vert long parisien, le vert long Fournier et le vert très long géant, hâtif et productif, puis le jaune de Hollande, brodé de Russie et serpent.
- Concours de cucurbiiacées. — Ce concours réunissait toutes les variétés de courges, coloquintes et potirons. Parmi les courges il conviendrait de citer surtout la courge brodée de Thoumain, de l’Ohio, du Portugal, plus grosse que TObio et curieusement côtelée.
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- Concours de melons. — La même maison présentait aussi à ce concours les variétés suivantes : melon ananas d’Amérique à chair rouge, ananas d’Amérique à chair verte, d’Antibes blanc d’hiver, boule d’or, de Cavaillon tranché à chair rouge, de Honfleur, hybride Vallerand, maraîcher de Saint-Laud, muscade des Etats-Unis à chair verte, olive d’hiver, sucrin de Tours et vert grimpant ainsi que les melons cantaloup d’Alger, cantaloup à chair verte, cantaloup noir du Portugal, cantaloup noir des Carmes, cantaloup pomme Prescott fond blanc argenté, Prescott hâtif à châssis et cantaloup de Vaucluse.
- Concours de fraisiers. — Cette maison présentait également un lot de fraisiers, en pots, Saint-Antoine de Padoue chargés de très beaux fruits.
- M. Berthaud-Cottard, à Saint-Mard (Seine-et-Marne), présentait une caisse de fraises Saint-Joseph, une de Jeanne d’Arc, une de Docteur-Morère et une de quatre-saisons améliorées.
- MM. Cayeux et Le Clerc, quai de la Mégisserie, 8, Paris, membres du Jury, exposaient hors concours 11 variétés de melons cantaloup fond blanc gros, cantaloup pomme, cantaloup de Pierre-Bénite, cantaloup d’Alger, melon de Dijon, melon de Chypre, melon sucrin de Tours, melon hybride Vallerand, melon ananas à chair verte, melon maraîcher de Paris, melon composite et melon vert de Provence, 28 variétés de concombres et cornichons courge blanche, non coureuse, plusieurs variétés de piments.
- Ce lot était très beau et leur a valu les félicitations du Jury.
- M. Compoint, à Saint-Ouen (Seine), présentait six grosses bottes d’asperges vertes dites grosses pointes et seize petites bottes dites petites pointes.
- M. Casablancas, à Paris, présentait quatre melons et pastèques et une variété de piments, le tout non étiqueté.
- M. Préaumont (Franck de), à Taverny (Seine-et-Oise), présentait quatre caisses de fraises: Général-Chanzy, Saint-Joseph, Docteur-Morère et des quatre-saisons.
- M. Le'caillon, à Montrouge (Seine), présentait deux meules de champignons, deux paniers de champignons et un panier de blanc de champignon.
- M. Jacquart, à Rennes (Ille-et-Vilaine), présentait 180 variétés de pommes de terre et 21 variétés d’oignons.
- M. Rosette, à Caen (Calvados), présentait dix caisses de fraises Saint-Antoine de Padoue de toute beauté.
- M. Nayrales, à Paris, présentait un tonneau où étaient cultivés des pieds de tomates, garnis de fruits à maturité. Culture nouvelle et originale.
- M. Wrede, à Lunebourg (Allemagne), présentait une collection de griffes d’asperges.
- CONCOURS DU 22 AOÛT 1900.
- La maison Vilmorin-Andrieux et Cie présentait un beau lot d’ensemble et prenait part aux concours spéciaux d’aubergines, de choux et de tomates, organisés à cette date.
- Dans le lot d’ensemble, on remarquait : la collection complète de betteraves pota-
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- gères, toutes les variétés de carottes courtes, demi-longues et longues; 7 variétés de céleris à côtes, dont le plein blanc d’Arrezo, le plein blanc d’Amérique, le plein doré à côte rose, puis les céleris-raves à petite pomme, le gros d’Erfürt et le très hâtif d’août à feuilles panachées; champignons et blanc de champignon ; 11 variétés de chicorées frisées et scaroles, à citer aussi la chicorée à grosse racine, race de Magdebourg; 8 variétés de choux pommés et Milan frisés, chou-rave blanc hâtif de Vienne et violet hâtif de Vienne; une collection de concombres en nombreuses variétés ; 18 variétés de courges diverses où se trouvaient le Benincasa cerifera, citrouille de Touraine, girau-mon turban, plusieurs variétés de pâtissons et 7 variétés de potirons dont le Mammouth très gros et le bronzé de Montlhéry, épinards divers, basilics, cerfeuils, cressons, persils, etc. Les laitues, au nombre de 18 variétés, laissaient «4 désirer pour la grosseur, car elles avaient beaucoup souffert de la grande chaleur; 17 variétés de melons et 3 de pastèques; plusieurs variétés de navets, 26 variétés d’oignons, 3 variétés de panais, la collection complète de piments, 5 variétés depoirées, 6 de poireaux, 50 variétés de pommes de terre, tous les radis hâtifs d’été, d’hiver, et radis-raves; à citer aussi le raifort champêtre de l’Ardèche, salsifis blanc, scorsonère et toutes les variétés de tomates.
- Concours d'aubergines. — Cette maison présentait à ce concours 11 variétés d’aubergines en très beaux exemplaires, à citer : la ronde très grosse et la violette longue, la blanche longue et la blanche ronde, très curieuse, et comme nouveauté la perle et la Bringal.
- Concours de choux. — La même maison présentait à ce concours 16 variétés de choux pommés, 5 de rouges et 7 de Milan frisés, le tout en très beaux exemplaires et très francs d’espèces; à citer surtout le chou Amager extratardif.
- Concours de tomates. — La même maison présentait à ce concours 2 2 variétés de tomates, soit toutes les meilleures sortes en très beaux et forts pieds en pots ainsi qu’en fruits détachés.
- Le lot d’ensemble ainsi que les trois concours spéciaux étaient superbes et dénotaient une culture irréprochable.
- Le Refuge de Plessis-Piquet (Seine) présentait un lot d’ensemble composé de toutes les collections de carottes, 16 variétés de choux de toute beauté : à citer le conique de Poméranie, le trapu de Brunswick et le Schweinfurt; 70 variétés de pommes de terre, 7 variétés de chicorées et scaroles, 1A variétés de tomates, 26 variétés d’oignons, toute la collection de betteraves potagères, poirées et de nombreuses variétés de courges, potirons et giraumons remarquables par leur développement.
- La Société de secours mutuels des Jardiniers de la Seine présentait un très beau lot composé de 6 variétés de laitues : palatine, merveille des quatre-saisons, palatine rose, sanguine, blonde de Chavigné, blonde paresseuse ; chicorée : frisée pancalière, de Lou-viers, de Ruffec, de Picpus et de Rouen, scarole verte et blonde, romaines blonde de Paris et blonde de Versailles, céleri Chemin, céleri d’hiver, céleri-rave de Paris, chou
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- Milan d’Aubervilliers, Milan de Gennevilliers, chou de Saint-Denis, aubergine violette longue, plusieurs variétés de tomates, puis un lot de choux-fleurs composé des variétés Alleaume, demi-dur de Paris, un lot de 12 melons des variétés cantaloup fond blanc, cantaloup fond gris et melon de Chypre, et aussi trois variétés de concombres.
- M. Coffigniez, Ecole d’horticulture de Meudon (Seine-et-Oise), présentait un lot d’ensemble composé d’artichauts, carottes, chicorées frisées et scaroles, laitues, romaines, choux, tomates, betteraves, poireaux, melons, puis des fraisiers des quatre-saisons en pots et en boîtes.
- M. Davy, à Beauforl-en-Vallée (Mainê-et-Loire), présentait un lot d’ensemble composé d’une collection nombreuse de cucurbitacées, betteraves potagères, carottes courtes et demi-longues et autres variétés, ainsi que douze variétés de melons, à citer : melon maraîcher de Mazé, cantaloup orangine, cantaloup d’Alger, de Bellegarde, melon Lord Beaconsfield et autres variétés.
- M. Compoint, à Saint-Ouen (Seine), présentait six bottes d’asperges vertes grosses pointes, et seize bottes de petites pointes.
- M. Berthaud-Cottard, à Saint-Mard (Seine-et-Marne), présentait huit caisses de belles fraises : Louis-Gauthier, Jeanne-d’Arc, Saint-Joseph et quatre-saisons améliorée.
- M. Balledent, à Soissons (Aisne), présentait quelques plants de fraisiers en fruits de peu d’importance.
- M. Préaumont (Franck de), à Taverny (Seine-et-Oise), présentait neuf corbeilles de fraises Saint-Joseph et douze melons Vallerand.
- M. Jacquart (Elie), à Bain-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), présentait un lot de pommes de terre de 175 variétés, un lot de radis de peu d’importance, un lot d’oignons composé de 22 variétés et un autre lot de 60 variétés de haricots en cosses présentées en assiettes.
- M. Lécaillon, à Montrouge (Seine), présentait deux meules de champignons, deux paniers de champignons et un autre de blanc de champignon.
- MM. Costantin et Matrüchot, à Paris, présentaient une meule de champignons aussi blancs qu’au dernier concours, produit à l’aide du blanc pasteurisé.
- M. Nayrales, à Paris, présentait encore ses tonneaux garnis de fraisiers en fleurs et en fruits.
- La Société régionale de Vincennes (Seine) présentait trois ananas en très beaux exemplaires comme concours imprévu.
- CONCOURS DU 12 SEPTEMBRE 1900.
- A ce concours, la maison Vilmorin-Andrieux et C10 présentait un magnifique lot d’ensemble dans lequel se trouvaient réunis tous les produits maraîchers.
- On y remarquait plusieurs variétés d’aubergines dont la ronde très grosse surpassait toutes les autres en grosseur, la ronde de Chine et la violette naine hâtive, une belle collection de betteraves à salade, une collection complète de carottes potagères, A va-
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- riétés de céleris dont le très hâtif d’août à feuilles panachées, céleri-rave pomme à petites feuilles et gros d’Erfurt, 8 variétés de chicorées frisées : à citer la grosse pan-calière, frisée d’été à cœur jaune et toujours blanche, scarole blonde de Limay et verte ou ronde ayant de très belles proportions, î h variétés de choux pommés blancs et rouges, 7 variétés de choux Milan, dont le Milan d’Aire très beau et très recommandable, chou-rave violet, 11 variétés de concombres, 19 variétés de courges, parmi les 8 variétés de laitues, la batavia frisée et la laitue Lortbois se faisaient remarquer par leur ampleur, 2 variétés de romaines, 5 variétés de melons et 2 de pastèques à graine noire et graine rouge, une très belle collection d’oignons, 3 variétés de panais, de beaux pâtissons et des potirons très gros, A 6 variétés de pommes de terre, poireaux long de Paris, gros court de Rouen et monstrueux de Garentan, une nombreuse collection de piments en forts pieds; à citer spécialement les variétés trompe d’éléphant très gros, le chinois très curieux et le gros carré doux, toutes les variétés de radis ronds, demi-longs et longs, ainsi que la série des radis d’hiver, raifort champêtre de l’Ardèche, salsifis et scorsonères. Ce beau lot était complété par 16 variétés de tomates en pieds très forts chargés de nombreux fruits, dont trois recommandables : la merveille des marchés, la rouge grosse lisse sans côtes, la champion et la jaune grosse lisse pour sa couleur et la beauté de son fruit.
- Concours de cucurbitacées. — La même maison avait présenté à ce concours spécial un lot important de ses divers produits : on y voyait une douzaine des meilleures variétés de concombres, 18 variétés de courges, 9 variétés de coloquintes, giraumon turban, pâtisson orange, Benincasa cerifera, 6 variétés de potirons très beaux, 6 variétés de melons et cantaloup et h de pastèques dont la variété hâtive de Russie et Seikon hâtive.
- Cette maison présentait également, comme concours imprévu, 7 variétés d’aubergines en très beaux pieds et 1A variétés de piments en plantes fortes et en fruits cueillis.
- Tous ces produits avaient atteint le maximum de beauté et de développement.
- L’Asile de Ville-Évrard (Seine-et-Oise) présentait un beau lot d’ensemble composé de betteraves potagères, concombres, courges, choux-raves blanc et violet, poirées, poireaux, salsifis blanc et scorsonère; chicorées frisée de Ruffec, fine d’été, race parisienne, de Meaux; une collection de carottes, radis, oignons, 55 variétés de pommes de terre, 20 variétés de laitues, 12 variétés de choux pommés et 10 de choux Milan, 2 5 variétés de tomates et aussi de très beaux cardons, basilics, cerfeuils, persils, haricots, choux frisés d’ornement, piments, physalis francheti, etc.
- Ce lot était d’autant plus remarquable qu’il a été obtenu par les soins des aliénés pensionnaires de l’établissement.
- M. Davy, à Reaufort-en-Vallée (Maine-et-Loire), présentait 5 variétés d’ail, 55 variétés d’oignons très beaux, Ao variétés de tomates et piments, h variétés de poireaux des cultures de l’Anjou.
- M. Nayrales, à Paris, présentait un tonneau de fraisiers.
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- M. Compoint, à Saint-Ouen (Seine), présentait six boites d’asperges blanches, six bottes d’asperges vertes et huit petites bottes d’asperges vertes.
- M. Préaumont (Franck de), à Taverny (Seine-et-Oise), présentait A variétés de très belles fraises en pots et en caisses, A melons cantaloup fond gris et 12 melons hybrides Vallerand.
- M. Berthaud-Cottard, à Saint-Mard (Seine-et-Marne), présentait 8 caisses de fraises des variétés quatre-saisons améliorée, quatre-saisons Millet, Louis-Gàuthier, Saint-Joseph et Jeanne-d’Arc.
- M. Wrède, à Lunebourg (Allemagne), présentait des plants d’asperges de six mois et de trois ans.
- M. Jacquart, à Rennes (Ille-et-Vilaine), présentait i3o variétés de pommes de terre, radis, carottes, poireaux, et 70 variétés de haricots en cosses.
- M. Lécaillon, à Montrouge (Seine), présentait deux meules de champignons et un panier de champignons.
- MM. Costantin et Matruciiot, à Paris, présentaient une meule de champignons et toujours la même caisse contenant des tubes de blanc pasteurisé et du blanc de champignon ordinaire.
- Le Syndicat agricole de Sarcelles (Seine-et-Oise) présentait un lot de carottes, oignons, navets et poireaux.
- Le Syndicat agricole de Linas (Seine-et-Oise) présentait un lot d’oignons et de poireaux.
- Le Syndicat agricole de Gagny (Seine-et-Oise) présentait 2 potirons, 2 giraumons et 2 caisses de tomates.
- M. Finiels (Justin), à Nîmes (Gard), présentait une collection de pommes de terre de jardin composée de 3o variétés.
- CONCOURS DU 26 SEPTEMBRE 1900.
- La maison Vilmorin-Andrieux et C“ avait exposé un lot d’ensemble de légumes dans la grande serre des étrangers.
- Ce lot réunissait plusieurs variétés d’artichauts, une collection d’aubergines dont les variétés la perle et serpent noir (nouveautés), une belle collection de betteraves à salade, de cardons et de carottes courtes, demi-longues et longues, 16 variétés de chicorées frisées et scaroles, 12 variétés de choux pommés, 10 de choux Milan frisés, plusieurs variétés de choux-fleurs, 1A variétés de courges dont la massue et la pèlerine grosse, une collection de concombres, épinards, persils, cerfeuils, etc., 2A variétés de laitues très belles, plusieurs variétés de romaines, 5 variétés melons et cantaloups, pastèques à graine noire, A variétés de navets, 2A variétés d’oignons très beaux, 3 variétés de panais, une collection de piments en pots, en pieds très forts chargés de fruits nombreux, toutes les variétés de poireaux, 5o variétés de pommes de terre, 5 variétés de potirons, une collection complète de radis de toutes saisons, radis-
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- raves et d’hiver, salsifis blanc, scorsonère, et de nombreuses variétés de tomates en très beaux pieds et en fruits cueillis.
- Il n’est pas nécessaire de s’étendre davantage sur le lot d’ensemble exposé par cette maison, les produits étant toujours très beaux et chaque espèce y étant constamment représentée en grande quantité.
- Cette maison prenait part également à trois concours spéciaux de choux, de céleris, de poireaux et oignons.
- Concours de choux. — Le lot présenté à ce concours était composé de toutes les variétés de choux pommé (cabus) et choux Milan par A exemplaires de chacune, tous d’une très belle culture et d’une franchise remarquable.
- A citer notamment le rouge gros, le rouge conique, le rouge de Pologne, le Schvvein-furtt, le quintal d’Alsace, de Rrunsvvick, le Milan à tête longue, le Milan gros des vertus , le Milan d’Aire et Milan de Relleville, et une collection entière de choux frisés d’ornement, très curieux par leurs coloris et qui ornaient les autres choux d’une façon fort avantageuse.
- Concours de céleris. — Pour ce concours cette maison présentait par 6 exemplaires de chacune, 11 variétés de céleris à côtes, dont le plein blanc d’Amérique, le plein blanc frisé, d’Arezzo à côtes très pleines, bonne sorte pour le Midi, le plein blanc doré, le plein doré à côte rose, le violet à grosse côte, et comme nouveauté le plein blanc à feuille de fougère, curieux par son feuillage très découpé, et 5 variétés de céleris-raves, à citer le gros d’Erfürt, le très hâtif d’aout à feuille panachée de blanc et le géant de Prague à racine bien lisse.
- Concours de poireaux et oignons. — Dans ce concours figurait un lot de 6 variétés de poireaux dont le gros court de Rouen, le monstrueux de Carentan et le jaune du Poitou d’une grosseur remarquable, puis 35 variétés d’oignons, par plusieurs beaux exemplaires de chaque variété.
- La Société de secours mutuels des Jardiniers de la Seine présentait un très beau lot d’ensemble composé de cardons, 5 variétés de céleris à côtes et céleris-raves, choux Milan gros des vertus, chou Milan hâtif d’Aubervilliers, ainsi que de magnifiques spécimens de choux pommés plat maraîcher de Paris, 6 variétés de laitues et romaines, cerfeuils, oseille, persils divers, 5 variétés de melons et cantaloups, tomates, navels, radis noir long d’hiver, de très gros poireaux de Rouen, des haricots et pois en cosses présentés en assiettes, plusieurs variétés de poirées et asperges en végétation.
- La même société présentait aussi un lot de superbes choux-fleurs dont chaque spécimen était de toute beauté comme grosseur et franchise; ces variétés, cultivées principalement pour les marchés, étaient le dur de Paris, demi-dur de Vaugirard et le tendre d’été.
- La Société d’horticulture de Soissons (Aisne) présentait tout un massif de légumes dont le centre était garni avec quelques cardons; venaient en seconde ligne des céleris, choux Milan, choux pommés et quelques variétés d’aubergines en pieds, puis î 5 va-
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- riétés de chicorées frisées et laitues parmi lesquelles on remarquait la blonde de Cazard à pomme très bien faite et la chicorée fismoise présentée comme nouveauté mais qui, à notre point de vue, nous a paru peu méritante; les betteraves à salade, carottes, cerfeuil bulbeux, artichauts, oignons divers, 20 variétés de pommes de terre, haricots en assiettes, giraumons turbans, melon Vallerand, piments en pieds et quelques variétés de radis et radis-raves.
- Le Refüge de Pléssis-Piqüet (Seine) avait disposé son lot d’ensemble avec beaucoup de goût. Une collection de piments en beaux pieds formait le centre, puis une quantité de choux très remarquables par leur développement, 20 variétés de carottes, chicorées frisées et scaroles, poirées, épinards, persils, cerfeuils, poireaux, choux-raves, 65 variétés de pommes de terre, 3o variétés d’oignons, i5 variétés de tomates, h variétés de cardons, navets, radis et radis-raves, betteraves potagères, etc.
- Ce lot était très remarquable.
- Le même avait exposé un lot de cucurbitacées en très beaux spécimens composé de potirons énormes, courges, pâtissons, citrouille de Touraine ainsi qu’une nombreuse collection de coloquintes.
- L’Etablissement de Saint-Nicolas, à Igny (Seine-et-Oise), présentait un lot d’ensemble composé de betteraves potagères, 7 variétés d’aubergines, céleris divers, cardons, poirées, potirons, courges, artichauts, carottes, choux pommés et Milan, chicorées frisées et scaroles, 10 variétés de radis, 20 variétés de pommes de terre, 12 variétés d’oignons, salsifis blancs, scorsonères et patates jaunes remarquables par leur grosseur.
- Un lot de choux, dont le rouge gros conique de Poméranie, rouge foncé d’Erfürt et d’Utrecht, ont attiré notre attention, et 1 0 variétés de choux frisés d’ornement.
- Un lot de salades composé de 10 variétés de céleris et de céleris-raves, 6 variétés de laitues et 9 de chicorées frisées. Le tout d’une très belle «guitare.
- Un lot de poirées à cardes remarquables par leur développement. A citer : poirée à carde blanche, jaune du Chili, rouge du Chili, à carde blanche frisée et blonde commune.
- La Société d’horticulture de Villemonble (Seine) présentait quatre lots différents de légumes divers :
- Le premier lot était composé de 3o variétés de choux pommés et frisés, plusieurs variétés de choux-fleurs, 12 variétés de chicorées et scaroles et 32 variétés de pommes de terre.
- Le second se composait de 6 variétés de cardons, céleris à côtes et céleris-raves, une collection de carottes, 2 variétés de chicorées : de Guilande et.de Louviers, plusieurs variétés de mâches, choux-raves violet et blanc lisse, salsifis blancs et scorsonère, plusieurs variétés de radis, une collection de cucurbitacées composée de potirons, giraumons, courges et autres, 3 melons cantaloups, 2 variétés de poireaux : le long de Paris et de Garentan.
- Le troisième comprenait plusieurs variétés d’aubergines, dont la violette longue, blanche longue et blanche ronde, une collection de tomates, de piments et laitues, 10 variétés de pommes de terre.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Le quatrième était composé de : céleris à côtes, A2 variétés de haricots nains, 12 variétés de pommes de terre, une collection de haricots en cosses présentés sur assiettes, ignames de Chine.
- L’Asile de Ville-Evrard, à Ville-Evrard (Seine-et-Oise), présentait un lot assez important de légumes divers composé de betteraves potagères, 3o variétés de choux pommés, plusieurs variétés de choux-fleurs, 16 variétés de carottes, de céleris à côles, céleris-raves, tomates, poirées, chicorées, scaroles, 3o variétés de laitues d’une très belle culture; à citer spécialement la laitue de Cazard, plusieurs variétés d’aubergines, piments, courges, concombres, potirons, une collection d’oignons, plusieurs variétés de pommes de terre, poireaux, tétragones et haricots en assiettes.
- M. Ballédent, à Soissons (Aisne), présentait des plants d’asperges d’un, deux et trois ans, hâtives de Soissons.
- M. Bertiiaud-Cottard, à Saint-Mard (Seine-et-Marne), présentait quatre boîtes de fraises très belles : quatre-saisons améliorées, quatre-saisons Millet, Louis Gauthier et Jeanne d’Arc.
- MM. Parent oncle et neveu, à Rueil (Seine-et-Oise), présentaient quatre caisses de fraises Saint-Joseph, une caisse de quatre-saisons améliorées et une caisse de framboises.
- M. Lécaillon, à Montrouge (Seine), présentait deux meules de champignons et un panier de blanc de champignon.
- M. Neyrales, à Paris, nous présentait encore ses deux tonneaux de fraisiers.
- M. Compoint, à Saint-Ouen (Seine), présentait six bottes d’asperges blanches, six hottes de vertes grosses pointes et douze bottes petites pointes.
- Le Syndicat de Linas (Seine-et-Oise) présentait un lot composé de poireaux, 2 variétés de carottes, 2 caisses de tomates, dont une était toutes vertes, n’étant pas à maturité, et 6 melons non étiquetés.
- M. Thoreau, (Désiré), cultivateur à Jouy-le-Moutier (Seine-et-Oise), présentait 20 variétés de pommes de terre, i5 variétés de haricots, A variétés de choux et 2 de choux-fleurs.
- ÉTRANGERS.
- A ce concours avaient pris part également quelques exposants étrangers :
- M. Meyer (Johanner), de Hambourg, présentait un lot de 110 variétés de pommes de terre, une certaine quantité de choux pommés mais qui laissaient à désirer, ces produits ayant beaucoup souffert du transport, et ainsi qu’une collection de concombres.
- L’Union horticole de Liège, à Liège (Belgique), présentait une certaine quantité d’espèces de poireaux et oignons et pommes de terre d’une assez belle culture.
- iæ Ministère de l’Agriculture et les Domaines de Russie présentait un lot considérable de melons d’eau et pastèques à chair rouge d’un volume et d’un poids peu connus (de i5 à 18 kilogrammes et 1 mètre de circonférence). Ces pastèques sont cultivées en très grande quantité dans le Turkestan.
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- PLANTES POTAGÈRES.
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- CONCOURS DU 10 OCTOBRE 1900.
- La maison Vilmorin-Andrieux et C!e présentait, comme aux précédents concours, un lot d’ensemble très important de toutes les variétés de légumes, le tout d’une très belle culture et qui a valu à cette maison les félicitations du Jury.
- La même maison prenait part également à deux concours spéciaux de salades et de cucurbitacées.
- Concours de salades. — A ce concours étaient présentées toutes les variétés de chicorées frisées, de scaroles, céleris à côtes et céleris-raves, toutes les variétés de laitues sans exception ainsi que les mâches.
- Cette maison n’avait pas encore présenté des sujets aussi beaux tant par leur fraîcheur, leur franchise, ainsi que par leur développement.
- Concours de cucurbitacées. — Dans ce concours cette maison présentait un lot composé de toutes les variétés de potirons, courges, concombres, giraumons, pâtissons et coloquintes d’une forme régulière et qui a fait l’admiration des visiteurs.
- L’Etablissement de Saint-Nicolas, à Igny (Seine-et-Oise), présentait un lot d’ensemble, sur le terre-plein, entre les deux serres, et qui était composé de cardons, choux de Bruxelles, poirées, potirons, courges, une collection de chicorées frisées, à citer : la frisée, reine d’hiver très grosse, melons Prescott fond blanc, choux pommés et choux Milan, choux-raves, une collection d’oignons, pommes de terre, betteraves potagères, etc.
- Ce lot était remarquable pour la belle culture des produits qui le composaient.
- Le même présentait un autre lot de cucurbitacées composé de potirons, courges, concombres, giraumons, etc., entrés beaux exemplaires et en grande quantité, et un autre lot de 11 o variétés de pommes de terre très belles et bien dénommées.
- M. Louis (Joseph), jardinier au château de la Brosse, par Montereau (Seine-et-Marne), présentait un lot composé de 110 variétés de pommes de terre, Ao variétés d’oignons, carottes, concombres, courges, potirons, aubergines et de piments présentés en petites caisses.
- Ce lot était de peu d’importance.
- La Société d’horticulture de Fontenay-le-Comte (Vendée) présentait un lot de légumes divers composé de : betteraves crapaudines, artichauts camus de Bretagne, plusieurs variétés de choux, chicorées, une collection de carottes de cette localité très belles et très franches, à citer la carotte demi-longue nantaise sans cœur, plusieurs variétés de navets, pommes de terre, oignons, poireaux, melons Prescott, salsifis blancs et autres, et une courge inédite à chair rouge et d’une qualité extra.
- Le Syndicat de Cergy (Seine-et-Oise) présentait un lot de choux-fleurs d’une grosseur extraordinaire et d’un blanc de neige. Ce lot a spécialement attiré notre attention, et un autre petit lot de légumes composé de haricots, pommes de terre, betteraves et chicorées.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- M. Compoint, à Saint-Ouen (Seine), présentait 6 bottes d’asperges blanches, 6 bottes de vertes et î a bottes de petites pointes.
- M. Le'caillon, à Montrouge (Seine), présentait deux meules de champignons et un panier de blanc de champignon.
- M. Berthaud-Cottard, à Saint-Mard (Seine-et-Marne), présentait une caisse de fraises Saint-Joseph, deux caisses de Jeanne d’Arc et deux caisses de quatre-saisons et un lot de chicorées de Witloof, très belles.
- M. Rosette, à Caen (Calvados), présentait une caisse de fraises Saint-Antoine de Padoue, une de Jeanne d’Arc et plusieurs pieds de fraisiers en pots.
- MM. Parent oncle et neveu, à Rueil (Seine-et-Oise), présentaient deux caisses de fraises Saint-Joseph, une Jeanne d’Arc, une de quatre-saisons améliorées et une caisse de framboises.
- M. Casarlancas, à Paris, présentait quelques oignons et pastèques de provenance du Midi.
- MM. Place et C10, à Paris, présentaient quelques fruits exotiques : patates d’Algérie, de la Martinique, piments, bananes, melons d’eau, physalis et autres.
- CONCOURS DU 24 OCTOBRE 1900.
- A ce concours la maison Vilmorin-Andrieux et G,eprésentait un lot d’ensemble composé de toutes les variétés de légumes de toute beauté.
- Ce lot était beaucoup supérieur à celui présenté au dernier concours. Des félicitations ont été^adressées à cette maison à l’unanimité ainsi que pour le lot de 5oo variétés de pommes de terre exposées dans un concours spécial.
- La Société de secours mutuels des Jardiniers de la Seine présentait un lot d’ensemble de légumes divers composé de cardons, céleris à côtes et céleris raves, chicorées frisées, scaroles, romaines, choux Milan et pommés, plusieurs variétés de carottes, d’aubergines, radis et autres.
- Nous avons remarqué que ces produits étaient très beaux et que ce lot avait été préparé avec beaucoup de goût.
- La même société présentait également un lot de choux-fleurs d’une culture remarquable.
- Le Refuge de Plessis-Piquet (Seine) présentait un lot d’ensemble de légumes composé de toutes les variétés de carottes demi-longues et longues, ne laissant rien à désirer, collection de betteraves à salade, choux de Bruxelles, cardons, chicorées frisées et scaroles, navets, radis, tomates, poireaux, poirées, mâches et 6o variétés de pommes de terre.
- Tous ces produits ont attiré notre attention par leur belle culture et leur développement.
- Le même exposait également un autre lot de choux pommés et frisés extraordinaires comme beauté et comme franchise.
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- PLANTES POTAGERES.
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- La Société d horticulture de Valenciennes (Nord) présentait un lot d’ensemble composé de betteraves à salade, cardons, carottes, céleris à côtes, céleris-raves, une collection de chicorées frisées, laitues, mâches, potirons, giraumons et autres cucurbitacées et â4o variétés de pommes de terre.
- Il est à regretter que la plus grande partie de ces produits ne portaient pas d’étiquettes.
- L’École Fénelon, à Vaujours (Seine-et-Oise), présentait un lot d’ensemble composé de presque toutes les variétés de légumes.
- Nous avons remarqué une collection de carottes très belles, une très grande collection de choux pommés et frisés, oignons : à citer le géant d’Espagne et le plat de Madère d’une grosseur extraordinaire, toute la collection de piments, poireaux et navets, toute la collection de mâches, épinards, un lot de cucurbitacées composé de potirons, courges, concombres, giraumons, pâtissons, etc., un lot de pommes de terre composé de 35o variétés très bien étiquetées.
- L’Asile de Ville-Évrard (Seine-et-Oise) présentait un lot d’ensemble composé de betteraves à salade, carottes, oignons, poireaux, piments, tomates, potirons, courges et autres cucurbitacées, céleris à côtes, céleris-raves, toutes les mâches; une collection de pommes de terre, choux pommés, de Milan, de Bruxelles, choux frisés d’ornement très beaux, chicorées frisées, scaroles et choux-fleurs demi-durs de Paris.
- L’Etablissement de Saint-Nicolas, à Igny (Seine-et-Oise), présentait un lot d’ensemble composé d’artichauts, une collection de cucurbitacées : potirons, courges, giraumons, etc., choux pommés et frisés, choux de Bruxelles; une collection de carottes, oignpns, navets, radis, tomates, chou-rave blanc et violet, une collection de chicorées, scaroles, piments, cerfeuils, persils, betteraves à salade, patates, 60 variétés de pommes de terre, une collection de choux d’ornement, poirées, poireaux et laitues. Ce lot d’ensemble était très réussi.
- Dans un autre concours, le même présentait toutes les variétés de céleris à côtes et céleris-raves, 22 variétés d’oignons, le tout en très beaux exemplaires.
- Le Syndicat de Bessancourt (Seine-et-Oise) présentait quelques légumes de peu d’importance.
- M. Contrasty (Jean), à Saint-Hilaire-et-Bessonnier (Lot), présentait un pied phénoménal de pommes de terre avec des tiges de 3 mètres de hauteur, et le produit de ce pied pesait 17 kilogr. 5oo.
- M. Berthaud Cottard, à Saint-Mard (Seine-et-Marne), présentait deux caisses de fraises Saint-Joseph, deux caisses de Jeanne d’Arc et trois caisses de quatre-saisons.
- M. Préaumont (Franck de), à Taverny (Seine-et-Oise), présentait sept caisses de fraises et cinq de framboises.
- MM. Parent oncle et neveu, à Rueil (Seine-et-Oise), présentaient deux caisses de fraises Saint-Joseph, une de Jeanne d’Arc, une des quatre-saisons et une caisse de framboises.
- Ces fruits étaient d’une beauté remarquable.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- M. Rosette, à Caen (Calvados), présentait deux caisses de fraises Saint-Joseph, une de Jeanne d’Arc, une de constante féconde, une Saint-Antoine de Padoue et une belle de Meaux améliorée.
- M. Compoint, à Saint-Oucn (Seine), présentait comme toujours de magnifiques asperges blanches, vertes et des petites pointes.
- MM. Place et C10, à Paris, présentaient un lot de légumes exotiques de peu d’importance.
- M. Lassalle, à Paris, présentait un lot de quelques légumes très insignifiant.
- M. Hocuard, à Paris, présentait un lot de chicorée de Witloof et quelques piments de peu d’importance.
- Le Syndicat agricole de Gagny (Seine-et-Oise) présentait un lot de choira de Bruxelles de toute beauté.
- M. Lécaillon, à Montrouge (Seine), présentait avec succès deux meules de champignons garnies, un panier de champignons blancs et un de gris, un panier de blanc de champignon.
- MM. Costantin et Matruciiot, à Paris, présentaient une meule de champignons garnie et du blanc de champignon, et une caisse de tubes de blanc pasteurisé.
- M. Casablancas, à Paris, présentait quelques légumes et fruits exotiques.
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- CLASSE 45
- Arbres fruitiers et fruits
- RAPPORT DU JURY INTERNATIONAL
- PAR
- M. LOUIS-AN. LEROY
- PRÉSIDENT DE LA SOCIETE D’HORTICULTURE D’ANOERS
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- COMPOSITION DU JURY.
- BUREAU.
- MM. Baltet (Charles), horticulteur pépiniériste, ancien président delà Société horticole, vigneronne et forestière de l’Aube (grand prix, Paris 1878; comités, jury, Paris 1889; président des comités, Paris 1900), vice-président de la Société nationale d’horticulture de France, president. . . . France.
- Koulakoff (Pierre), attaché au Ministère de l’agriculture et des domaines,
- vice-président......................................................... Ru ssie.
- Leroy (Louis-Anatole), ancien conseiller général de Maine-et-Loire, pépiniériste, Angers (juré associé, Paris 1889; rapporteur des comités, Paris 1900), rapporteur........................................................ France.
- Loiseau (Léon), arboriculteur, président de la Société régionale d’horticulture de Montreuil, adjoint au maire de Montreuil (secrétaire des comités,
- Paris 1900), secrétaire................................................ France.
- JURÉS TITULAIRES FRANÇAIS.
- MM. Coulombier père (Germain-Laurent), ancien pépiniériste, vice-président de P Union commerciale des horticulteurs et marchands grainetiers de France (jury, Paris 1878; comités, juré associé, Paris 1889 ; comités, Paris 1900). France.
- Jamin (Ferdinand), pépiniériste (comités, jury, Paris 1889; comités, Paris
- 1900, vice-président honoraire de la Société nationale d’horticulture). . France.
- Nanot (Jules), directeur de l’École nationale d’horticulture de Versailles (comités, Paris 1900).......................................................France.
- Opoix (Octave), professeur d’arboriculture, jardinier en chef des jardins du
- Luxembourg (comités, Paris 1900).................................... France.
- Rivière, professeur départemental d’agriculture de Seine-et-Oise......... France.
- Vitry (Désiré), horticulteur (comités, juré associé, Paris 1889; comités,
- Paris 1900), président de la Chambre syndicale des cultivateurs de la Seine, vice-président de la Société nationale d’horticulture de France. .. France.
- JURÉS TITULAIRES ÉTRANGERS.
- MM. Rüd Seidel (T.-F.), horticulteur........................................... Allemagne.
- Taylor (William-A.), attaché au Département national de l’agriculture. .. . États-Unis.
- Hamilton (Robert), membre du Gouvernement d’agriculture au Canada... Grande-Bretagne.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
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- JURÉS SUPPLÉANTS FRANÇAIS.
- MM. Delaville père (Alexandre), professeur d'horticulture à Beauvais (juré associé, Paris 1889; comités, Paris 1900)..........................................
- Marcel (Cyprien), architecte paysagiste (architecte du comité, Paris 1900), trésorier adjoint de la Société nationale d’horticulture de France...
- JURÉ SUPPLÉANT ÉTRANGER.
- M. Emlays (L.-A.),
- EXPERT.
- M. Itchikawa (Y), chef de culture du jardin impérial, horticulteur, jardinier de la Section japonaise.......................................................
- France.
- France.
- Etats-Unis.
- Japon.
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- ARBRES FRUITIERS ET FRUITS.
- L’arboriculture fruitière a toujours tenu dans nos expositions universelles un rang très important.
- L’Exposition de 1 900 en a été la confirmation éclatante. Elle a mis en relief la progression, sans cesse croissante depuis 1 867, du nombre des exposants et de l’importance de leurs apports.
- La Classe 45 comprenait, en 1900, deux parties distinctes : l’exposition permanente et l’exposition temporaire. Nous allons les examiner successivement.
- EXPOSITION PERMANENTE.
- En 1889, la surface consacrée aux arbres fruitiers était de (j,8oo mètres carrés répartis entre 34 exposants; elle a atteint, en 1900, près de 10,000 mètres pour 38 exposants; encore quelques-uns d’entre eux ont-ils dû réduire sensiblement leurs demandes, faute d’emplacements.
- Les arbres formés, de quatre ans et au-dessus, occupaient, cette fois, les berges de la Seine, sur les deux rives du fleuve, entre le pont Alexandre et le pont des Invalides. Divers emplacements auprès des deux grands palais de l’avenue Alexandre leuç étaient en outre consacrés. Quelques massifs autour de la grande serre réservée aux étrangers étaient également plantés de jeunes arbres fruitiers de provenance russe, d’un et de deux ans. Le tout recouvrait une superficie de i,5oo mètres.
- Les arbres d’un à trois ans, ainsi que les pommiers et les poiriers à cidre n’avaient pu trouver place dans les jardins de Paris, et c’est à Vincennes, sur les pelouses situées entre le grand lac et la route de Charenton, que deux massifs d’une superficie totale de 3,900 mètres leur avaient été réservés.
- Les collections de pommiers à cidre, provenant des pépinières des environs de Paris et des régions cidricoles de France, étaient, de tous points, remarquables.
- Bien que faites à la dernière heure, le terrain n’ayant pu être mis plus tôt à la disposition des exposants, les plantations ont, en général, bien réussi; presque tous les concours prévus au programme ont été remplis et de nombreux prix sont venus récompenser de leurs laborieux efforts nos arboriculteurs et pépiniéristes français.
- Dans cette section de la Classe 45, les étrangers n’étaient représentés que par six exposants, trois allemands et trois russes.
- Gn. VIII. — Cl. 45.
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- IK NATIONALE»
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Au point de vue général de l’arboriculture fruitière, deux faits principaux ont particulièrement frappé le Jury, savoir :
- i° L’abandon presque complet, par tous les exposants, des formes trop fantaisistes données autrefois aux arbres fruitiers formés ;
- 2° Le désir d’arriver, dans un espace de terrain donné et aussi rapidement que possible, à une production abondante et de premier choix.
- Il ne nous est pas possible d’établir une comparaison entre l’arboriculture fruitière des divers pays, en raison du très petit nombre d’exposants étrangers d’arbres fruitiers formés, en kjoo.
- Cependant nous pensons être l’écho des visiteurs et des spécialistes, en disant que notre culture nationale est, sous ce rapport, sans égale et que ses progrès, depuis 1889, sont indiscutables.
- EXPOSITION TEMPORAIRE.
- Celte exposition comprenait : tous les fruits frais de saison, conservés ou forcés, quelles qu’en fussent la provenance et la nature; les arbres fruitiers en pots, de culture forcée; les semis et les fruits modelés, enfin les divers modes d’emballage.
- Douze séries de concours temporaires formaient le programme de 1900; en 1889, il ny en avait que onze.
- Dans le but de former un ensemble intéressant pour le visiteur, c’est dans le Palais de l’horticulture, construit sur le Cours-la-Reine et comprenant deux serres monumentales, dont une spécialement attribuée aux exposants étrangers, qu’en principe devait être installée l’exposition de fruits de la Classe 45. Au même endroit et aux mêmes époques devait avoir lieu l’exposition des Classes 46 et 47, c’est-à-dire des plantes de pleine terre ou de serre.
- Avant l’ouverture de l’Exposition, des démarches restées malheureusement sans résultat avaient été faites dans le but de réunir, sans distinction de nationalité, et pour le bien général de l’exposition d’horticulture, tous les lots exposés. Ainsi comprise, l’exposition d’horticulture eût été plus artistique, et le coup d’œil pour le public, d’autant plus agréable qu’011 eût évité de couper en tronçons séparés par des cloisons une des grandes serres dont l’elfet d’ensemble s’est trouvé singulièrement amoindri.
- Diverses considérations ont empêché qu’il en fût ainsi, et si nous croyons devoir exprimer un regret à ce sujet, c’est uniquement pour qu’à l’avenir il en soit autrement.
- Le 18 avril 1900, la première exposition temporaire était ouverte au public, à l’heure fixée par les programmes, et la Classe 45 y prenait une part intéressante.
- Nous n’avons pas l’intention, dans ce rapport, de donner un compte rendu particulier de chaque concours de quinzaine. Ce travail nécessiterait des redites, un certain nombre de concours ayant présenté le même intérêt.
- Notre examen portera donc sur l’ensemble de l’exposition.
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- ARBRES FRUITIERS ET FRUITS.
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- FRANGE.
- Les quatre premiers concours, jusqu’à celui du 12 juin inclusivement, comprenaient surtout les fruits conservés ou retardés et les fruits forcés, — les semis nouveaux, — quelques produits du Midi — et des arbres fruitiers forcés, en pot.
- Fruits conservés. — C’est le raisin, et plus particulièrement le*|chasselas doré, dit de Fontainebleau, qui, presque à lui seul, a fait l’objet de la lutte entre les divers concurrents, — et nous nous empressons de constater que la plupart des exposants avaient atteint la perfection dans leur art.
- Tout le monde connaît les chasselas de Thomery, de Contlans-Sainte-Honorine et autres localités de Seine-et-Marne et de Seine-el-Oise. Mais bien peu de gens soupçonnent quel travail assidu et quels soins minutieux sont nécessaires pour arriver à présenter, en juin, très frais d’aspect et de goût, ces magnifiques raisins qui font la gloire, sinon la fortune, de nos cultivateurs des environs de Paris. C’est là une industrie toute spéciale à la région parisienne et qui, jusqu’à ce jour, a trouvé peu de concurrents en France, encore moins à l’étranger.
- Ces fruits conservés ont fait l’admiration du Jury, et il est certain que les récompenses décernées ont été pleinement approuvées par le public.
- Fruits forcés. — Ici le champ est plus vaste; aussi, plus nombreux étaient les exposants. Nous retrouverons encore parmi eux le nom de plusieurs cultivateurs de la Seine et de Seine-et-Oise; mais à côté viennent se placer de véritables industriels du Nord et de l’Est de la France, lesquels ont enlevé à l’étranger le secret du forçage de fruits et sont venus prendre la place de leurs devanciers sur les marchés de Paris et des grandes villes de l’Europe, — de la France elle-même.
- Nous avons constaté, avec regret, qu’aucune maison étrangère n’était venue, dans cette section, exposer ses produits concurremment avec ceux de nos nationaux; la comparaison eût été cependant instructive.
- La culture des fruits forcés est encore une industrie de luxe; nous ignorons si elle est à l’heure actuelle très productive pour le cultivateur, mais il n’en est pas moins vrai qu’elle a pris en France, depuis dix ans, un grand développement et elle mérite d’être encouragée; c’est ce qu’a fait le Jury en lui attribuant un certain nombre de hautes récompenses.
- Voici, parmi les fruits forcés, les variétés qui ont été reconnues comme les plus méritantes :
- Raisins : Chasselas de Fontainebleau, Frankenthal.
- Pêches : Amsden, Alexander, Hale’s Early, Grosse Mignonne hâtive.
- Brugnons : de Croncels, Rivers, Lord Napier, Stanwick.
- Prunes : Reine-Claude, Monsieur hâtif, Monsieur jaune.
- Cerises : Anglaise hâtive, Impératrice; Bigarreaux Jahoulay, Esperen.
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- Abricots : Pêche, Précoce de Boulhon, d’Alexandrie.
- La culture en pots des arbres fruitiers pour le forçage est intéressante. Plusieurs producteurs nous ont montré des spécimens bien établis dont les fruits étaient en bon état de maturité.
- Elle n’atteindra, sans doute, jamais chez nous l’importance qu’elle a dans certaines régions du Nord, moins favorisées du soleil que notre pays, où les pêches et le raisin ne se cultivent que sous verre.
- Toutefois, c’est une branche de l’arboriculture fruitière qu’il ne faut pas négliger complètement, et nous devons féliciter les quelques exposants qui ont eu la bonne pensée de nous montrer leur avis.
- Fraises forcées. — Les exposants de fraisiers forcés ont été peu nombreux, mais leurs présentations ont très vivement intéressé le Jury.
- Fruits exotiques. — Les fruits exotiques, tels que les dattes, les bananes, la vanille, etc., ont fait l’objet de présentations remarquables. Toutes nos colonies avaient envoyé leurs fruits les plus variés, témoignant ainsi de leur attachement à la mère-patrie et de leur désir de contribuer à l’Exposition de i 900.
- Semis de fruits nouveaux. — Le nombre des semis et des fruits nouveaux soumis à l’appréciation du Jury de la Classe 45 a été très important. Celui des poires et des pommes s’est élevé, à lui seul, à plusieurs centaines de variétés de provenance française ou étrangère.
- Un très grand nombre de ces fruits nouveaux ne se trouvaient pas à maturité complète, au jour de l’examen du Jury. Leur dégustation a été renvoyée à la Société nationale d’horticulture de France.
- Sans doute, beaucoup de ces nouveautés n’offraient qu’un intérêt secondaire pour le public. Mais il n’en faut pas moins féliciter ceux qui les ont présentées.
- Huit ou dix années sont, la plupart du temps, nécessaires pour obtenir un premier résultat, c’est-à-dire pour la fructification tant attendue des semis qu’on a faits.
- Et, à ce moment, combien de déceptions remplacent souvent les légitimes espérances du semeur ! combien de temps et de travail perdus !
- Aujourd’hui, en effet, que le nombre des variétés de fruits est déjà très considérable, il importe que les qualités des nouvelles venues surpassent celles des anciennes.
- Le fruit nouveau doit être excellent, Tarbrc vigoureux et fertile. Enfin il est indispensable, pour les fruits de grande consommation, qu’ils puissent supporter de longs transports et que leur maturité se produise en temps opportun.
- Aussi, combien peu de nouvelles variétés de fruits réunissent-elles toutes ces qualités !
- Que les semeurs demeurent donc bien persuadés que la qualité, en pareille matière, est préférable à la quantité, et qu’ils acquerront plus de notoriété en offrant au public un fruit vraiment recommandable que dix fruits médiocres.
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- Fruits de saison. — Nous avons, avec intention, conservé pour la fin de ce compte rendu de l’exposition temporaire, l’examen des fruits de saison.
- jamais, nous en sommes convaincu, dans aucun pays, un effort aussi considérable n’avait été fait par les cultivateurs de fruits. Présenter au public, pendant cinq mois consécutifs, à dix concours différents, des fruits de saison tels que nous avons été appelés à les voir et à les juger, est, qu’on nous permette cette expression, un véritable tour de force.
- C’est en mai, avec les fraises, que les fruits de saison ont fait leur première apparition. A partir de cette époque, et sans interruption, les spécialistes des environs de Paris nous ont présenté, à chaque quinzaine, des lots de fraises intéressants.
- Aux variétés à petits fruits, dites des quatre-saisons, dont certains semeurs habiles ont singulièrement amélioré les qualités, ont succédé jusqu’au 7 novembre, jour de la fermeture de l’Exposition, celles à gros fruits. A cette date, les fraises remontantes Saint-Joseph, Saint-Antoine de Padoue, Jeanne d’Arc, étaient en pleine maturité, et de nouvelles variétés à gros fruits, remontantes, encore inédites, étaient soumises à l’appréciation du Jury.
- Les cerises et les abricots du Midi ont succédé aux fraises. En juillet et en août, des lois d’ensemble, déjà très importants de fruits de toute sorte, faisaient l’objet de l’admiration des visiteurs.
- A tous les concours, les pêches de Montreuil, de Fontenay-sous-Bois, de Bagnolet, de Vincennes et d’autres communes voisines, produits véritablement remarquables, ont maintenu une réputation établie depuis plus d’un siècle.
- Au premier concours de septembre, les exposants de toutes les régions de la France apportaient de nombreuses collections fruitières, et il était facile de prévoir que, pour le concours du 9G, l’espace dont on pouvait disposer dans les serres serait insuffisant.
- Ce fut donc dans la grande Salle des fêtes que, le 96 septembre, eut lieu le dixième concours de la Classe Û5, pour les fruits de saison.
- Quarante-huit tables, représentant une superficie de plus de 1,900 mètres carrés, avaient été mises à la disposition des exposants. Toutes furent complètement garnies, bien qu’un certain nombre d’apports de provenance étrangère ne fussent pas arrivés en temps utile.
- On juge par les chiffres ci-dessus de quelle importance fut la tâche du Comité d’installation et combien furent laborieuses les fonctions du jury, et particulièrement celle du président M. Charles Balte!, du secrétaire M. Loiseau, de l’architecte M. Marcel.
- Il nous est impossible de passer en revue, dans ce rapport, tous les lots exposés. Nous ne pouvons cpie constater, d’une manière générale, le succès éclatant de ce concours de fruits, dont l’importance, de l’avis de tous ceux qui ont été appelés à le visiter, n’a jamais été surpassée à aucune autre exposition.
- Nombre considérable des collections et des variétés de fruits exposés, qualités de
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- ceux-ci, étiquetage correct à quelques exceptions près, tout a contribué à la réussite rie cette fêle des fruits du 96 septembre, et le public innombrable qui l’a visitée a semblé manifester sa complète satisfaction. Les belles collections de raisins de table du Midi et du Sud-Ouest de la France ont tout particulièrement attiré son attention.
- Nous reviendrons plus loin sur la part que les arboriculteurs étrangers ont prise au concours du 26 septembre, mais nous tenons à constater, dès à présent, qu’elle a été très large, ainsi que l’ont démontré les récompenses accordées par le Jury aux exposants étrangers.
- Quoique moins important, le concours du 10 octobre, qui avait lieu également dans la Salle des fêtes, a été très complet.
- Aux fruits de table, encore assez nombreux cette fois, et dont la beauté surpassait certainement celle des fruits du concours précédent, dans plusieurs lots, étaient adjoints les raisins de cuve et les fruits à cidre.
- En ce qui concerne les fruits à cidre, les collections étaient très nombreuses, mais la nomenclature des variétés a paru au Jury assez irrégulièrement établie.
- Telle variété figurait sous des noms tout à fait différents dans un même lot; telles autres, absolument distinctes, portaient au contraire le même nom. Une confusion regrettable règne dans les fruits à cidre, et il serait à souhaiter qu’on remédiât à cet état de choses.
- L’exposition de raisins de cuve était intéressante, quoique le nombre des variétés fut assez restreint. Nous n’avons, du reste, pas à nous en occuper ici, un Jury spécial ayant fonctionné pour apprécier cette exposition.
- Nous tenons à mentionner tout particulièrement plusieurs lots de kakis, fruits du plaqueminier du Japon, comprenant un ensemble de vingt-cinq à trente variétés, ayant toutes atteint leur maturité en France. Nous n’avons pas la prétention de vanter outre mesure la qualité de ces fruits, mais personne ne pourra nous contredire, lorsque nous affirmerons que le kaki est un fort joli fruit, produit par un arbre très ornemental et convenant fort bien aux climats du Midi et de l’Ouest de la France.
- En dehors des lots superbes de fruits de luxe, pommes et poires, spécialité de la région parisienne, et de chasselas de Fontainebleau, le dernier concours du 2/i octobre était surtout intéressant par l’exposition de TAutriche-Hongrie, dont nous parlerons plus loin.
- L’exposition française des fruits nous a suggéré les remarques suivantes :
- Alors que,dans les expositions universelles précédentes,presque tous les lots étaient présentés par des pépiniéristes de profession et quelques rares amateurs, en 1 900, de nouveaux concurrents sont entrés en lice.
- Nous voulons parler des syndicats et autres associations similaires, qui ont présenté au Jury des lots collectifs souvent très importants et, à plusieurs reprises, réellement remarquables.
- Quelques sociétés d’horticulture et syndicats de province ont aussi apporté leur précieux concours à l’exposition de la Classe A5; mais c’est surtout aux environs de
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- Paris, dans les départements de la Seine, de Seine-et-Oise et de Seine-et-Marne, que l’effort principal des associations syndicales s’est manifesté.
- Nous ne pouvons que les en féliciter, puisqu’elles ont, de cette façon, contribué à rehausser l’importance de l’exposition de fruits, tout en montrant, par un exemple excellent, les bons résultats que peut produire l’union dans le travail.
- Les expositions des syndicats ont été très appréciées par le Jury.
- Le second fait qui a appelé notre attention est la tendance de plus en plus marquée qu’ont les cultivateurs à spécialiser leurs cultures. C’est ainsi que telle localité produit plus particulièrement les raisins, telle autre les pêches et les fruits de luxe, une troisième, les fruits de grande consommation, etc.
- C’est le meilleur moyen, croyons-nous, d’arriver à produire bien et à bon marché.
- BELGIQUE.
- Nos voisins du Nord ont tenu à marquer leur place à l’exposition de la Classe 45.
- Deux de leurs principales sociétés avaient envoyé au concours du 26 septembre de très belles collections de grande culture et de marché.
- Nous avons retrouvé, dans ces deux lots importants, un certain nombre de fruits français. Mais la pomologie belge est assez riche par elle-même pour ne faire aux autres que des emprunts sans importance , et bien que les fruits qu’elle présentait fussent d’apparence peut-être moins séduisante que les nôtres, en raison du climat moins favorable du pays, beaucoup de variétés étaient de premier ordre et dignes d’être cultivées partout.
- Le Jury Ta pensé en accordant pour ces deux lots les plus hautes récompenses dont il disposait.
- RUSSIE.
- Dans cet immense empire, la culture des arbres fruitiers, malgré les progrès réalisés depuis un quart de siècle, en est encore à ses débuts.
- Cependant certaines contrées, favorisées par un climat tempéré et un sol fertile, sont entrées largement dans la voie du progrès. Des plantations très étendues ont été faites dans le Sud, surtout en Crimée, et, pendant la plus grande partie de l’Exposition, des lots relativement importants de fruits russes ont été soumis à l’appréciation du Jury.
- Des variétés indigènes, parmi lesquelles il convient de citer les pommes Candil Sinap, Karil Sinap, Kara Sinap, pour la Crimée; les variétés Antonovka, Titovka, Boroinka, pour le Nord; une collection très remarquable de raisins de table du Caucase, ont attiré l’attention des visiteurs. Beaucoup de nos variétés de fruits français, de poires, de pommes, et quelques prunes réussissent bien dans les vallées abritées de l’Alma, de la Katcha, de Karassovka, du Salgir, du Belbek et sur le versant nord des montagnes de la Crimée. Citons entre autres les poires Williams, Duchesse,
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- Doyenné du Comice, Triomphe de Jodoigne, Curé, Saint-Germain, Beurré Diel, Beurré Liegel, Beurré Clairgeau, Royale d’hiver, Beurré Bosc dit Alexandra fondante des Bois, dite Marie-Louise; ainsi que plusieurs de nos Reinettes, de nos Calvilles, les Belles-fleurs et les Court-pendus.
- Certaines de ces variétés acquièrent, dans cette contrée, un développement remarquable. Leur saveur est sans doute différente, et leur qualité un peu amoindrie à notre avis; mais, en somme, tels que le pays les produit, les fruits trouvent, paraît-il, facilement acquéreur.
- Cependant nos beaux fruits français font toujours prime sur les grands marchés russes de Saint-Pétersbourg et de Moscou, et rien n’indique, jusqu’à ce jour, que ce débouché doive être fermé à nos habiles cultivateurs.
- AUTRICHE.
- Nous connaissons, depuis longtemps, la réputation des fruits du Tyrol autrichien; mais nous étions loin de prévoir l’importance des envois qui ont figuré au concours du 2 A octobre.
- La haute et la basse Autriche, la Bohême, la Moravie, la Silésie, la Galicie, la Carinthie, et particulièrement le Tyrol et la Stvrie, ont tenu à nous faire connaître leurs richesses fruitières. L’exposition de cette dernière contrée de l’Autriche se distingue d’une façon particulière.
- M. le comte Henry d’Atioms, délégué officiel d’Autriche, nous a expliqué que l’extension considérable de la culture des fruits en Autriche était due à la' création de sociétés pomologigues et aussi aux conférences faites par d’habiles praticiens.
- Se plaçant uniquement au point de vue commercial, la culture a négligé les collections nombreuses et peu rémunératrices ; elle a cherché les variétés s’adaptant le mieux au climat et au sol de chaque région, et celles qui sont préférables pour l’exportation. Les cultivateurs ont planté ces variétés à l’exclusion des autres, et c’est par quantités énormes qu’ils récoltent les magnifiques pommes de Reinette du Canada, de Landsberg et de Baumann;de Calville blanc, rouge et de Dantzig; de Belle-Fleur, de Reine des Reinettes, Reinette Ananas, Tyroler-Apfel, Rosmarin rouge et blanc, les poires de Beurré Clairgeau, Passe Crassane, Duchesse d’Angoulême, Saint-Germain, Curé, Hardenpont, Charneu, Olivier de Serres, Forelle, Clapp’s Favorite, Passe-Colmar, pour ne citer que les principales.
- L’exposition d’Autriche était vraiment superbe; aussi a-t-elle reçu, avec les récompenses qu’elle méritait * les félicitations unanimes du Jury.
- ÉTATS-UNIS.
- Lorsque, il y a dix ans, les premières pommes furent introduites d’Amérique sur le marché de Londres, personne ne songeait qu’un jour ces fruits du Nouveau-Monde deviendraient un article d’importation sérieuse en Europe.
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- L’exposition de fruits d’Amérique qui, pendant cinq mois, a rempli une notable partie de la grande serre réservée aux étrangers, sur le Cours la Reine, a cependant démontré qu’il en était ainsi.
- Si on peut s’étonner qu’un pareil emplacement ait été occupé par des fruits, il n’en faut pas moins constater que ces fruits ont offert, pour tous ceux qui s’intéressent à l’arboriculture fruitière de notre pays, un véritable intérêt.
- Récoltés à l’automne 1899 dans les régions les plus diverses des Etats-Unis, les pommes, les poires, présentées au Jury depuis juin jusqu’à fin septembre, ont été pour la plupart expédiées en Europe en février et mars et placées à leur arrivée, soit au Havre, soit à Paris, ou ailleurs, dans des appareils frigorifiques.
- Un de ces appareils, installé au Trocacléro, a reçu la visite du Jury, et son fonctionnement nous a paru en tous points excellent.
- Nous ne dirons rien des poires exposées à la section américaine; elles n’offraient pour nous qu’un intérêt secondaire, tant par leur saveur que par leur beauté.
- Elles ne peuvent en aucune façon rivaliser avec nos fruits d’Europe. La conservation factice, par le refroidissement, leur enlève une grande partie de leur valeur.
- Il en est autrement des pommes, dont les qualités, bien que sensiblement amoindries par le long voyage et le mode de conservation employé pour les maintenir en bon état, sont cependant réelles, pour plusieurs variétés tout au moins.
- Presque toutes les pommes américaines sont de couleur rouge ou rose, l“es variétés à peau claire, comme nos Reinettes du Canada, et nos Calville blanc, étant peu appréciées aux Etats-Unis, ou y végétant mal. Citons parmi les plus répandues : Ben Davis, Winc Sap, Missouri Pippin, Baldwin, Jonathan, Æsopus (une des meilleures), York impérial, Ingram, Paragon, Stark, Northern Spv, Stayman, Jeffris, etc.
- Chaque Etat a ses variétés spéciales de fruits, et nous noterons en passant leur étiquetage très simple et très instructif, qui consistait dans une petite carte des quarante-cinq Etats de la République. Une étoile rouge dessinée sur le carré représentait l’Etat d’origine de chaque fruit. Sur un côté de la carte étaient aussi indiqués le nom de l’exposant et celui de la localité où le fruit avait été récolté.
- Les oranges de Californie méritent également une mention spéciale. Leur qualité est excellente et leur grosseur très suffisante pour en faire des fruits de vente de premier ordre.
- Les fruits confits, pêches, poires et prunes d’Agen, etc., étaient de belle apparence.
- Vingt-deux Etats différents de la République des Etats-Unis ont exposé les produits de leur culture fruitière pendant le cours de l’Exposition. Les principaux lots étaient expédiés par le Ministère de l’agriculture, les sociétés du Missouri et de l’Illinois et la commission de l’Etat de New-York.
- En somme, l’exposition de fruits des Etats-Unis et du Canada a été très instructive au point de vue commercial, et si la qualité des fruits présentés au Jury n’était pas comparable à celle des fruits d’Europe, l’effort considérable et soutenu fait par les exposants nous montre tout le parti qu’on peut tirer d’une culture conduite spécialement en vue du rendement.
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- ALLEMAGNE.
- C’est au concours du 26 septembre que les fruits allemands ont été présentés à l’appréciation du Jury.
- De très beaux lots, bien étiquetés et arrangés avec soin ont, parmi plusieurs autres, retenu notre attention.
- Les pommes étaient surtout remarquables; nous avons spécialement noté les variétés suivantes dont la beauté et la qualité ne laissaient rien a désirer, et qui ne sont pas assez connues des cultivateurs français :
- Reinettes de Landsberg et de Vachendorf; Gravenstein, Borsdorfer.
- Grands prix, médailles d’or et médailles d’argent ont été les récompenses attribuées par le Jury aux exposants allemands.
- L’Italie, la Suède, la Bulgarie, le Mexique, la Serbie et l’Espagne avaient exposé à la Classe 45 des spécimens de leurs principaux fruits; quoique beaucoup moins importantes que les sections étrangères dont nous venons de parler, ces dernières offraient cependant un réel intérêt.
- La dernière séance du Jury de la Classe 45 a été consacrée à récompenser les collaborateurs, des exposants, c’est-à-dire leurs contremaîtres, employés et principaux ouvriers.
- Nous donnons ci-dessous la liste comparative des récompenses décernées, en 1 88q, à la Classe 81, qui correspondait à la Classe 45 de l’Exposition de 1 900 :
- NOMBRE RÉCOMPENSES.
- DES EXPOSANTS. SUPERFICIE. RÉCOMPENSES
- H GRANDS MEDAILLBS MEDAILLBS MÉDAILLES aux
- CÆ PRIX. OR. ARGENT. BRONZE» MENTIONS.
- eu C. P. C. T. C. P. C. T.
- X COLLADOItATEURS.
- w ARBRES. FRUITS. ARBRES. FRUITS. C. P. C. T. C. P. C. T. C. P. C. T. C. P. C. T. C. P. C. T.
- m2. m2. 1er 9e 3' 6 argent.
- Prix. Prix. Prix.
- 1889 a/i 65 6,800 1,600 h U 8 79 12 69 *7 55 10 5i 8 bronze. 8 mentions.
- 37 or.
- 1900 38(0 û95« 9,600 3,6001"» ko . • . 1 23 • • • t/ig • . . 9^ . . . 66 • • 11 0 argent.
- 5/t bronze.
- Nota. C. P. signilie concours permanents.
- C. T. signifie concours temporaires.
- Les récompenses indiquées pour les concours permanents sont celles qui ont été décernées par les jurys supérieurs en 1889 et en 1900.
- Celles qui sont indiquées pour les concours temporaires ont été décernées par le jury de classe, en 18S9.
- En 1900, tons les concours ont été considérés comme permanents par le jury supérieur.
- C) Dont 3a français, 3 russes et,3 allemands.
- (2) Dont i56 français, 77 des Etats-Unis, 68 de Grande-Bretagne (Canada), 71 autrichiens, hh russes, ai allemands, i3 mexicains, 9 serbes, 5 italiens, 6 belges, 3 bulgares, 3 espagnols, a hongrois, 1 roumain, 1 turc, 1 suédois, 1 monégasque.
- U) Dont 838 mètres, sur table, dans le Palais de l’horticulture et 3oo mètres de massifs; a,A5o mètres carrés, sur table, dans la Salle des fêtes.
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- On constatera, en étudiant ce tableau, combien l’Exposition de 1900 a été plus importante que la précédente, ce qui est la meilleure preuve des progrès accomplis dans l’arboriculture fruitière et de l’importance acquise par cette branche de l’horticulture, particulièrement en France.
- Un certain nombre de médailles ont été décernées, au même titre, à des professeurs et représentants de diverses associations horticoles figurant au nombre des exposants.
- Comme on Ta vu plus haut, les récompenses de collaborateurs ont été nombreuses. Il n’était que juste, en effet, de reconnaître le mérite de modestes travailleurs qui, par leur dévouement et leur intelligence, contribuent, depuis de longues années souvent, à la prospérité d’un établissement.
- Enfin,pour terminer notre rapport, nous considérons comme un devoir très agréable d’adresser ici les plus chaleureux remerciements des membres de la Commission d’organisation et du Jury aux sept exposants hors concours — de la Classe 45. — Tous ont présenté des lots remarquables — qui auraient obtenu les plus hautes récompenses — s’ils avaient été admis à concourir.
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- CLASSE /i6
- Arbres, arbustes, plantes et fleurs d’ornement
- RAPPORT DU JURY INTERNATIONAL
- PAR M. HENRI MARTINET
- A RO HITECTE—PA YSA GI STE
- PROFESSEUR À L’ÉCOLE NATIONALE D’HORTICULTURE DE VERSAILLES DIRECTEUR, REDACTEUR EN CHEF DU JARD/iV
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- COMPOSITION DU JURY.
- BUREAU.
- MM. Lévêoue (Louis), conseiller général de la Seine, horticulteur rosiérislc (grands prix, 1878, 1889; comités, Paris 1889; président des comités, Paris 1900),
- président....................................................................
- Jurrissen (J.), pépiniériste (maison Jurrissen et frères), à Naarden, vice-
- président ...................................................................
- xMartinet (Henri), architecte-paysagiste, directeur du Jardin, professeur à l’Ecole nationale d’horticulture de Versailles (rapporteur des comités, Paris
- 1900), rapporteur............................................................
- Saluer (Joanni), horticulteur, président de la Société d’horticulture de Neuiliy (secrétaire des comités, Paris 1900), secrétaire..-............................
- JURÉS TITULAIRES FRANÇAIS.
- MM. Ausseur (Léon), ancien pépiniériste (médaille d’or, Paris 1878; comités, Paris 1900), membre du conseil d’administration de la Société nationale
- d’horticulture de France, maire de Lieusaint (Seine-et-Marne)..............
- Ciioiseul (le comte Horace de), propriétaire (comités, jury, Paris 1889;
- comités, Paris 1900).......................................................
- Croux (Gustave), horticulteur pépiniériste (grand prix, 1889; comités, Paris 1900), président du Comité d’arboriculture à la Société nationale
- d’horticulture.............................................................
- Joly (Charles), vice-président honoraire de la Société nationale d’horticulture (jury, Paris 1878; comités, jury, Paris 1889; vice-président des comités,
- Paris 1900)................................................................
- Moser (Jean), horticulteur pépiniériste (grand prix, Paris 1878; comités, jury,
- Paris 1889; comités, Paris 1900)...........................................
- Vacherot (Jules), jardinier en chef de l’Exposition de 1900, architecte-paysagiste ...................................................................
- JURÉS TITULAIRES ÉTRANGERS.
- MM. Benary, conseiller de commerce, à Erfurt.....................................
- Rodigas , directeur de l’École d’horticulture, à Gand......................
- Foukouba (Hayato), directeur des jardins impériaux, commissaire du gouvernement à l’Exposition de 1900, à Tokio......................................
- Gillibert (Paul)...........................................................
- Soupert (Jean), rosiériste (maison Soupert et Notting), à Limpertsberg.....
- Gemen (Charles), rosiériste................................................
- JURÉS SUPPLÉANTS FRANÇAIS.
- MM. Tavernier (François), ancien horticulteur (comités, Paris 1900), secrétaire de
- la Commission des concours temporaires d’horticulture....................
- Deny (Eugène), architecte-paysagiste (architecte du comité, Paris 1900)....
- France.
- Pays-Bas.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- Allemagne.
- Belgique.
- Japon. Monaco. Luxembourg. Luxembourg.
- France.
- France.
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- ARBRES, ARRUSTES, PLANTES ET FLEURS D’ORNEMENT.
- Les fonctions de rapporteur ne laissent pas que d’être singulièrement redoutables et embarrassantes, en présence de la multiplicité, delà diversité et de la valeur des lots qui ont figuré à l’Exposition universelle de 1900.
- La forme même du rapport que nous avons mission d’élaborer nous a laissé perplexe : fallait-il se borner à enregistrer, par concours, les lots exposés et les noms des exposants — comme on le fait dans une exposition ordinaire? — Valait-il mieux essayer de présenter une sorte d’historique des principaux groupes de végétaux et de montrer en même temps les progrès accomplis depuis 1889? Nous nous sommes arrêté à cette solution.
- Le programme de la Classe Û6 s’appliquait aux arbres, arbustes, plantes et fleurs d’ornement. Les dispositions spéciales indiquaient que des concours permanents et temporaires auraient lieu.
- Dans les concours permanents rentraient :
- i° Les arbres et arbrisseaux d’ornement et forestiers de plein air à feuilles caduques ou persistantes;
- 20 Les Rosiers;
- 3° Les massifs et corbeilles de fleurs et la mosaïeulture.
- Quant aux concours temporaires, qui devaient avoir lieu les 17 avril, 8 mai, 22 mai, 12 juin, 26 juin, 17 juillet, 7 août, 21 août, 11 septembre, 25 septembre, 9 octobre et 2Û octobre, ils comprenaient : les arbustes d’ornement; plantes annuelles, bisannuelles, vivaces, bulbeuses; Rosiers; ornementations en fleurs naturelles. A ces douze concours en a été ajouté un treizième consacré aux Chrysanthèmes, en raison même de l’importance qu’a prise la culture de cette plante depuis quelques années.
- A chacune de ces dates, des concours spéciaux étaient réservés aux plantes nouvelles introduites le plus récemment en France ou dans les autres pays d’Europe, obtenues de semis ou d’accidents fixés et non encore au commerce, ou mises au commerce depuis 1889.
- Dans les arbres d’ornement à hautes tiges, des concours bis avaient été réservés pour les sujets ne dépassant pas 0 m. 16 de grosseur (plantation des parcs et jardins) et pour ceux 11e dépassant pas trois ans de tête (arbres à rameaux retombants ou pleureurs). Dans les Conifères, on avait agi de même pour les plantes ne dépassant pas 1 m. 2 5 de hauteur.
- Gn. VIH. — Cl. h0.
- NATIONALE
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- GG
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- En ce qui concerne les massifs, corbeilles, mosaïculturcs, le programme olfrait la plus grande latitude, tout se divisant en :
- A. Le plus beau massif de mosaïculture en plein air.
- B. Les plus belles corbeilles fleuries en plein air, en genres non prévus au programme.
- Il était certain que, dans ces conditions, avec un ensemble de concours aussi nombreux, les lots ne feraient pas défaut et que pas le plus petit coin des parcs de l'Exposition ne resterait sans verdure et sans arbres. C’est ce qu’on a pu constater. Les pépiniéristes et les horticulteurs se sont exécutés avec un zèle des plus louables, et les plus beaux produits des pépinières françaises^ ont été présentés aux yeux des visiteurs. Il y avait d’autant plus de mérite et de désintéressement de la part des pépiniéristes à agir ainsi, que, généralement, les arbres retirés des pépinières pour être exposés (les Conifères principalement) sont irrévocablement perdus. Ajoutons encore que les dépenses de plantations étaient à leur charge et que les soins nécessaires pour amener les arbres à un état de vigueur et de santé satisfaisant avaient été nombreux et chaque jour répétés pendant de longs mois, voire même des années, en prévision de l’Exposition.
- Tous nos grands pépiniéristes s’étaient donné rendez-vous dans les parcs de l’Exposition qu’ils avaient pris à tâche de décorer, car, il ne faut pas l’oublier, les exposants des concours permanents ne se contentaient pas de montrer au public des végétaux appartenant à tel ou tel groupe; ils avaient, en outre, la tâche de décorer et d’orner les grands espaces du Trocadéro, du Champ-de-Mars, du Cours-la-Reine et des Invalides. Ils ont fait leur possible et ont de tous points réussi, malgré les difficultés matérielles inhérentes à de pareilles installations et l’époque malheureusement beaucoup trop tardive à laquelle l’Administration a pu livrer les emplacements aux exposants.
- Il nous sera permis, cependant, de faire une petite observation : l’étiquetage était assez souvent défectueux, quelquefois d’un barbarisme pittoresque, et les noms français étaient trop fréquemment mêlés aux désignations latines.
- Il nous est impossible d’indiquer même succinctement les lots exposés; ce serait trop long, en même temps que fastidieux et, à moins de citer de parti pris, et sans exceptions, tous les exposants, ce qui allongerait démesurément ce travail, nous risquerions de faire des omissions regrettables. Aussi, excepté en ce qui concerne les « nouveautés??, nous contenterons-nous de mentionner les plantes intéressantes que nous avons remarquées dans les groupes exposés.
- CONCOURS PERMANENTS.
- Le programme de la Classe 46 comportait des concours permanents au nombre de 99, embrassant :
- i° Les arbres et arbrisseaux d’ornement et forestiers de plein air, à feuilles caduques ou persistantes;
- ^ Très peu de lois étrangers ont été exposés.
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- 20 Les Rosiers pour plates-bandes et massifs en plein air;
- 3U Des massifs, corbeilles, mosaïcultures.
- Sans entrer clans l’énumération de ces nombreux concours, rappelons que dans les arbres et arbrisseaux d’ornement rentraient : les arbres d’alignement (2 concours); arbres d’ornement à haute tige et feuilles caduques (2 concours) ; arbres et arbrisseaux d’ornement présentés en baliveaux de 3 m. 5o de hauteur (2 concours); arbres d’ornement à feuilles caduques, à rameaux retombants ou pleureurs (2 concours); arbres d’ornement élevés à tige, pleureurs ou non (1 concours); arbrisseaux d’ornement A feuillage caduc et décoratif taillés en pyramide (3 concours); arbustes et arbrisseaux d’ornement à feuilles caduques (5 concours); arbrisseaux élevés sur petites tiges à l’usage des carrés français (3 concours) ; arbustes et arbrisseaux propres à la décoration des roches (3 concours) ; arbrisseaux d’ornement à feuilles persistantes autres que ceux de terre de bruyère (12 concours réservés aux collections de i5o, de 100 et de 5o variétés, d’Aucubas, de Bambous, de Buis en arbres, de Géanothes) ; Conifères (7 concours); concours divers, 3o (Fusains, Grenadiers, Lierres, Houx, Lauriers d’Apollon, Magnolias, Myrtes, Orangers, Hychangea paniculata grandijlora, Hychangea paniculata élevés à tige; Hyclrangea Hortensia à fleurs roses, à fleurs bleues Thomas Hogg, Otahsa, Clématites ligneuses; plantes grimpantes autres que Rosiers, Clématites et Lierres).
- Les Rosiers étaient répartis en 27 concours relatifs aux Rosiers tiges en tous genres, excepté les thés, noisettes et hybrides de thés (h concours); Rosiers tiges thés et noisettes (A concours); Rosiers tiges hybrides de thés (2 concours); Rosiers greffés ras de terre ou francs de pied, en tous genres, excepté les thés, noisettes et hybrides de thés (A concours); Rosiers greffés ras de terre ou francs de pied thés et noisettes (3 concours); Rosiers greffés ras de terre ou francs de pied, hybrides de thés (2 concours); Rosiers polyantha en 100 sujets (1 concours); Rosiers les plus florifères greffés ras de terre ou francs de pied, en variétés recommandables par leur forme et leur coloris (1 concours); Rosiers greffés ras de terre reconnus comme les meilleurs pour la fleur coupée ( 1 concours) ; Rosiers de Bengale (1 concours); Rosiers sarmenteux remontants (2 concours); Rosiers sarmenteux non remontants (2 concours).
- Arbres et arbrisseaux d’ornement. — Il ne faut pas oublier que certains pépiniéristes participaient à 5o concours et cpie d’autres avaient apporté à l’Exposition plus de i,Aoo arbres ou arbustes. L’Exposition de 1900 marque donc une date mémorable, et l’on reste confondu si Ton compare ce qu’étaient les pépinières en 18 5 5 avec l’état où on les trouve aujourd’hui. Cette évolution de la pépinière ne date guère chez nous que du second Empire, à l’époque 011 ont été créés les bois de Boulogne et de Vin-cennes. Les principaux promoteurs en ont été les Haussmann, les Alpband, les Barillet-Deschamps, etc., et les hommes qu’ils ont formés.
- Sous leur impulsion énergique et active, les parcs, les squares ont surgi de partout; il a fallu des arbres pour les décorer. C’est de ce besoin de végétaux qu’est née l’extension prise par la pépinière.
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- L’exposition de 1 855 a marqué le début des progrès; on a pu les suivre en 1867, en 1878, en 1889, chacune de ces grandes étapes, on s’est facilement rendu compte des perfectionnements et des transformations.
- D’autre part, on désirait jouir le plus rapidement possible des plantations que l’on faisait : de là, l’élevage d’arbres fait dans de telles conditions que la reprise en fût aussi assurée, que s’il s’agissait de jeunes sujets. L’observation attentive a montré que ces résultats pouvaient être facilement obtenus, en mettant à profit les transplantations successives, la taille, l’éborgnage, le pincement, suivant les catégories de végétaux auxquelles on avait affaire.
- Puisqu’on voulait transplanter des arbres déjà faits, souvent âgés de 20 et même de h0 ans, il fallut rechercher les meilleures manières de procéder sans inconvénient : l’invention du bac mécanique, du chariot, qui n’ont pendant longtemps été utilisés qu’en France et dont l’usage ne s’est introduit que petit à petit chez nos voisins, fut provoqué par cette nécessité.
- Rappelons que les principaux centres pour la pépinière sont : pour la région parisienne, Bougival, Châtenay, Fontenay-aux-Roses, Montmorency, Versailles, Vitry-sur-Seine, etc., ou se trouvent environ Aoo hectares de pépinières; pour la province, Angers, Caen, Doué-la-Fontaine, le Mans, Limoges, Lyon, Nantes, Orléans, Rennes, Tours, Troyes, Ussy, etc.
- Nous pouvons répéter, sans crainte de nous tromper, ce que nous écrivait un des premiers pépiniéristes de France : «La France est certainement le pays d’Europe où la pépinière est le plus en progrès; on peut même affirmer quelle devance de beaucoup toutes les autres nations ».
- Rosiers. — Les éloges que nous avons eu à exprimer pour les arbres de pépinières s’appliquent également aux Rosiers. Nombreux ont été les apports, et ce 11’est certainement pas la faute des exposants si le succès n’a pas toujours couronné leurs efforts. Des circonstances absolument indépendantes de leur volonté n’ont pas permis aux exposants des Invalides de présenter au public des plantes irréprochables. Il faut s’en prendre aux émanations du goudron et de la créosote des pavages, dont l’influence se faisait surtout sentir par les temps humides et était préjudiciable au premier chef pour les Rosiers; à la poussière de plâtre et de chaux dont ils ont été parfois recouverts, et aussi à la réverbération du soleil. Certains lots avaient un aspect qui faisait peine à voir; on eût dit des plantes grillées. Il faut aussi noter, au nombre des autres inconvénients fâcheux, les courants d’air et la gelée printanière.
- Sauf ce fâcheux contretemps, tout local, et quelques erreurs dans l’étiquetage, on ne peut que remercier les rosiéristes qui avaient bien voulu faire contribuer la reine des fleurs à la décoration de l’Exposition.
- Parmi eux, quelques étrangers figuraient honorablement auprès de nos compatriotes venus en grand nombre.
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- Massifs et corbeilles de fleurs. — Mosaïculture. — Les pelouses ne pouvaient manquer cTêtre ornées, si nous nous en rapportons au programme qui concernait les massifs, corbeilles et mosaïcultures. En faisant appel aux horticulteurs, les comités d’organisation ne s étaient pas trompés et, pendant toute la durée de l’Exposition, les pelouses furent constamment fleuries. Ici, encore, il nous est impossible de donner une énumération des végétaux qui y ont figuré. Disons seulement que leur emploi a été fait avec ce goût exquis dont ne se départ jamais l’exposant français; loin de nous, cependant, la pensée de critiquer les exposants étrangers, mais c’est une simple constatation que nous faisons en passant, constatation qui, d’ailleurs, a été faite par bien d’autres que par nous.
- Plantes diverses. —Notons, en terminant, les collections à’Agave, Sempervivum, Sedum, Mesembrianthemum, Aloe, Saxifraga, etc., déplantés grasses, en un mot, exposées par un spécialiste bien connu. Outre que ces plantes étaient bien nommées — ce qui n’est pas un mince mérite — elles étaient remarquables par la bonne tenue des spécimens, leur air de bonne santé et leur vigueur. La façon dont elles étaient disposées, sur des blocs de pierre, le long des rives du petit ruisseau du Cours-la-Reine, permettait de les apprécier et de se rendre compte de leur valeur; elles étaient le digne et sérieux complément des plantes alpines charmantes qui ornaient les bords du rivulet.
- Dans le ruisseau lui-même brillaient les plantes aquatiques ornementales, parmi lesquelles une remarquable collection de variétés de Nymphéas hybrides de plein air était malheureusement un peu égarée, loin des regards des visiteurs. On ne songeait pas, en effet, à aller la chercher dans un petit bassin situé derrière le Grand-Palais, dans un endroit assez peu fréquenté. Les spécimens plantés dans les deux bassins de la cour intérieure du Petit-Palais ont attiré davantage les regards; malgré tout, ils se sentaient un peu perdus.
- Néanmoins, l’amateur a pu juger à leur juste valeur les superbes Nymphéacées des deux grands spécialistes français et se rendre compte de leurs mérites et des progrès réalisés depuis 1889 dans la culture de ces belles plantes. Malheureusement, les Nymphéacées exigent un bassin, et combien d’amateurs n’en ont pas dans leur jardin! Aussi, ces plantes appartiendront-elles vraisemblablement longtemps encore à la catégorie de celles dites «aristocratiques??.
- Plantes nouvelles ayant figuré dans les concours permanents. — Les nouveautés étaient-elles nombreuses dans les lots d’arbres ou d’arbustes d’ornement? Non, d’une manière générale; mais la beauté des spécimens rachetait ce qui manquait sous le rapport de la quantité. Quelques arbres ou arbustes nouveaux étaient disséminés de ci de là; un seul exposant, M. G. Boucher, avait eu l’excellente idée de grouper en un lot unique environ 80 végétaux, dont la plupart faisaient leur entrée en France :
- Smodingium argutum, Cornus brachypoda variegata, Eucryphia pinnatifolia, Acer cam-pcstre compactum, Stauntonia hexaphyïïa, Platanus orientalis Sutznerii, Indigofera Gerar-
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- (hnna flonbunda, Ligustrum Ibota myrtifolium, Cynanchum acutum, Lycium barbarum foliis aureo-variegatis, Fraxinus Mariesii, Colutea bullata, Cornus macrophylla, Panax Murray i (Panax sessiliflorum), Osmantbus ilicifohus purpurcus, Heclysarum multijugum, Slephanan-dra Tanahæ, Fontanesia phillyrœoides linearis, Rottkra japonica (Mallotus japonicus), Sam-bucus racemosa plumosa tenuifolia, Fagus purpurcus Siveet Magret, Magnolia passijlora, Sarothamnus scoparius foliis variegatis, Chamœbatiaria Millefolium, Hypericum densiflorum, Hypericum galioides, Musa japonica, Berchemia racemosa variegata, Kadsura japonica varie-gata, Daphniphyllmn glaucescens, Evonymus japonicus compactas cirgcnteus, Fontanesia philly-ræoides nana, Hélianthe muni amabile foliis variegatis, Cytisus caramanicus, Berberis hetere-pocla, Cytisus nigricans Carlieri, Spirea Frœbelifoliis variegatis, Carpinus cordata, Cytisus schipkaensis, Sambucus racemosa foliis aureis, Marlea platanifolia, Fagus Zlatia, Magnolia hypoleuca, Dcsmodium tiliœfohum, Betula Maximowiczii, Viburnum dilatatum, Cotoneaster pannosa, Dor iar a japonica, Buddleia Cohillei, Cæsalpinia japonica, Hypericum Moserianum tricolor, Forsythia Fortunei aureo variegata, Purshia tridentata, Berberis Knightii (B. Bcalci'j, Evonymus japonicus compactas viridis, Ligustrum Walkeri, Yucca pendula elegantissima, Hamamelis japonica, Berberis virescens, Smilax sagittœfolia, Smilax aspera variegata, Ta-marix hispida (T1. Kashgarica), Ligustrum ovalifolium aureum elegans, Amorplia canescens, Cornus Kousa, Salix microstacliya, Microglossa albescens (Âmphirltapis albescenf ; Ligustrum japonicum elegans, Hêtre à feuilles de fougère, Leycesteria formosa variegata, Sambucus racemosa plumosa foliis aureis, Madura aurantiaca incrmis, Ligustrum sinense aureum, Cerasus lauro-cerasus schipkaensis, Pervenche à fleur panachée, Deutzia corymbiflora.
- CONCOURS TEMPORAIRES.
- I. ARBUSTES D’ORNEMENT.
- Les arbustes d’ornement ont tenu une place importante et qui a été remarquée à juste titre, dans les floralies de i 900. Les massifs de végétaux à feuillage et à fleurs ont permis aux visiteurs de se faire une idée suffisamment nette du rôle qu’ils sont appelés à remplir dans l’ornementation des jardins. Les Rhododendrons, les Azalées, les Lilas, les Clématites à grandes fleurs, les Deutzias, les Pivoines, etc., ont fait voir quelle splendeur de floraisons, quelle intensité de coloris, quelle grâce et quelle fraîcheur se dégageaient de ces superbes plantes, présentées avec art et à leur maximum de développement.
- Rhododendrons, Azalées, Kalmias. — C’est, peut-on dire sans exagération, le xixe siècle qui a vu se développer la culture des Azalées et des Rhododendrons. Au commencement du siècle, on ne connaissait guère dans les cultures que ce Rhododendron ponticum, originaire de l’Asie Mineure (ancien royaume du Pont), aux coloris violacés, et le Rhododendron maximum, du Canada, dont les fleurs varient de teinte, du blanc au rose pâle.
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- En i8o3, le Caucase nous gratifia du Rhododendron caucasicum; vers 1809, arriva le Rhododrendron Catawbiense, de l’Amérique du Nord. En 1821 on vit apparaître en Europe le Rhododrendron campanulatum, des Indes Orientales, suivi, en 1827, du Rhododendron arboreum, de l’Himalaya, dont l’introduction fit sensation.
- Dès ce moment, à qui mieux mieux, avec une louable ardeur, les horticulteurs anglais, belges, français, etc., se mirent à la besogne : les hybridations, les croisements de toutes sortes furent à l’ordre du jour et de superbes variétés, chaque jour plus belles et plus méritantes, vinrent peupler les jardins. Actuellement, on possède tous les coloris possibles dans les tons blancs, roses, rouges, cramoisis, écarlates, violets, etc., et l’on peut dire que, devant le nombre sans cesse accru des produits de croisements, les types primitifs ont disparu. On ne les retrouve guère — en dehors de la nature -— que relégués dans les jardins botaniques.
- En 1895, une variété franchement double a fait son apparition. Il y a là, sans aucun doute, un point de départ pour une race nouvelle.
- Ce que nous venons de dire des Rhododendrons peut s’appliquer aux Azalées de plein air, cultivées depuis le siècle dernier, époque où l’on ne connaissait que les Azalea pontica, nudijlora, viscosa. Les Azalea calendulacea et arborescens furent introduits au commencement du xix° siècle; mais ce n’est qu’à partir de 1865 que l’on put se faire une idée de la beauté de ces jolis arbustes, quand van Houtte mit au commerce les premiers spécimens à*Azalea mollis. Les hybrides obtenus, croisés avec ceux que l’on connaissait précédemment, ont donné naissance aux variétés que nous possédons actuellement. Nous croyons bon de rappeler que si le genre Azalea est suffisamment distinct au point de vue horticole, il n’en est pas de même botaniquement parlant, et qu’il est impossible de le séparer des Rhododendrons. Les croisements tentés avec succès entre Azalées et Rhododendrons en sont une preuve de plus, et les Azaleodendrons ne doivent être considérés que comme des métis entre espèces différentes de Rhododendron.
- Trop oubliés sont les Kalmias, que la délicatesse de leurs fleurs devrait faire rechercher davantage.
- Pivoines. — Les Pivoines en arbres [Pœonia Moutan), au contraire, ont, depuis une dizaine d’années, acquis une vogue nouvelle; leur culture est, de plus, une spécialité bien française. Les premiers pieds ont été introduits par Sir Joseph Banks, en 179/1, eC en *803, les célèbres jardins de là Malmaison en possédaient quelques-uns. Vers i85o, Robert Fortune et von Siebold firent connaître de belles variétés, trouvées dans les jardins du Japon et de la Chine. Actuellement, grâce aux semis, aux multiplications opérées, les Pivoines en arbre figurent à peu près partout. Leurs belles et grandes fleurs, leur feuillage qui n’est pas-sans charme, en font un des ornements les moins contestables des jardins.
- Quant aux Pivoines herbacées, qui nous sont venues de Chine à peu près à la même époque que les précédentes, elles n’ont tout d’abord donné que des fleurs simples. La dupîicature n’est apparue chez elles que plus tard, affectant tous les tons entre le blanc
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- le plus pur et le rouge noirâtre très foncé. Le commerce des fleurs des Pivoines herbacées a pris une véritable importance ; nos marchés en sont littéralement couverts à certaines époques de l’année. Bagnolet, Montreuil, Châtenay, dans la région parisienne, sont des centres de culture bien connus; les champs de Pivoines s’y montrent de toutes parts. Un seul établissement, nous assure-t-on, coupe pour la vente, chaque année, de 3o,ooo à ôo,ooo fleurs.
- Lilas, Deutzias. — Les Lilas n’ont pas eu besoin, au contraire de bien d’autres plantes, de revenir à la mode. On les a toujours aimés et recherchés, et leur histoire n’est pas longue à faire. Nous voulons parler, bien entendu, du Lilas commun et de ses nombreuses variétés et laissons de côté ici un certain nombre d’espèces de Syringa, d’origine asiatique, telles que S. oblala, S. Brelschneideri, S. pubescens, etc., d’intérêt plutôt botanique. Aux concours temporaires de mai, on pouvait en voir de superbes séries.
- Signalons encore toute une série vraiment hors ligne de Deutzias hybrides, qui ont laissé bien loin derrière eux le Deutzia gracilis.
- Clématites. — Les Clématites à grandes fleurs ont aussi brillé d’un vif éclat et l’on peut dire que, si plusieurs pays réclament eh faveur de l’importance des cultures qu’ils en font, c’est néanmoins en France qu’ont été obtenues la plupart des belles variétés qui ont fixé les suffrages des amateurs.
- Il y a tout au plus cinquante ans qu’elles ont fait leur apparition, mais les progrès d’amélioration se sont accomplis avec une remarquable rapidité, grâce à l’introduction des Cl. patens, lanugmosa et Jachnam, dont les produits de croisement sont venus remplacer les antiques Cl. jlammula, viticella, recta, integrifolia, onentalis, etc.
- Avec les genres que nous venons de passer rapidement en revue, peuvent se dessiner les grandes lignes des expositions cl’arbustes d’ornement aux concours temporaires. Ce sont ceux que le public et les amateurs ont surtout remarqués.
- Quant aux grands massifs de plantes à feuillage, entremêlés d’arbustes et d’arbrisseaux fleuris, on ne peut que faire leur éloge sans restriction, sans que nous puissions entrer dans les détails que mériterait cependant leur composition.
- IL ROSIERS.
- Il y a de longs siècles que le Rosier est cultivé en Europe; les Romains vouaient â la Rose un culte qui leur avait été transmis par les Grecs, et étaient arrivés à s’en procurer à toute époque de Tannée. On trouve dans Pline la liste des espèces connues au commencement de Tère chrétienne, liste bien peu étendue d’ailleurs. Les Maures d’Espagne firent du Rosier une culture toute spéciale et arrivèrent à traiter par semis un nombre assez considérable de variétés.
- En France, recherché par Charlemagne qui en recommanda la culture dans les jardins des fermes impériales, le Rosier fut négligé pendant tout le cours du moyen
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- âge, et c’est seulement à la fin du siècle dernier qu’on commença à le voir apparaître en collections. On faisait au xvn° siècle des folies pour les Tulipes et les Renoncules, mais la Rose restait dans une obscurité à peu près complète.
- Qu’étaient-ce que les Roses de Provins, de Hollande, Cent-feuilles, de Damas, comparées aux merveilles que nous possédons de nos jours? Et comment cette transformation totale s’est-elle faite?
- Au commencement du xixcsiècle, Dupont, encouragé par Joséphine de Beauharnais, avait formé une collection de Rosiers de Provins non remontants. Descemet. de Saint-Denis, en comptait environ 3oo variétés dans ses cultures, et, en i8i5, plus de 10,000 semis existaient chez lui. Ce fut la source de la célèbre collection de Vibert. Les Provins et les Provence en formaient le fond : s’ils n’étaient pas remontants, ils rachetaient en partie ce défaut par la vigueur de leur végétation et l’abondance de leur floraison.
- En 1801 , le Muséum cultivait dans ses serres un Rosier rapporté de Canton en Angleterre par le botaniste Iver. C’était le Rosier de Bengale, mis au commerce en 1806 et qui resta longtemps considéré comme une merveille. Le docteur Cartier, grand amateur de Rosiers, obtint en 1818 le premier Rosier du Bengale à fleurs doubles, qui se répandit rapidement dans tous les jardins.
- Le Rosier Thé avait fait son apparition en Angleterre, en 1789; Joséphine le reçut en 1 81 0, et en 181G on commença à le rencontrer dans les jardins ; bientôt il donnait naissance, entre les mains des semeurs de l’Anjou et de Hardy, du Luxembourg, à de très belles variétés qui firent sensation : Niphétos, Sombreuil, Safrano, Bougères, Triomphe du Luxembourg, Mélanie Willermoz, Jean Pernet, Adrienne Christophe, etc.
- En 1828, Jacques, jardinier-chef au château de Neuilly, obtenait un des meilleurs rosiers sarmenteux connus, Félicité Perpétue, du groupe du Rosa sempervirens. Dans l’intervalle, en 181 A, Louis Noisette, de Paris, avait reçu de son frère Philippe, de Charlestown, un Rosier qu’on supposait, avec juste raison, hybride du Rosier de Bengale et du Rosa moschala : c’était le Rosier Noisette : Noisette Desprez, Ophirie, Aimée Vibert, etc.
- Le directeur du Jardin botanique de la Réunion, Breon, avait par hasard trouvé dans une haie un rosier qui lui avait paru intéressant et qu’il ne pouvait rattacher exactement à aucune des espèces ou variétés connues. Il devint le Rosier de Bourbon, introduit en 1817, de graines envoyées à Jacques, de Neuilly. Selon toute présomption, le Rosier de Bourbon est de nature hybride et a emprunté une partie de ses caractères au Rosier de Bengale.
- Entre les mains de semeurs intelligents comme Desprez, de Xelles, Souchet, de Bagnolet, le Ro.sier de Bourbon donna quelques gains de premier ordre : Madame Desprez, Charles Desprez, Souchet, Comte de Rambuteau et enfin la perle du groupe, Souvenir de la Malmaison, qui fit son apparition dans les cultures de Béluze, de Lyon.
- L’introduction du Rosier asiatique allait permettre aux rosiéristes de se livrer à des travaux de croisement que tout faisait espérer devoir être fertiles en résultats. C’est,
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- en effet, ce qui arriva. La Rose des quatre saisons était depuis de longues années cultivée aux environs de Paris : Fontenay-aux-Roses, Puteaux, constituaient des centres de culture importants. Ce n’était qu’accidentellement qu’elle était susceptible de remonter. En i8i5, cependant, Souchet avait fait connaître la fameuse Rose du Roi, parfaitement remontante et de mérite incontestable. Mais que pouvait-on faire d’une unité ?
- En i83o, Guérin, à Angers, obtint Malton, premier exemple de Rosier provenant de croisement entre Rosiers européens et Rosiers asiatiques. Athalin se faisait connaître presque en meme temps, et son créateur, Jacques, la croisant avec la Rose du Roi, produisait des rosiers remontants à faciès de Portland (Hybrides de Portland).
- En 18 3 5-, une véritable révolution s’opéra : Sisley venait d’obtenir la Rose Sisley, véritable hybride remontant. Jusque-là les hybrides, pourtant nombreux, s’obstinaient à ne pas remonter. Laffay, d’Auteuil, de 183y à i8A3, triomphait avec des gains comme La Reine, Madame Laffay, Mistress Elliot. Plantier, de Lyon, Duval, de Montmorency, Vibert, d’Angers, Desprez, de Xelles, Verdier père, etc., marchaient dignement sur ses traces.
- Nous ne voulons pas pousser plus loin cet historique, qui nous amène à l’époque actuelle. Une fois la Rose remontante découverte, il n’y avait plus qu’à semer. Nous n’osons dire : féconder, car si de nombreux Rosiers, absolument merveilleux d’élégance, d’éclat, de coloris, portent la dénomination hybrides remontants, il faut bien avouer qu’ils ne sont hybrides que de nom. Le semis a fait à peu près tout et l’obtention des plus belles races n’a été souvent que l’œuvre du hasard. Un amateur de Meu-don, Roussel, possédait des semis nombreux dont il n’avait rien pu faire jusque-là. Il les légua à son jardinier Rousselet, et, en 1853, il en sortit une plante d’un admirable coloris, qui fit son chemin depuis, une des roses le plus justement populaires, le Général Jacqueminot.
- Nous ne parlons pas du Rosa alba, dont une variété, Cuisse de Nymphe, enchantait nos pères, non plus que des Portland, des Provins, des Rosiers de Roursault (hybrides du Rosa alpina et de R. du Bengale), des Cent-feuilles, des Damas, etc., des Rosa spmosissima, lutea, alpina, du Rosier Ayrshire, des Damas, du R. rubifolia, etc., qui ont fait leur temps et ont à peu près disparu.
- Par contre, l’engouement s’est attaché au Rosa nmltiflora ou polyanlha, du Japon, introduit en France vers 1820, qui a donné naissance à de très jolies variétés naines dont les rosiéristes lyonnais se sont fait une spécialité ; aux Rosiers de Banks et au Rosa lœvigata (A. Camellion), faciles à cultiver dans le midi de la France. Plus récemment, on a vu paraître le Rosa rugosa, du Japon, qui a déjà produit un certain nombre d’hybricles intéressants, et le Rosa Wichuraiana, qui, encore bien nouveau, a déjà fait parler de lui. Cette dernière plante présente d’incomparables qualités au point de vue de la robus-ticité, de la vigueur de la végétation, de la floribonclité. Ses tiges, longuement couchées sur le sol en retombant, font de cette rose japonaise une des meilleures plantes qu’il soit possible d’imaginer pour la garniture des rocailles et l’ornementation des talus.
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- Déjà l’hybridation s’en est emparée. Les Américains sont arrivés les premiers, mais nos rosiéristes français sont en bonne posture de revanche. Dans les obtentions américaines, la fleur seule*s’est modifiée; la corolle est devenue deux ou trois fois plus large et a revêtu les coloris les plus brillants. En 1900, on a pu mettre au commerce 3 hybrides de R. Wichuraiana avec des Rosiers hybrides de Thé (Y Idéal), Thé (Sliirley Hibberd) et ceux du curieux Rosier Turner s crimson rambler.
- Il ne faudrait pas oublier non plus, parmi les Rosiers qui, en ces derniers temps, ont introduit un sang nouveau dans les races d’autrefois, les Rosiers de Lord Penzance hybrides, dans lesquels le Rosa rubiginosa (Sweet Briar) joue un rôle important et le Rosa Pernettana ou Soleil d’or, destiné à faire époque. Il est le résultat, absolument authentique, cl’un croisement opéré entre le Rosier Capucine et un Rosier thé.
- De nos jours, on peut répartir les Rosiers horticoles, cultivés généralement dans les centres, entre de nombreuses sections, où tiennent la tête : Hybrides remontants, Hybrides de Thé, Hybrides de Noisette; Thés; Noisettes, Multijlores et Polyanthas, etc.
- En 1816, 9 variétés étaient mises au commerce; en 1899, il n’ven avait pas moins de i3^. L’année 1861 semble avoir été la plus féconde, puisqu’on y signale 1 kh obtentions nouvelles.
- La culture des Rosiers en pots a fait d’énormes progrès depuis 1889, progrès dus en grand partie aux rosiéristes de la région parisienne.
- La vente des roses coupées aux Halles crée un immense débouché aux productions des rosiéristes. Outre ceux qui cultivent en plein champ, il s’est fondé de grands établissements où l’on chauffe pendant l’hiver. A Paris, ce genre de travail se faisait déjà, depuis environ une quarantaine d’années, à Belleville, Bagnolet, etc. Le nombre s’en est accru, et dans la Brie on peut en compter environ une quarantaine.
- 11 faut ajouter que la facilité et la rapidité des transports a permis aux rosiéristes de la région méditerranéenne d’envoyer leurs produits à Paris, non sans faire un tort considérable à ceux des environs de Paris. Tant au point de vue de la culture en collection que de celle qui a pour but la vente aux Halles et aux fleuristes, on peut, sans exagérer, fixer à 5oo environ le nombre des variétés de la banlieue parisienne. En France, on doit compter au bas mot un millier de spécialistes qui vendent pour plusieurs millions de francs de Rosiers. Un des principaux centres de la culture de ces plantes est Lyon, qui peut être considéré comme la terre promise des roses.
- Quant à l’importation, elle est à peu près nulle; l’exportation se fait au contraire sur une grande échelle, en Portugal, en Russie, en Suisse, en Amérique, etc.
- L’importance que la culture de la Rose occupe en France faisait espérer que les lots exposés seraient dignes de nos rosiéristes. Il en a été ainsi.
- III. PLANTES ANNUELLES, BISANNUELLES ET VIVACES.
- Les plantes annuelles, bisannuelles et vivaces ont formé de beaucoup la partie la plus importante des apports aux diverses époques d’expositions échelonnées du 18 avril au 31 octobre. Les étudier par le menu serait trop long et quelque peu fastidieux.
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- Qu’il nous suffise de dire qu’elles étaient parfois représentées par près de 70 concours différents, et qu’environ autant de genres de végétaux y ont figuré. Nous serons obligé de nous en tenir aux plantes les plus en vue, à celles dont la culture a fait le plus de progrès en ces derniers temps et que leur valeur ornementale a popularisées. Loin de nous l’intention de dédaigner les autres, mais il nous est indispensable de savoir nous borner.
- Plantes bulbeuses et tuberculeuses. — Elles étaient représentées, suivant la saison, par les Amaryllis, les Jacinthes, les Narcisses, les Tulipes, les Anémones, les Renoncules, les Bégonias tuberculeux, les Cannas, les différentes espèces d’iris, les Glaïeuls, les Montbrétias, les Lis, les Dahlias.
- Chacun de ces genres de plantes donnait lieu à un certain nombre de concours judicieusement choisis et délimités. Prenons pour exemple les Glaïeuls: ces derniers figuraient sous forme de Glaïeuls hybrides de gandavensis, de Glaïeuls rustiques, de Glaïeuls du type nanceianus, etc. Les Iris étaient représentés parles Iris d’Allemagne, les Iris de Kaempfer, ceux d’Espagne et d’Angleterre; les Bégonias, par les variétés à Heurs simples ou doubles, à fleurs cristées, etc.
- Nous ne nous arrêterons aux Jacinthes, Narcisses, Tulipes, Amaryllis, etc., quepour signaler la beauté des lots qu’on a pu admirer au concours du 18 avril. L’bistoire de ces plantes ne présente pas de faits saillants. Il n’en n’est plus de même des Bégonias tuberculeux, des Glaïeuls, des Montbrétias, des Dahlias et des Cannas, genre déplantés qui ont été Tobjet d’une véritable transformation depuis quelques années.
- Bégonias tubéreux. — Les Bégonias hybrides, tout particulièrement, ont joué dans l’horticulture, depuis vingt ou vingt-cinq ans, un rôle des plus considérables.
- C’est en 1865 que le Pérou nous dotait du Bégonia Vcitchi. Peu de temps après, ou sensiblement à la même époque, apparurent les Bégonia boYwiensis, Davisii, Fræbeli, Pearcei, rosæjlora et quelques autres espèces qui constituent le groupe Lemoinea. Toutes ces plantes sont originaires des régions élevées de l’Amérique du Sud, à l’exception du Bégonia Dregei, qui nous est venu du Cap de Bonne-Espérance. Un type très différent, quoique appartenant au même groupe de plante, est le B. gracilis du Mexique, qui porte un groupe de hulbilles axillaires.
- La première hybridation eut lieu en 1867, et ce fut Scden qui obtint le superbe Bégonia Sedeni, produit de croisement entre le B. boliviensis et une autre espèce qui est très probablement le B. rosæjlora. La race des Bégonias tubéreux hybrides était créée. En 1871, paraissait le B. cinnabarina hybride des B. Veiichii et Pearcei; en 1872, le B. Corail rose, issu des B. Veitchi et rosæjlora.
- Depuis cette époque, des progrès continus et marqués n’ont pas cessé d’avoir lieu et actuellement on n’en est plus à compter les variétés méritantes.
- Rappelons encore que le premier Bégonia tubéreux à fleurs doubles a été obtenu par un Français; que ce semeur émérite a mis au commerce en 1873 une race intéres-
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- santé de Bégonias à grandes fleurs simples, obtenus de croisement entre les Bégonia rosœjlora, Veitchi, Pearcei et boliviensis.
- Actuellement, on peut classer les Bégonias tubéreux hybrides en : Bégonias à grandes fleurs et Bégonia erecta superba.
- En ces dernières années on a vu apparaître une curieuse modification des pétales. Spontanément, des proliférations se sont développées sur ces organes, assez marquées quelquefois pour pouvoir être comparées à des crêtes, cToù le nom de Bégonia cristata donné à la nouvelle race qui s’est fixée petit à petit.
- La transformation ne s’en est pas tenue là, elle s’est exagérée et tout récemment on a vu exposer une série de formes remarquables dans lesquelles les organes floraux sont complètement déformés et ont pris l’aspect de lames profondément déchiquetées ou de cornets.
- L’introduction, il y a une quinzaine d’années, d’une nouvelle espèce d’origine africaine pourvue de caractères spéciaux, le Bégonia socotrana, vint aussi apporter quelques modifications nouvelles.
- Tels sont les grands traits de l’histoire des Bégonias tubéreux et de leurs hybrides. Inutile de dire qu’aux différents concours de l’Exposition, ces belles plantes ont été admirablement représentées, nous montrant les complètes de l’horticulture française sous une de ses faces les plus brillantes et les plus remarquables.
- Nous laissons de côté, pour le moment, les autres espèces et races de Bégonias.
- Glaïeuls. — Le genre Glaïeul, «un des plus populaires et des plus beaux de la famille des bridées a, ne figurait guère dans nos jardins, au milieu du siècle dernier, que sous la forme du Gladiolus commuais, de l’Europe méridionale, et du G. byzanlinus, introduit cl’Orient, il y a environ deux siècles. Vers 1 ^ùo, on en importa du Gap de Bonne-Espérance un certain nombre d’espèces, d’intérêt plutôt scientifique qu’horticole. Vers la fin du xvni0 siècle, la même région nous envoya les Gladiolus cardinalis et jlori-bundus, et, vers 18aô , le Gladioluspsittacinus. En 1807, Bedinghaus, jardinier du duc d’Arenberg, eut l’heureuse idée de féconder le G. psittacinus par le G. cardinalis. Il en naquit le G. gandavensis, que van Houtte répandit dans les cultures dès 18A1. En i85a ,Souchet, à Fontainebleau, montrait des Glaïeuls hybrides provenant du G. gandavensis croisé avec les G. blandus et ramosus. Ces nouveautés laissaient bien loin derrière elles les variétés de van Houtte. En même temps que Souchet, Truffaut père à Versailles, Verdier père à Paris, Courant à Poissy, travaillaient le Glaïeul et essayaient cTen tirer tout ce qu’il est susceptible de donner.
- Le Glaïeul des jardins était créé, mais l’arrivée en France, en 1870, d’un Glaïeul de Natal, le Gladiolus purpureo auralus, n’allait pas tarder à en modifier les caractères. Une nouvelle race de Glaïeuls hybrides rustiques figurait à l’Exposition de 1878, issue du nouveau Glaïeul et des meilleures variétés du G. gandavensis : le Gladiolus Lemoinei, qui produisait une vive sensation, avec sa vigueur, son feuillage d’un beau vert, ses
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- Heurs largement maculées. En 1880, M. Frœbcl, de Zurich, offrait sous le 110m de Gladiolus Frœbeli une plante de même origine.
- Le premier pas était fait; il restait à faire acquérir à la nouvelle race la variété de couleurs qui lui manquait et les nuances brillantes du G. gandavensis. Les résultats des expériences furent heureux et bientôt toutes les teintes étaient obtenues, du blanc au bleuâtre.
- Malgré cela, il restait encore des progrès à accomplir, et ces améliorations diverses, on les emprunta au Gladiolus Saundersii, qui, pour la première fois en Europe, avait fleuri à Pau, en 1872. Les bonnes variétés bien caractérisées de Glaïeuls rustiques de Lemoine furent mises à l’épreuve du croisement avec le Gladiolus Saundersii, au courant de l’été 1883, et, en 1885, fleurissaient les variétés Président Carnot et Maurice de Vilmorin. Telle est l’origine du Gladiolus nanceianus, qui diffère d’une façon remarquable de la plante à laquelle il doit sa naissance. Le Gladiolus Saundersii est une espèce grêle et peu élevée; le G. nanceianus aies hampes élevées et robustes. Le contraste n’est pas moins frappant entre la disposition et le coloris des fleurs.
- L’entrée dans les cultures de ces deux nouvelles races de Glaïeuls constitue un des faits les plus remarquables que l’horticulture ait eu à relater depuis longtemps. Moins brillante peut-être au point de vue purement horticole, mais'd’un intérêt incontestable et supérieur si l’on n’envisage que les principes de l’hybridation, a été l’obtention— encore à Nancy — du Montbretia crocosmiœjlora.
- Montbretias. — H y a tout au plus cinquante ans que le Crocosmia aurea est connu dans les cultures; l’introduction du Montbretia Pottsii est plus récente et 11e remonte guère au delà de vingt-cinq ans. Le croisement de ces deux espèces, dont la seconde est supérieure au point de vue de la beauté, de l’élégance et du nombre des fleurs, fut pratiqué en 1862 et donna naissance au Montbretia crocosmiœjlora, hybride bigénérique réunissant les qualités réciproques et combinées des deux parents. En fécondant la nouvelle plante obtenue artificiellement avec le pollen de l’un ou de l’autre des procréateurs, on est arrivé à des résultats absolument inespérés.
- Depuis 1882, les obtentions n’ont pas cessé. Les coloris ont varié du jaune orange au jaune soufre et à la teinte écarlate; la cluplicature est apparue également en 1892.
- En cette dernière année, on introduisait du sud de l’Afrique une variété du Crocosmia aurea (var. maculata'j, à fleurs plus grandes que dans le type et tachées de brun à la base du périanthe. Peu après, se révélait en Allemagne une forme géante, le C. aurea imperialis.
- En croisant ces deux nouvelles variétés avec celles déjà existantes, on a obtenu de très belles plantes qui ont hérité des diverses qualités des parents.
- On a pu voir à l’Exposition les plus récentes acquisitions faites dans les deux genres dont nous venons de tracer rapidement l’histoire : les Glaïeuls des diverses races et les Montbretia. En comparant les variétés maintenant connues avec celles qui avaient fait sensation en 1889, on a pu se rendre compte du pas énorme qui avait été fait en dix années dans la voie de l’amélioration et du progrès.
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- Balisiers (Cannas). — C’est à Année, horticulteur à Passy, que l’on doit les premières observations faites en vue d’apporter des modifications dans le genre Canna. En 18/18, les Cannas étaient encore surtout des plantes à feuillage. Année se servit du Canna nepalemis pour hybrider le Canna indica et obtint une race nouvelle, le Canna Annei, dont les meilleures variétés, croisées avec le Canna glaucaet quelques autres espèces, jouirent d’une vogue méritée et universelle vers 1856.
- AI. Crozy, qu’on a surnommé le «Père des Cannasn, exposait en 1889 ses premiers semis, qui attiraient sur lui l’attention de tous ceux qui s’intéressent aux choses horticoles. Ces obtentions, telles que Madame Crozy, Alphonse Bouvier, Souvenir d’Antoine Crozy, Papa Canna, Daniel Gérard, Comte de Bouchaud, etc., provenaient de croisements 0ii le pollen des Canna nepalemis et Warscewiczii avait joué un rôle actif. La première de ces plantes avait le défaut de tracer abondamment; mais on a pu faire disparaître en grande partie cette défectuosité, et peu à peu, par sélections et fécondations répétées, on en est arrivé aux formes actuelles dont l’ensemble constitue la race des Cannas florifères ou Balisiers à grandes fleurs.
- Maintenant, il est peu de genres de végétaux à fleurs qui aient acquis le même degré de perfectionnement.
- Depuis quelques années, une autre race a fait son apparition, celle des « Cannas italiens, ou Cannas à fleurs d’Orchidées», qui, malgré les dimensions de leurs inflorescences et leur forme particulière, n’est point appelée, croyons-nous, en raison surtout du peu de consistance et de durée des fleurs, à détrôner les Balisiers florifères d’origine française.
- Dahlias. — Quant aux Dahlias, c’est aussi en ces dernières années qu’un revirement s’est fait dans l’esprit des horticulteurs et des amateurs. La fin du siècle dernier les avait mis à Tordre du jour; la première floraison en avait eu lieu en 1791, au jardin botanique de Madrid, dont Cavanilles était alors directeur. Ce dernier en adressait un pied au Muséum en 1802; on Ty cultiva d’abord comme plante de serre chaude, et chacun en parla comme d’une plante possédant le double mérite d’avoir des racines comestibles et de pouvoir être utilisée un jour pour la beauté de ses fleurs, à force de soins et de patience.
- Malgré tous les essais de culture, la fleur s’obstinait à rester simple; ce n’est que vers 1817 que parurent les premières variétés à fleurs doubles chez Ternaux,à Auteuil, grâce aux soins du jardinier Vassey. Les cultivateurs hollandais arrivaient, à peu près à la même époque, à un résultat identique. Soutif, jardinier à Passy, se procura des graines en Hollande et parvint à mettre dans le commerce un assez grand nombre de belles plantes.
- Quoi qu’il en soit, en i83o, on connaissait des :
- 1° Dahlias à fleurs pleines;
- 20 Dahlias à fleurs doubles;
- 3° Dahlias à fleurs semi-doubles;
- h° Les anciens Dahlias à fleurs simples.
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- Jacquin faisait remarquer que ces quatre sortes de (leurs pouvaient se rencontrer sur le même pied, dans une même variété, à laquelle il donnait le nom de : «Dahlia plein, double, semi-double, simple». 11 était sûr, ainsi, de ne pas se tromper !
- Après avoir été abandonné pendant près d’un demi-siècle, au profit des variétés à (leurs doubles, le Dahlia simple revint à la surface et, il y a environ 3o ans, il eut un regain de succès. Il faut dire, à la louange de ceux qui se firent les promoteurs de ce mouvement horticole, que les Heurs de Dahlia simple se prêtent à merveille à la confection des bouquets. Le Dahlia à (leurs doubles, toujours lourd, ne peut être admiré que sur pied.
- En 1872, l’introduction du Dahlia Juarezii fit naître la race des « Dahlias Cactus », qui s’est rapidement perfectionnée et jouit aujourd’hui des faveurs du public. Le type de (leurs écarlates a facilement joué, et on en a obtenu un nombre infini de formes à coloris variés. Les Dahlias Cactus eux-mêmes se sont assez modifiés pour qu’on ait pu en tirer une race dite : «Dahlias décoratifs». Le Dahlia Juarezii type présentait le grave défaut de 11e donner que des (leurs peu abondantes, qui restaient en partie cachées dans le feuillage. Avec les nouveaux gains, les pétales devinrent plus nombreux et se perfectionnèrent dans le sens de l’échevellement : pointys et simplement aplatis, ils servirent à caractériser les « Dahlias Cactus » ; tubuleux et dressés, ils formèrent les « Dahlias décoratifs» proprement dits. C’est en Angleterre que la plupart des variétés nouvelles ont été obtenues, mais depuis quelques années des spécialistes français se sont mis à l’œuvre et se sont tenus à la hauteur de leurs rivaux.
- O11 pourrait encore noter comme point de départ cl’une nouvelle race, d’origine bien française, la variété Grand-Duc Alexis, à pétales franchement enroulés et presque pointus au sommet. Le nom clc «Dahlias tubuleux» conviendrait assez à cette plante qui est restée jusqu’ici à peu près unique, à moins d’en rapprocher le Siam et peut-être Acquisition et Madame Auguste Nonin, qui cependant en diffèrent sous d’autres rapports.
- Enfin, en 189/1, 011 a signa^ l’apparition d’une race qui paraît nettement distincte, celle des Dahlias à jleurs d’Anémone, comparables dans le genre Dahlia aux formes ané-monillores des Reines-Marguerites et des Chrysanthèmes. Les fleurons se sont développés outre mesure et ont communiqué à la plante un faciès tout spécial. Le premier type, Ægir, a été présenté par une maison allemande, mais c’est un Français qui le perfectionna et obtint, en 1899, une plante à ruche plus garnie, de coloris plus agréable et plus brillant, qui fut apportée à la Société nationale d’horticulture de France sous le nom de Dahlia à jlcur d’Anémone Professeur Mussat. Les graines recueillies sur cette plante ont déjà donné quelques plantes nouvelles, à ligules rouge écarlate ou rouge pourpre avec ruche dorée ou bien encore à teinte de Scabieuse.
- Plantes annuelles, bisannuelles et vivaces proprement dites. — Signalons d’abord les lots formés de massifs de plantes variées. Nous ne trouvons rien de nouveau à en dire qui n’ait déjà été dit et redit. Chaque année, aux expositions de la Société nationale d’horticulture, ils sont admirés comme ils le méritent, présentés comme
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- ils le sont habituellement d’irréprochable façon. La savante et harmonieuse combinaison de coloris se complétant les uns les autres, la disposition et le placement des plantes elles-mêmes, tout en fait un sujet d’études fécondes et productives pour l’horticulteur, pour le grand public, pour l’amateur de l’art floral.
- Rien de spécial non plus à dire des plantes à fruit ornemental, de celles à grand développement pour isoler sur les pelouses, etc. Il faut noter au passage les plantes annuelles grimpantes, si gracieuses et malheureusement si peu cultivées en France. En dehors du Haricot d’Espagne, du Pois de senteur et du Volubilis, les végétaux à tiges volubiles ou grimpantes ne jouissent pas d’une bien grande faveur; ils n’ont jamais su inspirer d’engouement.
- Le Dolique pourpre du Soudan, les Eccremocarpus, les Maurandia, certaines Convolvulacées, entre autres le Mina lobala, les nombreuses variétés de Capucines, méritent cependant bien de fixer un peu l’attention. Nous recommanderons tout particulièrement les Capucines grimpantes hybrides du Tropœolum majus et du T. Lobbianum, ou « Capucines hybrides de Lobbw. On en a obtenu des variétés très remarquables et très élégantes, très florifères, à coloris très brillants, d’une végétation luxuriante, dont les tiges peuvent acquérir de k à 5 mètres d’élévation.
- Plantes aquatiques. — Arrêtons-nous un moment aussi aux plantes aquatiques, disséminées dans un petit ruisseau du jardin alpin et dans des bassins où il n’était pas très facile de se rendre compte de leur valeur et de leur beauté. Ce sont toujours les Nymphéacées qui tiennent la tête, autrement élégantes et attractives que les Villarsia, les Hydrocharis. YAponogeton lui-même, etc. Ce que nous disions plus haut des plantes grimpantes s’applique également à elles. On devrait les rencontrer plus fréquemment dans les jardins ou les serres. Leur culture ne présente pas autant de difficultés qu’on le croit généralement et quelques soins sont suffisants pour faire fleurir le Nelumbium du Nil jusque sous le climat de Paris.
- Les Nymphéacées rustiques d’un grand spécialiste du Midi sont partout célèbres. Elles proviennent de croisements effectués entre les Nymphœa alba, d’Europe; N.pygmœa alba, du nord de l’Asie; N. odorata alba et odorata rosea, des Etats-Unis, d’une part, et quelques espèces des régions tropicales, Nymphœa rabra, N. devoniensis, N. Ortgiesiana rubra, N. /lava, N. mexicana, etc., d’autre part. Le nombre des hybrides obtenus était, à la veille de l’Exposition, de 34, constituant des formes nettement distinctes,. Nous signalerons tout particulièrement la superbe série de Nymphœa Marliacea, dont les fleurs établissent une échelle de coloris qui va du blanc pur au rouge ponctué de carmin.
- Plantes alpines. — Les plantes alpines ont, depuis quelques années, obtenu leurs grandes entrées dans le monde des amateurs et Ton peut actuellement admirer dans la région parisienne un certain nombre de jardins alpins ou de rocailles. Certaines plantes alpines se laissent même cultiver avec une remarquable facilité, après avoir été longtemps rebelles à tout traitement. Il en est de même des végétaux de marais -qu’on y joint fiabi-Gn. VIII. — Cl. 46. 6
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- tueilement, les Pinguicula, les Drosera, certaines Orchidées qui en sont arrivées à se multiplier naturellement et à se reproduire.
- On a pu voir de jolies collections de ces végétaux à certains concours, réunissant la rareté des espèces à la bonne culture et à la belle santé générale, qui auraient pu faire croire quelles venaient detre cueillies la veille dans les lieux privilégiés où la nature les fait pousser.
- Si nous abordons maintenant les lots ou les collections de plantes répondant à des genres spéciaux, nous nous trouvons embarrassé, comme nous l’avons été pour les arbustes d’ornement et pour les plantes bulbeuses. L’abondance des matières est telle que, là encore, nous devons choisir et nous limiter à un certain nombre de sujets, pris parmi les végétaux qui ont été l’objet de travaux effectués en vue de les amener à un état aussi rapproché que possible de la perfection.
- Bégonias non tubéreux. — Dans cet ordre d’idées, les Bégonias occupent le même rang — sensiblement — que précédemment les variétés bulbeuses avaient su se créer dans une autre division. Les Bégonias tubéreux caractérisaient une série à végétation interrompue; ceux qu’il nous reste à étudier rentrent dans un autre groupe à végétation constante. Les uns sont cultivés pour les fleurs (Bégonia ascotiensis, carolinœfolia, casla-neœfolia, cinnabarina, coccinea, corallina, echinosepnla, fuchsioides, incarnata, Lubbersii, Lynchiana, manicata, nitida, Scharfjîana, Schmidiiana, welloniensis, etc.); dans les autres, c’est le feuillage que Ton recherche (ZL argyrostigma, dœdalca, Diadema, gogoensis, heracleifolia, Olbia, piclavcnsis, Bex, rubro-venia, subpeltata, etc.).
- L’introduction successive de ces nombreuses espèces, toutes différentes, méritantes et décoratives, a suggéré aux hybridateurs des croisements possibles à réaliser. Les résultats ont été remarquables, et de véritables races ont été acquises ainsi à nos jardins.
- Nous citerons, parmi celles cultivées pour leurs fleurs : Bégonia Vcrschaffeltiana, issu des B. manicata x carolinœfolia ; B. prestoniensis, des B. cinnabarina x nitida ; B. Mar-garitœ, des B. echinosepala x metallica, variété du B. incarnala; B. Duchartrei, des B. echi-nosepala X Scharfjîana; B. hybrida foribunda, des B. fuchsioides X semperjlorens; B. Abondance et Corbeille de Feu, du B. fuchsioides et d’autres espèces incertaines; B. Amaliœ, des B. Lynchiana x Bruanti; B. versaliensis, des B. Schmidiiana x semperforens rubra ; B. Bruanlt, des B. Schmidiiana x semperforens alba; B. semperjlorens elegans et Lucianœ, des B. semperforens Lynchiana x B. Vernon, d’origine probablement hybride avec influence du B. semperforens, etc.
- Parmi les Bégonias hybrides à feuillage, citons : B. valida, issu des B. heracleifolia x boliviensis (bulbeux); B. la Neige, des B. Olbia x Lubbersii; B. pictavensis, hybride probable entre B. semperforens et B. Schmidiiana; B. Arthur Mallet, Madame Lionnet, Noémie Mallet, etc., de B. subpeltata x Bex, etc.
- Nous avons réuni, pour en parler plus longuement, les hybrides de B. Bex avec les B. Diadema et B. discolor, en raison même de la valeur toute spéciale que ces plantes ont acquise.
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- Les Bégonia Rex et B. Diaclema appartiennent à un même groupe, celui des espèces à végétation continue, cultivées pour leur feuillage. Le premier est originaire de TAnnam; Tautre a été introduit de Bornéo. Leur fécondation s’est faite facilement, et, dès Tannée 1887, un horticulteur français en mettait au commerce toute une série. On peut en compter actuellement une trentaine de variétés, dont quelques-unes, telles que Gloire du Vésinet et Louis Cappe, ont été accueillies avec la plus grande faveur.
- En 1896, le même horticulteur présentait une nouvelle race qu’il avait obtenue en croisant les B. Rex et B. décora. Les nouveaux gains constituent, comme les précédents, de magnifiques plantes de serre.
- L’hybridation du B. Rex avec le B. discolor ou Evansiana remonte à une époque plus lointaine et a donné naissance à la série des Bégonia discolor X Rex, renfermant un nombre considérable de formes, rappelant habituellement le B. discolor par leur port et le B. Rex par la coloration des feuilles. Vers 1859, M. Bleu, l’habile hybridateur parisien, avait obtenu des hybrides de cette nature, et, avant 1865, M. Malet avait fait connaître des productions analogues. Le premier de ces obtenteurs a même postérieurement croisé des Bégonias discolor x Rex avec des variétés tubéreuses, et le second avait fait la même opération avec le Bégonia Dregei.
- Les éloges que nous adressions précédemment aux producteurs de Bégonias tubéreux s’adressent aussi justement et naturellement à ceux qui s’occupent de la culture des autres groupes de Bégonias. Comme pour les précédents, l’Exposition a été pour eux un triomphe.
- Pélargoniums (Vulg. Géraniums). — Les Géraniums (Pélargonium zonale et inqui-nans) ont été, de la part des semeurs, l’objet de nombreuses recherches, et on peut, de nos jours, évaluer à 3,ooo le nombre des variétés qui ont été successivement mises au commerce. Le Pélargonium zonale était cultivé en Europe en 1710 ; le P. inquinans fut introduit vers 171/1. Les formes qui en sont issues ont conservé pendant longtemps leurs caractères propres ; mais, à la longue, il s’en est établi un nombre considérable qu’on ne peut rattacher avec certitude à aucun des deux types.
- En i83A, Mathieu père fit connaître quelques semis qui eurent un réel succès; puis, pendant quelques années, l’obtention des nouveautés resta en quelque sorte l’apanage de la culture anglaise. En 1857, on retrouve les semeurs français à un rang distingué, marchant de triomphe en triomphe. Si l’Angleterre peut citer les noms de Turner, Ingram, Smith, etc., nous pouvons leur opposer ceux des Dufoy, Bouchy, Lierval, Lemoine, Boucharlat, Grousse, Bruant, Rendatler, etc.
- Mais, jusqu’en 1865, on ne connut aucune variété à fleurs nettement pleines. On cultivait cependant, depuis plusieurs années, dans les jardins de Clermont-Ferrand, une forme semi-double, Triomphe de Gergovia, qui donna, par semis, naissance à la Gloire de Clermont, exposée par Amblard, en 1863. A peu près en même temps, un jardinier de Clermont, M. Antoine Pabot, cédait à Emile Chaté la variété Martial Champjlour, également à fleurs doubles; enfin, en 1866, M. Lemoine mettait au commerce une plante à
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- fleurs pleines, sous le nom de Gloire de Nancy, provenant de Beauté de Suresnes fécondé par le pollen de Triomphe de Gergovia ou de Martial Champjlour. En 1867, en 1868, en 1869, le même semeur mettait d’autres nouveautés en circulation. Puis Sisley, Alégatière, Bruant, etc., apportèrent leur contribution à l’œuvre si bien commencée, et Ton ne saurait être taxé d’exagération en disant qu’il existe actuellement environ 800 variétés de Pélargoniums à fleurs pleines. Chaque année, de nouvelles sont décrites.
- En même temps naissait, se développait la race des Pélargoniums nains à bordure, essentiellement hétérogène, composée de types de nature tout à fait différente, et la série des variétés à feuillage panaché. Quoiqu’on connût, dès 1782, une variété à hords hlancs, cultivée par les jardiniers parisiens, ce n’est véritablement qu’à partir de i85o qu’on s’occupa sérieusement de l’obtention de nouveautés.
- Les « Pélargoniums à grandes fleurs v semblent déchus de leur vogue d’autrefois ; ils 11e sont plus qu’assez rarement cultivés, malgré la facilité de leur culture et la beauté de leur floraison. C’est vers i85o qu’ils avaient été améliorés par Gaines, Beck, hoquette et plus récemment par Turner. En les croisant avec le Pélargonium glaucum, du Cap de Bonne-Espérance, un grand horticulteur français a obtenu, en 1876, une race nouvelle de plantes présentant tous les caractères des Pélargoniums à grandes fleurs avec un port compact, se prêtant parfaitement à la vente sur les marchés.
- Les Pélargoniums à feuilles de Lierre ont encore quelque vogue. Ils conviennent parfaitement à la garniture des suspensions, des colonnes et des treillages. Ils peuvent aussi former d’excellentes plantes de bordure ou de corbeille en sol sec et à exposition chaude, et ils font merveille dans les jardins de la côte méditerranéenne, 011 ils passent parfaitement l’hiver en pleine terre, sans abri. On en connaît de fort belles variétés à fleurs simples ou doubles d’origine française. Croisés avec les Pélargoniums zonales, ils ont produit un petit nombre de variétés, dont la plus anciennement connue paraît être celle qui a reçu le nom de Pierre Crozy et la plus récente, celle qui a été appelée Président Sallier.
- Lobelias, Pensées, Violettes, Pentstémons, Pétunias, Phlox, Roses-Trémières.
- — Les Lobelias, dont la culture se limitait autrefois à celle de quelques variétés des Lohelia cardinalis et syphilitica, ont été, à Lyon, l’objet de travaux attentifs qui ont fait surgir deux nouveaux types : l’un, paru en 1893 , sous la désignation de Lobelia Gerardi; l’autre, paru en 1896, appelé Lobelia Rivoirei. Un croisement de Lobelia Rivoirei et de L. Gerardi coralhna a donné naissance à une superbe plante, le Lobelia Gerardi irium-phans, obtenu au Parc de la Tête d’or.
- C’est vers i85o que la Pensée Fantaisie a été travaillée, par John Salter d’abord, puis par Miller, de Lille. Ce dernier a amené la plante à un haut état de perfection, et, depuis 1868, il n’a pas été accompli de progrès très saillants dans la culture de ces Violariées.
- Il n’en est pas de même des Violettes. Cultivées déjà sous plusieurs formes, au commencement du xvif siècle, on vit apparaître plus tard les variétés de Parme, Wilson, le Czar,
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- Millet père, Gloire de Bourg-la-Reine, Luxonne, qui passe pour un métis de la Violette Wilson avec la variété le Gzar, Swanley white, Princesse de Galles, Amiral Avellan, Princesse Béatrice, la France, etc. Cette dernière variété est de beaucoup celle qui présente les plus larges fleurs; elle est issue de Gloire de Bourg-la-Reine et sœur de Princesse de Galles. Il est douteux qu’on puisse obtenir mieux.
- Les Pentstémons, les Pétunias sont d’origine relativement récente dans les jardins. Aucun Pétunia n’était cultivé avant 1820, mais dès que les Pétunia violac-ea et nycta-ginijlora furent introduits, les croisements produisirent d’innombrables variétés, qui, chaque année, augmentent encore. Le Pétunia rayé d’autrefois a disparu pour faire place à des variétés à très grandes fleurs, à larges gorges, très brillamment colorées. Dans ce genre, la duplicature n’a pas trop lardé à apparaître.
- Les belles variétés de Pentstémons sont postérieures à 1820, époque où furent introduits les Penlstemon Harlvuegi et Cobœa; mais les croisements ont été singulièrement aidés par une plante qui figurait dans les cultures européennes dès le milieu du siècle dernier, le Pentslemon gentianoides, peu ornemental par lui-même.
- Les Phlox vivaces hybrides se sont améliorés par le semis, grâce aux croisements effectués entre les Phlox paniculata, pyramidalis, decussata, introduits au commencement du siècle dernier. Depuis i85o surtout, les progrès ont été très sensibles, si l’on compare nos belles variétés actuelles avec les anciennes qui subsistent encore ou qui ont été figurées.
- Le Phlox de Drummond a donné une série de jolies variétés, principalement celles à grandes fleurs, qui proviennent du perfectionnement successif des variétés anciennes, et celles à fleurs frangées, à fleurs étoilées, naines, etc., qui conviennent surtout pour la formation des bordures, des corbeilles et la mosaïculture.
- N’oublions pas, en passant, les Roses Trémières, plus cultivées, plus favorisées en Angleterre que chez nous. En 1820, on n’en connaissait guère que neuf variétés à fleurs doubles; mais, vers 18A0, l’Alcée devint entre les mains de Baral’objet de sélections soignées et on commença à la voir paraître dans les expositions où elle tint dignement sa place, dans les lots de plantes annuelles au moins.
- Primevères. — La k Primevère des jardins », la seule espèce que nos pères connaissaient et cultivaient, en dehors de l’Auricule, est une plante à caractère des plus malléables, ce qu’explique parfaitement son origine hybride probable. Je dis probable, car on ne sait trop exactement d’où elle est sortie. Quelles espèces indigènes ont pu lui donner naissance, par croisements, naturels ou artificiels, déjà anciens? Est-ce, au contraire, une plante autonome, qu’on a proposé d’appeler Primula hortensis? Nous penchons fortement vers la première de ces hypothèses. Le plus grand perfectionnement qui ait été apporté à sa culture se traduisit par l’obtention de formes à fleurs bleues, dans le type à hampes pluriflores, comme dans celui à fleurs naissant directement du collet (Primula granclijlora). On a pu voir également, à l’Exposition, une belle série de Primula vcris elalior, de nature très vraisemblablement hybride.
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- Si nous sortons des plantes indigènes, nous trouvons un certain nombre d’espèces exotiques, dont quelques-unes de toute beauté et amenées à un état de perfection des plus remarquables. C’est le cas des «Primevères de Chine», représentées par des séries à feuilles diversement conformées, à pédoncules colorés, à fleurs plus ou moins découpées, laeiniées, simples ou doubles.
- Le Primula obconica, également chinois, a des tendances à marcher sur les traces de ses congénères, du moins au point de vue de l’accroissement de largeur des fleurs et de l’obtention de nouveaux coloris. Du lilas très clair primitif, on est tout récemment arrivé au rose net et franc.
- Nous pourrions encore citer les jolies formes du Primula cortusoicles cimœna, plus correctement appelé Primula Siebolcli, car il diffère assez du Primula cortusoides type pour qu’on y puisse voir une espèce autonome; le Primula Forbesi, gracieux et délicat; le Primula jloribunda, à fleurs jaunes, dont une variété isabellina, de récente obtention, présente un coloris crème assez original, etc.
- Les Auricules mériteraient aussi une mention spéciale; mais qui les connaît aujourd’hui, en dehors d’un bien petit nombre d’amateurs? On ne se douterait pas qu’il a existé jadis des collectionneurs d’Auricules presque aussi passionnés que les amateurs de Tulipes.
- Les collectionneurs avaient établi des règles, des classifications qui les concernaient. On les partageait en : pures ou ordinaires, ombrées ou liégeoises, anglaises ou poudrées et doubles, toujours recherchées en Relgique et en Angleterre.
- Fuchsias. — Le Fuchsia n’a plus actuellement la vogue dont il jouissait il y a une cinquantaine d’années. Aux expositions d’horticulture, les lots en sont habituellement rares; on ne peut que déplorer le demi-oubli dans lequel il se trouve plongé, et il faut espérer que, comme un cerlain nombre de végétaux qui faisaient les délices de nos pères, il reviendra briller d’un nouvel éclat.
- Avant i83o, on n’en cultivait que quelques espèces, à petites fleurs et à petit feuillage pour la plupart. L’introduction des espèces mexicaines, à longues fleurs et à feuilles plus amples, les fit abandonner. Mais c’est surtout l’apparition des Fuchsia fid-gens, macrostemma, globosa, microphylla et corymbijlora qui donna une impulsion nouvelle à la culture de ces jolies plantes, à partir de Tannée 1887, grâce aux semis et aux produits de fécondations qui en dérivèrent. Les semeurs anglais furent les premiers à tirer parti des nouveaux venus, puis, en France, ils trouvèrent bientôt leur maître et un redoutable concurrent dans John Salter, établi à Versailles, qui créa la plupart des meilleures variétés de l’époque. Les variétés Reine des Français et Géant de Versailles (18/17), qui eurent beaucoup de vogue à ce moment, étaient issues : la première du F, fulgens, croisé avec un Fuchsia du groupe des macrostemma; la seconde, d’une fécondation d’une espèce de ce dernier groupe par le F. corymbijlora. Chambraux, du Pecq, en 185 5, mit au commerce le Fuchsia Prince Jérôme, rappelant surtout le F. ser-ratifolia. Miller, de Lille, en 18/16, avait lancé un certain nombre de semis obtenus
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- par Dubos (de Lille), et, en 18A8, le même horticulteur faisait connaître quelques gains intéressants, qui se sont longtemps maintenus dans les collections.
- L’impulsion était donnée et, chaque année, les nouveautés parurent à profusion.
- Les premières variétés à corolles doubles parurent en i85o, issues, pour la plupart, des F. corallina ou macrostemma. En i85a, Henderson créa la race Hendersoni et, en i853, Turner faisait connaître le F. grandis. La variété coronata fore pleno, de Dubos (1857), offrait cette particularité d’avoir deux corolles emboîtées Tune dans l’autre, qui s’est retrouvée plusieurs fois depuis, notamment darfs une plante de Rendatler, de Nancy (1869), mise de nouveau au commerce, en 1872, sous le nom de Perfect Cure.
- Le succès dans la duplicature ne fit que s’accentuer en des variétés de premier ordre faisant alors leur apparition.
- De semblables améliorations s’opéraient en même temps dans les variétés à corolle blanche simple ou double, dans celles à fleurs striées ou panachées. La panachure même avait fait son apparition dans le feuillage, vers 1853, avec le F. variegata, de floraison d’ailleurs très médiocre; en 1865, elle se continuait avec Golden chains, en 1872, avec Sunray, etc., belles plantes à feuillage ornemental, mais sans valeur florale bien marquée.
- De nos jours, les producteurs de Fuchsia mettent encore chaque année au commerce des plantes intéressantes et d’un réel mérite, mais les amateurs se font de plus en plus rares.
- Anémones. — Une plante qui, par contre, a gagné énormément de terrain et a conquis l’estime générale, c’est l’Anémone du Japon.
- Le type de l’espèce [Anemone japonica) a été signalé pour la première fois par Thun-berg, dans les lieux incultes, le long des chemins du Japon, et figuré par les botanistes japonais sous plusieurs dénominations. En i85a, Decaisne en sépara YAnemone elegans, que quelques jardiniers désignaient déjà sous le nom d’Anémone hybride du Japon, et qui n’est pas sans analogie avec YAnemone vitifolia. Y aurait-il là le résultat d’un croisement entre ces deux espèces? Le fait n’aurait rien de surprenant.
- M. Jobert, de Verdun, fixa un dimorphisme de YAnemone elegans, qui s’est répandu dans les jardins sous le nom à’Honorine Jobert. Mais, jusqu’en 1866, les Anémones du Japon n’avaient jamais donné de graines. C’est seulement cette année-là qu’un jardinier irlandais observa sur ces végétaux une petite verrue qui a formé une graine, d’où est née la variété Lady Ardilaun. La nouvelle plante était issue à'Honorine Jobert.
- Puis ont paru successivement les variétés : Beauté parfaite, Coupe d'argent, Collerette, Couronne virginale, Fiancée, Lord Ardilaun, semis de Lady Ardilaun, Vase d’argent, Wlrirl-wind, à fleurs blanches; elegantissima, Moni-Rose, Profusion, Reine Charlotte, rosea su-perba, à fleurs variant dans les différents tons du rose.
- Quelques variétés ont dû être supprimées, faisant double emploi ou pour- tout autre motif. Il en est ainsi de YAnemone japonica Brilliant, qui a dû être ramené au -type d’une variété semi-duplex, plante délicate qui a disparu.
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- La duplicature ne s’est pas fait non plus trop attendre, et actuellement on connaît un certain nombre de variétés d’Anémones du Japon à fleurs doubles ou semi-doubles. AL de Janczewski a signalé, en 1889 , la possibilité de l’hybridation de 1 'Anemone japonica avec les Anemone virginiana, sylvestns, multijicla, Huclsoniana et Magellanica. Il serait intéressant de voir ce que les hybrides obtenus sont capables de donner. Peut-être nos jardins pourraient-ils en tirer parti?
- Œillets. — Si nous parlons*de l’OEillet, nous ne pouvons pas dire qu’il s’agit d’une plante cultivée, mais là encore, pendant longtemps, malgré l’universalité et la continuité de sa culture, malgré les nombreuses races entre lesquelles les amateurs d’autrefois ont réparti les variétés et les formes, on n’a longtemps fait que suivre les sentiers battus. Les variétés se succédaient sans interruption, jolies et agréables à la vue bien certainement, mais identiques et ne décelant rien de saillant ou de particulièrement remarquable.
- Il faut arriver à 1835, époque à laquelle Dalmais, de Lyon, remarqua un OEillet qui fleurissait continuellement et qu’il supposait hybride de YOEillet Saint-Antoine et d’un OEillet grenadin. En le sélectionnant avec soin, il put présenter, en 18A2, i5 à 20 variétés remontantes qui ont été le point de départ de tous les OEillets remontants obtenus et cultivés depuis cette époque, relativement peu éloignée.
- Schmidt et Alégatière, également Lyonnais, améliorèrent cette race, sans doute par des croisements avec des OEillets flamands ou fantaisies; enfin, en 1866, le dernier de ces horticulteurs créait la race des OEillets tiges de fer, à tiges florales raides et plus trapues. Cette race a été, depuis cette époque, l’objet de travaux et d’observations attentives de la part d’un grand nombre d’horticulteurs.
- On peut encore signaler YOEillet Marguerite, obtenu il y a une quinzaine d’années, remontant et remarquable par la rapidité de son développement, et les OEillets remontants à très grandes fleurs, avec tiges élevées, d’obtention récente.
- Galcéolaires. — Les Calcéolaires peuvent être divisées en deux groupes : Calcéo-laires herbacées et Calcéolaires ligneuses. Les premières, dites Calcéolaires hybrides, semblent provenir de croisements effectués entre un certain nombre d’espèces du Chili, dont quelques-unes ont même disparu des cultures depuis longtemps, comme les Cakeolaria corymbosa, arachnoidea et crenatiflora. Les variétés en sont très nombreuses de nos jours.
- Quant aux Calcéolaires ligneuses, elles sont issues vraisemblablement du Calceo-laria rugosa, d’origine chilienne. Aux variétés justement renommées, Triomphe de Versailles et Pluie d’or, se sont ajoutées une série d’hybrides obtenus en 188A, par croisement de la Calcéolaire ligneuse Triomphe de Versailles (mère) avec une Calcéolaire herbacée hybride. Les améliorations se sont portées sur le nombre des fleurs, pouvant former de gros bouquets, et sur la bonne tenue. Au premier rang des plantes, déjà
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- nombreuses, qui constituent cette nouvelle race, il faut placer la variété rouge brillant (1893), à fleurs unicolores, remarquables par leur intensité et par leur abondance.
- Héliotropes. — Quant aux Héliotropes, la première notion qu’on ait à leur sujet remonte à Tannée 17/10, où Joseph de Jussieu envoya en France des graines de YHelio-tropium peruvianum. C’est l’Héliotrope du Pérou qui a été, avec une de ses variétés de taille plus réduite connue sous le nom d’Heliotropium Volterra, le point de départ des nombreuses formes que Ton possède aujourd’hui.
- UHeliotropium grantlijlorum ou corymbosum a donné une variété à fleurs doubles, grandes, d’un violet lilacé avec centre blanc.
- Enfin, dans le même genre, un semeur français réputé a obtenu en 1887, par croisement des Heliotropium peruvianum (mère) et incanum (père), les deux variétés, Y Alsace et la Lorraine, qui constituent la race des Héliotropes géants. Ces plantes sont remarquables par l’extraordinaire largeur de leurs corymbes, qui peut atteindre ko centimètres, ainsi que par la vigueur et les dimensions des tiges.
- Réservons pour la fin ce qui a trait à trois genres de plantes de la famille des Composées, dont un, principalement, a fait époque et pourra servir à caractériser, au point de vue horticole, les dernières années du xixe siècle. Nous voulons parler des Cinéraires, des Reines-Marguerites et des Chrysanthèmes.
- Cinéraires. — L’origine des Cinéraires de nos jardins ne semble pas être très exactement connue. Faut-il y voir des descendants, modifiés par la culture, du Senecio cruentus des Canaries? Doit-on, au contraire, invoquer des croisements intervenus entre cette dernière espèce et le Seneciopopulifolius, du même pays? Nous ne saurions nous prononcer. Quoi qu’il en soit, d’après A. Otto, les premières plantes cultivées auraient été : bicolor, cœlestis, formosus, Hendersoni, pulchellus, Waterhouseanus. De nouveaux croisements, établis entre les premiers gains et d’autres Senecio des Canaries et de Madère (S. tussilagenis, Heritieri, maderensis, Webbii), seraient issues les races actuelles.
- Actuellement, les Cinéraires hybrides ont été travaillées assez habilement et ont produit un certain nombre de races, telles que celle des Cinéraires hybrides à grandes fleurs, amélioration de la C. hybride ordinaire, dont on avait déjà obtenu des formes naines, d’autres pyramidales, d’autres dite race du Marché, ces dernières vigoureuses, à port raide et à coloris bien tranchés.
- Les Cinéraires hybrides à grandes fleurs peuvent être naines ou de taille ordinaire. Enfin, les Cinéraires doubles ont aussi fait leur apparition en 1868. Elles ne peuvent lutter de beauté et d’élégance avec les plantes à fleurs simples, mais elles ne doivent pas, malgré cela, être dédaignées, en raison de leur floraison successive et plus tardive, de l’étrangeté des formes, etc.
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- Reines-Marguerites. — Tout le monde connaît la Reine-Marguerite, dont la première bonne figure fut donnée en 1782 par Dillenius. C’est un Aster, un Diplopappus, un Callistephus, au choix des botanistes. A l’état sauvage, on la trouve dans les parties rocailleuses des montagnes de la Chine septentrionale; partout ailleurs, meme au Japon, elle ne paraît cpi’avoir été introduite et s’être naturalisée.
- En 1781, le Père d’Incarville envoyait en Europe la première Reine-Marguerite et, tout récemment, l’abbé Farges retrouvait le type à fleurs simples dans le Sutchuen oriental, d’où il adressait des graines en France.
- Notons que ce type est loin de manquer de valeur ornementale et qu’il ne doit pas être méprisé. On l’a, d’ailleurs, accueilli avec faveur et la Reine-Marguerite à fleurs simples a, depuis ces dernières années, repris sa place dans 110s cultures. Arrivée en Europe, cette jolie Composée fut rapidement choyée et elle ne tarda pas à se modifier, dans son port, dans ses coloris, dans la dimension et la forme de ses fleurs. Chaque jour amène d’ailleurs encore de nouvelles transformations. Charles Truffaut, de Versailles, est un des premiers qui ait obtenu des succès dans la culture de la Reine-Marguerite en créant la race à jleur de pivoine, qui porte encore le nom de Reine-Marguerite Trufaut, dont les variétés se vendent encore en Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis, sous le nom de Truffaut’s Aster.
- Les transformations qui ont fait de la Reine-Marguerite ce quelle est aujourd’hui ont porté tantôt sur les organes de végétation, qui se sont allongés, étalés ou dressés, tantôt sur les fleurs, qui se sont modifiées dans leur forme ou dans leurs dimensions. De là sont nées, d’un côté les races pyramidales, géantes, naines, demi-naines ou très naines, à rameaux étalés, etc.; de l’autre, les Reines-Marguerites à fleur de pivoine, à fleur d’anémone, à aiguilles, perfection, imbriquées, bombées, comète, japonaises, etc. Les progrès ont été surtout sensibles depuis 1889, époque où apparaissait la Comète rose tendre liseré blanc, suivie bientôt de la géante blanc pur et d’une série de formes à coloris variés. En 1898, on faisait connaître la race japonaise et, en 1898, une nouvelle race venue d’Allemagne sous le nom de Hohenzollern-Aster, à fleurs énormes mesurant de 15 à 16 centimètres de diamètre. D’autres races sont encore, bien certainement, en préparation et surgiront dans un avenir prochain.
- Chrysanthèmes. — L’autre genre de plantes dont il nous reste à dire quelques mots est le Chrysanthème. La Composée qui est actuellement la reine de l’automne a eu des débuts fort modestes, et son apparition sur la scène du monde n’a pas fait grand bruit. En 1689, Brevnius décrivait deux plantes qu’il avait vues en Hollande : l’une est le Matricaria japonica flore pleno, l’autre le Matricaria japomca maxima. La première correspond de tous points au Chrysanthème de l’Incle ou Pompon, la seconde au Chrysanthème de Chine. Déjà, à cette époque, il existait'plusieurs variétés de ces deux plantes à fleurs'simples et doubles et à coloris divers. La notion de ces deux Chrysanthèmes fut bientôt perdue et leur culture tout à fait abandonnée.
- En France, c’est Blancard, négociant marseillais, qui, au retour d’un voyage en
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- Extrême-Orient, apporta le Chrysanthemum indicum, en 1789. Deux ans plus tard, en 1791, il faisait son apparition au Muséum, qui n’était alors que le Jardin du Roi : en dehors de ce jardin et de la Provence, le Chrysanthème n’était cultivé nulle part en France et il n’était guère connu que par les illustrations des porcelaines japonaises.
- Le silence se fit alors autour du Chrysanthème, qui ne sortit de l’oubli qu’en 1827, époque ou le capitaine Bernet, de Toulouse, commença à faire des semis d’où sont sortis un nombre assez considérable de belles variétés.
- Mais jusqu’ici il n’était question que des Chrysanthèmes du Japon et de la Chine. Ce n’est qu’en 1862 que Robert Fortune introduisit du Japon un certain nombre de variétés, qui permirent de changer du tout au tout la destinée du Chrysanthème, en y introduisant la pratique du croisement. De là sont nées ces races plus ou moins tranchées qui nous permettent de classer les innombrables formes que chaque année voit éclore.
- D’une façon générale, les Chrysanthèmes se divisent en : Chrysanthèmes de l’Inde, de Chine, du Japon, distincts dans leurs grandes lignes, mais se rapprochant assez en bien des points pour qu’on puisse exprimer l’opinion qu’ils sont tous trois les représentants, modifiés par la culture, d’une même espèce.
- D’après la forme des fleurs, les horticulteurs classent les Chrysanthèmes en : simples et semi-doubles, alvéolés ou à fleurs d’anémone, japonais tubulés, japonais irréguliers, incurvés, récurvés, laciniés, pompons, chevelus. Les Chrysanthèmes duveteux appartiennent à la race des incurvés à ligules garnis de poils.
- Il serait peut-être plus simple, comme on l’a proposé d’ailleurs, de classer les Chrysanthèmes d’après la forme générale des fleurs et leur époque de floraison, ou en Chrysanthèmes à grandes fleurs, précoces, tardifs, pompons ou à petites fleurs, à port décoratif.
- Depuis l’introduction des variétés japonaises, en 1862, par Robert Fortune, de nombreux semeurs et hybridateurs se sont mis à l’œuvre. En France, c’est M. Délaux, de Saint-Martin-du-Touch, près Toulouse, qui paraît avoir été le premier producteur de variétés destinées à faire sensation. En 1869, cet habile horticulteur opérait ses premiers semis, et, en 1872 , il livrait à la circulation quatre plantes qui étaient : Gloire de Toulouse, Miron, Y Ornement de la nature et le Sceptre toulousain, bientôt suivies, en 1873, de : Carnet, Madame Délaux, Oracle et Soleil d’or. En 188à, M. Délaux entreprit la première fécondation, dans le but bien déterminé d’obtenir des variétés hâtives et d’autres à fleurs franchement, panachées. Ces essais furent couronnés de succès dans le premier cas et, dès 1890, la race hâtive était définitivement créée. Au point de vue des formes à fleurs panachées, l’hybridation fut moins heureuse tout d’abord et ce n’est qu’au bout de huit années que fut obtenue une plante méritant l’attention, non pas par la beauté de ses fleurs, qui étaient à peu près simples, mais en ce quelle indiquait le premier pas franchi dans la recherche d’une race nouvelle.
- D’autres chrysanthémistes, entre autres, MM. Calvat, de Reydellet, Lacroix, Chan-trier, Nonin, Héraud, etc. ont marché depuis lors sur les traces de M. Délaux.
- Maintenant, la passion qu’a su inspirer la reine des fleurs d’automne est telle, que
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- des sociétés de chrysanthémistes se sont fondées de toute part en France et à l’étranger, et que, chaque année, ont lieu des expositions spéciales, dont la première se tint à Troyes, en 1886. Les concours de 1900, en particulier celui du 3 1 octobre, ont été un véritable triomphe pour nos chrysanthémistes.
- Il nous faudrait citer encore, pour être complet, les lots de : Giroflées, Hellébores, Muguet, Ancolies, Anémones de Caen, Renoncules, Anthémis, Miinulus, Résédas, Verveines, Viola cornuta, Delphinium, Fougères de pleine terre, Pois de senteur, Pyrèthres, Impatiens Sultani et hybrides, Lantanas, Coléûs, Ralsamines, Célosies, Zinnias, Agaves, Erythrines, Tritomas, Iris de toutes sortes, Amaryllis, Graminées vivaces, Salvias, Asters vivaces, présentés aux différents concours et qui tous ont offert de l’intérêt et ont été vus avec plaisir.
- Il est aussi de notre devoir de dire que si les plantes exposées en lots ou en collections ont eu les faveurs des visiteurs, celles qui figuraient en fleurs coupées ne les ont pas moins obtenues. Les lots de deux horticulteurs parisiens ont été tout particulièrement remarqués sous ce rapport.
- EXPOSITIONS ÉTRANGÈRES.
- L’horticulture, c’est un fait à regretter, n’a pas été représentée comme on devait s’y attendre et comme auraient pu le faire prévoir les antécédents de 1889. L’abstention presque complète de l’Angleterre et de la Relgique a été particulièrement regrettable.
- Par contre, au concours du 18 avril, la Société générale néerlandaise pour la culture des Oignons à fleurs, à Haarlem, avait présenté de forts jolis massifs de Tulipes, de Jacinthes et de Narcisses.
- L’Allemagne s’est distinguée à plusieurs reprises avec les Azalées (Azalea indien et mollis) et les Rhododendrons de MM. Helbig, de Lauhegast, près Dresde ; Olberg (Otto), de Dresde-Driesen, Seidel et Weissbach, de Lauhegast. Ce dernier a, en outre, exposé des Primevères de Chine; les Pensées en fleurs coupées et les Asters de M. Wrede, de Lunebourg; les Muguets de MM. Neubert, de Wandsbeck, Schenk, de Gransee, près Berlin; Wollert, de Lubeck; les Rosiers de M. Peter Lambert, de Trêves; les Violettes de M. W. Gerst, de Bietigheim; les Scolopendrium de M. Maurer, de Gohlis; les gerbes de fleurs de M. Bengisch, de Landsberg; les plantes grasses et les bouquets de M. Heinrich Henckel, de Darmstadt; les Pélargoniums de M. Lichtenberger, d’Alreng (Palatinat); les Bégonias de M. Rockohl, de Walhershausen-Cassel; les Pélargoniums de M. Troniseck-Baur à Eschweiler; les fleurs d’ornement de M. Stanicki, à Hambourg.
- Les roseraies du Grand-Duché de Luxembourg ont fait merveille et on a apprécié à leur juste valeur les collections variées et abondantes de MM. Gemen et Bourg, Sou-pert et Notting, Ketten frères. Ces roses, présentées en fleurs coupées, sont toujours arrivées en bon état, et généralement rien, dans leur tenue, ne faisait pressentir le voyage auquel elles avaient été soumises.
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- L’Italie n’a été représentée, à deux reprises différentes, que par les gerbes de Heurs variées, et le panier garni de plantes à feuillage coloré de M. Victor Beggio, de Padoue.
- Un seul lot doit être cité à l’actif de la Belgique, celui qui a été exposé au parc du Trocadéro par M. Vuylsteke, de Loocbristi, consistant en Kalmias.
- L’Angleterre également n’a pris part qu’à un seul concours, celui du 3i octobre. La National Chrysanthemum Society, de Londres, avait envoyé une série de Chrysanthèmes nouveaux, parmi lesquels il faut signaler tout particulièrement : M. Barkley, à ligules très larges, d’un beau rose, à revers blancs et Miss Alice Byron, incurvé blanc pur, parfait de forme, etc.
- MM. Wells et Clcy figuraient aussi avec des plantes à très grandes fleurs et d’autres à fleurs simples, présentées de façon originale.
- Ce qui ressort des exhibitions de Chrysanthèmes faites par les exposants anglais, c’est qu’en Angleterre on ne recherche pas uniquement les variétés à grandes fleurs, que l’on ne dédaigne pas cependant, mais qu’il y a encore place pour les plantes à fleurs simples, les fleurs petites ou moyennes et les Pompons.
- En dehors des nations européennes, le Japon s’est fait une place à part, et des plus enviables, en nous montrant ses merveilleux Chrysanthèmes. Apportés du Japon au printemps dernier, ils avaient été cultivés au Fleuriste d’Auteuil, par des jardiniers japonais. Le mode de culture tout spécial auquel ces plantes sont soumises permet d’obtenir sur un même pied jusqu’à 800 fleurs. Les spécimens exposés au Trocadéro étaient moins fleuris et n’en portaient guère que de 1 5o à 200, ce qui doit être attribué à leur arrivée tardive et à leur mauvais état résultant des longueurs de la traversée. Nous nous faisons une idée de la beauté que doivent revêtir les jardins japonais quand ils sont ornés de ces admirables buissons fleuris, auprès desquels nos Chrysanthèmes à très grandes fleurs paraissent bien effacés.
- NOUVEAUTÉS EXPOSÉES AUX CONCOURS TEMPORAIRES.
- Les plantes nouvelles, dont l’énumération suit, ont été présentées aux divers concours :
- I. ARBUSTES D’ORNEMENT.
- MM. Croux et fjls. — Rhododendrons de semis.
- Debille. — Azalea Madame Moreux, accident fixé de la variété Impératrice des Indes.
- Dessert. — Pivoines herbacées.
- Goucjmult. — Lilas Marie Legraye à feuilles dorées; Cornus sibirica et C.sangunea à feuilles panachées; Troène à feuillage panaché; variétés nouvelles à’Aucuba.
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- MlVL Hallopé. — Rhododendron hybride des R. Griffithii et R. arboreum. Houry-Rigault. — Clématite nouvelle.
- Lemoine. — Lilas à fleurs doubles; Deutzia discolor Jloribunda, D. parvijlora et D. purpurascens; Clématite hybride de C. Davidiana et C. slans.
- Morel. — Clématites hybrides de Clemalis coccinea et de C. viticella.
- Moser. — Variétés nouvelles d’Azalées et de Rhododendrons; hybrides de Rhododendron et A’Azalea sinensis; Rhododendron Smirnowi.
- Vilmorin (de). — Arbustes introduits de la Chine : Vitis, Hypericum, Dom-bcya, etc.
- Ciienault. — Variété du Tamarix hispida de semis (T. hispida æstivalis).
- IL ROSIERS.
- MM. Boutigny. — Rosiers L. Ricard, Félix Faure, hybride de thé genre de la. Rose Her Majesty, etc.
- Buatois. — Rosiers Marie Ruaiois (Polyanlha), Mademoiselle Marie Henry, Madame Steffen (hybrides de thé), etc.
- Defresne (LP fils). — Divers Rosiers d’obtention récente.
- Jupeau. — Rosier Madame Viger (Rosier thé).
- Lévéque. — Rosier Souvenir du Président Carnot (hybride de thé), etc.
- Mari. — Rosiers thé : Madame Mari, Madame Vermorel, Rerthe Dupré, Madame H. Moser, etc.
- Naronnand. — Rosiers inédits (environ 5o).
- Pernet-Duciier. — Rosiers hybrides de thé : Madame P. Olivier, Mademoiselle Pauline Dersey, Monsieur Joseph Hilt, Madame G. Didier, Sénateur Relie, Princesse de Rulgarie, etc. Rosier Soleil d’or (hybride de Persian Yellow et de R. thé Antoine Ducher).
- Vigneron. — Rosier Ernest Levavasseur, genre de la Rose La France de 188g, mais un peu plus foncé, etc.
- III. PLANTES ANNUELLES, BISANNUELLES ET VIVACES.
- MM. Billiard et Barré. — Canna Me de Miromesnil, Pélargoniums nouveaux.
- Billard. — Bégonias tubéreux simples (blanc rosé), doubles, à crêtes, hybrides multiflores; Bégonia Rex Louis Cappe.
- Beurrier. — Œillets.
- Boivin. — Bégonia Madame Mandrot.
- Boutreux. — Pélargoniums; Pélargoniums à grandes fleurs.
- Bondon. — Bégonia ligneux Madame Lucien Chaurè.
- Boulanger. — Pélargonium zonale Alliance franco-russe.
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- MM. Barette. — Glaïeuls.
- Barillet. — Pélargonium à grandes fleurs Gaston Aller y, Arthur Barillet, Commandant Marchand, etc.
- Boulogne (Société d’Houticulture de). — Bégonia semperjlorens à feuillage pourpre foncé Triomphe de Boulogne.
- Carles. — OEillets remontants.
- Cayeux et Le Clerc. — Pyrethrum roseum Yvonne Cayeux; Budbeckia purpurea; Dahlias, Glaïeuls, Zinnia à fleurs doubles vertes.
- Ciiarmet. — Dahlias.
- Convorset. — Pélargoniums de semis.
- Danjoux. — Dahlias décoratifs.
- Desfossés. — Tritoma uvaria à fleurs dressées.
- Des Digueres. — OEillets.
- Deleuil. — Hybrides rustiques Y Amaryllis villaia.
- Férard. — Adenophora Potanini, Bégonia Bertini nain compact, Dahlias.
- Gravereau. — Reines-Marguerites la Négresse, Plume d'Autruche, etc. ; Glaïeuls Ville de Paris, Triomphe de Paris, Eurêka, à fleurs disposées sur toutes les faces de l’épi; Nemesia africana.
- Gouleau. — Glaïeuls.
- Hamel. — OEillets d’une race nouvelle à gros bois et à fleurs rappelant celles de YOEillet Malmaison : Ville d’Avranches, etc.
- Liger-Ltgneau. — Bégonia metallica Gloire d’Orléans.
- Lemoine. — Gladiolus Lemoinei, G. nanceianus, hybrides de G. dracocephalus; Bégonia semperjlorens à fleurs doubles; Anémones du Japon; Phlox decussata de semis.
- Millet. — Monthretia, Pldox de semis, Glaïeuls; Iris germanica.
- Montigny fils. — Pélargoniums à grandes fleurs.
- Molin. — Dahlias.
- Marion. — OEillets.
- Nonin. — Dahlias, Sauges, OEillets, etc.
- Page. — Bégonia Peine Ilortense, issu de la variété Gloire de Lorraine, mais à fleurs plus grandes et plus fortes.
- Paillet. — Dahlias.
- Piennes et Larigaldie. — Cannas, Dahlias.
- Painteciie. — Bégonias.
- Perret. — Pensée Madame Perret : race nouvelle à coloris généralement foncé et à grandes fleurs bien faites.
- Patin. — Bégonias.
- Régnier. — Œillet Triomphe de l’Exposition, etc.
- Sallier. — Phlox Liervali, Salvia Gloire de Stuttgart, etc.
- Sprycher. — Pélargoniums à grandes fleurs.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
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- MM. Tiiiébaut (E.). — Iris Gatesii, /. Alkemene, hybride d’/. paradoxa X Swertii; Gla-diolus Bellone, hybride de G. cuspulatus x Papilio; Gazania de semis à fleurs blanches; Cenlaurea Victoria double pourpre à fleurs lie de vin, etc. Tiiiébaut-Legendre. — Aster arcueillensis, Gaillarde vivace IAiglon, etc.
- Talandier. — Bégonias doubles à fleurs striées et cristées.
- Urbain. — Bégonias hybrides multiflores race Urbain.
- Valleiund. — Bégonias à crêtes (cristala bicolor, etc.), à fleurs simples et doubles; Bégonia monslruosa, elc.
- Valtier. — Giroflée quarantaine parisienne à fleurs violet pourpre.
- Vilmorin. — Primula obeomea (variétés perfectionnées); Androsace coronopifolia ; Plantes bulbeuses; Incarvillea grandiflora; Glaïeuls; Reines-Marguerites; Gan-nas; Dahlias; Pétunias; Bégonia Phénomène; Aster de Chine (Reine-Marguerite à fleurs simples lilas clair), etc.
- Welker. — Montbrelia de semis.
- IV. CHRYSANTHÈMES.
- Ont présenté des nouveautés ou des plantes mises au commerce en 1898, 1899 et 1900 (plantes en pots ou fleurs coupées) :
- MM. Bisson, Bonnefons, Calvat, Cayeux et Le Clerc, Ciiarmet, Cousteils, Delaux, de Reydellet, Gouleau, Lafosse, Lemaire, Molin, Nonin, Raymond, Rozain-Bouciiarlat, Vilmorin.
- NOUVEAUTÉS PRÉSENTÉES PAR LES EXPOSANTS ÉTRANGERS.
- MM. Benary. — Giroflée d’hiver nouvelle Impératrice Elisabeth, à grandes fleurs rose vif; OEillets nouveaux : Germania, à fleurs jaune pur.
- Miciieli. — Bégonia voisin du B. manicaia, introduit du Mexique, en 1898, par le voyageur Langlassé.
- Sander.—Beiinospora Sanderi, à feuilles bleu cendré, rappelant le Cedrus allantica glaaca.
- Seidel. — Azalées Kaiser Wilhelm, Professeur Docteur Drude, Professeur Docteur Witmach, Ella, etc.
- Soupert et Notting. — Roses Souvenir de Pierre Notting; semis de Iloses polyantha et d’hybrides de Thé.
- National Ciirysanthemum Society. — Chrysanthèmes nouveaux.
- Wells. — Chrysanthèmes nouveaux.
- Wredd. — Pensées.
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- ARBRES, ARBUSTES, PLANTES ET FLEURS D’ORNEMENT.
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- L’ART FLORAL AUX CONCOURS TEMPORAIRES.
- L’art floral, qui avait trouvé sa place au programme pour chacune des époques, n’a été que peu représenté. Sous le titre d’ Ornementation en jlcurs naturelles, il n’a figuré qu’à quatre concours : le 18 avril, le 28 mai, les 13 et 27 juin. Il est vraiment regrettable que nos fleuristes aient fui la lutte et se soient à ce point désintéressés. Si la quantité a manqué, du moins la qualité n’a pas fait défaut; les exposants, presque tous parisiens, ont déployé toutes les ressources du goût le plus délicat.
- H. Martinet.
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- lUI'RJUF.niE NATIONAL*.
- Gn. VIH. — Cl. 47.
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- CLASSE h 7
- Plantes de serre
- RAPPORT DU JURY INTERNATIONAL
- PAR
- M. GEORGES MA IV TI N
- BOTANISTE-ORCIIIDOPHILE, MEMBRE ET ANCIEN PRESIDENT DU COMITE DES ORCHIDEES DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
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- COMPOSITION DU JURY.
- BUREAU.
- MM. Doin (Octave), éditeur d’ouvrages horticoles, président du comité des orchidées de la Société nationale d’horticulture de France (président des comités,
- Paris, 1900), président..................................................
- Lackner (Karl), directeur royal des parcs et jardins et président de Steglitz,
- près Berlin, vice-président..............................................
- Mantin (Georges-Antoine), botanisto-orchidoplnle, membre et ancien président du comité des orchidées de la Société nationale d’horticulture de
- France (comités 1900), rapporteur........................................
- Bergman (Ernest), secrétaire général adjoint de la Société nationale d’horticulture de France (jury, Paris, 1889 ; secrétaire des comités, Paris, 1900), au Raincy (Seine-et-Oise), secrétaire.......................................
- JURÉS TITULAIRES FRANÇAIS.
- MM. La Devansaye (Alphonse de), président de la Société d’horticulture d’Angers (juré-associé, Paris, 1889; rapporteur des comités, Paris, 1900), au
- Fresne, par Noyant (Maine-et-Loire).....................................
- Delavier (Eugène), horticulteur (comités, Paris, 1900), président du Syndicat des horticulteurs de France.........................................
- Truffaut (Albert), horticulteur, premier vice-président de la Société d’horticulture de France (comités, jury, Paris, 1889; vice-président des comités, Paris, 1900), à Versailles (Seine-et-Oise)...........................
- JURÉS SUPPLÉANTS FRANÇAIS.
- MM. Bleu (Alfred), horticulteur (comités, jury, Paris, 1889; comités, Paris,
- i900).............................................................
- Chantin (Auguste), horticulteur (trésorier des comités, Paris, 1900).
- Martin-Cauuzac (Raymond), président de la Société horticole et vinicole de la Gironde (comités, Paris, 1900), à Floirac (Gironde)..................
- EXPERTS.
- MM. Balu (Auguste), ancien jardinier-chef, membre de la Société nationale d’hor-
- ticullure de France, à Montgeron (Seine-et-Marne)....................
- Balu (Nicolas), jardinier-chef, membre de la Société nationale d’horticulture de France, au château de Vaulx-le-Vicomte, par Melun (Seine-et-Marne).. Bois (Désiré-G.-J.-M.), assistant au Muséum d’histoire naturelle de Paris, secrétaire-rédacteur de la Société nationale d’horliculture de France, h Saint-Mandé (Seine)..........................................................
- France.
- Allemagne.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
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- 102 EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- MM. Cojibet (Antbehne), horticulteur-pépiniériste, membre de la Société nationale
- d’horticulture de France, à Lyon-Montplaisir (Rhône)..................... France.
- Dallemagne (Auguste-Gilbert-Emile-Marie).................................... France.
- Delaiiaye (Louis), membre de la Société nationale d’horticulture de France,
- à Tours (Indre-et-Loire) [maison Delahaye frères et Dallière]............ France.
- Hariot (Paul), préparateur au Muséum d’histoire naturelle, secrétaire du Comité scientifique et bibliothécaire adjoint de la Société nationale d’horticulture de France, à Paris.................................................. France.
- Houlet (Emile), jardinier-chef, membre de la Société nationale d’horticulture de France, au château de Laversine, par Greil (Oise)................... France.
- Koeb (Max), inspecteur en chef honoraire des jardins royaux, président de la Société d’horticulture de Bavière, membre correspondant de la Société nationale d’horticulture de France, â Munich.................................. Allemagne.
- Leroy (Isidore), ancien jardinier-chef, membre de la Société nationale d’horticulture de France (juré-associé, Paris, 1867 ; juré-suppléant, Paris, 1878 et 1889), à Paris........................................................... France.
- Patry (Louis), horticulteur, ancien jardinier-chef au Jardin zoologique d’acclimatation de Paris, membre de la Société nationale d’horticulture de France, à Fontenav-aux-Roses (Seine)................................................ France.
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- PLANTES DE SERRE.
- C’est malheureusement par un triste exorde que doit débuter notre rapport, puisque l’honneur qui nous est tardivement échu d’avoir à le rédiger, a eu pour cause première le décès prématuré de notre regretté collègue et prédécesseur, M. Alphonse de la De-vansaye, arraché dans la force de lage, à l’affection de sa famille et de ses nombreux amis. L’Exposition venait à peine de fermer ses portes, que l’impitoyable mort fauchait, avec l’existence de notre rapporteur initial, l’espérance qu’il nourrissait depuis de si longs mois, de nous montrer, grâce au talent qu’il savait déployer dans l’étude de toutes les questions horticoles, le tableau vivant et animé des merveilles florales qui ont ébloui nos yeux et charmé notre esprit pendant le cours de l’Exposition universelle de 1900.
- Si cruel que soit le deuil qui afflige tous ceux qui approchaient plus particulièrement M. de la Devansaye, combien plus pénible doit être encore pour nous cette perte qui, en dehors de nos regrets confraternels, nous impose le lourd fardeau d’une succession que rien ne pouvait nous faire prévoir, et qui nous a forcé d’accepter une tâche, devant laquelle nous sentons, aujourd’hui plus que jamais, toute notre insuffisance! Mais puisque nous avons cru devoir céder aux amicales et insistantes instances de nos collègues de la Classe 47, qui se sont adressés à notre dévouement, et non à notre talent, nous espérons que ce que nous nous sommes efforcé de dépenser du premier saura faire excuser ce qui manquera au second.
- Et notre rôle est d’autant plus difficile à remplir que, ne nous attendant nullement à l’honneur qui nous a été dévolu, en fin de compte, nous n’avions pris que des notes fort incomplètes pendant l’Exposition, notes du reste disséminées après sa clôture, comme ne devant plus avoir d’utilité pour nous.
- Malheureusement aussi, nous n’avons pu nous procurer celles que notre regretté rapporteur avait recueillies, nous a-t-on dit, au courant de nos fêtes horticoles. Nos recherches de ce côté ont été vaines; et cependant, en vue de ce rapport, dont il caressait l’idée avec amour, que de précieux documents M. de la Devansaye avait sans doute su amasser!
- Mais, par contre, et en raison même, sans doute, de l’empressement que nous avions mis à accepter une tâche aussi ingrate que celle qui nous était impartie, un peu ex abrupto, nous avons pu trouver, tant auprès du Commissariat général que de nos collègues du jury et des exposants eux-mêmes, nombre de renseignements de détail qui ont été pour nous de la plus grande utilité.
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- KM
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Aussi, après avoir rendu, au nom de nos collègues du jury et des exposants (et nous ne craignons pas d’être contredit par aucun d’eux) le pieux et triste hommage que nous devions à la mémoire de M. de la Devansaye, nous est-il bien doux, et nous manquerions à tous les devoirs de la plus élémentaire reconnaissance si nous ne le proclamions ici avant toutes choses, d’offrir l’expression de notre sincère et cordiale gratitude à tous ceux qui, à un titre quelconque, ont été pour nous, par suite des multiples indications qu’ils nous ont fournies, les plus précieux collaborateurs.
- Et tout d’abord, qu’il nous soit permis de citer notre cher Président et ami, M. Doin, dont le zèle inlassable et la scrupuleuse exactitude ont été au-dessus de tout éloge, pendant les longs mois que notre jury est resté sur la brèche, et qui a su diriger nos travaux avec une autorité à laquelle tout le monde a pu rendre hommage. Puis, c’est notre dévoué secrétaire, M. E. Rergman dont les notes relatives à chacun de nos concours temporaires, notes classées par lui, au jour le jour, avec le soin le plus méticuleux, nous ont été d’un puissant secours.
- Enfin, que nos autres collègues du jury des récompenses et des divers comités, que les exposants de notre classe, veuillent bien agréer l’assurance de toute notre reconnaissance et nous excuser si nous ne citons pas tous ceux envers qui nous sommes plus ou moins redevable à l’occasion de notre rapport. Mais la liste en serait trop longue et ajouterait encore à l’étendue d’un travail qui aurait dû surtout se faire excuser par sa brièveté.
- Donc, que tous nos collaborateurs occasionnels reçoivent ici, en bloc, l’expression de nos respectueux et cordiaux remerciements. Sans eux, nous n’eussions pu entreprendre une œuvre, déjà bien délicate en elle-même et devenue plus difficile encore, par suite des particularités de l’espèce, mais que, grâce à eux, nous aurons pu conduire, sinon à bien, du moins à bon port.
- Nous devons cependant, malgré toutes ces aides, tous ces encouragements, présenter par avance nos excuses à nos lecteurs éventuels, et leur répéter que, si notre rapport leur semble bien inférieur à ce qu’ils étaient en droit d’en attendre, après ce qu’ils espéraient surtout de celui que préparait M. de la Devansaye, ils veuillent bien s’en prendre, en dehors de l’insuffisance du rapporteur, à la hâte avec laquelle, pour obéir aux dispositions du Règlement général de l’Exposition, il a dû confectionner son œuvre, sans préparation, et, pour ainsi dire, sans les notes personnelles indispensables.
- Nous aurions pu, du reste, écrire rapidement ce rapport, ce qui eût simplifié étrangement notre besogne, et nous contenter d’une sèche énumération des produits exposés, avec, en plus, quelques brèves observations personnelles, et nous eussions encore été excusable, en raison des circonstances atténuantes qu’il nous eût été permis d’invoquer. Mais nous avons tenu à faire notre devoir avec conscience, répondant ainsi par avance à ce qu’un de nos collègues du comité d’admission, exposant en même temps de la Classe A7, voulait bien nous écrire : «Je suis heureux, nous disait-il, que vous ayez été choisi pour remplacer le regretté M. de la Devansaye : vous aviez tous les titres
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- PLANTES DE SERRE.
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- pour cet honneur et le travail qui va vous incomber. Je suis certain qu’il sera consciencieusement fait. »
- C’est, en effet, grâce à cette conscience que nous revendiquons hautement, à défaut de toutes autres qualités, que nous espérons obtenir du public l’indulgence que nous venons respectueusement solliciter de lui.
- Avant défaire les visites auxquelles nous convient, sans craindre que nous en revenions désillusionné, les plantes de la Classe A7, il nous semble que le moment est venu de jeter un coup d’œil sur le passé et d’essayer ainsi de nous rendre compte du chemin parcouru, des progrès réalisés depuis l’Exposition internationale de 1889 dans le domaine de la culture des plantes de serre. Nous ne saurions mieux faire, pour établir celle étude rétrospective et comparative, que de suivre pas à pas sur ce terrain le plan tracé par notre prédécesseur, M. Edouard André, rapporteur pour l’Exposition universelle de 1878 delà Classe 90, qui correspondait à notre Classe 47. Le travail du savant directeur de la Revue horticole est encore inédit; aussi devons-nous à son auteur nos plus sincères remerciements pour l’amabilité avec laquelle il a bien voulu nous en communiquer les épreuves, restées à corriger; nous ne pouvions, du reste, choisir un meilleur guide.
- Commençons par déclarer dès maintenant que, si les progrès accomplis dans le domaine de la culture sous verre ont été considérables depuis une trentaine d’années, ces progrès, constatés en premier lieu par M. André, puis par M. Truffaut, rapporteur, à son tour, pour l’Exposition universelle de 1889 de la Classe 83 (plantes de serre), semblent cependant s’être manifestés moins brillamment dans la période qui s’est écoulée depuis notre dernière grande Exposition, à en juger, du moins par comparaison, d’après les manifestations extérieures qu’il nous a été donné d’enregistrer pendant les concours horticoles de 1889 et de 1900.
- Mais une exposition donne-t-elle forcément la note bien exacte, le la de la situation d’une industrie, d’un art, d’une science? Nous ne le croyons pas, du moins en ce qui nous concerne spécialement. Nous n’en voulons pour preuve que l’abstention presque systématique qui a répondu à notre invitation, aussi bien en Angleterre qu’en Belgique, pays où, comme chacun sait, l’horticulture sous verre est cependant particulièrement en honneur et joue un rôle presque prépondérant. Pourrions-nous donc conclure sérieusement en nous basant sur les indications fournies par une situation anormale ? Evidemment, non.
- L’Exposition universelle de 1900, à notre point de vue spécial, ne sera par conséquent pour nous qu’un point de repère, puisque nous n’aurons à y noter qu’une simple marche en avant, au lieu des étapes formidables qu’avaient eu à signaler en 1878 et en 1889 nos prédécesseurs, les rapporteurs des classes comprenant les plantes de serre, dont nous avons à parler aujourd’hui.
- Mais nous essayerons de dégager les progrès accomplis en ces derniers temps, d’après nos observations faites en dehors de l’Exposition ; et c’est par là que nous commen-
- cerons.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Passons donc en revue avec M. André (0 les différentes manifestations qui ont pu se produire dans le domaine qui nous a été dévolu.
- SERRES.
- Nous ne parlerons pas pour le moment de celles qui, à un titre quelconque, ont figuré dans l’enceinte de l’Exposition de 1900, nous réservant de le faire plus tard à une place qui leur conviendra mieux, et plus logiquement. Nous devons cependant dire dès maintenant que ce genre d’industrie, qui ne touche, au surplus, à notre travail (pie d’une façon un peu indirecte, s’est développé considérablement. Que les matériaux employés soient le bois ou le fer, que les abris de verre soient ou non à double vitrage, il est certain qu’aujourd’hui il n’y a pas de château, digne de ce nom, pas même de confortable villa, qui ne possède une ou plusieurs serres, voire même des jardins d’hiver, propres à la culture des végétaux exotiques ou à leur mise en valeur dans des sortes de salons horticoles; ou encore des bâches vitrées et chauffées et permettant d’abriter et de forcer des plantes, des légumes et des fruits, destinés à satisfaire l’impatience des gens pressés, la sensualité des estomacs fatigués ou simplement la vanité, bien excusable du reste, de certains raffinés.
- DÉCORATION DES APPARTEMENTS. — FETES OFFICIELLES ET PRIVÉES.
- «Un élément puissant de diffusion pour les plantes de serre est fourni, dit M. André, par le goût croissant de l’emploi des espèces à beau feuillage pour la décoration des appartements. Si cette mode n’est pas nouvelle, on peut dire quelle a pris en France, à Paris surtout, une prodigieuse extension depuis quelque vingt ans. Elle s’accroît sans cesse. » Nous ajouterons, avec M. Truffaut(2) : «En effet, jamais une telle profusion de fleurs n’a été employée dans l’ornementation des riches appartements, comme elle l’est aussi, d’une façon plus modeste mais aussi gracieuse, dans les habitations ouvrières. Il suffit, pour s’en rendre compte, de citer le nombre incroyable de fleuristes en boutique, de marchands de fleurs ambulants, qui débitent chaque jour à la population parisienne, non pas seulement les produits des cultures des environs de Paris, mais les wagons de plantes et de fleurs qui arrivent journellement du midi de la France et des pays étrangers. »
- Et que de nouveaux et importants progrès accomplis en ce sens depuis 1889 , et surtout depuis 1878 ! Les plantes, les fleurs se sont démocratisées à Paris et dans les grands centres de la province, pour ne parler que de la France, à ce point qu’il n’y a pas de marché un peu important, d’horticulteur bien outillé, de fleuriste un peu achalandé qui, au lieu des vulgaires, quoique souvent fort belles plantes, cultivées jadis dans les appartements, n’offre aujourd’hui aux exigences d’un public, devenu de
- Rapport (inédit) du jury international des récompenses de l’Exposition universelle de 1878, Classe 90.
- O) Rapport du jury internalioual des récompenses de l’Exposition universelle de 1889, Classe 83.
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- jour en jour plus difficile, des plantes de serre récoltées surtout dans les familles des palmiers, des fougères, des aroïdées, des broméliacées, voire même des orchidées. Cette augmentation de la consommation de plantes, en somme délicates, transportées subitement dans des milieux défavorables, soumises, du jour au lendemain, à des soins inintelligents, et comme dit M. André que nous ne saurions trop citer, «aux influences funestes de la poussière, de la demi-obscurité, conditions inévitables dans les appartements», cette augmentation, disons-nous, jointe aux causes de pertes fréquentes et prématurées que nous venons de signaler, a développé un commerce, devenu tout à fait considérable, et qui, tant à Paris, que dans de multiples centres horticoles de la province, a fait surgir une grande quantité d’établissements occupant de nombreux ouvriers.
- Si des luxueux salons des particuliers jusqu’aux plus modestes demeures l’on met à contribution les ressources décoratives qu’offrent les plantes de serre, que dire alors de l’utilisation de celles-ci pour les fêtes publiques et privées? Pas une cérémonie officielle, pas un mariage mondain, pas une réjouissance, de quelque nature quelle soit, qui n’y ait encore recours pour en rehausser l’éclat. Il n’est pas jusqu’aux honneurs funèbres dont elles n’aient à souligner la lugubre et mélancolique tristesse. Aussi, qu’il s’agisse de célébrer l’union de deux grands peuples, un deuil national, les joies du foyer, les douleurs domestiques, c’est encore, c’est toujours aux plantes de serre qu’on vient demander l’accompagnement obligatoire de ces désolations ou de ces fêtes.
- PLANTES FORCÉES,
- Nous passons maintenant la plume à M. André, car nous ne saurions mieux dire que ce qu’il écrivait en 1878, et qui est encore parfaitement exact aujourd’hui : «Le luxe des fleurs est devenu si grand qu’une autre spécialitéjle la culture sous verre, le forçage, prend d’année en année une extension croissante. Le lilas blanc, les roses, le muguet, les plantes bulbeuses hâtives, les violettes de Parme, et bien d’autres plantes , doivent fournir tout l’hiver les éléments de décoration des salons, des banquets, des tables à dîner où les surtouts sont devenus de véritables objets d’art. Bien mieux ! cette production incessante, qui occupe, à Paris seulement, des centaines de jardiniers, ne suffit pas à la consommation. Voici que le Midi se met de la partie. Depuis l’organisation des trains rapides, chaque jour d’hiver, on voit arriver de Nice, de Cannes, de Menton, d’énormes brassées de mimosas, de roses, de jacinthes, de jonquilles, d’œillets, de violettes, d’héliotropes et de résédas, cueillis en plein air sous ce ciel enchanteur», où l’on récolte également les mêmes fleurs, ajouterons-nous, sous des abris vitrés, chauffés seulement par le soleil, dans le cas où la température se montrerait par trop inclémente, abris, du reste, facilement démontables, si besoin est.
- «Pour mettre en œuvre toutes ces ressources, continue M. André, une population de jardiniers-artistes s’est créée depuis peu. Des établissements horticoles ont pris la spécialité des plantes d’ornement pour les salons, les appartements, les fêtes. Les
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- fleuristes ont dressé des jeunes gens à l’art des garnitures, suivant l’expression reçue, et véritablement plusieurs d’entre eux y sont passés maîtres. »
- Qu’ajouter de plus à ce tableau, tracé en 1878, et qui est encore si vrai en 1900? Le nombre des fleurs a augmenté, celui des fleuristes aussi; mais, à part la quantité, la situation est restée la même.
- CULTURES D’AMATEURS.
- Ici, nous avons à constater, au contraire, un immense progrès, non que les amateurs actuels soient supérieurs à leurs devanciers, loin de là, mais parce que leur nombre s’est décuplé. Us sont devenus légion. Si les collections faites de nos jours n’ont pas la saveur de celles qui les ont précédées; si, comme ces dernières, elles n’embrassent pas toutes les plantes des familles végétales nécessitant la culture sous verre, elles ont acquis, par contre, une importance d’autant plus grande qu’elles se sont spécialisées; et il en est des amateurs comme des horticulteurs eux-mêmes. Jadis les collections et les cultures commerciales comprenaient toute sorte de végétaux. Maintenant, aussi bien dans le domaine du dilettantisme que dans celui de la spéculation en matière horticole, chacun se confine dans une sphère bien délimitée, suivant les formules dites jin de siècle (xixe, bien entendu). Car, aujourd’hui, les découvertes faites dans toutes les branches ouvertes à l’activité humaine sont telles qu’il est impossible, si l’on veut arriver à- des résultats effectifs sérieux, de ne pas se cantonner dans une de ces zones qui se subdivisent, en se rétrécissant de jour en jour. Aussi douterions-nous fort que le fameux Jean Pic de la Mirandole, aveç sa non moins fameuse thèse : De omni re scibïli et de qvibusdam aliis, pût trouver chez nous un grand crédit par le temps qui court, et y récolter les brillants et hâtifs succès qui étonnèrent à bon droit le xve siècle.
- Donc aujourd’hui, les amateurs se sont spécialisés; et il est juste d’ajouter que ce sont les orchidées qui ont bénéficié, pour la plus grande part, de leur passion pour les fleurs. 11 reste bien encore quelques fidèles adonnés au culte des rosiers, des camélias, des plantes à feuillage, des broméliacées, des gessnériacées, etc., mais il y a surtout des orchidophiles.
- Les amateurs d’orchidées se sont multipliés plus facilement eux-mêmes qu’ils n’ont coutume de le faire pour leurs plantes; il y en a partout, comme les orchidées, du reste; et c’est justice. Car il est impossible de rencontrer dans le règne végétal une famille de plantes offrant à la fois plus d’attraits, et sous des formes plus variées. Il n’entre pas dans notre cadre de nous étendre longuement sur ce sujet; mais il est de notre devoir de signaler cette faveur du public et de l’expliquer. Si les aroïdées, si les mélastomacées, si les broméliacées, si les fougères, si les népenlhées, si les acantha-cées, si les palmiers, sont attirants par leur feuillage, tantôt brillamment coloré, tantôt finement déchiqueté ou découpé, que dire des orchidées qui, non seulement sont enrichies des fleurs les plus variées, aux couleurs étincelantes ou chatoyantes, aux formes belles ou bizarres, aux dimensions colossales ou minuscules, mais qui savent
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- aussi, comme le prouvent les anœctochilus, nous éblouir par la richesse de leur feuillage, sur lequel la nature semble avoir concentré tout ce quelle a créé de plus précieux, où les brillants éclats des ors et des pierreries se marient harmonieusement aux chaudes caresses des soies et des velours?
- Aussi, est-ce avec juste raison que les orchidophiles occupent le premier rang parmi les amateurs d’horticulture. En Angleterre et en Belgique, les riches collections abondent; en France, si nous sommes moins bien partagés pour la quantité, nous n’en avons pas moins un certain nombre d’amateurs qui jouissent d’une réputation universelle bien méritée par la beauté de leurs collections, par l’état remarquable dans lequel ils les entretiennent, par la science et le dévouement avec lesquels ils les développent et les enrichissent.
- Cependant il est juste de dire que depuis 1889 les collections d’orchidées de notre pays n’ont pas beaucoup progressé. D’aucunes se sont bien créées, mais d’autres ont disparu; et il n’y en a pas qui aient pris une importance aussi considérable que celles que Ton peut voir dans les pays que nous citions tout à l’heure. Ce qu’on admire surtout chez nous, ce sont des réunions d’orchidées, dites pour la jleur coupée, c’est-à-dire des assemblages plus ou moins importants de plantes produisant des fleurs à effet et destinées à orner les appartements et les fêtes et à enrichir les corbeilles et les bouquets. Mais les collections proprement dites sont rares en France.
- Le goût des orchidées s’est également propagé, depuis 1889, dans d’autres pays que ceux dont nous avons parlé ci-dessus. L’Allemagne, l’Italie, la Hollande, la Suisse, l’Autriche, les Etats-Unis, sont venus tour à tour et simultanément, apporter leur juste tribut d’admiration à ces remarquables végétaux.
- Bien entendu, le nombre des professionnels s’occupant de la culture des orchidées s’est accru en proportion des amateurs des plantes de cette famille, et des établissements spéciaux de la plus grande importance se sont créés dans ce but, plus spécialement aux environs de Paris, pour ne parler que de la France. A l’étranger, l’Angleterre et la Belgique, qui sont encore restées nos maîtres sur ce terrain, ont de vastes fermes horticoles s’occupant plus ou moins spécialement des orchidées.
- Avant de quitter ce domaine qui nous est particulièrement cher, nous devons dire un mot de l’un des faits qui ont caractérisé le plus le mouvement des orchidées depuis l’Exposition de 1889, nous voulons parler de l’hybridation.
- L’homme, en effet, avec son inconstance habituelle, n’a pas tardé à se lasser des conquêtes qu’il avait faites sur la nature. 11 a trouvé le champ de ses explorations trop étroit, et, ctfmme il ne rencontrait plus un aliment suffisant pour sa curiosité dans les plantes nouvelles que vont conquérir pour lui dans les contrées plus ou moins inexplorées des deux hémisphères les hardis collecteurs chargés de satisfaire ses insatiables désirs, il a fouillé dans son propre cerveau pour y créer de nouvelles plantes en rapprochant par ses fécondations artificielles les orchidées des pays les plus éloignés, des formes et des couleurs les plus disparates. Ces recherches, faites d’abord en Angleterre, puis en Belgique et en France, ont amené la création d’hybrides qui font
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- l’admiration non seulement des plus délicats connaisseurs, mais des profanes eux-mêmes.
- Cette nouvelle voie de l’hybridation des orchidées, pleine de résultats heureux dans le passé et de belles promesses pour l’avenir, est le fait le plus saillant que nous ayons à enregistrer dans le domaine de la culture des plantes de serre. C’est pourquoi on nous excusera d’y avoir tant insisté.
- Du reste, et sans nous en tenir au côté purement spéculatif de Torchidophilie, nous devons ajouter que nous voyons dans l’hybridation des orchidées toute une source de bénéfices futurs pour l’horticulture commerciale. Il n’est pas douteux, en effet, que par le choix des parents employés et judicieusement sélectés, on ne puisse arriver à créer des plantes plus belles, plus vigoureuses, plus florifères, plus rustiques même que leurs devancières.
- DÉCORATION ESTIVALE DES JARDINS.
- Nous n’aurons que peu de mots à dire sur ce sujet, car les plantes que M. André réunissait en 1878 sous ce chapitre, ne rentraient pas dans les attributions de la Classe 47, d’après la classification adoptée pour l’Exposition universelle de 1900. Cependant nombre de ces plantes, qui concourent à l’ornementation des squares urbains, des parcs et des jardins, tels les pélargoniums, les verveines, les fuchsias, les pétunias, les bégonias, les calcéolaires, les dahlias, etc., ne peuvent exister sous notre climat qu’en recourant, au moins pendant une partie de l’année, à l’abri de nos serres; citons encore dans cet ordre d’idées, les caladiums, les cannas, les musas, les coléus, les nico-tianas, etc.
- CULTURES DANS LE MIDI.
- Nous n’avons rien à ajouter à ce qu’en disait M. André en 1878. Il s’exprimait ainsi : « Enfin, nous devons signaler un nouvel état de choses dans la production des plantes de serre. C’est la multiplication en plein air, clans le midi de la France et en Algérie, d’un grand nombre de plantes qui demandent la serre dans l’Europe moyenne. »
- Ces procédés de culture se sont naturellement multipliés, et on trouve aujourd’hui, aussi bien en Algérie que dans le midi de la France, des établissements qui ne cultivent que de jeunes palmiers, par exemple, obtenus de semis, et qu’à partir de Tâge adulte, on expédie dans les différents centres horticoles de l’Europe, comme Gand, Paris, etc., où Ton procède sous verre à leur développement jusqu’à leur placement définitif.
- Nous avons vu quels sont les moyens de consommation de plantes de serre. Nous allons étudier maintenant quelles sont leurs sources de production, dont nous avons touché un mot précédemment à propos des cultures méridionales et de l’hybridation des orchidées. Ces moyens sont de deux sortes : d’une part, l’importation des pays d’origine; d’autre part, la multiplication par la culture.
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- IMPORTATION.
- Depuis dix ans, le nombre des végétaux nouveaux introduits dans les cultures, par suite des moissons faites par les collecteurs envoyés dans des pays exotiques par de riches établissements horticoles anglais ou belges, ou même français, depuis dix ans, disons-nous, le nombre de ces végétaux est tel que nous renonçons à essayer d’en donner une énumération, même écourtée. Du reste, nous aurons l’occasion, lors de nos visites à l’Exposition, de citer les plus remarquables d’entre ces plantes. Ce sont surtout les orchidées qui ont bénéficié de ces nouvelles découvertes. Nous devons cependant déclarer, dès maintenant, que le domaine des plantes de serre ne s’est pas enrichi de ce côté autant qu’auraient pu le faire supposer les causes générales suivantes : la connaissance plus complète des pays d’origine, la facilité et la rapidité des transports, etc.
- HORTICULTURE COLONIALE.
- Un des faits les plus saillants que nous ayons à enregistrer dans le domaine de l’importation, est le développement donné à une nouvelle branche de l’horticulture qui promet de prendre une importance considérable. Mais est-ce bien d’horticulture qu’il s’agit en l’espèce, et n’y a-t-il pas là une confusion de mots et d’idées? L’horticulture coloniale, pour lui conserver un nom qui n’est pas le sien, à notre avis, est née de l’expansion qui a mis en mouvement vers des terres inconnues ou insuffisamment explorées, tous les peuples européens, en quête de trouver de nouveaux débouchés pour leur commerce. Et l’un des premiers résultats de cet entraînement colonial a été un fait d’importation et non d’exportation, ou pour parler plus exactement, le signal d’un échange de végétaux entre les différentes parties du globe. De l’expansion coloniale est donc née l’horticulture coloniale. Nous critiquions tout à l’heure cette expression, car il nous semble qu’elle est tout à fait impropre, au moins jusqu’à nouvel ordre. Qui dit horticulture, dit en effet petite culture. Or les végétaux qu’ont introduits dans le commerce européen les importateurs coloniaux sont le plus généralement d’ordre purement industriel ou officinal; ce sont des caoutchoucs, des plantes à gomme, des vanilles, des thés, des cafés, des cacaoyers, etc., toutes plantes non nouvellement connues, du reste, mais que l’on s’est efforcé de répandre, sur les points les plus variés du globe. Il s’agit donc bien là, non de végétaux d’usage et d’ornement destinés à être cultivés dans les jardins et dans les parcs, mais de plantes propres à être employées industriellement; c’est conséquemment d’agriculture et non d’horticulture qu’il s’agit en l’espèce.
- Le jour où les jardins coloniaux, qui ont été la conséquence forcée du nouvel état de choses que nous signalions plus haut, rempliront le double devoir qui leur incombe, selon nous : à savoir, diffuser non seulement les plantes industrielles, mais encore celles d’ornement, ce jour-là la nouvelle branche de commerce dont nous parlons pourra justement s’appeler horticulture coloniale, au moins pour partie. Mais actuellement,
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- ces jardins coloniaux, répandus un peu partout, depuis les portes de Paris jusque dans les contrées les plus reculées, avec leurs satellites les horticulteurs qui se sont adonnés à cette culture spéciale, se sont confinés dans les cultures industrielles et purement commerciales. C’est un noble but assurément que celui de provoquer des échanges de végétaux entre nos diverses colonies; mais les services économiques que peut rendre ce nouveau commerce ne seraient, pensons-nous, nullement entravés par l’adjonction qui y serait faite de la culture des plantes agréables, à côté de celle des végétaux utiles.
- Du reste, l’horticulture coloniale, sur laquelle nous nous étendons un peu longuement, n’est pas nouvelle, à proprement parler. Il y a fort longtemps que les jardins botaniques disséminés dans toutes les possessions anglaises font entre eux des échanges de végétaux qu’ils supposent pouvoir s’accommoder des climats et des milieux ou ils en envoient des échantillons à l’essai. Un des principaux avantages de ces échanges a été de permettre de disséminer certaines espèces, de les transporter dans des contrées où elles échappaient, au moins momentanément, aux atteintes des maladies qui menaçaient de les faire disparaître dans leurs pays d’origine; tels les quinquinas dont les plantations américaines sont très gravement atteintes, mais qui, fort heureusement, grâce aux essais d’acclimatation tentés avec succès par les Hollandais et par les Anglais dans leurs colonies de l’Inde et de la Malaisie, se retrouvent actuellement sur d’autres points du globe, où ils semblent assurés, jusqu’à nouvel ordre, de remplacer leurs congénères du Nouveau Monde, en passe de disparaître.
- Qui ne connaît la dissémination des vanilles dans toutes les régions intertropicales ? Ces plantes, originaires de l’Amérique, se retrouvent aujourd’hui, cultivées sur une vaste échelle, aussi bien en Asie qu’en Afrique et en Océanie, et ce, par suite de la colonisation qu’on y a faite dans ces dernières de leurs différentes variétés.
- Mais ce qui n’était qu’une exception, il y a quelques années, est devenu maintenant la règle, surtout depuis la mise en valeur du Congo par les Belges et par les Français; car les richesses végétales de ce pays étant incalculables, ce sont elles qui ont provoqué le mouvement que nous signalons. Aussi applaudissons-nous des deux mains à la création des jardins coloniaux, à l’apparition du commerce horticole ou mieux agricole colonial, mais à la condition que ces jardins, que ce commerce ne se cantonnent pas dans le trafic des végétaux utiles, mais veuillent bien également s’intéresser aux plantes d’ornement.
- Au surplus, nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet, lors de notre visite aux serres du Trocadéro, qui ont abrité pendant l’Exposition quelques collections de plantes coloniales.
- COMMERCE HORTICOLE.
- Nous venons d’indiquer que Tun des modes de production des végétaux était leur introduction dans les cultures européennes par des voyageurs envoyés ad hoc dans les pays d’origine. Mais s’il est utile d’introduire des plantes nouvelles, il n’est pas moins essentiel de les multiplier, pour celles d’entre elles qui ont un réel intérêt ornemental.
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- C’est ce que font les milliers d’horticulteurs répandus par toute l’Europe, chacun s’adonnant, le plus souvent, à une spécialité, sauf quelques importants établissements, assez rares, en somme, de la Relgique, de la France et de l’Angleterre, élablissements cultivant indistinctement, dans leurs serres, les plantes de toutes les familles du règne végétal. Nous n’avons à constater, de ce côté, que la création de nouvelles maisons, que le développement des précédentes. Le nombre des horticulteurs a augmenté rationnellement et proportionnellement à celui des amateurs et des consommateurs. Rien de [dus.
- 11 serait injuste de ne pas signaler maintenant, à côté des introducteurs et des multiplicateurs de plantes, par quels moyens ces dernières arrivent à la connaissance du* public. Ces moyens sont de trois sortes : les sociétés, les expositions, la littérature. Nous n’en dirons qu’un mot, mais nous ne pouvons les passer entièrement sous silence.
- SOCIÉTÉS.
- Elles jouent un rôle de plus en plus important, car elles se sont répandues un peu partout, aussi bien en France qu’à l’étranger, et un très grand nombre d’entre elles s’occupent même d’une branche spéciale de l’horticulture : il y en a qui s’intéressent spécialement aux roses, d’autres aux chrysanthèmes, aux orchidées, etc. Mais malgré leur nombre, les sociétés horticoles ne rendent pas tous les services qu’on serait en droit d’attendre d’elles, car elles manquent de cohésion. Il en serait tout autrement si ces efforts étaient centralisés par une sorte de syndicat, agissant au nom de ces sociétés, groupant leurs intérêts, et leur fournissant en temps et lieu tous les renseignements horticoles pouvant les intéresser. Créer des sociétés, c’est parfait; leur donner une direction unique et pratique serait mieux encore.
- EXPOSITIONS, CONGRÈS ET CONFÉRENCES.
- Si les conférences et les congrès n’ont qu’une utilité théorique, s’ils n’intéressent qu’un nombre relativement restreint de spécialistes, il n’en est pas de même des expositions qui sont et resteront, quelles soient universelles, internationales ou simplement régionales, un des moyens les plus efficaces de vulgarisation pour les plantes nouvelles, aussi bien par rapport aux horticulteurs que vis-à-vis du grand public. Les expositions deviennent de jour en jour plus nombreuses, et Ton en signale de tous les côtés. Il n’y a, pour ainsi dire, pas de jour où, pendant la belle saison, notre curiosité et notre attention ne soient attirées par Tune de ces manifestations horticoles dont quelques-unes s’occupent uniquement de certaines spécialités, comme les chrysanthèmes, par exemple. Nous ne nous étendrons pas ici sur ce chapitre que nous aurons bientôt à traiter longuement en prenant pour base l’Exposition universelle de 1900 elle-même.
- Gr. VIII. — Cl. 47.
- NATION-
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- LITTÉRATURE HORTICOLE.
- Nous ne pouvons manquer d’indiquer aussi, en passant, la littérature sous toutes ses formes, comme Tun des moyens de publicité les plus parfaits que les plantes puissent avoir à leur disposition. Les publications botaniques et horticoles ont été excessivement nombreuses depuis quelques années : qu’il s’agisse d’ouvrages édités isolément, ou de journaux et de revues, les uns et les autres, le plus souvent illustrés, et maintes fois fort luxueusement.
- En donner une liste, même succincte, nous entraînerait bien au delà des limites qui nous sont imposées par la nature même de notre travail. Nous nous contenterons donc de constater le rôle de plus en plus considérable qu’a su jouer la littérature dans le domaine horticole.
- Nous avons dit précédemment que l’Exposition ne pouvait, en ce qui concerne la Classe 47, nous servir de critérium absolu, par rapport aux progrès généraux de l’horticulture sous verre, et nous avons indiqué un des motifs qui nous faisait émettre cette opinion, c’est-à-dire l’absence des étrangers les plus qualifiés pour y figurer. Malgré les magnifiques résultats constatés lors des exhibitions florales du Cours-la-Reine, ces dernières ne nous ont donc pas semblé mettre suffisamment en relief, selon nous, les progrès que nous venons d’énumérer, et qui, depuis dix ans, ont été enregistrés par ceux qu’intéressent spécialement les questions que nous avons à traiter.
- Mais à quelles causes devons-nous imputer la relativité cl’un succès que tout faisait prévoir comme devant être éclatant et absolument complet? Nous allons essayer de les démêler, et si nous le faisons courageusement, et sans la moindre hésitation, malgré ce qu’il peut nous en coûter, c’est que nous espérons bien que nos indications pourront empêcher les mêmes erreurs, les mêmes fautes de se reproduire dans l’avenir.
- Et nous pouvons d’autant mieux formuler des reproches, exprimer des regrets généraux que, tout à l’heure, lorsque nous aurons à aborder, en détail, chaque exposition particulière, chaque concours, nous n’aurons, sauf de très rares exceptions, qu’à exprimer notre admiration, qu’à décerner nos éloges.
- Nous nous plaindrons, en premier lieu, de ce que nous appellerons la préparation à l’Exposition, en ce qui regarde la Classe 47; puis nous aurons à critiquer les emplacements où celle-ci a eu à s’installer et à se développer, et enfin, les règlements qui lui ont été appliqués.
- Nous laisserons de côté les questions de personnes, quoique nous ayons eu à constater, de ce chef, de regrettables erreurs, de déplorables oublis; c’est ainsi qu’un homme de la valeur de M. André qu’il nous suffira de nommer, sans plus insister, n’avait pas, a priori, été compris parmi les membres du jury; et qu’une personnalité telle que M. Bleu, notre savant maître, que tous consultent avec fruit et vénèrent justement, n’a été appelé parmi nous qu’en qualité de juré suppléant!
- Il est vrai qu’à côté de ces anomalies, nous en trouvons d’autres, dans le sens
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- opposé; mais nous ne ferons cpie glisser, en passant, sur la présence, au moins singulière, clans certains comités et jurys, de personnes, assurément fort honorables, mais que rien, absolument rien, ni les services rendus, ni les récompenses obtenues, ni même la notoriété ne désignaient pour cet honneur.
- Au surplus, nous ne nous arrêterons pas sur des noms, auxquels on ne doit accorder en définitive, qu’une importance relative; nous parlerons seulement de la préparation elle-même de notre exposition de la Classe 47, préparation laborieuse, s’il en fut, ce qui ne veut pas dire que les résultats obtenus aient suffisamment répondu aux efforts dépensés.
- Assurément, la Société nationale d’horticulture, par sa situation centrale, par le nombre de ses membres et par son importance matérielle, aurait pu rendre, en l’espèce, de très réels services, mais à la condition qu’à côté d’elle, les très nombreuses et très importantes sociétés de la province, où les milieux horticoles importants abondent, comme celles de Lyon, de Lille, de Nancy, d’Orléans, d’Angers, de Nantes, de Bordeaux, etc., eussent été également consultées, et au même titre. Nous nous entendons, au lieu de passer par Tunique canal d’une société qui, nominalement, semblerait être comme le trait d’union entre les associations similaires de France, et qui n’est, en réalité, qu’une Société d’horticulture de Paris et de ses environs plus ou moins immédiats, il eût été nécessaire, pensons-nous, de réunir en un puissant faisceau, les plus considérables, au moins, de ces sociétés provinciales, dans une sorte de syndicat consultatif qui eût pu corriger l’exclusivisme instinctif de la Société nationale.
- Et que dire de l’étranger? De ce côté, la Classe 47, comme nous le disions précédemment, n’a guère pu enregistrer qu’un procès-verbal de carence! Si quelques rares horticulteurs allemands ont bien voulu, en effet, nous apporter certaines de leurs spécialités, en revanche les princes de l’horticulture, nous voulons dire les Belges et les Anglais, nous ont fait, à peu de chose près, totalement défaut. Et n’est-il pas pitoyable de penser que les établissements horticoles capables d’illustrer les admirables exhibitions de Temple Show et les incomparables floralies du casino de Gand, se soient totalement récusés en la circonstance! Nous ne parlons pas des autres pays qui occupent une moindre place dans notre spécialité, et nous nous contentons de prendre pour exemples ceux qui, incontestablement, tiennent le haut du pavé dans notre sphère horticole.
- Quels ont donc été les motifs qui ont créé cette situation que nous avons tous déplorée? Nous le répétons : d’abord la façon dont a été préparée notre Exposition, puis les inconséquences de notre programme et les illogismes de notre règlement. *
- En effet, si nous examinons maintenant le programme élaboré par le comité d’admission, et modifié par l’Administration, nous verrons que c’est grâce à lui surtout que les étrangers se sont renfermés dans une sorte d’ostracisme, en somme, assez peu aimable pour nous.
- Ce programme, en effet, a été conçu dans un sens un peu bien mercantile, il faut bien l’avouer, et qui ne répondait guère à l’esprit général de l’Exposition universelle. Rédigé sous l’influence de quelques horticulteurs-marchands, il recélait comme une
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- sorte de prohibition qui contrastait assez singulièrement avec les mœurs hospitalières qu’on est accoutumé de rencontrer chez nous, en général, et aussi faut-i! le dire, dans les grandes fêtes internationales qui convient les peuples de tous les pays à venir se mesurer dans le champ clos pacifique du progrès.
- Nous savons bien que précédemment et notamment en 1889, ^ Y a eu des abus ; nous savons que, sous le couvert de nos dernières expositions, des horticulteurs étrangers, qu’on eût aimés à trouver peut-être un peu plus scrupuleux, sont venus chez nous, se servant de ces expositions comme de vulgaires marchés, pour y écouler en grande quantité des produits du même ordre, de même nature, et y faire purement et simplement un commerce, peut-être un peu bien facile, à l’abri d’une généreuse et commode hospitalité.
- Mais, de ce que nous avions eu à nous plaindre précédemment de quelques cas, du reste exceptionnels, devions-nous en profiter pour poser aujourd’hui des règles qui nous ont, pour ainsi dire, mis à l’index de l’horticulture étrangère, au moins en ce qui regarde les plantes de serre ?
- Nous ne le pensons pas; et nous estimons que le tort général fait à notre grande lloralie par cette abstention concertée et voulue de la part des étrangers, n’a pas trouvé une contre-partie suffisante dans les maigres bénéfices qu’ont pu récolter, pendant le cours de l’Exposition, les quelques horticulteurs français, sous l’impulsion desquels les mesures prohibitives du programme avaient été adoptées.
- Et notre observation est tellement juste, que nous nous souvenons parfaitement, par exemple, qu’un syndicat des horticulteurs belges avait été créé, il y a deux ou trois ans, en vue de l’Exposition universelle de 1900; ce syndicat avait rencontré de nombreuses adhésions et était puissamment organisé. Tout nous faisait donc prévoir une participation colossale de la Belgique à notre grande manifestation internationale , participation dont l’horticulture française, sinon les horticulteurs, eût certainement profité. 11 n’en a rien été. Nos voisins ont déserté en masse et nous n’avons eu à saluer, au lieu d’un groupe compact d’horticulteurs étrangers, que des bonnes volontés isolées, auxquelles nous nous plaisons à rendre hommage, mais qui n’eussent pu suffire à satisfaire pleinement notre curiosité horticole. Nous savons que c’est à notre programme, à notre règlement que nous devons l’abstention des étrangers, de même aussi que c’est à l’apathie de nos comités départementaux et d’admission que nous reprochons le manque presque absolu d’expositions d’amateurs et d’horticulteurs provinciaux.
- Puisque mous parlons des comités départementaux, disons aussi que le peu de succès de l’Exposition centennale, au moins en ce qui regarde la Classe 47, leur est en partie imputable. En effet, s’ils eussent su, et cela rentrait dans leurs attributions les plus effectives, comme, après eux, les diverses commissions nommées dans ce but par les comités .d’admission et d’installation, s’ils eussent su, disons-nous, faire appel à toutes les bonnes volontés, provoquer des expositions particulières ou collectives, nul doute que le Musée centennal afférent à notre Classe n’eût été dignement représenté
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- par des objets intéressants à pins d’un titre : livres, gravures, herbiers, etc., alors qu’en réalité nous avons du nous contenter d’une exposition rétrospective, pour ainsi dire, seulement nominale.
- Mais nous ne devons pas malheureusement nous en tenir à ces seuls reproches. Nous avons aussi à critiquer notre programme dans plus d’un de ses détails.
- C’est, en premier lieu, au nombre des concours que nous nous attaquerons. Pourquoi douze concours, alors que six, et même quatre, eussent raisonnablement suffi pour permettre à tous les végétaux de quelque valeur de se montrer? Le seul avantage que nous voyons à cette pluralité de concours a été de permettre aux habiles, à ceux qui savent se servir des programmes par une longue pratique des expositions, de scinder leurs apports, de les diviser exagérément, et d’obtenir ainsi une quantité de prix qui étaient refusés, par suite d’une maladroite présentation de leurs lots, cependant plus importants et souvent plus méritants, à des exposants moins experts en l’art de tourner les difficultés et même de s’en servir. Etait-ce bien utile?
- Quant à nous, nous ne sommes pas partisan d’un trop grand nombre de concours et nous pensons volontiers avec M. Truffaut(1) qu’« il est évident que des concours répétés tous les quinze jours ne peuvent être tous également intéressants et que le public est parfois bien désillusionné, quand le hasard fait qu’il visite l’Exposition lors d’un concours relativement médiocre». Dirons-nous encore avec M. André«Ce système a le grave défaut d’un éparpillement tel, que les apports importants disparaissent, et qu’aucun effet d’ensemble ne peut être obtenu^»?
- Malgré ces observations, émanées cependant de personnalités auxquelles l’autorité s’attachant à leur nom et à leurs fonctions, aurait dû faire prêter attention, on a passé outre, et l’on a créé les douze concours qui ont amené précisément une nouvelle constatation des défauts que critiquaient nos prédécesseurs, et, de plus, celui que nous signalions plus haut. Car, nous le répétons, si l’ensemble de nos expositions a eu à souffrir de cette répétition trop fréquente de concours, il n’en a pas été de même pour certains horticulteurs qui ont su trouver dans ce que nous considérons comme un défaut d’organisation, le moyen, en multipliant, sinon en répétant, outre mesure, des apports semblables ou similaires, d’annihiler ou de faire réduire plus ou moins les récompenses qui eussent dû finalement échoir à des exposants moins prodigues de petits morcellements, tout en étant plus généreux dans l’ensemble de leurs lots.
- Ce vice du programme nous avait tellement frappé, dès le début de l’Exposition, que nous crûmes devoir, dès le troisième concours, saisir spontanément les comités de Classe du Groupe VIII de la proposition suivante. Comme nous nous étions aperçu que la division des récompenses des concours temporaires en premiers, deuxièmes et troisièmes prix était une prime spécialement donnée aux petits apports, intéressants sans doute, mais moins recommandables cependant que des expositions de lots renfermant une quantité plus ou moins considérable de plantes, et ayant exigé une somme d’efforls
- Happort du Jury international des récompenses de l’Exposition universelle de 1889; Classe 83. — ® Illustration horticole, 1878. — ® Ibidem.
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- plus accusés, nous proposâmes et nous avons eu l’heureuse chance défaire adopter par la réunion des jurys de notre groupe un système de classement qui corrigeait, au moins pour partie, les défectuosités que présentait le système de récompenses prévu par le règlement. C’est ainsi qu’il fut convenu que l’échelle des différents prix se composerait pour chacun d’eux de cinq points, le premier prix oscillant entre i5 et 20 points, le second entre 10 et 15, etc.; ce qui permettait, par une élasticité plus grande, de faire une répartition plus équitable des récompenses définitives.
- Notre système, nous en eûmes depuis la conviction, était encore insuffisant; et si nous avions à donner de nouveau notre avis sur cette question, nous proposerions, sans hésiter, d’établir un bien plus grand nombre encore d’échelons à la disposition de chaque prix. C’est ainsi que nous ferions évoluer, par exemple, les premiers prix entre 70 et 100 points, les seconds entre 5o et 75, etc. On nous pardonnera de nous être attardé sur cette question qui nous semble de première importance, puisque, selon nous, tout en donnant satisfaction à l’amour-propre des exposants en général, la solution que nous préconisons aurait de plus l’avantage de se rapprocher de la vérité et de l’équité.
- Malgré cela, le jury a cru devoir se confiner dans les termes absolus du règlement, alors qu’en réalité, il eût pu surtout l’interpréter. Pour ne citer qu’un exemple, nous répéterons que certains horticulteurs ont cru pouvoir subdiviser leurs apports en lots plus ou moins insignifiants; c’eût été, nous semble-t-il, le droit, sinon le devoir de notre jury de ramener les choses au point normal, et d’exercer une initiative qui, par sa faute, lui a fait volontairement défaut, en détachant les unes des autres ou en les groupant, suivant les cas, les plantes soumises à son appréciation, de façon à né pas permettre certains abus, à guider certaines inexpériences, à encourager certaines timidités, à réprimer certaines exagérations et même certaines audaces. Et Ton n’a pas su le faire, de peur, nous a-t-on dit, que cet acte d’indépendance et de justice n’eût semblé une révolte contre le règlement dont nous connaissons cependant assez de dispositions qu’on a su tourner (nous allons en citer une tout à l’heure) pour supposer que le jury s’est bénévolement lié les mains, alors que l’esprit de ce règlement qu’on nous oppose, nous eût autorisé à en négliger un peu la lettre.
- Nous avons eu des reproches généraux à formuler contre le programme de l’exposition de la Classe 47, et, en les soulignant, nous avons par cela même indiqué, pour l’avenir, les remèdes à apporter à ce qu’il avait de défectueux.
- Nous permettra-t-on de critiquer aussi certaines dispositions du règlement, dispositions cl’une nature plus particulière et dont le caractère a semblé tellement étrange que, d’un commun accord, personne n’en a tenu compte, au moins dans le Groupe VIII? Nous savons, en effet, que le jury se composait de membres titulaires et de membres suppléants, et que ces derniers n’étaient appelés à voter qu’en cas d’absence des membres titulaires. Or, après avoir été ballottés pendant plusieurs concours entre, tour à tour, l’autorisation et la défense de prendre part aux votes, on mit fin à ce qu’avait de ridicule le rôle qu’on faisait jouer aux jurés suppléants en leur reconnaissant tacite-
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- ment les mêmes droits qu’aux jurés titulaires, et ce, contrairement aux dispositions formelles du règlement, et nous ajoutons : avec l’autorisation de l’administration supérieure de l’Exposition. Nous nous empressons, du reste, de dire que c’était justice; en effet, combien d’entre nos collègues suppléants étaient égaux, sinon supérieurs, aux jurés titulaires, par leur science et par leur autorité!
- Autre chose. La Classe 47 comprenait les plantes dites de serre. En principe, on avait groupé dans ses attributions toute la culture sous verre, les fruits et les légumes forcés compris. Puis on en a distrait ces derniers pour les joindre à une autre classe. Nous ne savons au juste si l’on a bien ou mal fait; mais ce qui est certain, c’est que la tâche de la Classe 47 s’en est trouvée allégée assez singulièrement pour que plus d’un de nos collègues s’en soit chaudement frotté les mains. D’un autre côté, on a soumis à notre jugement des plantes dites coloniales, lesquelles n’étaient en réalité, le plus souvent, que des échantillons de végétaux d’ordre industriel ou officinal, sans valeur ornementale et qui, comme nous le disions plus haut, sembleraient plutôt ressortir à l’agriculture qu’à l’horticulture, celle-ci, si nous en croyons son nom, devant être seulement la science des jardins, ou si l’on préfère, l’art de la culture ornementale, fruitière et maraîchère. Nous n’insisterons pas, en ce moment, sur cette question que nous avons déjà traitée; car nous aurons à revenir, en passant, dans notre rapport, sur ce point fort intéressant. D’autre part encore, notre classe a eu à connaître de quelques envois de plantes du Mexique, plantes dites d’importation, c’est-à-dire non en fleurs. Il s’agirait cependant de s’entendre sur la valeur du mot : plantes de serre. Selon nous, celles-ci devraient comprendre tous les végétaux puisant leur valeur horticole, soit dans leur floraison, soit dans leur feuillage; et ce compris sous le climat moyen de l’Europe. Alors, que venaient faire dans la Classe 47, par exemple, des végétaux seulement industriels ou des orchidées non fleuries, exposées par des horticulteurs exotiques, telles qu’elles avaient été récoltées dans les forêts avoisinant Mexico ?
- Donc il est utile, il est absolument indispensable de définir, une fois pour toutes, ce qu’on entend théoriquement par l’expression plantes de serre, de façon que, par la suite, dans la pratique, on ne se retrouve plus en face des hésitations, des tâtonnements que nous venons de signaler. Admettra-t-on, par exemple, sous cette dénomination toute la culture sous verre : fruits et légumes forcés, plantes industrielles et officinales d’origine coloniale, végétaux quelconques qui nécessitent soit par leur origine, soit par les soins qu’on leur a donnés, le secours d’un abri de verre, plus ou moins chauffé ? Ou, au contraire, devra-t-on exclure de cette rubrique tout ce qui ne rentre pas dans le domaine de la culture en serre proprement dite, c’est-à-dire de celle des plantes purement ornementales soit par leur feuillage, soit par leur floraison, sous le climat de Paris, par exemple? Il y a un intérêt de premier ordre à être fixé sur cette classification, et nous ne saurions trop attirer l’attention des intéressés, à des titres divers, sur ce point de doctrine qui doit avoir sa répercussion sur les programmes, c’est-à-dire sur les résultats pratiques des théories admises en principe. Les arbres à fruits forcés, les plantes officinales exotiques, les palmiers cultivés à l’air libre dans la
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- zone méditerranéenne, les orchidées d’importation, en voie seulement d’étre établies, pour ne citer que ces quelques exemples, tous ces végétaux devront-ils, ou non, être dénommés plantes de serre ?
- Telle est la question à laquelle nous prions de s’intéresser tout spécialement ceux à qui il appartiendra de la trancher.
- Nous sera-t-il permis maintenant de signaler un autre grief et de comprendre dans nos reproches les grands établissements scientifiques de l’État? Pourquoi, par exemple, le Jardin des plantes n’a-t-il pas cru devoir figurer à l’Exposition à un titre quelconque, soit pour les concours au titre contemporain, soit pour notre musée centennal? Comment expliquer cette indifférence? Voyons, de deux choses Tune : ou les collections du Muséum n’étaient pas dignes de figurer à l’Exposition, et alors à quoi sert cet établissement? Ou c’est que cette dernière n’était pas jugée comme un cadre suffisant pour les y faire figurer? Ah çà, mais comment espère-t-on galvaniser la bonne volonté de simples particuliers, alors que les institutions publiques elles-mêmes se refusent à 'faire le moindre effort, le moindre sacrifice? Et cependant, au Muséum, nous le savons, il y a des collections de plantes et de fleurs qui eussent dignement, nous en sommes sûr, figuré au Cours-la-Reine, de même que sa bibliothèque et ses herbiers nous eussent révélé des trésors qui n’auraient pas déparé notre musée centennal, resté si rudimentaire et si pauvre. Pourquoi donc cette inexcusable abstention ? Insuffisance budgétaire, diront les uns, et les autres : insouciance administrative. Mais ceux qu’intéresse réellement le bon renom de notre pays seront unanimes à s’exclamer : coupable désertion, avec cette circonstance aggravante, en face de l’étranger.
- On nous excusera d’avoir formulé autant de critiques, que d’aucuns trouveront peut-être un peu trop acerbes; mais nous espérons que les esprits impartiaux sauront nous rendre justice et reconnaître que, si nous avons été*parfois sévère, nous avons toujours fait notre possible pour rester équitable, et que le seul but qui nous a guidé a été celui, en constatant les erreurs du passé, d’empêcher qu’elles ne se reproduisent dans l’avenir.
- Et maintenant, nous allons examiner les divers concours de notre Classe. Pour ce faire, nous suivrons Tordre chronologique et alphabétique qui nous semble plus rationnel.
- 11 est bon d’indiquer dès maintenant que la Classe 47 ne comportait pas de concours permanent (annexe au règlement général, Groupe VIII, Classe 47; dispositions spéciales, art. 2), sans que rien puisse justifier cette étrange décision, et quoique, en réalité, il y en ait eu qui ont été jugés, du reste, comme de simples concours temporaires.
- Les concours de la Classe 47 se sont succédé en l’espace de six mois et ont été répartis en douze périodes, se suivant, ou à peu près, de quinzaine en quinzaine , chaque concours durant, en moyenne, une huitaine de jours.
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- Séance d’ouverture, d’inauguration! La curiosité du public et même celle des jurés est en éveil. Que va-t-il se passer? Qu’allons-nous avoir à admirer, à signaler de nouveau ?
- Comme il était facile de le prévoir, l’Exposition ne devait prendre contact qu’avec ses futurs coopérateurs dans ce premier concours; mais les résultats acquis dès le début nous feront bien augurer de l’avenir, et le prologue du magnifique poème horticole que nous allons avoir à analyser était bien digne des beaux chapitres qui le suivirent :
- C’est d’abord M. Réraneck que nous rencontrons, avec un lot d’orchidées (concours imprévu) dans lequel nous remarquons quelques beaux odontoglossums, un bon cattleya labiata Mendelü, un dendrobium phalaenopsis, un epidendrum O’Brienianum, un E. Stam-fordianum et un E. Wallisii, un selenipedium, caudatum, un masdevallia trochilus, et surtout d’assez nombreux phajus, parmi lesquels : phajus grandijlorus, p. Cooksonii, avec sa variante dite amabilis, p. Sanderianus et p. Normanii en plusieurs variétés; bref, une exposition fort honorable pour son présentateur. M. Beranek, qui cumule avec son commerce horticole les fonctions de jardinier-chef de l’ambassade d’Autriche-Hongrie à Paris, est surtout un spécialiste en matière d’orchidées (premier prix).
- Après lui, nous voyons MM. Cappe et fils (concours imprévu, comme le précédent; mon Dieu, que d’imprévoyance!), qui s’adonnent également d’une façon toute particulière à la culture des orchidées. Nous signalerons surtout, dans leur lot bien varié, de jolies plantes, comme : odontoglossum Coradinei, trichopilia suavis, oncidium maculalum, lœlia purpurata alba, cattleya labiata Mendelü, et quelques hybrides, parmi lesquels, à côté du curieux lælio cattleya x Warnhamensis Cappei, nous noterons principalement le cypripedium x Adraslus elegans, très intéressant par son étrange coloration, le c. x Ma-diotti, le c. x Lalhamiamum aureum, le c. x variabile Angele et le vieux, et toujours beau, c. x Leeanum, (deuxième prix).
- Après MM. Cappe, c’est M. Dalle* qui sollicite notre attention avec des concours comprenant, suivant le programme, des plantes de belle culture et des azalées. Comme on le voit, M. Dallé, lui, ne se renferme pas dans le domaine exclusif des orchidées; cependant il avait dans ses présentations quelques plantes de cette famille qui méritent d’être signalées : lœlia jlava, cypripedium Rothschildianum, toujours si beau, cattleya labiata Trianœi Schroderœ, oncidium sarcodes, vanda suavis et v. tricolor formosa, toutes plantes bien cultivées et curieuses à plus d’un titre. A côté de ses orchidées, M. Dallé exposait également un certain nombre déplantés, dites de collection et de garniture, les unes à feuillage ornemental, parmi lesquelles, à côté des broméliacées, nous citerons: le dra-cœna Gladstonei, Taraucaria Bidwilli, en bel exemplaire, un medinella Thysmannii, superbe, et, parmi des plantes de la Nouvelle-Hollande et du Cap, quelques acacias bien cultivés, tels Ta. grandis et Ta. Riceana, un ixora princeps et un veronica diosmœfolia; les
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- autres recommandables par leurs fleurs, comme Tanthurium Scherzerianum Mme Dallière, des justicias et des aristolochias. Mais ne quittons pas M. Dallé sans signaler un lot important d’azalées (il y en avait 5o) cultivées en petites pyramides, lesquelles tout à fait bien fleuries et renfermant les belles variétés : azalea comte Osivald de Kerchove, a.perle de Ledeberg, etc. (3 premiers prix).
- Nos regards sont ensuite attirés par l’exhibition d’un maître en horticulture, d’un maître et de son fds, en passe de le devenir à son tour, nous voulons dire, et tout le monde les a reconnus, MM. Duval et fds qui avaient, à notre intention, sorti de leurs serres si intéressantes de Versailles leurs plus rares broméliacées et aroïdées hybrides : le vriesea Kitteliana, le v. magnijica, le v. Pœlmanii, le v. Grieseniana (une nouveauté fort belle), Y anthurium souvenir d’Antoine Chantin, l’a. Rothschildianum, l’a. triumphans, Ta. mile de Versailles, etc.; déplus, un superbe lot de draceena Sanderiana (premier, deuxième et troisième prix).
- Puis ce sont, dans un concours (imprévu encore!) les cinéraires de M. Férard, plantes de haute nouveauté par les variétés blanches (dont la forme boule-de-neige), rouges et bleu d’azur (deuxième prix).
- Avec M. Magne, nous retrouvons, à côté d’un beau lot de gloxinias, les orchidées, composant une petite collection de cypripediums, tels le c. Hyeanum, le c. x selligerum majus, le c. X Lili Mahot, etc.; et, à leurs.côtés, nous voyons le curieux scuticaria Steelii et le cymbidium eburneum. Ne laissons pas passer le nom de cet amateur sans le saluer sympathiquement; il est, en effet, un des rares, parmi ceux de notre pays, qui aient cru devoir affronter le feu, non des enchères marchandes, mais des exhibitions purement platoniques. Et nous saurions d’autant moins ne pas le donner comme exemple à ses collègues les amateurs d’horticulture, que cet exemple en a été, en somme, bien peu suivi, et que M. Magne ne s’est pas contenté de figurer dans les concours de la Classe 47, mais n’a pas craint, quoi qu’il dût en coûter à son temps et à sa bourse, de faire, dans plusieurs classes du Groupe VIII, de nombreux concours, avec des résultats plus ou moins heureux, il est vrai, mais avec un courage et un désintéressement absolument dignes d’éloges (troisième prix).
- M. Maron est un nouveau venu dans le firmament des fleurs, du moins en qualité d’horticulteur-marchand (car il nous était connu depuis longtemps déjà comme jardinier-chef); et le voilà déjà passé étoile de première grandeur, tant il est vrai que, pas plus dans le domaine de Flore que dans celui de Melpomène,
- La valeur n’attend pas le nombre des années.
- Dire les noms des anciens patrons de M. Maron : MM. Edouard André, Darblay et Fournier, suffit à indiquer quelle habileté ces distingués amateurs de plantes lui reconnaissaient, et nous ajouterons quelle confiance ils avaient placée en lui. Si nous en croyons les résultats obtenus par cet infatigable praticien, cette confiance ne s’était pas égarée. Que dire, en effet, des merveilles que, pendant tout le cours de l’Exposition, M. Maron va faire défiler sous nos yeux ! D’aucuns pourront le chicaner sur la spéciali
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- sation, peut-être un peu bien étroite, dans laquelle il a cru devoir se confiner. Mais, outre qu’il ne faut pas oublier que M. Maron est un professionnel, et que, par suite, il doit, avant tout, songer à la réussite commerciale de ses combinaisons horticoles, de plus, que ne pourrait-on lui pardonner en présence des chefs-d’œuvre que son art a su créer, pour le plus grand divertissement de nos yeux? A peine l’Exposition ouvre-t-elle ses portes, que c’est déjà un pur enchantement! Et quand elle les fermera, nous resterons encore sous le charme !
- Nous disions tout à l’heure que M. Maron s’était spécialisé à l’extrême; en effet, avec lui, nous ne verrons, par la suite, comme aujourd’hui, que des orchidées et des hybrides produits seulement par deux familles et nous le regrettons, car si M. Maron avait appliqué ses réels talents de semeur à croiser entre elles plusieurs autres familles si intéressantes d’orchidées (comme l’avait fait avant lui M. Bleu, notre grand maître à tous), il aurait sûrement rendu de très grands services à la science horticole.
- Qu’on nous permette cette légère critique, qui est surtout un regret et examinons maintenant ses envois du premier concours.
- C’est d’abord le lælio-cattleya X callisloglossa gigantea (lœlia purpürata X /. jlava), le L c. X Impératrice de Russie (cattleya labiata Mendelii X lœlia Digbyana), le L c. X Berthe Fournier [lœlia elegans X cattleya Dowiana aurea), le l. c. X Hyeana, le l. c. X Highburiensis [lœlia cinnabarina X cattleya Lawrenceana), le l. c. X Attila [lœlia pur-purata x cattleya Lawrenceana). Toutes sont de superbes plantes. Pour les unes, les dimensions sont colossales; pour d’autres, la coloration est somptueuse, et pour toutes la floraison et la culture sont incomparables.
- Al. Régnier nous ramène dans les productions pures et simples de la bonne nature ! Ah ! ce n’est pas lui qui se chargera de la corriger, de l’amender, de l’améliorer, ou même de l’abîmer ! Non, il se contente de nous présenter les bonnes vieilles orchidées d’origine asiatique qui ont causé tous ses succès ; ce sont : le dendrobium macrophyllum, le vanda cœrulescens, le v. lamellata Boxallu, et surtout le phalaenopsis amabilis, le p. grandijlora aurea, le p. Schilleriana (premier prix).
- Avec MM. Simon et fils, la scène change d’aspect. Au lieu des élégantes fleurs d’orchidées, nous nous trouvons maintenant en présence de plantes d’aspect étrange et rébarbatif, dénommées plantes grasses et puisées indifféremment dans les familles des cactées, des euphorbiacées, des amaryllidées, des saxifragées, etc., végétaux de contexture charnue, hérissés de dards et d’aiguillons ou recouverts de poils et qui, s’ils jouissent en Allemagne d’une vogue qu’explique assez bien la tournure d’esprit de nos voisins d’outre-Rhin, n’éveillent chez les amateurs français, et même des autres pays, qu’une assez médiocre estime. Et c’est vraiment dommage. Bien entendu, nous ne saurions préconiser la culture de ces plantes, du moins en grande quantité, comme on est accoutumé de le faire pour les orchidées, pour les broméliacées, pour les palmiers, etc. Mais si nous ne recommandons pas de faire des collections de ces plantes grasses qui, lorsqu’elles sont défleuries, ont un aspect lourd, disgracieux et souvent ridicule, il n’en est pas moins vrai que la beauté de leurs fleurs de dimensions sou-
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- vent telles, quelles rappellent certains nymphéas, certains magnolias, devrait néanmoins attirer sur elles l’attention des amateurs d’horticulture dans les serres desquels quelques spécimens de ces végétaux feraient une agréable diversion, au milieu des plantes à feuillage ornemental ou à Heurs, plus maigres peut-être, mais plus élégantes. Nous ajouterons que la couleur des fleurs de cactées, etc., est généralement fort délicate, et que, si leurs formes varient peu, en revanche, les tons qui les décorent forment une gamme de tons extrêmement riches : depuis le jaune le plus fin jusqu’au rouge le plus éclatant, toutes les couleurs du prisme sont mises à contribution, et nous allons assister avec MM. Simon et fils, pendant le cours de l’Exposition, à nue exhibition réellement fort curieuse déplantés grasses, exhibition à laquelle nous ne reprocherons qu’une chose, sa trop longue monotonie. Le premier concours de ces exposants nous a montré un certain nombre de spécimens, dont quelques-uns remarquables par leurs dimensions : euphorbia grandicornis, e. Hermantiana, e. hystrix, e. colubrina, e. cærulescens cereus Forbesti, c. Prmglei, c. marginatus, c. macrogonus, ecchinocactus Gru-sonii, phyllocactus madame Gourant, aloès spicata, a. grandis, aloès marmorala, etc. (premier prix).
- MM. Vilmorin-Andrieux et C10, de même que M. Ferard, exposaient un magnifique lot de cinéraires hybrides à grandes fleurs blanches, rouges et bleu d’azur, striés, variés, pyramidaux, maritimes, diamant et candidissima, le tout en parfait état de culture, bien entendu, puisqu’il s’agit de la maison Vilmorin (premier prix).
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- (9 mai.)
- Nous avons vu la lutte s’engager dans le premier concours. Avec le second, nous allons nous trouver transporté subitement au plus fort de la bataille horticole, que ce soit en raison de l’époque où a eu lieu ce concours, que ce soit par suite de l’émulation des exposants, émulation mise en éveil par le premier.
- Nous trouvons d’abord un tout petit lot d’orcliidées exposées par M. André. On y remarquait surtout un beau vanda suavis et quelques autres plantes de serre chaude (hors concours).
- M. Béranek, déjà nommé, avait un ensemble d’orchidées variées qui nous a semblé le plus considérable et le mieux composé de ce concours. Nous y avons surtout remarqué un cattleya Luddemanniana, assez délicat, et de bons c. labiata Mendelii et c. L Mossiæ, un cypripedium bellatulum, un c. Rolkschildianum, un selenipedium caudatum, un phajus X Sanderianus, un p. X ISormanii, un epidendrum Wallis 11 (deuxième prix).
- Après M. Béranek, nous retrouvons également MM. Cappe et fils qui présentaient un joli groupe d’espèces diverses d’où se détachaient surtout un certain nombre de cypri-pediums hybrides : cypripedium x Directeur Picard (c. x nitens X c. X Leeanum), c. X colonel de Villebois-Mareuil (c. cdiolare X c. x Charlesworthii'j, un vanda Kimballiana,
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- un cattleya Skinnerii, des c. labiata Trianœi, c. I. Mendelii, c. Acklandiæ, et un cypri-pedmm insigne mavginalum, bien voisin du c. i. montanum (deuxième prix).
- Indépendamment des orchidées, MM. Cappe exposaient une belle série dé anthurium Scherzerianum à fleurs ponctuées et dont quelques-uns étaient fort beaux (deuxième
- prix).
- M. Dalle avait envoyé un lot de plantes de serre, parmi lesquelles nous signalerons un fort exemplaire de medinilla javanica, un superbe latania erecta et un beau spécimen de Y araucaria Bidwillii (premier prix).
- Un second concours d’orchidées fleuries, fait par le même exposant, nous montrait, entre autres plantes, un certain nombre de vandas, de masdevallias, d’oncidiums, de cattleyas, d’odontoglossums, etc., disposés avec goût en un joli groupe, au milieu de son lot de plantes à feuillage (premier prix).
- M. Debille n’exposait qu’une seule espèce, mais en nombreux sujets; c’était une azalée nouvelle, obtenue par l’exposant et issue de Yazalée Impératrice des Indes, plante à laquelle il a donné le nom de a. madame Moreux. Cette belle variété, fixée maintenant, et qui possède des qualités supérieures à la plante dont elle vient, jouit de fleurs nombreuses, grandes, doubles et délicatement colorées (premier prix).
- M. Doin, en sa qualité d’orchidophile et de président du Jury de la Classe 47, ne pouvait faire moins que d’apporter à notre exposition le concours des merveilles que recèlent les serres de son château de Semont, merveilles que malheureusement il nous est si rarement donné d’admirer. Tout serait à citer parmi les plantes qu’il a exposées. Le groupe en était de toute beauté et les espèces choisies étaient représentées par des formes d’élite. Nous nous contenterons de signaler dans ce lot si remarquable le cattleya Shnnern alba, de superbes c. labiata Mendelii, le c. speciosissima et le c. Schilleriana, le phajus x Normanii tenebrosa et lep. X Cooksonii, un lælia superbiens, un 1. purpurata très bon, un cymbidium Lowii concolor, un maxillaria Sanderiana, un splendide odonloglossum luteopurpureum et une variété de la même espèce intitulée radiatum, un o. Lindenii, à faciès cl’oncidium, un o. Rossii Humeanum, un cypripedium x macropterum (c. Lewii X C. superbiens), un c. x Watteau. Nous nous en tenons là, car tout, absolument tout, mériterait l’honneur d’être cité, et nous nous excusons de disposer de trop peu de place pour pouvoir le faire (hors concours).
- MM. Duval et fils ne se sont pas encore attaqués cette fois-ci aux orchidées, dans la culture desquelles ils excellent cependant. En revanche, ils ont multiplié leurs apports et nous ont montré simultanément, en plusieurs lots, un véritable choix anthurium Scherzerianum, les uns aux spathes rouges unicolores, les autres aux spathes pointillées; nous y avons remarqué, entre tous, une variété tout à fait hors ligne, dénommée a. président Sylvestre de Sacy. Tout à côté, nous voyons un magnifique assemblage de vrieseas hybrides variés, dont un, exposé à part, le v. Colonel Marchand. Puis, nous signalerons des mêmes exposants un ensemble A’hydrangea. monstruosa, hortensias fort beaux et d’une culture parfaite (4 premiers, deuxième et troisième prix).
- M. H. F. Helbig est le premier exposant étranger qui ait abordé les concours de la
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- Classe 47, avec line collection importante cl’azalea indica bien cultivés. Puisque le hasard met son nom sous notre plume, souhaitons-lui la bienvenue et avec lui saluons tous ses collègues des divers pays du monde qui ont bien voulu répondre à notre cordiale invitation (deuxième prix).
- Revenons en France avec M. Lange qui, dans une serre à part, exposait un lot de plantes à feuillage ou fleuries desquelles nous n’avons pas grancTchose à dire ( a d euxième s prix ).
- Nous voici de nouveau en présence des orchidées hybrides de M. Maron. Nous avons épuisé avec lui précédemment tontes les formules laudatives, et il nous serait impossible d’en trouver de nouvelles. Aussi nous contenterons-nous de signaler les plantes les pins remarquables qu’il ait exposées et le succès qu’elles ont remporté. Inclinons-nous donc devant les espèces que nous n’avons pas déjà vues au dernier concours, c’est-à-dire lœlio catileya X radiata superba [lœlia purpurata X c. nobilior), L c. X Mozart (cattleya labita x lœlia purpurata), cattleya X Louis Chaton, lœlia X Henry Greenwood, L x Latona, lœlio cattleya X madame Martin-Cahuzac (lœlia Stelzeriana X cattleya Hardyana), la plante la plus remarquable du groupe. Nous ne parlerons pas du helio-cattleya'X Impératrice de Russie superba, non plus que des multiples sous-variétés que nous rencontrerons au cours de notre étude dans les expositions de M. Maron, hormis que quelques-unes de leurs qualités tout à fait spéciales ne forcent notre attention. Car ce qui est affaire d’horticulteur-marchand, en vue de la vente, ne saurait être enregistré dans un rapport qui est avant tout par sa nature d’ordre spéculatif. A côté de ses hybrides, M. Maron exposait aussi un lœlia Dygbiana et un cattleya labiata Mendelii qui sont les parents du lœlio-cattleya x Impératrice de Russie. On ne saurait trop approuver le procédé employé par M. Maron, et qui consiste à exposer, en même temps qu’un hybride, les parents dont il est issu. Nous n’insisterons pas sur les avantages que peut présenter une pareille exhibition qui permet de constater les progrès réalisés dans l’obtention déplantés nouvelles; aussi félicitons-nous l’habile semeur d’avoir pu donner un corps, grâce à une floraison parallèle, à cette excellente idée. Signalons encore dans le lot de M. Maron un lycaste Skinnerii alba, car nous n’aurons malheureusement pas à constater assez souvent dans les futurs apports de cet exposant des plantes autres que ses hybrides du genre des læliées (3 premiers et deuxième prix).
- M. Micheli, amateur d’horticulture suisse, exposait un lycaste Micheliana sur la nouveauté duquel nous nous permettons d’émettre quelques doutes, jusqu’à ce qu’il nous soit permis plus tard d’établir une diagnose exacte de cette espèce, du reste sans grande valeur ornementale (mention honorable).
- Avec M. Otto Olberg, de Dresde, nous retrouvons un lot d ’azalea indica, dénommée : deutsche Perle, en fortes plantes, d’une belle culture (deuxième prix).
- M. Régnier avait un groupe analogue à celui que nous avons déjà vu, et composé d’orchidées indiennes (ærides et cypripediums ) ; nous y remarquons surtout un beau phalœnopsis amabilis Dayana (deuxième prix).
- M. F.-J. Seidel, horticulteur à Striesen Dresden (Saxe), exposait une remarquable
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- collection d’azalea inclica, greffés sur rhododendrons; la plupart des bonnes variétés du commerce, représentées par des spécimens dont la forme était parfaite et dont les dimensions étaient parfois colossales, se trouvaient dans ce lot, où Ton pouvait distinguer surtout 1 ’azalea flambeau, Va. Wilhehm Scheurer, Ta. duc de Nassau, etc. (premier prix).
- M. Ernst Seyderhklm, de Budapest, nous envoyait quelques beaux exemplaires (Yazalea indica (mention honorable).
- Nous ne quittons guère l’Allemagne avec MM. Simon et fils, puisque nous trouvons dans leur lot ces plantes qui sont surtout fort en honneur, chez nos voisins de la Germanie. A première vue, il semblerait que nous nous trouvons en face du même concours que celui présenté par les mêmes exposants et que nous avons eu à juger au mois d’avril; cependant les lots en sont plus importants. Nous y remarquons lephyllocaclus triomphe de Guebwiller, le p. albus candidissimus, le p. boule de feu, le p. Edouard André, le p. Empereur du Maroc, etc., merveilleusement fleuris. Des mêmes présentateurs, euphorbia natalensis, e. candelaber, aloes succotrina, a. Salm-Dykiana, a. Spinosa epiphyllum Gærtnerii, e. Mackoyanum, etc. (2 premiers et 3 deuxièmes prix).
- Le lot de MM. Vallerand frères était absolument charmant : il se composait de magnifiques gloxinias, parmi lesquels nous avons remarqué le g. madame Guillemain, le g. madame Dupuis, le g. Patria, le g. le progrès, etc., qui étaient accompagnés d’autres gessnériacées, tels ' achimenes docteur Haft et streptocarpus hybride et aussi le sculellaria costaricana (premier prix).
- Ici, nous retrouvons encore les cinéraires de la maison Vilmorin-Andrieux et Clc, avec seulement une variété de plus. Autant nous avouons ne pas comprendre la répétition d’une telle exhibition (car c’était, en somme, une répétition, et rien d’autre), autant nous admirons le lot de calcéolaires qu’exposaient les mêmes présentateurs : calcéolaire hybride variée, c. le Vésuve, c. anglaise, c. la pluie d’or, etc. (2 premiers prix).
- M. Robert Weissbach, de Dresde, complétait par un lot d'azalea Hélène Thellmann les magnifiques apports faits par les horticulteurs allemands dans ce genre de plantes (troisième prix).
- IIIe CONCOURS TEMPORAIRE.
- (a3 mai.)
- Le troisième concours a été encore plus remarquable que les précédents, aussi bien par le nombre des exposants que par la qualité de leurs apports; mais nous avons le vif regret d’y constater l’absence presque absolue de concurrents étrangers.
- Nous commencerons notre visite par M. Béranek qui exposait un très grand nombre d’orchidées dans un beau groupe bien disposé. Nous n’en citerons que les raretés : Odontoglossum Hunewellianum, miltonia Bleuana nobilior, zygopetalum X Perrenoudii, et tant d’autres plantes, d’une culture d’autant plus remarquable que c’est à Paris que se trouve l’établissement de M. Béranek, et Dieu sait combien est contraire aux plantes de serre le milieu des agglomérations urbaines! (premier, 3 deuxièmes et troisième prix).
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- M. Rert, qui exposait dans la serre de M. Cochu, présentait, selon son habitude, de bonnes espèces d’orchidées choisies, parmi lesquelles nous remarquerons une touffe énorme et bien fleurie de cymbidium Lowiannum, un cymbidium concolor, un oncidium Krci-merianum, de beaux cattleyas et de bons odontoglossum crispum, un o. Wilckeanum, un lœlia x Ragotinia, etc. (2 deuxièmes prix).
- Dans le lot exposé par MM. Cappe et fils nous trouvons une plante très remarquable, le lycaste x Cappei ( 1. Deppei x l. Skinnerii), d’une belle coloration cuivrée, et qui, comme on l’ajustement observé, a beaucoup d’analogie, avec un hybride obtenu précédemment par nous, le l.xMantinii (II. Skinneriixl. plana). Puis, à côté de cette belle plante, on pouvait remarquer de beaux odontoglossums, cattleyas, etc. (premier et deuxième prix).
- La maison Veuve Antoine Chantin et enfants, avait exposé dans une serre à part, quelle garnira du reste jusqu’à la fin de l’Exposition, une belle collection de plantes de serres variées, et souvent en fort beaux spécimens; nous signalerons parmi elles surtout un lot d’antburiums hybrides dont l’a. Andreanum. A côté nous trouvons le Prit-chardia pacijica, le rhapis flabelliformis, le thrinax argenlea, le Wallichia caryotoides d’autant plus remarquables que ces sortes de palmiers sont par leur nature très délicats, et que les exemplaires présentés étaient absolument magnifiques. Puis, c’est un Sabal Blackbu-rianum, haut de 6 mètres avec un diamètre de 8, une vraie merveille, un cocos auslralis Bonnelii (7 mètres de haut), un araucaria excelsa, spécimen absolument parfait malgré ses six étages de branches tout à fait intactes, un Seaforthia elegans, un latania borbonica mesurant 1 m. 3o de tour à sa base, un chamœrops excelsa (7 mètres de haut), un areca sapicla (5 mètres de haut), etc., et enfin une nouveauté dans le genre broméliacées, où cependant elles ne sont pas rares, Yœchmea Chanlinii, qui ne manque pas d’attraits (premier et deuxième prix).
- Le Comité spécial de l’horticulture de Vienne (Autriche) a exposé un certain nombre de plantes variées remarquables, puisées, si nos renseignements sont exacts, dans plusieurs collections: d’abord, celle de Sa Majesté l’Empereur d’Autriche, puis celles du prince Jean de Lichtenstein et du comte Jean-François Harroch. Nous ne saurions citer toutes les curiosités exposées dans ce lot où nous avons cependant à signaler un todea barbata, fougère arborescente de toute beauté, un Fockea capensis, qui est peut-être bien le seul exemplaire existant au monde de cette asclepiadée qui a disparu, même dans sa patrie, plante qu’on nous dit être centenaire, un calamus ciltaris, un cereus peruvianus monstruosus, un phœnix Bœbelini, un ceratozamia Denisonii, un dœmonorops priacanthus. un aralia spathulata, un croton magnoliœfolium, puis une collection d’antburiums, de sarracenias et de diverses plantes du Cap et de la Nouvelle-Hollande, bref un vrai régal de souverains (hors concours).
- Notons en passant un lot de plantes à feuillage cultivées en vue de la vente sur les marchés et exposées par MM. Cordonnier et fils, lot renfermant surtout des latanias, des arecas, des cocos (mention honorable).
- M. Dallé, qui est un fidèle des expositions et qui ne cessera pas de faire des présen-
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- PLANTES DE SE1UIE.
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- talions jusqu’à la fin de nos concours, avait envoyé, entre autres plantes, de beaux spécimens de Kentia Wendlandiana (4 mètres de hauteur), de K. Australis (Am.5o), de chamerops stauracanlha (5 mètres), de Beschorneria yuccœfolia, et surtout de licuala grandis, plante excessivement intéressante. Et à côté d’un certain nombre d’orchidées, de broméliacées et d’aroïdées, on distinguait encore le metrosideros jloribunda, le diosma purpurea, le boronia elatior et le clerodendron Balfourianum : le tout en parfait état de culture ( 2 seconds prix).
- M. Dallemagne avait exposé une importante collection d’orchidées qui se distinguaient par l’excellence de leur culture; aussi pouvait-on constater dans les plantes de son lot une grandeur inusitée dans les fleurs d’une abondance luxuriante et un feuillage de superbe tenue. Bref, le lot était voisin de la perfection, grâce également au choix judicieux fait dans les variétés présentées. Mais pourquoi faut-il que M. Dallemagne ait négligé le cadre de son exposition et n’ait pas accompagné ses magnifiques orchidées d’un certain nombre de plantes vertes qui en eussent encore rehaussé l’éclat? On ne saurait en effet trop engager les exposants à ne pas laisser de côté la partie pittoresque de leurs présentations. Nous remarquerons dans son lot des Miltoniopsis vexillaria d’une culture parfaite, des cattleyas, des oclontoglossums, des cypripediums, des oncicliums, tous bien venus (premier prix).
- Avec M. Dutremblay du May, nous trouvons un des rares amateurs qui aient affronté nos concours. Aussi sommes-nous doublement désolé de n’avoir point à lui décerner les éloges que son expérience aurait mérités en principe, si elle eût été conduite plus judicieusement. Mais M. Dutremblay du May, soit que sa collection fût insuffisante, soit pour tout autre motif, n’avait envoyé qu’un lot tout à fait insignifiant, et qui, s’il eût pu faire quelque figure dans une exposition locale, paraissait un peu pauvre et étriqué dans une grande exhibition internationale. Nous ne voudrions pas décourager cet amateur qui est, nous le savons, plein de bonne volonté; mais notre rôle de rapporteur nous oblige à mettre les choses à leur point exact. Puisse M. Dutremblay, qui exposait des orchidées et des authuriums, écouter nos conseils pour l’avenir, et nous ne doutons pas que le succès ne vienne couronner ses courageux efforts (mention honorable).
- Avec MM. Duval et fils, nous trouvons, en la personne de M. Léon Duval, un des horticulteurs les plus intelligents de notre pays; et cette intelligence que nous nous plaisons à lui reconnaître, ce qui n’est que justice, est telle qu’elle embrasse tous les domaines de l’horticulture pour trouver un aliment qui puisse la satisfaire. C’est ainsi que pour le concours actuel nous voyons sa firme entreprendre jusqu’à sept concours, comprenant d’abord des orchidées, représentées par quelques bons types des espèces dites commerciales, puis des authuriums parmi lesquels nous signalerons a. Gloire des rouges, a. formosum, a. violaceum, a. fulgidum, a. carneum, a. x président de Sacy et a. x la France. Si nous quittons les orchidées et les aroïdées nous découvrons, parmi les plantes exposées par MM. Duval, de magnifiques broméliacées dans la culture et la production desquelles nos exposants occupent la première place. Chacun sait, en effet, Gn. Vllt. — Ci.. 47.
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- le rôle important que joue cet établissement horticole dans l’hybridation de cette famille de plantes dont elle a su corriger l’aspect métallicpie et disgracieux par la création artificielle de formes générales nouvelles, moins raides et à inflorescences plus colorées. Aussi est-ce avec plaisir que nous saluons entre un certain nombre de Vriesea, le F. elegans, le F. Fulgida, le F. splendida, le F. commandant Marchand, le F. magnifica, puis le Tdlandsia Duvcdi, le Bilbergia rhodocyanœ, le caraguata Zafinii, etc. (2 premiers, h deuxièmes et 2 troisièmes prix).
- MM. Gentilhomme et fils nous transportent dans un tout autre milieu, et combien charmant! Rien de plus délicatement gracieux, en effet, que leurs bruyères du Cap; et quelle culture absolument merveilleuse ! Et Dieu sait que ces sortes de plantes, avec leur aspect tout à fait modeste, sont des plus difficiles à traiter, et surtout à mener au point où sont celles que nous trouvons dans le lot devant lequel nous nous sommes arrêté, et qui faisait, nous avons pu le constater, de visu, le charme des visiteurs du Palais de l’horticulture. Quel groupe délicieux que celui de MM. Gentilhomme! lequel comprenait de nombreuses éricacées, parmi lesquelles erica ventricosa tricolor, e. Vilmoreniana, e. deprossa major, les charmants Boronia heterophylla, h. speciosa, etc. (premier et troisième prix).
- M. Lange avait exposé, dans une serre qu’il occupait entièrement, de nombreuses espèces de plantes qui, en raison de la beauté de celles, similaires, qui figuraient au même concours, nous ont paru de qualité un peu inférieure; c’étaient surtout des végétaux dits de garniture ou d’appartement, pris dans les genres : phœnix, dracæna, kentia, croton, anthurium. Le même exposant nous montrait aussi un assez joli lot d’épacris en fleurs (premier et deuxième prix).
- Saluons en M. R. Lebaudy un de ces trop rares amateurs qui ont bien' voulu nous montrer leurs richesses florales. Quel splendide lot, que celui de ses caladiums, si bien cultivés par son jardinier-chef, M. Page ! Et ses orchidées lui font également le plus grand honneur. Elles ne renferment pas les joyaux qui parent les collections des maîtres en ce genre, les Chamberlain, les Trevor Lawrence, les Hye-Leysen, etc.; mais que de belles choses cependant ! et surtout parmi les hybrides obtenus dans les serres de l’exposant, comme le Cypripedium X Mariœ (c. Leeanum x c. Chamberlainianum), une vraie perle, le C. x Youngianum, et à côté de ces métis, de belles et bonnes plantes, connues, et non banales cependant (premier et deuxième prix).
- M. Lesueüii nous avait envoyé une belle collection d’orchidées très bien cultivées. A côté de plantes courantes, nous signalerons surtout un admirable cattleya labiata Men-delii, un curieux cirrhopetalum robustum, un ornithocephalus grandijlorus, plante presque botanique et qu’on voit rarement, un epidendrum elegantulum, un zygopetalum x Pcrre-noudi, un cattleya labiata Mossiæ imperialis, une collection d’odonloglossum crispum de la variété dite de Patclio et surtout un cypripedium x docteur Clinge Doorembos (c. Lawren-ceanum x c. Bothschildianum) qui faisait l’admiration de tous les connaisseurs (premier prix).
- M. Magne, surtout connu par ses essais de culture des plantes alpines, essais que tant d’autres ont tentés avant lui sans succès et au sujet desquels nous espérons bien
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- PLANTES DE SERRE
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- qu’il n’éprouvera pas les déboires de ses prédécesseurs, M. Magne, un nouveau venu dans le royaume des orchidées, avait envoyé un assez joli lot de plantes que nous sommes d’autant plus heureux d’avoir vu figurer à notre troisième concours, que leur présentateur est encore un de nos rares amateurs d’horticulture qui aient bien voulu affronter les risques d’une lutte avec les professionnels. Ses plantes étaient belles en général, agréablement disposées, mais ne possédaient pas une grande valeur intrinsèque, à part un très beau vancla suavis (premier prix).
- A propos de M. Maron , nous ne pouvons répéter que ce que nous avons dit précédemment. Nous signalerons parmi ses hybrides : le laelio-cattleya X Martinetii Jlavescens (cattleya labiata Mossiae aura X laelia grandis tenebrosa), plante d’une valeur exceptionnelle. Pour le reste du lot de M. Maron, nous nous contenterons d’admirer de nouveau une culture qui est vraiment surprenante ( 3 premiers et second prix).
- M. Piret, (pii s’est sous-spécialisé, comme chacun sait, dans la culture des cattleya Mossiæ blancs, nous montrait une fois de plus toutes les variétés albiniques, plus ou moins décolorées, qu’il a introduites du Vénézuéla et qui ont établi sa réputation. Mais, si nous admirons certaines de ces variétés, nous ne saurions féliciter le présentateur à l’occasion de sa façon de cultiver. Et puis, que signifie cette débauche de dénomination ? Il est très habile de flatter la vanité des gens en leur dédiant une variété plus ou moins nouvelle d’une espèce connue; mais c’est le rôle, et nous ajouterons le devoir, des gens du métier, de crier holà! quand cette tendance, de la part des baptiseurs, menace de prendre des proportions trop envahissantes.
- Ah! ce n’est pas M. Régnier qui se montrerait prodigue de prétendues innovations dans le domaine des orchidées ! Car, quelle valeur de plus eussent ajoutée à ces bonnes vieilles plantes qu’il nous présente sans se lasser, et sans nous lasser, quelques dénominations plus ou moins fantaisistes? Ce sont les plantes de la Malaisie et celles de l’Inde que nous revoyons dans son lot, et du reste fort belles, comme toujours (deuxième et troisième prix).
- Nous revoici en face de plantes grasses de MM. Simon et fils, et réellement, si nous n’étions prévenu que les espèces et les plantes présentées diffèrent de celles que nous avons déjà vues, nous nous croirions encore en face des précédents concours faits déjà par les mêmes exposants. Aussi nous dispenserons-nous d’entrer dans leur analyse détaillée. Nous nous contenterons de dire que nous avons vu dans leur lot de magnifiques cactées, dont nous admirons toujours la belle culture (2 premiers et à seconds prix).
- Société des bains de mer de Monaco. — C’est dans le troisième concours que nous avons eu à apprécier l’admirable apport de la Société des bains de mer de Monaco, et le mot k admirablew est encore au-dessous de la vérité. On ne savait, en effet, sur quoi s’extasier le plus dans le magnifique lot qu’avait apporté cette Société : sur la beauté des spécimens, sur leur rareté ou sur leur culture. Leur jardinier, M. van den Daele, a droit aux plus vifs éloges pour cette présentation hors de pair. Nous savons bien que le milieu où vivent ces végétaux est favorisé par la plus clémente des températures,
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- que cette circonstance rend l’œuvre du cultivateur d’autant plus facile; mais c’est meme en tenant compte de ces facilités extérieures que nous manifestons tout le plaisir que nous a causé un apport d’une valeur aussi supérieure. Il serait impossible de choisir entre les anthurium Warocqueanum, Leodiense, acaule, Martianum (avec feuilles de 1 m. 5o de long), pandanus Baplistii, pandanus Veitchii, platycérium grande, plaly cérium alcy-corne, pothos celatocaulis, cochlioslema Jacobianum, philodendron Scholtianum, Diejfenbachia marmorea, Schummatoglossis commulata, Drynaria musœfolia, et combien d’autres, parmi lesquels nous signalerons encore un vanilla aromatica, orchidée en liane couverte de fruits. A côté de ces splendides spécimens de plantes de serre, la meme Société exposait aussi un lot intéressant de palmiers cultivés en pleine terre dans la principauté de Monaco (2 premiers prix).
- Nous nous trouvons maintenant en présence d’une institution très intéressante. Après la Société commerciale que nous venons de rencontrer, voici un établissement philanthropique, la Société du refuge du Plessis-Piquet, qui a pour but de recueillir des enfants de la religion israélite et de leur enseigner un certain nombre de professions, parmi lesquelles celle de jardinier. Les cultures en serre de cet établissement son1 encore très récentes, nous dit-on. Aussi n’aurons-nous pas à signaler dans ses apports des succès de premier ordre. Mais, tels qu’ils sont, nous devons leur donner une mention spéciale, à cause de l’utilité même d’un établissement de nature telle que nous voudrions en voir de semblables se multiplier en France, car nous ne doutons pas que des institutions de cet ordre ne puissent rendre à l’horticulture les plus signalés services, et nous ne saurions trop en encourager la création, à côté des établissements divers de l’Etat, reconnus par tous comme insuffisants. Le Refuge du Plessis-Piquet avait exposé un certain nombre de plantes fleuries et de broméliacées, d’une valeur intrinsèque assez relative, mais donnant de belles promesses pour l’avenir (troisième prix et mention honorable).
- MM. Vallerand frères, spécialistes en gessnériacées et surtout en gloxinias, nous avaient fait un de ces apports auxquels ils nous ont habitués, c’est-à-dire que les filantes envoyées par eux étaient d’une culture absolument parfaite. Nous y distinguons des gloxinias des types les plus divers, de toutes les couleurs et à Heurs très grandes; nous citerons parmi eux les gloxinia Patrie, roi des rouges, coquet, Alphonse-Karr, ciel azuré, beauté printanière, sylphide; cette dernière plante a la lleur d’un blanc immaculé. Puis, ce sont des achimenes, des streptocarpus, des tydaæs de nægelias et cette curieuse labiée, le sculellaria Mociniana (toquette de Mocino), etc. (2 premiers et 1 second prix).
- Nous retrouvons, avec MM. Vilmorin-Anprieux et Cie, les cnlcéolaires que nous avons déjà admirées au deuxième concours, avec, en plus, quelques nouveautés. Nous ne faisons donc que les signaler, en constatant, comme toujours, leur belle culture (premier prix).
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- IVe CONCOURS TEMPORAIRE.
- ( 13 juin.)
- On nous excusera de nous être étendu aussi longuement sur les détails des expositions que nous venons de parcourir, mais nous avons cru devoir le faire pour bien montrer quelles étaient les richesses des apports qu’on pouvait y voir et pour donner comme une idée de l’esprit qui avait animé les exposants en vue de ces concours. Maintenant que nous croyons avoir rempli notre devoir en ce sens, on nous permettra de passer dorénavant plus brièvement sur l’examen analytique des concours qui vont suivre. Nous savons maintenant à quoi nous en tenir ou à peu près sur le genre adopté par chacun des exposants qui ressortissaient à notre Classe, sur la façon dont ils comprenaient leur participation à l’Exposition et sur la nature des végétaux qu’ils soumettaient à notre appréciation. Ce n’est donc que quand nous nous trouverons en face d’une manifestation nouvelle, soit par la personnalité du présentateur, soit par la nature des objets présentés, que nous entrerons, sauf exception, dans des détails qui, autrement, n’ajouteraient rien aux indications générales que l’on était en droit d’attendre de nous. On voudra bien, par conséquent, nous pardonner la forme un peu aride que va prendre notre rapport jusqu’à la fin des concours que nous avons encore à examiner.
- M. Beranek. a continué à exposer une collection d’orchidées renfermant des cattleyas et des cypripediums (2 premiers prix).
- M. Bert avait également une belle collection d’orchidées, surtout dans les genres cattleya et odontoglossum (premier prix).
- Chez MM. Cappe et fils, nous voyons, dans un joli groupe d’orchidées, des cypripediums, des odontoglossums et des cattleyas, parmi lesquels nous signalerons, en passant, un très beau cattleya intermedia alba (2 deuxièmes et troisième prix).
- M. Cuantin (Auguste), que nous rencontrons pour la première fois, exposait un beau lot de bégonias, parmi lesquels nous remarquons le bégonia x La Glacière (bégonia rex x bégonia décora) et quelques jolies orchidées (hors concours).
- L’activité de MM. Duval et fils se manifeste aujourd’hui par des apports différents encore de ceux qu’ils nous avaient déjà montrés : maintenant, ce sont des dracænas, des fougères, sans compter, comme toujours, des orchidées, le tout en superbe état. A propos de ces dernières, nous signalerons spécialement que les plantes présentées par MM. Duval avaient été cultivées dans le terreau de feuilles, au lieu de la terre de poly-pode dont on se sert habituellement. M. Léon Duval étant le protagoniste de cette sorte de culture en France, son exhibition avait un double but : d’abord exposer, puis montrer ce qu’on peut attendre de la nouvelle culture qu’il préconise. Les autres plantes exhibées par MM. Duval étaient surtout de petits spécimens cultivés en vue de la vente sur les marchés : dracœna Massangeana, adiantum Farleyense, pteris Wtmselti, pteris Vic-toria, lomaria Gibba, selaginella cæsia arborœ, etc., toutes plantes surtout utilisables pour les garnitures des fleuristes (3 premiers prix).
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- M. Garden a envoyé une petite collection, qui a paru un peu mesquine en la comparant par le souvenir avec celles qu’il est habitué de faire. Il est vrai que cet exposant avait eu la fâcheuse idée de venir affronter le jugement du public à quelques pas des exhibitions écrasantes de M. Maron, exhibitions avec lesquelles il eut fallu un lot important d’orchidées pour pouvoir lutter avec quelque avantage (mention honorable).
- M. Lange exposait un lot de bégonia rex bien inférieurs à ceux de M. Chantin, et un autre lot de plantes fleuries, sans grande valeur (mention honorable).
- M. Leraudy envoyait de nouveau une collection très remarquable cl’orchidées, parmi lesquelles le thunia Veitchii (premier prix).
- M. Maron continuait ses apports d’orchidées hybrides. Ce sont toujours les mêmes magnifiques gains cultivés d’une façon irréprochable; tels, par exemple, le lœlio-caltkya X Eudora. A côté de ces hybrides, signalons une plante qui leur est encore supérieure, quoiqu’elle ne soit issue que des combinaisons de la nature elle-même : nous voulons parler cl’un cattleya labiata Mossiœ, absolument merveilleux (trois premiers et deuxième
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- M. Quéneau-Poirrier avait exposé une belle collection d’éricacées variées, inférieures à celles que nous montrait précédemment M. Gentilhomme. Néanmoins, on y remarquait des erica coccinœ minor, ventricoza, brevijiora, superba, porcellaina (premier prix).
- M. Régnier continue à nous initier à la flore des orchidées de l’Incle et de la Malaisie par un petit nombre de plantes, dont un splendide œrides Godefroyanum majus (premier, deuxième et troisième prix).
- MM. Simon et fils, que nous revoyons aujourd’hui et que nous retrouverons, du reste, jusqu’à la fin des concours, avec l’exhibition de ces toujours belles' (quoiqu’un peu monotones) cactées, a su cependant encore nous intéresser par ses phyllocactées à fleurs tardives (premier prix).
- De même aussi MM. Vallerand frères, avec leurs gloxinias et leurs autres gessnéria-cées (premier et second prix).
- Ve CONCOURS.
- (27 juin.)
- M. Balme, voulant faire concurrence à M. Simon, a exposé un certain nombre de cactées mexicaines non fleuries, ce qui ne présentait qu’un intérêt assez relatif, ces sortes de plantes n’ayant de valeur réelle que par leur floraison, sans laquelle elles ne sont plus que de monstrueuses curiosités; nous avons remarqué, dans son lot, surtout les pilocereus semilis, mamillaria cirrhifers, mamillaria longispina, echmocaclus spinosus, echinocactus Grusomi, ecbinocactus electracanlhus (premier prix).
- M. Béranek ne présentait, cette fois, qu’un très petit nombre d’orchidées, parmi lesquelles nous remarquons un compareltia speciosa (troisième prix).
- M. Bert avait également un petit lot d’orchidées peu important, renfermant exclusivement des plantes dites de commerce (deuxième prix).
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- PLANTES DE SERRE.
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- MM. Cappe et fiis exposaient un petit groupe d’orchidées, dans lequel nous ne voyons aucune plante digne d’une mention spéciale (premier prix).
- M. Dallé avait apporté quelques modifications dans l’exposition permanente qu’il avait entreprise. Cette fois, on pouvait y voir le caladium comte de Maillé, le caladium candi-dum, le caladium l’automne, les niaranta media picta, cyanophyllum magnificum, coccoloba nocifera, dracœna madame Duval, chamærops nana compacta, justicia velutina, solanum Wendlandii, phœnix senegalensis (5 mètres de haut), pandanus utilis, etc., sans compter un certain nombre d’orchidées plus ou moins remarquables et un lot de kentia Balmoreana (3 premiers prix).
- M. Lebaudy avait entrepris un assez grand nombre de concours, en plus de ses orchidées, dont le magnifique groupe avait été présenté avec un art et un goût parfaits. Aussi a-t-il obtenu un très vif succès avec ses lots d’anthuriums et de gloxinias (2 premiers, un deuxième et un troisième prix ).
- M. Magne, dans une jolie collection d’orchidées, avait un beau vanda tricolor superba et un thunia Marshalliana (premier et troisième prix).
- M. Maron nous présente de nouveaux hybrides d’orchidées qui, malheureusement, ont presque tous, malgré leur beauté réelle, un vice originel, celui de n’être pas assez distincts les uns des autres et de sembler avoir une origine, sinon commune, au moins similaire ou parallèle. Néanmoins, nous admirons avec le public le lælio-cattleya x lady Wigan (lœlia purpurata Schrœderœ x cattleya labiata Mossiœ aurœ'j, le lælio-cattleya x duc de Massa (lœlia elegans Stelzneriana x cattleya Hardyana), le lælio-cattleya x monsieur Galpin, le lælio-cattleya monsieur Edouard-André, bref tout le dessus du panier du monde des orchidophiles (5 premiers prix).
- M. Régnier continue ses apports intéressants avec un vanda intitulé vanda docteur Edouard-Fournier et un aerides Houlletti Regnierii; gare aux noms de baptême! (deuxième et troisième prix).
- MM. Simon et fils nous représentent encore des plantes grasses qui, malheureusement, si l’on n’en juge pas d’après les étiquettes, semblent être toujours les mêmes. A côté de ces cactées aux fleurs magnifiques, MM. Simon et fils nous envoient un lot intéressant de honapartéas et de dasylirions (premier prix et mention honorable).
- MM. Vallerand ont exposé un beau lot d’achimenes (premier prix).
- VF CONCOURS.
- ( 18 juillet. )
- Abordons maintenant le sixième concours qui ne sera pas sensiblement différent des précédents. Nous n’y trouvons, à une exception près, aucun nom nouveau et, ajouterons-nous , aucune manifestation horticole nouvelle réellement digne d’intérêt.
- M. Ralme exhibait de nouveau une importante collection de cactées du Mexique, plantes grasses représentées par plusieurs spécimens gigantesques qui feraient certai-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
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- nement les délices des amateurs, dans les pays où il s’en trouve, de ces plantes étranges, mais plutôt curieuses que belles, et que, pour notre part, au point de vue artistique, nous abandonnerions volontiers aux seuls bons soins de la nature (premier prix).
- De M. Beranek, un lot d’orchidées (deuxième prix).
- M. Bert avait aussi une collection intéressante d’orchidées dans laquelle nous avons noté Yepidendrum nemorale. le vanda tores, Vanguloa unijlora et quelques autres espèces sans importance spéciale (premier prix).
- Avec M. Dallé nous trouvons de beaux anthurium Scherzerinnum, des caladiums et un dracœna Cantleyii, plante rare; puis, suivant l’habitude du présentateur, disséminées au milieu de ses plantes vertes, des orchidées variées (2 premiers et 3 deuxièmes
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- M. Dallemagne avait exposé un magnifique lot d’orchiclées, lot surtout remarquable par sa culture, qu’on nous a dit être faite uniformément dans du terreau de feuilles. Ce lot semble nous avoir prouvé que la culture en question réussirait surtout avec les Miltoniopsis vexillaria que nous n’avons jamais vus plus beaux; et cependant, de l’avis des spécialistes, les soins que réclame cette espèce sont particulièrement délicats (premier prix).
- MM. Duval et fils multiplient comme toujours leurs apports : orchidées, broméliacées se sont réunies pour proclamer la culture des présentateurs qui, à côté de superbes odontoglossum crispum, nous montraient une série de Tillansias, de Vrieseas, de cara-guatas, de Billbergias et de nidulariums (2 premiers prix et 2 deuxièmes prix).
- Nous nous contenterons d’enregistrer les nouveaux succès obtenus par l’habile jardinier qu’était et qu’est resté M. Maron. Nous lui devons cette fois un Cattleya x Gaudii (c. Leopoldii x c. Loddigesti) et un lœlio-cattleya x Henry-Greenwood ( lœlia elegansx cattleya Hardyana), les seules nouveautés que M. Maron ait exposées (3 premiers et troisième prix).
- M. Olivier faisait un tout petit apport de grands spécimens de phyllocactus qui eussent peut-être trouvé leur intérêt dans une exposition horticole quelconque, mais qui étaient assez dépaysés dans une floralie internationale (deuxième prix).
- Avec M. Régnier, nous continuons à voyager dans l’Inde dont il persiste à nous montrer les curieuses et délicates orchidées : phalaenopsis, cypripediums, vandas (deuxième prix).
- Les cactées et les euphorbiacées de MM. Simon et fils étaient remarquables, comme toujours (2 premiers prix).
- MM. Vallerand, avec leurs charmantes gessnériacées (tydeas, nægelias, gloxinias), continuent à nous charmer délicatement (premier prix).
- Nous ne terminerons pas le sixième concours sans constater encore, et en passant, la chaleur torride qui n’a cessé de régner dans les serres, pendant qu’il s’y déroulait; et les végétaux qui y étaient exposés n’étaient pas les seuls à s’en plaindre.
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- PLANTES DE SERRE.
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- VIIe CONCOURS.
- (8 août.)
- La période qu’embrassait ce concours n’était pas très avantageuse pour l’envoi de plantes de serre et surtout pour celui d’orchidées. De plus, et comme nous l’avons déjà dit, la température exténuante qui régnait dans le Palais de l’horticulture en a éloigné sans doute les exposants et leurs produits. Aussi avons-nous à constater, cette fois-ci, une raréfaction assez considérable dans les apports que nous aurons à visiter.
- M. Balme n’avait pas négligé de nous envoyer ses cactées mexicaines, et entre autres, un echinocactus Wisnaga (im.5o de circonférence), un e. pilosus, etc., dont l’aspect agressif, avec leur multitude de petits poignards, eût suffi à écarter les visiteurs, si la température ne se fût mise également de la partie (premier prix).
- ML Béranek, dont nous ne saurions trop admirer le courage en cette circonstance, n’a pas craint de faire affronter à ses plantes le séjour d’une des serres du Cours-la-Reine. Nous l’en récompenserons en citant son comparettia macroplectron, son odonto-gJossum Schlieperianum aureum, son phajus Humblotii (deuxième prix).
- M. Bert avait montré le même courage pour nous montrer un coelogyne speciosa major et d’autres orchidées courantes (deuxième prix).
- MM. Cappe et fils avaient composé un magnifique groupe de crotons, superbement cultivés, et dont les variétés avaient été choisies avec le plus grand soin. Le croton J.-B. Comte, le c. Madame Emilie Cappe, le c. Empereur Alexandre III, le c. Laingii, etc. Ils en ont été récompensés par un très réel succès. Mais ce qu’il y avait de plus remarquable dans le concours de ces exposants, c’était l’ingénieuse idée qu’ils avaient eue de présenter au public des semis d’orchidées de divers âges. Malheureusement, d’après le programme, il a été assez difficile de pouvoir les apprécier et lés récompenser comme ils le méritaient. On ne saurait trop encourager des présentations de ce genre qui joignent à leur intérêt intrinsèque celui de montrer, d’une façon intelligente et utile, les procédés de culture qu’on emploie pour le développement des plantes déjà connues et la création des plantes nouvelles. Pour notre part, nous établissons une différence considérable entre des apports de ce genre et ceux de plantes plus ou moins banales, plus ou moins à effet, et qui n’ont pour but que celui de solliciter la bourse du public ou d’exciter une admiration souvent irréfléchie (deux premiers prix).
- Dans le lot de M. Dallé, signalons quelques Boronias, quelques crotons variés et en beaux exemplaires, des caladiums, des fougères, le Bertolonia Comte de Gomer, le b. Monsieur Finet, le b. Edouard Pynaert, le dracæna Goldiam, le d. dedymocarpa, le d. porphyrocarpa, etc. (premier, deuxième et troisième prix).
- M Dupuy n’avait envoyé qu’une plante, un cereùs jlagelliformis, cactée que, paraît-il, il cultivait depuis de nombreuses années et à laquelle nous avouons n’attacher qu’un intérêt tout à fait relatif (deuxième prix).
- MAI. Duval et fils s’éfaient contentés d’envoyer à ce concours un très gros lot d’aspa-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- ragus Springerii dont l’utilité, comme plante ornementale, a été soulignée par cette exposition (premier prix).
- Dans un nouveau lot de AL AIaron, nous trouvons quelques orchidées hybrides nouvelles, parmi lesquelles le cattleyn x velutino-elegnns, le c. x velutino Luddemaniana, le c. x Halevy (c. Labiata Mendelü x c. rex ), le c. x intermedîo-jlava; puis quelques laéliées variées en assez belles variétés et de très étonnante culture (2 premiers et deuxième prix).
- AL AIicheli nous a intéressé avec un bégonia nouveau du Alexique, qui semble être une plante des plus vigoureuses et un philodendron radiatum assez curieux (deuxième prix et mention honorable).
- AL Régnier avait composé un petit groupe d’orchidées indiennes au milieu desquelles un Medinilla magnifica semblait assez dépaysé (deuxième et troisième prix).
- MAI. Simon et fils ne se lassent pas de nous envoyer des spécimens de leur riche collection de cactées. Leur exposition paraissait moins monotone qu’aux concours précédents, car leurs apports étaient puisés dans de nombreuses espèces assez différentes les unes des autres; Echeveria purverulenta, Kleinia jîcoides, euphorbia tabanensis, Kalanchoe mar-morata, et surtout ceropegia stapeliœformis, etc. (premier prix).
- Qui dit Vallerand frères, dit gloxinias. Aussi ne nous étonnerons-nous pas de retrouver une fois de plus dans ce concours les magnifiques plantes si bien cultivées qui ont fait la réputation des présentateurs (premier prix).
- V1IF CONCOURS.
- (22 août. )
- AI. Balme continuait ses présentations de cactées mexicaines (deuxième prix).
- AI. Bert avait envoyé, suivant son habitude, un beau lot d’orchidées courantes, dites du commerce (deuxième prix).
- AI Al. Cappe et fils avaient un apport très intéressant, dans lequel nous avons surtout remarqué un cypripedium x Figaro, quelques autres hybrides, des cattleyas, etc. (2 deuxièmes prix).
- La maison veuve Antoine Chantin et enfants avait une magnifique collection d’aroïdées et de cycadées ( 2 premiers prix).
- L’Ecole de Fleury-AIeudon, due à la générosité de feu la duchesse de Galbera, est, comme la Société du Refuge du Plessis-Piquet, une de ces institutions horticoles particulières que nous sommes heureux de voir compléter l’ensemble des établissements du même genre qui ont un caractère officiel. Aussi est-ce avec plaisir que nous enregistrons sa présence dans le concours qui nous occupe. La participation de l’Ecole de Fleury-Aleudon comprenait un lot d’authuriums et un autre de plantes diverses malheureusement mal étiquetées. A ce sujet , nous ne saurions trop déplorer la négligence qu’apportent certains exposants dans la nomenclature qu’ils adoptent pour leurs plantes, les uns se
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- PLANTES DE SERRE.
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- servant d’une orthographe ridiculement fantaisiste, les autres n’en ayant aucune. Nous estimons qu’il est du devoir absolu des jurys de tenir la main à ce que les expositions présentent un caractère scientifique et artistique tout à la fois, leur permettant de se rapprocher le plus possible de la perfection. Une exposition ne doit pas être seulement une exhibition, mais aussi un enseignement, et à ce titre nous admettrions fort bien qu’un jury, suffisamment autorisé, tînt un compte sérieux de l’étiquetage des plantes exposées et fît entrer ce dernier, avec un certain nombre de points, dans l’appréciation des lots soumis à son jugement. L’Ecole de Fleury-Meudon exposait, à côté de beaux crotons, quelques espèces de plantes marchandes ou de collection comme cyrtodera ful-gida, philodendron primatijîdum, p. crassipes, pothos gigantea, nepenlhes Mastersiana, n. coccinea, etc., assez bien cultivés par le jardinier-chef, M. Coffigniez (2 premiers
- pris)'
- M. Magne avait de nouveau un certain nombre de belles orchidées (troisième prix).
- M. Maron multipliait ses hybrides dont malheureusement, comme nous l’avons déjà constaté, beaucoup semblent avoir une origine commune, ce qui tendrait à légitimer l’opinion que nous avons maintes fois entendu émettre par des connaisseurs émérites, à savoir que l’hybridation se heurtera fatalement et prochainement à une limite qu’il est aisé de prévoir et ne pourra guère sortir d’un cercle, de celui dans lequel elle se meut en ce moment, surtout lorsque, comme M. Maron, on limite ses expériences au champ très circonscrit des cattleyas et autres laeliées. Il en ira peut-être sans doute différemment, et encore pendant un temps fort restreint, pour ceux qui, élargissant le domaine de leurs investigations dans cette voie, tenteront des accouplements végétaux artificiels plus variés. Nous sommes convaincu que, dans cette voie, il y aura encore un peu à trouver, nous n’osons dire beaucoup, et nous laissons la parole à l’avenir. Parmi les plantes de M. Maron qu’il ne nous semble pas encore avoir vues, notons les cattleya x Victor Hugo (c. gultata Leopoldii X c. Dowiana aurea), lælio-cattleya x monsieur Chantin (lœlia elegans X cattleya Hardyana'j, l. c. X Senariii (lœlia elegans X 1. c. callistoglossa'j, L c. x Sallierii {lœlia pur pur ata x cattleya Loddigesii) [2 premiers et deuxième prix].
- M. Parage, un nouveau venu, exposait un très beau lot de caladiums bien cultivés, parmi lesquels nous citerons caladium Rose Laing, c. Ville de Hambourg, c. Robert Tel-lier, etc. (premier et deuxième prix).
- M. Régnier continuait ses présentations d’orchidées de l’Extrême-Orient, intéressantes sans doute, mais un peu toujours les mêmes (premier prix).
- MM. Simon et fils continuent aussi à nous séduire avec leurs cactées fort belles assurément; mais il y a longtemps qu’ils ont cessé de nous étonner et de nous surprendre (premier prix).
- MM. SrrRUDER,de Washington (Etats-Unis), avaient envoyé des néphrolépis Washing-toniensis en deux variétés.
- Enfin MM. Vallerand frères exposent de nouveau un ensemble de gessnériacées parmi lesquelles des gloxinias, des Naegelias, des Tydœas, etc., que nous avons eu, du reste, déjà l’occasion de voir et d’apprécier (premier prix).
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- IXe CONCOURS TEMPORAIRE.
- ( 12 septembre. )
- M. Balaie continue l’exposition de ses cactées du Mexique (premier prix).
- M. Be'ranek avait un certain nombre d’orchidées variées parmi lesquelles nous noterons spécialement un vanda Sanderiana et surlout un cattleya x Ella bicolor x c. Gigas (2 premiers et deuxième prix).
- Dans un nouveau lot de M. Bert signalons un cypripedium x Youngianum et un dendrobium thyrsiflorum, fort rare à cette époque de l’année (deuxième prix).
- M. Binot avait exposé une collection de Miltonias du Brésil tout à fait ravissants, et telle qu’on n’en avait pas encore vu dans aucune exposition. C’est un véritable jeu de la nature que ce lot, et qui laisse bien loin derrière lui toutes les plus habiles combi-. naisons de l’homme, conçues dans cet ordre d’idées. Il nous faudrait tout citer dans ce remarquable groupe; contentons-nous d’y signaler le Miltonia Lawrenceana, le M. spec-talnlis major, le M. Travasoniana, le M. Cogniauxii, le Buiotii superba (premier prix).
- MM. Cappe et fils avaient envoyé plusieurs apports intéressants, dont l’un, très co-quet, composé de petites plantes de serre variées, et un autre, de jeunes crotons, à côté desquels on pouvait voir une collection curieuse de bégonia rex décora et d’orchidées, ces dernières représentées, entre autres, par un beau vanda suavis, par un cypripedium X œno-Spicerianum, par un c. X monsieur Martin Cahuzac, etc.; les plantes de serre par les Pelhonia décora, p. Devaueana, Heliconia illustras, maranta major, m. regahs, Fittoma argyrea, F. VerschaJJ'eltn, alocasia monsieur Martin Cahuzac, phrymum vanegatum, bégonia Lafayette (2 premiers et deuxième prix).
- La maison veuve Antoine Chantin et enfants exposait une collection de plantes de serre variées : des orchidées, parmi lesquelles un beau vanilla aromatica, liane curieusement cultivée sur une sorte de parasol en fer, des anthuriums, un joli Dracæna umbra-culifiera, un zamia Lehmannii, un ficus aurea, un cocos Maximiliana regia, un corypha Gebanga, un licualapellata, un chamœrops Martiana, un c. hystri X un chamœdorea elatior, des Kentia Lindenii, K. Moorei et K. Sanderiana, un Wallichia carysiotoides, un Pritcliardia Gaudichaudii, un P. macrocarpa, un P. pacifica, un P. Martiana, un Seaforthia elegans, un latania aurea, un podococus acaulis, un astrocaryum mexicanum, des areca sapicla et a. spe-ciosa, un phœnicophorium Seychellarum, un thrinax argentea, un i. parvijlora, un Juaiua Veitchii et un Ycrschaffieltia splendida, puis des broméliacées, des fougères, des marantas, etc. (2 premiers et deuxième prix).
- M. Dallé n’avait pas un lot moins intéressant que le précédent, car il contenait des exemplaires de toute beauté, d’espèces peu communes, parmi les plantes à feuillage ou fleuries, tels anthurium Andreanum madame Louis Dallé, a. A. Warocqucanum, Vnesea v;8 crû, V. hieroglyphica, V. Henricii, heliconia aureo-striata, phœnix glauca, licuala hor-rida, aslrocarypum mexicanum, calamus asperrimus, didymosperma porphyrocarpum, bégonia rex burgmeister Pepel, croton princcss ofi Wales, Sanchezia nobdis, anstolochia tri-
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- PLANTES DE SERRE.
- l/i L
- cauda, plurnix glauca, clés marantas, des caladiums, des fougères, etc. (2 premiers prix).
- Avec M. Dallemagne nous retombons dans le domaine des orchidées, bien cultivées du reste, selon l’usage de cet exposant. Au milieu de son lot se détache le cypripeclium X memoria Mœnsii, un des plus beaux hybrides de ce genre (premier prix).
- Si nos voisins de la Belgique ont boudé, en général, à notre exposition, on ne saurait en dire autant de M. Draps-Dom qui n’a pas craint d’affronter vingt-cinq numéros du concours qui nous occupe. Aroïdées, dracænas, fougères, marantacées, nepenthes, crotons, aspidistras, pandanées en plantes de collection ou cultivées pour le marché, bref, tout ce qui est du domaine des serres, semble avoir été mis à contribution par cet exposant. Tous les végétaux exposés par lui étaient resplendissants de santé et dénotaient une culture des plus intelligentes; et l’étonnement des visiteurs ne savait réellement sur quoi il devait se reposer le plus et s’il avait à s’extasier davantage sur la quantité, sur la qualité, sur la rareté ou sur la beauté des plantes envoyées par l’exposant. Cette exhibition de M. Draps-Dom n’est pas faite, au surplus, pour diminuer les regrets que nous éprouvons de ne pas avoir vu la Belgique prendre une part importante à notre Exposition. Quelles merveilles, en effet, ne nous eût-il pas été donné de pouvoir admirer, si les confrères de M. Draps-Dom, ses compatriotes, avaient bien voulu se déranger pour nous les apporter! et notre observation s’applique surtout aux orchidées belges, si réputées cependant, et qui nous ont fait complètement défaut. Mais revenons à notre exposant. Il serait impossible de citer tout ce qu’il y avait de remarquable dans ses lots qu’il avait su arranger avec un art parfait qui en doublait la valeur. Que dire de son groupe de dracænas, parmi lesquels se signalent, à côté du dracœna Lindenii et du d. Massangcana, le d. directeur l’Holst, le d. secrétaire de Cock, le d. Regis, le d. Casanone, le d. Alsace-Lorraine, le d. madame'Salvago, le d. madame Draps-Dom, le d. père Cliaron, le d. Bruantn, le d. Congesla-stricta, le d. amabilis, le cl. van Obbergen, le d. CantreUu, le d. Baptistii, le d. prince Manouk-bey, le d. Goldieana, le d. lentiginosa, le d. madame Mdlet, le d. Desmetiana, le d. Warterii, etc., etc.? Dans les crotons, c’est le croton monsieur Draps-Dom, le c. comte de Germiny, le c. mine d’or, le c. Léon Duval, le c. Beichi, le c. beauly, 1er. inimitabilis, le c.Jlambeau, le c. monsieur Cliaron, 1er. Henrycmum, le c. Paul Witer, le c. B. Comte, le c. docteur Frédéric Bergmann. Puis voici Yimpahens Sultanii Joins vanegatis, et à côté Y araucaria Cookii, le Diejfenbachia Bowmanii, le D. Fourmerii, le D. Bauseï, le D. illuslris, le cyanophyllum magnijicum, Y anthurium Gustavii magnijîcum. Et les fougères donc! Yonychium japonicum, le platyecrium grande, le pteris nemoralis, le p. argyrea, le nephrolepis davallioides. Ensuite, voici les palmiers : Kentia australis, licuala grandis, et les aroïdées, et les broméliacées, et les pandanées, et le superbe nepenthes Mastersii, etc., bref, un véritable jardin botanique et si bien cultivé! (12 premiers, 7 deuxièmes, 5 troisièmes prix et une mention honorable).
- L’ambition de MM. Duval et fils n’était pas aussi grande que celle de leur prédécesseur; aussi se sont-ils contentés, celte fois-ci, de nous envoyer un lot de plantes à feuillage, cultivées en vue de Tapprovisionnement des marchés, et qui, naturellement,
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- se composaient d’espèces courantes, mais non sans valeur. Signalons surtout des liéli-conias, despteris, des Dieffenbachia, des dracænas, etc. (premier prix).
- MM. Gentilhomme et fds nous représentent une série de bruyères du Cap, non moins belles que celles que nous avons déjà vues à un précédent concours, Leur lot était tout à fait charmant. Nous y signalerons surtout 1 ’erica cruenta, Te. mammosa verticillata, Te. mimorrosea, Te. sulfurea, Ve. gracilis autumnalis, Te. assurgens, etc. (premier prix).
- M. Henkel, exposant allemand, avait envoyé quelques plantes grasses qui supportaient difficilement la comparaison avec les cactées que MM. Simon et fds nous ont habitués à voir. Et cependant personne n’ignore combien ces végétaux sont prisés en Allemagne, où non seulement on les cultive en vue de la collection, mais encore où on les multiplie à foison pour la mosaïculture et pour les bordures de massifs, où elles se confondent, assez désagréablement pour Tœil, du reste, avec des cailloux de toutes couleurs, sorte d’ornementation horticole aussi peu gracieuse que possible, mais toutefois fort en honneur chez nos voisins d’outre-Rhin (deuxième prix).
- Ah Lange avait fait un certain nombre de concours comprenant des orchidées, des palmiers, des plantes fleuries ou à feuillage, le tout de qualité assez ordinaire et ne dépassant pas une assez honnête moyenne. Citons cependant Kcnlia australis, sabal Adansomi, Strehlzia aagusta, caryota sobolifera, phœnix rupicola, Dieffenbachia Bausei, D. mngnifica, eurya latifolia, dracœna regis, d. umbraculifera, etc. (3 deuxièmes et troisième prix).
- M. Lichtenberger, de même que M. Henkel, avait exposé un lot de plantes grasses auquel s’applique également l’observation que nous venons de faire au sujet de ce dernier (deuxième prix).
- Al. Maron continue l’apport de ses hybrides avec une régularité et une ponctualité que nous sommes heureux de constater, tout en regrettant, malgré leur beauté, la monotonie que finissent par engendrer ses expositions, forcément toujours un peu les mêmes, puisqu’elles n’évoluent que dans le cadre des cattleyas et des lælias, espèces assurément fort belles, mais qui ne sauraient satisfaire à elles seules les esprits un peu exigeants. A côté de plantes déjà vues, notons un hybride nouveau, lœleo-catlleya x madame Georges Halphen (lœlia purpurala X callleya gigas), présentant assez d’analogie avec d’autres hybrides déjà exposés par le même présentateur. En plus de cette plante, nous citerons d’autant plus volontiers un catlleya Eldorado alba, plante devenue fort rare, que M. Alaron nous a peu habitué à des apports d’orchidées, en dehors de ses propres obtentions, et que ce cattleya nous permet, par comparaison , de voir combien souvent la nature quand elle veut s’en mêler, sait surpasser les efforts de l’homme. Rien, en effet, de plus délicatement charmant que cette petite espèce ( 2 premiers et deuxième prix).
- M. Maurer avait envoyé toute une série très variée de scolopendrium fragrans, fougère aux formes très curieuses (deuxième prix).
- MAI. Neubronner frères avaient exposé une collection de bégonia rex au feuillage très ample, parmi lesquels nous citerons : b. r. Kaiserin Maria von Russland, b. r. Ludwig Reiffert (troisième prix).
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- PLANTES DE SERRE. 143
- \I. Regnier avait, comme d’habitude, des phalænopsis, des vandas, cypripediums bien cultivés (premier prix).
- M. Renner exposait de belles plantes à’ardisia crenulala (deuxième prix).
- MM. Sander et Cie, le seul exposant anglais que nous ayons rencontré jusqu’à présent, exhibait le pandanus Sanderii, nouveauté d’une certaine valeur, quoique, en somme, peu distincte du pandanus Veitchii (premier prix).
- Les opuntias, les aloès, les Etcheveria, m.etallica de M. Simon, nous montrent bien de nouvelles cactées, mais ne rompent pas beaucoup la monotonie rigide des présentations que nous a faites jusqu’à présent cet exposant. Assurément les fleurs de ses plantes grasses continuent à être fort belles; mais ces végétaux persistent à rester également d’un effet un peu lourd et malgré les succès mérités que M. Simon a remportés à celte exposition, nous craignons bien que le public ne se laisse pas séduire par ces sortes de plantes (premier, 2 deuxièmes et troisième prix).
- La Société des Rains de mer de Monaco, dont nous avons eu déjà l’occasion d’admirer un premier envoi, n’est pas restée cette fois-ci inférieure à elle-même, tout en étant supérieure aux autres. Elle se signalait à ce concours par un massif de crotons incomparablement beaux, et par la force des exemplaires exposés, et par les variétés choisies, et par la culture qui les avait amenés à un pareil point de perfection. Nous citerons le croton l’idéal, le c. Alice, le c. undulatum, le c. Maurica Rouvier, le c. Souvenir de Monte-Carlo, le c. Bella, le c. Lucienne de Cessole, le c. souvenir de monsieur Curti, le c. van Houttei. le c. l’aurore, le c. B. Comte, le c. Pallé, etc. A côté de ces crotons, tout à fait merveilleux, se trouvait un exemplaire de toute beauté de platycérium grande (3 premiers prix).
- La Société régionale d’horticulture de Vincennes avait affronté le neuvième concours avec un assez beau lot de caladiums du Rrésil (troisième prix).
- De MM. Vallerand nous admirons encore de magnifiques gloxinias dont nous n’aurons rien à dire puisque nous en avons déjà vu de pareils, ou à peu près, dans les précédents concours (2 premiers prix).
- Chez MM. van den Heede et fils nous contemplerons un massif de fougères et de plantes diverses en beaux exemplaires : anemidictyon tessellatum, nephrolepis plumosa, n. davallioides, platy cérium Hillii majus, selagineüa caesia arborea, davallia dissecta, adiantum eethiopicum, a. Lambertianum, hypolepis Ber glana, musa japonica, dracœna australis foliis variegatis, hemionitis palmata, araucania Bidwillii, etc. (premier et deuxième prix).
- Xe CONCOURS.
- (26 septembre.)
- Nous ouvrons le dixième concours avec M. Balme et ses plantes grasses (premier prix).
- Puis, c’est M. Réranek, un des fidèles de l’Exposition, et dans le lot duquel nous
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- J A4
- avons remarqué un gongora maculala, un cycnoches chlorochilon et un cattleya Bowringuma (premier prix).
- AL Bert avait également un joli lot d’orchidées, composé de plantes marchandes, mais d’espèces assez fines (premier prix).
- AI. Bleu, un des vétérans de l’horticulture française, cpie nous rencontrons pour la première fois dans les concours de l’Exposition, nous avait permis d’admirer les plus beaux joyaux de ses serres, hybrides de ses semis et curiosités horticoles, ses Berto-lonias, ses incomparables caladiums du Brésil, et surtout ses orchidées : cattleya X cximia parisiensis (expression que nous n’aimons guère, du reste, et que nous nous étonnons de trouver sous la plume de AL Bleu) cattleya x Parthcnia œstivalis, c. x P. jhnbrmla, c. x calhsioglossa, c. X Forbesii-Mossiœ, c. amethystma superba, c. velulina, renanthera matuhna, cypnpedium x insolitum, c. x Ménélick, et autres raretés. Nous ne saurions trop, puisque l’occasion s’en présente, saluer avec respect et admiration notre maître à tous dans l’art de l’hybridation des orchidées, maître par sa science, maître par ses expériences et ses succès, maître par la haute idée qu’il se fait de l’horticulture, mettant surtout en éveil et en jeu ses curiosités de savant et de praticien et ne dédaignant pas les espèces végétales dont le côté brillant n’attire pas la faveur du public, faisant passer les idées spéculatives avant les idées de spéculation; bref, un homme que nous nous permettrons d’appeler l’horticulteur-type, un homme dont nous voudrions voir les exemples plus fréquemment suivis dans notre pays oii il a fait faire à l’horticulture de luxe des progrès qu’on n’a pas assez admirés ni récompensés. Car il joint à son talent une modestie qui l’égale. Il se contente de bien faire! (hors concours).
- Mn,e veuve Claire Coüston avait envoyé un joli lot de plantes de serre. Mais quelle singulière idée d’exposer des orchidées sans fleurs! En effet, cette famille de plantes, à part de rares exceptions, n’est pas exclusivement cultivée pour la beauté de son feuillage qui n’a rien de spécialement ornemental. Nous ne comprenons donc pas bien, malgré la beauté des exemplaires présentés par Almc Couston, phalœnopsis Schillcruma, angraceum sesquipedale, etc., nous ne comprenons pas une exhibition de cette nature, d’autant mieux quelle ne répondait à aucune des conditions du programme, qui supposait toujours des orchidées fleuries, sauf des cas particuliers qui y étaient spécialement indiqués. Parmi les plantes autres que les orchidées, signalons le coccoloba pubcscens et le Dieffenbachia Fournierii (deuxième prix).
- MM. L. Duval et fils avaient abandonné les orchidées et s’étaient contentés de nous envoyer des c issus dicolor bien feuillus et des dracæna hybrides issus du dracœna can-nœfolia x dracœna indivisa lineata (deuxième et troisième prix).
- L’Ecole le Fleury-Meudon , que nous avons déjà eu l’occasion de signaler, exposait de beaux crotons très vigoureux, donc bien cultivés (premier et deuxième prix).
- L’Horticole coloniale a excité la plus vive admiration parmi les visiteurs à l’occasion des végétaux introduits nouvellement par elle des possessions européennes avoisinant le Congo. Il y avait parmi les plantes exposées de magnifiques recrues pour nos serres, à côté de plantes coloniales qui seront surtout utilisées par l’industrie et par le com-
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- PLANTES DE SERRE.
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- merce. Néanmoins, constatons que l’exposition de M. Linden, directeur de cette maison, avait été faite dans un esprit bien plus horticole que celles de même nature faites par des exposants français et que nous aurons à visiter plus tard. Les exemplaires présentés ne se contentaient pas d’être de simples échantillons, mais annonçaient une culture suivie ; et les espèces avaient une valeur ornementale propre, puisée dans leur feuillage à défaut de leurs fleurs. Citons parmi elles Yalsophila Baroumba, Ta. Loubetiana, Yasparagus Duchesnei, 1 e pteris Droogmansiana, le maranta Liebrechtsiana, le Jîcus Luciana, le f. Eelveldiana, le bamburanta Arnoldiana, le coffea robusta, Yardisia Brandneriana, le comptais Brazzaiana, le dichorisandra Thysiana, toutes plantes auxquelles un brillant avenir horticole est assuré et qui, nous le répétons, ont excité la plus grande curiosité parmi les personnes à qui il a été donné de les voir (2 premiers prix).
- Avec le Jardin colonial, qui dépend du Ministère des colonies, nous trouvons des végétaux de nos colonies appartenant au genre musa. Ce sont le musa sapientium en variétés et le musa paradisica rubra, à feuilles pourpre foncé, destiné à jouer un rôle important, croyons-nous, dans la décoration des serres et peut-être, pendant la belle saison, des jardins paysagers (premier prix).
- M. Magne, amateur infatigable, se détache d’une façon spéciale sur ses collègues. Il ne se contente pas, en effet, de se cantonner dans une spécialité quelconque, mais sa curiosité embrasse toutes les branches de l’horticulture, depuis les plantes alpines, jusqu’aux végétaux réclamant la culture sous verre, y compris les orchidées. Cette fois, c’est un lot de plantes variées de serre qu’il nous envoie : crotons, nepenthes, fougères, bégonia rex, etc. Parmi les orchidées de cet amateur, nous indiquerons surtout le cypripeclmm x docteur Clenge Doorembos, le c. x macropterum, le cychnoches chlorochilon. Nous le répétons, nous sommes heureux de saluer une fois de plus, en M. Magne, un des rares amateurs qui aient fait honneur à notre pays à l’Exposition (premier prix).
- Dans le lot de M. Maron, signalons cattleya x Suzannæ (c. Eldorado x c. Dowiana a area), brcuso-cattleya x nivalis (brassa vola glauca x cattleya intermedia), hybride très distinct, lælio-catlleya X Berthe Fournier (lœlio elegans X cattleya Dowiana aurea), C. X Corneha (lælia Dayana x cattleya labiata), cattleya x dubia (c. labiata Trianœi alba x c. c. intermedia), c. x velutino-bicolor ; comme Ton voit, une importante série de nouveautés souvent bien peu distinctes les unes des autres, malheureusement, comme nous avons déjà eu quelquefois l’occasion de le signaler ci-dessus. Mais il est impossible qu’avec la quantité d’hybrides que nous devons à M. Maron, tout puisse être d’un intérêt également spécial. Aussi, ce que nous reprocherons à cet obtenteur, c’est de ne pas avoir su faire, dans les envois d’orchidées qu’il a créées, une sélection plus sévère et d’avoir tout, absolument tout, exposé, sans tenir compte des produits de qualité inférieure qui se trouvaient mélangés aux autres, sans séparer l’ivraie du bon grain. Il semblerait que notre exposant a surtout tenu à faire le plus possible de concours. Par exemple, ce que nous admirerons sans restriction aucune, c’est la culture de M. Maron. Par quels procédés cet horticulteur peut-il arriver à une pareille per-Git. VIII. — Cl. à 7.
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- fection ? Telle est la question que se posent unanimement les amateurs d’orchidées. L’on parle Lien d’engrais chimiques dont la formule serait tenue soigneusement secrète par son heureux possesseur ; et que ne dit-on pas h ce sujet ! Nous ne nous ferons pas ici l’écho de tous les racontars qui circulent à propos des cultures de M. Maron. Toutes les fois, en effet, qu’un homme acquiert une supériorité quelconque, on s’empresse d’expliquer cette dernière par des motifs d’ordre mystérieux ; M. Maron n’a pas échappé à cette règle. Pour nous, nous croyons tout simplement qu’il est un très habile cultivateur, qu’il suit assidûment la culture de ses plantes, sans les négliger une minute; et nous supposons bien que n’importe qui, avec les mêmes soins judicieux et constants, arriverait aux mêmes résultats (3 premiers prix).
- M. Pidoux avait exposé un joli lot de plantes vertes de serre, comprenant de forts croton volutum, c. majesticum, araucaria excelsa, etc. (premier prix).
- Signalons de M. Régnier un joli groupe devanda cœrulca et des phalœnopsis Esmeralda variés et très fins (premier prix).
- Les cactées de M. Simon attirent de nouveau notre attention : opuntias, mamiliarias, echinopsis, echinicactus cultivés, soit comme plantes de collection, soit pour l’approvisionnement des marchés (2 premiers prix).
- M. Amédée Vacherot exposait un asplénium nidus avis d’une beauté remarquable (deuxième prix).
- MM. Vallerand frères nous font admirer une fois de plus leurs gessnériacées variée' . nægelias, tydæas, streptocarpus, gloxinias, etc. (premier et second prix).
- XF CONCOURS.
- ( 1 o octobre. )
- De M. Balme signalons un lot d’orchidées mexicaines introduites par lui (deuxième prix).
- M. Béranek exposait, à côté de plantes de ses importations, quelques orchidées fleuries n’ayant qu’une valeur commerciale et sans intérêt spécial (2 deuxièmes
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- M. Bert avait envoyé un lot où se trouvaient quelques plantes bien fleuries, mais où les belles variétés faisaient défaut (2 premiers prix).
- M. Caillaud avait une magnifique collection de cyclamens qui sont la spécialité bien connue de cet horticulteur. Toutes ses plantes étaient remarquables, aussi bien par l’ampleur des fleurs que par leur belle coloration et que par leur vigueur. Nous citerons tout spécialement le cyclamen triomphe de l'Exposition de 1 go 0, issu du c. roi des noirs, le c.papilio (2 premiers et deuxième prix).
- M. Dallé avait plusieurs lots de plantes : palmiers, kentias, etc., au milieu desquels nous remarquons Yanthurium Veitchii, 1 ’heliconia illustris, le croton Flamengo, etc. (premier et 2 seconds prix).
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- Dans le lot de M. Dallemagne, avec de très beaux cattleya labiata autumnalis, nous noierons le c. x Mantinii (c. Bowringiana x c. Dowiana aurea'j, le Miltonia Lubbersiana, le cypripedium x Arthurianum superbum, etc. (premier prix).
- M. Ditzel, exposant allemand, avait envoyé un lot de cyclamens de Perse qui étaient loin de pouvoir rivaliser avec ceux de M. Caillaud. La culture en était bonne, mais la floraison un peu maigre (deuxième prix).
- MM. Duval et fils avaient un superbe groupe d’orchidées dans lequel il faudrait presque tout citer, surtout dans le genre cypripedium, dont cette maison exposait tout un lot d’hybrides obtenus par les présentateurs : cypripedium x Elmireanum (c. Charlesworthii X c. insigne Chantinii), c. x René Duval, c. x. président Kruger, etc., accompagnés de nombreux caltleyas, odontoglossums, oncidiums, etc. Pour compléter leur exposition, MM. Duval et fds avaient envoyé également un groupe de tillandsias hybrides issus de leurs semis, tel l’admirable tillandsia x Duvalii magnijîca (2 premiers prix).
- M. Lange avait exposé un important lot de phœnix ou exemplaires destinés au marché, plantes bien cultivées (premier prix).
- M. Lange avait aussi de bonnes plantes pour la même destination; nous remarquons parmi elles le phœnix rupicola, le p. paludosa, le latania rubra, le rhapis gracilis, Yophio-pogon Jaburan alban, etc. (premier prix).
- Les orchidées de M. Magne formaient un petit lot d’espèces peut-être un peu commune pour une exposition d’amateur. Nous y relevons cependant le nom de quelques plantes distinguées : Miltonia Moreliana superba, cattleya x Maronti (deuxième prix).
- M. Maron retrouve encore à ce concours le même succès qui l’avait accueilli précédemment. Encore des nouveautés, mélangées à des plantes déjà connues de nous, par exemple cattleya x madame Herbert-Greave (c. Harrissonniana x c. Gaskelliana alba), lœlio-cattleya x Minerve ( Cattleya gigas x lœlia lenebrosa), puis d’admirables cattleya Dowiana, produits de la seule nature, et non moins beaux cependant que ceux de l’exposant. Enfin nous n’aurions garde de manquer de signaler un cirrhopetalum orna-tissimum, plante extrêmement rare et curieuse, à fleurs microscopiques, mais qui jurait un peu de se trouver en compagnie des cattleyas hybrides du présentateur, cattleyas dont l’une des qualités est surtout la dimension inusitée de leurs fleurs, et qui, sans doute, avait été placée au milieu d’eux, pour en souligner encore la grandeur presque phénoménale (3 premiers, 2 seconds prix).
- MM. Neübronner frères exposaient des cyclamens au sujet desquels nous ne pouvons que répéter ce que nous avons dit précédemment au sujet de M. Ditzel (troisième prix).
- M. Puteaux nous intéressait avec un nephrolepis acutifolia, fougère nouvellement introduite de Madagascar et qui deviendra peut-être une plante avantageuse pour la décoration des serres dans l’avenir (deuxième prix).
- M. Reynier attire les compliments des visiteurs par ses beaux vanda cœrulea et par scs . phalœnopsis amabilis (premier prix).
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- M. Simon, qui ne se lasse pas de nous montrer ses plantes grasses, nous envoie, cette fois, avec de nombreux aloès le phyllocactus splendens, le cerens Maclenii, le slapetia hirsuta, le s. qmnquenervia, le Bonapartea hyslrix glaucescens et Yeuphorbia Beamieriana ( 3 premiers prix).
- MM. Vallerand frères attirent notre attention cette fois-ci, en dehors des gessné-riacées, par une collection de cyclamens. Mentionnons aussi dans le lot de ces horticulteurs : Browallia speciosa major, à côté d’espèces que nous avons déjà vues plusieurs fois, et que, pour cette raison, nous passerons sous silence (premier et deuxième prix).
- M. Weissbach exposait un lot de cyclamens de Perse d’une culture qui n’était pas comparable à celle des horticulteurs français qui, comme M. Caillaud, se sont fait une réputation spéciale dans ce sens (troisième prix).
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- ( 2 k octobre. )
- M. Edouard André avait envoyé un urostigma subtriplinervium, artocarpée nouvelle du Brésil (hors concours).
- De M. Balme, quelques orchidées mexicaines sans grande valeur (deuxième prix).
- M. Béranek termine la série des concours, comme il avait commencé, par un lot de plantes marchandes présentant, en somme, un intérêt relatif, et parmi lesquelles nous ne distinguons que Yondotoglossum cariniferum. Le même exposant avait également quelques fougères de semis (premier prix et mention honorable).
- M. Bert avait un lot très ordinaire d’orchidées courantes, mais renfermant un cattleya bizarre, variation anormale et curieuse du cattleya gigas (premier prix).
- Avec MM. Billiard et Barré, nous retrouvons les cyclamens, mais moins beaux que ceux de M. Caillaud (deuxième prix).
- Ce dernier, au contraire, en envoie plusieurs lots remarquables à tous les points de vue, et surtout eu égard à leur superbe floraison. Nous y admirons cyclamen président Viger et c. madame Madeleine Truffant. M. Caillaud occupe le premier rang dans cette spécialité et nous avons eu du reste l’occasion de le signaler à ce titre précédemment (2 premiers prix).
- MM. Cappe et fils avaient, comme de coutume, un joli lot d’orchidées remarquables surtout par les cypripedium x Figaro, c. x Leeano-Charlesworthii, c. X Leeano-Latha-mianium, et surtout par leur lœlio-catlleya x elegantissima (lælia cinnabarina x cattleya. intermedia) [2 premiers prix et mention honorable].
- M. Constantin fils envoyait quelques cyclamens en petites plantes qui avaient le tort de ne pouvoir souffrir la moindre comparaison avec celles exposées par M. Caillaud (deuxième prix).
- M. Dallé couronnait dignement la série de ses concours par plusieurs lots renfermant, à côté d’élégants palmiers, de belles orchidées, parmi lesquelles nous noterons
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- spécialement Teulophiella grandis, qui nous semble assez voisin, du reste, des espèces du même genre déjà connues (3 premiers prix).
- MM. Duval et fils continuent à nous présenter des orchidées cultivées dans le terreau de feuilles. Cette présentation avait, du reste, été faite dans le but spécial de nous montrer l’excellence de cette culture. Le malheur est que les expositions se prêtent assez peu à ces sortes d’exhibitions qui nécessiteraient des études expérimentales pouvant servir de hase à des comparaisons utiles qu’on ne peut faire que dans le laboratoire, c’est-à-dire dans les serres. Cependant, à première vue, les résultats obtenus par MM. Duval et fils sembleraient des plus satisfaisants. Il appartiendra à l’avenir d’asseoir définitivement notre jugement sur ce procédé horticole (premier prix).
- Les plantes fleuries de M. Lange ne différaient guère de celles présentées précédemment par le même exposant : c’étaient surtout les espèces commerciales recherchées pour l’ornementation des jardins et des serres (deuxième prix).
- M. Lebaudy, en qui nous saluons un inlassable et remarquable amateur, s’est surpassé dans ce concours en nous faisant admirer, à côté de fort belles orchidées, de crotons, de dracænas, de chrysanthèmes disposés par son jardinier-chef, M. Page, avec un art parfait, un magnifique bégonia hybride de Lemoine dénommé bégonia x gloire de Lorraine, en plusieurs variétés (2 premiers prix et mention honorable).
- M. Magne, amateur non moins infatigable que le précédent, avait composé un joli groupe d’orchidées, où l’on pouvait remarquer surtout un beau vanda cærulea, et de plantes de serre variées (premier et deuxième prix).
- M. Maron clôture ses concours par l’envoi de quelques orchidées nouvelles issues de ses semis : cattleya x Adonis (cattleya labiata Mossiae x cattleya gigas), c. x Bowringiano X Blesensis, c. X Gaskelliano-superba, c. x labiato-Eldorado, c. x Borellii, c. x Benartii, c. x Olivia (c. labiata Trianaei x c. intermedia), lælio-cattleya x bijou d’or (cattleya intermedia x lælia jlava). Nous devons à la vérité d’avouer que, soit par l’effet de la lassitude causée par une monotonie qu’engendrent même‘les plus belles choses, quand elles se répètent trop fréquemment, soit que la valeur intrinsèque des plantes présentées à ce concours fût inférieure à celle de leurs devancières, l’exposition de M. Maron nous a semblé moins belle que celles qu’il avait déjà soumises à notre jugement (3 premiers prix).
- M. Moskr avait édifié un beau lot de plantes où dominaient des palmiers et des cyca-dées. Ce bel apport, bien digne de cet habile horticulteur, nous a fait vivement regretter qu’il n’ait pas cru devoir gratifier plus tôt nos concours des richesses qu’abritent ses serres (hors concours).
- M. Régnier termine la série de ses concours par des orchidées indiennes qui sont sa spécialité et qu’il cultive vraiment d’une façon fort remarquable. Il serait impossible, en effet, de montrer des phalaensis, des vandas, etc., aussi beaux comme végétation que ceux qu’il nous a apportés pendant le cycle de l’Exposition. Ces plantes, difficiles à cultiver, ont montré à plusieurs reprises une résistance qu’on était loin de leur attribuer. Il est vrai que M. Régnier, qui est très riche dans le domaine de
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- ces végétaux, pouvait y faire une sélection qui explique ses succès (premier et deuxième
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- Grâce à MM. Simon et fils, nous aurons pu étudier les plantes grasses sous toutes leurs faces; car ils ne se lassent pas encore de soumettre à notre appréciation des lots plus ou moins importants et toujours intéressants. Nous voici encore en face des aloès, des euphorbias, des phyllocactus, etc. (2 premiers prix).
- L’Union horticole du canton de Nogent-sur-Marne, une des rares sociétés qui aient affronté les concours de la Classe 47, nous avait envoyé un lot de caladium bicolor bien cultivés, mais malheureusement un peu fanés, grâce sans doute à la saison un peu avancée où nous nous trouvions (premier prix).
- Enfin MM. Vallerand frères, qui ne veulent rien nous laisser ignorer des gessné-riacées, terminent leurs brillantes expositions, par l’envoi de leur gloxinia maculala, de leur Naegelia, auxquels ils ont adjoint cette fois un lot de cyclamen fimbriatum splcndens ( 2 premiers et deuxième prix).
- Nous en avons terminé avec les concours, et quoique la Classe 47 ne comportât pas, d’après le Règlement, d’expositions permanentes, un certain nombre de celles que nous avons examinées avaient revêtu cet aspect. C’est ainsi que MM. Beranek, Chan-trier frères, Dallé, Lange, Maron, Simon, Vallerand et que la maison veuve Antoine Chantin et enfants, n’ont pas cessé, et d’une façon indiscontinue, de garnir et d’orner les emplacements qui leur avaient été attribués.
- De même, M. Delavier (hors concours) et M. Truffaut (hors concours), ont fait des apports que Ton peut considérer également comme permanents. Le premier de ces exposants, avec de nombreuses plantes à feuillage ornemental, garnissait la section française du Palais de l’horticulture; le second, avec des végétaux plus variés, puisés parmi les plantes à fleurs ou à feuillage, occupait d’une façon suivie la charmante serre de M. Michaud. L’exposition de M. Truffaut était particulièrement remarquable. A propos de la serre qui l’abritait, nous ne saurions trop la signaler à l’attention des amateurs : rien de plus délicieux, en effet, que l’aspect général de ce petit jardin d’hiver, disposé de telle façon que les végétaux, même les plus délicats, pussent y vivre et y prospérer, mais aussi qu’il fût appelé à jouer le rôle rêvé d’un véritable salon horticole. Nous nous permettons d’y insister, les abris de cette nature, que nous avons pu Toir à l’Exposition, n’ayant pas répondu, à notre avis, au double but que M. Michaud a su atteindre. Il est impossible, en effet, de rien imaginer de plus confortable, de plus luxueux même, et en même temps de plus pratique, que la serre que, avec l’active collaboration de M. Truffaut, M. Michaud a su rendre un séjour enchanteur pendant près de six mois. La salle de repos ou le fumoir, si Ton veut, qu’il avait adjoint à la partie essentiellement horticole de sa construction, complétait cette dernière d’une façon tout à fait délicate ; c’était presque une trouvaille !
- Nous en aurons fini avec les expositions, dites permanentes, de la Classe 47, quoique en réalité cette dernière n’en comportât pas, comme nous l’avons indiqué ci-dessus, lorsque nous aurons passé rapidement en revue, disséminées dans plusieurs parties de
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- l’Exposition, les plantes de diverses natures : cactées, palmiers, orchidées, etc., exposées par le gouvernement du Mexique, Ministerio de Fomento (premier prix).
- Dans le même ordre d’idées, nous signalerons les envois officiels faits par I’Etat de Dürango et par TÉtat de Oaxaca (Mexique) qui avaient exposé de nombreuses et belles cactées (Durango : premier prix; Oaxaca : mention honorable).
- M. Mac Dowell, horticulteur mexicain, exhibait également des cactées de son pays (deuxième prix).
- De même, M. Hacha envoyait des plantes des mêmes genres et de la même provenance (mention honorable).
- On ne saurait se plaindre de l’absence des cactées pendant l’Exposition universelle de 1900, où elles semblent avoir voulu régner en souveraines maîtresses. Ça a été comme une véritable débauche de plantes grasses. On en avait mis partout, peut-être un peu trop. A quoi devons-nous attribuer cette surabondance de végétaux, en somme, peu séduisants? Sans doute à la facilité avec laquelle on peut les cultiver et les transporter, et à leur résistance à tous les agents de destruction. Une telle exposition eût provoqué en Allemagne un enthousiasme considérable; mais nous devons à la vérité de dire que ces plantes, à l’aspect plutôt redoutable, ont laissé assez froids les visiteurs de notre pays.
- Autre chose était pour les trois expositions coloniales françaises qu’il nous a été donné de visiter dans les serres du Trocadéro.
- Nous avons dit précédemment quel intérêt s’attachait à cette nouvelle branche de l’horticulture et en quoi elle nous semblait ne pas avoir compris exactement le rôle qui lui incombait. Néanmoins, et telles quelles se présentaient à nous, les exhibitions coloniales de l’Exposition universelle de 1900 offraient le plus vif intérêt, malgré la date relativement récente où ont été créés, à ce point de vue particulier, les établissements qui les ont soumises à notre curiosité.
- L’une de ces expositions était envoyée par le Jardin colonial de Vincennes qui dépend du Ministère des Colonies. Elle se composait surtout de plantes utiles, officinales, alimentaires, ou industrielles. La collection présentée par le Jardin colonial était assez curieuse et réunissait environ i5o espèces ou variétés. Mais si la quantité figurait dans l’apport de ce jardin, la qualité n’était pas à la hauteur du nombre, et la culture laissait à désirer.
- Signalons, parmi les plantes exposées, l’ananas, l’arbre à pain, l’avocatier, le cocotier, le goiavier, le manguier, la pomme cannelle, le prunier de Madagascar, le tamarinier, le coca, le kola, le quinquina, le tolu, le manioc, le chou caraïbe, le cacaoier, la canne à sucre, le poivrier, le caféier, les caoutchoucs, l’acajou, le patchouly, etc., comme on le voit toute une collection de plantes dont la culture, raisonnée dans nos colonies, pourrait y créer une source de revenus considérables (premier prix).
- Tout aussi nombreuse, tout aussi intéressante, était la collection envoyée par la maison Vilmorin-Andrieux et Cle, collection du reste, bien mieux cultivée que la précé-
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- dente. Nous y retrouvons, à peu de chose près, des plantes semblables ou similaires à celles que nous venons de citer; nous n’y reviendrons donc pas (premier prix).
- Mais, sans contredit, l’exposition coloniale la plus remarquable était due à M. Godefroy Lebeuf qui a été, en cette circonstance, de même que pour les orchidées, au moins dans notre pays, un initiateur hardi, un vulgarisateur, derrière lequel d’autres, mieux outillés peut-être, ont tout simplement emboîté le pas. Néanmoins, et telle qu’elle était présentée, sa collection méritait tous les éloges. Aussi ne saurions-nous trop le féliciter de l’intelligente initiative qui a su créer un mouvement horticole appelé à rendre des services incalculables. Son exposition se distinguait surtout par une réunion hors pair de toutes les plantes d’origines diverses pouvant produire le caoutchouc. Nous nous abstiendrons d’en donner une nomenclature qui serait plutôt du domaine de la botanique (premier prix).
- Que si nous procédons à l’analyse des trois collections de plantes coloniales exposées , nous exprimerons le regret de voir que les exemplaires présentés au public étaient de simples échantillons, de dimensions fort restreintes, et qui nous rappelaient un peu le fameux baobab gigantea que cultivait Tartarin de Tarascon dans un pot large comme le creux de la main.
- Aussi espérons-nous prochainement voir les efforts faits dans cette voie nous donner l’occasion de juger les végétaux exposés par des exemplaires se rapprochant un peu plus de leurs dimensions naturelles dans Tage adulte.
- Nous ne reviendrons pas sur les reproches que nous avons adressés à l’horticulture coloniale, de ne pas tenir assez compte des végétaux d’ornement; mais ce.tte branche de l’art horticole est encore trop récente pour que nous insistions outre mesure et pour que nous n’espérions pas voir nos desiderata satisfaits dans un avenir très prochain, lorsque cette branche de l’horticulture aura pris pleine possession d’elle-même.
- Nous voici arrivé à la fin de nos visites dans l’exposition spéciale de la Classe 47, et après les études analytiques que nous en avons faites, nous devons maintenant essayer de tirer une déduction générale et synthétique de nos observations de détail. On aura pu remarquer que nous nous étions largement étendu sur les premiers concours que nous avions à examiner, et que nous avions étudié bien plus brièvement les suivants. Comme nous le disions précédemment, nous avons voulu ainsi donner a priori une idée générale des efforts faits individuellement par chacun des exposants. C’était le côté voulu de notre tâche. Il nous faut maintenant formuler les conclusions qui s’imposent, selon nous.
- La première est que, malgré les nombreuses défections que nous avons pu constater chez les étrangers, chez nos amateurs et chez les sociétés de notre pays, l’horticulture française, en ce qui regarde les plantes de serre, a fait un effort considérable; et si nous établissons, au point de vue général, une comparaison entre les expositions de 1878 et de 1889, d’une part, et celle de 1900, d’autre part, nous verrons qu’un grand pas avait été fait entre les deux premières, et que les résultats obtenus depuis l’avant-dernière exposition ont été beaucoup moins considérables qu’il n’était
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- permis de l’espérer. Nous avons constaté, en effet, un plus grand nombre d’exposants, et surtout un plus grand nombre de lots envoyés par les memes exposants. Mais il ne nous a pas été donné d’admirer de plus belles expositions qu’en 1889, et ce, aussi bien chez les Français que chez les étrangers. Il suffit pour s’en rendre compte, et nous parlons pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de voir l’Exposition de 1889, il suffit, disons-nous, pour se convaincre de ce que nous avançons, de jeter les yeux sur le rapport qu’avait fait M. Truffaut pour la Classe qui comportait les plantes de serre.
- Si nous entrons dans le détail, nous constaterons que le mouvement en avant, s’il y en a eu un, s’est surtout effectué dans le domaine des orchidées. Les autres familles de plantes qui nécessitent la culture sous verre, plantes à feuillage ou à fleurs, ont bien fait quelques progrès, mais presque inappréciables. Les orchidées, au contraire, ont bénéficié d’un certain nombre de faits que nous allons étudier.
- D’une part, et comme de juste, les importations de plantes nouvelles se sont multipliées dans ces dernières années, peut-être pas autant qu’on eût été en droit de l’es-pérer; mais, somme toute, les gains nouveaux obtenus par cette voie ont été nombreux et quelques-uns sont d’une réelle valeur.
- Mais c’est surtout par l’hybridation que les progrès ont été accomplis. Les semeurs se sont multipliés, aussi bien en Angleterre qu’en Belgique et en France. Nous avons eu l’occasion, dans nos visites à l’Exposition, d’en signaler quelques-uns de notre pays, au premier rang desquels nous saluons respectueusement leur maître, notre maître à tous, M. Bleu, maître par la science, maître par l’expérience, maître par le caractère. Sur ce terrain, le domaine des orchidées s’est enrichi considérablement, sinon toujours heureusement. Si l’on peut, en effet, formuler cette règle que la valeur d’un hybride réside dans ce fait qu’il est, ou bien supérieur par ses qualités intrinsèques, ou bien tout à fait différent de ses parents, nous avons le regret de constater que la plupart de ceux qu’on a fait défiler devant nous, ne répondaient, assez souvent, à aucune de ces deux conditions primordiales de l’hybridation, conditions qui en sont la raison d’être. Nous avons pu en admirer fréquemment la bonne culture, mais nous n’avons pas cédé à l’emballement que leurs qualités réelles, mais d’un ordre inférieur au point de vue esthétique, ont suscité chez le public et même quelquefois chez les amateurs eux-mêmes.
- Nous avons signalé également les progrès qu’avait faits la culture des orchidées. C’est là, en effet, un des côtés les plus intéressants que nous ayons eu à constater dans ce domaine pendant ces dernières années. On a pu admirer, comme nous l’avons fait nous-même, pendant le cours de nos visites à l’Exposition, l’admirable végétation de certaines orchidées, qui attiraient surtout l’attention par leur vigueur presque insolite.
- Dans le domaine des orchidées, comme dans ceux de l’horticulture et de l’agriculture en général, l’analyse chimique des végétaux a amené l’adoption de procédés qui, pour la grande culture, aboutissent surtout à des rendements supérieurs, et qui, en ce qui nous regarde spécialement, ont provoqué une végétation plus riche, plus luxuriante et presque pléthorique. Là est tout le secret. Jadis on cultivait les orchidées, surtout
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- celles dites épiphyles, en les traitant à peu près de la même façon apparente que celle qu’elles avaient adoptée dans leur pays d’origine. Comme elles étaient suspendues après les arbres, leurs racines pendant dans l’atmosphère, on les appliquait dans des paniers à claire-voie, avec, comme seul soutien, de la terre de polypode, très peu riche en humus, mais dont les fibres permettaient aux racines de circuler librement, le tout accompagné d’une mousse aquatique, dite sphagnum, chargée d’emmagasiner et de distribuer l’humidité, au fur et à mesure des besoins de la plante. On croyait ainsi imiter la nature, on la singeait. Rien de moins exact, en effet, a priori, que ce procédé, basé sur une étude très superficielle des choses. De ce que les orchidées épiphytes se contentent, dans les forêts vierges de l’Amérique, d’un simple support, bois, rocher ou autre, de ce que leurs racines restent suspendues dans l’air, y puisant la nourriture qui est nécessaire à ces végétaux, parce que cet air, en raison même du milieu où vivent les orchidées des forêts vierges, par exemple, où les détritus organiques de toute sorte foisonnent, est surchargé par leur décomposition de principes nutritifs, riches en azote, en ammoniaque, etc., il ne s’ensuit pas que nous puissions donner à nos plantes, traitées d’une façon semblable apparemment à celle qu’elles rencontrent dans la nature, une nourriture atmosphérique identique qui ne saurait se rencontrer dans nos serres. Aussi, certains esprits, avides de recherches, curieux par leur nature, ont-ils cherché à suppléer à cette insuffisance de nos moyens artificiels de culture en transformant les procédés employés jusqu’à ce jour. C’est ainsi qu’en Belgique d’abord, puis en France et en Angleterre, la culture des orchidées dans le terreau de feuilles a fait son apparition. Elle est de date toute récente; aussi nous permettra-t-on, de réserver notre opinion définitive jusqu’à plus ample informé. Mais il ne nous était pas permis de la passer sous silence, car elle était intéressante à plus d’un titre. Elle dénote d’abord, chez ceux qui l’ont préconisée, un esprit d’initiative que nous ne saurions trop encourager; puis, grâce à elle, on a pu obtenir certains résultats réellement étonnants et qui, pour être tout à fait probants, demanderont à être multipliés.
- En somme,le but poursuivi est de suppléer à l’insuffisance nutritive de l’atmosphère de nos serres, par un milieu plus riche et plus dense, dans lequel les racines puissent trouver l’équivalent de ce qui leur manque. On n’imite plus la nature, on s’en éloigne même beaucoup, mais on a recours à une sorte d’action parallèle, qui conduit aux mêmes résultats.
- Le terreau de feuilles est un engrais naturel. Mais, à côté de lui, certains ont recommandé, d’aucuns même, dit-on, auraient usé dans la pratique de l’emploi de véritables produits chimiques; et il est tel de nos horticulteurs dont on dit couramment qu’il possède un agent de cette nature, grâce auquel il obtiendrait les résultats souvent surprenants qu’il nous a été donné de constater. De cet agent chimique nous ne pouvons parler, si toutefois il existe, puisqu’il serait un secret que nous n’avons pas su découvrir.
- Dans un autre ordre d’idées, un des faits saillants de notre Exposition, et on nous excusera d’insister encore, c’est l’horticulture coloniale. Nous avons dit à ce sujet, précédemment, tout ce que nous avions à en dire de plus spécial, mais qu’il nous soit
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- PLANTES DE SERRE.
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- permis encore de saluer avec la plus réelle sympathie la création de cette nouvelle branche de l’activité horticole, branche qui est une des manifestations les plus intéressantes de nos expositions de la Classe 47.
- Notre rôle étant d’être aussi complet que possible, et quoique l’exposition centennale n’ait, pour ainsi dire, existé que de nom, nous ne pouvons la passer sous silence; mais nous avons le regret de n’avoir absolument rien à dire sur l’exposition rétrospec-live de l’horticulture, en ce qui regarde notre classe, car son rôle a été plus que modeste !
- Une fêle de l’horticulture, dite fête des fleurs, que Ton aurait, en raison du succès qui Ta accueillie, peut-être dû répéter plusieurs fois, dans le cours de l’Exposition, avait été préparée par les soins du Commissariat général et du bureau des différentes classes réunies du Groupe VIII. Cette fête avait attiré un nombreux public et a parfaitement réussi, quoique la hâte avec laquelle elle a été conçue et exécutée, ne lui ait pas permis de se développer avec tout le soin nécessaire et que beaucoup de détails laissassent à désirer. La Classe kl a eu naturellement à jouer son petit rôle dans le cortège qui a, en somme, constitué cette fête et dans lequel nous distinguons surtout une jonque annamite, posée sur roues et garnie d’orchidées, plus ou moins annamites,, elles, travail exécuté par M. Debrie-Lachaume, jonque et orchidées accompagnées d’enfants et de femmes annamites avec leurs costumes nationaux; le même horticulteur-fleuriste était représenté dans cette fête par de superbes gerbes d’orchidées.
- Quoique les fleurs coupées, employées par les fleuristes, ne rentrent pas dans notre cadre, nous ne pouvons cependant pas n’en pas dire un mot, car c’est surtout aux plantes de serre que s’adressent ces artistes horticoles, pour la confection de leurs garnitures. Assurément leur habileté est pour beaucoup dans le succès que remportent leurs gerbes, leurs bouquets, leurs surtouts de tables, etc., mais leurs saucos, tout agréables qu’elles soient, ne doivent pas nous faire oublier les magnifiques poissons qu’elles ont charge de faire valoir.
- Nous devons aussi une mention aux nombreuses publications horticoles : livres, journaux et revues qui ont figuré à l’Exposition à un titre quelconque. Ce sont ces publications qui font connaître au public les nouvelles plantes, les nouveaux procédés de culture, et naturellement les plantes de serre y occupent une place des plus importantes et en bénéficient largement.
- Et maintenant, qu’il nous soit permis de terminer par un vœu notre long travail, trop long probablement. Quelque ardue qu’ait pu être notre tâche, nous nous estimerons fort heureux si les observations que nous avons cru devoir faire, si les reproches que nous nous sommes permis de formuler peuvent être pris en considération en vue des expositions futures, internationales ou autres. Nous supposons que Ton voudra bien ne pas attribuer à nos critiques, que nous avons regretté nous-même d’être obligé de répéter trop fréquemment, un autre but que celui de ne pas voir se renouveler les faits qui les ont appelées. Nous espérons surtout que les observations qu’on aura pu lire dans notre rapport seront prises en considération, un peu plus qu’on ne Ta fait pour ceux
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- de nos prédécesseurs, MM. André et Truffaut. C’est ainsi que nous souhaitons que la prochaine Exposition horticole ait un programme plus large et plus hospitalier, qui sache attirer à elle les étrangers, les amateurs et les sociétés d’horticulture. C’est ainsi que nous souhaitons que le règlement en soit plus rationnel et, par suite, que les conséquences qui en découleront soient plus équitables, que les efforts soient jugés, non pas tant d’après l’habileté avec laquelle on aura su les faire valoir qu’en raison de leurs qualités mêmes, que nous désirons aussi que notre future exposition horticole soit groupée et condensée dans un endroit unique et non disséminée aux quatre points
- cardinaux. C’est ainsi......que nous aspirerions à la perfection. Mais comme elle n’est
- pas de ce monde, nous nous contenterons, à l’avenir, de quelques améliorations seulement, si minces fussent-elles, et, si nous les obtenons, nous nous estimerons encore fort heureux d’avoir pu contribuer à les amener.
- Nous ne terminerons pas notre rapport sans rendre pleine et entière justice à l’horticulture française qui a fait preuve d’une vitalité et d’une initiative devant lesquelles nous nous inclinons avec admiration, et sans dire hautement que, si nous avons surtout regretté l’absence des étrangers dans nos concours, c’est que leur présence y eût été, croyons-nous, pour nos compatriotes, l’occasion d’un magistral triomphe international.
- Georges Manttn.
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- CLASSE 48
- Graines, semences et plants de l’horticulture et des pépinières
- RAPPORT DU JURY INTERNATIONAL
- PAR
- M. MAURICE DE VILMORIN
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- COMPOSITION DU JURY.
- BUREAU.
- MM. Müssat (Emile), professeur de botanique à l’École nationale d’horticulture de Versailles, président du comité scientifique à la Société nationale d’horticulture de France (jury, Paris 1889; président des comités, Paris 1900), président...... France.
- Lauciie, directeur des jardins du prince Lichtenstein, à Eisgrub, vice-président. . . Autriche
- Le Clerc (Léon), horticulteur grainier [maison Cayeux et Le Clerc] (secrétaire
- des comités, Paris 1900), rapporteur......................................... France.
- Lefebvre (Georges), conservateur du secteur Est des promenades de Paris (comités,
- Paris 1900), route de Saint-Mandé, 74, à Charenton (Seine), secrétaire....... France.
- JURÉS TITULAIRES FRANÇAIS.
- MM. Barbier (Albert), horticulteur (vice-président des comités, Paris 1900), président
- du Syndicat des horticulteurs du Loiret, à Orléans (Loiret).................. France.
- Defresne (Honoré), président de la Société d’horticulture de Vitry (grand prix,
- Paris 1878, 1889; vice-président des comités, Paris 1900), à Vitry-sur-Seine. France.
- JURÉ SUPPLÉANT FRANÇAIS.
- M. Loquet (Jacques), architecte-paysagiste, jardinier principal de la Ville de Paris
- (comité d’admission, architecte du comité, Paris 1900)....................... France.
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- GRAINES, SEMENCES ET PLANTS
- DE L’HORTICULTURE ET DES PÉPINIÈRES.
- Le programme adopté pour la répartition en classes clés présentations horticoles comprenait, en 1900, une innovation : il était créé une classe spéciale pour l’exposition de graines destinées aux usages horticoles et des concours pour jeunes plants de l’horticulture et des pépinières, sans cpi’ii fût bien positivement spécifié si ces jeunes plants devaient comprendre uniquement des espèces décoratives, ou si de jeunes sujets de pépinière forestière et fruitière pouvaient être admis aux concours de cette classe. Autre fut la division des classes en 1889 où le groupe horticole ne comprenait que cinq classes au lieu de six.
- En 1889, aucune classe n’ouvrait d’une façon explicite une rubrique bien positive à l’exposition des graines en collections. Quelques spécimens de semences curieuses par leur forme ou leur couleur furent exposés plutôt comme annexes décoratives que comme matière réelle d’une exposition à la Classe 44, Groupe V — Matières extractives — Produits bruts et ouvrés. — C’était à coup sûr une interprétation assez large du programme de la classe : Produits agricoles non alimentaires.
- En ce qui concerne les graines horticoles, aucune classe du Groupe VIII n’en prévoyait l’exposition en 1889. Cependant, par une interprétation peut-être plus large que celle du Comité d’admission de la Classe 44, le bureau du Groupe VIII en autorisa l’exposition à la Classe 82, dont le programme était manifestement purement forestier ; le titre de cette classe portait en effet : Graines et plants d’essence forestière.
- En ce qui concerne les jeunes plants destinés à fournir ultérieurement des sujets de vente ou des plants à greffer, ces plants furent rattachés à leurs Classes spéciales 78, 81 ou 82, suivant qu’ils étaient ornementaux, fruitiers ou forestiers. Disons incidemment que pour décharger un peu la Classe 78 (plantes d’ornement de plein air), beaucoup plus chargée qu’aucune autre, mais moins encore que la Classe 46 ne devait l’être en 1900, des exemplaires fort développés de conifères furent examinés par le Jury de la Classe 82 (forestière).
- Ces imprécisions de programmes des classes ont d’ailleurs sans doute plus d’avantages que d’inconvénients, les Comités de groupe et les Comités de classe pouvant apprécier, en dernier ressort, des circonstances particulières dont les détails ne peuvent être envisagés lors des rédactions générales.
- Quoi qu’il en soit des arrangements pris à la dernière Exposition universelle, le programme de 1900 créait une section toute nouvelle en constituant une classe réservée Cn. VIII. — Cl. 48. 11
- IM1MUMEIUE NATIONALE.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- uniquement à l’exposition des collections de graines, semences et plants de l’horticulture et des pépinières. On pouvait se demander à première vue si ces matériaux étaient suffisants à l’organisation d’installations permanentes ou de concours intéressants. La réponse donnée par les faits à cette question semble manifestement avoir été affirmative.
- Il sera sans doute cependant permis à un rapporteur, appelé à donner, sous son unique signature et responsabilité à la Direction générale, le résultat des travaux d’organisation et d’installation d’une classe du Groupe horticole, de dire cpie l’honorable succès de la Classe 48 n’indique point que la nouvelle coupure dans la Section horticole soit bien logique et doive être maintenue.
- II pense que si une subdivision est utile dans les cinq séries entre lesquelles a été répartie jusqu’ici la matière horticole, elle pourrait avoir lieu plus utilement dans la Classe des végétaux d’ornement de plein air, par la distinction entre les plantes herbacées d’une part, et les arbres et arbustes d’ornement cl’autre part. Les jeunes plants rentreraient dans les classes de végétaux d’ornement, fruitiers ou forestiers, suivant leur nature, et les graines, en tant que collections non agricoles, pourraient être réunies au matériel d’enseignement horticole.
- Mis en présence du programme qui leur était soumis, les membres du Comité de la Classe 48 cherchèrent à en tirer le meilleur parti. Il leur sembla que le programme leur permettait de prévoir : i° des installations à couvert et permanentes de semences horticoles et forestières avec leur annexe de collections de fruits, rameaux, photographies et diverses représentations graphiques; 2° des installations en plein air de jeunes plants divers; 3° enfin des concours temporaires de bulbes, racines, porte-graines, jeunes plants en caisse de germination de plantes variées.
- Une décision du Comité du Groupe VIII permit à celui de la Classe 48 d’accueillir encore les exposants de pelouses et gazons, donnant par là une annexe à son exposition permanente de plein air et amplifiant un peu le rôle assez secondaire de la classe.
- Le règlement de la Classe 48 se trouva donc arrêté conformément au programme suivant.
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- GRAINES, SEMENCES. ETC., DE L'HORTICULTURE ET DES PEPINIERES. 163
- ANNEXE AU RÈGLEMENT GÉNÉRAL.
- GROUPE VIII.
- HORTICULTURE.
- CLASSE 48.
- GRAINES, SEMENCES ET PLANTS DE L’HORTICULTURE ET DES PÉPINIÈRES
- 1. — DISPOSITIONS SPÉCIALES.
- ARTICLE PREMIER.
- Les exposants de La Classe 48 (graines, semences et plants de l'horticulture et des pépinières) sont soumis aux prescriptions du Règlement général et à celles de la présente annexe (Dispositions générales et dispositions spéciales).
- ART. 2.
- L’exposition de la Classe 48 donnera lieu à des concours permanents et temporaires dont les programmes sont publiés ci-après.
- , art. 8.
- Concours imprévus. — L’Administration pourra ajouter, s’il y a lieu, des concours permanents ou temporaires à ceux prévus au présent règlement.
- IL -- PROGRAMME DES CONCOURS PERMANENTS.
- I. — Collections de graines.
- Collections de graines d’espèces et de variétés horticoles de toutes sortes .
- i° Collections de graines de plantes potagères;
- 2° Collections de graines de plantes officinales;
- 3° Collections de graines de plantes pouvant être utilisées pour pelouses et gazons;
- 4 Collections de graines de plantes ornementales de plein air;
- 5° Collections de graines de plantes de serre;
- Collections de graines et semences déplantés ligneuses et d’ornement :
- 6° Collections de graines et semences de sous-arbrisseaux, arbustes et arbres autres que les cornières ;
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- 7° Collections de graines et semences de conifères d’ornement présentées : a en graines nettes, b en cônes;
- 8° Graines d’arbres et arbustes fruitiers.
- IL — Plants des pépinières.
- i° Plants d’arbres et d’arbustes à feuilles caduques, de î à 3 ans, destinés à la plantation des parcs et jardins (sujets francs de pied ou greffés);
- 52° Plants d’arbres et arbustes à feuilles persistantes, de î à 3 ans (non compris les conifères), destinés à la plantation des parcs et jardins (sujets francs'de pied ou greffés);
- 3° Plants d’arbres et arbustes résineux, de î à h ans, destinés à la plantation des parcs et jardins (sujets francs de pied ou greffés, ou de bouture);
- 4° Plants d’arbres, de î à 3 ans, destinés à la plantation des avenues, routes, etc. (francs de pied ou greffés, ou de bouture);
- 5° Plants d’arbres et arbustes fruitiers, de î à 3 ans (sujets francs de pied ou greffés);
- 6° Plants de plantes grimpantes ligneuses, destinées à l’ornementation;
- 7° Plants d’arbres ou arbustes, de 2 à 3 ans, destinés à l’ornement, mis au commerce depuis 1889 [indiquer le nom de l’obtenteur et la date de la mise au commerce de chaque variété);
- 8° Plants d’arbres ou arbustes, de 3 à 3 ans, destinés à l’ornement, n’ayant pas encore été mis dans le commerce ;
- 90 Collections de différents genres de greffes, présentées à bois vivant ou mort, et, dans ce cas, sectionnées.
- Nota. Le nombre des sujets présentés dans chaque catégorie ne pourra pas excéder 10. Ce nombre pourra être modifié suivant l’espace accordé à la classe. Il est bien entendu que les désignations d’àgo s’appliquent à la plante elle-même et non pas à la greffe.
- III. — Pelouses et gazons.
- i° Pelouses formées d’une seule espèce ou variété;
- 20 Pelouses formées de plantes en mélange.
- Nota. Pour les gazons et pelouses, l’Administration peut faire établir, en tout ou partie, les pelouses de l’Exposition, par les'exposants admis à concourir.
- III. — PROGRAMME DES CONCOURS TEMPORAIRES.
- 17 AVRIL.
- i° Collection de bulbes, griffes, rhizomes, etc., de plantes à fleurs(1).
- Chaque espèce ou variété ne pourra occuper une superficie supérieure à o m. i5 carré (ou to bulbes).
- 2° Collections de racines porte-graines (carottes, betteraves, etc.).
- Les exposants de graines et semences seront admis à produire des caisses de germination, pour montrer leurs produits en action.
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- 22 MAI.
- i° Collections de plants d’espèces et variétés potagères;
- 2° Collections de jeunes plants d’espèces et variétés ornementales, herbacées de toutes sortes.
- 9 OCTOBRE.
- i° Collections de bulbes, griffes, rhizomes, etc., de plantes à fleurs(1).
- Chaque espèce ou variété ne pourra occuper une superficie supérieure à o m. t5 carré (ou îo bulbes);
- 2° Collections de plants d’espèces et variétés ornementales, herbacées de toutes sortes;
- 3° Collections de jeunes plants d’espèces et variétés ornementales, herbacées de toutes sortes;
- 4° Collections de racines porte-graines (carottes, betteraves, etc.)(l).
- M Ce concours recevra les plantes porte-graines de l’année dans leur entier développement.
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- PREMIÈRE PARTIE.
- CONCOURS PERMANENTS.
- PREMIÈRE DIVISION.
- CONCOURS DE SEMENCES DANS L’ANNEXE DU PALAIS DE L’HORTICULTURE AU COURS-LA-REINE.
- A la date du iermars, le Comité de la Classe 48 avait reçu, dans cette section, les demandes d’admission de : MM. Cayeux et Le Clerc, marchands grainiers, quai de la Mégisserie, 8, à Paris; Denaiffe et fils, marchands grainiers à Carignan (Ardennes); Simon Louis frères, marchands grainiers à Bruyères-le-Châtel (Seine-et-Oise); Thiébaut Emile, marchand grainier, place de la Madeleine, 3o, Paris; Vilmorin-Andrieux et C‘c, marchands grainiers, cpiai de la Mégisserie, 4 , Paris.
- Il n’avait point à pourvoir à l’installation des exposants inscrits dans les sections coloniales ni, naturellement, à celles des exposants étrangers.
- Pour l’installation des exposants français, il avait reçu de la Direction générale de l’exploitation un emplacement à couvert répondant aux besoins des installations projetées.
- Le local mis à la disposition de la Classe 48 pour les expositions de semences était partagé avec la Classe 43, matériel horticole, section des plans et matériel d’enseignement. Il était constitué par un long bâtiment sans étage, parallèle aux serres de l’horticulture et situé en retrait sur la large allée dite rue de Paris. Cette annexe, longue de près de îoo mètres, recevait le jour au midi par de larges haies percées du côté de la rue de Paris, à 2 mètres environ au-dessus du sol et formant un panneau vitré presque continu. Sur le mur intérieur, faisant face aux fenêtres, régnait une galerie divisant en deux parties la hauteur de la surface murale.
- L’espace affecté à la Classe 48 était la partie centrale du rez-de-chaussée du vaste vaisseau de l’annexe, soit 29 mètres de longueur sur 11 m. 5o de largeur ou 2 53 mètres superficiels.
- La nécessité de placer sur cette superficie un développement assez grand de vitrines, tout en ménageant de la lumière sur chacune de leurs faces, fit choisir pour le placement de ces vitrines une position transversale à la longueur du bâtiment : l’installation comporta six doubles travées d’étagères de 6 mètres de longueur sur 0 m. 60 de largeur à la hase. Ces étagères adossées étaient séparées de la travée suivante par un espace de 2 m. 80 environ; elles reposaient sur le sol simplement couvert de gravier et de plain-pied avec l’extérieur. La hauteur propre des étagères était de 1 m. 80 , dont 0 m. 80 pour le coffre ou soubassement et 1 mètre pour l’étagère proprement dite. Ces étagères avaient
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- quatre à six tablettes pour supporter les bocaux ou autres objets exposés, suivant la hauteur de ceux-ci. Elles étaient adossées à des cloisons en planches de h mètres de hauteur, de sorte qu’il restait un espace de 2 m. 20 au-dessus du fronton des étagères, espace très propre à recevoir du matériel léger ou des sujets décoratifs.
- La partie haute de ces cloisons était ornée cl’élégants motifs en treillis de bois portant de nombreuses lampes électriques; l’éclairage du soir était assuré par des lampes à arc électriques puissantes et espacées de 3 à A mètres suivant Taxe du vaisseau.
- En résumé, l’installation comprenait 72 mètres linéaires d’étagères et 36 mètres linéaires de cloisons. Outre cette installation principale, les exposants occupant les étagères furent autorisés par la suite à garnir de meubles spéciaux, vitrines, tables ou étagères légères, les surfaces murales de deux longues parois sud et nord de l’annexe à l’aplomb de leurs installations principales.
- Les travaux pour l’installation des étagères et cloisons ne purent commencer que lorsque l’annexe fut elle-même à peu près terminée, soit au 15 mars environ; ils étaient entièrement terminés le 2/1 avril.
- La place occupée par MM. Cayeux et Le Clerc comportait une travée de 6 mètres de longueur, bordée sur ses deux faces d’une étagère portant six rangs de tablettes, soit 1 2 mètres courants d’étagères et 72 mètres de tablettes. Au-dessus de la dernière tablette commençait une cloison haute de 2 m. 5o environ.
- De plus, le fond de cette travée avait été garni de produits divers en tiges et en tableaux.
- Les tablettes des étagères portaient des collections nombreuses de graines potagères, graines d’arbres et de plantes officinales, de graines de fleurs, etc., classées par genre et par ordre alphabétique, présentées en bocaux d’une forme particulière, déjà adoptée par la maison en 1889.
- Cette forme franchement plate a l’avantage de fournir à l’œil de l’observateur une surface plus large pour l’examen des graines; elle en rend, par ce fait, l’étude plus facile.
- Sur les cloisons, les exposants s’étaient attachés a condenser, sous forme de tableaux, aquarelles et photographies, les vues de leurs établissements, des dessins originaux de leurs catalogues, des scènes de culture intéressantes, le tout encadré de fructifications curieuses et rares comme : des régimes de dattier, de brahea edulis, de sabal, de dra-cœna draco, des cônes de pins, sapins, cèdres, cyprès; des fruits de cycas revoluta (les inflorescences mâles accompagnant les graines), de panda-nus utilis, de cacaoyer, de caroubiers, de féviers, etc.
- Quelques gerbes et trophées étaient composés d’une façon fort décorative par des spécimens complets, en tige et fructification, de plantes potagères, telles que choux, navets, carottes, chicorées, etc., et les graminées les plus utiles et le plus communément employées.
- Sur le mur du fond s’étalait une collection de maïs disposée en éventail, où se
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- trouvaient réunies depuis les variétés de très grand développement jusqu’aux variétés les plus naines et les plus précoces.
- L’exposition de MM. Denaiffe et fds, cultivateurs marchands grainiers à Carignan, occupait la partie la plus avancée vers l’extrémité est de l’annexe et se développait sur 18 mètres courants.
- Elle présentait donc une face d’étagères tournée vers l’extérieur; le revers de celles-ci formant vis-à-vis à une troisième face constituait, à la suite, une sorte de petite salle ou travée ouverte aux deux bouts.
- Le milieu des étagères était occupé par une vitrine renfermant des moulages de plantes potagères ou agricoles, des livres, des sachets de fleurs et de légumes.
- Des deux côtés des vitrines se trouvaient, en prolongement, des gradins supportant, dans des bocaux d’une forme spéciale, une collection considérable de graines potagères, de fleurs, d’arbres et de plantes de serre ou d’orangerie. La série des pois et des haricots était spécialement étendue. Le nom de chaque variété de graines exposées se trouvait porté par une étiquette située indépendamment à la base des bocaux contenant les graines.
- Un grand panneau avait été organisé sur la surface murale disponible du mur nord voisin de ces vitrines. Sur une étoffe rouge, une décoration avait été faite au moyen de tableaux peints à l’huile représentant des légumes de grand développement, des moulages en grand nombre, des chromos, etc.
- En face, sur la paroi du mur sud, sous les grandes baies vitrées, avait été dressée une vitrine contenant, dans des boîtes carrées, une collection de graines forestières et en particulier des conifères, de plantes et arbres des pays chauds : phœnix, latanias, cocos, etc., des capsules cl’un certain nombre de variétés d’eucalyptus, des petits régimes de raphia, etc.
- Au-dessus de cette vitrine était disposée une collection de graminées en petites gerbes donnant à cette partie un caractère décoratif. La partie située sur cloison, au-dessus des étagères latérales, était ornée de tableaux de plantes d’ornement et potagères, dans le même esprit que la décoration du panneau nord.
- MM. Simon (Louis) frères, cultivateurs marchands grainiers à Bruyères-le-Châtel, occupaient une vitrine de 6 mètres. Leur collection de semences contenues dans des bocaux cylindriques à base métallique contenait une série particulièrement complète de plantes potagères, légumineuses, pois et haricots, des graminées et des graines de fleurs.
- La décoration était disposée avec soin et rehaussée de gerbes des principales graminées entrant dans la composition des pelouses et gazons.
- M. Thibaut (Emile), grainier-horticulteur, occupait une étagère de six mètres et la cloison correspondante.
- Conformément au programme, le fond de son exposition consistait dans la collection
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- des graines horticoles, bien et méthodiquement, disposée. L’espace restreint ne permettant point d’adjoindre beaucoup de séries de graines à celles qui forment le fond essentiel de l’horticulture, les semences de fleurs et de légumes étaient spécialement représentées. M. Thiébaut avait classé en sections distinctes, parmi les plantes potagères, celles qui sont cultivées pour leur feuillage, celles dont les fruits et les graines sont la partie utilisable et, enfin, celles qui se cultivent pour leurs racines. Cette division est logique et a servi de base à des coupures essentielles dans quelques ouvrages sur les plantes potagères, spécialement en Amérique. La décoration accessoire de cette installation était complétée par des planches coloriées de plantes et spécialement de plantes bulbeuses.
- MM. Vilmorin-Andrieux et Cie, cultivateurs et marchands grainiers à Paris, occupaient un emplacement de 3o mètres linéaires, soit cinq étagères de 6 mètres. Une de ces étagères avait donc sa face tournée à l’extérieur, les quatre autres formaient deux travées ou entre-deux d’étagères : mais pour réunir plus complètement ces deux parties voisines, aucune cloison n’avait été élevée entre les deux étagères adossées au milieu de l’espace occupé. Cette disposition permettait un coup d’œil plus complet sur l’ensemble de cette exposition.
- La partie essentielle des apports était naturellement constituée par la collection des semences répondant à l’objet de la Classe 48. Dans la série des gradins couronnant les étagères était exposée une très considérable collection contenue dans des flacons plats, d’un modèle nouveau et disposés pour porter une étiquette donnant le nom de la graine exposée et quelques indications sur l’usage et la culture des végétaux. Les collections de plantes d’ornement de plein air, d’arbres forestiers, des plantes des pays chauds, industrielles ou ornementales, des plantes potagères, etc., étaient séparées en groupes distincts et rangées méthodiquement dans chaque groupe, autant que la diversité de dimensions des semences permettait une pareille méthode.
- Aux semences de conifères était jointe, comme annexe instructive, une série très complète de cônes montés.
- Les arbres décoratifs des pays chauds et, en particulier, les palmiers étaient représentés par des régimes entiers ou des parties de régime : phénix dactylifera à fruit rose ou à fruit jaune, phénix reclinata, tennis, senegalensis, sahal, umbraculifera, etc.
- Des fruits curieux de lecythis ollaria (marmite de singe), adansonia digitata (baobab), lodoicea Sechellarwm (cocotier de mer), attiraient l’attention des visiteurs avec les inflorescences ou fructifications curieuses des ravenala madagascariensis, du strelitzia reginæ, de sagus rufjîa (raphia), dont une branche fructifère d’un développement peu commun ornait une des colonnes de la galerie.
- Une vitrine adossée au mur du nord contenait soixante-deux espèces d’eucalyptus en fruits, des graines d’arbres industriels coloniaux : hevëa braziliensis, h. guianensis, cas-tilloa, manihot, hancornia, kickxia, landolphia, etc., aleurites, moringa, etc. Des fruits entiers ou coupés des meilleures variétés du cacaoyer étaient contenus dans des bocaux et disposés au-dessus des étagères sans cloisons du milieu de la salle.
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- Enfin des vues clés diverses parties des établissements Vilmorin, des tableaux de fleurs diverses décoraient les cloisons limitant à droite et à gauche la partie réservée à la maison Vilmorin.
- Toutes les installations mentionnées ci-dessus étaient démontées à la date du 15 décembre, et la place quelles avaient occupée était entièrement débarrassée quelques jours plus tard.
- DEUXIÈME DIVISION.
- CONCOURS PERMANENTS DE PELOUSES ET GAZONS.
- Ces concours rattachés en 1889 à la Classe 77 et classés en 1900 dans la Classe 48 comprenaient deux hypothèses :
- i° Les pelouses formées d’une seule espèce ou variété;
- 2° Les pelouses formées de plantes en mélange.
- Dans les conditions d’une exposition sous le climat de Paris et pour une durée de six mois et demi, la première hypothèse ne comportait qu’un intérêt restreint. Une pelouse formée d’une seule espèce ou variété ne pouvait, dans ces conditions, comprendre que du ray-grass pur, et le maintien du hon état durable d’une pareille pelouse ne dépendait que des conditions de bonne exposition, de sol et surtout de tonte et d’arrosage.
- 11 n’en eût pas été de même dans des conditions sortant nettement de l’ordinaire par des conditions d’aridité, de sol spécial où des espèces particulières eussent pu être essayées au lieu du simple ray-grass.
- Quoi qu’il en soit, les conditions du concours amenaient naturellement à donner la préférence à des mélanges de graminées et légumineuses, de façon à introduire dans les gazons des espèces rustiques capables de supporter au besoin un peu moins de richesse dans le sol et des interruptions possibles d’arrosage.
- Les superficies attribuées aux concurrents étaient un peu moindres qu’en 1 889, où de vastes pelouses avoisinaient la Tour Eiffel.
- Malgré l’accumulation des constructions de toutes sortes, le concours put avoir lieu dans l’enceinte parisienne de l’Exposition et l’emplacement occupé par la presque totalité des exposants fut même un emplacement de choix.
- La place désignée fut l’avenue monumentale séparant les deux Palais des Champs-Elysées et conduisant au pont Alexandre III. Cet emplacement très en vue avait encore un autre avantage, l’avenue étant orientée nord-sud, les pelouses qui la bordaient recevaient une pleine lumière pendant la majeure partie du jour, et cela, d’une façon égale pour toutes les parcelles.
- MM. Cayeux et Le Clerc, Mme Vve Chouvet, MM. Férard, Roquet, Thiébaut (Émile), Thiébaut-Legendre, Valtier, Vilmorin-Andrieux et Cie, marchands grainiers à Paris, reçurent donc des emplacements de h 00 mètres carrés à l’avenue Alexandre III, où l’on put établir huit parcelles.
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- GRAINES, SEMENCES, ETC., DE L’HORTICULTURE ET DES PÉPINIÈRES. 171
- M. Delahaye, marchand grainier à Paris, reçut, pour son concours, une parcelle équivalente comme superficie et exposition au voisinage de la Tour Eiffel.
- Malheureusement, le terrain fut mis très tardivement à la disposition des exposants; des parties insuffisamment nivelées ou des remplissages à l’aide de matériaux de démolition trop perméables ou trop calcaires existaient dans plusieurs parcelles et, causant des affaissements ou des inégalités dans l’état hygrométrique du sol, rendaient les soins d’entretien plus difficiles et nuisaient à l’uniformité du tapis végétal.
- Un exposant anglais, M. Carter (James), avait au voisinage du Palais des Indes anglaises, au Trocadéro, une petite superficie de gazon.
- TROISIÈME DIVISION.
- CONCOURS DE JEUNES PLANTS DE PÉPINIÈRES DE 1 Â 3 ANS.
- Deux exposants seulement, MM. Barbier et C,J, à Orléans, et Baltet (Lucien), à Troyes, ont pris part aux concours de jeunes plants de pépinières. Un troisième, M. Pinguet-Guindon, pépiniériste à Tours, inscrit à la Classe 48, vit son lot attribué à la Classe 45 et jugé par le Jury de cette classe; les sujets exposés, composés uniquement d’arbres fruitiers, étant âgés de plus de trois ans.
- Les concours de jeunes plants de pépinières n’avaient pu être installés dans l’enceinte parisienne de l’Exposition. Un espace d’ailleurs très favorable avait été réservé pour les concours à l’annexe de Vincennes. Des plates-bandes situées à l’extrémité est du lac sur le chemin des grandes constructions qui abritèrent le concours des animaux reproducteurs formaient, avec des pelouses bien entretenues, un très agréable et instructif parterre.
- Les collections exposées par MM. Barbier et C'e, pépiniéristes à Orléans, couvraient une superficie de plus î oo mètres carrés. Ces plantes étaient disposées en plates-bandes assez étroites en bordures d’allées et séparaient celles-ci des pelouses intérieures.
- Bien que ces plates-bandes ne fussent pas disposées pour l’ornement et ne pussent point l’être en raison de la composition de certains concours, plusieurs de leurs parties, spécialement celles des plants d’arbres et arbustes à feuilles persistantes, n’en présentaient pas moins un coup d’œil agréable.
- Des plants d’arbres destinés soit à la création, soit à la plantation des parcs et jardins, formaient des séries extrêmement complètes; ces plants, âgés de î à 3 ans, étaient au nombre de 9,000 sujets comptant 900 variétés. Tilleuls, érables, maronniers, robiniers, frênes, ormes, celtis, bouleaux, aunes, chênes, noyers, saules et peupliers, étaient représentés non seulement par les espèces fondamentales avec leurs variétés distinctes soit par le port des rameaux, la pauachure ou la forme variable des feuilles, mais encore par des variétés rares et nouvelles peu répandues dans les collections commerciales. Les plants destinés à la plantation des avenues, allées, etc., étaient, de leur côté, au nombre de i,4oo sujets.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Les arbustes à feuilles persistantes, à feuillage vert ou panaché, en plants jeunes mais garnis d’un feuillage compact, présentaient, ainsi que les jeunes conifères, un délicieux tapis de verdure aux nuances les plus changeantes. Ilex, jîlaria, osmanthus, elœagnus, rhamnus et troènes formaient les groupes les plus nombreux en espèces, avec les pyracantha, garrya, huis, etc., a,5oo sujets, 25o variétés. Les plants d’arbres résineux de 1 à h ans, francs de pied ou greffés, formaient un lot très considérable, contenant h 5 o variétés.
- Des emplacements séparés étaient réservés aux arbustes d’ornement, buddleias, spirées, deutzias, mis au commerce depuis 1889. MM. Barbier avaient eu aussi la bonne inspiration de réunir une collection, non prévue par le concours, d’arbustes propres à faire des abris pour le gibier. Beaucoup d’espèces employées unicjuement à la décoration peuvent être très utilement employées à cet usage: ronce du Canada, plusieurs troènes et elœagnus, des spirées, rosiers à grand feuillage, tels que le rugosa, etc.
- L’exposition comprenait encore des plants d’arbustes grimpants et sarmenteux (12b variétés), d’arbustes propres à la confection des haies et clôtures, aux plantations de sous-bois, etc., et un lot d’arbres et d’arbustes destinés à l’ornement mis au commerce depuis 1889.
- L’exposition de AI. Baltet (Lucien), pépiniériste à Troyes, présentait un caractère très spécial. Cet exposant avait cherché à répondre, par un apport aussi complet cpie possible, à l’article neuvième des programme du concours : collection de différents genres de greffes.
- Ce mode de multiplication des végétaux a fait l’objet d’expérimentations répétées dans les pépinières Baltet, et l’auteur de l’Art de greffer a cherché au milieu de la multiplicité des procédés, ceux qui conviennent le mieux à chaque végétal et aux formes et dimensions qu’on doit leur donner.
- Son fils, M. Lucien Baltet, présentait de nombreuses séries de greffage et surgreffage :
- i° Végétaux à fruit comestible, cerisier, oranger, coudrier, kaki, pommiers, mûriers, etc., greffés, parfois surgreffés sur les sujets les mieux appropriés;
- 20 Végétaux forestiers et d’ornement : bouleaux, hêtres, chênes d’espèces rares, produits de dimorphismes fixés par la greffe ;
- 3° Conifères, cèdres, juniperus, liboceclrus, pins et sapins, torreya, wellingtonia, etc.;
- k° Végétaux à feuillages persistants, aucubas, fusains, camellias, elœagnus.
- Tous les spécimens de plantes parfois peu répandues présentaient une reprise et une vigueur parfaites.
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- GIUINES, SEMENCES, ETC., DE L’HORTICULTURE ET DES PEPINIERES. 173
- DEUXIÈME PARTIE.
- CONCOURS TEMPORAIRES DE LA CLASSE 48.
- Ces concours ont eu lieu dans les grandes serres de l’horticulture au Cours-la-Reine.
- PREMIER CONCOURS.
- Le premier concours eut lieu à la date du 17 avril, conformément au règlement de la Classe 48.
- La maison Vilmorin-Andrieux prit part au deuxième concours ouvert à cette date : collection de racines et porte-graines, graines en germination.
- La date du concours permettait de réunir de nombreuses racines porte-graines encore à l’état de repos. Les plus importants des légumes-racines, betteraves, carottes, navets, radis, etc., sont en effet l’objet d’une culture bisannuelle pour l’obtention de leurs graines. Un semis d’été donne une végétation suffisante pour constituer une racine permettant de juger la franchise du produit; sur ces racines porte l’épuration éliminant les produits défectueux, tandis que les bons sont installés en silos pour être replantés vers le mois d’avril. Le lot exposé par la maison Vilmorin comprenait un choix nombreux de variétés dans les espèces ci-dessus.
- A ce concours étaient jointes une série considérable de jeunes plants de toutes espèces : fleurs, légumes, plantes officinales et diverses en germination ou jeunes plantes. Etaient jointes aussi une série de germinations de graines de toutes sortes, contenues sous verre, dont une centaine de terrines en terre poreuse du type adopté dans les stations agronomiques. L’émission des petites tiges et des radicules plus ou moins prompte et avec des modes variés retenait manifestement l’attention des visiteurs.
- DEUXIÈME CONCOURS.
- (22 MAI.)
- La maison Vilmorin-Andrieux avait pris part à ce concours par une série de plants en germination en nombre à peu près égal de plantes potagères et de fleurs; le nombre total des terrines de germination était de 18 0 à 2 0 0.
- TROISIÈME CONCOURS.
- (9 OCTOBRE.)
- Le premier article du concours comprenait des collections de bulbes, griffes, rhizomes de plantes à fleurs.
- Deux exposants participaient à ce concours, M. Rosette, horticulteur à Caen, avec une
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- 17 A
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- nombreuse série de pattes d’anémones, et M. Noef, de Moscou, avec une série d’oignons à fleurs provenant des cultures installées depuis un certain nombre d’années aux bords de la mer Noire.
- Le quatrième article du concours : collections de racines porte-graines (carottes, betteraves, etc., dans leur entier développement), avait servi de programme à deux apports très importants de la part de MM. Simon (Louis) frères, à Bruyères-le-Châtel, et de MM. Vilmorin-Andrieux et C'°, à Paris.
- MM. Simon (Louis) frères avaient apporté et disposé avec beaucoup d’art une série très complète de racines porte-graines des principales espèces de plantes potagères, choisies parmi les spécimens représentant avec le plus de franchise et d’exactitude les types des variétés de ces espèces. Or, les légumes-racines sont de ceux où la variation de forme et de couleur est la plus multipliée. Les caractères de variété dans la coloration et la forme permettent précisément de faire une véritable décoration avec des éléments qui ne sembleraient pas, à première vue, susceptibles de fournir de pareilles ressources. MM. Simon (Louis) frères avaient joint à leur lot de racines porte-graines une des séries les plus hautement décoratives de légumes, la série des courges, concombres et pâtissons, la plus richement partagée peut-être de celles comprises à la section des produits potagers.
- Dans cette même série des racines porte-graines, la maison Vilmorin avait, de son côté, exposé une collection très complète de racines de choix triées avec un soin minutieux pour représenter le type exact des variétés.
- A cette importante collection, la maison Vilmorin avait joint une série de jeunes plants en germination (article 3 des concours temporaires), comprenant des plantes de toutes les sections de la série horticole, ornement et potager, en nombre aussi considérable qu’au concours temporaire du mois de mai.
- En terminant ce court rapport, je ne dois point manquer de signaler l’esprit de bonne confraternité et d’union montré en toute circonstance par les exposants de la Classe h 8, et qui ont rendu faciles et agréables les décisions multiples qu’a dû prendre le Comité pour la répartition des emplacements et la combinaison des arrangements les plus favorables à la bonne présentation générale des lots et produits exposés.
- M. V.
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- GRAINES, SEMENCES, ETC., DE L’HORTICULTURE ET DES PÉPINIÈRES. 175
- ANNEXES.
- EXPOSITIONS DIVERSES
- SE RAPPORTANT À LA CLASSE 48
- ET DONT L’INSTALLATION A ÉTÉ FAITE EN DEHORS DU COMITÉ DE LA CLASSE.
- COLONIES.
- ALGÉRIE.
- Pourciier, Ain Kouba, près Alger. — 20 corbeilles, graines diverses. (Exposition de l’Algérie au Trocadéro. )
- SÉNÉGAL ET DÉPENDANCES.
- Le Comité local de l’organisation de l’Exposition de 1900 (Trocadéro).
- Mission Chevalier (envoi par le Muséum). — Collections provenant de la mission de M. Auguste Chevalier au Muséum (Trocadéro).
- TUNISIE.
- Chambre de commerce française de Tunis. — Environ 3o bocaux de graines diverses (Trocadéro). Chambre mixte de commerce et d’agriculture du Sud, à Sfax. — Bocaux de graines (Trocadéro). Jardin d’essais de la Régence, à Tunis. — Jeunes plants d’arbres, araucaria: environ 3oo plants; environ 25 bocaux de graines (Trocadéro).
- Ville de Sfax. — Plants d’horticulture et de pépinières : environ 5o bocaux de graines diverses (Trocadéro).
- INDO-CHINE.
- Comité local de la Cochinchine, à Saigon. — Plantes et graines diverses (Trocadéro).
- Comité local du Tonkin, à Hanoï. — Vitrines contenant des graines (Trocadéro).
- Protectorat de l’Annam. — Arachides et autres graines (Trocadéro).
- Comité local du Cambodge. — Graines diverses (Trocadéro).
- Société d’enseignement mutuel des Tonkinois. — Collections diverses, semences (Trocadéro).
- MM. Faussemagne et Cu, à Haïphong (Tonkin). — Collections de graines diverses (Trocadéro).
- RÉUNION.
- M. Bellier de Villentrov, à la Réunion. — 90 bocaux de graines diverses (Trocadéro).
- Crédit foncier colonial (agence de la Réunion). — Environ 10 bocaux de graines (Trocadéro). Mn,c Schlausen (veuve), à la Réunion. — Haricots et lentilles (Trocadéro).
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- 17G
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- MADAGASCAR ET DÉPENDANCES.
- Service de l’agriculture à Madagascar et Jardins d’essai de Tananarive. — Plantes et pépinières, semences de plantes indigènes (annexe dn Trocadéro).
- Exposition collective des diverses administrations locales. — Environ 75 bocaux de végétaux indigènes (annexe du Trocadéro).
- M. Dam0ur (Xavier), à Anamakia, près de Diego-Suarez. — Graines (Trocadéro).
- M. Lereau, à Anamakia, près Diego-Suarez. — Graines (Trocadéro).
- M. Hoareau (Anthony), à Anamakia, près Diego-Suarez. — Graines (Trocadéro).
- M. Morel, à Anamakia, près Diego-Suarez. — Graines (Trocadéro).
- M. Sciimidt, à Anamakia, près Diego-Suarez. — Graines (Trocadéro).
- ÉTRANGER.
- BOSNIE-HERZÉGOVINE.
- Département de l’agriculture, à Sarajevo. — Environ 100 bocaux de graines, spécialement potagères (pavillon au quai d’Orsay).
- ITALIE.
- M. Broglio, à Rome. — Jeunes plants de mûrier (près du Grand-Palais).
- Ciiamrre de commerce de Naples. — Semences (près du Grand-Palais).
- LUXEMBOURG.
- M. Beisen (P.), instituteur à Wahlliausen.— 1,100 bocaux, graines en collection pour enseignement (pavillon au quai d’Orsay).
- ROUMANIE.
- Administration du domaine de la Couronne, à Bucarest. — Fèves, haricots, la plus grande partie concerne l’agriculture (pavillon au quai d’Orsay).
- RUSSIE.
- École d’horticulture d’Oumagne, à Oumagne. — 5o bocaux de graines d’arbres; 70 bocaux de graines diverses (serres de l’horticulture au Cours-la-Reine).
- Ouvaroff (le comte Alexis), à Volsk, gouvernement de Saratoff. — 100 sachets contenant des graines variées (Cours-la-Beine).
- Tarnovsky (V.-V.), à Autonovka, district de Piriatensk. —, 80 sachets, pois et haricots (Cours-la-Reine).
- Collectivité du district de Rostoff. — 116 petites boîtes, graines potagères et officinales (Cours-la-Reine).
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- GRAINES, SEMENCES, ETC., DE L’HORTICULTURE ET DES PÉPINIÈRES. 177
- SERBIE.
- Direction du domaine de l’Etat, à Topchidère. — Haricots et fèves (pavillon au quai d’Orsay). Direction des forêts au Ministère de l’agriculture, à Belgrade. — 82 bocaux, graines d’arbres et arbustes forestiers et d’ornement (pavillon au quai d’Orsay).
- Direction de l’Ecole de viticulture, à Bukovo. — 110 bocaux de graines diverses (pavillon au quai d’Orsay).
- AMÉRIQUE.
- ÉTATS-UNIS.
- Miciiigan seedCompany, à South Haven, Michigan. — Graines potagères (pavillonau quai d’Orsay). Trumbull et Beele, à San Francisco (Californie). — 173 variétés de semences potagères (Cours-la-Reine).
- RÉPUBLIQUE DE L’ÉQUATEUR.
- M. Benito Soto (José), à Azogues. — Bocaux de graines diverses (Champ de Mars). M. Villacis (Carlos), de Lata Cunga. — Graines diverses (Champ de Mars).
- ASIE.
- CORÉE.
- Gouvernement coréen, à Séoul. — Collection de graines et semences (Champ de Mars).
- INDES ANGLAISES.
- MM. Carter (James), Dunnett et Beale, marchands grainiers, à Londres. — 120 espèces ou variétés de graines propres aux colonies (Palais des Indes anglaises, au Trocadéro).
- MM. Sutton and sons, marchands grainiers à Reading (Angleterre). — 5o espèces ou variétés de semences coloniales (Palais des Indes anglaises, au Trocadéro).
- Gn.. VIII. — Cl. 48.
- [M PRIM F.RIE NATIONALE
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- TABLE DES MATIÈRES.
- (Groupe VIII. — Classes 43 À 48.)
- Classe 43. — Matériel et procédés de l’horticulture et de l’arboriculture.
- Pages.
- CLASSE 43...................................................................... là î 4
- Composition du jury....................................................................... 3
- Industries horticoles..................................................................... 5
- Colonies françaises...................................................................... 10
- Etranger.............................................................................. î o
- Classe 44. — Plantes potagères.
- CLASSE 4/i..................................................................... i5 à 44
- Composition du jury..................................................................... 17
- Considérations générales................................................................. 19
- Concours du 18 avril 1900..................................................... 20
- Concours du 9 mai 1900........................................................ 22
- Concours du 23 mai 1900.......................................................... 24
- Concours du 13 juin 1900...................................................... 25
- Concours du 27 juin 1900....................................................... 27
- Concours du 18 juillet 1900............................................ ...... 3o
- Concours du 8 août 1900.......................................................... 3i
- Concours du 22 août 1900...................................................... 33
- Concours du 12 septembre 1900.................................................. 35
- Concours du 26 septembre 1900.................................................... 37
- Etrangers........................................................................ 4o
- Concours du 10 octobre 1900...................................................... 4i
- Concours du 2 4 octobre 1900................................................... 42
- Classe 45. — Arbres fruitiers et fruits.
- CLASSE 45...................................................................... 45 à 60
- Composition du Jury...................................................................... 47
- Arbres fruitiers et fruits............................................................... 49
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- 180 EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Exposition permanente................................................................. A9
- Exposition temporaire................................................................. 5o
- France................................................................................ 5i
- Belgique.................................................................................. 55
- Russie................................................................................ 55
- Autriche.............................................................................. 56
- États-Unis............................................................................ 56
- Allemagne................................................................................. 58
- Tableau comparatif.................................................................... 58
- Classe 46. — Arbres, arbustes, plantes et fleurs d’ornement.
- CLASSE 46....................................................................... 6i à 98
- Composition du Jury....................................................................... 63
- Introduction............................................................................. 65
- Concours permanents................................................................... 66
- Concours temporaires :
- I. Arbustes d’ornement...................................................... 70
- IL Rosiers.................................................................. 72
- III. Plantes annuelles, bisannuelles et vivaces.......................... 75
- Plantes annuelles, bisannuelles et vivaces proprement dites.................. 80
- Expositions étrangères..........................................................'. . . 92
- Nouveautés exposées aux concours temporaires :
- I. Arbustes d’ornement.......................................................... 93
- IL Rosiers...................................................................... 9&
- III. Plantes annuelles, bisannuelles et vivaces..............................
- IV. Chrysanthèmes............................................................... 96
- Nouveautés présentées par les exposants étrangers....................................... 96
- L’art floral aux concours temporaires..................................................... 97
- Classe 47. — Plantes de serre.
- CLASSE hl....................................................................... 99 a 156
- Composition du Jury..................................................................... 101
- Plantes de serre...................................................................... 1 o3
- Serres.......................................................................... 106
- Décoration des appartements. — Fêtes officielles et privées..................... 106
- Plantes forcées.................................,............................ 107
- Cultures d’amateurs............................................................. 108
- Décoration estivale des jardins................................................. 110
- Cultures dans le Midi.......................................................... 110
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- TABLE DES MATIERES
- 181
- Plantes de serre (Suite) :
- Importation........................................................................ 111
- Horticulture coloniale............................................................. 111
- Commerce horticole................................................................. 112
- Sociétés........................................................................... 113
- Expositions, congrès et conférences................................................ n3
- Littérature horticole.............................................................. 11 û
- I" concours temporaire (18 avril)............................................. 121
- II” concours temporaire (9 mai)................................................... 12Û
- IIP concours temporaire (23 mai)................................................ 127
- IVe concours temporaire (13 juin).................................................. i33
- Ve concours temporaire (27 juin)................................................. i34
- VIe concours temporaire (18 juillet)........................................... 135
- VIIe concours temporaire (8 août)............................................... 187
- YIIP concours temporaire (22 août)............................................. 138
- IXe concours temporaire (12 septembre)........................................... \ko
- Xe concours temporaire (26 septembre)........................................... i43
- XP concours temporaire (10 octobre)............................................. 1Û6
- XIIe concours temporaire (2k octobre)............................................. i48
- Classe 48. — Graines, semences et plants de l’horticulture et des pépinières.
- CLASSE A8....................................................................... i57 à 178
- Composition dü Jury..................................................................... 15g
- Graines, semences et plants de l’horticultüre et des pépinières......................... 161
- Annexe au règlement général............................................................. 163
- CoNGODRS PERMANENTS....................................................................... l66
- Concours temporaires....................................................................... 173
- Annexes (Expositions diverses)............................................................. 175
- Imprimerie nationale. — 7223-02.
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