Rapports du jury international
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- RAPPORTS DU JURY INTERNATIONAL
- L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1900
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- MINISTÈRE DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900
- À PARIS
- RAPPORTS
- DU JURY INTERNATIONAL
- Groupe IX. — Forêts, Chasse, Pêche, Cueillettes
- CLASSES 49 À 5A
- PARIS
- IMPRIMERIE NATIONALE
- M CMII
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- CLASSE 49
- Matériel et procédés des exploitations et des industries forestières
- RAPPORT DU JURY INTERNATIONAL
- PAR
- M. LÉON BARBIER
- VICE-PRÉSIDENT DU CONSEIL GENERAL DE LA SEINE
- Gn. IX. — Cl. 49.
- MPniMERlE
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- COMPOSITION DU JURY.
- MM. Zürlinden (Alfred), conservateur des eaux et forêts (comités, jury, Paris 1889;
- vice-président des comités, Paris 1900)à Rouen (Seine-Inférieure), président. . . France.
- Kern (Édouard), conseiller d’État, directeur de l’École supérieure forestière, à
- Saint-Pétersbourg, vice-président........................................... Russie.
- Rarbier (Léon), conseiller général de la Seine, bois de sciage et charpentes (trésorier des comités, Paris 1900), à Boulogne-sur-Seine, rapporteur............. France.
- Millet (Paul), inspecteur des eaux et forêts (secrétaire des comités, Paris 1900),
- secrétaire.................................................................. France.
- JURÉS TITULAIRES FRANÇAIS.
- MM. Càbart-Danneville (Maurice), sénateur de la Manche (président des comités, Paris
- 1900)....................................................................... France.
- Dadbrée (René), inspecteur des eaux et forêts (rapporteur des comités, Paris
- 1900)....................................................................... France.
- Thézard (Léopold), sénateur de la Vienne (comité d’admission, Paris 1900). . France.
- JURÉS TITULAIRES ÉTRANGERS.
- MM. Sykes-Gamble (James), conservateur des forêts des Grandes-Indes.......... Grande-Bretagne.
- Foldi (Jean), conseiller forestier au Ministère de l’agriculture.............. Hongrie.
- JURÉ SUPPLÉANT FRANÇAIS.
- M. Schlussel (Laurent), ingénieur des arts et manufactures, secrétaire général de la Société nouvelle des établissements Decauville aîné (comité d’installation, Paris 1900)............................................................................. France.
- JURÉ SUPPLÉANT ÉTRANGER.
- M. Wang (Ferdinand), professeur et conseiller du Ministère de l’agriculture...... Autriche.
- EXPERT.
- M. Hickel (Robert), inspecteur adjoint des eaux et forêts....................... France.
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- MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DES EXPLOITATIONS
- ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES.
- Le Jury de la Classe 49, qui nous a nommé rapporteur de ses opérations, avait à examiner le matériel et les procédés des exploitations et industries forestières, non seulement de la France, mais encore de toutes les nations étrangères qui ont fait à notre pays l’honneur de lui apporter les belles méthodes quelles ont si largement développées au point de vue technique et au point de vue industriel.
- Le Jury a examiné tous les produits exposés et, pour procéder à cet examen avec le plus de soin et d’impartialité, il ne s’est pas divisé en sous-commissions.
- Il avait à apprécier, non seulement des produits, des échantillons, des outils et des instruments, mais encore des documents scientifiques, des méthodes de travaux techniques et avait surtout à constater les résultats obtenus.
- Nous présenterons ci-après des rapports indiyiduels pour chacun des exposants que le Jury a cru devoir distinguer plus particulièrement; mais, avant de produire ces rapports individuels, nous croyons utile de jeter un coup d’œil d’ensemble sur la Classe 49.
- APERÇU D’ENSEMBLE.
- OBJET DE LA CLASSE 49-
- CLASSE CORRESPONDANTE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
- NOMBRE DES EXPOSANTS EN 1900.
- La Classe 49, que l’on pourrait, ajuste titre, appeler la classe technique des produits vivants des forêts, puisqu’elle comprend les graines, les plantes, les exploitations et les travaux forestiers, ne correspond directement à aucune classe de l’Exposition universelle de 1889.
- En effet, la Classe 49 comprend non seulement les collectmis de graines, les spécimens d'essences forestiers, les plants de pépinières, la topographie forestière, comme la Classe 82 de l’Exposition de 1889, ou routillage, le matériel des exploitations, des industries et des travaux forestiers, comme la Classe 42 de la dernière Exposition; mais elle englobe encore, et c’est de beaucoup la partie la plus importante, tout ce qui a trait à la partie technique et scientifique du service forestier proprement dit, c’est-à-dire les procédés de
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- culture et d’aménagement des forêts, les maisons forestières, les voies de desserte el par là on entend la construction des routes, des ponts, des canaux, des écluses de flottage et d’autres travaux de même nature; en outre les scieries, les assainissements, le repeuplement des forêts et la mise en valeur des terrains incultes, la fixation des dunes et, enfin, elle embrasse une partie du service forestier qui s’est créé depuis peu d’années, mais qui a pris un développement considérable et qui s’accroîtra encore dans presque tous les pays du monde, c’est-à-dire la restauration des terrains en montagne, la correction et l’extinction des torrents, cause de tant de ruines.
- Les exposants de la Classe A9 n’étaient pas, comme dans la plupart des autres classes, des commerçants, des industriels, des inventeurs qui profitent de leurs inventions, mais en majorité, de grandes administrations publiques, des administrations de domaines impériaux ou royaux ou des administrations de grands domaines privés.
- A ces grandes administrations viennent se joindre des fonctionnaires qui exposent des travaux particuliers, des inventions qui servent dans leur service, mais dont ils ne font pas commerce.
- Le nombre des exposants de France a été de 28; dans ce chiffre figurent l’Administration française des eaux et forêts, les gouvernements d’Algérie, d’Indo-Chine, de Madagascar, la Tunisie et les colonies françaises.
- Celui des nations étrangères de 1 âj, dont un grand nombre d’exposants particuliers compris dans les collectivités.
- La sylviculture était donc fort bien représentée à l’Exposition de 1900; elle comptait de très nombreuses sections forestières dont les principales étaient celles des administrations de France, de Russie (avec son annexe spéciale des apanages impériaux), de Hongrie, d’Autriche, du Canada, des colonies d’Australie et de l’Inde, et des Etats-Unis.
- Presque tous les pays exposants s’étaient efforcés de faire apprécier leur bonne administration forestière, la science de leurs agents et les progrès réalisés pendant les dernières années du xixe siècle.
- L’étude des espèces forestières était représentée par des collections superbes de bois crûs dans diverses situations climatologiques ou géologiques; des herbiers, des collections de graines, des vues de peuplements à divers âges, des collections relatives à leurs maladies ou difformités, des études concernant leur qualité et les produits que l’on peut en tirer.
- Parmi les objets les plus intéressants, il faut citer la superbe collection en forme de volumes de bibliothèque de l’Ecole nationale des eaux et forêts de Nancy et les coupes microscopiques qui l’accompagnaient. Celles de Russie, en bois de toutes dimensions et principalement en grosses tronces coupées partiellement à la partie supérieure, d’une façon fort heureuse, pour montrer les différeftts aspects du bois débité en sciage; le bel herbier forestier des Indes et de Ceylan de M. Gamble, conservateur en retraite de l’Empire des Indes; le superbe atlas des arbres japonais; les collections en madriers gigantesques des États-Unis et les sections microscopiques de M. Romeyn Hough, de Louville.
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- Le Gouvernement des États-Unis, où la sylviculture est encore à ses débuts, fait les plus grands efforts pour asseoir la science sylvicole, et aucun pays du monde n’a peut-être étudié avec tant de méthode les essences forestières indigènes. L’étude faite et le travail déjà terminé est énorme, malheureusement l’exploitation forestière systématique n’existe pas encore dans ces magnifiques forêts. Les intérêts commerciaux ont seuls présidé, jusqu’à ce jour, à leur exploitation, au grand détriment des générations futures; mais il est impossible que les études et recherches du Département de l’agriculture ne portent pas leurs fruits et n’aboutissent pas avant peu à une direction mieux entendue des exploitations.
- La cartographie forestière fournit d’intéressants renseignements sur la répartition des forêts et même sur chaque espèce forestière dans chaque pays. Les cartes de Roumanie, de Russie, d’Autriche, de Hongrie, d’Amérique, du Portugal, de Suède, constituaient les documents des plus précieux au point de vue statistique et botanique.
- Les études sur la direction donnée aux administrations locales et sur certaines questions forestières, controversés ou simplement à l’étude dans divers pays, avaient fait l’objet de très nombreuses notices imprimées ou manuscrites, de diagrammes et de collections annexes, souvent présentées d’une façon très ingénieuse. On peut citer, comme très bien présentés, les diagrammes de croissance des arbres japonais formés par des sections prises à la même hauteur dans divers arbres et rapprochées de façon à former des pyramides ; on pouvait ainsi juger à première vue de la valeur et la grandeur de chaque essence.'La collection des bois d’éclaircie à divers âges des massifs de crypto-merias permettait d’apprécier à la fois la rapidité de la croissance de cette essence et les usages que l’on peut en tirer à divers âges.
- Les mémoires les plus intéressants sur les questions forestières annexes se trouvaient dans les expositions de l’Administration française des eaux et forêts, de la Société forestière de Franche-Comté, de l’Autriche, de la Hongrie et de la Russie. Ils montraient le zèle et la science de ces corps forestiers, qui, partout, se tiennent au courant des progrès réalisés et ne cessent de faire profiter la sylviculture des conquêtes faites dans les branches si variées des sciences exactes ou naturelles qui lui sont applicables. Les maîtres éminents qui enseignent dans les écoles et instituts spéciaux des divers pays ne cessent eux-mêmes de travailler; les stations de recherches les aident sans relâche à Nancy, Zurich, Munich, Vienne, Valombrosa, Madrid, Lisbonne, Rerlin et Saint-Pétersbourg. Ces recherches ont fait et feront progresser la science sylvicole ; les meilleurs élèves se font un devoir d’aider leurs anciens professeurs pendant les quelques moments que leurs travaux quotidiens peuvent leur laisser disponibles, chacun répondant à la sollicitation des maîtres suivant ses aptitudes et ses goûts personnels. Parmi toutes ces sciences il faut faire un choix, car combien d’entre elles trouvent leur application en sylviculture : le droit civil avec quelques recherches qu’on peut dire presque archéologiques sur les anciens usages, le droit pénal et administratif, les sciences mathématiques, physiques, naturelles et économiques, ont leur application dans la vie du forestier.
- Les a-t-on négligées ces dernières années? L’Exposition de 1900 fait foi du contraire
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- en ce qui concerne les sylviculteurs et fait ressortir leur labeur, les progrès réalisés et la confiance que les populations intéressées commencent à avoir en leur savoir et en leurs travaux.
- L’œuvre demandée aux forestiers est loin d’être terminée du reste ; la magistrale étude de M. Mélard, inspecteur, chef de section à la Direction des eaux et forêts de France, sur l’insuffisance de la production ligneuse dans le monde, montre combien de tous côtés les études forestières doivent être encouragées et combien les organisations de service forestier dans les colonies doivent être poursuivies activement aussi bien par la France, qui a des services nouveaux à Madagascar et au Tonkin, que par tous les autres pays.
- Avant de procéder à l’examen des produits des exposants récompensés, il paraît intéressant de donner quelques renseignements sur la situation forestière de la France et d’étudier sommairement les divers objets de la Classe 49.
- SITUATION FORESTIÈRE DE LA FRANCE.
- La France, pour un territoire de 53,64o,8oo hectares, ne compte que 9,55o,ooo hectares de forêts et les statistiques forestières nous montrent que si son coefficient de boisement de 18 p. îoo la place après l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Russie et la Suède, elle occupe un rang plus élevé que celui de l’Angleterre, de la Belgique, de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie, mais elle est loin d’atteindre, malgré ce rang intermédiaire, la moyenne générale du boisement de l’Europe, qui est près de 3o p. îoo.
- Les forêts de l’Etat et les forêts communales ou des établissements publics soumises au régime forestier, environ 3,070,000 hectares, sont gérées par l’Administration des eaux et forêts; les autres forêts sont administrées sans contrôle par les propriétaires.
- Les forêts de l’Etat sont traitées comme il suit: en futaie (régulière ou jardinée), 46o,ooo hectares ; en conversion de taillis en futaie, 120,000 hectares; en taillis sous futaie, 290,000 hectares, et en taillis simple, sarté ou fureté, 20,000 hectares.
- Les forêts communales ou d’établissements publics soumises au régime forestier se divisent en futaie (régulière ou jardinée), 54o,ooo hectares; en conversion de taillis en futaie, 20,000 hectares; en taillis sous futaie, 1 million d’hectares, et en taillis simple, sarté ou fureté, 260,000 hectares.
- Quant aux forêts communales non soumises au régime forestier et aux forêts des particuliers, elles sont traitées, soit en taillis simple, soit en taillis sous futaie; la futaie n’est adoptée qu’exceptionnellement, sauf pour les résineux.
- AMÉNAGEMENTS.
- Les règles suivies en ce qui concerne les aménagements sont les mêmes pour les forêts de l’Etat et pour celles des communes.
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- Les projets sont préparés sur place, soit par les agents du service ordinaire, soit par ceux du service spécial des aménagements.
- Ils sont soumis à Texamen du service central à Paris et approuvés par un décret du Chef de l’Etat (articles 15 et go du Code forestier).
- Les aménagements communaux sont, avant leur approbation, communiqués aux conseils municipaux des communes et aux conseils généraux des départements qui peuvent présenter leurs observations et donner leurs avis.
- Chaque forêt est Tobjet d’un aménagement spécial.
- Les décrets du Chef de l’Etat réglant les aménagements ne statuent que sur les bases fondamentales du traitement. Les détails d’exécution sont approuvés par le Directeur des eaux et forêts.
- Les procédés d’aménagement sont très variables, suivant les essences qui peuplent les forêts et les modes de traitement adoptés. La grande diversité des conditions climatologiques de la France ne peut se prêter à l’uniformité des méthodes forestières.
- On peut cependant former deux grandes subdivisions : les aménagements de taillis et ceux de futaie.
- Les aménagements de taillis sont réglés sur la contenance. La surface de la forêt est subdivisée en autant de parties, approximativement égales, qu’il y a d’années dans la révolution adoptée pour le taillis. Ces divisions sont assises sur le terrain et séparées les unes des autres par des lignes défrichées ou des chemins. Chacune d’elles forme la coupe d’une année.
- S’il s’agit d’une essence forestière impropre à fournir du bois d’œuvre, les bois sont abattus complètement : on exploite en taillis simple. L’exploitation en taillis simple est l’exception dans les forêts gérées par le service forestier.
- Si les taillis renferment des essences pouvant produire des bois d’œuvre, on maintient à chaque exploitation des réserves qui restent sur pied pendant une ou plusieurs révolutions.
- On exploite alors en taillis sous futaie.
- Le repeuplement est assuré par les rejets s’élevant sur les souches et par les semences fournies par les arbres réservés dans les taillis sous futaie.
- Les aménagements de futaie sont combinés de telle sorte que le repeuplement des coupes s’opère naturellement.
- La quantité de bois à exploiter dans les coupes principales est généralement réglée par volume.
- Les aménagements de futaie sont révisés fréquemment. On procède à un nouveau calcul du volume à exploiter tous les vingt ans au moins, quelquefois tous les quinze ans, ou même tous les dix ans.
- Les révisions se font de la même manière que les aménagements nouveaux. Elles sont approuvées par décrets du Chef de l’Etat si elles apportent des modifications importantes a l’aménagement primitif, et par décisions du Directeur des forêts dans le traire.
- cas con-
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- Les frais auxquels donnent lieu les aménagements varient beaucoup avec les difficultés du terrain et la nature du travail.
- Si l’on possède déjà de bons plans de la forêt, ils ne s’élèvent qu’à 1, 2 ou 3 francs par hectare. Si l’on doit procéder à des levés et à l’assiette des limites et des coupes, ils peuvent atteindre 4,5,6 francs et même plus dans les terrains très difficiles.
- MAISONS FORESTIÈRES.
- Il a été reconnu, depuis longtemps, que les gardes doivent être logés à proximité ou dans l’intérieur des massifs forestiers pour y exercer facilement une surveillance continue active et efficace. Les forêts sont souvent éloignées des lieux habités ou de ceux où il est possible de trouver des logements à louer ; aussi les propriétaires forestiers sont le plus souvent amenés à établir leurs gardes dans des maisons construites en forêt.
- La Direction des eaux et forêts de France loge ainsi 1,691 préposés domaniaux dans i,468 maisons forestières appartenant à l’Etat.
- Le type de ces bâtiments varie avec les régions. Il doit répondre aux habitudes locales presque toujours justifiées par les conditions climatologiques de chaque région. Le recrutement des préposés est fait presque partout parmi les anciens militaires nés dans les pays forestiers ou agricoles ; il importe donc de les établir dans un logis répondant à leurs conditions d’existence. En France, le logement est composé généralement d’une cuisine, avec ou sans alcôve, et de deux ou trois autres pièces.
- Les annexes comprennent une étable, un bûcher, un cellier ou une cave et un grenier.
- Pour améliorer les conditions d’existence, un terrain agricole et horticole de 1 hectare est attribué à chaque poste ; un ménage actif peut ainsi arriver à mener à bien l’éducation d’une famille souvent nombreuse.
- Si l’on compare les types des maisons forestières françaises à ceux de l’étranger on remarque que, dans la majorité des cas, ils sont plus spacieux et plus confortables; mais on doit dire aussi que la population rurale a, dans notre pays, beaucoup plus de bien-être qu’à l’étranger, et qu’elle est plus exigeante sous ce rapport.
- L’installation des gardes en maison forestière est regardée en tous pays comme une excellente mesure pour d’autres raisons encore que la proximité des massifs ; elle affranchit le garde de l’influence locale que le propriétaire et ses parents, souvent nombreux dans la région, peuvent avoir sur le locataire. De plus, le garde est mieux installé que dans les étroits locaux ruraux qu’il loue par économie ; son prestige se trouve augmenté aux yeux des populations riveraines.
- A l’étranger, en Allemagne et en Russie principalement, cette présence du personnel forestier en forêt semble tellement utile que les chefs de cantonnement sont eux-mêmes logés dans des petits cottages forestiers.
- La Russie a exposé plusieurs photographies de fort jolies installations construites pour son personnel supérieur. Cette mesure y est d’autant plus justifiée que ces fonctionnaires
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- sont chargés de l’exploitation des coupes et de la chasse, ce qui n’existe pas dans notre pays.
- En France, les gardes généraux et inspecteurs ne sont que très exceptionnellement logés dans des maisons appartenant à l’Etat; il faut que des forêts très étendues soient très éloignées de tout hourg ou village, ou que le service des chasses présidentielles vienne accroître les obligations de la surveillance supérieure.
- MATÉRIEL ET PROCÉDÉS D’EXPLOITATION FORESTIÈRE.
- Les instruments et procédés d’exploitation comprennent :
- 1 ° L’arpentage et la marque des coupes ;
- 2° L’écorçage et le gemmage ;
- 3° L’abatage ;
- k° L’élagage ;
- 5° Le débit en forêt.
- Les instruments d’arpentage forestier étaient peu nombreux dans les sections forestières de l’Exposition, car les constructeurs avaient avantage à les présenter dans la classe des instruments de précision : la Hongrie en exposait quelques-uns. Le matériel de martelage était représenté, surtout en France, par un grand panneau dans l’exposition spéciale de la Direction des forêts ; dans les autres pays on remarquait une série de compas forestiers plus ou moins ingénieux et adaptés au besoin des divers services locaux, mais on ne voyait aucun procédé nouveau de balivage ou de marque ; les modes de martelage sont séculaires et simples, il n’est donc pas étonnant que l’on ne trouve rien de nouveau.
- Les instruments d’écorçage servent à l’enlèvement des écorces sur pied ; ils varient avec le but à atteindre, selon qu’il s’agit d’enlever le liège d’un chêne-liège, des plaques d’écorces de vieux pins servant en Norvège à remplacer le liège pour les fdets de pêche, ou bien que l’on veuille enlever la totalité de l’écorce pour la livrer aux tanneurs ou en faire de la tille.
- Le nombre des modèles d’écorçoirs était grand dans les trophées forestiers, mais leur forme générale était peu différente ; les petites variations remarquées tiennent généralement à l’épaisseur de l’écorce de l’espèce à écorcer, à la force de la végétation locale et à l’énergie de la race de travailleurs. A propos de l’écorçage, il convient de signaler les intéressants et productifs travaux de démasclage entrepris sur les k26,600 hectares des forêts de l’Algérie. La récolte est déjà fructueuse et chaque année la production en argent augmente rapidement.
- Les massifs domaniaux ne fournissaient, en 1890, que 1,2 63 quintaux valant 3à,ooo francs; ils donnent actuellement A5,ooo quintaux vendus 1,110,000 francs, sans que les demandes paraissent faiblir, parce que l’exportation du liège voit la zone commerciale de ce produit s’étendre de plus en plus. La remarquable notice rédigée par
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- M. Lefebvre, inspecteur à Alger, à l’occasion de l’Exposition, est pleine d’intéressants renseignements sur cette question.
- La série des outils de gemmage est plus grande et plus variée ; surtout dans la zone du pin maritime où l’emploi de chaque forme est spécialisée à une partie de ce travail, plus compliqué que les autres gemmages. Il faut ouvrir la quarre, l’agrandir, la rafraîchir, la racler, recueillir la résine ; autant d’outils différents. Le procédé de récolte n’est pas le même sur tous les résineux, d’où la nécessité de varier l’outillage. Parmi les nouveautés, on doit signaler un instrument qui a paru pour la première fois à l’Exposition , c’est le quarrimètre qui permet à l’ouvrier comme au surveillant de vérifier si les quarres ne sont pas trop profondes ni trop larges.
- L’abatage était représenté par de nombreuses collections d’outils ; l’on pouvait presque, d’après elles, estimer la force et l’habileté de la race locale, son degré de civilisation, son développement industriel, la nature des bois à abattre et l’importance des exploitations. Que pourrait faire, en effet, le fort bûcheron normand habitué à manier sa lourde cognée étroite autour du tronc des chênes avec les menus outils de son confrère japonais qui, cependant, avec habileté et patience arrive à abattre des arbres à grain lin et homogène? Quel résultat obtiendrait ce même Normand avec la hache du Jurassien dont le large tranchant, fait pour entamer les sapins, viendrait s’émousser sur le cœur dur des arbres de futaie et de clôture; comment le Piémontais et le Vosgien, habiles à jardiner an milieu des massifs, pourraient-ils se servir de la scie à vapeur de l’exploitant canadien ou indien?
- Le débit en forêt demande de nouveaux outils, car il s’agit alors de sectionner et fagoter les ramiers, de couper les bois de feu, de les réduire en charbon, de tronçonner les fûts, de les équarrir, de les fendre ou de les scier; d’y creuser des sabots, des jattes ou des pelles et attelles ; de convertir les remanants en goudron ou potasse. Les formes ici varient à l’infini, car non seulement chaque région a les siennes, mais encore dans chaque localité les marchandises ont des types spéciaux appropriés aux usages locaux, de sorte que le même instrument ne peut pas servir, par exemple, à fendre la douve employée pour la construction des grands foudres ou la fine lanière de noisetier destinée à la vannerie de luxe. Aussi quelle curieuse collection était renfermée dans toutes ces panoplies forestières ; il faudrait de longues pages pour les décrire et définir leur usage.
- Soit que l’on veuille ébrancher l’arbre à abattre, soit qu’il faille simplement priver les réserves ou les arbres d’alignement de leurs branches trop nombreuses ou gourmandes, on emploie une autre série d’outils dits d’élagage, dont les formes, calculées par d’habiles praticiens, sont souvent des plus singulières, mais qui toutes ou presque toutes ont leur raison d’être; il était intéressant de les étudier. Plusieurs étaient nouvelles, mais plus ou moins à recommander, car pour ce travail délicat Toutil habituellement utilisé par l’ouvrier est le plus souvent le meilleur. La ,question de l’élagage forestier devient , du reste, de moins en moins intéressante. Elle a conduit à de nombreux mécomptes, de sorte que cette opération tend de plus en plus à devenir une simple pratique
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- horticole; en France, comme ailleurs, Télagage forestier est réduit à Témondage, c’est-à-dire à l’enlèvement de petites branches des baliveaux et des branches gourmandes âgées d’un ou deux ans qui envahissent le fût des réserves après l’exploitation ; les collections et les mémoires exposés montrèrent tous un progrès dans ce sens.
- Dans ces nombreuses séries d’outils, pouvait-on découvrir quelques formes nouvelles? Certainement fort peu, comme il vient d’être dit; le seul progrès constaté est un plus grand fini dans leur fabrication qui tient à ce fait que le petit taillandier local tend à disparaître. Le bûcheron s’approvisionne maintenant chez les quincailliers des bourgs, clients des grandes usines de France, d’Angleterre et d’Amérique, où les outils se fabriquent en masse et à meilleur marché. Dans les procédés d’exploitation, rien de nouveau non plus à signaler, la zone exploitable cependant s’étend dans les anciennes réserves de Suède, de Norvège, d’Autriche, de Russie, d’Amérique et d’Australie; cette extension étant causée tantôt par le renchérissement de certains bois précieux, tantôt par le développement des chemins forestiers et la diminution du prix des transports maritimes.
- Malheureusement, si Ton voit les exploitations s’étendre aux colonies équatoriales, sur ce point Ton ne peut encore constater que des embryons d’organisations forestières, dont le développement est d’autant plus lent qu’il existe fort peu d’études forestières bien faites; les massifs y sont livrés aux commerçants qui ne voient que leur intérêt et ne pensent nullement à la régénération si utile pour les générations futures. Certains débits ont été l’objet, dans quelques sections, d’études intéressantes, par exemple les fours à charbon de bois si utilisés en Russie pour l’approvisionnement des usines de l’Oural. M. Bokov en a présenté une série de modèles anciens et nouveaux fort intéressants; ses confrères de Russie ont aussi étudié les fours à goudron pour l’utilisation des rémanants, souches et bois de moindre valeur trop éloignés des centres habités pour être employés au chauffage. Il est regrettable de n’avoir rien pu relever au sujet de l’écorçage à la vapeur, système qui mérite une attention spéciale, surtout en France où la main-d’œuvre forestière devient de plus en plus difficile à recruter au moment de la sève printanière.
- ROUTES FORESTIÈRES ET TRANSPORT.
- Le transport des bois sur les lieux de consommation dans les conditions les plus économiques possibles a toujours été la préoccupation des forestiers, car les frais qu’il entraîne sont une lourde charge pour les propriétaires et les marchands de bois; leur diminution profite aux uns et aux autres. La desserte des forêts est une des branches les plus importantes de Tart forestier; lès diverses expositions parcourues montrent que pendant ces dernières années les ingénieurs forestiers n’ont pas cessé de s’occuper de cette question et de la faire progresser.
- Les modes sont variés, comme on peut s’en rendre compte par Ténumération suivante ; ils comprennent :
- Les sentiers et chemins en terrain naturel ;
- Les glissoirs artificiels ou naturels ;
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Les chemins de schlitte ;
- Les rûs de flottage avec leurs étangs de retenue d’eau, leurs plages et ports pour la décharge des flottes;
- Les routes sablées et paillées;
- Les routes empierrées ;
- Les voies ferrées ;
- Les câbles porteurs.
- En France dans les pays de plaine ou de coteau on peut dire que le réseau des routes forestières a été à peu près terminé pendant ces dernières années, au fur et à mesure que les chemins ruraux, vicinaux et départementaux se perfectionnaient et se complétaient. Les travaux restant à faire ne sont que des compléments tenant à la mobilité des exploitations principales dans les futaies ou à des changements dans la voirie communale ou dans les centres de cons'ommation.
- Mais il n’en est pas ainsi dans les massifs sableux du bord de l’Océan, où la jeunesse des peuplements avait fait négliger jusqu’à ce jour la voirie forestière. Les premiers travaux ont consisté en chemins de sable vite défoncés par le trafic cependant peu encombrant des résines. Avec les premières éclaircies productives on a été amené à améliorer ces chemins en les paillant ou fascinant, c’est-à-dire en garnissant la voie de ramilles entrecroisées recouvertes de feuilles et mousses. Les coupes principales commencent, cette méthode devient insuffisante; la pierre n’existe qu’au loin et son transport est trop onéreux, on ne peut s’en servir avec avantage ; le moment est venu de s’ingénier à trouver un nouveau moyen d’établir une voie solide ; les essais faits à la Goubre sur 2 8 kilomètres de voies ferrées ont donné de bons résultats; il convient de les imiter; aussi le service a été invité à étudier avec soin des tracés au milieu de ces sols mouvementés. Déjà 1 2 kilomètres nouveaux sont en construction à Hourtin et d’autres études ont été prescrites à Biscarosse. Il n’est pas douteux qu’ils donneront de bons résultats. Un diagramme très probant qui figure dans une des brochures publiées par l’Administration des eaux et forêts en est la preuve. Dans cette figure l’auteur établit que les frais de transport ont absorbé la valeur des produits rendus dans les gares de la ligne du Midi
- aux distances suivantes :
- Ide bois de feu............................... à 6 kilomètres.
- d’étais de mine............................. à 8
- de bois de service.......................... ài4
- de résine...................................à 57
- Les trois premiers produits, dans beaucoup de dunes domaniales, ne sont pas encore sortis des massifs à ces distances de la coupe; ils doivent donc y être abandonnés, les résines seules peuvent être livrées à la consommation :
- Ide bois de feu............................. à 3 9 kilomètres.
- d’étais de mine......................... à 45
- animale, pour la tonne 1 de bois de service............................ à 85
- \ de résine................................. à 34q
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- EXPLOITATIONS ET INDUSTRIES FORESTIÈRES.
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- Ces chiffres n’ont pas besoin de commentaires pour être concluants.
- La voirie des pays de montagne, si l’on excepte les massifs les plus rapprochés des centres de consommation et les plus productifs, est aussi beaucoup moins avancée que celle des pays de plaine. Elle est aussi plus difficile, mais les moyens employés sont plus variés. Une fort belle notice accompagnée de photographies et d’aquarelles permettait d’apprécier un très beau travail dû au service forestier de la Drôme et permettant de franchir les rochers de l’Écharasson pour atteindre les plateaux boisés de Lente et du Vercors.
- De nombreuses photographies et des plans ou reliefs fort bien exécutés représentaient les progrès de la voirie forestière à l’étranger ; ils montraient l’importance que l’on attache à cette branche de la sylviculture, et combien partout on s’ingénie pour économiser les frais de transport de cette matière encombrante fournie par les belles futaies du monde.
- Si le flottage n’existe pour ainsi dire plus en France, il est encore en grand honneur à l’étranger. Les vues et dessins exposés permettaient de l’étudier dans ses moindres détails et de se rendre compte de sa grande importance. La Hongrie nous montrait ses beaux flottages de la Save, la Russie et le Canada les radeaux immenses du Volga et du Saint-Laurent, les formes des bateaux variant avec les marchandises à transporter, bois de feu, planches, charpentes, tilles ou charbon ; les Etats-Unis exposaient les gigantesques glissoirs en bois passant les vallées en viaduc à ko mètres de hauteur, et rendus plus actifs par la dérivation de ruisseaux qu’on déverse sur la voie.
- Les câbles forestiers étaient moins nombreux, ils sont en général imités de ceux employés dans les mines et les travaux publics; cependant l’un d’eux, d’une disposition spéciale et appropriée, calculée par M. Thierry, professeur à l’école de Nancy, était représenté par un beau relief et attirait dans la Section française l’attention des connaisseurs.
- L’exposition relative aux transports forestiers était donc des plus complètes et des plus instructives et se signalait par le grand nombre des études et des travaux nouveaux et intéressants.
- On pouvant, en feuilletant les albums, en fouillant les vitrines, se rendre compte aussi des procédés employés pour le portage des bois sur ces routes : depuis le Piémon-tais descendant sur les pentes escarpées avec son faix de bois ou son sac de charbon sur la tête jusqu’à l’éléphant de Ceylan transportant les billes pour le chargement des bateaux; depuis le bœuf traînant sur le sol le sapin abattu dans les bois communaux du Jura et le mulet chargé de billots jusqu’au gigantesque fardier attelé de plusieurs paires de chevaux sortant des massifs les chênes et les sapins de grandes dimensions; enfin sur quelques points, les grands steamers dont les chargements débordent sur le pont et qui apportent au travers des mers les bois de la Suède, de la Russie et de pays plus lointains encore.
- Que de variétés aussi dans les voitures, charrettes normandes, chars vosgiens à quatre roues, voiture à âne, à bœuf, à vache même, chars à roues pleines de l’Hindou et du Sibérien, troïkas russes, traîneau du schlitteur ou du paysan russe, charrette mal équilibrée traînée par les yaks et les zébus, etc.
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- SCIERIES FORESTIÈRES.
- La scierie forestière est un accessoire souvent nécessaire des exploitations éloignées des centres de consommation; elle est aussi destinée à diminuer les frais de transport en débarrassant la matière ligneuse de ses déchets inutilisables ou de moindre valeur. Il convient de laisser ici de côté les scieries industrielles, comme les moulins à pulpe, pour appeler 'par leur nom étranger les papeteries qui faisaient partie d’autres classes; les scieries forestières proprement dites sont de petites usines que Ton rencontre généralement dans les pays de montagne ou dans quelques immenses plaines forestières naturellement irriguées par des cours d’eau peu importants comme en Hongrie, Russie, Suède et Norvège.
- Pour ce genre d’établissement, l’Exposition fait ressortir un énorme progrès réalisé pendant la lin du siècle qui vient de s’écouler. Les exigences du consommateur qui veut une marchandise mieux parée qu’anciennement, et aussi de plus grande longueur, la facilité des transports qui s’est accrue dans de si grandes proportions par le développement des voies ferrées, la sécurité des services postaux qui permet de commander et de payer au loin les marchandises, ont obligé le forestier à remplacer les scieries rustiques qui donnaient des produits courts et rugueux par des usines mieux disposées et plus vastes. Les halls ont dû être agrandis, l’outillage perfectionné pour fournir de beaux sciages à faces bien régulières de 6 à 12 mètres de long et parfois plus même; les lames de scie ont vu leur épaisseur réduite proportionnellement à la qualité du métal employé, le trait de scie est devenu plus étroit et la marchandise fournie augmentée par suite dans une certaine mesure. L’Administration des eaux et forêts ne possède plus qu’une seule scierie à bloc qui va bientôt disparaître, à moins qu’on ne la classe comme monument historique, les soixante-sept autres établissements de ce genre ont été plus ou moins modernisés pendant les vingt dernières années, comme on peut s’en rendre compte par le modèle quelle avait exposé. Partout, en Suède, en Hongrie, en Autriche, le même progrès se constate, et Ton voit des modèles perfectionnés des plus intéressants et des plus complets; souvent, à leur vue, on ne sait ce que Ton doit le plus admirer, de l’artiste qui a fait le modèle ou de l’ingénieur qui a conçu le mécanisme.
- En Russie Ton doit citer encore un nouvel accessoire des scieries qui mérite une mention. Les déchets et les sciures, trop souvent encombrantes et jetées en monceau soit dans le courant du ruisseau, soit autour des ateliers, sont l’objet d’une distillation simple et calculée de manière à pouvoir se faire sur place, sans apport de nouveaux matériaux de chauffage. Les produits obtenus, bruts ou plus ou moins raffinés, suivant l’abondance des déchets et la complication des appareils, sont livrés au commerce sous forme de goudrons riches en créosote, très recherchés par les compagnies de chemins de fer pour l’injection de leurs traverses.
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- REPEUPLEMENTS.
- Théoriquement, l’exploitation d’une forêt doit être conduite de telle façon que les coupes produisent la régénération du peuplement récolté, soit par rejets de souche, soit par semis naturels. Dans la pratique, ce résultat n’est pas toujours obtenu intégralement, soit qu’il y ait faute inconsciente du forestier, soit que divers météores ou accidents viennent entraver son action. De plus, une fois le peuplement obtenu, il peut être détruit par des périodes de trop grande sécheresse, de trop grande humidité ou de froid excessif, par des cyclones ou coups de vents, des abus de jouissance (pâturage ou exploitations abusives), des incendies, etc. Des clairières, des vides, des vagues et landes peuvent se former alors à l’intérieur ou sur les rives des massifs que le propriétaire du sol a intérêt à repeupler pour ne pas voir diminuer la production ligneuse de sa propriété. Enfin, dans certains cas, une essence utile ou précieuse a disparu pour une cause quelconque, il convient de la réintroduire pour améliorer ou rendre plus productif le sol forestier.
- Ces travaux nécessitent pour les grandes forêts une organisation et un matériel spécial qui se rapportent aux diverses phases du travail à entreprendre :
- 10 La récolte des graines ;
- 2° Les pépinières pour l’éducation des jeunes plants;
- 3° Les semis et plantations dans les clairières vides ou landes.
- La récolte des graines feuillues est des plus simples; elle consiste en un ramassage ou une cueillette des semences bien mûres et un séchage dans un lieu abrité. Elle fait l’objet d’un commerce assez important établi auprès de tous les grands massifs et dans les principales villes. Dans toutes les sections forestières, les grandes administrations sylvicoles ou les principaux grainetiers faisaient admirer des échantillons plus ou moins nombreux de ces semences, triés et choisis avec soin; ils avaient joint parfois quelques menus outils de cueillette connus depuis longtemps, mais nulle part il n’a été donné de reconnaître des nouveautés ou des progrès réalisés.
- 11 n’en est pas de même pour les graines résineuses. Les semences des principaux conifères forestiers ne peuvent pas être ramassées directement en forêt dans de bonnes conditions. Ces graines, presque toujours contenues dans un fruit appelé cône, dont on pouvait admirer plusieurs collections, sont généralement ailées, elles sont en conséquence emportées par le vent et très disséminées sur un sol humide couvert de mousses, de lichens, d’herbes et d’aiguilles ou feuilles où leur petitesse les fait disparaître et où l’humidité les imprègne rapidement et produit, si on vient les recueillir ainsi, des fermentations d’autant plus rapides quelles contiennent des produits facilement décomposâmes. Les ramassages de graines de mélèze sur la neige fortement gelée seuls, peut-être, donnent quelques bons résultats dans les années d’abondance. Pour les autres especes, le forestier est obligé, afin d’avoir des semences saines, de se pourvoir par des cueillettes de cônes dont il provoque l’ouverture de diverses manières, mais surtout par la dessiccation.
- Le procédé le plus simple imitant la nature est d’utiliser la chaleur solaire en éten-Gn. IX. — Cl. 49. a
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- clant les cônes sur des aires. Si ce moyen provoque la désarticulation rapide des cônes d’abies, il n’en est pas de même pour les pins pour lesquels il a l’inconvénient de ne permettre l’emploi de la graine qu’à l’automne ou au deuxième printemps après la récolte. Beaucoup de ces semences ne peuvent pas attendre aussi longtemps sans que leur qualité germinative s’abaisse à tel point que la réussite des semis devient aléatoire.
- Depuis longtemps déjà les grandes administrations forestières et certains grainetiers allemands ont paré à ce désavantage en établissant des sécheries. spéciales qui permettent, à l’aide d’étuves chauffées artificiellement, d’obtenir la graine pendant l’hiver de la récolte et de l’employer au printemps.
- Dans les sections françaises, autrichiennes, hongroises, allemandes et russes, on pouvait constater à combien d’études nouvelles ce mode de préparation avait donné lieu. Des petits modèles, des plans représentaient les nouvelles dispositions inventées ces dernières années, sécheries à tiroirs ou à tarares mobiles, etc. Plusieurs paraissaient fort simples et très économiques; elles faisaient ressortir la préférence que le forestier a toujours pour la graine locale, son désir de se pourvoir dans sa région même, enlin la nécessité qu’il y a de ne pas faire entrer les ouvriers dans les étuves surchauffées comme on le faisait jadis. La manipulation était ainsi plus pénible et même dangereuse à cause des nombreux refroidissements auxquels les sécheurs étaient exposés.
- En France, ce n’est pas seulement un progrès dans les dispositions que l’on pouvait constater en examinant le modèle de la sécherie domaniale de la Cabanasse, mais c’est aussi un fait absolument nouveau. Jusqu’à ces temps derniers, le service forestier de l’Etat préparait seul des graines de pin dans des sécheries. Depuis ces dernières années, deux industriels ont entrepris de s’affranchir des importations étrangères ; ils ont Construit des usines dans le centre de la France. Les cueillettes même s’y sont tellement développées que les cônes sont exportés en partie en Allemagne.
- Le Gouvernement des Etats-Unis s’est intéressé tout particulièrement à cette partie des expositions forestières. Ses délégués avaient reçu l’ordre de rapporter tous les [plans et modèles qu’ils pourraient acquérir ou recueillir afin de construire des établissements semblables en Amérique où ils font défaut et où le besoin commence à s’en faire sentir depuis que le reboisement partiel des grandes plaines et savanes a été entrepris.
- L’art du pépiniériste forestier était représenté par des vues, des séries de plans et des trophées d’outils. On pouvait se rendre compte ainsi de l’importance qui est donnée dans tous les grands massifs forestiers bien administrés à l’éducation des jeunes plants en pépinières. L’examen de toutes ces planches et dessins intéressants comme compte rendu général et visible de l’œuvre entreprise ne révélait aucun procédé nouveau, si ce n’est en Belgique où M. Huberty montrait les résultats de son étude sur l’application des engrais chimiques aux pépinières forestières. La reconstitution du terrain des pépinières forestières, situées le plus souvent dans des sols superficiels, est une obligation trop souvent perdue de vue par les sylviculteurs. L’extraction des plants déracinés avec ou sans motte fait disparaître chaque année une certaine quantité de terre qui diminue la couche végétale; les nouvelles cultures ramènent à la surface des sous-sols souvent
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- arides et privés d’humus qu’il est nécessaire de pourvoir d’éléments fertilisants. Les apports de terreau sont prévus dans toute pépinière bien conduite; et les plans les mieux étudiés désignaient tous l’emplacement de la fosse destinée à produire les terreaux et amendements divers. Les engrais préconisés par M. Huberty ne peuvent qu’améliorer les qualités fertilisantes de ces amendements. Ils peuvent même obvier à la difficulté, souvent rencontrée, d’obtenir des fumiers d’animaux ; il était donc intéressant de publier les résultats obtenus.
- En France, la période écoulée depuis la dernière Exposition de 1889 a vu s’achever les grands repeuplements forestiers entrepris dans certains massifs domaniaux ruinés ou dans les landes ou vagues qui en dépendaient. Les dégâts causés en Sologne et ailleurs par les grandes gelées de 1879-1880 sont aujourd’hui presque complètement réparés. La mise en valeur des landes de Gascogne est presque achevée ; ce qui reste à faire est bien peu de chose à côté de l’immense travail d’assainissement et de boisement exécuté qui, sur certains points, commence à produire une abondante récolte. Les Parisiens sont au nombre des intéressés à ce résultat, car les coupes entreprises dans ces plantations ont permis de leur envoyer ces pavés de bois de pin maritime qui couvrent maintenant un si grand nombre de leurs rues et boulevards.
- Le travail n’est pas aussi avancé partout; en Bretagne et en maints autres lieux il est à peine ébauché; on doit cependant reconnaître que les exemples donnés ont produit des fruits, et que l’idée de reboiser les vagues et les landes n’est pas repoussée avec autant d’obstination que par le passé.
- A l’étranger, Ton remarque aussi un mouvement dans le même sens, en particulier en Belgique, en Prusse, en Russie et aux Etats-Unis. En Russie, les repeuplements ont pris aussi sur certains points un grand développement par suite d’un mode d’aménagement du chêne consistant à faire des coupes rases dans certains terrains où la plantation de cette essence semble, d’après les vues exposées, aussi facilement réussir que celles laites dans une culture agricole.
- Les modèles des outils et instruments de repeuplements étaient très nombreux, mais généralement connus. On ne distinguait de nouveaux modèles importants qu’en Russie et en Hongrie; ils étaient relatifs aux travaux exécutés avec des instruments mus par les animaux : charrue pour arracher les plants, pour planter, chariot pour tracer les alignements, sarcleuses, herses forestières, etc. Ils se signalaient généralement par leur simplicité et leur légèreté.
- Au point de vue de l’étude théorique des procédés, la vieille discussion des semeurs et des planteurs était représentée par des mémoires très intéressants, très documentés, dont 1 analyse était instructive. Ils étaient surtout abondants dans l’exposition française. De cet ensemble international, on peut conclure qu’en thèse générale la plantation est à l’heure actuelle un moyen de repeuplement plus commode, plus sûr et souvent moins onéreux que le semis, mais que, dans certains cas très spéciaux, très délicats à déterminer à première vue et sans essais préalables, le semis peut ou doit seul être employé.
- H est bon de signaler en passant, à propos des repeuplements, les essais d’acclima-
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- tation faits en tous pays. Les résultats obtenus au point de vue horticole sont fort beaux ; chaque Etat et beaucoup d’administrations forestières possèdent un arboretum d’essais peuplé d’arbres exotiques, parmi lesquels on rencontre des spécimens fort remarquables. Peu d’essences sont cependant devenues à proprement parler forestières jusqu’à ce jour. Le robinier faux-acacia qui se refuse à se régénérer par la semence donne cependant de beaux produits; la Roumanie exposait des tiges de 3, k et 5 ans, provenant de plantations faites dans les sables mouvants du Danube, dune activité de végétation certainement extraordinaire. Le pin Weymouth rend des services dans les terrains mouilleux du Nord de la France, de la Belgique, de l’Angleterre et de l’Allemagne; le pin noir, le pin laricio et le pin maritime ont vu leur zone forestière s’étendre plus ou moins heureusement en dehors de leur habitat naturel. Certains chênes d’Amérique forment quelques taches forestières, l’on voit dans certains cas leurs semences, transportées par les oiseaux, lever au milieu des massifs, mais ces faits sont très localisés et les produits obtenus ne sont pas de qualité suffisante pour que l’on puisse désirer leur substitution totale à l’espèce locale.
- Les arboretums sont certainement des établissements intéressants, mais la généralisation des succès que Ton y obtient doit être très prudente. Au domaine des Barres, dirigé par le Service des eaux et forêts de France, il existe des essais intéressants par petits massifs, commencés au début du xixe siècle par M. de Vilmorin; ils sont continués, aussitôt qu’une nouvelle essence est signalée comme pouvant présenter quelque utilité. Les places d’essai y sont très nombreuses, et les beaux spécimens de ses élevages en pépinière qui entouraient le Palais des Forêts de 1900 montrent combien la liste des conifères à Tétude est étendue en ce moment. Cette administration possède encore quelques petites places d’essai à la Coubre, dans la Charente-Inférieure, au Moutchic, dans la Gironde et dans le Var.
- ASSAINISSEMENTS.
- Les grands travaux de repeuplement, ceux même de régénération naturelle, nécessitent souvent des assainissements préalables qui ont pour but de faciliter l’écoulement des eaux superficielles et de les conduire dans les thalwegs naturels aboutissant aux rivières et fleuves. Ces travaux n’étaient généralement représentés dans les sections forestières que par quelques détails de vanne, particulièrement en Autriche, ou quelques plans de leurs raccordements avec des étangs piscicoles ou de flottage. De fort importants travaux ont été faits en France; ils sont entretenus et complétés chaque année au moment du passage des coupes ; les eaux réunies sont quelquefois utilisées par les autres services de l’Etat soit pour l’alimentation des villes, comme le magnifique travail exécuté par Lahirc du temps de Louis XIV, à Rambouillet, pour procurer à Versailles les eaux nécessaires à la ville et aux pièces d’eau du parc, soit pour fournir aux canaux les eaux nécessaires à la consommation de leurs écluses.
- La fin du xixe siècle a vu l’achèvement du gigantesque travail d’assainissement des
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- landes de Gascogne, nécessaire pour assurer la salubrité du pays et la transformation en forêts de ces déserts de bruyères aujourd’hui couverts d’un vaste manteau de massifs très productifs de pins maritimes. Ce travail, forestier surtout par le résultat, a été exécuté par le Service de l’hydraulique agricole.
- TRAVAUX CONTRE LES INVASIONS D’INSECTES ET DES CHAMPIGNONS.
- Depuis un certain nombre d’années les forestiers s’émeuvent plus que par le passé des invasions d’insectes et de cryptogames qui causent parfois des dégâts si importants en forêt. Les études des cryptogames et insectes destructeurs se sont accumulées en grand nombre ces derniers temps, ainsi que celles relatives au moyen de les combattre; aussi devait-on en rencontrer un certain nombre dans les sections forestières.
- Parmi les études intéressantes envoyées il y avait lieu de citer celle de M. Calas sur le Processionnaire du pin, les études sur les champignons parasites du bois par M. Alexandre Miassoédof, les notes sur le rouge du pin et les dégâts des œcidium.
- A-t-on trouvé des moyens préservatifs ou destructeurs contre ces ennemis des bois sur pied ou abattus? Le plus souvent non, on exécute bien des ramassages ou des extractions, quelques vaporisations avec des caustiques ou des asphyxiants, mais la plupart du temps on se contente d’une lutte insignifiante et entravée par les frais trop considérables qu’elle entraîne; peut-être aussi par l’espoir qu’une cause naturelle viendra arrêter et faire disparaître l’ennemi.
- Quelques injecteurs spéciaux étaient exposés de ci de là, mais ils étaient rares. Il manquait à la collection les appareils gigantesques inventés ces dernières années aux Etats-Unis pour la protection des arbres des avenues urbaines et des squares. Quelques recherches dans les revues américaines les plus récentes permettaient toutefois de se rendre compte du fonctionnement de ces énormes pompes insecticides et des difficultés d’application de ces procédés lorsqu’il s’agit d’entourer d’une vaste tente un arbre de quelques 20 mètres ou plus de hauteur. Les opérations de l’espèce resteront pendant longtemps encore horticoles et nullement forestières.
- Actuellement, le seul moyen pratique d’amoindrir ces dégâts consiste à maintenir dans les massifs le mélange des essences. Chacune d’elles a ses ennemis particuliers : par conséquent toutes ne sont pas attaquées en même temps, une partie du peuplement continue donc ainsi à prospérer en attendant le rétablissement de l’autre partie.
- DUNES.
- La fixation des dunes est une œuvre forestière d’une grande importance en Europe. Ces monticules de sable couvrent de longues étendues de plage sur les rivages de la* mer Baltique, de la mer du Nord, de la Manche, de la Méditerranée, surtout de l’océan Atlantique.
- Sur ces côtes, les sables asséchés pendant l’intervalle des marées et poussés par un
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- vent de direction presque constante, sont emportés sur les terrains voisins où ils forment des amas facilement déplacés. Les vents venant du côté de la mer sont les plus fréquents , et généralement les plus violents, puisque de ce côté le déplacement de l’air ne rencontre aucun obstacle ; aussi les déplacements de la dune vers l’intérieur du continent sont-ils plus ou moins rapides, mais inévitables tant que ces amas de sable fin restent dépourvus de végétation. Cultures, villages, forêts même sont bientôt recouverts et disparaissent sous la vague de sable qui laisse derrière elle un désert stérile et tourmenté de monticules s’élevant parfois jusqu’à 80 mètres de hauteur.
- Les Hollandais et les Danois ont été les premiers à s’émouvoir de ces flots d’un nouveau genre qui couvraient de riches marais salants, des beaux pâturages ou des terrains de culture conquis à grands frais sur l’Océan. Ils sont les premiers inventeurs des procédés de fixation, mais c’est surtout en France que les difficultés se sont accumulées à cause de l’importance de l’envahissement et que l’œuvre accomplie a pris une grande importance sur le littoral de l’Atlantique, depuis la Vendée jusqu’au pays Basque.
- Brémontier évaluait à 110,000 hectares le désert de sable ayant parfois une largeur de 5 à 6 kilomètres s’étendant de la pointe de Grave à l’embouchure de l’Adour. Les dunes qui étaient disséminées sur le littoral et les fies entre la pointe de Coubre et l’embouchure de la Loire, en Bretagne et sur les côtes picardes pourraient comprendre h 1,000 hectares.
- L’œuvre commencée en 1787 par les premiers essais de Brémontier n’a été terminée qu’à la fin du xixe siècle, ayant duré plus d’un siècle.
- Le travail comprend la fixation totale de ces 1 50,000 hectares au moyen du gazon-nement et surtout de reboisement. Dans la situation actuelle il reste à l’Administration à entretenir une dune littorale gazonnée comprenant :
- Entre l’Adour et la Gironde.......................................... 2 26 kilomètres.
- Entre la Gironde et la Loire......................................... 153
- Sur les côtes de Bretagne, à Quiberon et Sautée....... .............. 7
- Total........................... 386
- Une partie du sol des lettes et des dunes a été abandonnée à diverses époques, une autre a été rendue aux propriétaires ou vendue par l’Etat. D’autres enfin se sont reboisées ou gazonnées naturellement après la fixation des parties les plus voisines de la mer et de l’océan. Mais il reste encore entre les mains du service forestier :
- Gironde et les Landes.................................................. 51,967 hectares.
- Charente-Inférieure et Vendée........................................ i3,6o6
- Loire-Inférieure......................................................... 5i
- Morbihan et Finistère .................................................. £87
- Somme et Nord.............................................................. 81
- Total..................... 66,180
- Sur ce chiffre, 37,916 hectares situés dans la Gironde et les Landes sont régulière-
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- ment aménagés par des coupes de futaie régulière pouvant produire une régénération naturelle.
- 13,188 hectares sont mis hors des aménagements et forment une zone de défense entre la dune littorale et les séries régulières.
- Le surplus est aménagé et commencera bientôt à entrer en production.
- Pour la Gironde et les Landes la production s’est élevée en 1899 à 335,000 francs environ et ce chiffre augmente chaque année. Le revenu des autres parties est encore faible, mais bientôt il prendra une certaine valeur.
- Il ne faut pas oublier que les 1 6,587 hectares aliénés à diverses époques ont produit 1 3,726,000 francs et qu’ils sont formés des plus vieux ateliers de fixation, couverts par suite des plus vieux massifs forestiers aujourd’hui en pleine production.
- Le résultat obtenu a donc été des plus rémunérateurs; il était exposé dans treize brochures dépendant de l’exposition du Service forestier français qui ont été fort appréciées par les étrangers.
- Les travaux de dunes étaient moins bien représentés dans les sections étrangères où cependant des services d’Etat sont organisés. Les seuls renseignements que l’on pouvait rencontrer se trouvaient dans la Section allemande : Exposition du Ministère des travaux publics de Prusse, où figuraient des reliefs fort beaux donnant le détail de certains travaux analogues à ceux de la Coubre. La fixation y était particulièrement difficile par suite de la mobilité des dunes, que le vent promenait en tous sens; une notice explicative fournissait les renseignements les plus intéressants sur les détails d’exécution et d’organisation des chantiers.
- En Portugal, le magnifique volume statistique publié parle Ministère de l’Agriculture fournit aussi des documents intéressants pour ceux qui veulent étudier cette question au point de vue général. En Russie, les chemins de fer de Sibérie exposaient des reliefs montrant l’extension des procédés employés pour les dunes littorales françaises à un travail d’une nature similaire. Dans ce pays de froid rigoureux, la neige forme des amas de cristaux excessivement fins, semblables aux sables de l’Océan et aussi mobiles qu’eux. Les mêmes procédés pouvaient donc être utilisés avec raison et ont produit des résultats aussi utiles.
- TRAVAUX DE DÉFENSE CONTRE LES INCENDIES.
- Les forêts résineuses, et tout particulièrement celles de pins qui se trouvent dans des zones plus sujettes aux périodes de longue sécheresse, sont malheureusement très exposées aux incendies. L’importance de ces sinistres est d’autant plus grande qu’aucune enclave, aucun grand cours d’eau ne se trouve au milieu de ces massifs pour arrêter ou limiter le fléau. Le service de surveillance des incendies et les travaux préventifs ont été très étudiés ces dernières années ; ces études ont permis d’obtenir des résultats importants.
- Dans les dunes de Gascogne, tous les massifs sont divisés par de grandes baies forestières situées à 1 kilomètre les unes des autres et se recoupant perpendiculairement dans des directions parallèles et normales au rivage.
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- Ces baies, dites garde-feu, ont 1 o mètres de largeur et sont entretenues à sable blanc par des nettoyages annuels. Les massifs qui les bordent sont en outre nettoyés de la végétation arborescente sur une certaine largeur. Des garde-feu de périmètre complètent le système de défense.
- Dans les Maures et TEsterel, nommés région du feu à raison de la fréquence des incendies, le réseau est plus irrégulier à cause de la forme tourmentée du terrain, mais il comprend en général un garde-feu de crête et une route forestière dans le fond. Pendant la saison sèche, des postes de surveillance sont installés de distance en distance sur les crêtes et monticules élevés. S’il n’existe pas de point d’observations naturel on en crée, en établissent des postes élevés au moyen d’échafaudages en bois. Dans certains cas, on a complété le système par l’installation d’avertisseurs téléphoniques ; un réseau complet a été terminé dans TEsterel pendant ces dernières années et, en 1897, trois lignes ont été ouvertes dans les dunes de Gascogne.
- A l’étranger, la question a aussi préoccupé le service forestier, tout particulièrement en Russie où la Direction des forêts de ce pays a exposé les derniers modèles de ces observatoires ou postes d’incendies qui sont établis dans ce pays d’une façon fort économique.
- Espérons que les études et travaux de ces dernières années permettront de réduire l’importance de ces sinistres, qui ont trop souvent détruit, dans le passé, des massifs dont l’existence avait coûté de grands sacrifices pécuniaires et de longs travaux. Mais il est en outre nécessaire de compléter par des lois semblables à celles de TEsterel l’organisation préventive; en France on Ta fort bien compris, et une nouvelle loi vient d’être déposée pour la préservation des richesses forestières des Landes et dunes de Gascogne.
- RESTAURATION DES TERRAINS EN MONTAGNE.
- Les roches qui constituent l’ossature des montagnes, à quelque formation géologique quelles appartiennent, quelle que soit leur composition minéralogique, quelque dures qtr’ellés paraissent, se désagrègent toujours sous l’influence des agents atmosphériques. La sécheresse, l’humidité, le vent, la gelée, exerçant successivement ou simultanément leur action sur elles, les fendillent, les brisent et les réduisent en dernière analyse à ces amas chaoli^ttes de blocs de toutes dimensions mélangés de terre et de pierrailles, que Ton rencontre, à l’état presque vierge, dans les régions les plus sauvages des montagnes, et en particulier dans les affleurements qui viennent entrecouper çà et là les glaciers les plus escarpés.
- Cette désagrégation lente des montagnes a pour effet de créer à leur surface une série d’éléments mobiles qui, tous, sollicités par l’action continue de la pesanteur, sont destinés à aller remblayer le fond des vallées ou des mers.
- Leur mouvement de descente est singulièrement facilité d’ailleurs par l’action des eaux dont la puissance d’entraînement augmente avec l’escarpement des versants. Cette descente des montagnes dans les plaines constitue donc un phénomène naturel, et se
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- présente à nous comme une des conséquences inévitables des lois immuables de la pesanteur.
- Nous ne pouvons l’entraver.
- Tout ce qu’il nous est permis de tenter, c’est d’en régularise? le mouvement et d’éviter les brusques transports en masse, dont le cours impétueux brise tous les obstacles, semant la ruine et la désolation sur leur passage.
- Les montagnes sont toujours constituées par une série de croupes (qui suivant leur importance sont désignées sous les noms de : ligne de faîte, crête, versant, croupe ou mamelon) séparées par autant de dépressions (que l’on désigne sous les noms divers de vallée, vallon, combe ou thalweg).
- Les matériaux désagrégés des versants descendent inévitablement au fond des thalwegs où ils s’accumulent jusqu’à ce qu’une crue les entraîne au loin sous forme de lave compacte.
- A défaut de matériaux accumulés à l’avance, il arrive aussi fort souvent que les eaux de pluie ou provenant de la fonte des neiges, rassemblées en grande quantité dans le fond de thalwegs à pente rapide, affouillent leur lit et y puisent directement les éléments de laves dangereuses. Ce dernier phénomène est d’aUtant plus à redouter qu’en corrodant la base des versants l’eau détruit l’équilibre des terrains qui les constituait, provoquant la formation de glissements qui peuvent affecter des centaines d’hectares et menacer directement l’existence des villages bâtis sur leurs flancs ou à leur pied.
- C’est donc, en définitive, contre les conséquences désastreuses d’une concentration et d’un écoulement trop rapide des eaux dans les régions montagneuses qu’il importe de prendre des mesures énergiques, tout en s’efforçant de diminuer dans la mesure du possible l’accumulation des matériaux meubles au fond des thalwegs.
- On peut atteindre ce double but par des travaux de reboisement et de gazonnement et par des travaux de correction.
- Les travaux de reboisement, qui consistent essentiellement à recouvrir d’un épais manteau de bois les versants dénudés des montagnes, semblent aujourd’hui donner les résultats les plus complets et les plus satisfaisants, outre qu’ils constituent pour l’avenir une richesse considérable. Par leurs racines qui sillonnent d’un réseau inextricable toute la couche superficielle du sol, les arbres lui donnent une cohésion considérable, par leurs feuilles et leurs branches, et par Thumus qui s’accumule à leur pied, ils mettent un obstacle presque absolu à l’action directe de la pluie et de la grêle sur la surface du sol. Enfin, au moment des plpies d’orage, les plus à redouter en montagne, l’écoulement des eaux est fortement retardé, Thumus en absorbant une notable partie, et les feuilles, tiges et troncs s’opposant, dans une large mesure, à leur concentration rapide.
- Les travaux de gazonnement, quand ils arrivent à constituer un tapis végétal continu, mettent également le sol à l’abri des érosions superficielles, mais ils ont une influence beaucoup moins active, presque nulle même, sur la rapidité de l’écoulement des eaux.
- Les travaux de correction s’exécutent très généralement dans les thalwegs ou sur les berges immédiates des torrents et ont pour principal but de constituer des lits inaffouil-
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- labiés, de réduire la vitesse d’écoulement des eaux et, par suite, de mettre un obstacle absolu au transport en masse des matériaux. On les emploie cpielcjuefois aussi pour consolider les versants en glissement.
- Tous ces travaux cpii ont pour but «la restauration et la conservation des terrains en montagne » forment l’une des plus importantes attributions de l’Administration des eaux et forêts.
- Ils sont régis actuellement par la loi du A avril 1882, qui a succédé elle-même aux lois provisoires de 1860 et 186 A sur le reboisement et sur le gazonnement des montagnes.
- Après avoir posé en principe qu’il est pourvu à la restauration et à la conservation des terrains en montagne : i° au moyen de travaux exécutés par l’État, 20 par les propriétaires avec subvention de l’Etat, 3° au moyen de mesures de protection, la loi de 1882 fixe les détails d’exécution de ces trois méthodes.
- i° Travaux exécutés par l’Etat. — Une loi spéciale est nécessaire pour reconnaître l’utilité publique des travaux de restauration rendus nécessaires par la dégradation du sol et les dangers nés et actuels.
- Cette loi fixe le périmètre des terrains sur lesquels ces travaux doivent être exécutés.
- Dans ce périmètre, les travaux de restauration seront exécutés par les soins de l’Administration et aux frais de l’Etat, qui, à cet effet, devra acquérir, soit à l’amiable, soit par expropriation, les terrains reconnus nécessaires.
- 20 Travaux exécutés par les propriétaires avec subvention de l’Etat. — Des subventions peuvent être accordées, dans les pays de montagnes, en dehors même des périmètres de restauration, aux communes, aux associations pastorales, aux fruitières, aux établissements publics et aux particuliers, à raison des travaux entrepris par eux pour l’amélioration, la consolidation du sol et la mise en valeur des pâturages.
- Ces subventions consistent, soit en délivrance de graines ou de plants, soit en argent, soit en travaux.
- Il convient d’ailleurs de faire remarquer que depuis la loi de finances du 28 avril 1893 ces dispositions ont été étendues aux terrains communaux improductifs de toute la France.
- 3° Mesures de protection. — L’Administration des eaux et forêts peut requérir la mise en défense des terrains et pâturages en montagne appartenant aux communes, aux établissements publics et aux particuliers, toutes les fois que l’état de dégradation du sol ne paraîtra pas encore assez avancé pour nécessiter des travaux de restauration.
- De plus, toutes les communes dont le territoire renferme un périmètre de restauration doivent faire approuver un règlement de leurs pâturages communaux dont les agents des eaux et forêts assurent l’observation.
- Avantages divers consentis par la loi de 188 a aux divers intéressés. — On peut concevoir que cet ensemble de dispositions légales ne va pas bien souvent sans léser de nom-
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- breux intérêts et sans jeter une perturbation notable dans les habitudes des populations de la montagne.
- Aussi le législateur a-t-il tenu, en même temps qu’il édictait des restrictions aux droits des propriétaires, à leur assurer certains avantages.
- Ce sont: i° pour les communes assujetties à l’application de la loi, l’exonération complète des frais de surveillance de leurs forêts et de leurs pâturages, frais que l’Etat prend entièrement à sa charge ;
- 2° Pour tous les propriétaires l’exemption d’impôt des parcelles reboisées pendant trente ans;
- 3" Pour les propriétaires dont les terrains sont compris dans un périmètre, le droit de conserver leur propriété en exécutant eux-mêmes les travaux prescrits avec une subvention de l’Etat;
- A0 Pour les propriétaires de terrains mis en défens, le droit à une indemnité représentant la perte éprouvée à raison de la suspension de l’exercice du pâturage.
- Enfin, comme mesure complémentaire, depuis 1897 (?), il est inscrit annuellement dans la loi de finances un crédit de 200,000 francs distribué à litre de subvention pour le payement du salaire des gardes forestiers aux communes propriétaires de forêts en montagne, dont la soumission au régime forestier est nécessaire dans l’intérêt général et dont le revenu est très faible.
- Etudes et travaux exécutés par l’Etat au icr janvier igoo. — La loi du A avril 1882 s’applique en fait aux trois régions montagneuses des Alpes, du Plateau Central et des Cévennes, et des Pyrénées.
- Dans la région des Alpes, elle donnera lieu, d’après les études effectuées parles agents des eaux et forêts, à la création de 66 périmètres devant affecter une étendue de 206,228 hectares, répartis entre huit départements : Haute-Savoie, Savoie, Isère, Hautes-Alpes, Rasses-Alpes, Drôme, Vaucluse et Alpes-Maritimes.
- Dans la région des Cévennes et du Plateau Central, elle donnera lieu à la création de 3A périmètres devant affecter une étendue de 73,766 hectares, répartis entre neuf départements: Lozère, Ardèche, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Loire, Gard, Hérault, Aude et Aveyron.
- Enfin, la région des Pyrénées doit avoir 20 périmètres affectant 36,073 hectares, répartis entre cinq départements : Pyrénées-Orientales, Aude, Ariège, Haute-Garonne et Hautes-Pyrénées.
- Ce qui donne pour l’ensemble de la France : 120 périmètres, d’une contenance de 3i 5,062 hectares s’étendant sur vingt-deux départements.
- Sur cette surface, 102,705 hectares sont devenus déjà la propriété de l’Etat et 9A périmètres de restauration ont été constitués, soit partiellement, soit en entier.
- De plus, 20,229 hectares de terrains nus ou boisés, situés en montagne en dehors des périmètres constitués, ont été achetés par l’État et rattachés à ces périmètres, ce qui éleve à i62,97A hectares l’étendue sur laquelle porte l’application de la loi du A avril 1882.
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- L’étendue restant à acquérir est donc de 172,817 hectares, dont l’estimation déjà faite fixe la valeur à 26,798,094 francs.
- La dépense totale, au icr janvier 1900, atteignait la somme de 66,418,0 3 4 francs et on estimait à 112,270,453 francs celle qui reste à faire pour assurer le complet achèvement de l’œuvre entreprise.
- Les résultats obtenus consistent dans la création de 74,935 hectares de forêts dont l’existence est dès à présent assurée, dans la régénération de io,4o6 hectares de forêts ruinés et en voie de disparition rapide et dans la correction d’une quantité très considérable de torrents dangereux, parmi lesquels on peut citer : la Griaz, Reninges, Saint-Ruph (Haute-Savoie); le Nant de Saint-Claude, le Nant Ago, le Reclus, TArhonne, la Gruvaz, le Sécheron, le Nant Trouble, le Saint-Martin-la-Porte, la Giollaz, le Saint-julien (Savoie); le Manival, le Tonil, Saint-Antoine, Vaudaine dans l’Isère; le Saint-Joseph, Sainte-Marthe, l’Hermitance, Saint-Pancrace dans les Hautes-Alpes; les Sa-nières, le Bourget, la Valette, Saint-Pons, le Riou Bourdoux, la Bérarde, le Faut, Vierge, le Labouret, les Auches, Saint-Jean, la Chaume dans les Basses-Alpes; la Gar-donnette, l’Amalet, le Chambonnet dans le Gard; Parlatges dans l’Hérault; Rialsesse, Castillon dans l’Aude; le Laoud’Esbas dans la Haute-Garonne; Péguère dans les Hautes-Pyrénées, etc.
- Travaux exécutés par les propriétaires avec subvention de l’Etat. — Les travaux exécutés par les propriétaires avec subvention de l’Etat, désignés plus brièvement sous le nom de «Travaux facultatifs55, ont porté sur une étendue totale de 78,378 hectares définitivement boisés.
- Ils ont nécessité une dépense de 9,506,080 francs, dont :
- A la charge de l’État ......................................... . 4,553,363 francs.
- A la charge des propriétaires. .............................. 3,356,926
- A la charge des départements (subvention volontaire)......... 1,595,791
- On peut dire d’ailleurs que, de façon générale, les travaux facultatifs consistent uniquement en travaux de reboisement.
- Si on totalise l’étendue des massifs créés ou restaurés par l’Etat, par les communes et les particuliers, on arrive au chiffre imposant de 163,719 hectares de forêts pour une période de quarante années, soit une moyenne d’un peu plus de 4,ooo hectares par an. Encore faut-il observer que ce n’est réellement que depuis 1887, après la liquidation des opérations engagées en exécution des lois de 1860 et de 1864, que la loi de 1882 a pu entrer en application complète et permettre l’essor actuel de l’œuvre de la restauration des montagnes.
- Cette moyenne est donc un minimum qui est aujourd’hui presque doublé, l’étendue annuellement reboisée oscillant actuellement entre 6,000 et 8,000 hectares.
- Aussi n’est-ce pas sans un certain sentiment de fierté que l’on parcourt aujourd’hui toutes ces régions autrefois dénudées, recouvertes actuellement de beaux peuplements forestiers, jeunes encore, mais couvrant déjà le sol d’un brillant manteau de verdure.
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- Que ce soit dans la Drôme, dans l’Ardèche, dans les Basses-Alpes, dans les Hautes-Alpes, dans le Gard, dans TAude, dans la Lozère, l’attention est à chaque instant attirée par la nuance plus claire de ces jeunes peuplements. Déjà les voyageurs en relèvent partout l’existence (voir notamment : Arduin Dumazet, Voyage en France) et cependant toutes les plantations de moins de quinze à vingt ans, ne formant pas massif, passent inaperçues de la foule.
- Encore quelques années et la comparaison attristée que nous sommes accoutumés à voir établir entre les belles montagnes de la Suisse et les Alpes décharnées de France sera devenue une légende, à laquelle on aura peine à croire.
- Alors, nos montagnes reconstituées ne vomiront plus des torrents de lave et de boue dans les vallées ou l’agriculture, sûre du lendemain, pourra apporter toutes les améliorations nécessaires.
- MESURES DE PROTECTION.
- Partout où la loi l’imposait, le service des gardes forestiers a été organisé par l’Etat pour assurer à la fois la surveillance des périmètres, celle des forêts communales et celle des pâturages.
- De plus, des travaux d’amélioration ont été poursuivis dans la région pastorale. Ils ont porté à la fois sur un meilleur aménagement des pâturages, sur leur entretien et sur la transformation des pacages de moutons en parcours pour le gros bétail.
- Cette dernière transformation a été obtenue par la création de fruitières, qui, centralisant la production laitière d’une région, ont permis d’obtenir du litre de lait un revenu de o fr. 10 à o fr. 11 par la fabrication de fromage et de beurre de bonne qualité, tandis que la fabrication particulière ne permettait pas d’atteindre un revenu supérieur à o fr. 07 ou 0 fr. 08 par litre. Le bénéfice est donc de a5 à 3o p. 100, tant dans les Alpes que dans les Pyrénées.
- On ne compte pas moins de 53 fruitières subventionnées par l’Administration et dont la plupart sont en pleine prospérité.
- RÉCOMPENSES ACCORDEES.
- La Classe 49 comptait 173 exposants.
- 80 récompenses ont été accordées, savoir :
- Grands Prix *7 Médailles de bronze i(i
- Médailles d’nr i3 Mentions honorables i5
- Médailles d’argent 19
- 11 a été accordé en plus :
- 9 6 récompenses à des collaborateurs, savoir :
- Grands Prix 8 Médailles de bronze 34
- Médailles d’nr 22 Mentions honorables 1 n
- Médailles d’argent i5
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- En outre, six exposants, dont les noms suivent, sont hors concours :
- MM. Barbier (Léon); Fôldi (Jean); Gamble (James); Popper (Dr); Société nouvelle des établissements Decauville aine; Wang (Ferdin.).
- La liste complète des récompenses ayant été publiée officiellement, il nous paraît inutile de la reproduire ici. Nous ne parlerons que des exposants ayant été particulièrement distingués par le Jury.
- FRANCE.
- HORS CONCOURS.
- M. Barbier {Léon), à Boulogne-sur-Seine, rue de Sèvres, n° 77, chevalier de la Légion d’honneur. — Bois de sciage et d’industrie.
- Le procédé de flottage artificiel des bois, exposé par M. Barbier, constitue un progrès considérable dans l’industrie des bois d’œuvre, puisque, tout en supprimant le travail du bois, il permet d’obtenir des bois secs en un temps quatre lois moins long que par les procédés actuels et cela sans dépense aucune.
- Ce procédé consiste à éliminer complètement la sève des bois dans un arbre en grume ou scié, et cela en quelques heures, par l’emploi de la vapeur à une température très basse, et en laissant au bois toute sa rigidité. Les très nombreux certificats qui accompagnent cette exposition constituent le plus bel éloge que l’on puisse faire de ce procédé, dont M. Barbier est l’inventeur, et justifient ainsi la faveur dont il jouit auprès de ceux qui en ont fait l’expérience et qui l’emploient depuis sept ans.
- Société nouvelle des établissements Decauville aîné, à Paris, boulevard Maies-herbes , n° 13.
- La grande popularité dont jouit le système de chemin de fer portatif ou fixe universellement connu sous le nom de Decauville nous dispense de donner de grands détails sur ce vaste établissement.
- La Société nouvelle des Établissements Decauville aîné a exposé dans la Classe 49 :
- De la voie de 0 m. 50 en rails d’acier de 7 kilogrammes avec traverses embouties et de la voie de 0 m. 60 n° 11, en rails d’acier de 9 kilogr. 5oo avec traverses fermées au marteau-pilon. Elle a exposé, en outre, comme matériel roulant, des wagons et des trucks destinés au transport des grosses pièces de bois en grume, du bois de sciage, des rondins, des traverses, des écorces et des bourrées, aussi bien à l’intérieur des forêts que dans les scieries et magasins de bois.
- Elle a montré également une locomotive de 3 t. 2 5o à vide qui trouve son emploi rationnel dans les transports rapides sur les voies forestières.
- Cette machine est munie d’une grille pour empêcher la projection des flammèches, de sorte qu’il n’y a aucun danger d’incendie.
- La Société nouvelle des établissements Decauville aîné était hors concours, son représentant M. Schlussel, secrétaire général de la Société, faisant partie du Jury de la Classe 49.
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- GRANDS PRIX.
- Administration des Eaux et Forets, Palais des Forêts, Chasse, Pêche et Cueillettes.
- L’exposition de l’Administration des Eaux et Forêts a occupé une partie du vaste palais construit sur la berge gauche de la Seine en aval du pont d’Iéna. Elle a été préparée par l’ensemble du personnel, sous la haute direction de M. le conseiller d’État Daubrée (Lucien), directeur des Eaux et Forêts.
- Tous ceux qui ont visité l’exposition de l’Administration des Eaux et Forêts ont été frappés de la méthode et du luxe avec laquelle elle a été ordonnée et présentée.
- Le Jury de la Classe 49 n’a donc fait que traduire le sentiment général en accordant à l’Administration des Eaux et Forêts la note la plus élevée et en proposant un grand prix pour l’ensemble de cette belle exposition.
- L’exposition se répartissait entre cinq groupes correspondant aux principaux services confiés à l’Administration des Eaux et Forêts, savoir :
- i° Gestion forestière proprement dite ;
- 2° Fixation et entretien des dunes;
- 3° Restauration des terrains en montagne ;
- 4° Pêche fluviale et pisciculture;
- 5° Chasse.
- I. Gestion forestière proprement dite. — Cartes forestières. — Une carte forestière au 5oooooe montrait la répartition, en 1900, des bois et forêts sur le territoire français. Elle avait été dressée sous la direction de M. Daubrée, conseiller d’Etat, directeur des Eaux et Forêts, par M. Col-linot, dessinateur au Service géographique de l’armée; des teintes indiquaient :
- i° Les forêts domaniales ;
- 20 Les périmètres de restauration des terrains en montagne;
- 3° Les forêts communales et d’établissements publics ;
- 4° Les bois et forêts appartenant aux particuliers.
- Elle était semblable à celles déjà faites par le Service topographique des Eaux et Forêts en 1878 et 1889; on ne pouvait y découvrir que quelques petites modifications, sauf en ce qui concerne les périmètres de restauration, considérablement modifiés par les promulgations légales des dix dernières années.
- Une autre carte, établie dans les mêmes conditions, par le même dessinateur, sous la direction de M. Lafosse, inspecteur, donnait à une plus grande échelle (200,000e) la répartition actuelle des forêts et des périmètres dans la chaîne des Alpes françaises.
- Aménagements. — Les systèmes actuels d’aménagement des forêts domaniales et communales régies par le Service forestier étaient résumés par quelques plans types réunis en un seul atlas. Us provenaient de la collection des plans autographiés publiée par les soins du Service topographique de la Direction. Les aménagements y étaient indiqués par les procédés les plus récemment adoptés et étudiés par MM. Mélard et Masson, chargés de ce travail.
- Les systèmes exposés étaient :
- i° La futaie régulière par voie de réensemencement naturel;
- 20 La futaie jardinée avec zone de protection;
- 3° La conversion en futaie avec ou sans série de taillis sous futaie suivant le degré d’avancement de la conversion ;
- 4° Le taillis sous futaie ;
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- 5° La futaie régulière avec série jardinée et avec quart en réserve (forets communales) ;
- 6° Le taillis sous futaie avec quart en réserve fixe ou mobile (forêts communales).
- Trois cartons à reliure électrique contenaient les feuilles de contrôle résumant le résultat pratique des aménagements domaniaux dans trois départements. Ces trois registres étaient extraits du sommier général de contrôle tenu par la section des aménagements, depuis quelques années seulement, et dont l’installation, due à MM. Sée, administrateur, et Mélard, inspecteur, était demandée depuis longtemps.
- Ces feuilles résument succinctement la production en matière et argent obtenue par l’application drs aménagements en cours, ainsi que toutes les dépenses faites annuellement dans chaque forêt; elles fournissent chaque jour des renseignements très utiles au service central pour la gestion qui lui est confiée; elles donnent chaque jour et donneront dans l’avenir les éléments d’une statistique très exacte et du plus haut intérêt.
- Essences forestières. — L’étude des essences forestières indigènes était fort bien représentée; elle comprenait des collections, des documents imprimés ou manuscrits et des vues très nombreuses d’arbres et de massifs.
- La partie principale était constituée par la célèbre collection de bois indigènes et exotiques, en forme de volumes de bibliothèque, commencée par M. Mathieu, professeur à l’École spéciale de Nancy, pendant près de quarante ans, et continuée depuis par ses successeurs, MM. Fliche, Henry et Jolyel, professeurs à cette même école.
- Elle comprend pour les bois feuillus : 597 échantillons des espèces indigènes, 119 échantillons des espèces exotiques, cultivées en France dans les bois et parcs.
- Pour les résineux : 306 échantillons des espèces indigènes; 45 échantillons des espèces exotiques, cultivées en France dans les bois et parcs, soit 1,057 échantillons.
- L’étiquetage scientifique de cette collection était des plus complets et des mieux compris; il fournissait tous les renseignements relatifs au caractère botanique, aux qualités et usages de chaque spécimen et aux conditions de climat, de sol et de massif où il a crû.
- Le public ne cessait d'admirer ces volumes et les personnes qui les ont étudiées ou consultées fructueusement sont très nombreuses.
- Sa réputation attirait tous les forestiers étrangers, venus soit pour étudier les sections forestières de l’Exposition, soit pour s’y promener en simples amateurs. Les propriétaires forestiers, les industriels et les ouvriers travaillant le bois y revenaient sans cesse pour y puiser des renseignements utiles et souvent même inconnus des praticiens.
- Pour compléter cette collection, 54 rondelles ou sections entières de troncs d’arbres avaient été disposées de divers côtés ; elles montraient les belles dimensions des arbres compris dans les coupes adjugées par le Service des Eaux et Forêts et le grand âge atteint par certaines essences. Toutes ces rondelles de bois parfaitement sains avaient été prélevées sur des arbres exploités dans les coupes de l’hiver précédent, Les plus âgées provenaient de mélèzes de 476 et 398 ans exploités dans les forêts des communes de la Salle et de Vars (Hautes-Alpes) ; les plus larges étaient un frêne de la forêt de Lyons de 1 m. 20 de diamètre et un épicéa de Savoie de 1 m. 17.
- Cette série était loin de comprendre toutes les essences françaises , elle avait comme but accessoire de fournir à la collection similaire de Nancy de nouveaux échantillons qui lui manquaient.
- Dans un meuble voisin, on pouvait étudier une série de coupes microscopiques de grandes dimensions (3 millim. 5 sur 5 millim. 5) préparées par M. Tempère, micrographe très expert, sous la direction de M. Thil, inspecteur. Elle se composait de 42 coupes donnant, pour i4 espèces, les trois sections transversales, radiales et tangentielles qui permettent d’étudier la disposition complète des cellules ligneuses d’une espèce botanique déterminée.
- Quelques agrandissements photographiques, des gouaches dues au pinceau de M. Gabin, le peintre habile des dioramas, occupant le centre du hall, des fusains exécutés par M. Antelme, conservateur à Valence, et deux albums de cent photographies envoyées de toutes les régions de la France per-
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- mettaient de se rendre compte de la beauté des arbres forestiers, de la richesse et du pittoresque d’un grand nombre de massifs.
- On ne saurait passer sous silence les superbes clichés pris dans les forêts de la Seine-Inférieure et de l'Ailier, par MM. Zurlinden et Bénardeau, conservateurs, et ceux des arbres isolés ou de clairières pittoresques, envoyés des Basses et Hautes-Alpes par M. Perrot. Du matin au soir, le public se succédait autour de ces vues forestières et prenait le plus grand plaisir à feuilleter et à admirer ce musée réduit de nos richesses forestières.
- Fruits et semences. — L’Ecole nationale des Eaux et Forêts de Nancy avait envoyé sa nouvelle collection de semences et fruits forestiers, réunie depuis peu par M. Jolyet, inspecteur des études; elle comprend déjà 3o3 échantillons de graines et i3o cônes de conifères de formes et grandeurs si variées. On y voyait les énormes strobilis des Entacta, des pins élevés et de Coulter à côté des minuscules cônes des Tsuga et des Chamœcyparis.
- Essences exotiques naturalisées. — Le Domaine des Barres avait envoyé une série non moins intéressante des produits vivants de son arboretum élevés spécialement en caisses pour la circonstance.
- Ils ont servi à l’ornementation de la salle et des abords du palais; 220 arbres de 8 à i5 ans et de 1 mètre à 7 mètres de hauteur représentaient 5o espèces ou variétés de conifères étudiés dans ce Domaine par les professeurs attachés à l’Ecole secondaire de sylviculture, MM. Marchand, conservateur, Barret, inspecteur, et Pardé, inspecteur adjoint. Si l’on remarque que les pins ne figurent que pour deux espèces dans le nombre ci-dessus, on peut se rendre compte de la richesse des collections de l’arboretum des Barres, fondé au commencement du xix° siècle par M. Vilmorin. Ces arbres ont si bien résisté à cette rude épreuve que la plupart d’entre eux ont pu servir après l’Exposition à former le premier noyau d’un nouvel arboretum demandé depuis longtemps par l’Ecole nationale des Eaux et Forêts et établi, en 1900, dans la forêt domaniale de Champenoux, à quelques kilomètres de la ville de Nancy.
- Etudes diverses. — Les études spéciales relatives aux essences forestières et à la sylviculture comprenaient :
- Les notices relatives aux travaux poursuivis, avec tant de persévérance depuis quelque vingt ans par M. Gilardoni, sur le chêne pédonculé tardif, dit chêne de Juin, parce qu’il n’entre en végétation qu’à cette époque. Il est abondant, surtout en Bourgogne, dans la vallée de la Saône. Les notices exposées indiquaient l’aire géographique où l’essence est la plus abondante, sa description botanique, l’élude anatomique de son bois et les essais de reproduction faits en plusieurs localités où le retard dans le départ de la végétation prinlannière s’est maintenu; des photographies montraient l’arbre en massif et des semis en pépinière permettant de se rendre compte de tous ces faits.
- Une vitrine avait été réservée à M. Mer, inspecteur attaché à la station d’essai de Nancy, pour les cinq collections destinées à démontrer les résultats de ses expériences.'
- La première, relative à l’effet de la décortication annulaire, de l’ébranchement complet et de la suppression de la cime, sur la diminution des qualités fermentescibles de l’aubier du chêne, rappelle les essais faits, il y a plus de cent cinquante ans, par Buffon, dans ses propriétés de Bourgogne.
- Les nouveaux essais de M. Mer ont attiré l’attention d’un public spécial de propriétaires et de marchands de bois qui ne cessaient de demander des explications complémentaires.
- Les quatre autres collections exposées par lui étaient destinées à montrer :
- i° L’utilité du dégagement des baliveaux une dizaine d’années avant l’exploitation de la coupe;
- 20 L’augmentation de l’accroissement des cépées par la suppression, vers l’âge de i5 ans, des rejets à végétation languissante ;
- 3° La diminution des dimensions des plaies d’émondage et leur cicatrisation plus rapide obtenue par l’arrachage des branches gourmandes à la main, pendant le mois de juin;
- 4° Le ralentissement de la croissance à la suite de la lunure provoquée par les grands froids, et notamment ceux de 1879-1880.
- Gr. IX. — Cl. 49. 3
- IMPRIMERIE NATIONALE.
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- Ces collections ne mettaient en évidence que des détails très spéciaux de recherches beaucoup plus générales sur l’élagage et les éclaircies entreprises par la station de recherches de l'Ecole nationale des Eaux et Forêts.
- Dans un mémoire que ses recherches antérieures lui ont permis de rédiger rapidement et plus facilement que tout autre, M. Mélard, inspecteur, chef de section à la Direction des Eaux et Forêts, a étudié la question de l’insullisance de la production des bois d’œuvre dans le monde. La question, on le voit, a une grande ampleur, et M. le conseiller d’Etat, directeur des Eaux et Forêts, en invitant M. Mélard à l’étudier, lui confiait une lourde tâche. Ses connaissances linguistiques et son expérience dans les recherches ardues à faire dans les statistiques étrangères lui ont permis de mener à bien cette œuvre. Ce mémoire a été aussitôt traduit en plusieurs langues par les forestiers étrangers qui ont reconnu son importance et l’exactitude des données statistiques et des déductions que l’auteur a su tirer des très nombreux chiffres officiels qu’il a compulsés.
- Ce livre, publié par les soins de la Direction des Eaux et Forêts, est certainement l’œuvre d’économie forestière la plus intéressante due à l’Exposition de 1900.
- La liste des notices spéciales à l’étude des essences était close par un rapport sur la constitution anatomique du bois, ses relations avec les qualités de résistance et la forme des fractures dans les essais mécaniques. Ce travail avait été rédigé par M. Thil, inspecteur, pour la commission des essais mécaniques, siégeant au Ministère des Travaux publics. 11 est orné de gravures et surtout de nombreuses phototypies, faites avec un grand soin par M. Berthaud. La maison Berthaud qui avait été choisie pour l’exécution de toutes les reproductions phototypiques disséminées dans les nombreuses notices imprimées en 1900, à l’occasion de l’Exposition, a rempli avec le plus grand soin la tâche qui lui a été imposée.
- Bois ouvrés. — La science forestière peut attirer le propriétaire de bois ou forêts et le forestier, mais le grand public d’une exposition s’y intéresse beaucoup moins.
- Aussi les organisateurs avaient-ils préparé, pour plaire à cette grande majorité de visiteurs, des panoplies appropriées à leur goût, qui donnaient, sous une forme ornementale, l’histoire actuelle de l’iililisation delà matière ligneuse indigène. Les panoplies, au nombre de six, se divisaient ainsi, suivant le mode de travail employé pour leur façonnage : *
- î0 Bois sciés et courbés ;
- 20 Grosse fente;
- 3° Petite fente et bois tressés ;
- 4° Bois de tour ;
- 5° Sculpture grossière ;
- 0° Sculpture artistique et marqueterie.
- Les splendides dispositions des charpentes soutenant le hall formaient à elles seules une exposition de cet art assez complète pour qu’il fut inutile de le représenter encore dans une panoplie spéciale ; la série des tableaux de l’utilisation de la matière ligneuse commençait donc par les bois sciés et courbés.
- Bois durs (chêne, frêne, orme, etc.), bois demi-durs (noyer, bouleau, hêtre, etc.), bois tendres (peuplier, sapin, etc.) étaient représentés ; les beaux sciages sur mailles du chêne, à larges marbrures du noyer, à beaux reflets nacrés du frêne, figuraient à côté de l’épais madrier de sapin, du pavé de bois en pin maritime. Les bois de sapin de grande longueur, les minces et larges feuillets de carrosserie en noyer, tremble et peuplier, montraient les progrès de l’industrie du sciage au point de vue du débit en longueur et en largeur d’autres lamelles, excessivement minces (alisier, noyer, érable, poirier, etc.), servant à la confection des éventails et de la marqueterie, faisaient ressortir la finesse et la netteté de certains de ces débits actuels, bien supérieurs comme qualité aux lamelles tranchées beaucoup plus employées cependant à cause de leur meilleur marché et de l’économie de matière faite par ce genre de débit. Il ne faut pas méconnaître, du resté, pour cette raison l’utilité des tranchage et déroulage qui fournissent de bons contre-plaquages d’intérieur de meubles et des produits utiles pour la confection de menus objets et, entra autres, des boîtes d’allumettes. Les usages des bois sciés
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- étaient représentés par de menus objets de toutes sortes : caisses d’emballage, petits meubles, planches, règles et équerres de dessinateurs, mètres, etc.
- Les sciages courbes étaient représentés par des jantes de roues, des soufflets, des bois de chaise et de brosse, des crosses de fusil ; enfin les bois courbés par les jantes, brancards, fourches, manches divers en chêne, frêne, micocoulier et par des bois de chaiserie en hêtre, noyer, cerisier, etc.
- La grosse fente se fait en chêne, châtaignier, frêne, sapin, épicéa et quelquefois en mûrier et en mélèze. Les produits susceptibles d’une légère courbure et d’une plus grande étanchéité que les planches sciées sont destinés à former des récipients pour les liquides : tonneaux, cuves, baquets, seaux de toutes dimensions.
- Quand on a besoin d’une étanchéité moindre, pour les expéditions de beurre, poudre et farine, on se sert de produits sciés, dits fausse-fente, empruntés généralement aux bois de moindre qualité, bouleau, peuplier, aune, hêtre et pins divers. La panoplie comprenait toute la collection des mer-rains français ; elle a été fort appréciée des tonneliers et vignerons de passage à Paris. Elle était complétée par des rais de voiture d’acacia, chêne et frêne ; des longs merrains de frêne et hêtre destinés à la confection des rames, et d’autres plus courts destinés aux attelles et à la confection des pelles et des battoirs de blanchisserie.
- La petite fente et les bois tressés comprennent une variété très grande de produits. La cerche nécessaire à la confection des tambours, tamis et mesures, etc., les cercles de mature, de tonneaux, de voiture, etc., les bardeaux pour toitures, les lattes et échalas de toutes sortes et de toutes dimensions, les coins, les piquets de tente et autres, les dents de rateaux, tous les produits si variés du micocoulier, les lanières de toutes dimensions pour la vannerie en chêne, frêne, coudrier, saule, bourdaine, viorne, ronces, les bois d’allumettes, etc. On avait joint à ce panneau, déjà si pittoresque, les différentes espèces de balais faits en genêts, bruyères diverses, chèvrefeuille, etc., qui servaient de glands à de belles écorces de tilleul garnies de leur tille ou à des cordes de même nature qui drapaient le haut de la panoplie et serpentaient tout au travers.
- La panoplie formée par les objets de tournerie était intéressante et instructive. On pouvait y constater que les bois employés par les tourneurs ont un grain d’autant plus homogène que les objets à façonner sont plus petits. Le chêne et forme fournissent les énormes moyeux de la grosse charron-nerie, ils sont déjà remplacés par le frêne et le charme dans la carrosserie fine, parfois même, en Bretagne, parï’if. Le charme n’est plus assez résistant pour la confection des menus objets de toutes sortes qu’il faut façonner avec l’alisier et surtout avec le buis, le plus estimé des bois.de tour. D’un autre côté, cet arbrisseau n’atteint pas des dimensions suffisantes pour fournir les solides manches tournés dans le cornouiller mâle, l’érable champêtre et le frêne, ou même les chaises et petits meubles de toutes sortes en hêtre, frêne, cerisier ou acacia.
- Les manches de parapluies, d’ombrelles et les cannes demandent aussi des bois d’autres espèces.
- La légèreté et la souplesse exigées pour les carcasses de passementerie et les fournitures de tapissier obligent à employer à ces usages le tremble et le noyer. La tournerie de robinets est un art assez compliqué et qui, suivant les besoins, permet d’employer, pour tout ou partie de la même canette, le frêne, faune, le charme, le buis, l’alisier, l’aubépine, le cytise, etc.
- La nécessité d’employer dans la tournerie des bois d’arbres et arbustes aussi variés localise cette industrie auprès des massifs forestiers croissant sur le calcaire où la flore ligneuse est plus nombreuse, aussi les grands centres de tournerie de France sont-ils dans le Jura et dans la Meuse.
- La sculpture rustique comprenait tous les objets et ouvrages travaillés en plein bois à l’aide du ciseau et de la gouge, savoir : les jougs d’attelage, les sabots de diverses formes, les jouets grossièrement façonnés, les couverts, les cannes, les manches d’outils. Les sabots exposés plaisaient beaucoup au public, en général, ils l’amusaient par la variété de leur forme. Le lourd sabot normand, en hêtre, et celui à deux talons des montagnes de la Lozère, rappelant par sa forme les chaussures japonaises, côtoyaient les élégants sabots bressans rehaussés de motifs sculptés, les gracieux croquets granvillais simplement brunis au feu et les menus sabots des bébés bretons et savoyards.
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- Parmi les cannes, dont les formes locales sont souvent plus originales que gracieuses, il est bon de citer un nouveau produit. Une industrie nouvelle s’est fondée depuis quelques années à la suite de la difficulté que le commerce spécial a eu pour s’approvisionner en bois d’ajonc, qui fournit des manches d’apparence nattée ; un industriel a eu l’idée de mutiler d’une façon particulière des jeunes tiges de chêne, de châtaignier, de noisetier, un an ou deux ans avant de les couper, pour les convertir en cannes et manches de parapluie, on obtient ainsi des tiges plus ou moins régulièrement couvertes de cicatrices, fort à la mode en ce moment. Ce produit a, du reste, l’avantage cl’être beaucoup plus solide que l’ajonc précédemment employé.
- Dans le dernier panneau se trouvaient de véritables objets d’art ; on aurait voulu lui donner plus d’importance pour montrer la haute valeur, comme matière artistique, de certaines essences indigènes. II contenait des panneaux de meubles, des cadres finement sculptés, en chêne et noyer, fournis par les artistes parisiens, de belles crosses d’armes de luxe, venant de Saint-Etienne, des bois d’olivier et de genévrier rehaussés de peintures venant de Nice et de Fontainebleau, des éventails finement ajourés, envoyés parle département de l’Oise, et enfin quelques échantillons des merveilles de la marqueterie nancéenne.
- Devant tous ces produits, le public s’arrêtait sans cesse interrogeant les surveillants pour connaître les provenances ; on peut dire que ce n’est pas en vain, car, après chacune des expositions forestières de 1867, 1878, 1889, on a pu constater, dans l’industrie et le commerce parisien, un progrès réel au point de vue de la sélection de la matière ligneuse et de son appropriation à certains emplois qui demandent des textures spéciales qui ne se rencontrent que dans certaines espèces.
- Outillage. — L’outillage forestier garnissait huit panneaux autour du diorama central.
- 10 Outils de martelage, marteaux, compas forestiers, chaînes, griffes de toute nature, formaient une collection fort belle, prêtée par M. Meyer.
- Les sept autres panneaux étaient occupés par la collection annexée au musée de l’École de sylviculture des Barres, qui comprend tout l’outillage forestier français ;
- 20 Outils d’abatage et façonnage en forêt: cognées, haches, hachettes, scies passe-partout, scies diverses, écorçoirs, serpes de tous modèles ;
- 6° Outils de fente : coutres, coins, planes, hachettes spéciales;
- lx° Outils de sabotage : haches, gouges, planes simples et à pivot, tarières, vrilles et ciseaux;
- 5° Outils de résinage ou gemmage accompagnés de beaux dessins prêtés par M. Kauffmann, montrant leurs emplois : pitey, hapchott, sarcle, pousse-crampon, maillet, attrape-pot, escouarte, saley, pantchott, etc. ;
- 6° Outils d’élagage; croissants, serpes, cisailles, haches et sécateurs ;
- 70 Émondoirs aux formes variées ;
- 8° Outils de plantation : bêche, plantoir, bêche circulaire, bêche coupe-pivot, bêche arraclie-plant plantoirs articulés, semoirs divers du système Prouvé, rateaux, pioches, houes, planche et claie à semer, etc.
- Voies et moyens de transport jores'iers. — Les chemins forestiers domaniaux d’après une statistique récente faite à l’occasion de l’Exposition de 1900 comprennent :
- Voies ferrées............................................................................. 28 kilom.
- ( empierrées................................................................... 4,725
- Routes < paillées........................................................................ 483
- en terrain naturel.....................................'...................... i6,o53
- Soit.................................. 21,289
- L’accroissement du réseau a été d’environ 81 kilomètres par an depuis vingt ans, et les travaux
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- d’empierrement ont porté sur 108 kilomètres de chaussées anciennes ou nouvelles. Ces chiffres prouvent que les travaux de l’espèce ne sont pas négligés.
- Le travail le plus remarquable exécuté pendant ces dernières années est la route forestière de l’Écharasson (département delà Drôme), étudiée par M. Brive, inspecteur, et exécutée par M. de Bou-ville. Elle permet "de franchir la grande falaise calcaire de ce nom qui limite à l’ouest le plateau hoisé de Lente. Une notice explicative de M. de Rouville permettait d’apprécier la difficulté du travail et la hardiesse de la construction. Elle fournissait un grand nombre de renseignements relatifs au prix de revient des travaux et au bénéfice que l’on peut attendre de la création de ce nouveau débouché.
- Deux aquarelles de M. Gabin et de nombreuses photographies de M. de Rouville permettaient de se rendre compte des détails de construction et du pittoresque de ce tracé. Les forestiers étrangers et les ingénieurs ont souvent demandé à consulter ce document auquel ils portaient le plus grand intérêt.
- Pour montrer les progrès faits ces deanières années dans l’art des transports en forêt, on avait placé à côté d’un chemin de schlitte vosgien un grand relief établi d’après les dessins de M. Thierry, professeur à l’Ecole forestière de Nancy, montrant les détails de l’établissement d’un câble porteur à double voie permettant de descendre du haut d’une montagne les bois exploités et de les charger directement sur les wagons d’un chemin de fer circulant à la base du massif.
- Une notice de M. de Brun, inspecteur adjoint, donnait le détail d’un autre système moins compliqué étudié par lui.
- Maisons forestières. — L’Administration avait exposé précédemment ses types de maisons forestières; elle n’avait pas cru devoir les exhiber à nouveau.
- Une exposition préparée par M. Fron, garde général au Domaine des Barres, peut cependant se rapporter à cet objet; M. Fron a étudié depuis un certain nombre d’années les ruchers annexes des postes forestiers situés en plein bois, il a présenté ses nouveaux modèles mis au niveau de la science moderne et qui ont déjà donné d’excellents résultats en Savoie et dans le Charolais. Ces ruches et le produit de leurs abeilles étaient accompagnés d’un mémoire manuscrit orné de nombreuses figures, gravures et photographies formant un ensemble très complet et très savant. Le dernier chapitre relatif aux plantes mellifères était accompagné d’un herbier artislement disposé autour des pages.
- MM. Lafond et Longueville, inspecteurs adjoints, avaient rédigé deux petites monographies manuscrites sur le développement pendant ces dernières années des écoles destinées à l’instruction.,primaire des enfants des préposés. Ces établissements d’instruction existent au milieu de certains massifs trop éloignés de toute école communale pour que les jeunes enfants puissent s’y rendre. Les résultats ont été très satisfaisants à Barjau dans le Var et à la Coubre dans la Charente-Inférieure. L’instruction y est confiée à des instituteurs nommés par le Ministre de l’Instruction publique et logés dans les bâtiments appartenant à l’Administration des Eaux et Forêts.
- Scieries. — Les scieries forestières étaient représentées par trois modèles.
- Le premier montrait une de ces usines telle qu’on les construisait, il y a cinquante ans, roue en bois à palettes mettant en mouvement à l’aide d’un mécanisme presque entièrement en bois une épaisse lame de fer et un lourd et court chariot roulant sur ses guides de chêne.
- Le second présentait les premiers perfectionnements obtenus avec la petite roue Causon.
- Le dernier, dû à M. Thierry, déjà cité et exécuté en 1900, indiquait toutes les améliorations apportées pendant ces dernières années à ces établissements: turbine, cadre à scie multiple, scie de côté, scie circulaire, longs chariots permettant le débit des charpentes de 10 à 12 mètres de longueur, organes de transmission perfectionnés en fer et acier et par courroie.
- Les travaux entrepris dans ces usines souvent si utiles pour assurer la vente des bois dans les vallées de montagnes sont considérables ; depuis vingt ans, l’Administration a dû renouveler tout son outillage pour répondre aux besoins du commerce. Les 68 scieries domaniales sont toutes transfor-
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- mées à l’exception d’une seule qui devra bientôt disparaître ou être remise au niveau des progrès industriels actuels.
- II. Dunes. — Dunes. — L’exposition des dunes domaniales ou autres était constituée par des notices manuscrites ou imprimées ornées pour la plupart de photographies, dessins, gravures, cartes et plans. Leur ensemble constituait une monographie complète de toutes les dunes situées sur les rivages de la France continentale. Elle se divisait ainsi :
- Dunes du Pas-de-Calais, par M. Poirée;
- Dunes de Normandie, par MM. Zürlinden, Allaire et Hickel;
- Dunes de Bretagne, par MM. Masse lin et Lesseure;
- Dunes de la Charente-Inférieure et de la Vendée, par MM. Lafond et Guilbaud;
- Dunes de Gascogne, par M. Bert;
- Dunes des Landes, par M. de Lignières;
- Dunes de la Méditerranée, par M. Casanave.
- Certaines questions relatives à ce service étaient étudiées dans d’autres manuscrits, ce sont :
- Les paysayes de dunes, par M. Fabre ;
- Travaux de défense contre l’Océan, par MM. Meynieüx et Bénévent;
- Transport des produits forestiers dans les dunes de la Gironde, par M. Malepeyre;
- Défense contre les incendies dans les landes et dunes de Gascogne, par M. Delassasseigne ;
- Gemmage du pin maritime, par M. Violette;
- Récolte du pin maritime à la Coubre, par M. Lafond;
- Récolte du pin maritime à Longueville, par M. Guilbaud.
- Quatre de ces notices intéressantes ont été imprimées et distribuées au public.
- La principale, celle de M. Bert, comprend une première partie très documentée où l’histoire de la restauration et de la fixation des dunes de Gascogne est relatée avec des détails très intéressants et peu connus.
- Les statisticiens peuvent y trouver les chiffres les plus certains sur l’étendue de ces dunes, le coût des travaux exécutés, le prix de vente des portions aliénées et la production actuelle des massifs créés.
- 11 peut être intéressant d’en extraire quelques chiffres :
- Les dunes et landes de Gascogne occupaient i,4io,ooo hectares situés dans le département de la Gironde, clés Landes et de Lot-et-Garonne. Les dunes proprement dites comprenaient 102,000 hectares dont 79,15o hectares de dunes mobiles et 2 2,85o hectares de lettes extérieures ou landes plus ou moins ensablées.
- Les travaux de fixation n’ont porté que sur les 79,i5o hectares de dunes mobiles.
- Les résultats obtenus ont été si satisfaisants que les propriétaires des lettes extérieures et des landes ont imité l’Etat et avaient reboisé, d’après la statistique de 1892, 600,000 hectares de bruyères; si l’on y ajoute 70,400 hectares de bois préexistant, cette partie de la France possède actuellement un massif boisé et très productif de 670,400 hectares.
- Quels sont maintenant les résultats dans la dune anciennement mobile et aujourd’hui totalement fixée?
- 51,106 hectares possédés par l’État sont aujourd’hui régulièrement aménagés. Sur ce total 37,916 hectares forment des séries régulières divisées en quinze affectations exploitées à l’âge de 75 ans; le surplus, trop voisin de la mer, constitue la zone de défense parcourue par des exploitations irrégulières.
- 16,718 hectares ont été aliénés par l’État de 1860 à 1863 ; ils furent choisis parmi les premiers ateliers et les massifs les plus réguliers et les plus âgés à cette époque.
- io,842 hectares ont été concédés ou remis pour divers motifs à des communes ou particuliers après l’achèvement de leur fixation.
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- 2 24 hectares ont été affectés à divers services publics.
- 260 hectares ont été repris par la mer ou les courants.
- Le résultat sur ce point est donc complet et, sans les incendies qui détruisent trop souvent les massifs , on pourrait considérer l’œuvre comme entièrement achevée.
- La notice de MM. Lafond et Guilbaud contient des détails sur la dernière conquête du service des dunes, la forêt de la Goubre, d’une étendue de 5,280 hectares. La lutte sur ce point a été plus opiniâtre à raison de la situation du terrain s’avançant en une sorte de large promontoire battu en tous sens par les vents et aussi à cause de la mobilité des fonds marins voisins. Au sud, près du marais de Bréjeat, la lutte est encore difficile et chaque année de nouvelles défenses doivent être entreprises.
- Dans la Vendée, sur 5,641 hectares régis par le Service des dunes, 3,943 hectares sont boisés, i,64o hectares bien gazonnés, il ne reste plus que 58 hectares de dunes imparfaitement fixés. Dans cette région la fixation totale est donc proche.
- Gemmage. — La notice de M. Violette sur le gemmage a été rendue plus intéressante encore par l’amabilité de la librairie Hachette qui a bien voulu prêter les clichés des dessins de M. Kauffmann déjà publiés dans une étude insérée dans le Tour du monde; les différents chapitres de cet opuscule sont relatifs non seulement au gemmage, mais aussi aux progrès à faire dans cette exploitation ainsi que dans les procédés d’aménagement des massifs de pin maritime. Le long séjour de l’auteur dans le Service des dunes lui a permis de donner une grande précision à toutes les parties de son étude.
- Incendies. — La dernière notice imprimée était celle de M. Delassasseigne, inspecteur des Eaux et Forêts à Bordeaux, elle est intitulée La défense des forêts contre les incendies. Elle passe en revue les diverses causes d’incendie dans la région des landes et dunes, les précautions prises jusqu’à ce jour, la disposition des garde-feu, elle conclut en demandant le vote prochain de la loi de protection actuellement déposée devant le Parlement.
- Il serait trop long d’analyser les neuf autres notices, mais il est certain qu’elles contiennent aussi des documents précieux et des vues nombreuses annexées permettant de se rendre compte des progrès réalisés et des travaux restant à faire sur tout le littoral français pour arriver non seulement à la fixation, mais encore à la mise en production de ces anciens déserts de sable.
- III. Restauration des terrains en montagne. — Appelée par l’Exposition universelle de 1900 à rendre sensible à tous les yeux les résultats des études et des travaux concernant la rrRestauration des terrains en montagne» l’Administration des Eaux et Forêts a présenté au public d’une manière saisissante les divers côtés de cette grave question.
- Tous les éléments de cette exposition si variée ont été fournis par les agents des Eaux et Forêts et mis en œuvre sous la haute direction de M. Daübrée, conseiller d’Etat, directeur des Eaux et Forêts.
- Les éludes ont été condensées et résumées en trois cartes établies sur des feuilles au 200000° du service géographique de l’armée et concernant : 10 la région des Alpes; 20 la région des Cévennes et du Plateau Central; 3° et la région des Pyi'énées. Sur chacune de ces cartes une teinte carminée indiquait l’étendue et l’emplacement exact des périmètres à acquérir par l’Etat et une teinte bleue les terrains déjà acquis.
- De plus un atlas présentait sur une feuille séparée à plus grande échelle (100000) la carte détaillée de chaque périmètre avec des renseignements analogues.
- Des photographies de grandes dimensions, dont quelques-unes peintes à la gouache, et des albums nombreux permettaient de se rendre compte de la physionomie des terrains avant le commencement des travaux, de l’importance des torrents à corriger et de leurs dégâts.
- Quelques plans en relief représentant différentes régions des Hautes-Alpes, des Alpes-Maritimes, de l’Isère et de la Savoie démontraient, autant qu’on peut le faire, les difficultés de la tâche entreprise, par une reproduction à petite échelle de torrents dangereux, avec leurs berges escarpées, leurs versants en glissements, leurs bassins de réception dénudés.
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- Les travaux exécutés au compte de l’Etat tenaient une place bien plus importante que les études. Leur nombre et leur diversité avaient permis d’en faire une exposition aussi variée qu’intéressante.
- Il faut citer tout d’aborcl les deux dioramas qui occupaient toute la partie centrale du hall affecté aux Eaux et Forêts et dont l’un représentait le torrent de la Grollaz en 1885, l’autre le même torrent en 1898.
- Reproduits tous deux d’après des photographies d’une autorité indiscutable, ils faisaient ressortir avec intensité les modifications survenues dans l’espace de treize ans.
- Dans le premier de ces dioramas, la correction du torrent, en pleine activité, vient d’être commencée et on aperçoit au premier plan un barrage en maçonnerie, épaulant des berges croulantes, entièrement dénudées. Partout la ruine et la désolation, pas un coin de verdure où l’œil puisse se reposer.
- Treize ans après, le second diorama nous laisse à peine entrevoirie même barrage, noyé dans un fouillis inextricable d’arbres et de buissons. La végétation a repris possession du sol qui, désormais consolidé, est à l’abri des crues torrentielles.
- Mais ce que la photographie ne pouvait nous montrer en même temps, c’est l’état de la vallée qui s’ouvre à la base du torrent, son cône de déjection parcouru par la grande voie ferrée de Paris à Turin par le Mont Genis, et par la route nationale qui lui est parallèle. Avant les travaux ces importantes voies de communication étaient à la merci du moindre orage, et les champs entrecoupés de prairies que l’on admire aujourd’hui ne laissaient voir à leur place qu’un vaste territoire aride et dénudé.
- Tout aussi instructifs quoique moins frappants étaient les nombreux albums de photographies étalés à profusion. L’observateur attentif y pouvait retrouver souvent des vues prises à vingt ans et plus d’intervalle et montrant de superbes forêts succédant sans transition à des versants autrefois escarpés et ravinés.
- De nombreuses photographies de détail indiquaient la composition des peuplements et permettaient même de se rendre compte de la dimension des arbres, grâce à quelques personnages groupés dans leur voisinage.
- Les résineux tenaient, de beaucoup, la première place. Parmi eux, il faut citer le pin sylvestre, le pin noir d’Autriche, le pin à crochets, l’élégant mélèze, le pin cembro, l’épicéa et même quelques cèdres.
- Les essences feuillues, moins largement représentées, montraient cependant quelques beaux échantillons d’aune, de chêne, de frêne, de saule, de peuplier et de hêtre.
- Les pépinières n’étaient pas moins intéressantes à examiner. Tout en admirant la parfaite disposition de leurs carrés, la belle venue de leurs planches, où des lignes de plants parfaitement homogènes s’alignaient de façon impeccable, on pouvait remarquer les dispositifs les plus divers, soit pour protéger les jeunes semis contre l’ardeur du soleil des pays chauds, soit pour éviter la croissance des mauvaises herbes, soit même pour protéger le sol contre le durcissement superficiel.
- Ici, c’était un semoir ingénieux qui simplifiait le travail, économisant ainsi la main-d’œuvre, tout en assurant une meilleure répartition des graines, là, une bêche coupe-pivot permettant de supprimer le repiquage si onéreux des jeunes chênes et maints autres outils aussi pratiques.
- Les travaux de correction tiennent dans les photographies la place la plus considérable. Les barrages de toute taille et de toute nature, depuis la maçonnerie rustique la plus élémentaire jusqu’aux superbes ouvrages entièrement en maçonnerie smilée, y sont représentés.
- Puis viennent les drainages, qui ont pris une grande extension pour la consolidation des terres en glissement, les garnissages qui occupent l’immense réseau des ravins secs, les clayonnages et les fascinages un peu délaissés pour la correction des ravins qui ne charrient que de petits matériaux, les cordons et banquettes qui forment le long des berges arides des baies vivantes appelées à y introduire les premiers éléments de la végétation, les tournes et les banquettes contre les avalanches qui s’opposant au glissement des neiges permettent le reboisement des versants escarpés.
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- Enfin nous signalerons quelques ouvrages tout particuliers, presque uniques dans leur genre. Ce sont : le canal de dérivation du torrent de Saint-Julien, percé en souterrain à travers une falaise rocheuse abrupte de 200 mètres d’épaisseur et venant aboutir au milieu de précipices épouvantables. U11 plan en relief montre, d’ailleurs, ce même travail et fait voir qu’il s’agissait d’éloigner les eaux d’un versant en glissement au sommet duquel se trouve le village de Mont-Denis.
- Puis ce sont les canaux d’écoulement des torrents de Riou-Bourdoux et de Saint-Julien, ouverts à travers les cônes de déjection, consolidés par de nombreux ouvrages latéraux et transversaux et qui ont pour but de fixer dans un lit définitif le torrent corrigé.
- Enfin l’attention est appelée par les travaux entrepris et menés à bien par l’Administration des Eaux et Forêts au glacier de Tête-Rousse, sur les rampes du Mont-Blanc, à 3,3oo mètres d’altitude, pour mettre à tout jamais les Bains de Saint-Gervais et la région avoisinante à l’abri d’une catastrophe semblable à celle qui, en 1892, engloutit en quelques secondes plus de 200 personnes paisiblement endormies.
- Les quantités considérables de graines résineuses utilisées chaque année par l’Administration des Eaux et Forêts représentent une valeur fort élevée.
- En prenant les poids moyens, soit :
- kilogrammes.
- Pin sylvestre........................ 10,000
- Mélèze................................ 6,000
- Pin Cembro............................ 6,000
- kilogrammes.
- Pin à crochets........................... 3,o5o
- Pin noir d’Autriche...................... 9,000
- Épicéa................................... 1,000
- et leur faisant application des prix on trouve que cette valeur atteint pour :
- francs.
- Pin sylvestre............................. 70,000
- • Mélèze................................... 3o,ooo
- Pin Cembro........................... 3,000
- Pin à crochets............................ 18,000
- Pin noir Epicéa..
- Soit un total général de....
- francs.
- 6,000
- 3.ooo
- i3o,ooo
- Pendant de longues années la plus grande partie de ces graines était fournie par l’étranger, l’Allemagne, l’Autriche et la Russie, aucun commerce analogue n’existant en France.
- Dans le but d’affranchir notre pays de ce tribut annuel, l’Administration des Eaux et Forêts s’est attachée à faire récolter et préparer dans des usines spécialement construites les graines forestières qui lui étaient indispensables.
- La plus récente en date de ces usines, la plus perfectionnée, est celle dite de la Cabanasse du nom de la commune sur le territoire de laquelle elle a été bâtie. Spécialement affectée à la préparation du pin à crochets et accessoirement du pin sylvestre et du pin laricio de Salzmann, elle subvient aisément à la consommation annuelle.
- Un modèle réduit de cette sécherie en montrait, avec détail, les dispositions intérieures et extérieures.
- Bibliographie. — Cette partie de l’exposition avait été particulièrement soignée et des notices nombreuses avaient été rédigées à cette occasion par le personnel des agents des Eaux et Forêts. Quelques-unes avaient eu les honneurs de l’impression; pour le plus grand nombre, on avait dû se contenter d’exposer les manuscrits.
- D’une façon générale, on peut les diviser en trois groupes :
- 1. Les notices ayant trait aux terrains et aux paysages torrentiels, qui, fixent pour toutes les régions la physionomie locale et font connaître la situation géologique et minéralogique.
- 2. Les notices concernant les essences et les travaux déboisement, qui, outre de nombreux renseignements statistiques, renferment encore de précieux éléments d’une enquête générale sur le choix des essences d’après les résultats obtenus, et sur les meilleures méthodes de reboisement adoptées
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- après expérience de longue haleine dans les divers sols et aux diverses altitudes, suivant le climat si varié de là France.
- 3. Les notices ayant trait aux travaux de correction faisant connaître les meilleures méthodes employées de nos jours et les résultats obtenus dans des torrents déterminés.
- De plus quelques notices d’un caractère plus général étudient certaines essences en particulier, crie pin laricio de Salzmann», ou les mœurs de la Processionnaire du pin, avec les moyens de détruire les invasions de cette chenille, ou les torrents glaciaires, etc.
- Enfin l’Administration des Eaux et Forêts exposait le compte rendu des travaux de restauration de 1860 au icr janvier 1900. Cette petite brochure est particulièrement intéressante, puisque elle fixe de façon précise et officielle la situation de l’œuvre entreprise et permettra dans l’avenir de mesurer le chemin parcouru.
- On trouvera ci-après la nomenclature de ces diverses notices.
- I. Les terrains et les paysages torrentiels.
- A. Notices imprimées.
- Bernard (C.-S.-M.). Les terrains et les paysages torrentiels (Haute-Savoie).
- Intéressante étude de la vallée de l’Arve. Les renseignements géologiques très complets et accompagnés de coupes relevées par l’auteur au cours de ses nombreuses tournées dans le département sont basés sur les documents les plus récents et puisés aux meilleures sources.
- Après avoir décrit le cours de l’Arve qu’il divise en trois sections : i° celle où elle présente les caractères d’une rivière; a0 celle où elle présente les caractères d’une rivière torrentielle, et enfin 3° celle où elle a les caractères d’un torrent, l’auteur étudie ses affluents principaux.
- Passant à l’examen du bassin de réception il examine successivement ses differentes zones climatologiques et leur influence sur le régime de l’Arve :
- i° La zone des neiges perpétuelles et des glaciers, au dessus de 2,700 mètres;
- 20 La zone des hautes montagnes, entre i,5oo et 2,700 mètres;
- 3° La zone des basses montagnes et des plaines, au-dessous de i,5oo mètres.
- H relate d’intéressantes observations personnelles sur les chutes de neige, de grêle, dans la zone des glaciers et dit quelques mots de la rupture des poches glaciaires.
- Il conclut qu’en définitive l’Arve traduit dans ses manifestations les multiples impressions qu’elle reçoit de ses divers affluents, mais les mélange à tel point qu’elle prend une individualité propre, qui peut se caractériser de la façon suivante :
- Hiver. Eaux très basses. Quelques crues au moment des relèvements de température.
- Printemps. Eaux basses. Quelques crues occasionnées par la pluie ou la fonte des neiges dans les régions de faible altitude.
- Eté. Hautes eaux persistantes pendant plusieurs mois, par suite de la fonte des neiges dans les régions de moyenne et haute altitude et de quelques orages sur l’un quelconque des points de son bassin.
- Automne. Très basses eaiix, sauf quelques crues dans les régions inférieures, occasionnées par les pluies qui précèdent les chutes de neige.
- Passant ensuite à l’étude détaillée des terrains M. Bernard distingue tout d’abord deux grands groupes :
- i° Les chaînes alpines;
- 20 Les chaînes subalpines et plaines inférieures, ces dernières se subdivisant elles-mêmes en :
- 1.. Hautes chaînes calcaires;
- 2. Région de la brèche du Chablais;
- 3. Chaîne extérieure des Péalpes, Salève, Mollasse, plaine alluviale de Genève.
- Il étudie sur chacun de ces groupes de terrains l’action du climat, des eaux et de l’homme, et il en déduit les caractères principaux du paysage :
- i° Glaciaire;
- 20 Du trias et du lias;
- 3° Des boues glaciaires et des éboulis;
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- h° Des hautes chaînes calcaires ;
- 5° Du flysch et du glaciaire.
- Constatant les dégradations survenues tant du fait des éléments météorologiques que de l’intervention humaine, il indique dans chaque cas les remèdes qui lui paraissent les plus propres à obtenir la restauration des montagnes.
- Une collection de photographies accompagne cette notice et permet de saisir les différences que l’auteur a mises en relief dans sa description si complète du bassin de l’Arve.
- Champsaur. Les terrains et les paysages torrentiels (Basses-Alpes).
- L’étude présentée par M. Champsaur s’étend sur l’ensemble du département des Basses-Alpes, «la terre classique des torrents».
- Elle emprunte son intérêt autant à la diversité du sol et du climat de cette vaste région qu’à l’importance des travaux de restauration qui y sont entrepris depuis près de quarante ans.
- Le département des Basses-Alpes est particulièrement caractérisé par son aspect d’aridité, de sécheresse et de désolation. Le climat provençal y règne partout, avec les modifications, toutefois, qu’entraînent les différences d’altitude, qui varient dans les plus larges limites (2 5o à 3,âoo mètres).
- L’Etat y possède A3,ooo hectares qu’il a acquis pour être restaurés.
- L’auteur étudie successivement: le relief général du sol, sa constitution géologique, le climat, l’air et les eaux, les situations locales, l’intervention humaine, l’aspect des torrents et termine en formulant ses conclusions.
- Dans le premier chapitre «relief général du sol» il essaye de faire saisir les grandes lignes de la disposition montagneuse un peu confuse qui couvre tout le département. Et il insiste dans chaque zone sur l’importance des terrains à restaurer qu’elle renferme.
- Passant ensuite à la «constitution géologique du sol» il fait ressortir que les formes du relief et les modifications qu’elles subissent encore de nos jours, tout particulièrement par les actions torrentielles, sont dues principalement à la constitution géologique du sol. Prenant chaque formation en particulier il en désigne les principaux gisements, et indique leur intérêt spécial au point de vue de l’œuvre de la restauration.
- Puis il fait ressortir l’importance des agents atmosphériques, le climat, l’air et les eaux. Climat sec par excellence, où les pluies se répartissent en deux périodes, l’une assez longue, au printemps, et l’autre plus courte en automne.il note qu’en un seul orage, le 10 juillet 1899, on a recueilli 65 millimètres d’eau, en l’espace de deux heures, ce qui produit de véritables trombes.
- Comme conséquence de l’état général de dénudation du sol, du nombre et de l’activité des torrents creusés dans des terrains affouillables, toutes les rivières ont un régime torrentiel très accusé. Leur débit subit les plus grandes variations; elles entraînent encore souvent jusqu’à des galets d’un décimètre cube; elles occupent presque toute la largeur des vallées et y forment des plages de graviers, de sables ou de limons, à travers lesquelles elles divaguent.
- Puis M. Champsaur pose en principe que les érosions sont en raison directe de la hauteur absolue des versants, toutes choses égales d’ailleurs, et il fait justement remarquer que c’est à la latitude des Basses-Alpes {hh degrés) que l’exposition a l’influence la plus marquée sur le climat.
- Après avoir constaté que la végétation forestière ne s’y élève pas actuellement à plus de 9,600 mètres d’altitude, il fait observer que les zones de végétation présentent jusqu’à 3oo mètres de différence de niveau entre les expositions nord et sud. .
- Les terrains restant plus frais au nord la régénération de la plupart des plantes s’y effectue mieux et la végétation y est notablement plus active. C’est, par suite» à cette exposition que les terrains résistent le mieux aux actions destructives du climat et des eaux superficielles.
- Malgré l’activité de tous ces éléments et leur puissance destructive, M. Champsaur estime que l’intervention de l’homme a été le facteur initial et essentiel de la ruine progressive du pays. L’homme a détruit les bois pour augmenter les pâturages et les champs, il a étendu les labours aux terrains les plus ingrats sur des versants trop rapides, il a détruit ou appauvri les pâturages par des abus de jouissance et l’absence totale de fumure. Ainsi, par la ruine des forêts et des pâturages l’inlerveution humaine a été et reste la cause principale de la formation des torrents et du régime irrégulier de tous les cours d’eau de la région.
- Les torrents des Basses-Alpes ont des aspects extrêmement variés. On peut toutefois les rattacher à trois types principaux :
- i° le torrent simple ; a0 le torrent composé ; 3° la combe.
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- Ils ont tous un bassin de réception, un canal d’écoulement et un cône de déjection. Un grand nombre d’entre eux est aujourd’hui en voie rapide d’extinction ou même éteint à la suite des travaux entrepris par l’Administration des Eaux et Forêts. L’auteur en cite un grand nombre et constate que, grâce à leur correction, l’établissement de voies de communication ou de canaux a été facilité, que l’enlrelien de tous les ouvrages de celte nature a été rendu moins onéreux sur d’énormes parcours : de Digne à Barcelonnette et Meyronncs, de Digne à Annot, de Saint-André à Thorame-Basse, de Sisleron à la Motte-du-Caire, etc.
- Par les résultats déjà acquis on peut juger de’la transformation que subirait la région par le retour à un régime normal et à une exploitation rationnelle des trois zones qu’elle comprend. Au lieu d’émigrer pour vivre d’un travail plus rémunérateur, la population pourrait s’accroître pour mettre en valeur avec profil les pâturages reconstitués, les forêts restaurées et les champs, agrandis des terrains placés dans les conditions les plus favorables à la culture.
- De Gorsse. Les terrains et les paysages torrentiels (Pyrénées).
- Cette notice, qui résume pour ainsi dire les constatations d’un des plus hauts fonctionnaires de l'Administration des Eaux et Forêts au cours d’une longue et laborieuse carrière, serait à lire en entier, tant les éléments en sont condensés et savamment groupés. Dans cette- courte analyse nous ne pouvons qu’en donner qu’une faible esquisse.
- Les Pyrénées, «les aînées des Alpes», sont en général constituées par des terrains massifs et par des terrains 'primaires plus durs, plus compacts que les premiers. Elles doivent leur état de conservation relative à la solidité de leurs terrains, à l’exposition de leurs versants et surtout à leur climat tempéré et humide. Cependant, il importe de ne pas laisser s’accréditer la légende que MM. Surell et de Lapparent ont contribué à propager, qu’il n’y a pas de torrents dans les Pyrénées.
- Si les Pyrénées, déjà bien vieilles, ont pris depuis longtemps l’assiette que les Alpes, plus jeunes qu’elles, n’ont pas encore trouvée, il n’en est pas moins démontré, parles nombreux cônes de déjection qu’on y rencontre dans les vallées, qu’elles ont été autrefois la proie des torrents. A cette période de cataclysmes a succédé une longue période d’accalmie. Mais à l’heure actuelle la résurrection d’un certain nombre de torrents pyrénéens est de foute évidence. Il importe de cicatriser au plus tôt les plaies qui s’ouvrent. Il y a là économie à faire et de temps et d’argent.
- Dans le ressort de la conservation de Pau (Basses-Pyrénées, Hautes-Pyrénées, Gers), le champ d’action du service de reboisement est actuellement confiné à peu près exclusivement dans le bassin du Gave de Pau, qui est seul envisage dans la suite de celle étude.
- Comme dans toute la chaîne des Pyrénées, la vallée principale court du Sud au Nord, de sorte que ses versants sont presque partout exposés à l’Est et à l’Ouest, tandis que ceux des vallées affluentes sont ordinairement tournés vers le Nord-Ouest, ces différences d’exposition servent à expliquer, en partie, l’intensité des érosions sur les versants qui reçoivent directement les bourrasques de l’océan.
- L’examen géologique des Pyrénées fait ressortir très nettement que les torrents ne prennent naissance et ne se développent qu’à travers les amas désagrégés des roches qui forment l’ossature solide de ces montagnes, ou à travers les lambeaux morainiques qui les recouvrent ç.à et là.
- Le climat du Gave de Pau, tempéré et humide, est éminemment favorable à la végétation qui, cependant, ne paraît pas s’élever au-dessus de 2,100 mètres d’altitude. L’influence de l’exposition est d’ailleurs très considérable. Ce sont les versants exposés au Nord et à l’Ouest qui reçoivent de première main les précipitations atmosphériques, causes principales des érosions. Aussi tous les torrents à aflouillements sont-ils situés sur des versants tournés vers le Nord-Ouest.
- Les avalanches ont dans la vallée de Barège le caractère d’un véritable fléau. Tous les ravins qui leur servent de couloir sont situés à une exposition méridionale.
- D’après M. de Gorsse les effets de l’intervention humaine se résument en un seul mot : partout des abus de jouissance.
- Dans les forêts, les exploitations forcées, les délits, les incendies; dans les pâturages, l’exercice immodéré de la dépaissance, sans frein, sans contrôle; dans les cultures fourragères, l’ignorance de tout progrès agricole. Or les forêts, les pâturages et les prairies, c’est toute l’économie rurale de la région montagneuses torrentielle du Gave de Pau.
- La description des terrains torrentiels du Gave de Pau fait ressortir que dans la vallée de Cauterets la caractéristique des montagnes est l’état de délabrement complet des forêts qui les couvraient jadis et qui disparaissent. C’est ainsi que sur â,5o5 hectares soumis au régime forestier, 908 seulement sont susceptibles d’ex-
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- ploitation régulière. Ces montagnes mal cuirassées fournissent des aliments solides et liquides inépuisable à la torrentialité des cours d’eau.
- Dans la vallée du Gave de Pau, à Luz, à Gèdre, les dégâts sont dus à des abus de parcours , à des infdtralions des eaux d’arrosage et aggravés par l’exposition au Nord-Ouest des versants.
- La vallée du Bastan, la plus torrentielle de la chaîne pyrénéenne, embrasse une superficie de près de 10,000 hectares, presque entièrement dénudée. On n’y rencontre que deux petits massifs boisés d’une étendue totale de 2 3g hectares, alors qu’il en faudrait au moins vingt fois plus pour exercer une action sérieuse sur le régime des eaux.
- Si on ajoute à cela l’exposition dangereuse du Nord-Ouest, des dépôts morainiques d’une grande puissance siIués sur les deux rives et des pentes excessives, on se rendra aisément compte de l’importance que les crues torrentielles peuvent atteindre dans cette région. La dernière en date, celle du 3 juillet 1897 , a englouti en quelques heures une partie de la station thermale de Barèges et de la totalité de la vallée de ce nom jusqu’à Luz. Le seul remède serait de créer dans ce bassin au moins à,000 hectares de forêts.
- De nombreuses photographies annexées à cette notice font ressortir le caractère des divers paysages torrentiels des Pyrénées.
- B. Notices manuscrites.
- Bernard (F.-M.-C.-C.). Les terrains et les paysages torrentiels (Isère).
- Hau.auer. Les terrains et les paysages torrentiels (Alpes-Maritimes).
- II. Les essences et les travaux de boisement.
- A. Notices imprimées.
- Watjer. Les essences et les travaux de boisement (Ariège et Haute-Garonne).
- Le département de l’Ariège est un de ceux dont il importe le plus de reboiser les parties montagneuses. Aussi dès la promulgation de la loi du 28 juillet 1860 sur le reboisement des montagnes, les travaux de cette nature y prirent-ils un rapide essor. *
- Entre 1860 et 1875, il fut reboisé â,i 10 hectares de terrains domaniaux, 2 38 hectares de terrains communaux et 5â8 hectares de terrains particuliers. Les résultats furent des plus satisfaisants. Mais, pour des raisons toutes locales, le mouvement se ralentit rapidement et, après 1870, les reboisements devinrent absolument insignifiants.
- Dans la Haute-Garonne qui renfermait déjà des massifs boisés importants, les travaux furent moins étendus. Les reboisements portèrent sur 565 hectares de terrains domaniaux, A8 hectares de terrains communaux et 10A hectares de terrains particuliers.
- Les études entreprises en exécution de la loi du k avril 1882. sur la restauration des terrains en montagne, ont montré la nécessité de la création de six périmètres obligatoires dont quatre dans l’Ariège et deux dans la Haute-Garonne, devant englober 5,118 hectares.
- Sur cette étendue, 2,223 hectares sont dès à présent reboisés.
- La création de ces périmètres, qui permettrait de panser les plaies existantes, serait insuffisante pour arrêter ou tout au moins pour atténuer l’effet désastreux des terribles inondations qui viennent, à des intervalles de plus en plus rapprochés, dévaster les deux départements visés. Pour obtenir un effet appréciable il faudrait y implanter au moins 17,000 hectares de forêts.
- Les essences employées à ces reboisements se partagent en résineux et feuillus.
- Les résineux comprennent la grande tribu des pins: sylvestre, laricio de Corse, noir d’Autriche, à crochets, cembro.
- Le pin sylvestre est l’arbre des plus anciens reboisements; c’est lui qui donne les massifs les mieux venants et les plus réguliers; sa croissance est rapide. II est employé entre 700 et 1,600 mètres d’altitude.
- Le pin noir d’Autriche se trouve bien à sa place entre 800 et i,3oo mètres d’altitude. A une altitude supérieure il végète trop lentement.
- Le pin laricio de Corse a bien réussi sur des boues glaciaires, au Nord-Ouest, à l’altitude de 1,000 mètres environ.
- Le pin à crochets est l’essence des hautes altitudes. 11 s’élève jusqu’à 2,5oo mètres et pousse sur les terrains
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- les plus arides, quelle que soit leur constitution géologique, mais ne peut se maintenir dans les endroits où la neige séjourne longtemps.
- Le pin cernbro a donné les résultats les plus médiocres.
- Le sapin ne réussit que sous l’action d’un couvert prolongé. Ne peut donc être employé directement.
- L’épicéa dont on a fait un grand usage a donné les résultats les plus variables. Des expériences failes, on peut conclure qu’il ne convient que sur les versants exposés au Nord entre 700 et i,4oo mètres d’altitude, quel que soit le sol. Est facilement étouffé par les herbes dans ses premières années.
- Le mélèze est une des essences les plus précieuses pour le reboisement. A été employé avec succès sur tous les sols, à toutes les expositions, entre 700 et 2,200 mètres d’altitude, aussi bien par voie de semis que par plantation.
- Les feuillus comprennent en première ligne le hêtre qui est la grande essence des Pyrénées. Il y croît depuis les altitudes les plus basses jusqu’à 1,600 mètres sur tous les sols, à toutes les expositions et sans aucun abri.
- Les érables (sycomore et plane) sont exigeants au point de vue de la richesse du sol. On les utilise en mélange avec d’autres essences ou en regarnis.
- Les ormes (champêtres et de montagne) s’emploient comme les érables. 11 en est de même du sorbier des oiseleurs, de l’alisier blanc et du bouleau.
- Le robinier faux-acacia, trop sensible au froid, ne peut être planté qu’aux altitudes inférieures à 900 mètres.
- Vanne glutineux par son enracinement profond, sa croissance rapide, sa grande facilité de reproduction est une essence très précieuse pour le reboisement des terrains humides ou frais ne dépassant pas i,3oo mètres d’altitude.
- Vaune blanc prospère dans les mêmes conditions jusqu’à 1,700 mètres.
- Les saules sont très utilisés pour la consolidation des terrains instables. Le saule Marceau a été le plus employé. Son aire s’étend de 700 à 1,700 mètres d’altitude.
- On n’a eu recours qu’exceptionnellement au frêne, au tilleul, au chêne rouvre, au châtaignier, aux pleu-pliers, etc.
- Les premiers massifs boisés ont été créés avec des essences résineuses. Mais celles-ci sont sujettes à être brisées par les neiges, décimées par les maladies et les invasions d’insectes ou dévastées par les incendies.
- Ces accidents sont bien moins à redouter avec les essences feuillues, qui s’accommodent en outré très bien du traitement en taillis.
- Aussi, d’après M. Watier, c’est incontestablement aux feuillus qu’on doit accorder la préférence, et spécialement au hêtre, tout au moins jusqu’à i,5oo mètres d’altitude. Au-dessus on devra forcément avoir recours au mélèze, au pin à crochets et à l’épicéa.
- Le semis direct utilisé dans les premières années a été complètement abandonné pour la plantation.
- La plantation s’exécute par potets, à raison de â,5oo potets à l’hectare, et revient à 75 francs l’hectare.
- Les plantations par mottes, en cordons, les bouturages et couchages de saule sont quelquefois avantageux pour consolider des érosions ou des atterrissements.
- En général, les résineux sont mis en œuvre à l’âge de 2 ans et ont alors de 12 à i5 centimètres au-dessus du collet. Ils ne sont jamais repiqués.
- Les feuillus ne sont employés qu’après repiquage, quand ils atteignent de 25 à 3o centimètres de hauteur ; ils ont alors de 3 à h ans.
- Les plantations de résineux se font toujours au printemps, celles de feuillus peuvent se faire plus commodément en automne.
- On préfère, dans la région, les pépinières dites volantes aux pépinières permanentes qui, après expérience, ont été abandonnées. Les pépinières volantes s’établissent à proximité de l’emplacement des terrains à reboiser et épargnent d’importants frais de transports. Les plants qu’elles fournissent sont tout acclimatés. Un are de ces pépinières donne en moyenne 3o,ooo à 4o,ooo plants résineux bons à utiliser; de quoi reboiser 2 hectares.
- Parmi les feuillus, on ne cultive guère en pépinière volante que le hêtre qui fournit 20,000 plants à l’are, de quoi reboiser h hectares. Pour le repiquage il faut créer en outre un are de pépinière pour 7,000 plants, de sorte qu’au total pour un hectare de plantation de hêtre il faut un are de pépinière.
- Une série de photographies montre les résultats obtenus par les reboisements dans les diverses conditions de sol, d’exposition et d’altitude de l’Ariège et de la Haute-Garonne.
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- Galas. Le pin laricio de Salzmann.
- Les pins laricios présentent un certain nombre de variétés avec des caractères nettement déterminés et parfaitement fixés. On en compte actuellement quatre dans la France continentale :
- Les pins laricios de Corse, de Calabre, d’Autriche, de Salzmann.
- La quatrième qui est la moins connue y est seule spontanée, elle a été décrite à une époque relativement récente par Salzmann dans un mémoire inédit.
- Le pin de Salzmann atteint rarement ao mètres de hauteur et i m. 5o de circonférence. Sa forme varie de la lige la plus droite à la tige la plus tourmentée , suivant la nature du sol sur lequel il se trouve. Son couvert toujours dense est comparable à celui du pin noir. Son enracinement devient presque immédiatement traçant. L’écorce très épaisse et très gerçurée est d’un brun gris franc qui s’éclaircit dans la vieillesse, les écailles prenant même alors un aspect blanchâtre. L’épaisseur de l’écorce est au bois dans la proportion constante de i à 6.
- Le; feuilles sont en touffes à l’extrémité des branches nues, passant du vert jaune clair au vert foncé suivant l’àge et la vigueur du sujet.
- On le trouve surtout sur les sols les plus pauvres.
- Ses caractères botaniques peuvent se résumer ainsi :
- Feuilles glabres, géminées, la partie interne légèrement caniculée et striée, plutôt mate; la partie externe très peu striée et luisante ; tombent à la troisième année, très rarement à la quatrième. La gaine d’aiguilles prend naissance sous une écaille en forme de spatule terminée par une extrémité arrondie qui se recourbe à l’extérieur, a de 7 à 10 millimètres de longueur et 5 millimètres de largeur au maximum.
- Les chatons mâles, oblongs cylindriques, obtus, disposés en épis serrés, d’une couleur jaunâtre, sont dépassés par les feuille*. Les châtons femelles ont de suite la forme ovoïde ; ils sont rougeâtres et sans bractées saillantes.
- Ils donnent naissance à des cônes qui mettent vingt mois à mûrir. Les cônes sont le plus souvent deux par deux, quelquefois trois par trois. Presque sessiles et placés à l’aisselle des verticilles, ils sont étalés horizontalement. D’abord rougeâtre la première année, le cône ne tarde pas à passer au vert clair, puis au vert jaunâtre pendant la seconde et enfin au jaune roux clair bien luisant,
- 11 esloblong, de 6 à 7 centimètres de longueur, et sa partie la plus large a de 3o à 35 millimètres de diamètre. Il est formé d’écailles imbriquées au nombré de îoo à 110, et renferme une centaine de graines. Un hectolitre de cônes produit de 1 kilogr. 4oo à 1 kilogr. 5oo de graines.
- Les graines logées dans les cavités ménagées à la base des écailles sont ovales, elliptiques, comprimées, d’une couleur brunâtre mate. Elles ont 6 millimètres de longueur, h de largeur et 9 d’épaisseur. L’aile très mince a de 20 à 2 5 millimètres de longueur.
- L’enveloppe des graines est peu épaisse ; l’amande entourée d’une pellicule blonde est de 6 à 7 fois cotyié-donée. Il entre de 60,000 à 80,000 graines désailées dans 1 kilogramme. Le poids du litre est de 5oo grammes.
- La germination dure de quinze jours à un mois.
- Arbre d’un tempérament essentiellement robuste. Son bois se rapproche beaucoup de celui du laricio de Corse. N’est utilisé que pour le chauffage, les étais de mine ou quelquefois pour faire des perches et des écha-las de vigne.
- Est beaucoup moins sensible que les autres pins à l’attaque des chenilles de la Processionnaire du pin.
- Son aire en France est confinée dans quatre stations :
- i° Station de la Gagnière, du nom de la rivière dont les deux rives sont occupées par cette essence (départements du Gard et de l’Ardèche) ;
- 20 Station du col d’Uglas (Gard) ;
- 3° Station de Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault) ;
- h° Station de Prades (Pyrénées-Orientales).
- L’auteur qui a visité personnellement toutes ces stations en donne une description détaillée, accompagnée de vues photographiques.
- Les reboisements exécutés en pins de Salzmann sont encore trop jeunes pour qu’on puisse en tirer des conclusions définitives; on ne sait évidemment pas ce que l’avenir réserve à ces jeunes peuplements, mais on doit reconnaître que leur début est bien fait pour encourager. Cette variété essentiellement méditerranéenne est remarquablement rustique, peu exigeante, s’accommodant de tous les sols. Par sa résistance aux maladies et aux insectes, elle paraît susceptible de rendre de précieux services dans les travaux de reboisement.
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- B. Notices manuscrites.
- De Brun. Les essences et les travaux de boisement (Alpes-Maritimes).
- Champagne. Les essences et les travaux de boisement (Hautes-Pyrénées).
- Muller. Les essences et les travaux de boisement dans l’Isère.
- Trotabas. Les essences et les travaux de boisement (Basses-Alpes).
- III. Les travaux de correction.
- Kuss. Eboulemenis, glissements et barrages.
- Dans la correction d’un torrent, le but à atteindre consiste toujours dans la suppression aussi complète que possible du charriage des matériaux et principalement du charriage en masse sous forme de lave.
- Un bassin de réception entièrement boisé constituerait certainement la protection la plus efficace. Mais l’action de la forêt serait cependant insuffisante pour s’opposer aux glissements de terrain d’une grande profondeur, aux éboulements de rochers, et d’ailleurs il est quelquefois indispensable d’obtenir la correction d’un torrent dans un court délai, incompatible avec le temps nécessaire à la création d’un massif boisé. On a recours alors aux travaux de correction.
- Dans les bassins de réception, à la naissance des torrents, alors qu’aucun glissement ne se manifeste, ces travaux devront être très rudimentaires et consisteront en quelques barrages rustiques en pierres sèches, de dimensions très réduites, dont l’effet sera d’empêcher tout affouillement du lit et des berges. C’est d’ailleurs par celte région supérieure qu’on devra toujours commencer la correction d’un torrent. Il sera par suite indispensable de la comprendre dans un périmètre de restauration, d’autant plus que ces premiers travaux devront toujours être complétés par la création d’un massif boisé.
- Mais, aussi désirable que soit la création d’un périmètre étendu à toute la surface du bassin de réception des torrents dangereux, il est souvent indispensable d’en restreindre la surface pour l’accommoder aux nécessités de la vie pastorale. Avec la transformation inévitable des conditions économiques, il arrivera toujours un moment où son extension pourra se faire sans crise. Il est du devoir de l’Etat d’opérer en l’espèce avec prudence et modération.
- Immédiatement en aval des premiers ouvrages, quand lé lit commence à s’élargir, on construira des barrages rustiques un peu plus importants qui affecteront en plan la forme curviligne et auront, au milieu du couronnement sur l’axe, au moins 80 centimètres d’épaisseur. Leur courbure au parement amont sera un arc de cercle ayant pour corde la longueur totale de l’ouvrage et pour flèche le dixième de cette corde. Dans ces conditions, le rayon est égal à 13 fois la flèche.
- S’il est nécessaire de relever le fond du lit trop étroit, on leur donnera une hauteur de 1 mètre à 1 m. 5o au-dessus du sol, mesurée au parement d’amont, sur l’axe. Si le lit, au contraire, est suffisamment large, ces barrages pourront être entièrement enterrés, leur rôle se bornant à constituer une série de points fixes inaf-fouil labiés.
- Dans les gypses, qui constituent des surfaces dénudées, en décapage constant, il sera souvent indispensable de recourir au gazonnement intensif de toute la surface, pratiqué avec des mottes de gazon, appliquées et maintenues sur les versants.
- Les glissements sont, on peut le dire, l’âme des torrents. Ils consistent, de façon générale, en une masse de terre située sur le versant d’une montagne et se déplaçant tout entière sous l’action de la pesanteur. L’éboule-ment, qu’il importe de ne pas confondre avec le glissement, est constitué par un amas de rochers ou de terres, qui se détachent à un moment donné de la montagne avec laquelle ils faisaient corps et s’écroulent en masse.
- Pour arrêter les glissements, toujours provoqués par des infiltrations d’eau arrivant jusqu’à une couche imperméable, on peut faire emploi de la méthode classique du drainage profond, atteignant le plan de glissement ; mais cette méthode, trop onéreuse et impraticable sur les vastes glissements des montagnes, peut être avantageusement remplacée par une série d’expédients, variables suivant les cas.
- C’est ainsi que dans le glissement du Sécheron on a eu recours à un réseau très dense de drains superficiels, chargés de conduire rapidement les eaux de pluies ou provenant de la fonte des neiges, hors des terrains instables en les faisant couler dans des rigoles pavées qui ne leur permettent pas de s’infiltrer dans le sol. Le résultat obtenu a été complet.
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- Le glissement de Mont-Denis a été consolidé en détournant les eaux du torrent de Saint-Julien qui en rongeait le pied, à travers une falaise rocheuse inaffouillable. Un vaste canal souterrain, ouvert en 1896, et qui depuis lors a fonctionné de la façon la plus normale, a permis d’obtenir ce résultat. Un réseau de drains superficiels, ouverts à travers la masse instable, a complété ce travail.
- Les glissements du Nant-Trouble ont été enrayés par quatre séries de barrages, édifiés dans le torrent principal et combinés de façon à en exhausser fortement le lit. La base des glissements, noyée dans de puissants atterrissements, a été ainsi mise à l’abri des érosions. Quelques drains superficiels ont suffi alors pour en assurer la consolidation définitive.
- On peut toujours, quand on veut enrayer la marche d’un glissement en montagne, recourir à l’une des trois méthodes qui viennent d’èlre indiquées.
- La consolidation des éboulements est plus simple, quand ils ne sont pas accompagnés de glissements.
- Tel est le cas de l’éboulemenl d’Arbin. On s’oppose par une série de drains superficiels à la formation de ravinements et on recouvre ensuite le sol d’épais tapis de végétation forestière ou herbacée.
- Quand le pied de l’éboulement est corrodé par un torrent important, les terres éboulées ne peuvent prendre une assiette définitive et tendent à former un glissement. Dans l’éboulement du Bec-Rouge, qui se présentait dans ces conditions, on a tout d’abord arrêté les érosions par une série de grands barrages. Les travaux n’y sont pas terminés. Quand la série des barrages sera complète, on agira comme on l’a fait dans le cas d’Arbin cité plus haut.
- L’auteur relate ensuite quelques observations sur la construction des barrages en gros blocs, employés tels qu’on les trouve dans les torrents, sans être débités. Il en préconise la construction, ainsi que celle de barrages fondés sur voûte. Les expériences faites à Saint-Rupb en 1888 et à Reninges en 1890 sont concluantes à cet égard.
- Par contre il estime que la maçonnerie mixte, composée d’un mélange de maçonnerie de pierres sèches et de maçonnerie de mortier, doit être généralement abandonnée.
- Enfin, il termine en relatant une expérience faite pour consolider un glissement en appuyant l’une des ailes d’un barrage dans ce glissement, et il conclut qu’il faut renoncer d’une façon absolue à appuyer des barrages contre des berges instables.
- Mougin. Consolidation des berges par dérivation d’un torrent (torrent de Saint-Julien).
- Le torrent de Saint-Julien est un affluent de l’Arc qui se jette lui-même dans l’Isère à Chamousset. Il prend sa source à la Pointe du Vallon par 2,787 mètres d’altitude et rejoint l’Arc à 6 kilomètres en amont de Saint-Jean-de-Maurienne, à 601 mètres au-dessus du niveau de la mer.
- Tout le versant qui constitue sa rive droite appartient au Flysch, tandis que sa rive gauche présente depuis le sommet des Encombres, alternativement, des couches de gypse et des bancs de liais calcaire facilement dés-agrégables.
- Le bassin de réception forme un vaste cirque de schistes dénudés.
- Le canal d’écoulement, très long, est bordé, sur la rive droite par de belles pelouses appartenant à la commune de Mont-Denis, avec, le long du torrent, quelques berges dénudées ; et sur la rive gauche par un immense escarpement dénudé, donnant naissance à une série de ravins, parfois très profonds.
- A la partie inférieure du canal d’écoulement, après s’êlre creusées un passage dans le rocher, les eaux abordent normalement le versant de rive droite sur lequel est bâti le village de Mont-Denis. Elles suivent sur une longueur de 257 mètres le pied de ce versant formé de terres instables, la berge gauche étant alors constituée par une falaise de schiste ardoisier inaffouillable. La pente du lit atteignant 32 p. 100 dans ceLte région, les érosions provoquent le glissement du versant droit tout entier. Les maisons de Mont-Denis commencent à se lézarder et le clocher de l’église se fend et s’incline vers la vallée. La masse des matériaux entraînés, se déposant sur le cône de déjection, vient compromettre l’existence du bourg de Saint-Julien, les cultures avoisinantes, la circulation sur la route nationale n°6 de Paris en Italie et le chemin de fer du Mont-Cenis, etc.
- Il importait donc de supprimer les apports de matériaux arrachés à la montagne et spécialement au versant de Mont-Denis parle torrent de Saint-Julien.
- On ne pouvait songer à la construction de barrages qui n’auraient pas résisté à la pression énorme du versant en glissement ; auraient-ils résisté qu’ils auraient été couverts très rapidement par des amas de terres et de boues provenant du glissement, amas que le torrent aurait enlevés sans difficulté.
- C’est alors qu’on eut l’idée de dériver les eaux sur la rive gauche. On pouvait le faire soit par un canal en encorbellement, soit par un canal souterrain ou tunnel.
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- L’encorbellement qui semblait d’une exécution plus facile dut, être écarté, la face extérieure de la falaise rocheuse étant très désagrégée et l’entaille qu’on aurait dû y faire devant entraîner des effondrements de la voûte schisteuse. Le cube de déblais se serait trouvé très supérieur au volume utile. Enfin, il était à craindre que le glissement du versant de rive droite vînt obstruer le canal de dérivation et rejeter les eaux au milieu de ces terres qu’on voulait protéger. De plus, par suite de la forme de la berge droite, le canal en encorbellement aurait eu au moins 3g5 mètres de longueur, tandis que le canal souterrain ne devait pas atteindre plus de 200 mètres.
- Ce tunnel ouvert obliquement aux stratifications ne devait exiger aucun pilier, aucun contrefort. 11 supprimait le danger de voir les eaux franchir les bords du chenal et ne courait aucun risque d’être obstrué, grâce à une double boucle que le torrent décrit un peu en amont, dans un banc de rocher qui ne laisse passer aucune pièce de bois de plus de 10 mètres de longueur. En lui donnant une pente de 20 p. 100, on supprimait le danger d’un amoncellement de matériaux à l’intérieur. Le débit maximum du torrent étant évalué à 1/187 mètres cubes par seconde, on adopta pour section du tunnel, celle d’une galerie de chemin de fer à deux voies, soit 44 mètres carrés, assurant un débit de 1,64a mètres cubes, jugé plus que suffisant.
- Enfin, pour empêcher les eaux de suivre leur ancien lit, on construisit un fort barrage en maçonnerie de mortier, encastré solidement dans le roc, à 12 mètres en aval de l’ouverture du canal souterrain.
- La forme générale de celui-ci est représentée par une demi-circonférence de 3 m. 5o de rayon, reposant sur des pieds-droits de 3 mètres de hauteur, avec un fruit de 10 p. 100.
- La cuvette présente un profil en travers horizontal avec trottoir latéral de 1 mètre de largeur et élevé de 1 mètre au-dessus du fond du lit.
- Dès 1891, l’ouverture cl’un sentier dans la falaise rocheuse permit de procéder aux éludes détaillées nécessaires et le 1er juin 18g5 le travail fut adjugé pour la somme de 72,738 francs. Le 20 juin les chantiers étaient organisés et l’attaque commencée du côté aval, vu la difficulté de remonter les déblais sur une pente de 20 p. 100. On commença par pratiquer une ouverture de 2 mètres sur 3 mètres, dite galerie d’avancement, et quand elle eut 35 mètres de longueur, le 3o septembre, on installa en arrière des équipes d’élargissement pour donner à la galerie sa section normale.
- L’enlèvement des déblais se fit avec une voie Decauville à croisement. Le wagon chargé attelé à un câble faisait, au moyen d’une poulie à frein, remonter le wagon vide.
- Malgré tous les dangers et toutes les difficultés de l’opération, M. Daubrée, conseiller d’Etat, directeur des Eaux et Forêts, put, dès le 3o août 1896, procéder à l’inauguration solennelle du tunnel.
- En même temps que s’exécutait le travail de dérivation du torrent, on établissait en 1896 un réseau complet de drainages dans le glissement de Mont-Denis, réseau qui fut achevé en 1898. O11 peut, dès lors, considérer le glissement comme définitivement fixé.
- M. Mougin termine sa notice, illustrée de photographies, par quelques considérations utiles à ceux qui peuvent avoir en vue la correction d’un torrent par dérivation.
- Bernard (G.). Correction des ruines de Pellafol (Isère).
- La série de Pellafol comprend deux torrents en traitement : la ruine des Payas et la ruine des Chanaux, tributaires de la Souloise, affluent du Drac.
- La Souloise, creusant son lit dans un épais dépôt d’alluvions glaciaires, est dominée à gauche par la terrasse de Pellafol.
- Au-dessus du terrain secondaire, creusé d’environ 20 mètres par la rivière, on rencontre sur une hauteur de 4o mètres d’épaisses alluvions anciennes, agglomérées en poudingues consistants, et l’ensemble est couronné par 35 mètres d’alternances de sable à gros grains, de graviers, de galets et de bancs d’argile.
- La marge de la terrasse, descendant sur la rivière par une pente moyenne de 2 5 p. 100, est rongée par les deux profondes déchirures des ruines en traitement.
- La ruine des Payas s’enfonce de 800 mètres dans la plaine ; sa progression a passé de 57 m. 5o à 76 mètres durant les deux dernières périodes de quatre ans observées ; son mouvement menaçait l’existence du hameau des Payas, du chemin de grande communication desservant le Dévoluy et de nombreuses cultures. L’église et le cimetière avaient dû être abandonnés.
- En 1889, l’Administration des Eaux et Forêts y commença les travaux de protection.
- Outre le glissement important de toute la berge gauche, sur tout le pourtour de la déchirure, les escarpements s’éboulaient par tranches sur plus de 20 mètres de hauteur. Cette ablation de parois verticales constituait surtout la particularité dangereuse de la ruine.
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- On commença par installer près de la Souloise un solide barrage en béton de ciment , à l’amont duquel une succession de barrages en bois vint relever le lit de plus de 20 mètres.
- Ces barrages en bois, exposés à une humidité constante, menacèrent bientôt de céder sous la poussée énorme des terres délayées. Il devenait donc indispensable de construire dans le lit des ouvrages stables, capables de maintenir les atterrissements et surtout de stabiliser les terres délayées qui menaçaient les résultats acquis.
- Un réseau de drains fut alors installé dans la berge gauche pour capter les eaux du sous-sol à une profondeur variant entre 1 et h mètres, tandis qu’une série de barrages en maçonnerie mixte devait maintenir les atterrissements.
- Le ravin ne renfermant pas de pierres utilisables, il fallut exploiter une carrière distante de plus de h kilomètres des chantiers et installer un plan incliné automoteur pour descendre les pierres.
- Actuellement, 26 barrages et plus de 1,000 mètres de drains sont construits.
- Les résultats obtenus dépassent les espérances. La progression de la ruine est totalement arrêtée; les escarpements de tête atteignent à peine 10 mètres de hauteur, et la végétation commence à envahir la berge gauche.
- 11 ne reste plus que quelques ouvrages secondaires à exécuter, et en moins de douze années la ruine des Payas aura été complètement éteinte.
- La ruine des Chanaux est moins active ; les berges taillées dans le pouddingue y sont essentiellement stables.
- En commençant par le bas, on a construit douze ouvrages jusqu’à l’entrée d’une gorge dans laquelle on s’élèvera par des barrages en gradin, de façon à relever le thalweg de 70 mètres environ et à atteindre ainsi le pied des escarpements supérieurs. Ceux-ci, étant alors soutenus, cesseront de reculer par ablation et prendront peu à peu une pente d’équilibre.
- De saisissantes photographies accompagnent et commentent cette notice.
- Deljlon. Les travaux de correction. Torrent du Rieulet (Hautes-Pyrénées).
- Le Rieulet se trouve sur le territoire de la commune de Betpouey, dont le bourg de Barèges fait partie. Il se présente sous forme d’une grande combe qui s’ouvre sur le flanc Nord du pic d’Àyré (2,^2h mètres d’altitude) et se jette dans le Bastan immédiatement en aval du bourg de Barèges.
- Vers l’altitude de 1,800 mètres s’ouvre le grand entonnoir de la combe, creusé dans le dépôt de boues glaciaires qui, jadis, occupa tout le fond de la vallée de Barèges.' Le sol, compact et dur comme le ciment par le temps sec, y perd toute cohésion en s’imbibant d’eau, se décape à la surface, ou s’affaisse en bouillie épaisse, selon les circonstances.
- Le canal d’écoulement, situé en aval de ce bassin de réception, se prolonge en cascades entre de hautes berges abruptes et sur une pente moyenne de 43 p. 100 jusqu’à la cote d’altitude i,25o mètres, où il aboutit au cône de déjection.
- Boiser les terrains stables tout autour et à l’amont du bassin de réception proprement dit du Rieulet, corriger son lit principal par la construction d’une série de barrages de premier ordre destinés à l’exhausser et à l’élargir, fixer les ravines latérales et les berges instables, telle a été pour l’exécution des travaux la marche adoptée au début.
- L’auteur énumère ensuite, en détail, la marche des travaux qu’il suit d’année en année. Commencés en 1862 et 1863 par le boisement des zones stables de la montagne, puis poursuivis en 1864 par des travaux de correction consistant en barrages rustiques en maçonnerie de pierre sèche, ils furent continués les années suivantes. Dès 1869, les laves ne franchissaient plus le goulot du torrent, et, en 1875, le service des ponts et chaussées put établir sur le cône de déjection un pont qui n’a jamais été obstrué.
- De toutes les expériences faites à l’occasion de cette correction, nous ne mentionnerons que les plus intéressantes. Ce sont tout d’abord les banquettes-rigoles qui, ouvertes transversalement sur toute la surface de la combe, devaient conduire rapidement les eaux sur un terrain stable et permettre l’introduction de la végétation forestière dans les berges arides et dures. Commencées en 1878 et installées sur une grande étendue en 1879, elles sont rapidement comblées et disparaissent dès 188à.
- En 1886, on essaye des drainages; on les continue en 1887 et 1888. Les bons résultats constatés pour arrêter les boues qui glissaieut précédemment engagent à développer ce système dans les boues argilo-sili-ceuses.
- On en étend l’emploi à la berge gauche, beaucoup plus argileuse, mais on constate que les drains y fonctionnent mal, et, en 1890, on les remplace par des rigoles pavées en pierre sèche, de 2 mètres de largeur avec 0 m. ho de flèche. Ces rigoles donnant de bons résultats, on les utilise de façon générale dans læ berges argileuses.
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- En même temps que ces travaux s’exécutaient dans les berges, on complétait d’ailleurs la correction du torrent principal par la construction de nombreux et solides barrages. On peut considérer le torrent de Riculet comme complètement corrigé à l’heure actuelle.
- L’auteur, passant ensuite une revue rapide de l’œuvre du reboisement dans les Hautes et Basses-Pyrénées, constate que, dans la vallée de Barèges, les travaux ont déjà porté sur les ravins du Theil, du Midaou, du Hount-Nègre et le torrent du Bayet, indépendamment du Rieulet. Le Bayet et le Theil sont complètement traités. Il reste à corriger les torrents du Pontis, du Saint-Laur, de l’Hourrou, les ravins du Badailho et du Lys, les versants dégradés des Rioulels, etc.
- Dans la vallée de Luz, le périmètre projeté comprendra les torrents d’Izy, du Sarré et du Sanjou, et enfin un versant dégradé voisin du village de Gèdre.
- Dans la vallée de Caulerêts, les terrains déjà domaniaux comprennent la combe de Péguère, dont le traitement est terminé; le ravin de Thou, dont les plus grosses menaces sont conjurées, et le torrent du Lizey, dont la correction est en cours. Il reste à entreprendre la correction des nombreuses combes du vallon de Calarrabes.
- Dans la vallée de la Neste de Louron, tout reste à faire. Il n’y existe aucun torrent proprement dit, mais simplement des combes ou des ravins.
- Des travaux facultatifs ont été entrepris dans les deux départements sur les terrains communaux, avec subvention de l’Etat et des départements. Ils n’ont encore porté que sur trois points : au Mourgat, au pied de Péguère et près de la station d’Eaux-Bonnes.
- De belles épreuves photographiques accompagnent celte notice.
- Campagne. Les travaux de défense contre les avalanches dans la vallée de Barèges.
- Dès que la végétation forestière disparaît d’un versant de montagne en pente rapide, des glissements de neige doivent forcément se produire et déterminer des avalanches. La station thermale de Barèges était, il y a peu d’années, exposée de ce chef aux plus graves périls, provenant de la montagne de Capet, qui occupe la rive droite du Bastan et qui était complètement dénudée sur la plus grande partie de son étendue. Quatre grands ravins la sillonnent et viennent déboucher sur les maisons de Barèges. Ce sont : le ravin de Hount-Nègre; le ravin du Theil, le plus important, qui se dressé juste en face de l’hôpital militaire; le ravin du Midaou et le ravin du Badaillo.
- On distingue dans le pays les avalanches volantes, composées de neige poudreuse, et les avalanches terrières, composées, au contraire, de neige agglomérée par des demi-dégels et des regels successifs. Les unes et les autres produisent, d’ailleurs, des effets destructeurs analogues.
- Les causes efficientes de ces avalanches sont : le vent, la chaleur solaire, les infiltrations d’eau, la nature du sol et, enfin, le degré d’inclinaison des versants dont l’influence est prépondérante, mais qu’il ne faudrait pas considérer comme seule importante.
- Après un rapide historique des grandes avalanches de 1811, 18^2, 1855, i856, 1860, 1879, 1882, 1889, 1895, l’auteur donne des détails sur celle de 1897 Tu^ faillit coûter la vie à quatre personnes, les ensevelissant sous une couche de neige de 8 mètres de hauteur.
- Ce n’est qu’à la suite de l’avalanche de 1860 qu’on entreprit les premiers travaux.
- Le génie militaire, ayant à se préoccuper de la protection de l’hôpital, attaqua le ravin du Theil, qui seul l’intéressait. Ce ravin forme un immense couloir de 2,000 mètres de développement; il est séparé des ravins de Midaou et de Hount-Nègre par deux crêtes rocheuses qui se réunissent au pic de Capet sous un angle relativement aigu.
- Le bassin de réception du Theil, beaucoup moins évasé que celui du Midaou, pourrait êlre comparé à l’ex-t émité d’une immense cuiller dont le pic de Capet formerait la pointe.
- L’allitude du sommet est de 2,àoo mètres; celle du débouché derrière l’hôpital, de 1,24 mètres.
- Parmi les divers travaux tentés tout d’abord par le génie, les banquettes et les plates-formes en maçonnerie donnèrent les meilleurs résultats, et c’est encore à ce genre d’ouvrages, à peine modifié, que l’on donne la préférence aujourd’hui pour empêcher les glissements de neige sur les points où ils prennent naissance.
- Les grandes plates-formes ou barrages sont des ouvrages en maçonnerie de pierre sèche, présentant des dimensions toujours considérables et des formes variables suivant la topographie du terrain, échelonnés dans le thalweg du ravin principal. Le plus volumineux mesure i3 mètres de hauteur totale, i5 mètres de largeur au couronnement et G mètres d’épaisseur.
- Tandis que la construction des plates-formes ou barrages eut pour effet utile de former autant de crans
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- d’arrêt contre le glissement des neiges dans le thalweg du ravin principal, rétablissement des banquettes produisit un résultat analogue dans les ravins secondaires et sur les versants du bassin de réception.
- En même temps que le génie poursuivait ces travaux, l’Administration des eaux et forêts cherchait à installer la végétation forestière sur les pentes abruptes du versant de Capot. Dans les parties supérieures, on introduisit les résineux, pins à crochets, pins noirs d’Autriche, épicéas et mélèze, par voie de plantation, et, dans la région basse, le chêne, par voie de semis. La végétation forestière devant être considérée, en dernière analyse, comme l’obstacle permanent le plus sérieux contre la formation des avalanches, il fut décidé, en 1892, de confier au Service des Eaux et Forêts la direction unique de tous les travaux.
- Dès 1893, celui-ci se mit résolument à l’œuvre et couvrit de banquettes de maçonnerie ou de terre toutes les parties du versant de Capet où pouvaient encore se produire des glissements de neige.
- L’établissement de ces banquettes, dont la quantité est très variable suivant les conditions locales et qui oscille entre un sixième et un soixantième de la surface totale, fut toujours accompagné de nombreuses plantations.
- Actuellement, la correction du ravin du Tbeil est considérée comme complètement terminée. Celle du Midaou et des deux autres ravins le sera en 1900.
- On peut constater que, depuis 1882, soit depuis dix-sept ans, l’avalanche du Tbeil n’est plus descendue, et cependant les hivers i885-i886, 1888-1889, 1890-1891, 189^-1895 ont été extrêmement neigeux. Bien plus, en 1895 et en 1897, le Midaou, encore incomplètement traité, donnait de terribles avalanches, tandis que les neiges du Theil restaient en place. Ce sont là des résultats qui ne laissent aucun doute sur l’efficacité de la méthode employée.
- Les peuplements forestiers prospèrent, et l’on peut espérer que dans une dizaine d’années ils se seront suffisamment développés pour pouvoir concourir à la fixation des neiges. Ce sera la réalisation définitive du programme primitif : la suppression des avalanches par le reboisement.
- Quelques épreuves photographiques aident à l’intelligence des travaux décrits dans cette notice.
- B. Notices manuscrites.
- Billecard. Les travaux de correction (Hautes-Alpes).
- Billecabd. Barrages armés. Barrages sur voûtes; épis (Hautes-Alpes).
- De Brun. Les travaux de correction (Alpes-Maritimes).
- Mougin. Les travaux de protection contre les avalanches et les torrents en Suisse.
- Muller. Les travaux de correction dans l’Isère.
- Pécheral. Les travaux de correction dans les Basses-Alpes.
- Trotabas. Les travaux de garnissage (Basses-Alpes).
- IV. Notices d’un caractère général, récoltes de graines, améliorations pastorales.
- Galas. La Processionnaire du pin.
- M. Calas a consigné dans cot ouvrage le résultat des études et des observations qu’il a faites dans les Pyrénées-Orientales, pendant une durée de treize années, en vue de rechercher les moyens de protéger les jeunes plantations résineuses contre les dégâts et les ravages causés par le Cnethocampa pithyocampa, Processionnaire du pin.
- Son ouvrage se divise en trois parties :
- Première partie : Description du Cnethocampa pithyocampa ; scs mœurs, ses métamorphoses.
- Deuxième partie : Elude des ravages et des dégâts causés par cet insecte.
- Troisième partie : Moyens de le combattre et conclusions.
- Dans la première partie, M. Calas fait la description du Cnethocampa pithyocampa, connu vulgairement sous le nom de Processionnaire du pin, nom que lui a valu sa marche si caractéristique.
- Les métamorphoses de cet insecte, si curieuses et si inattendues, sont connues de la plus haute antiquité, et M. Calas cite la description qu’en donne Aristote. C’est le cadre tracé par Aristote que M. Calas se propose de suivre dans l’étude du Cnethocampa pithyocampa, dont les métamorphoses comprennent quatre phases.
- La première phase correspond à la ponte du papillon femelle, qui se présente sous forme de gaine dont les
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- changements de couleur permettent de déterminer l’époque de la ponte. M. Calas en donne les dimensions et en décrit l’aspect. Ces gaines renferment les œufs. M. Calas fait observer, d’ailleurs, que les époques de ponte et, par suite, de l’éclosion varient beaucoup suivant les années et qu’une même génération, dans une saison donnée, ne naît pas simultanément.
- La deuxième phase correspond à la chenille. «Le jour de l’éclosion, dit M. Calas, la chenille a des dimensions fort réduites et, dès sa première migration, elle adopte la marche processionnaire.»
- La construction de la demeure commune est un des premiers travaux de la jeune colonie, dont les essences préférées sont le pin sylvestre et le pin noir d’Autriche. Contrairement à l’opinion émise par certains auteurs qui attribuent la fusion des différentes colonies à la nécessité de lutter contre le froid, M. Calas affirme, d’une façon absolue, que les colonies ne fusionnent pas entre elles. 11 donne ensuite une nouvelle description de la chenille arrivée au terme de son développement, en indiquant que les pattes membraneuses ne servent qu’à la marche, tandis que les poils constituent un excellent moyen de défense, en raison de leurs propriétés vési-cantes.
- M. Calas a remarqué également que l’époque où la chenille va se terrer est très variable.
- La troisième phase correspond à la période de nymphose. L’auteur donne des renseignements sur cette période de la vie de l’insecte, sur la couleur du cocon dont s’enveloppe chaque chenille et à l’abri duquel vont s’opérer les diverses transformations nécessaires pour faire de la chenille un papillon. La durée de la nymphose, comme celle des autres formes de l’insecte, est variable.
- Quatrième phase: papillon. C’est le dernier cycle. Quand la nymphose est terminée, le papillon perce son cocon et sort de terre; il n’a, d’ailleurs, qu’une raison d’ètre : la perpétuation de l’espèce. M. Calas en fait une description et indique les différences entre le mâle et la femelle.
- Deuxième partie. La deuxième partie est consacrée aux ravages et dégâts causés par la chenille du Cnetho-campa pithyocampa, principalement dans les jeunes plantations. M. Calas fait observer que des maux irréparables étaient déjà commis lorsqu’on s’est préoccupé des ravages causés par la Processionnaire, car on avait négligé ses attaques jusque dans ces dernières années. Il décrit ensuite l’aspect d’un peuplement ravagé par les chenilles, en indiquant que le dommage varie suivant la durée de persistance de la feuille. M. Calas est amené ainsi à établir un classement des essences au point de vue : i° de la rapidité de la destruction; 20 de la lenteur de la reconstitution; 3° de la résistance du sujet.
- Des tableaux résument les indications recueillies sur les couches d’accroissement et sur la longueur d’allongement des tiges dans des peuplements attaqués par la chenille, afin de montrer la réalité des dégâts. M. Calas en conclut qu’il est urgent de chercher des moyens de défense; c’est l’étude de ces moyens de défense qui fait l’objet de la troisième partie.
- Troisième partie : destruction de la Processionnaire du pin.
- Dans cette partie de son travail, l’auteur fait la description des moyens à employer pour détruire la Processionnaire du pin et se livre à une discussion rationnelle des procédés appliqués pour montrer que celui dont il préconise l’emploi est logique et à la fois préventif et curatif. M. Calas examine l’action des agents atmosphériques et naturels, compacité du sol, pluie, froid, vent, et reconnaît qu’on ne peut leur allribuer aucune influence sur l’invasion dés chenilles. J1 décrit enfin la méthode employée depuis neuf années dans le périmètre de la Têt inférieure, avec un succès qui s’affirme chaque jour de plus en plus et qui consiste dans l’emploi du pétrole pour l’échenillage, en y associant la section des bourses latérales. Il y ajoute des indications précises sur la façon d’opérer, sur la composition des chantiers, sur les époques les plus favorables pour les destructions, car il donne le conseil de recommencer l’opération trois fois pour en obtenir toute l’efficacité qu’elle comporte. Ce mode de destruction est pratiqué à l’aide d’un échenilloir ingénieux inventé par M. Pillot, garde général des eaux et forêts.
- On a encore essayé de détruire les chenilles lors de l’émigration pour la nymphose, mais ce procédé est moins efficace et plus coûteux que le précédent. Quant à la destruction de la chrysalide, elle ne peut être tentée que dans des conditions particulières; il en est de même du papillon.
- M. Calas a tiré de cette étude la conclusion que la Processionnaire du pin ne peut être efficacement combattue que sous trois formes : œufs, chenille et chrysalide. La récolte des œufs n’est pas facilement réalisable; celle de la chrysalide l’est encore plus rarement; c’est donc la lutte contre la chenille qui est la plus efficace. Mais il recommande d’agir sur les jeunes plantations et termine en disant qu’il importe de tenir compte des indications données dans la présente étude, lors de la constitution des massifs forestiers dans la région méridionale.
- M. Calas a joint à son travail une série de vims photographiques qui reproduisent l’insecte sous chacune de ses quatre phases et donnent différents aspects de peuplements envahis par les chenilles.
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- Kcss. Les torrents glaciaires.
- M. Kuss, qui s’est dévoué depuis vingt-cinq années à l'œuvre de la restauration et de la conservation des terrains en montagne, a présenté une étude très intéressante des torrents glaciaires du mont Blanc.
- L’auteur a condensé dans une brochure d’environ 90 pages les nombreuses observations qu’il a faites au cours de sa carrière, et il a élé amené ainsi à formuler des conclusions générales, applicables à tous les torrents qui prennent naissance «dans les neiges éternelles ».
- M. Kuss rappelle d’abord les différentes classifications des torrents adoptées par Surell et Demontzey, comme pour rendre hommage à ses maîtres du reboisement, puis il fait une description géologique du massif du mont Blanc, considéré à juste litre comme le type de la région glaciaire. Avant d’aborder l’élude proprement dite des torrents glaciaires, il énumère les divers phénomènes qui prennent naissance dans les glaciers et les torrents qui s’en écoulent : les avalanches, les éhoulemenls, les crues torrentielles.
- M. Kuss fait ensuite un exposé du mode de formation des névés; il caractérise l’action incessante du vent sur la neige et décrit la marche et les effets des avalanches, qu’aucun obstacle ne peut arrêter. Le chapitre suivant est consacré aux mesures de protection qu’il importe de prendre contre les avalanches et aux travaux susceptibles d’en atténuer les effets, tels que création de forêts, construction de murs ou barrages, établissement de banquettes, enfin boisement du sol, et, pour bien montrer l’influence des avalanches sur le régime torrentiel, l’auteur cite l’exemple de l’avalanche qui s’est précipitée au mois de juillet 1895 dans le torrent de la Griaz, près des Houches, à 7 kilomètres en aval de Chamonix.
- Après avoir décrit la structure de la masse glaciaire, M. Kuss indique les différentes transformations que subissent les glaciers, par suite de leurs mouvements d’avancée ou de recul, et distingue les torrents qui s’échappent, des glaciers sous le nom de torrents glaciaires simples ou de torrents glaciaires composés, suivant que la base du glacier qui leur donne naissance se trouve au fond de la vallée principale ou à une certaine altitude. Parmi ceux-ci, il étudie spécialement les torrents de la Griaz et de Bionnasset, qui ont donné lieu à d’importantes remarques au cours de cÿ dernières années.
- A l’époque de la catastrophe de Snint-Gervais, M. Kuss était chef du service des reboisements de la Savoie et de la Haute-Savoie. Les explications si complètes qu’il donne sur l’origine et la cause de la crue soudaine du torrent de Bionnasset, qui s’est produite dans la nuit du 11 au 12 juillet 1892, sont donc puisées aux sources officielles. Il reproduit ainsi un extrait de la communication faite à l’Académie des sciences par MM. J. Vallot et A. Delebecque, à la suite de leur ascension du 19 juillet, rapport qui corrobore entièrement les renseignements fournis par le Service du reboisement au lendemain même de la catastrophe. Il est donc établi que la cause première est une débâcle du petit glacier de Tête-Rousse, provoquée par un effondremenl de ce glacier qui a fourni environ 100,000 mètres cubes d’eau et 90,000 mètres cubes de glace. C’est cette énorme masse liquide qui a précipité dans le lit du torrent les matériaux violemment arrachés à la moraine latérale droite du glacier et à la partie inférieure droite de la moraine frontale.
- A la suite de ces circonstances, M. Kuss a été amené à rechercher si les grands glaciers, à raison de leur marche plus rapide, pouvaient permettre à l’eau de s’accumuler sous un volume considérable, tantôt à ciel ouvert, tantôt en lac sous-glaciaire. Les observations qu’il a recueillies tendent à conclure dans le sens de l’affirmative , et il cite à l’appui un certain nombre d’exemples officiellement constatés de ruptures de poches d’eau qui ont eu pour effet de provoquer la formation de laves torrentielles.
- Ces renseignements sont complétés par des détails sur les éludes minutieuses qui ont été entreprises par le Service forestier sur le cours de la crue du 1 2 juillet 1892 et par la description des divers phénomènes que ces études ont mis en lumière. 11 résulte des constatations que la lave avait une vitesse moyenne de ih mètres à la seconde et qu’on peut évaluer à 6 minutes la durée du passage intensif de la crue à la hauteur des bains de Saint-Gervais, pour un volume de 1 million de mètres cubes.
- Des travaux de protection ont été exécutés à Tête-Rousse en vue d’obvier à la formation d’une nouvelle lave; M. Kuss en donne le détail. Ils consistent dans l’ouverture d’une galerie souterraine de 120 mètres de longueur et de 2 mètres de largeur sur 2 mètres de hauteur, avec une pente de 0 m. 10 par mètre, creusée à 3,200 mètres d’altitude, et dans l’établissement d’un chemin muletier de 2 mètres de largeur sur 7 kilomètres de longueur. Ces travaux ont été achevés en moins d’une année.
- Après avoir formulé des conclusions sur les observations faites en 1899, M. Kuss donne un récit de l’avalanche de l’Altels du 11 septembre 1895, en Suisse. Il indique sommairement les travaux préventifs auxquels on pourrait avoir recours contre l’ablation du front des glaciers, ainsi que les moyens essayés pour ralentir 1 activité des éboulements qui se produisent sous l’action du dégel et connus sous le nom de dérochoirs.
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- M. Kuss préconise enfin l'installation pour chaque glacier d’un service d’observations en vue d’éviter, dans la mesure du possible, les ruines que causent les catastrophes glaciaires, estimant que l’intelligence humaine doit avoir raison de la force brutale des glaciers et que l’homme doit même trouver le moyen de les utiliser à son
- Une série de vues photographiques reproduisent quelques-uns des phénomènes qui ont été décrits dans celle brochure.
- Cardot. Les améliorations pastorales.
- Par la publication de celte notice, l’auteur a pour but. de contribuer à faire disparaître la conception que l’on a aujourd’hui de l’art pastoral et qui en est plutôt la négation.
- Elle comprend trois parties :
- La première partie est consacrée à l’élude de la situation pastorale de nos différentes régions montagneuses de la France.
- Dans la deuxième partie, l’auteur passe en revue les différentes améliorations pastorales dont la situation présente révèle la nécessité.
- Enfin, quelques vues alpestres composent la troisième partie.
- Première partie. La situation pastorale en France. — M. Cardot a consacré le premier chapitre à la région centrale des Alpes françaises comprenant les départements des Hautes-Alpes, des Basses-Alpes et de la Drôme. Il en fait une description générale et résume l’impression que l’on éprouve en parcourant les vallées de la Durance, du Verdon, de l’Ubaye, du Drac et de la Drôme, et en voyant la dénudation, les ravinements et les larges déchirures des versants. Cette situation a été résumée en trois faits caractéristiques par M. le conseiller d’Etat Cbassaigne-Goyon, dans son rapport de 1868: «Destruction du sol végétal, aggravation du régime torrentiel des rivières, dépopulation». M. Cardot énumère les causes essentielles do la destruction du sol végétal, les défrichements, les déboisements et les abus de pâturages; puis il fait l’historique des mesures prises avant la Révolution pour la réglementation des pâturages et des bois. La déchéance de ces règlements eut des conséquences désastreuses.
- Il expose ensuite que des circonstances économiques nouvelles favorisèrent la multiplication des troupeaux, on indiquant les résultats du développement de la grande transhumance et son importance, puis il donne un aperçu de la situation actuelle de l’industrie laitière. M. Cardot résume l’influence exercée sur la dégradation des pâturages par la déclivité, le climat, la composition minéralogique des sols, la situation et l’altitude, enfin l’exposition et le boisement. Il fait une description de l’état actuel des pâturages élevés, dans lesquels l’indifférence et l’incurie laissent introduire de fâcheuses pratiques, établit les relations du régime pastoral avec la question des irrigations et l’influence de la zone pastorale sur les crues torrentielles, et fait ressortir que le mauvais état et la mauvaise exploitation des pâturages réagissent d’une façon fâcheuse sur la situation économique des trois départements qui viennent d’être étudiés.
- Le troisième chapitre est consacré aux Alpes de l’Isère et de la Savoie. M. Cardol fait un exposé de la situation pastorale et de l’industrie laitière, et rappelle les anciennes réglëmentations de Savoie.
- Le quatrième chapitre Iraite de la situation pastorale dans les autres régions montagneuses de la France. L’auteur fait un exposé sommaire de l’exploitation pastorale dans la région pyrénéenne et dans le plateau Central, puis il passe en revue les Cévennes, la région des Causses qui a vu se développer et arriver au plus haut degré l’industrie des fromages bleus de Roquefort, les Garrigues, la Côte-d’Or, le Jura, dont l’industrie laitière produit annuellement 27 millions de francs en fromages de gruyère et beurres, et enfin les Vosges. M. Cardot déduit de cet exposé des conséquences hydrologiques et économiques.
- Deuxième partie. Les améliorations pastorales. — Les améliorations dont l’exploitation pastorale est susceptible peuvent se diviser en trois classes correspondant à trois ordres d’idées distinctes.
- La première classe comprend les mesures de protection contre les causes naturelles de dégradation : murs de retenue, barrages rustiques, clayonnages, embroussaillements des ravins, drainages de consolidation, rideaux ou bandes boisées et bouquets d’arbres. L’auleur estime, en effet, que les boisements partiels sont l’un des meilleurs remèdes à opposer à la dénudation des versants.
- Dans la deuxième classe, M. Cardot a rangé les mesures concernant l’organisation et l’outillage de la pâture : créations de chemins et sentiers d’accès et de circulation, d’abreuvoirs, de citernes, construction de baraques-abris pour le pâtre, d’étables-abris, de fruitières et de chalets, exécution de travaux d’irrigation et de drainage , extension des pâturages boisés.
- La troisième classe correspond aux travaux de culture pastorale. M. Cardot donne une énumération des Ira-
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- vaux dont, l’exécution est recommandée pour maintenir les pâturages en bon état de production : nivellement grossier du sol, épierrement, émottage, étaupissage, extraction des végétaux nuisibles, fumures animales cl végétales, semis de graines fourragères. Il conseille en outre d’avoir recours à la mise en défends, comme moyen de remédier au tassement du sol par le piétinement du bétail et d’établir un aménagement pastoral pour régler méthodiquement l’exécution des travaux ; les mises en défends et l’exercice du pâturage.
- Le chapitre IV est consacré aux mesures à prendre pour assurer la restauration des versants montagneux dégradés et improductifs.
- L’auteur donne des indications sur les travaux qu’il convient d’exécuter et cite les départements dans lesquels le boisement intégral a donné d’excellents résultats.
- Il conseille de nouveau les travaux mixtes pastoraux-forestiers, l’application de la mise en défends aux pâturages exploités par les troupeaux transhumants et la réglementation des pâturages communaux.
- Dans le chapitre V, M. Gardot étudie la restauration des landes de plateau et fait une théorie générale do cette reconstitution. Il cite des exemples de transformation de landes en Bretagne, en Normandie, dans le massif central, etc., indique les causes de la formation des landes de bruyère et les moyens de la transformer par l’irrigation, le drainage, l’incinération, la fumade, le défrichement, et enfin par l’établissement de bordures boisées. Des moyens de transformation analogues sont applicables aux landes de genêts, de rhododendrons, etc.
- Dans un dernier chapitre, l’auteur fait un résumé des causes principales de l’appauvrissement et de la dégradation progressive des pâturages communaux, en faisant observer que la loi du 4 avril 1882 permet d’y remédier par la réglementation et la mise en défends. Il formule comme conclusions l’ensemble des règles à appliquer pour le maintien en bon état et la fertilité d’un pâturage.
- La troisième partie est une annexe composée de pâturages alpestres, d’après des photographies de M. Perroy, inspecteur des eaux et forêts à Embrun, et d’une légende explicative.
- Campardon. Les améliorations pastorales dans l’Ariège et la Haute-Garonne.
- La région montagneuse des Pyrénées comprend une étendue totale de 1,276,000 hectares, dont 670,000 hectares de terrain livrés à la jouissance sans frein des communes propriétaires ou usagères, qui y exercent, une dépaissance abusive. La loi du h avril 1882 sur la restauration des terrains en montagne a consacré deux principes importants au point de vue de la conservation de ces pâturages, celui des subventions destinées à favoriser la mise en valeur et l’amélioration des hauts vacants, et celui de la réglementation obligatoire des pâturages communaux.
- Dans la dix-huitième conservation forestière, ces améliorations pastorales ont pris une certaine extension depuis que les assemblées départementales votent des allocations qui viennent s’ajouter aux encouragements de l’État.
- Dans celte région, sur une surface totale de £26,000 hectares, 126,000 sont occupés par les bois, 168,000 parles pâtures et rochers et 182,000 par les cultures. Les cultures occupent le fond des vallées, la zone boisée vient immédiatement au-dessus dans la région comprise entre 700 et 1,700 mètres d’altitude; enfin, à la partie supérieure, on trouve les pâtures et les rochers. Cependant la zone boisée est quelquefois entrecoupée par des vacants qui forment les pâturages d’hiver et de printemps, toujours surchargés d’animaux et plus ou moins dégazonnés. La saison pastorale proprement dite s’ouvre du ior au i5 juin et dure jusqu’au 15 ou 20 septembre. Mais, en réalité, la part réservée au territoire agricole est si restreinte que la population doit pouvoir nourrir les animaux en dehors de l’étable pendant sept à huit mois. Malgré celte nécessité, le montagnard se préoccupe peu d’entretenir et. d’améliorer ce domaine pastoral auquel son existence est attachée. On peut affirmer que les quelques travaux exécutés dans la région des Pyrénées sont dus principalement à l’initiative personnelle des agents locaux des eaux et forêts.
- Ces travaux peuvent être rangés en deux catégories principales : i° ceux qui ont pour effet de faciliter l’exercice du pacage (amélioration de chemins, construction de refuges pour les pâtres et pour les animaux); 20 ceux qui sont destinés à augmenter la production herbacée des pelouses (assainissement et irrigations, débroussail-lements, écobuages, répandage de fumier).
- Pour les chemins et sentiers, la principale amélioration consiste à modifier les sentiers présentant des passages dangereux. On a dépensé jusqu’à ce jour 20,000 francs dans ce but.
- La construction de refuges et d’abris pour les pâtres et les animaux malades a consisté dans la substitution d’abris plus spacieux et confortables aux sortes de tanières en usage dans la région. On a ainsi construit 13 re-fuges ayant coûté en moyenne 800 francs chacun.
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- Les travaux d’assainissement et d’irrigation, sur lesquels on pouvait.fonder de grandes espérances, n’ont pas donné de résultats satisfaisants, faute d’un'entretien suffisant de la part des intéressés. Avant d’en faire de nouveaux, il sera nécessaire d’exiger des engagements formels à ce sujet de la part des propriétaires.
- Les débroussaillemenls et écoliuages consistent dans la coupe ou l’extraction de rhododendrons, genévriers et autres morts-bois, suivie ou mieux encore suivie et précédée d’un écobuage à feu courant. Ce système est le plus universellement adopté pour la mise en valeur des pâturages. On a ainsi parcouru 1,900 hectares avec une dépense totale de 97,000 francs.
- Les travaux divers, qui ont nécessité une dépense de i5,ooo francs, comprennent les réservoirs pour irrigations, le captage des sources, l’adduction d’eau et la construction d’abreuvoirs, le répandage du fumier qui s’accumule sur les emplacements où les bestiaux passent la nuit.
- En définitive, les améliorations pastorales exécutées dans la dix-huitième conservation et dont la valeur dépasse 100.000 francs ont donné des résultats appréciables et encourageants.
- L’auteur, après une discussion détaillée des divers projets qui ont été agités récemment par la commission des améliorations pastorales, conclut que les articles 12 à i5 de la loi du k avril 1882 contiennent des dispositions suffisantes et qu’il suffirait de les rendre applicables à toutes les communes de la zone montagneuse. 11 estime que cette mesure serait acceptée sans de vives oppositions de la part des intéressés.
- Buisson. Les fruitières de la Haute-Garonne.
- Les 98,000 hectares situés dans la zone montagneuse de la Haute-Garonne renferment une population de ù/1,000 habitants, chez la plupart, desquels l’élevage du bétail constitue la principale source de revenus. Dans cette région, le lait est assez abondant. Autrefois il était le plus généralement utilisé à l’élevage, et son rendement ne dépassait pas 0 fr. 07 à 0 fr. 08 par litre.
- Dès 1872 , l’Etat se préoccupa de l’installation de fruitières où le producteur pourrait sûrement écouler le lait à un prix minimum de 0 fr. 11, grâce à la transformation de ce produit en fromage et en beurre. Les bénéfices réalisés devraient encourager la substitution de la vache au mouton, des prairies aux terres en labour, substitution dont on ne saurait contester la grande influence sur la stabilité des terrains en montagne.
- La première tentative de 1872 fut rapidement suivie, grâce aux résultats obtenus, si bien que l’on compte à ce jour 2h établissements, dont 8 subventionnés par l’État et le département, 6 subventionnés par le département seul, 6 installés par clos particuliers et h en voie d’organisation.
- ù8,ooo hectares renfermant 26,000 habitants concourent à l’alimentation de ces fruitières.
- Ces chiffres permettent de mesurer les progrès accomplis en vingt-quatre ans et ceux qui restent encore à réaliser.
- L’auteur poursuit en donnant des renseignements détaillés sur chaque fruitière subventionnée par l’Etat :
- i° Fruitière de Luchon. Appartient à la ville de Ludion et ne fonctionne qu’en été. La commune propriétaire la met en ferme. La dernière adjudication a été faite en 1898 pour une durée de trois ans au prix annuel de 2,020 francs.
- En 1899, 62 vaches ont produit 19,786 litres de lait, dont le rendement total en argent a atteint io,âo8 francs, soit par litre de lait 0 fr. 53 brut, 0 fr. 35 après défalcation des frais de roulement et 0 fr. 25 déduction faite en outre de la redevance en nature fournie aux propriétaires des vaches. Ces résultats remarquables sont dus au voisinage de la station thermale de Ludion.
- D’une façon générale, on peut cependant dire que les fruitières d’été ne rendent pas, dans les Pyrénées, au point de vue des améliorations pastorales, les services que l’on pouvait en espérer.
- 20 Fruitière-école de Marignac, installée au village de Marignac, situé au confluent de la Garonne et de la Pique. On s’est attaché à créer une fruitière modèle, avec une école de fruitiers où viennent s’instruire les manipulateurs destinés à opérer plus lard dans toute la région pyrénéenne.
- La quantité de lait traité a atteint, en 1899, 199)200 blues qui ont donné un rendement brut de 35,089 francs, soit 0 fr. 17 6 par litre. Le rendement net a été de 0 fr. i5 3 dont 0 fr. i3 pour les fournisseurs de lait et 0 fr. 02 3 pour la société fromagère.
- Cet établissement exerce une très heureuse influence sur la transformation des cultures et la disparition progressive des moutons.
- Les autres établissements subventionnés sont : les fruitières de Muna, du pont de Cazeaux, de Fos, de Milhas, d’Urau et de Montastruc.
- En résumé, en 1899, Us 8 fruitières subventionnées ont reçu 1,670,562 litres de lait dont le rendement net en argent a été de i8ù,8oû francs, laissant un bénéfice net de 30,162 francs.
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- Les ta fruitières non subventionnées ont reçu 1,898,875 litres de lait dont le rendement net en argent a été de 218,370 francs, laissant un bénéfice net de 28,683 francs.
- Eu matière, la production des fruitières de la Iiaute-Garonne se traduit pour chaque année par : beurre, 166,3oo kilogrammes; fromage, 38,i5o kilogrammes, non compris le petit lait et le lait vendu en nature.
- L’essor rapide pris par l’industrie laitière a eu la plus heureuse influence sur l’agriculture, les forêts et les terrains en montagne. On pourrait cependant souhaiter encore quelques améliorations.
- Ce serait, tout d’abord, la substitution de races vraiment laitières à la race du pays qui ne peut fournir que 6 à 5 litres de lait par jour, puis l’augmentation du nombre des élèves boursiers à l’école des fruitiers de Mari-gnac et enfin la constitution d’un syndicat de vente.
- De nombreuses photographies sont jointes à ces deux dernières notices.
- COMPTE RENDU SOMMAIRE DES TRAVAUX DE RESTAURATION DE 1860 À I9OO.
- Ce compte rendu publié par l’Administration des eaux et forêts donne la situation exacte de l’œuvre entreprise au 1er janvier 1900.
- 11 est accompagné de cartes à l’échelle de 5oooooe indiquant l’emplacement des périmètres de restauration existants et de ceux qui restent à acquérir dans les trois régions intéressées : les Alpes, le Plateau central et les Cévennes, et les Pyrénées.
- Le nombre de périmètres à établir est fixé au total de 120, devant embrasser 3i5,cfoo hectares; 96 périmètres sont déjà constitués en tout ou en partie et l’Etat a acquis dans leurs limiLes 163,000 hectares, indépendamment de 20,000 hectares de terrains nus ou boisés situés en monlagne et non périmé très.
- Les dépenses effectuées pour la restauration de ces terrains se sont élevées à 66,618,000 francs, et celles que l’on prévoit comme nécessaires encore atteindront 112,270,000 francs.
- Cet exposé est suivi d’un tableau donnant pour chaque périmètre la consistance des terrains à l’Etat, la contenance totale des périmètres établis ou à établir, la contenance restant à acquérir, le résultat des travaux et les dépenses effectuées par nature de travail ; les dépenses pour acquisitions de terrain et enfin les dépenses restant à faire pour l’achèvement des travaux et pour compléter les acquisitions de terrains. Il se résume ainsi :
- A. Consistance des périmètres.
- . , » ( dans les limites des perimetres........................ 162,745 hectares.
- Terrains à l’Etat , , v ‘
- ( en dehors............................................... 20,229
- Total................... 162,976
- Contenance définitive des périmètres. . ................................ 315,062
- Terrains restant à acquérir.............................................. 172,317
- B. Résultats des travaux.
- ! naturellement boisés...........................
- parcourus par les travaux de reboisement.......
- à reboiser.....................................
- non susceptibles de reboisement................
- reboisés à parcourir par des travaux de réfection
- C. Dépenses effectuées.
- ! forestiers.....................................
- de correction..................................
- auxiliaires....................................
- Frais généraux....................................................
- Total.............
- 10,606 hectares. 87,770 5i,263 i3,555 12,835
- 20,i68,65o francs. 12,908,689 5,211,877 2,955,193
- 61,226,209
- Acquisitions de terrains,
- 25,193,825
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- D. Dépenses prévues pour l’achèvement des travaux.
- 86,077,309 francs. 26,793,094
- Travaux de toutes natures. Acquisitions de terrains...
- R. Notices manuscrites.
- Bénardeau et Delavaivre. Le torrent de la Sioule (Puy-de-Dôme).
- Béraud. Le périmètre de la Haute-Isère (Savoie).
- Bernard (C.-J.-M.). Le périmètre de l’Arve (Haute-Savoie).
- Billecard. Les périmètres des Hàutes-Alpes.
- T. de Bouchony. Les périmètres de l’Hérault.
- Galas. Les périmètres dq la Têt supérieure et de la Têt inférieure (Pyrénées-Orientales). Champagne. La vallée de Barèges et les crues du Bastan (Hautes-Pyrénées).
- Camus. Les périmètres de l’Ardèche.
- Carrière. Compte rendu général des travaux de restauration dans les Basses-Alpes.
- De Carron-Ferrière. Le périmètre de l’Aude inférieure (Aude).
- Dellon. La combe de Péguère et le ravin de Thou (Hautes-Pyrénées).
- Dellon. Le torrent de Lizey (Hautes-Pyrénées).
- Deuxdeniers. Les périmètres de la Lozère.
- Eschalier. Le périmètre de la Têt supérieure (Hautes-Pyrénées).
- Farre. Les périmètres du Gard.
- Falque. Les périmètres du département de Vaucluse.
- De Gorsse. L’éboulement et les affaissements de terrains de Viella (Hautes-Pyrénées).
- Griess. Les reboisements dans le Rhône.
- Levrault. Les périmètres de restauration de la Drôme.
- Lomrard. Statistique graphique des travaux de reboisement dans les Basses-Alpes.
- Perroy. Monographie des torrents de l’Embrunois (Hautes-Alpes).
- Pozzi et Peyroux. Les périmètres de la Haute-Loire.
- Sardi. Les périmètres du Drac supérieur et du Drac Séveraisse (Hautes-Alpes).
- Surell. Le reboisement dans les Bouches-du-Rhône.
- Tessier. Photographies du périmètre de la Sorgue (Vaucluse).
- Vessiot. Le reboisement dans le département de la Loire.
- Vidal. Le périmètre de l’Argent double (Aude).
- Watier, Baury et d’Ussel. Les périmètres de la dix-huitième conservation.
- Cazanave. La sécherie de la Cabanasse avec plans, coupes et élévation des bâtiments et de l’étuve. Bénardeau, Lamy et Carmantrand de la Roussille. Récolte du pin sylvestre dans l’arrondissement d’Ambert.
- Boyer. Récolte du pin sylvestre à Murat (Cantal).
- Béraud. Récolte de graines d’épicéa à Modane et à Moutiers (Savoie).
- Brouilhet. Récolte de mélèze et de pin cembro à Briançon (Hautes-Alpes).
- Perroy. Récolte de mélèze et de pin cembro à Embrun (Hautes-Alpes).
- Capodüoro. Récolte de pin d’Alep à Aubagne (Bouches-du-Rhône).
- De Carbon-Ferrière. Récolte de sapin dans l’Aude.
- Planque. Récolte de mélèze et de pin cembro à Barcelonnette (Basses-Alpes).
- De Brun. Les fruitières des Alpes-Maritimes.
- Imbart. Les fruitières du Quayras (Hautes-Alpes).
- Buisson, Clauda et Dussaut. Les améliorations pastorales dans l’Ariège.
- Bernard, Campagne et Fabre. Les modes de clôture des périmètres.
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- Longueville et Boissaye. Défense des forêts contre l’incendie.
- Biquet. Défense des forêts contre l’incendie.
- Breton. Emploi de la stadia verticale.
- De Larminat. De l’emploi du pin maritime comme essence temporaire.
- Toutes ces notices sont illustrées de nombreuses photographies.
- IV. Pêche fluviale. — Le service de la pêche et de la pisciculture a été placé, par décret du 7 novembre 1896 , dans les attributions du Ministre de l’agriculture et rattaché à l’Administration des Eaux et Forêts; cependant dans les canaux et rivières canalisées, la pêche dépend encore du Ministère des Travaux publics.
- Cette remise de service à l’Administration des Eaux et Forêts a nécessité des modifications dans l’enseignement des écoles spéciales de Nancy et des Barres qui ont présenté au public des collections tout nouvellement réunies et complétées.
- Collection de poissons. — Deux vitrines renfermaient plus de soixante espèces et variétés de poissons d'eau douce vivant dans les eaux françaises, ainsi que des études intéressantes sur le développement des alevins et l’anatomie des poissons. Les échantillons naturalisés étaient des individus adultes, de dimensions maxima autant que possible, pris dans toutes les régions du territoire par les soins des agents et des gardes chargés de la pêche. Les envois les plus intéressants et les plus nombreux avaient été expédiés par MM. Phal, conservateur; de Rouville, Pierron, Dion, Pequin, Seurre, Lecour, inspecteurs; Béral, Volmerange, inspecteurs adjoints. Les captures avaient été faites dans les lacs de Savoie, le Rhône, le lac de Nantua, les marais du Nord, le lac Mourescot, l’Ain, la Seine, le Lot et la Meuse. Le naturaliste, M. Martin, mensurait avec soin ces poissons et en prenait plusieurs gabarits avant la préparation, de façon à pouvoir les modeler aussi exactement que possible. Une petite collection de ces mêmes animaux était présentée dans le formol suivant la mode actuelle plus profitable aux savants qu'aux simples visiteurs qui peuvent mal juger ainsi d’un individu décoloré et déformé. Les nombreux pêcheurs à la ligne ou autres prenaient grand plaisir à étudier ces types dont ils avaient rarement pris d’aussi beaux échantillons ; ils se plaisaient à reconnaître l’exactitude des formes et la beauté des coloris.
- Etangs et établissements de pisciculture. — M. de Drouin de Bouville, garde général, avait fait préparer par M. Regnard, ingénieur, trente plans en relief exposés et destinés à son cours.
- Quatre représentaient les étangs : forme du bassin en Lorraine et dans les Dombes, disposition des pêcheries dans la Somme, barrage à clayettes dans les Côtes-du-Nord, déversoir à gradins; une vingtaine de photographies d’étangs et pêcheries, prises dans diverses régions par M. de Bouville ou ses correspondants, étaient disposées autour de ces reliefs et complétaient la partie relative aux formes variées données en France aux étangs et à leur pêcheries.
- Les échelles à poisson, si peu connues du public que la plupart des visiteurs croyaient à une erreur d’étiquetage en voyant ce nom, étaient représentées par les reliefs détaillant les systèmes Mac-Donald , Brackett et Caméré. Dans une plus grande vitrine, ces systèmes étaient disposés avec un mécanisme spécial permettant de faire arriver l’eau et de les faire fonctionner à volonté devant les visiteurs. Le public pouvait apprécier ainsi lui-même les effets d’eau obtenus et les facilités que le poisson peut avoir ainsi pour remonter les grands barrages industriels qui arrêtent au détriment des pêcheurs et des consommateurs les espèces migratrices telles que le saumon, l’alose et l’anguille.
- Un petit relief était la réduction d’un laboratoire de pisciculture organisé pour l’éclosion des œufs et l’élevage des alevins d’après les procédés les plus modernes et les plus conformes aux récentes découvertes des pisciculteurs. A côté, trois nouveaux modèles d’auges d’incubation construites sur les données de MM. Joly de Sailly, Pison et Trombert, inspecteurs, témoignaient de l’intérêt que les agents des Eaux et Forêts portent au nouveau service qui leur est confié, et combien ils cherchent à l’améliorer dans ses moindres détails.
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- Engins et, procédés de pêche. — Vingt-trois petits modèles, avec ou sans personnages, permettaient de se rendre compte des principaux modes de pêche au filet usités en France; certains d’entre eux employés sur les Gaves et le Rhône : le haro, le Vire Blanchard, le sarlan intriguaient fort les nombreux visiteurs. Ces derniers modèles avaient été construits par M. Imbert, garde-pêche. Le modèle de haro avait été prêté par M. Labarthe, à Peyrehorade.
- Les nombreux et délicats engins de pêche à la ligne avec toutes les sortes de hameçons, à palette, à crans, à anneaux, simples, triples et quadruples, français, anglais, irlandais et italiens formaient un petit trophée fort bien disposé et des plus instructifs. Cannes, arbalète, lignes de fond, lignes à grelot s’y entremêlaient avec les mouches, insectes et poissons artificiels, les cuillères et les hélices.
- Deux albums contenant plus de cent cinquante photographies instantanées, prises par les agents le long des rivages des lleuves et lacs, donnaient un aperçu de tous les procédés de capture de poisson usités en France. Toutes ces vues étaient bien choisies, mais quelques-unes étaient particulièrement remarquables; les meilleurs clichés avaient été expédiés de la Somme, par M. de Drouin de Bouville; des Pyrénées, par MM. Pequin et Calas; du Rhône, par MM. Labrély et de Ronville; des Basses-Alpes, par M. Perrot; du Puy-de-Dôme, par M. de Carmantrand de la Roussille; de l’Eure, par MM. Saint-Claire-Deville et Jeannerat; de Bretagne, par MM. Leseurre et Violette.
- Les rapports explicatifs, envoyés à l’appui de ces vues, étaient si nombreux et si instructifs que M. le Conseiller d’État, directeur des Eaux et Forêts, prescrivit à M. de Drouin de Bouville, plus spécialement chargé de celle partie de l’Exposition, de les réunir sous sa direction dans un volume sous le titre de Pêche fluviale en France. Principaux engins et modes de pêche autorisés et interdits. Le résultat de ce travail a été présenté sous la forme d’un dictionnaire, ce qui rend les recherches beaucoup plus faciles. Cette publication, imprimée par l’Imprimerie nationale, forme un superbe volume orné de i5o phototypies encartées dans le texte et d’un très grand nombre de gravures intercalées dans le texte, faites d’après les dessins et croquis transmis avec les rapports.
- Ce travail considérable sera d’une grande utilité pour la réglementation de la pêche, car il établit avec précision la synonymie des engins et permettra d’arriver à l’unification de la réglementation.
- La dernière partie donne un aperçu de la réglementation actuelle : elle contient les arrêtés préfectoraux réglementant l’exercice de la pêche, en 1899, dans les départements, et les décrets établissant les réserves ou zones des fleuves et rivières dans lesquelles toute pêche est interdite pendant un certain nombre d’années pour faciliter le repeuplement en protégeant l’alevinage.
- En menant à bien, en si peu de temps, cet énorme travail, M. de Bouville a fait preuve de beaucoup de savoir et de travail opiniâtre, et il a rendu un service signalé à toutes les personnes qui ont à s’occuper des questions de pêche fluviale.
- V. Chasse. — La réglementation de la chasse a été détachée, par le décret du 2h février 1897, du Ministère de l’Intérieur et confiée à la Direction des Eaux et Forêts, dépendant du Ministère de l'Agriculture.
- Ce nouveau service, dont une partie, la louveterie, avait toujours été confiée au service des Eaux et Forêts, faisait l’objet d’un exposé très complet dans le catalogue de la Direction des Eaux et Forêts.
- A la suite du décret de 1897, l’enseignement relatif à la chasse a dû être complété dans les Ecoles de Nancy et des Barres, et les collections ont dû s’accroître pour être plus instructives.
- Les savants professeurs de Nancy avaient envoyé deux collections qui donnaient beaucoup d’attrait à l’Exposition du Palais et étaient une des causes qui y faisaient affluer le public.
- Animaux naturalisés. — La première était consacrée au gibier et à ses principaux destructeurs. Ces animaux avaient été groupés de façons diverses; de manière à les montrer au public dans leurs positions et habitats naturels.
- Toutes les espèces de gibier à poil et à plumes, communément chassées en France, étaient disposées
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- en sujets isolés ou en groupe comme des statues ou bas-relief; ils formaient une ornementation gracieuse et pittoresque sur leurs piédestaux rustiques en bois sons écorce ou rochers gazonnés et boisés.
- Grâce à l’habileté des préparateurs chargés de la naturalisation : MM. Fagard, Ischi, Devrolle et Martin, et au goût et à l’imagination de M. Souc, chargé de la confection des socles, le public avait l’illusion de la réalité et ne cessait de s’extasier.
- Les sujets les plus réussis étaient : le cerf et la biche sortant du bois, le couple de chevreuils aux aguets, les chiens au relais, le combat des sangliers, le renard donnant une proie à ses petits, les oiseaux des forêts résineuses, les destructions du lapin et ceux du poisson.
- Les corniches et dessus de portes étaient ornés de têtes de grands animaux : cerf, sanglier, daim, loup, chevreuil, bouquetin, mouflon, chamois et renard. Quelques-uns de ces trophées de chasse étaient fort remarquables par leur beauté; entre autres la tête d’un dix cors pris à Rambouillet, d’un sanglier de la Meuse et d’un bouquetin tué auprès du col de la Traversette (Basses-Alpes).
- Collection d’œufs et de nids, — Une vitrine murale contenait des objets plus fragiles, une collection de 361 œufs d’oiseaux (rapaces, grimpeurs, gallinacées, passereaux, palmipèdes, etc.) et 91 nids.
- Ces œufs, de formes, dimensions et couleurs si finement variées, intéressaient les visiteurs depuis les plus jeunes jusqu’aux plus âgés.
- La série de nids montrait à peu près toutes les combinaisons architecturales des oiseaux français : les nids clos faits en boue par l’hirondelle, en mousse par le roitelet, en duvet de peuplier, plume et lichen par la mésange, nids tressés en racines, en mousse, en crin, en jonc, en ramilles, nids informes des rapaces et des palombes.
- Caries de chasse et statistiques. — Les renseignements statistiques sur la chasse étaient dus à MM. Millet, inspecteur, et Arnould, inspecteur adjoint, auxquels ce service est confié à l’Administration des Eaux et Forêts.
- Ils étaient résumés ainsi :
- Cinq grandes cartes murales, dressées sous leur direction par M. Guinot, étaient relatives à la distribution et à l’abondance, sur le territoire français, des cinq espèces suivantes : cerf, chevreuil, lièvre, faisan et perdrix, d’après les appréciations les plus récentes fournies par les Conservateurs.
- Un atlas cynégétique donnait les mêmes renseignements pour toutes les espèces de gibier ; il comprenait, en outre, des états statistiques sur les permis de chasse et la progression constante de leur nombre depuis i8ââ. Les chasseurs munis de permis étaient à cette époque de 75,267; en 1861 ce nombre s’élevait à 160,000; il est actuellement de Û2 0,000 rapportant à l’Etat et aux communes 11,760,000 francs.
- Les renseignements sur la destruction des loups faisaient ressortir les excellents résultats de la loi du 3 août 1882 qui a augmenté et mieux réparti les primes de destruction. Grâce à cette loi, ces animaux sont actuellement presque détruits en France et on n’en rencontre plus que quelques-uns dans la Haute-Vienne et les Charentes, puis dans la Meurthe-et-Moselle, mais là ils nous viennent d’Allemagne où leur destruction est moins bien organisée, Les chiffres relevés indiquent que l’Etat avait payé, en 1883, des primes pour i,3o8 loups tués et qu’en 1897 ce chiffre est tombé à 187.
- Réglementation internationale. — Enfin, une notice avec diagramme traitait de la protection internationale des oiseaux utiles à l’agriculture, question sur laquelle les divers Gouvernements ont tant de peine à se mettre d’accord à raison des usages invétérés de certaines populations. M. Arnould, en essayant de trouver un texte de conciliation où presque tous les points de dissentiment sont supprimés , fera peut-être faire un pas en arrière à ces destructions irraisonnées.
- Une bibliothèque contenait la série complète des règlements actuellement en vigueur dans l’Administration des Eaux et Forêts ainsi que les programmes d’admission dans ses écoles et des cours qui y sont enseignés. Les ouvrages et notices rédigés et publiés par les agents de l’Administration, pendant ces dernières années, étaient joints à ces documents.
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- Beaucoup sont intéressants ; un certain nombre d’entre eux ont été honorés de médailles et éloges adressés par les Sociétés savantes et Académies locales qui sont heureuses de comprendre dans leur rang un certain nombre de forestiers.
- La liste ci-après signale les ouvrages les plus remarqués par les étrangers :
- Enseignement. — Technologie forestière, par MM. Nanquette et Boppe; l’Enseignement forestier en France, Ecole de Nancy, par M. Guvot; Atlas d’entomologie, par M. Henry; Cent sections de bois indigène, par M. Thil.
- Sylviculture. — Traité de sylviculture, par M. Bartet; Elément de sylviculture, par M. Bouquet de la Grye; Le traitement des bois en France, par M. BroilliÂrd, puis une série d’études de détail sur le chêne-liège, par M. Lamey; le chêne vert, par M. de Larîiinat; Manuel de cubage, par M. Frochot, etc.
- Aménagement. — Cours d’aménagement, par M. Broilliard; Aménagement des forêts de chêne-liège, par M. Lafond.
- Sciences naturelles. — Notes diverses de .paléontologie botanique, par M. Fliche; Notices botaniques, par MM. Hickel et Mer.
- Statistiques et monographies. — Landes et dunes de Gascogne, par M. Grandjean; Economie forestière dans les Alpes et la Question pastorale dans les Alpes, par M. Briot.
- Restauration des montagnes. — Extinction des torrents, par M. Demontzey ; Restauration des montagnes, par M. Thierry.
- Droit.— Surveillance des forêts, par M. Bouquet de la Grye; Législation et restauration des montagnes, par M. Guichet; Contrainte par corps en matière criminelle forestière, par MM. Guyot et Puton.
- Chasse et pêche. — Chasse et pêche en France, par MM. Boppe; Traité de pisciculture, par M. Peu pion.
- Archéologie. — Nanteuil et son abbaye, par M. Fautrat; Notices diverses, par M. Loppiquet; Le commerce des bois de chauffage et du charbon de bois à Dijon au xvnic siècle, par M. Picard; Les forêts de l’Ornain et de la Saulx, par M. Toussaint; La cuillère et la fourchette au travers des âges et autres notices, par M. Barré de Saint-Venant.
- Voyages. — A travers la Tunisie, par M. Baraban; Route de l’Algérie au Soudan, par M. Blanc.
- Divers. — Rôle des forêts en temps de guerre, par.M. Breton; Rôle des forestiers en temps de guerre, par M. de Kirwan; Bibliographie forestière, par M. de Kirwan; Les instruments de topographie, par M. Thierry.
- En résumé, on peut dire que l’exposition de la Direction des Eaux et Forêts a été un des attraits du Palais des Forêts, Chasse, Pêche et Cueillettes. Si elle a été agréable au public, elle a été aussi utile au service en le faisant apprécier de tous les visiteurs, et en provoquant dans le corps forestier un effort considérable d’où sont sortis tous ces documents manuscrits, toutes ces notices imprimées qui seront encore utilement consultés iongtemp's après la clôture de l’Exposition. Les Gouvernements étrangers ont su l’apprécier à sa juste valeur, car presque tous les États d’Europe ont envoyé en mission spéciale quelques forestiers pour étudier les méthodes françaises de sylviculture et surtout la technique des travaux de restauration des terrains en montagne.
- Depuis le mois de mai jusqu’à la fermeture, les vitrines et tables mises à la disposition des travailleurs étaient occupées par des forestiers, des ingénieurs, des grands propriétaires, des publicistes étrangers avides de se renseigner sur les méthodes françaises. Les Directeurs des principales Ecoles forestières d’Europe, la plupart des Directeurs généraux des Administrations d’Etat sont venus tour à tour pendant plus ou moins longtemps étudier la grande et intéressante série des monographies exposées et étaient heureux d’emporter les différentes publications délivrées gratuitement au public forestier spécial.
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- M. Jametel (P.), cours de Vincennes, Ai, à Paris.
- M. Jametel expose une scierie verticale à lame sur le côté, fosse peu profonde, mouvement très rapide, denture sciant dans la course ascendante et descendante. Cette machine est une création de la maison Jametel et a fait l’objet d’un brevet portant sur la disposition de la bielle; elle peut scier des bois jusqu’à 1 mètre de diamètre.
- L’usine de M. Jametel occupe environ 100 ouvriers ; la force motrice qui est employée est de 75 chevaux-vapeur.
- MM. Guillet et fils, à Auxerre (Yonne).
- MM. Guillet ont présenté les machines pour le travail du bois employées dans les scieries mécaniques, les ateliers de menuiserie, d’ébénislerie, de modelage, de charronnage et carrosserie, les arsenaux , les fabriques de wagons, les manufactures d’armes. L’importance de cette maison est considérable et sa réputation n’est plus à faire.
- MÉDAILLES D’OR.
- MM. Vilmorin, Andrieüx et Cie, quai de la Mégisserie, A, à Paris.
- MM. Vilmorin ont exposé leur collection de graines, d’essences forestières, en graines et en cônes, dans des vitrines, d’un très bel effet, et établie avec beaucoup de méthode.
- En outre, ils ont fait figurer à la Classe A9 des spécimens d’essences forestières indigènes et exotiques et le plan d’une sécherie de graines de pin sylvestre établie au Puy (Haute-Loire).
- La réputation de la maison Vilmorin-Andrieux nous dispense de tout développement en ce qui la concerne.
- MM. Morin (H.) et Gensse, rue Boursault, 3, à Paris.
- MM. Morin et Gensse ont présenté divers instruments de géodésie et de topographie forestières utilisés et très appréciés par le Service des eaux et forets.
- Cette maison, dont les ateliers sont installés rue de Vaugirard, 2o3, dans sept travées (fermes de i3 m. 80), ayant abrité le palais de l’Alimentation à l’Exposition de 1889, occupe un personnel de 116 personnes.
- C’est une maison importante, dont le chiffre d’affaires s’augmente tous les ans.
- Société forestière de Franche-Comté et de Belfort.
- Cette Société a pour but l’avancement, la propagation des connaissances diverses, théoriques et pratiques se rapportant à l’économie forestière; la conservation des richesses forestières, l’amélioration des forêts et le reboisement ; enfin, le développement et le progrès des industries forestières.
- La Société forestière, qui rend de grands services dans la région où elle opère, a exposé, à la Classe A9, des bulletins, annuaires, publications et ouvrages divers.
- MM. Viellard, Migeon et Clc, à Morvillars (Haut-Rhin).
- MM. Viellard-Migeon ont présenté divers documents très bien conçus, relatifs à l’organisation-type du service forestier d’un propriétaire particulier. Ils fabriquent des sciages destinés à la construction
- Gr. IX. — Cl. /i9. 5
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- et à l’entretien des usines, expédient des bois et charbons à Paris et à Lyon, et ils possèdent une scierie mécanique à Grandvillars, composée de g machines qui débitent 5,ooo mètres cubes de bois par an.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Aubry (J.-E.), me Vieille-du-Temple, à Paris.
- M. Aubry, fabricant d’outils forestiers, a exposé une série de sécateurs, rainettes, serpes, croissants, hachettes, cognées, planes, scies, etc. Il a introduit diverses améliorations dans la fabrication des outils au point de vue du poids et de la résistance. Ses ateliers, installés rue Debeylleme, à Paris, occupent 26 ouvriers.
- COLONIES ET PAYS DE PROTECTORAT.
- GOUVERNEMENT GÉNÉRAL DE L’ALGÉRIE.
- Service des eaux et forêts.
- Le Service des eaux et forets du Gouvernement général de l’Algérie a exposé, dans le Palais de l’Algérie, au Trocadéro, un matériel des exploitations et des industries forestières en Algérie; une collection de graines, des plans et spécimens d’essences forestières exotiques, des cartes et notices, parmi lesquelles la plus appréciée est celle présentée par M. Lefèvre, inspecteur des eaux et forêts à Alger.
- MADAGASCAR ET SES DÉPENDANCES.
- Service des forêts de Madagascar, à Tananarive.
- Le Service des forêts de Madagascar a fait un réel efïort; il a exposé des graines, des plantes et essences forestières, des procédés de culture et des cartes et plans topographiques forestiers. Une no-lice manuscrite avec dessins et photographies sur quelques végétaux de Madagascar a été présentée par M. Girod-Genet, inspecteur adjoint des eaux et forêts à Madagascar.
- GOUVERNEMENT DE L’INDO CHINE.
- Service forestier.
- Le Service forestier de l’Indo-Chine a présenté divers documents fort intéressants sur les forêts de l’Indo-Chine, des cartes, des plans et des notices; en outre, il a exposé des spécimens d’essences forestières exotiques classées très méthodiquement au point de vue de la Classe 49.
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- Quoique modeste, cette exposition était bien présentée et prouvait l'effort qui avait été fait et qui était dû à M. Boude, inspecteur adjoint des eaux et forêts.
- CÔTE D’IVOIRE.
- M. Dandy (Albert), de Grand-Bassam.
- Cette maison avait réuni des échantillons d’essence forestière qui ont valu à leur auteur une mention honorable décernée par le Jury.
- SÉNÉGAL.
- Mission économique du Sénégal.
- Cette mission avait réuni de nombreuses cartes qui témoignent de l’importance des travaux topographiques exécutés, ainsi que des documents divers sur les forêts indigènes. Il lui a été attribué une médaille de bronze pour cette exposition.
- TUNISIE.
- L’exposition de la Tunisie ne comprenait que quelques cartes et un plan en relief de l’oasis de Nefta.
- Cette exposition, organisée par les soins de la Direction de l’agriculture et du commerce de la Régence de Tunis, a été récompensée par une médaille de bronae que lui a décernée le Jury.
- PAYS ÉTRANGERS.
- AUTRICHE.
- Une importance technique considérable, un grand luxe et un goût parfait, telles sont les caractéristiques de l'exposition de l’empire d’Autriche, qui réunissait les objets présentés par le Ministère de l’agriculture, les grands propriétaires et les particuliers.
- A une très belle collection de graines et de plants forestiers, se trouvaient jointes des rondelles montrant les suites de Télagage pratiqué sur les arbres, un rouleau pour servir en rigoles, divers instruments de sylviculture et un modèle de sécherie de graines.
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- Les questions d’aménagement et de production ont fait Tobjet de nombreux cahiers avec plans à Tappui, où les méthodes appliquées sont accompagnées de relevés relatifs au rendement en matière et en argent, d’un grand intérêt pratique.
- Divers tableaux indiquent l’accroissement suivant l’état des peuplements, la statistique des exportations et importations, le montant des sommes dépensées pour combattre l’invasion de la ronce, le graphique des dommages causés par la fumée des usines.
- Des études fort intéressantes traitent de l’influence du degré de densité du massif sur la composition du tapis végétal, de l’importance de la provenance des graines, de la météorologie forestière ; enfin, de nombreuses publications témoignent des progrès constants de la science forestière dans un pays où elle fut toujours en honneur.
- La topographie, largement représentée, comprenait : i° une carte forestière de l’Empire avec indication des essences ; 20 une carte générale 'des propriétés domaniales et d’institutions publiques administrées par le Ministère de l’agriculture ; 3° une carte de la distribution de la surface boisée par catégorie de propriétaires dans le royaume de Bohême ; A0 une carte géologique ; enfin, des triangulations et des levés de forêts. Les reliefs, d’une exécution remarquable, représentaient les domaines forestiers du prince Liechtenstein, du prince Auerssperg, de la communauté générale de Fiemme et de la forêt de Bernox, ce dernier indiquant l’aménagement et le réseau des voies de transport.
- Les questions relatives à l’exploitation comprenaient des modèles de maisons forestières , de transports par wagonnets avec câbles et treuils, d’écluses, de vannes, de glis-soirs à eau ; un remarquable modèle de scierie mérite une mention toute particulière.
- L’Autriche a été un des premiers Etats qui ont cherché à appliquer les méthodes employées en France pour la correction des torrents ; la série des travaux exécutés a été représentée par des reliefs et modèles de barrages et d’endiguements, des plans et des photographies. Les objets exposés comprenaient, en outre, la collection des outils du service d’endiguement.
- Ces divers documents sont une preuve de l’intérêt qu’on attache aujourd’hui, en Autriche, à cette question si importante et des résultats considérables qui ont déjà été obtenus.
- C’est à la suite du désastre de 1882 que l’Autriche a pris le parti de réglementer et de subventionner également les travaux d’endiguement des torrents. Les dégâts produits par les torrents, principalement en Tyrol et en Carinthie, dans l’automne de 1882, ont été tels que, tout en venant en aide à ces contrées, il fallut prendre des mesures énergiques pour éviter le retour de semblables catastrophes.
- Dès l’année suivante, et à la suite d’un voyage en France dans le but de s’inspirer des procédés employés dans notre pays pour l’endiguement des torrents, le Ministre d’agriculture d’Autriche envoyait en France quelques forestiers de l’État, afin d’acquérir les connaissances nécessaires à l’exécution de ces travaux, et la loi du 3o juin 188A réglait définitivement l’organisation du service d’endiguement des torrents en Autriche, ainsi que les bases de la participation financière du Gouvernement, qui s’est élevée jusqu’à plus de 50 p. 100 des dépenses effectuées.
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- La superficie des forêts, en Autriche, est considérable : elle comprend 9,700,000 hectares pour une superficie territoriale de 62,^90,000 hectares. C’est, de plus, une des principales richesses du pays, et il a fallu toute la prévoyance du Gouvernement autrichien qui, dès 18 5 2, créait les lois forestières pour arriver à réglementer les coupes, de façon à constituer pour l’avenir une production annuelle en rapport avec les réserves d’aménagement nécessaires.
- Nous avons été heureux de pouvoir, entre autres exposants, admirer l’exposition collective du Comité spécial forestier autrichien , et le grand prix qui lui a été attribué et qui est la plus haute récompense décernée, témoignera de l’intérêt que présentait l’exposition forestière de ce pays.
- HONGRIE.
- Comme celle de l’Autriche, l’exposition de la Hongrie était remarquable à tous les points de vue. Elle comptait au nombre de ses exposants le Ministère de l’agriculture, des directions royales, des offices forestiers royaux, des communautés en Croatie-Slavonie et de nombreux particuliers.
- A des collections de graines et à des spécimens de rondelles se trouvaient joints de superbes échantillons des produits des forêts.
- L’outillage spécial comprenait un semoir à tiroirs et une charrue semoir, des modèles d’emballages de plants, un appareil de repiquage, une pioche à planter et une charrue pour arracher les plants.
- Les questions de culture et d’aménagement étaient représentées par des plans d’aménagement et d’exploitation, des tables de production et des tableaux graphiques, enfin par les travaux de la station centrale pour essais et études de sylviculture à Selmecz-banya.
- De nombreuses publications traitent des lois et règlements de l’organisation forestière, du traitement et de l’exploitation des forêts, des levés et du flottage.
- La topographie comprenait une splendide carte en relief de la Hongrie, à l’échelle de une autre carte synoptique des forêts domaniales slavones, indiquant les essences prédominantes. Des plans de forêts et les instruments employés pour les levés complétaient cette branche spéciale des travaux forestiers.
- Les moyens de transport en Hongrie, surtout dans les régions montagneuses, sont assez primitifs; quelques grands domaines ont déjà établi des chemins de fer forestiers, mais le flottage est encore le procédé dominant, et le bois arrive à l’eau par des glissoirs ou, en hiver, sur la neige. Les hautes régions forestières abondent en cours d’eau propres au flottage, qui n’exige pas d’installations coûteuses, et les divers procédés employés ont fait l’objet de plans et de modèles remarquablement exécutés, qui témoignent de l’habileté des ouvriers et de l’ingéniosité des personnes ayant dirigé ces travaux.
- Au nombre de ces modèles, on remarquait des glissoirs, des chenals, écluses et vannes, radeaux de flottage avec réservoirs ; un tableau graphique indiquant l’importance des bois flottés. Les moyens de transport étaient également représentés par des modèles de
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- chemins de fer forestiers. Enfin, des modèles de maisons forestières, de travaux d’exploitation et de scieries complétaient cet ensemble.
- Les opérations de reboisement et d’endiguement des rivières étaient représentées par des photographies, des modèles de digues et de clayonnages, et par un très beau relief du reboisement du Karst.
- Les forêts constituent, en Hongrie, une des principales richesses du pays ; aussi, l’Etat, hongrois s’est-il préoccupé, un des premiers, d’enrayer l’exploitation irraisonnée dont ces forêts ont été l’objet par des dispositions législatives fort sages, que nous retrouvons dans la loi forestière, loi XXXI, de 1879, complétée par la loi XIX, de 1898.
- Cette loi, obligatoire pour tous les propriétaires forestiers, assure la conservation de toutes les forêts existant sur un sol impropre à une autre culture et aussi le traitement rationnel des forêts en en confiant l’aménagement à des agents forestiers de l’Etat. Elle oblige l’État, les communes, ainsi que les propriétaires, à exploiter les forêts selon un plan systématique approuvé par les autorités, et à n’en confier le soin qu’à des agents et gardes forestiers ayant le brevet de capacité requis par la loi.
- Si l’on se rend compte que les forêts occupent 27.99 P' 100 superficie totale
- de l’État hongrois, se répartissant en 26.5o p. 100 pour la Hongrie et 35.A8 p. 100 pour la Croatie et Slavonie, on comprendra combien l’application de pareilles mesures s’imposait pour le Gouvernement hongrois et combien il a sagement agi en sauvegardant ainsi les intérêts économiques du pays.
- Parmi les récompenses attribuées à la Hongrie, nous devons citer le Gouvernement royal de la Croatie et Slavonie (services des forêts), et MM. Vaitzic (Édouard), Terfi (Bêla) et Gregersen (Bêla), à qui le Jury a attribué un grand prix.
- Notons aussi les médailles d’or décernées à l’exposition collective des Agents forestiers, à M. Louis Fekete, à l’exposition collective des Forestiers aménagistes età celle du Personnel royal forestier de Hongrie, ainsi qu’à la Société nationale des forestiers de Budapest, sans compter nombre d’autres médailles d’argent et de bronze.
- RUSSIE.
- La Russie avait réuni, d’une part, les objets exposés par le Ministère de l’agriculture et des domaines de l’État, les Sociétés forestières et les particuliers; tandis que l’Administration générale des apanages avait son exposition spéciale, ainsi que l’Administration supérieure des forêts de la Finlande.
- i° La première comprenait des collections de graines, un modèle de sécherie, des herbiers remarquables, de nombreux et très beaux spécimens des diverses essences avec indication de Tâge, de la hauteur et du diamètre; des tableaux et statistiques indiquaient la répartition des pépinières de l’État et. le débit des plants; les outils employés dans les travaux de boisement des steppes formaient une collection intéressante.
- Dos cahiers d’aménagement donnaient des indications sur la composition des peu-
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- plements, leur densité, la production par hectare, la nature du sol, le prix des boiy sur pied; ils étaient accompagnés de diagrammes relatifs à l’aménagement, l’accroissement, l’exploitation et la surveillance, ainsi que des photographies de peuplements. La forêt de Lindouls créée par le czar Pierre le Grand faisait l’objet d’un plan et d’une description spéciale avec une collection d’échantillons de mélèzes
- Une très belle carte générale indiquait la répartition des forêts sur le territoire de l’Empire, une autre concernait les boisements dans la Russie d’Asie ; de nombreux plans avaient rapport à des levés de forêts.
- Les maisons forestières faisaient l’objet de plans et de photographies.
- La restauration des terrains en montagne comprenait des dessins et photographies ; un plan était relatif aux travaux de fixation des sables mouvants dans la forêt de Nider-bartaousky.
- 2° Apanages :
- L’Administration générale des apanages avait réuni avec beaucoup de luxe et de goût une magnifique collection d’échantillons de graines et de diverses essences de ses domaines, des cartes et levés, et des modèles de procédés d’exploitation.
- Les forêts des Apanages sont presque toutes exploitées par coupes à blanc étoc à l’exception des forêts du nord traitées par la méthode du jardinage.
- Il y a une dizaine d’années, l’Administration entreprit par économie l’exploitation des bois de sciage dans ses vastes forêts du nord des gouvernements d’Arkangel et de Vologda; elle s’est en même temps occupée de l’aménagement de ces forêts peu explorées et peu connues jusqu’alors, en appliquant une méthode simplifiée. Cette méthode a pour but d’établir une exploitation plus ou moins régulière de la provision effective des bois de sciage pour un certain nombre d’années, de telle façon que les arbres qui approchent de l’âge d’exploitabilité aient le temps d’atteindre les dimensions suffisantes pour donner des bois de sciage; cette période représente la durée de la rotation des coupes.
- La provision des arbres de sciage qui était, il y a peu de temps encore, déterminée à vue d’œil, l’est actuellement par le procédé du dénombrement, effectué sur de grandes surfaces.
- Des brochures très détaiüées et fort bien exposées rendent compte des procédés d’aménagement et d’exploitation.
- 3° L’exposition de l’Administration supérieure des forêts de la Finlande comprenait :
- Des collections de graines et d’échantillons des arbres indigènes;
- Des outils employés pour l’exploitation ;
- Des modèles et dessins relatifs à la fabrication du charbon et au flottage ;
- De nombreuses cartes représentant les conditions forestières du pays', l’exportation des bois, l’aménagement et l’état des forêts.
- L’étendue totale des forêts de la Russie d’Europe peut être évaluée à i82,5oo,ooo hectares sur une superficie totale de 53q,100,000 hectares qui se subdivisent ainsi :
- Finlande, superficie totale 37,500,000 hectares, dont 22,5oo,ooo hectares de forêts ;
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- Russie et Pologne, superficie totale 5oi,600,000 hectares, dont 160 millions d’hectares de forêts.
- Létaux de boisement serait donc de 60 p. 100 pour la Finlande et environ 32 p. 100 pour la Russie et Pologne, soit un taux un peu supérieur à celui de T Autriche-Hongrie.
- Malgré la proportion énorme des forêts qui existe en Finlande, la consommation annuelle de bois dans cette contrée, aussi bien que les exportations, ont pris un tel développement que déjà les gros arbres deviennent moins abondants et permettent de constater une diminution de richesse, si Ton compare les rendements moyens obtenus à moins de dix ans d’intervalle.
- Alors qu’en 1888-1889 Pour produire un standard Saint-Pétersbourg de bois scié (le standard Saint-Pétersbourg équivaut à 165 pieds cubes anglais ou k stères 672) il suffisait d’employer 33 à 3à troncs, on a dû, en 1896-1897, employer en moyenne /10 troncs.
- Gomme beaucoup d’autres forêts d’Europe, celles de Finlande, malgré leur importance, entrent dans une période où il faudra songer sérieusement à régler leurs exploitations sur leur production normale.
- Bien que le grand-duché de Finlande qui appartient à la Russie depuis 1807 ait possédé jusqu’ici une administration distincte, il est à souhaiter d’y voir appliquer le procédé employé maintenant en Russie, comme en Suède, et ayant pour but la réglementation générale de l’abatage annuel en fixant, non seulement l’âge nécessaire pour permettre cet abatage d’après la durée prévue par la rotation des coupes, mais encore en fixant aussi les limites de diamètre au-dessous duquel les arbres ne pourraient être abattus, et en favorisant les reboisements.
- Parmi les expositions les plus remarquables de la Russie nous citerons surtout celles de I’Administration générale des Apanages, celles de TAdministration supérieure des forêts de la Finlande, et enfin celles de la Direction générale des forêts au Ministère de l’agriculture et des domaines de l’Etat.
- Ces trois expositions ont obtenu chacune un grand prix à l’unanimité du Jury, indépendamment de plusieurs médailles d’argent et de bronze décernées à quelques autres expositions de moindre importance.
- GRANDE-BRETAGNE.
- GOUVERNEMENT DES INDES BRITANNIQUES. — CANADA.
- La collection exposée par le Gouvernement des Indes britanniques se trouvait dans le pavillon des Indes, elle comprenait :
- i°g.Des photographies d’arbres des principales essences.
- 20 Les outils employés dans les forêts des différentes régions du pays, soit par les
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- indigènes, soit par l’administration ; les outils spéciaux pour les industries telles que le résinage, la récolte du caoutchouc, etc.
- 3° Les métho'des de traitement.
- L’Administration avait exposé quelques cahiers d’aménagement choisis parmi les plus importants des travaux de l’espèce exécutés jusqu’à présent dans les provinces du Bengale, du Pendjab, de la Birmanie; ces cahiers imprimés sont accompagnés de plans indiquant l’ensemble des séries et parcelles.
- Le bureau central de contrôle attaché à l’inspecteur général avait envoyé les livres de contrôle dans lesquels sont enregistrés les résultats des opérations de chaque année comparés aux prescriptions du cahier.
- En 1898 ces travaux d’aménagement étaient en cours d’exécution pour environ 8 millions d’hectares, sur 20 millions d’hectares constituant les forêts réservées de l’Inde ; commencés avec beaucoup trop de détails ils ont été simplifiés depuis.
- Les forêts de teck, de sal (shorea robusla), de cèdre, de pin et autres bois de construction sont traitées en futaie tandis que celles situées au milieu de populations agricoles sont aménagées en taillis afin de produire les bois les plus demandés par ces populations.
- k° La topographie.
- Le service topographique a une grande importance dans l’Inde, il a été organisé en 1873 sous la direction du colonel Bailez. De nombreux réseaux de triangulation et des cartes très complètes, très détaillées dénotent lesoin remarquable qui a été a pporté à l’as siette du domaine forestier.
- 5° Les travaux forestiers.
- La reproduction de ces travaux consistait en photographies montrant le système d’extraction des bois au moyen des éléphants et des buffles ; des modèles représentaient les maisons forestières et les huttes d’indigènes.
- Pour la Birmanie les travaux de flottage du bois de teck ont une grande importance ; dans l’Himalaya le transport du bois de cèdre a lieu par chemins de schlitte, canaux en bois et fil de fer.
- 6° Reboisement.
- Des photographies montrent les résultats obtenus dans les déserts de Rajfreutana et les montagnes du Baluchistan; des travaux ont été commencés dans la région montagneuse du Penjab.
- Indépendamment de ces objets, l’exposition comprenait des ouvrages sur la sylviculture dans l’Inde provenant de l’Ecole impériale des forêts de Dehro-Dine, et une remarquable flore forestière hindoue par M. Gamble.
- Un grand prix a été décerné à l’exposition collective du Service des forêts des Indes et de la Birmanie en raison de l’intérêt considérable quelle présentait.
- Parmi les autres récompenses nous citerons :
- i° La médaille d’argent accordée à la Geological Sürvey of Canada pour son exposition comprenant de nombreuses photographies des essences indigènes encadrées avec
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- le bois de chaque essence, ainsi que des échantillons et des rondelles de bois divers, et des photographies représentant les méthodes d’exploitation et de transports.
- 2° Celle décernée à la Société Raosome and Co Limited de Londres pour son exposition de scie à vapeur destinée à abattre et tronçonner les arbres.
- Cette machine, très simple et de petites dimensions, peut s’installer facilement soit pour abattre un arbre, soit pour le couper en travers en fort peu de temps; le petit modèle ne pèse pas 200 kilogrammes et quatre hommes peuvent facilement la porter.
- Elle abat un arbre de 1 mètre de diamètre en cinq minutes et avec quatre hommes elle peut abattre facilement huit arbres de 0 m. 75 de diamètre chacun par heure ; y compris le temps nécessaire pour la changer de place et l’installer.
- Elle peut fonctionner dans n’importe quelle position et est d’une grande utilité dans les terrains accidentés; en la montant sur un bâti spécial en fonte on peut, aussitôt que les arbres sont abattus, les couper en travers pour les tronçonner.
- La machine se compose d’un cylindre à vapeur de petit diamètre et de longue course attaché à un bâti léger en fer forgé sur lequel il est monté de manière à pivoter sur son centre; la scie est fixée directement au bout de la tige du piston.
- La vapeur à haute pression est fournie au moyen d’une petite chaudière portative par un conduit métallique fort, flexible et de grande longueur.
- ALLEMAGNE.
- L’empire d’Allemagne avait exposé de magnifiques reliefs représentant les travaux relatifs à la fixation des dunes, des cartes, des plans et la place des sables.
- Ces dunes se trouvent sur les côtes de la mer du Nord (îles de la Frise orientale et septentrionale et presqu’île d’Eiderstedt) et de la Baltique (Mecklemhourg, Poméranie et Prusse).
- Les dunes de la mer du Nord, celles de Mecklemhourg et de la plus grande partie de la Poméranie sont arrêtées ; les dunes non encore arrêtées se trouvent dans la Poméranie ultérieure, puis sur la Fresche Nehrung et la Kufische Nehrung.
- Le sable rejeté par la mer forme des collines de 3o à 60 mètres de hauteur dépourvues de végétation et que le vent chasse vers l’intérieur du pays, elles avancent environ de 5 mètres par an; ce sont les dunes errantes.
- Les travaux de fixation ont commencé en 1795 a Dantzig. On cultive d’abord la dune littorale en employant des haies de branchages et le gourbet; sous la protection de la dune littorale la culture de la dune intérieure est alors entreprise. Sur les côtes de la mer du Nord elle est faite au moyen du gourbet et d’autres plantes de la même famille ; des essais de plantation forestière n’ont pas réussi en raison de la rudesse du climat et de la violence du vent qui est telle qu’on a dû protéger la dune littorale par des épis.
- Les conditions sont plus favorables sur les côtes de la Baltique où le boisement des dunes a donné de bons résultats par le procédé suivant : consolidation du sable conjointement avec le boisement au moyen de piquages et de plantation de pins avec racines
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- nues, dans du terreau; le piquage est fait de telle sorte que les branchages ne s’élèvent qu’à o m. ho au-dessus des dunes, ce qui est suffisant pour arrêter la marche du sable; à l’automne de la même année on prépare les emplacements pour les plants et on les remplit de terre fertile; au printemps suivant quatre plants de pins sont plantés sur chaque emplacement, on emploie à cet effet de préférence le pin silvestre.
- Afin d’éviter que les jeunes plants ne souffrent du fouettement des sables on les recouvre de branches de pin. Les parties basses humides sont plantées d’aulnes et de bouleaux.
- L’Allemagne possède près de 1 k millions d’hectares de forêts sur une superficie territoriale d’environ 5A millions d’hectares, soit environ 26 p. 100.
- Ces forêts, situées généralement en plaine ou sur des montagnes peu élevées, sont peuplées en grande partie d’essences résineuses et de chênes, et Ton pourrait être surpris qu’avec une pareille production forestière l’exposition de ce pays ait été limitée pour ainsi dire aux procédés employés pour le traitement des dunes.
- Le développement industriel de l’Allemagne depuis vingt ans a modifié le courant d’exportation qui existait jadis pour les produits de ses forêts, il est en effet de règle constante qu’à tout développement commercial ou industriel d’un pays correspond une augmentation de l’emploi des bois d’œuvre; l’Allemagne n’a pas échappé à cette loi, et non seulement aujourd’hui ses exportations ont diminué d’importance au point de ne représenter que 5oo,ooo à 600,000 mètres cubes, mais, par contre, ses importations représentent annuellement environ 8 millions de mètres cubes de bois sciés.
- Bien que spécialisée l’exposition d’Allemagne faite par les soins du Ministère des travaux publics de Prusse a été jugée digne d’un grand prix qui lui a été décerné par le Jury.
- PORTUGAL.
- Des cartes et tableaux relatifs aux travaux dans les dunes étaient réunis par l’inspection générale de la section portugaise à Lisbonne ; un appareil servant à la fixation des dunes était exposé par un particulier.
- Quant aux forêts de ce pays, elles sont surtout considérées pour le liège que l’on en tire, mais le bois par lui-même n’est l’objet d’aucun commerce d’exportation.
- L’exposition du Portugal se réduisait donc naturellement aux travaux entrepris pour la fixation des dunes et présentait sur ce point un réel intérêt.
- JAPON.
- L’exposition de la Direction des forêts au Ministère de l’agriculture et du commerce, à Tokio, qui comprenait des collections fort intéressantes et très soignées de graines et de spécimens d’essences, des photographies et des cartes forestières, a obtenu un grand prix qui montre l’intérêt de cette exposition.
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- Il faut remarquer que le Japon possède environ îa millions d’hectares de forêts, qui suffisaient jusqu’ici pour alimenter les besoins locaux; néanmoins, le développement industriel si rapide et si étonnant de ce pays a déjà eu pour conséquence d’y créer un courant d’importation de bois, malgré l’importance des forêts existantes, courant qui, par la force des choses, n’ira qu’en progressant.
- L’étude des méthodes d’exploitation périodique et du reboisement ne manquera pas de s’imposer à bref délai au Gouvernement japonais qui en comprendra l’importance.
- ITALIE.
- Le Ministère de l’agriculture, de l’industrie et du commerce avait réuni : i° des collections de graines et de bois (ces dernières étaient disposées et présentées d’une manière très ingénieuse); 2° des photographies, dessins et rapports ayant pour objets le traitement et l’exploitation des bois.
- Les travaux de reboisement étaient représentés par des modèles et des dessins qui témoignent de l’intérêt qu’on attache dans la haute Italie à la correction des torrents. Aussi un grand prix a-t-il été décerné à cette exposition.
- BULGARIE.
- L’exposition, fort peu importante, ne comprenait que quelques spécimens d’arbres forestiers, présentés par les soins du Ministère du commerce et de l’agriculture (section des forêts), à qui une mention honorable a été attribuée.
- SERBIE.
- Le Ministère de l’agriculture (section des forêts), à Relgrade, avait exposé des rondelles et des échantillons, à essences diverses, et une carte forestière.
- Une médaille de bronze lui a été décernée par le Jury.
- NORVÈGE.
- Les moyens employés pour l’abatage et le transport des pièces de bois constituaient seuls cette exposition fort restreinte, due à l’initiative d’un particulier, M. le docteur Ring, et qui lui a valu une mention honorable comme récompense.
- SUÈDE.
- L’exposition collective de l’industrie forestière de la Suède comprenait :
- Une carte forestière faisant ressortir les diverses essences et leur répartition sur le territoire, par les soins de l’Administration des domaines de la couronne ;
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- Un modèle de grande scierie, avec ses ateliers, ses chantiers, son quai de chargement; des photographies montrant les différents types d’essences forestières; une collection de graines.
- La question du traitement et de l’exploitation rationnelle des forêts est à l’ordre du jour depuis dix ans en Suède; des travaux d’amélioration considérables sont entrepris.
- Le terrain rocheux des forêts rend le transport très difficile et très coûteux en été ; mais, dès que le sol est recouvert de neige, les circonstances deviennent tout autres ; la fonte des neiges fournit, en outre, l’eau nécessaire pour le flottage, en augmentant au printemps le débit des cours d’eau. Les transports s’effectuent ainsi à peu de frais. Les travaux nécessaires pour un flottage rationnel ont, d’ailleurs, été entrepris sur une grande échelle depuis quelques années.
- L’exposition collective de l’industrie forestière de Suède, qui comprenait avec l’Administration royale des domaines un certain nombre d’exploitants exposants, a obtenu un grand prix décerné par le Jury, justifiant ainsi l’intérêt considérable quelle comportait.
- La Suède, en effet, est une contrée essentiellement forestière, ses forêts (d’une contenance d’environ 18 millions d’hectares) couvrant les quatre dixièmes de l’étendue du pays.
- Les produits forestiers quelles contiennent sont en majeure partie des épicéas et des pins, et, sur tous les marchés du monde, la qualité de ces bois est universellement réputée.
- Depuis longtemps, du reste, le Gouvernement a établi un règlement destiné à ne permettre que des coupes de bois méthodiques.
- Dans les provinces septentrionales, entre autres, il est interdit aux particuliers de couper pour la vente des bois ayant moins de 8 pouces de diamètre. Ce règlement est donc d’autant plus sage que les forêts constituent la richesse principale de la Suède.
- ROUMANIE.
- L’Administration des domaines de la couronne, à Bucarest, avait exposé une scierie; le Ministère de l’agriculture (service forestier), des graines et une carte indiquant la distribution des forêts.
- Les formations géologiques et les circonstances climatériques varient beaucoup en Roumanie; les essences forestières y sont, par suite, très nombreuses.
- Dans les forêts montagneuses éloignées des centres de consommation, le hêtre, qui n’a aujourd’hui aucune valeur commerciale, tend à étouffer les essences résineuses plus précieuses; pour parer à cet inconvénient, l’Administration des forêts de la couronne fait procéder à l’étêtement du hêtre.
- Le corps forestier a une tendance très marquée à la conversion du taillis en futaie ; on procède activement aux opérations d’aménagement en basant la possibilité sur le volume et la surface, la croissance annuelle moyenne servant de régulateur; on s’efforce, d’ailleurs, de respecter le rendement normal en exploitant plutôt moins que trop.
- Les difficultés d’exploitation sont très sérieuses dans la région montagneuse; on a
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- donc recours aux glissoirs et aux canaux d’eau, puis, comme la population et, par suite, les bêtes de trait sont rares, on a construit des chemins de fer à voie étroite qui transportent les arbres jusqu’aux scieries, à peu de distance des stations de chemins de fer; ces scieries, autrefois actionnées par l’eau, marchent presque toutes aujourd’hui à la vapeur.
- On a effectué des plantations d’acacia pour fixer les sables mouvants du domaine de Sadowa, qui s’étendent sur 3,ooo hectares et qui menaçaient de désastres les campagnes florissantes qui les entourent; la surface reboisée atteint aujourd’hui 1,100 hectares.
- La Roumanie, qui occupe une étendue totale de 13,100,000 hectares, ne possède en terrains boisés que 1,800,000 hectares, et cela pour une population de 5 millions d’habitants seulement.
- La majeure partie des coupes annuelles est donc destinée à l’exportation, la consommation locale étant minime.
- Aucune règle n’a présidé jusqu’ici à l’exploitation raisonnée des forêts ; la proportion varie considérablement d’une année à l’autre; il faut espérer que le Gouvernement roumain, s’inspirant d’une administration prévoyante, prendra les mesures nécessaires pour faire disparaître les craintes qu’il est permis d’avoir, dans l’avenir, pour la conservation de ces forêts, et nous en trouvons la preuve dans l’importance même de l’exposition de ce pays, à qui le Jury a décerné deux grands prix.
- ÉTATS-UNIS.
- Le Ministère de l’agriculture, à Washington, avait exposé : i° de magnifiques photographies en couleurs d’arbres remarquables et de peuplements divers; 20 des rapports sur le traitement et l’exploitation des forêts, accompagnés de plans; 3° enfin, de nombreuses publications sur les questions qui se rattachent aux forêts.
- Une collection très complète et très soignée de coupes de bois, par M. le docteur Franklin Hougt, mérite une mention toute particulière.
- Le service des forêts de l’Etat de New-York avait réuni une très belle collection des spécimens de diverses essences, et la Southern railway Company, à Washington, des photographies des procédés de coupe, de sciage et de transport des bois de construction.
- Aux Etats-Unis, une question très importante se pose actuellement; elle est relative à la préservation des forêts contre l’abus des pâturages et des exploitations à blanc étoc, aussi bien que contre les incendies qui trop souvent les ravagent.
- Plusieurs médailles, dont une médaille d’or, ont été attribuées par le Jury aux expositions intéressantes dont nous venons de parler.
- Notre rapport est terminé; mais, s’il nous a été permis de l’entreprendre et de le mener à bonne fin, en raison des documents nombreux qu’il fallait réunir, aussi bien
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- que des connaissances techniques qu’il fallait posséder, c’est grâce à l’obligeante collaboration et au précieux concours de M. Alfred Zuriinden, président du Jury de la Classe 49, conservateur des eaux et forêts, et de M. Paul Millet, secrétaire, inspecteur des eaux et forêts.
- Qu’ils veuillent bien nous permettre ici, en rendant publiquement hommage à leur aimable complaisance, comme à leurs lumières, de leur exprimer toute notre gratitude et d’y joindre le témoignage de notre très vive et cordiale sympathie.
- Le Rapporteur de la Classe 49,
- Léon RARRIER.
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- CLASSE 50
- Produits des exploitations et des industries forestières
- RAPPORT DU JURY INTERNATIONAL
- M. EUGÈNE VOELCKEE
- NÉGOCIANT EN BOIS
- Gn. IX. — Cu. 50.
- G
- ll'MUEIUE NATIOXA1.R.
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- COMPOSITION DU JURY.
- BUREAU.
- MM. Ouvré (André), député de Seine-et-Marne (comités, jury, Paris 1889;
- président des comités, Paris 1900), président.......................
- Nordling (Cari Gustaf), consul général de Suède et de Norvège à Paris,
- bois, vice-président................................................
- Voelckel (Eugène), administrateur-directeur de la Société d’importation
- de chêne (rapporteur des comités, Paris 1900), rapporteur...........
- Bonet-Maury (Georges), publiciste, chef adjoint du Secrétariat particulier du Ministre de la justice, jurisconsulte de la légation de Bulgarie , secrétaire. ..................................................
- JUBÉS TITULAIRES FRANÇAIS.
- Brun (Lucien), lièges (médaille d’or, Paris 1889; comités, Paris 1900). Broyer (Émile), directeur de l’Entrepôt d’ivry, combustibles, charbons de bois [maison Desouches et Bruyer] (médaille d’or, Paris 1889;
- trésorier des comités, Paris 1900)...................................
- Giiapuis (Albert), bois de chauffage (comité d’admission, Paris 1900),
- juge au Tribunal de commerce de la Seine.............................
- Ciiossonnerie (Silvère), bois des îles et de France, placages (comité d’installation, Paris 1900), président de la Chambre syndicale des bois d’ébénisterie, membre de la Commission permanente des valeurs
- de douane............................................................
- Daubrée (Lucien), directeur des Eaux et Forêts au Ministère de l’agri-culturê, conseiller d’État (comités, jury, Paris 1889; commission
- supérieure; comité d’admission, Paris 1900)..........................
- Giraux (Henri), président du Syndicat des bois à ouvrer, vice-président des Syndicats réunis des commerces de bois à brûler et charbons de bois à ouvrer du département de la Seine, ancien président de section
- au Tribunal de commerce de la Seine (comités, Paris 1900)............
- Martin (Alexandre), directeur de la Société française de tranchage des bois, vice-président de la Chambre syndicale des bois d’ébénisterie (médaille d’or, Paris 1878; comités, grand prix, Paris 1889; comités,
- Paris 1900)..........................................................
- Poupinel (Paul), président de la Chambre syndicale des bois de sciage et d’industrie, vice-président du Syndicat général du Commerce et de l’Industrie (comités, Paris 1889; vice-président des comités, Paris
- ig00)................................................................
- Rebattu (Amédée), administrateur délégué de la Société anonyme de l’Oued-Soudan des Beni-Salah [Bône] (jury, Paris 1878, 1889).. . . Budolph (Ernest), vice-président de la Chambre syndicale des bois de sciage et d’industrie, membre de la Commission permanente des valeurs dédouané (comité d’installation, Paris, 1900).....................
- France.
- Suède.
- France.
- Bulgarie.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- G.
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- 8/i
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- JURÉS TITULAIRES ÉTRANGERS.
- MM. Antonesco Remüsi (Pierre), ingénieur forestier........................
- Castro (D. Luiz Filippe de), agronome et agriculteur, ancien député,
- membre de la Commission portugaise................................
- Harvey (James)......................................................
- Milan Tdrkovie, propriétaire du domaine Kutjevo.....................
- Morton Mitchell.....................................................
- Niederlein (Gustavo), du musée de Philadelphie......................
- Popper (Ottocar), directeur des Domaines, à Vienne..................
- Ramirez (Ignacio), ingénieur........................................
- SiiiRAsAvvA (Homi), inspecteur des forêts...........................
- Steinbeis (Otto), conseiller de commerce............................
- Tolmos (Damasé M.), consul du Pérou à Anvers........................
- JURÉS SUPPLÉANTS FRANÇAIS.
- MM. Coré (Auguste), président de la Chambre syndicale du commerce des
- bois à brûler..................................................
- Lecoeur (Jules), bois à brûler................... ................
- Moügenot (Louis), président honoraire de la Chambre syndicale des bois d’ébénislerie (médaille d’or, Paris 1878, 1889; comité d'admission, Paris 1900)......................................................
- JURÉS SUPPLÉANTS ÉTRANGERS.
- MM. Holmes (E.-R.). . ..................... ..................................
- Legrand (Gaston)........................................................
- Mackie (W.).............................................................
- Misraciii (Victor)......................................................
- Pagès (Albert), juge suppléant au Tribunal de commerce de la Seine...
- Roumanie.
- Portugal.
- Grande-Bretagne.
- Hongrie.
- États-Unis.
- Siam.
- Autriche.
- Mexique.
- Japon.
- Allemagne.
- Pérou.
- France.
- France.
- France.
- États-Unis. Guatémala. Grande-Bretagne. Serbie.
- Bosnie-Herzégovine.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS
- ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES.
- PRÉAMBULE.
- I/élude des produits ligneux exposés dans la Classe 50 montre que toutes les nations, tous les propriétaires ont présenté des bois auxquels ils tendent à donner dès leur lieu de production des formes marchandes plus nombreuses que par le passé et mieux adaptées aux travaux spéciaux auxquels chaque catégorie est destinée.
- Le commerce des bois comprend aussi beaucoup plus de variétés comme espèces végétales que jadis.
- Ces deux changements dans l’industrie et le commerce qui nous préoccupent proviennent de diverses causes :
- Les nations civilisées voient disparaître de plus en plus leur stock indigène de gros bois; il importe donc de tirer le meilleur parti des arbres encore disponibles. En outre, pour combler l’insuffisance de leur stock, ces mêmes nations sont obligées de chercher dans les contrées boisées, même lointaines, et ou la flore forestière est souvent différente, le complément de leur approvisionnement.
- De là des variétés de bois plus grandes.
- La diminution du stock forestier de grandes dimensions semble chez maintes nations une question aussi importante et aussi intéressante que celle de la diminution de la surface boisée. Cette dernière a été non seulement posée, mais résolue de tous côtés, grâce à l’action bienfaisante, maintenant reconnue, que possèdent les forêts sur le climat et le régime des eaux.
- Non seulement l’Europe, presque entière, a promulgué des lois de reboisement et de restauration des terrains en montagnes, et s’efforce d’arrêter les défrichements, mais dans les autres parties du monde, de grands pays commencent à suivre cet exemple.
- L’Administration des eaux et forêts de France a si bien reconnu cet état de choses, quelle a demandé à l’un de ses agents supérieurs, les plus laborieux et les plus érudits, M. A. Mélard, inspecteur des eaux et forêts, de présenter au congrès de sylviculture, tenu à Paris en juin j 900, une étude sur l’insuffisance des bois d’œuvre dans le monde. M. Mélard, dans cette magistrale étude, a dressé l’inventaire des ressources forestières de tous les pays et a mis en regard les besoins toujours croissants des bois d’œuvre; il a été amené ainsi à conclure : s Que la consommation dubois était supérieure
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- 86
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- à la production normale des forêts accessibles et qu’il y avait dans cette production actuelle un déficit qui, momentanément, était compensé par des destructions de forêts. »
- Aussi M. Mélard recommande-t-il d’enrayer la dévastation des surfaces boisées et de traiter les forêts en vue d’un rendement en bois d’œuvre.
- Les spécimens des superbes bois que toutes les nations ont tenu à exposer, indiquent quelles pourront toujours produire, avec du temps et une bonne direction sylvicole, des arbres, de qualité supérieure et de grandes dimensions, très recherchés par les industries du bois.
- Mais il sera plus facile aux Etats, aux apanages et aux établissements publics régis par un service forestier régulier, depuis longtemps établi, de poursuivre ce but, qua des particuliers qui n’ont pas toujours les moyens ou le désir d’immobiliser des capitaux dont seulement leurs enfants ou'petits-enfants bénéficieront. De même un particulier, lorsqu’une forêt de vieille écorce lui échoit en partage, résistera-t-il rarement à la tentation de puiser immédiatement dans le coffre-fort forestier précieusement conservé par ses ancêtres. C’est ainsi que l’on détruit fréquemment des massifs boisés, réalisant en peu d’années le capital ligneux dont la formation avait exigé une durée de plusieurs siècles et que l’on diminue du même coup la production de l’avenir.
- Ne voit-on pas également abattre fréquemment des chênes de ko à 5o ans d’âge, alors que ces arbres eussent doublé de valeur en peu d’années?
- Tout le monde sait pourtant que les forêts aménagées en taillis ne sont plus que d’un faible rendement; que les usines métallurgiques, à l’exception de celles de la Scandinavie et de la Russie, ne consomment plus guère de charbon de bois et que le chauffage au bois est remplacé, aussi bien à la campagne que dans les villes, par le chauffage au charbon de terre.
- Pour ce motif, l’intérêt du propriétaire forestier, quel qu’il soit, où qu’il se trouve, est la production des bois d’œuvre et de service. Si le particulier ne peut pas aménager ses forêts en vue d’une production de très gros bois pour sciages de grandes dimensions ou pour bois de fente, qu’il laisse ce soin aux propriétaires d’une existence indéfinie : états, apanages, communes et établissements publics, mais qu’il s’efforce de fournir les traverses de chemin de fer, les étais de mine, les poteaux télégraphiques et les tronces pour pâte à papier.
- En France, les statistiques du service forestier montrent combien l’effort est faisable, puisque les bois particuliers ne donnent plus guère que 20 p. 100 de leur possibilité en bois d’œuvre et de service, tandis que ceux des communes donnent 26 p. 100 et ceux de l’Etat 37 p. 100, et pourtant ces deux derniers propriétaires ont encore de grandes étendues de forêts aménagées en taillis simple, en taillis fureté et en taillis sous futaie.
- Si l’Europe semble avoir compris presque partout l’utilité et l’intérêt de la production forestière (il faut dire presque partout, parce qu’il y a encore des pays retarda-
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- laires qui agissent en prodigues), les autres parties du monde ne paraissent pas encore s’en préoccuper avec la même intensité, se figurant sans doute que leurs ressources en produits ligneux sont inépuisables.
- Pourtant au Canada, le 8 mars 1900, une société forestière (Canadian Forestry Association), s’est formée à Ottawa, dans le but de veiller à la conservation des forêts. Une société semblable existe depuis plus longtemps déjà aux Etats-Unis (American Forestry Association), et nous devons ajouter qu’au Canada, de même qu’aux États-Unis, la sylviculture fait de très grands progrès dont le commerce des générations futures devra leur être reconnaissant.
- Aux Etats-Unis, le gouvernement fait tous ses efforts non seulement pour conserver ses forêts, mais encore pour faire connaître aux industries du bois, les propriétés de chaque essence.
- De l’avis d’hommes du métier, les bois des Etats-Unis sont actuellement ceux pour lesquels l’analyse scientifique, technique, industrielle et commerciale est la plus complète. Chaque nouvelle année voit apparaître de nouvelles études qu’aucun autre Etat, même de la vieille Europe, ne peut présenter pour la série de ses espèces forestières. Nous en avons eu un petit exemple par le travail exposé par M. Hough qui nous a montré plus de a5o échantillons de bois américains, avec sections transversales, tangen-tielles et radiales, préparés pour les projections lumineuses et le microscope.
- Il est évident que ces études, entreprises au commencement dans un but commercial, arriveront à établir l’exploitation raisonnée des immenses territoires boisés en vue de leur régénération. Les procédés d’exploitation ont une puissance considérable, comme on pouvait s’en rendre compte par les superbes échantillons de la Californie exposés dans le pavillon forestier des États-Unis. Le transport des produits est, du reste, facilité par les voies fluviales si importantes et si économiques pour toutes les expéditions de matières ligneuses, ainsi que par les tarifs très réduits des compagnies de chemins de fer. Ces mêmes facilités de transport existent au Canada et en Europe pour beaucoup de pays forestiers tels que la Suède, la Norvège, la Russie et l’Autriche-' Hongrie.
- L’avantage des transports fluviaux manque à une grande partie de l’Asie. En Sibérie, des richesses forestières sont difficiles à exploiter en raison de la direction des cours d’eau qui remontent vers l’océan Glacial, lequel n’est pas ouvert en toute saison à la navigation. Le chemin de fer transsibérien modifiera quelque peu cet état de choses, mais en raison des énormes distances à parcourir, il se trouvera dans l’impossibilité de porter au loin les bois résineux d’une valeur marchande ordinaire qui dominent dans cette région, et les pays de l’Europe occidentale ne pourront compter que faiblement sur ces produits.
- Le surplus de l’Asie est depuis longtemps déboisé par les populations si denses de la Chine et autres anciens royaumes asiatiques.
- L’Inde ne suffit pas à sa propre consommation, mais l’excellente direction forestière du gouvernement local tend à combler cette lacune. La qualité superbe des bois
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- de Teck, du Padouk et des Cèdres, supplée en partie par sa grande durée au manque de quantité.
- Les forêts de Karri et de Jarrah, de T Australie, sont en pleine exploitation et livrent d’assez grandes quantités de bois, lesquels pourront être utilisés pour charpentes, traverses de chemins de fer, pavés pour l’exportation; mais le grand continent australien, pris dans son ensemble, est tributaire des bois étrangers.
- L’Afrique ne pouvait fournir jusqu’à ces dernières années que des bois d’ébénisterie glanés au milieu des forêts peuplées d’essences diverses. Dans cette vaste contrée, le manque de scieries oblige le producteur forestier à faire ses expéditions en grumes, ce qui grève le produit de frais de transport considérables et ne permet que l’exportation du bois de luxe. Les produits accessoires : coprah, graines oléagineuses, huiles, écorces, gommes, caoutchoucs et résines sont, en maintes régions boisées, les seuls articles d’exportation.
- Cette situation tend cependant à se modifier et les colonies françaises de la Guinée, du Dahomey, de la Côte d’ivoire, du Congo et de Madagascar, ont fait de grands efforts pour nous montrer leurs richesses forestières si variées des pays tropicaux.
- Le forestier paraît, à présent, se hâter pour y chercher les bois réclamés par le consommateur. Des petites scieries commencent à y être installées; mais le travail sylvi-cole sera pénible, car l’activité végétale est grande et beaucoup de produits inférieurs gênent fréquemment l’enlèvement des bois propres à l’exportation.
- Nous devons également signaler le pas énorme fait dans le nord de l’Afrique, Algérie et Tunisie, pour la mise en production des forêts de liège. Mais le manque complet de scieries permet d’y constater encore qu’au milieu des massifs de cèdres exploitables et des territoires couverts en pins d’Alep, des planches et madriers de sapins provenant de la Bosnie ou de la Suède et de la Norvège y sont importés.
- Après cette courte revue de la situation sylvicole, il convient d’étudier les modifications constatées dans le commerce des diverses catégories de produits forestiers.
- * Le bois est une matière des plus variables si on l’examine dans son ensemble, aussi ses emplois se multiplient-ils à l’infini et son usage est-il nécessaire aux peuples civilisés comme aux peuples primitifs. Celui qui l’emploie doit le sélectionner avec soin pour l’approprier à l’usage auquel on le destine. Il est composé de cellules de diverses natures diversement groupées, qui renferment des substances les plus variées. Sa force, son homogénéité, sa résistance aux intempéries, varient non seulement avec les espèces, mais aussi pour la même espèce avec les conditions de végétation : sol, climat, état du massif, traitement forestier. Ces faits obligent le technicien, non seulement à choisir l’essence qu’il désire utiliser, mais, dans celte essence, la qualité propre à ses ouvrages. Le chêne, cru isolément dans un sol riche, produit un bois nerveux, rigide, propre à toutes les pièces devant avoir une grande résistance; il est impropre à la menuiserie finie qui demande le tissu régulier d’un arbre ayant poussé en massif serré. La tonnellerie ne peut employer que les bois des futaies de chênes à tronc élancé, à végétation bien régulière, permettant au fendeur d’en tirer
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- des douves de fil droit et au tonnelier de donner à ces douves la courbure et le fini du façonnage nécessaires pour obtenir des récipients étanches et de belle apparence.
- Le mélèze, cru en plaine, donne de la mauvaise planche d’emballage, celui de la montagne fournit un bois excellent, presque aussi nerveux que le chêne. L’eucalyptus importé en France est loin d’atteindre la qualité exceptionnelle de celui des massifs australiens.
- L’administration forestière a présenté un travail minutieux, très intéressant, fait par M. André Thil, inspecteur des eaux et forêts, sur la constitution anatomique du bois qui tend à mettre en lumière les différences spécifiques des essences dont nous venons de citer quelques-unes.
- Si l’on étudie maintenant la différence des espèces entre elles, on constate, par exemple, que le pitchpin des États-Unis, dont l’emploi s’est répandu depuis une vingtaine d’années, ne peut être remplacé comme résistance et beauté d’aspect, ni par le sapin, ni par le pin sylvestre. De même le bois de Jarrah d’Australie, à cause de ses poches de résine, ne pourra jamais remplacer l’acajou.
- Le sculpteur préférera le tissu semi-dur du noyer à tout autre hois pour les ouvrages d’une grande finesse. Et pour les meubles de luxe, l’ébéniste ne pourra pas employer d’autres bois que ceux connus depuis longtemps : acajou, palissandre, bois de rose, ébène, etc. De même que pour les carcasses des meubles ordinaires plaqués, il continuera d’utiliser le bois de peuplier, très employé également pour les caisses d’emballage en raison de sa force de résistance et son peu de densité.
- Le tourneur utilisera le buis pour les pièces où l’on exige un bois homogène d’un grain fin. Le sabotier qui recherche des bois doux aux pieds et peu susceptibles d’éclater, préférera l’aune, le bouleau, le hêtre, l’érable au chêne et au châtaignier, réservés au contraire au fendeur. Le charron ne saurait débiter de jantes dans le bois d’acacia, si résistant comme rais, et emploiera de préférence pour ses travaux l’orme, le frêne et le charme que l’ébéniste n’utilisera qu’exceptionnellement.
- Le saule sera toujours la meilleure matière indigène pour la vannerie.
- Pour rechercher les progrès faits dans chaque catégorie de produits ligneux pendant ces dernières années, nous les diviserons ainsi :
- i° Bois bruts ou en grumes;
- 2° Bois de sciage;
- 3° Bois de fente ou merrains;
- h° Bois tressés ou de vannerie;
- 5° Bois d’ébénisterie;
- 6° Charbon de bois, écorces et pâtes à papier, etc.
- Bois bruts. — Le commerce des bois bruts comprend les tronces, les bois de feu, les étais de mines, les poteaux télégraphiques, les perches à houblon ou autres et les bûches de bois de teinture.
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- Le commerce des tronces a fortement diminué dans beaucoup de régions par suite de l’extension de l’industrie des scieries mécaniques. Cette extension est certainement un progrès puisque, avec les bois sciés à expédier au loin, on économise le transport des déchets. Mais il existe encore nombre de pays tropicaux ou les scieries font défaut et où le peu d’instruction de la population ne permet pas d’avoir des ouvriers scieurs. Aussi est-ce encore en grumes ou en poutres équarries à la hache que l’on voit presque tous les bois d’ébénisterie exposés par les pays producteurs.
- L’exposition nous a permis d’admirer de superbes grumes en bois commun : chêne, hêtre, frêne, noyer et peuplier, mais elles ont été exposées plutôt pour faire admirer leurs dimensions exceptionnelles que comme pièces de commerce courant.
- La demande de poteaux de mine augmente sans cesse malgré l’entrée en production de régions nouvelles comme celle des Landes, par exemple, où le forestier a transformé le traitement des forêts pour satisfaire à l’énorme consommation des hois de mine. C’est un heureux indice pour le consommateur minier; c’est un progrès sylvicole à suivre et à développer davantage.
- Les nombreuses pineraies plantées en Europe et les bois d’éclaircie des sapinières suffiront facilement aux demandes, même importantes, des poteaux télégraphiques et téléphoniques.
- Pour le bois de teinture, le commerce semble être resté plutôt stationnaire, en raison du grand développement qu’ont pris les substances colorantes tirées du régime minéral dont les prix de revient sont très bas, mais qui fournissent aussi des couleurs de peu de durée.
- Le bois de feu est de plus en plus délaissé; il perd de sa valeur par suite de rivaux que lui créent tous les jours les mineurs, les chimistes et les ingénieurs. La houille, le coke, l’anthracite, le gaz, le pétrole, l’alcool, l’eau chaude, l’électricité sont de plus en plus utilisés. Les grands immeubles des villes sont chauffés soit à l’air chaud, soit à l’eau chaude, soit à la vapeur, de sorte que les foyers multiples des appartements deviennent superflus. Les forges au hois sont éteintes dans beaucoup de régions.
- Le fagot, la bourrée, le margotin sont de moins en moins utilisés; le margotin est remplacé par des allume-feux économiques. Dans les villes, les boulangers ne veulent plus que des tronces de bois blanc, bouleau, pin ou sapin, refendues de diverses manières; ils alimentent même les fours avec du coke.
- Dans les campagnes, ainsi que nous l’avons déjà mentionné, les grandes cheminées au hois sont remplacées par des fourneaux économiques. Les fours à chaux, les tuileries, les briqueteries, les verreries ont également abandonné le bois pour se servir de la houille. Et, à moins que l’industrie de la distillation sèche du bois ne vienne à se développer davantage, les menus produits forestiers seront, en maintes régions, laissés en forêt.
- Cette production du hois de feu, après avoir été la richesse des contrées boisées et après avoir provoqué l’extension industrielle au milieu d’elles, est aujourd’hui la cause
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- de l’avilissement de la propriété forestière où l’âge de révolution des coupes avait été diminué pour satisfaire l’industrie.
- Les bois de feu n’étant plus de bonne vente, les propriétaires de forêts doivent donc, à l’avenir, faire tous leurs efforts pour remonter d’une classe tous leurs produits et fournir des bois d’un diamètre supérieur dont les industries contemporaines ont l’emploi.
- Bois de sciage. — Les bois de sciage comprennent les traverses de chemins de fer, les pavés en bois, les madriers, les planches et planchettes de toute nature.
- L’extension ininterrompue des voies ferrées augmente la demande des traverses que certains pays, comme l’Angleterre et les Indes, vont chercher jusque dans l’Australie occidentale (bois de Jarrah et de Karri).
- Les dimensions des arbres nécessaires pour cette production sont assez petites pour permettre à tous les propriétaires de forêts de les produire. En France, les ressources forestières semblent devoir répondre pendant longtemps encore aux besoins de traverses de chêne, hêtre et pin. Si le sylviculteur français veut aménager les forêts en vue de la production des traverses, le rendement en sera indéfini.
- La consommation annuelle des grandes Compagnies de chemins de fer peut être fixée à environ A,5oo,ooo pièces, dont :
- QUANTITÉS. VALEURS.
- Chêne (valant environ 5 fr. âo). . . Ilêtre (valant environ 3 fr. 5o). . . Pin des Landes (environ 2 fr. 75).
- pièces.
- 2,600,000
- i,3oo,ooo
- 800,000
- francs.
- 12,960,000
- 4,55o,ooo
- 2,200,000
- Totaux
- 4,5oo,ooo
- 19,710,000
- Pour produire ces A,500,000 traverses, A50,000 mètres cubes de grumes sont nécessaires.
- Depuis un certain nombre d’années, nos grandes Compagnies de chemins de fer français essaient de remplacer les traverses de chêne dont le prix de revient est élevé, environ 5 fr. A 0 la pièce, par des traverses de hêtre d’un prix beaucoup moindre, environ 3 fr. 5o la pièce.
- D’après de récentes expériences, l’on aurait reconnu que les traverses de hêtre bien injectées de créosote deviennent aussi résistantes et d’une aussi longue durée que le chêne. Il serait donc à souhaiter que cet emploi puisse se généraliser puisqu’il existe encore de grandes réserves de hêtres alors que les chênes se font de plus en plus rares et que ceux existant devraient être laissés debout jusqu’à ce qu’ils aient des diamètres suffisants pour produire des bois de menuiserie. Le pavage en Lois est une industrie relativement récente; elle semble avoir un grand avenir. Les pineraies des Landes et de Sologne, plantées depuis une cinquantaine d’années, et qui maintenant sont arrivées à l’âge d’exploitation, fourniront de grandes quantités de ces pavés en excellente qualité.
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- L’Angleterre dispose, pour le pavage en bois, des eucalyptus de l’Australie occidentale, des Karris et des Jarrahs, bois imputrescibles qui lui sont expédiés par chargements complets.
- Le commerce des bois sciés : plateaux, madriers, planches et planchettes, a subi depuis quelques années de profondes modifications ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer en raison des facilités de communications rapides qui existent entre les pays. Des scieries et des ateliers de fabrication ont été construits dans tous les centres forestiers de sorte que l’entrepreneur de charpentes et de menuiserie, le constructeur de wagons et autres, reçoivent, pour ainsi dire directement de la forêt, les bois coupés de dimension et sciés aux épaisseurs strictement nécessaires pour le travail spécial de chacun. Le matériel des scieries s’est aussi notoirement perfectionné et permet, tout en produisant un déchet de fabrication moindre que par le passé, de livrer des planches et feuillets d’un sciage plus régulier et plus lisse, laissant peu à foire au rabotage.
- Le travail du menuisier local est de plus en plus réduit; les portes, les fenêtres, souvent des châlets entiers lui sont expédiés de la forêt même. Il y a là certainement un progrès, puisque cette matière encombrante qu’est le bois est débarrassée, dès la forêt de ses parties mauvaises et inutilisables que l’on peut évaluer en moyenne à 5o p. 1 oo de son cube primitif. En outre, et d’une façon générale, le scieur devient plus soigneux dans la manière de diriger le débit et n’utilise plus comme bois de feu que ce qui est absolument impropre aux usages industriels. Pour les produits sciés, soit au point de vue du sciage, soit au point de vue de la façon de débiter les bois, nous citerons ceux de la Société d’importation de chêne à Pantin, de l’Union des marchands de bois de France, de la maison S.-H. Gutmann (Hongrie), de MM. Bafïby à Pantin, Boucheron frères à Ivry, et Poisson à Paris.
- Certains échantillons exposés, entre autres ceux de M. Bouvet à Salins, qui offre à sa clientèle deux sapins sciés de 29 et 27 mètres de longueur, montrent combien les scieries, même en forêt, sont actuellemeut puissantes,
- L’État français a été obligé de suivre ce mouvement et ses anciennes petites scieries hydrauliques disséminées dans les forêts nationales sont, en majeure partie, transformées de manière à mettre, a la disposition des adjudicataires des coupes domaniales, des chariots de scie permettant de débiter des poutres et madriers de commande de 1 2 à 16 mètres de longueur exigés par les travaux modernes.
- L’industrie du sciage remplace aussi, en maintes circonstances, le travail du fen-deur pour la production des douves et douelles.
- La fabrication des ciments, des huiles et matières grasses, des salaisons et de beaucoup d’autres produits à transporter au loin par les voies maritimes ou ferrées exigent le façonnage de nombreux barils en hêtre, bouleau, sapin et bois blancs de toute nature.
- Le fendeur n’ayant pas pu produire assez économiquement les douelles nécessaires à ce genre de fabrication, le scieur s’est chargé d’y pourvoir dans une certaine mesure en fournissant des produits de moins bonne qualité, mais suffisants pour le transport de
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- ces marchandises. Cette industrie prend chaque jour de l’extension. Parmi les maisons ayant exposé des douelles en bois blanc, façonnées mécaniquement, nous citerons la maison Nielsen et C16, à Frédricksstadt (Norvège).
- Bois de fente. — La production de la grosse fente ou merrains de chêne tend à émigrer de plus en plus de l’Europe aux Etats-Unis. En Europe les arbres propres à celte fabrication se raréfient ; en outre, le fendeur est presque partout obligé de céder le territoire forestier au scieur, lequel, avec l’outillage perfectionné dont il dispose, tire un meilleur parti des grumes et peut, par conséquent, offrir des prix supérieurs pour les gros chênes. Là seulement où les forêts sont peu accessibles et où la viabilité ne permet pas au scieur de chercher les grumes pour les transporter à son usine, le fendeur peut encore travailler.
- Jusqu’à ces dernières années, la Hongrie (Croatie-Slavonie), la Bosnie et la Russie alimentaient tout le marché européen en douelles et en douves pour les fûts à pression et les barriques à vin; mais en raison de la hausse constante des chênes européens, les Etats-Unis fournissent graduellement un plus gros appoint et nous pourrions citer des douvetiers hongrois qui, pour continuer à fournir leur clientèle, ont dû créér des succursales de fabrication dans les forêts de l’Amérique du Nord.
- Les plus beaux bois de fente exposés provenaient de la Hongrie, de la Croatie-Slavonie et de la Bosnie; à citer les maisons Vück et fils, et Wolfner de Budapest, les communautés de Brod et de Gradiska et la maison Kern à Zavidovic. Les douelles de la Russie et de la Roumanie méritaient également d’être remarquées.
- L’emploi des douves et douelles est toujours très grand. Pour ne parler que de la France, nous mentionnerons que le commerce des vins, dont la récolte annuelle varie entre 3o et A5 millions d’hectolitres, nécessite pour le logement et le transport de ces vins, un achat à l’étranger d’un stock de douelles qui se chiffre chaque année par environ 3 o millions de francs.
- Le fendeur de lattes, dont l’industrie est encore assez répandue, se trouve en grande concurrence avec le scieur qui donne des produits plus réguliers tirés presque toujours des déchets de scierie. Ces produits sciés, de surfaces plus planes, plus lisses, absorbent moins la peinture et sont préférés par le treillageur pour des travaux soignés.
- Le treillageur lui-même est en concurrence avec les fabricants de fils de fer, de ronces artificielles et de grillages mécaniques. Les facilités de transport livrent, à l’habitant, des tuiles et des ardoises qui remplacent avantageusement les bardeaux faciles à incendier. Seuls, les pays forestiers encore peu riches en voies de communication conservent leurs vieux usages de la couverture en bardeaux.
- Bois tressés ou de vannerie. — L’industrie de la fente fine (des éclisses) et delà vannerie, malgré la concurrence du rotin, semble, au contraire, en progrès. Les produits sont d’un façonnage plus soigné, et les éclisses de saule, étant d’une production insuffisante, on en demande à la bourdaine pour les bourriches et petits paniers; au
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- chêne, au châtaigner, au coudrier, au sapin, etc. pour les corbeilles de plus grandes dimensions. Dans certains pays, les fines éclisses sont utilisées pour la confection des boîtes et caissettes.
- L’Exposition actuelle a été remarquable au point de vue du travail de vannerie et du meuble en rotin. Nous mentionnerons principalement dans la section française les maisons Van Oye, Savoie, Huant-Hourdeaux pour la vannerie; la maison Pitet pour ses meubles en bambous et rotins coloriés, et la maison Van de Walle pour ses rotins filés servant au cannage des chaises, Le gouvernement de Siam avait également une collection de paniers en rotin, solidement et artistement tressés.
- Bois d’ébénisterie. — Dans les bois d’ébénisterie, il y a lieu de signaler un fait nouveau : c’est l’apparition des bois de couleur de l’Afrique tropicale.
- Les colonies françaises du Congo et de la Côte d’ivoire semblent devoir fournir dans l’avenir des quantités importantes de ces bois de couleurs rouges et jaunes dont les uns pourront être avantageusement employés par l’ébénisterie et les autres par la marqueterie. Les bois qui paraissent les plus répandus sont les bois rouges appelés acajous d’Afrique. Sans pouvoir remplacer les acajous de Saint-Domingue et de Cuba, ils viendront concurrencer sur les marchés d’Europe les acajous de qualité ordinaire tels que ceux de Tabasco, de Colon et de Panama. Les visiteurs ont pu voir dans le pavillon de la Côte-d’Ivoire une très belle pièce d’acajou exposée par M. Daudy.
- Diverses compagnies de colonisation du Congo ont également exposé des acajous ainsi que d’autres bois de couleur parmi lesquels nous citerons le bois de corail d’un rouge vif et des bois d’ébène.
- Mais aucun des nouveaux bois ne paraît devoir détrôner les bois classiques qui restent toujours l’acajou, le palissandre, le noyer d’Amérique, l’ébène, le tuya, l’érable et le tulipier.
- Dans l’acajou il y a deux catégories : les bois durs et les bois tendres. Les bois durs employés pour les très beaux travaux proviennent de Saint-Domingue, Porto-Plata et de Cuba; les acajous servant à deux fins proviennent du Mexique, de Tabasco et de Laguna; les bois tendres proviennent du Honduras, de Colon et de Panama ainsi que de l’Afrique équatoriale.
- Les prix de vente n’ont pas varié et les bois arrivent en quantités suffisantes sur les marchés d’Europe. Mais les grosses billes d’acajou de o m. 70 à 1 mètre d’équarrissage, provenance Saint-Domingue, Porto-Plata et Cuba, deviennent de plus en plus rares et actuellement celles de 0 m. 4o à 0 m. 45 d’équarrissage sont déjà considérées comme étant d’une belle dimension.
- Le Brésil a toujours le monopole du beau palissandre (provenances Rio et Babia) qui se vend 4oo francs à 1,200 francs la tonne. Celui fourni par les Indes (Bombay) a des diamètres plus grands, mais il est de moins bonne qualité; au bout d’un certain temps il perd sa belle couleur vive; il ne se vend, du reste, que de 300 francs à 450 francs la tonne.
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- Le noyer d’Amérique est d’un emploi courant dans l’ébénisterie.
- Le tulipier des Etats-Unis est fort employé pour les contre-placages et les travaux d’intérieur; les grumes ont de belles dimensions et le bois est très doux. Il se vend 8o francs à 1 oo francs la tonne au Havre; sa densité est de 65o à 800 kilogrammes le mètre cube. Il alimente surtout les usines de tranchage.
- Une fort belle exposition de bois d’ébénisterie a été faite par la maison Salignat, Simon, Loth et Cie, à Paris, qui a obtenu un grand prix.
- Le tranchage et le déroulage du bois sont des industries relativement récentes, créées par le développement mécanique et par la puissance des méthodes métallurgiques actuelles.
- Le débit des bois par le tranchage consiste à diviser des grumes ou des plateaux en feuillets plus ou moins épais, successivement coupés au moyen d’une forte lame, suivant une suite de plans parallèles à un diamètre.
- L’industrie du tranchage est essentiellement française; les premiers essais remontent à i83A et ont été faits par un ingénieur, M. Picot, de Châlons-sur-Marne. A partir de 1860, d’importants perfectionnements furent introduits dans les machines à trancher et actuellement cette industrie obtient d’excellents résultats. C’est en 1872 que M. Mougenot, à Paris, créa une machine à trancher les bois demi circulairement qui rend de grands services.
- Le tranchage permet de mieux utiliser la matière ligneuse en supprimant l’énorme déchet occasionné par le trait de scie et par le rabotage ; ce déchet peut être évalué pour les feuilles de placage, de 70 à 1A0 p. 100. Comme on le voit, l’économie est sérieuse, surtout lorsqu’il s’agit d’un bois d’ébénisterie d’un prix élevé. Par le tranchage, on arrive à produire des feuilles de placage d’un demi-millimètre d’épaisseur.
- Ce procédé a supprimé presque complètement la fabrication des beaux meubles massifs du commencement du siècle, mais il répond aux besoins du luxe contemporain qui exige des meubles bon marché mais à effet. L’on estime qu’il existe en Europe 5o machines a trancher dont 20 a Paris, 10 dans les départements de la France et 20 dans les autres pays d’Europe.
- L’industrie du tranchage est toujours prospère en France; elle est représentée à l’Exposition par les maisons françaises suivantes : la Société française du tranchage; MM. Mougenot et Labouré; M. Chossonnerie; M. Plessis. La Hongrie était représentée par la Manufacture des bois de Vrbovsko (Croatie).
- Le tranchage a développé, dans une certaine mesure, le remplacement du carton par la feuille de placage de peuplier ou autres essences.
- Des machines spéciales confectionnent automatiquement des boîtes ou caissettes de formes les plus variées utilisées par milliers tous les jours. L’exposition de M. Cottray, à Paris, est la plus complète dans ce genre de fabrication.
- Ici se termine la revue de l’industrie et du commerce relative à la matière ligneuse proprement dite.
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- Il nous reste cependant à dire quelques mots du charbon de bois, des écorces à tan, des lièges et des pâtes à papier.
- Charbon de bois. — Le charbon de bois n est plus guère employé dans la grande industrie si l’on excepte les pays du Nord (Scandinavie et Russie). Dans ces régions, la difficulté des transports ne permet pas l’exportation de tout ou partie des produits forestiers, ni l’introduction dans ces mêmes régions du combustible minéral provenant des centres miniers. Aussi le propriétaire tire-t-il un parti suffisamment avantageux de ses forêts en convertissant en charbon de bois ses menus bois ou même des arbres entiers. La Russie a exposé de magnifiques charbons obtenus dans des conditions spéciales de cuisson par de grands fours à carbonisation. L’exposition de M. Bokoff était particulièrement intéressante. La qualité des fers et des aciers norvégiens tient à leur fabrication au charbon de bois.
- En dehors de ces régions, le charbon de bois est de moins en moins employé et remplacé par la houille, le gaz et le pétrole.
- En France, cette industrie est tellement tombée que dans certaines régions on trouve difficilement des ouvriers pour la carbonisation des bois de charbonnette.
- La consommation des grandes villes diminue d’année en année. A Paris, les marchés au charbon de bois qui se tenaient sur des bateaux amarrés le long des berges de la Seine et des canaux pour répondre aux besoins des différents quartiers, ont disparu. La consommation parisienne qui, en 1873, était de 5,635,000 hectolitres n’a été, en 189g, que de 2,702,000 hectolitres, soit une diminution de 5o p. 100.
- De très beaux spécimens de charbons de bois de toutes grosseurs ont été montrés dans la section française par M. Panchèvre et par la Chambre syndicale des charbons de bois à Paris qui a exposé dans la collectivité de l’Union des marchands de bois de France.
- Écorces et extraits de tanin. — Les écorces à tan sont toujours employées pour le tannage des cuirs, mais en quantité moindre que par le passé. Les plantes tannantes, découvertes de tous côtés et montrées par les pays tropicaux, semblent vouloir leur faire concurrence de même que les extraits de tanin tirés des brindilles, branches et déchets de scierie tels que l’extrait de châtaignier et l’extrait de chêne.
- La maison Marchai,, Courbaize et Babillon à Maurs (Cantal) expose de ces deux sortes d’extraits.
- Quatre maisons hongroises ont également exposé des échantillons d’extraits de chêne. Ce sont les maisons S.-H. Gutmann, Céry Frank et C°, The Oak extract company, limi-ted et la Société anonyme des fabriques de tanin de Nasic. Ces quatre maisons produisent annuellement environ 2 3,000 tonnes d’extraits qui sont exportés dans tous les pays d’Europe. C’est une industrie florissante peu connue encore dans certains pays. Les tanneurs prétendent que le cuir tanné à l’écorce de chêne est de meilleure qualité que celui tanné aux extraits. Nous n’avons pas la compétence voulue pour trancher cette
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- question; nous nous bornerons à signaler simplement que tous les extraits qui se fabriquent sont achetés par les tanneurs et que ces extraits font de plus en plus concurrence aux écorces.
- Liège. — Le liège a fourni de nombreuses et belles expositions en Espagne, au Portugal, en Tunisie, en Algérie et même en France, auxquelles huit grands prix et treize médailles d’or ont été décernés.
- La production du liège, grâce aux travaux exécutés pendant ces dernières années^ s’est étendue énormément, surtout en Algérie où le rendement des exploitations augmente progressivement et devient rémunérateur pour les propriétaires de forêts de chêne-liège.
- Malgré l’augmentation de production, celle-ci peut à peine suffire aux demandes nombreuses qui ont à peu près doublé en dix ans par suite de nouvelles applications parmi lesquelles nous citerons la fabrication du linoléum et celle des agglomérés : briques, carreaux de liège et autres.
- La zone de production est toujours restreinte au bassin de la Méditerranée. Ces derniers temps on a cherché à planter le chêne-liège en Perse et en Amérique, mais avant que ces plantations soient suffisamment développées pour apporter du liège sur le marché, il se passera des années et de nouvelles applications auront été trouvées.
- L’Etat français possède de grands massifs en Algérie qu’il s’efforce de mettre en valeur; on ne saurait trop l’encourager à continuer son œuvre.
- La Tunisie pourrait probablement aussi augmenter sa production.
- Sparterie. — La sparterie emploie aussi diverses essences forestières parmi lesquelles nous citerons la tille, extraite du tilleul, très utilisée en Russie où elle sert aux usages les plus variés : nattes, chaussures, harnais, cordages. Cette industrie locale fort intéressante nous a été très bien présentée par l’Administration des Apanages Impériaux de Russie, par la Direction générale des forêts de Saint-Pétersbourg et par la Société moscovite de l’Industrie forestière à Moscou.
- La colonie anglaise de Ceylan avait également une collection très complète de ces matières textiles.
- Les fibres de coco et les fibres d’agaves dénommées fibres d’aloès, deviennent en Europe d’un très grand emploi. Les fibres d’aloès proviennent de Manille, du Mexique, de l’île Maurice et de la Réunion et sont utilisées pour la fabrication de cordes et d’agrès de gymnastique, d’articles de sparterie, hamacs, etc. Les cordes en fibres d’aloès sont imputrescibles et ont des emplois divers, soit pour laisses de chiens, cordes à sauter, vannerie, brides, licols, sangles, longes pour chevaux.
- Les fils de coco proviennent de la côte de Malabar (Indes anglaises), et de l’île de Ceylan. Les tissus en fils de coco donnent des tapis-brosses, des tapis très rustiques pour vestibules et pour les appartements carrelés; ces tissus sont également utilisés pour la fabrication de sacs à charbon. Une fort belle exposition, très complète, ayant
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- des articles variés du meilleur goût en fibres d’aloès et en fils de coco était celle de M. E. Dumont, à Paris.
- Pâte de bois. — L’on fabrique deux sortes de pâtes de bois, la pâte mécanique et la pâte chimique. Au début, toutes les usines produisaient de la pâte obtenue par le défibrage mécanique du bois qui rompait plus ou moins la fibre, mais depuis une vingtaine d’années des perfectionnements ont été introduits dans cette fabrication et l’on emploie de plus en plus des agents chimiques (la méthode à la soude et la méthode au sulfite] avec lesquels on obtient une fibre plus longue, plus souple, plus régulière et plus blanche. Pour obtenir un bon papier, l’on combine généralement la pâte mécanique avec la pâte chimique. En Suède les meilleurs bois pour la fabrication delà pâte de bois sont le tremble et le sapin; on emploie également le pin commun, mais ses fibres sont moins souples.
- Au Canada les différentes espèces de bois utilisées sont la sapinette blanche (Picea alba), la sapinette noire, le sapin du Canada, le peuplier, le tremble et le pin; mais les bois préférés sont la sapinette et le sapin.
- D’après des expériences faites dans ce pays sur des arbres d’âges différents, ceux d’environ vingt ans sont réputés les meilleurs pour la production de la pâte chimique; avant vingt ans le bois produit une fibre de qualité inférieure.
- Par les indications qui précèdent nous constatons que les bois nécessaires à la fabrication de la pâte de bois sont les bois blancs d’essences tendres contenant peu ou pas de résine, d’une croissance rapide, qui seraient d’une culture facile et rémunératrice pour tout propriétaire dont la forêt est située dans un rayon d’approvisionnement d’une papeterie.
- En France, dans la Nièvre, la culture du tremble a déjà pris un grand développement. Il faut espérer toutefois que, pour satisfaire l’industrie du papier, les forêts ne verront pas disparaître les jeunes plants d’avenir destinés à fournir du bois d’œuvre.
- A présent que nous avons succinctement passé en revue les produits de la Classe 50 et fait nos observations générales, nous allons rendre compte des opérations du Jury. Nous donnerons en même temps quelques indications sur les ressources forestières de chaque pays.
- En raison de l’importance et de la diversité des produits exposés, le Jury décide, dès sa première réunion, de se former en quatre sous-commissions comme en 1889.
- Chaque sous-commission, ayant son programme bien défini, a pour mission, après l’examen des produits, de soumettre ses propositions de récompenses au Jury, réuni en séance plénière, qui statue d’une façon définitive.
- La répartition des produits à examiner par les sous-commissions est la suivante :
- ire Sous-commission. — Lièges, écorces, matières tannantes, extraits, matières tinctoriales, essences, résines, goudrons, gommes.
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- 2e Sous-commission. — Rois d’ébénisterie, placages sciés ou tranchés, rotins, bambous, collections au point de vue de la botanique de la flore forestière d’une région, herbiers.
- 3e Sous-commission. — Vannerie, osiers, paniers, corbeilles, sacs, seaux en feuilles, enveloppes en jonc, en paille, tapis-brosses, paillassons, sparterie d’alfa, cordes, vases en racines, claies, séchoirs en lianes, en bambous, etc., crins, panneaux, paravents tressés.
- Feuilles pour la fabrication d’objets divers, balais en bouleau, en bruyère. Fibres de bois, semelles, sabots, cannes, outils en bois, barils, fûts, tonneaux, etc., mortiers, moyeux de voitures, cercles, menuiserie, parquets assemblés, caisses, boîtes d’emballage.
- ûe Sous-commission. — Bois de construction en grumes et débités, charpentes, sciages, frises pour parquets, merrains, pavés en bois, poteaux, traverses, bois à ouvrer autres que ceux de placage et d’ébénisterie, bois de feu, bois à charbon, charbons, bois torréfiés, briquettes, allume-feux.
- D’après le Catalogue officiel distribué à MM. les Jurés de la Classe 50, les expo-
- sants à examiner s’élevaient aux chiffres suivants :
- Pour la France et les colonies....................................... 2Ô2 exposants.
- Pour les pays étrangers.............................................. 589
- Ensemble...................... 841
- Ces chiffres se sont considérablement modifiés pendant les opérations du Jury. Aux Etats-Unis sur 90 exposants inscrits 12 seulement ont concouru. Une très grande exposition des produits forestiers devait être ouverte à l’annexe de Vincennes; le Jury comptait s’y transporter à la fin de ses opérations, mais au dernier moment il a été informé que cette exposition n’avait pu être préparée en temps voulu.
- De même pour le Mexique, au lieu de i34 exposants inscrits au catalogue, le Jury a eu à examiner les produits que de 34 exposants. Egalement au Portugal le chiffre de i4o exposants inscrits s’est réduit à 62. Finalement le total des exposants a été de 567, dont :
- Pour la France, les colonies et les pays de protectorat Pour les pays étrangers ... 387
- Ensemble ... 567
- Récompenses accordées aux exposants :
- Grands prix 37 Médailles d’or. 73 Médailles d’argent 9 4 Médailles de bronze Mentions honorables .... 73 . ... ’ 77
- A l’oceasion des grands prix accordés, il y a lieu de signaler que le Jury a eu à examiner 28 expositions officielles de gouvernements étrangers et d’apanages ainsi que
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- 5 expositions officielles des Colonies et Pays de protectorat français. Jamais dans aucune exposition antérieure pareil empressement ne s’était manifesté; aussi le Jury a-t-il constaté le fait avec une vive satisfaction.
- Récompenses décernées aux collaborateurs :
- Grands prix................ 2 Médailles de bronze......... 44
- Médailles d’or............. 34 Mentions honorables......... 60
- Médailles d'argent......... 63
- Les exposants dont les noms suivent sont hors concours :
- France. — MM. Brun, Chossonnerie, Desouches et Bruyer, Mougenot et Labouré, Pagès Camus et Clc, Rudolph, Société d’importation de chêne, Société française de Cotons À coudre, Société française de Tranchage de bois, Van Oye et C'°.
- Algérie. — Société anonyme de l’Oued-Soudan des Beni-Salaii.
- Congo. — Compagnie française du Congo occidental.
- Madagascar. — M. Delacre.
- Tunisie. — M. Pilter.
- Belgique. — Société anonyme coloniale «Ratania».
- Bosnie-Herzégovine. — M. Steinbeis Otto.
- Russie. —Administration générale des Apanages impériaux de Russie, à Saint-Pétersbourg.
- La liste complète des récompenses étant publiée officiellement, nons nous bornerons dans notre rapport à ne parler que des exposants ayant été particulièrement distingués par le Jury.
- EXPOSANTS HORS CONCOURS.
- FRANCE.
- M. Brun (Lucien), négociant, rue des Halles, 19, à Paris.
- M. Brun, ancien associé de la maison Veuve J.-P. Brun et fils qui a obtenu une médaille d’or à l’Exposition universelle de 1889 pour les lièges, dirige seul cette maison aujourd’hui.
- Il continue à faire un très grand commerce de bouchons, tant en France qu’à l’étranger et exporte principalement au Pérou, au Chili, en Bolivie, à l’Equateur et même en Abyssinie.
- Son objectif est d’arriver à faire apprécier la fabrication française des bouchons au même titre que la fabrication espagnole qui lient encore une très grande partie des marchés étrangers.
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- 1] a expose dans une vitrine, très bien aménagée, tous les échantillons de bouchons, boules et olives pour la passementerie, la mode et les jeux, des carrés de liège, des loupes pour horloger, des semelles et talonnettes, des planches à insectes, des planches décorées à la pyrogravure, des porte-plume en liège, de la poudre de liège, etc.
- En un mot l’exposition très complète de M. Brun qui indique à peu près tous les emplois du liège, est très intéressante à examiner, non seulement au point de vue de sa fabrication personnelle, mais aussi au point de vue des différents usages du liège.
- Collaboratrice. — MUo Brun, médaille d’argent.
- M. Chossokneiue (Denis-Silvère), Bois des îles et de France,fabrique de Placages. — Bureaux et magasins, passage Gatbois, 1/1; Usine et chantiers, même passage, 10,
- 12, 15, 17.
- Objets exposés : 11 tableaux et panneaux encadrés présentant environ 170 variétés de bois exotiques et indigènes.
- Nous avons remarqué surtout :
- Un panneau noyer veiné à raccords; un panneau noyer à friser; un panneau acajou moiré; un panneau frêne de Hongrie.
- En bois en grumes étaient exposés :
- Un rondin de N’Tisese, bois rouge du Congo appelé communément bois de corail; une bûche de gaïae d’Haïti ; une bûche d’ébène rouge de la Guyane ; une bûche de Macacouba du Brésil ; une bille de palissandre des Indes anglaises.
- Le tranchange des bois était représenté par deux troncs d’arbres (un noyer et un merisier) tranchés entièrement en feuilles d’un demi-millimètre d’épaisseur.
- M. Chossonnerie expose encore un tronc de noyer des Alpes dauphinoises de trois mètres de long sur six mètres de circonférence et pesant 11,15o kilogrammes.
- C’est une ancienne maison, actuellement l’une des plus importantes dans son genre.
- M. Chossonnerie a été nommé chevalier de la Légion d’honneur en septembre 1900 à l’occasion de l’Exposition.
- Collaborateurs. — MM. Rochet (François), Mariette (Henri), médailles d’or; M. L-ewens (Edmond), médaille d’argent.
- MM. Desoucues et Broyer, Entrepôt d'Ivry, quai d’Ivry, 71, à Ivry-Port (Seine).
- Cette maison avait obtenu une médaille d’or, à Paris, en 1889. Elle s’intitule Société d’approvisionnement pour toutes consommations ménagères, et fait non seulement le commerce de détail des combustibles, mais aussi celui des légumes, vins, bières, cidres, liqueurs, huiles et eaux minérales.
- Son exposition représente une scène de cuisine avec deux personnages en cire c-t a eu un certain succès de curiosité.
- Les produits exposés, concernant la Classe 50, consistent en un tableau synoptique des charbons de bois et en agglomérés.
- Le charbon de bois et ses dérivés sont livrés à la clientèle dans des sacs en papier, même pour des commandes de 3o à ûo centimes.
- La maison se préoccupe dans une large mesure du bien-être de ses ouvriers et employés, qui sont au nombre de 5oo.
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- Chiffre d’affaires annuel : 4 millions.
- M. Broyer (Emile), associé de la maison, a été nommé chevalier de la Légion d’honneur le 18 août 1900.
- Collaborateur. — M. Rouderques (Joseph), médaillejd’argent.
- MM. L. Mougenot et Labouré, trancheurs, rue de Charonne, 3A, à Paris. [Ancienne maison L. Mougenot; médaille d’or, Paris 1878 et Paris 1889.]
- M. L. Mougenot, chevalier de la Légion d’honneur, a été juré suppléant de la Classe 50.
- La maison L. Mougenot et Labouré a une fort belle exposition- de bois exotiques.
- Le Jury a particulièrement remarqué :
- Un placage de noyer moucheté d’Amérique, de 2 m. 20 sur 0 m. 80;
- Un madrier et du placage de bois rosé, moiré, flambé, d’une vivacité de couleur tout à fait remarquable ;
- Une bille de thuya débitée en placage de 0 m. 90 sur 0 m. 80 ;
- Une souche de thuya massif ;
- Une feuille d’érable, d’un seul morceau, mesurant 2 mètres de long sur i5o mètres de large, produisant une surface de 3oo mètres carrés et provenant d’un morceau d’érable déroulé d’un seul trait par une machine qui tranche les bois demi-circulairement, et qui est de l’invention de M. Mougenot. Le travail de cette machine avait déjà été apprécié et mentionné dans le rapport de 1889.
- La maison a encore exposé un tronçon d’acajou d’Afrique, de 1 m. 45 de diamètre, et pesant 5,700 kilogrammes. Ce tronçon provient des possessions françaises du golfe de Guinée et a été découpé dans un arbre de 32 mètres de long et de 7 mètres de circonférence, à 1 m. 5o du sol.
- Collaborateur. — M. Maille, médaille d’or.
- MM. Pagès, Camus et C‘e, rue Barbette, 8, à Paris; usines à Ivry-Port et à Vitry-sur-Seine (Seine) [anciennes maisons Camus, Delafontaine et Pagès, et Albert Pagès et C"].
- Fabrique de produits chimiques dérivés des bois d’essences dures et exploitations de bois.
- Production d’acide acétique, acétate de chaux, de soude, de cuivre, de plomb; pyrolignite de chaux, de soude, de plomb; alcools de bois, goudron de bois, huiles de bois; charbon de bois.
- Cette maison trouve dans les forêts de France tous les bois nécessaires à son industrie, quoiqu’elle en consomme annuellement de très grandes quantités. Les bois d’œuvre, c’est-à-dire les gros bois de ses exploitations forestières, sont revendus au commerce.
- Chiffre d’affaires annuel : 3 millions, dont un tiers avec les pays étrangers.
- Médaille d’or en 1878 ; médaille d’or en 1889.
- M. Albert Pagès a été juré suppléant ponr la Bosnie et l’Herzégovine, dans la Classe 50, à l’Exposition de 1900.
- Collaborateurs.— M. Sciimitt (Mathias), médaille de bronze; MM. Sciimitt (Pierre), Paysant (Nicolas) et Girard (Denis), mentions honorables.
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- M. Rudolpii {Ernest}, commerce de bois de sciage et de bois à ouvrer, quai de l’Oise, à Paris
- M. Rudolpiï est établi marchand de bois depuis 1865 ; il a lui-même succédé à son père.
- M. Rudolph a tenu à présenter les bois secs tels qu’il les livre à sa clientèle. Son exposition laite à deux emplacements diüérents, run dans la galerie couverte, l’autre en plein air, devant la classe 50, montre au public la réduction d’un chantier de bois à Paris. A l’extérieur, nous remarquons trois piles, l’une composée de pitchpin et sapins de toutes provenances; l’autre, de sciages de hêtres et de peupliers , et la troisième, de sciages de chênes de France, de Galicie et de Slavonie.
- L’exposition couverte montre de ces mêmes bois, placés debout, par colonnes, auxquels sont ajoutés des échantillons des parquets de sapin blanc, de sapin rouge, de pitchpin et de chêne.
- La maison Rudolph est une ancienne et importante maison de la place, très connue dans le commerce des bois; elle traite annuellement un gros chiffre d’affaires.
- Collaborateur. — M. Jolly (Victorin), médaille de bronze.
- Société dimpobtation de chêne [Société anonyme française'), Bois de sciage, chêne et parquets; siège social: rue du Débarcadère, à Pantin (Seine); succursale à Lille, avenue de THippodrome, h et 6, et avenue Butin, 15, 17 et 3a; exploitations forestières et
- scieries mécaniques à Agram (Croatie), à Normanci et à Vrbanja (Slavonie).
- L’exposition de cette Société est la plus importante exposition particulière de la Classe 50 et l’une des plus complètes pour le bois de chêne.
- Elle montre des grumes non sciées, des grumes sciées et reconstituées, indiquant la manière de débiter les arbres, des plateaux, planches et feuillets sur quartier et sur dosse, des frises brutes, des parquets façonnés, des parquets assemblés, une porte, un lambris, ainsi qu’un escalier en chêne verni. Ces produits indiquent, de la sorte, au public les diverses transformations et les emplois variés du bois de chêne.
- A citer comme pièces remarquables : un tronc de chêne en grume, sans défaut, de 8 m. 20 de long, ayant aux deux extrémités, des circonférences de 5 m. o5 et de 4 m. 12, d’un volume réel de 11 mètres cubes, et pesant 12,5 00 kilogrammes; l’arbre dans lequel ce tronc a été découpé avait 33 mètres de long et a donné 2 8 mètres cubes de bois pour la scierie. Des feuillets, planches et plateaux sur quartier, de 2 m. 25 à 6 m. de long sur o m. 33 à o m. 63 de large. Des plateaux sur dosse, de 0 m. 08 à 0 m. 1 o d’épaisseur, de 4 à 6 mètres de long, et de 0 m. 70 à 1 mètre de large. Des chevrons de 5 h 6 mètres de long et de o m. 16 à 0 m. 20 d’équarrissage, sans trace de cœur.
- Tous ces bois proviennent de chênes pédonculés de la Slavonie; ils sont sans défaut, très doux à travailler et d’une couleur bien uniforme. Des vues photographiques montrent les exploitations, les scieries et les chantiers de la Société.
- La Société d’importation de chêne a été fondée en 1881.
- Elle exploite des forêts considérables en Croatie-Slavonie et approvisionne en chêne de premier choix les industries françaises: menuiserie, ébénisterie, fabriques de pianos, etc., qui trouvent difficilement dans notre pays des bois de même qualité en quantités suffisantes. 120,000 mètres cubes grumes sont annuellement sciés dans ses usines, pour lesquels 3o,ooo arbres de vieille futaie sont nécessaires.
- Elle fait également le commerce de bois de chêne de France, de Russie et d’Amérique.
- Des forêts françaises, elle tire principalement les frises brutes, qui sont transformées en parquets dans son chantier de Pantin.
- Elle occupe dans ses usines et exploitations forestières, suivant les saisons, 1,200 à 2,000 ouvriers.
- A Pantin et à Lille, elle occupe une centaine d’ouvriers et une trentaine d’employés.
- Le conseil d’administration a organisé la participation aux bénéfices pour tous les employés et contre-
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- maîtres; il a constitué, en même temps, une caisse de secours et de retraites uniquement alimentée par les bénéfices, c’est-à-dire sans aucune retenue sur les salaires et les appointements.
- Presque tous les employés sont actionnaires de la Société et, par ce fait, de véritables collaborateurs.
- M. Voelckel (Eugène), administrateur-directeur au siège social, à Pantin, a fait partie du Jury des récompenses de la Classe 50, et, à l’occasion de l’Exposition de 1900, il a été nommé chevalier de la Légion d’honneur le 11 décembre 1900.
- Collaborateurs. — M. Valentin (Marie-Louis), médaille d’or; M. Tesson (Aimé), médaille d’argent; M. Barjonnet (Louis), médaille de bronze; MM. Brutto (Joseph), Bachelard, Osouf et Schluck, mentions honorables.
- Société française de cotons à coudre, établissements Cartier-Bresson et F. Suzor réunis.
- La Société s’occupe de la fabrication des cotons à coudre, à broder, à crocheter, à tricoter, etc.
- Depuis 1860, elle produit elle-même, dans une de ses usines des Vosges, et avec des hois indigènes, toutes les bobines qui sont nécessaires à son commerce.
- C’est une collection de ces bobines en bois que la Société a exposée dans la Classe 50.
- La consommation annuelle de bobines faite par cette Société est de 6 millions de pièces, pour la fabrication desquelles 3,ooo stères de bois d’essences tendres sont nécessaires.
- Le président du conseil d’administration, M. Cartier-Bresson (Jean), a fait partie du Jury des récompenses de la Classe 80 à l’Exposition universelle de 1900.
- Société française de tranchage des rois, passage Charles-Dallery, 1 6, à Paris ; usines passage Charles-Dallery, 16, et rue du Loiret. (Médaille d’or, Exposition universelle de Paris 1878; grand prix, Exposition universelle de Paris 1889.)
- Cette Société fait pour son compte, et pour le compte d’autrui, le tranchage des hois exotiques et indigènes.
- Ses machines brevetées, du système Bartlett, perfectionnées par M. L. Plessis, permettent de faire des panneaux de 3 mètres de long et de 2 à 15 millimètres d’épaisseur.
- Ce mode de tranchage est utilisé principalement pour les bois d’essence tendre, surtout pour le peuplier et le tulipier, et offre sur les bois sciés les avantages suivants : suppression du trait de scie et du rabotage, d’où économie sur la matière, variant de 70 à i4o p. 100 ; grande régularité dans l’épaisseur des panneaux et séchage complet, très rapide.
- Les produits de la Société sont employés principalement par l’ébénisterie, la menuiserie, la carrosserie , la miroiterie, le cartonnage, les fabricants de boîtes, de jouets et de malles, ainsi que par la gainerie.
- La Société tranche le cèdre de la manufacture des tabacs à Reuilly, pour la fabrication de ses boîtes à cigares.
- La Société française de tranchage des bois a exposé des billes de peuplier et de tulipier tranchées à 3, 5, 6, 10 et 12 millimètres, une bille de noyer tranchée à 5 millimètres, et une série de panneaux en bois des îles.
- Collaborateurs.— M. Cormier (Léon), médaille d’or; M. Koecher (Daniel), médaille d’argent; MM. Batscii (Marcel) et Hecken (Nicolas), médaille de bronze.
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- MM. Van Oye (Albert) et C'% Industrie du rotin et de la vannerie, à Halluin (Nord).
- M. Albert Van Oye, chevalier de la Légion d’honnenr, conseiller provincial en Belgique, directeur général de la Société anonyme coloniale Ratania, à Bruxelles, a été nommé vice-président du Jury de la Classe 98. (Brosserie fine, vannerie.) De ce fait, l’exposition de sa maison d'Halluin s’est trouvée hors concours. Cette maison a été fondée en 1865 et existait précédemment à Loos-les-Lille et à Vez (Oise).
- Elle s’occupe spécialement de l’achat et de la revente en gros des rotins et des osiers et fabrique la vannerie fine et la vannerie industrielle en rotins : paniers à houille et coke pour mines, chemins de fer, etc , dont des spécimens ont été exposés.
- Elle emploie un millier d’ouvriers; une machine à vapeur et 35 refendeuses et planeuses pour le rotin.
- A obtenu, dans diverses classes, en 1889 : un grand prix, une médaille d’or, une médaille d’argent.
- Collaborateur. — M. Van Oye (Biermé-Edmond), directeur-gérant, médaille d’or.
- COLONIES ET PAYS DE PROTECTORAT.
- ALGÉRIE.
- Société anonyme de l Oued-Soudan des Beni-Salah {arrondissement de Bône).
- Avenue de Wagram, 8A, à Paris.
- Cette Société est propriétaire de 8,187 hectares dépendant de la forêt dont elle porte le nom.
- Elle expose des lièges en planches, du tan de chêne-liège, du tan de chêne-zéen, des madriers, des plateaux, des traverses, des merrains en chêne-zéen et 4 fûts confectionnés exclusivement avec des merrains de chêne-zéen.
- Ces fûts se composent : d’un demi-muid, d’une barrique de 2 2 5 litres, d’une feuillette de 110 litres et d’un quart de 75 litres.
- Par cette exposition de futailles, la Société de l’Oued-Soudan vient de démontrer, ainsi quelle l’avait déjà fait en 1878 et en 1889, que les propriétaires de vignobles en Algérie ont à leur disposition, dans les forêts même du pays et à bon compte, le bois nécessaire à la fabrication de leurs tonneaux. Aussi est-il permis de se demander pourquoi l’on continue à faire venir du dehors, à des prix élevés, le matériel de cave que l’on pourrait assez facilement fabriquer sur place.
- Il est vrai de dire que le chêne-zéen, qui est très dense et beaucoup plus difficile à façonner que le chêne rouvre ou le pédonculé, exige pour l’ouvrier chargé de le mettre en œuvre un sensible surcroît de besogne. Mais, par contre aussi,les tonneaux fabriqués avec le chêne-zéen seraient beaucoup plus résistants et compenseraient probablement, par leur durée, l’augmentation de main-d’œuvre qui en résulterait.
- Le président du Conseil d’administration de cette Société est M. Rebattu (Amédée), chevalier de la Légion d’honneur, membre du Jury international des récompenses de la classe 50 à l’Exposition de 1900. M. Rebattu a déjà fait partie des Jurys aux Expositions universelles de 1878 et 1889.
- CONGO.
- Compagnie française du Congo occidental. Rue du Louvre, A2, à Paris.
- La Compagnie française du Congo occidental est une Société anonyme fondée en juillet 1898, au capital de 2,5oo,ooo francs. Elle possède au Congo, sur le territoire de Nyanga, une concession
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- d’environ 4 millions d’hectares, presque entièrement rouverte de forêts, et qui longe la côte sur une longueur de 180 kilomètres.
- Le rendement même approximatif de ces forêts n’a pu encore être évalué, mais la production ligneuse sur une telle superficie semble pour ainsi dire indéfinie.
- La Compagnie expose une bille de Minzi, une bille de Lisungi, deux vitrines en bois du Congo, une collection composée d'une trentaine d’échantillons des bois de ses forêts, préparée par M. Vergnes, directeur de la Société, à Mayumba. Les principales essences sont exportées très régulièrement au Havre, à Anvers et à Hambourg.
- Ce sont: le N’Guima ou Ezigo des Gabonais; le F’Knbi; le Bilolo ou Okoumé; le Tchïbanzila, faux buis ou citronnier, employé pour l’ébénisterie et la marqueterie; le N’Duba, genre acajou très foncé et employé pour l’ébénisterie.
- Les forêts de cette Société renferment également des acajous véritables et de l’ébène, mais ces essences se rencontrent surtout dans l’intérieur des forêts et ne peuvent être exploitées immédiatement, faute de voies de communication; c'est une réserve pour l’avenir.
- La Société a installé sur son domaine une scierie pour équarrir les arbres; les outils ont été fournis par la maison Arbey, de Paris. Une îocomobile-automobile routière, de la maison Pilter, sert à deux fins, tantôt elle fournit la force motrice nécessaire au fonctionnement de la scierie, tantôt elle est utilisée pour les charrois des arbres de la forêt à la scierie.
- La Compagnie française du Congo occidental exporte mensuellement environ 25 tonnes de bois; mais, par suite des marchés en cours de livraison, elle exportera pendant un an au moins 45 tonnes par mois.
- Elle tire également de ses forêts une assez grande quantité de caoutchouc.
- M. Léon Dovignau de Lànneau, un des administrateurs de cette Compagnie, a été membre et secrétaire du Jury à la Classe 6 de l’Exposition de 1900.
- Collaborateur. — M. Vergnes, directeur à Mayumba, médaille de bronze.,
- MADAGASCAR.
- M. Delacre (L.), négociant, rue Bleue, 9, à Paris.
- M. Delacre a exposé 72 échantillons des diverses espèces de bois provenant des forêts de Fonl-poinle, au Nord de Tamatave, où il a installé une petite scierie à vapeur.
- Ces forêts renferment des bois fins qui pourraient être utilisés par l’ébénisterie et la menuiserie, tels que :
- h'Antavart, le Voungo, le Nato, V Azomboy, YAzoundiam, le Uintz, etc.
- Mais les difficultés d’exploitation et le prix élevé du fret maritime ne permettent pas de les exporter quant à présent.
- TUNISIE.
- M. Pilter (John-Georges}, boulevard Haussmann, 19, à Paris.
- M. Pirter possède à Ksar-Tyr une des plus imposantes exploitations agricoles de la Tunisie, où il a également une pépinière de différentes essences forestières du pays.
- Il expose des bois d’olivier, de caroubier, d’eucalyptus et des thuyas.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 107
- BELGIQUE.
- Société anonyme coloniale k Ratania v, rue Coenraels, 65, à Bruxelles.
- Le mot anglais rattanveut dire rotin, d'où le nom ratania.
- Cette Société a succédé, depuis le 1er janvier 1896, pour la Belgique, l’Allemagne, ainsi que pour les pays transatlantiques, à la maison Van Oye et Cie, fondée en 1865.
- Elle s’occupe tout spécialement de l’importation du rotin brut et de sa transformation en produits manufacturés, tels que : filés pour chaises, vannerie, baleines pour parapluies, corsets, chapeaux, etc., paniers à houille et coke, vannerie fine en moelle de rolin, paillassons, nattes, tapis tissés d’écorces de rotins pour voitures et wagons. Elle utilise également de grandes quantités d’osier.
- L’usine de la Société est à Bruxelles, où elle a le grand avantage de recevoir, via Anvers, à des frets relativement bas et suns avoir à acquitter des droits de douane et des droits de surtaxe d’entrepôts, tous les rotins, joncs, etc., nécessaires à son industrie.
- La Société Ratania est devenue coloniale parce que, dans ses rapports directs avec les pays d’origine, dans le Congo et les colonies ho’landaises, Java et Bornéo, elle a dû chercher le moyen d’y établir des factoreries destinées à accaparer, des indigènes, les meilleures espèces de rotins, les bambous, joncs, palmiers, fibres de toutes natures, et à échanger ces matières premières contre dei produits d’exportation belge.
- La Société Ratania emploie annuellement environ 2 millions et demi de kilogrammes de rotins et autres joncs, autant d’osiers du pays et de la Silésie.
- Son chiffre d’affaires se monte à 2 millions et demi de francs, dont une grande partie est traitée avec les pays étrangers.
- Ce qui caractérise encore l’organisation de cette Société, c’est quelle a, tant en Belgique qu’en France, en Angleterre, en Hollande et en Allemagne, des maisons affiliées, véritables succursales, employant ses produits et devenant ainsi les voies d’écoulement directes des trop-pleins ou des articles délaissés.
- La Société Ratania occupe plusieurs centaines d’employés et d’ouvriers, hommes et femmes. C’est une des plus importantes maisons faisant le rotin.
- Le directeur général est M. Albert Van Ote, fondateur de la Société, qui possède encore, avec d’autres intéressés, à Halluin (France), une fabrique de vannerie et d’articles en rotin, sous la raison sociale Albert Van Oye et Cle.
- M. Van Oye a été vice-président du Jury international des récompenses dans la Classe 98: Brosserie , maroquinerie, tabletterie et vannerie fine. 11 est chevalier de la Légion d’honneur depuis 1897.
- BOSNIE-HERZÉGOVINE.
- M. Steinbeis ( Otto), Exploitations forestières et scierie, ù Doberlin.
- M. Steinbeis expose des planches et des équarris de grandes dimensions, de toute beauté et d’un sciage irréprochable, en essences résineuses : épicéas, sapins et pins.
- De nombreuses vues photographiques donnent une idée de l’exploitation forestière et du transport des arbres jusqu’à la scierie. Ce transport, en raison de l’altitude des forêts, 900 à 1,900 mètres, est dilficultueux et se fait au moyen de chemins de fer à voies étroites et de glissoires jusqu’aux cours d eau où ces arbres sont alors flottés.
- C’est M. Steinbeis qui s’installa l’un des premiers (1893) en Bosnie-Herzégovine pour y exploiter
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- les immenses forets gouvernementales restées sans valeur jusqu’à celte époque, faute de routes de communications.
- Débit annuel : en 1893, 20,000 mètres cubes grumes; en 1899, 100,000 mètres cubes grumes; les aimées prochaines, 3oo,ooo mètres cubes grumes.
- L’entreprise occupe i,5oo à 1,700 ouvriers amenés de la Bavière, de la Stvrie et de la Carinthie, pour lesquels, en raison de l’éloignement de tout centre d’habitation, M. Steinbeis a dû créer des cités ouvrières, des magasins d’approvisionnement, des auberges, des écoles, des bibliothèques, etc.
- Les produits sont exportés viâ Fiume, en Italie, Algérie, Egypte, aux Indes, au Transvaal, en Angleterre, en Hollande, en Allemagne, et, depuis deux ans, en France, c’est-à-dire depuis la hausse des sapins de Suède et de Norvège.
- M. Steinbeis, qui a son domicile à Brannenburg (Bavière), représentait l’Allemagne dans le Jury international des récompenses de la Classe 50.
- Collaborateurs. — MM. Hurrle (Charles); Grdner (Guillaume); Held (Gottlieb), médailles d’argent.
- RUSSIE.
- Administration générale des apanages impériaux de Russie, h Saint-Pétersbourg.
- Nous parlerons de l’exposition de cette importante administration dans le chapitre traitant de la Russie.
- FRANGE.
- STATISTIQUE.
- D’après les indications fournies à l’occasion de l’Exposition de 1900, la surface forestière de France est évaluée à q,55o,ooo hectares, contre q,i85,ooo hectares en 1878, soit une augmentation de 365,000 hectares.
- La répartition de cette surface boisée est la suivante :
- Forêts de l’État.................................................... 1,1 A 0,000 hectares.
- Forêts des communes et des établissements publics soumises au
- régime forestier................................................. 1,930,000
- Forêts des particuliers et forêts des communes non soumises au
- régime forestier................................................. 6,A8o,ooo
- Total..................... 9,55o,ooo
- Sur les i,i4o,ooo hectares de forêts de l’État, il y a lieu de déduire a5o,ooo hectares de terrains à peine peuplés ou même complètement nus, que l’État détient dans
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 109
- un but d’intérêt général (périmètres en cours de reboisement, zone littorale de la région des dunes, vacants ou pâturages de montagne, zone de protection, etc.).
- Les forêts de l’Etat représentent donc une étendue de 890,000 hectares et la surface boisée totale se réduit à 9,300,000 hectares.
- La superficie de la France étant de 51,900,000 hectares, le taux de boisement est de 17,91 p. 1 00.
- Les forêts de l’Etat se répartissent suivant le mode de traitement, savoir :
- Futaie I ^e3u^re..................................... 36o,ooo
- ” ( Jardiuée................................ 100,000
- Conversion de taillis en futaie.................................
- Taillis sous futaie.............................................
- Taillis simple, sarté ou fureté.................................
- 46o,ooo hectares.
- 120,000
- 290,000
- 20,000
- Total,
- 890,000
- Les forêts communales et d’établissements publics soumises au régime forestier se répartissent comme suit :
- Forêts improductives............................................
- „ , . ( Régulière............................. 180,000)
- futaie.... 6 or
- ( Jardinee.............................. 000,000
- Conversion de taillis en futaie.
- Taillis sous futaie............
- Taillis simple, sarté ou fureté,
- 110,000 hectares.
- 54o,ooo
- 20,000
- 1,000,000
- 260,000
- Total
- 1,930,000
- Les forêts communales non soumises et les forêts des particuliers sont traitées le plus souvent en taillis simple ou en taillis sous futaie. Sauf lorsqu’il s’agit de bois résineux, les propriétaires n’adoptent qu’exceptionnellement le régime de la futaie, qui nécessite l’immobilisation d’un capital ligneux considérable.
- On peut distinguer en France trois grandes régions forestières qui, sur leurs limites respectives, se fondent plus ou moins entre elles : la région chaude ou région méditerranéenne et océanique du Sud; la région tempérée ou moyenne qui est la plus développée et qui comprend les plaines, les collines et la partie inférieure des montagnes; et la région froide ou montagneuse.
- Dans la région chaude, qui comprend le pourtour de la Méditerranée, on trouve comme essences spéciales : le chêne-liège, le chêne yeuse ou chêne vert, le pin d’Alep, le pin maritime et l’olivier.
- La région océanique du Sud, qui s’étend sur les bords du golfe de Gascogne, entre la Gironde et les Pyrénées, est caractérisée par la présence du pin maritime, auquel s’adjoignent, à mesure que l’on s’éloigne du littoral, le chêne vert, le chêne tauzin, le chêne occidental, le chêne rouvre et le chêne pédonculé.
- Les espèces d’arbres (essences en langage forestier) de la région tempérée, qui est
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- de beaucoup la plus étendue, sont : le hêtre, le châtaignier, le chêne pédoncule, le chêne rouvre, le chêne tauzin, le chêne chevelu, le charme, l’orme, le frêne, le saule, l’érable, l’aune, le tilleul, le .bouleau, le peuplier, etc. On y rencontre également le pin sylvestre, qui a été introduit artificiellement.
- Les essences spéciales à la région froide ou montagneuse sont : le sapin pectiné, l’épicéa, le hêtre, le pin sylvestre, le pin de montagne et le mélèze, le pin cembro, le pin laricio.
- D’une manière générale, on peut admettre que les bois feuillus occupent environ les trois quarts de l’étendue des forêts, et les bois résineux l’autre quart.
- Les produits ligneux que l’on retire des forêts se divisent en deux grandes catégories : les bois de feu et les bois d’œuvre.
- Les forêts fournissent, en outre, des écorces à tan, du liège, de la résine et quelques autres produits de moindre importance.
- La production ligneuse totale s’élève annuellement à environ 26 millions de mètres ~"bes en grumes, savoir :
- Groupe I. Forêts de l’État... 2,900,000 mètres cubes.
- Groupe II. Forêts des communes et des établissements publics soumises au régime forestier 4,800,000
- Groupe 111. Forêts des particuliers et forêts communales
- non soumises.................. i8,3oo,ooo
- Total..... 26,000,000
- Les deux premiers chiffres sont tirés des documents officiels, le troisième provient de simples évaluations.
- Le chiffre total de la production ligneuse se décompose comme suit :
- Bois d’œuvre..................................... 6,000,000 mètres cubes.
- Bois de feu...................................... 20,000,000
- La répartition de ces produits, pour chacun des trois groupes de forêts est la suivante :
- 1,080,000 mètres cubes. 1,820,000 1,250,000
- 3,55o,ooo 3,670,000 i4,63o,ooo
- Le revenu budgétaire en argent des forêts de l’État est d’environ 3o,5oo,ooo francs. Le rendement en argent des forêts des communes et des établissements publics soumises au régime forestier est approximativement de 3 k millions de francs.
- La France est loin de produire la quantité de bois d’œuvre nécessaire à sa consommation ; pendant la dernière période quinquennale, 1894 à 1898, les importations
- Bois d’œuvre. Bois de feu. . Bois d’œuvre. Bois de feu. . Bois d’œuvre. Bois de feu. .
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 111
- ont atteint une moyenne de i£o,£80,000 francs, et les exportations une moyenne de Ai,822,ooo francs. Soit un excédent moyen des importations de 98,658,000 francs.
- D’après M. A. Miîlard (Insuffisance de la production des bois d'œuvre dans le monde), la valeur moyenne de la tonne de bois importée de 189A1 à 1898, s’est élevée à 89 fr. 96, tandis que la valeur moyenne de la tonne exportée n’a été que de £8 fr. 71.
- La comparaison de ces deux valeurs montre que les bois importés étaient des marchandises beaucoup plus belles que les bois exportés, ce qui indique que ce sont les bois d’œuvre de qualité supérieure qui font défaut en France, alors qu’il y a des bois médiocres en excédent. Le déficit des bois d’œuvre est estimé à 3 millions de mètres cubes, soit la moitié de la production de l’ensemble des forêts de France. Le déficit le plus considérable porte sur les bois équarris ou sciés d’essences diverses. Ce sont en grande partie des bois résineux venant de Russie, de Suède, de Norvège et d’Amérique du Nord, débités dans des arbres de 100, i5o ou même 200 ans. Leur excédent d’imjiortation correspond à 2,800,000 mètres cubes.
- La France importe également 227,000 mètres cubes de bois résineux propres à la fabrication de la pâte à cellulose.
- Il y a un excédent d’importation de £28,000 mètres cubes sur les chênes équarris, les sciages et les merrains. Le débit de ces produits ne se faisant avantageusement que dans les chênes de belles dimensions, on peut en conclure que la France n’élève pas assez d’arbres de cette catégorie.
- Par contre, les traverses de chemin de fer, chêne et essences diverses, que l’on fabrique avec des bois de dimensions moyennes et de seconde qualité, ont un excédent d’exportation de 70,000 mètres cubes.
- Enfin, les bois bruts d’essences diverses et les perches et étançons de mines présentent un excédent d’exportation de i,o£o,ooo mètres cubes, absorbés surtout par les houillères anglaises et belges. Ce sont, en grande majorité, des perches de taillis ou des résineux crus dans les Landes ou sur les dunes de l’Océan. Leur production est certainement très préférable à celle des bois à charbon, mais néanmoins très inférieure en qualité et en valeur à celle des sciages de sapin ou d’épicéa, des sciages et des merrains de chêne.
- M. Mellard conclut de la façon suivante :
- L’état de la production forestière en France, envisagé par rapport à la demande du marché intérieur, se résume comme suit :
- Excès de bois de feu et de bois d’œuvre de petites dimensions;
- Insuffisance notoire des résineux et des chênes de fortes dimensions.
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- IMPORTATIONS
- ANNÉES. BOIS A BRÛLER. BOIS À CONSTRUIRE. BOIS D’ÉBÉNISTERIE.
- IMPORTATIONS. EXPORTATIONS. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- francs. francs. francs. francs. francs. francs.
- 1827 à 1830 (moyenne) 1,090,000 25,000 12,810,000 2,000,000 1,010,000 33,000
- 1831 à 1840 (moyenne) 84o,ooo 55,000 l8,8l0,000 1,780,000 i,64o,ooo 21,000
- 1841 à 1850 (moyenne). ....... 980,000 62,000 28,750,000 2,83o,ooo 2,1 10,000 22,000
- 1851 à 1860 (moyenne) '.. 870,000 1 12,000 43,290,000 6,820,000 3,660,000 182,000
- 1861 à 1870 (moyenne) 740,000 34i,ooo 1 i8,64o,ooo 17,850,000 4,870,000 710,000
- 1871 à 1880 (moyenne) 730,000 670,000 1 24,43o,ooo 24,85o,ooo 4,45o,ooo 1,33o,ooo
- 1881 à 1890 (moyenne) 1,353,000 548,ooo 115,585,ooo 17,348,000 5,828,000 i,35o,ooo
- 1891 1,2 G 4,0 5 4 i,io2,i36 160,042,219 26,550,762 5,536,625 1,537,428
- 1892 1,666,274 806,718 73,196,885 24,455,235 6,288,821 1,052,870
- 1893 V* O O 706.290 93,261,545 23,6l5,025 6,901,256 1,076,568
- 1894 2,943,606 960,768 99,g36,o45 26,4l5,220 7,120,538 944,454
- 1895 2,860,571 798,649 96,176,820 23,582,090 5,267,668 1,378,482
- 1896 2,934,279 808,049 111,181,338 26,2.56,790 7,556,798 i,65o,o82
- 1897 3,069,104 732,717 115,585,889 12,519,172 9,281,981 1,422,606
- 1898 3,042,749 792,320 115,3o4,428 10,572,747 1 o,45o,587 1,399,395
- 1899 2,976,600 738,4i 4 112,368,442 1 2,633,220 8,698,669 i,248,54o
- RÉCOMPENSES
- GRANDS PRIX.
- M. Bouvet (Maurice), à Salins.
- A exposé deux pièces de sapin débitées dans son usine de Salins et qui proviennent de la forêt domaniale de Joux (Jura), canton des Ghérards, où tous les arbres atteignent généralement des hauteurs de 3o à ho mètres sur o m. 80 à 1 mètre de diamètre.
- L’une des pièces a 29 mètres de long ; elle est sciée en plateaux de o m. 07 d’épaisseur.
- L’autre 827 mètres de long; elle est sciée à vives arêtes de o,A5/o,45 d’équarrissage.
- Quinze pièces de sapin de 0 m. 60 à 0 m. 80 d’équarrissage forment les sous-traits.
- Les deux longues pièces exposées sont magnifiques par leurs dimensions et donnent une idée de la beauté des sapins du Jura.
- Elles sont admirablement bien débitées, d’une régularité de sciage parfaite, ce qui indique que la maison Bouvet possède un outillage lui permettant de scier les arbres les plus gros et les plus longs.
- La maison Bouvet a été créée en 1853 par M. Bouvet (Alfred), père; ses deux fils lui ont succédé sous la raison sociale Bouvet frères, et depuis un an M. Bouvet (Maurice), l’un des associés, est resté seul en nom.
- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 113
- EXPORTATIONS.
- MERRAINS. CHARBON DE BOIS. LIÈGE BRUT. ÉCORCES À TAN. BOIS DE TEINTURE.
- IMPORTATIONS. EXPORTATIONS. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- francs. francs. francs. francs. francs. francs. francs. francs. francs. francs.
- 3,920,000 // 1,120,000 21,000 204,000 270,000 309,000 l6l,000 2,060,000 38,000
- 4,590,000 41,000 i,54o,ooo 27,000 338,000 222,000 34l,000 62,000 3,200,000 42,000
- 9,670,000 3o,ooo 2,900,000 32,000 3io,ooo i5o,ooo 294,000 80,000 3,3go,ooo 80,000
- 16,870,000 226,000 2,43o,ooo 143,000 45o,ooo 1 o3,ooo 177,000 91,000 5,160,000 470,000
- 29,690,000 85o,ooo 2.64o,ooo 426,000 1,390,000 1 25,000 980,000 1,700,000 8,170,000 1,070,000
- 4 8,6 4 0,000 1,870,000 1,780,000 560,000 2,54o,ooo 730,000 2,690,000 8,880,000 i3,38o,ooo 1,270,000
- 5i,4o8,ooo 2,974,000 2,901,000 5i 1,000 4,o3o,ooo 1,670,000 i,83i,ooo 5,669,000 19,384,000 1,761,000
- 75,356,ooo 3,6i i,o83 i,o35,475 627,510 6,846,808 2,070,712 1,235,608 6,358,55o 17,716,553 1,033,629
- 17,483,691 1,487,762 8o6,663 691,704 5,820,262 1,716,839 741,639 5,358,523 17,134,629 782,741
- 21,911,713 906,397 698,250 548,028 4,141,169 1,278,459 980,874 5,923,962 1 7,671,228 897,583
- 36,422,ioo 796,037 515,463 903,708 4.4 0 4,114 1,634,200 1,1 1 0,001 6,o83,225 18,209,214 985,95i
- 2.3,113,214 752,182 548,ioo 488,124 4,oi3,25i 1,613,519 843,4g3 6,037,619 18,969,124 i,i34,o48
- 27,238,3g5 835,i36 563,o63 i,i38,33-2 3,889,882 2,623,3o3 663,963 4,809,584 19,569,912 4i 1,789
- 22,202,832 832,818 554,925 459,966 4,874,910 2,473,233 709,162 4,802,757 13,170,655 362,121
- 20,913,852 8.39,189 483,6i3 397,332 3,8.3,533 2.699,670 785,532 5,149,680 9,198,102 479,07!
- 23,102,760 873,447 48i,25o 327,990 4,761,100 3,358,800 516,724 4,981,095 12,539,715 690,883
- Cette maison est devenue l’une des plus importantes de France; elle possède des scieries à Salins, à Villers-sous-Chalamont, à Fontenay, à Champagnole et à Arc-en-Senans.
- La production annuelle est de 25,000 mètres cubes sciage de sapin, et 1,200 mètres cubes de chêne.
- Elle occupe 5oo ouvriers et employés.
- MM. Salignat (Ch.), Simon (P.), Loin et C‘% commerce de bois des îles et de placages, avenue Daumesnil, 3i, et Faubourg-Saint-Antoine, 296, Paris. (Successeurs depuis octobre 1807 de la maison Girardot (E.). — Médaille d’or en 1878 , médaille d’or en 1889.)
- Belle exposition de bois exotiques, tant au point de vue des produits exposés qu’au point de vue de l’installation qui a été faite avec beaucoup de soin et de bon goût.
- Les spécimens les plus intéressants des bois employés par l’ébénisterie y ont été représentés.
- Le Jury a surtout remarqué :
- 1 tableau réunissant les bois les plus divers fort bien échantillonnés ; 1 panneau en frêne de Hongrie ; 1 panneau de palissandre à friser ; 1 panneau de palissandre à coups de feu très ramageux ; 1 panneau de citron moiré; divers panneaux de noyers, de satiné, etc.; 1 madrier acajou Porto-Plata de 0 m. 80 de large, chenillé, remarquable par la régularité de son dessin; 1 madrier acajou ondé de 4,2o/o,4o; des bûches de corail, de cochenille, de bois d’or, de violette et une bûche d’amourette bien mouchetée ; une colonne tournée en bois de Jarrah.
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- Gr. IX. — Cl. 50.
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- M. Salignat (Charles), a été' nommé chevalier de la Légion d’honneur le 18 août 1900.
- Collaborateurs. — M. Philippe (Jules), médaille d’argent; M. Simon (Eugène) fils, médaille de bronze.
- Union syndicale des Marchands de bois de France, rue Caumartin, 36, à Paris.
- L’Union syndicale des marchands de bois de France est un groupement de chambres syndicales des départements forestiers.
- Le président est M. Meurisse ( Paul ), de la maison Meurisse frères, commerce de bois à Lille.
- Le secrétaire et fondateur de I’Union syndicale des marchands de bois de France est M. Jullien , propriétaire et directeur du journal Le Bois.
- Les syndicats affiliés sont les suivants :
- 1. Chambre syndicale des charbons de bois, à Paris; président, M. Chaton ;
- 2. Syndicat de Versailles; président, M. Barbier-Vanblotaque, à Versailles;
- 3. Syndicat du commerce des bois de la Nièvre et des départements limitrophes; président, M. Bou-troux, à Nevers ;
- 4. Union syndicale des marchands de bois des Vosges et de la région; président, M. Rodier (Paul), à la Hutte (Vosges) ;
- 5. Chambre syndicale des marchands de bois de la Seine-Inférieure et de l’Eure; président, M. Lambert, père, à Grand-Couronne;
- 6. Chambre syndicale du commerce des bois et charbons de Seine-et-Marne; président, M. Caron, à Bois-le-Roi ;
- 7. Chambre syndicale du commerce des bois de l’Aube ; président, M. Decesse-Martinot, à Essoyes;
- 8. Union syndicale des marchands de bois exploitants de l’arrondissement de Senlis; président, M. Odent (E.), à Senlis;
- 9. Union syndicale des marchands de bois exploitants de l’arrondissement d’Avesnes; président, M. Croix (E.), au Quesnoy;
- 10. Syndicat des marchands de bois de la Côte-d’Or et de la région de Dijon ; président, M. Rollet ( J.-B.), à Nuits-Saint-Georges.
- L’Union syndicale des marchands de bois de France représente de ce fait environ 800 patrons et 5o,ooo ouvriers.
- Dans celte collectivité, l’exposition la plus importante a été faite par MM. Meurisse frères, de Lille, qui exposent des grumes chêne, hêtre, frêne, provenant des forêts domaniales de France ; des produits de leur scierie de Saint-Dizier (Haute-Marne); sciages de chêne, de hêtre, de noyer, d’orme, de frêne, etc.; des photographies variées de la vie forestière ; des traverses de chemin de fer, des rais pour les charrons, des lattes pour les plafonneurs; des merrains du Nord pour tonneaux à bière, etc.
- Les autres exposants sont :
- M. Mangin, à Pont-Saint-Vincent (Meurthe-et-Moselle), qui montre deux rondelles de saule et de tilleul.
- M. Dumaine-Noizet, à Révin (Ardennes), qui a envoyé des écorces de très belle qualité.
- M. Delicourt (Émile), à Compiègne, qui expose des outils forestiers.
- M. Noguette, à Rambouillet, qui montre la carbonisation des bois par une série de vues photographiques.
- M. Bonnette, de Groslay, qui présente les produits des forêts de Montmorency et de ITsle-Adam; une théorie de meules de cerceaux à futailles ; des tuteurs, des échalas, des lattes sciées et fendues pour bâtiments et treillages.
- M. Lafond, à Bièvres, expose des produits des forêts domaniales de Versailles, Meudon et des
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- environs, principalement des bois de châtaignier tels que pieux ronds, fendus et pointés pour clôtures, échalas, tuteurs, lattes ; des échantillons d’étais pour boisage de mines, etc.
- M. Carré, à Clamart, présente des échantillons de falourdes de bouleau et de pin sylvestre pour la boulangerie, provenant de la forêt domaniale de Rambouillet.
- Le Syndicat du commerce des bois de la Nièvre présente un échantillon de charbonnette, bois en rondins de 2 à 6 centimètres, des bottes d’écorces de taillis de 18 ans, de surtaillis de 36 ans, de gros taillis de ho ans, des bûches de bois de chaulfage de 1 m. 14, en chêne non écorcé, pelard, charme et hêtre ; des bûches pour la boulangerie, bouleau et tremble; des bûches de tremble destinées à la fabrication du papier, des bottes cl’échalas de taillis de chêne, de modernes chênes, d’acacias, de châtaigniers, des lattes de chêne, des traverses pour grande et petite voie de chemin de fer, des échantillons de merrains, des bois de mine, chêne, hêtre, tremble, verne et pin deom. 60 à h m. 5o de long et de 0 m. oâ à o m. 18 de diamètre, dont la Nièvre fournit de très grandes quantités dans les diverses mines de France.
- L’exposition du charbon de bois est faite en collectivité par MM. Chaton, Charlot, Demaisons, Üebailledl, Delècolle, Duquenheim, Fabre, Garnier, Roger, MadpÂté.
- Les charbons exposés sont d’une qualité irréprochable et proviennent des départements suivants : Côte-d’Or, Nièvre, Yonne, Haute-Marne, Aube, Cher, Haute-Saône, Ardennes,Meuse, Marne, Saône-et-Loire, Allier, Loiret, Loir-et-Cher, Indre.
- M. Chaton (A.), président de la Chambre syndicale des charbons de bois, et vice-président de l’Union syndicale, a fort intelligemment organisé toute la partie concernant les charbons de bois.
- L’ensemble de cette expostion est des plus intéressants et le Jury, à l’unanimité, a voté un grand prix à I’Union des marchands de bois de France.
- Collaborateurs. —M. Brousse (Etienne), médaille de bronze; M. Roussel (François), mention honorable.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. Baffoy (Charles), négociant-exploitant, route d’AuberviHiers, 9 bis, à Pantin (Seine).
- Les échantillons d’essences forestières exposés, sont tous de production française et se groupent en 3 catégories :
- 1. Les bois de carrosserie et de charronnage : planches, feuillets et plateaux, grisard, plateaux d’acacia, frêne, chêne, noyer, orme et hêtre.
- 2. Les bois à l’usage des industries diverses : plateaux et feuillets de hêtre; plateaux alizier, charme et aulne.
- 3. Les bois de menuiserie et de charpente : feuillets, planches et plateaux sur quartier en chêne, membrures, planches 0 m. 54 pour marches d’escaliers; des frises et parquets chêne.
- En raison de l’espace limité dont disposait M. Baffoy, il a dû faire une exposition condensée, mais qui a été présentée avec goût.
- MM. Boucheron frères, négociants-exploitants de bois de peuplier, quai d’Ivry, 11, à Ivry-Port (Seine).
- Ancienne maison Lignot et Boucheron, fondée en 1871.
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- MM. Boucheron frères achètent spécialement les peupliers sur pied et les débitent sur le parterre même des coupes, au moyen de scieries volantes.
- Une fois sciés, les bois sont transportés, généralement par bateaux, aux chantiers de vente à Ivry.
- MM. Boucheron exposent de très beaux sciages peupliers qui sont des types les plus caractérisés de chaque provenance, savoir :
- Voliges Champagne (épaisseur o m. 018), provenant de la vallée de la Marne, de l’Aube et de l'Yonne; voliges Bourgogne (épaisseur o m. o2.3), provenant de l’Yonne et de la vallée de l’Ourcq; planches grisard (épaisseur o m. o34), provenant de l’Aube; cjuartelots grisard (épaisseur o m. 06), provenant de la vallée de la Bièvre; plateaux grisard, refendus en feuillets de 2 millimètres.
- Tous ces bois sont d’un usage courant pour la gainerie, l’ébénisterie, la menuiserie et l’emballage.
- Chiffre d’affaires important.
- M. Cotthay (Amêdée), rue de Flandre, 55, à Paris.
- Expose des boîtes, des caisses en bois et cartonnages de toutes les grandeurs.
- Ancienne maison Moncarré, fondée en 1856.
- A créé le cartonnage bois et carton et l’impression sur bois.
- Les ateliers et chantiers de cette maison occupent une superficie de i2,5oo mètres carrés. L’usine est actionnée par une machine à vapeur de 12 0 chevaux de force. L’outillage est composé des machines les plus modernes : scies circulaires, scies à rubans, raboteuses, trancheuses et machines à imprimer à l’encre et au feu.
- Production journalière : 10,000 caisses, boîtes et cartons-bois.
- Chiffre d’affaires en 1889 : 875,000 francs.
- Occupe 3oo ouvriers et ouvrières.
- Médaille d’argent en 1878, médaille d’or en 1889.
- M. Dumont (Édouard) [successeur de MM. Lemaire et Dumont], avenue de la la République, à Paris. — Usine à vapeur à Dammartin-en-Serve (Seine-et-Oise).
- La fabrication de cette maison consiste dans la filature, la teinture, le tissage des fibres d’aloès et de coco, et leur emploi dans la confection de corderie de fantaisie, lapis, tissus, sparterie, hamacs et passementeries des plus variées.
- Quoique son exposition soit assez importante, elle ne représente pas tous les articles de sa fabrication, mais seulement les modèles les plus nouveaux et les plus artistiques que l’on peut classer en dix catégories : i° corderie; 20 gymnastique; 3° hamacs et passementeries ; 4° sacs de fantaisie pour les bains de mer, pour écoliers, etc.; 5° brides, licols, longes et sangles pour chevaux; 6° tapis-brosses et lapis-décrottoirs; 70 tissus pour tapis d’ameublement, sparterie; 8° carpettes façonnées pour salles à manger ; 90 tapis ronds et ovales pour dessous de tables et dessous de plats ; 1 o° sacs à charbon.
- Le chiffre d’affaires de la maison est de 4oo,ooo francs, dont un tiers pour l’exportation (Angleterre, États-Unis, Amérique du Sud et Russie).
- L’usine de Dammartin-en-Serve occupe i3o ouvriers; elle a une force motrice de 95 chevaux actionnant des métiers à filer et à tisser.
- Récompenses obtenues à l’Exposition de 1889 : 3 médailles d'argent.
- Collaborateurs. — M. Beuzerand (Édouard), Mrae Bouland (Héloïse), MM. Fougère Louis), Huan, médailles de bronze.
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- M. A. Huant-Hoürdeaux, à Vouziers (Ardennes).
- Expose des objets de grosse vannerie ; berceaux pour enfants; paniers de divers formats, articles de boulangerie, de voyage, de bazar; fauteuils, chaises; des paniers à champagne, des paniers carrés en six formats différents, servant à l’emballage et au transport des fruits et primeurs, d’un grand emploi aux Halles centrales, à Paris.
- Etablissement créé par le titulaire, à Vouziers, en 1873. A débuté avec une quarantaine d’ouvriers; en occupe à présent 700 à 900 dont une cinquantaine de femmes.
- Chiffre d’affaires annuel : 1 million de francs, dont un tiers avec les pays étrangers : Angleterre, Allemagne, Suisse, Belgique, Hollande et même une petite partie en Amérique et en Australie.
- S’occupe également de la culture et de l’exploitation des osiers.
- Médaille d’or à l’Exposition universelle de Paris 1889.
- Le journal Le Bois, rue Caumartin, 26, Paris; propriétaire et directeur : M. E. Jüllîen.
- Quoique les journaux dépendent de la Classe 13, notre Comité d'installation a accueilli favorablement la demande de M. E. Jullien, qui désirait exposer son journal dans la Classe où tout lui était familier, le journal Le Bois s’occupant uniquement et avec intelligence des intérêts généraux des pro priétaires de forêts, des marchands de bois et des industries qui s’y rattachent.
- Le Jury a ratifié l’exception faite par le Comité d’installation en faveur du journal Le Bois, en lui décernant une médaille d’or pour sa collaboration si appréciée par le commerce de bois depuis 1882.
- MM. Marghal, Courbaize et Babillon, usine du Vallon, à Maurs (Cantal).
- Exposent des extraits tanniques décolorés de chêne et de châtaignier, pour le tannage rapide des cuirs et la préparation des soies destinées à la passementerie.
- Usine fondée en 1872. L’outillage est actionné par une machine de 100 chevaux.
- Occupe 70 ouvriers ; utilise 80 tonnes de chêne et de châtaignier par jour.
- Cette industrie a donné une importante plus-value aux arbres chênes et châtaigniers situés dans un rayon de 5o kilomètres autour de l’usine.
- Production aunuelle : 3 millions de kilogrammes d’extraits.
- Médaille d’argent à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Panciièvre (Louis), rue de Vaugirard, 2 35, à Paris; maisons d’exploitations forestières à Châteaurenault et à Château-la-Vallière (Indre-et-Loire).
- M. Panchèvre expose des charbons de bois d’une cuisson remarquable, sans cassures, clairs et sonores. Ils sont fabriqués par le procédé de petites meules de 5 à 6 stères, uniquement avec du brin de taillis de o m. 66 de longueur ; les cimiers et les branchages d’arbres sont rigoureusement mis au bois de chauffage. Aussi les charbons de cette maissn ont-ils une réputation méritée.
- M. Panchèvre expose encore de très belles écorces, dont il produit annuellement d’assez fortes quantités, et qui proviennent de ses exploitations de la Touraine; deux petites billes de chêne, l’une fendue en merrains, l’autre en lattes, et rassemblées ensuite de façon à montrer le travail soigné des ouvriers fendeurs.
- L exposition de M. Panchèvre est complétée par des vues photographiques de ses exploitations forestières en Touraine.
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- La maison a été fondée, en 1800, par M. T11 vache, grand-père de M. Panchèvre. Depuis, elle n’a fait que prospérer et, actuellement, c’est une des plus importantes maisons de Paris pour les charbons de bois et les écorces.
- Médaille d’argent à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Plessis (Léon), ingénieur-constructeur (bois et machines), rue Vimaine, 36, à Vienne (Isère).
- Expose des bois de peuplier tranchés de 1 millimètre à 10 millimètres d’épaisseur; une série de panneaux de peuplier teints et imprimés, imitant toutes les essences de bois : chêne, cédrats érable, etc., pour boîtes à cigares et intérieurs de meubles bon marché; des paquets de caissettes non montées, avec impressions au feu et à l’encre, telles qu’elles sont livrées aux fabricants de boîtes.
- Cette exposition a été faite avec grand soin et a été très appréciée.
- M. Plessis est le fondateur de la Société française de tranchage des bois à Paris, dont il a été administrateur jusqu’en 1892.
- En 1895, il a créé une usine à Vienne (Isère), avec l’intention, non seulement de faire le tranchage des bois, mais surtout dans le but de construire et de vendre les machines à trancher pour lesquelles il est breveté.
- Cette usine tranche, par an, 2,4oo mètres cubes de bois divers et occupe, en y comprenant les hommes employés dans la campagne à 1 exploitation des arbres, 35 à 4o ouvriers.
- M. Poisson (Eugène), rue d’Allemagne, 61 et 63, à Paris.
- M. Poisson a deux expositions dans la Classe 50 : l’une en plein air, l’autre dans la galerie.
- Celle en plein air montre, au moyen d’une voiture de livraison de la maison, tout le matériel d’échafaudage tel qu’il est livré à l’entrepreneur : planches boulonnées avec rivets, planches ferrées avec feuillards, boulins, morizels, échasses, lattes et bardeaux.
- Dans la galerie, M. Poisson expose des échantillons de bois de sapin qu’il importe de Suède, de Sundswall, Hernosand et Hudikswall, par grandes quantités, savoir : du pin rouge et blanc en diverses épaisseurs courantes telles que 4 pouces sur 9, 3 pouces sur 9, 2 pouces 1/2 sur 61/2, 1 pouce 1/2 sur 4 1/2, 3 pouces sur 11 ; des frises et parquets en sapin rouge et blanc; des bois pour la couverture ; des pavés en sapin blanc et rouge, créosotés et non créosotés.
- Ancienne maison Fournier, fondée en 1851, devenue Mathieu frères, ensuite Achille Mathieu et rachetée finalement par M. Poisson il y a quelques années.
- Chiffre d’alfaires en 1899 : 800,000 francs.
- A importé en 1899 : i,46o standards de sapin, soit 6,800 mètres cubes.
- M. Savoie (Charles), passage Delessert, 3, à Paris; fabrique à Béthisy-Saint-Martin (Oise); maison fondée en 179b par le bisaïeul de M. Savoie.
- M. Savoie expose différents types de paniers en rotin, pour lesquels il est breveté, et qu’il fabrique spécialement à l’usage des grandes Compagnies de chemin de fer français.
- Ses brevets portent sur des améliorations apportées aux charnières des paniers et qui rendent ceux-ci plus légers, sans nuire à leur solidité.
- Pour cette fabrication, le rotin est employé de préférence à l’osier qui est moins résistant.
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- Depuis 188A, M. Savoie fait l’importation directe des rotins; il en expose une seTie de diverses provenances : Palembang (île de Sumatra), Banjermassing et Loontie (île de Bornéo, possessions hollandaises), Gotie (Singapour) et Sarawak, possessions anglaises.
- En 1892 et 1894, M. Savoie a annexé les maisons Assegond et Salles.
- Avait obtenu à l’Exposition de 1889 une médaille d’argent.
- Collaborateurs. — M. Biîocheton (Désiré), médaille d’argent; M. Guillot (Alexandre), médaille de bronze.
- Société anonyme des lièges appliqués a l’industrie, rue du Delta, 13, à Paris.
- La Société expose des bouchons, des rondelles en liège de toutes variétés servant au bouchage de bouteilles, vases de conserves, confitures, etc., des poudres de liège, des flotteurs pour veilleuses, des porte-plumes en liège, des ceintures de sauvetage et de natation, des bouées, des planches pour bains et d’autres articles spéciaux, des lièges naturels isolants pour le recouvrement des conduits de vapeur et d’air froid, dont la Société fabrique 20,000 mètres courants par an.
- Maison fondée en 1872 ; capital 600,000 francs.
- Vend une grande partie de ses produits à l’étranger.
- Occupe 5o ouvriers.
- Société anonyme des produits forestiers des landes du Sud-Ouest, à Préchac (Gironde).
- Expose des boîtes et caisses d’emballage de luxe et ordinaires, montées et non montées; des douves sciées pour tonneaux, des caissons, des boîtes portatives, des pavés en bois, des parquets, le tout en bois de pin des Landes.
- Expose également des parquets en chêne et des étuis postaux de peuplier.
- Cette Société possède trois scieries : à Préchac, à Villandraut et à Saint-Symphorien, disposant ensemble de 2 5o chevaux de force.
- Elle débite annuellement 10,000 mètres cubes de pins blancs et rouges des Landes, et réalise ainsi un progrès industriel en tirant le maximum de rendement de ces bois qui, précédemment, n’étaient employés que comme bois de boulangerie et étais de mines.
- Maison fondée en 1862 par M. J. Marc; la raison sociale est devenue Marc et Goloubie, changée en 1896 en commandite et, en 1899, en société par actions au capital de 56o,ooo francs.
- En 1881, elle occupait 25 ouvriers; en 1899, en occupe 3oo.
- A l’Exposition universelle de 1889, a obtenu une médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Alexandre (/.-/?.), entrepreneur de menuiserie, à Haraucourt (Ardennes).
- M. Alexandre expose une belle porte d’entrée en chêne maillé verni ; des modèles courants de croisées, portes et persiennes.
- Cette maison fabrique, à Haraucourt, dans les Ardennes (pays de bois), des portes, des croisées et des persiennes quelle fournit sur commande aux entreprenenrs de bâtiments, dans toutes les villes de France, principalement à Paris et aux environs.
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- MM. Baleton (Octave) jeune et 0e, Fabrique de bouchons et lièges ouvrés,
- à Mézin (Lot-et-Garonne).
- La maison Baleton jeune et G10 expose, dans une vitrine, des bouchons en liège de tous calibres, tournés et perforés, pour être montés sur verre, bois et métal; des rondelles pour bocaux et autres récipients, des feuilles de liège et semelles; des bouclions pour produits chimiques, parfumerie, etc., des roues pour cristaux, des bouées de sauvetage, des viroles pour pipes et instruments de musique, des planches à insectes, des poudres de liège et des briques en liège.
- Tous ces produits sont de bonne fabrication et bien présentés.
- Cette maison a été fondée en 1855; elle a débuté avec 3 ou 4 ouvriers travaillant à la main; plus tard elle a utilisé les machines Debruel pour la fabrication des bouchons. En 1870, elle produisait 25,ooo bouchons par jour; en 1889, la production était de 100,000 bouchons par jour.
- Récompenses obtenues : Mention honorable à l’Exposition universelle de 1878, à Paris; médaille de bronze à l’Exposition universelle de 1889, à Paris.
- M. Baudelot (Léon), Fabrique de menuiserie, à Arques-la-Bataille (Seine-Inférieure).
- M. Baudelot expose des modèles courants de croisées, persiennes et portes qu’il fabrique sur commande pour les entrepreneurs de bâtiments.
- Désireux de permettre au public d’étudier les détails de sa fabrication, M. Baudelot a complété son exposition par une série de battants, de montants, de traverses et de panneaux dans les différentes phases par lesquelles doivent passer ces pièces avant d’être assemblées.
- Celte usine, créée en 1892, à Amfreville-sur-Iton, et transportée en 1897 ® Arques-la-Bataille, près Dieppe, dispose de 175 chevaux de force motrice et occupe 125 ouvriers.
- M. Baudelot a déclaré au Jury que son outillage perfectionné et son organisation économique lui permettent de fournir des portes en sapin au prix de 8 fr. 90 pièce, alors que la série des architectes taxe ces mêmes portes à i5 fr. 5o, soit un rabais de 42,60 p. 100.
- Son chiffre d’affaires annuel est de 700,000 à 800,000 francs.
- Un dépôt de cette fabrique vient detre installé récemment à Paris.
- M. B av man n (Adolphe), Compagnie du Fagot diabolique, Allume -feux, cité Pelleport, 4 à i4, à Paris.
- M. Baumann, ingénieur civil, expose des allume-feux comprimés triangulaires formés d’une mixture de sciure et autres produits inflammables dont le mille est vendu 3o francs, rendu franco à domicile, à Paris.
- Les grandes administrations utilisent ces allume-feux qui paraissent être d’un emploi pratique.
- La fabrique est située à Belleville, cité Pelleport, et le magasin de vente faubourg Saint-Honoré, 88, à Paris.
- MM. Bernot (Charles) et C‘e, Société en commandite par actions (Anciennement Bernot frères),
- rue Lafayette, 15 8, à Paris.
- La maison Bernot et Cio a été fondée, en 1880, sous le nom de Bernot frères, pour faire le commerce des combustibles ; charbons de terre, charbons de bois, bois de chauffage, cokes, boulets Bernot.
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- Son chiffre d’affaires en 1880-1881 a été de 38,000 francs; en 1886, de341,000 francs; en 1896 de 4,3oo,ooo francs et, en 1899, de 7 millions.
- La Société Bernot et Cio a une usine boulevard de Charonne où elle fabrique les briquettes pour voitures et les charbons de Paris.
- M. Blanc (Jules), parquet Colbit, rue de Rome, 82, à Marseille.
- M. Jules Blanc expose un nouveau système breveté de parquet qu’il appelle parquet Colbil; (le mot Goïbit signifie, par abréviation, colle bitume). C’est un parquet composé de tous les menus déchets de bois durs tels que : noyer, chêne, acajou, palissandre, olivier, etc. qui sont appliqués comme de la mosaïque dans un enduit h base de goudron de houille hydrofuge et antiseptique.
- Ce procédé supprime la sonorité et l’humidité. En raison de l'emploi qui est fait des déchets de bois, ce genre de parquet est produit à bon compte tout en donnant l’illusion d’un parquet de luxe.
- D’après de nombreuses attestations, il semble être apprécié dans le midi de la France.
- M. Boldat (Hippolyte-Pascal), ouvrier menuisier, rue Saint-Pierre, 82, à Darnetal, près Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Boldat, ouvrier menuisier chez M. Boulouse, à Darnetal, est un sociétaire de l'Association amicale des ouvriers, employés et inventeurs-exposants de la Seine-Inférieure.
- Il expose un tableau formé par une série d’échantillons de parquets d’un genre décoratif dont les dessins et les assemblages en bois de différentes couleurs ont été composés et exécutés par lui-même en denors de ses heures de travail.
- Le Jury, désireux de reconnaître l’effort fait par M. Boldat, lui a décerné une médaille d’argent.
- MM. Carbega, Santini et Cie. Exploitation de forêts de liège, à Bonifacio (Corse).
- La Société Carrega, Santini et Cie a été fondée en 1872. Elle a commencé d’abord à acheter ses lièges à de petits propriétaires; ensuite, après quelques années de négociations souvent difficiles, elle a pu grouper à son profit par des baux ou des contrats de louage pour quatorze ou vingt et un ans, toute une série de parcelles de forêts de chêne liège.
- Elle a mis en culture ces forêts auxquelles nuisaient les bergers et les chèvres et qui, souvent aussi, étaient détruites par des incendies.
- Un service de gardes particuliers a été créé; des chemins muletiers et des roules carrossables ont été (racés et de grandes surfaces de forêts ont été nettoyées de leurs broussailles de manière à former des séparations en cas d’incendie.
- Aujourd’hui toutes les forêts sont en culture; les récoltes de liège se succèdent et atteignent en moyenne chaque année 7,000 à 8,000 quintaux métriques.
- Des entrepôts ont été créés à Portovecchio pour l’exportation de liège en planches, ainsi qu’une fabrique de bouchons à Bonifacio où l’on fabrique 200,000 bouchons par jour.
- La Société occupe en temps ordinaire 200 ouvriers et 4oo ouvriers au moment de la récolte.
- Des lièges en planches sont exportés en Russie et en Belgique, mais la plus grande partie est expédiée en France (Gascogne et Provence).
- La maison a exposé deux canons de liège d’une belle apparence et de bonne dimension; elle a encore exposé six balles de liège en planches représentant les qualités courantes.
- Les lièges de la Corse sont assez estimés.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- M. Colin {François), entrepreneur de menuiserie, rue de la Fédération, 82, à Paris.
- L’exposition de M. Collin se compose :
- i° D’une croisée ferrée; 20 d’un fragment de porte à quatre vantaux également ferrée.
- Elle a pour but de montrer les nouvelles dispositions imaginées par M. Colin pour la ferrure des croisées et des portes à quatre vantaux avec battements articulés. Ce système très simple et fort ingénieux qui est déjà adopté à Paris par plusieurs architectes, a l’avantage de ne pas laisser de joints apparents; de sorte qu’il permet au bois de faire son effet, c’est-à-dire de se rétrécir sans laisser pour cela passer l’air entre le dormant et le battant du châssis et sans que les peintures soient détériorées en cas de retrait du bois.
- M. Début {Paul), me d’Hauteville, 89, à Paris.
- Expose des billes de frêne, noyer et grisard, ainsi que des rais d’acacias de toute première qualité. Maison fondée en 189/1; fait seulement le bois de charronnage et de carrosserie.
- M. Dubois (J.-B), sylviculteur et fabricant de cannes et de manches de cannes, de parapluies et d’ombrelles, à Maule ( Seine-et-Oise).
- M. Dubois expose des cannes, manches de parapluies, manches d’ombrelles et poignées de toutes sortes en bois indigènes qu’il récolte sur 200 hectares de taillis cultivés spécialement pour les besoins de son industrie.
- Le travail en forêt consiste, pour les cannes et poignées, à faire de mars à avril des incisions sur le bois avec des outils mécaniques permettant d’effectuer cette opération très rapidement. Ces incisions sont recouvertes par la sève de juin à août et forment de la sorte des excroissances que l’on peut varier à l’infini.
- Le travail de décortication, de courbage et de redressage des cannes et poignées se fait dans deux usines que possède M. Dubois, l’une hydraulique rrau Radet» , l’autre à vapeur «aux Moussets». Une des spécialités de fabrication consiste dans les poignées dénommées couronnes chêne. Pour cela on choisit des tiges ayant deux ou trois années d’âge selon la vigueur de la souche; on les coupe à 5o ou 80 centimètres de hauteur afin de produire une tête et on les récolte deux ou trois années après la première opération, ce qui représente en tout cinq à six années de culture.
- Les bois cultivés par M. Dubois sont : le noisetier, le châtaignier, le chêne, le cornouiller, le frêne, le bouleau, etc., mais c’est le bois de châtaignier qui est employé le plus pour sa grande flexibilité.
- M. Dubois se sert encore du buis et des ajoncs. Les ajoncs sont tirés des landes et expédiés à Maule par wagons complets; ils servent spécialement à la fabrication de manches de parapluie pour l’Amérique.
- M. Dubois a créé sa maison en 1876. La production annuelle est d’environ un million de pièces.
- Il occupe, suivant les saisons, Bo à 5o ouvriers, dont une dizaine de femmes et traite la plus grande partie de ses affaires avec l’Amérique et l’Angleterre. C’est une industrie intéressante. Pendant la durée de l’Exposition, M. Dubois a installé sur Remplacement de la Classe 50, un petit kiosque rustique pour la vente de ses cannes qui paraissaient être très en faveur auprès du public.
- M. Joret (E.), à Cudos, près Bazas (Gironde).
- M. Joret expose des pavés créosotés en pins des Landes.
- 11 a commencé le commerce des bois en 1866. Ses opérations commerciales portent sur des achats
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- de forêts en pins maritimes des Landes qu’il exploite à l’aide de quatre scieries mobiles. Il produit annuellement environ 200,000 planches pour caisses d’emballage et parquets, des poteaux, des poutres et des traverses de chemin de fer. Il fournit, depuis 1889, et sans interruption, chaque anne'e, à la ville de Paris 2,000 à 2,5oo mètres cubes de madriers en pins des Landes pour la fabrication de pavés. Il occupe 80 à 100 ouvriers et ko à 5o voituriers.
- Chiffre d’affaires annuel, 35o,ooo à 4oo,ooo francs.
- En 1896, au Concours régional de Bordeaux, M. Joret a obtenu une médaille d’or pour la bonne culture et le bon aménagement de sa forêt de 160 hectares, à Saint-Michel (Gironde).
- M. Joret est chevalier du Mérite agricole depuis 1897.
- M. Peignon (Joseph) fils. Fabrique de treillages et clôtures, à Doulon-ies-Nantes (Loire-Inf.),
- à Brienne-Gare (Gironde).
- La maison Peignon a été fondée en 1865. Elle s’est fait une spécialité dans la fabrication mécanique de clôtures formées soit de barreaux triangulaires fendus dans des rondins de châtaigniers, soit de barreaux carrés sciés, reliés entre eux par des câbles métalliques galvanisés système Peignon, très résistants. Ces clôlures offrent l’avanlage d’être très maniables (elles se roulent et se déroulent très facilement) et sont d’un entretien peu coûteux.
- M. Peignon en expose de quatre hauteurs différentes où les bois et les câbles métalliques sont disposés de façon très ingénieuse. Elles paraissent être d’un usage très pratique et peuvent être produites à très bas prix.
- La maison Peignon a plusieurs dépôts; elle est représentée à Paris et à Londres. Elle emploie une centaine d’ouvriers y compris les manœuvres, les bûcherons, etc.
- La production annuelle est de 3oo kilomètres de clôture dont 100 kilomètres pour l’exportation. Chiffre d’affaires, 400,000 francs.
- M. Pitet [Sylvain). Fabrique de siège et meubles de jardin en rotin, rue Relier, 16, à Paris,
- M. Pitet soumet à l’appréciation du Jury, des meubles en rotin et jonc pour jardins et salons de campagne: sièges, fauteuils, tables, canapés, chaises-longues et cache-pots. Ces meubles, déformés très élégantes, légers tout en étant solides, sont tressés à la main avec des fils de rotins coloriés de toutes nuances.
- Les rotins employés par M. Pitet proviennent de Singapour, de Malacca et de Pile de Sumatra. Ils subissent , dans ses ateliers, les nettoyages et les tris nécessaires à l’assortiment des nuances et des qualités.
- M. Pitet est un ancien ouvrier de la partie établi depuis 1886; il occupe 20 à 25 ouvriers et fait plus de 100,000 francs d’affaires par an, principalement avec l’Espagne et l’Angleterre.
- M. Pitet a eu l’amabilité de mettre vingt-quatre sièges à la disposition des visiteurs de la Classe 50, lesquels en ont largement profité.
- M. Privé [Ernest). Fabrique de manches d’outils, à Lachaume, par Montigny-sur-Aube
- (Côte-d’Or).
- M. Privé expose un grand tableau sur lequel sont très artistement appliqués tous les modèles de manches d’outils et autres objets tels que maillets de menuisiers et de chaudronniers, tourillons de scies, fuseaux d’échelles, bourroirs et étais pour mines, etc., fabriqués dans son usine de Lachaume.
- Les bois employés pour cette fabrication sont le buis et le cornouiller (bois les plus durs de nos forêts), le charme, le frêne, l’érable et l’orme.
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- La production annuelle de l’usine est de un million de manches d’outils.
- La maison Privé a été fondée en 1880 parle titulaire actuel, qui est fournisseur des grandes compagnies de chemin de fer et de la Marine.
- M. Séguin {Louis). Boissellerie, articles de ménage et pièges, me delà Roquette, 1 i 8, à Paris.
- M. Séguin a fait une très belle exposition avec tous ses articles de ménage, de boissellerie, de tamis, et de pièges; à citer les pièges perpétuels Serrin, universellement connus.
- En raison de la grande variété d’objets exposés, il nous est impossible d’en faire ici la nomenclature.
- M. Séguin a sa fabrique à Neuilly-en-Thelle (Oise). Il emploie 25o mètres cubes de bois par an. Son chiffre d’affaires annuel est de 5oo,ooo francs.
- Société anonyme La Subérine, boulevard de Vaugirard, 8, à Paris,
- La société La Subérine expose, en réduction, le type d’une maison faite avec des panneaux en liège aggloméré, des hourdis de planchers, des briques et carreaux en liège aggloméré, des modèles de pavés en liège naturel, un modèle de pavage à base de liège et bitume, des enveloppes isolantes en liège aggloméré faites avec une composition brevetée appelée Liègine, pour tuyaux à vapeur, à fumée, d’eau chaude et froide et mélanges frigorifiques.
- Ces enveloppes isolantes sont à peu près incombustibles et résistent à une température pouvant s’élever jusqu’à 180 degrés; ces mêmes enveloppes peuvent résister à la température de 35o degrés si elles sont enduites du Suber-enduit, produit à base minérale, qui est une spécialité de la Société La Subérine.
- Ainsi qu’elle le montre par son exposition, crLa Subérine» a spécialement étudié l’emploi, sous formes variées, de tous les résidus de bouchonnerie; elle a, de la sorte, puissamment contribué à donner à ces résidus, une valeur marchande alors qu’auparavant on les brûlait pour s’en débarrasser.
- La Société a obtenu, en 1889, à l’Exposition universelle de Paris, une médaille d’argent.
- M. Van de Walle {Charles). Rotins filés, rotins bruts, moelles, châssis cannés, rue de Charenton, 9Û, à Paris.
- L’exposition de M. Van de Walle fait l’historique complète du rotin. Elle montre d’abord du rotin lavé, du rotin ennoyé, c’est-à-dire dont les nœuds ou les aspérités ont été enlevés au moyen de rasoirs , de façon à rendre la baguette tout à fait lisse pour son passage à la machine ; du rotin tiré par choix, autrement dit par couleur puis mis par grosseur, c’est-à-dire calibré au demi-millimètre.
- M. Van de Walle montre ensuite deux machines : la première appelée fetdeuse qui découpe le rotin en fines lanières ou cannes, servant au cannage des chaises et au clissage des bouteilles d’eaux gazeuses; la seconde, appelée plane, sorte de raboteuse qui enlève les matières formant le déchet et qui produit dix largeurs.
- M. Van de Walle a composé une rosace formée avec les dix largeurs de cannes produites à la plane et un autre tableau fait avec les différentes grosseurs de la moelle et du rotin.
- La production annuelle de M. Van de Walle est de 45,000 kilogrammes de canne permettant de canner plus de 700,000 chaises.
- Il occupe un personnel de 4o ouvriers et ouvrières et son chiffre d’affaires annuel est de 3oo,ooo francs.
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- COLONIES ET PAYS DE PROTECTORAT.
- Au moment de parler des colonies françaises, nous nous faisons un devoir et un plaisir d’indiquer la création, à Paris, par le Ministère des colonies, d’un office colonial. Installé actuellement galerie d’Orléans au Palais-Royal, il a pour mission d’organiser des expositions permanentes des produits coloniaux et de fournir au public tous renseignements sur les colonies.
- En ce qui nous concerne, nous avons trouvé auprès de M. Ch. Noufflard, chef de la section commerciale, le plus grand empressement pour la communication de toutes sortes de documents statistiques et autres intéressant nos colonies et qui nous ont été utiles pour notre rapport.
- ALGÉRIE.
- L’étendue des forêts de l’Algérie est un [jeu supérieure à trois millions d’hectares, dont deux millions cinq cent mille appartenant à l’Etat. La caractéristique de la végétation forestière est le grand nombre de végétaux ligneux à feuilles persistantes.
- Les essences qui constituent ces forêts sont :
- Le chêne liège, le chêne zéen, le chêne afarez, le chêne yeuse, le chêne kermès, le cèdre, le pin d’alep, le pin maritime et le thuya. Un assez grand nombre d’espèces s’y rencontrent par pieds isolés et en petits bouquets ; le pistachier de l’Atlas, le caroubier, des arbres fruitiers (amandier, prunier, cerisier, sorbier), l’olivier, le frêne, le micocoulier, l’orme, les peupliers, le sapin de Numidie sur la montagne des Babor, l’if et les genévriers.
- Le peuplier blanc, l’aune et le frêne forment parfois le peuplement des petites forêts marécageuses dans les plaines.
- Les indigènes cultivent depuis des siècles, surtout en vue de la production des fruits, de nombreuses espèces d’arbres, qui donnent aussi d’excellents bois, principalement de tour et d’ébénisterie : jujubiers, pêchers, pommiers, coignassiers, grenadiers, mûriers, orangers, citronniers, noyers, caroubiers, dattiers, etc.
- Les Européens ont introduit depuis la conquête un certain nombre d’essences étrangères : platanes, eucalyptus, acacias, casuarinas, faux poivriers, ficus, plaquemi-niers, etc.
- Le cèdre et les pins donnent des bois de charpente et de sciage ; les peupliers et l’eucalyptus sont aussi débités en planches.
- Les forêts fournissent des traverses de chemin de fer, du merrain, du bois pour la construction des petits navires, des barques et des chalands, pour le tour, le pavage, le charronnage, la carrosserie, l’ébénisterie, etc.
- Le chêne vert produit des écorces de première qualité très recherchées; celle du
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- chêne liège et les racines du chêne kermès sont très riches en tanin. Le liber du pin d’alep sert aux indigènes pour tanner les peaux de mouton et de chèvre.
- Enfin, on trouve dans un certain nombre de forêts, et surtout dans les immenses plaines du plateau de Laurès, l’alfa, qui est utilisé pour la sparterie, la vannerie, la fabrication des tentures, des tapis et de la pâte à papier.
- Le principal produit des forêts de l’Algérie est le chêne liège, qui couvre une superficie de 426,600 hectares, se répartissant comme suit :
- Aux particuliers............................................... 189,000 hectares.
- Aux communes..................................................... t4,6oo
- A l’État........................................................ 273,000
- Ensemble............... 426,600
- En 1899, la production a été de 169,000 quintaux de liège brut.
- Il résulte de l’examen des échantillons exposés, tant par l’Administralion des Eaux et Forêts que par des particuliers, que l’Algérie fournit des lièges d’excellente qualité, susceptibles de donner tous les produits façonnés que la consommation exige.
- Il n’existe dans aucun pays de meilleur liège que celui appelé «liège surfin », expédié par l’Algérie. Du reste, une partie des lièges que la colonie exporte chaque année, est achetée par les négociants des régions de production du sud de l’Europe, qui les mélangent avec leurs produits nationaux et les réexpédient dans les états étrangers comme provenant de leur pays.
- Les lièges exploités par l’Etat, les communes et les particuliers sont presque tous exportés ; on ne met en œuvre dans la colonie que les déchets et les écorces de qualité inférieure.
- L’emploi le plus important du liège consiste toujours dans la fabrication des bouchons; mais d’autres produits de création récente, dont la consommation augmente rapidement et qui utilisent les déchets de liège, favorisent considérablement les producteurs. Ce sont : le tranchage du liège en lamelles pour chapellerie et objets de toutes natures; le «linoléum v employé à la confection des tapis et les « agglomérés » qui servent à fabriquer de nombreux objets très appréciés et très demandés, tels que les briques, tuiles, planchettes, panneaux, revêtements pour tuyaux de machines à vapeur, etc.
- Les propriétaires de forêts de chêne liège, grâce à des soins intelligents, augmentent progressivement le rendement de leurs exploitations; mais, malgré l’accroissement de cette production, les prix de vente se maintiennent quand même, l’emploi du liège se généralisant de jour en jour.
- La production de liège des forêts domaniales de l’Algérie a été pendant les trois dernières années de 4o,ooo quintaux en moyenne. Les exportations de ce même produit pour toute l’Algérie, pendant cette même période, a été en moyenne de 294,861 quintaux.
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- Etat N° 1.
- EXPORTATION DES LIEGES D’ALGERIE, D’APRES LES STATISTIQUES DE LA DIRECTION GENERALE DES DOUANES
- LIÈGE BRUT OU EN PLANCHES.
- quintaux.
- 1847 46o
- 1867 l6,000
- 1877 5o,ooo
- 1882 55,600
- 1883 5l,900
- 1884 48,700
- 1885 63,000
- 1886 52,200
- 1887 65,000
- 1888 71,800
- LIÈGE BRUT OU EN PLANCHES.
- quinlaux.
- 1889 .................... 85,5oo
- 1890 ................... 102,600
- 1891 ................... 121,000
- 1892 ................... 106,800
- 1893 ................... io5,3oo
- 1894 ................... 101,200
- 1895 ................. 101,3oo
- 1896 .................... 87,903
- 1897 ................... 119,631
- 1898 ................. 83,983
- État N° 2.
- EXPORTATION DU LIÈGE OUVRÉ.
- 1896. 1897. 1898.
- quintaux. quintaux. quintaux.
- Franee 1,323 890 929
- Tunisie 60 4o 25
- Autres pays 1 1 36 10
- Totaux !,394 966 964
- Liège brut et ouvré exporté i. 87,903 119,631 83,983
- Totaux généraux 89,297 120,597 84,947
- État N° EXPORTATION DU LIEGE OUVRÉ BRUT ET B. EN PLANCHES. RÉPARTITION
- PAR PAYS DE CONSOMMATION 1896. 1897. 1898.
- quintaux. quinlaux. quintaux.
- France 44,037 63,000 42,368
- Russie (Baltique) 11,890 18,844 12,543
- Russie (mer Noire) l4,095 i5,86o 11,118
- Suède // i,7A9 3,4o5
- Danemark 1,222 1,576 1,326
- A reporter 71,244 100’999 70,760
- (1) Extrait de la Statistique des forêts d’Algérie de ^ Extrait de la Statistique des forêts de l’Algérie
- M. Lefebvre, inspecteur des eaux et forêts. Exposition de M. Lefebvre, inspecteur des eaux et forêts. Expo-universelle 1900, Algérie. sition universelle 1900, Algérie.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- 1896. 1897. 1898.
- Report.................
- Angleterre..............................
- Possessions anglaises de la Méditerranée..
- Allemagne...............................
- Belgique................................
- Autriche................................
- Italie..................................
- Espagne.................................
- États-Unis..............................
- Autres pays.............................
- Totaux..............
- quintaux. quintaux. quintaux,
- 71,244 100’999 70,760
- 10,333 6,825 2,345
- 23 95 3i
- ^975 457 1,562
- 2,3o4 2,682 1,886
- 676 6,634 ^996
- 893 1,782 9*9
- // U 425
- // // 698
- 455 i57 361
- 87,903 11 g,631 83,983
- RÉCOMPENSES.
- GRANDS PRIX.
- Gouvernement général de l’Algérie, Service des eaux et forêts, à Alger.
- Le Service des Eaux et Forets a exposé 54 types de lièges provenant de toutes les régions de l’Algérie , à l’exception de celles de Tlemcen et de la Calle.
- Chaque type est représenté par deux balles de o,6o x o,3o x 0,75, dont l’une montre le liège à l’état brut, tel qu’il est vendu par l’Administration, et l’autre le liège raclé, bouilli et visé tel qu’il est livré au commerce.
- Ces échantillons indiquent très exactement les différentes qualités de liège que produisent les diverses forêts de la colonie. Ce sont de très beaux spécimens préparés par MM. Marill et Laverny, négociants à Alger, qui ont permis au Jury de constater que le liège de l’Algérie est excellent et qu’il peut rivaliser avec celui des autres pays.
- L’exposition des lièges est complétée par une collection de bouchons et par une collection de divers produits demandés par le commerce et l’industrie, tels que les objets de toilette, de papeterie, de marine, d’ameublement, etc.
- Ces derniers produits proviennent des fabriques de Pont-de-Bordes et de Mézin, dans le département du Lot-et-Garonne.
- A mentionner encore des échantillons de linoléum et d’agglomérés indiquant l’emploi des déchets de liège, dont la consommation augmente considérablement.
- Production de liège des forêts domaniales :
- quintaux. quintaux.
- 1892......................... 11,000 1899........................... 4o,5oo
- 1897......................... 3i,ooo 1900 (prévisions pour 1900)... 5o,ooo
- Le Service des Eaux et Forêts expose également des échantillons en rondelles ou en plateaux de toutes les principales essences de bois qui poussent dans les forêts de l’Algérie :
- Le pin d’alep, le cèdre de l’Atlas, le laurier commun, le chêne zéen, le chêne vert, le noyer commun , le micocoulier et le thuya articulé dont les loupes ou broussins sont très recherchées par les
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 129
- fabricants de bois de placages et par les fabricants de petits meubles et objets de fantaisie, boiles à gants, porte-montres, etc.
- Nous avons encore remarqué dans l’exposition du Service des Eaux et Forets, des merrains de chêne zéen provenant de Djedjelli qui sont de bonne fabrication et d’excellente qualité.
- M. Dolfüs (Gustave), à El Hansor (Conslantine).
- Expose IxuiL balles de lièges en planches de différentes épaisseurs; sept sortes de carrés de liège ; sept sortes de bouchons : quatre sortes de poudre de liège : le tout de premier choix provenant de ses forêts de chêne lièg'e d’El-Hansor, dont la superficie dépasse 5,ooo hectares.
- M. Dolfus fait des dépenses considérables pour encourager le développement de l’exploitation pratique du liège.
- Il occupe toute l’année un grand nombre d’ouvriers.
- A obtenu une médaille d’or à l’Exposition universelle de 1889.
- Société anonyme des lièges de lEdovgh, près Bône (Algérie),
- Siège social : rue de Saint-Pétersbourg, 2, Paris.
- Expose des lièges bruts et préparés, ainsi que des lièges débités en carrés.
- Ancienne Société Lecoq et Berthon, constituée en Société anonyme depuis 1877.
- De 18/17 à 1870, concessionnaires de la plus ancienne exploitation forestière de chêne liège en Algérie , d’une étendue de 6,65o hectares. Depuis 1870 est propriétaire de ce domaine forestier. Exploite encore une concession de t,8oo hectares près de Bône, soit en tout 8,45o hectares.
- La Société récolte annuellement 8,000 à 10,000 quintaux métriques de lièges qui sont bouillis, raclés, visés, emballés à l’établissement de l’Edough et embarqués à Bône.
- La majeure partie de la récolte est expédiée en France dans les dépôts de la Société, créés dans les Landes et le Lot-et-Garonne ; le reste est vendu en Angleterre, en Allemagne et en Russie.
- Le classement des lièges comprend une douzaine de qualités répondant à tous les besoins de la fabrication bouchonnière.
- La Société fait dans ses forêts de nombreux travaux de nettoiements, de dessouchements, des tranchées ; elle a créé 3oo kilomètres de routes et sentiers afin de se mettre à l’abri des incendies si fréquents en Algérie.
- Elle occupe pendant toute l’année 76680 ouvriers européens qui, presque tous, sont logés avec leurs familles dans l’établissement même; au moment de la récolte du liège, le personnel se monte à 220 ouvriers, plus une centaine de muletiers indigènes.
- La Société soigne à ses frais les ouvriers malades, fait des pensions aux vieux serviteurs et entretient un asile sur son domaine.
- Médaille d’or à l’Exposition universelle de 1878; médaille d’or à l’Exposition universelle de 1889.
- Société anonyme fusionnée des lièges des Hamendas et de la Petite-Kabylie,
- (Déparlement de Conslantine).
- Siège social : rue du Rocher, 60, à Paris. — Capital social : 5,711,000 francs.
- La Société date de 1880 ; elle a été formée par la fusion de la Société des Hamendas, fondée en 1859, avec celle de la Petite-Kabylie, fondée en 1863.
- Elle a réuni les domaines de ces sociétés, qui sont deux forêts situées, l’une dans le massif de
- Bu. IX. — Cl. 50. <)
- mi’IUJILIUE NATIONALE.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- l’Edough, à Oned-el-Aneb, près Bône, l’autre h Bessomboure, près Collo. La superficie des deux forets est d’environ Û2,ooo hectares.
- La récolte moyenne annuelle est d’environ 4o,ooo quintaux métriques de liège brut; depuis deux ans elle est de 5o,ooo quintaux. Le chiffre de vente varie entre i,5oo,ooo francs et 1,800,000 francs par an.
- Le liège est vendu raclé et emballé en balles pressées ; la Société débite une faible quantité de carrés en lièges tirés de petits morceaux, mais elle ne fabrique pas de bouchons.
- Le personnel employé toute l’année, est d’environ 90 européens et 200 indigènes. Pendant les trois mois de juin à août, époque de la récolte, le personnel occupé est d’environ mille ouvriers.
- En dehors du chêne liège, la Société possède d’assez grandes étendues de chênes zéen et environ 1,000 hectares de pins maritimes; mais ces essences de bois sont vendues à redevances à des entrepreneurs.
- Avec le chêne zéen on fabrique des traverses de chemins de fer (redevance, 0 fr. 60 par traverse, reçue), et des plateaux et poutres pour construction.
- Le pin maritime est très apprécié; il est utilisé pour le pavage des rues et paraît être de plus grande durée que les bois des Landes et du Nord ; l’Administration des télégraphes utilise également les pins maritimes.
- La Société expose des lièges en planches, des bois de pins et de chênes zéen de ses propriétés.
- Récompenses obtenues antérieurement : exposition universelle de Paris 1867, médaille d’or; exposition universelle de Paris 1878, médaille d’or; exposition universelle de Paris 1889, médaille d’or.
- MÉDAILLE D OR.
- Héritiers de Henry Broussais, boulevard Carnot, 2 , à Alger.
- M. Henry Broussais exploitait depuis 1863 le premier lot de la forêt des Beni-Khalfoun (département d’Alger).
- Depuis 1 896, les héritiers continuent cette exploitation, qui est l’une des plus soignées et des plus belles du département d’Alger.
- La contenance est de 1,170 hectares, sur lesquels existent 190,000 pièces de chêne liège, dont : 5o,ooo jeunes arbres et i4o,ooo arbres exploités. La production annuelle moyenne est de 700 quintaux métriques de liège brut, qui sont achetées par la France, la Russie, la Belgique et l’Allemagne.
- La forêt est actuellement desservie par 3o kilomètres de chemins d’exploitation; elle est protégée contre les dangers d’incendie par 8 kilomètres de laies dessouchées de 20 mètres de large.
- Salaire annuel, 10,000 francs.
- Les héritiers de M. Henry Broussais exposent des lièges bruts et des lièges en balles, bouillis et raclés; des planches triées et classées, des canons de liège.
- M. Broussais avait obtenu à l’Exposition universelle de 1878 une mention honorable, et en 1889 une médaille d’argent.
- Compagnie fermière de lOuïder, à TOuïder, commune mixte deTEdough (Constanline). Siège social : rue Dulong, 3q, à Paris.
- La Compagnie expose des balles de très beaux lièges bouillis, raclés et visés.
- Cette Société a été créée en 1895 ; elle fait suite à une Société qui exploite une forêt de chêne liège, dont la concession date du 6 octobre 1862.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 131
- La superficie de la forêt est de 6,5oo hectares.
- La production annuelle de liège est d’environ â,ooo ou 4,5 oo quintaux métriques.
- Le nombre d’ouvriers occupés dans le domaine est de 3o, en moyenne, pendant toute l’année, et de i5o à 200, pendant la période de récolte.
- Le chiffre des ventes annuelles varie entre 125,000 et i5o,ooo francs.
- Les lièges sont exportés en Russie, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne et en France.
- Société anonyme des forêts de la Calle (Département de Constantine).
- Siège social : rue de Toqueville, 33, à Paris.
- La Société anonyme des forêts de la Calle a été constituée en 1889 au capital de 1,800,000francs, pour faire suite à MM. Barris frères, acquéreurs depuis 1876 de la concession dite de Montebello, (lots nos 1 et 3) et qui à l’Exposition de 1889 avaient obtenu une médaille d’or.
- La propriété est d’une superficie de 1 2,000 hectares environ, couverte presque en totalité de chênes lièges; la moyenne des récoltes est de 7,000 quintaux de liège, et de 200 à 3oo quintaux d’écorce à tan provenant du chêne liège.
- Le personnel employé pendant la récolte, c’est-à-dire pendant quatre ou cinq mois de l’année, s’élève à i5o hommes environ, tant français qu’indigènes.
- La Société vend tous ses produits à l’état brut, en France, en Angleterre, en Espagne et en Russie.
- Elle expose de très beaux spécimens de ses lièges.
- Le directeur de la Société est M. Jacquiet, conseiller général.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Marill et Laverny, à Alger.
- MM. Marill et Laverny exposent cinq balles de liège, représentant les cinq principaux types recherchés d’une façon générale par l’industrie du liège.
- Ces lièges ont subi toutes les opérations préliminaires afin de les rendre souples et neutres de goût; ils sont classés tels qu’ils sont vendus pour l’exportation.
- La maison a été fondée en 1865 ; c’est une des plus anciennes de l’Algérie.
- Elle est propriétaire de deux forêts de chêne-liège, l’une appelée forêt du rrBoudouaou» , située sur la commune de l’Alma; l’autre appelée forêt de crMouzaïa», située sur la commune de Médéa, département d’Alger.
- MM. Marill et Laverny n’exploitent pas seulement leurs propres forêts, mais également d’autres dont ils sont concessionnaires par baux à longs termes, et qui appartiennent les unes à l’Etat, les autres aux communes.
- Us achètent encore du liège brut à l’État et à d’autres producteurs.
- Tout le liège brut est préparé et classé dans leur usine ; les deux tiers des produits sont exportés en planches, et un tiers est transformé sur place en bouchons et autres articles.
- Ils occupent toute l’année une centaine d’ouvriers et le double pendant la récolte du liège, en juin juillet et août.
- Le chiffre d’affaires est de 900,000 francs, avec une perspective d’augmentation.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- MM. Marill et Laverny, par l’exemple donné en Algérie de l’exploitation rationnelle des chênes-lièges, ont contribué pour beaucoup à l’amélioration de la qualité du liège de ce pays.
- Ils ont créé des dépôts en Allemagne, en Russie, en Danemark, en Norvège, et ont fait de grands efforts pour faire connaître et apprécier à l’étranger le liège de l’Algérie.
- A l’Exposition universelle de 1889, une médaille d’argent leur avait été décernée.
- MM. Marill et Laverny ont préparé tous les lièges exposés par la Direction des forêts du gouvernement de l’Algérie à l’Exposition de 1900.
- Société forestière française des amis des arrres (section algérienne),
- quai Saint-Michel, 2 5, à Paris.
- La Société forestière française des amis des arbres a pour but, d’après l’extrait textuel de ses statuts :
- i° D’inciter et de seconder en France et dans les colonies françaises, l’initiative individuelle en vue de la plantation, de l’amélioration et de la propagation des arbres isolés ou en massifs.
- 20 D’aider, par son concours, au groupement des bonnes volontés et à la défense des intérêts des propriétaires.
- La section algérienne de la Société française des amis des arbres expose la collection complète de ses bulletins trimestriels de 1899. Dans ces bulletins trimestriels, toutes les questions intéressant les forêts de l’Algérie sont fréquemment traitées.
- En raison de la propagande intelligente faite par cette association dans le but de pousser aux reboisements et à la conservation des forêts existantes, le Jury lui a décerné une médaillle d’argent.
- MM. Vidal et Andreu de Barcelone, à Djidjelli (Constantine).
- MM. Vidal et Andreu sont propriétaires depuis huit années environ, de la forêt de Beni-Amram située à Djidelli, dans la province de Constantine.
- La superficie de cette forêt est de h,000 à 5,000 hectares. Le liège qu’on y récolte est d’excellente qualité; le Jury a pu s’en rendre compte par les quelques balles de liège préparé que MM. Vidal et Andreu ont exposées.
- TUNISIE.
- GRAND PRIX.
- Direction de l’agriculture et du commerce de la Régence de Tunis, à Tunis.
- La Direction de l’agriculture et du commerce de la Régence de Tunis a exposé de très beaux produits forestiers consistant en rondelles de chêne-liège de divers âges, en lièges de reproduction et en échantillons d’écorces à tan (chêne liège) et écorces de chêne zéen, en madriers, traverses de chemin de fer et en douelles de chêne zéen.
- L exploitation des forêts de la Régence porte presque exclusivement sur les chênes-liège et les chênes zéen des forêts de la Kroumirie qui appartiennent toutes à l’Etat.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 133
- Le chêne liège occupe une superficie de 82,000 hectares dont l’exploitation est facilitée par le voisinage de la mer et de la voie ferrée de Tunis à Bône et à Constanline.
- Dans les forêts de Tunisie, on démascle sur une hauteur moyenne de 1 ni. 4o, des arbres d’âge divers qui présentent, après avoir subi cette opération pour la première fois, une circonférence de 60 centimètres. Le liège de reproduction atteint, après 8 à 12 ans, une épaisseur de 25 à 27 millimètres.
- Le prix du démasclage est en moyenne de 9 centimes par arbre. Le prix du quintal de liège ordinaire, bouilli, raclé, visé, mis en balles et rendu à quai à Tabarca peut être évalué à 45 francs. Les frais d’exploitation sont, par quintal, d’environ i4 fr. 5o.
- La production des forêts de la Régence pendant les dernières années a été de 9,000 mètres cubes de bois d’œuvre (chêne Zéen); 35,000 quintaux d’écorce à tan (chêne-liège) et 7,000 quintaux de liège de reproduction.
- Les recettes annuelles dépassent 600,000 francs et vont en augmentant avec la mise en valeur progressive des massifs forestiers.
- Collaborateur : M. Bastien, médaille d’or.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- Chambre de commerce française de Tunis.
- La Chambre de commerce française de Tunis expose des écorces à tan et de la racine de canaigre.
- La canaigre (llumea hijmenosepaïus Torr) est une nouvelle plante à tanin originaire de l’Amérique du Nord, dont les essais d’acclimatation, commencés en 1895, au jardin d’essai de Tunis, ont donné des résultats encourageants.
- La racine est la partie essentielle en raison de sa teneur elevée en principe tannique. Cette teneur, d’après l’analyse, serait de 20 à 3o p. 100 et même davantage. <
- CONGO FRANÇAIS.
- Le Congo a d’énormes surfaces boisées. La forêt de Mayombe paraît être la principale; elle couvre la côte jusqu’à 100 ou 1 5o kilomètres de la mer. Les bois du Congo comprennent de nombreuses variétés dont certaines essences commencent à être connues sur les marchés d’Europe. Nous citerons principalement :
- L’ébène ( Dyospyros), très abondant dans les régions de l’Ogoûé et du Fernand Vas
- L’acajou d’Afrique, arbre très répandu, atteignant jusqu’à f?5 mètres sous les premières branches ; diamètre de 1 à 3 mètres. Le bois convient particulièrement à l’ébé-nisterie.
- L’okoumé (Boswellia Kleineana Pierre), qui se rencontre surtout dans le voisinage des lagunes; il sert à la construction des grandes pirogues d’une seule pièce. Ce bois, qui a une ressemblance avec l’acajou de qualité inférieure, est de teinte rosée très pâle.
- L’ezigo, bois de corail ou santal rouge d’Afrique (Plcrocarpus erinaceus). Le tronc,
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
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- d’une très belle couleur vive, est employé par l’ébénisterie; les branches servent à faire du bois de teinture rouge santal. Cet arbre se trouve dans tout le Mayombe.
- Le novero, grain très (in, pouvant remplacer le buis. Hauteur, 20 mètres. Diamètre, 0 m. 60 à 0 m. 80.
- Le sanjillé, employé pour tous les usages du buis; malgré sa dureté il peut être utilisé par l’ébénisterie, en raison de ses moirages intérieurs. Hauteur 12 mètres; diamètre 0 m. A0 à 0 m. 60.
- Le keehra, bois dur, mais se travaillant bien; il ressemble au bois de rose et peut être employé pour la marqueterie, la mosaïque et les meubles de luxe.
- Le moâbi (Thiegemella Hechlii) ressemble au poirier ou au bois de natte; rouge, très dur, pourrait être employé par la menuiserie du bâtiment et par l’ébénisterie. Hauteur du tronc 25 à 35 mètres ; diamètre 2 mètres à 2 m. 5o.
- Le nouka, ressemble au noyer, excellent bois d’ébénisterie. Hauteur 1 2 à 1 5 mètres; diamètre om. 60 à 0 m. 90.
- Le nkoubi, bois jaunâtre, employé pour la fabrication des meubles ordinaires. Hauteur 10 à i A mètres; diamètre 0 m. 60 à 1 m. 20.
- Le cynometra, arbre d’assez grande taille, dont le cœur est d’un beau rose rouge, très commun au bord de la lagune de Mayombe.
- Le manglier ou palétuvier (rhizophora mangle), forme de véritables forêts au bord des lagunes; il donne un bois rougeâtre très dur.
- Le cïjouga (Aubrya gabonensisf bois ressemblant à celui de l’amandier.
- Uoba ( Irvingia gabonensis), qui a le grain du teck.
- Vévino ( Vitex cuneata), bois blanc très léger.
- Le ni zimou ou. m’bimo (Mimusops), bois rougeâtre très dur.
- Divers copaiferas à bois rougeâtre.
- Des ficus.
- Le mandji, très beau bois de menuiserie.
- Le poumbôlo.
- Le ngonsho ou bois de fer, etc.
- M. Autran, chef d’exploration, a recueilli dans les forêts, aux environs de Libreville, une collection d’échantillons de bois qui fait partie de l’exposition des comités locaux de la colonie.
- Les plantes textiles sont particulièrement abondantes au Congo, mais jusqu’à ce jour, le commerce les a négligées. A citer :
- Le cocotier ( Gossypium barbadense f
- Varbre à ouate (Eriodendrum anfractuosum f
- Diverses Hapocynées, des tiliacées, des malvacêes (Hibiscus), etc.
- Le raphia vinifera ou palmier bambou, dont lepiderme des feuilles, soutenu par les fibres, fournit des lanières longues et fines, jaunâtres, avec lesquelles les indigènes fabriquent^des tissus qui sont quelquefois d’une grande finesse.
- Les bananiers.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 135
- Le cocotier, introduit dans la colonie au début de l’occupation, se développe très bien dans le voisinage de la mer.
- La plus importante exportation du Congo est le caoutchouc, récolté principalement des lianes à latex appartenant au genre Lanclolphia. Malheureusement, les noirs ont l’habitude non pas seulement de saigner les lianes, mais de les couper pour en extraire le plus de lait possible. Il en résulte que les lianes à caoutchouc ont disparu de la côte et du voisinage des grandes rivières. Actuellement, des essais sont faits pour introduire certains arbres à caoutchouc reconnus comme fournissant des produits de qualité supérieure. A citer :
- Le ceara (Manihot Glaziovii) ;
- Le manicaba du Brésil ;
- L’lievea ( Guyanensis et Brasiliensis).
- Les plantes oléagineuses ne sont pas rares au Congo.
- Le copal se rencontre assez fréquemment dans le Mayombe, au pied de certains arbres de la famille des césalpinées qui le secrétent. Il peut servir à fabriquer des vernis de bonne qualité.
- Des résines sont fournies en assez grande quantité par divers arbres du genre Boswelha. Mais, ni les résines, ni le copal ne sont pour le moment l’objet d’un trafic quelconque.
- L’exploitation des forêts du Congo français est réglementée par un décret en date du 28 mars 1899. Le règlement prévoit les conditions dans lesquelles devra se faire l’exploitation afin d’éviter le déboisement et de protéger les essences précieuses.
- La colonie exporte principalement l’ébène, l’acajou d’Afrique, l’ézigo ou essences analogues, l’okoumé; ce dernier bois est venu en assez grande quantité sur les marchés d’Europe, mais nous ne pensons pas qu’il ait un grand avenir; il n’a pas une teinte rouge assez foncée, il est peu dense, plucheux et peu apprécié des ébénistes. Du reste, il s’est vendu au Havre, 70 francs les 1,000 kilogrammes; or, le mètre cube ne pesant que 65o kilogrammes, le vendeur n’a touché que Ô5 fr. 5o du mètre cube, ce qui ne doit pas payer le fret et les frais d’exploitation. Par contre, les ébènes sont très recherchés et les acajous d’Afrique sont payés à des prix rémunérateurs.
- L’exportation des bois reste sensiblement stationnaire. Une des principales causes du peu de développement pris jusqu’à ce jour par le commerce des bois, tient à l’effet de la barre(1), qui se fait sentir presque tout le long de la côte et rend l’embarquement des billes de bois très difficile. Ces billes risquant de se détériorer dans l’eau de mer, ne peuvent être flottées jusqu’au navire. On est donc obligé de les transporter depuis la côte au moyen de canots appelés «surfboats». Mais les bois formant généralement une charge très lourde, risquent à tout moment de faire chavirer les embarcations. Le
- (1) On appelle « barre n, des lignes de grosses vagues soulevées par les vents du Sud-Ouest, qui soufflent dans le golfe de Guinée, à peu près neuf mois de l’année. Ces vagues, dangereuses à franchir avec
- des barques ou des pirogues, ont jusqu’à 12 mètres de hauteur et forment, en raison du peu de profondeur de la mer, trois lignes de brisants qui viennent déferler sur le rivage avec un bruit terrible.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- des wharfs existeront dans les ports, le commerce des bois prenclr
- une extension considérable.
- IMPORTATIONS AU CONGO FRANÇAIS.
- francs. francs.
- 1892.... 11,0/10 1894 1,502
- 1893.... 28,138 1895 90,062
- QUANTITÉS. VALEURS.
- kilogr. francs.
- Bois communs 80 mil!, et plus. . . . 108,126 1 0,589
- 1896... Bois communs 35 à 80 mil! 18,928 1,668
- ( Bois communs moins de 35 mill. . . 288,127 3o,532
- Totaux. . /u 5,481 42,739
- QUANTITÉS. VALEURS.
- kilogr. francs.
- / Bois communs 80 mill. et plus. . . . 8i,3o5 8,354
- 1897. . . Bois communs 35 à 80 mill ..... 67,400 9,865
- ( Bois communs moins de 35 mill.. 26,572 5,197
- Totaux. . 175,277 2 3,4i6
- EXPORTATIONS DU CONGO FRANÇAIS. i
- francs. francs.
- 00 «0 187,326 189/1 588,171
- 1893.... 384,515 1895 502,870
- QUANTITÉS. VALEURS.
- kilogr. francs.
- / Bois d’ébène 1,875,323 32 4,122
- Bois d’okoumé.. Bois de teinture.
- 991 516 812,206
- 1896
- Totaux............ 3,679,0/18
- qq, 154 32,488
- 455,704
- Gomme copal. Caoutchouc. ..
- 1897.
- Bois de teinture. Autres bois. . . .
- Caoutchouc.
- 9°8 2,075
- 546,355 2,oi6,334
- QUANTITÉS. VALEURS.
- kilogr. francs.
- 383,080
- 3,421,0/17 589,l64
- 225,2 19 34,934
- 129,104 16,858
- 2,520,366 1 ,024,o36
- 518,270 2,221 ,o85
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 137
- RÉCOMPENSES.
- MÉDAILLES D’OR.
- Compagnie propriétaire du Kouilou-Niari, siège social : rue Saint-Georges, 20, à Paris.
- Cetle Compagnie succède aux deux sociétés suivantes :
- i° A la Société d’études et d’exploitation du Congo français, fondée en 1893, pour la création d’une voie de communication entre Loango et Brazzaville ;
- 20 A la Société commerciale et industrielle du Congo français qui s’était substituée à la première et dont le but principal était un service de transport en régie avec la colonie,
- L’étendue du domaine de la Compagnie est d’environ 25,000 kilomètres carrés, renfermant au moins un million d’hectares de forêts.
- La Compagnie consacre tous ses efforts au développement de l’exploitation de son domaine forestier qui abonde en essences propres aux nombreuses fantaisies de l’ébénisterie, c’est-à-dire en bois rouge, jaune clair, rose, noir, etc.
- Des échantillons de ces divers bois figurent dans son exposition. La vitrine et les deux petites tables sont fabriquées avec de l’acajou d’Afrique; c’est un arbre très répandu dans la colonie, qui atteint jusqu’à 2 5 mètres de hauteur sous les premières branches; le diamètre varie entre 1 et 3 mètres.
- Les autres échantillons de bois exposés sont l’ézigo des indigènes ou acajou rouge, le novéro, le sanjilé, le koêlira, le moâbi, le nouka, le n’koubi.
- Nous avons vu précédemment la description de ces bois et leurs diverses applications dans l’industrie. Tous sont encore peu connus en France, mais ils seront utilisés le jour où ils arriveront par quantités sur le marché.
- En 1899, la Compagnie en a exporté 600 tonnes; elle espère doubler ce chiffre en 1900.
- La Compagnie expose également du caontchouc.
- Le président du Conseil d’administration est M. Albert Motte, industriel à Roubaix.
- Société agricole et commerciale du Bas-O’gôoué, rue de Chuteaudun, 39, à Paris.
- Celte Société a été constituée en avril 1895, au capital de 45o,ooo francs. Son fondateur est M. Dybowski, inspecteur général de l’agriculture coloniale.
- Elle a pour objet les cultures tropicales et l’exploitation forestière d’une concession accordée en 1890 à M. Rousselot. Ce territoire, d’une superficie de i,5oo hectares, est situé à Achouka, sur les rives de l’Og’oué, à 200 kilomètres de la mer. Pour étendre son exploitation, la Société a obtenu une seconde concession de 100,000 hectares environnant la concession Rousselot.
- L’exploitation forestière qui fonctionne depuis quatre ans s’étend à toutes les essences de bois indigènes, dont un certain nombre d’échantillons sont au pavillon du Congo, principalement l’okoumé, l’ygo ou ézigo, le m’bilinga, le n’keva, l’ozouga, le rn’pana, l’ébène, ainsi qu’une bille de bois d’Ygo ou ézigo de 3 m. 3o de longueur sur 0 m. 60 d'équarrissage et une bille de m’bilinga de 2 m. 5o de longueur sur 0 m. 60 d’équarrissage.
- Outre les bois eii grumes, la Société expose des meubles, une voiture à deux roues, une brouette, afin de montrer les applications diverses auxquelles se prêtent ces bois.
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- 138 EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- La Société exporte régulièrement en Europe de l’ébène, des bois en grumes ainsi cpie du caoutchouc. Collaborateur. — M. Visser, directeur de la plantation du Cayo, médaille de bronze.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- Comités locaux de la colonie.
- Les Comités locaux de ta colonie du Congo ont fait une exposition intéressante, en ce sens qu’ils ne se sont pas hormis à l’envoi de petits échantillons, mais que pour donner une idée exacte des hois de leurs forêts, ils ont fait venir des arbres entiers.
- C’est ainsi que la maison Wermanx, de Libreville, expose une bille d’okoumé male de 6 m. 5o de long sur o m. 8o d’équarrissage et une bille d’okoumé femelle de 5 mètres, o m. 8o x o m. 8o.
- La maison Kinderling, deBatah, a envoyé un tronc équarri d’éziguo, bois rouge de couleur très vive.
- La Société du Haut-Ogôué a présenté 16 huches d’ébène provenant de Samba; on remarque aussi une bille de menjilim, provenant du Haut-Como, bois rouge plus clair que l’ézigo, mais toujours d’une belle couleur, et la collection Autran (chef d’exploration). Cette collection se compose d’environ trente-quatre échantillons de bois fort bien catalogués, dont les noms usuels et scientifiques, ainsi que leur emploi, ont été donnés dans la notice sur le Congo français, rédigée sous la direction de M. Marcel Guillemot, commissaire adjoint du Congo à l’Exposition universelle de 1900 (André, éditeur).
- Les principaux bois sont l’ézigo (Pterocarpus angolemis) ; le niovvé des Gabonnais, bois jaunâtre tendre pour menuiserie, ébénisterie et marqueterie; l’ouguémbé des Gabonnais (Oldfieddia africana), très beau bois jaunâtre dur, c’est le chêne du pays qui sert pour menuiserie, ébénisterie, marqueterie, tournage, grosse charpente; l’okoumé des Gabonnais (Bosivellia kleineana Pierre); l’ébène (Diospyros ébénum) l’évila des Gabonnais.
- M. Aulran a également dressé une liste des lianes, des résines, des huiles, des graines, produits oléagineux, pharmaceutiques, etc.
- Le Comité local expose encore une collection de lianes à caoutchouc, une collection de lianes à latex de la région du Congo, réunie par M. Visser, directeur de la plantation des Cayo (à cette collection est jointe un herbier) ; des nattes, de la vannerie fabriquée dans la colonie avec les produits forestiers et des meubles en bois du Congo, exécutés par MM. Majorelle frères, de Nancy, Ausseur et fils et IIipp, et Gauthier, à Paris.
- Collaborateur. — M. Autran, chef d’exploration, qui a catalogué une partie des bois du Congo ainsi que les lianes, les huiles et les graines. Le Jury lui a décerné une médaille de bronze.
- COTE D’IVOIRE.
- La Côte d’ivoire est située entre le pays des Achantis et la République de Libéria. D’aprèa une notice de M. Pierre Mille, commissaire de la colonie à l’Exposition de 1900, la forêt couvre les deux tiers de la superficie totale, soit 17 à 18 millions
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 139
- d’hectares. On ne saurait la comparer qn’à ceiïe du Congo. C’est une futaie d’arbres géants unis par un fantastique enlacement de lianes.
- Sur la zone côtière croît le palmier à huile (elœis guincensis). La grande forêt intérieure renferme un nombre infini d’essences diverses, les unes très légères, les autres d’une forte densité, des bois rouges dits « acajous « et les différents arbres, arbustes et lianes qui fournissent le caoutchouc.
- Les seuls bois exportés, quant à présent, sont les «acajous??; les autres ne sont utilisés que pour les besoins locaux.
- Dans le catalogue raisonné sur l’exposition de la Côte d’ivoire, M. A. Daudy, le principal exposant, donne les indications suivantes sur l’acajou d’Afrique qu’il exploite lui-même.
- Les bois exportés de la Côte d’ivoire, sous le nom d’acajou, ne sont pas les véritables acajous des forêts américaines. Une dizaine de variétés de bois rouges, d’essences diverses, sont exploitées sous ce nom, et elles sont également abondantes sur tous les points du littoral. Au fur et à mesure que Ton s’avance vers l’Ouest, la qualité s’améliore.
- L’exploitation des forêts n’est pas bien facile. Il est très rare de rencontrer groupés des bois de même essence. Les arbres pour l’exportation sont, au contraire, très disséminés au milieu d’arbres de valeur nulle. Cette particularité rend les travaux de forêt laborieux: elle nécessite d’assez longues recherches et la création de très nombreux chemins d’exploitation qu’il faut ouvrir à la hache dans l’épaisseur des fourrés.
- La recherche des arbres exige une grande habitude : d’une part, il est souvent impossible de voir les feuilles et les fruits; d’autre part, la forme du tronc et l’aspect de l’écorce présentent de si grandes similitudes avec d’autres essences, qu’il est extrêmement facile de commettre une erreur. Le guide le plus sûr est encore l’odeur sui generis qui émane d’un morceau d’écorce humide de sève et fraîchement détaché du tronc.
- L’abatage des arbres se fait à la hacbe. Deux travailleurs indigènes coupent un arbre en une journée et demie.
- Après l’abatage, on procède au tronçonnage sur place, en billes de A à 6 mètres de longueur.
- Les billes sont ensuite placées sur des rouleaux en bois, et traînées péniblement par les indigènes jusqu’au cours d’eau le plus proche. Là, elles attendent le moment des hautes eaux pour être ensuite flottées, soit par billes isolées, soit en radeaux, jusqu’au littoral.
- On procède ensuite à l’équarrissage à i’herminette, et, au passage des steamers, elles sont embarquées à destination du Havre, de Bordeaux, Liverpool ou Hambourg.
- Dans la région d’Assinie, Grand-Bassam et Grand Lahou, les indigènes travaillent d’une façon très active à l’exploitation des bois. Ils les livrent, rendus à la côte, soit en grumes, soit équarris.
- Sur la côte ouest, à partir de San-Pedro, les indigènes ne veulent pas exploiter les
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- bois eux-mêmes; ils préfèrent travailler moyennant un salaire mensuel et la nourriture.
- Les exploitations créées par M. Daudy sur cette partie du littoral, à Wappou et à Bassa, produisent annuellement environ 1,800 mètres cubes d’acajou.
- Les quantités achetées aux indigènes et exportées par les maisons de commerce de Grand-Bassam, Assinie et Grand-Lahou, sont d’environ 3,ooo mètres cubes par an.
- Cette production peut être augmentée selon les besoins de la consommation.
- Les acajous de la Côte-d’Ivoire commencent à être convenablement cotés sur les marchés européens. Ils sont classés en diverses catégories, depuis les bois pâles à densité faible, jusqu’aux qualités denses à grain fin, moirées, flambées, réservées pour le plaquage de meubles de luxe.
- Suivant qualité, les prix de réalisation varient de 125 francs à 700 francs le mètre cube.
- Les végétaux producteurs de caoutchouc abondent dans les forêts de la Côte-d’Ivoire ; les Morées, Apocynées, Artocarpées, Euphorbiacées, Sapotacées, fournissent toutes les qualités de gommes, depuis les sortes inférieures, genre «Acra Past», jusqu’à des sortes très supérieures, très nerveuses, équivalentes aux meilleures Twists, Sierra-Leone ou Nigers.
- Parmi les plantes à latex les plus intéressantes de la colonie, on peut citer :
- Le ficus brassii ; le ficus elaslica; le vahea gumonifera; la liane qui produit le caoutchouc dit d’Angola; le mimusops (M'bino du Gabon) ; landolphia fonda, et d’autres variétés de landolphia.
- Les indigènes de la colonie ayant été initiés depuis peu de temps à la préparation du caoutchouc, la production est encore très limitée.
- Un centième à peine du territoire de la colonie est, à l’heure actuelle, régulièrement exploité.
- Néanmoins, le chiffre des exportations par Grand-Bassam, Assinie, Grand-Lahou, atteint déjà près de 4o tonnes par mois.
- Le palmier à huile (elœis guineensis), croît spontanément, mais il est aussi fréquemment cultivé. L’huile de palme qu’il fournit est expédiée en tonneaux de 5oo à 600 kilogrammes, appelés pouchons, à Marseille, à Liverpool ou en Hollande, mais la tendance actuelle est d’exporter directement l’amande et non plus l’huile.
- Une ligne de chemin de fer à voie étroite, de 280 kilomètres de pénétration, est en construction; elle traversera complètement la forêt équatoriale dont les ressources en huile, caoutchouc, bois d’ébénisîerie et de construction sont incalculables.
- Cette voie ferrée doit être terminée en 1906, et nul doute qu’à partir de cette époque les exportations n’augmentent considérablement.
- Une scierie à vapeur de 20 chevaux de force a été installée, en 1898, sur le Comoe. Des billes de 1 m. 20 de diamètre peuvent y être débitées.
- L’exportation des produits a été contrariée, en 1899, par une épidémie de fièvre jaune qui faisait des ravages parmi les Européens, tandis que la peste sévissait chez les nègres.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 141
- 1892..
- 1893..
- 1896..
- 1895..
- 1896..
- 1897..
- 1898..
- EXPORTATIONS DE LA COTE D’IVOIRE.
- Acajou.............................................. 571,326 francs.
- Bois de teinture. . ................................. 12,068
- Total................ 583,392
- Caoutchouc.......................................... 176,799
- Acajou.............................................. 669,681 francs.
- Bois de teinture..................................... 62,927
- Total................... 5i2,6o8
- Caoutchouc................................'....... 231,097
- Acajou.............................................. 672,606 francs.
- Bois de teinture...................................... 9,876
- Total................... 682,282
- Caoutchouc.......................................... 618,371
- Acajou................................................. 296,655 francs.
- Bois de teinture......................................... 6,211
- Total.................... 298,666
- Caoutchouc............................................. 286,625
- „ QUANTITÉS. VALEURS.
- kilogr. francs.
- Acajou.............................. 8,096,307 667,703
- Bois de teinture.......................... 32,532 6,880
- Totaux................ 8,128,839 652,583
- Gomme copal......................... 1,638 i,638
- Caoutchouc................................ 161,667 638,686
- QUANTITÉS. VALEURS,
- kilogr. francs.
- Acajou............................... 18,555,795 1,686,663
- Bois de teinture......................... 22,5o6 3,375
- Totaux............. 18,578,299 1,687,838
- Gomme copal............................... i,563 1,543
- Caoutchouc............................. 189,891 588,661
- Acajou....................................... 12,698,326 kilogr.
- Caoutchouc................................... 289,826
- IMPORTATIONS À LA COTE D’IVOIRE.
- ( 1896................................... 36,756 francs.
- j 1897................................... 13,518
- Bois de construction..
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- 142
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- RÉCOMPENSES.
- MÉDAILLE D’OR.
- Exposition collective de la Côte d’Ivoire.
- L’exposition collective comprend :
- La colonie de la Cote d’Ivoire, rue d’Assas, 5, à Paris;
- Le comité local de l’Exposition , à Grand-Bassam ;
- La MISSION DU COMMANDANT HoUDAILLE.
- La collectivité présente une quarantaine d’échantillons de bois de diverses provenances de la Colonie, accompagnés de notes de M. Delafosse.
- Les bois de provenance de Thiassalé (Baoulé), sont les suivants :
- Lefremmelé, Yelluy, le boré, le pataboué, le nicmgama, Yalloua, qui servent à la construction des pirogues.
- L'étrya, bois dur qui sert à faire les pilons.
- Le bralcolé, le walé, Youoribo, inutilisés par les indigènes.
- De la vallée de la Sassandra sont exposés :
- Le sipo et le doubou, très recherchés par les indigènes pour la construction des pirogues. Ils sont difficilement attaqués par les insectes, et atteignent de grandes dimensions; poussent droit et haut.
- Le boutousson, bois solide, sert également à la construction des pirogues.
- De la provenance de Zaranou (Indénié), sont exposés les échantillons suivants :
- L'éoulré, arbre de 20 à 25 mètres de haut, droit, utilisé dans la construction; l’écorce est filée, on en fait des cordages. Diamètre : 0 m. 5o.
- Les indigènes mangent l’écorce en la faisant cuire avec de la viande de chien.
- L'aioufoué, haut de 20 à 25 mètres, droit, utilisé pour la construction des cases. Diamètre : om. 5o à 0 m, 60.
- Vabesséboué, haut de 5o à 60 mètres, non utilisé parles indigènes; très abondant ; paraît être un bon bois de construction.
- L'acajou, se trouve en très grande quantité.
- L'olcoué, arbre très haut et droit; bois dur.
- Lepanban, diamètre : 1.mètre à 1 m. 5o; arbre très répandu.
- L'igna, diamètre : 2 mètres; l’écorce est recouverte de piquants, comme celle de l’acacia.
- L'espingua, hauteur : 5o mètres; diamètre :om.6oàom. 70; bois rouge.
- Le pataboué, haut de 4o à 5o mètres; diamètre : o m. 70 à 1 m. 5o; non utilisé par les indigènes.
- Le poiobalca, arbre très répandu; hauteur : 3o à 35 mètres; diamètre: 1 mètre à 1 m. 5o; son écorce donne une résine blanche utilisée par les indigènes pour exploiter le caoutchouc.
- Véjoutré, se trouve en grande quantité; hauteur : 4o à 5o mètres; diamètre : 0 m. 35 à om. ho ; est utilisé par les indigènes pour faire les planches servant à la construction des plafonds et des planchers.
- Le kattohé, non utilisé ; hauteur : 3o à 4o mètres; diamètre : o m. 60.
- Le palmier ronier (provient de la Côte). 1
- La collection de la mission Houdaille comprend 16 billots, représentant les essences diverses trouvées sur un hectare de forêt, et des planchettes vernies qui montrent l’aspect du bois; des aquarelles représentent la feuille et le fruit de chaque arbre.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 143
- Le Jury a décerné une médaille d’argeut de collaborateur à M. Mille (Pierre), commissaire général , pour l’installation de l'exposition de la Côte d’ivoire, pour la grande carte qu’il a faite de ce pays, et pour son intéressante notice sur cette colonie.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Daüdy (Albert}, h Grand-Bassam, et rue Saint-Georges, 1, à Paris.
- M. Daudy est le principal exportateur de la Côte d’ivoire. En 1897 et 1898, M. Daudy a créé deux exploitations forestières à Wappou et à Bassa, sur le littoral ouest de la Côte d'ivoire, où il procède lui-même à l’abatage, à l’équarrissage et à la descente des bois, par le flottage, jusqu’à la mer.
- Il est secondé par deux agents européens et trois commis noirs d’origine anglaise; il occupe eu moyenne 160 indigènes engagés à l’année.
- La production annuelle de Wappou et de Bassa est d’environ 1,800 mètres cubes de bois d’acajou.
- Dans la zone de Grand-Bassam et d’Assinie, M. Daudy achète les bois aux indigènes, lesquels exploitent eux-mêmes les forêts.
- M. Daudy soumet à l’appréciation du Jury :
- Une bille d’acajou de 2 m. 5o de long sur 0 m. 75 sur 0 m. 75 d’équarrissage; une des faces est simplement alignée, la deuxième est rabotée, la troisième est polie, la quatrième est vernie. De la sorte, l’on peut se rendre compte de la valeur de l’acajou d’Afrique sous les diverses préparations en usage dans l’ébénisterie.
- M. Daudy expose en outre :
- 3 planchettes d’acajou de nuances différentes, des feuilles de placage, 1 table en acajou, 1 colonne en acajou massif, 1 échantillon de bois de teinture.
- M. Daudy a contribué pour la plus large part à rendre intéressante l’exposition de cette colonie, dont il est du reste le principal exposant.
- C’est M. Daudy qui est le concessionnaire du service de cabotage de la Côte-d’Ivoire.
- Ce service assure la visite mensuelle de tous les ports et comptoirs, depuis Assinie jusqu’au Cavally.
- DAHOMEY.
- On rencontre au Dahomey, à une cinquantaine de kilomètres de la côte, et en s’élevant vers le nord, de vastes forêts de palmiers à huile et de roniers, mais la région des forêts vierges ne commence qu’avec les premières ramifications des montagnes du Kong.
- Dans ces régions de la colonie, on rencontre des arbres de toutes familles et de toutes grandeurs, parmi lesquels il faut citer :
- Les bois de fer, très abondants, excellents pour le pavage; ils sont très estimés dans le commerce et comprennent ;
- Le ronier ou palmier à éventail; son bois, d’une dureté remarquable, sert à toutes les
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- 144
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- constructions sur pilotis. Cet arbre appelé coker sur la côte, est très commun dans la région Est, du côté du Lagos.
- Viennent ensuite.:
- Le baobab, dont le diamètre du tronc atteint de gigantesques proportions.
- Le fromager ou bombax à laine.
- Le clragonnier.
- Le rocco (faux ébénier), qui ressemble au chêne et peut être utilisé par les ébénistes.
- Le manglier, inattaquable par l’eau de mer.
- Le camwood, bois à grain fin et serré, plus lourd que Peau; de blanc qu’il est ordinairement, il devient, lorsqu’on le coupe, rougeâtre au contact de l’air et exhale, si on le râpe, une odeur analogue à celle du palissandre.
- Le mancone.
- Le gommier ou bursera ou gommart, qui existe surtout dans les régions du Haut-Dahomey dépourvues de palmiers à huile; il donne la gomme copal.
- L’avicennia, grand arbre toujours vert, très abondant le long des fleuves.
- Le myrsine {rnelanophloeos'}, qui atteint jusqu’à 16 et 18 mètres de hauteur et donne un excellent bois de charpente.
- Le grewia mclocarpa.
- Le schmidelia afncana, bois d’ébénisterie.
- Le blighia sapida.
- Le toulonconna, dont l’écorce est riche en tanin.
- Le pandanus, grand arbre d’une vingtaine de mètres de hauteur, dont les fleurs et les fibres sont employés comme textiles.
- Le rhat, le tamarinier géant.
- Le jacquier, ou arbre à pain, dont les fibres offrent une grande résistance comme matière textile.
- L’eucalyptus.
- Divers acacias : le robinier, Y acacia gommier.
- Le raphia, qui sert à faire des meubles légers, et qui produit une liqueur utilisée par les indigènes. C’est aussi une plante textile.
- Le cossoué, qui donne une sorte de gomme laque.
- A mentionner également le palétuvier, qui n’existe que sur le littoral et au bord des lagunes.
- Comme arbres fruitiers, le Dahomey possède aussi :
- Les manguiers, les citronniers, les orangers, les goyaviers, les cocotiers, les corossoliers, les pommiers acajou, les figuiers d’Inde, les pruniers de plage, etc.
- L’arbre qui donne le meilleur rendement au Dahomey, est le palmier à huile; d’immenses et épaisses forêts de palmiers oléifères recouvrent le pays jusqu’à la latitude d’Abomey ; c’est un arbre précieux.
- Par l’huile des amandes de palme qu’il fournit, il forme la principale richesse du pays; des cellules intérieures du tronc on retire, en outre, du vin de palme, le bour-
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 145
- geon terminal fournit le choux palmiste; les feuilles, larges, longues et dures, servent à couvrir la toiture des maisons; le pétiole des feuilles tombées sert de combustible ; le tronc est utilisé dans la construction, et ses fibres, très flexibles, sont employées dans la fabrication des cordages.
- Le commerce des amandes de palme est très important; elles sont expédiées à Marseille, Livcrpool et Hambourg, soit en vrac dans les cales des navires, soit en sac de 70 à 75 kilogrammes. Dans les pays de production, les amandes ont une valeur de i5o à 200 francs la tonne de 1,000 kilogrammes.
- Le palmier à huile, qui est la vraie fortune du Dahomey, est rarement abattu; on compte une moyenne de seize à dix-huit palmiers par hectare.
- Dans la région comprise entre Allada et Abomey, on estime la superficie de cette plantation naturelle à un million d’hectares.
- Les ressources de cet arbre sont immenses pour la colonie, et paraissent inépuisables.
- Le fruiL du kolalier est l’objet d’un commerce assez développé ; il est employé à divers usages principalement pharmaceutiques.
- Par sa résistance, le bois de l’arbre à kola est apprécié dans la construction; de plus, son odeur éloigne les insectes..
- Le cocotier se rencontre à peu près partout sur la côte et le long des fleuves; c’est un arbre qui tend à devenir, comme le palmier, une source de richesse. La pulpe séchée, appelée coprah, est envoyée en Europe, où elle est transformée en huile de coprah, la tonne de pulpe vaut environ 200 francs. Le principal marché, en Europe, est Marseille.
- Les lianes et les arbres à caoutchouc abondent au Dahomey, mais ce produit est encore peu exploité au point de vue commercial.
- Le syndicat des planteurs de Whydah préconise la culture de l’arbre à caoutchouc {inanihot glaziovii), qui semble devoir donner d’excellents résultats.
- L’indigo se récolte aussi dans toute la colonie, mais il a besoin d’être amélioré et soigné.
- Le karité ou arbre à beurre est très répandu dans la région des Mahis et du Haut-Dahomey; ses fruits, très abondants, donnent une amande dont on tire une graisse servant à la préparation des aliments et employée également dans la préparation des bougies et des savons.
- Afin de remédier au manque de moyens de communication et de transports, M.De-crais, Ministre des colonies, a décidé, en 1899, la création d’une voie ferrée de pénétration, longue de 35o kilomètres. La ligne, dont les travaux ont dû commencer le ier mai 1900, partira de Kotonou pour aboutir à Tchaourou, en traversant les régions les plus fertiles du Dahomey.
- Nul doute que cette nouvelle voie de pénétration ne mette en valeur les richesses forestières de la colonie.
- Gn. IX. — Cl. 50.
- 1>IVIMEIUE NATIONALE.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- EXPORTATIONS DU DAHOMEY.
- Caoutchouc. .
- 1896
- 1897
- 1898
- 1899
- QUANTITES. VALEURS.
- kilogr. francs.
- i,84o 4,372
- 2,8l2 7,875
- // 38,413
- // 57,320
- IMPORTATIONS AU DAHOMEY.
- QUANTITÉS. VALEURS,
- stères. francs.
- ( Bois de Rokos............................ // 22,325
- 1896.../ Pins et sapins.......................... 552 i4,8o5
- ( Autres bois.............................. // 26,619
- Total................... 63,749
- QUANTITÉS. VALEURS.
- stères. francs.
- | Bois de rokos........................................ n 23,584
- 1897. . .. Pins et sapins..................................... 1,470 84,802
- ( Autres bois.......................................... n 15,682
- Total................... 124,068
- 1898. Bois divers
- 174,676 francs.
- 1899. Bois divers
- i5i,366
- RÉCOMPENSE.
- MÉDAILLE D’OR.
- Comité local de l’Exposition, à Porto-Novo.
- Le Comité local du Dahomey expose de nombreux échantillons de bois en rondelles et en panneaux.
- A citer : le rocco, bois d’ébénisterie ; le bois de fer, d’un grain serré et très dur; le ronier, magnifique palmier, dont le bois très dur et imputrescible fournit de remarquables pilotis ; le manglier, le palétuvier et tous ceux mentionnés dans notre étude générale sur les forêts du Dahomey.
- Collaborateurs : MM. Fonssagrives (Jean), administrateur des Colonies; Philippot, directeur des travaux publics au Dahomey, médailles de bronze; MM. Quenum (Toro-lon), indigène; Béraud (Xavier); Monteiro (Tertuliano) ; Badon (Victor); Campos; Me-deiros (Joâo de) ; Paraiso (Ignacio), mentions honorables.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 147
- ÉTABLISSEMENTS FRANÇAIS DANS L’INDE.
- A la suite de circonstances spéciales, le Jury n’a pu examiner en temps voulu les produits des établissements français dans l’Inde, catalogués dans la Classe 50.
- La flore de notre colonie de l’Inde est d’une incroyable richesse.
- Les bois extrêmement touffus, contiennent, presque tous, les essences propres à l’ébé-nisterie et à la teinture; tels sont par exemple : l’agalloche, le callambac, l’ébène noir, le gayac, le bois de fer, le santal, le teck. Les arbres fruitiers ne sont pas moins nombreux, le papayer, le goyaver, le manguier, le jacquier, le dattier, le bananier, le cocotier, l’oranger et le citronnier. Certains arbres, tels que l’éléphantier, l’accacia arabique, la laque et le bombax, secrétent des gommes très estimées. Citons encore parmi les plantes industrielles le rotin et le bambou, dont les usages sont si répandus dans la vie indigène.
- IMPORTATIONS À PONDICHERY.
- francs.
- 1892. Bois............ 497,037
- 1893. Bois............ 287,447
- IBois de teck...........
- Bois de palé.........
- Palmiers.............
- Autres bois..........
- Bouchons.............
- 1894. Bois...............
- 1895. Bois..............
- ...... 1,025 tonneaux.
- ...... 335 pièces.
- ...... 136
- ...... //
- ...... 68 caisses.
- francs.
- 23l,657 26l,473 92,250 francs.
- 5,025
- i3,6oo
- 7,587
- 10,200
- Total
- 128,662
- (Bois de teck Bois de palé. 'io y Y . ... < Palmiers. . .
- I Trinquemalé \ Autres bois.
- 321 tonneaux,
- 225
- 120
- 325 pièces,
- //
- 45,o45 francs. 5,4oo 19,080 15,275 2,800
- Total,
- 87,600
- 1892. Bois,
- 1893. Bois,
- IMPORTATIONS À KARIKAL.
- francs. francs.
- 43,097 1894. Bois................ 39,i53
- 42,519 1895. Bois................ 29,842
- IBois à brûler. Bois odorants, Bois sciés... Cattimaram.. Autres bois..
- //
- 7,436 pièces. //
- //
- //
- 2,700 francs. i4,635 26,926 1,200 2,925
- Total
- 48,386
- 10.
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-
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- 14 8
- IBois à brûler.............................. 54g tonnes.
- Bois odorants........................... 1,470 pièces.
- Bois sciés.................................. n
- Cattimaram................................ Û20
- Autres bois................................ //
- Total..............................
- 8,784 francs. 6,3oo 33,582 10,080 5,382
- 64,128
- IMPORTATIONS À MAHE.
- Bois
- 1892.
- 1893.
- 1894.
- 1895.
- 1896.
- 1897.
- 62 francs. //
- 3g6
- 9l5 513
- EXPORTATIONS DE MAIIÉ.
- Bois. .
- il 892 1893 1894 1895 1896 1997
- 6,44o francs. 3,338 15,026 2,457 25,981 19,013
- ÉTABLISSEMENTS FRANÇAIS DANS L’OCÉANIE.
- Bois d’ébénisterie :
- L’exploitation des bois d’ébénisterie est insignifiante. La quantité exportée annuellement, principalement pour la marqueterie, peut être évaluée à 100 mètres cubes.
- Les principales essences sont : le tamanou, le tou, le miro ou faux bois de rose, Y oranger et le citronnier, le cocotier et le pandanus. Avec ces mêmes bois l’industrie locale fabrique quelques meubles tels que : armoires, buffets, lits et tables. Ces meubles sont très recherchés et coûtent relativement cher, principalement à cause du manque d’outillage; la direction d’artillerie et un industriel de Papeete possèdent seuls le matériel permettant le débitage des grumes en planches.
- Bois de construction :
- Le bois de construction est peu exporté. On peut évaluer à une centaine de pièces de bois de tamanou et à six cents courbes de bois de burao, l’exportation annuelle qui sert à la construction des navires; ces bois sont expédiés en Californie.
- En ce qui concerne l’industrie locale, le bois de burao est largement employé dans la construction des embarcations, ce bois ayant l’avantage de se travailler facilement
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 149
- et de se conserver très longtemps dans l’eau de mer. Les bois de tamanou et de burao sont également utilisés pour la construction des pirogues.
- Les bois de burao et de maiore (arbre à pain), étaient autrefois beaucoup employés pour les planchers des maisons indigènes, mais actuellement le mode de ces constructions est passé et les planches de sapin de l’Orégon les ont remplacés.
- PJn résumé, il n’existe pour ainsi dire aucune exploitation forestière dans la colonie, ce qu’il faut attribuer à la difficulté des transports et à la cherté de la main-d’œuvre plutôt qu’au défaut des essences exploitables.
- Tout est donc encore à faire en cette matière.
- IMPORTATIONS À TAHITI.
- francs. francs.
- 1892. Bois............ 91,234 1894. Bois.............. 67,637
- 1893. Bois............ 56,9io 1895. Bois.............. 71,348
- iBois bruts.............................................. 80,695 francs.
- Bardeaux................................................ i,43o
- Autres bois............................................. 3,978
- Total....................... 56.io3
- IBois bruts............................................... 11,517 francs.
- Bardeaux................................................. 2,879
- Autres bois.............................................. 2,936
- Total.................. 17,332
- EXPORTATIONS UE TAHITI.
- francs. francs.
- 1892. Bois et coprah. . . . .. 6,844 1894. Bois et coprah.. . 2,3l8
- 1893. Bois et coprah.. . . 385 1895. Bois et coprah.. . .. 1,274
- QUANTITÉS. VALEURS.
- kilogr. francs.
- ( Bois // 4,883
- 1896.... r , ( (coprah 4,121,825 824,365
- Total. 829,248
- QUANTITÉS. VALEURS.'
- kilogr. francs.
- „ ( Bois // 5,5io
- 1897. .. j r , / Loprah 3,172,509 634,5o2
- 64o,oi2
- Total
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- RÉCOMPENSE.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Temabii-Temarii, à Papeete (Tahiti).
- M. Temarii-Temarii expose i4o échantillons de bois différents, représentant les essences forestières de Pile. Ces bois sont tons découpés d’égales dimensions dans des petits rondins refendus et polis. Malheureusement, avec ce genre d’échantillons, le public ne peut se faire aucune idée des arbres arrivés à leur complet développement.
- Les bois principaux sont : le tamanu, le tou, le miro, Y oranger, le citronnier, le burao, le cocotier, le pandanus, le maiore (arbre à pain), Yévitier et le mapé; ces deux derniers sont des bois légers de faible durée.
- GUADELOUPE.
- Il n’existe aucune scierie à la Guadeloupe; tout le travail de forêt se fait à bras d’hommes, et quoique les forêts renferment des bois propres à l’ébénisterie, il n’est exporté de cette colonie que des bois de teinture (bois de campêche). U y a pourtant deux sortes de bois d’ébénisterie qui pourraient être exportées avec chance de succès : le magnolia plumieri ou cachiman montagne, qui ressemble au palissandre, et le man-ccnillier, qui rappelle le noyer.
- La culture du cocotier reprend faveur et le kolatier se répand aux Antilles donnant des produits de tout premier choix; Ton y fait également des estais de culture d’arbres à latex qui paraissent réussir.
- Les meubles sont généralement fabriqués à la Guadeloupe avec l’acajou cèdre qui est un bon bois rouge foncé incorruptible.
- Les propriétaires de forêts de la Guadeloupe comptaient prendre une part beaucoup plus importante dans l’exposition de la Classe 50, malheureusement le terrible cyclone du mois d’août 1899 leur a détruit la plus grande partie des bois qui avaient été préparés pour être expédiés à Paris, de sorte que le temps nécessaire leur a fait défaut pour reconstituer leurs collections.
- francs.
- 826,045 853,393
- VALEURS, francs.
- 654,242 23,823 32,48 7 21,905 732,457
- IMPORTATIONS A LA GUADELOUPE, francs.
- 1892. Bois........... 73o,553
- 1893. Bois........... 707,995
- 1894. Bois.
- 1895. Bois.
- QUANTITÉS.
- kilogr.
- 1896...
- Bois de construction........................ 1,106,378
- Bois en éclisses.............................. 290,863
- Feuillards............................. 354,512
- Bois de teinture........................ 236,i4o
- Totaux........... 1,987,893
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 151
- QUANTITÉS. VALEURS,
- kiiogr. francs.
- • Bois de construction......................... 1,928,780 829,263
- \ Bois en éclisses............................... 327,000 10,791
- 1897....| Feuiliards......................................... 3oi,264 24,102
- ! Bois de teinture......................... 63,000 4,720
- 'y Bois d’ébénisterie...................... 3,760 1,375
- Totaux.................. 2,623,744 870,251
- Totaux......... 2,623,744 870,251
- EXPORTATIONS DE LA GUADELOUPE.
- 1892. 1893. Bois, Bois. francs. 575,945 1,454,435 1894. 1895. Bois Bois francs. 748,73l 73l,ll6
- QUANTITÉS. VALEURS.
- 1896. -1 Bois de teinture et de campêche. . . Autres bois kiiogr. . . 6,5l2,l3o 29,755 francs. 489,542 3.9‘9
- Totaox .. 6,54i,885 493,461
- QUANTITÉS. VALEURS.
- 1897. -I Bois de teinture et de campêche. . Autres bois kiiogr. 1,138,009 65,280 francs. 77,126 16,566
- Totaox 1,203,289 93,692
- Bois de teinture et( 1898............................... 1,520,660 kilog.
- decampéche. ( 1899.................................... 3,007,150
- RÉCOMPENSES.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- Chambre d'agriculture de Grand-Bourg.
- La Chambre d’agriculture de Grand-Bourg, dans l'île de Marie-Galante, présente au public des produits fabriqués par l’industrie locale. Ils consistent en chaises, en paniers, en nattes et en cordages. Les nattes et cordages sont excessivement bien fabriqués. Pour ce travail on emploie une plante grasse de la même famille que l’aloès, appelée le Carala.
- Chambre d'agriculture de la Pointe a Pitre.
- La Chambre d’agriculture de la Pointe à Pitre expose dans un intérêt général, afin de faire connaître les produits de la colonie. Elle présente au public un herbier, des graines, des écorces
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- el des bois d’ébénisterie, entre autres des planches de 1 m. 75 sur 0 ni. 3o des essences suivantes :
- Laurier rose (ncrium oleander) ; résolu montagne (chalufouria racemot); acajou-cèdre (ccdrcla odo-rata), bois rouge, un peu terne, incorruptible, avec lequel on fabrique presque tous les meubles dans le pays; bois de rose (amyris balsamifera).
- Des mortiers de ménage en bois dur figurent également dans cette exposition.
- Crédit Foncier colonial. Agence de la Guadeloupe à la Pointe à Pitre.
- Siège social : rue Mogador prolongée, 2, à Paris.
- Le Crédit foncier colonial expose des bûches de bois de campêclie. Cette société fonctionne à la Guadeloupe depuis le 2 octobre 1863 ; elle a été substituée à la Société anonyme de Crédit Colonial autorisée par un décret du 2h octobre 1860.
- La durée de la Société a été fixée à 60 ans, à partir d’octobre i863.
- Elle exporte, ainsi que quatre autres maisons, du bois de campêclie.
- L’exportation du bois de campêclie s’est élevée jusqu’à dix millions de kilogrammes; depuis 1897 elle a beaucoup baissé, mais avec tendance au relèvement en 1899.
- Exposition collective de la Guadeloupe.
- La collectivité se compose de :
- M. Beaulieu-Boulogne (Paul), à Marie-Galante (maison Beauséjour);
- La Compagnie iiavraise de plantations de la Guadeloupe, rue de la Bourse, au Havre;
- M. L.-J. Adolphe de Lagarde , à Saint-Claude.
- M. Beaulieu-Boulogne a exposé de nombreux échantillons de produits forestiers en jsemences, graines, etc. Il est grand propriélairede forêts à Marie-Galante.
- La Compagnie havraise de plantations a également exposé des semences. Elle est propriétaire d’immenses forêts à Saint-Rose.
- M. J.-L. Adolphe de Lagarde, à Saint-Claude, expose des racines de cèdre-acajou. Ces racines sont utilisées pour la fabrication des meubles; elles fournissent des moirures très recherchées. M. de Lagarde est propriétaire de forêts.
- M. Maston (H.), à la Basse-Terre.
- M. Maston expose des feuilles de hois de l’Inde. Ces feuilles proviennent d’un arbre qui pousse en forêt (l’ile de la Désirade en est couverte). Elles sont exportées en grande quantité aux Etats-Unis d Amérique où elles sont distillées pour en extraire le bayrhum, très employé comme produit pharmaceutique contre les douleurs articulaires. M. Maston, qui est le seul exportateur, se sert d’une presse hydraulique pour l’emballage des feuilles de bois de l’Inde. 11 en exporte annuellement 200 bulles de 25o kilogrammes, soit un total de 5o,ooo kilogrammes.
- GUINÉE FRANÇAISE.
- Ce pays était autrefois couvert d’épaisses forêts que les indigènes ont peu à peu détruites.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 153
- Il reste néanmoins cle nombreux arbres qui pourront être employés pour le charronnage, la menuiserie et Tébénisterie; mais ils ne sont ni suffisamment groupés, ni assez rapprochés des fleuves, qui représentent jusqu’ici les seuls moyens économiques de pénétration, pour qu’on entrevoie la possibilité d’établir de grandes exploitations forestières, dans le genre de celles de la Côte-d’Ivoire ou du Congo.
- Parmi les bois qui pourraient être utilisés il faut citer :
- Le manguier, qui donne un beau bois rouge.
- Le touloucouna, bel arbre à bois rouge, qui sert à faire des couples d’embarcation et porte un fruit dont les graines contiennent une matière grasse douée de propriétés antirhumatismales.
- Le cailcedra (lîhaija senegalensis), bois très dur susceptible d’acquérir un beau poli.
- Le sougué (parinarium), semblable au précédent.
- Le colalier (co/as sterculia accuminata), bel arbre des plus précieux. Les gousses qu’il porte et qui renferment chacune huit à dix amandes charnues, peuvent être vendues, pour un arbre de belle taille, de 3o à 60 francs, selon les années.
- Le méli (detarium sencgalensc), très bon bois de construction de même qualité que le tali.
- Le karité (bassia parkü), bel arbre qui croît dans le bassin du Niger. Des graines on extrait, par ébullition dans l’eau, une graisse blanche appelée beurre de Karité, qui peut être employée en cuisine.
- Le fofo, bois à pirogues.
- Le kari et le tabili, dont le bois est excellent.
- A mentionner comme plantes utiles :
- Le néri, bel arbre produisant une fécule qui est un aliment précieux pour certaines populations.
- Le gommier copal (copaifera copallirîa), grand arbre de la famille des légumineuses. Le gommier copal recouvrait autrefois de grandes étendues, mais il a été stupidement détruit par les noirs, dans beaucoup d’endroits, pour installer à la place des champs de riz. Actuellement, il en existe encore trois groupes de forêts importantes dans le Kabitaye, le Kanéa-Renna et le Kokounia; cette dernière forêt n’est pas exploitée.
- Le baobab (andansonia digitata), arbre qui pousse dans le bassin du Niger et qui produit une gousse comestible appelée pain de singe.
- Le fromager (bomba,x pentendra'j est le géant des forêts de la Guinée; dans le tronc on taille une pirogue d’une seule pièce.
- Le méné (lophira alata), arbre dont le feuillage vert rappelle celui du chêne. Ses graines renferment une huile comestible qui a été analysée parle laboratoire du jardin colonial de Vincennes, et qui pourra devenir l’objet d’une exploitation importante, si les essais d’utilisation industrielle réussissent.
- Le mango (mangifera indica), ses fruits entrent pour une bonne part dans l’alimentation indigène.
- Le palétuvier (rhizophora mangle). Le palétuvier borde les rivières, il est très répandu
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- et peut fournir du bois de chauffage et du bois de construction en quantités presque illimitées. L’écorce de l’arbre est riche en tanin.
- Le lamij {jpentadesma butyracea), arbre très répandu le long des cours d’eau; bois de couleur rouge, propre à l’ébénisterie. Les graines du fruit de lamy renferment une matière grasse qui serait particulièrement propre à la fabrication des bougies. L’utilisation de ce produit va être également essayée pour la savonnerie à Marseille et à Lille.
- Le bambou (bambusa arundinacea), se rencontre dans toute la Guinée.
- Le palmier à huiles (elœis guineensis'), arbre élancé, abondant dans les régions côtières, diamètre 3o centimètres, hauteur i5 à 20 mètres. Il se termine par un bouquet de très grandes feuilles, entre lesquelles se forment les régimes d’amandes riches en huiles. Ces amandes sont vendues dans les factoreries qui les envoient en Europe pour la fabrication de l’huile de palmiste. L’exportation annuelle varie entre 2,500 et 3,ooo tonnes.
- Le ronier (borassus Jlabelliformis), beau palmier à bois dur imputrescible, utilisé pour les travaux dans la mer.
- Le caoutchouc se récolte aussi dans la Guinée française. Les meilleures qualités sont données par le landolphia, belle liane qui vit dans les forêts épaisses.
- Les caoutchoucs de la Guinée se classent comme suit : I. Le red-niger; II. Le twish; III. Le white-niger; IV. Le jlag; V. Le root; VI. Le sakouy.
- francs.
- 55,i5o
- 61,398
- 65,579 francs-20,591 66,170 108,558
- 208,711 francs. 856,267 279,803 687,632 321,852 686,889 286,713 552,716 291,253
- 8l2, Q22 l,0l8 268,866 899’979
- 1892.
- 1893.
- 1896.
- 1894. Bois.
- 1895. Bois.
- 1897.
- 1892.
- 1893.
- 1894.
- 1895.
- 1896.
- 1897.
- IMPORTATIONS EN GUINEE FRANÇAISE, francs.
- Bois.............. //
- Bois.............. 16,398
- ( Bois de pin et sapin..............
- ' ’ ’ | Pitchpin......................
- Total.
- Bois de pin et sapin.............
- EXPORTATIONS DE LA GUINEE FRANÇAISE.
- Gomme.......................................
- Caoutchouc................................. 2,
- Gomme.....................................
- Caoutchouc................................. 3,
- Gomme............. . . ...................
- Caoutchouc................................. 3,
- Gomme.....................................
- Caoutchouc................................. 3,
- Gomme.....................................
- Caoutchouc................................ 3,
- Bois......................................
- Gomme.....................................
- Caoutchouc................................. 4,
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 155
- RÉCOMPENSES.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- Comité local de l Exposition, à Conakry.
- Le Comité local expose 63 échantillons (le bois présentés sous forme de découpes de troncs d’arbres de 1 mètre de hauteur. Les principaux bois sont :
- Le ronier (borassus flabelüformis);
- Le kantindji;
- Le lassa, bois jaune ayant les maillures du hêtre ;
- Le sougué[parinarium), bois jaune dont le cœur est d’une couleur plus foncée;
- Le salitibi, bois très dur;
- Le bambouri;
- Le soukoye [ficus);
- Le mangotier (mangifera indica);
- Le kaki [copâïfera copallina), qui fournit la gomme copal;
- Le karité, qui produit le beurre de karité.
- Trois poutres en bois de ronier sont également exposées ainsi que des boules des diverses sortes de caoutchouc récoltées dans la Guinée.
- Chef du service des travaux publics, à Conakry.
- M. Mooth, chef du Service des travaux publics, à Conakry, a exposé divers échantillons de bois de la colonie.
- GUYANE FRANÇAISE.
- Il est peu de pays qui soient aussi uniformément boisés d’immenses futaies, plusieurs fois séculaires, que la Guyane, et Ton est en droit d’admettre que l’exploitation de ces forêts, si elle était faite d’une manière rationnelle, pourrait devenir la source de richesses énormes.
- Des expériences faites comparativement avec quelques-uns des bois de la Guyane et les meilleurs bois d’Europe ont montré la supériorité des premiers au point de vue de la durée et de la résistance à la rupture.
- Des pièces d’angélique, par exemple, employées à côté de semblables pièces de chêne, dans le corps de plusieurs vaisseaux de guerre français ont été retrouvées, à la visite, plusieurs années après, absolument intactes, alors que le chêne était complètement pourri.
- Quant à la résistance, elle a été reconnue, pour le balata, entre autres, plus de trois fois supérieure à celle du chêne, et près de deux fois supérieure à celle du teck de première qualité.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- L’élasticité du courbaril est quatre fois plus grande que celle du chêne et deux fois supérieure à celle du teck.
- Les bois qui paraissent le plus durable sont :
- Le coupi, le bois violet, le wacapou et l’angélique.
- En dehors des bois de service, les forêts de la Guyane offrent une variété incomparable de bois de travail. L’ébénisterie y trouve surtout des ressources inépuisables.
- Si jusqu’à ce jour l’industrie forestière n’a pas donné les résultats financiers qu’on était en droit d’attendre, cela est dû en grande partie au double fait qu’il n’y avait presque jamais à la tête de l’entreprise un homme compétent, ni suffisamment de capitaux.
- Les bois de construction et d’ébénisterie qui sont destinés à faire l’objet d’un grand commerce d’exportation n’ont été expédiés jusqu’à ce jour par la colonie que d’une manière irrégulière et en quantités relativement faibles.
- Ainsi, en 1853, la Guyane a exporté en France 893,000 kilogrammes de bois d’ébénisterie valant 60,595 francs; en 1856, pour 107,3/18 francs; en 1863 , 1,225 mètres cubes de bois de construction pour 95,771 francs, et 498,096 kilogrammes bois d’ébénisterie valant à5,563 francs. Depuis cette époque quelques essais d’exploitation ont été faits, mais avec peu d’esprit de suite et tout reste à créer.
- La difficulté actuelle consiste principalement dans le manque de main-d’œuvre ; toute la population de la Guyane s’est laissée gagner parla fièvre de l’or et s’est dirigée vers les terrains aurifères en délaissant les travaux en forêt.
- Les principaux bois de la Guyane sont les suivants :
- I. — Bois durs et incorruptibles.
- Wacapou (anclira aubletii, légumineuses). Le meilleur des bois durs, tout en se travaillant facilement. Employé pour la charpente et la fabrication des bardeaux. Densité, 0,900 à l’état sec et 1,113 à l’état vert.
- Cœur-dehors (diplotropis guianensis, légumineuses). Bois plus rare que le précédent, convient particulièrement à la confection des traverses de chemin de fer. Densité, 0,991 à l’état sec et i,q2A à l’état vert.
- Game (coumarouna odorota, légumineuses). Bois peu employé pour la construction à cause de sa dureté considérable. Il est très lourd ; il se travaille bien au tour, et convient pour la confection des engrenages en bois.Densité, 1,153 à l’état sec et 1,213 à l’état vert.
- Mora cxcelsa (sans nom créole). Bois qui se travaille bien et qui n’est pas trop lourd; il donne des pièces de grande dimension et est très estimé à Demerari et en Angleterre pour les constructions navales.
- Balata franc (mimusops balata, sapotacéesy Bois de charpente très employé à Cayenne; plus compact, plus lourd et plus résistant que le wacapou. Densité, 1,109 à l’étatsec et 1,232 à l’état vert. L’arbre, assez commun, dans certaines régions donne une gutta-percba recherchée, connue sous le nom de gomme de Balata.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 157
- Ebène verte (tecoma leucoxylon, bignoniacées). Arbre de grandes dimensions dont le bois très dur, très égal, est constitué par des fibres longues, serrées et très régulières. Il est employé à la confection de tables d’harmonie de pianos. Densité, 1,211 à l’état sec, 1,220 à l’état vert.
- Ebène soufrée, même genre de bois que l’ébène verte.
- Bois violet [peltogyne venosa, légumineuses). Rois qui, à l’état frais, se travaille facilement; il durcit en vieillissant. Il constitue un bon bois de charpente et d’ébénisterie. Densité, 0,72 1.
- Wapa gras (eperua falcata, légumineuses). Bois souvent employé en charpente dans la colonie; de couleur rouge foncé, il renferme une substance gommo-résineuse. Densité, 0,980.
- Angélique (dycorinia paraensis, légumineuses). Densité, 0,7/16 à l’état sec et o,85i à l’état vert. Bois d’une durée moyenne, s’emploie relativement peu parce que, dit-on, il fait rouiller les clous. L’arbre est de grandes dimensions. On en connaît trois variétés : l’angélique noire, la rouge et la blanche. Le bois est rouge pâle.
- Courbaril (hymenœa courbaril, légumineuses). Bois d’une dureté moyenne, homogène, résistant et se travaillant bien, convient à la charpente, la menuiserie, l’ébénisterie. Couleur brun rougeâtre. Il donne par exsudation une variété de résine copal. Densité, 0,90/1.
- Rose mâle (licaria guiancnsis, laurinées). Un des meilleurs bois de la colonie, d’une grande durée. Son grain est serré et compact. Densité, 1,108 à l’état sec et 1,226 à l’état vert. Le bois est jaune pâle, légèrement odorant.
- Bagasse (bagassa guianensis). On en fait souvent des coques de pirogues. Bois d’une durée remarquable qui fournirait d’excellentes lames de parquet. Densité, 0,780.
- Schawari (caryocar sp. rhizobolées). Fournit de belles courbes pour la marine. Excellent bois de charronnage. Densité, 0,820.
- Parcouri (clusia insignis). Fibres serrées et assez régulières; bois demi-dur, grain assez fin. Densité, 0,81 6 pour la variété noire et 0,78A pour la variété jaune.
- IL — Bois durs, mais de conservation médiocre à la Guyane.
- Bois de fer ( mouriria );
- Canari macaque (lecythis grandifora) ;
- Les bois macaque (pithecolobium sp.);
- Le coupi (acioa) et divers bois rouges tisanes.
- III. — Bois de consistance moyenne, propres au sciage.
- Grignon (bucida angustifolia). Très grand arbre très droit. Bois homogène et sain d’une couleur rouge pâle, se prêtant très bien au sciage. Densité, 0,71/1.
- Grignon fou (qualea caerulea). Arbre commun dans les forêts de la Guyane. Bois rougeâtre se sciant bien. Densité, 0,800.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Cèclreles (laurinées). Les cèdreles sont, en général, de parfaits bois de sciage. On en rencontre à profusion dans l’intérieur de la colonie.
- Sassafras ou rose femelle (accrodiclidium chrysophyllumj Excellent bois pour la menuiserie et la construction navale ; il contient dans ses tissus une huile essentielle appelée essence de rose qu’on extrait par la distillation ; sa couleur est jaune.
- Acajou (cedrela guianensis). Excellent bois de sciage et de menuiserie, recherché dans la colonie pour la confection des meubles, les termites ne l’attaquant jamais. L’acajou de Cayenne sert en Europe à la fabrication des boîtes de cigares. Densité, 0,577.
- IV. — Bois d’ébénisterie ou de couleur.
- Bois de lettres. Autrefois employés pour sculpter les lettres d’imprimerie. 11 en existe deux espèces :
- Le lettre moucheté d’un beau brun rougeâtre foncé tout parsemé de mouchetures noires.
- Et le lettre rouge ou rubannê, d’un brun rouge avec des veines noirâtres. Densité, 1,0/19 à 1,162.
- Le satiné ou bois de féroles (ferolia guianensis). Très beau bois qui présente aussi deux variétés :
- Le satiné rouge, uni, d’une belle couleur rouge brun.
- Le satiné rubannê, plus pâle, veiné et remarquable par un miroitement agréable à l’œil. Il est généralement sain et se débite sans déchets. On en fait des meubles magnifiques ; il est appelé à jouir en France de la plus grande faveur. Densité, 0,825.
- Le boco (bocoa prouacensis), bois lourd. Densité, 1,208. Très sain. Couleur jaune comme le buis avec un cœur brun très foncé. Excellent bois pour l’ébénisterie et la sculpture sur bois.
- Le bois bagot a le cœur du plus beau pourpre. Densité, 1,052.
- Bois violet, déjà cité parmi les bois durs.
- Le moutouchi {moutouchi- suberosa). Bois veiné de longues lignes de violet pâle, de brun clair et de blanc. Densité, 0,875 à 1,018.
- Le panacoco (robiniapanacoco) a le cœur noir et l’aubier blanc; le diamètre de l’arbre est considérable. Bois très compact. Densité, 1,181 à i,23i.
- Les bois de la Guyane venant actuellement sur le marché frauçais et appréciés par les marchands des bois d’ébénisterie sont :
- Uamaranihe (bois violet);
- Uabeille, qui sert à la fabrication des archets;
- Le satiné;
- Et Xamourette mouchetée.
- IMPORTATIONS À LA GUYANE.
- francs.
- 98>377
- 36,591
- francs.
- 75,33o
- 88,199
- 1892. Bois.
- 1893. Bois.
- 1894. Bois.
- 1895. Bois.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 159
- 1896....
- VALEURS.
- francs. 192,471 28,0/10
- Totaux................. 166,557 i45,5n
- kilogr.
- Bois de sapin............................ 133,082
- Autres bois.............................. 33,475
- 1897.... Bois de sapin 311,782 i3o,233
- EXPORTATIONS DE LA GUYANE.
- francs. francs.
- 1892. Bois 49,3lO 1894. Bois . 3,844
- 1893. Bois i2,8o4 1895. Bois 21,037
- 1896..
- 1897..
- Bois de construction et autres......... 273 stères. 6,36o francs.
- Bois de rose........................... i3,ooo kilogr. i,o4o
- Total............... 7,4oo
- Bois de construction et autres.......... 5 stères. 375 francs.
- Bois de rose............................ 5i,4oo kilogr. 4,o32
- Total. ............... 4,407
- RÉCOMPENSES.
- MEDAILLE D’OR.
- Comité local pour la participation de la Guyane a l’Exposition de igoo.
- Le Comité local a fait un effort très appréciable pour montrer aux visiteurs de l’Exposition les grandes ressources forestières de la colonie.
- Il expose cinquante rondelles découpées dans des troncs d’arbres, représentant cinquante variétés de bois; en y ajoutant les quarante échantillons de bois exposés par l'Administration pénitentiaire, on peut se faire une idée de l’abondance des essences précieuses que renferment les forêts de la Guyane.
- Les noms des principaux échantillons présentés par le Comité local sont :
- L’acajou blanc, moiré et franc; l’angélique blanc et gris ; l’acacia, le bagani noir, le boco marbré, le balata franc, le balata indécis, le bois de fer, le bois noir, le bois serpent, le parapont, le carapa rouge, l’ébène rouge et verte, le grignon fou, le langoussi, le lettre moucheté et le lettre blanc, le lettre marbré et le lettre jaune, le maho coton, le maho noir et le rouge, etc.
- Le Comité local présente également des cannes en bois divers, des règles, coupe-papier, couverts à salade, ainsi que des meubles de l’Exposition (vitrines, étagères, etc.);
- Des matières tinctoriales et tannantes, rocou en pâte, curcuma en poudre, palétuvier rouge, bour-gouni [latex résineux)-,
- De l’indigo en pâte, etc. ;
- Des gommes et résines : résine icica, gomme d’acajou, gomme résine du balata analogue à la gutta-percha de la Malaisie très recherchée en Europe, le copahu, etc. ;
- Des écorces textiles : maho rouge, blanc, coton noir;
- Des objets de vannerie et de sparterie.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- Administration pénitentiaire de la Guyane française, à Cayenne.
- L’administration pénitentiaire de la Guyane expose une quarantaine d’échantillons de bois sous forme de rondelles découpées dans des troncs d’arbres.
- Ces échantillons, joints à la collection du Comité local, forment un ensemble très intéressant des ressources forestières de la colonie.
- Les bois exposés par l’administration pénitentiaire sont les suivants :
- Bois rouge, bois macaque, balata blanc, carapa blanc et noir, gaïac, grignon franc, maho cohatari, maho blanc, palissandre, préfontaine, poirier, palétuvier rouge, parcouri soufré, satiné jaune, rouge, rubané, sassafras, rose mâle, violet montagne, violet de Javane, wacapou, wapa gras.
- L’administration pénitentiaire expose également des pyramides de câbles en fibres de cocotier, fibres de maho forestier, des lignes de sonde en fibres d’agaves, fibres de palmiers bâches, fibres de maho niaman;
- Une série d’objets de vannerie en pagaras faits avec Parouma ou arouman (maranta cirouma Aubbl).
- COCHINCHINE ET CAMBODGE.
- Les forêts de la Cochinchine s’étendent sur une superficie d’un million d’hectares, auxquels il convient d’ajouter environ 100,000 hectares recouvrant les îles du golfe de Siam.
- Ces forêts sont situées, d’une façon générale, dans les régions ondulées et quelque peu montagneuses de l’est et du nord-ouest de la colonie. A l’Ouest, elles sont très clairsemées et ne renferment que des essences de peu de valeur.
- Au Cambodge, le domaine forestier peut s’évaluer approximativement au tiers du territoire, soit environ h millions d’hectares.
- On peut le diviser en trois catégories :
- I. Les forêts en coteaux ou en montagues.
- II. Les forêts en plateaux ou en plaines.
- III. Les forêts inondées.
- Les premières, les plus nombreuses, sont aussi les plus intéressantes par la grande quantité et la variété d’essences qu’elles renferment ; les autres sont surtout composées d’arbres à résine appelés chors.
- Les forêts de la Cochinchine et du Cambodge, n’avant jamais été soumises à aucune réglementation, ont été l’objet d’une exploitation abusive qui n’a fait, d’ailleurs, que s’accentuer depuis la conquête. Actuellement, les bois avoisinant les cours d’eau et les centres d’habitation, ne renferment plus que des arbres sans valeur, utilisables comme bois de chauffage, et il est nécessaire de pénétrer assez profondément dans l’intérieur pour trouver des essences précieuses.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 161
- Les principales essences, communes d’ailleurs aux forêts du Cambodge et de la Cochinchine, sont :
- Le trac (dalbergia), bois rouge, dur, lourd, employé dans l’ébénisterie et pour les raies de roues; c’est avec ce bois qu’a été construit à l’Exposition universelle de 1900, le Pavillon forestier de lTndo-Chine.
- Le lim (barixilon) employé comme bois de charpente, de menuiserie et d’ébénisterie. Il résiste aux tarets.
- Le sên (shorca}), d’une couleur jaune verdâtre; il noircit à l’air et est utilisé par la charpente et la carrosserie.
- Le dinh, employé surtout pour la construction des pagodes ;
- Le go (palmdea), c’est un bois dur, difficile à travailler et recherché pour l’ébénisterie.
- Les bois que nous venons de citer ne sont pas attaqués par la fourmi blanche.
- Le goi (almoroa), d’une couleur orangée claire lorsqu’il vient d’être coupé; il passe ensuite au jaune roux. C’est un bois très fin, employé pour les meubles de luxe, mais facilement attaqué par les insectes.
- Le suan-dao, bois de construction.
- Le mo, bois de construction.
- Le re, bois de construction, il correspond au chêne.
- Le cam-lai, utilisé pour les panneaux sculptés et les colonnes des riches habitations.
- Le go-gic, employé dans l’ébénisterie.
- Le sôn (melanorrhœa), fournit une laque très estimée, mais il devient rare.
- Le sao {lioppea berriénii), il résiste à l’eau, mais se laisse facilement attaquer par le insectes; on l’emploie dans l’ébénisterie.
- Le tram (melaleuca cajeputi ouleuccaJemlron). C’est un bois de peu de valeur, facilement attaqué par les insectes, mais il est très commun.
- Les forêts de la Cochinchine renferment une liane dont l’exploitation et la culture doivent appeler tout particulièrement l’attention. Cette liane contient un caoutchouc qui paraît se coaguler rapidement en laissant une matière blanche nacrée de première qualité.
- Jadis la Cochinchine fournissait à l’Europe des bois d’ébène, mais l’exportation de ces bois a cessé depuis quelques années.
- On cultive en Cochinchine le cocotier (cocos nucifera), arbre de la famille des palmiers. Son fruit, appelé noix de coco, renferme une amande qui. desséchée, porte le nom de coprah.
- Le coprah fournit une huile employée dans la fabrication de la bougie et des savons.
- Les cocotiers ne produisent qu’à partir de la septième année, aussi trouve-t-on difficilement des colons pouvant immobiliser le capital nécessaire à ces plantations pour un temps aussi long. C’est pour cela que cette culture, d’un rendement avantageux, est relativement peu étendue en Cochinchine où cependant le terrain est très favorable.
- On trouve également en Cochinchine et au Cambodge des bambous (tre-he, tre-bong,
- Gn. IX. — Cl. 50. 11
- IMPRIMERIE NATIONALE.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- tre-gay, cay-nua, etc.), et des rotins (may-nuoc, may-ra, mny-cac, may-tao, etc.); ces diverses variétés de rotins sont utilisées pour la fabrication de sièges et meme de cordages. Les rotins sont également exportés en Europe.
- Les forêts de ces régions renferment aussi des plantes oléagineuses, des arbres à résine et à gomme.
- Parmi les plantes oléagineuses nous citerons, outre le cocotier dont nous venons de parler : le cay-dau-long (diplerocarpus crispalatus), le cay-dau-mit (dipterocarpus imbri-
- Parmi les arbres à résine et à gomme : le cay-da-nhua (ficus elastica), le cay-sung (ficus sycomorus), le cay-mo-cua, le cay-sang-mau, etc., le cay-gia-long, le cay-ven-ven (amisoptera sepulchrorwii), le cay-cong, etc.
- Les renseignements sur les forêts de la Cochinchine et du Cambodge ont été tirés d’un rapport très détaillé de M. Boude, chef du Service des eaux et forêts de la colonie.
- IMPORTATIONS EN COCHINCHINE ET AU CAMBODGE.
- francs. francs.
- 1892. Bois 136,978 1894. Bois 278,381
- 1893. Bois 273,712 1895. Bois . 349,060
- QUANTITÉS. VALEURS.
- kilogr. francs.
- Bois communs 80 mill. et plus 1,827,47h 233,464
- Autres bois 5o4,191 54,349
- Bois odorants 43,078 16,797
- 1896. • • { Totaux 2,374,743 3o4,6io
- Gommes et résines brutes 35,771 10,892
- Résines autres que de pin et de sapin. 22,089 6,643
- Bambous et rotins i,541,558 222,800
- QUANTITÉS. VALEURS.
- kilogr. francs.
- Bois communs 80 mill. et plus 562,o65 33,779
- Autres bois 4,637,53o 4o3,743
- Bois odorants 67,877 13,696
- Bois de teinture 12,300
- 1897. • • Totaux 5,419,492 463,5i8
- 1 Gommes et résines brutes 9>987
- Résines autres que de pin et de sapin. 33,345 7^69
- Bambous et rotins 769^76 80,599
- EXPORTATIONS DE LA COCHINCHINE ET DU CAMBODGE.
- francs. francs.
- 1892. Bois ... 26,220 1894. Bois 239,Ol5
- 1893. Bois 54,962 1895. Bois 8,5oo
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 163
- QUANTITÉS. VALEURS.
- Bois communs. .. Bois à brûler... Bois de teinture. . kilogr. 35l,8l0 397,760 4,16 A francs. 34,535 9,63o 7,551
- Totaux 753,73/i 51,716
- Gomme laque.. . . Gomme gutte.. . . Résine indigène.. Coprah 45,809 14,936 19,l32 . . 2,334,074 49,598 45,945 2,394 513,490
- QUANTITÉS. VALEURS.
- Bois communs. . . Bois à brûler.. . . Bois de teinture. . kilogr. 20,000 . . 17,180 132,940 francs. 65o 522 8,120
- Totaux.... 170,120 9>292
- Gomme laque... Gomme gutte.. . . Résine indigène. . Coprah 196,316 22,086 7A26 . . 4,111,955 186,33o 52,4o5 7,082 i,o4o,865
- ANNAM, TONKIN ET LAOS.
- On peut dire que dans les forêts de l’Annam, du Tonkin et du Laos on retrouve à peu près les mêmes bois qu’en Cochincbine et au Cambodge.
- Les montagnes de l’Annam sont couvertes de forêts dans toute la longueur du pays.
- Au Tonkin, elles se trouvent dans le haut des fleuves et surtout de la rivière Noire qui se rattache au Laos où les bois abondent ; mais les exploitations forestières ne s’y font pas encore, faute de moyens de transport. !
- A l’exception du teck, les bois de ces pays sont, pour les usages européens, les uns trop durs à travailler, les autres trop mous ou sans résistance, de sorte qu’ils ne sont guère utilisés que sur place. .-n
- Pourtant de certaines provinces de l’Annam, principalement de celle de Nghé-An (Vinb), quelques beaux bois sont exportés en Chine et, depuis 1889, line grande exploitation avec scierie à vapeur fonctionne à Benthuy, près Vink. Elle appartient à la société Maute and Co.
- Les madriers exportés sont du go, du trac, du lim, du sao et des dipterocarpes.
- Quelques centaines de mètres cubes de bois de lim ont également été expédiés en France à titre d’essai.
- De l’Annam on exporte également des bois de teinture.
- Le bois le plus intéressant du Laos septentrional est le teck, dont on avait à tort nié
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- l’existence; une exploitation de ces arbres a été concédée aux environs de Paklai, dans la région de Luang-Prabang. Un permis de coupe a également été accordé près de Xieng-Khong (octobre 1899), où il en existe 20,000 pieds.
- Si les essais actuels de flottage par le Mékong, entre Luang-Prabang et Saïgon,
- réussisaient, le teck de la colonie du Laos pourrait être appelé à faire une sérieuse
- concurrence à celui du Siam que Ton expédie en Europe par les ports.,de Bangkok et de Moulmen.
- Les chargements de teck sont généralement composés comme suit :
- 5 p. 100 de poutres de 5i centimètres et au-dessus,
- 60 p. 100 de poutres de 4i à 5o centimètres,
- 30 p. 100 de poutres de 3i à 4o centimètres,
- 5 p. 100 de poutres de 26 à 3o centimètres.
- La mesure la plus demandée par la marine est celle de 4o à 5o centimètres.
- Les principaux bois des trois colonies sont les suivants :
- Bois de teinture et de menuiserie :
- Le van-tam, le gioi, le vu, le goi, le hoanluih.
- Bois d’ébénisterie :
- Lego-huong, 1 ego, le tua.
- Bois de charpentes :
- Le taoi, le lim, ces deux essences servent aussi pour pavés, traverses, piliers, construction de wagons.
- Pour manches d’outils : le son.
- Pour divers ustensiles et allumettes : le vang.
- Les rotins et les bambous sont également exploités dans les trois pays ; on les expédie surtout à l’étranger.
- . L’exportation des rotins de TAnnam seule se chiffre annuellement par 100,000 à 1 4o,ooo francs.
- De grandes espérances se fondent au Laos sur la production du caoutchouc, où les caoutcbouliers [khua apocynées) sont en abondance.
- Les renseignements que nous venons de donner sur les forêts de TAnnam, du Tonkin et du Laos ont été puisés dans une étude très complète qui nous a été fournie par le commissariat général de TIndo-Chine.
- IMPORTATIONS EN ANNAM.
- 1892. Bois 1893. Bois francs. H 8lO 1894. Bois.. . . 1895. Bois.. . . francs. 3,97° 2,632
- QUANTITÉS. VALEUKS.
- 1896....J Bois Bambous et rotins kilogr. // 2,o64 francs. 528 334
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 165
- 1897,
- Bois...........
- Bambous et rolins
- QUANTITÉS.
- kilogr.
- 53,3o9
- 10,668
- EXPORTATIONS DE L’ANNAM.
- francs.
- 1892. Bois............... 63,oi6 1894. Bois
- 1893. Bois............... 65,io8 1895. Bois
- 1896....
- Bois de construction Bois odorants......
- Total.
- Rotins
- IBois de construction..........
- Bois odorants................
- Totaux
- Rotins.......................
- Gomme laque..................
- 986 m. c. 2,290 kilogr
- 14,760
- QUANTITÉS, kiiogr -
- 309,557
- 6,4o5
- 315,962
- 226,369
- 53,987
- 1892. Bois
- 1893. Bois
- IMPORTATIONS AU TONKIN. francs.
- 263,34i 1894. Bois
- 240,910 1895. Bois
- ( Bois sciés.......................... 1,396,673 kilogr.
- ’ ' ' ’ ( Résines..........".............. //
- QUANTITÉS.
- kilogr.
- I Bois bruts, équarris et de construction. 351,5 39
- IBois sciés.......................... 1,868,218
- Bois d’ébénisterie................. 133,423
- Bois odorants........................... 5o,i59
- ...... Charbon de bois.................... 61,985
- | Totaux...... 2,465,324
- ' Bambous...................... 12,109
- 1892. Bois
- 1893. Bois
- EXPORTATIONS DU TONKIN.
- francs.
- 68,371 1894. Bois,
- 76,268 1895. Bois
- VALEURS,
- francs.
- 2,745
- 1,865
- francs.
- 26,253
- 13,946
- 19,387 francs. 2,076
- 21,661
- 1,337
- VALEURS.
- francs.
- 8,583
- 1,078
- 9,661
- i6,i53
- 43,667
- francs.
- 113,296
- 167,292
- 75,o85 francs. 3,219
- VALEURS.
- francs.
- 24,366
- 167,702
- i5,256
- io,345
- 2,675
- 220,342
- 5,44o
- francs.
- 2 4,371 1 i,53o
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- QUANTITES. VALEURS.
- ' Bois de construction bruts et équarris. Bois de teinture Charbon de bois i,6o5 m. c. 16,752 kilogr. 454,53o piculs. francs. 67,656 786 8,935
- Total ........ 77*377
- Rotins bruts Joncs et écorces pour cordages Gomme laque k Gomme benjoin 487,886 kilogr. 108,951 295,153 13,883 38,747 6,l59 26l,21 1 32,3i4
- QUANTITÉS. VALEURS.
- j Bois de construction bruts et équarris,. 1 Bois de teinture l Charbon de bois kilogr. 1,483,347 ! 61,950 446,090 francs. 1 i6,5o8 2,870 17,200
- 1 Totaux i36,578
- \ Rotins bruts Bambous bruts Joncs et écorces pour cordages Gomme laque Gomme benjoin \ Résines , .. 484,3oo 187,065 577,889 68,748 38,147 4,602 34,162 9,15 3 23,777 44,722 12,982 i5,842
- RÉCOMPENSES.
- GRAND PRIX.
- Gouvernement général de lIndo-Cuine.
- (Exposition collective.)
- L’exposition de ITndo-Chine est une exposition collective qui comprend :
- Le Gouvernement général de l’Indo-Chine,
- Le Comité local de l’Annam ,
- Le Comité local du Cambodge ,
- Le Comité local de la Cochinciiine , à Saigon,
- Le Comité local du Laos ,
- Le Comité local du Tonkin, à Hanoï,
- MM. Bourgain, Meiffre and Co, à Hanoï,
- MM. Denis frères, à Bordeaux.
- La collectivité expose de nombreux échantillons de bois représentant h peu près toutes les essences de l’Indo-Chine. Ces échantillons sont présentés soit sous forme de rondelles, soit sous forme de coupes de troncs d’arbres ou de planchettes. Beaucoup d’entre eux ont été vernis pour permettre de mieux juger de la couleur du bois.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 167
- Nous avons remarqué particulièrement :
- Une rondelle de bois de go de 1 rn. 3o de diamètre;
- Une rondelle de bois de sao de 1 m. 2 5 de diamètre;
- Cinq loupes de bois de Banlang de grandes dimensions, pouvant convenu' à la fabrication de bois de placage ;
- Des échantillons de bois de fer : trac, lim, s'en, dinh, go;
- Diverses essences propres à l’ébénisterie et à la menuiserie : bois de cam-laï, go-gic, goï, suan-dao, 7iio, re, teck et bois de rose. Ces bois sont en général durs et d’un grain très fin;
- Des échantillons de bois de sappan, bois de teinture;
- Divers spécimens de bambous et de rotins ainsi que des huiles végétales, des résines et des gommes.
- Le pavillon forestier qui renferme cette collection a été entièrement construit en bois de trac, une des meilleures essences, de la colonie. Cette construction, tout à fait originale, est la reproduction d’une riche maison annamite de Thudaumot (Haute-Cochin chine). Elle est décorée de superbes cloisons sculptées.
- Cette importante exposition forestière de l’Indo-Chine a été très réussie; le Jury l’a examinée avec beaucoup d’intérêt; elle a du reste attiré de nombreux visiteurs.
- M. Boude, chef du service des eaux et forêts de l’Indo-Chine, a rédigé une notice très complète sur les forêts de la Cochinchine et du Cambodge. Le Jury lui a décerné une médaille d’or pour sa collaboration.
- Une médaille d’argent de collaborateur a été également décernée à M. Deck (Ernest).
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Gueugnier (A.), à Pnom-Penh (Cambodge), et rue de Lesseps, 7, à Paris. -
- M. Gueugnier expose une indigotine pure, naturelle, provenant de ses usines du Cambodge et qu’il livre en pâte à 20 p. 100. Cette indigotine, possède d’après M. Gueugnier, les qualités des belles marques d’indigo et présente en outre les avantages suivants : broyage absolument parfait, supprimant pour les clients l’opération si longue et si onéreuse du broyage des pains d’indigo ; par conséquent suppression du matériel nécessaire et des pertes si fréquentes dans les cuves, provenant d’un broyage défectueux.
- M. Josselme, professeur, à Saïgon.
- Expose des échantillons très intéressants de poudre de Rocou, matière colorante rouge, très employée pour la teinture des soies en aurore et en orangé. On s’en sert aussi pour colorer les vernis, les huiles, les graisses, le beurre et le fromage.
- MADAGASCAR.
- Les forêts de Madagascar recouvrent approximativement 1 0 à 1 2 millions d’hectares, soit environ le vingtième de la superficie totale de File. Nulle part on ne constate de groupements d’essences de même nature, ainsi que cela se voit en France, mais au
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- 168
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- contraire, les forêts sont remplies des variétés de toutes les espèces. De ce fait, l'exploitation présente de grandes difficultés.
- On peut répartir ces forêts en trois zones :
- I. Régions côtières;
- II. Régions moyennes (jusqu’à 700 et 800 mètres d’altitude);
- III. Régions élevées (de 800 à i,3oo mètres d’altitude).
- Les forêts des régions côtières ont déjà de nombreux vides dus à des défrichements inconsidérés; celles des régions moyennes diffèrent entre elles, suivant quelles appartiennent à la côte est ou à la côte ouest; les premières présentent toujours un aspect verdoyant qui manque aux forêts de l’ouest.
- Les forêts des régions élevées occupent une superficie d’environ trois millions d’hectares; une humidité continuelle y développe une végétation luxuriante qui les rend presque impénétrables.
- Malheureusement ces forêts, et ceci s’applique surtout à celles des régions élevées, sont situées sur un terrain très accidenté, impraticable aux voitures et où il n’existe aucun cours d’eau navigable.
- Le sous-bois est rempli de lianes, de petits arbustes grimpants qui obstruent le passage, rendant les transports longs, pénibles et par suite coûteux. Lorsque des routes auront été percées, ces difficultés disparaîtront en partie.
- Un grand nombre d’essences que l’on trouve dans le pays sont dures et résineuses, c’est pourquoi un choix judicieux s’impose dans l’utilisation des bois.
- Les diverses variétés de bois de Madagascar peuvent être employées dans les industries qui suivent : ébénisterie, menuiserie, fabrication des traverses de chemins de fer, charpentes et constructions.
- Ébénisterie. — Les bois propres au travaux d’ébénisterie sont :
- Le nato (imbricaria Madagascariensis), bois rouge très résistant, qui comprend deux variétés : le nato lahy (nato mâle), le nato vavy (nato femelle); ce dernier, le plus répandu, est moins beau que le nato mâle.
- Le hazonandriana, bois commun cl’une couleur rouge foncée.
- Le hazoharina (ébène), présente deux variétés : le hazomafana et le hazomainty, c’est un bois très noir, très dur et très lourd, il est recherché en Europe.
- Le voamhana (dalbergin Baronï), bois palissandre, dont on distingue trois variétés :
- Le voamhana mainty (noir), le voamhana mena (rouge) et le voamhana mavo (jaune).
- Le amhoranianitra (calophyllum spurium), sorte d’acajou rouge très résistant et assez difficile à travailler.
- Le harahara (neobaronia phyllanthoide), beau bois noir, veiné grisâtre et exclusi-vement|dur, fournit un bois d’ébénisterie de premier ordre.
- Le rotra, acajou jaune rougeâtre moyennement dur, solide, est exporté en Amérique où il est très coté.
- Menuiserie. — Le maintipototra, bois gris et assez dur.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 169
- Le manahihy, de couleur rouge vineux, assez répandu.
- Le nato que nous venons de citer parmi les bois employés dans l’ébénisterie.
- Le tavolo, bois blanc, commun, facile à travailler.
- Charronnage. — Il convient d’employer pour la construction des voitures les bois suivants :
- Le vintanina, déjà cité précédemment pour l’ébénisterie.
- Leforaha, jaune clair, très résistant.
- Le tafonona, jaunâtre tendre mais solide, assez rare.
- Le rara, bois blanc, tendre, mais solide. On le rencontre en grande quantité dans les régions marécageuses.
- Le tavolo, déjà cité pour la menuiserie.
- Traverses de chemins de fer. — Les meilleurs bois à employer pour cet usage sont :
- Le lalona (weinmannia Bojeriana Tul.),bois rouge brun avec filets blancs.
- Le varongy (ocotea tricophlebia Raker), présente deux variétés :
- Le varongy mainly, blanc jaunâtre, marbré noir.
- Le varongy fotsy, blanc.
- Le rotra (acajou), jaune rougeâtre, déjà cité dans les bois d’ébénisterie.
- Le hazomena, bois rouge très dur et imputrescible.
- Le mandrirofo (bois de fer copalier) de couleur violacée, ses racines fournissent de la gomme copal.
- Charpentes et constructions. — Le hazohambo, bois blanc, tendre, léger et solide.
- Le rotra, déjà cité pour l’ébénisterie et les traverses de chemin de fer.
- Le vivanoa (Dolibeia Tliouarsii Rets), gris moucheté; ce bois est très dur et assez abondant.
- Le voambana, déjà classé parmi les bois employés dans l’ébénisterie.
- Le manitipototra, bois gris et assez dur.
- Le amboromanitra, très jaune, assez tendre et facile à travailler.
- Ii n’existe que trois scieries dans l’île; une en construction, une autre à Majunga commençant à fonctionner, et enfin une troisième à Amboasary qui marche depuis deux ans et demi. Il sera question de cette dernière plus loin.
- D’après des renseignements recueillis à Paris, les bois de Madagascar les plus appréciés par les marchands de bois de placages et d’ébénisterie sont les ébènes et les palissandres.
- Les exploitations forestières resteront difficiles pendant longtemps encore, faute de main-d’œuvre suffisante.
- EXPORTATIONS DE MADAGASCAR.
- IBois d’ébénisterie................................... 76,201 francs.
- Gommes................................................ 6,169
- Caoutchouc...................................... 1,325,328
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- ÎBois d’ébe'nisterie..................................... 33,629 francs-
- Antres bois...................................... A 3,87 6
- Total..................... 77,5o5
- Gommes............................................... 15,728
- Caoutchouc........................................ 1,101,199
- IMPORTATIONS À MADAGASCAR.
- 1896 I ®°is ^Iaarr*s ^ sc^s........................... 20,o36 francs.
- " * *'( Bois de construction............................... 107,818
- Total.............................. 127,851
- 1897 | B°is équarris et sciés............................ 27/1,525 francs.
- Total................................ 282,269
- RECOMPENSES.
- GRAND PRIX.
- Service des forêts de Madagascar, à Tananarive.
- (Exposition collective.)
- L’Exposition collective comprend :
- Le Service des forêts de Madagascar, à Tananarive;
- L’Administration du cercle d’Ambatondrazaka ;
- L’Administration locale du cercle d’Anjozorobé;
- L’Administration locale du deuxième territoire militaire de Madagascar;
- L’Administration locale du quatrième territoire militaire de Madagascar;
- L’Administration locale du cercle de Moramanga;
- L’Administration locale de la province d’Analalava;
- L’Administration locale de la province de Diégo-Suarez , à Antsirane;
- L’Administration locale de la province de Ténérive;
- L’Administration locale de la province de Fort-Dauphin;
- L’Administration locale de la province de Mahanoro ;
- L’Administration locale de la province de Majunga ;
- L’Administration locale de la province de Maroantsetra;
- L’Administration locale de la province de Morondava ;
- L’Administration locale de la province de Nossy-Bé (Grande-Terre, à Sambirano).
- Cette collectivité expose plusieurs centaines d’échantillons de bois provenant des forêts de Madagascar. Nous venons de faire dans l’étude qui précède, l’énumération et la description des produits ligneux les plus communs de cette colonie, aussi nous bornerons nous à ne rappeler que les noms des principaux bois exposés par le service des Forêts :
- L’ébène, le palissandre, le santal, le bois de rose, le buis de Madagascar, le lezo, le hazoumeni, le natto, le lalpna, le rotra, etc.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 171
- Ces échantillons, présentés soit sons forme de rondelles, soit sous forme de petits tronçons, ne donnent qu’une bien faible idée des dimensions véritables des arbres et de la qualité du bois. Nous dirions volontiers, pour l’exposition de Madagascar, que les échantillons étaient trop nombreux et pas assez importants. Il eut été bon, d’ofïrir aux yeux du public, quelques troncs d’arbres de 2 mètres de long, ouverts au milieu, ayant une des faces vernies; ou encore, d’exposer des planches entières, afin de bien montrer l’excellente qualité des bois. Nous supposons que les grandes difficultés de transport ont empêché de faire venir de pesantes pièces; mais nous pensons aussi, lorsqu’un chemin de fer aura été établi dans celte colonie, que le service des Forêts s’empressera de profiter de cette occasion pour faire connaître ses beaux produits aux consommateurs français.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Bouquet (Emile), à Tarafangana.
- M. Bouquet expose une très grande collection d’échantillons de bois d’œuvre et de luxe, dans le but de faire connaître les produits ligneux des forêts de Madagascar.
- Il n’a pas d’exploitation forestière proprement dite; les bois qu’il exporte sont achetés à des particuliers.
- M. le vicomte Ferdinand-Antoine de La Croix de Laval, domaine de Croix-Vallon.
- Le domaine de Croix-Vallon s’étend sur une superficie de 5,000 hectares.
- L’entreprise industrielle, commencée en 1888, porte sur 1,800 hectares de terrains boisés de l’ex-concession Souhaité, situés à 87 kilomètres de Tananarive.
- C’est la première et la plus importante exploitation créée sur les hauts plateaux de l’Imerne.
- Malgré les très grandes difficultés que représente dans un pays sans chemins et sans ponts, le transporta h00 kilomètres de la côte de lourdes machines aux masses énormes, souvent indivisibles, une scierie a été construite dans ce domaine au village appelé Amboasarv.
- Cette scierie est actionnée par deux locomobiles, chacune de huit chevaux de force. L’outillage se compose d’une grande scie de 1 m. 20 de diamètre, de plusieurs scies circulaires et à rubans, d’un tour, d’une toupie et de tout l’accessoire nécessaire.
- Le débit journalier est de 10 mètres cubes grumes, mais il pourrait être facilement porté à 15 mètres cubes.
- Le personnel comprend, outre un directeur général, une quinzaine de chefs de service et 200 à ôoo indigènes, tous logés sur le domaine et formant deux villages ayant école, magasin d’approvisionnement, etc.
- Le domaine doit être desservi prochainement par une route carrossable, mais, actuellemenl, les voies de communication faisant défaut, tous les transports de la forêt à l’usine et de l’usine à Tananarive, sont faits à dos d’homme, de sorte qu’il est presque impossible de transporter les grosses pièces de bois. Aussi l’exploitation est-elle organisée de façon à découper les grumes en forêt et à n’apporter à la scierie que la matière utilisable.
- Les Sciages sont en partie convertis sur place en meubles et en bois de carrosserie et portés dé-, montés à Tananarive où ils sont mis en état pour la vente. -
- . Le charbon de bois, cuit sur place, est vendu également à Tananarive.
- M. de La Croix de Laval expose une série de photographies montrant la scierie et les travaux en forêt, et des échantillons des diverses essences forestières de son domaine. Pour mieux faire apprécier ses bois, il a eu l’heureuse idée d’exposer une roue de voiture dont les rais et les jantes sont découpés
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- chacun dans un bois différent, tel que le diépalzy (bois rouge foncé ressemblant au palissandre), le masaizany (utilisé par l’ébénisterie), le vintanina, le varongy, le diniinina (qui ressemble au chêne), le tavolo.
- La forêt de Croix-Vallon renferme encore un grand nombre d’essences analogues au tulipier, à l’alisier, au noyer d’Amérique, à l’acajou, au palissandre; on y trouve aussi, mais en petite quantité, l’ébène verte et le bois de rose.
- Le diamètre moyen des arbres est de 55 à 60 centimètres sur 18 mètres de hauteur; malheureusement la situation topographique de l’exploitation et la grande densité des bois (i.,ooo à 1,200 kilogrammes le mètre cube), s’opposent à toute tentative d’exportation et le seul débouché est Tananarive.
- Cette intéressante entreprise mérite tous les encouragements ; c’est pourquoi nous en avons fait une plus longue étude.
- M. Frager (L.), rue de Londres, 16 bis, à Paris.
- M. Frager, négociant, délégué de Madagascar au comité consultatif des colonies, expose sous forme de planchettes de o m. 25 x om. i5, une cinquantaine d’échantillons de bois de Madagascar, dont les principaux sont :
- L’ébène (azoarina) ; le palissandre (azomainly); le palissandre blanc; le palissandre rouge; le palissandre (voamboana); le gaïac; le bois de rose; le santal; le buis; le bois de natte, très solide utilisé pour la fabrication des meubles; le teck; Yazaina, bois de mâture; le takamaka, bois dur qui ne se pique ni se pourrit jamais ; le palétuvier, qui existe en abondance, excellent bois de construction et de chauffage.
- M. Frager expose également des bois de teinture et des écorces tannantes :
- L’écorce du palétuvier mâle, qui contient du tanin d’excellente qualité; au Havre elle est payée 22 et 2 4 francs les 100 kilogrammes.
- Lorseille, lichen récolté dans les forêts du sud, qui sert à faire un extrait tinctorial donnant un très beau ronge violet. Ce produit se vend 60 à 70 francs les 100 kilogrammes; il est très apprécié par les usines de produits chimiques françaises.
- Larongadahy, dont les feuilles donnent une teinture rouge.
- Lhondry, dont les racines donnent une teinture rouge.
- Le toivahibahiira et le curcuma, dont les écorces produisent la teinture jaune.
- Lingitry, indigotier sauvage, dont les feuilles produisent la couleur bleue.
- M. Frager, depuis nombre d’années, importe en France tous ces produits. C’est lui également qui, en 1895, a fourni à l’Intendance militaire les bois de palétuvier employés par les boulangers du corps expéditionnaire.
- MARTINIQUE.
- La Martinique occupe une étendue de 98,527 hectares, dont 28,672 hectares en terrains hoisés.
- Les forêts qui existent encore sont d’un faible rendement comme produits ligneux, mais elles sont indispensables pour la régularité de l’écoulement des eaux.
- Il s’ensuit que l’île ne produit pas le bois nécessaire à sa propre consommation et que chaque année une quantité assez considérable de bois est importée des Etats-Unis et du Canada.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 173
- Les États-Unis expédient les mâts, matereaux, espars, bois de construction (pitchpin) ainsi que des merrains; le Canada fournit des bois de construction.
- Ces bois sont travaillés dans deux scieries mécaniques situées l’une a Saint-Pierre , l’autre à Fort-de-France.
- Il est regrettable qu’il ne se soit pas encore établi entre la Martinique et la Guyane française, qui regorge de bois de construction et d’ébénisterie, un courant d’importation de cette matière première.
- Pour l’expédition des rhums, des tonneaux sont nécessaires; l’on estime qu’il faut annuellement environ 1 50,000 fûts qui sont fabriqués à la Martinique.
- Le campêche, bois de teinture, est cultivé à la Martinique où il a été introduit en 1715 du Honduras. Il s’y est facilement multiplié et donne lieu à une exploitation à peu près constante. En i8a3 on exportait i,5oo tonnes de ce bois de teinture valant 1 4o,000 francs, et, en 1897, on exportait environ i,55o tonnes valant i2 5,ooofr.
- EXPORTATIONS DE LA MARTINIQUE, francs.
- 1892. Bois............ 96,179 1896. Bois.
- francs.
- 198,278
- 1896.
- 1897.
- 1896.
- Bois de teinture et de cam pêche. . . QUANTITÉS. kilogr. 2,o34,448 VALEURS. francs. 158,969
- Autres bois ' 4,i5o 4,o8o
- Totaux. . .. 2,038,598 163,069
- Bois de teinture et de campêche. . . QUANTITÉS. kilogr. .. 1,545,182 VALEURS. francs. 122,4o4
- Autres bois 40,268 1, i5o
- Totaux. ... .. i,585,45o 123,554
- IMPORTATIONS À francs. 1,635,787 LA MARTINIQUE. 1 896. Rnis francs. 982,557 62 2,546
- 1,017,082 1895. Bois
- Bois équarris et sciés.... QUANTITÉS. kilogr. .. 4,686,570 VALEURS. francs. 379,896
- Merrains 2,620,759 267,598
- Feuillards 44o,o63 67,876
- Bois en éclisses .. 112,018 l5,925
- Autres bois 125,838 ll,l62
- Totaux. .. . 7,785,248 742,457
- Écorce à tan 9o,o5o 24,347
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- QUANTITÉS. valeurs.
- kiiogr. francs.
- Bois équarris et sciés 5,756,l6o 51 A,513
- Merrains 1,739,7 4o i65,23o
- Feuillards 279’99° 46,7 37
- Bois en éclisses 4g,44o 5,125
- Autres bois 77,678 10,736
- Totaux 7,902,308 742,34i
- Écorce à tan 61,128 5,675
- RÉCOMPENSES.
- MÉDAILLE D’OR.
- Jardin botanique, à Saint-Pierre.
- Le Jardin botanique présente une très belle collection en petits échantillons de toute la flore forestière de la Martinicpie. Ces bois sont fort bien catalogués et forment une collection d’étude très intéressante.
- Les principaux noms des bois sont les suivants :
- Baisinier ( lucuma dussiana); muscadier (myristica jragrans ); acajou (swietenia mahogani); gaiac (guajacumo officinale); courbaril (hymenaça courbaril); acajou du pays ( cedrcla odorata); manguier (mangifcra indica); arbre h pain (arlocarpus integrifolia); mancenillier (hippomané mancinella); amandier (terminalia catappa); balaia (mimusops balala); laurier marbré (nectandra concinea);jilao (Casua-rina equisetifolia) ; acacias de variétés différentes, etc.
- Collaborateurs. — MM. Nollet (Eugène), directeur du Jardin botanique, à Saint-Pierre; Nollet (L.-A.-E.), à Saint-Pierre, médailles de bronze.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Leboullanger (Léon), à Fort-de-France.
- M. Leboullanger est établi à Fort-de-France depuis quelques années; il expose une collection de bois de la Martinique et des cannes en bois du pays.
- MAYOTTE ET COMORES.
- Le sol des Comores est d’une fertilité rare, presque prodigieuse, surtout à l’embouchure des vallées où les dépôts d’alluvions atteignent une grande épaisseur. Tout le sol
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- est couvert de végétation. Le sommet des montagnes et le haut des vallées sont généralement boisés. Les cocotiers et les cultures occupent une partie des versants, les plateaux cultivables, les vallées et le littoral. Il est permis de supposer qu’autrefois toutes les Comores étaient couvertes de forêts; aujourd’hui elles n’occupent plus guère qu’un sixième de la surface des îles.
- La masse des forêts proprement dites est composée d’une grande variété d’arbres dont voici les principaux :
- Commun takamaka. Excellent bois de construction pour boutres, pirogues et charrettes.
- Commun badamier. Bon bois de construction, écorce liante.
- Commun grand et petit natte. Bon bois de menuiserie et d’ébénisterie. Rare, bois de fer dur, veiné. Arbre à gutta-percha, peu répandu.
- Commun Aréquier. Les indigènes râpent la noix pour la mêler à leur bétel.
- Très commun mouranda. Faux datier, épineux. Le tronc sert pour les charpentes des cases.
- Commun mouhinga. Arbre à feuilles pointues, épineux, à fibres enchevêtrées; on en fait des plats, des écuelles et des plateaux.
- Commun rajîa. Fruit comestible, le bois sert à la construction des cases, les feuilles à leur couverture ; avec le bourgeon terminal on fait d’excellents rabans pour amarrages.
- Commun tamarinier. Bois solide pour charrettes, embarcations. Le fruit mûr est employé en infusions comme boisson laxative et rafraîchissante.
- Corail végétal. Bois de construction.
- Commun mourongue. Les feuilles et les gousses sont comestibles; la racine pilée sert de sinapisme.
- Commun andrèse. Bois léger; sert pour balanciers de pirogues; écorce liante bonne pour amarrages.
- Commun hibiscus, de Madagascar.
- Commun baobab. Feuilles fébrifuges, fruit très riche en tanin et puissant astringent; écorce textile. L’arbre atteint de belles dimensions, certains spécimens mesurent à leur base plus de 20 mètres de circonférence.
- Rare ouatier. Ouate végétale.
- Commun adabou. Bon bois de construction pour pirogues.
- Rare azyme. Bois très droit, sert pour mâts de boutres.
- Commun acajou. Blanc, de mauvaise qualité.
- Très rare palissandre (siendala lahi). Bon bois d’ébénisterie.
- Commun ébénier. Plusieurs espèces pour ébénisterie,
- Commun ficus. Sans emploi.
- Très rare santal. Inférieur.
- Commun mourmouroni. Excellent bois de construction de longue durée pour boutres, charpentes, charrettes, planches, etc. - ;
- Commun cadoque. Fébrifuge.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Rare oranger.
- Commun citronnier. Fruits petits très acides.
- Commun vangasaillier.
- Beaucoup d’autres arbres restent encore à déterminer. Juscpi’à ce jour, ces bois n’ont servi qu’aux usages locaux, ils ne paraissent pas offrir d’intérêt pour des exportations en Europe.
- RÉCOMPENSE.
- MÉDAILLE D’OR.
- .. Société Humblot et Ce, à l’île de la Grande Comore et rue de Bondy, 60, à Paris.
- t
- La Société Hdmblot et Gie est propriétaire depuis 1887 d’un important territoire de l’île delà Grande Comore.
- Elle met ce domaine progressivement en valeur en y créant des routes, en y faisant de la culture, de l’élevage et l’exploitation de la forêt située au sud-ouest de l’île.
- Dans la Classe 50, la Société expose une trentaine d’échantillons de bois sous forme de rondelles découpées dans des troncs d’arbres provenant de ladite forêt. Ces bois sont propres à la construction, au charronnage, à l’ébénisterie ; certains peuvent même être utilisés pour la construction des embarcations.
- Les noms des principaux bois exposés sont :
- Le mnmcoudi, le kaufrê mdore, le kaufré moriého, le badjou, le m’dougoli, le rnribomdzi (bois rouge), le mroboué, le momga.
- La Société occupe une dizaine d’Européens comme employés principaux, une trentaine d’employés indigènes et 1,100 à 1,200 travailleurs. En raison de l’étendue de son domaine, la Société a dû créer plusieurs chantiers, savoir :
- I. A Nioumbadjou, centre principal sur le versant sud-ouest, à bko mètres d’altitude, près delà forêt où sont construites les habitations, les bureaux, les magasins des directeurs et un camp de travailleurs.
- II. A Salismani, au bord de la mer, à sept kilomètres de Nioumbadjou; c’est le port de la Société où se trouvent les magasins d’approvisionnements, les laboratoires et les moulins pour la fabrication de l’huile de coco.
- III. A Boboni, à 7 kilomètres au nord de Nioumbadjou (575 mètres d’altitude), est installée la scierie à vapeur avec ateliers, forge, fonderie, maison d’habitation du directeur, des mécaniciens et employés ainsi qu’un village important de travailleurs,
- IV. A 1,800 mètres d’altitude, toujours sur le même versant, est située la Convalescence. C’est une station sanitaire excellente en raison de l’air pur et frais du matin et du soir.
- La scierie est en communication avec Salismani, port d’embarquement, par une route carrossable de 5 mètres de large, construite par la Société ; un chemin de fer Decauville va y être installé prochainement.
- Une autre route, également construite par la Société, relie Boboni avec Moroni, la capitale de l’île.
- Les arbres sont amenés à la scierie par un chemin de fer Decauville.
- Cette usine a commencé primitivement à ne scier que les bois nécessaires à la construction des maisons, magasins ou ateliers de la Société; petit à petit, elle a dû s’agrandir pour satisfaire aux commandes des îles voisines. Ces demandes sont devenues tellement importantes qu’une seconde
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- scierie a dû être construite et que l’exportation des bois se fait à présent d’une façon régulière et progressive, mais seulement pour les îles voisines, la Grande Comore n’ayant pas assez de bois pour les mettre sur les marchés européens.
- Nous nous sommes quelque peu étendu sur les travaux de colonisation faits par la Société Hum-blot et Ci0 à l’ile de Grande Comore, afin de bien indiquer l’effort produit par cette Société qui a déjà dépensé sept millions de francs pour la mise en valeur et le développement de sa concession.
- NOUVELLE-CALÉDONIE.
- Le bois est l’une des plus grandes richesses de la colonie. Les essences forestières propres à la construction, à la menuiserie et à l’ébénisterie sont aussi variées que nombreuses et, lorsque le développement économique de la Nouvelle-Calédonie aura pris tout son essor, il est hors de doute que les forets, encore peu exploitées jusqu’à ce jour, offriront des ressources considérables, tant pour les usages locaux que pour l’exportation.
- Nous donnons une description succincte des principaux produits ligneux d’après la notice rédigée pour l’Exposition universelle de 1900 par l’Union agricole calédonienne.
- Le cocotier (cocos nucifera). La culture de cet arbre, qui réussit fort bien dans les plaines sablonneuses, est très rémunératrice; l’amande est comestible; dégagée de son enveloppe et séchée, elle constitue le coprah, produit oléagineux d’un grand commerce. Les fibres qui enveloppent la noix sont employées pour la confection des tapis-brosses et autres objets de sparterie. Un arbre soigné rapporte au bout de huit ans.
- Le Pendanus, genre palmier, très répandu sur les bords des rivières et dans les vallées fraîches. Les feuilles de la plupart de ces espèces contiennent des fibres assez solides pour la confection des sacs, nattes et chapeaux.
- Cycas.
- Conifères. — Les conifères de la Nouvelle-Calédonie sont des espèces particulières à cette île; nous en citons les principales variétés : le dammara moorei, géant de l’espèce; le dammara ovala, le dammara metea, Y araucaria Cooki. Ce dernier bois est le plus usité, il est blanc d’un grain fin; densité o,5iû. Lepodocarpus.
- Le bois de fer, nom vulgaire du casuarina equisetifolia ou nanoui des indigènes; la densité varie de 0,983 à 1,013. Le casuarina deplanchei qui a l’aspect du pin parasol d’Italie, a une densité de 1,701; son écorce est riche en tanin. Le bois est employé pour les barrières.
- Légumineuses. — Cette famille est largement représentée :
- Licrylhrine (erythrena giauca). Bois de médiocre qualité.
- Le bois noir (acacia Lebbeck). Pousse vite et donne un bon bois de charronnage. Cet arbre est un excellent abri pour les plantations de café; dès le soleil couché, ses feuilles se ferment et l’arbre laisse ainsi pénétrer la fraîcheur de l’air pendant la nuit sur les caféiers qu’il a abrités le jour contre les ardeurs du soleil.
- Gn. IX. — Cl. 50. ' 12
- IMP1UMEIUE NAT10NA1
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- EUPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Le tamarinier (tamannus indien). La pulpe fournit une drogue médicinale très connue.
- Le koha. Arbre de 8 à îo mètres de haut; joli bois d’ébénisterie.
- Le faux gaïae (acacia spirorbis). Le bois, d’une densité moyenne de 1,07/1, est brun foncé à grain très serré, excellent pour le tour; très durable.
- Le niaouli. Bois dur, densité 1,102, néanmoins se travaille bien, excellent bois de construction; son écorce se lève en feuilles nombreuses et sert à couvrir les toits des habitations. Le niaouli a des propriétés assainissantes plus accentuées encore que l’eucalyptus; c’est grâce à lui que la Nouvelle-Calédonie jouit d’une salubrité exceptionnelle. L’essence qu’on retire par la distillation des feuilles est employée comme produit pharmaceutique.
- Le chêne gomme (spermolepis tannifera). Bois rougeâtre, un des plus durs dé la colonie; solide, fibreux presque incorruptible.
- Les gommiers, dont les sucs et les gommes sont encore â étudier.
- Le hêtre gris. Bois fourni par le genre grevillea, d’un grain très fin.
- Le hêtre noir (stenocarpus laurijolius). Le plus beau bois de la colonie ; densité o,q85.
- Le noyré. Densité 0,7 G A. Cœur dur noirâtre. A l’état sec et verni il a l’aspect du vieux noyer.
- Palétuviers. — Arbres très précieux pour garnir les rivages et fixer les terres. Le bois est rouge, veiné, très joli sous le verni. L’écorce du palétuvier est l’une des plus riches en tanin que l’on connaisse.
- Le santal (santal auslrocaledonicum). Bois odorant, jadis très répandu dans l’île, mais devient rare à présent par suite de son exploitation exagérée.
- L’aralia. Bois blanc, grain fin propre à l’emballage.
- Le chêne blanc. Certains exploitants de la Nouvelle-Calédonie appellent ce bois l’ébène blanc. C’est un excellent bois d’ébénisterie.
- Figuiers. — Le genre ficus est largement représenté; à citer surtout le ficus prolixa, Banian, qui est l’un des plus gros arbres de la colonie. Les banians fournissent aux indigènes des libres et, par le battage de l’écorce déroulée, une sorte de tissu feutré, très doux et chaud qui leur sert de manteau. Si l’on incise l’écorce il s’en écoule un latex à caoutchouc de bonne qualité.
- L’arbre à pain (artocarpus incisa). Arbre de croissance rapide, bois brunâtre d’un grain lin précieux pour la charpente. Les fruits contiennent une grande quantité de fécule et servent à la nourriture des porcs.
- Le milnêa [milnêa austro-calédonica). Un des plus beaux bois qui se rencontrent en Nouvelle-Calédonie; il pousse sur les bords de la mer; il est dur et de couleur rouge foncée.
- Le bancoulier (alcuritcs integvifolia angustifolia). Bel arbre dont la feuille rappelle le sycomore; le bois est blanc et léger, propre au débitage des planches. Il produit une noix riche en huile (noix de bancoul).
- Le bourao (hibiscus tiliaceus). Les bouraos existent en nombreuses variétés, ils croissent
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 179
- facilement et fournissent un bon bois jaune à veines noires qui convient pour l’ébénis-terie; Técorce est textile; on en fait des liens pour l’agriculture.
- Bois de rose {thespcsia poupulmeidj. Devient rare; le bois est rouge à veines noires et roses, excellent pour l’ébénisterie et la marqueterie.
- Cerisier bleu (variétés à’elæocarpus). Ces arbres fournissent des bois de grandes dimensions propres à la menuiserie et à la charpente.
- Tamanore (calophyllum inophyllumy Arbre superbe, sorte d’acajou au bois rose brunissant avec Page, dur, fibreux et veiné. On distingue le tamanou de plaine et le tamanou de montagne.
- Houp (montrouzieria spheraejlora). Fournit un bois dur, nerveux, jaune rougeâtre, veiné, à grain fin; bois d’ébénisterie.
- Ebénier (diospyros tomentosa). Fournit un bois blanc infiltré de noir dont le cœur en vieillissant donne un ébène utilisable.
- L’azou et le bugny sont deux arbres dont le bois imite le buis.
- Caoutchouc. — Bien qu’un grand nombre de lianes et d’arbres indigènes fournissent des latex, la production naturelle ne saurait alimenter un commerce considérable, sans arriver promptement à l’épuisement de la source. La grande consommation du caoutchouc exige la culture des plantes qui peuvent le produire; aussi depuis trois ans environ des graines ont été distribuées aux colons et le cearn (manihot glaziovii) paraît fort bien réussir.
- IMPORTATIONS À LA NOUVELLE-CALEDONIE.
- francs.
- 232,6l 1 128,457 216,204 francs.
- VALEURS, francs.
- 75,500 i53,o64
- Totaux................ i,i34,2oo 228,564
- francs.
- 1892. Bois.............. 233,255 1894. Bois
- 1893. Bois.............. i3o,56o 1895. Bois
- 1896. Bois......................................... 2,162 tonnes.
- QUANTITÉS.
- kilogr.
- 1897 j sc*^s à 8° mill.............................. 43o,3io
- ' ' ’ ’ | Bois sciés moins de 35 mill........ 703,890
- EXPORTATIONS DE LA NOUVELLE-CALEDONIE.
- 1893. Bois.
- francs. 1 5 n n 1894. Bois. francs. . 1,875
- U 1895. Bois. . 3oo
- Bois de construction sciés. QUANTITÉS. kilogr. // VALEURS. francs. 12,190
- Bois d’ébénisterie 16,275 3,l39
- Bois odorants . 16,275 3,l39
- Totaux. . . . 32,55o l5,329
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- ( Bois de construction sciés,
- 1897, „ . . ' Bois d’ébénisterie.......
- ( Bois odorants.............
- Totaux
- QUANTITÉS. VALEURS.
- kilogi’. francs.
- 24,290 3,119
- 6,396 l,74o
- 90,617 22,842
- 121,3o3 27,701
- RÉCOMPENSES.
- GRAND PRIX.
- Exposition collective de l’Administration pénitentiaire de la Nouvelle-Calédonie.
- Getle exposition collective comprend :
- L’Internat agricole de Néméara.
- Le Pénitencier de la baie de Prony.
- Le Pénitencier de Bourail.
- Le Pénitencier de l’île des Pins.
- L'Administration pénitentiaire exploite la forêt de la baie du Sud; elle expose une grande collection de bois, dont une cinquantaine de découpes de troncs d’arbres sectionnés, vernis ou cirés, et 36 variétés de bois représentées chacune par quatre grands échantillons en planches : le premier scié, le deuxième raboté, le troisième ciré, le quatrième verni.
- Cette manière de présenter les bois est certainement la meilleure et la plus pratique; elle dénote aussi, de la part de l’Administration pénitentiaire, d’un vif désir de rendre bien appréciables les richesses forestières de la colonie.
- Les principaux échantillons sont les suivants :
- Le hêtre noir (le plus beau bois de la Calédonie); le hêtre blanc; le hêtre gris; le houp; le bois cle fer; le gaïac du pays; le bois de rose; le bois noir (acacia lebbeck); Yacacia jaune, le tamarinier; le tamanou de montagne (très beau bois rose); le tamanou de rivière; le tamanou du littoral (bois rouge veiné); le buis du pays; le teck; le chêne gomme; le chêne blanc; le chêne rouge; le châtaignier; le cormier; Yozon rouge; Yozon jaune; le pin colonnaire; le bugny; le raviné des ouvriers; le bois de belladone des ouvriers; Y amandier ; le Icaori; le bois d’ail; le niaouli (bois de construction dont l'écorce sert à couvrir les toits des habitations.)
- L’Administration pénitentiaire expose aussi une variété d’écorces tannantes, dont 11 types sont employés dans les usages locaux.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Gavde, à la Negroppo.
- M. Gaude expose de beaux échantillons d’indigo.
- La production de l’indigo, en Nouvelle-Calédonie, est une nouveauté qui remonte à peine à deux ans. Le résultat obtenu encouragera certainement les colons à développer cette culture, qui pourra être d'un très grand avenir.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 181
- Plusieurs sortes d’indigotiers, et principalement la variété franchement tinctoriale, se rencontrent naturellement en diverses régions.
- M. Jacques (Charles), à Saraméa.
- M. Jacques est un colon négociant. Il expose des rondelles d’arbres, des découpes de troncs d’arbres, des placages tranchés, ainsi que des petits meubles et autres menus objets confectionnés avec les bois de la colonie, et une collection de 11 cannes correspondant aux 11 variétés de bois dont les noms suivent :
- Le bourao, bois jaune verdâtre, à veines noires très tourmentées, recherché pour la fabrication des mobiliers rtmodem style»; diamètre des arbres, o m. ko.
- Objets exposés faits avec le bourao : un paravent'une colonne, une coupe, un chandelier.
- Leminéa, bois à belles veines rouges et roses, convenant aux fabricants de meubles trmodem style»; diamètre de l’arbre o m. 3o.
- Objets exposés faits avec le minéa : une colonne torse, une coupe, un chandelier.
- Le palissandre calédonien, une variété de palissandre, mais qui n’a pas les teintes vives de celui du Brésil.
- Le buis de montagne, grain fin, très recherché pour la gravure; diamètre moyen, o m. i5 à o m. 25.
- Le buis du littoral, grain moins fin que le précédent, mais convenant parfaitement pour le tournage.
- Le gaïac du pays, de couleur plus pâle que le gaïac des Antilles, mais tout aussi résistant; remplace en Calédonie les coussinets de bronze des wagonnets.
- Le tamanou, bois qui ressemble à l’acajou d’Afrique.
- Le cohu-amarante, bois pour la marqueterie.
- L'euphorbe, bois léger, moiré, jaune verdâtre.
- L'ébène blanc, bois d’ébénisterie, désigné souvent à tort sous le nom de chêne blanc.
- M. Wright, à Lifou.
- M. Wright, grand négociant à Lifom, a centralisé le commerce des îles.
- Son exposition se compose de bûches de santal, bois odorant très recherché, mais qui est devenu rare, par suite du défaut de réglementation de son exploitation.
- ÎLE DE LA RÉUNION.
- Il n’est guère possible de donner exactement la superficie boisée de i’île de la Réunion, il n’existe en effet ni cadastre de la propriété foncière, ni relevé topographique des forets domaniales; mais on peut évaluer au tiers de la superficie de file les parties boisées qui la recouvrent encore. Cette superficie se répartit par moitié entre le Domaine et les particuliers.
- Les forêts de la Réunion qui étaient constituées autrefois par des peuplements de grande valeur, ont été exploitées sans ménagement, il y a une quarantaine d’années; aussi ne sont-elles plus que des fourrés d’essences inférieures sans aucun avenir, les éléments de régénération leur faisant défaut. Sauf quelques exceptions, parmi les-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- quelles il convient de citer les forêts exploitées par le Crédit foncier colonial, les défrichements réduisent chaque jour la superficie boisée.
- D’après M. Kérourio, directeur des Eaux et Forêts à la Réunion, le seul moyen de reconstituer rapidement ces forêts, serait de faire des repeuplements au moyen d’arbres appelés tamarins des hauts (acacia heterophyllay Ce bois se prête à tous les usages, il peut être utilisé comme bois de charpente, bois d’ébénisterie, bois de sciage et bois de fente; il fournit également d’excellent charbon de bois.
- Une autre essence importée dans l’île en 1763 et redommandée par M. Kérourio pour le reboisement des terrains dénudés et des dunes, est le filao (casuarina equiseti-folia); c’est un des meilleurs bois de chauffage et qui peut, au besoin, servir de bois de charpente; injecté, il pourrait probablement fournir d’excellentes traverses de chemin de fer.
- Deux autres essences importées vers la même époque sont employées également au reboisement du littoral. Ce sont le dois noir des bas (acacia lebbeck) et le lilas de l'Inde (melia azedarachy
- L’on ne trouve dans l’île de la Réunion que des bois fournis par le tamarin des hauts, le tan rouge, le bois de bassin, le bois maigre et quelques autres essences du sous-étage. Le bois puant a disparu du marché, le bois de fer y est devenu très rare. Les nattes s’y raréfient de plus en plus; il en est de même du benjoin, du bois d’ébène et des autres essences précieuses. Aussi, la consommation des bois dépasse-t-elle la production et l’on importe d’assez grandes quantités de bois de pitchpin, de pin et de sapin, teck et autres bois durs.
- Le sapin vient principalement de Norvège, le pitchpin du Canada et les bois durs de l’Inde (dont le teck); l’Australie fournit le bois de jarrah.
- La Réunion n’exporte pas de bois.
- IMPORTATIONS À LA RÉUNION.
- francs.
- francs.
- 1892. Bois.
- 1893. Bois.
- 1896....
- 1897....
- 4o8,oi4 1894. Bois. 36i,424
- 25l,024 1895. Bois. 44^,234
- QUANTITÉS. VALEURS.
- kilogr. francs.
- Madriers de sapin 83,36o i4g,3oi
- Autres bois. 44,734 88,337
- Totaux 128,094 237,638
- QUANTITÉS. VALEURS.
- kilogr. francs.
- Madriers de sapin 42,3o3 69,103
- Autres bois 16,608 5,2l6
- Totaux 58,911 74,3l9
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 183
- RÉCOMPENSES.
- MÉDAILLES D’OR.
- Direction des Eaux et Forêts de la Réunion.
- La Direction des Eaux et Forêts de la Réunion a fait construire, à proximité du pavillon de la colonie de la Réunion un élégant kioscpie dont les matériaux se composent exclusivement de bois de la colonie. Les principaux bois utilisés dans cette construction sont :
- Le tamarin des hauts, bois rouge foncé, ayant une certaine ressemblance avec le teck et le palissandre; le bois de fer, bois jaunâtre; le grand natte, le petit natte ; l1olivier sauvage.
- La Direction des Eaux et Forêts expose sur des gradins, dans la forme savante adoptée à l’école forestière :
- 60 échantillons de bois des forêts de l’ile de la Réunion; une collection de cannes en bois d’origine ; des écorces de quinquina; de magnifiques fanjans, beaux vases ornementaux taillés dans la fougère arborescente; une grappe de moufia.
- Tonte cette exposition a été préparée avec beaucoup de savoir et de goût par M. Kérourio, directeur des Eaux et Forêts, auquel le Jury a décerné une médaille d’argent comme collaborateur.
- M. Bellier de Villentroy (Pierre) [Etablissement du Chaudron], à Saint-Denis.
- M. Bellier de Villentroy, vice-président de la Chambre d’agriculture, à Saint-Denis, présente une Collection remarquablement soignée des principaux bois de la Réunion. Cet exposant ne s’est pas borné à l’envoi de petits carrés ou de petites rondelles qui ne donnent généralement aucune idée, ni de la couleur, ni de la qualité des bois, mais il montre 52 planches, d’environ 1 m. 80 de longueur chacune, d’essences différentes. Toutes ces planches sont soigneusement vernies, étiquetées d’une façon très lisible et bien placées en évidence, de sorte que la collection offre un véritable intérêt aux gens de métier.
- Les bois qui nous paraissent les plus intéressants sont :
- Le bois noir gris (albizzia lebbelc), à notre avis le plus beau;
- Le benjoin (terminalia benzoin) , bois jaune;
- Lefilao de la Nouvelle-Hollande (casuarina), jaune rougeâtre avec maillures;
- Le grand natte (mimusops imbricaria) ;
- Le petit natte (mimusops calophylloïdes)\
- Le tamarin frisé ( acacia heterophylla) ;
- Le copallier (hymenœa verrucosa);
- Le teck (cordia amplifolia);
- Le camphrier (cinnamomum camphora)-,
- Le lilas de l’Inde (melia azedarach).
- M. Bellier de Villentroy expose encore un meuble fabriqué avec les différentes essences des bois du pays, ainsi que des cannes, des écorces à tan, une collection de graines d’arbres utiles pour le reboisement aux colonies et des travaux de sparterie.
- Le Jury a décerné à M. Bellier de Villentroy une médaille d’or.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- SÉNÉGAL ET SOUDAN.
- Le Sénégal et le Soudan ne forment à peu près qu’une seule et même région au point de vue de la flore forestière.5
- Depuis 1898, M. Auguste Chevalier, attaché au Muséum, étudie les hois de l’Afrique occidentale et il ne fait pas de différence entre les deux pays.
- Les régions du Sénégal et du Soudan se composent principalement de terrains sablonneux recouverts d’une maigre verdure. Il existe cependant des forêts assez étendues dans la zone guinéenne, et la brousse de la zone souclanienne est parfois assez dense pour se prêter à une exploitation régulière et suivie.
- Les essences forestières de ces régions sont imparfaitement connues, non seulement au point de vue botanique, mais surtout au point de vue de la valeur économique du bois quelles peuvent donner.
- M. Chevalier croit toutefois que certains de ces bois, en raison de leurs belles teintes et de la finesse de leur grain, pourraient être avantageusement exportés en Europe.
- Nous citerons, d’après M. Chevalier, les espèces les plus remarquables ainsi que celles qui sont utilisées au Sénégal et au Soudan :
- Le cailcédrat (kaya senegalensis'j, appelé encore acajou du Sénégal, à cause de sa belle couleur;
- Le vène [pterocarpus erinaceus), beau bois rose, très dur, qui existe également dans les forêts du Congo. Ce bois est utilisé dans les ateliers de construction de l’artillerie de marine, au Soudan.
- Le karité, bois très dur, également utilisé dans les ateliers de construction au Soudan.
- Le ditah (datarium senegalense Ghmel.) et surtout le ditah ou gneye (datarium hendelo-tianum), bois très durs, d’un beau rouge noirâtre. Le dernier atteint une grande taille, il est très commun en Casamance.
- Le tali (trythrophlœum guinense AfzelJ, bois dur, d’une belle couleur foncée; inattaquable par les insectes.
- Lefok (afzelia africana), bois dur de teinte foncée. Son tronc, parfois très gros, peut atteindre 20 mètres jusqu’à la première branche.
- Le bois du houlle (parkia biglobosa) et du Solom (dialum nitidum Guill. et Perr.), à coloration claire.
- Le goniaké (acacia Andansonii Guill. et Perr.), employé sur les bords du Sénégal comme bois de charpente.
- Le dimb (cordyla africana Lour.), beau bois jaunâtre, facile à travailler.
- A Bakel et à Kayes, les noirs fabriquent des cannes avec l’ébène du Sénégal, dia-lambane (dalbergia melanoxylon Guill. et Perr.).
- Le ronier mâle (borassus œthiopium Mart.'j, bois imputrescible dans l’eau de mer, utilisé comme pilotis dans les constructions de wharfs en Casamance et dans toutes les
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 185
- rivières du Sud. On rencontre abondamment en Casamance et dans le sud du Soudan, des bambous, dont les plus grands atteignent la grosseur du bras et 10 mètres de longueur. Ils paraissent appartenir à l’espèce abyssinienne : oxynanthera abyssinica.
- Dans les mêmes contrées, on trouve, également, en quantité, le roting (calamus secun-dijlorus Pal. Ram.).
- On retire d’une liane (landolphia hendelotii), un bon caoutchouc, et d’un arbre [ficus vogelii), un caoutchouc de qualité inférieure. Les lianes sont très communes en Casamance et dans la région des «Niayes» qui bordent l’Océan de Dakar à Saint-Louis. Le caoutchouc forme aujourd’hui le principal commerce de la Casamance.
- Des essais d’acclimatation du ceara (manihoi glaziovii), qui donne un latex supérieur, paraissent réussir.
- L'acacia verek fournit une gomme très estimée.
- Uindigo vient à l’état spontané. On en trouve même de véritables champs près du fleuve Sénégal, vers Kaedi et Rakel. A l’analyse, cet indigo a donné d’excellents résultats; il supporte avantageusement la comparaison avec celui de l’Inde.
- IMPORTATIONS AU SÉNÉGAL.
- francs. francs.
- 1892. Bois. 419,i4o 1894. Bois 84l,484
- 1893. Bois. 261,212 1895. Bois 448,366
- 1 Bois de construction 5,354 m. c. 464,820 francs.
- Mâts et mâteraux 4,620 kilogr. 1,075
- 1896.. ..' Espars, pigouilles, manches de gaffe. 4 0,2 8 8 9,338
- j Bois en éclisses 9,108
- 1 Charbon de bois et chènevottes.... 77,010 kilogr. 7,725
- Total........................... 492,066
- / Bois de construction 8,606 m. c. 357,o5o
- 1 Mâts et mâteraux 2,183 kilogr. 4,368
- 1897. . . . < Es pars, pigouilles, manches de gaffe. 8,842 6,397
- f Bois en éclises i,i38
- \ Charbon de bois et chènevottes.. . . 31,086 kilogr. 3,108
- Total 372,061
- EXPORTATIONS I DU SÉNÉGAL.
- francs. francs.
- 1892. Bois. 7,190 1894. Bois
- 1893. Bois., io3 1895. Bois .... 3oo
- QOANTITKS. VALEURS.
- kilogr. francs.
- ( Bois // 68
- 1896. ... 1 Gommes dures et autres.. . 3,641,879 9>979>742
- ( Caoutchouc 178,354 624,236
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- QUANTITÉS. VALEURS.
- kilogr. francs.
- Bois ... // 2,680
- Gommes dures et autres ... à,910,697 4,718,794
- Gomme copal 3,274 1,964
- Caoutchouc 155,831 545,413
- RÉCOMPENSES.
- SÉNÉGAL.
- MÉDAILLE D’OR.
- Comité central du Sénégal, h Saint-Louis.
- Le Comité central du Sénégal à Saint-Louis a exposé une collection très complète de bois, représentant les meilleures essences des forêts de la colonie.
- D’après M. Milhe-Poutingon, commissaire délégué, c’est la première collection de bois qui ait été constituée au Sénégal. Cette collection est, d’ailleurs, réservée au Musée de Saint-Louis.
- Les échantillons de bois exposés représentent les essences forestières que nous citons dans notre étude générale des forêts du Sénégal et du Soudan; nous nous bornons à en indiquer les noms :
- Le caïlcêdrat, le v'ene, le ditah, le fok ou lenlcé, le tali, Y ébène, le rône ou rônier mâle,, etc.
- L’exposition comprend aussi des bambous et des rotins, des gommes et des caoutchoucs.
- SOUDAN FRANÇAIS.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- Comité local du Soudan français, h Kayes.
- Le Comité local du Soudan français à Kayes a exposé une collection de bois représentant les ressources forestières de cette contrée. A cette collection sont joints des renseignements fournis par M. Auguste Chevalier, déjà nommé.
- Les principaux bois exposés sont :
- Le ditah (datarium senegalense Gmel.);
- Le houlle (parkia biglobosa);
- Le solom ( dialnm nitidum Guill. et Perr.);
- Le goniaké (acacia adansonii Guill. et Perr.);
- Le caïlcedrat (Jcaya senegalensis);
- Le vcne (pterocarpus erinaceus).
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 187
- AUTRICHE.
- D’après un relevé établi en 1895, la superficie boisée en Autriche (à l’exclusion de la Hongrie) est de 9,709,620 hectares, contre 9,189,761 hectares en 1898, soit
- une augmentation de 619,879 hectares.
- Le domaine et les établissements publics possèdent............ 1,017,689 hectares.
- Les communes.................................................. 1,398,886
- Les particuliers.............................................. 7,293,097
- Total........................ 9,709,620
- Le taux du boisement est de 32.5 p. 100 et l’étendue boisée par habitant de 50 ares.
- La superficie boisée se compose de : 1,62 5,353 hectares de futaies en bois feuillus; 6,825,615 hectares de futaies en bois résineux; 1,658,852 hectares de taillis sous futaie et de taillis simple.
- L’accroissement moyen annuel est de 2 m. c. 830 par hectare, soit une production ligneuse annuelle de 27,523,261 mètres cubes, dont 67 p. 100 ou 12,935,923 mètres cubes de bois d’œuvre et 53 p. 100 ou 16,587,318 mètres cubes de bois de chauffage.
- Ces chiffres sont indiqués par la statistique officielle; mais, en réalité, cette production ligneuse est de 2 5 p. 100 plus élevée.
- Les principales essences des forêts de l’Autriche sont : les épicéas, sapins, mélèzes, pins sylvestres, pins noirs, pins cembro, chênes, châtaigniers, frênes, érables, ormes, hêtres et'charmes.
- D’après une statistique établie sur les scieries pour l’année 1898, il existait en Autriche :
- NOMBRE. CHEVAUX DE FORCE.
- Scieries à vapeur.................................. 673 18,666
- Scieries hydrauliques........................... ... 10,965 61,023
- Totaux................. 11,618 79,487
- Le nombre d’ouvriers inscrits dans les registres des sociétés provinciales d’assurance contre les accidents et occupés dans les scieries est de 32,626. Mais, en réalité, ces usines occupent une main-d’œuvre beaucoup plus considérable, car, dans presque toutes les petites usines hydrauliques d’Autriche, c’est le propriétaire lui-même de la scierie et les membres de sa famille qui font marcher l’usine, et ceux-ci ne sont pas tenus de se faire inscrire dans le registre des sociétés d’assurance contre les accidents.
- La statistique faite en 1898 mentionne également en Autriche 2 65 fabriques de pâte de bois et de cellulose, lesquelles pendant les années 1895, 1896 et 1897 ont employé en moyenne 823,682 mètres cubes de bois.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- En 1899, les chiffres des importations et des exportations de Lois ont été les suivants pour l’Autriche-Hongrie (il 11’y a pas de statistique spéciale pour la Hongrie) :
- 1899 I ^mPorta^ons......................................... 6,928,022 francs.
- ”'‘‘1 Exportations...................................... 281,226,772
- Excédent des exportations........ 226,297,760
- ( Importations . ................... 8,335,012 francs.
- ' ’ ’ ’ ( Exportations....................................... 126,725,606
- Excédent des exportations........ 117,390,396
- 1878 i ^lI1Por*;a^ons......................................... 3,739,198 francs.
- .........( Exportations........................................ 85,967,062
- Excédent des exportations.............. 82,207,856
- Ainsi, depuis 1878, les exportations de bois de l’Autriche-Hongrie ont triplé.
- RÉCOMPENSES.
- GRAND PRIX.
- Comité spécial forestier, à Vienne.
- ( Exposition collective. )
- L’exposition collective du Comité spécial forestier se compose des exposants suivants : Administration forestière du domaine de Gottshee (prince Charles Auersperg), à Gottshee (Carniole).
- Administration forestière du baron Klein (Guillaume), de Wiesenbeiig, à Hennersdorf (Silésie). Administration domaniale du docteur Goriany (Robert), à Rupertshof (Carniole).
- Baron Berthold Popper de Podiiragy, à Vienne, propriétaire de domaines.
- Ministère I. R. des chemins de fer d’Autriche, à Vienne.
- Chemins de fer I. R. P. du Nord Empereur Ferdinand, à Vienne.
- Chemins de fer I. R. P. du Nord-Ouest autrichien, à Vienne.
- Société I. R. P. des chemins de fer du Sud de l’Autriche, à Vienne.
- Commune générale de Fiemme Cavalese (Tyrol méridional).
- Engel frères, à Vienne, fabrique de parquets.
- Industrie de la tourbe (Charles-A. Zschôrner et Cio), à Vienne.
- Kotnick (François), à Yerd, près Laïbach, fabrique de parquets.
- Société anonyme forestière Léopold de Popper, à Vienne et Budapest.
- Société anonyme pour l’exploitation de forêts et de scieries à vapeur ( anciennement P. et C. Goelz et Clc), h Vienne, Czernowilz, Bucarest, Galatz.
- Prince Adolphe-Joseph de Sciiwartzenberg, à Vienne, propriétaire de domaines.
- Société I. R. P. de papeterie de Schlôglmüiil, à Vienne.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 189
- Société autrichienne pour la fabrication de la cellulose, à Vienne.
- Schoenthaler (F.) et fils, menuiserie, à Vienne.
- Tiionet frères, bois courbés, à Vienne.
- Docteur Juergensen et Bauschlicher, distillateurs de bois, à Prague.
- Le Comité spécial forestier d’Autriche a organisé avec beaucoup de goût une exposition réunissant, sur un espace relativement restreint, tout ce qui a trait à la forêt, à la chasse et à la pêche.
- Dans l’ensemble de l’exposition concernant la Classe 50, les bois proprement dits figurent en petite quantité, mais ils sont, par contre, accompagnés de cartes, de graphiques, de statistiques, de photographies d’explorations forestières, qui ont largement indiqué au Jury la place importante qu’occupe l’Autriche, parmi les pays d’Europe, pour sa production ligneuse.
- Commerce de bois. — Le commerce de bois d’épicéa et de sapin est représenté par les deux principales maisons d’Autriche : la Société anonyme Léopold von Popper et la Société anonyme pour l’exploitation des forêts et des scieries à vapeur, anciennement P. et C. Goetz et C!c.
- La Société Léopold von Popper débite les bois dans quinze scieries à vapeur, ayant ensemble 2,5oo chevaux de force; elle occupe dans ses usines et en forêt 5,800 ouvriers et débite annuellement 765,000 mètres cubes de grumes.
- De 1890 à 1899 inclusivement, soit pendant une période de dix années, la Société Léopold von Popper a exporté annuellement une moyenne de 151,67/1 tonnes de bois.
- Une carte murale indique les différents pays où elle expédie ses sciages et qui sont : l’Autriche-Hongrie, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Turquie, la Grèce, les bords de la mer Noire (Baloum) et l’Afrique septentrionale ; cinquante-sept échantillons de bois indiquent les différents débits de la Société.
- Le succès de l’exposition de la Société Léopold von Popper a été l’installation de cinq mutoscopes qui montraient au public, par des photographies animées, les différentes manipulations du bois dans les chantiers et les scieries.
- La Société anonyme pour l’exploitation des forêts et des scieries à vapeur (anciennement P. et C. Goetz et CIe) a été fondée en 1872 et mise par actions en 1883. Son capital est de 8 millions de francs entièrement versés.
- Elle expose vingt-cinq échantillons en plateaux, planches et planchettes d’épicéa et de sapin débités dans ses usines, une carte de l’exploitation industrielle, deux modèles de radeaux pour le transport des bois en Bukovine et de nombreuses photographies de ses exploitations forestières. Elle possède sept scieries à vapeur qui débitent annuellement 450,000 à 5o0,000 mètres cubes de bois, épicéas et sapins, produisant 120,000 à i4o,ooo tonnes de sciages. Elle occupe 33o employés et a 6,000 à 7,000 ouvriers. Les produits sont exportés en Asie Mineure, en Egypte, en Afrique septentrionale et aux Indes.
- Bois de résonance. — Le prince de Schwartzenberg et la Commune générale de Fiemme exposent des planchettes d’épicéa appelées bois de résonance. Ces planchettes sont très recherchées dans tous les pays de l’Eufope par les facteurs de pianos et les luthiers; elles sont débitées dans des épicéas qui présentent un accroissement très lent, absolument régulier, et qui n’ont aucun défaut.
- Le prince de Schwartzenberg en produit dans sa scierie de Tusset, en Bohême, où il a également installé u:.e fabrique pour convertir en bois d’allumettes et en articles de boissellerie les bois qui ne se prêtent pas au débit de planchettes de résonance.
- Les domaines du prince de Schwartzenberg, qui s’étendent sur une superficie de 225,000 hectares, comprennent 132,000 hectares de forêt.
- Les bois de résonance de la Commune générale de Fiemme proviennent du Tyrol méridional, où cette commune possède 11,000 hectares de forêt.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Bois de hêtre. — Une collection de bois de hêtre (bois courbé, tavolelli et testoni) est exposée par MM. Thonet frères, Brull et le prince Charles d’AuERSPERG.
- Cette collection est accompagnée d'une brochure intitulée : La question du hêtre dans les forêts autrichiennes, par Léopold Hufnagel, directeur central des propriétés du prince Auersperg, h Wlashim.
- M. Hufnagel, dans sa brochure, indique les diverses utilisations du hêtre, mais il constate que ce bois, très répandu dans les forêts de l’Autriche, est d’un emploi peu développé et conséquemment d’un faible rendement pour le propriétaire.
- Bois courbé. — La maison Thonet frères, de Vienne, qui expose des bois courbés en hêtre préparés pour la fabrication des meubles, est l’une des plus importantes du monde dans ce genre de travail.
- Elle a sept usines principales, dont quatre en Moravie, une en Hongrie, une dans la province de Hesse et une en Russie; en outre, elle dispose de vingt petites fabriques-succursales.
- Elle possède dans ses usines 20 machines à vapeur, développant une force de 1,100 chevaux, et occupe 170 employés et 6,000 ouvriers. *
- Sa consommation annuelle de bois de hêtre en grumes est de 52,000 mètres cubes et sa production journalière en meubles courbés est de 4,000 pièces : chaises, fauteuils, petits et grands objets divers. Elle a ouvert dans les capitales et principales villes de l’Europe vingt-deux dépôts pour la vente de ses produits.
- Le prince Auersperg, propriétaire de 26,290 hectares de forêts, expose des planchettes en hêtre appelées tavoletli et testoni, qui sont exportées par grandes quantités en Italie, en Grèce et en Turquie. Elles servent à l’emballage des fruits.
- Les tavoletti sont des planchettes de 2 m. 23 à 2 m. 28 de longueur, de 0 m. i4 à 0 m. 20 de largeur et de 3 à 8 millimètres d’épaisseur. Les testoni ont la même longueur, mais ont 17 à 20 millimètres d’épaisseur.
- M. le docteur Goriany, grand propriétaire de forêts, à Rupertshof (Carniole), expose un modèle de scie servant spécialement à la fabrication des planchettes tavoletti et testoni. Cette scie a été inventée par l’inspecteur de forêt du docteur Goriany, M. Kretinsky.
- M. Brull, qui figure parmi les collaborateurs, est propriétaire de scieries à Minderfing (Haute-Autriche). Il a fourni pour l’exposition du Comité spécial forestier des douelles de hêtre, ainsi que des tonneaux et tonnelets fabriqués avec ces douelles, qui sont utilisés pour l’emballage des graisses, principalement de la margarine.
- Parquets. — La fabrication du parquet est représentée par la maison Engel frères, de Vienne, et M. François Kotnik, à Verd, près Oberlaïbach (Carniole).
- Ces maisons exposent des parquets riches ou parquets mosaïques.
- Le propriétaire de la maison Engel frères est M. Alexandre Engel, de Janosy. Son usine, la plus importante de l'Autriche, dans son genre, fabrique annuellement 70,000 mètres carrés de parquets ordinaires et 3o,ooo mètres carrés de parquets riches. Elle occupe une centaine d’ouvriers et emploie annuellement 2,000 mètres cubes de bois dur et 1,000 mètres cubes de bois tendre. Elle exporte une partie de sa fabrication en Espagne, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud et aux Indes.
- M. François Kotnik, à Verd, près Oberlaïbach (Carniole), emploie environ 2,000 mètres cubes de bois par an, produisant 65,000 mètres carrés de parquets. 11 occupe 60 ouvriers et exporte une partie de ses parquets mosaïques en Allemagne, en Italie et en Asie Mineure.
- Chemins de fer. — Les Compagnies de chemins de fer de l’Autriche montrent par des tableaux l’emploi des traverses sur les différentes lignes, le mode d’imprégnation de ces traverses et leur durée.
- L’accroissement du transport des bois en Autriche par voie ferrée est indiqué par les graphiques.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 191
- Ainsi, la Compagnie des chemins de fer I. IL P. du Nord Empereur Ferdinand, à Vienne, a transporté en 1889, 38o,ooo tonnes de bois et, en 189g, 900,000 tonnes.
- Les Chemins de fer de l’Etat autrichien ont transporté, en 1889, 2,25o,ooo tonnes de bois, avec 1111 réseau de 6,200 kilomètres, et, en 1900, 4 millions de tonnes de bois, avec un réseau de 8,25o kilomètres, soit une augmentation de 5o p. 100.
- Fibres de bois. — M. le baron Klein de YViesenberg, à Hennersdorf (Silésie autrichienne) expose une grande collection de laines de bois, autrement dites fibres de bois, provenant de son domaine forestier.
- Distillation des bois. — MM. le docteur Juergensen et Bauschliciier, à Prague, exposent quarante-neuf échantillons de produits divers, tirés des bois par la distillation sèche. Deux albums montrent les installations d’usines.
- Pâte à papier. — Les fabriques de pâte à papier et de cellulose, en Autriche, ainsi que la consommation du bois pour ces industries, sont indiquées par une carte statistique pour les années 1895, 1896 et 1897. D’après ce tableau, il existait en Autriche 2 45 fabriques disposant de 44,764 chevaux de force, employant annuellement 823,482 mètres cubes de bois (épicéa, sapin, pin, mélèze et peuplier- tremble ).
- La production annuelle a été, en quintaux métriques de produits secs, de 894,279 quintaux de cellulose, de 697,194 quintaux de pâte de bois et de 439,732 quintaux de carton.
- La Société anonyme I. R. P. de papeterie de Schlôglmühl, à Vienne, et la Société autrichienne pour la fabrication de la cellulose, à Vienne, indiquent, par une série d’échantillons, les différentes transformations que subit le bois pour arriver à l’état de papier.
- Tourbe. — MM. Charles-A. Zsciiôrner et Cic, à Vienne, exposent des produits concernant l’industrie de la tombe.
- Industrie domestique du bois. — L’industrie domestique du bois est représentée par une importante collection d’objets divers (cuillers, assiettes, jattes, écuelles, salières, boîtes, etc.), recueillis dans les diverses régions de l’Autriche. Cette industrie, encore très répandue au Tyrol, dans la Haute-Autriche, dans la Carniole, en Bohême, en Moravie, en Galicie et en Bukowine, est traitée d’une façon très détaillée dans une brochure faite, à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900, par M. le professeur G. Lauboeck , conseiller du Gouvernement.
- Menuiserie. — MM. Franz Schoentiialer et fils, entrepreneurs de menuiserie, à Vienne, exposent un pavillon de chasse démontable, entièrement construit en bois. Ce pavillon est des plus pittoresques; l’aménagement a été fort bien étudié, et tout le travail du bois est d’une exécution parfaite.
- L’exposition du Comité spécial forestier est fort intéressante; elle a été conçue, préparée et installée par M. Michel Ottocar Popper, docteur en droit, directeur de domaines, qui a été le représentant de ce Comité à Paris, pendant la durée de l’Exposition universelle. M. Popper a été membre du Jury de la Classe 50, et ses collègues lui ont voté d’unanimes félicitations pour l’intelligente organisation à laquelle il a présidé.
- Collaborateurs. — M. Lauboeck (Georges), conseiller du Gouvernement, professeur à l’Ecole supérieure d’agriculture, à Vienne, médaille d’or; MM. Andés (Louis-Edgar), Boutscheller (François), Brull (M.), Eissler (Jean), Frankl (François), Franzelin (Jean), Greil (Jean), Kallay (Frédéric de), Knabl (Joseph), Kovats (Edgar), Laufke (Ad.), Mairie de Alt-Eiirenberg, MM. Paükert (François), Kiby (Charles), Romstorfer
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- (Charles), Rosmaël (François), Schadinger (P.), Subic (Jean), Tasciiek (Joseph), médailles d’argent; M. Uhlig (Richard), mention honorable.
- BOSNIE-HERZÉGOVINE.
- Les forêts de la Bosnie et de THerzégovine occupent une étendue de 2,709,089 hectares; la superficie totale de ce pays étant de 5,i 00,000 hectares, le taux de boisement est de 53 p. 100. On le voit, la Bosnie et l’Herzégovine sont très boisées.
- L’btat possède.................................................. 2,187,269 hectares.
- Les particuliers................................................ 551,770
- Total. ............................. 2,709,089
- Les forêts se répartissent comme suit :
- Futaies.......................................................... 1,587,771 hectares.
- Taillis........................................................... 993,814
- Forêts défrichées et pâturages..................................... 127,454
- Total .........................♦. 2,709,089
- Conifères............................................................ 885,894 hectares.
- Conifères et bois feuillus mélangés................................. 202,211
- Bois feuillus...................................................... 1,993,480
- Forêts défrichées et pâturages....................................... 127,454
- Total
- 2,709,089
- Les essences dominantes, par ordre d’importance, sont: le hêtre, le sapin, le chêne rouvre, le chêne pédonculé et 1 épicéa.
- Une étendue de 1,200,000 hectares a été affermée par le Gouvernement, dans les dernières années, à des sociétés industrielles et commerciales, afin de tirer immédiatement des revenus des forêts qui n’avaient jamais été touchées par une hache.
- Toutes les forêts de chênes accessibles viennent detre exploitées. Actuellement, ce sont les conifères et les hêtres que l’on exploite.
- Des hommes compétents ne pensent pas que le mode d’affermage pratiqué en Bosnie-Herzégovine soit le meilleur procédé pour assurer un rapport soutenu des forêts de ce pays et pour y conserver un capital ligneux important.
- La production annuelle serait actuellement de 1 million de douelles de chêne, de 2 50,000 mètres cubes de bois en grumes, de bois équarris, sciés et de bois de feu, et de 800,000 hectolitres de charbon de bois.
- Presque toute cette production est exportée : les douelles, à Cette et à Bordeaux; les sciages et poutres de sapin, en Hongrie, en Allemagne, en Italie et en Afrique.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 193
- Pendant les années 1899 et 1900, en raison de la hausse des bois du Nord, le sapin de Bosnie est venu sur les marchés français faire concurrence aux sapins de Suède et de Russie (Riga), principalement pour les bois de charpente. Dans cette période, il a même fait concurrence, à Paris, au sapin des Vosges, pour les planches dites planches lorraines ( à mètres X 0 m. 3o/32 X 0 m. 02 5).
- Le port d’exportation pour les sapins de Bosnie est Fiume, sur l’Adriatique.
- RÉCOMPENSES.
- GRAND PRIX.
- Département des forêts de Sarajevo.
- Le Jury a décerné un grand prix au Département des forêts de Sarajevo, non pas seulement pour les produits ligneux exposés (épicéas, sapins, pins, chênes et hêtres), mais surtout pour la très grande initiative prise par cette administration forestière pour la mise en valeur des immenses forêts vierges de ce pays montagneux où aucune voie de communication n’existait.
- Cette administration a construit des routes, A75 kilomètres de chemin de fer, des glissoires en bois pour la descente des arbres dans les vallées.
- Au début, elle avait même entrepris l’abatage et la livraison des troncs d’arbres aux premiers scieurs quelle avait attirés dans le pays.
- Aujourd’hui, ces forêts sont en pleine exploitation; de grandes scieries mécaniques, avec cités ouvrières, ont été construites; il s’en construit encore de nouvelles, ainsi que des usines pour la distillation sèche du bois, et les acheteurs de tous pays se disputent à présent les belles forêts de la Bosnie.
- Les forêts appartenant à l’Etat occupent une superficie de 2,167,269 hectares.
- L’exposition forestière de la Bosnie-Herzégovine a été organisée par M. Constantin Hoerjiann, conseiller aulique, délégué spécial du Gouvernement.
- Collaborateurs. — MM. Petraschek (Charles), Hoffmann (Charles), médailles d’or; M. Friedrich (Léopold), médaille d’argent.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. Kern [Léopold), h Zavidovic (Bosnie).
- M. Kern expose des douelles de chêne pour tonneaux et des frises brutes.
- Les bois de chêne provenant de la Bosnie sont de toute beauté et très recherchés par la tonnellerie et lamenuiserie pour la finesse du grain de bois.
- M. Kern est établi en Bosnie depuis une dizaine d’années ; il a construit à Zavidovic une scierie de 5o chevaux, pouvant produire par jour environ 20 mètres cubes de planches et frises. 11 fait également la douelle pour la France; mais cette production est forcément limitée, attendu que tous les chênes, d’un bon rendement, qui se trouvaient dans les forêts exploitables, ont été convertis en douelles vers 1890 et années suivantes.
- Gn. IX. — Cl. 50.
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- IMPRIMERIE NATIONALE
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Feltbinelli (Giuseppe) et C'e, à Milan.
- Scieries à vapeur à Hadzici et à Kobiljclol.
- MM. Feltrinelli et G10 exploitent une partie des forêts de sapins de la Bosnie, où ils ont installé deux scieries à vapeur : à Hadzici et à Kobiljdol.
- Ils exposent des madriers et des planches sciés provenant de leurs exploitations.
- Leurs produits sont exportés en Italie.
- Société anonyme de Bosnie pour l’exploitation des bois.
- La Société anonyme de Bosnie pour l’exploitation des bois a son bureau central à Vienne (Autriche) et ses usines à Teslic (Bosnie). Elle a été fondée, en 1896, au capital de i,5oo,ooo florins, soit 3,i 5o,000 francs.
- Les usines de Teslic sont les premières dans leur genre en Bosnie ; elles s’occupent exclusivement de deux branches :
- I. La distillation des bois ;
- II. La momification des bois.
- I. Distillation. — L’usine a employé pour la distillation sèche, pendant l’année 1899, i5o,ooo mètres cubes de bois de hêtre qui ont produit de l’acétate de chaux, de l’esprit de bois, de l’alcool à dénaturer, de l’alcool méthylique, de l’acide acétique cristallisé, de l’acide acétique techniquement pur, de l’acide acétique chimiquement pur, du charbon de bois.
- 3oo ouvriers sont occupés à la distillation des bois; ces ouvriers sont tous logés à l’usine; ils sont assurés contre les accidents et le chômage; une caisse de retraite pour la vieillesse fonctionne; leurs enfants sont instruits dans une école créée et entretenue par la Société ; un hôpital a été construit.
- II. Momification. — La Société s’est rendue acquéreur d’un brevet pour la conservation indéfinie des bois, qu’elle dit avoir encore perfectionné. L’usine spéciale, en voie d’agrandissement, injecte actuellement (10,000 à 60,000 mètres cubes de hêtre rouge, d’après le procédé breveté Petraschek. Elle occupe à cette branche 60 ouvriers, qui sont placés, au point de vue du salaire et des autres avantages, sur le même pied que ceux de l’usine de la distillation.
- Toutes les compagnies de chemins de fer s’intéressent à cette momification, laquelle, si les essais étaient absolument concluants, donnerait un grand essor à la consommation du hêtre. Des pourparlers sont engagés avec les compagnies françaises, et des essais se font en Hongrie, en Angleterre et aux Indes.
- BULGARIE.
- Bois de construction :
- Importations en 1898
- d’Autriche-Hongrie.
- de Turquie........
- de Roumanie.......
- Total
- 2,636,ooo francs. 225,000 171,000 3,o32,ooo
- Rxportation en Turquie.
- 844,ooo francs.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DRS INDUSTRIES FORESTIERES. 195
- Extrait du catalogue :
- Lors de la délivrance de la Bulgarie, en 1878, les forêts étaient dans un pitoyable état; de grands espaces, jadis couverts d’épaisses forêts, n’étaient plus que des landes nues où le soleil d’été ne laissait même point d’herbe ; dans d’autres endroits, les jeunes pousses provenant des rejets de souches étaient dévorées par le bétail.
- Seuls, les Balkans inaccessibles et, en général, les endroits montagneux où la population était moindre, ont conservé leurs forêts, et c’est ainsi que la principauté en possède encore.
- Dès 187g, le Gouvernement commença à se préoccuper d’organiser un service forestier.
- L’étendue des forêts est de 3,0/11,126 hectares, ou3o p. 100 de la superficie totale du pays, dont: 902,618 hectares, forêts gouvernementales; 1,565,262 hectares, forêts communales; 573,266 hectares de forêts appartenant à des particuliers.
- Les arbres principaux sont le chêne, le hêtre, le pin, le sapin, le platane, érable, etc.
- La production annuelle est de 537,000 mètres cubes dehois d’œuvre; 2, Æ58,000 mères cubes de bois de chauffage et 10,907,000 kilogrammes de charbon de bois.
- La production ligneuse sert presque uniquement aux besoins locaux.
- Les scieries, toutes à eau, sont eneore assez primitives et sont installées dans les forêts mêmes. Dans beaucoup d’endroits, elles ne fonctionnent qu’au printemps, lorsque l’eau est abondante.
- Dans les Balkans, l’industrie pour la fabrication de la vaisselle en bois est assez développée.
- L’industrie rurale produit du goudron au moyen de la distillation sèche organisée d’une manière très rudimentaire. Ce goudron est employé pour les roues de voiture.
- RÉCOMPENSE.
- GRAND PRIX.
- Ministère de l agriculture et du commerce, à Sofia.
- Le Ministère de l’agriculture et du commerce a exposé :
- 1. Une collection de spécimens de bois d’œuvre et de construction : rondelles et découpes de troncs d’arbres, frêne, hêtre, chêne pédonculé, chêne rouvre, chêne chevelu, noyer, orme champêtre, tilleul à petites feuilles, charme, bouleau, érable sycomore, poirier, sapin, pin sylvestre, pin laricio d’Autriche , pin de montagne, if, genévrier, cornouiller.
- IL Une collection de charbons de bois.
- 111. Une collection d’écorces à tan.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- DANEMARK.
- Les forêts Ju Danemark sont peu étendues; elles occupent 2/ii,A3o hectares, soit 6.3 p. îoo de la surface du royaume.
- La production en bois d’œuvre est inférieure aux besoins de la population du pays, de sorte qu’il y a une importation annuelle de bois qui, de 1891 à 1895, s’est chiffrée en moyenne par 19,500,000 francs.
- RÉCOMPENSE.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. L. Jacobsen, à Copenhague.
- Expose des sabots en hêtre, des douves, des barattes, des cuves, des barils et des tonneaux en bois de hêtre.
- Les barils servent à l’emballage des anchois et surtout du beurre qui s’exporte du Danemark par grandes quantités.
- Fabrique de sabots et de tonnellerie, fondée en 1887; occupe 3oo ouvriers. Consomme beaucoup de bois de hêtre provenant des forêts du Danemark.
- Les produits sont vendus en Danemark et exportés pour une partie en Russie et en Angleterre.
- ÉQUATEUR.
- La République de l’Équateur possède de belles forêts, mais qui, faute de moyens de communication et de capitaux, sont peu exploitées.
- Elles renferment des bois de construction et d’ébénisterie.
- Dans la République de l’Équateur à peu près toutes les maisons sont en bois, de sorte que les bois d’œuvre sont presque entièrement consommés sur place ; une petite quantité s’exporte au Chili.
- RÉCOMPENSE.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Velazco (Francisco), à Esmeraldas.
- M. Velazco est le principal éxposant de l’Équateur. Il est entrepreneur, architecte et propriétaire de forêts; il expose environ 160 échantillons de bois de construction et d’ébénisterie dont certaines essences pourraient être exportées.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 197
- ESPAGNE.
- On attribue à l’Espagne une superficie boisée d’environ 6,5oo,ooo hectares, soit 13 p. 100 du territoire.
- Mais il paraîtrait que ces forêts sont peu productives en bois d’œuvre, puisque les importations sont très supérieures aux exportations et se chiffrent annuellement, en moyenne, par 27028 millions de francs.
- Elles satisfont, sur bien des points, à la consommation locale et produisent en quantités considérables du liège très apprécié, dont, en 1898, il a été exporté, soit à l’état brut, soit à l’état façonné, pour 31,800,000 francs.
- RÉCOMPENSES.
- GRAND PRIX.
- M. Diaz Agero (Augustin), comte de Malladas, à Madrid.
- Grand propriétaire. La famille Diaz Agero exploite de père en fils.
- Produit annuellement dans la Salamanque environ 92,000 kilogrammes de liège et dans l’Eslra-madure 27(1,000 kilogrammes.
- Occupe 700 ouvriers bûcherons démascleurs.
- A exposé de très beaux échantillons de liège.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Campana ( fils de Mariano), à Huesca. — Sparterie.
- Expose une grande variété d’objets en sparterie faits avec la feuille d’alfa sauvage. C’est une très ancienne industrie du pays. La fabrique de Huesca occupe ûo ouvriers et fait un chiffre d’affaires annuel de 100,000 francs.
- M. Sabaté (Jaîme), à Villafranca del Panadès (province de Barcelone). Fourreaux nattés en sparterie.
- Cette maison, de fondation très ancienne, et qui emploie une centaine d’ouvriers, produit annuellement 2 millions de fourreaux en sparterie pour tonneaux. Elle les exporte en Amérique, en Angleterre , en France, en Italie, etc.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- ÉTATS-UNIS.
- D’après l’ouvrage de M. Mélard, Insujjisance de la Production des bois d’œuvre dans le monde, la surface des forêts des Etats-Unis est approximativement évaluée à 200 millions d’hectares. C’est un chiffre considérable lorsqu’on l’envisage d’une manière absolue, mais, comparé à l’étendue totale du pays, le taux de boisement n’est que de 25 p. 100.
- La destruction des forêts s’est faite sans relâche, malgré l’intervention des représentants de l’administration forestière, impuissante jadis à empêcher les propriétaires de réaliser les richesses forestières de leurs domaines, l’intérêt particulier ayant été plus fort que l’intérêt général. Déjà maintenant les forêts commencent à s’épuiser entre l’Atlantique et le Mississipi; par contre, de belles étendues boisées existent encore aux abords du Pacifique et dans les Etats du Nord-Ouest. Là, les forêts sont encore de toute beauté, peuplées d’arbres résineux de dimensions exceptionnelles, et le Gouvernement paraît faire de très grands efforts pour empêcher le déboisement irraisonné. Il a constitué, dans beaucoup d’États, des réserves forestières qu’il cherche à augmenter d’année en année; la sylviculture commence à être pratiquée aux Etats-Unis avec autant de science que dans les pays d’Europe, et la technologie du bois, c’est-à-dire l’utilisation des bois et la force de résistance de chaque essence est étudiée d’une façon tout à fait remarquable.
- Les forêts de ce pays renferment quantité de variétés de bois de construction en résineux ainsi qu’en bois durs.
- Les principales sortes de conifères sont :
- Le pin blanc (pinus strobus), le pin à longues feuilles (pinus palustris), le pin à courtes feuilles (echinata'), le suçon {jpinus lœda^j, le cuban pine (pinus heterophylla), le pitchpin (pinus rigida) et le pin rouge (pinus resinosa)', les redwood ou bois rouges delà Californie (séquoia sempervirens et séquoia gigantea)\ le sugar pine ou pin sucré, leyellow pine ou pin jaune, le spruce ou épicéa.
- Les principaux bois feuillus sont :
- Diverses variétés de chêne, le hêtre, l’orme, les noyers, l’acacia, le gommier, l’érable, le sycomore, le tilleul, le cotton wood ou peuplier d’Amérique, le bouleau, le saule, le tremble, etc.
- A citer également les cèdres, quelques sortes d’acajou et les palmiers.
- Des personnes compétentes prétendent que la consommation intérieure du pays suffirait à absorber la production normale des forêts et que l’exportation des bois ne se fait qu’au détriment du capital forestier.
- Toujours est-il que l’exportation est assez importante.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 199
- Le commerce extérieur des bois d’œuvre communs pendant l’année fiscale ( ier juillet 1897 — 3o juin 1898) se chiffre comme suit:
- IMPORTATIONS.
- Tronces et bois ronds......................................... 2,430,089 dollars.
- Bois de charpente......................................... 35,606
- Sciage (madriers, planches, etc.)............................. 3,067,169
- Bardeaux.................................................. 759,461
- Autres sciages.................................................. 795,781
- Tous autres hois non manufacturés......................... 2,120,653
- Total................................. 9,208,749
- Valeur en francs..................... 47,724,341
- EXPORTATIONS.
- Bois de charpente ( sc'd........................... 3,438,578 dollars.
- et | taillé............................. 1,128,893
- bois non manufacturé| tronces et autres.................... 3,189,820
- Madriers, planches, etc................................. 12,080,318
- Rainés et bouvetés......................................... 387,671
- Bardeaux..................................................... ioi,o4o
- Planches pour caisses................................... 486,860
- Autres....................................................... 557,895
- Douves..................................................... 3,559,750
- Fonds........................................................ 227,328
- Bois divers............................................. 3,256,880
- Total.............................. 28,4i5,o33
- Valeur en francs.................. 147,260,909
- RÉCAPITULATION.
- Importations.................................................... 47,724,341 francs.
- Exportations................................................... 147,260,909
- Excédent des exportations.............. 99,536,568
- Ce sont principalement les États du Nord-Est, dont les forêts sont insuffisantes poulies besoins de leurs constructions et de leur industrie, qui font venir de grandes quantités de bois du Canada.
- RÉCOMPENSES.
- GRANDS PRIX.
- Commission de la Califoenie, à San Francisco.
- En vue de l’Exposition universelle de 1900, à Paris, une commission s’est formée en Californie pour faire connaître tout spécialement les richesses de ce pays.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Celte commission a ouvert un bureau à Paris, 8, place de l’Opéra, pendant la durée de l’Exposition, afin de pouvoir fournir des renseignements complémentaires aux visiteurs qui, après avoir admiré les produits exposés par la Californie, seraient désireux d’entrer en relations d’affaires avec les négociants ou industriels de cette riche contrée.
- Les commissaires de la Californie à l’Exposition de 1900 sont: MM. Rünyon (E. W.), président, Foote (W. W.), Truman (Ben G.), Gaskill (Varney W.), secrétaire.
- La commission de la Californie a organisé une fort belle exposition des produits forestiers de ce pays. Elle expose une collection de 72 sortes de bois représentés par des panneaux bruts et vernis, d’une très grande beauté.
- A citer les panneaux de noyers, d’acajous, de thuyas, d’érables, de chênes, de platane, d’acacia, de hêtre, de tilleul, de cotonnier, de cèdre, de pins, de redwood (bois rouge), de cerisier, de pommier, etc.
- A mentionner également :
- Un plateau de séquoia gigantesque ou big tree, de 5 m. 5o de long sur 1 m. 80 de large, sans aucun défaut, sans fente et sans gerçure. A ce plateau est joint un morceau d’écorce de l’arbre d’une épaisseur de 45 centimètres.
- Le séquoia gigantesque est surtout remarquable à la lisière de la vallée du Yosémite où cet arbre géant atteint des dimensions fantastiques: 90 à 120 mètres de haut sur 7 à 13 mètres de diamètre.
- La surface boisée de la Californie est de 1 3 millions d’hectares. On y compte, suivant les altitudes, trois régions différentes de bois de construction.
- Dans les régions basses abondent le chêne et le pin commun; dans la zone moyenne, on trouve les grands pins résineux dont la hauteur est de 3o à 60 mètres et le diamètre de 2 à 3 mètres; le pin noir, le cèdre de la Sierra ( taxodium sempervirens) et le sapin.
- La troisième zone, comprise entre 1,200 et 2,800 mètres d’altitude, renferme les véritables richesses forestières de l’État ; c’est là le berceau des cèdres rouges géants ( libo cedrus decurrcns ), des pins jaunes et blancs, des pins sucrés qui atteignent fréquemment Une centaine de mètres de hauteur »t 18 mètres de circonférence. Un de ces arbres abattu a fourni 85o mètres cubes de bois d’œuvre.
- Les montagnes rr Sierra Nevada « constituent la principale région forestière de la Californie qui est estimée à 6,100,000 hectares; elle abonde en pins jaunes, blancs et sucrés. C’est dans cette région que le pin sucré (pinus lambcrtiana) atteint des proportions gigantesques : 100 mètres de haut sur i3 mètres de diamètre. Faute de voies de communication, ces forêts sont encore peu exploitées; celles qui sont exploitables ont été achetées par des particuliers.
- Les principaux bois de la Californie sont :
- L’acacia, le frêne, le cèdre rouge et blanc, le peuplier d’Amérique ou colton wood, l’orme, le sapin {abies grandis), le noyer, l’arbousier, l’acajou (cercocarpus parvicolius), l’érable (maple), le chêne noir, blanc et rouge, le palmier, le pin (pinus sabiniana), le pin sucré (sugar pine, pinus lam-bertiam), le pin jaune [yellow pine, pinus ponderosa), le bois rouge (redwood, séquoia sempevirens), le séquoia gigantesque {big tree, séquoia gigantea), l’épicéa ou sapinette (spruce), le douglas [pseudo-tsuga douglasii).
- D’après un relevé fait en 1896, il existait en Californie 260 scieries employant i5,6oo ouvriers.
- La production de 1898 a été la suivante :
- Redwood, bois rouge.......
- Sugar pine, pin sucré.....
- Yellow pine, pin jaune. ... Spruce, épicéa ou sapinette
- Cedar, cèdre. ............
- Fir, sapin................
- 772,500 mètres cubes.
- 117,750
- 5o4,ooo
- 63.500 5,25o
- 66.500
- Total
- 1,529,500
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 201
- Environ 80 p. 100 de cette production ont été employés en Californie même; le reste a été exporté aux provinces de l’Est des Etats-Unis, au Mexique, dans les Etats de l’Amérique centrale, dans l’Amérique du Sud , en Chine, au Japon, dans les îles de l’océan Pacifique et en Angleterre.
- Southern Railway Company, à Washington.
- La compagnie de chemins de fer Southern Railway Company ne possède pas de forêts ni de scierie et ne fait pas le commerce des bois, mais elle a tenu à montrer les bois qui poussent dans les contrées traversées par ses lignes ferrées. Son réseau est de 11,265 kilomètres dans les États du Sud; il dessert des contrées où les exploitations forestières sont les plus importantes des Etats-Unis. L’on estime les fonds engagés, tant dans les domaines forestiers que dans les scieries, à 700,000,000 de dollars, soit 3 milliards 5oo millions de francs.
- D’après la Southern Railway Company, les forêts de pins encore intactes couvrent une superficie de plus de 100 millions d’hectares. En 1896, il a été coupé environ 21 millions de mètres cubes de pins. Les pins de la Caroline et de la Géorgie s’exportent en grande quantité. Non seulement des conifères existent le long de cette ligne de chemin de fer, mais aussi des bois durs : chênes et autres essences.
- En plus du bois de construction, les pineraies de ces contrées fournissent encore annuellement pour 4o millions de francs de produits accessoires pour la marine, tels que: térébenthine, goudron, etc. En 1899, la valeur des bois transportés par la Southern Railway Company a été de 760 millions de francs. Les ports principaux d’exportation sont : Brunswick, dans la Géorgie; Norfolk, dans la Virginie; New-Orléans, etc.
- La Southern Railway Company est la seule compagnie des chemins de fer des États-Unis qui ait exposé.
- Elle a transporté gratuitement, jusqu’au port d’embarquement d’Amérique, les 200 mètres cubes de pitchpin nécessaires à la construction du blockhouse qui a été érigé à l’arrière du palais des Eaux et Forêts, pour y installer les exposants des États-Unis de la Classe 50. Elle a fourni une partie des bois nécessaires pour ce pavillon, dont MM. E. Jackson and C°, de Washington, ont fourni les parquels.
- La Compagnie expose elle-même dans ce pavillon environ 70 sortes de bois tendres et durs provenant des Etats du Sud, des grandes photographies en couleurs des contrées boisées et une carte des États traversés par ses voies ferrées.
- Les échantillons exposés des principaux bois sont :
- Le pin jaune (yellow pine), le pin frisé à longues feuilles (curly long leaf pine), le peuplier jaune frisé (curly yellow poplar) [ tulipier], le peuplier jaune (tulipier), le cotonnier (colton wood) ; les différentes variétés de chêne: noir, rouge et blanc; les différentes variétés de noyer: noir, blanc, à écorce rude; les érables, le gomme noir (blach gum), l’acacia, etc.
- Collaborateurs. — MM. Green (W. R.), Gasquill (V. W.), Richards, médailles d’or; M. Charles (J. F.), médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’OR.
- MM. Albro (E.-D.) et Cie, à Cincinnati (Ohio).
- MM. Albro et Cio sont fabricants de bois de placage. Ils exposent 96 panneaux de bois tranchés représentant les principales essences forestières des États-Unis : pins, chênes, noyers, thuyas, loupes de noyers, loupes de thuyas, etc.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Cette exposition a été combinée avec celle de la Bridgeport Wood Fimshing Company, et l’ensemble est d’un très heureux effet.
- Bridgeport Wood Finishing Company, à New-Milford (Connecticut).
- La Bridgeport Wood Finishing Company expose 96 panneaux tranchés en bois des États-Unis.
- Ces panneaux, fournis par la maison Albro et Cie, de Cincinnati, ont été polis et vernis par la Bridgeport Wood Finishing Company, qui fabrique un vernis spécial pour la préparation des bois et qui vante beaucoup ce produit. Le Jury a du reste constaté que les bois exposés étaient magnifiquement préparés.
- Ce vernis est vendu aux Etats-Unis, au Canada, en Angleterre, en France, en Allemagne, ainsi que dans beaucoup d’autres pays où l’on façonne le bois.
- La maison a été fondée en 1876; elle occupe i5o ouvriers et traite un chiffre d’affaires de i,5oo,ooo francs.
- Commission de la Pêcde, de la Chasse et des Forêts de lEtat de New-York,
- à Albany.
- La Commission de la Pêche, de la Chasse et des Forêts de l’Etat de New-York est une commission départementale.
- Elle a pris part à l’Exposition universelle afin de faire connaître les bois de l’État de New-York.
- Elle expose 6 grands panneaux et 180 variétés de bois; chaque bois est représenté par deux échantillons, dont l’un est à l’état brut, et l’autre verni.
- Collaborateurs. — M. Bean (Tarleton H.), médaille d’or; M. van Hook, médaille d’argent; M. Morgan, médaille de bronze.
- Conseil de l Agriculture de la Caroline du Nord, à Raleigh.
- Le Conseil de l’Agriculture de la Caroline du Nord est une administration agricole forestière départementale.
- Elle a uniquement exposé pour faire connaître les bois de la contrée.
- Elle montre une série de plateaux de 1 m. 3o de long, sur une épaisseur de 10 centimètres pris dans toute la largeur de l’arbre et auxquels on a laissé l’écorce attenante. La moitié de la surface de chaque plateau est vernie et l’autre simplement rabotée. L’on peut ainsi se rendre compte de la qualité des bois.
- Le principal bois de la Caroline du Nord est le pin. On l’emploie dans les constructions sous forme de planches, de planches rainées et languetées, de moulures, et pour les travaux de menuiserie intérieure.
- On l’expédie conformément aux règles et conditions adoptées par l’association de la North Carolina Pine et il est classifié en trois qualités : 1”, 2e et 3e. Les longueurs réglementaires sont de 10, 12, 1 k et 16 pieds.
- M. Hough R. B., à Lowville (État de New-York).
- M. Romeyn B. Hough est un botaniste micrographe.
- Il expose, par transparence, des coupes coloriées reproduisant les formes microscopiques d’environ
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 203
- a5o espèces de bois américains. Les bois sont coupés en section transversale, tangentielle et radiale Chaque section a une épaisseur de la quatorze-centième partie d’un pouce de 25 millimètres.
- C’est un travail scientifique remarquable qui permet de se rendre compte de la structure des cellules, de la force de résistance de chaque échantillon.
- M. Hough a été en outre employé comme préparateur par le Département des Etats-Unis, pour la confection des sections de bois exposées par la Direction des forêts.
- Il est aussi l’auteur d’un remarquable album de 3oo photographies qui représentent environ i5o essences forestières américaines, les détails de leurs écorces et leur aspect d’hiver et d’été. Cet album a été exposé par le Département de l’agriculture (Direction des forêts).
- Les travaux de M. Hough ont été admirés par toutes les personnes compétentes.
- Section des Forets (Commission des Etats-Unis), à Paris.
- La Commission des Etats-Unis, à Paris, Section des Forêts, expose environ 25o variétés de bois des États-Unis. Chaque spécimen est présenté en trois coupes : coupe transversale, coupe langen-tielle, coupe radiale.
- En outre, elle expose toute une série de magnifiques vues photographiques prises dans les différentes forêts américaines.
- Cette exposition est des plus intéressantes.
- MM. Peirce (FU. E.) et 0e, à Milford (New-Hampshire).
- Cette maison, fondée en i85o, fabrique des milliers d’objets divers en bois, principalement des articles de ménage dont elle a exposé une très grande variété. Ces articles, très bon marché, sont vendus en gros et en détail et expédiés dans toutes les provinces des États-Unis.
- CUBA.
- Il y a environ 7 millions d’hectares de forêts à Cuba dont la production ligneuse est très variée, Cuba ayant en même temps que la végétation de l’Equateur, celle des contrées plus froides, telle que la végétation des montagnes du Sud du Mexique. Ainsi, dans les plaines de File de Pinos, l’acajou pousse à côté des pins, hauts de 18 à 20 mètres.
- Le nombre et la variété des arbres sont considérables; rien que pour les palmiers on compte 35 espèces différentes. Le palmier le plus renommé est celui appelé palma-real (palmier royal). L’arbre, très beau, atteint une hauteur de 18 à 2 5 mètres et les campagnards tirent un grand parti de son bois, de ses feuilles, de ses fleurs et même de ses racines. On remarque encore parmi les palmiers :
- Le yarey, dont les feuilles sont employées à la fabrication de chapeaux et de corbeilles exportés en Europe.
- Le miraguano, qui produit une laine très fraîche, avec laquelle on fait des oreillers.
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- Le corojo (cocos crispa), qui donne une noix, une graisse et un fil très estimés.
- Le coco (cocos nucifera), qui donne un excellent fruit exporté par grandes quantités et une huile particulièrement bonne pour le graissage des machines.
- Parmi les arbres les plus intéressants il faut citer :
- La sciba (Bornbax Ceiba L.), le géant des forêts de Cuba, qui atteint parfois 45 mètres de hauteur. On peut, avec son tronc, construire, d’une seule pièce, des canots de 18 mètres de longueur et de 3 m. 6o de largeur qui contiendraient 200 hommes. Il produit une gomme utilisée pour imperméabiliser les chapeaux; son écorce et ses fleurs sont médicinales, et ses épis donnent une laine très souple dont on fait des oreillers et des matelas.
- Le majagua (hibiscus tiliaceus) , arbre rappelant le noyer; il fournit un bois très estimé.
- Legranadillo (brya ebenus), de moindre taille; le bois est d’une belle couleur; il est apprécié par les ébénistes.
- Le baria [cordiagerascanthoïdes), dont le bois, d’une grande dureté, est très résistant aux intempéries.
- Le tamarin (tamarinus indica), arbre fruitier.
- L'ébène, que l’on rencontre dans toute l’île, et qui atteint une hauteur de 5 à 6 mètres et un diamètre de 3o centimètres.
- Le guayacan ou lignum vitæ (guayatum officinale), un des meilleurs arbres, dont le bois est très dur; il se vend en qualité ordinaire 125 à 200 francs la tonne; les qualités supérieures atteignent jusqu’à 225 et 2 5o francs.
- Le laurier (anona bullota).
- Le cèdrele (cedrela odorata), qui s’exporte par grandes quantités.
- La sabina cimarrona, qui ressemble beaucoup au cèdre, mais qui a plus de valeur, étant d’un bois plus solide et plus facite à travailler.
- La jocuma i^syderoxylon mastichodendron).
- L'acajou (switeniamahogoni), dont les variétés les plus communes se vendent de 55o à 900 francs les mille pieds, alors que les plus fines atteignent jusqu’à à,ooo francs.
- L’acana (bassia albesccns), qui résiste bien à l’humidité et sert à la construction des ponts.
- Le chêne blanc et le chêne jaune, dont on fait des voitures et des barques.
- Le jiqui (malphigia obovata), d’une extrême dureté qui résiste longtemps dans la terre.
- Le dagame (calicophyllum candidissum), très dur aussi.
- Le caimitillo, bois élastique et résistant, utilisé pour les timons de voiture et pour les barils.
- Le yaya (iguateria virgata), le maboa (cameraria latifolia) et le cuero; tous trois sont de magnifiques bois de construction.
- Le cuia, qui résiste bien à l’humidité.
- Le manzanillo, très utile, mais dont le fruit est vénéneux.
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- Le jagüey, bois parasite qui tue l’arbre sur lequel il a poussé et dont on fabrique de petits articles et des cannes.
- Le caiguaran, plus durable en terre que le fer.
- Et un grand nombre d’autres essences qui seront pour l’avenir une grande source de richesses
- L’exportation annuelle des bois n’a jamais été inférieure à i,25o,ooo francs (un quart de million de pesos); mais, lorsque les moyens de transport seront établis ainsi que le chemin de fer central qui doit se frayer un passage au milieu des immenses forêts , cette exportation pourra être considérablement augmentée.
- RÉCOMPENSE.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- Manuel P. Cadenas, à Puerto-Principe.
- M. Mancel P. Cadenas expose une très intéressante collection de bois du Camagiiey.
- La collection renferme g5 échantillons d’essences propres à la construction, à la menuiserie et à l’ébénisterie.
- Cet exposant présente en outre toute une série d’objets fabriqués avec des noix de coco.
- Parmi les principaux bois exposés nous citerons :
- L'acana (sapotaceas), le majagua [hibiscus tiliaceus), le jaya (guateria virgata), le cuya, le caoba (acajou switenia mahogoni), YEbano, le quiebra-hacha (copaifera hymenofolia), le guasima (guasuma tomentosa), le baria (cordiagerascanthoides).
- Nous venons de voir précédemment les principaux usages de ces bois :
- Le guairâge (eugenia barnensis), employé pour la carrosserie et les constructions hydrauliques.
- Le hueto (Tabernaemontana), bois d’ébénislerie.
- Le caimito (chrysophyllum caimito), bois d’ébénisterie et de construction.
- Le fustete (mattune tinctoria), bois de teinture employé aussi pour la construction.
- Le carne de doncella (brisonina luciia), bois de charpente et d’ébénisterie.
- Le sigua (laurus martinicensia), employé pour tous genres de constructions.
- Le yaba (andira inermis), employé pour la fabrication des poteaux.
- Le roble (bignonia pentaphylla), employé pour les constructions navales, etc.
- GRANDE-BRETAGNE.
- Le Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et d’Irlande n’a participé à l’exposition de la Classe 50 que par ses colonies de l’Australie occidentale, du Canada, de l’île de Ceylan, des Indes et de l’île Maurice.
- D’après l’ouvrage de M. Mélard, Insuffisance de la production des bois d’œuvre dans le
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- monde, les forêts de la Grande-Bretagne et d’Irlande n’occupent qu’une superficie de 1,299,000 hectares, dont 1,1 o3,000 hectares pour la Grande-Bretagne et 126,000 hectares pour l’Irlande.
- L’ensemble du Royaume comprenant 3i,353,ooo hectares, le taux de boisement est inférieur à h p. 100.
- Le commerce extérieur des bois communs en Angleterre, pendant les années de 18gâ à 1 898 a été le suivant :
- ANNÉES. VALEURS. QUANTITÉS.
- IMPORTATIONS. EXPORTATIONS. EXCÉDENT des importations. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS. EXCEDEHT des importations.
- francs. francs. francs. mètres cubes. mètres cubes. mètres cubes.
- 1894 419,385,726 5,023,370 4i4,362,356 1 1,202,122 47,552 11,154,570
- 1895 390,203,007 4,696,947 385,5o6,oGo 10,566,509 5o,4o5 io,5i6,io4
- 1896 477,3l 8,764 6,328,782 470,989,982 12,172,785 67,851 12.104,934
- 1897 579,8ll,38l 6,336,096 573/175,285 14,117,816 58,125 14,059,191
- 1898 519,349,255 6,255,3i6 513,093,939 i2,5oo,438 60,569 12,439,869
- Moyennes. . . 477,213,626 5,728,102 471,485,524 12,111,834 56,900 12,o54,g34
- L’excédent des importations pendant les années 189A à 1898 a donc été, en moyenne, de 1 2 millions de mètres cubes, valant A71 millions de francs.
- De 1860 à 1898, les importations de bois ont progressé considérablement :
- mètres cubes. mètres cubes.
- 1860 3,85o,ooo 1890 10,200,000
- 1870 6,3oo,ooo 1895 io,5oo,ooo
- 1880 9,100,000 1898 12,500,000
- Les pays qui fournissent le bois à l’Angleterre sont principalement :
- La Suède, la Russie, le Canada; viennent ensuite la Norvège, les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, l’Australie et quelques autres pays.
- AUSTRALIE OCCIDENTALE.
- Les forêts de l’Australie occidentale sont presque toutes situées dans le sud-ouest de la colonie.
- Elles comprennent 20,^00,000 acres ou 8,255,000 hectares.
- Les principaux bois de ces forêts sont :
- Le jarrah (eucalyptus marginaia), le karri (eucalyptus diversicolor), le tuart, le wandoo, le york gum, le y aie, le sandalwood, le jamwood, le blackbuü, le red gum, le shcoak, le morcll, etc.
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- Les bois les plus appréciés sont le jarrah et le karri, appelés «acajous d’Australie ». Ils sont de couleur rouge foncé, d’un grain fin et dur, et prennent une très belle teinte sous le vernis.
- Le jarrah contient des poches de résine; pour ce motif, il est pour ainsi dire imputrescible et se conserve fort longtemps dans la terre et dans l’eau; aussi l’utilise-t-on beaucoup dans les gros travaux de charpente, pour les pilotis,pieux, traverses de chemins de fer et pour le pavage des rues. L’arbre le jarrah atteint une hauteur de 3o mètres dont i5 à 18 mètres sous branches etun diamètre de o m. 90 à 1 m. 5o; la moyenne des diamètres varie entre 0 m. 7 5 et 1 mètre.
- L’arbre le karri est plus gigantesque : c’est le roi des forêts de l’Australie; il pousse très droit et atteint quelquefois une hauteur de 75 mètres, dont 48 mètres sous branches avec un diamètre de 1 mètre à 2 m. 5o. Le karri n’a pas de poches de résine et par cela même il est utilisé davantage pour les travaux d’ébénisterie tout en étant un excellent bois pour traverses et pavés.
- Le tuarl est également un excellent bois dur, utilisé surtout comme bois de charronnage; de même le wandoo.
- Un bois absolument différent est le santal, qui pousse dans les sables de l’intérieur. C’est un bois odorant qui fait concurrence au santal des Indes. Il est exporté vers Singapour et en Chine, où l’on en fait des coffrets et des cercueils.
- La répartition de la superficie forestière par essences d’arbres est la suivante :
- Le jarrah (principalement), avec leblackbutt
- et le red gum..........................
- Le karri.................................
- Le tuart.................................
- Le wandoo................................
- Le york gum, le yate, le sandalwood et le jamwood..................................
- 8,000,000 acres ou 3,287,000hectares. 1,200,000 485,ooo
- 200,000 81,000
- 7,000,000 2,834,ooo
- 4,ooo,ooo
- 1,618,000
- Total,
- 8,255,ooo
- Le conservateur des forêts évalue le capital ligneux comme suit :
- Jarrah 4o,000,000 loads ou 56,8oo,ooo mètres cubes.
- Karri i5,000,000 21,300,000
- Tuart 3oo,ooo 426,000
- Wandoo, york gum, yate, blackbutt. 7,000,000 9,940,000
- Total 88,466,ooo
- Ce cube représente, déduction faite des frais de production et de déchet de fabrication, un capital argent de plus de 3 milliards de francs.
- 5o scieries environ fonctionnent dans les forêts de l’Australie occidentale; elles occupent environ A,ooo ouvriers, ce qui, avec leurs familles, représente environ 10,000 personnes.
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- L’étendue des forêts données en concession est d’environ 1 million d’acres, soit h o 4, 6 71 hectares.
- Les capitaux engagés par les différentes compagnies forestières se chiffrent par 1 million de livres sterling, soit 2 5 millions de francs.
- La production des bois pendant l’année 1899 a été de 322,000 loads ou 667,2/10 mètres cubes d’une valeur de 5o millions de francs.
- Les exportations pendant la même année se sont chiffrées comme suit :
- Bois de jarrah............................................ 9,385,825 francs.
- Bois de karri............................................. 4,44o,55o
- Total..................... 13,826,375
- Des essais avec des traverses de chemins de fer en bois de jarrah ont été faits par des compagnies françaises. Mais, en tenant compte dans une large mesure de leur plus longue durée, elles ne paraissent pas pouvoir détrôner les traverses en chêne fournies par les forêts de France.
- La traverse en jarrah (2,60 sur 0,25 sur 0,13) revient, en France, à 9 fr. 20; droits de douane, 70 centimes la pièce; frêt maritime d’Australie à Marseille, ho francs de la tonne.
- La traverse en chêne de France coûte 6 francs.
- D’après M. Mélard, tout le continent australien possède environ 32 millions d’hectares de forêts; la superficie totale du pays étant de 763 millions d’hectares, le taux de boisement n’est que d’environ h p. 100.
- RÉCOMPENSE.
- GRAND PRIX.
- Commission royale de l’Australie occidentale.
- Exposition collective faite par :
- Le Département des forêts de l’Australie occidentale.
- Le Comité du musée de Perth.
- The impérial Jarrah Wood Corporation limited.
- Gill Mac Dowell Jarrah Company limited.
- M. C. Davies Karri et Jarrah C° limited.
- Jarrahdale Jarrah Forests et Railways limited.
- Millars Karri et Jarrah ForestS limited.
- Lands Department of Western A ustralia.
- Public Works Department Werstern Australïa.
- J. Sombres (Newcastle).
- W. Howith (Perth).
- L’exposition, très bien comprise et faite avec beaucoup de goût, indique les ressources forestières
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 209
- cIc l’Australie occidentale. Elle met surtout fort intelligemment en valeur les bois de jàrrah, de karri, qui sont l’objet de grandes exploitations forestières, ainsi que nous le signalons plus haut.
- A mentionner comme pièces exposées :
- Une découpe d’un tronc de jarrab de 2 mètres de haut sur 1 m. 22 de diamètre, envoyée par la Compagnie Millars Karri and Jarra Forests limited; une découpe d’un tronc de jarrah de 2 mètres de liant sur 1 m. 52 de diamètre, fournie par la Compagnie Jarrahdale Jarrab Forests et Railways limi-led; une découpe d’un tronc de karri de 2 mètres de haut sur 2 m. hk de diamètre, fournie parla Compagnie Millars Karri and Jarrah Forests limited; une découpe d’un tronc de karri de 2 mètres de haut sur 2 m. 21 de diamètre, expédiée par la Société M. C. Dawies Karri and Jarrah C° limited.
- Des quantités de pièces en bois de jarrah, pieux, poutres, pilotis, traverses de chemins de fer, des pièces tombales qui ont séjourné pendant de longues années dans l’eau ou dans la terre ou qui ont été exposées à toutes les intempéries, n’ayant pour ainsi dire pas subi de détérioration, sont une preuve de l’imputrescibilité et de la grande résistance du bois de jarrah; des pavés en bois de jarrah et de karri; des parquets mosaïques en bois de jarrah et de karri de toute beauté; des cloisons, des lambris en bois de jarrah et de karri; des loupes de jarrah; des panneaux des différents bois de l’Australie : treize panneaux bruts, treize panneaux vernis, en jarrah, karri, tuait, sheoak, red gum, yorkgum, blackbutt, wandoo, morell, salmon gum, sandalwood et jamwood; des photographies de différentes grandes scieries et exploitations forestières de l’Australie occidentale.
- Cette exposition a attiré non seulement les gens de métier, mais beaucoup de visiteurs et a eu un très grand succès de curiosité.
- Collaborateurs. — MM. Ayton (Géo) et Grainger, médailles d’or.
- CANADA.
- La surface boisée du Canada est évaluée à 3a3 millions d’hectares, soit un taux de boisement de près de 38 p. 100.
- L’exploitation de ces immenses forêts constitue la principale richesse du pays.
- Les surfaces boisées sont inégalement réparties; elles manquent complètement dans les régions septentrionales, sont peu nombreuses dans les territoires qui font suite à la Prairie des Etats-Unis, mais, par contre, elles sont extrêmement abondantes dans la Colombie britannique (versant du Pacifique), dont le taux de boisement serait de 76 p. 100, ainsi que dans les provinces de l’Atlantique, Ontario, Québec et Nouveau-Brunswick.
- La consommation locale du Canada est estimée à Ao millions de mètres cubes et l’exportation des bois qui est considérable augmentera encore sensiblement.
- Actuellement le Canada contribue à alimenter l’Angleterre, les Etats-Unis, l’Allemagne et la France, sans parler des autres contrées d’Europe et d’Amérique. D’année en année, de nouveaux pays de l’Extrême-Orient, l’Australie et les îles du Pacifique viennent s’approvisionner au Canada et les demandes deviendront plus nombreuses lorsque T Autriche-Hongrie et la Russie se trouveront forcées de réduire leurs exportations. Aussi M. Mélard émet la crainte, si le Canada ne se borne pas à réaliser seulement l’accroissement annuel de la production ligneuse, que sa richesse forestière ne décline rapidement.
- Gn. IX. — Cl. 50.
- l'IUUEÏUE NATION,
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Les principaux bois du Canada sont :
- Le bois blanc (tilia americana Linn.) ou tilleul américain. C’est un bois qui ne travaille presque pas; il est résistant même en faible épaisseur, aussi en s’en sert beaucoup pour la fabrication des meubles à bon marché, la confection des boîtes, paniers à fruits, planchettes à enrouler les étoffes, boîtes à fromage, jouets, etc.
- L e plane à larges feuilles [acer ma crop hyllum P u r s y ). Cet érable croît dans l’Ouest; son bois est en grande partie ondulé, ce qui le fait rechercher par l’ébénisterie pour des travaux d’intérieur.
- L'érable [acer saccharium Wang), est Tarbre qui fournit la plus grande partie du sucre d’érable. Le bois est dur et résistant. De tous temps il a été considéré comme le meilleur bois de chauffage, aussi en a-t-on fait une consommation excessive. A présent on commence à l’utiliser comme bois de construction; on le débite également en bois de placage pour l’ébénisterie de luxe et on l’emploie dans la confection des ustensiles pour l’usage domestique : manches, brochettes de bouchers, haltères, formes pour cordonniers, bois de selles, etc.
- Le cerisier noir [prunus serotina Ehrh) sert pour la fabrication des meubles et les décorations intérieures de maisons.
- Le franc-frêne (Jraxinus americana Linn.). Hauteur 3o mètres, diamètre o m. go, bois fort et flexible. On en fait des instruments aratoires, des voitures et carosses, des manches d’outils, des rames, des attelles, etc. Il est également employé par l’ébénisterie.
- Variété : frêne noir [fraxinus sambucifolia Lam.).
- Vorme blanc (ulmus americana Linn.). Arbre très répandu au Canada. Hauteur 3o mètres, diamètre î m. 8o. Le bois est employé au charronnage et à la fabrication des tonneaux. On s’en sert pour imiter d’autres bois; presque toutes les boîtes à cigares au Canada sont en orme.
- Variétés : orme rouge (ulmus fulva Mich.) ; — orme de roche (ulmus racemosa), sert à la fabrication de jantes de bicyclettes et de roues de voitures.
- Le sycomore-platane (plalanus occidentalis Linn.). Hauteur 2 b mètres, diamètre o mètre go à î m. 20. Bois de qualité inférieure.
- Le noyer (carya alba Nutt). Bois de chauffage, essieux de voitures, instruments aratoires.'
- Le noyer noir [juglans nigra Linn.). Devient rare au Canada par suite de son exploitation intensive. Sert à faire du bois de placage pour l’ébénisterie.
- Le noyer tendre (juglans cinerea Linn.). Sert à la confection des meubles et aux décorations intérieures des maisons.
- Le merisier rouge (betula lenta Linn.) atteint quelquefois 1 m. 20 de diamètre. Excellent bois pour l’ébénisterie, pour pilotis et travaux d’écluses.
- Le merisier blanc est employé pour les mêmes usages que le merisier rouge.
- Le bouleau [betula papyrifera Marsh). Bois hlanc, dur, à grain serré, est utilisé dans la fabrication des bobines, fuseaux, formes pour chaussures, etc.
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- Le chêne hlanc (quercus alba Linn.). Existe dans l’Ouest de Québec, dans l’Ontario jusqu’au lac Huron vers l’Ouest. Est souvent confondu avec le bur oak, que l’on rencontre aussi dans l’Ouest du Manitoba. Bois lourd, dur, excellent pour traverses de chemins de fer, bois de construction, de menuiserie et d’ébénisterie.
- Le chêne blanc de l’Ouest (quercus garryana Douglas). Magnifique arbre qui pousse surtout dans l’île de Vancouver; très élancé, diamètre om. 90 à 1 m. 20. Excellent bois pour l’ameublement.
- Le chêne rouge (quercus rubra Linn.). Pousse dans les provinces de l’Est et s’étend jusqu’au lac Supérieur. Le bois est inférieur à celui du chêne blanc; il est très utilisé dans la tonnellerie ainsi que dans l’ameublement. Son écorce est riche en tanin.
- Le châtaignier (castanea dentata Marsh). Utilisé comme bois de charpente, pour traverses de chemins de fer et la fabrication des meubles.
- Le hêtre (fagus ferruginea Acton). Beaux arbres. Le bois blanc est préférable au bois rouge. On en fait des manches d’outils, des varlopes, des formes pour cordonniers, des maillets, des articles de tour. Est utilisé comme plancher dans les maisons.
- Le tremble (populus tremuloïdes Michx). Un des arbres les plus répandus au Canada. Dans certaines contrées est utilisé comme traverses de chemins de fer et comme bois de chauffage. Sert à la fabrication de la pâte à papier.
- Le peuplier baumier (populus balsamifera Linn.). Atteint des dimensions de 45 mètres de hauteur et jusqu’à 2 mètres de diamètre. Utilisé dans la fabrication de la pâte à papier.
- L’arbor vitae, cèdre blanc (thuya occidentalis). Atteint de grandes hauteurs, mais excède rarement 60 centimètres de diamètre. Sert à faire des bardeaux, des poteaux de télégraphe et de téléphone, les bois ne souffrant ni du contact du sol ni de l’air.
- Le géant arbor vitae, cèdre rouge (thuya gigantea Nutt). Pousse principalement dans l’île de Vancouver et dans la Colombie anglaise. Atteint 45 mètres de haut et 2 m. 4o à 3 mètres de diamètre. Excellent bois pour la fabrication des bardeaux. Sert pour les travaux de menuiserie, pour poteaux télégraphiques et piquets de clôtures. Les Indiens des côtes y creusent leurs immenses canots.
- Le cèdre jaune ( thuya excelsior Bong). De la même famille que les deux précédents. Le bois est d’un grain serré, il se polit très bien et on l’utilise pour les travaux d’intérieur.
- Le pin blanc (pinus strobus Linn). Diamètre 70 centimètres à 1 m. 20. C’est l’arbre le plus précieux du Canada; il donne un excellent bois de construction propre à tous les usages. On en fait un grand commerce d’exportation.
- Le pin rouge (pinus resinosa Acton), est moins répandu, mais plus dur, plus fort et plus flexible que le pin blanc; il contient beaucoup de résine. S’exporte aussi facilement que le pin blanc.
- Le yack pine (pinus banksiana). Le bois est utilisé comme traverses de chemins de fer; il est excellent pour la fabrication de la pâte à papier.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- TABLEAU DES EXPORTATIONS DU BOIS DE CONSTRUCTION
- PRINCIPAUX ARTICLES. 1890. 1891. 1892. 1893.
- dollars. dollars. dollars. dollars.
- BOIS NON MANUFACTURÉ.
- Bois de chauffage 281,298 316,870 370,301 356,629
- Poteaux de télégraphe et autres 92,326 166,396 83,581 116,o3o
- BILLOTS.
- Orme 144,935 i55,5o3 208,709 219,065
- Pin 261,626 3i3,28i 65i,56o 1,057,365
- Epinette l57,l 12 i58,336 161,168 123,256
- Autres 118,856 io3,og8 1 i6,5o6 117,890
- BOIS DE CONSTRUCTION.
- Pièces de pins 3,803,539 2,923,107 2,631,716 3,116,926
- Pièces d’épinette et autres 5,871,670 y1 <5 en 0 0 6,602,919 5,063,678
- Bouts de madriers 338,973 281,098 290,708 295,678
- Lattes, perches et piquets 677,009 520,065 676,717 608,336
- Madriers et planches 8,106,577 8,963,636 8,353,o55 9,906,691
- Solives et voliges 170,626 (N OO °0 C"- 138,678 191,127
- Douves et fonds 610,769 619,586 662,911 6i5,o66
- Bardeaux 660,762 578,083 719,568 869,671
- Dormants et traverses de chemins de fer.. 366,4oi 339,685 261,o36 2i5,i5o
- BOIS ÉQUARRI.
- Merisier 236,636 206,577 235,277 212,090
- Orme 256,165 206,236 219,762 208,011
- Chêne 860,i3o 553,272 680,216 580,766
- Pin rouge 105,569 83,36o 62,061 78,i3o
- Pin blanc 2,698,965 2,o52,o6o 1,665,711 1,481,155
- Autres.., 208,682 163,63 8 108,280 104,693
- Bois de pulpe, pâte à papier 8o,oo5 188,998 219,658 386,092
- BOIS MANUFACTURÉ.
- Meubles de ménage 182,662 160,188 68,162 177*t97
- Portes, fenêtres et persiennes 69,676 86,65o 128,166 i3o,349
- Allumettes et éclis3es pour allumettes.. .. 116,712 168,237 196,186 206,610
- Bois pour la pulpe, pâte à papier 168,228 280,619 355,3o3 455,893
- Tout autre bois et articles en bois 2,083,206 1,820,158 1,668,671 1,976,586
- Totaux 28,102,267 26,812,765 26,666,900 28,861,081
- Francs 160,5i i,335 i36,o63,825 1 23,336,5oo 144,2o5,4o5
- Le pin noir (pinus murrayana Balfour). Excellent bois de mine; produit de bon charbon de bois.
- La sapinette noire (picea nigra), la sapinelte blanche (picea alba). Les deux arbres marchent de pair dans le commerce, leurs qualités sont identiques. Dans les provinces de TEst la sapinette était uniquement employée à la construction des maisons, mais
- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 213
- ET AUTRES DU CANADA DE l8qo À 1899 W.
- 1896. 1895. 1896. 1897. 1898. 1899.
- dollars. dollars. dollars. dollars. dollars. dollars.
- 287,036 222,189 222,389 173,921 1 60,897 123,711
- 71,789 3g,73o 5o,5o3 6l,232 36,1 26 55,l82
- l52,2 2 1 200,084 126,988 77*978 53,784 44,687
- 2,459,354 1,860,720 1,623,989 1,832,352 1,616,671 1,398,454
- 1 07,282 9°>99° 86,076 107,073 33,885 /'9*769
- 162,990 76,616 96,269 108,699 95,977 76*792
- 2,768,238 2,369,027 3,061,537 3,313,357 3,885,448 4,193,628
- 5,567,739 5,271,898 5,579,766 7,096,485 7,918,366 7,848,437
- 484,324 666,260 520,646 687,193 661,068 770,458
- 552,171 495,86o 528,395 616,276 376,281 432,323
- 7*966,970 7,661,256 8,5i3,7io io,832,i 85 5,625,391 6,885,762
- 187,438 186,680 4o2,454 437,976 266,273 234,968
- 64i,46o 638,272 701,983 699,631 4oi,583 627,131
- 754,763 689,613 899,567 1,201,562 994,438 976*361
- 131,7 6 5 i3o,2o8 213,622 229,780 101,191 8 4,3 0 5
- 127,591 11 i,3o5 228,876 196,080 143,623 2o4,i86
- 163,809 163,866 209,609 170,689 222,529 221,663
- 579,557 4i 1,676 616,028 660,288 760,502 557,592
- 74,458 34,688 108,436 52,439 62,011 61,061
- i,b7L731 4,i 20,837 1,570,662 1,352,66g 1,766,076 1,356,654
- 102,696 93,6o3 120,999 83,948 76,343 80,584
- 893,260 468,35g 627,865 71 i,i5s 912,061 862,086
- 144,702 99,i5° 78,607 127,752 268,317 356,690
- 168,196 139,602 190,006 285,161 326,610 378,206
- 216,o38 172,15g i95*987 161,276 195,779 257,981
- 5 67,83 6 090,876 675,777 7^i*959 1,210,923 1,276,376
- 1,396,958 1,743,009 1,760,306 i,3 12,618 1,296,956 1,587,783
- 27,780,352 28,334,136 28,806,799 33,066,329 29,363,087 3o,88o,63o
- 138,901,760 161,670,680 166,033,995 i65,23i,645 146,815,435 156,4o3,i 5o
- depuis que la fabrication de la pâte à papier a pris une si grande extension au Canada, la sapinette est devenue l’essence la plus importante du pays. Ce bois a été reconnu
- (l) La valeur des bois exportés aux États-Unis en 1899, a été de 69,458.000 francs, et ceux exportés en Angleterre, en 1899,'ont été de 78,888,000 francs.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- comme convenant le mieux pour cette nouvelle industrie. La sapinette noire est un excellent bois pour les mats et les espars.
- La sapinette Engelmann [picea Engelmann Engel.) Arbre propre aux montagnes Rocheuses, très utilisé dans la Colombie anglaise pour les ponts et les travaux de pilotis. Hauteur 45 mètres, diamètre î m. 20.
- La sapinette tsika épicéa sitchensis Carr.). Excellent bois de construction et excellent également pour la fabrication de la pâte à papier.
- Le spruche [tsuga mertensiana Carr.). Croît dans les provinces maritimes de Québec et d’Ontario. Il se vend aussi cher que le pin et répond aux mêmes usages. Son écorce est utilisée dans toutes les tanneries du Canada et de l’Est, des Etats-Unis. Le spruche pousse également dans l’Ouest où il porte le nom de spruche de l’Ouest [tsuga mertensiana).
- Le sapin Douglas [pseudotsuga Douglasii Carr.). De tous les arbres de l’Ouest du Canada, le sapin Douglas est le plus réputé et le plus précieux. 11 atteint ses plus grandes proportions dans l’île de Vancouver où il n’est pas rare trouver des spécimens de 90 mètres de haut et 3 mètres de diamètre. Ceux abattus pour le bois de construction ont en moyenne plus de 45 mètres. Le sapin Douglas est surtout précieux lorsque des grands bois de charpente sont nécessaires soit pour la construction des navires, des ponts en bois, soit pour les travaux des quais. Son écorce est utilisée dans les tanneries.
- Le balsamier [abies balsamea Miller). Bois léger et tendre, bois de construction de qualité inférieure.
- Le sapin blanc de l’Ouest [abies grandis) pousse dans le voisinage des côtes du Pacifique. Bois tendre qui sert à faire des boîtes et des barils et sera utilisé dans la fabrication de la pâte à papier.
- La sapinette rouge, nom indien : tamarac [larix americana). Bois lourd. Peu employé comme bois de menuiserie, mais beaucoup pour traverses de chemins de fer, piquets le clôtures, poteaux télégraphiques et dans la construction des navires.
- La fabrication de la pâte à papier a pris un grand développement au Canada, ce pays ayant une quantité illimitée de bois à bas prix propre à cette industrie ainsi que la main d’œuvre à bon marché et la force hydraulique en excédent.
- Les meilleurs bois pour la fabrication de la pâte à papier sont :
- La sapinette blanche et noire, le sapin du Canada; viennent ensuite le peuplier, le tremble et le pin.
- La sapinette et le sapin sont des bois relativement tendres qui se laissent facilement défibrer par les meules. Le peuplier et le tremble ont cette même propriété, mais ils ont souvent beaucoup de nœuds et des veines noires qui gâtent la couleur du papier. Le pin produit une pâte de bonne qualité, mais le blanchiment en est par trop coûteux. En outre, le bois de pin est cher.
- On estime que les forêts du Canada contiennent actuellement 4,5oo,ooo,ooo de tonnes de bois de sapinette pour pâte à papier.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 215
- En 1871, le recensement n’a mentionné aucune fabrique de pâte à papier. Ceux de 1881 et de 1891 donnent l’état suivant :
- 1881. 1891.
- Nombre d’usines 5 24
- Capitaux engagés en francs 46o,ooo i4,5o4,55o
- Ouvriers occupés 68 1,025
- Production en francs 3i5,ooo 5,28q,o5o
- Depuis 1891, les progrès ont été si rapides qu’il est difficile de donner des indications sur les nouvelles usines créées ou sur les anciennes qui se sont agrandies.
- Actuellement, il existe au Canada 36 grandes fabriques de pâte à papier dont la plus importante produit 2 5o tonnes de pâte par jour et la plus petite 10 tonnes.
- Le capital engagé dans cette industrie est évalué à 100 millions de francs.
- Au Canada la pâte à papier est appelée «pulpe».
- Le tableau des pages 132-133 donne les exportations des bois de construction et autres du Canada de 1890 à 1899.
- RÉCOMPENSES.
- GRAND PRIX.
- Exposition collective dd Dominion dü Canada.
- La collectivité du Dominion du Canada est la suivante :
- Le Ministère dü département de l’agriculture ;
- La province de Québec;
- La province de Manitoba;
- La PROVINCE DE LA COLOMBIE BRITANNIQUE ;
- Le territoire de Nord-Ouest;
- <rGEOLOGicAL Survey», Corps géologique du Canada;
- M. Beck Adam, à London (Ontario);
- The Britisii Canadian Timber and Manufacturing C°, à Kearney (Ontario); The Canadian Office and Sciiool Furniture C°, limited, à Preston (Ontario); The Columbia Handle and Lumber C°, à London (Ontario);
- MM. Dobell, Beckett and C°, à Québec;
- The W. C. Edwards C°, limited, à Ottawa;
- MM. John IIarrisson and C°, à Owen Sound (Ontario);
- MM. Ker et Harcourt, à Parry Sound (Ontario);
- M. Henri Menier , à Paris ;
- The North American Bent Chair C°, à Owend Sound (Ontario);
- The Patent Clotii Board C°, à Parry Sound (Ontario);
- M. Jean Roux, à Sainte-Thérèse (Québec);
- M. J. H. Still, à Saint-Thomas (Ontario);
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- The Sutherland Jnness G0, limited, à Ghatam (Ontario);
- M. Cari Zeidler, à Toronto (Ontario).
- Le Ministère du département de l’agriculture expose des sections d’arbres qui croissent dans l’Est du Canada :
- L’érable, le tilleul, le frêne, l’orme, le noyer blanc, le noyer noir, le merisier, le bouleau, le chêne blanc, le chêne rouge, le hêtre, le tremble, le cèdre blanc, le pin blanc, le pin rouge, la sapinclle noire, le spruche.
- La province de Québec expose 5 sections d’arbres, dont :
- Une découpe de sapinette blanche de î m. 20 sur 0 m. 70 de diamètre; une découpe de sapi-nette rouge, nom indien tamarac {larix nmericana); une découpe de chêne rouge, une découpe de frêne; une découpe de bouleau, une vingtaine de panneaux polis de 0 m. 75 sur 0 m. ho sur o m. 20; trente panneaux de bois bien étiquetés, mi-vernis, mi-bruts.
- La province de Manitoba expose 16 sections d’arbres, dont :
- Le tremble, le peuplier, le bouleau, la sapinette rouge (larix americana), qui est le meilleur des bois pour traverses de chemins de fer; dimensions des traverses au Canada, 2 m. ho sur 0 m. 28 sur 0 m. 15 ; la sapinette blanche (picea alba); la sapinette noire (picea nigra).
- La province de Manitoba n’exporte pour le moment que peu de bois de construction aux Etats-Unis, mais elle compte sur une exportation prochaine et importante de pâte à papier.
- La Colombie britannique expose les échantillons de bois suivants, en planches vernies, madriers et rondelles :
- Une sorte d’érable, appelée plane à larges feuilles (accr mncropJnjllum);
- Le chêne blanc de l’Ouest (quercus garryana Douglas);
- Une variété de conifères;
- Le géant arbor vitae, cèdre rouge ( thuya gigantea Nutt);
- Le cèdre jaune ou cyprès jaune ( thuya excelsior Bong);
- Le pin de l’Ouest (pinus monticola Dougl.);
- La sapinette Engelmann (picea Engelmann Engel.);
- La sapinette sitka (picea sitchcnsis Car.), dont une rondelle de 1 m. 57 de diamètre;
- Le sapin Douglas, Orégon pine (pseudotsuga Douglasii); de ce bois on nous montre une rondelle de 2 m. 10 de diamètre sur 1 m. 20 d’épaisseur, ainsi qu’un plateau de 8 centimètres d’épaisseur, 8 mètres de long sur 1 m. 3o de large.
- L'on expose également des bardeaux et de l’écorce à tan.
- L’exportation du bois de la Colombie anglaise, principalement en sapin Douglas et en sapinette sitka, s’est élevée, en 1897, à 3,83i,ooo francs, contre 3,328,o85 francs en 1896.
- Les produits vont en Amérique du Sud, en Australie et dans TEst de l’Asie.
- Les territoires du Nord-Ouest du Canada exposent 6 pièces de bois de construction en épicéa, tremble et bouleau.
- Le rrGeological Survey», Corps géologique du Canada, à Ottawa, expose :
- 80 photographies d’arbres divers, encadrées avec du bois provenant de l’arbre photographié, et 55 échantillons de bois, préparés en planchettes mi-brutes mi-polies, correspondant à 55 arbres pris dans la collection des 80 photographies.
- M. Beck Adam, à London, nous montre :
- I. Des feuilles de placage en bois d’orme teint, imitant le cèdrela, pour boîtes à cigares : toutes les boîtes à cigares au Canada sont fabriquées avec du bois d’orme teint.
- IL Du parquet de chêne d’une fabrication toute spéciale qui laisse une circulation d’air au-dessous des lames.
- The British Canadian Timber and Manufacturing C°, à Kearney, expose des madriers de merisier.
- The Canadian Office and School Furnilure C° limited, expose 9 panneaux de bois divers, fort bien
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 217
- préparés, tels que panneaux de chêne blanc, de chêne rouge, de noyer, de cerisier, de merisier, de frêne, etc.
- Cette Société fabrique des meubles et fait du mobilier scolaire.
- The Columbia Handle and Lumber C°, à London, expose une variété d’échantillons de bois durs, des ustensiles en bois pour les cuisines et des manches à balais.
- MM. Dobell, Beckett and G0, de Québec, exposent des bois équarris.
- The W. C. Edwards C°limited, à Ottawa, expose des planches en sapin et en bois dur ainsi que des planches pour parquet et des portes et fenêtres.
- MM. John Harrisson and C°, à Owen Sound, exposent deux sections d’arbres, des chevrons de bouleau et d’érable, des brochettes pour bouchers.
- MM. Ker et Harcourt, à Parry Sound, exposent des bobines, des fuseaux ainsi que des boîtes en bois passées au tour.
- M. Henri Menier, de Paris, expose 8 sections d’arbres et 6 sapins, le tout tiré des immenses forêls qui existent dans son île d’Anticosti, située à l’embouchure du Saint-Laurent.
- The North American Bent Chair C°, à Owen Sound (Ontario), expose un assortiment de chaises et de tables.
- The Patent Cloth Board C°, à Parry Sound (Ontario), expose 6 paquets de planchettes à enrouler les étoffes, des feuillets et des planchettes d’orme et de bois blanc.
- M. Jean Roux, à Sainte-Thérèse (Québec), expose des moyeux de roues.
- M. J. H. Still, à Saint-Thomas (Ontario), expose des manches ou poignées en chêne et en noyer, ainsi que des palonniers.
- The Sutherland Jnness C° limited, à Chatam (Ontario), expose 5 sections d’arbres, des douves, des cercles et fonds de barils en orme et en frêne.
- M. Cari Zeider, à Toronto (Ontario), expose des bois polis pour pianos et autres meubles de luxe.
- L’exposition des bois du Canada a été préparée, organisée et les produits mis en place par M. James M. Macoun , naturaliste et botaniste du Dominion, attaché au Corps géologique du Canada.
- Malgré l’exiguité de l’emplacement dont disposait le Canada, M. Macoun a fait une installation des plus intéressantes, où il a su entasser quantité d’échantillons de bois, donnant bien aux visiteurs l’impression que son pays possède en profusion des produits ligneux.
- Le Jury a décerné à M. J. M. Macoun une médaille d’argent de collaborateur.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- Tue William Cane Sons Manufacturée Company limited,
- à Newmarket (Ontario).
- La Société expose des seaux, des cuves, des barils et autres objets en bois, fabriqués dans son usine de Newmarket, province d'Ontario.
- EMPIRE DES INDES.
- L’Inde est un pays qui comprend, d’une part, des forêts telles que l’imagination peut à peine se les représenter, et d’autre part, des terrains forestiers où ne poussent que des arbrisseaux.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Le caractère de distribution des forêts dépend des pluies ainsi que de l’altitude. Les pluies tombent à des époques fixes comme dans toutes les régions tropicales, et, selon que les contrées subissent plus ou moins favorablement l’influence périodique des moussons et reçoivent plus ou moins de pluie, elles possèdent des forêts à feuilles persistantes, des forêts à feuilles caduques, des forêts qualifiées de sèches et entin des terres à peu près désertes.
- Les forêts à feuilles persistantes qui existentgrâce à l’influence des moussons du Sud-Ouest, sont situées sur la côte Ouest de la péninsule et s’étendent jusqu’à la chaîne de montagnes qui sépare la région humide du reste du continent. Il y en a également dans les districts de la Birmanie et de Chittagong et au pied des premiers contreforts Est de l’Himalaya. Ces forêts contiennent de nombreux spécimens d’arbres parmi lesquels il faut citer :
- Les dipterocarpées, les guttifères, les anonacées, les méliacées, les burserées, les sapotacées, les eupborbiacées, les urticées et les palmiers. Peu de ces essences sont groupées, mais beaucoup fournissent des bois durs de grande valeur, principalement les dipterocarpées, les calophylles, les cédrélacées, les isonandra (gutta-percha) et les artocarpées (arbre à pain).
- Quant au teck, au palissandre, au bois de fer et autres, on les trouve mélangés avec diverses variétés de bambous.
- Les forêts à feuilles persistantes arrosées par les moussons d’hiver ou du Nord-Est, occupent la province de Karnatic qui s’étend lelong de la côte de Coromandel et peuvent être qualifiées de sèches. Elles renferment des arbres plutôt petits, à bois dur, appartenant aux familles des ébenacées, des sapotacées, des capparidées, des rhamnées et des myrtacées.
- A citer principalement :
- L’ ébène (diospyros ebeniim), deux espèces de mimusops dont le M. elcngi; ainsi que le tamarin, le neem et 1 ejaman.
- Les forêts à feuilles caduques occupent la plus grande partie de la péninsule et les îles Andaman; elles comprennent les forêts de teck, les groupes de forêts du shorca ro-busta (anglais sâl)-, les forêts de santal rouge (pterocarpus santalinus) qui fournit à la teinture une couleur assez belle; le bois de santal (santalum album), bois odorant qui provient principalement des régions de Mysore, de Coimbetour ainsi que des pays avoisinants, et un nombre d’arbres poussant plus ou moins isolément parmi lesquels sont : Yanjan (hardwickia binata), le bois le plus lourd des Indes; les arbres de la famille des bada-miers (terminalia), qui produisent les myrobalans; le bois de satin, les plaqueminiers (idiospyros acacia albizzia) et beaucoup d’autres.
- A mentionner spécialement le teck (leclona grandis), le principal bois des Indes. Son tronc droit et très gros offre un bois solide, dur et serré quoique léger; un suc vénéneux qui circule dans ses diverses parties le met à l’abri des insectes. Ce bois supérieur est surtout employé pour les constructions navales.
- A mentionner également l’arbre le padouk (pterocarpus dalbergioides) qui se trouve en
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 219
- grande quantité dans les îles Andaman où il atteint de fortes dimensions. Cet arbre donne après le teck les plus belles espérances comme arbre d’avenir aux Indes. Il produit le meilleur bois pour l’artillerie, la carrosserie et il est assuré de rivaliser avec l’acajou pour les travaux d’ébénisterie. Il est plus résistant que le teck dans maints usages, de plus grande durée et plus beau ; il ne se gondole pas et pèse seulement 15 ou 20 livres de plus par pied cube. Les principales essences de bois représentées dans cette région sont les légumineuses, les combrelacées, les myrtacées, les rubiacées, les mi-liacées, les ébenacées, etc.
- Les forêts sèches sont situées au Radjpoutana et au Pendjab dans de vastes contrées appartenant principalement aux princes du [pays. Vers le Nord et le Nord-Ouest les forêts deviennent plus riches et passent à l’état de forêts alpestres. Vers le Sud elles disparaissent dans le désert du Bas-Indus.
- Les familles représentées dans cette région sont les légumineuses, les capparidées, les tamaris, les rhamnées et les salicinées. Les arbres les plus caractéristiques sont le jhand (prosopis spicigera), les variétés du tamarin et du salvadora.
- Les forêts de montagne se trouvent dans l’intérieur de l’empire indien, tout le long de la chaîne de l’Himalaya, dans les montagnes du Sud de l’Afganistan et du Bélout-cbistan.
- Les familles représentées dans les forêts de l’Himalaya sont : les conifères, lescupu-lifères, les sapindacées, les laurinées, les magnioliacées, les salicinées et les urticacées.
- Les arbres les plus importants sont :
- Les déodora ou cèdres de l’Himalaya, les pins (pinus longifolia et excelsa)\ les sapins gobies smithiana et webbianay.; le chêne (quercus incana, dilatata, semecarpifolia, lamellosa, pachyphylla, etc.); le châtaignier, le noyer, Yérable, Yorme, le frêne, le bouleau, le peuplier et le laurier-rose.
- Les forêts du tittoral sont situées le long de la plus grande partie des côtes de l’Inde et dans les deltas de ses fleuves.
- Les familles les plus remarquables de ces forêts sont les rhizophorées, les méliacées, les lythrariées, les euphorbiacées, et les principaux bois sont : le heritiera formes, en anglais sundri; le carapa, Yavicennia et les mangliers.
- Pendant de longs siècles les forêts de l’Inde ont été maltraitées de toutes les façons. Les lois anglaises au lieu d’arrêter immédiatement les dévastations, donnèrent au début une nouvelle impulsion à la destruction : le mot d’ordre consistait à augmenter les surfaces des terrains de cultures aux dépens des forêts. D’immenses superficies boisées furent ainsi détruites petit à petit par des concessions accordées et pour augmenter les pâturages.
- La construction des chemins de fer facilita également la réalisation des produits ligneux sur tout leur parcours. C’est seulement lorsque la production devint insuffisante, que l’utilité des forêts fut reconnue et que l’on arriva graduellement à la création d’un Département des forêts. Un premier règlement sur les forêts fut élaboré en 1865 et depuis cette époque l’organisation forestière a été perfectionnée.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- L’état suivant donne la surface clés différentes classes de forêts sous la direction du Département des Forêts, à la fin de Tannée 1897-1898:
- PROVINCES. FORÊTS SURFACES TOTALES. RAPPORT DES FORÊTS il la surface totale.
- réservées. PROTÉGÉES. NON CLASSÉES.
- milles carrés. milles carrés. milles carrés. milles carrés. p. 100.
- Présidence de Bengale 54,358 7,214 2 4,o34 85,Go6 12.5l
- Présidence de Madras 13,775 // 5,478 19,253 13.62
- Présidence de Bombay i3,a8i 1,631 // 1 4,9 ! 2 12. 1 i
- Totaux 81,414 8,845 29,5l2 12.63
- Le département qui est chargé de l’administration de ces 11 9,77 1 milles carrés ou 81 millions d’hectares est subdivisé :
- En Service impérial des forêts ;
- En Service provincial des forêts :
- En Service subalterne des forêts.
- Les fonctionnaires du Service impérial ont tous suivis les cours des écoles forestières de France et d’Allemagne.
- Les agents du Service provincial sont pris parmi les étudiants ayant obtenu un certificat dans la plus haute classe de l’Ecole forestière indienne de Dehra Dun.
- Les agents du Service subalterne font un simple stage dans cette même école.
- L’exploitation des bois se fait généralement par adjudication.
- Parmi les produits secondaires les plus importants des forêts, il faut citer la ramie, les myrobalans qui proviennent des tenninalia chebula, les bambous,le cachou, lecaou-Icliouc, les cardamomes (produits pharmaceutiques) et la laque.
- Le rendement des forêts du Gouvernement en bois d’œuvre et en bois de chauffage a été le suivant dans Tannée 1897-1898 :
- PROVINCES. BOIS D’OEUVRE. BOIS DE CHAUFFAGE. TOTAUX.
- pieds cubes. pieds cubes. pieds cubes.
- Présidence de Bengale 52,534,6o8 1 19,266,162 171,800,770
- Présidence de Madras 2,619,793 11,922,428 1 4,5'l2,22 1
- Présidence de Bombay 4,342,31 5 41,198,867 45,54l,l82
- Totaux 59,496,716 172,387,457 231,884,173
- En mètres cubes 1,684,649 OO OO 0 6,565,800
- En résumé, TInde britannique possède à peine la surface boisée nécessaire à ses 287 millions d’habitants et le seul bois qu’elle peut encore exporter est le bois de teck qui vient en grande partie de la Birmanie.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 221
- Les exportations par mer des produits forestiers de l’Inde pendant 1 année 1897-1898 a été la suivante :
- QUANTITÉS. VALEUR AU PORT D’EMBARQUEMENT
- tonnes. par tonne. francs.
- Caoutchouc 278 5,io4 1,419,237
- Laque 10,94l 1,635 17,991,461
- Santal, ébène et autres bois ornementaux. H n 986,054
- Cachou et Gambier 4,859 4l2 3,l49,748
- Myrobalans 36,3o3 119 4,35o,336
- Teak 81,866 195 i6,o38,i55
- Cardamomes 48 8,527 409.347
- Total en 1897-1898 44,344,338
- Total en 1896-1897 47,851,860
- Différence en moins en 1897-1898. . 3,507,622
- Pendant l’année fiscale de 1898-1 899, les importations et les exportations des bois d’œuvre communs se sont chiffrées comme suit :
- IMPORTATIONS.
- QUANTITÉS. VALEURS.
- tonnes cubiques t1). roupies I2).
- Boisdeteck.................................... 7,795 581,272
- Autres bois...................................... i5,3oi 728,437
- Totaux..................... 23,096 1,309,709
- Réexportations à déduire............... 369 32,784
- Reste...................... 22,727 1,276,925
- Volume en mètres cubes Valeur en francs. ...
- 25,727
- n
- u
- 2,i45,234
- EXPORTATIONS.
- QUANTITÉS.
- VALEURS.
- tonnes cubiques. roupies.
- Boisdeteck.................................. 77,376 9,548,025
- Antres bois................................. 2,270 i5i,o48
- Totaux ,
- 79,646 9,699,073
- Volume en mètres cubes......... go,i5o n
- Valeur en francs............... u 16,295,000
- 16 Une tonne cubique = 4o pieds cubes, soit t mètre cube i3a. — W Valeur admise pour la roupie: 6 pence = 1 fr. 68.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900
- RÉCOMPENSES.
- GRAND PRIX.
- Département des Forêts du Gouvernement des Indes britanniques.
- L’exposition forestière du Gouvernement des Indes britanniques comprend :
- l. Des photographies des principaux arbres ;
- IL Des échantillons de bois d’œuvre, de construction, d’ébénisterie et de chauffage;
- Des bois ouvrés parmi lesquels il faut surtout mentionner un trophée central composé de différents bois et qui est une merveille de sculpture;
- Des bois de teinture ;
- Des bambous.
- Il y a lieu de remarquer :
- a. Une collection de panneaux des principales essences forestières dont les bois peuvent être utilisés par la construction, parla menuiserie et par l’ébénisterie.
- A citer entre autres :
- Les bois de palissandre, de satin et d’ébène, le padouk, le sissu, le cèdre, le pin et le genévrier.
- b. Une collection de bois spéciaux des forêts des îles Andaman, préparée parles soins de M. R.-L. Heinig, inspecteur des forêts. A mentionner surtout le padouk et le bois de marbre (diospyros hurzii).
- c. Des bois pour pavés, notamment 1 e pyinkado de la Birmanie, pouvant rivaliser avec le karri et 1 ejarrah de l’Australie.
- d. Une collection pour indiquer l’emploi du bois de sissoo (dalbcrgia Sissoo ), comprenant la porte du trophée central, des dessus de cheminées exposés par le Gouvernement et par le Maharaja deKa-purthala; des roues pour l’artillerie exposées par l’arsenal de Fatehgarh; des roues de voitures exposées par MM. H. Stuart and G0 de Calcutta ; des paravents, etc.
- e. Une collection destinée à montrer la beauté du bois de palissandre (dalbergia lalifolia)\ à remarquer deux vitrines exposées par M. Portefield de l’Ecole des Arts de Madras et diverses parties du trophée central.
- f. Une collection faisant valoir le bois de teck (tectona grandis), la principale essence des Indes, dont diverses parties du grand trophée central; la vitrine de S. A. le Maharaja de Travancore; des consoles exposées par S. A. le Gaikwar de Baroda; des cadres; le grand escalier et les piliers du Pavillon au Thé préparés sur les ordres de M. Ribbentrop, inspecteur général des forêts.
- g. Une vitrine en bois de cèdre de l’Himalaya (cedrus deodora ), préparée sur les ordres de M. Percy Brown de l’École des Arts à Lahore.
- h. Une collection de bois d’ébène (diospyros ebenum), dont à mentionner des bahuts exposé par S. A. le Maharaja de Mysore ainsi que des petits articles fabriqués dans la province du Nord-Ouest.
- i. Une collection de bambous et leurs produits. Les plus grands bambous sont ceux du dendrocalamus giganleus de la Birmanie. A mentionner également des photographies de bambous.
- j. Une fenêtre et une conduite d’eau faites en bois d'engelhardtia spicata, exposées par M. le major Armstrong du Népal.
- k. Deux grands panneaux en bois rouge de Gluta tavovana de la Birmanie.
- /. Beaucoup de petits objets indiquant les diverses industries foreslières de l’Inde.
- m. Des panneaux et des meubles en bois de noyer de Gashinir (juglans regia). Beaucoup d’étagères des galeries ont été fabriquées avec ce bois.
- n. Du bois de teinture, le hirda de la famille des badamiers.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 223
- Il faut mentionner ensuite l’exposition des lièges, des écorces textiles, des matières tannantes, des résines, etc.
- Dans cette collection il y a lieu de citer :
- Le culch, matière tannante produite par l’acacia catechu;
- Les myrobalans (vulgairement appelés mirobolans), produits par les terminalia chcbulcr,
- Une variété de tilles de plusieurs essences forestières;
- La résine, la colophane, etc. ;
- L’huile de térébenthine produite par le pinus longifolia.
- Divers produits des industries forestières dont une collection de ramie (bohemeria rugulosa, aesculus indici, buxus sempevirens) ;
- Une série de très belles nattes provenant du phrynium dicholomum-,
- Des cordes fournies par le sacchamen arundinaceum et Yischamum angustifolium.
- L’exposition des produits et des industries forestières a été luxueusement organisée et a obtenu un grand succès.
- C’est M. Gamble, un ancien élève de l’école de Nancy, ancien conservateur des forêts et directeur de l’Ecole forestière de Délira Dun, délégué du Gouvernement des Indes, qui en a fait l’installation.
- M. Gamble a été membre du Jury delà Classe 49.
- Collaborateurs. — MM. Rrown, Lewis, médailles d’argent; MM. Mapitigama, don Caiiolis, médailles de bronze.
- MÉDAILLE D’OR.
- S. A. le Maharaja de Mysore, à Mysore.
- Le Maharaja de Mysore expose du bois de santal : santalum album. Il y a deux sortes de santal aux Indes provenant du même genre d’arbre santalum album : le santal citrin et le santal blanc.
- I. Le santal citrin est un bois pesant, compact, à fibres droites; sa couleur est d’un jaune fauve, sa saveur est amère et son odeur semble être un mélange de musc, de citron et de rose. On en extrait une huile volatile très odorante.
- II. Le santal blanc ne diffère du citrin que par sa couleur plus pâle et son odeur plus faible.
- Le bois de santal blanc ou citrin est recherché dans tout l’Orient comme parfum. On le brûle dans des cassolettes; réduit en poudres et mêlé à la colle de riz, il constitue les bougies parfumées des Chinois; ces derniers l’emploient aussi à la fabrication des cercueils.
- Le bois de santal qui provient de l’Etat de Mysore forme les sept huitièmes de la production totale des Indes. Il croît sur une superficie d’environ 5/i5o milles carrés, soit i,4io,ooo hectares et l’on estime que la reproduction naturelle de l’arbre suffira entièrement à toutes les demandes futures, si l’on veut bien le protéger contre les incendies de forêts et contre les troupeaux de chèvres et de moutons.
- L’exploitation de l’arbre ne se fait pas par un simple abatage, mais par le déracinement, les racines se vendant aussi bien que le tronc lui-même. La production annuelle de ce bois odorant est d’environ 2,000 tonnes.
- S. A. le Maharaja de Mysore expose une importante collection de bois de santal ainsi qu’un bahut coufectionné avec ce bois, et des sculptures qui se trouvent dans le trophée central du Gouvernement de l’Inde. A l’occasion de l’Exposition de 1900, M. J.-L. Pigot, conservateur des forêts du Mysore, a rédigé une intéressante notice sur le bois de santal, sur son mode d’exploitation et de vente.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- CEYLAN.
- L’étendue de la colonie de Ceylan est à peu près de 6,4oo,ooo hectares dont:
- 12 p. îoo de forêts de haute futaie.................................. 768,000 hectares.
- 36 p. 100 de broussailles, duues, roches, etc...................... 2,3o4,ooo
- 5 p. 100 de pâtures................................................. 320,000
- 32 p. 100 de terres capables d’être cultivées...................... 2,o48,ooo
- i5 p. 100 de terres cultivées........................................ 960,000
- Total................................ 6,4oo,ooo
- Toute Pile de Ceylan était autrefois couverte de forêts, mais à présent le caractère du pays est changé.
- Dans les parties populeuses du Sud-Ouest de Pile, où les pluies sont les plus abondantes, il ne reste guère de forêts vierges. Leur destruction est attribuée surtout à la coutume indolente des indigènes, des «chenas», qui consiste à brûler les arbres pour que les cendres fertilisent le terrain sur lequel ils cultivent pour un ou deux ans leur récolte de millet ou de riz.
- Dans les montagnes où les plantations de café, de thé et de cacao ont envahi le terrain et couvrent une superficie de plusieurs centaines de kilomètres carrés, il y a peu de forêts. Ces plantations se trouvent principalement à une élévation de 1,000 à i,500 mètres. Au-dessus de i,5oo mètres, les hautes montagnes sont pour la plupart couvertes de forêts, le Gouvernement ayant interdit la vente des hautes terres. La plus grande partie des régions sèches, dont la population est peu dense et qui comprend les quatre cinquièmes de l’étendue de Pile, est encore boisée, mais les arbres ne sont pas partout de grandes dimensions, les «chenas» ayant fait de sérieux ravages dans ces forêts et c’est seulement depuis une douzaine d’années que l’on s’est occupé de leur conservation. Il s’ensuit que les exploitations des bois de satin et d’ébène ayant été jadis considérables, il ne reste plus beaucoup de forêts de grande valeur.
- L’administration forestière est dirigée par un Conservateur des forêts, ancien élève de l’Ecole forestière de Nancy.
- Bois d’œuvre. — Divers bois qui existent dans les forêts de Ceylan sont appréciés soit comme bois d’œuvre, soit comme bois d’ébénisterie, savoir:
- Le bois de Coromandel ou calamandre (diospyros quaesitaj ; il ne pousse qu’à Ceylan et devient très rare; on en fait des bahuts pour mobiliers de luxe; il est lourd, d’une riche couleur havane avec des veines noires irrégulières très brillantes formant marbrures. Le bois nécessaire à un petit meuble de 1 m. 76 de haut sur 1 m. 20 de large a coûté à Ceylan même 800 francs.
- Le tamarin (tamarinus indica) \ bois lourd recherché par l’ébénisterie; il a une grande ressemblance avec le coromandel, mais s’en distingue par une teinte rose.
- L’ébène (diospyros ebenum)\ bois noir très lourd, dur et dense qui prend un beau
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- poli. L’ébène de Gevlan est classé parmi les meilleures provenances; il est très recherché et se fait rare depuis quelques années; on en obtient jusqu’à 35o francs de la tonne.
- Le bois de satin (chloroxylon swielenia) est aussi un bois apprécié par les ébénistes et par les fabricants de brosses. La qualité lustrée, à effets soyeux, connue à Cevlan comme bois «fleuri 55 (jlowered), se vend à des prix élevés.
- Lejak (arlocarpus integrifolia'}, le necloun (pericopsis mooniana'j, le souriyamara (albiz-zizia odoratissima) et le ouah (cassia siamea'), sont des bois utilisés dans la fabrication des meubles; mais ils sont de grain un peu grossier et ne prennent pas un très beau poli; aussi, malgré leurs nuances riches, ils ne sont pas très recherchés par le commerce européen.
- Le na (rnesua ferrea) et le galou (mimusops hexandra), tous deux connus dans le commerce comme «bois de fer», ainsi que le ranai (persea semecarpifolia), sont des bois très durs et très lourds. Ils sont presque indestructibles et pour ce motif recherchés pour les constructions de grande durée. Le palou prend un beau poli et se sculpte remarquablement bien; le ranai a de très beaux reflets fauves.
- Le sapou (michelia champaca) et le lounoumidella (melia dubia), sont des bois doux, légers, faciles à travailler, dont on se sert pour plafonds et boiseries.
- Le milia {yitex altissima) est un des bois de construction les plus appréciés de Cey-lan, mais il est également propre aux travaux de menuiserie et d’ébénisterie et fournit les meilleures traverses de chemins de fer; sa couleur est jaunâtre ou grisâtre. L’arbre atteint de belles dimensions.
- Uhalmilla (berrya ammonilla), connu dans la commerce comme «bois de trincomalie », est un bois rougeâtre, très résistant et d’une grande élasticité, il est très recherché par le charronnage (brancards, timons, roues). Le Gouvernement des Indes en importe chaque année une certaine quantité pour ses arsenaux. A Geylan, on en fait surtout des douves pour la confection des tonneaux servant au transport de l’huile de coco qui s’exporte par grosses quantités. L’arbre pousse dans les plaines humides; il atteint 18 à 20 mètres et rarement un diamètre de 60 centimètres.
- Le koumbouk (terminalia glabra) est un bois dur et lourd propre aux travaux de charpentes et d’écluses. Il a certaine ressemblance avec le teck et lorsqu’il est quelquefois veiné, on l’utilise en remplacement du Coromandel. La cendre de son écorce contient une grande quantité de chaux dont les indigènes se servent pour chiquer avec le bétel. L’arbre est un des plus grands des forêts de Geylan ; il atteint h 5 mètres de haut et un diamètre de 2 m. 5o à 3 mètres.
- Parmi les géants de la forêt il faut mentionner:
- Le hora (dipterocarpus zeylanicus) dont le bois est utilisé dans la fabrication des tonneaux pour la plombagine; il produit une bonne résine.
- Villupai ou mi (bassia longifolia) et le kon (schleicliera Irijuga) ; tous deux sont d’excellents bois de charpente durs et lourds. Ces deux arbres fournissent des graines oléagineuses ainsique le lel-kekuna (ahurîtes triloba), le margousier (azadirachta indica), le palou déjà nommé et 1 epounnai (calophyllum inophyllum^.
- Gn. IX. — Cl. 50.
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- tMP!miF.lUE NATIONALE.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Trois arbres appartiennent à la famille des mangliers :
- L’urberiya (carallia calycina'), le dawata [ C. Integerrima) et le wclipenna (anysophyllea zeylanica ; ils ont des rayons médullaires très larges et pourraient être employés dans la marqueterie et la menuiserie en remplacement du cbêne.
- Les trois palmiers de Ceylan sont: le cocotier (cocos nucifera), le palmyre (borassus jlabelliformis) et le kitul (caryota urensy Ils ont des bois marbrés aussi beaux qu’utiles, qui sont employés pour la charpente des toitures, pour conduites d’eau et gouttières, pour meubles et divers objets.
- On se sert des feuilles du cocotier et du palmyre comme chaume.
- Le taliput (corypha umbraculifera), est également un palmier dont les feuilles sont si grandes qu’on ne les utilise pas seulement pour chaumer les maisons, mais encore pour faire des ombrelles, des éventails et des nattes.
- Le puwak [areca caiechu), dont on mange les noix avec les feuilles du bétel, fournit un assez joli bois avec lequel on fabrique les jougs pour fardeaux.
- On trouve aussi plusieurs espèces de rotins (calamusy, on refend les uns en petites lanières pour faire les sièges et les fauteuils dits chaises et fauteuils de canne; d’autres d’une consistance ligneuse, sont utilisés comme cannes connues sous le nom de joncs et rotins; d’autres encore se réduisent en fdasse avec laquelle on fait de solides cordages.
- On rencontre également plusieurs espèces de bambous; quelques-uns de grandes dimensions dont on se sert pour radeaux, échafaudages, mâts. Les bambous nains se trouvent dans les hautes montagnes, on en fait des paniers pour récolter les feuilles de thé.
- Plusieurs arbres portent des fleurs magnifiques, tels que Yeheïia (cassia jîstula) le muruta {lagerstrœmiajlos-reginœ), le na déjà nommé, le gas-kéla (buteafronclosa), etc.
- A citer enfin l’arbre sacré de Bouclha, le pipul ou bô ficus religiosa), qui est cultivé avec dévotion dans tout le pays.
- Dans chaque village on cultive un bô sous lequel on construit un autel pittoresque.
- Le célèbre bô à Anuràdhapoura fut planté par la prêtresse Sangamitta en l’an 3o6 avant notre ère.
- Parmi les essences acclimatées, principalement de l’Australie, il faut citer les gre-vilieas, les acacias et les eucalyptus qui donnent du bois de chauffage.
- Gomme bois de teinture il y a lieu de mentionner : le bois de sappan (cesalpinia sap-pan), qui s’exporte en Angleterre pour une somme de âo,ooo francs, le jaquier (arto-carpus integrifolia), qui fournit une couleur jaune canari, couleur réglementaire des robes des prêtres boudhistes.
- Tannage. — Plusieurs des arbres de Ceylan ont des écorces qui contiennent une bonne proportion de tanin.
- L’écorce la plus recherchée est celle du ranawara (cassia auriculata). L’aralu (termi-nalia chebula^j, est un arbre sur les jeunes branches duquel on trouve des noix de galle ;
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- ses fruits ont une valeur commerciale et sont connus avec ceux du bulu [t. belerica), comme «myrobalans».
- Une autre variété, lekoumbouk [terminalia glabra), déjà cité, est recherchée pour son écorce par les tanneurs indigènes. Cette écorce donne au cuir la couleur rouge brune si particulière aux cuirs de Ceylan.
- A mentionner encore l’écorce du manglier, le fruit du timbiri [diospyros embryopteris) et l’écorce de l’acacia noir australien (acacia decurrens).
- Gommes et résines. — Divers arbres de Ceylan fournissent des gommes et des résines. Une gomme-gutte supérieure est obtenue du gokatou ou hana goraka (garcinia morella); on l’emploie comme couleur jaune dans la peinture d’aquarelle et comme purgatif en médecine.
- La résine du liai [vateria acuminata), donne un excellent vernis; de même le hora ainsi que le doun [doona zeylanica).
- Le margousier [azadirachta indica), Y arbre de satin [chloroxylon Swietenia) ; le kekuna [canariumzeylanicum), le ratadel [artocarpus incisa), fournissent également des gommes.
- Fibres. — Ceylan exporte de grosses quantités de fibres, fils et cordes. On les tire principalement de la gousse extérieure de la noix de coco, des feuilles de kitul, ou du jaggery palm (caryota urens), des feuilles du palmier (borassus fiabelliformis). On exporte annuellement : des fibres de coco, pour 2,800,000 francs; des fibres de kitul, pour 160,000 francs; des fibres de palmier [borassus flabelliformis), pour 72,000 francs.
- Les autres fibres sont tirées de la rhéa, la ramie ou herbe chinoise [boehmeria nivea)\ des aloès [fourcroya giganlea, agave americana, etc.), du bananier [musa textilis), etc.
- Il existe au Ceylan d’autres arbres à fibres : le wara [calotropis gigantea); le miyanda [sanswiera zeylanica') ; le kalali [polyathia suberosa) ; le multipliant [jicus bengalensis); le %'elam [acacia leucophloca)\ Yattikka [ficus glomerata).
- Les fibres de tous ces arbres sont utilisées par les indigènes.
- Huiles. — Beaucoup d’arbres de Ceylan, ou des arbustes, fournissent de l’huile.
- A mentionner :
- Le cocotier [cocos nucifera), dont la noix de coco produit une huile d’excellente qualité, exportée annuellement pour une somme de 11 millions de francs;
- Le gingembre ou sésame [sesamum indicum) ;
- Le kekuna, l’arbre pousse jusqu’à une altitude de 600 mètres;
- Le mi [bassia longifolia).
- Produit du coco : le cocotier [cocos nucifera). Il n’existe pas de produit au monde qui, comme le cocotier, est employé en tant de circonstances et avec autant d’utilité.
- Il lui faut cinq à quinze ans, selon la nature du sol, pour porter des fruits, et il n’est en plein rapport qu’à 2 5 ans; mais, avant de produire des fruits, il est déjà utilisé; ainsi son large feuillage est tissé et constitue le chaume du toit ou la cloison de l’appartement; les arêtes des feuilles (ou ékels) sont réunies en faisceaux et donnent des
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- balais recherchés, ou bien, prises isolément, elles servent à la construction de cages à oiseaux.
- Dès que Tarbre commence à fleurir, on cueille les spathes pour en tirer le toddy ou bière indigène; le toddy bouilli donne le yagri (sucre indigène); distillé, il donne l’arack ou la liqueur du cocotier. A l’époque de sa jeunesse, c’est-à-dire entre 3 et 6 mois, le fruit est rempli d’une eau agréable au goût, rafraîchissante et estimée pendant les grandes chaleurs. Le fruit une fois mûr renferme un lait qui, bouilli, donne une huile destinée aux usages culinaires.
- Pour extraire l’huile ordinaire du commerce, on fait sécher, pendant cinq ou six jours, les noyaux au soleil ou au-dessus d’un petit feu, puis, à l’aide de moulins, on écrase ces noyaux séchés (appelés coprah) et on en exprime l’huile; le résidu des noyaux dont l’huile est extraite s’appelle poonac; il constitue une excellente nourriture pour engraisser les bestiaux, volailles, porcs, etc.
- La noix est enveloppée d’une gousse fibreuse; les fibres sont séparées à la machine; les soies les plus fortes, les plus rudes donnent des brosses; le tissu le plus mou, forme la bourre des matelas, sert à la confection des nattes ou se roule en cordes. Au dedans de cette gousse et pour protéger le noyau, se trouve une coque sphérique, dure, qui est employée comme combustible sans fumée; on en fait des cuillers destinées aux usages domestiques, ou de jolis ornements sculptés.
- Le bois du cocotier est utilisé par l’indigène dans la construction des habitations, et dans la fabrication des instruments de ménage.
- En 1898, l’exportation des produits du cocotier a été la suivante :
- Huile de coco.. ,
- Pooüac.........
- Coproh ........
- Cordes.........
- Cocos desséchés
- Arack..........
- Noix de coco. .
- Total
- 10,720,000 francs. i,44o,ooo 10,128,000 2,832,000
- 3,752,000
- 245,ooo
- 865,ooo
- 29,982,000
- Le rendement total annuel du cocotier est estimé à 80 millions de francs.
- RÉCOMPENSE.
- GRAND PRIX.
- Gouvernement de Ceylan.
- Le Gouvernement de Ceylan a organisé une exposition collective, très [intéressante, de produits ligneux et de leurs dérivés, qu’il faut classer dans l’ordre suivant : bois bruts et bois ouvrés; bois de teinture; bambous; écorces; fibres, fils, cordes; gommes et résines; huiles.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESRIÈTES. 229
- Deux cent-quarante échantillons de bois représentant la flore forestière de Geylan sont exposés par le Gouvernement.
- A citer : le coromandcl ou calamandre, le tamarin, Y ébène, le bois de satin, 1 ejalc, le na, iepalou, le nedoun, le sapou, le milia, Yhalmilla, le komboulc, le Jeitul, le sappan, Yurberiya, le dawata, le welipenna, le cocotier, etc. Une description de ces bois a été donnée plus haut.
- Le Coromandel est représenté par des planches d’environ 5 mètres de long et par plusieurs bahuts fabriqués b Ceylan par des ouvriers indigènes d’après des modèles cinghalais.
- Un portail en ébène avec des panneaux sculptés en bois de cocotier, fait valoir ces deux sortes de bois tout en donnant en même temps la reproduction exacte d’un portail en pierre dans les ruines anciennes de Yapahou.
- Des panneaux de 2 mètres de haut montrent ancore des bois de l’urberuja, du dawata et du welipenna, delà famille des mangliers.
- MM. J.-P. William frères, à Veyengoda, exposent 3oo variétés de bois du Geylan, etM. Weeratne, 878 spécimens de bois indigènes.
- Neuf variétés d’écorces b tanin sont également exposées tant par le Gouvernement que par M. W. Don Carolis, b Colombo, et par M. A.-J. Kellow, à Nuwara-Eliya.
- Nous mentionnerons les écorces suivantes :
- Ecorce de l’acacia noir australien, du manglier, du kumbuk, du kahata, du kashew, dumalia-dan.
- A ces écorces sont jointes, comme matières tannantes, des myrobalams et des noix de Galle.
- Les deux fibres principales provenant des arbres sont celles tirées du kitul ou jaggery palm et du palmier ( borassus Jlabelliformis); elles ne viennent pourtant comme importance qu’après la fibre tirée de la noix de coco.
- M. F. Lewis, assistant conservateur des forêts, à Sabraragamuwa, a réuni une grande collection de fibres sauvages.
- La collection des résines comprend les résines de cachou, de dumalla, du doun, de l’arbre de satin (chloroæylon swietania), du margousier, du hick, etc.
- Toute une variété d’huiles figure b l’exposition de la Glasse 50, dont b mentionner l’huile de kckuna, l’huile de mi, l’huile de coco, l’huile de sésame, toutes exportées pour les fabriques de savon.
- L’un des principaux exposants est M. Warr, de Colombo.
- Collaborateurs. — ML Davidson (W.-E.), médaille d’or; MM. Fernando (W.-H.), Wee-zaratna, Williams frères, mentions honorables.
- GRÈCE.
- Jadis les forêts de la Grèce étaient vastes et riches en bois d’œuvre; aujourd’hui la superficie en est considérablement diminuée, et celles qui existent encore sont en voie de destruction par des exploitations excessives, par les incendies et par le pâturage.
- La surface boisée est estimée à 830,000 hectares, soit un taux de boisement de
- 13 p. 100.
- Pour l’année 1897, les importations de bois ont été de 51,862 mètres cubes pour 3,272,432 francs; les exportations, de 64 mètres cubes pour 3,910 francs; soit un excédent d’importation de 61,798 mètres cubes pour 3,268,622 francs.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900
- RÉCOMPENSE.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Tripos (-S.) et fils, à Corinthe.
- MM. Tripos et fils exposent de la résine en pâte liquide tirée du pin maritime.
- Ils en exportent annuellement 10,000 tonnes à 32 francs les 100 kilogrammes pris dans les ports du pays. La principale exportation se fait en Angleterre.
- Celte résine est employée dans la fabrication des vernis et des siccatifs.
- GUATÉMALA.
- Il ressort des dernières statistiques que les forêts gouvernementales et privées du Guatémala, actuellement relevées, occupent une superficie d’environ 526,000 hectares; mais il faut bien remarquer que l’énorme superficie boisée du département de Péten, qui à elle seule dépasserait ce chiffre, n’est pas comprise dans cette évaluation.
- Ces forêts renferment de grandes quantités de bois de construction et d’ébénisterie, principalement :
- Le cèdre, qui atteint jusqu’à 2 m. 5o de diamètre; ce bois sert à faire les portes et les fenêtres, il est le plus utilisé;
- Le mora et Y acajou, employés pour la fabrication des meubles,
- Le chichique, le guachipilin et le rnadera negra, qui sont surtout utilisés pour les poteaux et les traverses de chemin de fer.
- Le cèdre et le mora sont d’ailleurs les deux bois les plus répandus dans le pays.
- Les bois de teinture sont aussi très nombreux et parmi les principaux on peut citer:
- Le mora, qui, outre son bois employé dans l’ébénisterie, fournit aussi une matière jaune assez fine et assez soluble dans l’eau;
- Le campêche, qui croît en grande abondance dans les immenses territoires du gouvernement de Péten, et dont le bois contient une belle matière colorante d’une couleur rouge violacée.
- On rencontre également une grande variété de plantes textiles et de sparterie :
- Le capulin; le coyol; Yescobillo; le cibaque, dont la moelle sert à faire des nattes très douces; la ramie, qui appartient à la catégorie des ramies vertes, donne des fibres très résistantes; le bâche, dont l’écorce fibreuse peut servir de ficelle.
- Le défaut des voies de communication ne permet d’exploiter la plupart de ces bois que pour les besoins locaux. Il 11’en est pas de même dans le Nord (département du Péten), où les fleuves permettent d’effectuer les transports jusqu’à la mer; aussi, dans
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 231
- ces régions, de grandes sociétés exploitent-elles ces forêts en payant au Gouvernement un droit fixe et sous réserve de ne pas toucher aux jeunes arbres. Gomme exemple de ces contrats, on peut citer celui qui a été passé entre le Gouvernement et la maison Chai mers, Guthrie et G10, de Londres, par lequel cette importante maison a obtenu l’autorisation de couper le cèdre, moyennant un droit de 3 francs par mètre cube, et l’acajou à raison de à francs le mètre cube. La valeur de l’acajou et du bois de teinture qui existent dans le département du Péten est estimée à plus de 100 millions de francs.
- D’après les dernières statistiques, il a été exporté, dans le deuxième trimestre de l’année 1899, 1,324,823 pieds de bois représentant une valeur approximative de 265,000 francs. Ces exportations ont été faites aux États-Unis, en France, en Belgique et surtout en Angleterre par la colonie anglaise du Belize (Honduras anglais).
- Il est à remarquer que le Guatémala, si riche en forêts, doit encore s’adresser à l’étranger pour sa consommation. En 189/1, la statistique douanière accusait une importation de bois de construction d’une valeur de 66,000 piastres qui représentaient, au change de cette époque, la somme de 200,000 francs. Ces bois provenaient presque tous des Etats-Unis (pins de Californie).
- Il existe un assez grand nombre de scieries disséminées dans tout le territoire de la République. Les plus importantes se trouvent dans les départements de Quezaltenango et de Guatémala.
- Les naturels du pays abattent les arbres à la hache et les débitent à la main.
- RÉCOMPENSES.
- GRAND PRIX.
- Gouvernement de Guatémala, à Guatemala.
- Le Gouvernement de Guatemala expose une très belle collection des divers bois provenant de ses forêts. Celte collection, très complète, ne comprend pas moins de 3oo échantillons, classés botani-niquement pour la plupart.
- Entre les nombreuses espèces exposées, il convient de citer :
- Le ceclro (cedrela odorataF., héliacées), très bon bois pour l’ébénisterie et les constructions navales;
- Le balsamo (myrospermum salvatoriense F., légumineuses), bois rougeâtre, de très belle qualité, employé pour la fabrication des traverses de chemin de fer, et dont l’écorce contient le baume rrbalsamo»;
- Vyema de huevo (berberis sp. F., berberidées), bois lourd, jaune, de texture fine mais se fendillant facilement, utilisé pour les piliers;
- Le chico zapote (cechras sapota F., sapotacées), bois rougeâtre employé pour la fabrication des meubles et des traverses de chemin de fer ;
- Le nogal (juglans negra F., platanacées), bois d’un bel aspect, de couleur foncée, a une odeur prononcée, employé pour la fabrication des meubles de luxe. Il fournit des fruits comestibles et son écorce est tannifère;
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Le mora (maclura tinctoria F., urticées), bois de couleur jaunâtre, très dur, employé en menuiserie et carrosserie sous le nom de bois jaune;
- Le conacasie, contient du tanin dans son écorce, est employé pour le tannage;
- Le chichi que (aspcdosperma laticilquoa F., apocynées), bon bois de construction;
- Le guachipilin (pilhécolobium albicans F., légumineuses), bois de couleur jaune clair, excellent pour meubles de luxe, carrosserie, etc. ;
- Le maclera negra, excellent bois pour poteaux et traverses de chemin de fer;
- Le ronron (feriola variegata F., anacardiaeées), bois d’un bel aspect rougeâtre, veiné de noir, très résistant, très pesant et susceptible d’acquérir un beau poli.
- Parmi les plantes tinctorales :
- Le mora (maclura tinctoria), déjà cité; cet arbre fournit une matière jaune assez fine et assez soluble dans l’eau;
- L'yema de huevo (berbis sp.), qui renferme dans son bois une matière colorante jaune soluble dans l’eau, dans l’alcool ordinaire et l’alcool amylique;
- Le campêche (hoematoæylon campechianum), très répandu, dont le bois contient une belle matière colorante d’un rouge violacé ;
- Le camolillo (curcuma tinctoria), dont le rhizome, appelé vulgairement racine, fournit une matière colorante jaune orangée, très belle, mais qui a l’inconvénient d’être peu fixe;
- Le brasil (coesalpina eckimata)-, c’est un bois analogue au campêche et qui sert à le falsifier;
- L'anil ( judigofera anil), arbuste de 1 mètre à 1 m. 5o de hauteur, dont les feuilles contiennent en grande abondance la matière colorante ;
- L'indigo de Guatémala tient un des premiers rangs dans la classification industrielle.
- Parmi les plantes à tanin :
- Le ronron (ferolia variegata) ; le mangle (rhizojora mangle); l'icaco (chrysobalams icaco); le conacasie ( enterobolium cyclocarpum) ; le nascacalota ou dividi (coesalpina coraria), dont les fruits contiennent jusqu’à 45 p. îoo de tanin; le chêne (quercus), il en existe de nombreuses essences; on emploie pour le tannage les écorces blanches et rouges.
- Parmi les plantes textiles et de sparterie :
- Le coyol; le capulin (tilia calabura), espèce de tilleul;
- Lejunco (carludovicapalmala), dont les feuilles réduites en lanières et coupées avant leur complète maturité sont employées pour la fabrication des chapeaux dits de Panama;
- Liescobillo (sida americana), dont les branches servent à faire des balais employés pour le neLtoyage des rues ;
- Le cibaque (cyperus sp.), dont la moelle très développée sert à faire des nattes, on l’emploie aussi comme ficelle pour lier les légumes, les javelles de fourrage, etc.;
- La ramie (bœmcria utilis), dont on avait formé des plantations abandonnées actuellement; elle existe à l’état sylvestre sur plusieurs points de la zone chaude ;
- Le bâche (ochroma lagopas), dont la fibre lignifiée et résistante sert aux mêmes usages que la ficelle;
- Le palo de la vida (similax), plante voisine de la salsepareille, dont la liane très fibreuse peut se diviser facilement en tiges minces propres à la fabrication des balais.
- Parmi les plantes oléagineuses :
- Le coco (cocos nucifera); de l’amande même on extrait une huile qui fait, au Guatémala, l’objet d'un commerce important ;
- Le chicolate (argemone mexicana)\
- L'ajoujoli (sesamum orientale);
- Le linaza (linium usitatissimus).
- Parmi les plantes gommifères et résineuses :
- L'hule (castilloa elastica)\ c’est un arbre à caoutchouc que l’on rencontre principalement dans les
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 233
- provinces d’Escuintla, Santa-Rosa, Izabal et au Peten; malheureusement son exploitation est difficile, faute d’ouvriers et de voies de communications ;
- Le copal (hedwigia balsamifcra); le cojon de mico (thevetia mangas apocynées), cet arbre fournit une résine connue sous le nom de copal.
- L’exposition des produits du Guatémala est accompagnée d’un catalogue très pratique et très complet indiquant les propriétés de chaque produit; il a été rédigé par M. René Guérin, chimiste-essayeur, chef du Laboratoire central de Guatémala, commissaire général du Guatémala à l’Exposition universelle de 1900, et par M. Darios (Gonzales), docteur en médecine, professeur à la Faculté de médecine de Guatémala, et M. Jorge-Garcia Salas M., ingénieur de la Direction d’agriculture du Guatémala.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. le Dr Dario (Gonzalez), à Guatémala.
- M. le Dr Dario (Gonzalez), professeur à la Faculté de médecine de Guatémala, expose un herbier renfermant 70 plantes médicinales originaires du Guatémala, auquel il a joint 1/19 dessins.
- L’éminent professeur, après une étude très complète de la flore médicale de ce pays, a résumé ses observations dans des notices spéciales à chaque plante.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Berger (Léopold), à Escuintla.
- M. Berger , négociant en bois à Escuintla, expose divers spécimens de bois d’exportation employés en ébénislerie.
- Les grandes dimensions de ces échantillons permettent au public de se rendre aisément compte de leur qualité et de leur valeur.
- Parmi les échantillons, nous citerons comme les plus remarquables :
- L'acajou, le cèdre, le granadillo.
- HONGRIE.
- I. — HONGRIE
- D’après des données officielles de 1898, la surface boisée de la Hongrie (à l’exclusion de la Croatie-Slavonie), est de 7,515,^90 hectares, soit 26 p. 100 de son territoire,
- dont :
- Appartenant à l’État........................................... i,i43,5io hectares.
- Appartenant aux communes et à des établissements publics....... 3,706,566
- Appartenant à des particuliers................................. 2,665,414
- Total
- 7,5i5,49o
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Les hautes futaies couvrent une superficie de................... 5,457,21 4 hectares.
- Les taillis......................................................... 2,023,122
- Les taillis sous futaie................................................ 35,i54
- Total............................ 7,515,690
- Les arbres composant les forêts hongroises appartiennent à la flore de l’Europe centrale.
- Ce sont: le chêne, le hêtre, le frêne, Tacacia et le charme.
- Dans les forêts de plaine on rencontre le peuplier; dans les montagnes l’épicéa, le sapin, le pin sylvestre et quelquefois le mélèze.
- En les divisant par essences prédominantes, l’on peut admettre :
- Chêne.................................................... 2,082,834 hectares.
- Hêtres et autres bois feuillus............................. 3,716,590
- Conifères................................................... 1,718,066
- Total....................... 7,5i5,4go
- On voit que les peuplements de hêtre dominent, et comme ce bois est de faible valeur, la proportion n’est guère favorable; aussi l’Etat hongrois cherche-t-il dans ses plans d’aménagement à remplacer le hêtre par des chênes et des conifères.
- Vers 1870 des sociétés commencèrent à se créer pour l’exploitation des forêts de la Hongrie.
- En 1880 le développement de cette industrie s’accentua de plus en plus et n’a fait qu’augmenter depuis.
- En 1880 il y avait en Hongrie 196 scieries avec 1,100 ouvriers, contre 316 scieries avec 4,900 ouvriers en 1896.
- D’autres entreprises industrielles utilisant le bois s’y sont créées, telles que les fabriques de pâte de bois et de cellulose, des fabriques de bois d’allumettes, de bois de placage, des fabriques de meubles courbés en bois de hêtre, ainsi que des usines pour la production des extraits de chêne et autres dérivés du bois.
- II. — CROATIE-SLAVONIE.
- La Croatie-Slavonie n’a que depuis 1894 une loi forestière qui sauvegarde tous les intérêts publics.
- Les forêts de ce pays couvrent une étendue de 1,590,169 hectares, soit un taux de boisement de 35,48 p. 100.
- Celles de l’Etat, des communes et des établissements publics forment ensemble 1,120,860 hectares, soit 7 4 p. 100 delà superficie forestière totale du pays.
- Les particuliers possèdent 388,309 hectares, soit 26 p. 1 00 de la superficie boisée, formant un total de 1,609,169 hectares.
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- Les essences les plus répandues sont :
- Le chêne pédoncule (quercus pedonculata'j, et le chêne rouvre (quercus sessïlijlora) ; le hêtre, l’orme, le charme, le frêne, le châtaignier, le noyer, le tilleul, l’érable, le peuplier, l’aune, le saule; parmi les conifères: le sapin, l’épicéa, le pin sylvestre, le pin noir et le mélèze.
- Le chêne, à lui seul, couvre A34,502 hectares, soit les 28,78 p. 100 de la superficie boisée du pays; le hêtre et les autres essences feuillues couvrent 911,571 hectares, soit 60,A 2 p. 100 et le reste pour les conifères, 163,096 hectares, soit 10,80 p. 100, formant un total de 1,509,096 hectares.
- L’accroissement moyen annuel et par hectare est de 3 m. c. 560.
- Les forêts du pays ont une valeur totale de 600 à 700 millions de couronnes, soit 630 à 735 millions de francs.
- Il résulte de ces chiffres que les forêts ont une importance économique capitale pour le pays.
- Dans les plaines de la Slavonie il existe des forêts composées d’énormes chênes pé-donculés qui constituent les restes des formidables chênaies, lesquelles couvraient jadis tout le pays. Ces futaies datent princ!palement de la fin du xvif siècle, époque à laquelle la Slavonie avait été presque complètement abandonnée par ses habitants qui cherchaient à opposer le désert aux invasions périodiques des Turcs. Elles fournissent depuis vingt-cinq ans, au commerce international, le bois de chêne de choix si réputé; 43 grandes scieries mécaniques et 5o petites scieries hydrauliques produisent les sciages chêne destinés à l’exportation.
- L’exploitation des forêts donne une occupation rémunératrice et constante à 15 ou 20,000 ouvriers, qui sont en majeure partie originaires de la Carniole.
- Une grande partie des chênes sert à la fabrication des douelles françaises qui sont achetées par les marchands de bois de Marseille, de Cette et de Bordeaux et qui servent à la confection des futailles pour les vins. De 1889 à 1898, soit dans une période de dix années, cette exportation a été en moyenne de A8 millions de pièces.
- En outre, il est exporté 5oo,ooo à 600,000 eimers de douve chêne pour l’Allemagne; 180,000 à 200,000 mètres cubes de sciages chêne; 3o,ooo à 35,000 mètres cubes grumes chêne et environ 300,000 traverses de chemin de fer.
- Plusieurs usines produisent également des extraits de chêne et autres produits chimiques dérivés du bois.
- Les bois de chêne sont exportés en France, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, en Hollande, en Espagne, en Italie et en Suisse.
- L’emploi du hêtre tend aussi à se développer ; quelques scieries ont été créées en vue de la production de planchettes appelées «tavolelti» et «testoni» et qui sont expédiées en Italie, en Espagne et en Grèce pour l’emballage des fruits d’exportation.
- De même l’on façonne annuellement 25o,ooo à 3oo,ooo traverses de hêtre poulies voies ferrées.
- Dans les forêts les plus rapprochées du littoral de l’Adriatique, on produit aussi
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- 6 à 8 millions de kilogrammes de charbon de bois que l’on exporte en grande partie en Ilalie.
- Les bois et les produits dérivés exportés annuellement par la Croatie-Slavonie représentent une valeur de 16 à 2 3 millions de francs.
- Ainsi que nous l’avons mentionné plus haut, la surface boisée de la Hongrie est de 7,5i5,Apo hectares, celle de la Croatie-Slavonie 1,509,169 hectares, ensemble 9,02/1,659 hectares, soit un taux déboisement de 27,99 p. 100.
- La production ligneuse annuelle est de 3 m. c. 0/10 par hectare, soit une production totale de 27,500,000 mètres cubes.
- L’exportation annuelle des bois est de 63 millions de francs; l’importation moyenne annuelle pendant les dix dernières années a été de 16,800,000 francs, soit un excédent d’exportation de A6,200,000 francs.
- La notice sur les forêts delà Hongrie, publiée à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900, fait remarquer que l’importation des bois en Hongrie augmente d’année en année, alors que l’exportation reste stationnaire, ce qui prouverait que la production ligneuse n’augmente pas dans la même proportion que la consommation intérieure.
- RÉCOMPENSES.
- I. — HONGRIE.
- GRANDS PRIX.
- Ministère royal de lagriculture de la Hongrie, Section I/i.
- Par l’installation de son pavillon spécial, l'administration forestière hongroise a fait une exposition de bois monumentale, témoignant ainsi de son vif désir de figurer brillamment au concours de 1900.
- Vingt offices forestiers supérieurs royaux, offices forestiers royaux et directions royales des forêts, ont collaboré avec leurs produits à son aménagement.
- 5 gros chênes pédonculés provenant des forêts de la Slavonie et dressés à grands frais dans toute leur hauteur ont formé le centre du pavillon. Deux ailes construites uniquement avec des équarris chêne de grandes longueurs et de 0,60x0,60 d’équarrissage ont été érigées de chaque côté b la hauteur d’un étage et ont servi de plancher sur lequel des pyramides de bois sciés et fendus ont été empilées.
- Tous ces bois de chêne: arbres, grumes, équarris, douves, douelles et traverses, ont éLé tirés des forêts de la Slavonie dépendant de l’office forestier supérieur royal de Vinkovce où se trouvent les plus beaux et les plus précieux peuplements de chênes pédonculés; la valeur moyenne de ces arbres sur pied est d’environ 200 francs; mais il n’est pas rare d’en rencontrer qui donnent 15 mètres cubes de grumes premier choix représentant une valeur de 1,000 francs.
- Outre les bois de chêne pédonculé, l’administration forestière hongroise expose des troncs et ron-
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 237
- déliés de chêne rouvre, de chêne chevelu, de hêtre, de frêne, d’orme, d’érable, de tilleul, de peuplier, etc., du sapin, épicéa, pin sylvestre, pin cimbro, pin noir, des poteaux télégraphiques, des perches, des échalas, des bois de résonance, des douves de hêtre et de sapin, des jantes, des rais, des moyeux, des avirons, des manches d’outils, des écorces, du charbon de bois et de l’extrait de tanin, un assortiment de panneaux, de parquets, etc.
- Des pholographies des principales usines travaillant le bois en Hongrie figurent dans cette exposition.
- En un mot, c’est une des collections de bois d’œuvre, les plus complètes des produits des exploitations et des industries forestières, que le Jury de la Classe 50 ait eu à examiner.
- Le beau bois de chêne exporté par la Hongrie et la Croatie-Slavonie y a été apporté à profusion et admiré par tous les connaisseurs.
- L’installation très difficultueuse de celte exposition, en raison de l’exiguïté de l’emplacement, a été fort bien faite par M. Jean Fôldy, conservateur des forêts royales hongroises, membre du Jury de la Classe 49.
- Collaborateurs. — MM. Csipkay, Tavi, de Potteré (Gérard), médailles d’or; M. Hoch-stâdter, médaille d’argent; MM. Bleha, Gelz (Johann), Kissing et Môllmann, Bardos (Conrad), Masztics, médailles de bronze; MM. Belhary, Garlathy (Coloman), Havas, Kogsy (Johann), Leitner (Alexis), Ronay (Anton), Rotter, Szepessy (Gustave), Vincent (Nagy), mentions honorables.
- Maison Gutmann (5. H.), à Nagy-Kanizsa.
- Expose des produits bruts et sciés en chêne de son exploitation forestière de Belisce (Slavonie) : un tronc de chêne géant de 12 m. 75 sur 1 m. 26, de toute beauté; des grumes sciées en planches de 54 millimètres sur dosse, en belles longueurs et fortes largeurs; des plateaux sciés sur quartier; des wainscots de grosses dimensions; des feuillets sur quartier.
- Tous ces bois sont en chêne tendre de tout premier choix, d’un grain fin, d’un sciage parfait, débités dans des chênes de 25o à 3oo ans d’âge.
- L’exposition comprend aussi des échantillons d’extraits de chêne.
- Cette maison est l’une des premières de la Hongrie; elle fut fondée en 1817.
- Sa scierie de Belisce qui existe depuis 1884 produit environ 35,000 mètres cubes de sciages par an, dont une grande partie est exportée en Angleterre, en Belgique, en Allemagne, en France, en Espagne et en Italie.
- La fabrique d’extraits de chêne produit annuellement environ 7,000 tonnes de matière tannante qui sont exportées dans tous les pays d’Europe.
- Ouvriers occupés : 1,600 à 3,3oo selon les saisons.
- Collaborateur. — M. Smerd (Johann), médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’OR.
- MM. Cery Frank et 0% Mitrovica.
- MM. Cery Frank et Gio fabriquent à Mitrovica (Slavonie), de l’extrait de tanin sous la raison sociale : ffMitrovitzer Eichenholz Extract Fabrick».
- Cette Société a été fondée en 1887.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- La consommation annuelle de bois de chêne est de 5o,ooo tonnes et la production d’extrait lannique d’environ 5,800 tonnes.
- Acheteurs : Allemagne, ko p. 100 delà production; Belgique, 20 p. 100; Angleterre, 20 p. 100 ; Autriche-Hongrie, 20 p. 100.
- La fabrique occupe 200 ouvriers..
- Manufacture des Bois de Vrbovsko, à Vrbovsko (Croatie).
- Cette maison expose des feuillets de hêtre déroulés de A à 10 millimètres d'épaisseur ; des feuilles de placages en noyer et en frêne, des lattes de corniches, des moulures, etc.
- La fabrique a été fondée en 1884 par MM. Gouiany frères.
- Au début elle sciait principalement des feuillets de hêtre, mais MM. Goriany ayant construit dans leurs propres ateliers de puissantes machines permettant de dérouler le hêtre de A à 10 millimètres d’épaisseur sur 2 m. 5o de long, le sciage est remplacé par le déroulage qui ne donne pas de déchet de sciure.
- Cette maison a quatre succursales en Carniole : à Gorianc, à Piscenick, h Tschermoschnitz et à Rupertshof.
- Avec ses succursales, la production annuelle en feuillets de hêtre est d’environ 2 millions de mètres carrés en à millimètres d’épaisseur.
- Ces feuillets sont exportés en Sicile par le vapeur de la maison, le Vaste, et servent à l’emballage des oranges et des citrons.
- La manufacture des bois de Vrbovsko fait divers autres articles en bois sciés, tranchés et tournés, des fûts cylindriques, des boîtes à bougies, à sucre et à cigares.
- Les manufactures de tabac de la régie royale de Hongrie se fournissent exclusivement dans cette maison pour des boîtes de cigares en cèdre, aulne et hêtre.
- La maison produit également du bois de placage ainsi que des moulures.
- L’usine de Vrbovsko occupe environ 3oo ouvriers et les succursales de la Carniole établies dans les propres forêts de la manufacture de Vrbovsko en emploie autant.
- C’est une maison très avantageusement connue en Croatie-Slavonie et même dans toute la Hongrie.
- Collaborateur. — M. Hoffmakn (Henri), médaille d’argent.
- MM. Moiir et Cie, à Vinkovce.
- La maison Moiir et Cic expose des grumes, des troncs et des demi troncs de chêne, des waînscots, des douves allemandes, des douelles pour la France, également en chêne.
- C’est une maison qui a été fondée en i85g, à Mannheim et à Wurzbourg (Allemagne); chaque année elle fait, depuis 1870, d’importants achats de forêts de chêne en Slavonie dont les produits sont expédiés en Allemagne, en Hollande et en Belgique.
- Société anonyme des Fabriques de tanin et Scierie à vapeur de Nasic (Ancienne maison Neuschlosz).
- La Société expose de l’extrait de chêne.
- La fabrique a été créée en 1889; elle produit par an 55,000 h 60,000 quintaux d’extrait de chêne qui sont exportés dans tous les pays d’Europe y compris l’Angleterre,
- La quantité de bois consommée annuellement est d’environ 72,000 mètres cubes de bois à tanin.
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- Société slavonne des industries forestières, Krafft, Tukôry et Cie, h Vrbanja (Slavonie).
- Produits exposés : grumes, chêne, wainscots, douves et douelles. Planches et plateaux chêne débités sur mailles. Pièces équarries faisant partie du pavillon forestier hongrois.
- Celte Société est concessionnaire depuis 1892 du droit d’exploitation pour une période de dix années de i,43o hectares de forêts sur lesquels il existait environ 62,000 chênes de 25o à 3oo ans d’âge. Pour débiter ces arbres, la Société a été tenue de construire une scierie mécanique qui compte parmi les plus importantes de la Slavonie, et qui, en 1902, à la fin de la concession, restera la propriété de l’administration forestière hongroise.
- Production annuelle de sciages chêne, orme, frêne et divers : environ 3o,ooo mètres cubes dont une partie est exportée en Allemagne, Angleterre, Belgique et en France.
- Collaborateur. — M. Neuhaus, médaille d’or.
- The Oak Extract Company Limited, à Zsupanje (Slavonie).
- Expose : de l’extrait de chêne, des tonneaux de tanin à l’état brut et préparé ; du bois et copeaux à tan.
- Maison fondée en i84o.
- Consommation annuelle de bois : 60 à 70 millions de kilogrammes. Production annuelle d’extrait de tanin : 7 à 10 millions de kilogrammes. Les produits sont exportés dans tous les pays, principalement en Angleterre et en France.
- Ouvriers occupés 35o. Importante maison.
- Collaborateur. — M. Loew (W.), médaille d’or.
- MM. Vuk (M.) et fils, à Budapest.
- MM. Vuk et fils exposent une grande variété de douves et douelles de chêne de toutes dimensions.
- Le siège de la maison est à Budapest. Elle possède deux scieries; l’une à Budapest, l’autre à Vin-kovce (Slavonie), oii elle débite des sciages "chêne pour l’exportation; mais sa principale fabrication consiste en bois de fente : douves et douelles chêne, dont elle fait un très grand commerce.
- Ces dernières années, les douves de chêne des Etats-Unis étant venues sur les marchés d’Europe faire une sérieuse concurrence aux douves de Slavonie, MM. Vuk et fils n’ont pas hésité à faire eux-mêmes des essais de fabrication dans les forêts des Etals-Unis.
- La production annuelle en Hongrie-Slavonie est d’environ 25,000 mètres cubes de bois fendus et sciés qui sont exportés en grande partie en Autriche, en Allemagne, en France, en Angleterre, en Italie, en Suisse, en Espagne et au Portugal.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- tregersen (/.) et fils, à Budapest.
- MM. Gregersen et fils exposent une série de modèles de parquets riches ainsi que des tonneaux. Ces messieurs sont de grands entrepreneurs de construction.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Ils possèdent deux usines et ateliers à Budapest, non seulement pour les travaux de menuiserie, charpenterie, installations de magasins, etc., mais aussi pour la fabrication des meubles, des parquets et pour la tonnellerie.
- Ils occupent en permanence 4oo ouvriers.
- Leur chiffre d’affaires atteint près de 2 millions de francs.
- Collaborateurs. — MM. Cseh, Tilly (Anton), médailles de bronze; M. Palkovitch (N.), mention honorable.
- Première société de commerce de radeaux, à Szâszrégen (Comitat de Maros-Torda).
- Cette Société expose des planches, lattes et bois de construction sciés, en épicéa et sapin.
- Elle possède deux scieries, l’une à Szâszrégen, l’autre à Pécska en Transsylvanie.
- Sa production annuelle est d’environ 60,000 mètres cubes de bois résineux, provenant soit de forêts qui lui appartiennent, soit de celles qu’elle a prises en fermage.
- Ses produits sont assemblés en radeaux et flottés sur la Theis et le Danube jusqu’aux ports de vente.
- M. Wolfner (S.), à Budapest.
- Cette maison produit surtout des bois de fente en chêne : douves allemandes et douelles françaises; ses produits accessoires sont : des traverses, poteaux télégraphiques, poteaux de mines, etc.
- Son exposition ne compte que des douves allemandes pour foudres, qui sont de toute beauté.
- Du reste celte maison existe depuis i852 et s’est fait une spécialité avec ce genre de production. Elle exploite en Hongrie, en Transsylvanie et en Slavonie; elle occupe pendant les travaux en forêt 500 à 800 ouvriers.
- Son chiffre d’affaires est de 760,000 à 85o,ooo francs.
- Elle exporte en Allemagne, en France, en Suisse et quelque peu en Italie et au Portugal.
- II. — CROATIE-SLAVONIE.
- GRAND PRIX.
- Exposition collective des communautés de Brod et de Gradiska.
- La communauté de Brod est propriétaire de Zi2,6o5 hectares de forêts ; leur valeur s’élève à 75 millions de francs.
- La communauté de Gradiska, Nova Gradiska, possède 33,5oo hectares de forêts; leur valeur est estimée à 16 millions de francs.
- Ces forêts renferment une partie des belles et précieuses chênaies de la Slavonie, qui alimentent les scieries construites dans la contrée, et dont les beaux produits, fort recherchés, sont exportés en Allemagne, en Angleterre, en France et en Suisse.
- Les deux communautés de Brod et de Gradiska ont contribué à l’édification du pavillon forestier hongrois, où elles ont exposé, dans l’aile gauche, une énorme pyramide de magnifiques douelles de
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 241
- chêne, des wainscots, des grumes non sciées et sciées, des photographies de forêts, des plans d’aménagement, ainsi qu’une collection de bourgeons des principales essences de leurs forêts.
- Collaborateurs. — Mi\I. Kestercanek (François) et de Niemcic (Edouard), médailles d’or; M. Herzl (Adolphe), médaille d’argent; M. Boellen, médaille de bronze; M. Brk-gaut (Martin), mention honorable.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Bacic (Antoine), à Drenovac, par Varasdin-Toplice (Crocdie).
- M. Bacic expose une collection de sciages de hêtre : tavoletti, testoni, frises brutes, etc. ; des planches et parquets de hêtre imprégnés à la vapeur.
- Les produit exposés proviennent de la scierie de M. Bacic, laquelle travaille principalement pour l’exportation. Les planchettes de hêtre sont destinées à l’emballage des fruits en Italie, en Sicile et en Grèce.
- MM. Funk et Heinricu , fabricants de cannes, à Karlovac.
- Cette maison expose des cannes, des manches de parapluies, des manches d’outils et autres objets travaillés sur bois brut.
- Son commerce de cannes est important.
- MM. Kramer (J. et H.), à Karlovac.
- Ces messieurs sont des fabricants de cannes ; ils en ont exposé une grande collection, principalement des bâtons dits congo.
- M. Pongratz ( Gustave de), à Agram.
- M. Pongratz expose une série de modèles de parquets préparés dans son usine d’Agram.
- Cette usine a été construite en 1878 par un groupe d’intéressés et achetée, en 1879, par M. Pongratz ; elle occupe une superficie de 2,5,000 mètres carrés et est raccordée avec la voie ferrée.
- Elle s’occupe spécialement de la fabrication et de la pose des parquets ordinaires ou de parquets riches (mosaïques).
- La production journalière est d’environ 600 mètres carrés de parquets.
- L’usine est actionnée par une machine à vapeur de i5o chevaux ; l’éclairage électrique est produit par une petite machine à vapeur de 1 2 chevaux.
- 100 à 120 ouvriers et ouvrières sont occupés pendant toute l’année par la maison, et, l’été, au moment de la pose des parquets, ho ou 5o poseurs de parquets sont encore employés.
- ITALIE.
- Le déboisement de l’Italie, commencé dès l’antiquité et poursuivi à travers les siècles, a réduit la superficie boisée à 4,093,000 hectares, soit un taux de boisement de 1 4 p. 100.
- Gn. IX. — Ci.. 50. 16
- lypnniEniE nationale.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Les forêts de l’Italie sont, en général, pauvres en bois d’œuvre. D’après une évaluation faite en 1886, elles n’en fourniraient annuellement que 1,3^4,000 mètres cubes. Leur principale production est le bois de feu et surtout le charbon de bois.
- 1888...
- ( Importations des bois............. 473,683
- | Exportations des bois............. 6 2,80 5
- Excédent des importations....... 410,878
- 1898....
- Importations........................... 487,960
- Exportations............................ 67,76
- Excédent des importations..... 420,198
- QUANTITÉS. VALEURS.
- tonnes. 473,683 62,805 francs. 31,646,810 3,778,875
- 410,878 27,867,935
- QUANTITÉS. VALEURS.
- tonnes. 487,960 67,762 francs. 35,262,298 4,i3o,7Ô2
- 420,198 3i,i3o,536
- L’excédent des importations de 1898 correspond à 700,000 mètres cubes de bois en partie débités.
- RÉCOMPENSES.
- MEDAILLES D’ARGENT.
- M. Bombassei (Joseph), à Auronzo (Cadore). M. Bombassei expose des bois de sapin et des tablettes harmoniques.
- MM. Cristoforis (de), Wüürer et Co, à Milan.
- Jusqu’en 1899, les bois de placage étaient presque exclusivement fournis en Italie par des maisons françaises.
- Souvent des noyers en grumes étaient achetés en Italie, tranchés en France et revendus sous forme de placage dans leur pays d’origine.
- Une société industrielle s’est formée à Milan, sous la raison sociale de Cristoforis, YVüiirer et C°, pour la production des bois de placage, pour le tranchage des bois et la fabrication des moulures.
- Les machines à trancher ont été fournies par les maisons P. Jametel, de Paris, et Plessis, de Vienne (Isère).
- L’usine pourra produire annuellement :
- I. 3 millions de feuilles de placage, dont deux tiers en bois de noyer et un tiers en autres essences.
- II. i,5oo,ooo mètres carrés, de bois tranchés en épaisseur.
- Les ouvriers occupés sont au nombre de 5o.
- C’est la première usine de tranchage qui soit construite en Italie.
- MM. Cristoforis, Wührer et C°, exposent 24 panneaux tranchés, en noyer, palissandre, acajou et autres essences.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 243
- M. Graber (Amédée), à Prato (Florence).
- M. Graber expose de la paille de sorgho et des balais confectionnés avec cette matière première. Importante maison.
- JAPON.
- La superficie du sol forestier et des lande*s de l’empire du Japon (le Hokkaido, les îles Riukiu et Formose non compris) est de i9,3o3,ooo hectares, ce qui, par rapport à la surface totale du pays, qui est de 38,596,000 hectares, représente un taux de boisement de 49 p. 100.
- 8,390,000 hectares appartiennent à l’Etat, 2,24o,ooo à la Couronne et 8,4oo,ooo aux communes, aux temples et aux particuliers.
- L’on y trouve des forêts de conifères, des forêts d’arbres feuillus et des forêts mélangées.
- Les principales essences qui composent les forêts sont :
- Parmi les conifères : crytomeria japonica, chamaecyparis obtusa, chamaecyparis pisifera, thuyopsis dolabrata, thuya japonica, sciadopitis verticillata, pinus densiflora, pinus Thunbergïi, pinus Koraiensis, picea hodoensis, picea Glehni, abies firma, abies sachalinensis, tsuga Sieboldi, lorreya nucifera, taxus baccata.
- Parmi les arbres à feuilles larges : les variétés du chêne (quercus), le Zelcowa acuma-nita, le camphrier (cinnamum camphora), le frêne (fraxinus Sieboldiana'j, Yaesculus tur-binata, le magniola hypleuca, le noyer (juglans Sieboldiana'j, le peuplier tremble (populus trémula), etc.
- Les conifères sont cultivés pour fournir des bois de charpente et de menuiserie ; le pinus Thunbergïi a de tout temps été planté en très grande quantité sur les bords de la mer; il pousse avec rapidité, et, comme puissance de résistance aux vents maritimes, il n’a pas d’égal parmi les autres essences du Japon.
- Le cryptomeria japonica et le chamaecyparis obtusa ont toujours été et sont encore aujourd’hui cultivés sur une grande échelle à cause de leurs usages dans la construction et l’ameublement.
- Les arbres à feuilles larges donnent des matériaux aux arts et à Tindnstrie, le bois à brûler et le bois à charbon.
- Le quercus serrata est particulièrement estimé comme bois à brûler et bois à charbon; on le trouve partout, et les forêts de cette essence sont aménagées en taillis.
- Le quercus grossesserrata croît en grande quantité dans les forêts de la province de Shinano ; l’on en tire les douves pour tonneaux à vin et à bière.
- Un tonneau de 2 mètres coûte 1 yen 5o argent, soit à 2 fr. 78 le yen, environ h francs.
- Un tonneau de 1 mètre vaut 55 sen = 1 fr. 5o environ.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- La moyenne du prix du bois, de 1885 à 1890, a été la suivante à Tôkiô :
- PRIX DU METRE CUBE.
- BOIS DE CONSTRUCTION.
- Pinus densiflora (bois de pin).....................
- Cryptomeria japonica (conifère)....................
- Chaemaecyparis obtusa (conifère)...................
- Zelkowa acuminata (bois feuillu teinte rouge de la famille des ormes)....................................
- BOIS À BRÛLER.
- Quercus serrala (chêne)............................
- Autres bois feuillus...............................
- yen. fr. c.
- 12 33 à 33,5o
- l5 4i,5o
- 32 88 à 89
- 42 116,5o
- 2 5,5o
- i,5o 4
- Le peuple japonais, par suite d’habitudes séculaires tenant à la situation physique et au climat du pays, fait une énorme consommation de bois, principalement pour la construction des habitations et pour le chauffage.
- Le développement extraordinaire de l’industrie est également cause d’une très grande demande de bois, de sorte que l’on estime la consommation annuelle à environ 55 millions de mètres cubes.
- Aussi, dans les circonstances actuelles, il ne paraît pas possible que la production ligneuse du Japon puisse satisfaire à cette énorme demande de bois.
- Déjà l’insuffisance des grands bois d’œuvre s’est fait sentir, et l’on a dû, dans ces dernières années, en importer une quantité notable du Canada et des Etats-Unis. Il est vrai de dire que le Japon a également fait des exportations de bois en Chine, en Corée et en d’autres pays.
- En 1897, les importations de bois se sont chiffrées par 1,250,826 francs et les exportations par 909,782 francs; excédent des importations 34i ,o44 francs.
- Le Japon produit également de magnifiques bambous; l’on trouve une quarantaine de variétés dans le pays :
- Une grande variété de bambusa pedmata, nana; arundinaria japonica, Simoni vanabilis, Hindsii, Narikira marmorea, phyllostachys Kumasasa, bambusoides, puberula et mitis.
- RÉCOMPENSES.
- GRAND PRIX.
- Direction des Forêts au Ministère de Y agriculture et du commerce, à Tôkiô.
- La Direction des Forêts du Japon a fait une exposition à la fois technique et scientifique, absolument d’après les règles en usage dans les écoles forestières de l’Europe occidentale.
- La collection exposée se compose de 120 espèces de bois, mais il paraît que l’on aurait pu augmenter la collection de moitié ; elle renferme des échantillons de bois forestiers qui croissent au Japon et qui
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 245
- fournissent les bois de charpente, de menuiserie et de tonnellerie, ainsi que les bois à brûler et le bois à charbon.
- Outre la collection d’échantillons de bois, la Direction des Forêts montre des plateaux sciés, des pièces équarries, une série de perches et troncs d’arbres des différents âges correspondant aux diverses périodes d’éclaircissement des forêts; un ouvrage en 88 planches en couleurs, reproduisant, d’après nature, les arbres du Japon avec leurs feuilles, fruits et graines; des sections de bois; des écorces; des dessins de plantes; un herbier des produits forestiers; des bambous, etc. Le tout très bien et scientifiquement présenté.
- Les plateaux sciés sont les suivants :
- Un plateau quercus gilva, de h mètres de long sur 1 mètre de large. Bois dur, recherché pour bois de lances et d’avirons.
- Un plateau ginlcgo biloba, de 1 m. 80 sur o m. 80. L’arbre ne croît pas spontanément dans les forêts, mais il existe partout dans les temples; dimensions : 16 mètres de haut, diamètre: 2 m. 5o. Le bois ressemble au peuplier, il est fin de grain.
- Un plateau zeltcowa acuminata, de 1 m. 80 sur 1 m. 10, et une pièce zelhowa acuminata, de 4 mètres sur 0 m. 3o. Ce bois est de la famille des ormes. Il pousse dans toutes les provinces. 11 est utilisé pour les boiseries, les meubles et dans la construction des navires ; sous le vernis il prend une très belle teinte rouge.
- Un plateau de chamaecyparis oblusa, de 1 m. 80 sur 0 m. 85. Bois de la famille des conifères; il sert à faire des boiseries, des battants de portes et des boîtes.
- Un plateau defraxinus Mandschurica, de 1 m. 80 sur o m. 85, provenant d’un arbre de Hokkaïdo ; c’est une variété de frêne. Le bois sert dans la construction des maisons et pour les boiseries.
- Un plateau de cinnamum camphora, de i m. 80 sur 1 m. o5, débité dans un tronc de c&mphrier originaire d’Idsù. Le bois sert à fabriquer des coffrets et des boîtes; il se paye très cher et devient rare.
- Un plateau melia japonica, de i m. 80 sur o m. 80, débité dans un arbre provenant des îles Oga-sawara (îles Bonin). Le bois est employé pour les parquets et les meubles.
- Un plateau de pinus Thunbergïï, tiré d’un tronc d’arbre de la province de Hiuga. Famille des conifères. Le bois est employé comme feuilles de parquets et pour les battants de portes.
- Un plateau de cryptomeria japonica, de 1 m. 10 de large, et des poutres. Famille des conifères. La grande largeur des planches, leur faible sensibilité aux influences hygrométriques et leur légèreté, les font rechercher pour en faire des battants de portes, des meubles et des boiseries et pour la fabrication des grandes cuves des brasseries de salcc (bière de riz).
- C’est d’une forêt de cryptomeria japonica, située daus l’arrondissement de Yosbino en Yamato, que la Direction des forêts a exposé une série de perches, brins et baliveaux provenant de coupes par éclaircies faites à 15, 20, 3o, ho et 5o ans.
- Elle a également exposé des douves façonnées dans le qucrcus grosseserrata, ainsi que des fibres, des cordages et des écorces à tan.
- La nomenclature des écorces à tan utilisées au Japon est la suivante :
- Ecorces de quercus acuta Thumb., de quercus phyllireoïdes A. Gr., de quercus dentata Thumb., de pasania glabra Oersl., de pasania cuspidala Oerst., de rosa rugosa Thumb., deplatycarya strobilacea S. et Z., de myrica rubra S. et Z.
- Toute cette exposition de la Direction des Forêts du Japon a été faite avec beaucoup de soin et de méthode.
- Collaborateurs. — MM. Schirasawa, inspecteur des forêts au Ministère de l’agriculture et du commerce, à Tôkiô, membre du Jury de la Classe 50 à l’Exposition de 1900 ; Maruyama Nobdmitsu, attaché au Ministère de l’agriculture et du commerce, médailles d’argent.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. ISagata (Daïsuké), à Hiôgo.
- Expose h 2 variétés de magnifiques bambous.
- Cette maison possède 6 usines et occupe 35o ouvriers.
- Elle exporte annuellement en Europe pour 5oo,ooo francs de bambous.
- MEXIQUE.
- Le domaine forestier du Mexique est très vaste. La plus grande partie des forets appartient à l’Etat, mais il n’en connaît pas la superficie: de même beaucoup de particuliers ignorent l’étendue de leurs propriétés boisées.
- Le Mexique étant un pays montagneux, avec un plateau central dont l’altitude varie entre 1,000 et 2,000 mètres, il s’ensuit trois zones climatériques principales, qui produisent des essences d’arbres différentes. Ces trois zones sont plutôt délimitées par les différences d’altitude que par la latitude ; elles sont classées comme suit :
- Région chaude, région tempérée, région froide.
- Dans la région chaude se trouvent les forêts tropicales, où abondent l’acajou, le cèdre, le bois de rose, le bois moucheté, utilisés dans Tébénisterie; le bois de Cam-pêche, du Brésil, le bois de Moral, employés dans la teinturerie et une multitude d’autres bois fins.
- La flore de la région tempérée est celle qui se trouve la mieux représentée dans les herbiers européens. C’est dans cette région que l’on rencontre les palmiers, les chênes, les fougères arborescentes, les liquidambars, les cactus, les mimosées, les agaves, etc.
- Dans la région froide, la végétation ressemble de plus en plus à celle de l’Europe; on y rencontre les chênes et les conifères.
- Le long des côtes, les forêts ont subi depuis longtemps des exploitations intensives, mais dans l’intérieur des terres, beaucoup de forêts sont encore intactes, faute de voies de transport.
- Du reste, actuellement, pour éviter un déboisement abusif, l’Etat a édicté des lois soumettant les exploitations à des règles fixes et a réservé des biens nationaux dans les grands territoires boisés. C’est ainsi que dans l’État de Chihuahua, 2,3oo,ooo hectares de bois ont été réservés, et dans celui de Chiapas, 200,000 hectares.
- Il n’est pas à prévoir une exportation de bois communs du Mexique; au contraire, jusqu’à ce jour il en a été importé. Ainsi, dans l’année fiscale 1896-1897, l’importation des bois d’œuvre a été de 2,200,000 francs et l’exportation de 22,000 francs.
- Par contre, l’acajou, le cèdre et les bois de teinture sont exportés très régulièrement et pour des sommes importantes.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 247
- Les ports d’exportations se trouvent à l’extrême Sud du Mexique, le long de la côte de Tabasco et de Veracruz. Les principaux sont:
- Laguna, Carmen, Frontera, Tabasco, Santa-Anna, Chiltepec, Tonala, Minatitlan, Tecolutha, etc.
- Il n’existe que peu de lignes, de navigation directe, entre ces ports et les pays d’Europe, de sorte que souvent les chargements de bois sont d’abord dirigés sur New-York pour être réexpédiés ensuite sur Liverpool, le Havre, Anvers et Hambourg.
- Le bois d’ébénisterie du Mexique le plus apprécié en Europe est l’acajou; il est d’une qualité supérieure à l’acajou d’Afrique qui lui fait pourtant une sérieuse concurrence, déterminée par le bas prix.
- Les variétés principales des bois de teinture que l’on exporte sont : le palo-moral, le brésil, le campêche.
- Le palo-moral contient deux principes colorants avec lesquels on fabrique du rouge et du vert. Il croît à l’état sylvestre dans les Etats de Guerrero, Michoacan etCampêcbe, le plus estimé est celui de l’ile de Carmen, Tuxpan et Tampico.
- On trouve le brésil en abondance dans les Etats de Caxaca, Chiapas, Guerrero et Yucatan, et le campêche dans les Etats de Veracruz et de Campêche.
- Ces bois constituent depuis longtemps une branche importante du commerce d’exportation.
- Voici la liste des principaux bois des forêts du Mexique :
- Bois de construction :
- Abeto (sapin, abies Douglassi); ahoehutl (taxodium micronatum); ayacahuile (pinus aya-cahuite), et quantités d’autres espèces de pins, cèdre blanc (cupressus Lindleyi); chênes divers, frêne, mezquites (prosopis julijlora), oyamel (sapin, abies religiosa); guayacan (Gojjîcinalisy, hêtre (c. mexicana); chijol (piseidia. erythrina); tepehuaje (lysiloma acapu-
- Bois d’ébénisterie :
- Balsamo (mirospermum Pereire); caoba (acajou, swietenia Mahogoni); capulin (prunus capuliy, cèdres divers (cedrela odorata); chicozopote (achras zapota); cuapinole (hymenea candaltanay, cuéramo (cardia tigridia); ébènes divers (briza ebenus, diospyros tetras-perma, etc.y, gateado (swietenia sp. ); noyers divers (Juglans regia, J. granatensis); palo maria (Achras sp.y, palo de rosa (tecoma multijloray, santal (pterocarpus santalinusy
- Bois durs :
- Palo de jîerro (mesuaferreay,palo mulato (xantoxylon clava herculesy, palo santo (guaya-tumsantumy, cabo de hacha; quiebra-hacha (guayatum arboreum); quebracho (copaifera tri-menefoliay, roble blanco (tecoma leucoxylon); tapinceran (briza violacea) ; tepehuajes divers (acacia acapulcensis).
- Bois tinctoriaux :
- Palo delBrazil (cæsalpinea echinata c. brasiliensis) ; campêche (hæmatoxylon campachia-num'j; moral (m. a,lba, m. nigra, etc.y, mangle (Bhizophora mangle); moradilla (maclura tinctoreay etc.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Les exportations des bois se chiffrent comme suit, en piastres mexicaines :
- piastres.
- 1887- 1888............ 1,752,000
- 1888- 1889............ 1,320,000
- 1889- 1890..-......... 1,739,000
- 1890- 1891........... 1,726,000
- 1891- 1892........... 1,676,000
- 1892- 1893........... 1,673,000
- Détail des bois exportés pendant l’exi
- piastres.
- 1893-1894 . . . 2,073,000
- 1894-1895 2.688,000
- 1895-1896 . . . 4,206,000
- 1896-1897 3,3i8,ooo
- 1897-1898 . . . . 3,597,000
- 1897-1898 :
- Bois ordinaires.
- Bois fin.........
- Bois de mûrier. Bois de palmier. Bois tinctoriaux,
- 726 piastres. 1,801,546 267,108 11,002 1,516,687
- Total. ,
- 3,597,069
- La piastre mexicaine, monnaie argent, a une valeur nominale de 5 fr. 35; mais en décembre 1900 elle ne vaut, sur les marchés européens, que 2 fr. o4 à 2 fr. o5.
- RÉCOMPENSES.
- GRANDS PRIX.
- Gouvernement de la République du Mexique.
- Le Jury a décerné un grand prix au Gouvernement de la République du Mexique en récompense du réel effort fait afin de présenter à l’Exposition universelle de 1900 à Paris, les essences forestières de toutes les forêts de ce grand pays.
- Toutes les provinces ont participé à cette exposition et envoyé de grandes quantités d’échantillons de bois. Malheureusement, à part une vingtaine de pièces découpées dans des troncs d’arbres de moyenne grosseur, tout le reste avait été pris dans des rondins de faible diamètre, de sorte que les échantillons exposés n’ont pu donner qu’une faible idée de la valeur et de la qualité des bois du Mexique.
- D’autant plus que beaucoup de personnes avait encore présente à la mémoire, la splendide exposition de ce pays en 1889, où il y avait eu profusion de grandes et belles pièces d’acajou et d’autres bois, qui ont si vivement intéressé, non seulement les gens de métier, mais tous les visiteurs.
- Collaborateur: M. le docteur Ramirez (José), membre de l’Institu^ médical national du Mexique, médaille d’or.
- Ministère de Fomento, à Mexico.
- Le Ministère de Fomento expose trente spécimens de bois classés scientifiquement avec un herbier correspondant.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 249
- Ces échantillons sont une faible partie d’une grande collection de bois constituée depuis longtemps déjà.
- Les principaux échantillons portent les noms suivants :
- Irema mieranlhaB. J., clethra me,ricana D. C., qucrcus, corclia alla rocm. T. Schult, inga, cono-carpus ereta L., populus fremenli Watson, Uquidambar styraciflura L., populus, quercus sartorii liebon, platanus lindeniana M. J. G., carpinus cordiniana Walt, quercus callophylla Ch. T. Schl., ostrya virgi-nica Wild; acacia, robinsonella discolor, persea hartivegi, lenoena.
- Il n’existe pas au Mexique un ministère s’occupant exclusivement des forêts; mais au Ministère de Fomento, de la colonisation et de l’industrie, il a été créé une section qui a pris le domaine forestier sous sa garde. Elle a mis un terme à la destruction irraisonnée des forêts et veille dorénavant au repeuplement, à l’aménagement et à la conservation des forêts existantes.
- Dans le but de faciliter le repeuplement des bois, et aussi pour encourager la population à s’y intéresser, le Ministère de Fomento a fait instituer par les autorités du pays, la célébration de fêtes périodiques durant lesquelles se font les plantations de diverses essences d’arbres selon le climat et la contrée. Cette pratique a déjà donné des résultats satisfaisants.
- Collaborateur. — M. Crespo y Martinez (Gilberto), médaille d’or.
- MÉDAILLES D’OR.
- Gouvernement de l’Etat de Colima.
- La collection de bois présentée comme appartenant au Gouvernement de Colima forme en réalité deux collections distinctes : l’une exposée par le gouvernement de Colima et l’autre par le gouverneur de cet État, M. Francisco Santa-Cruz.
- Le nom des principaux spécimens de ces deux collections sont les suivants :
- Caoba (acajou), encino Colorado (chêne), palo maria, rosa morada, espino blanco, ocote macho, nogal (noyer), granadillo obscuro, Tepemezquitc, balsamo, canelo, granadillo rojo, moralete, cedro, etc.
- Le Gouvernement de l’Etat de Colima expose aussi des écorces à tan et des plantes tannantes.
- Gouvernement de lEtat de Puebla.
- Le Gouvernement de l’État de Puebla avait envoyé 27à spécimens de bois, dont une partie seulement a été exposée.
- Les principales essences de cette collection sont :
- Le paolo de piedra, le 7noral (mûrier), l’eucalyptus, le quiebrahacha, Yhuesillo, le caoba blanco (acajou blanc), Y encino (chêne), le brasil, le chicozapote, le liquidambar, le paolo de cuero, le chijol, Yolmo (orme), lenaranjo (oranger), le nogal (noyer), le paolo amarillo, le capulincillo, le mezquile blanco, le caoba (acajou), le cédro Colorado (cèdre), le cyprès, le zapole prielo, etc.
- Compagnie de colonisation du Yucatan, à Progresso (Yucatan).
- Cette Compagnie a exposé une grande variété d’échantillons des essences forestières de l'État de Yucatan; elle s'est particulièrement distinguée en montrant aux visiteurs un énorme bloc d’acajou et un grand bloc de cèdre.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Parmi les différents bois exposés nous citerons comme les plus importants :
- Le caobn (acajou), le cedro (cèdre), le balchè, le morera (mûrier blanc), le guallo, le caracolillo, le sabaché, 1 e guiro, le chechen, le ramon, le zapotillo, le Icanacin, le zapote, le granadillo, le brasil, etc.
- M. Salazar Mauro, à Montemorelos (Nuevo-Leon),
- M. Salazar Maüro présente une très belle collection de bois d’ébénisterie et de construction provenant des forêts de la province de Nuevo-Leon.
- A citer parmi les échantillons ;
- L’acajou, le cèdre, le mezquite, le chêne, le noyer, le frêne, etc.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Bacon forbes et C‘e, à Ixcuintla, territoire de Tepie, hacienda de San Lorenzo.
- MM. Rarron Forbes et Cie, exposent une collection de bois parmi lesquels nous citons : Le cuafsinole, le zorillo, le caoba (acajou), le zeiba, le cedro (cèdre), etc.
- Gouvernement de l’Etat de Dürango.
- Dans la collection de bois exposée par I’État de Dürango, il s’en trouve un grand nombre qui conviennent pour les usages locaux et pour l’exportation.
- A mentionner :
- Le tamarindo (tamarinier), le colorin, Yhuizache, le pnlo de fierro (bois de fer), le guacima, le mora (mûrier), l’acacia, le mezquite, 1 epino, le pino pinon, le caoba (acajou), le nogal (noyer), le copal, le palo nulalo, Yoyamel (sapin), le tepehuaje, leguayacan, Yarbol del paraiso.
- Gouvernement de l’État de San Luis de Potosi.
- Le Gouvernement de l’Etat de San Lois de Potosi a présenté une collection de bois de construction, d’écorces tannantes et de laine végétale, autrement dite fibre de bois.
- Nous citerons :
- Vahuacate, Yalgodoncïllo (petit cotonnier), le palo brasil, le cedro (divers spécimens), le chuca, le capulin, le chijol (plusieurs échantillons), le cyprès, le durazno, Yevano (ébène), Yencino (chêne), le guyacan, le liquidambar, le mora (mûrier, plusieurs spécimens), le palo de rosa (bois de rose), le tepehuaje, le chicozapote, etc.
- Gouvernement de l’Etat de Sinaloa.
- La collection exposée par le Gouvernement de l’Etat de Sinaloa renferme, entre autres essences, des bois de :
- Mezquite, cedro (cèdre), guayacan (gaiac). Brasil (Rrésil), tepehuaje, guacima, mora (mûrier), evano (ébène), etc.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 251
- Gouvernement de l’Etat de Tabasco.
- Le Gouvernement de l’Etat de Tabasco a exposé différentes variétés de bois de construction, d’ébé-nisterie, ainsi que du charbon de bois.
- Parmi les essences les plus remarquables nous citerons :
- Le pimiento (pimienla ojjïcinalis Schl. ) ;
- Le tamarindo ( lamarinus indica L. ) ;
- Le zapote de agua (pachira aquatica ) ;
- Le chechen (hippomane mancinella) ;
- Le roble blanco (quercus urcus);
- Le mangle Colorado (rhizophora mangle);
- Le zapote negro (diospyros obtusifolia H. B. K.);
- Le cedro (cedrela odorata)\
- Le chicozapote (achros zapota, mill.);
- Le caoba (swietenia mahogni, acajou);
- Le macaijo ( andria racinosa Lam);
- Le mangle prieto (conocarpus erecta L.).
- Le Gouvernement de l’État de Tabasco expose également des écorces à tan et des plantes tannantes.
- M. Jacques ( Clémente ) et C‘% à Mexico.
- Fabrique de bouchons fondée à Mexico en 1887 Par MM. Pons, Gas et Cic, reprise en 1889 par MM. Jacques et Eyssantier.
- Depuis 1895, la raison sociale est :
- Jacques (Clémente) et Gio.
- Capital : 250,000 francs.
- Cette maison occupe une centaine d’ouvriers, dont une dizaine de femmes utilisées pour le triage des bouchons.
- Les bouchons sont fabriqués au moyen de machines françaises à bras, système Nové, et de machines américaines mues par la vapeur, système de couteaux emporte-pièces.
- La production journalière est de 180,000 à 200,000 bouchons, principalement destinés aux brasseries et aux fabriques de liqueurs de la République mexicaine.
- Les ventes mensuelles sont de 100,000 francs, avec tendance à une augmentation en raison du développement que prennent dans le pays les brasseries et les distilleries.
- NICARAGUA.
- MÉDAILLE D’OR.
- Société Santa Térésa, à Santa Térésa.
- La Société Santa Térésa expose des extraits tinctoriaux en caisse. Importante maison.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- NORVÈGE.
- La Norvège possède une superficie boisée de 6,820,000 hectares, soit une proportion de 21 p. 100 par rapport à Téter.duc totale du pays qui est de 32,296,800 hectares.
- Mais les 6,820,000 hectares de forêts nepeuvent pas, à beaucoup près, être considérés comme complètement boisés. Sur de grandes étendues montagneuses ou marécageuses les bois sont très clairsemés.
- Les essences principales des forêls de la Norvège, jusqu’à une altitude de 800 mètres à 1,000 mètres sont le pin sylvestre et le sapin rouge, mais le pin y domine. Partout, entre les arbres résineux, on trouve des échantillons de bouleau, de sorbier et de tremble.
- Dans les parties basses, c’est-à-dire jusqu’à 5oo mètres au-dessus du niveau de la mer, on rencontre, disséminés dans les forêts, le chêne, le frêne, le tilleul, le platane, l’orme et le bouleau des plaines.
- La quantité des bois provenant des coupes annuelles est évaluée à 9,7/10,000 mètres cubes, soit 1 m. c. 43o par hectare boisé, dont le cinquième environ est exporté, le reste est consommé dans le pays.
- Dans les quinze préfectures du Sud, la croissance moyenne des arbres est de 1 m. c. A5o par hectare, et l’abatage annuel de 1 m. c. 5 20; il en résulte donc qu’en général l’exploitation des forêts est plus grande que l’accroissement annuel. Dans les trois préfectures du Nord, les proportions sont les mêmes.
- Les trois quarts de l’étendue forestière sont en bois résineux et un quart en essences foliacées.
- Le sapin norvégien contient peu de résine, il est, par suite, préférable à tout autre pour la fabrication de la pâte de bois, soit chimique, soit mécanique. Cette industrie prend d’ailleurs un développement tel que, sur plusieurs points, elle menace de détruire des forêts entières.
- En 1875, les exportations de la pâte de bois ne s’élevaient qu’à 8,5oo tonnes, valant 9/1/1,000 francs; en 1888, elles atteignaient déjà 162,A55 tonnes, valant 1 2,738,000 francs: enfin en 1898, elles se sont avancées à 315,27/1 tonnes, valant 2/i,o5o,ooo francs.
- On peut évaluer à 1,4 00,000 mètres cubes la quantité de bois en grume qui a dû être employée pour produire la pâte exportée en 1898,
- EXPORTATIONS DE LA PATE DE BOIS EN
- 97
- Pâte de bois.
- Mécanique. . . Chimique.. ..
- 1897. 1898.
- kilogr. kilogr.
- Humide.. . 2 19,439,560 235,o3i,ooo
- Sèche. . . . 13,401,890 12,985,970
- Humide.. . 5,599,230 6,918,620
- Sèche. . .. 63,oi8,i3o 60,338,160
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 253
- IMPORTATIONS ET EXPORTATIONS DES BOIS À CONSTRUIRE EN 1 8 88 ET 1 898.
- QUANTITÉS. VALEURS.
- mètres cubes. francs.
- Importations 2g3,5oo 6,247,933
- Exportations 1,802,837 43,469,579
- Excédent des exportations.... 1,509,337 37,221,646
- QUANTITÉS. VALEURS.
- mètres cubes. francs.
- Importations 369,000 7,966,296
- Exportations 1,848,882 54,678,723
- Excédent des exportations.... 1,479,882 46,712,427
- RÉCOMPENSES.
- MÉDAILLES D’OR.
- MM. Hagen (L. H. ) et 0e, à Christiania.
- MM. Hagen (L. H.) et C!o exposent des patins à neige ou raquettes appelés skis, de différentes espèces, un traineau à bras, ainsi que des objets pour sport d’une fabrication remarquable.
- C’est la plus importante maison de la Norvège pour la fabrication de ces articles; ses produits sont connus et exportés dans le monde entier.
- MM. Nielsen (Anth. B.) et 0% à Fredriksstad.
- La maison Nielsen a exposé une pyramide de belles douelles d’épicea pour les barils de toutes sortes, spécialement pour l’emballage du ciment.
- Ces douelles sont fabriquées mécaniquement par des machines de l’invention de la maison Nielsen et sont exportées par grandes quantités dans tous les pays : en France, en Angleterre, dans l’Afrique du Sud, en Australie et dans l’Amérique du Sud. C’est une importante maison qui existe depuis 1879.
- Elle occupe 4oo ouvriers et traite un chiffre d’affaires de i,5oo,ooo francs par an.
- PAYS-BAS.
- MÉDAILLE D’OR.
- Société anonyme Van Siebergeis’s Lederfabrik, à Rijenprès Breda.
- La Société Van Siebergen’s Lederfabrik expose des matières tannantes : bois de québracho en tronçons, moulu, en moutures, poudre douce, en copeaux, etc.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Des écorces de chêne moulues ;
- Différentes autres matières tannantes en grains et moulues ;
- Du lactol;
- Des échantillons de cuirs tannés au québracho combiné au lactol.
- La Société a spécialement attiré l’attention du Jury sur son nouveau produit, appelé lactol, qui est un produit d’origine organique, utilisé dans la fabrication des cuirs forts pour semelles. Elle dit obtenir, par l’emploi du lactol, un cuir qui, tout en étant tanné beaucoup plus rapidement, possède les mêmes qualités que celui tanné à l’écorce de chêne, avec un prix de revient réduit de moitié.
- La Société fait encore remarquer sa mouture absolument nouvelle du bois de québracho et celle des écorces de chêne, dite tabac turc.
- Elle emploie annuellement 1,200,000 kilogrammes de bois de québracho, 25o wagons d’écorces de chêne de France et des écorces de chêne dites de la Baronnie (Brabant septentrional, Pays-Bas).
- Les autres matières tannantes utilisées sont : la garonille, provenant d’Oran; le chêne vert, provenance Alger; la vallonée, provenance Smyrne, les mirobalans, provenance Bombay et le mimosa, provenance Adélaïde (Australie méridionale).
- Dans son usine de Rijen, elle dispose d’une machine à vapeur de 120 chevaux et occupe 80 ouvriers.
- Son chiffre d’affaires annuel est de i,5oo,ooo francs.
- PÉROU.
- MÉDAILLES D’OR.
- Institut technique et industriel du Pérou, à Lima.
- L'Institut technique et industriel du Pérou expose une collection, bien présentée, de ko espèces de bois provenant des montagnes de Sandia et de Garabaya.
- Les échantillons se composent de découpes de troncs d’arbres sectionnés et vernis. Les bois les plus intéressants sont :
- Le noyer, l’arbre du Pérou, le vivova, le bois de cèdre, le mora, etc.
- Mariano Vargas, à Convencion (Cuzco).
- Expose une excellente collection comprenant 16 variétés de bois de construction et d’ébénisterie de la province de Cuzco.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 255
- PORTUGAL.
- LE BOIS ET LE LIÈGE.
- I. — LE BOIS.
- La surface boisée du Portugal ne paraît pas dépasser 5oo,ooo hectares, dont la plupart appartient à des particuliers, aux municipalités et aux communes; l’État ne possède guère que 16,000 a 17,000 hectares.
- La distribution des essences qui forment les principaux peuplements forestiers du Portugal est la suivante :
- Au Sud, le chêne-liège et le chêne vert, le châtaignier et le chêne portugais;
- Au Nord, du côté du levant, le chêne pédonculé, le chêne tauzin, le chêne portugais et le châtaignier;
- A l’Ouest, le long de la côte, le pin maritime (pinus pinaster);
- Dans les vallées du Tage et du Sado, le pin parasol (pinus pinea).
- Le pin maritime est le plus utilisé; il fournit annuellement aux chemins de fer portugais 25,700 mètres cubes de traverses, 10,000 poteaux télégraphiques, et 37,000 mètres cubes d’étais de mines exportés annuellement en Angleterre.
- Après le pin maritime, le chêne pédonculé est le plus employé comme bois d’œuvre.
- En dehors des pins, des chênes et des châtaigniers, il faut mentionner comme bois existant isolément ou par groupes d’arbres :
- L’orme, le frêne, le micocoulier, le merisier, l’if commun; les 'arbres de la famille des salicinées, saule et peuplier, qui alimentent les industries de la vannerie et de la fabrication des cure-dents. Cette fabrication mérite une mention spéciale, attendu quelle livre annuellement au commerce d’exportation environ 66,000 kilogrammes de cure-dents, pour une somme de g3A,ooo francs.
- Exception faite du pin maritime, le Portugal ne possède pas de vraies futaies pouvant livrer des bois d’œuvre de belles dimensions, satisfaire la menuiserie et fournir les bois nécessaires à la tonnellerie.
- Aussi l’importation annuelle des bois se chiffre-t-elle en moyenne par 7,020,000 fr. et l’exportation (en bois de pin maritime), par 58o,ooo francs, soit un excédent d’importation de 6,AA0,000 francs, dont 2,900,000 francs en bois de construction, 56A,ooo francs en bois de menuiserie et 3^71,288 francs en douves pour la tonnellerie.
- Les bois importés sont les suivants •
- Pour la construction: Le pin de Riga, qui vient du nord de l’Europe; le spruce, le red-pine, le pitch-pine, qui viennent de l’Amérique du Nord.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTEBNATIONALE DE 1900.
- Pour la menuiserie :
- Le bois jaune du Brésil: persea inclica, sprenz, le mogno (acajou), swietenia mahagoni, l’ébène (dyospiros ebenum, L.), le palissandre (dalbergia nigra et dalbergia sisso), le manguier (mangifera indica), qui viennent principalement du Brésil.
- Le teck (tectona grandis, L.), le noyer (jugions nigra), qui viennent des colonies portugaises ou d’Amérique.
- Pour la tonnellerie :
- Le chêne, qui vient presque exclusivement d’Amérique, sous forme de douves toutes préparées.
- II. — LE LIÈGE.
- De tous les pays qui cultivent le chêne-liège (quercus suber), le Portugal est Tun des plus importants.
- D’après des données officielles, la production annuelle du liège à l’état sec serait d’environ 5 o millions de kilogrammes fournis par 210,000 hectares de forêts de chêne-liège.
- Ces 210,000 hectares se répartissent comme suit :
- District de Faro. ........................... .... ............... 19,000 hectares.
- District de Béja...................................................... 59,000
- District d’Evora...................................................... 76,000
- District de Portalegre..................................... .... 36,000
- Dans le reste du pays, principalement dans les districts de Lisbonne,
- Santarem et Castelio Branco ....................................... 20,000
- Total............................... 210,000
- Les forêts de chêne-liège sont presque toutes la propriété de particuliers, qui en exploitent le liège pour leur propre compte ou bien les afferment pour une période de 20 à ho ans.
- Les lièges les plus appréciés proviennent de Béja, Evora et Portalegre. Le véritable habitat du chêne-liège est toute la région au sud du Tage, où il constitue parfois de vastes peuplements homogènes.
- Outre le liège fourni par le quercus suber, le gland de l’arbre fait l’objet d’un grand commerce pour l’engrais des porcs. On estime que 3oo,ooo porcs sont engraissés chaque année avec les glands du chêne-liège et du chêne yeuse. La récolte annuelle de ces glands est évaluée à i63,5oo,ooo kilogrammes.
- La formation du liège est due à un développement anormal de la couche cellulaire de l’écorce, mais le liège naturel, celui qui n’a pas encore été exploité, est tout à fait impropre aux usages pour lesquels cette substance est recherchée et il est tellement ligneux et compact qu’il ne flotte pas. Ce liège primitif, sauvage, se nomme le liège
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 257
- male. Pour obtenir un liège de bonne qualité, il faut enlever à l’arbre ce liège male; ce n’est qu’à la suite de cette première opération que les formations nouvelles fournissent le liège du commerce ou liège de reproduction appelé liège femelle.
- Le démasclage, c’est-à-dire l’enlèvement de la première couche subéreuse, commence entre la quinzième et la vingtième année.
- Les levées se font du ier juin au 3o août.
- Les récoltes ont lieu tous les neuf ou dix ans, espace de temps nécessaire pour que l’écorce subéreuse atteigne l’épaisseur voulue pour livrer au commerce des bouchons de 10 lignes (o m. 02 2 5).
- Les levées ne se font jamais sur l’arbre tout entier, soit pour ne pas trop l’affaiblir d’un seul coup, soit parce que le liège des branches ne se forme pas aussi rapidement que celui du tronc.
- La récolte faite, on empile le liège en opérant un premier classement, afin de mettre de côté le liège mâle et le rebut qui sont vendus à bas prix et qui ne trouvent leur emploi que dans la fabrication des articles de pêche, des meubles rustiques et dans celle des toiles cirées, tapis, linoléum, etc.
- Le liège de bonne qualité, une fois empilé, est quelquefois vendu en bloc, mais le plus souvent il est transporté dans les fabriques où il est soumis à un nouveau triage et classé par qualité.
- L’unité de vente adoptée est une balle de liège appelée arroba pesant 15 kilogrammes.
- Lorsque le liège se trouve dans la fabrique classé par qualité, il est taillé en bandes et bouilli dans des chaudières, afin d’augmenter son volume, de le rendre plus élastique et maniable.
- Après avoir été bouilli, on enlève du liège, au moyen d’un couteau triangulaire, sa couche externe plus ligneuse; c’est ce que Ton appelle le raclage.
- Les planches de liège sont ensuite parées aux extrémités au moyen d’un couteau à lame courbe et classées par qualités, suivant le grain plus ou moins serré qu’elles présentent et par épaisseurs :
- î0 De î o lignes = o m. 02256;
- 2° De î o lignes à î 5 lignes de 0,02 2 56 à 0,033827 ;
- 3° De i5 à 20 lignes de 0,033827 à o,oà5i20.
- Après le classement par épaisseurs, elles sont mises dans des caisses de 1 m. bo X 0,82 x 0,60, où on les comprime et oii on les corde pour en former des balles de 60 à 70 kilogrammes que Ton exporte sous la dénomination de lièges préparés en planches.
- Lorsqu’on veut fabriquer des bouchons, les planches sont bouillies à nouveau et taillées par bandes de la largeur des bouchons à obtenir. Les bandes sont ensuite découpées en carrés de différentes dimensions, suivant que Ton désire produire des bouchons pour bouteilles, demi-bouteilles ou quarts de bouteilles.
- Gn. IX. -- Cl. 50.
- tUPftlltfilUfi NATIONALE,
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- De la production annuelle du liège :
- 11 millions de kilogrammes sont utilisés pour les besoins du pays et 3 9 millions
- de kilogrammes sont exportés.
- La répartition est la suivante :
- kilogr.
- Débris et déchets............ 7,919,000
- Poudre de liège................ 116,100
- Planches préparées.......... 27,662,800
- Carrés.................... . 278,200
- Liège brut. ............ 12 6, 6 o 0
- kilogr.
- Liège vierge..................... £26,000
- Liège non spécifié............... 11,600
- Bouchons....................... 2,817,600
- Total............... 39,353,900
- Il ressort de ce tableau que l’exportation du liège en planches est la plus importante, alors que celle du liège complètement ouvré est minime. L’exportation des bouchons fabriqués tend surtout à diminuer. La cause en est aux droits de douane que beaucoup de pays, l’Angleterre, la Suède et la Norvège exceptées, ont établi sur les lièges ouvrés. Ces droits sont les suivants par 100 kilogrammes :
- Allemagne (marks.) 65 Italie . . . .(lires.) i5
- Autriche . . . (couronnes.) 26 Russie .(roubles.) 13,89
- Danemark . . .(couronnes.) 6,12 Suisse . .(francs.) 5
- France (pour le bouchon de 5o millimètres ) (francs.) 27 Etats-Unis Mexique . .(dollars.) 22 ...(pesos.) 5o
- France (pour le bouchon de moins de 5o millimètres). . . (francs.) 20 Angleterre, Norvège, Suède, exemption complète de tout droit d’entrée.
- La douane portugaise perçoit des droits de sortie :
- Sur les lièges en planches ou en carrés, 100 reis pour i5 kilogrammes, ou 2 fr. 86 par 100 kilogrammes;
- Sur les lièges bruts: 3o reis pour i5 kilogrammes, ou 0 fr. 86 par 100 kilogrammes.
- Les bouchons ne payent pas de droits de sortie.
- Les principaux pays acheteurs des lièges du Portugal sont l’Allemagne, la Belgique, les Etats-Unis, la France, le Brésil et surtout l’Angleterre.
- La valeur du liège exporté annuellement, de i8q5 à 1899, a été en moyenne de 3,671,736,000 reis, ou 1 5,788,665 francs, se décomposant comme suit:
- reis. flancs.
- Bouchons .. . . 760,787,000 3,185,386
- Liège en planches . . . . 2,571,589,000 1 i,o57,833
- Liège brut .... 7,609,000 3i,859
- Carrés de lièges .... 238,779,000 1,026,750
- Liège non spécifié .... i,325,ooo 5,697
- Liège vierge .... 9,725,000 61,817
- Débris et déchets .... 99,952,000 629,796
- Sciure de liège .... 2,170,000 9*331
- Totaux 3,671,736,000 15,788,£65
- 1 00 reis valent 0 fr. 62979.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 259
- RÉCOMPENSES.
- GRANDS PRIX.
- S. A. R. le duc de Bragança, à Montemor O-Novo.
- Gi andes exploitations de forêts de liège et importante production de lièges vendus à l’état brut en forêt (environ 3oo,ooo kilogrammes par an).
- Son Altesse Royale est un des plus grands propriétaires ruraux de la province d’Alem-Tejo.
- A exposé de très beaux spécimens de lièges en planches, qui le placent au premier rang des producteurs.
- MM. Hérold (0.) y Ca, à Lisbonne.
- Très belle exposition de lièges en balles, de bouchons et de poudre de liège.
- Maison fondée en 1791 ; une des plus importantes du Portugal.
- Production annuelle, 10,000 balles de liège dont 2 millions de francs de bouchons.
- Exportation annuelle : 6 millions de kilogrammes d’une valeur de 3,5oo,ooo francs.
- Les déchets sont exportés en Angleterre pour la fabrication du linoléum.
- Collaborateurs. — MM. Lucio (Francisco), Montes (Firminos), Moràes (Francisco José), Pereira (Claudino), Rocha (Yacintho), Vieira (José Maria), mentions honorables.
- Institut agronomique et vétérinaire, h Lisbonne.
- L’Institut agronomique et vétérinaire est une école fondée en i85a. Elle a pour objet de fournir l’enseignement supérieur agricole aux personnes se destinant aux services de l’agriculture dans l’administration de l’Etat et à celles qui aspirent à diriger de grandes exploitations rurales.
- Les cours suivants y sont professés :
- Cours d’agronomie, cours de sylviculture, cours de médecine vétérinaire, subdivisés eu 17 chaires dont la septième chaire s’occupe de l’arboriculture, de la viticulture et de la sylviculture.
- Le matériel d’enseignement comprend entre autres une collection de hoo échantillons de bois du Portugal, de l’ile de Madère, des îles du Cap-Vert, de Saint-Thomé (Afrique) et de Pile de Timor (Océanie). C’est une collection d’étude fort bien cataloguée que l’Institut agronomique et vétérinaire a envoyée à l’Exposition universelle de 1900, et pour laquelle le Jury a voté un grand prix.
- Le représentant du Portugal dans le Jury de la Classe 50, M. D. Luis Filippe de Castro, ancien et distingué élève de l’Institut agronomique, vient de publier, en collaboration avec M. B.-C. Cin-cinnato de Costa, Thistorique très complet de cette école supérieure et de son fonctionnement.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- MÉDAILLES D’OR.
- Coup a nui a das Lezirias do Tejo e Sado, à Lisbonne.
- Cette Société exploite dans ses propriétés, sur les rives et dans les sables du Tage, des forêts de liège dont elle fait annuellement un débit de 4oo,ooo kilogrammes.
- Collaborateur. — M. Marques , médaille d’argent.
- M. le vicomte de Corvcue, à Lisbonne.
- M. de Coruche expose deux canons de liège formés de l’écorce enlevée en bloc de deux arbres de, 65 et 55 ans; une panoplie disposée avec goût de tous les outils employés pour le démasclage des lièges en planches et des bouchons.
- C’est un grand propriétaire qui s’occupe avec activité de son exploitation de liège et qui ne néglige aucun des progrès susceptibles c’e l’améliorer.
- Collaborateurs.— MM. Grenua (Manuel), Paixao (Joaquim), médailles d’argent.
- M. da Costa (Antonio Marlinlio), à San Miguel do Rio Torto (District de Santarem). Expose une collection de bouchons de liège et des lièges en planches.
- Celle maison produit annuellement i5 millions de bouchons quelle vend o fr. 4o à 6 francs les i44 pièces, et 16,000 kilogrammes de liège en balles (fardos), dont les prix varient entre 3 francs et 26 francs les 100 kilogrammes.
- Collaborateurs. — MM. Berrenha (José), Gil (Francisco), Oliveira (José), Rosa (Manoel), Ventura (Manoel), mentions honorables.
- M. Fragoso (Francisco Eduardo de Baharona), à Evora (Sud du Portugal).
- M. Fragoso, qui produit chaque année 1 million de kilogrammes de liège, expose des lièges eu planches provenant de ses grandes propriétés.
- Collaborateur. — M. Arel, médaille d’argent.
- M. Meneres (Clemenle), à Villa Nova de Gaya.
- Celte importante maison, fondée en 1871, traite un gros chiffre d’affaires; elle expose G halles de lièges en planches, montraut ainsi de beaux échantillons de sa fabrication.
- Collaborateurs. — MM. Avelino (Antonio), Lopez(A.), Osorio (Marcos), mentions honorables.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 261
- MM. Quintella cl Franco, à Lisbonne.
- Cette maison, qui exporte annuellement pour 5oo,ooo francs de bouchons, emploie 5o ouvriers aux machines pour celte fabrication.
- Elle expose des lièges en planches et un très grand tableau avec 5o catégories de bouchons.
- Collaborateurs.— MM. Dias (Januario), Gomos (César), Moura (Joaquitn), mentions honorables.
- SoCIEDADE NACIONAL DE CORTICAS, à Lisbonne.
- Cette importante maison, fondée en 1897, et qui occupe une centaine d’ouvriers, achète le liège brut aux petits propriétaires et le prépare ensuite pour la vente; son débit s’élève à 3 millions de kilogrammes par an.
- bile expose différentes sortes de bouchons et des lièges en planches, bouillis, raclés et visés.
- Collaborateurs.— MM. Garcia (Antonio), Praça (Antonio), Praca (Torquato), Silva (Francisco Antonio), Teixetra (Joao), mentions honorables.
- MM. Villarinho et Sorrinho, à Siivés.
- MM. Villarixiio et Sobrinho, qui exposent 20 balles de liège en planches et une collection de bouchons, sont de grands industriels à la tête d’une ancienne et importante maison; ils produisent chaque année 3o,ooo balles de liège de 75 kilogrammes et 7,000 sacs de bouchons.
- Collaborateurs.— MM. Jacintho (Antonio), Porteiro (Eugenio), Sampaio (Antonio), Sampaio (José), mentions honorables.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. B arrosa y Ca, à Massarellos, Caes Novo, k 9.
- MM. Baubosa et Cic exposent des bouchons et une série de petites balles de lièges de diverses épaisseurs.
- Cette maison, fondée en 1867, occupe 100 ouvriers et produit 5,000 à 6,000 quintaux de liège par an; elle en exporte pour i5o,ooo francs.
- il/. Esperança (Antonio-Antunes), à Portalegre.
- Ancienne maison qui fabrique 3o millions de bouchons par an et débile du liège en planches qu’elle vend 1 franc le kilogramme.
- Expose des lièges en planches et des bouchons.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- M. Fernandes [Antonio), à Coimbra.
- La maison Fernandez expose des cure-dents faits en bois de peuplier et de saule. Cette fabrication, qui constilue une importante industrie domestique, est faite parles paysannes qui travaillent chez elles.
- On exporte des quantités considérables de ces cure-dents en Afrique et dans les deux Amériques.
- M. Foz (Marquis da), Praça dos Restaura dores, 28, à Lisbonne.
- M.Ie marquis da Foz,propriétaire de forêts de lièges, produit annuellement 3oo,ooo kilogrammes de liège, qu’il vend 5 francs les i5 kilogrammes.
- M. Johnston [J. Spratley), rua do Triumphe, 92,0 Porto.
- Maison ancienne pour la fabrication des bouchons. Elle en expose un grand nombre de variétés. Collaborateurs. — MM. Alvez (Luiz), Alvez (Luiz) junior, mentions honorables.
- M. Laverré (Augusto), à Marinha Grande.
- Cette maison, fondée en 1893, pour distiller les résines, expose des essences de térébenthine, de goudron végétal et médicinal, de sève de pin maritime et de la colophane.
- Sa production de 800 tonnes environ est vendue dans le pays.
- M. Martins (José Augusto da Silva), à Abrantes. M. Martins expose des charbons de bois faits dans ses propriétés.
- M. Miguel ( José da Fonseca), à Chella (Penacova).
- La maison Miguel, comme la maison Fernandez citée plus haut, exporte de grandes quantités de cure-dents en bois de peuplier et de saule.
- COLONIES PORTUGAISES.
- GRAND PRIX.
- Inspection générale de la Section portugaise.
- L’Inspection générale de la Section portugaise est une exposition collective qui comprend : La Commission provinciale du Cap-Vert, île de Santiago (Cap-Vert) [Atlantique].
- La Commission provinciale de la Guinée portugaise, à Eoloma (Afrique occidentale).
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 263
- La Commission provinciale d’Angola à Loanda (Angola) [Afrique occidentale].
- La Commission provinciale de l’Ile de San Thomé, à San Thomé (Golfe de Guinée).
- La Commission provinicale de Mozambique, à Mozambique (Afrique orientale).
- La Commission provinciale de l’Inde, à Goa (Indes portugaises).
- La Commission provinciale de Macao à Macao (Chine).
- La Commission provinciale de l’Ile de Timor, à Dilly-Timor (îles de la Sonde).
- Ces colonies ont exposé des collections comprenant plusieurs centaines d’échantillons de bois de toutes sortes. Une grande partie de ces essences conviendrait soit à la construction, soit à la menuiserie ou à l’ébénisterie.
- La colonie d’Angola, dont les plantes à caoutchouc constituent la richesse, dispose aussi d’importantes ressources forestières. A mentionner principalement :
- L'acajou (anacardium occidentale).
- Le mangue ou paco do Golungo Alto (corynanthe paniculata Webro), joli bois blanc très tenace, employé pour les constructions, la menuiserie, et les ouvrages tournés.
- Le lacula ou hula (ptérocarpus linctorius Webro), bois rouge, très dur, employé en menuiserie.
- Le mucamba-camba amoréia (chlorophora excelsa Benlh et Ilook), qui fournit un excellent bois pour la construction et la menuiserie.
- Le mufufutu (acacia angolensis Webro), dont le bois est blanc à la périphérie et mélangé au cœur; il est pour cette particularité très apprécié des menuisiers.
- Le dendo (diospyros mespiliformis); ce bois de la famille des Ebenacés est blanc à la périphérie et rayé de noir au centre. Son grain très fin et très serré, le fait rechercher pour les travaux d’ébé-nisterie.
- L'unday ou n-daij mulabi, mozala ou saie (gardénia Jovis-tonanlis Hiern). Son grain est très fin et très serré ce qui le rend propre aux travaux de menuiserie.
- Le quibaba cababa ou qu-ibabaquina (swietenia angolensis Webro Rhaya anthotheca, D. G.). La teinte originale de ce bois, sa facilité de polissage et de vernissage, sa grande dureté et particulièrement son beau coloris sont très estimés par la menuiserie et l’ébénisterie,
- Le calanza, lacula falsa, pan lacula ou quibilibili (cynometra laxifolia). Le grain de ce bois est fin et serré; le cerne est parsemé de traces rouges qui s’accentuent avec l’âge. 11 est très facile à polir
- Le bombolo (melia bombolo Webro) est un bois très léger et tenace et bon pour tout ouvrage.
- Le mutala meïiha (lonchrocarpus febrigurn Spach). Dans l’eau ce bois présente une résistance énorme.
- Le mueia (lerminalia sericea Burch. var. angolensis Webro); bois jaune très dur, excellent pour la menuiserie.
- Les bois principaux de l’ile de San Thomé sont:
- Le figueira brava (hemilobium ficifolium), bois de construction très bon pour la menuiserie.
- L'azeitona (sideroxylon densijlorurn Baker), ce bois présente une grande résistance dans l’eau douce.
- Le marapiâo (zanthoxylon rubescens Planch), joli bois de menuiserie dont on fait d’excellents mâts de navire.
- L'oba (irvingia gabonensis H. Bn.), fournit un bon bois de charpente. Les graines comestibles de l’oba privées de leur endocarpe renferment de 48 à 70 p. 100 de corps gras qui pourraient être employés dans l’industrie des savons.
- Le macambrara (crateriospermum Hiern), bois très dur d’un blanc jaunâtre, bon pour la menuiserie et le tournage.
- Le cavolé ou cabolé (anisophyllea caholé Henriques), bois de menuiserie, léger et facile à travailler.
- Le jaca bois précieux pour l’ébénisterie.
- La Commission provinciale de San Thomé a également exposé divers échantillons de gommes. La
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- production des gommes est encore peu considérable dans l’ile, mais la culture des arbres qui les fournissent pourra devenir une grande ressource dans un avenir très prochain
- Les principaux bois de l’Inde portugaise sont les suivants :
- Le s iss 6 (dalbergia sisso Roxb), le plus riche bois des forêts portugaises de l’Asie, excellent pour l’ébénisterie.
- Le sissam sisso (dalbergia latifolia), bois (l’ébénisterie très dur.
- h'anzon (memeæylon linctorium), bois de construction.
- Le babol(acacia arabica), bois de construction.
- Le biboy (semccarpus anacardium), joli bois de menuiserie.
- Le dabon (grcwia elastica), bois de construction et de charpente.
- Le sailo ou teca (teclona grandis L.), un des plus jolis bois de l’Inde pour les construction terrestres et navales.
- Le cambio (carexa arborica), une des plus riches essences de l’Inde, bois très résistant, bon à tous les usages.
- Les autres colonies portugaises ont également de nombreux échantillons de bois, mais la nomenclature des essences nous fait défaut.
- Toute l’exposition de ces bois portugais a été fort bien installée dans le pavillon spécial des colonies portugaises au Trocadéro par M. Antono Lobo de Almada Negreiros, membre de l’Académie royale des sciences de Lisbonne et membre du Jury de la Classe 39 à l’Exposition universelle de 1900.
- Collaborateurs. — M. da Cunha e Silva, médaille d’or; MAI. le docteur Gesario de la Cerda, représentant du Cap-Vert, Alvaro Herculan da Cunha , représentant de la Guinée portugaise, Gomez da Souza, représentant d’Angola, le conseiller Alvaro da Costa Ferreira, représentant de Mozambique,le colonel Joaquim José Machado, représentant de l’Inde portugaise, le colonel Rodriguez Galhardo, représentant de Macao, Celestino da Silva, représentant de Timor, médailles d’argent.
- RÉPUBLIQUE SUD-AFRICAINE.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- République Sud-Africaine , Prétoria.
- La République Sud-Africaine a peu de forêts; elle expose pourtant 120 échantillons de bois indigènes, plus intéressants au point de vue scientifique qu’au point de vue commercial.
- Elle importe chaque année d’assez grandes quantités de bois communs venant de Suède, de l’Amérique du Nord et de l’Australie.
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- ROUMANIE.
- L’étendue du domaine forestier est de 2,77/1,048 hectares, dont:
- Appartenant à l’Etat.......
- A des établissements publics.. Au domaine de la Couronne Aux particuliers...........
- i,o85,o33 hectares. 125,986 70,188 1,492,841
- Total
- i,774,o48
- La superficie totale de la Roumanie étant de 13,135,700 hectares, le taux de boisement est de 21 p. 100.
- Au point de vue de l’importance de la composition des massifs forestiers, les essences peuvent se ranger dans l’ordre suivant:
- I. Le hêtre.
- II. Le chêne et ses variétés, chêne rouvre, chêne conferta, chêne pédonculé,
- chêne cerris.
- III. L’épicéa.
- IV. Le sapin.
- V. L’acacia.
- VI. Les autres essences : tilleul, charme, frêne, orme.
- La surface du pays est divisée en trois régions bien distinctes : la haute montagne, les collines et la plaine.
- Dans la région montagneuse, les forêts des petits propriétaires et des «Mosmeni» (paysans propriétaires par indivisions) sont presque ruinées; les forêts de l’Etat, des Etablissements publics et des grands propriétaires sont encore en bon état; on y trouve souvent des épicéas de 4o à 60 mètres de hauteur et de 1 mètre de diamètre à 1 m. 3 0 du sol.
- Dans la région des collines, le chêne rouvre et le chêne garnita (Quercus conferta), atteignant les dimensions des bois d’œuvre et d’industrie, deviennent de plus en plus rares; il n’y a plus guère que dans les forêts de l’État où l’on trouve encore des sujets ayant un fût de 10 à 12 mètres et un diamètre de 0 m. 60 à 1 mètre.
- Toutefois la superficie boisée ne diminue pas.
- Dans la région de la plaine, presque toutes les forêts sont exploitées, même celles de l’Etat.
- La superficie des forêts est modifiée chaque année par de nouveaux défrichements, le domaine agricole s’étend de plus en plus au détriment du domaine forestiers. Les forêls des particuliers disparaissent petit à petit; celles de l’État et des Établissements publics subsistent seules.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- L’Etat possède aujourd’hui g,53o hectares de forêts d’acacias âgés de 5 à 16 ans et provenant des plantations commencées en 188/1 dans les sables mouvants du Danube et dans le «Baragan».
- RÉCOMPENSES.
- GRANDS PRIX.
- Administration dü Domaine de la Couronne, à Bucarest.
- L’Administration du domaine expose des bois de construction en grumes, des échantillons d’essences forestières : chêne, hêtre, épicéa, sapin, tilleul, charme, frêne et orme; des douves chêne pour la tonnellerie; des bois pour allumetles; des bois de résonance; des libres de bois pour emballage , et une série de photographies représentant les divers travaux en forêt.
- Le domaine de la Couronne a été créé en 188A. Il se compose de douze propriétés qui contiennent 70,188 hectares de forêts. L’administration en est confiée à AI. Jean Kalindéro, docteur en droit de la Faculté de Paris, ancien conseiller à la Cour de cassation, membre de l’Académie roumaine.
- Les 70,188 hectares de forêts ont été soumis à un régime d’exploitation rationnelle qui a donné les meilleurs résultats.
- Des scieries mécaniques ont été construites à Malini et à Bicaz pour le débitage des bois.
- Ministère de l’Agriculture (Service des Forêts).
- Le Service des Forêts au Ministère de l’Agriculture de la Roumanie expose des échantillons de chêne rouvre et pédonculé, de hêtre, frêne, charme, orme, sapin, pin, épicéa, en rondelles et en planches.
- Le but de l’exposition roumaine n’a pas été de représenter simplement les forêts du royaume par des troncs d’arbres et des bois façonnés, mais de montrer par des publications, des statistiques, des vues photographiques et des cartes, l’importance des ressources forestières ainsi que la complète organisation du service des forêts.
- Uu ouvrage spécial a été préparé à l’occasion de l’Exposition il est intitulé : Notices sur les forcis du royaume de Roumanie. Il contient tous les renseignements désirables pour les personnes s’intéressant à cette spécialité.
- Deux très belles cartes forestières au 1/200,000' complètent l’exposition roumaine.
- L’étendue des forêts de l’Etat est de i,o85,o33 hectares dont 599,000 hectares sont exploités principalement dans la région de la plaine, celles encore intactes sont situées dans la région montagneuse.
- L’exploitation de ses forêts rapporte net à l’Etat environ 3 millions de francs par an.
- En 1884 l’Etat a commencé des plantations d’acacias dans les sables mouvants du Danube et dans le rfBaragann; il possède actuellement 9,53o hectares de forêts d’acacias âgés de 5 à 16 ans qui, dans une trentaine d’années seront d’un excellent rendement. L’acacia pousse très rapidement et atteint à ko ou 5o ans, i5 mètres de hauteur. Ce bois est de plus en plus recherché pour la fabrication des rais de voitures.
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- MÉDAILLES D’OR.
- MM. Bûcher et Durer, a Bucarest.
- MM. Büciier et Durer ont exposé un très beau panneau de parquet mosaïque, des robinets et divers menus articles en bois.
- Ce sont d’importants entrepreneurs dont la maison, fondée en 188Ù, occupe 225 ouvriers.
- Ecole des Arts et Métiers de Jassy.
- Celle école, fondée en 1848 par le prince de Moldavie, Michel Stourza, et où travaillent 200 à 260 élèves, expose différents ouvrages en bois fabriqués dans ses ateliers : tonnelets, baquets, cuillers et les modèles réduits d’une scierie et d’un comble de maison.
- L’école de Jassy enseigne aussi à travailler le fer et possède une fonderie complète. On y compte jusqu’à douze spécialités.
- Les ateliers disposent d’un moteur de 120 chevaux de force.
- M. Lessel, à Bucarest.
- M. Lessel possède à Bucarest une importante maison de menuiserie. 11 fabrique, en même temps, des bois de placages et des moulures.
- M. Lessel expose un lambris garni de panneaux en bois de diverses essences, noyer, frêne, etc.
- Ce travail de menuiserie est d’une exécution parfaite et digne d’être remarqué.
- M. Schlesinger (C.), à Urshi (Oit).
- M. Schlesinger expose une pyramide formée de 1,200 très belles douves de chêne provenant des forêts Séraca, Cininagesti et Topana (arrondissement de Oit).
- Cette maison déclare produire chaque année de grandes quantités de douelles chêne et des traverses de chêne, et dit occuper un personnel de 60 employés et 600 ouvriers.
- Depuis deux années seulement elle est fixée en Roumanie, ses exploitations précédentes étaient en Slavonie, Croatie, Hongrie, Transsylvanie et Bosnie.
- Société anonyme pour l’exploitation de forêts et de scieries à vapeur
- (.Anciennement P. et C. Gœtz et C'e), à Galatz.
- Celte Société, Tune des plus importantes dans le commerce des bois de sapin, a son siège social à Bucarest.
- Elle possède, à Galatz et à Comanessi, deux grandes scieries où elle occupe environ 1,200 ouvriers et où elle débite les arbres (sapins et épicéas), qu’elle tire des forêts de la Roumanie : forêts de Pal-tims, Asau, Agas, Brusturosa, Cannùc, Ciobanos et Tarcau (Bacaù).
- Elle expose des échantillons de bois de sa production en sapin et épicéa : madriers, planches,
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- feuillets, bois de résonance, des lames de personnes, des manches tournés, des lattes, des moulures.
- La manière de débiter les arbres est indiquée dans deux découpes de troncs d’épicéas de 1 mètre de haut.
- Des vues photographiques reproduisent les installations des usines et des chantiers de la Société. Le débit annuel de cette maison se chiffre par plusieurs centaines de mille mètres cuhes de bois; une grande partie de cette production est exportée en Orient et en Egypte.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- Gutmann (/) et C‘e (Société en commandite pour linduslrie du bois), R. Valcea (Valcea).
- Cette Société expose une découpe de troncs de sapin de o m. 8o de haut sur o m. 55 de diamètre; une découpe de tronc de pin de o m. 8o de haut sur o m. 32 de diamètre.
- Ces deux tronçons d’arbres sont débités et reconstitués afin de servir de modèle pour le débitage, des bois.
- La Société expose également des planches de différentes dimensions en pin et en sapin.
- M. Negropontes (G.), à Marasesti (Putna).
- M. Negropontes, qui est propriétaire des forêts qu’il exploite, expose des bois ouvrés et des parquets de chêne débités et façonnés dans sa scierie et parquelerie de Grozesti (Bacau).
- Cette scierie qui occupe une centaine d’ouvriers, produit chaque année 10,000 à i5,ooo mètres cuhes de bois, sapin, chêne et hêtre.
- M. Negropontes (7. [/.), à Grozesti (Bacau).
- M. Negropontes expose des rondelles d’épicéa, de pin sylvestre et de chêne; des planches de hêtre et de chêne, des frises brutes,des lames de parquets et des parquets assemblés.
- M. Negropontes, qui est propriétaire et vend son propre bois, possède une scierie avec outillage complet, scies verticales et circulaires, machines h raboter, etc.
- Il occupe journellement îoo à i3o ouvriers.
- La Société Furnica, h Bucarest.
- Celle Société expose une collection complète d’articles de boissellerie d’une excellente fabrication.
- Société Moldova, à Bacau.
- Les bois d’œuvre exposés par celte Société proviennent des forêts du domaine royal de Brosteni et ont été débités dans les usines que possède la Société à Peatra et à Bacau.
- 180 à 20c ouvriers sont employés par cette maison qui existe depuis 1887.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 269
- Société anonyme roumaine des industries forestières, à Rucarest.
- Cette Société expose 7 découpes de troncs d’épicéas et de sapins, montrant les diverses façons de débiter les bois, et une pyramide de 10 rondelles découpées dans un seul et même arbre depuis la base jusqu’à la cime, de façon à en indiquer la décroissance.
- La Société existe depuis 1897; e^e possède à Muza-Mare (district de Bozcu), une scierie qui débite annuellement 100,000 mètres cubes de bois bruts pris dans les forêts des districts de Buzen et de Viancea-Putna.
- Elle occupe i5o ouvriers permanents et 5oo hommes en forêt.
- La Société exporte une partie de ses bois.
- M. le prince D. B. Stirrey, à Campina (Prahova).
- M. le prince D. B. Stirbey est un grand propriétaire de forêts en Roumanie.
- 11 expose, provenant de ses domaines, quelques tronçons d’arbres, une rondelle découpée dans un sapin âgé de 352 années et des matières tannantes.
- M. Stoicesco ( C. /.), à Negresti (Vaslin).
- M. Stoicesco a exposé 4 découpes de troncs d’arbres, pins sylvestres et épicéas.
- RUSSIE.
- Dans la Rassie d’Europe, y compris la Finlande, le sol forestier occupe 206 mil lions d’hectares (189 millions de déciatines); le taux déboisement est de 39 p. 100.
- En Finlande les forêts recouvrent une superficie de 20,400,000 hectares.
- Au Caucase la surface boisée est de 7,600,000 hectares.
- Dans la Russie d’Asie l’étendue des forêts ne pourra être déterminée avant de nombreuses années, les travaux d’exploration des richesses forestières de la Sibérie n’ayant été entrepris que depuis peu.
- Au point de vue de la propriété, les forêts de la Russie d’Europe se répartissent
- comme suit :
- Appartenant à l’État.......................................... 118,000,000 hectares.
- Appartenant à l’Administration des apanages..................... 6,000,000
- Appartenant à des communes..................................... 17,500,000
- Appartenant à des particuliers................................. 43,700,000
- Appartenant à divers établissements............................ 2,700,000
- La répartition des forêts sur le territoire de la Russie d’Europe est extrêmement inégale. Le Nord est très boisé tandis que la zone méridionale des steppes est presque complètement dépourvue de forêts.
- Les sept gouvernements septentrionaux d’Arkhangel, de Vologda, d’Olonetz, de
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Novgorod, de Kostroma, de Viatka et de Pcrm, comprennent 1i A,600,000 hectares. La surface boisée monte dans ces régions de A5 p. 100 (gouvernement de Viatka) à 89 p. 100 (gouvernement de Vologda).
- A mesure que l’on s’avance vers le Sud, le nombre des forêts diminue, et dans les gouvernements de Bessarabie, de Kberson, de Poltava, d’Iekatérinoslav, de Tauride, d’Astrakhan, de Slavropol, ainsi que dans le territoire de l’Armée du Don, la proportion du sol boisé tombe à A p. 100.
- De toutes les essences d’arbres, la plus répandue dans les forêts de Russie est l’épicéa [picea excelsa), qui constitue à lui seul d’immenses peuplements. Hauteur des arbres 25 à 35 mètres; diamètre 0 m. 5o à 0 m. 75.
- Dans les montagnes des gouvernements de Titlis et de Koutaïs croît une autre espèce d’épicéa appelée épicéa du Caucase (jpicea orientalisy Certains de ces arbres atteignent 5o mètres de hauteur et 1 m. 5o à 2 mètres de diamètre.
- Le pin commun ou sylvestre (pinus silvestris'j, occupe le second rang en tant que surface couverte, mais son importance est capitale en économie forestière. Il s’étend plus au Midi que l’épicéa; le bois est très dense et riche en résine. Hauteur de l’arbre 3o mètres, diamètre om. Aoàom. 5o.
- En Sibérie pousse un pin tout particulier : le cèdre de Sibérie (pinus cembra'), il est remarquable, non par son bois, mais par ses fruits dits noix de cèdre qui constituent un revenu important pour la population indigène.
- Parmi les essences feuillues, le bouleau peut être considéré comme l’arbre le plus répandu ; il croit en peuplements purs ou mêlé à d’autres bois feuillus ou à des conifères. Le bouleau existe aussi à l’état de bouquets d’arbres dispersés dans les steppes où ils sont très utiles à l’agriculture par l’abri qu’ils offrent aux champs avoisinants contre les vents violents d’hiver. Outre son emploi comme combustible, le bouleau est encore utilisé en Russie (principalement dans les gouvernements de Nijni-Novgorod et de Kostroma) pour la distillation, et son écorce fournit le goudron. Les loupes qui se forment sur le bouleau sont employées comme bois de placage dans l’ébénisterie.
- Le tremble occupe de vastes espaces aussi bien en Russie d’Europe qu’en Russie d’Asie. Hauteur 25 à 3o mètres, diamètre 0 m. 35 à 0 m. A5; le tronc est droit et le bois sain. Depuis peu de temps il est exporté par quantités considérables, principalement en Suède.
- Le chêne est beaucoup moins répandu que les essences précédentes; on en rencontre deux variétés : le chêne pédonculé (quercus pedonculala) et le chêne rouvre (quer-eus sessilijlora'). De bons peuplements existent principalement au Sud d’une ligne passant par Vilna, Minsk, Mohilef, Toula, Nijni-Novgorod et Oufa. A cent ans les arbres atteignent 28 mètres de hauteur et 0 m. A5 de diamètre. Actuellement des voies ferrées nouvellement créées permettent de livrer à« l’exploitation de nombreuses forêts du centre, jusque-là fermées à tout débouché. C’est ainsi que l’on expédie maintenant les bois de Mohilev en partie à Saint-Pétersbourg et ceux du gouvernement de Koursk sur Odessa et Marseille. Les forêts de chêne se sont beaucoup amoindries, néanmoins la
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- Russie conserve encore des réserves considérables qui doivent être mieux et plus complètement utilisées et surtout mieux régénérées.
- On trouve dans les forêts des montagnes du Caucase, en dehors du chêne ordinaire, le chêne pubescent [quercus pubescens'j et trois autres variétés: le chêne châtaignier (.quercus castaneœfolia), le chêne arménien (quercus armeniaca) et le chêne oriental [quercus macranthera). Le mélèze participe dans une notable mesure à la composition des forêts du Nord. L’espèce européenne (larix europea) croît dans la partie occidentale extrême de l’Europe; l’espèce sibérienne (larix siberica) entre dans la composition des forêts du Nord de la Russie d’Europe. Le bois de mélèze est reconnu d’excellente qualité; aussi est-il certain que les vastes réserves de mélèzes des forêts du Nord, prendront dans un avenir prochain une grande importance industrielle et commerciale.
- Outre le mélèze, on trouve encore dans les forêts du Nord, le sapin [abies siberica) qui y croît le plus souvent mêlé à l’épicéa.
- Le sapin d’Europe (abies pectinata) forme dans la partie occidentale de la Vistule des peuplements purs, qui se distinguent par la rapidité de leur croissance et l’excellence de leur bois.
- Le sapin du Caucase [abies nordrrtanniana) croît dans les montagnes du Caucase où il forme des peuplements purs. L’arbre atteint jusqu’à 55 mètres de hauteur.
- Le hêtre se rencontre dans le bassin de la Vistule, dans les régions du Sud-Ouest, en Crimée et au Caucase. Les forêts composées entièrement de hêtres qui occupent de grandes surfaces en Crimée et au Caucase, n’ont, pas encore été touchées par l’exploitation.
- Le charme vient à peu près dans les mêmes régions que le hêtre. Il accompagne,le plus souvent comme sous-futaie, les peuplements de chênes.
- Un arbre très répandu en Russie est le tilleul (lilia parvifolia et autres). Il existe des forêts entières de tilleuls dans le gouvernement de Kostroma, de Viatka, de Kazan et d’Oufa. Le bois de tilleul s’emploie comme bois d’œuvre; de la couche de liber on obtient la tille avec laquelle on tisse des nattes et des sacs très employés en Russie pour l’emballage des marchandises. L’écorce des jeunes tiges de tilleul sert à la fabrication des lapti (chaussures de paysans), de boîtes, de paniers, etc.
- On rencontre encore dans les forêts à végétation feuillue du centre et du midi de la Russie, sous forme de peuplements mélangés, les essences suivantes : le frêne, l’érable le platane, l’orme pédonculé, l’orme commun et l’orme diffus; les bas-fonds avoisinant les fleuves sont peuplés de saules, d’osiers divers, de tremble, de peupliers noirs (populus nigra).
- Parmi les saules il y a lieu de signaler particulièrement le saule des sables (salix acutifolia) qui pousse dans les sables mouvants et sert à leur fixation et à leur boisement.
- Les forêts du Caucase sont remarquables par la variété de leurs espèces d’arbres et de buissons dont le nombre dépasse le chiffre de 3oo.
- Parmi ces espèces il faut mentionner une variété de huis, le palmier du Caucase
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- (buæus sempervirens'j que Ton rencontre dans les forêts de TOuest. Sa pousse est des plus lentes et son bois très homogène; il se paie entre 17 et 18 francs les 100 kilogrammes.
- A citer également le noyer des forêts du Turkestan (juglans regia), qui a une valeur particulière : il produit des loupes de grandes dimensions qui atteignent parfois 1 m. 5o à 2 mètres de large dont le bois est très apprécié pour le placage, ces loupes se vendent jusqu’à 3oo francs les 100 kilogrammes et sont principalement recherchées par des maisons françaises.
- La composition des forêts russes au point de vue des peuplements est encore fort peu étudiée.
- En dehors des fabriques, le travail du bois occupe en Russie un grand nombre de petits industriels dits «koustaris», qui sont à la fois patrons et ouvriers; mais il n’est pas possible de définir leur situation commerciale ni d’indiquer leur importance numérique.
- Depuis 1877 l’industrie du bois traverse une période de développement intense.
- Sa production, en 1877, était évaluée à A h millions de francs; en 1887 elle atteignait près de 68 millions de francs, et en 1897 elle dépassait 270 millions de francs avec un total de près de 80,000 ouvriers.
- Une des branches les plus importantes de cette industrie est le sciage: en 1898, 1,219 scieries employant A/1,000 ouvriers, ont fourni une production de 171 millions de francs.
- Les établissements les plus considérables sont ceux des gouvernements d’Arkhangel, de Livonie et de Saint-Pétersbourg; leurs bois de sciage sont réservés à l’exportation.
- Le second rang est occupé par la menuiserie, l’industrie du meuble et la fabrication des moulures. En 1896, 291 fabriques étaient consacrées à ces travaux; elles occupaient 10,000 ouvriers et leur production s’est élevée à 26 millions de francs.
- La tonnellerie est représentée par 80 grandes fabriques occupant 2,000 ouvriers et produisant des matériaux finis pour 6,5oo,ooo francs.
- Parmi les autres industries employant le bois il faut citer le charronnage et la carrosserie, représentés par 200 fabriques avec un personnel de 3/170 ouvriers pour une production de ii,5oo,ooo francs.
- La fabrication des allumettes chimiques représente une production de 275 millions de francs.
- La fabrication de la pâte de bois est encore peu développée; sa production annuelle atteint à peine deux millions de francs.
- La consommation dépasse la production en Russie et favorise l’importation pour près de 3 millions.
- U’extraclion de la cellulose, des fibres ligneuses du bois, est en voie de développement; la production indigène est d’environ 6,5oo,ooo francs et ne suffit pas à la consommation.
- La distillation sèche du bois a lieu surtout dans de petits établissements, dans le
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- gouvernement de Volhynie et de Minsk. On compte en tout 216 fabriques pour une production évaluée à 2,65o,ooo francs qui consiste principalement en goudron et en essence de térébenthine.
- Le goudron est aussi une spécialité du Gouvernement de Vologda et d’Arkhangel où principalement les artisans ruraux s’occupent de cette fabrication.
- L’acétate de chaux et l’esprit de bois, ainsi que le goudron de bouleau, sont fournis par les gouvernements de Kostroma, de Jaroslaw et de Nijni-Novgorod.
- La fabrication de la tille et des nattes de tille constitue une branche spéciale de l’industrie du bois. Elle emploie en Russie une quantité considérable d’écorce de tilleul, dont le liber sert après rouissage à la fabrication de la tille, de nattes en tille et de sacs; 127 entreprises de faible importance se consacrent à ce travail dont la production est estimée à 3,4oo,ooo francs.
- Presque toutes les formes du travail mécanique et chimique du bois, qui viennent d’être passées en revue, ne sont pas seulement du domaine des usines ou des entreprises plus ou moins importantes, mais occupent aussi des milliers d’artisans de la petite industrie domestique. Cette dernière a pour clientèle la population des compagnes, à laquelle elle fournit les produits du charronnage et principalement les roues de voitures. Elle est très développée surtout dans les gouvernements de Kazan, de Viatka, de Perm, de Nijni-Novgorod, de Kalouga et de Saratov. On estime qu’elle comprend plus de 20,000 familles rurales qui fabriquent annuellement 20 millions de roues.
- La boissellerie est non moins répandue dans toute l’étendue du pays. Plus de 2/1,000 familles se consacrent à la fabrication de la vaisselle de ménage. La fabrication de menus objets en bois est depuis très longtemps la spécialité de la population de certaines provinces. C’est ainsi que plus de 7,000 artisans du district de Séménovsk dans le gouvernement de Nijni-Novgorod ne fabriquent que des cuillers en bois de bouleau; le gouvernement de Toula est renommé pour ses accordéons en tilleuls. Certains villages des gouvernements de Nijni-Novgorod et de Koursk ne façonnent que des «dougas» (arcs en bois courbé, servant à maintenir les brancards des voitures et des traîneaux).
- La vannerie est également très répandue dans beaucoup de provinces. L’on estime que 100,000 familles de paysans trouvent dans le travail du bois non pas leur unique moyen d’existence, mais un excellent secours venant s’ajouter aux ressources que leur procure l’agriculture.
- Commerce extérieur des bois. — La Russie fournit aux contrées peu boisées des quantités considérables de produits des exploitations forestières.
- Le cbiffre des exportations suit une marche ascendante.
- Il y a cent ans elle ne vendait à l’étranger que pour h millions de francs de bois et aujourd’hui elle exporte en produits de toutes sortes pour 15 5 millions de francs.
- Les bois de la Russie sont exportés principalement en Grande-Rretagne, en Allemagne, en Hollande et en France.
- Gn. IX. — Ct,. 50. 18
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- La France achète pour io,5oo,ooo francs de matériaux forestiers à la Russie.
- Dans le Nord, la ville de Riga est le principal port d’exportation pour les bois. Saint-Pétersbourg et Cronstadt occupent la seconde place et Arkhangel la troisième; viennent ensuite, dans la Baltique, Narva et Libau. Parmi les ports de la mer Noire, Odessa est le plus important pour l’exportation des merrains de chêne, Novorossisk paraît devoir prendre de l’importance pour l’exportation des bois.
- Le Caucase exporte chaque année par Batoum pour 65o,ooo francs de bois de noyer et de palmier.
- Malgré ses importantes richesses forestières, la Russie est obligée d’importer des bois et des dérivés qui se chiffrent annuellement par environ 4o millions de francs et consistent en bois bruts et façonnés, en produits de la distillation sèche et en produits forestiers exotiques.
- Les bois de sciage arrivent d’Autriche à Batoum par Odessa.
- Le goudron et la poix sont importés d’Allemagne et d’Angleterre; les résines, les colophanes et les galipots de l’Amérique du Nord, la térébenthine et l’essence de térébenthine de France et d’Allemagne. La cellulose vient de Belgique et d’Allemagne, enfin l’Algérie et le Portugal fournissent à peu près tout le liège employé par la Russie.
- TABLEAU DES IMPORTATIONS.
- 1896. 1897. 1898.
- francs. francs. francs.
- Billes et perches [ 7,309,000 ( 4,489,000
- Bûches et fagots 7,272,000] 4,071,000
- Bois équarris 1,962,000 539,000 671,000
- Planches et lattes 4,563,000 4,21 1,000 6,3l7,000
- Goudron 1,690,000 1,396,000 1,391,000
- Résine et galipot Térébenthine et essence de 6,i4i,ooo 5,263,000 6,53o,ooo
- térébenthine 692,000 639,000 752,000
- Pâte de bois 3,o4o,ooo 3,4oi,ooo 2,888,000
- Cellulose 4,610,000 4,792,000 5,4i 2,000
- Bois d’essences précieuses... i,i36,ooo 786,000 i,o44,ooo
- Liège 6,o38,ooo 8,379,000 0 0 0 G- «cf
- Tan et produits pour tannage. 3,66i,ooo 3,5i6,ooo 4,4o5,ooo
- Totaux 4o,842,000 40,194,000 42,717,000
- TABLEAU DES EXPORTATIONS.
- 1896. 1897. 1898.
- francs. francs. francs.
- Billes de bois 19,023,000 28,706,000 33,038,000
- Perches 592,000 936,000 1,178,000
- Bûches, fagots, fascines.. . 1,588,000 2,009,000 2,1 l4,000
- Bois équarris 9,386,000 15,680,000 16,711,000
- Poteaux 1,738,000 i,4i 2,000 1,762,000
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- 1896. 1897. 1898.
- francs. francs. francs.
- Rois d’œuvre divers 11,943,000 l6,6o6,000 19,3l7,000
- Planches, lattes, bardeaux. 77,624,000 77,911,000 76,320,000
- Goudron de conifères et de bouleau 1,362,000 i,233,ooo 1,502,000
- Huile de térébenthine.... 1,491,000 i,3t5,ooo 1,533,000
- Térébenthine 673,000 863,ooo 957,000
- Bois de noyer et de palmier. 976,000 802,000 58i,ooo
- Tan 76,000 74,000 126,000
- Totaux 126,472,000 147,547,000 i55,i39,ooo
- HORS CONCOURS.
- Administration générale des Apanages impériaux de Russie, a Saint-Pétersbourg.
- L’Administration des Apanages expose une collection très importante de bois de toutes les essences qui poussent sur les domaines impériaux. Ces bois sont représentés sous diverses formes : en planches, en rondelles, en madriers et planches de qualité supérieure pour l’exportation. Certains échantillons sont simplement sciés, d’autres sont rabotés. Aux bois sciés viennent s’ajouter des merrains en chêne employés pour la tonnellerie.
- Les essences forestières des domaines de la Russie septentrionale et du Sud-Ouest sont le pin sylvestre, l’épicéa, le sapin, le mélèze, le bouleau, le tremble, l’aune, le saule, les peupliers noirs et blancs, l’érable, le tilleul, l’orme, le charme et le chêne.
- Les variétés de bois provenant des domaines des bords de la mer Noire et du Caucase comprennent non seulement toutes les essences qui existent dans le nord et le sud-ouest de la Russie, mais encore le noyer, le mûrier, le buis, le houx, l’if commun et les arbres fruitiers sauvages : pommier, poirier, merisier, prunier, etc.
- La superficie boisée des Apanages impériaux de Russie est de 5,785,55o déciatines, soit, en chiffres ronds, 6,318,000 hectares.
- Le mode d’exploitation qui domine dans ces forêts est celui de la vente des arbres sur pied ; pourtant, l’Administration centrale paraît avoir une tendance de plus en plus marquée à vouloir débiter et vendre directement une partie de ses produits. Actuellement elle est propriétaire de trois scieries : l’une, dont une réduction est exposée au pavillon des Apanages, se trouve à Arkangel; elle fonctionne depuis 1892 et scie le pin sylvestre et l’épicéa provenant des forêts du bassin de la Dvina du Nord. Sa production pour l’exportation a été, en 1898, de 12,655 standards de Saint-Pétersbourg, soit 59,000 mètres cubes, représentant une somme de 2,14o,000 francs.
- La seconde scierie est située sur la Kovja (gouvernement d’Olonetz) ; elle a été construite en 1896, elle scie également le pin sylvestre et l’épicéa ; les sciages sont exportés par le port de Cronstadt. Sa production annuelle est d’environ 8,000 standards, soit 37,300 mètres cubes, dont 33,000 mètres cubes sont exportés. ' '
- La troisième scierie se trouve à Strablia (gouvernement de Grodno). Elle scie annuellement environ 36,ooo mètres cubes de bois de pin, d’épicéa, de chêne, de frêne, de bouleau, d’aulne et de tremble, dont les sciages sont écoulés sur Varsovie et Lodz, grande ville manufacturière de la Russie.
- Dans les arrondissements de Velsk et de Nijni-Novgorod, l’Administration des Apanages vend annuellement plus de 200,000 mètres cubes de bois résineux employés pour la distillation sèche et dont on extrait le goudron, le brai, la colophane, la térébentine et d’autres sous-produits. Cette distil-
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- lation est faite par la petite industrie rurale, qui occupe ainsi de nombreux paysans de la contrée.
- L’Administration fait elle-même la distillation sèche du bois, dans son usine de Rivitski, située à 2/1 kilomètres de la station de Maksatiklia, chemin de fer Moscou-Vindava-Rybinsk, arrondissement des Apanages de Saint-Pétersbourg. Cette usine distille annuellement 7,000 mètres cubes de bois de bouleau, qui produisent de l’acétate de chaux, de l’alcool méthylique, du goudron d’écorce de bouleau, du charbon de bouleau et du brai gras.
- La Direction des Apanages expose aussi des ouvrages en bois et en écorce, fabriqués par la petite industrie, dans l’arrondissement de Nijni-Novgorod, tels que bois de fusil, cuillères en bois, fuseaux; de même des nattes, des sacs et des chaussures fabriquées avec l’écorce de jeunes tilleuls appelée tille.
- L’exposition des Apanages est rendue plus intéressante encore par des cartes, des photographies et des diagrammes qui indiquent l’étendue des domaines forestiers, les travaux de peuplement et d’exploitation et les résultats obtenus dans ces reboisements.
- A citer tout particulièrement des travaux faits en grand depuis 1886 pour le reboisement des steppes dans les gouvernements de Samara et de Stavropol, dans le but d’atténuer l’effet désastreux des vents brûlants et secs venant du Sud-Est appelés rrSoukhovéi», qui, en quelques heures, dessèchent les blés verts des champs. Jusqu’en 1899 il a été boisé ainsi 9,^100 hectares environ, pour lesquels il a été dépensé plus d’un million de francs. Si les travaux continuent avec le même succès, l’on espère que, dans l’espace d’une quinzaine d’années, plus de 5o,ooo hectares seront reboisés et que ces nouvelles forêts modifieront favorablement les conditions climatériques actuellement si nuisibles.
- Les produits exposés ont été fournis par la Direction générale des Apanages et par les agents forestiers des arrondissements suivants :
- i° De la Russie d’Europe : Alatyr, Kieff, Moscou, Nijni-Novgorod, Saint-Pétersbourg, Samara, Sarapoul, Saratow, Velsk et Vologda.
- 20 Du Caucase : des arrondissements de Dagomys, Karakala et Tchakva; de l’arrondissement de Mourghab, du territoire transcaspien, et par les usines déjà citées d’Arkhangel, de Strablia, de Kovja et de Rivitzki.
- La très importante exposition forestière des Apanages a été richement et savamment installée; le Jury de la Classe 50 a examiné avec beaucoup d’intérêt les bois et tous les dérivés du bois qui ont été soumis à son appréciation et a chaudement félicité les organisateurs de cette section qui sont :
- M. le baron Georges Pilar de Pilciiau , délégué plénipotentiaire du Ministère des Apanages pour l’Exposition universelle de 1900.
- M. Léonid Jaciinoff, ingénieur forestier, délégué adjoint pour la section forestière des Apanages à l’Exposition, qui a rédigé, en collaboration avec M. Paul de Mietens, ingénieur forestier, le catalogue spécial de l’Administration générale des Apanages impériaux de Russie.
- Collaborateurs. — MM. Jachnoff, Rojkow, médailles d’or; M.Jol (Honoré),médaille d’argent.
- RÉCOMPENSES.
- GRAND PRIX.
- Ministère de l Agriculture et des Domaines de lEtat (Direction générale des Forêts),
- à Saint-Pétersbourg.
- La Direction généraee des Forêts a exposé, dans la Classe 50, plus de i5o échantillons d’essences forestières, présentés en tronçons avec sections transversales, radiales et fangenlielles.
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- Ces échantillons viennent des provinces suivantes :
- Du Nord de la Russie: gouvernement d’Arkangel, de Perm, de Viatka; — de la Russie centrale : gouvernements de Kostroma, de Nijni-Novgorod, de Kazan, de Simbirsk, de Samara; — des provinces baltiques et occidentales, du Caucase et du Turkestan.
- Parmi les bois exposés, il faut mentionner ;
- Le pin, l’épicéa, le sapin, le mélèze, le pin cembro, le bouleau, le tremble, le tilleul, le chêne pédonculé, le frêne, l’érable, l’orme, l’aulne.
- La collection des échantillons provenant du Caucase renferme le pin oriental, le sapin (Abies Nordmanniana), l’if, le chêne, le charme, le hêtre le châtaignier, le buis, le houx, etc.
- Dans les échantillons exposés du Turkestan, il y a lieu d’indiquer le saksaoul, dont la dureté est tout à fait exceptionnelle.
- A chacun des échantillons exposés est jointe une note indiquant sa densité, ses propriétés mécaniques, sa résistance à la flexion et à la compression, sa provenance et la composition des peuplements d’où l’arbre a été tiré.
- La collection des bois débités contient des bois équarris, des poutres, des traverses en pin, en sapin et en chêne.
- Des bois de sciage, parmi lesquels il faut mentionner :
- i° Les planches de pin et d’épicéa en dimensions diverses, exportés des ports d’Arkangel, de Riga, de Cronsladt ;
- 2° Les planches débitées dans les conifères du marché de Tzaritzin ;
- 3° Les planches et frises de chêne du marché d’Odessa.
- En bois de fente, nous citerons les douves allemandes de Memel et de Riga, ainsi que les douelles françaises en chêne, les douelles en bois de tremble, etc.
- Toute une collection de loupes figure dans cette exposition : loupes de noyers du Turkestan, de grande valeur; des loupes d’orme, de frêne, de chêne, de tilleul, ainsi que des loupes de bouleau.
- Les produits des industries du bois exportés par la Direction générale des forêts russes proviennent principalement de l’industrie rurale, c’est-à-dire qu’il s’agit d’objets fabriqués par les paysans pendant l’hiver, alors que les travaux des champs sont interrompus. Ce sont des bois de fusil en bouleau, des bardeaux en épicéa et en tremble, des cercles de roues en frêne et en chêne, des membrures en chêne pour les carcasses de traîneaux, des archets de saule, des arcs de bois d’attelles en bouleau, des aflinoirs de filature en érable, des fûts de rabot, des cuillères en bois de tremble et de bouleau, une vitrine en érable, des ouvrages de tour, fuseaux, bobines, etc., des articles de tonnellerie, de boissellerie, des pelles en bois, des semelles en bois, des embauchoirs en bouleau, des placages de tilleul pour châssis d’accordéon, des bois d’allumettes, des gaules en bois de saule, des articles de vannerie en osier et d’autres exécutés avec des copeaux et de minces racines de pins, etc.
- De nombreuses photographies, ainsi qu’une grande collections d’outils, indiquent les divers modes de façonnage du bois.
- L’écorce est représentée sous deux formes :
- i° Par des nattes et des sacs provenant de la tille (écorce du bouleau), par des lapli ou chaussures de paysans fabriquées avec l’écorce de jeunes tilleuls ;
- 2° Par des écorces de chêne et de saule employées comme matières tannantes.
- L’écorce du saule est surtout employée pour le tannage des cuirs russes.
- Pour obtenir le véritable cuir de Russie, on le tanne d’abord avec l’écorce du saule et ensuite on l’enduit de goudron, tiré de l’écorce de bouleau, qui parfume le cuir et l’assouplit.
- A mentionner ensuite les dérivés du bois :
- Des collections de résines provenant du gemmage des pins sylvestres, des échantillons de goudron, de poix, de térébenthine, d’acétate de chaux, d’acide piroligneux brut, d’acide acétique, d’alcool mé-thylique, etc.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Des huiles essentielles : pin, épicéa, sapin, genévrier et bouleau.
- Des échantillons de cellulose provenant de l’usine de MM. Ssourkoff et Schergold.
- Nous citerons encore une série de photographies et d’aquarelles représentant :
- Le mode de gemmage des pins, des appareils servant à la distillation des bois résineux, des goudronneras des diverses provinces russes, des usines pour la distillation sèche du bois, des plans et dessins de la distillerie d’étude installée à l’École forestière de Oust-Kerjensk (gouvernement de Nijni-Novgorod).
- La Direction générale des Forêts de la Russie a su utiliser avantageusement le bel emplacement dont elle disposait; elle a organisé une exposition forestière qui est à citer comme une des plus complètes et des plus instructives, et que non seulement les connaisseurs, mais tous les visiteurs ont admirée.
- Elle a, du reste, été installée par un homme du métier, M. Nikolaï (Philippovf), ingénieur forestier attaché à la Direction générale des Forêts de la Russie, auquel le Jury a décerné un grand prix de collaborateur.
- MÉDAILLES D’OR.
- Le Comité de la Bourse de Riga.
- Le Comité de la Bourse de Riga, dont le président est M. Pychlau, l’un des principaux exportateurs des bois de Riga, a exposé des madriers de pin et d’épicéa des provinces haltiques, représentant la qualité des bois exportés à l’étranger par ce port.
- M. Kriegsmann (A.), à Riga.
- La maison Kriegsmann expose des bouchons, des objets en liège, ainsi que des agglomérés.
- C’est une dès plus importantes manufactures de bouchons du monde. Sa production journalière est de 5 millions 1/2 de bouchons.
- Elle achète une grande partie de son liège en Algérie : i,5oo,ooo francs par an.
- Occupe 1,200 ouvriers.
- Société Forestière et Industielle de Varsovie.
- Cette société, qui exploite les forêts de la Couronne, en Volhynie, expose une dizaine de variétés de très beaux parquets en feuilles, d’une exécution parfaite.
- Société Moscovite de l'Industrie forestière, à Moscou.
- Cette Société, au capital de 10 millions de roubles, possède 225,000 hectares de propriétés, dont 175,000 de forêts. Elle a assaini i3,ooo hectares de landes et les a plantés en diverses essences de bois. Elle exploite elle-même ses forêts et vend directement ses produits sur Moscou.
- Elle expose des échantillons de bois de charpente provenant de ses entrepôts, des tilles, nattes et objets de corderie en fibres de tilleul, et des échantillons de bois de tremble servant à la fabrication des allumettes.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Bokoff ( Wladimir) [usine Motovilikliinsky, gouvernement de Perm].
- M. Bokoff, agent forestier à l’usine métallurgique de Motovilikhinsky, expose des modèles de meules et de grands fours pour la carbonisation du bois dans l’Oural, ainsi que des échantillons de charbons de diverses grosseurs et de diverses cuissons, selon les besoins industriels.
- Cette exposition est des plus intéressantes.
- M. Chevalier (Jean), à Odessa.
- Expose des bois merrains provenant d’exploitations faites dans les gouvernements de Kazan, de Volhynie, de Koursk.
- Cette maison produit principalement des douelles qui viennent en France par Odessa; elle exporte également des sciages chêne, des planches, des plateaux et des frises pour parquets,
- M. Falting (Charles von), à Oulla (Gouvernement de Vitebsk).
- M. Falting expose des fibres de bois pour l’emballage des marchandises, le rembourrage des meubles, et particulièrement des fibres de pin employées pour les bandages chirurgicaux et qui sont très appréciées pour leur blancheur et leurs qualités antiseptiques.
- M. Falting emploie 46 ouvriers dans son usine de Nikolævski (gouvernement de Vitebsk); une machine à vapeur de 36 chevaux y produit la force motrice.
- La production s’élève de 48o,ooo à 64o,ooo kilogrammes de fibres de bois qui sont écoulées dans toute la Russie.
- M. Karassef (Jean-Jà Station Anna (gouvernement de Voronège).
- M. Karassef, propriétaire de forêts d’une superficie de 856 déciatines, dans le gouvernement de Voronège, expose deux troncs de chêne de o m. 90 et 0 m. 70 de diamètre; des plateaux, des frises et des merrains de chêne pour la tonnellerie et les parquets.
- M. Medvedew, à Tiflis.
- M. Medvedew expose des produits forestiers du sud-ouest du Caucase, entre autres des loupes de noyer.
- M. PlÂTNITZKI (A.).
- M. Piatnitzky expose un modèle de four pour la carbonisation du bois.
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- M. Véciolovski [Sléphan-N. ), Bois comprimés pour toitures, à Varsovie.
- Celte maison, créée depuis deux ans, expose des tuiles pour toitures, fabriquées avec la sciure somprimée en bois d’épicéa et de sapin. Ce produit, appelé xylolile, ininflammable et léger, ne nécessite qu’une faible charpente et paraît devoir se placer couramment.
- SERBIE.
- Le territoire de la Serbie, qui est de 4,868,000 hectares, n’a pas encore été cadastré. On ne connaît pas exactement la superficie ni des terres cultivées, vignes, prés, pâturages, forêts, ni des terrains incultes et improductifs.
- Cependant, d’après les données fournies par les livres d’impôts, par les hypothèques et d’après les résultats d’une évaluation sommaire, le Service des forêts de la Serbie admet que la surface boisée occupe environ i,5A6,ooo hectares, soit un taux de boi-
- sement de 38 p. 100, dont :
- Appartenant h l’État.. 566,98-2 hectares.
- Appartenant aux communes........................................ 658,260
- Appartenant à l’Eglise et aux monastères. ....................... 17,083
- Appartenant à des particuliers.................................. 3o3,675
- Total........................ 1,546,000
- Les forêts ne sont pas encore délimitées d’une façon exacte, et les titres de propriété n’existent pas régulièrement pour beaucoup d’entre elles; de sorte que, pour le moment, certaines forêts sont revendiquées par droit d’usucapion.
- Des commissions ont été nommées à différentes époques (1891 et 1898), pour faire les délimitations, mais elles n’ont jamais pu achever leur travail.
- Les forêts de la Serbie se composent des différents bois feuillus et résineux qu’on rencontre partout en Europe, savoir :
- Bois feuillus : le chêne pédonculé [quercus pedonculata), le chêne rouvre (quercusses-silijlora^j, le chêne rouvre à larges feuilles (quercus conferta), le chêne rouvre pubcscent (quercus pubescens), le chêne tauzin (quercus tozza Bosc.), le chêne chevelu (quercus cerris L.), le hêtre, le charme, le bouleau, diverses variétés d’érables, le frêne, les ormes, les tilleuls, le noyer, le châtaignier, l’alisier, le sorbier, les aulnes, les peupliers, etc.
- Conifères (bois résineux) : le sapin pectiné, l’épicéa commun, le pin omorica (pinus omorika Pancic.), le pin laricio [pinus laricio Poir.), le pin sylvestre, le pin leucoderme [pinus leucoclermis Antoine), les génévriers et les ifs.
- Les bois feuillus occupent une superficie de 1,422,31 4 hectares, soit 92 p. 100; les conifères, 1 23,686 hectares, soit 8 p. 100; ensemble, i,5â6,ooo hectares.
- Parmi les bois feuillus, de grandes étendues sont occupées par les forêts de chêne, soit par peuplements à l’état pur, soit en peuplements à l’état mélangé.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 281
- On compte qu’il y a environ 38 p. 100 de chênaies pures. La région qu’elles occupent commence dans les plaines et vallées et monte jusqu’à 1,000 mètres d’altitude.
- Les forêts de chêne pédonculé prospèrent dans les plaines, sur les plateaux et sur les flancs de montagnes jusqu’à 300 mèlres d’altitude, et celles du chêne rouvre jusqu’à 600 mètres.
- La région des chênes chevelus commence dans les lieux les plus bas et se termine à environ 800 mètres d’altitude.
- Les forêts de chêne rouvre atteignent 1,000 mètres et même 1,200 mètres d’altitude quand les arbres sont mélangés avec des hêtres et des pins laricio d’Autriche.
- Les forêts de chêne rouvre à larges feuilles, de chêne pubescent et de chêne chevelu ne prospèrent bien que dans les endroits montagneux exposés au soleil au Sud et à l’Est.
- Les chênaies sont en général jeunes, de croissance plutôt spontanée, avec des arbres atteignant à peine ko centimètres de diamètres et âgés au plus de 60 ans.
- On ne rencontre plus de vieilles futaies de chêne que sur des étendues limitées, soit dans les domaines privés, soit dans ceux appartenant aux monastères, aux communes et un peu dans les forêts de l’Etat, sur les montagnes.
- Dans ces forêts, après le rouvre à larges feuilles et le rouvre pubescent, les autres essences sont le rouvre proprement dit (Quercus sessiliflora) et le chêne chevelu.
- Le chêne pédonculé s’y trouve en faible proportion, car les terres de plaine où il croissait ont été prises par l’agriculture.
- Il existe encore des forêts de hêtre de vieille écorce, exploitables depuis longtemps, mais qui sont encore intactes faute de voies de communication.
- En 1876, la Serbie était couverte de vastes forêts. A partir de 1877, pendant la guerre serbo-turque, on a commencé à abattre beaucoup d’arbres et même à défricher de grandes superficies boisées pour faciliter les opérations des corps d’armée ou pour rendre plus difficile l’invasion des troupes ennemies.
- Il en a été de même pendant la guerre serbo-bulgare en 1886.
- Profitant de ces guerres, beaucoup de particuliers prirent possession, sans autorisation, de forêts communales et de l’Etat, et se livrèrent au commerce des bois ; les meilleures terres furent converties en prairies et en pacages; les mauvais terrains restèrent abandonnés.
- L’Etat lui-même, pour.se créer des ressources, vendit à vil prix le droit d’exploiter toutes les forêts de vieilles futaies de chêne, dont il pouvait disposer, de sorte qu’au bout de peu d’années les forêts ont été épuisées.
- Ce n’est qu’en 1891 qu’une loi vint mettre fin aux exploitations irraisonnées, et actuellement l’Administration forestière fait de louables efforts pour traiter les forêts d’après les principes de la sylviculture moderne.
- Mais, en attendant que les forêts aient de nouveau unejproduction ligneuse d’une certaine Valeur, la Serbie est obligée^d’importer des bois.
- D’après les chiffres fournis par lejMinistère serbe de l’Agriculture, du Commerce et
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- de l’Industrie, les importations et les exportations des produits ligneux se sont chiffrés
- comme suit en 1891, 1897 et 1898 :
- 1891 I ^mPor^ons.............................................. 1,083,216 francs.
- ( Exportations........................................... 1,354,953
- Excédent des exportations.......................... 271,737
- ( Importations........................................... 1,682,612 francs.
- ’( Exportations........................................ 596,o4o
- Excédent des importations........................ 1,086,572
- ^ggg ( Importations......................................... 2,407,423 francs.
- ’( Exportations............................................ 4g4,958
- Excédent des importations...................... 1,912,465
- RÉCOMPENSE.
- MÉDAILLE D’OR.
- Ministère de l’Agriculture, du Commerce et de l’Industrie (Service des Forêts),
- à Belgrade.
- Le Ministère de l’Agriculture (Service des Forêts) expose, sous forme de rondelles et de découpes de troncs d’arbre, divers échantillons représentant les essences qui poussent dans les forêts de la Serbie.
- Les essences principales sont :
- Le chêne pédonculé, le chêne rouvre, le chêne chevelu, le hêtre, le charme, le bouleau, l’érable sycomore, le frêne, l’orme, le tilleul, l’aulne, le peuplier, le noyer, le saule, le sapin, l’épicéa, le pin laricio, le pin sylvestre, etc.
- Des matières tannantes et tinctoriales sont également exposées : des écorces d’aulne, de bouleau, d’épicéa, et des brindilles de garance, employées dans le pays comme matières tannantes et tinctoriales.
- SIAM.
- GRAND PRIX.
- Exposition du Gouvernement de Siam.
- Le Gouvernement de Siam expose une collection de plus de 3oo paniers en jonc, de toutes dimensions , de formes variées et tressés d’une façon remarquable.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 283
- La fabrication des paniers constitue la plus grande industrie domestique du pays de Siam.
- Ces produits sont exportés par Bangkok et Singapour.
- Le Siam expose encore une collection de jolies nattes, une variété' de boîtes en bois peint et des cannes.
- Collaborateurs. — M. Le Directeur de la prison de Bangkok, médaille d’or; MM. Nai Kruat, Nai Rong, médailles d’argent; MM. Nai Piiukuhn, Nai Vein, Nai Kong, médailles de bronze; M. Nai Yaam, mention honorable.
- SUÈDE.
- Les terrains forestiers de la Suède comprennent, d’après une statistique officielle de 1898 : 19,98^,829 hectares, mais dans ce chiffre sont comprises certaines régions possédant actuellement une faible culture forestière, de sorte que Ton admet que la surface boisée est de 19 millions d’hectares.
- La superficie de la Suède étant de 41 millions d’hectares, le taux de boisement serait de 46 p. 100. Les forêts de TEtat comprennent environ 4,560,000 hectares, et les forêts des particuliers, 14,44o,000 hectares, soit ensemble 19 millions d’hectares.
- Les forêts privées du pays se trouvent d’une façon générale dans un mauvais état et subissent presque toutes des coupes plus ou moins excessives.
- Le rendement des forêts, ou l’accroissement annuel utilisable, est estimé à 27 millions de mètres cubes, alors que la consommation du bois, en 1897, a été la sui-
- vante :
- Bois exportés non ouvrés............................ 6,990,000 mètrescubes.
- Bois exportés ouvrés (moins la pâte à papier)....... 100,000
- Bois employés comme pâte à papier..................... 5,687,000
- Bois employés pour les usines de fer................... 1,619,000
- Autres emplois...................................... 15,853,000
- Total....................... 3o,069,000
- La consommation actuelle dépasserait donc l’accroissement annuel de 3 millions de mètres cubes. Mais il faut remarquer que l’accroissement total est beaucoup plus grand que celui qui est utilisé; cela tient à ce que dans les parties septentrionales du pays, les moyens de transport font défaut et que beaucoup de bois pourrissent en forêt, faute de pouvoir les chercher.
- Les essences forestières de la Suède sont les suivantes :
- Le bouleau odorant (belula odorata Bechst); le tremble (populus tremula L.); le pin (pinus silvestris L.); l’épicéa (picea excelsa Link), sapin blanc du Nord; le sorbier des oiseaux (sorbus aucuparia) ; le merisier à grappes (cerasus padus L.); l’aune blanc (alnus incana Wills) ; le tilleul (tillia europea L.); l’orme des montagnes (ulmus montana Wills); lerable platanoïde (acer platanoïdes L.); le coudrier (corylus avellana L.); le bouleau
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- verruqueux (betula verrucosa Ehrh); l’aune glutineux fabius glutinosa)\le chêne pédoncule, le frêne, l’alisier suédois (sorbus succica L.); le hêtre.
- Les contrées les plus riches en forêts de la Suède sont celles des gouvernements de Vermland, de Kopparberg, de Gefleborg et de Vesternorrland, oii 70 à 80 p. 100 du territoire sont couverts de bois.
- Dans les forêts de conifères se forment des tapis de lichens et de mousses, très propices à la germination des semences des pins et des épicéas.
- Les forêts de la Suède sont principalement peuplées d’épicéas et de pins; elles fournissent des bois très appréciés, à la fois solides, souples, légers et sans nœuds, ce qui les rend surtout propres aux travaux de menuiserie.
- Depuis des siècles, il y a eu des scieries à eau en Suède, mais ce n’est que dans le courant du xix° siècle que cette industrie du bois prit un caractère manufacturier.
- La première scierie à vapeur fut établie en 1 851, à Vifsta, près de Sunclswall. A partir de cette époque, grâce au perfectionnement des moyens de transport, les scieries se multiplièrent.
- En 1861, il existait en Suède :
- 59 scieries à vapeur et 4,933 scieries à eau et à vent.
- En 1898, l’industrie forestière concernant les bois non ouvrés, se faisait dans i,o3o établissements avec environ Ai,000 ouvriers, et représentaient un chiffre d’exportation de 198 millions de francs.
- D’après les statistiques, la Suède occupe actuellement le premier rang pour l’exportation des bois.
- EXPORTATION DE SUEDE DE BOIS NON-OUVRE's PAR ARTICLES.
- ARTICLES. 1871-1875. I 1876-1880. 110YENNES 1881-1885. 1886-1890. 1891-1895. EN 1898.
- mètres cubes. mètres cubes. mètres cubes. mètres cubes. mètres cubes. mètres cubes.
- Madriers et bastins ' 2,5oi,56l 2,541,967 2,667,066
- Planches >2,224,759 2,619,474 3,247,987 1,060,438 1,352,890 1,629,906
- Planches rabotées , 19.3,210 273,993 45l,8l9
- Bouts de planches O 0 00 1 43,201 217,921 283,362 352,558 3g6,488
- Poutres ( Grandes dimensions. 251,626 210,645 202,287 103,279 75,774 67,169
- et poutrelle | Petites dimensions.. 191,808 163,812 190,100 i78>°99 224,464 25i,382
- , ( Grandes dimensions. 135,967 13a,361 168,820 155,543 n8,445 96,934
- ois ron . . | petjteg (jjjnengiong _ > 17,021 16,910 20,464 32,586 52,553 76,727
- Bois de mine oc CO 00 lO 279,370 376,928 613,749 744,891 793,528
- Douves 3o,4oo 35,95o 3g,i5o 44,4oo 46,822 4.7,272
- Traverses (Sleepers) 9>659 7,554 10,476 1 i,4go 10,820 5o,736
- Bois à brûler 54,i A2 70,166 73,966 93,484 96,144 71,223
- Autres 36,45o 31,900 27,380 33,070 63,i 45 8g,i32
- Totaux 3,3o2,o68 3,711,332 4,676,479 5,204,271 5,953,466 6,688,371
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 285
- TABLEAU COMPARATIF DES QUANTITES DE BOIS NON OUVRES EXPORTES EN MOYENNE PAR LES PRINCIPAUX PAYS BOISE's DE 1 89 1 À l8g5.
- Norvège.. Finlande. Etals-Unis Russie. . .
- francs.
- 39,000,000
- 51,000,000 106,000,000 113,000,000
- Canada.........
- Autriche-Hongrie Suède..........
- francs.
- 1 17,000,000 129,000,000 107,000,000
- L’industrie des bois ouvrés dans cette même année 1898 occupait 5oi fabriques et 22,300 ouvriers, avec un chiffre de production de 73 millions de francs.
- Cette industrie de bois ouvrés comprend : La fabrication de la pâte de bois; la fabrication des allumettes; la menuiserie et les meubles; la tonnellerie, fabrique de sabots et ctspanaskar», ou boîtes de copeaux pour les fabriques d’allumettes.
- Le développement de l’industrie suédoise de la pâte de bois depuis 1871, ressort du tableau suivant :
- MOYENNE DES ANNÉES. EXPORTATION.
- FABRIQUES. OUVRIERS. PRODUCTION. QUANTITÉS. VALEURS.
- 1871-1875 *9 9°° quintaux. 63,499 quintaux. 46,57o francs. 1,521,744
- 1876-1880 24 927 116,63i 73,094 2,388,847
- 1881-1885 3a i,343 234,670 109,795 2,738,486
- 1886-1890 57 2,765 620,809 418,536 7,015,892
- 1891-1895 87 4,i52 1,534,525 1,061,531 14,190,766
- En 1898 124 6,13 4 3,357,100 1,814,736 21,577,327
- RÉCOMPENSES.
- GRAND PRIX.
- Exposition collective de l industrie forestière de la Suède.
- La Suède est représentée dans le Palais des Forêts par une exposition collective préparée sous les auspices de l’Association des propriétaires de scieries. La collectivité nous montre un diorama représentant un coin de forêt de pins de Suède (Pinetum cladinosum). Ce diorama avec ses véritables arbres apportés de Suède et le sous-bois formé avec les mousses et les lichens du pays (cladonia parmelia, stereocaulon, etc.), donne absolument l’illusion de la vraie forêt.
- Ce sont les mousses et les lichens qui favorisent le réensemencement naturel des forêts.
- A côté du diorama, nous voyons, en réduction, un modèle de scierie à vapeur avec cités ouvrières, chantiers de bois, voies ferrées desservant les chantiers; le tout situé au bord de la mer, le long d’nn quai d’embarquement où stationnent de nombreux navires qui viennent chercher le bois pour les pays étrangers. Les scieries de Nya Mo et de Ljusne sont construites sur ce type. La plate-forme sur laquelle le modèle est placé se compose de bouts de madriers portant les marques des diverses maisons qui forment l’Association des propriétaires de scieries.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- A citer ensuite : i° Des échantillons de bois sciés et rabotés;
- 2° Un collection des dérivés des bois, tels que charbons de bois, acide pyroligneux, alcool de bois, briquettes fabriquées avec la sciure fibres, de bois, pâte à papier, etc.
- 3° Une collection comparative de sections d’arbres pris dans les terrains irrigués et non irrigués et indiquant les différences des accroissements annuels ;
- k° Une série de photographies indiquant les principales scieries de la Suède, les travaux bn forêt, le flottage du bois, etc.
- 5° Une grande et magnifique carte forestière murale de la Suède exposée par l’administration des Domaines.
- Toute l’exposition qui concernait la Classe 50 a été remarquablement installée par un savant très estimé en Suède, M. Axel Lindstrôm, professeur de sylviculture à l’Université d’Upsal. M. Lind-strôm a rendu d’éminents services à son pays par ses ouvrages sur la coupe rationnelle des forêts, sur leur conservation et sur leur reproduction. Le docteur Frans Kempe, directeur de la Société Mo-Domsjô, et en même temps grand industriel de la Suède, a fait don à l’Université d’une somme de 2 5 o,o oo francs pour la création d’une chaire de sylviculture à Upsal, à la condition que M. Lindstrôm en soit le premier occupant.
- Voici la liste des exposants formant l’Association des propriétaires de scieries de la Suède, ainsique
- la production de chaque usine :
- Société anonyme Bjôrkâ, à Bruk............................ 35,ooo mètres cubes.
- Société anonyme Bjôrknâs, à Frânô......................... 3o,ooo
- Braathen, G. P. Sundsvall...................................... 5o,ooo
- Société anonyme Brunne, à Frânô........................... 17,500
- Société anonyme Dynâs, à Dynâs............................ 18,000
- Société anonyme de la scierie à vapeur Fjârdvik, à Lungvik.. 2Ô,5oo
- Francke, J.-E., à Stockholm.................................... 5o,ooo
- Société anonyme Bollsta Bruk................................... 5o,ooo
- Hallwyl (Comte W. de), à Stockholm........................ 120,000
- Société anonyme de la scierie de Hernôsand................ 25,000
- Kempe Frans, à Stockholm....................................... 80,000
- Société anonyme Kramfors, à Golhembourg. (La plus ancienne
- et la plus importante scierie dans le district de Hernôsand.) g5,ooo
- Société anonyme Maja, à Ullânger.......................... i5,ooo
- Société anonyme des scieries de Ramvik, à Ramvik.......... 25,000
- Société anonyme de la scierie de Salsâker, à Salsâker..... 2Ô,5oo
- Société anonyme des scieries de Sandviken, à Dynâs........ 36,000
- Société anonyme de Skônvik, Skônvik. (La Société possède les
- plus importantes scieries du Sundsvall : Skônvik et Ostrand.) 95,000
- Société anonyme Sprângsviken, à Kramfors.................. 5o,ooo
- Société anonyme de Stora Kopparberg, Falun, qui possède les scieries de Skutskârdans le distrtctde Gelfe, Domnarfvet en Dalécarlie, ainsi que Korsâ et Âbacka. Le total de la production de sciages de cette société est de................ 225,000
- Société anonyme pour le commerce de bois de Strôm, à Nyland. 26,000
- Société anonyme de Strômsnâs, à Frânô..................... 3o,ooo
- Société anonyme d’Ulfvik, à Àlandsbro..................... 37,5oo
- Wikstrôm, P. Jor., à Stockholm............................ 176,000
- Société anonyme de Wâïja, à Bollsta Bruk.................. 25,000
- Société anonyme de Svanô, à Frânô......................... 25,000
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIERES. 287
- MÉDAILLE D’OR.
- Usine de Fogelfors Bruk.
- Cette usine, outillée mécaniquement, fabrique de la menuiserie pour l’exportation : portes et fenêtres, ainsi que des chalets.
- Son chiffre annuel d’affaires est de k00,000 francs.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- Société anonyme de Brenas, à Strângsjô.
- La Société de Brenas expose des fibres de bois, des bobines, jouets et petit objets en bois tournés.
- Elle fabrique de grandes quantités de fibres en bois d’épicéa, pin sylvestre et tremble, en quarante-cinq épaisseurs différentes et en cinq largeurs. Ces fibres de bois sont exportées en Angleterre et en Hollande.
- Les objets en bois tourné que produit la Société de Brenas sont fabriqués dans du bois de bouleau; ils consistent en bobines, jouets, formes pour boutons, en bonbonnières, boîtes à pilules, boîtes à aiguilles et tous autres objets de fantaisie.
- Cette maison exporte annuellement en Angleterre 500 tonnes de ces bois tournés.
- STATISTIQUE.
- TABLEAU COMPARATIF DES SURFACES BOISEES DES PAYS D’EUROPE ET DE L’AME'RJQUE DU NORD.
- PAYS. SURFACE BOISÉE. RAPPORT à la SUBFACE TOTALE. PAYS. SURFACE BOISÉE. RAPPORT h la SURFACE TOTALE.
- hectares. p. 100. hectares. p. 100.
- EUROPE. (Suite.)
- EUROPE. France g,55o,ooo 17-9
- Bosnie et Herzégovine. .. 3,700,000 35 Belgique 5o6,ooo 1 7.2
- Suède 46 Italie 4,093,000 i4
- Russie d’Europe (y com- 19,000,000 Espagne 6,5oo,ooo i3
- pris la Finlande) 906,000,000 39 Grèce 83o,ooo i3
- Serbie 1.546.000 38 Dovo K OC O A OA fl n 5
- Autriche O « O d c r d 32,5 DonriTYi onlr 9/11 A 3o j.O 6.3
- Bulgarie 3,0^1,126 3o P/ipInofii 5oo,ooo 5.4
- Allemagne 13,900,600 26 Grande-Bretagne etlrlande. 1,299,000 4
- Hongrie 7,515,490 26
- Norvège 6,820,000 21 AMÉRIQUE DU NORD.
- Rmimanif» . . 2,77^,0/18 2 1 Canada. 323,ooo,ooo 38
- finisse 84a,000 20 États-Unis 200,000,000 25
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- IMPORTATION ET EXPORTATION DE ROIS COMMUNS W.
- PAYS. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS. EXCÉI DES IMPORTATIONS. )ENTS DES EXPORTATIONS.
- francs. francs. francs. francs.
- EUROPE.
- Angleterre (1898) 519,349,000 6,255,ooo 5l3,094,000 n
- Allemagne (1898) 370,612,000 0 0 0 00 0 « 343,53i,ooo n
- France (1898) 142,443,000 3i,5i8,ooo 110,925,000 U
- Belgique (1898) 1 o4,255,000 2,i43,ooo 102,1 1 2,000 il
- Pays-Bas (1898) 1 o4,i 21,000 85,976,000 18,145,000 U
- Italie (1898) 35,262,000 4,i3o,ooo 3i,i32,ooo 11
- Danemark (1898) 3i,o85,ooô 58,ooo 31,027,000 n
- Espagne (1898 ) 3o,33o,ooo 810,000 29,520,000 n
- Suisse (1898) i6,541,000 1,786,000 14,760,000 u
- Portugal (1897) 5,706,000 706,000 5,ooo,ooo //
- Grèce (1897) 3,272,000 4,ooo 3,268,000 n
- Bulgarie ( 1898) 3,094,000 845,ooo 2,24g,000 //
- Serbie (1898) 756,000 394,000 362,000 11
- Autriche-Hongrie (1898) 5,669,000 2o4,iy5,ooo II 198,536,000
- Suède(1898) 4,706,000 202,884,000 // 198,178,000
- Russie (1897) 12,207,000 1 44,233,ooo II 132,026,000
- Finlande (1898) 772,000 89,010,000 il 88,238,000
- Norvège (1898) 7,966,000 54,678,000 n 46,712,000
- Roumanie (moyenne 1894-1898)... 573,000 5,i 12,000 fi 4,539,000
- Totaux 1,398,708,000 861,817,000 1,205,1 20,000 668,229,000
- Excédent des importations pour
- les pays d’Europe // 536,891,000 n 536,891,000
- AMÉRIQUE DU NORD.
- États-Unis (1898) 47,724,000 147,260,000 n 99,536,ooo
- Canada (1898) 1 i,463,ooo 139,024,000 // 127,561,000
- W Chiffres tirés de l’ouvrage de M.A. Mélard sur l’insuffisance de la production des bois d’œuvre dans le monde.
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- PRODUITS DES EXPLOITATIONS ET DES INDUSTRIES FORESTIÈRES. 289
- CONCLUSIONS.
- Les deux tableaux qui précèdent résument les données statistiques du rapport sur les taux de boisement et les ressources forestières des pays de l’Europe et de l’Amérique du Nord.
- Il en résulte que six pays seulement sont exportateurs de bois : TAutriche-Hongrie (la Bosnie-Herzégovine comprise), la Suède, la Russie, y compris ]a Finlande, la Norvège, les Etats-Unis et le Canada.
- Mais, d’après M. Mélard, pour trois de ces pays : TAutriche-Hongrie, la Norvège et les Etats-Unis, la qualité d’exportateur ne saurait être que momentanée. La Norvège épuise ses ressources futures par des exploitations forcées et les produits ligneux de TAutriche-Hongrie ainsi que ceux des Etats-Unis seront absorbés dans un avenir prochain pour les besoins intérieurs, par suite de l’accroissement probable de leur population et de leur développement industriel.
- En Suède, en Russie et au Canada seulement, l’exportation des bois reste à peu près assurée. Ces pays ont certes de belles réserves, puisque les richesses sibériennes exclues, elles comprennent 5/i8 millions d’hectares de forêts, soit les deux tiers de la surface forestière actuellement mesurée. Mais seront-elles suffisantes? Il est permis d’en douter.
- Pour ce motif, il est indispensable d’arrêter la destruction des forêts par des lois strictement appliquées.
- Ce n’est pas avec des raisonnements que Ton empêchera la majorité des propriétaires de réaliser le capital ligneux plutôt que d’exploiter avec méthode l’accroissement annuel de leurs forêts.
- De même, les particuliers ne pouvant plus guère, pour des raisons budgétaires, aménager leurs propriétés en vue de la production des bois d’œuvre de grosses dimensions, les Etats devront suppléer à cette situation.
- Pour ne parler que de l’Europe, il existe des millions d’hectares de terres incultes ou de qualité médiocre, trop éloignées des centres pour y chercher les engrais nécessaires h leur fertilité. Toutes ces terres devraient, dans la situation économique actuelle, être achetées par les Etats, et reboisées, chaque fois qu’une occasion se présenterait.
- En France surtout, où le taux de boisement n’est que de 17.9 p. 100 et la production ligneuse insuffisante, le Parlement ne devrait pas marchander à la Direction des Eaux et Forêts les fonds nécessaires afin d’étendre graduellement le domaine forestier, en vue de la production des bois d’œuvre.
- Les faits relatés dans le rapport qui précède, ceux énoncés dans les notices instructives publiées en 1900 par les gouvernements et les exposants, sont encourageants pour les reboiseurs.
- Les dunes et les landes stériles de la Gascogne fournissent aujourd’hui plus d’un million de mètres euhes de pins maritimes; leurs populations qui, il y a cinquante
- Gr. IX. — Ci. 50. 10
- mitJIEME NATIONALE.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- ans, se chauffaient avec des balais de bruyère et le fumier séché des animaux, sont devenues grandes exportatrices de bois.
- Les plateaux incultes, les jungles sans valeur de l’Inde anglaise, convertis depuis une quarantaine d’années en futaies de teck, promettent également de beaux revenus dans un avenir prochain.
- Un grand pas a certainement été fait pendant ces dernières années pour le bien des forêts, car nombre de lois protectrices sont de dates récentes.
- Il serait désirable de voir ce mouvement se développer hors d’Europe, surtout dans les pays de grande production de bois communs ou l’exploitation raisonnée faite en vue de la reproduction des bonnes espèces est encore inconnue.
- Souhaitons donc une heureuse issue aux études des sociétés et gouvernements des divers peuples qui les ont actuellement entreprises et qu’ils soient promptement imités par les autres.
- Reboiser ne suffit pas au point de vue sylvicole; utiliser les jeunes sujets, protéger l’arbre d’âge moyen est plus économique; c’est le capital qui augmente sans nouvelle mise de fonds. Ne voit-on, pas par les chiffres que nous avons donnés sur les revenus des forêts de France, que la futaie est la forêt la plus productive à l’hectare et que le revenu augmente avec la proportion du bois de service extrait des massifs. Les produits de grandes dimensions seront toujours les plus demandés et les plus chers.
- Ne nous laissons pas leurrer non plus par les réserves tropicales; elles ont leur valeur forestière spéciale, mais surtout au point de vue des produits accessoires. La pesanteur dubois, la difficulté de le travailler rendront toujours difficiles la généralisation de leurs emplois.
- La richesse de beaucoup de forêts vierges est du reste bien souvent plus apparente que réelle en raison de la rareté des bois de qualité, disséminés au milieu de trop nombreux végétaux sans valeur ni durée. Le manque de main-d’œuvre, de voies de vidange économiques, les difficultés de transporter des pièces pesantes de grandes dimensions, l’éloignement des grands centres de consommation, l’ignorance et l’apathie des populations locales, sont autant d’obstacles qui empêcheront longtemps encore les exploitations intensives et rémunératrices des régions équatoriales.
- Aussi, pour conclure, nous dirons que le programme du forestier de tous les pays doit être le suivant :
- Reboisement des terres incultes;
- Protection et exploitation raisonnée des massifs existants;
- Production des bois d’œuvre de grandes dimensions en qualités analogues au chêne, au sapin, au pin et même au tremble et au peuplier.
- Si ce programme n’est pas appliqué, les générations futures subiront la disette des bois d’œuvre.
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- CLASSE 51
- Armes de chasse, matériel et équipement
- RAPPORT DU JURY INTERNATIONAL
- M. GASTINNE-RENETTE
- ARQUEBUSIER
- Gr. IX. — Cl. 51.
- n o
- DP RI ME RIE NATIONALE.
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- COMPOSITION DU JURY.
- BUREAU.
- MM. Fauré-Le-Page (Henry), arquebusier à Paris (grand prix, Paris 1889),
- président......................................................... France.
- Poeain (Jules), directeur-du banc d’épreuves des armes à feu, à Liège, vice-président.......................................................... Belgique.
- Gastinne-Renette (Jules), arquebusier h Paris (membre du Jury, rapporteur, Paris 1889), rapporteur...................................... France.
- Liîtrange (Armand), fabricant d’équipements de chasse à Paris (médaille
- d’or, Paris 1889; secrétaire des comités, Paris 1900), secrétaire. France.
- JURÉS TITULAIRES.
- MM. Davidson (YV.-E.), délégué de Ceylau.................................. Grande-Bretagne.
- Ronciiard-Cizeron (Joseph), fabricant de canons de fusils, à Saint-Étienne
- (Loire), [membre du Jury, Paris 1889]............................ France.
- Verney-Carron aîné (Joannès), maison Verney-Carron frères, fabricant
- d’armes, à Saint-Etienne (Loire), [membre du Jury, Paris 1889]. . . . France.
- JURÉS SUPPLÉANTS.
- MM. Barclay (Gécil)....................................................... Grande-Bretagne.
- Rieger (Henry), arquebusier à Paris; médaille d’or, Paris 1889...... France.
- EXPERT ADJOINT AU JURY.
- M. Barrai. , ingénieur des poudres,
- France.
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- ARMES DE CHASSE, MATÉRIEL ET ÉQUIPEMENT.
- CHAPITRE PREMIER.
- PRODUITS RANGÉS DANS LA CLASSE 51.
- NOMBRE ET RÉPARTITION DES EXPOSANTS.
- La Liasse 51 comprenait, à l’Exposition universelle de 1900, d’après la classification générale, les divisions suivantes :
- I. Matériel et outillage spéciaux pour la fabrication des armes : machines à dresser les canons; tours spéciaux à reproductions instantanées; machines à rectifier l’alésage intérieur des canons, alésoirs; machines à percer les canons; machines spéciales pour faire la monture en bois; machines à fraiser et à reproduire pour les diverses pièces d’armes en fer; machines à polir et à redresser les pièces trempées. — Matériel et outillage de fabrication de cartouches et munitions.
- II. Armes blanches : armures pour panoplies ; reproduction d’armes anciennes, armes de jet, arcs, arbalètes, etc.
- III. Armes à feu : fusils, carabines, pistolets, etc.; objets accessoires d’arquebuserie ; projectiles pleins ou creux, explosibles, capsides, amorces, cartouches; équipements de chasse; engins de dressage pour les chiens ; matériel des salles d’escrime.
- L’emplacement accordé à la Classe 51 n’a permis que dans des conditions très restreintes la présentation et l’installation des machines et outils compris dans le premier paragraphe. La seule maison qui ait persisté dans sa demande d’une exposition de ce genre a du se contenter d’un espace fort limité et n’a pu montrer que quelques échantillons de son matériel, et seulement à l’état de repos.
- Il n’a pas été présenté de matériel ni d’outillage pour la fabrication de cartouches et de munitions.
- La deuxième section, Armes blanches, ne s’est composée que d’expositions d’armes blanches modernes. Les fabricants d’armures pour panoplies ou de reproductions n’avaient aucun représentant; les constructeurs d’armes ou d’arbalètes modernes se sont également abstenus. Les collections des colonies françaises ou étrangères ont, seules, contenu des arcs et des flèches construits par des indigènes et qui ne peuvent être considérés comme les produits d’une véritable industrie.
- C’est sous le troisième titre : Armes à feu, munitions, accessoires de chasse, articles de chasse, etc., que l’exposition de la Classe 51 s’est trouvée la plus importante et aussi la plus intéressante pour tous les pays représentés. Le Jury a dû ajouter, comme en 1889,
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
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- à la nomenclature de la classification générale, et les comprendre dans son examen, les poudres de chasse et les artifices qui n’avaient été attribués à aucune autre classe.
- Les exposants définitivement examinés, soit en installations particulières, soit en installations collectives, ont été au nombre de 17A. se répartissant par nationalités comme il suit :
- France............................... 70
- Colonies françaises.................. 12
- Allemagne............................. 2
- Autriche............................. 10
- Belgique............................. 16
- Bosnie............................... 11
- Corée................................. î
- Espagne............................... 2
- Etats-Unis............................ 6
- Grande-Bretagne...................... 10
- Grèce.. .
- Hongrie.
- Italie. . .
- Maroc. .
- Portugal Russie. .
- Sia in . . .
- Suède. .
- Tôt ai.................. 17/1
- 1
- 2 8 1
- 8
- /.
- 1
- 9
- Le Catalogue officiel contenait au début un plus grand nombre de noms, mais certains exposants étrangers se sont abstenus au dernier moment, et d’autres n’ont pas été conservés à la Classe 51.
- En i88q, le chiffre des exposants examinés par le Jury de la (Tasse 38, Armes portatives, chasse, avait été de 207, comprenant pour les colonies françaises et les pays de protectorat 65 exposants qui se sont réduits à 11 pour la Classe 51 , ou ont été renvoyés en îpoo, à la Classe 112, Ethnographie.
- Les pays dont la participation a été la plus importante sont, ainsi qu’en 188cj, après la France, la Belgique et la Grande-Bretagne. L’Autriche et l’Allemagne, qui s’étaient abstenues en 188q, figurent d’une manière intéressante à l’Exposition de 1 g00.
- Suivant le détail des industries, les exposanls se sont répartis conformément au tableau ci-dessous :
- FIIVNCE. KTDAAGF.R. TOTAL.
- Armes à feu et outillage 56 n 9°
- Armes blanches 3 7 1 0
- Cartouches et munitions 2 5 7
- Poudres et artifices 3 7 10
- Articles de chasse et objets, accessoires d’arquebu-serie 7 5 12
- Pièges 1 2 3
- Matériel des salles d’escrime 2 2 h
- Eji dehors de ces divisions, se sont rangées certaines catégories d’armes ou d’objets d’équipement, composant des collections des colonies ou des pays d’extrème-Orient et qui ne peuvent être assignées à des industries régulièrement déterminées; en ont été également séparés, les établissements officiels de banc d’épreuves et les écoles d’armurerie de France et de l’étranger.
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- ARMES DE CHASSE, MATÉRIEL ET ÉQUIPEMENT.
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- CHAPITRE II.
- INSTALLATION.
- La section française de l’Exposition des armes a été peu favorisée sous le rapport de l’emplacement qui lui avait été attribué au Champ de Mars. Alors qu’en 1867, 1878 et 1889, l’arquebuserie avait toujours été placée dans le voisinage des articles de luxe et sur le passage naturellement suivi par les visiteurs des palais principaux, elle en était séparée en 1900.
- Le Pavillon des Forêts, (pii lui donnait asile, pouvait avoir son mérite architectural spécial, mais il laissait, à notre point de vue, quelque peu à désirer sous le rapport de la distribution.
- Le Comité d’installation a subi une situation qu’il ne pouvait modifier; néanmoins, en tenant compte de l’obligation de rester dans ce pavillon, l’emplacement choisi s’est trouvé le moins désavantageux possible. Mettant de côté la situation toujours défavorable d’une installation ailleurs qu’au rez-de-chaussée, l’exposition française des armes et articles de chasse s’est présentée comme très intéressante, très brillante et très bien organisée.
- Elle occupait, au premier étage dans la galerie faisant le tour du bâtiment principal, toute la façade sud-est vers le Champ de Mars, avec retours aux extrémités vers l’est et l’ouest.
- Elle se divisait en trois parties distinctes : la première, à laquelle on accédait au sud-ouest par l’escalier principal, comprenait les fabricants d’armes de Saint-Etienne et de province; venaient ensuite dans la partie centrale de la grande salle, au sud-est, le salon de l’exposition centennale, et enfin vers l’est, les installations des fabricants d’armes et d’articles de chasse de Paris, des artificiers, etc.
- La façade, côté du Champ de Mars, était avantageusement éclairée par de larges et hautes fenêtres; le côté du hall central était malheureusement moins favorisé. Il a été regrettable qu’un jour zénithal n’ait pu être réparti également à tous les exposants.
- Conformément aux précédents des trois dernières Expositions universelles de Paris, le Comité d’installation avait adopté et fait agréer aux exposants un modèle uniforme de vilrines en chêne naturel, sobrement ornées, de distance en distance, par des pilastres très légèrement sculptés. Ces vitrines fermées en glaces à châssis en fer présentaient un ensemble fort satisfaisant, sans que les exposants eussent été entraînés à des dépenses trop considérables.
- Les frais généraux de parquets, de cloisons, de vélums et autres imposés par l’administration, ainsi que les frais de gardiennage diurne et nocturne, d’entretien et de nettoyage, d’acquisitions ou de locations de stores, de linoléum, de tapis, d’appareils extincteurs d’incendie, d’assurances contre le vol, décidés par le Comité d’installation se sont naturellement ajoutés au prix des vitrines fournies en location pour la durée de
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- l’Exposition. Le total de ces diverses charges réparti sur les espaces occupés a fait ressortir le mètre de façade à 35o francs environ.
- La surface attribuée à la Classe 51 a été de 83o mètres carrés environ, et le développement linéaire des vitrines de i3o mètres.
- Le plan des installations, le dessin des vitrines ont été faits par M. Couvreux, architecte, choisi par le comité d’installation. A titre de document, nous reproduisons ci-contre le plan de la section française de la Classe 51.
- EXPOSITION CENTENNALE.
- La Commission supérieure de l’Exposition ayant décidé la création de musées cen-tennaux pour les diverses industries représentées en 1900, les Comités d’admission et d’installation de la Classe 51 se sont préoccupés de donner à ce musée tout l’éclat et toute l’importance qu’il comportait.
- Les armes de luxe françaises ont été en effet sans rivales, particulièrement à la fin du xvinc et au commencement du xixe siècle; il était bon de saisir l’occasion d’en faire connaître les modèles les plus remarquables.
- Il convenait, en même temps, de montrer les transformations des armes à feu pendant le siècle qui vient de finir.
- Les Comités trouvèrent le concours le plus empressé auprès des principaux collectionneurs; grâce à ceux-ci, la section rétrospective de la Classe 51 a pu être justement considérée comme l’une des plus intéressantes de l’Exposition de 1900.
- L’installation de l’exposition rétrospective s’est faite, nous l’avons dit, dans un salon spécial séparant les deux fractions de l’exposition française d’armes modernes : Paris, d’un côté; Saint-Etienne, de l’autre.
- L’espace ainsi réservé a permis'' de classer favorablement et de mettre en valeur les richesses confiées au Musée centennal. Jamais, en aucune circonstance, n’ont été rassemblées autant de pièces intéressantes au double point de vue de leur perfection artistique et des souvenirs qui s’y rattachaient.
- Le mérite de cette réunion revient tout spécialement au Président de la Classe 51, à M. Fauré-Le-Page qui, par ses relations et ses démarches personnelles, en Russie même, a obtenu de S. M. l’Empereur la faveur insigne de choisir dans les musées impériaux les armes qu’il croyait les plus intéressantes à faire figurer à l’Exposition rétrospective de Paris. LL. AA. II. les ducs Nicolas et Georges de Leuchtenberg confiaient également à M. Fauré-Le-Page les armes du prince Eugène et de la famille de Beau-harnais; enfin M. le prince Lwolf mettait à sa disposition des armes magnifiques admirablement conservées et ayant appartenu à l’empereur Napoléon Ier.
- Citons parmi les objets les plus intéressants : des armes du xvmc siècle ayant été en la possession de l’impératrice Elisabeth, des grands-ducs Alexandre Paulowitcb et Constantin ;
- Le sabre du général de Beauharnais rendu à son fils, grâce à l’intervention du gé-
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- Exposition Universelle de 1900.
- Palais des Forêts
- Cl. 51---Armes portatives Gr. IX.
- Plan de la Classe. le.r Etage.
- Rue en Tranchée.
- ;Manufr.e Françs.c d'armes et
- de Etienne
- Flobert Chobert Renette Nouvelle
- Exposition Centennale
- Pidault
- Lévy Du pif Verney Caron
- G r and
- Hall.
- Goubau*
- &
- 9'° <:c Coutollau
- Cote du pont
- d'Iéna.
- Royet Chometon
- ARMES DE CHASSE, MATÉRIEL ET ÉQUIPEMENT. 299
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- 300
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- néral Bonaparte; cette intervention fut l’origine des relations qui s’établirent entre celui-ci et Mrae de Beauharnais et amenèrent leur mariage; le jeune de Beauharnais devint plus tard le prince Eugène ;
- le sabre que Napoléon portait à Lodi, à Arcole et à Rivoli; celui qu’il portait à Marengo;
- Tépée en or qu’il donna à l’empereur Alexandre T1', après la paix de Tilsitt; les armes offertes au général Otten Sacken par la ville de Paris, dont il avait été le gouverneur en i 8 1 A, etc.
- A ces pièces inestimables se sont ajoutées, en France, les plus belles armes des collections de LL. AA. RR. le duc de Chartres et le prince Auguste de Saxe-Cobourg, de M. le prince de Wagram, de M. le comte de Mon lai gu, de AI. le comte Potocki, de M. Reubell, de M. Doislau, et, pour servir à l’histoire de l’Arquebuserie, les collections du musée de Saint-Etienne, de feu M. le général de Ligmères, appartenant à M. Bertherand de Cliaeenay, son neveu, et un certain nombre d’armes prêtées par des amateurs et des armuriers.
- L’organisation du Musée centennal a été ensuite l’œuvre personnelle de M. Reubell, membre des Comités d’admission et d’installation pour la partie rétrospective, qui s’y est consacré avec un véritable dévouement et y a apporté son indiscutable compétence.
- xM. Amédée Pichot a bien voulu faire connaître en même temps les accessoires les plus curieux de la chasse au faucon à diverses époques.
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- ARMES DE CHASSE, MATÉRIEL ET ÉQUIPEMENT.
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- LES ARMES CONTEMPORAINES.
- INTRODUCTION.
- Le règlement général confie aux rapporteurs des Jurys de classe la mission d’établir la situation générale de la production contemporaine.
- Il nous a semblé que la meilleure introduction à cet exposé devait consister en une revue rapide de l’industrie des armes dans le siècle qui vient de s’achever et des progrès qu’il a vus se réaliser, en profitant précisément de la réunion exceptionnelle des nombreux et intéressants spécimens qui figuraient à l’Exposition centennale.
- Au xvne et au xvm° siècle, il n’existait qu’un seul mode d’inflammation de la charge des armes à feu. L’idée d’amener cette inflammation par des étincelles produites à volonté date de fort loin, et il est fort intéressant de poursuivre dans la suite des temps les mécanismes ingénieux que cette idée a fait surgir. Vers 16/10, on imagina la platine à silex dont le chien s’armait à la main. La pierre que portait ce chien produisait, en s’abattant sur une batterie à bascule, les étincelles qui allumaient la poudre d’un bassinet mis à découvert par le renversement de cette batterie. Cet ensemble de dispositions très remarquable par sa conception, ne fut dès lors que peu modifié. A la moitié du xvme siècle, le mécanisme de la platine à silex était arrivé à un très haut degré de perfection, et les parties principales en sont encore actuellement conservées.
- L’habileté manuelle des ouvriers arquebusiers de l’époque, habileté dont témoignent leurs œuvres, n’est certainement pas dépassée aujourd’hui.
- Pendant une période de plus de cinquante ans, la mécanique proprement dite de l’arme ne varia que fort peu; aussi les détails de forme, d’ornementation, furent-ils améliorés à loisir; la coutume s’établit de faire de l’arme, quelle quelle soit, un objet de luxe et de parure; il en résulta la formation de tout un personnel de graveurs, de sculpteurs, d’orfèvres et de bijoutiers en armes dont le recrutement deviendrait impossible aujourd’hui. Les planches du catalogue spécial de la section rétrospective de la Classe 51 ont reproduit quelques-uns des plus remarquables échantillons de l’art français et étranger.
- Ainsi que nous l’avons dit, le principe d’inflammation fut, pendant plus d’un siècle, considéré comme peu susceptible d’être modifié, mais les moyens d’augmenter la rapidité du tir et du chargement furent, de tout temps, l’objet d’étucles nombreuses et intéressantes.
- Les premières armes à feu étaient à canon unique; on songea bientôt à les faire à deux coups; l’idée de réunir les deux tubes sur une même crosse fut d’abord appliquée en les superposant. L’Exposition centennale nous montrait un pistolet à rouet(1 '>
- M Collections de M. le comte de Monlaigu.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- dont les canons, l’un supérieur, l’autre inférieur, correspondaient à une double platine qu’actionnait une détente unique.
- On chercha ensuite à remplacer le mode de chargement par le haut du canon, c’est-à-dire l’introduction successive de la poudre, des bourres, du projectile et l’usage d’une baguette, par le chargement à l’arrière, en mettant le tonnerre à découvert. Nous en avons vu les exemples dans plusieurs armes, notamment dans un fusil à pierre de Dupont(1) à canon basculant à charnière à la culasse et se chargeant au moyen de cartouches obturatrices en acier, munies de leur bassinet, dans une arme semblable^, et encore dans un fusil à pierre à h coups et à cartouches^.
- Dans un autre ordre d’idées, on chercha à multiplier le nombre des coups à tirer dans la même arme. La combinaison la plus naturelle consistait à réunir un faisceau de plusieurs canons se présentant successivement à une platine unique; elle fut réalisée dans la première partie du xvm° siècle; nous la voyons appliquée à un fusil à six canons des musées impériaux de Russie, prêté à notre exposition rétrospective.
- Le poids de cette réunion de canons étant relativement considérable, on imagina, peu après, d’interposer entre la culasse et un canon unique un cylindre tournant portant les charges. Une arme ayant ce dispositif figurait, à côté de la précédente (à canons multiples), dans la vitrine impériale. U existe du reste à notre connaissance un assez grand nombre de types du même genre dans différentes collections.
- Il n’est pas jusqu’au mécanisme de la répétition cpii consiste à emmagasiner les charges dans une partie de l’arme pour qu’elles viennent ensuite se placer automatiquement dans le canon, qui n’ait été étudié. Un fusil français du xvmc siècle, de BouilleR4', était muni de réservoirs distincts contenant l’un, la poudre de charge, l’autre, les halles; le troisième, la poudre cl’amorcc et, par différents mouvements imprimés soit au canon, soit au chien, soit au pontet de sous-garde, se trouvait rechargé et amorcé automatiquement. Un autre fusil, avec des dispositions du même genre, figurait également à l’exposition centennaleé5f
- On voit donc que le principe du chargement par la culasse, que le cylindre tournant qui est l’organe spécial des «revolvers», que le remplacement automatique des charges qui caractérise l’arme à répétition, avaient été mis en pratique alors même que l’inflammation de l’amorce était produite par la simple batterie à silex.
- L’usage du fusil à deux canons assemblés et soudés horizontalement se répandit dans la seconde moitié du xvinn siècle; jusqu’alors ils étaient isolés l’un de l’autre et retenus sur la monture par des tiroirs ou des goupilles.
- Toutefois l’emploi de fusils à un seul coup persista longtemps encore, ainsi qu’on en peut juger par les fusils de l’empereur Napoléon Ier >fl).
- W Collections de M. le comle dcMontaigu.
- ® Collections de fou M. le général de Lignières, apparlenant à M. Bcrthcrand de Chacrnay, son neveu.
- C’I Collections de M. le prince de Wagram.
- I4) Appartenant à M. Gévolot.
- Collections de M. le marquis de Raincourt et de feu M. le général de Lignières, appartenant à M.Bor-therand de Chacenay, son neveu.
- Collections de M. le baron Bro de Comères.
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- ARMES DE CHASSE, MATÉRIEL ET ÉQUIPEMENT.
- Le développement assez considérable que prend en largeur un fusil double avec ses deux platines à batterie étant parfois gênant, on fit assez souvent, surtout en carabines, des armes à deux canons superposés portant chacun leur bassinet et leur batterie, qui venaient, en pivotant à la main, se présenter au choc d’un chien unique. Cette disposition fut particulièrement employée à la manufacture de Versailles pour des armes fort riches0), et aussi par Le Page(2).
- Malgré la perfection d’exécution des armes à silex, leur usage devenait parfois très incertain. La lenteur de l’inflammation s’opérant pour ainsi dire en deux temps, celui de l’inflammation de l’amorce, puis celui de l’explosion de la charge, les nombreux obstacles qu’y apportaient la pluie, le vent, l’humidité, l’usure ou le déplacement de la pierre, causaient d’incessantes déceptions au chasseur. La découverte des poudres fulminantes, particulièrement du fulminate de mercure, amena sous ce rapport une véritable révolution.
- Dès 1785, Vauquelin, Fourcroy, Berthollet cherchèrent à utiliser la propriété qu’avaient certains composés de détoner sous le choc, pour l’inflammation de la poudre; mais ce ne fut qu’après 1800 que le fulminate fut employé dans les armes à feu, d’abord pour allumer l’amorce, ensuite pour la remplacer. Des dispositions diverses furent imaginées dans ce but en France et en Angleterre ; l’état de guerre qui existait alors lit que les études se poursuivirent parallèlement dans les deux pays. On s’accorde généralement à attribuer à un clergyman anglais, M. Forsyth deBethelvie, le premier mécanisme de percussion. Dans le système Forsyth (1809?), une petite quantité de fulminate amenée d’une sorte de réservoir, venait se présenter dans le bassinet au choc d’une pointe dont le chien était muni. Sur le continent, les armuriers imaginèrent différentes combinaisons, tantôt enveloppant de cire la matière fulminante, tantôt la disposant dans des récipients spéciaux. Nous en trouvons divers modèles à l’exposition centennale : fusil français à un coup, à boulettes, de Blanchard^; fusil à deux coups à boulettes, de Fessier(2); fusil simple à tourniquet, à pois fulminants^; fusil double à magasin d’amorces à pois fulminants de Fessier, à Saint-Etienne Le fulminate fut ensuite enfermé dans de petits tubes de cuivre mince introduits dans la lumière de l’arme et que la pointe des chiens venait écraser sur le côté; cette disposition se trouvait appliquée à deux fusils anglais, l’un de Manton(/|) et l’autre de LancasterFes solutions étaient toutefois encore incomplètes, et le problème ne fut réellement résolu que par l’invention de la capsule de cuivre. Nos voisins l’attribuent à Joseph Egg, armurier anglais, qui, en 1818, aurait imaginé d’enfermer le fulminate dans un petit tube en forme de clou, tube qui était écrasé par le chien. En France, on fait honneur de l’invention a l’armurier Deboubert qui, en 1819, donna à la capsule sa disposition actuelle; un autre armurier français, Prélat, prétend également avoir devancé Egg. La capsule consiste
- M Collectionsdu muséeimpérial duTrésor, à Moscou. Collections du musée d’armes de Saint-Étienne.
- (2) Collections de feu M. le général comte de Li- (4) Collections de leu M. le général comte de Li-
- gnières, appartenant à M. Bcrtlierand de Cliacenay, gnières, appartenant à M. Bertherand de Chacenay,
- son neveu.
- son neveu.
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- en un petit godet de cuivre au fond duquel est placée la matière fulminante. On en coiffe une «cheminée» percée sur laquelle vient s’exercer le choc d’un chien dont la tète est creusée de manière à prévenir la projection des éclats du métal de l’amorce. Les fusils disposés pour recevoir les capsules sur une cheminée reçurent bientôt le nom générique de fusils «à piston».
- Le fusil à piston disparaît aujourd’hui peu à peu, mais la capsule de cuivre, sous diverses formes, est restée le dispositif le plus ingénieux pour emmagasiner en portions quelconques, si faibles soient-elles, l’amorce de fulminate de toutes les munitions.
- L’adoption de la capsule se fit très rapidement et d’autant mieux que la transformation des fusils à pierre en fusils à piston était assez facilement exécutable, les organes intérieurs de la platine restant les mêmes. Toutefois quelques modifications furent tentées dans la disposition du mécanisme de percussion. Une des plus simples et des plus ingénieuses nous a paru réalisée dans un fusil de Jouanny Nouvelle 9) (i83o?), dont la platine n’avait que deux pièces : un chien formant une sorte de fléau oscillant sur un ressort unique; d’autres consistaient dans le changement de place des cheminées : fusil de Le-Page avec cheminées dans Taxe des canons 9); fusil de Gosset avec chiens en dessous (1), fusil du même genre de Cessier; on dissimulait les chiens ou les cheminées sous des tiroirs de recouvrement, fusil de Baker à couvre-chiens fusil de Charles Jones à platines couvertes, percussion intérieure et tiroir de recouvrement
- L’idée d’abréger le chargement du fusil en introduisant par la culasse, à l’aide d’une cartouche toute faite, la poudre, le plomb, les bourres qu’on versait ou plaçait successivement et séparément par le haut du canon, et avec l’assistance d’une baguette, avait été maintes fois proposée, avons-nous dit, même avec le fusil a pierre; la découverte des poudres fulminantes imprima un élan irrésistible aux recherches des inventeurs.
- Dès 1812, Pauly, armurier français, prenait un brevet pour une arme se chargeant par la culasse au moyen d’une cartouche portant une amorce fulminante et lenticulaire; un peu plus tard, Robert imaginait un fusil du même genre. Il est intéressant de constater que les fusils Pauly et Robert, dont l’exposition centennale présente un certain nombre de spécimens9), étaient à canons fixes, à culasse volante, se soulevant pour découvrir l’orifice des canons, à chiens intérieurs et à armement automatique. Pauly y ajoutait quelquefois des leviers extérieurs pour armer ou désarmer à volonté^, sans devoir actionner la culasse mobile.
- Ce n’est qu’un peu plus tard, vers i832, que Lefaucheux, s’inspirant des anciens
- Collections de feu M. le général comte de Li-gnières, appartenant à M. Bertherand de Chacenay, son neveu.
- W Collections du musée d’armes de Saint-Etienne.
- W Collections de feu M. le général comte de Li-gnières, appartenant à M. Bertherand de Chacenay,
- Collections de feu M. le général comte de Li-gnières, appartenant à M. Bertherand de Chacenay, son neveu; du musée d’armes de Saint-Etienne; de M. Nouvelle, etc.
- (5) Collections de feu M. le général comte de Li-gnières, appartenant à M. Bertherand de Chacenay,
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- modèles à canon basculant a charnière dont nous avons parlé précédemment, imagina d’avancer le point d’articulation et de fixer le canon par-dessous à la pièce de culasse au moyen d’une fermeture à T. Ce fut l’origine des fusils à bascule, aujourd’hui universellement en usage. La caractéristique des fusils Lefaucheux, en dehors de la bascule, fut également le placement du levier sous le devant de l’arme. Au début, les cartouches n’élaient pas munies de leur amorce, des cheminées étaient placées sur le dessus des canons(1), et le jet fulminant d’une capsule ordinaire perçait l’enveloppe de papier des cartouches. Concurremment avec les fusils basculant, Lefaucheux continua à faire des armes à culasse mobile ascensionnelle genre Pauly et Robert, ainsi qu’en témoignent certaines pièces, dont quelques-unes exposées au salon rétrospectif^, sont remarquables d’ornementation; mais peu à peu le système «à bascule» prédomina et les mécanismes à culasse mobile furent délaissés.
- L’usage des armes se chargeant par l’arrière ne devint possible que grâce au perfectionnement progressif des cartouches. Lefaucheux remplaça bientôt les cartouches qu’en-llamrnait une amorce séparée, par d’autres portant une capsule intérieure, surmontée d’une petite tige ou broche que le chien venait frapper. Cette cartouche successivement améliorée, notamment par Chaudun, a donné pendant bien longtemps satisfaction à la grande généralité des chasseurs. Elle présentait pourtant quelques inconvénients dus surtout à la saillie de la broche et à la dilliculté de son extraction. On chercha à les supprimer. Les premiers fusils à cartouche sans broche paraissent avoir été fabriqués par Le-Page vers 1887. Dans un échantillon exposé dans la section rétrospective (3), nous voyons combinés le canon basculant par l’abaissement de la sous-garde, la percussion sur une cartouche à bourrelet saillant contenant le fulminate, et l’armement automatique des chiens. Il n’y manque qu’un dispositif favorable pour l’extraction de la cartouche, extraction qui s’opérait avec un outil indépendant de l’arme. Béringer construisit peu après un fusil également basculant, s’ouvrant par un mouvement circulaire de la sous-garde et recevant une cartouche métallique dont l’amorce était faite de fulminate répandu dans la rainure d’une rondelle formant le fond de cette cartouche. La percussion s’opérait perpendiculairement à l’axe sur un point quelconque de la cartouche par un percuteur traversant le canon et que venait frapper le chien. Le fusil Béringer (3) n’avait pas non plus de tire-cartouches.
- Le fusil à percussion centrale réalisa seul les progrès désirés. Les cartouches, portant les amorces au centre, sont arretées par des bourrelets en saillie, dans les drageoirs des chambres; en outre, ces bourrelets servent de prise ou d’appui aux extracteurs.
- Nous avons vu à l’Exposition centennale un très grand nombre de modèles dont la création n’a été possible que grâce à l’invention de la cartouche à percussion centrale. Citons parmi les plus intéressants : un fusil Pottet basculant, à chiens et percuteurs exté-
- (1) Collections de MM. Guinard, Nouvelle cl du Collections de feu M. le général comte de Li-
- musée de Saint-Etienne. gnières, appartenant à M. Bertherand de Chacenay,
- Collections de M. Riéger. son neveu.
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- rieurs un fusil à bascule avec mouvement d’excentrique de Gastinne-Renette père(2), un fusil avec ouverture sous la sous-garde, percuteurs liés aux mouvements de va-et-vient des chiens®, un fusil à culasse pivotante mettant successivement ses tonnerres à découvert, système Descoutures®, un fusil sans chiens extérieurs, de Loron (4), etc.
- Ajoutons en armes à cartouches diverses, à cause de l’originalité de leurs dispositions : le fusil à aiguille à deux coups de Dreyse le fusil Jarre à canon unique et à porte-charges horizontal®, le fusil à glissière de Purdey, système Cassegrain®, le fusil double, fermeture genre Remington®, le fusil oscillant dont le canon tourne à plat sur la table de la bascule, de Gye et Mongriff(7), etc.
- La section rétrospective n’était pas moins intéressante pour les armes de tir, pistolets et carabines. Le principe de la rayure est appliqué depuis longtemps, mais ce ne fut guère, pour la France, qu’après 18A0, date de l’adoption du système de percussion pour les armes de guerre, que certains corps spéciaux de l’armée française furent pourvu d’armes rayées, lançant des projectiles cylindro-coniques.
- C’est à partir de cette époque qu’on lit couramment des armes rayées pour la chasse des grands animaux. A citer dans l’Exposition centennale : une carabine de Le-Page très remarquable par sa décoration, à deux canons superposés pouvant contenir deux charges dans chaque tube, enflammées successivement par la percussion de quatre platines actionnées alternativement par une détente unique®. Le principe du chargement par la culasse s’appliqua aux armes rayées de la façon la plus avantageuse, et les systèmes en varièrent bientôt à l’infini dans les armes de guerre; la Classe 51 limitée aux armes de chasse présentait seulement quelques échantillons dans sa section rétrospective : carabine de Sam Jung avec sûretés pour les capsules®; carabine à culasse mobile s’abaissant; carabine à canon tournant, toutes deux de Gastinne-Renette père (1°); carabine à deux coups à percussion centrale, rayure oval-bore, de Lancaster96.
- Les pistolets à pierre étaient déjà, à la fin du xviii0 siècle, d’une grande perfection, mais la rapidité d’inflammation des capsules les améliora incomparablement et permit l’usage du pistolet comme véritable arme de tir. Parmi les spécimens intéressants de « pistolets de tir n, citons ceux de Le-Page(®, de Gastinne-Renette père (®5 datant de 183 9 à i845, dont la linesse de travail n’a pas été surpassée, mais dont les formes ont été singulièrement modifiées depuis.
- Si nous mentionnons encore un ou deux échantillons de revolvers, nous n’aurons
- O Collections de M. Nouvelle.
- W Collections de M. Gastinne-Renette.
- (3) Collections du musée de SainL-Etienne.
- W Collections de M. le duc de Maillé.
- (5) Collections de feu M. le général comte de Li-gnières, appartenant à M. Bertherand de Chacenay, son neveu.
- W Collections du musée de Saint-Etienne.
- (7> Collections de feu M. le général comte de Li-gnières, appartenant à M. Bertherand de Chacenay, son neveu.
- (8) Collections de S. A. R. Mff1' le duc de Chartres.
- (9) Collections de feu M. le général comte de Li-gnières, appartenant à M. Bertherand de Chacenay, son neveu.
- (10) Collections de M. Gastinne-Renette.
- Collections de feu M. le général comte de Li-
- gnières, appartenant à M. Bertherand de Chacenay, son neveu.
- <12) Collections de S. A. R. Mg‘ le duc de Chartres. (l3) Collections de M. Gastinne-Renette.
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- plus après cette préface, un peu longue peut-être, qu’à aborder l’étude de la production actuelle.
- Nous nous sommes déjà étendu assez largement, dans le rapport dont nous avons eu l’honneur d’être chargé à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris en 1889, sur l’état des industries de la Classe 38, devenue aujourd’hui la Classe 51. Nous répéterons à peu près ce que nous disions alors par rapport à 1878, que les procédés ou les principes de fabrication n’ont pas notablement changé depuis onze ans. Il est néanmoins certains détails qui, se modifiant lentement, finissent par constituer d’appréciables progrès.
- Canonnerie. — Nous retrouvons encore en présence les canons en damas, c’est-à-dire formés d’nn mélange de fer et d’acier composé et travaillé de façons variables, forgés en tubes creux, et les canons en acier fondu percés dans la masse. Les uns et les autres conservent leurs partisans et ont leurs avantages particuliers; toutefois l’acier devient d’un emploi de plus en plus général et se substitue peu à peu au damas dans les armes de toute catégorie, mais plus particulièrement, peut-être, dans les armes fines. Pour le plus grand nombre, les canons des fusils de chasse à deux coups continuent à être faits de deux tubes séparés sur lesquels se soudent les crochets de fermeture et les bandes qui réunissent le tout.
- Quelquefois, cependant, on trouve plus avantageux, pour les canons en acier, de faire saillir de forge sur l’un des tubes ou plus souvent sur les deux, par moitié, le métal nécessaire à la façon des crochets en vue d’éviter l’ajustement et le brasage de pièces séparées. Ce procédé, appliqué en Angleterre dès 188/1, se répand aujourd’hui en France et y rencontre une certaine faveur; les canons ainsi disposés ont été baptisés du nom de « demi-blocs r>. Une autre application d’une méthode déjà suivie jadis pour la confection d’armes se chargeant par la bouche, consiste à faire les canons d’un seul morceau, crochets compris, de les percer dans la masse et d’amener ensuite les deux tubes avec un outillage spécial aux dimensions requises intérieures et extérieures. Ces canons sont appelés « Monoblocs 77.
- La fabrication du canon monobloc qui, avec le profil ordinaire des bandes de dessus et de dessous eût été beaucoup trop lourd, a conduit à modifier la forme extérieure des canons et à ne laisser les tubes réunis que par une seule partie de métal plate et mince, à la hauteur de leurs axes. Par imitation de ce procédé, les canonniers de Saint-Etienne en particulier, tout en continuant à faire leurs canons d’acier de deux tubes séparés dont ils peuvent plus facilement régler, avant l’assemblage, les diamètres extérieur et intérieur, les réunissent par une bande ou cale unique soudée ou brasée par la méthode ordinaire. Si l’on consent à s’accoutumer à cette différence d’aspect, il en résulte pour le canon un allégement très appréciable. La longueur des canons tend également à se réduire; mais pour éviter que la répartition de tir des plombs en souffre, les canons sont tous généralement forés en choke-bore, au-dessous de 65 centimètres.
- Le principe de ce forage n’a pas été sensiblement modifié depuis 1 889 ; ses résultats, Gn. IX. — Cl. 51. 21
- IMIMUMKUIE S ATI O Ni LE.
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- au point de vue de la concentration des plombs, déjà très satisfaisants du reste, n’ont pas été sensiblement accrus, et le réglage en exige parfois quelques tâtonnements.
- Systèmes d’ouverture et de fermeture. — Fusils à chiens extérieurs et fusils hammerless.— Armes à répétition. — Le fusil de chasse n’a pas, dans son ensemble, subi de modification très saillante depuis l’Exposition de 1889. Le mode d’ouverture le plus répandu reste toujours celui dans lequel le canon s’abaisse pour se prêter au chargement. Le fusil à canon fixe a sans doute ses partisans; il a subi d’avantageuses transformations, mais la masse des chasseurs reste encore réfractaire à son emploi.
- Ainsi qu’il était facile de le prévoir, les fusils hammerless, c’est-à-dire sans chiens extérieurs, se sont substitués peu à peu aux fusils à chiens visibles. Ces derniers conservent néanmoins encore quelques partisans, à cause du mécanisme éprouvé et si parfait de la platine ordinaire et aussi de la netteté et de la solidité qui peuvent être données aux gâchettes, enfin du contrôle qu’il est plus facile d’exercer de l’état de l’arme.
- Le fusil hammerless a vu se perfectionner sensiblement les éjecteurs qui lui étaient déjà appliqués bien avant 1889; il semble que peu de progrès soient désormais réalisables sous le rapport de la commodité et de la sécurité des armes. Nous parlerons pour mémoire seulement de la vogue que quelques armuriers anglais cherchent à donner au fusil à détente unique, c’est-à-dire n’ayant qu’une seule détente pour faire partir les deux coups sans changer l’index de place. Le principe n’en est pas nouveau assurément, puisque nous avons cité, dans la section rétrospective, un pistolet de chasse à rouet à double canon dont les platines étaient actionnées par une seule détente, et une carabine de Le-Page, dont non pas deux coups seulement, mais les quatre, se tiraient successivement avec une seule détente.
- Les armes à répétition sont restées encore, comme en 1889, le monopole de la fabrication américaine. La maison la plus réputée en ce genre qui figurait d’abord à l’Exposition s’est abstenue en 1900; mais un autre établissement présentait un modèle spécial de carabine, très remarquable par son ingéniosité et sa facilité de manœuvre; on peut regretter seulement que le principe n’en soit applicable qu’aux cartouches métalliques de petit calibre exclusivement destinées au tir à balle.
- Il n’a pas été présenté à l’examen du Jury de «fusil de chasse53 à répétition, mais, pour ne pas passer sous silence un type d’arme qui prend actuellement une assez rapide extension, nous constaterons que les fabricants américains ont notablement perfectionné le modèle primitif du fusil à répétition dont nous parlions en 1889 et qu’il existe désormais deux ou trois systèmes d’un usage absolument satisfaisant.
- Enfin nous devons signaler les premières manifestations, à notre Exposition universelle, de l’utilisation soit de l’effet du recul, soit de la rétroaction des gaz de la charge, à la mise en œuvre des mécanismes d’ouverture, d’extraction, d’armement, de rechargement, et enfin de fermeture. L’arme, après un premier coup tiré, fonctionne ainsi toute seule, ne laissant au tireur que le soin de presser la détente après chaque coup jusqu’au complet épuisement des cartouches du magasin ou du chargeur. L’utilisa-
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- tion clu recul est certainement appliquée avec un plein succès aux armes de petit calibre tirant uniquement à balle, comme les fusils Mannlicher, les carabines et les pistolets Mauser ; mais elle ne l’est pas encore aux armes de chasse tirant des cartouches à plomb de diamètre ordinaire; le développement, inacceptable pour les chasseurs, qu’il faudrait donner aux organes du mécanisme, est un obstacle à cette application.
- Le principe de l’action rétroactive des gaz s’exerçant lorsque le projectile a effectué un certain parcours dans le canon, a été appliqué pour la première fois, croyons-nous, par MM. Clair frères, de Saint-Etienne, au fusil de chasse de calibre ordinaire. Leurs armes sont, sans doute, par leur forme, encore étranges pour les habitudes consacrées, mais elles sont néanmoins l’indication d’une solution assez prochaine de la question.
- Quant à présent, le fusil à répétition qui reste le plus en faveur, est celui qui est actionné à la main.
- Armes de tir. — Carabines de chasse. — Depuis 1889, nous n’avons à signaler aucune innovation réelle dans la construction des armes de tir ; elles empruntent désormais aux armes de guerre universellement réduites de calibre, les dispositions de rayure, les formes des projectiles avec revêtement partiel ou total en métal dur.
- Les carabines de chasse à canons doubles se sont cependant quelque peu modifiées; elles sont faites maintenant assez fréquemment pour l’usage des projectiles de petit calibre rendus à volonté expansifs en les creusant à la pointe ou en laissant le plomb partiellement découvert.
- On obtient ainsi des effets meurtriers équivalents à ceux des carabines dites « express », tout en construisant des armes remarquablement légères. Nous ne croyons pas toutefois à l’abandon complet des armes de gros diamètre pour la chasse des très grands animaux — qu’il est indispensable d’arrêter par un choc d’une certaine étendue.
- Revolvers. •— Nous n’avons pour les revolvers que des perfectionnements de construction et de mécanismes. L’adoption des poudres sans fumée, qui ne produisent pas d’encrassement appréciable, a amélioré les effets des revolvers à la condition qu’ils soient construits avec la perfection et la solidité nécessaires. Cette perfection ne peut être atteinte dans ce genre d’armes que dans une fabrication mécanique irréprochablement établie. Le Jury a pu constater sous ce rapport la supériorité de l’industrie américaine.
- II convient, pour terminer, de dire un mot du pistolet automatique se rechargeant par l’action du recul du canon. Ce pistolet pourrait, dans une certaine mesure, être appelé à se substituer au revolver pour des usages spéciaux.
- Un modèle d’arme de ce genre, dont la fabrication est établie en Belgique et que le Jury a pu voir, aurait, en effet, sur les revolvers actuels, quels qu’ils soient, l’avantage d’une plus grande rapidité de tir; de produire un moindre encombrement poulie port de l’arme, et de réaliser avec des munitions de même charge des effets plus puissants.
- ai .
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- Armes à gaz comprimé. — Nous avons trouvé dans l’Exposition rétrospective quelques échantillons de « fusils à vent»fl). Dans ces armes, la crosse, formant récipient, se chargeait d’air comprimé dont la détente partielle, sous le choc d’un percuteur frappant la soupape, projetait au dehors les projectiles simples ou divisés placés dans la culasse. On pouvait obtenir ainsi à courte distance des résultats assez satisfaisants, mais la manœuvre de la pompe restait toujours incommode et fatigante; de plus la décroissance dans la force de projection était très rapide.
- Un peu plus tard, on imagina de fixer la pompe à l’arme meme sous la forme d’un double tube placé sous le canon directeur; on fit même Tessai de cartouches d’air comprimé préparées d’avance qui se plaçaient et s’enlevaient à volonté, mais tous ces procédés laissaient à désirer, soit à cause de leur incommodité et, au début, du poids de la crosse, soit à cause du peu de régularité ou de puissance des résultats.
- Une invention datant de quelques années déjà figure, croyons-nous, pour la première fois, en 1900, dans une Exposition universelle. Elle consiste à monter sous le canon de Tanne un réservoir non plus d’air comprimé, mais d’acide carbonique liquéfié. L’acide carbonique demande, on le sait, pour rester à l’état liquide, une pression d’environ 5o atmosphères. En provoquant par un système ingénieux de percussion se réglant à volonté, les décharges successives de ce magasin, on obtient, tant qu’il y existe du gaz liquide, une projection d’une parfaite régularité. Chaque réservoir suffit à un assez grand nombre de décharges. Il ne nous parait sans doute pas, en raison du peu de pression développée par le gaz acide carbonique, comparativement à celle que les explosifs produisent dans les cartouches changées à chaque coup, que l’application de ce principe puisse avoir un intérêt industriel illimité, mais, pour la création d’armes de salon ou de tir à courte distance, elle nous paraît des plus curieuses et fournit, en tout cas, le moyen de supprimer les émanations toxiques résultant de la déflagration des capsules de salon au fulminate de mercure, dans des locaux de ventilation insuffisante.
- Munitions, explosifs. — La substitution presque générale des poudres sans fumée à pressions très élevées aux poudres noires dans les munitions d’armes de guerre de petit calibre, a obligé de donner aux étuis une résistance correspondante; la fabrication des cartouches atteint aujourd’hui une perfection à laquelle on n’aurait pas osé prétendre il y a quelque trente ans à peine. La cartouche de chasse a dû subir une amélioration analogue, les fabriques de munitions françaises, anglaises, belges, allemandes et américaines sont toutes devenues d’importants établissements pourvus d’un outillage considérable. La France, l’Angleterre, la Belgique, présentent en 1900 des expositions remarquables.
- a) Collections de MM. Fauré-Le-Page et de feu M. le général comte de Lignières, appartenant à M. 11er-therand de Cliacenay, son neveu.
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- Poudres. — (Nous devons à M. Barrai, ingénieur des poudres et salpêtres, désigné comme expert par M. le Ministre de la guerre, sur la demande du Jury de la Classe 51, les considérations qui suivent sur les poudres soumises à son examen.)
- Les poudres employées pour la chasse se rangent en deux classes : les poudres noires et les poudres pyroxylées ou sans fumée.
- Déjà, en 1889, la fabrication des poudres noires n’avait plus guère de progrès à faire, et tout établissement convenablement installé pouvait, sans difficulté, produire des poudres de cette espèce d’excellente qualité.
- Aujourd’hui tous les efforts, toutes les études portent sur les poudres pyroxylées dont la consommation, sans approcher encore de celle des poudres noires, se développe rapidement, et leur amélioration est singulièrement facilitée par les progrès des poudres de guerre sans fumée, qui emploient les mêmes matières premières et des procédés de fabrication très voisins.
- Divers types des poudres pyroxylées. — Ces poudres peuvent se classer en trois catégories :
- Celles de la première sont les seules qu’on connût en 1889 : elles dérivent toutes de la poudre Schultze primitive et se composent d’un mélange de nitro-cellulose et de sels, généralement des nitrates de potasse et de baryte, agglomérés en grains plus ou moins durs et plus ou moins faciles à charger: elles donnent une fumée légère, variable suivant leur composition, et leur combustion laisse des résidus plus ou moins abondants suivant leur vivacité; les poudres lentes en laissent plus que les poudres vives, mais offrent en revanche plus de sécurité et de régularité, leurs qualités balistiques étant moins influencées par les variations atmosphériques.
- Les deux autres catégories dérivent des poudres de guerre sans fumée, dont elles ne diffèrent généralement que par une vivacité beaucoup plus grande, réalisée par une diminution dans les dimensions du grain, ou tout au moins dans la plus petite, l’épaisseur. Dans la seconde catégorie, nous rangerons les poudres à base de nitro-cellulose pure, de beaucoup plus nombreuses; dans la troisième, celles qui contiennent de la nitro-glycérine.
- Les poudres à base de nitro-glycérine sont les plus puissantes, mais leur combustion développe une quantité de chaleur considérable, ce qui les rend offensives pour les armes ; aussi leur emploi est-il restreint.
- Autrement, ces deux catégories de poudres présentent les mêmes propriétés : emploi de charges restreintes, mais le plus souvent moins commodes à mesurer que celles des poudres de la première catégorie, absence presque complète de fumée et de crasse-ment, résidus de combustion constitués par des grains incomplètement brûlés, généralement en très petit nombre, mais dont la disparition complète est difficile à réaliser.
- Examen des poudres noires. — Dans les conditions qui viennent d’être indiquées, nous avons pensé qu’il n’y avait pas lieu d’expérimenter les poudres noires exposées,
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- qui ne l’étaient au surplus que sous la forme de fac-similé; elles n’ont pu être jugées que sur leur aspect extérieur.
- Examen des poudres pyroxylées. — Son objet. — Méthode d’essai. — Pour l’examen des poudres pyroxylées, nous avons reçu un certain nombre d’échantillons dont l’étude a été facilitée par ce fait que plusieurs des types de poudres exposés ont été l’objet d’essais plus ou moins récents de la part des ingénieurs du Laboratoire central des poudres et salpêtres; d a donc suffi fréquemment de vérifier l’identité des types actuels avec les échantillons précédemment essayés.
- On ne saurait d’ailleurs, dans le court délai qui nous était accordé, faire une étude complète de ces poudres, l’examen de la conservation et de la résistance aux influences atmosphériques demandant beaucoup de temps; en outre, il ne peut être question d’établir un véritable concours entre les derniers types exposés, ce qui non seulement présenterait des inconvénients de toute espèce,mais seraiten réalité impossible, chaque poudre ayant, comme cela résulte du classement indiqué plus haut, des avantages et des inconvénients inhérents à sa nature, dont l’importance est variable suivant le point de vue auquel on se place.
- Il nous a donc semblé que notre mission consistait surtout dans le classement des produits exposés et la constatation qu’ils étaient susceptibles d’un bon emploi.
- Les tirs que nous avons exécutés ont tous été faits dans un canon du calibre 1 a, ce calibre étant le plus usuel avec les poudres pyroxylées : ce canon, muni d’un appareil de mesure des pressions à cylindre de A millim. q,est chambré pour douilles de 70 millimètres. On mesurait les vitesses à 1 5 mètres (la plaque étant à 3o mètres de la bouche du fusil) avec le chronographe Le Boulengé.
- On a employé des douilles saumon de la Société française des munitions, de 75 millimètres; sur la poudre on plaçait une rondelle goudronnée, puis une bourre grasse cylindrique de 10 millimètres d’épaisseur et une ou, s’il était nécessaire, plusieurs bourres en feutre sec : on chargeait ensuite 36 grammes de plomb n° 6 recouvert d’une rondelle de carton mince, et on terminait par un bon sertissage.
- On a aussi essayé des douilles et accessoires remis par les exposants en même temps que les échantillons de poudre; mais ces douilles n’ayant que 65 millimètres de longueur, se prêtaient mal au tir dans une arme à chambre plus longue, et les vitesses mesurées s’en trouvaient altérées : ces tirs ne pouvaient donc servir de base pour la détermination des vitesses.
- Nous passerons en revue les poudres exposées au chapitre des récompenses. Comme suite à la notice qui précède, et qui a été, nous l’avons dit, rédigée par M. Barrai, le Jury de la Classe 51 doit ajouter qu’il a profondément regretté l’abstention du Service des poudres et salpêtres à l’Exposition de îqoo.
- Il eût été bon que le public français pût être mis à même de comparer les produits qui lui sont exclusivement livrés par l’Administration des Contributions indirectes, en raison de la loi sur le monopole, avec les produits étrangers.
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- ARMES DE CHASSE, MATÉRIEL ET ÉQUIPEMENT.
- Cette comparaison aurait certainement fait honneur à nos ingénieurs de l’État et montré les récents progrès accomplis par eux dans la création et la préparation des types de poudres pyroxylées qui sont mises dans la consommation.
- Artifices. — L’art de l’artificier n’a plus guère de progrès à faire au point de vue de l’éclat des couleurs et des combinaisons des feux. Les dessins et les tableaux du xviii0 siècle nous donnent l’indication des merveilles qu’on peut accomplir pour le charme des yeux. C’est dans les procédés adoptés aujourd’hui pour la préparation, la manipulation et le chargement des différents articles d’artifices, que des améliorations sont surtout réalisables. Les modes de construction, la fabrication des petites pièces telles que les pétards et les fusées, nous ont semblé avoir été fort avantageusement modifiés depuis 1889.
- Nous regrettons seulement que certains composés employés à la confection des étoiles de bombes et qui causent de trop fréquents accidents à l’atelier et au tir n’aient pu encore être remplacés.
- ARMES BLANCHES.
- De même qu’en 1889, les fabricants d’armes blanches ont été peu nombreux à l’Exposition de 1900. Les pays qui fabriquent spécialement les lames d’épées, de sabres et de couteaux de chasse n’y ont pas eu de représentants.
- L’art du fourbisseur se borne, en France, à la monture; le prix peu élevé consacré aux armes portées par nos officiers et nos fonctionnaires ne laisse d’ordinaire qu’une place insuffisante à la perfection de la décoration; les couteaux de chasse, un peu mieux que les épées d’uniforme, se prêteraient à une renaissance de cette industrie toute spéciale; quelques échantillons étaient dignes d’attirer l’attention, mais on voit de plus en plus décroître en France, sinon la vénerie en elle-même, tout au moins l’apparat des chasses et l’éclat des costumes.
- L’Autriche qui n’avait pas figuré à notre dernière Exposition universelle avait, en 1900, deux expositions d’armes blanches des plus intéressantes, témoignant de l’importance qu’y conserve cette fabrication et de la résistance qu’opposent les industriels autrichiens à l’invasion des produits allemands.
- Accessoires de chasse. — Les accessoires et articles de chasse se sont trouvés complètement modifiés depuis l’introduction des armes se chargeant par la culasse. La disparition du fusil à baguette a entraîné celle des poires à poudre, des sacs à plomb et d’une partie de l’accoutrement du chasseur. La facilité de démontage des armes actuelles a eu également pour conséquence la simplification et l’allégement des boîtes, des enveloppes et des étuis. Une grande variété existe aujourd’hui dans les modèles créés en France et à l’étranger. La France est en sensible progrès dans cette branche de notre industrie nationale ; la confection des filets ordinaires et de luxe pour Içs carniers et gibecières reste, en particulier, une spécialité française.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- PROCÉDÉS DE FABRICATION.
- L’Exposition de 1900 présente à l’étude, pour les armes à feu, les résultats de la fabrication presque uniquement manuelle, en meme temps que ceux de la fabrication mécanique. Nous disions, en 1889, (pie le travail exclusivement mécanique ne pouvait satisfaire à toutes les demandes et qu’il ne saurait s’appliquer qu’à des types d’armes au préalable sérieusement étudiés de forme et de détails, destinés à être reproduits pour ainsi dire indéfiniment, tels les armes de guerre, les revolvers, les armes à répétition. Certaines parties de ces armes, d’une exécution particulièrement difïicile à cause de leur excessive précision et de l’interchangeabilité qui doit eu être possible, ne pourraient même s’obtenir sans le secours d’un outillage très perfectionné. L’examen des produits présentés au Jury confirme notre appréciation.
- Les armes dont l’exécution était la plus remarquable, les modèles les plus appréciés devaient tous à la main-d’œuvre manuelle leur perfection toute spéciale. Loin de nous la pensée de rejeter absolument le concours de l’outillage dans les opérations accessoires et les préparations où le temps et les forces de l’ouvrier se dépenseraient inutilement; mais nous considérerions comme profondément regrettable la substitution absolue et systématique de l’outil mécanique à la main de l’homme. L’uniformité qui en résulterait serait, à nos yeux, un sérieux obstacle aux progrès des armes de chasse et rendrait de plus en plus difficile le recrutement des ouvriers spéciaux, car, partout où surgit la machine-outil, l’apprenti se fait plus rare.
- Le but à poursuivre ne consiste pas uniquement aux yeux prévoyants, dans la production exclusive à bon marché d’une arme remplissant un certain nombre d’exigences moyennes et dont tout le monde se contentera; il faut savoir respecter les goûts et les aspirations d’une élite quelconque pour laquelle l’exécution de modèles spéciaux reste inévitable.
- Les conséquences de la suppression partielle de la main-d’œuvre humaine se font déjà sentir dans les grands centres de production, tels que Liège, en Belgique, et Saint-Etienne, en France. Les fabricants soucieux du maintien de la prospérité de Tindustrio locale réagissent actuellement par la création d’écoles d’armurerie où l’enseignement est purement manuel. Le Jury a été heureux de constater ces efforts et, avec empressement, a attribué à ces établissements les plus hautes récompenses dont il disposât.
- PAYS REPRÉSENTÉS À L’EXPOSITION.
- La France occupe naturellement le premier rang par le nombre des exposants et l’importance des produits exposés. L’Exposition de 1900 a eu sur celle de 1889, l’avantage d’être préparée avec plus de confiance et d’entrain, et l’ensemble des efforts réalisés y dépassait assurément celui que présentait le précédent concours international.
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- ARMES DE CHASSE, MATÉRIEL ET ÉQUIPEMENT.
- La section parisienne des armes était des plus remarquables au point de vue de la variété des modèles, des systèmes, et aussi de leur parfaite exécution.
- Les fabricants parisiens, pour le plus grand nombre, avaient, en vue de TExposi-lion, fait de réels sacrifices pour présenter des armes décorées avec richesse et avec goût, soutenant ainsi la réputation de la capitale dans cette spécialité. Il est malheureusement à regretter que la mode s’éloigne des armes ornées avec quelque éclat; la note sombre, sévère domine aujourd’hui, et l’uniformité devient un peu trop la règle pour les armes de chasse. L’extrême commodité de maniement des nouveaux fusils, la perfection des cartouches, l’absence d’encrassement des poudres sans fumée, qui permettent, à la lettre, de chasser en gants blancs, autoriseraient pourtant les décorations les plus délicates, devant lesquelles on ne reculait pas au xvmc siècle, alors que l’usage du fusil à pierre, chargé et amorcé de poudre noire, rendait le tir répété chose assez pénible, presque désagréable, en tout cas peu favorable à l’élégance de la personne et des vêtements. Peut-être y aurait-il un effort à faire vis-à-vis des amateurs en un moment surtout où la simplicité n’est pas absolument la règle dans Tarchitecture, l’ameublement, l’orfèvrerie, la bijouterie, etc. Les merveilles de l’exposition rétrospective devraient y encourager.
- Le département de l’article de chasse, dans lecpiel figuraient seulement quelques fabricants de Paris, était très remarquable par l’exécution des articles exposés; la concurrence étrangère ne semble plus guère à redouter pour cette spécialité de notre industrie.
- La fabrication stéphanoise était représentée de la façon la plus brillante à l’Exposition de 1900. Il est impossible de ne pas être frappé des progrès qui se sont accomplis à Saint-Etienne depuis une quinzaine d’années et notamment depuis 1889. Dans la fabrication des canons particulièrement, il y a été réalisé d’énormes améliorations dont le Jury a pu se rendre compte en examinant les deux expositions spéciales de la canon-nerie du pays et aussi les canons qui avaient servi à monter les armes des fabricants. Il y a maintenant à Saint-Etienne les éléments d’une excellente production et de progrès en tout genre. L’outillage pour la fabrication mécanique s’y est, en outre, remarquablement perfectionné depuis 1889, et si nous n’avons pas vu en 1900 dans les modèles de chasse des armes complètement faites mécaniquement, nous avons eu de nombreux exemples d’une préparation très avancée des diverses pièces et dans des conditions remarquables. Un établissement très important présentait, en particulier, à côté de ses produits achevés, la très intéressante série des opérations mécaniques par laquelle leurs éléments avaient passé.
- Une partie des fabricants stéphanois avaient adopté le principe de l’exposition en collectivité, ainsi que le permettait le règlement. On a pu voir dans cette collectivité un résumé assez fidèle de la fabrication locale, depuis l’arme d’exportation et de commerce à très bas prix jusqu’aux fusils les plus fins et les plus soignés d’exécution.
- Nous n’avons pas à critiquer le principe de la collectivité lorsqu’il s’agit de représenter l’ensemble de la production d’une région ou d’un pays dans une exposition, surtout
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- à l’étranger; mais lorsque, en dehors de la collectivité, d’autres exposants peuvent se faire examiner et récompenser isolément, nous pensons que ce principe, avec toutes ses conséquences, présente plus d’inconvénients que d’avantages. Cette réserve, toute personnelle d’ailleurs, étant exprimée, nous n’hésitons pas à déclarer que la démonstration faite par Saint-Etienne de l’état actuel de son industrie est tout à son honneur et à l’honneur de la France.
- En dehors des fabricants de Paris et de Saint-Etienne, un certain nombre d’arquebusiers de province ont pris part à l’Exposition de 1900. Cette participation a permis d’apprécier que, tout isolés qu’ils soient et tout privés qu’ils se trouvent des ressources de personnel et autres que leur procureraient les grands centres, ces armuriers, par leur habileté individuelle, obtenaient des résultats dignes d’éloges, qu’ils étaient souvent les meilleurs instructeurs d’apprentis et que l’arquebuserie de province était la plus féconde pépinière d’ouvriers que des villes comme Paris peuvent perfectionner et mettre en relief, mais ne créent que très difficilement.
- L’industrie étrangère était, en 1900, représentée principalement par deux pays : la Belgique et la Grande-Bretagne.
- La Belgique avait établi son exposition d’armes et de munitions dans un pavillon spécial édifié entre le Palais des Armées de terre et de mer et la chaussée du quai d’Orsay. Le style en était, au dehors comme en dedans, tout à fait moderne, et l’effet de l’installation intérieure très agréable et très séduisant. Les fabricants belges ont fait des efforts remarquables en vue de l’Exposition de Paris, et le résultat obtenu par l’industrie liégeoise a été un très grand et légitime succès. Elle était au surplus très largement représentée dans les branches les plus diverses : armes fines, armes de commerce courant et armes d’exportation. Nous nous étendrons, au chapitre des récompenses, sur les établissements qui ont tout spécialement attiré l’attention du Jury.
- Si l’on considère l’importance du commerce anglais et la réputation des armes anglaises dans le monde, on a pu trouver relativement modeste la part prise par les armuriers de la Grande-Bretagne à l’Exposition de 1900. Disons cependant que ses exposants comptent parmi les fabricants les plus en renom de Londres et de Birmingham.
- L’arquebuserie anglaise, qui fut, au début de l’application aux armes de chasse du chargement par la culasse, quelque peu réfractaire aux nouvelles méthodes, est entrée au contraire, depuis une quarantaine d’années, dans la voie du progrès dans toutes ses formes, et elle a contribué à la perfection qu’atteignent aujourd’hui les armes de chasse et de tir. Il est intéressant de faire remarquer à ce sujet que les maisons anglaises, représentées au Pavillon des Forels, peuvent chacune, à des titres divers, à des époques différentes, réclamer une part dans la recherche de cette perfection.
- Toutefois, en Angleterre pas plus que dans les autres pays, aucun fait saillant, intéressant les armes de chasse, n’est à signaler depuis 1889. Le champ des inventions diverses, tout illimité qu’il soit, a été remué avec tant d’activité depuis moins d’un
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- siècle, qu’on y voit souvent renaître les mêmes idées sous des formes à peine différentes. Le mérite consiste fréquemment à savoir retenir, rendre pratique et fabriquer dans de meilleures conditions, ce que de précédents inventeurs ont indiqué seulement sans en tirer utilement parti.
- Les années qui nous séparent de 1889 ont été, en Angleterre, plutôt consacrées à exploiter les découvertes antérieures qu’à en poursuivre de nouvelles ; certaines maisons sont même restées stationnaires dans leur situation alors acquise, et la perfection dans leur fabrication s’en est un peu ressentie. C’est avec regret que le Jury n’a pu les maintenir au même rang qu’aux précédentes Expositions universelles, ou les proposer pour une récompense supérieure. Quoi qu’il en soit, l’exposition des armes anglaises, très avantageusement présentée, a été tout particulièrement visitée et appréciée.
- Les armes indiennes ont eu surtout le mérite de l’originalité et de la richesse de décoration; les armes coloniales n’avaient guère qu’un intérêt ethnographique.
- Dans la branche des munitions et des explosifs, l’Angleterre occupe, comme pour les armes, un des premiers rangs, elle a, en particulier, devancé tous les autres pays dans l’adoption des poudres sans fumée pour les usages de la chasse.
- Les exigences d’une clientèle très éclairée, l’importance sportive prise en Angleterre par la chasse à tir sous toutes ses formes, ont provoqué de rapides perfectionnements ; très nombreuses y sont déjà les poudres pyroxylées et autres au moyen desquelles on cherche à éviter la fumée, le bruit, le recul qui sont les inconvénients de la poudre noire.
- La confection des étuis de cartouches a dû correspondre aux progrès des explosifs ; les maisons anglaises qui figuraient à Paris dans ce genre d’industrie, sont de premier ordre.
- L’Italie, l’Allemagne et les États-Unis n’étaient pas représentés par un nombre suffisant d’exposants pour que nous puissions apprécier ici l’ensemble de l’industrie dans ces différentes contrées.
- Parmi les armes étrangères, nous citerons encore les armes de l’empire du Maroc, de l’empire de Corée, du royaume de Siam et des Colonies portugaises, armes dont les formes et l’ornementation ont un caractère tout spécial, et souvent très intéressant.
- La Bosnie-Herzégovine avait également des armes décorées avec un goût très fin et très original.
- RÉCOMPENSES.
- Le Jury de la Classe 51 remplissait une mission difficile en attribuant les récompenses qu’il jugeait méritées par les produits présentés à son examen. Pour la première fois, la nomination des membres français d’un jury d’exposition avait été limitée au seul élément professionnel.
- Conformément à l’article 77 du Règlement général, M. le Ministre du commerce et de l’industrie, des postes et des télégraphes, avait choisi d’après la désignation du
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- Commissariat général, avec le concours des directeurs généraux de l’exploitation, comme jurés français, titulaires ou suppléants, les personnes ayant obtenu, comme exposants ou comme jurés nommés par le Gouvernement français, de hautes récompenses aux expositions universelles internationales auxquelles la France avait participé officiellement. Les jurés français se trouvaient donc, en 1900, les représentants autorisés de leurs industries respectives.
- Dans la Classe 51, ils ont eu la bonne fortune de se voir adjoindre comme collègues étrangers : pour la Belgique, la personnalité la plus éminente de la ville de Liège dans tout ce qui touche à la fabrication des armes, M. Polain, directeur du banc d’épreuves, et pour la Grande-Bretagne MM. Davidson et C. Barclay, dont le jugement juste et sûr leur a été du plus précieux concours.
- Il leur a été permis de faire leur examen en parfaite connaissance de cause sans être influencés ni troublés par les réclames habiles ou exagérées des uns, non plus que par les prétentions insuffisamment justifiées des autres.
- Ils ont cherché à tenir compte à des titres divers et dans la mesure possible à tout jugement humain, de la notoriété et de l’ancienneté des maisons, de l’importance de leur production, des inventions et des perfectionnements présentés, enfin de l’influence qu’ont pu avoir les inventions ou perfectionnements dans les transformations ou les progrès de nos industries en général, particulièrement depuis 1889.
- Ils ont enfin largement attribué des récompenses d’ordres divers aux collaborateurs qui leur ont été signalés par les chefs d’établissements français et étrangers.
- La nomination aux fonctions de juré doit être considérée, particulièrement en France, comme l’équivalent d’une grande récompense pour les exposants, honorés de cette désignation dans la Classe où figuraient leurs produits.
- Telle a été l’appréciation du Jury de la Classe 51, et il croit en avoir légitimement et équitablement tenu compte dans la répartition des récompenses de premier ordre entre les divers pays représentés.
- En 1889, la Classe 38, devenue en 1900 la Classe 51, comptait 207 exposants; en dehors de cinq mises hors concours de membres du Jury international, il avait été décerné aux exposants :
- Grands prix........................... 11
- Médailles d’or........................ 35
- Médailles d’argent.................... £7
- Médailles de bronze................. 41
- Mentions honorables................. 37
- et pour les collaborateurs :
- Médailles d’or..................... 3
- Médailles d’argent................. 39
- Médailles de bronze. Mentions honorables.
- En 1900, sur 162 exposants, 20 ont été réunis en collectivité, dont i3 pour la France et 7 pour l’Autriche, ce qui a réduit à i42 le nombre des concurrents aux récompenses.
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- Le nombre des exposants mis hors concours, conformément à l’article 89 du Règlement général a été de 10, se divisant comme il suit :
- France....................................................... 7
- Belgique..................................................... 2
- Grande-Bretagne.............................................. 1
- Il a été attribué ensuite 1 h grands prix ainsi répartis :
- France................................ 4 Autriche.............................. 1
- Belgique............................. 5 États-Unis............................ 1
- Grande-Bretagne....................... 3
- 11 est intéressant de remarquer que sur les 1 h grands prix, quatre, savoir : 2 pour la Belgique, 1 pour l’Autriche et 1 pour la France, appartiennent à des établissements d’Etat ou à des écoles professionnelles qui ne doivent pas entrer en comparaison avec les exposants proprement dits. Les proportions de grandes récompenses, en y comprenant les mises hors concours, se rétablissent donc exactement, entre les industriels des diverses contrées, de la manière suivante :
- HORS GRANDS
- CONCOURS. PRIX. TOTAL.
- France.........
- Belgique.......
- Grande-Bretagne Elats-Unis.....
- 7 3 10 2 3 5 1 3 k // 1 1
- Il a été décerné ensuite 32 médailles d’or :
- France................................ i5
- Belgique............................... 5
- Grande-Bretagne........................ 3
- Italie................................. 3
- k 6 médailles d’argent :
- France et colonies................. 20
- Belgique............................... h
- Grande-Bretagne........................ 6
- Italie................................. 1
- États-Unis............................. 3
- Autriche.............................. 3
- États-Unis............................ 1
- Maroc................................. 1
- Siam.................................. 1
- Suède.............................. 2
- Allemagne.......................... 2
- Espagne............................ 1
- Corée.............................. 1
- 39 médailles de bronze :
- Bosnie-Herzégovine..................... 12
- France et colonies................... 11
- Portugal................................ 8
- Russie.................................. 2
- Italie
- États-Unis........................... i
- Espagne.............................. 1
- Grèce................................ 1
- Hongrie.............................. 1
- 2
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- 15 mentions honorables :
- France et colonies.......................................................... î 2
- Italie...................................................................... 2
- Suède....................................................................... î
- Il a été attribué, en outre, aux collaborateurs des industriels des divers pays participant à l’Exposition :
- Médailles d’or.................... 26 Médailles de bronze............... 4 9
- Médailles d’argent................ 56 Mentions honorables............... 3o
- Nous passerons maintenant rapidement en révue les mérites particuliers de chaque exposant et les motifs qui ont guidé le Jury dans l’application des récompenses, en suivant l’ordre alphabétique pour chaque catégorie. Un grand nombre d’exposants ont figuré à l’Exposition de 1889; une notice spéciale leur ayant été consacrée, dans notre rapport d’alors, nous ne la répéterons point; nous nous bornerons à indiquer ce qui, pour chacun, se rattache plus particulièrement à l’Exposition de 1900.
- EXPOSANTS HORS CONCOURS.
- Ainsi qu’en 1889, nous rendrons compte sommairement des expositions des membres du Jury au même titre que de celles des autres exposants pour que leurs travaux et leurs mérites trouvent ici leur juste appréciation.
- M. Fauré-Le-Page (Henri), à Paris (France).
- (Président du Jury des récompenses en 1900.)
- Grand prix à l’Exposition de 1889, M. Fauré-Le-Page exposait à côté de fusils très soignés, de service sérieux, des armes merveilleusement ciselées, véritables objets d’art, continuant ainsi les traditions de son oncle l’armurier Le-Page. 11 soutient avec honneur une réputation séculaire et conserve, à Paris, la spécialité des armes de style. Indépendamment des pièces de son exposition du Champ-de-Mars, M. Fauré-Le-Page avait, aux Invalides, dans la collection de MM. Keller frères, les célèbres orfèvres, un fusil hammerless, dont la préparation comme arquebusérié était absolument digne d’éloges.
- M. GAsriNne-Renette (Jules), à Paris.
- (Rapporteur des Jurys de 1889 et 1900.)
- M. Gastinne-Renette se prévaut des services rendus à l’industrie des armes par son père, Gastinne-Renette (Louis-Julien), et son aïeul, Renette (Albert). Dans sa propre carrière professionnelle de plus de trente années, il s’est efforcé de suivre le chemin qu’ils lui avaient tracé. A citer dans son exposition : des fusils hammerless à platines indépendantes et à éjecteurs de dispositions particulières; des pistolets de tir, se chargeant par la culasse, de modèles très étudiés et très appréciés des amateurs
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- spéciaux ; un couteau de chasse de décoration très originale et très artistique, de la composition de M. le comte du Passage.
- M. Létrange, à Paris.
- (Secrétaire du Jury de la Classe 51.)
- M. Létrange tenait déjà, en 1889, le premier rang parmi les fabricants français d’articles en cuir pour la chasse. Il expose, en 1900, des créations toutes nouvelles, entre autres des étuis pour fusils démontés, qui réalisent un grand progrès, au point de vue de la réduction des formes et du poids, sur les modèles en usage.
- Nobel s explosive company Limited (Grande-Bretagne).
- Un des administrateurs de la Compagnie étant membre du Jury de la Classe 115, ces établissements ont été mis hors concours.
- Cette Société expose, comme pouvant s’appliquer favorablement aux armes de chasse, la ballistite, poudre à base de nitro-glycérine qui donne des résultats très remarquables sous le rapport de la suppression de la fumée et des résidus.
- M. Riéger, à Paris (France).
- (Membre du Jury de la Classe 51.)
- M. Riéger présente une série d’armes de son invention, dont quelques modèles mériteraient d’être mis plus largement en fabrication en raison de leur simplicité et de leur solidité, tels une fermeture de culasse de canardière dans laquelle l’abaissement d’un levier découvre la culasse, produit l’armement automatique et l’extraction de la cartouche, et un fusil à canons fixes, à deux coups, du même système.
- En dehors de ses études sur les armes, M. Riéger est l’auteur d’une innovation en apparence peu importante, mais pourtant très appréciée des chasseurs: elle consiste à remplacer dans les cartouches de chasse la bourre supérieure du plomb en carton ou feutre opaque par une bourre en celluloïd transparente qui permet de juger d’un coup d’œil la grosseur réelle du plomb et d’éviter des méprises quelquefois dangereuses et toujours désagréables, résultant d’un marquage erroné.
- M. Ronchard-Cizeron, à Saint-Étienne (France).
- (Membre du Jury en 1889 et en 1900.)
- M. Ronchard-Cizeron a contribué pour la plus large part aux progrès de l’industrie stéphanoise dans ces dernières années; son exposition de canons était, en 1900 comme en 1889, absolument remarquable et nous n’aurions qu’à répéter les éloges que nous en avons faits une première fois. Nous avons, hélas! à y ajouter l’expression des profonds regrets que la mort de M. Ronchard-Cizeron vient de provoquer chez tous ceux qui l’ont connu et en particulier chez ses collègues du Jury de 1889 et de 1900. Il a été ravi à l’alfection des siens quelques jours à peine après l’achèvement de nos travaux communs et n’a pu porter que trop peu de temps la croix de la Légion d’honneur qui venait de lui être décernée et qu’il avait si bien gagnée.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- MM. Verney-Carron frères, à Saint-Étienne (France).— M. Verney-Carron ( Joannès).
- (Membres du Jury de la Classe 51.)
- La maison Verney-Carron frères avait été déjà représentée clans le Jury des récompenses de 1889 , par M. Verney-Carron (Claudius). La désignation successive de ses deux chefs aux fonctions de juré est la preuve de l’importance et de la bonne renommée de rétablissement.
- MM. Verney-Carron frères ont acquis à Saint-Etienne une réputation incontestée pour la fabrication de l’arme fine; leur exposition de 1900 était des plus complètes et des plus remarquables.
- MM. Verney-Carron frères recherchent également, pour les canons de leurs armes, des matières de très grande résistance; ils préconisent tout spécialement et ont introduit dans la pratique l’emploi des aciers au creuset sons la forme de tubes mandriués. Le mandrinage a, suivant eux, l’avantage de faire découvrir au cours du travail les moindres imperfections et de donner au métal une rigidité en même temps qu’une élasticité exceptionnelles.
- Canonnerie Léopold Bernard.
- Par suite de la présence dans le Jury des récompenses de trois de ses administrateurs, la Société anonyme Fabrique de canons Léopold Bernard, qui avait obtenu un grand prix en 1889, a été mise hors concours à l’Exposition de 1900.
- La perfection de ses travaux n’a pas décru, et sa réputation est encore confirmée en 1900 par l’emploi presque exclusif de ses canons, pour leurs fusils fins, par les fabricants de Paris et de province (Saint-Etienne excepté).
- MM. Francotte ( Auguste ) et C‘% à Liège.
- M. Ch. Francotte, directeur de la Société, étant membre du Jury pour la Classe 115 (armes de guerre), cet établissement, l’un des plus anciens et des plus justement réputés de la ville de Liège, a été mis hors concours. L’exposition de MM. Francotte et Cic s’est fait tout d’abord remarquer par la grande variété de ses modèles dont un nombre important sont la propriété de la maison soit au point de vue de la création, soit à celui des perfectionnements. On y trouvait les types d’armes les plus divers pour toute espèce de chasse et pour tous les genres de tirs. A côté de fusils de très sérieux usage et d’aspect très sévère comme le demande la clientèle Nord-américaine de la maison Francotte, on pouvait admirer trois fusils, une carabine et un pistolet de style Renaissance très remarquables par leur riche décoration en sculpture et en ciselure. Rarement on a atteint à Liège une semblable perfection de travail.
- Société anonyme des établissements Pieper, à Liège (Belgique).
- Un des directeurs de la Société, M. Pieeer, étant membre du Jury dans le groupe 5 (Electricité), la branche «• Armes» de cette Société a été mise hors concours dans la Classe 51.
- Fondée par AI. Henri Pieper père, sa maison de fabrication d’armes a été la première à appliquer, à Liège, la série complète des opérations mécaniques à la confection du fusil de chasse à deux coups.
- Nous nous sommes assez étendu, en 1889, sur les dispositions de ses modèles de fusils à chiens et sur son principe de construction de canons, pour 11’avoir point à y revenir.
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- AKMES DE CHASSE, MATÉRIEL ET ÉQUIPEMENT.
- La Société Pieper fabrique actuellement comme armes fines deux modèles nouveaux. Dans l’un, dénommé fusil rationnel, l’armement ne se fait qu’après la manœuvre d’ouverture et de fermeture de l’arme par le déplacement d’un levier latéral ; dans l’autre, qui est liammerless, sans levier extérieur, la disposition de la platine est fort simple et remarquable par la réduction du nombre de ses pièces et par leur solidité.
- Dans la catégorie des carmes ordinaires, la Société des établissements Pieper présente également des amies à un ou deux coups en carabines de tir et fusils de chasse très intéressantes au point de vue de la simplification de leur construction étudiée en vue de la fabrication mécanique.
- Elle arrive ainsi à un bas prix réellement extraordinaire, tout en conservant à l’arme ses qualités de service et fie sécurité.
- GRANDS PRIX.
- Nous suivrons l’ordre alphabétique pour accompagner le nom de chaque exposant récompensé, de quelques notes explicatives.
- Banc d’épreuves de Liège (Belgique).
- Lu iîanc d’ecreuves de Liège peut être considéré comme le modèle des établissements de ce genre dans le monde entier. Occupant, avec ses dépendances, une superficie de 3 hectares, il réunit toutes les conditions désirables de sécurité pour le uombreux personnel employé aux épreuves; de régularité dans les opérations, et de garantie pour l’efficacité des épreuves; il est pourvu des appareils les plus perfectionnés servant aux vérifications les plus minutieuses.
- Son directeur, M. Jules Polain, consacre à l’amélioration de tous les services un dévouement sans relâche et une compétence universellement reconnue. Les garanties qu’offre le banc d’épreuves de Liège doivent être considérées comme l’une des principales causes des progrès considérables et toujours croissants de la fabrication des armes dans le pays.
- M. Courally, à Liège.
- Successeur de M. Lebeau, M. Courally a été d’abord son collaborateur pendant plusieurs années. Depuis la mort de M. Auguste Lebeau, dont les efforts persévérants avaient complètement transformé l’industrie des armes fines à Liège, AL Courally dirige seul son ancien établissement, l’un des mieux organisés pour la fabrication des fusils fins. Les armes exposées par M. Courally peuvent rivaliser absolument avec les armes anglaises des meilleures marques qu’elles imitent, du reste, dans ce qu’elles ont de plus recommandable.
- Le Jury a voulu récompenser M. Courally de la régularité d’une fabrication toujours exceptionnellement soignée sous tous les rapports.
- MM. Didier-Ürevet et fils, canonniers, à Saint-Etienne.
- Nous avons déjà dit que la fabrication des armes à Saint-Etienne devait les progrès de sa prospérité au mérite de ses canonniers.
- Le Jury a été tout particulièrement frappé de l’exposition de MM. Didier-Drevet. Leurs divers G«. IX. — Ce. 51. 32
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- types de canons en damas et en acier avec les différents genres de bandes et d’assemblage réalisaient une irréprochable perfection.
- Ecole professionnelle d’armurerie de Liège.
- En dépit de l’extension de la fabrication mécanique des armes à Liège, ou plutôt à cause d’elle, l’Union des fabricants d’armes, préoccupée de la diminution toujours croissante des bons ouvriers, a pensé, avec raison, que leur recrutement faisait défaut par suite surtout du manque d’un enseignement professionnel armurier.
- Elle a décidé d’appliquer, à la création d’une école professionnelle, les ressources que lui procuraient une partie des bénéfices du banc d’épreuves.
- Cette école date à peine de trois années et dans ce court espace de temps , dès ses débuts, elle est arrivée à des résultats non seulement encourageants, mais des plus remarquables.
- Le Jury des récompenses a tenu à consacrer par un grand prix la louable pensée de l’Union des fabricants d’armes, le dévouement et le mérite du directeur et des professeurs de cette école, en même temps que la méthode même de l’enseignement qui, à côté du cours théorique et du cours de dessin destinés à développer l’intelligence des élèves et à leur donner des notions générales des sciences, plus particulièrement applicables à leur future profession, consacre la plus large part au travail manuel. La durée de cours est de trois ans; l’Ecole d’armurerie a donc complété une période entière d’instruction et donné déjà la mesure des immenses services qu’elle peut rendre à l’industrie liégeoise.
- Ecole d’armurerie de Saint-Etienne (France).
- La ville de Saint-Etienne possède deux grands établissements d’enseignement technique : une école pratique d’industrie et une école régionale des arts industriels, qui ont l’une et l’autre une section d’arquebuserie.
- A l’école pratique, on forme des ouvriers armuriers; à l’école régionale, des artistes pour la décoration de l’arme.
- Les deux établissements se complètent ainsi heureusement.
- Les élèves armuriers de l’Ecole pratique travaillent d’abord à la main sur les différentes spécialités de l’armurerie, puis ils sont initiés au travail mécanique de quelques pièces du fusil. Ils suivent en même temps un cours assez complet de technologie de l’arme, comprenant la description et le mécanisme des principaux types de fusils, et des notions assez étendues de balistique pour lesquelles ils font de nombreux essais, à l’aide d’appareils divers de mesure, dans un stand annexé à l’atelier d’armurerie.
- Indépendamment des travaux d’élèves exposés, le Jury a remarqué une très intéressante série d’appareils, réalisés en vue de simplifier et de rendre plus précis le travail à la main de la platine et de la bascule.
- 11 a eu à examiner, en outre, des instruments de contrôle et de vérification, dont l’importance ne lui a pas échappé.
- En résumé, on ne se borne pas, à l’École de Saint-Étienne, à l’apprentissage pur et simple du métier d’armurier, on s’efforce encore de faire connaître l’arme au double point de vue mécanique et artistique, et d’habituer les élèves au contrôle et à la vérification.
- Les résultats obtenus dans ces deux écoles sont des plus remarquables, particulièrement en ce qui concerne la décoration de l’arme.
- Aussi, le Jury n’a pas hésité à accorder un grand prix collectif à ces deux sections réunies, tant
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- pour les résultats acquis, que pour reconnaître les efforts faits en vue d’améliorer les procédés de fabrication.
- 11 existe de précieux éléments à Saint-Etienne, et la recherche de la perfection d’exécution y date de loin. On en pouvait juger dans la collection rétrospective du musée de Saint-Étienne à la Classe 51, par les échantillons de pièces d’armes exécutées jadis, à titre de chefs-d’œuvre de maîtrise ou autrement, par des ouvriers stéphanois, de la première moitié du siècle, et dont les noms sont portés aujourd’hui par des fabricants de la ville.
- MM. Eley brothers, à Londres (Grande-Bretagne).
- La maison Eley frères a figuré dans toutes nos expositions universelles, elle y a invariablement conquis les plus hautes récompenses. Ses produits sont connus et appréciés dans le monde entier.
- Exposition collective de Saint-Etienne (France).
- Une partie fies fabricants d’armes, exposant dans la section stéphanoise, s’étaient mis en collectivité pour présenter à l’Exposition de 1900 comme un résumé delà fabrication locale.
- Nous y avons vu, en effet, à côté des maisons réputées pour la fabrication des armes fines comme celles de MM. Royet, Murat-Cizeron, Martin-Gerest, Berthon frères et Chometon, celles qui produisent en grande quantité, font un chiffre d’affaires des plus importants et entretiennent, pour la plus grosse part, le travail des ouvriers armuriers de Saint-Étienne, telles que celles de MM. Gau-ciier-Bergeron frères, Sirdey, Rivollier, Fayolle , Picard-Fayolle, Peyron (Gabriel); celles qui ont établi le travail mécanique dans leurs ateliers, comme MM. Clair frères, dont nous avons cité déjà le fusil automatique; celles enfin qui ont la spécialité des armes de poche, de salon, de tir, des cannes-fusils, telles celles de MM. Roux et Grivollat.
- Les mérites de ces divers fabricants ne sont assurément pas de même degré, et le Jury a pu regretter, soit que le principe de la collectivité n’ait pas été uniformément adopté pour la fabrique de Saint-Etienne tout entière, soit que les expositions particulières n’aient pas été la règle uniforme. Quoi qu’il en soit, la collectivité de Saint-Étienne se présentait dans les conditions (les plus honorables et les plus rassurantes pour l’industrie française, et son ensemble était digne de la plus haute récompense dont le Jury pût disposer.
- M. Heuse-Lemoine, à Nessonveaux, près Liège (Belgique).
- Malgré la faveur accordée aujourd’hui aux canons d’acier, la fabrication des canons en damas de M. Heuse-Lemoine conserve une telle perfection, ses produits jouissent encore à Liège et à l’étranger d’une telle réputation que le Jury de 1900 n’a pas hésité à lui accorder, comme celui de 1889, une récompense exceptionnelle.
- MM. Holland et Holland, à Londres (Grande-Bretagne).
- La maison Holland et Holland expose à Paris pour la première fois. Elle s’est acquis depuis longtemps, même en France, une juste réputation pour la fabrication des armes de précision, à un ou deux coups, destinées à la chasse. Elle a mis, entre autres, en faveur l’invention du capitaine Fos-
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- berry, le Paradox, qui consiste à ménager, à l’extrémité des canons de fusils lisses, un rétrécissement cylindrique, d’une étendue de quelques centimètres, et d’y pratiquer des rayures hélicoïdales d’un profil déterminé. Ce procédé permet d’obtenir des balles de gros calibre, tirées dans les fusils de chasse, une précison irréalisable dans les canons simplement lisses et cylindriques, en même temps que de conserver l’usage du plomb pour le tir du gibier. Le Paradox est l’arme par excellence des explorateurs.
- MM. Holland et Holland avaient au Pavillon des Forêts une très belle collection d’armes, parmi lesquelles ils signalaient : des fusils hammerless à platines détachées de dispositions très sûres, à éjecteurs d’une grande simplicité de construction et à détente unique commandant les deux coups; une carabine double du nouveau calibre 375, d’une très remarquable précision pour l’usage de la cordite, nouvelle poudre pyroxylée, adoptée par le gouvernement anglais, donnant d’étonnants effets de pénétration.
- Manufacture liégeoise d’armes à feu, :\ Liège (Belgique).
- Cette société possède un des plus importants établissements de la ville de Liège, et la confection des armes de tout genre s’y poursuit exclusivement dans ses ateliers particuliers. Les divers échantillons de fusils de chasse, de carabines express et d’autres armes présentés à l’Exposition de 1900, témoignent d’une grande régularité et d’une grande perfection de fabrication.
- Ministère I. R. du Commerce de l’Autriche.
- L’empire d’Autriche ayant établi récemment une législation spéciale sur les épreuves des armes à feu, divers bancs d’épreuves ont été créés dans la Monarchie. Celui de Klagenfurt exposait à Paris les appareils destinés aux épreuves et à la vérification des armes. L’exécution de ces appareils auxquels les plus récents perfectionnements ont été appliqués, a nécessité des études, des soins et des frais qu’un établissement d’Etat peut seul supporter; elle était des plus remarquables.
- MM. Purdey (James') and sons, à Londres (Grande-Bretagne).
- La maison Purdey, une des plus anciennes de Londres, s’est transmise de père en fils depuis le commencement du siècle. Elle s’est toujours fait remarquer par l’exécution exceptionnelle de ses produits. De notables perfectionnements lui sont dus dans les mécanismes de fermeture des fusils qui sont aujourd’hui universellement adoptés et portent son nom.
- Les modèles variés que présentaient MM. Purdey et fils pouvaient être considérés, chacun dans leur genre, comme l’expression la plus juste de l’art de l’arquebuserie; ils étaient absolument ce qu’ils devaient être comme proportions de toutes pièces, poids, équilibre, efficacité, et tous irréprochables dans leur exécution.
- MM. Purdey montraient comme spécimens de leur fabrication des fusils à chiens extérieurs, de gros calibre, pour tir au pigeon, des fusils hammerless à éjecteurs avec une disposition de platine de leur invention, des carabines express, toutes armes très remarquables.
- La maison n’avait exposé à Paris qu’en 1878, et y avait reçu une médaille d’or. Le Jury, en lui décernant un grand prix, consacre simplement sa réputation méritée, universellement acquise.
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- MM. Smith et Wesson, Springfield (États-Unis).
- Nous signalions déjà en 1889 l’exécution remarquable des revolvers Smith et Wesson. Cet établissement, dont la réputation est sans rivale pour la fabrication toute spéciale du revolver, présentait à l’Exposition de 1900 des modèles nouveaux très intéressants; citons particulièrement un revolver de sûreté, sans chien apparent, dont les dispositions sont très judicieusement étudiées au point de vue de la sécurité, dans le port et l’usage de l’arme, ainsi qn’un modèle de revolver, avec cadre fixe et barillet pivotant, destiné au tir des cartouches à poudre pyroxylée; ce revolver, d’une facilité d’action remarquable, est muni des derniers perfectionnements, au point de vue spécial de son emploi au tir de précision.
- Société française des munitions, à Paris (France).
- Nous n’avons que fort peu de chose à ajouter à la notice consacrée en 1889 à la Société française
- DES MUNITIONS.
- Cet établissement, unique en France, peut rivaliser avec honneur avec les maisons d’industrie analogue les plus importantes des autres contrées. Dans les spécialités qui concernent la Classe 5 I, ses progrès ont été incessants et sa production toujours croissante. Les produits exposés offrent le résumé des perfectionnements accomplis pour mettre les cartouches en rapport avec les exigences de plus en plus rigoureuses des nouvelles armes de chasse et l’usage des poudres pyroxylées.
- Il nous est impossible de passer sous silence l’augmentation constante des établissements de la Société française des munitions, la bonne organisation de ses ateliers au double point de vue de la sécurité et de la salubrité, sa sollicitude pour son nombreux personnel (i,5oo à 1,800 personnes), témoignée par ce fait que 75 ouvriers et ouvrières ayant plus de trente ans de services, sont titulaires de la médaille d’honneur du travail et qu’un nombre plus grand encore dépassent vingt années de service.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. Adrian, articles de chasse (France).
- M. Adrian dirige une maison importante d’articles de chasse, dont le siège est à Paris et les ateliers à Mory (Pas-de-Calais). Certaines spécialités de fabrication dont l’étranger avait le monopole, ont été introduites en France par M. Adrian avec grand succès et en réalisant une économie notable du prix de revient.
- M. Aurouze, pièges en tout genre, h Paris (France).
- M. Aurouze a relevé sinon créé en France la fabrication spéciale des pièges en tout genre, qu’on devait précédemment tirer d’Angleterre et d’Allemagne.
- Il est, en outre, l’inventeur de pièges nouveaux pour les grands et petits animaux nuisibles et rend ainsi de grands services à la préservation du gibier dont la plus ou moins grande abondance règle la prospérité des industries qui concernent la Classe 51.
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- MM. L. Beaux et C'e, fabrique de munitions, à Milan (Italie).
- Cette société franco-italienne, établie à Milan depuis 188/1, y fabrique à la fois les explosifs et les munitions de tout genre.
- Ses produits ont été fort appréciés par le Jury.
- Chambre de commerce de Paris. —Banc d’épreuves des armes a feu, à Paris (France).
- La ville de Paris était, jusqu’en ces dernières années, dépourvue d’un banc d’épreuves officiel des armes à feu. La Chambre de commerce de Paris a comblé cette lacune en prenant à sa charge, avec le concours de la Chambre syndicale de l’industrie et du commerce des armes, munitions et articles de chasse, l’établissement et l’administration du banc d’épreüves de Paris.
- L’organisation de ce banc d’épreuves, aussi parfaite que le permettaient les circonstances, rendra les plus"grands services à la fabrication et au commerce des armes à Paris.
- Collectivité du Comité spécial forestier (Autriche).
- Le Comité spécial forestier avait organisé une exposition collective d’armes des différents centres de production de l’Empire d’Autriche, dans laquelle figuraient les maisons Kalecky et Springer, de Vienne; Novotny, de Prague; Antonitsh, Ogris et Wernig, de Ferlach, et Wrdlltch, d’Oberferlach.
- La ville de Ferlach fabrique surtout les armes de prix moyen; les plus fines proviennent de Prague et de Vienne. Le travail des carabines de chasse et de stand est tout spécialement soigné en Autriche; les armuriers s’y attachent particulièrement et avec succès à la précision du tir.
- M. Darne, à Saint-Étienne (France).
- M. Darne, dont nous avons déjà cité avec éloges les travaux en 1889, a attaché son nom à un modèle de fusil à canons fixes, de son invention.
- La grande majorité des chasseurs et des fabricants persistera sans doute à préférer les canons basculants aux canons fixes; toutefois les conditions ingénieuses dans lesquelles M. Darne construit actuellement ses armes, dont la culasse seule est mobile, ont attiré sur lui l’attention des amateurs, et son système a pris depuis quelque temps une assez grande extension.
- MM. Dira, Aubin et Cie, artificiers, à Paris.
- La maison Dida, Aubin et Cic a réuni en une seule plusieurs anciennes fabriques d'artifices et elle a pris une très grande importance pour la confection, non seulement des feux d’artifice de réjouissances publiques ou particulières, mais encore pour tout ce qui concerne la pyrotechnie des signaux d’avertissement par le bruit ou par la lueur pour les besoins militaires, maritimes et des chemins de fer.
- Elle a établi la confection et le chargement par procédés mécaniques très perfectionnés des fusées,
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- étoiles, pélards, etc., de manière à réaliser une grande économie dans la production, en même temps qu’à diminuer les dangers de la manipulation des matières inflammables.
- M. Durif, à Saint-Étienne (France).
- M. Durif est l’un des fabricants de Saint-Etienne qui appliquent avec le plus de profit les procédés mécaniques à la confection des armes de tout genre. Les fusils et les armes qu’il présentait se faisaient remarquer par les plus sérieuses qualités.
- Fabrique d’armes de Brescia (Italie).
- Cet établissement a comme production une très grande importance, particulièrement pour les armes de prix peu élevés; il utilise spécialement les pièces provenant d’anciennes armes de guerre réformées qui lui fournissent un métal de très bonne qualité. Il construit également des canardières de gros calibre, se tirant sur affût, et des canons contre la grêle.
- M. G al and (René-Charles), à Paris (France).
- Le nom de M. Galand a depuis longtemps une grande notoriété dans le commerce des armes et fut, dès avant 1879, connu particulièrement par la vogue d’un système spécial de revolver.
- M. Galand père s’occupa ensuite, mais à l’étranger seulement, de la fabrication des armes de tout genre; M. Galand fils, exposant de la Classe 51 en 1900, a installé à Paris un atelier pour la confection d’une partie de ses modèles. Son exposition se distinguait par une grande variété, depuis les grosses canardières jusqu’aux revolvers des plus petites dimensions ; toutes les armes présentées étaient construites avec une entente complète des conditions requises.
- Parmi elles, nous signalerons comme nouveautés intéressantes et particulières à M. Galand, deux modèles de revolvers établis dans des proportions réduites pour être faciles à porter, mais qui résistent cependant à l’emploi de munitions puissantes et sont des armes redoutables.
- MM. Marcel Gaüpillat et C'% munitions, à Paris.
- Cette société, .fondée en 1891, s’occupe de la fabrication des munitions de chasse et de tir. Son outillage, de création récente, lui permet d’établir avec perfection et régularité les étuis de cartouches de fusil, les cartouches de revolver et les capsules de salon à double et simple culot. A citer une disposition de sertissage en moletté du culot de cuivre sur le tube de carton des cartouches de chasse, destiné à les relier solidement l’un à l’autre.
- Mme Vve Geerinckx, armes, à Paris (France).
- Echantillons de fusils très bien faits, quelques-uns ornés d’incrustations d’or du meilleur goût.
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- Gouvernement du Maroc, armes (Maroc).
- Le Gouvernement du Maroc avait envoyé à l’Exposition de Paris une collection assez importante d’armes, particulièrement d’armes blanches, d’une décoration très originale et d’un caractère tout spécial. Réunies en trophées, elles sont d’un éclat tout à fait remarquable.
- M. Grasser, armes blanches (Autriche).
- La vitrine de M. Grasser contenait une collection importante d’armes blanches des modèles de l’armée autrichienne et de fantaisie; certaines pièces avec coquilles repercées à jour, finement gravées et incrustées d’or, étaient, d’une exécution remarquable.
- M. Greener (PF.-JF. ), à Birmingham (Grande-Bretagne).
- La maison Greener est universellement connue; elle a figuré en 1878 et 1889 aux Expositions universelles de Paris. On sait que M. Greener a attaché son nom à un grand nombre de perfectionnements dans l’industrie des armes.
- Les modèles de la maison Greener ont peu varié depuis 1889; ils continuent à jouir de la faveur qu’ils s’étaient depuis longtemps attirée.
- M. Jung, armes blanches, à Vienne (Autriche).
- Très belle collection d’armes blanches de toute sorte, sabres d’officiers et autres, armes hongroises richement décorées, très beau travail.
- M. Lacroix, artifices, à Toulouse (France).
- Etablissement en progrès constants sous le rapport de sa production en même temps que de sa bonne organisation.
- Maison Lancaster (Charles), armes, à Londres (Grande-Bretagne).
- La maison Lancaster, dont l’origine remonte à 1826, a conquis depuis longtemps une réputation justifiée. Son directeur actuel, M. H.-A. Thorn, élève et successeur de feu Ch. Lancaster, a continué à mettre en valeur les spécialités créées par celui-ci, notamment le système de rayure ovale dit 0cal-bore , lequel permettait, bien avant l’invention, du rr paradox» de tirer à balle et à plomb dans la même arme.
- La maison Lancaster présentait à l’Exposition de 1900 une grande variété d’armes parmi lesquelles il faut citer avec éloges ses fusils hammerless à platine indépendante à double mécanisme de sûrelé, munis d’éjecteurs d’un fonctionnement très elficace et très sûr.
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- Une mention toute spéciale doit être faite, en outre, d’un modèle de carabine express à un coup, fabriquée par la maison Lancaster sur le type des armes à verrou, et dont l’invention est due à Sir Ch. Ross.
- L’ouverture et la fermeture de l’arme s’opèrent par un mouvement unique de traction ou d’appui direct. Le devant du verrou, terminé par une courte hélice, opère de lui-même, par l’action du plan incliné, la fermeture inébranlable de l’aime derrière le culot de la cartouche, c’est-à-dire au point le plus utile.
- Parmi les armes à verrou encore peu nombreuses qui n’exigent qu’un seul mouvement pour être ouvertes ou fermées, la carabine de Sir Ch. Ross nous paraît destinée à prendre le premier rang en raison de la sécurité qu’elle présente pour l’emploi des poudres sans fumée qui exigent, on le sait, un surcroît de solidité des mécanismes de fermeture.
- M. Lociiet-Habran, à Jupille-lez—Liège (Belgique).
- La maison Lociiet-Habran figurait déjà honorablement à l’Exposition de 1889. Sa production était alors considérable en canons de carabines et d’armes à un coup; elle a vu son importance s’accroître encore par l’emploi de plus en plus répandu de l’acier dans la fabrication des canons doubles de fusils de chasse. Son outillage perfectionné lui permet d’exécuter les travaux les plus difficiles tels que canons d’un seul bloc percés à plusieurs calibres differents, et de livrer les tubes d’acier destinés aux fusils doubles, tout prêts à l’assemblage, à leur dimension presque définitive et avec les crochets pris sur pièce.
- Une grande récompense eût été certainement décernée à la maison Lochet-Habran si elle avait étendu ses travaux jusqu’à la confection complète des canons, qu’elle aurait certainement réussie avec la même perfection que leur préparation partielle.
- MM. Mimard et Blacuon, à Saint-Étienne (France).
- Nous signalions en 1889 l’importance commerciale considérable prise par la manufacture française d’armes et de cycles de Saint-Etienne dont MM. Mimard et Blaciion sont les intelligents directeurs. Il est juste de reconnaître que par une publicité habile, par le retentissement qu’ils ont su donner à leur entreprise, MM. Mimard etBlaclion, tout en en profitant eux-mêmes, ont attiré sur les armes de Saint-Etienne une attention, un retour de faveur, quelles n’avaient sans doute pas cessé de mériter, mais qu’il était bon de réveiller, et l’industrie locale leur doit une bonne part de sa prospérité actuelle.
- L’importance de la société s’est encore accrue par l’installation à Saint-Etienne, dans ces dernières années, d’un très grand établissement industriel, sans rival dans le pays, au point de vue de l’organisation et de la perfection de l’outillage.
- La représentation, dans les vitrines du Pavillon des Forêts, des opérations mécaniques par lesquelles liassent successivement dans cette usine les diverses parties de l’arme était très intéressante, et il était facile de se rendre compte que, pour des modèles invariables, l’emploi des machines-outils donne des résultats avantageux sous tous les rapports. MM. Mimard et Blachon appliquent également maintenant à la fabrication spéciale des canons de leurs armes des procédés mécaniques nouveaux. Cette application, encore trop récente lors de l’Exposition de 1900, n’avait pu être faite que dans une très faible mesure aux armes présentées au Jury.
- La transformation des établissements de la manufacture française n’a pas amené de changements très importants dans le fusil rrIdéal» qui reste la véritable spécialité de celte société.
- L’arme a toutefois été perfectionnée depuis 1889 par l’addition d’un verrou vertical consolidant la
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- fermeture et l’adjonction d’éjecleurs. Le principe de ces éjecleurs qui sont à ressort unique, est d’une grande simplicité et il offre l’avantage de laisser au tire-car louche sa course tout entière si le coup n’a pas été tiré.
- La carabine rr Buffalo », nouvelle création de MM. Mimard et Blachon, est un système ingénieux d’arme à un coup, applicable surtout aux carabines de salon ou de jardin, et aux fusils de petit calibre. Sa construction entièrement mécanique permet de la livrer à un prix très modique.
- Un certain nombre de machines-outils, que les exigences de l’installation des autres exposants de la Classe 51 n’ont pas permis à MM. Mimard et Blachon de présenter en marche, figuraient à l’état de repos à côté de leurs produits.
- Ces machines très intéressantes méritaient mieux qu’un examen superficiel de la construction au point de vue mécanique, mais elles n’ajoutaient rien au mérite propre des armes exposées.
- Il convient de citer un appareil à éprouver les canons, un peu coûteux peut-être, mais très ingénieusement disposé pour des expériences précises et délicates.
- M. Niquet, à Liège (Belgique).
- Collection d’armes très bien établies et d’une fabrication particulièrement soignée.
- MM. A. Nouvelle et Cte, armes, à Paris.
- M. Nouvelle exposait en 1889, comme successeur de la maison Houllier-BIanchard; cette maison est actuellement passée en d’autres mains, et M. Nouvelle est aujourd’hui le directeur d’une société de création plus récente.
- On retrouve toutefois dans son exposition une grande partie des modèles de 1889 à côté de ceux qu’il a créés depuis.
- Ces modèles sont nombreux et variés et témoignent chez M. Nouvelle d’une grande ingéniosité et d’une grande persévérance.
- M. Ottani, plomb de chasse, à Bologne (Italie).
- Le plomb de chasse exposé par M. Ottani a attiré l’attention du Jury par la perfection de sa fabrication , spécialement par sa régularité de forme à tous les diamètres.
- MM. Kennn cl fils, armes, à Liège (Belgique).
- La maison Renkin est la plus ancienne de Liège, sa fondation remontant à l’année 1772.
- Elle fabrique spécialement les armes d’exportation pour les pays d’outre-mer, et sa production est considérable.
- La collection présentée était fort curieuse en raison des formes à donner aux armes suivant les contrées. Ces armes sont d’un bon marché souvent extraordinaire, mais comme elles ont toutes passé au banc d’épreuves de Liège, elles offrent néanmoins des garanties de sécurité fort sérieuses.
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- M. Roblin (Charles), armes, à Paris (France).
- M. Charles Roblin a succédé à son père dans la direction d’une maison qui s’est acquis de longue date un juste renom dans la fabrication parisienne. Les fusils hammerless de son système particulier, comme aussi les autres armes qu’il présentait en 1900, étaient d’une grande perfection et ont mérité tous les éloges du Jury; une grande récompense aurait été certainement accordée à la maison Roblin sans son changement trop récent de titulaire.
- MM. Savage-Arms Cy., à Utica (États-Unis).
- La carabine Savage, connue en Amérique depuis plusieurs années, est, comme arme à répétition, d’une simplicité remarquable de mécanisme. Elle n’est actuellement faite qu’en un seul calibre, mais par les différentes manières dont la munition peut en être préparée, elle peut servir à tous les genres de tir et à toutes les distances.
- S. M. le Roi de Siam (Siam).
- Collection d’armes blanches de défense et d’apparat dont la décoration et le fini de la monture sont comparables au meilleur travail européen.
- Société anonyme des explosifs de Clermont, à Liège (Belgique).
- Les documents fournis par cette société dénotent une étude très approfondie et bien raisonnée de la question des explosifs.
- Les types de ses poudres pyroxylées sont au nombre de trois :
- La mullerite n° 1 ; la mullerite n° 2 ; la clermonite.
- Ces trois poudres paraissent remplir toutes les conditions recherchées dans les poudres pyroxylées: facilité de dosage au volume, vitesses suffisantes et pressions modérées.
- Société anonyme de la poudrerie royale de Wetteren-Coopal, à Wetteren (Belgique).
- Cette société fort ancienne et fort connue, qui produit depuis longtemps des poudres de toute espèce, présentait deux types de poudre pyroxylée : la poudre coopal, à grains durs et arrondis, très facile à doser au volume, et déjà très répandue et très estimée en Belgique, et la poudre L. 3. S., à lamelles carrées, très légère, moins facile à charger au volume, mais s’employant en moindre quantité et donnant une absence presque complète de fumée et de résidus.
- MM. Teinturier el Marquet, articles de chasse, à Paris (France).
- La maison Teinturier, déjà citée en 1889 pour ses travaux en cuirs et en filets, n’a cessé de progresser depuis cette époque; elle présentait en 1900 une collection d’étuis à fusils, de cartouchières
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- en sellerie très finement traités, ainsi que les modèles les plus variés et les mieux compris de carlou-chières en tout genre.
- M. Weil (E.), à Paris.
- M. Weil présente une belle collection de fusi's d’une fabrication très soignée. Son système d’ouverture à pression sur le dessus de la poignée a été très perfectionné depuis 1889; il joint à une commodité et une rapidité d’action très appréciables, une inébranlable solidité.
- MM. Westley Richards et Cie, à Birmingham (Grande-Bretagne).
- La maison Westley Richards et Cie est une des plus anciennes et des plus célèbres de Birmingham.
- Plusieurs importantes innovations dans l’industrie des armes lui ont été dues.
- Sous la direction de M. Deeley, elle avait reçu le grand prix en i 889, en considération de l’extension prise par les inventions de ce dernier, notamment pour les mécanismes de fusils hammerless avec ou sans éjecteurs (système Anson et Deeley) dont le principe est aujourd’hui universellement adopté. M. Taylor, directeur actuel, a apporté au système Anson et Deeley une intéressante modification qui permet le démontage rapide des platines du fusil, alors que l’intervention d’un spécialiste était précédemment nécessaire.
- Dans la collection des armes exposées figuraient une grande variété de modèles de fusils de chasse et de carabines à un ou deux coups d’une très bonne exécution. A citer également, comme invention de M. Taylor, un projectile de petit calibre dont la partie antérieure est expansive au choc et qui donne des résultats très efficaces pour le tir des grands animaux.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Anderson, Anderson et Anderson, à Londres (Grande-Bretagne). Equipements et vêtements imperméables de chasse.
- MM. Barnard et C'e (États-Unis).
- Établissement très important pour la confection d’accoutrements de chasse : guêtres, fourreaux de fusils, etc., en toile et en cuir.
- MM. E. Bernard et Cte, maison Drissen, à Liège (Belgique).
- Très importante maison pour la fabrication des armes de tout genre.
- M. Brun-Latrige, armes, h Saint-Etienne (France).
- Modèles divers d’armes de chasses ; pistolet de poche à répétition.
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- ARMES DE CHASSE, MATÉRIEL ET ÉQUIPEMENT.
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- M. Chobert, armes, à Paris.
- M. Chobert exposait une belle collection d’armes de modèles variés et fort bien exécutés; à remarquer ses tentatives de remettre en faveur les crosses dites à la française, avec poignées courbes et joues, comme on les faisait au commencement du siècle.
- M. Chobert présentait, en outre, quelques canons de fusils fabriqués sous sa direction.
- Collection des armes indigènes de l’Australie occidentale (Grande-Bretagne). Armes indigènes.
- Comité central du Sénégal.
- Armes indigènes.
- Armes indigènes.
- Comité local du Soudan français.
- Compagnie des forges et aciéries de la marine et des chemins de fer,
- à Saint-Etienne (Loire) [France].
- Cette puissante société a créé dans ses établissements une branche spéciale pour la fabrication des armes portatives de guerre et de chasse, dont M. L. Bertrand est le directeur.
- Nous n’avons retenu, pour les examiner, que les armes de chasse et les carabines de salon ou de jardin à gaz liquéfié du système Giffard.
- Les armes de chasse de divers modèles sont d’une bonne exécution ; nous avons parlé déjà avec détails des armes à gaz liquéfié.
- M. Courtois-Lagrèze, à Paris (France).
- M. Courtois dirige actuellement, après en avoir été le contremaître pendant huit années, la maison Lagrèze, une des plus anciennes de Paris. 11 exposait un certain nombre de fusils de bonne confection , du système Lagrèze perfectionné par lui.
- M. Coutollau, à Angers (France).
- M. Coutoi.lau s’est attiré dans la contrée une très bonne réputation par le travail très soigné des fusils qu’il fabrique.
- Dattia (S. A. le Maharajah de), Inde centrale (Grande-Bretagne).
- Armes indiennes.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- M. Garillard, à Châtellerault (France).
- M. Gabillard, précédemment très habile ouvrier à Paris, est maintenant à la tête d’une maison qu’il dirige à Châtellerault; il expose une série d’armes d’un travail très soigné et qu’il a personnellement exécutées.
- Gouvernement coréen (Corée).
- Les armes exposées par le Gouvernement coréen ont une grande originalité de forme et de décoration.
- M. Güigue, à Paris (France). Fusils de chasse et de tir au pigeon de très bonne exécution.
- M. Guinard, à Paris (France).
- M. Goinard, bien que connu comme importateur d'armes anglaises, présentait à l’Exposition de 1900 des fusils et pistolets de sa fabrication personnelle et d’une décoration très artistique.
- Le but poursuivi par M. Guinard serait de provoquer le retour au goût des belles armes, et de remettre en faveur la richesse de l’ornementation telle qu’elle existait autrefois, et dans laquelle excellait l’armurerie française.
- M. Kettner, à Cologne (Allemagne).
- M. Kettner présentait une collection importante et très variée de fusils de chasse et de carabines de chasse et de tir de très bonne fabrication. Le travail soigné et la construction bien entendue de ses carabines ont tout particulièrement attiré l’attention du Jury.
- Tue Kings Norton métal company Limited, à King’s Norton (Grande-Bretagne).
- Cette importante manufacture fabrique plus particulièrement la douille entièrement métallique pour les cartouches d’armes de guerre. Les échantillons peu nombreux de son exposition qui fussent applicables aux armes de chasse et de tir, étaient d’une remarquable régularité.
- M. Lacroix, armes blanches, à Paris (France).
- M. Lacroix débute comme fabricant d’armes blanches dans les expositions universelles. Sa collection de sabres et d’épées en modèles pour officiers et de fantaisie, ses montures de couteaux de chasse témoignent d’un travail intelligent et consciencieux.
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- ARMES DE CHASSE, MATÉRIEL ET ÉQUIPEMENT.
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- M. Lien, armes, à Roubaix (France).
- M. Lien s’est acquis une très bonne renommée dans le monde des tireurs au pigeon par les soins qu’il donne à la monture de ses fusils. Il est l’auteur d’un nouveau système de sûreté pour fusil hammerless, bloquant efficacement toutes les parties du mécanisme.
- MM. Lévy et 0e, à Saint-Étienne (France). Application des procédés mécaniques à la préparation des pièces d’armes.
- M. Leüllier, armes, à Paris (France). Fusils de chasse hammerless d’un très bon travail.
- M. Morian, à Paris (France).
- M. Morian présentait à l’Exposition de 1900 des fusils de chasse à deux et trois coups de très bonne fabrication, et des épées de combat richement ornementées.
- M. JSagant, à Liège (Belgique).
- La maison Nagaut s’occupe plus spécialement d’armes de guerre, quelle fabrique en grande partie mécaniquement. Elle présentait néanmoins dans la Classe 51 quelques fusils de chasse et un revolver avec système particulier d’obturation par rapprochement automatique du barillet et du canon.
- Oneida community ljmited, a Kenwood, État de New-York (États-Unis).
- Cette importante société produit en nombre considérable les pièges pour la capture des animaux à fourrure et la destruction des animaux nuisibles de toute taille.
- Orbea y C1, à Eibar (Espagne).
- Etablissement très important pour la fabrication des revolvers imitation des revolvers américains Smith et Wesson, qu’il produit à très bon marché; quelques échantillons étaient décorés avec goût en damasquine et inscrustation d’or et d’argent.
- M. Paul, armes, à Paris (France). Fusils de fabrication soignée. Pistolets de salon à bascule de son modèle.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- M. Pidavlt, à Paris (France).
- M. Pidault, successeur actuel delà maison Houllier-Blanchard, est l’auteur de plusieurs inventions très ingénieuses; il est, en particulier, le créateur de la carabine la Française, modèle d’une grande précision et dont le mouvement imite celui de l’arme réglementaire.
- Cette carabine a eu un très grand succès dans les sociétés de tir pour l’étude du tir à courte et à longue distance suivant la munition employée.
- MM. Pinet et Charnier, artifices, à Paris (France).
- Fabrique d’artifices établie depuis 1818, considérablement améliorée par les directeurs actuels. M\l. Pinet et Charnier sont les auteurs d’un modèle de fusées volantes destiné à diminuer considérablement les risques d’accidents dans le tir de ces fusées. 11 convient de louer les bonnes dispositions prises dans leurs ateliers pour la sécurité de leurs ouvriers.
- M. Prieur, articles d'escrime, à Paris.
- r Maison la plus importante de Paris pour l’article d’escrime. Spécialité de masques d’escrime en toile métallique, d’une seule pièce. Exécution de tous les modèles de gants et plastrons pour l’escrime et la boxe.
- M. Rolland, outillage pour armuriers, à Paris (France).
- M. Rolland s’occupe de la fabrication de sertisseurs et d’outils de mesurage à l’usage des armuriers. 11 a imaginé, entre autres, une règle pour mesurer les pentes des crosses, et des instruments pour vérifier l’épaisseur des canons, qui sont d’une grande précision et d’une très grande utilité.
- M. Rubé (Camille), à Amiens (France).
- Armes de chasse de très bonne fabrication, avec systèmes particuliers de sûreté et d’éjecleurs.
- Sciiultze Gunpowder company Limited, à Londres (Grande-Bretagne).
- La poudre Sciiultze a éLé, sans contredit, l’origine des poudres sans fumée actuelles. Mise en vente en 186A*, elle est restée seule en usage pendant assez longtemps; aussi, le nom de poudre Sciiultze ou de poudre de bois sert-il fréquemment à désigner d’une manière générale, quoique impropre, toutes les poudres pyroxylées.
- Toutefois, depuis ses débuts, où elle était constituée par de petits morceaux de bois nitrifiés, la poudre Schullze a subi bien des transformations successives. Aujourd’hui, la société industrielle qui exploite la poudre Sciiultze présente deux types de poudre de chasse :
- I. La poudre Schullze proprement dite, qui aurait encore pour base du pyroxyle de bois (première
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- ARMES DE CHASSE, MATÉRIEL ET ÉQUIPEMENT. 339
- categorie) et qui est à grains arrondis, blancs, s’écrasant assez facilement: celte poudre, employée dans des cartouches confectionnées avec soin et conservées à l’abri de l’humidité, est susceptible de donner de bons résultats.
- II. La ritléite (deuxième catégorie), à base de pyroxyle de coton, qui est une poudre lamellaire en grains carrés assez réguliers, plombaginés, se prête bien au chargement au volume ; elle donne une vitesse satisfaisante avec des pressions modérées ; la fumée en est à peu près nulle et les résidus de la combustion sont faillies.
- Société anonyme des Cartoucheries russo-belges, à Liège (Belgique).
- Société anonyme, de formation récente, pour la fabrication des munitions en tout genre. Succursales en Russie. Production importante.
- Société anonyme de la farrique dlarmes automatiques, à Stockholm (Suède). Fusils automatiques.
- Société anonyme de la fabrique nationale d’armes de guerre Herstal,
- à Liège (Belgique).
- Cette société s’occupe plus particulièrement de la fabrication des armes de guerre ; elle présentait dans le domaine de la Classe 51, un pistolet automatique du système Browning, très intéressant et très simple de construction; des carabines de salon faites mécaniquement et d’un incroyable bon marché. Elle utilise aussi son puissant outillage à la préparation de pièces d’armes de chasse interchangeables.
- Société anonyme des manufactures suédoises de poudre, à Landskrona (Suède).
- Cette société a une fabrication parfaitement organisée comportant la production du coton-poudre comprimé et de toute la série des poudres de guerre sans fumée ; elle exposait la poudre cr Normal», fort répandue en Angleterre.
- Cette poudre à grains anguleux, durs, de couleur gris ardoise, se prête bien au chargement au volume ; la fumée est à peu près nulle, et elle ne laisse qu’une très faible quantité de résidus durs.
- Société du Monobloc (en participation), à Paris et à Samt-Remy-lès-Clievreuse (France).
- Canons d’acier forgés doubles d’un seul bloc, sans brasure ni soudure (monobloc).
- Fabrication intéressante, dont les difficultés sont vaincues par les ressources d’un outillage très perfectionné.
- Société sarde des matières explosives Ercole, Antico et C‘c, à Cagliari (Italie).
- Poudre pyroxylée crichnusa» à grains arrondis, de couleur jaune, ne donnant qu’une faible fumée ; résidus en très petite quantité, bonne vitesse, pressions modérées.
- Gn. IX. - Cl. 51. a3
- I .MJ* M 11 LME NATION'AI.L.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- 3 AO
- MM. Souzy et de Lacam, à Paris (France).
- La maison Souzy et de Lacam s’occupe, en même temps que d’armes de chasse et de tir, des armes blanches, épées et fleurets, et d’articles d’escrime. Elle présentait des masques très bien compris pour l’escrime du sabre, et un modèle de cuirasse de sûreté à lames articulées, d’une grande légèreté et d’une grande résistance.
- Star Company, à Nova-Scotia (Grande-Bretagne). Patins de chasse et autres.
- MM. Tiffany et Clc, à New-York (États-Unis).
- La maison Tiffany exposait, dans la Classe 51, des sacs de chasse d’un système d’ouverture particulier, très commode et très pratique pour tous les genres de transports, et ne tenant, vides, que très peu de place. La nature du cuir employé et le luxe de la monture en argent rendaient ces articles un peu coûteux, mais le modèle pourrait en être adopté pour une fabrication plus courante.
- M. Triballat, à Paris (France).
- Fabrication importante d’articles de chasse, particulièrement de colliers de chiens, de toute espèce.
- M. Vidier, armes, à Paris (France).
- M. Vidier exposait des fusils hammerless très soignés comme travail et entièrement de sa fabrication. Ces fusils, qu’il dénomme rrfusils Czar», se distinguent par la disposition de leur mécanisme et un arrangement particulier des éjecteurs cpii permet de faire sauter à volonté une cartouche pleine non tirée, lorsqu’on veut la remplacer rapidement par une autre de plomb différent.
- M. Weber, à Haynau, Silésie (Allemagne).
- Fabrique très importante de pièges de toute sorte.
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- CLASSE 5"2.
- Produits de la Chasse,
- RAPPORT DU JURY INTERNATIONAL
- PAR M. LÉON RE VILLON NEGOCIANT EN FOURRGRES.
- GK. IX. — Cl. 52 2^1 IMPRIMERIE NATIONALE.
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- COMPOSITION DU JURY.
- BUREAU.
- MM. Goy (François), ancien négociant en plumes brutes, ancien président du Tribunal de commerce de la Seine (commission supérieure, président
- des comités et du groupe IX, Paris 1900), president................
- Grevenkop-Castenskiold (de ) [H. S. H.], grand veneur de la Cour, vice-
- président .........................................................
- Revillon (Léon), fourrures (maison Revillon frères) [grands prix, Paris 1878, 1889 ; rapporteur des comités, Paris 1900], rapporteur. Laurent (Georges), crins, laines, plumes et duvets (secrétaire des comités, Paris 1900), juge au Tribunal de commerce de la Seine, secrétaire. . .
- JURÉS TITULAIRES FRANÇAIS.
- MM. Clermont (Hermann De), couperies de poils, matières premières pour la chapellerie et la chaussure (comités, jury, Paris 1889 ; comités, Paris
- i900).............................................................
- Lafrique (Gabriel), pelleteries et poils de lapin (maison Lafrique et Pin-ton) [médaille d’or, Paris 1889 ; comités, Paris 1900). ............
- JURÉS TITULAIRES ÉTRANGERS.
- MM. Garnis (Achille), propriétaire agriculteur...............................
- Gourdeau (Le lieutenant-colonel), sous-ministre de la marine et des pêcheries du Canada......................................................
- Barcsay de Nagy Barcsa (Dominique), membre de la Chambre des pairs.
- Caiien (René)..........................................................
- Ydiaquez (Alejandro de), commissaire général du Pérou à l’Exposition
- universelle de 1889.................................................
- Racine (Raoul), juge au Tribunal de commerce de la Seine (comités, Paris 1900)............................................................
- JURÉS SUPPLÉANTS FRANÇAIS.
- MM. Bing (Charles), importateur de matières premières pour parfums (comités,
- Paris 1900)...................................................
- Grebert (Emile), fourrures (maison Grebert et Grison) [hors concours, Paris 1889; comités, Paris 1900]................................
- JURÉ SUPPLÉANT ÉTRANGER. M. Ferret, commissaire général adjoint.......................
- France.
- Danemark.
- France.
- France.
- France.
- France.
- Équateur.
- Grande-Bretagne.
- Hongrie.
- Nicaragua.
- Pérou.
- Roumanie.
- France.
- France.
- Corée.
- 24.
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
- INTRODUCTION.
- La Classe 52 ne comprend plus en 1900 autant de matières que la Classe correspondante A3 de l’Exposition de 1889, on en a retranché, avec beaucoup de raison, les produits de la pêche et ceux des cueillettes, qui forment les Classes 53 et 5A du même groupe.
- En 1 900, la Classe 52 renfermait les produits de la chasse, c’est-à-dire les dépouilles d’animaux et d’oiseaux sauvages, faisant l’objet de la poursuite de chasseurs et trappeurs.
- Sont également compris dans la Classe 52, certains de ces animaux ou oiseaux dont quelques-uns ont été domestiqués, notamment le lapin et l’autruche, pour ne citer que les plus importants.
- Ces produits de la chasse font l’objet des commerces et industries suivants :
- i° Naturalisation, plumes de parure, dépouilles d’oiseaux, plumes et duvets pour la literie ;
- .9° Pelleteries non confectionnées, apprêt et teinture de pelleterie et poils pour la chapellerie ;
- 3° Fourrures confectionnées;
- k° Crins et soies de porc et de sanglier;
- 5° Cornes et ivoires ;
- 6° Musc, civette ctcastoreum.
- L’Ecaille, qui figure sur la classification générale à la Classe 52, n’a pas été soumise au Jury de cette classe, mais à celui de la Classe 53 (Pêche).
- Nous manquons de documents certains et assez complets pour évaluer l’importance du mouvement industriel et commercial des produits de la Classe 52, sur les divers marchés du monde, mais nous croyons pouvoir affirmer que, en ce qui concerne la France seule, ces produits donnent lieu à un chiffre d’affaires qui ne doit pas s’éloigner de 200 millions.
- Il s’agit donc de produits d’une importance intéressant considérablement le commerce et l’industrie de la France, produits donnant un aliment aux affaires d’importation et d’exportation, aux transports terrestres et maritimes, procurant une somme énorme de salaires, distribués au cours de leur transformation industrielle et contribuant largement à la prospérité du pays, comme aussi à la création de la richesse publique.
- Nous ne saurions, sans nous exposer à des redites, refaire ici les monographies qui
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- forment l’introduction du Catalogue officiel de la Classe 52, nous n’aurions rien à retrancher ni à ajouter. Nos observations spéciales trouveront leur place dans l’examen des diverses sections françaises, coloniales et étrangères.
- La section française et une partie de la section étrangère étaient placées dans le Palais des Forêts, Chasse, Pêche et Cueillettes, situé à l’entrée du Champ de Mars, sur la berge de la Seine, rive gauche, à l’extrémité sud du pont d’Iéna, à droite, en descendant du Trocadéro.
- La section coloniale était disséminée dans les galeries et pavillons du Trocadéro. Le surplus de la section étrangère se trouvait soit au Trocadéro, au Champ de Mars ou dans les palais étrangers.
- Le Palais des Forêts, Chasse, Pêche et Cueillettes, empruntait un caractère spécial à sa construction tout en bois, qui le distinguait complètement des galeries en fer du Champ de Mars et des Invalides, et lui donnait une originalité propre; mais, en raison même des matériaux employés, l’intérieur en était moins éclairé et un certain nombre d’exposants ont eu à souffrir de ce défaut de lumière.
- En outre, divisé en trois plans superposés, niveau de la berge, niveau du Champ de Mars et étage, ce bâtiment devait décourager beaucoup de visiteurs par la répétition des escaliers. Quoi qu’il en soit, ce palais a reçu de nombreux visiteurs, car la Classe 52 ne le cédait à aucune autre pour l’intérêt et la richesse de ses produits.
- En principe, l’exposition de la Classe 52 devait être à l’étage au-dessus du niveau du Champ de Mars, mais comme l’emplacement concédé n’était pas suffisant, l’Administration a accordé, en plus, une place au rez-de-chaussée.
- La surface totale horizontale concédée était :
- Rez-de-chaussée.......................
- Étage.................................
- La surface horizontale utilisée était :
- Rez-de-chaussée.......................
- Étage.................................
- La surface murale utilisée :
- Rez-de-chaussée......................
- Étage................................
- 3 Uma8 655 37
- 999"'^
- 89”59 I a8o"8o
- ÎQI 21 )
- 86"’5o i3 75
- Le mètre linéaire de vitrine revenait à :
- Rez-de-chaussée........................................................... 633f 35
- Étage........................................................................ 475 00
- Mètre superficiel mural................................................... 100 00
- Architecte : M. Courtois-Suffit. — Entrepreneur général : M. Eugène Brodu.
- Les sommes totales versées par les exposants s’élèvent à.............. 11 6,081r 5o
- sur lesquelles on leur a rendu en janvier 1901.......................... 43,281 80
- Dépense totale
- 72>799 7°
- Cette dépense a été effectuée par le comité d’installation et ne comprenait pas les sommes représentant les installations particulières des exposants.
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- Coté du pont d'Iéna
- Côté du pont d’Iéna
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE UE 1900.
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- ENSEMBLE DE LA CLASSE 52.
- France et colonies Etranger..........
- Total
- EXPOSANTS.
- 108
- 9 96
- 33A
- Hors concours. . . Récompensés. . . . Non récompensés
- if>
- a 44
- y5
- RECOMPENSES.
- Exposants.
- FRANCE ET COLONIES. ÉTRANGER. TOTAL.
- Grands prix 1 4 13 97.
- Médailles d’or 1/1 3o 44
- Médailles d’argent 91 95 46
- Médailles de bronze 1 6 99 38
- Mentions honorables 19 68 QO
- Totaux 84 i58 9/19
- / Médailles d’or......
- Coli.a- ] Médailles d’argent. . «orateurs, i Médailles de bronze.
- [ Mentions honorables
- 1 1 9
- !9 9 91
- 99 16 38
- 3 // 3
- I ^ I ^ 3o 64
- Totaux.
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- NATURALISATION.
- PUJMES DE PARURE. PLUMES ET DUVETS. DÉPOUILLES D’OISEAUX.
- LISTE DES EXPOSANTS.
- nationalités. EXPOSANTS. PRODUITS EXPOSÉS. RÉSIDENCES.
- France AfiocuÉ (Arsène)
- A L/U.JA Wi 1/AilL'AL'lLl UU U 1 | lilO 1UXI XJ naturelle Paris.
- Baillargeau-Giievalier Peaux d’oies et de cygnes.... Poitiers.
- Baudry fils ( Henri) Plumes brutes pour parures et
- plumeaux Paris.
- Biat (J.-L.) Animaux et oiseaux naturalisés. Bordeaux
- Boubée fils (E.) Animaux naturalisés et collée-
- fions Paris.
- Gourtols-Perrot (Vvc) ..... . Peaux d’oies et de cygnes. . . . Poitiers.
- Deyrolle (Les fils cl’Émile) . . Animaux naturalisés et collée-
- tions Paris.
- Divoux (Hubert) Tête de sanglier naturalisée... Paris.
- Greuillet-Baillargeau (Vvc).. Peaux d’oies Poitiers.
- IIaiiley (Marius) Formes en carton pour la na-
- turalisation Paris.
- Laurent (Georges) Plumes et. dnvels parig
- Levy-Willard (Les fils de C.). Idem Paris.
- Ollivon (Henri) Plumes brutes pour parures et
- plumeaux Paris.
- Biciiard (Théophile) Animaux naturalisés
- Soyez frères Plumes hrnfps p( Ipin/pc
- Tassel et Fils et Bacine Plumes et dnvpts O 11 Ë va ti 1 1L e X U t c *Ld# Paris.
- fîOT.nNTR.S Angel-Seitz (P.) ÀnimmiY (Jç
- pouilles d’oiseaux Congo.
- Comités locaux a Libreville . . Dépouilles d’oiseaux et plumes
- diverses Congo.
- Société agricole et commer- Idem Congo.
- CIALE DU BaS-OgÔOUÉ.
- Brun (L.) AnimaiiY naliirnlîçpç . .
- Buffet (Paul) Idem Côte des Somalis.
- Compagnie impériale des ciie- Dépouilles d’animaux, d’oi-
- MINS DE FER ÉTHIOPIENS. seaux, etc Côte des Somalis.
- Gouvernement de la Côte des Idem Djibouti.
- SoMALIS.
- Hermann (Xavier) Animaux et oiseaux naturalisés. Côte des Somalis.
- Lacroix (Tristan) Idem.. Côte des Somalis.
- Comité local de Grand-Bassam Dépouilles d’animaux et d’oi-
- seaux Côte d’ivoire.
- Daudy (Albert) Plumes Côte d’ivoire.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- NATIONALITÉS. EXPOSANTS. PRODUITS EXPOSÉS. RÉSIDENCES.
- Colonies Comité local de Porto-Novo . Animaux et oiseaux naturalisés. Dahomey.
- ( Suite.) Sous-Commission de l’agricui- Dépouilles et peaux d’oiseaux . Inde française.
- ture de Pondichéry.
- Admimistration locale du Fouta Dépouilles de lion, puma et
- Djalon. léopard Guinée.
- Comité local de Konakry .... Dépouilles d’animaux Guinée.
- Administration pénitentiaire de Dépouilles d’animaux divers. . Cayenne.
- la Guyane.
- Besson (Paul) Plumes de parure Cayenne.
- Comité local de la Guyane . . . Animaux naturalisés et plumes
- de parure Cayenne.
- Comité local du Camrodge . . . Dépouilles d’animaux Phnom-Penh.
- Comité de la Cociiinciiine . . . . Dépouilles et cornes de cerfs et
- buffles Saigon.
- Comité local du Laos Têtes d’animaux, peau de rbi-
- nocéros Indo-Chine.
- Comité local de Sontay Dépouilles d’animaux sauvages. Indo-Ghine.
- Protectorat de l’Annam Ramures et cornes de cerf . . . Indo-Chine.
- Marquet (Léon) Cornes de cerf Turln-Chipo
- Chambre d’agriculture de la Mammifères, reptiles, oiseaux. Guadeloupe.
- Pointe—a—Pitre.
- Gaudebert (G.) Animaux naturalisés. . . . Paris.
- Villoing (Auguste) Peaux d’oiseaux et plumes de
- parure La Désira de.
- Administrations locales de Ma- Animaux naturalisés ; dépouilles
- DAGASCAR. d’oiseaux ; plumes de parure ;
- Ambatondrazaka ; Arivoni- reptiles et tortues Madagascar.
- mamo ; Moramanga ; Andevo-
- ranto ; Diego-Suarez ; Farafan-
- gana ; Fénérive ; Fianarantsoa ;
- Fort - Dauphin ; Mahanoro ;
- Maintirano ; Majnnga ; Maro-
- antsctra; Morondava; Nossy-
- Bé; Tamatave; Tullear; Vohé-
- mar ; 3° territoire ; 4e territoire.
- Bouquet (Emile) Animaux naturalisés Farafangana.
- Delhorbe (C.) Cornes de buffles
- Delacre ( L.) Dépouilles d’animaux Madagascar.
- Fbager (L.) Dépouilles d’animaux de Ma-
- dagascar Paris.
- Maroix (J.) Caïmans et peaux de serpents. Tananarive.
- Service des forêts Animaux de Madagascar. .... Tananarivp
- Simonnot (Lucien) Papillon Tananarive.
- Touin (Édouard) Oiseaux de la Martinique.... Saint-Pierre.
- Frère Antonino Oiseaux de Nouvelle-Calédonie. Bouraïl.
- Sénégal Animaux et oiseaux naturali-
- Cercles de Bakel, de la Basse- sés; dépouilles et peaux d’oi-
- Casamance, du Cayor, de Da- seaux; plumes de parure :
- gana; de Dakar-Thies, de la autruche, aigrette, crosse,
- Haute-Casamance, de Kaedi, marabout, etc Sénégal.
- de Louga, de Matam, de Niani-
- Ouli, de Nioro, de Podor, de
- Sine-Saloum, du Soudan an-
- nexé.
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
- 351
- NATIONALITÉS.
- Colonies. . . . (Suite.)
- Autriche
- Belgique.........
- Bosnie - Herzégo -
- VINE.
- Corée. . .
- Danemark,
- f
- Equateur,
- EXPOSANTS. PRODUITS EXPOSÉS. RÉSIDENCES.
- Comité central du Sénégal. . . Animaux et oiseaux naturali-
- sés; dépouilles et peaux d’oiseaux; plumes de parure : autruche, aigrette, crosse, marabout, etc Saint-Louis.
- Compagnie française de l’A- Peaux d’oiseaux et plumes de
- FRIQUE OCCIDENTALE. parure Paris.
- Mission économique du Sénégal Collection de zoologie Saint-Louis.
- (M. Cligny, directeur).
- Comité local de Kayes Blanc (Marius) Plumes de parure Animaux naturalisas Soudan français. Tunis.
- Chambre de commerce fran- Dépouilles d’oiseaux et plumes
- ÇAISE. de parure Tunis.
- Direction de l’agriculture et Animaux naturalisés, oiseaux. Tunis.
- du commerce de la Régence.
- Exposition collective du comité Animaux et oiseaux naturali-
- SPÉCIAL FORESTIER. sés ; ramures, bois et cornes ;
- Administration forestière de trophées de chasse. — Gra-
- Ratibor; prince Scbivarren- phiques, publications, pho-
- berg; comte Andréas Posochi; tographies Vienne.
- baron Berthold de Popper ; Rodolphe Brix; prince Carlos Cary; prince Jean Liechtenstein; baron Mayr de Mélnhof; Charles 11 olfeid, conservateur ; Ministère de l’agriculture; Société pour la protection de la chasse, de Prague ; Société pour la protection de la chasse, de Brünn ; Schonthaler et fils.
- Delattre (A.) Mammifères et oiseaux natu-
- ralisés Mons.
- Exposition collective Cornes de chamois et de che-
- Ch. Hoffmann; Johan Kno- vreuils Sarajevo.
- tek; J. de Krajcevic; Johan Santarius; Louis Slabitz; Kra-tochwil ; Metz ; Pfob ; Sigmund ; Vichar.
- Muséum du gouvernement.. . . . Animaux, dessins et photogra-
- phies Sarajevo.
- Gouvernement coréen Dépouilles d’animaux et des-
- sins Séoul.
- Commerce royal du Groenland. Animaux naturalisés, plumes
- et duvets Copenhague.
- Aensel (S.) Oiseaux naturalisés Guayaquil. Ibarra. Quito. Quito.
- Albuya (J. D.) Idem
- Comité de l'Exposition Idem
- Gouvernement de l’Équateur. . Idem
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- 352
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- NATIONALITES. EXPOSANTS.
- Equateur (Suit p.) Perez (Rosalino). Sedières (Comte de) Real(Zenon) Vaca (Jacinto) Vignolo (M.) Pintado (Mme Rosa) Barauona (Mme) Moncayo Alivès (Garcia).
- Espagne Rarasona (Antonio)
- Severini (Veuve de)
- Etats-Unis Century company Conseu d’agriculture de la Caroline du Nord. Elliot (Dr D. G.) Forest et Stream publisiiing COMPANY. Guntiier (J.) Matiier (Fred.) . Ministère de l’agriculture . . . Nelson (E. W.)
- Siiiras (George Ird) Wallihan (A. G.)
- Gr ande-Bretagne. . Atkinson (George E.) Bagot (C. H.). . . .
- Barrer and C"
- Byrde (E. M.)...............
- Galber (Alexandra)..........
- Coke (Lord).................
- Davidson (N. C.)............
- Davidson ( W. E.)...........
- Deane (H. D.)...............
- Dominion of Canada..........
- Davis (Sr Lewis), Ministre de la marine et des pêcheries.
- Edwards (W. J. A.)..........
- Egan (Thomas)...............
- Barkley (G. R.).............
- Fisiier (F. C.).............
- Gerrard (E.) et fils........
- Jackson (R. et A. N.).......
- Julius (A. V.)..............
- Marrer (Captain)............
- Murray (C.-A.)..............
- PRODUITS EXPOSÉS. RÉSIDENCES.
- Oiseaux naturalisés Quito.
- Idem Paris.
- Reptiles Ventanas.
- Plumes de parure Guayaquil.
- Reptiles Guayaquil.
- Ouvrages en plumes Guayaquil.
- Idem Guayaquil.
- Idem Guayaquil.
- Reptiles Guayaquil.
- Animaux empaillés Cordoue.
- Tête de taureau Madrid.
- Dessins de chasse New-York.
- Oiseaux, opossums, tortues. . . Raleigh.
- Publications Chicago.
- Idem New-York.
- Animaux naturalisés Middletown (New-York).
- Publications Wisconsin.
- Raccoons et opossums Washington D. C.
- Rapport sur la faune de l’A-
- laska Washington D. C.
- Photographies Pitlshurg (Pensylvanie).
- Idem Colorado.
- Animaux et oiseaux du Canada. Manitoba.
- Produits de la chasse Ceylan.
- Autruches et œufs Toronto.
- Produits de la chasse Ceylan.
- Animaux et oiseaux du Canada. Winnipeg.
- Produits de la chasse Ceylan.
- Idem Ceylan.
- Idem Ceylan.
- Idem Ceylan.
- Idem Ottawa.
- Animaux et oiseaux du Canada. Ottawa.
- Têtes d’animaux naturalisées.. Ile Maurice.
- Collection d’oiseaux du Canada. Halifax.
- Produits de la chasse Ceylan.
- Idem Ceylan.
- Animaux naturalisés Londres.
- Produits de la chasse Ceylan.
- Idem Ceylan.
- Idem Ceylan.
- Idem Ceylan.
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
- 353
- N A T10 N A L1T É S. EXPOSANTS. PRODUITS EXPOSÉS. RÉSIDENCES.
- Grande-Bretagne . Murray (W.) Produits de. la filasse I ,nvlan
- ( Suite. ) Nuwaiia Eliya Munt Club .... Idem Ceylan.
- Département d’agriculture... Animaux du Canada Québec.
- Reeves (E. Gordon) Mammifères C^ylan
- Soyza (J.-W.-C. de) Animaux naturalisés ("]py|
- Tiiorpe (Ch.) Idem Cpylan
- Williams (M.-L.) Idem lin vi an
- Wilkirns (M.-L.) Idem ( .nvlnu
- Wright (A.-E.) Idem
- Menier (Henri) Produils de la chasse. . . . (! a n a n a
- Perret (John) Idem ( annrin
- F. Brownell Idem
- S1' Caron (Adolphe) Idem (iannnn
- D. R. WlLKIE Idem
- S. R. Gill Idem
- Moss (L.-B.) Idem
- Guatemala Augé Miguel Travaux de taxidermie
- Hongrie S. M. François-Joseph Bois de cerfs, cornes de che- Budapest.
- vreuils.
- Adam jeune (Ch.) Coqs de bruyère Budapesl.
- Baron Rêvai (Simon) Relevés de chasse Tajna.
- Comte Almassy (Denis) Cornes de chevreuils
- Comte Andrassy (Géza) Animaux naturalisés Betlér.
- Archiduc Joseph-Auguste .... Cornes de chevreuils Kis-Tapolcsàny.
- Aumüller (Alovse) Animaux naturalisés Budapest.
- Rarna (Georges) Héron naturalisé Keszthely.
- Vénerie Impériale Relevés de chasse Godôllô.
- Casino Royal Trophées de chasse Budapesl.
- Ceiiva (Charles) Héron gris naturalisé Budapest.
- Ciiotek (Comte Rodolphe C’a- Cornes de chevreuils Fultak.
- det).
- Crouy (Prince C. de) Bois de cerfs Budapesl.
- Egervahy (Jules) Animaux naturalisés et carte r Budapesl.
- de chasse.
- Eltscher (Alexandre) Oiseaux naturalisés Budapesl.
- Esteiihazy (Prince Nicolas)... Ramures de cerfs Kismarton.
- Esterhâzy (Comte Michel). .. Animaux naturalisés et bois de Budapest.
- cerf.
- Esteiihazy (Comte François). . Relevés de chasse Ta ta.
- Festetich (Comte Tassilo).. . . Cornes de cerfs et chevreuils.. Keszlhely.
- Fohgâch (Comte Charles). . .. Animaux naturalisés et relevés Gimes.
- de chasse.
- Ham (François) Relevés de chasse Csurgo.
- Herzog de Csete (Pierre). . . . Cornes de cerfs Budapest.
- Illy (Rodolphe) Idem Budapest.
- Institut du Dr A. Lendl Animaux naturalisés Budapest.
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- 354
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- NATIONALITÉS. EXPOSANTS. PRODUITS EXPOSÉS. RÉSIDENCES.
- Hongrie. (Suite.).. Isoô (Jean) Ramures de cerf Debreczen.
- Jager (Albert) Katzer (Joseph) Kazï (Joseph de) Kazy (I.adislas de) Héron naturalisé Animaux naturalisés Cornes de chevreuils Idem Budapest. Budapest. Budapest. Nemes-Orossi.
- Kazy (Lazare de) Kendeffy (Gabriel de) Idem Chamois naturalisé Ipoly-Balogh. Boldogfalva.
- Kendeffy (Louis) Kenyeres jeune (Charles).... Cornes de chamois Coq de bruyère Pozsony. Brasso.
- Kurta (Michel) Lipka (Paul) Malcomes (Baron Jérôme).. . . Bois de cerfs Idem Ramures de cerfs et défenses Budapest. Zurany. Budapest.
- Mayer (Elémer) Miklos (Edmond de) Montenuovo (Prince Alfred).. de sangliers. Coq de bruyère Idem Ramures de cerfs Budapest. Budapest. Vienne.
- NnpnsA (Rarnn Alexis) Cornes de chamois Szacsal.
- PoLNISCH (ArI’Od) Ramures de cerfs et cornes de Lôcse.
- Petteiu (Hubert) Ponorâcz (Comte François).. . chevreuils. Animaux naturalisés Ramures de cerfs et défenses Gôdôllô. Kassa.
- Propriété de S. M. Impériale de sangliers. Têtes de sangliers naturalisés. Gôdôllô.
- et Royale. Révay (Baron Jules) Cornes de chevreuils et défenses Budapest.
- de sangliers. Relevés de chasse Kis-Selmecz.
- Révay (Baron Simon) Cornes de chevreuils Tajna.
- Rosanovsky (Frédéric) Saxe-Cobourg-Gotiu (Prince). Animaux naturalisés Relevés de chasse Budapest. Gômôr.
- Sciielenz (Martin) Sciierg (Laurent) Société nationale de vénerie. Canards naturalisés Bois de cerf treize-cors Relevés de chasse Budapest. Gércze-Ta ckskand. Budapest.
- Sugar (Alexandre) Szapâry (Comte Pierre) Héron naturalisé Bois de cerfs et cornes de che- Csorna. Budapest.
- Széchényi (Comte B.) Tatarek (Louis) Teleky (Comte Arpad) Vay (Comte Louis) Wass (Comte Eugène) Wenckiieim (Comte Frédéric). vreuil. Idem Héron naturalisé Cornes de chamois Idem Ours géant naturalisé Cornes de chevreuil Nagy-Dorogh. Vallus. Nalacz. Budapest. Czege. Kigyos.
- Ziciiy aîné (Comte Jean). .. . Relevés de chasse Nagy-Lang.
- Croatie-Slavonie . Armano (Aloyse) Mailath (Comte Ladislas).. . Oiseaux naturalisés Ramures de cerfs Zagreb. Dolni-Miholac.
- Italie Genovesio (Philippe) Animaux et oiseaux naturalisés. Turin.
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
- 355
- NATIONALITÉS. EXPOSANTS. PRODUITS EXPOSÉS. RÉSIDENCES.
- Japon K AS ATARI (Otoklti) Oiseaux du Japon, préparés Kobé.
- pour la parure et l’histoire
- nalurelle.
- Mexique Espinosa et .Tacers Prndmls de la chasse
- Comité local de Puebla Animaux naturalisés
- Gouvernement de Guerrero . . Naturalisations Bravos.
- Gouvernement de l’état de Idem Durango.
- Durango.
- Gouvernement de l’Etat de Idem Tabasco.
- Tabasco.
- Finlande Administration supérieure des Animaux naturalisés Helsingfors.
- forêts.
- Monaco Coulon (Guillaume) Insectes et papillons Monaco.
- Nicaragua Gouvernement de Guatémala.. Oiseaux naturalisés Guatémala.
- Gouvernement de Nicaragua. . Idem Nicaragua.
- Médina (C.) Idem Nicaragua.
- Heiland, Boedeker et C10. . . . Idem Inoléga.
- Norvège Musée national Panorama, animaux et oiseaux Berghen.
- naturalisés.
- Bruun (J.-N.) Dépouilles d’animaux et ani- Trondhjem.
- maux naturalisés.
- Cuba Cadenas (Manuel) Fossiles Puerlo-Principe.
- Ouesada (Gonznln nu) Produits de la chasse. La Havane.
- Pérou Aiiavelo (Esleban) Jaguar, singes, reptiles, etc. . S.-Martin-de-Lo-
- relo.
- Balta (José) Fossiles Lima.
- Commission de l’Exposition. . . Papillons et insectes Lima.
- Institut technique et indus- Reptiles et fossiles Lima.
- triel du Pérou.
- Morey é hijos (Luis J.) Jaguar, loup et reptiles Jquitos.
- Portugal Comité organisateur de la Sec- Oiseaux naturalisés et insectes. Lisbonne.
- TION PORTUGAISE
- C° DR MosSAMEIIKS Produits de la chasse Angola.
- Inspection générale de la Sec- Oiseaux naturalisés et insectes.
- TION PORTUGAISE.
- Roumanie Animaux naturalisés.. Bucarest.
- KaLINDIÏRO (Dr N.) Produits de la chasse Bucarest.
- Ministère de l’agriculture. . . Idem Bucarest.
- Russie Animaux naturalisés Saint-Pétersbourg.
- de Russie .
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- N A TI 0 N A L1 TÉS. EXPOSANTS. PRODUITS EXPOSÉS. RÉSIDENCES.
- Russie. (Suile.). . Administration générale des Animaux naluralisés Saint-Pétersbourg.
- APANAGES
- Rnr.m.minv Idem Askhabad.
- nnmrïmvsk'nï Idem Tachkenl.
- Enghelgiiardt Idem Arkangel.
- Golitzine (Prince) Idem Tiflis.
- (rnnF.MlkltVE Idem Irkoulsk.
- frim'm$K,nv Idem Khabarovsk.
- Kalinovski (A.) Photographies Tiflis.
- ïv \I ASFFF Animaux naluralisés Tobolsk.
- AT F.TAVF.nF.FF Idem., , Tiflis.
- Saî-MONROM . Produits de la chasse Saint-Pétersbourg.
- SriUPVlKZlNK Idem Yakouktsk.
- T4iibé (Raron) Idem Omsk.
- CiHEr.KOiVlk'nV Idem Saint-Pétersbourg.
- Reckbel Idem Saint-Pétersbourg.
- PONOMARKER Idem Saint-Pétersbourg.
- Dementieff (iN.-J.-G.) Plumes montées Arkangel.
- S a r.v \ non llKPfTRf.miiR mi Sai.vAno 11 Naturalisations San Salvador.
- SriniïK FÉnÉlUTION DKS ASSOCIATIONS DK Produits de la chasse belgrade.
- chasseurs de la Serbie.
- République Sud- Exposition collective du Gou- Idem Préloria.
- Africaine. VERNESIENT DU TllANSVAAL.
- Rergstiioom Panorama; rennes et produits Stockholm.
- de la chasse.
- EXPOSANTS.
- France et colonies................... Oi
- Etranger............................ 190
- Total...................... 251
- Hors concours..................... A
- Récompensés..................... 179
- Non récompensés.................. 68
- Exposants.
- RÉCOMPENSES.
- ET COLONIES. ETRANGER. TOTAL.
- Grands prix ... 5 1 0 i5
- Médailles d’or 6 2 2 28
- Médailles d’argent 18 27 A 5
- Médailles de bronze i3 1A 27
- Mentions honorables 53 6 A
- Totaux 53 1 2 6 179
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-
- PRODUITS DE LA CHASSE.
- 357
- Collaborateurs.
- Médaille d’or......
- Médailles d’argent. . Médailles de bronze. Mentions honorables
- Totaux
- FRANCE
- ' COLONIES.
- ÉTRANGER. TOTAL.
- //Il
- () k 1 O
- 3 3 G
- i 5 G
- îo i3 a3
- Ces diverses branches des produits de la chasse doivent être envisagées dans leur ensemble pour l’examen que nous allons en faire, car notamment, dans les sections coloniales et étrangères, elles se présentent le plus souvent réunies sous un même nom d’exposant et se complètent pour former un tout d’une variété et d’une richesse incomparables.
- Les animaux naturalisés et les oiseaux aux brillantes couleurs s’offrent à l’admiration des visiteurs de l’Exposition de 1900, tantôt au point de vue de la perfection du travail du naturaliste, tantôt au point de vue de l’application de leurs dépouilles aux besoins du commerce et de l’industrie.
- Réunis principalement dans le Palais des Forêts, Chasse, Pêche et Cueillettes, les objets exposés se retrouvaient, en plus, disséminés dans les galeries coloniales et dans les pavillons étrangers. C’est pourquoi nous n’observerons dans ce rapport d’autre classement que celui qui résulte de la nationalité de l’exposant.
- SECTION FRANÇAISE.
- FRANCE.
- Hors concours. — MM. G. Laurent, Tassel et fds et Racine, membres du Jury, ont exposé des plumes et duvets pour la literie, d’une épuration perfectionnée.
- Grands prix. — Trois grands prix ont été attribués dans la Section française à MM. les fils d’Émile Deyrolle, E. Boubée fils, H. Baudry.
- MAL Les fils d’Émile Deyrolle, maison fondée en 1836 (récompenses : Paris 1867, méd. or; 1878, méd. or; 1889, 3 méd. or). — Collaborateurs : M. Louis Labricq,médaille argent; MM. Émile Busigny et Charles Champion, médaille bronze.
- AI. E. Boubée fils, maison fondée en 1845 (récompenses: Paris 1878, méd. or; 1 889, méd. or). — Collaborateurs : M. Jules Terrier, médaille argent; M. Meunier, médaille bronze.
- Arrivée à une perfection capable de donner, dans bien des cas, l’illusion même de la vie, dans les animaux exposés, l’industrie de la naturalisation représente un art véritable, dont les types les plus parfaits ont été présentés par A1M. les fils d’Emile Deyrolle
- a5
- Gn. IX. — Cl. 52.
- NATIONALE.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- et E. Boubée fils. Mammifères, oiseaux, reptiles sont reconstitués non seulement avec un soin extrême de préparation, mais avec l’attitude familière, le caractère, la souplesse du mouvement, nous dirons presque le geste qui leur est propre.
- M. H. Baudry, maison fondée en i857 (récompenses : Paris 1878, méd. bronze; 1 889, méd. argent). — Cetle maison a présenté une fort belle exposition, purement commerciale des différentes espèces de plumes d’autruche d’Amérique du Sud (Nandou), de dindon de l’Amérique du Nord et de coq de Russie. M. Baudry avait pris soin de mettre sous les yeux des visiteurs, à la fois, les animaux naturalisés, les dépouilles et plumages de ces oiseaux sauvages ou domestiqués et le produit industriel qui les utilise comme matière première, soit pour la parure, soit pour les plumeaux.
- Médaille d’or. — MM. Soyez frères, maison fondée en 1876 (récompenses : Paris 1889, méd. argent), avaient une exposition très intéressante de plumes brutes et teintes, appliquées aux industries de la parure et de la brosserie. — Collaborateur: M. Julien Robert, mention honorable.
- Médailles d’argent. — M,ne Vve Courtois-Perrot et M,nc Vvc Greuillet-Baillargeau ont exposé des peaux d’oie et de cygne, cl’une excellente préparation, et leurs applications pour l’industrie du vêtement.
- M. Ollivon (H.) [récompenses : Paris 1899, méd. argent] a exposé des plumes de Nandou, de coq et de dindon préparées pour l’industrie de la mode et celle des plumeaux.
- M. Richard (Th.) a expssé des mammifères, des oiseaux et des reptiles, préparés avec soin, comme pièces d’histoire naturelle, des trophées de chasse et des écrans en plumes de bonne fabrication.
- MM. les fils de G. Levy-Willard, maison fondée en 1 Sho (récompenses : Paris 1889, méd. argent), ont été récompensés pour leurs duvets épurés par des procédés spéciaux qui en assurent la pureté absolue.
- Médailles de bronze. — M. Agogué (Arsène), yeux artificiels, destinés aux préparations d’histoire naturelle.
- M. Baillargeau-Chevalier , pour des peaux d’oie et de cygne et leurs applications à l’industrie du vêtement.
- M. Biat (J. L.) [récompenses : Paris 1889, méd. bronze], pour une intéressante collection d’oiseaux naturalisés.
- M. Harley (M.),pour une grande variété de formes en carton, destinées aux préparations d’histoire naturelle.
- COLONIES FRANÇAISES.
- Hors concours. — Dans la section coloniale, la Compagnie française de l’Afrique occidentale (Sénégal) était hors concours.
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
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- Nous devons tout d’abord mettre hors de pair les expositions des Cercles administratifs de Madagascar et du Sénégal qui, considérées dans leur ensemble, représentent un effort considérable pour la mise en valeur des produits de ces colonies.
- Les Cercles de Madagascar avaient chacun réuni des spécimens de dépouilles d’animaux de chasse, mammifères, oiseaux et reptiles, donnant un aperçu très complet de la faune de la colonie. Ils ont présenté, en outre, un certain nombre d’animaux naturalisés préparés avec soin et d’un grand intérêt. — Collaborateurs : MM. Maria, Benevent, médaille argent.
- Les Cercles du Sénégal ont exposé, avec quelques mammifères naturalisés, une variété considérable d’oiseaux aux couleurs vives, en dépouilles, ou naturalisés et des échantillons de plumes de parure qui entrent dans le mouvement commercial de la colonie, principalement des plumes d’autruche, d’aigrette, de crosse, de marabout, etc.
- M. Brun (L.) [côte des Somalis] était hors concours. M. Le Bertois, collaborateur, a obtenu une médaille d’argent.
- Médailles d’or. — Ces expositions collectives de Madagascar et du Sénégal ont été chacune honorées d’un grand prix, et le Comité central du Sénégal a, en outre, obtenu une médaille d’or.
- Le Gouvernement de la cote française des Somalis a obtenu une médaille d’or pour une très belle exposition d’animaux et d’oiseaux naturalisés préparés par M. Hermann, qui a également été personnellement honoré d’une médaille d’or.
- Le Comité local de Cayenne a obtenu une médaille d’or pour des oiseaux naturalisés et en dépouilles, des plumes d’aigrette et de crosse.
- Médailles d’argent. — Des médailles d’argent ont été attribuées aux exposants suivants :
- Mission économique du Sénégal, à Saint-Louis, pour sa belle collection de zoologie. — Collaborateur: M. le Dr Cligny, médaille bronze;
- Chambre de commerce de Tunis, pour ses dépouilles d’oiseaux et échantillons de plumes de parure de la Régence ;
- Direction de l’agriculture et du commerce de la Régence de Tunis, pour quelques beaux spécimens d’animaux naturalisés;
- Comités locaux de la colonie, à Libreville, et Société agricole et commerciale du Bas-Ogooué, pour des dépouilles très intéressantes d’oiseaux propres à la parure;
- Administration pénitentiaire de Cayenne, pour des plumes et dépouilles d’aigrettes et crosses et quelques oiseaux naturalisés ;
- Comité de la Cochinchine, à Saigon, et Comité local du Laos, pour des cornes de cerf et de buffle;
- Chambre d’agriculture de la Pointe-à-Pitre et son préparateur M. Gaudebert, pour des animaux naturalisés ;
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Service des forêts de Madagascar et M. L. Delacre, pour des dépouilles d’oiseaux de la colonie;
- Comité local de l’Exposition, à Conakry, pour des naturalisations.
- Médailles de bronze. — Le Jury international a décerné des médailles de bronze aux exposants suivants :
- Comité local de l’Exposition, à Porto-Novo (Dahomey), pour des animaux naturalisés;
- Société d’agriculture de Pondichéry, pour des plumes de parure et dépouilles d’oiseaux ;
- Administration locale du Fouta-Djallon, pour des dépouilles d’animaux sauvages de la Guinée;
- Comité local de Sontay, pour des dépouilles d’animaux de chasse de TIndo-Chine;
- M. Emile Bouquet, de Faranfangana, pour des animaux naturalisés de Madagascar;
- M. E. Touin, de la Martinique, pour une collection d’oiseaux de la colonie;
- Frère Antonino, directeur de l’école communale de Bouraïl, pour une collection d’oiseaux naturalisés de la Nouvelle-Calédonie;
- Comité local deKayes, pour des spécimens de plumes de parure;
- M. Marius Blanc, de Tunis, pour des animaux naturalisés.
- Mentions honorables. — Enfin, des mentions honorables ont été décernées à :
- M. Ancel-Seitz, qui a présenté des animaux terrestres et amphibies du Congo;
- MM. Paul Buffet et Tristan Lacroix, pour des oiseaux naturalisés de la Côte des Somalis;
- La Compagnie impériale des Chemins de fer Ethiopiens,pour des dépouilles d’oiseaux et d’animaux ;
- M. Paul Besson, pour des dépouilles et plumes d’aigrettes et de crosses de la Guyane;
- Protectorat de l’Annam et M. L. Marquet, pour des spécimens de cornes de cerf et de buffle;
- M. Auguste Villoing, pour des peaux d’oiseaux et des plumes de parure de la Guadeloupe ;
- M. Clément Delhorbe et M. Frager, pour des cornes de buffles de Madagascar;
- M. J. Maroix, pour des peaux de caïmans et de serpents de Madagascar.
- SECTIONS ÉTRANGÈRES.
- Autriche. — Le Comité spécial pour l’exploitation et l’industrie forestière de Vienne a réuni dans une exposition collective des différentes directions forestières de l’Empire, un ensemble du plus grand intérêt, comprenant des graphiques de l’exploitation de la chasse, tous les documents s’y rattachant, des photographies, des modèles d’outillage et de constructions destinés à l’exploitation méthodique de la chasse, un
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-
- PRODUITS DE LA CHASSE.
- 361
- grand nombre d’animaux naturalisés et d’une collection importante de bois, ramures et cornes d’animaux. Cette fort belle exposition collective a été honorée d’un grand prix.
- Belgique. — M. Auguste Delattre, de Mons, a exposé une fort intéressante collection d’oiseaux et d’animaux naturalisés.
- Le Jury international lui a décerné une médaille d’argent.
- Bosnie-Herzegovine. — Le Muséum du Gouvernement à Sarajevo , a exposé des animaux naturalisés, des dessins et des photographies très intéressantes. Il a obtenu une médaille d’or.
- MM. Hoffmann, Knotek, Krajcevic, Santarius, Slaritz, Kratoghwil, Metz, Pfob, Sigmund et Vilhar ont envoyé un grand nombre de ramures de cerf, de cornes de chamois, des trophées de chasse, et ont obtenu chacun une mention honorable. — Collaborateurs : M. Othmar Reiser, médaille argent; M. Edmond Zelebor, médaille bronze.
- Corée. — Les produits de la chasse n’étaient représentés dans le pavillon de la Corée, que par des dessins et photographies exposés par le Gouvernement Coréen, récompensé par une médaille de bronze.
- Danemark. — La Direction du Commerce royal du Groenland a exposé une remarquable collection d’animaux des régions polaires, ainsi que des spécimens des différentes variétés de duvet d’Eyder, pour la literie. Il lui a été décerné un grand prix.
- Équateur. — Dans le pavillon de l’Equateur, le Jury a eu à examiner plusieurs expositions très intéressantes, comprenant les nombreuses variétés des oiseaux des tropiques aux riches couleurs, des reptiles, des plumes de héron et des ouvrages en plumes artistement exécutés.
- Mme Rosa Pintado de Vinueza, et le Gouvernement de l’Équateur à Quito ont obtenu chacun une médaille d’or.
- Le Comité central de l’organisation pour l’Exposition à Quito, a obtenu, une médaille d’argent.
- M. Rosalino Perez a obtenu une médaille d’argent et M. le comte Roger de Sedières une médaille de bronze.
- MM. Aensel, de Guayaquil, Albuya, de Ibarra, MeUe Barahona et M. Moncayo, de Guayaquil chacun une mention honorable.
- Espagne. — L’Espagne ne s’est révélée, dans les produits de la chasse, que par un seul exposant, Mrac Vve de Severini, qui a obtenu une mention honorable, pour une tête de taureau sauvage naturalisée.
- États-Unis. — L’exposition très intéressante des Etats-Unis comprenait, en outre
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- d’un grand nombre d’animaux naturalisés, des publications d’histoire naturelle, des documents sur l’exploitation de la chasse et des photographies.
- Le Conseil d’agriculture de la Caroline du Nord, à Raleigh, a obtenu un grand prix pour ses oiseaux terrestres et aquatiques naturalisés et de beaux spécimens de tortues et d’opossums;
- M. George Shiras, une médaille d’or, pour de très curieuses photographies au magnésium, d’animaux sauvages;
- M. J. Gunther, de Middletovvn,une médaille d’argent, pour des animaux naturalisés;
- D' D. G. Elliot, de Chicago, médaille d’argent, pour publications d’histoire naturelle;
- Le Ministère de l’Agriculture, à Washington, une médaille d’argent, pour des rac-coons et des opossums naturalisés.
- Enfin, ont obtenu des mentions honorables pour leurs publications sur la chasse :
- La Century Company, de New-York; Forest and Stream Publishing Company, de New-York; M. Fred. Mather, du Visconsin; M. E. W. Nelson, de Washington D. C.; M. A. G. Wallihan, du Colorado.
- Grande-Bretagne. — La branche des produits de la chasse se rattachant à la naturalisation et aux plumes de parure était généralement représentée, dans l’exposition de la Grande-Bretagne, par les animaux, mammifères, oiseaux, etc., de la faune de Ceylan et du Canada, dont les spécimens généralement bien préparés offraient une grande variété d’espèces, quelques-unes de dimensions considérables.
- Le Jury a vivement regretté l’abstention de la Colonie du Cap, qui, en 1889, avait envoyé de si riches et magnifiques spécimens de plumes d’autruches, dont l’importance est capitale dans le commerce des plumes de parure.
- Grand Prix. — L’Exposition collective du Dominion of Canada.
- Médailles d’or. — G. Atkinson, du Manitoba; Thomas Egan, de Halifax; Le Département de l’Agriculture du Canada , à Québec ; Le Département de la Marine et des Pêcheries du Canada; Henri Menier.
- Médailles d’argent. — A. Calder, de Winnipeg; John Perrett.
- Médailles de bronze. — Parker and C°, de Toronto; F. Brownell.
- Hors concours. — W. E. Davidson, de Ceylan, membre de Jury.
- Médaille d’or. — Gerrard et fils, de Londres, ont été récompensés pour leurs préparations d’animaux de la faune de Ceylan. — Collaborateur : M. J. Pinfold, médaille de bronze.
- Médailles d’argent. — N. C. Davidson, à Ceylan; H. D. Deane, à Ceylan; G. B. Barkley.
- Mentions honorables. — D. B. Wilkie; S. B. Gill; Moss (L. B.); Sir A. P. Caron; E. M. Byrde, de Ceylan; C. A. Murray, de Ceylan; NuwaraEliya Hunt Club, de Ceylan; W. J. A. Edwards, de l’île Maurice.
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
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- Hongrie. — Plus de soixante exposants du royaume de Hongrie ont montré, à l’Exposition de 1900, quelle était, dans ce pays, l’importance de l’exploitation de la chasse, soumise à une méthode et à des règles de prévoyance, qui permettent d’obtenir ce résultat, delà destruction progressive des animaux nuisibles alors que la quantité d’animaux utiles suit une progression ininterrompue. Cette constatation se révèle par des graphiques , de nombreux documents et des cartes très intéressantes des territoires de chasse.
- M. le Dr A. Lendl, directeur de l’Institut de Budapest, a rassemblé devant un panorama des sites montagneux et forestiers de la Hongrie, les principaux animaux et les oiseaux les plus répandus, d’une excellente préparation. D’autres animaux naturalisés, de nombreuses variétés d’oiseaux, des têtes d’animaux sauvages, des ramures, bois et cornes de cerf, de chamois et de chevreuils, des relevés de chasse, un ours géant, des publications diverses et des photographies ont été présentés par les exposants, auxquels le Jury a accordé les récompenses suivantes :
- Grands prix. — M. le comte Michel Eszterhazy; Domaine de S. M. Impériale et Royale apostolique, à Gôdollô.
- Médailles d’or. — M. le comte Denis Almasy, M. le comte Gésa Andra'ssy, M. le DrA. Lendl, M. le comte Wenckiieim, S. A. I. et R. l’Archiduc François-Joseph-Auguste, M. le comte Jules Egervary.
- Médailles d’argent. — Le prince Nicolas Esterhazy, M. Joseph Katzer, le prince Alfred de Montendovo , M. Fred. Rosonovsky.
- Médailles de rronze. — M. le Dr Bedô, MM. Dan frères, M. le comte Charles For-gach, M. le comte François Pongracz, M. le comte Eugène Wass.
- Mentions honorables. —Le Bureau de la Vénerie de Gôdollô, M. le comte François Esterhazy, M. François Ham, M. Pierre Herzog de Csete, M. Gabriel Kendeffy de Malomviz, M. Louis Kendeffy, M. le baron Alexis Nopcsa, M. le comte Arpâld Pol-nisch, M. le baron Jules Révay, M. le baron Simon Revay, Al. Laurent Schérg, Al. le comte Szechenyi, M. le comte Jean Zichy. — Collaborateurs : M. Pettera, médaille or; M. Olgyay, médaille argent.
- Italie. — M. Philippe Genovesio, de Turin, a exposé quelques animaux naturalisés et une très intéressante collection d’oiseaux, et il a obtenu une médaille d’argent.
- Japon. — M. Otokiti Kasatani, de Kôbé, a présenté 73 variétés d’oiseaux du Japon, préparés commercialement pour la vente en Europe, en vue de l’utiiisation pour la parure. Cette collection très intéressante a été admirablement classée et donnait une idée très exacte des ressources de ce pays, pour le commerce des plumes de parure, et a obtenu une médaille d’or.
- Mexique. — Le Gouvernement de l’état de Durango, le Gouvernement de l’état de Tabasco, ont obtenu une mention honorable, pour quelques spécimens intéressants de la faune du Mexique, principalement des oiseaux naturalisés, assez bien préparés.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Finlande. — Une médaille d’argent a été attribuée à TAdministration supérieure des Forets de la Finlande, pour un certain nombre d’animaux naturalisés des régions polaires.
- Nicaragua. — Mllc C. Médina et MM. Heiland-Boedecker et Cie ont obtenu chacun une médaille d’argent; M. Arcé (Miguel), de Guatémala, une médaille de bronze, pour des oiseaux naturalisés, des travaux de taxidermie et des ouvrages en plumes très intéressants.
- Norvège. — M. Brüun (J. N.), de Trondhjem, a obtenu un grand prix.
- Pérou. — Les produits de la chasse étaient représentés, dans l’exposition du Pérou, par des jaguars, des loups, des singes, des reptiles et une fort belle collection de papillons et d’insectes.
- Le Jury a décerné à la Commission de l’Exposition du Pérou à Lima, à I’Institut technique et industriel du Pérou à Lima, une médaille d’or; à M. Estevan Arevalo, de San Martin de Loreto, une médaille de bronze; à M. José Balta, de Lima; et à M. Luis J. Morey e hijos, de Iguitos, une mention honorable.
- Portugal. — Les colonies porlugaises ont envoyé à l’Exposition de 1900 quelques spécimens intéressants des produits de la chasse, des dépouilles d’animaux sauvages, des oiseaux, des insectes, des plumes d’autruches, d’aigrettes de héron et autres pour la parure.
- La Compagnie de Mossamedes, à Lisbonne, et TInspection générale de la Section portugaise, à Lisbonne, ont obtenu une médaille de bronze; le Comité organisateur de la Section portugaise, à Lisbonne, une mention honorable.
- Roumanie. — Deux médailles d’or ont été accordées au Domaine de là Couronne et au Ministère de l’Agriculture, de l’Industrie et des Domaines de Roumanie, pour de très beaux spécimens d’animaux des forêts naturalisés, oiseaux variés et produits de la chasse.
- Russie. — La participation de'la Russie, à l’Exposition universelle de 1900, a présenté, dans la branche spéciale des produits de la chasse naturalisés, le plus grand intérêt, par le nombre, la variété des animaux, oiseaux terrestres et aquatiques, provenant de la Russie du Nord, de la région de l’Amour, de la Sibérie, du Turkestan, de la région des Steppes et du Caucase.
- Divers exposants ont présenté, en outre des relevés de chasse, des trophées et des photographies des scènes de chasse, des attelages de chiens et de rennes, des spécimens de matériel et d’outillage servant à l’exploitation de la chasse.
- Le Jury international a décerné :
- Grands prix. — Administration générale des Apanages, à Saint-Pétersbourg.
- Médailles d’argent. — MM. A. Chelkôvnikow, à Saint-Pétersbourg; Reckbel, à Saint-Pétersbourg; Kàrniloff.
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
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- Médailles de bronze. — MM. Dementieff (N. J. C.); Posomarker.
- Mentions honorables. — MM. A. Kalinovsky, à Tiflis; Salmonson, à Saint-Pétersbourg.
- Salvador. — Médaille d’argent : République du Salvador.
- Suède. — En dehors de quelques spécimens intéressants de produits de la chasse, M. P.-N. Bergstrôm, de Stockholm, a présenté un très joli panorama de chasseurs avec leurs chiens et attelages de rennes, campant dans la nuit polaire. Il a obtenu un grand prix.
- Un autre panorama, que nous n’avons pas à apprécier ici, en raison du cadre spécial de ce rapport, reproduisait le port de Stockholm.
- République Sud-Africaine. — Le Gouvernement du Transvaal a réuni dans une exposition collective les spécimens les plus intéressants des produits de la chasse dans la région Sud-Africaine : un grand nombre de dépouilles d’animaux sauvages et d’oiseaux, des plumes d’autruches, des oiseaux naturalisés, des œufs d’autruches, des nids d’oiseaux divers, des cornes et trophées de chasse, etc.
- Le Jury lui a décerné un grand prix pour l’ensemble de cette exposition.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- PELLETERIES NON CONFECTIONNÉES.
- APPRÊT ET TEINTURE DE PELLETERIE. - POILS POUR LA CHAPELLERIE.
- LISTE DES EXPOSANTS.
- NATIONALITÉS. EXPOSANTS. PRODUITS EXPOSÉS. RÉSIDENCES.
- France Barnoncel, Billaud et Cie. . . Pelleteries et fourrures teintes. Paris.
- C. E. Chaptal frères et C10.. . Peaux de lapins, imitation de fourrure. Montreuil-sous-Bois.
- De Clermont et C10 Poils pour la chapellerie Paris.
- U. Déon et fils Apprêt et lustrage de pelleteries. Sens.
- J.-B. Dolat frères Idem Paris. Nîmes. Paris.
- P. Goulard aine Peaux de moutons
- Lafrique-Pinton et C10 Apprêt et lustrage de pelleteries.
- C. Moreau Peaux de lapins Paris. Paris.
- PlNTON ET ChAPAL Apprêt et lustrage de pelleteries.
- T.-T. Roubault Chèvres de Chine et de Mongolie. Paris.
- P. et L. Solinski Peaux de lapins, imitation de fourrure. Paris.
- J. Vodable fils Poils de lapins et de lièvres pour la chapellerie. Paris.
- Colonies Comités locaux de la colonie À Libreville. Dépouilles d’animaux Congo.
- Bing (Charles) Idem Côtes des Somalis. Paris.
- C1C Impériale des Chemins de FER ÉTHIOPIENS. Idem
- Lacroix (Tristan) Idem Paris.
- Comité local de l’Exposition. . Idem Grand-Bassam.
- Daudy (Albert) Idem Grand-Bassam. Porlo-Novo.
- Comité local de l’Exposition. . Idem
- Comité local de l’Exposition. Idem Konakry.
- Administration pénitentiaire de la Guyane. Idem Cayenne.
- Comité d’agriculture de Pondichéry. Idem Pondichéry.
- « Comité local du Cambodge. . . Peaux de cigales Phnom-Penh.
- Comité de la Cochinchine. ... Peaux de pangolin Saigon.
- Cercles, provinces et territoires de Madagascar. Dépouilles d’animaux Madagascar.
- Service des forêts de Madagascar. Idem Tananarive.
- Cercles du Sénégal Idem Sénégal.
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
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- NATIONALITÉS. EXPOSANTS. PRODUITS EXPOSÉS. RÉSIDENCES.
- Belgique Block (Edmond) Apprêt, teinture et imitation Gand.
- de fourrure.
- Belgique Société anonyme La Fourrure. Imitation de fourrures fines. . Alost.
- CuiNE Con Impériale Chine du Nord.. Dépouilles d’animaux Tien-Tsin.
- Con Impériale Chine du Sud. . Idem Canton.
- Corée Gouvernement coréen Idem, Séoul.
- Danemark Ct0 royal du Groenland Idem
- Équateur Municipalité de San Miguel. . Idem „ v.
- Granja (Rodolfo) Idem San Miguel.
- Espagne Moreno (Benilo) Idem
- Grande-Bretagne. . C‘e de la Baie d’Hudson Pelleteries et fourrures
- Hongrie Bedo (Albert de) Peaux d’ours et de lynx. Budapest.
- Pérou Balta (José) Dépouilles d’animaux Lima
- Forga é hijos Peaux de vigognes Lima.
- Commission de l’Exposition. . . Idem Lima.
- Gibbson (E.-W.) Idem Liniâ
- Institut technique Idem Lima'
- Triana (Antonio) Idem lima
- VlGNAT Idem lima
- Portugal Cle provinciale dit Cap-Vert. Peaux de chèvres
- G‘c PROVINCIALE DE MOZAMBIQUE. Dépouilles d’animaux....... Mozambique.
- G‘° de Zambesia Idem
- Vera-Cruz (A.-J.) Peaux de chèvres
- Roumanib Ministère nu t.’agricttt,tiirr Ppllot.p.nps pt fmirrnrp«
- Russie Gorobtchenko Peaux de zizèles U UVU^COv •
- Gromova (MmeAnna) Pelleteries et fourrures Morpoii .
- Kovalev (Jean) Peaux de moulons Nijni-Novgorod.
- Mironoff (J.-D.) Pelleteries et fourrures
- B. Mochkine Idem Vint ,ka
- Panow (Jacques) Peaux de moutons Nijni-Novgorod.
- Panoav et Kovalev Idem Nijni-Novgorod.
- Panychev (Jean) Pelleteries et fourrures Nijni-Novgorod.
- Panychev (J.-S.) Idem Nijni-Novgorod.
- Sinadino frères et G10 Peaux de moulons ATnqrnn,
- Société russe des industries Peaux de loutres Saint-Pétersbourg.
- DE LA LOUTRE.
- Steingel (Baron W.) Pelleteries et fourrures Cnilhan.
- Titkoff (Jean) Idem 0]nrif7f
- Karniloff Peaux de moutons Saint-Pétersbourg.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- EXPOSANTS.
- France et colonies Etranger 27 37 Hors concours. . . Récompensés . . .
- Total 64 Non récompensés,
- RÉCOMPENSES. 1 ET FRAMCE COLONIES. ETBANGER. TOTAL.
- — — —
- / Grands prix 4 9 c
- 1 Médailles d’or 5 8 13
- Exposants < Médailles d’argent 6 2 8
- ! Médailles de bronze 5 6 11
- \ Mentions honorables 9 16 18
- Totaux 34 56
- —
- / Médailles d’argent 3 7 3
- Collaborateurs. < Médailles de bronze 3 3 6
- ( Mentions honorables 1 // 1
- — — —
- Totaux 7 3 10
- — — —
- Le commerce des pelleteries brutes, qui remonte aux temps les pl 11s reculés, a acquis
- un grand développement depuis 1889, g™ce à la mode des fourrures qui a suivi une progression constante.
- Aucune exposition spéciale dans l’industrie de l’apprêt des pelleteries n’a figuré dans l’Exposition.
- Il n’en est pas de même de la teinture des pelleteries qui a été représentée par les principales maisons de Paris.
- Cette industrie a fait de grands progrès tant en France qu’à l’étranger, et nous devons reconnaître que les soins apportés par les teinturiers et le talent qu’ils ont déployé pour les nouveautés qu’ils ont réussi à produire, ont contribué à l’essor de l’industrie des fourrures.
- Dans l’industrie des pelletiers et des teinturiers, nous devons citer en première ligne les fabricants de lapins, c’est-à-dire ceux qui achètent le lapin brut de la main des ra-masseurs, le font apprêter, teindre et mettre en douzaines pour les vendre.
- Ce commerce est très important et peut se chiffrer pour la France par 5oo,ooo douzaines, représentant environ 8 millions de francs.
- C’est par l’apprêt, l’épilage, le rasage et la teinture, que les pelletiers sont arrivés à transformer des peaux inférieures en articles donnant l’illusion des merveilleuses pelleteries recherchées par leur rareté; aujourd’hui, le consommateur peut se procurer à
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
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- un bon marché exceptionnel des objets fabriqués, ayant un aspect élégant et l’apparence de quelque chose de bien soigné.
- C’est donc aux pelletiers que nous sommes en partie redevables de l’essor qu’a pris la fourrure qui s’est démocratisée; autrefois, elle était l’apanage d’une certaine classe, et, à l’heure actuelle, elle est à la portée de toutes les bourses; ce n’est plus un article de luxe, mais un objet de nécessité, dont le besoin ira sans cesse en grandissant, grâce au bon goût qui préside à la confection des modèles, aussi bien en pelleterie riche qu’en pelleterie ordinaire.
- Quant aux exposants coupeurs de poils, ils étaient très faiblement représentés en France et pas du tout dans les sections étrangères.
- En France, nous ne relevons que cinq noms de coupeurs et encore pour trois d’entre eux ce n’est-il qu’une industrie accessoire; ce sont : MM. C. et E. Chapal frères et C10, de Clermont et Cie, Dolat frères, Lafrique et Pinton, Vodable jeune.
- Au point de vue de la quantité de peaux de lièvres et de lapins de garenne qui se produit dans le monde, nous ne voyons pas de changements bien notables à signaler depuis 1889.
- La Russie fournit et fournira plus de peaux de lièvres au fur et à mesure que ses moyens de transports par chemins de fer se développeront.
- D’autres centres de production sont en voie de formation en Autriche et en Hongrie, tant par l’organisation méthodique des grandes chasses qui poursuivent la destruction des animaux nuisibles, sans négliger la reproduction des espèces utiles, que par le fait des encouragements que les gouvernements ont donnés pour amener les populations à élever et à consommer la viande du lapin domestique.
- Grâce aux magnifiques statistiques établies annuellement en Autriche et en Hongrie, et qui nous ont été soumises au cours de nos opérations, nous voyons que la production des peaux de garennes qui, en 18 7 A-18 7 8, ne s’élevait qu’à 31,2 5 5 , moyenne des cinq années, est passée aux chiffres suivants :
- 1879-1883......... Moyenne 35,835 I 1889-1893............. Moyenne 88,138
- 1884-1888......... — ' 59,699 | 1894-1898................. — n3,369
- pour l’Autriche seule, et la récolte des lièvres, toujours en Autriche seule, s’élève dans la même période de 187^ à 1898 :
- 1874-1878.... Moyenne 818,658 1889-1893.... Moyenne i,35i,837 1879-1883.... — i,oi3,o83 1894-1898...- — i,3i9,475
- 1884-1888.... — 1,236,887
- Ces chiffres parlent d’eux-mêmes, et il est très fâcheux que les autres pays et notamment la France ne soient pas à même de nous fournir des statistiques aussi utiles, intéressantes et édifiantes.
- Nous regrettons que ces statistiques ne puissent être suivies pour les lapins dômes-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- tiques, car là, nous aurions constaté des progressions plus sensibles encore que pour les garennes.
- Nous n’avons pas de renseignements certains sur la production de l’Allemagne, nous constatons seulement qu’elle tend à se développer.
- La plus grande partie des exposants étaient réunis dans le Palais des Forêts, mais il s’en trouvait également au Champ de Mars, Galerie Rapp, et dans les Palais étrangers où généralement ne figuraient, que des peaux brutes, spécimen de la faune de chaque pays.
- SECTION FRANÇAISE.
- FRANCE.
- Hors concours.— Il y a eu deux exposants hors concours : M. de Clekmont et Cio, et M. Lafiuque-Pinton et Cie, membres du Jury de la Classe 52.
- M. de Clekmont et C'° (récompenses: Paris 1867, méd. or; 1878, membre du Jury; 1 88g, rapporteur, Classe A3). — Cette maison s’était limitée longtemps à la couperie des poils de garennes et des lièvres d’Allemagne et de Russie.
- Ne voulant pas entraver l’action des couperies parisiennes dont elle était le principal client, elle limitait sa propre production à sa fabrique de Rruxelles. Devant la poussée générale du progrès et des affaires, ainsi que devant la pression des très importants concurrents allemands, anglais et américains qui menaçaient de venir s’établir en France nous disputer notre terrain, elle se décidait en 1896, sur une petite échelle d’abord, puis à Elbeuf sur une beaucoup plus importante, à fonder une couperie et soufflerie de poil dans laquelle elle introduisait tous les derniers perfectionnements, tant au point de vue mécanique qu’hygiénique, et en même temps créait en Amérique une couperie sous son nom. Ne voulant pas surtout créer une concurrence aux coupeurs de France dont elle est, malgré sa production, restée le principal client, elle s’est appliquée à faire des articles autres que ceux produits en France en général.
- Son exposition, située au rez-de-chaussée du Palais des Forêts, était très intéressante et représentait bien les produits de son industrie.— Collaborateurs : M. Pasquet (Gabriel), Mme Rorubon (Marie), méd. argent; Mmc Distler (Marie), méd. bronze.
- M. Lafdiqüe-Pinton et Cie, maison fondée en i85o (récompenses : Paris 1889, méd. or), ont su constituer une marque très estimée; ils ont, en s’établissant en province et s’y installant mécaniquement, rompu avec les anciens errements des coupeurs de poils et doivent s’en bien trouver; leurs poils sont propres, bien travaillés, très réguliers de qualité et font le plus grand honneur à la corporation.
- M. Lafrique a reçu la croix de chevalier de la Légion d’honneur. — Collaborateurs : M. Alexandre Raraduc, méd. argent; M. Victor Dauphin, méd. bronze.
- Grands prix. — MM. G. et E. Chaptal frères et C“, maison fondée en 1887 (récompenses : Paris 1867, méd. argent; 1878, méd. or; 1889, mécl. or). — Cette
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
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- maison, dirigée actuellement par les fils, s’est sérieusement développée, elle a inventé et contribué à l’application pratique d’un grand nombre de machines ingénieuses et, pour les poils, elle a pris sur le marché américain, qui est le plus important de tous dans cette industrie, la première place.
- Leur exposition, située au premier étage du Pavillon des Forêts, rendait un compte exact de leurs produits.
- MM. Ulysse Déon et fils, maison fondée en 1889 (récompenses : Paris 1878, 2 méd. argent; 1889, méd. or). — Cette maison a acquis beaucoup d’importance depuis, et a beaucoup contribué au développement de l’industrie des lapins en France. (Exposition au rez-de-chaussée, Pavillon des Forêts.)
- Médailles d’or. — M. Goülard aîné (P.), maison fondée en 1820 (récompenses: Paris 1878, méd. argent; 1889, méd. or). -— Fait spécialement la peau de mouton pour housses de colliers et tapis. Seul exposant dans sa spécialité.
- M. Goulard a été nommé chevalier de la Légion d’honneur.
- MM. Solinski (Philippe) et Lazare, successeurs de la maison Van Hoecke et Cie, de Gand (Belgique) [récompenses : Paris 1889, méd. argent Classe A3, et méd. or Classe 51']. — En 1892, cet établissement a été transféré en France, et cette maison y a introduit l’apprêt belge, pour le travail des lapins, et par conséquent a augmenté considérablement le travail de nos ouvriers.
- MAL Barnoncel, Billaud et C'e, maison fondée en 1860 (récompenses: Paris 1889, méd. argent). — Cette maison a fait de grands progrès, notamment pour le lustre des peaux loutre.
- MM. J.-B. Dolat frères, maison faisant l’apprêt et la teinture des lapins et la fabrication du poil pour chapellerie. Est en voie de prospérité, a acquis une des premières marques, était sur la limite pour un grand prix. — Collaborateurs : AI. François Servol, méd. bronze; MAI. François Garaude, Jean Rillaert, ment, honorable.
- MM. Pinton (A.), Chapal et G!c, maison nouvelle, dont les produits commencent à être appréciés.
- Médailles d’argent. — M. C. AIqreau, très bon fabricant de peaux de lapins lustrés dont la marque est très estimée.
- M. Roubault (C.-T.), maison fondée en 1886, s’occupe spécialement de la teinture sur la chèvre de Mongolie, et principalement en noir. Il a rendu de grands services à l’industrie de la fourrure par la bonne exécution de son travail.
- Médaille de bronze. — M. Jules Vodable fils, coupeur de poils. Maison déjà ancienne, fabriquant spécialement des articles courants.
- COLONIES FRANÇAISES.
- Quoique n’étant pas situées sous des latitudes froides, nos colonies ont néanmoins présenté un ensemble de pelleteries qui donnent une idée exacte des ressources qu’elles
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- nous offrent au point de vue de leur faune, nous devons notamment signaler les Cercles administratifs de Madagascar et du Sénégal, qui ont su grouper un ensemble de dépouilles remarquables.
- Madagascar. — Grand prix. — Cercles, Provinces et Territoires.
- Médaille d’argent. — Service des Forêts.
- Sénégal. — Grand prix. — Les Cercles du Sénégal.
- Congo. — Médaille d’argent. — Comités locaux, à Libreville.
- Côte des Somalis. — Hors concours. — M. Charles Bing (maison Bing fils et C'n, Paris).
- Mention honorable. — Compagnie Impériale des Chemins de fer Ethiopiens; M. Tristan Lacroix.
- Dahomey. — Médaille de bronze. — Comité local de l’Exposition, à Porto-Novo.
- Guinée. — Médaille d’argent. — Comité local de l’Exposition, à Conakry.
- Guyane. — Médaille d'argent. — Administration pénitentiaire de la Guyane.
- Indo-Chine. — Médaille d’argent. — Comité de la Cociiinchine, à Saigon.
- Médaille de bronze. — Comité local du Cambodge, à Phnom-Penh.
- SECTIONS ÉTRANGÈRES.
- Les principales nations exposantes étant situées sous des latitudes froides, exposent aux regards des visiteurs des pelleteries remarquables qui donnent une idée de l’importance des ressourses que ces différents peuples retirent de la récolte des fourrures, ainsi que des procédés de teinture employés pour modifier l’aspect des peaux.
- Belgique. — Médailles d>or. — Edmond Block, maison fondée en 1865 (récompenses: Paris 1878, méd. bronze; 1889, méd. or). — Collaborateurs : M'ne Mathilde de Baele, M. Charles de Meyer, méd. bronze; Société anonyme «La Fourrure», maison fondée en 1 883 (récompenses: Paris 1889, méd. argent). — Collaborateur : M. Maurice Zurée, méd. bronze.
- Chine. — Médaille de bronze. — Commission Impériale de la Chine du Nord, Commission impériale de la Chine du Sud.
- Corée. — Médaille de bronze. — Gouvernement Coréen.
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- PRODUITS DE LA CHÂSSE. 373
- Équateur. — Médaille de bronze. — Municipalité de San Miguel de Bolivar.
- Mention honorable. — Granja Rodolfo.
- Grande-Bretagne. — Grand prix. — Compagnie de la Baie d’Hudson. Etablie en 1670, est encore aujourd’hui une puissante compagnie pour la récolte des pelleteries venant du Canada. Ses magasins sont situés Lime Street à Londres. Cette compagnie vend ses marchandises aux enchères, et son chiffre d’affaires s’élève à environ 10 millions de francs.
- Danemark. — Grand prix. — Commerce Royal du Groenland.
- Hongrie. — Médaille de bronze. — Albert de Bedo.
- Pérou. — Médaille d’or. — Commission de l’Exposition du Pérou, à Lima; Institut
- TECHNIQUE ET INDUSTRIEL DU PÉROU; M. René VlGNAT.
- Médaille d’argent. — Forga é hijos.
- Mention honorable. — José Balta; Gibbson (E. W.).
- Portugal. — Mention honorable. — Compagnie provinciale du Cap Vert; Compagnie PROVINCIALE DU MOZAMBIQUE; COMPAGNIE DU ZaMBESIA; A. J. VeRA-CrUZ.
- Roumanie. — Médaille d’or. — Ministère de l’Agriculture, de l’Industrie, du Commerce et des Domaines.
- Russie. — Hors concours. — Société russe des industries de la loutre. La Société des industries de la loutre, dont le siège social est à Saint-Pétersbourg, a comme administrateur, M. P. M. Grunwaldt, membre du Jury de la Classe 85. Cette compagnie tient du Gouvernement russe le monopole des Iles de Cuivre (Copper Islands), situées le long de la côte nord-est du Pacifique, pour la récolte des loutres de mer, renards et loutres de Kamtschatka. En outre, cette compagnie a des comptoirs sur le littoral du Kamtschatka et de l’Asie Orientale, d’où elle exporte des zibelines, renards blancs, bleus et ours. L’importance de ses opérations est considérable. — M. le baron W. Steingul.
- Médaille d'or. — M. Gorobtciienko; Mrao Anne Gromova.
- Médaille d’argent. — M. Karniloff.
- Médaille de bronze. — M. Jean Titkoff.
- Mention honorable. — MM. Jean-A. Kovaleff, J. D. Mironoff, Venedict-P. Mochkine, Jacob-B. Panov, Panov et Kovalef, Jean P. Panieschef, J. S. Panichef, J. et B. Sinadino frères et Cie.
- Gr. IX. — Cl. 52.
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- IMEÏUE NATION-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- FOURRURES CONFECTIONNÉES.
- LISTE DES EXPOSANTS.
- NATIONALITÉS. EXPOSANTS. PRODUITS EXPOSÉS. RÉSIDENCES.
- FRANCE Rknko (Daniel).. . . Fournira nonr Phnbillompnl Paris.
- et tapis.
- Bordage (Vve) Fourrures diverse*. . . Pnri<5
- Grébert et Grison . -. Peliolerips et fourrures . . . 1 U1AO. Paris
- Grunwaldt (P.-M.) Idem X cil AO. Pans.
- Jungmann (F.) Idem paris.
- Pfeiffer-Brunet Idem Paris.
- A. Revillon et Cie Idem Peins.
- Revillon frères Idem Pans.
- E. Ruzé et C1C Idem. ... Pans.
- Sens-Bresson et C1C Idem Paris.
- Storch (L.) Tdem Paris.
- Valenciennes frères Idem Paris.
- Belgique Jazowski Tdant . . Bruxelles.
- Etats-Unis Asch et Jaeckel Jdpü). . . . . . . New-York.
- Grande-Bretagne. Miller et Lusel Idem Toronto.
- Desjardins (Ch.) Tdem Montréal.
- Paquet (Arthur) Tdem. Québec.
- Hongrie Dan frères Tdem Budapest.
- Italie Riveli.a (Rerthélomy^ 7(1 PM . . T urin
- Norvège Bruun (N.-J.) Idp.m. . 1 U1 1JLJL* Trondhjem.
- Roumanie Alter (David) ïd.p.m.. . Falliceni.
- Prageii (Sigmund) Tdem.. . Bucarest.
- Stancesco et fils Idem Graiova.
- Russie Grumwaldt (E.-M.) Idem Saint-Pétersbourg.
- Micuaïloff (A.)..s Tdem, Moscou.
- Suède Bergstiiom Tdem. Stockholm.
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
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- France et colonies, Etranger.............
- Total
- EXPOSANTS.
- 1 2 14
- 26
- Hors concours. . . Récompensés : . . , Non récompensés
- G
- 20
- //
- Exposants.
- RÉCOMPENSES.
- FRANCE ET COLONIES.
- ÉTRANGER. TOTAL.
- Grands prix.........
- Médailles d’or.....
- Médailles d’argent.. Médailles de bronze. Mentions honorables
- 5
- 1
- 1
- 1
- n
- 2
- h
- 3
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- 1
- 7
- 5
- k
- 3
- Totaux
- 12
- 20
- Collaborateurs.
- Médailles d’argent.. Médailles de bronze
- 11 10
- Totaux
- 21
- H 1 1
- 7 17
- 7 28
- HISTORIQUE DE LA FOURRURE.
- Sans remonter aux époques préhistoriques, où les premiers humains durent se préserver du froid en se couvrant de peaux de hêtes, et où, par conséquent, la fourrure était une nécessité absolue, nous ne nous occuperons que des périodes pendant lesquelles les fourrures furent considérées comme objet de parure et de luxe.
- Chez les Romains. — Les premières fourrures, dont parle l’histoire, furent apportées à Rome, lors de l’invasion des Gaulois. Cette innovation plut tellement, que les partisans des anciennes mœurs cherchèrent vainement à réagir en attaquant cette mode.
- Tertulien censura vivement les femmes qui bordaient leurs robes de fourrures; et, lorsqu’en 397, l’empereur Honorius défendit d’en porter, l’histoire nous apprend qu’il compromit gravement son autorité.
- Dagobert et Charlemagne. — En France, le luxe des fourrures s’établit sous Dagobert Ier, et ne fit que s’accroître aux vie, vif et vme siècles.
- Lorsqu’en 7A2 Charlemagne monta sur le trône, cette vogue s’accentua encore, et bien que lui se contenta de porter, en hiver, un modeste gilet en peaux de loutre, il permettait cependant à ses filles de porter des fourrures étrangères.
- Mais dans les dernières années du vin" siècle et les premières du ixe, le luxe des
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- fourrures vint à entraîner à des dépenses tellement exagérées, que Charlemagne, en 808, fit une loi défendant de vendre plus de 3o sols les plus beaux rochets fourrés de peaux de martre, et plus de 10 sols, ceux fourrés de peaux de chat. Ces prix ont tant soit peu augmenté depuis cette époque.
- Cette loi atteignit-elle le but visé? Il faut le croire, car dans le courant du xe siècle, il est peu fait mention de fourrure.
- XIe siècle. — Au xie siècle, lorsque les Croisés s’emparant de Constantinople envahirent le palais l’Empereur, la princesse Anne, fille d’Alexis Commène, empereur d’Orient, raconte qu’ils étaient vêtus de tissus et de fourrures à la mode française.
- Sous le règne du roi Robert, les seigneurs ne dépensaient pas moins en fourrures qu’en garnitures d’or. L’hermine, la martre, le petit-gris (ou dos de l’écureuil du Nord), la menu vair (ou ventre du même animal), coûtaient alors si cher, que le signe le plus certain de l’opulence était d’en posséder une grande quantité. Cela fut l’objet de vives critiques, et on lit à ce sujet dans le Roman de Garin le Loherain :
- Richoise n’est ne de vair ne de gris Li cuers d’un hom vaut tout l’or d’un païs.
- Soit en français moderne :
- Ce n’est pas le menu vair ni le petit-gris qui font la richesse, le coeur d’un homme vaut tout l’or de son pays.
- A cette époque, on faisait aussi en fourrure des bordures de manteaux, et les chroniqueurs du temps rapportent que les coûtes ou couvre-pieds de lit étaient fourrés.
- XIIe siècle. — Ce siècle est un des plus importants dans l’histoire de la fourrure. Ce fut en effet au xne siècle que définitivement la fourrure s’implanta chez nous et devint une industrie française et surtout parisienne.
- A la suite des premières Croisades, les relations de l’Europe et de l’Asie s’étaient faites plus régulières; et certainés fourrures précieuses, si rares auparavant, affluèrent chez nos marchands.
- Dès lors le goût exagéré pour la pelleterie devint une véritable démence. La consommation fut telle, que les artisans de cette industrie formèrent des corporations plus nombreuses que celles d’autres métiers, qui répondaient pourtant à des besoins beaucoup plus indispensables.
- Ceux qui n’avaient pas les moyens de se procurer des fourrures d’Arménie ou de Sibérie, n’en satisfirent pas moins leur goût en se contentant des peaux de nos pays : renards, agneaux, lièvres, chats et même chiens. On en doublait les manteaux, on en bordait les devants, le bas des manches et l’encolure des robes et des tuniques.
- L’industrie des peaux prit une extension considérable. On moucheta l’hermine, en disposant symétriquement sur la fourrure la houppe de poils noirs qui termine la
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- queue de cet animal, ce qui, du reste, se fait encore aujourd’hui. C’est de cette époque aussi que date la teinture des peaux : celles a poils blancs furent teintes en couleur, et particulièrement en rouge. Saint Bernard a fulminé avec indignation contre les fourrures vermeilles qu’il voyait aux poignets des prêtres. On donnait le nom de « Gueules » à ces sortes de garnitures, et c’est pourquoi, en style héraldique, on donne ce même nom a la couleur rouge, car c’est de cette époque que date le blason.
- Origine du blason. — La date de la création du blason a été un sujet de controverses. Les vieux auteurs disent que les douze tribus d’Israël avaient chacune leur attribut; et Philippe d’Aquin, dans ses Explications du Camp des Israélites, nous en a laissé la description : Juda, un lion; Zabelon, une ancre; Joseph, un soleil, etc.
- Le P. Pétra-Sancta prétend que le blason remonte aux Assyriens, et appuie son dire sur le Bélier de Nemrod, le Chien d’Annibis et Y Aigle d'or du Roi des Mèdes.
- Eschyle parle des écus des chefs commandant devant Thèbes; mais ce ne furent jamais que des emblèmes, comme les aigles romaines ou les faisceaux des licteurs, et qu’il ne faut pas confondre avec le blason. Celui-ci n’a réellement pris naissance qu’au moyen âge, et sur l’initiative des fourreurs.
- Toutes les fourrures furent d’abord employées; mais celles dites nobles seules subsistèrent, ce sont :
- Les Gueules ou fourrures teintes en rouge;
- Le vair ou ventre de l’écureuil gris;
- U hermine;
- Le sable ou zibeline.
- Sable est le nom de la couleur noire, en style héraldique, mais il est hors de doute que, primitivement, c’est la peau de zibeline qui en tenait la place. Nous n’en voulons pour preuve, et pour appuyer ce fait, que l’opinion des héraldistes et des étymologistes eux-mêmes.
- Les premiers disent que le nom de sable provient d’un petit animal noir vivant dans les déserts de Lydie ; et d’autres l’attribuent à une sorte de rat qui pullulait près des Lieux saints.
- Littré fait venir ce mot du latin sabellum (zibeline); et Larousse lui donne comme étymologie sabellina pellis (zibeline à poil ras); d’autres le font venir du mot persan zebad qui signifie également zibeline. Constatons enfin que ce mot zibeline se dit actuellement : sobol en russe, sobel ou zobel en allemand, sable en anglais. Cette similitude d’appréciation et de traduction nous prouve d’une façon incontestable que sable et zibeline ne font qu’un; et que, par conséquent, la zibeline a été employée primitivement dans tous les blasons où du sable est signalé.
- Les grands vassaux pour leur province, et les grandes familles pour leur propre compte, firent d’abord faire aux fourreurs des écussons tout unis et d’une seule four-
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- rure (fig. 1,2, 3 et A). On accoupla ensuite plusieurs fourrures ensemble et on les disposa de façons variées (fig. 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 et 18). Lorsqu’on eut épuisé tous les arrangements possibles avec les fourrures seules on fit des blasons avec des couleurs, et on donna à celles-ci des noms d’origine orientale; simple pour le vert; azur pour le bleu; sable pour le noir, etc. Ces noms orientaux furent adoptés surtout en souvenir des Croisades, et c’est peut-être pour celte raison que le blason s’implanta d’une façon définitive; et, ce qui ne fut d’abord qu’un caprice de la mode, devint par la suite une des marques distinctives de la noblesse.
- Une autre cause contribua à assurer l’existence du blason, et enleva en même temps de la mémoire des héraldistes que les fourreurs en furent les véritables promoteurs. Ce fut la création des sceaux, que les nobles absolument illettrés se firent faire pareils à leurs écussons et dont ils se servaient en guise de signature.
- Les graveurs ne pouvaient rendre les couleurs que par des signes conventionnels. On représenta le rouge gueules par des lignes verticales (fig. 1); le noir sable par un croisillé de lignes verticales et horizontales (fig. 2); le bleu azur par des lignes horizontales ; l’hermine par des.mouchetures noires sur fond blanc (fig. 3); le petit-gris (pair) par un genre de cloches (fig. A); le jaune (or) par un semis de points, etc.
- Cette réglementation est attribuée à Godefroid de Preuilly, mais le premier traité du blason ne fut écrit que sous Philippe Auguste, à qui il fut dédié.
- Involontairement les graveurs avaient dénaturé les premières armoiries; et comme on leur demanda défaire certaines modifications, telles que la contre-hermine (fig. i3), mouchetures blanches sur fond noir; les armes de Beaulfremont (fig. 1A) dans lesquelles on représente le vair, en rouge pour les cloches et en or pour les pointes; celles de la famille Double (fig. i5) dans lesquelles les cloches sont en or elles pointes rouges; l’écusson de Villars (fig. 16) où une figure supplémentaire a été ajoutée, beaucoup de personnes attribuèrent aux graveurs l’origine du blason.
- Cependant une simple constatation prouvera que ce sont bien les fourreurs qui en furent les premiers auteurs.
- On sait que les armoiries les plus belles sont celles qui sont les plus simples. Pourquoi? Parce quelles sont considérées à juste titre comme les plus anciennes. Il est en effet de toute évidence et les héraldistes sont tous d’accord à ce sujet, que les premiers qui se firent exécuter des écussons les choisirent tout unis. Exemple: Albret (fig. 1); Gournay (fig. 2); Bretagne (fig. 3). Quand on eut épuisé les fourrures et les couleurs unies, on les combina les unes avec les autres, comme nous l’avons mentionné plus haut; et plus on fit de blasons, plus ils se compliquèrent, soit par suite d’alliance, soit pour ne pas ressembler aux blasons précédemment établis.
- Or, si l’on consulte un armorial, on ne trouve pour ainsi dire pas trace de fourrures dans les blasons les plus compliqués, alors qu’elles abondent dans les blasons les plus simples. Il est donc d’une évidence absolue que les fourrures ont été employées d’abord. Du reste, ce qui vient confirmer cette théorie, c’est que c’est vers cette époque et en récompense de leurs travaux, que les maîtres de la corporation des fourreurs
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- obtinrent l’honneur et le privilège de porter le dais royal à l’entrée des rois et des reines, de porter Tépée et de figurer en tête de toutes les autres corporations dans les cérémonies officielles.
- Il est certain qu’à une époque où Ton ne prodiguait pas les faveurs aux artisans cette distinction implique la récompense d’une œuvre hors de pair.
- XIIIe siècle. Saint Louis et ses successeurs. — Pendant le xmc siècle, la vogue de la fourrure ne fit que s’accroître. Les pelleteries fines se vendaient de plus en plus cher à cause de la grande consommation qu’on en faisait; car on en portait en toutes saisons : le petit-gris et la martre pendant l’hiver, l’hermine et le vair pendant l’été.
- Les Chroniqueurs racontent que les seigneurs, qui assistèrent en 1226 au sacre de Louis IX, portaient le bonnet mortier garni de fourrure; ducs et pairs avaient leurs manteaux garnis d’hermine.
- Saint Louis, au retour de la Croisade, renonça aux fourrures précieuses et ne voulut plus porter que des peaux de lièvre; mais cet exemple ne fut pas suivi, et Joinville rapporte que la simplicité du roi faisait davantage ressortir le luxe exagéré des seigneurs qui l’entouraient.
- Cet abus amena des dépenses telles, que les successeurs de saint Louis cherchèrent maintes fois à réglementer ce luxe. C’est ainsi qu’en 1279, Philippe le Hardi promulgua une loi somptuaire dans laquelle il était dit, que les plus grands seigneurs ne pourraient se faire faire plus de cinq vêtements fourrés par année; d’autres furent limités à quatre; d’autres à trois et d’autres à deux; enfin, les bourgeois riches à mille livres de capital, au moins, ne pourraient en avoir qu’un seul par an, mais on en permettait deux à la femme. Cette loi n’eut guère d’effet que pendant cinq ans.
- A propos de cette loi, nous trouvons dans les ouvrages d’Albert-le-Grand, à la date de 1280, la première mention qui soit faite dans l’histoire, du renard bleu.
- En 129A, Philippe le Bel reprenait la loi de son prédécesseur, et chercha à lui donner le caractère d’une constitution perpétuelle. Cette fois, nul ne put se faire faire plus de quatre vêtements fourrés par an; et il fut défendu à la bourgeoisie de porter ni vair, ni gris, ni hermine, ni zibeline, réservés spécialement à la noblesse.
- Cette loi tomba en désuétude lors de la conquête des Flandres en 1 3oi.
- En Tannée ±316, pour le second semestre seulement, Philippe le Long, qui n’était pourtant pas prodigue, usa, dit-on, pour ses vêtements 6,36-6 ventres de petit-gris!
- Une notice sur ce siècle nous apprend aussi, que le duc d’Orléans, petit-fils du roi Jean, portait une robe pour la fourrure de laquelle on avait employé 2,797 dos de petit-gris. Puis une autre robe faite de 1,05A ventres de menu vair pour la cloche, 678 pour le surcol clos, 567 pour le surcot ouvert, et 90 pour le chaperon.
- Charles VI sauvé par un manteau de fourrure. — Nous n’abandonnerons pas le xive siècle, sans mentionner une aventure tragique, dans laquelle la fourrure joua un rôle bienfaisant.
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- On sait que durant les éclairs de raison du roi Charles VI, sa grande distraction était les mascarades. Le 29 janvier 1893, en l’Hôtel de la reine Blanche, situé dans le faubourg Saint-Marceau, près de l’église Saint-Marcel, le roi et cinq autres seigneurs organisèrent ce qu’on nommait alors un charivari, à l’occasion d’un mariage à la cour et qui semblait ridicule. (Il s’agissait d’une veuve qui se remariait pour la quatrième fois.)
- Le roi et ses cinq gentilshommes s’étaient revêtus de maillots sur lesquels des étoupes étaient collées avec de la poix. Attachés ensemble au moyen de chaînes, ils prétendaient figurer des sauvages. Sur un propos vif, adressé par le roi au duc d’Orléans, sans que celui-ci ait pu le reconnaître sous le masque, le duc s’empara d’une torche et l’approcha de la figure de l’interpellateur pour le dévisager; mais soudain le feu prit aux étoupes, et se communiqua aux six malheureux, qui, liés ensemble par les chaînes, ne pouvaient se dégager qu’avec peine. Le roi ne dut la vie qu’à la présence d’esprit de Valentine de Milan, femme du duc d’Orléans, qui l’enveloppa dans un manteau de fourrure et étouffa les flammes.
- Quelques auteurs ont dit que c’était avec sa propre robe doublée de fourrure quelle avait préservé le roi; quoi qu’il en soit, la fourrure n’en a pas moins joué dans ce drame un rôle bienfaisant qu’il était bon de relater.
- Jeanne d’Arc et les fourrures. — Voici maintenant, au xvc siècle, une mention peu connue concernant la fourrure.
- Jeanne d’Arc n’eut pas toujours la simplicité que la légende lui a prêtée. Si nous en croyons les écrivains de l’époque, elle fut même souvent très richement vêtue; et cela se comprend, car si elle n’avait pas été habillée très somptueusement, elle n’aurait pas pris l’ascendant qu’elle exerçait sur ses troupes.
- Son acte même d’accusation porte textuellement à l’article 1 3 :
- Non seulement elle s’autorise des commandements de Dieu et des saints pour porter ce vêtement dissolu prohibe' par la loi divine et humaine (il s’agit ici du vêtement de cavalier dont il est parlé à l’article 12); mais elle prétend avoir obéi aux injonctions du ciel en s’affichant d’autres fois par la pompe d’habillements enrichis d’or et de fourrures.
- Quel crime ! !
- Que deviendrait l’humanité si, aujourd’hui, on conduisait au bûcher toutes celles qui portent de la fourrure?
- Seconde moitié du XVe siècle. — Malgré les guerres avec les Anglais, malgré l’appauvrissement du pays, la noblesse continua à mener un grand luxe jusqu’à la fin du xvc siècle.
- Le luxe des femmes n’était pas moindre que celui des hommes; Champollion-Figeac, dans les Tournois du roi René, nous montre, dans un croquis, une dame à la mode de iA5o ayant robe à traîne avec une haute garniture dans le bas; une autre bande
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- d’hermine entoure le col derrière, passe sur les épaules et descend se perdre dans la ceinture, laissant le milieu de la poitrine libre; celle-ci est recouverte cl’un corselet en velours brodé, bordé d’hermine montant jusqu’au-dessus des seins; au-dessus, et montant jusqu’au cou, une sorte de chemisette en fine toile de Flandre.
- Charlotte de Savoie, dans un tableau daté de 1/170, porte un costume presque semblable.
- Cependant ce costume ne devait pas être à la dernière mode, car, en 1/167, dit l’historien Monstrelet : «Délaissèrent les dames et damoiselles les queues à porter à leur robe, et en ce lieu mirent bordures de gris, et fourrures de martres, et velours et austres choses, etc. »
- Cette dernière mode doit évidemment provenir de l’austérité que Louis XI affecta au commencement de son règne. Ennemi du luxe, il cherchait continuellement à mortifier les gens de cour, qui trop en affichaient. Il prêchait d’exemple, puisqu’on cite que lors de son avènement au trône, il n’eut pour son entrée à Paris qu’une simple robe de damas blanc, sans fourrure, ce qui semblait une énormité pour l’époque.
- Cependant, dans sa retraite de Plessis-les-Tours, vieux, fatigué et perclus, il voulut parfois viser à l’effet et changea ses habitudes. Son historien, Philippe de Commines, nous a dit à ce sujet :
- Il se vestoit richement, ce que jamais n’avoit accoustumé avant; et ne portait que robes de satin cramoisi fourrées de bonnes martres; et il en donnoil même aux gens sans ce que on les lui eust demandées.
- Les modes luxueuses ne reprirent bien leur cours que sous le règne de Charles VIII, qui, à son tour, voulut les réglementer par une loi du 1/1 décembre 1 48 5 ; mais celle-ci tomba en désuétude lors de l’expédition de Naples, et à l’avènement de Louis XII, il n’en était plus question.
- François Ier. — Pendant les premières années du règne de François Ier surtout, le luxe dépassa toutes les limites, et comme nous étions tributaires de l’étranger, surtout pour les fourrures, le roi fit paraître un édit en 1 5i 8 interdisant rigoureusement l’importation des objets du luxe, et notamment les fourrures, à moins d’autorisation spéciale.
- Création de la première Compagnie de chasse. — En ce qui concerne la fourrure, cette loi avait un but particulier. A la fin du siècle précédent , le Canada avait été découvert. Les premiers explorateurs furent surpris de la quantité prodigieuse d’animaux à fourrure qui existaient sur ce territoire ; différentes expéditions préliminaires ayant donné d’excellents résultats, François Ier voulait favoriser la nouvelle colonie. Jacques Cartier, surtout, avait contribué à la création de différents centres expéditeurs de fourrures; aussi obtint-il du roi, par un privilège en date du 22 novembre i 539, que les Français laissés par lui au Canada se formassent en société sous le nom de « Compagnie du Canada ».
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
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- Ce fut la première Compagnie de chasse établie en Amérique et l’origine des autres grandes sociétés qui se sont créées depuis et qui existent encore aujourd’hui.
- La fin du xvie siècle et tout le xvne n’offrent pas de faits saillants méritant d’être enregistrés dans l’histoire de la fourrure. La vogue s’en était un peu atténuée et, quoique tout le monde en eut, ce n’était plus l’engouement du moyen âge, ni celui des premières années de la Renaissance.
- Il y a plusieurs raisons pour cela : d’abord la venue des Médicis en France, qui apportèrent d’Italie d’autres goûls et d’autres mœurs; puis les guerres de religions, qui portèrent un énorme préjudice aux industries de luxe.
- Il ne faut pas en conclure que les fourrures étaient abandonnées; nous n’en voulons pour preuves que les guerres successives que nous eûmes avec l’Angleterre, qui convoitait le Canada, et d’autre part l’intérêt que les chefs d’Etat français portèrent continuellement aux chasseurs de ce pays. Voici quelques faits à l’appui de ce que nous avançons :
- En i6o3, de Monck était nommé vice-roi du Canada, et Henri IVdonnait à Cham-plain des lettres patentes pour le commerce des pelleteries.
- En 16 2 à, les Anglais, comprenant les ressources que le Canada offrait en fourrures, dont leurs compatriotes étaient aussi friands que les Français, y fondaient leurs premiers établissements.
- En 1628, Champlain voulut faire passer A,000 catholiques au Canada, mais les Anglais l’arrêtèrent; il se rejeta dans Québec, d’où il dut capituler en 1629, et ne put reprendre son commandement qu’en 1682, lorsque le traité de Saint-Germain nous restitua le Canada.
- La Compagnie fondée par François I" avait été désorganisée par la guerre; le cardinal de Richelieu réunit alors quelques gros financiers et créa la Compagnie des Associés pour le commerce des pelleteries. Par ce traité, le cardinal de Richelieu en restait le directeur en France, tandis que Champlain en était le représentant en Amérique.
- Le 2 mai 1670, le prince Ruppert créait, par un privilège de Charles II d’Angleterre, la Compagnie de la baie d’Hudson; mais ce privilège n’ayant jamais été ratifié par le parlement, il en est résulté que, quoique le Canada soit devenu colonie anglaise, tout le monde peut aujourd’hui se livrer au commerce des pelleteries.
- En 1685 , la révocation de l’Edit de Nantes faisait passer à l’étranger la plus grande partie des ouvriers fourreurs, appartenant, pour beaucoup, à la religion réformée.
- Le commencement du xvnf siècle amenait une période de tranquillité au Canada et les arrivages de fourrures se faisaient plus réguliers.
- Malheureusement, la Révolution et les premières guerres de l’Empire ralentirent beaucoup l’extension des industries de luxe, et n’eût été la mode des bonnets à poils en ours que portaient les grenadiers et les kolbachs d’astrakan des hussards, ce qui assurait une vente continuelle, les fourreurs auraient difficilement trouvé le moyen de subsister.
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- Sous le second Empire, il y eut une reprise de luxe, mais le goût pour les belles fourrures n’est bien revenu en France qu’à partir de 1873, et grâce aux nombreux perfectionnements apportés tant à la préparation des peaux qu’au fini du travail, la fourrure confectionnée a pris, depuis 1889, une extension de plus en plus grande, non seulement en France, mais aussi à l’étranger.
- Nous sommes heureux de constater que la France a eu une large part dans cette augmentation et que Paris, qui était déjà en 1889 le rendez-vous des acheteurs étrangers pour les modèles de fourrures, a conservé actuellement son prestige tout entier.
- La plus grande partie des exposants étaient réunis dans le Pavillon des Forêts, d’autres se trouvaient répartis dans le Palais du Champ-de-Mars (galerie Rapp) ainsi que dans quelques Pavillons étrangers.
- SECTION FRANÇAISE.
- Hors concours.— MM. Grebert et.GRisoN. Cette maison, déjà ancienne, avait obtenu des médailles d’or aux trois Expositions de 1867, 1878 et 1889.
- Son exposition, qui était très importante et très réussie, était située au premier étage du Palais des Forêts.
- M. Grebert a obtenu la croix de chevalier de la Légion d’honneur, comme membre du Jury de la Classe 52. — Collaborateur : M. Louis Valenta (médaille d’argent).
- MM. Revillon frères. Maison très ancienne, remontant à 1723. Grand prix 1878 et 1889.
- Cette maison est la plus importante de l’univers dans son industrie.
- Son exposition, située au rez-de-chaussée du Palais des Forêts, était un sujet d’attraction pour les visiteurs. — Collaborateurs: MM. Louda (François), Olsson (Jacob), Ripké (Frédéric), Sandstrom (Louis), Volkmann (Auguste), médaille d’argent; MM. Sobotta (Thomas), Assmann (Laurent), Spey (Emile), Arnold (Otto), Lariscb (Paul), Lips (Charles), Jeanjean (Eugène), Roussel (Gaston), médaille de bronze.
- P. M. Grunwaldt, hors concours, membre du Jury de la Classe 85. (Récompenses : Paris 1878, méd. or, chevalier de la Légion d’honneur; 1889, membre du Jury, officier de la Légion d’honneur). Son exposition, située au premier étage, renfermait une belle collection de fourrures confectionnées. — Collaborateurs : M. Dœlling Hermann (Gustave), médaille d’argent; M. Makaroff (Yvan), médaille de bronze.
- M. L. Storch, hors concours, membre du Jury de la Classe 85.— Ancienne maison, qui depuis deux ans a adjoint avec succès à son industrie de confections pour Dames la fabrication et la vente de la fourrure.
- Son exposition, située au premier étage, était très soignée.
- Grands prix. — Cinq exposants ont obtenu des grands prix. Ce chiffre s’explique par les grands progrès réalisés dans cette industrie, car l’habileté des ouvriers fourreurs arrive à produire des pièces qui tiennent plutôt de l’artiste que de l’artisan.
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
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- M. F. Jungmann. Maison fondée en 1876. (Récompenses : Paris, 1889, méd. arg.). Fils de ses œuvres, M. F. Jungmann est arrivé grâce à ses capacités à occuper en quelques années un des premiers rangs dans notre industrie.
- Son exposition, figurant au premier étage du Palais des Forêts, indiquait un travail très soigné.
- M. Pfeiffer-Brunet (Bernard). (Récompenses : Paris 1867,méd. arg. 51878, méd. or; 1889, n’a pas exposé). Maison fondée en i8o3, par le bisaïeul du titulaire actuel et toujours dans la famille de père en fils, depuis sa fondation.
- Cette maison a pris un grand essor depuis l’entrée aux affaires de M. Pfeiffer (Bernard), directeur actuel.
- Son exposition, située au premier étage du Palais des Forêts, était une des plus remarquables. — Collaborateur : M. Fichkandle (Rodolphe), médaille d’argent.
- M. A. Revillon et C,c. Très ancienne maison. (Récompenses : Paris 1867, méd. d’or; 1878, grand prix; 1889, grand prix). —Les directeurs actuels maintiennent bien la réputation de cette maison.
- Leur exposition, située au premier étage du Palais des Forêts, donnait un aperçu très favorable de la bonne exécution de leur travail.— Collaborateurs : M. Boyn (Théodore), médaille d’argent; M. Bonnard (Gustave), médaille de bronze.
- M. E. Ruzé et Cie, a succédé depuis deux années à M. Labroquère, qui avait obtenu une médaille d’or en 1889.
- Le Jury a su récompenser les grands efforts faits par le nouveau directeur.
- Leur exposition, située au premier étage du Palais des Forêts, était très soignée et a été très appréciée. — Collaborateur : M. Mann (Emile), médaille de bronze.
- MM. Valenciennes frères. Maison fondée en 1820. (Récompenses : Paris 1867, méd. arg.; 1878, méd. or; 1889, grand prix). — Depuis sa fondation, cette maison est entre les mains de la famille, de père en fils.
- Leur belle exposition, située au premier étage, était bien la représentation de leur fabrication soignée. — Collaborateur : M. Guerrier (Ed.), médaille d’argent.
- Médaille d’or. — Sens-Bresson et Cle. Maison fondée en i83o. (Récompenses : Paris 1878, méd. d’or; 1889, méd. d’or. — Cette maison a beaucoup augmenté d’importance. Son exposition, située au premier étage, était très réussie.
- Médaille d’argent. — M. P. Bordage. Maison fondée en 1869. (Récompenses : Paris 1889, méd. bronze). — Son exposition, située au premier étage, était bien comprise.
- Médaille de bronze. — M. Benko (Daniel), ouvrier travaillant à façon chez lui, pour des maisons de fourrure. Jouit d’une bonne réputation; son exposition constituait un grand effort dont le Jury a tenu compte.
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- 38G
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE 1>E 1900.
- SECTIONS ÉTRANGÈRES.
- Les sections étrangères nous ont fait entrevoir un grand effort au point de vue de l’ensemble du travail, quelques maisons ont été honorées d’un grand prix pour le soin apporté dans la fabrication, c’est une indication pour nous de n’avoir pas à ralentir nos efforts pour ne pas nous trouver un jour distancés par la concurrence étrangère.
- Belgique. — Mention honorable. — M. J. Jazowski, maison fondée en 1898. Son exposition était plutôt un étalage pour la vente, qu’un spécimen de fabrication.
- États-Unis. — Grands Prix. — MM. Asch et Jaeckel. Leurs deux vitrines étaient situées dans l’exposition des Etats-Unis (Galerie Rapp, Champ de Mars), et contenaient divers vêtements bien travaillés.
- Hors concours. — MM. Revillon frères. Avaient également une vitrine dans cette exposition américaine et exposaient des articles de choix.
- Grande-Bretagne. — Les exposants suivants se trouvaient dans le pavillon du Canada, au Trocadéro.
- Médaille d’or. — M. Arthur Paquet, sénateur. Son exposition contenait un bel assortiment de fourrures confectionnées et de pelleteries, spécimens de la production du Canada et apprêtés par lui.
- Celte maison a été jugée pour ses divers produits par les Jurys des Classes 85,86 et 100.
- M. Ch. Desjaudins. Son exposition était bien composée et donnait au visiteur une image fidèle de la fabrication canadienne.
- Médaille d’argent. — Al. AIiller (Lusel). Son exposition bien faite contenait des marchandises moins fines que les maisons ci-dessus.
- Hongrie.— Médaille de bronze. — MM. Dan (Diamant) frères. Leur vitrine située dans la section hongroise, galerie Rapp, mettait sous les yeux des visiteurs des fourrures bien faites, confectionnées spécialement pour la Hongrie.
- Italie. — Médaille de bronze. — .AI. Rivella (Barthélemy) exposait dans un pavillon spécial de l’Italie situé aux Invalides, des vêtements en peaux de veau lustré.
- Norvège. — Grand prix. — AL Rhüun (J. N.), maison fondée en i85a. Il a été alloué un grand prix à cette maison, qui avait une belle exposition dans le pavillon spécial de la rue des Nations. — Collaborateurs : MM. Hansen (P.), Udc ( A.), Nillsen (J.), Thun (C.), médailles de bronze.
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
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- Roumanie. — Médaille d’or. — M. Alter (David).
- Médailles d’argent. — MM. Pràger (Sigmund), Stancesco et fils.
- Russie. — Hors concours. — M. P. M. Grünwaldt avait, dans la section russe, galerie Rapp, une grande exposition qui était surtout disposée pour la vente.
- Grand prix. — M. Michaïlow (A.) avait une belle exposition située dans la section russe (Galerie Rapp). — Collaborateurs : MM. Vinogradolï, Andref, Parfenoff, médailles de bronze.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- CRINS. — SOIES DE PORC.
- LISTE DES EXPOSANTS.
- NATIONALITÉS. EXPOSANTS. PRODUITS EXPOSÉS. RÉSIDENCES.
- France Clostre-Ricuard Préparation de tampicos, imi-
- tation de crin Nancy.
- Bâtirent (C.) Crin pour la literie Paris.
- Loïer-Besnus Crins pour l’industrie Saint-Denis.
- Colonies SriîT/FnnT ^Ti.^ Soips de porc Indo-Cliinc.
- Administration des Cercles et Soies de porc et de sanglier,
- Provinces de Madagascar. crins pour l’industrie Madagascar.
- Belgique Van de Casteele et fils Crins pour l'industrie Gand.
- France et colonies Etranger.........
- Total.
- EXPOSANTS.
- 5
- î
- 6
- Hors concours. . . Récompensés Non récompensés.
- •2
- h
- H
- Exposants......
- Collaborateurs.
- RECOMPENSES.
- Grands prix......
- Médaille d’or....
- Médaille d’argent.. .
- Totaux. .
- Médaille d’or Médailles de bronze Total. . .
- FRANCE
- ET COLONIES. ÉTRANGER. TOTAL
- 1 1 ‘J
- n 1 1
- 1 // ]
- 3 3 k
- 1
- 3
- 3
- CRINS.
- L’industrie du crin comporte la préparation de celte matière pour divers emplois, dont les principaux sont :
- i° Le crin frisé, destiné à la garniture de l’ameublement, sièges, etc., à la confection des coussins et dossiers de voitures et xvagons, à celle des matelas et de la literie, soit seul, soit avec de la laine.
- 2° Le crin long, qui est employé dans le tissage des étoffes de crin dont il forme la trame, la chaîne étant faite par des fils de coton en général, parce que la longueur des crins ne dépasse pas un mètre.
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
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- 3° Le crin provenant de la queue et de la crinière de cheval est le principal clément de la brosserie; mais l’industrie de la brosserie et celle du tissage des crins ayant été représentées à l’Exposition dans des classes spéciales et différentes, ces deux produits n’ont donc pas à être examinés dans ce rapport.
- La Classe 52 n’a mis sous les yeux des visiteurs que du crin brut, du crin frisé et du crin long préparé pour le tissage.
- L’industrie du crin frisé trouve sa plus grande alimentation en matières premières sur le marché de la Plata, qui fournit de grandes quantités de crins de cheval et de bœuf recueillis sur les troupeaux d’animaux qui vivent presque à l’état sauvage dans les pampas de l’Uruguay, des provinces Argentines et de Rio Grande.
- Le crin brut est apporté par les marchands de peaux et laines sur les marchés de Montevideo et de Buenos-Ayres, il passe de là, dans les baraques où il est mis en balles comprimées sous la presse hydraulique, et est exporté sur les principaux marchés du monde, New-York, Anvers, Liverpool, Hambourg, Le Havre, Bordeaux, etc.
- La Russie et la Sibérie produisent aussi de grandes quantités de crins, par suite de l’abondance des chevaux et bœufs qui existent dans ces contrées. Mais la nature du crin est un peu différente de celui de la Plata, en raison de la différence de latitude; le crin de Sibérie est plus fin et plus long.
- Les Etats-Unis du Nord sont de grands producteurs de crin, et cette matière y est traitée dans des conditions de propreté bien supérieures à celles des autres pays qui n’ont pas réalisé les progrès de confort et d’outillage mécanique moderne des Ar-mours and C°, Swift, etc.
- En dehors de ces trois principaux centres de production de crin brut, tous les autres pays fournissent proportionnellement à leur situation agricole une assez grande quantité de crin, notamment la France, l’Angleterre, l’Autriche-Hongrie, en Europe, qui, malgré leur production indigène, sont obligés d’employer les crins de la Plata et de la Russie, pour subvenir aux besoins de leur consommation ainsi que le démontrent les tableaux suivants d’importation de l’Amérique du Sud sur les marchés d’Anvers, du Havre et de Dunkerque.
- Anvers a reçu :
- DÉSIGNATION. 1889. 1890. 1891. 1892. 1893. 1894. 1895. 1896. 1897. 1898. 1899. 1900.
- La Plata États-Unis Russie En stock Cours moyen (le 1/2 kilog.). . . (l) 2 263 70 38o 2112 79 99 2 977 61 j 3 1 963 // /(9 2 7Z16 // n 2 o&7 4o 2 867 39 33 ta 00 bS CJ’I £> bd 0 0 2 639 22 11 1 863 1 7/12 n n 2 344 n n
- 1 210 623 891 447 791 53o 7/18 5oi 821 331 34o 9°4
- 1>39i 1,28 1>3) 2 1,26 i,3 A 1,26-^ G29 Mil 1A7 i,46 1,72 i,6o|
- O Eu halles de 45o kilogrammes.
- Gn. IX. — Cl. 52. 27
- liirniurnu- nationale.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- L’importation en France de la Plata a lieu sur les marchés du Havre, de Bordeaux et de Dunkerque.
- Le Havre a reçu de la Plata, en balles de 54 o kilogrammes :
- balles. balles.
- 1889 264 1895 253
- 1890 775 1896 260
- 1891 32 2 1897 434
- 1892 381 1898 764
- 1893 342 1899 527
- 1894 452 1900 48q
- erque a reçu, en balles de 55o kilogrammes :
- balles. balles.
- 1895 3i 1898 402
- 1896 60 1899 423
- 1897 237 1900 470
- iaux qui, de 1882 à 1889, avait reçu 800 balles par an, a vu décroître ses ar-
- rivages, qui sont dirigés à présent sur Dunkerque depuis 1895. Ce marché n’a plus qu’une moyenne de 100 à 120 balles par année, et cette importation tend encore à diminuer et à se réduire à une cinquantaine de halles.
- Les prix de la matière première, en Europe, se règlent sur les cours d’Anvers, du Havre et de Dunkerque.
- Il ressort des statistiques que le mouvement de cet article qui, antérieurement à 1870, était supérieur à 3,000 halles au Havre, s’est considérablement abaissé en France, et qu’il est limité aujourd’hui aux stricts besoins, on pourrait même dire, à une partie seulement des besoins de notre consommation en crins frisés; cependant ces besoins, dans ces trois dernières années, ont été plus grands par suite de l’augmentation du nombre des voitures à voyageurs dans le matériel des chemins de fer et tramways.
- Le crin long est aussi en défaveur marquée, après avoir eu pour le tissage de 189 A à 1897 une brillante période de prospérité.
- Le nombre de fabricants français de crin frisé est assez restreint. On peut en compter à Saint-Denis, Paris, Lille, Marseille, Nantes et Bordeaux une douzaine, occupant environ 600 ouvriers et déversant une production annuelle de 1 2 à i,3oo tonnes. Ces fabricants 11e trouvent à l’étranger aucun débouché de leurs produits, sauf en Alsace-Lorraine, où on achète encore les belles qualités et où on a tenu à conserver quelques faibles relations avec nous.
- Par contre, l’industrie étrangère, belge et italienne, favorisée par un prix de main-d’œuvre inférieur au nôtre, importe en France annuellement plus de 5oo tonnes de crin frisé, au détriment de notre production nationale. Elle Irouve dans le commerce de gros en France une facilité de rapports qui, jointe au bénéfice du change et à la sécurité des payements, l’encourage à faire au fabricant français une concurrence soutenue et de plus en plus sérieuse.
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
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- Une des causes à signaler dans la diminution des entrées de crin brut de la Plata est le mélange de matières similaires, qui se pratique dans la fabrication du crin, dans le but d’en abaisser le prix pour satisfaire aux exigences de la clientèle au point de vue du bon marché. L’emploi du crin pur et de bonne qualité est devenu très rare et a subi une réduction des huit dixièmes environ dans sa vente. Le crin mélangé de soies de porc, de fibres végétales et même de poils de chèvre a remplacé le crin pur, dans une très forte proportion, et si le chiffre de kilogrammes entré dans la consommation y est soutenu, il n’en est pas de même du chiffre de la valeur de l’article dont la moyenne de 1870 à 1885 était de 3 fr. 5o le kilogramme et qui n’est plus aujourd’hui que de 2 fr. 80 au maximum.
- Avant de clore ces considérations sur le crin animal, nous devons encore constater que la récolte indigène de crins bruts augmente graduellement en France et fournit des matières mieux conditionnées qu’autrefois sous le rapport de la propreté.
- Le crin qui passe par plusieurs mains depuis l’équarrisseur, le tanneur, le marchand de chiffons, reçoit une manipulation de classement qui le débarrasse de beaucoup d’impuretés. Au point de vue sanitaire, il ne présente pas les mêmes dangers de maladie charbonneuse qui sont si à craindre dans les provenances d’origine de Russie et de Sibérie, et aussi, quoique moins fortement, dans celles de la Plata, où les animaux ne peuvent recevoir tous les soins de leurs gardiens, à cause de leur trop grand nombre.
- En Europe, où le bétail est plus divisé et abrité dans les fermes, le propriétaire d’animaux domestiques est intéressé à les tenir en bon état; et les cultivateurs français s’attachent à suivre les prescriptions d’hygiène recommandées par les commissions instituées à cet effet.
- On peut évaluer à 180,000 kilogrammes, la quantité de crins de bœuf et de cheval récoltée en France et estimer la valeur du prix moyen à 3 francs le kilogramme.
- CRIN VÉGÉTAL.
- La libre végétale qui se mélange le plus facilement avec le crin provient du Mexique, sous le nom d’itzle. Son emploi est bien plus considérable dans la brosserie que dans le crin frisé, aussi, nous nous bornons à mentionner le mouvement de cet article sur la place du Havre.
- Pendant les cinq dernières années, il s’est chiffré par le total des ventes :
- BALLES
- DE 200 KILOGIl.
- 2,336 2,58i 3,o57 3,2&0 A,5go
- 1896
- 1897
- 1898
- 1899
- 1900
- Ce chiffre est en augmentation, mais il constitue une consommation infime par rap-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- port à celle des Etats-Unis qui absorbe les quantités énormes de 70 à 80,000 balles par année.
- Cet article, du reste, ne représente dans le crin frisé qu’un intérêt accessoire et secondaire, malgré le bas prix qui seul soutient la demande.
- SOIES DE PORC.
- La soie de porc trouve son emploi principal dans la fabrication de la brosserie, laquelle se divise en 3 catégories : grosse brosserie (brosses et balais d’appartement et d’écurie); brosserie fine (brosses de toilette); pinceaux.
- La soie de porc se récolte dans tous les pays, mais suivant le climat et la race des animaux, chaque provenance a ses qualités particulières et, quelquefois même, son emploi spécial. Ainsi la soie de France, de belle qualité, est recherchée pour sa blancheur et s’emploie dans la brosse à dents et à ongles, pinceaux d’artistes, La soie ordinaire de France trouve son emploi dans la brosserie commune et bon marché.
- Pour les articles qui exigent de la force et de la longueur, on est obligé d’avoir recours à la soie de Russie et d’Allemagne, qui s’emploie dans chacune des trois catégories indiquées ci-dessus.
- Il se traite un peu de soies de Russie à Moscou, mais le marché principal est Saint-Pétersbourg, où, ces temps derniers, les transactions ont atteint la moyenne annuelle d’environ 550,000 kilogrammes.
- Pour les soies d’Allemagne et de Pologne, le centre est Leipzig; les statistiques sont moins précises que pour le marché de Saint-Pétersbourg, mais l’importance de cette place est, à peu de chose près, la même que celle de Saint-Pétersbourg.
- Les soies de Chine ont fait leur apparition sur les marchés européens, il y a environ vingt-cinq ans et, depuis dix à douze ans, elles sont importées en très grandes quantités.
- On peut estimer que les soies de Chine représentent le tiers de la consommation générale pour la fabrication de la brosserie.
- Sans l’apparition des soies de Chine, les soies européennes auraient atteint des prix beaucoup plus élevés que ceux auxquels elles se traitent actuellement. Mais c’est surtout aux soies consommées en France que les sortes ordinaires de Chine ont porté le plus de préjudice.
- Le principal marché des soies de Chine est Londres; il s’en fait aussi un peu à Hambourg.
- Les soies des Indes sont principalement recherchées pour leur force, mais étant de nature assez cassantes, elles n’offrent pas à l’usage une résistance aussi grande que les soies européennes et s’emploient surtout mélangées avec d’autres sortes.
- Le marché de ces soies est le même que pour les soies de Chine.
- Les Etats-Unis produisent aussi des soies de porc, mais ils conservent les bonnes
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
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- qualités pour leur fabrication de brosserie, et n’expédient en Europe que les déchets.
- La récolte de la soie se fait, en France, de deux façons différentes :
- La première consiste à arracher le poil avec un crochet sur l’animal mort, d’où son nom de «soie arrachée».
- La deuxième consiste à échauder le porc qui vient d’être tué et à le racler, d’oix le nom de «soie échaudée». Ces dernières ont une valeur beaucoup moins grande que les soies arrachées, car en procédant ainsi, on enlève de la peau tous les poils les plus courts, et il en résulte un déchet beaucoup plus grand (5o à 60 p. 100) dans la préparation; de plus, les travaux préparatoires pour mettre ces soies en état d’être employées pour la fabrication de la brosserie, sont plus longs et plus coûteux.
- A l’étranger, en général, les soies sont arrachées; il arrive aussi quelquefois que l’on tond le porc et l’on obtient ainsi ce que l’on appelle la «soie coupée»; cette soie a un peu moins de valeur que la soie arrachée.
- La préparation de là soie pour pouvoir être employée dans la fabrication des brosses, balais, exige une manutention assez longue et compliquée. C’est en France que la préparation de la soie est la plus soignée. Les soies que l’on traite à l’étranger ont subi plutôt un classement qu’une véritable préparation; elles sont triées par force, couleur et à peu près par longueur; mais pour pouvoir être employées dans la fabrication, elles doivent encore être lavées s’il s’agit de la brosserie fine, et dans tous les cas, redressées, peignées et assorties par longueur d’une façon plus minutieuse que cela n’a été fait au pays d’origine.
- Il est à remarquer que, d’une façon générale, la récolte tend à diminuer d’importance dans tous les pays et la moyenne de la qualité à devenir inférieure à ce quelle était autrefois; cela vient de ce que pour l’éleveur, la soie n’entre pas en ligne de compte.
- En France, un porc produit une moyenne de 200 à 2Ôo grammes de soies. Dans les pays froids, il donne tout au plus A à 5 grammes ; l’éleveur ne trouve donc son profit que dans la viande de porc; aussi cherche-t-il, par des croisements de races et par une alimentation spéciale, à engraisser les animaux le plus rapidement possible et l’on est arrivé ainsi à abattre les porcs beaucoup plus jeunes qu’autrefois, ne laissant plus à la soie le temps de pousser.
- Les soies de qualités trop communes pour la brosserie, de même que les déchets provenant de la préparation des soies, s’emploient dans les crins frisés.
- Il s’emploie aussi de la soie de porc dans la cordonnerie ; ce sont les soies de qualité tout à fait extra qui sont demandées pour cet usage, mais l’emploi de la soie dans cette industrie tend à diminuer par suite de la concurrence des chaussures cousues mécaniquement.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- SECTION FRANÇAISE.
- FRANCE.
- Hors concours. — M. G. Laurent, membre du Jury, Classe 52.
- Grand prix. — MM. Loyer et Besnds, maison fondée en 180/1, par M. Pierre Loyer, père de M. Léon Loyer, directeur actuel de la maison (Récompenses : Paris 1867, méd. arg. ; 1878, méd. or; 1889, grand prix).
- Maison la plus importante dans cette industrie, aussi bien en France qu’à l’étranger. — M. L. Loyer a été nommé chevalier de la Légion d’honneur. — Collaborateur : M. Rativeau, médaiHe d’or.
- Médaille d’argent. — M. J.-B. Clostre-Richard (Récompenses : Paris 1889, méd. bronze).
- Travaille spécialement les fibres du Mexique (Istle dit Tampico), qu’on emploie en literie, brosserie, etc.
- COLONIES FRANÇAISES.
- Hors concours. — M. L. Scuufort, membre du jury de la Classe 83. Grand prix. — Administration des Cercles et Provinces de Madagascar.
- SECTIONS ÉTRANGÈRES.
- Médaille d’or. — MM. Van de Casteele fils, maison fondée en 18AA (Récompenses : Paris 18G7, méd. bronze; 1 878, méd. or; 1889, méd. or). — Collaborateurs: MM. Robert Van de Casteele, Alexandre Lépine, médaille de bronze.
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
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- CORNES ET IVOIRES.
- LISTE DES EXPOSANTS.
- NATIONALITÉS. EXPOSANTS. PRODUITS EXPOSÉS. RÉSIDENCES.
- Franck Bing fils et G1" Dents d’plpphanls. . .
- Paisseau (E.) Cornes et baleine de corne.. . Paris.
- Putois (P.) Idem Pnpis,
- Colonies Ancel-Seitz Dp.ntfi fPplppliantç
- COMITÉ LOCAL DU CONGO Idem Libreville.
- Société centrale du Bas-Ogôoue Idem Paris.
- Charles Bing Tdem Pans.
- Leontieff (Comte Nicolas de). Idem Paris.
- Lacroix (Tristan) Idem Paris.
- Savouré Tdem Paris.
- Comptoir de Djibouti Idem Paris.
- Comité de l’Exposition Idem Grand-Rassam,
- Daudy (Albert) Idem fi rflnrl-p^ssRnj
- Beurdeley (E.-G.) Idem Dahomey.
- Comité du Dahomey Idem Pnrto-Novn.
- Compagnie de l’Ouémé-Dahomey. Idem Paris.
- Administration de Fouta-Djal- Idem Timbo.
- lon.
- Assémat frères et C10 Idem Konakry.
- Ciiavanel (Elie) Idem Konakry.
- Comité de l’Exposition Idem Konakry.
- Compagnie coloniale d’expor- Idem Paris.
- tation de la Guinée.
- Gauthier, Philippart et C1C. . Idem Konakry.
- Comité local du Cambodge. . . Idem Phnom-Penh.
- Comité de la Cociiinchine. . . . Idem , Saigon.
- Comité local du Laos Idem Indo-Chine.
- Delignon et C16 Tdem Dak-Toppau.
- Administration locale des Cer- Cornes de buflles Madagascar.
- clés et Provinces de Mada-
- GASCAR.
- Comité local du Soudan Dents d’éléphants Kayes.
- Marvier Idem Kayes.
- Chine Commission impériale de la Tdem Canton.
- Chine du Sud.
- Chine Commission impériai.e de t.a Cornes de buffles Shanghaï.
- Chine du Centre.
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- 39 G
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- NATIONALITÉS. exposants. OBJETS EXPOSÉS. RÉSIDENCE.
- T.inF.RI.» République de Liberia Dents d’éléphanls Monravia.
- Portugai Bensaude, Bacellar et Freitas. COMMISSION PROVINCIALE 1)'ANGOLA. Idem Angola. Loanda.
- Idem
- Compagnie de Nyassi Idem Lisbonne.
- Compagnie de Zambezia Idem Lisbonne.
- Albino Lisboa et C° ïflpm . . Huilla.
- République Sud-Africaine. République Sud-Africaine. . . . Dents d’éléphants, défenses d’hippopotames, cornes de rhinocéros Pretoria.
- N. B. — Les exposants qui ont présenté (les cornes d'animaux sauvages comme trophées de chasse, sans la pensée d’une application industrielle, sont inscrits aux produits de lâchasse, naturalisation, etc.
- France et colonies. Etranger.............
- Total
- EXPOSANTS.
- 99
- 9
- 38
- Hors concours. . . Récompensés. . . . Non récompensés.
- 3 9.
- h
- RÉCOMPENSES.
- FRANCE
- ET COLONIES. ETRANGER. TOTAL.
- I Grands prix....................... 9
- Médailles d’or.......................... 2
- Médailles d’argent....................... 3
- Médailles de bronze...................... 5
- Mentions honorables..................... 11
- // 9
- 1 A
- 2 7
- 5 i G
- Totaux
- 23
- 9 3 2
- Collaborateurs. Médailles de bronze
- O,
- CORNES.
- TRAVAIL DE LA CORNE.
- Baleine imitation et aplatissage de la corne. — Les cornes les plus employées dans cette industrie sont les cornes de bœufs et de vaches et les cornes de bulïles.
- Les premières servent en général à la fabrication des peignes et boutons, les secondes à la fabrication de la baleine pour corsets et robes.
- Ce n’est, que vers i83o que l’industrie de Y aplatissage des cornes s’est formée en
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
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- France (à Paris). Elle a débuté par l’aplatissage des onglonsou ergots de bœufs utilisés parla fabrication des boutons et, quelques années plus tard, elle travaillait les cornes de tête, bœuf et buffle, uniquement destinées alors à la fabrication des peignes de toutes sortes.
- Cette industrie de l’aplatissage des cornes nécessitant de nombreux classements, a rendu de très grands services à la fabrication des peignes et autres articles, dans ce sens que tout fabricant peut se procurer le choix de plaques lui convenant suivant ses commandes ou sa spécialité sans être obligé, comme autrefois, d’acheter une matière première qu’il ne pouvait utiliser entièrement.
- L’industrie de la baleine de corne, qui est devenue très importante, est aussi d’origine française et remonte seulement à 1855. Cette industrie emploie un choix spécial de cornes de buffle, le reste servant à la fabrication des peignes et de la coutellerie.
- Les baleines fabriquées avec les cornes de buffle des Indes de première qualité remplacent aujourd’hui la véritable baleine, devenue par sa rareté et sa cherté, un article de luxe ne pouvant plus répondre aux besoins de la consommation.
- Ces baleines de corne sont coupées de toutes largeurs et épaisseurs à la demande des fabricants de corsets, et pour la robe, elles sont le plus souvent livrées à la consommation polies et percées à chaque bout.
- Lespomfesclescornes(bœufet buffle) trouvent leur emploi chez quantité d’industriels fabriquant spécialement des poignées de cannes et parapluies, des boutons de portes, becs-de-cane, des galets ou roulettes pour meubles,des boutons nuancés, des manches de couteaux, des tuyaux de pipes, des tabatières, des châsses à rasoirs, des blaireaux et quantités d’objets tablettés, tournés et moulés.
- Les déchets de la corne, qui contient environ i4 p. îoo d’azote, sont utilisés comme engrais. Les gros déchets sont préalablement torréfiés ou broyés.
- Ces déchets de corne peuvent encore être employés pour la fabrication de certains produits chimiques, notamment pour le bleu de Prusse.
- Le cornillon ou os intérieur de la corne trouve aussi son emploi pour la fabrication de la gélatine ou du noir animal.
- Les provenances principales des cornes de bœufs sont les suivantes : l’Amérique du Sud : Brésil, Uruguay, République Argentine, Chili; en Afrique : le Cap; l’Australie, la Hongrie, la France.
- Celles des cornes de buffles sont : les Indes (Bombay, Madras, Calcutta); l’Indo-Chine (Saigon); le Siam (Bangkok); les établissements anglais (Singapore).
- L’importation annuelle des cornes de bœufs en France estd’environ i,5oo,ooo paires de cornes; celle des cornes de buffles atteint environ 3 millions t/2 de kilogrammes.
- Autrefois, le marché anglais avait le monopole de ces importations; elles se font à présent sur nos ports français du Havre, Dunkerque et Marseille, grâce à l’influence de certains gros consommateurs.
- Le chiffre des ventes en baleine de corne fabriquée, plaques de corne et pointes, s’élève de 1 o à 1 5 millions de francs, dont les deux tiers pour l’exportation.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Depuis 1889, des progrès très notables ont été réalisés dans l’outillage servant au débitage de la baleine et des plaques de corne servant à la fabrication des rapporteurs et des éventails. Ces améliorations, tout en facilitant le travail de l’ouvrier, ont augmenté le rendement dans une large proportion.
- On a pu voir à l’Exposition de 1900, dans la vitrine de M. Eugène Paisseau, des plaques de buffle et de bœuf tranchées dans toute leur étendue, à une épaisseur très régulière, exactement comme du placage en bois, opération qui n’avait pu se faire jusqu’ici sur la corne. En outre, ces dernières, par suite des soins tout particuliers de leur préparation, sont, après leur polissage, d’une transparence et d’une limpidité parfaites.
- Citons une admirable collection de paires de cornes, des provenances les plus usitées dans la fabrication et présentant des spécimens rares, étant données leurs proportions phénoménales et, en outre, une tête de buffle naturalisée avec ses cornes, offrant un développement extraordinaire.
- Nommons encore une autre collection des articles en corne et de fabrication courante, présentant cette particularité, que chaque objet se trouvait placé exactement sur la partie brute servant à sa fabrication.
- Nous parlerons enfin d’une dernière nouveauté introduite dans l’article mercerie; des baleines de corne nacrée et de couleurs tendres, très appréciées des grandes maisons de coulure.
- IVOIRE.
- Les multiples applications industrielles de l’ivoire ont été présentées dans la Classe 98, avec les produits divers de la tabletterie, et c’est seulement la matière première qui, dans la Classe 52, s’est révélée par de nombreux spécimens de défenses d’éléphant, de rhinocéros et d’hippopotame.
- Le centre du continent africain conserve la première place pour la production de l’ivoire et ses réserves ne paraissent pas devoir être de longtemps épuisées.
- Le marché d’Abyssinie demeure le plus important. Cette situation s’explique en partie, par ce fait, que les dents d’éléphant forment l’un des objets les plus considérables du tribut apporté annuellement, tant à l’empereur Ménélick, qu’aux différents raz des provinces éthiopiennes, et Ton considère que ces revenus doivent être importants, bien qu’on n’en connaisse pas exactement la nature et le chiffre.
- La qualité d’Abyssinie est considérée comme ivoire doux et est surtout recherchée pour la fabrication des billes de billard; les dents de 8 à 25 kilogrammes sont celles préférées.
- Les dents provenant des autres parties de l’Afrique centrale ont moins de valeur, étant plus dures et présentant de nombreuses crevasses à l’intérieur; elles ne sont guère employées qu’en tabletterie.
- Les provenances asiatiques, des Indes, de Ceylan et de la Chine du Sud, étaient à peine représentées à l’Exposition de 1900 par de rares échantillons.
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
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- Bien que la Classe 52 ait renfermé des spécimens de toutes les provenances, c’est de l’Abyssinie qu’ont été envoyées les dents d’éléphants les plus belles et les plus nombreuses.
- Dans la section française, la maison Bing fds et Cie, hors concours, a exposé deux dents d’éléphant d’une dimension remarquable, absolument intactes et d’une beauté parfaite, elles cotaient les poids inusités de 70 et 75 kilogrammes. Ces dents provenaient de la réserve de l’empereur Ménélick.
- Dans la section coloniale et clans l’exposition de la côte française des Somalis, le comte Nicolas de Léontieff a présenté une magnifique collection de dents d’éléphant de même provenance et de beaucoup la plus importante de toutes celles mises sous les yeux des visiteurs de l’Exposition.
- SECTION FRANÇAISE.
- Hors concours. — M. Bing fils et C,e, maison déjà ancienne. M. Charles Bing, membre du Jury de la Classe 52, malheureusement décédé, était chevalier de la Légion d’honneur depuis 1889.
- Grand prix. — M. Eugène Paisseau, maison fondée en 1887. (Récompenses : Paris 1889, mécl. d’or. Membre des comités d’admission et d’installation de l’Exposition universelle de 1900). — Maison la plus importante en France et à l’étranger pour l’industrie spéciale de la corne.
- En raison de l’étendue de ses affaires, cette maison contribue dans une large mesure à faire bénéficier les ports du Havre, Dunkerque et Marseille, de la plus grande part des importations directes des matières premières qui passaient autrefois par l’Angleterre. — Collaborateurs : MM. A. Charette, L. Beroulle (méd. de bronze).
- Médaille d’or. — M. P. Putois, maison fondée en 1876. (Récompenses : Paris 1889, méd. d’argent.) —A présenté aux visiteurs une vitrine contenant des spécimens très intéressants de corne travaillée.
- COLONIES FRANÇAISES.
- Hors concours. — M. Charles Bing.
- Grand prix. — Administration des Cercles et Provinces de Madagascar.
- Médaille d’or. — M. le comte Nicolas de Le'ontieff.
- Médailles d’argent. — Comité de la Cociiinciiine, Comité local du Laos, Société agricole et commerciale du Bas-Ogooué.
- Médailles de bronze. — Comité local de Porto-Novo (Dahomey), Compagnie de
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- 400 EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- l’Ouémé-Daiiomey, Administration locale du Fouta-Djalon, Comité local du Cambodge.
- Mentions honorables. — Société anonyme du Comptoir de Djibouti; M. Tristan Lacroix, de la côte française des Somalis; MM. Assemat frères; Elie Chavanel, Gauthier, Philippart et C’% de Conakry; Delignon et Cie, de Dak-Joppau; Marvier, de Kay es; Beurdeley (E.-G.).
- SECTIONS ÉTRANGÈRES.
- Grand prix. — République sud-africaine, pour récompenser l’ensemble de l’exposition de ce pays qui présentait, comme production d’ivoire, des spécimens très intéressants de défenses d’hippopotame.
- Médailles de bronze. — Commission impériale de la Chine du Sud; Commission impériale de la Chine du Centre.
- Mentions honorables. — Commission provinciale d’Angola; MM. Bensaude, Bacel-lar et Freitas, de Benguella; M. Albino Lisboa et Cie, de Huilla; Compagnie de Nyassa, Compagnie de Zambezia.
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
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- MUSC. — CIVETTE. — CASTOREUM.
- LISTE DES EXPOSANTS.
- NATIONALITÉS. EXPOSANTS. PRODUITS EXPOSÉS. RÉSIDENCES.
- France Bing fils et Cie Chevrotain porte-musc, musc. civette sauvage et domestique, castoreum Paris.
- Cni.ONIKS Savouré Civette de la côte des Somalis. Paris.
- Société anonyme du comptoir de Djibouti. Civette de la côte des Somalis. Paris.
- EXPOSANTS.
- France et colonies......... . . 3
- Etranger........................ //
- Total.................. 3
- RÉCOMPENSES.
- Fit ANGE ET COLONIES
- ., ( Médaille d’or...................... i n i
- Exposants....1 ... n ,,
- ( Mention honorable.................. i n î
- Totaux................ 2 // 2
- Ces produits de la sécrétion animale du chevrotain asiatique, du chat musqué de l’Afrique orientale et du castor, sont employés par la parfumerie, la droguerie et la pharmacie.
- Le chevrotain porte-musc, qui vivait à l’état sauvage dans les montagnes de l’Asie centrale, ne se retrouve plus dans des conditions normales de reproduction que dans les régions du Thibet, où son parfum varie avec la nourriture qu’il se procure dans les sites montagneux où il se réfugie.
- Jusqu’à l’ouverture du marché de Shangaï, le commerce français était alimenté pour une partie par les missions catholiques de la Chine et du Tonkin et, pour le surplus, par des achats aux ventes publiques de Londres. Aujourd’hui, les importateurs français, affranchis de la tutelle anglaise, se pourvoient directement aux pays d’origine, et le commerce de ce produit est presque complètement concentré à Paris.
- ÉTRANGER. total.
- Hors concours..................... 1
- Récompensés......................... 2
- Non récompensés.................... //
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE I)E 1900.
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- La civette ou chat musqué se rencontre à l’état sauvage, clans les régions à l’ouest de la Haute-Egypte. Elle a été domestiquée en Abyssinie et, par le choix de la nourriture, la sécrétion obtenue de l’animal domestiqué est plus pure, plus parfumée, et son prix en est d’environ un tiers plus élevé que celui de la civette sauvage.
- La maison Ch. Bing fils et C,e, de Paris, a présenté à l’Exposition de 1900, non seulement des échantillons de toutes les espèces commerciales de musc et de civette, mais elle a mis sous les yeux des visiteurs des animaux naturalisés, sauvages et domestiques, placés clans des scènes de chasse et d’élevage.
- Le casloreiim est le produit de la secrétion du castor et est importé de la Sibérie et du Canada.
- SECTION FRANÇAISE.
- FRANCE.
- Hors concours. — M. Bing fds et Clc, maison déjà ancienne. M. Charles Bing était chevalier cle la Légion d’honneur depuis 1889, et en 1900 membre du Jury de la Classe 52, mais malheureusement il est décédé.
- COLONIES FRANÇAISES.
- Médaille d’or. — M. Savoure.
- Mention honorable. — Société anonyme du comptoir de Djibouti.
- En terminant ce rapport, je dois adresser mes remerciements personnels à iVliVI. Goy, Bresson, de Clermont, L. Loyer, G. Deséglise, E. Paisseau, F. Bing et Francisque Guiotat qui, avec leur compétence spéciale, m’ont fourni chacun des documents très intéressants.
- Ce précieux concours m’a facilité ma tâche et a donné à mon travail une exactitude plus complète.
- Léon REVILLON,
- rue de Rivoli, 79, Rapporteur de la Classe 52.
- P. S. — Je ne dois pas oublier M. Anatole Derville, qui m’a été d’un grand secours pour collationner les pièces et mettre tout au point.
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- CLASSE 53
- Engins, instruments et produits de la pêche. — Aquiculture
- RAPPORT DU JURY INTERNATIONAL
- PAU
- M. EDMOND PERRÏER
- MEMBRE DE L’INSTITUT, DIRECTEUR DU MUSEUM
- ET M. ALPHONSE FALCO
- PRÉSIDENT DE LA CHAMBRE SYNDICALE DES NEGOCIANTS EN DIAMANTS, PERLES, PIERRES PRECIEUSES ET DES LAPIDAIRES
- Gr. IX. — Cl. 53.
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- IMPIUMLRIE NATIONALE.
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- COMPOSITION DU JURY.
- BUREAU.
- MM. Gerville-Réache (Gaston), député de la Guadeloupe, avocat à la Cour d’appel de Paris, président du Comité consultatif des pêches maritimes (président des comités et jurys, Paris 1889 et 1900), président...................
- Westergaard , directeur général des pêcheries, vice-président..........
- Perrier (Edmond), membre de l’Institut et de l’Académie de médecine, directeur du Muséum, membre du Comité consultatif des pêches maritimes (comités, Paris 1900), rapporteur.................................
- Falco (Alphonse), perles lines, président de la Chambre syndicale des négociants en perles lines (comités, grand prix, Paris 1889; rapporteur des comités, Paris 1900), secrétaire....................................
- JURÉS TITULAIRES FRANÇAIS.
- MM. Altazin (Emile), armateur (comités, Paris 1900), juge au Tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer.................................................
- Beust (Georges), armateur, commissaire de Saint-Pierre et Miquelon à l’Exposition de 1900, à Gi’anville (Manche)................................
- Bertiioule ( Amédée), pisciculture, membre du Comité consultatif des pêches maritimes (comités, médaille d’or, Paris 1889; comités, Paris 1900). .
- Bouclet (Louis), armateur (médaille d’or, Paris 1889; comité d’installation, Paris 1900), à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais)..................
- Chandèze (Gabriel), directeur du commerce au Ministère du commerce, de l’industrie, des postes et des télégraphes (commission supérieure, comité d’admission, Paris 1900), à Versailles (Seine-et-Oise)............
- Le Play (le docteur Albert), ancien sénateur de la Haute-Vienne (jury, Paris 1889; vice-président des comités, Paris 1900)....................
- Wejll lils (Georges), importateur d’éponges...........................
- JURÉS TITULAIRES ÉTRANGERS.
- MM. Baker (A. G.), capitaine de corvette.....................................
- Payton (C. A.), consul de S. M. Britannique, à Calais.................
- Kawakita (Mitisuké), commissaire du Gouvernement......................
- Filhol, membre de l’Institut, professeur au Muséum....................
- le docteur Hoek (P. P. C.), directeur de la Station zoologique du Ilelder, aviseur scientifique en matière de pêche au Ministère de l’intérieur, Helder.
- Sterian (Georges), ancien député, délégué principal du Commissariat général de Roumanie...................................................
- Rouneberg (Robert), ingénieur, agent pour la Finlande.................
- France.
- Norvège.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- États-Unis. Grande-Bretagi Japon.
- Monaco.
- Pays-Bas.
- Roumanie.
- Russie.
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- 40G
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- JURÉS SUPPLÉANTS FRANÇAIS.
- MM. Armand (le comte Albert), président de la Société des sécheries de Port-de-
- Bouc, à Marseille (Bouches-du-Rhône).............................. France.
- Pérard (Joseph), administrateur délégué de la Société des industries maritimes................................................................ France.
- de Varignï (Henry), docteur ès sciences, membre de la Société de biologie,
- lauréat de l'Institut et de la Faculté de médecine.............. France.
- JURÉ SUPPLÉANT ÉTRANGER.
- M. Elysio Leitao Niiurados Santos, officier de la marine portugaise..... France.
- EXPERTS.
- MM. Farre-Dommergue, inspecteur principal des pèches maritimes au Ministère
- de la marine..................................................... France.
- Halphen (Georges), chimiste au laboratoire du Ministère du commerce . . . France.
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- ENGINS, INSTRUMENTS
- ET
- PRODUITS DE LA PÊCHE. — AQUICULTURE.
- INTRODUCTION.
- Les rapports de l'Exposition de 1900 doivent perpétuer la mémoire des efforts accomplis, enregistrer les grands faits artistiques, industriels, agricoles, commerciaux mis en lumière par l’Exposition, relater les progrès réalisés, fixer l'état général de la production et marquer une date dans l'histoire de l’activité humaine.
- Ainsi s’exprimait l’éminent Commissaire général au moment de l’ouverture des travaux du Jury.
- Nous essayerons de répondre à ce programme, en comparant les résultats des années 1889 et 1899, en faisant ressortir des statistiques officielles et des renseignements puisés aux sources les plus sûres l’augmentation ou la diminution des rendements, en fixant les lieux de production, en examinant les procédés actuels, enfin en constatant la situation de l’industrie des pêches à la fin du xixc siècle, en France et à l’étranger (1).
- L’exposition de la pêche, qui était répartie en 1889 entre deux classes, se trouve en 1900 réunie dans la Classe 58.
- Le règlement de classification générale en détermine l’importance.
- CLASSE 53.
- Engins, instruments et produits de la pêche. — Aquiculture.
- 1. Matériel flottant spécial à la pêche.
- Filets et engins ou instruments divers pour la pêche maritime. Filets, nasses, pièges et engins ou instruments divers pour la pêche fluviale.
- IL Aquiculture maritime.
- Poissons, crustacés, mollusques et rayonnés.
- A quiculture des eaux douces.
- Établissements, matériel et procédés de la pisciculture; échelles à poissons, hirudiniculture.
- III. Aquariums.
- IV. Collections et dessins de cétacés, de poissons, de crustacés, de mollusques, etc.
- Perles, coquilles, nacre, corail, éponges, écailles de tortues, haleines, blanc de haleine, ambre gris, huiles et graisses de poissons.
- (1) La Culture des mers, par G. Roché, inspecteur général des pêches maritimes en 1899. M. Fabre Dommergue, inspecteur général des pêches maritimes en 1900.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Cette énumération démontre l’importance que devait avoir la Classe 53 à l’Exposition de 1900.
- Cent douze exposants français ont répondu à l’appel du Comité d’admission.
- Seize colonies ou pays de protectorat français, représentés par des exposants, vingt-trois pays étrangers comprenant 221 exposants, prennent part à l’Exposition. Nous les citerons dans Tordre du Catalogue.
- Colonies françaises. — Algérie, Côte française des Somalis, Dahomey et dépendances, Établissements français de l’Océanie, Guadeloupe, Guinée française, Guyane française, Indo-Chine, Madagascar, Martinique, Mayotte et Comores, Nouvelle-Calédonie et dépendances, Saint-Pierre et Miquelon, Sénégal et dépendances, Soudan français, Tunisie.
- Pays étrangers. — Allemagne, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Chine, Corée, Équateur, États-Unis, Cuba, Danemark, Grande-Bretagne et colonies, Grèce, Hongrie, Italie, Japon, Mexique, Monaco, Norvège, Pays-Bas, Pérou, Portugal, Roumanie, Russie, Saint-Marin.
- La Classe 53 occupe une partie du Palais des Forêts, Chasse, Pêche, élevé à gauche du pont d’Iéna. La presque totalité du hall central sur la berge de la Seine et une partie du premier étage lui sont réservés. Quelques sections étrangères trouvent place dans une galerie qui forme le prolongement du Palais.
- La pêche, à l’Exposition de 1900, se serait présentée avec plus d’ampleur, si Lad-*» ministration n’avait autorisé les colonies françaises et certains pays étrangers à exposer à part. Alors que les Pays-Bas, le Japon, les Etats-Unis, la Russie, la Roumanie, l’Autriche-Hongrie, la Grande-Bretagne, etc., sont les voisins de la section française, les expositions de la Norvège, du Portugal, de la Finlande, de Monaco, etc., et des colonies françaises et anglaises, sont éparpillées dans leurs palais delà rue des Nations ou les jardins du Trocadéro.
- Cette division des produits, dont chacun est mis en relief et placé dans son milieu propre, rend plus utiles les visites des personnes qui veulent étudier les richesses de chaque pays; elle nous paraît avoir l’inconvénient de diminuer l’intérêt que présente une industrie groupée dans un même ensemble et de rendre plus difficile la comparaison des produits de chaque nation.
- Nous nous proposons d’indiquer tout d’abord, dans ce rapport, les considérations générales que nous a suggérées notre étude, d’examiner ensuite l’état de l’industrie de la pêche à la fin du xixc siècle, d’une façon générale en France, et plus particulièrement dans les ports, les colonies françaises et les pays étrangers qui ont pris part dans la Classe 53 à l’Exposition de 1900, et de donner le résumé des travaux du Jury en mentionnant les résultats obtenus par les exposants.
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- LA PÊCHE EN FRANCE.
- LA PÊCHE MARITIME.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- En abordant l’examen de la situation de l’industrie des pêches en France à la fin du xixe siècle, notre premier devoir est de constater que notre pays n’occupe pas, parmi les nations maritimes, le rang que son esprit d’entreprise, ses moyens financiers, la hardiesse et l’endurance de ses marins, la science de ses savants devraient lui assurer.
- Si nous avons à cœur de noter que certaines tentatives ont été faites pour marcher dans la voie du progrès, nous devons avouer en même temps que, comparativement à d’autres pays maritimes, nous nous trouvons en état évident d’infériorité.
- Certes, les pêches françaises se trouvent en pleine évolution, mais cette évolution est générale et nous ne devrions pas être les derniers à multiplier les sacrifices et les efforts pour canaliser les richesses jusqu’ici exploitées sans méthode par tous ceux qui tirent de la mer leurs moyens d’existence.
- On dira que certaines populations sont rebelles au progrès; que l’initiative privée, éveillée depuis quelques années par l’exemple de nos concurrents, a cherché à développer ses moyens d’action, mais quelle a été entravée par la résistance des marins à s’adapter à des procédés nouveaux; enfin, que l’on se heurte à l’esprit de routine des pêcheurs, redoutant d’être exposés à la mévente si le produit devient trop abondant. Nous répondrons qu’il faut instruire les uns, éclairer les autres, leur faire comprendre, que si le chalutier à vapeur, en s’introduisant dans une région, amène une surproduction de poissons, par un retentissement naturel les mareyeurs augmentent en proportion. Les écoles de pêches, créées en France sous le patronage de la société kl’Enseignement professionnel et technique des pêches maritimes », nous paraissent indiquées pour ce genre d’éducation.
- Après avoir donné aux marins les notions élémentaires qui, jusqu’à ces dernières années, leur faisaient presque complètement défaut, les écoles devront aussi leur enseigner que pour suivre le mouvement de progrès qui s’accentue tous les jours à l’étranger, il faut modifier et perfectionner les outils qui les font vivre. Déjà le Département de la Marine se propose de construire un bateau de pêche à pétrole pour permettre aux pêcheurs de lutter plus avantageusement contre la concurrence de la pêche à vapeur. Ce bateau, sous la conduite de l’inspecteur général des pêches maritimes, effectuera dans les ports principaux des expériences destinées à en montrer les qualités aux marins.
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- MO EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Mais il faut aussi suivre les exemples qui nous sont donnés par des voisins plus entreprenants; il faut développer notre flottille de pèche à vapeur; il est, nous le croyons, absolument nécessaire d’entrer résolument dans cette voie. La création de cette méthode nouvelle est encore à ses débuts en France, et son développement n’est pas poussé avec toute l’activité désirable. Marchons dans la voie qui nous est indiquée par certaines nations; créons des sociétés de pêche; c’est par le groupement que Ton peut réunir les fonds nécessaires à l’achat du matériel nouveau qui permettra seul à nos pêcheurs de lutter contre la concurrence étrangère.
- Parmi les moyens préconisés pour remédier à la situation actuelle, se trouve en première ligne le repeuplement des mers françaises.
- Dans une étude publiée dans le Bulletin de la marine marchande (année 1900), M. Fabre-Dommergue, inspecteur principal des pêches maritimes, indique que si les champs de pêche sont vastes, ils ne sont pas illimités; qu’en réalité la pêche n’est praticable que sur les fonds de 100 à i5o mètres et que, par suite, les pêcheurs d’une côte quelconque n’ont à se partager qu’une production annuelle déterminée et limitée; que les temps semblent proches où, grâce au progrès du chalutage à vapeur, tous les fonds exploitables du plateau continental seront mis en coupe réglée.
- Cette constatation suffit pour justifier les études qui se poursuivent; l’idée de cultiver les mers est séduisante; elle est la préoccupation de ceux qui s’intéressent à la prospérité de nos pêches. Nous sortirions des limites qui nous sont tracées si nous essayions d’étudier, en détail, la nouvelle technique piscicole. Sans doute l’accord ne paraît pas encore s’être fait sur la méthode qui doit conduire au but visé, mais il appartient aux laboratoires maritimes de continuer leurs recherches dans la voie déjà ouverte afin d’assurer le pain de l’avenir aux populations laborieuses de notre littoral.
- La législation des pêches, vieille de quarante années, a cessé d’être en harmonie avec les nouvelles données acquises par la science. C’est avec raison que le Département de la Marine paraît disposé à en étudier la révision.
- Nous devons enfin nous préoccuper de l’écoulement de produits destinés à l’alimentation publique. La prospérité des pêches maritimes dépend de la facilité, de la rapidité et de la perfection des moyens de transport ainsi que de la modération des tarifs imposés par les compagnies de chemin de fer. Or nous devons avouer qu’aujourd’hui encore, comme le constatait en 1889 le rapporteur de la Classe A3 (Engins et Produits de la pêche), le poisson de mer est un aliment de luxe alors qu’il pourraiCêtre la ressource quotidienne; que le problème d’apporter frais sur le marché, dans toutes les parties du pays, des poissons de toutes espèces, et de les mettre 5 la portée des bourses les plus modestes, n’est pas encore résolu.
- Qu’a-t-on fait dans cette voie depuis dix ans?
- Malheureusement nous avons à formuler en 1 900 les mêmes plaintes qu’en 1889.
- Si quelques légères améliorations ont été apportées par certaines compagnies, que
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- ENGTNS, INSTRUMENTS, PRODUITS DE LA PÊCHE, AQUICULTURE. 411
- d’inertie opposée par d’autres aux réclamations légitimes dont nous nous faisons l’écho ! Telle compagnie, par exemple, excipe de l’insuffisance du transit du poisson sur tout le parcours de ses lignes pour résister à la création d’un matériel spécial. Mais l’insuffisance ne serait-elle point la conséquence d’un service défectueux?
- Avant meme d’arriver à ces deux modifications indispensables, la réduction des tarifs, qui nous permettrait d’aborder les marchés étrangers, et la transformation du matériel qui faciliterait le transport du poisson frais à de grandes distances, que d’améliorations à apporter au service même du transport, tant au point de vue des délais de transport de transmission d’un réseau sur un autre, ou de livraison.
- Tous les congrès de pêches qui se sont réunis dans les dernières années ont été d’accord pour réclamer des modifications urgentes.
- Au moment où le développement de la pêche à vapeur est poussé partout et où,par conséquent, le rendement de la pêche est appelé à augmenter, il devient de toute nécessité de faciliter par tous les moyens la pénétration, aussi rapide que possible et dans les meilleures conditions, du poisson dans l’intérieur de la France.
- Des démarches ont déjà été faites dans ce but par le Ministre de la marine auprès du Ministre des travaux publics.
- Nous émettons le vœu quelles aboutissent à bref délai; mais nous attirons en même temps l’attention des pouvoirs publics sur l’intérêt qu’il y a à protéger une source de richesses qui constitue une des branches les plus intéressantes de l’activité française.
- Nous dirons aussi quelques mots de nos colonies. Nous avons là un magnifique domaine qui devrait attirer toutes les ressources de notre génie naturel. Les capitaux ne nous manquent pas, ils pourraient s’employer avec fruit. Pourquoi, après avoir semé, laissons-nous souvent ^l’étranger le soin de faire la récolte? En Algérie et en Tunisie, non seulement les Italiens font des pêches importantes qui alimentent leurs fabriques de conserves exportées dans le monde entier, mais encore ils sont seuls à faire la pêche du corail; dans nos établissements de l’Océanie, la nacre et la perle sont recueillies par des maisons anglaises, auxquelles la métropole est obligée de s’adresser pour ses besoins; le poisson abonde dans les mers de l’Indo-Chine, il sert presque uniquement à l’alimentation des indigènes, alors qu’il pourrait être l’objet d’un grand commerce d’exportation. Nous pourrions multiplier ces exemples que nous développerons dans la suite de notre étude; mais nous devons ici nous limiter et nous terminerons ces considérations générales en insistant sur les exemples que nous donnent nos voisins; inspirons-nous de leur ténacité dans la poursuite du but à atteindre, imitons leurs efforts sagaces et nous arriverons à faire prospérer davantage une industrie qui fait vivre un grand nombre et qui donne un des appoints les plus sains à l’alimentation publique. Nous concourrons aussi à ce résultat de sauvegarder une de nos richesses, de l’augmenter, de la répandre dans le monde*, de conserver la pépinière de notre marine militaire et de faire ainsi la France plus grande, plus forte et plus prospère.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- LES ENGINS DE PÊCHE. — LES FILETS.
- Avant i85o, la fabrication des filets était faite en France exclusivement à la main. Elle était pratiquée par les familles de pêcheurs dans toutes les localités où avaient lieu les pêches maritimes et fluviales.
- Les filets de pêche se faisaient à l’aide d’un seul fil enroulé sur une navette et les rangées successives de mailles étaient perpendiculaires aux côtes, ou lisières des filets faits en travers, ou à un seul fil de trame.
- La première machine parut en Ecosse vers ladite époque; elle était mue au moyen de pédales et de leviers que l’ouvrier actionnait avec les pieds et les mains. Elle donnait un résultat semblable à la fabrication à la main, mais elle produisait peu et fatiguait les ouvriers.
- Vers i 856, quelques machines mues à la main furent importées d’Angleterre, elles fabriquaient des filets en long, ces filets eurent peu de succès chez nos pêcheurs.
- C’est en i8j3 que fut créée une machine automatique n’employant qu’un seul fil et donnant des filets pareils à ceux qu’on faisait à la main.
- Des fabriques furent montées à Saint-Just-en-Chaussée, à Nantes, à Vignacourt, au Portel près Boulogne et à Fécamp.
- Actuellement la fabrication manuelle des filets de pêche a considérablement diminué. Elle existe encore pour certaines formes de filets, telles que les éperviers, les verveux, les filets à crevettes, les seines entrés gros fil, etc.
- Les matières employées sont le chanvre et le lin, mais le coton tend à les remplacer en raison de sa souplesse et de son bon marché. Les filets pour harengs sont exclusivement en coton. Les seines sont encore en lin et en chanvre.
- S’il est vrai que les machines, qui produisent chacune en un jour autant de filets qu’en pourraient faire une trentaine de bonnes ouvrières, ont supprimé pour les femmes une quantité de travail importante, il convient de constater que la fabrication mécanique offre en abondance aux pêcheurs, des filets de toutes dimensions, d’une bonne exécution, à des prix de 5o p. îoo inférieurs à ceux qu’ils payaient il y a une vingtaine d’années.
- Comme exemple nous pouvons citer le filet à sardines en lin de 3oo mailles et de 36 mètres de longueur qui se vendait 72 francs, alors que maintenant un filet en coton de 400 mailles et de 42 mètres de long, c’est-à-dire d’une surface de 5o p. 100 environ plus grande, est vendu 42 francs, soit 5o p. 100 meilleur marché.
- Les filets à harengs, fournis presque exclusivement, il y a une quinzaine d’années, par l’Angleterre et les Pays-Bas, valaient 28 à 3o francs. Ils valent aujourd’hui 16 francs et les importations sont presque nulles.
- Cette baisse dans les prix et l’abondance des filets a permis à la pêche maritime de se développer autant que la consommation du poisson le réclamait. Les femmes ont
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- ENGINS, INSTRUMENTS, PRODUITS DE LA PÊCHE, AQUICULTURE. A13
- trouve dans les apprêts et la vente des poissons une compensation à la suppression de la fabrication des filets.
- Les Pays-Bas et surtout l’Angleterre vendaient, il y a une quinzaine d’années, sur les côtes de la Manche et de l’Océan, la presque totalité des filets employés à la pêche des maquereaux et des harengs. Aujourd’hui leurs ventes ont considérablement diminué.
- En 1891, l’Angleterre nous vendait encore 89,199 kilogrammes de filets; en 1898, l’importation n’est plus que de 8,Aio kilogrammes; sur les côtes méditerranéennes les résultats sont moins bons. L’Espagne, avec ses fabriques de Barcelone, et l’Italie, grâce au bon marché de la main-d’œuvre, vendent une grande partie des filets employés en Algérie et sur les côtes sud de la France. Il faut ajouter que depuis un certain nombre d’années le taux du change constitue pour ces deux pays une protection contre laquelle la fabrication française ne peut lutter.
- Nous importions en France, en 1889, 122,639 kilogrammes d’une valeur de ,602,880 francs. En 1899, nous ne demandons plus à l’étranger que 22,786 kilogrammes d’une valeur de 1 5o,388 francs.
- Par contre notre exportation donne les résultats suivants :
- QUANTITÉS. VALEUR.
- kilojjr. lYuncs.
- 1889.................................................. 81,899 iG.3,798
- 1899.................................................. 120,266 829,935
- Ces chitfres démontrent la situation relativement prospère actuelle de l’industrie de la fabrication des filets en France.
- Nous venons de voir que l’exportation est en voie certaine de progrès; elle prendrait un essor considérable si certaines mesures douanières étaient adoptées.
- Avec les anciens tarifs de douane les fils de coton servant à la confection des filets de pêche nous arrivaient d’Angleterre non simples, mais retors et câblés; ces derniers étaient admis en franchise de droits en entrepôt chez le fabricant; les filets confectionnés avec ces fils devaient être représentés à la douane pour décharger le compte d’entrepôt, ceux qu’on exportait étaient exempts de tout droit et ceux qui restaient en France payaient un droit de 0 fr. 20 au kilogramme. Ils étaient ainsi tarifés comme les filets étrangers entrant en France. C’était le régime dit «des Constructions navales ».
- En 1892, lors de l’élaboration du nouveau tarif de douane, ce régime fut établi comme le demandaient les fabricants français. Depuis, les filets entrant en France payent le même droit que les fils simples qui sont leur matière première. Celte élévation du droit protège l’industrie française et empêche complètement l’introduction en France des filets de coton. Ce régime protecteur est donc avantageux pour les fabri-
- Statistiques fournies par l’Administration des douanes.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
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- cants français ; mais il a l’inconvénient de leur interdire presque d’une manière absolue l’exportation de leurs fdets pour la grande pêche, puisque le fil simple de coton, c’est-à-dire la matière première, est d’un prix plus élevé en France qu’en Angleterre.
- Pour faciliter l’exportation des filets de coton, il serait nécessaire d’admettre les fils simples de coton destinés à leur confection en franchise de droits, à la condition de réexporter ces fils en filets de pêche ; ce serait le régime de l’admission temporaire.
- Il existe en France i5 fabriques de filets mécaniques, employant environ 100 métiers travaillant à un seul fil de trame et 80 métiers travaillant en fils de chaînes; quelques métiers à pédales, ancien système anglais, sont encore employés.
- Les dimensions des filets à sardines ont augmenté dans de grandes proportions. En 1875, ils mesuraient 36 mètres de longueur sur 300 mailles de largeur, soit un coefficient de 108. On emploie maintenant des filets de 4s mètres sur à00 mailles et 45 mètres sur 300 mailles, soit comme coefficient 168 et 2 2 5.
- En Méditerranée, on se sert de filets dits «sardinaux», mesurant q3 mètres de longueur sur 1,000 mailles, coefficient q3o.
- La valeur de la production des filets mécaniques peut être évaluée à 1,800,000 francs environ.
- Elle occupe 45o ouvriers des deux sexes environ, recevant un salaire moyen de 3 fr. 5 0 à 4 francs par jour.
- EXPOSANTS RÉCOMPENSÉS.
- M. Bonamy, de Saint-Just-en-Chaussée, est l’inventeur d’une machine spéciale à fabriquer les filets à sardines qui a été adoptée jusqu’en Amérique ; il fabrique aussi les filets à saumon; grandes mailles, deux nœuds. C’est un créateur d’industrie. Le Jury l’en a justement récompensé en lui décernant un grand prix.
- Pour ses soies pour lignes, dont la fabrication est remarquée, la Société anonyme La Soie obtient également un grand prix.
- L’attention des membres du Jury s’est portée ensuite tout particulièrement sur les cordages pour la marine et l’industrie, exposés par MM. Cardon, Martellet et Bourgain-Lirert, de Boulogne-sur-Mer; le modèle de chalutier à vapeur, de MM. de la Brosse et Fouché, ingénieurs-constructeurs, à Nantes; les fils et les filets de coton et de chanvre de MM. Dickson et Cie, de Coudekerque-Branche (Nord) et Thuillier-Buridard, de Vi-gnacourt (Somme). Toutes ces maisons obtiennent des médailles d’or.
- La fabrique de M. Thuillier-Buridard est importante. A la fin de l’année 1900 on évaluait sa production au chiffre de 1 2,000 mètres environ de filets par jour.
- MM. Dickson et CIe revendiquent d’avoir introduit en France la filature du lin et du jute, le tissage mécanique des toiles à voiles, l’imperméabilisation de certains tissus et la mercérisation des fils.
- L’usine de MM. Dickson a été fondée en 1837 ; elle a été le berceau de l’industrie textile dans la région dunkerquoise.
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- Des médailles d’or sont également données à la Société anonyme de constructions mécaniques, de Boulogne-sur-Mer, pour ses modèles, plans et dessins de bateaux; à I’Exposition municipale des Sables-d’Olonne (Vendée), pour son matériel et ses produits; enfin à M. Vidor fils, de Boulogne-sur-Mer, pour ses armements et ses produits et à la Station zoologique d’Endoume , pour ses produits marins et ses plans.
- Après avoir passé en revue les produits que nous venons d’énumérer, les membres du Jury ont estimé que des médailles d’argent devaient être accordées pour leurs fils et filets de pêcbe à MM. Cousin frères, de Commines (Nord); Gournay-Hédouin, de Portel(Pas-de-Calais); Grossiord, de Saint-Maurice (Seine); Hervé et Cie, de Paris; Lefebvre, de Vignacourt (Somme); à MM. Blampain, de Boulogne-sur-Mer, pour sa tonnellerie; Duciiocnois (Maurice), pour ses produits de pêche; Huret-Dupuis, pour ses engins; Pauciiet-Decroix, pour ses poulies et Lejeune-Bonne, pour ses emballages, ces derniers exposants également de Boulogne-sur-Mer.
- MM. Guillaume, de Belle-Isle-en-Mer et Sahuqné, de Bordeaux, qui exposent des modèles de bateaux de pêche; Duiiamelet, de Fécamp, et Leseigneur, de la même ville, qui présentent au Jury des coffres à médicaments pour navires morutiers; le Groupe nautique Paimpolais pour ses engins et produits de la pêche en Islande; M. Huyn, de Pont-à-Mousson, pour ses nasses galvanisées; et M. Tessier, de Boulogne-sur-Mer, pour ses bottes de mer, obtiennent des médailles de bronze.
- Enfin, des mentions honorables sont données à MM. Bernard et C10, de Châlons-sur-Marne, pour ses nasses ; Brullé, de Boulogne-sur-Mer, pour sa vannerie ; Chelu-Henin, de Boulogne-sur-Mer, pour ses fanaux; Jaspar, de Boulogne-sur-Mer, pour ses flottes et bouées; Tugayé, de Riocle (Gers), pour ses engins ; Villeneuve (Léon) et Villeneuve-Docquincourt, de Boulogne-sur-Mer, pour leurs modèles de bateau de pêche et à M. Delpierre, de la même ville , pour un tableau de pêche en relief.
- LES PRODUITS DE LA PÈCHE.
- Pour montrer l’importance de la pêche maritime en France, il suffit d’indiquer que pour l’année 1899, et en y comprenant l’Algérie, son rendement s’est élevé à plus de 117 millions de francs quelle a nécessité 25,89A bateaux jaugeant ensemble i6(j,i5a; quelle a employé 95,395 marins; que la pêche à pied a été exercée par 50,32G hommes, femmes et enfants; que la valeur de la flotte de pêche s’élevait à ê8,060,272 francs et celle des engins à 24,872,^48 francs.
- Nous allons examiner rapidement de quels éléments se compose l’industrie de la pêcbe en France et comment elle se présente à la fin du xixe siècle.
- O Pêche..................................................... 95,998,^67 francs.
- Oslréicullure............................................ 2i,68i,4g3
- Total
- 17,880,960
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- La pêche maritime comprend :
- i° La grande pêche ;
- 2° La pêche de haute mer ;
- 3° La pêche côtière.
- GRANDE PÊCHE.
- La grande pêche se fait dans les mers lointaines, dans les eaux de Terre-Neuve, d’Islande et de la mer du Nord.
- Elle a principalement pour objet, de mars à septembre, la pêche et la salaison de la morue qui donne lieu en France à un grand mouvement commercial.
- La pêche de la morue à Terre-Neuve est notamment pratiquée par les marins des ports de Fécamp et de Granville. Les navires employés sont des goélettes de i5o à 3oo tonneaux, montées par 3o à 36 hommes d’équipage.
- La pêche en Islande est faite surtout par les ports de Dunkerque et de Paimpol; les armateurs de ces ports se servent de goélettes de îoo à i5o tonneaux, avec 20 à 2 5 hommes d’équipage.
- La grande pêche est protégée par l’Etat. Des primes d’encouragement sont attribuées au départ et au retour, suivant l’importance des armements, le lieu de pêche et la quantité des produits pêchés. Ces sacrifices sont compensés pour l’Etat par l’entraînement que les marins trouvent dans la pêche et qui leur permet d’apporter au moment voulu un appoint précieux à la marine militaire.
- La grande pêche a rapporté en 1899 plus de 1 9 millions de francs.
- LA PÊCHE DE HAUTE MER.
- La pêche de haute mer ow pêche hauturière se pratique non seulement dans le voisinage des côtes, mais encore dans les mers non loin de la France et qui sont communes aux pêcheurs de toutes nations.
- La pêche de haute mer a principalement pour objet : la pêche du hareng, du maquereau et de la sardine.
- La sardine. — Tout notre littoral, sauf l’étendue comprise dans le premier arrondissement maritime, fournit la sardine.
- La pêche se fait avec des bateaux d’un tonnage qui diffère suivant les régions, depuis 2 jusqu’à 12 tonneaux avec un équipage de 5 à 7 hommes.
- On emploie pour la pêche à la sardine des filets flottants en fil de lin ou de coton extrêmement fin, mesurant h 2 à 45 mètres de long et 500 à 600 mailles de profondeur.
- Les usines établies en grand nombre sur tout le littoral pour la fabrication des conserves de sardines, occupent près de 20,000 ouvriers et ouvrières de diverses catégories.
- La pèche commence vers le i5 mai et se termine au mois de novembre. Elle se fait
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- aussi de janvier à mai, mais le résultat en est moins important. La pêche à la sardine occupe de i5,ooo à 20,000 marins.
- Elle produit en moyenne une valeur de 10 millions, mais ce chiffre subit, suivant les années, des variations considérables.
- Le hareng. — Les ports de Boulogne et de Fécarnp s’occupent principalement de la pêche du hareng.
- Elle se fait sur le littoral de la Manche et dans la mer du Nord.
- Les centres principaux de pêche avec salaison à bord sont, par ordre d’importance, le Doggers-Bank, Yarmouth, l’Ecosse et les îles Orcades, enfin Terre-Neuve. Le poisson frais se pêche entre Gris-Nez et Alprecht. Au commencement du siècle, les bateaux affectés à cette pêche étaient des lougres de 20 tonneaux. Pendant longtemps ce tonnage resta stationnaire, mais vers 1862 la pêche s’étant développée, le tonnage alla en s’accroissant. On emploie actuellement des lougres de 5o à 100 tonneaux de jauge nette, montés par un équipage de 16 à 20 hommes.
- Les bâtiments à vapeur ne sont employés que depuis une trentaine d’années.
- Celte innovation a été introduite en France par un armateur de Boulogne, M.-Bou-clet. Aujourd’hui il existe un certain nombre de vapeurs pratiquant la pêche notamment à Boulogne, à Dieppe, à Fécarnp, à Arcachon, etc., mais ils sont encore peu nombreux. On doit le regretter, car, ainsi que l’indique M. Georges Roché(1>, «l’emploi des bâtiments à vapeur pour la capture du poisson frais a pour but de soustraire l’industrie aux aléas que lui font courir les variations météorologiques. L’usage de cette force permet, en effet, de régulariser le travail en mer, tandis qu’il assure que les produits de ce travail même pourront être livrés à terre dans de bonnes conditions et dans le temps le plus court. Il permet aussi une rapidité plus grande des évolutions, il donne plus de sécurité dans la navigation, souvent difficile des pêcheurs, et diminue la fatigue des équipages dans la manœuvre des engins. Il fournit donc plus de travail que l’usage des bateaux à voiles, à temps égal55.
- En 1898, pour la pêche du hareng, on a armé 341 navires jaugeant ensemble 27,069 tonneaux et montés par 6,897 hommes. Cette pêche est très productive. On prend en moyenne 50,000 tonnes de poisson par an, d’une valeur approximative de 1 0 millions de francs.
- Le germon ou thon blanc est pêché dans le golfe de Gascogne.
- Le maquereau. — La pêche du maquereau est pratiquée par les mêmes ports et parles mêmes moyens. Elle se fait du mois d’avril au mois de juin sur les côtes d’Irlande, et à l’entrée de la Manche sur nos côtes vers le mois d’août. Le maquereau destiné à être consommé à l’état frais se pêche dans les eaux françaises sur le littoral de la Manche, de l’Océan et de la Méditerranée.
- (1) La Culture des mers.
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- On pêche annuellement i3,ooo à i4,ooo tonnes de maquereaux en moyenne, d’une valeur approximative de 3 à h millions de francs.
- LA PÊCHE CÔTIÈRE.
- La pêche côtière se fait toute l’année sur tous les points du littoral. La sole, le turbot, la raie, la plie, le congre, le chien de mer, etc., sont les poissons généralement capturés à l’aide de filets traînants appelés chaluts dans l’Océan, ganguis dans la Méditerranée, ou aux cordes de fonds.
- Les crustacés. — Les homards et les langoustes sont capturés au casier dans certaines régions rocheuses du littoral, mais surtout depuis TAberwrach jusqu’à l’ilc d’Yeu.
- Le saumon. — Le saumon, pris dans toutes les rivières océaniques, est pêché activement à l’embouchure de la Loire, dans la Dordogne, l’Adour et la Bidassoa.
- La crevette est recherchée plus particulièrement dans la Manche, sur les côtes de la Somme, dans la haie de la Seine et sur les côtes vendéennes.
- Toutes ces espèces donnent des résultats importants.
- Nous en donnerons plus loin le détail, et nous verrons aussi que le poisson destiné à être consommé à l’état frais, pêché au chalut ou aux cordes de fond, au large ou à la côte, fournit aux pêcheurs français.un rendement de plus de ho millions de francs.
- Boulogne et Trouviile envoient, pour cette pêche, leurs bateaux jusque dans la mer du Nord; les chalutiers du Nord, de la Somme, de Normandie draguent dans la Manche, jusqu’en vue des côtes anglaises; ceux du golfe de Gascogne vont de Groix au fond du golfe de Biscaye, traînant leurs engins à des profondeurs variant de 3o à i5o mètres, quelquefois à plus de 6o milles au large. Près de mille bateaux de i5 à h5 tonneaux, montés par 5 ou i o hommes, font cette pêche sur le plateau continental de nos côtes de l’Ouest et du Nord.
- Dans le golfe du Lion, les pêcheurs de nos côtes métropolitaines ne font pas de longs séjours en haute mer. Iis viennent à terre tous les jours pour vendre le produit de leur travail. Sur les côtes de la Manche, de l’Océan et même d’Algérie, beaucoup de bateaux tiennent la mer de quatre à dix jours.
- Lorsq.ue nous examinerons la situation de quelques-uns des ports pour lesquels la pêche constitue une industrie importante, nous établirons le gain ou le salaire des marins qui s y livrent. Mais nous pouvons, dès à présent, constater qu’en France les pêcheurs qui reçoivent un salaire mensuel sont en minorité. Le mode de rémunération des pêcheurs le plus répandu est celui qui est dit à la part. Sur le montant brut de la vente, on prélève une moitié ou un tiers qui est réservé pour les frais de l’armement. L’autre moitié ou les deux tiers sont divisés en autant de parts qu’il y a d’hommes à
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- ENGINS, INSTRUMENTS, PRODUITS DE LA PÊCHE, AQUICULTURE. 419
- bord. Le patron peut ou non être avantagé dans la distribution des parts. Les mousses et novices reçoivent une rémunération proportionnée aux services qu’ils rendent.
- Pour terminer cet exposé succinct de la pêche maritime en France, nous pensons qu’il est intéressant d’en donner les rendements généraux que nous relevons dans les statistiques officielles obligeamment mises à notre disposition par le Ministère de la marine.
- COMPARAISON DES ANNEES 1889 ET 1899.
- PRODUITS. ANNÉE 1889. ANNÉE 1 899.
- QUANTITÉS. VALEURS. QUANTITÉS. VALEURS.
- kilogr. francs. kilogr. francs.
- ( Terre-Neuve 2i,3og,3o6 8,471,533 86,693,208 1 3,177,02 1
- ( Islande et Dogger’s Bank. 1 2,76/1,812 5,21 1,24g 11,535,5oo 6/192,745
- Hareng 82,749,781 8,6i2,5i4 43,097,724 9,208,835
- Maquereau 13,738,677 3,360,576 7,720,780 3,679.224
- Autres espèces fi 63,og3,242 // 63,44o,64e
- Totaux de la pêche 88,749,114 95,998,467
- Ostréiculture 1 i,83o,684 21,681,1 g3
- Rendements généraux pour la France et l’Algérie 100,579,798 117,679,660
- Morue. . . . Hareng. . . Maquereau Sardine. . . Anchois. . . Thon. . . .
- RENDEMENTS PAR ESPECES DE POISSONS. Année 1898 W.
- i5,075,368
- 8,545,704
- 3,a56,3i5
- (J,205,000
- 614,782
- 2,070,363
- Saumon......
- Poissons frais Crustacés Coquillages. .
- Divers......
- Germon, etc..
- 420,203
- 4o,o3o,425
- 6,64o,i57
- 3,639,470
- 465,897
- 4,753,165
- Grande pèche . . Pêche hauturière Pêche littorale. .
- RENDEMENTS PAR GENRE DE PECHE.
- 15,075,683 Pêche à pied.. . 26,269,810 Pêche en étang.. 39,363,1
- 6,820,210
- i,433,o63
- Ces tableaux nous révèlent que, depuis Tannée 1866, dont le rendement a été de 6 millions de francs, les pêches maritimes françaises ont pris un développement considérable.
- Il convient d’ajouter qu’elles donnent naissance à des industries secondaires impor-
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- (1) Tableaux exposés par le Ministère de la marine. Gr. IX. — Cl. 53.
- l’IllMLlUE NATIONALE»
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- tantes, employant un personnel nombreux faisant fructifier un capital énorme et semant clans la nation une richesse d’autant plus grande que le travail des marins pêcheurs est plus fructueux.
- La France exporte, soit à l’état frais, soit préparés, une partie de ses produits.
- En 1889, l’exportation avait donné les résultats suivants :
- Poissons frais de mer.......
- Poissons secs, salés ou fumés. Conserves marinées ou autres,
- Totaux
- Nous trouvons en l 899 les chiffres suivants :
- Poissons frais de mer.......
- Poissons secs, salés ou fumés. Conserves marinées ou autres,
- Totaux . . . .
- quantités. valeurs.
- kilogr. francs.
- 1,109,965 l,06l,332
- i7,834,758 1 2,3o2,363
- 1 i,83i,76o 2o,44o,9,37
- 3o,776,4 83 33,8o3,932
- quantités. VALEURS.
- kilogr. francs.
- . i,o66,4i3 656,57o
- 24,o83,6i 4 12,969,725
- 1 2,777,5oo 25,207/162
- 37,927,527 38,833,757
- Les poissons frais de mer sont exportés notamment en Angleterre et en Belgique; les poissons secs, salés ou fumés, en Angleterre, Belgique, Espagne, en Italie et dans certaines colonies françaises (Algérie, île de la Réunion, Martinique, Guadeloupe); les conserves marinées ou autres en Angleterre, Russie, Danemark, Allemagne, Belgique, Etats-Unis, Suisse et en Algérie.
- Nous exportons aussi, et principalement en Belgique, des homards frais, conservés ou préparés pour une somme de 1,200,000 francs.
- LES PORTS DE PECHE À L’EXPOSITION.
- Après avoir établi la situation actuelle des pêches maritimes françaises, nous allons examiner la part que prennent dans cette industrie les ports de France, et notamment ceux qui ont pris part, dans la Classe 53, à l’Exposition de 1900.
- Les ports principaux de pêche sont, en partant de la mer du Nord et en suivant le littoral de la Manche, de l’océan Atlantique et de la Méditerranée, les suivants :
- Dunkerque, Calais, Boulogne, Saint-Valéry, Dieppe, Fécamp,Trouville,Caen, Cherbourg, Granville, Cancale, Saint-Malo,Saint-Brieuc, Paimpol, Douarnenez, Audierne,
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- Quimper, Concarneau, Lorient, Groix, Auray, Noirmoutier, le Croisic, Nantes, les Sables-d’Olonne, la Rochelle, Tîle de Ré, Tîle d’Oléron, Rochefort, Marennes, la Teste, Rordeaux, Arcachon, Rayonne, Port-Vendres, Cette, Martigues, Marseille, Toulon, Antibes, Nice;
- En Algérie :
- Alger, Oran, Philippeville, Rône.
- Boulogne. — Roulogne est le plus important de nos ports pour la pêche côtière.
- Depuis 1889, la pêche n’a fait qu’augmenter d’importance : les armements ont été plus nombreux, des bateaux d’un plus fort tonnage ont été construits, le nombre des chalutiers s’est accru et la pêche du poisson destiné à être consommé à l’état frais a augmenté dans une très sensible proportion.
- Comme on le verra ci-après, Roulogne compte maintenant une cinquantaine de vapeurs à hélice, de différents types.
- Le plus grand est le vapeur harenguier-chalutier à hélice Gris-Nez, à MM. Rouclet et C'°, bâtiment qui mesure 37 mètres de longueur, 196 tonneaux de jauge, un treuil et un cabestan à vapeur indépendants, avec une machine de 4oo chevaux indiqués.
- En 1899, nom^re des bateaux de quartier s’élevait à 488, jaugeant ensemble i6,3o5 tonneaux.
- Le nombre des marins inscrits était de 6,o53.
- Parmi tous ces bateaux, le port de Roulogne en avait à lui seul 279, jaugeant ensemble 12,882 tonneaux. Us étaient montés par 4,o65 marins.
- Les bateaux du port se divisent en plusieurs catégories :
- i° Ceux qui font la grande pêche, au nombre d’environ 80, tous à voiles, jaugeant entre 100 et i4o tonnes et ayant chacun 20 à 22 hommes d’équipage;
- 20 Les chalutiers à voiles, au nombre d’environ 85, jaugeant chacun 5o à 60 tonneaux et dont l’équipage est de 7 à 12 hommes ;
- 3° Les cordiers, petits bateaux de pêche à vapeur, en bois ou en fer, au nombre d’environ 35, jaugeant de 20 à 5o tonneaux et montés par 10 à 12 hommes; la force de leur machine varie entre 4o et 1 to chevaux-vapeur;
- 4° Les grands chalutiers à vapeur, au nombre de 15, d’une jauge deiioa2i5 tonneaux chacun, ayant à bord 10 à 25 hommes; la force de leur machine atteint jusqu’à 475 chevaux-vapeur.
- Les autres bateaux sont d’un tonnage assez faible ; ils ne se livrent qu’à la petite pêche.
- Le produit annuel de la pêche boulonnaise a triplé en trente ans.
- L’année 1870 a donné un produit de 4,985,788 francs; l’année 1889 arrive à 11,815,929 francs; en 1899, on obtient i2,6o5,345 francs, représentant le prix de 35,490,000 kilogrammes de poissons de toutes sortes et de coquillages.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Les différentes pèches pratiquées par les bateaux de Roulogne sont :
- La pêche du hareng (salaison à bord), qui se fait depuis le nord de l’Ecosse jusque vers Temhouchure de la Tamise, du mois d’avril au mois d’octobre;
- La pêche du hareng frais, qui s’effectue depuis l’embouchure de la Tamise jusque sur les côtes françaises de la Manche, du mois d’octobre au mois de décembre;
- La pêche mixte du hareng et de la morue, qui s’opère au nord et à Test de l’Angleterre, du mois d’avril au mois de juillet;
- La pêche au chalut, pratiquée dans toute la Manche et dans une grande partie de la mer du Nord, pendant toute Tannée;
- La pêche du maquereau (salaison à bord), sur les côtes ouest et sud de l’Irlande, du mois de mars au mois de mai ;
- La pêche au maquereau frais, sur les côtes françaises de la Manche, en mai et juin;
- Les pêches côtières, à la ligne de fond et aux fdets, à proximité du port, pendant toute Tannée ;
- Enfin, la pêche aux crevettes, la pêche à pied et la cueillette des moules, qui se font pendant presque toute Tannée, le long de la côte.
- A Roulogne, le salaire des marins pêcheurs est mensuel, surtout pour ceux qui ne font que la pêche fraîche. Ils peuvent ainsi gagner de 1,100 à i,4oo francs par an.
- Les industries reliées directement à la pêche ont, à Roulogne, une grande extension. Elles comprennent les ateliers de salaison et de saurissage, le commerce de marée et les expéditions de poissons frais, la fabrication de la glace, des caisses d’emballage et des paniers, la fabrication des filets et enfin la construction des bateaux de pêche.
- On estime à i5,ooo personnes environ le nombre des travailleurs qui vivent, à Roulogne, de la pêche et des industries annexes.
- Depuis 1883, il existe à Roulogne une station aquicole, dont le directeur actuel est M. Eugène Canu. M. Eugène Canu, docteur ès sciences, membre du Comité consultatif des pêches maritimes, a obtenu un grand prix pour ses collections et travaux sur la connaissance scientifique et sur les applications techniques des pêches et de la pisciculture. La station agricole de Roulogne est rattachée au Ministère de l’agriculture qui subvient aux dépenses annuelles de son fonctionnement; elle est également subventionnée par le Ministère de la marine.
- A la station aquicole est annexée une école professionnelle des pêches maritimes, patronnée par les Chambres de commerce de Dunkerque et Calais et par le Conseil général du Pas-de-Calais.
- Nous avons donné ci-dessus les récompenses obtenues par les exposants de Boulogne-sur-Mer, mais nous tenons à noter ici qu’un certain nombre de ces exposants avaient groupé leurs produits qu’ils montraient en un ensemble fort bien présenté.
- Fécamp. — Le port de Fécamp s’occupe principalement de la pêche de la morue. Nous avons déjà dit que le port de Fécamp envoie ses bateaux à Terre-Neuve, en Islande
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- et à Dogger’s Bank. Depuis quelques années, les armements pour Terre-Neuve ont pris un essor tel que l’augmentation des bâtiments est de 5o p. 100 sur les chiffres de 1898 et celui des équipages de plus de 60 p. 100.
- Les navires de Fécamp qui se livrent à cette pêche sont de grands trois-mâts, dont quelques-uns atteignent près de 5 00 tonneaux de jauge brute. Ils sont montés par 3o tà 36 hommes d’équipage.
- Les navires qui vont en Islande sont des dundees de i5o tonneaux de jauge brute, montés par 22 à 2 5 hommes d’équipage.
- La pêche de la morue au Dogger’s Bank est faite par les dundees armés à la pêche du hareng.
- Pour la pêche du hareng dans la mer du Nord et la Manche, et la pêche du maquereau dans la mer d’Irlande et la Manche, les bateaux sont des dundees de 120 à i5o tonneaux de jauge brute, montés par 20 à 2 5 hommes d’équipage.
- La campagne de 1899 a donné pour le quartier de Fécamp les résultats suivants :
- NOMBRE TONNAGE NOMBRE ,1 _ PRODUITS DE LA PÊCHE
- DE BATEAUX. NET. de PÊCHEURS. EN KILOGRAMMES. EN FRANCS.
- 12/l | PÊCIIE I i7,4o3 IAUTURIÈRE A I 3,242 VEC SALAISON À BORD. | 22.235,704 | 7,112,064
- 1 82 3,274 PÊCHE HAUTURIÈRE. | 1,357 1 7,025,998 | [ 1,290,231
- 289 | 1 ^9i 5 PÊCHE CÔTIÈRE EN BATEAU. [ 1,703 | 286,063 | 170,120
- // 1 " PÊCHE | 1>‘7° À PIED. | 109,180 j 116,229
- Pour la pêche à Terre-Neuve et en Islande, la durée des armements est de neuf à dix mois par an ; la saison de pêche est d’environ six mois ; le salaire des marins pêcheurs engagés à la part est de 1,000 à 1,200 francs par campagne. Pendant la période de désarmement, les mêmes marins peuvent prendre part à la pêche fraîche du hareng dans la Manche.
- Pour la grande pêche du maquereau, la durée des armements est de quatre mois par an, le salaire des marins engagés à la part est de 300 francs par campagne.
- Pour la grande pêche du hareng, durée des armements : six mois par année; le salaire des pêcheurs engagés à la part est de 700 à 800 francs par campagne.
- Les pêcheurs payés mensuellement reçoivent de 80 à 100 francs par mois.
- La ville de Fécamp possède une école de pêches maritimes.
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- Le Groisic. — Les bateaux de pêche du quartier du Croisic s’élèvent à 3io. Ils comprennent :
- NOMBRE. JAUGE TOTALE.
- Bateaux............................................. 4i 55ol
- Chaloupes.............................................. i4o 1,000
- Canots................................................. 137 160
- Vapeurs.................................................. 9 70
- Ils sont montés par les inscrits maritimes du quartier au nombre de 1,564.
- Les équipages sont payés à la part.
- Les vapeurs font toute l’année la pêche à la drague aux plateaux.
- Les bateaux pontés font, de novembre à mai, la pêcbe à la drague avec chalut à perche et de juin à novembre la pêche au thon.
- Les chaloupes font, d’octobre à mai, la pêche du homard, de la crevette, du merlan et un peu du chalut. De mai à octobre, elles pêchent la sardine.
- Les canots font, l’hiver, la même pêche que les chaloupes; l’été, la sardine, le maquereau et autres poissons tels que congres, lieux, etc.
- En 1889, la pêche a donné à Fécamp environ 900,000 kilogrammes de poissons, crustacés, huîtres et coquillages représentant une valeur approximative de 2,200,000 francs.
- Indépendamment des bateaux dont il vient d’être parlé, il existe encore plusieurs bateaux viviers qui vont sur les côtes du Portugal et aux îles d’Hoedic et Houat chercher des chargements de langoustes pour le compte de mareyeurs. A leur arrivée, les langoustes sont mises dans des viviers, les uns flottants, les autres creusés dans le roc. Nous n’avons pas de données exactes sur l’importance de cette industrie.
- La pêche à pied occupe un personnel assez important ; elle représente une valeur de 1 41,000 francs.
- Il existe au Croisic une fabrique de glace, deux fabriques de]vannerîe et une usine de salaisons de sardines.
- Une école maritime y est installée.
- Les Sables-d’Olonne. — Par sa situation au centre des côtes du golfe de Gascogne, le port des Sables-d’Olonne contribue à l’approvisionnement de la France en poissons frais et conservés.
- On y compte 427 bateaux de pêche, tous à voile, correspondants au chiffre total de 4,946 tonneaux.
- Ce port arme :
- i° Des chalutiers à voiles, montés par six à huit hommes, faisant la pêche hauturière, se livrant l’hiver à celle du poisson de fond, et Tété à celle du thon;
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- a0 Des embarcations non pontées, pratiquant la pêche au petit chalut et l’été celle de la sardine et des crustacés. 3,o33 hommes sont employés, la plupart à la pêche en bateaux, quelques-uns seulement pratiquent la pêche à pied.
- Les filets employés aux Sables sont, la plupart, faits à la main par les femmes dans les familles des pêcheurs et rapportent environ 1 fr. 5o de salaire par jour.
- Le rendement de 1889 a été de 2,109,246 francs ; celui de 1899,2,328,756 francs, représentant 3,648,388 kilogrammes de poissons.
- Une grande partie du poisson frais pêché aux Sables-d’Olonne est expédié en France pour y être consommé; mais il en est exporté en Angleterre, en Belgique, en Suisse et dans la haute Italie.
- Les conserves de sardines et de thon sortent de France, à destination, en général, des deux Amériques.
- De temps immémorial, les équipages naviguent exclusivement à la part, régime qu’ils mettent au-dessus du salariat.
- Le salaire moyen du matelot pêcheur est d’environ 2 fr. 5o par jour.
- Les Sables-d’Olonne possèdent d’importantes usines qui font des conserves à l’huile.
- Aux ressources de la pêche et de ses dérivés, il y a lieu d’ajouter l’industrie du sel marin dont les produits s’exportent sur navires, à destination des ports de la Manche ou de la mer du Nord, ou sont enlevés par voie ferrée et expédiés pour diverses localités et notamment à Paris.
- La ville des Sables-d’Olonne a organisé une école municipale de pêche.
- Il y existe aussi un laboratoire de zoologie marine dont le directeur est M. Odin.
- Dieppe. — Le port de Dieppe compte, en 1899, 11 vapeurs chalutiers, 8 vapeurs polletais, 4 bateaux armés pour la pêche du hareng, 37 canots.
- Tous ces bateaux se livrent principalement à la pêche du poisson frais dans la Manche.
- Le produit total delà pêche s’est élevé pour 1889 à 1,975,515 francs, y compris la pêche de deux navires terre-neuviens, soit n8,53o francs, et pour 1899, à 1,906,010 francs.
- Le nombre des pêcheurs est de 526 marins en bateaux et de 576 à pied.
- Leur salaire varie de 1,100 à 1,800 francs, par homme.
- Dieppe possède une école de pêche maritime dirigée par M. Lavieuville.
- Marseille. — Le nombre des bateaux pourvus d’un rôle régulier était de 831 en 1889, et de 951 en 1899. La plupart sont des bateaux latins avec grandes voiles et foc ; quelques-uns sont de genre catalan avec mât penché vers l’avant et soutenant une seule voile. Bien peu sont à demi pontés ; la majeure partie est dépourvue de toute espèce de fond. Le tonnage moyen est de 1 tonne 1/2. Leur longueur varie depuis vingt et un pans jusqu’à vingt-cinq pans. Le pan est de 0 m. 2 5.
- La pêche qui se pratique dans le quartier de Marseille est uniquement la pêche cô-
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- tière. Par suite de la topographie sous-marine, les fonds tombent non loin du littoral, à plus de 200 mètres et sont, par conséquent, dépourvus presque complètement de poissons; les pêcheurs exercent donc leur industrie à la côte même.
- Le produit de la pêche, en 1899, s’est élevé à 1,069,175 francs.
- Le nombre des pêcheurs inscrits qui était, en 1889, de 1,743, atteignait, en 1899, le chiffre de 2,100.
- Les patrons qui sont tous propriétaires de leurs barques et de leurs filets, sauf de rares exceptions, retiennent sur le produit de la pêche un quart, plus un second quart pour leur travail quotidien. L’autre moitié est répartie entre les divers matelots. Le salaire journalier de ces derniers est en moyenne de 2 fr. 5o.
- Il existe à Marseille une école des pêches maritimes.
- Groix. — Le nombre des bateaux de pêche s’élève à 2 4o environ, soit : 180 dundees de 35 à 4o tonneaux, 5o petits bateaux creux faisant la pêche côtière.
- La pêche à la drague se fait de novembre à juin, et la pêche du thon, de juillet à septembre.
- Le quartier de Groix compte i,5oo pêcheurs sur une population totale de 5,ooo habitants. L’industrie de la pêche est donc exclusivement celle de la population de l’ile.
- Le salaire des marins est variable, mais on peut dire qu’en moyenne le gain annuel de chaque pêcheur est d’environ 1,000 francs.
- Le produit de la pêche s’élève de 3,5oo,ooo francs à 4,000,000 de francs par an.
- Groix possède une école de pêche. Elle est dirigée par M. Guillard qui a été le promoteur de la création de ces écoles.
- Paimpol. — Le port de Paimpol pratique surtout la pêche sur les côtes d’Islande. Nous en donnons les résultats comme suit :
- 1889. 1899.
- Nombre de navires armés...........
- Nombre d’hommes embarqués. . . . Salaire du navire le plus heureux..
- Salaire moyen.....................
- Salaire du navire le moins heureux.
- 32 36
- 726 860
- i7,75or 24,000*
- i3,4oo 19,600
- 7,200 13,600
- - Les salaires sont partagés en 26 parts i/3. Le capitaine prend 3 parts 4o et le mousse 0,20 de part.
- Cette. — 11 y a à Cette deux genres de pêche bien distincts : la pêche à la mer et la pêche dans le port et l’étang.
- Pour la pêche à la mer, les bateaux en usage sont :
- i° Les bateaux bœufs, 12 mètres de long, 4 m. 33 de large et 1 m. 70 de tirant d’eau ;
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- 2° Les bateaux catalans, 7 mètres de long, 2 m. 60 de large, 0 m. 60 de tirant d’eau ;
- 3° Les Galitos, 5 mètres de long, 2 mètres de large, 0 m. 5o de tirant d’eau.
- En 1898, cette pêche occupait 5^5 marins et 153 bateaux.
- La pêche dans les canaux et l’étang de Th au se fait au moyen de nacelles à fond plat
- ayant 4 m. 5o à 5 m. 5o de longueur, 1 mètre à 1 m. 5o de large, et 0 m. 1 0 à
- 0 m. 15 de tirant d’eau.
- Ces nacelles étaient, en 1898, au nombre de 209, montées par 287 pêcheurs.
- Dans la même année, le produit de la pêche s’est élevé à 517,651 francs.
- Il n’y a plus à Cette d’armement pour la grande pêche.
- Il y existe neuf ateliers de salaisons et d’expédition de poissons frais.
- Dunkerque. — Les marins de Dunkerque pratiquent la grande et la petite pêche.
- 80 navires sont armés pour la pêche de la morue en Islande; la jauge nette de ces derniers s’élève à 7,577 tonneaux et l’effectif de leurs équipages à i,4o4 hommes.
- Le tableau ci-dessous résume les résultats obtenus pendant l’année 1899 , qui peut être considérée comme une année moyenne.
- DÉSIGNATION des QUARTIERS MARITIMES. NOMBRE de BATEAUX cmploye's. TONNAGE. NOMBRE de PÊCHEURS. SALAIRES MOYENS. RENDEMENTS.
- tonneaux. francs. francs.
- GRANDE PÊCHE.
- Dunkerque 81 7’712 I 1,382 35o I 2,372,000
- Gravelines 18 1,262 1 a79 35o | h 5o,/Gi8
- PETITE PÊCHE.
- Dunkerque 93 788 3oo 680 256,ooo
- Gravelines 122 1,860 1,000 800 1,200,698
- Totaux 3i4 11,622 2,961 2,180 4,279,i46
- La Rochelle. — Il existe dans ce port 200 bateaux se livrant à la grande pêche; ces bateaux sont gréés en dundee ou en barque et sont armés de cinq à six hommes, compris un mousse; ils jaugent en moyenne 20 à 25 tonneaux. La pêche se fait au chalut. Les pêcheurs naviguent à la part; ils partagent par moitié avec l’armateur du bateau le produit net de la vente de la pêche. La part d’un matelot pêcheur calculée sur le rendement de 5 bateaux pendant trois ans s’élève à 1,075 fr. 90; la part du patron ressort à 1,863 fr. 85.
- Depuis quelques années, le produit de la vente du poisson de mer à l’encan municipal, est en progression constante ; il s’est monté, en 1899, à la somme de 2 millions 428,842 francs.
- Il existe, à la Rochelle, une école de pêche.
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- Arcachon. — Dans le quartier d’Arcachon, la pêche est pratiquée par 1,100 embarcations environ, montées en général par 2 hommes ; 2 0 vapeurs ayant 1 2 hommes d’équipage; quelques chaloupes et dundees montées par 5 ou 6 hommes.
- La pêche se fait soit en mer, soit dans le bassin.
- i° Pêche en mer :
- a. Pêche au chalut. — Les marins embarqués sur les chalutiers à vapeur sont engagés au mois. Leur riourriture est à leur compte. Ils gagnent environ 110 francs par mois; le novice ne touche que 80 francs, le mousse 5o francs. Les pêcheurs reçoivent, en outre, des parts de pêche.
- Les équipages des chaloupes qui font également la pêche au chalut en mer sont engagés à la part. Il revient 5o p. 100 à l’équipage. Le patron reçoit une part et demie, ses matelots une part, le novice ou mousse une demi-part.
- h. Autres genres de pêche en mer :
- Pêche à la. sardine. — Cette pêche est pratiquée au moyen de petites embarcations montées généralement par deux hommes. Le produit de la pêche est partagé par moitié ou par tiers, selon que les fdets leur appartiennent en commun ou qu’ils sont la propriété exclusive du patron. 300 à 4oo marins environ se livrent à cette pêche, presque toute l’année.
- Pêche à la grande seine. — 12 bateaux, montés par i5 hommes, pratiquent cette pêche accidentellement, mais toutes les fois que l’état de la mer permet à ces embarcations (de 2 tonneaux seulement) d’atterrir sur les côtes de l’Océan, le tiers du produit de la pêche est attribué au propriétaire du bateau, les deux autres tiers sont partagés entre les 15 hommes de l’équipage; toutefois le patron reçoit une part double.
- 20 Pêche dans le bassin :
- a. Pêche à la courtine. — Cette pêche est faite pendant six mois par 80 tilloles. Les propriétaires montent leur embarcation seuls avec un mousse ou un novice qu’ils nourrissent et dont les salaires ne dépassent pas 15 à 2 0 francs par mois.
- h. Pêche à la petite seine. — 3o embarcations environ font cette pêche; elles sont montées par 4 hommes. Le patron, propriétaire des fdets, perçoit une part double de celle qui revient à chacun des hommes de l’équipage.
- c. La pêche au flambeau, d’autres genres de pêche sont pratiquées, pendant la saison d’été, par un grand nombre d’embarcations montées par deux marins qui se partagent le produit net de la vente du poisson.
- Le nombre des marins inscrits au quartier d’Arcachon est de 3,2 00. Peu de ces marins pratiquent la grande navigation. Ils embarquent sur les yachts de plaisance, font la pêche côtière et se livrent activement à l’ostréiculture, industrie très importante dans le bassin d’Arcachon.
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- La pêche au chalut par bateaux à vapeur prend une certaine extension dans le quartier.
- En 1889, on armait seulement 6 vapeurs pour cette pêche : actuellement 4 sociétés ou pêcheries ayant leur siège à Arcachon arment ensemble 20 chalutiers à vapeur montés par 2A0 hommes.
- Nous donnons, dans le tableau suivant, la comparaison des moyens et des résultats des années 1889 et 1899.
- rÊCHE EN BATEAU.
- ANNÉES. NOMBRE TONNAGE. VALEUR
- DES PECHEUBS. DES BATEAUX. DES ENGINS. DES BATEAUX. DES PB0DUITS.
- francs. francs. francs.
- 1889 1,965 900 1,200 000,000 743,8oo 618,907
- 1899 2,1 a5 i,o33 i,573 636,800 1,270,65o 1,338,027
- Pêche à pied. —En 1889, io5 pêcheurs ont obtenu des produits dune valeur de 2,100 francs.
- En 1899, 280 pêcheurs sont arrivés à un résultat de 27,536 francs.
- II existait à Arcachon, en 1889, ^>000 parcs aux huîtres; nous en trouvons, en 1899, 5,933.
- Le total des quantités d’huîtres sorties s’élevait :
- E11 1889, à 247,734,000huîtres, d’une valeur de......... 3,543,oo5 francs.
- En 1899, à 299,484,000 huîtres d’une valeur de. . ...... 2,898,272
- L’exportation se montait :
- En 1889, à 15,900,000 huîtres, d’une valeur de.......... 238,5oo francs.
- En 1899, à 4,4oo,ooo huîtres, d’une valeur de........... 53,600
- Ces chiffres démontrent que la situation de l’ostréiculture n’est pas florissante. La valeur marchande du produit a diminué. Comme les pêcheurs, les ostréiculteurs demandent l’abaissement des tarifs de transport et la réduction, ou même la suppression, des droits d’octroi dont sont frappés leurs produits dans les grandes villes.
- Arcachon possède une école régionale de pêche et de navigation. Le commissaire de l’inscription maritime du quartier en est le directeur.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- LA PÊCHE AUX COLONIES FRANÇAISES.
- ALGÉRIE.
- L’Algérie est baignée par la Méditerranée sur plus de i,3oo kilomètres.
- Le poisson abonde sur les côtes algériennes de la Mombaya à la Galle et de Ta-barka à la Tripolitaine. Elles voient aussi les passages des poissons voyageurs.
- Les ports dont les marins se livrent à la pêclie sont :
- Dans le département d’Oran : Beni-Saf, Nemours, Oran, Arzew, Mostaganem.
- Dans le département d’Alger : Tenès, Cherchell, Castiglione, Alger, Dellys.
- Dans le département de Gonstantine : Bougie, Djidjelli, Philippevîlle,'Bône, la Galle.
- La flottille algérienne de pêche se compose actuellement, c’est-à-dire en Tan 1900, de 1,177 bateaux jaugeant ensemble 4,9/10 tonneaux.
- Les engins de capture employés sont parmi les traînants : la senne et le bœuf, et parmi les flottants : le sardinal et le lamparo. Des pêcheries fixes, dites madragues, sont établies sur quelques points, et partout on emploie l’hameçon, soit en lignes de fond, lignes de traine, palangres et palangrotes.
- Pour la pêche du corail, on se sert, suivant les fonds auxquels on doit pêcher le produit, des engins suivants : i° la croix grecque, plus communément appelée la croix de Saint-André; 20 le scaphandre. Deux autres engins : la gratte en fer et la sa-labre, destructeurs des bancs, sont utilisés quelquefois, quoique sévèrement et à juste raison prohibés.
- Les embarcations, à part celles réservées à la pêche du large et dans les golfes ont généralement une capacité de deux à trois tonneaux de jauge et sont montées chacune par quatre hommes en moyenne.
- Les principaux poissons recueillis sur les côtes de l’Algérie sont :
- L’allache, la bonite, le grondin, le maquereau, le merlan, le mérot, le pagel, le poulpe, la raie, la rascasse, le rouget, la sardine, la sole, divers squales, etc.,parmi les polypes, le corail et parmi les spongiaires, les éponges.
- En 1898, le produit de la pêche algérienne s’est élevé à 6,548,000 kilogrammes représentant une valeur de 3,339,027 francs^.
- La pêche du corail ne se présente que pour 60,973 francs dans ce montant total.
- W La Colonisation maritime en Algérie, Henri Gau rot, Alger, 1900.
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- Pour cette pêche, deux catégories de barques sont utilisées :
- i° Celles de petite pêche, jaugeant trois à quatre tonneaux et montées par sept hommes d’équipage. Toutes gréées elles valent de 2,5oo à 3,ooo francs et coûtent d’entretien 5oo francs par campagne de pêche;
- 2° Celles de grande pêche jaugeant douze à quinze tonneaux et montées par douze hommes d’équipage. Toutes gréées elles valent, l’une, de A,5oo à5,ooo francs, et coûtent d’entretien environ 1,000 francs par campagne de pêche.
- On pêche aussi le corail à l’aide de petites embarcations montées par trois ou quatre hommes, l’engin de ces petits bateaux ne dépasse pas, à la croix, un mètre de diamètre.
- Les marins employés à la pêche du corail sont nourris aux frais de l’armateur et rétribués à raison de Ao à A5 francs par mois payés d’avance.
- La pêche côtière fut longtemps, en Algérie, le monopole presque exclusif des marins étrangers corailleurs et pêcheurs. Elle est encore exploitée, soit par des Italiens, soit par des individus naturalisés, pendant le temps qu’ils sont dans les eaux françaises. Des essais de colonisation maritime ont été tentés à différentes reprises par le Gouvernement de l’Algérie. Des pêcheurs bretons et du Midi de la France, auxquels des avantages furent concédés, vinrent s’établir avec leurs familles sur la côte d’Afrique.
- Ces essais n’ont malheureusement pas réussi. Pour diverses raisons, les pêcheurs français ne purent s’acclimater, et au bout de quelque temps on dut les rapatrier.
- Dans un intéressant ouvrage^ exposé dans le Palais de l’Algérie, M. Henri Garrot demande s’il n’y aurait pas lieu «d’encourager les jeunes indigènes à la pratique de la petite pêche. En leur donnant, avec l’indépendance provenant du travail, l’aisance qui la suit, nous relèverions le commerce et l’industrie en Algérie. Nous préparerions, en même temps, dit-il, à notre marine marchande des navigateurs et à nos vaisseaux de guerre des matelots exercés». Pour cette notice, M. Garrot a obtenu du jury une mention honorable.
- En attendant que cette question soit résolue, une école de pêche a été fondée à Philippeville pour aider à transformer les enfants de nos colons en bons marins pêcheurs.
- On peut évaluer à près de 20,000 personnes le nombre de marins et des membres composant leurs familles, vivant actuellement en Algérie des produits de la pêche. M. Garrot constate que ce chiffre pourrait être à bref délai considérablement augmenté si l’installation de fabriques de conserves et de salaisons suffisamment outillées, placées tant sur les points jusqu’à présent fréquentés que sur les côtes négligées permettait aux pêcheurs de tirer parti des innombrables espèces que leur offre la mer.
- Il appartient aux gens d’initiative d’étudier les ressources encore peu exploitées de la pêche sur le littoral algérien et d’aviser aux moyens pratiques de les développer.
- M La Colonisation maritime en Algérie, Alger, 1900.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE S 1900.
- Souhaitons que la mise en valeur d’une des branches les plus intéressantes de nos richesses coloniales restées trop longtemps dans le domaine de la discussion théorique devienne enfin une réalité.
- ÉTABLISSEMENTS FRANÇAIS DE L’OCÉANIE.
- Archipels Tuamotu et Gambier. — La source principale des revenus des îles Tuamotu et Gambier est la pêche de la nacre.
- Cette pêche se fait par des plongeurs. L’usage du scaphandre, adopté momentanément, a été interdit comme appauvrissant trop les lagons nacriers.
- En vue d’enrayer l’épuisement de la nacre dans les lagons producteurs, l’administration a réglementé la pêche par divers arrêtés et décrets qui ne sont pas toujours observés.
- L’espèce que l’on pêche dans les îles Tuamotu et Gambier est la grande pinladine (.Meleagrina marg antifer a), très recherchée pour sa dimension, son épaisseur et son irisation.
- La production annuelle de la nacre, établie d’après la moyenne des huit dernières années, est de 56o tonnes, représentant une valeur approximative de 1,200,000 fr.
- Il est assez difficile d’évaluer l’importance du commerce de perles, qui se fait dans ces îles; cependant on peut l’estimer à un chiffre variant, suivant les années, de 100,000 à 1 5o,000 francs.
- Nous constatons, avec regret, que l’exportation de la nacre et des perles est presque tout entière faite par le commerce étranger. Sur les 56o tonnes de nacre, il n’y en a guère que 20 qui soient dirigées sur la France. Le reste de la production est exporté par des maisons étrangères, en majeure partie sur le marché de Londres, où il s’ajoute aux stocks de provenances diverses.
- Il faut constater, d’autre part, que l’industrie française s’adresse, pour son approvisionnement en nacres brutes, à ces mêmes maisons de Londres, qui touchent de ce fait le plus clair des bénéfices d’un commerce qui pourrait être drainé exclusivement et directement sur la France.
- Il est certain que la concentration de la nacre du monde entier sur un seul marché paraît favorable à l’écoulement judicieux de cette marchandise.
- Nous possédons dans les établissements de l’Océanie un élément de richesse qu’on ne saurait trop ménager, surveiller et administrer pour le bien des populations de ces îles, dans l’intérêt de la colonie et de notre commerce national, mais nous devons souhaiter que l’industrie et le commerce français fassent des efforts pour que cet écoulement puisse se produire en faveur de Paris ou de Marseille.
- Pour son exposition de nacres et écailles de tortue, M. Y. L. Raoulx a reçu une médaille de bronze.
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- INDO-CHINE.
- Le poisson foisonne dans la mer qui baigne les côtes des trois pays qui forment Tunion Indo-Chinoise. Il est également abondant dans les rivières et les lacs de ces pays. C’est un des principaux éléments de l’alimentation des indigènes.
- Les produits de la pêche entrent pour 7,53o,i37 francs dans le mouvement général d’exportation de Tlndo-Chine. Ils se composent presque exclusivement de poissons salés.
- Cambodge. — La pêche fluviale et maritime est une des grandes ressources du Cambodge, mais la richesse spéciale du pays provient delà pêche annuelle des grands lacs, qui couvrent 1 4 o kilomètres de superficie.
- Dans le montant total indiqué ci-dessus, le Cambodge figure pour 11 i,5oo piastres, représentant 9,327,742 kilogrammes de poisson vivant, et 1 million de piastres représentant 20 millions de kilogrammes de poisson sec.
- La piastre d’argent vaut environ 2 fr. 5o; de 1862 à 1898, elle a subi des variations considérables : elle est tombée de 6 fr. 10 à 2 fr. 38.
- Annam. — Dans un pays comme l’Annam, où le poisson est la base de la nourriture d’une population’ évaluée à 5 millons d’habitants; et qui est bordé par la mer sur une longueur de plus de 1,000 kilomètres, on serait tenté de croire que la pêche maritime atteint une grande importance; il n’en est pas ainsi, car après avoir satisfait à l’alimentation des indigènes, les produits de la pêche fournissent au commerce d’exportation un appoint à peine appréciable.
- Il est bien certain que toutes les provinces riveraines de la mer ne sont pas également favorisées, comme facilité de navigation ou de communication, soit comme équivalence de variétés ou de qualités, soit encore au point de vue des ressources pour la préparation des conserves et saumures, soit enfin sous le rapport de la fréquentation de leurs ports et rades par des bateaux étrangers, échangeant leurs marchandises contre tous objets à leur convenance, parmi lesquels les conserves de poisson occupent un rang important.
- Mais certaines provinces du sud, Binh-Thuan et Khanh-Hoa, sont particulièrement avantagées par l’existence de nombreuses baies, permettant la pêche en toute saison, même aux plus petites embarcations, dans des abris excessivement sûrs, servant en outre de refuges à de nombreuses variétés de poissons. Les produits de la pêche dans ces provinces alimentent les fabricants de salaisons et de saumure installés à proximité des vastes salines de la région.
- S’il est possible de donner, comme nous l’avons fait, le montant de l’exportation de l’Indo-Cbine en produits de la pêche, nous ne pouvons fixer, même approximativement, le rendement général de ces produits dans cette importante colonie. Les échanges
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- à l’intérieur échappant à tout contrôle, ne peuvent faire l’objet d’aucune évaluation.
- Un seul exposant, le Comité local de l’Indo-Chine, a soumis quelques produits à l’appréciation du Jury. Le Comité local a obtenu une médaille d’argent.
- SAINT-PIERRE ET MIQUELON.
- La pêche de la morue est la grande industrie de ces îles.
- Dès le mois de mars, les marins des ports de Rretagne et de Normandie s’embarquent pour Saint-Pierre et Miquelon. Leur nombre s’élève à 7,000 ou 8,000.
- La pêche de la morue se fait non seulement sur le French-Shore, mais aussi sur les bancs de Terre-Neuve. Ces bancs, qui attirent toutes les forces vives de l’industrie mo-rutière, sont situés au sud et au sud-ouest de l’ile de Terre-Neuve.
- Autrefois, la pêche se faisait avec la ligne de main, procédé encore employé parles Américains. Elle se pratique maintenant en ligne de fond, et les chaloupes qui étaient employées pour aller tendre ces lignes, sont remplacées par les doris.
- Les doris sont des embarcations légères à fond plat, tenant bien la mer; elles sont montées par deux hommes.
- Avant 1 885, nous étions tributaires des Anglais de Terre-Neuve pour la fourniture de la boette nécessaire à la pêche. Depuis cette époque, nous employons un autre appât, le bulot, que nos pêcheurs se procurent sur les lieux de pêche mêmes.
- On compte, sur la côte ouest de Terre-Neuve, i5 homarderies entre les mains de sept concessionnaires français. Ces établissements ont fourni, en 1890, 2,329 caisses de conserves; chaque caisse comprend A8 boîtes de homard, et la boîte contient environ 500 grammes. Le homard, mis en boîte, se paye 5 centimes; il entre, dans chaque boîte, un ou deux homards, suivant la grosseur. ^
- La petite pêche s’exerce autour des îles Saint-Pierre et Miquelon, dans des canots à fond plat, dénommés warys\ ces embarcations, non pontées, se dirigent à la voile ou à Paviron, suivant que le temps est plus ou moins maniable. On compte, dans la colonie, A53 warvs que montent 1,050 hommes.
- Le petit pêcheur exploite les fonds de pêche pour son propre compte. Il a un matelot, à qui il abandonne le tiers de sa pêche. Au bout de sa campagne, il peut mettre de côté de 1,200 à i,5oo francs.
- La morue de Terre-Neuve s’exporte en France, en Italie, en Espagne, dans le Levant, aux Etats-Unis et dans nos possessions des Antilles.
- Le prix delà morue varie d’une année à l’autre. Pour ces trois dernières années, la morue a été payée entre 1A francs et 17 francs le quintal, dont le poids à Saint-Pierre et Miquelon est de 55 kilogrammes pour la morue verte et 5o kilogrammes pour la morue sèche.
- L’industrie de la pêche à la morue est primée par le gouvernement français. C’est une des causes qui explique pourquoi elle est florissante.
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- Dix francs de primes sont accordés par quintal de 5o kilogrammes, pour les morues sèches expédiées de Saint-Pierre, à destination des colonies françaises ou des pays étrangers. La morue verte, expédiée de Saint-Pierre sur un port de France, n’est pas primée, mais si elle est séchée en France et réexportée à l’étranger, il lui est alloué une prime de 8 francs par quintal de 5o kilogrammes.
- Indépendamment des primes sur les produits de pêche, il y a les primes d’armement. On alloue 5o francs par homme d’équipage quand le navire est armé avec sé-chcrie, et -3o francs par homme quand le navire est armé avec salaison.
- Ces allocations se justifient notamment par ce fait que la navigation en vue de la pêche à la morue est regardée comme propre à former des marins capables et solides.
- Nous devons croire que cette raison seule a sa valeur puisque, depuis 1816,les lois sur les primes ont été constamment renouvelées.
- Le traité d’Utrecht, qui, en 1713, reconnut à l’Angleterre la propriété de l’ile de Terre-Neuve, laissait à la France le droit exclusif de pêche sur une partie du littoral qui est dénommée French-Shore. Le texte de ce traité est si explicite, qu’il ne semble pas qu’il puisse prêter à des contestations, mais les habitants de Terre-Neuve, empiétant sur les droits reconnus aux pêcheurs français, soulèvent depuis quelques années des conflits. Jusqu’à'présent, l’Angleterre a réagi contre cette méconnaissance de la foi due aux traités. Elle paraît cependant envisager, comme une éventualité désirable, la cession de nos droits sur le French-Shore. Nous avons confiance que les avantages que nous trouvons dans la pêche à Terre-Neuve, soit pour le recrutement de nos marins, soit pour le travail qu’elle procure à nos pêcheurs, seront défendus par notre gouvernement avec autant de fermeté que de clairvoyance.
- EXPOSANTS RÉCOMPENSÉS.
- Médaille d’or. — Mllc Busnel, à Saint-Malo, pour l’huile de foie de morue;
- Médailles d’argent. — MM. Légasse (Emile) et Le Bue (produits de la pêche); Médadles de bronze. — Le Comité local, à Saint-Pierre et Miquelon (ustensiles et objets d’armement), Poiiuiieh (un doris), Tajan (huiles).
- TUNISIE.
- La grande étendue des côtes de la Régence donne à l’industrie de la pêche une réelle importance; elle se fait également dans les lacs de Tunis, de Bizerte et de Porto-Farina et des Bibans. L’industrie de la pêche fait vivre toute une population maritime, oii malheureusement Télément français ne figure presque pas. Le golfe de Gabès et les côtes de Mehdia fournissent les éponges; le golfe de Gabès les poulpes.
- Parmi les nombreuses espèces de poissons qui abondent sur les côtes, nous citerons particulièrement les sardines de Tabarca, les allaches de Mehdia, les anchois d’Ham-Gn. IX. — Cl. 53. 3o
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- mamét et les clovisses des îles Kerkennali, le thon, le poulpe. Le thon se fait salé ou à Thuilc, Tallache est salée, le poulpe séché 01
- Les bateaux qui servent à la pêche sont de toutes formes, immuables depuis des siècles : bateaux tunisiens, tels que brick-goélettes, goélettes, chebecks, carèbes, lou-des et sandales, balancelles italiennes, saccolèves et kamakis grecs.
- La pêche du poisson se pratique au filet-bœuf, sorte de chalut, au bourgin, au tra-mail, etc.
- En dehors de la pêche par bateau, d’importantes pêcheries fixes, madragues pour la pêche du thon, bordigues pour la capture des espèces vivant dans les lacs tunisiens, sont installées sur différents points des côtes.
- La pêche dans le lac de Tunis, qui constitue une dépendance de la mer, est affermée depuis quelques années.
- Le corail et les éponges sont parmi les produits les plus caractéristiques des côtes tunisiennes.
- La réglementation de la pêche du corail n’existe pas en Tunisie. Elle serait cependant nécessaire pour protéger cette industrie. Nous constatons, avec regret, quelle se trouve également presque entièrement entre les mains des étrangers.
- Les éponges représentent un mouvement commercial important, que nous donnerons plus loin. Lorsque nous étudierons Y éponge, en général, nous établirons en même temps que la situation créée aux importateurs français par des droits de douane excessifs est une entrave au développement de ce commerce avec notre pays de protectorat.
- Les pêches ont donné, en 1898, les résultats suivants9) :
- QUANTITES. VALEURS.
- kilogr. francs.
- Sardines de Tabarca 899,500 1 79,900
- Anchois 34,700 :?4,3oo
- Allachcs de Melidia i36,2oo 16,4oo
- Thons 1,573,000 471,700
- Poulpes i38,8oo 6;2,5oO
- Autres poissons 2,2ü3,000 1,320,600
- Eponges 181,200 2,604,700
- Total x........................ 5,i66,4oo /i,68o,ioo
- L’exportation a élé évaluée ainsi :
- VALEURS.
- i'ran cs.
- Thons et boutnrgues................................................... 452,236
- Poissons secs, salés et fumés......................................... 434,574
- Poissons frais........................................................ 3oi,338
- Poulpes......................................................... 53,577
- Poissons mari nés ou h l’huile.................................. 15,315
- Éponges lavées ..................................................... 2,034,192
- Totai............................. 3,291,232
- Les produits tunisiens sur le marché de Pans, par Albert Du vau.
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- Les éponges sont, pour la plus grande partie, exportées en France et en Belgique. Les poissons séchés, salés ou fumés, comme les sardines, les anchois, les allaches, les thons, les poulpes, sont exportés en Italie et en Grèce. Les autres poissons sont notamment consommés sur place. 288,000 kilogrammes de poissons frais ont été expédiés en France, en 1898.
- Les exposants de la Tunisie ont reçu les récompenses suivantes :
- Grand prix. — La Direction générale des Travaux publics de la Régence, pour ses modèles de barques de pèche, ses engins et ses produits marins.
- Médailles d’or. — La Société les Pêcheurs réunis, pour un plan en relief du port de Tunis ; la Compagnie du port de Bizerte , pour un plan de ce port.
- Médailles de bronze. — La Chambre de commerce française de Tunis, pour ses produits conservés dans l’alcool; la Chambre mixte de commerce et d’agriculture du sud de la Tunisie, pour ses divers produits marins.
- Mentions honorables. — MM. Amor ben Chabanne (poulpes); Néoclés Théodorides ; Parienté (éponges).
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- LA PÊCHE FLUVIALE.
- La France possède un admirable réseau de cours d’eau dans lesquels s’exerce la pêche fluviale; nous ne pouvons pas constater que cette pêche se trouve dans une situation florissante.
- Depuis de longues années les pêcheurs font entendre leurs doléances, ils signalent l’appauvrissement des eaux et demandent des mesures de protection. Nous estimons que les mesures à prendre consistent tout d’abord à exiger une surveillance plus grande pour faire exécuter des lois et des règlements qui ne sont pas observés.
- Certes, des causes diverses contribuent à détruire le poisson de nos rivières.
- D’abord les travaux de curage qui, en enlevant des plantes sur lesquelles beaucoup d’espèces viennent déposer leurs œufs, nuisent au repeuplement.
- Aux effets du curage se joignent ceux de l’endiguement et de la régularisation du lit des fleuves et des rivières, qui font aussi disparaître un grand nombre d’anses, de mortes convenant à l’opération du frai.
- Les bateaux et surtout ceux à vapeur, par les remous qu’ils occasionnent, suppriment nombre de frayères et détruisent beaucoup d’œufs.
- Les barrages sont également très préjudiciables à la propagation des poissons migrateurs, qui ont besoin de remonter les cours d’eau pour y frayer. Il faut noter que, dès que l’ouvrage dépasse 1 m. 5o, la plupart de ces espèces migratrices ne peuvent les franchir.
- A ces diverses causes, il faut ajouter les effets désastreux produits par la vidange périodique des canaux de navigation, l’infection des eaux par le rouissage du lin, le déversement des égouts, la contamination des eaux par les résidus industriels et enfin le braconnage.
- Il est assez difficile de trouver un remède efficace contre ces différentes causes de dépeuplement.
- La loi du 3i mai i865 a apporté un tempérament aux inconvénients présentés par les barrages en autorisant le gouvernement à déterminer par des décrets rendus par le Conseil d’Etat, après avis des conseils généraux, les parties des fleuves, rivières et canaux où seraient établies des échelles.
- Enfin, pour remédier au braconnage, une réglementation sévère du droit de pêche a été édictée; mais il ne suffit pas d’élaborer des règlements, il faut encore les faire observer. C’est, celte observation rigoureuse qu’il serait nécessaire de rappeler aux agents chargés de faire exécuter les lois.
- Nous voulons espérer que les mesures que nous venons d’indiquer, le développement de la pisciculture, les modifications de nos procédés et les perfectionnements de nos
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- engins que nous impose la comparaison avec l’étranger favoriseront le repeuplement de nos cours d’eau et amélioreront les résultats que nous devons en tirer.
- Depuis quelques années, un mouvement semble se produire en faveur de la pêche. Il s’est formé 1 52 sociétés ou syndicats, groupant 25,650 membres et commissionnant 1 2 1 gardes particuliers.
- Mentionnons la Société centrale d’aquiculture et de pêche qui, depuis l’année 1889, fait les plus louables efforts pour favoriser le développement progressif de la production des eaux.
- Depuis dix ans, nos marchés ont été tributaires de l’étranger pour leur approvisionnement en poissons d’eau douce pour une somme de 52,867,548 francs. Dans ce chiffre, l’année 1899 est comprise pour la somme de 5,079,775 francs, mais nous constatons une diminution de 800,000 francs sur l’année précédente et de i,500,000 francs sur Tannée 1896.
- Le Jury a donné une médaille d’or à M. de Marcillac, de Bessemont (Aisne) pour ses produits de pisciculture.
- LES ENGINS.
- Le grand centre de production des articles de pêche, en France, est Paris; ils se fabriquent aussi principalement à Toulouse, Amboise, Angers, Bordeaux, Lyon.
- On évalue que cette industrie occupe, en France, 2,5oo ouvriers des deux sexes, dont le salaire varie de 5 à 10 francs par jour.
- Nous fabriquons notamment les cannes en bambou nécessaires à la pêche à la ligne, dont nous exportons 20,000 douzaines environ.
- Parmi les principaux articles exportés, nous citerons les cannes à pêche de toutes sortes et de tout bois, dont le prix varie entre h francs la douzaine et 1 5 à /10 francs la pièce; les lignes en fd, en fouet, en soie coûtant de 3 francs la grosse à 25 francs la douzaine; les soies, cordonnets, la ferblanterie, les plumes, les bouchons et différents accessoires, les fdets, éperviers, seines, tramails, les nasses en fd de fer et en grillage : ces engins pouvant être employés pour tous les poissons, depuis la petite ablette jusqu’aux plus gros, carpes, brochets et saumons.
- Ces articles français, dont MM. Bourdon et Benoit (successeurs de la maison Mori-ceau), Cléret et Fiant et M. Robillard ont présenté au Jury des spécimens remarquables, se distinguent par leur élégance et la modicité des prix, mais pour less hameçons et d’autres accessoires, tels que les moulinets et les poissons artificiels, nous devons reconnaître la supériorité des produits de l’Angleterre qui nous les fournit et de l’Amérique. Nous en dirons autant de ces cannes à pêche*de luxe, faites presque toutes en bois plein ou en bambou refendu, pour la pêche de la Iruite et du saumon.
- La Chine nous envoie des bambous pour la fabrication des cannes; les boyaux des vers à soie, dénommés dans le commerce «crins d’Espagne», nous sont envoyés par Murcie; il en vient aussi de Turin qui a la spécialité de les faire fins. Le crin d’Espagne
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- se vend, suivant la qualité et la longueur, de 2 fr. 10 à 35o francs le mille. Celui d’Italie ne dépasse guère 60 francs le mille.
- En résumé, le commerce des engins de pêche est, en France, en progrès. Ce progrès serait plus appréciable si certaines facilités étaient données à notre exportation; notamment l’acceptation, sur une longueur de 1 m. 5o, des colis postaux adressés aux colonies françaises et à certains pays étrangers, lorsque ces colis ne dépassent pas la limite du cube fixé par les règlements. Le commerce serait encore facilité si l’Administration des douanes consentait à ne pas frapper, par exemple, comme nickel ou bronze, un objet de cuivre tout simplement nickelé ou bronzé; corùme plomb pur, les filets de lin ou de chanvre plombés seulement à la base.
- Le Jury a décerné, pour les ustensiles de pêche, aux exposants français les récompenses suivantes :
- Médailles d’or. — MM. Bourdon et Benoit, à Paris; Cléret et Fiant, à Paris; Robiuuard, à Paris; Wyers frères, à Paris.
- Médailles de bronze. — MM. Petit, à Paris, Viallet, à Grenoble.
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- LA PISCICULTURE MARINE.
- Parmi les tentatives les plus intéressantes qui aient été faites dans ces derniers temps, au point de vue de la préservation de la richesse de nos mers, se placent en première ligne les travaux de pisciculture marine qui ont reçu le nom de piscifacturc. L’idée de repeupler les mers comme on repeuple les cours d’eau paraît, au premier abord, absurde. Elle l’est infiniment moins qu’on ne saurait le supposer. En premier lieu, les poissons s’éloignent beaucoup moins qu’on se l’imaginait autrefois de leur lieu de naissance. Ils montent et descendent suivant que les conditions atmosphériques amènent à la surface une quantité plus ou moins grande de ces algues microscopiques, les diatomées dont vivent les menus crustacés, les copépodes, qui sont l’aliment principal des harengs, des sardines, des anchois, aliment eux-mêmes des maquereaux et des thons.
- Ces prétendus poissons voyageurs sont si bien localisés, que des pêcheurs expérimentés savent reconnaître, à première vue, la provenance des harengs qu’on leur présente. Les poissons plats sont encore plus sédentaires et les jeunes de la plupart de ces animaux vont tout près de la côte passer les premières années de leur vie dans des régions où les menacent mille dangers, en tête desquels il faut placer les chaluts des pêcheurs de crevettes. Les poissons d’une région constituent par conséquent, contrairement à ce qu’on pense d’habitude, une provision non renouvelable autrement que par le frai, et qui s’épuisera si on l’exploite trop intensivement et si Ton ne protège pas ses régions d’élevage, ce qu’on appelait autrefois ses frayères \ l’une des difficultés de cette protection c’est que les frayères des diverses espèces sont placées dans des conditions différentes.
- Si Ton réussit à créer dans des conditions suffisamment économiques des frayères artificielles hors de la mer, des frayères qui seront par cela même naturellement à l’abri du chalut, le problème de la conservation de la fécondité de la mer ne sera-t-il pas résolu? C’est ce qu’ont pensé des savants et des praticiens aux Etats-Unis, au Canada, à Terre-Neuve, en Norvège, en Écosse. Aux États-Unis, les stations de Gloucester et de Woods-Holl ont entrepris l’élevage de la morue, de l’églefin, qui est une sorte de morue, du hareng; 120 millions de jeunes morues ont été jetées à la mer de 1886 à 1891 ; à l’île de Terre-Neuve, le laboratoire de Dildo s’est occupé de la morue et du homard; il en est de même de celui de Bay-View, au Canada. En Norvège, le laboratoire de Flôdevig, près d’Arendal(1), a produit, depuis 1884, un milliard de morues; enfin en Écosse, le laboratoire de Dunbar, à l’embouchure du Firth of Forth, s’est occupé non
- Les plans de ce laboratoire ont été exposés par le groupe des pêcheurs de Bergen* dans le pavillon de la Norvège.
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- seulement de morues mais aussi de tous les poissons plats, dont il a produit Tan dernier 7 9 millions environ.
- Comme celui de Fiôdevig, l’établissement de Dunbar est l’œuvre d’un marin norvégien, le capitaine Dannewig; on peut le considérer comme le type le plus achevé des établissements actuellement existants; c’est donc lui que nous décrirons ici. L’établissement comprend : i° un vivier pour la conservation des reproducteurs; 9° un bassin de ponte; 3° une machine à vapeur destinée à élever l’eau dans le bassin de ponte; 4° un puits de décharge muni d’un filtre pour recevoir les'œufs; 5° une usine d’incubation contenant des boîtes où les œufs sont placés et maintenus, par des moyens spéciaux, dans un état perpétuel d’agitation. L’eau de mer est amenée du vivier dans le bassin de ponte qui est à un niveau plus élevé que les chambres d’incubation; en traversant un système de filtres qui la débarrasse de toute impureté, elle arrive aux chambres d’incubation d’où elle est finalement rejetée à la mer. Une partie de l’eau du bassin de ponte est utilisée aussi pour mettre en mouvement la roue à auge chargée d’actionner le mécanisme qui maintient les œufs en mouvement constant.
- C’est cette installation que M. Edmond Perrier a essayé de reproduire avec quelques modifications de détail et dans les proportions moindres qui lui étaient imposées par le budget du laboratoire maritime du Muséum d’histoire naturelle de Paris, situé dans l’île de Tatihou qui ferme la rade de Saint-Vaast-la-Hougue. Le laboratoire de Tatihou a, d’abord, été construit dans un but exclusivement scientifique; c’est tout récemment qu’une installation appropriée aux recherches de piscifacture y a été installée; mais le concours de deux installations sera particulièrement précieux en raison de l’obscurité qui règne encore sur nombre de questions relatives a la pêche et des facilités que donne, pour leur solution, une installation scientifique complète. Les plans de l’établissement de piscifacture et du laboratoire maritime du Muséum d’histoire naturelle ont été exposés à Bruxelles en 1897, à Bergen en 1899, et enfin à Paris. Le laboratoire a été construit par M. l’architecte Dauphin; un naturaliste, M. Malard-Duméril, y demeure à poste fixe(]).
- Nous avons dit que le but des établissements de piscifacture était de se substituer, en tant que frayères artificielles, aux frayères naturelles dévastées surtout par les chaluts à crevettes. Il 11e saurait être question, en effet, d’élever le poisson de mer comme on élève les oiseaux de basse-cour, ou même comme on élève aujourd’hui les huîtres et les moules. U y a des établissements où on prend le poisson adulte et on l’engraisse, comme dans les lagunes de Gommachio^; dans la piscifacture actuelle on prend, au contraire, le poisson à sa naissance et on le protège jusqu’à un degré de développement qui est pour tous les poissons une période de crise. Ces animaux, à leur naissance, sont, en effet, incapables de se nourrir par eux-mêmes; souvent même leur bouche n’est encore, pour ainsi dire, qu’ébauchée et incapable de servir à aucun usage. Le
- ll) La pisciculture a aujourd’hui à sa tête dans le Voir Artoro Biîluni, Il lavorieroda Pesca itella
- laboratoire un jeune naturaliste de talent qui en est laguno di Comacclno, Venezia, 1879. exclusivemenrchargéM. Danton.
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- jeune animal porte accolée à sa face ventrale une masse nutritive, le sac viteîlin, qu’il absorbe peu à peu et qui, avantageux au point de vue de son alimentation, est, au point de vue de sa locomotion, une grosse gêne; l’alevin est un voyageur portant sans cesse avec lui sa valise et toutes ses provisions de route. C’est, sans doute, en raison des dangers qu’ils auraient à courir sur le rivage où les animaux disposés à leur donner la chasse abondent, que les jeunes poissons se tiennent dans la haute mer; ils reviennent au rivage au moment où ils commencent à être allégés de leur sac, et c’est à ce moment qu’ils sont victimes des chalutiers à crevettes. C’est justement cette période de crise qu’il s’agit de leur faire traverser. 11 faut les abriter jusqu’au moment où ils sont aptes à se nourrir par eux-mêmes et suffisamment agiles pour échapper à leurs ennemis; il est évident d’ailleurs que les espèces qui fourniraient des résultats pratiques sont celles dont les frayères sont situées dans les zones qu’exploitent plus particulièrement les chalutiers à crevettes : les poissons plats sont, par conséquent, tout indiqués. Pour ceux-ci, pendant longtemps, une difficulté s’est présentée. Le caractère le plus frappant de ces poissons, c’est qu’au lieu de vivre la colonne vertébrale tournée vers le ciel et le cœur tourné vers la terre, comme les autres poissons, ils vivent constamment couchés sur un côté: le côté'gauche, pour le carrelet, la limande, la sole, le flet; le côté droit, pour le turbot et la barbue. Ce genre de vie a amené chez ces poissons une difformité toute particulière : la face entière est comme tordue; la bouche s’est déjetée, et les yeux se sont portés sur le côté libre du corps; une des nageoires pectorales s’est même souvent atrophiée. En un mot, la tête des poissons plats est devenue totalement dissymétrique. Or ces poissons naissent symétriques comme les autres et, tant qu’ils le sont, ils vivent près de la surface; ils sont, comme on dit, pélagiques. Puis, peu à peu, ils se déforment, et l’on aura une idée du travail que comporte cette déformation par ce seul fait que l’un des yeux est obligé de contourner le crâne pour gagner sa place définitive. C’est une grosse crise que les poissons plats traversent alors et, pendant longtemps, tous ceux qui étaient à ce moment tenus en chartre privée périssaient.
- Dannewig est parvenu à leur faire traverser cette crise tout simplement en leur donnant à manger leur nourriture habituelle, c’est-à-dire tous les menus animaux qu’on récolte en traînant près de la surface de l’eau un filet de toile serrée; c’est tout ce petit monde vivant entre deux eaux qu’Hæckel désigne sous le nom de planklon. A l’heure actuelle, les méthodes d’élevage sont si parfaites qu’on ne perd pas plus de quatre œufs sur cent. On a prétendu, il est vrai, que ces jeunes poissons élevés en chartre privée étaient incapables de se nourrir et n’avaient même pas une bouche normalement conformée. Je ne ferai, à cet égard, qu’une remarque. Il faut que les biologistes s’habituent à ne pas considérer comme mystérieuses les causes de leurs échecs, lorsqu’ils ne réussissent pas à obtenir des résultats analogues à ceux que «la nature», comme on dit, obtient spontanément. Si les alevins obtenus dans certaines conditions sont mal conformés, c’est qu’on s’est placé dans des conditions mauvaises; il faut, au lieu de se décourager, chercher pourquoi les conditions sont mauvaises et les changer.
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- Quelle est maintenant la valeur pratique des méthodes de piscifacture qui ont élé jusqu’ici préconisées à l’étranger? Si ces résultats ne sont pas dus à des causes accidentelles qui ne seraient pas encore suffisamment dégagées, ils seraient des plus remarquables : sur la côte Atlantique des Etats-Unis où se trouvent les terrains ensemencés, la capture d’une alose, la Clupea sapidissima, qui était en 1880 de ô, 1/10,900 se serait élevée en 1888 à 7,660,07/1, augmentant ainsi de 85 p. too. De plus, cette alose a été transportée sur la côte du Pacifique où elle s’est répandue de proche en proche sur une étendue de plus de 2,000 milles0). Rien n’est plus encourageant. De tels faits répondent péremptoirement à tous les calculs de probabilité que l’on peut faire sur les chances de destruction du poisson en mer et sur l’appoint que peuvent fournir les établissements de piscifacture. On a calculé, par exemple, que tout le produit de la piscifacture de Dunbar revient à laisser en mer une plie féconde sur 2,000 plies capturées. Mais ce calcul repose sur des hypothèses dont la réalité n’est nullement démontrée; de sorte que c’est toujours une question de savoir si cette 2,000e plie est réellement laissée à la mer par les pêcheurs, et si les produits de sa ponte sont sauvegardés. Les faits seuls peuvent répondre. En présence des résultats obtenus aux États-Unis, de ceux même qui ont été observés en Écosse, la nécessité de poursuivre les recherches relatives à la piscifacture s’impose. Ces recherches ne sont pas encore sorties delà période des tâtonnements scientifiques, mais elles en sont tout près: les laboratoires où elles s’exécutent sont déjà presque des usines. C’est de l’observation des résultats fournis par ces usines, dans des conditions nettement déterminées, que l’on peut seulement conclure pour l’avenir. Il convient cependant de ne pas oublier que, jusqu’ici, de telles usines ne peuvent être considérées comme industrielles; elles doivent être la dépendance de laboratoires spéciaux, voués à l’étude des questions qui intéressent les pêcheurs.
- Au point de vue du nombre et de la qualité des laboratoires maritimes, la France n’a rien à envier à ses voisins. Demeurée très en arrière de l’Angleterre, de l’Ecosse, de la Norvège, de la Hollande, des États-Unis, au point de vue de l’organisation de son service d’observations et de perfectionnement des pêches maritimes, elle possède depuis longtemps sur ses côtes toute une bordure de laboratoires maritimes établis généralement dans un but purement scientifique; Boulogne, Wimereux, Luc-sur-Mer, Saint-Vaast-la-Hougue, Roscoff, Concarneau, les Sables-d’Olonne, Arcachon, Banyuls, Cette, Marseille, Tamaris, Villefranche-sur-Mer, Alger(2), ont des stations dont l’outillage et le personnel peuvent être facilement utilisés pour les recherches côtières; Saint-Vaast-la-Hougue, nous l’avons vu, possède même une installation complète pour
- Les appareils qui servent à transporter cette alose ont été exposés par la Commission de la Californie et par la Commission de pisciculture des États-Unis. La jeune alose met à absorber son sac vitellin exactement le temps nécessaire pour traverser en chemin de fer le continent américain. C’est ce qui a permis son transport régulier.
- Les laboratoires de Boulogne, de Concarneau, des Sables-d’Olonne, de Marseille (Endoume), de Tamaris et le laboratoire russe de Villefranche-sur-Mer étaient, comme celui de Saint-Vaast, brillamment représentés au Palais des Pêches de l’Exposition de 1 900.
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- la piscifacture. Chacune de ces stations, malgré son but théorique, a fait de plus ou moins nombreuses incursions dans le domaine des pêches; mais chacun travaille pour son compte sans aucun lien avec la marine, et les résultats obtenus sans aucune coordination sont difficilement comparables. Il appartient au Ministère de la marine d’enrôler tous les volontaires, de déterminer les questions qu’il convient de poser à chacun d’eux, en raison de sa situation particulière, de lui en demander la solution rapide.
- La détermination de ces questions et la coordination des réponses obtenues serait naturellement l’œuvre du Comité consultatif des pêches maritimes, institué près le Ministère de la marine et qui pourrait ajouter à son rôle passif de conseil du Ministre de la marine, un rôle actif de direction par les recherches scientifiques qui touchent aux pêches maritimes, rôle analogue à celui des Fisheries boards d’Ecosse, d’Angleterre, des États-Unis.
- Cette question est de celles qu’il importe de résoudre rapidement, si la France veut prendre sa part dans un concert de mesures internationales qui se préparent actuellement, qui ont été déjà préparées à Stockholm dans une conférence dont, par un concours regrettable de circonstances, elle s’est trouvée malheureusement exclue. L’étude de la mer est avant tout, en effet, une question internationale. La mer ne tient pas compte de nos frontières. Les flots ne se laissent pas enchaîner par les traités; ils vont, narguant les diplomates, roulant où le vent les pousse les organismes sans nombre dont ils sont chargés, remplissant selon leurs caprices les filets des pêcheurs ou se riant de leurs efforts, indifférents à la langue qu’ils leur parlent. Mais n’est-il pas possible d’arracher aux flots le secret de leurs caprices?
- Il y a une soixantaine d’années, l’un des grands physiologistes de l’Allemagne, Johannes Müller, imaginait de promener au-dessous de la surface de la mer une sorte de filet à papillons lui permettant de recueillir les menus organismes flottants. Ce pêcheur d’invisible dut faire plus d’une fois sourire les hardis matelots de la mer du Nord. Voilà que le filet de Müller est sur le point de nous révéler les causes des migrations des harengs, des sardines, des anchois, des maquereaux, des thons, et de nous permettre de les prévoir. Les menus organismes qui flottent entre deux eaux et que recueille ce frêle réseau sont dans la mer en nombre prodigieux; ils forment un monde qui trouble à peine la transparence des flots, monde que les marins ignorent et qui cependant les fait vivre; ce monde a reçu le nom deplankton. Il y a de tout dans le plankton : des algues microscopiques, les diatomées, à l’alimentation desquelles préside le soleil; des infusoires qui mangent les algues; d’imperceptibles crustacés, des larves sans nombre, qui mangent à la fois les algues et les infusoires et par surcroît se mangent entre eux. Arrivent alors les anchois, les sardines et les harengs qui font la chasse à ce menu gibier; les poissons ichthyophages suivent, suivis eux-mêmes des marsouins. Dans cette course à l’aliment, ce sont les diatomées qui donnent le branle. De leur nombre dépend celui des animalcules que recherchent les poissons migrateurs, l’arrivée ou le départ de ces poissons. Or, la multiplication des diatomées est avant tout liée à la quantité de lumière qui pénètre les eaux, puis à leur température et, dans la mer du
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- Nord, aux variations dans le degré de salure que détermine la prédominance à la surface des courants saumâtres qui viennent de la Baltique ou des courants franchement salés qui viennent de TOcéan.
- Le soleil, seul producteur naturel de lumière et de chaleur, auteur principal des mouvements de l’atmosphère et des eaux, apparaît donc une fois de plus comme le grand distributeur de la richesse sur nos côtes; mais il a pour ministres de ses largesses des infiniment petits dont seuls les naturalistes peuvent rattacher les variations incessantes de nombre aux causes météorologiques qui les déterminent. Ce travail ne peut être un travail local; il nécessite le concours de tous les laboratoires maritimes du monde et même l’organisation d’expéditions de longue haleine en haute mer dont quelques-unes ont déjà été réalisées et ont fourni d’importants résultats9).
- La question du plankton devient ainsi une question d’ordre international. La nécessité de l’organisation d’une sorte de syndicat des laboratoires maritimes pour la solution de cette question a été posée; elle demandera de longues et patientes études qui ne pourront être dirigées que par une commission internationale. Peut-être un jour en combinant les indications du baromètre et du thermomètre avec celles du photomètre sera-t-il possible de prédire l’arrivée prochaine de bancs de poissons et de mettre aussi les pêcheurs en éveil.
- C’est dans l’espoir d’arriver à de telles solutions que l’étude du plankton est simultanément poursuivie sur tant de points des côtes d’Europe, si elle Test fort peu chez nous. Le groupe des pêcheries de Bergen a exposé des graphiques qui donnent une idée bien nette de ce qu’il y a à faire dans cette direction; ils représentent la distribution du plankton du 12 au i5 mars 1896 entre Johavet et Sognefjord, et à Kristiansund le 22 février 1896.
- Si intéressante qu’elle puisse être, l’étude du plankton n’est qu’une question assez limitée relativement à celles que soulève l’étude de TOcéan et qui ont fini par constituer toute une science qui a aujourd’hui des chaires spéciales, Y Océanographie. Dans la nature tout se tient et le chemin qui a conduit à l’étude du plankton le démontre surabondamment. Il n’y a pas de question, si pratique qu’elle puisse paraître, dont la solution ne nécessite la solution préalable de questions théoriques tout à fait inattendues. Les Fisheries hoards d’Ecosse, d’Angleterre, des Etats-Unis l’ont bien vite compris. Les publications des diverses commissions de pêches des Etats-Unis — les seules qui fussent représentées à l’Exposition de 1900 — se font tout particulièrement remarquer par le luxe de renseignements scientifiques quelles contiennent. Parmi les publications qui leur faisaient cortège, nous citerons celles de Bumpus, à Providence (Rhode Island, Brown University); de Basiiford Dean, de New-York (Columbian University;) d’EiGENMANN, à Bloomington (Indiana), d’EvERMANN, sur les poissons de l’Amérique du Nord et des Indes occidentales (médaille d’or); de Gilbert, à Leland
- (O Hæckel, Plankton Studien, 1890. — P. T. Ceeve, A treatise on the Phytoplanklon of the Atlantic and its tributaires, Upsata, 1897. — Canb.
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- Stanford (Californie); de Kendall (United States fish Commission), de Kofoid (Illinois State Laboràtory of natural history), de Mac Carthy, à Old Forge (New-York); de Meek, à Chicago, et surtout la magnifique Oceanic ichthyology, de Tarleton Bean et Good, où sont décrites et figurées toutes les espèces de poissons qui vivent loin des côtes, soit à la surface de la mer, soit dans les abîmes.
- Nous sommes ainsi amenés à l’océanographie proprement dite. On peut dire qu’elle a eu son temple dans le palais de Monaco. On sait que, depuis longues années, S. A. S. le prince de Monaco a fait successivement construire deux yachts, l’Hiron-dclle et la Princesse-Alice, à bord desquels il s’est livré aux recherches les plus variées d’océanographie : détermination de la direction et de la vitesse du fameux courant connu sous le nom de Gulf Stream; étude du plankton; dragages atteignant jusqu’à 5,5oo mètres environ; recherches sur le plankton et sur la faune marine aux profondeurs les plus diverses. 11 a fallu pour cela imaginer des engins variés, perfectionner ceux qui ont été employés par le navire anglais, le Challenger, par les navires américains montés par Alexandre Agassiz, le Blake et Y Albatros, par les navires français, le Travailleur et le Talisman, et par d’autres. Par des perfectionnements successifs, le yacht la Princesse-Alice est devenu pour ainsi dire le bateau-laboratoire modèle. Ce yacht a promené son pavillon des Açores au Spitzberg et à Terre-Neuve. Le prince a exposé toute la série de ses engins parmi lesquels on doit remarquer la nasse fort ingénieuse qu’il a plongée à des profondeurs dépassant 5,ooo mètres, et qui lui a permis de se procurer dans l’état de conservation le plus parfait, à l’état vivant même, les plus rares des crustacés qui peuplent les abîmes océaniques. Un autre outil des plus ingénieux est un fdet de Müller, à fermeture automatique qui peut être maintenu à une profondeur déterminée, comme les filets dits de Giesbrecht, mais qui a été remarquablement perfectionné. Un tel filet permet de recueillir les organismes qui vivent entre deux eaux et de déterminer la profondeur à laquelle ils se tiennent.
- A côté des engins se trouvent les récolles admirablement présentées au public. Les animaux rassemblés au cours de ces campagnes ont l’air presque vivants, grâce aux procédés de conservation que sait habilement manier M. Richard, le secrétaire scientifique du prince. La longue série des Eponges silicieuses, des Hydraires, des Coralliaircs défile sous nos yeux; puis, ce sont des Vers, des Étoiles de mer, des Oursins sans nombre ; quelques belles Encrines, des Crustacés singuliers parmi lesquels un énorme Amphi-pode (Alicella gigantea), des Mollusques et parmi eux le poulpe à écailles (Lepidoleulhis Grimaldiiy.; enfin des serpents-poissons. Des mollusques lamellibranches (Area et Li-mopsis'j ont été dragués à 4,ooo mètres de profondeur; des crustacés à 4,ooo mètres (Scalpellwni), à 4,0 2o (Parapagurus pilosimanus, Ethusina abyssicohy à 4,36o (Oro-hdorynclmss Parfaiti, Munidopsis crassa) et à 5,2 85 (Alicclla gigantea).
- Toutes ces belles récoltes ont été confiées pour les étudier, et les déterminer, à des spécialistes de premier ordre, de manière à assurer leur exacte détermination et le résultat de ces études a été consigné dans un magnifique ouvrage orné de planches splendides et imprimé avec le plus grand luxe par l’imprimerie de Monaco.
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- Sans doute de telles recherches n’ont pas un lien direct avec la pêche et la pisciculture, mais, on ne saurait trop le redire la mer est continue : de sa surface jusqu'au fond de ses abîmes, tout se tient et il n’est pas sans importance de déterminer quels rapports peuvent exister entre ses diverses régions. En dehors des formes nouvelles qui ont été reconnues, les recherches effectuées dans les grandes profondeurs de l’Océan ont d’ailleurs fourni de précieux documents sur de grandes questions d’ordre scientifique.
- On s’est fait longtemps des idées assez inexactes sur la population des abîmes, sa densité, ses origines. Sur la foi de quelques observations faites dans la mer Egée, Forbes avait déclaré le fond de la mer inhabité. La découverte, par Alphonse Milne Edwards, d’animaux fixés sur un câble télégraphique immergé dans la Méditerranée commença à rendre suspectes les idées de Forbes; les découvertes successives du Ltghlmng et du Porcupine, en Angleterre; les investigations du marquis de Folin dans le golfe de Gascogne achevèrent de faire naître la conviction que le fond de la mer était habité par de nombreuses formes animales inconnues. Louis Agassiz, à bord du Hasslcr, entreprit d’étudier cette faune nouvelle sur les côtes atlantiques de l’Amérique. 11 annonçait, dès son départ, son espoir de trouver vivantes encore au fond des eaux les formes de la période primaire ou tout au moins de la période secondaire que Ton croyait toutes fossiles. Les animaux ramenés par les dragues des grandes expéditions que le prince de Monaco a reprises n’ont pas confirmé ces prévisions. Contrairement à ce qu’on avait un moment pensé, la population des abîmes n’est ni plus nombreuse ni plus variée que celle du littoral; bien au contraire, au point de vue du nombre des espèces, comme au point de vue du nombre des individus, elle s’appauvrit à mesure que la profondeur augmente. Dans les profondeurs moyennes, de i,5oo à 2,000 mètres, on trouve bien quelques formes qui rappellent de loin les formes des temps anciens, jusqu’à présent connus seulement à l’état fossile; mais ces formes sont très peu nombreuses, et elles ne rappellent que des formes fossiles, tout au plus de la période secondaire, telles que les encrines, les pleurotomaires ou les polycheles, il n’y en a pas d’une antiquité plus haute. Dans les plus grands fonds, tout souvenir des formes anciennes s’efface; ce sont exclusivement des formes récentes ayant subi des adaptations spéciales que Ton rencontre. D’autre part, cette faune, au lieu de présenter une succession ininterrompue de types qui s’enchaînent les uns aux autres d’une façon étroite, est au contraire constituée de types isolés, sans liens entre eux, comme la faune des eaux douces. Il est donc bien évident que c’est sur les rivages que la faune marine s’est d’aborcl développée et qu’elle a émigré de là dans les eaux douces, sur la terre ferme, en pleine mer, à la surface ou dans les .abîmes. Ce résultat, en quelque sorte historique, méritait à lui seul les grandes expéditions de dragages.
- La belle exposition du prince de Monaco, auquel un grand prix a été décerné, constituera le noyau du Musée d’océanographie qui a été édifié dans la principauté par S. A. S. Albert K
- L’océanographie française était, d’autre part, fort bien représentée dans l’exposition
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- du Ministère de la marine par la belle carte deM. Thoulet, professeur d’océanographie à l’Université de Nancy. Cette carte a été constituée à l’aide des cartes dressées par le service d’hydrographie pour le Ministère de la marine. Des lignes continues y unissent ensemble tous les points de même profondeur; deux lignes successives correspondent à un accroissement de profondeur de 10 mètres. Sur les cartes ont été reportés tous les renseignements que les sondages ont fournis sur la nature du fond. Un marin peut donc savoir, en les examinant, s’il est sur un fond de roche, de sable ou de vase; s’il se trouve sur des herbiers, des coquillages ou sur ces algues calcaires (Lithothamnium) que les hydrographes désignent habituellement sur leurs cartes sous le nom de madrépores. De telles cartes bien contrôlées, complétées par des indications soigneusement recueillies et orientées vers un but pratique, seraient sans aucun doute d’une grande utilité pour nos marins et nos pêcheurs. Il existe de telles cartes pour les côtes d’Angleterre et pour la mer du Nord. L’initiative de M. Toulet est donc des plus heureuses. Sans doute, nous sommes loin d’avoir tous les renseignements nécessaires pour donner à ces cartes une allure définitive; mais en coordonnant les bonnes volontés, en s’adressant aux laboratoires maritimes, en leur traçant la ligne à suivre, on aurait en peu de temps avancé la confection de ce précieux atlas. Ue Ministère de la marine ne demande pas mieux que d’entrer dans cette voie, il Ta affirmé en introduisant dans sa propre exposition la carte de M. Thoulet.
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- En 1889, l’ExPosition de la Classe 76 (Poissons, Crustacés, Mollusques) était presque exclusivement une exposition d’ostréiculture. L’un des rédacteurs du présent rapport était déjà le rapporteur de cette classe. Il consigna dans son rapport la distribution des exploitations ostréicoles sur nos côtes, décrivit les principales d’entre elles et fit connaître les inventions successives grâce auxquelles la culture de l’huître était devenue une opération d’un rendement parfaitement régulier. Déjà à ce moment les ostréiculteurs commençaient à faire entendre des revendications et des plaintes qui n’ont fait depuis que s’accentuer.
- L’Exposition de 1900 est demeurée bien loin de celle de 1889. On aurait tort d’en conclure que l’industrie ostréicole est allée dans notre pays en périclitant; elle est plutôt arrivée à un état de pléthore tel que les producteurs commencent à redouter la mévente de leurs produits. S’ils ne sont pas venus en grand nombre se faire concurrence au Palais des Pêches, c’est que les installations y étaient beaucoup plus coûteuses qu’en 1889; que la Marine s’était en quelque sorte parée, à cette époque, de l’ostréiculture qui était presque son œuvre, tandis qu’en 1900 elle a porté dans une tout autre direction l’effort de son exposition. C’est aussi, il faut bien le dire, que l’ostréiculture, avec ses syndicats organisés puissamment, est arrivée à une période d’état : elle a des débouchés assurés, suffit à leur iconsommation, se contente de ce quelle gagne et paraît avoir renoncé à s’ouvrir des débouchés nouveaux tant que les villes n’auront pas modifié leurs tarifs d’octroi et que les chemins de fer n’auront pas abaissé et modifié leurs tarifs de transport. Il est impossible de méconnaître ce que ces revendications ont de fondé. La répartition du tarif de l’octroi de la ville de Paris est, en ce qui concerne les huîtres, particulièrement instructive. Les huîtres y sont réparties en deux catégories et payent, par 1 00 kilogrammes, un droit de 5 francs ou de 15 francs, suivant qu’elles pèsent au cent plus ou moins de i5 kilogrammes; cette répartition ne tient absolument aucun compte du poids de l’huître elle-même relativement à sa coquille, ni de sa qualité. D’autre part, les huîtres d’Ostende sont frappées d’un droit de 3o francs les 100 kilogrammes, sans doute pour protéger les huîtres françaises. Or, Ostende fait une grande partie de son approvisionnement en France; nos huîtres de Gancale et de Granville sont engraissées à Saint-Vaast; elles vont de là à Courseulles et de Courseulles à Ostende. Il n’y aurait aucun inconvénient à ce que les snobs qui exigent des huîtres d’Ostende payent les frais d’octroi des huîtres dont ils ont exigé ce voyage. Mais une telle combinaison fiscale encourage toutes les fraudes. Il est bien évident que du moment que beaucoup d’huîtres dites d’Ostende sont en réalité de Courseulles, les débitants peu scrupuleux peuvent acheter des huîtres soit à Dunkerque, soit à Courseulles, les baptiser huîtres d’Ostende pour le consommateur, et faire payer
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- à celui-ci des droits d’octroi qu’ils n'ont pas eux-mêmes payés. Il y aurait tout avantage à créer une catégorie d’huîtres supérieures et à ne taxer qu’à la douane les huîtres dites d’Ostende.
- Le Jury a vu apparaître en 1900 une marque nouvelle de qualité supérieure, l’huître cjue l’on sert dans les restaurants élégants sous le nom dhuître côte rouge. La « côte rouge » paraît avoir été introduite dans le commerce vers 1890, par M. Juteau. C’est une huître sauvage, une huître de drague, primitivement originaire de la rivière de Pénerf, soigneusement choisie parmi les plus régulières et parquée pendant un certain temps. Mais toutes les huîtres draguées paraissent susceptibles de fournir de la côte rouge. Le commerce de cette huître de choix pratiqué notamment àPencadénic et à Reion, est en grande partie entre les mains de la maison Roussel et Tricart; à Pencadénic par Sar-zeau (Morbihan), les huîtres de cette qualité sont vendues à raison de i3o francs le mille : MM. Roussel et Tricart ont leur maison principale à Oléron et des parcs à Ar-cachon et dans la Seuclre du quartier de Marennes.
- La maison Le Roux (Jean) fds, de Riec-sur-Relon (Finistère), élève aussi une côte rouge cpii vaut t5o francs le mille; cette maison exporte également à Ostende des huîtres qui, rapportées à Paris, sont vendues comme huîtres d’Ostende.
- Un grand prix a été accordé à la maison Roussel et Tricart et à la maison Le Roux.
- Dans le quartier d’Auray, un autre grand prix a été décerné au Syndicat ostréicole du bassin d’Auray, représenté par M. Jardin.
- La maison Roussel et Tricart remonte à 1867; elle élevait à cette époque 3oo,ooo huîtres et récoltait 700,000 unités de naissain; elle élève aujourd’hui 58 millions d’huîtres et recueille ib millions d’unités de naissain; elle occupe A5o ouvriers et exporte en Angleterre et en Espagne. Ses parcs couvrent un espace de 176 hectares.
- La Société ostréicole du bassin d’Auray compte environ 3ôo membres; ce n’est pas une société commerciale, mais une société de défense des intérêts ostréicoles de France.
- A titre étranger, un grand prix a été attribué aux Pêcheries du Canada dont les produits étaient présentés par le colonel Gourdeau, sous-secrétaire d’Etat.
- Les régions huîtrières du Canada sont : la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Brunswick et Pile du Prince-Edouard; leur rendement, en 1899, a été de 1 million de francs. Ce rendement est la conséquence de mesures de reconstitution de bancs d’huîtres prises depuis dix ans par le gouvernement canadien. Ces bancs étaient complètement épuisés en 1889; aujourd’hui i5,ooo pêcheurs gagnent environ 7 francs par jour à la récolte des huîtres, et les huîtres canadiennes sont de telle qualité que les huîtres américaines ne peuvent être vendues au Canada, qui pourrait au contraire décupler ses importations aux Etats-Unis, si la production était suffisante.
- Médailles d’or. — La liste des médailles d’or comprend : MM. Bernettes et Desclaux, du Cap-Breton (Landes); M. Sépé, seul représentant du bassin d’Arcachon; M. Besson, de la Tremhlade; MHe Guezennec, de Lezardrieux (Côtes-du-Nord);
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- M'”c Vvc Courtin, de Concarneau (Finistère); M. Constant-Lévêque, de Saint-Vaast (Manche). Parmi les maisons qui ont obtenu des médailles d’or, trois seulement avaient exposé en 1889 : celles de MM. Bernettes et Desclaux, qui avaient déjà mis en exploitation l’étang d’Ossegor; celle de M1Ie Guézennec et celle de M. Constant-Lévêque.
- Le rapport sur l’Exposition de 1889 mentionne les efforts de MM. Bernettes et Desclaux pour rendre possible le renouvellement de l’eau, à l’aide d’écluses permettant le libre jeu des marées dans les claires et pour lutter, à l’aide de caisses à fond et couvercle métallique, contre les difficultés résultant de l’abondance des «vers marins», probablement les arénicoles. Ces tentatives, alors à leur début, ont depuis complètement réussi, et le bassin d’Osségor a été définitivement gagné à l’ostréiculture. Le nombre des huîtres élevées par MM. Bernettes et Desclaux varie de 600,000 à 1 million par an; leur naissain provient d’Arcacbon et d’Auray; ils exportent en Angleterre, en Belgique et en Espagne.
- M. Sépé est le seul exposant du bassin d’Arcacbon.
- M. Sépé a introduit dans l’outillage de l’ostréiculture quelques perfectionnements intéressants; il a fondé la Revue ostréicole et maritime et a contribué puissamment à l’organisation des Congrès d’ostréiculture et de pêche de Bordeaux.
- Il y aurait beaucoup à dire de l’ostréiculture dans cette région. Arcachon doit à la sollicitude du gouvernement toute la prospérité de son industrie ostréicole ; l’abstention complète de ses ostréiculteurs à la grande manifestation de 1900 ne saurait, au point de vue patriotique, être trop sévèrement appréciée. Pendant longtemps, Arcachon favorisé par des circonstances climatériques spéciales a été le centre où venaient s’approvisionner de naissain tous les établissements ostréicoles de l’Océan et de la Manche. C’étaient des concurrents. L’interdiction cle l’exportation du naissain hors du bassin fut sollicitée et obtenue. Cet acte d’un autre âge est aujourd’hui en partie rapporté, mais il témoigna d’un défaut de solidarité inadmissible, dans un pays qui se vante d’être le plus civilisé du monde. Il est à souhaiter vivement que les inconvénients passagers résultant de cette mesure, soient rapidement supprimés par l’ingéniosité des ostréiculteurs des autres régions, et que la mesure prise à la requête des Ar-cacbonnais demeure comme une inutile et regrettable manifestation de la puissance des intérêts locaux.
- La carte du bassin ostréicole d’Arcacbon, dressée par M. Schaerff, commis du Commissariat maritime, se trouve dans l’exposition de la Marine.
- A la Tremblade, la maison Besson existe depuis trente-cinq ans. Elle expédie directement, par colis postaux, à la clientèle bourgeoise; elle s’est signalée par la qualité remarquable de ses produits, fréquemmeut récompensés, et qui sont exportés jusqu’en Belgique et en Allemagne.
- MIlc Guézennec, concessionnaire d’environ 4 hectares 50 ares du parc du Trieux, près de Paimpol, a déjà eu une médaille d’argent en 1889. Ses huîtres ont été hautement récompensées partout où elles ont été produites; la persistance de leur belle qualité depuis près de quinze ans, justifie la médaille d’or qui lui est aujourd’hui accordée.
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- M“° Vve Courtin, succédant à son mari, a achevé la transformation en huîtrière de la belle rivière de Moros, près de Concarneau; c’est l’œuvre de vingt et un ans de travail. Ses parcs peuvent contenir 2 millions d’huîtres, elle se contente d’en élever 500,000 afin de leur laisser plus d’espace et de les avoir plus belles. Mrac Vve Courtin recueille elle-même son naissain.
- M. Constant-Lévêque élève ses huîtres dans l’anse du Cul-de-Loup, à Saint-Vaast-la-Hougue. Il a dû, pour créer son industrie, lutter avec un rare courage; ses tentatives pour obtenir du naissain indigène n’ont pu aboutir, mais il est à noter qu’il les a conduites avec intelligence et méthode; les huîtres qu’il élève sont des huîtres de dix-huit mois prises à Arcachon. Il expédie directement ses produits sans emprunter les entrepôts de Courseulles, comme cela se faisait autrefois.
- Médailles d’argent. — Des médailles d’argent ont été décernées à M. Colombier , de la Tremblade; à la Société municipale des Sables-d’Olonne; à M. Pastourel, de la Trem-blade; à M. Lecart, de Damgan (Morbihan). Enfin une médaille de bronze a été attribuée à M. Leconte (Théophile), pour l’élégance particulière avec laquelle il fait ses envois et pour l’invention du panier de cent huîtres, qu’on expédie en colis postal.
- La maison Colombier date seulement de trois ans ; mais elle s’agrandit rapidement.
- M. Pastourel a obtenu des pousses remarquables par l’épandage de chaux dans ses claires. La maison, fondée en 1879, est en pleine prospérité.
- M. Lecart vend chaque année 25o,ooo huîtres; son naissain est acheté à Auray.
- Le Syndicat de la Société ostréicole des Sables-d’Olonne, grâce aux efforts de M. Amé-dée Odin, a été admirablement représenté à l’Exposition : un plan général du bassin ostréicole des Sables, une vue d’ensemble des parcs à huîtres, avec un plan en relief des établissements ostréicoles, des instruments pour la préparation des parcs à huîtres, une collection des auxiliaires et des adversaires de l’huître, une collection d’huîtres aux différents âges attirent et retiennent l’attention. Les huîtres des Sables sont importées d’Arcachon et du Morbihan sous forme de naissain; elles sont seulement élevées et engraissées. II a été livré à la consommation, en 1899, 4,561,000 huîtres, valant 182,725 francs. Ces nombres ont peu varié depuis 1895.
- Comme en 1889, une carte ostréicole, qui fait partie de l’exposition de la Marine, indique la valeur des huîtres vendues en France en 1899. Cette valeur se décompose ainsi :
- Huîtres portugaises................................. 3,018,022 francs.
- Huîtres plates................ .............. . .... 15,470,716
- Total
- i8,485,738
- Dans ces chiffres, Marennes compte pour 6 millions de francs, Arcachon pour 2,800,000; Vannes pour 2 millions et Auray pour 1,600,000.
- 3i.
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- LA CULTURE DES EAUX DOUCES EN FRANCE.
- Bien quelle ne possède de grands fleuves tels que le Danube ou le Volga, dans lesquels vivent des poissons de dimensions véritablement monstrueuses, la France est un des pays les mieux partagés sous le rapport des Cours d’eau. Le développement total de ceux qui sont susceptibles de produire des poissons est de 27 5,ooo kilomètres environ, dont 16,700 sont flottables ou navigables. La moitié de ce dernier parcours qui constitue le domaine public est canalisée, sa pêche a rapporté à l’Etat, en 1899, 6/17,000 francs, tandis que l’autre moitié n’a rapporté que 318,000 francs. Ce rendement fait ressortir le revenu du kilomètre a Ao francs; mais ce revenu est très inégalement réparti; c’est ainsique les quarante-quatre derniers kilomètres de la Loire ont rapporté chacun plus de A5o francs; les cinq kilomètres de Pilon, dans le département de l’Eure, sont loués à raison de Aoo francs le kilomètre. Quarante-deux kilomètres de la Vienne ont encore donné 200 francs par kilomètre, tandis que le Cher, barré par de nombreuses écluses, ne rapportait pas plus de 3o francs par kilomètre. Dans l’Est, les rivières sont moins productives. LaMeurthe, qui tient la tête, ne rapporte que 160 francs le kilomètre; l’Isère, 1 Ai francs et les cours d’eau de la Savoie tombent à un rendement qui varie de A francs à 0 fr. 60 par kilomètre.
- Les lacs ne sont pas beaucoup plus riches : le lac du Bourget pour A,2 0 0 hectares n’est loué que 5,000 francs; celui d’Annecy pour 2,700 hectares, A80 francs, tandis qu’en Ecosse le lac Leven qui n’a que i,Aoo hectares rapporte 76,000 francs. Il est vrai que certaines rivières anglaises rapportent plus de A,ooo francs au kilomètre. Cette comparaison suffit à indiquer à quel point nos eaux de France sont encore loin de produire tout ce quelles devraient.
- Depuis le repeuplement de la Moselotte par Rémy et Géliin, depuis les travaux de pisciculture de Coste, on s’est appliqué un peu partout à faire éclore de jeunes poissons en chartre privée, à rejeter les alevins plus ou moins développés dans les rivières. L’Etat créa même en Alsace pour le repeuplement des cours d’eau dont il avait la charge le grand établissement d’Huningue dont il a été impossible de retrouver les plans que le Comité d’installation delà Classe 53 désirait faire figurer dans son exposition cen-tennale. Après qu’Huningen eut été enlevé à la France, la pisciculture officielle fut transférée au Bouzay dont le sort tragique est demeuré dans toutes les mémoires. Il ne semble pas que ces grands établissements créés sous la direction du Service des ponts et chaussées aient donné des résultats importants. Depuis que le Service de la Pêche dans les cours d’eau non canalisés est rentré dans le Service des Forêts une tout autre méthode a été suivie. De nombreux et modestes établissements de pisciculture — quelques-uns n’ayant pas coûté plus de 200 francs à établir — ont été répartis sur tout le territoire, on en compte aujourd’hui 111 dont 9 appartiennent encore au Service des
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- ponts et chaussées, 16 sont annexés à des établissements agricoles, 3 2 dépendent de l’Administration des eaux et forêts et 54 ont été créés par des sociétés privées ou de simples particuliers. Ces établissements contribuent au repeuplement des eaux de leur région, mais surtout ils établissent et propagent les méthodes de l’aquiculture qui est tout autre chose que le simple repeuplement.
- Le problème de la production en France et de la quantité de poissons d’eau douce que peuvent alimenter nos eaux se décompose effectivement en deux autres :
- i° Déterminer dans les eaux qui relèvent du domaine public toute la production de poissons dont elles sont susceptibles;
- 2° Aménager les eaux qui sont du domaine privé de manière à permettre de les exploiter régulièrement au point de vue de la pêche, de la même façon que les agriculteurs exploitent leurs champs. C’est en cela que consiste à proprement parler l’aquiculture, et ce côté de la question est peut-être plus important que l’autre. Par cela seul quelles relèvent du domaine public nos eaux flottables, navigables, canalisées sont, en effet, soumises à de graves servitudes. Sans parler de la propreté — c’est-à-dire de l’infertilité — qui est imposée aux cours d’eau canalisés et aux canaux, les rivières libres sont la proie des usiniers qui les barrent, les détournent, les empoisonnent et les rendent inhabitables pour le poisson. Les barrages nuisent à la circulation des poissons, ils empêchent notamment les saumons de remonter. On a bien essayé d’introduire chez nous les échelles à saumons qui permettent à ces poissons de franchir les barrages et qui ont parfaitement réussi en Angleterre ; de forts beaux plans de ces échelles ont été exposés par M. Mazoyer, ingénieur en chef des ponts et chaussées, le seul exposant dans notre Classe de ce corps technique et savant; mais les barrages anciens sont affranchis de l’obligation de créer des échelles; tout au moins faut-il pour obliger le propriétaire d’un tel barrage à en construire une, faire prendre un décret en Conseil d’Etat et allouer une indemnité à l’usinier lésé. Construits par autorisation spéciale de l’Etat, les barrages nouveaux ont dû établir des échelles, mais ils en ont construit souvent de mauvaises, et quand ils en ont construit de bonnes, il s’est trouvé, paraît-il, des préfets pour louer le droit de pêche en amont du barrage, au propriétaire de ce dernier. 11 a suffi dès lors à l’intelligent usinier d’installer de convenables engins de pêche au voisinage du sommet de l’échelle pour capturer à coup sûr et s’approprier tous les saumons qui tentaient de remonter les cours d’eau.
- D’autre part, la purification des eaux est demeurée à peu près lettre morte, malgré des réglementations que les tribunaux eux-mêmes ont plus d’une fois refusé de sanctionner. Il est bien probable que les choses demeureront longtemps en cet état; le mieux est de s’en remettre à la vigilance de l’Administration si éclairée des eaux et forêts du soin d’obtenir un modus vivendi qui, sans ruiner les usines, permettrait aux poissons de vivre. Il faut bien reconnaître que le repeuplement des cours d’eau grevés de servitudes industrielles est un peu illusoire et peut-être des réserves établies convenablement et en nombre suffisant, dans lesquelles il serait simplement interdit de pêcher, suffiraient-elles à
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- atteindre ce but. Quelques réserves de cet ordre ont été établies d’abord sur les cours d’eau domaniaux, elles forment un total de 880 kilomètres; on y a ajouté dans l’année 1900, 99 kilomètres de réseau sur des cours d’eau particuliers, mais une indemnité a dû être accordée aux propriétaires de ces cours d’eau.
- Le système des échelles et celui des réserves ont été institués par une loi datant du 3i mai 1865 qui est venue heureusement compléter la loi du 15 avril 1829. Ces deux lois constituent aujourd’hui, conjointement avec les ordonnances ou décrets quelles avaient prévu, tout le code de la pêche en France. Mais les lois, décrets et règlements ne valent que ce que vaut la surveillance de leur exécution : cette surveillance paraît plus rigoureusement exercée depuis que, par suite de la reconstitution du Service des Eaux et Forêts (icr janvier 1897), 7,100 préposés forestiers ont été ajoutés pour la surveillance aux agents de la navigation et aux 3A7 gardes spéciaux qui faisaient seuls jadis le service.
- Dans un département où on ne faisait jadis qu’un procès-verbal par an, on en fait aujourd’hui 64; c’est quelque chose; mais il est à craindre que bien souvent l’électeur ne couvre le délinquant et ne lui assure une indulgence devant laquelle échouent les lois les plus sévères et les mieux conçues.
- C’est donc du côté des cours d’eau privés qu’il semble que les chances d’amélioration soient les plus sérieuses. Mais ici apparaît une situation d’un autre genre et qui ne paraît pas moins lamentable. Préoccupé de plaintes incessantes relatives au dépeuplement des cours d’eau, le Sénat ordonna, en 1880, une enquête destinée à rechercher l’état réel des choses et à y porter remède au besoin. Les résultats de l’enquête furent exposés dans un volumineux et magnifique rapport de M. George, alors sénateur des Vosges, aujourd’hui président de chambre à la Cour des comptes; on y peut voir que les eaux privées ont été et sont encore littéralement dévastées. Cela tient au morcellement de ces eaux. Les propriétaires se désintéressent de leurs eaux en raison de leur faible rendement, et le rendement est faible justement parce que les propriétaires s’en désintéressent. M. George pensait qu’on ferait cesser cet état de choses en autorisant, par une loi, les propriétaires riverains des cours d’eau non navigables et flottables à former entre eux des associations syndicales en vue de l’exploitation de la pêche dans toutes les parties de ces cours d’eau. De concert avec M. Gadaud, sénateur de la Dordogne, il fit au Sénat une proposition dans ce sens qui n’a pas encore abouti. Pour le moment, 3oo sociétés de pêcheurs à la ligne, créées depuis 1882, ont pris bénévolement les cours d’eau sous leur protection, tandis que la Société d’aquiculture et de pêche a concentré tous les documents qui peuvent, au point de vue scientifique, permettre de déterminer les conditions de leur fertilité
- Mais l’initiative privée doit s’exercer dans d’autres directions. Il est possible, en certains endroits, de multiplier en quelque sorte les cours d’eau par des dérivations habi-
- (1) Les indications contenues dans celte partie de cien Henry, conservateur des forêts, chef du Service notre travail sont empruntées à la Conférence faite à de l’aménagement des eaux et d’amélioration poste-la Société d’aquiculture le 6 juin 1900, par M. Lu- raies au Ministère de l’agriculture.
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- lement anastomosées constituant de véritables lagunes artificielles, faciles à surveiller et traversées par de l’eau courante ; il existe et on peut créer de nombreux étangs où l’eau séjourne et stagne; on est bien loin d’avoir fait tout ce qui est désirable dans celte voie. Nos établissements actuels de pisciculture sont en situation de donner l’exemple et de devenir ainsi le point de départ d’améliorations considérables.
- Quatre d’entre eux ont figuré avec honneur à notre exposition. Ce sont :
- i° La Station aquicole du Nid-du-Verdier, établissement départemental de la Seine-Inférieure, situé près de Fécamp et dirigé par M. Raveret-Watel;
- 2° L’établissement de pisciculture de Bessemont, propriété de M. de Marcillac;
- 3° La Station limnologique de Besse-en-Chandesse, qui dépend de l’Université de Clermont-F errand ;
- 4° L’Etablissement de pisciculture de Neuvon, près Plombières-lès-Dijon, créé par M. et M'D0 Ramelet.
- Ces établissements s’occupent de la reproduction des salmonidés.
- L’établissement de Nid-du-Verdier, auquel une médaille d’or a été décernée, a été fondé en 1891; il est destiné au repeuplement-des rivières de la Seine-Inférieure; les alevins y sont jetés après avoir atteint, dans des bassins d’élevage mesurant ensemble 2,343 mètres carrés, une taille suffisante pour leur permettre de résister à la plupart des dangers qui menacent les poissons qui viennent à peine de résorber leur vésicule vitelline; 293,000 alevins ont été jetés de 1893 à 1899 dans seize cours d’eau du département.
- Les élevages de Bessemont, près Villers-Cotteret, ont démontré la grande supériorité de la truite arc-en-ciel de Californie (Salmo iredens) pour les élevages intensifs en eaux fermées dans notre pays. L’établissement a été, en conséquence, uniquement consacré à cet élevage; les jeunes truites y naissent et s’y développent jusqu’à ce qu’elles deviennent marchandes. Les reproducteurs, au nombre de 3,000, sont des truites de deux à cinq ans tenues dans des étangs distincts de ceux où les jeunes grandissent. Environ 2 millions d’œufs sont mis en incubation de mars à avril. Us ont permis d’empoissonner un certain nombre d’étangs de l’Orne et de la Marne. En 1898, il a été livré sur le marché de Paris 2,965 kilogrammes de truites par l’établissement de Bessemont. M. de Marcillac a obtenu une médaille d’or.
- La Station limnologique du Puy-de-Dôme a été fondée par M. Berthoule, maire de Besse, ancien secrétaire général de la Société d’acclimation ; elle est devenue ensuite la propriété de l’Université de Clermont-Ferrand; elle doit associer la pisciculture à la science pure et chercher aussi à empoissonner de salmonidés les eaux fraîches et pures de l’Auvergne et des régions voisines.
- L’établissement de Neuvion conduit la truite arc-en-ciel aux dimensions de 20 à 2 5 centimètres et les ensemence à cette taille dans les cours d’eau de la région. La truite arc-en-ciel est grâce à lui couramment pêchée dans les cours d’eau de la Côte-
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- cl’Or. En outre, des expéditions ont été faites en divers points de la France. Une médaille d’argent a été attribuée à M. Ramelet.
- M. Jeunet a ce mérite particulier de faire à Paris la pisciculture de la truite. On lui doit aussi des essais d’élevage de poissons exotiques; mais il a surtout perfectionné l’outillage des laboratoires de pisciculture.
- M. Dagry pratique à Paris, sur le quai du Louvre, comme M. Jeunet, une industrie analogue; il succède au regretté Carbonnier qui fut un zélé introducteur, en France, d’espèces exotiques.
- M. Dubel, à Saint-Ouen-des-Toits (Mayenne), s’occupe de l’élevage de la carpe et de la tanche, particulièrement appropriées aux étangs de la Mayenne. Il s’est fait Tapôtre d’un élevage; le Jury lui a décerné une médaille de bronze.
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- EXPOSITION DU MINISTÈRE DE LA MARINE.
- Le Ministère de la marine qui n’a cessé de protéger avec une vive sollicitude le développement de la pêche sur nos côtes, a tenu à présenter, dans une salle spéciale, l’état actuel de cette industrie. Chaque quartier maritime y était représenté par des reproductions grandeur naturelle de ses pêcheurs, entourés de leurs engins ou filets habituels; ainsi s’est trouvé constitué un véritable musée des pêches. Mais, en outre, quatre cartes remarquablement instructives donnaient en quelque sorte, sous une forme synoptique, toute la statistique des pêches maritimes et de l’industrie ostréicole : rendement de la pêche au cours d’une série d’années; rendement de la pêche maritime, par quartier; carte des écoles de pêche, écoles d’hydrographie des poissonniers et des associations ou syndicats divers.
- Autour du Ministère de la marine, sont venus se grouper les laboratoires maritimes de Concarneau et d’Endoume, près de Marseille. Le laboratoire de Concarneau est dirigé, au nom du Collège de France, parM. Fabre-Dommergue, inspecteur général des pêches maritimes. M. Fabre-Dommergue expose toute une collection de poissons et de crustacés conservés, et qui ont gardé dans le liquide antiseptique ou ils baignent toute la finesse de leur couleur. Le liquide est constitué de la manière suivante :
- Sucre blanc............................................................... 2k oo
- Solution normale de formol................................................ o 60
- Eau filtrée............................................................... 4 oo
- Camphre, à saturation.
- On n’amène que graduellement les animaux dans ce liquide. On y ajoute d’abord trois fois son volume d’eau, et on constitue ainsi un premier bain dans lequel on plonge, pendant deux ou trois jours, les animaux à conserver. Puis, on les fait passer dans un second bain, où le mélange n’est étendu que de son volume d’eau, et dans un troisième, où l’on n’a ajouté au mélange définitif qu’un tiers de son volume d’eau. Mais le laboratoire de Concarneau n’est pas destiné à former des collections. M. Fabre-Dommergue y a poursuivi de très intéressantes recherches sur l’élevage des poissons de mer, et a réussi à faire traverser heureusement, à certaines espèces, la phase critique qui correspond à la résorption du sac vitellin, crise qui n’est si fatale à tant d’alevins tenus en aquarium, que parce qu’on a négligé de leur donner assez tôt une nourriture appropriée.
- Un des côtés intéressants de l’exposition de la Marine, a été la part que les écoles de pêche ont su s’y faire. Ces écoles sont toutes de création récente. Elles sont dues en grande partie à l’action persistante de la Société pour renseignement professionnel et technique des pêches maritimes, fondée en 1895 par M. E. Cacheux, et reconnue d’utilité publique en 1898, qui a elle-même organisé le Congrès international des pêches maritimes. Ces écoles sont aujourd’hui au nombre de huit; elles sont situées à l’île de
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- Groix (directeur, M. Gaillard); aux Sables-d’Olonne (directeur, M. Amédée Odin) ; à Marseille (directeur, M. Gouret); à Boulogne (directeur, M. Canu) ; à Dieppe (directeur, M. Lavieuville) ; à Fécamp (directeur, M. Gautier); à Philippeville (directeur, M. Layrle); à Arcachon (directeur, M. Pottier); au Groisic (directeur, M. Dangerbaud); à la Rochelle (directeur, M. le docteur Pineau).
- Aujourd’hui, les pêches ne deviennent productives qu’à la condition de s’éloigner de plus en plus des côtes. Les écoles de pêche ont pour objet de donner auxjeunes marins une instruction suffisante pour leur permettre de s’aventurer beaucoup plus loin qu’ils ne le font aujourd’hui, de lire les cartes, de faire le point, de se diriger au moyen des sondages, etc. Un Manuel du patron pêcheur a été édité par MM. Roché et Canu, pour jeter les hases de cet enseignement, auquel prépareront désormais d’ailleurs, grâce à une mesure prise par M. le Ministre de l’instruction publique, toutes les écoles primaires du littoral.
- La création des écoles de pêche n’a pas été sans présenter quelques difficultés ; il a fallu lutter contre l’indifférence des marins, l’insuffisance de leur instruction. Mais quelques-une d’entre elles, celles de Groix, de Dieppe, de Marseille, notamment, ont définitivement pris leur essor, et Arcachon lutte avec ardeur pour le succès.
- Par ces heureuses initiatives, le Comité de l’enseignement technique a bien mérité de la marine française.
- Parmi les documents qui faisaient partie de la belle exposition organisée par MM. Durassier, directeur, et Chansarel, sous-directeur de la marine marchande, nous devons signaler les belles études sur la marine, de M. Georges Thiébaut, ingénieur en chef des ponts et chaussées de l’Ille-et-Vilaine, très connu pour ses travaux sur les marées. Son cadran et son horloge maréographiques, son télémètre de côte, correcteur de marine, permettent de déterminer automatiquement le numéro des torpilles dans le rayon d’action desquelles passe un navire. Mais sa grande découverte consiste dans la détermination des années où se produit le grand flot de mars. Ce flot qui vient justement de se manifester, se produit régulièrement tous les quatre à cinq ans. M. Georges Thiébaut ne s’est pas borné à le constater empiriquement; il a trouvé une explication complète de la périodicité du phénomène. L’Académie des sciences a donné, en 1898, un prix extraordinaire de 6,000 francs à ce savant mémoire que M. Bouquet de laGrye, rapporteur de l’Académie des sciences, a apprécié en disant que son auteur «a fait preuve d’une grande fécondité d’invention ». Trois grands atlas illustrent, en quelque sorte, ce travail « considérable» éntrepris dans l’intérêt du Département de la marine, afin de donner des bases certaines à la délimitation du domaine maritime, qui doit s’étendre aussi loin que le comporte le maximum des grandes marées. Ce n’est pas la seule œuvre importante que M. Thiébaut ait accomplie. Il semble qu’il ait été peu récompensé de tant de labeur (]).
- Un grand prix a été accordé à l’exposition du Ministère de la Marine.
- M M. Georges Thiébaut est depuis 1878, soit depuis vingt-trois ans, simple chevalier de la Légion d’honneur.
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- Un autre grand prix a été donné à I’Ecole des pêches maritimes de Groix.
- Les Écoles de pêche de Boulogne, de Dieppe, de Marseille obtiennent des médailles d’or.
- Les Ecoles de pêche du Croisic et des Sables-d’Olonne reçoivent des médailles d’argent.
- Les Ecoles de pêche de Fécamp et d’Arcachon, la médaille de bronze.
- EXPOSANTS HORS CONCOURS.
- Au moment où nous terminons l’examen de la pêche en France et rénumération des récompenses obtenues par les exposants français des produits seuls que nous avons examinés jusqu’ici, il est de notre devoir de mentionner les noms des exposants notables, également français, qui, étant membres du Jury ou ayant dans le Jury un représentant ont été, par suite, mis hors concours : MM. Altazin (Emile), Bouclet (Louis), Brun (L.).
- La Chambre syndicale des Négociants en diamants, perles, pierres précieuses et des lapidaires. (M. Falco,président.}
- L’enseignement professionnel et technique des pêches maritimes, MM. Pérard (Joseph), Perrier (Edmond), La Société des industries maritimes.
- La Socie'té des sécheries de Port-Bouc, MM. Beust et fils, Fabre-Dommergue , Le Blanc, Pion-Gaud, La Société d’aquiculture et de pêche, Saint frères, Weill (Georges).
- M. Altazin expose un matériel de pêche maritime, des produits de pêche, des plans et des photographies de son établissement à Boulogne-sur-Mer.
- M. Bouclet, de la même ville, dont nous avons déjà cité le nom, expose des engins, des produits et un modèle de bateau à vapeur.
- MM. Beust et fils, de Granville (Manche), présentent au Jury un matériel flottant, spécial à la pêche, et lui font faire la visite fort intéressante d’un navire armé pour la pêche sur les bancs de Terre-Neuve.
- La Société des sécheries de Port-Bouc nous montre un modèle de la goélette de pêche; M. Le Blanc, des appareils pour pêcher et sonder dans les mers profondes; M. Pion-Gaud, des truites et un plan de son établissement et MM. Saint frères, des voiles.
- Enfui nous mentionnerons ici, pour mémoire seulement, car nous aurons l’occasion de reparler de ces exposants dans le cours de notre étude que M. Brun et M. Weill exposent des éponges; la Chambre syndicale des négociants en diamants, perles, etc., des coquilles perlières ; I’Enseignement professionnel et technique des pêches maritimes , un matériel d’enseignement et des travaux ; la Société des Industries maritimes , représentée par M. Pérard, des huiles de poissons; M. Périer, des plans et des collections; la Société centrale d’Agriculture et de Pêche, des documents etM. Fabre-Domergue,une collection de poissons conservés.
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- LA PÊCHE DANS LES PAYS ÉTRANGERS
- AYANT PARTICIPÉ À LA CLASSE 53 DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1900.
- PAYS-BAS.
- Sur une partie du littoral de la Hollande se trouvent de nombreux ports qui se livrent à l’industrie de la pêche. 11 en existe plus de quarante sur le Zuiderzée et la mer du Nord, dans la partie située près de la frontière allemande jusqu’à la Belgique. Les ports font presque complètement défaut entre le Helder et la nouvelle bouche de la Meuse, sur la mer du Nord.
- Le Zuiderzée. — Le Zuiderzée est un golfe poissonneux de grande valeur, plus de 1,000 bateaux de pêche de a5 à 3o tonneaux, avec un équipage de deux à trois pêcheurs, y sont occupés presque continuellement.
- On y fait la pêche du hareng, puis celle del’éperlan, du carrelet, de l’anguille et des petites crevettes. De temps en temps, des bandes innombrables d’anchois pénètrent dans le Zuiderzée et sont l’objet, pendant deux ou trois mois, d’une pêche rémunératrice. Pendant les mois de mai, juin et juillet se pêchent les anchois, mais cette récolle se présente d’une façon intermittente. Dans une bonne année, on peut prendre de 60,000 à 100,000 tonneaux de ces poissons. Le prix de chaque baril varie, suivant l’importance de la pêche, de i5 à 3o florins. Pour l’année 1890, ce prix n’a été que de 10 florins le baril, mais la pêche, en deux mois et demi, a rapporté aux pêcheurs deux millions de florins environ.
- La mer du Nord. — Près de i,5oo bateaux exercent leur métier dans la mer du Nord. Les plus petits (de 3o à ko tonneaux) pêchent seulement au chalut; les plus grands pratiquent Tété la pêche du hareng, et l’hiver, celle à la ligne de fond. De nombreux voiliers en fer font la pêche de la morue, avec cordes.
- Les pêcheurs de Vlaardingen, Schéveningen et Maasluis tiennent le premier rang pour la pêche du hareng; ceux de Middelharnis, dePernis et de Zwartewaal, se servent de la ligne de fond, et cherchent les morues, les églefins, les lingues et les flétans. En hiver, ils essaient d’amener vivants, au marché, les morues et une partie des autres poissons; en été, tout leur poisson est saigné, lavé, salé, embarillé, dès qu’il est capturé.
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- ENGINS, INSTRUMENTS, PRODUITS DE LA PÈCHE, AQUICULTURE. 463
- Les Pays-Bas occupent un des premiers rangs au point de vue de la préparation des produits; nous dirons même le premier pour la préparation du hareng salé, qui se fait en mer.
- L’Allemagne consomme plus particulièrement le hareng salé, la Belgique le hareng saur ou fumé, et l’Angleterre la morue fraîche.
- La pêche au chalut. — Certains ports qui font la pêche du hareng en été, font en hiver la pêche au chalut. Les pêcheurs de Scheveningen se servent de bateaux plats. Une quinzaine de vapeurs s’y emploient également. Cette pêche a pour objet la recherche de la plie, la sole, la limande, le turbot, la barbue, la raie.
- Presque tous les bateaux employés à la pêche au chalut sont munis d’un vivier, dans lequel l’eau de mer peut entrer et circuler librement, ce qui permet aux pêcheurs d’amener encore vivants sur le marché une bonne partie de leurs poissons.
- M. le docteur Hoek, directeur de la station du Helder, qui nous donne, dans une notice, la plupart de ces renseignements, nous indique que celte dernière particularité s’explique par ce fait que les petits bateaux qui pêchent au clialut, dans la mer du Nord, appartiennent presque sans exception au patron même du bateau; ce dernier, le premier intéressé à la réussite de la vente, se donne beaucoup de peine pour débarquer son poisson dans les meilleures conditions possibles.
- Le nombre des bateaux hollandais qui pratiquent uniquement ce genre de pêche, se monte de 1,100 à 1,200. Il n’existe actuellement, aux Pays-Bas, que vingt-cinq chalutiers à vapeur, mais le développement de cette flottille, qui paraît avoir subi un temps d’arrêt, est sur le point de continuer.
- Nous terminerons cet exposé succinct, en rappelant qu’en Hollande, depuis 1857, les pêches maritimes sont libres; les pêcheurs, avant cette époque, se lamentaient des mesures restrictives qui les réglementaient. Ils se plaignent aujourd’hui d’une liberté qui a probablement conduit, par l’abus, à l’appauvrissement des eaux.
- Pour donner un aperçu de la situation des pêches aux Pays-Bas et de la comparaison des années 1889 et 1899, nous avons établi, au moyen des chiffres indiqués par M. le docteur Hoek, les tableaux suivants :
- SITUATION DES PECHES AUX PAÏS-BAS.
- 1889. 1899.
- [ Nombre de bateaux. 439 620
- / Pêche ] Nombre de pêcheurs. 6,100 8,700
- 1 du hareng. j Produit en tonnes.. . 4io,2 4'6 275,668
- J. Lies GRAIN DUS \ 1 DECIIES / [ Prix moyen par tonne 22 • 4o
- MARITIMES. j Pêche 1 [ Nombre de bateaux.. 134 113
- 1 à la ligne Nombre de pêcheurs. 1,900 1,55o
- \ de fond. I Produit en francs.. . 1,720,000 1,287,000
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- A 64
- 1889. 1899.
- (Nombre de bateaux............. 70*2
- A la ligne de fond................. 46
- la «euTnorJ Hare"S............................ 439
- [ Pêche au chalut................... 267
- 1892.
- I Nombre de bateaux.............. 2/16/1
- Nombre de pêcheurs.............. 5,892
- n
- Capacle moyenne.................... >9
- Produit en francs.................. //
- IV. La pèche dans l’Escaut
- ET DANS
- LES BRAS DE MER DE LA ZÉLANDE.
- Nombre de bateaux. A 7 5
- Capacité totale eu tonneaux.............. 8,786
- N ombre de pêche u rs. 1,13 0
- 1,469
- 43
- 620
- 806
- 1899.
- 8,229
- 0,969
- 16
- 4,000,000 environ.
- 1899.
- 1,074
- 1 2,625 2,3o2
- Nous remarquons, dans ces deux derniers tableaux, que l’augmentation du nombre des bateaux a été suivie par une diminution de la capacité moyenne.
- L’augmentation si importante de la flotte des bateaux pêcheurs, a eu pour cause le développement de l’industrie des moules en Zélande.
- On peut évaluer à 3o millions de kilogrammes environ, représentant une valeur de 1,200,000 francs environ, le produit des moules en Zélande, en 1898-1899.
- Le produit général des pêches maritimes n’a pas encore été établi pour l’année 1900 mais il peut être évalué à 25 millions de francs.
- L’étude de toutes les questions scientifiques qui intéressent la pêche hollandaise est confiée au laboratoire zoologique du Helder dont le directeur, un savant éminent, M. le docteur Hœk, porte le titre de conseil scientifique du gouvernement royal des Pays-Bas.
- La pêche d’eau douce. — La pêche de l’anguille et celle du saumon constituent une industrie importante.
- La pêche aux anguilles se fait au moyen d’hameçons, de foènes, de troubles, de nasses, de paniers, etc.
- Le produit en est, pour une bonne part, accaparé pour approvisionner la Flandre et le marché de Londres.
- Pour la pêche du saumon, on se sert de sennes, de filets flottants, ou de grandes nasses.
- Les pêcheries les plus importantes sont situées le long de la nouvelle et de la vieille Meuse, de la nouvelle Merwede et du Rhin.
- Le produit de la pêche du saumon est très variable, on évalue la pêche faite dans le Rhin, par la Hollande, à 60,000 pièces par an en moyenne.
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- Divers procédés de pisciculture ont été employés pour aider au repeuplement des eaux, mais ils n’ont pas donné jusqu’ici les résultats que l’on espérait.
- L’ostréiculture. — Des essais d’ostréiculture ont été faits depuis une trentaine d’années. Il a été démontré que cette industrie peut prospérer dans la province de Zélande sur l’Escaut de l’Est.
- Le nombre total des huîtres mises en vente varie suivant les années; nous l’avons vu tomber au-dessous de 16 millions et dépasser 5o millions; mais le chiffre-total peut êire évalué à 3o millions par an, en moyenne.
- Il nous est agréable de constater le succès obtenu par l’exposition des Armateurs et Pêcheries néerlandais. Cette collection présentait des spécimens de matériel flottant spécial à la pêche, des engins et produits de la pêche et de l’aquiculture, des modèles de bateaux, des photographies, etc. Cette belle exposition a été récompensée par un grand prix.
- ÉTATS-UNIS.
- L’industrie des pêches, aux Etats-Unis, a pris une importance considérable.
- Le nombre des bateaux de pêche de plus de 5 tonneaux était, en 1897, de 6,453, jaugeant ensemble 178,637 tonneaux, d’une valeur de 73 millions de francs.
- Les bateaux d’un tonnage plus faible, s’élevaient à 75,722, représentant ensemble une valeur de 21 millions de francs. Ces bateaux étaient montés par 197,293 pêcheurs.
- Les principaux lieux de pêche sont : Pensylvanie, Delaware, Maryland, Virginie, sur l’Atlantique : les États du Sud, puis Gloucester, New-York, New-Jersey et San Francisco.
- De nouveaux champs de pêche ont été utilisés depuis 1889, notamment sur les bords de l’Océan, dans les grandes profondeurs, dans l’Alaska, l’Islande et l’Afrique du Sud.
- Les engins employés pour la capture du poisson sont : filets fixes ou dérivants, tra-mails, lignes de fond ou à la main ; l’engin le plus perfectionné, d’ailleurs déjà connu et décrit lors de l’Exposition universelle de 1889, à Paris, est lepurse-senne, ou filet-bourse, qui est employé pour les pêches des maquereaux, harengs et aloses. Ce filet atteint la dimension de 4oo mètres de développement sur 3o à 5o mèlres de profondeur. Le fond est fermé au moyen d’un coulant. Cet engin est souvent manœuvré par un bateau spécial accompagné de plusieurs bateaux pêcheurs.
- Depuis quelques années, le coton a remplacé le chanvre dans la fabrication des filels; les lignes de fond ont été allongées, et l’on se sert de rouets pour la pêche du saumon.
- L’alose se pêche de juin à octobre, de la Nouvelle-Orléans à la Virginie; le maquereau, de mars à septembre, sur toutes les côtes, principalement celles du Canada; la baleine, à New-Bedford et à Prince-Town; la sardine, à Easl-Port et à Lubeck; le ho-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
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- mard à Boston et à Portland; les huîtres à Baltimore, New-Haven, New-York et Cris— fîeld; le saumon, notamment dans les cours d’eau du Pacifique et de la Californie; la loutre, dans les eaux de l’Alaska; le phoque, dans les îles de l’Alaska, de Saint-Paul et de Saint-Georges.
- On trouve l’éponge dans les eaux de la Floride, et la perle d’eau douce dans beaucoup de rivières de l’Amérique du Nord.
- On évalue à ho millions de dollars environ, soit 200 millions de francs, le rendement des pêches pour l’année 1899. Ce montant général se décompose ainsi :
- Pêches maritimes.......................... (environ). 187,000,000 francs.
- Pêche fluviale..................................... 43,000,000
- Pêche dans les grands lacs et autres............... 20,000,000
- La prospérité des pêches aux États-Unis est due notamment au développement des voies ferrées, à l’amélioration des moyens de transport et aux méthodes scientifiques employées pour faire parvenir en bon état le poisson frais à travers le continent, dans toutes les régions du pays. Les vaisseaux sont à viviers et à glacières, les chemins de fer sont munis d’appareils réfrigérants. On apporte, par trains rapides, le hareng frais, de Newfoundland à New-York; les huîtres, de la baie de Chesapeake jusqu’au Mississipi, de Baltimore et de New-York, au Nord, à l’Ouest et au Sud. Les truites des grands lacs, emballées dans la neige, parviennent sur les marchés de Boston, de New-York et de Philadelphie.
- La prospérité que nous venons de constater doit être également attribuée à la Commission de pisciculture et de pêche qui fonctionne aux États-Unis depuis 1871. Le crédit voté à celte époque, pour les travaux de cette Commission, était de 8,500 dollars, soit 42,500 francs. Ce crédit a été chaque année augmenté; il s’est élevé en 1898 à 462,000 dollars, soit 2,310,000 francs.
- 35 stations de pisciculture ont été successivement créées.
- La Commission se sert de deux bateaux spéciaux, l’un aménagé pour l’éclosion du frai et les opérations de pisciculture en fleuve ou sur mer, l’autre destiné spécialement aux recherches dans les eaux profondes.
- En 1898,1e nombre de poissons et de frai distribués par la Commission a été de 857,309,5/16.
- Les principales espèces représentées dans cette distribution, sont :
- Aloses...................... 228,062,000
- Morues...................... 202,570,000
- Homards...................... 92,234,000
- Lavarets.......................... 88,4 88,000
- Perches-brochets.................. 81,15 3,7 5 0
- Platessa (Jlat-fish).............. 89,337,000
- La Commission des États-Unis de la pisciculture a exposé des modèles d’appareils pour la pisciculture ou de transports du poisson, des dessins de poissons, des photographies, des statistiques démontrant son activité. Le Jury l’a reconnue en lui décer-un grand prix.
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- Médailles d’or : La Commission dk la Californie et la Commission de Massachusetts, MM. Abbey et Imbrie, pour leurs appareils et engins; M. T. H. Rean, Jordan, Evermann, Stejneger, Tanner, pour leurs publications; MM. Tiffany et C°, pour leurs coquilles et perles; la New-Bedford Oïl Cy, pour ses huiles et M. H. Smith, pour ses documents; American net and twine Cy, pour ses filets et La Forêst and stream publisiiing Cy pour ses publications.
- Médailles d’argent: M. Benn, pour ses engins; M. Fraine, pour ses modèles; MM. Att-YATER, B. BeAN, WlLGOX, HeNSHALL , DeAN , ElGENMANN, LlNTON, STEVENSON, TrUE, BlEN, pour leurs publications; MM. Howarth, Milan et fils, pour leurs engins.
- Médailles de bronze : M. Green, pour ses engins; MM. BüMrus, Woolman, Kendall, Meck, pour leurs publications.
- Mentions honorables : MM. Titcomb, Blackford, Kirsch, Kofoid, pour leurs publications; M. Rogers, pour ses plans.
- L’industrie des conserves s’est également développée aux Etats-Unis, notamment celle des maquereaux, des sardines et des huîtres.
- Les produits dérivés sont de même en progrès : l’huile et la colle' de poisson, le guano, la glu et la gélatine.
- Les Etats-Unis exportent principalement la morue et le hareng séchés ou fumés, le saumon en conserve, les huîtres, les baleines, etc. Ces produits s’adressent surtout à l’Angleterre, Haïti, l’Allemagne. L’exportation totale des produits de la pêche se monte à 25 millions de francs environ.
- L’importation dont profitent en premier lieu le Canada, l’Angleterre, la France, la Suède et la Norvège, a pour objet entre autres : le hareng et le maquereau marinés, la sardine, le homard en conserve, divers poissons frais ou glacés, les perles, etc. On l’évalue à 3o millions de francs annuellement.
- Les chiffres officiels , pour l’année 1899 , n’ayant pas encore paru, nous ne donnons ci-dessus que des résultats approximatifs.
- NORVÈGE.
- La pêche est une des grandes industries delà Norvège; elle y occupe le second rang.
- Les poissons comestibles de la Norvège sont principalement des poissons ronds et surtout des gadoides (morue, colin, églefin, etc.). Les espèces de poissons les plus nombreuses appartiennent aux eaux septentrionales, ce qui indiquerait que la mer est beaucoup plus poissonneuse dans le Nord que dans le Sud.
- Un peu plus des trois quarts des grandes pêches ont lieu au nord du cap Stad. Ces pêches sont périodiques ; elles ont pour objet des espèces se livrant à des migrations annuelles et à époque fixe vers la côte, telles que la morue, le hareng, le maquereau et le saumon.
- Gr. IX. — Cl. 53. 3a
- NATIONALE.
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- La pêche de la morue ou cabillaud se fait de février à juin, aux îles Lofoten, dans le Sôndmore, le Finmark, Trondhjem et, toute l’année, le long des côtes.
- On y emploie des lignes à main, des seines, surtout des lignes de fond et des filets de fond de 35 à ho mètres de longueur sur 3 à 4 mètres de profondeur.
- Les bateaux qui pratiquent la pêche aux îles Lofoten ne sont généralement pas pontés; leur tonnage ne dépasse pas 10 tonneaux; l’équipage est de 6 à 8 hommes.
- Cette pêche est l’objet d’une surveillance officielle.
- La morue salée ou séchée est exportée sous diverses dénominations, notamment en Allemagne, en Angleterre et en Espagne.
- Les sous-procluits — c’est-à-dire la rogue (œufs de morue salés), consommée par la France comme appât pour la pêche de la sardine, le guano de poisson, fabriqué avec des têtes de morues séchées et broyées, et les huiles industrielles ou médicinales, faites avec les foies de morues — donnent un rendement important.
- La pêche du hareng vient immédiatement, comme importance, après celle de la morue. Comme celle-ci, elle se fait tout le long de la côte, pendant l’été, de juillet à novembre et, pendant l’hiver, de janvier à la fin de février.
- Les engins employés sont : la seine ou le filet dérivant. On se sert, pour la pêche au filet dérivant notamment, de bateaux pontés portant une vingtaine de filets et un équipage de 4 à 5 hommes. Pour la pêche à la seine, on emploie une flottille de 4 à 5 bateaux, dont l’un sert à loger les hommes, les provisions et les engins. L’équipage est de 2 5 à 3o hommes.
- Le sprat, qui est pris à la seine, se pêche en octobre. Il est préparé immédiatement à l’huile ou en anchois, fumé et salé avec des épices.
- Le maquereau, pêché pendant l’été, à la ligne, aux filets dérivants, traînants ou de barrage, est exporté, principalement à l’état frais, en Angleterre; on en sale une partie.
- Le saumon et le homard sont consommés ou expédiés également à l’état frais ou fumé.
- Le morse et le phoque sont poursuivis dans l’océan Glacial, au Spitzberg et à la Nouvelle-Zemble ; la baleine de Finmark est prise avec un harpon lancé par un petit canon.
- Les conserves de Norvège sont estimées : le saumon, le flétan, les sprats fumés ou marinés, les filets d’anchois, le caviar de morue occupent de nombreuses fabriques, surtout dans les villes de Stavanger et Christiania. Cette industrie s’est beaucoup développée, et le chiffre de l’exportation, que nous donnons plus loin, indique, sur les années précédentes, une augmentation de plus en plus marquée.
- Plus de 3,5oo bateaux, montés par i 16,000 pêcheurs, ont été employés en 1899 à l’industrie de la pêche.
- La Norvège emploie quelques bateaux à vapeur, mais le nombre en est encore peu important.
- Les grandes pêches maritimes en 1899 ont rapporté aux pêcheurs 26,292,000 krô-ner, soit 34 millions de francs environ.
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- ENGINS, INSTRUMENTS, PRODUITS UE LA PÊCHE, AQUICULTURE. 4G9
- Le montant total de l’exportation des produits de la pêche a atteint, dans les trois dernières années, une moyenne de 5o millions de kroner, soit 70 millions de francs environ.
- Les conserves entrent dans ce chiffre pour une somme relativement minime, mais il faut remarquer que cette exportation s’élevait seulement :
- En 1889, à a3j,ooo kroner ou 3a3,/ioo francs; en 1893, à 531,900 kroner ou 7/1/1,600 francs; en 1897,4 1,2 13,ooo kroner ou 1,698,200 francs ; en 1899, nous arrivons au chiffre de i,554,ooo kroner ou 2,176,600 francs.
- Cette amélioration constante indique l’avenir réservé à cette industrie.
- Pour l’année 1899, ^ résultat des pêches se décompose ainsi, d’après les statistiques officielles :
- Hareng...............
- Morue................
- Autres pêches........
- Totaux
- PRODUIT.
- kilogr.
- 78,260,801
- 9,3,221,865
- 24,492,586
- 190,975,252
- VALEUR.
- kroner.
- 1 2,5i8,8oo 32,i 18,4oo 3,710,500
- 48,347,700
- Ce résultat, légèrement supérieur au produit de Tannée 1898, est inférieur de 3,400,000 kroner environ au rendement de Tannée 1897 (51,747,100 kroner), le plus élevé qui ait été relevé pour les pêcheries norvégiennes depuis Tannée 1876.
- Parmi les exposants delà Norvège, nous citerons Y exposition collective du groupe des Pêcheurs de Bergen qui a remporté un grand prix pour son exposition remarquablement organisée d’articles et de produits de pêche.
- Un autre grand prix a été donné à M. Môller-Peter, pour son huile médicinale.
- Médailles d’or : MM. Borthen, Devold, Didriciisen Moy et 0e, Farstad, Holji, Holter, Johnsen, Jordan, Rieber et Thams, pour leurs huiles.
- Médailles d’argent : MM. Finnoy et Irgens, pour leurs engins; M. Meyer, pour ses produits.
- SUÈDE.
- Bien que l’industrie de la pêche n’ait plus en Suède l’importance quelle possédait autrefois, elle n’en représente pas moins encore aujourd’hui une valeur relativement considérable.
- Par suite de la situation des côtes entourées d’une multitude d’îles et de récifs, la différence entre la pêche maritime et celle d’eau douce est moins caractérisée que dans les pays entourés d’eaux plus salées; il s’ensuit que la pêche est principalement une pêche côtière, en faible partie une pêche au large.
- 3a,
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- Le rendement des pêches suédoises peut être évalué comme suit :
- icolière.....
- maritime . . . en eau douce
- 7,700,000 francs. â, 100,000 2,800,000
- Total.
- 12,600,000
- Les différentes espèces participent à ce montant total dans les vantes :
- proportions sui-
- Hareng...................
- Strôming ou hareng baltique.
- Anguille.................
- Homard et huître.........
- Saumon...................
- 3,85o,ooo francs, i,4oo,ooo 8/10,000 245,ooo i,33o,ooo
- Le nombre des pêcheurs s’élève à 00,000 environ.
- Les embarcations et les engins de pêche sont la propriété des pêcheurs mêmes formant l’équipage. Ils se partagent le produit de la pêche, après prélèvement d’une certaine somme pour l’entretien du bateau.
- Le hareng se pêche d’août à octobre, le long du Rohuslan méridional et du Hal-land, dans le Kattégat, le Sund et la Baltique méridionale; au printemps et au commencement de Tété, dans les golfes de l’Archipel ; dans plusieurs localités de la Suède centrale, on va chercher le hareng sous la glace. On emploie, à cet effet, de très grands filet s nommés seines d’hiver; pour les autres pêches, on se sert surtout de filets à mailles fines, souvent d’une profondeur ou largeur considérable et ployés en boucle; on utilise aussi des verveux, à la pêche du hareng baltique sur certaines parties des côtes du Norrland.
- Le hareng est vendu frais, tant pour l’exportation que pour la consommation du pays ; une partie est salée. Les qualités secondaires servent à la fabrication du guano et de l’huile.
- En 1898, l’exportation du hareng frais a été de 396,693 quintaux et celle du hareng salé, de 167,108 quintaux. Le hareng frais est expédié notamment en Russie et en Angleterre.
- Les autres espèces de poissons qui sont Tobjet d’une pêche relativement grande sont : la morue commune, Taigrefin, le merlan, la lingue, le charbonnier et le merlus. Dans les parties peu profondes du Kattégat, on trouve : la plie, le turbot, la sole, le Hat.
- On se sert, pour celte pêche, de bateaux-viviers de 5 à 10 tonneaux, avec 5 ou 6 hommes. Dans la mer du Nord, on emploie principalement des cotres de 3o à 4o tonneaux, avec un équipage de 8 à 10 hommes. La pêche du linguard, de la
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- ENGINS, INSTRUMENTS, PRODUITS DE LA PÊCHE, AQUICULTURE. 471
- morue, de l’hippoglosse, etc., s’y effectue du navire à l’ancre, à l’aide d’une espèce de ligne dormante plongeant presque jusqu’à 100 brasses et portant le nom de stor-hacha.
- Le maquereau se pêche, vers la fin de l’été, dans la mer du Nord et sur les côtes du Bohuslan ; on emploie des filets dérivants ou des lignes traînées; les bateaux sont pontés et montés par 5 à 8 hommes d’équipage ; la Norvège’, l’Allemagne et le Danemark le reçoivent emballé dans la glace. Le homard et l’huître se prennent sur les côtes de l’Ouest.
- Pêche d’eau douce. — Le saumon se prend dans les cours d’eau et dans les grands lacs. Dans les cours d’eau, la pêche se fait avec des seines et des rets, et, pour le saumon remontant, à l’aide de constructions de diverses espèces. Certains pêcheurs se livrent, au printemps et à l’arrière-automne, à une pêche assez considérable de saumon avec des lignes flottantes ou des filets dérivants dans la Baltique méridionale jusque sur les côtes d’Allemagne et autour de l’île de Gotland. Ils se servent de bateaux pontés.
- L’exportation du saumon frais se fait, pour la plus grande partie, en Angleterre et en Allemagne. On en fume ou on en sale une certaine quantité.
- L’anguille est recherchée avec des verveux dans les cours d’eau, pendant les migrations de ce poisson à la mer, et avec des lignes de fond le long des côtes de la Suède méridionale principalement. Le produit de cette pêche est presque exclusivement destiné à l’Allemagne qui reçoit le poisson encore vivant au moyen de bateaux-viviers spéciaux stationnant sur les côtes pour faire leurs achats.
- Pisciculture. — La Suède semble être le premier pays d’Europe où l’on ait fait des essais de pisciculture. Ils remontent à 1761, et furent entrepris par C. F. Lind, bourgmestre de Linkôping.
- La Suède possède ho établissements de pisciculture; on y cultive la carpe, la truite et différentes espèces de salmonidés.
- Législation et administration. — La pêche en Suède est administrée par divers agents nommés soit par l’Etat, soit par des corporations subventionnées par l’Etat. Un fonds de prêts aux pêcheurs, destiné au développement de l'industrie, a été institué, en 1892, par le Kiksdag et doté de 200,000 couronnes pour l’année 1899 avec libération d’intérêt pour la première année et amortissement en 10 ans.
- Les lois sur la pêche sont anciennes (1766-20 juin 1852); celles qui régissent la réglementation sont distinctes de celles qui régissent la propriété de la pêche et qui ont ont été réunies en un corps le 27 juin 1796.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- JAPON R).
- L’importance fie l’industrie des pêches au Japon est considérable; on compte, en 1900, environ 370,000 bateaux de pêche et plus de 3,3oo,ooo personnes vivant de la pêche ou des industries connexes.
- Les principaux lieux de pêche sont :
- I. Côtes faisant face à l’océan Pacifique. — C’est la partie la plus riche en poissons. Les sardines, bonites, pagres, thons et les mollusques y abondent.
- II. Côte de la mer du Japon. — On y trouve le bouri et la bonite et, à mesure que l’on avance plus au Nord, le hareng et la morue.
- III. Côte de la mer Intérieure. — Les poissons y sont nombreux au printemps ; ils disparaissent en automne. On y pêche généralement la sardine, le pagre, le bora.
- IV. Sud extrême de Satsouma et îles Formose. — De Satsouma aux îles Formose, on pêche le bouri et la bonite.
- Sur les côtes nord et ouest des îles Formose, on recherche la sardine, les ajis, le pagre, le requin, le bora et le kanten.
- V. Côtes de ïîle Hokkaido. — Les côtes de cette île sont très riches en poissons de toutes sortes. Ce sont le hareng, la sardine, le saumon et la truite saumonée qui forment la plus grande valeur industrielle. Dans la production totale que nous donnons plus loin, la pêche à Hokkaido seulement représente, pour 1897, 2 5 9,163 tonnes, d’une valeur de 4o millions de francs environ.
- En dehors des principaux poissons de mer ci-dessus indiqués, on recherche encore dans les mers du Japon : le maquereau, la sèche, le poulpe, le homard, l’awabi (oreille de mer), le namako (biche de mer), l’huître.
- Dans les cours d’eau et les lacs se multiplient le carpe, le goujon, l’anguille, la truite, l’écrevisse, enfin le saumon et la truite saumonée.
- L’année 1897, d’après la statistique officielle, a donné un produit total de 45 millions de yens (1 i2,5oo,ooo fr.), dont 35 millions de francs pour la pêche maritime.
- L’importance par genre de poissons ou d’herbes maritimes nous est donnée dans le tableau suivant : „
- QUANTITÉS. VALEUIIS.
- kan (2>. yen (3>.
- Harengs 45,690,i35 9,i5a,75i
- Sardines 38,392,354 4,893,412
- Bonites 7,7.36,432 2,754,442
- Pagres 4,752,l47 2,609,187
- A reporter...................................... 19,409,792
- Notice publiée, à l’occasion de l’Exposition de 1900, par le Ministère de l’agriculture et du commerce du Japon. — Le kan écjuivaut à 3 kilogr. ^56. — W Le yen vaut 3 fr. 5o.
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- Report QUANTITÉS. Kan. VALEURS. yen. 19,409,792
- Thons 3,107,787 1,532,091
- Bouris 3,557,520 1,128,666
- Maquereaux 5,789,806 1,299,612
- Requins 1,321,270 294,195
- Morues 2,197,235 403,770
- Saumons 3,657,Ol4 1,365,551
- Truites saumonées 256,247 75,277
- Truites . . . . 818,o65 346,590
- Mollusques et sèches 8,578,722 1,880,941
- Ecrevisses 3,7o4,532 8i5,oi5
- Awabi (or. de mer) 782,617 363,813
- Namako (biche de mer) 548,346 164, j 37
- Huîtres 1,098,707 103,903
- Algues 9,066,990 63o,46i
- Nori ( Porphia lacinata) // 563,o49
- Sékikasai ( Gelidium corneum) 786,925 i95,o3i
- Divers // 14,466,922
- Total
- 45,o38,8i6
- Le hareng est la principale pêche de Tîle Hokkaido, mais il est également abondant dans toutes les parties du Japon. La pêche se fait avec des filets fixes ou dérivants (manets, seines ordinaires et seines à poche), au commencement de l’été, à l’époque ou il se rapproche du rivage pour la ponte. Le hareng est salé ou fumé pour la consommation. On en fait aussi de l’huile et du guano.
- La sardine se pêche partout sur les côtes du Japon et même au large, avec des filets de différentes sortes, des seines et des lignes. C’est un poisson d’aliment national; après extraction de l’huile, il sert d’engrais pour les rizières. La sardine est séchée ou fumée et encore mise à l’huile comme conserve.
- La bonite se trouve en quantité sur la côte avancée de Satsouma, Tosa, Kii, Izou, Au a, etc. Elle se pêche tout aussi bien à la ligne qu’au filet. La bonite se mange fraîche, salée, fumée ou marinée. On en fait aussi du katsou-boushi, l’un des piments indispensables dans la cuisine japonaise.
- Le pagre est recherché depuis la côte de la mer du Sud jusqu’au nord du Japon, mais surtout dans la mer intérieure Sêto-Outchi, au printemps et en été. On se sert de filets de formes diverses, de lignes, de seines et de cordes (système Nobé-navva). Le pagre est consommé frais, cuit dans des sauces, ou salé. On le sèche aussi et Ton en fait des conserves.
- Le maquereau se prend avec une ligne spéciale et souvent la nuit, à la lueur des torches, avec des seines ou un filet à poche.
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- Le maquereau est vendu ordinairement à l’état frais ou salé, séché et en conserves. Sous cetle dernière forme, il est exporté en Amérique.
- Le thon paraît sur la côte du Japon au printemps et en automne, mais on le pêche toute Tannée. Il se rencontre surtout sur la côte de Tîle principale du Nippon et sur celle de Kiousliou. On le capture au filet, à la ligne et à la longue corde. Le thon se mange cru, en piment ou salé.
- Le bouri (seriora quinque radiata) habite pendant Tété les profondeurs ; il s’approche de la côte au commencement de Thiver. Le mode de pêche de ce poisson est des plus varié : on le prend généralement à la ligne, au filet ou à la corde; comme appâts, on se sert de la chair de sardines, de tourteaux ou de maquereaux. Ce poisson est ordinairement consommé frais. Il est aussi salé pour être envoyé à l’intérieur du pays.
- La morue habite la mer de Tîle de Hokkaido et des provinces d’extrême nord de Tîle principale du Nippon et de Hokouyetsou. On la pêche généralement en janvier et février, à la ligne, au filet et au chalut. La morue est mangée fraîche ou séchée. Celle-ci s’exporte en Chine. On extrait des foies de morues Thuile médicinale bien connue.
- Le requin se trouve partout sur la côte du Japon, mais surtout dans la mer de Corée. Sa chair est employée à la fabrication d’un aliment dit hamaboko, qui n’est en quelque sorte que du fromage de poisson. On mange aussi le requin salé. Ses nageoires séchées sont fort estimées dans la cuisine chinoise et constituent un des articles les plus importants de l’exportation des produits maritimes en Chine.
- Le saumon fréquente surtout la mer du Japon sur la côte nord de la province d’Et-chigo, l’océan Pacifique sur la côte de la province de Rikousen et Tîle Hokkaido. On le pêche au filet.
- Depuis quelques années, l’abus de la pêche a entraîné l’appauvrissement de la race. On se préoccupe actuellement du repeuplement des eaux.
- La truite est pêchée dans tous les fleuves, mais plus particulièrement dans certains courants d’eau douce qui se jettent dans Tocéan Pacifique.
- Le mode et les instruments de cette pêche sont très variés; nous citerons le To-ami ou filet épervier, la nasse tressée avec des fibres de bambou; en été on pratique la pêche de la truite, la nuit, au moyen de cormorans dressés à cet effet.
- Le homard, Yawabi (haliotis) et le namako, à Tétat sec, sont l’objet d’une exportation considérable en Chine.
- L’huître se prend principalement dans la haie de Tokio, la mer Intérieure et sur la côte de Kioushou et d’Asoukeshi, à Hokkaido. L’huître se mange fraîche ou séchée.
- La nori (porphya lacinata) est une herbe maritime qui croît sur presque toutes les côtes du Japon. La plus estimée, Tananori, se trouve plutôt dans les baies peu profondes de Tokio et d’Hiroshima.
- La nori récoltée en automne, avec des branches de bambou, est consommée fraîche ou séchée.
- Le sekika-sai (gelidium corneunij est une algue qui pousse sur des rochers ou des
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- récifs, notamment sur les côtes des provinces de l’est ou de l’ouest. On en fait une gelée très estimée, dont l’exportation s’élève à 1 million de kins (le kin équivaut à 601 grammes).
- La baleine est activement poursuivie à Tosa, dans l’île Shikokou, à Nagato et à Hizen, dans l’île Kioushou. Elle est d’abord capturée dans un large filet qui l’enserre peu à peu et rend tout mouvement impossible. On la blesse ensuite avec des harpons. Quand elle est épuisée, on l’achève au couperet.
- La recherche de la loutre et du phoque, principalement chassés aux îles Hokkaido et Kouriles, est l’objet d’une réglementation spéciale destinée à en protéger l’espèce.
- Le Japon se livre à l’industrie de la pêche en dehors de ses eaux; citons notamment :
- i° La pêche dans la mer coréenne, à laquelle, en 1897, ont participé 25,096 pêcheurs, avec 3,176 bateaux, recherchant le pagre, le maquereau, le requin, la morue, le hareng, les coquillages, etc.;
- 20 La pêche sur la côte des îles Saghaliens et des territoires russes, pratiquée par 4,42 4 marins, pêchant le hareng et le saumon, la truite saumonée et la biche de mer;
- 3° La pêche de la perle à l’île Thursday; en 1896, 800 marins se livraient à la recherche des coquilles, avec 32 barques jaugeant de 7 à 17 tonnes;
- 4° La pêche du saumon sur le territoire du Canada.
- La pisciculture et l’ostréiculture sont deux branches importantes de l’industrie japonaise. On multiplie artificiellement l’huître, les coquillages, l’anguille, la carpe, les poissons rouges, les saumons et truites saumonées, et le souppon (espèce de tortue).
- Des essais ont été faits pour la production artificielle de la perle, mais on n’est arrivé qu’à provoquer une boursouflure de nacre ne pouvant pas tromper le connaisseur et que le commerce considère comme une agréable imitation.
- Le Japon se livre à un commerce d’exportation relativement important; les biches de mer séchées, les nageoires de requins, les algues sont expédiées en Chine pour une somme qui dépasse actuellement 5 millions de yens par an (1 2,5oo,ooo fr.).
- L’exportation en Europe et en Amérique a pour objet le poisson fumé ou en conserve et Thuile de baleine. Le chiffre de ces exportations s’est élevé, en 1897, à 5 millions 498,220 yens (i3,745,55o fr.).
- Nous terminerons cet exposé de l’industrie des pêches au Japon en indiquant que l’Etat édicte des lois protectrices, accorde, suivant la nature des pêches, des primes d’encouragement et donne des subventions aux laboratoires et aux écoles professionnelles et autres qui enseignent les notions de l’industrie maritime.
- Le Ministère de l’agricültüre et du commerce du Japon a donné un aperçu général de l’industrie des pêches maritimes dans ce pays en nous montrant à l’Exposition des spé-
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- cimens de produits aquatiques, des dessins et des photographies de crustacés, de mollusques et de plantes marines. Un grand prix a été la récompense de ces efforts.
- Médailles d’or. — Le Gouvernement de Hokkaido, MM. Natsushita, Naita, Asari, la Société des huiles.
- Médailles d’argent. — MM. Nikimoto, Nakamura, Wada.
- Médailles de bronze. — MM. Kaméi, Koga, Narumya, Yamamoto, Kiyomaro, Okamura, Nishihata, Tomioka.
- Mentions honorables. — MM. Hiramatsu, Nakassé.
- Nous retrouverons la plupart de ces récompenses citées dans les produits respectifs que nous avons examinés déjà ou que nous examinerons.
- AUTRICHE.
- Ce pays, à l’Exposition de 1900, montre les progrès accomplis dans l’industrie de la pêche, mais au point de vue de la pisciculture seulement.
- La surface totale des étangs exploités systématiquement est de 28,1 o5 hectares répartis en 950 exploitations situées principalement en Bohême, 396; en Moravie, 222 ; et en Galicie, 157.
- Les principales espèces de poissons élevés dans les étangs d’Autriche sont :
- Cyprineidae : la carpe, la tanche, la brème, le gardon, la rotengle, le sandre, le nase, la perche, le brochet, la lotte, l’anguille, la truite, l’omble, la murène, le silure, qui pèse parfois 5o kilogrammes.
- Le poids total des poissons élevés dans lesdits étangs, en 1898, se monte pour les six premières espèces à 2,484,609 kilogrammes.
- Les autres espèces ne donnent que 498,072 kilogrammes.
- Le produit de la pêche, pour la même année, s’est élevé à 3,052,11 2 kilogrammes.
- Le Comité spécial forestier d’Autriche a organisé une exposition collective fort intéressante montrant par des graphiques, des collections de poissons et des photographies, le développement de la pisciculture en Autriche.
- Le Jury a décerné à cette exposition un grand prix.
- Nous devons citer notamment parmi les exposants le prince A. J. de Sciiwarzenberg, pour la démonstration remarquable de ses procédés d’élevage.
- HONGRIE.
- On trouve dans les eaux de la Hongrie les mêmes espèces que nous venons d’indiquer pour l’Autriche; nous y ajouterons \ alose, six espèces d’ esturgeons, deux de lamproies, le bar beau, Je goujon, etc.
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- La pêche est exercée d’après des méthodes multiples et avec un outillage varié. Dans les grandes rivières à eaux calmes et dans les lacs on emploie exclusivement la seine, le filet et le sac usité à Toulon. Certains filets ont une longueur de 600 mètres à 800 mètres, de sorte qu’il faut les manier à l’aide de poulies montées sur les barques. Mentionnons aussi le filet à esturgeon, le filet dormant, le filet «marazsa», l’épervier, la nasse, l’échiquier, le carrelet, la foëne, le trident, et l’hameçon.
- La pêche se continue même en hiver, lorsque les rivières sont prises, souvent avec des engins destructeurs qui contribuent au dépeuplement des cours d’eau.
- Depuis 1889 est entrée en vigueur une loi ayant pour objet la protection des poissons et leur multiplication. 47 syndicats de pêche, aidés par l’État, exploitent une superficie de 142,000 hectares.
- Mentionnons que pendant une seule année on a distribué i,3oo,ooo œufs de traites communes, 710,000 œufs de truites arc-en-ciel, 35,000,000 œufs de sandre et 162,000 écrevisses de reproduction.
- 55 exploitations de pisciculture et 63 cultures de truites ont été installées par l’initiative privée; elles couvrent une surface de 3,462 hectares. Celles-ci fournissent 2 millions 500,000 salmonidés de culture.
- L’Etat affecte actuellement à l’encouragement de la pêche en eaux douces 91,960 couronnes par an. Cette somme est employée à propager les connaissances spéciales et à former le personnel appelé à enseigner la pisciculture rationnelle.
- Le Ministère royal de l’agriculture, auquel une médaille d’or est donnée, expose des documents concernant l’agriculture hongroise.
- M. Kiss de Kesztiiely obtient une médaille de bronze pour une collection d’espèces de poissons en carton-pierre.
- ROUMANIE.
- La pêche en Roumanie s’exerce principalement dans le Danube, sur le littoral de la mer Noire, dans les huit grandes rivières qui se jettent dans le Danube, dans quelques lacs naturels et dans de nombreux étangs.
- On évalue de 80 à 100 millions de kilogrammes les produits annuels de la pêche; ils sont presque entièrement consommés dans le pays.
- Les produits de la pêche sont variés; nous citerons parmi les plus importants : l’esturgeon, le sterlet, le sandre, la carpe, l’écrevisse, etc.
- Le commerce du caviar, dérivé de la pêche, se fait sur tout le parcours du Danube roumain.
- Les pêcheries les plus importantes du Danube et du littoral maritime font partie des domaines de l’Etat et sont administrées par le Ministère des domaines, de l’agriculture , du commerce et de l’industrie.
- La pêche fluviale est libre.
- Depuis 1896, des règlements ont été élaborés pour protéger les pêcheries; en outre
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- des mesures ont été prises pour faciliter et améliorer le transport du poisson, des wagons frigorifiques ont été mis en circulation et un service régulier entre la Roumanie et T Autriche a été établi. L’exportation dans ce dernier pays s’élève de 3 à 4 millions de kilogrammes par an.
- La production totale annuelle de la Roumanie en produits de la pêche varie entre 3a millions et 4o millions de francs.
- Le Ministère de l’agriculture (service de la pêche) nous montre des engins de pêche, des installations de pêcheries, des dessins.
- Une médaille d'or lui est décernée.
- M. Rassarabeann obtient une médaille de bronze pour ses engins et produits.
- BOSNIE-HERZÉGOVINE.
- Les eaux dans lesquelles se pratique la pêche appartiennent à la mer Noire et à la mer Adriatique ; elle se fait aussi dans la Save, la Narenta, etc.
- La pêche est régie par des lois sévères, elle est l’objet de licences accordées pour un an, et pour une région déterminée. La licence du prix le plus modique est donnée pour l’usage personnel, c’est-à-dire que celui qui l’obtient ne peut pas vendre le produit de sa pêche.
- Les poissons principaux des eaux de la Bosnie et de l’Herzégovine sont :
- Le silure (He/s) et le sterlet, dont on pêche des sujets de trente oka et plus (4o à 5 o "kilogrammes).
- Dans la Narenta (Herzégovine), on trouve des anguilles {Aale) en telle quantité quelles constituent un article important de commerce à l’état frais ou en conserves.
- Dans les affluents de la Narenta, l’industriel recherche les salmonidés : la Paslrova {^Salar obiusirostris) et le Mladica (Salar denlex).
- Dans le Save : la carpe, le brochet (Hecht'j, la perche (Barscli}, la tanche (Schleic), le barbeau (Barbe), la brème (Brasche).
- Dans les cours d’eau des deux pays : la truite.
- Les écrevisses se trouvent également en nombre; elles atteignent quelquefois de 1 8 à 20 centimètres et sont recherchées pour l’exportation.
- Un établissement de pisciculture a été récemment créé en Bosnie, il poursuit l’étude du repeuplement des eaux et notamment la reproduction de la truite.
- Le Département de l’agriculture à Sarajevo expose des engins pour la pêche fluviale et obtient une médaille de bronze.
- Le Muséum du Gouvernement, qui présente des collections de poissons et des dessins, reçoit la même récompense.
- GRANDE-BRETAGNE.
- La pêche dans le Royaume-Uni a surtout pour objet la capture du poisson frais dont on fait dans le pays une consommation considérable.
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- On compte dans le Royaume-Uni près de 40,000 bateaux de pêche; le nombre des pêcheurs s’élève à plus de 1 2 5,0 00 et l’industrie fait vivre plus de 200,000 personnes.
- Les statistiques officielles indiquent que pour Tannée 1899 on comptait 7,468 bateaux d’une jauge brute de quinze tonneaux et au-dessus, dont 1,096 vapeurs et 6,373 voiliers.
- L’année 1897 comportait 7,86A bateaux du même tonnage desquels 825 seulement étaient des vapeurs.
- Cet accroissement important des bateaux de pêche à vapeur — 270 navires en deux ans — constitue pour le Royaume-Uni une véritable transformation de méthode dont l’importance économique mérite l’attention des armateurs français.
- L’amélioration du matériel des pêches, navires et engins est l’objet d’une préoccupation constante de la part des pêcheurs anglais.
- Les principaux ports d’armement pour la pêche à vapeur sont :
- Grimsby, Hull, North-Schields, Aberdeen, Leith, Kirkaldy, Granton, Sunderland, les Shetland, les Orcades, les Hébrides.
- Les pêcheurs forment généralement des sociétés d’armement, le transport de la pêche est assuré par des bateaux à vapeur spéciaux qui relient les navires aux ports de vente.
- Une partie de la flottille à vapeur se livre à la pêche au chalut, principalement dans la mer du Nord; certains bateaux sont munis de viviers destinés à ramener au port le poisson vivant; ils pratiquent aussi la pêche dans l’Atlantique et l’Océan glacial; la morue et le flétan sont l’objet de leurs recherches.
- Les principaux poissons et crustacés qui sont le but de la pêche des marins de la Grande-Bretagne sont, par ordre d’importance de rendement pour Tannée 1899 :
- VALEURS
- Merluche (haddock).....................
- Carrelet (plaice)......................
- Hareng (herring).......................
- Sole (sole)............................
- Morue (cod)............................
- ' Maquereau (mackerel)..................
- Turbot (turbot)........................
- Flétan (halibut).......................
- {halte)......................
- Coquillages {sliellJîsh)...............
- Huîtres (oysters)......................
- Crabes et homards {crabs et lobslcrs)
- en en
- LIVRES STERLING. FRANCS.
- 1,641,787 41,044,700
- 921’991 23,049,800
- 798,874 19-971’850
- 569,307 14,232,700
- 4i3,o58 io,326,45o
- 263,736 6,598,400
- 259,741 6,493,520
- 216,667 5,4i6,42o
- i57,448 3,936,200
- i45,284 3,632,ioo
- 143,841 3,596,020
- 95,111 2,377,77°
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- /18O
- Les résultats comparés du produit général des pêches anglaises des années 1888 et 1899 sont les suivants :
- Angleterre et Pays de Galles
- Ecosse......................
- Irlande.....................
- francs.
- 1 o5,5o6,5q5 35,282,65o 4,779,650
- (Vains.
- 167,999,800 56,795,400 8,813,750
- Totaux
- i45,568,825 233,6o8,45o
- Les engins les plus perfectionnés sont : le chalut de 20 mètres à 26 mètres de long, le fdet pour morue, de 35o mètres sur 5 0 mètres de large, les cordes de 1,000 mètres à i,5oo mètres, munies de 3,000 à 5,000 hameçons.
- Les fdets flottants ou en dérive (drift-nets) se fabriquent principalement à Londres, Bridport et Musselburgh (Ecosse). Les filets à chaluts ( trawl nets) se fabriquent presque entièrement sur les lieux de pêche par les pêcheurs; les engins de pêche, en général, à Londres, Alnwick (Northumberlancl), Redditch et Plymouth.
- La Grande-Bretagne a exporté, en 1898, des engins de pêche et filets pour une somme de 181,796 livres sterling (3,29/1,900 francs).
- Les exposants de la Grande-Bretagne ont reçu les récompenses suivantes :
- Grand prix. — MM. Allcock et C‘c, pour leurs articles de pêche.
- Médailles d’or. — La Société Belfast Ropervorks et Cie, Hardy Brothers, Redditch joint exhibit Limited, pour leurs engins de pêche; le Gouvernement de l’Australie occidentale, pour ses perles et nacres.
- Médailles d’argent. — MM. Anderson, Anderson et Anderson, pour leurs équipements; Enrigiit Nettleship et G0, pour leurs engins.
- Une mention honorable est donnée à M. Davidson, de Ceylan, pour ses engins de pêche.
- CANADA.
- La pêche se pratique au Canada dans les trois océans qui baignent .yses rives, et dans les lacs immenses qu’il renferme. Les provinces dans lesquelles s’exerce la pêche maritime sont : la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Brunswick, la Colombie anglaise, Québec et l’île du Prince-Edouard. La pêche en eau douce se fait dans l’Ontario, le Manitoba et les Territoires.
- Afin d’encourager l’industrie, le Gouvernement canadien a fait adopter en 1882 un acte stipulant la distribution annuelle de primes aux pêcheurs, aux navires et aux bateaux de pêche.
- Depuis 1891, 160,000 dollars (environ 800,000 francs) ont été distribués chaque année.
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- ENGINS, INSTRUMENTS, PRODUITS DE LA PÈCHE, AQUICULTURE. A81 En 1897, ces primes ont été payées d’après le taux suivant :
- Par tonne à chaque propriétaire............................. 1 dollar 5f 00
- A chaque navire de pêcheurs .................................. 6 3o 00
- Par homme aux bateaux de pécheurs............................. 3 1/2 17 5o
- Par bateau aux propriétaires.................................. 1 5 00
- Le nombre des navires qui ont reçu cette prime en 1 897 a été de 790 avec un tonnage de 26,725 tonneaux.
- Le nombre des bateaux auxquels on a accordé des primes a été de 1 3,959.
- Le nombre total des pêcheurs exerçant leur industrie, soit sur des navires, soit dans des bateaux, à qui ces primes ont été payées en 1897, a été de 29,482.
- En 1889 on comptait au Canada 65,oo3 pêcheurs.
- La valeur des navires, bateaux, filets, engins de toutes sortes, baraquements pour faire sécher et fumer le poisson, etc., était évaluée à 6,770,151 dollars (33 millions 85o,755 francs).
- En 1897, le nombre des pêcheurs s’élevait à 78,959.
- La valeur des mêmes objets était estimée à 9,370,79 A dollars (AG,833,970 francs).
- Depuis 1869 va^eur du produit des pêcheries a subi une augmentation annuelle constante-, elle s’élevait en 1889 à 18 millions de dollars environ, soit 90 millions de francs, et en 18 9 7 elle montait à 22,783,5A6 dollars, soit en francs : 113,917,730.
- Les poissons qui forment la majeure partie de ce total sont les suivants :
- francs. francs.
- Morue, environ 19,500,000 Sardines, environ.. . 1,58o,ooo
- Saumon (conserves en boîtes).. . 2/1,500,000 Maquereaux frais et conservés.. . 1 ,545,000
- Saumon frais 3,250,000 Maquereau saumuré 1,44o,ooo
- Homards (conserves en boîtes). . 1 1,000,000 Flétan 1,095,000
- Homards en carapace ou vivants. 6,25o,ooo Gasparot 945,000
- Hareng saumuré. . . . 8,100,000 Esturgeon 950,000
- Egrefin séché o,35o,ooo Huîlres 900,000
- Merlin 1,880,000 Doré i,58o,ooo
- Poisson blanc 3,25o,ooo Alose 55o,ooo
- Truite Eperlan 2,270,000 2,1/10,000 Merluche i,55o,ooo
- La morue provient notamment de la Nouvelle-Écosse et de Québec; elle est l’objet cl’une exportation importante, elle consiste en morues, langues et vessies salées, huiles.
- La pêche du saumon est sérieusement réglementée; elle se fait avec des filets de barrage ou des sennes; les saumons des grands lacs conservés dans des caisses frigorifiques s’expédient à de grandes distances et parviennent en bon état. Sur une production totale de près de 2 5 millions de francs, la Colombie anglaise donne à elle seule un rendement de plus de 20 millions de francs. Pour celte province seulement, en
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- 482
- 1897,011 a relevé l’emballage de 1,015,477 caisses. Pour l’année 1898, ce résultat a diminué de moitié.
- Les homards proviennent en majeure partie de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau-Brunswick et de l’île du Prince-Edouard. Les homards se prennent avec des trappes; on les met en boîtes de conserves : n,i3o,554 boîtes ont été préparées en 1897.
- Le maquereau pêché à la ligne et à la senne est consommé frais ou préparé salé, à l’huile ou aux épices.
- La Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick fournissent l’égrefin; on le consomme frais, séché ou fumé.
- Le hareng se pêche dans les cinq provinces, mais surtout dans la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswick; il est vendu frais, gelé, fumé ou saumuré.
- Les régions huîtrières du Canada sont : la Nouvelle-Zélande, le Nouveau-Brunswick et Pile du Prince-Edouard. Vers l’année 1889, les huîtres avaient presque complètement disparu des côtes canadiennes fdepuis, le Gouvernement a pris des mesures pour rétablir les bancs et cette pêche fournit aujourd’hui les moyens d’existence à un grand nombre de pêcheurs.
- Les phoques se poursuivent dans la mer de Behring et sur les côtes de la Colombie anglaise, du Japon et du Copper-Island; les résultats des années 1894 à 1897 révèlent une décroissance dont le tableau suivant donnera un aperçu :
- [ de phoques tués. . . . 1895. 7 3,614 1896. 55,677 1897. 3o,4io
- Nombre. .. f* ™,vires j de bateaux 64 64 42
- 210 263 149
- ( de canots 42 1 442 288
- . ( blancs sa„ïages 706 809 495
- 854 889 587
- Valeur des peaux en francs 3,567,950 2,5o5,465 i,52o,5oo
- De 1891 à 1897 le produit total de l’industrie pélagique canadienne des fourrures du phoque s’est élevée à 687,627 peaux.
- La valeur des exportations des pêcheries du Canada est évaluée comme suit :
- VALEURS
- en en
- DOLLARS. FRANCS.
- 1889 ....................................... 7,212,208 36,o6i,o4o
- 1897 .................................... io,3i4,323 61,571,615
- 1898 .................................... io,84i,66i 54,2o8,3o5
- Les importations de poisson, imposable ou en franchise, s’élèvent ainsi :
- VALEURS
- en en
- DOLLARS. FRANCS.
- 1889.......................................... 889,456 4,442,28o
- 1897.......................................... 730,374 3,651,870
- 1898...................................... 784,323 3,921,615
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- ENGINS, INSTRUMENTS, PRODUITS DE LA PÈCHE, AQUICULTURE. 483 La pisciculture s’est développée dans les proportions suivantes :
- DISTRIBUTIONS DES ALEVINS.
- 1889. 1897.
- 1898.
- Nombre des alevins................ 47,700,000
- Nombre des alevins pour l’homarderie
- de Bay-View (Nouvelle-Écosse). . //
- 108,859,000 192,472,000
- 90,000,000 85,ooo,ooo
- Le Dominion du Canada a fait une exposition fort remarquable d’engins, d’instruments et de produits de la pêche. Ses collections de poissons et crustacés empaillés et montés ont attiré justement l’attention du Jury qui a décerné un grand prix à cette exposition.
- RUSSIE.
- La pêche occupe une place prépondérante dans les industries de la Russie. Elle donne un rendement de 900 millions de francs environ.
- Les lieux principaux de pêche sont : la Baltique, la mer Blanche, la mer Caspienne, la mer d’Azoff, la mer Noire, les grandes rivières comme le Volga et l’Oural et les lacs qui occupent une superficie considérable.
- Les espèces notables de poissons sont :
- L’esturgeon, se prend notamment dans le gouvernement d’Astrakan. La pêche en est pratiquée au moyen depalancres, seines, traînes, sacs, cordes ou crochets. L’esturgeon est vendu frais ou conservé; il fournit le caviar dont on fait un commerce important.
- La perche se recherche dans la mer Caspienne, la mer d’Azoff et la Baltique; on la pêche aussi dans les rivières.
- L’éperlan, pêché en hiver dans la Baltique et la mer Blanche avec des filets en nappe ou des hameçons, est salé ou fumé.
- Le hareng abonde dans les mêmes mers; la pêche en est faite aussi bien en été qu’en hiver, à travers la glace, au moyen du chalut. Le hareng est vendu frais, gelé, salé ou fumé.
- La morue est pêchée dans la Laponie russe, au large des côtes de Mourman et de la péninsule de Kola, de la frontière de Norvège au cap Swiatoi Noss. La pêche s’opère à l’aide de lignes de fond ayant une longueur de cinq à six kilomètres, de mars à fin octobre ; la période la plus fructueuse est celle du printemps, de mars à juillet. Les bateaux employés sont des chaloupes non pontées, montées par quatre hommes d’équipage. Le nombre des bâtiments se livrant à cette pêche était d’environ 1,000 en 1898.
- La morue est salée ou séchée; les foies servent à faire de l’huile.
- Le sandre, le gardon et la brème sont pris principalement dans le bassin de la mer Caspienne; on les consomme frais ou salés; leurs œufs fournissent un caviar estimé.
- On recueille les aloses dans la Caspienne et dans la mer Noire.
- Gn. IX. — Cl. 53. 33
- IMIMUUEIUE NATIONALE.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Le saumon est abondant sur tout le littoral de l’Océan arctique, de la mer Caspienne, de la mer Blanche, dans le Volga, l’Oural et le Petchora. On le pêche de préférence en automne, la meilleure qualité se trouve dans des estuaires. La pêche se fait avec des fdets de différents modèles et aussi à l’aide de barrages dans les rapides qui se trouvent dans les estuaires. Le saumon, pour être conservé, se sale à la pièce.
- Le silure pris à la ligne, au filet ou au harpon à deux branches, habite la mer Noire ou la mer Caspienne.
- Les mers Blanche, Baltique et Caspienne fournissent des lamproies pêchées avec des corbeilles placées dans des barrages. On en trouve aussi dans la mer Noire et la mer du Nord. Les lamproies sont préparées en saumure ou à l’huile.
- Les chasses polaires ont lieu sur les côtes de la mer Blanche et de l’Océan arctique, ainsi que sur les îles de la Nouvelle-Zemble, Kolgonier et Vaigatch.
- Les phoques sont capturés en hiver aux embouchures du Volga et de l’Oural. Ils sont tués, soit à l’aide de harpons, soit avec des armes à feu ou bien assommés à l’aide de gaffes et de bâtons. Les chasseurs se servent de canots montés sur patins, ce qui permet de les traîner sur la glace.
- Les morses sont pris sur les côtes de la Nouvelle-Zemble et la mer de Kara; leurs défenses fournissent un ivoire qui se vend de 0,80 kopecks à un rouble la livre (de 2 francs à 2 fr. 5o).
- La mer Blanche et la mer Glaciale donnent des baleines.
- Après avoir examiné les principales espèces de poissons qui forment l’industrie de la pêche en Russie, il convient de signaler que la préparation des produits et sous-produits soit : le séchage de toutes les espèces de poissons et notamment du dos d’esturgeon, le fumage, le salage, le marinage, l’industrie du poisson gelé, des conserves, la préparation des différents caviars, de la colle, de l’huile et du guano méritent une mention spéciale.
- Pisciculture. — L’attention du Gouvernement russe est attirée depuis un certain nombre d’années sur l’appauvrissement des eaux douces. Depuis l’année 1881, la Société impériale russe de pisciculture et de pêche fait les plus grands efforts pour préserver le poisson et favoriser le repeuplement des eaux.
- La Société impériale russe de pisciculture et de rÉciiE a obtenu un grand prix pour les publications présentées à l’Exposition.
- Parmi les exposants russes récompensés, nous devons une mention spéciale à la maison Sapojnikoff frères, d’Astrakan, déjà citée, à laquelle un grand prix a été donné pour ses remarquables produits de pêche.
- Nous citerons encore les médailles d’or accordées au Ministère de l’agriculture et des domaines pour ses dessins, publications et collections; au Laboratoire russe de zoologie maritime pour ses animaux recueillis et préparés; à I’Etablissement de pisciculture de Ni-kolsk pour son matériel; à M. Boiiodine pour ses publications; à MM. Merzlutine frères pour la préparation de l’huile.
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- ENGINS, INSTRUMENTS, PRODUITS DE LA PÊCHE, AQUICULTURE. 485
- Mentionnons enfin les médailles d’argent données à M. Grundwald, ail Musée d’Ar-kangel et à la Société de Vladivostok; les médailles de bronze reçues par M. Semenoff et la Société Wasa; la mention honorable des Petites industries de la Russie, complètent la série des récompenses accordées aux exposants de ce pays.
- FINLANDE
- Les côtes de la Finlande ont un développement de i,44o kilomètres; ses lacs et ses rivières occupent une superficie de plus de 41,000 kilomètres; la pêche est, par suite, une source importante de revenus.
- L’eau des mers qui bordent la Finlande, la Baltique avec les golfes de Finlande et de Bothnie est faiblement salée; ce fait et probablement aussi celui que la mer de Bothnie et les golfes sont couverts de glace pendant plusieurs mois, expliquent que les poissons de mer vivent difficilement dans ces eaux; par contre, la plupart des poissons qui habitent les eaux de l’intérieur se plaisent aussi le long des côtes.
- La pêche sur les mers qui entourent la Finlande est surtout une pêche côtière; elle se fait uniquement sur des barques non pontées, ou en hiver à travers la couche de glace.
- Le hareng occupe la première place dans la pêche finlandaise; on le prend encore quelque peu à la seine, mais plus particulièrement avec des filets de 3o à 4o mètres de longueur et de 7 à 8 mètres de hauteur. On les place au printemps le plus souvent en crochet, un filet étant placé perpendiculairement au rivage et un autre à la suite en angle. On pêche aussi le hareng à la traîne en mer ouverte ou avec de grandes nasses de 3 à 1 2 mètres de hauteur.
- Le haranguet, la morue, le jlet, la cotte quaclricorne et le chaboiseau se trouvent sur les côtes sud et sud-ouest.-
- Les poissons à écailles, nom qu’on donne à diverses espèces de poissons d’eau douce : perche, brochet, sandre, brème, ide, goujon, etc., sont pêchés surtout au printemps, à l’époque du frai dans de petites nasses, et en hiver, sous la glace avec des filets.
- Le saumon se prend dans les rivières de Finlande, le plus souvent dans des barrages (|pator) et au filet.
- Les pator (sing. pata) diffèrent de construction selon les rivières. Certains se composent d’un ou de deux bras de barrage et d’une clôture plus ou moins rectangulaire (harsina) où le saumon se rassemble et où on le prend par une sorte de pêche à la traîne. Les parois du barrage et de la clôture se composent de perches fichées verticalement, écartées de 2 à 4 centimètres l’une de l’autre et s’appuyant contre des chevalets chargés de pierres. Ces engins sont placés au printemps et relevés à l’automne.
- On pêche aussi le saumon à la seine.
- W La Pèche en Finlande, par NouDQiiST-HüLSiNGSFons, 1900.
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- Les mêmes engins servent pour la pêche clu lavaret qui est, avec le saumon, le principal poisson de rivière; dans la plupart des régions côtières, la grande nasse est l’engin principal de la pêche au lavaret.
- La corrégone et Yéperlan se prennent dans les lacs avec des seines d’une longueur de 10-7 à 178 mètres (60 à 100 brasses). Au milieu se trouve un «coin» en forme de sac.
- On trouve aussi dans les lacs le goujon, la perche, le brochet et la brème. On les prend surtout au printemps avec des seines, des filets, des nasses, des bordigues et des casiers; le brochet et la perche se prennent aussi à l’hameçon, à la ligne de fond et à la ligne volante.
- On se sert de la seine, la nasse et l’hameçon pour pêcher le sandre qui est très estimé à cause de son goût fin.
- La salaison est en Finlande la forme essentielle de la préparation du poisson. On sale le saumon, la corrégone blanchâtre, le lavaret et la brème, le haranguet dont on fait des conserves et le hareng baltique que l’on exporte en Russie et en Suède.
- L’exportation et l’importation des poissons et crustacés de la Finlande sont évaluées comme suit en francs :
- 1889. 1898.
- r , ( Poisson frais, séché, salé ou fumé. 2,2Ô6,25o 2.oq3,75o
- Importation..! , " '
- ( Conserves et crustacés............... 190,000 277,000
- „ , ( Poisson frais, séché, salé ou fumé. 2,332,5oo 3,34i,25o
- exportation. . {
- ( Conserves et crustacés............... 171,200 290,000
- Les pêches sont surveillées et réglementées. Depuis 1892, un poste d’inspecteur adjoint a été créé à côté de celui de l’inspecteur principal des pêcheries.
- Il existe en Finlande un certain nombre d’établissements de pisciculture, un musée de pêche et une société de pêcherie subventionnée par l’Etat.
- Le Musée ichtyologique de l’Etat de Finlande a obtenu un grand prix pour son intéressante exposition d’engins et instruments de pêche présentés dans un pavillon spécial.
- PORTUGAL.
- Le Portugal se livre principalement à la pêche côtière. La sardine que l’on trouve sur toute la côte et le thon sur la côte de l’Algarve en sont notamment l’objet.
- La pêche de la haleine se fait dans les parages de l’archipel des Açores. En 1898, 79 bateaux baleiniers montés par 52 2 marins ont capturé au harpon 54 baleines, lesquelles ont fourni 1 58,640 litres d’huile, d’une valeur de 97,000 francs.
- Une douzaine de navires, jaugeant ensemble 2,400 tonneaux, ont été employés à la pêche à la morue, dont le rendement a été de 620,000 francs.
- En 1898, la pêche maritime occupait 32,482 pêcheurs; la pêche fluviale, 4,743, soit au total, 37,225.
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- Les principales pêches fluviales sont celles du saumon et de Yalose dans la province de Minho.
- Les tableaux suivants donneront un aperçu de l’importance des pêcheries en Portugal pour Tannée 1898 :
- PÊCHE MARITIME.
- Thon......................
- Sardine...................
- Poissons plats............
- Poissons d’autres formes... , Moules et autres mollusques Langoustes et homards . . . ,
- Chancres.....................
- Crevettes....................
- Algues....................
- i,564,ooo francs. 9,665,ooo 133,ooo 7,577 000 100,000 249,000 62,000 65,ooo 690,000
- Total
- 2o,io5,ooô
- PÊCHE FLUVIALE.
- Saumon............................................................ 4,ooo francs.
- Alose............................................................. 240,900
- Lamproie.................................................... 3,000
- Autres espèces.................................................... 290,000
- Total............................ 537,900
- Total général.......................... 20,642,5oo
- EXPORTATION.
- Huîtres.......
- Antres coquill
- Poisson frais et salé.
- Poisson en conserve.
- POIDS. VALEURS.
- kilogr. francs.
- 127,240 3,000
- -es 3oo,7i4 164,ooo
- Thon 1,654,229 528,000
- Sardine 5,667,097 1,384,ooo
- Autres espèces 1,741,018 453,ooo
- Thon 1,626,392 1,076,000
- Sardine 7,000,000
- Autres espèces 100,602 66,000
- Totaux
- 22,714,491 10,674,000
- FRANCS DES BATEAUX DE PECHE ET DU MATÉRIEL.
- NOMBRE VALEUR VALEUR
- de tonnage. des du
- BATEAUX. BATEAUX. MATÉRIEL.
- 6,825 25,i86‘ 4,i85,ooof 9,026,000*
- 1,94 5 2,348 157,000 335,ooo
- 8,740 27,534 4,342,ooo 9,361,000
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- L’inspection générale de la section portugaise a obtenu un grand prix pour ses collections de filets, engins, modèles de bateaux, crustacés naturalisés, etc., fort bien présentées.
- Les exposants d’huiles ont été récompensés ainsi :
- Médaille d’argent. — MM. Arriaga et Lane, de Lisbonne.
- Médailles de bronze. — La Commission provinciale d’Angola et M. Firmino.
- Mentions. — La Commission provinciale de S. Thomé et M. Ribeiro.
- Nous venons d’examiner la situation de l’industrie des pêches dans les pays qui ont tenu leur place dans la Classe 58. *
- D’autres nations ne se sont pas fait représenter ou n’ont été représentées que d’une façon insuffisante par leurs exposants.
- Nous regrettons d’autant plus certaines abstentions que la comparaison qui devait ressortir de l’examen des produits eût été utile pour les travaux du Jury des récom-
- ALLEMAGNE.
- Nous aurions voulu avoir l’occasion d’apprécier les progrès incontestables de l’Allemagne dont l’expansion commerciale se poursuit avec activité et qui a montré dans un grand nombre de classes des résultats remarquables.
- Nous devons cependant noter ici que ce pays poursuit rapidement la transformation de son outillage.
- Le premier vapeur de pêche n’a été utilisé qu’en î885. En 1898, le nombre de ces bateaux s’est élevé à i3o, appartenant pour la plupart aux ports de Geestemunde, Bremeshaven, Hambourg, Altona et Brême.
- La flotte de pêche allemande s’élevait, à la même époque, à 570 navires jaugeant 96,000 tonnes environ et montés par 3,510 marins.
- On estime à 25 millions de francs le produit des pêches maritimes qui comprend les poissons frais, les harengs, les saumons, etc., pêchés dans la mer du Nord et la Baltique.
- La pêche du hareng se fait encore, en partie, au moyen de voiliers, la pêche sur la haute mer se fait presque exclusivement par vapeurs.
- Depuis quelque temps, trois sociétés hollandaises se sont établies sur la côte allemande.
- En 1 897, les pêcheries de la mer du Nord possédaient un capital de 2 à 3 millions de francs; ce capital s’élève aujourd’hui à près de 2 5 millions.
- Enfin, de nouveaux ports de pêche ont été créés et on a formé des marchés de
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- ventes à l’encan dans les ports que nous avons déjà cités et où il a été vendu en 1899 pour environ 1 2,5oo,ooo francs de produits de pêche.
- Ces produits sont consommés dans le pays qui ne donne pas encore des résultats suffisants pour les nécessités de sa consommation. Il est, en effet, aujourd’hui encore importé de l’étranger une quantité de poissons triple de celle qui est fournie par l’Empire.
- Trois exposants seulement nous montrent leurs produits :
- M. Franz Klinder pour ses filets, M. Knaack pour ses vêtements, reçoivent une médaille d’argent; M. Kroeber, de Bavière, une mention honorable pour son matériel de pisciculture.
- ITALIE.
- L’Italie fait la pêche du thon, de la sardine, de l’anchois. Les engins employés sont : les filets fixes ou traînants, le chalut, le harpon et les palancres pour la pêche en eau profonde.
- Le corail et l’éponge sont également recherchés. La pêche du corail produit près de 20 millions de quintaux.
- Les pêcheurs italiens ne se contentent pas de pêcher sur leurs côtes. Ils vont sur les côtes d’Algérie, de Tunisie, d’Espagne, de Portugal, d’Istrie et de Dalmatie.
- Les produits sont rapportés en Italie où le corail est travaillé avec avantage, grâce au bon marché de la main-d’œuvre. Le poisson est l’objet de certaines préparations. Il est réexpédié, mariné, salé ou à l’huile, notamment en Amérique et dans les pays du Levant.
- Le rendement général des pêches italiennes est de 48 millions de francs.
- M. Sigismondi, de Turin, seul exposant italien, reçoit une médaille d’argent pour ses crins pour lignes de pêche.
- DANEMARK.
- Le Danemark possède 5 à 6,000 bateaux de pêche se livrant à la recherche du hareng, de la morue d’Islande, des phoques et des requins du Groenland.
- Le produit des pêches s’élève de 9 à 10 millions annuellement.
- Le Müse'e national de Danemark expose des engins de pêche donnant un aperçu des méthodes employées par ses pêcheurs. Une médaille d’or lui est décernée.
- BELGIQUE.
- La Belgique possède divers ports de pêche dont le plus important est Ostende. Les pêcheurs belges arment environ 600 bateaux dont 3o chalutiers à vapeur.
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- La pêche du hareng est la principale industrie; elle se fait avec des hameçons doubles; on recueille la crevette grise avec des chaluts à chevaux.
- L’industrie est depuis une dizaine d’années dans un état moins florissant; nous pensons que le développement de la pêche à vapeur pourra modifier cette situation.
- M. II. Laloux, de Liège, présente des éponges. La médaille d’argent lui est donnée.
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- AUTRES PRODUITS DE LA PÊCHE.
- LA PERLE.
- Les perles, ces joyaux délicats qui s’harmonisent si merveilleusement avec la beauté des femmes, sont produites par ceux des Mollusques appartenant a la classe des lamellibranches ou bivalves dont la coquille est nacrée.
- Elles' doivent être divisées en deux groupes : les perles marines et les perles d’eau douce.
- Des concrétions, évidemment de même nature que les perles, se rencontrent dans un grand nombre de mollusques marins, les pinnes ou jambonneaux, les spondyles, les huîtres, etc. Mais ces concrétions manquent de l’éclat des perles proprement dites parce que la coquille de ces Mollusques n’est pas nacrée. Les vraies perles sont produites par les mollusques bivalves du genre Meleagrina, bien connus sous le nom d’huîtres perlières et dont la coquille elle-même constitue la nacre. Il existe plusieurs espèces de Meleagrina. L’une d’elles, la Meleagrina racliata, habite presque toutes les mers chaudes et se trouve même dans le golfe de Gabès en Tunisie. Elle prédomine dans la mer Rouge, le golfe Persique et le nord de l’Australie; elle ne dépasse guère 12 centimètres de diamètre et 200 grammes de poids; sa coquille n’est pas exploitée pour la nacre.
- Une seconde espèce qui se cantonne dans les mers plus chaudes, la Meleagrina marga-ritifera atteint 3o centimètres de diamètre et peut peser jusqu’à 10 kilogrammes. C’est la véritable mère-perle; on y trouve en moyenne une perle sur quatre coquilles. Onia pêche : i° dans la mer Rouge, le golfe Persique, sur la côte occidentale de Ceylan, à Manaar, sur la côte de Coromandel, à Dahlak, en Abyssinie et à Dschiddah; 20 dans la mer des Antilles, le golfe de Parix, l’île Marguerite, les îles Sous-le-Vent; 3° au Pérou, en Colombie et dans le golfe de Californie; 4° en Australie, à l’intérieur du grand récif d’oii on a extrait, en 1882, pour 1,750,000 francs de perles, aux îles Sandwich et à la Nouvelle-Guinée, aux Philippines, aux îles de la Sonde et dans diverses parties du Pacifique. Les pêcheries françaises sont aux îles Gambier, à Tahiti, aux îles Tuamotu, archipel de 80 îlots dont 75 produisent des perles dont la valeur totale atteint 600,000 francs par an. Le gouvernement français ne tire rien de ces pêcheries, tandis que l’Angleterre qui a soigneusement réglementé l’exploitation de ses pêcheries, s’en fait un assez beau revenu.
- Aux îles Abrohlos, dans la baie des Requins,les récifs de Madrépores du genre Turbi-naria sont habités par une troisième espèce, la Meleagrina imbricata, un peu plus pe-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- tite que la précédente et qui s’en distingue en outre par un genre de vie particulier. Toutes les Meleagrina s’attachent, dès le jeune âge, aux corps étrangers par des filaments analogues à ceux que produisent les moules et qu’on nomme le byssus. Le byssus cesse de se former de bonne heure chez les Meleagrina radiata et margaritifera, de sorte que les coquilles sont indépendantes de toute attache et s’isolent souvent les unes les autres; au contraire, chez la Meleagrina imbricata, le byssus persiste toute la vie, de sorte que ces huîtres s’attachent les unes aux autres et vivent en masses énormes.
- Les perles d’eau douce sont produites par les Mollusques lamellibranches de la famille des Unionidae, des lacs et rivières des Etats-Unis d’Amérique, d’Ecosse et d’Irlande, de Norvège, de Suède, de Bohême, de Saxe, de Bavière,1 de Finlande, etc.; on en trouve également, mais en petites quantités, dans certaines rivières de France, telles que la Vezère.
- Les Unionidæ des rivières américaines susceptibles de produire des perles appartiennent aux espèces suivantes :
- Quadrula undulata, Quadrula ebena, Lampsilis capax, Lampsilis ligamentinus, Lampsilis anodontoides, Lampsilis fallaciosus, Lampsilis rectus, Plagiola securus, Tritogenia tubercu-lata.
- Une fort belle exposition de ces espèces a été faite au nom de Y United States fsh Commission, par M. Hugh Smith, de Washington. L’exposition de M. Tiffany et G10, de New-York, également intéressante, a obtenu une médaille d’or. D’autres espèces, en d’autres pays, sont évidemment perlières, notamment les belles Spatha rubens à nacre rose de l’Afrique tropicale.
- En Europe, les espèces productives de perles sont : YUnio pictorum ou mulette des peintres et la Margaritana margaritifera; mais, sauf en Ecosse, la production perlière est de ce chef peu importante. Il n’en a pas été de même en Amérique.
- La découverte d’une certaine quantité de perles de valeur dans plusieurs rivières de l’Amérique du Nord,produisit dans quelques régions, notamment dans l’Arkansas pendant Tannée 1897, une excitation considérable.
- La fièvre s’empara de toute la population; on abandonna les travaux habituels, on se précipita par milliers vers les rivières et les fleuves pour chercher des «Unios75. Ce k rush 55 eut pour conséquence la disparition des coquilles, une exagération dans l’estimation des perles trouvées, et le désappointement de la foule des pêcheurs qui voyaient une fortune dans toute coquille contenant une concrétion de nacre sans valeur. Cette fièvre ne fut pas limitée à l’Arkansas; elle sévit dans plusieurs provinces^1).
- Suivant leur provenance, les perles sont dénommées dans le commerce sous les appellations générales suivantes : perles des Indes, nom donné à toutes les perles orientales, perles de Panama, d’Australie, de Venezuela, de Californie, perles d’Ecosse.
- Selon sa forme, la perle est dite : ronde, bouton, poire ou pendeloque, baroque, monstre; les perles infiniment petites sont appelées semence de perles.
- (1) The fish water pearls and pearl fisheries of the United States, G.-F. Kunz. Washington, 1900.
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- Les perles sont expédiées des pays d’origine, soit en lots, soit en masses lorsqu’elles ont été percées avant leur expédition; elles sont alors enfilées sur une soie blanche ou bleue; les rangs sont réunis par un ruban ou par une houppe de soie. Les acheteurs en Europe procèdent à un nouveau classement des lots et des masses, et chaque perle est classée suivant sa forme, sa couleur, sa grosseur et sa qualité.
- Les perles rondes servent, en partie, à former des colliers; la joaillerie emploie des perles de toutes formes, mais pour certaines parures les perles dites boutons sont plus avantageusement utilisées.
- Les perles baroques et les perles monstres, ainsi appelées parce quelles atteignent une grosseur inusitée jointe à des formes bizarres, sont employées à des bijoux de fantaisie. On en fait un usage judicieux dans les bijoux du style dit «art nouveau55, fort apprécié aujourd’hui.
- La demi-perle obtenue par le sciage est l’objet d’un commerce important à Paris. On en exporte de grandes quantités, dans tous les pays qui ont des centres de fabrication : Londres et Birmingham, en Angleterre; Pforzheim et Hanau, en Allemagne; New-York et Providence, aux Etats-Unis, etc. On utilise la demi-perle pour la bijouterie courante et pour la bijouterie de luxe suivant les qualités.
- L’enfilage des perles, pour former des colliers, se fait à Paris dans des conditions qui ne sont égalées dans aucun autre pays. Un certain nombre de femmes sont employées à cette industrie, elles y déploient un goût et un art fort appréciés.
- L’enfilage des perles se fait suivant la mode : en rang régulier, en rang en chute, en collier de chien, en tissu ou en torsade. Pour les colliers de chien, on utilise les plus petites perles et les « perles semence ».
- Les perles présentent des couleurs très variées ; celles qui sont recueillies dans des coquilles de mer sont blanches, grises ou noires, mais ces tons vont du blanc mat, rose, bleuâtre ou jaunâtre au noir vert foncé, en passant par une gamme de nuances plus ou moins accentuées.
- Les perles noires sont très estimées, les qualités supérieures sont rares, elles atteignent des prix fort élevés. Il en est de même des perles de couleur dites « de fantaisie», lorsqu’elles réunissent toutes les qualités qui constituent la belle perle.
- Les perles d’eàu douce présentent également une grande variété de couleurs : le blanc opaque, le gris, le jaune, le rose, le saumon, jusqu’au ton cuivre accentué; elles se font remarquer par une transparence plus grande que les perles marines, souvent aux dépens de la vivacité.
- La valeur de la perle dépend de sa forme, de sa couleur, de sa pureté et de son éclat, autrement dit de son «orient».
- Le prix de la perle de bonne qualité a augmenté depuis 1889 dans des proportions considérables. On peut dire quelle a doublé de valeur. Déjà à cette époque, la hausse avait été importante. La cause en est à la mode qui s’est portée de plus en plus vers ce produit incomparable des eaux.
- La Chambre syndicale des négociants en diamants, perles, etc., mise hors concours, a
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- présenté une remarquable collection d’huîtres perlières, de perles et de coraux de toutes provenances. Cette collection intéressante a été exposée par MM. Bassot, Drouelle, Falco, Grunberg, Herbet, Tiffany, Lôvenstein de Paris, Lovenstein de Londres, Walter, Brühl frères, Altschueler et Janesich. Ces participants, à l’exception de M. Falco qui était membre du jury, ont été récompensés soit comme exposants soit comme collaborateurs.
- M. L. Lovenstein et Cîe, de Londres, ont exposé dans le palais du Mexique, une belle collection de perles de fantaisie et de coquilles perlières de la Basse-Californie. Cette maison a obtenu une médaille d’argent.
- La France possède des pêcheries dans les îles de la Polynésie : Tahiti, Gambier, Tuamotu, Marquises. Des concessions ont été accordées en Nouvelle-Calédonie. Des recherches ont eu lieu récemment sur la côte ouest de Madagascar et quelques perles ont été trouvées à Nossi-Mission.
- La pêche des huîtres perlières a été trop souvent décrite pour qu’il soit utile d’insister ici sur cette industrie. On trouvera les plus récents documents sur ce sujet dans un petit volume de 1 ’Encyclopédie et aides-mémoire intitulé L’huître perlière, nacre et perles, par M. L.-G. Seurat, zoologiste du laboratoire colonial du Muséum (1>. Cette pêche est réglementée dans les colonies françaises, mais le contrôle est moins actif que dans les eaux anglaises. L’appauvrissement des bancs est la conséquence d’un système qui est défectueux, puisqu’il est impuissant à imposer une méthode rationnelle, seule capable de sauvegarder une industrie qui fait vivre un grand nombre de pêcheurs et constitue une source de richesses qui intéresse autant les colonies que la métropole.
- La perle entrant en franchise, nous n’avons pas d’éléments pour déterminer le montant de l’importation en France. Néanmoins en se basant sur des données recueillies dans les milieux les plus compétents, on peut évaluer à une somme de 25 millions en moyenne la valeur des perles entrées annuellement en France depuis quelques années. Nous ajouterons que l’année 1899 a été une époque de transactions particulièrement actives et que le chiffre d’importation pour cette année est évalué à 3 6 millions. Nous sommes heureux de constater que la France, autrefois complètement tributaire de l’Angleterre, est parvenue à établir des relations directes avec les pays producteurs et quelle reçoit aujourd’hui directement une partie des perles quelle emploie.
- En présence de la demande croissante dont les perles sont l’objet, on s’est préoccupé de rechercher s’il n’était pas possible de cultiver l’huître perlière, comme on cultive l’huître comestible. Après la mission dont il fut chargé aux pêcheries de Tuamotu, l’inspecteur général des pêches maritimes, Bouchon-Brandely, proposait déjà la culture des pintadines, laissant d’ailleurs au hasard le soin d’y faire pousser des perles. Il pensait les élever dans des caisses ostréophiles analogues à celles qui sont employées sur nos côtes, dans le bassin d’Auray, pour élever les huîtres, et qui y sont connues
- 0) Libraires Masson et Gaulhier-Villars. — W Bapport inséré au Journal Officiel des 2.3, 2 5, 26 et 27 juin 188b.
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- sous le nom de Caisses Jardin. Chaque caisse, portée sur quatre pieds, et fermée à claire-voie en haut et en bas, est divisée en compartiments verticaux contenant chacun une huître.
- Les huîtres ainsi parquées ont parfaitement vécu. D’autres essais ont été tentés depuis, par Saville-Kent, dans le Queenslandà Thurday-Islands, dans le détroit de Torrès et à la baie des Requins, sur la côte ouest de l’Australie, par M. Vives, à l’île San-Juan, dans le golfe de Californie. Ils ont simplement consisté à transporter les mollusques dans des lagoons facilement accessibles, et à les y laisser prospérer. Les résultats obtenus n’ont rien que d’encourageant, et il est probable que, en particulier dans le détroit de Torrès, où les lagoons sont nombreux et hors de la zone des ouragans de la mousson, on arriverait à obtenir un rendement régulier. Par une réglementation intelligente de la pèche propre à éviter l’épuisement des bancs, par le repeuplement des bancs épuisés, par la constitution de bancs artificiels et peut-être, par une culture véritable, on arriverait sans doute à donner dans nos colonies du Pacifique tropical, une vive impulsion au commerce des perles et de la nacre.
- Les Japonais se sont, eux aussi, intéressés à l’élevage des pintadines; leur exposition contenait une remarquable série de ces coquilles, à tous les âges.
- Dans la section japonaise, M. Koga a reçu une médaille de bronze pour ses perles et M. Kiramatzu une mention honorable pour ses coquilles.
- Mais ce n’est là que la première partie du problème, et cultiver la pintadine ce n’est pas encore produire régulièrement la perle. On n’est malheureusement pas très fixé sur la cause de la production des perles, et même une certaine confusion s’est établie entre les perles et d’autres productions accidentelles, d’une valeur beaucoup moindre.
- La nacre de la coquille des pintadines s’épaissit sans cesse par la superposition de couches nouvelles de nacre, produites par un repli de la peau de l’animal, qui l’enveloppe tout entier, en doublant rigoureusement la coquille. Ce repli, divisé en deux lobes comprenant entre eux l’animal, comme la coquille est divisée en deux valves, est ce qu’on nomme le manteau. Si l’on introduit entre la coquille et le manteau un objet quelconque, cet objet sera, au bout d’un certain temps, complètement couvert de nacre; cela arrive à de petits poissons, les Fierasfer, qui vivent habituellement en parasites entre les deux lobes du manteau de l’animal, mais s’égarent quelquefois entre la coquille et le manteau. Des brins d’algue, de petits cailloux, sont souvent enfouis de la sorte et donnent naissance parfois à des productions bizarres, comme cette Croix du Sud formée de neuf perles, qui est estimée plus de 100,000 francs, et paraît avoir pour noyau un fragment d’algue (Hormosira Banksii).
- Le Gouvernement de l’Australie occidentale qui expose cette pièce curieuse et des nacres a reçu une médaille d’or.
- Les Japonais et les Chinois qui élèvent de grands bivalves, les anodontes, pour l’ornement de leurs bassins, obtiennent des coquilles curieusement sculptées, en intro-
- M Saville Kent, The great Borner Reefs.
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- duisant entre le manteau et la coquille de l’animal, des chapelets de perles, des figurines métalliques, etc., que la nacre recouvre et accole solidement au reste de la coquille. De nombreuses productions de ce genre se trouvaient dans leurs vitrines, et M. Mikimoto a exposé des perles artificielles qui lui ont valu une médaille d’argent. Ces faits incontestables ont donné à penser que les perles se produisaient de la même façon. Bou-chon-Brandely avait essayé d’en obtenir en refoulant avec une perle de verre le manteau de l’animal. Tout récemment, au laboratoire de Roscoff, un jeune naturaliste, M. Boutan, a réussi à faire recouvrir de nacre par des mollusques univalves de nos côtes, les Haliolides, plus connus en Normandie et en Bretagne sous le nom d’Ormeaux, des petites boules de plâtre qui ont été présentées à tort à l’Académie des sciences, sinon comme des perles, au moins comme des productions indiquant la façon dont se forment les perles.
- La question de l’origine des perles est tout autre. Les vraies perles se forment en effet dans l’épaisseur même du manteau qui les enveloppe de toutes parts et sans aucun contact avec la coquille; elles peuvent se trouver, sans doute, accompagnées par des prolongements du manteau dans l’épaisseur du grand muscle adducteur delà coquille, au voisinage de la charnière, en somme, un peu partout dans le manteau. Elles.s’en échappent quelquefois, passent entre le manteau et la coquille, sont alors recouvertes par la nacre comme n’importe quel corps étranger, et il faut enlever celle-ci pour les dégager, ce qui montre bien que le revêtement d’un petit corps, par la nacre, ne saurait être le point de départ d’une perle. Avant d’être enfouies sous la nacre, les perles peuvent être accolées à la coquille, par une couche de celle-ci; elles sont alors adhérentes et perdent quelquefois, par le fait de la cicatrice qui se trouve à la place de leur pédoncule, quand on les détache, une partie de leur valeur.
- Le problème est donc celui-ci : comment faire naître à l’intérieur du manteau l’ampoule au sein de laquelle se formera une perle? On a pensé que cette ampoule pouvait être la conséquence de l’invasion d’un parasite, soit un distome (Philippi), soit un crustacé, le Limnocharis anodonlœ (Kuchenmeister), soit un acarien, ÏAtax hypsilophora, soit même un sporozoaire.
- Des études récentes faites sur place, en Californie, par M. Léon Diguet, voyageur du Muséum d’histoire naturelle, posent un nouveau problème. Dans le manteau des pintadines, et principalement sur ses bords, M. Diguet a observé quatre sortes de formations : i° des ampoules remplies d’un liquide albumineux; 2° des concrétions cornées; 3° des concrétions cornées, dont certaines parties sont remplacées par de la nacre de perle ; h° des vraies perles. Suivant une opinion qui tend à se faire jour dans les régions qu’il a visitées, M. Diguet pense que ces quatre formations ne sont que les stades de la formation de la perle. Le précieux joyau commencerait par être liquide, deviendrait assez brusquement corné, puis la corne serait remplacée par la substance brillante et nacrée. Les perles recueillies par M. Diguet sont déposées dans les collections du Muséum; elfes ne démontrent pas d’une manière péremptoire que les perles se forment ainsi, mais elles montrent tout au moins que les perles appartiennent à une
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- série de formations beaucoup plus variées qu’on ne le supposait. Un assistant du Muséum , malheureusement enlevé à la science, M. Félix Bernard, a meme cru apercevoir, dans les ampoules, des débris d’un petit crustacé, ce qui rendrait quelque crédit à l’hypothèse de l’origine parasiteuse de la perle.
- D’autre part, M. Raphaël Dubois, directeur du laboratoire maritime de Tamaris, laboratoire brillamment représenté à l’Exposition, et dépendant de l’Université de Lyon, pense avoir trouvé un moyen de provoquer à volonté la formation des perles chez nos Lamellibranches indigènes; il croit bien aussi que la perle débute par une ampoule remplie d’une substance albuminoïde, mais ses observations faites sur les dimensions et les transformations de l’ampoule initiale diffèrent de celles deM. Diguetsur la Méléagrine par des points d’une certaine importance.
- LA NACRE.
- La nacre est cette substance brillante et irisée, aux reflets chatoyants, qui apparaît à l’intérieur de diverses coquilles, mais en forme, en réalité, toute la substance; elle est sécrétée par le manteau du Mollusque et formée par couches successives.
- Dans les trois classes de Mollusques, on trouve des espèces produisant de la nacre; elles appartiennent exclusivement à des familles qui remontent jusqu’aux périodes géologiques les plus éloignées; tels sont les Nautiles, parmi les Céphalopodes; les Haliotides et les Troques, parmi les Gastéropodes; les Avicules, les Moules, les Anomies, les Mulettes, parmi les Lamellibranches. L’huître perlière appartient à la même famille que les Avicules.
- Il est à remarquer que les coquilles des familles de Mollusques qui ont apparu sur le globe après la période primaire cessent d’être nacrées; elles sont simplement porcelainées.
- L’huître perlière est recherchée aussi bien pour les perles quelle peut contenir, que pour la nacre dont elle est formée; mais ce dernier produit représente, comme résultat général, la valeur la plus considérable.
- La Pintadine ou Méléagrine fournit la nacre la plus épaisse et la plus fine; les Mulettes, qui habitent les eaux douces des divers pays, fournissent une nacre épaisse, mais peu brillante, principalement utilisée pour fabriquer des boutons de lingerie; quelques espèces, la Spalha rubens, par exemple, donnent une nacre rose utilisée pour incrustations; mais c’est surtout la nacre très irisée des Haliotides qui sert à cet usage.
- La nacre provient naturellement des mêmes régions que celles qui produisent les perles; nous avons indiqué précédemment les régions marines et les fleuves où on les trouve.
- La nacre est employée dans un grand nombre d’industries : la fabrication des boutons en emploie la plus grande partie. L’étude des différentes industries qui se servent de cette matière n’est pas de notre ressort; elle appartient à la classe de la tabletterie, qui la comprendra nécessairement dans son rapport.
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- En 1899, il es^ enfré en France : 3,177,918 kilogrammes de nacre de perle en coquilles brutes, représentant une valeur de 8,789,275 francs; et en 1899, 3,913,410 kilogrammes, d’une valeur de 12,622,912 francs.
- Sur ce dernier total, près de 3 millions de kilogrammes provenaient d’Angleterre et des Indes anglaises (]).
- Cette constatation nous conduit à regretter une fois de plus que la nacre de perle qui provient de nos colonies, soit accaparée par le commerce étranger, alors que nous en avons l’emploi; nous ne comprenons pas pourquoi nos maisons d’importation hésitent à envoyer des capitaux sur les lieux de production, il suffirait d’un peu d’initiative de leur part pour conserver le bénéfice d’un commerce qui peut se faire sans intermédiaires étrangers.
- Les exposants français ont obtenu les récompenses suivantes :
- Médaille d’or. — M. Vuillemier, à Paris.
- Médailles d’argent. — MM. Degouy et Frager, à Paris.
- Médailles de bronze. — M. Raoulx (V.-L.), à Tahiti.
- Mentions honorables. — M. Lacroix (T.), à Suresnes (Seine); Le Comptoir de Djibouti, à Paris; MM. Reichenback et Stilling, à Nouméa.
- LE CORAIL
- Le corail est le squelette d’un animal ramifié, formé par l’association de polypes à huit tentacules, communiquant les unes avec les autres par un système compliqué de canaux et qui sont avec le corps tout entier dans le même rapport que les feuilles et les fleurs d’un arbrisseau, par rapport à sa tige.
- La pêche du corail s’est longtemps exercée presque exclusivement sur les côtes de Barbarie et dans les eaux de la Sardaigne et de la Corsé : c’est à une époque toute récente (1877), que des bancs de corail abondants furent découverts sur les côtes de Sicile.
- Entre temps, le corail qu’on avait cru longtemps, comme beaucoup d’autres animaux, exclusivement méditerranéen, était mouvant comme eux, et exploité dans l’Atlantique, sur les côtes de Portugal jusqu’aux îles du Cap Vert, et dès 1872, on en signalait au Japon une variété, sinon une espèce nouvelle remarquable par la grosseur de ses branches, en général plus faiblement colorées que celles du corail méditerranéen. Une branche de ce corail blanc a été donnée, à cette époque, au Muséum d’histoire naturelle, par M. Victor Boric, secrétaire général du Comptoir d’escompte; elle avait
- M Exactement 2,815,i 18 kilogrammes. * veillère, Lapéche du corail, Revue maritime et colo-
- Voir les ouvrages suivants : H. Lacaze-Duthiehs, niale, 1876; Henri Garrot, La Colonisation maritime
- Histoire naturelle du corail, 1864 ; Commandant Re- en Algérie, 1900.
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- été rapportée par M. Madier de Montjeau. Une belle série de corail du Japon a été exposée par M. Kaméi (Guénshiti), de Kôti-Kén.
- Les arbrisseaux de corail sont attachés isolément ou par petits groupes, à la face inférieure des rochers en surplomb et pendent, par conséquent, dans l’eau, la pointe en bas. En général, les conditions favorables à leur existence se retrouvent sur d’assez vastes étendues; c’est-à-dire que dans les fonds rocheux, quand il y a du corail sous un rocher, il y en a sous presque tous; c’est là ce qu’on nomme un banc de corail. Il existe de tels bancs sur toutes les côtes d’Algérie et de Tunisie, mais ils sont particulièrement nom breux dans les régions d’Oran, Philippeville, Bône et la Galle.
- Depuis près de vingt ans, les pêcheurs français ont abandonné la pêche du corail; aujourd’hui, elle est faite en Méditerranée par des pêcheurs italiens et quelques Espagnols.
- Le corail que l’on trouve actuellement en abondance, en Sicile, est petit et de qualité médiocre, il vaut de 3 à 10 francs le kilogramme; par contre, celui pêché au Japon est gros, mais rarement de belle couleur, on le vend de 3o à 15o francs le kilogramme. Ce corail fut pour la première fois apporté en Italie, en 1875, où l’on en vendit de 400,000 à 5oo,ooo francs par an, jusqu’en 1878; de 1878 à 1896, la vente annuelle s’est élevée à 700,000 francs; elle dépassait le million en 1899.
- Le prix du corail varie suivant la forme, la grosseur, la pureté et la couleur; le corail rose est le plus estimé.
- L’industrie de la taille et du façonnage du corail était très prospère à Marseille, au siècle dernier; aujourd’hui elle n’existe plus en France, les façonniers ne pouvant lutter contre le bas prix de la main-d’œuvre italienne. C’est donc en Italie, surtout à Gênes, Livourne et Naples, que se trouve le marché du corail brut. Les acheteurs français et italiens exportent les produits par eux fabriqués dans les contrées suivantes : les Antilles, l’Inde, le Levant, la Russie, la Chine, le Japon, l’Amérique du Sud, la Côte occidentale d’Afrique, l’Algérie, en Europe, les villes maritimes du Nord.
- La bijouterie en corail a été délaissée pendant un certain nombre d’années; aujourd’hui, la mode semble remettre en faveur ce joli produit des mers; le corail rose est de nouveau demandé en France, en Angleterre et aux Etats-Unis.
- Toute la série des variétés de corail et des bijoux, dans la composition desquels elle entre, a été exposée par M. Herbet, à qui son exposition a valu une médaille d’or.
- M. Kameù, dans la section du Japon, a obtenu une médaille de bronze.
- Quoique la pêche du corail, en Tunisie, ne soit pas entre des mains françaises, nous demandons quelle soit réglementée, cette mesure serait nécessaire pour protéger l’industrie.
- Les statistiques officielles nous indiquent qu’en 1889, 3,833 kilogrammes de corail brut, d’une valeur de 325,805 francs, ont été importés principalement d’Algérie en France; en 1899, l’importation n’a été que de 1,131 kilogrammes, d’une valeur de 90,480 francs, mais l’Algérie ne fournit plus le marché français.
- Gn. IX. — Cl. 53. U
- i'muëiui: natio?:a
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- E111889 , nous exportions (presque en totalité en Italie) du corailbrut pour 3-2 1,860 francs.
- En 1899, cette exportation est tombée à 7/1,600 francs.
- Une très intéressante et presque dramatique histoire de la pêche du corail dans nos eaux méditerranéennes, a été insérée par M. Henri Garrot, dans son ouvrage sur La colonisation maritime en Algérie. La conquête de l’Algérie, un traité conclu avec le bey de Tunis mettent, en i83a, entre nos mains la pêche du corail sur tout le littoral africain. La pêche y a été cependant totalement abandonnée, les fabriques de bijoux de corail sont fermées à Marseille, tandis que l’Italie jette annuellement sur le marché pour 20 millions de bijoux de corail, dont les détaillants haussent la valeur à 1 00 millions. M. Garrot explique la déchéance de la pêche sur les côtes africaines, par quatre causes :
- i° L’appauvrissement des bancs presque détruits, par l’emploi d’engins destructeurs tels que les salabres et les grattes qui, au lieu de casser les branches de corail en respectant le tronc, arrachaient jusqu’au tronc lui-même.
- 20 La découverte, en 1867, des bancs de corail de Siacca, sur les côtes de Sicile, qui retint dans leurs eaux les pêcheurs italiens où, en 1872 seulement, ils récoltèrent plusieurs millions de kilogrammes de corail.
- 3° La loi du irrmars 1888, qui interdit aux navires battant pavillon étranger, et par conséquent à presque tous les corailleurs, la pêche dans les eaux françaises ;
- 4° La fabrication en Allemagne d’un faux corail, à base de celluloïd, qui a réussi à tromper les Orientaux et les nègres, pendant quelque temps, et qui a avili le prix du vrai corail.
- De ces causes de déchéance, il n’en est qu’une qui soit capitale, c’est l’épuisement des bancs de coraux. L’abandon de la pêche sur les hancs de Barbarie, Ta heureusement supprimée. Un pied de corail ne meurt pas, en effet, pour avoir été mutilé; il ne tarde pas à se cicatriser et recommence, comme un arbre taillé, à se ramifier dans toutes les directions. En outre, chaque'polype donne naissance à de petites larves vermiformes, nageuses, qui s’éparpillent assez loin et vont fonder sur le même rocher ou sur les rochers voisins de nouveaux pieds de corail. Ainsi les bancs se reconstituent, se repeuplent par la reprise des anciens pieds, par la formation de pieds nouveaux, et il suffit pour cela de quelques années; un jeune rejeton d’un centimètre acquiert en deux ans un décimètre de hauteur.
- A l’heure actuelle, il est probable que les bancs abandonnés sont en pleine prospérité et donneraient, s’ils étaient exploités de nouveau, de beaux bénéfices. Mais ce serait folie d’en permettre l’exploitation dans les conditions anciennes, et de ne pas profiter de leur renouveau pour tâcher de ramener en des mains françaises une pêche organisée jadis par nos compatriotes, une industrie dont Marseille a eu longtemps le monopole. Déjà, le gouvernement impérial s’était préoccupé de la question, lorsque vers 1860 il chargea un savant éminent, M. Henri de Lacaze-Duthiers, d’aller étudier
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- surplace le corail. Cette mission valut à la science française un chef-d’œuvre; malheureusement, il ne fut guère tenu compte des conseils donnés par l’éminent naturaliste, et peu à peu, nos bancs de coraux furent à peu près ruinés. Pour parer au retour d’une semblable ruine, le Gouvernement général de l’Algérie a pris, le i5 mars 1899, une mesure qui, à première vue, pouvait paraître excellente. Le littoral de l’Algérie a été divisé en trois cantonnements entre lesquels un roulement a été établi au point de vue de la pèche, de manière que deux cantonnements puissent se reposer pendant que le troisième est exploité. La durée de chaque période d’exploitation a été fixée à cinq ans. ~
- Cette mesure, conforme d’ailleurs à une tradition générale, n’est pas sans soulever déjà quelques critiques. Le cantonnement de Bône a paru être le premier dont on pût autoriser l’exploitation; mais c’est justement celui où la pêche du corail a été le plus intensive, et il est loin encore d’être en parfait état; mieux eût valu, semble-t-il, s’essayer d’abord dans les cantonnements presque intacts d’Oran et d’Alger. Et puis, de deux choses l’une : ou bien les corailleurs continueront à se désintéresser des bancs de Barbarie, ou bien ils se porteront en nombre sur les bancs que l’administration leur désignera elle-même, et par le fait même de leur concurrence dans une région limitée, auront bientôt fait de les réduire à néant. Il ne faudra pas compter sur les bancs des autres cantonnements pour reconstituer les bancs complètement épuisés; les larves du corail sont des organismes trop délicats pour pouvoir se permettre de longs voyages. Les cantonnements risquent donc d’organiser purement et simplement la destruction définitive des bancs de corail, si dans chaque région la pêche n’est pas surveillée d’une façon rigoureuse. Or, la cause pour ainsi dire unique de l’épuisement des bancs de co~ rail, c’est l’emploi d’engins tels que les grattes, qui ne laissent rien subsister de vivant sous les rochers auxquels elles s’attaquent. Occupée à d’autres soins, la Marine paraît hors d’état de constituer la surveillance qui serait nécessaire et quelle n’a pu organiser, même pour la grande pêche.
- L’heure, d’ailleurs, n’est pas aux prohibitions; avant tout, il paraît indispensable au contraire de susciter, par tous les moyens possibles, la reconstitution d’une flotte française de corailleurs. Il y a encore à la Galle, où ne subsiste plus qu’une seule barque, des marins rompus dès leur jeune âge à la pêche du corail, et qui pourraient faire d’excellents patrons; ils vieillissent, il faut se hâter. La flotte une fois rétablie, il serait nécessaire de prendre, au moins temporairement, des mesures de défense propres à provoquer l’installation dans nos possessions barbaresques d’ateliers de fabrication de bijoux de corail; il ne semble pas impossible ni injuste d’édicter des mesures protectrices qui assureraient à nos nationaux tout le bénéfice qui peut découler de leurs récoltes. Malheureusement, plus nous allons, moins les affaires se font simplement, et l’on n’ose plus trop rechercher comment il se fait que l’intérêt public semble si souvent la chose la plus.sacrifiée.
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- LES ÉPONGES.
- Sortes d’Éponges(0. — Le commerce des Eponges en France peut être représenté par un mouvement de i 5 millions de francs.
- En 1899, il est entré en France 339,300 kilogrammes d’éponges, représentant une valeur d’achat de 6,A h 6,700 francs (Moniteur maritime).
- Les éponges sont, au point de vue commercial, réparties en quatre catégories :
- i° Eponges fines (douce, de Syrie; douce, de l’Archipel) pour la toilette;
- 20 Eponges Venise (fine, blonde, de Syrie; commune blonde, de l’Archipel, de toilette;
- 3° Éponges pour voitures (géline, de Barbarie, brune de Barbarie [Marseille], de Salonique;
- k° Eponges ordinaires pour usages industriels (fine, douce, de Syrie [Chimousse]) et pansements.
- Ces catégories ne correspondent pas à des espèces telles que les entendent les naturalistes. Les espèces d’éponges industrielles sont, à la vérité, au nombre de quatre:
- i° Spongia officinalis, d’Europe ^ et d’Amérique(3);
- 20 Spongia graminea de la Floride;
- 3° Spongia equina, d’Europe et d’Amérique(5);
- h° Spongia aquaricina, des îlots de Syrie et d’Afrique.
- Les deux premières espèces fournissent les éponges fines de toilette; la troisième, les éponges communes; la quatrième, connue sous le nom de Zimœca, Simocca ou Chimousse, des éponges fines, douces, utilisées pour les pansements et l’industrie.
- Provenance des Éponges. — Le rendement en éponges de la Méditerranée peut être ainsi établi :
- î/A éponges fines, 3/8 Venise, 3/8 Chimousse.
- Les éponges fines employées en France sont pêchées principalement dans la Méditerranée, sur les côtes de Syrie, de Tripoli, de Tunisie, à Batroun, Latakié, Renada. Les côtes d’Afrique fournissent les Bombas, Mandroukas et Bengazi. Les éponges fines de Candie et des archipels grecs et turcs sont surtout écoulées en Allemagne et en Angleterre.
- Les éponges Venise et Simoulth sont pêchées dans les mêmes parages. La première est
- d) Une partie des renseignements présentés dans W Gant,
- cette notice sont dus à M. Bout, président de la (4) Venise, laine, velours.
- Chambre syndicale des éponges. d) Indiennes, valnet; grass, boulets.
- ^ Coupe turque, levantine.
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- une variété de Y Hippospongia equina, qui fournit aussi la plupart des éponges communes des trois dernières catégories; les plus appréciées en France sont celles de Syrie, de Bengazi et de Bomba; les Anglais préfèrent celles de Mandrouka et achètent aussi à Aden, celles de la mer Rouge. Les éponges communes des archipels de la Méditerranée, moins régulières que celles de Tripoli et de Tunis, dites Eponges gerbées, sont écoulées surtout en Angleterre, en Autriche, en Allemagne et en Amérique. On pêche aussi à la plongée dans la mer Rouge.
- Centres commerciaux d’approvisionnement. — Les centres d’achat des éponges de Syrie sont : Tripoli, Batroum, Latakié, Beyrouth, Jaffa; ceux des éponges des îles grecques et de l’Afrique sont : Symi, Halkis, Calymnos, Argésie et Hydra. Ceux des éponges communes tripolitaines sont : Sfax, Tripoli, Lampidouze. On achète enfin les éponges américaines à Bantabano, Cuba, Nassau (Bahama). La qualité de ces éponges est bien inférieure à celle des éponges méditerranéennes, dont elles reproduisent cependant toqtes les apparences; leur bas prix leur a valu en France un grand écoulement.
- Pêche. — On pêche l’éponge de quatre manières différentes: i° à la plongée; 2° au scaphandre; 3° au chalut (gangarasy, k° au trident (kamaki). La pêche à la plongée est surtout pratiquée par les Arabes sur les côtes de Syrie. Les hommes plongent à nu jusqu’à quarante brasses; ils demeurent sous l’eau deux minutes et demie environ et se reposent vingt-cinq minutes. Les fonds à éponges de la Méditerranée sont échelonnés, en général, de 3 à 5 mètres; ceux d’Amérique de 9 à 1 2 mètres ( Roché) ; Allen dit au contraire que les fonds méditerranéens sont de 26 à ho mètres, ceux de la Floride de 5 à 12 mètres.
- La pêche au scaphandre est la plus répandue; elle est pratiquée partout plus ou moins activement; les scaphandriers, enfermés dans leur appareil, peuvent demeurer sous l’eau A ou 5 minutes.
- La pêche au chalut se fait à l’aide d’un chalut analogue à celui employé pour la pêche au poisson sur les côtes normandes, mais disposé pour racler le fond. Enfin les Grecs, les Siciliens et les Américains pêchent les éponges au trident, fourche à trois branches dont le manche peut être allongé de manière à atteindre 1 2 brasses. Le trident a des lames tranchantes et recourbées, il est garni d’une poche à filet; en Dalmatie il a quatre ou cinq branches hastilées; seuls les habitants de l’île de Krapano pêchent les éponges.
- Les pêcheurs au trident, surtout des Grecs de Moria, des Hydriotes, examinent le fond de la mer en enfonçant sous la surface de l’eau, de manière à en supprimer les rides, un seau dont le fond est formé par une lame bien plane de cristal. Ils jettent aussi dans l’eau des poignées de sable trempé dans l’huile; l’huile s’étend sur l’eau et supprime les rides (Lamiral, S. Acclimatation 1861) ou des petites pierres huilées lancée? circulairement. On peut ainsi voir jusqu’à quatorze brasses environ.
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- Aux Bahamas (golfe du Mexique) les éponges croissent à de faibles profondeurs; les pêcheurs enfoncent dans l’eau une grande perche amarrée près du bateau et se laissent glisser sur les éponges.
- Pêche en Méditerranée. — De Beyrouth à Alexandrette, la pêche est faite de mai en août par les Grecs, jusqu’en septembre par les Syriens. Les côtes rocailleuses de Syrie fournissent de meilleures éponges que celles de Caramanie, et en fournissent davantage.
- Les Grecs, montés au nombre de quinze ou vingt sur leurs embarcations dites sar-colènes, débarquent à Soyda (Sidon), Beyrouth, Lataquié, Tortora, Tripoli, désarment les sarcolènes, louent aux habitants du pays des barques de pêche contenant quatre ou cinq plongeurs. «Une barque à voile et à rames est montée par quatre pêcheurs et par un aide. Après avoir fait sa prière, le plongeur maronite, grec ou musulman, se place à Pavant du bateau, mis à l’ancre. Nu, un filet ou un sac pendu au cou, il s’accroupit sur ses talons et saisit une pierre calcaire, blanche, plate et arrondie à une extrémité. Il demeure toujours en communication avec le bateau par l’intermédiaire d’une corde résistante. Après avoir fait une inspiration longue et puissante, il se précipite la tête en bas, en tenant dans ses mains la pierre qui l’entraîne au fond et à laquelle la corde est attachée, il travaille en outre avec ses pieds de manière à plonger plus rapidement. » Ils peuvent demeurer de une minute et demie à trois à 1 8 mètres de profondeur et arrivent, à la fin de la saison, à demeurer quatre minutes à 5o mètres. Il est tiré à bord, à son signal, par ses camarades et arrive complètement épuisé. La pêche dure du lever du soleil à deux ou trois heures de l’après-midi; chaque plongeur rapporte de cinq à huit éponges.
- Préparation des Éponges. — Les éponges sont des animaux qui peuvent être exclusivement charnus ou soutenus par un squelette en forme de réseau qui peut, suivant les espèces, être calcaire, siliceux, à la fois siliceux et corné ou exclusivement corné. C’est uniquement ce squelette corné qu’on désigne dans le commerce sous le nom cl’éponge. L’éponge n’est utilisable qu’après avoir été débarrassée de ioule la substance vivante au sein de laquelle elle s’est développée et qui répand, en se décomposant, une odeur particulièrement fétide. Pour y parvenir, on plonge d’abord l’éponge pendant vingt-quatre heures dans un bain d’acide sulfurique de 4 à 6 degrés; on la rince soigneusement, puis on la fait passer successivement dans deux bains nouveaux, le premier de permanganate de potasse, le deuxième d’hyposulfite de soude. On les rince de nouveau et on leur fait finalement subir un bain d’eau de chaux qui leur donne leur couleur jaune uniforme.
- Pêche en Amérique. — La pêche des éponges américaines se pratique en Floride, aux Bahamas, à Key-West, à Cuba; en Floride elle ne remonte qu’à i85o.
- Un de nos exposants, M. Georges Weill, revendique pour son grand-père, Isidore
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- Weill, associé de M. Hayman, la découverte des bancs américains. Il a fait revivre en quelque sorte sous nos yeux, dans sa magnifique exposition, tous les détails si pittoresques de cette pèche. Les bancs furent d’abord exploités par des maisons anglaises et Londres est demeuré longtemps d’ailleurs le centre d’approvisionnement des maisons françaises qui vont aujourd’hui sur les lieux de pêche mêmes faire leurs achats.
- La série, par valeur décroissante, des éponges de la Floride et de Bahamas, est la suivante :
- i° Eponge laine (sheepswood), Hippospongia equina ;
- 9° Eponges velours (velvet), Hippospongia equina;
- 3° Eponge tête dure (hard head), Euspongia aquaricina;
- l\° Eponge herbe (grass), Spongia graminea, Euspongia ofjicinalis;
- 5° Eponge gant (glove), levantine, coupe turque de la Méditerranée, Euspongia offi-cinalis.
- Il y a donc renversement des espèces pour la qualité; l’éponge laine de la Floride approche presque de la valeur des éponges levantines de la Méditerranée, qui tiennent la tête du marché. Les bateaux de pêche demeurent en mer d’une semaine, ce qui est le cas habituel, à trois mois. Des barques montées par deux hommes en partent et ramènent la pêche chaque soir.
- Les éponges sont portées dans des enclos de palissades de 3 à h mètres carrés, où on laisse pourrir la matière animale sous o m. 6o à î mètre d’eau qu’on lessive ensuite par le pétrissage et le battage?; on en expulse ensuite toute l’eau que l’on peut et on les laisse sécher. On les traite finalement par une solution faible de chaux qui leur donne une belle couleur jaune; il ne reste plus qu’à les assortir avant de les livrer au marché. Les fonds commencent à s’épuiser.
- Les difficultés que l’on éprouve à pêcher les éponges, la crainte de voir s’épuiser leurs bancs, ont conduit à se demander s’il ne serait pas possible de les cultiver M.
- Spongiculture. — Philippi, Cavolini, Lieberkhun avaient déjà constaté (1785) que les éponges pouvaient être marcottées.
- Vers le milieu de l’Empire, en 1860, on rêvait un peu partout, conformément aux aspirations secrètes du souverain, de faire tourner au profit de l’homme tout ce que la terre produisait. Ce fut l’époque de la fondation et de la grande prospérité de la Société d’acclimatation. Un membre de la Société, Lamiral, eut l’idée d’acclimater les éponges sur les côtes de Provence.
- Les éponges recueillies en Syrie et en Tripolitaine furent amenées dans des caisses à trous, versées dans la baie de Toulon, aux environs de Bandol, Pomègue et Port-Gros, puis immergées.
- (1) R. J. Allen. Report on the Spongsfaheries o/Flo- oj the United States (Section V, vol. 2, p. 829 [mérite and artifcial culture of éponge Journ. mai' biolog. moires de Ralhburn]).
- Association (N. S. vol. IV, 1896) et Fishery Industries
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- Cet essai ne donna aucun résultat, le procédé étant par trop primitif. Les éponges avaient été transportées dans des caisses reliées deux à deux, de manière cpie Tune servit de réservoir, l’autre d’aquarium, un courant alternatif pouvant être établi de Tune à l’autre par un simple changement de position du réservoir. Les bactéries ont dû les attaquer dès le début.
- Les essais d’Oscar Schmidt et Buccich furent tentés dans une tout autre direction. Ils eurent lieu dans la baie de Socrolizza, de l’ile de Lyarra, sur les côtes de Dalmatie, de 1 863 à 18726). Des éponges recueillies dans le voisinage — assujetties dans des caisses percées à jour pour éviter toute compression et tout choc. — Les éponges furent sectionnées avec un couteau denté en scie, en fragments de 1 à 2 pouces cubiques. Ces fragments furent ensuite fixés par des clous de bois à tête sur des châssis, ou sur des baguettes, ou sur des fils de cuivre recouverts de caoutchouc ou même sur des pieux, et immergés ensuite.
- Le procédé définitif consista à enfiler, fixés par trois, les morceaux dépongé sur une tige de bambou où ils étaient maintenus, séparés les uns des autres par des clavettes traversant la tige. On prit tous les soins possibles, durant l’opération, pour éviter la lumière directe du soleil. En un an la perte ne dépassa pas 1 p. 100. Une plantation de 2,000 spécimens fut parfaitement réussie, volume doublé en un an. — Mais les tarets attaquèrent le bois et l’expérience cessa par suite de l’hostilité des pêcheurs. — Quatre témoins appelés à constater les résultats se bornèrent à faire des signes de croix et revinrent à la pêche. (Voir Breton et Rochebrune.)
- Des essais analogues furent tentés à diverses reprises en Amérique. Ceux de Kerson et Robbirî, négociants de New-York, à Kay-West (i 889-189 1), ont porté sur l’éponge laine.
- Les éponges étaient fixées à une profondeur de 60 centimètres d’eau, au moyen de fils ou de baguettes passant au travers, sur des poutres réunies en châssis et immergées. Elles ont mis quatre mois à se cicatriser: un spécimen, placé dans un courant de marée grossit de quatre à six fois plus qu’un autre placé dans une eau tranquille. Il n’a malheureusement pas été possible de protéger ces plantations.
- Presque en même temps avaient lieu les essais de M. Ralph Monroë à Biscayne Bay (Floride), à Cocoanat Grove (1889-1891).
- Des morceaux d’éponge fixés à de jeunes troncs d’arbre de k mètres de long, de procédés différents et immergés à des profondeurs variant de 3o centimètres à 3 mètres à marée basse. En six mois, certains spécimens avaient doublé de volume; dix-huit mois ou deux ans suffirent, dans ce cas, pour obtenir une éponge vendable.
- Essais de la Chambre de commerce de Sfax. — Enfin actuellement la Chambre de commerce de Sfax a tenté des essais qui semblent promettre quelques succès, mais ne sont pas encore terminés.
- (1) Compte rendu, par von Marenzeller : Die Wien 1878.) Traduit de U. S. ftsh. Commissionner
- Anfzncht des Budesnchwammess und Theihhüchen. Report 187p.
- ( Vei'h. der K. K. Zoologish-Botanisch Gesèllschaft in
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- Objections. — On n’a pas manqué de faire à la spongiculture des objections préalables ; les dernières sont celles de Georges RidderO).
- i° Rien ne prouve, dit-il, que des éponges demeurées intactes ne se fussent pas autant et plus développées que les fragments dans lesquels on les a découpées (réédition de von Marenzeller).
- Réponse. C’est là une objection a 'priori, à laquelle on peut opposer cette observation a priori également. C’est par la surface que pénètrent les aliments de l’éponge; quand une éponge s’accroît, la surface sur laquelle sont disséminés ses pores aquifères, et qui représente la capacité d’alimentation de l’éponge, s’accroît comme R2; le volume de leponge, qui représente son pouvoir de consommation, croît comme R3. A mesure que l’éponge augmente de volume, elle devient par conséquent de moins en moins apte à se nourrir, et sa croissance se ralentit; il y a donc intérêt à la diviser, à moins que la perte de temps causée par la cicatrisation ne compense le ralentissement de l’accroissement avec la croissance. Par cela même, on augmente, d’ailleurs, son champ d’alimentation, ce qui doit contribuer à faciliter la formation de| nouvelles quantités de substance spongiaire. Il est à remarquer d’ailleurs que, conformément à ces principes, les éponges n’atteignent un grand volume qu’à la condition de se plisser, dt manière à augmenter la surface et toute la morphologie des éponges réside dans l’é-tude de leurs modes divers de plissement.
- 2° Il existe peut-être chez les éponges un état de sénilité qui rend, avec le temps, leurs tissus moins aptes que ceux d’une éponge jeune, de sorte que les fragments de vieille éponge sont moins aptes à croître qu’une jeune éponge.
- Réponse. C’est une pure hypothèse. L’éponge semble sans doute vieillir à mesure que, par le fait de sa croissance, sa capacité relative d’alimentation diminue, mais la fragmentation a justement pour conséquence de lui rendre sa capacité primitive d’alimentation et, par conséquent, de la rajeunir. Au surplus, l’exemple des végétaux semble indiquer que la vieillesse n’atteint pas les êtres susceptibles d’être multipliés par bouturage.
- 3° 11 faudrait déterminer les conditions de croissance des éponges, l’influence des courants sur cette croissance, leur longévité, la taille, l’âge, Tépoque oîi elles se reproduisent et faire ces observations comparativement sur des éponges naturelles et des éponges provenant de fragments reconstitués.
- C’est l’évidence même; mais c’est une raison de plus pour poursuivre les expérimentations commencées.
- 4° Les éponges devront être placées dans des courants, et, autant que possible, loin du sol ; on devra utiliser les éponges difformes et provoquer la réunion en une seule d’éponges irrégulières, de manière à les régulariser.
- Sans doute. N’y aurait-il pas lieu de transporter dès lors les éponges dans des lieux
- 0) Notes on Projects for Improvement of Sponge Fisheries ( Journal of Manne biologicul Association. N. S., T. IV, n° a, février i8j6).
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- reconnus très propices à leur développement et où Ton pourrait surveiller leur croissance?
- Enfin on peut concevoir un autre mode de spongiculture, celui qui consisterait à recueillir sur des objets faciles à déplacer des larves d’éponges comme on recueille du naissain d’huître, et à placer ces larves et leurs supports dans des endroits accessibles et choisis, de manière cà assurer leur développement maximum. A l’époque delà reproduction, les éponges laissent en effet échapper par les gros orifices connus sous le nom d’oscules, des larves nageuses qui, après s’être disséminées en tous sens, se fixent et se transforment en jeunes éponges. Il s’agirait de recueillir les larves et de régulariser leur développement. Mais avant de tenter de pareilles recherches, le plus pressé serait d’assurer la conservation des bancs.
- La production des éponges se trouve, à la fin du xixc siècle, dans une situation critique. Aucun ménagement n’ayant été pris durant de longues années, aucune réglementation n’étant venue tempérer l’ardeur des pêcheurs, il est arrivé que des bancs ont été pour ainsi dire anéantis. En outre, les dernières éponges prises sur ces bancs étaient loin de rendre, commercialement parlant, autant que celles provenant des pêches précédentes.
- Certains gouvernements se sont enfin émus d’un tel état de choses. Des règlements sont intervenus, fixant les limites de la pêche pour une saison, ce qui permet aux bancs dont l’accès est temporairement défendu de croître et de se développer librement. C’est ce qui se passe actuellement pour les pêches de l’Océan.
- Mais pour que de pareilles mesures soient réellement utiles, il faut quelles soient prises en connaissance de cause. Or, les renseignements que Ton possède sur la biologie des éponges sont parfaitement contradictoires. D’après Lee(1), les éponges de Nassau (Etats-Unis), deviendraient marchandes trois mois après leur fixation. Pour Rathburn(2), les boutures d’éponge peuvent en six mois, dont quatre de cicatrisation, sextupler leur volume. Et pour donner plus de crédit à cette croissance rapide, Roth-burn cite le cas d’une éponge calcaire du genre Sycon, qui passa en quinze jours de la taille de 3o millimètres, à la taille de 75 millimètres; celui d’une spongille d’eau douce de Rombay, qui atteint en neuf mois 60 à 90 centimètres de circonférence, et celui d’un Hymeniacidon qui, en cinq mois, atteignit 3o centimètres de diamètre.
- Il ne semble pas que dans nos pays la croissance soit aussi rapide. Lamiral prétend que les bancs d’éponge mettent trois ans à se reconstituer, et Oscar Schmitt demande sept ans pour qu’une bouture d’éponge devienne marchande.
- L’écart n’est pas moindre pour les éponges de ponte. Suivant F. E. Schulze, Té-ponge de toilette de Lésina produit des bancs toute Tannée. Dans des éponges recueillies et préparées à ma demande par la Chambre de commerce de Sfax, je n’ai pas
- Bidder, Note on projects for the Improvement of ^ Rathburn. The Jisheries industries of the United
- Sponges Jisheries. (Journal of Marine biological Asso- States. (Section V,vol. a, p. 8ig.) dation 18g6.)
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- trouvé d’œufs pendant l’hiver. C’est seulement en avril que les éléments génitaux semblent se développer.
- Il est évident que tout essai de réglementation de la pêche des éponges est à peu près inutile, tant qu’on sera aussi peu éclairé sur la biologie de ces animaux. Les recherches à faire ne sont ni très difficiles, ni très pénibles. Quelques missions données à de jeunes naturalistes suffiraient à les mener à bien, et il a été institué, au Muséum d’histoire naturelle, un laboratoire colonial justement destiné à entreprendre toutes celles qui pourraient être conduites sur place.
- A côté de la diminution de la production qui a causé la hausse considérable du prix des éponges, nous devons signaler une autre cause de la situation difficile du commerce des éponges en France à la fin du xix° siècle. Nous voulons parler des droits qui frappent cet article à son entrée en France dans des conditions funestes aux intérêts français. Depuis quelques années les importateurs insistent pour qu’une révision soit faite à ce sujet. Les éponges entrent généralement en franchise dans les différents Etats d’Europe, tandis quelles sont frappées à leur entrée en France, d’un droit de 3 5 francs par îoo kilogrammes si elles arrivent directement du lieu de pêche et de Ao francs dans le cas contraire. Ajoutons que les éponges venant de notre protectorat de Tunisie sont frappées de ce même droit quelles n’ont pas à subir de l’étranger.
- Nous dirons, comme le disait déjà en 1889 le rapporteur delà Classe 43, que celte fiscalité constitue une entrave considérable pour la réexpédition des éponges brutes et préparées et nous affaiblit devant la concurrence dangereuse de l’Angleterre, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Hollande, de la Belgique et de la Suisse.
- Nous souhaitons que les réclamations des industriels français soient écoutées, qu’une modification soit apportée à une situation funeste au développement d’une industrie intéressante.
- Les tableaux suivants donnent un aperçu du mouvement de l’importation et de l’exportation des éponges de toute sorte.
- POIDS. VALEUR.
- kilogr. francs.
- Importation . ( 1889...- 1 1899 3i5,q8q 35/i,i28 5,055,824 7,485,373
- Exportation . 1889 j 1899 4/1,388 55,596 1,597,968 2,332,436
- Nous avons déjà cité les noms de MM. Georges Weill et L. Brun qui avaient organisé chacun une exposition remarquable donnant un aperçu général de la pêche des éponges et de ses résultats. Ces exposants étaient hors concours.
- MM. Gradwolh et Vougny ont obtenu une médaille d’or; MM. Néoclès Théodorides et Parienté, une mention honorable.
- Parmi les exposants étrangers, MM. Catsimigros et Boyagis, de Grèce, ont reçu chacun une médaille d’or. M. Laloux, de Belgique, une médaille d’argent.
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- C’est surtout notamment, en raison des modifications qu’il a apportées à la préparation des éponges afin de les rendre aseptiques, que M. Vougny a été récompensé.
- ÉCAILLE DE TORTUE.
- L’écaille de tortue provient notamment de Chine, de Manille, des Indes, d’Amérique, de l’Australie, de l’île Maurice. L’industrie l’emploie pour la fabrication des peignes, des lorgnons, des éventails, des bonbonnières, et pour les travaux de placage. La belle écaille blonde est très appréciée.
- M. Huchez, de Paris, a obtenu, pour ses échantillons d’écaille, une médaille d’argent.
- La Compagnie coloniale d’exportation de Paris a été mise hors concours.
- LES BALEINES.
- La baleine qui fournit le fanon se capture principalement dans les mers boréales, soit dans l’Océan glacial arctique, soit dans les mers du Japon sur les côtes des provinces d’Izon, Toso, Noto, Tango, Nagato, Izen et Iki.
- Le port d’attache des armateurs américains qui possèdent les principaux marchés pour le fanon de baleine, est San-Francisco, sur le Pacifique.
- Les Norvégiens des districts de Finmark et de Tromsoe se livrent également à la poursuite de la baleine.
- Quelques pêcheurs écossais qui pratiquent cette industrie ont leur flotte à Dundee (Écosse).
- La pêche de la baleine se fait avec des navires spécialement aménagés.
- La flotte américaine se composait, en 1900, de 1A bateaux à vapeur de plus de A00 tonneaux et de 3 voiliers de plus de 200 tonneaux.
- Ces navires partent généralement en mars pour revenir en octobre.
- La baleine est tuée au moyen d’un canon à crosse entièrement en cuivre, de 90 centimètres à 1 mètre de long et pesant de 2 5 à 3o kilogrammes.
- Le projectile est une flèche en acier de 0 m. 3o à 0 m. 35 de long, dont l’extrémité est munie d’une cartouche de dynamite qui fait explosion au premier contact.
- Les Norvégiens montent des petits vapeurs jaugeant de 3o à 60 tonneaux.
- Les baleiniers norvégiens se servent d’un harpon spécial formant crochet dans le corps de l’animal; quelquefois la pointe de cet engin est munie d’un explosible.
- Dans notre étude sur la pêche au Japon nous avons indiqué que la capture de la baleine par les Japonais se fait avec des filets; l’animal épuisé*est achevé au couperet et à l’épée.
- Au retour des lieux de pêche, on procède au nettoyage des fanons et à la mise en paquet de 20 à 2 5 planches.
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- New-Bedford (Massachusetts) qui se trouve à 200 kilomètres de New-York et Prince-Town sont les entrepôts principaux de l’industrie du fanon et les marchés d’où s’exporte cette matière première.
- Le fanon de baleine était autrefois d’un prix modique, on l’utilisait pour les parapluies, les crinolines, les fouets et cravaches, les vêtements, etc., en Chine et au Japon où on en faisait des roues de voiture et des garde-crotte.
- La pêche actuelle, moins productive que l’ancienne pêche, a pour conséquence l’élévation du prix de la matière première; aujourd’hui le corset, la robe, le fouet et la cravache seulement consomment le fanon de baleine.
- Les différentes qualités de cette matière sont classées ainsi :
- Fanons arctiques. — La pêche de ces fanons est la plus importante et la plus productive. La haleine qui la fournit est capturée dans l’Océan glacial arctique. Cette baleine donne de 800 kilogrammes à i,5oo kilogrammes de fanons d’une longueur de 2 m. 75 à 4 mètres, d’une épaisseur maxima de 10 millimètres, souvent veinée vert et jaune; le poids moyen d’un fanon est de 1 kilogr. 4oo à 2 kilogr. 500. De 1890 à 1900, le prix de ces fanons a varié de 26 francs à 65 francs le kilogramme. Le prix des deux dernières années a été de 26 fr. 5o à 33 francs le kilogramme.
- Fanons nord-ouest. — Ces fanons proviennent des baleines pêchées dans les mers du Japon et d’Okhotsk. Cette baleine donne de 600 kilogrammes à i,5oo kilogrammes de fanons d’une longueur de 2 m. 75 à 3 m. 75 et d’une épaisseur de i5 millimètres au maximum. Le prix de ce fanon est de 8 à 1 2 p. 100 au-dessous du prix du fanon arctique. Cette qualité est moins recherchée quoique son épaisseur soit très appréciable pour la fabrication des fouets et cravaches manufacturés; pour le corset et la robe, elle offre le désavantage de se dessécher rapidement et, si la fabrication est défectueuse, de se casser.
- Fanons sud. — Cette qualité est fournie par les pêches du sud de l’Australie et de l’Amérique. Ce produit est peu important. La longueur du fanon varie de 1 m. 5o à 2 m. 2 5, l’épaisseur est de 8 millimètres. Le poids moyen des fanons est de 500 kilogrammes environ par baleine. Le prix d’achat varie de 2 1 francs à 2 à francs.
- Fanons calf (veau de haleine). — Cette qualité est fournie par les jeunes baleines des provenances ci-dessus indiquées. Une jeune baleine donne environ 4oo kilogrammes de fanons deo m. 4o à 2 m. a5 de longueur et de 5 millimètres d’épaisseur. Ces fanons n’offrent que peu d’élasticité; ils sont couleur brique foncée, très lisses et très droits ; ils servent plus particulièrement pour les fouets et cravaches.
- Le prix de ces fanons varie de 22 francs à 28 francs.
- Fanons culling. — Cette qualité est donnée par les fanons défectueux de toutes catégories. La longueur est de 0 m. 20 à 1 m. 30. Ce fanon n’est ni lisse ni droit, et
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- ne peut servir qu’à fabriquer cle la baleine corset second choix. Le prix d’achat varie de 16 francs à 18 fr. 5o.
- La pêche de la haleine a considérablement et progressivement diminué depuis 5o ans. Les chiffres officiels, qui accusaient un résultat de 1,589,000 kilogrammes pour l’année i85a, ne donnent plus que celui de 200,000 livres anglaises pour l’année 1900 9).
- Nous enregistrons ce résultat en nous demandant s’il faut l’attribuer à la diminution de l’espèce causée par une poursuite sans méthode, ou à la disparition, de certains parages, de ces cétacés qui se seraient retirés plus avant dans le Nord.
- New-York et Boston sont, en Amérique, les principaux centres de coupe de fanons de haleine. Les produits de l’Allemagne étaient estimés il y a une dizaimc d’années, mais soit par suite de l’adoption en France de la coupe du fanon à la machine, soit en raison des soins apportés par nos ouvriers habiles au façonnage à la main, Paris occupe actuellement le premier rang dans cette industrie.
- L’exportation du fanon façonné à Paris se fait en Allemagne, Angleterre, Autriche, Belgique, Espagne, Russie et Suisse.
- HUILES ET. GRAISSES DE POISSONS.
- Ces produits qui sont utilisés dans l’industrie pour la tannerie, la savonnerie, la médecine, le graissage des machines, la détrempe des couleurs, sont fournis par un as^ez grand nombre de poissons : la baleine, la morue, le phoque, le cachalot, le hareng et la sardine.
- Les huiles de baleine, de morue et de phoque sont employées notamment pour la fabrication du cuir; l’huile de foies de morue est universellement connue pour son emploi comme médicament.
- Suivant un procédé ancien les foies sont mis dans des tonneaux et amenés après plusieurs mois à l’état de putréfaction. Ce procédé donne plusieurs qualités d’huile suivant que les foies ont été plus ou moins longtemps exposés. En Norvège, on les classe ainsi : l’huile médicinale crue (Raa Médecin tran) d’une couleur jaune pâle; l’huile pâle (blank tran); l’huile ambrée (brun hlank tran) d’une couleur brun foncé; l’huile brune (brun tran) d’une couleur foncée presque noire. Cette dernière qualité est donnée parla chaleur en portant la température à un degré élevé. On obtient aujourd’hui, par un procédé à la vapeur qui utilise seulement les foies frais, un produit estimé exempt de ptomaïnes et presque sans goût ni odeur. Le prix en est plus élevé. En Norvège seulement on en fait de 25,000 à 3 0,0 00 barils annuellement^.
- G) M. Auger, président de la Chambre syndicale des fabricants de baleine, auquel nous devons la plupart de nos renseignements techniques, eslime que pour l’année 1900, le produit peut être évalué à i3G,aoo kilogrammes.
- t2' Le poids des foies do morue varie considérablement, mais on peut l’estimer en moyenne à une demi-livre environ; un hectolitre contient environ 600 foies pesant 220 livres.
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- Bergen est le grand entrepôt de cette huile. De Bergen, l’exportation se fait à Hambourg, Londres et New-York.
- L’Amérique emploie beaucoup l’huile Menhaden fournie par un poisson gras : pouggéc (espèce de hareng) qui fréquente, du mois d’avril à fin mai, la côte orientale de l’Amérique du Nord.
- Le Japon utilise l’huile de baleine pour chasser les vers et les insectes qui rongent la racine de la plante du riz. Les Japonais font également des huiles avec la chair du requin, du dauphin, du thon et de la bonite.
- Les exposants d’huiles ont obtenu des récompenses que nous avons déjà indiquées dans leurs pays respectifs, mais que, vu leur importance, nous répétons ici :
- Grand prix. — M. Peter Moller, en Norvège.
- Médailles d'or. — MM. Borthen, Devold, Didrichsen Moy et C'°, Farstad, Holtei», Johnsen, Jordan, Rieber, Thams, en Norvège; Mlk Busnel, en France; La New Bedford Oïl Cy, en Grande-Bretagne; MM. Merzlutine frères, en Russie; M. Kaito, la Société des huiles, au Japon.
- La Société des Industries maritimes, à Paris, était hors concours.
- ^ Cod-liver Oil and Chcmislry. — F.-P. Molder-Londonand Copenhague, i8y5.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- CONCLUSION.
- En acceptant la tâche cpie le Jury de la Classe 53 nous a fait l’honneur de nous confier, nous nous sommes proposés de tracer d’une façon générale, mais forcément succincte, la situation de l’industrie des pêches à la fin du xixc siècle, en France et à l’étranger.
- Nous avons établi les lieux de production, les rendements, l’importation et l’exportation; nous avons examiné les engins, les instruments et les produits; nous avons étudié les efforts faits, les résultats obtenus pour arriver au repeuplement des eaux douces et des eaux salées ; nous avons relaté les doléances de nos pêcheurs, les désirs de nos industriels ; nous avons indiqué aux uns et aux autres les procédés à employer, les méthodes à transformer pour donner, à l’industrie des pêches en France , l’ampleur que comporte le développement de nos richesses nationales.
- Certes, si nous nous bornions à comparer les résultats réalisés annuellement depuis l’année 18 6 6, qui a été le point de départ d’un rendement progressivement meilleur, nous n’aurions qu’à constater une amélioration constante.
- Mais notre devoir doit-il s’arrêter là? Ne devons-nous pas comparer ce qui se fait dans notre pays avec ce qui est réalisé dans les pays étrangers ? Disons-le franchement. Cette comparaison, sur bien des points, nous laisse quelques regrets. Mais hâtons-nous d’ajouter que la prospérité de l’industrie des pêches, en France, ne dépend pas seulement de ceux qui vivent de cette industrie ; elle dépend aussi des conditions économiques imposées à nos commerçants.
- Nous ne parlons pas des difficultés qui régissent les relations du capital et du travail, de l’instabilité de la main-d’œuvre. Nous assistons à une transformation des conditions du travail, qui, nous en avons le ferme espoir, se fera tranquillement dans ce pays, grâce à la modération des uns, à la clairvoyance des autres.
- D’autres difficultés existent qui mettent obstacle à l’activité de notre commerce : les impôts qui grèvent lourdement les industriels ; les entraves apportées à l’importation des matières premières par les douanes; à l’introduction des produits par les octrois; les transports défectueux ; les transbordements tardifs ; la protection insuffisante de nos eaux ; voilà les difficultés faciles à aplanir, sur lesquelles nous attirons l’attention des pouvoirs compétents.
- Le Jury de la Classe 53 a demandé à deux de ses membres, un homme de science et un commerçant, d’unir leurs connaissances spéciales pour la rédaction du présent rapport. Cette collaboration, qui a permis à deux hommes de situation si diverse de se rencontrer pour un instant, nous permet de penser que le concours que peut donner l’industriel au savant peut aussi comporter des résultats profitables.
- Comment arriver à cette collaboration? Nous nous permettrons d’en suggérer le
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- moyen. Ce serait de nommer des conseiller!s industriels qui, suivant leurs aptitudes seraient attachés à certains établissements scientifiques, à certaines manufactures de l’État. Ces fonctions, purement honorifiques, seraient confiées à des hommes qui se seraient fait remarquer dans leur carrière industrielle ou commerciale parleur intelligence. Ils apporteraient aux savants le concours de leur expérience pratique, les tiendraient au courant de la situation de l’industrie, leur feraient connaître le prix variable des choses.
- Les conseillers industriels seraient, d’autre part, plus au courant des progrès scientifiques, ils s’y intéresseraient. Qui sait si, séduits par le génie des savants dont ils admireraient les efforts et constateraient les moyens financiers limités, ils ne viendraient pas quelquefois contribuer de leurs deniers à réaliser une recherche ou une création, heureux d’être associés à une œuvre qui aurait pour but d’augmenter le patrimoine national.
- Nous connaissons des concours de ce genre prêts à se manifester, auxquels il ne manque que l’occasion.
- C’est en livrant cette idée à ceux à qui il appartient de la réaliser que nous terminerons notre étude.
- Nous serons récompensés de notre effort si elle peut germer et servir à féconder la prospérité générale de notre pays.
- Git. IX. - Cl. 53.
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- NATIONALE.
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- CLASSE 5 A
- Engins, instruments et produits de cueillettes
- RAPPORT DU JURY INTERNATIONAL
- PAU
- M. G. COIRRE
- ANCIEN JUGE AU TRIBUNAL DE COMMERCE DE LA SEINE VICE-PRÉSIDENT DE LA CHAMBRE SYNDICALE DES PRODUITS PHARMACEUTIQUES DE FRANCE CONSEILLER DU COMMERCE EXTERIEUR DE LA FRANCE
- Gb. IX. — Cl. 54.
- 3G
- IMIMUMtRIt NATION A t.K.
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- COMPOSITION DU JURY.
- MM. Dubois (ie docteur Émile), député de la Seine, mycologue (Commission supérieure;
- président des Comités, Paris 1900), président............................ France.
- Piociiecouste (Louis de), vice-président.............................. Grande-Bretagne.
- Coirre (Gaston), ancien juge auTribunal de commerce de la Seine, vice-président de la Chambre syndicale des produits pharmaceutiques de France, conseiller du commerce extérieur (rapporteur des Comités, Paris 1900), rapporteur..... France.
- Couturieux (Charles), pharmacien-chimiste, ancien chef de laboratoire des hôpitaux de Paris (secrétaire des Comités, Paris 1900 ), secrétaire............ France.
- JURÉS TITULAIRES FRANÇAIS.
- MM. Beuères (Auguste), pharmacien, directeur de la Pharmacie normale (Comités,
- Paris 1900).............................................................. France.
- François (Lucien), caoutchouc, gutla-percha (maison A. François, Grellou et
- Cic) [Comités, Paris 1900]............................................. France.
- Guignard (Léon), membre de l’Institut et de l’Académie de médecine, directeur
- de l’École supérieure de pharmacie (vice-président des Comités, Paris 1900). France.
- Le prince (Maurice), docteur en médecine, pharmacien, conseiller du commerce
- extérieur (Comité d’installation, Paris 1900)............................ France.
- JURÉS TITULAIRES ÉTRANGERS.
- MM. Méran (Georges)............................................................... Équateur.
- Van de Wouwer, à Cappellen (Belgique)...................................... Libéria.
- Perez Roca (le docteur Antonio)............................................ Pérou.
- JURÉS SUPPLÉANTS FRANÇAIS.
- MM. Le Cesne (Julien), administrateur de la Société française de la Côte occidentale d’Afrique................................................................... France.
- Fumouze (le docteur Victor), produits pharmaceutiques (Comités, Paris 1889;
- trésorier du Comité d’installation, Paris 1900).......................... France.
- Gaboriaud (Victor), commissaire de la Guinée à l’Exposition de 1900, délégué
- de la Guinée française au Conseil supérieur des colonies................. France.
- EXPERTS DU JURY.
- MM. Armet de Lisle (Émile), quinquinas........................................... France.
- Ciiouanard (Émile), ingénieur des arts et manufactures, engins et instruments
- de cueillettes (aux Forges de Vulcain)................................... France.
- Leiiuciier (Victor), champignons............................................. France.
- Rabais (Maxime), professeur de Botanique à l’École de pharmacie de Paris. France.
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- ENGINS, INSTRUMENTS
- ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- Les produits d’origine végétale que nous offre la nature, utilisés par la médecine et l’industrie, ou propres à l’alimentation, sont en nombre infini, leur seule nomenclature remplirait un volume; mais la Classe 54 ne devant comprendre que ceux qui, naturels, à l’état de matière première, n’avaient subi pour ainsi dire aucune préparation, nombreux ont été les exposants qui ont préféré joindre à leurs produits manufacturés exposés dans d’autres classes, quelques échantillons des produits végétaux qu’ils emploient pour leur fabrication.
- C’est ainsi qu’on rencontrait dans les Classes 55 à 62 (industries alimentaires) des conserves de truffes, de champignons, de fruits divers; dans le Groupe XIII (fils et tissus), des échantillons de nombreux textiles; dans la Classe 87 (arts chimiques et pharmacie), des gommes d’espèces variées, des substances tinctoriales tirées du règne végétal; dans la Classe 88, des fibres de toute nature utilisées pour la fabrication du papier; dans plusieurs autres sections, de la gutta-percha, des caoutchoucs bruts de provenances multiples, etc.
- Notons, en outre, que pour les pays étrangers la classification offrait encore de plus grandes difficultés.
- Néanmoins, grâce à son activité, le Comité d’admission, secondé par l’Administration, a pu réunir, pour la Classe 54, un groupe important d’exposants et l’on peut ajouter immédiatement que l’importance des expositions des colonies françaises a dépassé de beaucoup toutes les prévisions.
- Nous ferons ressortir les résultats acquis au cours des dernières années qui viennent de s’écouler et nous pourrons juger ainsi si le succès est venu couronner les efforts faits par la métropole, et si les bénéfices que la France peut espérer tirer de ses colonies et de leur prospérité sont appelés à compenser les sacrifices qu’elle s’est imposés.
- Nous devons, enfin, faire remarquer que la Classe 54 ne correspondait nettement à aucune de celles que comprenait l’Exposition de 1889. La classification naturelle adoptée pour l’Exposition de 1900 en a amené la création, et nous ne saurions trop en louer l’Administration, car nous sommes convaincus que ce nouveau groupement a permis aux visiteurs de voir combien variée était la production, notamment de nos colonies, et quelles richesses incalculables elles offraient à l’activité des colonisateurs.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- L’exposition de la métropole dans le Pavillon des forêts, présentait un très grand intérêt, car on y voyait centralisés des échantillons de la plupart des produits exposés dans les pavillons des pays étrangers, des colonies françaises et pays de protectorat; mais en parcourant ces expositions étrangères et coloniales, on pouvait se croire transporté en ces régions lointaines, grâce aux efforts faits par les comités d’installation et les exposants pour nous donner ces illusions.
- Nous ne saurions donc trop leur offrir notre tribut d’éloges et de' reconnaissance pour les heures si pleines d’intérêt et si instructives que nous avons passées à visiter leurs palais.
- En résumé, l’exposition de la Classe 54 a présenté dans son ensemble l’aperçu le plus complet qu’il nous ait été donné de voir jusqu’à ce jour des productions coloniales et étrangères; de toutes parts, de puissants efforts ont été faits pour donner à notre Exposition universelle de 1900 tout l’éclat que la France en attendait; mais là n’est pas la considéraiion qui doive le plus nous frapper; ce que nous devons surtout admirer c’est la merveilleuse leçon de choses que cette exposition a présentée à notre esprit; autant qu’il était possible de l’espérer, les produits d’origine étrangère et coloniale apportés de toutes parts, les documents publiés, les statistiques établies, nous ont montré les immenses richesses dont l’exploitation sollicite l’activité humaine.
- Nous avons admiré les progrès accomplis au cours de ces dix dernières années; mais le champ reste ouvert aux entreprises nouvelles et, nous en avons la ferme espérance, l’œuvre de l’Exposition universelle de 1900 portera ses fruits et sera l’un des facteurs les plus puissants de notre expansion coloniale.
- DE L’INSTALLATION.
- Les exposants étrangers de la Classe 54 étaient répartis dans leurs pavillons respectifs; les exposants français occupaient dans le Palais des forêts un emplacement de 269 mètres superficiels.
- Cet espace, après déduction des passages, a présenté un développement linéaire de 79 mètres de vitrines hautes, 6 mètres de vitrines basses, 2 3 mètres carrés de panneaux, qui ont été répartis entre les exposants.
- Le prix du mètre linéaire comprenant tous frais de fourniture des vitrines, de redevances à l’Administration, de décoration générale, gardiennage, assurances, etc., s’est élevé à 384 francs pour les vitrines hautes, 36o francs pour les basses, et 72 francs le mètre carré pour les panneaux.
- Nous nous plaisons à rendre ici hommage à l’amabilité de M. Guignard, directeur de l’Ecole supérieure de pharmacie de Paris, et de M. Radais, professeur de botanique à cette école, qui ont bien voulu prêter au Comité d’installation, et faire disposer sur les panneaux de la Classe, les intéressants tableaux de botanique qui servent aux cours qu’ils professent.
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- Nous les remercions d’autant plus que seuls ils ont répondu à la demande du Comité qui attachait un grand prix à cette partie de son exposition, sachant que ces tableaux . tout en contribuant à l’ornementation de la Classe, offriraient en outre aux visiteurs, en parlant à leurs yeux, un véritable attrait et un utile enseignement.
- Le nombre total des exposants était de 317 se décomposant de la manière suivante :
- France............................. 45
- Algérie............................ 5
- Congo français..................... 5
- Côte française des Somalis......... 1
- Côte-d’Ivoire......................... 3
- Dahomey et dépendances............. 2
- Etablissements français dans l’Inde. . 1
- Etablissements français de l’Océanie. 1
- Guadeloupe......................... 1
- Guinée française...................... 7
- Guyane française...................... 4
- Indo-Chine............................ 6
- Madagascar et dépendances............ 22
- Martinique............................ 3
- Nouvelle-Calédonie et dépendances.. 22
- Réunion............................... 7
- Sénégal et dépendances............... 21
- Soudan français....................... 2
- Tunisie............................... 1
- Chine............................... 1
- Corée................................. 1
- Cuba.................................. 1
- Equateur............................. 28
- Espagne............................... 6
- États-Unis............................ 1
- Grande-Bretagne....................... 7
- Grèce................................. 1
- Guatémala............................ 1
- Hongrie.............................. 6
- Croatie-Slavonie..................... 1
- Italie................................ 2
- Indes néerlandaises................... 1
- Japon................................. 3
- République de Libéria................. 2
- Mexique.......................... 47
- Nicaragua............................. 5
- Pérou............................... . 8
- Portugal............................. 20
- Russie................................ 4
- Salvador.............................. 8
- Serbie................................ 1
- Siam.................................. 1
- République Sud-Africaine.............. 1
- Turquie............................... 1
- Total............ 317
- Ainsi qu’on le voit la Classe 54 a réuni un groupe important d’exposants, dont les expositions, notamment par leur infinie variété, présentaient un très vif intérêt.
- La diversité des produits nous a obligé à diviser notre travail en six parties.
- La première partie comprendra les appareils et instruments pour la récolte des produits de la terre obtenus sans culture.
- La deuxième, les champignons et les truffes.
- La troisième, les fruits sauvages propres à l’alimentation de l’homme.
- La quatrième, les plantes, racines, écorces, feuilles, fruits, obtenus sans culture et utilisés pour l’herboristerie, la pharmacie, la teinture, la fabrication du papier, la fabrication de l’huile et d’autres usages.
- La cinquième, le caoutchouc, la gutta-percha.
- La sixième, les gommes, les résines, le camphre, l’opium, les cires végétales.
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- PREMIÈRE PARTIE.
- APPAREILS ET INSTRUMENTS POUR LA RÉCOLTE DES PRODUITS DE LA TERRE OBTENUS SANS CULTURE.
- Pour la récolte en France des produits de la terre obtenus sans culture, il n’existe pour ainsi dire pas d’engins ou appareils spéciaux; ce sont les outils d’un emploi journalier en agriculture et horticulture dont il est fait usage.
- Deux importantes expositions sont à signaler : celle de M. Chouanard (maison des Forges de Vulcain), hors concours, et celle de la Société Gouvy et C10, pour laquelle cette dernière a reçu du Jury un diplôme de grand prix.
- La maison des Forges de Vulcain a été fondée en 1808, et a toujours été depuis cette époque une des premières de la place de Paris. Au cours de ces dix dernières années le chiffre de ses affaires a quadruplé, et l’exportation a pris une large part dans cette augmentation. Son chiffre, en effet, s’est élevé de 50,000 francs à 1 million. Pendant cette même période le personnel a doublé, ses appointements se sont considérablement accrus et une importante participation dans les bénéfices lui a été accordée.
- Indépendamment des engins et instruments actuellement en usage pour la cueillette, pelles, pioches, hachettes, couteaux, serpes, etc., M. Chouanard a exposé une très intéressante collection d’outils employés dans nos différentes colonies, et Ton voit ainsi les progrès réalisés dans la fabrication, légèreté, solidité, résistance, grâce à la qualité des aciers mis en œuvre, et au fini du travail.
- La Société Gouvy et Cle a son usine principale à Dieulouard (Meurthe-et-Moselle) et cette maison compte un siècle et demi d’existence. Elle occupe environ 5oo ouvriers.
- L’importance de cette usine peut se mesurer au tonnage de ses expéditions, dont voici le tableau :
- 1876 tonnes. 082
- 1881 i,5o5
- 1886 . . i,53o
- 1891 1,611
- tonnes.
- 1896 .............................. 1,780
- 1897 .............................. 1,860
- 1898 .............................. 1,942
- 1899 .............................. 2,167
- Les fontes quelle reçoit sont transformées en acier de neuf catégories différentes, depuis le fer jusqu’à Tacier le plus dur, et chacun des outils qu’elle livre et qu elle a exposés : haches, serpes, houes, bêches, pelles, socs, fourches, etc., est fabriqué avec des aciers différents, suivant les qualités qu’il doit présenter.
- Les salaires des ouvriers à la journée varient de 3 à 6 fr. 5o pour 11 heures de
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- travail; ceux des ouvriers à la tâche, de k à îh francs, indépendamment de divers avantages qui leur sont successivement accordés: chauffage, indemnité de logement, livrets de caisse d’épargne.
- Grâce à ces mesures, l’usine compte un fort noyau d’ouvriers anciens, ainsi que l’établit le tableau suivant :
- I moins de 6 mois de service..................................... 5o
- de 6 mois à î an............................................. lt 3
- de î an à 2 ans.................................................. 4o
- de 2 ans à 5 ans............................................... 111
- ayant de 5 ans à îo ans.................................................. 6i
- de îo ans à 20 ans.............................................. io3
- de 20 ans à 3o ans............................................... 5o
- au-dessus de 3o ans............................................ 17
- Nous devons ajouter que la Société Gouvy et C10 a créé, pour son personnel, une société coopérative de consommation, une caisse de secours alimentée moitié par les ouvriers, moitié par l’usine; enfin, une caisse de retraites procurant à ses membres une pension mensuelle à peu près égale au nombre d’années de service.
- Dans la Section française, nous avons encore à mentionner:
- i° Le fac-similé d’un séchoir de 5 à 6 mètres de large, sur 20 mètres de longueur, en usage à Java pour le traitement des écorces de quinquina; les couperets et divers instruments servant à l’exploitation de cette industrie, exposés par la Société du traitement des quinquinas, sur laquelle nous aurons à revenir;
- 20 Les instruments nouveaux exposés parle Musée et l’Institut colonial de Marseille, servant à la récolte de la gomme par la saignée des araucarias ;
- 3° Les bêches, rateaux, couteaux à inciser, terrines de fabrication grossière en usage pour la récolte de l’opium, exposés par la Société Salle et Cie, ainsi que les couffes tressées en écorce de laurier sauvage, de sureau ou à’agnus castus, formant paniers de forme haute, qui reçoivent chacun 75 kilogrammes d’opium, et servent au transport et à l’exportation de ce produit ;
- h° Les machines à couper et trier le safran, présentées par MM. Thiercelin et Charrier ;
- 5° Les hachettes et gobelets servant à inciser les lianes à caoutchouc et recevoir le latex, en usage à la Côte d’ivoire, exposés par M. Daudy;
- 6° Les divers instruments employés au Sénégal par les indigènes, figurant dans le pavillon de cette colonie, tels que daba, espèce de houe à lame; hilaire, de houe à crochets; oaarango, vrenglie, kandor, instruments primitifs servant à préparer la terre et ayant quelque analogie avec la binette ;
- 70 Les couteaux, hachettes, gobelets, pots, coquillages, calebasses, hottes de cheminées, employés au Brésil pour la récolte du caoutchouc, présentés par MM. Marius et Lévy ;
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- 8° Les sabres d’abatis utilisés en Guinée française pour trancher les régimes de palmiers et les hachettes servant à inciser les gommiers qui produisent le copal ;
- p° Enfin, dans la Section des Indes néerlandaises, une série d’outils et engins servant à la récolte du camphre : haches, cognées, couteaux, corbeilles, etc.
- STATISTIQUE.
- 11 n’est pas possible d’établir de statistique certaine sur cette branche de notre industrie nationale, les appareils et instruments de cueillette se trouvant englobés dans la fabrication des outils et machines-outils de tous genres ; nous pouvons dire toutefois, d’après les renseignements qui nous ont été donnés, qu’on peut évaluer à 6 ou 8 millions de francs par an la fabrication des engins de cette nature, dont la moitié à peu près est destinée à l’exportation.
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- DEUXIÈME PARTIE.
- TRUFFES, CHAMPIGNONS, LEVURE, AMADOU.
- I. — TRUFFES.
- Les truffes, cryptogames de l’ordre des tubéracées, présentent diverses variétés:
- Le tuber cibarium (truffe noire, truffe d’hiver, rabassa des Provençaux), qui se rencontre dans les terrains légers, sablonneux, du Périgord, du Quercy, de l’Angoumois, principalement dans les bois de chênes, hêtres et châtaigniers.
- Le tuber melanosporum et le tuber brumale, espèce très voisine, assez abondants en Périgord.
- Le tuber œstivum, truffe d’été ou de la Saint-Jean, qu’on trouve en été et en automne, dans les bois du Centre et du Midi de la France.
- Le tuber uncinatum, ou truffe de Bourgogne, se recueillant dans cette province.
- Le tuber magnatum, espèce italienne qui se développe à l’ombre des chênes, des peupliers et des saules, désignée en France sous les noms de truffe grise et truffe blanche des Piémontais. On rencontre quelques-uns de ces tubercules près de Tarascon et d’Avignon.
- On trouve encore dans le Midi de la France le tuber mesentericum ou truffe grosse fouine et truffe petite fouine, appelée dans le Midi truffe samarquo, dont la saveur et l’odeur sont très fortes.
- Enfin, on récolte en Algérie, dans les sables, après les pluies, au pied des cystes, la truffe des lions (terpezia nivea ou leonis), dont les Arabes font une grande consommation sous les noms de terfez et terfas.
- Depuis fort longtemps déjà de nombreuses recherches ont été faites par des savants érudits, notamment par M. Chatin, ancien Directeur de l’École supérieure de pharmacie de Paris, membre de l’Institut, sur la truffe et son développement, et bien des essais ont été tentés pour surprendre les secrets de la nature et découvrir un procédé de culture de ces cryptogames. La culture du champignon de couche (agaricus campestris, psalliota campestris), dans les carrières des environs de Paris, pouvait faire espérer qu’on trouverait un procédé pour développer la reproduction de la truffe, mais jusqu’à ce jour, si quelques progrès ont été réalisés, le mode de culture reste à trouver.
- M. de Bosredon, un des exposants de la Classe 5d, qui s’est attaché à ces études, pense et affirme que l’on peut créer des truffières, améliorer celles qui existent déjà et développer ainsi la production.
- D’après lui, les essais doivent être entrepris dans les contrées où le climat est le plus favorable, et il cite les environs de Sarlat, ceux de Thiviers et de Sorges en Périgord, de Cressensac et Martel dans le Lot, la Dordogne, la Charente, le Lot-et-Garonne,
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- le Lot, la Corrèze et la Vaucluse. On doit choisir de préférence le versant des montagnes bien exposé au soleil et éviter l’excès d’ombrage; le terrain doit être calcaire, à sous-sol perméable, et c’est principalement dans les terrains oolitbiques que l’on trouve les plus belles truffières, qu’elles s’y forment le plus rapidement. Ce fait s’explique facilement par la structure de ces sols et par la disposition de leurs roches en assises horizontales sur lesquelles les arbres ne peuvent développer de pivot. Par suite, les racines, au lieu de s’enfoncer perpendiculairement dans le sol, s’écartent horizontalement et forment leurs radicelles à une faible profondeur, ce qui est extrêmement favorable à la production de la truffe.
- Les meilleures espèces d’arbres à planter sont le chêne vert ou yeuse, dans les terrains crayeux, crétacés, sablonneux, calcaires, et le chêne noir, sessile pubescenl, dans les terrains calcaires jurassiques.
- Quant à l’ensemencement, il n’y a pas lieu de s’en préoccuper si l’on plante les chênes dans le voisinage de truffières produisant le tuber melanosporum, véritable truffe du Périgord et la plus estimée. S’il en est autrement, M. de Bosredon recommande de mélanger aux graines à semer une certaine quantité de terre de truffières à tuber melanosporum, ainsi que des débris et des épluchures de ces truffes, et de jeter également un peu de cette même terre sur les racines des jeunes chênes à planter lorsqu’on procède par repiquage au lieu de semis direct. Cette terre mélangée contient toujours assez de spores pour la reproduction; il suffit qu’elles rencontrent un milieu favorable.
- Avant la plantation, la terre doit être labourée, peu profondément toutefois, de manière que les racines ne se développent pas en pivot, mais bien dans la direction horizontale autant que possible, car les bonnes truffes se forment autour des radicelles qui ne sont pas à plus de i 5 à 20 centimètres de profondeur. On peut planter les sujets en quinconce, à une distance de 5 à 6 mètres les uns des autres, soit environ hoo à l’hectare; les arbres doivent être dirigés de manière à produire simplement un ombrage qui tamise la lumière et adoucisse l’ardeur du soleil; ils ne doivent donc être ni trop ni pas assez touffus.
- En résumé, la trufficulture en est encore réduite à la culture indirecte présentant, dans des conditions favorables, des chances de succès, mais dont la réussite n’est jamais certaine.
- La récolte et la conservation de la truffe demandent des soins tout particuliers. La récolte doit être faite au moment de la maturité complète, ce qui ne laisse qu’un délai assez court. Conservées en nature elles s’échauffent rapidement et deviennent suintantes ; on doit alors les proscrire de toute préparation culinaire. Elle peuvent, en outre, se trouver gelées; dans ce cas, leur altération se produit rapidement aussitôt que la température s’élève.
- Pour conserver les truffes et les expédier au loin, un des meilleurs systèmes employés consiste, après les avoir lavées, brossées et pelées, à les mettre dans un grand bidon de fer-blanc, qui est rempli, autant que faire se peut, fermé hermétiquement et mis au bain-marie pendant une heure et demie. On le retire alors et on conserve les
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- truffes ainsi préparées et en vase clos pendant quelques jours ; après quoi, on ouvre et on remplit de petits bidons ou des flacons en verre avec ces truffes en comblant les vides avec le jus que contient le grand bidon ; ces récipients hermétiquement fermés sont placés dans un bain-marie bouillant pendant deux heures et demie. Les conserves ont alors une durée indéfinie.
- Parmi les expositions de truffes au pavillon des forêts, quelques-unes méritent d’être spécialement signalées.
- Nous avons d’abord celle de M. Victor Leiiucher, hors concours, à qui nous sommes heureux de témoigner ici notre reconnaissance pour les services qu’il nous a rendus comme expert, fonction à laquelle l’appelait sa haute compétence.
- Son exposition, en tous points remarquable, nous a présenté des produits de premier ordre, sur lesquels nous ne croyons cependant pas devoir insister, étant données les fonctions que remplissait M. Leiiucher; qu’il nous suffise de rappeler qu’il avait déjà obtenu de nombreuses récompenses à des expositions précédentes, et notamment une médaille d’or à l’Exposition universelle de 1889.
- M. Laforest, de Périgueux, qui a obtenu une médaille d’or, a fondé sa maison en 1860 ; peu à peu ses affaires ont prospéré et dépassent aujourd’hui un million et demi par an, dont neuf cent mille francs environ pour l’exportation ; les truffes qu’il a exposées sont de qualité supérieure et leur conservation paraît parfaite.
- La Société Bangard et Cie, de Carpentras (Vaucluse), à qui le Jury a décerné une médaille d’argent, a été fondée en 1889 et s’est attachée surtout à l’exportation, notamment en Angleterre et en Allemagne, où elle a su faire apprécier la qualité de ses truffes conservées.
- A noter également l’exposition de M. Devaux, de Terrasson (Dordogne), qui s’occupe spécialement des truffes du Périgord et en fait un important commerce tant en France qu’à l’étranger; de la société Jacquot, He'bert et Cie, de Périgueux; vu la qualité de leurs produits, le Jury leur a décerné une médaille d’argent.
- Mentionnons encore la maison Jaubert, d’Aups (Var), qui fait le commerce tant des truffes achetées et récoltées sur place que de celles importées du Périgord.
- Il nous reste enfin à parler de deux expositions, celles de M. Jean de Roca et de M. de Bosredon.
- M. de Roca, à Villemolaque (Pyrénées-Orientales), présente ses excellentes conserves de truffes récoltées dans ses propriétés; le but qu’il poursuit surtout est, nous ne saurions trop l’encourager dans cette voie, la multiplication des truffières dans sa région ; par les renseignements que nous possédons, nous constatons que ses efforts ont été couronnés de succès et que, depuis dix ou quinze ans, cette industrie s’est considérablement développée dans le Roussillon.
- Quant à Texposition de M. de Bosredon, installée à titre d’enseignement dans la partie réservée à l’exposition rétrospective, elle ne pouvait, dans ces conditions, être l’objet d’une récompense de la part du Jury; nous n’en croyons pas moins très intéressant d’en dire quelques mots.
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- Cet exposant nous a présenté notamment toute une série d’arbres trufïigènes avec leurs glands, provenant de truffières du Périgord, du Lot et de la Provence; des conserves de truffes du Périgord, du Lot, de la Provence, de l’Ardèche, des Basses-Alpes, en flacons de verre, ce qui permettait de comparer l’aspect de ces différents produits ; enfin, diverses variétés de Kamès ou Terfaz (truffes d’Algérie) provenant des douars de Belouachat et Bazer, avec un pied de cystc sous lequel on récolte ces tubercules.
- Il avait joint à son exposition des notices qu’il a publiées sur les truffes, présentant un réel intérêt et dans lesquelles nous avons puisé bon nombre de renseignements ; nous sommes heureux de lui en adresser ici nos remerciements.
- Nous trouvons notamment dans son almanach du trulficulteur pour Tannée 1900 la nomenclature avec indication des jours et heures, des localités où il existe des marchés aux truffes. Pour la Dordogne, nous en relevons ak ; pour le Lot, 36; pour la Corrèze, 2 ; pour les Basses-Alpes, 8; pour le Vaucluse, 13 ; pour la Drôme, 6; les uns se tenant toutes les semaines, les autres à des intervalles moins rapprochés.
- Cette simple nomenclature suffit pour prouver l’importance du commerce des truffes; au surplus, nous en jugerons mieux encore en parcourant la statistique qui va suivre.
- STATISTIQUE.
- D’après l’ouvrage de Chatin publié chez Baillère et fils à Paris, en 1872, les départements où Ton récolte la truffe du Périgord, le tuber melanosporum, sont au nombre de 4o; en voici la liste, avec les quantités qu’ils produisent annuellement :
- kilogrammes.
- Alpes (Basses-).............. 38o,ooo
- Alpes (Hautes-).............. 4,5 00
- Alpes-Maritimes... . .............. 8,5oo
- Ardèche........................... 3o,ooo
- Ariège............................. 7,000
- Aude............................... 1,000
- Aveyron...................... 4 6,0 00
- Charente..................... 53,000
- Charente-Inférieure............... 18,000
- Cher............................... 4,ooo
- Corrèze........................... 20,000
- Dordogne......................... 160,000
- Drôme............................ 180,000
- Gard............................... 8,000
- Garonne (Haute-)................... 6,000
- Gironde...................... 4,000
- Hérault........................... 18,000
- Indre.............................. 1,000
- Indre-et-Loire..................... 9,000
- Isère.............................. 5,ooo
- Loiret.............................. 200
- kilogrammes.
- Lot............................. 36o,ooo
- Lot-et-Garonne................... 36,900
- Lozère............................ 8,000
- Maine-et-Loire...................... 100
- Marne............................... 200
- Nièvre........................... i2,5oo
- Pyrénées (Hautes-).................. 200
- Pyrénées-Orientales................. 3oo
- Bouches-du-Rhône................. 3o,ooo
- Rhône............................... 260
- Savoie............................ 2,000
- Savoie (Haute-).............. 1,000
- Seine-et-Oise....................... 3oo
- Sèvres (Deux-)............... 2,500
- Tarn............................. 18,000
- Tarn-et-Garonne.................. 11,000
- Var.............................. 3o,ooo
- Vaucluse........................ 470,000
- Vienne....................... 32,000
- Total........1,978,450
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- Si Ton fixe à 1 o francs le kilogramme le prix originaire de la truffe dans les pays producteurs, on arrive ainsi à un total de 1 9,784,500 francs pour la valeur de la production totale de la truffe noire en France; mais ce prix est évidemment trop bas, car il est souvent doublé et triplé lorsque le produit arrive au consommateur.
- On récolte encore dans une dizaine de départements des variétés de truffes qui ne ressemblent nullement à celle du Périgord, mais qui cependant ont une valeur commerciale, notamment la truffe de Bourgogne dont la production en France peut s’élever à environ 75,000 kilogrammes.
- Voici, d’autre part, un intéressant tableau des importations et exportations de truffes de toute nature de i856 à 1898 :
- IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- kilogr. kilogr.
- 1856............................................. 2,037 43,673
- 1860............................................ 16,817 35,361
- 1865............................................ i3,895 56,967
- 1870............................................. n,48o 102,oi3
- 1875............................................ 18,693 161,020
- 1880............................................. 7,026 201,354
- 1885 ......................................... 19,681 131,099
- 1886 ......................................... 27,322 170,244
- 1887,........................................... 15,757 191,075
- 1888 ......................................... 15,478 141,157
- 1889 ......................................... i2,o53 2o5,444
- 1890 .......................................... 7,536 207,765
- 1891 ......................................... 11,227 188,907
- 1892 .......................................... 4,833 i64,943
- 1893 ......................................... 19,813 166,704
- 1894 ......................................... 26,117 164,444
- 1895 .......................................... 8,000 181, i54
- 1896 .......................................... 9,577 i36,8o4
- 1897 .......................................... 9,029 174,038
- 1898 ......................................... 10,789 157,617
- Ainsi qu’on le voit, le chiffre des importations, qui viennent presque toutes d’Italie, va plutôt en diminuant, alors que celui des exportations s’est accru considérablement, et, si Ton veut bien se rendre compte que le prix des truffes exportées peut atteindre jusqu’à 40 francs le kilogramme, on verra que cette industrie est un élément sérieux de notre commerce.
- II. — CHAMPIGNONS.
- Nous n’avons pas à nous occuper des champignons de couche (agaricus campestris, spalliota campestris) qui, produits de culture, se récoltent principalement dans les carrières des environs de Paris.
- Quant aux autres espèces naturelles propres à l’alimentation, leur nombre en est
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- certes très grand. Nous ne ferons que citer, en dehors du cèpe sur lequel nous reviendrons, les espèces les plus recommandables au point de vue alimentaire; ce sont: l’oronge vraie, la boule de neige des champs, le champignon sanguinolent, la grande coulemelle, le grand coprin, le mousseron, le lactaire sanguin, la vachette, l’oreille de peuplier, l’oreille de chardon, la souchette, la corne d’abondance du chêne, la girole ou chanterelle, la chanterelle pourpre, la trompette des morts, le faux mousseron, la nonette voilée ou cèpe jaune, la nonotte ou cèpe pleureur, le cèpe d’été, d’automne, bronzé, la croquette des sapinières, le hérisson, la morille, la morillette blanche et la brune.
- Le cèpe (boletus edulis, cèpe de Bordeaux) se rencontre dans les bois clairs pendant Tété et l’automne, ordinairement à deux reprises distinctes, juillet d’une part, septembre de l’autre. On le mange frais ou conservé. Bien que le cèpe croisse partout en France, c’est principalement dans le Bordelais et la Bretagne qu’on le récolte.
- Toutes les maisons qui ont exposé des conserves de truffes à la Classe 54 présentaient également des cèpes en conserves, préparés généralement de la même manière que les truffes.
- La récolte annuelle peut être évaluée à environ 6 millions de kilos, représentant une valeur de î million de francs. Jusqu’à ces dernières années, la presque totalité de cette récolte était consommée en France, mais, depuis quelque temps, l’industrie s’étant mise à fabriquer des conserves de cèpes, l’exportation de ces produits a pris de l’extension.
- Signalons, avant de terminer, l’exposition de M. Dark Yeona, de Nouméa (Nouvelle-Calédonie), comprenant divers champignons récoltés dans cette colonie, dont l’un, l’oreille de Canaque (peziza auricula Judæ), que Ton trouve sur les bois morts, dans toutes les forêts, fait l’objet d’une importante exportation en Chine.
- III. — LEVURE DE BIÈRE.
- La levure de bière (saccharomyces cerevisiœ) est considérée par la plupart des auteurs comme un champignon unicellulaire. Si l’usage de la bière remonte à l’antiquité, il n’en est pas de même de la levure. Avant 1899, on employait bien quelque peu la levure de bière fraîche dans le traitement de la furonculose, mais cette médication ne s’était pas généralisée. Aujourd’hui, après les communications du docteur Brocq, médecin des hôpitaux, elle est devenue classique. L’usage, toutefois, de la levure fraîche, matière essentiellement altérable, n’était possible que dans les contrées où il existait des brasseries; mais, depuis, il a été reconnu que la levure desséchée dans certaines conditions conservait ses mêmes qualités curatives, et c’est un produit de ce genre qu’a exposé M. Coirre dans sa vitrine.
- Cette fabrication, depuis le milieu de Tannée 1899, a pris une grande extension. M. Coirre, notamment, traite journellement plus de 100 kilogrammes de levure en pâte, et la moitié environ de sa fabrication est vendue à l’étranger.
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- IV. — AMADOU.
- L’amadou est produit par le polypore amadouvier (polyporus igniarius'j, champignon sans tige qui croît dans presque toute l’Europe, sur le tronc des vieux arbres, principalement des chênes et des hêtres. Il présente à peu près la forme d’un sabot de cheval et peut acquérir avec les années jusqu’à deux pieds de diamètre.
- Pour l’utiliser, après avoir débarrassé la masse de sa couche superficielle, on la fait tremper dans l’eau, puis on la bat fortement et on la laisse sécher; elle est ensuite battue de nouveau jusqu’à ce quelle devienne souple et moelleuse au toucher. Elle est employée comme hémostatique. Quand on veut en faire usage pour obtenir du feu avec un briquet, on la trempe dans une solution de nitrate de potasse pour la rendre plus combustible.
- Parmi les exposants, nous avons à signaler les échantillons d’amadou de diverses provenances présentés par la maison Blankenberg, qui fait un commerce important de ce produit tant à l’exportation qu’à l’importation.
- G». IX. — Cl. 54.
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- TROISIÈME PARTIE.
- FRUITS SAUVAGES PROPRES À L’ALIMENTATION DE L’HOMME.
- Il existe en France très peu de fruits sauvages propres à l’alimentation de Thomme, et la presque totalité des fruits qui y sont consommés provient de plantes cultivées.
- Nous citerons cependant : la châtaigne, le marron; la noix; la noisette; la faîne, fruit du hêtre qui est consommé en nature ou dont on retire une excellente huile comestible; les prunelles, fruits du prunellier sauvage (prunus spinosa) avec lesquels on fabrique une boisson fermentée aigrelette; la merise; l’alize; la framboise; la fraise; enfin, le fruit de la ronce (imbusfructicosus'}, plante si commune dans nos haies, fruits qu’on désigne improprement sous le nom de mûre.
- Ceux de ces produits qui ont figuré à l’Exposition universelle de 1900 étaient répartis dans d’autres classes et n’ont fait l’objet d’aucune exposition à la Classe 54; nous ne croyons donc pas devoir nous étendre plus longuement sur ce sujet.
- Si nous parcourons, au contraire, les pavillons étrangers et ceux de nos colonies et pays de protectorat, nous allons y trouver une exposition des plus variées de fruits sauvages servant à l’alimentation ; nous examinerons successivement les variétés qui présentent le plus d’intérêt. Parmi les fruits qui, d’une part, croissent à l’état sauvage et sont également, d’autre part, l’objet de cultures, nous serons obligés de faire une sélection, et nous nous inspirerons à cet égard de l’esprit de la classification générale. Ainsi, nous laisserons de côté le café, la canne à sucre, le riz, le mil, le tabac, le coton, le thé, qui aujourd’hui sont surtout des produits cultivés, et nous ne nous arrêterons qu’à ceux qui, à notre sens, rentrent bien dans la classification de la Classe 54.
- I. — VANILLE.
- La vanille (yaniïla planifolia) est une orchidée sarmenteuse et grimpante qui vit à l’état sauvage, notamment au Mexique, en Colombie et à la Guyane.
- Depuis quelques années, des essais de culture ont été tentés dans diverses contrées, et aujourd’hui on récolte de la vanille dans les pays suivants : Mexique, Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, Maurice, Tahiti, Nouvelle-Calédonie, Comores, etc.
- Cette plante demande des soins particuliers et il nous paraît intéressant d’indiquer ici brièvement comment on la cultive. C’est une liane de faible diamètre, qui a besoin, pour vivre et se développer, d’un tuteur auquel elle se fixe par les griffes dont elle est munie. Celui que l’on emploie aux Comores 9) est le pignon d’Inde (jalropha curcas), dont le développement est tel qu’il sert à la fois de tuteur et d’abri (indispensable) au
- W Nous empruntons les renseignements qui vont suivre à la notice publiée par M. Vienne sur Mayotte cl les Comores, à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900.
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- vanillier. L’écorce molle de cet arbre se laisse facilement percer par la griffe du vanillier, qui se trouve, dès lors, solidement fixé à son support. Ces tuteurs doivent être plantés par graines, dix-huit mois à l’avance; ils sont ainsi beaucoup plus résistants que ceux que l’on obtient par boutures; car celles-ci, même de 2 mètres de longueur, enfoncées en terre de ko centimètres, ne développant leurs racines que lentement, ne résistent généralement pas aux vents violents, encore moins aux cyclones, et leur chute est un accident grave, causant la rupture des griffes et quelquefois la perte du vanillier.
- La hauteur du tuteur au-dessus du sol doit être d’environ 1 m. 5o. Les branches qui naîtront au sommet de cet abri permettront l’enroulement de la liane à une hauteur qui facilitera toutes les opérations, fécondation et cueillette. On ne doit jamais laisser naître de rameaux sur le pignon d’Inde, depuis sa base jusqu’à la hauteur de 1 m. 5o, afin de toujours avoir le vanillier bien apparent.
- Après des essais de toute nature, on a fini par adopter la plantation du vanillier en sillons distants de 1 m. 5o à 1 m. 75 et à 1 m. 20 de distance dans le sillon, ce qui donne environ 5,ooo vanilliers à l’hectare.
- Abri. — Par son développement, le pignon d’Inde, à Mayotte, offre au vanillier un abri suffisant pour le garantir; il faut souvent, même, le dégarnir de partie de ses feuilles qui donnent trop d’ombre. Autant les racines du vanillier ont besoin d’une protection, d’un abri, autant le sommet de la plante a besoin de soleil qui mûrit les fruits et leur donne leur parfum.
- Choix de la bouture. Plantation de la bouture. Paillis. — La meilleure bouture est le rameau né en pleine saison sèche, au mois de juin, un peu avant la floraison; il ne doit être mis en terre qu’au mois de novembre, quand il est bien aoûté; planté avant, il pourrit ou ne produit que des pousses chétives. Les nœuds de ce rameau, très rapprochés à sa base, donnent naissance à de nombreuses racines et sa reprise est certaine (98 fois sur 100) quand il a été choisi à maturité et détaché avec soin.
- A défaut de ces rameaux on peut faire des boutures prises sur des lianes vigoureuses, à nœuds courts et gros, à feuilles épaisses, bien nourries et n’ayant pas produit de bourgeons floraux. Le mieux serait d’avoir un champ de vanilliers sur lesquels on ne pratiquerait jamais la fécondation des fleurs, qui serait réservé à la production de ces boutures. La fécondation artificielle des fleurs de vanille est, en effet, un procédé contre nature, et, pratiquée incessamment, elle amène fatalement la dégénérescence de la plante et sa mort.
- La bouture doit avoir environ 1 mètre de longueur, jamais plus; employer des boutures longues en vue de les voir fleurir et de les féconder l’année suivante est une pure hérésie.
- Pour les planter, il suffit de coucher et d’enfouir le rameau au pied du tuteur, horizontalement, à quelques centimètres de profondeur, sur une longueur de 3o centi-
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- mètres, de recouvrir le tout de terre bien meuble, de dresser verticalement le reste de la bouture contre le support et de l’y fixer à Taide d’un lien. La bouture de la vanille mise en terre au commencement de la saison pluvieuse n’a que peu besoin d’abri pendant l’hivernage. Mais vers le mois d’avril il faut faire un paillis pour protéger les racines et les radicelles toutes superficielles qui seraient sûrement tuées par le soleil pendant la saison sèche. Une graminée nommée vulgairement manévi, et les feuilles de vétivertsont les plantes les plus communément employées à Mayotte pour faire ce paillis qui doit être épais, bien tassé, afin d’empêcher les limaçons d’aller s’y abriter, et occuper toute la longueur du sillon. Un paillis bien établi est l’âme d’une vanillerie ; on doit le renouveler chaque année.
- Floraison. Fécondation. — La fécondation naturelle du vanillier étant très rare, il faut avoir recours à la fécondation artificielle pour obtenir une récolte abondante. Le vanillier fleurit souvent huit à dix mois après sa plantation, mais il est mal enraciné à ce moment et le féconder serait compromettre son existence; toutes ces premières fleurs doivent être sacrifiées. Les fleurs ne doivent être fécondées que vingt mois après la plantation de la bouture; encore doit-on procéder avec ménagement, proportionnant toujours le nombre des fleurs fécondées à l’âge et à la vigueur du vanillier. Féconder quinze fleurs sur un vanillier de vingt mois; trente à quarante l’année suivante, pour arriver à un maximum de cinquante sur les plants les plus vigoureux, semble une sage pratique.
- A Mayotte, la floraison commence vers le mois de juin, les plants chétifs et malades donnant les premières fleurs; quelques fleurs sont fécondées en juillet et août; fin août la fécondation devient abondante pour atteindre son maximum en septembre, décroître rapidement en octobre et cesser brusquement d’un jour à l’autre.
- Voici, comme exemple, la floraison de la vanillerie de Combani en 1895 :
- !Du icr au 20 juillet........................... 5,280
- Du 20 juin au 20 juillet...................... 8,820
- Du 20 juillet au 20 août...................... 233,i5o
- Du 3o août au 20 septembre.................... 1,209,660
- Du 20 septembre au 20 octobre................. 5 26,360
- Total des fleurs fécondées. . . 1,981,230
- La floraison se manifeste par des boutons qui paraissent à l’aisselle des feuilles et grossissent rapidement; bientôt l’épi apparaît en entier; puis, successivement, chaque bouton grossit, s’allonge et s’épanouit (toujours la nuit); une abondante rosée ou une légère pluie favorisent et hâtent cet épanouissement. La fleur s’étant ouverte le matin, il faut que la fécondation soit faite de bonne heure, avant onze heures; passé ce moment, la fleur se flétrit. Tenant un stylet de la main droite, le vanilleur prend la fleur de sa main gauche, la perfore au sommet au-dessous du stigmate, relève l’opercule à laide du stylet et pressant la fleur à Taide de la main gauche il amène le contact des organes
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- mâles et femelles. Un bon ouvrier féconde 2,000 à 3,000 fleurs dans sa matinée; il tient sa comptabilité en faisant un nœud sur une corde toutes les fois qu’il a fécondé 10 fleurs.
- Cette opération demande une main délicate, celle d’un enfant ou d’une femme; une main dure meurtrit la fleur, et le vanillon à la place de vanille est aussi bien le résultat d’une fécondation brutale que d’une trop abondante fécondation. Si celle-ci a été bien faite, l’ovaire grossit promptement et demeure surmonté de sa fleur fanée, mais longtemps persistante; si, au contraire, elle est mal faite, la fleur tombe presque aussitôt ainsi que l’ovaire.
- L’ovaire d’une fleur bien fécondée grandit à vue d’œil et au bout de soixante jours il atteint la longueur qu’il aura lors de la cueillette, grossissant seulement et s’arrondissant; cependant, cinq ou six mois s’écouleront encore avant que la maturité du fruit soit complète. Les premières fleurs ont été fécondées fin juillet, et les premiers fruits n’arrivent à maturité qu’en avril suivant, soit huit mois après.
- Récolte de la vanille. — Vers la fin de l’hivernage, dans les premiers jours d’avril, la gousse de vanille approche de sa maturité; elle est dure, gonflée et s’incurve. Quand la maturité est proche, une tache jaunâtre apparaît comme un point à l’extrémité du fruit, puis, de ce point, partent des lignes jaunâtres dessinant les arêtes; il faut se bâter de cueillir cette gousse R), car le lendemain elle pourra s’ouvrir, surtout s’il pleut.
- Cueillir avant maturité la gousse donnera un produit sans parfum, d’une médiocre apparence et sans givre; cueillie un jour trop tard, la gousse] sera fendue et, quoique ayant un excellent parfum, elle perdra de sa valeur. La cueillette demande donc la plus grande attention.
- La gousse de vanille n’a aucun parfum au moment où elle est récoltée; la belle couleur noire et le parfum ne se développent que pendant la préparation; si, dans un champ, on sent Tocleur de la vanille, cette odeur est due à une gousse oubliée qui s’est fendue et a séché sur pied.
- Époque de la récolte. — Voici l’exemple de Combani (déjà cité) en 1895 :
- Idu ier au 20 avril.................... 369 kilogr.
- du 20 avril au 2 4 mai... .......... 3,218
- du 24 mai au 10 juin................ 3,32 3
- Total de la vanille récoltée en 1895 provenant
- de la fécondation de 1,981,280 fleurs.... 6,910
- La récolte, peu abondande en avril, atteint donc son maximum vers la fin de mai pour finir brusquement en juin, presque d’un jour à l’autre.
- Pour obtenir un kilogramme de vanille préparée, il faut employer de trois à quatre
- Gousse est un nom impropre, il faudiait dire capsule; mais le mot gousse a prévalu et est seul employé.
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- kilogrammes de vanille verte. Le tableau suivant retrace le rendement de la vanillerie
- de Combani :
- VANILLE VERTE VANILLE VERTE
- EMPLOYÉE. EMPLOYÉB.
- kil. gr. kil. gr.
- 1888 3 53o 1895 3 44o
- 1889 4 24o 1896 3 270
- 1890 3 85o 1897 3 5io
- 1891 3 720 1898 3 48o
- 1892 3 5oo 1899 3 220
- 1893 . ..0. 3 420
- 1894 3 63o Moyenne . . . , 3 57.0
- Proportion de fleurs fécondées ayant fructifié.— ko p. 100 seulement des fleurs fécondées ont donné des fruits à maturité, et d’une façon générale on peut dire qu’il faut féconder 800 fleurs pour récolter 3 kilogr. 570 de vanille verte ou 1 kilogramme de vanille préparée.
- Durée de la vie du vanillier. Production. —Un vanillier bien planté, bien soigné, dont les fleurs n’ont été fécondées qu’aubout de vingt mois, vit environ sept ans et donne cinq récoltes. La moyenne de production varie de 25 à 5o grammes par sujet suivant la force et l’âge.
- Préparation. — Tous les soirs la vanille cueillie dans la journée est pesée, classée par grosseur (les vanilles devant séjourner plus ou moins longtemps dans l’étuve en raison de leurs dimensions); puis elles sont placées dans des boîtes métalliques bien étanches garnies de grosse flanelle à l’intérieur et munies de couvercles. Ces boîtes, d’une contenance d’environ vingt-cinq litres, reçoivent chacune sept à huit kilogrammes de vanille verte et sont placées dans une grande caisse métallique qui peut contenir huit à dix boîtes; on les maintient en place au moyen de fers qui les empêchent de se soulever lors de l’introduction de Teau. Ceci fait, la grande caisse est fermée par un couvercle et on introduit dans cetle caisse de l’eau bouillante de manière à la remplir jusqu’à un niveau inférieur de deux ou trois centimètres aux couvercles des petites boîtes. Le tout est entouré d’épaisses couvertures de laine.
- Les boîtes contenant les petites vanilles sont retirées après douze heures de séjour dans l’étuve; les autres y sont maintenues quinze à seize heures. Au sortir de l’étuve les vanilles ont pris une couleur marron, elles sont alors mises dans les plis d’une couverture de laine et exposées au soleil. Le soir, ces couvertures sont enroulées avec les vanilles quelles contiennent et mises au chaud.
- L’exposition au soleil dure trois ou quatre jours au plus; après quoi les vanilles sont essuyées et mises sur des claies dans un bâtiment bien aéré; il faut environ deux mois de séjour sur ces claies, où elles sont visitées chaque jour et essuyées avec une fine flanelle de laine, pour leur donner la siccité nécessaire et leur couleur.
- A ce moment la vanille est mesurée, classée suivant sa longueur et mise dans«des malles métalliques fermant bien où elle demeure en observation pendant un mois au
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- moins. Enfin elle est réunie en paquets de 5o gousses attachés avec des liens et placée dans des boîtes pour être alors livrée à l’exportation,
- Les expéditions ont lieu de fin septembre à fin octobre; à ce moment la vanille a bien sa couleur définitive et son parfum, mais le givre ne s’est pas encore produit; ce n’est généralement que 3o à h o jours après son arrivée en Europe qu’apparaît ce beau givre si apprécié.
- Mayotte exporte environ 3,5 o o kilogrammes de vanille par an et compte de 15 à 2 0 va-nilleries importantes, dont un tiers environ fondées au cours de ces dix dernières années.
- La même culture de vanille a été établie dans la Grande Comore, et la Société de la Grande Comore, fondée en 1887, qui possède tout le centre de l’île, a produit en 1 89g, 3,ooo kilogrammes de vanille très belle.
- Dans l’île d’Anjouan, les plantations de vanilliers sont également très prospères; en 1899, la Société française de Pomony a récolté 2,000 kilogrammes de vanille, et elle espérait arriver à 3,000 kilogrammes en 1900; l’établissement de Bambao a vu sa production, de 800 kilogrammes en 1897 et 1898, s’élever, en 1899, à à,000 kilogrammes et devra atteindre 6,000 kilogrammes lorsque toutes les plantations auxquelles on se livrait en 1900 seront en rapport; la vaniîlerie de Sangani a produit en 1896, 1,600 kilogrammes de vanille préparée; en 1897, 2,25o; en 18'98, 2,900. Si l’on calcule que la vanille de ces provenances se vend de 3o à 75 francs le kilogramme, il est aisé de voir combien cette exploitation est intéressante.
- Des plantations de vanilliers ont été faites également dans l’île voisine deMohéli, et deux seules exploitations ont donné, en 1899, i,5oo kilogrammes de ce produit.
- La vanille se récolte aussi à Madagascar, où son introduction toutefois est récente.
- Une seule vaniîlerie près d’Andevorante à rapporté, en 1897, 2 5o kilogrammes de vanille et l’exportation de ce produit s’est élevée, en 1896,01,050 kilogrammes ; 18 9 7, 3,783 kilogrammes; 1898, 3,72/1 kilogrammes, sur lesquels il a été importé en France 876 kilogrammes en 1876, 1,109 kilogrammes en 1897., et i,3ii kilogrammes en 1898. Ce sont là des résultats encourageants.
- Des essais de plantations ont été faits au Congo, mais depuis trop peu de temps pour permettre de se faire une opinion certaine.
- Nos établissements d’Océanie produisent également delà vanille; en 1 88 à, à Tahiti, 81 hectares étaient consacrés à cette culture; en 1891, cette superficie était de 191 hectares; de même des plantations ont été faites à Raiatea et Tahaa; on estime à 35,ooo kilogrammes la production de ces îles.
- La vanille a été introduite en 1861 à la Nouvelle-Calédonie et depuis sa culture s’y est développée; à la Guyane on trouve la vanille à l’état sauvage; on en cultive également quelque peu donnant trois variétés nommées grosse, petite et longue; une fois préparées elles présentent une odeur de même suavité, et d’après les calculs qui ont été faits, on estime qu’au bout de trois ans un hectare devrait donner de 200 à 5oo kilogrammes de gousses marchandes, d’une valeur de 3o à 70 francs le kilogramme, soit un rendement de 6,000 à 35,000 francs l’hectare. La plante à l’état sauvage produit, le vanillon dont le prix peut atteindre 20 à 3o francs le kilogramme. Dans ces
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- conditions on se demande pourquoi la culture de la vanille à la Guyane ne suit pas la même marche progressive que dans les autres pays.
- A la Guadeloupe l’exploitation de la vanille est moins prospère qu’à la Martinique qui paraît produire des qualités supérieures. Celles de cette dernière provenance atteignent en France le prix très rémunérateur de 60 à 80 francs le kilogramme, ce qui, sauf accidents ou mécomptes, présente un bénéfice de 10,000 francs par hectare. Aussi le nombre des exploitations augmente-t-il progressivement.
- Mais c’est principalement à la Réunion que l’on obtient les plus belles vanilles, au givre éclatant de blancheur et de pureté; la dimension des gousses atteint jusqu’à 2 5 centimètres de longueur. Ce produit constitue le principal article d’exportation de cette colonie, qui a consacré 4,ooo hectares à sa culture. En 1872, son exportation s’élevait à i2,3o5 kilogrammes; elle a atteint 50,000 kilogrammes en 1886; 68,856 kilogrammes en 1887, et en 1899, 200,5i2 kilogrammes.
- Parmi les pays étrangers producteurs de vanille, nous avons à citer Pile de Saint-Thomas, possession portugaise de l’Ouest africain, file Maurice, voisine de la Réunion, file Ceylan, les Indes Néerlandaises, l’Equateur, le Guatémala, le centre Amérique, enfin le Mexique, pays d’origine de la vanille, dont l’exportation a représenté, en 1878, une valeur de 312,109 piastres; en 1892, de 969,611 piastres; en 1896, de 1,428,675 piastres et, en 1898, de 633,270 piastres.
- Les différents pays dont nous venons de parler ont exposé leurs vanilles dans leurs pavillons respectifs; au Pavillon des forêts nous avons à mentionner deux très intéressantes expositions de ce produit, celle de M. J.-L. Simon (médaille d’or) qui nous a présenté des vanilles provenant de la Réunion, des Seychelles et des Comores, et celle de la Société générale d’importation, ancienne société Jules Weil et Kolbach.
- Nous terminons par les tableaux de statistiques suivants sur le commerce de la vanille :
- IMPORTATIONS DE LA FRANGE EN 1899.
- Di vc ni? d n n v iv îv a tv r p COMMERCE GÉNÉRAL. COMMERCE SPÉCIAL.
- l'AIo JLMCj rliUVJiliAiitilj. POIDS. VALEUR. POIDS. VALEUR.
- Angleterre kilogrammes. 21,007 francs. // kilogrammes. n francs. Il
- Allemagne 5,928 n // II
- Possessions anglaises cl’A frique orientale 5,424 n // II
- Autres pays étrangers 11,172 n // II
- Totaux û 3,531 3,482,48o 10,077 806,160
- Ile de la Réunion 85,814 // n //
- Guadeloupe 13,097 n n //
- Autres colonies et pays de protectorat. 13,885 n n //
- Totaux 112,796 9,023,680 26,985 2,i58,8oo
- Totaux généraux 156,327 12,506,160 37,062 2,964,960
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- IMPORTATIONS DE LA FRANCE DE 1887 À 1896.
- 1° COMMERCE GÉNÉRAL.
- PAYS DE PROVENANCE. 1887. 1888. 1889. 1890. 1891.
- kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes.
- Possessions anglaises d’Afrique.
- Partie orientale 1 2,38o 39,946 6,535 1 2,o36 19/180
- Mexique 3,785 7»i64 12,166 6,293 6,172
- Réunion 79,728 105,307 72,781 63,14 8 “7.976
- Guadeloupe 2,3 1 0 7,884 4,oi 1 6,4g5 3,752
- Autres pays i4,386 19,585 22,o43 i3,562 20,833
- Quantités 112,589 179,886 117,536 1 oi,534 168,213
- Valeur 4,5o3,56o 8,094,870 5,289,120 4,56g,o3o 6,728,520
- PAYS DE PROVENANCE. 1892. 1893. 1894. 1895. 1896.
- kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes.
- Possessions anglaises d’Afrique.
- Partie orientale 27,5o6 12,385 19,121 4,l6l 8,239
- Mexique 6,918 3,929 2,827 3,257 2,178
- Réunion 97.7*9 106,329 90,658 100,334 62,723
- Guadeloupe io,i83 238 827 811 1,988
- Autres pays 32,i54 15,067 32,533 27,555 20,844
- Quantités 174,480 137,938 145,966 i36,i 18 95>97a
- I Valeur 7,677,120 5,793,396 6,276,538 7,214,254 7,485,816
- 2° COMMERCE SPÉCIAL. (QUANTITES MISES EN CONSOMMATION EN FRANCE.)
- PAYS DE PROVENANCE. 1887. 1888. 1889. 1890. 1891.
- Possessions anglaises d’Afrique. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes.
- Partie orientale i,5i5 2,662 1,193 i,33o 2,663
- Mexique 1,581 6,201 2,34i 7>984 5,3o8
- Réunion.. . 22,452 29,602 ig,o56 24,796 26,455
- Guadeloupe 1,920 3,268 1,738 2,3i3 *.759
- Autres pays 5,9°8 5,407 2,628 2,933 3,278
- Quantités. 33,376 47,14o 26,956 39,356 3g,463
- Valeur i,335,o4i * 2,1 2 1,300 1,218,020 1,771,020 1,578,520
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- PAYS DE PROVENANCE. 1892. 1893. 189A. 1895. 1896.
- Possessions anglaises d’Afrique. kilogrammes. kilogrammes. 4 kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes.
- Partie orientale 3,076 1,445 4,765 1,194 870
- Mexique 6,456 3,313 3,631 2,564 3,208
- Réunion 2 8,545 27,569 25,38o a6,4o4 20,890
- Guadeloupe 4,i 53 1,577 2,122 815 1,696
- Autres pays 4,855 2,817 3,707 6,53g 8,107
- Quantités O OO 36,721 3g,6o5 37,516 34,771
- Valeur 2,071,740 1,542,282 i,7o3,oi5 1,988,348 1,71 2,i36
- 3° QUANTITÉS DE VANILLE EXPORTEES EN 1898.
- PAYS DE PROVENANCE. POIDS. VALEUR. PAYS de PROVENANCE. PRODUITS. POIDS. VALEUR.
- kilogr. francs. kilogr. francs.
- / 116 qualité. . . 78,801 3,458,259
- Vanille . j 20 qualité. . . . 24,895 903,903
- Martinique 226 6,863 ( 3° qualité. . . . 24,076 678,971
- Guadeloupe 5,g36 65,433 Vanillonj ^ qualUé ' ' * 20,203 682,330
- Nouvelle-Calédonie. . . 32 556 ( 2 qualité. . . . i6,o83 37l,l46
- Réunion
- Tahiti 41,866 516,814 Vanille ( irc qualité... . i2,i33 446,915
- Madagascar // 113,496 fendue j 20 qualité. . . . 10,157 269,276
- Vanille et vanillon de re-
- but 14,ioo 79>999
- II. — KOLA.
- Le kolatier (sterculia acuminata'j est un arbre delà région ouest de l’Afrique tropicale vivant entre le 1 oc et le 70 degré de latitude nord, qui atteint 1 5 mètres de hauteur et jusqu’à 2 mètres de circonférence. On le rencontre en Guinée française au-dessous du Rio Nunez et dans la partie ouest de cette colonie entre le Soudan et la Côte d’ivoire, ainsi que dans la Guinée anglaise (Sierra Leone) et le territoire nord de la République de Libéria. Il ne croît pas au Fouta Djallon, pays dont l’altitude est trop élevée.
- Les gousses qu’il porte renferment chacune huit ou dix amandes charnues ; après avoir séparé celles-ci de leur enveloppe, on les lave, on les sèche au soleil et on les conserve
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- dans des paniers garnis de feuilles; le poids moyen des graines^est de^i 2 gr. 5o, soit 8o au kilogramme et un kolatier de 20 ans, époque à laquelle il atteint sa pleine maturité, peut en donner 5o kilogrammes. Les amandes de kola se vendent à raison de 2 5o à 4oo pour 5 francs à la côte, et ce prix augmente à mesure qu’on s’éloigne; ainsi à Siguiri, elles se payent environ 0 fr. o5 Tune et atteignent, au Soudan et dans l’Est, une valeur souvent dix fois plus grande.
- L’amande de kola est si appréciée des indigènes de la côte occidentale d’Afrique et du Soudan, qu’aucun autre fruit n’est aussi recherché, et Ton voit des caravanes faire plus de 1,000 kilomètres pour venir à la côte, dans les pays de production, chercher ce fruit qu’ils échangent contre du caoutchouc, de l’ivoire, de Tor.
- Tous les indigènes de ces régions considèrent les amandes de kola comme un préservatif universel, un réparateur des forces, un puissant aphrodisiaque, un porte-bonheur. Ils en font des fétiches et selon leur couleur (un même arhre porte souvent des fruits rouges et blancs) les amandes 'ont une signification; c’est ainsi qu’un échange de kolas blanches signifie paix et cordialité; de kolas rouges, guerre, hostilité. Elles servent également de monnaie d’échange. En justice le nègre témoigne et jure sur la kola; il place également quelques amandes à côté de ses morts pour leur faciliter l’entrée du paradis.
- Chez les Bagas, en Guinée française, pour commémorer la naissance de chaque enfant, on plante un kolatier qui reste sa propriété; on en plante de même à chaque événement mémorable dans une famille.
- C’est dans les incontestables propriétés que possèdent les amandes de kola que se trouvent l’explication et l’origine des croyances et du culte des nègres de la côte occidentale d’Afrique pour ce fruit précieux. Quand ils ont un effort à faire et de longues distances à parcourir, les indigènes ont recours à la noix de kola, qu’ils mastiquent longuement et mangent avec une véritable jouissance. Avec deux amandes seulement ils franchissent jusqu’à 80 kilomètres par jour, sous un soleil de feu; elles calment la faim et la soif.
- Elles ont enfin la propriété de permettre de boire des eaux saumâtres en masquant leur goût désagréable.
- Ces fruits et leurs propriétés ont fait l’objet d’étude et de publications remarquables de la part de Heckel, directeur du Musée et de l’Institut colonial de Marseille, exposant hors concours, et nous ne pouvons que renvoyer aux travaux qu’il a publiés sur ce sujet (icr volume des Annales de l’Institut colonial de Marseille) ceux de nos lecteurs que ce sujet intéresserait particulièrement.
- A la suite de ces travaux, les produits de la kola sont devenus d’un emploi journalier en médecine, et l’objet d’un commerce d’exportation considérable des pays producteurs en Europe.
- En prenant pour base la Mercuriale de la Guinée française, cette colonie a exporté, en 1896,3o,ooo kilogrammes et, en 1877,70,000 kilogrammes de kola. Le Sénégal fait une consommation considérable de ce produit et pour s’en rendre compte on n’a
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- .EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- qu’à parcourir le tableau suivant qui relate les importations de kola faites dans cette colonie de 1889 à 1899.
- FRANCE ANGLETERRE TOTAL
- AUTRES PAYS. TOTAL GENERAL.
- ANNÉES.
- QUANTITES. VALEUR. QUANTITES. VALEUR. QUANTITÉS. VALEUR. QUANTITÉS. VALEUR. QUANTITÉS. VALEUR.
- kilog-r. francs. kilogr. francs. kilogr. francs. kilogr. francs. kilogr. francs.
- 1889... // // 108,797 543,984 il if 108,797 543,984 108,797 543,984
- 1890... 1,093 5,268 148,767 694,254 U fl 1 48,767 694,254 149,860 699,522
- 1891... 2,35i 8,o84 167,814 588,258 U fl 167,814 588 258 170,165 596,342
- 1892... 2,845 14,685 332,5i5 1,983,544 U fl 332,5i5 1,983,544 335,36o 1,998,229
- 1893... 1,574 4,722 174,787 524,062 U U 174,787 524,062 176,361 528,784
- 1894... 3i,85o 94,53i 242,759 674,201 // fl 242,769 674,201 274,609 768,732
- 1895... 6,887 19,549 224,582 886,910 fl l! 224,582 886,910 231,469 906,459
- 1896... 2,732 i3,655 281,569 1,374,349 n // 281,569 1,374,349 284,3oi i,388voo4
- 1897... 13,358 66,791 290,732 1,513,666 n fl 290,732 1,513,666 3o4,ogo 1,580,457
- 1898... 1,236 6,180 231,489 1,517,445 n n 231,489 1,517,445 232,77.5 1,163,625
- 1899... 9^79 75,834 166,616 1,332,728 M79 9,432 167,795 i,342,36o 177,274 1,418,19 4
- Enfin la colonie du Dahomey exporte une certaine quantité de ce produit; en voici
- le tableau :
- francs.
- 1890 ........................ néant.
- 1891 ................................ 70
- 1892 ............................ 40,870
- 1893 ............................ 6i,936
- 1894 ........................... 102,985
- francs.
- 1895 22,911
- 1896 82,148
- 1897 24,174
- 1898 44,541
- 1899 43,348
- Parmi les principales expositions de noix de kola, nous devons citer celles faites par nos colonies françaises de la Guinée, du Dahomey et du Congo, et enfin celle de la République de Libéria.
- En Guinée nous avons à signaler l’exposition de la Compagnie coloniale d’exportation (hors concours); de la maison Secrestat, de Bordeaux (hors concours); de ITnstitut colonial, de Marseille, également hors concours; du Comité local de l’Exposition de Conakry (grand prix); de la Société Gautier, Philippart et C10, de Conakry, et de la maison de Chavanal, de la même ville, qui ont obtenu l’une et l’autre une médaille d’or.
- Nous devons ajouter que l’exposition générale de cette colonie était des mieux ordonnées et des plus intéressantes et nous ne saurions adresser trop de félicitations à M. Gaboriaucl, son commissaire, délégué de la Guinée française au Conseil supérieur des colonies; qu’il nous permette également de lui témoigner notre reconnaissance pour les renseignements si utiles et si éclairés qu’il nous a donnés comme membre du Jury des récompenses.
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- Nous devons enfin une mention spéciale à l’exposition du. Comité local du Congo (grand prix) et de Porto-Novo (médaille d’or), du Crédit foncier colonial de la Réunion, du Gouvernement de la République de Libéria, enfin à celle de M. C.-W. Gibson, de Monrovia (Libéria).
- III. — COCOTIER.
- Le cocotier, coccos nucifera, est un palmier très répandu dans les pays chauds; sa tige, qui n’a pas plus de 4 à 5 décimètres de diamètre, s’élève comme une colonne jusqu’à une hauteur de 20 à 3o mètres et se termine par une touffe de 1 2 à 1 5 feuilles longues de 5 à 6 mètres.
- Les spathes qui sortent de l’aisselle des feuilles inférieures donnent naissance à des spadices rameux couverts de fleurs mâles et femelles qui produiront les fruits, Ceux-ci se composent d’un mésocarpe fibreux recouvrant un endocarpe osseux qui renferme l’amande.
- Lorsque le fruit a atteint sa grosseur, mais avant que l’amande soit formée, on le trouve rempli d’un liquide blanc, doux, sucré, un peu aigrelet et très rafraichissant. L’amande, une fois mûre, se mange; on en retire par expression près de la moitié de son poids d’une huile incolore, presque aussi fluide et aussi limpide que de l’eau à la température habituelle des tropiques, mais se solidifiant entre 16 et 18 degrés centigrades, ce qui explique pourquoi nous la voyons souvent blanche, opaque et solide. Cette huile, récente, sert à la préparation des aliments, mais elle rancit facilement et n’est plus alors appliquée qu’à l’éclairage. Quant au savon quelle forme avec la soude, il est sec, cassant, extraordinairement mousseux, et, par suite, si on veut l’utiliser à cet usage, il faut la mélanger à d’autres matières grasses.
- Toutes les parties du cocotier sont utilisées; aussi cet arbre précieux a-t-il été nommé le roi des végétaux; ses usages sont multiples et nous ne pouvons mieux faire, pour les indiquer, que de reproduire la citation suivante, que nous trouvons dans la notice publiée par le Comité de l’exposition de Ceylan :
- Quand le paysan cinghalais a fait tomber un cocotier qui a cessé de porter des fruits (à 70 ans environ), il élève avec le tronc sa hutte, l’étable pour son bœuf; avec les feuilles il les recouvre. Les barreaux de sa maison sont des bandes d’écorce ; celles-ci lui servent aussi à construire la modeste étagère qui supporte les vases et ustensiles de fabrication indigène; avec les queues de$feuilles, il fait sa boîte à tabac et à graines ; son enfant est bercé dans un grossier filet fait avec la fibre que donne l’enveloppe de la noix de coco ; sa nourriture se compose de riz et de coco râpé qu’il fait cuire sur un feu alimenté par les enveloppes de la noix; elle est prise sur un plat tissé avec les feuilles vertes, en se servant d’une cuiller taillée dans la coque de la noix; va-t-il à la pêche muni d’une torche, son filet est fait avec la fibre de coco; sa torche, ou rrchule», est un faisceau de feuilles sèches et de queues de fleurs; son léger canot est un tronc de cocotier qu’il a creusé; il rapporte chez lui son filet et son enfilade de poissons avec un joug, ou tfpiugo», fourni par la tige; quand il a soif, il boit le jus frais de la jeune noix; quand il a faim, il mange son noyau mou; s’il a envie d’être gai, il déguste un verre d’arack, fait avec le jus fermenté de l’arbre, et il danse au son de grossières castagnettes de cocotier; fatigué, il boit à longs traits le toddy, ou jus non fermenté, et il assaisonne ses mets de
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- curry, ou vinaigre obtenu avec ce même tocldy; malade, il s’enduit d’huile de coco. Il sucre son café avec le jaggerv, ou sucre de coco, l’adoucit avec du lait de coco et le boit. La lumière d’une lampe faite avec une cocpiille est alimentée par l’huile de coco; ses portes, fenêtres, tables, chaises, gouttières, tout est fait avec le bois de cocotier; les cuillères, fourchettes, terrines, gobelets, salières, cruches, sont tirées de la coque. Au-dessus de la couche du nouveau-né, sur la tombe du mort, une branche de cocotier en fleurs est fixée comme pour conjurer les mauvais esprits.
- En résumé, des spathes que l’on cueille dès que l’arbre commence à fleurir, on relire le toddy, qui constitue la boisson indigène; concentré, le toddy donne le yagri (sucre indigène); par distillation, on obtient Parade. L’enveloppe de la noix donne, par expression ou ébullition dans l’eau, une huile comestible qu’on utilise également pour l’éclairage, la fabrication de la bougie et du savon; après l’extraction de l’huile, il reste une matière fibreuse qui fournit des soies plus ou moins dures, avec lesquelles on fabrique des brosses, des nattes, des cordes; la bourre sert pour garnir les matelas.
- La noix proprement dite constitue le coprah, dont on retire par expression ou par dissolvants 60 p. 100 d’huile se solidifiant à la température de nos climats; le résidu constitue enfin un tourteau qui sert à l’alimentation des bestiaux, volailles, porcs, etc.
- Enfin, un commerce d’origine assez récente s’est créé, celui des noix desséchées, et aujourd’hui plus de 4o,000,000 de noix sont coupées en tranches, dépouillées de leur humidité, empaquetées dans des caisses doublées de plomb et expédiées partout pour la pâtisserie.
- Le cocotier, toutefois, est assez lent à croître, et il faut attendre de 5 à 1 5 ans selon le climat, la nature du sol, avant qu’il porte des fruits; c’est ce qui explique qu’on a préféré cultiver le café, le cacao, le thé, la vanille, la cannelle, qui produisent plus rapidement. Cependant, les bénéfices à retirer de la plantation du cocotier, quoique lents, sont des plus sûrs; divers pays Tont compris, ce qui explique l’importance que cette culture a prise.
- Le tableau suivant des exportations de Ceylan va nous en donner un aperçu :
- î) R H TUT I T C 1861. 1898.
- r A UD U 1 1 0. QUANTITÉS. VALEUR. QUANTITÉS. VALEUR.
- cwt I1). Ns roupies (!). cwt. roupies.
- Huile de coco 83,6o5 i,o4o,43o 439,933 6,684,3o6
- Tourteaux.. // // 216,620 897,496
- Coprah 27,279 i63,68o 506,277 6,328,462
- Cordes A3,168 3o8,64o i83,93i 1,767,345
- Cocos desséchés // // 116,433 2,342,971
- Arack gallons (3). 393,335 267,870 gallons. 65,902 i53,o64
- Noix de coco // 79>96° 12,027,714 541,247
- Totaux i,86o,58o 18,714,891
- I1) Le cwt représente 5o kilogrammes. — (2) La roupie vaut 1 fr. 60. — (3) Le gallon contient 4 litre» 543.
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- Le cocotier a donc fourni plus de 18,000,000 de roupies (28,800,000 francs) à l’exportation, sans compter la consommation et l’utilisation par les indigènes, qui est des plus considérables (300 à 4oo millions de noix) équivalant à peu près à l’exportation.
- A Ceylan, cette culture occupe environ 700,000 acres (280,000 hectares); si Ton compte 75 arbres par acre et 20 fruits par arbre, la récolte annuelle serait de i,o5o,ooo,ooo de noix, ce qui est en rapport avec les renseignements qui précèdent, un grand nombre de cocotiers étant utilisés à la production du toddy et de Tarack.
- Voici comment on procède pour préparer ces liqueurs : A l’époque voulue, les cocotiers sont groupés par séries, aussi nombreux que possible, à l’aide de fortes cordes attachées près du sommet sur la tige; ces cordes, qui vont d’un arbre à l’autre, forment des ponts volants et permettent de passer d’un cocotier à l’autre; d’autres cordes, attachées de la même façon, quatre pieds plus haut, servent de balustrade ou garde-fou. Cette opération se fait trois semaines environ avant la distillation, afin que les tireurs de toddy puissent passer aisément d’un arbre à l’autre et préparer les fleurs, c’est-à-dire battre une fois par jour, avec un court mais lourd bâton, la longue spathe ou gaine qui enveloppe les fleurs du cocotier avant leur maturité. Ce traitement, s’il est fait par une main habile, réduit au bout de sept jours toute la fleur en une pulpe, sans rompre la gaine qui la renferme; quand ce résultat est atteint et que l’extrémité pointue de la gaine a été coupée, le jus produit par cette bastonnade s’écoule lentement dans un pot de terre fixé au-dessous; ce jus, c’est le doux toddy; il est prompt à fermenter; on le recueille chaque matin sur chaque arbre et, quand on a de quoi remplir un alambic, on procède à la distillation. Tous les jours, le tireur de toddy, au moment où il recueille la sève écoulée, doit couper l’extrémité de la gaine qui pousse toujours, autrement là plaie guérirait rapidement et obstruerait le passage du jus. Les mêmes opérations se font également chaque soir.
- La première distillation fournit un liquide qui représente le quart du toddy employé ; on redistille pour avoir Tarack, qui contient alors i4 à 20 p. 100 d’alcool. Pour augmenter encore sa force, on peut redistiller une troisième fois et Ton obtient le « spirite.
- Cet arbre si intéressant a fait l’objet de monographies parmi lesquelles nous signalons tout particulièrement celle publiée, en 1900, dans la Revue des cultures coloniales, de M. Milhe-Poutingon, où le lecteur trouvera tous les renseignements désirables sur la culture du cocotier, son rapport et les produits qu’il fournit.
- D’après ce travail fait sur le cocotier en Cochincbine, l’arbre de 7 ans produirait environ 10 fruits par mois, soit 120 par an, et les plantations étant faites à raison de 168 sujets à l’hectare, on récolterait ainsi 20,160 noix donnant 0 kilogr. 2 5o de coprah chacune, soit 5,o4o kilogrammes, produisant 60 p. 100 d’huile, d’une valeur en France d’environ 4o à 5o francs les 100 kilogrammes.
- Nombreuses sont les régions où pousse le cocotier et tous les pays intertropicaux en produisent; citons notamment la Guinée française, la Côte d’ivoire, le Dahomey, le
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Congo, Madagascar, les Comores, la Nouvelle-Calédonie, nos établissements d’Océanie, la Cochinchine, la Guyane, l’Equateur, le Guatémala, le Siam, la République de Libéria, les colonies portugaises d’Afrique (Guinée, Saint-Thomas, Angola, Mozambique), les possessions de ce même pays aux Indes et en Océanie, Tîle de Ceylan, dont nous avons déjà parlé, etc.
- Nous croyons utile, pour terminer sur ce sujet, de publier les documents ci-après, indiquant l’importance du commerce auquel le cocotier donne naissance.
- En 189g, la France a importé en amandes de coco ou coprah :
- PAVS DE PROVENANCE.
- Angleterre.............................................
- Possessions anglaises d’Afrique orientale..............
- Autres possessions anglaises d’Afrique.................
- Indes anglaises........................................
- Indes hollandaises.....................................
- Philippines............................................
- Autres îles de l’Océanie...............................
- Autres pays étrangers..................................
- Etablissements français de la côte occidentale d’Afrique.
- Madagascar et dépendances..............................
- Indo-Chine.............................................
- N ouvelle-C alédonie...................................
- QUANTITÉS.
- kilogrammes.
- 394,232 4,025,436 3,52i,i33 42,923,748 21,348,677 12,166,068 2,958,926 526,597 25o,36o 1,741 3,023,639 1,389,687
- Le tout représentant une valeur de 28,684,066 francs, indépendamment de l’huile, des libres, des coques et tourteaux de coco.
- De 1887 à 1896, la France a importé, en kilogrammes, les quantités suivantes d’amandes de coco ou coprah :
- PAYS DE PROVENANCE. 1887. 1888. 1889. 1890. 1891.
- kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes.
- Pays d’Afrique 82b,8o4 // 1,329,536 1,358,199 6,o85,88o
- Indes anglaises 8,85i,93o 20,620,419 12,894,400 13,278,613 31,786,689
- Indes hollandaises 3,895,569 7,844,434 13,564,598 6,090,587 ia,i 46,189
- Philippines 89,800 397 93,000 8o,6i5 4,58o,613
- Autres îles de l'Occanie 822,134 441,190 19,310,972 13,024,710 1 i,i58,2o5
- Indo-Chine française 00 0 [>• nH CO 787,131 237,320 // 1,126,393
- Nouvelle-Calédonie 611,769 i,o56,558 3o3,645 275,156 684,089
- Autres pays 3,32i,o65 4,698,186 2,643,93o 932,435 4,5go,o35
- Quantités 18,729,779 35,448,315 5o,377,401 35,o4o,3i5 72,158,093
- Valeurs 5,591,934 ii,343,46i 17,128,316 14,016,126 25,976,913 |
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
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- PAYS DE PROVENANCE. 1892. 1893. 1894. 1895. 1896.
- kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes.
- Pays d’Afrique 9,001,655 8,336,397 6,900,879 7,127,377 7,377,571
- Indes anglaises 25,728,392 1 5,666,6l6 36,719,339 26,776,086 33,o36,88o
- Indes hollandaises 16,889,679 6,725,895 H,797,65g 13,536,317 8,344,565
- Philippines 3,758,729 4,990,728 O fcO co 18,838,023 28,937,802
- Autres îles de l’Océanie 1 0,057,877 11,846,665 10,759,412 10,481,662 6,196,269
- Indo-Cliine française 675,25o 95,285 2,781,776 2,417,366 1,532,715
- Nouvelle-Calédonie 679^79 752,661? 891,109 1,197,065 837,999
- Autres pays 1,159,228 2,262,926 1,686,258 i,o43,841 611,678
- Quantités 65,950,289 5o, 652,750 86,237,713 79,365,51 5 86,875,459
- Valeurs 25,061,109 16,669,608 28,458,445 27’777’9So 27,800,167
- En 1898, il a été exporté les quantités suivantes de coprah :
- QUANTITES. VALEURS.
- kilogrammes. francs.
- De Cochinchine . 2,661,109 799>015
- De la Nouvelle-Calédonie i,i3o,883 238,245
- De Tahiti 4.618,802 1,027,397
- Du Dahomey 268.082 17,343
- De la Réunion 13,3 69 13,369
- Un grand nombre de maisons ont exposé, en 1900, des noix de coco et les produits que donne le cocotier; nous citerons MM. Ballande, de Nouméa; Coppen et Godin, de V0Ii; Morisson, de Oubatchi; Wright, de Lifo; Ernest Coste, également en Nouvelle-Calédonie; nos établissements français d’Océanie, la Guyane, Madagascar, l’Equateur, le Guatémala,le Congo, le Dahomey, la République de Libéria, les possessions portugaises d’Afrique et d’Asie; enfin Pile de Ceylan, dont l’exposition à cet égard était très importante; la Guinée portugaise, qui a emporté, en 1898, pour 292,725 francs de ce produit; Pile Saint-Thomas, 57,600 francs; la colonie d’Angola, 33j,255 francs; le Mozambique, 37/1,95 francs; Goa, Diu, Damao, possessions portugaises dans l’Inde, qui font un grand commerce d’exportation de ce produit, de 1 à 3 millions et demi par an.
- IV. — CACAO.
- Le cacao est la semence d’un arbre peu élevé (4 h 10 mètres) le lheobroma cacao (bytlnériacées). Le fruit est rempli de 3o à 4o semences nichées dans une pulpe peu abondante, aigrelette. Cette plante vit au Mexique, au Guatémala, au Nicaragua, et sa culture a été importée dans de nombreuses contrées.
- Gb. IX. — Cl. 54. 3 8
- niM‘.;\irtu£ nationale.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Indépendamment du iheobroma cacao, d’autres espèces fournissent leurs semences au commerce; le cacao minor, iheobroma sylvestris, guianensis, bicolor, etc.
- La récolte du cacao se fait de la manière suivante : lorsque les fruits sont mûrs, on les abat, et on coupe en deux les capsules (cabosses); la pulpe et les semences qu’on en retire sont mises dans des auges en bois, couvertes de feuilles de balisier; en vingt-quatre heures, la pulpe fermente et se liquéfie. On remue tous les jours, pendant quatre jours, jusqu’à ce que l’enveloppe de l’amande, de blanche quelle était, soit devenue rouge, et que le germe soit mort. Vers le cinquième jour, les amandes sont séparées de la pulpe et mises à sécher au soleil; elles contiennent moitié de leur poids d’une huile solide qui n’est autre que le beurre de cacao.
- Dans la province de Caracas, on procède différemment : les semences sont enfouies dans la terre pendant quelques jours, ce qui a pour effet de leur donner un goût moins âpre et moins désagréable; puis elles sont séchées au soleil; ce produit constitue le cacao terré.
- Suivant leur provenance, les cacaos portent les noms de Caraque (Caracas); Trinité (lie de ce nom); loconusco (Guatémala); Para; Saint-Dominique; Martinique, etc.
- Les terrains situés sur les bords des rivières sont les meilleurs pour la culture des cacaoyers. On les plante par semence ou par bouture, à 5 mètres de distance (4oo à l’hectare); un arbre en plein rapport peut donner i à 2 kilogrammes de cacao sec, marchand, se vendant sur place o fr. 5o à o fr. 8o le kilogramme, et en France environ 2 francs. A partir de quatre ans, le cacaoyer commence à donner des fruits et devient de plus en plus productif. Comme il se passe difficilement d’ombrage, on le protège généralement par des plants de bananiers, de pignon d’Inde, etc.
- Plusieurs de nos colonies françaises ont exposé des semences et du beurre de cacao; il faut citer la Guyane, dont les plantations paraissent en décroissance, par suite du manque de main-d’œuvre; elle donne cependant des produits d’exceUente qualité; la Martinique, qui, au contraire, voit les siennes occuper aujourd’hui près de i,5oo hectares, alors quelles n’en couvraient que 3oo en i86o,et qui a exporté, en 1898, 635 tonnes de cacao pour une valeur de 1,300,000 francs; le Congo français; M. Ancel Seitz, de Loafigo (médaille d’argent); la Société Commerciale du Bas-Ogoué; M. A. Daudy, de Grand Bassam, Côte d’ivoire (médaille d’or); le Mexique; la Guyane hollandaise, qui a récolté en 1893, 189/1, 1895, 1896, 1897, 1898, respectivement 3,035,890, 3,335,179, 3,922,708, 3,088,89/1, 3,42Û,5i3, 2,83o,4i4 kilogrammes'de cacao; l’île de Ceylan, dont la production s’élevant à 6,197 kilogrammes en 1880, a atteint, en 1898, 1,878,685 kilogrammes; les îles portugaises de Saint-Thomas et Principe, qui ont exporté, en 1898, la première pour 10,660,740 francs de cacao, et la seconde 852,000 kilogrammes pour 1,094,385 francs; le Nicaragua; le Guatémala; l’Equateur enfin, dont le commerce d’exportation a atteint en 1898, 20,896,397 kilogrammes.
- Notons en outre les essais récents de plantations faits en Guinée française, aux Comores et dans nos établissements d’Océanie, qui donnent de sérieuses espérances.
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- 551
- IMPORTATION EN FRANCE, EN 1899,
- DU CACAO, EN FEVE, BROYE, ET DU BEURRE DE CACAO.
- PAYS DE PROVENANCE. COMMERCE GÉNÉRAL. COMMERCE SPÉCIAL.
- POIDS. VALEUR. POIDS. VALEUR.
- kilogrammes. fraucs. kilogrammes. francs.
- CACAO EN FÈVES.
- Angleterre 444,129 // Il // 1
- Belgique 161,795 // U U
- Portugal 3oo,3o5 II II II
- Côte occidentale d’Afrique 211,435 11 n n
- Etats-Unis 642,579 fl n n
- Colombie 1,499,468 II u n
- Venezuela 6,981,166 II u u
- Brésil . 7,689,051 II u 11
- Équateur 6,508,902 II 11 H
- Possessions anglaises d’Amérique au-
- très que du Nord 9,562,3o4 H n "
- Haiti 4,983,207 n n n
- Cuba et Porto-Rico 92,736 u u H
- Possessions hollandaises d’Amérique. . 171,060 n n U
- Autres pays étrangers 291,654 n n "
- 39,539,791 72,357,818 16,687,578 3o,538,268 |
- Martinique 5io,637 // n
- Guadeloupe 476,801 II n
- Autres colonies et pays de protectorat. 69,510 II n "
- i,o56,g48 i,934,2i4 968,796 1,772,896
- Total 40,596,739 74,292,032 17,606,374 3e,311,164 |
- CACAO BROYÉ.
- Pays-Bas 122,5l6 II // //
- Suisse 66,860 II u II
- Autres pays étrangers 10,747 II u II
- Total 200,1 23 582,358 172,521 O CO O 0 uo
- Colonies et pays de protectorat 1,026 2,986 1,010 2,939
- Total général 201,149 585,344 173,531 504,975
- BEURRE DE CACAO.
- Angleterre 27,Ol5 // // //
- Allemagne 24,352 II n n
- Pays-Bas 140,909 II n u
- Belgique 4 3,213 II n n
- Suisse 22,384 II n n
- Autres pays étrangers 716 fl // //
- Total 258,58g 752,494 232,900 677,739
- 38.
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- 552
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- De 1887 à 1896, la France a importé les quantités suivantes de cacao et beurre de
- cacao :
- IMPORTATIONS.
- ANNÉES. CACAO EN FEVES. CACAO BROYÉ. BEURRE DE CACAO.
- POIDS. VALEUR. POIDS. VALEUR. POIDS. VALEUR.
- kilogrammes. francs. kilogrammes. francs. kilogrammes. francs.
- 1887 20,381,980 37,095,206 177,067 799,062 // U
- 1888 2 4,758,491 i3>°79>77 4 a5i,56o 1,182,020 // //
- 1889 18,905,811 29,682,123 i82,585 912,925 // II
- 1890 26,902,333 60,676,327 256,729 1,283,665 // //
- 1891 26,338,121 36,555,858 259,636 1,277,180 // II
- 1892 26,686,896 6o,3o2,i36 162,660 388,217 l5l,986 616,156
- 1893 26,662,869 55,i 18,659 110,061 33o,363 1 66,367 639,396
- 1894 28,006,252 65,48a,i53 116,818 283,323 170,1 67 669,907
- 1895 82,816,726 68,237,666 1 o5,88i 269,997 212,790 562,6i5
- 1896 28,306,628 39,626,199 87,837 217,836 237,299 588,5oa
- Sur ces quantités il a été mis en consommation en France :
- ANNÉES. CACAO EN FÈVES. CACAO BROYÉ. BEURRE DE CACAO.
- POIDS. VALEUR. POIDS. VALEUR. POIDS. VALEUR.
- kilogrammes. francs. kilogrammes. francs. kilogrammes. francs.
- 1887 12,725,772 23,160,905 17 7’99 9 800,966 // U
- 1888 12,330,196 21,454,541 155,169 698,170 II //
- 1889 1 2,880,810 20,222,872 196,086 970,430 U //
- 1890 l6,l63,62g 21,615,607 243,415 1,217,076 U II
- 1891 16,399,095 21,627,661 245,352 1,226,760 U II
- 1892 i4,546,855 23,g6o,83i 118,451 322,779 i54,58o 621,a3i
- 1893 i4,25o,93o 27,621,865 99,265 297>993 166,695 660,078
- 1894 16,876,910 24,i56,854 86,269 - 227,779 138,84g 375,307
- 1895 i5,243,i63 22,607,450 90,022 229,556 i73d'99 442,622
- 1896 15,820,289 22,i48,4o5 82,3i 1 2o4,i3i ao3,63i 5o5,oo5
- TABLEAU DES EXPORTATIONS DE NOS COLONIES.
- COLONIES. 1891. 1894. 1895. 1898.
- EN FÈVES. EN FÈVES. BROYÉ.
- POIDS. POIDS. POIDS. POIDS. VALEUR. POIDS. VALEUR.
- kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. francs. kilogrammes. francs.
- Martinique. . . 4go,36l U 486,023 635,254 1,272,270 1 27 493
- Guadeloupe . . II 299,000 346,000 533,107 1,145,655 876 867
- Réunion II H II i,865 2,33i // II
- Guyane II II II 11,817 10,63 a II II
- Congo II il II 1.5,569 22.886 II II
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- 553
- Voici quelques renseignements sur ce commerce à l’étranger : L’Angleterre a importé en livres anglaises (poids) :
- 1891.. ..
- 1892.. .
- 1893.. . .
- livres anglaises.
- 3i,282,598 1894 3o,839,525 1895 32,982,005
- livres anglaises.
- 39,i 15,963 42,769,307
- Sur ce dernier total de 42,769,307 livres, 19,901,020 lui provenaient de ses colonies.
- L’Allemagne a importé, en tonnes :
- tonnes.
- 1886 3,687
- 1887 4,295
- 1888 4,980
- 1889 5,565
- 1890 6,247
- 1891 tonnes. 7,087
- 1892 7,46o
- 1893 7>961
- 1894 8,320
- 1895 9-511
- Sur ce dernier chiffre de 9,511 tonnes, 4,000 provenaient de l’Équateur. Au Vénézuéla, l’exportation a atteint en 1896 : 8,93o,2o4 kilogrammes. A la Trinidad (Antilles anglaises), elle a atteint :
- tonnes. tonnes.
- 1891 6,85o 1894 8,682
- 1892 12,800 1895 i*-.937
- 1893 7>59°
- A Ceylan : kilogrammes. kilogrammes.
- 1893 1,512,620 1896 i,5oo,ooo
- 1894 1,157,833 1897 1,752,752
- 1895 1,392,936 1898 1,878,685
- A Java (destination d’Amsterdam) :
- kilogrammes. kilogrammes.
- 1892 343,000 1894 625,000
- 1893 43i,5oo 1895 760,000
- V. — PALMIER À HUILE.
- Le palmier à huile (aouara, avoira) Elæis Guineensis, croît en Afrique et en Amérique. Il atteint 1 5 à 20 mètres de haut et produit des régimes que Ton découpe pour en séparer les fruits. Ces régimes, lorsqu’ils sont jeunes, constituent le chou d’aouara, aliment très fin et très apprécié. Les fruits sont des drupes de la grosseur d’une noix; le noyau très dur, qui renferme une amande grasse, est entouré d’un sarcocarpe fibreux et huileux.
- Ce fruit donne deux huiles différentes, celle du sarcocarpe, jaune, odorante, tou-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- jours liquide aux pays d’origine, appelée huile de palme, et employée à tous les usages de l’huile, notamment pour la table; l’autre retirée de l’amande, blanche, solide, appelée huile de palmiste, beurre d’aoura ou quiocpiio, utilisée tant pour l’alimentation que par la stéarinerie et la savonnerie; le tourteau sert à l’alimentation des bestiaux.
- Les pays producteurs consomment une partie du produit et exportent l’autre. Le rendement annuel d’un palmier est estimé en moyenne à 20 litres, représentant une valeur de 4 à 5 francs; un hectare peut porter 400 sujets.
- L’huile de palme s’obtient en écrasant les fruits dans de l’eau et en faisant bouillir, l’huile se sépare et surnage; elle se vend sur place en moyenne 2 4o francs la tonne et en Europe de 470 à 570 francs. Quant aux noyaux de palme, après les avoir exposés au soleil, on les brise et on en retire les amandes qui se vendent sur place i5o à 200 francs la tonne, et en Europe, environ 270 francs. Les principaux marchés se tiennent à Marseille, Liverpool et Hambourg.
- Enfin des spathes de ce palmier, de même que du cocotier, on retire une boisson, le vin de palme, très apprécié des indigènes.
- Le palmier à huile se rencontre dans tous les pays de la côte occidentale d’Afrique ainsi qu’à la Guyane; et cette colonie, de même que le Sénégal, la Guinée, la Côte d’ivoire, le Dahomey, le Congo, les colonies portugaises de l’Ouest africain, le Libéria avaient exposé dans leurs pavillons des huiles de palme et de palmistes.
- Citons encore MM. Daudy, de Grand-Bassam ; Ancel Seitz, de Loango; Chavanel, de Conakry; Gauthier, Philippart et C,e, de la même ville; la Compagnie coloniale d’exportation, la Compagnie française de l’Afrique occidentale.
- En 1899, la France a importé :
- PAYS DE PROVENANCE. AMANDES DE PALMISTE. HUILE DE PALME.
- POIDS. VALEUR. POIDS. VALEUR.
- kilogrammes. francs. kilogrammes. francs.
- Angleterre // // 4,025,954 //
- Côte occidentale d’Afrique 1,189,993 // 746,270 H
- Possessions anglaises d’Afrique occi-
- dentale 2,341,890 // 9,755,143 U
- Possessions anglaises d’Afrique orien-
- tale 10,200 // 452,571 //
- Indes anglaises 2 41 // // //
- Autres pays étrangers néant. // 5,986 //
- Totaux 3,542,328 920,745 1 4,985,924 5,454,876
- Sénégal 100,069 n // //
- Établissements français de la côte oc-
- cidentale d’Afrique 4,328,841 U 7,5q6,c)48 2,765,289
- Totaux 4,4-28,910 1,151,517 // //
- Totaux généraux 7,970,238 2,072,262 22,582,872 8,220,165
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- De 1887 à 1 896, la France a importé en amandes de palmistes en poids :
- PAYS DE PROVENANCE. 1887. 1888. 1889. 1890. 1891.
- kilogr. kilogr. kilogr. kilogr. kilogr.
- Côte occidentale d’Afrique 12,520,076 18,183,577 10,233,54l 11,272,800 5,286,007
- Possessions anglaises d’Afrique oc-
- cidentale 9,257,772 4,976,706 3,746,862 9,098,908 19,392,578
- Sénégal 1,8/11,778 2,718,539 2,007,175 3,174,553 1,540,782
- Etablissements français de la côte
- occidentale d’Afrique 591,320 3,258,1 g5 l,785,5o6 5,4/19,77/1 2,620,3l 2
- Autres pays 61,884 i53,4og 3,i58 2,206 356,808
- Quantités 2/1,272,830 29,290,426 175776,2/12 28,998,241 29,196,487
- Valeur 5,582,75ir 6,7 36,799f 4,799,585f 8,699,472*' 9,342,875f
- PAYS DE PROVENANCE. 1892. 1893. 1894. 1895. 1S96.
- kilogr. kilogr. kilogr. kilogr. kilogr.
- Côte occidentale d’Afrique 4,066,4/19 7,649,070 5,585,o48 101,638 7,375,5l5
- Possessions anglaises d’Afrique oc-
- cidentale 5,159,27/1 5,125^337 1,933,710 6,995,376 //
- Sénégal 2,896,51 1 2,632,go4 2,432,795 383,436 1,026,911
- Établissements français de la côte
- occidentale d’Afrique 6,193,791 4,o38,346 4,027,0/19 6,019,06/1 11,739,060
- Autres pays 367,002 841,291 556,ooi 17,345 1 l,8o4
- Quantités 18,673,027 20,286,948 i4,534,6o3 13,516,859 20,l53,28o
- Valeur *. 5,6oi,go8f 5,071,737f 3,488,3o5f 2,973,7°gf 4,836,787f
- En huile de palme :
- PAYS DE PROVENANCE. 1887. 1888. 1889. 1890. 1891.
- kilogr. kilogr. kilogr. kilogr. kilogr.
- Angleterre 1,328,908 3,701,494 3,332,294 2,297,688 2,088,395
- Côte occidentale d’Afrique 1 1,225,248 22,193,770 16,985,678 l6,429,o33 l6,28o,643
- Possessions anglaises d’Afrique oc-
- cidentale 6,694,433 3,753,539 5,729,133 3,834,23g 8,821,659
- Établissements français de la côte
- occidentale d’Afrique. ....... 38l,800 369,896 8o3,o35 3,220,o58 3,g31,138
- Autres pays 8l6,l 49 936,768 488,760 548,447 483,918
- Quantités 20.446,538 3o,955,467 27,338,900 26,329,465 31,6o5,753
- Valeur 14,68o,6i 4/ 2o,43o,6o7f 16,676,72gf 16,587,563f i8,063,452f
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- PAYS DE PROVENANCE. 1892. 1893. 1896. 1895. 1896.
- kilogr. kilogr. kilogr. kilogr. kilogr.
- Angleterre 2,062,176 2,966,466 2,686,286 3,110,080 1,169,361
- Côte occidentale d’Afrique 11,986,685 i6,go3,3o6 9,1 05,735 7,220,696 3,730,597
- Possessions anglaises d’Afrique oc-
- cidentale 6,2/18,907 8,537,625 O OC 00 0 9,027,544 7,986,838
- Etablissements français de la côte
- occidentale d’Afrique 3,586,090 5,767,950 5,011,556 7,707,055 8,320,557
- Autres pays 367,391 612,6 12 2,131,669 266,206 101,272
- Quantités 20,23 1 ,287 34,767,559 28,023,235 27,334,379 2 1,288,625
- Valeur 16,609,3o3f 21,543,4741 16,01 i,6i8f 1 2,437,i4af 8,9icj,934f
- Nous croyons devoir donner, en outre, les indications suivantes sur l’exportation par les pays ci-après désignés, des huiles et amandes de palme.
- PALMISTES (amandes).
- PAYS DE PROVENANCE. 1890. 1891. 1892. 1893. - 1896.
- Sénégal francs. *99^92 francs. 222,402 francs. 1 95,272 francs. 71,376 francs. 169,872
- Guinée française 316,312 320,700 346,786 302,260 3()2,4o3
- Côte d’ivoire 100,000 69,882 19^9°9 260,818 266,867
- Sierra Leone 1,000,000 1 ,oi6,35o 8l 0,800 , 1,670,275 1,415,675
- Guinée portugaise 10,000 14,000 20,000 60,000 5o,ooo
- Dahomey kilogr. 14,653,143 kilogr. l6,253,91 2 kilogr. 1 4,398,262 kilogr. 20,822,755 kilogr. 26,062,689
- Congo français // // // // II
- PAYS DE PROVENANCE. 1895. 1896. 1897. 1898. 1899.
- Sénégal francs. 76,85l francs. 62,576 francs. 66,269 francs. 89,780 //
- Guinée française 387,016 388,211 435,936 398,769 //
- Côle d’ivoire 252,781 212,162 34i ,891 385,3o5 //
- Sierra Leone 526,276 1,296,226 1,202,600 1,1 81,175 //
- Guinée portugaise 60,000 5o,ooo i5,ooo 25,000 //
- Dahomey kilogr. 2 111 77’7 1 9 kilogr. 25,i 51,65 1 kilogr. 1 2,875,662 kilogr. l8,091,3l2 kilogr. 21,860,982
- Congo français II // // 914,5 51 / valeur ( 2 01,201f i
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
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- IIUILE DE PALME.
- PAYS DE PROVENANCE. 1890. 1891. 1892. 1893. 1891.
- Guinée française francs. 64,586 francs. 65,000 francs. 70,385 francs. 78,810 francs. 68,184
- Côle d’ivoire i,5oo,ooo 1,667,300 2,279,17° 3,029,332 2,116,1 g4
- Sierra Leone 000,000 488,375 136,82 5 235,45o 3o3,525
- Guinée portugaise i5,ooo 15,000 3o,ooo 4o,ooo 5o,ooo
- Dahomey kilogr. 5,220,553 kilogr. 6,6l6,259 kilogr. 6,75l,675 kilogr. 7^l99’7a6 kilogr. 8,318,117
- Congo français II U II II h
- PAYS DE PROVENANCE. 1895. 1896. 1897. 1898. 1899.
- Guinée française francs. g 3, î 56 francs. 197 francs. 59,691 francs. 49,683 U
- Côte d’ivoire 2,089,908 2,oo4,83i 1,628,064 1,745,788 II
- Sierra Leone 594,925 398,975 i83,55o 96,700 H
- Guinée portugaise 80,000 90,000 i5,ooo 3o,ooo //
- Dahomey kilogr. 1 9,638,975 kilogr. 5,526,698 kilogr. 4,077,022 kilogr. 6,059,539 kilogr. 9,65o,o8i
- Congo français II // " ' i 145,395 ! valeur ( 58,158f
- VI. — ARACHIDES.
- L’arachide ou pistache de terre, avachis hypogœa (légumineuses), croît dans tous les pays chauds, en Afrique, aux Indes, en Amérique, etc.
- Quelques-uns de ses rameaux poussent droits , tandis que d’autres se couchent sur la terre; les fleurs portées sur les tiges droites avortent; celles placées sur les tiges couchées sont les seules qui fructifient, et voici la manière dont s’opère cette fructification : «Après la fécondation, tous les organes floraux tombent, laissant l’ovaire à nu, porté sur un torus qui bientôt s’allonge en se recourbant vers la terre, de manière à y faire pénétrer l’ovaire, et ce n’est que lorsque celui-ci est parvenu à une profondeur de 5 à 8 centimètres qu’il commence à former une gousse qui se développe peu à peu et atteint de 3 à 5 centimètres de longueur. Cette gousse, un peu étranglée au milieu, renferme ordinairement deux graines de la grosseur d’une amande de noisette, contenant 5o p. îoo d’huile.»
- Le Sénégal est un des pays qui récolte le plus d’arachides ; une partie est consommée sur place et l’autre exportée. Les nègres consomment les graines crues ou bien les font griller, et elles ont alors un goût de noisette. Ils en retirent également l’huile qui leur sert à préparer leur tô (couscous), et à faire des savons. Pour extraire l’huile pour leur usage, les indigènes brisent l’enveloppe des semences, broient celles-ci dans un mortier, et versent ensuite de l’eau bouillante sur la masse obtenue.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- En Europe, on retire l’huile par simple expression, avec ou sans l’intervention de la chaleur. Pour l’usage culinaire, on procède à froid, après avoir enlevé l’embryon et la pellicule rougeâtre qui entoure l’amande ; la matière solide restante est ensuite broyée de nouveau, arrosée et chauffée de jets de vapeur d’eau ; puis on presse.
- L’huile extraite à froid est excellente; elle est de couleur jaune verdâtre, très douce et garde une légère odeur d’amandes. Elle se conserve très longtemps sans rancir. Filtrée, elle devient presque incolore.
- Obtenue par l’intervention de la chaleur, Thuile d’arachide présente une coloration foncée, une odeur et une saveur désagréables; elle est alors impropre aux usages de la table, et ne peut être employée que pour l’éclairage ou la fabrication des savons. Le tourteau est utilisé pour la nourriture des bestiaux. Suivant la qualité, l’huile d’arachide vaut de o fr. 60 à 1 fr. ko le kilogramme, et le tourteau, y à 10 francs les 100 kilogrammes.
- Cette plante est connue dans tout le Sénégal, mais sa culture n’est développée que dans les régions où les voies de communication rendent les transports faciles et peu coûteux; c’est principalement depuis l’établissement de la ligne de chemin de fer de Saint-Louis à Dakar qu’elle s’est accrue ; de chaque côté de la voie s’étendent deux zones parallèles principalement consacrées à cette culture; en outre, de nombreuses routes et pistes ont été établies avec postes d’eau, chemins convergeant vers les escales (marchés), où, par suite, les cultivateurs peuvent commodément transporter leurs produits.
- La culture en grand de l’arachide au Sénégal remonte à i84o, époqtie vers laquelle furent tentés les premiers essais et arrivèrent à Marseille les premiers envois (722 kilogr.).
- Depuis, les exportations n’ont pas cessé d’augmenter; en 1854, elles étaient de 0,820,063 kilogrammes, et voici le tableau de celles faites depuis 1890 :
- POIDS. VALEUR,
- kilogrammes. francs.
- 1890 ........................................... // 5,65o,555
- 1891 ............................................ // 5,679,917
- 1892 ....................................... 66,790,373 11,635,696
- 1893 ........................................ 58,582,66i n,559,o3o
- 1896........................................... 65,288,557 ii,357,578
- 1895 ..................................... 5i,537,358 7,661,686
- 1896 ........................................ 63,555,6oo 9,166,012
- 1897 ........................................ 58,022,732 8,336,626
- 1898 ........................................ 95,555,098 i3,6i5,o59
- 1899 ..................................... 85,563,611 12,119,092
- L’arachide se cultive pendant l’hivernage, c’est-à-dire pendant la saison des pluies. Les graines sont mises en terre dès qu’il a plu suffisamment pour détremper le sol, en juillet habituellement ; la croissance est rapide et la récolte se fait au début de la saison sèche, en novembre et décembre. Pour prospérer, l’arachide exige des terres légères, sablonneuses ou silico-calcaires ; les sols argileux ne lui conviennent pas, car ils s’opposent à la pénétration de la plante en terre.
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- Dans l’assolement indigène, l’arachide vient soit après jachère, soit après une culture de mil. Grâce aux nodosités de ses racines, cette plante prend directement à l’air la plus grande partie de l’azote nécessaire à son développement, ce qui lui permet de se développer meme dans les sables à peu près dépourvus dhumus, et de n’exiger que peu ou point d’engrais, quoique cependant ces deux facteurs rendent la fructification et la récolte plus abondantes.
- Le terrain destiné à l’arachide reçoit une préparation très rudimentaire. Les arbustes et les herbes sont coupés; cette broussaille est mise en meules et brûlée, les cendres sont étalées sur le sol et constituent généralement le seul engrais donné à la terre. Celle-ci est ensuite très superficiellement remuée (3 à 5 centimètres de profondeur) au moyen d’instruments aratoires primitifs, hilaire, daba, dans la région nord du Sénégal où les pluies sont moins abondantes que dans le Sud. Là, au contraire, il faut faciliter l’écoulement des eaux, aussi les noirs labourent-ils véritablement le sol, au moyen d’une espèce de sape appelée doukolo, et de binette dénommée sokhsokh. Le terrain, en outre, étant plus compact, nécessite des labours plus profonds.
- Dans les terres de .cette nature, l’emploi de la charrue donnerait d’excellents résultats quelques cultivateurs commencent à l’employer, et les essais sont encourageants, ainsi que le prouve le tableau suivant :
- SUPERFICIE RENDEMENT
- LOCALITÉS. des PARCELLES EN EXPÉRIENCE. DES PA1 en GOUSSES SÈCHES. SCELLES en PAILLE SÈCHE. A L’ÜE en GOUSSES SÈCHBS. ÏGTARE en PAILLE SÈCHS. OBSERVATIONS.
- ares. kilogr. kilogr. kilogr. kilogr.
- M. Bambey.. j 1 24,5 28 2,45o 2,800 Parcelle préparée à la charrue.
- ! 1 17,0 16 1,700 1,600 Parcelle préparée h l’hilaire.
- ! i5 280,0 3oo 1,866 2,100 r Parcelles cultivées h la façon indi-
- l 10 157,0 250 1,570 2,500 1 î gène.
- Kaolack. . . . < 15 23o,0 O O -O i,533 2,666 I Terre préparée à la charrue, se-| mences non décortiquées.
- 1 10 1 5o,o 25o i,5oo 2,500 [ Terres préparées h la charrue, se-< mences sélectionnées et décorti-
- f 10 210,0 475 2,100 4,750 ( quées.
- V io 270,0 35o 2,700 3,5oo Terre fumée et préparée à la charrue , semences sélectionnées.
- Tivaouane. . , [ 10 io3,o 205 i,o3o 2,o5o Façons à l’hilaire, semences placées h om 4o.
- ! 10 i 220,0 210 2,200 2,100 Façons à l’hilaire, semences placées h o,n 3o.
- Le choix des semences offre beaucoup d’intérêt, et l’on ne devrait employer que de grosses graines; malheureusement, l’indigène, à qui tout d’abord il serait si simple de faire un choix dans sa récolte, la vend en entier pour se procurer des bijoux ou des futilités, et, le moment des semailles venu, achète ce qu’il trouve à crédit, remboursable en nature sur la récolte à venir; dans ces conditions, les semences qui lui sont livrées sont très mélangées et la production s’en ressent.
- En outre, la graine récoltée dans des terrains épuisés par de nombreuses années de
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- même culture, sont dégénérées, ainsi, à Saint-Louis, l’arachide se vend, pour ce motif, i o à 12 francs de moins qu’à Rufisque.
- Du î 5 juin au i5 août, les indigènes procèdent aux semailles. Armés d’hilaires ou de dabas, ils font de petits trous de trois à cinq centimètres de profondeur, disposés sensiblement en quinconces à une distance de 3o à 70 centimètres. Dans chacun d’eux, des enfants ou des femmes laissent tomber une ou deux graines qu’ils recouvrent d’un peu de terre avec le pied. Il faut environ cle à5 à 5o kilogrammes de graines pour ensemencer un hectare. La végétation est rapide et dure environ quatre mois ; on sème du i5 juin au i5 août; au bout de huit jours les jeunes plantes apparaissent; trente à quarante jours après les fleurs se montrent, et, vers fin octobre, la récolte commence et dure jusqu’en décembre.
- Au cours de la végétation, la plante demande quelques soins, qui consistent en sarclages (deux, trois ou quatre, suivant la nécessité) pour détruire les mauvaises herbes qui ne tarderaient pas à l’étouffer. Us ont en outre pour effet de rendre le sol plus perméable aux pluies torrentielles quand elles surviennent.
- Lorsque le moment de la récolte est arrivé, l’indigène, avec son hilaire, soulève et arrache les plants, puis il les rassemble en meules où la dessiccation s’opère. Lorscpie la terre est meuble et légère, les fruits viennent avec le plant; si elle est argileuse, sèche, le pédoncule se rompt; il faut alors briser la croûte superficielle durcie du sol en la frappant avec un bâton et rechercher les gousses à la main, travail long et fastidieux qu’exécutent d’ordinaire les femmes et les enfants.
- Quand la plante est desséchée, en sépare les gousses de la tige, et les fanes, qui valent de 5 à 6 francs les 100 kilogrammes à Saint-Louis, sont utilisées comme fourrage. Le rendement d’un hectare s’élève de i,5oo à 1,800 kilogrammes, et les arachides sont cotées environ 17 fr. 5o les 100 kilogrammes à Rufisque, ce qui donne, pour un hectare, un produit de 260 à 32 0 francs, sans compter le fourrage. Or, d’après les calculs présentés dans la notice rédigée par les soins du service local du Sénégal, à l’occasion de l’Exposition de 1900, à laquelle nous avons emprunté partie des renseignements qui précèdent, les frais de culture d’un hectare se monteraient à t6o francs. H y a donc une large marge, mais il faut noter qu’à Saint-Louis, par exemple, les arachides se vendent 10 francs la tonne de moins qu’à Rufisque, et qu’en outre, à l’intérieur, les prix doivent être diminués des frais de transport jusqu’au port d’embarquement; d’autre part, par l’emploi d’instruments de culture modernes, charrues, scarificateurs, semoirs, houes, on peut diminuer les frais et augmenter le rendement. En France, le cours des arachides oscille de 2 3 à 2 5 francs les 100 kilogrammes, et le prix de l’huile varie de 65 à 72 francs.
- Les arachides du Sénégal sont concentrées à Rufisque et à Saint-Louis; celles de la Casamance, à Carabane; les transports à ces ports d’embarquement se font de toutes façons, par chalands sur la côte, et, à l’intérieur, à dos de chameau, d’âne, de bœuf, à tête d’homme; au moment de la traite, un grand nombre de Maures viennent avec leurs chameaux louer leurs services.
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- La traite (échange des arachides contre des marchandises), qui seule existait autrefois, tend à disparaître, l’indigène aujourd’hui préférant être payé en monnaie.
- Du Sénégal les arachides sont exportées principalement à Bordeaux et à Marseille, sièges de maisons importantes qui se livrent à ce commerce.
- En i8qq, la France a importé en arachides :
- EN COSSES. DÉCORT IODÉES.
- PAYS DE PROVENANCE. — ————- PAYS DE PROVENANCE. =.
- POIDS. VALEUR. POIDS. VALEUR.
- kilogr. francs. kilogr. francs.
- Espagne 995^77 // Possessions anglaises d’A fri-
- Côte occidentale d’Afrique. 2,826,97^ // que orientale i65,52o //
- Possessions anglaises d’Afri- Autres pays d’Afrique. . . . 6,641,541 //
- que occidentale 27,817,700 // Indes anglaises 5,321,273 U
- Indes anglaises 100,000 //
- Autres pays e'trangers. . . . 25,4oo // Autres pays étrangers. . . . 101,778 //
- Totaux •'11,765,701 6,988,454 Totaux 12,280,112 3,3o2,i3o
- Algérie 5oo //
- Sénégal 62,171,629 // Sénégal 965,000 //
- Établiss. français de la côte Etablis, français de la côte
- occidentale d’Afrique.. . 711,880 // occidentale d’Afrique . . 60,228 //
- Madagascar 28 // Indes françaises i,8g6,4o3 //
- Totaux 62,883,987 13,834,460 Totaux 2,921,681 788,861
- Totaux généraux. 94,649,638 20,822,920 Totaux généraux. i5,i5i,743 4,090,981
- IMPORTATIONS D’ARACHIDES EN FRANCE, DE 1892 À 1896.
- PAYS DE PROVENANCE. 1892. 1893. 1894. 1895. 1896.
- kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes.
- Espagne 777,376 EN COSSES. 95o, l3l 738,008 694,462
- Côte occidentale d’Afrique. 6,668,865 3,272,548 561,367 // 300,000
- Possessions anglaises d’Afrique occidcnlale 15,787,613 17,520,455 i5,6i2,o36 9,663,576 1 1,874,715
- Indes anglaises 3,757,921 3,706,425 2,192,640 1,713,814 800,000
- Sénégal 45,446,347 61,619,090 56,615,243 34,289,964 4 i ,088,409
- Antres pays 4g5,o35 449,229 880,275 866,867 137,813
- Quantités 72,933,067 77,061,718 76,761,692 47,272,219 54,395,399
- Valeur. i8,24o,839r i6,953,578f i5,552,338f 8,o3i,i77f 10,870,079'
- Indes anglaises 30,529,214 DÉCORTIQUÉES 61,199,660 84,386,557 54,392,582 39,529,5o4
- Indes françaises 4o,37o,3o3 40,976,794 61,296,297 26,945,844 8,534,993
- Autres pays d’Afrique 5,262,694 5,1 io,o44 6,217,339 7,751,829 3,955,671
- Autres pays 2,328,068 l,221,5l 0 1,014,651 1,009,376 63,245
- Quantités 78,490,269 98,507,908 152,914,844 90,099,630 5 2,o83,413
- Valeur 23,547,08 if 25,6l 2,o4of 38,228,711f 19,821,919' 11,979,185'
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- Les principaux marchés pour l’arachide se trouvent, en France, à Bordeaux et Marseille ; à l’étranger, à Rotterdam et Mannheim.
- Parmi les exposants français, nous avons à citer MM. Maurel et Prom, de Bordeaux (hors concours); Delmas et Clastres, de Bordeaux (médaille d’or); la Compagnie française de l’Afrique occidentale (hors concours), qui se livrent au commerce des arachides; nous signalerons en outre les expositions des Comités du Sénégal, de la Guinée française, du Dahomey, de Madagascar, de l’Indo-Chine, du Siam, de la Nouvelle-Calédonie, de la Guyane française, des Indes anglaises, des colonies africaines du Portugal, dont l’exportation en arachides s’est élevée pour Tannée 1898a 169,385 francs pour la Guinée portugaise, à 327,2/15 francs pour le port de Mozambique, à 775,85o francs pour le port de Quelimane (Mozambique).
- VII. — FRUITS DIVERS.
- Si la presque totalité des fruits récoltés en France et servant à l’alimentation sont l’objet d’une culture, il n’en est pas de même dans de nombreuses contrées, principalement dans les régions intertropicales où la nature offre une foule de fruits dont se nourrissent les indigènes. Les uns sont recherchés pour leur pulpe, d’autres pour leurs graines alimentaires ou l’huile comestible qu’ils donnent.
- Nous citerons les principaux, en suivant Tordre alphabétique.
- Agave (agave americana, mexicanci, famille des amaryllidées). — Au Mexique et à Caracas, on coupe les feuilles intérieures de la plante (principalement des espèces dénommées Pitte et Maguey) au moment ou la hampe florale va se développer; on recueille le liquide qui fermente facilement et donne alors le Pulque, liqueur très en usnge dans ces pays.
- Anacardier. Acajou à pommes, noix d’acajou (Anacardium occidentale, térébintha-cées). —• Cet arbre, qu’il ne faut pas confondre avec celui dont le bois sert à faire des meubles, fournit la pomme d’acajou, pédoncule très développé et renflé qui supporte le fruit ou graine d’acajou; celle-ci, mangée fraîche, rappelle flamande verte d’Europe et fournit une huile comestible; on retire de la pomme d’acajou, par expression, un liquide qui, après fermentation, donne par distillation une eau-de-vie agréable au goût.
- L’Anacardier croît dans la zone tropicale, notamment aux Moluques, aux Indes, au Brésil, à la Guyane, aux Antilles, au Guatémala.
- Ananas (bromelia ananas, broméliacées). — Vit à l’état sauvage dans diverses contrées, notamment à la Guyane. On le récolte dans toutes les contrées chaudes d’Amérique, d’Afrique, d’Asie et d’Océanie. Le fruit ou plutôt le réceptacle charnu qu’on considère comme tel constitue un dessert très apprécié, consommé dans toutes les contrées du globe ; le jus de l’Ananas fermenté fournit par distillation une eau-de-vie d’excellente qualité; enfin, l’enveloppe du fruit, mise en fermentation dans de fléau sucrée pendant vingt-quatre heures, donne une boisson acidulée très agréable (bière d’ananas).
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- Arbre à pain Çartocarpus incisa, artocarpées). — Cet arbre, qui atteint i3 à 1 h mètres de hauteur et se rencontre dans la Nouvelle-Calédonie, les îles de l’Océanie, les Antilles, les Guyanes, le Guatemala, etc., produit des fruits volumineux contenant au milieu d’une pulpe farineuse 10 à 60 semences grosses comme des châtaignes et qui se mangent de la même manière. Mais c’est la pulpe qui forme la partie la plus importante du fruit; car on la mange ainsi que du pain après l’avoir fait cuire au four.
- Une deuxième espèce, le Jaca (Artocarpus integrifolia), propre aux îles Malaises, à l’Inde, à l’Indo-Chine, donne des fruits analogues, mais plus gros encore qui peuvent peser jusqu’à t\ o kilogrammes.
- Avocatier (laurus persea, lauracées). —Répandu aux Antilles, cet arbre produit un fruit ayant la forme et le volume d’une belle poire, recherché pour sa chair épaisse et hutyreuse; on s’en sert également pour la confection de sauces spéciales que Ton mange avec les viandes. Son amande fournit de l’huile.
- Bananier (musa sinensis, paradisiaca, sapientia, musacées). — Cette plante croît dans les contrées chaudes et humides de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique.
- C’est une herbe gigantesque dont la tige, haute de 5 à 6 mètres, est couronnée par un bouquet d’une douzaine de feuilles longues de 2 à 3 mètres sur 5o à 65 centimètres de largeur. Les baies quelle produit sont disposées en grappes et forment ce qu’on appelle des régimes de bananes dont le poids peut atteindre jusqu’à 3o kilogrammes.
- La banane, avant sa maturité, est très amylacée; puis après, l’amidon se transforme en sucre, et donne un fruit d’un goût agréable.
- Par fermentation et distillation, la banane fournit une eau-de-vie de bonne qualité.
- Les Etats-Unis d’Amérique du Nord en consomment de grandes quantités; l’importation, qui s’était élevée en 1883 à 11,800 dollars, a atteint, dix ans après, 175,11 5 dollars et s’est encore accrue depuis.
- Le Guatémala, le Mexique en exportent pour des sommes importantes, et Ton calcule que le rendement en est très avantageux.
- Un hectare, en effet, peut donner A00 régimes, d’une valeur, à raison de 3 dollars la douzaine, de 100 dollars en moyenne. Le coût de la production s’établit comme suit:
- dollars.
- Achat de 5oo rejets pour la plantation ,à o £ 5o le cent............... 2 5o
- Transport à la plantation.............................................. 5 00
- ho journées d’ouvriers pour creuser les trous, à 0^7................... 1 h 80
- Binages (18 journées d’ouvrier à o $ 37):.............................. 6 66
- Plantation ( 2 journées d'ouvrier à o ^ 37 )........................... 07h
- Récolte (2 journées d’ouvrier à o$37).................................. 0 7 A
- Rentrée sous des abris (2 journées d’ouvrier à o $ 37)................. o 7h
- Location de terrain.................................................... 20 00
- Frais imprévus. . ..................................................... i5 00
- Total
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- En déduisant ccs dépenses du produit brut, il reste un bénéfice de 32 dobars 82. La production dure 1 h à 1 5 ans, et comme, les années suivantes, il n’y a plus de dépenses d’installation, on voit que les bénéfices augmentent considérablement.
- Baobab (adansoma digitala, mal vacées). — Le baobab es-t un arbre monstrueux qui croit au Sénégal et dans les pays environnants.
- Son tronc, à partir de terre, n’a que h à 5 mètres de hauteur; mais il acquiert jusqu’à 26 mètres et plus de circonférence.
- Son fruit est une capsule (appelée pain de singe) longue de 00 à /10 centimètres, contenant à l’intérieur une pulpe bonne à manger et très rafraîchissante.
- Barbadine (passiflora giganlca, passillorées).— Cette plante, que Ton rencontre dans les forets de l’Amérique intertropicale, donne un fruit assez gros dont la pulpe est excellente.
- Gatalou ou Gombo (hibiscus esculenlus, malvacées). — Originaire de l’Inde, puis transportée en Egypte et aux Antilles, cette plante herbacée donne des fruits très recherchés pour la cuisine créole; on les mange en nature ou cuits et assaisonnés. On la trouve également en Guinée française.
- Canari Canaque, marmite de singe (lecylhis grandijlora, mvrtacées). — Le fruit ressemble à une marmite surmontée de son couvercle. Au moment de la maturité, les singes enlèvent délicatement ce couvercle et font leur régal de la pulpe sucrée contenue à l’intérieur du fruit; les graines qui y sont logées sont comestibles et fournissent une huile également propre à l’alimentation.
- Le Canari canaque croît au Brésil et aux Guyanes.
- Carambolier (uverrhoa Carambola, Bilimbi, oxalidées). — Cet arbre, que l’on trouve aux Indes et en Indo-Chine, donne un fruit drupacé très acide, qui sert dans ccs contrées à l’assainissement des mets.
- Comou (œnocarpus bacaba, palmiers). — Ce palmier produit un fruit noirâtre enveloppé dans une matière butyreuse violacée que l’on mange en nature après avoir soumis les fruits à l’action de l’eau bouillante, ou qu’on écrase dans l’eau pour obtenir le lait de comou, très nourrissant et excellent au goût. L’amande, comme celle de tous les palmiers, est oléagineuse.
- Cet arbre se rencontre notamment à la Guyane.
- Gorossolier. — On désigne sous ce nom plusieurs arbres de la famille des anonacées (;anona squamosa, qui produit la pomme de cannelle, muncata, lutca, paludosa, reticulala, mascosa).
- Le fruit est formé par la soudure d’un grand nombre de baies.
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- On le rencontre dans l’Amérique et l’Afrique tropicales, aux Indes anglaises et hollandaises, et particulièrement au Cambodge.
- Coumier, coume, poirier de la Guyane (couma guyanensis, apocynées). — Cet arbre, qui croît à la Guyane et dont la hauteur peut atteindre une dizaine de mètres, porte des fruits pulpeux en forme de poire, de la grosseur d’une noix, à peau fine, de couleur roussâtre, recherchés pour la table.
- Toutes les parties de cette plante, en particulier le tronc, donnent, par incision, un lait blanchâtre très épais que boivent les indigènes.
- Goupi (acioa guianensis, chrysobalanées). — Cet arbre, de 20 à 2 5 mètres de hauteur sur 1 mètre et plus de diamètre, donne un fruit qui contient une amande très agréable au goût, et servant à préparer une huile limpide et comestible rappelant celle des noisettes.
- Il habite les contrées tropicales d’Amérique.
- Dattier (gphœnix dactyliferci, palmiers). — On trouve cet arbre dans l’Inde, la Perse, et surtout en Afrique, au sud de l’Atlas et de l’Algérie, entre le Maroc et la Tunisie. Il atteint 16 à 20 mètres de hauteur.
- De l’aisselle des feuilles sortent des spathes fort longues, s’ouvrant sur leur longueur pour donner passage à un ample panicule ou régime pourvu de fleurs mâles ou femelles selon les individus, car l’arbre est dioïque.
- Les fleurs femelles donnent naissance à des baies dont la chair solide est d’un goût vineux, sucré, très agréable. Les jeunes bourgeons fournissent le chou palmiste, et les jeunes tiges une sève sucrée d’où l’on retire par fermentation un vin de palme très apprécié.
- Durion (durio zibethinus, malvacées). — Cette plante, dont le port rappelle celui de l’orme, habile les forets de l’archipel Indien et de Malacca.
- Son fruit, de la grosseur d’un petit melon, est rempli à l’intérieur d’une pulpe comestible, de couleur crème, dont les indigènes sont très friands.
- Il existe en abondance dans le Siam.
- Goyavier (psidium aromalicum, myrtacées). — Cet arbre, que Ton rencontre dans les contrées chaudes de l’Amérique et de l’Afrique, produit une baie parfumée qui se mange en nature ou cuite au four. On en fait aussi des confitures et d’excellentes gelées'qui sont à la fois rafraîchissantes et légèrement astringentes.
- Grenadier (punica granatum, myrtacées). — Cette plante, originaire de l’Afrique septentrionale, s’est répandue dans toutes les régions du globe où la température est au moins égale à celle qui règne dans le Midi de la France; elle produit une grosse baie sphérique à enveloppe coriace, rougeâtre, remplie de grains qui contiennent un suc aqueux, aigrelet, sucré, rouge, d’un goût excellent.
- On en fait également des sirops très estimés.
- Cn. IX. — Cl. 54.
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- Karité, arbre à beurre [bassia Pnrkii, sapotacées). — Belle plante de 20 mètres de hauteur, croissant abondamment au Soudan.
- En mai ou juin, les fruits sont mûrs et tombent aux premières tornades. Le noyau, de la grosseur et de la couleur d’un marron d’Inde, est recouvert d’une mince pulpe vert jaunâtre, sucrée, assez agréable à manger. L’amande des fruits, séparée de son enveloppe, est pilée et mise dans de l’eau bouillante, la substance oléagineuse qui vient nager à la surface est décantée et coulée en gros pains se vendant sur place de 0 fr. 2 5 à 2 francs le kilogramme suivant les régions, c’est le beurre de Galam, employé par les indigènes pour leur cuisine, pour la fabrication de leurs savons et pour l’éclairage.
- Le Dahomey en produit en abondance, et le beurre de karité pourrait devenir l’objet d’un commerce d’exportation, car la matière ne manque pas, les nègres se contentent en elfet de récolter ce qui est nécessaire à leur consommation, et laissent perdre le surplus.
- Li-tchi (euphorbia. li-lchi, sapindacées). — Le li-tchi est compté au nombre des fruits les plus estimés de la Chine.
- L’arbre qui le produit s’élève à cinq ou six mètres de hauteur; il se rencontre très communément au Tonkin.
- Le li-tchi est une baie presque sphérique d’un rouge ponceau, contenant sous une enveloppe coriace une semence entourée d’une pulpe que les Chinois trouvent d’une saveur exquise et comparable à celle du meilleur raisin muscat. Ils la mangent fraîche ou desséchée au four à la manière de nos pruneaux.
- Mangoustan (garcinia mangoslana, clusiacées). — Cet arbre, originaire des îles Moluques, croît très abondamment en Cochinchine; son fruit est une baie sphérique de la grosseur d’une orange, remplie d’une pulpe blanche, molle, très fondante, d’une saveur sucrée accompagnée d’une légère acidité et d’une odeur qui rappelle celle de la framboise. C’est le meilleur fruit de ces contrées.
- Manguier (mango, mangijera indien, terébinthacées). — Originaire des Indes orientales et du Siam, cette plante a été propagée dans les Antilles où elle a formé un grand nombre d’espèces, dont les fruits sont variables dans leurs dimensions, leur couleur et leur goût. On la rencontre également dans l’Afrique tropicale où elle est d’importation assez récente.
- Les variétés indica et domestica fournissent clés drupes très recherchées pour leur saveur parfumée, acidulée et sucrée.
- Cet arbre est commun en Annam.
- Mammei d’Amérique (abricotier de Saint-Domingue, mammea americana, guttifères). — Grand et bel arbre des Antilles produisant de grosses drupes charnues tétragones, à saveur particulière, douce, très agréable, moyennant la précaution d’enlever soigneusement Tenveloppe intérieure du fruit, qui est très amère.
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- Ce fruit sert également à aromatiser les eaux-de-vie; à cet effet, on le coupe en tranches minces qu’on laisse macérer dans la liqueur pendant une quinzaine de jours.
- Maripa (attalea cxcclsa, palmiers). — On retire des amandes du fruit de cet arbre, comme des autres palmiers, en les traitant par l’eau chaude, une substance huileuse, qui, par refroidissement, se prend en masse et constitue le beurre de maripa utilisé pour la cuisine.
- Il fournit également un chou comestible, qui sert à préparer, sous le nom d’achards, un excellent condiment.
- Ce palmier croît à la Guyane.
- Monbin, prune d’Espagne (spondias lutea, térébinthacées). — Cet arbre produit des fruits très recherchés pour la table; ils sont ovales, revêtus d’une peau colorée de jaune et de pourpre, et sont formés à l’intérieur d’une chair parfumée, un peu[acide et sucrée, qui entoure un noyau volumineux.
- Cette plante croît clans les régions chaudes d’Amérique.
- Ouabé (omphalea diandra, euphorbiacées). — Arbrisseau très répandu dans l’Amérique tropicale, donnant une baie jaune, arrondie, charnue, succulente, etjjclont la graine fournit une huile propre à l’alimentation si Ton a soin d’enlever la radicule et les cotylédons, qui’contiennent un principe purgatif.
- Papayer (carica papaya, papayacées). — Cet arbre, originaire des Moluques, s’est propagé dans l’Inde, à l’ile Maurice, aux Antilles, à la Nouvelle-Calédonie; les fruits qu’il donne, semblables à de petits melons lisses, ont un goût d’abricot, et sont très agréables à manger crus ou cuits.
- Pinot (euterpe oleracea, palmiers). — Les fruits de cette plante, noirs violacés, sont comestibles; on retire des amandes, comme de celles des autres palmiers, une huile claire et d’un bon goût.
- Le pinot croît à la Guyane dans les terrains marécageux appelés pinotières, d’où il a tiré son nom.
- Pistache (pistacia vera, anacardiées). — Le pistachier croît naturellement en Syrie, en Perse, en Afghanistan, contrées d’où il est originaire, et d’où il s’est répandu dans les îles grecques, la Sicile, l’Espagne, le Sud de la France, et dans toutes les régions où la température est douce en hiver.
- Il s’élève à la hauteur de 7 à 10 mètres; son fruit, la pistache, se compose d’un brou peu épais, d’une coquille ligneuse, et d’une amande recouverte d’une pellicule rougeâtre, d’un vert pâle à l’intérieur et d’un goût doux et agréable. Ces amandes sont très nourrissantes; elles donnent de l’huile comestible par expression,%et sont très employées dans la confiserie.
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- Pomme-cannelle (anona squamosa, anonacées) ; pomme rose blanche (myrtus vene-nala, myrtacées) ; pomme rose, variété rose (eugenia latyfolia, myrtacées); pomme de liane (passiflora lanrifolia, passiflorées); pomme-cythère (spondias cijthcrca, térébin-thacées). — Ces différentes plantes donnent des fruits comestibles à pulpe line; on les rencontre notamment dans la Guyane.
- Sapotille (achras sapota, sapotacées). — Arbre élégant des Antilles, donnant une grosse baie globuleuse et charnue, très recherchée pour le dessert.
- Il est très difficile de se procurer des statistiques sur le commerce auquel donnent lieu les fruits dont nous venons de parler.
- Cependant, voici le tableau, par pays de provenance, des importations de pistaches
- en France en 1899 :
- TOIDS. VALEUlî.
- kilogr. francs.
- Russie..................................................... 8,198 //
- Italie.................................................... 23,619 h
- Turquie................................................... 25,189 "
- Autres pays........................................... 4,169 h
- Totaux............................. 61,175 3o5,865
- Tunisie....................................................... 83 A15
- Totaux généraux................. 61,258 3o6,28o
- En 1898, la Réunion a exporté 5,712 kilogrammes de pistaches, d’une valeur de 1,1 h2 francs; Taïti, 35,862 kilogrammes d’ananas, d’une valeur de 4,762 francs; le Soudan, 3,559 kilogrammes de karité, d’une valeur de 3,52 2 francs.
- Toutes nos colonies et nos pays de protectorat ont exposé des collections de leurs fruits indigènes, quelques-uns en nature, mais généralement en conserve, gelées, sirops de sucre, confitures, fruits à Teau-de-vie. Il en a été de même dans les palais étrangers des Indes hollandaises, anglaises, de Ceylan, du Mexique, de Guatemala, du Nicaragua, du Pérou, du Salvador, de l’Equateur, où nous devons signaler l’exposition de MAI. Aspiazu frères, de Guayaquil, qui ont obtenu une médaille d’argent.
- Quelques-unes de nos colonies avaient installé des bars où l’on pouvait déguster les fruits qu’elles avaient envoyés; c’était à coup sûr le meilleur moyen de les faire apprécier du public et d’en propager la consommation. La Martinique, notamment, avait pris cette initiative.
- L’Angleterre, habituée de tout temps à importer les fruits nécessaires à sa consommation, transporte sur des navires des quantités considérables de produits exotiques; encore aujourd’hui, 20 mars 1901, on annonce quelle vient de recevoir à Bristol le premier paquebot d’un service spécial établi entre elle et la Jamaïque, particulièrement destiné au transport des fruits des tropiques. Ceux-ci sont emmagasinés sur le navire, dans des chambres maintenues à une température égale par des courants d’air.
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- Le paquebot dont nous parlons contenait une cargaison de bananes, qui n’a pas rempli moins de cinq trains spéciaux, dont deux ont été dirigés sur Londres. Dans cette énorme quantité de fruits, presque aucun n’était gâté. L’expérience paraît donner d’excellents résultats, ce qui amènera une augmentation considérable dans la consommation des fruits tropicaux, si importante déjà en Angleterre, si on la compare avec ce qu’elle est en France. Et cependant il paraît facile défaire le même essai; la banane a aujourd’hui à Paris droit de cité, le commerce de ce fruit devrait donc prendre de l’extension.
- Nos possessions d’Afrique offrent tous les champs d’essais et les ressources désirables, elles ont en outre l’incomparable avantage d’être beaucoup moins éloignées; or c’est le temps du transport qui est le principal obstacle. L’emballage des fruits dans la sciure de bois fine paraît le procédé qui assure le mieux la conservation.
- Des essais d’envoi de la Martinique ont été tentés en février 1900, et il résulte de ces expériences que notamment les mangues, papayes, goyaves, sapotilles, pommes-cythère, peuvent se transporter et arriver en bon état (voir, pour plus amples détails sur ce sujet, l’article publié par M. J. Dyboxvski dans le numéro du 20 mars 1900, de la Revue des cultures coloniales, de M. Milhe-Poutingon).
- VIII. — ÉPICES.
- Un certain nombre de fruits naturels à odeur aromatique ou à saveur piquante, sont employés comme condiments pour rehausser le goût des aliments; nous ne passerons en revue que les plantes offrant un réel intérêt au point de vue de l’alimentation.
- 1° MUSCADES.
- Le myristica moschata (myristicées), originaire des îles Moluques, importé à la Réunion vers 1 770, se rencontre aujourd’hui également dans les régions tropicales de l’Amérique.
- Il produit dès l’âge de cinq ans. Son fruit est une baie pyriforme de la grosseur d’une petite pêche. Sous le brou qu’on rejette ordinairement, se montre un fauxarille charnu, d’un beau rouge lorsqu’il est récent, mais devenant jaune par la dessiccation, c’est le macis. On le sépare de la semence qu’il tient comme embrassée, et on le fait sécher après l’avoir trempé dans de l’eau salée, ce qui lui conserve de la souplesse et empêche la déperdition du principe aromatique.
- Sous le macis se trouve la coque qui renferme une amande huileuse à odeur forte, la muscade.
- Par distillation en présence de l’eau on retire de la muscade une essence ou huile volatile; par expression à chaud, une huile fixe solide, le beurre de muscade qui contient l’essence volatile et lui doit son odeur et sa couleur.
- On retire également du macis, par distillation, une essence d’odeur très suave, mais qui diffère de celle que donnent les amandes.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- TABLEAU STATISTIQUE DU COMMERCE DE LA FRANCE EN 1899.
- IMPORTATION.
- COMMERCE GÉNÉRAL. COMMERCE SPÉCIAL.
- PAYS DE PROVENANCE. ^ — — '
- POIDS. VALEURS. POIDS. VALEURS.
- kilogrammes. francs. kilogrammes. francs.
- MUSCADES SANS COQUES.
- Pays-Bas 8,oo5 t! // //
- Indes anglaises 5,233 // // //
- Étals-Unis i g,516 // // //
- Autres pays étrangers 5,25g // // //
- Totaux. 38,oi3 190,065 27,643 138,245
- MUSCADES EN COQUES #
- Pays divers 7,874 23,622 695 2,o85
- MACIS.
- Pays divers 5,1 22 25,610 to C3 00 0 13,900 1
- IMPORTATIONS EN FRANCE DE 1887 A 1896.
- SANS COQUES. EN COQUES. MACIS.
- ANNÉES. ——.
- QUANTITÉS. VALEURS. QUANTITÉS. VALEURS. QUANTITÉS. VALEURS.
- kilogr. francs. kilogr. francs. kilogr. francs.
- 1887 3o,846 l69,653 20,465 51,16 3 229 1,718
- 1888 35,3 41 225,829 208 624 588 3,g5i
- 1889 13,6 41 91,53l 4,671 14,oi 3 1,320 10,507
- 1890 36,809 244,780 1,789 5,367 2,43i 18,962
- 1891.. 5o,o68 332,9.52 4,813 14,43g 888 6,660
- 1892 00 « 03 235, oo4 1,896 5,688 2,526 16,419
- 1893 51,689 3o4,g65 3,621 io,863 2,3g6 14,6i6
- 1894 34,887 19^’972 6,076 16,162 1,886 11,655
- 1895 28,263 i56,86o 5,86o 15,529 1,620 9’720
- 1896 O O ^3 206,242 4,443 io,44i 3,769 20,299
- 2° POIVRE.
- Poivre noir (jpi-per nigrum, piperitées). — Le poivre noir est une plante grimpante qui croît spontanément clans les Indes orientales; elle y est cultivée de même qu’au Malabar, à Java et à Sumalra. Pour procéder à cette culture, on plante en suivant des
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
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- lignes parallèles espacées de 1 m. 5o environ, à des intervalles réguliers, des arbres susceptibles de prendre racine et de donner un feuillage qui servira d’abri à la jeune plantation; le pignon d’Inde est généralement employé. Ceci fait, on plante deux pieds de poivre auprès de chaque arbrisseau et on les laisse pousser pendant trois ans, après quoi les tiges sont coupées à 1 mètre du sol et recourbées horizontalement afin de concentrer la sève. C’est ordinairement à dater de cette époque que le poivrier donne du fruit et il en donne tous les ans pendant un certain nombre d’années; à partir de quinze à dix-huit ans, la production décroît. A Atchin (Sumatra), un pied en plein développement peut fournir 1 kilogramme de graines.
- La récolte dure longtemps, caries fruits mettent quatre ou cinq mois à mûrir, n’arrivent que successivement à maturité et ne doivent être cueillis qu’au moment où ils sont sur le point de l’atteindre, mais un peu avant toutefois pour ne pas les laisser tomber spontanément à terre. On les fait ensuite sécher sur des toiles avant demies livrer au commerce.
- Le fruit est une baie dont la partie succulente desséchée constitue l’écorce brune qui entoure le grain. Cette enveloppe peut facilement être retirée; il suffit de faire ramollir le grain dans beau, il apparaît alors blanchâtre.
- Pour obtenir le véritable poivre blanc, qui est produit par la même plante, on laisse le fruit mûrir davantage, et il est ensuite soumis à une assez longue macération dans l’eau, puis par dessiccation et frottement on détache l’enveloppe noire qui entourait le grain. Le poivre blanc est moins fort que le noir.
- Il se fait au Siam un important commerce d’exportation de poivre; en voici la statistique, donnée en piculs dont l’unité vaut 60 kilogr. âoo.
- QUANTITÉS. VALEUR.
- piculs. dollars.
- 1895 ........................................... 16,943 292,569
- 1896 ........................................... 13,968 276,7/18
- 1897 ........................................... 10,22/1 226,931
- 1898 ........................................... 15,i 23 367,58o
- 1899 ........................................... 19,086 682,279
- Mais les Indes hollandaises en exportent bien davantage; ainsi elles ont expédié en 1896, 1897, 1898, respectivement 5,225, 5,63o, 5,9/11 tonnes de poivre. Notre colonie de l’Indo-Chine en produit également; elle en a exporté, en 1898, 2,325,278 kilogrammes, d’une valeur de 4,/u8,0 2 8 francs.
- Poivre long. — Le poivre long (piper longum ) est produit par le chavica ojjicimrum ; il croît aux îles Philippines, aux îles de la Sonde, au Bengale, à Java, etc. Ce fruit, bien différent des autres poivres, est composé d’un grand nombre d’ovaires qui ont appartenu à des fleurs distinctes, mais très serrées, rangées le long d’un axe commun, ovaires qui, en se développant, se sont soudés de manière à ne former qu’un seul fruit. Sa saveur est plus âcre et plus brûlante que celle du poivre, mais il est moins aromatique.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- En 189y, le commerce en poivre (noir et blanc) de la France présente les résultats suivants :
- IMPORTATIONS.
- PAYS DE PROVENANCE. COMMERCE QUANTITÉS. GÉNÉRAL. VALEUR. COMMERCt QUANTITÉS. SPÉCIAL. VALEUR.
- kilogr. francs. kilogr. francs.
- Angleterre 6o,652 // // //
- Belgique 57,093 // // //
- Indes anglaises 8/19,177 // // //
- Autres pays étrangers 9/1,212 // // //
- Totaux 970,986 970,986 i,o65,5i3 i,o65,5i3
- Indo-Chiue 1,960,i69 // // n
- Autres colonies et pays de protectorat 2,127 // // n
- Totaux 1,962,276 1,962,276 1,816,908 1,816,903
- Totaux généraux 2,913,210 2,9l3,2lO 2,882,616 2,882,616
- IMPORTATIONS EN FRANCE DE 1887 À 1896.
- PAYS DE PR OVENANCE. 1887. 1888. 1889. 1890. 1891.
- Angleterre Indes anglaises Indes hollandaises Indo-Chine française Autres pays Quantités Valeur kilogr. 70,986 2,953,668 i,i36,8go 176,921 190,533 kilogr. 63,316 2,631,819 623,276 60,016 63,080 kilogr. 1 97,36l 3,2 6 5,6 0 5 180,766 2,855 53,087 kilogr. 10,177 3,585,70.5 617,602 36 195,6.52 kilogr. 202,098 5,225,256 207,205 8,321 157,061
- 6,526,996 3,o6 i,5o3 3,679,652 6,208,770 5^799^'1
- 8,597,696 5,768,661 6,181,815 5,387,226 5,277,966
- PAYS DE PROVENANCE. 1892. 1893. 189û. 1895. 1896.
- Angleterre Indes anglaises Indes hollandaises Indo Chine française Autres pays Quantités Valeur kilogr. 160,535 5,533,55g 96,659 1,179,339 103,667 kilogr. 1 02,662 2,676,662 352,627 i,558,5go 156,090 kilogr. 1 2.8,635 2,727,638 1 1 1,678,97° 1 22,3l 6 kilogr. 90,891 3,127,509 g8,5oo 1,623,73/1 92,988 kilogr. 1 63,526 2,997,681 // 1,609,606 3i 2,2.59
- 7,073,359 6,866,211 6,6.57,568 5,o33,622 6,862,868
- 5,375,753 5,281,768 6,011,811 6,629,587 6,13 3,6 3 8
- 3° PIMENT.
- (De ta familie des solauées.)
- Piment des jardins, corail des jardins, poivre de l’Inde, poivre de Guinée (cap-sicum annuum).— Ce fruit, originaire des Indes, se rencontre aujourd’hui en Afrique, en Amérique, en Espagne, dans le Midi de la France,
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- Le capsicum annuum est une plante herbacée annuelle, haute de 3o à 35 centimètres; la baie sèche quelle produit est de forme et de volume variables, suivant les espèces, mais ordinairement grosse et longue comme le pouce, conique, un peu recourbée à l’extrémité, lisse et luisante, verte avant sa maturité, puis devenant d’un rouge éclatant.
- Ce piment, très employé dans nos contrées, présente déjà beaucoup d’âcreté, mais bien moins cependant que les deux espèces suivantes : le piment de Cayenne (capsicum frutescens) et le piment de l’ile Maurice.
- Le premier est fouge ou verdâtre suivant qu’il a été cueilli au moment de sa maturité ou avant, long de 20 à 3o millimètres, large de 7 à p millimètres; le second est un peu plus petit. Ils sont l’un et l’autre d’une âcreté pour ainsi dire insupportable, et cependant dans les pays interlropicaux les habitants en font une consommation énorme, les nègres les mangent même crus.
- Aux pavillons de la Martinique, de la Guyane, de Tîle Maurice, de Bourbon, de la Guinée française, plusieurs variétés de piments étaient exposées; mais la collection la plus complète de ces fruits, notamment du genre capsicum frutescens, était exposée au pavillon des forêts, dans la vitrine de M. Coirre, oiion pouvait en voir diverses espèces importées directement et provenant de Cayenne, du Sénégal, de la Guinée, du Congo, de Madagascar, de Zanzibar, de la Réunion, du Tonkin et de la Nouvelle-Calédonie.
- M. Coirre en retire un principe actif, très énergique, qui, appliqué sur la peau, y produit une révulsion très vive, et y fait affluer le sang comme un sinapisme; mais la chaleur occasionnée est supportable, ce qui différencie ce produit du sinapisme; en outre, il n’attaque jamais l’épiderme.
- TABLEAU DU COMMERCE DE LA FRANCE EN 1899. IMPORTATIONS.
- PAYS DE PROVENANCE. COMMERCE GÉNÉRAL. COMMERCE SPÉCIAL.
- QUANTITÉS. VALEUR. QUANTITÉS. VALEUR.
- kilogr. francs. kilogr. francs.
- PIMENTS.
- Angleterre 54,9A6 // // il
- Espagne 6,0 3 4 u // il
- Possessions anglaises de l’Afrique occidentale. . . 22,328 u // II
- Etats-Unis 12,913 // il u
- Autres possessions anglaises 364,654 // U n
- Haïti 52,oo4 // // n
- Autres pays étrangers 19^39 // // u
- Totaux 582,018 452,2i5 71,953 61,162
- Colonies et pays de protectorat 7,356 6,253 i,84o 1,564
- Totaux généraux . 539,374 458,468 73,793 62,726
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- IMPORTATIONS EN FRANCE DE 1887 À 1896.
- QUANTITÉS. VALEUR.
- kilogr. francs.
- 1887 ......................................... 398,034 235,220
- 1888 ...................................... 318,3 6 4 229,222
- 1889 ......................................... 171,495 126,906
- 1890 ...................................... 238,525 186,o49
- 1891 ......................................... 447,963 ' 324,773
- 1892 ...................................... 238,417 171,660
- 1893 ......................................... 200,369 i36,25i
- 1894 ........................................ 323,282 219,832
- 1895 ........................................ 360,934 241,826
- 1896 ..................................... 324,309 201,072
- 4° TOUTE-ÉPICE.
- On appelle ainsi, ou encore piment des Anglais, poivre de la Jamaïque, le fruit du myrtuspimenta (myrtacées) desséché avant sa maturité. Il provient d’un arbre que l’on rencontre communément à la Jamaïque. Toutes ses parties sont aromatiques et utilisées sur place; le fruit seul est exporté. C’est une baie desséchée, grosse comme un petit pois, d’un gris rougeâtre, très rugueuse à sa surface; elle possède une odeur très forte et très agréable qui tient à la fois du girofle et de la cannelle, d’où son nom de toute-épice. Cette baie fournit à la distillation une huile essentielle de même goût et de même odeur qu’elle-même.
- 5° GIROFLE.
- Le giroflier, caryophyllus aromaticus (myrtacées), est un arbre originaire des îles Moluques, d’où il a passé dans l’île Bourbon en 1770,5 Cayenne deux ans plus tard, et de là dans nos autres colonies. Aujourd’hui on le rencontre dans toutes les régions chaudes; il commence à produire au bout de huit à dix ans.
- Le girofle du commerce, qui porte le nom vulgaire de clou de girofle, est la fleur cueillie avant que la corolle se soit détachée et lorsque les pétales encore soudés forment comme une tête ronde au-dessus du calice. Après dessiccation au soleil le girofle présente la coloration brune que nous lui connaissons.
- On en distingue trois sortes principales :
- i° Le girofle des Moluques, dit aussi girofle des Anglais;
- 20 Le girofle de Bourbon, qui est un peu pius petit;
- 3° Et celui de Cayenne, grêle, aigu, sec, noirâtre, moins aromatique et moins estimé.
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- Le girofle fournit à la distillation une huile volatile plus pesante que Peau, d’une consistance oléagineuse, d’une saveur caustique , incolore lorsqu’elle vient d’être préparée, mais se colorant fortement avec le temps, en présence de l’air et de la lumière.
- Celle que l’on rencontre dans le commerce se prépare principalement en Hollande ; elle est souvent falsifiée.
- On trouve encore dans le commerce, sous le nom de griffes de girojle, les pédoncules brisés qui supportaient les fleurs. Cette substance se présente sous la forme de petites branches menues et grisâtres, d’un goût et d’une odeur assez marqués; on l’emploie pour préparer l’essence de girofle.
- TABLEAU DU COMMERCE DE LA FRANCE EN 1899.
- IMPORTATIONS.
- PAYS DE PROVENANCE. COMMERCE POIDS. GÉNÉRAL. VALEUB. COMMERCE POIDS. SPÉCIAL. VALEUR.
- kilogr. francs. kilogr. francs.
- CLOUS DE GIROFLE.
- Angleterre 56,610 // // //
- Possessions anglaises d’Afrique orientale 533,952 // // //
- Autres pays étrangers 26,398 // U //
- Totaux 615,960 554,364 1.399 1,25g
- Nossi-Bé 82,000 // // n
- Madagascar et dépendances 17,473 // // H
- Autres colonies et pays de protectorat 4,744 // // //
- Totaux 104,217 93>795 1 5,223 13,701
- Totaux généraux 720,177 648,159 16,622 14,960
- GRIFFES DE GIROFLE.
- Angleterre 960 N // //
- Possessions anglaises d’Afrique orientale 95,393 11 // a
- Totaux 96,343 48,172 10 5
- Colonies et pays de protectorat 986 4g3 1,01 1 5o6
- 97’3a9 48,665 1,021 * 511
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- IMPORTATIONS EN FRANCE DE 1887 À 1896.
- • ANNÉES.
- SAINTE-MARIE
- AUTRES
- QUANTITÉS.
- AFRIQUE.
- VALEURS.
- DE MADAGASCAR.
- PAYS.
- francs.
- CLOUS.
- 2,019
- EXPORTATIONS DE NOS COLONIES EN 1898.
- QUANTITÉS. VALEUR.
- kilogr. francs.
- Martinique 114 924
- . ( Clous 12,2/18 8,574
- Reunion . . < n ( Cnlles 1,026 154
- „ , ( 1897 u 48,i 47
- Madagascar 1 u i6,38o
- Totaux i3,388 74,179
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
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- 6° CANNELLE.
- On distingue deux sortes principales d’écorces de cannelle : celles de Ceylan et celles de Chine.
- Cannelle de Ceylan. — Cette cannelle, produite par le cinnamomum zeylanicum (lau-rinées), provient de Pile de Ceylan; c’est la plus estimée.
- Elle se présente en cylindres, dont la longueur atteint jusqu’à 1 mètre, formés cl’écorces enroulées les unes dans les autres; l’épaisseur de chaque écorce est de un quart de millimètre. La surface extérieure est d’un fauve pâle, marquée d’empreintes arrondies; la face interne, de couleur plus foncée, presque brune.
- La cannelle de Ceylan présente une odeur franche, une saveur un peu sucrée, chaude, très aromatique et très fine. C’est principalement dans les environs de Colombo que croît le cannellier; bien exposé, il peut donner son écorce au bout de cinq ans, sinon il faut attendre huit ou dix ans; sa production dure jusqu’à trente ans à raison de deux récoltes par an. Pour procéder à cette récolte, on coupe les branches de plus de trois ans, lorsqu’elles ont l’apparence voulue, et on détache avec un couteau l’épi-sperme grisâtre qui les recouvre; l’écorce est ensuite fendue longitudinalement et séparée du bois; les plus petits tubes sont insérés dans les plus grands et on fait sécher le tout au soleil.
- Le cannellier a été transplanté dans de nombreuses régions, aux Indes anglaises et hollandaises, aux Antilles, au Brésil, aux Guyanes; les produits que donne chaque pays ont d’autant plus de valeur et sont d’autant plus recherchés qu’ils se rapprochent davantage de la cannelle de Ceylan.
- On retire de la cannelle et des feuilles du cannellier, par distillation, une huile essentielle utilisée en parfumerie et en médecine; l’écorce en contient près de 1 p. 100. Ce produit donne lieu à Ceylan à un important commerce; son importation pour l’Allemagne et les Etats-Unis s’élève annuellement, d’après les dernières statistiques, à 77,796 onces d’huile d’écorce de cannelle, d’une valeur de 43,558 roupies, et 9/1,720 onces d’huile essentielle de feuilles de cannelle d’une valeur de 14,8 51 roupies.
- L’écorce de cannelle atteignait autrefois des prix très élevés, mais les productions de la Chine et du Malabar ont fait baisser les cours; la cannelle de Ceylan se vend aujourd’hui de 2 francs à 2 fr. 5o le kilogramme, en bonne qualité.
- En 1898, l’exportation de Ceylan s’est élevée à 1,365,000 kilogrammes d’écorce, 777,880 kilogrammes de débris, représentant, avec les essences dont nous venons de parler, une valeur totale de plus de 4 millions de francs. Les plantations de cannellier couvrent, paraît-il, dans cette île plus de 17,000 hectares.
- Cannelle de Chine. —> Elle est produite par le laurus cassia, cassia lignea (laurinées) et provient principalement de Chine et de nos possessions d’Indô-Chirte.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Ce produit se présente en cylindres moins longs que ceux de la cannelle de Ceylan, formés d’une seule écorce enroulée, d’une épaisseur d’un millimètre au moins. La couleur extérieure est d’un fauve beaucoup plus foncé; la face interne est brunâtre; son odeur beaucoup moins fine et moins agréable que celle de la cannelle de Ceylan ; sa saveur moins douce, moins aromatique, un peu mucilagineuse et acerbe. Elle contient i p. îoo d’une essence également moins suave.
- COMMERCE DE LA. CANNELLE EN FRANCE EN 1899. IMPORTATIONS.
- PAYS DE PROVENANCE. COMMERCE QUANTITÉS. GÉNÉRAL. VALEUR. COMMERCE QUANTITÉS. SPÉCIAL. VALEUR.
- kilogr. francs. kilogr. francs.
- CANNELLE DE TOUTE ESPECE.
- Angleterre 12,911 fl // If
- Belgique i5,686 fl fl //
- Indes anglaises 133,i88 U U n
- Chine 35,7o5 n n n
- Autres pays étrangers 8,686 u // fl
- Totaux 205,976 226,573 51,122 56,236
- Indo-Chine 18,387 // fl fl
- Autres colonies et pays de protectorat 5io // n U
- Totaux 18,897 20,787 967 O
- Totaux généraux 226,873 267,360 52,069 57,276
- CASSIA LIGNEA.
- Indes anglaises 13,372 // // //
- Chine 9>978 // n //
- Autres pays étrangers 11,726 n U fl
- Totaux 36,376 27,501 26,027 19,222
- EXPORTATIONS DE NOS COLONIES EN 1896.
- Martinique.............
- Cochinchine et Cambodge
- Annam..................
- Tonkin.................
- QUANTITÉS. VALEUR,
- kilogr. francs.
- 586 2,168
- 7 5o
- 286,658 1,117,866
- 21,626 30,891
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- 579
- IMPORTATIONS EN FRANCE DE 1887 À 1896.
- ANNÉES. ANGLETERRE. PAYS DE PR INDES ANGLAISES. OVENANCE. CHINE. AUTRES PAYS. TOT) QUANTITÉS. iUX. VALEURS.
- kilogr. kilogr. kilogr. kilogr. kilogr. francs.
- CANNELLE DE TOUTE ESPÈCE.
- 1887 13,539 150,219 44,871 24,602 233,231 139,939
- 1888 1 5,894 232,242 30,962 35,464 3i4,56ü 188,737
- 1889 47,284 100,088 5,932 33,6o4 186,908 108,407
- 1890 77,867 87,924 29,965 3 5,85 7 23i,6i3 i43,6oo
- 1891 1 6,24i 99-595 80,057 44,520 24o,4 13 i44,248
- 1892 i2,o48 1 i8,i52 i53,38o 3o,248 3i3,828 188,296
- 1893 i5,58o 132/176 5o,8i4 34,o34 232,904 i63,o33
- 1894 44,465 28,165 89,528 11,120 173,478 124, go4
- 1895 37,443 43,789 97,6°3 19,043 197,878 168,196
- 1896 37<737 51,5 4 2 10/l,659 28,146 222,o84 186,55i
- CASSIA LIGNEÀ.
- 1887 // // fl n 125,370 126,370
- 1888 // 11 // n i5i,235 i5i,235
- 1889 H u // u 7,383 7,383
- 1890 II // // n 46,453 46,453
- 1891 // n u n 65,566 65,566
- 1892 // n n n 71,060 71,060
- 1893 II u u H 36,660 32,994
- 1894 n n n n 14,133 1 i,3o6
- 1895 H n n n 1 39,320 111,455
- 1896 // n u n 8g,i5o 71,320
- 7° CARDAMOMES.
- La famille des amomacées fournit un certain nombre de fruits (capsules) contenant des semences aromatiques. Voici les principales espèces:
- Petit cardamome du Malabar (cardamomum minus). — Coques ovoïdes triangulaires , longues de î à 2 centimètres, larges de 7 à 12 millimètres, contenant une vingtaine de graines; c’est la sorte la plus estimée. Elle croît aux Indes, au Malabar, aux tles Nicobar, dans le golfe du Bengale.
- Cardamome de Geylan (cardamomum longum). — Espèce moins estimée, sa capsule est longue de 3 à A centimètres, large de 7 à 10 millimètres ; la saveur est moins
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- fine, moins aromatique. Elle est fournie par Yelettaria major, qui croît spontanément à Ceylan.
- En 1898 il a été exporté de cette île 3y3,ooo kilogrammes de ce fruit, d’une valeur déclarée de 1,562,89/1 francs.
- Cardamome de Siam amome en grappes ( cardamomum racemosum, amomum cardomo-mum). — Cette plante croit au Siam ; ses capsules sont globuleuses, à trois angles très légèrement marqués, et comme formées de trois coques soudées ensemble; leur diamètre atteint 11 à 1 5 millimètres; elles ont une odeur et une saveur camphrées. Chaque loge de la capsule contient 9012 graines. Le Laos fait commerce de ce produit, mais beaucoup moins que le pays de Siam. Voici le tableau des exportations de cette dernière contrée.
- 1895
- 1896
- 1897
- 1898
- 1899
- QUANTITES. VALEUR.
- piculs. dollars.
- 9 ->979 71,098
- 1 ,6 1 2 4o,oo3
- 2,38a 67,707
- i,oG5 Æ5,7Ô3
- a,i35 81,135
- (Le picul équivaut à Go kilogr. 600.)
- Cardamome ailé de Java (cardamomum majusj— Cette sorte est fournie par Y amomum maximum, et vient des Indes orientales et des îles de l’archipel Indien.
- Les capsules ovoïdes arrondies ont de 2 cent. 5 à 3 centimètres de longueur et de ia2 centimètres de largeur; elles sont marquées vers le haut par 9 à 13 côtes; leur saveur térébinthacée et camphrée n’est ni âcre ni brûlante.
- COMMERCE DE LA FRANCE EN 1899.
- IMPORTATIONS.
- PAYS DE PROVENANCE. COMMERCE QUANTITÉS. GÉNÉRA^. VALËUR. COMMERCE QUANTITÉS. SPÉCIAL. VALEUR.
- kilogr. francs. kilogr. francs.
- AM0MES ET CARDAMOMES.
- Angleterre l4,753 // // fl
- Autres pays étrangers 3,567 // II II
- Totaux l8,320 166,880 3,763 33,687
- Indo-Chiné 9*7*7 87,723 2 18
- Totaux généra.x t> O O CO « a52,6o3 3,765 33,705
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- 581
- IMPORTATIONS EN FRANCE DE 1887 A 1896.
- QUANTITÉS. VALEUR.
- kiiogr. francs.
- 1887 .............................................. 10,876 65,256
- 1888 .............................................. 3,832 22,922
- 1889 .............................................. 5,833 26,2/19
- 1890 ............................................. 13,712 61,70/1
- 1891 ............................................. io,256 46,i52
- 1892 ............................................. 10,637 47,866
- 1893 ............................................... 9/29 37,716
- 1894 ............................................. 12,844 46,238
- 1895 .............................................. 9,56o 66,920
- 1896 .............................................. 6,987 62,883
- EXPORTATIONS DE NOS COLONIES EN 1 899.
- QUANTITÉS. VALEUR,
- kilogr. francs.
- Cochinchme et Cambodge.......................... n4,6io 3o6,868
- Annam............................................ 9,646 4,914
- Tonkin.......................................... 66/121 49,293
- 8° MANIGUETTE, GRAINE DE PARADIS.
- Les graines de paradis (cardamomum piperatum) sont produites par Xamomum granum paradisi (amomacées), plante originaire du Soudan et de la Guinée, qui a été transportée notamment à la Guyane.
- On en distingue deux espèces principales :
- La maniguette d’Acra, dont les graines sont grosses, fortes, verruqueuses; c’est la plus estimée, celle dont la saveur a le plus de finesse;
- La maniguette de Sierra-Leone, plus petite, de saveur plus forte, moins agréable. C’est la plus répandue.
- On utilise ce produit particulièrement pour donner de la force au vinaigre.
- 9° GINGEMBRE.
- Le gingembre est un rhizome aplati fourni par le zinziber officinale (amomacées), originaire du sud de l’Asie et se rencontrant aujourd’hui dans toutes les régions tropicales du globe, au Mexique, à la Guyane, aux Antilles et à la Jamaïque, en Guinée française, à Pile Saint-Thomas.
- Le gingembre a une odeur aromatique agréable, une saveur piquante; on en trouve dans le commerce quatre sortes principales :
- Le gingembre noir ou des Barbades. Ce produit a été soumis à l’action de l’eau Gn. IX. — Gr. 54. 4o
- tUriUMUUE NAflUXU.fe.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- chaude, il se présente recouvert de son écorce extérieure qui est devenue de couleur gris brun;
- Le gingembre de Chine, en beaux morceaux, à cassure nette et brillante, recouvert de son écorce;
- Le gingembre gris ou du Bengale, qui n’est dépouillé de son écorce fauve que sur les faces;
- Et \e gingembre blanc, mondé de son écorce, en gros morceaux allongés, plus plats, plus ramifiés que le gingembre gris. Ce produit se trouvant dépouillé de sa partie extérieure qui est la plus active, présente une saveur moins piquante. Les Etats-Unis et l’Angleterre font une grande consommation de cette épice; on fabrique également avec son rhizome, dans les colonies anglaises, une bière dite bière de gingembre.
- Tous les produits dont nous venons de parler faisaient l’objet d’expositions plus ou moins importantes de la part des pays producteurs, mais nous devons une mention toute spéciale aux superbes cannelles exposées par le Comité de l’ile de Ceylan, le gouvernement des Indes anglaises et le gouvernement des Indes hollandaises.
- La Chine et TIndo-Chine nous ont également présenté de très beaux produits; enfin, au pavillon des forêts nous devons signaler les échantillons exposés par la Pharmacie Centrale de France (grand prix), par MM. Delage (médaille d’or), Fameiart (médaille d’or), et par M. Bélières, directeur de la Pharmacie Normale de Paris (hors concours).
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
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- QUATRIÈME PARTIE.
- PLANTES, racines, écorces, feuilles,
- FRUITS OBTENUS SANS CULTURE ET UTILISÉS POUR LA PHARMACIE ET L’HERBORISTERIE, LA TEINTURE, LA FABRICATION DU PAPIER, LA FABRICATION DE L’HUILE OU D’AUTRES USAGES.
- Nous diviserons cette quatrième partie en sept paragraphes qui comprendront ce qui a trait, le icr à la pharmacie et l’herboristerie, le 2 e à la teinture, le 3e à la fabrication du papier, le he à la fabrication de l’huile, le 5e aux autres usages; dans le 6e, nous passerons en revue les principales expositions, et dans le 70 nous donnerons quelques renseignements statistiques.
- I. — PHARMACIE, HERBORISTERIE.
- Les produits fournis à la pharmacie et à l’herboristerie par le règne végétal, racines, écorces, feuilles, fleurs et fruits, exposés soit au Pavillon des forêts, soit dans les palais étrangers ou de nos colonies, sont trop nombreux pour que nous puissions les passer tous successivement en revue; nous ne nous occuperons donc que des principaux, de ceux qui présentent le plus d’intérêt, soit au point de vue médical, soit au point de vue commercial. La première place revient incontestablement au quinquina, à qui nous devons une mention toute spéciale; nous suivrons ensuite pour les autres produits l’ordre alphabétique.
- Quinquina. — Les qualités fébrifuges du quinquina étaient connues déjà depuis longtemps des habitants de l’Amérique tropicale, lorsqu’en 1638 la guérison de la femme du vice-roi du Pérou, atteinte de fièvres rebelles, vint confirmer la valeur de ce médicament. Rentrée en Espagne, la vice-reine en fit connaître les vertus dans son entourage, d’où lui vint le nom de Poudre de la comtesse. Un peu plus tard, les Jésuites en propagèrent l’emploi, et elle prit alors le nom de Poudre des Jésuites. Peu à peu la réputation de ce médicament s’accrut, les travaux et recherches se multiplièrent et enfin, en 1820, deux savants pharmaciens français Pelletier et Caventou isolèrent la quinine, alcaloïde qui constitue le principe actif du quinquina.
- Un grand pas était fait : néanmoins, malgré tous les travaux publiés antérieurement sur le quinquina et ses effets, malgré les missions scientifiques confiées à des hommes éminents, tant en France qu’à l’étranger, et qui avaient attiré l’attention sur cet admirable agent thérapeutique, malgré les résultats tangibles que présentait la médication par la quinine, l’emploi de ce médicament ne s’était pas généralisé.
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- Ce n’cst qu’en 183 6, seize ans après la découverte de Pelletier et Caventou, qu’il se vulgarisa, grâce aux efforts du docteur Maillot et à la persévérance qu’il montra pour arriver à vaincre la routine et faire accepter le nouveau remède.
- Que de temps perdu avant d’arriver à ce résultat, que de personnes ont dû souffrir de cette lenteur! Aujourd’hui heureusement, il n’en serait plus ainsi, grâce aux journaux, revues et publications de toute nature, une telle nouvelle serait rapidement portée aux quatre coins du monde; grâce aux efforts que feraient les maisons que ces choses intéressent, et qui mettent à la disposition des médecins les produits nécessaires à leur expérimentation, les essais faits de toutes parts assureraient immédiatement à la quinine la place quelle a été si longue à conquérir.
- Qu’on nous pardonne cette digression, mais elle s’imposait devant les attaques intéressées de ceux qui, sans déplaisir, verraient disparaître du commerce ces produits universellement appréciés, qu’on appelle spécialités pharmaceutiques, dus aux essais, à la persévérance, aux efforts de leurs auteurs, répandus dans tout l’univers, et dont l’importance au point de vue commercial ne saurait échapper, car les statistiques accusent une exportation de plus de i5 millions de francs pour 1899. Encore ce chiffre est-il très approximatif, la valeur des produits exportés étant calculée simplement à raison de 5 francs le kilogramme, et cette estimation étant très au-dessous de la vérité.
- Les arhres et arbrisseaux qui donnent le quinquina croissent en abondance dans la. partie Ouest de l’Amérique du Sud, comprise entre le 1 oe degré de latitude Nord et le 19° degré de latitude Sud, c’est-à-dire au Vénézuéla, en Colombie, dans l’Equateur, le Pérou et la Bolivie. On les rencontre sur les lianes des Cordillières entre 1,200 et 3,ooo mètres d’altitude.
- Ces contrées fournissaient seules autrefois les écorces de quinquina, mais, dès 1854, les Hollandais firent des essais de culture à Java; après bien des tentatives et des tâtonnements, ils parvinrent enfin à résoudre le problème, et Ton peut dire que, depuis 1872, la prospérité des plantations de quinquina dans les Indes orientales hollandaises n’a fait que s’accroître; elle fournit aujourd’hui à peu près la moitié des écorces consommées.
- L’Angleterre, de son côté, ne restait pas inactive, et le savant directeur des jardins botaniques de Calcutta multipliait, en 1861, les essais de plantations dans les parties des Indes anglaises où l’altitude le permettait.
- Un peu plus tard, Tîle de Ceylan, qui voyait ses cultures de café détruites par l’invasion d’un champignon, Yhemeleia vastatrix, a trouvé dans les plantations de quinquina un nouvel élément de prospérité. La récolte, nulle en 1877, dépassa de 1 8S4 à 1888, 13,ooo,ooo de livres d’écorces, ou plus de la moitié de la quantité produite dans tout le monde. Mais l’abondance de là production fit baisser les cours; de h francs le kilogramme en 1888, les prix tombèrent à cinquante ou soixante centimes en 1890, aussi les colons de Ceylan abandonnèrent-ils cette culture pour s’adonner d’abord à
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- celle du cocotier, puis finalement du thé, qui fait aujourd’hui la fortune de cette île. Dans les Indes anglaises, au contraire, la culture du quinquina a continué à se développer, et ce pays en fait toujours un commerce considérable.
- Dans quelques autres contrées on a également créé des plantations de quinquina, à la Jamaïque, à la Trinité, à la Réunion, à San Thomé, qui produisent des quantités plus ou moins considérables d’écorces de quinquina. Enfin les pays d’Amérique, producteurs d’origine, ont eux aussi compris la nécessité qui s’imposait de remplacer les sujets disparaissant chaque jour par de nouvelles plantations, sous peine de voir tarir à bref délai la source de leurs bénéfices.
- Par la création de nouveaux centres de production, le commerce des quinquinas s’est profondément modifié depuis quelques années; au début, on ne connaissait et on ne voulait entendre parler que des espèces américaines, quinquina Loxa, Huanuco, Guaya-quil, Maracdibo, Pitayo, de la Nouvelle Grenade, etc., et leur provenance servait à les distinguer, chaque contrée exportant principalement une sorte spéciale. Aujourd’hui, il n’en est plus de même, les nouveaux pays producteurs ayant planté sur leur sol les principales variétés des quinquinas d’Amérique et fournissant des produits analogues par leurs qualités et leur aspect à ceux du nouveau continent, bien qu’obtenus par culture.
- Les sortes principales de quinquina employées en médecine sont :
- i° Le quinquina Calysaya, quinquina jaune royal, du Cinchona calysaya (rubiacées); il se présente soit en écorces plates, mondées de leur périderme, uniformément fibreuses sur toute leur épaisseur, soit en écorces roulées recouvertes de leur périderme grisâtre, profondément crevassé; c’est sous cette dernière forme qu’on trouve dans le commerce les quinquinas Calysaya des Indes et de Java, désignés sous le nom de Ledgeriana, Javanica ;
- 2° Le quinquina gris Huanuco, provenant des Cinchona mycrantha, nitida, peruviana; et le quinquina gris de Loxa, donné par le Cinchona ojjîcinalis. Ils se présentent Tun et l’autre en écorces roulées, dont le périderme est marqué de fentes nombreuses, fines et régulièrement espacées;
- 3° Le quinquina rouge, produit par le Cinchona succirubra, qui arrive dans le commerce en grosses écorces plates, d’un brun rougeâtre souvent verruqueuses à la surface, ou en écorces minces roulées et cintrées, de couleur foncée, montrant souvent de petites verrues sur le périderme.
- La récolte du quinquina se fait, soit en coupant les arbres près du pied, et les souches donnent alors des rejets, soit en les déracinant, et, dans ce cas, Técorce des racines vient s’ajouter à la récolte. Quoi qu’il en soit, une fois Tarbre abattu, on débarrasse l’écorce du tronc de son périderme et on l’incise profondément jusqu’aux couches ligneuses, de manière à découper des plaques qui sont ensuite soulevées au couteau et séparées. Quant aux branches, on opère de même, mais sans enlever le périderme.
- Les écorces doivent alors être séchées avec le plus grand soin, pour conserver leur
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- qualité; à cet effet, on empile les plaques les unes sur les autres afin quelles se maintiennent plates, en variant les dispositions de manière à permettre à Pair de circuler librement, et tous les jours les piles sont étalées au soleil, puis reconstruites jusqu’à parfaite dessiccation.
- Les écorces des branches, beaucoup moins épaisses, et présentant la forme de cylindres creux, sont simplement exposées au soleil.
- Nous devons ajouter qu’aujourd’hui la dessiccation se fait principalement au moyen de séchoirs appropriés, dont la Société du traitement des quinquinas a reproduit un spécimen dans sa vitrine du Pavillon des forêts.
- Divers procédés ont été préconisés pour augmenter la teneur en alcaloïdes des écorces de quinquinas, notamment celui dénommé moussage, qui consiste à recouvrir de mousse le tronc des cinchonas cultivés; mais ils ont été finalement abandonnés.
- Les écorces de quinquinas en plaques ou rouleaux sont expédiées en Europe, soit en caisses, soit en surons (balles contenues dans des peaux de bœuf ayant le poil en dedans). Java fait également de très importants envois de quinquina en poudre, pour les fabriques de sels de quinine; cette poudre arrive à Amsterdam dans des sacs grossiers d’une contenance de 100 kilogrammes environ.
- Les principaux marchés se tiennent à Londres et à Amsterdam, mais surtout à Amsterdam, où Ton donne aux acheteurs toutes facilités pour se rendre compte de la qualité des marchandises et de leur teneur en quinine. Un mois avant la vente, des analyses officielles sont faites et publiées, que les amateurs peuvent contrôler; on met ensuite les balles en adjudication.
- Il a été ainsi vendu aux enchères, à Amsterdam :
- 1895 ................................................. 4,4i3,ooo kilogr.
- 1896 ................................................... 5,o4o,ooo
- 1897 . . . . ........................................... 4,217,000
- 1898 ................................................... 5,675,000
- 1899 ................................................... 5,700,000
- PLANTES DIVERSES.
- (Abréviations: PE. Parties employées. — A. Principe actif qu’elles contiennent, alcaloïde qu’on en relire.
- Pr. Principaux lieux de provenance.
- Aconit (aconitum Napellus, renonculacées). — PE. feuilles et racines. A. aconitine. Pr. France, Allemagne, Autriche. —L’aconitine qu’on emploie contre les névralgies est très toxique; la plante sauvage est plus active que celle obtenue par culture, et les racines ont également plus d’action que les feuilles.
- Arnica (arnica montana, synanthérées). — PE. fleurs, feuilles et racines. Pr. France et montagnes d’Europe. Fébrifuge, vulnéraire.
- Argémone, chicalote au Mexique (argemone mesçicana, papaveracées). — Renferme
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
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- un suc jaune caustique; les fleurs sont employées comme somnifères; les graines sont réputées vomitives; leur huile purge à la dose de i5 à So gouttes; elle pourrait être employée en peinture étant très siccative et moins colorée que l’huile de lin. Pr. Mexique, Indes, Afrique.
- Belladone (atropa belladona, solanées). — PE. feuilles et racines. A. atropine, très toxique, action hyposthénisante, dilate la pupille. Pr. France, Allemagne, Autriche.
- Boldo (pnemnus boUo, monimiacées). — PE. feuilles. A. boldine. Pr. Chili. — S’emploie contre les affections du foie et les coliques néphrétiques.
- Camomille (anthémis nobilis, synanthérées). — PE. capitules. Pr. Environs de Paris, Aisne, Nord, Maine-et-Loire. Stomachique.
- Caneficier (cassia jistula, légumineuses). —PE. fruit (appelé casse). Constitué par une gousse longue de i5 à 5o centimètres, épaisse de 2 à 3 centimètres; les loges qu’elle contient renferment chacune une graine entourée d’une pulpe noirâtre, sucrée, un peu aigrelette, qui seule est utilisée comme purgatif. Pr. Originaire d’Ethiopie, s’est répandu en Egypte, en Arabie, aux Indes, aux Antilles. — Les fruits qui nous arrivent sont en général de cette dernière provenance.
- Cannelle de Geylan. (Voir page 677.)
- Cascara Sagrada (rhamnus purshiana, rahmnacées), arbuste. — PE. Ecorce. — Cette plante contient un principe laxatif qui produit de très bons effets dans le traitement de la constipation. Elle croît en Amérique sur les côtes de l’océan Pacifique. Depuis peu M. Leprince, membre du Jury de la Classe .54, hors concours, en a introduit la culture en France. Les essais paraissent avoir très bien réussi, et il a exposé dans sa vitrine un pied vivant de Rhamnus purshiana. Divers travaux ont été publiés sur la Cascara Sagrada, par M. Leprince ainsi que par M. Limousin, exposant également de la Classe 54 (médaille d’or).
- Cévadille (veralrum officinale, colchicacées). — PE. fruits (capsule). A. vératrine, purge violemment, préconisée contre le rhumatisme articulaire aigu. Pr. Mexique.
- Coca (erythroxylon Coca, érythroxylées). — PE. feuilles. A. cocaïne. Pr. Pérou, Chili. — Dans ces contrées, cette plante joue le même rôle que la kola dans l’Ouest africain. Les habitants préparent avec les feuilles de coca et de la chaux une pâte qu’ils mâchent et qui leur permet de résister à la faim et à la fatigue. Sans rechercher si la coca constitue un médicament d’épargne, comme le thé, le café, la kola, ou agit simplement en anesthésiant l’estomac, il est constant que la cocaïne jouit de propriétés anesthésiques utilisées en oculistique, dans la petite chirurgie et l’art dentaire. Les solutions de sels de cocaïne sont sujettes à s’altérer rapidement.
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- Colombo (cocculus palmatus, menispermées). — PE. racines. Pr. Côtes orientales d’Afrique et Madagascar. —Tonique, stomachique.
- Colchique (colchicuin autumnale, colchicacées). — PE. bulbes et semences. A. col-chicine. Pr. Environs de Paris, Aisne, Cévennes. — S’emploie contre la goutte et les rhumatismes.
- Coloquinte (cucumis colocynthis, cucurbitacées). — PE. fruit. Pr. Levant, Espagne, îles de Grèce, côtes d’Afrique. — Purgatif drastique très violent.
- Condurango (conolobus condurango, asclepiadées).— PE. Ecorce. Pr. Equateur. — Calmant de l’estomac. Cette plante a été l’objet d’une étude complète de la part de M. Rocquillon-Limousin, exposant de la Classe 5ô (médaille d’or), qui nous présente dans sa vitrine des échantillons de cette plante de provenance directe. (Voir Etude du Condurango. Imprimerie Régnault, Paris, i8q8.)
- Coque du Levant (cocculus menispermus, menispermacées). — PE. fruit (coque). A. picrotoxine. Pr. Indes. — Poison stupéfiant. S’emploie dans l’épilepsie.
- Cousso (braijera antliclminthica, rosacées). — P E. sommités', fleurs. Pr. Abyssinie. — Ténifuge.
- Groton tiglium, graines de tilly, petit pignon d’Inde (croton tiglium, euphorbia-cées). — PE. huile tirée des semences. Pr. Iles Moluques, Ceylan, Chine. — Révulsif énergique.
- Digitale (digitalis purpurea, scrofulariées), plante bisannuelle. — PE. feuilles récoltées pendant la deuxième année. A. digitaline. Pr. Europe et en France dans les départements de l’Aisne, des Vosges, les Cévennes, les Alpes, en Rretagne et dans les départements du midi. — On utilise la plante sauvage et la plante cultivée. — Diminue le nombre de pulsations du cœur et ralentit la circulation. Diurétique puissant.
- Ergot de seigle (état imparfait du claviceps purpurea, champignon). — P E. ergot. A. ergotine, ergotinine. Pr. France, Europe, Russie. — S’emploie surtout en obstétrique.
- Eucalyptus (eucalyptus globulus, myrtacées). — PE. feuilles. A. eucalyptol. Pr. Nouvelle-Calédonie, Australie, Algérie, Corse, Italie, Espagne, France, Guyane, Sénégal, etc. — Fébrifuge, stomachique. Propagé dans les pays marécageux pour les assainir.
- Fève de Galabar (physostigma venenosum, légumineuses). — PE. semence. A. Esé-rine (très toxique). Pr. Afrique tropicale, Guinée. — Contracte la pupille. Employée contre le tétanos, l’épilepsie, la chorée, la paralysie agitante. C’est le poison d’épreuve des nègres.
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
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- Fève de Saint-Ignace (strychos ignatia, loganiacées).— P E. semence. A. strychnine, brucine, igasurine. Pr. Philippines, Cochinchine, Indes orientales. — Entre dans la composition des gouttes amères de Beaumé.
- Galles. — On nomme ainsi des productions anormales qu’on rencontre dans un grand nombre de plantes, à la suite de piqûres d’insectes. Sous cette influence, les sucs de la plante affluent vers la partie piquée et les tissus prennent un développement exagéré qui leur donne, en même temps que des formes extérieures particulières, une abondance considérable de certains principes actifs, particulièrement du tanin.
- Les noix de Galle varient suivant le végétal et la partie du végétal sur laquelle elles se développent (bourgeon, feuille, inflorescence, fruit), et selon l’espèce de Tinsecte qui leur donne naissance.
- Il en existe donc de nombreuses espèces.
- La plus recherchée est la noix de Galle d’Alep. Elle se forme par la piqûre du cy-nips Gallœ tinctoriœ, insecte hyménoptère, sur les bourgeons du quercus infectoria, arbrisseau tortueux de 1 m. 3o à 1 m. 60 de hauteur, très répandu en Asie-Mineure.
- Après que l’insecte a attaqué une partie tendre du végétal et y a déposé ses œufs, la galle se forme. Vers la fin de juillet, le jeune insecte ayant accompli sa métamorphose, perfore sa prison et s’échappe. Mais comme les galles sont plus estimées lorsqu’elles contiennent encore Tinsecte, on fait généralement la récolte au commencement de juillet.
- Dans le commerce, ces noix de Galle, de la grosseur d’une noisette, se présentent sous forme de corps globuleux pyriformes, hérissés de tubérosités nombreuses. Lorsqu’elles ne sont pas perforées, elles sont colorées en vert olive et lourdes, ce sont les galles dites vertes, bleues ou noires, tandis qu’après la sortie de l’insecte elles sont plus légères et ont une teinte brun-jaunâtre, presque blanchâtre, qui les fait appeler galles blanches.
- Elles contiennent une quantité considérable (60 à 70 p. 100) de tanin, puissant astringent.
- Les galles de Smyrne sont un peu plus grosses, moins denses, et mêlées de beaucoup de galles blanches ; aussi sont-elles moins estimées.
- On trouve également dans le commerce la galle de Chine produite par la piqûre de Yaphis chinensis sur le rhus semi-alata (térébinthacées). Elles viennent de la Chine et du Japon. Leur forme est extrêmement irrégulière et assez variable, de même que leurs dimensions. Elles sont souvent oblongues ou obovoïdes, rétrécies à la base, longues de 3 ou 7 centimètres sur 2 à k centimètres de largeur. Parfois elles sont couvertes de protubérances ou même formées de plusieurs parties, comme de rameaux divergeant en éventail.
- Leur teneur en tanin est égale à celle des galles d’Alep.
- Nous signalerons encore la galle de Hongrie, de forme très irrégulière, qui se développe sur le gland du chêne ordinaire (quercus robur) \ la galle corniculée dans laquelle
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- vivent plusieurs insectes, chacun séparément et dans une cavité spéciale; la galle en artichaut cpi’on trouve en France ainsi que la galle ronde de l’yeuse sur le quercus ilex dans le Midi; la galle du chêne rouvre, la galle en cerise ou en grain de groseille des chênes de nos contrées ; la pomme de chêne produite dans la Gironde et les Landes par le quercus pjjrenàica et en Angleterre par le (quercus pedunculata. Cette pomme sphérique est de la grosseur d’une prune. Toutes ces galles renferment du tanin en plus ou moins grande quantité.
- Enfin on voit également se développer des excroissances de même nature sur d’autres arhres que les chênes et sumacs, notamment l’orme, le peuplier, le pistachier, etc.
- Garou (daphne gnidium, thymelées). — PE. écorce. Pr. Midi de la France. — Vésicant.
- Gentiane (gentania lutea, gentianées). — PE. racines. Pr. Parties montagneuses de l’Europe, France. — Tonique, fébrifuge, stomachique.
- Globularia (glohu farta ahjqmm, globulariées).— PE. feuilles. Pr. Midi de la France, Provence. Languedoc. —Employée contre le rhumatisme, la goutte. Ce végétal a été spécialement étudié par les professeurs Heckel et Schlagdenhauffen de Marseille, et M. Nitot (médaille d’argent), qui nous présente dans sa vitrine des échantillons de cette plante.
- Grenadier (punica granaium, myrtacées). — PE. fleurs, écorces de l’arbre et de la racine. A. pelletiérine. Pr. Midi de l’Europe. — Les fleurs sont astringentes, les racines ténifuges. La pelletiérine, ainsi nommée en l’honneur de Pelletier (qui avait isolé la quinine), est due aux travaux de M. Tanret.
- Ipecacuanha annelé mineur (cephœlis ipecacuanha, rubiacées). — PE. racines. A. émétine. Pr. Brésil, Colombie. — Propriétés vomitives.
- Le cephœlis ipecacuanha est un tout petit arbrisseau de 3o centimètres de haut, dont la partie inférieure est une sorte de rhizome donnant naissance aux racines qui constituent le médicament et qui selon leur grosseur, leur couleur, le pays d’où elles viennent, forment les diverses variétés du commerce.
- Au Brésil, pour récolter la racine, l’indigène saisit d’une main la tige tandis que de l’autre il enfonce sous sa base un bâton pointu, auquel il fait subir un mouvement de bascule. Il détache la plante, sépare les racines et les fait sécher. Une seule personne peut recueillir 5 à 6 kilogrammes de racine par jour, perdant 5o p. îoo par la dessiccation. On l’expédie en Europe en surons.
- Il existe trois espèces principales d'ipecacuanha :
- L’officinale, cephœlis ipecacuanha, qui croît au Brésil.
- L'ipecacuanha annelé majeur, portant dans le commerce le nom d’ipecacuanha de Car-thagène, Colombie (expédié en caisses ou en tonneaux).
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- Uipecacuanha ondulé du Richardsoma brasiliana, croissant dans les environs de Rio-de-Janeiro.
- On rencontre en outre au Brésil, à la Guyane et dans d’autres contrées, des plantes plus ou moins voisines, également émétiques, communément appelées ipecacuanha dans les pays producteurs, et généralement employées sur place.
- Jaborandi (pilocarpus pennatifolius, rut'acées). — PE. feuilles. A. pilocarpine. Pr. Brésil. — Sudorifique. La pilocarpine est employée en oculistique, elle fait contracter la pupille.
- Jalap (exogonium jalapa, convolvulacées). — PE. racine. Pr. Mexique. — Purgatif drastique. On emploie aussi la résine de jalap, que l’on obtient en traitant la racine par l’alcool, puis en précipitant par l’eau et faisant sécher à l’étuve la résine obtenue.
- Jusquiame noire (hyosciasmus niger, solanées). —PE. feuilles, racines, semences (ces dernières ont le plus d’activité). A. hyosciamine. Pr. France. — Narcotique. L’hyos-ciamine est un alcaloïde très voisin de l’atropine (de la belladone) et produisant les mêmes effets.
- Kola (voir ce que nous avons dit page 0/12).
- Labiées. — Cette famille botanique fournit à la pharmacie et à l’herboristerie de nombreuses espèces généralement aromatiques qui croissent dans toutes les parties du monde et sont très abondantes en France. On utilise soit les fleurs, soit la plante. Les plus employées sont : la menthe, la lavande, le thym, Thysope, la mélisse, la sauge, le romarin, Tortie blanche, le lierre terrestre, le marrube blanc, l’origan, la marjolaine, la germandrée, le dictame, la sarriette, la bétoine, la ballote, etc.
- Lin(/mwm usitatissimum, linacées). — PE. semences. Pr. plante très répandue, notamment en Algérie. — La farine de la graine de lin forme la base de la plupart des cataplasmes à cause des principes mucilagineux quelle contient.
- Manne (provient du frêne, fraxinus ornus, oléacées). — Laxatif doux.
- La manne est un suc concret sucré, dont la couleur varie avec l’époque de Tannée où on la récolte.
- Les frênes la fournissent spontanément ou par incision, celle que nous trouvons dans le commerce provient d’incisions pratiquées en juillet, août et septembre.
- On en rencontre trois sortes :
- 10 La manne en larmes, qui vient de Sicile, est en morceaux irréguliers, aplatis ou stalactiformes, longs comme le doigt, blancs, poreux, cristallins, fragiles, d’odeur un peu nauséeuse, de saveur sucrée faible, un peu fade; elle jaunit et s’altère avec le temps; on la récolte pendant la saison chaude.
- 20 La manne en sorte, dont on distingue deux variétés, la manne Geracy, qui vient
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- de Sicile, la manne Capacy, qui vient de Calabre, et qui est la plus estimée. La manne en sorte est formée de petites larmes unies par une matière jaunâtre, molle et gluante; on la récolte en septembre et en octobre.
- 3° La manne grasse, qui est de la manne en sorte altérée par le temps et la fermentation; elle est molle, gluante, plus ou moins colorée, très impure.
- Indépendamment des mannes dont nous venons de parler, il en existe beaucoup d’autres plus ou moins analogues : la manne de Briançon, du Liban, du Sinaï, du Caucase, de Perse, d’Australie, la manne de terre de Madagascar, etc., provenant d’espèces botaniques variées.
- Matico (piper angustifolium, piperacées). — PE. feuilles. Pr. Bolivie et Haut-Pérou. — S’emploie dans la blennorragie.
- Moutarde noire (sinapis nigra, crucifères). — PE. graines. A. huile volatile douée d’un pouvoir révulsif et vésicant. Pr. Flandre, Picardie, Alsace. — La moutarde noire de cette dernière provenance est la plus estimée.
- La farine de moutarde sert à préparer les sinapismes.
- Ombellifères. — Cette famille botanique fournit à la pharmacie et à l’herboristerie notamment les fruits de Tanis vert, du fenouil, du cumin, du coriandre, de l’angélique, stomachiques carminatifs; les feuilles et fruits de la ciguë dont on. retire la cicutine, poison narcotique stupéfiant. Ces plantes sont très répandues.
- Pavot blanc (papa,ver album, papaveracées). — PE. capsule (narcotique léger). Pr. Environs de Paris, Ille-et-Vilaine, Anjou, nord de la France.
- Persil (apiurn sativum, ombellifères). —PE. semences. A. apiol. Pr. France, et autres pays.
- S’emploie dans la dysménorrhée.
- Pichi (fabiana imbricata, solanées). — PE. les rameaux. Pr. Pérou, Chili, République Argentine et environs de Marseille.
- Utilisée pour le traitement des maladies de l’appareil urinaire.
- Podophyllum (podophyllumpcllatum, berbéridées). — PE. rhizomes. Pr. Etats-Unis et Irlande.
- Purgatif doux très employé. On utilise principalement la résine obtenue en traitant les rhizomes par l’alcool et en précipitant par Peau la liqueur alcoolique concentrée.
- Poivre de cubèbe (piper cubeba, piperacées). — PE. fruit désséché, un peu plus gros que le poivre noir. Pr. Java, Malabar, Sumatra.
- S’emploie dans la blennorragie.
- Pyrèthre du Caucase [pyrethrum caucasicum). — PE. fleurs. Pr. Dalinatie.
- Les fleurs pulvérisées sont utilisées pour la destruction des insectes.
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- Quassie (quassia amara, simaroubées). —PE. bois, branches, racines. A. quassine. Pr. Guyane, Surinam.
- Très amer, tonique et fébrifuge.
- Ratanhia (krameira triandra, polygalées). — PE. racine. Pr. Pérou.
- Puissant astringent employé contre les hémorragies, la diarrhée, les écoulements muqueux.
- Des espèces voisines fournissent les ratanhias de Colombie, du Brésil, des Antilles, du Texas.
- Réglisse (glycyrrhiza glabra, légumineuses). — PE. racine. Pr. Espagne, Calabre, et en France dans l’Aisne, le Maine-et-Loire, la Touraine (Bourgueil), le Midi de la France (Bayonne).
- Edulcorant.
- Rhubarbe de Chine (rheum officinale, polygonées). — PE. souches. Pr. Chine, Perse, Europe.
- Laxatif.
- Elle se présente en morceaux plus ou moins réguliers, montrant sur la coupe transversale des taches étoilées au milieu de marbrures irrégulières; en outre, sur la surface cylindrique latérale, de nombreuses lignes blanches se croisant en mailles losangiques très fines.
- La rhubarbe de Chine, provenant du plateau central de ce pays, est expédiée de Canton en caisses doublées de fer-blanc, du poids de 3o à 60 kilogrammes.
- Les rhubarbes de France, d’Autriche, de Hongrie, d’Angleterre, rhubarbes indigènes ou rhapontics, sont produites par le rheurn rhaponticum, nndulatum, compactum, palma-tum, emodi;
- Ces rhubarbes très répandues dans le commerce, sont souvent substituées à celle de Chine, à laquelle elles sont inférieures.
- Ricin (ricinus commuais, euphorbiacées). — PE. graines. Pr. Afrique, Mexique, France.
- Purgatif.
- Cette plante originaire d’Afrique et de l’Inde, croît également en Amérique. Dans les régions chaudes, on la voit en arbres ou arbustes; dans les zones plus tempérées, dans le Midi de la France, c’est une herbe annuelle, vigoureuse.
- On trouve dans le commerce trois espèces de semences :
- Les ricins d’Amérique, longs de ih millimètres, sont les plus gros, leur couleur est foncée.
- Les ricins de France, n’ont que 9 millimètres, leur couleur est plus pâle.
- Les ricins du Sénégal, qui ont la couleur des premiers, et la dimension des seconds.
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- Safran (Crocus sativus, iridées). — PE. stigmates. Pr. France (Gâtinais), Espagne.
- Excitant, stimulant, emménagogue.
- Le safran, originaire du Levant, est cultivé en France dans le Gâtinais (Loiret) et dans les environs d’Orange et de Carpentras (Vaucluse) ; on le cultive également en Espagne; les produits du Gâtinais sont les plus estimés, puis viennent ceux d’Espagne. Le safran du Gâtinais est entièrement coloré en rouge, celui d’Espagne présente un mélange de filaments blancs et rouges, la partie inférieure des stigmates restant souvent incolore. Les stigmates seuls sont employés, et ils perdent les 4/5 de leur poids par la dessiccation.
- On a calculé qu’un hectare de terre consacré à la culture du safran ne donnait que 3,6oo à 4,ooo grammes de produit sec, et qu’il fallait i53,6oo fleurs pour obtenir i kilogramme de produit marchand.
- Cette culture exige donc une main-d’œuvre considérable tant pour la préparation du sol, qui doit être très soignée, la plantation des bulbes, les binages, que pour la récolte des fleurs, la séparation des stigmates, etc., et il faut encore ajouter que la fleur ne dure qu’un ou deux jours après son épanouissement, et que c’est pendant ce temps limité qu’il faut se hâter de la cueillir, de séparer les stigmates et de les faire sécher. On s’explique ainsi très bien que le safran soit toujours d’un prix élevé.
- Aussi est-il très souvent fraudé, notamment par l’adjonction de fleurons de carthame ou safran bâtard (carthamus tinctorinsy, mais leur forme différente permet de reconnaître cette falsification. Il en est de même en cas de mélange de pétales de différentes fleurs, souci, arnica, saponaire, coupés en languettes et colorés en rouge. Les brins de safran sont composés d’un style filiforme partagé à son extrémité en trois stigmates aplatis, creux, vides à l’intérieur, s’élargissant peu à peu en forme de cornet jusqu’à l’extrémité qui est comme bilabiée et frangée. Ces caractères apparaissent à l’œil nu, mais encore mieux à la loupe, et servent à reconnaître les fraudes.
- Salsepareille (smilax salsaparilla, medica, ojjicinalis, liliacées asparaginées). — PE. racines. Pr. contrées chaudes d’Asie, d’Afrique et d’Amérique.
- Stimulant, dépuratif.
- Les racines de salsepareille ont en moyenne la grosseur d’une plume à écrire; leur longueur atteint quelquefois deux mètres; elles sont généralement simples, sans ramifications marquées, munies parfois de fibrilles radicales. Leur surface est striée ou profondément ridée dans le sens longitudinal; elles offrent une grande résistance si on veut les couper transversalement, et se déchirent au contraire assez facilement dans l’autre sens. Leur couleur est variable, du jaune rougeâtre au brun presque noir.
- Les caractères de structure interne permettent surtout de distinguer les diverses sortes.
- On trouve dans le commerce les principales espèces suivantes :
- i° La salsepareille du Mexique (Vera-Cruz, Della-Conta, Tuspan, Tampico), qu’on désigne en France sous le nom de Honduras, rapportée au smilax medica. Elle arrive en
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- bottes d’environ i mètre de long, disposées en balles de forme cubique, pesant de 70 à 100 kilogrammes. Elle est souvent mélangée de plantes étrangères;
- 2° La salsepareille rouge ou de la Jamaïque, qui est la plus estimée, mais ne croît pas à la Jamaïque comme le nom semble l’indiquer; elle vient de différents points du golfe de Honduras, de Saint-Jean-de-Nicaragua, de Porto-Bello, de Colombie;
- 3° La salsepareille caraque, donnée par le smilax ojjicinalis, qui provient de Colombie et du Vénézuéla;
- lx° La salsepareille du Para, expédiée de Bahia, Para, Maranhao du Brésil, attribuée au smilax cordato-ovata, sypliiütica ;
- 5° La salsepareille de Honduras, expédiée surtout en Allemagne et en Angleterre, rapportée au smilax papyracea.
- Sassafras (laurus sassafras, laurinées). — PE. bois de la racine et écorce de la racine. Pr. Etats-Unis, du Canada à la Floride.
- Sudorifique. Diurétique.
- S cille (scilla fnaritima, liliacées). — PE. squames. Pr. bords de la Méditerranée, Levant, Italie, Barbarie, Espagne.
- Diurétique puissant; excitant très employé. A dose élevée, poison narcotico-âcre.
- On en distingue deux variétés :
- La scille mâle, scille d’Espagne, dont le bulbe a les écailles rouges.
- La scille femelle, scille d’Italie, qui les a blanches.
- Semen-contra (artemisia semen-contra, judaïca, cina, synanthérées). — PE. capitules. A. santonine. Pr. Judée, Perse, Turkestan.
- Vermifuge.
- On rencontre dans le commerce :
- i° Le semen-contra du Levant, d’Alep ou d’Alexandrie, attribué à Yarthemisia cina, qui croît au Turkestan, et est le plus estimé.
- 20 Le semen-contra de Barbarie, rapporté à Y artemisia ramosa, qui provient de la partie Nord-Ouest de l’Afrique, et est expédié par Livourne.
- Séné (cassia obovata, lenitiva, angustifolia, légumineuses). — PE. feuilles et fruits (improprement appelés follicules). Pr. Levant.
- Purgatif.
- Il existe plusieurs sortes de séné :
- i° Celui de la Palthe ou d’Egypte (feuilles et follicules) donné par"!e? cassia lenitiva. C’est le plus estimé; mais il est souvent mélangé de feuilles d’arguel (cynanchum argel, asclepiadées). Il est récolté dans la Haute-Egypte, l’Abyssinie, le Sennaar;
- 20 Le séné de Tripoli (feuilles et follicules), expédié de Tripoli, mais provenant du Niger, de Tombouctou; produit par le cassia lenitiva, il ne contient pas d’arguel;
- 3° Le séné moka (feuilles), qui vient d’Arabie, et est fourni par le cassia angustifolia;
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- h° Le séné de Tinnevelly, de l’Inde, de Bombay, de Madras (feuilles), produit par le même cassia angustifoha;
- 5° Le séné d’Alep (feuilles et follicules), du cassia obovata; assez rare.
- Stramoine (datura stramonium, solanées). — PE. feuilles et semences. A. daturine (voisine de l’atropine), dilate la pupille. Pr. France centrale, Europe.
- Narcotique, antispasmodique.
- Strophantus (strophantus hispidus, apocynées). — PE. graines. A. strophantine. Pr. Sénégambie, côte ouest de l’Afrique.
- Diurétique. Tonique du cœur. Comme la digitaline, c’est un poison très violent employé par les nègres sous le nom d’inée pour empoisonner leurs flèches.
- Tamarin (tamarindus indica, légumineuses). — PE. pulpe de la gousse. Pr. Asie, Afrique, Amérique.
- Laxatif doux.
- Le commerce reçoit directement la pulpe; ce sont les pays producteurs qui la séparent de la gousse.
- Thapsia (thapsiagarganica, ombellifères). — PE. écorce de la racine. Pr. plante très commune dans les pays chauds, Algérie, Sicile.
- On retire de l’écorce de la racine, par l’alcool, une résine très irritante.
- Valériane sauvage ou sylvestre (valcriana ofjîcinalis, valérianées). — PE. racine. A. acide valérianique. Pr. Europe, France, dans les départements de la Seine, de l’Aisne, du Nord, dans les Cévennes, les Alpes et le Midi.
- Antispasmodique puissant.
- Cette plante, quand elle croît dans les lieux humides, est beaucoup moins active que lorsqu’elle vit sur les hauteurs; de même les propriétés des sujets cultivés sont inférieures à celles des plantes sauvages.
- Vomiquier (strychnos nux vomica, loganiacées). — PE. semences (noix vomique) A. strychnine, brucine, igasurine.
- Poison redoutable, tétanisant; à petites doses ce médicament est employé dans la paralysie et quelques affections nerveuses.
- II. — TEINTURE.
- Il n’y a pas longtemps encore, qu’on tirait du règne végétal la plus grande partie des matières tinctoriales qu’employait l’industrie. Mais depuis la découverte des couleurs dérivant du goudron de houille, on a vu peu à peu ces dernières se substituer aux premières. Les variétés infinies de tons qu’on obtient, le bas prix auquel elles reviennent, causent évidemment aux matières colorantes d’origine végétale une concurrence contre laquelle il leur est difficile de lutter.
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- Néanmoins les pays producteurs font de grands efforts, et l’Exposition de 1900 nous en a donné la preuve.
- Voici quelques-uns des produits exposés :
- Bois de campêche (hemaioxylum campechianum, légumineuses). — Cet arbre croit au Campêche (Mexique), à la Jamaïque, à la Martinique, à Saint-Domingue, à l’ile Sainte-Croix (Antilles).
- Il est utilisé pour la teinture en noir et en bleu. Chevreul en a retiré le principe colorant qu’il a nommé hématine.
- Curcuma. — On désigne sous ce nom le rhizome du curcuma tinctoria (amomacées), plante herbacée qui croît aux Indes orientales et en Chine. Il contient une matière colorante, la curcumine, et est employé pour la teinture en jaune.
- Garance. — La garance (rubia tinctorum, rubiacées) est une plante herbacée à rhizomes, que l’on récolte quand elle est âgée de trois ans. Les variétés d’Alsace et d’Avignon étaient les plus estimées; mais la découverte de l’alizarine artificielle (1869) a été pour cette culture une véritable cause de ruine.
- En 1868, la France en exportait pour 3 1 millions de francs, et en 1878 la culture de la garance était pour ainsi dire abandonnée.
- Quoi qu’il en soit, voici comment on procédait :
- Les rhizomes arrachés en octobre étaient séchés et battus pour enlever la terre et le chevelu des racines, puis passés à un crible qui séparait l’épiderme et brisait la racine en menus morceaux. Ceux-ci étaient alors broyés sous des meules et convertis en poudre que l’on plaçait dans des barils où ses propriétés tinctoriales s’accroissaient sous l’influence du temps et l’action d’une fermentation particulière.
- La racine de garance contient divers principes colorants en combinaison, désignés sous le nom de rubian, que l’on sépare par des traitements appropriés et d’où on retire l’alizarine (rouge-orange), la purpurine (rouge-pourpre), la pseudo-purpurine (rouge-brique), la xanthopurpurine (jaune)
- Aujourd’hui on obtient ces différentes couleurs par réaction chimique sur l’alizarine artificielle, produit que l’on prépare par oxydation de l’antbracène, carbure d’hydrogène contenu dans les goudrons de houille. A poids égal le pouvoir colorant de l’alizarine vaut près de cent fois celui de la garance.
- Indigo. — L’indigo est une matière colorante bleue qu’on peut retirer de diverses plantes, Yisatis üncloria (crucifères), le polygonum tinctorium et chinensc (polygonées), le nerium tinctorium et Yasclepias tingens (asclépiadées), le galega tinctoria et les indigofera de la famille des légumineuses papillionacées, indigofera leptostachia, oligospcrma, etc. C’est ce dernier genre qui fournit la presque totalité de l’indigo du commerce.
- Toutes les régions chaudes en produisent : le Salvador, le Guatémala, le Honduras,
- Gu. IX. — Gn. 54. ki
- par ni mx ni e nationale.
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- le Mexique, le Brésil, les Antilles, TIndo-Chine, les Indes anglaises qui en fabriquent annuellement 7 à 8,000 tonnes, les Indes néerlandaises qui exportent 8 à 900,000 kilogrammes par an.
- Les indigotiers ne contiennent pas dans leur tissu la matière colorante toute formée ; leur suc, en effet, est à l’origine incolore, et ce n’est qu’au contact de l’air que le liquide prend sa couleur bleue caractéristique par l’action de l’oxygène sur un principe nommé indigo blanc. Voici comment on obtient le produit :
- L’indigofera est une plante bis annuelle, mais elle est ordinairement épuisée dès la première année. On la sème tous les ans, au mois de mars; deux mois plus tard, on en fait une première récolte, deux mois après une autre, et quelquefois une troisième, même une quatrième dans le courant de la même année, suivant le pays. La première coupe est la meilleure. Les tiges sont coupées à la faucille et disposées par couches dans une cuve appelée trempoir; lorsque celui-ci est rempli aux trois quarts, on charge les plantes avec des planches et des poids, de manière à les maintenir au fond de la cuve ; on verse alors de l’eau en quantité suffisante pour les surnager; la fermentation prend bientôt naissance et on la laisse se continuer jusqu’à ce qu’il se forme à la surface du liquide une écume irisée ; à ce moment la liqueur est soutirée et amenée dans une cuve inférieure appelée batterie où elle y est fortement brassée pendant i5 à 20 minutes. Peu à peu la couleur vire du vert au bleu, et par le repos la matière colorante se précipite au fond, on décante et on lave le précipité qui est ensuite mis à égoutter sur des toiles, puis dans des petites caisses dont le fond est en étoffe. La dessiccation s’achève en suspendant ces caissettes à l’ombre.
- L’indigo se présente en masses de couleur variant du bleu foncé au violet; rayé par l’ongle, il prend un éclat cuivré plus ou moins brillant selon sa qualité, c’est-à-dire suivant qu’il contient plus ou moins d’indigotine, son principe colorant bleu, proportion qui peut aller jusqu’à 90 et 95 p. 100. Les prix atteignent en Europe 5 à 6 francs le kilogramme.
- On trouve dans le commerce l’indigo de Bengale, qui est un des plus estimés, celui de Coromandel, de Madras, de Manille, de Java, du Brésil, du Guatémala, l’indigo Caroline, caraque, etc.
- Que faut-il penser de cette culture? nous ne pouvons rien affirmer quant à présent, mais on peut redouter qu’il en soit pour elle de même que pour la garance. On est arrivé aujourd’hui à produire l’indigo par synthèse; plusieurs usines en fabriquent par des procédés différents qui, si peu qu’on les perfectionne, présenteront de tels avantages que les plantations d’indigo auront vécu, et Ton estime à plus de 1 25 millions les capitaux engagés dans cette culture.
- Rocou. — Ce produit existe tout formé autour des graines du rocouyer, bixa orcl-lana (bixacées) qu’il entoure sous forme de masse gluante rouge vif.
- Pour les séparer, on broie les graines de cet arbuste, un peu moins grosses qu’un pois, et on délaye la masse pâteuse dans de Beau chaude; le liquide après filtration
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- grossière est abandonné à la fermentation. Le rocou en suspension se précipite peu à peu; quand la séparation est terminée, le liquide surnageant est décanté, puis le dépôt réuni en niasse est mis à sécher à l’ombre; lorsque la dessiccation est achevée, les pains sont enveloppés dans des feuilles de bananier ou de balisier.
- Le rocou renferme deux matières colorantes: l’une rouge, la bixine; l’autre jaune, l’orelline, que l’on peut séparer par des dissolvants appropriés, eau, alcool, éther. Ce produit, lorsqu’il est sec, a peu d’odeur; mais, dans le commerce, on a l’habitude de le maintenir humide en l’humectant de temps en temps avec de l’urine, ce qui lui donne une odeur désagréable.
- On trouve dans le commerce diverses sortes de rocou, désignées sous les noms des pays producteurs : rocou de Cayenne, des Antilles ou de la Guadeloupe, du Brésil, des Indes orientales, etc.
- Orseilles. — Tournesol en pains. — Il existe un certain nombre de lichens qui fournissent à l’industrie des matières colorantes de teintes assez variées. Les couleurs brunes sont fournies par le gyrophora pustulata (lichen pulmonaire), la couleur jaune par le lichen des murailles, les teintes rouges par les orseilles de terre et de mer; les teintes bleues par les mêmes lichens, dont la matière colorante a, sous l’action des bases, viré au bleu.
- Quelques-unes de ces matières colorantes préexistent dans les lichens d’où on les retire; mais il n’en est pas ainsi dans les orseilles; ici c’est sous l’inlluence des alcalis quelles se forment, par décomposition, en donnant naissance à l’orcinc qui, en présence de l’air et de l’ammoniaque, se transforme en une matière azotée nommée or-céine, principe colorant de ce qu’on appelle orseille dans le commerce. Ce corps d’un beau rouge se présente en pâte.
- Si on substitue un carbonate alcalin à l’ammoniaque, l’orcine ne se transforme plus en orcéine, mais bien en une série de matières colorantes rouges, qui, sous l’inlluence des bases prennent une couleur bleue et donnent alors le tournesol en pains.
- Les orseilles se divisent en orseilles de mer qui appartiennent au genre roccella et croissent sur les rochers du rivage; et en orseilles de terre, lichens qui tapissent les rochers des Pyrénées, d’Auvergne, d’Allemagne, de Suède, de Norvège, d’Ecosse.
- Les premiers sont connus dans le commerce sous le nom d’herbes de tel ou tel pays : des Canaries, du Cap Vert, de Mogador, de Valparaiso, de la Réunion; les seconds servent à préparer le tournesol de Hollande, le cudbear des Anglais, le persio des Allemands.
- Pour donner naissance à la matière colorante, on pulvérise les plantes et on les met dans des auges en présence d’urine ou de carbonate d’ammoniaque, de chaux et de carbonate de chaux. La fermentation s’opère, et après quelques semaines, la couleur de la pâte a viré au bleu. Par l’addition de craie, la masse est amenée à la consistance voulue ; puis elle est divisée en cubes qui, après dessiccation, sont versés dans le commerce.
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- Cette matière colorante est très sensible aux acides qui la font virer au rouge, et aux bases qui la ramènent au bleu.
- Si dans cette fabrication on supprime, comme nous l’avons dit, le carbonate alcalin, on obtient la pâte rouge qui constitue Torseille du commerce.
- III. — FABRICATION DU PAPIER.
- Le nombre des végétaux que Ton peut employer à la fabrication du papier est certainement considérable, car on peut utiliser à cet effet, non seulement les plantes qui fournissent des matières textiles, mais encore beaucoup d’autres; c’est ainsi que la paille de blé, d’avoine, de maïs, la moelle de divers végétaux, la cellulose, la pâte de bois mécanique ou chimique, servent ou ont servi à cette fabrication, soit en France, soit à l’étranger.
- La première nécessité qui s’impose, c’est le bon marché de la matière employée qui doit lutter contre les vieux chiffons dont les prix ne peuvent forcément pas être trop élevés. Il faut donc que les frais de main-d’œuvre et de transport soient des plus minimes.
- Ne nous attachant qu’aux végétaux non cultivés utilisés pour la fabrication du papier, nous nous bornerons à citer comme principales espèces employées à cet usage, le mûrier à papier (broussonetia papyrifera, morées) très répandu en Chine, au Japon, et dans les îles de l’Océanie; l’agave de Cuba ou maguey du Mexique (agave cubensis, ama-ryllidées); le bananier des Antilles (musa sapicntium, musacées); l’alfa ou spart, graminée sauvage très commune en Algérie et en Espagne, stipa lenacissima ou macrochloa Icnacmima, et croissant dans les sols les plus arides; le faux vernis du Japon (ailanthus glandulosa, rutacées); le jute [chorchorus olilorius, capsularis, tiliacées) dont la culture a pris aux Indes anglaises une importance considérable, et couvre deux millions d’hectares.
- Nous ne croyons pas devoir, sur ce sujet, aller au delà des quelques renseignements qui précèdent, en voici le motif : la Classe 88 a trait exclusivement à la fabrication du papier et comprend dans sa sphère, d’après la classification générale, les matières premières utilisées par cette industrie.
- Comme conséquence, les exposants de ces produits ont été inscrits au catalogue de la Classe 88 et jugés par son Jury; celui de la Classe 5 à n’ayant pas eu à intervenir, nous ne pensons pas qu’il nous appartienne de donner des détails, dont la place est tout indiquée au rapport de la classe consacrée à l’industrie de la fabrication du papier.
- IV. — FABRICATION DE L’HUILE.
- Les huiles végétales sont utilisées soit pour l’alimentation, soit dans l’industrie; les premières peuvent d’ailleurs concourir avec les secondes pour les emplois industriels. Comme nous avons déjà examiné les espèces végétales donnant des produits propres à
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- l’alimentation, nous ne nous occuperons ici que des huiles industrielles, ou pour mieux dire que des végétaux les fournissant.
- Toutes les matières grasses pouvant servir soit à la fabrication du savon, de la bougie, soit à l’éclairage, notre champ se trouverait déjà très vaste, mais elles ont encore bien d’autres applications; la peinture, notamment, en emploie des quantités considérables; nous serons donc obligés de ne nous arrêter qu’aux espèces dont la production ou les usages offrent le plus d’intérêt.
- Aux huiles de coco, de palme, de palmiste, d’arachides, d’anacardes, d’aouara, d’avocatier, de canari canaque, de comon, de coupi, d’ouabé, de pinot, de pistache, d’argémone, aux beurres de galam et de maripa, au coprah, dont nous avons déjà parlé et qui peuvent être utilisés soit pour l’éclairage, soit en stéarinerie ou en peinture, nous devons ajouter les huiles d’amandes douces et amères, d’illipé, de ben, de soya hispida, de faine, de graines de soleil, de pignon doux et la cire du Japon.
- Amandier (amygdalus communis, dulcis ou amara, rosacées). — Cet arbre croît naturellement en Afrique et est cultivé en Espagne, en Italie et dans la France méridionale.
- L’huile que Ton utilise en pharmacie doit être obtenue par expression à froid; on la retire des amandes douces ou des amandes amères; dans ce dernier cas, l’huile revient à un prix moindre, ainsi que nous allons l’expliquer : les amandes amères renferment, en effet, un principe particulier, Tamygdaline, qui reste dans le tourteau si Ton opère à l’abri de l’eau, et il suffit ensuite de faire intervenir Teau pour obtenir, sous l’influence de Témulsine, ferment albuminoïde que contiennent également les amandes amères, le dédoublement de Tamygdaline en glucose, acide prussique et essence d’amandes amères. Ce dernier produit, très utilisé en parfumerie, donne au tourteau d’amandes amères un prix qui diminue d’autant celui de l’huile retirée préalablement des semences.
- Huile d’illipé. — Elle est extraite des graines du bassia longifolia (sapotées), des Indes orientales, et solide à la température de nos climats. On en importe en France pour la fabrication du savon. A froid, son aspect est blanc verdâtre; fondue, elle devient jaune.
- Des arbres voisins croissant dans le même pays fournissent : le bassia latifolia, de l’huile pour l’éclairage; le bassia butyracea, un beurre solide appelé ghé ou ghi, employé surtout dans l’alimentation.
- Beurre de bicuhiba. — On le retire des semences du myristica bicuhiba (myrtacées), arbre croissant au Brésil; il est employé à la fabrication du savon.
- Deux autres myrtacées voisines : le myristica otoba de la Colombie, et le myristica sebifera de la Guyane, donnent également un beurre qui reçoit le même emploi.
- Noix de ben* — Les semences ou noix de ben produites par le moringa aptera
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- (légumineuses) donnent, par une première expression, une huile qui se fige à -]— 1 9 degrés. Si on soumet le tourteau à une nouvelle et plus forte pression, on en retire encore de Thuile, mais celle-ci non congelable, ce qui explique son utilisation en horlogerie jusqu’au jour où on a trouvé dans la saponification incomplète de Thuile d’olive, le moyen de se procurer un produit liquide, ]’élaïne, beaucoup plus pur, non oxvgénable et sans action sur les métaux, notamment sur le cuivre.
- D’autre part, Thuile de ben est douce, inodore et ne rancit que difficilement, aussi est-elle, pour ces qualités, employée, en parfumerie, à la préparation des extraits de Heurs à odeur fugace.
- Soja hispida (dolichos soja, légumineuses). — Plante très répandue en Chine, donnant des féverolles dont on extrait Thuile en les broyant sous de lourdes meules de grès; on fait ensuite intervenir la chaleur au moment où Ton presse la pâte obtenue, afin de faciliter l’écoulement du liquide qui est très épais.
- Faînes (fruits du fagus sylvatica, amentacées). — On retire des semences de cet arbre, qui croît dans les forêts de l’Europe tempérée, une huile comestible à saveur douce; elle est également employée en sléarinerie et donne par saponification des savons mous.
- Grand soleil (hclianthus annuus, synanthérées). — Les graines, très nombreuses, de la fleur de soleil donnent, par expression, une huile propre à l’éclairage et à la fabrication du savon.
- Pignon doux. — On appelle ainsi les graines du pinus pinea (conifères), arbre originaire de TOrientM de l’Afrique septentrionale. Elles contiennent environ le tiers de leur poids de matière grasse. Leur huile est recherchée pour la table en Italie et en Provence; les amandes sont utilisées pour la fabrication des dragées.
- Citons encore Tarbre à suif de la Chine, croton sebiferum (euphorbiacées), qu’on rencontre en Chine et dans la Caroline (Amérique), dont les semences, indépendamment de Thuile qu’elles contiennent, sont couvertes d’une substance sébacée, très blanche, servant à la fabrication des chandelles et bougies; Tarbre à huile du Japon, clæococca verrucosa (euphorbiacées), dont le fruit, capsule à quatre loges, contient quatre semences fournissant une huile employée pour l’éclairage; les noix de Rancoul ou des Moluques de Yaleurites ambinux (même famille) donnant une huile bonne à manger et utilisée également pour la fabrication du savon; Thuile du carapa de la Guyane, très employée en Amérique, du touloucouna (méliacées), arbre de l’Afrique occidentale, dont les graines sont importées à Marseille pour la fabrication du savon; le châtaigner du Brésil, bertholletia excelsa (myrtacées), qui donne un fruit à amande comestible fournissant une huile également comestible ou utilisée par la stéarinerie; les semences du yayamadou, myristica sebifera, d’où on extrait, par broyage et pression à chaud, une huile parfumée excellente pour la fabrication des savons fins, etc.
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- Cire du Japon. — On désigne sous ce nom une véritable matière grasse fournie par le rhus succedaneum (térébinthacées), originaire du Japon, qui croît également mx Indes orientales et occidentales.
- Cet arbre donne un fruit drupacé dont le noyau est entouré d’un parenchyme qui renferme la matière grasse dans ses cellules. Pour l’extraire, on broie les fruits et on traite par l’eau bouillante; la matière grasse, qui vient surnager, est séparée et coulée en pains circulaires ou oblongs de 1 o centimètres de long sur 2 à 3 centimètres d’épaisseur, de couleur analogue à celle de la cire blanche d’abeille. Son point de fusion est inférieur à celui de la cire d’abeille; elle rancit facilement. On en trouve dans le commerce provenant tant du Japon que des Indes orientales et occidentales.
- V. — USAGES DIVERS.
- Nous classerons sous cette rubrique certains produits exposés ne rentrant dans aucun des genres qui précèdent: le corozo, le calebassier, la fève tonka, les nivrés, le sapindus.
- Corozo. — On désigne sous ce nom ou sous celui d’ivoire végétal, des semences grosses comme des pommes composées d’un épisperme assez épais, dur et cassant, et d’un endosperme blanc opaque. Elles proviennent du phytelephas macrocarpa (phytele-phasiées), arbre ayant le port d’un petit palmier, croissant au Pérou, à l’Equateur et dans les régions d’Amérique du Sud situées sous la même latitude.
- Le fruit entier de cette plante est volumineux, de forme ronde (d’où son nom, dans le pays, de tête de nègre), composé de six à sept drupes agrégées contenant chacune six à neuf loges monospermes. Avant leur maturité, les loges sont remplies d’une liqueur d’abord transparente, ensuite laiteuse et d’une saveur agréable. Peu à peu cette liqueur se condense et s’organise en un périsperme fort dur, qui constitue l’ivoire végétal. A la maturité, les loges se séparent.
- Chaque masse de drupes pèse de 10 à 1 2 kilogrammes, et le même arbre en porte souvent six ou huit.
- Le corozo est aujourd’hui très employé par les tourneurs, les tabletiers qui en font une foule de petits articles, principalement des boutons, des pommes de canne, de parapluie, etc. Il donne lieu à un commerce considérable d’exportation pour les pays producteurs.
- Calebassier (crescendo, cujete, bignoniacées). — Cet arbre, qui vit à l’état sauvage dans l’Amérique tropicale, donne de gros fruits verts servant à la fabrication de récipients que l’on obtient en sciant le fruit par le milieu et en enlevant la pulpe qu’il contient pour ne conserver que l’enveloppe ligneuse. Ces récipients, appelés couis à la Guyane française, sont généralement teints, vernis et décorés par les indigènes. Nous en avons vu de jolis spécimens dans le pavillon de cette colonie.
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- Fèvetonka. — L’arbre qui produit celte fève (dipteria odorata, légumineuses) croît dans les forêts de la Guyane. Le fruit entier a la structure d’une grosse amande couverte de son brou. Il renferme une semence qui doit à la coumarine son odeur très douce et très agréable.
- Nivrés. — On désigne sous ce nom diverses plantes employées pour se procurer, sans peine, du poisson en rivière. Il suffit, en effet, cl’écraser les sarments de façon à faire couler la sève dans la rivière; l’eau devient laiteuse et on ne tarde pas à voir flotter à la surface, comme morts, mais seulement endormis, les poissons qu’il est dès lors facile de capturer à la main. Au bout d’un certain temps, quand le principe actif du nivré s’est diffusé, les poissons qui n’ont pas été trop intoxiqués reviennent à la vie.
- Les espèces les plus employées en Guyane, sont :
- Le conami (bailleria asperej, le conami brasiliensis, le mécou (crylhrina piscidia^j, le nicou (robinia nicou'j, le sinapou (galega cinereay
- Savonnier des Antilles (sapindus saponaria, sapindacées). — Les savonniers sont des arbres ou arbustes qui vivent sous les tropiques, sur toute la terre; leurs fruits (capsule charnue), de la grosseur d’une cerise, ont la propriété de faire mousser l’eau fortement et de produire sur le linge un effet analogue à celui du savon. C’est à ce dernier usage qu’ils sont employés.
- VI. — EXPOSANTS.
- PAVILLON DES FORÊTS.
- L’exposition des plantes, racines, écorces, feuilles, fleurs et fruits utilisés pour la pharmacie, l’herboristerie, la teinture, la fabrication du papier, de l’huile, etc., occupait, au Pavillon des forêts, plus de la moitié de l’espace réservé à la Classe 54. La multiplicité des échantillons garnissant les vitrines, leur qualité, leur aspect, leur conservation, le soin avec lequel ils étaient présentés, tout, en un mot, concourait au succès de cette partie de notre exposition.
- La vitrine de M. V. Fumooze, membre du Jury, hors concours, ne comprend que des plantes indigènes, dont les types correspondent à la qualité moyenne des produits de chaque région; à côté du produit sauvage, se présente, le cas échéant, le produit cultivé; le tout est annoté d’indications précises sur le pays de provenance, l’époque de la récolte, l’âge de la plante, les noms usuels et scientifiques, etc., dont l’intérêt n’échappera pas aux personnes versées dans l’étude de la matière médicale. La culture, parfois, développe les qualités que Ton recherche dans une plante; souvent, par ailleurs, c’est le contraire qui se produit, et l’espèce sauvage est plus active. Ges faits, que M. Fumouze a remarquablement fait ressortir dans son exposition à la fois scientifique et pratique, sont utiles à constater, et il serait désirable que le commerce des
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- plantes médicinales s’habituât à fournir ces indications qui permettraient d’obtenir des préparations pharmaceutiques d’une richesse égale en principes actifs. Cette nouvelle manière de faire serait, en outre, une cause d’émulation parmi les producteurs, intéressés à obtenir des produits meilleurs, d’une vente, par suite, plus avantageuse. A ces deux points de vue, notamment, on ne saurait trop mettre en lumière l’utilité de cette exposition.
- Résumant les renseignements qu’il avait recueillis, M. Fumouze a dressé le tableau suivant que nous sommes heureux de reproduire, dans lequel on trouvera l’indication des principales régions où se récoltent nos plantes indigènes, et des marchés les plus importants :
- DÉPARTEMENTS. PRODUITS. MARCHÉS.
- Seine, Seine-et-Oise, Seine- Menthe, mélisse, pavot, absinthe, Un marché pour les plantes médi-
- et-Marne, Oise. armoise, belladone, hysope, stra- cinales se tient à Paris, deux fois
- monium. par semaine, le mercredi et le
- Côtes-du-Nord, Finistère, Ii.le- Chiendent, coquelicot, tussilage, samedi, rue de la Poterie (halles centrales). Pontorson, Quiberon.
- et—Vilaine, Morbihan. fucus, digitale, ciguë, etc.
- Maine-et-Loire Camomille, anis vert, hysope, roses Bourgueil.
- Aisne rouges, réglisse, mélisse, menthe. Absinthe, armoise, bourrache Leuilly et Saint-Mard par Vailly.
- Nord Guimauve, mauve, chicorée, pavot, Crespin et Valenciennes.
- bouillon-blanc, etc.
- Vosges Digitale, bouillon-blanc, aconit, ar- Nomény et Saint-Dié.
- Gironde, Landes nica. Térébenthine, colophane, poix, Bordeaux.
- Isère, Hautes-Alpes, Drôme. goudron de bois, etc. Plantes aromatiques, serpolet, thym, Die, Carpentras, Le Buis, Gre-
- romarin, lavande, tilleul, su- noble.
- Alpes-Maritimes reau. Plantes aromatiques, eucalyptus, Nice, Vallauris, Cannes.
- Puy-de-Dôme oranger (fleurs, feuilles, écorce). Arnica, absinthe, armoise, bouillon- Montbrison, Langogne et Le Puy.
- Charente , Charente - Infé- blanc, gentiane, pensées sauvages, violette. Graines de lin, moutarde Morans (Charente-Inférieure).
- rieure, Vendée. Loiret Safran du Gâtinais Pithiviers.
- La Société dd traitement des quinquinas, hors concours par suite des fonctions d’expert du Jury remplies par M. E. Armet de Lisle, l’un de ses administrateurs, a succédé, en 1882, à la Société Armet de Lisle père et Cle formée, en 1828, par la réunion des fabriques de MM. Pelletier (inventeur de la quinine), Armet de Lisle père, Delondre et Levaillant.
- Elle s’est efforcée de mettre sous les yeux des visiteurs toutes les phases de la pro-
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- (ludion de la quinine, spécimens des principales espèces d’arbres quelle emploie, de leurs écorces avec les lichens et les mousses qui les recouvrent, séchoir, poudres, etc., jusqu’aux sels employés en médecine. A sa collection d’échantillons superbes, elle a, en outre, ajouté toute une série de branches et racines d’arbres malades et cancéreux du plus haut intérêt. Cette société importe ses quinquinas de Java, de Ceylan, du Pérou, de l’Amérique centrale; elle traite environ 700,000 kilogrammes d’écorces par an.
- La Pharmacie normale, que dirigent MM. Belières, Duffourc et Noël, hors concours, M. Belières étant membre du Jury, nous présente une exposition d’ensemble des principaux produits tirés du règne végétal, utilisés en pharmacie. Il ne nous est pas possible de les passer successivement en revue, mais nous devons constater que cette exposition fait le plus grand honneur à ses organisateurs qui, à la tête de l’officine la plus importante de Paris, ont tenu à justifier la réputation dont elle jouit.
- Citons encore l’exposition de M. Leprince, membre du Jury, hors concours, ses écorces de cascara sagrada, les produits qu’il en retire, objet de ses communications aux sociétés savantes, son rhamnus purshiana, en pleine végétation, dont nous avons déjà parlé, et arrivons aux vitrines de l’Association générale des herboristes de France.
- Ce syndicat professionnel, indépendamment d’un herbier très complet, nous présente une collection de toutes les plantes officinales qui croissent sur le territoire français; le soin apporté à leur récolte, les précautions prises pour les dessécher et leur conserver leurs couleurs, font de cette exposition une des plus belles que l’on puisse voir; aussi le Jury a-t-il décerné à cette association un diplôme de grand prix.
- Même récompense a été accordée à la Pharmacie centrale de France, société en commandite par actions, dont M. Buchet est le gérant depuis 1890.
- Cette société a été fondée en i852 par Dorvault, qui la dirigea jusqu’en 1879; Genevoix lui succéda dans la direction qu’il conserva jusqu’à la fin de 1889, époque à laquelle M. Buchet en fut nommé gérant.
- Constituée au capital de 10,000,000 de francs, elle fait commerce avec toutes les contrées du globe; par ses succursales de Lyon et de Bordeaux, ses agences dans les principales villes de France, son chiffre d’affaires de près de 12,000,000 de francs par an, elle tient la première place dans le commerce de droguerie pharmaceutique de notre pays. Son importante usine de Saint-Denis lui permet de se livrer à la fabrication des produits utilisés en pharmacie et dans les laboratoires de chimie, des alcaloïdes, notamment des sels de quinine dont sa production annuelle dépasse 6,000 kilogrammes.
- Dans sa vitrine, la Pharmacie centrale nous présente des échantillons des écorces de quinquina quelle reçoit de l’Amérique du Sud, de Java, des Indes et de Ceylan, un herbier, des photographies de plantations de quinquina; sur une des faces se trouvent
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- rangés et classés les produits d’importation, fleurs de pyrèthre, carthames, sénés, rhubarbes, semences de croton, bulbes de colchique, etc.; sur l’autre, les produits de cueillette indigène.
- Est-il besoin d’ajouter que le tout est irréprochable? nous le croyons inutile; qu’il nous suffise de dire que cette maison, sous l’active et savante direction de M. Buchet, a su défendre et rendre inattaquable la place prépondérante qu’elle occupe dans l’industrie pharmaceutique, place déjà consacrée par ses succès antérieurs, notamment son grand prix en 1889, et qu’est venu confirmer le nouveau diplôme qui lui a été décerné en 1900.
- Avec MM. Thiercelin et Charrier, nous assistons à toutes les phases de la culture et de la récolte du safran, plantation, cueillette, préparation. C’est dans le Gâtinais, aux environs de Pithiviers (Loiret), que ces producteurs récoltent leur safran, d’où lui vient le nom de safran du Gâtinais, sous lequel il est universellement connu et apprécié pour sa qualité et sa pureté ; il est très recherché par le commerce qui le préfère aux safrans d’Espagne.
- Celte exposition, unique dans son genre, très instructive et très originale, a valu à MM. Thiercelin et Charrier un diplôme de grand prix.
- M. Bocquillon-Limousin s’est adonné principalement à l’étude-de la flore des colonies françaises et des plantes actives utilisées par les indigènes pour leurs vertus médicinales, mais encore peu connues. Grâce aux relations qu’il s’est créées dans ces contrées, aux renseignements qu’il recueille auprès de ses confrères pharmaciens dans ces pays, à ceux qui lui sont fournis par les directeurs des jardins botaniques, il se procure et reçoit les produits qui lui paraissent intéresser la matière médicale, en fait Tétude botanique et chimique, et la clinique n’a plus qu’à vérifier leur action thérapeutique.
- Dans sa vitrine, M. Bocquillon expose une collection de plantes actives de nos colonies, et un herbier des plantes médicinales de la Réunion, accompagnés des livres et brochures où il a publié ses travaux. Le but que poursuit ce savant pharmacien, d’enrichir la science et la médecine, mérite les plus grands éloges, aussi le Jury n’a-t-il pas hésité à lui accorder un diplôme de médaille d’or.
- L’exposition de MM. Durel et Jay, de Montbrison (Loire), nous présente des échantillons des produits qu’ils récoltent, ou font récolter, dans leur département et les sept ou huit limitrophes : fleurs de bouillon-blanc, roses rouges, soucis, bluet, arnica, camomille double, violettes bleues, feuilles d’absinthe, de mélisse, de menthe, de lierre terrestre, hysope, citronnelle, tanaisie, belladone, rue, jusquiame, stramoine, digitale, semences et racines d’angélique, gentiane, baies d’airelles, d’alkekenge, etc.
- Cette exposition est certainement très belle, mais là n’est pas son point le plus intéressant. Ce qu’il faut surtout mettre en lumière, c’est la prospérité d’une entreprise nouvelle créée par MM. Durel et Jay, qui ont consacré plus de 110 hectares à la culture unique des plantes médicinales. Depuis longtemps déjà leurs efforts ont été
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- couronnés de succès, et leurs produits sont connus et recherchés de la droguerie et de Therboristerie. Ils ont reçu du Jury une médaille d’or.
- La Société Salle et C‘° avait installé deux vitrines au Pavillon des forêts; dans l’une elle exposait des opiums, nous y reviendrons ultérieurement; dans l’autre des écorces de quinquinas sauvages de Rolivie, du Pérou, de l’Equateur, du Vénézuéla, de quinquinas cultivés de Colombie, de Bolivie, du Guatémala, du Brésil, de Java, des Indes anglaises, de Ceylan et de l’ile San Thomé, colonie portugaise de l’Afrique occidentale. Cette collection était une véritable curiosité, présentant des échantillons authentiques, souvent de toute beauté, de toutes les principales variétés qu’on rencontre dans le commerce, et nous ne nous trompons certainement pas en disant que cette exposition comprenait plus de quarante espèces différentes de quinquinas, jaunes, rouges, gris, calisaya, succirubra, loxa, ledgeriana, etc., en plaques ou en tuyaux, ces derniers atteignant quelquefois jusqu’à 1 mètre de longueur. Le Jury a accordé à cette société un diplôme de médaille d’or.
- L’exposition de M. Delage, qui fait le commerce d’herborislerie-droguerie, nous montre un ensemble de plantes utilisées en médecine, écorces de quinquina, racines de salsepareille du Mexique et du Honduras, capsules de pavots, bouquets de centaurée, pommes de coloquintes, fruits d’eucalyptus, etc.; celle de M. Famelart, qui fait le même commerce, des échantillons analogues. Nous devons signaler, pour cette dernière, le procédé de paquetage comprimé qu’elle emploie pour l’expédition des produits en feuilles, fleurs, sommités fleuries, et qui, tout en facilitant leur transport, contribue également à leur conservation.
- Ils ont obtenu l’un et l’autre une médaille d’or.
- Citons encore les expositions de M. Nitot, dont nous avons déjà parlé, de MM. Ma-rius et Lévy (plantes exotiques), de M. Chevrier (feuilles de coca), qui ont valu à ces exposants des diplômes de médaille d’argent; de M. Crié, de M. Tendron, de la Société générale d’importation, enfin l’herbier contenant 1,200 plantes environ, de M. Gillet, instituteur.
- COLONIES FRANÇAISES.
- Avant de parcourir les pavillons de nos colonies, nous devons une mention toute spéciale au Musée et Institut colonial de Marseille, qu’a fondé en 1893 et que dirige M. le professeur E. Heckel, avec le concours de MM. Jumelle, Jacob de Cordemoy, Laurent et autres savants.
- Le but poursuivi par cet institut est de faire le bilan de nos richesses coloniales connues ou inconnues, de les mettre en évidence dans des collections bien méthodiquement et géographiquement classées, de les mieux étudier ou de les faire connaître, pour leur permettre ensuite de prendre grande ou petite place, selon leur valeur, dans le commerce ou dans l’industrie de la métropole.
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- Bien que de création encore récente, l’institut de M. Heckel a pu réunir de très importantes collections de produits d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et d’Océanie. Un grand nombre a déjà été étudié, les recherches se poursuivent sur les autres; la bibliothèque, le jardin botanique, les serres, les laboratoires de chimie et de micrographie, la science de M. Heckel et de ses collaborateurs, tout concourt au succès des études entreprises, et les travaux publiés en sont la divulgation. Pour n’en rappeler que quelques-uns, citons au hasard ceux qui ont trait à la kola et aux graines grasses de M. Heckel, aux plantes à caou'chouc et aux cultures coloniales de M. Jumelle, aux gommes, gommes-résines et résines de M. de Cordemoy, au tabac de M. Laurent.
- L’Institut colonial de Marseille (hors concours) avait sa principale exposition dans le palais du Ministère des colonies, au Trocadéro. Il avait reçu là une large hospitalité qui lui a permis de présenter aux visiteurs, indépendamment de plantes vivantes, de très nombreux échantillons de caoutchouc, gommes, résines, gommes-résines, graines à huile, produits tinctoriaux, épices et aromates, textiles, fruits tropicaux, plantes sèches, racines, écorces, feuilles, fleurs et graines exotiques.
- Celte exposition était, à coup sûr, des plus remarquables et des plus instructives.
- Algérie. — Trois expositions sont à citer. Celle de M. Gascon, pharmacien à l’Arha, près Alger, nous présente une collection très variée de plantes de cette contrée, qu’il se procure en suivant les marchés indigènes, ou en les faisant récolter par des Arabes (bourrache, centaurée, menthe pouliot, arenaria rubra, aristoloche longue, zestes d’oranges amères, fleurs et feuilles d’oranger, pariétaire, écorce de garou, de grenadier, fleurs de sureau, graines de sapindus). Toutes ces plantes sont triées, séchées et préparées par M. Gascon, dans des locaux appropriés et au moyen d’outils spéciaux, cri-bleurs, coupe-racines, etc.
- Une médaille d’argent a été accordée à M. Gascon par le Jury.
- Même récompense a été décernée à M. Revire Cesarini, pharmacien à Philippeville, pour son exposition de noix de Galle et de graines de sapindus, plante dont il a introduit la culture en Algérie.
- Citons, pour terminer, l’exposition de produits indigènes de Sidi Chérif ben ali Chérif (province de Constantine), qui lui a valu une médaille d’argent.
- Congo français. — Seuls les Comités locaux de cette colonie ont exposé des produits compris dans la catégorie dont nous nous occupons en ce moment; celte exposition spéciale se composait principalement d’une quinzaine d’espèces de graines oléagineuses de la contrée, et d’une collection de plantes médicinales indigènes, les unes bien connues, cola, jatropha curcas, slrychnos icaja, strophantus, quassia, amomurn, papaija carica, etc., les autres utilisées seulement par les habitants.
- Les Comités locaux du Congo ont obtenu, pour l’ensemble de leur exposition, un diplôme de grand prix.
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- Dahomey. — Nous avons à mentionner, dans Texposition du Comité local de celle colonie (médaille d’or), ses échantillons d’indigo récolté sur son territoire, ses pains de Leurre de karité et une collection assez complète de plantes employées comme médicaments par les indigènes, recueillies avec soin et très bien conservées; chacune d’elles est accompagnée d’une éticpiette indiquant ses usages et le nom quelle porte dans la contrée; malheureusement, les noms et renseignements botaniques font défaut. C’est une lacune qu’il serait intéressant de voir combler.
- Établissements français dans l’Inde. — Un diplôme de grand prix a été décerné à la Sous-Commission d’agriculture de Pondichéry pour l’ensemble de son exposition qui comprenait, notamment, une très belle collection de matière médicale des Indes.
- Établissements français de l’Océanie. — Ici nous signalons les pailles utilisées pour la tresse des chapeaux, la fabrication d’éventails, de corbeilles, etc., les fougères, bambous, pandanus, put ou arowrool, tiges de canne à sucre, etc., végétaux abondants dans ces contrées.
- Guadeloupe. — Dans le pavillon de cette colonie, nous avons à citer les écorces tannantes, anesthésiantes, fébrifuges et tinctoriales exposées par M. Guesde.
- Guinée française. — Le Comité local de Conakry (grand prix) exposait des échantillons de plantes textiles, d’indigo, de diverses graines oléagineuses, méné (ho-phira idata), lamy (pentadesma bulyracea), purghère (jalropha curcas); des noix de Ben, des pains de beurre de karité, des calebasses, du thé de Gambie fourni par le Kppia adoensis.
- Guyane française. — L’exposition du Comité local de Cayenne (grand prix) comprenait une importante collection de graines à huile, utilisées pour l’éclairage, pour la fabrication du savon, par la pharmacie ou la parfumerie; des échantillons de bois de campêche, de bois du Brésil, de rocou, d’indigo, de curcuma, employés en teinture; des fibres variées de matières textiles, enfin, quantité de plantes médicinales, bois piquant jaune, zanthoxylum fraxineum (rutacées), pareira brava (menispermées), quassia amara, simarouba, ricin, ipecacuanha, etc. Il est vraiment surprenant que celle colonie, dont le sol contient d’infinies richesses, ne soit pas plus prospère.
- Indo-Chine. — Les Comités de Cochinehine, du Cambodge, de l’Annam, du Tonkin, du Laos ont présenté des échantillons d’indigo, de rocou, de curcuma, de ramie, de jute, d’ortie de Chine, de graines de ricin, de bancoulier, de feuilles de bétel, produits que ces contrées fournissent en grande abondance.
- Madagascar. — Dans le palais de cette colonie (grand prix), nous avons à citer la collection de plantes et de leurs parties utilisées en pharmacie, ainsi que de nombreux
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES. Cil
- produits composant la pharmacopée sakalave; comme textiles, les fibres de rafia, lom-biro, ramie; comme matières tinctoriales, des échantillons d’indigo, d’orseille, de cur-cuma; comme graines oléagineuses, des semences de ricin et des pignons d’Inde.
- Nous devons, en outre, mentionner le très bel herbier exposé par M. Prudhomme, chef du Service de l’agriculture, à Madagascar, pour lequel le Jury lui a décerné un diplôme de médaille d’or.
- Martinique. — M. Herbin, professeur au lycée de Saint-Pierre, expose également un bel herbier des plantes indigènes de ce pays, qui lui a valu une médaille d’argent.
- Citons encore les échantillons de racines et fèves, employées en pharmacie et en teinture, de M. Calonne, et ceux de bois de campêche, d’indigo, de ramie, d’agave du Comité local de la colonie.
- Nouvelle-Calédonie. — L’Administration pénitentiaire de Nouméa (grand prix) présente un herbier de la flore indigène et des spécimens de graines de ricin, de ban-coulier, de fibres de bourao, pandanus et de broussoneüa papyrifera.
- MM. Augé et Jourdey, de Bourail, exposent respectivement, le premier, des racines de vétiver, le second, des rhizomes de curcuma et des bourgeons de niaouli (melaleuca viridiflora), succédané de l’eucalyptus.
- Réunion. — Des essais de plantation de quinquina ont été entrepris dans cette colonie, en 1866, mais ne se sont réellement développés qu’à partir de 1884. Lecinchona succirubra ayant donné les meilleurs résultats, sa culture s’est progressivement développée, et l’Administration des eaux et forêts de la Réunion, de même que l’agence du Crédit foncier colonial établie dans ce pays, qui ont obtenu l’une et l’autre une médaille d’or, présentent des écorces de belle qualité de ce produit. Elles exposent également des échantillons, la première, d’ciya-pam, la seconde, de coca, et M. Belier de Villentroy, une collection de graines oléagineuses et médicinales indigènes.
- Soudan français. — Dans cette section nous avons eu à examiner la remarquable collection faite, pièce à pièce, par M. Chevalier, au cours de ses missions dans cette partie de l’Afrique; que de volonté, de persévérance, de fatigues et de dangers courus représente son œuvre, telle est la pensée dominante qui nous vient à l’esprit quand on explore son exposition. La variété et le nombre des spécimens de la flore du Soudan, des plantes médicinales de celte contrée, recueillis par M. Chevalier, la rareté de quelques-uns faisaient de cette exposition une des plus intéressantes que nous ayons rencontrées. Le Jury des récompenses a décerné à M. Chevalier un diplôme de médaille d’or.
- Sénégal. — Nous terminons la revue de nos colonies par le Sénégal.
- L’exposition que nous présente le Comité central (médaille d’or) mérite notre attention pour la variété de ses produits.
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- Citons les principaux : comme plantes oléagineuses, les graines de karité, decarapa, de touloucouna; comme textiles, des fibres de jute, d’ananas, de bananier, de baobab, de raphia; comme matières tinctoriales, l’indigo, le curcuma; comme plantes médicinales, le ricin, le séné, les graines de Purghéri, l’argemone mexicana; caïlcédrat, casses, coloquintes, cubèbe, eucalyptus, carica papaya, strophantus, tamarin, thé de Gambie dulippia adoensis, le tali de l’erythrophlæum guineense, les fèves de calabar, etc. Citons encore l’ivoire végétal, noyau du fruit du raphia vinijera, qui sert à la fabrication des boutons.
- Mentionnons enfin les ouvrages, mémoires et notices publiés par M. le docteur Lasnet sur sa mission au Sénégal, qui lui ont valu un diplôme de médaille d’argent.
- PAYS ÉTRANGERS.
- Nous suivrons l’ordre adopté dans le catalogue officiel.
- Corée. — Le Gouvernement de la Corée avait organisé une exposition de drogues dont l’importance attirait l’attention, et nous y avons reconnu diverses substances connues, mais pour les autres, pour les produits indigènes, nos investigations se sont trouvées arrêtées; les renseignements inscrits sur les étiquettes étaient écrits en caractères chinois et les renseignements que nous avons recueillis étaient trop confus pour que nous puissions insister.
- Cette exposition, néanmoins très belle et classée avec ordre, a été récompensée par une médaille d’or.
- République de l’Équateur. — La Société Seminario frères, hors concours par suite des fonctions de vice-président du Jury de la Classe 86, que remplissait un de ses membres, M. Antonio Seminario, a présenté parmi les produits rentrant dans la section qui nous occupe, de très beaux échantillons des quinquinas de cette contrée, Loxa, Guayaquil, Cuenca, d’une authenticité d’origine incontestable, ainsi que des noix de corozo (ivoire végétal), produit qui constitue pour l’Equateur un élément important de son commerce. Ce pays en a exporté, en 1898, 16,755,708 kilogrammes représentant une valeur de plus de A millions de francs. La Société Seminario frères avait obtenu un diplôme de grand prix à l’Exposition universelle de Paris de 1889.
- Dans ce même pavillon, nous remarquons encore les expositions de quinquina, de coca et de fruits de tamarin, faites par M. Flores Ontaneda, pharmacien à Guayaquil, à qui a été décerné une médaille d’or; de corozo par la Société Caamano Jijon et C10, déjà citée, M. Duran Borrero et M. Francisco Castillo; des plantes médicinales par la Municipalité de Bolivar et le Comité d’organisation de Guaranda; de corozo par le Club Sucre de Santa-Elena; de plantes médicinales et de corozo par la Société Garcia Avilès et Clc, de quinquina, par M. Noriega; de salsepareille, par le Gouvernement de Latagunga.
- Espagne. — Pour notre classe, nous n’avons à mentionner dans ce pays que l’expo-
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- sition de camomille de M. Marianao Loviente, d’Huesca, qui lui a valu une médaille d’argent.
- États-Unis de l’Amérique du Nord. — Le Conseil d’agriculture de la Caroline du Nord, à Raleigb, seul exposant, a présenté une belle collection d’herbes, racines, écorces, graines, etc., employées en médecine, pour laquelle le Jury lui a décerné un diplôme de grand prix. En dehors des espèces universellement utilisées, cette exposition comprenait des produits peu ou point connus en Europe, qui lui donnaient une intéressante originalité.
- Grande-Bretagne.— Les Conservateurs des forets aux Indes,à qui le Jury a accordé un diplôme de grand prix, ont exposé une collection des plus complètes de toutes les substances officinales récoltées et employées dans ce pays; elle est divisée en diverses sections, racines, écorces, feuilles, fruits, graines, gommes, résines; enfin,une dernière section contient des produits divers utilisés par l’industrie. Le tout est annoté et chaque substance porte une étiquette indiquant son nom indigène et scientifique, celui de la famille botanique à laquelle elle appartient et ses principales propriétés.
- Indépendamment des produits depuis longtemps étudiés, on en voit un grand nombre qui ne sont employés que par les indigènes et qu’il serait intéressant de mieux connaître; il y a là, pour les savants, tout un champ ouvert à leurs recherches.
- On trouve également, dans cette exposition, outre une très belle collection des écorces de quinquina récoltées aux Indes, une remarquable série de plantes textiles, la plus complète que nous ayons vue; elle comprend plus de cinquante espèces et est encore supérieure à celle de l’île Maurice installée dans le pavillon voisin.
- L’exposition des Directeurs des jardins botaniques royaux de Peradeniya (Ceylan), installée dans le palais des Indes anglaises, nous présente également une collection d’environ trois cent cinquante plantes officinales de cette colonie anglaise, sur lesquelles bon nombre sont encore à étudier.
- Ils exposent, en outre, des échantillons de quinquina, remarquables par leurs vastes dimensions, de graines oléagineuses, ricin, croton, anacarde, mi (Bassia longifolia), qui fournit l’huile d’Illipé, margousier (azaclirachia indica'j, de garance, d’oseille, de bois jaquier (artocarpus inlegrofolia), utilisé pour la teinture en jaune; de fibres textiles, bananier, ananas, palmier (borassus Jlabclliformis) ; kitul (carijota urens) ; ramie, coco, etc.
- Guatémala. — Le Ministère des travaux publics de cette République a fait dans son pavillon une exposition des plus complètes et des plus intéressantes des produits végétaux récoltés dans cette contrée; les échantillons ne portent souvent que le nom indigène, mais un catalogue très précis rédigé par M. Guérin, chef du laboratoire central de Guatémala et par M. Dario Gonzalez, professeur à la faculté de médecine de cett ville, permet facilement toutes recherches.
- Gn. IX. — Gr. 54. h a
- tilI'lUSIERIfc NATIONALE.
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- Parmi les plantes médicinales exposées, citons le basilic, l’anis, la bourrache, les noix de cedron, la douce amère, la ciguë, le copalchi, la casse, Targémone, la coloquinte, le coriandre, la dent de chien, l’eucalyptus, Taneth, la scorsonère, le datura, l’aristoloche, la fougère mâle, le ricin, l’absinthe, le sablier, le lin, le plantain, la mauve, la moutarde noire, le pignon d’Inde, les quinquinas, le romarin, la rue, la rhubarbe, la sauge, le sassafras, le tamarin, la valériane, la morelle noire, la menthe, la salsepareille, etc.
- Parmi les plantes tinctoriales, mentionnons les principales : le curcuma, le cam-peche, l’indigo, le rocou, le bois du Brésil, etc.
- Un diplôme de grand prix a été aceordé à cette très intéressante exposition.
- Hongrie, Croatie-Slavonie. — L’Ecole forestière supérieure de Selmcerbanya, quia obtenu un diplôme de médaille d’or, expose un bel herbier composé des plantes croissant dans les forets de Hongrie, et divers produits utilisés en médecine, notamment une collection de noix de galle et de gallons de Hongrie; I’Office forestier supérieur de Godollô et celui de Vinkovce présentent également des échantillons de produits naturels récoltés en foret et principalement diverses variétés de noix de galle de grosseurs et de formes variées.
- Citons encore l’exposition de M.GasparBela, de Breznobanya, consistant en une collection de plantes utilisées pour la fabrication du papier et de l’huile ou employées en pharmacie, pour laquelle il lui a été accordé une médaille d’argent.
- Indes Néerlandaises. — La plus remarquable exposition de quinquina présentée en 1900 était incontestablement celle de TExploitation de l’entreprise des quinquinas de l’Etat de Bandoung.
- Toutes les espèces cultivées à Java sont représentées par des échantillons très beaux, dont quelques-uns sont, par leurs dimensions, de véritables curiosités; les murs sont entièrement garnis de tableaux qui constituent le plus bel herbier des quinquinas qui ait jamais été produit; chacune des essences cultivées dans les îles de la Sonde est représentée par un rameau feuillé, des fleurs, des fruits, des écorces soigneusement étalées et disposées; une notice dans un coin du tableau donne la proportion d’alcaloïde contenue dans l’espèce représentée et les renseignements botaniques la concernant. A côté des espèces les plus connues : Cinchoncis Calisaya, Ofjficinalis, Succirubra, Hasskarliana, Ledgeriana, Josephiana, Lancifolia, Cordifolia, Caloptera, Pubescens, Pitayensis, on en trouve qui ne présentent qu’un intérêt scientifique et ne sont pas dans le commerce, telles que les Cinchonas Duras, Milo, Zamba morada, van Mapiri, van Jamàica, Ro-busta et des hybrides des espèces les plus répandues.
- On voit aussi dans cette collection des tiges de quinquina atteintes de maladies, ou attaquées par des insectes dont les types sont également exposés.
- Les efforts faits par le gouvernement des Indes Néerlandaises pour développer la culture du quinquina, les travaux des savants qui ont dirigé et dirigent actuellement le jar-
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- din d’essai de Buitenzorg, sautent véritablement aux yeux lorsqu’on parcourt cette exposition; l’esprit de méthode s’y révèle à chaque pas, c’est grâce à lui que le succès est venu couronner cette entreprise.
- L’exemple donné par les Indes Néerlandaises a été suivi par l’Angleterre, le Portugal, l’Allemagne, la France et la règle a été posée que la multiplication des jardins d’essai était le premier élément et l’élément indispensable de la prospérité des colonies.
- Nous devons encore une mention toute spéciale à l’exposition de la Société de commerce des Moluques, à Menado, pour sa très belle collection des plantes médicinales de ces régions qui lui a valu un diplôme de médaille d’or.
- Mexique. — Une vingtaine d’expositions ressortissant à la Classe 54 étaient installées dans le palais du Mexique et, parmi elles, la première place revenait sans conteste à l’Institut médical national de Mexico. Cet établissement créé par le gouvernement pour l’étude des plantes médicinales du pays, est divisé en cinq sections :
- La première, consacrée à la botanique, s’occupe de la récolte, de la classification, (Les herbiers.
- La seconde s’occupe de chimie, fait l’analyse des substances quelle retire des plantes et en extrait les principes actifs.
- La troisième recherche et étudie l’action physiologique sur les animaux, de ces produits actifs.
- La quatrième, guidée par ces expériences préliminaires, fait l’application dans les hôpitaux des données acquises.
- Quant à la cinquième section, son but est de rechercher et de recueillir tous renseignements intéressants sur la géographie médicale du Mexique.
- Des publications périodiques : Annales de l’Institut, Données sur la matière médicale mexicaine, donnent le compte rendu des recherches faites et des résultats obtenus.
- Dans ses vitrines, l’Institut médical de Mexico présentait non seulement des échantillons des plantes, objet de ses études, mais encore un herbier très riche de la flore mexicaine, et des spécimens des principaux végétaux indigènes fournissant des produits tant à la teinture : indigo, rocou, qu’à la pharmacie: jalap, salsepareille, menthe, ricins, pignons d’Inde, etc.
- Le Jury a décerné à l’Institut médical de Mexico un diplôme de médaille d’or.
- Même récompense a été obtenue par l’exposition du Gouvernement de Tabasco, et une médaille d’argent par celle du Gouvernement de Chiapat. Les produits que présentaient ces deux Etats consistaient en plantes médicinales, pignons doux, casse, copalchi, etc., échantillons d’indigo, de rocou, de corozo, de chiendent, de textiles : Hennequen (agave zacci), Pita (bromelia silvestris), ixtle (agave manso), coco, ramie, jute et diverses autres espèces.
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- Le chiendent, très répandu à l’état sauvage au Mexique, fait l’objet d’un important commerce pour la fabrication des brosses et balais. D’après le tarif des douanes, la valeur des racines exportées s’est élevée progressivement de 13,920 dollars, en 1879, à 1,196,203 dollars, en 1898.
- Le tableau suivant va retracer la progression suivie. dollars. dollars.
- 1879 l3,920 1889 472,o5l
- 1880 35 84o 1890 42 6 890
- 1881 29’771 1891 5i3,a54
- 1882 40,737 1892 898,630
- 1883 123,438 1893 890,560
- 1884 189,710 1894 q41,853
- 1885 125,oi4 1895 846,166
- 1886 292,052 1896 616,492
- 1887 . ! 294,761 1897 1,187,700
- 1888.. 38o,oi3 1898 1,196,203
- Quant aux matières textiles, le Mexique en fait également un tant dont le tableau ci-après permettra de se rendre compte. commerce très impor-
- UENNEQUEN. 1XTLE.
- dollars. dollars.
- 1878.......................................... 1,078,076 257,768
- 1879......................................... 1,267,375 191,287
- 1880 ....................................... 1,945,307 291,976
- 1881 .................................... 2,285,389 408,278
- 1882 ..........'......................... 2,672,107 620,199
- 1883 ........................................ 3,3n,o63 596,533
- 1884 ...................................... 4,165,020 434,431
- 1885 ....................................... 3,988,790 672,583
- 1886 ....................................... 2,929,116 523,972
- 1887 ...................................... 3,901,628 348,842
- 1888 ....................................... 6,229,460 361,687
- 1889 ....................................... 6,872,593 594,i 18
- 1890 ...................................... 7,392,245 827,981
- 1891 ....................................... 7,o48,557 823,35o
- 1892 ....................................... 6,358,220 617,300
- 1893 ..........*......................... 8,893,071 588,487
- 1894 ....................................... 6,718,667 461,614
- 1895 ....................................... 7,724,092 349,537
- 1896 ....................................... 6,763,007 694,922
- 1897 ....................................... 7,433,521 807,162
- 1898 ...................................... ii,588,526 609,867
- Pérou.
- L’Institut technique et industriel de Lima avait fait une intéressante
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- exposition de matière médicale, d’origine indigène, comprenant notamment des échantillons d’écorces de quinquina, de racines diverses, de feuilles d’anis, de coca, de matico, etc.
- Celle de M. Estiban Arevalo présentait une importante collection de plantes médicinales et industrielles, désignées simplement sous leur nom indigène, lacune que nous regrettons et que malheureusement nous avons déjà eu à signaler.
- Le Jury a décerné au premier de ces exposants une médaille d’or et au second une médaille d’argent.
- Portugal. — Nous devons une mention aux expositions d’orseille présentées dans le pavillon des colonies portugaises par la Compagnie du Nyassa (médaille d’or), du Zambèze (médaille d’argent), par la Commission provinciale d’Angola et par MM. Dantas et Leiro, de Loanda; Bensaude, Bacellar et Freitas, de Benguella.
- Russie. — La Direction générale des forêts du Ministère de l’agriculture et des domaines a exposé une importante collection de produits végétaux naturels, utilisés soit par l’industrie, soit par la pharmacie, ainsi qu’un herbier des plantes de Sibérie, pièce d’autant plus intéressante que les renseignements sur cette contrée sont encore des plus incomplets.
- Un grand prix a été accordé à cette exposition dans la Classe <49.
- La Société B. Koeler et Cie a exposé dans cette section diverses plantes médicinales : menthe, sauge, anis, cumin, racine de réglisse, ainsi que des fleurs et de la poudre de pyrèthre du Caucase. Ces deux derniers produits doivent surtout attirer l’attention; cette poudre, en effet, est très souvent falsifiée et par suite inactive; elle doit, en outre, être pulvérisée aussi finement que possible, afin de mieux pénétrer dans les organes des insectes; la Société Kœler et C‘e, qui s’est adonnée d’une façon particulière au commerce de cette plante, s’en est assuré un écoulement certain par la qualité et la finesse de ses produits.
- Le Jury lui a décerné une médaille d’or.
- Salvador. — On rencontre dans le pavillon de cette République une série d’échantillons d’indigo, de diverses qualités, exposés par le Gouvernement du Salvador, MM. Balette et Goëns, et M. Figueroa.
- VH. — STATISTIQUES COMMERCIALES.
- Les tableaux qui vont suivre donneront un aperçu sur notre commerce en ce qui touche certains produits utilisés en pharmacie, en teinture ou employés par l’industrie. Nous avons cru utile de les reproduire à titre de renseignements.
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- IMPORTATIONS EN FRANCE.
- PRODUITS. 1892. 1893. 1894. 1895. 1896. 1899.
- francs. francs. francs. francs. francs. francs.
- Graines de pavot 5,110,289 5,527,3o3 6,342,1 92 5,843,690 6,899,130 7,559,l5g
- Graines de Touloucou-na, Mowra et Illipe(1) 1,566,519 3,86o,5io 4,75l,466 3,075,054 1,245,653 3,655,151
- Racine de réglisse.. 869,699 1,097,800 1,428,066 640,694 842,228 1,109,729
- Autres racines 3,745,029 3,870,225 4,247,005 3,818,078 5,582,237 4,673,274
- Herbes, feuilles et fleurs médicinales.. 2,032,205 2,279,115 1,71 0,747 1,942,51 1 2,560,984 3,3og,o43
- Ecorces de quin-1 kilogr. 1 1 l,28l 223,221 267,476 395,25l 686,974 728,3o4
- quina, pro-J venancc des] Pays-Bas(3). (valeur. i,77°,198 2,138,738 1,522,460 i,6i3,25o 2,217,904 2,137,590
- Case et tamar in M.. . 209,488 i39,o33 161,170 2i5,485 169,633 193,549
- Jute (5) ..... 17,532,157 2Ô,8i8,5i3 i8,835,668 27,683,174 28,420,612 31,476,972
- Garance 179,243 311,899 299,584 242,iq5 110,723 97,006
- Curcuma 201,6o5 195,898 »95>99° 123,333 178,401
- Lichens tinctoriaux... 226,235 391,686 171,851 9^579 64,217 76,259
- Noix de galle et ave-lanèdcs 3,091,438 3,4 4 6,418 4,i56,o88 6,878,784 3,987,872 4,519,638
- Safran W 5,679,800 3,46i,24o 3,Ô2i,84o 4,621,365 4,og3,o5o 6,183,900
- Indigo 22,820,025 21,069,390 i4,i 28,428 16,012,546 i8,io6,o3o 9,526,682
- Rocou W 275,025 258,996 164,719 112,46g 156,5oi 166,060
- (') Provenance des Indes anglaises pour la presque totalité.
- (2) L’Espagne et la Turquie sont de beaucoup les principaux importateurs.
- (3) L’importation d’Angleterre, la plus importante après les Pays-Bas, est progressivement tombée de A63,A5o kilogrammes en 1892 h 934,351 en 1899.
- (') Les deux tiers proviennent de la Martinique.
- (5) De provenance anglaise pour la presque totalité.
- (“) La presque totalité vient d’Espagne.
- (7) Provenant de la Guadeloupe pour la presque totalité.
- Les importations de garance, d’indigo, de rocou ont, ainsi qu’on le voit, considérablement diminué; ce résultat est du, comme nous l’avons dit précédemment, au\ produits de synthèses tirés du goudron de houille, alizarine, indigo artificiel, etc.
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
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- CINQUIÈME PARTIE.
- CAOUTCHOUC. — GUTTA-PERCHA.
- Nous diviserons cette cinquième partie en quatre paragraphes qui traiteront successivement du caoutchouc, de la gutta-percha, de la balata et du chicle.
- I. — CAOUTCHOUC.
- Caractères généraux. — A l’état naturel, le caoutchouc présente une couleur plus ou moins foncée suivant son degré de pureté et le procédé employé pour sa coagulation.
- Fraîchement récolté, il est blanchâtre et le doit à l’eau emprisonnée dans sa masse; mais avec le temps sous l’influence de l’air, de la lumière, et par déshydratation, la coloration s’accentue, la couche extérieure brunissant tout d’abord.
- Son odeur varie selon sa pureté, sa qualité, son mode de préparation. Il nous arrive sous différentes formes suivant sa provenance. Au-dessous de 1 o degrés il perd son élasticité, et à zéro, il est dur comme "du cuir, à 3o degrés, au contraire, il se ramollit.
- Uni au soufre (vulcanisé) son élasticité se conserve à de basses températures, et d’autre part même à 1 oo degrés, il ne se ramollit pas.
- Si l’on augmente la quantité du soufre, on obtient le caoutchouc durci ou ébonite, corps dur et cassant, tout différent du caoutchouc naturel.
- Substitue-t-on la magnésie au soufre, on a l’ivoire végétal qu’il ne faut pas confondre avec le corozo. On prépare enfin l’ivoire artificiel ou éburite,^en traitant’par du chlore une solution très concentrée de caoutchouc. Le meilleur dissolvant du caoutchouc d’après Gérard est un mélange de 55 parties d’alcool absolu et 1,000 parties de sulfure de carbone.
- La fraude sur les caoutchoucs est très répandue, causée notamment par les prix élevés qu’ils atteignent. On leur incorpore des produits de basse qualité, des gommes, des résines, des impuretés de toute nature; à l’intérieur des houles apportées par les indigènes, on trouve bien souvent des cailloux, de la terre, des poches d’eau ; ces pratiques sont des plus nuisibles car elles déconsidèrent les produits dg telle ou telle provenance, et les principales victimes sont bientôt les producteurs eux4 mêmes.
- Le caoutchouc était connu des Indiens dès avant la découverte de l’Ainériquè (12 octobre 1A92), et ils en confectionnaient des balles, des gourdes, des récipients divers, etc.
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- Le n’est que près de trois siècles plus tard, vers 17A0, que La Condamine apporta en Europe quelques échantillons de ce produit.
- Jusqu’en 1838, époque à laquelle l’américain Ch. Godyear découvrit la vulcanisation, les emplois du caoutchouc étaient très restreints ; mais à partir de ce moment ses usages se multiplièrent et aujourd’hui les industries du caoutchouc ont accpiis un grand développement.
- Pour ne citer que quelques-unes de ses applications, nous nous bornerons à mentionner les quantités considérables de caoutchouc utilisées pour garnir les roues des bicyclettes et des voitures automobiles, pour la construction de tuyaux et objets élastiques de toutes sortes, la préparation de tissus imperméables, la fabrication du linoléum, etc.(1).
- 1° PLANTES À CAOUTCHOUC.
- Parmi les plantes qui fournissent du caoutchouc, les unes sont bien connues: pour d’autres, au contraire, on ne sait guère que le nom sous lequel elles sont désignées par les indigènes.
- Dans le tableau suivant, nous allons indiquer les principales familles botaniques auxquelles appartiennent les végétaux producteurs de latex à caoutchouc, les genres et espèces qu’elles comprennent, leurs noms botanique et usuel, et les contrées ou on les rencontre à l’état sauvage ou cultivées :
- FAMILLE. GENRE. ESPÈCE. VARIÉTÉS. OBSERVATIONS.
- NOM BOTANIQUB. NOM VULGAIRE. r A 1 0.
- / Spruceana .... Brésil, Colombie. Brésil
- Discolor 1
- Pauciflora Brésil
- ! Rigidifolia .... Brésil
- / Benthamiana.. Brésil
- ! Jatrophécs Hevéa \ Brasilicnsis ... Brésil, Venezuela. Afrique occidentale Guyane, Tahiti, Brésil Brésil / Arbre.
- Lutea
- Guyanensis.... Nitida V» Bois de Seringue..
- Euphorbiocées . Glaziowii Brésil, Madagascar. Brésil, Guyane, Pérou, Mexique. Colombie Asie, Afrique tro-
- 80 autres variétés Giganlea 1 3o antres va- 1
- Excœcaria.. Caoutchouc blanc. | Arbre. > Arbre, arbustes.
- Ilippomanées Sapium.... rietés Biglandulosum. picale, Australie. Vénézuéla | Arbre, arbuste.
- * 1 Peu exploité.
- (1' On fabrique les tapis de linoléum en enduisant des toiles solides d’un mélange de liège en poudre et de caoutchouc, et en recouvrant ce mélange de plusieurs couches d’huile de lin cuite.
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- FAMILLE.
- GENRE.
- Euartocarpi
- rpiees.
- Olmédiées .
- Moracces ,
- Finies .
- Conocephaloïdécs..
- ESPECE.
- VARIÉTÉS.
- — ^— PAYS.
- NOM NOM
- BOTANIQUE. VULGAIRE.
- Jacktree des An-
- OBSERVATIONS.
- Integrifolia.... < glais (arbre ‘à Pain).................................'
- Artocarpus. / Elastica.......
- 4 o autres variétés ........
- Castilloa...
- Elastica......
- Markhamiana.. Elastica......
- Ficus.
- Religiosa ...
- Indica.......
- Glomerala... Oppositifolia Laccifera .. . Amulata.... Oblusifolia..
- Prolixa......
- Primoïdes. .
- Vogelii.
- Ulé-Ulc ,
- Pipula-tree (Indes). Banyan (Indes)..
- Ceylan, Chine.
- Java , Bornéo .... I
- Ceylan , Chine .. . \ Arbre.
- Mexique, Amérique! centrale, Cuba,]
- Indes.......
- Colombie, Panama/
- Java, Assam, An-' gola, Indes, Sénégal ........
- Bengale, Indes Ceylan........
- Indes, Malaisie Philippines . .
- Indes..........
- > Assam.
- Brassii........
- Melleri........
- , Trichopada....
- Cecropia ... Peltata.........
- Melodininées......I Leuconotis.. Eagénifolius...
- Comoriensis ou) vahea como- > rienèis........1
- Comoriensis flo-rida..........
- Nouvelle-Calédonie]
- Colombie.......
- Libéria , Akkra, j
- Grand Bassam , Lagos........
- Sierra-Leone...
- Arbres, arbustes. 6oo espèces réparties dans les contrées les plus chaudes,sur tout le globe.
- Aviavindrano.
- Madagascar.
- Brésil, Pérou.... Bornéo..........
- Congo , Ogoué , Foula-Djallon , Mayotte , An-jouan...........
- Apocynées
- Divers ,
- Madagascarien -j youa_hérf vaW
- sis ou vahea f » 1 , T
- m j > vahy, vouhema. )
- Madagasca- fi ï’,a...........
- nensis.....) ° j
- ÎMatatubonsa i ( Mo- ) zambique) N’ton-t da (Gabon).... )
- Petersiana Cras-sifolia........
- Madagascar.
- Landolphinées..../ Landolphia
- Lucida ,
- Zanzibar, Angola, Mozambique, Sénégal , Gabon..
- Gabon , Angola , Mo zam biqu e, Zanzibar........
- Arbre.
- Arbuste.
- Arbuste.
- Est employé pour falsifier le caoutchouc.
- M’bungu ( Zanzibar ) , M’bunga (Mozambique ), Rituiri (Loanda), Malumba ( Lan-dana ) , Mada (Sénegambie).
- Arbuste.
- Très répandu.
- Casamance , Rio-Nunez , Sierra Leone, Gabon, Congo ..........
- Senegalensis oui vahea sene-i galensis .... I
- Owariensis.,
- Toll ( Sénégambie ), j haré en peulb, ( saba en mandin- (
- gue........
- M voochi ( Congo) belge), ninga malumba, ( Con- ( go français ) n’dembo ( Ga -bon )...........
- Sénégambie.
- Arbuste.
- Oware, Togoland, ] Sierra Leone Cameroun, Ga- | bon , Congo , Angola........
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- FAMILLE.
- GENRE.
- Apocyuées.. ( Suite.)
- Landolphinées. (Suite. )
- Alsloniées.
- Erhitidées ,
- Asclepiadées...
- Asclepiatlinées.
- Cynanchinées.
- ESPECE.
- VARIETES.
- NOM
- BOTANIQUE.
- NOM
- VULGAIRE.
- PAYS.
- OBSERVATIONS.
- Landolpliia. ' (Suite.)
- Heudelotii .... Madd ( Sénégam-1
- I bie)............)
- I l
- Tomentosa ou ) !
- vahea tomen-j Toll (Sénégal) . .. tosa........i
- Sénégal, Soudan, Guindé , Fouta Djallon, Cameroun ............
- Sénégal, Gambie, Soudan ..........
- Kirkii ou vahea ) Mtiri ( Mozambi-
- elastica..... ?"e > ’ “P1™
- ( ( Dar-es-Saiam).
- Mannii.......
- Parviflora... .
- Arbuste.
- Zambèze ,
- Foreti.......j N’djembo au Fcr-
- nand-Vaz......
- Cameroun.......
- Beuguella-Angola
- Fernand-Vaz.. ,.
- Clitandra
- Willugbbeia. t
- Bioungo (Benguel-
- ............
- Luli-am (Bengale).
- Manungan-poulo , (Java)..........
- . ( Seranit-laral ( Bor-
- I renchéri.....! f \ '
- f neo)...............
- Henriquesiana..
- Edulis.........
- Firina.........
- I
- I
- Benguella.
- Indes, Java, Bor-) néo, Maurice. (
- Java.
- Borm'o.
- Carpodinus.
- Hancornia.. Dyera......
- Cameraria..
- Urceola. ...
- Flavescens. Foretiana.. Jumellei. . .
- r , , , Otarampo ( Ben-
- Lanceolalus... ( .....
- Speciosa.. Costulata.
- Latifolia.
- Elastica
- Esculenta.
- Bornéo.
- Congo français .. . ' Congo français
- Brésil, Pérou. Bornéo..........
- Cuba , Jamaïque,
- Pérou..........
- Archipel indien , Siam, Malacca, Sumatra , Bor-n éo , Phi 1 i p-
- pines..........
- Birmanie.........
- Kichxia.
- Calotropis..
- Cynanchum,
- Africana.
- Gigantea ,
- Ire (Lagos), pan Cadeiro , pan visco (SanTlio-i mé), n’goué-yo-naye ( en m’pon-l goué), N’goma-ban (enm’fan) Mudar (Ceylan),\ bidœri (Java),! capul ( Philip- J pines ) , fafe-| tonc (Sénégal),) n’goyo ( malin-ké), n’gci (Bam-1 bara ) , poré (peuhl)........
- Congo , Gabon , 1 Lagos, Came-S roun............]
- Java, Timor, Mo-) luques, Bornéo, ( Indes , Afrique! tropicale...........)
- Liane. Ce sont les racines que l’on exploite.
- Liane.
- Liane. Son latex sert il frauder le précédent.
- Liane.
- Liane. Ce sont les racines qu’on exploite.
- Arbre.
- Arbuste.
- Liane.
- Liane.
- Arbre.
- Ovalifolium.
- Penang .
- Arbuste.
- Arbuste.
- Indépendamment des plantes qui viennent d’être citées, il en est beaucoup d’autres sécrétant un latex susceptible de donner du caoutchouc; mais les essais méthodiques, les résultats certains font défaut. De différents pays, par ailleurs, on reçoit des produits dont l’origine est douteuse, ou provenant de végétaux connus simplement sous un nom indigène, et il en résulte qu’un même arbre vivant dans diverses contrées donne du
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- caoutchouc livré au commerce sous plusieurs noms. De là, des confusions, des hésitations qui nuisent certainement au prix de la marchandise. Il est donc bien désirable de voir combler ces lacunes, et nous estimons que les directeurs de nos jardins coloniaux sont mieux placés que qui que ce soit pour y arriver.
- Citons les principales espèces qu’on ne connaît que sous leur nom indigène, nous avons :
- Au Soudan, le banghi (en peulh) ou nomboro (en bambara) le n’daba, le touronin-koko, le n’zéné, le tourou, le kobo;
- Au Fouta-Djalon : le laré.
- A Sierra-Leone : le lilibue, le nofé, le kewatia ;
- • Au Gabon-Congo : l’ougournou, le bouela, le gombo n’sira, l’iganda, l’akounda, laboundji, l’ebourendé, l’itomba, le gnongo, le loni, le bahi, le gohine, le nvouéba, le mvotié, le kisembeki-moabi, l’ibogo.
- A Madagascar : le vahintampotra, le reiabo ou reiakatra, le lambiro, le bokabé, le vahimamtry au Ménabé ; Tetriazo à Diégo-Suarez ; l’intisy, l’hazondrano, le bara-banja, le godroa ou Gidroa au Bouéni, l’erobati à Ambohimanga; le voehana (au Nord).
- Au Tonkin : le buntgoc (Hué).
- En Annam : le koma-mak-khaou-n’goua, liane très abondante.
- 2° RÉCOLTE. — COAGULATION.
- Les procédés de récolte et de coagulation du latex à caoutchouc sont très variables, même souvent dans une seule région. Pendant longtemps, l’abatage fut le seul procédé de récolte en usage. C’était simple, rapide et très productif. On découpait l’arbre ou la liane en morceaux d’où s’écoulait la presque totalité du latex. Souvent également on saignait les arbres à peu près complètement par une incision circulaire, ou en enlevant de larges bandes d’écorces, et ils mouraient. Mais depuis on s’est efforcé de réagir contre ces procédés barbares ; dans certains pays des pénalités sont encourues par ceux qui les emploient; des arrêtés ont été rendus interdisant la destruction (notamment à Madagascar, 2 juillet 1897) ainsi qu’au Brésil. Malheureusement il faut lutter contre la cupidité, la routine, et surtout contre l’indifférence et la paresse de ceux qui récoltent le latex.
- C’est pour ces motifs que l’on a vu la production décroître dans diverses contrées, bien que les prix augmentassent. Il est donc d’intérêt général, non seulement de lutter contre ces mauvaises pratiques, mais encore d’encourager les plantations, car la consommation du caoutchouc croît de jour en jour, et bientôt la matière exploitable ferait défaut.
- Aujourd’hui le procédé par saignées modérées tend à s’implanter de plus en plus,
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- bien qu’il rencontre des adversaires prétendant que pour certaines espèces il soit inapplicable, que des larves d’insectes attaqueraient la plante aux endroits blessés et la feraient périr.
- Enfin dans certaines régions le diamètre des lianes est trop petit pour qu’on puisse les saigner (Madagascar, Sénégal,(Gabon), encore faudrait-il obliger autant que possible les noirs à repiquer, après en avoir recueilli le latex, les lianes qu’ils ont coupées, elles pourraient ainsi reprendre, faire des racines adventives, et au bout d’un certain temps donner une nouvelle récolte.
- Quoi qu’il en^soit, voici comment on procède dans le Nord du Brésil. Nous empruntons ces détails ainsi que beaucoup d’autres à la thèse présentée le 20 mai 1899, l’Ecole supérieure de pharmacie de Paris, pour le concours d’agrégation, par M. Paul Grelot, docteur ès sciences (Berger-Levrault et C‘e, Nancy 1899). Nous y avons trouvé une foule de renseignements scientifiques et pratiques, qui nous ont été d’un puissant secours pour notre travail, et si nos emprunts sont nombreux, c’est l’excellence de l’œuvre de M. Grelot qui en est la cause ; nous nous faisons un agréable devoir de lui adresser ici nos bien vives félicitations.
- Dans la région de l’Amazone, disions-nous, les collecteurs (seringueros ou cau-cheros)(1) louent, moyennant une arroba de caoutchouc (i4 kilos), 100 à i5o beveas ; un sentier circulaire limite Yestrada.
- La récolte a lieu de fin juillet au i5 janvier (en dehors de cette période, le travail est dangereux par suite des fièvres).
- Les quelques jours qui précèdent la récolte sont consacrés à réunir des coquillages, des calebasses, du bois.
- Puis armé d’une machette (hachette spéciale de fabrication américaine), le cauchero fait sur les heveas, de grand matin, une vingtaine d’incisions peu profondes, au-dessous de chacune desquelles il fixe avec de l’argile un coquillage ou un gobelet de fer-blanc (tigelinha) ; il traite ainsi 80 à 1 00 arbres dans une matinée. Un arbre adulte de deux mètres de circonférence à la base peut supporter sans inconvénient une de ces saignées par semaine.
- Chaque jour la récolte de latex est réunie dans un grand récipient et l’on procède à la coagulation. Après avoir creusé un trou en terre et allumé du feu, on recouvre le foyer d’une cheminée, on plonge alors dans le latex une palette de bois que l’on présente ensuite à la fumée, la chaleur coagule bientôt le latex, et l’on recommence ainsi l’opération un grand nombre de fois jusqu’à ce que le pain obtenu soit d’environ 5 kilogrammes.
- Le cauchero pratique ensuite une incision le long de la palette et en sépare le bloc de caoutchouc ; il lui faut environ deux heures pour exécuter ce travail.
- Par ce procédé qui paraît être le meilleur, le caoutchouc se coagule sous l’influence de la chaleur et de la fumée, et les matières empyreumatiques que confient cette der-
- (1) En 1886, le nombre des caucheros pour l’Amazonie était estimé à 8,000.
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- nière, agissant comme antiseptiques, empêchent toute fermentation ultérieure. Le produit ainsi obtenu est le para fin.
- D’après Chapel, 100 arbres en une saignée donnent 36 litres de lait, soit 2 A kilos de caoutchouc, représentant environ 120 francs; par suite, à raison de 20 saignées par an, une estrada de 100 heveàs rapporte 2,900 francs.
- Le caoutchouc obtenu par enfumage, procédé qui tend à se généraliser, contient généralement peu d’eau et se conserve bien, il n’est ni poisseux ni cassant à sa surface, et n’exhale pas cette odeur putride particulière à certains produits d’Afrique.
- Au Mexique, dans l’Amérique centrale, aux Indes anglaises, la coagulation s’opère par la chaleur humide. A cet effet, on fait bouillir le latex, le caoutchouc se sépare et vient surnager ; on le recueille et on le comprime plus ou moins pour en chasser l’eau.
- Ce procédé est mauvais, car l’ébullition n’est pas suffisante pour stériliser le sérum qui reste emprisonné dans la masse en plus ou moins grande abondance, fermente et donne au produit une odeur fétide.
- Au Congo, dans d’Angola, les noirs recueillent à la main le latex et s’en enduisent les bras et le corps. Sous l’action de la chaleur, et aussi de la transpiration, la coagulation s’opère rapidement, l’indigène détache la pellicule formée et l’enroule en boules.
- Dans ces mêmes contrées ainsi qu’au Ceara (Brésil) la coagulation se pratique encore à l’air libre. On laisse le latex couler à terre, puis au bout de deux ou trois jours, on recueille le caoutchouc qui s’est ainsi formé naturellement et on le réunit en boules.
- Ce procédé a l’inconvénient de donner un produit souillé de terre et de débris végétaux.
- On peut cependant obtenir par ce procédé à l’air libre un bon caoutchouc, à la condition de recueillir soigneusement le latex sans le laisser couler à terre, et de l’étaler par couches successives sur des planches polies ; on forme ainsi par superposition des feuilles épaisses de 6 à 7 millimètres d’une excellente qualité.
- Au Mozambique, les noirs piquent les lianes et aspergent avec de l’eau salée la goutte de latex qui se forme; elle se coagule instantanément, ils la cueillent aussitôt au bout d’une petite baguette et l’étirent en fds qu’ils enroulent ; ils obtiennent ainsi, en répétant cette opération, une sorte de fuseau dont la taille varie de 10 à 2 0 centimètres de long sur 2 à A centimètres de diamètre.
- Au Sénégal et au Soudan, on procède de même, ou bien on réunit le latex dans une calebasse, et là on le traite par de l’eau salée.
- A Bahia, au Nicaragua, en Assam, on ajoute simplement au latex son volume d’eau.
- Le procédé qui consiste à ajouter au latex une solution d’alun doit être rejeté, car si la coagulation est instantanée, le caoutchouc obtenu perd peu à peu de son élasticité.
- On coagule encore le latex dans certaines contrées, notamment à Maranhao (Brésil)
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- et à Madagascar, avec une solution d’acide sulfurique étendu ; mais la séparation se fait trop vite, et le produit ne se trouve pas préservé de la fermentation putride.
- Au lieu d’acide sulfurique, le docteur Morisse, d’après Chapel, se sert des solutions suivantes :
- 1ü Acide phénique commercial...................................... h gr.
- Alcool......................(Quantité suffisante pour dissoudre).
- Eau........................................................... 8o
- 2° Acide sulfurique ordinaire.................................... 2
- Eau........................................................... 20
- On mélange les deux solutions, et on peut coaguler 1,000 litres de latex avec 2 litres d’acide sulfurique et A litres d’acide phénique du commerce.
- Cette pratique donnerait, paraît-il, d’excellents résultats et la présence de l’acide phénique entraverait les fermentations putrides.
- On emploie encore pour séparer le caoutchouc certaines plantes ou fruits acides, citrons, tamarin, oseille, bossanga (cactus du Congo), achuca (vigne sauvage du Nicaragua), le pain de singe, fruit du baobab, dans le Haut Niger.
- Au Congo indépendant, on procède par rouissage ; la liane coupée est mise dans Peau pendant quelques jours, puis soumise à un battage énergique, le caoutchouc se sépare et est réuni en boules.
- En général, les procédés à Peau sont défectueux, surtout si l’on agit sur des quantités un peu importantes, car ils laissent emprisonnée dans la masse une certaine partie du latex qui bientôt fermentera ; la dessiccation au soleil est insuffisante pour chasser ce liquide, seules les couches extérieures en sont débarrassées, mais non les parties intérieures.
- Nous devons ajouter toutefois que dans divers pays on obvie aux inconvénients que présentent ces procédés soit en étirant le caoutchouc en fils, soit en l’étalant en plaques très minces que Pon superpose.
- Ce qui est surtout indispensable, c’est d’apporter beaucoup de soins dans la récolte et la coagulation ; et la plupart des procédés indiqués donnent de bons produits quand ils sont judicieusement employés ; la difficulté est d’obtenir des indigènes un travail intelligent et soigné, et cependant on ne saurait trop le répéter, plus un caoutchouc est propre plus sa valeur commerciale est grande.
- Si de nombreux essais ont été faits pour extraire, par des agents chimiques, le caoutchouc des menues branches et des feuilles, il ne paraît pas que, jusqu’à ce jour, le problème ait été victorieusement résolu.
- Espérons que les travaux entrepris de divers côtés sur ce sujet seront bientôt couronnés de succès, ce qui aurait l’immense avantage de permettre d’utiliser notamment les feuilles, d’augmenter par ce fait la production générale et d’enrayer vraisemblablement la destruction des espèces.
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- 3° SORTES COMMERCIALES.
- Dans le commerce, on reçoit le caoutchouc sous des noms qui varient suivant sa provenance, sa forme, sa couleur, etc.
- Nous allons présenter dans un tableau les noms des pays producteurs, des sortes (juds exportent, des végétaux qui les fournissent, le mode de coagulation et d’envoi, la qualité du produit et la perte qu’il donne.
- NOM DU PAYS PRODUCTEUR. NOM DU PRODUIT. NOM DES PLANTES. MODE de COAGULATION. MODE D’ENVOI. QUALITÉ. DÉCHET
- p. 100.
- Para ( Brésil, Bas-Amazone)
- Manaos (Brésil, Haut - Ama -zone).
- Paua-Manaos ..
- Para-Manaos ..
- Matto - Grosso (Brésil).
- Céara (Brésil).
- Pbrnambouc ( Brésil ).
- Rio (Brésil )...
- Mahanimm (Brésil).
- Baria (Brésil).
- Santos (Brésil).
- Bolivie .
- Para fin. ( Prix en France : 10 h
- 13 fr. le kilogr.)
- Para fin. (Prix en France : i o à i3 fr. le kilogr.)
- Para entrefin (assez rare).
- Sernamby (negro-heads, cabeça de negro, tète de nègre). Prix : 7 à 9 francs.
- Para blanc. (Prix : 6 fr. 5o h 8 fr. )
- Ceara scraps. (Prix : 5 fr. 5o
- à 7 )
- Alaugabeira.
- Rio. (Prix : 6 à 7 fr. 5o. ) Maranbam........
- Bahia...........
- Santos..........
- Bolivie. (Prix : 8 à la francs.)
- Hevca. spruceana..
- — discolor.
- — paucifiora,
- — membranacea.
- — rigidifolia.
- — benthamiana.
- — brasiliensis.
- — lutea.
- — guyanensis.
- — nitida.
- Siphonia brevifolia Mêmes plantes...,
- AMERIQUE DU SUD.
- Enfumage ....
- Provient des pellicules recueillies dans les godets et réunies en masses, au lieu d’être formé de couches superposées.
- Provient des déchets de fabrication du para fin et entrefin.
- Mêmes plantes.
- Manihot Glaziovii.. ..
- Hancornia speciosa.
- Hancornia speciosa.
- »
- Hancornia speciosa. Hancornia speciosa.
- Hancornia speciosa.
- Enfumage
- Sel ou acide sulfurique étendu?
- A l’air libre, sur des écorces ou sur la terre.
- Solution d’alun.
- A l’air libre , par quantités importantes.
- Aluu ou sel. ..
- Mêmoe préparation et origine qu’au Para.
- Pains de 3 h 5 kilogrammes en caisses de i3o à i4o kilogrammes.
- Pains de 10 à i5 kilogrammes en caisses de i3o b i5o kilogrammes.
- Masses irrégulières de 10 centimètres de côté, ou gros blocs prenant la forme de la caisse.
- Parallélipipèdes de o m. 60 de long, o m. 3o de large, o m. i5 d’épaisseur.
- Masses allant jusqu’à i5o kilogrammes, formées de larmes et lanières entremêlées
- Plaques de 0 m. a à o m. 7 d’épaisseur, de longueur et largeur variables.
- Plaques...............
- Masses ou plaques de i5 kilogrammes.
- Pains de 1 à 2 kilogrammes ou plaques de o m. 60 de long sur o m. a5 de large et 0 m. i5 d’épaisseur.
- Vient par l’Amazone..
- Supérieure
- Supérieure ...
- Bonne.
- Assez bonne , souvent humide et mélangée de sable.
- Odeur fétide...
- Peu estimé. Efflorescences salines. Poches d’eau.
- Moyenne.
- Supérieur au Pernambouc.
- Peu estimé, humide, mélangé d’écorces et de sable.
- Inférieur......
- Un peu moins bon que le Para
- 10 à i5
- à i5
- i5 à :
- 20 à 40
- 20 à 20
- Jusqu’à
- 60
- a5 à 3o
- ao à a5
- Jusqu’à
- 5o
- 20
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- G28
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900
- NOM DU PAYS PRODUCTEUR. NOM DU PRODUIT. NOM DES PLANTES. MODE de COAGULATION. MODE D’ENVOI. QUALITÉ.
- AMÉRIQUE DU SUD (suite).
- Colombie.
- Carlhagène ( Esse- Hevea membranacea quebo). — pauciflora.
- — rigidifolia.
- San-Sa lvadoii et Honduras.
- VÉNÉZIIELA .... Pe'rou.........
- Caucho blanco (caoutchouc blanc).
- Sc confondent avec ceux du Nicaragua.
- Ciudad-Bolivar.. .
- Pérou. ( Prix : 6fr. 5o à 8 fr.Bo.)
- Excœcaria gigantea.. .
- Ileveas (divers). .. IWcas (divers). . . . Hancornia speciosa. Cameraria latifolia. Castilloa.
- Abatage h l’air libre.
- Enfumage .... Suc du sacha-mote ou eau de savon.
- Équateur
- Cavenne
- Sernambillo. (Mêmes prix. )
- Guyaquil
- Mêmes espèces.
- Larmes coagulées naturellement au bord des incisions.
- Castilloa elaslica . Heveas divers, liancornias divers.
- Cayenne
- Ileveas divers très abondai) ts.
- Arrive soit en sheets (feuilles) de o m. oo5 h o m. o5 d’épaisseur , superposées pour former des masses allant jusqu’à 100 kilogrammes; soit en scraps, boules provenant des rognures des plaques et pouvant atteindre 8o kilogrammes, ou boudins gros comme le bras.
- Bon ne
- Pains de aü livres... .
- Supérieure.
- Blocs volumineux, noirs, h surlace raboteuse.
- Pelotes ou boudins...
- Assez bonne.' Contient de J l’eau et du sa-? ble. La pro-i duction du Pé-1 rou est très] abondante.
- Plaques de 1 mètre de long, o m.oi <i o m.o5 d’épaisseur, o m. 5o il o m. 70 de large.
- Cette colonie ne récolte que très peu de caoutchouc.
- Humide, impur, eau. sable.
- AMERIQUE CENTRALE.
- Mexique
- Mexique
- Castilloa clastica.. — markharaiann.
- Ebullition.
- Plaques de 0 ni. 01 à 0 m. oh d’épaisseur, sur o m. 5o il o ra. 60 de longueur.
- Boules de o m. o5 i> 0 m. 06 de diamètre. Rares.
- Impuretés, sable , débris végétaux.
- Supérieur.....
- Guatemala
- Nicaragua.
- Antilles
- Savanillc..........
- Cosla-Rica.........
- Puer.to-Cahello ... Amérique centrale.
- Suc de l'ipomœa bonanux (convolvulacées ) , laisse de la résine dans le caoutchouc.
- Plaques,
- Sucde l’achuca.
- Sheets
- Scraps
- Fournissent peu, bien que les plantes productrices y soient abon -d mtes.
- In Teneur
- Bonne, d’autant meilleure que les feuilles superposées sont plus minces.
- Bonne.........
- DÉCHET
- p. 100.
- 30
- sâ il 3o
- 12 à 15
- 3o
- 10 h i5
- 10 h i5
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- 629
- NOM DU PAYS PRODUCTEUR. NOM DU PRODUIT. NOM DES PLANTES. MODE de COAGULATION. MODE D’ENVOI. QUALITÉ. DÉCHET
- p. 100.
- Indes.
- Assam .
- Rangoon .
- Sua et Malagca
- Tonkir Laos. .
- Indes................ Ficus elastica
- Assam......
- Nyoung pen. Nyoung-hyap.
- Rangoon.
- Penang. Patani.
- Tonkin. (Prix : 5 h '6 fr. 5o. ) Laos. (Prix : 6 il 7 fr. 5o. )
- Java .
- Bornéo. ( On comprend sous ce nom des sortes provenant des îles de la Sonde, Célèbes, Mo-luques, Philippines. )
- Nouvelle-Calé-
- donie.
- Lampong.
- Bcngkoelen
- Bornéo - Djambi. (Prix:6à7fr.5o)
- Bornéo-Bengkoelen.
- Nouvelle-Caledonie.
- Ficus elastica........
- — rcligiosa.
- — glomerata.
- — oppositifolia.
- — macrophylla.
- — laccifera.
- — oblusifolia.
- — annulala.
- — calotropisgigantea.
- — artocarpus intègre-folia.
- Memes espèces..........
- Mêmes espèces.
- ASIE.
- Incision et coagulation sur place, ou récolte et coagulation par eau bouillante.
- Incision et coagulation sur place, ou récolte et coagulation par eau bouillante.
- Incision et coagulation sur place, ou récolte et coagulation par eau bouillante.
- OCEANIE
- (U.
- Ficus elastica
- — religiosa.
- — altissima.
- Calotropis gigantea. Urceola elastica. Willugbbbeia firma Dyera coslulata.
- Mêmes espèces
- Ficus prolixa
- Ballots de toile grise pouvant peser jusqu'à i5o kilogrammes, serres de liens d’écorces entre-croisées.
- Blocs formés de boules agglomérées de grosseur variant depuis le volume d’un oeuf jusqu’il celui de la tête d’un homme.
- Blocs de 1/1 o° de mètre cube, formés de larmes et petites masses agglomérées.
- Lanières agglomérées.
- Lanières agglomérées.
- Larmes agglutinées en masses plus ou moins grosses.
- Arrive comme le précédent, ou en blocs entourés d’un filet en rotin.
- Plaques ou boules déformées plus ou moins volumineuses ( pâte à coloration rouge-verdâtre).
- Plaques peu épaisses..
- Pains de 6 à îo kilogrammes ressemblant à ceux du Para.
- AFRIQUE OCCIDENTALE.
- Humide, terre et débris de bois.
- Généralement mélangés de terre et de sable.
- Assez bonne.
- Bonne.
- Tend à devenir poisseux.
- Souvent fraudé par de la terre et des débris végétaux.
- Moyenne, impuretés, sable.
- Assez pur.
- Supérieur.
- ao a 3 o
- 45
- SÉNÉGAL . . .
- Soudan. Casamance.
- Casamance. (Prix: 6fr.5oà7fr.5o.) Landolphia Senega-lensis. Plaques de i3o h i5o grammes ou boules Assez gluant , impuretés,
- — tomentosa. formées de lanières terre et écorces.
- — 11 o rida. enroulées assez volu-
- * Calotropis procera. Ficus divers. mineuses (twists) ou plus petites de om.o5 a o m. îo de diamè-
- Gohine.
- Bahi. tre (niggers).
- i8 à ao (humidité).
- 38
- (*) Tous les caoutchoucs de provenance de Singapoure doivent être suspectés, car ils sont souvent fraudes par les Chinois qui y détiennent ce commerce.
- Gn. IX. — Cl. 54
- 43
- ÎMPÏUUERIE NATIONALE.
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-
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- G30
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900
- NOM DU PAYS PRODUCTEUR. NOM DU PRODUIT. NOM DES PLANTES. MODE de COAGULATION. MODE D’ENVOI. QUALITÉ. DÉCHET
- p. 100.
- AFRIQUE OCCIDENTALE (suite).
- SÉiVKfUf.. Landolpbia senega-lensis. — tomentosa. — florida. Calolropis procera. Ficus divers. Gohine. Bahi. Pelotes un peu plus petites que le poing, formées de lanières enroulées de o m. oa de large ou plaques de o m. oo5 ii o m. o3o d’épaisseur. Bien récolté sc-
- Soudan. Casamance d’Afrique. ( Prix : 6 fr.So h 7 fr. 5o.) rait excellent.
- Camliie. ( Prix : 7 fr. 5o h 9 fr.) Bon, mais sou-
- vent fraudé.
- Casamance Landolpbia senega-lensis. — beudelotii. — toinenlosa. — petersiana. Pelotes de 3oo grain- Souvenlbumide h 0
- GAISE. mes h a kilogrammes.
- fîlTlNKK VI»AN - lied Niger ( rouge). (Prix : 7 h 8 fr.) Landolpbia tomentosa. — beudelotii. — owariensis. — lucida. —• senegalcnsis. Ficus divers. Boules de fil fin de 8o Bonne qualité.
- çaise. à i oo grammes.
- VV li i L e Niger (blanc). (Prix : ti fr.5o ii 7 fr. 5o.) Assez bon , bu-midilé.
- Twist. (Prix 7 à 8 fr.) Boules formées de la- Bon.
- nières de îoo à 120 grammes.
- Flaques Mêmes espèces Coagulation à terre ou par l’eau salce. Boules de h à 5 kilogrammes. Souvent impures. Jusqu’à 70
- SiiiiuiA Leone. . Finis Rrnssii Boules de A k 5 kilo- Devient facile- a5 à 35
- Landolpbia owariensis. Lilibue (liane). Nofe (liane). Kewalia (liane). grammes ou en plaques. ment poisseux, collant.
- Libéria Landolpbia owariensis. — comoriensis. Urosligma Vogelii. Petites houles Souvent impu- ao à 35
- res.
- Côte d’Ivoiiie. . Grand-lîassam.. . . Landolpbia owariensis. — florida. Urosligma Vogelii. Ficus Brassii. — elastica. Vahea gummifera. Kickxia. Pcti tes boules de ora.o 1 Bonne 30
- h 0 m. o3 de diamètre ( marbles).
- Pays des Acuan- TIS. Biscuits il’Akkra.. Urosligma Vogelii.. .. Eau salée Petits disques comprimés. Assez bonne... 35
- Lagos llrostignin Vogelii.. . . Strips (bandes d’un i/a centimètre d’épaisseur, pressées les unes contre les autres). Biscuits de 0m. o5 à 0 m. 06 de diamètre. Lumps (masses). Niggers, petites boules formées de filaments pelotonnés.
- Landolpbia owariensis. Kickxia africana.
- Cameroun et EM- BOUCI1UHK DU Niokii. Niggers-Niggers .. Landolpbia Heudelolii. — owariensis. — Mannii. Manibot Glaziovii. Kickxia africana. Petites boules agglutinées. Inférieure..... 5o
- 0
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- 631
- NOM DU PAYS PRODUCTEUR. NOM DU PRODUIT. NOM DES PLANTES. MODE de COAGULATION. MODE D’ENVOI. QUALITÉ.
- AFRIQUE OCCIDENTALE (mite).
- Gabon
- Congo i'iian(:ais.
- État ^dépendant du Congo. ( L’exploila -lion est régle-menle'e. )
- Gabon
- 0goué...........
- Boules du Gabon. Bas-Ogoué.......
- Haut-Congo lopori.
- — Montgalla.
- Lac Léopold.
- Kassaï...........
- Haut-Congo ouellc.
- — kouilou.......
- — arouhimi.....
- — bussii'a.......
- — bokala........
- Lohanda thimbles.
- Tètes de nègres d’Afrique.
- Benguella-niggers.
- Landolpbia oivarien-sis.
- — pelersiana. Manihol Glaziovii. Ifcvea guyanensis.. . .
- Mêmes espèces........
- Mêmes espèces........
- Landolpbia foreli.. . .
- Catpodinus foreliana (oit okouendé n’gowa)
- Gnongo.
- Carpodinus Jumellei ou ivogué.
- Ebourendé (mauvais produit).
- Isomba ( mauvais produit).
- Bouela (bon).
- Ougournou (résineux).
- Gombo n’sira ( résineux).
- Loni (mauvais).
- Landolpbia comorien-sis.
- —• lucida.
- — owariensis.
- Djoumialé.
- Landolphia coinorien-sis.
- •— florida.
- — iucida.
- — petersiana.
- — owariensis ( mvo-chi ou malumba ).
- Ficus divers.
- Kickxia africana ou Ireh.
- Par la chaleur, ou l’eau salée, ou l’eau pure, ou spontanément.
- Chaleur, eau. Putréfaction sur ie corps.
- Ébullition.
- En boules volumineuses.
- En langues (morceaux de la longueur du doigt collés, mais non soudés, à cause de l’humidité ).
- Boules comme le poing.
- Boules percées d’un trou.
- Plaques ou boules do grosseur variable.
- Thimbles (petits cubes ).
- Plaques de o m. o5 d’épaisseur, très serrées.
- Lopori. — Petites boules de o m. 02 à o m. o5 agglutinées en masses (en sacs).
- Montgalla. — Boules diverses agglomérées.
- Léopold. — Boules aggloméréesou thimbles agglomérés en masses de 3o kilogrammes.
- Ixassai. — Petites boules grosses comme un abricot soudées en masses énormes ou en chapelets.
- Ouellé. — Plaques épaisses de o 111. o3 à o m. o5.
- Kouilou. — Plaques épaisses de o m. o3 h 0 m. o5.
- Arouhimi. — Boules aplaties de o m. oü de diamètre ou boudins de o m. o5 de diamètre.
- Bassira. — Morceaux variables.
- Bokala. — Eu boules ou en poires.
- Loanda. — Petits cubes de o m. 01 à o m. o3 de côté.
- Tètes de nègres. — Boules de o m. o3 à àom.oS de diamètre.
- Benguella. — Fuseaux ou chapelets de petites boules de om.o3 de diamètre.
- Humidité,odeur fétide.
- Humidité
- Sable.
- Humidité......
- Humidité,odeur nauséabonde .
- Bon.
- Très bon.
- Très bon.
- Impures.
- Bon.
- Assez bon,odeur fétide.
- Très bon......
- DÉCHET
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- éo
- Jusqu’à à 5
- au
- li à ao
- 8
- 15 ii ao
- 43
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900
- NOM DU PAYS PRODUCTEUR. NOM DU PRODUIT. NOM DES PLANTES. MODE de COAGULATION. MODE D'ENVOI. QUALITÉ.
- DECHET
- p. 100.
- Bencuella.
- Mozambique. ...
- Zanzibar . Re'union .
- Maurice. .. Comores... Madagascar
- Variétés diverses de Madagascar .
- AFRIQUE OCCIDENTALE (suite).
- Benguella
- Landolphia owarien-sis.
- — florida.
- — pctersiana. Bioungo (clitandra
- henriquesiana). Otarampo (Carpodinus lanceoiatus).
- (Ce sont les racines de ces deux espèces qu’on exploite.)
- COTE ORIENTALE.
- Fuseaux de Natal. ( Prix : 7 h
- 8 fr. a5.)
- En boules. (Prix : 8 h 9 fr.)
- En marbles.
- Mêmes formes.. Réunion.........
- Maurice. Comores
- Rose. (Prix : 7 h 9 fr-)
- Noir ( niggcrs). (Prix : 4 fr. 5o à 5 fr. 5o.
- Tamatave. Majunga .
- Nossi-Bé.
- Vahitampotra.....
- Reiabo...........
- Bokabé.
- Lombiro.
- Vahimaintry.
- Ertriazo.........
- Inlisy ou Herekazo.
- Hazoudrano Barabanja. .
- Landolphia petersiana. — Kirkii.
- Mêmes espèces.
- Mêmes espèces.
- Mêmes arbres.
- Cryptostegia grandi-llora.
- Periploca grœca.
- Ficus elastica.
- Hevea brasiliensis.
- Manihot glaziovii.
- Willuglibeia edulis.
- Periploca grœca.
- Landolphia comorien-sis.
- Landolphia niadagas-cariensis.
- Vabea gummifera ou landolphia mada-gascariensis.
- Vabea comoriensis ou Landolphia Comoriensis.
- Arbre très abondant dans le Sud-Est, ne supportant pas une saignée de plus de 100 grammes.
- Eau salée, fruits acides.
- Les fuseaux de 0 m. 1 5 de long sur 0 m. o3 b o m. où de diamètre sont constitués par des filaments enroulés autour d’une baguette.
- Boules de o m. 03 b o m. oA de diamètre, formées de filaments pelotonnés.
- Pelotes de filaments pouvant peser jusqu’à i,5oo grammes.
- Mêmes formes..........
- Pains de taille variable.
- Boules plus ou moins volumineuses allant de la grosseur d’une noix b celle d’une pomme.
- Boules blanches......
- Boules de o m. i5 de diamètre.
- Niggers ( petites boules agglutinées).
- Larmes coagulées b Pair libre, réunies en boules de 0 m. 06 b 0 m. 08 de diamètre.
- Visqueux, inférieur.
- Généralement très purs ; s’ils sont fraudés peuvent donner en déchet.
- Bon, un peu humide.
- Très humide..
- Mêmes qualités.
- Assez pur, assez humide.
- Bonne, mais fraudée.
- Très pur. Impuretés.
- Bon, mais du sable. Médiocre.
- Bon.
- Bon.
- Bon.
- i5 b 25
- ùo
- Mêmes
- déchets.
- a5 b 3o
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-
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- 633
- NOM DU PAYS PRODUCTEUR. NOM DU PRODUIT. NOM DES PLANTES. MODE de COAGULATION. MODE D’ENVOI. QUALITÉ. DÉCHET
- p. 100.
- CÔTE ORIENTALE (suite).
- Variétés diverses de Madagascar. Herotra. Godroa. Abatage et coagulation par sel, citron, tamarin ou acide sulfurique.
- Voahena. Vabyou. Landolphia divers. Ficus elastica. — Hazondranala. Melleri Assez bon.
- — Trichopoda.
- Nota. Sur le caoutchouc h Madagascar, on peut consulter pour avoir des détails les études faites par M. Prudhomme, publiées avec gravures dans la Berne de Madagascar, n°* du 10 décembre 1899 et du 10 janv'cr 1900.
- 4° MOUVEMENT COMMERCIAL.
- Le commerce du caoutchouc a pris une très grande importance au cours de la seconde moitié du siècle qui vient de s’écouler. Les principaux marchés se tiennent à Londres, Liverpool, Anvers, Amsterdam, Rotterdam, Hambourg, Lisbonne, New-York et Paris; quelques chiffres vont nous donner un aperçu du développement de ce commerce.
- La production du bassin de l’Amazone a été en :
- 1850
- 1860
- 1870
- 1880
- tonnes.
- 320
- 1,925
- 4,725
- 8,45o
- 1889
- 1896
- 1897 1899
- tonnes.
- i5,5oo
- 21,597
- 22,216
- s3,6oo
- Le Mexique, de 1881 à 1886, en a exporté pour une valeur annuelle moyenne de 551,690 fr. et de 846,925 fr. en 1888.
- Le Congo belge, les quantités suivantes :
- kilogrammes.
- 1886 ..................... 214,079
- 1887 ..................... 441,279
- 1888 ..................... 593,753
- 1889 ..................... 6io,444
- kilogrammes.
- 1890 684,524
- 1891 679,961
- 1892 460,339
- 1893 462,329
- et en 1897, pour une valeur de 8,311,900 francs
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-
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- 63-4
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Pour l’Europe, les importations totales se sont élevées de 7,223 tonnes, en 1 865, à 1 c), 5 5 0, eu 1 88 2, et 3 3,0 00 , en 1891.
- Enfin le bureau of the American Republie évalue la production de caoutchouc du monde entier à /i2,5oo,ooo kilogrammes par an, dont 22,5oo,ooo pour l’Amérique du Sud : 18 millions pour l’Afrique, 450,000 pour l’Inde.
- En ce qui concerne la France et ses colonies, les tableaux qui vont suivre pourront permettre de se rendre compte de l’importance que ce commerce a prise depuis ces dernières années. Pour la France, les données comprennent le caoutchouc et la gutta-percha.
- IMPORTATIONS EN FRANGE, EN 1899. CAOUTCHOUC ET GUTTA-PERGIIA.
- COMMERCE GÉNÉRAL. COMMERCE SPÉCIAL.
- POIDS. VALEURS. POIDS. VALEURS.
- kilogrammes. francs. kilogrammes. francs.
- Angleterre 92 1,272 U // //
- Allemagne 9 9 5, A 57 U // //
- Pays-Bas /io,23/i n // n
- Belgique 176,70b // // n
- Portugal Possessions anglaises d’Afrique orien- h 5,2 70 n n n
- taie 2/1,007 ti n //
- Indes anglaises 632,7/19 n u //
- États-Unis 235,/i59 11 u 11
- Colombie 1 /1/1,31 0 u u n
- Brésil 1,769,269 n n n
- Autres pays étrangers 809,758 n n n
- Totaux 5,09/1/190 48,897,655 4,7°7>917 44,72.5,212
- Sénégal Etablissements français de la Côte occi- 319,8/13 // // //
- dentale d’Afrique 599.871 U U //
- Madagascar et dépendances 285,9/17 /; n //
- Autres colonies et pays de protectorat. 118,95/1 n n //
- Totaux 1,3 a 4,615 12,583,843 685,i 1 h 6,568.583
- Totaux généraux 6/119,1 o5 60,981/198 5,393,o3i 51,2.33,79.5
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-
-
- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- 635
- TABLEAU DES IMPORTATIONS EN FRANGE DE 1887 À 1896.
- PAYS DE PROVENANCE. 1887. 1888. 1889. 1890. 1891.
- kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes.
- Angleterre .. 653,85g 629,5o3 746,397 786,709 783,292
- Belgique 48,51A 4o,832 37,7i3 88,884 82,148
- Portugal 3,037 36,4go 11 1,689 132,972 245,329
- Indes anglaises 513,526 3 4 0,181 3i 1,390 568,299 472,746
- Etats-Unis 73,56o 55,999 66,187 96,938 97,545
- Brésil 566,oi 3 536,o46 545,564 669,387 1,005,367
- Sénégal Etablissements français de la Côte 173,356 166,376 1 40,447 i4o,i28 67,984
- occidentale d’Afrique 10,134 II 7,626 8,728 49,457
- Autres pavs 414,793 447,795 364,428 279,883 875,042
- Quantités 2,455,792 2,253,1 22 2,331,441 2,761,928 3,678,910
- Valeurs i5,g62,66if 14,645,2g3f i3,988,646f 16,671,568f 25,752,37of
- PAYS DE PROVENANCE. 1892. 1893. 1894. 1895. 1896.
- kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes.
- Angleterre 570,101 4 io,6o4 64 4,904 606,1 60 826,962
- Belgique 79^77 81,511 1 26,3l 1 137/127 1 79,826
- Portugal 137,821 156,269 67,817 106,172 1 1 5,447
- Indes anglaises 374,126 366,219 5o3,8i5 533,706 855,848
- Etats-Unis i3o,320 161,852 213,8i 4 1 1 2,24 0 264,24l
- Brésil 950,681 813,901 988,232 1,211,638 1,609,912
- Sénégal Etablissements français de la Côte occidentale d’Afrique 198,290 206,826 382,861 117,540 88/196
- 35,865 6i,65o 102,909 172,100 346,636
- Autres pays 935,952 972,958 807,897 695,339 849,642
- Quantités 3,4o7,333 3,231,790 3,838,56o 3,692,322 5,137,010
- Valeurs 20,443,998f i9,39o,74or 23,o3i,36of 22,153,932f 3o,822,o7of
- D’autre part, la moyenne des importations, en France, s’est élevée (caoutchouc et gut.ta) :
- QUANTITÉS. VALEUR.
- kilogrammes. francs.
- De 1867 à 1876 1,088,325 6,600,177
- De 1877 à 1886 1,876,529 12,479,130
- De 1887 à 1896 3,278,821 20,276,263
- Ainsi qu’on le voit, notamment par ce dernier tableau, l’importation du caoutchouc, en France, a plus que triplé de 1867 à 1896, et s’est presque décuplée si l’on considère celle de 1899, — 60,981,698 francs.
- Passons au commerce d’exportation de nos colonies africaines et du Tonkin.
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- 636
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- En voici la statistique pour les années 1898 et 1899 :
- QUANTITES. VALEURS.
- kilogrammes. francs.
- Sénégal 340,628 1,191,849
- Guinée française H 5,939,l86
- Côte d’ivoire 289,826 1,304,217
- Dahomey ,. , 1^’719 38,413
- Congo 578,201 2,775,364
- Madagascar 308,329 *3 OO fcô CO
- Soudan 108,577 375,152
- Tonkin 2,i64 2>967
- Sénégal 477,3o5 2,218,444
- Madagascar U 2,213,149
- Tonkin ( 1er semestre) 14,894 43,327
- A Madagascar, l’exportation pour l’année 1896 s’est élevée à h08,770 kilogrammes d’une valeur de 1,326,329 francs, et pour l’année 1897 à 334,393 kilogrammes d’une valeur de 1,101,200 francs.
- Au Congo français elle avait été de 546 tonnes, d’une valeur de 2,620,800 francs, en 1896, et de 518 tonnes d’une valeur de 2,486,4oo francs, en 1897.
- Mais nous pouvons mettre sous les yeux du lecteur un tableau beaucoup plus intéressant, celui de l’exportation du caoutchouc, de 1890 à 1898, pour le Sénégal, la Guinée française, la Côte d’ivoire, Sierra-Leone, la Gambie anglaise et la Guinée portugaise.
- i\OMS DES PAYS. 1890. 1891. 1892. 1893. 1894.
- francs. francs. francs. francs. francs.
- Sénégal 323,93a 172,956 97,27a 755,964 g83,633
- Guinée française 2,487,7/10 2,500,000 2,856,207 3,487,632 3,486,88g
- Gèle d’ivoire // // 174,709 231,097 418,371
- Sierra Leone 3,ooo,ooo 3,648,975 3,a84,45o 4,o56,5a5 2,360,375
- Gambie 4oo,ooo 482,07b 1 i4,aa5 92,900 296,925
- Guinée portugaise (1) 60,000 60,000 60,000 i5o,ooo 200,000
- Total 6,271,672 7,464,006 6,586,923 8,774,118 7,746,193
- NOMS DES PAYS. 1895. 1896. 1897. 1898.
- francs. francs. francs. francs.
- Sénégal 569,173 627,980 545,413 1,191,849
- Guinée française 3,55a,7l4 3,8i5,o38 M79>979 5,g36,i86
- Côte d’ivoire 284,625 440,191 583,633 1,306,217
- Sierra Leone 3,o3g,i5o 2,963,575 2,189,500 i,o4o,5oo
- Gambie 587,525 829,250 745,950 872,105
- Guinée portugaise W 600,000 1,200,000 490,000 538,985
- Total 8,663,187 9,939,034 9,434,5o5 10,883,84a
- l'I Pour ce pays les chiffres ne sont qu’approximatifs.
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- Enfin, en 1899, le Sénégal a exporté pour 2,918,444 francs de caoutchouc et la Guinée française pour 6,993,577 francs.
- Ainsi, en dix ans, l’exportation a passé pour le Sénégal de 323,982 francs à 2,218,444 francs;
- Pour la Guinée française de 2,487,740 à 6,993,557 francs.
- Et en sept ans, pour la Côte d’ivoire, de 174,709 à 1,304,217 francs.
- On ne saurait trop insister sui ces résultats qui prouvent la prospérité de ce commerce dans ces colonies, enfin il est bon que l’on sache que Conakry, en Guinée française, a su s’attirer par un développement vraiment surprenant une partie du commerce de l’intérieur, dont bénéficiait auparavant Free-town, ville principale du Sierra-Leone. Les indigènes y trouvent les approvisionnements qui leur sont nécessaires, et ils n’hésitent plus à venir y apporter leurs récoltes.
- Pour le Dahomey, son exportation a débuté en 1892 et s’est élevée pour cette année à 122 kilogrammes, elle a été de 3o3 en 1895, 1,905 en 1896, 2,812 en 1897, 13,719 en 1898 et 144,45 5 en 1899. Sur le littoral, ce caoutchouc se paye de 3 à 5 francs le kilogramme, pour se revendre en Europe de 8 à 12 francs.
- Il est encore une contrée ou le commerce du caoutchouc a pris une importance considérable, nous voulons parler de l’Etat indépendant du Congo. Ce pays, d’après les renseignements qui nous ont été fournis, exporterait 3,600 tonnes de caoutchouc par an, et tout porte à croire que la création du chemin de fer de Léopoldville à Matadi, qui rend facile et économique le transport des marchandises de l’intérieur à la côte, est la cause de la prospérité indiscutable de cet Etat. Nous avons constaté les mêmes résultats au Sénégal pour la culture de l’arachide qui a pris des proportions considérables depuis la construction du chemin de fer de Dakar à Saint-Louis, et il est incontestable que la facilité des transports est un des facteurs prépondérants pour le développement de ces contrées si pauvres à cet égard.
- Pour la Guinée portugaise, son commerce d’exportation de caoutchouc s’est élevé, en 1898, à 538,985 francs.
- Quant à celui de l’Angola, les chiffres qui suivent, que nous relevons dans une notice sur les colonies portugaises, publiée à l’occasion de l’Exposition', par M. Tito de Car-valho, ancien député, chef de bureau au Ministère de la Marine et des Colonies du
- Portugal, en démontrent l’importance :
- EXPORTATION. EXPORTATION.
- kilogrammes. kilogrammes.
- 1890. 1,363,232 1895 2.090,939
- 1891. 1,836,655 1896 2,256,000
- 1892. 2,o37,436 1897 ....... 2,780,400
- 1893. 2,662,062 1898 ....... 3,377,866
- 1894. 1,801,160
- Ces 3,377,866 kilogrammes représentent une valeur de 28,015,3i5 francs.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Le Mozambique fait de son côté un commerce important de ce produit, ses exportations de cette gomme représentent, pour 1898, une valeur de 1,063,765 francs.
- En ce qui touche le Mexique, les renseignements que nous avons recueillis présentent l’exportation de ce pays comme s’étant élevée, en 1878, à q,o55 dollars; en 1892, à 47,584 dollars et, en 1898, à 106,023 dollars.
- L’Equateur enfin a exporté, en 1898,'—722,118 kilogrammes de caoutchouc, d’une valeur de 8,035,f265 francs.
- Le prix du caoutchouc est très variable; la qualité, la provenance, l’importance des offres et des demandes, les frais de transport sont des causes d’augmentation ou de diminution dans les pays producteurs et consommateurs.
- Le caoutchouc indigène vaut en moyenne 3 fr. 65 le kilogramme à Siguiri, ville de hinterland de la Guinée française; 5 francs à Konakry; A fr. 84 à Kay es (Sénégal); 4 a 5 francs à Madagascar; il atteint, en Europe, le prix de 7 à 10 francs, suivant la qualité et les cours de Liverpool et Anvers.
- Quant aux autres prix dont nous avons connaissance, nous les voyons varier de 50 centimes à 6 et 7 francs le kilogramme; mais les diversités sont telles qu’il nous est impossible de nous étendre sur ce sujet, sans dépasser les mesures qui nous sont assignées.
- Sur les marchés d’Europe, les prix des mêmes qualités sont également soumis à des fluctuations très sensibles, ainsi qu’on ]3,eut le voir par le tableau suivant, où nous donnons la moyenne de trois sortes très répandues :
- 1889.
- 1890.
- 1891
- 1892
- 1893
- 1894
- 1895
- 1896
- 1897
- 1898
- 1899
- PARA FIN. le kilogramme. 8f 00° SERNAMBY MANAOS. le kilogramme. 6f 00° SERNAMBY PARA. le kilogramme. 5f 60e
- 10 35 7 60 7 35
- 9 66 6 90 6 65
- 7 85 6 00 5 75
- 8 75 6 70 5 5o
- 7 7° 6 00 4 55
- 9 75 6 60 5 60
- 10 35 6 80 6 o5
- 0 GO 05 6 4o 5 75
- 11 00 8 75 7 35
- 1 11 5o 9 00 7 60
- 5° ESSAIS DE CULTURE.
- L’élévation des prix du caoutchouc qui s’est produite depuis quelques années et qui provient de l’augmentation de la consommation et de la diminution de la production dans certaines contrées par suite de la destruction des lianes, invitait les régions propres à cette culture, à créer des plantations.
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
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- La récolte du caoutchouc paraissant devoir donner des résultats avantageux, des essais nombreux ont été tentés. En Assam, les Anglais firent des plantations de Ficus indica, plante qui y croît spontanément. Mais cette espèce ne peut être saignée que lorsqu’elle a atteint vingt-cinq ans, et seulement tous les trois ans; enfin pour un sujet de cinquante ans en pleine maturité, la récolte triennale n’est que de 20 kilogrammes de caoutchouc. Cet essai fut abandonné.
- De même le Castüloa elaslica, planté aux Indes, n’a pas répondu aux espérances premières que sa culture dans les serres de Kiew avait fait entrevoir.
- Une nouvelle tentative faite à la Trinidad, sur le même arbre, promet au contraire de donner de bons résultats. Le Castüloa elaslica peut être saigné à sept ou buit ans et le latex que l’on obtient par saignée rend 2 5 p. 100 de son poids, en caoutchouc de bonne qualité. Cette plante offre en outre l’avantage de repartir du pied quand on la coupe, ce qui permet un mode d’exploitation par abatage, très rémunérateur paraît-il. Il en serait de même du Voahena que l’on rencontre à Madagascar.
- A Ceylan, les plantations de Manihot glaziovii ont très bien réussi, cependant cet arbre ne donne pas partout un produit de bonne qualité; en outre, au Congo, par exemple, et en Guinée, sa végétation est souvent languissante.
- Aux Indes, les Anglais ont encore fait des essais sur 1 'Hevea guyanensis; mais les résultats ne semblent pas confirmer les espérances que dans les premières années on avait fondées sur cette culture.
- Le sol et le clima,t de la Cochinchine et du Haut-Mékong semblent se prêter aux plantations de caoutchouc; des tentatives d’acclimatation de l’Hevea guyanensis ont été faites et les résultats sont encourageants.
- A la Côte d’ivoire, de même qu’au Congo français et belge et au Dahomey, c’est le Manihot glaziovii qui, le premier, a été choisi pour les essais de culture entrepris. Depuis il a été fait des plantations de N’Jambo (Landolphia foreti), à’Hevea guyanensis, de Cas-lilloa elastica, de Kickœia africana, de Landolphia Kirkii et Walsonii.
- En Guinée française, on cultive le Landolphia jlorida et Y Hevea brasiliensis.
- En Casamance, à Sedhiou, les essais, d’après M. Adam, administrateur supérieur du district, sont décisifs, et, au bout de six ans, un hectare pourra rapporter ô,5oo francs.
- A Madagascar, de nombreuses tentatives ont été également faites sur le Manihot glaziovii, le Landolphia madagascariensis et d’autres. Mais elles sont encore trop récentes pour qu’on puisse en tirer des conclusions certaines; il en est de même en Nouvelle-Calédonie.
- Au Mexique, il existe d’importantes plantations de Castüloa elastica, âgées de huit à dix ans et paraissant prospères; le Pérou et le Brésil ont, de leur côté, fait des cultures réglées (YHevea brasiliensis, qui ont parfaitement réussi.
- En résumé, on est encore à la période des essais, et ceux-ci seuls, incessamment répétés, pourront résoudre le problème, car le sol et le climat jouent dans la végétation des arbres à caoutchouc un rôle prépondérant que l’expérience seule permet de juger.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- 6° EXPOSANTS.
- L’indiscutable essor pris au cours de ces dernières années par l’industrie du caoutchouc permettait de compter sur une brillante exposition. Les faits sont venus confirmer ces prévisions, et la Classe 54a présenté aux visiteurs un ensemble de produits des plus remarquables par leurs variétés et leurs qualités. Nous avons vu des spécimens de la production de toutes les contrées du globe et nous avons pu apprécier les efforts faits partout, les essais tentés de toutes parts pour augmenter la quantité et améliorer la qualité des produits offerts au commerce.
- Au Pavillon des Forêts se trouvaient exposés des caoutchoucs de toutes provenances, dont on retrouvait les types dans les palais de nos colonies ou des nations étrangères.
- FRANCE. — FAVILLON DES FORÊTS.
- Deux exposants étaient hors concours, la Société Torrilhon et Cie et la Société
- L. François, A. Grellou et C1C.
- Dans la vitrine de la Société Torrilhon et Cie, de Clermont-Ferrand, nous voyons exposés de nombreux échantillons de caoutchoucs fraudés. Cette exposition, aussi intéressante que pratique, permet d’apprécier la variété et la nature des falsifications qu’on fait subir à ce produit, et l’art avec lequel s’y livrent les indigènes. Nous devons, en outre, féliciter cette Société de l’initiative quelle a prise d’établir un Comptoir d’achat de caoutchouc brut à Konakry, avec succursales dans l’intérieur de la Guinée française. Quoique de fondation assez récente, cet établissement, en moins de six mois, vient d’expédier en France environ 6o tonnes de ce produit représentant une valeur marchande de 55o,ooo francs.
- La Société L. François, A. Grellou et C,e, hors concours par suite de la présence de
- M. François dans le Jury de la Classe 54, nous a présenté des échantillons de caoutchouc du Brésil et de la Côte occidentale d’Afrique, de Madagascar, du Tonkin; nous ne parlons que pour mémoire de son exposition de gutta-percha et de balata, sur laquelle nous reviendrons un peu plus tard. Mais nous devons dire quelques mots du fonctionnement de cette Société.
- Cette maison a été créée en 1874, à Nonancourt (Eure), puis transportée à Paris, en 1878, où tout son personnel la suivit, car son fondateur avait déjà su se l’attacher en l’intéressant dans ses affaires, et c’est en 1887 que M. François qui avait collaboré à l’entreprise, dès son début, constitua la Société actuelle, dont la prospérité doit être attribuée notamment à la participation dans les bénéfices accordée aux ouvriers et employés les plus méritants. Nous ne pouvons pas entrer dans les détails de ce fonctionnement; qu’il nous suffise de dire que 20 p. 100 des bénéfices nets sont ainsi distribués suivant des taux déterminés aux intéressés; mais, pour arriver à cette participation, il
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- faut remplir certaines conditions, être habile et de bonne conduite, avoir plus de vingt et un ans, être entré dans l’usine depuis plus de trois ans, et avoir atteint un salaire minimum de 5 francs par jour. Grâce à cette participation, la stabilité du personnel est assurée, tout au moins de celui qui fait la prospérité de la maison. Enfin chacun peut verser tout ou partie de ses bénéfices en compte courant dans la Société, qui lui en sert un intérêt de 5 p. îoo. Le montant de ces dépôts s’élevait à 160,000 francs en 1900, ce qui est un témoignage de la confiance du personnel dans l’entreprise et ceux qui la dirigent.
- Nous remarquons ensuite l’exposition de la Société Les fils de Morellet (grand prix). Cette maison a été fondée en 184 2 ; elle se livre au commerce d’importation des matières premières pour l’industrie, et particulièrement du caoutchouc quelle tire du Brésil, de l’Afrique tropicale et des Indes orientales et occidentales; il en entre dé son chef, en France, plus de 1,000 tonnes par an; mais ce dont il faut surtout louer ces exposants, c’est de nous avoir présenté une collection de tous les types des principales variétés commerciales de caoutchouc avec les indications de leur provenance et de leur origine botanique. Ces renseignements précieux qui ont été recueillis par Tun des chefs de cette maison dans ses voyages à travers les pays producteurs, offrent un intérêt pratique et scientifique qui ont fait de cette exposition une des plus instructives qu’il nous ait été donné de voir.
- La Société Bergougnan et C'e, de Clermont-Ferrand, à qui le Jury a décerné une médaille d’or, expose diverses sortes de caoutchoucs, notamment ceux quelle importe du Soudan et de la Guinée française, où, à l’instar de la Société Torrilhon et Cie, elle a depuis peu établi des Comptoirs d’achat (Siguiri, Kankan, Maninian). Elle nous présente également du latex de la liane appelée gohine, récolté fin 1899, dont elle a assuré la conservation à l’état liquide par adjonction de formol ou d’ammoniaque.
- Nous devons enfin signaler comme partie intéressante de cette exposition la série des échantillons, houles et plaquettes, obtenus dans les Comptoirs mêmes de la Société par des procédés de coagulation variés : sel naturel, sel d’oseille, jus de citron, etc.
- Citons encore pour le Pavillon des Forêts : les expositions de la Compagnie de la Sangha, qui présente ses caoutchoucs du Congo; de la Société Kalker et Cie, avec ses cernamby blanc et ses boules d’Afrique; de MM. Marius et Lévy, avec leurs spécimens du Brésil et du Pérou ; de M. Faucher, avec ses échantillons de la Côte occidentale d’Afrique.
- COLONIES.
- Congo français. — Le Comité local de Libreville a exposé dans le Pavillon du Congo français des spécimens des diverses nature et qualité de caoutchouc recueillis dans cette colonie, et des échantillons des lianes qui les produisent; à cette présentation il avait
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- joint toute une série des différents latex de ces plantes, de manière à donner aux visiteurs une vue d’ensemble sur la production du caoutchouc. Le Jury a été heureux de consacrer le mérite de cette exposition, en décernant au comité d’organisation du Congo, un diplôme de grand prix.
- A mentionner dans le même pavillon, les produits exposés par M. Ancel Seitz (médaille d’argent), propriétaire d’exploitations commerciales et agricoles, à Loango et dans le Bas-Kouilou; par la Compagnie du Kouilou-Niari; par la Société agricole et
- COMMERCIALE DE SeTTE-CaMA, et la COMPAGNIE FRANÇAISE DU CONGO OCCIDENTAL.
- Côte d’ivoire. — Les efforts faits par M. Daudy, pour présenter une exposition intéressante, méritent tous les éloges; employant le latex cl’une même liane, il nous montre successivement les divers produits qu’il a obtenus, en usant de procédés de coagulation variés; voici le tableau de ses échantillons :
- LATEX. COAGULATION. AGGLOMÉRATION. DEGRÉ DE PURETÉ. QUALITÉS. REN- DEMENT Cil CAOUTCHOUC PRIX du KILO-
- ptm.
- p. 100. fr. c.
- A ' i° Sur la liane avec du sel. Filaments enroulés en boules. Contient quelques matières résineuses et des débris d’écorce. Très élastique. . . 72 CO ZjI O
- i 2° Au citron. .. . Idem Pas d’impuretés.. Moins élastique. . 75 8 00
- Tflpni ......... Tdem . Idem 8 00
- k° Par enfumage. Trfp.m Idem Comparable au 85 j 1 5u
- para.
- î0 Au citron, en Idem. . / Impuretés et humidité. Nerveux mais vis- 70 6 00
- B. agissant sur une grande quantité. queux.
- 2° Sel marin, en agissant sur une grande quantité. lil.p.m Idem Idem 70 6 00
- G. Idem Idem Pur mais humide. Moins nerveux, 05 5 5o
- plus visqueux.
- D. i° Sel marin.. . . 2° Citron Idem Idem Semblables entre Plus mous, très visqueux et humides. 65 5 00
- 3° Alun Idem . eux.
- E. Acide citrique, préparation à la calebasse. T fl p ni.. . . . . * . . . Idem 65 5 00
- F. Au sel marin, préparation à la calebasse. Idem Exempt de résine et d’impuretés. Nerveux, sec. ... 70 6 00
- (Très inté- ressant.)
- G. An citron Idem Très résineux, res- Visqueux, sans consistance. // 3 00
- semble à l’accra à
- past. 3 5o
- Le Jury a décerné à M. Daudy un diplôme de médaille d’or.
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES. 643
- Le pavillon de la Côte d’ivoire contenait en outre l’exposition de caoutchouc de la Société Adrien Fraissinet et Clc, qui a tout récemment créé l’importante exploitation agricole de Prolo (Cavally) où elle a entrepris la culture du caoutchouc, du cacao et du café.
- A citer enfin l’exposition du Comité local de la Côte d’Ivoire, présentant notamment les échantillons suivants de la récolte de 1899:
- i° Caoutchouc de YIndénié, en plaques de 27 kilogr. 5oo, humide, résineux, mais de bonne qualité, d’un rendement de 65 à 70 pour 100, coté 7 francs le kilogramme ;
- 20 Caoutchouc de YAttié, en galettes, même type que le précédent, mais moins bien préparé, coté 6 francs ;
- 3° Caoutchouc des lagunes, inférieur, très mal préparé, coté 4 fr. 5o à 6 francs;
- 4° Caoutchouc du Baoulé, humide, contenant des impuretés, rendant 70 p. 100, coté 6 francs;
- 5° Trois échantillons de ces trois dernières sortes, mais d’une préparation plus récente et beaucoup plus soignée, et dont la qualité, par suite, est bien supérieure.
- Guinée française. — L’exploitation du caoutchouc en Guinée française et au Fouta-Djalon a pris un grand développement au cours de ces dernières années, aussi les expositions du Comité local de Conakry et de TAdministration du Cercle du Fouta-Djalon nous présentaient-elles toute une série des caoutchoucs produits clans ces régions, boules petites, moyennes et grosses, plaques de toutes dimensions. Ces deux comités ont obtenu du Jury des diplômes de grand prix, juste récompense de leurs efforts et de l’intérêt que présentaient leurs expositions.
- A citer également MM. Gautier, Philippart et Cie, et Chavanel, de Conakry, récompensés chacun par une médaille d’or, et M. Hamet, par une médaille d’argent.
- Indo-Chine. — Les seules expositions de caoutchouc figurant dans le pavillon de l’Indo-Chine ont été faites par les Comités locaux du Cambodge, du Tonkin et du Laos; les deux premiers se sont vu décerner des diplômes de médaille d’or, et le troisième une médaille d’argent pour le mérite de leurs produits.
- Madagascar. — Les mesures prises à Madagascar pour arrêter la destruction des lianes, qui était menaçante, et les concessions territoriales très étendues accordées soit à des sociétés, soit à des tiers, ont entravé momentanément dans cette île la production du caoutchouc.
- Par suite des règlements édictés et des droits concédés, les indigènes se trouvent, en maints endroits, privés de la liberté qu’ils avaient, auparavant, d’aller où bon leur semblait faire leur récolte; d’autre part, la difficulté de recruter des travailleurs met obstacle à une exploitation active des concessions par les sociétés bénéficiaires, surtout au début de leur entreprise. C’est à ces causes qu’il faut attribuer la diminution momentanée de la production; mais la prévoyance portera ses fruits et l’avenir nous le
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- prouvera, nous n’en pouvons pas douter; nous n’avons au surplus, pour nous en convaincre, qu’à constater l’augmentation de l’exportation passée de 1,282,1-78 francs en 1898, à 2,2i3,i49 francs en 1899.
- Quoiqu’il en soit, la colonie de Madagascar nous a présenté quatre très belles expositions de caoutchouc :
- i° Celle de M. Delage (hors concours), comprenant principalement des échantillons provenant du Nord de Madagascar;
- 20 Celle de 1’Administration locale des différentes provinces groupées en un seul ensemble (sauf Fort-Dauphin), présentant des spécimens de la production de chaque contrée (grand prix);
- 3° Celle de I’Àdministration de Fort-Dauphin, qui a exposé isolément et obtenu une médaille d’or;
- 4° Enfin celle de M. Frager, qui nous montre toute la série des caoutchoucs qu’il recueille et qu’il expédie sur les marchés de Marseille, Bordeaux, le Havre, Londres et Anvers, où leurs prix atteignent de 6 fr. 5o à 10 francs le kilogramme (rosé d’Anta-laha, d’Ambongo, de Maroway, blanc rosé de Vohemar, de Pincky, caoutchouc Vahy, Barahanza, Mahajamba, Intisy, Antandroy et diverses autres sortes, notamment de la gomme privée de toute humidité).
- Le Jury a décerné à M. Frager un diplôme de médaille d’or.
- Nouvelle-Calédonie. — L’importance de la récolte du caoutchouc dans cette colonie est actuellement assez minime, les plantations sont d’origine trop récente pour donner des produits en abondance, et les lianes naturelles sont encore peu exploitées ; l’exposition cependant de I’Administration pénitentiaire (grand prix) était très intéressante et présentait des échantillons variés de la production de l’île.
- Nous devons également citer celles de MM. Wright, à Lifou; Dewambez, à Bourail, et Ribaud, à Maré.
- Sénégal. Soudan. — La Compagnie française de l’Afrique occidentale, qui a exposé notamment au pavillon du Sénégal, était hors concours, par suite de la présence parmi les membres du Jury de la Classe 54 de M. J. Le Cesne, l’un de ses administrateurs. ’
- Nous devons à ce collègue tous nos remerciements pour les renseignements précieux et éclairés qu’il nous a donnés au cours de nos travaux; très versé dans les choses coloniales, il nous a apporté le concours de ses connaissances, et nous sommes heureux de lui en témoigner notre reconnaissance.
- La Société dont il fait partie a été fondée en 1887, à Marseille, avec succursales à Paris, Manchester et Liverpool; elle possède en Afrique cinq agences principales, huit sous-agences et un grand nombre de factoreries, le tout réparti au Sénégal, en Gambie anglaise, en Guinée portugaise, Guinée française, à Sierra-Leone et à la Côte d’ivoire.
- Elle fait dans ces contrées le commerce d’importation et d’exportation; ce dernier
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- G45
- comprend notamment les graines oléagineuses, l’huile de palme, le caoutchouc, la gomme copal, le gingembre, pour ne citer que les produits qui nous intéressent. Son commerce total s’est élevé, de 7 millions en 1887, à 22 millions en 1899.
- Cette Compagnie nous a présenté des spécimens du caoutchouc exporté de toutes les contrées où elle a des comptoirs et où l’on récolte de la gomme. L’authenticité de ces échantillons de diverses provenances, importés directement, donnait à cette exposition un intérêt particulier.
- Nous devons encore une mention toute spéciale à l’exposition de caoutchouc du Comité central du Sénégal et du Soudan français (médaille d’or), ainsi qu’à la collection remarquable recueillie au cours de ses missions en Afrique parM. Chevalier, à qui le Jury a décerné un diplôme de médaille d’or.
- Nous avons enfin à citer, avant de quitter le Sénégal, les produits exposés par MM. J.-A. Delmas et Clastres, de Bordeaux, qui leur ont valu une même récompense.
- PAYS ÉTRANGERS.
- Portugal. — Le Jury a eu à examiner dans l’exposition portugaise lés caoutchoucs provenant des colonies de ce pays, et nous devons signaler tout d’abord la collection présentée par la Compagnie de Mossamedes, qui comprenait les plus beaux échantillons, aussi un diplôme de grand prix a-t-il été décerné à cette Compagnie.
- Notons ensuite les expositions de la Compagnie de Loabo, du Nyassa (médailles d’or); de la Commission provinciale d’Angola; de MM. Bensaude, Bacellar et Freitas, de Ben-guella; de la Compagnie coloniale de Buzi; de la Commission provinciale de Mozambique; de la Compagnie du Zambèze; de MM. Dantas et Leiro, de Loanda (médailles d’argent).
- Tous ces exposants avaient réuni dans leurs vitrines des spécimens de leur production, et ces expositions nous ont démontré que le caoutchouc constituait pour le Portugal et ses colonies une branche importante de leur commerce, ainsi qu’il résulte au surplus des chiffres que nous avons déjà rapportés.
- République de Libéria, — Ici une seule exposition à noter, mais des plus remarquables, celle faite par M. W. Meiter, directeur de YIndia Rubber et contract corporation limited, de Monrovia et Londres: un diplôme de grand prix a été accordé à cette exposition. Nous y voyons les échantillons de tous les caoutchoucs récoltés au Libéria, exportés principalement en Angleterre et en Allemagne et préparés avec des soins et des procédés les débarrassant de leurs impuretés et les désodorisant.
- Mexique. — La récolte du caoutchouc n’a commencé à se développer au Mexique qu’au cours de ces dernières années, ce qui explique que nous n’avons à signaler que l’exposition de MM. Baron, Forbes et Cie; mais leurs produits étaient très beaux et d’excellente qualité, aussi ont-ils obtenu un diplôme de médaille d’or.
- Gr. IX. — Cl. 54. 44
- i'IUMElUE NATIONS
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- Salvador. — L’exposition du Salvador comprenait, au contraire, une dizaine 'd’exposants présentant des échantillons des caoutchoucs de cette contrée; nous citerons notamment MM. Gonzales Mejia (médaille d’or), Thomsen, Gustavo Lozano, Rafael Zaldivar, Hürtado, et le Gouvernement de cette République, à qui le Jury a décerné des médailles d’argent.
- Nicaragua. — M. G. Bahr et MM. Heiland, Boedeker et Clc sont les principaux exposants de ce pays; leurs produits présentent de grandes qualités de résistance et de souplesse; chacune de ces maisons a obtenu une médaille d’argent.
- Équateur. — Dans le pavillon de cette république, nous avons rencontré de très ntéressantes expositions de caoutchouc.
- Nous citerons, en premier lieu, celle de MM. Seminario frères, de Guayaquil. Cette maison, qui avait obtenu un grand prix en 1889. était hors concours en 1900, M. Antonio Seminario, l’un des associés, ayant été nommé vice-président du Jury de la Classe 86; elle présentait notamment des échantillons de caoutchouc d’une excellente qualité.
- Nous citerons ensuite la Société Caamano Jijon et C,u (médaille d’or), qui fait un important commerce d’exportation de cette gomme; M. Duran Borero (médaille d’or), grand producteur de caoutchouc; enfin l’exposition du Gouvernement de l’Equateur et du Comité d’organisation de Loja.
- Pérou. — Nous terminerons en mentionnant, comme exposition intéressante, celle de M. Juan B. Vega, d’Iquitos, comprenant des échantillons de la production de ce pays.
- Le Jury lui a décerné une médaille d’or.
- II. — GUTTA-PERCHA.
- La gutta-percha est une substance de couleur blanc jaunâtre ou jaune rougeâtre, ayant à la température ordinaire la dureté du bois lorsqu’elle se présente en masse; en couches peu épaisses, elle peut se plier comme le cuir; peu extensible à froid, elle se ramollit entre A5 et 60 degrés et se laisse alors étirer en fils ou en feuilles. A 100 degrés on peut la pétrir et lui donner toutes les formes quelle conserve en se refroidissant. En fils ou en feuilles minces elle conserve sa souplesse, meme à de très basses températures.
- Sa densité est supérieure à celle de Teau; le soufre, loin de l’améliorer, la rend inutilisable. C’est un isolateur remarquable, très mauvais conducteur de la chaleur et de l’électricité. Elle s’oxyde facilement à l’air, surtout à la lumière solaire ou lorsqu’il y a élévation de température; à 100 degrés, elle absorbe un quart de son poids d’oxygène et ses propriétés sont profondément modifiées; elle devient alors friable et cassante, ce qui limite ses emplois industriels.
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- Cette substance est utilisée en ga!vano*piastie, comme chacun le sait, mais elle est surtout employée à la construction des câbles sous-marins, car l’eau de mer ne l’attaque pas.
- Elle est extraite, par coagulation spontanée, du latex d’un certain nombre de plantes appartenant presque toutes aux genres Payena et Palaquium, de la famille des Sapo-tacées. Mais il est encore à peu près impossible d’identifier tel produit que l’on reçoit avec telle espèce botanique. En effet, les produits qui nous parviennent sont tous des mélanges que l’indigène d’abord fait lui-même au moment de sa récolte et auxquels se livrent ensuite les Chinois, maîtres de ce commerce centralisé à Singapoure et à Ma-cassar. Il règne donc une grande incertitude et sur la provenance des guttas du commerce, et, à plus forte raison, sur leur véritable origine botanique.
- C’est vers 1843 que la gutta-percha a été introduite en Europe, et, quelques années après, ses emplois s’accrurent très rapidement; bientôt l’industrie électrique l’utilisa; mais la production étant limitée à des contrées très restreintes, les prix augmentèrent considérablement, et Ton fit de toutes parts des essais de culture des plantes à gutta, sur lesquels nous reviendrons.
- 1° RÉCOLTE, COAGULATION.
- On ne rencontre guère d’arbres à gutta-percha qu’à Bornéo, Sumatra et dans la partie Sud de la presqu’île de Malacca.
- Les Malais procèdent par saignées pour les arbres dont le latex né se coagule pas immédiatement (les Payena), ce qui leur donne moins de travail que l’abatage; ils pratiquent alors des incisions sur le tronc, recueillent le liquide qui s’écoule et le transportent dans leur hutte. Pour les autres guttiers ils emploient l’abatage.
- Certaines personnes ont soutenu que, pour ces sujets, c’était le seul procédé possible; mais, aujourd’hui, il paraît établi que par incisions on peut obtenir, sans préjudicier à l’arbre, les deux tiers de ce qu’il produirait par Tabatage, et que la saignée peut être répétée trois ou quatre années de suite. Il y a donc grand avantage à procéder ainsi, sinon le produit deviendra si rare que bientôt il ne sera plus possible de s’en procurer.
- Quoi qu’il en soit, voici comment procèdent les Malais : lorsqu’ils ont trouvé un arbre à gutta genre Palaquium, ils l’entaillent par le bas à coups de hache, d’un seul côté, de manière à le faire tomber dans une direction choisie, et, avec des lianes attachées aux arbres voisins, ils le retiennent dans sa chute pour qu’il conserve une position inclinée; ils font alors des incisions demi-circulaires de o m. 02 de largeur, environ tous les 0 m. 3 0 ou 0 m. h 0, mais seulement sur la partie du tronc qui n’est pas tournée vers le sol.
- Le latex qui s’écoule se coagule immédiatement; on recueille la gomme en grattant le tronc avec des racloirs en fer. En moyenne, un arbre de 12 mètres de haut et de 1 m. 5 0 de circonférence peut donner par ce procédé de i5o à 200 grammes de gutta-percha; mais que de pertes, puisqu’on n’incise qu’un seul côté du tronc et qu’on
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- n’exploite ni les branches, ni les feuilles! Serullas prétend, à cet égard, qu’on peut retirer des branches d’un guttier abattu quinze fois plus de gutta que les Malais n’en tirent du tronc, et des feuilles du meme arbre, vingt-deux fois plus.
- Aussitôt sa récolte faite, le Malais la transporte à sa butte pour la traiter. Il jette le tout dans l’eau chaude, la gutta se ramollit et se laisse pétrir, tandis qu’une partie des produits quelle renferme, sels, matières albuminoïdes, impuretés, se sépare ou se dissout. On répète l’opération et on étale ensuite en feuilles la gutta encore plastique; puis ces feuilles sont roulées sur elles-mêmes, ce qui donne au produit l’apparence feuilletée qu’il présente souvent. On obtient ainsi un produit de première qualité ; mais les Malais, dans un but de fraude, incorporent à leur gutta de la terre, des débris ligneux, des pierres, même des morceaux de fer, des matières colorantes, le latex non coagulé des Payena et de diverses autres plantes.
- 2° PLANTES EXPLOITÉES.
- La famille des Sapotacées comprend trois genres : Payena, Isonandra et Palaquium fournissant de la vraie gutta-percha.
- Le genre Payena contient le Payena Leerii dont le latex coule facilement, mais dont le produit est moins souple que celui des Palaquium, c’est le plus répandu; à côté viennent se ranger une vingtaine d’autres espèces voisines.
- Le genre Isonandra comprend Y Isonandra pulchra qui est le plus connu.
- Le genre Palaquium présente les espèces suivantes, dont le latex se coagule instantanément : Palaquium gulla, P. oblongifolium, P. Borneense, P. Treubii, P. Mallacense, P.formosum, P. princeps.
- La famille des Sideroxylinées renferme les genres Bassia et Butyrospermum : le premier comprend le Bassia pallida, qui fournit de la gutta-percha; le second, dans lequel se place le Butyrospermum Parlai, ne donne que des succédanés.
- Nous n’avons cité que les plantes les plus connues, et nous devons ajouter que, indépendamment des noms que nous avons mentionnés, elles en portent beaucoup d’autres, botaniques ou indigènes, variant pour la même espèce suivant les auteurs et les contrées, ce qui crée des confusions au milieu desquelles il est bien difficile de se reconnailre. Pour plus amples détails, nous renvoyons nos lecteurs à la thèse déjà citée de M. Grelot.
- Nous dirons cependant quelques mots du Butyrospermum Parlai, ou arbre de Karité, très répandu au Sénégal, en Gambie, en Guinée, au Fôuta-Djallon, dans les contrées qu’arrose le Niger, etc. Cet arbre fournit une substance très voisine de la gutta-percha de la Malaisie, se malaxant bien dans l’eau chaude et donnant d’excellentes empreintes Pourra-t-elle, au point de vue de l’électricité, remplacer la gutta-percha? Nous ne saurions le dire, car, à cet égard, nous manquons de renseignements; en tous les cas, ce sont des essais à tenter. Un arbre adulte peut fournir i5o grammes de pseudo-gutta-percha qui valait à Marseille, en 1898, environ 6 francs le kilogramme.
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- 3° SORTES COMMERCIALES.
- Avant d’être livrées au commerce, les guttas récoltées par les indigènes sont achetées par des commerçants chinois et centralisées à Singapoure et Macassar. Là, elles sont l’objet de triages et, très souvent, de manipulations frauduleuses. Les Chinois hachent et mélangent les sortes bonnes et mauvaises, les agglomèrent dans l’eau chaude qu’ils colorent suivant les besoins ; iis étendent ensuite la masse obtenue en couches minces qu’ils superposent et roulent pour en former des pains. Leur seul objectif est de présenter des produits d’une apparence donnée, susceptibles d’être achetés un bon prix ; on est donc exposé à de sérieux mécomptes.
- Dans le commerce, les guttas portent différents noms qu’il est utile de citer, bien qu’ils ne correspondent pas à des produits bien définis : Gutta-percha-Pahang (côte orientale de la péninsule malaise), se présentant en pains de o kilogr. 5oo à 3 kilogrammes. C’est la meilleure espèce, mais elle devient de plus en plus rare. Son prix, pour les bonnes qualités, est monté, depuis trois ans, de 18 à 27 francs le kilogramme.
- Gutta-percha, boalonga ou bolungam (Bornéo), en gros pains pouvant atteindre jusqu’à 3o kilogrammes, souvent fraudés ; ou en petits pains de 2 à 5 kilogrammes de meilleure qualité. Le prix pour les bonnes sortes s’est élevé, depuis trois ans, de 1 5 francs à 2 2 francs le kilogramme.
- Gutta-percha sara-wah (Bornéo), en pains spongieux, contenant beaucoup d’écorces, mais de très bonne qualité; il est difficile aujourd’hui d’en trouver qui ne soit pas abominablement fraudée.
- Gutta-percha de Padang ( Sumatra), blocs en forme de parallélipipèdes, très aplatis, de 2 kilogrammes environ. Cette sorte était très estimée il y a trente ans, et les Chinois en ont profité pour vendre sous ce nom des produits de mauvaise qualité; pour une bonne marchandise le prix est aujourd’hui de 2 5 francs le kilogramme et n’était, il y a trois ans, que de 1 7 francs.
- Autres sortes : gutta-percha sadakan (Bornéo); maragulai; bagan; banjermassin; kotaringin; pékan ; pontianak ; sarapong ou souni (Sumatra); siak (Sumatra); coti (Bornéo) ; coloman; kelantan, assahan et tringanon (Malacca); bouha-balam, etc.
- 4° PRINCIPAUX CENTRES DE CONSOMMATION. — COMMERCE.
- Sont pour ainsi dire seuls consommateurs de gutta-percha les pays où existent des usines de construction de câbles sous-marins. L’Angleterre en compte quatre, la France deux, l’Allemagne deux, l’Italie une. De 1889 à 1898 la France a importé les quantités suivantes de gutta percha :
- tonnes. tonnes.
- 1889,
- 1890,
- 1891,
- 1892,
- 1893,
- i5o 1894..
- 35o 1895..,
- 315 1890. ,
- 200 1897...
- 100 1898...
- 125 160 65o 715 155
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- L’exportation de Singapoure s’est élevée progressivement de 200 tonnes en i85o A,5oo en 1890, pour retomber à 2,5oo en 189A, 1896 et 2,628 en 1896.
- Le tableau suivant donnera un aperçu de la production de chaque contrée :
- PAYS. 1885. 1886. 1887. 1888. 1889. 1890.
- kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes.
- Péninsule malaise 167,952 If // Il Il 49,885
- Province de Penang (Pé-
- ninsule malaise) // II 812 // n II
- Bornéo 185/iao 229,006 // If 11 II
- Sumatra, Java, Bali et au-
- Ires petites îles II // // 2,394,000 3,799,281 1,083,208
- De 1885
- PAYS. 1891. 1892. 1893. 1895. 1896.
- h 1896.
- kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes.
- Péninsule malaise Il 253,o34 // // 24 1,808 l1! i,744,o65W
- Province de Penang (Pé-
- ninsule malaise) H 1 o4,gio 11 II l53,873 II
- Bornéo 966,768 11 l,ll4,755 II 899>7l8 U
- Sumatra, Java, Bali et au-
- très îles // 11 II 8l 1,32 6 9%901 II
- 0) D’une valeur de p53,ioo francs.
- (2i D’une valeur de 7,oio,85o francs.
- C’est l’Angleterre qui consomme le plus de gutta-percha, puis la France, puis l'Allemagne. De 1885 à 1896, l’Angleterre en a reçu 28,916,573 kilogrammes, la France 2,76/1,1 2 2 kilogrammes, l’Allemagne 2,896,270 kilogrammes. Quant aux prix, leur variabilité est excessive; ainsi, une même sorte s’est vendue à Paris, en 1889, 9 francs le kilogramme en janvier, en mai 10 francs, en juillet i3 francs et en juillet 1891, 1 7 francs.
- Le tableau suivant montre l’accroissement des prix de 1889 à 1897 pour certaines espèces au marché de Singapour. L’unité de poids est le picul (60 kilogr. h00).
- SORTES. 1889. 1890. 1891. , 1892. 1893. 189/i. 1895. 1896. 1897 (g premiers mois.)
- fr. c. fl*. C. fr. c. fr. c. fr. c. fr. c. fr. r. fr. c. fr. c.
- Paliang 198 75 190 00 217 5o 200 00 190 00 225 76 a43 15 262 5o 3o3 76
- Banjer rouge 189 65 168 25 196 90 194 4o 145 15 181 80 195 85 i93 7.5 217 00
- Serapong soondie. .. . 132 5o 117 75 146 75 15o 00 iao 00 14 2 26 13i 25 14 9 4o 162 5o
- Bagansoondie 151 90 138 70 172 15 172 i5 175 90 167 i5 181 5o 19.5 00 2o4 i5
- Banjer blanche 78 4o 66 55 67 25 43 80 5o 45 65 00 94 5o 61 4o 82 00
- Bulongan blanche. . . . 77 5o ?4 90 75 70 75 70 58 2.5 OO 68 76 71 o5 78 55
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- 5° ESSAIS DE CULTURE.
- Les prix élevés que la gutta-percba a rapidement atteints, alors qu’au début elle se vendait pure 2 à 3 francs le kilogramme, devaient nécessairement donner naissance à des tentatives de culture, et effectivement de nombreux essais ont été tentés, mais ils n’ont pas jusqu’à ce jour donné de bons résultats; et Ton ne peut conserver d’espérance que sur ceux qui ont été récemment entrepris (au Congo, par exemple), sans qu’aucun jugement définitif puisse être porté quant à présent.
- Différentes causes rendent difficile la culture des plantes à gutta-percba; il leur faut, ce quelles rencontrent en Malaisie, une grande uniformité des saisons, la régularité de la température, une atmosphère toujours liumide, un terrain argilo-ferrugineux à sous-sol très humide, de manière que les racines baignent pour ainsi dire dans l’eau. Ce sont là des conditions difficiles à rencontrer réunies, ce qui explique les insuccès constatés.
- Les plantes à gutta-percba peuvent se reproduire par graines, marcottage, bouturage; en outre, les souches poussent de nombreux et vigoureux rejets ; mais il ne faut pas moins d’une vingtaine d’années à un arbre pour pouvoir produire. Ce long espace de temps à attendre, avant de connaître le résultat cherché, paralyse les initiatives privées, et, à noire avis, il appartient surtout aux jardins coloniaux d’entreprendre des essais.
- Devant la rareté et le prix du produit, des tentatives ont été faites pour retirer la gutta-percha des feuilles fraîches ou sèches et des branchés des guttiers. Différents procédés ont été préconisés, des brevets ont été pris, et Ton s’est adressé à tous les dissolvants chimiques, mais les produits obtenus ne présentent plus les mêmes qualités que la gutta-percha naturelle, et jusqu’ici les essais entrepris ne paraissent pas avoir été couronnés de succès.
- 6° EXPOSANTS.
- Un certain nombre des maisons qui ont exposé des caoutchoucs, présentaient également des échantillons de gutta-percba.
- Nous citerons les fils de A. Morellet, la Société L. François, A. Grellou et Cic, et le Gouvernement des Indes néerlandaises. On rencontrait dans ces trois expositions des types analogues et d’autres assez dissemblables, quoique du même nom, ce qui ne saurait surprendre pour les motifs que nous avons exposés. En résumé, c’est l’analyse ou un essai industriel qui seuls peuvent permettre d’apprécier la qualité d’une gutta-
- III. — BALATA.
- La balala se présente en blocs ou en plaques de 1 à 2 centimètres d’épaisseur, de teinte jaunâtre, ressemblant à du cuir desséché; sa densité est plus grande que celle de
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- l’eau ; elle est élastique et d’une ténacité remarquable; ainsi nous avons vu des fils de balata de 1 à 2 millimètres de diamètre, qu’il était impossible de rompre avec les mains; en outre, elle ne s’altère pas à l’air, aussi est-elle employée pour la confection de courroies de transmission. La chaleur la ramollit et à 5o degrés elle peut servir à prendre des empreintes. Son pouvoir isolant paraît inférieur à celui de la gutta-percha.
- Ce produit est fourni par plusieurs mimusops, arbres de la famille des sapotacées, le mimusop balata, M. globosa, M. elata, etc., qui croissent spontanément et en abondance dans les Guyanes, au Vénézuéla et au Brésil.
- C’est en 1 867 que Ton a commencé à s’occuper de la balata; et, depuis, par suite de l’augmentation des prix de la gutta-percha, l'industrie a appris peu à peu à l’utiliser.
- La récolte s’en fait par incisions, et le latex recueilli est abandonné à lui-même au soleil dans un récipient, la surface du lait qui se trouve en contact avec l’air ambiant se solidifie et donne une croûte dont l’épaisseur augmente d’une façon continue. Cependant, l’évaporation est presque arrêtée quand cette couche atteint une certaine épaisseur ; aussi faut-il l’enlever dès quelle a 1 centimètre. Pour terminer la dessiccation on peut l’étendre sur des cordes, des tringles de bois ou des plaques de zinc. La première plaque enlevée, le lait qui se trouve dans la cuve ne tarde pas à se solidifier pour donner une nouvelle plaque que Ton enlève également, et on continue ainsi tant qu’il reste du lait dans la cuve. Un même arbre peut être traité tous les trois ou quatre ans, si on ne pratique chaque fois les incisions que sur le tiers de sa circonférence, et un sujet adulte peut donner de 3 à U litres de lait par saignée pendant l’été, qui est la meilleure saison pour la récolte. On retire du latex 5o p. 100 de son poids de balata, et la récolte moyenne d’un ouvrier par jour étant de 17 litres de latex, représente une valeur d’environ 37 fr. 5o de balata marchande.
- De 1885 à 1896, la Guyane anglaise a produit 893,786 kilogrammes de balata, représentant une valeur de 2,379,550 francs; mais, depuis, les prix ont augmenté. On trouvera dans le tableau suivant quelques renseignements sur l’exportation de la balata de la Guyane anglaise et de la Guyane hollandaise.
- GUYANE
- kiiogr. kilogr.
- 1885.................................................. 25,196 //
- 1889............................................... 16 A,846 i.5a4
- 1892-1893............................................ 107,696 //
- 1895-1896.......................................... 72,334 125,984
- 1885-1896 (10 ans), représentant 2,546,625 francs.. // 694,588
- Le Vénézuéla et la Guyane française en exportent également.
- On rencontre dans le commerce deux sortes de balata :
- i° Celle de Surinam, en feuilles minces, de 2 à 12 millimètres d’épaisseur, qui
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- constitue lu meilleure qualité à employer pour la fabrication des courroies de transmission ; elle provient de la Guyane hollandaise, et son prix s’est élevé depuis trois ans de 6 fr. 5o à 8 fr. 5o le kilogramme.
- 2° La balatn-vénézuéla, d’une qualité très inférieure à la précédente ; se présentant en blocs plus ou moins gros ; pendant ces dernières années, son cours a oscillé entre 3 fr. 5o et 5 fr. 2 5 le kilogramme.
- Les principaux centres de consommation sont : Londres, Hambourg, Paris et Milan.
- Nous avons à signaler, comme exposition de balata, celle très complète de MM. L. François et A. Grellou, au Pavillon des Forêts; ils utilisent ce produit principalement à la fabrication des courroies de transmission, industrie qu’ils ont créée dans notre pays, auparavant tributaire de l’Angleterre et de l’Allemagne pour cet article.
- Notons également l’exposition de balata de la Guyane française.
- Dans celte colonie, les arbres à balata abondent, et on est vraiment étonné de voir que son exportation de ce produit est presque insignifiante. Cette récolte, cependant, nous apparaît comme très lucrative, et nous sommes confirmé dans notre opinion par ce qu’écrit sur ce sujet M. Devez, licencié ès sciences naturelles, ancien professeur d’agriculture à Cayenne, dans sa notice sur l’exposition de la Guyane française en îqoo. D’après ses calculs, un arbre à balata donne au moins î kilogramme de produit par saignée; or, un ouvrier pouvant inciser îo arbres par jour, on aura ainsi îo kilogrammes de balata par jour et par homme. La valeur minima de la balata étant de 5 francs le kilogramme, chaque ouvrier, en admettant qu’on le paye 8 francs par jour, rapportera ko, francs, et, si on compte en forêt îo arbres par hectare, on obtiendrait ainsi un rendement pour îoo hectares de /i,200 francs, pour 1,000 hectares de /i2,ooo francs, etc.
- Ces calculs sont certes encourageants, mais la main-d’œuvre manque à la Guyane; cependant nos voisins, Hollandais et Anglais, s’en procurent. Pourquoi cette colonie est-elle délaissée de tous alors quelle renferme tant de richesses ?
- IV. — CHICLE.
- Ce produit est inconnu en France, mais il est au Mexique la source d’un commerce important, et il suffisait pour s’en convaincre de parcourir l’exposition de ce pays: plus de dix exposants en ont présenté des échantillons.
- Le chicle ou chewing gum provient du latex coagulé de Yachras sapota (sapotacées), arbre qui croît en abondance aux Guyanes, Vénézuéla, Nicaragua, Antilles et au Mexique. Il se présente dans le commerce en masses cubiques de plusieurs kilogrammes, de couleur jaune brique. Ce produit se ramollit dans la bouche, ne présente aucun goût, aucune odeur et forme une pâte de la consistance de la gutta-percha traitée par l’eau chaude, n’adhérant ni aux dents ni aux gencives. C’est un masticatoire, très répandu parmi les Américains des Etats-Unis, qui provoque une abondante salivation.
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- Son exportation du Mexique s’est considérablement accrue depuis quelques années; en voici le relevé :
- POIDS. VALEUR.
- livres anglaises. dollars.
- 1886 ........................................... 929,959 i56,4o2
- 1887 ......................................... 1,254,853 353,641
- 1888 ......................................... 1,542,794 371,673
- 1889 ......................................... 2,037,783 592,810
- 1890 ......................................... 1,827,131 714,242
- 1891......................................... 2,457,653 1,284,682
- 1892 ........................................ 2,494,177 703,572
- 1893 ........................................ 1,757,813 705,167
- 1894 ....................................... 2,645,722 803,019
- 1895 ......................................... i,668,636 679,367
- 1896 ........................................ 3,297,371 1,527,838
- En 1897, la valeur de l’exportation s’est élevée à 1,529,0/17 dollars et à 692,332 dollars en 1898.
- Enfin, le prix de cette marchandise, qui était d’environ 0 fr. 80 la livre, en 1886, a atteint progressivement 2 fr. 5o pendant ces dernières années.
- Comme principales expositions de ce produit, nous avons à citer celles du Gouvernement de l’Etat de Tabasco (médaille d’or); de la Compagnie des chemins de fer Sud-Orientaux du Yucatan, du Gouvernement de l’Etat de Chiapas, de MM. F. Vargas, F. Robles (médailles d’argent), etc.
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- SIXIÈME PARTIE.
- GOMMES ET RÉSINES.
- Nous diviserons cetle sixième partie en 10 paragraphes, qui comprendront: le ipr les gommes; le 9e les gommes-résines; le 3e les résines; le Ac les baumes; le 5e le camphre; le 6e l’opium; le 7e Taloès, le cachou, le kino; le 8e les cires végétales; le qe les exposants; le 1 oe les statistiques commerciales.
- I. — GOMMES.
- Les gommes sont des substances incristallisables, exsudant des végétaux, qui se dissolvent ou se gonflent dans l’eau en lui donnant une consistance mucilagineuse. Elles sont insolubles dans l’alcool, l’éther, les carbures d’hydrogène et les huiles fixes.
- On peut diviser les gommes en deux groupes et ranger dans le premier celles que l’eau dissout, en donnant un liquide plus .pu moins adhésif, gomme arabique, gomme du Sénégal, qui sont employées en pharmacie et dans l’industrie pour le gommage des timbres, la fabrication des allumettes, etc.; dans le second, celles cpii simplement se gonflent dans l’eau en fournissant un mucilage de consistance variable, gomme adra-gante, de Bassora, de cerisier, utilisées en pharmacie et pour l’industrie des apprêts, la chapellerie, etc.
- Gomme arabique. — Elle est récoltée dans les régions de la Haute-Egypte et les pays voisins, l’Abyssinie, la Nubie, la côte des Somalis, et provient de divers acacias, notamment Yacacia arabica. Ces plantes croissent dans toute l’Afrique, mais la nature du sol et le climat exercent sur elles leur influence; aussi les gommes du commerce présentent-elles de sensibles différences, suivant les régions qui les ont produites.
- La gomme arabique se présente en morceaux ou en larmes blanches brillantes à la surface, et qui laisseraient facilement passer la lumière si elles n’étaient remplies à l’intérieur d’une foule de petites fentes qui brisent les rayons lumineux.
- On reçoit par Massouah ou Suez : i° la gomme de Kordofan et celle de Kartoum, qui sont de très bonne qualité; 2° diverses autres espèces de qualité inférieure, la gomme de Ghezireh, de Talk, de Fahmi, d’Embaoni, de Cherky, de Barkawi, de Gon-fideli, de Gedarel.
- Enfin d’Aden sont expédiées les gommes provenant du Harrar, la gomme Berbera, employée par la confiserie, la gomme Makri moins mucilagineuse, produits dont l’importation en France s’élève à environ 1,900 à i,5oo tonnes par an.
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- Toutes ces gommes arrivent à Marseille où elles sont triées et classées en trois catégories commerciales, qualifiées de premier, deuxième et troisième blanc.
- Aux Indes, Xacacia arabica donne également une gomme analogue à la gomme arabique, mais moins soluble et plus colorée; en outre les produits livrés au commerce sont presque toujours des mélanges de cette gomme et de diverses autres provenant d’acacias différents; aussi sont-ils moins estimés.
- Au Sénégal, Y acacia arabica ne donne que des gommes de qualité très inférieure.
- Gommes du Sénégal. — Cette gomme est un peu moins soluble dans l’eau que la gomme arabique vraie; à solubilité et pouvoir adhésif égaux, la gomme du Sénégal a d’autant plus de valeur quelle est moins colorée.
- Le moment le plus favorable pour la récolte est la fin de l’bivernage, c’est-à-dire de la saison pluvieuse (novembre); elle dure jusqu’en juin. Sous l’influence des pluies, les troncs et les branches se sont gonflés, et à la saison sèche, avec le souffle brûlant du vent d’Est, l’écorce se dessèche, craque et laisse exsuder la gomme spontanément; mais, afin d’augmenter le rendement, on pratique souvent des incisions longitudinales pénétrant jusqu’à l’aubier après avoir préalablement nettoyé et raclé avec un large couteau Técorce dont les fragments, sans cette précaution, adhéreraient à la gomme et la souilleraient. La gomme ne doit être cueillie que lorsqu’elle est parfaitement sèche.
- Nous devons la gomme du Sénégal à trois espèces principales d’acacias: VA. Sénégal, TA. albida, TA. seyal.
- Les meilleurs produits sont donnés par Yacacia Sénégal, qui croît dans les localités sablonneuses et sèches quelque peu sur la rive gauche, mais principalement sur la rive droite du Sénégal; la récolte est faite par les Maures, qui la transportent par caravanes à Aledine, Nioro, Kayes, etc.
- On distingue deux sortes de gommes du Sénégal : la gomme dure et la gomme friable. La première espèce se subdivise en gomme du bas fleuve, qui est la meilleure, et en gomme de Galam ou du Cayor; elle se présente soit en larmes vermiculées, soit en larmes ou boules blanches plus ou moins régulières, ternes, ridées à la surface, d’aspect vitreux à l’intérieur. La gomme friable ou du haut fleuve, qui provient généralement de Yacacia albida, se présente en petits fragments brisés ou en longues larmes vermiculées à surface terne et souvent ridée.
- Les produits du Sénégal ont pris une place importante sur les marchés d’Europe, aux dépens de la gomme arabique. Ils arrivent en France à Bordeaux, où s’opèrent les triages et classements en diverses catégories dites:
- Gomme grosse blanche (larmes assez grosses, entières, blanches ou légèrement jaunâtres); gomme petite blanche (larmes plus petites, entières, blanches ou légèrement jaunâtres); gomme grosse blonde (couleur jaunâtre rougeâtre); gomme blonde lar-meuse (jaune clair); gomme deuxième blonde (rougeâtre); gomme fabrique (rougeâtre, brunâtre); gomme marron (brun foncé, impuretés); gomme marron friable (voir ci-dessus); gomme marron poussière (tout à fait impure).
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- L’exportation des gommes du Sénégal est très variable, la récolte Tétant elle-même, comme soumise à l’influence des variations atmosphériques. On peut dire cependant qu’en général cette exportation est de 2 à 5 millions de kilogrammes par an. Les prix sont de même sujets à des fluctuations suivant l’importance de la récolte.
- Voici un aperçu de ceux pratiqués, en 1898, au Sénégal :
- 100 KILOGR.
- [ dures.......j Bils ^uve..........
- \ | De Galam ou de Cavoi
- Gommes pures J r
- 1 j marnes...............................
- [ avariées.........................
- Bacaques et poussières de gomme..................
- Sur nos marchés, les bonnes qualités atteignent, pour la gomme arabique, 100 à 1 70 francs les 100 kilogrammes; pour celle du Sénégal, i5o francs.
- On reçoit également par le Sénégal, depuis peu de temps, des gommes de provenance de Tombouctou qui sont de bonne qualité.
- Indépendamment de la gomme arabique et du Sénégal, il en existe encore dans le commerce d’autres espèces, plus ou moins solubles et adhésives :
- La gomme du Soudan égyptien (Kordofan), donnée par Xacacia Sénégal, de très bonne qualité, mais rare par suite des guerres d’Egypte.
- La gomme de Souakim, attribuée à Y acacia seyal.
- La gomme de l’Inde, dite Keir-ki-gond ; de 1 ’ acacia catechu, dite Vedda-Valla; de Y acacia farnesiana, et celle de Y acacia decurrens.
- La gomme de la Réunion, de Y acacia Bernier (acacia clealbata).
- La gomme d’Australie, produite par le même arbre, très visqueuse.
- La gomme de la Nouvelle-Calédonie, donnée par Y acacia Pycnantha, de couleur très claire, mais peu adhésive. Nous ajouterons, à titre de renseignement pour cette colonie, que les acacias homalophylla, microbotrya, pendula, qui croissent en Océanie, fournissent des gommes de très bonne qualité.
- La gomme du feronia elephanlum (Rutacées), très abondante et très estimée aux Indes, où elle est utilisée pour la fabrication de Tencre et de certains vernis, dans la peinture sur toile et la peinture à la chaux. C’est un produit très digne d’attention.
- La gomme de Bel, de Yœgle marmelos corrca (même famille), croissant au Bengale, d’un pouvoir adhésif considérable.
- La gomme dite agle ou aglc-marum du Chickrassia tabulans, de Cochinchine.
- La gomme' mezquile, de Yalgarobia glandulosa (légumineuses), qui croît au Texas (Mexique), et se récolte en août. Elle est en masses plus ou moins volumineuses, semi-transparentes, à cassure brillante; sa couleur varie du jaune pâle au ton ambré foncé. Elle est de bonne qualité.
- La gomme d’angico, du piptadenia rigida (légumineuses), très répandue au Brésil, également de bonne qualité.
- francs.
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- Gommes de cerisier (gommes noslrasy — Les prunus cerasus (cerisier), persica (pêcher), armeniaca (abricotier) donnent dans nos pays des gommes se gonflant dans l’eau, qu’utilise l’industrie des apprêts et de la chapellerie.
- Différentes espèces exotiques donnent des produits analogues :
- L’anacardium occidentale (anacardiacées), qui croît aux Antilles, à la Guyane et a été introduit en Nouvelle-Calédonie, aux Indes, au Sénégal, au Congo, à Madagascar; il donne la gomme d’anacarde ou gomme d’acajou.
- Modina Wodier (même famille), qui habite surtout les montagnes du Coromandel.
- Le buchanania latifolia (même famille), qui produit une gomme très adhésive, appelée aux Indes chironji-ki-gond.
- Le bancoulicr, aleurites moluccana (euphorbiacécs), qui croît dans les îles de l’Océanie, de la mer des Indes et aux Antilles.
- Gomme adragante. — Ce produit est fourni par divers astragalus, petits arbustes vivant à l’état spontané en Grèce, en Asie Mineure et en Perse, sur les collines sèches et calcaires, dans les terrains les moins fertiles.
- La gomme exsude spontanément en conservant la forme de l’ouverture quelle traverse, et donne la sorte en feuille ou vermiculée; les débris fournissent celle dite en grains; la production peut être augmentée en pratiquant autour des troncs des entailles longitudinales. Lorsque la récolte se fait par des temps secs et calmes, on obtient des feuilles d’une grande blancheur et qui sont très estimées ; si on opère, au contraire, par le vent, par la pluie, les poussières viennent se mélanger à la gomme en la colorant en jaune et lui font perdre une partie de sa valeur.
- La sorte blanche est très employée en France pour la confiserie, la pharmacie, l’apprêt des tissus et des papiers de luxe; elle est recherchée notamment dans ces dernières industries pour la qualité qu’offre sa pâte de rester souple, transparente, élastique après sa dessiccation.
- Le produit arrive en caisses de 100 kilogrammes de Smyrne, d’Alep, de l’archipel grec, à Marseille et à Trieste, où son cours atteint environ 5 francs le kilogramme. Là se font les triages, et le prix varie ensuite de 3 à 12 francs. La France en importe environ G 00 tonnes par an.
- On désigne les gommes adragantes, suivant leurs pays d’origine, par les appellations suivantes :
- i° Gomme adragante de Syrie blanche, employée par la pharmacie.
- 20 Gomme adragante de Syrie blonde, utilisée par l’industrie.
- 3° Gomme adragante de Smyrne blanche (moins blanche toutefois que la première sorte de Syrie).
- h° Gomme adragante de Smyrne blonde.
- 5° Gomme Billis, qui donne pour les étoffes un apprêt souple et est utilisée également dans la fabrication des allumettes-tisons.
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- 6° Gomme de Bagdad, employée principalement pour la chapellerie; son prix atteint environ 110 francs les 100 kilogrammes.
- Gomme de Bassora. — Ce produit, qui a beaucoup d’analogie avec la gomme adra-gante, est attribué à Yacacia leucophlœa, importé de la Turquie d’Asie aux Indes. Sa qualité est inférieure à celle des bonnes sortes dont nous venons de parler; ses morceaux sont épais et colorés; l’industrie en fait usage pour l’apprêt des tissus; sa valeur atteint environ 90 francs les 100 kilogrammes.
- On trouve encore aux Indes la gomme adragante du cochlospermum gossypium (bixa-cées), utilisée par la pharmacopée de cette contrée.
- Comme espèces analogues nous mentionnerons :
- i° La gomme du sterculia tomcnlosa, appelée M’Bep en Afrique occidentale française, étudiée par le professeur Heckel; récemment recueillie, elle est blanche, nacrée, cassante, se divisant facilement en morceaux anguleux. Elle présente l’inconvénient de brunir à l’air et à la lumière; il est donc utile de la conserver dans des flacons opaques.
- L’arbre qui la produit croît très abondamment dans les forêts de l’Afrique équatoriale; mais l’industrie ne l’utilise pas encore; aussi son prix est-il très peu élevé, elle se vend environ sur place 10 francs les 100 kilogrammes.
- 2° La gomme katira, du sterculia urens, récoltée aux Indes, que l’on trouve mélangée dans le commerce avec le produit du cochlospermum gossypium.
- 3° La gomme du sterculia rupestris, qui croit en Australie.
- /i° La gomme du sterculia hypocra, arbre de Cochinchine.
- II. — GOMMES-RÉSINES.
- On désigne sous le nom de gommes-résines, des substances ou se trouvent à l’état de mélange de la gomme et de la résine. Elles ne sont complètement solubles ni dans l’eau ni dans l’alcool purs, ce dernier liquide, étendu d’eau, les dissout beaucoup mieux.
- Bien quelles exsudent spontanément des arbres qui les secrétent, on augmente généralement la production par des incisions. Les végétaux qui donnent les gommes-résines se rencontrent dans les pays chauds, sur une longue zone s’étendant du Maroc, qui fournit la gomme d’Euphorbe, jusqu’au Cambodge, d’où vient la gomme-gutte, en passant par l’Afrique orientale, l’Arabie, l’Asie Mineure, la Perse et les Indes; les autres contrées n’en produisent pour ainsi dire pas.
- Nous donnerons quelques renseignements sur les principales d’entre elles.
- Gomme-gutte. — La principale gomme-gutte du commerce est celle de Siam, produite par 1 q garcinia morella (guttifères) qui croît naturellement au Cambodge, en Indo-Chiné, au Siam, aux Indes anglaises et à Ceylan.
- On la recueille après les pluies, en février, mars, avril et mai, en incisant à la hache
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- le tronc et les grosses branches, et en introduisant clans la blessure, entre l’écorce et le bois, des entre-nœuds de bambous, dans lesquels le suc se rassemble lentement; de temps à autre ces bambous sont changés de place, et il faut de quinze à trente jours pour que les entre-nœuds se remplissent; on les expose ensuite à la chaleur, et, lorsque la partie aqueuse s’est évaporée on en retire la gomme-gutte en cylindres de 3 à 6 centimètres de diamètre, sur i5 à 20 centimètres de long, qui sont livrés au commerce sous le nom de gomme-gutte en canons ou en bâtons. Elle contient environ 26 parties de gomme et 75 d’une résine à laquelle elle doit son action drastique.
- La Cochinchine en a exporté, en 1898, 1/1,291 kilogrammes d’une valeur de 3/1,679 francs.
- On trouve encore dans le commerce la gomme-gutte en gâteaux ou en masses qui contient généralement une assez grande quantité d’amidon, la gomme-gutte de Ceylan, celle de Mysore, produite par 1 e garcinia pictorias, qui sont de moins bonne qualité.
- Encens ou oliban. — Cette gomme-résine est fournie par le bosswellia papyrifera (térébinthacées) qui croît dans la région nord-est de l’Afrique. Elle s’obtient par incisions; le suc blanchâtre qui s’échappe* par la blessure se concrète en larmes oblongues, pyriformes, irrégulièrement arrondies, longues de quelques centimètres, de couleur jaune pâle ou jaune rougeâtre plus ou moins translucides.
- On en distingue deux espèces : l’encens d’Afrique, qui vient d’Egypte, et l’encens de l’Inde, qui nous est expédié par la voie de Bombay, ville qui importe d’Afrique une grande quantité d’Obban, et où se tient le principal marché de cette gomme-résine. Par suite des triages qui y sont opérés, les produits les plus purs sont de cette provenance; mais le véritable encens de l’Inde, provenant du bosswellia serrata, est de qualité inférieure.
- Myrrhe ou Bdellium. — L’arbre à myrrhe, balsamodendron myrrha (térébinthacées), se rencontre dans le sud de l’Arabie et sur les côtes africaines de la mer Rouge; le produit qui nous est expédié et qu’on recueille par incisions nous arrive sous deux formes de qualité différente : la myrrhe choisie, en morceaux arrondis ou de forme irrégulière, d’une couleur rougeâtre, et la myrrhe en sorte, produit inférieur, de couleur plus foncée, mélangée d’impuretés.
- On trouve également aux Indes des bdelliums fournis par les balsamodendron agallocha et mukul; ils sont d’une qualité inférieure à ceux d’Afrique.
- Assa fœtida. — Le ferida assa fœtida, qui, par incision, donne cette gomme-résine, est répandu en Perse et dans les pays voisins ; elle nous arrive soit par la voie de la mer Caspienne, d’Astrakan et de Nijnii-Novgorod, soit par la voie de Bombay. Elle est utilisée en pharmacie.
- On en reçoit deux sortes : la meilleure, Tassa fœtida en larmes, assez rare, se présentant en larmes inégales allant de la grosseur d’un pois à celle d’une cerise, de cou-
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- leur brun rougeâtre à la surface; et Tassa fœtida en masses, formée de larmes agglomérées et mélangée d’impuretés.
- Gomme ammoniaque. — Cette gomme-résine, employée en médecine, est produite parle dorema ammoniacum (ombellifères), qui se rencontre dans la même région que Tassa fœtida; on la reçoit en larmes brun jaunâtre, ou en masses composées de larmes agglomérées. Cette dernière sorte contenant généralement des débris de tige, de fruits, du sable, etc., est moins estimée.
- Galbanum. — Ce produit provient des fondas gummosa et ruoncavdis, qui habitent les mêmes contrées, et arrive dans le commerce à l’état mou ou sec.
- Le galbanum mou se présente soit en larmes irrégulièrement arrondies, de la grosseur d’un pois à celle d’une noisette, jaunes, gluantes, soit en masses formées par des larmes agglutinées, qu’on peut encore distinguer. Le galbanum sec est également en larmes ou en masses; les larmes sont rares dans le commerce; les masses sont constituées par des larmes adhérentes entre elles, mais non confondues, et qu’on peut aisément isoler, car elles ne sont pas gluantes.
- Opoponax. — Cette gomme-résine est donnée par Yopoponax chironiwm, qui croit dans toute la région méditerranéenne; mais ce n’est qu’en Syrie et en Asie Mineure qu’on peut en récolter le produit.
- On la reçoit tantôt en larmes très légères, anguleuses, souvent aplaties, de couleur brun rougeâtre, ayant le volume et la forme d’une pistache ou d’une graine de cacao, tantôt en masses formées de larmes agglutinées, contenant fréquemment des débris de plantes.
- Scammonée. — C’est encore de l’Asie Mineure et de Syrie que nous arrive ce produit donné par le convolvulus scammonia (convolvulacées).
- Pour le recueillir, on découvre les racines et on les coupe près de la souche ; l’extrémité est creusée en forme de godet où le suc se concrète. Si la racine est trop petite, elle est coupée en sifflet, et on place sous l’extrémité une coquille de moule où s’écoule la gomme-résine. On obtient ainsi la scammonée de première goutte, qui est la meilleure. Mais elle devient rare et Ton trouve principalement dans le commerce celle dite de seconde goutte, que Ton retire par expression des racines coupées en morceaux et broyées. Ce produit se présente alors en pains, souvent fraudés. Pour les distinguer dans le commerce on a donné le nom de scammonée d’Alep à la première sorte, et celui de scammonée de Smyrne à la seconde, bien que les deux qualités arrivent indifféremment de chacun de ces points.
- Une bonne gomme-résine doit être grisâtre, légère, friable, â cassui‘e brillante, à odeur et saveur de brioche cuite.
- Gomme-résine d’Euphorbe, — La gomme-i'ésihe d’Euphorbé se retire dé Yenphorbîà Gn. IX. — Cl. 54* 45
- tsli'hiutiut sinoNiLt.
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- resinifera (euphorbiacées), arbre qui croît au Maroc. Elle exsude très rapidement par incisions et s’épaissit assez promptement à Pair.
- On la reçoit en larmes de couleur jaunâtre, demi-transparentes, friables, irrégulières, arrondies, fréquemment percées de un ou deux trous coniques ; le produit est presque toujours mélangé de débris végétaux.
- III. — RÉSINES.
- Les résines sont des corps plus ou moins colorés, insolubles dans l’eau, solubles en tout ou en partie dans l’alcool, l’éther, les essences, les carbures d’hydrogène. Nous dirons quelques mots des principales.
- Gayac. — La résine du commerce est produite par le guajacum officinale (zygo-phyllées) qui croît dans l’Amérique centrale.
- On l’obtient de deux manières différentes : soit en coupant les branches ou le tronc en longs morceaux que Ton perce suivant leur axe, et qu’on expose par un bout à la chaleur d’un foyer; la résine ainsi liquéfiée coule le long du canal et est reçue dans des calebasses; ou bien on réduit le bois en menus morceaux et on les fait bouillir dans de l’eau, la résine se sépare et se dépose au fond du récipient; le produit recueilli par ce procédé constitue la résine de gayac en masse, qu’on rencontre à peu près seule dans le commerce, la résine en grains ou en larmes, exsudant naturellement ou par incisions, étant très rare.
- Mastic. — Le mastic est donné par le pistacia lentiscus (térébinthacées), arbrisseau répandu dans la région méditerranéenne, mais dont une seule variété vivant dans l’île de Chio fournit la résine que l’on trouve dans le commerce.
- La récolte se fait vers le milieu de juillet; on procède par incisions perpendiculaires à l’axe du tronc et des principales branches. Le suc s’écoule immédiatement, clair et aromatique, et, en quelques heures, les larmes se forment, un peu plus dures à la surface qu’au centre.
- On en distingue deux espèces: le mastic en larmes cueillies sur l’arbre et le mastic commun, en sortes, ramassé à terre, brunâtre et impur.
- En Orient cette résine sert de masticatoire; on la retire du pistacia mulica et du P. atlantica.
- Copals. — On donne le nom de copal ou résine animée, à diverses résines produites dans les régions équatoriales d’Afrique et d’Amérique par des plantes appartenant à la famille des légumineuses.
- Cette substance exsude spontanément de ces végétaux, mais par incisions la production est beaucoup plus abondante; on la rencontre également dans les mêmes contrées à l’état fossile, enfouie dans le sol, à cinquante centimètres ou un mètre de pro-
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- fondeur; les gisements sont fréquemment d’une très grande richesse et représentent les produits accumulés de forêts qui ont depuis longtemps disparu.
- La première sorte porte le nom de copal vert, demi-dur, par opposition à celui de copal dur qu’on donne aux résines fossiles. Celles-ci, beaucoup plus estimées, sont utilisées à la confection des vernis les meilleurs, que Ton obtient par fusion du copal avec de l’huile de lin et de l’essence de térébenthine, dans des autoclaves, en élevant plus ou moins la température. Ces vernis provenant du copal dur résistent mieux aux intempéries que ceux fabriqués avec des copals verts ou demi-durs.
- Les copals se présentent en stalactites, en larmes ou en morceaux plus ou moins gros, plus ou moins transparents; leur meilleur dissolvant est un mélange-d’alcool absolu et d’essence de térébenthine. Leur couleur est variable; la plus recherchée est le jaune pâle ou jaune citron, les autres nuances que Ton rencontre sont : le blanc argenté, jaune ambré, le jaune rhubarbe, le rouge pâle, le rouge foncé, le brun et enfin le vert.
- Nous classerons les copals que Ton trouve dans le commerce suivant leur provenance.
- Copal des côtes orientales d’Afrique, dit copal de Madagascar, de Mozambique, de Zanzibar, copal dur, appelé également copal des Indes et de Bombay, contrées où s’est concentrée une partie du commerce de ces résines.
- Ces copals se subdivisent en trois sortes : le copal vert qui découle spontanément ou par incisions du trachylobium verrucosum; le copal semi-fossile, dont l’enfouissement est relativement récent, et le copal fossile, ou copal dur, ou résine animée, d’origine très ancienne.
- Zanzibar fait de ce dernier produit, qui est le plus estimé, un commerce d’exportation important, s’élevant à environ 600 tonnes par an, dont le cours moyen varie de 2,000 à 3,ooo francs la tonne sur place, et atteint en Europe, après triage et nettoyage, les prix de 6,000 à 10 mille francs.
- Copal des côtes occidentales d’Afrique. — Ils sont produits par le copaifera copallina qu’on rencontre en Guinée, au Sierra-Leone, au Gabon, au Congo; et dans ces régions nous retrouvons les distinctions en copal vert et copal fossile dont nous venons de parler.
- L’Angola et le Benguela sont riches également en gisements fossiles, donnant, les uns un copal rouge très "estimé, les autres un copal blanc qui Test beaucoup moins.
- En général les copals de la côte orientale sont plus recherchés que ceux de la côte occidentale.
- Pendant Tannée 1898, il est sorti, d’après les tarifs des douanes : de Guinée, 267,716 kilogrammes de copal d’une valeur de 267,716 francs; de la Côte dTvoire 5 51 kilogrammes d’une valeur de 5 51 francs et du Congo 1,1 5 k kilogrammes représentant 2,885 francs.
- Copals du Brésil, de Cayenne, du Vénézuéla, du Mexique, des Antilles. — Ces résines, désignées sous le nom de copals demi-durs, sont produites par Yhypomœa courbaril; elles se dissolvent mieux que les précédentes dans l’alcool, Téther, l’essence de térébenthine.
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- Les arbres qui les fournissent les laissent exsuder naturellement, mais par incisions la récolte est plus abondante. On les rencontre également à l’état demi-fossile en nodules plus ou moins volumineux, arrondis, d’aspect blanchâtre, grisâtre, terne, mais brillants, vitreux, transparents et limpides à l’intérieur. Cette sorte est plus estimée que le produit vert.
- Benjoin. — Le benjoin est produit par le styrax benzoïn (styracinées), qui croît en Indo-Chine, au Siam, à Java et à Sumatra. Le plus souvent on l’obtient par incisions, il est alors moins parfumé; les sujets jeunes donnent un produit moins coloré que celui des troncs âgés.
- Le styrax benzoïn, dans les pays que nous venons d’indiquer, est l’objet d’une culture plus ou moins importante. Dans une plantation bien entretenue, un arbre peut donner jusqu’à 3 kilogrammes de benjoin par récolte.
- Les produits du commerce viennent du Siam et de Sumatra, en voici les principales ' sortes :
- i° Benjoin en larmes, provenant du Siam, c’est l’espèce la plus estimée; ses larmes aplaties, à larges faces peuvent atteindre î o à 15 centimètres carrés de surface sur un centimètre d’épaisseur. Elles sont jaunes à la surface, et d’un blanc de lait à l’intérieur.
- a0 Benjoin amygdaloïde. Cette sorte se présente en masses de couleur plus foncée, jaune rougeâtre, renfermant de nombreuses larmes.
- 3° Benjoin commun. Ce produit arrive de Calcutta en blocs de couleur encore plus foncée, contenant des débris de plantes et des impuretés.
- 4° Benjoin de Penang ou de Sumatra. Il est en masses cubiques brun chocolat, dans lesquelles se trouvent des larmes moins colorées.
- Le benjoin contient cinq résines différentes, des traces d’huile essentielle, et, en outre, celui de Siam de Tacide benzoïque, et celui de Sumatra de l’acide cinnamique.
- Aux Indes néerlandaises le benjoin donne lieu à un important commerce d’exportation s’élevant environ à 9 millions de francs par an; en 1899, pendant le premier semestre, Singapour en a exporté 67,951 kilogrammes.
- La Cochinchine en exporte également, mais devrait en fournir beaucoup plus; en 1898 son exportation n’a été que de 9,678 kilogrammes représentant une valeur de 91,479 francs.
- Jalap, Turbith, Podophyllin. — On retire des racines de différents jalaps (ipomœa purga, orizabensis, simulons}, originaires du Mexique, des racines de turbith (ipomœa turpethum), originaire des Indes orientales et de la Polynésie, arbres de la famille des convolvulacées et des rhizomes du podophyllum peltatum, de la famille des berbéridées, plante répandue aux États-Unis et en Irlande, des résines qui sont employées en médecine pour leurs propriétés purgatives. On les obtient en traitant ces racines divisées en
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- morceaux par l’alcool et en précipitant les résines de leur solution alcoolique par adjonction d’eau.
- Laque. — La laque se rencontre sur les jeunes branches et les rameaux de diverses plantes parmi lesquelles on remarque surtout plusieurs espèces de ficus des Indes et de l’Asie méridionale (F. religiosa, F. indica), Yahurîtes laccifera des îles Moluques, le rhamnus jujuba, le butea frondosa, le schleichera trijuga, le combretum boveti.
- Sa production est due à la présence d’insectes hémiptères (coccus lacca) dont les femelles se rassemblent sur ces végétaux, s’y fixent, serrées les unes contrôles autres, et se revêtent bientôt d’une exsudation résineuse qui se solidifie autour d’elles en formant sur les petites branches des mamelons plus ou moins développés.
- Si on récolte le produit tel quel, on a la laque en bâtons.
- Souvent on détache la résine et on a la laque en grappes ; concasse-t-on les morceaux, on obtient la laque en grains.
- On peut encore la fondre dans de l’eau bouillante et la couler, ce qui donne la laque en plaques ou en écailles. Elle perd alors une partie de sa matière colorante et se présente tantôt brune, tantôt rouge ou blonde.
- On fabrique avec la laque de bons vernis à l’alcool, et elle entre dans les produits utilisés pour la fabrication de la cire à cacheter.
- Les sortes de gomme-laque les plus estimées proviennent du Siam et de l’Indo-Ghine française, elle vaut environ 66 francs les 100 kilogrammes.
- En 1898, l’Indo-Chine en a exporté 175,017 kilogrammes d’une valeur, au tarif des douanes, de 128,958 francs.
- Sandaraque. — Cette résine découle spontanément ou par incisions du callitris quadrivakis (cupressinées), arbre répandu dans les montagnes de l’Atlas. Ce produit est employé à la fabrication des vernis.
- On en distingue deux espèces : la sandaraque choisie, en larmes jaune paille, fragiles, ne se ramollissant pas sous la dent comme le mastic, mais se réduisant en poudre fine, et la sandaraque commune en sortes, impure et de qualité inférieure. On rencontre également cette résine en Australie, où elle est fournie par le callitris verrucosa. Les larmes sont un peu plus grosses.
- Colophane, Résine jaune, Poix noire. — On désigne sous ce nom des produits secondaires du traitement des térébenthines du commerce; par distillation on retire l’essence de térébenthine, le résidu constitue la colophane, de couleur jaune paille transparente si on a distillé à la vapeur, ou la résine jaune opaque, de couleur plus ou moins foncée si on opère à feu nu.
- La poix noire s’obtient en brûlant dans un four clos les filtres de paille qui ont servi à passer et à purifier la térébenthine.
- Damar. — La résine de damar est produite par des variétés de dammara, arbres
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- de la famille des conifères, vivant dans l’archipel Indien, les Indes, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Calédonie.
- On en distingue trois espèces principales :
- La première, damar des Indes orientales ou de Batavia, provenant du dammara alba, exsude abondamment des grosses branches, et y forme des stalactites volumineuses, d’abord vitreuses et incolores, prenant peu à peu une teinte jaune dorée.
- La seconde, damar austral ou de la Nouvelle-Zélande, appelé aussi kauri, kouri ou kaori, est donnée parle dammara australis.
- La troisième, damar de la Nouvelle-Calédonie, provient du dammara lanceolata, ovata ou moori.
- Tous ces produits exsudent naturellement des végétaux, mais par incisions on en recueille beaucoup plus.
- On rencontre également dans chacune des régions que nous avons nommées, des damars à l’état fossile, plus durs que les produits verts, et partant plus estimés. Pour les découvrir, les chercheurs de gomme (gum-diggers) se servent d’une tige ferrée à un bout, ayant 1 centimèlre de diamètre, avec laquelle ils piquent le sol, et ils reconnaissent par le son, s’ils ont touché une pierre ou un bloc de résine fossile. Cette occupation n’est, paraît-il, vraiment lucrative qu’enNouvelle-Zélande où les gisements sont plus abondants.
- Les damars du commerce se présentent en morceaux de dimensions variables de coloration jaune pâle ou ambrée à l’intérieur, avec fracture vitreuse, brillante, claire et transparente. Ces produits donnent lieu à un commerce d’exportation assez important; ainsi il en est parti de Batavia, en 1886, i7,5o5piculs de 60 kilog. Aoo ; en 1887, 1 A,A07 et, en 1888, 15,72 A ; de Singapour, en 1886, 3,637; en 1887, 5,000; en 1888, A,566. Enfin, en 1889, Singapour en a exporté pendant le premier semestre 335,837 kilogrammes.
- La Nouvelle-Zélande en fournit également au commerce des quantités qui augmentent progressivement ; son exportation qui n’était que de 3 5 5 tonnes en 1 8 5 5 s’est élevée à 6,000 tonnes pour chacune des années 1883, 188A, 1885, représentant une valeur de 7 millions de francs d’après le tarif des douanes de cette contrée.
- En 1890, les importations en France se sont élevées à 250,000 kilogrammes, d’une valeur de 500,000 francs.
- En Nouvelle-Calédonie, pendant de longues années, avant les mesures prises par le Gouvernement, les indigènes et les libérés se sont livrés, sans souci de l’avenir, à la récolte des damars, abattant et détruisant tous les arbres, et leur disparition était à prévoir. Aujourd’hui, par suite de la réglementation et des plantations entreprises, on peut espérer que cette colonie trouvera dans le damar une source de production rémunératrice. En 1898, elle en a exporté 3,711 kilogrammes d’une valeur au tarif des douanes de 2,397 francs*
- Succin. Ambre jaune. — Ce produit est une résine fossile que l’on rencontre prin-
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- cipalement sur les bords de la mer Baltique. Les vagues remuant le fond de l’eau entraînent le succin que les pêcheurs recueillent avec des filets.
- L’ambre jaune est due à une espèce de végétaux qui a aujourd’hui disparu, et qui était très répandue, car on trouve également cette résine dans diverses localités d’Angleterre, de France, d’Allemagne, de Hollande, de Suède, d’Espagne, d’Italie, etc.
- Le succin est solide, dur, cassant, tantôt transparent et de couleur jaune d’or, tantôt opaque et alors de couleur blanchâtre. Il peut être tourné et poli, aussi est-il très employé par l’industrie qui en fait des bijoux, des porte-cigares, etc.
- Sang-dragon. — On donne le nom de sang-dragon à une matière résineuse de couleur rouge brun, insoluble dans l’eau, complètement soluble dans l’alcool, produite par des plantes du genre calamus, principalement par le Calamus draco (palmiers) qui croît dans l’Indo-Chine et les îles Moluques.
- Le fruit est formé d’écailles imbriquées à la surface desquelles exsude spontanément la résine ; pour la recueillir, on secoue les fruits dans un sac de toile ; elle se détache par le frottement, on la fait fondre et on lui donne les formes suivantes qui sont les plus ordinaires :
- i° Sang-dragon en olives ou en globules, de la grosseur d’un pois à celle d’une petite noix, enveloppés d’une feuille de palmier.
- 2° Sang-dragon en tablettes ou bâtons de 3o à 5o centimètres de long sur îo à i5 millimètres de diamètre, enveloppés également d’une feuille de palmier.
- Ces deux sortes sont les meilleures.
- 3° Sang-dragon en masses irrégulières, impures, contenant tout au moins beaucoup de débris de fruits.
- tx° Sang-dragon en galettes ou pains orbiculaires aplatis de 8 à 11 centimètres d’épaisseur.
- Ces deux espèces doivent être obtenues en traitant les fruits par l’eau bouillante pour séparer la résine.
- IV. — BAUMES.
- Les baumes ou oléo-résines sont des mélanges de résine et d’huile essentielle. Nous donnerons quelques renseignements sur les principaux de ces produits.
- Baume de copahu. — Le baume de copahu est fourni par diverses espèces du genre copaifera, C. multijuga, C. langsdorfii, C. coriacea, C. jacquini, C. ojficinalis (légumineuses) répandues au Vénézuéla, en Colombie, au Brésil et aux Antilles.
- Pour le recueillir, on pratique à la base du tronc des trous profonds par où le liquide s’échappe abondamment, à tel point qu’au bout de quelques heures on en obtient souvent 5oo grammes. Un même pied peut donner 5 à 6 kilogrammes de baume à chaque traitement, et l’opération se répète deux ou trois fois par an sur le même arbre.
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- Le baume de copahu a une consistance oléagineuse, sa couleur est jaune plus ou moins foncée, sa saveur amère, âcre, désagréable. On reçoit dans le commerce :
- Le baume de copahu du Brésil, produit dans le Para et le Maranham, notamment par le Copaïfcra multijuga.
- Le baume de copahu de la Colombie, expédié de Maracaïbo, provenant de k Colombie, du Vénézuéla, de la Trinité, et donné principalement par le Copaïfcra jacquini. Ce produit est plus épais que celui du Brésil et de couleur jaune d’or.
- Baume de Tolu. — Ce baume se récolte en Colombie aux environs de la ville de Tolu, près Carthagène, où il est donné par le Myroxylum toluiferum (légumineuses). Pour l’obtenir, on perce profondément le tronc de l’arbre avec une tarière, le suc s’écoule, on le recueille dans des calebasses et on l’expédie en Europe, soit par Carthagène, soit par les Antilles, dans des boîtes en fer-blanc. Sa consistance est d’abord oléagineuse, puis avec le temps il durcit et devient solide; aussi rencontrons-nous dans le commerce du baume de Tolu mou et du baume de Tolu sec. C’est sous cette dernière apparence qu’il nous arrive le plus souvent.
- Baume du Pérou noir. — Le baume du Pérou que nous recevons en Europe est produit par les myroxylons sonsonaiense, punclatmn, robiniœfolium, peruiferum, pereirœ, arbres croissant dans l’Amérique centrale, notamment au San Salvador.
- Pendant fort longtemps ce baume, bien que récolté dans cette contrée, était expédié par Lima, et c’est à cette cause qu’il doit son nom de baume du Pérou, qu’il a conservé.
- On l’obtient en battant l’écorce avec un maillet tout autour du tronc, mais en laissant cependant intactes quatre bandes verticales qui permettent à l’arbre de continuer à vivre. Cinq ou six jours après cette opération, l’écorce battue est entaillée transversalement et longitudinalement, puis on en approche des torches enflammées, de manière à la brûler à sa surface. Elle se détache alors naturellement en quelques jours, et Ton voit se faire l’exsudation balsamique sur le bois mis à découvert. Les plaies sont garnies de chiffons qui s’imbibent de suc et qu’on plonge ensuite dans l’eau bouillante; le baume se dépose au fond du récipient.
- Les myroxylons peuvent produire depuis l’âge de 5 ans jusqu’à 3o ans, et un arbre moyen donne environ 2 kilogr. 5oo de baume.
- Le baume du Pérou noir présente une consistance sirupeuse qu’il conserve; vu en masse, il est brun noirâtre et brun rouge par transparence.
- Térébenthine de Venise. — Elle est donnée par le Mélèze, Pinus larix (conifères), qui croît en Europe, depuis la Russie jusque dans les Alpes et les Apennins. C’est principalement dans le Tyrol, le Piémont, et la région de Briançon qu’on récolte cette térébenthine. Pour l’obtenir, on fait avec une tarière dans le tronc un ou plusieurs trous qui pénètrent jusqu’au centre de Tarbre. On bouche ces orifices au printemps et on les
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- débouche une fois par an vers l’automne. Chaque sujet moyen peut donner de 2 5 0 grammes à 3 ou h. kilogrammes de produit par an, suivant le nombre d’orifices. Mais s’ils sont nombreux, l’arbre est rapidement épuisé, et son bois n’est plus utilisable comme charpente.
- La térébenthine de Venise se présente en un liquide épais, filant, de couleur jaune un peu verdâtre, elle n’a jamais une structure granuleuse cristalline, et reste toujours translucide, uniformément nébuleuse. Elle est un peu siccative.
- Térébenthine d’Alsace. — Ce produit découle du sapin vrai ou sapin argenté, Abies pectinata, Pinus picea (conifères), que l’on trouve depuis la Suède et la Russie jusqu’aux Pyrénées; mais c’est principalement dans les Vosges que l’on exploite ces conifères.
- L’écorce seule contient des canaux oléorésinifères, et on ne les y rencontre que pendant une période assez courte du développement de la plante; aussi cette térébenthine est-elle assez rare.
- On la récolte au moyen de cornets en fer-blanc qu’on implante dans l’écorce et où s’écoule le suc; la récolte se fait au printemps et à l’automne; le produit est d’aspect huileux et de couleur pâle qui devient foncée avec le temps; il est beaucoup plus siccatif que le précédent.
- Baume du Canada. Térébenthine du Canada. — Ce baume est donné par Y Abies balsamea (conifères), qui croît au Canada et le contient dans son écorce.
- D’aspect d’abord nébuleux, il se clarifie peu à peu et devient transparent; sa couleur, d’abord peu marquée, devient par le temps jaune d’ambre; il est siccatif.
- Térébenthine de Bordeaux. — On désigne sous ce nom un certain nombre d’oléo-résines découlant dans divers pays de plusieurs espèces de pinus; en Allemagne, du Pinus austriaca, sylvestris, rotundata; en Amérique, du Pinus tœda, australis, palustris; en France, du Pinus pinaster, maritima des Landes et des environs de Rordeaux.
- De toutes ces térébenthines, la plus répandue, même en dehors de notre pays, est la térébenthine de Bordeaux. On la trouve dans le tronc et l’écorce, aussi attaque-t-on l’un et l’autre pour la recueillir, au moyen d’entailles qui pénètrent l’aubier à la profondeur de 1 centimètre environ; on entretient depuis mars jusqu’en octobre cette blessure par où s’écoule peu à peu le suc oléorésineux qu’on reçoit dans de petits pots.
- Quand une entaille ne produit plus, on en pratique une autre à peu de distance, et les arbres peuvent être exploités pendant cinquante à soixante ans.
- Le liquide qui s’écoule transparent, devient bientôt opaque, blanchâtre, demi-solide; on le fond, on le filtre sur de la paille ou des toiles métalliques et on le livre au commerce ; il est très siccatif.
- Galipot. — Ce produit se récolte en hiver dans le département des Landes, sur le Pinus pinasler.
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- Lorsque l’exploitation de la térébenthine est terminée, les arbres continuent à sécréter un suc, mais très pauvre en essence, qui se solidifie sur place et se présente en larmes stalactiformes, blanc jaunâtre, de structure grenue : c’est le galipot.
- Poix de Bourgogne. Poix des Vosges. — On appelle ainsi un produit naturel qui découle de la Pesse ou faux sapin (Âbies excelsa), qu’on rencontre notamment dans les Vosges et en Allemagne.
- Par incisions faites aux troncs et aux grosses branches, on obtient un produit épais, opaque, blanchâtre, qui par fusion dans l’eau donne ce qu’on nomme communément la poix de Bourgogne ou poix jaune.
- V. — CAMPHRE.
- On retire le camphre du Laurus camphora (laurinées), arbre très répandu en Cochin-chine, dans la Chine orientale, au Japon, à Formose. Toutes les parties de la plante en contiennent.
- Pour le recueillir, on met le bois de l’arbre, les racines, les branches coupés en menus morceaux avec de l’eau dans de grandes cucurbites en fer surmontées de chapiteaux en terre, garnis de paille de riz. On chauffe modérément le fond de la cucurbite, le camphre se volatilise et vient se condenser sur la paille de riz; ce produit séparé de ce support constitue le camphre brut, en grains grisâtres. Pour le raffiner, il est placé dans des matras à fond plat qu’on recouvre de sable; on chauffe jusqu’à légère ébullition, puis on enlève peu à peu le sable qui recouvre le dessus du matras, et le liquide vient se condenser sur les parois moins chaudes du récipient, en formant les pains de 2 à 3 kilogrammes qui sont livrés au commerce. On brise les matras pour en retirer ces pains.
- Un arbre fournit une quantité de camphre atteignant 3 p. î oo de son poids.
- En 1898, le Tonkin en a exporté à3q kilogrammes d’une valeur de 1,581 francs.
- VI. - OPIUM.
- L’opium est le suc extrait des capsules du Papaver somniferum (papaveracées), plante originaire d’Orient, dont la culture s’est répandue dans toutes les régions chaudes du globe; mais la main-d’œuvre nécessaire à la récolte de l’opium en élève considérablement le prix, et elle n’est pratiquée qu’en Turquie, en Egypte, aux Indes et en Chine.
- La culture du pavot nécessite un sol riche; les graines sont semées en automne, en hiver ou au printemps, et la récolte varie suivant les conditions atmosphériques qui se présentent; mais généralement les semailles d’automne et d’hiver donnent un meilleur rendement. Chaque pied produit de 5 à 3o capsules, qui, à maturité, prennent urçe
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- teinte jaune pâle; c’est alors qu’on doit les inciser le soir, pour récolter le lendemain matin le suc qui s’est écoulé. On réunit le produit de la cueillette dans des terrines qui sont exposées quelques heures chaque jour au soleil pendant au moins une semaine; puis on les conserve dans des endroits frais bien aérés. Au moins de septembre, l’opium récolté est pétri et humecté de salive, ce qui lui donne de l’élasticité, entrave la fermentation et le préserve des moisissures. Les pains sont ensuite enveloppés de feuilles de pavots et conservés à l’ombre dans des salles bien aérées ; lorsqu’ils sont suffisamment secs, on les met dans des couffes, paniers de forme haute garnis à l’intérieur de toile, à l’extérieur de feutre, et on les y place en les séparant par les feuilles de rumex qui les empêchent de moisir et de se coller entre eux. Chaque couffe contient environ 7 5 kilogrammes d’opium.
- La production de l’opium s’est considérablement accrue au cours du siècle dernier, et les prix ont subi des augmentations et des oscillations intéressantes à noter. Nous en donnons un aperçu dans les tableaux suivants :
- PRODUCTION. 1 1UA
- DD KILOGRAMME.
- couffes. francs.
- 1830...................................... 3oo à 5oo 8 à 10
- 1840........................................... 2,000 16 à 20
- 1850........................................... 2,5oo 29 à 44
- De 1851 à 1858............................ 3,000 36 à 55
- 1859........................................... 5,ooo 44 à 5o
- 1860-1867...................................... 4,ooo • 3a à 5o
- 1868 .......................................... // 47 à 98
- 1869 .......................................... // 5o à n3
- 1870-1880........................................ // 5i à 60
- 1881-1890........................................ // 21 à 76
- 1891-1900........................................ h 19 à 36
- De 1870 à 1879 *886 à 1895, la production de l’Anatolie s’est élevée en
- couffes :
- 1870 4,5oo
- 1871 8,5oo
- 1872 ........ 4,4oo
- 1873 3,i5o
- 1874 2,43o
- 1875 6,3oo
- 1876 3,25o
- 1877 9,45o
- 1878 6,o56
- 1879 4,3oo
- 1886 7,600
- 1887. : 3,200
- 1888 7,4oo
- 1889 5,200
- 1890 4,5oo
- 1891 8,000
- 1892 8,5oo
- 1893 3,4oo
- 1894 4,ooo
- 1895 9,200
- A Smyrne, l’opium se vend à la visite.
- La visite est opérée par les divers membres assermentés d’une famille israélite qui se
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- succèdent de père en fils depuis au moins trois cents ans, et acheteurs ainsi que vendeurs sont tenus de se soumettre à leur appréciation. C’est un privilège qui leur a été reconnu par le Gouvernement ottoman.
- Au moment de la livraison des marchés conclus, les couffes leur sont apportées, on les ouvre et à l’aide d’un couteau ils entaillent les pains et vérifient leur qualité. L’acheteur est tenu de prendre tous ceux qui sont reconnus bons.
- Indépendamment de l’opium d’Asie Mineure, la province de Salonique, depuis trente ans environ, s’est adonnée à la culture du pavot. Ses produits sont moins riches en morphine et n’en contiennent que 4 à 8 p. îoo au lieu de 9 à 12. Cette contrée récoltait dans le début de 200 à 5oo coudes d’opium par an; mais depuis quelques années cette production s’est largement augmentée, et la récolte en couffes s’est élevée en 189/1 à i,o5o; 1895 à i35o; 1896 à 65o; 1897 à i,q5o; 1898 à i,5oo. Cet opium se vend de 2 6 à 2 8 francs le kilogramme.
- A côté de l’opium de Turquie viennent se ranger les produits d’Egypte, de Perse,'des Indes et de Chine.
- Nous en dirons quelques mots.
- Opium d’Égypte. — Cet opium connu depuis l’antiquité, mais dont la production est toujours en diminution, est de qualité médiocre; les meilleures sortes ne contiennent que de 3 à 6 p. 1 00 de morphine, et les autres en sont quelquefois à peu près complètement dépourvues.
- Opium de Perse. — Il était autrefois exporté pour la totalité en Chine; en 1870, ont commencé les expéditions en Europe, qui peu à peu ont pris du développement et sont aujourd’hui d’un quart de la production totale, évaluée à 200,000 ou 300,000 kilogrammes.
- Cet opium est de bonne qualité et donne de 1 0 à 12 p. 1 00 de morphine; il arrive en briques légèrement coniques de 500 grammes environ, enveloppées de papier rouge ou rose.
- Opium des Indes. — Il présente trois qualités : la première vient de Malwa et donne 8 p. 100 de morphine; la seconde; dePatna, titrant 6 p. 100 ; la troisième, de Benarès, avec A p. 100 de cet alcaloïde. Très recherché par les fumeurs à cause de sa saveur, de son parfum et de son faible titrage, cet opium se présente dans le commerce en boules de 1 kilogr. 58o (3 livres 1/2 anglaises) réunies par quarante dans des caisses pesant 1 Ao livres (63 kilog. 500). Sa production est en diminution par suite de l’abandon par les indigènes de cette culture que l’appauvrissement du sol rend de moins en moins rémunératrice. Il n’en vient pas en Europe, le Gouvernement indien n’en permettant l’exportation que pour la Chine.
- Opium de Chine. — Ce produit est consommé sur place ou en Indo-Chine, et il n’en est pour ainsi dire pas expédié en Europe.
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- On en distingue quatre qualités dénommées :
- Le Quang-Han-Phu, titrant environ............... 9 p. 100 de morphine.
- Le Tong-Hoï..................................... 10.5o p. 100
- Le Khai-Hoa..................................... 4.5o p. 100
- Le Tao-Hy....................................... 5.5o p. 100
- Si nous laissons de côté les sortes destinées aux fumeurs, la valeur de l’opium dépend de sa teneur en morphine. Pour la connaître, il faut l’analyser, mais les procédés employés diffèrent suivant les pays, et en outre il n’existe pas de règle au sujet de la quantité d’eau contenue dans le produit; aussi le pourcentage d’un même opium présente-t-il des différences pouvant dépasser 1 p. 100; ces variations sont des causes de trouble, aussi est-il à désirer qu’on adopte un mode d’essai unique, qui faciliterait les transactions commerciales.
- Àu Tonkin et en Annam, d’après la Direction des douanes et de la régie, la consommation annuelle de l’opium s’élève à environ 11 2,500 kilogrammes, titrant de 9 à 11 p. 100 de morphine.
- VII. — ALOÈS. CACHOU. KINO.
- Nous recevons de certains pays des produits qui sont préparés au lieu même où croissent les végétaux qui les donnent, et qui sont ensuite livrés tels quels au commerce. Nous les considérons comme rentrant dans notre cadre, aussi leur consacrerons-nous quelques lignes.
- Aloès. — Ce produit provient de diverses espèces d’arbres appelés aloe (liliacées), originaires de la côte orientale d’Afrique, et qui vivent également dans d’autres parties de l’Afrique, en Espagne, aux Indes anglaises et hollandaises, ainsi qu’en Amérique, particulièrement aux Antilles, pays où ils ont été transportés.
- Nous citerons Y aloe soccotrina, répandu sur les côtes méridionales de la mer Rouge, et dans les îles de l’océan Indien, notamment à Socotora; Y aloe ojficinalis; Yaloe vulgarls, qui croît sur les côtes orientales d’Afrique et aux Indes orientales, en Sicile, en Grèce, aux Antilles, où il fournit Taloès des Barbades; les aloès ferox, spicata, perfoliata, linguœ-formis, arborescens, commelini, purpurascens, mitrœformis, africana, qui vivent dans l’Afrique méridionale et donnent l’aloès du Cap.
- Pour le recueillir, les feuilles sont coupées à leur hase et placées verticalement dans des auges inclinées où le suc coule et se rassemble. On le concentre en le faisant chauffer dans des vases en cuivre, et au moment voulu on le fait écouler dans des calebasses où il se durcit peu à peu.
- On trouve dans le commerce :
- i° Valoès soccotrin expédié par Bombay, mais provenant de la côte orientale d’Afrique, notamment de Socotora, qui se présente tantôt à Tétât translucide et forme le véritable
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- aloès soccolrin, tantôt à l’état opaque et constituant alors Yaloès hépatique. Us sont généralement mélangés. Leur poudre est jaune doré;
- 2° Valoès du Cap, en masses brun noirâtre à reflets verdâtres, donnant une poudre jaune verdâtre. Son odeur est toute différente de celle de Taloès soccotrin, ce qui permet de les distinguer;
- 3° L’ aloès de Natal, produit bien préparé, opaque, gris brun;
- 4° L’’aloès des Barbades, opaque, brun chocolat, terne, mat, dont la poudre récemment préparée est jaune rougeâtre et passe au rouge brun à la lumière.
- Cachous. — On désigne sous ce nom des produits astringents fournis par l’acacia catechu (mimosées) et par Yarecha catechu (palmiers).
- Le premier croît aux Indes orientales, au Mozambique, au Soudan, en Abyssinie; mais le cachou n’est guère préparé que dans la première de ces contrées. Ce produit porte le nom de cachou de Pégu. Pour l’obtenir, on met dans des jarres de terre remplies d’eau le bois du tronc coupé en morceaux et on fait bouillir; lorsque la moitié de l’eau s’est évaporée, le liquide restant est versé dans des vases plats où s’achève la concentration; quand le produit a atteint la consistance pâteuse, on l’étend sur des nattes ou sur des feuilles et on le divise en morceaux qui sont exposés au soleil jusqu’à parfaite dessiccation.
- Il se présente en masses aplaties brun rougeâtre ou noirâtre de î 6 à 22 centimètres de long, sur un à deux centimètres d’épaisseur.
- L’areca catechu est un palmier qui donne la noix d’arec dont on «retire le cachou dit de Ceylan; il croît aux Indes orientales. Pour l’obtenir, on fait bouillir dans de l’eau les noix d’arec pendant quelques heures, puis on les retire et la liqueur par concentration fournit le produit qu’on livre au commerce en pains de 5 à 8 centimètres de longueur sur 2 centimètres d’épaisseur.
- Kinos. — On obtient ces produits soit en faisant évaporer le suc qu’on retire des arbres par incisions, soit en traitant par l’eau et en concentrant la liqueur.
- Il existe plusieurs espèces de kinos, parmi lesquelles nous distinguerons :
- i° Le kino de Malabar ou kino d'Amboine, retiré par incision du pterocarpus marsupium (légumineuses). Cet arbre habite les forêts de la côte de Malabar; on le rencontre également à Ceylan et en Indo-Chine. Le suc recueilli est évaporé au soleil ; il arrive dans le commerce en petits fragments de la grosseur d’un pois;
- 20 Le kino de Gambie ou kino d’Afrique, du pterocarpus erinaceus (légumineuses);
- 3° Le kino du Bengale, du butea frondosa (légumineuses);
- 4° Le kino d’Australie, de Y eucalyptus rostrata, corymbosa, citriodora, resnnfera (myrtacées) ;
- 5° Le kino de la Jamaïque, préparé par l’intermédiaire de l’eau avec le bois du coccoloba uvifera (polygonées) et se présentant en fragments brisés de 2 à 3 centimètres d’épaisseur;
- 6° Le kino de la Colombie, retiré par incision du palétuvier, rhizophora mangle (rhizo-ph orées).
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- VIII. — CIRES VÉGÉTALES.
- Ces produits ont une composition et des propriétés analogues à celles de la cire d’abeille, d’où leur vient leur nom de cires végétales.
- Les principales sont connues sous l’appellation de cire de myrica, de cire de palmier et de cire de carnauba.
- La première est une exsudation de couleur blanche qui se fait à la surface des fruits du myrica cerijica (myricées), plante habitant l’Amérique du Nord. Pour obtenir la cire, on verse de l’eau bouillante sur les baies, la cire, s’écoule et est recueillie dans un récipient. Elle est jaune verdâtre, translucide, de même consistance que la cire d’abeilles, fondant entre £7 et 4 g degrés.
- La cire de palmier est produite par le ceroxylon andicola, arbre répandu au Pérou et en Colombie. Elle exsude naturellement, de préférence au point d’insertion des feuilles sur la tige. On l’enlève au couteau; elle se présente sous forme de poudre légère, de couleur blanc gris, qu’on agglomère par fusion en masses plus ou moins grosses qui sont livrées au commerce.
- La cire de carnauba est retirée du copernica cerifera (palmiers), qui croît au Brésil. L’exsudation cireuse se fait à la surface des feuilles. Pour obtenir le produit, on secoue les feuilles et on en fait tomber une poudre gris jaunâtre qu’on fond à douce chaleur et qu’on divise en morceaux plus ou moins gros. Cette cire ainsi préparée est dure, sèche, cassante, d’une couleur jaune verdâtre; elle fond seulement à 84 degrés.
- IX. — EXPOSANTS.
- FRANCE. — PAVILLON DES FORÊTS.
- Nous citerons en premier lieu l’exposition de la société Maurel et Prom (H.), Buhan (J.--E.) père, fils, et Tesseire (A.), de Marseille et Bordeaux.
- Cette maison, hors concours, qui se livre spécialement à l’importation des gommes, a présenté une superbe collection de gommes arabiques et de gommes adragantes qui compte plus de i5o types; gomme du Sénégal : haut fleuve, bas fleuve, de Podor, de Dagana, de Médine, de Bakel, de Salabreda, de Fondiougne, de Tombouctou; gommes d’Égvpte: de Kordofan, de Kartoum, deGézireh, Talk, Fahmi, Embaoui, Cherky, Bar-kawi, Gonfideh, Gedarel; gommes d’Aden : Berbera et Makri; gommes de l’Inde : Galté, Cravvmpore, Madras, Omra Woultée, Kurracbée, Bashire; gomme du Maroc: Mogador, Barbarie; gomme de la Piata; gomme d’Australie; gomme du Brésil; gomme du Cap; gomme du Niger; gomme de Turquie, Sherraz; gommes d’arbres à fruits; gommes du Sénégal en gros marrons, gomme vermicellée blanche du Sénégal, gomme extra-blanche
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- arabique friable; gommes aclragantes de Syrie blanche, de Syrie blonde, de Smvrne blanche, de Smyrne blonde, de Billis, de Bagdad, gomme de Bassorah, etc., enfin un petit arbuste à gomme adragante de Syrie.
- L’authenticité de provenance des produits exposés, le nombre des sortes présentées faisaient de cette exposition une des plus intéressantes qu’il soit donné de voir.
- Dans une vitrine spéciale, la maison Salle et C'e avait installé une exposition d’opium des plus complètes, comprenant des échantillons de produits de la Turquie, Adette, Bogaditz, Karahissar, Yerli, Malatia, Salonique, etc.; d’opium de Perse, d’Egypte, de Chine, Quang-Nam-Phu, Thong-Haï, Kaï-Kaï, Tao-Hy. Cette exposition, unique dans son genre, jointe à celle decorces de quinquina, faite par la même maison, lui a valu un diplôme de médaille d’or.
- M. Simon, qui a obtenu une même récompense, exposait notamment une coupe remplie de benjoin en larmes si grosses et si belles que nous ne croyons pas en avoir vu de pareilles au cours de nos recherches.
- Nous devons encore citer les gommes, résines, baumes, camphre, etc., employés en pharmacie, exposés par la Pharmacie centrale de France, par la Pharmacie normale de Paris, le benjoin de M. Delage, la collection des cires végétales et animales très complète de M. Blankenberg, les gommes du Sénégal de la Société générale d’importation.
- COLONIES FRANÇAISES.
- L’exposition du Musée et de l’Institut colonial de Marseille nous présentait, dans le palais du Ministère des colonies, de très nombreux échantillons de gommes et résines diverses, exotiques, les unes connues déjà, les autres encore à étudier, et nous ne pouvons mieux faire sur ce sujet que de renvoyer aux travaux publiés par M. le professeur Heckel et à l’ouvrage de M. de Corclemoy paru récemment (Challemel, 1900), auquel nous avons fait de nombreux emprunts.
- Au pavillon du Congo, nous avons à mentionner les échantillons de gomme copal et d’une dizaine de résines indigènes présentés par les comités locaux de cette colonie; de gomme copal de M. Ancel Seitz et de la Compagnie française du Congo occidental; à la côte des Somalis, l’exposition de gomme arabique, de gomme copal, d’encens et de myrrhe du comptoir de Djirouti et de M. Savouré; à la Côte d’ivoire, celle de gomme copal vert et de gomme.copal fossile du Comité local et de M. Daudy.
- La Guinée française fait un commerce d’exportation de gomme copal s’élevant de 200 à 2 5 0 tonnes environ par an ; ses produits se divisent en trois catégories : la première se présente blanche, légèrement jaune, transparente et presque exempte d’impuretés et d’écorces; la deuxième, jaunâtre, avec quelques impuretés; la troisième, mélangée de débris de bois et de terre. En 1 897, elle en a exporté 26/1,900 kilogrammes; en 1898, 175,000 ; en 1899, 255,288. Ce produit se vend à la côte environ 2 francs le kilogramme.
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
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- Nous mentionnerons comme exposition les gommes copals présentées par le Comité local de Conakry (grand prix), la société Gautier, Philippart et C10 (médaille d’or) et M. Ciiavanel (médaille d’or).
- Au pavillon de la Guyane française nous devons citer l’exposition du Comité local de la colonie, qui comprenait des échantillons de cire myrica, de carnauba, d’ocuba, de bicuhiba, de gomme-gutte, de gomme de couma, de baume de copahu, de résine icica (encens de Cayenne), d’andira; de résine antiar (très toxique); de baume hou-miri (humirium balsamiferum); de résine mani, du moronobea coccinea, d’anacarde, etc., et l’exposition de TAdministration pénitentiaire, présentant une collection de gommes et résines indigènes, très peu étudiées encore jusqu’à ce jour.
- Les comités locaux du Cambodge, de la Cochinchine, de l’Annam, du Tonkin, du Laos exposaient dans le palais de l’Indo-Chine des échantillons de gommes et résines produites dans ces contrées, gomme-gutte, gomme-laque, benjoin, opium, qui ne le cédaient en rien à ceux que nous avons rencontrés dans les autres expositions de Chine, des Indes anglaises et hollandaises, et l’on se demande pourquoi dans ces conditions les exportations de ces produits ne prennent pas en Indo-Chine un plus grand essor.
- Dans le palais de Madagascar nous avons à signaler les gommes et résines récoltées dans cette colonie, notamment la gomme copal dont l’exportation s’est élevée en 1896 à 5,ooo kilogrammes d’une valeur d’environ i5o francs les 100 kilogrammes. Le peu de soin apporté par les indigènes à cette récolte et les impuretés qui par suite souillent le produit seraient, paraît-il, la cause d’une dépréciation, juste mais regrettable, du prix de cette marchandise.
- Dans le même palais nous devons également mentionner les expositions de copal vert et fossile de M. Delacre et de M. Frager, et les gommes dites arabiques récoltées par ce dernier dans les forêts du nord de Madagascar.
- Au pavillon de la Nouvelle-Calédonie, nous mentionnerons les copals vert et fossile exposés par 1’Administration pénitentiaire, la résine-glu de M. Augé, la gomme de kaori de MM. Coste, Hagen, Streiff, Wright et Pauthonier.
- Au Sénégal, indépendamment des expositions de gommes du Comité de la colonie et de la Compagnie française de la Cote occidentale, nous signalerons d’une façon toute spéciale, celle de la société Rabaud et C10, Delmas et Clastres, de Bordeaux, qui fait un commerce considérable de cette substance. Ses échantillons, d’origine authentique, ses produits parfaitement triés, ses spécimens des différentes qualités commerciales, au nombre d’au moins quarante, témoignaient de l’importance des opérations de cette maison, et du soin quelle met à fournir au commerce des marchandises toujours de même nature et de même qualité.
- Le Jury lui a décerné un diplôme de médaille cl’or.
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- Gn. IX. — Cl. 49 À 54.
- IMI’KIMËME NATIONALE.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- 078
- PAYS ÉTRANGERS.
- Dans le pavillon dé la Chine étaient exposés de nombreux échantillons d’opium brut et préparé, de camphre, brut et raffiné, de gomme-gutte et de gomme-lacpie, des graines et capsules de pavots, des couteaux et racloirs employés pour la récolte de l’opium; enfin toute une série de résines et produits résineux utilisés dans ce pays soit par l’industrie soit par la médecine. Par suite des événements qui se passaient en Chine au moment de l’Exposition, la Commission de l’exposition chinoise a cru ne devoir briguer aucune récompense, mais bien que le Jury n’ait pas eu à apprécier les produits exposés, nous avons cru utile d’en dire néanmoins quelques mots.
- Au pavillon de l’Equateur, nous mentionnerons l’exposition de cire de palmier de la Municipalité de San Miguel, d’aloès de M. Andiiade, de sang-dragon de la Municipalité d’Esmeraldas, de résines indigènes du Club sucre de Santa-Elena.
- L’exposition des Conservateurs des forêts aux Indes indépendamment des plantes médicinales quelle comprenait, nous a présenté une collection des gommes et résines utilisées dans cette contrée par l’industrie et la médecine, gomme-gutte, encens, benjoin, laque, damar, sang-dragon, camphre, opium, cachou, etc., qui prouvait une fois de plus la richesse de ce pays.
- Dans le meme pavillon, les Directeurs des jardins botaniques royaux de Peradeniva (Ceylan) exposaient des produits analogues et, en outre, des résines de liai du Vatcria ncuminata; de Hora du Diplcrocarpus zeylanicus; de Doun du Doona zcylanica; de mar-gousier (azadirachta mdica'j ; de la gomme du satin (ckloroxylon swienlia) ayant une grande analogie avec la gomme arabique; de la résine odorante de Kekuna (canarium zeylani-cam'j, etc.
- Au pavillon du Guatémala, le Gouvernement de cette République exposait notamment des résines de styrax solide [styrax officimlis)-, de liquidambar; de baume du Pérou ; de Jiote du bursera gummifera; des gommes copal de YHedwigia balsamifera ; du rlius copa-linum, de Yhymcnœa courbaril et, en outre, divers produits indigènes d’apparence résineuse, encore peu connus; de la cire de myrica, etc.
- Nous devons mentionner dans les expositions du Japon de nombreux échantillons de cire végétale, de laque, de camphre de Formose, île dont le climat convient particulièrement à la végétation du Laurus camphora. H y a une dizaine d’années, l’exportation du camphre de Formose ne dépassait pas /i 00,000 à 5oo,ooo kins (ikin = 6oo grammes), depuis elle s’est élevée progressivement jusqu’à atteindre, en 1898-1899, 3,65o,438 kins.
- Le palais du Mexique contenait d’intéressants échantillons des produits qui nous occupent: gomme copal, liquidambar, gomme demezquite, de nopal (du cactus cuchmillifer),
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
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- de Huizaclie, de cabato, d’ocote, de Guayacan, de polocliu, de teliuixtle, résine de jalap, gomme de cèdre, exposés par I’Institüt médical de Mexico, M. Piumitivo-Fuentes, le Secrétariat do Fomento, la Municipalité de Jonacatepec, MM. Nestor P. Fiiacoso, Salvador Palacios, le Gouvernement de Tabasco, etc. Par leur diversité, ces produits présentaient un véritable intérêt.
- Au Nicaragua, nous avons à mentionner les expositions des gommes indigènes du Comité du gouvernement, de la société Heiland Hoedeker et C10, et de M. G. Bahr.
- Au Pérou, celles de I’Institüt technique, de M. Aranibar, et principalement celle de M. Arevalo, qui contenait une importante collection des gommes et résines du Pérou, désignées sous les noms indigènes de sangre de drago, papaya, cashu, cèdre, cumaca, cumaquita, lacre, estoraque, pichirine, catalina, etc.
- De très beaux échantillons de gommes copal ainsi que des spécimens de Kino et de gomme d’acajou des colonies portugaises d’Afrique, Angola et Mozambique, étaient exposés dans le pavillon du Portugal par la Compagnie du Nyassa, la Commission provinciale d’Angola, la société Bentaude Bacellar et Freitas, la Commission provinciale de Mozambique, la société Albuquerque et Cie, M. Guedet, la Banco national ultramarino, etc.
- Au pavillon du Salvador, nous signalerons les expositions de baume du Salvador faites par le Gouvernement de ce pays, et par MM. Vicente Hüeso, Carlos Tiiomsen et Gonzales Mejia.
- Le Gouvernement de Siam a présenté dans son palais de très beaux échantillons de gommes et résines, benjoin, sandaraque, gomme-gutte, laque, cachou, produits qui donnent lieu, dans ce pays, à un important commerce. Il exporte notamment environ 250,0oo kilogrammes de benjoin, 5o,ooo kilogrammes de gomme-gutte par an.
- Enfin, nous terminerons par l’exposition des Indes néerlandaises, où le Comité du gouvernement avait réuni des spécimens de gomme d’anacardiurn occidentale, et de mopé du spondias lulca; de résine d’aloès provenant de Surinam; de benjoin, de camphre, de damar; enfin une collection de gomme copal dure, demi-dure et molle, comprenant vingt-trois échantillons de qualités et nuances différentes.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- X. — STATIS
- IMPORTATIONS EN FRANCE
- PRODUITS.
- PAYS D’ORIGINE.
- Gommes exotiques
- Angleterre...........
- Turquie.............
- Égypte...............
- Autres pays d’Afrique.
- Indes anglaises......
- Sénégal..............
- Autres pays..........
- Cire végétale
- Résines et produits résineux sauf ceux provenant du pin et du sapin.
- Quantité. Valeur. .
- Quantité. Valeur..
- Scammonée.
- Turquie. . . Autres pays.
- Quantité Valeur..
- Autres
- Angleterre.........
- Indes anglaises. . . Indes hollandaises. Autres pays........
- Quantité. Valeur..
- Baume de benjoin
- Angleterre Indes anglaises. Autres pays . . .
- Quantité. Valeur..
- 1887. 1888. 1889.
- kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes.
- 495,021 644,822 399,11 5
- 295,087 202,202 190/126
- 116,331 100,893 11 4,926
- 572/62 385,io4 407,694
- 32,772 200,492 353,843
- 2,787,088 2,139,709 2,590,872
- 3o/i,75o 278,576 409,725
- 4,553,5oi 4,011,848 4,4 6 6,5 01
- 15,902,254 17,250,946 16,632,753
- // // //
- // // //
- 5,276 1,627 5,704
- 3,682 627 2,769
- 8,958 2,i54 8,4 7 3 .
- 4o3,i 10 96,930 38i,285
- 38o,i65 3 J 8,997 4 6 2,13 5
- 611,676 83o,i 84 420,237
- 430,827 445,i6i 320,1 24
- 473,201 324,587 386,3n
- 1,895,869 1»9l8’9a9 1,588,807
- 3,929,903 4,236,237 3,649,203
- 62,557 23,729 7 i,3oo
- 5o,6og 37,837 3o,3g3
- 1,711 1,415 3,690
- 114,877 62,981 io5,383
- 574,38ô 3i4,9o5 447,877
- t1) On remarquera dans ce tableau que la quantité de gomme importée a été en progressant, alors que les chiûres de lu valeur ont marché en sens
- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- 681
- TIQUES.
- DE 1887 À 1896.
- 1890. 1891. 1892. 1893. 1894. 1895. 1896.
- kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes.
- l"»* O CO 00 5l5,227 332,513 325,597 428,793 4o2,6l 3 228,729
- 242,959 191^796 183,979 213/90 286,647 274,3l4 377,975
- 74,536 6o,4t5 37/93 153,458 364,58i 4l6,273 23o,go4
- 262,534 389/90 359,674 270,342 218,752 33,670 20,235
- 34,q4o 82,581 447/68 843,795 716,225 691,062 962,764
- 2,68i,233 3,652,g54 3,8i 1,029 3,643,777 3,941,788 3,593,684 3,722/123
- 391,587 637/79 888,323 858,3i3 708,611 902,537 816,696
- 4,170,168 5/29,842 6,060/79 6/08,772 6,665,397 6,214,i53 6,349,726
- 7,291,886 9,747/34 9,696,926 6,624,211 M99>o47 7/56,984 7,619,671
- // // 175,003 285,i85 466,54g 478,963 166,230
- // // 210,oo4 399,280 816/60 838,i85 166,23o
- 3,216 2,991 i,6i5 3,273 2,786 i,6i4 i,883
- 141 4g6 335 338 3ig 56t 168
- 3,357 3/87 i,g5o 3,6i 1 3,io5 2,175 2,o5 1
- 151,665 156,915 87,750 162/95 i39/29 9i,35o 84,o42
- 44o,214 4 60,513 461,696 369,264 ^ 386,878 327/38 466,5g8
- 588,571 648/92 157/74 202,096 307,069 768,996 987/J29
- 257,600 466,026 234/91 227,968 220,268 219,178 228,186
- 396,626 3 7 5,6 4 4 377,702 275/52 334,4o5 421,639 55.1,986
- i,6i3,oi 1 1,950,77.5 i,23i,i63 1,074,770 1,248,620 1,737,261 2,234,199
- 3,521,584 4,347,645 3,077,907 2,686,925 3,121,54g 4,343,127 5,585,373
- 67,132 54,296 54,725 27,894 23,176 24,346 22,325
- 55,678 78,878 91,261 73,755 42,195 175,960 8g,g46
- 2,814 6,6o3 5,o86 4,835 8,1 24 10,026 18,677
- 126,624 139/77 151,072 106,484 73,495 210,332 i3o,g48
- 533,902 559,108 CO CO O O 399/15 235, i84 673,062 4i g,o34
- inverse; ce résultat est dû h la diminution dans les prix d’estimation , motivée par un abaissement du prix de ces produits.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- 082
- IMPORTATIONS EN FRANCK
- PRODUITS. PAYS D’ORIGINE. 1887. 1888. 1889.
- kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes.
- Quantité 6,3i3 13,726 11,712
- Valeur 34,722 82,356 81,984
- Angleterre 51,381 1 4,6oo 5,241
- / brui Chine 299,283 162,438 //
- Japon 29M79 146,o56 271,174
- AiiIres pays 4,913 33,66o 844
- Camphre* . . . . / Quantité 652,056 3 5 6,7 5 4 277,269
- Valeur 1,238,906 713,5o8 901,092
- \ raffiné Allemagne 61,653 1 o5,543 88,174
- Autres pays 5,703 6,193 4,291
- Quantité 67,356 111,736 92,465
- Valeur 168,390 290,514 369,860
- | [ Quantité 51,495 7097° 56,660
- Opium 1
- I j Valeur -. i,44 i;86o 1,439,400 i,4 i6,5oo
- [ Quantité 7,665 8,090 3,3oo
- Succin ou ambre jaune <
- Valeur 4i3,gio 4 3 6,8 60 178,200
- ' Anglelerre 401,621 370,906 216,182
- 1 Allemagne.... 2,945 1,128 4,366
- Cachou en masse . Belgique 218,354 39,539 74,447
- 1 Indes anglaises 3,626,203 5,692,891 4,675,63o
- Autres pays 36,593 98,343 23,6o5
- Quantité 4,186,716 6,102,807 4,994,230
- Valeur 3,013,716 4,i 49,911 3,745,672
- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- 683
- DE 1887 À 18%. (Suite.)
- 1890. 1891. 1892. 1893. 1894. 1895. 1896.
- kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes.
- 25,009 3o,oi4 3o,32o 19,845 19,o32 17.978 16,559
- 175,063 2 10,098 i5i,6oo 99,225 85,643 80,901 74,5l6
- 11,841 18,800 304,099 107,090 14,828 82,784 1 78,770 502 6,153 71,364 176,169 4,323 20,358 170,295 201,063 17,266 28,663 3i 7,181 189,788 373 11,419 295,5l8 2 10,021 435 16,879 269,742 122,288 i6,oo3
- 44i,83o 276,884 258,009 408,982 536,oo5 517,393 414,912
- 1,767,320 969.094 i,o32,o36 1,635,928 1,474,014 1,928,974 975,o43
- 119»167 1 3,2 21 118,117 i,io3 161,715 6,34g 82,680 4,210 74,106 2,860 17,246 8,520 64,974 7,322
- 132,378 119,220 168,o64 86,890 76,966 25,766 72,296
- 628,798 5o6,685 798,3o4 412,728 288,624 123,244 249/121
- 76,867 128,157 112,496 56,759 76,617 85,i 54 93,982
- 2,306,710 2,563,64o 2,249,920 1,418,976 i,8i5,425 1,703,080 2,067,604
- 3,457 13,878 9.39° 7»93/‘ 9.3*8 10,228 1 2,717
- ‘ 25,928 749,412 507,060 396,700 467,4oo 5n,4oo 635,85o
- 262,980 6,938 84,459 3,938,64o 289,716 283,485 4,6g4 35,390 4,118,696 5o,8i 3 288,023 10,086 87,945 5,856,908 56,928 i32,357 8,966 2,i65 4,276,849 27,2i9 121,24l 55o 54,6io 5,213,523 36,645' 175,142 6,975 i3,53o 5,637,284 220,701 107,221 3,711 8,858 6,234,i4o 63,33g
- 4,532,732 4,492,978 6,299,890 4,446,556 5,425,969 6,o53,632 6,417,269
- 3,172,91 2 3,145,o84 4,724,918 3,112,58g 3,626,880 3,632,i 79 3,080,289
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- 684
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- IMPORTATIONS EN FRANCE EN 1899.
- PRODUITS. PAYS DE PROVENANCE. COMMERCE QUANTITÉS. GÉNÉRAL. VALEURS. COMMERCF QUANTITÉS mises en consommation. SPÉCIAL. VALEURS.
- Russie kilogrammes. 45,765 francs. // kilogrammes. 41,965 francs. n
- Angleterre 376,903 // 275,735 n
- Allemagne 136,3 88 // i32,552 n
- Pays-Bas 1 24,6i4 H 120,432 n
- Belgique 73,220 U 15,4 61 n
- Turquie 374,717 H 269,802 n
- 1 %Pte 319,731 fl 188,287 n
- Indes anglaises 951,5i2 // 885,256 n
- Autres pays étrangers.. . 72,131 II 45,584 n
- Gommes exotiques.. . . Totaux 2,274,981 2,693,977 1,975,064 2,370,077
- Sénégal 4,686,i52 II 4,685,392 //
- Autres colonies et pays de protectorat 23,767 // 4,672 n
- Totaux 4»7°9>9‘9 5,65i,9o3 4,690,064 5,628,077
- ( Totaux généraux.. . . 6,984,900 8,345,88o 6,665,i 28 7<998>l5'4
- i Angleterre 29,766 II // //
- Allemagne 79,080 If fl If
- Autriche-Hongrie 19,202 n fl fl
- Indes anglaises 10,156 n n //
- Japon 4oo,346 n n //
- Brésil 26,i3o n n fl
- Autres pays étrangers... 7'9i8 n n fl
- | Totaux 572,628 572,628 432,386 432,386
- Cires végétales / Algérie 24o 11 fl n
- Madagascar 47,101 // fl n
- Guadeloupe 351 // fl n
- Totaux 47,692 47,692 5gi 5gt
- Totaux généraux. . . . 620,320 620,320 432,977 432,977
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- 685
- PAYS DE PROVENANCE. COiMMERCI QUANTITÉS. GÉNÉRAL. VALEURS. COMMERCI QUANTITÉS mises en consommation. 3 SPÉCIAL. VALEURS.
- kilogrammes. francs. kilogrammes. francs.
- Angleterre 1 28 // 128 Il
- Turquie 4,575 U 1,641 U
- Autres pays étrangers.. . 9° II 90 n
- Totaux 4,793 201,3o6 i,85g 70,078
- Angleterre 022,238 // II //
- Allemagne 18,219 // n n
- Pavs-Bas CO OO -CT // n n
- Turquie 45,35o // // n
- Maroc 19,1.4° // // n
- Indes anglaises 1,170,918 // // u
- Indes hollandaises 429,247 // // n
- Australie 3o,323 // // //
- Autres pays étrangers.. . 72,706 // n //
- Totaux 2,456,925 6,142,313 2,249,957 5,624,893
- Madagascar 31,900 // // //
- Indo-Chine 66,106 // // //
- Autres colonies et pays de
- protectorat 24,668 n // //
- Totaux 122,674 3o6,685 81,950 204,875
- Totaux généraux.... 2,579,599 6,448,998 2,331,907 5,829,768
- Angleterre !9»5i3 // u u
- Indes anglaises 52,83i n n //
- Autres pays 10,117 n n u
- Totaux 82,461 263,875 28,682 9^782
- Indo-Chine 42,843 // n //
- Autres colonies et pays de
- protectorat 620 // II //
- Totaux 43,463 139,082 0 00 -CT 131,776
- Totaux généraux.... 125,924 402,957 69,862 223,558
- Allemagne 3,9 41 n u //
- Pays-Bas 3,200 H n //
- Chine 6,323 II n //
- Autres pays étrangers.. . 4,158 II n //
- Totaux 17,622 83,705 7,236 34,371
- Indo Chine 35 l66 35 166
- Totaux généraux.. . . 17,657 83,871 7,271 34,537
- PRODUITS.
- Résines
- et
- produits résineux exotiques autres que ceux provenant du pin et
- du sapin.
- Baumes .
- Scammonée.
- Aulres
- résines.
- Benjoin... .J
- Copahu.
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- G86 EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- PRODUITS. PAYS DE PROVENANCE. COMMERCr QUANTITÉS. GÉNÉRAI,. VALEURS. COMMERC QUANTITÉS mises en consomma lion. E SPÉCIAL. VALEURS.
- kilogrammes. francs. kilogrammes. francs.
- Angleterre 56,388 // n //
- Allemagne 6,889 // // //
- Indes anglaises 189,635 il // //
- brut f\ n !\ f\3 8
- Brésil 936 il // //
- Totadx 657,886 2,io5,235 489,722 i,567,i 10
- Camphre
- Allemagne 29,906 // // il
- Belgique 2,292 // // U
- Japon 8,582 // // n
- Autres pays étrangers.. . 789 il il n
- \ raffiné Totaux 41,569 187,o6i 28,501 128,255
- Tunisie 2 9 // a
- \ Totaux généraux.... 4i,57i i87,o7o 28,501 128,255
- Russie 2,3oo il li //
- Turquie 134,234 il // //
- Opium.. 1 Égypte 810 il // //
- i Autres pays étrangers. . . 892 il n n
- Totaux 138,236 0, o41,192 10,159 223,498
- Allemagne 3,317 il // //
- Autriche-Hongrie i,512 il H . n
- Succin ou ambre jaune. Italie 110 // // n
- Autres pays étrangers.. . 16 // // u
- Totaux M&5 247,75o 4,800 240,000
- Angleterre 186,661 II // il
- Égypte 172,628 il // //
- Cachou, Indes anglaises 4,88o,o72 n // //
- Autres pays étrangers... 46,38o a n ti
- Totaux 5,285,741 3, i71,4 4 5 4,896,-789 2,938,o73
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- 687
- Nous compléterons les statistiques qui précèdent en donnant quelques renseignements complémentaires sur les exportations de gomme arabique et de copal du Sénégal, de la Guinée française, de la Côte d’ivoire et de Sierra-Leone.
- GOMME DU SENEGAL.
- EXPORTATION DU SENEGAL(P.
- QUANTITÉS. VALEUR.
- kilogrammes. francs.
- 1889 ....................................... 2,758,959 4,772,352
- 1890 ....................................... 2,906,637 3,316,277
- 1891 ....................................... 3,653,290 4,254,620
- 1892 ....................................... 3,773,066 3,841,070
- 1893 ....................................... 3,542,i43 2,597,440
- 1894 ....................................... 3,716,390 2,193,542
- 1895 ....................................... 3,979,292 2,328,816
- 1896 ....................................... 3,641,679 2,979,742
- 1897 ....................................... 4.928,4o3 4,721,495
- 1898 ....................................... 5/120,667 4,466,245
- 1899 ....................................... 4,220,358 3,595,593
- GOMME COPAL.
- EXPORTATION.
- GUINÉE ERANÇA1SE. SIERRA LEONE. COTE D’IVOIRK.
- francs. francs. francs.
- 1890 ............................ 108,779 25o,ooo h
- 1891 ..................... .. i5o,ooo 290,600 //
- 1892 ............................ 208,711 356,3oo n
- 1893 ............................ 279,803 435,85o n
- 1894 ............................ 321,852 288,275 //
- 1895 ............................ 286,713 298,85o n
- 1896 .......................... 292,161 384,875 i,638
- 1897 ............................ 268,864 3i9,375 i,543
- 1898 ............................ 267,716 212,5oo 551
- (l) Dans les totaux ci-dessus ne figurent pas les exportations du Soudan français qui se sont élevées en 1898 à 1,960,302 kilogrammes représentant une valeur de 1,370,902 fr. 55, et ont été dirigées en totalité sur la métropole.
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- 688
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- CONCLUSIONS.
- A quelque point de vue que nous nous placions, quels que soient les résultats à provenir de l’Exposition, les enseignements à en retirer, l’idée première qui frappe notre esprit est l’immensité de l’effort accompli pour mener à bonne fin l’œuvre de M. Alfred Picard. Sous la haute direction de M. Delaunay-Belleviile et de M. Stéphane Dervillé, les sections étrangères et françaises ont tenu à honneur de répondre à l’appel qui leur était adressé, et rivalisé d’ardeur pour le succès de l’Exposition. Le comité de la Classe 54, installé au premier étage du pavillon des Forêts, s’est efforcé d’offrir aux exposants des emplacements aussi parfaits que possible ; mais la disposition des lieux et le manque de lumière créaient des difficultés difficiles à résoudre. Cependant, grâce aux démarches de M. Emile Dubois, président de la Classe, de M. Goy, président du Groupe IX, les améliorations obtenues ont permis de donner à tous satisfaction; nous sommes heureux de leur adresser ici les remerciements des Comités.
- MM. Bové et Girard, architectes de la Classe 5/i, ont également droit à nos félicitations pour le zèle qu’ils ont mis à faire exécuter en temps utile les travaux d’installation, le soin avec lequel ils ont défendu nos intérêts et le goût qu’ils ont montré dans la décoration des vitrines.
- L’exposition de la Classe 5A présentait au pavillon des Forêts, ainsi que nous l’avons dit, des produits de toutes provenances, dont on retrouvait les types dans les palais étrangers et ceux de nos colonies. Leur origine, les procédés employés pour les récolter, assurer et augmenter leur production, tels sont les points qui doivent particulièrement attirer notre attention.
- Dans nos colonies et dans les contrées où le climat se prête à la culture du caoutchouc, de la gutta-percha, des épices, en un mot de la plupart des produits que nous avons examinés, quatre facteurs jouent un rôle prépondérant : la richesse du sol, la main-d’œuvre, les jardins d’études, les voies de pénétration.
- Sur le premier, nous n’avons pas à insister, la végétation naturelle fournit des données connues et appréciées depuis longtemps.
- Il n’en est pas de même du second, la pénurie de la main-d’œuvre, notamment à la Guyane, est une des causes principales d’improduction. Le climat s’oppose fréquemment à la colonisation par les Européens, c’est-à-dire à l’exécution par eux des travaux de la terre; quant aux indigènes, leur apathie, pour ne pas dire plus, est proverbiale. Le Tonkin cependant fait exception; la population y est très dense et très travailleuse, ce qui explique la prospérité de celte colonie. Aussi sommes-nous amené à formuler ce que nous avons entendu répéter de plusieurs côtés : pourquoi ne créerait-on pas un courant d’émigration de ces contrées asiatiques vers nos autres possessions?
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- ENGINS, INSTRUMENTS ET PRODUITS DE CUEILLETTES.
- 689
- Vivant sous des climats à peu près analogues, ces nouveaux travailleurs n’auraient pas à redouter les atteintes des fièvres qui débilitent les Européens, et ceux-ci simplement occupés à la direction des cultures entreprises seraient mieux à même de se protéger contre les dangers d’un séjour prolongé dans ces contrées.
- Quoi qu’il en soit, il est indispensable pour la prospérité de nos colonies d’y propager la main-d’œuvre; les exploitations forestières et la culture ne sauraient s’en passer et ce sont les véritables sources de richesse à mettre en valeur.
- Encore faut-il que les efforts soient judicieusement dirigés ; ce soin incombe tout spécialement aux directeurs de nos jardins coloniaux. Instruits par les exemples des établissements étrangers : de Ruitenzorg, aux Indes hollandaises ; de Kew, en Angleterre ; de Leyden, en Hollande, de Nogent-sur-Marne, en France; de Peradeniya, à Ceylan, et de tant d’autres installés par les peuples colonisateurs, nous ne doutons pas qu’ils ne soient les guides expérimentés et sûrs de notre expansion coloniale.
- En ce qui concerne les voies de pénétration, l’utilité de leur multiplication est indiscutable.
- Les cours d’eau pendant longtemps ont été seuls utilisés, et les caravanes apportaient aux escales établies sur les rives les produits récoltés à l’intérieur. Ce moyen de transport, outre son extrême lenteur, grève la marchandise de frais considérables, et le prix qu’on en retire devient de moins en moins rémunérateur, au fur et à mesure que s’éloigne le centre de production.
- Depuis quelques années, des chemins de fer ont été établis : au Sénégal, de Saint-Louis à Dakar, de Kayes vers le Niger; au Congo belge, de LéopoldvilleàMatadi, ville située au-dessous des rapides du Congo ; d’autres sont en construction au Dahomey et à Madagascar, etc., et l’on peut avancer sans crainte que la prospérité des colonies est intimement liée à la construction de ces voies de transport. Comme preuve nous n’avons à citer que la transformation qu’a amenée au Sénégal l’établissement du chemin de fer de Saint-Louis à Dakar, et cependant la contrée qu’il traverse confine à l’océan ; il en est de même au Congo belge.
- Nous devons donc applaudir à toutes ces entreprises auxquelles est attaché l’essor de nos colonies.
- Il est encore un point sur lequel il importe d’attirer l’attention. Nous constatons en effet en consultant les statistiques commerciales que les importations de nos colonies en France sont fréquemment très minimes pour des produits dont cependant la métropole fait une large consommation. D’où vient cette anomalie, alors que des tarifs douaniers réduits semblent protéger les importations directes ? II faut l’attribuer, croyons-nous, au manque de marchés importants en France où la marchandise soit sûre de trouver un écoulement certain à des cours stables et à l’abri de la spéculation. L’expéditeur, par esprit craintif et redoutant des variations qui pourraient être ruineuses, préfère souvent expédier ses produits sur les marchés de Londres, Hambourg ou Amsterdam. Il est donc à désirer qu’on lui donne confiance, tel est le but vers lequel il faut diriger les efforts de nos nationaux.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Avant de clore notre rapport, il nous reste un agréable devoir à remplir ; les travaux du Jury des récompenses de la Classe 5 A se sont accomplis sous la présidence de M. le docteur Emile Dubois, député de la Seine, assisté de M. de Rochecouste, vice-président, qui représentait la Grande-Bretagne.
- Nous devons à M. Dubois toute notre reconnaissance pour la bienveillance qu’il nous a toujours montrée, les conseils qu’il nous a prodigués, Taménité pleine de tact et de délicatesse avec laquelle il a présidé nos réunions. Sous sa direction aussi sure qu’éclairée, nous n’avons rencontré aucune difficulté qui n’ait été immédiatement aplanie ; son dévouement enfin à défendre les intérêts qui lui étaient confiés, l’appui de sa haute autorité qu’il a prêté à leur sauvegarde lui donnent droit à toute notre gratitude ; qu’il nous permette de la lui témoigner ici, tant au nom des exposants et des membres des comités, qu’en notre nom personnel.
- Quant à M. de Rochecouste, de l’ile Maurice, sa connaissance approfondie des choses coloniales lui a permis d’être, en maintes occasions, pour le Jury, un guide sur et précieux, et en rappelant son empressement gracieux à nous faire bénéficier de son expérience , nous sommes heureux de saisir l’occasion qui nous est offerte de rendre hommage, aussi bien à sa compétence qu’à la courtoisie de son caractère.
- M. Couturieux, secrétaire du Jury, par le zèle qu’il a mis à remplir ses fonctions, s’est acquis des droits à la reconnaissance de tous. Notre tâche, enfin, nous a été tout particulièrement facilitée par le concours que nous avons trouvé auprès des exposants, l’aide toujours empressée que nous ont prêtée nos collègues du Jury, les documents précieux que nous devons à l’infatigable activité de M. Couturieux -, qu’ils veuillent bien nous permettre de leur adresser, en terminant, nos remerciements les plus sincères.
- Paris, le 3o avril 1901. G. COIRRE.
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- TABLE DES MATIÈRES.
- Groupe IX (Classes A9 À 5A).
- Classe 49. —- Matériel et procédés des industries alimentaires.
- Pnges.
- CLASSE A9............................................................................ là 78
- Composition 01 Juin........................................................................... 8
- Aperçu d’ensemble.
- Objet de la Classe A9. —Classe correspondante de l’Exposition universelle de 1889.— Nombre des exposants en 1900........................................................... 5
- Situation forestière de la Frange............................................................. 8
- Aménagements.......................................................................... 8
- Maisons forestières................................................................ 10
- Matériel et procédés d’exploitation forestière..................................... 11
- Houles forestières et transports................................................... 13
- Scieries forestières............................................................... 16
- Repeuplements....................................................................... 17
- Assainissements...................................................................... 20
- Travaux contre les invasions d’insectes et les champignons......................... 21
- Dunes.............................................................................. 21
- Travaux de défense contre les incendies............................................ 23
- Restauration des terrains en montagne............................................... 2/1
- Mesures de protection................................................................ 29
- Récompenses accordées...................................................................... 29
- Hors concours...................................................................... 3o
- Grands prix........................................................................ 31
- Administration des Eaux et Forêts.................................................. 3i
- Médailles d’or. ..................................................................... 65
- Médailles d’argent................................................................. 66
- Colonies et pays de protectorat...................... ..................................... 66
- Pays étrangers............................................................................. 67
- Autriche........................................................................... 67
- Hongrie............................................................................ 69
- Russie............................’................................................ 7 0
- Grande-Bretagne.................................................................... 7 2
- Allemagne.......................................................................... l'4
- Portugal........................................................................... 7 ^
- Japon.............................................................................. 7 ^
- Italie............................................................................. 7 6
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-
- 692 EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Pays étrangers (suite) :
- Bulgarie.......................................................................... 76
- Serbie............................................................................ 76
- Norvège......................................................................... 79
- Suède.......................................................... , ............ 76
- Roumanie.......................................................................... 77
- États-Unis........................................................................ 78
- Classe 50. — Produits des exploitations et des industries forestières.
- CLASSE 50....................................................................... 81 à 290
- Composition du Jury......................................................................... 83
- Préambule................................................................................... 85
- Exposants hors concours.........•....................................................... 100
- Statistique........................................................................... . 108
- France..................................................................................... 108
- Colonies et pays de protectorat :
- Algérie............................................................................ 120
- Tunisie............................................................................ i32
- Congo français.................................................................. 133
- Côte d’ivoire................................................................... 138
- Dahomey......................................................................... 1 A3
- Établissements français dans l’Inde............................................. 1A7
- Établissements français dans l’Océanie.......................................... 1A8
- Guadeloupe......................................................................... i5o
- Guinée française.................................................................. i52
- Guyane française.................................................................. i55
- Cochincliine et Cambodge........................................................... 160
- Annam, Tonkin et Laos........................................................... 163
- Madagascar......................................................................... 167
- Martinique....................................................................... 172
- Mayotte et Comores.............................................................. 17 A
- Nouvelle-Calédonie................................................................. 177
- île de la Réunion.................................................................. 181
- Sénégal et Soudan............................................................... 1S A
- Étranger :
- Autriche........................................................................... 187
- Bosnie-Herzégovine................................................................. 192
- Bulgarie........................................................................ 19 A
- Danemark........................................................................... 196
- Équateur.......................................................................... 196
- Espagne.......................................................................... 197
- États-Unis......................................................................... 198
- Cuba........................................................................... 2o3
- Grande-Bretagne.................................................................... 2o5
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-
-
- TABLE DES MATIERES.
- 693
- Étranger (Suite).
- Australie occidentale. . . ,
- Canada..................
- Empire des Indes........
- Ceylan..................
- Grèce...................
- Guatemala...............
- Hongrie.................
- Croatie-Slavonie........
- Italie..................
- Japon ..................
- Mexique.................
- Nicaragua...............
- Norvège...................
- Pays-Bas................
- Pérou...................
- Portugal................
- Colonies portugaises.. . . République Sud-Africaine
- Roumanie................
- Russie..................
- Serbie..................
- Siam....................
- Suède...................
- 206 209 217 2 2 fi 229 280
- 233
- 234 2 fit 2 43 2 46
- 251
- 252
- 253
- 254
- 255 262
- 264
- 265 269 280 282 288
- Statistique.................................................................................. 2.87
- Conclusions.. . ............................................................................. 289
- Classe 51. — Armes de chasse.
- CLASSE 51................................................................ 291a 34o
- Composition du Jurv............................................................... 293
- ARMES DE CHASSE, MATÉRIEL ET ÉQUIPEMENT.
- Chapitre Ier. — Produits rangés dans la classe 51. — Nombre et répartition des exposants . 295
- Chapitre IL —Installation......................................................... 297
- Exposition centennale . . ...................................................... 298
- LES ARMES CONTEMPORAINES.
- Introduction...................................................................... 3oi
- Canonnerie........................................................................ 807
- Systèmes d’ouverture et de fermeture. — Fusils à chiens extérieurs et fusils IIammerless.
- — Armes à répétition.................................................................. 3o8
- Armes de tir. — Carabines de chasse...................................................... 809
- Revolvers................................................................................ 309
- Gn. IX. —Cl. 49 À 54. 47
- IMPRIMERIE NATIONALE.
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-
-
- 69-4 EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Armes à gaz comprimé..........................................................
- Munitions, explosifs..........................................................
- Poudres.....................................................................
- Divers types de poudres pyroxylées............................................
- Examen de poudres noires......................................................
- Examen de poudres pyroxylées..................................................
- Artifices.....................................................................
- Armes blanches ...............................................................
- Procédés de fabrication.......................................................
- Pays représentés à l’Exposition...............................................
- Récompenses...................................................................
- 010
- 310
- 311 311 3i î 3 1 a 313
- 313
- 314 3i 4 3i 7
- Classe 52. — Produits de la chasse.
- CLASSE 52....................................................................... 34i à 4os
- Composition du Jury...................................................................... 343
- Introduction............................................................................ 345
- Plumes de parures. —Plumes et duvets. —Dépouilles d’oiseaux............................. 34i)
- Pelleteries non confectionnées. — Apprêt et teinture de pelleteries. — Poils pour la chapellerie ................................................................................. 366
- Fourrures confectionnées................................................................ 374
- Crins. — Soies de porc.................................................................. 388
- Cornes et ivoires.. . ,................................................................. 395
- Musc. — Civette. — Gastoreum............................................................ 4oi
- Classe 53. — Engins, instruments et produits de la pêche; aquiculture.
- CLASSE 53
- 4o3 à 516
- Composition du Jury
- 4o5
- Introduction ..............................
- La pêche en France :
- Pêche maritime. — Considérations générales
- Engins de pêche. — Les filets......
- Exposants récompensés...........
- Produits de la pêche...............
- Grande pêche....................
- Pêche de haute mer..............
- La pêche côtière................
- Les ports de pêche à l’Exposition. . .
- 407
- A09 412 414 Ai 5 416 416 418 4 2 o
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- TABLE DES MATIÈRES. 695
- La pêche aux Colonies françaises:
- Algérie . ;....................................................................... 43o
- /*
- Etablissements français de l’Océanie.............................................. 432
- lndo-Chine........................................................................ 433
- Saint-Pierre et Miquelon. . .................................................... 434
- Exposants récompensés.......................................................... 435
- Tunisie........................................................................... 435
- La pêche fluviale......................................................;.................. 438
- Les engins........................................................................ 43q
- La pisciculture marine.................................................................... 44i
- Ostréiculture............................................................................. 45o
- Culture des eaux douces en France.......................................................... 454
- Exposition du Ministère de la marine...................................................... 45<j
- Fa pêche dans les pais étrangers avant participé à l’Exposition de 1900 :
- Pays-Bas.......................................................................... 46 a
- États-Unis..................................................... .................. 465
- Norvège........................................................................... 467
- Suède............................................................................. 46q
- Japon............................................................................. 472
- Autriche.......................................................................... 476
- Hongrie........................................................................... 476
- Roumanie.......................................................................... 477
- Bosnie-Herzégovine................................................................ 478
- Grande-Bretagne....................... ........................................... 478
- Canada............................................................................ 48 0
- Russie............................................................................ 483
- Finlande.......................................................................... 485
- Portugal.......................................................................... 486
- Allemagne......................................................................... 488
- Italie............................................................................ 489
- Danemark.......................................................................... 489
- Belgique . . ..................................................................... 489
- Autres produits de la pêche :
- La perle.......................................................................... 4pi
- La nacre.......................................................................... 497
- Le corail......................................................................... 498
- Les éponges....................................................................... 5oa
- Ecailles de tortue.................................................;.............. 5io
- Les baleines...................................................................... 5io
- Huiles et graisses de poissons.................................................... 512
- Conclusions............................................................................... 51 4
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- 696
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Classe 54. — Engins, instruments et produits des cueillettes.
- CLASSE 54........................................................................ 517 a 690
- Composition du Jury......................................................................... 019
- Considérations générales.................................................................. 5 21
- De l’installation......................................................................... 622
- PREMIÈRE PARTIE.
- Appareils et instruments pour la récolte des produits de la terre ortenus sans culture ................................................................. 52 4
- DEUXIÈME PARTIE.
- TRUFFES. -- CHAMPIGNONS. -- LEVURE. —- AMADOU.
- I. Truffes......................................................
- IL Champignons..................................................
- III. Levure de bière............................................
- IV. Amadou.....................................................
- 527
- 531
- 532
- 533
- TROISIÈME PARTIE.
- FRUITS SAUVAGES PROPRES X L’ALIMENTATION DE L’HOMME.
- I. Vanille........
- IL Kola.............
- III. Cocotier.......
- IV. Cacao......
- V. Palmier X huile
- 542
- 545
- 549
- 553
- VI. Arachides......................................................................... 557
- VIL Fruits divers...................................................................... 562
- VIII. Epices :
- i° Muscade...................................................................... 569
- 20 Poivre...................................................................... 570
- 3° Piment....................................................................... 572
- 4° Toute-épice.................................................................. 574
- 5° Girofle...................................................................... 574
- 6° Cannelle................................................................... 577
- 70 Cardamomes................................................................... 679
- 8° Maniguette................................................................. 581
- 90 Gingembre.................................................................. 581
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- TABLE DES MATIÈRES. 097
- QUATRIÈME PARTIE.
- PLANTES, RACINES, ECORCES, FEUILLES, FRUITS,
- OBTENUS SANS CULTURE ET UTILISES POUR LA PHARMACIE ET L’HERBORISTERIE, LA TEINTURERIE LA FABRICATION DU PAPIER, LA FABRICATION DE L’HUILE OU D’AUTRES USAGES.
- I. Pharmacie, herboristerie (Quinquina, plantes diverses).............................. 583
- II. Teinture (campêche, curcuma, garance, indigo, rocou, orseilles, etc.)............... 5g6
- III. Fabrication du papier. ............................................................. 600
- IV. Fabrication de l’huile............................................................ 600
- V. Usages divers..................................................................... 6o3
- VI. Exposants :
- France (Pavillon des forcis)................................................... 604
- Colonies françaises.............................................................. 608
- Pays étrangers.................. ......................... .................... 612
- VII. Statistiques commerciales........................................................ 617
- CINQUIÈME PARTIE.
- CAOUTCHOUC. --- GUTTA-PERCIIA. -- CHICLË.
- I. Caoutchouc.......................................................................... 619
- i° Plantes à caoutchouc.......................................................... 620
- 2° Récolte, coagulation.......................................................... 628
- 3° Sortes commerciales......................................................... 62 7
- 4° Mouvement commercial.......................................................... 633
- 5° Essais de culture............................................................. 638
- 6° Exposants :
- France (Pavillon des forets)................................................ 64o
- Colonies.................................................................. 6 A1
- Pays étrangers.............................................................. 645
- II. Gutta-percha :
- i° Récolte, coagulation.......................................................... 647
- 20 Plantes exploitées............................................................ 648
- 3° Sortes commerciales........................................................... 649
- 4° Principaux centres de consommation; commerce................................ 64g
- 5° Essais de culture........................................................... 651
- 6° Exposants................................................................ 65i
- III. Balat a........................................................................... 651
- IV. Cuicle.............................................................................. 653
- SIXIÈME PARTIE.
- GOMMES ET RESINES.
- I. Gommes.............................................................................. 655
- II. Gommes-résines................................................................... 65g
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- G98 EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- IU. Résines........................................................................ 60 2
- IV. Baumes......................................................................... 60 7
- V. Camphre........................................................................... 670
- VL Opium............................................................................ O70
- VIL Aloès. — Cachou. — Kino........................................................... . 673
- VIII. Cires végétales................................................................. 67.6
- IX. Exposants :
- France (Pavillon ries forêts).................................................. 670
- Colonies.................................................................... G76
- Pays étrangers............................................................... 678
- X. Statistiques................................................................... 680
- Conclusions......................................................................... 088
- Imprimerie nationale. — 7209-02.
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