Rapports du jury international
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- RAPPORTS DU JURY INTERNATIONAL
- L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1900
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- roccu sfî-i*
- MINISTÈRE DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- À PARIS
- DE 1900
- RAPPORTS
- DU JURY INTERNATIONAL
- Groupe XIV. — Industrie chimique
- PREMIÈRE PARTIE. — CLASSE 87 (TOME I)
- PARIS
- IMPRIMERIE NATIONALE
- M CMTI
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- CLASSE 87
- Arts chimiques et pharmacie
- RAPPORT DU JURY INTERNATIONAL
- PAR M. ALBIN HALLER
- MEMBRE DE L’INSTITUT
- PROFESSEUR A LA FACULTE DES SCIENCES DE PARIS
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- COMPOSITION DU JURY.
- BUREAU.
- MM. Troost (Louis), membre rie l’Institut, professeur à la Faculté dessciences de
- Paris (comités, jury, Paris, 1878, 1889; président des comités, Paris 1900), président....................................................... F rance.
- Mendf.leeff (Dimilry), professeur à l’Université de Saint-Pétersbourg', membre honoraire du Conseil des manufactures au Ministère des finances, vice-président............................................................ Russie.
- Haller (Albin), membre de l’Institut et correspondant de l’Académie de médecine, professeur à la Faculté des sciences de Paris (comité d’admission, Paris 1900, rapporteur................................................. France.
- Lefebvre (Georges), produits tinctoriaux [maison Lefebvre frères] (secrétaire des comités, Paris 1900), conseiller du commerce extérieur delà France, président de la Chambre syndicale des produits chimiques, secrétaire. . France,
- JURÉS TITULAIRES FRANÇAIS.
- MM. Adrian (Louis), produits chimiques et pharmaceutiques (médailles d’or, Paris
- 1889; rapporteur des comités, Paris 1900), ancien président de la Chambre syndicale des produits chimiques............................. France.
- Astier (Placide), député de l’Ardèche, pharmacien (comité d’admission,
- Paris 1900)........................................................... France.
- Baron fils (Émile), président du Syndicat des fabricants de savon de Marseille (comités, Paris 1900)............................................... France.
- Boude (Frédéric), raffinage de soufre [maison A. Boude et fils] (jury, Paris
- 1878, 1889; comité d’admission, Paris 1900).......................... France.
- Debuciiy (Émile), ingénieur des arts et manufactures, produits pharmaceutiques et antiseptiques [maison Desnoix et Debuchy, ancienne maison Desnoix] (médaille d’or, Paris 1889; comités, Paris 1900)................ France.
- Dubois (François), administrateur-délégué de la Société anonyme de savonnerie marseillaise (comités, Paris 1900)................................... France.
- Expert-Bezançon (Charles), sénateur de la Seine, céruse et minium (médaille d’or, Paris 1889; vice-président des comités, Paris 1900), président du Comité central des chambres syndicales, ancien président de la Chambre syndicale des produits chimiques, maire du xmc arrondissement............ France.
- Lautii (Charles), chimiste, administrateur honoraire de la Manufacture nationale de Sèvres, directeur de l’École de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (comités, jury, Paris 1878, 1889; comité d’admission, Paris 1900)................................................. France.
- Lesieur (Georges), raffinage du pétrole, huiles végétales et savons [maison Desmarais frères] (médaille d’or, Paris 1889; comités, Paris 1900), membre de la Chambre de commerce de Paris................................ France.
- Lorilleux (Charles), encres d’imprimerie (hors concours, Paris 1889; comités, Paris 1900........................................................ France.
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- VIII
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Marouet de Vasselot (Léon), président du Conseil d’administration de la Société anonyme de blanchiment, teinture /impression et apprêts de Saint-Julien, près Troyes (Aube) [comité d’admission, Paris 1900], membre de la Commission permanente des valeurs de douane.......................... France.
- Riche (Alfred), membre de l’Académie de médecine, professeur à l’Ecole supérieure de pharmacie, directeur des essais à la Monnaie de Paris ( jury, Paris 1889 ; comité d’admission, Paris 1900)....................... France.
- SiiiLLioT ( Hippolyte), produits chimiques (comités, jury, Paris 1889 ; comités,
- Paris 1900), ancien vice-président de la Chambre de commerce de Paris. France
- JURÉS TITULAIRES ÉTRANGERS.
- MM. le docteur Witt (0. N.), conseiller intime, professeur des sciences chimiques
- à l’Ecole supérieure de Charlottenburg.................................. Allemagne.
- Bauer, conseiller aulique, professeur...................................... Autriche.
- Koch (Julien), ancien membre de la Chambre îles représentants.............. Belgique.
- José Fitter................................................................ Espagne.
- Rising (W. B.), professeur de chimie et doyen à l’Université de Berkeley,
- Californie.............................................................. Etats-Unis.
- le professeur Meldola (Raphaël), membre delà Société royale de Londres,
- membre de l’Institut de chimie.......................................... Grande-Bretagne.
- de Wagner (Eug.), conseiller royal, produits chimiques..................... Hongrie.
- Rio de la Loza (Francisco), chimiste, professeur de physique et de chimie
- à l’Ecole normale de professeurs........................................ Mexique.
- le docteur H. Yssel de Scheepper, directeur de la fabrique de bougies stéariques ff Gouda n........................................................... Pays-Ras.
- Harth (Jorje).............................................................. Pérou.
- JURÉS SUPPLÉANTS FRANÇAIS.
- MM. Arnavon (Louis), savons blancs (maison Honoré Arnavon) [grand prix, Paris
- 1889...............................................................
- Asselin (Eugène), ingénieur des arts et manufactures, produits chimiques
- (comité d’admission. Paris 1900)...................................
- Ciiampigny (Armand), produits pharmaceutiques [maison L. Frère, A. Cham-pigny et Cio, successeurs] (médaille d’or, Paris 1878, 1889; comités, Paris 1900), président honoraire de la Chambre syndicale des pharmaciens de la Seine, membre du bureau de la Chambre syndicale des produits
- pharmaceutiques....................................................
- Dufraisse (Gustave), ingénieur des arts et manufactures, colles et gélatines
- [maison Roy et C!c] (comité d’admission, Paris 1900)...............
- Freund-Deschamps (Charles), outremer [maison Deschamps frères], maire
- de rile-en-Rigault.................................................
- IIartog (Georges), couleurs et vernis................................
- Paupelin (Léonce), ingénieur des arts et manufactures, couleurs [maison Hardy-Milori et Cio] (grand prix, Paris 1889; comités, Paris 1900). .
- France.
- France.
- France.
- Fiance.
- France.
- France.
- France.
- JURÉS SUPPLÉANTS ÉTRANGERS.
- MM. Brunck, conseiller de commerce, directeur de la Badische Anilin und Soda
- Fabrife Ludwigshafen...................................................
- le docteur Douglas Hogg...................................................
- Allemagne.
- Grande-Bretagne.
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
- IX
- Salimbeni (Jules), professeur, préparateur à l’Institut Pasteur....... Italie.
- Fris (Costa), produits chimiques...................................... Suède.
- Dreyfus (Léon), importateur de baumes et d’indigos.................... Salvador.
- EXPERTS.
- MM. Debuchy (Km.), produits chimiques | maison Denoix et Dehuchy |......... France.
- Halphen (Georges), professeur à l’Ecole des Hautes Etudes commerciales,
- chimiste au laboratoire du Ministère du commerce................... France.
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- INTRODUCTION.
- Il faut que l’Exposilion de 1900 soit lu philosophie et la synthèse du siècle.
- Alfred Picaud.
- 11 n’est pas de produits auxquels s’appliquent mieux les paroles de l’homme éminent qui a présidé à l’organisation de ce que fut l’Exposition internationale de 1900 , que ceux qui appartenaient à la Classe 87.
- Sous une forme sobre et élégante, cette exposition donnait bien une image lidèle de la production à la fois scientifique et industrielle d’une période féconde en découvertes et en labeur ininterrompus.
- A peine érigée en science exacte, à l’aurore du xixe siècle, la chimie a en elle! progressé à pas de géant durant cet intervalle qui nous sépare de l’époque de Lavoisier, et les nations qui ont contribué à en poser les assises sont aussi celles qui, dans ce tournoi international, en ont montré les résultats les plus brillants.
- Parallèlement à l’exposition des produits de leur industrie, quelques pays ont montré avec une légitime fierté, sous la forme d’appareils, d’instruments et de produits originaux ayant appartenu aux hommes qui ont illustré la science par leurs découvertes, la part qui revient à leurs nationaux dans cette évolution rapide qu’a subie la chimie depuis un siècle.
- L’exposition rétrospective française était particulièrement riche en objets historiques, véritables reliques qui évoquaient, avec une émotion mêlée d’un profond respect, les noms de nos esprits les plus élevés, de ceux auxquels la science chimique doit la plupart de ses lois fondamentales.
- Qu’il nous suffise de citer ceux de Lavoisier, le fondateur de la chimie moderne, de Gay-Lussac, Thénard, Ghevreul, Régnault, Pelletier, Robiquet, Gerhardt, Laurent, Ralard, Dumas, Pelouze, Kuhlmann, Fremy, Guimet, Roussingault, H. Sainte-Glaire-Deville, Debray, Wurtz, Pasteur, Schutzen-berger, Friedel, Grimaux, etc., pour ne parler que des savants qui ne sont plus, et on aura une idée de l’intérêt qui s’attachait à cette exposition h).
- (1) Cette exposition rétrospective, quia fait MM. Troost et Lefebvre, président et secrétaire l’admiration du monde scientifique tout entier, du Comité d’admission de la Classe 87. Dans a été l’objet d’un travail très soigné de la part de un élégant volume, MM. Troost et Lefèbvre ont
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- IMPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- XII
- De son côté, mais sous une autre forme, l’Allemagne a également tenu à montrer la contribution que ses savants ont apportée à la science et, sous les auspices de la Société chimique de Berlin, elle a exposé, dans l’ordre chronologique et sous dix rubriques différentes, des spécimens de produits dont la découverte marque une date importante dans le développement de la chimie, durant le siècle qui vient de s’écouler. C’est ainsi qu’on a eu sous les yeux, non pas avec le même caractère d’authenticité et d’originalité qu’en France :
- i° Des produits appartenant à la grande industrie chimique comme l’aluminium (Wœhler), le cadmium (Stromeyer et Hermann) le magnésium (Bunsen), l’anhydride sulfurique par la méthode de contact (Cl. Winclder), le brome découvert en France par Balard, mais retrouvé dans les eaux mères des sels de Stassfurt, par Franck;
- 2° Des couleurs minérales comme le bleu d’outremer artificiel, dont la découverte est attribuée par la notice allemande, à Gmelin, alors qu’il est parfaitement démontré aujourd’hui, que Guimet avait reproduit cette couleur indépendamment du chimiste allemand et bien avant lui (voir au chapitre couleurs minérales); les outremers violets, roses et verts, préparés par les fabriques de Nuremberg; le vert de Schweinfurt, trouvé par Russ et SaItler; le jaune de cadmium de Stromeyer, etc.;
- d° Quelques préparations employées eu photographie, comme l’iconogène (W. Andrewseu), les plaques isochromatiques de H. W. Vogel;
- k° Des produits servant à la préparation des allumettes ou encore des explosifs : coton-poudre (Schônbeim), sécurité, (H. Schüneweg), roburite (K. Both), carbonite (Schmidt etC. Bichel), etc;
- 5° Des produits utilisés pour l’éclairage : carbure de calcium (Wœhler);
- 6° D’autres employés dans la fabrication du papier : pâte de bois (Relier);
- 7° Des parfums de synthèse comme le pipéronal (R. Fittig et Mielck), la vaniiline(F. Tiemann et W. Haarmann), le musc artificiel (A. Baur), l’ionone (F. Tiemann et P. Krüger);
- 8° Toute une série de préparations employées en pharmacie, parmi lesquelles nous nous bornons à mentionner le chloroforme (Liebig) le chloral (Liebig), le sulfonal (E. Baumann), la cocaïne (A. Niemann), l’antipyrine (L. Knorr), l’aldéhyde formique (A. W. Hoffmann), la saccharine (Fahl-berg), etc. ;
- donné la liste des appareils, instruments, ou- Cette publication, éditée chez M. Belin, nous vrages et produits, ainsi que la biographie des contraint à ne pas nous appesantir davantage sur auteurs auxquels avaient appartenu ces objets. ce sujet.
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- INTRODUCTION.
- Mil
- 9° Un ensemble de matières premières pour la fabrication des colorants artificiels : animes aromatiques, phénols, acides sulfoniques, etc.;
- io° Une collection très riche de matières colorantes dérivées du goudron de houille et appartenant à toutes les classes de ce groupe important de produits organiques.
- Sous la direction de M. le professeur Bauer de Vienne, membre du Jury de la Classe 87, l’Autriche s’est aussi attachée à grouper dans son exposition rétrospective une série de produits et d’appareils de quelques-uns, parmi les plus marquants, de ses hommes de science du passé, et a montré, sous leur forme originale: les appareils de Natterer pour la liquéfaction de l’acide carbonique et la compression du gaz; un échantillon de vert Mitis trouvé en 1797 (alors que le vert de Schweinfurt, qui lui est identique, ne fut découvert qu’en 18 1 ù); une collection de couleurs à l’urane, d’un si grand intérêt pour l’industrie du verre et de la céramique ; de superbes cristaux de tellure extraits de la syl-vanite (tellurure d’or) et de la Nagyagite (tellurure d’or et de plomb), qui se trouvent dans les minerais de nagyag; le premier spécimen de phosphore amorphe préparé par Schrœtter; enfin quelques produits tirés du goudron de bois par Reickenbach, et en particulier de la paraffine.
- Il est regrettable que la Grande-Bretagne, si riche en souvenirs de toute nature et dont la lignée des savants depuis Prietsley, Cavendish, Davy, Faraday, etc. Jusqu’aux chimistes actuels, a si puissamment contribué aux progrès de la science chimique, n’ait pas cru devoir nous montrer quelques-unes de ses reliques, témoins d’un passé des plus glorieux dans les fastes de l’histoire de nos connaissances.
- Toute industrie, de quelque nature quelle soit, a pour but l’utilisation, la mise en valeur des matières premières que nous fournit la nature sous le aspects les plus divers. Or, si par suite du pays même où elle s’est tenue, l’exposition de Chicago brillait surtout par son étalage de richesses naturelles, que fournit directement, et sans grand’peine, le sol si fécond des Etats-Unis, l’Exposition internationale de 1900 avait un tout autre caractère.
- Sans doute, les matières premières, et en ce qui concerne particulièrement celles produites par les colonies françaises et étrangères, ainsi que celles de ces mêmes Etats-Unis, n’y ont pas fait défaut, mais elles n’ont pas attiré l’attention au même degré que les produits fabriqués, que ceux qui sont dus au génie et à l’esprit inventif des hommes de science et des techniciens. 11 ne pouvait d’ailleurs en être autrement.
- Située au centre même de la civilisation européenne, dans le pays qui, à tous égards, a été à un moment à la tête de tous les progrès accomplis dans
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- XIV
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1000.
- le domaine intellectuel comme dans le domaine moral, il était tout naturel que cette exposition fut surtout une démonstration, vivante et tangible, de l’œuvre immense réalisée au cours du xixe siècle, par le labeur ininterrompu des esprits les plus élevés et des intelligences les plus remarquables des principales nations de l’ancien monde.
- Gomme toutes les autres expositions, celles des produits chimiques et pharmaceutiques a donc surtout été une exposition de produits fabriqués, à laquelle ont pris part toutes les nations où l’industrie chimique a pris racine, sous une forme ou sous une autre.
- Sans vouloir atténuer l’importance de la participation de certaines d’entre elles à ce concours, ni amoindrir le mérite qui leur revient, nous devons cependant constater à nouveau, que ce sont les nations dont la production intellectuelle a été la plus intense et la plus féconde aux diverses périodes de révolution de l’industrie chimique, qui ont remporté les succès les plus marquants dans ce tournoi international.
- Réduit à la France et à l’Angleterre dans la première moitié du siècle dernier, le champ clos de l’industrie chimique s’est singulièrement élargi depuis cinquante ans et, nous n’hésitons pas à le déclarer, ce ne sont pas les champions de la première heure qui, à l’heure présente, tiennent le record.
- Sous ses aspects multiples, l’industrie chimique est actuellement circonscrite entre trois nations, si l’on prend en considération son rayonnement dans le monde ou, pour être plus précis, la part quelle prend dans la production générale du globe.
- Ce sont en effet, l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne qui, outre leur marché intérieur, semblent alimenter, à des degrés divers, les peuples qui n’ont pas d’industrie nationale, en produits chimiques et pharmaceutiques.
- Les exportations auxquelles ces trois nations se livrent, en sont la preuve manifeste.
- Or, si la prospérité d’une industrie se mesure à l’étendue de sa production et aux transactions auxquelles elle donne lieu, nous sommes contraints de reconnaître que l’industrie allemande occupe le premier rang à ces divers divers points de vue.
- De ce que nous venons d’exposer, il ne faudrait cependant pas conclure que l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont le monopole exclusif de la fabrication de tous les produits chimiques. Ce serait en effet aller au delà de notre pensée que de croire qu’aucune autre nation n’est en mesure d’entrer en lice pour toutou partie de ces produits. Si chez beaucoup d’entre elles, l’organisation de l’industrie n’a pas acquis l’ampleur qui caractérise celle des
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- INTRODUCTION.
- XV
- Irois peuples envisagés, il faut convenir que certaines industries particulières v sont cependant très développées, parfois même plus développées que dans les pays que nous avons cités.
- Les Etats-Unis, par exemple, produisent actuellement plus de sels de soude que la France; d’autre part, la Suisse fabrique incontestablement plus de matières colorantes artificielles que notre pays et l’Angleterre réunis, grâce à la légion de chimistes dont elle dispose, et au privilège quelle s’octroie libéralement, de ne pas laisser protéger chez elle, par des brevets, les découvertes laites à l’étranger, ce qui lui permet de les exploiter sans payer aucune redevance aux inventeurs. Nous pourrions encore mentionner l’Italie, dont le commerce de soufre et des huiles essentielles dépasse de beaucoup celui de l’Allemagne et de l’Angleterre par suite de circonstances géologiques et climatériques spéciales. La Russie elle-même, si privilégiée au point de vue des richesses naturelles, qu’il s’agisse de sources de pétrole, de gisements de minerais ou de produits purement agricoles, se voit obligée, pour en tirer toutle fruit, d’organiser son industrie chimique et de la développer sur une grande échelle et dans toutes les directions. Les efforts quelle a faits durant ces dernières années, et les résultats quelle a déjà obtenus font présager en elle une concurrente redoutable, dans un avenir qui n’est peut-être pas très lointain.
- Ce serait donc une fâcheuse illusion de croire que les peuples qui ont été les créateurs et les inspirateurs de ce mouvement industriel dont le dix-neuvième siècle a été le témoin, puissent conserver, sans de nouveaux efforts, la place qu’ils ont conquise à force d’initiative et de travail.
- DÉVELOPPEMENT DE L’INDUSTRIE CHIMIQUE
- CHEZ LES PRINCIPALES NATIONS QUI ONT PARTICIPÉ À L’EXPOSITION.
- L’exemple donné par l’industrie chimique allemande, depuis une trentaine d’années, justifie à lui seul l’appréhension que nous suscite ce reveil de l’activité productrice dans les différentes régions du globe, et l’essor que cette industrie a prise chez nos voisins montre ce que peut un peuple qui a su mettre au service d’une volonté tenace cet outil merveilleux : la science alliée à la technique.
- Nous venons d’esquisser à grands traits la situation respective qu’occupent, sur le terrain de la production chimique, les principales nations qui se sont fait représenter à l’Exposition de 1900.
- Voyons maintenant quel est le degré de développement de l’industrie chimique de chacune d’elles et les causes principales qui ont contribué à amener, soit la prospérité chez les unes soit la déchéance chez les autres.
- Gn. XIV. - Cl. 87. — T. I. i.
- IMPtUMriUF, NATIONALE.
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- XVI
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Hâtons-nous de dire que nos appréciations n’ont pas pour unique base la façon plus ou moins brillante avec laquelle l’industrie des pays, dont il sera question, a figuré à l’Exposition, mais un ensemble de renseignemenls tirés de documents publics, ou recueillis à la suite d’enquêtes faites personnellement.
- Si, sous sa forme collective, l’exposition allemande a pu donner une idée approchée de l’ampleur, de la diversité et du caractère scientifique de son industrie, il n’en a pas été de même des expositions de l’Angleterre, de l’Autriche, des Etats-Unis, de l’Italie, de la Russie, etc. Ces dernières ont été beaucoup trop restreintes pour donner une image fidèle de l’état de développement des fabrications qu’elles représentaient.
- ALLEMAGNE.
- La prépondérance de l’industrie chimique allemande est un fait reconnu et indiscutable. Il serait puéril de la méconnaître. Il suffit d’ailleurs de jeter les yeux sur l’ensemble de sa production et sur la progression qu’ont suivie les exportations depuis une vingtaine d’années.
- D’après les données fournies par M. 0. Witt dans la très intéressante brochure qu’il a publiée à l’occasion de l’Exposition, la valeur de la production totale de l’industrie chimique allemande, en 1807, s’élevait à 0/17,002,6â5 marcs, soit 1,18Ô,878,3o6 francs.
- Depuis cette époque, si nous nous en rapportons aux exportations, la production a encore augmenté.
- Bien que ce chilfre soit un relevé officiel, fait par le Ministère de l’intérieur, et qu’il n’ait rien de surprenant étant donnée l’extension énorme qu’a prise l’industrie chimique chez nos voisins, il est cependant difficile à contrôler.
- Il n’en est pas de même de ceux qui figurent dans les documents statistiques publiés par l’administration des douanes de tous les pays.
- Les dilîérents relevés que nous avons faits dans ceux de l’empire allemand nous renseignent, sinon d’une façon rigoureuse, du moins assez approximativement, sur la progression sans cesse ascendante qu’ont subie ces échanges depuis vingt ans.
- Dans les tableaux qui suivent, nous divisons les produits en matières premières et en produits fabriqués, et nous constatons que, si les importations des matières premières ont toujours dépassé et dépassent de plus en plus les exportations, l’inverse a lieu pour les produits fabriqués.
- Depuis 1880, l’importation de ces derniers est restée stationnaire, comme valeur, tandis que les exportations n’ont fait qu’augmenter et comme quantités et comme valeur.
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- INTRODUCTION.
- xvi 1
- TRANSACTIONS GLOBALES COMPRENANT LES MATIERES PREMIERES ET LES PRODUITS 1 ARRIQUES QUI RESSORTENT DE L’INDUSTRIE CHIMIQUE ET DE LA PHARMACIE.
- IMPORTATIONS EXPORTATIONS
- ANNÉES. EN TONNES VALEUR EN TONNES VALEUR
- de en de en
- 1,000 KILOGRAMMES. 1,000 MARCS. 1,000 KILOGRAMMES. 1,000 MARCS.
- MATIÈRES PRE MIÈRES.
- 1880 4:21,779 1 11,682 206,207 36,886
- 1881 470,542 1 19,844 234,475 37,317
- 1882 553,o84 i35,oo3 241,5go 30,722
- 1883 597'959 131,687 278,026 31,109
- 1884 672,424 143,364 a/‘7’997 38,420
- 1885 622,664 123,345 2 85,335 25,488
- 1880 657,696 118,072 255,392 23,917
- 1887 735,129 126,128 2 4g,666 2 4,575
- 1888 859,168 143,341 3o3,g6i 27,815
- 1889 1 ,oo6,o85 16o,83i 274,680 32,417
- 1890 i,oi6,q54 149,938 257,426 32,582
- 1891 1,090,365 i65,o5o 3o4,238 32,191
- 1892 i,o5i,654 156,596 252,470 3i,i24
- 1893 1,14 8,361 163,800 354,576 33,900
- 1894 1,224,2.36 164,600 382,484 85,800
- 1895 1,326,160 168,877 887,229 37,264
- 1890 1,399,376 170,616 460,774 36,339
- 1897 1,517,935 176,640 529,993 37,i4o
- 1898 1,584,219 176,35o 587,8 9 3 33,627
- 1899 // 207,470 // 44,442
- 1900 // 218,420 il 45,263
- 1901 // 220,939 U 45,355
- PRODUITS FABRIQUÉS.
- 1880 193,726 102,344 25i,o8o 200,i55
- 1881 200,002 111,922 281,997 206,884
- 1882 185,789 120,767 315,393 226,590
- 1883 188,628 114,928 349,352 225,976
- 1884 197,572 110,681 337,569 225,795
- 1885 192,067 97,64? 34i,i62 194,726
- 1886 178,3o4 87,158 341,969 190/163
- 1887 l8o,705 93,384 877,601 201,776
- 1888 195,050 99,5°4 4o8,955 208,294
- 1889 191,869 106,620 4o3,663 226,786
- 1890 219,915 111,936 422,927 242,1 10
- 1891 203,229 99,620 463,970 245,782
- 1892 2 10,32 4 109,769 458,238 254,919
- 1893 232,735 109,300 5o6,365 265,200
- 1894 221,470 106,900 524,298 268,800
- 1895 239,821 110,937 540,073 3oi,883
- 1896 275,958 io5,25o 590,697 3 2 4,410
- 1897 286,366 109,684 594,677 321,436
- 1898 293,079 104,627 647,699 33g,2i5
- 1899 n 109,695 // 365,207
- 1900 il 112,g45 U 352,354
- 1901 // no,654 // 363,oi 1
- B.
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- XV1I1
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- TRANSACTIONS CONCERNANT LES MATIERES PREMIÈRES
- DÉSIGNATION. 1891. 1892. 1890.
- IMPORTATION «S. VALEUR
- PRODUITS BRUTS.
- A. Matières premières nécessaires à l’industrie chimique 79*977 75,832 77,666
- B. Drogues pour ia pharmacie et la parfumerie 19,579 1 8,551 1 8,627
- C. Résines diverses. Déchets pour ia fabrication des colles, etc. 26,900 28,0/17 29,516
- D. Ferments et produits clarifiants 3,660 3,207 3,3oi
- E. Matières premières pour la fabrication des couleurs 1 i,53G 10,828 1 2,623
- F. Malières tannantes 2/1,398 20,1 3i 2 2,o3 1
- PRODUITS FABRIQUÉS.
- A. Acides, bases, sels ordinaires 28,180 82,176 3/i,/i/i9
- B. Elhers, essences, produits médicinaux et pour la parfumerie 10,276 12,3A5 1 V177
- C. Huiles de résines, vernis, laques et colles 11,006 10,382 1 o,6/i3
- D. Explosifs et allumettes 1,607 761 78/1
- E. Poix, goudron et produits delà distillation du goudron 19 37/i 20,0.3/1 18,976
- F. Matériaux de peinture, encres, couleurs en général 39vi77 3/1,071 29,986
- Totaux des importations 26/1,670 266,365 27.3,078
- EXPORTATIONS
- PRODUITS BRUTS.
- A. Matières premières pour l’industrie chimique 8,99* 7 *2 31 9)877
- B. Drogues pour la pharmacie et la parfumerie 7,o/i3 7,885 7,/i8 2
- C. Résines diverses. Déchels pour la fabrication de la colle 7,io5 7,399 7,518
- D. Ferments et produits clarifiants 2,210 1,860 2,o38
- E. Matières premières pour la fabrication des couleurs 5,312 5,56/i 5,i 80
- F. Matières tannantes 1,527 b9 OO CJT 1,820
- PRODUITS FABRIQUÉS.
- A. Acides, bases, sels. . 78)897 77,233 87,952
- B. Éthers, essences, produits médicinaux et pour la parfumerie 3o,855 31,513 3o,8i6
- C. Huiles de résines, vernis, laques et colles 8,9*9 8,3i2 8,5/12
- D. Explosifs et allumettes 15,1 /17 i/t,o58 18,557
- E. Poix, goudron et produits de la distillation du goudron 10,913 i5,6oo 10,29/1
- F. Matériaux pour peinlures, encres, couleurs en général 1 03,02 1 108,202 109,015
- Totaux des exportations 277,973 286,0/12 209,091
- VALEUR TOTALE DE TOUTES LES MARCHANDISES
- 1891. 1900. 1901.
- Valeur totale des importations (eu 1,000 marcs) . /i,/io3,/ioo 6,o/i3,ooo 5,71 o,3oo
- INTRODUCTION.
- XIX
- ET PRODUITS FABRIQUÉS DE L’INDUSTRIE CHIMIQUE.
- IS9A. 1895. 189G. 1897. 1898. 1899. 1900. 1901.
- CALCULÉE PAR 1,000 MARC S.
- 83,/|/i8 8/1,379 83,465 86,5 7 3 83,og3 11 0,080 113,546 12 6,3 & 5
- 16,5 00 1 5,82A 17,92.5 1 7,966 17,022 20,116 20,570 20,609
- 2.5,586 27,882 31,342 33,517 82,7/19 33,484 36,410 31,926
- 2/176 2,280 1,947 2,200 3,25g 2,7.53 2,447 2,177
- 1 .'),o'io 1 1 /i 26 t o,3o8 9,665 9,767 10,1 27 io,834 7,181
- 2.3,563 27,086 2.5,529 25,719 3i,e60 80,910 34,6i3 32,721
- 36,.3o3 25,665. 26,604 29,320 32,o55 35,917 35,549 3g,4i 8
- 12,157 15,882 12,971 1/1,587 1 2,70/1 1 4,o56 16,735 19,022
- 10,9 A 3 11,928 13,445 15,486 18/161 21/81 24,962 18,769
- 666 699 633 55o 621 621 693 684
- 1/1,918 20,206 2.5,843 22,867 18,298 1/1,299 16,484 15,4 8 4
- 31,884 36,507 25,754 26,874 22/188 22/121 18,522 17,277
- 271/18/1 279,81/1 283,766 2 85,3e/. 280,977 3i6,265 33i,365 33i,6g3
- EN 1,0 0 0 MA RCS.
- 1 0,623 11,2/18 io,3i 1 10,91/1 11,288 1 2,675 16,654 17,514
- 7,228 7,6/19 7’729 7,536 6,883 8,280 6,448 6,175
- 7,131 7)573 8,o45 8,20/1 9,632 n,789 9,998 8,835
- 3,1 /io 2,656 2,228 1,809 i,3o4 1,200 1,127 1,114
- 5,666 5,4 51 5,o4i 4,755 5,414 5,446 5,633 6,o64
- 2,o34 2,687 2,975 3,922 4,io6 5,o52 5,4o3 5,653
- 92,6/10 99,456 112/97 111,690 111,874 1 25,285 107,5/11 113,9/10
- 28,62.3 34,66i 36,397 37,086 36,235 42,421 5o,888 5o,o33
- 8,2 1 /i 9,745 9,9 3 * 10,672 11,294 13,3i2 i3,235 12,392
- 19-552 2/1,208 25,997 19,957 20,26/1 22,423 i8,38o i6,6g3
- 11/1/18 11,515 16,192 16,932 18,073 17,840 18,667 18,776
- 108,31 5 122,298 1 9,3,4o3 ' 135,199 i41,4 75 144,146 143,643 151,177
- 3o/i,6 1A 339,1/17 360,739 358,576 377,8/12 409,869 897,617 4 08,366
- IMPORTÉES OU EXPORTÉES EN ALLEMAGNE.
- 1891. 1900. 1901.
- Valeur tolale des exportations (en 1,000 marcs) 3,339,800 4,752,600 4,5i 2,600
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- w
- Nous avons, d’autre part, dressé les tableaux des transactions relatives aux différentes branches de l’industrie chimique pendant les dernières périodes décennales, avec les totaux des importations et des exportations.
- Pour bien faire voir l’importance qu’a prise la fabrication des produits chimiques en Allemagne, nous avons fait suivre ces tableaux du relevé des transactions totales, en toute marchandise, qu’a faites l’empire au commencement de la dernière décade et à la fin.
- Or, ce qui frappe tout d’abord, c’est de voir l’énorme accroissement qu’ont subi ces transactions dans l’espace de dix ans, et en second lieu la part que prennent dans ces échanges les produits chimiques.
- En 1891 la valeur des importations des produits chimiques bruts et fabriqués constituait le 1/16 de la valeur des importations de tous les articles, et en 1901 environ le 1/18.
- Quant aux exportations des produits chimiques bruts et fabriqués, leur valeur représentait, en 1891, le 1/12 de la valeur totale des marchandises exportées en dehors de l’empire, et en 1901 ce rapport est resté le même^.
- Ces chiffres sont suffisamment éloquents pour se passer de tout commentaire.
- Causes de la prospérité de l’industrie chimique allemande. —
- Quelles sont maintenant les causes du prodigieux accroissement de l’industrie chimique allemande?
- Comme nous l’avons déjà fait remarquer dans l’introduction à notre rapport sur l’exposition de Chicago, ces causes sont nombreuses et varient naturellement avec le point de vue auquel 011 se place. Elles sont d’ordre politique, d’ordre moral, d’ordre économique et d’ordre scientifique.
- En 1870, époque à laquelle les esprits clairvoyants commençaient à percevoir nettement les divers sectionnements qu’allait subir l’industrie chimique, sous l’impulsion des tentatives et des succès réalisés d’abord en France et en Angleterre, l’Allemagne était déjà organisée et outillée, aussi bien matériellement qu’intellectuellement, pour tirer parti des résultats obtenus à l’étranger et pour profiter en même temps du prestige que lui donnaient ses victoires.
- 11 est en effet impossible de prétendre que les conditions politiques nouvelles, conséquence d’une guerre heureuse, ne sont pas pour quelque chose
- (1) Fait digne de remarque, alors que, peu- mandes a diminué de 2/10 millions de marcs, les dant la période de crise que traverse l’industrie exportations des produits chimiques ont subi une en général, l’ensemble des exportations aile- augmentation de plus de 10 millions de marcs.
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- INTRODUCTION.
- xxi
- dans la prospérité dont jouit l’industrie allemande. Mais les considérer comme l’unique cause de cette prospérité, .ce serait singulièrement exagérer leur importance. Si notre production nationale souffre d’une sorte de malaise depuis 1870, si elle ne se développe pas parallèlement à l’industrie de nos voisins immédiats, elle n’est pas seule à sentir les effets de la concurrence que ces derniers lui font. L’industrie de la Grande-Bretagne est encore beaucoup plus atteinte que la nôtre, et cependant, avant 1900, les Anglais n’avaient pas de défaites à invoquer pour donner une explication plausible à la dépression commerciale sur laquelle ils gémissent depuis vingt ans. Mais chez eux, comme en France, les mêmes causes ont produit les mêmes effets.
- Le succès de ses armes a eu pour conséquence de donner au peuple allemand plus d’assurance et de développer ses facultés entreprenantes. L’essor vigoureux qu’a pris son industrie en général date en effet de cette époque. Plein de foi dans ses destinées, s’en rapportant avec une entière confiance à ses gouvernants, le monde des affaires vif dans une sécurité complète et n’a pas les inquiétudes qui assaillent les peuples qui sont exposés aux fluctuations d’une politique qui devient ruineuse à force d’être changeante. Sûrs du lendemain , les industriels allemands n’hésitent pas à entreprendre des affaires à longue échéance, certains qu’ils sont d’être encouragés et soutenus par ceux qui les administrent.
- L’empereur d’Allemagne, malgré ses allures parfois déconcertantes, a un sens trop net des avantages et de la gloire qu’il pourra tirer éventuellement de l’industrie, si elle est florissante, pour 11e pas lui accorder toute sa sollicitude. Ne trouvera-t-il pas en elle les ressources et l’appui nécessaires pour mettre à exécution, quand il trouvera le moment opportun, ses desseins les plus secrets et ses projets les plus chers!
- Sans doute, son gouvernement est obligé de composer de temps à autre avec les agrairiens, mais malgré la dissimulation qu’il y met, on voit bien clairement que toutes ses préférences sont pour l’industrie et le commerce. Il ne saurait d’ailleurs en être autrement dans ces pays dont une grande étendue est peu propre à la culture, qui possède des richesses houillères et minières considérables et dont la population ne cesse de s’accroître.
- Cet intérêt constant que les pouvoirs publics témoignent à l’industrie allemande, a puissamment contribué à fortifier chez ses représentants cette confiance qu’ils ont en eux-mêmes depuis trente ans. Nous pourrions même ajouter qu’il a peut-être trop excité ses convoitises, car la crise quelle traverse actuellement n’est qu’une conséquence inéluctable d’une sorte de griserie, à laquelle il faut ajouter un manque de prévoyance. Pour avoir eu trop d’as-
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- XXII
- IMPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- surauce, les industriels allemands ont cru qu’il était en leur pouvoir de subjuguer tous leurs concurrents et de s’emparer de tous les marchés. De là des témérités, des audaces qui devaient fatalement aboutir à des mécomptes. La pléthore même de forces intellectuelles nouvelles et pleines d’initiative, que mettent périodiquement en circulation ses écoles supérieures, n’est pas sans avoir exercé, de son côté, une influence sur la crise actuelle. Désireux de faire fructifier le capital-savoir dont ils disposent, et aussi éblouis par les succès qu’ont remportés leurs aînés, les jeunes techniciens suscitent la création de nouvelles affaires, sans se préoccuper des débouchés, et amènent ainsi la surproduction. C’est surtout de ce fléau dont souffre l’industrie en général et celle de l’Allemagne en particulier.
- c Parmi les diverses causes d’ordre moral qui ont contribué à la prospérité de l’industrie allemande, nous devons signaler en première ligne les qualités mêmes du peuple allemand, son esprit pratique et non pas idéaliste fil, comme on La cru longtemps en France, son talent d’organisation, la notion très juste qu’il possède de l’utilité d’une division rationnelle du travail, son esprit de suite, ses habitudes de discipline, qualités auxquelles il faut ajouter un immense désir d’acquérir la suprématie en toutes choses, une assurance non dissimulée de la supériorité intellectuelle qu’il croit avoir, un discernement judicieux dans l’art de la réclame, une persévérance dans la lutte qui touche parfois à l’Apreté, etc.
- Toutes ces qualités, comme les travers qui les accompagnent, l’Allemand les met au service de son industrie.
- L’organisation remarquable des grands établissements de produits chimiques, de matières colorantes, voire même de parfums, s’impose à l’admiration de tous ceux qui ont eu l’occasion de les visiter. De même qu’au fronton de certaines de leurs écoles fil, on pourrait inscrire, à celui de ces grandes usines, Mens agitat molem.
- Dans ces immenses ruches où l’on n’est définitivement attaché qu’à la suite d’une sorte d’épreuve, de stage, qui permet aux chefs responsables de faire une véritable sélection parmi les nombreux aspirants aux places de collabora-
- (1) ffLa vie de l’esprit, disait, il y a quelques années, un des professeurs de l’Université de Berlin, à M. Georges Blondel, est à demi-morte en Allemagne. Les hautes spéculations n’intéressent plus personne. La science pure semble éclipsée par toutes ses applications pratiques qui sans doute sont sorties d’elles, mais qui la font oubliera beaucoup; de sorte qu’on peut craindre
- que ce positivisme scientifique dont nous sommes si fiers ne finisse par tarir peu à peu la source même où il doit forcément s’alimenter.-n (L’essor commercial et industriel du peuple allemand, par M. G. Blondel.)
- A. Haller, Rapport sur l’exposition de Chicago.
- (:,) Ecole polytechnique d’Aix-la-Chapelle.
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- INTRODUCTION.
- XXIII
- leurs, chacun occupe la fonction qui convient à son savoir, à ses aptitudes et à ses qualités d’initiative.
- Dans toutes, la direction supérieure est confiée à une trilogie composée d’un chimiste, d’un ingénieur et d’un commerçant ayant fait leurs preuves el possédant chacun sa technique spéciale. C’est à leur coopération, à leurs efforts concertés, que sont dus la prospérité et le succès de l’établissement.
- Le même esprit préside à la marche des rouages inférieurs.
- La plupart de ces grandes usines comprennent un service spécial affecté aux brevets et dirigé par un chimiste jouissant d’une certaine notoriété par ses travaux personnels et ses connaissances techniques. Il est secondé par plusieurs juristes, attachés à l’établissement, et auxquels on a fait donner une certaine éducation chimique pour qu’ils soient familiarisés avec la langue scientifique.
- A côté de ce.service, et en connexion étroite avec lui, se trouvent des laboratoires de recherches dont le nombre coïncide avec les divers compartiments en lesquels se trouve partagée la fabrication.
- Inutile d’ajouter que tous ces laboratoires ont, soit comme appareils, soit comme matériel et produits, une organisation à laquelle ne peuvent atteindre les établissements scientifiques universitaires les mieux outillés et les mieux dotés h). Une bibliothèque centrale comprenant tous les périodiques, tous les traités relatifs à la chimie et aux sciences annexes qui se publient dans le monde entier, se trouve à la portée des chercheurs qui peuvent ainsi rester au courant des progrès de la science, sans quitter l’usine!2).
- Une découverte est-elle faite au laboratoire, qu’il s’agisse d’une matière première quelconque, d’un colorant ou d’un médicament nouveau, le corps est étudié à fond avec toutes ses applications dans des services appropriés à cet effet, avant d’être mis en fabrication. S’il s’agit d’un colorant, il passe au compartiment de la teinture, qui possède toute la série des appareils à teindre ou à imprimer sur soie, laine, coton, papier, cuir, etc., et dont la direction incombe à un chimiste qui s’est spécialisé dans cette branche des applications. S’agit-il, au contraire, d’un corps auquel, par suite"de sa constitution, on impute des propriétés thérapeutiques, il est adressé au service médical annexé à l’usine, service qui comporte médecins, pharmaciens et vétérinaires munis de tous les éléments nécessaires pour soumettre ce corps à une expérimenta-
- (1) Rien qu’en verrerie de laboratoire et en porcelaine, la Société Badoise de Ludwigshafen ne dépense pas moins deia5,ooo francs par an. (î) La bibliothèque des Farbenfabriken vorm.
- Fred. Bayer, à Elberfeld-Leverkus, constituée en partie parcelles de A. Kekoléet Victor Meyer, ne comprend pas moins de 1/1,000 volumes el a3,ooo brochures, thèses .etc.
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- XXIV
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- lion physiologique sur les animaux les plus divers; quand les corps nouveaux ont subi ces premières épreuves, ils sont préparés sur un pied semi-industriel et versés dans le commerce, accompagnés de leur certificat d’origine et de leur mode d’emploi. Ce n’est qu’à la suite d’un succès bien constaté auprès des consommateurs, que la maison en entreprend la fabrication en grand et qu’elle fait les frais que comporte son extension.
- Rien n’est alors négligé pour exalter les avantages du nouveau produit, Une publicité très large, sous la forme de circulaires et de brochures, revêtant toujours un caractère plus ou moins scientifique, est d’abord faite autour de ce produit. Puis, des échantillons, avec manière de s’en servir, rédigée dans toutes les langues, asiatiques (chinois, japonais, persan) aussi bien qu’européennes, sont adressés aux établissements ou aux personnes qui peuvent devenir des consommateurs.
- De plus, des voyageurs, tous chimistes accomplis, ayant fait comme tels un stage de plusieurs années dans les divers compartiments de fusille, visitent périodiquement la clientèle et font ressortir auprès d’elle, avec l’assurance que donne la connaissance exacte de sa nature chimique et de ses propriétés fondamentales, les qualités de la marchandise qu’ils ont à placer elles avantages que l’industriel peut en tirer.
- Tous les moyens sont, d’ailleurs, employés pour prendre racine sur le marché d’une région. On connaît la souplesse, l’habileté, voire même l’humilité avec laquelle l’Allemand sait s’insinuer chez celui dont il veut capter la confiance. On n’ignore pas non plus avec quelle facilité et quel sens pratique il sait modifier les articles pour les conformer aux mœurs, aux habitudes et au désir de l’acheteur. A l’encontre de ce qui se pratique en France et en Angleterre, il ne cherche en aucune façon à imposer ses goûts ou ses préférences personnelles, l’unique but qu’il poursuit étant d’écouler ses produits. Il est d’ailleurs soigneusement tenu au courant des besoins de tous les marchés du monde, non-seulement par ses consuls et le personnel technique qui les entoure, mais encore par le nombre toujours croissant de ses compatriotes 91 qui émigrent sur tous les points du globe et qui constituent autant d’indicateurs, sinon de rabatteurs d’affaires^.
- (1) Voir Essor commercial et industriel du peuple allemand, de M. Georges Blondel, p. 200, 957, 260, etc.
- (2) Qu’il soit professeur, ingénieur, commerçant ou simple ouvrier, les relations que l'Allemand qui habite l’étranger adresse aux journaux de la mère patrie, renferment toujours à côté de
- considérations générales sur la nature du pays, les mœurs et les besoins des habitants, quelques conseils sur la manière de s’y prendre pour créer des débouchés à l’industrie allemande. Voir à cet égard les nombreux articles qui paraissent dans Chem. Zeitung sous le nom de rrStimme ans dem Auslanden.
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- INTRODUCTION.
- XXV
- Pour évincer le concurrent étranger qui a pris position, qui est ancré dans la place, il commence par olTrir des produits inférieurs et à meilleur marché. Une fois maître de la situation, il cherche à la conserver en améliorant ses produits et en mettant à la disposition de l’acheteur et son savoir et son expérience. Il n’est pas rare, en effet, que l’application d’une nouvelle matière donne lieu à des difficultés ou à des accidents de fabrication. Que ces derniers soient imputables au produit employé ou qu’ils tiennent à toute autre cause, aussitôt la maison, qui a fourni ce produit, met son personnel scientifique et lectinique à la disposition de l’industriel pour étudier la nature de l’accident, son origine et ses remèdes. Il s’établit de la sorte un lien de plus en plus étroit entre le consommateur et le producteur, lien cimenté par des services d’ordre scientifique et d’ordre pratique que ce dernier rend à son client.
- Esprit d’association. — Comme nous l’avons déjà fait remarquer, le peuple allemand possède, en outre, à un très haut degré, l’esprit d’association et sait tout le parti qu’on peut tirer du groupement méthodique des forces vives qu’il a à sa disposition.
- Ainsi la création, à la suite du décret de 1881, d’une association professionnelle de l’industrie chimique (Berufsgenossenschaft der Chemischen Industrie) dont le but est de s’occuper de toutes les questions relatives à l’assurance contre les accidents, d’exécuter un contrôle sévère, d’écarter à temps tous les dangers qui peuvent se présenter, d’établir les statistiques, etc.; l’institution de la Société pour la défense des intérêts de l’industrie chimique (Verein zur Wali-rung der Interessen der chemischen Industrie Deutschlands); l’organisation de la Société des chimistes allemands ( Verein deutscher Chemiker, anciennement : die deutsche Gesellschaft fur angewandte Chemie), assurent à l’ensemble de cette industrie une cohésion, une puissance et en même temps une autorité qui lui permettent de mettre en action des moyens que des individualités isolées ne pourraient aborder.
- VAssociation professionnelle de l’industrie chimique, pour vérifier si les conditions de sécurité sont remplies dans les diverses usines, a créé dans ce but un service technique, comprenant sept ingénieurs, et qui nécessita, pour l’année 1898, la dépense de près de 70,000 francs.
- Cette association étend son action sur huit sections, dont voici les noms :
- Section I (Berlin). — Comprend les provinces prussiennes de Brandebourg, Poméranie, Prusse orientale et occidentale, avec 1,20a exploitations et 1 8,11 5 ouvriers.
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- VXVI
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Section II (Breslau). — Silésie et Posen, avec 667 exploitations et 8,165 ouvriers.
- Section III (Hambourg). — Schleswig-Holstein, Hanovre, Brunswick, Mecklembourg, Oldenbourg, les villes libres de Hambourg, Brème et Lubeck, avec 921 exploitations et ‘20,856 ouvriers.
- Section IV (Cologne). — Province rhénane, Weslphalie, Waldeck, Lippe, avec 958 exploitations et 20,191 ouvriers.
- Section V (Leipzig). — Province prussienne de Saxe, royaume de Saxe, duchés de Saxe, Saxe-Weimar, Anhalt, Reuss, avec 1,191 exploitations cl 21,787 ouvriers.
- Section Vf (Mannheim). — Palatinat, Alsace-Lorraine, grand-duché de Bade, Wurtemberg (à l’exception du district du Danube) et Hohenzollern, avec 627 exploitations et 19,870 ouvriers.
- Section VII (Francfort). — Province de Hesse-Nassau et grand-duché de Hesse, avec 446 exploitations et 15,929 ouvriers.
- Section VIII (Nuremberg). — Bavière (sans le Palatinat) et district danubien de Wurtemberg, avec 587 exploitations et 7,434 ouvriers.
- Nous donnerons plus loin la progression suivie dans le nombre d’exploitations créées depuis l’année 1881 et dans celui des ouvriers employés.
- La Société pour la défense des intérêts de F industrie chimique, fondée en 1877, est en connexion étroite avec F Association professionnelle et a son siège à Berlin
- où, depuis 1900, elle est installée dans la maison de A.-W. Hoffmann (Hoff-manns-Haus), magnifique édifice appartenant à la Société chimique allemande (Deutsche cliemisclie Gesellscliaft) et qui a été construit par les amis et les admirateurs de ce savant, en mémoire de son titre de fondateur de cette dernière société.
- Ces deux sociétés, dont les tendances sont différentes, vivent côte à côte et entretiennent les meilleures relations.
- Comme son nom l’indique, la première s’occupe de toutes les affaires intéressant la collectivité, par l’intermédiaire d’un comité qui se réunit périodiquement. Ce comité répond d’elle devant les pouvoirs publics, s’occupe de ses intérêts à l’extérieur, assure et facilite les relations entre les différents groupes et spécialités, prépare les propositions à soumettre aux assemblées générales qui, tous les ans, ont lieu alternativement dans un des principaux centres industriels, etc.....
- C’est aussi ce comité qui, après délibération et consultation des différents intéressés, décide s’il y a lieu de modifier la législation concernant les brevets et sur quels points les modifications doivent porter, s’il est opportun de par-
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- INTRODUCTION.
- XXVII
- Iici|)(iL* aux expositions internationales, etc. Ainsi, c’est le comité de Berlin <pii, an nom de la société, a veillé à l’organisation de l'exposition colleclive des industries chimiques à Chicago et à Paris, etc.
- Ajoutons enfin que toutes les décisions et vœux émis au sein des deux associations (Berufsgenossenchaft et Verein), ainsi que les discussions auxquelles elles donnent lieu, sont publiés dans un journal appartenant à ces sociétés et qui a pour titre die Chemische Industrieh). Cet organe a encore pour lâche de mettre les industries au courant de toute la littérature de chimie appliquée, à mesure quelle paraît, des brevets qui sont pris en Allemagne et à l’étranger, des cours des produits chimiques et des matières premières qui servent à les fabriquer sur les différents marchés du monde, des exportations et des importations, en un mot de tous les renseignements qui peuvent être d’une utilité quelconque pour ses lecteurs.
- \IAssociation des chimistes allemands (Verein deutscher Chemiker), tout en poursuivant le même but que la société dont il vient d’être question, a une organisation et un fonctionnement différents.
- Fondée en 1887, elle est subdivisée en dix-neuf associations régionales (Bezirksvereine) qui se réunissent périodiquement dans une des villes importantes du rayon quelles desservent, pour y discuter des intérêts généraux et surtout pour y exposer des sujets scientifiques ayant trait à l’industrie chimique. Parmi ces associations, nous citerons celles de Berlin, Francfort, Hambourg, Hanovre, New-York, de la Poméranie, des provinces du Rhin, de la Saxe-Thuringe, de la haute et de la basse Silésie, de la Westphalie, du Wurtemberg, etc.
- Comme la Société pour la défense des intérêts cle l’industrie chnnique, l’Association tient tous les ans un congrès dans une des villes industrielles les plus importantes de l’Allemagne, siège d’une de ses filiales, pour y traiter des questions générales intéressant l’industrie, y visiter des usines, fraterniser et prendre contact avec les confrères des différentes régions.
- Bien que, de date relativement récente, cette association comprend actuellement [1905] plus de 2,700 membres. Elle possède également son organe, le Répertoire de chimie appliquée (Zeitschrift fur angewandte Ghemie) dont la fondation (1887) est due à M. le professeur Ferd. Fischer, à Gottingue, et qui rend compte non seulement des sujets traités dans les diverses réunions des associations régionales, mais encore de toutes les questions scientifiques et commerciales qui peuvent intéresser l’industrie chimique.
- (1) La direction de celle publication est confiée à M. 0. NVitt, professeur à l’école polytechnique de ( diarlollenbourj;-.
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- Tout en n’ayant pas l’envergure et la puissance de la Société de chimie industrielle de Londres, cette association lui ressemble néanmoins par bien des cotés. Gomme elle, la Société allemande se subdivise en fdiales et tend à s’étendre au delà des mers. Le grand nombre d’Allemands qui résidenl à New-York (à00,000) lui permet cl’en avoir une dans cette ville où ses membres (75) se réunissent alternativement avec ceux de J’k American Chemical Society» et les adhérents de la crSociety of Chemical Inclustry», de Londres.
- Ce contact permanent, des représentants européens de l’industrie chimique avec les hommes de science et les techniciens indigènes ne peut qu’être profitable aux uns et aux autres; il explique suffisamment pourquoi les exportations allemandes ont pris un si grand développement aux Etats-Unis.
- indépendamment de toutes ces associations qui embrassent l’ensemble de la production chimique, il en existe un grand nombre d’autres (associations des gaziers, des sucriers, des distillateurs, des tanneurs, des céramistes, des fabricants de ciments, des teinturiers, etc. . .) qui se réunissent périodiquement pour échanger leurs idées et défendre les intérêts généraux de la corporation. Chacune de ces sociétés spéciales possède son journal tenant ses abonnés soigneusement au courant de toutes les études, de toutes les découvertes parues dans le monde entier et qui peuvent intéresser l’industrie que cet organe a mission de soutenir et de renseigner.
- A l’heure présente il n’y a en effet pas de pays où la littérature chimique en général, et celle des périodiques en particulier, soit aussi complète et aussi bien appropriée à chaque compartiment de l’industrie.
- Constamment dominées par la préoccupation du succès de l’industrie allemande et du maximum de rendement, associations et presse technique 11e reculent devant aucune dépense pour se procurer une information sûre et rapide. Il en est ainsi, d’ailleurs, de toutes les branches de l’activité nationale allemande.
- En fait d’autres moyens employés pour protéger les intérêts de l’industrie, il convient encore cle citer la législation sur les brevets mise en vigueur en 1878.
- Cette loi, sous bien des rapports, se place à un point de vue différent de celui des lois analogues des autres pays, et notamment elle ordonne un examen préliminaire très sérieux de l’objet de la demande de brevet. Elle exclut d’abord de la protection les substances chimiques elles-mêmes, et ne protège que les procédés.
- «Bien que les opinions sur l’opportunité cle certaines dispositions de la lé-
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- INTRODUCTION.
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- gisialion des brevets allemands soient encore partagées aujourd’hui, on est cependant obligé de reconnaître, après une période d’essai de 22 ans, pendant lesquels il a été délivré plus de 100,000 brevets allemands, que les résultats obtenus ont eu nue portée incalculable, surtout dans l’industrie chimique. On peut s’attendre également à ce que la nouvelle loi sur les marques de fabriques et sur les modèles déposés, récemment entrée en vigueur étayant pour but de réfréner la concurrence déloyale, aura aussi une influence salutaire^.
- Conditions économiques. — Si l’on se place au point de vue économique, il faut reconnaître qu’à part la Russie, l’Allemagne est, en ce qui concerne les gisements miniers, un des pays les plus privilégiés de l’Europe.
- Elle possède d’abord des mines de bouille qui la rendent presque indépendante de l’Angleterre et qui lui assurent des avantages dont elle tire merveilleusement parti.
- Outre ceux que lui procure le charbon comme combustible, elle tire encore des bénéfices des sous-produits provenant de la fabrication du coke, depuis qu’elle a procédé à l’installation des fours à récupération. Ces sous-produits, bases de la fabrication des matières colorantes artificielles, elle les tenait jusque-là presque exclusivement de la Grande-Bretagne.
- La production en houille des quatre bassins principaux de la Ruhr, de la Haute-Silésie, de la Saxe et de la Moselle qui n’était que de 37 millions de tonnes en 1870 a passé à près de 92 millions de tonnes en 1897, auxquelles il faut ajouter environ 3o millions de tonnes de lignite (Braun Kohle). Quant à ses mines de fer, de zinc, de plomb et de cuivre, leur rendement va également en augmentant.
- La production des mines de fer a doublé depuis i5 ans, elle est maintenant de 13 millions de tonnes.
- Celle du zinc a passé de 139,000 tonnes en 1891 à i5o,ooo tonnes en 1895. De 2A,000 tonnes en 189A, celle du cuivre s’est élevée à 29,^08 tonnes. La production du plomb, qui avait diminué en 1893, est remontée de 98,000 tonnes à 181,188. Celle de l’étain seule est à peu près stationnaire. La production de l’argent est aussi notable, elle a été en 1897 de AA8,o68 kilogrammes. cc Aussi fonderies, forges usines de toute sorte se développent-elles sans relâche, la plupart se concentrant à proximité des régions houillères. 11 11’y a pas aujourd’hui en Allemagne moins de 1,200 fonderies occupant plus de 250,000 ouvriers(2). »
- (1) Otlo Witt, Exposition collective de Vin- (9) G. Blondel, Essor industriel et commercial
- dustrie chimique allemande (1900), p. 12. de VAllemagne, p. hS.
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- Indépendamment des mines que nous venons de citer, TAIlemagne en possède d’autres qui, dans leur genre, sont uniques au monde. Nous voulons parler des mines de Stassfiirt. Leur existence et leur richesse n’ont pas peu contribué au développement de la grande industrie chimique. Grâce aux gisements de Stassfiirt, l’Allemagne a, pour ainsi dire, le monopole de la production des sels de potasse dans le monde entier.
- Le traitement méthodique des composés accessoires provenant de celle extraction a permis de constituer une série d’autres exploitations dans le voisinage des gisements, et a fourni un apport considérable à la prospérité de l’industrie. On verra au chapitre de la grande industrie chimique, l’importance qu’a acquise l’exploitation des sels de Stassfurth.
- Ajoutons enfin que la sollicitude que le gouvernement fédéral ainsi que les différents Etats de l’Empire apportent à l’extension des diverses voies de communication, exerce sa part d’inllnence sur le développement industriel et économique du pays.
- 11 est, en effet, de la plus haute importance que matières premières et produits fabriqués puissent être transportés avec un minimum de fret et aussi rapidement que possible.
- Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce sujet qui intéresse non seulement l’industrie chimique, mais toutes les autres branches de l’activité nationale h).
- Organisation scientifique. — Les conditions économiques particulièrement favorables que nous venons d’exposer, ajoutées aux causes d’ordre politique et moral dont il a été question plus haut, ont, sans aucun doute, puissamment contribué au développement de l’industrie et du commerce allemands depuis un quart de siècle.
- Mais en ce qui concerne l’industrie chimique en particulier, son brillant essor, dans les voies les plus diverses, est principalement du à l’organisation scientifique, et à l’utilisation méthodique et judicieuse des forces intellectuelles que cette organisation a mise au service de la partie active et entreprenante de la nation.
- Pendant qu’en France, l’enseignement supérieur était en quelque sorte monopolisé par nos grands établissements de la capitale, dont Tunique but est de former des fonctionnaires, et que nos savants se querellaient sur des questions de doctrine et d’école, en Allemagne, grâce à une conception élevée du
- (,) Voir (T Blondel, Essor industriel el commercial du peuple Allemand, [>. 11 (3 ( 1 <)oo).
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- rôle des Universités, la science était enseignée dans cet esprit large et tolérant qui seul convient à son évolution logique et rationnelle.
- L’enseignement supérieur se donne actuellement en Allemagne dans les Universités et dans les Ecoles polytechniques (Polytechnicum ou technisclie llochschule).
- Indépendamment de ces établissements, il existe des écoles, des instituts ou des académies, spécialement destinés à l’étude de la chimie et de la physique générales, avec certaines applications que ces sciences comportent. Il en est ainsi de l’École de chimie de Mulhouse, qui a comme spécialité les matières colorantes avec leurs applications à la teinture et à l’impression, de l’Institut électrochimique de Darmstadt, des Académies des mines de Freiberg, de Clausthal et de Munster. L’Allemagne possède enfin un certain nombre d’écoles techniques (Fachschule) consacrées à une branche déterminée de l’industrie, comme l’Ecole de teinturerie et d’apprêts de Crefeld, l’Ecole de tannerie de Freiberg, l’École de sucrerie de Brunswick, les Écoles de brasserie de Munich et de Berlin, les Écoles de céramique de Hohr en Hesse-Nassau, de Bunzlau et de Lauban (Silésie), etc.U).
- Nous devons ajouter qu’outre ces établissements d’enseignement supérieur, il existe des écoles industrielles moyennes (technischen Mittelschulen, Technica) qui servent d’écoles préparatoires pour entrer dans les écoles techniques (Hochschule) et qui comprennent, outre des sections de mécanique et de construction, une section de chimie. Une institution semblable fonctionne à Nuremberg. Comme on le voit, la chimie est tellement en honneur en Allemagne que la spécialisation y commence déjà dans les écoles professionnelles.
- On a essayé de généraliser ce dernier système dans d’antres écoles du même genre, de façon à former des chimistes de second ordre (Chemikanten) auxquels on aurait délivré un diplôme et qui, dans les grandes fabriques, auraient été placés sous les ordres d’un chimiste de première classe, sortant de l’Université ou d’une Ecole polytechnique supérieure.
- Etant donnée la pléthore de chimistes qui existe actuellement en Allemagne , cette idée a été vivement combattue et semble devoir être abandonnée.
- L’esprit qui règne dans ces divers établissements varie avec leur origine et le rôle qui leur est évolu.
- (l) Nous ne nous occupons, dans celte énumération, que des écoles techniques qui s'occupent uniquement d’une des applications de la chimie, et passons sous silence les écoles de lilature et de lissage, de mécanique, d’élec-
- ün. XIV. — Cl. H7. — T. I.
- trotechnique où la chimie ne joue aucun rôle.
- (2; Voir Chem. Zcit. 1898 , p. 865, 890, 909, 9-2 3, io63; ibid. 1899, p. 27 et Zeitschrift fur aiigeœandle Chemie, 1899, p. 287, 889, à31, /18 h.
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- Universités. Ainsi <|ue nous l’avons fuit remarquer dans noire rapport sur l’Exposition de Chicago : ce Le hui des Universités, n’est pas, comme ou serait tenté de le croire, d’octroyer des parchemins et de former des gradés. Il y a Lien des examens académiques, comme le doctorat , mais ils constituent plutôt une recommandation ou un ornement, et sont seulement nécessaires pour la carrière de professeur. Les examens, à l’entrée des carrières, sont, faites en dehors de l’Université et sont appelés des examens d’Etat (Staats-examen).
- Les Universités sont des écoles de science libre (Lehrfreiheit), où l'étudiant est également libre d’apprendre ce qu’il juge nécessaire à son instruction (Lernfreiheit).
- Nulle contrainte, nul assujetissement à des programmes étroits et lixés d’avance. On est pénétré de cette idée, qu’à un certain âge crie savoir ne s’impose pas plus que la foi et l'amour-n (Schleiermacher).
- Ce libre esprit qui règne dans ces centres intellectuels, la façon dont on recrute les professeurs, la double mission d’éducateurs de l’esprit et de pionniers de la science dont ils sont investis, l’indépendance dont jouissent maîtres et élèves, ont exercé la plus heureuse influence, non seulement sur Dévolution intellectuelle de la nation, mais encore sur les progrès de la science en général.
- En Allemagne, les professeurs une fois titulaires sont nommés à vie et inamovibles; ils jouissent, nous le répétons, d’une liberté d’allure et d’esprit qui sont des plus favorables à la haute çulture et qui ne se rencontrent dans aucun autre pays.
- L’ingérence des pouvoirs publics dans les questions de personnel est aussi restreinte que possible. Les Universités, tout en étant sous la dépendance des Etats et subventionnées par eux, jouissent d’une autonomie qui leur permet de désigner leur recteur, leurs doyens0), leurs professeurs, et d’en faire la présentation au Ministre de l’Instruction publique qui les nomme.
- Il est bien rare que les décisions prises par l’assemblée des professeurs ne soient pas ratifiées par le Ministre.
- Bien rares aussi sont les cas où les pouvoirs publics imposent leur volonté (2b D’ailleurs l’esprit qui préside au recrutement des maîtres en est la meilleure
- (l) Les fonctions de recteur en Allemagne sont purement honorifiques et ne durent qu’un au. fie Gouvernement est représenté auprès de chaque université par un curateur qui s’occupe de l’administration matérielle des diiférents établis-
- sements. Quant aux doyens leur mandat est également annuel et non renouvelable d’une année à l’autre.
- Tout le monde connaît l’émoi causé jadis par l’intervention du Chancelier de fer dans une
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- garantie; il n’est pas sans exercer une grande iulluouce sur la notoriété, et, partant, sur le succès des Universités. Four être appelé à occuper une chaire, point n’est besoin d’ètre muni de nombreux diplômes et de subir des concours déprimants qui ne donnent généralement aucun renseignement sur les facultés inventives des candidats. Il suffit d’avoir fait preuve d’originalité dans les recherches. de s’être révélé un pionnier de la science, d’avoir à son actif des travaux de maître, pour être l’objet d’un appel de la part de l’assemblée des professeurs de l’Université où il y a une vacance.
- Le d ésir des Universités d’avoir des hommes éminents les conduit même quelquefois à pousser l’éclectisme jusqu’à olfrir des chaires à des étrangers !lt.
- En aucun pays du monde, le savant ne jouit d’une aussi grande considération qu’en Allemagne. La liante situation qu’il occupe dans la société, le prestige qui l’entoure, suscitent des ambitions, amènent une émulation qui aboutit à la constitution de cette élite de travailleurs dont sont peuplées toutes les brandies de renseignement supérieur.
- Nombreux sont les bis de grands industriels, de grands propriétaires, de linanciers, qui briguent la carrière universitaire. Les places étant limitées, la jeunesse s’adonne aux recherches de bonne heure, ne recule pas devant la tache, et, comme elle n’est pas arrêtée par les soucis matériels, elle peut mettre au service de la science et sa fortune, et son intelligence^.
- Aussi, dans le domaine des sciences expérimentales, n’est-il pas rare de voir l’aspirant professeur, une fois privai docenl, s’entourer de préparateurs, faire des dépenses considérables pour se procurer tel produit rare ou qui demande de longs mois pour être préparé, de façon à enrichir la science de découvertes et à acquérir ainsi la notoriété scientifique, sans laquelle l’accès des chaires lui est interdit. Une fois le but atteint (vers 3o ou 4o ans), les habitudes du travail sont prises, le professeur continue à être épris de recherches, et, trouvant un champ plus vaste à son activité, s’entoure de collaborateurs, d’élèves, cherche à faire école, et acquiert, par le fait même, une situation matérielle à laquelle aucun savant français, aucun membre de notre Université ou de nos grandes écoles, quel que soit son mérite, ne peut parvenir avec l’organisation actuelle.
- nomination à Berlin, et celui plus récent, non apaisé encore, que provoque, à Wurzbourg, la mesure prise par le Ministre de l'Instruction publique de la Bavière.
- (l) L’appel llatteur dont a été l’objet, de la part de l’Académie et de l’Université de Berlin, M. van t’IIolV, l’illuslre -chimiste physicien d’Am-
- sterdam, ancien élève de YVurtz, vient à l’appui de ce que nous avançons.
- (2) Comme en France, les non privilégiés de la fortune trouvent dans des bourses octroyées par les universités et dans des emplois d’assistants, le moyen d’arriver aux mêmes situations que leurs émules plus fortunés.
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- Artisans de la gloire et de la prospérité nationales, les professeurs allemands peuvent encore le devenir de leur propre Lien-être. Ajoutons aussi (pie les Etats sont pénétrés de l’idée que nulle ressource, nulle opulence ne doit être ménagée à l’enseignement supérieur, car c’est de lui que tout découle. On peut lui appliquer une expression arabe et dire : w11 est tête de sources et cr père de la fécondité0)
- Le budget des vingt-deux universités de l’Empire dépasse actuellement 3i millions de francs environ et va sans cesse en augmentant, soit par des contributions de l’Etat, soit par celle des particuliers.
- Ces lignes écrites en 1898 sont encore vraies aujourd’hui!2!, bien que depuis cette époque un certain nombre de réformes et de changements aient été introduits dans le régime de nos universités.
- Écoles polytechniques. - Jusque dans ces dernières années, les applications de la science n’étaient, pour ainsi dire, l’objet d’aucun enseignement systématique dans les universités. Celles-ci restaient confinées dans le domaine de la spéculation pure, tout en développant dans une mesure aussi large que possible, en ce qui concerne les sciences expérimentales, les exercices pratiques de laboratoire.
- Ainsi que nous l’avons déjà exposé, renseignement pratique de la chimie, en particulier, a été inauguré à Giessen, par Liebig en i8a5, et fut introduit et maintenu par ses successeurs et ses émules dans tontes les universités.
- La chimie industrielle ou, pour être plus rigoureux, les applications de la chimie, la technologie, comme d’ailleurs toutes les sciences appliquées, font partie des programmes des différentes écoles polytechniques disséminées dans l’Empire.
- Au nombre de celles-ci, nous citerons les écoles de Berlin (Charlotten-bourg), d’Aix-la-Chapelle, de Hanovre, de Carlsrube, de Munich, de Dresde, de Brunswick, de Darmstadt, de Stuttgart. Loin d’être organisées sur un type uniforme, ces écoles ont chacune leur individualité propre et orientent leur enseignement suivant les besoins du milieu pour lequel elles sont destinées. Toutes, néanmoins, ont pour but de former des ingénieurs-mécaniciens, des constructeurs, des architectes, des ingénieurs-chimistes. Dans toutes, à coté de la chimie générale, on enseigne différentes branches de la chimie technique, la physique, la minéralogie, l’économie nationale, toutes sciences nécessaires à l’éducation du chimiste industriel. Celui-ci est même tenu d’y acquérir des
- (n Maxime ai Camp, Le Crépuscule. — (:!) A. IIallei’., Introduction à t’Industrie chimique, p. 'j!i.
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- INTRODUCTION.
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- connaissances sommaires sur les machines les plus usitées dans l’industrie, ainsi que des notions sur les constructions les plus simples.
- Plusieurs d’entre ces écoles, comme celles d’Aix-la-Chapelle, de Berlin, de Darmstadt, de Stuttgart, n’ont meme pas hésité à organiser un enseignement et des laboratoires d’électrochimie, le jour où cette science s’est révélée comme susceptible de recevoir des applications pratiques.
- La durée des études varie, avec les écoles, de trois à quatre ans. Ces études sont sanctionnées par une série d’épreuves et un examen final, à la suite duquel l’établissement confère au candidat un diplôme d’ingénieur-chimiste.
- Comme les universités, nous pouvons même ajouter plus qu’elles, ces écoles, bien qu’organisées et fonctionnant sous un autre régime, sont actuellement l’objet d’une attention, d’une sollicitude constante de la part des pouvoirs publics et des industriels.
- Les succès qu’elles ont remportés et la faveur dont elles jouissent font cpie leur fréquentation a triplé depuis dix ans.
- Aussi, désireuses de jouir des mêmes privilèges que les universités, leurs rivales, ont-elles instamment demandé, et finalement obtenu, le droit de conférer le titre de docteur ingénieur à ceux de leurs élèves qui en seraient jugés dignes.
- En Allemagne, aussi bien, et même plus qu’en France, on a le fétichisme du parchemin et du titre.
- En octroyant ce privilège aux Technische Hochschulen, l’empereur a même proclamé solennellement que ccces écoles doivent être traitées par leurs sœurs aînées, les universités, comme des égales et non plus comme des servantes a. Et, dans un discours lu par le recteur de l’Ecole polytechnique de Charlotten-bourg, Guillaume II a affirmé plus nettement encore son opinion, en disant :
- cr C’est pour moi une grande satisfaction d’avoir pu accorder aux écoles techniques le droit de conférer cette distinction (le titre de docteur).
- cc Vous savez que j’ai eu à surmonter des résistances acharnées; elles sont aujourd’hui brisées.
- rc .l’ai voulu mettre au premier piail les écoles techniques, qui ont une grande tâche à remplir, non seulement au point de vue de la science appliquée, mais au point de vue social, car le problème social n’est pas encore résolu comme je le voulais.
- cc Vous pouvez exercer une action décisive sur les conditions sociales; vos relations fréquentes avec le monde du travail et le monde industriel vous permettent d’agir, dans une foule de cas, par votre influence et aussi par votre initiative.
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- ce Vous devez rendre clair aux yeux de vos élèves leurs devoirs sociaux envers les ouvriers. Ainsi donc, je compte sur vous. Vous serez à la peine, mais vous serez aussi à l’honneur.
- crNotre enseignement technique' a déjà remporté des succès importants. Notre patrie tout entière et nos colonies ont fort besoin de votre intelligence. Aussi, la considéralion dont vous jouissez dans le pays est-elle très grande. Les meilleures familles dirigent leurs (ils vers la science industrielle; ce mouvement, je l’espère, ne fera que s’accentue]*....................................
- cc A l’étranger aussi votre prestige est considérable, el les élèves qu’il vous envoie parlent avec le plus grand enthousiasme de renseignement qu’ils ont reçu en Allemagne. Il est bon que vous attiriez l’étranger; notre travail national n’en sera que plus apprécié. En Angleterre, j’ai rencontré partout, et dernièrement encore, la plus haute estime pour les écoles techniques. On y juge à leur valeur renseignement que vous leur donnez et les résultats que vous obtenez. Consacrez-vous donc, comme par le passé, de toutes vos forces à votre devoir économique et social ").»
- Ce qui frappe dans ces déclarations, c’est d’abord la douce illusion qu’elles décèlent relativement à la recherche de la solution des problèmes sociaux par la voie des écoles techniques. C’est ensuite la méconnaissance de la part importante qui revient aux universités dans la prospérité actuelle de l’Empire. Sans doute, on sait par une série de mesures disciplinaires qui ont atteint certains professeurs, parce qu’ils exprimaient trop librement leurs opinions et leurs critiques, et par les protestations véhémentes soulevées par ces mesures, qui furent considérées comme attentatoires à la liberté des doctrines et de la parole dans les universités, que celles-ci ne sont en général pas en faveur auprès de l’autorité supérieure.
- Tout exagérée quelle paraisse à première vue, nous sommes enclins à partager l’idée formulée par ce savant, qui disait que ce la liberté absolue des tendances allant même jusqu’à l’anarchie est la condition essentielle du développement scientilique des nationsv.
- Or cette liberté, dont nous avons été sevrés si longtemps en France, est un des plus beaux apanages des universités allemandes.
- C’est grâce à elle que toutes les branches du savoir humain ont pu être abordées et cultivées avec cette hauteur de vue et cette largeur d’esprit qui, seules, conviennent à l’étude des problèmes de la nature.
- C’est sous son égide que surgissent ou sont recueillies, lorsqu’elles prennent
- Voir, Hernie de chimie pure et appliquée, lévrier, jfjoo.
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- INTRODUCTION.
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- jour à l’étranger, les théories, les doctrines les plus hardies pour être passées' au crible de la discussion et de l’expérience.
- L’histoire même de la chimie ne nous offre-t-elle pas de nombreux exemples de cet esprit de tolérance qu’a témoigné le monde savant d’Allemagne à l’égard des idées nouvelles, lorsqu’elles doivent être profitables à la science? Qu’il nous suffise de rappeler l’opinion de A.-W. Hoffmann sur l’école du chimiste français Gerhardt : «Je n’examinerai pas si mes nombreux travaux ont pu contribuer à assurer, et jusqu’à quel point, le développement de cette école, mais je lui dois de proclamer que c’est à ses doctrines que j’ai puisé les précieux encouragements pour de nouvelles recherches, les indications les plus précises pour l’exacte interprétation des faits observés, à sa notation, enfin, que j’ai dû l’expression la plus simple pour exposer et grouper les résultats acquis.
- «De fait, les avantages de ces doctrines sont si grands, l’économie de temps ci d’efforts est si considérable pour le maître comme pour l’élève, que c’est, mi devoir pour moi, plus puissant encore dans ma nouvelle situation d’académicien, de travailler de toutes mes forces au développement de la chimie moderne. » Et, dans une autre circonstance, Hoffmann s’exprima avec non moins de liberté : ccC’est aux doctrines atomiques sans conteste, et à elles seules, que sont dus les surprenants progrès de la chimie, durant ces cinquante dernières années; et, si le développement de la chimie organique en France a été moins rapide qu’en Allemagne, cela est du, certainement en grande partie à l’opposition acharnée qu’ont faite, à l’introduction des théories nouvelles dans renseignement, certains savants influents h). r>
- Cette atmosphère de liberté dans laquelle se meuvent les universités allemandes, le souci constant qu’a le corps savant de leur grandeur et de leur développement, la faculté que possèdent maîtres et élèves de ne pas se confiner dans les limites étroites d’un programme déterminé, la tâche que les premiers se sont imposée de susciter avant tout chez leurs disciples le libre jugement, la réflexion et l’initiative personnelles, les découvertes nombreuses qui ont été la conséquence d’une telle conception du rôle de ces établisse-ments'd’inslruction supérieure, ont, sans contredit, plus contribué à la prospérité générale de l’Allemagne que l’enseignement, fatalement utilitaire, des écoles techniques.
- Méconnaître les bienfaits et le prestige qu’a valus à l’Empire le régime de liberté de ses universités, c’est se refuser à l’évidence même.
- (l) Vie et œuvre de Hoffmann, par MM. E. Noei.tino et Hkrbkr, Mouit. menti/'., 1897, p. 9/1.
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- N’est-ce pas Kant, un philosophe allemand, qui, dans un de ses ouvrages, a exprimé l’avis que les deux grands obstacles au progrès de l’éducation viennent des parents et des souverains? «Ceux-ci, dit-il, ne l’organisent que pour eux-mêmes : ils ne songent pas à faire des hommes, mais des instruments dociles, etc.-'1................................................................
- Réformes introduites dans l’enseignement. Création de nouveaux laboratoires. — Il serait sans doute téméraire d’afïiriner que tout est pour le mieux dans les universités allemandes, et il serait non moins injuste de prétendre que les écoles techniques n’ont pas leur utilité et ne répondent pas à un besoin réel de l’industrie.
- Les premières ont donné lieu à une vive critique, tant sous le rapport d’une sorte de relâchement qui y règne, que sous celui de l’insuffisance notoire de beaucoup de candidats. «La liberté académique est un grand bienfait, mais elle comprend fatalement celle de pouvoir gaspiller outre mesure sou temps et son énergie, et, à cela, il n’y a comme contrepoids que le sentiment du devoir et l’amour de l’étude. On ne peut pas dire que la vie extérieure, la vie de plaisir de l’étudiant, soit plus dissolue et fasse perdre plus de temps que jadis, mais, dans tous les cas, il ne possède plus au même degré ce sentiment du devoir et ce désir d’acquérir la haute cullure®, comme autrefois. . 1?
- En ce qui concerne l’enseignement chimique, journaux et tribunes ont retenti des doléances des maîtres et des industriels pendant plusieurs années.
- Toujours soucieux de conserver cette sorte d’hégémonie qu’ils ont acquise dans certains compartiments de la production chimique, les chefs d’usines, bien placés pour se rendre compte du savoir des chimistes qu’ils emploient, sont à même de connaître les lacunes qui proviennent d’un enseignement incomplètement ou mal distribué, et ne se font pas faute de le signaler. Malgré les succès incontestables et incontestés qu’ils ont remportés à l’Exposition de Chicago, malgré aussi l’augmentation sans cesse ascendante de leurs chiffres d’affaires, de leur clientèle, ils n’ont jamais perdu de vue et reconnaissent hautement que la prospérité de leur industrie est due à l’éducation soignée, à l’instruction élevée que les chimistes ont reçu dans les écoles de haut enseignement de l’Allemagne®. Aussi sont-ils constamment préoccupés de modi-
- (I) Der Universitâtsunterricht und die Erfordernisse der Gegenwarl, par le docteur Ernst Bernheim, professeur à l’université de Greisswald. — Dcjisberg, Zeitschrift f. angewandte Chemie, i8i)5, p. 420 : 1896, p. 108.
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- fier, de compléter et de perfectionner ce haut enseignement. Consultation des intéressés à l’effet de savoir quel est le mode d’instruction qui convient le mieux au chimiste industriel, de celui que donnent les universités ou de celui que réalisent les écoles techniques h); enquêtes auprès des maîtres et des industriels, afin de connaître leur opinion sur la valeur respective, i° des diplômes conférés par les différentes écoles de l’empire, 2° du doctorat délivré par les universités; vœu formulé pour qu’on exige de tout candidat chimiste qu’avant d’entrer dans un établissement d’instruction supérieure, il ait fait des études secondaires très complètes et soit muni du certificat (Ahiturientenexamen) qui les couronne®; grand débat relatif aux propositions formulées par divers industriels, auxquels se sont ralliés quelques hommes de science, relativement à l’institution d’un examen d’état (Slaatsexamen) pour les chimistes, examen d’un caractère analogue à celui imposé aux médecins et aux pharmaciens, afin qu’ils présentent plus de garanties de savoir auprès de ceux qui ont recours à leurs offices (ce qui nous paraît absolument illusoire); démarches et sollicitations pressantes auprès des pouvoirs publics en vue de la création de nouvelles chaires, de nouveaux enseignements, de laboratoires et d’instituts de chimie minérale, d’électrochimie et de chimie physique conformes aux progrès actuels de la science, etc.. . . , tout a été mis en œuvre pour se renseigner, s’éclairer, et pour trouver des solutions satisfaisant à la fois les partisans de la liberté d’apprendre, seul moyen de favoriser la réflexion personnelle et de sauvegarder le développement individuel, et ceux qui ont foi dans les examens comme moyen de sélectionner les intelligences.
- Toutes ces enquêtes, ces polémiques et ces discussions, dont les échos ont retenti à plusieurs reprises jusqu’au Reichstag, et auxquelles ont pris part les chimistes les plus éminents et les industriels les mieux qualifiés, ont finalement abouti aux mesures et résolutions suivantes :
- A. Autorisation accordée aux écoles techniques de Prusse de délivrer le titre de docteur aux élèves qui auront fait un travail personnel. Satisfaction purement platonique, qui ne modifiera en rien la valeur individuelle des candidats, mais qui accentuera les rivalités existantes entre les universités et ces écoles.
- Il est même à craindre quelle n’exerce une fâcheuse influence sur l’orienta-
- (1) Chemisette Industrie (1896), t. XIX, p. 1; ('hem. Zeit., 1896, p. A9 ; Dns Studium der
- lechnischen Ckemie........, par M. F. Fischer,
- p. 81.
- (2) Ce vœu a été renouvelé, avec une nouvelle force, au dernier Congrès de la Société des chimistes allemands qui s’est tenu à Dusseldorf du 91 au 9h mai 1909.
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- tion nouvelle quelle 11e manquera pas de provoquer dans les premières, qui se verront délaissées, tant les idées utilitaires ont fait des progrès en Allemagne depuis un quart de siècle.
- B. Institution d’un examen d’Etat pour les chimistes analystes, et en particulier pour ceux qui s’occupent des analyses des matières alimentaires (Nahrungs-mittelchemiker). La pléthore de chimistes qui fréquentent les écoles d’instruction supérieure et les écoles professionnelles tous les ans (9,000 à 0,000^) a une répercussion sur toute la productivité de l’empire. Selon leur savoir, leurs aptitudes, leurs préférences et aussi leur moralité, les uns alimentent ou renouvellent par leur esprit d’invention les divers compartiments de l’industrie chimique; les autres ne sont, au contraire, que de simples mais indispensables rouages dans certaines usines ou dans quelques administrations de l’Etat; il en existe enfin, et ils sont nombreux, qui, ne réussissant pas pour une raison ou pour une autre, et dont la conscience n’est pas étouffée par des scrupules, font de leur science un usage moins noble et la mettent au service de cette catégorie d’industriels qui ne reculent devant aucun moyen pour arriver à faire fortune. On sait en effet combien la contrefaçon sévit en Allemagne. Tout ce qui est l’objet d’une grande consommation est exposé à être falsifié ou à être imité. Les matières alimentaires et les boissons surtout n’échappent pas à ce fléau. Comme les lois répressives de ce genre de délit, sont fort sévères et toujours appliquées, les différents Etats de l’empire, devant la marée montante des falsificateurs et des contrefacteurs, se sont vu contraints de s’entourer de garanties quant aux experts et aux fonctionnaires techniques qui sont, appelés à donner leur avis en cas de poursuite. D’où l’institution d’un examen d’Etat pour les chimistes analystes des denrées alimentaires.
- C. Formation d’une ligue, d’une association entre les chefs de laboratoire des universités et des écoles polytechniques (Verband der Laboratoriurns-Vorstande an deutschen Hochschulen), dont le siège est à Munich, et qui a pour mission de veiller au développement et au progrès de l’enseignement chimique dans les hautes écoles de l’empire.
- Tout chef de laboratoire a le droit de faire partie de l’association.
- Celle-ci cherche à atteindre son but :
- a. En se mettant en relation avec tous les hommes, toutes les autorités et toutes les corporations compétentes;
- (1) Voir Lippmann, ïeitschrift fur an/remandle Cltemie, 189 h, p. 07 h.
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- b. Par une entente sur un ensemble de communes mesures à prendre pour assurer aux étudiants une instruction solide;
- c. Par la publication d’un bulletin de l’association;
- cl. Par des rapports personnels entre les différents membres;
- Les aIVaires de l’association sont gérées par un comité composé d’un président, d’un vice-président, d’un secrétaire, qui est en même temps directeur du bulletin, d’un trésorier et de deux assesseurs.
- L’association tient régulièrement une assemblée générale par an, à l’effet d’examiner les comptes rendus du comité, de procéder aux élections, de fixer l’époque et le lieu de la prochaine réunion, et de statuer sur les admissions.
- L’association se propose avant tout de faire subir à l’étudiant chimiste, devant une commission composée de ses maîtres habituels et présidée par le chef du laboratoire, un examen pratique d’analyse qualitative, quantitative et volumétrique, ainsi qu’une épreuve orale sur la chimie minérale, la chimie analytique et les éléments de la chimie organique.
- Cet examen, qui n’a aucun rapport avec les examens de doctorat et de diplôme, ni avec la question de l’examen d’Etat (Staatsexamen) a pour but :
- i° De donner à l’étudiant une sanction à ses études préliminaires de chi-
- mie;
- 2° De donner aux directeurs d’instituts, d’une part, un moyen de s’assurer si les élèves ayant fréquenté leurs laboratoires ont des connaissances suffisantes dans toutes les branches de la chimie élémentaire, et, d’autre part, de pouvoir se rendre compte du savoir des étudiants étrangers qui viennent d’une autre école ou de laboratoires privés;
- 3° De fournir aux industriels ou à d’autres personnes qui ont recours aux services du chimiste, une sorte de garantie que ce dernier possède l’instruction élémentaire indispensable. Le paragraphe 2 se termine par cette réflexion : ce L’expérience a démontré que les pratiques en usage jusqu’à présent ne pouvaient atteindre ce but (fin.
- Suivent des paragraphes 3, à et 5, qui ont plutôt trait à la façon dont sont réparties les épreuves, et à d’autres questions de détail.
- Comme corollaire, l’instruction ajoute : «Les membres de l’association sont tenus de ne donner un sujet de thèse ou de diplôme qu’aux étudiants munis du certificat de la ligue des directeurs de laboratoiresn.
- (,) Qu’il nous soit permis de faire remarquer que depuis sa fondation, en 1890, nous avons introduit à l’institut chimique de Nancy un examen semblable, qui couronne les dindes de
- chimie générale, d’analyse qualitative et quantitative, de chimie physique et de minéralogie, au bout de la deuxième année de fréquentation des laboratoires de l’institut.
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- Parmi les critiques nombreuses auxquelles a donné lieu renseignement, de la chimie au cours de l’agitation que nous avons signalée, il y en a qui étaient vraiment justitiées. La spécialisation précoce et hâtive de beaucoup de jeunes gens avait souvent pour effet de leur laisser ignorer des chapitres importants de la chimie.
- Ceux qui avaient du goiil pour la chimie organique délaissaient et ignoraient complètement la chimie minérale et l’analyse, et inversement. Il en résultait une instruction tronquée et incomplète.
- La solution trouvée, sans l’intervention de l’Etat et par le seul fait d’une entente amiable, est une sauvegarde de la liberté académique, à laquelle les maîtres les plus autorisés (MM. de Bœyer, Ostvvald, 0. Witt, etc.) tenaient avant tout, en même temps qu’elle permet à l’étudiant de donner un libre cours à son développement personnel. Elle donne en outre satisfaction à tous ceux, professeurs et industriels, qui déploraient l'insuffisance et les lacunes observées dans l’éducation d’un grand nombre de chimistes.
- En 1900, 69. chefs de laboratoires d’universités et d’écoles techniques avaient acquiescé aux statuts de la ligue, et le nombre des jeunes gens ayant subi l’examen de l’association a été : en 1 898 h)} de 22Ô, dont 1.82 à 1 h universités et 42 à 6 écoles techniques; en 1899, de 5o4, dont 87/1 à 19 universités et i3o à 10 écoles techniques; en 1900, de 601, dont Ô5(i à 18 universités et iô5 à 10 écoles techniques.
- Ajoutons que pendant les années 1898-1899, depuis l’origine de la ligue, et 1899-1900, les étudiants des universités et écoles faisant partie de l’association ont soutenu, en 1898-1899^1, 362 thèses en vue du doctorat ou du diplôme de chimiste; en 1899-1900, 31 5 thèses en vue du doctorat ou du diplôme de chimiste.
- Si l’on se rappelle que toutes ces thèses portent sur des sujets originaux et contiennent toutes des découvertes ou des études très développées sur certaines questions de la technique industrielle, on peut se rendre compte de la production intellectuelle intensive dont les hautes écoles allemandes sont annuellement le siège. Nous devons aussi remarquer que toutes les universités et écoles techniques ne font pas partie de l’association, puisque l’empire comprend 22 universités.
- Les résultats que nous venons de donner sont consignés, avec les noms des candidats ayant satisfait à l’examen ou au doctorat, dans le bulletin de la ligue, dont un numéro paraît tous les ans chez les éditeurs Veit et G10, à Leipzig.
- (l) Cette année ne compte qu’un semestre, l’association n’ayant fonctionné qn a la fin du semestre d’été 1 898. — (2) Trois semestres.
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- I). Création de chaires de chimie minérale, de chimie physique et d’électrochimie, et de chimie industrielle, dans les universités et les écoles techniques. Dans la plupart des universités, et cela pour (les raisons d’ordre intérieur, et aussi d’intérêt pour les maîtres, la chimie minérale et la chimie organique étaient et sont encore enseignées par le même professeur. Or, comme la grande majorité des savants allemands ont une prédilection pour la chimie organique, il en résulte que la jeunesse s’oriente de préférence vers cette science et que les travaux de recherche portent surtout sur la chimie organique. Les découvertes de chimie minérale laites à l’étranger, notamment en France et en Angleterre, n’ont pas manqué d’attirer l’attention des hommes de science et des industriels, qui ont demandé avec instance la création de chaires et d’instituts de chimie inorganique (lé Jusqu’à présent, il n’a guère été donné satisfaction aux promoteurs de ces créations. Il existe cependant des chaires et des laboratoires de chimie minérale aux académies de Freiberg, de Glaustahl et de Munster, ainsi qu’à l’université de Munich. Quant aux écoles polytechniques, elles possèdent toutes un enseignement spécial de cette partie de la chimie.
- Nous avons déjà eu l’occasion de signaler les nombreuses créations de chaires de chimie physique et d’électrochimie, qui ont été faites depuis que des applications nombreuses, découlant d’études faites dans ce dernier domaine de la science, ont été réalisées dans l’industrie
- Quant aux enseignements de chimie industrielle et de technologie, à part les Universités de GreissAvalcl, d’Iéna, de Marbourg, de Munich, de Rostock et de Tubingue, toutes les autres possédaient en 1896-1897 un enseignement sur les applications soit de la chimie minérale, soit de la chimie organique.
- Inutile d’ajouter que, dans toutes les Ecoles techniques, il existe des chaires de technologie chimique.
- E. Créations d’instituts et de laboratoires de chimie. — Dans notre rapport sur l'Exposition de Chicago nous n’avons pas manqué d’insister sur les sacrifices qu’ouf fait et que font constamment les différents Etats pour maintenir leurs instituts de chimie, et leurs chefs, dans une situation qui leur permet non seulement de former la jeunesse à la laborieuse carrière de chimiste, mais encore de contribuer par leurs recherches à l’avancement de la science.
- (1) Voie, à cel égard, Chem. Zeil, 1898, p. 971, et 1899, p. 35, et aussi la longue polémique soulevée par le projet de création d’une chaire et d’un institut de chimie minérale à Got-liligue, Cliein. Zeil., 1900-1901. Voir aussi le dis-
- cours du docteur Boltinger, député au Reichstag, à l’assemblée générale de la Société d’électrochimie, Zcilschr.f elcctrochemie, 1897-1898, p. 21.
- Voir aussi : A. Haller , Revue générale des sciences pures et appliquées, l. VIH, 1897, p. 228.
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- J)ej)uis celle époque, nombreuses sont les créations et les reconstructions effectuées dans les Universités et les Ecoles techniques.
- C’est l’institut chimique de Halle qui a été reconstruit à nouveaux frais (375,000 francs) bien que l’ancien établissement, devenu trop exigu, 11e datait que de 3o ans.
- C’est l’institut de chimie de Wurzbourg, en Bavière, à la construction duquel on a consacré 802,5oo francs et où il y a place pour 148 étudiants. Le Grand duché de Hesse-Darmstadt n’a pas fait des sacrifices moindres et a voté en j 895 une somme de 52/1,000 francs pour l’érection d’un institut de chimie et d’électrochimie à Darmstadt.
- L’Ecole polytechnique de Carlsruhe n’a pas été moins bien partagée par le Gouvernement badois qui, en 1895, lui a voté 750,000 francs pour la construction d’un institut électrotechnique et qui, récemment encore, vient de lui voter près de 500,000 francs pour un institut chimique.
- Gottingue de son côté a eu le privilège de posséder le premier institut autonome de chimie physique et d’électrochimie pour lequel M. Nernst, son savant directeur, a eu 180,000 francs de l’Etat et un don de 2 5,ooo francs de la Société Krupp et C'c, d’Essen.
- Peu de temps après, son maître M. Ostwald, de l’Université de Leipzig, obtint h50,00o francs, plus l’emplacement, pour la construction d’un institut de chimie physique qui comprend des laboratoires modèles et un pavillon d’habitation des plus confortables pour son directeur.
- Mais, de toutes les Universités, la mieux dotée a été celle de Berlin. Bien que son institut de chimie, créé par Hoffmann, fut de date relativement récente (1868), le gouvernement prussien, sur la demande de M. E. Fischer, mit, dès 1897, à la disposition de l’éminent savant, une somme de 2,062,500 francs en plusieurs annuités, dont i,5oo,ooo francs environ ont été consacrés au bâtiment principal, 60,000 francs pour le bâtiment des machines, 70,000 pour le logement du directeur, plus de 000,000 pour l’aménagement intérieur et environ 5o,ooo pour diverses constructions secondaires. Ces magnifiques laboratoires comprennent 260 places, pour les élèves, et 2 5 autres pour des étudiants plus avancés qui désirent se consacrer à des recherches originales.
- D’autres universités ou écoles, comme celles de Kœnisberg, de Marbourg, d’iéna, de Fribourg, de Breslau et l’académie de Munster, ont eu des sommes plus ou moins considérables -pour l’agrandissement ou la reconstitution de leurs laboratoires de chimie. El ce n’est pas toujours uniquement l’Etat qui fournit les sommes nécessaires, mais des particuliers ou des Sociétés conlri-
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- huent souvtml. aux Irais que nécessitent les travaux. C’est ainsi que la maison Zeiss à donné il y a quelques années une somme de G‘i5.ooo francs pour la reconstruction de l’université d’iéna; un anonyme y a ajouté ia5,ooo francs, et la ville même a voté pour le même but 187,^50 francs.
- Ces sortes de donations de la part du public 11e sont pas rares en Allemagne. En moins de y ans, 1885-189/1, l’Université de Berlin seule a reçu environ a,221,36s francs. 11 est vrai que cette somme ne doit pas être consacrée à des constructions. L’université ne dispose que des intérêts qui sont destinés à être distribués en bourse aux étudiants nécessiteux, à encourager les travaux originaux, à permettre soit à des jeunes docteurs, soit à des agrégés, de faire des voyages d’études, etc.
- Pour en revenir aux laboratoires de chimie, «leur direction est toujours confiée à des hommes d’une haute autorité scientifique et qui se donnent pour tache, non seulement d’initier la jeunesse à la pratique de la chimie, mais encore et surtout d’éveiller en eux l’esprit de recherches et de susciter leur initiative dans la voie des découvertes.
- C’est avec de tels moyens et avec une telle conception de leurs devoirs que les chimistes allemands sont arrivés à accumuler cette masse de matériaux dans toutes les branches de la science chimique; c’est en instituant ces usines de science pure et appliquée, qu’ils ont réussi à former ces légions de chimistes qui peuplent non seulement les laboratoires et les fabriques allemandes, mais encore bien des universités et des usines étrangères. Il est en effet à remarquer que ce ne sont pas uniquement ses nationaux que l’Allemagne attire et instruit, mais encore les étrangers. Ceux-ci y affluent, en partie à cause de la réputation des universités, en partie aussi, il faut le reconnaître, à cause de la facilité avec laquelle on y obtient le grade de docteur 6); et, de retour dans leurs foyers, ils gardent le souvenir des maîtres qui les ont instruits et de la nation qui les a accueillis.
- C’est ainsi que, l’émigration d’une partie de la nation aidant, se fait la diffusion de la science allemande, des idées allemandes et. . . des marchandises
- (1) La facilité avec laquelle les Hautes Écoles allemandes accordent aux étrangers les moyens d’acquérir le Doctorat en philosophie, ou le diplôme de chimiste, a ses inconvénients. Aussi a-t-on entrepris une campagne à l’effet d’exiger de tous les candidats, tant nationaux qu’étrangers, qui se présentent au Doctoral, un diplôme ou un certificat attestant qu’ils ont une instruction secondaire suffisante. (Baccalauréat, habiturien-
- lenexamen.) Cette mesure déjà appliquée à Berlin depuis 1900, s’adresse surtout aux étrangers (anglais et américains), et a pour cause le discrédit dans lequel est tombé le doctorat en philosophie, parce qu’on accepte dans les Hautes Ecoles n’importe quel candidat, quelle que soit son éducation première.. ( Chem. Zeil., 1898, p. 865, 899, 920, 981 , 1019; 1900, p. 291.)
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- et produits allemands. Propagande naturelle, n’exigeant point d’elforl el toute au bénéfice de l'Allemagne qui recouvre ainsi au centuple les sacrifices qu'elle tait pour son enseignement 0). »
- Dans ce qui précède, nous avons résumé, aussi fidèlement que possible, les principaux points soulevés dans ce grand débat, dont renseignement chimique dans les Hautes Ecoles a fait les frais, pendant une période de dix ans environ. Bien des lacunes, bien des faiblesses et aussi bien des inquiétudes sur les tendances actuelles ont été dévoilées par des esprits éclairés et avant tout soucieux de la haute culture du peuple allemand.
- Au moment même où-l’industrie chimique, comme d’ailleurs toutes les autres industries de l’empire, est arrivée à l’apogée de sa grandeur, il n’est pas sans intérêt de constater que loin de se reposer sur leurs lauriers, pouvoirs publics, hommes de science et chefs d’industrie songent à l’avenir et se mettent en mesure de pouvoir conserver cette sorte d’hégémonie qu’ils ont acquise grâce à leur organisation scientifique. La voie dans laquelle ils semblent vouloir s’engager est-elle la vraie pour arriver au but cherché?
- Quoiqu’il en soit, pour ceux que ce long débat intéresserait, nous signalerons : i° la brochure du professeur Alex. Naumann de Giessen, intitulée Die Chemikerprüfung, etc.; 2° la brochure de M. Lossen, directeur de l’Institut de chimie de l’université de Kœnisberg : Ausbildung und Examina der Chemilcer; 3° un gros fascicule intitulé: Das sludium der technischen Chemie an den Univer-sitàlen und technischen Hochschulen Deutschlands, sorte de reproduction et de résumé de toutes les discussions, enquêtes et résolutions prises jusqu’en 1897, par M. le professeur Ferd. Fischer de Gôttingue; enfin, une série d’articles, de comptes rendus de discussion au Reichstag ou au sein de la Société pour la défense des intérêts de F industrie chimique allemande, de Tassociation des chimistes allemands et de la Société d’électrochimie, qui est devenue depuis Société de Jhinsen, tous articles et comptes rendus parus dans Chemiker Zeitung du D* Krause, dans Zeitschrift fur angewandte Chemie du Dr Ferd. Fischer, dans Chemische Industrie, et dans Zeitschrift fur Lleklro-Chemie.
- Résultats obtenus. — Nous venons de donner un aperçu des ressources dont dispose la science allemande et des nombreux foyers d’où cette science rayonne et se répand à travers l’Empire.
- Nous allons voir maintenant comment elle est mise en œuvre par l’industrie et quels sont les bienfaits que celle-ci en retire.
- La chimie est depuis longtemps en Allemagne une carrière. 11 11’est pas (,) A. Haller, toc. cit.
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- une usine de produits chimiques, de matières colorantes, de produits pharmaceutiques ou de parfums; il n’est pas une teinturerie, pas une fabrique de tissus imprimés, etc., qui n’emploie un ou plusieurs chimistes.
- Gomme nous avons déjà eu l’occasion de le dire, il en est même, et elles sont nombreuses, qui, à côté des ateliers de fabrication toujours dirigés par des chimistes, possèdent de vastes laboratoires, de véritables usines de recherches qui, au point de vue des aménagements peuvent rivaliser avec les plus beaux instituts des universités ou des écoles techniques. Ces laboratoires sont peuplés de cliimisle5 qui, la plupart, ont déjà fait leurs preuves, et dont la fonction est de poursuivre des recherches, dans une direction déterminée et utile à l’industrie qui les emploie.
- Le choix de ces collaborateurs ne se fait pas au hasard, et il ne suffit pas d’être muni d’un diplôme pour être accrédité; comme lorsqu’il s’agit de pourvoir à un enseignement dans les Hautes Ecoles, beaucoup d’entre eux sont appelés sur la foi des travaux qu’ils ont publiés et la réputation qu’ils ont acquise dans la spécialité à laquelle ils se sont voués à).
- Les industriels sont toujours à l’affut et au courant des originalités qui se révèlent, et sont prêts à faire les offres les plus brillantes aux laborieux qui, par leurs découvertes, peuvent ajouter à la prospérité de leur établissement.
- Un trait non moins significatif qu’il convient de citer : lors même qu’ils sont rétribués par les usines auxquelles ils sont attachés, beaucoup de chimistes gardent la propriété scientifique de leurs découvertes, dont l’exploitation seule, protégée par la prise de brevets, appartient à fusille.
- Enfin, dans la plupart des établissements, pour susciter l’émulation, on attribue à l’auteur d’un produit, d’un procédé nouveau ou d’une amélioration une part des bénéfices qu’entraîne la découverte ou le perfectionnement. Voilà pour le travail intérieur des usines. Mais celles-ci ne se bornent point à mettre en action leur propre personnel. Elles s’attachent encore souvent, comme conseils, les professeurs des Hautes Ecoles les plus renommés, ou s’assurent la propriété de leurs découvertes éventuelles. Les savants, en Allemagne, ne dédaignent d’ailleurs pas de prendre, eux-mêmes, des brevets qu’ils cèdent ensuite aux fabriques qui désirent les exploiter.
- (t) Dans les notices concernant les différentes maisons qui ont pris part à l’Exposition, on verra le nombre de chimistes qu’elles emploient. Les usines de matières colorantes sont naturellement celles qui en emploient le plus. C’est ainsi qu’à la Société badoise, il y en a 148 ; qu’aux Farben-l'abriken d’Elberfeld-Leverkus, il en existe 145 :
- Gn. XIV. — Ci.. 87. — T. II.
- que l’usine de Hoechst en possède 128; que Cassella et C!c en emploient 80 ; qu’à l’Actien Gesellsehaft fur Anilin fabrikation, il y en a 55, etc.... D’autres maisons, comme celle des Merck de Darmstadt qui ne fabrique que des produits pharmaceutiques, n’en emploient pas moins de 5o, etc.
- FRIE NATIONALE
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- On le voit, c’est un vrai drainage de la production scientifique au profit de l’industrie. Toutes les réactions, tous les procédés de synthèse nouveaux, qui sont susceptibles de recevoir une application immédiate ou éventuelle, sont brevetés et monopolisés par l’industrie nationale. Il faut reconnaître que, si les progrès de la chimie pure ont exercé une influence féconde sur l’indusflie, celle-ci a fait bénéficier la science de nombreux perfectionnements réalisés dans ses usines. De plus, grâce à l’étendue et à la puissance des moyens qu’elle met en œuvre, l’industrie, par son concours, a permis à bien des savants allemands de mener à bonne lin des recherches qu’il eut été impossible de réaliser sans de fortes dépenses et de grandes pertes de temps, dans les laboratoires des Hautes Ecoles W. •»
- Les bienfaits, que l’industrie allemande a tiré de l’ensemble des moyens qu’elle a à sa disposition, se traduisent non seulement par l’augmentation sans cesse croissante de ses transactions avec l’étranger et de ses usines, mais encore par l’amélioration des salaires des ouvriers, et le rendement des valeurs mises en œuvre.
- Dans le tableau suivant, nous donnons un aperçu de l’accroissement constan t du. nombre d’exploitations enrôlées dans la Berufsgcnossenschaftfür Chemiscken Industrie, ainsi que Taugmentation parallèle du nombre des ouvriers employés, du salaire total distribué et de la moyenne annuelle du salaire total par ouvrier (l’année comptant ooo jours de travail) :
- ANNÉES. tt ci vrc 1 J 11 IU D 1 L11) C SALAIRE
- U Ol il ih O. OUVRIERS. TOTAL. PAR TÊTE D ’ OUVRIERS.
- 1887 4,a35 8a,211 francs. 78.387,975 IV. c. 946 4o
- 1888 4,464 84,3i5 8q,o55,oi6 973 49
- 1889 4,809 90,585 89,i38,i25 988 37
- 1890 5,o43 97’M 100,093,370 1,026 56
- 1891 5,2 73 100,286 io'i,819,946 i,o45 20
- 1892 5,393 102,101 112,267,067 1,089 7^
- 1893 5,6oi 106,006 117,662,110 1,°99 11
- 1894 ... CO [>• 11 o,348 123,281,882 1,106 20
- 1895 5,947 114,581 129,333,122 1,117 5o
- 1896 6,144 12,4 00 142,109,598 i,i45 72
- 1897 6,3i6 i3i,ioo i5i,i25,ooo 1,15 2 53
- 1898 6,589 i35,53o 162,000,000 1,185 38
- 1899 6,911 143,i 19 174,600,000 1,217 i5
- 1900 7,l69 i53,oi 1 i93,652,i37 i,253 5o
- (1) Les considérations sur les résultats obtenus, que nous venons de développer, sont, à peu de chose près, celles qui ont figuré dans l’introduction de notre rapport sur l’exposition de Chicago. Elles sont toujours d’actualité.
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- Il résulte de ce tableau que, pendant ces quinze dernières années, le nombre d'usines créées, et la population d’ouvriers qu’elles occupent, ont presque doublé. Quant aux salaires totaux, ils ont augmenté de plus du double tandis que le salaire individuel moyen s’est accru d’un tiers, puisque, de 3 francs par jour, il est passé à h francs.
- Les dividendes moyens distribués aux actionnaires des 121 sociétés par actions^1) qui sont tenues, par la loi, de publier leur bilan tous les ans, ont également suivi une marche ascendante jusque vers l’année 1898, époque à laquelle ils se sont à peu près maintenus au même taux.
- ANNÉES. DIVIDENDES. ANNÉES. DIVIDENDES.
- 1887 P- 0/0. 8.92 9-78 10.58 îa . 81 11.39 11.92 12.18 1894 p. 0/0. 13.4 4 12.71 1 2.3o 12.11 12.69 i3.5a j 12.33
- 1888 1895
- 1889 1896
- 1890 1897
- 1891 1898
- 1892 1899
- 1893 1900
- <r
- b
- Si maintenant nous considérons les dividendes distribués par les sociétés, roupés suivant leur spécialité, nous arrivons aux résultats suivants :
- ANNÉES. GRANDE INDUSTRIE CHIMIQUE. PETITE INDUSTRIE CHIMIQUE. MATIÈRES COLORANTES ARTIFICIELLES. EXPLOSIFS. ENGRAIS. ALLUMETTES ET PRODUITS , SIMILAIRES.
- p. O/O. p. 0/0. p. O/O. p. 0/0. p. 0/0. p. O/O.
- 1886 5.74 i3.44 9-9^ 17.18 2.27 6.17
- 1887 6.68 i5.84 i3.25 i5.00 5.29 8.3l
- 1888 7.44 11.86 i5.44 16.4o 8.25 8.88
- 1889 7.44 11.71 17.50 i3.46 io.45 7.45
- 1890 7-77 i5.48 20.76 19.30 10. i4 5.25
- 1891 7.51 12.27 20.93 12.46 9.53 8.90
- 1892 8. o4 i3.go 23.19 14.3i 9-75 6.06
- 1893 10.52 i3.25 23.86 15.97 8.62 7.61
- 1894. 12.33 11.89 a3.27 16.22 7.00 6.06
- 1895 10.91 10.82 23,5g 17.49 4. o4 7.3o
- 1896 12.5i 9.53 23.59 i4.41 2.43 8.00
- 1897 12.2 4 8.21 22.09 i4.75 2.66 8.74
- 1898 13.4i 9-78 22.26 i4.28 3.46 9.58
- 1899 i3.83 13.12 22.46 i3.02 7-48 8.77
- 1900... 12.68 io.64 20.44 ii.63 6.67 9-9^
- i).
- (l) En 1899, le nombre des sociétés par actions n’était (pie de 89.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Tous ces chiffres sont extraits des rapports, très documentés, que fait M. 0. Wenzel à la Société pour la défense des intérêts de Vindustrie chimique allemande, tous les ans, dans le courant du mois de septembre. L’auteur ne se borne pas simplement à donner des chiffres, mais il les accompagne de commentaires et appelle l’attention des industriels sur les différents points qui peuvent les intéresser. Ces rapports sont toujours très suggestifs et permettent de se faire, périodiquement, une idée assez nette de l’état de l’industrie chimique en Allemagne.
- Ces statistiques ne s’appliquent, naturellement, qu’à un nombre restreint de maisons (121), si l’on considère l’ensemble des exploitations en activité; mais elles montrent nettement que, malgré l’énorme extension donnée à la fabrication des produits chimiques, celle industrie travaille toujours encore à un taux rémunérateur dans toute l’étendue de l’empire.
- ANGLETERRE.
- On aurait une fausse idée de l’importance de l’industrie chimique anglaise si on la jugeait uniquement par les quelques maisons, bien qu’elles fussent de premier ordre, qui ont participé à l’Exposition de 1900.
- Comparée à ce qu’elle était il y a vingt ou trente ans, la situation de cette industrie est, il est vrai, loin d’ètre prospère, mais les transactions auxquelles les produits chimiques donnent lieu avec les pays étrangers sont encore très conséquentes.
- Voici le tableau, en livres sterlings, des produits chimiques importés et exportés pendant la dernière décade W :
- ANNÉES. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- livres sterling. livres sterling.
- 1890 8,190,389 8,961,8/19
- 1891 7,3l4,377 8,882,059
- 1892 7,707,390 8,587,560
- 1893 <3,335,6i9 8,68o,3i3
- 1894 6,319,59/1 8,470,620
- 1895 6,558,8o3 8,288,8.81
- 1896 6,776,920 8,242,9.86
- 1897 0,998,5/19 8,698,688
- 1898 5,/i84,/42o 8,399,213
- 1899 5,768,37/1 8,85 6,813
- 1900 5,569,087 9,271,510
- Toute celle statistique est extraite du Journal of ihe Society oj Chem. Industry, qui la lire
- même du Journal of the Board of Trade.
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- INTRODUCTION.
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- Gomme ces chiffres le montrent, à part les exportations de Tannée 1900, l'ensemble des transactions a progressivement diminué depuis Tannée 1890.
- Nous avons vu que l’inverse s’est produit avec l’Allemagne, dont les importations et les exportations de produits chimiques ont constamment augmenté depuis Tannée 1890.
- Bien que les rubriques sous lesquelles sont groupés les produits chimiques et les matières premières, dans les deux pays, ne soient pas absolument comparables, il n’en est pas moins intéressant de faire cette comparaison.
- DÉSIGNATION. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- O O f CO 1900. 1890. 1900.
- Allemagne Angleterre. . . - francs. 1 39,920,000 20/1,759,725 francs. 14i,i8i,a5o 138,975,925 francs. 302,637,500 22/l,l/l6,225 francs. Zi/io,/i/i2,5oo 231,787,750
- Dans les chiffres concernant l’Allemagne, nous n’avons fait figurer que ceux qui ont trait aux produits chimiques fabriqués. D’autre part, comme nous le faisons remarquer plus liant, au point de vue des exportations anglaises, Tannée 1900 était pour ainsi dire une année exceptionnelle, car si nous envisageons le chiffre de 1899, qui est déjà une année où l’industrie anglaise semble remonter la pente, nous constatons que ses exportations en produits chimiques sont évaluées à 92 1,365,325 francs, chiffre de 3 millions inférieur à celui de Tannée 1890.
- Ainsi, à l’heure actuelle, alors que les exportations des produits chimiques anglais sont restées stationnaires pendant ces derniers dix ans, l’Allemagne a vu augmenter les siennes progressivement de plus d’un tiers dans la même période, et, en 1900, ses exportations atteignaient presque le double de celles de sa rivale la plus redoutée.
- cMalgré leur esprit de négoce et leur sens pratique, malgré l’énergie déployée et les capitaux énormes mis en œuvre, malgré leur organisation commerciale et l’esprit de solidarité qui les anime, en un mot, malgré toutes leurs qualités d’initiative, les Anglais sont atteints dans une de leurs industries dont ils sont le plus fiers. Avec des richesses houillères qui ne sont comparables qu’à celles des Etats-Unis, des colonies florissantes où ils opèrent un triage minutieux des produits les meilleurs, une flotte puissante qui leur permet d’opérer les transactions à des conditions auxquelles aucun peuple du continent ne peut atteindre, il semblait que les industriels anglais eussent tous les éléments né-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- cessaires pour garder la supériorité qu’ils possédaient au point de vue qui nous occupe.
- ce S’ils peuvent encore lutter avec avantage dans certaines branches de l’industrie chimique, en particulier dans la grande industrie, cela tient uniquement à des conditions économiques favorables et aux moyens mis en action. •»
- Ainsi qu’on le voit, depuis que ces lignes ont été écrites (1893), la situation ne s’est guère modifiée, elle a plutôt empiré. Les Etats-Unis étaient jadis les meilleurs clients des industriels de la Grande-Bretagne. Or, le marché se rétrécit de plus en plus pour les Anglais, soit que certaines branches de l’industrie, et en particulier celle concernant les gros produits, tend à se développer davantage en Amérique, soit que les produits allemands évincent peu à peu ceux de l’Angleterre.
- Gomme les industriels allemands, les Anglais ont cependant le sentiment de la force que procure le groupement bien compris des intérêts. Gomme eux et sous le nom de Society of Chemical Industry, les fabricants de produits chimiques de la Grande-Bretagne se sont syndiqués, en 1881, en une vaste association ayant son siège principal à Londres, avec des sections à Glas-cow, Liverpool, Manchester, Nottingham, Newcastle, Yorkshire, voire même à New-York, aux Etats-Unis, et à Toronto, au Canada, sections ayant chacune son bureau composé d’un président, d’un vice-président et d’un secrétaire. Des réunions fréquentes ont lieu au siège de chacune des sections; on y discute les intérêts de l’industrie régionale, et, souvent, un ou plusieurs membres résument, sous forme de conférence, les progrès réalisés dans une des branches de la chimie appliquée qui intéresse particulièremeut celte industrie régionale.
- Ces conférences, qui donnent presque toujours lieu à des discussions où chacun communique le résultat de ses propres observations, sont ensuite publiées in extenso dans le journal de la société et établissent ainsi, entre les membres de l’association, un courant d’idées et de renseignements éminemment utiles à l’industrie.
- Le Journal of the Society of Chemical Industry a encore pour objet de résumer et de grouper sous vingt-quatre rubriques, correspondant à autant de parties de la chimie appliquée, les découvertes récentes, les patentes, les améliorations ayant trait à chaque groupe. Les renseignements d’ordre commercial, les importations et les exportations, les cours des produits intéressant l’industrie chimique sur les différents marchés du monde, complètent ce recueil qui est certainement un modèle dans son genre, et qui n’a pas son pareil, même en Allemagne.
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- INTRODUCTION.
- liii
- Sa rédaction est confiée à un secrétaire spécial, appointé par la Société, et assisté par un groupe de cinquante collaborateurs. Moyennant une cotisation annuelle de 32 francs, chacun des membres de la Société reçoit le journal, qui paraît tous les mois.
- La première année de sa fondation la Société se composait de 1,1 ô o membres ; en 1895 elle en avait 2,895, et en 1902 le nombre s’élève à 3,786. Elle possède actuellement un capital de 3o5,ooo francs.
- Gomme nous l’avons vu, tous ces efforts combinés n’empêchent cependant pas l’industrie chimique anglaise, considérée dans son ensemble, d’être dislancée par l’industrie allemande, sa rivale.
- Il ne suffit pas, en effet, de se croire le premier peuple du monde, d’avoir de l’énergie, de l’endurance et de la ténacité pour vaincre sur ce champ de bataille de l’industrie où, quoi qu’on en dise; les qualités dominantes sont encore le savoir, l’esprit d’initiative et d’observation, quand ils sont servis par un travail persévérant et méthodique.
- Faire du commerce, de l’industrie, de l’agriculture une sorte de sport ne saurait réussir indéfiniment, d’autant plus qu’on se heurte, tôt ou tard, à des peuples plus jeunes, plus vigoureux, non moins endurants et tenaces, et ayant à un degré plus élevé encore cet esprit d’indépendance et cette audace qui ont si bien réussi jusqu’à présent aux Anglais.
- Or, si l’industrie chimique anglaise est battue par l’industrie allemande, différentes autres branches de son activité nationale sont non moins gravement atteintes, précisément par l’industrie d’un peuple qui ne le cède en rien, comme esprit entreprenant, au peuple britannique, nous voulons parler des Etats-Unis.
- Les progrès des Etats-Unis durant ces dernières années ont, en effet, été considérables. Sauf en 1899, les exportations de produits américains sont allés sans cesse en augmentant, tandis que les importations se maintenaient, comme le montre le tableau suivant :
- ANNÉES TERMINÉES LE 30 JUIN. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS DES PRODUITS AMERICAINS.
- 1879 livres sterling. 99,000,000 i 5a,4oo,ooo 162,400,000 169,300,000 1 28,300,000 145,200,000 177,000,000 livres sterling. 145,4oo,ooo 165,200,000 179,800,000 215,000,000 35q,ioo,ooo 25o,8oo,ooo 285,000,000
- 1895
- 1896
- 1897
- 1898
- 1899
- 1900
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- Pendant la même période, le commerce anglais suivait un mouvement inverse : les importations progressaient tandis que les exportations restaient presque stationnaires :
- ANNÉES. IM P O K T A TIO N S. EXPORTATIONS DES PDODÜITS ANGLAIS.
- 1892 livres sterling-. 4a3,8oo,ooo livres ste. ling. 227,000,000
- 1893 4o8,5oo,ooo 218,000,000
- 1894 4o8,3oo,ooo 2 1 0,800,000
- 1895 4i6,600,000 225,800,000
- 1896 44i,8oo,ooo 240,100,000
- 1897 458,ooo,ooo 234,200,000
- 1898 470,300,000 233,4oo,ooo
- 1899 485,ooo,ooo 254,4oo,ooo
- 1900 1901 5a3,600,000 5aa,3oo,ooo 291,452,000 280,498,000
- Ainsi que le faisait remarquer avec beaucoup de justesse M. Jacques Bar-doux, dans une de ses lettres anglaises : ce Qu’on le veuille ou non, devant de pareils chiffres, l’existence d’une rivalité dangereuse entre l’Amérique du Nord et le Royaume-Uni s’impose singulièrement à l’esprit du lecteur impartial 0).
- crPlus dangereux que les produits allemands, parce qu’ils sont soutenus par des capitaux plus considérables et qu’ils masquent, sous l’identité des langues, la différence des races, les produits américains envahissent, d’une manière plus complète et plus définitive, les marchés coloniaux. . . 11
- Gomme on le verra au chapitre de la grande industrie chimique, celle où l’esprit entreprenant et tenace des industriels anglais a laissé les traces les plus profondes, où les innovations, les perfectionnements introduits par leurs ingénieurs se sont succédés pendant un demi-siècle et ont fait loi sur le continent, la production générale et partant les exportations des produits qui relèvent de cette industrie vont sans cesse en diminuant.
- Les autres compartiments de l’industrie chimique, là où il faut montrer encore davantage cette instruction solide et ce savoir profond auxquels nous avons fait allusion plus haut, ne sont pas mieux partagés. Il en sera ainsi tant que l’industrie anglaise n’aura pas conclu un pacte étroit avec la science pure, dans la personne de chimistes instruits et ayant l’esprit d’initiative.
- Les conseils et les exhortations dans cette voie ne lui ont cependant pas manqué, car depuis un quart de siècle, des hommes éminents appartenant à
- n) Journal des Débals du 3o octobre 1901.
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- INTRODUCTION.
- LV
- toutes les classes de la société dirigeante, ont appelé l’attention des industriels sur la nécessité qui s’impose à eux de s’adjoindre des collaborateurs élevés à l’école du savoir précis, profond et non superficiel.
- Des hommes politiques comme lord Roseberry W, lord Balfour^, des industriels comme MM. Tyrerl3 *) .LevinsleiiU *'1), Stanley Kippingt5), et la plupart des présidents qui se succèdent tous les ans à la tête de la Société de l’industrie chimique, reconnaissent que la supériorité de l’Allemagne sur la Grande-Bretagne réside uniquement, en ce qui concerne l’industrie chimique, dans la mise en valeur des forces intellectuelles bien armées que le pays possède, grâce à une organisation judicieuse et à tous les degrés, de son haut enseignement. Dans son discours du mois de juin dernier, à Liverpool, M. Ivan Levinstein (6), en ouvrant les séances de la société en question, fait de nouveau un tableau peu flatteur de la situation de l’industrie et de celle des écoles techniques du Royaume-Uni : « L’espoir des libres échangistes, dit-il, que l’Angleterre deviendrait l’entrepôt et l’atelier du monde entier, n’a été réalisé que pendant un temps très court. A l’heure présente, l’Angleterre est dans une situation bien moins favorable. Le commerce des Etats-Unis a déjà dépassé le nôtre et actuellement s’impose la lâche de disputer à rAllemagne, dans cette lutte sans cesse croissante, la seconde place. Pendant que le commerce de l’Allemagne a constamment progressé durant ces dix dernières années, celui du Royaume-Uni a. suivi une marche inverse. Ces progrès de l’Allemagne sont dus à plusieurs facteurs parmi lesquels il faut citer : la quantité considérable de techniciens, à l’esprit cultivé, dont elle dispose, l’alliance intime de la science et de l’industrie, une législation qui s’inspire des besoins du commerce et de la production nationale, un fret moins élevé, la loi sur les patentes, etc. . .
- En Angleterre, il faudrait, entre autres réformes : la nomination d’un ministre du commerce très compétent en fait de technique, la nationalisation des cours d’eau, la multiplication et la réorganisation des écoles d’enseignement secondaire, la refonte de la loi sur les brevets. . . La question de l’instruction est surtout de la plus haute importance; pour le commerce et l’industrie, l’instruction élémentaire, qui n’est sujette à aucune critique, n’est pas suffisante; il faudrait organiser fortement des écoles d’instruction moyenne (enseignement secondaire) non spécialisées. . .
- (1) Discours prononcé à l’inauguration de m Journal of Society of Chem. hui. 1886,
- l’Ecole technique d’Epsom (1896). p. 351.
- (3) Discours à Sheffield, novembre 1896. (r,) Ibid. 1900 et Chem. Zeit., p. 1089.
- (3) Journ. of. soc. of Chem ind. 1896, p. (c) Chem Zeit 1909, p. 687.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- J,VI
- Jusqu’à présent l’argent dépensé pour l’instruction technique l’a été inutilement. Sur 5à soi-disant écoles techniques, il y en a 22 qui n’ont pas cl’élèves dans la journée et ne sont fréquentées que le soir. La totalité des étudiants qui, en Grande-Bretagne et en Irlande, suivent régulièrement, et de jour, l’enseignement qui se donne dans les universités et les écoles techniques ne dépassent pas 3,878, chiffre moins élevé que celui des élèves des écoles d’instruction supérieure de Berlin seul. . .
- La supériorité des techniciens et des chimistes allemands réside surtout dans leur haute culture. . . •»
- Dans ce concert d’exhortations à l’adresse des industriels et aussi du gouvernement, la voix de savants comme M. Armstrong, M. Meîdola, M. Perkin, le fondateur de l’industrie des matières colorantes en Angleterre, M. W.Ram-say, M. Green, M. Dewar, n’est,pas moins éloquente. Dans une lettre au Times^ le premier dit : explicitement : cc Après une étude très sérieuse de notre système d’éducation et une pratique longue de 2 5 ans comme maître et examinateur, je ne cesse de me féliciter d’avoir fait mes études à une université allemande et non dans une école anglaise; j’y ai non seulement appris à travailler, mais j’ai conservé intacte ma vigueur d’esprit, et mon développement individuel n’a pas été entravé comme il l’aurait été avec notre mode d’instruction. Tout en le regrettant amèrement, je me promets d’élever mes quatre fils suivant la méthode allemande et non suivant la méthode anglaises.
- De son côté M. Green, l’auteur de la découverte des primulines, après avoir montré l’avance qu’avait, il y a vingt ans, l’industrie anglaise sur l’industrie du continent à laquelle elle livrait presque toutes les matières premières pour la fabrication des couleurs artificielles, marché quelle est également en train de perdre par suite de la création des fours à récupération et des distilleries de goudron sur le continent, ajoute : ccPar suite de l’imprévoyance, de l’ignorance, du défaut cl’esprit d’entreprise de ceux qui avaient en mains l’industrie des couleurs de ce pays, nous avons perdu toute chance de succès. Le capitaliste a laissé passer comme ne donnant pas des bénéfices suffisants, une industrie qui à présent se chiffre par 2 2 0 à 2 5o millions de francs par an, et dans laquelle son confrère allemand cueille un dividende de presque 20 p. 100. Le fabricant anglais a considéré qu’une connaissance du marché du benzène était de plus d’importance que la connaissance de la théorie du benzène; et après les premiers et les plus beaux jours de l’enfance de l’industrie, quand, guidés par des hommes éminents comme Hofmann, Perkin, Nicholson,
- (l) Février 1896. — (2) Revue des matières colorantes, t. VI (190a), p. 9.
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- INTRODUCTION.
- LV1I
- le progrès commercial et la recherche scientifique marchaient la main dans la main, les chimistes et les inventeurs n’ont guère été encouragés ici. L’exercice de l’industrie passa malheureusement bientôt dans les mains d’hommes qui ne connaissaient ni appréciaient la science sur laquelle reposaient leurs affaires; occupés uniquement à en tirer de gros profits, ils décourageaient ceux qui se livraient aux recherches scientifiques, les considérant comme un gaspillage de temps et d’argent. Le chimiste, qui se dévouait à trouver la constitution chimique d’une matière colorante, était considéré par eux comme un théoricien sans esprit pratique, par conséquent sans aucune utilité pour une entreprise industrielle. Même lorsqu’il découvrait de nouvelles matières colorantes ayant une valeur commerciale, ils étaient si aveugles de leurs propres intérêts et si incapables de croire qu’un avantage pratique puisse découler d’un travail théorique, qu’ils refusaient de breveter ou de tirer prolit de ses découvertes... v
- Toute cette agitation n’a pas encore abouti à des résultats bien tangibles. Gouvernement et parlement ayant d’autres préoccupations, semblent avoir ajourné l’étude des questions d’enseignements secondaire et supérieur pour des jours meilleurs.
- On doit cependant quelques créations à l’initiative privée. C’est ainsi que M. L. Mond, le grand industriel a créé, en 1897, sous le nom d’Institut Davy-Faraday, qu’il a placé sous le haut patronage et la direction de la Royal institution, un laboratoire de recherches physico-chimiques uniquement consacré à des travaux originaux. Le donateur y a affecté une somme de 2,5 00,0 00 francs, tant pour l’achat de l’immeuble et des instruments, que pour l’entretien du laboratoire et le traitement des hommes de science qui en ont la direction. O11 y admet gratuitement les chercheurs de toute nationalité, pourvu qu’ils aient un bagage scientifique suffisant ou qu’ils aient déjà publié des travaux originaux. D’autres laboratoires, dus à la générosité privée, ont été créés à University Collège à Liverpool. MM. John Brunner, E. Muspratt et Sever frères y ont contribué chacun pour la somme de 35,000 francs.
- On a enfin ouvert la même année 1897, àPert, les nouveaux laboratoires de chimie de XInstitution Sharp qui peuvent donner l’instruction pratique à 3o élèves.
- ÉTATS-UNIS.
- Nous avons vu dans le chapitre consacré à la Grande-Bretagne la rapidité avec laquelle l’industrie et le commerce des Etats-Unis se sont développés durant le dernier quart de siècle. De l’aveu même des Anglais (discours de
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- LVIll
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- M. Uevinstein) les États-Unis occuperaient le premier rang comme nation commerciale W.
- Si nous considérons en particulier les matières qui figurent dans les statistiques américaines sous la rubrique : Produits chimiques, drogues, couleurs et médicaments, nous constatons que les transactions internationales qui se font sur ces produits se chiffrent par les sommes suivantes :
- A X N K U S. IM I>() H TATIONS. UNI' on TATIONS.
- 1898 francs. 9 2 1,2o6,46o 242,286,600 272,009,520 28.3,862,4/10 francs. 48,663,670 09,749,170 68,827,900 71,272,680
- 1899
- 1900
- 1901
- Ce tableau montre qu’il y a progression notable dans les importations comme dans les exportations.
- Si maintenant nous jetons les yeux sur les articles qui font l’objet de ces transactions, nous nous rendons compte que dans les importations, outre certaines matières premières qu’on ne trouve pas ou peu sur le sol américain, comme les sels de potasse, les nitrates de soude et de potasse, des minerais d’étain, des gommes résines, du caoutchouc, etc., figurent surtout desproduits fabriqués.
- Parmi ces derniers, on remarque que ceux qui appartiennent à la grande industrie chimique sont de moins en moins demandés.
- 11 en va différemment des produits plus fins, comme les composés organiques, alcaloïdes, parfums, matières colorantes artificielles, en un mot de tous ceux dont la préparation ne peut être confiée qu’à des usines possédant un personnel scientifique.
- Quant aux exportations, elles portent sur des matières premières dont le sol des États-Unis abonde, naphte et dérivés, ou bien sur des produits dont l’extraction ou la préparation ne présente pas de grandes difficultés et n’exige pas beaucoup de science. 11 en est ainsi de l’alcool méthylique, de l’acétate de chaux, produits de la distillation du bois, des essences de térébenthine, de l’amidon, du glucose; des huiles de coton et autres corps gras cl’origine végétale, du sulfate de cuivre, de l’oxyde de zinc, etc.
- Au point de vue de la production chimique proprement dite, les Américains
- (1) D’après les exportations que nous avons mentionnées, il ne semble pas que celles des Etats-Unis dépassent, en îqoi, celles du Rovaume-Uni.
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- INTRODUCTION.
- LIX
- sonl donc toujours dans la période d’organisation, et c’est à l’industrie des gros produits qu’il s’attaquent d’abord.
- Nous relatons plus loin (0 les progrès considérables qu’ils ont fait au point de vue de la fabrication de la sonde. D’autre part, grâce à leurs puissantes chutes d’eau qu’ils ont réussi à capter, ds ont entrepris la préparation d’un certain nombre de produits comme raluminium, les chlorates, le carbure de calcium, etc., qui permettent de couvrir leur consommation intérieure. Pour le moment, l’Europe n’a pas à redouter que ses marchés soient envahis par ces produits, leur prix de revient étant trop élevé par suite des frais de premier
- établissement des usines. Par contre, les droits considérables dont sont frappés beaucoup de produits à l’entrée des États-Unis, protègent l’industrie nationale et favorisent son extension, de telle sorte qu’une fois les usines amorties et les frais généraux diminués, il est fort à craindre que le danger d’une invasion américaine sur le terrain de la production chimique ne se fasse aussi sentir en Europe.
- Quant à l’enseignement supérieur, on sait les efforts constants que font les Américains pour l’organiser à leur guise.
- Ils n’ont, en effet, pas attendu que les pouvoirs publics des differents États voulussent bien voter les fonds nécessaires à la création d’Universités etd’Écoles techniques. Sur tout le territoire, d’Ithaca à la Nouvelle-Orléans, et de New-York à San-Francisco, l’initiative privée a élevé de véritables monuments à la science.
- Profondément attachés à leur sol, fiers de leur indépendance mais se rendant, dans une certaine mesure, compte de la supériorité intellectuelle de l’ancien monde, en possession de richesses incalculables, et pénétrés de l’ardent désir de faire des États-Unis le pays, au sens moral et intellectuel, le plus grand de la terre, les Américains font assaut de générosité pour la création d’œuvres utiles et philanthrotipes.
- C’est par millions de dollars qu’on énumère les dons faits par des particuliers aux universités existantes. Ce sont des millions de dollars qu’on offre pour en créer d’autres. Témoin les Universités de Palo-Alto et de Berkley en Californie, de Chicago dans l’Illinois, etc., qui toutes doivent leur fondation à la générosité des milliardaires américains. Depuis l’année 1888, le richissime John Rockefeller 11’a pas donné moins de Ai millions de francs pour la construction des différents instituts de l’Université de Chicago, plus 5 millions dont les intérêts seuls peuvent être employés. Celle Université, qui paraît
- (l) Voir p. yG.
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- .a EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- à l’heure actuelle être une des mieux dotées a, en outre, reçu de Mllc Cul ver 1 million pour la création d’un laboratoire de biologie; 760,000 francs de M. Kent, pour l’érection d’un institut chimique; i,25o,ooo francs de M. Ryerson, pour la construction d’un laboratoire de physique.
- Les Universités, ainsi crées, jouissent d’une autonomie plus grande que celles d’Allemagne, et certaines d’entre elles, de crainte d’être entravées dans leur liberté, hésitent même à accepter les dons de l’Etat.
- La plupart se suffisent d’ailleurs à elles-mêmes, et, dans Je nombre, il s’en trouve dont les revenus annuels se chiffrent à près de 5 millions de francs.
- Beaucoup de ces Universités répondent, au point de vue de leurs installations, à la conception idéale qu’on peut se faire d’une organisation ayant pour but de donner l’instruction supérieure à la jeunesse.
- Tout d’abord, la plupart d’entre elles sont situées loin des centres populeux et bruyants, ou tout au moins dans un faubourg éloigné de la cité dont elles font partie; quelques-unes mêmes ont été construites en rase campagne.
- La célèbre Université de Harvard, à Cambridge, est à quelques kilomètres de Boston; celle de Cornell se trouve sur une hauteur qui domine la coquette petite ville d’Ithaca sur les bords du lac Cayuga; celle de Michigan, l’une des plus populeuses des Etats-Unis, est à proximité du bourg d’Ann-Arbor, dont la population ne dépassait pas 10,000 âmes en 1898; celle de Chicago est près du fameux Jackson Park aux portes de la ville. En Californie, l’Université de Berkley est située dans un très beau parc, aux arbres séculaires, adossé aux flancs d’une montagne, et est séparé de la capitale par la magnifique baie de San-Francisco, tandis que celle de Palo-Alto est en rase campagne, à une heure de chemin de fer de San-Francisco. Il en est de même des Universités du Colorado, du Minnesota, des Universités catholiques de Washington, de Notre-Dame, près de South-Bend, dans l’Indiana, etc.
- Les avantages attachés à ce système d’isolement des Universités sont nombreux, tant au point de vue de l’installation des différents instituts et laboratoires, auxquels on peut donner toute l’ampleur voulue, qu’à celui du recueillement nécessaire aux études. Situées dans leur campus, dont l’étendue atteint souvent plusieurs centaines d’hectares, ces Universités possèdent d’ailleurs, outre les divers laboratoires, musées et ateliers nécessaires à lïnstruclion, tous les jeux, toutes les distractions que réclame le genre d’éducation qui convient à la jeunesse américaine.
- Quant à l’enseignement, proprement dit, dans beaucoup de ces établissements , sa forme définitive n’est pas encore trouvée ; les méthodes qu’il faut
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- adapter à cet esprit particulier qu’est l’esprit américain, n’ont pas encore acquis cette sorte de fixité qu’on trouve dans les hautes écoles d’Europe.
- Chaque Etat, chaque ville, chaque donateur a ses idées propres sur le rôle et le but de l’enseignement, et cherche à les faire prévaloir. Lien résulte que loin d’avoir un type unique, on a au contraire une très grande variété de systèmes d’instruction.
- Homme d’action et d’initiative avant tout, ne voyant dans la science qu’un moyen d’arriver plus ou moins rapidement à la fortune, l’Américain ne la cultive point, cette science, pour elle-même, mais uniquement pour en assimiler la dose jugée indispensable au succès de la carrière qu’il a l’inlention d’embrasser.
- Nous ne saurions d’ailleurs mieux faire que de citer à ce sujet l’opinion du professeur S. A. Schneider de Chicago. Dans une lettre adressée à la Chemiker Zeitung, l’auteur s’exprime ainsi sur la situation de l’enseignement chimique aux Etats-Unis :
- ccRien n’est plus inégal que les connaissances de l’étudiant américain quand il arrive à l’Université. Elles correspondent à celles que possèdent les élèves de seconde, voire même de troisième, des gymnases allemands; elles sont en outre extrêmement variées et comprennent des notions de physiologie, de médecine et d’astronomie. Sous le rapport de la multiplicité des connaissances, l’étudiant allemand, au bout de son second semestre d’Université, n’est qu’un enfant comparativement à son collègue américain. Mais il en est tout autrement quand il s’agit d’avoir de la réflexion et des idées personnelles. . .
- Cela tient aux méthodes d’éducation. L’Américain ne se rend point compte, comme le fait tout Allemand cultivé, que le but de l’enseignement secondaire n’est point de conquérir beaucoup de connaissances, mais de former et d’ouvrir l’esprit.
- Tout aussi varié que les connaissances générales est l’âge des étudiants américains. Dans les laboratoires de chimie il n’est pas rare de rencontrer à côté de jeunes gens imberbes, des hommes grisonnants s’exerçant aux épreuves de l’analyse quantitative. Ce contingent de vieux étudiants se recrute souvent parmi les instituteurs des petites localités, qui croient acquérir une certaine auréole (nimbus), en faisant un court séjour dans une Université. Le but qu’ils poursuivent n’est pas d’aller au fond des choses, mais uniquement de conquérir un des nombreux titres dont l’Amérique est si prodigue.
- On ne trouve une réelle homogénéité parmi la jeunesse studieuse que dans son application; l’étudiant des Etats-Unis est extrêmement travailleur. Il envisage l’étude comme une affaire, ce business». La première question qu’il pose
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- au maître chargé de son instruction est la suivante: ccCombien de temps me faut-il pour arriver au bout de mes études ? ».
- Dans ce pays, une certaine dose d’instruction est considérée par la jeunesse comme un capital, devant rapporter de gros intérêts et conduire le plus rapidement à la fortune, quel que soit le chemin par lequel on doit arriver à ce but. C’est là l’idée qu’on se fait du capital savoir. Il est facile de comprendre qu’avec une conception pareille, il n’est, pas possible de former des chercheurs, des maîtres ou des techniciens de quelqu’envergure.
- Ajoutons que la majorité des étudiants américains est sans fortune. La plupart des familles aisées ne poussent pas leurs enfants vers l’étude, ou, quand cela arrive, elle se bornent à leur faire donner une instruction générale dans un de ces nombreux cc collèges » qui existent aux Etats-Unis. Seul le pauvre diable se consacre d’ordinaire à des études spéciales. C’est un très grand honneur aux États-Unis que de pouvoir se poser comme uu cc self made mari.»
- M. Schneider se demande encore comment peuvent prospérer des études qui exigent beaucoup de temps et d’argent, comme celles de chimie, quand on est obligé, pour gagner sa vie, de se livrer aux travaux manuels pendant une partie de la journée, ou bien qu’on est forcé, ce qui se voit souvent, de passer ses vacances comme garçon ou maître d’hôtel ?
- Comme il faut s’y attendre, les professeurs sont au niveau des élèves. J1 y aurait plusieurs causes à cela, parmi lesquelles l’absence de tout contrôle de l’Etat. La nomination des professeurs dépend uniquement du président de l’Université, lequel, dans la plupart des cas, se trouve être ou un pasteur, ou un prêtre, commensal ou confesseur du millionnaire qui a fondé ou doté l’Université et auquel les Américains attribuent des connaissances sur tout. . . »
- Ce tableau, tout poussé au noir qu’il est par un homme qui, sans doute d’origine allemande, a rencontré quelques difficultés sur son chemin, renferme cependant certaines vérités.
- Nous ne saurions néanmoins trouver à redire dans le fait que les instituteurs viennent, de temps à autre, comme c’est un usage courant aux Etats-Unis, renouveler contact avec les Universités. D’autre part, il nous semble que l’effort que font et l’abnégation que montrent les déshérités de la fortune sont tout à leur honneur, et, s’ils ne peuvent devenir des hommes de science complets, des initiateurs, il faut en attribuer la faute au milieu ambiant et au système d’éducation. Les États-Unis ne doivent-ils pas leurs principales découvertes et leur prospérité industrielle ou commerciale aux cc Self made men»?
- D’ailleurs si l’esprit de beaucoup d’Universités est réellement celui dépeint par M. Schneider, il serait injuste de ne pas reconnaître que des établissements
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- comme ceux de Harvard, de Gornell, de Hopkin, de Yeale, de Chicago, etc., ont amplement apporté leur contribution dans la somme de découvertes qui ont caractérisé la fin du siècle dernier. Quon ne puisse pas faire mieux avec les ressources colossales dont disposent les Universités, c’est là un autre côté du problème, mais à chaque pays sa mesure et à chaque chose son temps. En fait d’enseignement supérieur, les Etats-Unis n’en sont qu’à leur début, car ce qui leur fait défaut, c’est avant tout une bonne organisation de l’enseignement secondaire. Pour celui-ci, ils sont encore dans la période des tâtonnements.
- RUSSIE.
- La vive impulsion, donnée durant ces dernières années à l’ensemble de l’industrie en Russie, s’est traduite en 1900 par une exposition digne en tous points du grand empire qui est aux confins de l’Europe. Certains compartiments, et en particulier ceux qui relèvent plus ou moins de la chimie, ont spécialement attiré l’attention des connaisseurs. Les classes des tissus, surtout des tissus teints et imprimés, se recommandaient par l’heureux choix des dessins, leur beau coloris et le fini de leur exécution.
- L’exposition des produits chimiques, bien que n’ayant pas l’ampleur de celle de quelques autres nations du continent, témoignait cependant, par la variété, le choix et parfois la rareté des produits qui y figuraient, de l’existence de maisons de premier ordre et dont l’organisation scientifique, commerciale et industrielle n’avait rien à envier aux établissements les mieux réputés.
- La grande industrie chimique, l’industrie des extraits tinctoriaux, celle des pétroles et des produits pyrogénés, la stéarinerie, la savonnerie, l’industrie des colles et gélatines étaient représentées par des maisons qui allient à la puissance, une conception judicieuse de la conduite de leur fabrication et de leur service commercial. Les produits pharmaceutiques, les couleurs minérales et organiques, les huiles essentielles ont également été remarqués, mais on se rendait compte que leur préparation, tout en étant soignée, ne se fait pas sur une échelle aussi étendue que celle des autres produits que nous avons mentionnés. Ce serait une erreur de croire que toutes ces industries sont encore dans l’enfance, et qu’à l’instar de ce qui se passe dans les pays récemment ouverts à l’activité industrielle, on y procède par tâtonnements ou qu’on se borne à écrémer les richesses du pays, à en tirer les portions les plus accessibles, et à laisser aux successeurs le soin de traiter les restes suivant des méthodes saines et rationnelles.
- Or. Xi Y. — Cl. 87. — T. I. e
- 1-MMEIUE NATIONALE»
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- Eli égard à l’essor considérable quelle a prise de 1887 à 1897, et aux résultats obtenus, on a, au contraire l’impression que cette industrie est une de celles qui ont le mieux su profiter des progrès accomplis et que, dès ses débuts, elle a fait appel à la science sans laquelle les succès ne peuvent être qu’éphémères.
- Le développement graduel de l’ensemble de l’industrie de la Russie, pendant la période décennale 1887-1897, peut être traduit par les chiffres suivants:
- ANNÉES. NOMBRE des ÉTABLISSEMENTS. VALEUR des PRODUITS FABRIQUÉS en millions de roubles. N 0 M li 11E D’OUVRIERS comptés par mille.
- 1887 3o,888 1,334 5 1.318
- 1890 33,254 1,502 6 i,424
- 1893 3o,333 O i,734 9 1,582 9
- 1896 35,827 2,590 9 1,818 4
- 1897 39,029 2,839 1 fri GO Oï O frf
- O La diminution constatée dans le nombre d’établissements de 1893 n’est qu’apparente. Elle tient à figurent plus les petits moulins h céréales qui sont très répandus en Russie. •e que dans ce nombre ne
- Il ressort de ces chiffres que le nombre des établissements industriels a augmenté de 26.3 p. 100 pendant ces dix ans, tandis que la valeur des marchandises fabriquées s’est accrue de 112.8 p. 100, et que le nombre des ouvriers 11’a augmenté que de 59.2 p. 100.
- Si maintenant nous jetons un coup d’œil d’ensemble sur l’industrie chimique proprement dite, et les différentes branches de l’industrie qui ont des rapports plus ou moins étroits avec l’industrie chimique, nous arrivons pour la même période décennale aux résultats suivants :
- APERÇU GÉNÉRAL DU DÉVELOPPEMENT DE L’INDUSTRIE CHIMIQUE ET DES INDUSTRIES CONNEXES EN RUSSIE DE 1887 À 1897.
- GROUPES D’INDUSTRIE. 1887. 1890. 1893. 1896. 1897.
- NOMBRE DES ÉTABLIS 3EMENTS.
- Industrie chimique proprement dite. . . . 588 GO 683 736 769
- Papeteries 2 42 274 343 481 532
- Industrie céramique 2,38o 2,38o 2,o3l 2,736 3,413
- Métallurgie et industrie minière 2,606 a,935 3,482 3,20 5 3,412
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- CROUPES D'INDUSTRIE. 1887. 1890. 1898. 1890. 1897.
- T AL K U II DES P RC •DUITS PAR 1 ,000 ROUBJ LES.
- Industrie chimique proprement dite.... ai.Sog 39,750 3q,56o 57,139 5q,555
- Papeteries ai,o3o a3,8o5 97,539 45,386 45,4go
- Industrie céramique 38,965 3a,543 34,472 70,046 82,590
- Métallurgie et industrie minière i56,ot3 203,894 249,168 393,749
- NOMBRE D’OUVRIERS.
- Industrie chimique proprement dite.... ai,i34 2 7.791 28,382 36,4oa 35,320
- Papeteries 19^91 97,389 33,8o3 35,3a8 46,igo
- Industrie céramique 67;3 46 73,361 76,474 90,551 143,291
- Métallurgie et industrie minière 390,915 4a6,635 46i,455 48g,o38 544,333
- La valeur totale des produits chimiques proprement dits, fabriqués pendant l’année 1897, s’élève à 59,555,000 roubles, c’est-à-dire à 2,1 p. 100 de la production de toutes les industries réunies.
- Le nombre des établissements, qui est de 769 pour la même année, représente d’autre part 2 p. 100 de l’ensemble des établissements qui fonctionnent en Russie.
- Quant au chiffre de 35,320 ouvriers employés dans l’industrie chimique, il comprend environ 1.7 p. 100 de la quantité totale occupée par toutes les industries réunies à).
- L’industrie de l’immense empire, considérée dans toute son étendue, 11’a sans doute pu prendre ce développement rapide, pour ainsi dire subit, que parce que les conditions économiques du pays s’y prêtent et qu’il dispose de richesses minières et forestières considérables. Mais, en ce qui concerne l’industrie chimique, le facteur principal de sa prospérité est sans contredit l’intervention constante des chimistes et des techniciens nourris de science et élevés à l’école du savoir. Les exemples montrés par quelques-unes des maisons qui ont participé à l’Exposition de 1900, le prouvent d’ailleurs surabondamment. Les travaux de recherches que l’une d’elles, en particulier, a suscités en stéarinerie, les problèmes que ses chimistes ont soulevés et eu partie résolus, les nombreuses et persévérantes études auxquelles d’autres techniciens se sont livrés sur les multiples dérivés du naphte, dénotent chez l’industriel russe autant de clairvoyance que de perspicacité.
- (l) CÀemische Industrie, l. XXIV (1901) p. 24t.
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- Le gouvernement impérial, les états provinciaux, les villes et aussi l’initiative privée rivalisent d’ailleurs de zèle pour créer des écoles techniques et doter celles qui existent, ainsi que les universités, d’instituts et de laboratoires de chimie.
- Il y a dix ans environ, on inaugurait à Gharkoff, qui possédait déjà une université florissante, une école technique qui n’a pas sa pareille en France. Outre l’enseignement de la mécanique, on y pratique celui de la chimie en vue de la formation de chimistes industriels. Sont annexées à cette école de véritables petites usines, où l’étudiant peut assister à la fabrication de l’alcool, des boissons fermentées, du sucre, de la céramique, des ciments, etc., aux opérations de teinture et d’impression. Une usine à gaz modèle permet de suivre toutes les phases de la fabrication du gaz de l’éclairage et de l’utilisation des sous-produits P). Quelques années après, l’université de Saint-Pétersbourg était dotée de laboratoires grandioses où rien n’a été négligé pour donner l’instruction théorique et pratique à 2 3o élèves à la fois. Laboratoires de chimie minérale, laboratoires de chimie organique, d’analyse qualitative et quantitative, de technologie, laboratoires de recherches, laboratoires spéciaux pour les professeurs et pour les déterminations physico-chimiques, atelier de mécanique, bibliothèque, logements du directeur, des assistants et des hommes de service, tout a été prévu dans ce vaste établissement, qui a deux étages et qui ne compte pas moins de 95 mètres de longueur sur 20 de largeur en moyenne. L’Etat n’a pas dépensé moins de 900,000 francs pour cet institut. En 1897, on a de même voté 62/1,000 francs pour la construction d’un institut technique à Wilna, avec une subvention annuelle de 62,^00 francs.
- La même année, on a consacré ùoo,ooo roubles (i,oùo,ooo francs) pour la création d’un nouvel institut chimique à Riga.
- L’année suivante, ce sont des industriels des districts de Sosnowitz et Lodz qui ont pris la résolution d’abandonner pendant quelque temps 5 p. 0/0 de leurs bénéfices bruts, pour contribuer à l’érection d’un polytechnicum à Varsovie. Cette nouvelle forme de participation au haut enseignement est des plus intéressante et témoigne, de la part de ceux qui l’on conçue, d’une solidarité digne d’être signalée et d’être louée.
- Ainsi l’on voit que, par tout l’empire, on est également préoccupé de faciliter l’étude de la chimie dans la voie où elle peut être profitable à la haute culture et à l’industrie. L’enseignement qui se donne dans les universités et dans les écoles techniques est d’ailleurs suivi avec ardeur par une jeunesse 110111-
- (l) L’Etat a consacré 4 millions de Francs à la construction de celte école.
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- breuse et éprise de savoir. Instituts et laboratoires sont de véritables foyers de labeur où maîtres et élèves collaborent dans un but commun. Les découvertes et les travaux pleins d’originalité qui en émanent, prouvent que la recherche scientifique et désintéressée y est particulièrement en honneur.
- Il nous semble en effet que, chez le Slave, ce qui domine, ce n’est plus cette hâte d’apprendre pour se constituer un capital dont on tirera rapidement un gros intérêt, cet utilitarisme étroit si caractéristique à l’Anglo-Saxon, mais le désir de conquérir le savoir réel, le savoir juger, le savoir résoudre. Celui-ci seul est réellement profitable et susceptible de préparer efficacement les peuples pour ces luttes pacifiques sur le terrain industriel et dans le domaine agricole.
- FRANCE.
- Dans ce qui précède, comme dans le texte même de notre rapport, nous nous sommes efforcé de rendre à chaque peuple la part qui lui revient dans l’édification de cette œuvre scientifique et industrielle qui est la marque caractéristique du xixc siècle. Nous avons fait voir que dans ce labeur incessant qui a fait de la chimie une science maîtresse, le nom de notre pays figure en tête de toutes les découvertes importantes, de toutes les innovations qui ont marqué les différentes étapes de la rapide évolution de cette branche du savoir humain. Savants et industriels ont en effet montré l’initiative la plus heureuse et ont su, les uns, donner le jour à de nouveaux compartiments de l’activité nationale et les autres lui ouvrir des horizons et des voies inconnues jusqu’alors.
- La première moitié de cette période remarquable a été particulièrement féconde en créations de tout genre, grâce à l’alliance étroite et à la collaboration constante des hommes de science et des industriels, et, si vers la fin de la seconde moitié du siècle notre pays n’a pas su conserver le rang qu’il avait atteint dans la production industrielle, comme d’ailleurs dans la production intellectuelle, cela tient à un ensemble de causes sur lesquelles nous avons l’intention d’insister plus loin.
- L’exposition de nos produits chimiques et pharmaceutiques â montré que, prise dans son ensemble, notre industrie chimique a fait des progrès marquants depuis 1889 et quelle tient une place des plus honorables parmi celles des nations qui se partagent le marché international. Si dans certaines branches, comme celle des matières colorantes et de la plupart des produits organiques de synthèse, l’Allemagne a montré une supériorité universellement reconnue, beaucoup de matières, appartenant à la classe des produits pharma-
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- Li X. VI 11
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- ceutiques ou faisant partie de ce qu’on appelle la petite industrie chimique, étaient plus pures, plus belles, avaient un aspect plus engageant qne les matières similaires exposées par les nations étrangères. Le désir inné qu’a tout fabricant français de faire beau et pur, se manifeste, en effet, principalement à l’égard de ces derniers produits, dont la bonne préparation relève de la conscience et de l’amour-propre.
- Quant aux autres branches de l’industire, comme la grande industrie chimique, la fabrication des parfums, la savonnerie, la stéarinerie, la préparation des couleurs minérales, des vernis et des laques, l’industrie des colles et des gélatines, les produits élaborés par nos nationaux ne le cèdent en rien comme beauté, comme qualité et comme pureté, aux produits correspondants de leurs concurrents étrangers.
- jNous n’hésitons pas à le répéter, malgré les diverses causes, dont quelques-unes capitales, qui ont empêché les différents compartiments de cette industrie de prendre un essor comparable à celui qu’ils ont pris ailleurs, et notamment en Allemagne, nous constatons chez la plupart de nos industriels un désir marqué, évident, de faire œuvre d’initiative, de perfectionner leurs méthodes de travail en s’appuyant sur la science, d’affronter enfin la lutte, tout en gardant les traditions de loyauté, de probité et d’honneur qui forment la caractéristique de l’industrie et du commerce français.
- Si maintenant nous jetons un coup d’œil sur nos transactions nous remarquons : 10 que sous la rubrique, produits chimiques, comprenant tous les produits de la grande industrie, nos importations ainsi que nos exportations suivent une progression ascendante sans que toutefois les dernières puissent dépasser les premières ; 2° que nos échanges concernantles teintures préparées (extraits tinctoriaux et les couleurs dérivés du goudron de houille), vont sans cesse en diminuant depuis 1867, qu’il s’agisse des exportations ou des importations; 3° que notre production en couleurs minérales est supérieure à notre consommation, puisque nos exportations, toujours en progression, dépassent nos importations; k° que l’industrie des produits groupés sous la rubrique recompositions diversesn (savons, parfums, médicaments composés, amidon, produits stéariques, colle, gélatine) et dont les exportations sont dix fois supérieures aux importations, est dans une situation des plus satisfaisantes puisqu’elle ne cesse pas de se développer ; 5° que si nos importations des produits dénommés rr huiles et sucs végétaux » sont manifestement supérieures aux exportations, qui du reste vont aussi en augmentant, cela tient à ce que ce groupe d’articles comprend des corps gras exotiques nécessaires à la savonnerie, ainsi qu’un
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- IMPORTATIONS ET EXPORTATIONS DES DIFFERENTS GROUPES DE MATIERES PREMIERES
- ET DE PRODUITS CHIMIQUES FABRIQUES PENDANT LA DERNIERE PERIODE DECENNALE.
- COMMERCE SPECIAL.
- DÉSIGNATIONS. I 892. 1893. 189/i. 1895. 1896. 1 897. 1898. 1 899. 19 00. 1901.
- ni PORTATIONS.
- Produits chimiques ( kilogr. ( francs. 455,478,000 95,939,478 393,43i,ooo 82,497,826 426,218,000 83,835,688 48o,46i,ooo 93,971,961 673,29/1,300 113,482,467 590,307,200 109,867,566 6oo.66o.5oo 109,670,678 643,790,500 i2i,4o4,6i5 6 31,0/17,700 134,669,077 567,834,600 n5,643,ooo
- Teintures préparées j kilogr . ( francs. 8,677,000 30,119,973 6,763,000 27,116,048 6,897,000 22,290,220 8,5i3,ooo 26,147,413 9,682,600 26,566,993 5,945,800 19,064,838 8,595,800 18,170,508 7,912,700 i7’7°9>985 8,115,900 17,674,787 5,849,3oo i4,166,000
- Couleurs ( kilogr . 5,875,000 5,522,000 6,5o3,ooo 5,986,000 6,795,200 7,714,400 7,392,000 8,887,900 9,272,400 10,392,200
- ( francs. 5,ooo,255 4,63i,439 4,680,016 4,627,418 4,645,721 4,686,i55 4,581,845 4,i56,174 4,858,2io 4,827,000
- Compositions diverses ( kilogr . ( francs. 6,555,000 5,336,636 3,685,ooo 4,200,434 4,959,000 4,766,616 4,086,000 5,149,123 5,3o5,ioo 5,516,377 4,794,000 5,495,206 5,io3,i 00 6,201,164 5,949,200 6,989,293 6,190,700 8,ooo,n6 5,588,ioo 7,5oo,ooo
- Huiles et sucs végétaux | kilogr . 1 francs. 71,775,700 80,362,816 77,736,800 80,835,697 78,062,300 77,854,972 75,oo3,6oo 74,484,224 86,84o,6oo 86,687,960 n5,843,ioo io2,o63,648 125,762,600 104,295,932 141,867,900 130,099.567 io9,346,3oo 120,691,082 101,627,100 1 i6,oo4.ooo
- • EXPORTATIONS.
- Produits chimiques ( kilogr. f francs. 3o4,021,000 58,145,828 3oo,o23,2o3 53,4n,3o3 321,785,000 56,688,334 334,279,000 61,87/1,121 393,760,600 62,470,226 492,621,300 75,4i8,255 &99’9a2>^°9 75,331,176 537,769,500 83,748,521 568,903,700 88,343,306 5/18,273,800 92,155,000
- Teintures préparées ( kilogr. ( francs. 17,347,000 31,044,675 15,091,000 29,567,336 14,825,000 25,i3o,864 19>/l79>000 3o,324,448 18,810,700 23,638,4oo 19,474,500 22,765,09 8 19,957,100 21,933,089 20,114,100 21,732,126 16,819,700 i6,5i5,o48 i6,233,5oo 16,471,000
- Couleurs ( kilogr . 24,i35,ooo 25,585,ooo 24,953,000 29,683,000 31,916,900 3o,201.000 33,45o,4oo 37,496,800 39,713,500 37/186,200
- ( francs. 8.726,914 9,129,895 9,227,511 10,4l9,068 9,932.969 10,048,822 io,633,24i 1 l,590,0/l7 11,145,266 10,934,000
- Compositions diverses ( kilogr. 52,234,200 45,004,900 47,2/12,900 49,45i,4oo 5o,o48,8oo 61,986,300 48,179,100 56,196,500 55,364,5oo Ô9,384,3oo
- ( francs. 49,401,955 45,875,546 47,009,370 5o,203,329 49,736,494 52,395,697 49,06/1,006 58,436,575 58,483,586 6o,5i2,ooo
- Huiles et sucs végétaux ( kilogr. f francs. 90,178,000 70,089,195 89,171,000 67,809,783 82,4o5,ooo 61,576,855 84,371,000 63,68o,5i2 86,356,8oo 61,686,473 85,4o3,3oo 65,596,44o 73,226,400 6i,35i,i82 90,654,600 78,259,119 89,213,900 80,117,069 87,3i3,4oo 75,711,000
- INTRODUCTION.
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- LXX
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- ensemble d’autres matières premières comme les huiles essentielles, les gommes, les résines, le camphre et surtout le caoutchouc dont les entrées, en 1900, se sont élévées à 3,616,700 kilogrammes d’une valeur de 52,790,892 francs.
- MOYENNE DÉCENNALE DES IMPORTATIONS ET DES EXPORTATIONS DES DIFFÉRENTS GROUPES DE MATIERES ET DE PRODUITS CHIMIQUES FABRIQUÉS.
- COMMERCE SPÉCIAL.
- DÉSIGNATION. IMPORTATIONS EXPORTATIONS
- de 1867 à 1876. de 1877 ù 1886. de 1887 à 1896. de 1867 5 1876. de 1877 il 1886. île 1887 à189G.
- mille francs. mille francs. mille francs. mille francs. mille francs. mille francs.
- Produits chimiques 35,686 6l,62.3 89,198 43,288 56,610 54,54o
- Teintures préparées 36,698 37,566 26,132 27,157 3o,498 28,384
- Couleurs 4,517 3,(jo8 4,63i 90 09 8,2 4 7 9A87
- Compositions diverses 7,708 12,868 7,336 5i,54o 41,179 46,65o
- Huiles et sucs végétaux 64,286 86,361 80,491 26,720 .89,153 6.3,675
- Or, si dans la mesure où ils sont comparables, nous mettons nos échanges en regard de ceux de l’Allemagne, l’unique rivale dont la concurrence se fasse réellement sentir sur notre industrie chimique, nous constatons que, sauf les matières comprises sous les noms de vernis, laques, colles et huiles de résines, les exportations de tous les autres produits fabriqués par les Allemands, dépassent notablement les importations.
- Il est en outre important de faire remarquer que ce sont précisément les produits dont la fabrication nécessite l’intervention constante de l’homme de science, qui sont l’objet d’une exportation sans cesse grandissante. Pour prendre des exemples, comparons les échanges pendant l’année 1901 des produits figurant sous les deux rubriques suivantes :
- DÉSIGNATIONS. IMPORTATIONS. E X P 0 R TAT 10 N S.
- . ( France Produits chimiquestIJ... < ... ( Allemagne ( France Teintures préparées. . . . < ( Allemagne francs. i34,65g,ooo 44,436,25o 17,674,787 23,i52,5oo francs. 88,343,306 142/125,000 16,515,o48 188,971,250
- I1) Les produits français groupés sous cette rubrique correspondent à peu près aux acides, bases, sels ordinaires, qui figurent dans les statistiques de douane allemandes. — De même, nos teintures préparées ont comme équivalent les matériaux de peinture, couleurs en général.
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- INTRODUCTION.
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- Causes d’infériorité de quelques-unes de nos industries chimiques. — Nous nous sommes longuement étendu sur les causes diverses auxquelles l’industrie chimique allemande doit sa suprématie actuelle. En les détaillant et les analysant, nous avons implicitement mis en évidence les points faibles de notre propre industrie, ainsi que les causes qui ont influé et influent encore sur son développement.
- Parmi ces causes, il y en a de générales qui atteignent notre production nationale tout entière, industrielle et agricole. Nos charges excessives constamment en progression, le manque d’idées directrices de nos assemblées délibérantes où ces importantes questions de production sont, de plus en plus reléguées au second plan, cette dangereuse manie qu’ont certains partis de vouloir transformer notre pays en une sorte de laboratoire expérimental destiné à faire l’essai de réformes, parfois louables en soi, mais dont la plupart sont à l’heure actuelle incompatibles avec la concurrence que nos producteurs sont obligés de soutenir avec l’étranger, les difficultés sans cesse croissantes que rencontrent nos chefs d’industrie avec leur personnel ouvrier, que dçs esprits imprévoyants rendent indisciplinés en les gavant d’idées chimériques à force d’être généreuses, la cherté de la main d’œuvre et le renchérissement des matières premières qui en résulte, l’insuffisance et le défaut d’organisation de nos moyens de transport, cette espèce d’empirisme qui règne encore en maître dans beaucoup de nos usines où des progrès réels ne peuvent être réalisés que par l’intervention constante, de la science sous sa forme créatrice, l’indifférence que professent nombre de nos industriels à l’égard dje cette science et des établissements d’instruction supérieure qui sont destinés à la cultiver et à la propager, les lacunes que présente notre haut enseignement, etc.. . sont des motifs suffisants à ce malaise dont souffre toute notre industrie.
- Ajoutons à cela que la diffusion des connaissances aidant, la facilité avec laquelle tous les peuples, même les moins avancés, peuvent en bénéficier, suscitent chez eux le désir de s’affranchir de la tutelle étrangère et d’organiser, dans le pays même, usines et fabriques, dans le but d’avoir une industrie nationale.
- Dans le cours de notre exposé nous verrons, en effet, les efforts persévérants que font bien des pays, autrefois tributaires de l’industrie européenne, pour tirer partie des richesses de leur sol en les transformant en produits manufacturés. Au début, ils n’entreprennent, bien entendu, que des fabrications simples, que celles pour lesquelles on a des formules toutes faites et des appareils tout prêts, et qui n’exigent par conséquent qu’un minimum de science et de loch nique.
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- C’est le cas de la savonnerie, de la fabrication des colles et des gélatines, de la distillation sèche du bois, de la houille et des huiles minérales et meme de la grande industrie chimique.
- Cette concurrence légitime, ajoutée à celle que se font les nations depuis longtemps sur la brèche, a pour effet d’amener cette surproduction qui pèse de tout son poids sur toutes les branches de notre activité nationale.
- Notre intention n’est pas d’envisager une à une toutes les causes qui interviennent dans cette lutte sur le terrain de l’industrie, la plupart ayant fait l’objet de discussions publiques, soit à la tribune de nos assemblées, soit dans nos chambres de commerce, soit enfin dans les journaux. Nous ne nous occuperons d’une part, que de l’organisation de nos usines et de l’esprit qui y règne, el, d’au Ire part, de nos Universités et de nos autres écoles d’instruction supérieure.
- Nos industriels. — Plus que toute autre industrie, celle qui nous occupe demande, de la part de ceux qui s’y consacrent, des connaissances scientifiques et techniques spéciales, qu’on ne peut acquérir qu’en ayant fait un long stage dans des établissements de haut enseignement, particulièrement dans des laboratoires de chimie, et ensuite dans les usines mêmes. Or, dans le cours de notre carrière, nous avons souvent constaté chez nos chefs d’industrie, une ignorance complète du rôle important, capital que joue la science dans leurs fabrications. Ils possèdent au même degré que les industriels étrangers, l’initiative, l’intelligence commerciale, l’activité et cette somme de talents indispensables à tout homme d’affaires soucieux de la prospérité de sa maison. Il semble que cela doive suffire pour gérer efficacement leur industrie. Ils ne se doutent pas que leur conception étroite les empêche de se rendre compte d’une façon efficace des améliorations, des innovations qui s’imposent sans cesse dans une fabrication qui est dominée et inspirée par une science, dont le propre est d’évoluer d’une façon continue.
- Beaucoup d’entre eux ont reçu de leurs ascendants l’établissement qu’ils possèdent avec ses traditions, ses formules et le personnel destiné à les appliquer. La plupart du temps ce personnel, sans instruction supérieure, élevé dès son jeune âge dans la maison où il a franchi successivement tous les échelons de la hiérarchie, connaît à fond l’usine, fait corps avec elle, mais est incapable d’apporter dans la fabrication d’autre amélioration que celle que lui suggère la routine journalière. Bien plus, il témoigne une méfiance instinctive, voire même une hostilité sourde, à l’égard du technicien instruit, du chimiste, que l’industriel, talonné par la concurrence, consent parfois à s’attacher. Nombreux sont les jeunes chimistes qui nous ont fait part des difficultés qu’ils
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- ont rencontrées du fait des contremaîtres, ou autres chefs de service dans les usines!
- ce L’industrie de l’avenir ne sera jamais plus stationnaire: elle réalisera incessamment des progrès, toujours plus nombreux, toujours plus rapides. En un mot, l’industrie de l’avenir, c’est Y industrie scientifique dans toute l’acceptation du mot, et malheur aux nations insouciantes qui resteront au-dessous de la situation nouvelle : elles seront dévorées par leurs rivalesW.u
- Ce que nous venons de dire sur le personnel producteur s’applique encore bien plus, aux commerçants, aux voyageurs auxquels est confiée la tâche de faire valoir la marchandise élaborée dans la fabrique. A ceux-ci on ne demande aucune connaissance technique spéciale comme en Allemagne. Ils ignorent tout à la fois la composition du produit qu’ils ont à placer, et son application. On n’exige d’eux que du savoir faire. Les conseils qu’ils sont susceptibles de donner aux clients, ne sont que de faibles échos de ceux que leur ont suggéré les hommes spéciaux attachés à l’usine. Ils se bornent à des formules dont le sens leur échappe le plus souvent.
- Sans doute, il eut été difficile de trouver jadis des jeunes gens élevés dans nos hautes Ecoles qui voulussent remplir les fonctions de placeurs, de voyageurs. Mais aujourd’hui, il n’en est plus de même. Parmi les nombreux chimistes qui sortent tous les ans de nos laboratoires avec un bagage scientifique plus ou moins complet, il y en a certainement qui se complairaient à ce genre de propagande, où ils pourraient utiliser avec beaucoup de profit leurs connaissances théoriques, à la condition toutefois de les compléter au préalable par un stage d’un an ou deux dans les usines.
- Une autre lacune qui nous a souvent frappé, c’est l’absence d’une véritable association des différentes industries chimiques, avec son organe qui lui serait propre, dans le genre de celles qui fonctionnent avec tant de succès en Allemagne et en Angleterre.
- Outre les avantages d’ordre intellectuel et d’ordre pratique que nos chefs d’industrie, ainsi que leur personnel technique, tireraient de réunions périodiques ou seraient traitées les questions qui se rapportent aux divers compartiments de la production, le groupement, en un faisceau compact, de toute l’industrie chimique lui permettrait d’aborder des sujets d’un ordre plus élevé, et d’intervenir avec plus de compétence auprès des pouvoirs publics, quand ses intérêts sont en jeu.
- Ce dernier rôle incombe sans doute aux Chambres syndicales, mais celles-ci
- Edmond Thery, L’économiste européen, t. X. (1896) p. 683
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- ne sauraient avoir l’autorité que prendrait une association embrassant l’ensemble de l’industrie chimique française.
- Bien entendu, un groupement de ce genre n’exclut pas la formation ou l’existence de sociétés particulières comprenant certaines spécialités, comme l’association des chimistes de sucrerie ou de distillerie par exemple.
- L’industrie chimique, pas plus que les autres industries, n’échappe enfin ccà ce mouvement très réel et d’une intensité croissante qui pousse vers la concentration des capitaux, vers l’extension des installations industrielles et même commerciales. Il faut aujourd’hui, sous le coup d’une concurrence de plus en plus active, accepter des bénéfices moindres que par le passé et retrouver, dans l’importance des transactions, dans leur multiplicité, la compensation à la diminution de profit sur chaque opération en particulier. Cette concentration des capitaux répond à des nécessités diverses, au besoin de diminuer les frais généraux, qui sont moindres dans une entreprise unique que dans plusieurs petites entreprises rivales; elle se rencontre dans le commerce de gros comme dans le commerce de détail, comme dans l’industrie, comme dans la banque et dans le commerce des valeurs mobilières^.r>
- Nous n’avons rien à ajouter à ces réflexions judicieuses, on trouvera trop d’exemples à leur appui dans le cours de notre exposé, pour qu’il soit besoin d’v insister.
- L’enseignement de la chimie en France. — Nous ne saurions assez le répéter crie développement progressif de l’industrie suit parallèlement celui de la science elle-même, et les nations où la production intellectuelle est la plus intense, la mieux utilisée, sont celles qui finissent par avoir la suprématie au point de vue industriel^.y>
- ür, si de nos jours, il est une science qui s’impose à notre attention, non seulement par les problèmes multiples qu’elle a soulevés et en partie résolus, mais encore par l’action directrice, dominante, qu’elle exerce sur les divers domaines de l’activité nationale, c’est la science chimique.
- Jusque vers la seconde moitié du xixe siècle, notre pays, tant par les découvertes d’ordre spéculatif dont il a été le siège que par les applications que ces découvertes ont suscitées, tint, parmi les nations civilisées, incontestablement le premier rang sous le rapport de la production scientifique, comme sous celui de la production industrielle.
- Presque toutes les industries où la chimie intervient ont été créées, sinon
- (l) Raffalowich. Nouvelle Revue, septembre 1909.. — (2) Introduction à notre rapport sur l’exposition de Chicago, p, 3.
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- fécondées par les recherches et les travaux de nos savants. Gomme la science elle-même, la plupart de ces industries doivent leur origine à ce mouvement intellectuel, suscité d’abord par les travaux de Lavoisier, et qui, après la mort de l’illustre chimiste, pris son essor sous la Convention, où les Berthollet, les Guyton de Morveau, les Fourcroy, secondés par Monge et Laplace, ont su mettre en commun leur savoir et s’ingénier à trouver, dans les uniques ressources du pays les moyens de parer au danger qui le menaçait.
- «Que d’industries créées alors sous l’empire de la nécessité. On peut dire que c’est à cette circonstance que beaucoup d’entre elles durent leur introduction en France. Le danger passé, les mêmes hommes retournèrent à leurs travaux de laboratoire et dotèrent dans la suite, leur pays de découvertes nouvelles dont un certain nombre furent profitables à l’industrie.
- N’est-ce pas encore à Berthollet que nous devons la fabrication des chlorures décolorants et leur application au blanchiment des tissus? N’est-ce pas à Chaptal, alors directeur des Gobelins, que l’industrie est redevable de l’introduction en France du rouge turc, de la teinture en garance? N’est-ce pas à Leblanc que notre pays doit le procédé séculaire de préparation de la soude, procédé qui est en train de disparaître devant son puissant rival, celui à l’ammoniaque, que deux Français encore, Schlœsing et Rolland, ont été sur le point de faire entrer dans la pratique industrielle et qui n’a eu la sanction de l’expérience qu’à la suite des efforts persévérants de MM. Solvay?
- La liste de nos hommes de science et de nos praticiens qui ont fécondé l’industrie par leur savoir et leurs recherches est longue. Nous citerons encore l’infortuné Lebon, le créateur de l’industrie du gaz de l’éclairage, Ghevreul dont les belles découvertes sur les corps gras ont donné naissance à l’industrie stéarique; Gay-Lussac qui, à côté de ses magnifiques travaux de chimie pure, a trouvé moyen de perfectionner la fabrication de l’acide sulfurique. Puis c’est Dumas, Pelouze, Balard, Persoz, H. Sainte Claire Deville, Frérny, Schutzenberger, etc., qui tour à tour appliquèrent à l’industrie les fruits de leurs patientes recherches de laboratoire.
- De quelque côté que nous tournions nos regards, dans ce domaine si vaste. de la chimie et de ses applications, nous trouverons toujours un nom français attaché, sinon à l’origine, du moins au développement des multiples branches de l’industrie chimique.
- Ce sont encore les Robiquet, les Pelletier, les Caventou qui, dans l’art pharmaceutique, s’ingénient à extraire des plantes les alcaloïdes ou glucosides, principes auxquels elles doivent leur activité, leur vertu.
- L’industrie des matières colorantes elle-même, industrie brillante et féconde
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- enlre toutes, redoutable même, par sa fécondité, pour certaines spécialités agricoles, est d’origine française et anglaise. Les noms de savants comme Ver-guiii, Ch. Girard, de Laire, Schutzenberger, Charles Lauth, Roussin, Rosen-lïehl, etc., ceux d’industriels comme Renard frères, Poirrier, sont marqués d’une empreinte indélébile dans l’histoire de cette industrie.
- Jusqu’au début de la seconde moitié du siècle, notre industrie chimique élait sans conteste la plus riche dans sa variété, comme aussi la plus prospère, fécondée et renouvelée qu’elle était sans cesse par nos savants, nos hommes de science et nos ingénieurs.
- Mais dans toutes ces recherches, dans tous ces travaux, ou ne constate que des efforts individuels et non d’ensemble. La recherche pour elle-même, comme celle en vue d’une application, n’est pas systématisée. Un esprit inventif et pénétrant fait une découverte, cherche à la laire entrer dans le domaine de la pratique, trouve un industriel quia foi en lui, et elle fait l’objet d’une exploitation. Ou bien un industriel novateur, plein d’initiative, soumet ses projets à un savant qui l’écoute et qui se met en devoir de résoudre le problème posé.
- Cette alliance intermittente de la science et de l’industrie dure, nous le répétons, jusque vers 1860.
- A partir de cette époque, il se forme une scission qui est allée en s’accentuant d’année en année. A quelques exceptions près, les savants se continent, «se drapent dans leur manteau de science pure» et dédaignent l’application.
- Un autre sujet les occupe d’ailleurs. Le labeur continu et international de cinquante années de recherches avait accumulé une somme de matériaux qui demandaient, pour être coordonnés, l’aide d’une conception, d’une théorie nouvelle de la science chimique. Cette conception découlait naturellement des beaux travaux de Gerhardt et de Laurent et porte le nom de théorie atomique, conception hardie, qui engendra une lutte passionnée entre les partisans de la nouvelle École et les défenseurs des anciennes doctrines qui étaient celles de la science officielle. Cette lutte, qui a duré plus de trente ans, a été féconde pour la science pure et s’est terminée par la victoire éclatante de l’École de Gerhardt, de Laurent et de leurs émules. Les idées subversives sont devenues des vérités courantes devant lesquelles s’inclinent aujourd’hui les champions les plus ardents des anciennes doctrines. «L’hypothèse des atomes, comme toutes les idées justes, a grandi avec le temps et rien, jusqu’ici, n’a arrêté son essor; comme toutes les idées fécondes, elle a été un instrument de progrès, même entre les mains de ses détracteurs.» C’est ainsi que s’exprime Wurtz,
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- INTRODUCTION.
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- le continuateur de Gerhardt. Mais cette espèce d’ostracisme dont la théorie atomique a été frappée pendant de longues années, s’est surtout répercutée sur la science organique, celle précisément qui a tant bouleversé une partie de l’industrie chimique W. u
- Cet état de choses est dû à notre centralisation à outrance qui a fait de la capitale la grande éducatrice de tout ce qui, intellectuellement, doit contribuer au progrès de la science et de l’industrie. Pendant longtemps, nos écoles de Paris ont, pour ainsi dire, gardé le monopole de l’enseignement supérieur et se considéraient, dans une certaine mesure, comme les dispensatrices de toute vraie science. Ce sont elles qui alimentaient presque exclusivement les Facultés de province en professeurs. Ceux-ci, soit par déférence, soit par timidité, soit souvent aussi par insouciance, épousaient les idées du maître, les enseignaient, les propageaient de telle sorte que, dans tous les centres scientifiques de France, on professait les mêmes doctrines, on employait les mêmes méthodes qu’il y a cinquante ans. Cette uniformité, conséquence fatale du monopole de l’Etat, constituait d’ailleurs l’idéal du monde universitaire d’alors. Or, si en science, seuls les faits bien observés sont immuables, les théories qui les éclairent et les doctrines qui en constituent en quelque sorte le levain, évoluent et se renouvellent sans cesse.
- A ce fait que l’Etat, dispensateur de la science, aboutit fatalement à l’uniformité, il faut ajouter qu’il n’est jamais anonyme. ccPar la force des choses il devient le prête-nom de hautes personnalités scientifiques qui ont une doctrine et un système. Ce système, dont ils ont reconnu et préconisé l’excellence, ils sont portés à le défendre contre les nouveaux venus qui le battent en brèche et en dénoncent les points faibles et les fissures. Il a suffi jadis à rendre compte d’une série de phénomènes. On se refuse à constater, ou l’on constate de mauvaise grâce que telle autre série inaperçue échappe à ses prises. Du moins, s’attarde-t-on à disputer le terrain et ne le cède-t-on qu’à la dernière extrémité, non sans dommage pour la science, pour le progrès public et aussi quelquefois pour l’audacieux qui a jeté le désordre dans une belle ordonnance. Tel grand nom en arrive à régenter la chimie, tel autre la physique, un troisième à faire son domaine de la littérature et de la philosophie. C’est l’histoire de tous les régimes d’Etat. Les théories de Lamarck furent étouffées par Cuvier, avant quelles ne reparussent, cinquante ans plus tard, patronnées par Darwin. Cousin, pendant.trente années, condamna au régime débilitant de l’éclectisme toutes les têtes philosophiques de l’Université. La
- (l) Discours prononcé à la réunion de la Chambre syndicale des produits chimiques le k juillet 1900.
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- science a, de la sorte, ses orthodoxes et ses hérétiques qui, d’ailleurs, eux aussi, 11’attendent qu’une occasion ou un tour de fortune pour fonder une orthodoxie nouvelle h) n.
- Nous avons vu plus haut la lutte qu’ont eu à soutenir Gerhardt et Laurent, et, à leur suite, Wurtz et ses disciples, pour combattre l’orthodoxie triomphante retranchée dans toutes nos hautes écoles et à l’Université de Paris. Rien de plus pénible et de plus humiliant pour notre amour-propre national que de parcourir l’odyssée des deux novateurs français qui ont succombé à la tache sans avoir eu la consolation de voir adopter leurs idées dans leur propre pays!2). (Je n’est que plus de quarante ans après leur mort qu’elles eurent réellement droit de cité dans notre enseignement officiel.
- H semblera peut-être excessif d’attribuer à une question de pure doctrine une influence aussi prépondérante sur l’évolution de l’industrie. Les causes, futiles en apparence, ont souvent les plus grands effets. La partie de la science chimique qui, en France, s’est trouvée entravée dans son développement, alors qu’en Allemagne elle marchait à pas de géants, c’est la chimie organique. La chimie minérale, peu influencée par les questions de doctrine, fut, au contraire, toujours en faveur dans notre pays et progressa sous la direction des H. Sainte-Glaire Deville, Pelouze, Fremy, Debray, etc. Aussi la grande industrie chimique, celle qui n’est guère tributaire de théories, n’a, pour ainsi dire, pas périclité en France. Seule, l’industrie des produits organiques, celle qui est directement inspirée par les théories auxquelles nous faisons allusion, est languissante dans notre pays, alors quelle est arrivée à sou complet épanouissement en Allemagne.
- Un simple coup d’œil jeté sur les exportations des produits organiques fabriqués (matières colorantes, parfums artificiels, médicaments chimiques, etc.) montre à quel point l’industrie chimique allemande a su profiter des recherches et des découvertes élaborées dans les laboratoires des universités et des hautes écoles de l’Empire :
- ANNÉES. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- 1889 francs. 55,000,000 5o, 000,000 francs. 1^7,000,000 235,000,000
- 1900
- (1) Discours prononcé à la séance cle rentrée (2) Charles Gerhardt, sa vie, son œuvre, sa corde l’Université de Nancy, le 7 novembre 1901, respondance,parM.E. GrimauxetM.Gh. Gerhardt,
- par M. Gasquet, recteur de l’Académie. ingénieur à Paris; Masson et C‘L', éditeurs.
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- INTRODUCTION.
- L\X IX
- Nos exportations en produits similaires n’atteignent pas la dixième partie de ces chiffres pour les mêmes périodes.
- Si nous insistons, si nous revenons sans cesse sur ce point d’histoire de la chimie française, ce n’est pas dans un but de récrimination ni pour le vain plaisir de critiquer ceux de nos hommes de science à qui incombe en partie la responsabilité du fait accompli. En mettant le doigt sur une plaie qui, malgré les réformes importantes introduites dans notre haut enseignement, est, loin d’être guérie, notre intention est d’inciter les pouvoirs publics à chercher le remède qui convient le mieux à sa cicatrisation et surtout à éviter qu’elle ne se reproduise. Sans doute, l’État devra toujours s’adresser en dernier ressort aux hommes de science qui, par leurs travaux, leurs découvertes, ont enrichi noire patrimoine intellectuel, avant de prendre une décision relativement aux réformes ou aux nouvelles matières à introduire* dans l’enseignement, aux chaires à créer et au personnel à choisir pour ses écoles et ses Facultés. Mais cette consultation, au lieu d’être demandée à une seule et unique personnalité, émanera d’une commission composée de spécialistes [de chimistes dans le cas qui nous occupe] appartenant à toutes les écoles et choisis d’une façon équitable parmi nos maîtres de la capitale aussi bien que parmi ceux de nos universités de province. On réduira ainsi à un minimum ce coefficient d’erreurs que certains esprits, même parmi les plus éminents, ne peuvent s’empêcher de commettre, erreurs qui, toujours, sont imputables à un caractère trop personnel ou à tout autre faiblesse humaine.
- Atteinte dans le passé par l’ostracisme dont a été frappée la seule théorie qui pût lui permettre de prendre son essor, malgré les brillants succès qu’elle a remportés à l’étranger, malgré l’importance quelle a acquise en physiologie, en médecine, en pharmacie, en agiiculture et dans maints domaines de l’industrie, la chimie organique est encore traitée en fdle mineure en France.
- Il semble quelle reste sous le coup de la définition, aussi sommaire que triviale, que, dans un de ses accès de raillerie humoristique, un de nos maîtres les plus illustres en a donnée, définition que ses disciples ne manquent point de propager sans s’apercevoir que si, en France, le ridicule tue les personnes, il est non moins fatal aux doctrines et partant aux sciences qu’elles inspirent.
- Dans un but que nous ne voulons pas creuser, on invoque encore aujourd’hui les raisons les plus étranges pour empêcher de donner à son enseignement et à sâ culture le développement qu’ils comportent. Sous prétexte que l’industrie allemande a une trop grande avance sur la notre, des universi-Gn. XIV. — Ci,. 87. — T. ï. h
- •îmir.nir nationale.
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- LXXX
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- taires trouvent inutiles d’orienter une partie de notre jeunesse studieuse dans une voie qui, selon eux, n’aboutirait qu’à des mécomptes. Une allégation non moins étrange a été mise en avant : l’esprit français n’est pas fait pour les hypothèses, pour les spéculations sans cesse renouvelées qu’exige l’évolution constante de la chimie organique! Assertion bien osée dans un pays qui a la gloire de compter au nombre de ses enfants, Lavoisier, Gay-Lussac, Dumas, Cbevreul, Gerhardt, Laurent, Gahours, Wurtz, Friedel, Berthelot, etc., tous savants qui figurent parmi les représentants les plus autorisés de la science organique.
- Si la chimie organique ne jouit pas, dans certains milieux, de la considération et des encouragements auxquels lui donnent droit ses conquêtes dans tous les domaines du savoir, la chimie physique et l’électrochimie semblent presque ignorées et sont à peine représentées, en tant que sciences autonomes, dans nos universités. Seule, la Faculté des sciences de Nancy possède une chaire magistrale où ces nouvelles branches de nos connaissances sont enseignées d’une façon systématique.
- Cette lacune est d’autant plus regrettable que s’il est un pays où, grâce à l’initiative de quelques industriels entreprenants, les applications de l’électricité à la chimie ont pris un certain développement, c’est la France avec ses départements du Dauphiné et de la Savoie, où l’on évalue à plus de 5o millions les sommes dépensées pour aménager des chûtes d’eau et monter des usines.
- Il y a longtemps que l’Allemagne, cependant moins riche en établissements où l’électrochimie joue un certain rôle, possède dans ses universités et ses écoles techniques des chaires et des enseignements concernant la chimie physique et l’électrochimie avec leurs applications.
- Écoles spéciales. —- Nous venons de voir, en partie, les conséquences qu’ont eues pour le haut enseignement l’excès de centralisation dont est affligé notre pays et cette espèce de papauté scientifique que détiennent quelques personnalités siégeant dans la capitale. 11 nous faudrait maintenant aborder le rôle et l’organisation de nos écoles spéciales, ces gaveuses, comme les appelle Taine, où l’élève continue à marcher avec des lisières, apprend, non pas pour savoir, mais pour obtenir un diplôme, et où, sous prétexte de former des esprits encyclopédiques, on stérilise toute faculté inventive.
- Depuis nombre d’années elles sont l’objet de bien des critiques, de bien des jalousies, celles-ci inspirées par les prérogatives et les privilèges dont jouissent, leur vie durant, les hommes qui y ont reçu l’instruction, et les
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- autres par le désir sincère de les réformer ou de leur imprimer une autre direction.
- Balzac, Taine, Bourget et bien d’autres ont tour à tour fait ressortir, avec une grande justesse de vue et avec une non moins grande indépendance d’esprit, les résultats lamentables auxquels elles aboutissent. La remarquable critique que fait Balzac de l’Ecole polytechnique, par la plume de l’ingénieur Gérard, dans le Curé du village, est toujours vraie, bien quelle date de 18 26 h). Nul, depuis, n’a stigmatisé avec plus de vigueur son régime débilitant pour les intelligences et n’a montré avec plus de clarté combien les résultats obtenus sont hors de proportion avec la somme de travail dépensée.
- Quant à l’Ecole normale supérieure, eu égard à ses programmes d’entrée qui aboutissent à faire une sorte de sélection parmi les jeunes gens véritablement doués de l’esprit mathématique, grâce aussi à son enseignement purement théorique, où les mathématiques jouent encore le principal rôle, par1 suite enfin de l’organisation insuffisante cle son enseignement des sciences expérimentales, elle ne produit que des mathématiciens contribuant largement, il est vrai, à maintenir la haute réputation que possède notre école française de mathématiques, et ne forme, à quelques exceptions près, que des fonctionnaires professeurs et des administrateurs. Tous les postes élevés de l’instruction publique, à tous les degrés, directions de l’enseignement, inspections générales, rectorats, voire même les décannats de la plupart des Facultés des sciences et des lettres ne sont-ils pas détenus par des normaliens?
- 11 ne saurait, d’ailleurs, en être autrement.
- Le candidat qui se présente à cette école, comme celui, du reste, qui se destine à l’Ecole polytechnique, n’affronte le concours que pour avoir un emploi de l’Etat, pour être un fonctionnaire. Dans son esprit, et en cela il ne se conforme qu’à celui qui a présidé à la création de l’école, l’effort intellectuel qu’il aura produit de 20 à 2à ans sera, dans la suite, un titre suffisant à toutes les situations qu’il pourra briguer dans le cours de sa carrière. Ne trouvera-t-il, d’ailleurs, pas aide et assistance auprès de ses aînés, de ceux qui l’ont précédé à l’école?
- Ce sentiment de solidarité, qui anime tous les hommes sortant d’une même école, ne saurait sans doute surprendre, tant il est humain. Nous sommes
- (1) O11 peut appliquer à cette École, comme d’ailleurs à l’École normale, ce que M. Liard dit avec beaucoup de vérité des anciennes universités : tfLes corps qui ont un long passé sont induits volontiers à penser qn’ils doivent durer
- toujours, et leur foi en eux-mêmes ou leur longue habitude de vivre les empêche de se transformer. » (IJenseignement supérieur en France, t. II, p. 85.)
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- meme persuadé que maints de nos administrateurs, dans leur esprit de justice, sont souvent obligés de se mettre en garde contre les recommandations et les sollicitations trop pressantes de leurs chers camarades. Mais il n’en est pas moins vrai que nos Facultés comptent au nombre de leurs maîtres une majorité de normaliens possédant un esprit spécial, celui du parfait fonctionnaire, esprit peu conforme à celui qui doit animer les représentants du haut enseignement. Un fait non moins significatif, c’est que, en général, notre production scientifique, en ce qui concerne les sciences expérimentales, comparée avec celle de l’Allemagne, n’est pas en rapport avec le nombre des chaires qui existent dans nos Universités, ni avec le personnel et les crédits, tout maigres qu’ils soient, qui y sont affectés.
- Loin de nous la pensée de vouloir attribuer aux seuls maîtres sortant de la rue d’Ulm cette disette de travaux originaux que nous sommes obligé d’enregistrer. Il n’y a malheureusement pas que les normaliens qui considèrent que l’unique fonction du professeur consiste à débiter consciencieusement ses leçons devant un auditoire docile, et à faire subir les épreuves des divers ordres d’examens afférant à sa spécialité. Cette conception simpliste et erron-née du rôle de maître dans notre haut enseignement est malheureusement partagée par beaucoup de professeurs pris en dehors de l’Ecole normale.
- Nous ne voulons pas chercher les multiples causes d’ordre moral et intellectuel et aussi d’ordre matériel qui ont peu à peu engendré cet état d’esprit dans notre corps enseignant. Nos écoles spéciales y ont certainement beaucoup contribué. Nous nous bornerons à en chercher le remède.
- Universités. — Celui-ci pourra se trouver dans la reconstitution de nos Facultés et de nos universités, telle quelle résulte du décret du 28 avril 18 9 3 et de la loi du 10 juillet 1896. Sans doute, cette .reconstitution, par suite de l’exiguïté de nos ressources budgétaires, est loin de réaliser les espérances qu’on avait fondées sur le projet primitif, celui de M. Bourgeois, qui limitait h un petit nombre nos universitésW. Seul ce projet eût permis de donner dès maintenant aux universités l’ampleur, l’extension que le développement actuel de la science exige.
- Qu’on ne s’y méprenne pas, il en est des institutions scientifiques comme des établissements industriels; pour être en mesure de prospérer, de soutenir la concurrence avec l’étranger, de produire efficacement, tant comme travaux que sous le rapport d’une jeunesse bien éduquée, il faut qu’elles aient un
- (1) Voir flans Revue des sciences pures et appliquées, t. VIII (1897), p. a3o, noire article intitulé : Jj industrie chimique, l’enseignement, et les universités.
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- personnel enseignant choisi, bien pénétré des devoirs qui lui incombent, ne se laissant distraire de ses hautes fonctions par aucune de ses préoccupations politiques ou mondaines qui gangrènent les esprits et dénaturent parfois les caractères les mieux trempés; il faut enfin que ce personnel concerte, coordonne ses efforts en me du but commun, de façon à éviter ce gaspillage, cet éparpillement désastreux de forces intellectuelles et matérielles qui est actuellement encore une des caractéristiques de beaucoup de nos centres universitaires, parmi lesquels celui de Paris se distingue en toute première ligne. Une semblable organisation nécessite en outre des ressources considérables, des laboratoires et des instituts puissamment outillés et susceptibles de pouvoir être transformés et renouvelés dès que les progrès de la science l’imposent.
- L’autonomie dont jouissent actuellement nos universités, la libre disposition quelles ont d’une partie de leurs recettes, la faculté quelles possèdent de recevoir des dons et legs, ce souffle d’indépendance qui les anime et qui pousse plusieurs d’entre celles de province à s’aff ranchir peu à peu de la tutelle obsédante de la capitale, sont de meilleur augure pour leur avenir et aussi pour celui de notre pays.
- La refonte de notre édifice universitaire dans un esprit vraiment libéral et élevé, refonte dont le mérite revient presque tout entier à l’homme éminent et de volonté tenace qui préside depuis bientôt vingt ans aux destinées de l’enseignement supérieur, n’est sans doute pas complète et demande encore bien des retouches.
- Du moment qu’on exigera du futur maître, non pas uniquement un diplôme, mais du vrai savoir, des aptitudes pédagogiques et, par dessus tout, des qualités de chercheur, de novateur et de directeur d’intelligences, il importe qu’on le délivre de toute préoccupation matérielle et qu’on ne mette pas ses intérêts en opposition avec ses devoirs.
- Tandis qu’avec le régime universitaire allemand chaque professeur, outre son traitement fixe et le logement qu'il reçoit de l’Etat, est rémunéré selon le nombre d’élèves que sa science, son talent, sa renommée attirent à ses leçons et dans ses laboratoires, il en est tout autrement en France, cc Outre
- (l) Il n’est pas rare, en Allemagne, de trouver des professeurs de chimie d’université's dont les émoluments atteignent 80,000, 100,000 francs, et même au delà. 3o,ooo à 00,000 francs sont des chiffres moyens. Malgré l'agitation menée, il y a quelques années, pour réduire ces émoluments, ils ont été maintenus, grâce aux protestations véhémentes des intéressés, qui y voyaient
- une entrave portée à leur liberté d’esprit. Des industriels éclairés, convaincus que cette indépendance matérielle de leurs savants a contribué dans une notable mesure au progrès de la science allemande, nous ont déclaré sans ambage, qu’ils verraient avec un vif regret l’adoption de toute mesure qui put amener un amoindrissement de la situation matérielle des professeurs.
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- son travail, sa science, on demande au savant français une abnégation, un désintéressement complet. Quels que soient son talent et son mérite, quels que soient sa valeur et les services rendus à la science, le professeur, assimilé à un simple fonctionnaire, soumis à la hiérarchie, est tarifé selon des règles établies d’avance. Aussi, à moins d’être voué au célibat, comme les fellows de Cambridge et d’Oxford, ou bien d’être un enthousiaste de la science, d’avoir le feu sacré, et de se contenter alors d’une situation médiocre, l’homme de science est-il obligé, en province surtout, de consacrer le meilleur de son temps à des occupations qui le détournent de ses recherches.
- cr C’est en particulier le cas de beaucoup de nos professeurs de chimie qui trouvent dans les analyses, dan§ la direction de stations agronomiques ou de laboratoires des douanes ou dans tout autre fonction rétribuée, les ressources supplémentaires à l’entretien de leurs familles.
- kNos plus grands esprits, ceux qui font le plus d’honneur à notre pays, et dont les travaux ont été féconds pour la haute culture et l’industrie, ne sont pas exempts de ces humiliantes obligations et sont contraints de chercher dans le cumul de plusieurs fonctions une amélioration à leur situation. Sans insister sur les nombreux inconvénients du cumul, cette émiettement de forces à l’usage de besognes d’un ordre souvent inférieur, constitue une perte sèche pour la science, n
- D’autres réformes, qui elles aussi ont leur importance, mériteraient encore d’être introduites dans nos facultés. C’est ainsi que nous voudrions qu’on simplifiât la procédure pour tout ce qui a trait aux achats et aux dépenses de toute nature que nécessite le fonctionnement des laboratoires. Sous prétexte qu’il y a eu de rares défaillances dans le personnel universitaire, défaillances contre lesquelles le système actuellement en vigueur ne présente d’ailleurs pas la moindre garantie, on a frappé tout le corps de suspicion et on a compliqué outre mesure les formalités administratives. Outre une grande perte de temps, ce système entraîne à des dépenses plus considérables, entravé qu’est le chef'de laboratoire par des règlements qui ne lui laissent pas la libre disposition de ses crédits. En réduisant les difficultés de gestion de chacun des services, on pourrait augmenter la responsabilité des professeurs et alléger d’autant celle des doyens.
- Il y aurait en outre avantage pour les facultés, à ce que le mandat de leurs doyens ne fut pas renouvelable au bout de trois années d’exercice, de façon ,à permettre à tous les professeurs qui en ont le goût et le désir d’occuper ces fonctions à tour de rôle. Gela éviterait d’abord des compétitions et des rivalités, causes fréquentes de (rouble» dans nos facultés, où la bonne harmonie
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- en vue d’un but commun, ne devrait jamais cesser de régner. De plus, cela serait beaucoup plus conforme au régime de liberté et de solidarité que les pouvoirs publics ont voulu introduire dans nos Universités, car il faut bien le dire, beaucoup de doyens, soit par amour d’un semblant de pouvoir, soit par besoin de figurer toujours et en tout au premier rang, s’éternisent dans leur fonction et finissent par se croire indispensables; se transformant alors en de véritables despotes, ils s’immisçient aux moindres actes de leurs collègues, même lorsqu’ils sont complètement étrangers à leur service, et entravent toute initiative, fût-elle la plus légitime et la plus désintéressée, quand elle ne tourne pas à leur profit.
- Pour ajouter à la décentralisation et fortifier encore davantage nos universités de province, nous voudrions enfin qu’on étendit les avantages que confère la situation de membre de l’Institut aux hommes de science, aux savants de province qui se sont le plus distingués.
- Dans l’état actuel du règlement, il semble que, pour être membre titulaire, il faille résider dans la capitale ou tout au moins être attaché à une de ses grandes institutions. Ces dispositions, justifiées dans une certaine mesure il y a un siècle, n’ont plus la même raison d’être de nos jours, où la science est cultivée avec le même zèle, le même amour et le même succès dans les écoles de tout le territoire.
- Il serait donc équitable que les savants de province jouissent des mêmes distinctions, des mêmes honneurs que ceux qui résident à Paris.
- Leur situation, déjà trop précaire, en serait rehaussée; ils acquéreraient en outre plus d’autorité et auraient une action plus efficace sur leurs disciples. Beaucoup d’entre eux, au lieu d’être hantés par le désir d’émigrer dans la capitale, s’attacheraient définitivement à leur chaire pour le plus grand bien de la faculté qui les possède.
- L’Institut en modifiant son règlement dans ce sens, accomplirait un acte de haute justice, qui l’honorerait grandement. Il ne ferait d’ailleurs que se conformer, en les prévenant, aux lois inéluctables de l’évolution qui exigent que toute institution, tout organisme, aulieude rester immuable, s’adapte aux mœurs et aux conditions de 1’ép.oque, tout en gardant fidèlement ses traditions fondamentales.
- En France, où les titres ontune importance quelque peu exagérée, il convient, ne serait-ce que dans un but d’émulation, d’en faire bénéficier tous ceux qui, par leurs travaux ou leurs découvertes, peuvent ajouter à la grandeur et à la prospérité du pays.
- Instituts et laboratoires. — Dans les chapitres consacrés à l’Allemagne, aux États-Unis, à la Russie, nous avons mentionné les sommes importantes et
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- renouvelées que pouvoirs publics et particuliers affectent à la création d’établissements scientifiques destinés à donner renseignement de la chimie sous tous ses aspects.
- Si en France, sous l’impulsion de quelques esprits clairvoyants et entreprenants, la nécessité d’agrandir, de modifier et de créer laboratoires et instituts ne s’est fait sentir que depuis une vingtaine d’années, il faut reconnaître que plusieurs universités ont largement mis a profit cet intervalle de temps pour s’organiser dans la mesure où les crédits, dont elles avaient la libre disposition, le comportaient.
- C’est cl’abord Lyon qui dès l’année 1883 a ménagé dans la nouvelle faculté des sciences, des laboratoires en vue de l’instruction pratique des chimistes qui se destinent à l’industrie. Quinze ans plus tard (1898) l’université, reconnaissant l’avantage de grouper dans une même enceinte tous ses services de chimie, consacra une somme de plus de i,5oo,ooo francs à la construction d’un institut de chimie autonome et pourvu de toutes les installations modernes.
- C’est, vers la même époque, la ville de Paris qui, s’emparant cl’une idée suggérée par M. Lauth, à la suite de l’exposition de 1878, créa son Ecole municipale de chimie et de physique dont l’action, sous la conduite éclairée et bienveillante de son premier directeur Schutzenberger, a été féconde et a déjà produit les plus heureux résultats. Le directeur actuel, M. Lauth, non content de maintenir les fortes traditions créées par son prédécesseur, s’elïorce actuellement de développer cette institution si utile, et de la reconstruire sur de nouveaux plans, de façon à en faire un établissement modèle.
- A Nancy, où l’auteur de ces lignes a, dès 1879, appelé l’attention des autorités universitaires et publiques sur l’importance qu’il y avait pour la région de faire contrepoids aux écoles de Strasbourg, de Mulhouse et de Zurich, on inaugura en 1890 un vaste institut chimique, le premier en France qui fut dégagé des autres bâtiments universitaires, et dans lequel on peut donner l’instruction théorique et pratique à plus de 120 élèves à la fois. Et, quand la chimie physique, l’électro-chimie se révélèrent comme des sciences dont l’étude et la pratique s’imposaient au chimiste qui veut être complet, nous souvenant de ces paroles : cr 11 faut que les universités trouvent sur place des sympathies, des stimulants, des sucs particuliers et de l’argent, beaucoup d’argent s’il se peutà). . . a, nous avons entrepris la création, par souscription publique, d’un nouvel institut, également indépendant et approprié à sa destination, auquel nous avons joint un laboratoire de teinture et d’impression. Cet institut actuel-
- (1) Liard, Universités et facultés, [>. 218.
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- lement unique dans son genre en France, et qui est dû à la générosité de nos industriels et de nos financiers, a suscité l’émulation d’autres de nos collègues et provoqué depuis lors la création, par la même voie, d’une école de brasserie et d’un institut électrotechnique W.
- Ces exemples montrent combien l’esprit de nos fabricants s’est modifié depuis quelques années, et combien les plus éclairés d’entre eux reconnaissent l’influence de plus en plus prépondérante qu’exerce la science sur l’industrie.
- A toutes ces créations que nous avons énumérées plus haut, nous devons ajouter celle de l’Institut de Chimie de Lille, qui ne le cède en rien comme organisation et comme magnificence aux plus beaux instituts de France et de l’étranger, et celle de l’Ecole de chimie pratique de Paris, due a l’initiative et au zèle patriotique de M. Friedel, l’illustre chimiste de la Sorbonne, et dont la direction, après la mort prématurée de son fondateur, est échue à M. Moissan.
- Grâce à ce mouvement manifeste et d’une intensité croissante qui porte beaucoup d’esprits à prôner l’étude des sciences uniquement au point de vue de leurs applications, il s’est créé en outre des enseignements de chimie industrielle, d’électricité industrielle dans plusieurs établissements où la science proprement dite, celle qui est destinée à former l’esprit, n’est qu’effleurée on incomplètement enseignée. Autant nous critiquons le système en usage dans nos écoles spéciales qui ont la prétention de produire des esprits encyclopédiques, pliant sous un bagage mal composé, autant nous nous insurgeons contre des méthodes qui n’aboutissent qu’à former des contremaîtres, des empiriques, au lieu de véritables hommes de science, de savants dont a besoin l’industrie.
- N’est-ce pas là le ccpropre de l’éducation pseudo-scientifique et pseudo-utilitaire qui se croit habile en commençant la maison aux étages, parce qu’on les habitera et qu’on n’habitera pas les fondations!)?
- Un tel rôle convient aux écoles techniques, telles que les comprennent les Anglais, mais non pas à des universités, à des établissements d’enseignement supérieur.
- Nous sommes un fervent partisan de l’étude des applications (et aussi de la spécialisation), à la condition toutefois que l’élève ne les aborde qu’après avoir acquis des connaissances sérieuses en chimie physique, en chimie minérale, en chimie organique, en analyse, en physique et en minéralogie, toutes connaissances contrôlées et appuyées en outre par des exercices journaliers pendant plusieurs années.
- Or, pour grouper, coordonner tous ces enseignements et les rendre efficaces,
- (l) La totalité des sommes obtenues ainsi par souscription sont près d’atteindre 5oo,ooo francs.
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- il faut un personnel, des installations et des crédits que, dans l’élatactuel des choses, peu d’universités et d’écoles possèdent.
- Vouloir faire des applications de la science dans toutes facultés est un leurre.
- Nous sommes contraints de l’avouer, il n’existe en France, à notre connaissance, que deux établissements où toutes les conditions que nous venons d’énumérer sont complètement remplies et où l’élève trouve, indépendamment d’une instruction théorique bien ordonnée, un outillage et des laboratoires spécialement aménagés pour les divers exercices auxquels il doit se livrer. Ce sont : l’Ecole municipale de chimie et de physique de Paris et l’Institut chimique de Nancy, avec son annexe, l’Institut de chimie physique et d’électro-chimie.
- La tâche qui, dans ces écoles incombe à l’élève comme au professeur est sans doute assujettissante. Dans cette dernière en particulier le maître ne se contente pas de faire sa leçon ex cathedra et de se soustraire ensuite à la vue de son auditoire jusqu’à la leçon suivante; il vit de la vie du laboratoire, est en contact continuel avec ses disciples, les guide, leur prodigue ses conseils et ses encouragements. Il arrive même insensiblement, et c’est là le but envié, le but suprême, le but réellement utile et élevé, celui auquel devrait aboutir toute vraie éducation intellectuelle, à développer chez l’élève le libre arbitre, à lui apprendre à penser et à réfléchir par lui-même, à lui faire faire enfin œuvre personnelle.
- La production scientifique si intense de l’Allemagne, celle que nous devons nous efforcer d’égaler, sinon de surpasser, n’a pas d’autre origine que cet esprit véritablement éducateur, qui anime la plupart des maîtres de ses universités. Aussi bien que la jeunesse allemande, notre jeunesse est avide de savoir, souple, travailleuse et intelligente; elle possède même une faculté d’assimilation et de compréhension, un esprit primesautier, une originalité qui ne se rencontrent au même degré chez aucune jeunesse étrangère.
- Désireuse de s’émanciper et de contribuer par son savoir au relèvement de l’industrie du pays, elle est déplus en plus pénétrée de la stérilité du fonctionnarisme et aborde résolument des carrières où elle puisse donner un libre jeu à ses facultés entreprenantes.
- Il est du devoir des pouvoirs publics, des départements, des villes et voire même des particuliers de réunir leurs efforts pour compléter notre organisation universitaire, non pas dans la voie de Tuniformité, mais en s’inspirant des besoins de chaque région9), tout en maintenant au premier plan de leurs préoccupations la vraie, la haute culture intellectuelle.
- (1) Voir à cet égard notre article : tt L’enseignement pratique en général et en particulier celui de la chimie dans nos universités v in Revue générale des matières colorantes, dcM. L. Lefèvre , t. Il (1898), p. 957.
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- Classification adoptée dans notre travail. — Tout eu reconnaissant les difficultés inhérentes à toute classification rigoureuse, quand il s’agit de matières aussi dissemblables que les produits qui font l’objet de ce travail, nous essaierons cependant de les grouper en un certain nombre de chapitres auxquels nous assignerons les en-tètes suivants :
- Chapitre f. Grande industrie chimique.
- Chapitre II. Produits de la petite industrie chimique et produits pharmaceutiques.
- Chapitre III. Matières colorantes artificielles et extraits de bois de teinture.
- Chapitre IV. Produits de la distillation sèche. Pétroles. Chapitre V. Parfums naturels et synthétiques.
- Chapitre VI. Couleurs minérales. Laques. Vernis. Chapitre VII. Savons.
- Chapitre VIII. Colles et gélatines.
- Chapitre IX. Matières plastiques. Soies artificielles. Chapitre X. Produits coloniaux.
- Chacun de ces chapitres comprend des considérations générales sur l’indus-1 rie spéciale qui y est décrite , sur son développement et les modifications plus ou moins profondes qu’elle a subies depuis une dizaine d’années. A la suite de ces considérations nous avons fait figurer la plupart des maisons qui ont pris part à l’exposition, avec la nature et l’importance de leur fabrication, les progrès qu’elles y ont réalisés et les principaux articles qu elles ont exposés. Ces renseignements nous ont été fournis par les industriels mêmes, soit sous la forme de notices publiées à l’occasion de l’exposition, soit sous celle de documents adressés directement au Jury ou à son rapporteur. Enfin pour terminer, nous signalons d’une façon sommaire, les découvertes ou les améliorations les plus importantes qui ont été effectuées dans le domaine de l’industrie à laquelle le chapitre est consacré.
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
- CHAPITRE PREMIER.
- GRANDE INDUSTRIE CHIMIQUE.
- A cette époque de transformations sans cesse renouvelées des méthodes de fabrication de beaucoup de produits chimiques, où des matières qui occupaient jadis le premier rang dans la consommation ont été éclipsées, comme importance, par de nouveaux venus, il devient très difficile de conserver les cadres étroits dans lesquels on avait coutume de grouper les différentes industries chimiques, depuis le commencement du xixc siècle.
- Sans doute, la grande industrie comprendra toujours la fabrication des principaux acides minéraux, du chlore et des hypochlorites; celle des alcalis et des carbonates alcalins, des cyanures, ferro et ferri-cyanures, etc.; mais combien devient aussi de jour en jour plus importante l’élaboration d’autres composés qui, jadis, n’existaient pas, industriellement parlant, ou qui, par suite d’un manque d’applications, n’étaient que des produits rares, soigneusement enchâssés dans des vitrines de musée ou conservés avec un soin jaloux dans des collections de laboratoire.
- On ne peut, en effet, méconnaître que l’industrie du carbure de calcium, celle des terres réputées rares autrefois, celle des explosifs, etc., occupent dans la hiérarchie de la production chimique un rang des plus honorables.
- La curiosité toujours éveillée du chercheur, son insatiable désir de pénétrer tous les secrets de la nature, l’incitent à modifier sans cesse ses méthodes d’investigation et lui ouvrent souvent des horizons inconnus jusqu’alors.
- Or, il est rare que la production économique d’un composé nouveau, ou même déjà connu, n’engendre pas une application nouvelle, comme il est non moins rare que la découverte d’une propriété inattendue de la matière, susceptible d’être mise en valeur, ne conduise pas à la préparation industrielle de cette matière.
- Chaque étape parcourue ainsi dans la voie du progrès a sa répercussion sur un compartiment de la production générale, et amène souvent une perturbation profonde dans les procédés les plus séduisants et qui semblent les mieux assis.
- L’histoire de la matière est pleine d’enseignements de ce genre. A ne considérer que les produits servant à l’éclairage, depuis la vulgaire lampe à huile jusqu’à l’acétylène et le bec Auer, que d’efforts combinés afin d’arriver aux conditions les meilleures pour avoir le maximum de lumière avec un minimum de dépense! Que d’industries créées dans le cours de ce siècle qui découlent directement des modifications heureuses qu’on a intro-Gn. XIV. — Cl. 87. — T. I. 1
- 1M1MUUKRIE NATIONALE.
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- duites successivement dans nos méthodes d’éclairage! Quelle mine de découvertes est devenu le goudron de houille, ce produit secondaire, considéré jadis comme encombrant, de la fabrication du gaz d’éclairage.
- Ce qu’on appelle encore la grande industrie chimique n’a pas échappé aux transformations radicales que font naître, non seulement des réactions nouvelles, mais d’autres, parfois anciennes, qu’une étude approfondie et conduite avec méthode a rajeunies ou mises au point, industriellement parlant.
- Acides sulfurique, azotique et chlorhydrique, chlore et carbonate de soude, faisaient partie d’un cycle qui fut en quelque sorte fermé, à partir du jour où l’on put régénérer le soufre pour le faire rentrer dans la fabrication. Grâce aux perfectionnements successifs introduits dans les fours à pyrite de fer par Michel Perret, Maletra, Gerstenhofer, et à leur adaption à la combustion de la blende par Eichhorn et Liehig et la Rhenania, on est même parvenu à brûler tout le soufre contenu clans ces sulfures, et les petites quantités de métalloïde restant n’ont pas empêché le sesquioxyde de fer résiduaire et inemployé jadis, de pouvoir être utilisé dans les hauts fourneaux.
- L’acide sulfurique élaboré par la méthode des chambres de plomb, où l’acide azotique joue le rôle d’oxyfert, servait à décomposer le chlorure de sodium, et les produits de cette double décomposition, sulfate de soude et acide chlorhydrique, fournissaient, le premier du carbonate de soude, produit marchand, et des charrées contenant le soufre sous la forme de sulfure, d’hyposulfîte, etc., dont on réussit de nouveau à retirer la majeure partie du métalloide, depuis l’application du procédé de Chance et Claus. Quant à l’acicle chlorhydrique, la vieille réaction de Scheele nous permettait cl’en extraire le chlore, extraction qui devint économique à partir du jour où Ton put régénérer le bioxyde cle manganèse (Welclon) et le faire rentrer dans la fabrication. Plus tard, même, grâce à la découverte du procédé Deacon, on réussit à se passer de bioxyde et on simplifia encore la production du chlore au moyen de HCl.
- Ce cycle semblait donc parfait, car tous les éléments de quelque valeur empruntés au sol, se retrouvaient pour ainsi dire intégralement, sous la forme de combinaisons directement utilisables dans l’industrie ou dans l’économie domestique. Seuls, le carbonate de chaux, qui ne cédait que son acide carbonique, et le charbon transformé partiellement en oxyde de carbone, étaient irrémédiablement perdus.
- Procédé Solvay. — Cet équilibre merveilleux, dû à des efforts patients et persévérants de plus de trois quarts de siècle, a cependant été rompu à la suite cle l’apparition du procédé Solvay, et, depuis lors, l’industrie cherche en vain un nouvel encha'-nement de réactions qui lui permit de remplacer les différents anneaux du cycle Leblanc. Tandis que dans ce dernier les deux éléments constitutifs du chlorure de sodium trouvaient leur application, l’un sous la forme de carbonate de soude et de soude caustique, l’autre sous la forme d’hypochlorite de chaux et d’acide chlorhydrique, le procédé de préparation de la soude à l’ammoniaque n’a, jusqu’à présent, pas réussi à extraire économiquement le chlore sous une forme utilisable.
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- Les tentatives n’ont cependant pas manqué; elles ont été nombreuses et variées. Les procédés Weldon Pechiney, Schlœsing, Mond, etc., dont il a été question dans notre rapport sur l’Exposition de Chicago en 1893, témoignent des efforts qui ont été faits dans cette voie. Il semble qu’à l’heure présente, l’expérience a prononcé un jugement définitif sur la valeur de ces procédés, qui n’ont plus qu’une application restreinte en Allemagne où le syndicat de la potasse se borne à préparer une certaine quantité d’acide chlorhydrique au moyen du chlorure de magnésium, qui est décomposé à haute température en présence de vapeur d’eau.
- Acide sulfurique par la méthode de contact. — Une autre révolution, non moins importante que celle provoquée par le procédé Solvay, est la mise au point de la nouvelle méthode de fabrication de l’acide sulfurique. Comme nous le verrons plus loin, le principe de cette méthode est connu depuis de longues années. De nombreux essais ont été faits à partir de 1831, en Angleterre, en France et en Allemagne pour tirer parti de la propriété catalytique que possèdent la mousse de platine et beaucoup de corps poreux, de favoriser la combinaison cle l’oxygène avec l’acide sulfureux. Mais comme pour la préparation de la soude à l’ammoniaque, il a fallu multiplier tentatives et recherches pour rendre ce procédé technicpiement utilisable.
- Son adoption, tout au moins partielle, aura pour effet de diminuer les chambres de plomb, d’écarter d’une façon définitive et à bref délai le problème toujours posé de la concentration économique de l’acide sortant des chambres, et enfin de restreindre, dans une certaine mesure, l’emploi de l’acide azotique ou de l’azotate de soude.
- Procédés électrolytiques. — Si le procédé Solvay a pénétré d’emblée aux Etats-Unis et en Russie, pays neufs comme industrie chimique, il n’en a pas été de même des autres parties de l’Europe.
- Les énormes capitaux engagés, les compensations temporaires dues à la préparation du chlore, les économies résultant de l’emploi des fours tournants et de l’utilisation du soufre extrait des charrées, n’ont pas peu contribué à prolonger l’existence du procédé Leblanc, qui est exploité, concurremment d’ailleurs avec celui à l’ammoniaque, en Angleterre, en Autriche et en Allemagne. Actuellement encore, on fabrique plus de soude Leblanc en Grande-Bretagne que de soude à l’ammoniaque, alors que la première tend peu à peu à disparaître sur le continent.
- Cette élimination graduelle est due à une orientation nouvelle donnée à la production du chlore et de la soude caustique, grâce à l’introduction,dans la grande industrie, des procédés électrolytiques. L’industrie consomme, en effet, une certaine quantité de chlore sous la forme d’HCl et d’hypochlorites que le procédé Solvay, malgré toutes les tentatives qui ont été faites, est impuissant à lui fournir. La fabrication du carbonate de potasse par la méthode Leblanc, et la décomposition du chlorure de magnésium, produisent bien de l’acide chlorhydrique, mais cet acide est employé comme tel et ne suffit même pas. Le procédé Hargreaves (décomposition du chlorure de sodium par de l’acide
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- sulfureux en présence de Pair) a permis de le fabriquer plus économiquement que par l’acide sulfurique, le sulfate de soude trouvant son emploi dans les verreries.
- L’amélioration tardive apportée par Hargreaves n’a cependant pas réussi à rétablir l’équilibre, car les consommations de sulfate de soude et d’acide chlorhydrique sont équivalentes et il ne reste pas d’HCl pour la fabrication du chlore.
- A l’heure présente, la tonne mixte soude-chlorure de chaux Deacon revient moins cher que la tonne mixte soude-chlorure Weldon, et la tonne mixte soude-chlorure électrolytique devra être moins cher encore.
- C’est donc dans Télectrolyse des chlorures alcalins que se trouvera définitivement la solution du problème, car elle fournit à la fois le chlore et les alcalis caustiques.
- D’aucuns prétendent que, suivant les circonstances, elle permettra même de préparer le carbonate de soude. (Procédé Hargreaves et Bird.)
- Sans doute, on ne saurait trop préjuger de l’avenir, mais en admettant même que les frais divers, actuellement assez élevés, que nécessite l’exploitation des procédés électrolytiques soient considérablement diminués, les quantités de chlore qu’on produirait couvriraient au moins dix fois la consommation actuelle. Il est vrai qu’on trouverait certainement un moyen d’en convertir une partie en acide chlorhydrique, mais il y aura toujours un excédent, et comme l’économie générale d’un procédé réside dans l’utilisation des divers produits qu’il fournit, la perte cl’une partie de ces produits lui enlèverait tous ses avantages. Cet excédent de chlore serait certainement plus encombrant que ne l’était jadis l’acide chlorhydrique, à l’époque où le procédé Leblanc était en pleine floraison.
- Pour le moment, donc, Télectrolyse n’a en vue que la production du chlore, des chlorates, des perchlorates et persulfates, ainsi que de la potasse et de la soude caustique.
- Son succès dépend : i° de la nature des appareils, du choix des électrodes ou des diaphragmes et de leur résistance à l’action du chlore et des alcalis (nous donnerons plus loin les principales dispositions qui ont été adoptées, sans être en mesure cependant de pouvoir nous prononcer sur leur valeur); 2° du coût de l’énergie électrique suivant les diverses sources de force motrice. Celle-ci peut être fournie par :
- a. La vapeur produite, bien entendu, par le combustible houille;
- b. Les moteurs à gaz, le gaz étant produit par les gazogènes à l’air marchant à la houille, puis par des gazogènes à gaz pauvre marchant au coke ou à l’anthracite, puis par des gazogènes à l’eau, système Dellwick-Fleischer, et enfin venant des hauts fourneaux ;
- c. Les chutes d’eau.
- La dépense annuelle comprend : i°l’intérêt et l’amortissement des installations; 2° la main-d’œuvre; 3° l’entretien, graissage et divers; 4° le combustible.
- 11 faut distinguer aussi le nombre de jours et d’heures par jour de marche que Ton compte dans Tannée. Nous envisagerons que Ton veut tirer le parti maximum des inslal-
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- lations, c’est-à-dire une marche de trois cent soixante jours et vingt-quatre heures par jour. Ce serait le cas de la grande industrie.
- Les chiffres que nous donnons ci-après sont en quelque sorte des moyennes, car ils varient quelquefois considérablement selon les situations, l’importance, la force des installations, etc.
- Une industrie qui est à proximité d’un canal, d’un chemin de fer, marchant sur un pied d’un, deux, trois, quatre mille et plus de chevaux-vapeur, aura un prix de revient inférieur que celle qui n’a pas tous ces avantages, ou qui ne marche qu’avec un nombre de chevaux inférieur.
- Nous supposons une installation d’au moins 1,000 chevaux-vapeur. Sans avoir une valeur absolue, ces chiffres ont une valeur comparative et peuvent être pris comme rapports du coût de l’énergie suivant ses diverses sources(1).
- I. FORCE MOTRICE.
- DÉPENSES DE PREMIER ÉTABLISSEMENT PAR CHEVAL-VAPEUR.
- A. Vapeur. — Estimations moyennes : Bâtiments, de 85 à 3oo francs; chaudières, machines, etc., de io5 à 33o francs, suivant prix des matériaux, luxe des constructions, etc.
- Exemples particuliers : Installation de 2,000 chevaux-vapeur dans nos pays :
- Bâtiments et fondations............................................................. 75 francs.
- Machines, chaudières, etc.......................................................... aâo
- Total.................................................. 315
- En Amérique, installation de 1,000 chevaux-vapeur à 285 francs; pour 2,000 chevaux-vapeur, 2o5 francs.
- On peut compter en moyenne sur une dépense de premier établissement de 3oo francs par cheval-vapeur.
- B. Moteur à gaz pauvre. — Dépense d’installation par cheval-vapeur, 25o francs. (Stahl und Eisen, avril 1900.)
- G. Chutes d’eau. — La dépense de premier établissement est très variable suivant la hauteur de chute dont on dispose, suivant que l’on considère le maximum ou le minimum de débit dans l’année, suivant les difficultés de captage et d’amenée de l’eau, etc.
- La dépense varie de quelques centaines de francs à 1,5oo francs par cheval-vapeur et plus.
- A Genève et au Niagara, la dépense d’installation par cheval-vapeur semble avoir été de 65o francs avec les installations électriques, chiffre que nous adopterons.
- II. FRAIS D’INSTALLATION DE LA PARTIE ÉLECTRIQUE.
- Nous n’envisageons que les dynamos et accessoires sans les lignes de distribution, l’énergie étant supposée être consommée à pied d’œuvre.
- La dépense varie de 65 à 3oo francs par kilowatt.
- Pour des installations importantes, on peut admettre le prix de 100 francs par cheval-vapeur.
- (1) Nous devons tous ces chiffres à l’obligeance de M. Hannon, ingénieur distingué et directeur technique de la maison Solvay, auquel une longue pratique dans la grande industrie a rendu toutes ces données familières.
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- III. DÉPENSES ANNUELLES PAR CHEVAL-AN.
- A. Intérêt et amortissement des installations. — Il faut compter : par vapeur, sur n;5 p. ioo;par moteurs à gaz, i5 p. 100; par force hydraulique, 8 p. îoo (comprenant intérêt à 5 p. loo et amortissement 2 p. 100 sur canaux, etc., et 6 p. 100 sur moteurs et conduites, en moyenne 3 p. 100, en tout 8 p. 100) ; par partie électrique, i5 p. 100.
- D’après ces données, il faudra donc compter pour intérêts et amortissement, en moyenne par cheval-an, partie électrique comprise :
- Force vapeur
- Force gaz.
- 3oofX ii.5.........
- 100 X i5...........
- Total.
- a5ofX i5...........
- 100 X i5...........
- Total,
- Force hydraulique...
- 55ofX 8............
- 100 X i5...........
- Total.
- 34f 5o
- i5 00
- /l9 5o
- 37f 5o
- 15 00
- 5a 5o
- A4' r 00
- i5 00
- 59 00
- B. Main-d’œuvre. — Avec un salaire de 4 francs par jour, on peut admettre une dépense de main-d’œuvre par cheval-an effectif de 15 francs pour la vapeur et le gaz, de 8 francs pour le gaz de hauts fourneaux et de 7 francs pour la force hydraulique.
- G. Entretien, graissage et divers. — La dépense par cheval-an effectif est évaluée à i5 francs pour la vapeur, 20 francs pour le gaz, 7 francs pour la force hydraulique.
- En résumé, le total des dépenses par cheval-an effectif, non compris le combustible, s’élèvera donc à :
- DÉSIGNATIONS. VAPEUR. GAZ EAU.
- GAZOGÈNES. HAUTS FOURNEAUX.
- Tnlérèt.s ni amortissements fr. c. 4g 5o i5 00 i5 00 fr. c. 5a i5 00 20 00 fr. c. 00 8 00 2 5 00 fr. c. 5g 00 7 00 7 00
- Main-d’œuvre Entretien, graissage, etc
- Total
- 79 5o O LTÏ 00 85 5o 73 00
- D. Combustible. — 1. Vapeur. — Nous considérerons une qualité moyenne de houille pour chauffage industriel, d’une puissance calorifique de 7,5oo calories.
- Nous prendrons également un rendement moyen industriel de 65 p. 100 pour les chaudières à vapeur, ce qui laissera de disponible dans la vapeur engendrée 7,5oo x o.65 = 4,875 calories.
- Les machines à vapeur actuelles ont un rendement mécanique de 85 à 87 p. 100 et consomment par heure et par cheval effectif 7 kilogrammes de vapeur à la pression de 12 kilogrammes, soit 4,641 calories.
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- La consommation de charbon par cheval-heure effectif sera de — o kilogr. q5.
- 007 O 1
- (Rendement total thermique de la machine à vapeur par cheval-vapeur indiqué, o.i 19.)
- 2. Gaz de gazogène à l’air. — Combustible: houille à 7,500 calories. On obtient au maximum, 4 m. c. 5 de gaz d’une puissance calorifique moyenne de 960 calories, soit 4,278 calories par kilogramme de houille. Le rendement calorifique du gazogène est ainsi de =57 p. 100, moindre que celui de la chaudière à vapeur. 7t>oo
- Un cheval-heure effectif consomme 3 mètres cubes de gaz dans les meilleures conditions (Essais de la Société Cockerill), soit 9.00 x 3 = 2,85o calories. La consommation de houille sera donc par
- cheval-heure effectif de = 0 kilogr. 666.
- 4275
- (Rendement de la chaleur totale par cheval-vapeur indiqué = 0.19.)
- 3. Gaz pauvre de gazogène à l’anthracite. — Tramways d’Orléans : consommation garantie par cheval-vapeur effectif = 0 kilogr. 625 anthracite.
- Compagnie des tramways de Paris et du département de la Seine : consommation garantie = o kilogr. 55o anthracite (Lumière électrique, i4 avril 1900).
- 4. Gaz à Veau. — Gazogène Dellwick-Fleitscher, au coke. — D’après Lunge, ce système de gazogène donne par kilogramme de coke 2 m. c. 58 de gaz, d’une puissance calorifique d’environ 2,3oo calories par mètre cube, soit au total par kilogramme de coke 2.58 x 2,3oo = 6,000 calories. Le
- rendement calorifique du gazogène serait ainsi de ^00. = 80 p. 100.
- rjOOO
- Si l’on compte au moteur 2,85o calories (voir plus haut) par cheval effectif, la consommation de
- coke sera de = 0 kilogr. 475.
- 6000
- 5. Gaz pauvre des hauts fourneaux. — Le gaz a une puissance calorifique moyenne de g5o calories par mètre cube. Il en faut 3 mètres cubes par cheval-heure effectif, soit 2,85o calories.
- Pour trouver son équivalent en houille, on peut envisager son utilisation pour le chauffage des chaudières à vapeur. En comptant pour celles-ci 70 p. 100 de rendement calorifique (chauffage au gaz) on aurait 2,85o X 0.70 = 1,995 calories disponibles, en vapeur à haute pression. Or, un kilogramme de houille brûlé aux chaudières donne 4,875 calories (voir 1) sous forme de vapeur. Les
- 1,995 calories correspondraient donc à = 0 kilogr. 410 de houille, dont le prix représenterait la
- valeur du gaz de hauts fourneaux consommée par cheval-heure effectif.
- Résumé. — Pour avoir la consommation de combustible par cheval-an effectif, nous comptons, comme il est dit plus haut, sur une marche de 36o jours et de 24 heures par jour. L’on aura donc ;
- DÉSIGNATIONS. CONSOMMATION DE COMBUSTIBLE
- PAR CHEVAL-HEURE EFFECTIF. PAR CHEVAL-AN EFFECTIF.
- Vapeur Gaz à l’air Gaz pauvre Gaz à l’eau Dellwick.. . Gaz de hauts fourneaux kilogrammes. 0.950 houille. 0.666 houille. o.55o coke ou anlhracite. 0.475 coke. o.410 houille. kilogrammes. 8,208 houille. 5,755 houille. 4,752 coke ou anthracite. 4,io4 coke. 3,542 houille.
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- 1Y. DÉPENSES TOTALES PAR CHEVAL-AN EFFECTIF AVEC PRIX VARIABLES DU COMBUSTIRLE.
- Nous envisagerons sucoessivemenlle charbon à 10, i5 et 20 francs la tonne. Pour le prix du coke nous nous baserons sur un prix normal par rapport à celui de la houille, soit 1.7 fois celui-ci.
- Pour l’anthracite nous prendrons les mêmes prix que pour le coke.
- D’après cela, on aura les résultats consignés au tableau ci-après :
- DÉPENSES TOTALES PAR CHEVAL-AN EFFECTIF.
- PRIX DU COMBUSTIBLE. VAPEUR. HOUILLE. G A Z À L’Ain. HOUILLE. GAZ PAUVRE. ANTHRACITE. GAZ DELLYVICK. COKE. GAZ DE HAUTS FOURNEAUX. FORCE HYDRAU- LIQUE.
- Dépenses fixes Houille à 10 francs fr. c. 79 5o fr. C. 87 5o fl*. C. 87 5o fr. c. 87 5o fr. c. 85 5o fr. c. 63 00
- 82 08 57 5o // // 35 42 //
- Coke et anthracite à 17 francs. . . . // // 80 78 69 77 // U
- Total 161 58 i45 00 168 28 i57 27 1 20 92 63 00
- Dépenses fixes Houille à 15 francs 79 5o 87 5o 87 5o 87 5o 85 5o 63 00
- 123 12 86 32 U // 53 i3 //
- Coke et anthracite à s5 fr. 5o. . . . // // 121 17 io4 65 // n
- Total 202 62 173 82 208 67 192 i5 138 63 63 00
- Dépenses fixes 79 5o 87 5o 87 5o C lO C"* 00 85 5o 63 00
- Houille à 90 francs i64 16 115 10 161 .67 // 70 84 //
- Coke et anthracite à 34 francs. . . . h // // 13g 5o // //
- Total 243 66 202 60 249 07 926 00 156 34 63 00
- V. DÉPENSE PAR KILO-WATT-HEURE.
- D’après le tableau précédent, il est maintenant possible de calculer le prix du kilo-watt-heure, en comptant, avec un rendement de 90 à 91 p. 100 des dynamos, que 1 kilo-watt-heure = i.5 cheval-vapeur effectif.
- Suivant les prix du combustible, on dressera, en conséquence, le tableau suivant :
- PRIA DU KILO-WATT-HEURE (8,640 HEURES PAR An).
- PRIX DU COMBUSTIBLE. VAPEUR. HOUILLE. GAZ À L’AIR. HOUILLE. GAZ PAUVRE. ANTHRACITE. GAZ DELLYVICK. COKE. GAZ HAUTS FOURNEAUX. HOUILLE. FORCE HYDRAU- LIQUE.
- fr. c. fr. C. fr. C. fr. c. fr. C. fr. c.
- Houille à 10 francs Coke et anthracite à 17 francs.... 0 028 // 0 025 // 0 029 // 0 027 il 0 021 il 0 011 il
- Houille à i5 francs Coke et anthracite à 2 5 fr. 5o. . . . 0 o35 // 0 o3o // 0 o36 // 0 o33 // 0 02k // 0 011 //
- Houille à 20 francs Coke et anthracite à 34 francs. . .. 0 o42 II 0 o35 11 0 o43 // 0 039 // 0 027 u 0 011 n
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- Des chiffres qui précèdent, il ressort nettement que l’avantage reste, toutes choses égales d’ailleurs, à la force hydraulique. Il ne faut, d’autre part, pas oublier que le prix adopté est une moyenne, car nous connaissons des usines où le cheval-an électrique est de beaucoup inférieur à 63 francs. En Savoie et en Suède en particulier, il n’est pas rare que ce prix descende à 3o francs9) et même au-dessous.
- Il serait téméraire de croire cependant que dans la préparation de certains produits, qui nécessite l’intervention de l’énergie électrique, il ne faille prendre en considération que le coût de celle-ci et négliger les autres. Il est en effet des corps, comme la soude et la potasse caustiques, qui, bien que préparés par voie électrolytique, exigent, pour être rendus marchands, une concentration dépensant jusqu’à cinq fois leur poids de houille. Or, il faut, dans ce cas, prendre en sérieuse considération les frais occasionnés par le port des matières premières, du combustible, ainsi que celui de la matière fabriquée pour l’amener aux lieux de consommation, tous frais qui compensent et même dépassent quelquefois de beaucoup les bénéfices qu’on peut retirer de l’emploi d’une chute à bon marché. Là où ces dépenses accessoires sont réduites à un minimum, comme dans le cas de la fabrication des chlorates, du carbure de calcium, des ferro-chromes et ferrosibciums , etc., il va sans dire que les avantages résultant de l’emploi de la force hydraulique sont incontestables.
- Avant de nous occuper des exposants des différents pays qui ont participé à l’Exposition de 1900, nous allons résumer en quelques mots, les résultats obtenus par l’utilisation de l’énergie électrique dans le domaine de l’industrie chimique.
- L’énergie électrique est utilisée dans ce que Ton appelle Télectrolyse, Télectrométal-lurgie, l’analyse électrolytique et comme agent calorifique.
- Électrolyse. — On connaît depuis longtemps ses applications à la galvanoplastie, c’est-à-dire à l’opération qui consiste à se servir du courant électrique pour recouvrir certains objets de couches très minces de métaux plus ou moins précieux : cuivrage, nickelage, argenture, dorure, etc. La fabrication de tuyaux de cuivre sans soudure de toutes dimensions, par voie galvanique (procédé Elmore) est une importante application de Télectrolyse. L’électrolyse est également appliquée à la métallurgie. Elle a pour but le raffinage d’un grand nombre de métaux que la métallurgie proprement dite ne réussit à fournir que mélangés de produits étrangers.
- Le raffinage le plus connu est celui du cuivre. Il permet d’obtenir le métal tout à fait pur, qualité qui a son importance pour la fabrication des câbles électriques. Plus un cuivre est pur, moins il offre de résistance et moins il faut d’épaisseur de fil pour un même courant.
- Sur les h86,08A tonnes de cuivre produit en 1900, chiffre dans lequel les Etats-Unis sont représentés par 268,787 tonnes, 172,000 tonnes ont été raffinées aux
- W A l’heure actuelle on peut louer à ce prix, et de la surproduction dont a été l’objet le carbure de même au-dessous, des installations toutes faites, et calcium. Ce prix de 3o francs ne rémunère naturel-cela grâce au nombre d’usines inoccupées par suite lcment pas le capital engagé.
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- Etats-Unis et 37,000 tonnes environ en Europe. Gomme nous le faisions prévoir clans notre rapport sur l’Exposition de Chicago, les Etats-Unis auront bientôt le monopole du raffinage de ce métal. Le raffinage par voie électrolyticpie est d’ailleurs également appliqué avec succès au plomb, au zinc, à l’étain et surtout aux métaux précieux. Avec ces derniers, en particulier, on obtient des rendements inconnus jusqu’à ce jour.
- Les lingots d’argent sont raffinés à Francfort, où il nous a été donné de voir une installation remarquable, par le procédé Rôssler ou celui de Gutzkow, à Pforzheim, parle procédé de Dietzel, et à Hambourg, par le procédé Moebius. Ce raffinage s’opère aussi aux Etats-Unis, où la raffinerie de Guggenheim, à Pesth-Amboy, a dernièrement mis en activité un matériel permettant de raffiner près de 3,ooo kilogrammes d’argent par jour. L’électrolyte est constitué par le nitrate d’argent ou le sel correspondant de cuivre, et l’or est régénéré des boues par les méthodes chimiques. A Hambourg, les lingots d’or sont raffinés par le procédé Vohlwilt, procédé qui repose sur l’emploi d’une solution acide de chlorure d’or. L’électrolyse est non seulement employée pour le raffinage des métaux, mais encore pour l’extraction de ces métaux de leurs minerais. C’est ainsi qu’on a vu à l’exposition de la Société Brunner et Mond du zinc obtenu par le procédé de Hœpfner.
- Le meme procédé serait appliqué au traitement des minerais de nickel-cuivre et en particulier à Papenburg, en Allemagne. Jusqu’à la fin de 1900, la production a été, paraît-il, de une tonne de nickel par jour.
- Suivant le Dr Mond, la consommation totale du nickel serait actuellement de 9,000 tonnes par an.
- Indépendamment des procédés métallurgiques ordinaires et des procédés électrolytiques, le nickel peut encore s’extraire au moyen de la réaction ingénieuse de l’oxvde de carbone sur le métal, qui permet de préparer le nickel carbonyle Ni(CO)4, dont il est facile cl’isoler le nickel pur. Ce procédé sera appliqué à Clydach, dans la Nouvelle-Galles du Sud, où l’on produira i,5oo tonnes de nickel par an(1k
- C’est encore par l’électrolyse qu’on précipite l’or des solutions faibles de cyanures, telles que les laisse le traitement des «tailings» et des boues, dans les champs d’or du Ranci. C’est le procédé de Siemens et Halske qui est suivi ; on emploie un courant extrêmement faible, et l’or est déposé, sous forme d’une couche brune, sur les minces cathodes de plomb. Quand l’or s’est accumulé en quantité suffisante, les cathodes sont remplacées par de nouvelles plaques, tandis que les plaques recouvertes cl’or sont fondues, et l’or est récupéré par coupellation.
- Au ier janvier 1898, treize établissements du district du Rand employaient le procédé de Siemens et Halske, et douze autres étaient sur le point de l’adopter.
- Une des applications les plus fécondes de l’électrolyse est celle qui consiste à préparer au moyen des chlorures alcalins, du chlore et des lessives caustiques, des hypochlorites ou des chlorates et perchlorates.
- Voir la description de ce procédé dans la Revue de chimie pure et appliquée, de M. Jauüei!t.
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- Nous y avons déjà fait allusion et reviendrons sur ce sujet, qui intéresse particulièrement la grande industrie chimique.
- Électrométallurgie. — L’application de l’électricité à l’extraction directe des métaux de leurs minerais est une de celles qui mérite le plus d’attention, et par les résultats déjà acquis, et par ceux qu’on est en droit d’espérer.
- Nous ne signalerons que les principaux métaux obtenus par cette voie : l’aluminium, le magnésium, le sodium. Ces métaux ne sont meme plus préparés par un autre procédé. Nous ne croyons pas devoir insister ici sur la métallurgie de ces métaux, celle du premier d’entre eux étant trop connue, et celle du magnésium et du sodium devant être signalée plus loin.
- Fours électriques. — Dans le four électrique, on n’a plus affaire à Télectrolyse, l’énergie électrique se transforme en chaleur, et cette chaleur étant concentrée dans des espaces clos et relativement restreints, on obtient des températures énormes qu’il était impossible de réaliser jusqu’à présent avec nos moyens actuels de chauffage. Grâce à ces températures, il est facile de provoquer des réactions, des combinaisons, des réductions et d’obtenir des résultats industriels qui, il y a quinze ans encore, eussent été considérés comme des chimères.
- L’histoire des fours électriques est pleine d’intérêt, et par les découvertes auxquelles elle est liée, et par les applications nombreuses qui en ont été les conséquences.
- C’est incontestablement à William Siemens que nous devons, dès 1879, le premier four électriqueCe savant avait montré son appareil en Angleterre devant la Société des ingénieurs du télégraphe, au mois de juin i 880, et à l’Exposition internationale des électriciens en 1881. Le four de M. W. Siemens était composé d’un creuset en charbon chauffé par Tare électrique jaillissant à l’intérieur. Le creuset recevant la matière à chauffer est percé de deux ouvertures à travers lesquelles passent les électrodes.
- A cette même exposition figurait un second four, dû à M. L. Clerc, qui se composait d’un bloc de magnésie et de carbonate de chaux, dans lequel était ménagée une cavité, au sein de laquelle jaillissait un arc. Les électrodes étaient constitués par deux charbons de 90 millimètres.
- Dans cet appareil, l’inventeur a volatilisé la silice et la chaux. Il aurait même, suivant des témoins oculaires, produit par condensation des matières volatilisées, de la chaux cristallisée. A ces fours se sont succédé ceux de Cowles (1885-1886-1887), de Grabau (1886), de Rogerson, Statter et Stevenson (1887), de Heroult (1887) pour la fabrication de l’aluminium; de Readmann (1889), pour la préparation du phosphore; de Wilson (1890), Parker (1891), Wilson (1899), dans lequel cet auteur a mis pour la première fois en évidence la formation du carbure de calcium obtenu longtemps auparavant par une autre voie (Woehler), Moissan (1899), Girard et Street (1893), Chaplet (1893) qui a breveté un four analogue à celui de Moissan®, Grampton, Bor-
- W Patente anglaise, 1879, n° 2110. — (2) Comptes rendus (1892), t. CXV, p. io3i-
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- chers, Bullier, Leleux et Gin, pour le carbure de calcium, Machalske, pour le phosphore, etc.; nous en passons, car le nombre des fours essayés et brevetés est vraiment trop considérable^.
- On sait tout le parti qu’a tiré l’industrie, du four électrique. C’est à lui que nous devons la fabrication en grand, par Acheson, du carbure de silicium ou carborundum, du carbure de calcium (Wilson, Moissan et Bullier), du graphite (Ch. Girard et Street, Acheson), du chrome et de ses alliages, dont la Compagnie Wilson, seule en Amérique, a produit, en 1898, environ 60 tonnes par mois; des ferro-siliciums, des ferro-titanes, des aciers (procédé Stassano).
- On sait d’autre part qu’entre les mains de M. Moissan, qui a eu le mérite d’introduire le four électrique dans les laboratoires de chimie, cet instrument a permis au savant professeur de réaliser la préparation d’un grand nombre de métaux et de carbures métalliques, dont la production n’avait pu être abordée avant la découverte du four électrique.
- FRANCE.
- La grande industrie chimique a été brillamment représentée à l’Exposition de 1900.
- Berceau des découvertes les plus importantes qui aient été faites dans ce domaine durant la première moitié du siècle, notre pays a su encore se mettre à la tête de certaines fabrications où il a fallu montrer tout à la fois de grandes qualités d’initiative et une forte dose de persévérance.
- La fabrication industrielle des hypochlorites, des chlorates et perchlorates par voie électrolytique, celle de l’aluminium, du carbure de calcium, etc., sont cl’origine française, nul ne saurait le contester. Quant à l’électrolyse des chlorures alcalins en vue de la fabrication du chlore et de la soude caustique, si nous n’avons pas été les premiers à trouver la solution du problème, on ne saurait cependant méconnaître que des efforts nombreux ont été faits dans cette voie et que parmi les nombreux procédés qui ont été brevetés, celui de deux de nos compatriotes semble avoir atteint le but.
- Dans la nouvelle voie qui a été ouverte à l’activité des chercheurs, notre pays a donc apporté son contingent d’efforts et de nouveautés qui font qu’il continue à tenir son rang dans la fabrication générale des divers produits de la grande industrie.
- Fait digne de remarque, ce ne sont pas les grandes maisons dont la renommée est assise, tant au point de vue de l’importance de la production que de l’étendue et la puissance des moyens financiers dont elles disposent, qui ont contribué à faire faire le plus de progrès, mais de nouveaux venus dans l’arène industrielle. C’est là un fait regrettable, car la prospérité d’une maison ne saurait lui faire oublier les obligations que lui imposent ses succès. Or, la première entre toutes les obligations : c’est de consacrer une partie des bénéfices à des améliorations dans les procédés connus et exploités, ou bien à des recherches dirigées dans des voies inexplorées jusqu’alors. Sans doute, sur le terrain
- (1) Voir, pour la série de ces appareils, un article de M. Ch. Street, Moniteur scientifique du Dr Quesneville, 189.5, p. 6a3; Eclairage électrique, 1899, P1 1 5; ibid., 1901, p. 299; Electro-métallurgie de Borchers, etc.
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- industriel, plus encore que dans le domaine de la spéculation pure, on ne saurait faire de découvertes capitales dans un délai déterminé et à point nommé; mais ce qu’il importe à une grande usine de faire, c’est d’entretenir sans cesse une équipe d’hommes de science, imbus de l’esprit pratique, qui soient à l’affût des idées nouvelles et des faits nouveaux, de façon à être en mesure de les faire entrer dans le domaine des applications, quand arrive le moment psychologique et opportun.
- PRODUITS DE LA GRANDE INDUSTRIE CHIMIQUE PROPREMENT DITE.
- Acide sulfurique. — Jusqu’à présent tout l’acide sulfurique produit en France Ta été au moyen des chambres de plomb. Toutefois la Compagnie parisienne des couleurs d'aniline se propose de monter à Creil le procédé par contact que la maison mère, Farb-werke vormals Meister, Lucius et Bruning, à Hœchst, a érigé près de Francfort. D’autre part, la Volta lyonnaise a fait l’acquisition, pour la France, du procédé de la Badische Anilin-und Soda-Fabrik de Ludwigshafcn et se met en mesure de l’installer.
- Enfin la Société de Saint-Gobain ferait également, dans un de ses établissements, des essais par un procédé analogue à celui de la Verein Chemischer Fabrikcn, à Mannheim, où la matière de contact est de la pyrite grillée.
- Les 5o usines de France produiraient environ 869,500 tonnes d’acide sulfurique des chambres.
- Les pyrites employées sont celles de Saint-Bel, 310,000 tonnes; no,5oo tonnes proviennent de l’importation, principalement de Bilbao; quant au reste de l’acide, il provient du grillage de la blende et de la combustion du soufre dont une partie est extraite des masses d’épuration du gaz.
- Nous résumons dans le tableau suivant les variations subies par les exportations et les importations pendant plusieurs périodes décennales.
- MOYENNES DECENNALES. ------ COMMERCE SPECIAL.
- EXPORTATIONS. IMPORTATIONS, kilogrammes. kilogrammes.
- 1867 à 1876 ................................ 2,i38,495 i,i79,i54
- 1877 à 1886 ................................ 3,5i9,93i 3,88o,367
- 1886 à 1897 ................................ 5,929,3o4 4,i49,h5
- TRANSACTIONS ANNUELLES À PARTIR DE 1891.
- EXPORTATIONS. IMPORTATIONS, kilogrammes. kilogrammes.
- 1891 ........................................ 2,804,908 2,653,435
- 1892 ........................................ 3,093,273 2,172,161
- 1893 ........................................ 2,582,696 3,i5o,ooi
- 1894.......................................... 2,633,o46 2,447,963
- 1895 ........................................ 2,825,229 3,114,994
- 1896 ........................................ 2,649,550 3,595,i46
- 1897 ........................................ 3,689,424 3,146,780
- 1898 ........................................ 2,762,396 4,666,2o5
- 1899 ........................................ 4,701,063 4,585,634
- 1900 ........................................ 3,908,600 4,244,6oo
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- Pour l’acide sulfurique, notre exportation semble donc contrebalancer les importations.
- Acide chlorhydrique. — L’acide chlorhydrique se prépare toujours en France d’après l’ancien procédé de décomposition du sel par de l’acide sulfurique. Toutefois deux usines, celle de la Société anonyme de produits chimiques d’Hautmont et celle de la Société des produits chimiques de Marseille-Lestaque, emploient le procédé Hargreaves.
- Selon M. Guillet^P, il y aurait i3 usines fabriquant 53,ooo tonnes d’acide, dont la majeure partie sert à la préparation du chlorure de chaux.
- Les importations et exportations se chiffrent de la façon suivante :
- MOYENNES DECENNALES. ----- COMMERCE SPECIAL.
- EXPORTATIONS. IMPORTATIONS, kilogrammes. kilogrammes.
- 1867 à 1876 .................................. 868,705 673,251
- 1877 à 1886 .............................. 2,865,392 3,310,809
- 1887 à 1896 ................................ 1,759,637 3,91/1,020
- MOYENNES ANNUELLES DEPUIS 1891. -- COMMERCE SPECIAL.
- EXPORTATIONS. IMPORTATIONS.
- kilogrammes. kilogrammes.
- 1891 i,48i,856 , 2,929,67/1
- 1892 1,137,9/16 2,90/1,467
- 1893 865,090 2,862,997
- 1894 795,582 2,291,948
- 1895 1,134,718 2,o83,32o
- 1896 943,664 1,851,297
- 1897 i,n4,o5o 2,119,000
- 1898 1,208,4/19 1,99/1,2/13
- 1899 2,371,4/10 1,906,168
- 1900 1,28/1,800 1,962,500
- Gomme pour l’acicle sulfurique, nos transactions concernant l’acide chlorhydrique tendent à se contrebalancer, surtout depuis quatre ou cinq ans.
- Acide azotique. — Abstraction faite des poudreries de l’Etat qui fabriquent l’acide pour leur propre consommation, il existe en France des usines produisant 7,100 tonnes d’acide à 36-4a degrés Baumé.
- Cet acide se prépare toujours au moyen du nitre du Chili qu’on décompose par l’acide sulfurique. Il sert dans la fabrication de l’acide sulfurique qui en consomme de notables quantités, dans celle des explosifs : nitroglycérine, nitroccllulose, acide pi-
- O) Moniteur scientifique du docteur Quesneville, 1901, t. XV, p. 90.
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- crique, fulminate de mercure et enfin pour la nitration de certains produits organiques destinés à la préparation des matières colorantes artificielles, etc.
- Exportations et importations se chiffrent de la façon suivante :
- MOYENNES DÉCENNALES. ------- COMMERCE SPECIAL.
- EXPORTATIONS. IMPORTATIONS, kilogrammes. kilogrammes.
- 636,913 4o5,284
- 477,162 575,187
- 1867 à 1876 1877 à 1886 1887 à 1896
- MOYENNES ANNUELLES DEPUIS 1891. -- COMMERCE SPECIAL.
- 1891
- 1892
- 1893
- 1894
- 1895
- 1896
- 1897
- 1898
- 1899
- 1900
- EXPORTATIONS. IMPORTATIONS.
- kilogrammes. kilogrammes.
- 454,871 543,210
- 5°à,999 606,787
- 800,883 594,852
- 00 OT os 0 432,092
- 487,900 527,059
- 870,226 5i3,253
- 702,441 793,948
- 1,000,336 940,607
- 1,288,000 i,23i,655
- 984,900 1,962,500
- Chlore et chlorure de chaux. —^ Comme nous le verrons dans la suite, le chlore est encore préparé dans la plupart de nos grands établissements, soit par le procédé Deacon, soit par l’ancien procédé Weldon; toutefois deux usines, celles de la Motte, près de Compiègne, et de la Volta, près Moutiers en Savoie, le produisent actuellement par électrolyse des chlorures de potassium et de sodium. Jusqu’à présent, tout ce chlore ainsi préparé sert uniquement à la production du chlorure de chaux nécessaire au blanchiment.
- La consommation du chlore par les usines qui se livrent à la fabrication de produits organiques chlorés comme le chloroforme, le chloral, etc., n’est pas suffisante jusqu’à présent pour nécessiter l’installation d’une usine de chlore liquéfié, comme il en existe en Allemagne (voir plus loin). Or, comme nos diverses compagnies de chemins de fer se refusent systématiquement à transporter des bombes de chlore liquide, dont le maniement ne présente pas plus de dangers que les autres gaz liquéfiés, il en résulte que les fabriques de produits chlorés, comme les laboratoires scientifiques, se trouvent dans une situation d’infériorité manifeste vis-à-vis des établissements étrangers.
- Dix usines concourent en France à la production des 30,000 tonnes environ de chlorure de chaux fabriqué, et sur ce chiffre 6,000 tonnes sont produites par voie élec-troly tique.
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- Les importations et exportations en chlorure de chaux sont évaluées MOYENNES DECENNALES.------------------------------COMMERCE SPECIAL.
- EXPORTATIONS. IMPORTATIONS.
- kilogrammes. kilogrammes.
- 1867 à 1876 .................................. 4,299,189 952,997
- 1877 à 1886 .................................. 5,881,567 6,653,860
- 1887 à 1896 .................................. 6,821,310 1,342,758
- MOYENNES ANNUELLES DEPUIS 1890. — COMMERCE SPECIAL.
- EXPORTATIONS. IMPORTATIONS.
- kilogrammes. kilogrammes.
- 1890 ........................................ 3,682,971 2,133,822
- 1891 .................................... 4,457,833 634,46o
- 1892 ........................................ 7,579,719 558,24o
- 1893 . .. ................................... 8,282,862 526,591
- 1894 ........................................ 8,801,224 525,022
- 1895 ........................................ 8,970,089 778,117
- 1896 ........................................ 9,214,745 1,317,610
- 1897 ....................................... i3,o5o,42o 1,713,464
- 1898 ....................................... i3,293,34o 1,290,118
- 1899 .................................... 14,416,32 4 1,886,536
- 1900 .................................... 14,548,000 i,2i4,6oo
- Comparées à la période 1877-1886 , les importations de chlorure de chaux ont notablement diminué dans ces dix dernières années, tandis que les exportations n’ont fait qu’augmenter, puisqu’elles représentent à peu de chose près le triple de celles qui ont été effectuées de 1877 à 1886.
- Carbonate et bicarbonate de soude. — Sel. — Sels de soude non dénommés. —
- Sept usines fabriquent actuellement le carbonate de soude, dont trois par le procédé Leblanc et les quatre autres par le procédé à l’ammoniaque. Plusieurs d’entre elles produisent en même temps de la soude caustique par l’ancien procédé (carbonate de soude et chaux), tandis que deux autres établissements préparent de la lessive par électrolyse du chlorure de sodium (usines de la Motte et de la Volta).
- En France, l’augmentation graduelle de la production des carbonates de soude Leblanc et Solvay, ainsi que de la soude caustique, peut se résumer de la façon suivante :
- ANNÉES. SOUDE TOTAUX.
- LEBLANC. À L’AMMONIAQUE. ÉLECTROLYTIQUE
- tonnes. tonnes. tonnes. tonnes.
- 1863 45,000 // n 45,000
- 1873 57,000 // // 57,000
- 1874 à 1878 56,000 17,250 » 73,250
- 1879 à 1883 5o,ooo 44,000 // 94,000 1
- 1884 à 1888 37,500 82,500 fi 120,000
- 1889 à 1893 27,500 120,000 u 1 47,5oO
- 1894 à 1898 22,5oO 167,500 // 190,000
- 1899 20,000 195,000 2,000 217,000
- 1900 20,000 205,000 2,500 227,500
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- Il est impossible de savoir la quantité de bicarbonate que produit la France, d’autant plus que les importations concernant ce sel sont supérieures aux exportations.
- Quant à la soude caustique, nous ne pouvons donner un ehiflre même approximatif, car outre les fabriques spéciales, beaucoup de savonneries préparent elles-mêmes les lessives dont elles ont besoin pour leur industrie.
- Les chiffres de soude électrolytique sont ceux fournis par la Société industrielle des produits chimiques de la Motte, l’usine de la Volta, près de Moutiers, n’étant entrée dans la période de production que depuis 1 go2.
- Voici maintenant le relevé de nos transactions.
- Nous donnons ce relevé, nous bornant à des moyennes pour les trois décades de 18G7 à 1896, en comprenant en bloc toutes les variétés de soude, ainsi que les sels de soude non dénommés et, pour la décade de 1891 à 1900, en détaillant ces variétés.
- MOYENNES DECENNALES. ------ COMMERCE SPECIAL.
- EXPORTATIONS. IMPORTATIONS, kilogrammes. kilogrammes.
- 1807 à 1876................................. 6,937,803 10,182,968
- 1877 k 1886................................ 20,485,628 5,227,093
- 1887 k 1896................................ 34,670,116 1,823,578
- Nous y joignons les moyennes décennales observées dans les transactions du sel marin, du sel de salines et du sel gemme.
- EXPORTATIONS. IMPORTATIONS, kilogrammes. kilogrammes.
- 1867 k 1876................................ i,5o3,845 45,772
- 1877 à 1886................................ 1,461,121 150,607
- 1887 k 1896................................ i,23o,534 182,i54
- Ainsi que le montre le tableau suivant, la situation de l’industrie des différents sels de soude est des plus prospère, puisque notre production l’emporte considérablement sur notre consommation. Ne fait exception que le bicarbonate, mais on sait que l’Allemagne et l’Autriche, grâce aux sources abondantes d’acide carbonique naturel et pur qu’elles possèdent , sont en mesure de préparer ce sel à des conditions que ne peuvent atteindre les pays qui sont obligés d’avoir recours au gaz produit par une réaction chimique, dut celui-ci être aussi peu onéreux que possible, comme c’est le cas des gaz provenant de la fermentation alcoolique, où les installations pour recueillir l’acide carbonique sont sans aucun doute plus compliquées que celles que nécessite un simple captage de gaz naturel.
- Certaines sources de gaz naturel sont tellement abondantes et fournissent un acide tellement pur (99 p. 100 de CO2) sous une pression de 17 atmosphères quelles permettraient de préparer 100 tonnes de carbonate par vingt-quatre heures, en admettant même une perte de 1 0 p. 100 de gaz. 11 en est ainsi de la source de Sondra en Thu-ringe, dont l’acide est employé pour faire marcher des moteurs et pour fabriquer du gaz comprimé.
- Gr. XIV. — Cl. 87. - T. I. 2
- PRIIIEIUE NATIONALE
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- EXPORTATIONS ET IMPORTATIONS PENDANT LA PERIODE 1891-1900.
- DESIGNATION DES PRODUITS.
- Soude caustique........................
- Soude naturelle brute..................
- ou artificielle ) r ,
- , , . / rai- iset de soude.. .
- (carbonate > j
- de soude). ) '(crist. de soude.
- Nalron.................................
- Bicarbonate de soude...................
- Sels de soude non dénommés.............
- Sel marin.. . 1 bruts ou raffinés, autres
- Sel de saline.! que blancs...........
- Sel gemme.. ) raffinés blancs..........
- Soude caustique........................
- Soude naturelle brute..................
- ou artificielle ) raf- ( , , ,
- (carbonate fmée sel de soude" ' de soude). ) (crist. de soude.
- Natron.................................
- Bicarbonate de soude...................
- Sels de soude non dénommés.............
- Sel marin.. . ) bruts ou raffinés, autres
- Sel de saline. que blancs..............
- Sel gemme..) raffinés blancs...........
- I1) Nalron compris.
- ANNÉES.
- 1891. 1892. I 1893. 1894. 1895. 1896. I 1 1897. 1 1898. | 1899. 1900.
- EXPORTATIC >NS EN KILO GRAMMES.
- 880,291 482,234 • 1,642,474 2,004,577 2,84i,469 4,488,733 5,002,6o8 4,328,822 6,591,990 i6,i4g,4oo
- 3,639,934W i,o88,n4 770,589 1,187,732 1,057,732 i,3o4,gig 1,793,602 2,080,097 1,211,068 1,344,900
- 25,548,2/19 26,533,495 31,599,786 27,680,867 29,396,905 24,gi8,go4 24,8o2,o3i 35,220,687 4o,55i,o88 38,goo,ooo
- 2,i85,366 2,290,528 2,010,049 2,368,oo5 2,46o,6i9 4,808,834 5,715,909 3,733,1 71 3,307,217 2,5g4,goo
- // 8,846 5,88l *71797 i5,4g4 44,8o4 20,535 27,421 19,587 ig,3oo
- 8,o95 20,919 *7>95i i4,o3g 43,498 17,060 78,904 55,644 87,740 116,600
- 82,761 334,274 1,076,951 2,345,910 3,082,807 4,986,655 3,4o3,24g 1,092,603 264, o55 732,5oo
- 916,223 939,633 99CM20 i,o56,857 1,141,496 1,1 i8,8i4 1,358,361 i,258,o85 1,279,838 1,3o3,122
- 277,481 -J -O OX 00 262,496 876,725 324,785 3l3>999 3oo,565 383,635 387,857 447,653
- IMPORTATION EN KILOGRAMMES.
- i,i56,945 1,382,199 1,125,114 1,26,0804 ( i 970,082 1,053,787 1,378,402 1,772,141 1,493,872 1,062,300
- 45,379(1) 15,655 88,096 5,089 10,944 4,646 2,591 9>700 3,509 2,700
- 194,322 i5g,463 1 i3,o39 140,477 142,776 i5i,i49 174,34/1 186,682 159,668 1 5o,200
- 487,53i 539,808 871,487 45i,663 152,357 20,4g5 i38,4oo 21,07/1 191,409 383,4oo
- // 8,266 8,074 12,028 3,609 29,292 25,598 i9^941 24,891 17,200
- 547,523 617,028 776,536 833,434 994,620 1,100,471 1,371,607 1,528,355 863,002 5i3,ioo
- 4o4,529 223,570 238,5o6 188,162 246,o56 43i,g68 389,725 437,938 349,196 472,900
- 309,923 247,825 237,62b 235,926 173,349 169,139 327,342 347,55o 415,092 308,700
- i,8i5 2,024 i,g56 1,682 1,960 a,773 1,828 3,735 6,026 4,4oo
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- Une autre source plus puissante encore est située près de Driburg. Elle émet en vingt-quatre heures ào,ooo mètres cubes d’acide carbonique avec lesquels on pourrait produire 160 tonnes de carbonate de soude(1).
- Engrais minéraux. — Superphosphates. — L’emploi de plus en plus généralisé des engrais minéraux n’a pas été sans exercer une influence considérable sur le développement de la grande industrie chimique.
- L’acide sulfurique, principalement produit, jadis, pour la préparation de la soude Leblanc, a trouvé son utilisation et au delà, dans la fabrication des superphosphates et dans celle du sulfate d’ammoniaque; 81 usines concourent en France à la production des superphosphates et, sur les 881,000 tonnes quelles ont fabriquées en îpoo, une partie a pu être exportée. Il en est de même des engrais.
- MOYENNES DECENNALES DE NOS TRANSACTIONS RELATIVES À LA TOTALITE DES SUPERPHOSPHATES ET DES ENGRAIS*
- EXPORTATIONS. IMPORTATIONS.
- kilogrammes. kilogrammes.
- 1867 à 1876.................................... i,5i9,o4i 91,120,982
- 1877 à 1886.................................... 8,445,776 53,n5,566
- 1887 à 1896................................... 34,294,671 88.326,269
- TRANSACTIONS DE 1891 À 1900 CONCERNANT ENGRAIS ET SUPERPHOSPHATES SEPAREMENT.
- ANNÉES. EXPORTATION. IMPORTATION.
- SUPER- PHOSPHATES. ENGRAIS. SUPER- PHOSPHATES. ENGRAIS.
- kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes.
- 1891 (totalité) 35,472 ,3oo 97,901,652
- 1892 42,662,898 14,600,729 97,ll6,2l3 22,447,596
- 1893 24,820,839 12,983,057 97,136,571 13,742,793
- 1894 30,548,471 9,479,95° 102,146.609 17,573,798
- 1895 3i,503,271 6,366,592 123,444,487 27,314,118
- 1896 43,432,623 41,207,925 123,602,240 62,000,198
- 1897 55,o6i,45o 99,252,673 115,889,913 79,g63,i65
- 1898 5o,108,846 107,854,024 103,290,462 74,299,76°
- 1899 :. 64,45o,53o 108,684,026 8i,475,44o 90,156,274
- 1900 68,878,200 i3o,454,3oo 6i,i44,goo 78,704,300
- Ces nombres font voir très nettement l’augmentation croissante de notre fabrication, puisque pendant Tannée 1900 nos exportations ont dépassé pour la première fois nos importations. Si Ton tient compte, d’autre part, que la consommation indigène a continué à progresser, il est de toute évidence que notre production nationale passe par une
- S .
- (l) Schnabet., Chem. Ztg. Reperl., 1898, t. XXII, p. 47.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- véritable ère de prospérité quant au tonnage effectué. Nous ne saurions affirmer qu’il en est de même des bénéfices réalisés.
- Parmi les pays européens, la France serait, d’après M. Guillet, actuellement le pays qui produirait le plus de superphosphates. D’après les chiffres qu’il a recueillis, on
- aurait, en effet, fabriqué en 1899 :
- France. . ;................................................ 881 ,000 tonnes.
- Angleterre..................................................... 800,000
- Allemagne...................................................... 75o,ooo
- Italie......................................................... 000,000
- Autriche....................................................... 120,000
- Espagne......................................................... 80,000
- Russie.......................................................... 5o,ooo
- Totai........................................ 2,981,000
- Sur ce total, la France produirait un peu plus que le quart.
- Les phosphates naturels employés à la préparation des superphosphates nous viennent de l’Aisne, de la Somme, du Pas-de-Calais, de Belgique, d’Algérie et de la Tunisie.
- Ammoniaque et sels ammoniacaux. — Ammoniaque. — Il se fait une grande consommation d’ammoniaque en solution aqueuse par les fabriques de soude qui en consomment environ 5 à 6 kilogrammes (calculés en AzH3) par tonne de carbonate, suivant les saisons. On l’emploie également, mais alors sous la forme d’AzH3 liquéfiée, pour les machines frigorifiques.
- Cette ammoniaque dont on ne saurait évaluer le poids consommé en France est fournie par les usines à gaz, par les fours à coke à récupération des sous-produits, et enfin par le sulfate provenant des eaux de vidanges. Le sulfate d’ammoniaque a d’ailleurs la même origine.
- Il existe cinq usines traitant les eaux de vidange, toutes situées dans la région parisienne. Elles produisent 8,800 tonnes de sulfate.
- D’autre part, la Compagnie parisienne du gaz, toutes les usines à gaz de province de quelque importance et les fabriques de cyanures qui traitent les matières épurantes du gaz, en fournissent approximativement 15,500 tonnes.
- Quant aux fours à récupération, il en existait, au 3 1 décembre 1900, environ 1 ,o5o en France, et bien qu’on connaisse approximativement le rendement moyen en sulfate d’ammoniaque par tonne de houille (soit 6 à 10 kilogrammes suivant la nature du charbon), nous ignorons la production journalière de ces différents fours. On ne pourra avoir quelques données relativement à cette production que lorsque tous ces appareils seront en pleine marche.
- Pour le moment, même en tenant compte de l’ammoniaque que fournissent les fours installés depuis quelques années déjà, la quantité de sulfate produite ne suffit pas à notre consommation, et nous sommes obligés de nous adresser à l’étranger, et en particulier à l’Angleterre qui, à elle seule, dispose de 2 1 5,ooo tonnes par an.
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- Chlorhydrate d’ammoniaque ou sel ammoniac. — Ce sel n’a de longtemps pas la même importance que le sulfate, bien qu’on l’emploie dans l’industrie des piles, dans la plomberie, etc. Il se prépare par sublimation ou par cristallisation. Les eaux-mères ammoniacales des usines à soude sont traitées dans certaines fabriques en vue de l’obtention de la farine de sel ammoniac.
- Six établissements concourent à la production des 63o tonnes fabriquées en France.
- Azotate d’ammoniaque. — Nous n’avons aucune donnée sur la fabrication de ce sel qui entre dans la composition de certains explosifs et dont la quantité élaborée ne saurait être négligeable.
- TRANSACTIONS CONCERNANT LES PRINCIPAUX SELS AMMONIACAUX.
- ANNEES.
- AMMONIAQUE
- ou
- EXPORTATIONS.
- SELS AMMONIACAUX.
- VOLATIL. SELS BRUTS. SELS RAFFINÉS.
- IMPORTATIONS. EXPORTATIONS. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS. IMPORTATIONS
- kilogr. kilogr. kilogr. kilogr. kilogr.
- kilogr.
- MOYENNES DECENNALES.
- 1867 à 1876. 1877 à 1886. 1887 à 1896.
- TRANSACTIONS PENDANT LES DIX DERNIERES ANNEES.
- // // 178,996 // 59,916
- 33 5,7 43 70,795 i,488,086 // 67,166
- 2 4 0,2 59 i56,o84 9,793,589 io,34i,689 198,14g
- 986,55l
- 1891 i46,g88 102,077 2,429,216 7,754,486 7 3,3g i 2o3,638
- 1892 i9i,o64 121,190 i,84i,28o 12,727,382 975,547 344,828
- 1893 117,053 i42,245 2,633,667 12,222,445 234,487 247,099
- 1894 178,741 102,860 4,968,680 9,983,i8i 191,ll5 2io,363
- 1895 199,362 8i,33i 4,68i,34o 8,3gi,520 379,823 669,107
- 1896 io4,852 112,119 4,868,534 i3,486,023 26,458 271,345
- 1897 298,734 113,453 2,757,286 27,201,696 42,o58 262,147
- 1898 148,487 149,025 1,253,364 20,067,734 97>7a3 367,672
- 1899 201,764 133,986 2,104,83g 11,877,218 145,689 324,082
- 1900 1 i6,3oo i48,ioo <1 O O O 14,687,600 107,100 517,800
- Ainsi que nous le disions plus haut, nos importations dépassent de beaucoup nos exportations, et l’augmentation se manifeste surtout depuis 1896, ce qu’il faudrait attribuer à la diminution française provenant du tout à l’égout. Cet écart ne saurait cependant durer étant donné que l’emploi des fours à récupération s’accentue de plus en plus.
- Azotate de soude. — Ce sel nous arrive du Chili et sert non seulement comme engrais, mais encore pour la préparation du salpêtre des poudreries et de l’acide azotique. Nous donnons ci-dessous un diagramme des quantités expédiées annuellement des mers du Sud pour l’Europe, et les prix moyens à Dunkerque de 1869a 1900.
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- IMPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- DIAGRAMME MONTRANT LES QUANTITES ANNUELLES DE NITRATE DE SOUDE EXPEDIEES DES MERS DU SUD POUR L’EUROPE ET LES PRIX MOYENS À DUNKERQUE (AUX CONDITIONS DE DUNKERQUE) DE 1869 A 1900.
- Prix par 100 kilos conditions de Dunkerque
- 0i^r<r,r4rJr4r|r^Mr(cOcOcOcO cOcOcoco odct> cd o
- cocococOcOcQcOcOcO cûcO oOODcOo3<OcOcOCOcOCOcOCOcOcOoOCOcOoOcOcO^
- ^ < ^m4 »p4 »—4 > 4 ^ ^ •—4 ^ ^ ^ **4 **< » < t—J ^—4 vH «H ^
- Expéditions;
- eu
- tonnes de 1000 Kos
- 1.220.000 1.2 10.000
- 46 . 5o 46.
- 46.60
- t5.
- 44* 60
- H-
- 43.60
- t3.
- 4a . 5o
- 42.
- 4i . 5o
- 4l.
- 4o . ho 4o.
- 3g . ho 38. 38. 60 88.
- 37.60 87. 36.5o 36.
- 36.50 36. 34* 60 34.
- 33.60 33.
- 32.50 32 .
- 31.60 3i.
- 3o. 60 3o.
- 29. 5o 29.
- 2 8.60 2Ô.
- 27.50
- ll.bo
- 26.
- 25.50 25.
- 24* 60 24.
- 23.50 23.
- 22.50 22.
- 21.50 2 1.
- 20. 5o 20.
- 19. 5o *9 •
- 18. 60 18.
- 17. 5o
- À.bo
- 16
- 1.2 O 0.0 O O
- 1.180.00 O 1.160.000 1.1 4o .00 O 1.120.000 1.1 O 0.00 O’
- 1.0 80.000 1.060.000 1.0 4o.O o O 1.0 2 0.000 1.0 o 0.00 o 0 0 0.000 96 0.000 0 4 0.00 o 9 2 0.000 9o 0.000 880.000 86 0.000 840.000 82 0.000 80 0.00 o 780.000 7 6 0.000 7 4o-000 72 0.00 0 700.000 680.000 66 0.000 6 4 0.000 620.000 6 00.000 580.000 560.000 540.000 620.000 5o 0.000 480.000 460.000 440.000 42 0.000 400.000 38o.o 00 36 0.0 00 34o.ooo 320.000 3oo.ooo 280.000 260.000 2 4o*ooo 220.000 200.000 180.000 160.000 i4-o .000 12 0.000 100.000 80.000 80.000 40.000 20.000
- Ce tableau nous a été fjraciensement fourni par M. G. Demaznres, auquel nous adressons nos sincères remerciements.
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- TABLEAU RESUMANT NOS TRANSACTIONS EN NITRATES DEPUIS 1867.
- ANNÉES. NITRATE DE SOUDE. NITRATE DE POTASSE.
- EXPORTATIONS. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS. IMPORTATIONS.
- kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes.
- MOYENNE DÉCENNALE.
- 1867 à 1876 2,201,5o3 30,577,785 271,333 2,801,248
- 1877 à 1886 9,436,3o3 6l,888.506 73l.666 6,465,84i
- 1887 à 1896 7,228,330 175,570,592 5o8.666 2,147,531
- TRANSACTION PENDANT LA DERNIÈRE DÉCADE.
- 1891 6,45o,545 179,o3i,oi4 681,458 1,445,342
- 1892 7,641,567 2o4,852,64o 507,524 1,525,536
- 1893 7,543,387 137,144,012 607,652 1,303,677
- 1894 9,433,666 172,940,481 601,162 1,146,972
- 1895 4,933,745 196,005,962 485,338 775,672
- 1896 3,745,i4o 214,891,901 472,857 2,6i4,365
- 1897 4,544,i54 202,634,028 468,638 1,308,682
- 1898 4,256,264 222,957,624 661,681 1,008,283
- 1899 6,348,764 261,388,488 1,022,210 1,015,273
- 1900 5,606,700 285,612,700 978,300 1,929,300
- Le nitrate de soude étant une matière première indispensable, pour beaucoup de fabrications, son importation qui a presque décuplé depuis trente ans, donne la mesure du développement qu’ont acquis dans notre pays les industries chimiques que ce sel alimente. Quant à l’azotate de potasse, si l’on fait abstraction de quelques années exceptionnelles, les transactions auxquelles il donne lieu restent stationnaires. On peut toutefois remarquer que la période qui correspond à l’introduction des poudres sans fumée et de la mélinite dans l’art militaire, a vu les importations de salpêtre suivre une progression descendante.
- EXPOSANTS FRANÇAIS.
- Administration dus mines de Bouxviller (succursale de Laneuveville), à Laneuveville, près Nancy (Meurthe-et-Moselle).
- Cette société est une des plus anciennes de l’Alsace qui se soient mises à fabriquer des produits chimiques. Au début du xix6 siècle, grâce aux nombreux gisements de schistes pyriteux des environs de Bouxviller, elle fabriqua de l’alun de potasse, puis par suite de pénurie, à un moment donné, de potasse, elle y substitua de l’ammoniaque, ce qui l’amena à distiller des matières organiques azotées en vue de l’obtention de cette base, et à traiter les résidus de cette distillation pour la fabrication des cyanures. A la suite de l’annexion, en 1871, elle établit une succursale en Lorraine, où elle produit
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTEBNATIONALE DE 1900.
- des prussiates jaune et rouge, du cyanure double de potassium et de sodium, des bleus de Prusse, de Paris, du sulfocyanure et du permanganate de potasse par l’ancien procédé.
- L’usine française occupe environ 5o ouvriers.
- T/. Arnoul (Camille), à Saint-Ouen-l’Aumône (Seine-et-Oise).
- Cette maison, montée en 1869, a repris en 1881, sous l’impulsion du propriétaire actuel, la fabrication des prussiates avec les matières épurantes du gaz de l’éclairage. En 1886, elle devenait le seul acheteur des matières d’épuration de la Compagnie parisienne du gaz et eut une production qui alla sans cesse en augmentant, comme le montre le tableau suivant :
- tonnes. tonnes.
- 1881.......................... 1889.................................... a83
- 1887 ......................... lia 1899................................ 9â3
- De tributaire qu’elle avait été jadis de l’étranger, la France commence à exporter, et M. Camille Arnould y contribue pour les quantités suivantes :
- 1897 ............................................................ 38o,ooo kilogr.
- 1898 ............................................................. 395,ooo
- 1899 ............................................................. 5a9,ooo
- Outre les cyanures, cette maison fabrique du carmin de cochenille, des vernis gras destinés à la carrosserie et à la peinture en bâtiment, du vernis à ballons pour l'imperméabilisation des tissus servant à la construction des aérostats.
- M. Asselim (Eugène) , à Saint-Denis (Seine).
- Fondée en 1860, la maison de M. Asselin s’est successivement attachée à l’utilisation des déchets des corps gras provenant du graissage du matériel roulant des chemins de fer, dont elle relirait non seulement les acides gras, mais aussi le cuivre. Elle s’est ensuite occupée de l’épuration industrielle des cuivres de cément, a réalisé un procédé fort ingénieux d’obtention du bioxyde de cuivre pur en partant du métal obtenu. Actuellement son attention est concentrée sur la fabrication de l’aluminale de baryte, qui sert à l’épuration des eaux industrielles. Sa production annuelle en solutions saturées à 5° 1/2 Baumé, serait environ de 45o à 55o tonnes.
- M. Bardot (Henri), rue Lecourbe, 974 (passage Duranton, iq), à Paris.
- Cette usine, connue sous le nom de fabrique de Vaugirard, a été reprise par son propriétaire actuel, en 1878, qui, dès ses débuts, s’est attaché à améliorer la préparation de l’acide azotique, des azotates, arséniates, des sels d’étain, etc.
- Ayant constaté plus tard que la France devenait tributaire de l’étranger, pour le bicldorure de mercure, M. Bardot a monté cette fabrication et l’a perfectionnée au point qu’il a pu baisser les prix rie 20 p. 100 et lutter avec les maisons italiennes pour l’exportation.
- Grâce à une série d’améliorations introduites dans la distillation des matières de vidanges et à l’emploi de colonnes spéciales du type Mallet, M. Bardot a réussi à préparer directement de l’ammoniaque commercialement pure et débarrassée de l’odeur recélant son origine.
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- La production est d’environ 1,000 kilogrammes par jour, calculés en AzH\ Une fraction de cet alcali est vendue à divers degrés, dont une grande partie à l’État français pour la fabrication des explosifs Favier. Une autre fraction de l’ammoniaque gazeuse est liquéfiée et vendue en bidons pour machines à glace.
- Une troisième fraction est convertie en azotate pour les glacières artificielles et pour la fabrication de la grisoutine, et le reste en chlorhydrate sous la forme de pains gris ou de pains blancs. Pour ce dernier produit, la maison a réussi à fermer le marché français aux étrangers.
- L’usine occupait en 1878 une superficie de 4,5oo mètres carrés; en 1884, 7,4/10 mètres carrés; en 1890, 8,64o mètres carrés ; en 1900, 10,9/10 mètres carrés.
- Ao ouvriers dirigés par 2 chimistes sont employés dans 1’usine qui comporte 2 générateurs de 100 chevaux chacun, 2 machines à vapeur de 25 chevaux chacune, et 5 moteurs moindres.
- M. Baroux (Arthur), route de Flandre, 60, à Pantin (Seine).
- Celte fabrique date de 1868 et produit exclusivement de l’eau de javelle à 5o degrés chloromé-Iriques.
- L’usine occupe A,000 mètres, possède un personnel de 2 5 ouvriers et une force motrice de 90 chevaux.
- MM. Bonnet, Bamel, Savigny, Giraud et Mornas, à Lyon,
- Cette société, qui est devenue Société générale de teintures et produits chimiques de Lyon-Char-pennes, au capital de 2,562,5oo francs, semble surtout être une teinturerie dans laquelle la branche produits chimiques a une très petite importance industrielle, la maison fabriquant principalement certains produits qu’elle emploie elle-même en teinture.
- Son exposition comprenait : divers sels d’antimoine; acide oxalique et ses dérivés; produits dérivés de l’étain; phosphate de soude, de potasse et dérivés; silicate de soude, de potasse, etc.
- Elle possède une usine à Lyon pour les produits chimiques, et une usine àBrioude pour la métallurgie de l’antimoine.
- MM. A. Boude et fils, rue Saint-Jacques, 8, à Marseille.
- Maison fondée en i85i, par M. Antoine Boude père, pour la fabrication des différentes variétés de soufre en fleurs, en canons, du soufre candi et sublimé.
- Cette usine, située à Marseille, à proximité de la gare du Sud, compte quatorze fours et autant de condensateurs.
- Elle possède, en outre, des machines à vapeur, des meules et des blutoirs pour triturer 90,000 kilogrammes de soufre par jour, des appareils mécaniques pour le tamisage et la mise en sacs, des ateliers de forge et de tonnellerie. Tous ses ateliers sont desservis par des voies ferrées; elle peut produire, par jour, 25,000 kilogrammes de fleur de soufre ou soufre sublimé et 10,000 kilogrammes de soufre en canon ou raffiné.
- Parmi les perfectionnements réalisés dans ses usines, la maison a simplifié la construction de ses condensateurs au moyen de voûtes et de planchers sur poutrelles en fer, qui, étant plus minces, se trouvent susceptibles d’emmagasiner un excès de chaleur. Cette disposition supprime dans la sublimation du soufre, la production onéreuse de candi.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Grâce aux fours améliorés en usage dans ses raffineries, M. A. Boude a réduit les déchets de fabrication, qui étaient de i5 à 16 p. 100 en 1860, à 3 et h. p. 100.
- Robax Consolidated Limited (Direction à Londres), rue de Grimée, 8A, à Paris.
- Société anonyme au capital de 35 millions de francs qui a repris, en 1899, les affaires de the Borax Company limited, de the Pacific Borax Redmood’s Chemical Works limited, ayant de grandes usines pour la fabrication des produits du bore en Amérique, deMcar and Green qui fabrique le borax depuis longtemps dans les trois usines dont elle est propriétaire en Angleterre, de la Société lyonnaise des mines et usines de borax, propriétaire de mines en Turquie d’Asie et d’usines à Lyon et à Vienne (Autriche), de la Société Empresa de Ascotan et de celle de Carcote qui possèdent des gisements importants de borate de chaux dans l’Amérique du Sud.
- La Borax Consolidated est également propriétaire de nombreux gisements de produits du bore, tels que les Borateries de Cosapella, de Chillicolpa, d’Arequipa, d’Ubinas, etc.
- Parmi les sociétés incorporées, the Borax Company limited, dont l’existense légale remonte en décembre 1887, est celle dont l’origine est la plus ancienne.
- C’est, en effet, en France, dans les usines de M. Desmazures, à Maisons-Laffite (Seine-et-Oise), qu’est née la fabrication industrielle du borax et de l’acide borique.
- Les perfectionnements successifs apportés dans cette fabrication ont donné une certaine renommée aux produits de la marque J. D.
- Outre la boracite (borate de chaux) et la boronatrocalcite, mélange de borate de chaux et de soude avec du chlorure de sodium, qui constituent les matières premières, la société a exposé : acide borique cristallisé, pulvérisé, paillette et demi-paillette; borax cristallisé, pulvérisé et en cristaux taillés: bi-borax oriental ; borate de manganèse.
- Ajoutons encore de la pandermite qui est de la boracite enrichie.
- La production mensuelle de l’usine de Maisons-Laffite atteint jusqu’à 80 tonnes d'acide borique et i5o tonnes de borax.
- M. Boubdeau [Léon), rue Jeanne-Hachette, 21, à Ivry-sur-Seine (Seine).
- Celte maison de date récente (1898), a été fondée par le propriétaire actuel, qui était un ancien directeur d’usine. Elle s’est proposée de fabriquer principalement tous les dérivés minéraux du fluor, ainsi qu’un certain nombre de produits chimiques spécialement destinés à la verrerie, à la cristallerie et à la faïencerie.
- Son usine, qui est située à Ivry-sur-Seine, a une étendue de 2,000 mètres carrés et possède une force motrice de 25 chevaux.
- .L’exposition de cette maison comprenait de l’acide fluorhydrique, de l’acide hydrofluosilicique, des fluorures d’ammonium et de sodium, divers produits chimiques pour les industries signalées plus haut, entre autres des oxydes métalliques pour vitraux, du silex pour la fabrication des meules artificielles, etc.
- MM. Cotelle et Dégosses, à Ponthierry (Seine-et-Marne).
- Cette maison a exposé de l’eau de javelle, titrant de 35 à 4o degrés chlorométriques, dont elle a fabriqué i,5oo,ooo kilogrammes en 1899 et 2,200,000 en 1900.
- Elle occupe dans son usine 2 5 ouvriers.
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- MM. Corbin et C‘c, à Lancey (Isère). — Directeurs : MM. G. Berges et P. Corbin.
- Celte maison, fondée en 1889, possède deux usines dont les fonctions sont distinctes :
- L’usine de Lancey (Isère), la première en date, produit les celluloses de sapin et d’épicéa écrues au bisulfite de chaux et les celluloses blanchies par le procédé électrolytique P. Corbin, dont la production annuelle atteint 4,000 tonnes. Elle alimente les principales papeteries de la région. La puissance hydraulique quelle emploie est de 700 chevaux, et le personnel ouvrier comprend 60 hommes et 4o femmes.
- L’usine de Ghedde, construite en 1895-1896, possède une puissance dei2,ooo chevaux hydrauliques nets pris sur la rivière de l’Arve. Douze dynamos à courant continu de 800 chevaux électriques nets, distribuant chacune une puissance de 56o kilowatts aux bacs d’électrolyse du système P. Corbin, dans lesquels on traite les électrolytes appropriés pour l’obtention des chlorates de potasse et de soude et des perchlorates ; les autres chlorates et perchlorates (baryte ou ammoniaque) s’obtiennent ensuite par double décomposition.
- Quelques produits moins importants, tels que les persulfates alcalins, sont aussi fabriqués par éleclrolyse.
- Une usine annexe peut utiliser de 1,5 00 à 2,000 chevaux supplémentaires d’été pour la fabrication du carbure de calcium.
- La surface couverte des bâtiments dépasse i,3oo mètres carrés. Le personnel ouvrier se compose de 100 hommes environ.
- Une fabrique d’électrodes pour les fours électriques est annexée â l’usine de Ghedde. Elle produit des électrodes de 1 m. 5o de long sur o m. 5o de côté.
- Des laboratoires de recherches et d’analyses, avec trois chimistes, sont alfectés à la surveillance technique de la fabrication et à l’étude des perfectionnements et des procédés nouveaux d’électro-chimie, sous la direction de M. P. Corbin.
- La production annuelle en chlorate et perchlorate de potasse est environ de 3,000 tonnes, et celle de chlorate et perchlorate de soude et autres, de 1,000 tonnes environ. Ces produits sont exportés principalement en Allemagne, en Amérique, en Italie et au Japon.
- Grâce à ces nouvelles méthodes, celte fabrication, jusqu’ici concentrée en majeure partie entre les mains des industriels anglais, leur échappe, et passe aux pays qui possèdent sur leur territoire les grandes sources naturelles d’énergie représentées par les hautes chutes de nos Alpes et de nos Pyrénées.
- C’est dire que la France tend à prendre le premier rang dans ces industries nouvelles, en raison de sa richesse incontestable en glaciers, réservoirs inépuisables de houille blanche, comme on les a appelés à juste titre.
- Compagnie des engrais et produits chimiques de i!Est, rue Bat-d’Argent, 31, à Lyon (Rhône). — Société anonyme au capital de 875,000 francs.
- Cette Compagnie possède deux usines : celle de Yitrey, fondée en 1879, par MM. Lyonnet et Gie, de Lyon, où elle exploite les phosphates de chaux en nodules du lias, qu’elle moût et transforme en partie, en superphosphates. Cette usine est actionnée par une machine à vapeur de ho chevaux, et comprend un four à sécher, une paire de meules horizontales et une bluterie.
- La seconde usine, celle de Foulon, fondée par MM. Bargy frères, est située dans les environs de Dijon. On y fabrique de l’acide sulfurique, des superphosphates et du sulfate de fer.
- La production de superphosphates minéral et d’os est de 6 à 7,000 tonnes par an, celle d’acide sulfurique 53 degrés de 3,5oo tonues, et celle de sulfate de fer, de 5oo tonnes.
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- Compagnie française des produits oxygénés, avenue tle la République, 8A, à Auber-villiers (Seine). —Etablissements Bloche et Pelgrain.—Société anonyme au capital cle A5o,ooo francs.
- Avant l’époque où la maison Pelgrain fut fondée (1880), à Montreuil-sous-Bois, l’eau oxygénée employée pour le blanchiement des plumes d’autruche, venait exclusivement des fabriques allemandes. Cette usine prit un rapide développement, grâce à l’introduction de l’eau oxygénée dans le blanchiment de la laine.
- Des essais tentés pour fabriquer le bioxyde de baryum étant restés infructueux, cette maison se réunit à celle qu’avait fondée M. Bloche, un de ses anciens directeurs, à Saint-Félix (Oise), pur la fabrication des mêmes produits, et, à partir de celte époque (1888), la nouvelle société fabriqua son bioxyde jusqu’en 1892, époque à laquelle un incendie d’abord, puis la concurrence d’une maison anglaise, entravèrent de nouveau la marche de l'établissement. Cette maison, établie sur le carreau des mines de charbon et de witherite qui lui appartiennent, fut maîtresse du marché français jusqu’au jour où les travaux persévérants de M. A. Bloche permirent de faire des installations toutes nouvelles, d’un grand perfectionnement et de produire ce bioxyde à bas prix et à une richesse de 90^92 p. 100, inconnue alors.
- C’est à la suite de ces recherches, en 1898, que l’usine de Saint-Félix fut transportée à Aubervilliers où une installation modèle permit de répondre aux développements de cette industrie.
- L’usine a une superficie de 3,000 mètres carrés, et comprend: un directeur, ingénieur-chimiste, un chimiste, spécialement chargé de la fabrication des produits barytiques, un contremaître, un mécanicien, un directeur commercial et six employés divers.
- La fabrication du bioxyde de baryum comporte principalement un ensemble de fours de construction spéciale et récente, permettant d’obtenir journellement, avec une régularité toute mécanique, 2 à 3,ooo kilogrammes de produit riche à 92 p. 100.
- Une série d’appareils spéciaux ont pour but de recueillir l’acide nitrique dans une proportion notable par rapport à l’acide total, alors qu’il était autrefois entièrement perdu. En 1886, la production de la maison Pelgrain était d’environ 3oo tonnes d’eau oxygénée. L’usine d’Aubervilliers est présentement outillée pour en produire 1,200 à i,5oo tonnes par an.
- Actuellement, la production annuelle est environ de : 900,000 à 1,000,000 kilogrammes de nitrate de baryte; 5oo,ooo à 600,000 kilogrammes de bioxyde de baryum; 1,000,000 à 1,200,000 kilogrammes d’eaux oxygénées ; ùoo,ooo à 5oo,ooo kilogrammes de sulfate de baryte; i3o,ooo à i5o,ooo kilogrammes d’acide azotique.
- La maison produit également : la baryte hydratée; le carbonate de baryte précipité; le fluorure de baryum ; le sulfate de baryte en poudre ; le chlorure et le sulfure de baryum.
- Pour le moment cette maison lutte de nouveau, avantageusement, avec la concurrence étrangère en Italie, en Espagne, en Suisse et même en Allemagne.
- M. A. Bloche ne s’est pas borné au développement de l’usine d’Aubervilliers ; il est allé atteindre la consommation sur place à mesure que les conditions économiques changeaient et ne lui permettaient plus la concurrence.
- Dès 1890, il fondait une usine à Vienza en Italie; en 189/4, il montait un atelier d’eau oxygénée à Lyon avec la maison J.-M. Bouchard et fils ; en 1897, il installait l’eau oxygénée à Zofingen, en Suisse, avec M. B. Siegfried, et à l’heure actuelle il en prépare une à New-York.
- Compagnie franco-espagnole des mines de soufre de Lorca (Espagne).
- Société française, fondée en 1893, dont le siège est à Paris, cité Trévise, 6. Elle possède en Espagne, dans la province de Murcie, à 6 kilomètres de la ville de Lorca, des mines et un raffinage important.
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- Les mines couvrent une surface de 5oo hectares.
- Le raffinage comprend deux vastes chambres pour la fabrication de la Heur de soufre, deux fours spéciaux pour l’obtention du soufre raffiné, un moulin pour fabriquer le soufre trituré.
- La Compagnie possède encore une usine sur le territoire de Frontignan (Hérault), qui renferme quatre chambres dites de sublimation, d’un volume de i,5oo mètres cubes chacune, trois paires de meules verticales destinées à la pulvérisation ou trituration du soufre avec élévateurs et bluleries mécaniques perfectionnées.
- Les constructions de toute nature qui constituent l’usine couvrent une surface de à,5oo mèlros carrés.
- On produit le soufre en canon, les mèches soufrées, le soufre raffiné en pains ou en morceaux, le soufre trituré, mais surtout le soufre sublimé, dont la production mensuelle atteint de 4oo à 5oo tonnes.
- Compagnie des produits chimiques dAlais et de la Camargue. — Ancienne Société A.-R. Pechiney et C‘e. —Siège social : rue Grolée, 9, à Lyon. — Siège central à Salindres (Gard).
- Les établissements industriels de la Compagnie consistent en :
- Un salin à Giraud, en Camargue, avec une usine pour le traitement des eaux mères ;
- Une usine de produits chimiques à Salindres;
- Une usine électrométallurgique à Calypso, près Saint-Michel-de-Maurienne, pour la fabrication de l’aluminium.
- Salin de Giraud. — La Compagnie est propriétaire en Camargue de 20,000 hectares de terrains dont 5,ooo ont déjà été aménagés pour l’industrie salinière. Ils constituent le salin de Giraud et sont situés sur la rive droite du Grand-Rhône, en face de Port-Saint-Louis-du-Rhône.
- La production du sel au salin de Giraud atteint depuis plusieurs années t5o,ooo tonnes, qui sont utilisées en partie par T usine que possède au salin de Giraud la maison Solvay pour la fabrication de la soude à l’ammoniaque.
- Cette production considérable de sel permet au salin de Giraud de poursuivre l’industrie salinière jusqu’à l’extraction des sels de potasse et de magnésie d’après le procédé Balard.
- Usine de Salindres. — O11 y produit de la soude d’après le procédé Leblanc. La totalité de l’acide chlorhydrique est employée à la fabrication du chlorure de chaux et des chlorates. Tout le sulfate de soude est transformé en sel de soude, cristaux et surtout soude caustique dont une certaine quantité est coulée mécaniquement en plaquettes à l’usine par une machine spéciale.
- Le chlore est fabriqué à Salindres par le procédé Deacon heureusement modifié. Elle en produit 1,200 tonnes par an.
- La Société régénère encore le soufre des marcs de soude, et en extrait ainsi jusqu’à 1,000 tonnes par an par un procédé qui lui est spécial.
- Elle produit enfin en grand du sulfate de cuivre si abondamment consommé dans la région du Midi, et son usine a été la première à faire sérieusement la concurrence à l’importation étrangère, laquelle, il y a quelques années, était seule à alimenter le marché français.
- Usine de Calypso. — L’usine de Salindres a eu le monopole de la fabrication de l’aluminium par les procédés Henri Sainte-Claire-Deville’jusqu’en 1889, époque à laquelle ce métal a été obtenu bien plus économiquement par les procédés électrolytiques.
- En 1897, la Compagnie a fait l’acquisition de T usine de Calypso, près Saint- Miche l-de-Maurie une. Les premiers fondements de celte usine sont dus à M. Minet.
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- Elle à été développée par M. Sécrétan, et c’est alors que la Compagnie l’a achetée. Elle possède une force aménagée de 3,600 chevaux, laquelle peut être portée de 12 à i5,ooo chevaux. Les procédés de fabrication qui y sont appliqués sont ceux de Hall, consistant dans l’électrolyse de l’alumine pure dissoute dans un bain de fluorures tenus en fusion par la chaleur de l’arc électrique.
- L’alumine pure est produite à Salindres par le procédé qui y a été élaboré il y a quarante ans, eu partant de la bauxite.
- Compagnie générale des produits chimiques du Midi, rue Saint-Eerréol, 5i , a Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Cette société exposait un ensemble de produits chimiques minéraux, parmi lesquels les différents acides chorhydrkpie, sulfurique, azotique, de l’ammoniaque à 22 degrés, des cristaux de soude, du bicarbonate de soude, des soudes caustiques, des sels ammoniacaux, des superphosphates, engrais , etc.
- Compagnie du phosphoguano, rue de Bondy, G 0, à Paris.
- Directeur : M. Stainviile.
- Cette société possède deux usines, l’une à la Rivière-Saint-Sauveur (Calvados), l’autre à la Pallice (Charente-Inférieure), qui consomment annuellement 20,000 tonnes de pyrites cuivreuses en roches. Les chambres de plomb ont une capacité de 2/1,000 mètres cubes, et produisent, suivant les saisons, de 4 à 6 kilogrammes d’acide sulfurique à 53 degrés par mètre cube et par vingt-quatre heures.
- Les produits exposés comprenaient : acide sulfurique à divers titres, acide azotique, pyrites, résidus de pyrites dont la Société extrait le cuivre, cuivre et sels de cuivre, azotate de soude, chlorure de potassium, sels dépotasse, sulfale d’ammoniaque, superphosphates, engrais composés.
- MM. Dècle et Cic (Veuve Charles), à Rocourt-Saint-Quentin (Aisne). — Société en commandite par actions, au capital de 3 millions de francs. — Directeur : M. A. Langlois.
- La pi’incipale fabrication de cette maison est l’alcool, qu’elle obtient au moyen des mélasses des sucreries indigènes. Des résidus, elle retire les sels de potasse et de soude.
- C’est à Rocourt que celte industrie a été créée par Robert de Massy, en 183 A. Jusqu’à cetle époque la mélasse, résidu de la fabrication du sucre,était considérée comme une matière sans utilisation possible et les fabricants l’épandaient sur le sol. C’est à Dubrunfaut et à Robert de Massy que revient le mérite d’avoir su tirer partie de ce résidu.
- L’usine de Rocourt est la plus ancienne distillerie de mélasse de l’Europe. Sa production en alcool à 90 degrés pendant la campagne 1899-1900 a été de 191,044 hectolitres.
- Les salins, résidus du traitement des mélasses, environ 6,000 tonnes annuellement, sont raffinés sur place.
- Voici les principaux sels qui sont fabriqués à Rocourt et leur production moyenne annuelle :
- Carbonate de potasse (divers litres depuis Ao/45 p. 100 jusqu’à 92/95 p. 100
- de carbonate de potasse pure)............................................. 2,000,000 kilogr.
- Carbonate de soude............................................................ 875,000
- Chlorure de potassium.......................................................... 5a5,ooo
- Sulfate de potassium........................................................... 800,000
- Salins sulfatés pour engrais................................................... 200,000
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- II y a lieu d’ajouter :
- Noir de potasse pour engrais...................................... a,5oo,ooo kilogr.
- Engrais organo-potassique (4 p. 100 d’azote organique et 5 à 6 p. îoo de
- potasse)........................................................ 5oo,ooo
- Tous ces produits trouvent leur écoulement dans les verreries, les savonneries et l'agriculture.
- L’usine de Rocourt occupe une superficie de 14 hectares et est située sur le canal de Saint-Quentin.
- Elle possède un outillage considérable. Les citernes et bacs servant à emmagasiner les mélasses ont une contenance de 320,000 hectolitres; les cuves à fermentation ont une contenance de 20,000 hectolitres; les bacs servant à emmagasiner l’alcool ont une contenance de 18J100 hectolitres.
- Pour le transport des alcools et des mélasses, elle possède i45 wagons-réservoirs, 3,000 fûts à alcool et 3o,ooo fûts pétroliers.
- Le personnel comprend environ 35o ouvriers et employés.
- MM. Delval et Pascalis, rue Chapon, 5, à Paris.
- La maison a été fondée en i845 par A. Roseleur, l’un des créateurs de l’industrie des dépôts métalliques par voie humide. Cédée ensuite à M. de Plazanet, elle a été exploitée par ce dernier jusqu’en 1882, époque à laquelle elle fut reprise par les propriétaires actuels.
- Sa spécialité est la fabrication des produits et de l’outillage servant à l’hydroplaslie, soit à la dorure, l’argenture, la galvanoplastie, le nickelage, l’étamage et tous autres dépôts métalliques sur métaux.
- L’usine, située à Saint-Denis, route d’Aubervilliers, 5, d’une superficie de 4,000 mètres, occupe 20 ouvriers ; on y fabrique l’acide azotique, les sels de cuivre, de cobalt, de nickel, d’étain, de zinc, or, argent, platine, phosphate et bisulfite de soude cristallisés, pyrophosphate de soude, perchlorure de fer, sulfocyanure de mercure (serpents de Pharaon), cyanures, etc.
- Outre les produits qu’elle fabrique, la maison a encore exposé une édition mise à jour et augmentée par M. Delval, du guide pratique, qui est devenu classique, du doreur, de l’argenteur et du galvano-plaste de A. Roseleur.
- MM. Demery (G.), rue Ferréol, 5a, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- M. Demery a pris la succession de la Raffinerie de soufre. « normale» Meiffren père et fils. Il expose des soufres sublimé, raffiné, en canon et des mèches soufrées, ainsi que des soufrettes sur coton dites sauf nettes marseillaises.
- MM. Esmieu [Louis), rue de la République, 11, à Marseille.
- Cette maison, fondée en 1863, possède deux usines où elle raffine du soufre. Rien qu’en soufre sublimé, sa production atteint 8 millions de kilogrammes par an.
- MM. Eycken et Leroy, rue Faidherbe 1 7, à Lille (Nord).
- Usine à Wasquehal.
- Fondée en 1881 par M. Savoye, cette maison fut reprise, en 1887, parles propriétaires actuels. Outre des sels d’alumine, du sel de Glauber, ils fabriquèrent de l’eau oxygénée et furent des pre-
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- miers, en France, à produire industriellement du bioxyde de baryum. En 1890, ils montèrent la fabrication du sulfate de cuivre, puis celle de l’acide oxalique, pour laquelle ils utilisent les potasses de suint venant des peignages voisins. En 1899, ils perfectionnèrent la fabrication des bisulfites en utilisant les gaz provenant de la combustion des pyrites. A la même époque, MM. Eycken et Leroy entreprirent la fabrication de l’acide acétique puis celle du chlorure de baryum, etc.
- Poursuivant le développement de leur industrie, ces fabricants viennent de transformer leur affaire en une société anonyme au capital de 2 millions de francs, dont ils conservent la direction.
- Les produits exposés sont les suivants : sulfates d’alumine, bisulfites de chaux et de soude, méla-sulfile de potasse, chlorure, nitrate, bioxyde de baryum, eau oxygénée, blanc fixe, sulfure pour barèges, sulfate de soude cristallisé, acide oxalique, oxalale neutre, bioxalale de potasse, oxalate d’ammoniaque, acide acétique, acétates d’alumine et d’ammoniaque.
- EXPOSITION COLLECTIVE DE L’IODE.
- Les produits exposés appartenaient aux maisons suivantes :
- Carof (A.) et C'c, à Ploudelmézeau (Finistère) ;
- Derrien (G.), à Pont-TAbbé (Finistère) ;
- Glaizot frères, à Aber-Wrac’h (Finistère) ;
- Léclüse-Trevoedal (de) frères, à Audierne (Finistère) ;
- Le Gloahec (C. ) et fils aîné, à Saint-Pierre-Quiberon (Morbihan);
- Laureau (Georges) et C'e, à Quiberon (Morbihan);
- Levasseur (17.) ET Cie, au Conquet (Finistère).
- Cette exposition donnait une image parfaite de tous les produits qu’il était possible de tirer des varechs. Les échantillons présentés témoignaient d’une fabrication des plus soignées.
- Iode brut et iode sublimé, iodures de potassium, de sodium, de plomb, de mercure, iodoforme, brome, bromure de potassium, chlorures de potassium et de sodium, sulfates de potasse et de soude, varechs, soudes de varechs, marcs de soude pour engrais.
- La maison Laureau présentait en particulier :
- Extraits de plantes marines, apprêts, empois, gommes, produits alimentaires, kermarine(?) pour accumulateurs.
- M. Hézaru (Charles^, à Pau (Basses-Pyrénées).
- Concessionnaire des salines et thermes de Salies-de-Béarn, M. Hézard produit du sel en évaporant les eaux au feu de bois. Ce sel, auquel il attribue une qualité spéciale, serait employé, à l’exclusion de tous les autres, pour la salaison des jambons dits de Bayonne, qui, selon M. Hézard, doivent leur grande renommée à son sel.
- Les eaux mères chargées de différents sels, parmi lesquels se trouvent des iodures et des bromures, sont employées pour bains.
- MM. Kessler et C'e, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôine).
- Ancienne maison Faure qui, en 1871, par suite de l’entrée de M. Kessler, prit le nom de Faure et Kessler, et puis Kessler et Cic.
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- M. Jacques-Louis Kessler, qui en est actuellement le chef, est un vétéran de l’industrie chimique française et lui fait le plus grand honneur. Ancien élève et préparateur de Persoz, à l’époque où ce savant professait à Strasbourg, M. Kessler, comme ses émules les Kuhlmann, les Scheurer, les Péchiney, etc., appartient à celte génération d’industriels fortement imprégnés de science, grâce à laquelle ils purent féconder et faire progresser sans cesse leur industrie.
- Nombreuses sont les découvertes et les créations qui sont le fruit des recherches de M. Kessler. Nous ne citerons que les principales : utilisation des jus sucrés provenant des lavages de la garance d’Alsace, pour la fabrication de l’alcool (Strasbourg) ; procédé de traitement de la pechblende pour l’extraction de l’urane; amélioration introduite dans le traitement du guano, pour en retirer l’acide urique; création de la fabrication en grand de la muréxide ; invention d’un procédé de distillation agricole de la betterave qui, avec les procédés de Champennois et de Leplay, partagea bientôt la faveur publique; création d’un appareil à cuvettes en platine pour la concentration de l’acide sulfurique, réduisant des trois quarts le poids du précieux métal; création, sous le nom à'érorateurs, d’un type nouveau d’appareils d’évaporation à multiple effet, fonctionnant sous la pression atmosphérique ; fabrication de l’acide phosphorique pur au moyen du phosphate de soude et de l’acide chlorhydrique, fabrication basée sur la découverte, par M. Kessler, de l’insolubilité complète du chlorure de sodium formé dans les liqueurs saturées de gaz chlorhydrique ; production du chlorate de soude ; extraction, par la chaux, de la magnésie contenue dans l’eau de mer; procédé nouveau et ingénieux pour obtenir l’alun de soude cristallisé, etc., tels sont, très sommairement exposés, une partie des titres que possède M. Kessler à la reconnaissance de la science et de l’industrie. Ce ne sont pas les seuls et il y en a un que lui vaut une innovation toute spéciale, à laquelle son nom restera intimement attaché : par ses découvertes des nombreux emplois des dérivés du fluor et par la création de leur fabrication industrielle, il peut, en effet, être considéré comme le fondateur de cette industrie. Qu’il nous suffise de rappeler la plupart de ses inventions dans ce nouveau champ d’exploitation :
- i° Création, en 1855, de son procédé de gravure automatique décorative du verre et des cristaux par décalquage d’une réserve imprimée;
- 2° Découverte de la gravure male par des liquides composés avec l’acide fluorhydrique;
- 3° Création d’une encre à écrire et imprimer en mat sur le verre et le cristal ;
- 4° Découverte de l’action antiseptique de l’acide fluorhydiique et de ses dérivés pour empêcher les fermentations parasitaires, etc. Utilisation des acides fluorhydrique et hydrofluosilicique : pour la défécation des jus de betterave; pour la saccharification des grains en distillerie et en brasserie; pour la conservation des matières organiques, vin, bière, corps gras, viandes, etc. ;
- 5° Découverte de la fluatation. Procédé de durcissement des pierres calcaires ou siliceuses et des ciments par les fluosilicates ;
- 0° Durcissement des argiles et des plâtres ;
- 7° Préparation des ciments pour la peinture à l’huile ;
- 8° Vernis de silice déposé au pinceau ;
- 9° Procédés industriels nombreux pour l’obtention économique de l’acide hydrofluosilicique et des dérivés de l’acide fluorhydrique.
- Sa dernière création, encore suggérée parles difficultés que crée à l'industrie de l’acide sulfurique le prix très élevé du platine, est un nouvel appareil de concentration de l’acide sulfurique, dans lequel il n’entre plus de platine du tout.
- Cet appareil, dont il a présenté un modèle à l’Exposition, a conservé le caractère d’un appareil dans lequel les pertes d’acide sont réduites au minimum, et qui offre de sérieux avantages pour l’industriel. Nous y reviendrons à l’occasion des perfectionnements introduits dans la fabrication de l’acide sulfurique.
- Gn. XIV. — Cl.*87. — T. 1.
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- IMIMUMEIUK NATIONA
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- M. Linet (Pierre), boulevard de Magenta, à Paris.
- La maison, qui compte près de vingt-cinq ans d’existence dans le commerce et la fabrication des produits chimiques pour engrais, a adjoint, il y a dix ans, la préparation de différents produits chimiques proprement dits, parmi lesquels nous citerons : sulfate de cuivre (i,5oo kilogrammes par jour), obtenu au moyen du cuivre précipité éleclrolytiquement provenant de déchets métalliques; azotate de cuivre (200 tonnes par an), employé pour la destruction des sanses (jottes) et des ravenelles, et vendu sous le nom de nitrocuprine; sulfate de nickel, sulfate de nickel et d’ammoniaque; oxyde de cuivre; phosphates de soude, d’ammoniaque et de potasse; superphosphates de chaux (65,ooo tonnes par an), etc.
- Son usine d’Auberviliiers a une contenance de plus de h hectares, dont 3 hectares couverts, et possède une force motrice de 500 chevaux.
- M. Mallet (Paul), rue Saint-Lazare, 60, à Paris.
- M. Mallet a, en France, la spécialité des appareils pour la distillation de l’ammoniaque contenue dans les vidanges et dans les sous-produits de la houille. Ces appareils, très robustes et fort bien conçus, sont employés dans les soudières à l’ammoniaque, dans certaines usines à gaz, dans les fabriques où l’on extrait l’ammoniaque des matières fécales, et forment aussi un complément indispensable des fours à coke à récupération des sous-produits. Les avantages qu’ils présentent les ont fait rechercher, non seulement par nos nationaux, mais encore par les fabricants étrangers. (Voir à l’article soude.)
- Manufactures de glaces et produits chimiques de Saint-Gobain, Cuauny et Cirey,
- rue Sainte-Cécile, 9, à Paris.
- La création de l’industrie des produits chimiques à la Société de Saint-Gobain remonte à 1806. D’abord limitée aux besoins de ses fabriques de glaces, elle 11e tarda pas à prendre un essor considérable.
- En 1823, la soude artificielle Leblanc, primitivement installée dans l’ancienne verrerie de Charle-fontaine, fut transportée à Chauny, sur les bords de l’Oise.
- A celte fabrication vinrent s’en ajouter beaucoup d’autres, en tète desquelles il faut placer celle de l’acide sulfurique, et l’établissement ne tarda pas à devenir la soudière la plus importante de France.
- La Société de Saint-Gobain acheta, en 1866, l’usine d’Auberviliiers près Paris, où une société anglaise fabriquait l’acide sulfurique.
- En 1872, après un arrêt causé par la guerre de 1870, son extension reprit de nouveau; elle opéra sa fusion avec l’importante maison Perret frères et Olivier, de Lyon, qui lui apporta, avec les usines de Saint-Christ, Chessy, Lyon-Perrache, Sainl-Fons, l’Oseraie et Marennes, les mines de pyrite de Sain-Bel et de Chessy constituant une importante réserve de minerai sulfureux.
- La même année, l’acquisition de la saline d’Ars, dont la concession a depuis été étendue à plusieurs reprises, lui assura une réserve considérable de sel.
- En 1874, elle monta la fabrication des produits chimiques à Montluçon, où elle possédait déjà une glacerie.
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- Vers 1879, les pertes usines de Saint-Christ, Lyon-Perrache et Chessy furent arrêtées et leur fabrication concentrée k Saint-Fons.
- Après avoir développé tous ses établissements, la Société de Saint-Gobain a, depuis dix ans, construit successivement des usines :
- En 1893, à Balaruc-les-Bains, près de Cette; en 1896, à Montargis, sur le canal de Briare, après avoir racheté l’usine voisine du Loiret; en 1896, h Saint-Pierre-des-Corps, près de Tours.
- Actuellement, une usine est en achèvement à Bayonne; elle doit marcher à la fin de l’année.
- A Nantes, la construction d’une usine est entreprise et deux nouvelles installations à Bordeaux et Reims sont à l’étude.
- Enfin, au ier janvier 1900, la Compagnie de Saint-Gobain s’est rendue acquéreur des usines de la Société des produits chimiques agricoles à Bordeaux-Caudéran, Agen, Périgueux, Villefranche-de-Rouergue et Tonnay.
- En 1901 elle a fait, enfin, l’acquisition de la soudière la Meurthe, située en Lorraine, près de Nancy, mais dont elle ne prendra possession qu’en 1906.
- Elle possède en France i5 usines, dont 1 k en activité : Chauny, Aubervilliers, Saint-Fons, l’Ose-raie, Montluçon, Marennes, Balaruc, Montargis, Tours, Caudéran, Tonnay, Agen, Périgueux, Vil-lefranche, la quinzième, Bayonne, devant marcher fin 1900.
- Nous allons passer en revue ses fabrications de produits chimiques :
- Acide sulfurique. — L’importation en France du procédé de fabrication dit des chambres de plomb, date de la fin du siècle dernier.
- Les premiers perfectionnements y furent apportés par Clément Désonnes.
- La Société de Saint-Gobain, par les travaux de l’un de ses directeurs et d’un administrateur, a contribué puissamment au progrès de la fabrication de l’acide sulfurique.
- En 1835, Gay-Lussac installa à la soudière de Chauny son premier appareil condenseur des gaz nitreux, permettant de réaliser une importante économie de nitrate de soude.
- La combustion de la pyrite essayée sans succès par Clément Désormes fut réalisée par MM. Perret frères et Olivier qui, en 1833, ont employé les premiers la pyrite de fer pour la fabrication de l’acide sulfurique, remplaçant ainsi le soufre de Sicile.
- Grâce aux travaux de Michel Perret, le grillage de la pyrite ne tarda pas à se perfectionner.
- Au four primitif dans lequel le grillage s’effectuait dans des moufles chauffés par le charbon, succéda un four à roches dans lequel, il est vrai, n’étaient utilisés que les gros fragments, mais qui n’exigeait pas de combustible étranger.
- Le four mixte vint, en i863, permettre d’utiliser une quantité assez importante de poussières accumulées sur le carreau des mines, la chaleur dégagée par la combustion des morceaux permettant d’opérer le grillage des poussières disposées sur des tablettes réfractaires.
- Ce système fut installé à la soudière de Chauny en 1868.
- Enfin, vinrent les fours à étages avec suppression du foyer à fragments, augmentation du nombre des tablettes et circulation per descensum des charges mises sur la tablette supérieure.
- Ce four est le seul employé aujourd’hui.
- Les résidus du grillage de la pyrite contiennent de 0.6 à i.5 p. 100 de soufre et, dans ces conditions, forment un excellent minerai pour les hauts fourneaux où on les emploie, soit après les avoir agglomérés, soit directement en petite quantité dans les lits de fusion.
- La Société de Saint-Gobain a été la première à employer en France la tour dénitrante de Glover à laquelle elle a apporté quelques perfectionnements.
- Grâce à une conduite judicieuse des appareils, la dépense de nitrate de soude a pu être réduite dans de notables proportions.
- L’acide sulfurique est fabriqué dans 14 usines de la Société.
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- La production est annuellement de Æ60,000 tonnes d’acide à 5o degrés Baume, correspondant à un cube total de chambres de plomb égal à 2/19,000 mètres cubes répartis comme suit :
- mètres cubes.
- Chauny 47,200 Montargis
- Aubervilliers 43,200 Tours. . .
- Saint,-Fnns 36,5oo Tonnav..
- L’Oseraie 21,000 Gaudéran
- Montlucon i3,8oo Agen.. . .
- Marennes i8,4oo Périgueux
- Balaruc 10,000 Bayonne.
- mètres cubes.
- 1 8,5oo 1 0,000
- 4.700 4,260
- 2.700 4,o4o
- 10,000
- L’acide sulfurique est obtenu aux degrés suivants*: 53 degrés et 60 degrés ordinaires des chambres et tours de Glover, 53 degrés et 60 degrés blancs concentrés dans des chaudières de plomb, 66 degrés concentrés dans des alambics de platine (au nombre de 27 d’une valeur totale de plus de 3 millions de francs).
- Un appareil Kessler et quelques appareils Négrier fonctionnent encore.
- Des études ont été faites à Chauny, dès 1882, sur la fabrication de l’anhydride sulfurique par le procédé Winckler ; l’atelier, arreté alors en raison de la consommation insignifiante de l’acide fumant en France, avait permis de se rendre compte de sa valeur, et des expériences faites depuis ont fait reconnaître la possibilité de produire, par ce procédé amélioré, les acides concentrés avec avantage, tout en confirmant les chefs d’usine dans la conviction, que les chambres de plomb à production intensive sont préférables pour la fabrication des acides ordinaires.
- Actuellement, un atelier est en construction dans un des établissements de la Compagnie pour expérimenter le procédé d’oxydation de l’acide sulfureux, en employant la pyrite grillée comme matière de contact.
- Acide nitrique. — L’acide nitrique est fabriqué dans 12 usines; celles d’Aubervilliers, de SainL-Fons et de l’Oseraie fabriquent plus spécialement l'acide pour poudreries.
- La production atteint 3,5oo tonnes par an.
- L’acide nitrique est produit aux degrés suivants :
- Acide 36 degrés blanc et roux;
- Acide ko degrés blanc et roux ;
- Acide 4o degrés spécial pour les poudreries et la pyrotechnie.
- Sulfate de soude. — Après l’installation de la soudière de Chauny, cette fabrication a pris un développement considérable, qui s’est maintenu et s’accroît encore, malgré la réduction de la fabrication de la soude Leblanc en présence du procédé à l’ammoniaque.
- La réalisation en grand de la fabrication du sulfate de soude contenant peu de fer permet l’emploi exclusif du sulfate pour la fabrication des glaces : son emploi croissant dans la verrerie et la glacerie en a fait un produit principal.
- Actuellement, la soudière de Chauny possède 3 fours Mactear produisant chacun 23,000 kilogrammes de sulfate par vingt-quatre heures ; 1 four mixte à moufle système Larkin pouvant produire 10,000 kilogrammes par jour, et 11 fours à bras (dont 2 en construction avancée), produisant chacun 4,500 kilogrammes.
- A la soudière de Saint-Fons : 1 four Larkin et 10 fours à bras.
- A l’Oseraie : 2 fours à bras.
- Le sel raffiné employé provient des salines d’Ars et des salines du Midi; le sel gemme brut de l’Est est également employé en grande quantité.
- La production annuelle totale du sulfate de soude est de 55,000 tonnes.
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- Les qualités de sulfate produit sont :
- Sulfate de soude gemme pour verrerie commune et soude, sulfate R pour verrerie et sulfate RR pour glacerie.
- Acide chlorhydrique. — L’acide chlorhydrique provenant de la fabrication du sulfate de soude est transformé en majeure partie en chlore.
- Les gaz riches des cuvettes des fours à bras et du four Larkin sont envoyés directement aux appareils Deacon pour la production du chlore.
- L’acide muriatique est vendu au litre de 20-21 degrés Raumé et sert principalement à la fabrication de la gélatine, du noir d’os, du phosphate précipité, au décapage des métaux, en savonnerie, sucrerie et à la fabrication de nombreuses couleurs dérivées fie la houille.
- Lne qualité spéciale d’acide chlorhydrique est fabriquée par la soudière de Saint-Fons, par purification de l’acide marchand qui contient toujours de petites quantités d’arsenic provenant de l’acide sulfurique employé.
- C’est l’acide muriatique désarsénié qui sert à la fabrication des gélatines alimentaires et des produits pour le traitement des vins.
- La quantité totale d’acide muriatique produite annuellement atteint 76,000 tonnes à 20-21 degrés Raumé.
- Chlorure de chaux. — Avant 1870, un premier essai du procédé Weldon avait été fait ; il fut repris, en 1871, à la soudière de Chauny.
- Après avoir été installé dans cette usine, ce procédé fut monté dans les usines de Saint-Fons et de Marennes où il est supprimé maintenant.
- 11 a été maintenu à la soudière de Chauny où il fonctionne dans des conditions de consommation d’acide muriatique très satisfaisantes; cependant, en raison de la valeur marchande croissante de l’acide muriatique, on a songé à diminuer la consommation inhérente à ce procédé de fabrication, et la Compagnie de Saint-Gobain a monté dans ses usines de Chauny et de Saint-Fons des appareils Deacon, au nombre de 5 pour la première, et de 2 pour la seconde.
- I.es anciens appareils d’absorption du chlore ont été remplacés par des chambres anglaises.
- La production totale annuelle de chlorure de chaux atteint iA,ooo tonnes.
- Un atelier de fabrication d’eau de javelle permet de produire 5,000 tonnes de ce produit à 33 et 39 degrés chlorométriques.
- Enfin, la soudière de Chauny possède un atelier de fabrication de chlorate de potasse pouvant produire 275,000 kilogrammes annuellement.
- Soude. — Dès 1806, la Compagnie de Saint-Gobain installa un atelier pour la production delà soude par le procédé Leblanc.
- En 1874 elle monta à Chauny, et un peu plus tard à Saint-Fons, des fours revolver fournissant ensemble annuellement 22,000 tonnes de soude brute.
- La récupération du soufre des marcs de soude, réalisée industriellement en 1888 par M. A. Chance, est appliquée depuis onze ans à la soudière de Saint-Fons; c’est la seule installation de ce genre en
- France.
- A Chauny, le procédé n’a pas été appliqué en raison de l’utilisation des marcs de soude par des industries établies à côté de la soudière.
- Le soufre obtenu par récupération est chimiquement pur.
- L’emploi du sulfate de soude, l’écoulement de l’acide muriatique en nature, l’utilisation des marcs et les perfectionnements réalisés dans la conduite des opérations, ont permis à la Société de Saint-Gobain de maintenir, seule en France, le procédé Leblanc dans ses usines.
- Toutefois, à partir de 1906, la Société fera de la soude à l’ammoniaque à la soudière la Meurthe, près de Nancy, dont elle vient de faire l’acquisition.
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- Ne voulant pas, cependant, rester étrangère au grand mouvement qui s’est produit dans les dernières années, elle a étudié avec soin les récentes applications de l’éleclrolyse à la grande industrie chimique.
- Possesseur des brevets Hargreaves pour la préparation de la soude, du chlore et du chlorate de potasse par l’électrolyse des chlorures alcalins, elle a monté à Chauny un atelier d’essai important, d’une puissance de i5o chevaux. Les résultats ont été très satisfaisants; l’installation en grand pour laquelle tous les projets ont été étudiés, n’a été différée qu’en raison de la hausse considérable du combustible et des prétentions exagérées des constructeurs.
- Produits divers. — La Compagnie de Saint-Gobain fabrique aussi une série de produits secondaires, tels que :
- Sulfate de fer en gros cristaux, sulfate de fer neige, sulfate ferrique, sulfate de cuivre, sulfate de potasse, sulfate de soude aiguillé, potée de fer, etc.
- Superphosphates. — La Société de Saint-Gobain fut une des premières, vers 1872, à s’occuper de l’industrie des superphosphates alors naissante en France.
- Cette fabrication ne tarda pas à prendre un développement important et, en 1878, les usines de Chauny, l’Oseraie et Montluçon livraient déjà 200 tonnes par an, chiffre élevé pour l’époque.
- La fabrication mécanique remplaça peu à peu le travail sur l’aire, les nouveaux ateliers montés à Aubervilliers et à Marennes furent établis dans ces conditions.
- Bientôt des usines durent être créées ou acquises sur divers points pour faire face aux besoins toujours croissants de superphosphates, et, actuellement, le nombre des établissements fabriquant les engrais chimiques est de 15, pouvant produire annuellement 5oo,ooo tonnes.
- Tous les ateliers, munis des appareils les plus perfectionnés, malaxeurs, séchoirs, broyeurs, quelques-uns construits sur des études faites par les ingénieurs de la Compagnie, sont actionnés mécaniquement.
- Les produits fabriqués par la Société de Saint-Gobain d’une façon courante, sont :
- (bas titre.................... 8-10 p. 100 Ph206
- ordinaire.................. 10-12
- moyen................... 12-1 h
- riche...................... i3-i5
- riche...................... 14-16
- riche................... 1 5-17
- extra-riche................ 16-18
- extra-riche................ 18-20
- Engrais composés divers pour toutes cultures.
- soluble eau et citrate.
- Phosphates. — La Société s’est assuré sur divers points des gisements de phosphates, auxquels correspondent 12 usines spéciales pouvant préparer annuellement 175,000 tonnes de phosphates et craies lavées.
- Ces produits sont utilisés complètement dans les ateliers de superphosphates dont il a été parlé plus haut, concurremment avec les matières similaires achetées en France, Algérie, Tunisie et Amérique. ^
- Les usines et gisements de phosphates sont :
- Dans le Pas-de-Calais, à Orville ;
- Dans la Somme, à Beauval, Terramesnil, Vaux, Curlu, Hem-Monacu, Templeux-la-Fosse, Bussus, Marcheviile ;
- Dans l’Aisne, à Hargicourt;
- Dans l’Ariège, à Castelnau-Durban ;
- En Belgique, à Mesvin, Ciply, Spiennes, Beaudour, Liège.
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- EXPLOITATION ET ORGANISATION OUVRIERE.
- Moyens de transport. — Les établissements de produits chimiques de la Société de Saint-Gobain occupent généralement des emplacements choisis de manière à assurer économiquement, par communications directes, les transports par fer et par eau.
- Ils sont tous, sauf Agen et Caudéran, reliés par des embranchements particuliers aux lignes de chemins de fer; la traction intérieure est faite le plus souvent par locomotives actuellement au nombre de 20.
- Pour les transports par eau, la plupart des usines ont des quais de chargement desservis par des grues à vapeur.
- Les usines en construction seront : à Bordeaux, sur la Garonne; à Nantes, sur la Loire, et à Reims, sur le canal de la Marne à l’Aisne.
- Moteurs. — L’ensemble des établissements de produits chimiques possède 290 machines à vapeur, d’une force totale de 6,900 chevaux-vapeur, et 170 générateurs représentant 10,700 mètres carrés de surface de chauffe.
- Service médical. — A chaque établissement est attaché un médecin; ses soins ainsi que les médicaments, sont gratuits pour les ouvriers ou employés et leurs familles.
- Logements. — Des logements gratuits ou loués à prix très réduits, au nombre de 35o, sont mis à la disposition du personnel. Les chefs d’ateliers et les principaux ouvriers sont presque toujours logés gratuitement à proximité de l’usine.
- A Chauny et à la mine de Saint-Bel, sont établis des économats et des cantines qui fournissent au personnel les produits alimentaires et marchandises au prix coûtant.
- La Société possède, dans plusieurs usines, des dortoirs où sont logés les ouvriers célibataires.
- Indemnités spéciales. — Des indemnités journalières de 3 fr. 35 pour les ouvriers mariés ou soutiens de famille, de 1 fr. 65 pour les célibataires, sont accordées aux réservistes et territoriaux pendant leurs périodes d’exercices. Les ouvriers malades touchent également des indemnités.
- Caisse de retraites. — Les ouvriers et employés auxquels leur âge ou des infirmités ne permettent plus le travail régulier, reçoivent une pension de retraite dont la quotité est fixée par le conseil d’administration, suivant un règlement intérieur et sans qu’il soit fait de retenue sur les salaires.
- Après le décès du titulaire, une partie de la pension est réversible sur la tête de la veuve ou sur celle des enfants mineurs.
- Écoles. — S’intéressant également aux enfants de ses ouvriers, la Société, pour faciliter leur instruction, a créé dans un certain nombre d’usines ayant un personnel important et éloignées des groupes scolaires, des écoles quelle entretient et, dans d’autres cas assez nombreux, subventionne les écoles du pays.
- Institutions destinées à la récréation des ouvriers. — Des sociétés de musique, de tir et de gymnastique existent dans plusieurs établissements de la Société de Saint-Gobain. Des subventions assez importantes leur sont accordées par la Société.
- Importance des usines. — Pour résumer en quelques lignes l’importance de la section des pro duits chimiques de la Société de Saint-Gobain, il suffira de dire que le nombre des ouvriers est en viron de :
- Dans les usines de produits chimiques......................................... A,5oo
- A la saline d’Art-sur-Meurthe, à la mine de pyrite de Saint-Bel et dans les
- exploitations de phosphates................................................ 2,100
- Total
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- Participation à l’Exposition universelle de 1900. — La Société de Saint-Gobain a exposé dans la Classe 89 la série complète des produits dont nous venons de parler :
- Pyrite de fer, pyrite grillée, acide sulfurique à divers degrés, sel, sulfate de soude, acide chlorhydrique, soude Leblanc, sels de soude, soude caustique, cristaux de soude, chlorure de chaux, chlorate de potasse, eau de javelle, soude et chlorure de chaux électrolyliques, sulfates de frr, de cuivre, mixte, soufre régénéré des marcs de soude, silicate de soude, phosphates, superphosphates, engrais composés et produits divers pour l’agriculture, potée de fer, plâtre ferreux et terre de Saint-Bel (épuration du gaz), etc.
- Parmi les produits exposés, se trouve une pyramide de sélénium fondu. La pyrite de Saint-Bel renferme ce métalloïde dans une proportion appréciable et, le jour où le sélénium entrera dans le domaine de l’industrie, on pourra facilement l’extraire.
- Nous avons parlé plus haut du soufre régénéré par le procédé Chance, qui est offert au commerce concurremment avec le soufre de Sicile et dont la pureté est absolue.
- Manufactures de produits chimiques du Nord (Établissements Kuhlmann), à Lille (Nord). Administrateur délégué : AI. J. Kolbe.
- La fondation des Etablissements Kuhlmann remonte à i8a5.
- Elle est due à Frédéric Kuhlmann, le savant éminent et le grand industriel dont on retrouve le nom à chaque page des annales de la chimie pure et appliquée.
- Les Manufactures de produits chimiques du Nord ont leur siège social à Lille, une succursale à. Amiens, une maison de vente à Paris, cinq usines dont trois près de Lille, à Loos, à la Madeleine et à Saint-André, une à Amiens, une à Argicourt et un gisement de craie phosphatée exploité en galeries souterraines. Ces diverses usines occupent actuellement 63 hectares. Les produits principaux delà fabrication sont : les acides sulfurique, azotique, chlorhydrique ; le sulfate de soude, le sel de Glauber, les sels de soude, les cristaux de soude, les sulfites de chaux et de soude, l’hyposulfite de soude, les hypocldorites de chaux et de soude, le chlorozone, les silicates solubles, les sels de cuivre, de zinc, de fer, et enfin les superphosphates et les engrais composés. Le tonnage général des produits annuellement fabriqués qui était de 90,000 tonnes en 1889, s’est élevé en 1899, à 200,000 tonnes représentant une valeur d’environ 9 millions de francs.
- Les matières premières mises en œuvre représentent environ 120,000 tonnes, soit 3 millions de francs.
- L’ensemble des usines occupe 1,200 ouvriers.
- Les machines à vapeur marchant jour et nuit, développent 2,/ioo chevaux-vapeur. Une partie de cette puissance représentant 600 chevaux est transformée en énergie électrique.
- Le transport en vrac des liquides corrosifs occupe 200 wagonnets-citernes et 8 bateaux-réservoirs.
- Les établissements Kuhlmann ont une caisse de retraite pour leur personnel ouvrier et une caisse de secours aux malades. La caisse de retraite est entièrement alimentée par les subsides de la société elle-même.
- Manufacture de produits chimiques d’Aury, à Auby, près Douai (Nord).
- Fondée en i85o, cette maison a été cédée en 1887 à la société actuelle. L’usine est située sur le canal de la Deule et est reliée à la gare de Laforest.
- La spécialité de la fabrication de l’usine a toujours été le salpêtre ou nitrate de potasse (lotit il a été fabriqué :
- 1887 1899
- kilogrammes. kilogrammes.
- Salpêtre ra{fine....................................... 100,000 i,5oo,ooo
- Salpêtre brut.......................................... 800,000 â,000,000
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- Le sitlpèlre raffiné, en neige, ne contient comme maximum d’impuretés que 1/10,000 de chlorure et seulement des traces de perchlorate.
- Jusqu’en 1887, la France était tributaire de l’Allemagne pour les principaux besoins de salpêtre et notamment pour les quantités employées par le gouvernement pour la fabrication delà poudre.
- La maison fabrique également du nitrate de soude raffiné en neige et en masse, des superphosphates de chaux, des engrais, dont elle écoule i5,ooo tonnes par an.
- Cette maison occupe dix employés et chimistes, et 180 ouvriers.
- MM. Mabciieville-Daguin et C‘\ rue do C h a fi1 a 11 - L a il (1 o n, /j/i, à Paris.
- La société Daguin et C,e, en commandite par actions, au capital primitif de 3 millions de francs, a fondé, en 1855, la saline de Saint-Nicolas.
- En 188/i, par suite de la fusion avec la Société des produits chimiques de l’Est, elle a porté son capital à 5,800,000 francs et elle est devenue la Société du comptoir de l’industrie du sel et des produits chimiques de l’Est.
- Les usines comprennent :
- i° Une saline qui exploite à Saint-Nicolas (M.-et-M.) une concession de mines de sel gemme et de sources salées de 769 hectares;
- 2° Une fabrique de soude à l'ammoniaque à la Madeleine, près Saint-Nicolas, avec une autre concession de 605 hectares.
- La concession de Saint-Nicolas renferme onze couches de sel qui forment une épaisseur de 60 mètres.
- Saline de Saint-Nicolas. — La plus importante du groupe de l’Est.
- Placée sur le canal de la Marne au Rhin, le chemin de fer de Paris àAvricourt et la route nationale de Paris à Strasbourg, elle est dans une situation des p'us satisfaisantes quant aux moyens de transport.
- Exploitation de sel gemme. — Le sel gemme est exploité, à la onzième couche, au pic et à la poudre, sur une épaisseur de 5 mètres. La largeur des galeries est de 10 mètres; les piliers ont 1 0 mètres de côté.
- Le sel gemme ainsi extrait des galeries est 3ivré sous forme de blocs aux raffineries de sel, à l’agriculture et à certaines usines de produits chimiques. Pour d’autres usines, il est égrugé et livré sous forme de grains de grosseur variable suivant les besoins.
- Exploitation par dissolution.— La saline de Saint-Nicolas doit produire sous forme d’eau salée les quantités nécessaires non seulement à sa propre fabrication, mais aussi la presque totalité delà fabrication de la soudière la Madeleine. Elle possède à cet effet 18 sondages répartis en quatre groupes ; il existe au plus trois sondages à la Madeleine. On extrait environ 25o,ooo mètres cubes par an d’eau salée de ces différents puits. Tous les sondages sont commandés électriquement par l’usine de la Madeleine.
- La saline de Saint-Nicolas comprend un ensemble de 65 poêles d’évaporation d’une surface totale de 5,385 mètres carrés. Cette surface peut produire annuellement 5o,ooo tonnes de sel raffiné de toutes sortes.
- Le tableau ci-après indique la production de la saline de Saint-Nicolas, de 1890 à 1899.
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- PRODUCTION DE LA SALINE.
- ANNÉES. SEL GEMME. SEL RAFFINÉ. TOTAUX.
- tonnes. tonnes. tonnes.
- 1890 69,724 28,1 95 97*919
- 1891 64.i38 26,035 9°,173
- 1892 83,755 26,675 108,33o
- 1893 85,716 22,390 108,106
- 1894 86,766 21,718 107,686
- 1895 86,942 20,455 107,397
- 1896 80,448 20,699 100,967
- 1897 84,94 5 20,617 11 0,662
- 1898 87,84i 21,229 109,070
- 1899 81,655 18,911 1 oo,566
- OBSERVATIONS.
- Moyenne de la période 1890-109/1 : 102,602 tonnes.
- Moyenne de la période 1895-1899:
- 1 o5,G88 tonnes.
- En 1889 la saline n’avait fabriqué que 62,761 tonnes de sel gemme et 3o,222 tonnes de sels raffinés, au total 92,983 tonnes.
- Soudière de la Madeleine. — Cet établissement, situé à 5 kilomètres de Saint-Nicolas et à 11 kilomètres de Nancy, se trouve comme la saline sur le canal, la route nationale et est relié par un embranchement au chemin de fer.
- Production de In Madeleine. — La production de la Madeleine qui était seulement de 1,867 t°nnes en 1884-1885, s’est accrue rapidement pour atteindre près de 12,000 tonnes en 1889-1890 et n’a cessé d’augmenter depuis sa création. Le tableau suivant donne les chiffres des dix dernières années, l’exercice finissant au 3o juin.
- SOUDE. CRISTAUX.
- tonnes. tonnes.
- 1890- 1891............................................... 12,624 5,315
- 1891- 1892................................................ i3,943 5,200
- 1892- 1893................................................ 16,679 4,56o
- 1893- 1894................................................ 18,520 5,o6o
- 1894- 1895............................................... 18,795 4,6oo
- 1895- 1896................................................ 19,060 5,3go
- 1896- 1897................................................ 2o,58o 4,875
- 1897- 1898.............................................. 21,625 5,485
- 1898- 1899................................................ 22,375 5,63o
- Les matières premières sont :
- Veau salée qui provient des sondages de Saint-Nicolas et de la Madeleine. Les pompes de ces sondages sont actionnées électriquement au moyen d’un courant fourni par les génératrices de la soudière.
- L’eau salée est refoulée par les pompes dans des conduites souterraines, qui l’amènent dans les bassins de la soudière, où elle est emmagasinée et distribuée au fur et à mesure des besoins.
- Calcaire. — Tiré des carrières du département de Meurthe-et-Moselle.
- Ammoniaque. — Provient principalement des usines à gaz et des fours à coke à récupération, et est expédié en wagons-ci ternes.
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- Force motrice. — La batterie de générateurs à vapeur se compose de 12 chaudières du type Mac-Nicol, accolées deux par deux et formant une surface de chauffe de 1,920 mètres carrés.
- Groupes électriques. — Les groupes électriques, placés dans une salle de machines au centre de l’usine, occupent un emplacement de 12x20 = 2/10 mètres carrés.
- Ils se composent de cinq génératrices excitées en dérivation à courant continu, de 75 kilowatts chacune, avec une force électromotrice de 125 volts aux bornes, et deux génératrices excitées en dérivation, à courant continu, de A6 kilowatts chacune, avec une force électromotrice de 1,200 volts aux bornes extrêmes des deux induits.
- Les cinq premières sont affectées au service de l’éclairage et de la force motrice de la soudière.
- Les deux dernières sont réservées aux transports de force des sondages.
- Moteurs des génératrices. — Les sept génératrices sont actionnées directement chacune par un moteur à vapeur du système Williams et Robinson à simple expansion.
- Déchargement mécanique. — Par suite du développement rapide de sa production, la Société fut amenée, en 1897-1898, à installer, entre son port et ses parcs, un tablier métallique muni des moyens les plus perfectionnés de déchargement et de roulage.
- Personnel ouvrier. — L’établissement de Saint-Nicolas occupe dans son ensemble 3oo ouvriers se répartissant comme suit : 135 sauniers et manœuvres à la fabrication; 8A mineurs et manœuvres à l’exploitation du sel gemme ; 5o aux expéditions; 3o aux ateliers de réparations et d’entretien.
- La soudière occupe de son côté 35o ouvriers, ce qui fait au total 65o ouvriers pour les deux établissements. Il existe une caisse de secours à la saline et à la Madeleine.
- Habitations ouvrières. — La Société Marcheville-Daguin et Cie, soucieuse de procurer à ses ouvriers des habitations saines, confortables et à bon marché, a entrepris un programme de construction, qui est déjà en partie exécuté et qui doit se poursuivre d’année en année au fur et à mesure des ressources disponibles.
- Le type de cité qui a été arrêté et construit, est la maison à double logement avec jardin.
- Chaque famille d’ouvriers dispose, moyennant un loyer mensuel qui n’excédera pas 16 francs, de quatre pièces, d’un grenier, d’une cave, d’une étable et d’un jardinet de 362 mètres carrés environ.
- M. Michaux-Labarre (Félix), route de Fontenay, 3g, à Montreuil-sous-Bois (Seine).
- Maison fondée en 1871, fabrique principalement de l’acide sulfureux, de l’anhydride sulfureux pour machine à glace, des sulfites, bisulfites de soude, de potasse, de chaux, d’alumine, de baryte, de magnésie, etc.; de l’hyposulfite de sodium, du sulfhydrate et du sulfure de sodium, de l’orpin ou sulfure rouge d’arsenic, etc.
- MM. Pilon frères, J. Buffet et H. Durand-Gasselin, à Chantenay-sur-Loire et à Nantes (Loire-Inférieure).
- Usines fondées en 1853 par M. Pilon père et destinées à cette époque à la fabrication presque exclusive du noir animal pour raffineries.
- Au fur et à mesure des progrès industriels, ces usines se sont transformées en établissements de produits chimiques, tout en conservant la fabrication du noir animal.
- Actuellement la maison possède deux usines installées l’une à Nantes et l’autre à Chantenay, près
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- Nantes. La première couvre une superficie de 9,200 mètres carrc's, et la seconde une superficie de 08,000 mètres carrés.
- Les principaux produits fabriqués dans les deux usines sont : l’acide sulfurique qui est presque exclusivement employé à la fabrication des superphophaies et des engrais, le noir animal, qui atteint en ce moment encore plus de 4,000 tonnes et exige l’emploi de 9,000 tonnes d’os concassés; la colle forte, qui absorbe également 3,000 à 3,5oo tonnes d’os, prises en dehors des quantités spécialement destinées à la fabricalion des noirs.
- Les os sont dégraissés par la benzine suivant un procédé spécial qui permet d’obtenir en suif le maximum de rendement. L’usine de Chanlenay recueille de ce chef G5o à 700 tonnes de suif entièrement employé par la savonnerie.
- Dans la fabrication du noir, on recueille l’ammoniaque sous forme de sulfate d’ammoniaque, soit environ 4oo tonnes par an.
- Les usines fabriquent en outre différents produits chimiques tels que : sels d’aniline, de potasse, acide sulfureux, acide azotique, poudres de cornes torréfiées, etc. La production de superphosphates de toutes natures, ainsi que celle des différents engrais composés atteint, le chiffre de 12 à 20,000 tonnes annuellement.
- Les deux usines emploient 35o à 45o ouvriers, suivant la saison.
- La force motrice comprend quatre machines représentant 45o chevaux-vapeur; les générateurs des deux usines ont 980 mètres de surface de chauffe.
- )/. Sachs {Chaules), Chemin du Cornillon, à la Plaine Saint-Denis (Seine).
- Fondée en 1869, cette maison fabrique les acides sulfurique, azotique, phosphorique ordinaires et purs, des phosphate et superphosphate de soude, du phosphate d’ammoniaque, du sulfate ferrique, du sulfate de cuivre (au moyen des résidus de pyrites).
- La maison a exposé quelques échantillons de superphosphates et d’engrais composés.
- MM. Sciiloesixg freues et 0% à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Fondée en i84G, li maison Scldœsing frères et Ci0 fut pendant près d’un demi-siècle à la tète du commerce d’importation de Marseille. En 1879 , MM. Scldœsing frères joignirent à leur commerce, l'industrie des produits chimiques agricoles. Cette branche nouvelle devait dès lors absorber la plus grande somme de leur activité et, en 18g3, elle avait pris un tel développement que, pour s’y adonner plus complètement, ils cédèrent leur commerce d’importation à la maison Mante frères et Borelli.
- La maison fait aujourd’hui annuellement environ 5 millions d’affaires et possède quatre usines qui occupent ensemble 3oo ouvriers. Ce sont :
- i° L’usine de la Madrague (Marseillc-Arenc) qui comprend une fabrique de sulfate d’ammoniaque, une fabrique de superphosphates et engrais composés et une fabiique de bouillie bordelaise et de soufre précipité;
- 20 L’usine de Septèmes (Bouches-du-Rhône) qui produit 6,000 tonnes de superphosphates et 3,ooo tonnes de sulfate de fer ;
- 3° L’usine de l’Kpi, à Avignon (Vaucluse), qui produit 5,000 tonnes de superphosphates;
- 4° L’usine de la Cabucelle (Marseille-Saint-Louis) que MM. Scldœsing frères et Gic ont jusqu’à ce jour exploitée de compte à demi avec la maison A. Blain et C,e. Cette usine produit i5,ooo tonnes de tourteaux et 1,5oo tonnes d’huiles. Des procédés entièrement nouveaux d'épuration et de rectification vont y être mis en œuvre. Dans une petite usine de démonstration établie à Aigues-Mortes, dans les
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- lorrains de la Compagnie des Salins du Midi,MM. Schlœsing frères ont fait la preuve industrielle du procédé de M. Théophile Schlœsing, membre de l’Institut, pour l’extraction de la magnésie de l’eau de mer.
- M. Henri Schlœsing, actuellement seul gérant de la maison, est l’auteur d’un ouvrage très répandu de \iliculture appliquée, le Manuel du vigneron, qui rend de grands services aux vignerons.
- La maison a exposé différentes variétés de soufre, des sulfates de cuivre, de la magnésie extraite drs eaux de mer, un produit appelé sul/ilarlre, de la bouillie bordelaise, des levure} de vin, des tourteaux, des engrais, des huiles de sésame, de colza, etc.
- MM. S élu eu E. et Beaudet L., me N otre-Dame-de-N azare tl i, 3 7.
- Usine à Fontcnay-sous-Bois.
- Cette maison, fondée par M. Porlier, fabrique principalement :
- i° De l’eau oxygénée destinée aux usages médicaux et au blanchiment de la paille, de la plume, des os, de l’ivoire, cheveux, laine, soie, etc. Sa production journalière serait de 3,5oo ldlogrammes;
- 2° Des silicates de soude et de potasse vitreux et liquides. La production mensuelle en silicate de soude h 35-37 degrés Baume s’élèverait à 200,000 kilogrammes.
- Les silicates exposés avaient fort belle apparence.
- Société anonyme des axcie s nés saunes domaniales de lEst,
- rue de Téhéran, kj, à Paris. — Société au capital de 7,000,000 francs.
- Cette maison possède à Dieuze une saline et une usine de produits chimiques où elle fabrique de la sonde à l’ammoniaque avec des appareils spéciaux. Elle a en outre trois succursales en France (àMont-moret, à Ars et à Salins).
- Les produits exposés proviennent partie de son usine de Dieuze et partie de ses usines françaises oii l’on ne fabrique pas de soude. Ils consistent en acides sulfurique, azotique, chlorhydrique, carbonates et sulfate de soude, soude caustique, alun ordinaire et raffiné, sulfate d’alumine; chlorure de chaux; superphosphates, engrais composés.
- Société anonyme de produits chimiques (Etablissements Malétra), rue de Rivoli , i/io, à Paris. — Directeur : M. Kniecler.
- Cette société anonyme, au capital de 10 millions, a été fondée en 1 873 ; elle est la suite des établissements créés par M. Malétra père et développés par ses fils.
- La création de l’usine de Petit-Quevilly, près Rouen, remonte à 1808. A cette dernière sont venues s’adjoindre successivement : en 1867, l’usine de Lescure-lès-Rouen; en 1869, l’usine de Saint-Denis (Seine); en 1880, la saline d’Arzew (déparlement d’Oran); en 1886, l’usine de Caen.
- La Société des établissements Malétra a, en outre, fondé en 1891, avec le concours de personnes connaissant la Nouvelle-Calédonie, la société r?Le Cobalt». Celte dernière possède dans cette colonie de nombreuses mines de minerais de cobalt quelle est seule à traiter en France. Les Etablissements Malétra ont été les premiers à introduire dans notre pays (1876) les fours tournants pour la fabrication de la soude Leblanc, mais ont renoncé à la production de ce sel devant le succès croissant de la soude à l’ammoniaque. Ils ont toutefois participé aux essais et aux tentatives pour mettre sur pied le pro-
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- cédé Scldœsing, lequel a été exploité en grand jusqu’à l’année dernière par les usines de MM. Bell brothers, à Middlesbrough.
- Voici la nomenclature des produits fabriqués par les Etablissements Malétra. La plupart ont figuré à l’Exposition.
- Acides :
- Sulfurique . . . . )
- Chlorhydrique . > chimiquement purs. Nitrique.........)
- Dérivés de la soude :
- Petits produits à base de soude :
- Bisulfite de soude,
- Sulfite de soude ordinaire,
- Sulfite de soude raffiné pur,
- Hyposulfite de soude industriel,
- Hyposulfite de soude photographique,
- Sulfure de sodium cristallisé,
- Silicates de soude liquides,
- Stannales de soude desséchés et liquides, Sulfate de soude cristallisé médicinal, Bisulfate de soude pur.
- Sels métalliques à base de zinc :
- Sulfate de zinc cristallisé et en plaques : Chlorure de zinc pur industriel, fondu, liquide à 48° B.,
- Chlorure de zinc désinfectant.
- Sels métalliques à base de fer :
- Sulfate de fer cristallisé et neige,
- Sulfate ferrique désinfectant,
- Nitrate de fer,
- Perchlorure de fer industriel et médicinal, Prolochlorure de fer,
- Rouilles de fer.
- Sels métalliques à base de cuivre :
- Sulfate de cuivre cristallisé,
- Sulfate de cuivre neige.
- Sels métalliques à base de plomb :
- Nitrate de plomb,
- Plombite de soude.
- Sels métalliques à base de manganèse :
- Chlorure de manganèse cristallisé et desséché, Carbonate de manganèse,
- Sulfate de manganèse,
- Borate de manganèse.
- Sels métalliques à base de calcium :
- Chlorure de calcium liquide, cristallisé et desséché.
- Produits à base de soufre :
- Acide sulfureux,
- Bisulfite de chaux,
- Chlorure de soufre.
- Produits à base de bore :
- Les produits boriqués comprennent :
- Acide borique cristallisé , pailleté, moulu, Borax cristallisé,
- Borax pulvérisé.
- Produit pharmaceutique :
- Chloral.
- La production journalière d’acide sulfurique s’élève à 160 tonnes, valeur en acide 53 degrés. Le four à brûler la pyrite est le four Malétra, créé à l’usine de Petit-Quevilly et répandu dans le monde entier.
- Les appareils comportent tous des glovers et des gay-lussac dans les dimensions voulues pour réduire au minimum la consommation de nitrate.
- La concentration se fait dans cinq vases de platine et trois appareils Kessler, suivant le degré à obtenir.
- L’usine produit également de a5,ooo à 3o,ooo tonnes de superphosphates par an.
- Sa production totale de chloral s’élève à 18,000 kilogrammes par an; il est livré en plaques, en cristaux et en poudre, et la marque est très appréciée.
- C’est le personnel de la société Malétra qui dirige l’exploitation de la société Le Cobalt, aussi bien pour l’extraction du minerai dans les mines de Nouvelle-Calédonie que pour le traitement en France dans l’usine de Petit-Quevilly.
- Les principaux produits de cobalt fabriqués sont : les différents oxydes, le sulfate de cobalt, les nitrate, acétate, carbonate et chlorure de cobalt. La production globale s’élève par an à 35,ooo kilogrammes , valeur en cobalt métal.
- Les établissements Malétra occupent environ g5o ouvriers et 86 directeurs, ingénieurs-chimistes et employés.
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- Ils ont créé pour leurs ouvriers une société de secours mutuels, dont la caisse est alimentée par des versements égaux du personnel ouvrier et des établissements. Cette société de secours donne droit, à partir de l’âge de 60 ans, à une retraite de üko francs par an.
- Société anonyme des produits chimiques de l Ouest, rue de Chantilly, 10, à Paris.
- Cette Société, qui possède ses usines à Saint-Marc, près de Brest, a exposé des acides sulfurique, chlorhydrique, azotique, des cristaux de soude, du sulfate de soude, différentes variétés de sulfate d’alumine, ainsi que du kaolin brut et lavé.
- Société anonyme des produits chimiques de Saint-Denis, me des Poissonniers, qy, à Saint-Denis (Seine). — Capital : 1,500,000 francs.
- Cet établissement, qui existe depuis août 1881, est la suite, pour l’usine quelle exploite à Saint-Denis, des établissements Malétra, qui l’exploitaient depuis 1857 et auxquels elle a acheté une étendue de k hectares, silïiée à Saint-Denis, près de la Seine, entre la rue des Poissonniers et le chemin de fer du Nord avec lequel elle est raccordée de deux côtés.
- Son installation lui permet de produire annuellement : 3a,000 tonnes d’acide sulfurique de divers degrés; a0,000 tonnes de superphosphates; 600 tonnes d’acide nitrique et 1,095,000 litres de vernis et siccatifs.
- Outre ces différents produits, elle a exposé de l’émail diamant rrastraR et des couleurs broyées en poudre.
- Société anonyme des usines de produits chimiques d Hautmont, à Hautmont (Nord).
- La Société anonyme des usines de produits chimiques d’Hautmont a été fondée en 1858, sous le nom de Société anonyme des mines et usines de Sambre-et-Meuse, pour exploiter les minerais de pyrites et de blendes provenant de ses concessions de Philippeville (Belgique) et en utiliser le soufre pour la fabrication des produits chimiques, dans un établissement quelle érigea à Hautmont la même année. Séparée en 1880 de l’exploitation minière, la Société, sous sa dénomination actuelle, s’est consacrée exclusivement à la fabrication des produits chimiques.
- Les différents objets et produits exposés par la Société comportent :
- Modèle de l’appareil Hargreaves pour la fabrication directe du sulfate de soude anhydre;
- Des acides azotique, sulfurique, chlorhydrique, à différents états de concentration; du chlorure de zinc; des sulfates de soude cristallisés ou broyés; du chlorure de chaux à 110 degrés, fabrication Weldon; du chlorure de chaux 118 électrolyiique; de l’eau de javel; des sels de soude caustique à degrés variables, des cristaux de soude ; de la soude et de la lessive de soude caustique ; du bisulfite de soude; du sulfate ferrique; du sulfate ferreux sous différents états; des supersphophates, des engrais, des briquettes de sel gemme et de sel rafliné; de l’oxyde de nickel et de cobalt à ko p. 100 de cobalt; des boues séléniteuses, du sélénium, des pyrites, du sulfate de cuivre.
- Valeur de la production moyenne de l’année : 2,55o,ooo francs.
- L’usine occupe 35o hommes et ko femmes.
- Force motrice. — 10 moteurs à vapeur, 6 moteurs électriques. Somme totale de force de chevaux disponible : 760 chevaux-vapeur.
- La Société emploie : les fours à dalles pour griller la pyrite; la tour de Glower pour concentrer les
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- acides sulfuriques à bas degrés et décomposer les acides sulfuriques nitreux; la tour Gay-Lussac pour recueillir les gaz nitreux; les appareils en platine, forme basse, pour concentrer les acides sulfuriques; le procédé Hargreavcs pour le sulfate de soude anhydre; les tours en pierre de Volvic, combinées avec des bonbonnes en poterie pour la condensation de l’acide chlorhydrique; le procédé Wcldon pour le chlorure de chaux et l’eau de javel; le procédé Leblanc pour la soude; les appareils Thelen pour l’évaporation des lessives de soude; les appareils à triple effet par le vide pour la condensation des lessives de soude caustique; les maLxeurs, séchoirs et broyeurs pour la fabrication des engrais: les appareils de lessivage méthodique pour le traitement des résidus de pyrites.
- Tous les appareils, tels que fours à pyrite, condensation d’acide muriatique, cuves à superphosphates, etc., sont maintenus en aspiration permanente, de sorte qu’aucun gaz délétère ne se dégage dans l’atmosphère dans le cours du travail.
- La Société a été une des premières à introduire en France la tour de Glower, pour la concentration et la dénitrification de l’acide sulfurique, et, dès 1880, elle a installé le procédé Hargreaves pour l’obtention directe du sulfate de soude et de l’acide chlorhydrique au moyen du chlorure de sodium et de l’acide sulfureux. Elle a même employé deux éléments nouveaux : le sel gemme, sans aucun mélange de sel ralliné, et le four à dalles bridant de menus minerais. Elle est même arrivée à traiter dans des fours à dalles des minerais pauvres à 98-80 p. 100 de soufre. Elle a également réussi à produire de l’acide chlorhydrique commercial à 90-99 degrés Baumé en condensant de l’acide chlorhydrique gazeux dilué dans 99 p. 100 de gaz inertes, tels que ceux qui s’échappent des appareils Hargreaves.
- Outre les améliorations d’ordre mécanique qu’elle a apportées dans ces usines, la Société a considérablement développé la fabrication des superphosphates et a adopté le procédé Bencker qui permet d’obtenir immédiatement un produit marchand, comme siccité, et de recueillir, comme sous-produits, les combinaisons fluorées.
- Amenée à traiter dans les l'ours à pyrite des minerais espagnols cuivreux, elle a étudié et monté industriellement un procédé permettant d’isoler et de recueillir le cuivre, les sulfates de fer, le cobalt, le zinc contenus dans ces minerais. Elle monte en ce moment des appareils pour obtenir par éleclrolyse la précipitation directe du cuivre contenu dans les lessives provenant des résidus de pyrites.
- Eidin, elle a fait une installation pour obtenir le chlore par voie éleclrolytique en décomposant l’acide chlorhydrique.
- Prévoyance et secours. — En dehors de l’assurance légale contre les accidents, il est établi une caisse de secours à laquelle la Société contribue de ses deniers pour la majeure partie. Une commission, choisie par les ouvriers, à raison d’un membre par atelier, administre cette caisse et a tous pouvoirs pour distribuer les secours aux blessés, malades et à leur famille.
- Société électro-métallurgique, à Saint-Beron (Savoie) et quai de Retz, G,
- à Lyon (Rhône).
- Celle Société dispose, sur le cours du Guiers, d’une force de A,700 à 5,3oo chevaux à plein canal qui lui permettent d’actionner, au moyen de turbines, les dynamos nécessaires à la fabrication du carbure de calcium.
- Société d electrolyse française. D' Dutremblay, Wargnier et O%
- chaussée d’Antin, (j, à Paris.
- Cette Société s’occupe de la préparation de l’hydrogène et de l’oxygène quelle obtient par l’élec-trolyse de l’eau. Les gaz quelle offre seraient à 99 p. 100 de pureté.
- Elle a exposé des bouteilles et des cylindres en acier dans lesquels elle livre le gaz comprimé.
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- Société industrielle de produits cuimiques, rue de Rome, 5, à Paris.
- Les usines de cette Société sont situées à la Motte-Breuil, département de l’Oise, et, depuis leur mise en marche en janvier 1898, elles n’ont cessé de fonctionner.
- Elles fabriquent des soudes et potasses caustiques fondues et en lessives, du chlore et produils chlorés divers : chlorures de chaux, chlorures décolorants, eau de javel, chlorures d’étain, etc.
- La production annuelle est de 6,000 tonnes de chlorure de chaux et 2,700 tonnes d’alcalis caustiques.
- Tous les produits sont fabriqués exclusivement par l’électrolyse des chlorures alcalins, au moyen des procédés, tenus secrets, de la Chemische Fabrik Griesheim-Electron, dont le siège est à Franfort-sur-le-Mein.
- C’est la première usine en France qui ait employé les procédés électrolytiques pour la fabrication du chlore et des alcalis caustiques.
- Société des produits chimiques de Marseille l’Estaque, me de Breteuil, 12, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Directeur : M. E. Lombard, ingénieur E. C. P.
- Cette Société, précédemment dénommée Compagnie d’exploitation des minerais de Rio-Tmto, a été constituée en décembre 1881, et son usine de l’Estaque, près Marseille, construite aussitôt après, entrait en plein fonctionnement vers fin 1885. En juin 1890, diverses modifications ayant été reconnues indispensables, l’affaire fut remaniée et constituée telle qu’elle est aujourd’hui, au capital de 3,760,000 francs, entièrement versé.
- L’usine de l’Estaque est située à 10 kilomètres de Marseille. Les ateliers, étagés sur les flancs des collines de la Nerthe, couvrent une superficie d’environ 8,000 mètres carrés. L’ensemble des constructions et dépendances n’occupe pas moins de 100,000 mètres carrés.
- L’usine occupe, en moyenne, de 45o à 5oo ouvriers.
- Elle est entièrement éclairée à l’électricité, possède 2 4 machines motrices desservies par 22 chaudières de types divers, développant 700 chevaux de force.
- C’est une des rares usines qui fabriquent encore de la soude par le procédé Leblanc.
- Elle possède, à cet effet, un appareil Hargreaves pour la transformation du sel marin en sulfate de soude par l’action du gaz sulfureux provenant des fours à pyrite; la capacité de cet appareil est suffisante pour consommer 8,000 tonnes de sel environ par an. Ce sel provient du salin de Citis exploité par la Société.
- La soude est fabriquée dans un four revolver et dans des fours à bras de secours.
- L'acide chlorhydrique provenant de la décomposition du sel dans l’appareil Hargreaves est condensé dans des tours et livré au commerce.
- La fabrication d'acide sulfurique se fait dans deux corps d’appareils ayant ensemble une capacité de 12,000 mètres cubes.
- L'acide nitrique ne comprend que deux batteries, dont l’une ne sert presque exclusivement qu a alimenter les chambres de plomb et l’autre pour les besoins du commerce.
- L’usine est outillée pour produire de 12,000 à i5,ooo tonnes de supersphosphates divers à des conditions très économiques pour permettre à la Société, en dehors des ventes normales en France, de trouver encore des avantages suffisants pour faire un fort chiffre d’affaires à l’exportation en Italie, en Espagne et aux colonies.
- La Société traite encore ses pyrites cuivreuses pour en retirer le cuivre, fabrique près de 4,ooo tonnes de sulfate de cuivre, possède une usine de sublimation du soufre brut, où elle obtient,
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- par un procédé particulier, le sublimé sans grésil et d’une densité inférieure à celle qu’on obtient par le procédé ordinaire.
- La Société a également entrepris, depuis deux ans, la concentration des lessives glycérineuses des savonneries et arrive h produire des glycérines à 80 p. 100, contenant moins de 0.25 p. îoo d’hypo-sulfite, sans trace aucune de sulfure.
- Elle s’est enfin aussi occupée de la fabrication des sels d’urane avec la carnotite, minerai trouvé par M. Gumenge et étudié par M. Friedel.
- En résumé, malgré les conditions défavorables dans lesquelles se trouvent toutes les usines qui fabriquent encore de la soude par le procédé Leblanc, cette Société a su se maintenir et même se développer, grâce à l’initiative et à la persévérance de sa direction. A l’époque, en 1883, où l’on pouvait encore avoir quelque illusion sur la force de résistance des soudières qui marchaient par l’ancien procédé, elle a fait des esssais répétés sur l’extraction du soufre des marcs de soude et a mémo trouvé une nouvelle méthode de régénération du soufre de ces marcs, méthode qui fut brevetée par son directeur, M. Lombard.
- Société marseillaise de sülfere de carbone, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Ancienne usine Deiss, aux Chartreux.
- Cette Société fabrique du sulfure de carbone par un procédé et un dispositif d’appareils qui lui sont spéciaux. Ce procédé(1), étudié par MM. Deiss et Lombard, permet d’utiliser, pour la fabrication de l’acide sulfurique, le gaz acide sulfliydrique qui se produit toujours en même temps que le sulfure de carbone, quand on fait agir des vapeurs de soufre sur le charbon incandescent.
- L’usine de la Société marseillaise comprend 27 fours à h cornues chacun, soit un total de 108 cornues, dont 98 travaillent en moyenne pendant tonte la durée de l’année. La consommation journalière s’élève à 13,636 kilogrammes de soufre brut à 2 p. 100 d’impuretés.
- Outre le sulfure de carbone, cette Société a exposé des sulfo-carbonates alcalins, des corps gras divers extraits par le sulfure de carbone, etc.
- MM. Solvay et Cœ. — Usines à Varangéville-Dombasles (Meurthe-et-Moselle). Directeur : M. Aimé Boulvain. — Usines de Giraud, aux Salins-de-Giraud (Bouches-du-Rhône). Directeur : M. Adolphe Dauhré. — Bureau commercial pour la France, rue du Louvre, AA, à Paris. Directeur : M. Louis Talvard.
- A l’époque où a paru le procédé Leblanc, la grande industrie chimique était à son aurore, et il n’a pas fallu moins de cinquante ou soixante ans pour quelle arrivât à son plein épanouissement. Dans les années 1860, il semblait donc, grâce aux ingénieux perfectionnements introduits dans la fabrication de l’acide sulfurique, de l’acide chlorhydrique et du chlore, que le cycle Leblanc fût sinon parfait, du moins inattaquable dans ses grandes lignes, et qu’il avait encore de longues années à vivre. Aussi n’est-il pas téméraire d’affirmer que, eu égard à l’époque où le procédé Solvay a été mis au jour, jamais, dans l’histoire de l’industrie chimique, un procédé quelconque n’a eu une répercussion aussi profonde et aussi étendue, et en même temps une fortune aussi considérable.
- Le trouble qu’il a jeté dans la grande industrie chimique, malgré tous les efforts dignes d’intérêt qui ont été faits depuis pour améliorer l’ancien procédé, n’est pas encore calmé. En attendant, il suit sa marche sans cesse ascendante et prend dans l’industrie de la soude une place prépondérante.
- ll) Voir les détails du procédé dans Moniteur scientifique du docteur Quesneville du mois de septembre 1889.
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- Avant d’avoir été réalisé industriellement par MM. E. et A. Solvay, le procédé de fabrication de la soude par l’ammoniaque a cependant été l’objet de nombreuses tentatives de mise en pratique.
- Qu il nous soit permis de donner en quelques lignes l’histoire de cette fabrication, telle quelle figure dans une des brochures que MM. Solvay ont publiées à l’occasion de l’Exposition de 1900.
- rrLa découverte de la réaction fondamentale du procédé remonte très loin. Des documents récemment signalés prouvent que Fresnel, le créateur de l’optique moderne, s’était préoccupé de la fabrication de la soude dès l’année 1811 et qu’il y arrivait par le carbonate d’ammoniaque qui se transformait en chlorhydrate (œuvres de Fresnel). Il soumit son procédé au jugement de Thénard, d’Arcet, Vau-quelin, Chevreul, qui semblent n’v avoir prêté qu’une attention insuffisante.
- (f En 1822, on trouve également la réaction indiquée au journal de A. Vogel, chimiste allemand, (t'hemiker Zeihing, p. 815, n° 5o, 1880.)
- (tD’après M. R. Angus Smith, inspecteur général des fabriques de produits chimiques d’Angleterre, des essais ont été faits par John Tliom, dans le laboratoire du professeur Graham, à Glasgow, vers 1837. M. John Thom fit, peu après, une tentative de fabrication industrielle.
- «Le brevet le plus ancien, relatif au procédé, date de 1838 ; il fut pris en Angleterre par MM. Har-risson Grey Dyar et John Hemming, qui exposent très complètement les principes de la fabrication, mais sont peu explicites quant aux appareils.
- ffPeu de temps après, M. Delaunay prit en France un brevet qui est, en grande partie, la traduction de celui de MM. Dyar et Hemming. Il était sans doute leur représentant.
- ff A partir de cette époque, de nombreux brevets se succèdent en France et en Angleterre. Plusieurs revendiquent la découverte du principe même, ce qui s’explique aisément, toutes les tentatives faites étant demeurées sans résultat et ayant pu de la sorte rester ignorées.
- ffM. Ernest Solvay lui-même ne connaissait pas les brevets antérieurs lorsqu’il prit, en 1861, son premier brevet, dans lequel il s’attribue la découverte du principe.
- ff Avant les premiers essais de M. Solvay, la question avait encore été étudiée tour à tour par MM. Muspratt, Schloesing et Roland, Gossage, Deacon, etc. Les travaux de ces chimistes et de ces industriels éminents ne restèrent pas à l’état- de simple conception théorique. Non seulement des brevets furent pris, mais des capitaux considérables furent consacrés à des essais et à la fondation d’usines.
- ffUne société créée pour l’exploitation du brevet Dyar et Hemming monta une usine dans le Cheshire; M. Deacon essaya son procédé avec celui de M. Gossage en 1855, à Widness; M. Browker établit une usine près de Leeds, et M. Muspratt, l’introducteur même du procédé Leblanc en Angleterre, dépensa des sommes considérables, en essais industriels, à son usine de Newton, dans le Lan-eashire.
- «En France, la Société des salines de Sommervillers, près de Nancy, installa le procédé Turck, .et en 1855 MM. Schloesing et Rolland fondaient leur usine à Puteaux. MM. Schloesing et Rolland, ingénieurs très distingués, poussèrent très loin l’étude industrielle de leur procédé(1). ffEn Belgique également, une tentative fut faite près de Vilvorde, vers 18A2. rrC’esten 1863 que M. Solvay prit un brevet pour ses premiers appareils. 11 avait auparavant fondé une usine d’essais près de Bruxelles, et les résultats furent assez satisfaisants pour le décider à ériger à Couillet une usine définitive. Aussi, à l’heure présente, le procédé Solvay produit les six dixièmes de la soude livrée à la consommation dans le monde entier, elles installations des usines où fonctionne ce procédé permettent d’augmenter considérablement celle quantité.
- ffDe plus, la consommation de carbonate de soude a augmenté dans des proportions considérables en même temps que les prix ont baissé.
- ffVers i85o, la production peut être évaluée à environ 100,000 tonnes. Vers i863, époque de la (l> Voir la description du procédé Schloesing et Rolland dans Annales de chimie et de physique [4], t. XIV p. 5.
- h.
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- création cle la première usine de la Société Solvay et Cic, la production était approximativement de 3oo,ooo tonnes; elle avait donc doublé.
- ffEnsuite, la production annuelle moyenne pour les périodes de cinq années suivantes suit approximativement la progression que voici :
- PRODUCTION PRODUCTION
- TOTALB. SOLVAY.
- tonnes. tonnes.
- 1864-1868.............................................. 375,000 3oo
- 1869-1873.............................................. 55o,ooo 2,600
- 1874-1878.............................................. 625,000 20,000
- 1879-1883.............................................. 675,000 90,500
- 1884-1888.............................................. 800,000 285,000
- 1889-1893............................................ 1,028,000 485,000
- 1894-1898........................................... 1,260,000 680,000
- 1899-1900............................................ i,5oo,ooo 900,000
- «•La soute brute Leblanc, vers 1810, se payait jusqu’à i,5oo francs la tonne. Vers 1855, après plus d’un demi-siècle de marche industrielle du procédé Leblanc, ce prix était encore en France de 65o à 700 francs. En Angleterre toutefois, ces prix étaient moins élevés.
- rrDix ans après, pour l’intervalle de 1864 à 1868, les cinq premières années de marche du procédé Solvay, et après une période d’extension remarquable du procédé Leblanc, le prix moyen de vente en Europe était de 3oo francs la tonne; pour les périodes :
- fiancs. francs.
- 1869-1873 1874-1878 1879-1883 1884-1888
- ffGes chiffres sont déduits des prix dans les principaux pays, en tenant compte de leurs consommations respectives.
- ffLa Société Solvay et Gic s’est constituée en 1863 pour appliquer le procédé de fabrication de la soude de M. Ernest Solvay. Elle exploite directement des établissements en Belgique et en France et, en association avec diverses sociétés, des usines en Angleterre, Allemagne, Autriche, Hongrie, Russie et Amérique.
- rrLa Société Solvay et CiG, outre ses usines produisant de la soude, possède encore en divers pays de nombreuses installations pour le traitement des eaux ammoniacales des usines à gaz, ainsi que pour la récupération des sous-produits de la distillation de la houille dans la fabrication du coke métallurgique, au moyen des fours à coke du système Semet-Solvay.
- « Usines de Varangéville-Dombasle ( Meurthe-et-Moselle ). — Ces usines ont été fondées en 1872.
- ff Elles sont situées dans le département de Meurthe-et-Moselle, à Dombasle, entre la Meurthc et le canal de la Marne au Rhin, sur un gisement salifère. Le chemin de fer de Paris à Strasbourg traverse les usines qui y sont raccordées par trois embranchements.
- ffCet établissement est outillé pour produire plus de i5o,ooo tonnes de soude par an, dont une forte partie est transformée en produits dérivés.
- ffOn y fabrique les produits suivants : le carbonate de soude pur, les cristaux de soude, la soude caustique, les sels de soude caustique, le bicarbonate de soude, le chlorure de calcium, l’alcali volatil, le sel raffiné.
- ffLa produciion de cristaux de soude est de 3o,ooo à 36,000 tonnes annuellement; celle de soude caustique et sels caustiques dépasse 25,000 tonnes. La produciion de sel raffiné pourrait atteindre 40,000 tonnes.
- ffLes terrains qui dépendent de l’établissement comprennent un total de 2 25 hectares.
- 280 280 170 120
- 1888-1892................... it5
- 1892-1896 .................. 110
- 1897-1900 .................. \ 00
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- réapprovisionnement des matières premières est assuré par les installations suivantes : ffi° Sel marin. — L’eau salée nécessaire à la fabrication du carbonate de soude et du sel raffiné est extraite de la concession de mines de sel et sources salées de Flainval, dont la superficie est de 799 hectares. En 1886, la Société a obtenu une nouvelle concession de 870 hectares, dite de Haraucourt.
- «Jusqu'à ce jour, dans la concession de FlainvaU(qui date de 1879), en raison de sa pauvreté relative, il a fallu forer 58 trous de sonde. Les pompes des 3q sondages en activité actuellement sont mises en mouvement par 22 moteurs électriques recevant le courant continu, à une tension de 600 volts, d’une station centrale comportant deux groupes éleclrogènes — dont l’un de réserve — de 80,000 watts chacun.
- ff 2° Calcaire. — L’établissement lire la pierre calcaire dont il a besoin de ses carrières de Pierre-3a-Treiclie et Villey-Saint-Etienne, en Meurthe-et-Moselle, sur le canal de la Marne au Rhin, et de Void, dans la Meuse. Ces carrières couvrent une étendue de 2 5 hectares.
- ff3° Charbon. — Les usines de Dombasle reçoivent la houille et le coke des départements du Nord et du Pas-de-Calais; une partie de combustible provient aussi de la Belgique et du bassin de la Sarre. La consommation est de i4o,ooo à i5o,ooo tonnes annuellement : la presque totalité est amenée par canal. Des estacades métalliques munies de huit grues actionnées par l’eau sous pression; un appareil de déchargement mécanique du système de la Brown Hoisting and Conveing Co. et tout un réseau de chemins de fer aériens facilitent la manutention et la répartition de ces masses considérables. Ces installations permettent de décharger aisément 2,000 tonnes en dix heures de travail. rfLa force motrice utilisée est de près de 3,000 chevaux-vapeur.
- ffPour se faire une idée de la quantité de matières premières consommées dans les usines de Dom-bas'e, il suffira de dire que, si l’eau salée, le calcaire, le combustible arrivaient par chemin de fer dans l’usine, il faudrait chaque jour un train de plus de hoo wagons de 10 tonnes.
- tfEn dehors de l’usine proprement dite pour la fabrication du carbonate de soude, l’établissement renferme de vastes halls pour la production des cristaux de soude, de la soude caustique, du sel raffiné, une grande tonnellerie avec magasins de bois, un atelier de réparations, une usine à gaz, des installations d'éclairage électrique et de transport de force, etc.
- rfLa Société Solvay a, de plus, construit des maisons pour loger son personnel dirigeant, ses employés et un grand nombre d’ouvriers, formant une agglomération considérable pourvue de tous les services accessoires nécessaires.
- «.Le nombre total de ces habitations est de 34 0 à ce jour.
- rrLes usines de Varangéville-Dombasle emploient plus de 1,600 ouvriers, y compris ceux qui sont affectés au service des carrières.
- ff Usines de Giraud, aux Salins-de-Giraud (Bouches-du-Rhône). — Ces usines, situées sur le Rhône, à proximité de son embouchure, occupent, avec leurs dépendances, plus de 53 hectares. Elles ont été érigées en 1896.
- «La production en carbonate de soude atteint plus de 20,000 tonnes, et les installations en montage la doubleront prochainement. L’usine produit aussi des cristaux de soude. ffLe sel consommé vient des salins de Giraud qui sont voisins de l’usine.
- rrLe calcaire arrive par chalands de la carrière de Port-Miou, d’une étendue de i5 hectares. 11 est déchargé, ainsi que le combustible, à l’aide de l’appareil Temperley.
- ffLa Société Solvay a construit à Giraud des habitations d’employés et des maisons ouvrières; elle a dû pourvoir, en outre, à l’orgauisation des différents services d’intérêt général nécessaires h toute agglomération, en raison de l’isolement de ces usines situées en pleine Camargue, à 5o kilomètres de la ville d’Arles, dont elle dépend.
- ff Actuellement, l’usine emploie 3oo ouvriers.»
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- M. Têtard (Maurice), quai des Grésillons, 1, à Gennevilliers (Seine).
- Celle usine a été créée en 189b par le propriétaire actuel, pour fabriquer le cyanure destiné à l’extraction de l’or de ses minerais.
- Elle expose, en effet, des cyanures à divers titres, depuis 3o p. 100 de cyanure de potassium jusqu’à 99 p. 100, ainsi que des cyanures de sodium.
- Sa production oscillerait entre 9 25 et q5o tonnes par an.
- La maison fabrique, en outre, quelques dérivés de l’acide lartrique. dont elle s’est fait une spécialité : émétique, sel de Seignelte, tarlrate neutre de potasse, etc.
- M. Tfwmmeret-Gelis (Georges), boulevard d’Asnières, 35, à Yilleneuve-la-Garenne (Seine).
- Maison fondée par M. A. Gelis, dontM. Thommeret est gendre et successeur. Grâce à des recherches très suivies et à une grande ingéniosité, cette maison s’est créée une série de spécialités, parmi lesquelles nous citerons en première ligne les sulfhydrates, sulfures et polysulfures alcalins qu’elle a su préparer en partant d’une matière première peu coûteuse qui est le sulfate acide de soude provenant de la fabrication de l’acide azotique. Elle réduit ce sel au moyen du charbon, obtient du sulfure qu’elle transforme en polysulfure et hyposulfite (action de l’anhydride sulfureux sur le sulfure).
- A côté des sulfures de sodium, elle prépare également les sulfure, polysulfure et sulfocarbonate de potassium.
- Gette dernière préparation Ta conduite à entreprendre la fabrication du sulfocarbonate d’ammonium qui, à 80 degrés, se décompose en sulfocyanate d’ammonium.
- M. Thommeret a été un des premiers, sinon le premier, à préconiser l’emploi en thérapeutique des phosphovinates et des phosphoglycérates de chaux, comme le témoigne une présentation faite à T Académie de médecine, le i3 avril 189b, par M. Gobley.
- Pendant longtemps, on fabriquait l’orpin dans l’usine Gelis, en réduisant d’abord l’acide arsénieux au moyen du charbon et fondant ensuite l’arsenic obtenu avec la quantité de soufre nécessaire.
- Depuis 1891, au moyen d’appareils spéciaux brevetés, M. Thommeret le prépare en faisant agir directement le soufre sur l’acide arsénieux par méthode ignée et utilisant l’acide sulfureux purifié pour tous les emplois qu’il comporte, entre autres pour la fabrication de l’hyposulfite de soude.
- La maison Thommeret-Gelis est encore la seule en France qui fabrique ce produit qui était autrefois importé d’Allemagne.
- Enfin, en 1890, M. Thommeret breveta un procédé de préparation dupersulfure d’arsenic qui est employé avantageusement en mégisserie.
- L’usine Gelis utilise aujourd’hui au moins h millions de kilogrammes de sulfate acide de soude, c’est-à-dire presque toute la production résultant de la fabrication de l’acide azotique dans les départements de Seine et de Seine-et-Marne.
- Elle emploie annuellement 5,000 tonnes de houille pour alimenter 10 à 12 fours de réduction et 5 générateurs de vapeur de 5o à 60 chevaux.
- Elle occupe 60 à 70 ouvriers.
- MM. Xardel frères, à Malzéville près Nancy (Meurthe-et-Moselle).
- L’usine de MM. Xardel, établie à Malzéville depuis 1827, traite annuellement 3,5oôà 4,000 tonnes d’os qui sont classés de la façon suivante : os pour la fabrication du noir ; os pour être traités par l’acide chlorhydrique ; os pour la fabrication d’engrais.
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- Elle en obtient les produits suivants : noir d’os pour sucreries et raffineries; os dissous pour engrais, superphosphates d’os, phosphate précipité; poudre d’os, os acidulés; chlorhydrate d’ammoniaque.
- Le noir est obtenu par la carbonisation des os en vase clos au moyen de cornues placées verticale ment dans des fours à réverbère, et 1 s gaz sont condensés dans des caisses à compartiments. Ceux qui échappent à la condensation sont dirigés dans des forges après avoir été lavés dans des scrubbers. Les produits de la condensation, consistant surtout en carbonate d’ammoniaque, sont recueillis dans uns citerne ; leur emploi sera exposé plus loin.
- Le noir obtenu est employé parles raffineries. Une partie est lavée par l’acide chlorhydrique et sert dans les laboratoires pharmaceutiques.
- Traitement des os par l’acide chlorhydrique et fabrication du chlorhydrate d’ammoniaque.—Une partie des os tels que têtes de bœufs ou vaches , côtes, cornillons, etc., ayant peu d’épaisseur, sont traités par de l’acide chlorhydrique étendu. On obtient ainsi :
- i° Des os acidulés qui, après chaulage et dessiccation, sont livrés aux fabriques de gélatine;
- 2° Des dissolutions acides de chlorure de calcium et de phosphate de chaux qui, traitées par le carbonate d’ammoniaque provenant de la carbonisation des os, donnent un précipité de carbonate et de phosphate de chaux qui entre dans la fabrication des engrais et du chlorhydrate d’ammoniaque.
- Traitement des os pour la fabrication d’engrais. — Les os tendres, impropres à la fabrication du noir, donnent par broyage de la poudre d’os, et, après traitement par de l’acide sulfurique, des os dissous et du superphosphate d’os. Cette fabrication se fait mécaniquement et en vase clos.
- Une machine de ho chevaux fournit la force nécessaire à l’établissement.
- Les ouvriers sont assurés contre les accidents depuis 187h, et il ne leur est fait aucune retenue pour c-ctte assurance.
- En dehors de la vente de ses produits, la maison fait encore, dans l’Est, le commerce des engrais qu’elle vend en sacs plombés, avec garantie de dosage, et on peut affirmer que c’est elle qui a contribué à propager dans la région l’emploi des engrais chimiques.
- ALLEMAGNE.
- Comme on le verra par les statistiques, la grande industrie chimique, en Allemagne, a progressé à pas de géant depuis une dizaine d’années. Tous les produits qui en forment la base essentielle ont vu leur fabrication se développer dans des proportions considérables, soit que les usines aient augmenté leur production, soit encore que l’introduction de nouveaux procédés ait permis de concurrencer avantageusement la fabrication étrangère.
- L’ acide sulfurique étant considéré comme un des produits en quelque sorte fondamentaux, d’après lesquels on doit juger l’état de prospérité de la grande industrie d’un pays, nous donnons dès maintenant la production de l’Allemagne en fait d’acide à 60 degrés Baumé :
- En 1888, cette production était de 398,700 tonnes ; en 1891, elle a monté à 627,392 tonnes valant 18,760,000 francs; en 1897, elle s’est élevée à 845,582 tonnes valant près de 2 0 millions de francs.
- Sur ces 845,582 tonnes d’acide ; 80,01 5 tonnes ont été préparées avec 55,183 tonnes de pyrites allemandes; 572,036 tonnes avec 3 3 2,00 4 tonnes de pyrites étrangères (Espagne et Portugal); 136,868 tonnes avec des blendes; 5o,y38 tonnes avec
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- d’autres sulfures ; 6,91 5 tonnes avec des mélanges épurants du gaz d’éclairage dont on avait extrait, au préalable, ammoniaque et cyanure.
- Outre l’acide sulfurique obtenu par les chambres de plomb, l’industrie, et en particulier celle des matières colorantes, emploie des quantités relativement considérables d’acide fumant. C’est ainsi qu’en 1890, la consommation, qui a beaucoup augmenté depuis cette époque, atteignit 3,963 tonnes ayant une valeur de 4o6,ooo francs. On se servait auparavant de l’acide de Nordhausen, puis à partir de 1878 jusqu’en 1889, de l’acide fumant préparé par le procédé de contact trouvé par M. Ch. Winckler, procédé qui, en 1890, fut perfectionné d’une telle façon que la préparation de l’acide sulfurique à 66 degrés, par addition d’eau à l’anhydride sulfurique, devint plus rémunératrice que par l’ancien procédé des chambres de plomb. Ce perfectionnement est du, comme nous le verrons plus loin, à la Badische Anilin und Socla-Fabrik, qui, depuis cette époque, supprime peu à peu les chambres de plomb de ses usines.
- Une grande partie de l’acide sulfurique produit, quelque soit la provenance, est vendu comme tel, et une autre partie est exportée. L’excédent de l’exportation sur l’importation, en 1 898, était de 26,226 tonnes représentant une valeur de 1,80 2,5 00 francs. Une autre partie, très importante, est utilisée pour transformer le chlorure de sodium et le chlorure de potassium en sulfates correspondants ; une dernière partie, enfin, est employée par les producteurs mêmes, pour la fabrication d’engrais chimiques.
- Chlorure de sodium. — Comme l’acide sulfurique, le sel est un produit indispensable à la grande industrie chimique. Il en est en quelque sorte la pierre angulaire. Bien que l’Allemagne possède des gisements d’une richesse incomparable, avant l’ouverture des mines de Stassfurt, la Prusse et beaucoup d’autres Etats allemands demandaient à l’extérieur une partie du sel qui leur était nécessaire. La situation a singulièrement changé depuis, car l’Empire possède actuellement 1 6 mines de sel gemme en exploitation et 81 salines qui produisent le sel de cuisine.
- La valeur du sel gemme est de 5 fr. 6 0 la tonne, tandis que le sel de cuisine vaut 33 fr. 75 la tonne.
- Le tableau suivant donne la production de ces deux espèces de sel.
- ANNÉES. SEL GEMME SEL DE CUISINE
- QUANTITÉS. VALEUR. QUANTITÉS. VALEUR.
- tonnes. francs. tonnes. francs.
- 1891 666,802 3,723,750 5o3,200 16,836,200
- 1893 669,100 3,680,000 5o4,5oo 17,471,250
- 1894 734,900 3,925,000 622,600 17,878,760
- 1895 686,900 3,885,000 525,4oo 17,816,260
- 1896 758,900 4,o6i,a5o 547,500 i8,3ia,5oo
- 1897 763,400 4,021,25o 543,3oo 15,171,250
- 1900 926,000 5,i85,6oo 587,000 19,81 1,25o
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- La consommation du solde cuisine alimentaire qui, pour cet usage, est frappé d’un impôt de 1 5o francs par tonne, était, en Allemagne, en 1897, de A1 9,999 tonnes, ou 7 kilogr. 800 par habitant. Le chiffre, qui correspond aux besoins physiologiques du corps humain, est resté depuis longtemps invariable. Si Ton répartit sur la population toute la consommation du sel alimentaire et du sel employé dans l’industrie, on obtient un nombre augmentant chaque année, qui donne une idée exacte de l’accroissement constant de cette industrie en Allemagne.
- CONSOMMATION CONSOMMATION TOTAI.K. PAR HABITANT.
- lonnes. kilogrammes.
- 1878........................................... 606,346 i3,6
- 1888................................................... 762,682 15,8
- 1897 ................................................ 1,027,373 19,0
- Nous devons remarquer que l’Allemagne exporte actuellement environ 9 1 5,ooo tonnes de sel par an.
- Sels de potasse. — Quand, vers le milieu du xix° siècle, l’Allemagne se mit à forer de nombreux trous de sonde pour rechercher le sel gemme, elle trouva à Stassfurt ( 1 867) et dans les environs, des sels qu’on ne savait pas utiliser à l’époque et auxquels on donna le nom de Abraumsalze, ou sels encombrants.
- Ces sels forment certaines couches d’un gisement colossal qui constitue le sous-sol d’une grande partie de l’Allemagne du Nord. Leur très grande richesse en potasse fut révélée par les recherches des chimistes berlinois Rose et Rammelsberg ; le docteur Franck en trouva l’emploi technique.
- Il existe toute une série de sels encombrants qui ont été caractérisés et dénommés minéralogiquement. Les plus importants sont :
- Sylvine...... Chlorure double de potassium et de sodium.
- Carnallite.. . Chlorure double hydraté de potassium et de magnésium. Schoénite... . Sulfate double hydraté de potassium et de magnésium.
- Kiesérite.. . . Sulfate hydraté de magnésium.
- Kaïnite...... Sel complexe formé de sulfate double de potassium et de ma-
- gnésium et de chlorure de magnésium.
- Polyhalite.. . Sulfate hydraté de calcium, potassium, magnésium.
- Boracite.
- Ces sels sont l’objet d’une exploitation minière intensive, si on s’en rapporte au développement qu’a pris leur industrie depuis 1862.
- A cette époque, la production annuelle a été de 20,000 tonnes. Elle est devenue :
- 1872................................................... 5iô,ooo tonnes.
- 1882................................................ . 1.2i3,ooo
- 1892 .................................................... 1,362,000
- 1901..................................................... 3,i5o,ooo
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- De ces sels encombrants on extrait du chlorure de potassium à 80 p. 1 oo ; du sulfate de potassium à 90 p. 100 ; du sulfate double de potassium et de magnésium calciné à A8 p. 100, le même, cristallisé à 4o p. 100; des sels calcinés pour engrais, de la kiéserite calcinée et pulvérisée, etc.
- Nous devons ajouter que l’exploitation minière de tous ces sels n’est pas limitée à Stassfurt, ou elle a pris naissance ; elle s’est étendue plus loin, en Thuringe, dans le Brunswick et dans le Mecklembourg ; en même temps, des forages ont permis de déterminer l’énorme étendue des gisements de potasse.
- Une surproduction des sels de potasse était à craindre, mais, pour l’éviter, les exploitations dépendant de l’Etat se sont réunies à la plupart des exploitations privées, pour former un syndicat de vente qui maintient la production dans certaines limites et fixe des prix de vente uniformes. Ce syndicat a participé en bloc à l’Exposition. On trouvera plus loin des détails circonstanciés sur la production de cette association ainsi que sur les puissants moyens dont elle dispose ( Verkaufsyndicat der Kaliwerke Stassfurt).
- En 1898, ce syndicat a vendu :
- 1 77,983 tonnes de chlorure de potassium à 80 p. 1 00 ;
- 17,781 tonnes de sulfate de potassium à 90 p. 1 00 ;
- io,535 tonnes de sulfate de potassium et de magnésium calciné à 48 p. 100 ;
- 9 1 A tonnes de sulfate de potassium et de magnésium cristallisé à 4o p. 1 00 ;
- 3,190 tonnes de sels calcinés pour engrais ;
- 728 tonnes de kiéserite calcinée et pulvérisée ;
- 1 9,934 tonnes de kiéserite en blocs;
- 1,056,226 tonnes de kainite et sylvine;
- 67,982 tonnes de carnaliite et kiéserite minière.
- En 1898, on transforma en divers produits de l’industrie, les quantités suivantes de tonnes de chlorure de potassium vendu en Allemagne par le syndicat des sels de potasse : 30,1 22 tonnes servirent à la fabrication du carbonate de potasse et de la potasse caustique ; 14,334 tonnes à celle du nitrate de potasse ; 1,206 tonnes à celle du bichromate dépotasse; 763 tonnes à celle du chlorate de potasse; 4,471 tonnes à différents autres produits de l’industrie chimique.
- Ce monopole des sels de potasse que possède l’Allemagne, monopole qui en fait la dispensatrice de potasse du monde entier, lui permet de fabriquer beaucoup de dérivés du potassium à des prix rémunérateurs. Il en est ainsi du carbonate de potasse, quelle prépare soit par le procédé Leblanc, soit par le procédé français de M. Engel, et de la potasse caustique quelle produit par voie électrolytique à Griesheim et à Bitterfeld.
- L’industrie chimique n’a pas été seule à profiter des trésors que renferment les mines de Stassfurt, l’agriculture allemande en a également bénéficié dans la plus large mesure.
- Les paroles prophétiques de Liebig : « C’est un grand bonheur pour nos agriculteurs, et en particulier pour nos producteurs de betteraves, que nous ayons les gisements de potasse de Stassfurt», paroles qui furent adressées en 1 865 au docteur Franck, qui le
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- premier s'attacha à trouver une utilisation pratique des sels résiduaires de Stassfurt, se sont amplement réalisées. En ce qui concerne uniquement l’industrie hetteravière, la production, de 126,526 tonnes de sucre quelle était en 1861, a en effet monté à 2,200,000 tonnes en 1 901. Et puis que de terres stériles ont été rendues fertiles grâce aux sels de Stassfurt!
- Carbonate de soude. — Bicarbonate de soude. — Soude caustique. — L’industrie du carbonate de soude est, en Allemagne, une des fabrications qùi a le plus progressé pendant les vingt dernières années du xixe siècle. Alors qu’en 1867 on ne produisait que 26,000 tonnes de carbonate par le procédé Leblanc, on en a fabriqué 300,000 tonnes en 1900, principalement par le procédé à l’ammoniaque.
- Pour se faire une idée du développement qu’a pris spécialement cette branche de la grande industrie, il suffit d’ailleurs de jeter les yeux sur le mouvement des exportations et des importations auquel elle a donné lieu.
- Le tableau que nous donnons ci-dessous comprend la soude caustique, le carbonate de soude cristallisé, le carbonate calciné et le bicarbonate, le tout calculé à l’état de carbonate de soude sec.
- ANNÉES. IMPORTATIONS. EXCÉDENT
- EXPORTATIONS. des IMPORTATIONS (les EXPORTATIONS.
- 1883 tonnes. 15,690 tonnes. 7,45o tonnes. 8,a4o tonnes. //
- 1884 1 i,o5o 14,85o // 3,800
- 1885 8,94o i5,74o u 6,800
- 1886 4,590 15,690 u 11,100
- 1887 4,a5o 20,120 H 15,870
- 1888 3,410 2 1 ,320 u 17’710
- 1889 a,3oo 21,930 u 19,630
- 1890 i,6ao 3o,46o u a8,84o
- 1891 95° 4 i,83o n 48,880
- 1892 i,o3o 42.570 „ 4i,54o
- 1893 i,a4o 36,93o 1, 35,698
- 1894 i,46o 41,660 u 40,200
- 1895 i,65o 36,080 n 34,43o
- 1896 a,3go 47,500 H 45,i 10
- 1897 2,290 51,780 H 49,490
- 1898 i,48o 44,ioo U 42,620
- 1899 2,213 45,8n II 43,598
- 1900 6,190 47,333 U 41,143
- Comme on le voit, alors qu’en 1 883 il y avait un excédent des importations sur les exportations de 8,2 ko tonnes, en 1900 c’est l’inverse qui se produit et dans des proportions quintuples.
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- Chlore. — Chlorure de chaux. — Chlorates. — Acide chlorhydrique. — Le chlore est formé à la fois par les usines cpii électrolysent les chlorures de potassium et de sodium (procédé de la fabrique Electron, procédés Gastner et Castner-Solvay, etc.) et par les établissements qui se servent encore des procédés Deacon et Wcldon, en partant de l’acide chlorhydrique.
- Le premier de ces deux derniers procédés, celui de Deacon, qui repose sur des hases théoriques si rationnelles, n’a été exploité en Allemagne, sur une grande échelle, que dans deux usines, et n’est plus en activité que dans l’usine de la Rhenania, où le chlore est encore employé à la fabrication du chlorure de chaux et des chlorates. Par contre, le procédé Weldon, basé sur la régénération du bioxyde de manganèse, est utilisé dans une série d’usines et persiste toujours, malgré la perte d’une grande quantité d’acide chlorhydrique sous forme de chlorure de calcium. Mais ces deux procédés cèdent peu à peu devant les procédés électrolytiques qui ont l’avantage de fournir en même temps des alcalis caustiques.
- Il n’est pas possible d’avoir des données même approximatives sur les quantités de chlorure de chaux et d’alcalis caustiques qu’on fabrique actuellement en Allemagne par électrolyse.
- Quant aux chlorates, en présence de la concurrence que leur font les chlorates obtenus par voie électrolytique, grâce au prix très bas auquel les fabricants peuvent se procurer, en France, en Suisse et en Suède, la force motrice provenant des chutes d’eau, leur fabrication est en décroissance en Allemagne.
- L’acide chlorhydrique fabriqué en Allemagne provient :
- i° De la fabrication de la potasse d’après le procédé Leblanc;
- 2° De la décomposition par dissociation du chlorure de magnésium, à haute température, en présence de la vapeur d’eau;
- 3° De l’action du bisulfate de soude sur le chlorure de sodium, le sulfate obtenu étant utilisé en verrerie.
- L’Allemagne exporte encore une certaine quantité de cet acide, mais elle est bien restreinte par rapport à l’acide chlorhydrique qui, dans le pays même, est consommé par l’industrie des matières colorantes.
- Acide azotique. — La fabrication de l’acide azotique se fait exclusivement par l’action de l’acide sulfurique sur le salpêtre du Chili et donne comme résidu du bisulfate de soude.
- Une partie de ce produit trouve son emploi dans la teinture; quant au reste, il est transformé en sulfate neutre pour la fabrication de Tacide chlorhydrique.
- La consommation du salpêtre du Chili en Allemagne ressort du tableau suivant, par soustraction des nombres de l’exportation de ceux de l’importation. Cependant, une très grande partie du salpêtre du Chili est employée dans l’agriculture comme engrais, une autre partie encore est transformée en azotate de potasse au moyen du chlorure de potassium de Stassfurt.
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- ANNÉES. IMPORTATION. EXPORTATION.
- QUANTITÉS. VALEUR. QUANTITÉS. VALEUR.
- tonnes. millions de marcs. tounes. millions de marcs.
- 1894 4o4,5Gi 68,8 l4,217 2,8
- 1895 459,514 71,2 13,437 3,2
- 1896 449,098 67,4 9-°78 1,6
- I 1897 465,4g8 67,5 11,364 !>9
- I 1898 425,o54 61,6 12,884 2,1
- La décroissance de la production de salpêtre véritable doit être attribuée principalement à l’introduction des poudres sans fumée, et la baisse de son exportation ne peut être attribuée qu’à ia même raison, comme le démontre le tableau suivant :
- ANNÉES. IMPORTATION. EXPORTATION.
- QUANTITÉS. VALEUR. QUANTITÉS. VALEUR.
- tonnes. millions de marcs. tonnes. millions de marcs.
- 1894 1,1 35 0,5 i3,2i3 5,3
- 1895 i,oo5 0,4 12,928 5,o
- 1896 i,38o 0,5 1 i,323 4,3
- 1897 2,889 1,1 8,986 3,4
- 1898 1,895 °>7 10,969 4,o
- L’industrie des acides et des alcalis s’est adjoint, dans le courant de la seconde moitié de ce siècle, toute une série de fabrications du domaine de la chimie minérale cpii sont plus ou moins étroitement liées avec elle.
- H en est ainsi de la fabrication des cyanures, dont une partie est produite au moyen des masses d’épuration des gaz, et une autre partie par voie synthétique ; de Y acide carbonique, de Yacide sulfureux, le premier étant extrait des sources naturelles et vendu sous la forme liquide, le second étant obtenu par les procédés ordinaires ; de Yalumine pure et des sels d’alumine produits au moyen de bauxite importée de France et de Dalmatie; des chromâtes et bichromates, des sulfites et des hyposulfites, etc.
- Quant aux superphosphates et aux engrais chimiques, la production allemande, tout en étant considérable, ne suffit pas. D’après M. 0. Witt, l’industrie des engrais n’est pas en Allemagne dans une situation brillante, parce quelle souffre de la concurrence étrangère (pii se trouve dans des conditions plus avantageuses.
- L’empire d’Allemagne emploie en moyenne, annuellement environ :
- Superphosphate...... 500,000 tonnes.
- Scories de déphosphoration ................ Aoo,ooo
- Poudre d’os et guano. . 70,000
- Phosphates précipités..... 5,000 tonnes.
- Salpêtre du Chili............ 35o,ooo
- Sulfate d’ammoniaque...... 90,000
- Sels de potasse.............. 600,000
- Ces divers engrais représentent une valeur totale de plus de ia5 millions de francs. L’importation allemande en superphosphates, en 1898, était de 11 0,10A tonnes d’une valeur de 7,1 25,000 francs contre une exportation de 72,8^7 tonnes d’une valeur de 5,62 5,ooo francs.
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- TABLEAU RÉCAPITULATIF D’UNE PARTIE DE LA PRODUCTION ET DES ÉCHANGES DE LA GRANDE INDUSTRIE CHIMIQUE ALLEMANDE ^
- PENDANT LES ANNÉES 1890 (1891) ET 1898.
- NOMBRE NOMBRE SALAIRES PAYÉS VALEUR
- NATURE DE L’INDUSTRIE. FABRIQUES. D’OUVRIERS. EN MARCS. DES QUANTITÉS PRODUITES. DES IMPORTATIONS. DES EXPORTATIONS.
- 1890. 1898. 1890. 1898. 1890. 1898.. 1890. 1898. 1890. 1898. 1890. 1898.
- marcs. marcs. marcs . marcs. tuarcs. marcs.
- „ , 1 Extraction Sels \ 9 i3 5,556 9,482 n Il 17,000,000 29,660,000 59,000 // 2,8o3,ooo 7,066,000
- dépotasse] ,r. . f Mise en valeur. . . // 3o 4,5oo 3.5oo U // 36,000,000 4o,000,000 89,000 758,ooo 16,467,000 23,086,000
- Soude 19 93 C5 00 n * 10,879,164 // 19,000,000 22,500,000 258,ooo 219,000 3,606,000 4,675,000
- | Pyrites nécessaires. 35 24 5o8 700 // // 1,007,767 1,000,000 O O O 5,263,000 1 94,000 293,000
- Acide l
- sulfurique j Fabrication de l’a- 496,000 1,349,000 i,g38,ooo
- \ eide 70 72 3,791 3,700 // U 14,990,676 20,500,000 O O <0 O
- Silicates 90 99 // // if n II II 16,000 10,000 976,000 3io,ooo
- ^ , ( Ammoniaque.... Composes \ II II n u n // II i5,000,000 9,016,000 6,096,000 998,000 1,952.000
- azotés ) c . ( Satpetre // 1 1 // n u // 7,000,000 // 36,ooo 692,000 A,o54,ooo 4,oo4,ooo
- Engrais artificiels // OO [>• d // 8,200 n 7,4oo,ooo II II n 26,088,000 u i3,i63,ooo
- Superphosphates 88 89 n u n // 60,000,000 45,000,000 *i2,54i,ooo *5,757,000 5,198,000 4,517,000
- Scories Thomas pulvérisées.. .. 4o AG n n // // 90,000,000 97,000,000 2,i4o,000 i,g52,ooo 2,908,000 5,687,000
- Les nombres marqués d’une astérisque se rapportent h l’année 1891.
- Ces chiffres sont extraits de la brochure de M. W'ielielhaus, Wirthschaft’iche Bedeutung Chemischer Avbelt, 1890-1900.
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- Actiengesellschaft fur Chemiscue Industrie. — Siège de la société : Schalke, en Westphalie. — Directeur, M. AI. Liebig. — Capital en actions : 2 millions de marcs.
- La fabrique est située dans la commune de Bismarck, près Schalke.
- Le personnel se compose de 16 employés et de 210 ouvriers.
- Les matières premières sont : sel gemme, pyrites, salpêtre, chlorure de potassium, barytine, goudron de houille et eaux ammoniacales.
- La société fabrique, avec ces matières premières, les produits suivants : acide chlorhydrique, sulfate de sodium, sulfate de potassium, sel de Glauber, acide sulfurique à 60 degrés, acide azotique, chlorure de baryum, carbonate et sulfate de baryum, sulfure de sodium, prussiates, chlorure de zinc, acide oxalique et sels; dérivés du goudron de houille, entre autres : benzène, toluène, xylène, pyri-dine, naphte dissolvant, créosote, huiles d’anlhracène et anlhracène, naphtalène, phénol brut et pur, poix.
- Ces produits se vendent non seulement en Allemagne, mais on les exporte aussi en France, en Suède, au Danemark, en Angleterre, en Espagne, en Italie, en Turquie, en Orient et aux États-Unis.
- La fabrique dispose pour son exploitation de 16 chaudières de g5o mètres carrés de surface de chauffe, de 53 machines à vapeur et de 2 locomotives de la force totale de 5oo HP. Le transport des marchandises est facilité par une voie ferrée qui se trouve à l’intérieur de l’usine et qui est raccordée au chemin de fer. La société possède 61 wagons spéciaux.
- La société a été fondée à Schalke, le 2 5 janvier 1872, dans le but de fabriquer des gros produits chimiques, tels que : acide sulfurique, acide muriatique, potasse, soude, sulfate et ses produits secondaires. Par suite de la baisse considérable de la soude, on abandonna cette fabrication et on la remplaça par celle de l’acide oxalique. On cessa également l’année passée la fabrication de la potasse, après avoir installé, en 1896, la distillation en grand du goudron de houille, d’après la méthode continue du brevet F. Lennard. La quantité de produits distillés est eii moyenne de 100,000 kilogr. par jour.
- Administration des Mines de Bouxwiller.— Société anonyme par actions. — Siège de la société : Bouxviller (Basse-Alsace). — Directeur : M. G. Pétri. — Capital social ; 800,000 marcs. — Usines à Bouxwiller (Alsace) et à Laneuveville devant Nancy
- (France).
- La société occupe le personnel suivant : 5 employés techniques (chimistes et ingénieurs), 12 employés dans la partie commerciale et 260 ouvriers.
- Elle emploie les masses d’épuration du gaz d’éclairage comme matière première pour la fabrication du prussiate.
- Les produits sont : prussiate de potasse jaune et rouge, cyanure de potassium, bleu de Prusse el bleu d’acier, sulfocvanure d’ammonium, acide oxalique, oxalate de potasse, oxalate d’ammoniaque, permanganate de potassium, sulfate d’ammoniaque.
- La société emploie 16 chaudières à vapeur de 900 mètres carrés de surface de chauffe et k machines à vapeur de 100 HP.
- L’usine de Laneuveville est raccordée au chemin de fer de l’Est et possède un port sur le canal de la Marne au Rhin.
- L’usine de Bouxwiller est reliée à la gare par un chemin de fer à voie étroite. Les deux usines sont munies de chemins de fer à voie étroite pour les transports intérieurs.
- Elle possède une caisse de retraite pour ses ouvriers âgés et invalides.
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- La société a été créée, au commencement du siècle, pour la fabrication d’alun et de sulfate de fer au moyen de lignites contenant une forte proportion de pyrite de fer et d’argile. En 1819, on commença à fabriquer de l’ammoniaque par la distillation sèche de matières animales, pour remplacer le sulfate de potassium nécessaire à la fabrication de l’alun.
- Pour utiliser le résidu de celte distillation, un charbon azoté, on le transforma en bleu de Prusse et, plus tard, en prussiate de potasse.
- La purification de la potasse brute donnant de fortes quantités de chlorure de potassium, on construisit, en 1857, une petite fabrique d’acide sulfurique, un four à sulfate et un four Leblanc, pour transformer ce chlorure en sulfate puis en carbonate de potassium.
- Vers i85o, la société commença la fabrication du prussiate rouge.
- Elle construisit en 1871, après l’annexion de l’Alsace, une nouvelle usine pour la production du prussiate de potasse, cyanure blanc et bleu de Prusse à Laneuveville-devant-Nancy.
- En 1882, la société abandonna l’exploitation du gisement de lignite et les fabrications de l’alun et du sulfate de fer qui en dérivaient; par contre, elle installa la préparation de l’acide oxalique et de ses sels.
- En 1886, la société modifia dans ses deux usines son procédé de fabrication du prussiate; elle cessa de traiter les matières animales par la potasse fondue et se mit à extraire le prussiate des masses d’épuration du gaz.
- A la même époque, elle développa un procédé de fabrication électrolytique du prussiate rouge.
- En 1897, elle commença dans son usine française la fabrication du permanganate de potassium.
- Société anonyme des Anciennes Salines domaniales de lEst. — Siège de la société à Dieuze (Siège central à Paris).—Administrateur délégué :M.de Stucklé. — Capital en actions : 7,500,000 francs. — Usines à Dieuze (Lorraine), Montmorot, Ars, Salins (France).
- Les établissements de Dieuze occupent 3o employés et 600 ouvriers.
- Les matières premières utilisées sont : le sel, les pyrites, la pierre ca’caire, l’alunite, les phosphates.
- Produits principaux : sels de cuisine, sels dénaturés pour le bétail, l’agriculture et pour l’industrie, soude à l’ammoniaque, soude caustique, cristaux de soude; acides : sulfurique, chlorhydrique et azotique, sulfate de soude, sel de Glauber, alun et sulfate d’alumine, chlorure de chaux, superphosphates.
- L’exportation de ces produits a lieu en France, en Belgique, en Suisse et en Autriche.
- Les moyens de production dont les établissements disposent comprennent notamment : 3i chaudières à vapeur d'environ 1,000 HP et 26 moteurs d’environ 800 HP. Comme moyens de transport, l’usine possède 5 kilom. 5oo de chemin de fer à voie normale, 2 locomotives et 20 wagons spéciaux. Elle est située à proximité du canal de la Marne au Rhin et est raccordée au chemin de fer.
- Les procédés qui ont été inventés à l’usine ou, du moins, quelle a été la première à exploiter industriellement sont : le procédé Leblanc par Carny, collaborateur de Leblanc, et la régénération du soufre des résidus de la fabrication de la soude Leblanc.
- Les inventions de la société sont protégées par deux brevets allemands, savoir : D.R.P. N° 9/1068 du 9 octobre 1896, pour un four à sécher et à calciner le bicarbonate et N° 82 353 du 28 août 1894, pour un diaphragme électrolylique. La première de ces inventions est également brevetée en France et en Belgique ; la seconde, dans les pays suivants : France, Belgique, Autriche, Russie, Suisse, Angleterre, Italie, Espagne et aux Etats-Unis. En outre, Dieuze exploite différents procédés particuliers pour la fabrication du sel et des produits chimiques.
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- Institutions philanthropiques : i? une caisse de secours en cas de maladie, pourles femmes et enfants des ouvriers ; a0 une boulangerie ; 3° une caisse de retraite pour les employés.
- Ea saline existe depuis plusieurs siècles. L'usine de produits chimiques a été construite en i8o5-1806 par Carny, dans le but de fabriquer la soude artificielle d’après le procédé Leblanc.
- Dès 1875, Dieuze a fabriqué de la soude par le procédé dit à l'ammoniaque, sans recourir à l’expérience étrangère ou aux brevets existants.
- Le procédé VVeldon, employé antérieurement pour la fabrication du chlorure de chaux, est remplacé par un procédé électrolytique.
- Ahsenik-, Berg- und Hüttexwerk «Reicuer Trost » H. Güttler. — Siège de la maison : Reichenstein, en Silésie. — Propriétaire : M. Hermann Güttler, Kgl. Commer-cicnrath. —Exploitation de mines à Maifritzdorf ; traitement des minerais, séparation
- de l’arsenic et extraction d’or à Reichenstein.
- Le personnel delà maison se compose de 1 4 employés et de 4 00 ouvriers.
- Les matières premières utilisées sont des pyrites arsénicales provenant des mines de la société et le soufre de Sicile.
- Au moyen de ces matières premières, l’usine produit de l’arsenic métallique—arsenic gris — (cobalt arsénié, arsenic natif); acide arsénieux sublimé, blanc; acide arsénieux vitreux, blanc; sulfure d’arsenic ou arsenic rouge (orpin, réalgar); sulfure d’arsenic ou arsenic jaune (orpiment); des résidus aurifères et de l’or.
- Ces différents produits sont exportés dans tous les pays.
- La société dispose pour son exploitation de 6 chaudières de 333 mètres carrés de surface de chauffe totale et 44o HP, de 3 moteurs à gaz de 100 HP et de machines à vapeur de la force totale de 410 HP. Un chemin de fer à voie étroite dessert les transports intérieurs. On établit actuellement une ligne secondaire de Gamenz à Reichenstein et des voies de raccordement.
- Les institutions pour le bien-être des ouvriers, non prescrites parla loi, consistent en une cuisine économique, une installation de bains avec natation, des piscines et des appareils à douches.
- La mine d’arsenic et l’usine d’exploitation des minerais extraits Rcicher Trost est, dans son genre, l’établissement le plus important du monde; son histoire est très ancienne. La mine semble avoir été ouverte au vi° siècle dans le but de l’extraction de l’or ; elle fut exploitée à cet effet pendant plusieurs siècles et fut surtout d’un bon rapport au xvi° siècle. Lors de la guerre de Trente ans, l’exploitation minière de l’or déclina, et, plus tard, malgré de nombreux efforts, on ne put lui redonner un nouvel essor. En 1699 on commença à retirer de l’arsenic, mais toutefois, sans succès. De i85o ii 1861, M. Wilb. Güttler commença à extraire l’or des résidus du grillage d’après le procédé Plattner. C’est en 1883 que la mine fut acquise par son propriétaire actuel et son exploitation, mise à la hauteur des procédés modernes, fut rendue régulière. L’extraction de l’or contenu dans les minerais, se fait, depuis 1896, d’après un procédé élaboré par le propriétaire actuel, M. Hermann Güttler et le chimiste M. le docteur Ruppreclit. Actuellement, la production annuelle d’or est de 5o kilogrammes.
- MM. Vax Baerle et Spoxnagel. — Siège de lu maison : Berlin. — Propriétaires : MM. F.-G. Sponnagel et F.-E.-V. Sponnagel. — Fabriques à Berlin et à Freien-walde.
- Le personnel se compose de 4o employés et ouvriers.
- Les matières premières sont : le sulfate de soude, la soude, la potasse, le sable, etc.
- Les produits fabriqués sont : le silicate de soude et des préparations pour apprêts.
- (in. XIV. — Cl. 87. — T. t. 5
- [MEME NATIONALE.
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- Ces produits se vendent non seulement en Allemagne, mais aussi au Luxembourg, en Belgique, Hollande, Autriche, Italie, Suède et Norvège, dans les deux Amériques, en Asie et en Australie.
- La fabrique dispose pour son exploitation de 2 chaudières et de 2 machines à vapeur de 20 HP. L’usine a été fondée en 186g.
- MM. Balzer et C'e. — Siège de la maison : Grünau, près Berlin. — Propriétaires : MM. Ludwig Michaelis, docteur Max D. Hamel, docteur Willy von Liebermann, docteur Fritz Liebermann. — Usine à Grünau.
- Les produits de la fabrication sont : le borax, le borax anhydre, l’acide borique cristallisé, pulvérisé et en paillettes, des préparations de brome et d’iode, permanganate de potassium, cyanure de potassium, alcalis caustiques chimiquement purs, chloral hydraté et sulfure de fer.
- L’exportation a lieu dans tous les pays, en particulier en France et en Angleterre.
- Ciiemisgiie Fabrik in Billwàrder vorm. Hell et Sthamer A-G. — Siège de In société à Hambourg, 8, Nobelshof. — Directeur : M. E. W. Dieckmann. — Capital social :
- 9,5oo,ooo mars en actions ordinaires et i,5oo,ooo marcs en actions privilégiées. — Usines à Billwarder-sur-Bille, près Hambourg.
- L’usine occupe : 6 chimistes, 1 ingénieur, 16 employés de commerce et 3oo ouvriers.
- Les matières premières sont : salpêtre du Chili, chlorure de potassium, chaux boratée, boracite, soude, acide sulfurique, minerai de chrome, chaux, camphre brut et acide muriatique.
- Les produits fabriqués sont : nitrate de potasse et de soude, borax, acide borique, camphre, bichromate de potassium et de sodium, soufre, sulfate de soude, iode resublimé, acide carbonique liquide.
- L’exportation de ces produits s’étend sur tous les pays.
- Matériel d’exploitation : n chaudières de 900 mètres carrés de surface de chaulTc et 9 machines à vapeur de la force totale de 455 HP. Une voie ferrée de plusieurs kilomètres de développement facilite le transport dans l’intérieur de l’usine.
- Institutions philanthropiques : pensions aux vieux ouvriers incapables de travailler et aux survivants des ouvriers défunts.
- L’établissement a été fondé, en 184<>, sous le nom de Chemische Fnbrilc in Billwàrder von Adolph Jacobi. On produisait au début le chlorure d’ammonium et le camphre raffiné,
- En 1853, M. Theodor Dill (de la Société Albrecht et Bill) se rendit acquéreur de la fabrique; assisté de M. Bernhard Sthamer, comme directeur technique, il continua l’exploitation et produisit les articles suivants : nitrate de potasse, huiles essentielles, carbonate d’ammoniaque, soufre, ferrocyanurc de potassium, sel d’étain, borax et sulfate de soude. En 1865, MM. le docteur B. Sthamer et Wilhelm Hell prirent la succession de l’établissement sous la raison sociale de Chemische Fabrik in Billwàrder Hell et Sthamer ; ils augmentèrent considérablement le chiffre d’affaires : la production du nitrate de potasse fut portée à 3o,ooo kilogrammes par jour. A cette époque, l’usine occupait dans cette spécialité le premier rang en Europe; c’est elle qui convertit, la première, le nitrate de soude du Chili en nitrate de potassium, au moyen des sels potassiques. Les raffineries de borax et de camphre ont été beaucoup agrandies, et on commença, en même temps, la fabrication de l’acide carbonique. En 1889 l’usine a été transformée en société par actions. On construisit, en 1897, un nouvel et grand établissement pour la fabrication des bichromates. M. le docteur B. Sthamer est encore actuellement président du conseil d’administration.
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- Ciiemisciie Fabbik Geiînsiieim (société par actions). — Siège (le l’usine à Gernsheim-sur-Rhin (Hesse). — Directeur : M. F. Rôckel; chimiste en chef : M. le docteur H. Gross. —Capital : 900,000 marcs.
- La fabrique occupe 18 employés et 7 a ouvriers.
- Les matières premières sont : pyrolusite, carbonate, nitrate et sulfate de soude, boracile, divers acides, chaux, phosphate, soufre, fer, sable, alcool, aniline, phosphore, etc.
- Les produits fabriqués sont : t° carbonate et phosphate de chaux précipités, borax, sulfites et bisulfites; a0 Antifébrine, bromophénacétine, acide borique, butylchloralhydraté,cldoralhydraté, chloroforme du chloral, perchlorure de fer, salacétol, thiosinamine ; 3° mordants de fer, acétate d’alumine, chlorures de phosphore, etc.; h° borate de manganèse, résinâtes de manganèse et de plomb, linoléates de manganèse et de plomb; 5° nitrophénols, phénylhydrazine, acides chlorophtaliques, paranitro-acélanilide, para-nitraniline, chlorure de benzoyle, acide amygdalique; 6° Essence de moutarde allylique, benzoate et salicylate de méthyle, acétate d’amyle, etc.
- Exportation de ces produits dans tous les pays du monde.
- L’usine dispose pour son exploitation de k chaudières, système Cornwall, de 95o mètres carrés de surface de chauffe, 9 machines à vapeur de la force totale de i3o HP. Elle possède 3 wagons pour le service du chemin de fer, un débarcadère sur les bords du Rhin et, dans la fabrique même, 5oo mètres de chemin de fer à voie normale et 800 mètres à voie étroite.
- La fabrique a fait diverses inventions et a introduit la première plusieurs produits dans le commerce, entre autres la benzaldéhyde et le salacétol.
- Le procédé de cette fabrication est breveté dans presque tous les pays.
- Les ouvriers de la fabrique ont à leur disposition une grande salle à manger, des bains et une caisse de secours pour eux et leurs familles.
- La fabrique, fondée en 1871 par M. Emil Saame sous la raison Saamc et C°, à Ludwigshafen-sur-Bhin , s’occupait, dès son début, exclusivement delà fabrication du chloral hydraté. Quelques années plus tard, elle fut acquise par MM. le docteur P. W. Hofmann et Otto Schoetensack et exploitée sous la raison sociale Hofmann et Schoetensack. La nouvelle administration ajouta à l’ancienne fabrication d’autres produits pharmaceutiques et surtout celle des acides et de produits intermédiaires pour la fabrication de couleurs d’aniline. En 1881, la société fut transformée en société par actions sous la raison Chemischc Fahnk connais Hofmann und Schoetensak: après avoir vendu, en 1899, son terrain à la Badische Anilin und Soda-Fobrik à Ludwigsliafen-sur-Rhin, la fabrique fut transférée de Lud-wigshafen à Gernsheim-sur-Rhin ; depuis 1898, elle porte le nom de : Chemische Fabrik Gerns-licim.
- Ciiemisciie Fabbik Giiiesiieim-Elektron (société anonyme par actions). — Siège de la société à Francfort-sur-le-Main. — Directeurs : MM. Th. Plieninger, Prof. Dr. B. Lep-sius, Dr J. Lang, Dr G. Eickemeyer, Dr W. Lang, C. Pistor. — Capital : 9 millions de marcs.
- Les fabriques se trouvent à Griesheim-sur-Main, Mainthal, Spandau, Küppersteg, Bitterfeld et Rheiufelden (duché de Bade).
- Le personnel de ces fabriques se compose de i5o techniciens et commerçants et de 2,3oo ouvriers.
- Les matières premières sont: les pyrites, salpêtre, minerai de chrome, sel gemme, chlorure de potassium, pierres calcaires, phosphates, pyrolusite, charbon, huiles de goudron de houille.
- Les produits fabriqués par la société sont : acides inorganiques, alcalis, sodium, magnésium,
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- carbure de calcium, chromâtes, permanganate de potassium, soufre, phosphore, chlorure de chaux, explosifs, chlorures de soufre et de phosphore, dérivés nitrés, amidés, bromés et chlorés des carbures aromatiques.
- L’exportation de ces produits a lieu en France et dans d’autres pays.
- La société dispose pour son exploitation de : 62 chaudières de 12,6000 HP et de 76 machines à vapeur et turbines à eau, d’un rendement total de iA,ooo HP. Les usines sont raccordées à des lignes de chemin de fer, à des chemins de halage et des routes départementales; elles possèdent des wagons spéciaux pour le transport de leurs produits. Le transport à l’intérieur de la fabrique se fait au moyen de chemins de fer à voie normale ou étroite.
- Une des inventions de la société est celle de la fabrication des alcalis caustiques et du chlorure de chaux par voie électrolytique, dont le procédé est breveté en Allemagne et dans les autres pays.
- Institutions pour le bien-être des ouvriers : réfectoires et installations de bains, 200 logements pour ouvriers et leur famille et i5o lits pour ouvriers célibataires.
- La société, qui a des usines à Francfort-sur-Main, fabrique les produits chimiques dans son usine principale de Griesheim-sur-Main et dans les succursales de Kiippersteg, Spnndau, Mainthal, Ritter-feld et Pdieinfelden dans le grand-duché de Rade.
- Elle a été fondée en 1856, avec un capital de 200,000 florins, sous le nom de Frankfurter Acticngesellschaft fur landwirthschafllichchemischc Fabrilcale et s’occupa, une des premières, de la fabrication d’engrais chimiques. On augmenta progressivement le capital, jusqu'au 31 décembre 1862, à 4oo,ooo florins. Cette société se transforma, le 2h août 1863, en celle de Chemischc Fabrik Griesfhcim in Frankfurt-sur-Main, dont le capital se montait, au 3i décembre 1863, à 5oo,ooo florins.
- En i 858, on entreprit la fabrication de la soude d’après le procédé Leblanc; 011 agrandit, en 1863, la fabrication de l’acide sulfurique, et on installa, en 186A , la régération du soufre des résidus de la soude. En 1865, on commença par griller les pyrites de Westphalie qui furent remplacés, en 1877, par celles de Rio-Tinto lorsque, grâce à la création de l’usine pour la métallurgie de cuivre de Duis-bourg, à laquelle la fabrique était intéressée, on put en retirer avantageusement le cuivre. La progression consente de la fabrication exigea, en 1871, une nouvelle augmentation de capital cpii fut porté à 800,000 florins et, en 1872 , h 1,800,000 marcs. C’est en 1881 que l’on commença à exploiter une nouvelle branche de l’industrie chimique, celle de la fabrication de l’aniline et d’autres produits intermédiaires, ce qui entraîna, en 188A, une élévation du capital à 2,700,000 marcs. En 1886, on créa à Kiippersteg près de Cologne une succursale pour la fabrication des acides inorganiques. Il faut remarquer que, dès 1885, l’usine produisait de l’acide sulfurique monohvdrnlé, à 100 p. 100 parmi procédé de congélation de l’acide sulfurique ordinaire,qui offre un grand intérêt. En 1888, on entrepril la fabrication des sels de chrome et en 1889, celle des acides sulfurique et azotique, très concentrés, dans une usine construite dans ce but à Spandau. C’est à celte dernière production que se rattache la fabrication des explosifs pour laquelle 011 porta le capital nominal à h millions de marcs. En 1897, l’ancienne fabrique de produits chimiques de Mainthal qui s’occupait spécialement de la préparation de produits chlorés inorganiques et organiques fusionna avec la société: le capital.fut porté, à cette occasion, à 6 millions de marcs.
- Après une période d’essais de cinq années, la Chemischc Fabriic Griesheim parvint à résoudre, en 1890, un des problèmes les plus importants de la grande industrie chimique : celui de l’application industrielle de la décomposition électrolytique des chlorures alcalins. L’exploitation de ce procédé demanda, en 1893, la fondation de la société par actions Chemischc Fabrik Elchlron qui fut réunie, en 1898, à la Chemischc Fabrik Griesheim sous le nom de Chemischc Fabrik Grieshcim-Elektron, au capital nominal de 9 millions de marcs. Les usines de Griesheim, Rilterfeld et Rheinfelden fabriquent actuellement, d’après le procédé de Griesheim, des alcalis caustiques, du chlore liquide, du chlorure de chaux et de l’hydrogène. La société participe aussi à plusieurs autres fabriques du pays ou de l’étranger auxquelles elle a cédé l’exploitation de ce procédé.
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- Enfin on entreprit, en 1696, la fabrication du phosphore blanc et rouge, un produit pour lequel il fallait jusqu’à cette époque avoir exclusivement recours au marché étranger.
- Cu EMisciiE F abri k Riienania (société anonyme par actions). — Siège de la société à Aix-la-Chapelle. — Directeurs : MM. Robert Hasenclever et Max Hasenclever. —
- Capital : 6 millions de marcs.
- Les usines se trouvent à Stolberg et Oberhausen (province rhénane); Rheinau (grand duché de Bade) et Dorlmund ( Westphalie).
- La société occupe 75 employés et 1200 ouvriers.
- On y utilise : la pyrite, le sel, les pierres calcaires, la houille, le chlorure de potassium et le nitrate de sodium.
- La société produit : l’acide sulfurique, le sulfate de soude, l’acide chlorhydrique, la soude calcinée, lasou.de caustique, la soude en cristaux, l’hyposulfite de sodium, le sel de Glauber cristallisé, le chlorure de chaux, le chlorate de potassium, l’acide azotique, le chlore liquide, le chlorure de baryum, le chlorure de calcium.
- La maison envoie ses produits dans tous les pays de l’Europe, ainsi qu’en Amérique et en d’autres pays.
- Il y a en activité : 38 chaudières à vapeur et 4i machines à vapeur, donnant ensemble 772 HP. Toutes les usines sont reliées au chemin de fer par des voies normales. En outre, la fabrique de Rheinau communique au Rhin par un port.
- La fabrique a été la première à produire, sur une vaste échelle, l’acide sulfurique au moyen de la blende et l’anhydride sulfurique, d’après le procédé de M. le professeur Cl. Winkler à Freiberg. M. Johann Thelen, directeur de la fabrique de soude, a eu le grand mérite de perfectionner des procédés nouveaux et d’inventer de nouveaux appareils.
- La société possède un grand nombre de brevets allemands et étrangers pour protéger ses inventions.
- Elle a établi pour son personnel des caisses de secours pour les invalides, les veufs et les orphelins. En outre, il existe des fonds pour des subventions spéciales.
- En i84o, le pharmacien docteur Friedrich Wilhelm Hasenclever s’élablit à Aix-la-Chapelle; à côté de sa pharmacie il monta un laboratoire, fit des analyses légales, donna des conférences sur la chimie expérimentale et produisit une encre à marquer très recherchée dans la fabrication des draps.
- A la même époque, l’exploitation de la calamine dans les environs d’Aix-la-Chapelle prit une extension de plus en plus considérable. M. Max Braun, Bergrath, à cette époque directeur de la Société de la Vieille Montagne, entra en relations avec le pharmacien Hasenclever et lui confia le soin d’exécuter les analyses dont il avait besoin pour transformer l’exploitation minière. Ces messieurs, de compagnie avec l’ingénieur belge E. Codin, qui avait l’intention de fonder un établissement industriel, établirent une fabrique de produits chimiques dans les environs de Stolberg. Le choix de cet emplacement est dû à la houille et à la pierre calcaire qui se trouvaient dans cet endroit. Il n’y avait que le sel qu’il fallait faire venir de loin, de Wurtemberg d’où il était amené en bateau par le Neckar, puis par le Rhin jusqu’à Cologne.
- La fabrique de produits chimiques fut fondée en i85q sous la raison sociale de Hasenclever et C0.; c’est en 1856 quelle fut (ransformée en une société anonyme par actions : Chemische Fabrik Rhe-nania. Le docteur Fr. Wilh. Hasenclever remplissait les fonctions de directeur général et M. Eugène Codin était directeur d’exploitation jusqu’en 1864, date à partir de laquelle il eut pour successeur M. Robert Hasenclever. M. Max Braun, Bergrath, resta jusqu’à sa mort membre du conseil d’admi-
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- nistration. Après la mort du docteur F. W. Hasenclever, en décembre 187/1, son fds prit la direction générale.
- Au début, la fabrique de produits chimiques Rhénania était une fabrique de soude et elle prit bientôt, comme telle, une extension importante pour cette époque. Jusqu’en 1880, les 70 à 80 p. 100 du bénéfice total provenaient de la fabrication de la soude dont la production monta, en 1888, à 10,000 tonnes, ie plus haut chiffre atteint. Mais le développement de la fabrication de la soude à l’ammoniaque en Allemagne changea la situation, et l’usine s’occupa plus spécialement de la fabrication de l’acide sulfurique comme produit secondaire du grillage des blendes, que la Rhénania fut la première à utiliser dans ce but. L’invention des fours à blendes Eichhorn-Liebig, qui ont été établis en premier lieu à Stolberg et dont maints détails de construction ont été perfectionnés par la Rhénania, amena la solution définitive du problème de la mise à profit du soufre des blendes. La Rhénania entra en relations avec plusieurs usines à zinc, leur prenant les gaz de grillage pour les transformer en acide sulfurique dans des chambres de plomb, élevées à cet effet à côté des usines sur un terrain loué.
- C’est encore à la Rhénania que revient le mérite d’avoir adopté et exécuté la première en Allemagne, sur une vaste échelle, toute une série de procédés intéressants de la grande industrie chimique. Parmi ceux-ci 011 compte : le procédé de Hargreaves pour la transformation directe du srl (chlorure de sodium) en sulfate, au moyen des gaz de grillage du four à blende, le four mécanique tournant anglais et le fameux procédé de Deacon. Ce dernier, qui n’a pas pu se maintenir dans la plupart des fabriques qui l’avaient adopté, est en activité à la Rhénania et est exploité, à la satisfaction générale, depuis un nombre d’années. Ce succès est dû à un perfectionnement détaillé de l’appareil. Par l’invention accomplie à la Rhénania des appareils mécaniques pour la production du chlorure de chaux, adoptés également par beaucoup d’autres fabriques du pays et de l’étranger, la Rhénania a écarté le travail le plus insalubre de la grande industrie chimique.
- De plus, les chaudières à évaporation, inventées dans la fabrique Rhénania, parM. Joli. Tlielen et dont le principe a été appliqué aussi à des appareils de séchage de divers sels, jouissent d’une très grande vogue dans toute l’industrie de la soude.
- Chemiscue Thermo-Industrie (société à responsabilité limitée). — Siège de la société à Essen-sur-Ruhr. — Gérants : MM. Dr. Karl Goldschmidt et Dr. Hans Coldschmidl ; ingénieur en chef, M. Karl Beyer. — Usine à Essen-sur-Ruhr.
- Le personnel de la maison se compose de : 11 employés et 19 ouvriers.
- Les matières premières sont : l’aluminium et les oxydes de divers métaux.
- Les produits fabriqués sont des métaux réfractaires exempts de carbone, entre antres : le chrome, le manganèse et ses alliages, le ferrotilane, le ferrobore et des mélanges pour obtenir de liantes températures pour la soudure des métaux.
- Les produits sont exportés dans la plupart des pays étrangers, à l’exception de la France.
- La force motrice de l’usine est de 20 HP. La société a le droit exclusif de la fabrication des produits découverts par le docteur Hans Goldschmidt auquel revient le mérite de les avoir rendus utilisables dans l’industrie.
- Ces inventions sont protégées par un grand nombre de brevets en Allemagne et à l’étranger.
- La société a été fondée à Essen en 1897, pour utiliser les inventions du docteur Hans Goldschmidt, concernant la production de températures élevées par utilisation de la chaleur de combustion de l’aluminium (Aluminothermie). Elle s’est attachée à rendre ces inventions pratiques, spécialement pour la préparation du chrome pur, du manganèse, du ferrotitane et du corindon artificiel employé, soit pour des meules à polir, soit comme produit réfractaire. Les hautes températures que permet de pro-
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- (luire l'aluminothermie, peuvent être utilisées pour la soudure des métaux, par exemple des rails et principalement pour les rails de tramways où cette soudure remplace l'éclisse, où des tuyaux où elle supprime les brides et les raccords, ou encore pour la réparation des pièces défectueuses en acier fondu.
- Les procédés pour la préparation des métaux et pour l'obtention du corindon artificiel ont été cédés pour la France à la Société d’Electro-Chimie, 2 , rue Blanche (place de la Trinité), Paris.
- Dhisburger Kupferuütte (société anonyme par actions).
- Siège de la société à Duisbourg.
- Président : M. Julius Weber. — Capital : 9,A00,000 marcs.
- La fabrique est située à Duisbourg-Hochfeld. Elle occupe 700 personnes.
- Les matières sont : des pyrites cuivreuses grillées, du sel, de l’acide chlorhydrique, du charbon, du coke et des pierres calcaires.
- La fabrique produit avec ces matières premières : du cuivre raffiné en blocs et en plaques, du fer brut, du minerai de fer; du bismuth, de l’argent, de l’or et du plomb à l’état pulvérulent.
- La marque de fabrique pour le cuivre est : H. D. K.
- La société dispose pour son exploitation de : 11 chaudières d’environ 4oo HP, 4 chaudières de hauts fourneaux de la force de 600 HP et i3 machines à vapeur du total de 1,000 HP. La fabrique possède une voie ferrée, raccordée au chemin de fer de l’État prussien; 3 locomotives et 20 wagons spéciaux servent au transport. Le Rhin et le canal du Rhin à la Rhur sont également utilisés pour le transport des produits. L’intérieur de l’usine est encore desservi par un chemin de fer à voie étroite.
- Une installation de bains a été faite pour le personnel de l’usine; 66,000 bains ont été pris en 1898.
- La société a été fondée en 1875.
- Walther Feld ünd C° (société à responsabilité limitée).
- Siège social à Hoenningen-sur-Rbin.
- L’usine est située à Ifoenningen et occupe 25o ouvriers.
- Les matières premières sont : la célestine, la harytine, le salpêtre du Chili et le sel gemme.
- Les produits fabriqués sont : l’hydrate et le carbonate de strontium, le carbonate de baryum précipité, les acide sulfurique, azotique et chlorhydrique, le sulfate de soude.
- La maison exporte ses produits en France, en Angleterre et en Amérique.
- Le matériel de l’usine comprend : 6 chaudières, 2 machines à vapeur d’une force totale de 3oo HP; la force est transmise dans l’usine par l’électricité. Un embranchement particulier relie la fabrique au chemin de fer de Cologne à Francfort; plusieurs wagons spéciaux servent au transport. Le transfert à l’intérieur de l’usine est fait au moyen d’un chemin de fer à voie étroite.
- La maison a été la première à fabriquer, sur une grande échelle, le carbonate de baryum précipité et à l’introduire dans le commerce.
- Pour le bien-être de ses ouvriers, elle a construit un grand nombre de maisons ouvrières qui sont sa propriété; elle a institué une caisse de secours pour les ouvriers et une cantine d’usine, créée spécialement pour les ouvriers non mariés ; cette cantine est subventionnée par la fabrique.
- La société a été fondée en 1890.
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- H. Flemming. — Siège de la maison à Kalk, près Cologne.
- Propriétaire : M. le Dr H. Flemming.
- L’usine est située à Kalk; elle occupe 2 employés et & ouvriers.
- Les matières premières sont : de la glycérine brute, des sulfocyanures, etc.
- Les produits fabriqués sont : glycérine pure, noir de sang extrait par les acides, dichlorhydrine, épichlorhydrine et des sels de guanidine.
- L’exportation des produits a lieu en France, en Angleterre, dans les Pays-Bas, au Danemark, en Italie et aux Etats-Unis.
- L’usine utilise 2 chaudières, chacune de 5o mètres carrés de surface de chauffe et 5 machines à vapeur de 20 HP.
- Elle fut la première à mettre en vente le noir de sang extrait par les acides et les sels de guanidine.
- Les différents procédés de fabrication des laques, des sulfocyanures employés dans l’usine sont brevetés en Allemagne, en Autriche-Hongrie, en France et en Angleterre.
- L’usine a été fondée en 1875. L’espace très restreint dont elle dispose et sa situation dans un quartier très populeux ont empêché son extension; elle dut se borner dans ces derniers temps à l’étude de nouveaux procédés, à les appliquer dans des installations d’essais pour les céder ensuite, après la prise des brevets, à d’autres fabriques. C’est ainsi, par exemple, que la maison a élaboré un nouveau procédé pour la fabrication du cyanure de potassium, qui a acquis une grande importance.
- Tu. Goldsciimidt. — Siège de la maison à Essen-siir-Rulir.
- Propriétaires : MAL les Dr. Karl et Hans Goldschmidt. — Usine à Essen.
- Le personnel de la maison se compose de 2 5 employés et de 3oo ouvriers.
- Les matières premières employées sont : des déchets de fer blanc; les acides chlorhydrique, sulfurique et azotique; du phosphate de chaux, de la soude, des résidus d’étain et de zinc et des minerais.
- Les produits fabriqués sont : l’étain métallique, les sels d’étain (bichlorure et tétrachlorure d’étain , stannate de soude), le chlorure de zinc, le phosphate de soude, le chlorure de manganèse, les chlorures de phosphore (trichlorure, pentachlorure, oxychlorure de phosphore); l’acide phosphorique anhydre, l’essence d’amandes amères artificielle ou benzaldéhyde, l’acide benzoïque et enfin le produit trouvé et employé par M. le docteur Frank pour épurer l’acétylène (brevet allemand N° 99,490).
- Les produits de la maison s’exportent dans la plupart des pays industriels.
- L’usine se sert pour l’exploitation, de 5 chaudières de 700 HP et de 6 machines à vapeur de 520 HP. Elle est raccordée au chemin de fer par une voie particulière; le service intérieur de l’usine se fait par un réseau de voies normales et de voies étroites.
- Parmi les inventions de la maison il convient de citer : le tétrachlorure d’étain cristallisé, la séparation des copeaux de bronze et de laiton ; les métaux réfractaires exempts de carbone tels que le chrome, le manganèse, le ferrotiane, le ferrobore, le corindon artificiel; enfin les procédés de chauffage et de soudure basés sur la combustion de l’aluminium.
- La maison a institué une caisse de retraite pour son personnel.
- La maison a été fondée à Berlin en 1847 par le père des propriétaires actuels, le chimiste Theo-dor Goldschmidt, mort en 1875; elle se rattachait à la fabrique d’impression de tissus de colon de R. Goldschmidt et Sôhne, et devait spécialement fournir à la teinture et à l’impression des tissus de coton les préparations d’amidon et les mordants métalliques, particulièrement les sels d’étain et, plus
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- lard aussi, la murexide. En 1882, le docteur Karl Goldschmidt prit en mains la direction de l’usine; il s’adjoignit, en 1888, son frère le docteur Hans Goldschmidt.
- Les deux frères agrandirent rapidement l’établissement en introduisant d’abord la fabrication en grand des chlorures de phosphore et du chlorure de zinc, puis la séparation électrolytique de l’étain des déchets de fer blanc. De 1889 a 1891 l’usine fut rebâtie à Essen sur une échelle beaucoup plus grande et, là encore, elle fut agrandie par l’installation de la fabrication de phosphate de soude, de chlorure cl’acétyle, d’anhydride acétique, de la benzaldéhyde et de l’acide benzoïque.
- Les expériences du docteur Hans Goldschmidt pour la production des métaux réfractaires exempts de carbone, principalement le chrome et le manganèse, furent le point de départ de ses nombreuses découvertes sur l’obtention, par combustion de l’aluminium, de températures qui jusqu’ici ne pouvaient être atteintes qu’au moyen de l’arc voltaïque. L’exploitation de ces inventions, qui sont protégées par de nombreux brevets dans tous les pays, a amené la maison Th. Goldschmidt à fonder, en 1897, société à reponsabilité limitée Chemische Thermo-Industrie. Le siège de celte société est également à Essen ; les administrateurs sont les propriétaires de la maison Th. Goldschmit.
- Kônigswarter et Ebell. — Siège delà maison à Linden, près Hanovre. —Propriétaire : M. le baron Julius von Kônigswarter, ancien consul général du Portugal. — Directeur : M. H. Werner, vice-consul du Portugal.
- La fabrique se trouve à Linden; elle occupe continuellement 120 employés.
- On y fabrique des produits chimiques pour blanchiment, teinture et impression, pour divers usages techniques, pour la fabrication de la porcelaine, pour la verrerie et la poterie, et des métaux-pour l’aciérie.
- Ces produits sont exportés dans tous les pays.
- L’usine se sert de 3 chaudières et de 5 machines à vapeur d’une force totale de 120 HP.
- La raison sociale : Kônigswarter et Ebell, fabrique de produits chimiques, a été créée en 188A , par l’association du baron von Kônigswarter, docteur en droit et consul général du Portugal, et de M. Paul Ebell, docteur ès sciences, connu depuis longtemps dans le monde scientifique pour ses recherches minutieuses sur la fabrication de l’eau oxygénée. Ses expériences pratiques servirent de suite, dans la nouvelle fabrique, pour établir la préparation en grand du bioxyde de baryum. On adjoignit à cette fabrication celle d’un grand nombre d’autres produits chimiques pour la teinture, l’impression et la céramique, etc., puis la fabrication de métaux pour les aciéries; cette dernière est actuellement la plus importante de la maison. La maison produit en très grande quantité, comme spécialité, le tungstène métallique, le chrome et le manganèse métallique, le molybdène et ses alliages.
- En 1892, après avoir surmonté les nombreuses difficultés d’un procès de brevet, la maison devint concessionnaire générale, pour les Etats continentaux européens, de la société Aluminium G0, de Londres et d’Oldbury, fondée par Sir Henry Roscoe et H. Y. Gastner. Elle introduisit dans l'industrie, avec un grand succès, le peroxyde de sodium fabriqué par la société anglaise.
- Rudolpu Koepp et C°, Commanditgesellscuaft. — Siège de la société à Oestrich (province rliénane). — Commanditaires : MM. Hermann Wachendorff et le Dr. J. Weise.
- La fabrique est située à Oestrich, succursale à Schierstein-sur-Rhin.
- Le personnel de l’usine se compose de : 5 chimistes, g employés de commerce et environ 25o ou-
- vriers.
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- Les matières premières sont : la potasse, l’acide sulfurique, la sciure de bois, les minerais d'antimoine et de chrome, la fluorine, etc.
- Les produits fabriqués sont : l’acide oxalique, oxalate neutre de potassium, sel d’oseille cristallisé et pulvérisé, oxalate d’ammoniaque, oxalale d’antimoine, sel d’antimoine, fluorure double d’antimoine, fluorure de chrome, acide fluorliydrique, fluorure de sodium, fluorure d’ammonium, fluoruie de potassium.
- La fabrique exporte ses produits en grande quantité dans tous les pays industriels.
- 9 chaudières de 820 mètres carrés de surface de chauffe et i4 machines à vapeur de la force totale de i5o HP sont utilisées dans l’usine. Elle a un débarcadère spécial sur le Rhin: le transport à l’intérieur de l’usine se fait au moyen d’un chemin de fer à voie étroite.
- La société a été la première à produire, industriellement, l’acide oxalique et ses sels, au moyen de la sciure de hois et, plus tard aussi, le fluorure de chrome et le fluorure double d’antimoine qui s’introduisirent rapidement dans la teinture et l’impression.
- Des brevets protègent, en Allemagne et à l’étranger, en partie les méthodes de fabrication de l’usine et en partie les modes d’emploi de ses produits.
- L’usine a été fondée en 1861 par feu \1. Rudolph Koepp, Commercienrath; elle n’entreprit, au début, que la fabrication de l’acide oxalique et des oxalates; on ajouta, en 1888, celle de sels d’antimoine et de chrome, et on créa, en 1891, une succursale à Schierstein-sur-Rhin pour y produire spécialement de l’acide fluorliydrique.
- Kvniieim et C°. — Siège (le la maison à Berlin. — Propriétaires : les héritiers (le feu M. le Dr Kunheim, Commercienrath. — Fabrique Kanne à Niederschônevveide, près Berlin, et succursale à Grubc lise (Basse-Lusace).
- La maison occupe : 11 chimistes, 2 ingénieurs, 27 commerçants, 34 contremaîtres et 700 ouvriers .
- La maison exploite : des eaux et des résidus de masse d’épuration du gaz, de la boracite, du citrate de chaux, de la monazite, du sel gemme, du salpêtre, des pyrites, du calcaire et de la sciure de bois.
- Les produits de la fabrication sont : les ferro- et ferricyanures, principalement le prussiate rouge et le prussiate jaune de potassium, le bleu de Paris, le bleu d’acier, les sulfocyanures (sulfocyanure de baryum, de potassium, d’ammonium et d’aluminium); l’ammoniaque aqueux et tous les sels ammoniacaux pour l’industrie et la pharmacie (sulfate, azotate, chlorure et carbonate); des gaz liquéfiés (acide carbonique, ammoniaque liquide anhydre et chlore liquide); les acides chlorhydrique, azotique et sulfurique; le sulfate de soude, acide citrique, acide borique et sels, spécialement le borax et borate de manganèse; les sels pour l’éclairage à l’incandescence : nitrate et oxalate de thorium, cérium et didymium, l’acide oxalique et presque tous les sels oxaliques; le carbure de calcium.
- Tous ces produits sont exportés dans les pays de l’Europe et dans les autres parties du monde.
- La fabrique se sert, pour l’exploitation, de 18 chaudières de 2200 mètres carrés de surface de chauffe et de 36 machines à vapeur d’une force totale de 900 HP. L’établissement Kanne est situé sur la Sprée et communique par une voie double avec Niederschônevveide (station du chemin de fer Berlin-Gôrlitz). 60 wagons réservoirs spéciaux servent au transport des eaux d’épuration du gaz et de l’acide sulfurique, 2 remorqueurs et i5 bateaux à celui des marchandises par voie d’eau, et le transport à l’intérieur de l’usine se fait au moyen de deux locomotives. L’établissement succursale à Grube lise est rattaché par un embranchement à Gross-Raeschen (station du chemin de fer Lübbenau-Kamenz),
- La fabrique entretient une cantine dans laquelle l’ouvrier peut se procurer, à prix réduits, une nourriture saine. Des bains et des douches sont mis gratuitement à la disposition des ouvriers.
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- En i83i, le docteur Louis Kunheim entreprit à Berlin, Munzstrasse, la fabrication de vinaigre et d’extraits pour l’industrie textile. Quelques années plus tard, en 1834, son père, le commerçant S. II. Kunheim, acheta un terrain sur le Kreuzberg, près de Berlin, et les deux continuèrent, sous la raison sociale S. 1:1. Kunheim, ces fabrications sur une plus grande échelle. Lors de l'adjonction, en 1838, du chimiste le docteur Wagenmann, à titre d’associé, la raison sociale fut changée en Kunheim und C°; Wagenmann se relira après trois années, et à partir de 1848 L. Kunheim devint l’unique propriétaire de l’usine. Après avoir surmonté les grandes difficultés des années 1847—1848, l’usine prit un essor rapide. En 1865 , le docteur Hugo Kunheim, fils unique du docteur Louis Kunheim, entra dans l’affaire de son père; Louis Kunheim mourut le 7 juin 1878. Pendant près de vingt ans, Hugo Kulmeiin dirige seul la maison, secondé par le commerçant Ernst Wartenberg, son associé de 1868-1878. Depuis le décès de Hugo Kunheim, le q3 mars 1897, l’établissement est dirigé par d’anciens employés de la maison, sous la surveillance de plusieurs conseillers, choisis par feu Kunheim lui-même parmi ses héritiers et amis.
- Le premier progrès important de la fabrique date de l’année 1844, où Ton commença à construire la première chambre de plomb et à poser ainsi les jalons pour le développement futur. Après la fabrication de l’acide sulfurique, on entreprit celle du sulfate de soude, de l’acide chlorhydrique et du carbonate de soude d’après le procédé Leblanc. On essaya en même temps de rendre plus avantageuse la fabrication du carbonate de potassium d’après la méthode de Groussillier. Immédiatement après la publication du procédé Deacon pour la production de chlore, l’usine Kunheim fut une des premières, en Allemagne, à se servir de ce procédé, et ses essais continuels lui permirent de se créer un outillage tout à fait spécial. L’u-ine a été aussi la première h produire en grand, en 1883 après l’achat du brevet Raydt, de l’acide carbonique liquéfié qui fut rapidement adopté dans la fabrication des eaux minérales et pour la pression de la bière.
- La fabrique Kunheim était située pendant cinquante ans sur le Kreuzberg à Berlin; en 1870 Hugo Kunheim acheta à INiederschôneweide des terrains très bien situés sur la Sprée et à proximité du chemin de fer. O11 y construisit d’abord la fabrique d’acide sulfurique, puis celle du sulfate d’ammoniaque, et enfin, en i883, on installa toute l’exploitation à INiederschôneweide.
- L’acide oxalique et ses sels, le carbonate de potasse et le carbure de calcium sont produits dans la succursale de Grube lise en Basse-Lusace.
- MM. E. Mattiœs et Weber. — Siège de la maison à Duisbourg-sur-Rhin.— Associés : M. Julius Weber et la maison Fr. Curtius, représentée par ses associés : MM. Friedrich Curtius-Nohl et Richard Curtius.
- Deux fabriques à Duisbourg avec un personnel de 200 ouvriers.
- Matières premières employées : pyrites, sel, charbon, chaux, calcaire et ammoniaque.
- Produits fabriqués : sel de soude, cristaux de soude, soude caustique, sulfate de soude, acide chlorhydrique.
- Onze chaudières de 1,620 HP et 33 machines à vapeur de 620 HP fonctionnent constamment. L’usine possède un certain nombre de wagons et des embranchements avec les lignes de l’Etat qui mettent Duisbourg en communication avec l’Allemagne et l’étranger. La situation de Duisbourg sur le Rhin est également favorable au transport par eau, car des vapeurs directs vont de là à Anvers, Rotterdam, Amsterdam, Hambourg, Londres et aux ports de la Baltique. L’intérieur des fabriques est desservi par des lignes à voie normale et à voie étroite.
- L’usine met gratuitement à la disposition de ses ouvriers un bâtiment, dans lequel sont installés un grand réfectoire et plusieurs salles de bain.
- Les établissements de E. Matlhes et Weber ont été fondés, en 1837, à Duisbourg par la maison Fricdr. Curtius et MM. Matthieu Elie Matlhes et Cari August Weber.
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- Après vingt-cinq années d’existence, on a ajouté à ia fabrique primitive une seconde usine, beau coup plus importante, dans laquelle on a transporté, peu à peu, l’ancienne fabrication. Plus tard, le procédé de la soude à l’ammoniaque fit une telle concurrence au système Leblanc utilisé exclusivement parla société, qu’elle se décida à construire, sur un autre grand terrain, une fabrique do soude à P; mmoniaque.
- Nitritfabrik Goldschmidt ind Co. — Siège delà maison à Coepenick, près Berlin.— Propriétaires : Mi\I. le docteur M. Goldschmidt, le docteur M. Hamel, le docteur F. v. Liebermann, le docteur W. v. Liebermann, L. Michaelis.
- La fabrique est située à Coepenick, près Berlin.
- Les matières premières employées par la société sont : le salpêtre, la soude et le coke.
- Les produits fabriqués sont : les formiates, l’acide formique et le nitrite de sodium.
- L’exportation de ces produits a lieu principalement en Angleterre.
- La fabrique dispose pour son exploitation de 2 chaudières de 120 IIP. Elle est reliée à la Spréc par un canal navigable. Son transport intérieur est desservi par un chemin de fer à voie étroite.
- La fabrication de tous les produits de l’usine se fait d’après les procédés brevetés et trouvés par un des propriétaires, M. le docteur M. Goldschmidt.
- La société possède, en dehors de ses brevets allemands, encore plusieurs brevets étrangers.
- La fabrique a été fondée en 18()7.
- M. Gustav Rhodius. — Siège de la maison à Burgbrohl (province rhénane). Propriétaires : MM. Gustav Rhodius et le I)1' Hans Andreae.
- L’usine est située à Buchliolzormühle, commune de Nieder-Obcr-Weiler, près Burgbrohl.
- Les deux propriétaires s’occupent de la marche technique et commerciale de l’usine qui occupe 1 contremaître et 5o ouvriers.
- Les matières premières sont : la soude calcinée à 98-99 p. 100, la potasse à 96-98 p. 100, la dolomie calcinée et la magnésite.
- Les produits fabriqués sont : le bicarbonate de sodium du Codex allemand, le bicarbonate de sodium pur et chimiquement pur, le carbonate de sodium cristallisé dépuré et chimiquement pur, le carbonate de sodium desséché chimiquement pur, le carbonate de potassium pur et chimiquement pur, la magnésie calcinée, le carbonate de magnésie en briques et en poudre très légère.
- L’exportation des produits de la maison a lieu en France, en Italie, en Angleterre, au Japon et aux Etats-Unis.
- Le matériel de l’usine comprend notamment : 2 chaudières de 60 IIP, 4 machines à vapeur, diverses pompes à vapeur, des filtres-presse, 2 essoreuses, 1 roue hydraulique de 45 IIP.
- La maison a trouvé et a effectué la première, sur des masses considérables, la transformation de la potasse et de la soude brute en carbonate et bicarbonate pharmaceutiques, chimiquement purs, au moyen de l’acide carbonique naturel, ainsi que la fabrication du carbonate de magnésie et de la magnésie calcinée.
- La fabrique a été fondée par Gustav Rhodius, en 1867. Elle utilise l’acide carbonique naturel qui s’échappe des sources et des puits de forage et qui, grâce à sa grande pureté, permet d’obtenir des sels absolument purs. En 1882, M. le docteur Andreae est entré comme associé dans la maison.
- Les débuts de l’usine furent modestes; elle s’occupait alors de la fabrication du bicarbonate de sodium et de la potasse pure, pour l’industrie du verre, puis elle augmenta progressivement d’importance pour arriver à son développement actuel, par l’adjonction successive de celle de produits ana-
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- logues. L’usine produit notamment, en grande quantité', les carbonate et bicarbonate de potassium et de sodium, pharmaceutiques et chimiquement purs.
- Depuis dix ans environ, la préparation des composés de magnésium est l’objet d’une attention toute spéciale. Elle emploie annuellement environ 3oo tonnes de soude calcinée à 98-99 p. 100; 25o tonnes de potasse calcinée à 96-97 p. 100 et 180 tonnes de magnésite calcinée et de dolomie.
- Salzwerk Heilbronn. — Société anonyme par actions, au capital de 3 millions de marcs. — Siège de la société à Heilbronn. — Directeur : M. Th. Lichtenberger, Commercienratli; fondé de pouvoir : M. Jul. Molir; ingénieur en chef: Th. Lichtenberger, Bergassessor.
- L’usine se trouve à Heilbronn; le personnel se compose de 2 techniciens, 2 ingénieurs, 8 employés de commerce et 3oo ouvriers.
- Les produits de l’exploitation sont : i° sel gemme (sel égrugé, sel cristallin, sel gros grain, demi-gros et fin); 20 sel de cuisine (gros, demi-gros, demi-fin et fin). Ces produits sont blancs ou déna-t tirés à l’oxyde de fer, à la poudre d’absinthe, au pétrole, à la poudre de savon, à la suie, à la pyrolusile, à la poussière de charbon ou au bisulfate.
- La société exporte ses produits en Suisse et en Hollande.
- l\ chaudières à vapeur d’ensemble hoo HP et \k machines à vapeur de 5qo HP sont en activité. L’usine est reliée au chemin de fer par une voie de raccordement dont le service est fait par ses propres locomotives. Les expéditions s’effectuent aussi par le Neckar sur lequel la société possède un port avec canal d’entrée. A l’intérieur de l’usine se trouve une voie ferrée à écartement normal.
- La société a établi près de l’usine des cités ouvrières avec des dépendances de jardins et de champs à cultiver. A la fin de l'exercice de chaque année elle accorde h ses ouvriers des primes en argent, variant selon le nombre de leurs années de service, et elle consacre en plus, chaque année, une somme importante à une caisse de pensions et de secours. Elle avance aussi, en cas de besoin, h des ouvriers des prêts d’argent sans intérêts et leur cède du combustible et d’autres matériaux au prix coûtant La société par actions Salzwerk Heilbronn a été fondée en novembre 1883 dans le but d’exploiter les gisements de sel que la ville de Heilbronn avait trouvés, h la suite de forages exécutés, dès l’année 1880, sur l’instigation de M. Th. Lichtenberger, membre du conseil municipal, et dont elle avait pris possession. M. Lichtenberger entra comme directeur dans la nouvelle société et la ville rcsli intéressée à l’entreprise, en ce sens qu’elle touche une certaine part de l’excédent qui reste après la répartition d’au moins 6 p. 100 de dividende aux actionnaires.
- Depuis l’année 1890 - 189A, les dividendes ont été régulièrement de 10 p. 100 et les sommes échues à la ville dépassaient ûo,ooo marcs par an. Pareille somme est versée dans un fonds d’amortissement qui servira à indemniser les actionnaires, quand après une période de quatre-vingt-dix-neuf années, suivant les stipulations du contrat, l’usine rentrera, sans frais, en la possession de la ville.
- Sauerstoff-Fabrik Berlin. à Berlin. — Directeur Tegelerstrasse, i5.
- — Société à responsabilité limitée. -: M. le docteur Ludwig Michaelis.
- Siège de la société
- Usi
- ne a
- Berlin,
- La société s’est vouée à la fabrication de gaz comprimés; jusqu’à présent, elle prépare et met en vente les gaz suivants qui sont comprimés à une pression de 100 à 110 atmosphères :
- Oxygène séparé, à l’état pur, de l’air atmosphérique par l’oxyde de baryum. Ce gaz est utilisé
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- dans les laboratoires de chimie de toute l’Allemagne pour la production des températures très élevées au moyen de chalumeaux oxhydriques, pour des projections avec la lumière de Drummond, pour des signaux optiques, etc. Les médecins s’intéressent vivement aux emplois thérapeutiques de l’oxygène depuis que plusieurs recherches, faites dans les hôpitaux, ont démontré, avec certitude, l’excellence de ce remède.
- Hydrogène préparé par l’électrolyse.
- Azote pur; ce gaz est employé principalement dans les laboratoires de physique et de chimie et est actuellement indispensable dans la fabrication des thermomètres de précision.
- Protoxyde d’azote (ou gaz hilarant); ce gaz est utilisé par les dentistes pour les narcoses.
- Le procédé inventé par Boussingault, en 1851, pour la séparation de l’oxygène de l’air, ne réalisa pas les espérances qu’on avait fondées sur lui, car, après peu de temps, l’oxyde de baryum devenait passif. Les causes de cet inconvénient furent éclaircies, en 188A, par les frères Brin; après la prise des brevets pour l’amélioration delà fabrication de l’oxygène, on fonda la première fabrique à Londres, en 1886. M. le docteur Theodor Elkan prit la concession pour l’exploitation du procédé en Allemagne. On créa, en 1890, une fabrique à Berlin sous le nom de Snuerslojffnbrilc Doletor Theodor Elkan qui a été transformée, en 1899, en la société à responsahilitée limitée actuelle. Peu après la première installation de l’usine, on fit une série de perfectionnements aux appareils qui, jusqu’à présent, ont donné toute satisfaction et ont permis de transformer presque tou te l’exploitation de l’usine, en une fabrication automatique. Lorsque, plus tard, la maison entreprit la production de l’hydrogène comprimé, elle adopta une disposition spéciale d’appareils qui consistait à munir les bombes à oxygène de pas de vis allant de droite à gauche, et celles à hydrogène de pas de vis allant de gauche à droite, de façon à éviter une confusion et par suite des accidents.
- Stassfurter Chemisüue Farrik vorm. Vorster und Grünrerg. — Société anonyme par actions au capital de 3 millions de marcs. — Siège social à Stassfurt. — Directeur général : AI. le docteur B. Bernhardi; directeurs : A1AL Otto Holtz, le docteur S. Zuckschwerdt, le docteur F. AAL Dupré.
- La fabrique est située à Stassfurt; elle comprend 3 usines.
- Le personnel se compose de : 4 directeurs, 5 chimistes, 8 employés de laboratoire, 11 employés de bureau et 45o contremaîtres et ouvriers.
- Les matières premières sont : les sels de potasse bruts et divers autres gros produits.
- On fabrique tous les produits qui se rattachent à l'exploitation des usines de sels potassiques, notamment : chlorure de potassium, sulfate de potassium, kiesérite, sulfate de magnésium, brome, chlorure de magnésium, sels pour engrais, acide sulfurique, cyanure de potassium, cyanate de potassium, lesprussiales de potassium, urée, acide oxalique et sels; Sykorinc (imide de l’acide sulfo-benzoïque).
- L’exportation de ces produits a lieu dans tous les Etats européens et dans nombre de pays d'outre-mer.
- Parmi le matériel se trouvent : 17 chaudières à vapeur d’une surface de chauffe d’environ i,5oo m2 et i3 machines à vapeur de 45o HP. Dans l’intérieur des usines, il existe des voies ferrées pour faciliter le transport des matériaux; la société possède encore plusieurs wagons spéciaux pour le transport de ses produits, et l’usine est raccordée par un embranchement spécial à la ligne du chemin de fer de l’État.
- Les innovations de la société consistent dans les produits suivants : chlorure de potassium extrait de la carnallite, d'après un procédé employé encore actuellement; sulfate double de potasse et magnésie , sulfate de magnésium et chlorure de magnésium ; cyanure de potassium et ses produits secondaires obtenus d’après un procédé synthétique.
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- La société possède plusieurs brevets d’invention, allemands et étrangers.
- Dans l’intérêt de son personnel, la société a formé, il y a quelques années, un fonds pour une caisse de secours qu’elle subventionne, chaque année, par une dotation spéciale.
- La société anonyme par actions a été fondée, en 1871, avec un capital de 1,590,000 marcs. En 1881, on agrandit l’entreprise par l’achat d’une usine située à Slassfurt, appartenant à la maison Joseph Townsend, à Glasgow. En 1883, la société participa aux mines de sels potassiques appelés GcwcrJcscJuft Ludwig II, et, à cette occasion, le capital fut porté à 3,000,000 marcs. De 1890à 1898, on construisit successivement plusieurs usines, notamment, en 1890, une usine pour la fabrication de l’acide sulfurique, en 1893, pour le cyanure de potassium, en 1898, pour l’acide oxalique et la Sykorine. Le nombre des ouvriers, qui était au début de 100, a été augmenté dans ces années jusqu’à 65o.
- Verkaufsyndikat der Kaliwerke Stassfurt.
- Le syndicat se compose des maisons suivantes :
- 1. Kôniglichc Berginspection Stassfurt (Inspection royale des mines de Stassfurt). — Puits de mines et fabriques à Stassfurt, Loederbourg, Thartun; stations : Stassfurt et Egeln.
- 2. Ilerzoglich Anhaltische SalzwerJcsdirection (direction ducale des mines de sels du duché d’An-halt). — Siège : Leopoldshall, près Stassfurt; puits de mines à Lcopoldshall, Friedrichshall, Güsten, Naundorf; station : Stassfurt.
- 3. Consolidirte AlJcaliwerJce, ActiengeseUschaft fur Bergbau und chemische Industrie (société anonyme par actions pour l’exploitation des mines et pour l’industrie chimique). — Siège : Wesleregeln; puits de mines et fabriques à Westeregeln et Thartun; station : Egeln.
- U. Salzbergwerk Neu-Stassfurt. — Siège : Loederbourg, près Stassfurt; puits de mines et fabriques à Loederbourg, près Slassfurt, et àBitterfeld; stations : Stassfurt et Bitterfèld.
- 5. GewerJcschaft Ludwig IL — Siège : Slassfurt; puits de mines : Stassfurt.
- 6. Kaliwerke Aschersleben, société anonyme par actions. — Siège : Aschersleben ; puits de mines et fabriques à Aschersleben, Schmidlmannshall et Gr.-Schierstedt.
- 7. Vienenburger Kalisalzwerh der GewerJcschaft Hercynia. — Siège: Vienenbourg; puits et mines à Vienenbourg et Langelsheim; station : Vienenbourg.
- 8. Deutsche Solvaywcrlce, société anonyme par actions. — Siège: Bernbourg-sur-Saale; puits et fabriques à Bernbourg, Roscliwilz, Ploemnitz, Osternienbourg, Saaralbe en Lorraine et Wylder dans le grand-duché de Bade. Toutes les fabriques sont raccordées par des embranchements spéciaux avec les stations correspondantes.
- 9. Actiengesellschafl Thicderhall. —Siège : Tliiede dans le duché de Brunsivick; puits et fabrique à Thiede ; station : Tliiede.
- 10. GewerJcschaft Wilhchnshall. — Siège : Anderbeck; puits et fabrique à Anderbeck; station : Anderbeck.
- 11. GewerJcschaft GlncJcauf — Siège : Sonderhausen ; puits et fabrique à Stockhausen: station : Kl.-Furra.
- 12. GewerJcscJiaft Ilcdwigsburg. — Siège : Neindorf, près Hedwigsbourg; puits à Neindorf; station : Wendessen.
- 13. Chemische FabriJc Kallc, société à responsabilité limitée. — Siège : Cologne; fabrique à Leopoldshall; station : Stassfurt.
- 1 h. GewerJcscJiaft Burbach. — Siège : Beendorf, près Helmstedt; puits à Beendorf; station : Marienborn.
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- 15. Fr. Millier chem. Fabrik. — Siège : Eisleben; fabriques à Leopoldshall el à Neugliick, près Eisleben; slation : Stassfurt.
- 15. Chemische Fabriken Ilarburg-Slassfurl vorm. Thorl und Heydtmann, société anonyme par actions.— Siège : Harbourg-sur-EIbe-, fabrique à Stassfurt; station : Stassfurt.
- 17. Stassfurter chem. Fabrik vorm. Vorster und Griinberg. — Siège : Stassfurt; exploitations à Stassfurt, en 3 usines différentes; slation : Stassfurt.
- 18. Vereinigte chemische Fabriken zu Leopoldshall, société anonyme par actions. —Siège : Lco-poldshall, près Stassfurt; fabriques à Leopoldshall et Gr.-Mühlingen; station : Stassfurt.
- 19. Goncordia, chemische Fabrik auf Action. — Siège : Leopoldshall, près Stassfurt; fabrique à Leopoldshall; station : Stassfurt.
- 20. Maigaltcr Gren et C". — Siège : Leopoldshall; fabrique à Leopoldshall; station : Stassfurt.
- 21. Beit et C'c. — Siège : Hambourg; fabrique? à Stassfurt el Hambourg; stations : Stassfurt et Hambourg.
- Le personnel de toutes ces fabriques se compose de 818 employés (techniciens et commerçants) et de 15,570 ouvriers.
- Les produits extraits des mines par les maisons énumérées plus haut, el les matières premières les plus importantes pour leurs fabrications sont: la carnallite, la kaïnile, le Hartsalz, la sylvite, le boracit1, le sel gemme et les eaux salines.
- Les fabriques préparent les produits suivants : chlorure de potassium, sulfate de potassium, sulfate double de potasse et magnésie, kiesérite, sels potassiques pour engrais de toutes sortes, magnésie, brome, acide chlorhydrique, chlorure de chaux, chlorate de potassium, carbonate de potasse, carbonate double de potasse et magnésie, potasse caustique liquide, sel de soude à l’ammoniaque, cristaux de soude, soude caustique, bicarbonate de soude, ammoniaque liquéfiée, sel ammoniac, ammoniaque liquide, bichromate de potassium, sel de cuisine, bromure de fer, benzène, sulfate de magnésie, potasse caustique, alun de rubidium, sels pour bains, cyanure de potassium, cyanate de potassium, prussiates, urée, acide oxalique, oxalales, Sykorine (imide de l’acide sulfobenzoïque), sel de Glauber, sulfure de sodium, hyposulfite de soude, nitrate de potassium raffiné, phosphate de potassium, phosphate de sodium, silicate de potasse, alun de césium, chlorure de magnésium, hydrate de magnésie, sulfocyanure de potassium, acide perchlorique, acide sulfurique, hydrogène, sulfate d’alumine.
- L’exportation de ces produits est très importante, elle a lieu dans tous les pays d’Europe et dans beaucoup de pays exotiques.
- Les fabriques emploient en tout 513 chaudières à vapeur de 53,25o HP et 788 machines à vapeur différentes avec un total de 47/120 HP. Les établissements sont tous reliés, directement, au réseau des chemins de fer et disposent de raccordements particuliers à voie normale. Une partie d’entre eux possède aussi des wagons spéciaux et des locomotives.
- Les nouveautés introduites dans les fabriques sont : i°la préparation du chlorure de potassium, du chlorure de magnésium, de la kiesérite, du sulfate de magnésie et de l’alun de rubidium, au moyen de la carnallite et de la sylvinite; 20 la préparation du sulfate de potasse el magnésie, et du sulfate dépotasse, en partant de la kainite; 3° le traitement des eaux mères de la fabrication du chlorure de potassium pour la préparation de l’acide chlorhydrique, du chlorure de magnésium et du brome; 4° la transformation des déchets de la fabrication du chlorure de potassium en sels de Glauber (sulfate de soude); 5° carbonate de potasse d’après le procédé à la magnésie d’Engel, brevet français i4o427 et brevet allemand i52i8; 6° brome, par l’électrolyse; 70 cyanure de potassium et produits secondaires, par synthèse.
- M. le directeur docteur Heinrich Prédit s’est particulièrement distingué par ses études de procédés techniques pour la fabrication de l’acide chlorhydrique, du chlore et de la magnésie au moyen des
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- eaux mères du chlorure de mag.iésium; c’est à lui que revient encore le mérité d’avoir introduit et approprie' à l’industrie l’invention du chimiste français Charles-Rodolphe Engel, concernant la préparation du carbonate de potasse d’après le procédé à la magnésie.
- Des dispositions spéciales ont été prises, en dehors de celles qui sont obligatoires, pour assurer le bien-être des employés et des ouvriers. On a créé, pour les employés : des casinos, des caisses de secours mutuels, des caisses d’épargne et d’assurance sur la vie, subventionnées par l’administration des sociétés et, pour les ouvriers : des installations de bains situés dans les établissements mêmes, des cuisines pour faire le café, des maisons d’habitation, des coopératives de consommation, des caisses de secours mutuels, des réfectoires, des cités ouvrières, des écoles pour les enfants des ouvriers, des voitures destinées à apporter aux ouvriers, sur le lieu du travail, leur repas de midi, des fonds de secours, etc. En outre, on loue aux ouvriers, à très bon compte, des champs et des prairies: en cas de maladie, ils sont soignés par des religieuses garde-malades, auxquelles on alloue dans ce but une subvention spéciale. On procure aux ouvriers à bon marché le chauffage et les vivres (par achat en gros et vente au prix d’achat) et on les encourage par des primes à construire des maisons d’habitation; les soins donnés aux malades sont plus étendus que ceux des prescriptions légales et le choix des médecins est libre. Enfin, les intérêts des ouvriers sont représentés d’une manière effective devant l’administration des sociétés par la formation de commissions libres, formées des plus anciens ouvriers élus par leurs camarades.
- L’entreprise la plus ancienne de l’industrie des sels de potasse, la mine fiscale prussienne des sels de Stassfurt, a été établie sur une saline qui appartenait d’abord au duc d’Anhalt et qui fut vendue plus tard (en 1797) au fisc prussien. Après avoir établi par des sondages, en 1843, la présence d’un puissant gisement de sel gemme à la profondeur de 2 56 mètres, on commença, en 1852, le percement des deux puits les plus anciens, le puits Manteuffel et le puits Von der Heydt.
- En 1857, le fisc d’Anhalt fit aussi ouvrir un puits à Léopoldshall.
- Voici, ci-dessous, la liste chronologique des autres exploitations minières qui ont été créées et qui disposent maintenant, pour la plupart, comme 011 l’a vu plus haut, de plusieurs puits :
- 1871. Consolidirle Alkaliwerke, à Wesleregeln (fabrique 1875).
- 1877. Salzbergwerk Neustassfurt, à Stassfurt (fabrique 1882).
- 1881. Gewerkschaft Ludwig II, à Stassfurt.
- 1882. Kaliwerke Aschersleben, à Aschersleben (fabrique 1883)-
- 1884. Gewerkschafl «Hercynia», à Vienenbourg (fabriques 1888 et 1894.
- 1885. Deutsche Solvaywerke, société anonyme par actions, à Bernbourg.
- 1885. Actiengesellschaft Thiederhall, à Thiede (fabrique 1891).
- 1887. Gewerkschaft WilhelmshaH, à Anderbeck (fabrique i8g3).
- 1893. Gewerkschaft Glückauf, à Sonderhausen (fabrique 1897).
- 1895. Gewerkschaft Hedwigsbourg, à Webdessen.
- 1897. Gewerkschaft Burbacb, à Becndorf.
- En dehors des fabriques de produits chimiques que possèdent la plus grande partie des sociétés déjà citées, les sels de potasse sont encore traités dans de nombreuses fabriques spéciales portées par ordre d’ancienneté sur l’énumération suivante :
- 1861. Chemische Fabrik Kalk, à Léopoldshall.
- 1862. F. Millier, chemische Fabrik, à Léopoldshall.
- 1870. Chemische Fabriken Harburg-Stassfurt vorm. Thoere und Heydtmann, à Harbouig
- et Stassfurt.
- 1871. Stassfurter chemische Fabrik vorm. Vorster und Grünberg, à Stassfurt.
- 1872. Vereinigte chemische Fabriken zu Léopoldshall, à Léopoldshall.
- 1872. Concordia, chemische Fabrik auf Action, à Léopoldshall.
- 1872. Maigatter Gren und G0, fabrique de produits chimiques, à Léopoldshall.
- 1876 et 1881. Beit und C°, fabrique de produits chimiques, à Stassfurt.
- Un. XIV. —Cl. 87.— T. 1. 6
- iupiuueiue nationale.
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- 82 EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Les quantités de sels extraits chaque année des mines de potasse, sont données dans le tableau suivant :
- ANNÉES. SEL GEMME. SEL DE CUISINE. SELS DE POTASSE.
- CARNALLITE. KAÏNITE ET SYLVINE.
- tonnes. tonnes. tonnes.
- 1861.... 4o,3i4 6 2,293 0 //
- 1865 45,027 4 87,745 7 1,313 9
- 1870 52,018 3 268,296 3 2o,3oo 8
- 1875 77,705 5 498,7/12 0 2/1,1 a3 8
- 1880 118,170 9 529,1 o4 9 189,490 8
- 1885 212,082 1 666,679 h 279,369 5
- 1890 302,205 2 845/177 0 433,787 5
- 1895 2 5 9/12 A 1 785.956 3 7/10,629 3
- 1898 291,591 O 998,4/12 6 1,21/1,885 8
- 1899 310,377 5 i,3ao,oi3 9 1,163,848 4
- En 1898, on a extrait tout près de 3oo,ooo tonnes de sel gemme et 2,200,000 tonnes de sels de potasse, auxquels s’ajoutent encore environ 200 tonnes de boracite qui se trouve sous forme de poches dans les gisements de carnallite, et qui sert à la fabrication du borax et d’autres dérivés de l’acide borique.
- CLASSIFICATION DES SELS BRUTS DE POTASSE SELON LEUR EMPLOI.
- CARNALLITE ET KIESÉRITE. KAÏNITE ET SYLVINE
- (y compris 1 e hartsaiz et la schoemte).
- ANNÉES. UTILISATION UTILISATION UTILISATION UTILISATION
- EN AGRICULTURE. pour EN AGRICULTURE. pour
- LA PRODUCTION LA PRODUCTION
- Étranger. de sels " r de sels
- Allemagne. concentres. Allemagne. Etranger. concentres.
- tonnes. tonnes. tonnes. tonnes. tonnes. tonnes.
- 1880 4,137 3 62/1,967 6 23,768 6 103,749 2 11,973 0
- 1885 .. *8,987 9 637,691 3 50,870 1 143,517 9 77,9815
- 1890 3/1,57/1 O 373 1 810,529 9 178,031 1 126,98/1 3 128,7721
- 1895 50,028 3 3,836 4 781,581 6 436,922 5 190,731 6 117,975 2
- 1898 60,793 1 7,188 7 925/160 8 722,11 5 î 334,i 11 0 158,669 7
- 1899 58,677 2 4,6i0 7 1,256,72g 6 717,637 2 314,869 2 1 3i,3/12 0
- PRODUCTION TOTALE DE SELS CONCENTRES DE POTASSE ET DE SELS DE MAGNESIE
- (fabrication)
- ANNÉES. CHLORURE de POTASSIUM a 80 p. 100. SULFATE de POTASSE à 90 p. 100. SULFATE DOUBLE CALCINE de potasse et de magnésie h /18 p. 100. SULFATE DOUBLE CRISTALLISE de potasse et de magnésie h ho p. 100. SELS de POTASSE pour ENGRAIS. KIESÉRITE F.N BLOCS et KIESÉRITE CALCINE.
- tonnes. tonnes. tonnes. tonnes. tonnes. tonnes.
- 1885 10/1,000 0 4,000 0 9,000 0 45o 0 8,4oo 0 i8,5oo 0
- 1890 1 34,75q Ç) 13,839 3 1 o,83o 2 9°7 3 17,619 8 3a,oo4 8
- 1895 145,027 4 i3/io3 2 8,248 7 897 6 19,724 3 25,257 0
- 1898 174,379 8 17,781 4 io,535 3 9l3 9 24,284 3 20,662 6
- 1899 180,672 O 2 4,655 8 8,459 0 578 9 7°,915 7 28,475 8
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- AUTRICHE.
- Comme celui d’Allemagne, le commissariat général d’Autriche a publié, sous la haute direction du président du comité du Groupe XIV, M. le professeur docteur Alexandre Rauer, conseiller aulique, un volume très judicieusement ordonné et fort bien présenté sur la participation de l’Autriche aux progrès accomplis au xixe siècle dans les différentes branches de l’industrie chimique.
- Ce volume renferme des renseignements précieux, non seulement pour la part qu’ont prise les hommes de science et les techniciens de l’Autriche aux progrès de la chimie et de ses applications, mais encore pour l’histoire de la science chimique.
- Le cadre trop étroit de ce rapport ne nous permet point de reproduire tous ces documents , mais nous ne saurions trop en recommander la lecture à ceux que l’évolution de l’industrie intéresse.
- La rédaction de ce travail a été confiée à des spécialistes et comprend les monographies suivantes :
- i° Industrie chimique des produits inorganiques, par M. Edouard Donath, professeur à l’école technique supérieure, à Brünn (Moravie);
- 2° Les couleurs minérales, par M. le docteur Edouard Priwosnik, conseiller aulique imp. roy., directeur général des essais à la Monnaie, à Vienne;
- 3° Fabrication de l’acide sulfurique (^fumant) dit de Nordhausen et du colcothar fapul mortuum), par M. Georges Hattensauer, chimiste des essais à la Monnaie imp. roy.. Vienne ;
- A° Préparation de produits chimiques d’éléments rares, par M. Georges Hattensauer;
- 5° Distillation par voie sèche, paraffine, bitume, par M. le docteur Alexandre Bauer, conseiller aulique imp. roy., professeur à l’école technique supérieure de Vienne;
- 6° Appareils et procédés pour la liquéfaction des gaz, par le même;
- 7° Epuration des eaux d’alimentation et d’écoulement, par M. le professeur Ed. Donath ;
- 8° Les corps gras. Fabrication de la stéarine et de la glycérine, par M. Jean-F. Wolf-hauer, professeur adjoint à la station expérimentale imp. roy. de chimie agricole.
- Ges différentes monographies sont suivies de trois autres, rédigées au même point de vue historique, sur la fabrication du papier, le tannage et l’industrie des cuirs, les allumettes et le phosphore rouge (amorphe), et le volume se termine par un chapitre sur la situation économique des industries chimiques et de la fabrication du papier en Autriche, et par quelques données statistiques. Les tableaux que nous reproduisons ci-dessous montrent que les transactions sur les divers produits chimiques vont sans cesse en augmentant depuis dix ans.
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- COMMERCE DES PRODUITS CHIMIQUES.
- IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- florin,. florins.
- 1891........................................... 7,410,370 7,300,496
- 1892 ........................................ 7,283,018 6, -200,028
- 1893 ........................................ 8,973,009 5,o4i,570
- 1894 ........................................ 9,272,256 4,810,609
- 1895 .......................................... 9,m,8o4 3,849,716
- 1896 ........................................ 8,355,470 3,919,975
- 1897 ...................................... io,3o5,82.3 4,644,980
- 1898 ....................................... 10,043,182 4,657,6.89
- 1899 ....................................... 10,944,448 6,068,906
- Les articles les plus importants pour l’importation dans ce groupe sont, pour l’année 1899 seulement :
- PROVENANCE. DÉSIGNATION DES ARTICLES. QUANTITÉS EN QUINTAUX. VALEUR EN FLORINS.
- Chili Salpêtre du Chili. 473,0l5 4,730,15o
- Presque exclusivement de l’Ilalie Soufre sous différentes formes. 234,843 1,019,219
- Pour ta plupart de l’Ilalie, en partie des Etats des Balkans Tartre brui. 2,007 112,334
- Exclusivement de l’Allemagne Chlorure de potassium. 32,63q 293,751
- Allemagne, Russie, Angleterre, Roumanie et Serbie Noir animal (spodium). 23,909 244,45o
- Allemagne et Grande-Bretagne Sulfate de cuivre. 23,455 5o4,5i 7
- Idem Chlorure de chaux. 37,615 282,113
- Les articles d’exportation les plus importants sont, pour l’année 1899 seulement :
- DESTINATION. DÉSIGNATION DES ARTICLES. QUANTITÉS EN QUINTAUX. VALEUR EN FLORINS.
- Pour l’Allemagne et surtout la Roumanie. . . . Acide sulfurique. 370,176 1,008,000
- Allemagne, Russie, Grande-Bretagne, Rou-
- manie, Grèce, Turquie, Italie, etc Potasse. 55,154 798,68°
- Russie, Roumanie, Serbie; dans les derniers
- temps, beaucoup pour l’Italie Soude calcinée. 15,016 78,233
- Allemagne. Sulfate d’ammoniaque. 7.5,6.49 572,585
- Allemagne, Russie, Roumanie, Grande-Bre-
- tagne, Pays-Bas Blanc de zinc. 10,959 202,057
- Ce que nous venons de diresur les produits chimiques se remarque aussi pour les papiers divers dont le commerce va également en augmentant, que l’on considère les importations ou les exportations.
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- La participation de l’Autriche à l’exposition de la Classe 87 a été relativement restreinte si l’on ne considère que le nombre des exposants. Elle ne peut donc pas donner une idée de l’importance de l’industrie chimique de ce grand pays, bien que des maisons de premier ordre, et par leur étendue, et par la belle qualité de leurs produits et aussi par le goût parfait avec lequel elles ont organisé leur exposition, se soient fait représenter.
- Parmi ces maisons, nous citerons pour la grande industrie chimique :
- M. Brosciie (François-Xavier) fils, Reunweg, 9, à Vienne.
- Celte maison fort importante s’occupe surtout de la distillation des alcools, et extrait des résidus la potasse. Sa production annuelle s’élève en alcool, à 12,0,000 hectolitres; en potasse et lessive, à 35,ooo quintaux; en chlorure de potassium, 5,000 quintaux, sulfate dépotasse, 10,000 quintaux; soude, 5,ooo quintaux; malt, i5,ooo, et fuseloel, 3oo quintaux.
- Les usines occupent 35o ouvriers.
- Première fabrique autrichienne pour la fabrication du carbonate de soude, à Hruschau (Silésie).
- Celte fabrique fut fondée en 1851 par Joseph-Marie Miller et Charles Hochstetter. Elle fut dirigée par Charles Hochstetter qui avait déjà fondé une usine de produits chimiques en Moravie pour y préparer le fcrrocyanure de potassium. C’est lui et Miller qui, les premiers, ont introduit en Autriche le procédé de Leblanc pour la fabrication de la soude.
- C’est dans ces usines également qu’Opl, qui en est le directeur, améliora le procédé Schaffner pour l’extraction du soufre des charrées. Ce procédé, breveté en Allemagne, fut à son tour modifié par Opl et de Miller et exécuté en grand dans la fabrique Rhenania par Hasenclever. Le procédé nouveau de Chance est en partie basé sur les travaux d’Opl et de Gossage.
- Déjà, en 1875, Opl a introduit d’heureuses modifications dans la fabrication du chlorure de chaux à haute teneur.
- Cette maison a exposé des sels de soude et les produits ordinaires des fabriques de soude Leblanc.
- Elle a également montré quelques échantillons de sulfures de zinc et de cadmium employés en peinture.
- Société autrichienne de production chimique et métallurgique , à Aussig-sur-l’Elbe (Bohême).
- La création des établissements de cette compagnie remonte à l’année 1857, et la maison compte parmi les plus importantes du continent. Elle est, sans contredit, la société de produits chimiques la plus puissante de l’Autriche.
- La constitution de celte société est due à l’initiative du docteur Christian Giemm, jadis directeur technique des fabriques de produits chimiques de Heilbronn, de Woîgelegen et de ÎNeuschloss. Trouvant les conditions favorables à la création d’usines de produits chimiques en Autriche, il convainquit un certain nombre de capitalistes, parmi lesquels le duc régnant de Schwarzenberg, les ducs d’Auers-perg, de Edmond Clary, le comte Otto Choteck, etc., et la société fut fondée au capital de 5 millions de francs, sous le nom de Erste Osterreiche Actiengesellschaft für die Gewinnung chemischer und metal-lurgischer Producte.
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- Les statuts fie la société furent calqués sur ceux de la Rhenania.
- Une des conditions nécessaires à la réussite des nouveaux établissements étant la suppression des droits d’entrée sur les sels étrangers, elle réussit, à la suite d’une requête à l’empereur d’Autriche, à obtenir l’autorisation, sous quelques réserves, de se fournir de sel étranger sans payer de droits de douane(1).
- La fabrique d’Aussig fut rapidement construite et put, dès fin 1857, commencer la fabrication de l’acide sulfurique. Dirigée d’abord par le docteur Clemm, son fondateur, qui présida à la plupart des installations, elle passa par une crise qui aboutit, en 1859, à la nomination d’un directeur technique spécial, le docteur Max Schaffner, tandis qu’011 confia au docteur Clemm la direction du bureau central à Vienne, qu’il ne tarda pas à quitter.
- A partir de ce moment l’usine prospéra, et, dès 1862, la société put distribuer un dividende de 3 p. 0/0. Elle traversa une nouvelle crise qui dura jusqu’en 1867, époque à laquelle le dividende fut porté à 8 p. 0/0, puis à 10 p. 0/0 en 1868 et 12 p. 0/0 en 1869. Reconnaissant les avantages qu’il y avait pour elle de s’agrandir, la société acheta, en mai 1871, la fabrique de produits chimiques fondée par Adolphe Jordan à Kralup. Celte usine fut reconstruite et placée sous la direction du docteur L. Henkel. En 1873, le docteur Schaffner fut nommé directeur général de la société, tandis que M. Wilhelm Helbig prit la direction technique des usines d’Aussig.
- En 1883 la société fonda, de concert avec la Société Solvay et Clc, de Rruxelles, une soudière à l’ammoniaque à Ebensee, dont la direction échut h M. Louis Wolf.
- En i8g5 une usine du même genre fut créée à Maros-Ujvar (Siebenbürgen), en Hongrie.
- La société possède donc, en résumé, quatre usines :
- Celle ftAussig, qui date de la fondation de la société et qui emploie 2,5oo ouvriers. Superficie: 70 hectares, dont ho couverts par les bâtiments.
- Celle de Kralup, qui occupe 35o ouvriers. Superficie : 8 hect. 5, dont 5 couverts.
- Celle d’Ebensee, avec 3oo ouvriers. Superficie : 20 hectares.
- Celle de Maros-Ujvar, avec 200 ouvriers. Superficie : 22 hectares.
- Soit un total de 3,35o ouvriers.
- Seule, la fabrique d’Aussig emploie comme matières premières 25o,ooo tonnes de charbon, 26,000 tonnes de sel gemme, 20,000 tonnes de calcaire, 25,000 tonnes de pyrites, 10,000 tonnes de salpêtre, 10,000 tonnes de sulfate de baryte, 1,000 tonnes de chlorure de potassium, 1,000 tonnes de minerai de chrome, i,5oo tonnes de minerai de manganèse, etc.
- Elle produit, d’autre part, annuellement 25,000 tonnes de soude, 55,000 tonnes d’acicle chlorhydrique, 5o,ooo tonnes d’acide sulfurique, 5,000 tonnes de chlorure de chaux, etc.
- Elle retire le cuivre de ses résidus de pyrite et livre environ 20,000 tonnes de ses résidus aux hauts fourneaux.
- Elle fabrique encore de grandes quantités d’acide azotique, d’azotate de potasse, d’hyposulfite de soude, de soude caustique, de sulfure de sodium, de chlorure de baryum, du sulfate de cuivre, des chromâtes, du permanganate de potasse, etc.
- Elle possède 200 moteurs d’une force de 2,100 chevaux, 45 chaudières de 2,800 mètres carrés de surface de chauffe: 6 à 8 chimistes sont constamment attachés à l’établissement.
- L'usine de Kralup s’occupe spécialement de la fabrication des cristaux de soude, du bicarbonate de soude, du blanc fixe, des acides minéraux chimiquement purs, ainsi que des superphosphates et des engrais.
- (1) Il n’est peut-être pas inopportun de faire remarquer que c’est à une question de droits sur le sel qu’est, en partie, dû l’insuccès do la tentative de MM. Schlœsing et Rolland dans leur fabrique de soude à l’ammoniaque de Puteaux. Si le fisc avait
- montré un esprit moins étroit, il est probable que c’est à la France que reviendrait l’honneur d’avoir donné le jour au procédé de fabrication de soude à l’ammoniaque.
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- La puissance motrice comprend 19 moteurs et 7 chaudières ayant 35o mètres carrés de surface de chauffe.
- Vusine d’Ebcnsee produit environ 20,000 tonnes de carbonate de soude, dont une partie est transformée en cristaux de soude.
- Sa force motrice utilisée est de 38o chevaux.
- L’wsme de Maros U par (Siebenbürgen) a la même administration générale que celle d’Ebensee et produit 15,ooo tonnes de carbonate de soude.
- On doit de nombreux perfectionnements aux techniciens de l’usine d’Aussig. Indépendamment des améliorations qu’ils ont introduites à l’intérieur des usines, modification des fours à pyrite, des appareils de condensation de l’acide chlorhydrique, ils ont été les premiers à fabriquer du thallium et à tirer parti des résidus de la fabrication de la soude Leblanc. Le procédé primitif de Schaeffner consistant à retirer une partie de soufre des marcs en les traitant par l’acide chlorhydrique et à fondre sous l’eau, sous pression, est classique. En collaboration avec Helbig, il modifia ce procédé en 1877, en traitant le produit de lessivage des marcs par du chlorure de magnésium. Dans ces conditions le sulfure de calcium est décomposé comme s’il était traité par un acide, et on obtient du chlorure de calcium et un précipité d’hydrate de magnésie. Or, Ca Cl2 et Mg0H20 traités par de l’acide carbonique régénèrent du chlorure de magnésium et donnent du carbonate de calcium. L’acide sulfhydrique obtenu est décomposé eu soufre et eau au moyen de l’acide sulfureux.
- Gomme le premier, ce procédé n’a plus qu’un intérêt historique depuis l’application du procédé Chance Claus.
- Parmi les différents produits exposés nous avons remarqué de la potasse, de la soude, du chlorate de potasse et du permanganate de potasse obtenus par voie électrolytique. Les procédés spéciaux employés pour l’électrolyse des chlorures alcalins seront décrits plus loin.
- MM. Wagenmann, Seybel et 0% Reisnerstrasse, 5o, à Vienne, et à Liesing.
- L’usine de cette compagnie a été fondée en 1828 par le docteur G. Wagenmann, pour mettre en œuvre son procédé de fabrication rapide du vinaigre. Il s’associa son gendre, M. Emile Seybel, en 1845. La raison sociale de la maison devint alors Wagenmann, Seybel et Gie. Pendant les premières années on s’occupa de la fabrication du vinaigre, des acétates et d’un certain nombre de produits pour les impressions; ce n’est qu’en 18/12 qu’on érigea des chambres de plomb pour la fabrication de l’acide sulfurique, des sulfates de soude, de cuivre, de fer, de zinc, etc. Gette fabrication eut pour conséquence celle des acides chlorhydrique, azotique, ainsi que la préparation des azotates de plomb, d’ammoniaque et du sel d’étain, qui fut bientôt suivie de la production des sels d’alumine et de l’alun.
- Une autre spécialité de la maison, depuis quarante ans, est la fabrication de l’acide tartrique au moyen des tartres et des lies de vin, fabrication qui fut introduite en Autriche par M. Seybel (Émile).
- En 1857, la maison fonda à Chraubath, dans le Steiermark, une usine pour le traitement des minerais chromés et, en i856, elle entreprit la fabrication des silicates de soude et dépotasse.
- En 1880, M. E. Seybel se retira et laissa la direction de ses usines à ses trois fils, qui modifièrent la préparation des sels d’alumine en employant la bauxite, se mirent à fabriquer, d’après un procédé breveté, du carbonate et de l’azotate d’ammoniaque, et tirèrent enfin parti des masses d’épuration de6 gaz pour faire des cyanures.
- Les usines de Liesing disposent de 89,/ioo mètres carrés de terrain, dont 52,000 sont couverts par les bâtiments.
- La force disponible est de 2/io chevaux et les chaudières ont une surface de chauffe de 1,680 mètres carrés.
- Le personnel se compose de 500 ouvriers, et la production annuelle en acide sulfurique anglais
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- atteint i5,ooo tonnes, en acide azotique à 4o degre's Baumé, 1,200 tonnes, en acide chlorhydrique à 22 degrés Baumé, 2,000 tonnes, sulfate de soude calciné, 2,500 tonnes, sulfate d’ammoniaque, i,5oo tonnes, carbonate de soude en cristaux, 1,200 tonnes, acidetartrique, 600 tonnes, soude caustique, 5oo tonnes, sel d’étain, 25o tonnes, 5,000 tonnes engrais, etc.
- L’usine possède en outre des installations spéciales pour faire la poterie en grès (cruches, bonbonnes, conduites) qui est nécessaire à ses différentes opérations.
- BELGIQUE.
- Comme toutes les autres branches de l’activité industrielle, celle concernant la production chimique a pris, en Belgique, un développement considérable dans ces dernières années. Les gros produits surtout, comme les acides sulfurique, chlorhydrique, azotique, le chlorure de chaux, les sels de soude, le sulfate d’alumine, l’alun, les superphosphates, etc., ont vu leur production augmenter dans des proportions parfois extraordinaires.
- Qu’on en juge, d’ailleurs, par les chiffres que l’exportation des produits chimiques belges a atteints pendant la période 1889-1898.
- En fait de sels de soude on a exporté :
- QUANTITÉS. QUANTITÉS.
- tonnes. tonnes.
- 1889 42,109 1894 44,677
- 1890 36,3oo 1895 55,089
- 1891 37,244 1896 42,856
- 1892 34,354 1897 59,054
- 1893 38,668 1898 6o,4io
- Quant aux autres produits chimiques, leur exportation est évaluée dans leur ensemble aux sommes ci-après, pour la même période :
- VALEUR.
- francs.
- 1889 .................. 21,808,000
- 1890 .................. 23,780,000
- 1891 .................. 22,912.000
- 1892 .................. 29,047,000
- 1893 .................. 29,579,000
- VALEUR.
- francs.
- 1894 .............. 31,180,000
- 1895 ................. 27,780,000
- 1896 ................. 34,097,000
- 1897 ................. 36,i8i,ooo
- 1898 ................. 36,5o4,ooo
- Il n’y a aucun doute, la progression est manifestement ascendante.
- Si nous passons maintenant aux articles les plus importants, comme l’acide sulfurique pâr exemple, nous constatons que sa production qui était d’environ 6oà 70,000 tonnes par an est, à l’heure actuelle, de 250,000 tonnes.
- « Cette énorme production a surtout été provoquée par l’obligation ou se sont trouvées les usines à zinc de condenser — pour éviter les dommages causés aux riverains — les
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- vapeurs d’acide sulfureux provenant du grillage des minerais utilisés en grandes quantités dans leurs fabrications, minerais dont l’emploi s’est de plus en plus généralisé à cause de la rareté de plus en plus grande du minerai primitif, la calamine; d’autre part, l’invention de fours spéciaux, successivement perfectionnés et utilisés pour le grillage de ces minerais, a facilité et augmenté la production de l’acide sulfurique par les blendes, et ce dans de telles conditions économiques que l’on peut dire, sans rien exagérer, que les deux tiers de la production totale de cet acide signalée précédemment proviennent de minerais sulfurés du zinc 9). r>
- La production du sulfate de soude ainsi que celle de l’acide chlorhydrique qui en dépend, subissent les fluctuations des verreries et des glaceries, le premier de ces composés étant beaucoup employé pour la fabrication du verre, malgré les avantages que présente le carbonate de soude au point de vue de la qualité du verre qu’on obtient.
- Pour Ja condensation de l’acide chlorhydrique on emploie en partie les grandes tours de 18 à 20 mètres, en grès, remplies de poterie ou de coke, en partie les tours de Lunge; d’autres enfin se servent de fortes batteries de bonbonnes oii la condensation est à peu près complète.
- Pour l’acide azotique ce sont, en général, les appareils de la firme Rohrmann ou ceux des fabricants de poteries cl’Audennes, qui sont en usage. La production actuelle est évaluée de 2,5oo à 3,ooo tonnes par an.
- Indépendamment du procédé électrolytique exploité par l’usine de Jemeppe-sur-Sambre, beaucoup d’usines se servent encore des procédés Deacon et Weldon pour la fabrication des chlorures décolorants.
- La production de l’alun et du sulfate d’alumine fabriqués par le procédé Peniakoff, d’une part, et le procédé Raynaud, d’autre part, tandis qu’une troisième usine se borne à traiter les schistes alunifères, atteindrait aujourd’hui 7,000 tonnes par an.
- Quant à la fabrication des superphosphates, qui constitue un débouché important pour l’acide sulfurique, elle est évaluée à 290,000 tonnes, dont la moitié est exportée.
- Tel est, dans ses grandes lignes, l’état actuel de la grande industrie chimique de la Belgique. Nous n’avons signalé que les gros produits, et avons passé sous silence toutes les autres matières qui sont l’objet d’une exploitation, dans ce pays animé de la plus fiévreuse activité, quel que soit le genre d’industrie qu’on envisage.
- Si le nombre d’exposants belges n’est pas bien considérable dans la section de la grande industrie, il est largement compensé par l’importance et la réputation universelle acquises par certains d’entre eux.
- MM. Cooppal et C°, à Wetteren.
- Cette maison a exposé du salpêtre, des cotons-poudres, des éthers sulfurique et acétique, de l’acide pyroligneux, de l’acétate de chaux, etc.
- (l) Catalogue officiel de la Belgique, p. 341.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- MM. David et C‘% à Moutier-sur-Sambre.
- Fondée en i863, celte maison s’occupe de la fabrication des produits chimiques les plus usuels comme les différents sels de soude, carbonate en cristaux, bicarbonate, sulfite, bisulfite, sulfure, sulfhydrate, sulfate, hvpochlorite, l’acide sulfureux, le bisulfite de chaux, le silicate de potasse, de soude, etc.
- Elle emploie 35 ouvriers dont 25 hommes et îo femmes.
- MM. Kocu et Reis, à Anvers.
- Cette maison date de 1868. Elle possède deux usines, l’une à Anvers et l’autre à Dunkerque, et emploie deux machines à vapeur de 35 chevaux au total, qui actionnent des blutoirs, broyeurs, ta-miseurs. Elle produit des soufres raffinés, sublimés, et possède en particulier une spécialité de su-'blimé pour fabrication de caoutchouc titrant 99-100 degrés au tube de Chancel.
- Société métallurgique de l aluminium (procédé Pénianoff), rue des Palais ,92, à Bruxelles. Usines à Selzaete (Flandre orientale) [Belgique] et à Givors (France).
- Cette dernière usine est une filiale et appartient à une société au capital de 1 million de francs, qui porte le nom l’Alumine et ses dérives.
- L’exploitation de la filiale belge date de 1897 et celle de la société française, du commencement de l’année 1899.
- Le personnel de chaque usine est de 100 à 120 ouvriers.
- Le but des deux usines est de fabriquer des produits alumineux, en particulier l’alumine pure et ses différents sels.
- Les matières premières employées par cette industrie sont :
- i° La bauxite, dont la société a acquis un banc très important estimé à 200,000 tonnes de minerai à 60 p. 100 d’alumine et moins de 3 p. 100 de silice, à proximité de la gaie de Tourve, dans le département du Var;
- 20 Le sulfate de soude qui, dans le cours des opérations, est transformé en carbonate de soude;
- 3° Le sulfure de fer;
- k° Du calcaire.
- A l’exposition de la Société des cases superposées représentaient, dans le rapport où ils sont obtenus, les différents produits de sa fabrication.
- Base. Matières premières isolées ;
- in case. Le mélange des matières premières broyées qui, par calcination, donnent :
- 2e case. L’aluminate de soude brut d’où résulte :
- 3‘ case. L’aluminate de soude raffiné.
- Par sa décomposition au moyen de l’acide carbonique, on en extrait :
- âc case. L’hydrate d’alumine que l’on calcine, d’où provient :
- 5e case. L’alumine anhydre, et enfin :
- 6e case. L’aluminium métallique, résultat final.
- Outre ces produits, la Société fabrique de l’aluminate de baryum, préconisé dès 1895 comme épurant des eaux et désincrustant par M. Asselin, du résinate double d’alumine et de soude qui trouve son application dans la fabrication du papier.
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- La presque totalité des produits alumineux consommés en Belgique et en Hollande serait fabriquée par l’usine de Selzaete. Cette quantité représente à peu près la moitié de sa production, l’autre moitié est expédiée aux pays d’outre-mer par les ports de Gand, Terneuzen, Anvers et Rotterdam.
- L’usine de Givors livre principalement en F rance.
- Avant sa mise en marche, la France, qui possède un des plus beaux gisements de bauxite connus, était tributaire de l’étranger pour sa consommation d’alumine et de sulfate d’alumine purs.
- MM. Solvay et C'% rue du Prince-Albert, 9 5, à Bruxelles.
- Berceau du procédé de fabrication de la soude à l’ammoniaque, c’est en Belgique également que se trouve l’administration centrale des usines de la Société Solvay. Directeur général technique : M. Edouard Ilannon; directeur commercial : M. Joseph Famerie.
- L’administration centrale de la société est placée à Bruxelles, rue du Prince-Albert, 25, siège de la gérance.
- Elle centralise tous les résultats obtenus par les usines dans ses différents services administratifs, commerciaux et techniques.
- Son service technique, outre le contrôle de la fabrication dans les usines, s’occupe principalement des progrès et perfectionnements du procédé et des questions qui s’y rattachent. De vastes laboratoires de chimie pure et appliquée, un bureau d’études et de nombreux chimistes et ingénieurs lui donnent toutes les facilités de travail à cet égard.
- Son service commercial s’occupe spécialement de la vente de la soude et du chlorure de chaux en Belgique et à l’exportation.
- En Belgique, la société possède deux usines : l’une à Gouillet et l’autre à Jemeppe-sur-Sambre.
- Usine de Couillet (directeur : M. Hubert Martin). — Cet établissement, créé en i863, est le premier où le procédé Solvay a été appliqué industriellement. 11 est situé près de Charleroi, entre le chemin de fer et la Sambre canalisée.
- Sa production en carbonate de soude atteint 25,ooo tonnes annuellement.
- Les produits fabriqués sont les suivants :
- Le carbonate de soude à 98 p. 100 ;
- Les cristaux de soude;
- La soude caustique;
- Le chlorure de calcium;
- Les produits ammoniacaux ;
- Le sel raffiné.
- Outre l’usine proprement dite, l’établissement comprend une scierie à vapeur, des magasins de bois et une tonnellerie, des maisons d’habitation.
- Une carrière destinée à fournir la pierre calcaire nécessaire à la fabrication, est reliée à l’usine par un câble aérien d’une longueur de i,85o mètres, passant au-dessus du chemin de fer, qui est protégé par un pont de 54 mètres de portée. Ce câble aérien sert, de plus, au transport des résidus de fabrication dans une ancienne sablonnière située à i,4oo mètres de l’établissement.
- L’usine occupe h 00 ouvriers.
- Usines de Jemeppe-sur-Sambre (directeur : M. Alfred Lemonnier). — Ces usines sont situées sur le territoire de la commune de Jemeppe-sur-Sambre, au bord de la Sambre et à proximité du grand bassin charbonnier de Charleroi. Elles ont été construites en 1897-1898. Les terrains qui en dépendent ont une superficie de 3o hectares. Les matières premières, charbons et chaux, se trouvent
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- à proximité, le sel vient de l’étranger. Les appareils électrolyseurs sont ceux qui ont été brevetés en faveur de la Société Solvay et Cle.
- La force actuellement utilisée dans l’usine estde i,5oo chevaux-vapeur, avec les services accessoires : éclairage électrique et transport de force. La production est de 6,000 tonnes de produits, chlorure de chaux et soude caustique 77-78 p. 100.
- L’usine occupe 120 ouvriers.
- Le procédé Solvay est appliqué actuellement dans i5 usines réparties comme suit :
- 1 en Belgique, à Couillet;
- 2 en France, à Varangéville-Dombasle (Meurthe-et-Moselle) et au Salin-de-Giraud (Bouches-du-Rhône);
- 3 en Angleterre, à Northwich, Sandbach et Middlewich (Cheshire);
- 3 en Allemagne, à Wyhlen (Bade), Bernburg (Anhalt) et Sarralbe (Alsace-Lorraine);
- 2 en Autriche-Hongrie, à Ebensee (Salzkammergut ) et à Maros-Ujvar (Siebenbürgen);
- 2 en Amérique, à Syracuse (New-York) et à Détroit (Michigan);
- 2 en Russie, à Beresniki (Oural) et à Lissitchansk (Donetz).
- Indépendamment de ces usines à soude, la Société Solvay et Cie et ses sociétés fdiales ont installé des usines en Angleterre, en Allemagne et en Russie, pour la décomposition électrolytique des chlorures alcalins (de potassium et de sodium) en vue de la production du chlorure de chaux et de la soude et potasse caustiques. Deux de ces usines fonctionnent depuis 1897. Celle de Jemeppe-sur-Samhre, dont il est question plus haut, vient d’être mise en marche en janvier 1900; le nombre total des chevaux-vapeur y est de i,5oo, avec les services accessoires, transport de force et éclairage-
- L’usine électrolytique de Russie a été mise en marche dans le courant l’année 1900.
- La Société Solvay et Gie et ses sociétés fdiales, outre le carbonate de soude, fabriquent également tous les produits sodiques, tels que les cristaux de soude, la soude caustique, le bicarbonate de soude. Elles retirent des résidus de fabrication, du chlorure de calcium et du sel marin.
- Elles exploitent aussi d’importantes salines, en France et en Allemagne.
- Elles fabriquent les produits ammoniacaux, sulfate d’ammoniaque, chlorhydrate, alcali volatil et ammoniaque anhydre.
- La société fdiale allemande, la Deutsche Solvay Werke Aclien Gesellschaft possède également de grands établissements à Roschwitz, près de Bernburg (Anhalt), pour l’extraction et la purification du chlorure et du sulfate de potassium. Cette société fabrique de même les sels de chrome, chromâtes et bichromates de potassium et de sodium.
- Les usines à soude seules, du procédé Solvay, emploient 12,000 ouvriers. La force motrice nécessaire est d’environ 20,000 chevaux-vapeur.
- Production de l’ammoniaque. — Fours à coke à récupération des sous-produits, système Semet-Solvay. — Directeur : M. W.-P. Kirkpatrick. — La fabrication de la soude à l’ammoniaque, consommant des quantités assez importantes d’ammoniaque, la Société a été naturellement amenée à s’occuper de cette matière première de sa fabrication, en a étudié les sources et a recherché les moyens d’en augmenter la production.
- Non seulement elle a acquis des eaux ammoniacales non utilisées jusqu’alors, mais elle s’est occupée d’une façon toute spéciale de la récupération des sous-produits dans les fours à coke.
- 11 y a là, en effet, une source considérable d’ammoniaque et si l'on appliquait ce traitement à toute la fabrication du coke, la production actuelle d’ammoniaque serait considérablement accrue.
- C’est le nitrate de soude qui fournit la majeure partie de l’azole nécessaire à l’agriculture, mais les gisements du Chili ne sont pas inépuisables; d’un autre côté, l’emploi des engrais chimiques allant toujours en augmentant, le moment viendra tôt ou tard où il sera indispensable de recueillir avec soin toutes les productions d’azote.
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- La question de récupération de sous-produits dans les fours à coke est donc très importante.
- Les fours imaginés par M. Semet ont été décrits en premier lieu par M. l’ingénieur Demanet, dans la Revue universelle des Mines, t. XIII, 2e série, 1883.
- A la suite d’essais faits à l’usine d’Havré-Ville, près Mons (Belgique), sur un groupe de 25 fours, dès i883, la Société Solvay possède actuellement i,45i fours et est en train d’en installer 357 autres, soit un total de 1,808 fours.
- La production normale de chaque four est de îoo à i5o tonnes par mois, suivant ses dimensions et la densité du charbon traité.
- Ces fours traitent toute la série des charbons à coke, depuis les moins gras : 16 p. îoo de matières volatiles, jusqu’aux charbons l’enfermant 33 à 38 p. îoo de matières volatiles.
- Le rendement en coke est le rendement théorique du charbon.
- Les rendements en sous-produits varient avec la qualité des charbons employés.
- On obtient, par tonne de coke produit, de 7 à 17 kilogrammes de sulfate d’ammoniaque et de 18 à 70 kilogrammes de goudron et d’hydrocarbures.
- Enfin, il reste, même avec les charbons les moins riches en matières volatiles, des quantités de gaz disponibles suffisantes pour la production de vapeur pour l’éclairage ou la force motrice.
- Les eaux ammoniacales sont transformées sur place en eaux ammoniacales concentrées, sulfate d’ammoniaque, alcali volatil, ammoniaque anhydre.
- (Voir la brochure spéciale sur les fours à coke à récupération des sous-produits de la Société Solvay et Cic.)
- Concentration des eaux ammoniacales. — Pour pouvoir être transportées économiquement des lieux de production aux soudières, les eaux ammoniacales doivent être concentrées.
- Cette opération se fait, soit dans des colonnes distillatoires verticales chauffées par la vapeur, soit dans des appareils horizontaux chauffés directement par un foyer. Ces appareils ont été décrits dans la Revue universelle des Mines, par M. Hanrez.
- Depuis lors, ils ont été simplifiés par M. Semet; le condenseur à plusieurs compartiments est aussi d’une construction perfectionnée; l’eau faible, avant d’entrer dans la chaudière distillatoire, s’échauffe au moyen des vapeurs ammoniacales qui se condensent; cet appareil est un véritable récupérateur de chaleur.
- On arrive ainsi à fabriquer des eaux ammoniacales concentrées de i5 à 18 p. 100 d’ammoniaque.
- Par l’emploi d’un causlificateur permettant la caustification par la chaleur sans emploi de chaux, la teneur des eaux ammoniacales a été portée à 26 p. 100 et peut atteindre 33 p. 100.
- Union commerciale des fabrica nts belges de produits chimiques (Exposition collectivde l). Président : M. Lekeu, place de Brouckère, 1 3, à Bruxelles.
- Celte Union se compose des sociétés suivantes :
- i° Société des produits et engrais chimiques d’Aiseau, à Aiseau. Directeur-gérant : M. E. Afchain. — Fondée en 1837, cette Société produit annuellement 14,ooo tonnes d’acide sulfurique et 11,000 tonnes de superphosphates;
- 20 Société d"s produits chimiques d’Auvelais, à Au vêlais. Directeur-gérant : M. F. Protin. — Date de 1880. Produit i5,ooo à 20,000 tonnes d’acide sulfurique et 10,000 à i5,ooo tonnes de superphosphate ;
- 3° Société de produits chimiques de Droogenbosch, à Ruysbroeck-les-Bruxelles. Directeurs : MM. van Heule et Thalhe’m. — Créée en 1780, elle produit annuellement 17,000 tonnes d’acide sulfurique;
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- 4° Société de produits et engrais chimiques de Moustier-sur-Sambre, à Mornimont. Administrateur-délégué : M. Alf. Lekeu. — Fondée en i848, elle produit de i4,ooo à i5,ooo tonnes d’acide sulfurique et 10,000 tonnes de superphosphate ;
- 5° La Société des produits chimiques de Laeleen, à Laeken. Directeur : M. Laurent de Sperlet. — Date de 1870. Elle produit de i5,ooo à 18,000 tonnes d’acide sulfurique;
- 6° Société des produits chimiques de Vedrin. Directeur-gérant : M. A. Binard. — Fondée en 1846, elle produit annuellement 3o,ooo tonnes d’acide sulfurique et 20,000 tonnes de superphosphate.
- Toutes ces usines produisent l’acide sulfurique tant par le grillage des pyrites que par celui des blendes.
- Elles occupent dans leurs établissements i,65o ouvriers et au dehors 35o.
- Valeur de la production moyenne annuelle : i5 millions de francs.
- La collectivité des fabricants belges de produits chimiques est établie depuis 1889.
- Œuvres sociales existant dans certains de ces établissements :
- Ecoles Frœbel, écoles ménagères, caisses d’épargne, pensions ouvrières, caisses de secours, mutualité, caisse de pensions à l’Etat, caisse de crédit pour la construction de maisons ouvrières, logement pour les ouvriers, service de santé.
- Produits fabriqués. — Outre les divers acides sulfurique, azotique, chlorhydrique, ordinaires et purs, ces usines fabriquent du chlorure de chaux, de l’alun, du carbonate de soude cristallisé, du colcothar ; des sulfates de soude, de fer, de cuivre, d’alumine, de magnésie; des ocres brun, rouge et jaune; du cuivre de cémentation, ainsi cpie les différentes variétés de superphosphates et engrais phospho-polassique, phospho-nitrique et phospho-nitro-potassique.
- Union des produits chimiques d’Hemixen (Belgique).
- Cette Société est une de celles qui produit annuellement le plus de superphosphate. Elle fabrique, en effet, environ 35,000 tonnes des différentes variétés de ce sel, et produira bientôt de l’acide sulfurique.
- M. Verstraete [Théodore) , boulevard de Plaisance, 191, à Gand.
- Usine à Woudelgen-lez-Gand, fondée en 1890. Cette usine possède de grandes chambres de plomb du système circulaire de MM. Delplace frères, ayant chacune une capacité de 6,000 mètres cubes, et dont la production annuelle est de 12,000 tonnes d’acide sulfurique à tous les degrés.
- La maison fabrique également environ 1,000 tonnes d’acide azoticpie, du cuivre et de l’argent extraits par chloruration des résidus de pyrites cuprifères d’Espagne et de Norvège, du sulfate de cuivre à 98-99 p. 100 de sulfate pur, etc.
- BOSNIE - HERZÉGOVINE.
- La Bosnie a également tenu à se faire représenter à l’Exposition et si le nombre d’exposants est restreint, les résultats qu’ils ont obtenus n’en méritent pas moins d’attirer l’attention, étant donné l’étendue de ce pays et le chiffre de sa population.
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- Deux sociétés ont envoyé leurs produits. Ce sont :
- Première société industrielle pour la fabrication de la soude a l’ammoniaque,
- à Lukavac.
- Expose du carbonate de soude et divers autres produits chimiques. Cette Société mettrait également en œuvre les minerais de chrome de la mine de Mekidol et d’autres filons en Bosnie.
- Société d*électricité, à Iajce (Bosnie).
- Cet établissement possède Une force motrice de 8,5oo chevaux, dont 7,000 pour la fabrication du carbure de calcium (8,000 tonnes par an) et i,5oo pour la fabrication de la soude caustique et du chlorure de chaux par le procédé Kellner. Les établissements disposent d’une superficie de 3 hectares, et quand ils sont en pleine exploitation ils occupent i5o ouvriers.
- DANEMARK.
- Très peu de maisons danoises ont pris part à l’exposition de la Classe 87. Cela tient à ce que l’industrie des produits chimiques n’est guère développée dans ce pays, ainsi que le montrent les statistiques d’importation. Toutefois, il convient de ranger parmi les fabriques rentrant dans la catégorie des usines de la grande industrie chimique :
- La Fabrique de produits chimiques d’Oeresund, à Copenhague.
- Celte maison exploite la cryolithe, dont il existe des gisements considérables à Ivigtut, colonie danoise du Groenland. La cryolithe est un fluorure double d’aluminium et de sodium AFFF. 6NaFl qui sert, en quelque sorte, de cangue au fer spathique, à de la galène, de la blende, de la pyrite de cuivre, de fer et au quartz. O11 sait que la cryolithe a servi pendant quelque temps à fabriquer du carbonate de soude et que ce fut l’usine d’Oeresund qui, en 1859, entreprit la première cette fabrication. Quelques maisons allemandes et américaines (entre autres la Pensylvania Sait Manufaclu-ring Co., de Philadelphie), l’imitèrent, mais le procédé dut bientôt céd T la place à celui de Solvay.
- Le rôle de la fabrique est, actuellement, de purifier la cryolithe soit par un triage à la main, soit par un tamisage mécanique, soit à l’aide de séparateurs électro-magnétiques d’après la méthode Wetherill. O11 arrivç ainsi à une cryolithe à peu près pure ayant la composition suivante : Al, 12.99 p. 100; Na, 32.29 p. 100; Fl, 52.49 p. 100; FeV, 0.20 p. 100; Cao, 0.02 p. 100; Sio2, 1.74 p. 100; eau, 0.27 p. 100.
- Les produits dérivés sont: la galène, contenant environ 0.7 p. 100 d’argent, la blende, de la pyrite cuivreuse ainsi que du fer spathique.
- Outre l’article susmentionné, l’usine en fabrique un spécial pour la préparation de l’aluminium et qui ne renferme que des traces d’acide silicique.
- La cryolithe est également employée pour la fabrication du verre opale et de l’émail, fabrication qui a pris un grand essor depuis 1880, surtout en Allemagne et en Belgique.
- La fabrication de l’émail pour fer consomme en particulier, comme fondant, beaucoup de cryolithe et donne un produit absolument exempt de principes vénéneux, ce que réclament les ustensiles de cuisine, où les fondants ordinaires, combinaisons fusibles de plomb ou d’étain, sont prohibés.
- Une autre exposition, présentée sous le nom de Commerce royal de Groenland, comprenait également de la cryolithe, en même temps que du graphite.
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- ÉTATS-UNIS.
- Pour bien des produits, les Etats-Unis sont encore tributaires des usines de l’Europe et sont des clients très appréciés par les producteurs d’Angleterre, d’Allemagne et de la France. Aux premiers ils achètent les gros produits de la grande industrie; aux seconds, les matières colorantes dérivées du goudron de houille ainsi cpie certains composés organiques, et à la France, des produits pharmaceutiques, des extraits tinctoriaux et des parfums. Mais cette situation d’infériorité pour un peuple qui a toutes les hardiesses ne saurait durer indéfiniment, d’autant plus qu’il est riche en matières premières et aussi en initiative. Les progrès qu’il a faits dans la grande industrie depuis une vingtaine d’années sont considérables. Sans doute, comme tous les peuples jeunes, il ne s’attaque qu’aux gros produits tels que le carbonate de soude, les acides minéraux, etc.; mais le développement cpi’il donne immédiatement à ces fabrications serait pour stupéfier les Européens, si ceux-ci étaient encore susceptibles d’éprouver le moindre étonnement quand il s’agit de l’audace américaine.
- Qu’on juge seulement de la progression suivie dans la fabrication du carbonate de soude à l’ammoniaque depuis une vingtaine d’années :
- tonnes.
- 1884....................... 10,000
- 1887....................... 37,000
- 1891....................... 72,000
- 1895...................... 167,000
- tonnes.
- 1897 .................... 277,072
- 1898 .................... 265,000
- 1899 .................... 387,020
- 1900 .................... 395,902
- Ainsi cette production a plus que quintuplé durant la dernière période décennale. Il faut ajouter, il est vrai, que si l’industrie de la soude s’est développée sur le sol des Etats-Unis, l’initiative en appartient à la maison Solvay, qui a été la première à prévoir la brillante carrière qui était réservée à cette industrie.
- Tiiomsen Chemical Company, à Baltimore, Maryland (États-Unis).
- Cette maison, fondée en 1881, a été constituée en société par actions en 1898. Ses usines occupent line superficie de i5 acres (environ 657 hectares) et nécessitent un personnel de 100 ouvriers.
- La maison ne fait pas d’exportation et se borne à sa clientèle des Etats-Unis, où elle évince peu à peu les produits allemands.
- Elle a exposé un ensemble de produils minéraux d’une très grande pureté, parmi lesquels nous avons remarqué :
- Le phosphate de soude ordinaire, Ph04Na2H, i2H20 en prismes monocliniques ; le même déshydraté en poudre; le phosphate trisodique, PhO‘Na\ 12 H20, en pelitsgrains cristallins ; le phosphate d’ammoniaque PhO"(AzH4)2H. i2H20; le phosphate acide de calcium (Ph04)2CaH4 ; des carbonates de soude, de magnésie, de zinc, de cuivre, de fer; du sulfite et du sulfate de sodium; du chlorure et du sulfate de zinc ; du chromale de potasse, etc. ; des acides chlorhydrique, sulfurique et azotique, tous corps qui ont été présentés saus un aspect très engageant et en grande quantité.
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- GRANDE-BRETAGNE.
- Aucune branche de l’industrie chimique ne fait plus d’honneur à l’esprit entreprenant des fabricants du Royaume-Uni que celle que nous appelons la grande industrie. Dans aucune leur génie, fait d’audace atténuée par un sens pratique merveilleux, n’a laissé de traces plus profondes.
- Dans l’évolution constante qu’a subie cette industrie, il n’est pas une étape qui n’ait été marquée par une innovation, un perfectionnement dû à leur intervention.
- Sans doute, les idées originales, les découvertes jaillissaient, la plupart du temps, d’un cerveau du continent et souvent d’un français; mais elles n’entraient dans le domaine de la réalité, ne recevaient une sanction industrielle qu’après avoir subi les épreuves multiples de la critique et de la pratique des techniciens anglais.
- On ne saurait faire l’histoire des acides sulfurique, chlorhydrique, des chlorures décolorants , de la soude Leblanc et de ses sous-produits, sans évoquer à côté des inventeurs français les noms des Davy, Glover, Musspratt, Hurter, Hargreaves, Weldon, Deacon, Gossage, Chance, et nous en passons et des meilleurs.
- Il en a été ainsi jusque dans les années 1860-1880. Jusqu’à cette période, la grande industrie chimique anglaise occupait incontestablement avec celle de France, le premier rang parmi les industries similaires de l’étranger.
- En i863 apparut dans l’arène industrielle le procédé Solvay. A partir de ce moment s’ouvrit une ère nouvelle pour la grande industrie, ère heureuse et pleine d’espoir pour les uns, les perspicaces, désastreuse et pleine de déboires pour les autres, mais néanmoins féconde parles recherches quelle a suscitées et l’influence incontestée quelle a exercée sur l’industrie en général. Forts et peut-être aussi grisés par leurs succès ininterrompus, confiants dans leur puissance et dans leurs moyens d’action, les fabricants anglais ont en général accueilli avec froideur, sinon avec méfiance, le procédé à l’ammoniaque que plusieurs des leurs, et non des moins qualifiés, avaient en vain essayé de mettre sur pied dans la première moitié du siècle. Un seul d’entre eux, M. L. Mond, eut l’intuition de la haute valeur du procédé Solvay et du rôle qu’il était appelé à jouer dans la nouvelle évolution de la grande industrie. 11 l’adopta en 1873 et engagea résolument la lutte avec les partisans, isolés d’adord, de l’ancien procédé, et coalisés ensuite sous la bannière de l’United Alcali Co.
- Cette compagnie, qui disposait de ressources considérables, tant en hommes distingués qu’en usines, matériel et capitaux, après avoir défendu ses positions pendant quelques années, dut se rendre à l’évidence devant les pertes inévitables qui soldaient ses bilans de fin d’année. Gomme le montre le tableau, que nous avons relevé, de la production de la soude en Grande-Bretagne par les deux procédés à partir de 1891, époque à laquelle l’United Alcali Co commença à fonctionner, les chiffres de la production de la soude Leblanc diminuent graduellement, tandis que ceux de la fabrication de la soude à l’ammoniaque augmentent progressivement.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- PRODUCTION DE LA SOUDE PAR LES PROCEDES LEBLANC ET À L’AMMONIAQUE W.
- ANNÉES. SOUDE LEBLANC. SOUDE X L’AMMONIAQUE. TOTAL.
- tonnes. tonnes. tonnes.
- 1891 567,863 978,598 846,3gi
- 1892 519,593 804,897 894,490
- 1893 467,569 349,609 817,1 71
- 1894 434,ag8 36i,6o3 795’901
- 1895 408,173 498,6i4 836,787
- 1896 360,999 431,571 799,5°o
- Outre la constatation de la déchéance graduelle de l’ancien procédé, ce tableau suggère encore une autre remarque, c’est la diminution sensible de la production globale de la soude depuis 1891 à 1896. Pille ne se relève un peu qu’en 1895 pour retomber brusquement en 1896.
- Cette diminution de la production n’est, en somme, que la conséquence d’une diminution des exportations. Dans le tableau des exportations et des importations des produits figurant sous les rubriques alcalis et chlorures décolorants, tableau extrait du Board o/Trade Journal, nous remarquons en effet que l’importation de ces produits en Grande-Bretagne augmente sans cesse comme quantité et comme valeur globale, tandis que les exportations suivent une progression descendante très marquée.
- QUANTITÉ ET VALEUR DES IMPORTATIONS ET DES EXPORTATIONS DES ALCALIS PENDANT LA PERIODE 1893 À 1900.
- 1893. 189û. 1895. 1896. 1897. 1898. 1899. 1900.
- Il IPORTATIO NS DES ALC 1ALIS.
- Quantités en cwl. 87,703 i55,657 184,114 176,156 997,394 989,74 1 937,761 399, o5l
- Valeur en livres.. 79,. °4 io3,894 114,586 g6,i3o 1 09,009 134,796 133,878 168,158
- EXPORTATION DES ALCALIS.
- Quantités en cwt. 5,839,700 5,979,46° 6,948,800 4,8n,3oo 4,973,100 3,771,600 O O °o OO O CO CO 3,657,i 54
- Valeur en livres.. 1,857,998 1,698,779 1,557,533 1,949,173 1,979,403 1,005,7 63 1,030,871 1,190,863
- EXPORTATIONS DES CHLORURES DECOLORANTS
- Quantités en cwt. 1,397,700 4 1,990,864 i,4i9,3oo i,i88,4oo 1,167,009 1,197,500 1,800,100 1,970,101
- Valeur en livres. 550,700 Ci 0 çO O «O 000,717 4o6,486 370,804 310,817 391,157 370,784
- 0) La rubrique chlorures décolorants ou plus tistiques des importations de la Grande-Bretagne exactement, matière à blanchir (Blcaching matériels) n’existe pas dans les sta-
- M Ces chiffres sont extraits du rapport annuel fait par M. R. Forbes Carpenter, inspecteur en chef des établissements de la grande industrie chimique. Cette statistique a été donnée régulièrement jusqu’en 1896,
- mais elle ne figure plus dans les rapports suivants, dont un extrait paraît tous les ans dans le Journal oj the Society of Chemical Indus try.
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- Il serait sans cloute téméraire d’arguer de ces chiffres, à la décadence de la grande industrie chimique anglaise, car rien ne prouve qu’en perdant peu à peu ses débouchés en Amérique, qui est sa principale cliente encore à l’heure actuelle, elle ne se constituera pas dans l’avenir une autre clientèle.
- Le fait saillant, celui qui frappe, c’est que cette lutte stérile, quant aux résultats pratiques et tangibles, a absorbé l’industrie chimique du Royaume-Uni, Ta détournée des autres voies qui s’ouvraient à l’investigation des esprits d’initiative, de sorte quelle s’est laissé devancer par ses concurrents du continent et quelle n’a plus rien produit de saillant depuis un quart de siècle. Son manque de perspicacité à l’heure voulue, Ta rendue victime de ses meilleures qualités : la volonté persévérante et la ténacité.
- En considération du rôle qu’ils ont joué dans le cours du siècle, il eût été du plus haut intérêt de voir les établissements de la grande industrie chimique prendre une très large part à l’Exposition de 1900. Il n’en a malheureusement pas été ainsi, car quelques maisons seulement, mais nous devons ajouter quelles figurent parmi les plus puissantes et les mieux outillées, ont envoyé de leurs produits au Champ de Mars.
- Alcali Manufacturer Association of Great Britain (Exposition collective üe l).
- James Street, 3o, à Liverpool.
- Dans une sorte de kiosque carré, affectant la forme d’un petit temple et vitré sur les quatre côtés, cinq maisons parmi les plus considérables de la grande industrie chimique du Royaume-Uni, ont fait une exposition collective de leurs produits.
- Ce groupement, dans une même enceinte, de sociétés poursuivant le même but, mais quelques-unes dans des voies différentes, était intéressant à bien des titres. Il résumait d’abord une somme de science, de labeur et d’efforts comme peu d’industries de notre domaine ont été le siège dans cette longue période d’activité industrielle qui a duré un siècle. Il réunissait, d’autre part, après une lutte qui ne manquait pas de grandeur, des antagonistes aussi puissants qu’ils étaient décidés, les protagonistes en Grande-Bretagne de la soude Solvay et les défenseurs ardents du procédé Leblanc.
- Ce groupement, en apparence si modeste dans son exiguïté, représentait enfin une réunion de capitaux formidables, puisque YUnited Alcali Company, qui avait été constituée en 1890 par la fusion de plusieurs sociétés, avait, à elle seule à cette époque, un capital de 2 i 0 millions de francs.
- La collectivité se compose de :
- MM. Brunner Mono et Q\ Limited, Northwich, Cheshire.
- Celte Société a été fondée, en 1873, pour l’exploitation de brevets de la Compagnie Solvay. Elle possède des usines à Northwich, Middlewich, Sandbach et Londres, et produit annuellement de 220,000 à 25o,ooo tonnes de carbonate de soude à 99.22 p. 100 de sel pur. Dans la brochure que la Société a éditée à l’occasion de l’Exposition, elle insiste sur les avantages que présente, en verrerie, le carbonate de soude sur le sulfate, donne des instructions, avec appareil à l’appui, pour la caustifi-
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- cation du sel de soude, recommande l’emploi de son bicarbonate, qui renfermerait 97.20 p. 100 fie bicarbonate pur et seulement 1.900 p. 100 de carbonate, pour la fabrication des eaux gazeuses, et prône enfin son sesquicarbonate de soude, au lieu et place des cristaux de soude.
- Emploi en verrerie du carbonate de soude. — Les avantages résultant de cet emploi seraient les suivants : R faut un poids moindre de soude pour produire une quantité donnée de verre : 3 kilogrammes de soude remplaceront 4 kilogrammes de sulfate de soude (saltcake). Il faut moins de combustible, la production par four augmente, il faut un capital d’établissement moindre et moins de main-d’œuvre. Quand on emploie le sulfate de soude, les vapeurs d’acide sulfureux dégagées nuisent considérablement à la durée des fours et des creusets, ainsi qu’à la maçonnerie. Le verre produit est beaucoup meilleur comme qualité et comme teinte.
- Caustification du carbonate. — La Société recommande l’emploi d’un appareil avec panier en fer et agitateur mécanique, servant de dissolveur et en même temps de caustificateur.
- Cet appareil a 3 m. 5o de diamètre sur 2 mètres de hauteur; donc 0 m. 5o de hauteur de liquide équivaudra à 4,810 litres. On le remplit d’eau jusqu’à peu près 0 m. 3o du sommet, ce qui équivaut à i6,33o litres; pendant que l’eau bout, 011 y ajoute, au moyen du panier, 1,370 kilogrammes de carbonate de soude, et quand celui-ci sera complètement dissous, on introduit toujours par le panier, 826 kilogrammes de chaux vive, tout en maintenant le liquide à l’ébullition.
- Avec un travail soigneux et un appareil efficace, i,5oo à 2,000 kilogrammes de bon charbon doivent suffire pour produire 1,000 kilogrammes de soude caustique, à 70 degrés Baumé à l’état de lessive.
- Soude caustique à 76-77 degrés anglais. — Ce produit renfermerait 98 p. 100 d’hydrate de sodium NaHO. On en recommande l’emploi de préférence aux soudes à 73,70 et 60 degrés, par suite de l’économie qui résulte des frais de transport.
- Le tableau suivant des poids équivalents des différents degrés de soude caustique justifie celte manière de voir : 1,000 kilogrammes de soude à 76-77° correspondent à i,o33 kilogrammes de soude à 74 degrés; 1,093 kilogrammes de soude à 70 degrés correspondent à 1,275 kilogrammes de soude à 60 degrés.
- Cristaux de soude concentrés. — Ces cristaux obtenus artificiellement par un procédé breveté par Walt et Richard se rapprochent beaucoup, sauf les impuretés qu’ils ne renferment pas, des soudes naturelles : trôna d’Égypte, ou encore de celles qu’on trouve si répandues en Amérique, au Mexique. Ils ont les compositions suivantes :
- Carbonate de soude.......................................................... 46.57 p. 100.
- Bicarbonate de soude......................................................... 37.00
- Eau de cristallisation....................................................... 16.24
- Impuretés..................................................................... 0.20
- C’est un sesquicarbonate qui ne s’effleurit pas au contact de l’air comme les cristaux de soude, contient beaucoup moins d’eau que ces derniers et correspond comme rendement au double. 11 est très soluble dans l’eau chaude et froide.
- Outre ces différents sels de soude, la Société Brunner et Mond fabrique encore du chlorure de chaux et a adopté les procédés éleclrochimiques de la Société Solvay, des sels ammoniacaux, chlorure et sulfate, du zinc électrolytique préparé par la méthode brevetée de Hœpfner, etc.
- MM. Chance et Hvnt, Limited, à Birmingham, Oldbury.
- Ou sait que le nom de M. Chance est attaché à un procédé de régénération du soufre, procédé qui est en partie basé sur les Iravnux d’Opl et de Gossage. Cette société a exposé différents échantillons
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- de soufre ainsi obtenus et, parmi eux, se trouvaient des produits qui ne le cédaient en rien comme pureté au plus beau soufre raffiné.
- Elle a, en outre, montré les autres produits de la fabrication Leblanc : carbonate, bicarbonate, sulfate de soude, soude caustique, ammoniaque, sel ammoniac, sulfate et carbonate d’ammoniaque, cyanure de potassium à 98 p. 100, sans doute un mélange de cyanure de potassium et de cyanure de sodium, prussiate de potasse, de soude, fabriqués par la British cyanides Company limited.
- MM. Gossage (William) and sons, limited, à Widnes.
- Le nom de cette société est également connu dans les annales de la grande industrie par les essais qu’un Gossage a tentés il y a cinquante ans, pour rendre industriel le procédé à l’ammoniaque, et par les tentatives faites en vue de la régénératiou du soufre des marcs de soude.
- Pour donner plus d’extension à son affaire, cette société a entrepris la fabrication des savons et sous-produits, de sorte que son exposition comprend, outre les sels de soude, carbonate, sulfate, silicate, soude caustique, des savons ainsi que les matières premières qui servent à leur fabrication; de la glycérine brute et pure, de la dynamite, etc.
- United Alcali C° Limited, 3o, James Street, à Liverpool.
- Nous avons rendu compte de l’organisation de cette société dans notre rapport sur l’Exposition de Chicago. Constituée par un ensemble d’établissements qui travaillaient par l’ancien procédé dans le but de le maintenir en y apportant sans cesse des perfectionnements, cette société, toute puissante et bien intentionnée quelle fût, a dû entrer en composition et cesser la lutte. C’est là une victoire de plus à ajouter à celles déjà nombreuses qu’a remportées le procédé Solvay.
- Les produits qu’elle a exposés ne se distinguent en rien de ceux de ses concurrents. Nous y avons toutefois remarqué de beaux échantillons de chlorates de potasse, de soude et de baryte; les acides acétique, chlorhydrique, sulfurique etchromique; du soufre, du savon, de l’outremer, etc.
- MM. White, John et James, 7, Avest George Street, à Glasgow N. B.
- L’exposition de cette société s’est bornée à divers spécimens de bichromates de potasse et de soude en cristaux de choix et en cristaux ordinaires commerciaux.
- Parmi les autres maisons n’ayant pas fait partie de la collectivité, nous citerons :
- MM. Riley (John) et fils, à Hapton, près Accrington.
- Cette maison, qui date de plus de soixante ans, s’est fait une spécialité des produits pour la teinture et l’impression. Son exposition comprenait : du chlorure de chaux, du carbonate, du sulfate, du stannate et de l’arséniate de soude, delà soude caustique à différents degrés; des acides chlorhydrique, azotique, sulfurique ; du chlorure de zinc, du sulfate de cuivre, des sulfooléates, etc.
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- MM. Sadler et C'e Limited, à Middlesbrough-on-Tee.
- A côté de goudrons, de pétroles, cette maison a exposé des matières colorantes artificielles, ali-zarine, anthrapurpurine, fiavopurpurine, du brun Bismarck, du rouge Magenta, de la fuchsine, de l’aniline et de ses sels ; puis des produits chimiques à l’usage des établissements de teinture et d’impression, bichromates de potasse, de soude, acide oxalique, chlorure de chaux, sulfates de soude, d’ammoniaque, etc.
- GRÈCE.
- Modeste en apparence, l’exposition des produits chimiques de la Grèce témoignait cependant des efforts que fait ce pays pour s’affranchir de l’étranger. A part la houille, il possède d’ailleurs en assez grande abondance la plupart des matières premières indispensables à la création de beaucoup d’industries. La grande industrie chimique n’a cependant été représentée que par
- La Poudrerie hellénique, à Athènes.
- Société par actions, au capital de i,65o,ooo francs.
- Fabrique des acides sulfurique, 800 tonnes par an; azotique, i5o tonnes; delà céruse, 5oo tonnes par an; du sulfate de fer, 3oo tonnes par an; du sulfate de cuivre, 200 tonnes. Toute la production de sulfate de cuivre de la maison est employée pour la vigne.
- La Société générale des Entreprises , à Athènes.
- A montré du soufre en morceaux et de la fleur de soufre de Milos.
- Les gisements de soufre de l’ile de Milos se trouvent sur la côte Est et Sud de l’île où on rencontre du soufre à l’état natif, provenant des condensations des vapeurs sulfureuses, et se trouvant dans des roches trachytiques très acides. Ce minerai est, la plupart du temps, compact et dur, sa teneur en soufre pur varie de 25 à Ô8 p. 1 00.
- Les premières exploitations du soufre de Milos dateraient du temps des Phéniciens, auxquels les Grecs et les Romains ont succédé. On ignore, au juste, l’époque à laquelle l’extraction fut suspendue.
- En 1859, lorsque la maladie des vignes s’est montrée en Grèce, plusieurs entrepreneurs ont commencé à extraire le minerai dans les anciennes galeries, le broyaient et le vendaient aux vignerons de la Grèce et de la Turquie. En 1862, M. Rasile Mêlas a obtenu une concession pour l’exploitation du soufre, sur l’île, concession qui fut successivement cédée à MM. Victor et Michel Mêlas, 1876, puis à la Société des travaux publics et communaux d’Athènes, 1890, laquelle a loué les mines à la société actuelle.
- Traitement du minerai. — Le travail de l’extraction, à Palioréma, se fait au moyen de galeries et le minerai est transporté par voie Decauville, suivie d’une voie aérienne,
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- qui le porte jusqu’aux fours. D’ordinaire, la température à l’intérieur des galeries est très élevée; aussi, est-on obligé d’avoir recours à des ventilateurs.
- Le traitement du minerai se fait dans des fours, système Doppioni, dont cinq sont actuellement en marche à Palioréma, produisant journellement cinq tonnes environ de soufre pur. Le soufre ainsi produit ne contient que 1 p. 100 de matières étrangères au maximum.
- Ce système a été trouvé très efficace et supérieur à tous ceux qui ont été appliqués jusqu’à ce jour, spécialement pour ce minerai trachytique. Néanmoins, la perte en soufre est très considérable, car quoique la teneur moyenne du minerai soit de 35 p. 100, rarement on peut en tirer plus de 20 à 21 p. 1 00, le restant s’échappant en vapeurs ou restant à l’état liquide à l’intérieur de la masse trachytique qui ne l’abandonne que très difficilement. Pour obvier à ces inconvénients, ainsi que pour diminuer la dépense en combustible qui augmente considérablement le prix de la production, la Société générale d’entreprises a étudié dernièrement un nouveau système de four, qui a donné aux essais des résultats satisfaisants et par lequel elle espère pouvoir tirer 3oà32p. 100 du soufre contenu dans le minerai, tout en diminuant la dépense en combustible ainsi que la durée de cuisson qui sera de quatre heures au lieu de sept nécessaires avec le four Doppioni.
- Mouture. — Le soufre obtenu dans les fours Doppioni à Palioréma, est transporté par voie ferrée à Firlingo, où se trouve installé un broyeur système Vapart. Toutes les parties frottantes de ce broyeur sont en cuivre, afin d’éviter des inflammations auxquelles pourraient donner lieu des pièces en fer par la production des étincelles.
- Consommation du produit. — La production annuelle est actuellement de 1 million 500,000 kilogrammes, et se consomme totalement à l’intérieur du pays.
- HONGRIE.
- L’industrie chimique hongroise, presque nulle il y a trente ans, stimulée par le désir qu’ont toutes les nations pleines de vitalité de se suffire à elles-mêmes, a pris un développement notable dans ces dernières années. Aussi a-t-elle voulu affirmer sa personnalité , en faisant une exposition à part et indépendante de celle de l’Autriche. Hâtons-nous d’ajouter que fessai a réussi et a donné une impression pleine d’encouragement, pour l’avenir de son industrie.
- Les matières premières nécessaires à la grande industrie chimique sont d’ailleurs à sa portée. Elle possède des gisements de pyrites assez importants qui sont exploités à Szomolnok (Szepes), à Zalotna (Alsô-Fehér), à Borsabânya (Maramaros), à Gzalja, Pernek etBazm, etc., par différentes sociétés.
- En 1898, ces mines ont produit 595,780 tonnes de pyrite sulfureuse.
- Ses mines de sel gemme sont réputées inépuisables. Dans le terrain tertiaire de Transylvanie , les gisements ont une étendue colossale.
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- Sur beaucoup de points, ses affleurements font des rochers tout entiers.
- L’extraction du sel, qui est un monopole de l’Etat, occupe 2,1 5o ouvriers, tant mineurs que sauniers. Elle a produit, en 1898 :
- Sel gemme.. . .
- Sel..........
- Sel pour usines Sel moulu.... Sel pour bétail.
- Sel menu.....
- Sel cuit.....
- 1,168,388 quint, m. 82,910 125,5o6 217,381 63,090 35,074 63,495
- Elle est enfin en possession de gisements houillers et de charbonnages, d’une superficie de A5,o63 hectares et elle y occupe 3o,2i5 ouvriers, dont 9,581 pour les mines de houille et 2 0,634 pour les mines de charbon.
- La production ascendante de ces diverses mines ressort du tableau suivant :
- 1867.
- 1877.
- 1882.
- 1892.
- 1897.
- 1898.
- QUANTITÉS PRODUITES.
- HOUILLE. CHARBON.
- tonnes. tonnes.
- 402,738 334,4to
- 682,448 907,126
- 799-3l9 1,259,896
- 982,798 2,877,899
- 1,090,325 3,863,311
- 1,168,288 4,160,000
- Les produits de la grande industrie chimique tels que la soude carbonatée, la soude caustique, le sulfate de soude; les acides sulfurique, chlorhydrique, azotique ; le chlorure de chaux, les sulfates de cuivre, de fer, d’alumine, etc., sont fabriqués dans un certain nombre de grandes usines hongroises, dont quelques-unes se sont fait représenter, mais plusieurs d’entre elles s’occupent en même temps d’autres branches encore de l’industrie chimique.
- Voici le tableau des échanges avec l’étranger, en 1898 :
- IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- couronnes. couronnes.
- Soude carbonatée, calcinée............................. 387,898 521,911
- Soude caustique et en lessives....................... 1,082,029 35,956
- Acides sulfurique, chlorhydrique et sulfate de soude. 444,385 361,1 o5
- Acide azotique.......................................... 57,5o4 108,612
- Sulfate de cuivre................................. 1,324,800 62,228
- Produits alumineux...................................... 16,062 118,474
- Chlorure de chaux...................................... 175,932 3,179
- Potasse................................................. 83,972 433,984
- A part la soude caustique qui vient d’Angleterre, le sulfate de cuivre et l’hypochlo-rite de chaux, tous produits,que la Hongrie est en mesure de fabriquer sur l’échelle la
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- plus étendue et quand elle le voudra, les autres produits sont l’objet d’exportations qui se balancent à peu près avec les importations. Pour certains d’entre eux, comme le carbonate de soude, l’acide azotique, les dérivés de l’alumine et la potasse, les exportations l’emportent même. Quant aux produits chimiques, comme le borax, l’acide borique les acides citrique, oxalique, tartrique et leurs sels; les silicates, l’ammoniaque et les sels ammoniacaux, les chlorate et chromâtes de potasse, les blancs de plomb et de zinc, le phosphore, l’acide phénique, la naphtaline, l’aniline, la nitrobenzine, etc., la production nationale ne suffit pas. Les importations se chiffrent par 2,279,544 couronnes et l’emportent sur les exportations qui ont été de i,245,i35 couronnes en 1898.
- La fabrication des engrais est fort développée, vu les efforts que Ton fait en Hongrie pour améliorer la culture. On importe beaucoup de matières premières pour cette fabrication, mais comme on le voit d’après le tableau suivant, l’exportation des sels d’engrais et des engrais fabriqués l’emporte sur les importations :
- IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- couronnes. couronnes.
- Phosphates 538,5oo
- Sels d’engrais 172,737 204,820
- Scoris Thomas 563,802 3,933
- Os en poudre 23o,324 29,514
- Superphosphates 945,172 141,565
- Engrais chimiques 46,616 80,914
- Les principales usines hongroises qui ont pris part à l’Exposition sont :
- Fabrique d’engrais chimiques, d’acide sulfurique et de produits chimiques Hungaria.
- Cette Société exploite une des mines de pyrites dont il a été question au début de ce chapitre. L’acide sulfurique quelle produit sert en partie à la fabrication des superphosphates. Elle extrait, en outre, son cuivre des résidus et contribue à la production d’une partie du sulfate consommé dans le pays. Outre ces produits, elle fabrique encore divers sels d’un usage courant dans l’industrie.
- Ses usines occupent 400 ouvriers.
- M. Leipziger ( Guillaume), à Budapest.
- Société anonyme de distillerie et raffinerie de Gyôr, à Gyôr. Société anonyme de dégraissage des laines, à Budapest.
- Ont exposé de la potasse et ses principaux sels.
- Société anonyme de dynamite Nobel, à Pozsony.
- Cette Société a exposé les principales matières premières employées pour la fabrication de la dynamite. Bien entendu, les flacons étiquetés : acide azotique normal, acide sulfurique, benzol, nitroglycérine, ne renfermaient que de l’eau plus ou moins colorée.
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- Société anoynme des pyrites, à Zalatna.
- Cette Société exploite les pyrites de Zalatna et les convertit en acide sulfurique, dont la majeure partie sert à la fabrication des superphosphates au moyen de phosphorites de la Floride.
- Usine hongroise d’ammoniaque et de soude, à Maros Ujvar (Siebenbürgen).
- Cette usine, qui a la même administration générale que celle d’Ebensee, en Autriche, est construite sur les bords de la rivière Maros; les terrains occupés ont une superficie de 29 hectares. L’usine produit 15,ooo tonnes de soude à l’ammoniaque, par le procédé Solvay, et occupe 900 ouvriers.
- MM. Wagner (Eugène et Emile), à Budapest. Exposent de l’acide sulfurique concentré.
- Société anonyme hongroise d’industrie chimique Clotilde, à Nagy-Bocskô.
- Cette Société, qui s’occupe surtout de la distillation du bois dont elle purifie et industrialise les produits, fabrique en outre les acides sulfurique, azotique et chlorhydrique, du carbonate de soude, du chlorure de chaux, de la soude caustique, de l’alun, des sulfates de soude, de zinc et de cuivre, etc.
- ITALIE.
- Parmi les nations étrangères qui ont participé à l’exposition des produits chimiques et pharmaceutiques, l’Italie était un des pays qui avait le plus d’exposants. Mais, à côté de vitrines bien garnies de produits de choix, il faut reconnaître qu’il y en avait d’autres que plusieurs exposants ont contribué à remplir avec des échantillons de produits des plus disparates et parfois d’une qualité douteuse.
- D’autre part, l’administration a eu l’étrange idée d’éparpiller les participants de la Classe 87, de sorte que cette exposition était.mal coordonnée et manquait de vue d’ensemble.
- Le Commissariat général de l’Italie n’ayant publié aucun document sur l’état actuel de l’industrie chimique dans ce pays, et la plupart des exposants s’étant dispensés de fournir des données sur leur maison et leur fabrication, il nous est impossible de nous faire une idée générale sur l’importance et le développement qu’a pris l’industrie chimique en Italie.
- On sait cependant qu’une des industries les plus importantes est celle du soufre et qu’en 1899 la Sicile, lieu de production, n’a pas traité moins de 3,533,996 tonnes de minerai, dont elle a retiré 553,199 tonnes de soufre avec une moyenne de rendement de 15.65 p. 100. 6,196 ouvriers sont affectés à cette production.
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- MM. Candiani (Guiseppe} et C‘% à Bonsa (Milan).
- Les usines de cette Compagnie paraissent avoir été les premières de ce genre établies en Lombardie. Elles ont été fondées en 1855 et produisent annuellement :
- tonnes.
- Acide sulfurique.................... i5,ooo
- Acide chlorhydrique.................. 2,000
- Bioxyde de plomb....................... i5o
- Silicate de soude.................... 2,000
- Sulfate d’alumine.................... 1,000
- tonnes.
- Acide azotique..................... 5oo
- Alun............................... 4oo
- Sulfate de cuivre................ 1,000
- Sels de mercure..................... 5o
- Sels de bismuth .-............. o,5
- MM. Collota et fils, à Brenzome.
- Cette maison a surtout exposé du carbonate de magnésie très léger et en poudre impalpable, du carbonate de magnésie lourd, de l’hydrocarbonate, de la magnésie calcinée légère, de la magnésie calcinée en poudre et en morceaux pour usages industriels, du carbonate de cbaux pour usages pharmaceutiques.
- Elle possède des usines à Brenzome (Italie) et à Bezzecca et Molina, en Autriche.
- Mines de soufre Trezza, à Bologne.
- Cette maison a exposé de superbes échantillons de minerais de soufre, ainsi que de différentes variétés de soufre en canons, en fleurs, etc., pour l’industrie et l’agriculture.
- Ministère des finances, à Rome.
- Outre les différentes variétés de sel marin et de sel gemme exposées, le Ministère des finances d’Italie, qui s’est réservé le monopole de la fabrication du sel, a publié à l’occasion de l’Exposition une monographie(1) très étendue et très complète sur les différents marais salants, mines de sel gemme, qui sont exploités sous sa direction. Ces documents comprennent non seulement l’organisation, les plans des salines, mais encore la composition des sels et leurs rendements et les revenus qu’en retire l’État. Ces revenus sont considérables, comme le montrent les chiffres que nous extrayons du tableau qui figure à la fin du volume.
- ANNÉES. TARIF F.N VIGUEUR. PRIX J BU Qt DE VENTE. ÆO YEN IINTAL coïtant.
- 1878 28 juin 1866. fr. c. 5i 80 fr. c. 8 4 5
- 1889-1890 .. 12 juillet 1888. 33 80 5 92
- 1898-1809.. i'r mars 1899. 37 02 5 85
- SEL VENDU FRAIS
- D’EXPLOI- VENTES.
- POUR L’USAGE POUR AUTRES TATION.
- COMMESTIBLE. USAGES.
- quintaux. quintaux. francs. francs.
- 1,453,426 102,455 13,160,999 67,441,739
- 1,728,461 117,527 1 0,935,358 5l, 572,5l4
- i,8o5,o48 *90>957 11,676,629 62,215,835
- Comme on peut s’en rendre compte le bénéfice retiré par l’État est considérable.
- M Le saline domaniali del Regno. Rome tipographia nationale di G. Berteo', via Umbria, 1900.
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- MM. Pegna {César) et fils, à Florence.
- Cette maison exploite une source d’acide carbonique naturel aux environs de Pergine, dans la province d’Arezzo en Toscane. Les propriétaires actuels ont pris la suite d’une autre maison qui avait fait des tentatives malheureuses pour la fabrication de la ce'ruse. Après avoir essayé à leur tour de faire de la céruse, ils ont dû y renoncer pour des raisons de transport dont les prix élevés ne leur permirent point de lutter avec les fabriques génoises.
- MM. Pegna eurent alors l’idée de comprimer le gaz et de le vendre sous la forme liquide aux fabricants d’eaux gazeuses et de vins mousseux, aux débitants de bières et aux propriétaires d’appareils frigorifiques ou de machines à glace.
- L’acide carbonique, avant d’être livré, est complètement débarassé de l’air ou des autres gaz qu’il peut renfermer.
- La maison, par suite de son développement, a du capter diverses autres sources qui sont à 5oo mètres de son usine et conduire le gaz jusqu’à ses compresseurs.
- L’établissement possède actuellement deux moteurs à vapeur faisant ensemble 70 chevaux, deux séries de compresseurs qui peuvent fournir 1,200 kilogrammes d’acide carbonique liquide pendant une journée de 10 heures. Cet acide est logé dans 3,5oo bouteilles en acier résistant à 2Ôo atmosphères et d’une capacité variant de 10 à 60 kilogrammes de CO2. Elle produit en outre des bicarbonates de soude et de potasse purs quelle écoule en Italie.
- MM. Sclopsis et Cie, Via Aosta, 2()-3i, à Turin.
- Mines de pyrite de fer de Brosso (Ivrée) et usines à produits chimiques de Turin et de Co-golelo.
- La maison tire sa pyrite de fer des mines de Brosso, dont elle est propriétaire en partie. Ce minerai renfermerait jusqu’à 45 à 5o p. 100 de soufre et serait exempt d’arsenic. On en extrait environ 100 tonnes par jour, dont une partie est utilisée par la maison Sclopsis et l’autre vendue à différentes fabriques de produits chimiques d’Italie.
- L’usine de Turin, la plus ancienne des fabriques de produits chimiques de toute l’Italie, a été fondée, en 1812, par le grand-père du titulaire-gérant actuel.
- On y fabriqua, dès sa fondation, les acides sulfurique, nitrique et chlorhydrique, les sulfates de fer, de cuivre, de magnésie, de soude, etc.
- En 1857 a commencé pour cette usine une période de transformation, dont le résultat devait être d’accroître chaque jour le chiffre de sa production. De cette époque, en effet, date l’emploi, pour la fabrication de l’acide sulfurique (en substitution du soufre), des pyrites de fer des mines de Brosso (Ivrée).
- L’usine occupe actuellement une surface de 50,000 mètres carrés, dont 30,000 sont couverts par des bâtiments et des hangars. Elle a à sa disposition une force hydraulique de 20 chevaux et dispose en plus d’une force motrice à vapeur de 3o chevaux.
- Le principal produit de l’usine est l’acide sulfurique, dont une partie est livrée au commerce à l’état d’acide à 5o, 60 et 66 degrés Baumé, l’autre partie est employée dans l’usine pour la fabrication des autres produits chimiques, et particulièrement pour la fabrication des superphosphates de chaux et des engrais chimiques, dont la production a augmenté considérablement dans ces dernières années.
- Dans cette usine sont en fonctionnement trois grandes chambres de plomb, d’une capacité totale de 12,000 mètres cubes, avec des Glover, des Gay-Lussac, etc. On emploie des fours du système Malétra pour le grillage des pyrites neuves. Pour la concentration de l’acide de 60 à 66 degrés on a
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- adopté, depuis quelques années, le procédé Négrier modifié et perfectionné. On produit annuellement environ :
- Acide sulfurique à différents degrés..................................... 50,000 quintaux.
- Acide muriatique............................................................. 20,000
- Acide nitrique à différents degrés............................................ 1,000
- Sulfate de magnésie.......................................................... 12,000
- Sulfate de fer........................................................... lt,000
- Sulfate de soude (sel de Glauber)........................................ 4,000
- Sulfate d’ammoniaque.......................................................... 1,000
- Sulfate de cuivre............................................................. i,5oo
- Superphosphates de chaux.................................................... 100,000
- Différents produits, comme sulfate de potasse, sulfate de zinc, acide sulfureux,
- bisulfites de soude, de chaux, etc......................................... 1,000
- Le personnel ouvrier comprend 200 personnes. A l’usine est annexé un laboratoire de chimie, avec un chimiste-chef et deux employés, où on exécute journellement les analyses des matières premières et des produits fabriqués, ainsi que celles des superphosphates et autres analyses pour le compte des clients de la maison.
- A côté de l’usine se trouve le bureau commercial et administratif de la maison.
- L’usine de Gogoleto, Riviera Ligure, près de Gênes, a été installée seulement en 189g. On y fabrique l’acide sulfurique, l’acide nitrique et l’acide chlorhydrique nécessaires à la consommation actuelle de ces produits dans cette contrée d’Italie.
- 11 y a en fonctionnement un appareil de chambres en plomb de 2,000 mètres cubes de capacité, un appareil pour la concentration de l’acide dans la porcelaine, un appareil pour la fabrication de l’acide nitrique et un appareil pour la fabrication de l’acide chlorhydrique.
- Société italienne pour le carbure de calcium, lacétylène et autres gaz, à Rome. Société piémontaise pour la fabrication du carbure de calcium, à Turin Saint-Marcel.
- Ces deux sociétés ont montré des échantillons de carbure de calcium tout venant, granulé et coulé en bâtons. La dernière a, en outre, montré les dessins de ses fours.
- MM. Verderame (Mathieu et fils), à Licata (Sicile).
- MM. Walter (A.) et Ce, à Naples.
- Producteurs de soufre sous toutes ses formes. MM. Verderame et Walter ont exposé des échantillons de soufre raffiné, moulu, sublimé, du soufre en canon, etc. M. Walter a même une spécialité de soufre en poudre impalpable, pour soufrer les vignes, auquel il donne le nom de soufre ventilé.
- JAPON.
- Les journaux spéciaux ont souvent appelé l’attention sur l’essor extraordinaire qu’avait pris au Japon les industries métallurgique et mécanique, destinées à pourvoir la marine de sa flotte, les chemins de fer de leur matériel et l’administration de la guerre de ses
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- canons. Ce qui est moins connu, c’est le développement donné depuis quelques années à l’industrie chimique. Il existe, en effet, près d’Osaka, des usines érigées en 1893 par des ingénieurs anglais et qui, actuellement, sont complètement dirigées par des japonais.
- Aux usines de Nippon, Yuso Kwaisha, l’acide sulfurique est fabriqué avec des pyrites de Wakayama et Okayama renfermant de A7 à 5o p. 100 de soufre. L’évaporation et la concentration se font dans des vases de porcelaine de Kioto, disposés en étage, et l’acide préparé est même exporté jusqu’à Bombay. Il existe de plus des fabriques d’alcalis et, en général, des gros produits de la grande industrie, comme les acides chlorhydrique, azotique, le chlorure de chaux, le chlorate de potasse, etc. A Tokio, on a même entrepris , dans plusieurs établissements, la fabrication de l’iode et de ses dérivés, au moyen des warechs.
- Les savons, quelques parfums et produits pharmaceutiques sont l’objet de fabrications à Osaka. Tous ces produits, encore actuellement de qualité inférieure, s’amélioreront peu à peu, étant donné les qualités d’initiative et d’observation que possède le peuple japonais.
- Nous devons ajouter qu’à part de la fleur de soufre montrée par la Maison Narünuya , à Osaka, aucun des produits de la grande industrie chimique n’a figuré à la Classe 87.
- PAYS-BAS.
- On ne peut s’attendre à ce que la grande industrie soit bien développée, dans toutes ses parties, dans un pays de l’étendue de la Hollande, alors que d’autres plus vastes et ayant par dessus le marché la matière première à leur portée, restent tributaires de l’étranger. Deux maisons seulement ont, en effet, participé à l’Exposition.
- Société pour la fabrication de l’acide sulfurique. (Maatschappy voor Zwavclsuurbereiding vorheenC. T. Ketjcn C°, à Amsterdam.
- Cette maison, qui date de plus de 60 ans, fabrique spécialement de l’acide sulfurique et a été une des premières à produire de l’anhydride par la méthode de contact de Cl. Winckler. Elle possède deux usines dans lesquelles sont occupés 5o ouvriers environ. La production s’élève à 2,160 tonnes d’acide par an, qui trouvent leur emploi dans le pays même.
- Société pour la fabrication du sulfate d’ammoniaque par le traitement des matières,
- à Amsterdam.
- Comme son nom l’indique, celte maison traite les matières fécales delà ville d’Amsterdam, en vue de la fabrication du sulfate d’amoniaque employé comme engrais.
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- ROUMANIE.
- On sait que la loi pour l’encouragement de l’industrie nationale roumaine accorde toute une série d’avantages aux industriels qui ont un capital d’au moins 5o,ooo francs, emploient au minimum 2 5 ouvriers par jour, au moins cinq mois de l’année, ou encore à ceux qui ont introduit dans leurs fabriques les machines les plus perfectionnées et qui s’obligent à avoir, pendant 5 ans au minimum, deux tiers d’ouvriers roumains.
- Les avantages qui résultent de cette loi sont :
- i° le droit d’obtenir, en toute propriété ou pour go ans, selon que l’industriel sera roumain ou étranger, de î à 5 hectares de terre sur toute propriété de l’Etat, des communes ou du Domaine de la Couronne ;
- 2° l’exemption de toute indemnité envers l’Etat, les communes ou le Domaine de la Couronne pour l’établissement des voies de communications (chaussée, chemin de fer, tramway) destinées à relier la fabrique à une grande route, à une station de chemin de fer, à un canal ou une rivière navigable ;
- 3° La restitution des droits de douanes payés pour les produits importés qui n’auront pas de similaires dans le pays, s’ils doivent être réexportés et s’ils ont reçu une transformation industrielle en Roumanie ;
- k° L’exemption, pendant i5 ans, de tout impôt direct envers l’Etat, le département ou la commune ;
- 5° réduction, pendant i5 ans, du prix des transports sur les chemins de fer roumains pour les produits fabriqués, les machines et les matières premières et du prix des colis postaux.
- Enfin la loi prévoit que les produits des fabriques indigènes sont préférés, à conditions égales, aux produits étrangers pour les fournitures de l’Etat, des départements et des communes.
- Sous l’empire d’une législation aussi protectrice, et grâce aussi aux traités de commerce, l’industrie nationale roumaine a pris un grand essor.* Un grand nombre d’in-‘ dustries se sont créés pour jouir des avantages que confère cette loi. En ce qui concerne les produits des industries figurant dans la classe 87, nous citerons :
- Une société anonyme pour la fabrication de l’acide carbonique ;
- Une fabrique d’acide tartrique ;
- Trois fabriques de bougies ;
- Une fabrique de couleurs ;
- Une fabrique d’engrais ;
- Trois huileries y
- Huit fabriques de pétrole ;
- Deux fabriques de produits chimiques ;
- Huit fabriques de savons, chandelles, et parfumerie ;
- Deux stéarineries et savonneries.
- Ajoutons en outre l’industrie du sel, dont l’Etat a le monopole. Il exploite les quatre
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- mines suivantes : Doftana et Slanic, dans le district de Prahova; Tirgou-Ocna, dans le district de Bacou, et Ocnélé-Mari, dans le district de Valtchéà. La production de ces mines a été, en 1895-1896, de 186,223,080 kilogrammes, ainsi répartis :
- Doftana.................................................... 24,573,564 kilogr.
- Stanic..................................................... 40,607,956
- Tirgou-Ocna................................................ 16,388,094
- Ocnélé-Mari................................................ 12,537,926
- 59 millions de kilogrammes ont été employés pour la consommation intérieure et 31 millions de kilogrammes ont été exportés.
- Le Gouvernement a un contrat avec la Serbie pour la fourniture du sel à ce pays.
- Les recettes se sont élevées à 7,083,744 francs et les dépenses d’extraction et d’administration à 1,742,487 francs.
- Le prix moyen de la tonne a été de 101 fr. 33 pour la consommation intérieure et 34 fr. 86 pour l’exportation.
- Bien que la Roumanie ait eu de nombreux représentants dans la Classe 87, aucun cependant ne peut être rangé dans le chapitre de la grande industrie. On les trouvera sous les autres rubriques.
- RUSSIE.
- Les besoins sans cesse croissants d’une foule d’industries qui se sont peu à peu implantées en Russie, comme l’industrie savonnière, la teinture et l’impression, le raffinage des pétroles, etc., la facilité relative que possède l’autochtone de disposer des immenses richesses du sol, la grande variété de ces richesses et, par dessus tout, le désir légitime et très vif que manifestent les Russes de s’affranchir de l’importation étrangère, maintenant que leur éducation industrielle est faite et commence à produire ses fruits, font que l’industrie chimique tend à se développer davantage tous les jours. Ainsi qu’on le verra sous d’autres rubriques, presque toutes les spécialités du vaste domaine des applications de la chimie ont été représentées, et si quelques unes l’ont été modestement ou ont fait défaut, il ne faudrait pas en inférer quelles n’existent pas ou qu’elles n’ont pas d’autres représentants en Russie. Pas plus que l’Allemagne, l’Autriche, l’Angleterre, l’Italie, etc., la Russie n’a pu montrer à l’Exposition la mesure de l’importance qu’a acquise son industrie dans ces derniers temps. La place qui lui est échue était d’ailleurs trop restreinte pour cela. Toutefois les quelques maisons qui ont figuré dans l’enceinte qui leur était réservée, ont montré par la diversité et la bonne qualité de leurs produits que ni le savoir ni le sens industriel ne leur font défaut. La conception que certaines d’entre elles ont de l’influence que peut exercer la science sur leur industrie, la confiance quelles lui témoignent, à cette science, la démonstration expérimentale qu’ils en ont faite, pourraient servir d’exemples à beaucoup de nos chefs d’usine, et sont du meilleur augure pour l’avenir de l’industrie russe.
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- Les principaux participants qu’on peut classer dans la grande industrie sont :
- MM. Lubimoff, Solvay et Cie, Société par actions. — Administration centrale à Moscou. Directeur-gérant : M. Wladimir Orloff; Directeur technique : AI. Asmus Zahs.
- En 1880, M. Lubimoff prit l’initiative de la création de la première soudière russe, et avec MM. Solvay et G1", créa la Société en commandite Lubimoff et Cle.
- Des modifications introduites, en 1887, transformèrent l’ancienne Société et en firent la Société par actions pour la production de la soude en Russie.
- Les établissements sont les suivants :
- Usine de Beresniki (Gouvernement de Perm. Oural). — Directeur : M. Albert Gyrha. — Cette usine, située sur le Kama, à l’extrémité du chemin de fer de l’Oural, est placée sur un gisement salifère à proximité des charbonnages de l’Oural; elle a été mise en marche en 1880. Elle produit du carbonate de soude et de la soude caustique.
- Usine de Donetz, à Lissitchansk (Russie méridionale). — Directeur : M. Pierre Tournayre. —La Société possède dans le district du Donetz un puits de sel gemme à Dekonofka-Pakrofskv, près de Hachmonl, et non loin de là, près de Lissitchansk, sur le Donetz et sur le réseau du chemin de fer du Sud-Est, une vaste usine produisant de la soude carbonatée, de la soude caustique, du bicarbonate de soude raffiné, du chlorhydrate d’ammoniaque et de l’alcali volatil. Cette usine est alimentée par le sel de Dekonolka, par le charbon de la Société Lubimoff-Solvay et par le calcaire d’immenses carrières contiguës à l’usine. La capacité de production de ces deux établissements dépasse actuellement les besoins de consommation de soude de la Russie.
- La Société Lubimoff-Solvay et CIe a voulu, comme elle l’avait fait pour la soude, rendre la Russie indépendante de l’étranger pour sa consommation de chlorure de chaux. Elle a installé, à cet effet, une usine électrolytique à côté de son usine de soude de Donetz, sur le même pied et avec les mêmes appareils électrolytiques que celle de la Société Solvay et C’c, à Jemeppe-sur-Sambre.
- Sa production sera, au début, de 6,000 tonnes par an.
- Usine à Barmoul (Sibérie). — Cette usine fabrique de la soude caustique.
- Mme Névèrowna (Alexandrine), à Marchansk.
- Il existe en Russie un certain nombre de petites usines qui fabriquent encore les prussiates par l’ancien procédé de calcination des matières organiques azotées avec de la potasse et du fer. Les produits, fort bien cristallisés, présentés par cette maison ont été obtenus par ce procédé.
- M. Okhotnikoff ( Wladimir), à Saint-Pétersbourg. A exposé différents échantillons de soufre raffiné.
- MM. Ouchkoff et C‘e, à Moscou, avec liliales à Astrakan, Jekaterinenbourg, Nischni-Nowgorod, Perm et Uffa.
- Cette Compagnie possède trois usines, dont deux fondées eu 185o dans le gouvernement de Wialka, et la troisième à Kasau.
- Gn. XIV. — Cl. 87. — T. 1. 8
- IMi’IUMr.iUE NATIONALE,
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- Sa production comporte uu ensemble de produits dont elle fabriquerait les quantités suivantes par an :
- Acide azotique, 27,900 tonnes; acide chlorhydrique, 27,900 tonnes; acide sulfurique, 5,000 tonnes; soude caustique, 0,000 tonnes; potasse caustique, 700 tonnes; sulfate de soude, 8,200 tonnes; sel de GI au ber, 3oo tonnes; chlorure de chaux, 6,600 tonnes; bichromate de potasse et de soude, 1,100 tonnes; sulfate de cuivre, 25o tonnes; alumine, 3,3oo tonnes; sulfate de cuivre, 5oo tonnes; sulfate de fer 700 tonnes; alun, 1,660 tonnes, alun de chrome, 100 tonnes; colcothar i5o tonnes.
- Pour la fabrication de l’acide sulfurique, elle emploie des pyrites cuivreuses de l’Oural, dont elle retire le cuivre après grillage pour la fabrication des sels cuivriques.
- Indépendamment de cette grande variété de produits, la Société fabrique encore toute la poterie qui lui est nécessaire et dont elle vend aussi une partie.
- Les échantillons de vases, de tuyaux et, en particulier, un spécimen de serpentin en grès dont les spires n’étaient maintenues par aucun support extérieur, dénotent une certaine habileté et prouvent que la fabrication n’en est pas à ses débuts.
- M. Pekkkissloff (Georges), à Tourki (Gouvernement de Snratov). A montré des spécimens de potasses brutes et raffinées.
- Société de la Fabrique de-produits chimiques de Tentelewa, à Saint-Pétersbourg.
- Fondée en 1875, cette Société, à ses débuts, s’est principalement attachée à la fabrication des acides sulfurique, azotique et chlorhydrique.
- L’acide sulfurique est préparé avec des pyrites du Portugal, d’Espagne et de Suède, dont elle consomme 13,ooo kilogrammes par an. Elle possède sept systèmes de chambres de plomb d’une capacité totale de 25,670 mètres cubes, produisant 26,570 tonnes d’acide brut par an. L’acide concentré se fait dans sept appareils de platine dans lesquels on peut produire journellement 62,000 kilogrammes d’acide, soit i5,ooo tonnes par an. Une partie de l’acide sulfurique produit sert à préparer :
- i° Du sulfate d’alumine pour les papeteries; du sulfate d’alumine exempt de fer pour mordant; de l’alun. La production de sulfate d’alumine est de 5,000 tonnes et celle d’alun 1,600 tonnes par an;
- 20 L’anhydride et l’acide sulfurique fumant. L’usine produit annuellement 1,000 tonnes d’anhydride à 100 p. 100 et 2,000 tonnes d’acide fumant.
- 3° L’acide chlorhydrique, employé en partie pour la fabrication du chlorure de zinc qui sert à l’imprégnation des traverses de chemins de fer. Production d’acide chlorhydrique 5,000 tonnes, de chlorure de zinc 800 tonnes, de sulfate de soude 3,600 tonnes.
- 6° L’acide azotique, dont la production annuelle est de 1,200 tonnes d’acide à 69 degrés Baume.
- L’usine prépare, en outre, de l’éther sulfurique, du tanin, de l’ammoniaque, de l’alumine, de l’acétate d’alumine, sulfates de fer, de cuivre, bichromates de potasse, de soude, du sel ammoniaque, des superphosphates, etc.
- Elle possède, enfin, un atelier spécial d’affinage du platine, où l’on prépare les fils, lames, vases en platine en usage dans les usines de produits chimiques et dans les laboratoires de chimie. Toutes les chaudières et tous les appareils fonctionnant dans l’usine ont été construits dans les ateliers de la Société.
- Au début, l’usine employa 17 ouvriers avec 2 chimistes. Actuellement elle occupe 700 ouvriers, 10 chimistes et 1 ingénieur.
- L’établissement dispose d’un emplacement de 168,875 mètres carrés dont 8,000 sont couverts, et possède 12 générateurs ayant 990 mètres carrés de surface de chauffe. Grâce à ses moyens de trans-
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- port et son raccordement aux voies de chemins de fer, elle tend à substituer le chauffage au pétrole au chauffage à la houille anglaise, dont elle consommait 16,000 tonnes par an. Elle compte ainsi s'affranchir de l’étranger.
- La production annuelle de l’usine est évaluée à 4,100,000 francs.
- Société des produits et engrais chimiques de Lowitsch. — Administration à Varsovie, rue Wlodmierska, 2 3. — Usine à Lowitsch.
- Constituée eu 1895, cette Société a commencé la fabrication de l’acide sulfurique à laquelle elle a bientôt ajouté celle des superphosphates et d’autres produits minéraux.
- La Société tire ses pyrites de Norvège et en extrait, après grillage, le cuivre et le zinc.
- Elle possède une concession en Podolie pour l’exploitation des gisements de coprolithes, dont elle extrait actuellement 20,000 tonnes par an.
- Les usines ont été construites d’après les plans donnés par M. Gustave Delplace, et ont été mises en activité en 1897. Elles occupent ko ingénieurs, chimistes et employés divers, ainsi que 200 ouvriers.
- L’acide sulfurique est produit avec deux séries de chambres de plomb, chacune d’une contenance de 8,000 mètres cubes, produisant 20,000 tonnes d’acide sulfurique à 5o degrés Baumé.
- Une partie est concentrée dans deux appareils en platine (système Delplace) produisant 4,5oo tonnes par an d’acide à 66 degrés Baumé.
- Le reste sert à la fabrication des engrais et divers autres produits comme : acide nitrique, 600 tonnes ; acide muriatique, 3,5oo tonnes; sulfate de soude, 2,700 tonnes; sulfate de fer et de zinc, 2,000 tonnes; sulfate de cuivre 700 tonnes; colcothar, 600 tonnes; superphosphates, 25,000 tonnes.
- En dehors de ces fabrications, la Société possède des installations pour la production du cuivre métallique et du chlorure de zinc.
- Trois générateurs à vapeur, ayant ensemble üko mètres carrés de surface de chauffe, sont établis à l’iisine.
- La force motrice est donnée par deux machines à vapeur, l’une de 120 chevaux et l’autre de h o chevaux de force, ainsi que par plusieurs électromoteurs.
- Quoique récemment montée, la Société a constitué une société de prévoyance et de secours [jour ses ouvriers et employés. Elle possède des habitations ouvrières, a organisé un service médical gratuit, un réfectoire où les ouvriers peuvent prendre leurs repas, des salles de bains, etc.
- Elle a enfin pris toutes les mesures d’hygiène et de salubrité dans les diverses installations réparties dans ses usines.
- SUÈDE.
- La patrie des I. Kukel, G. Brandt, T.-O. Bergman, K.-V. Scheele, J.-J. Berzélius, K.-G. Mosander, C.-V. Blomstrand, A. Nobel, L.-F. Nilson, A.-E. Nordenskiôld, pour ne citer que les plus célèbres parmi les disparus, des P.-T. Elève, A.-G. Ekstrand, J.-O. Rosenberg, S.-O. Pettersson, P. Klason, 0. Widman, K.-A.-H. M orner, J.-M. Loven, Y.-A. Bladin, S. Arrhénius, le créateur de la dissociation électrolytique, parmi les vivants, ne pouvait se désintéresser des applications industrielles d’une science à laquelle ses savants ont si largement contribué. Il est en effet à remarquer que sur les 7 5 à 80 corps simples hien connus, les chimistes suédois en ont découvert 20 environ.
- La Suède est particulièrement favorisée par ses nombreux gisements de minerais les
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- plus variés, qui constituent des matières premières précieuses pour alimenter des industries chimiques. D’autre part, ses nombreuses chutes d’eau n’ont pas manqué d’attirer l’attention des hommes d’initiative, à partir du jour oii les procédés électrolytiques ont été mis à Tordre du jour. Aussi voyons-nous, parmi les exposants, quelques-uns qui ont montré du chlorate de potasse et du carbure de calcium. Il existerait même, depuis 1896 , à Bengtsfors, une fabrique qui produit de la soude caustique et de Thypochlorite par électrolyse. On utiliserait en Suède, pour ces diverses fabrications, déjà plus de 20,000 chevaux électriques, et il paraît que le cheval an ne dépasserait pas i5 à 18 francs en certains endroits.
- Quoi qu’il en soit de toutes ces installations, l’industrie chimique se développe de plus en plus dans ce pays, et comme le montre la statistique relevée clans un volume La Suède, son peuple et son industrie publié par ordre du Gouvernement , la production annuelle se chiffre par une somme considérable, eu égard à la population du pays.
- DE FABRIQUES. D’OUVRIERS. phoduction.
- 32 220 2,2 4 8,0 0 0 co uroimes.
- 81 1,060 5,268,000
- 21 616 2,880,000
- 137 hh 8 2,32 1,000
- Acides, bases et sels inorganiques................ 3a
- Engrais artificiels................................ 81
- Explosifs.......................................... 2
- Couleurs et autres articles....................... 187
- Comme on le voit, ce sont les engrais artificiels qui ont la plus large part dans celte production. Aux sources habituelles auxquelles on a recours pour la fabrication de ces engrais s’ajoute une autre pour la Suède. Pendant les années riches en harengs, on emploie une partie de la prise à la préparation de Thuile de hareng et du guano de hareng en opérant de la façon suivante : On chauffe le hareng jusqu’à ce que la graisse devienne fluide et puisse être séparée, et on le presse. Le rendu est ce que Ton nomme guano de poisson. Cette industrie, qui n’existe que dans le gouvernement de Gôteborg och Bohus, a alimenté, en 1897, 17 fabriques dont la production a été estimée à 778,000 couronnes pour le guano de poisson et à 286,000 pour Thuile de poisson.
- Après les engrais, ce sont les explosifs qui sont l’objet de la plus grande fabrication. Il ne saurait en être autrement dans un pays qui a donné le jour à A. Nobel, l’inventeur de la dynamite, de la balistite et d’autres explosifs. C’est de 186A que date la nouvelle époque de la fabrication des agents explosifs ; Alfred Nobel fonda alors la fabrique de dynamite de Vinterviken, près de Stockolm, la plus ancienne du monde de cette espèce, et qui existe encore,.
- On ne produit en Suède aucune matière colorante dérivée du goudron de houille, elles sont toutes importées ainsi que les laques, mais on fabrique beaucoup de couleurs minérales, des ocres, du blanc de zinc, de la céruse, du bleu de cobalt, du noir de fumée, etc. Le nombre de fabriques qui s’occupaient de ces matières s’élevait, en 1898, à 55 avec 181 ouvriers, et la production était évaluée à 987,000 couronnes. On aurait également produit, en 1898, 8,82/1 quintaux d’acide carbonique liquide.
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- Les principales maisons qui ont exposé sont les suivantes :
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- Société anonyme de carbure de calcium d’Alby, à Stockholm. Société anonyme électro-chimique d’Alby, à Stockholm.
- La première a exposé du carbure de calcium et la seconde du chlorate de potasse.
- Société anonyme d’énergie électrique de Prouhallon , à Stockholm. A également montré du carbure de calcium.
- NOUVEAUTÉS ET PERFECTIONNEMENTS
- INTRODUITS DANS LA GRANDE INDUSTRIE CHIMIQUE DEPUIS 1889.
- Si, pendant la période décennale qui a précédé l’Exposition de 1889, on pouvait encore espérer tirer partie du chlorure de calcium provenant des eaux résiduaires de la soude à l’ammoniaque, et retrouver ainsi le cycle rêvé par la grande industrie, il faut actuellement y renoncer en présence des progrès indéniables que vient de faire Télec-trolvse.
- Dans notre rapport de 1893 nous disions : «Une grande révolution ne se manifestera que le jour où les procédés électrolytiques auront pris rang dans le domaine industriel, et auront été sanctionnés par l’expérience??.
- Il nous semble que cette révolution est en train de s’accomplir en ce qui concerne la fabrication des alcalis caustiques et du chlore; elle s’est même étendue à la préparation des chlorates, perchlorates, persullates, percarbonates, oxygène, hydrogène, brome, etc. . .
- Est-ce à dire que l’équilibre entre ces différentes industries se trouve établi comme il l’était à l’époque où le procédé Leblanc était en faveur? Nous ne saurions l’affirmer tant la perturbation introduite par Solvay a été profonde.
- Quoi qu’il en soit, ce dernier lustre du siècle qui vient de finir a été le plus fécond en efforts et en inventions de tout genre, par les uns pour défendre les positions acquises, et par les autres pour résoudre en partie le problème par une voie détournée. Les richesses que recèle notre globe en chlorure de sodium permettent d’ailleurs ce gaspillage du sel qui y retourne du reste en partie sous la forme de chlorure de calcium, de sorte que pour les chercheurs désireux de trouver une solution à la fois pratique et élégante du problème, il ne restera de cette lutte que le vif regret de n’avoir pu résoudre la question telle quelle s’est posée.
- Outre l’intronisation définitive des procédés électrolytiques dans la grande industrie, celle-ci a été dotée d’une innovation non moins importante, nous voulons parler de
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- la mise au point de la fabrication industrielle de Tacide sulfurique par les procédés de contact. Cette solution heureuse donnée à des essais qui ont duré, d’une façon intermittente il est vrai, près de soixante-dix ans, ne produira pas dans la grande industrie une perturbation analogue à celle qu’a déterminée la découverte de Solvay. La fabrication de Tacide sulfurique est en effet indépendante et n’est liée à aucune autre.
- Fait digne de remarque, alors que les débuts du xix° siècle ont été marqués par la découverte de Leblanc qui rendait solidaires les industries de Tacide sulfurique, de Tacide chlorhydrique et de la soude, la fin de ce même siècle a vu ces industries se rendre indépendantes les unes des autres et cela au grand bénéfice du consommateur.
- HYDROGÈNE.
- Une des premières applications de l’hydrogène en grand est sans contredit son emploi dans le gonflement des ballons. A l’exposition de 1878, les visiteurs ont remarqué l’installation qui permettait de produire au moyen du zinc et de Tacide sulfurique les quantités considérables d’hydrogène nécessaire pour le gonflement du ballon Giffard. Depuis cette époque, l’industrie de l’hydrogène comme aussi les applications de ce gaz ont fait de sensibles progrès.
- Sous le nom de gaz à Teau, gaz obtenu en faisant arriver de la vapeur d’eau sur le coke ou le bois incandescents, l’hydrogène mélangé de 25 à 60 p. 100 d’oxyde de carbone , de méthane, d’acide carbonique et d’azote, est employé concurremment avec le gaz de ^houille pour le chauffage et l’éclairage. Ce gaz donne de bons résultats, est très économique, mais a le grand inconvénient d’être délétère par suite de Toxyde de carbone qu’il renferme. Il est surtout en usage aux Etats-Unis.
- On a préconisé différents autres procédés de préparation de l’hydrogène, les uns ne fournissant que de l’hydrogène et les autres donnant en même temps de Toxygène. Tous reposent naturellement sur la décomposition de Teau soit sous l’influence d’agents chimiques, soit par l’intermédiaire de l’électricité(]).
- Hydrogène préparé par voie chimique. — Nous ne nous occuperons naturellement que des procédés qui peuvent recevoir une application dans certains cas déterminés.
- Pour Taérostation militaire, au lieu d’employer l’hydrogène comprimé à 15 0 ou 200 atmosphères dans des cylindres en acier toujours d’un poids assez élevé (10 kilogrammes par mètre cube de gaz), on peut se servir de sodium et d’aluminium qui, en présence de Teau, donnent de l’hydrogène.
- 6Na + 6H20 = 6NaOH + H6 6NaOH + 2AI = Al2(ONa)6 + 6H.
- On calcule aisément qu’il faudrait, pour obtenir un mètre cube d’hydrogène,
- ll) Voir dans le 2e supplément du Dictionnaire de Wurtz, tome III, page 56ç), un article 1res documenté de M. Jaubert sur le gaz à l’eau.
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- kok grammes d’aluminium et i,io3 grammes de sodium, c’est-à-dire à peine 1,5 o o grammes en tout, même en comptant l’huile de naphte et la naphtaline nécessaires pour conserver le sodium. Dès lors, on voit que le poids à transporter pour obtenir la même quantité d’hydrogène est réduit de sept fois environ 91.
- Ce mode de préparation de l’hydrogène peut donc avoir un grand intérêt au point de vue militaire, où la question de légèreté prime tout. Il suffirait d’enfermer le sodium, bien tasser avec un peu d’huiile de naphte et de naphtaline (qui diminue par sa présence l’attaque du sodium), dans un récipient d’aluminium et, au moment du besoin, on jetterait le sodium préalablement, décapé et coupé en petits morceaux, dans Peau, puis, quand la chaleur de la réaction aurait échauffé le liquide aqueux, on jetterait le réservoir lui-même et ainsi on ne transporterait aucun poids mort, comme avec les récipients en acier.
- Le jour où l’on pourra se procurer à un prix abordable l’hydrure de calcium ou l’hy-drure de lithium U), le problème sera encore plus simplifié puisqu’il suffira de faire réagir sur l’eau 9A0 grammes environ du premier et 358 grammes du second pour obtenir un mètre cube de gaz hydrogène pur.
- Hydrogène et oxygène préparés par l’électrolyse. — L’électrolyse de l’eau se fait généralement en solution alcaline et on emploie des électrodes en fer ou en nickel. Par suite de l’état passif que prend le fer de l’anode, il se trouve à l’abri de l’oxydation du fait de l’oxygène naissant, quand la tension du courant n’est pas trop forte et que l’électrolyte n’est pas trop concentré. Parmi les différents voltamètres proposés pour la préparation de l’hydrogène, nous citerons celui du colonel Renard qui est décrit dans les ouvrages classiques 9). Nous n’y insisterons pas.
- La Société cl’électrolyse française, Dutremblay, Wargnier et C10 à Paris, dont les appareils ont figuré à l’Exposition, produit également hydrogène et oxygène par électrolyse de l’eau. Les deux gaz sont offerts à un degré de pureté de 99 p. 100.
- MM. Garutti et Pompili, à Tivoli, près Rome, exploitent un dispositif dû aux essais de Proposto, lequel est également employé par le parc d’aérostation italien dirigé par MM. Bossi et Bassano. Des installations semblables existeraient à Thermi, à Lucerne et à Bruxelles.
- Depuis plusieurs années (1896)13 fonderie de platine de W.-C. Heraeus, à Hanau, fait l’électrolyse de l’eau en vue de la préparation de l’oxygène, et se sert d’appareils construits par la Société Schuckert et Cie. Ayant observé que l’anode était fortement attaquée par l’électrolyte qui était de la soude caustique impure contenant du sulfate et du chlorure, ils employent de la potasse caustique qu’il est plus facile d’obtenir pure. L’oxygène obtenu est à 98 p. 100 et ne renferme comme impureté que de l’azote9). D’après les renseignements publiés par la Société Schukert, les 3oo mètres cubes de
- (1) Ce procédé fort ingénieux a été imaginé par le (2) GiwTz.Complesrendus.t.GXXlI(i596),p.244.
- lieutenant INicolardot, qui en a fait mention dans Voir le 2e supplément du Dictionnaire de
- son rapport sur l’industrie chimique, publié par le Wurtz, t. III, p. /116.
- Ministère de la guerre. ^ Zeitschrift fur FAectrochemie, t. VII, p. 857.
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- gaz (100 m30 et 900 m3H), provenant de Télectrolyse, coûteraient yBfr. 5o, ce qui mettrait à 0 fr. 96 le mètre cube d’oxygène ou d’hydrogène. A cette somme il faut ajouter o fr. 95 à 0 fr. 3o par mètre cube, lorsqu’il s’agit de comprimer ces gaz dans des bouteilles ou cylindres pour le transport.
- Dans une conférence fort documentée(1), M. le Dr Schmidt, de Zurich, préconise un dispositif dans lequel les électrodes en fer sont très rapprochées les unes des autres, de sorte que l’ensemble de l’appareil ressemble assez à un filtre presse. Il emploie comme électrolyte une solution de carbonate de potasse, et obtient de l’hydrogène qui ne renferme pas plus de 1 p. 100 d’oxygène, tandis que Toxygène contient 9 p. 100 d’hydrogène environ. Le rendement par kilowatt-heure est de 168 litres d’hydrogène et de 8 A litres d’oxygène. Un appareil fonctionnant depuis deux ans et demi n’a subi qu’une usure de 1 millimètre aux électrodes.
- Les gaz, quand ils ne sont pas utilisés sur place, sont recueillis dans des gazomètres et comprimés dans des cylindres en acier, sous une pression de 190 à 900 atmosphères.
- Gomme on le voit, l’hydrogène préparé par électrolyse, grâce à sa grande pureté, se prête beaucoup mieux au gonflement des aérostats que celui provenant de l’action de Tacide sulfurique sur le fer. Un mètre cube d’hydrogène obtenu par ce dernier procédé, grâce aux impuretés qu’il renferme, pèse 160 grammes environ, alors que l’hydrogène élee-trolytique ne pèse que 107 grammes, le poids d’un mètre cube d’hydrogène chimiquement pur étant 89 grammes.
- L’oxygène peut renfermer jusqu’à 3 p. 100 d’hydrogène sans aucun danger d’explosion.
- Emploi de l’hydrogène. — Indépendamment de son emploi pour l’aérostation, l’hydrogène est actuellement d’un usage courant quand il s’agit de faire certaines soudures, et en particulier celle des accumulateurs au moyen du bec oxyhydrique.
- Mais, d’après M. Schmidt, un brillant avenir lui serait réservé comme agent d’éclairage aux lieu et place du gaz de houille, du gaz à beau et même de l’acétylène. Il se prêterait fort bien à l’éclairage par incandescence, et serait plus économique que les gaz actuellement en usage
- OXYGÈNE.
- Depuis longtemps l’industrie le fournit sous la forme de gaz comprimé à 190 atmosphères, dans des cylindres en acier. Il est obtenu par le procédé au bioxyde de baryum, connu sous le nom de procédé Boussingault-Brin, et renferme environ 97 à 98 p. 100 d’O pur. On en livre aussi provenant de Télectrolyse de l’eau. Nous venons de voir comment et à quel degré de pureté on réussit à le préparer.
- Zeitschrift fur Electrorhemic, I. VII, p. 998. — Voir la conférence déjà filée.
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- Dans ces derniers temps, on a également fondé de grandes espérances sur Toxygène obtenu par distillation fractionnée de Pair liquide préparé avec l’appareil de Linde.
- Suivant les uns, cet oxygène à 90 p. 100 environ reviendrait à 1 fr. 10 le mètre cube, alors que l’oxygène Rrin-Boussingault ne coûte que o fr. 70 à 0 fr. 80. (Laden-burg et Krügel. Revue générale de chimie pure et appliquée, 1.1, p. 286.)
- Suivant d’autres (Raoul Pictet)^, en ne tenant aucunement compte ni de l’acide carbonique qu’on peut recueillir, ni de l’azote, et en faisant supporter à l’oxygène la totalité des charges de l’exploitation, le mètre cube de ce gaz dépassant 90 p. 100 de pureté, coûterait 0 fr. 013, soit un centime et trois dixièmes. Quant au gaza 5o p. 100 d’oxygène, son prix de revient ne serait pas plus d’un demi-centime par mètre cube.
- OZONE.
- Cette forme condensée et si active de l’oxygène a été l’objet, dans ces dernières années, de bien des recherches et aussi de bien des tentatives d’application. Nous sommes en effet loin de l’époque où on se bornait à employer Tozone uniquement pour les recherches de laboratoire et qu’on le produisait avec les appareils si ingénieux de M. Houzeau, d’abord, et de M. Berthelot, ensuite. L’ozone est en effet entré aujourd’hui dans le domaine de l’industrie, grâce aux progrès réalisés dans la construction des dynamos et des ozoneurs.
- Il a été préconisé et employé pendant quelque temps dans le traitement de certaines maladies provenant de l’appauvrissement du sang ou du ralentissement des fonctions de la nutrition.
- Dans certaines usines on se sert de Tozone comme agent oxydant et en particulier pour oxyder l’acétyleugénol en vue de la fabrication de la vanilline. La Société Fr. Bayer, à Elberfeld, a pris un brevet pour l’oxydation du manganate au moyen de l’ozone. (D. R. P., n° 118,282 du 27 février 1900.)
- Mais son application la plus étendue et en même temps la plus utile, si elle donne de bons résultats sans être trop onéreuse, est son action microbicide et ses propriétés stérilisantes de l’air et surtout de Teau. Aussi, tous les efforts des inventeurs et des constructeurs se sont-ils portés depuis quelque temps à réaliser des ozoneurs permettant de produire d’une façon économique de l’air ozonisé, et à faire barbotter cet air à travers de Teau à stériliser.
- Le nombre d’appareils et procédés qui ont été brevetés à cet effet est considérable. Nous ne citerons que ceux d’Andreoli, d’Elworthy, de Fahrig, de Lamprey, de Naam-looze Genootschap Industriele Maatschappy «Ozon», d’Otto^, de Strong, de Siemens etHalske, d’Abraham et Marmier, etc., etc. Quelques-uns d’entre ces appareils, ceux de M. Otto et de MM. Abraham et Marmier ont même figuré à l’Exposition, et les procédés de ces derniers savants ont en outre été l’objet d’essais pratiques à Lille. Vu leur
- (1) Raoul Pictet. Conférence faite à la Société industrielle de Nancy. Voir Revue industrielle de VEst du 22 décembre 1901. — Pour la description de ce procédé, voir Revue générale de chimie pure et appliquée, t. II, p. 4i5.
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- actualité, nous allons donner un résumé de ces derniers procédés, ainsi que des applications dont ils ont été l’objet.
- MM. Marmier et Abraham ont été conduits à étudier trois points principaux :
- 1" Dispositifs permettant l’emploi d’une grande densité d’effluves, sans atteindre des potentiels trop élevés ;
- 2° Procédés spéciaux de réfrigération;
- 3° Appareil de stérilisation pour la mise en contact de l’air ozone et de l’eau à stériliser.
- i1 Dispositifs électriques. — Le diagramme du dispositif électrique généralement employé pour la production de l’ozone est le suivant :
- Alternateur
- O
- Transformateur à haut voltage
- Ozaneur
- Fig. i.
- MM. Alarmer et Abraham ont apporté à ces dispositifs une modification essentielle en plaçant en dérivation sur Tozoneur un déjlagrateur formé par deux tiges métalliques fixes entre lesquelles éclateront des étincelles. Pour que ces étincelles ne se transforment pas en un arc qui mettrait le transformateur en court circuit, on injecte un puissant courant d’air ou de vapeur entre les tiges du déflagratenr. Le diagramme adopté est donc :
- Alternateur Transformateur Déflaqratèur Ozoneur
- a haut voltage °
- Fig. 2.
- Le fonctionnement est celui-ci :
- Le courant alternatif, partant, par exemple, d’une valeur nulle, la différence do potentiel entre les électrodes de Tozoneur augmente progressivement. Lorsque cette différence de potentiel atteint la valeur qui correspond à l’écartement des tiges du déflagra-teur, une étincelle éclate entre ces tiges, Tozoneur se décharge instantanément; et le courant, qui continue à croître, le charge de nouveau, jusqu’à ce qu’une nouvelle
- étincelle éclate......et cela se répétera, par exemple, N fois pendant une période du
- courant alternatif.
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- Grâce à ce déflagrateur, un double résultat est donc acquis : i° Le voltage sur Tozoneur ne dépasse jamais celui de l’étincelle; a° En augmentant Yintensitê du courant, on augmente à volonté le nombre N des décharges, et l’on augmente ainsi, à volonté, la puissance électrique dépensée sur Tozoneur.
- 9° Réfrigération. — La réfrigération doit être ininterrompue, et avoir lieu simultanément dans les deux électrodes (ou dans les deux séries d’électrodes si l’appareil est multiple). Comme on ne peut, pratiquement, employer Teau pour cette réfrigération, on est tout de suite en face d’une grosse difficulté : il faut que les canalisations d’eau ne mettent pas l’appareil en court circuit.
- Fig. 3. — Coupe schématique de i’ozoneur.
- MM. Marmier et Abraham ont résolu la question en coupant les canalisations d’eau, à l’entrée et à la sortie des électrodes, par des appareils à pluie. L’eau y tombe goutte à goutte ; et la circulation est assurée en même temps qu’un isolement électrique parfait .
- La gravure ci-jointe est la coupe schématique de Tozoneur. Deux disques en fonte f?! d2 sont suspendus de manière que leurs faces soient parallèles; deux plaques de verre p, p sont appliquées sur ces disques et sont séparées Tune de Tautre par un intervalle dans lequel se produisent les effluves. Les disques sont enfermés dans une caisse étanche. L’air, aspiré ou refoulé par un ventilateur entre en a, traverse les effluves comme l’indiquent les flèches, et sort en o partiellement transformé en ozone. Les disques sont creux et sont parcourus par un courant d’eau.
- 3° Stérilisation de l’eau, — MM. Marmier et Abraham ont employé les premiers, pour la stérilisation par Tozone, une tour analogue aux tours classiques de Gay-Lussac. L’eau y ruisselle sur des matériaux inertes, pendant que Tair ozoné, à six milligrammes
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- d’ozone par litre, circule dans leurs intervalles. La stérilisation complète de l’eau est obtenue dans des tours de quelques mètres de hauteur.
- Ce procédé a été expérimenté pendant dix-huit mois à Lille et trois installations ont été décidées au Boléo (Mexique) à la Brasserie Velten et à Cosne pour la stérilisation des eaux d’alimentation de la ville. Ces installations sont établies suivant le plan ci-joint qui est celui de l’installation primitive de Lille.
- •mateur
- Deflagrateur
- Salle des machines
- Appareil* à pluie
- Fig. 4. — Emmerin. Vue en plan de l’usine de stérilisation.
- Les établissements Siemens et Halsfce ont, de leur côté, installé depuis trois ans une usine d’essai à Martinikenfelde, près de Berlin, sur les bords de la Sprée, à l’effet, de stériliser i o mètres cubes d’eau par heure, c’est-à-dire la quantité d’eau nécessaire à une ville de 5,ooo habitants.
- Les ozoneurs employés produisent de 20 à 25 grammes d’ozone par cheval-heure, et l’air, après les avoir traversés, contient 3 grammes d’ozone par mètre cube.
- L’eauinise à l’essai, renfermant de 100,000 à 600,000 germes par centimètre cube, n’en contient plus que 2 à 9 par centimètre cube.
- L’eau ne présente plus la réaction de l’ozone et est sans saveur et sans odeur.
- L’ozone utilisé (O3) par mètre cube d’eau stérilisée ne dépasse pas 2 grammes.
- D’après la Société, la stérilisation de l’eau d’une station de l’importance de celle qui est à l’essai revient à 5 pfenn. o3i, soit o fr. 0628 par mètre cube.
- Avec une installation comportant la stérilisation de 120 à i5o mètres cubes d’eau par heure, la dépense ne dépasserait pas 1 pfennig 726, c’est-à-dire 0 fr. 0215 par mètre cube, en admettant que le cheval-heure ne coûte pas plus de 0 fr. 0625.
- Dans cette estimation sont compris les frais de filtration préalable de l’eau, ceux occasionnés par l’élévation du liquide dans des tours, l’amortissement de l’usine et des conduites d’eau.
- Plans et détails de l’usine figurent dans les Zeitschrifte fur Electrochemie n° 72, du là novembre îqoi, p. 1,006.
- Voir aussi, pour les autres procédés, même journal t. V, p. 351 ; t. VI, p. 27/1; t. VII, p. 788.
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- AIR LIQUIDE.
- R nous semble superflu de nous étendre, dans ce travail écourté, sur les divers essais qui ont été tentés par différents expérimentateurs pour arriver à la liquéfaction de l’air, depuis l’époque où M. Cailletet a fait ses premières expériences. Qu’il nous suffise de rappeler que le problème a été résolu de la façon la plus élégante par M. le professeur Linde, de Munich, dont l’appareil a fonctionné sous les yeux du public, pendant toute la durée de l’Exposition, au pavillon allemand de la Classe 87. Cet appareil pouvait produire 5 litres d’air liquide par heure.
- Les principes sur lesquels reposent la liquéfaction de l’air, la description de l’appareil de Linde, sa manutention, ont été l’objet de tant d’articles publiés dans les journaux et les traités les plus divers que nous ne croyons pas devoir y revenir M. Nous nous bornons à en donner l’économie. VA etien-Gcsellschaft fiir Lindcs Eismaschinen dont le siège est à Wiesbaden, et dont une succursale existe à Munich, fabrique différents types de machines produisant de 75 centilitres à 100 litres d’air liquide par heure.
- Nous extrayons de la notice publiée par la Société les principales données concernant ces machines.
- NUMÉROS DES MACHINES. PRODt EN L1 PAR 11 avec réfrigéra- tion. rCTION [THES [BURE réfrigéra- tion. FORCE MOTRICE en CHKVAÜX. EAU à REFROIDIR par BBDBE en titres. PRIX en FRANCS.
- I 0 75 „ 3 5 2Ô0 5,000
- II 1 a5 u 5 5 4oo 6,3oo
- III 2 // 8 5 600 8,200
- IV 3 // 12 85o 10,000
- V 5 // *9 O O i3,8oo
- VI : 10 5 5 3o 2,300 22,000
- VU 20 12 5 52 3,800 34,4oo
- X 5o 35 io5 8,000 62,500
- XV 100 1 70 190 i5,ooo 93,800
- Un appareil plus compliqué que celui de Linde a été imaginé par M. R. Pictet pour la fabrication de Toxygène, de l’azote et de Tacide carbonique en partant de l’air liquéfié. Celui-ci est soumis à une sorte de distillation fractionnée qui fournit d’abord de l’azote, puis de l’oxygène de plus en plus pauvre en azote. L’auteur emploie un dispositif spécial qui lui permet de liquéfier l’air (préalablement débarrassé des poussières atmosphériques par une filtration, et de l’eau par un refroidissement à 3o-Ao degrés au-dessous de zéro) en le comprimant dans un système de serpentins appelés échangeur et liquéfacteur refroidis, le premier par les gaz provenant de la distillation de l’air liquide, et le second par l’air
- (1) Voir, entre autres, Dictionnaire de Wurtz, a'supplément.
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- liquide iui-mème, dans lequel il est noyé. Dans ces conditions, la pression nécessaire pour amener la liquéfaction de Pair de 3o-Ao degrés au-dessous de zéro, ne dépasse pas 3 à A kilogrammes. Mais cette disposition d’appareil nécessite au préalable la préparation d’une certaine quantité d’air liquide par une autre voie. Cette première charge d’air liquide, destiné à amorcer le grand appareil dont il vient d’être question, est réalisée par l’utilisation des cycles successifs que l’auteur nomme : le principe des cascades de température.
- Avec un premier liquide volatil qui peut être, au choix, l’un des liquides qui servent actuellement dans les machines frigorifiques : ammoniaque, chlorure de méthyle, acide sulfureux, mélange d’acide sulfureux et d’acide carbonique ou acide carbonique pur, on abaisse un premier réfrigérant à une température voisine de 6o à 8o degrés au-dessous de o ; on se sert de ce premier réfrigérant comme condenseur d’un deuxième liquide plus puissant, le protoxyde d’azote ou l’éthylène, par exemple.
- En comprimant ces vapeurs dans un serpentin noyé dans le liquide du premier réfrigérant, on les liquéfie très facilement sous des pressions faibles comprises entre trois et quatre atmosphères.
- En se servant du liquide obtenu pour alimenter un deuxième réfrigérant et en produisant un grand vide sur ces liquides volatils, on atteint les températures très voisines du point critique de l’air, entre 121 et 1A1 degrés au-dessous de zéro. On comprime alors, dans un serpentin, de l’air sec à une pression d’environ 5o atmosphères, suffisante pour amener la liquéfaction de l’air ainsi refroidi....
- Bien entendu, cette première charge d’air liquide pourrait être plus simplement obtenue au moyen de l’appareil de Linde.
- Quoi qu’il en soit , d’après VL R. Pictet, il est aisé d’obtenir avec son appareil : i° de l’azote à 90 p. 100; 20 de l’oxygène à 5o-55 p. 100; 3° de l’oxygène presque pur.
- Suivant le même auteur, une fois l’appareil amorcé, «Tunique dépense pour fabriquer l’oxygène, comme frais immédiats, se réduit à la compression de l’air à une pression de deux à trois atmosphères.
- «Des compresseurs modernes donnent d’excellents rendements, et, si Ton a soin d’injecter un peu d’eau dans les cylindres, pendant la période d’aspiration, on obtient une compression très économique et qui s’effectue selon une courbe se rapprochant beaucoup des isothermiques.
- «Avec une force effective de 3 00 chevaux environ, il est loisible de comprimer par jour environ 35o,ooo mètres cubes, ce qui fait A mètres cubes par seconde.
- «La déshydratation de cet air coûtera une force d’environ 100 chevaux. On a donc à compter avec une dépense de 65o chevaux pour obtenir par jour de marche :
- « 175,000 mètres cubes d’azote dépassant 90 p. 100 de pureté, et 87,000 mètres cubes d’oxygène à 5o p. 100 de pureté ou 35,000 mètres cubes d’oxygène dont la pureté dépasse 90 p. 100, et en même temps 17,000 mètres cubes d’oxygène industriel.
- «Ajoutons à ces deux produits une quantité d’acide carbonique de 280 kilogrammes
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- qui se déposent, dans tous les cas, dans les filtres, comme représentation de l’acide carbonique récolté dans l’air le plus pur que Ton puisse aspirer du dehors.
- «Si Ton désire augmenter le poids de l’acide carbonique, il suffit de prendre, avant les filtres, une très petite quantité des gaz qui sortent des générateurs et qui sont chargés de 12 à i3 p. 100 d’acide carbonique.
- «On peut alors récolter facilement 2,000 à 3,000 kilogrammes de CO2 par 2/1 heures, sans augmenter l’effort nécessité par la compression des gaz.
- «Le calcul montre que, si l’on sort de la cheminée du générateur 1 mètre cube des gaz qui y circulent pendant que l’on en aspire 3o d’air atmosphérique pur, on obtient 3,ooo kilogrammes d’acide carbonique par 2 A heures.
- « Cet acide carbonique est récolté sous forme de neige carbonique dans les filtres et peut s’introduire, par simple distillation automatique, dans les réservoirs d’acier dont 011 se sert aujourd’hui.
- « Une estimation très serrée de tous les frais d’une usine, disposant de 65o chevaux de force, faisant figurer dans les comptes non seulement le charbon brûlé, mais la main-d’œuvre, l’entretien, l’amortissement et l’intérêt normal du matériel engagé, etc., permet à l’auteur d’affirmer qu’une dépense de Aoo à 500 francs ne sera pas dépassée. Au prix actuel, les 3,ooo kilogrammes d’acide carbonique, que l’on obtient facilement par cette installation, rapportent à la vente plus de i,5oo francs.
- «M. Pictet affirme donc que, même au tiers du prix actuel, la vente de l’acide carbonique liquide, dont le marché s’étend de jour en jour davantage, paye tous les frais quelconques de l’usine et laisse même un important bénéfice.
- «Dans ce cas, l’oxygène est absolument à vil prix, et on peut l’offrir aux conditions les plus économiques à l’industrie. Maintenant supposons que l’on fasse supporter à l’oxygène la totalité des charges de l’exploitation et que l’on compte pour zéro l’acide carbonique et l’azote, voici à quel prix on arrive, d’après M. Pictet :
- «Le mètre cube d’oxygène industriel (5o p. 100), coûte un demi-centime et, pour l’oxygène dépassant 90 p. 100 de pureté, 0 fr. 013 par mètre cube.
- «Dans ce dernier calcul, l’auteur néglige l’obtention simultanée de 17,000 mètres cubes d’oxygène à 5o p. 100 (1). »
- Nous avons tenu à donner un aperçu des espérances que fonde M. Pictet sur son procédé, et nous nous bornerons à ajouter qu’il faut opérer sur une grande échelle comme celle qu’il a prise, comme exemple, pour que ce mode de production de l’air liquide soit rémunérateur.
- La question se pose alors de trouver un débouché pour ces masses d’air, d’oxygène ou d’acide carbonique, car pour l’azote il ne saurait être question pour le moment d’une application sérieuse. On trouverait facilement à écouler l’acide carbonique, puisqu’on est obligé de le fabriquer actuellement par d’autres voies.
- Mais pour l’oxygène il en va autrement. De nombreux essais et des propositions
- (l) Revue industrielle de l’Est, du aa décembre 1901.
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- encore plus nombreuses ont été faites pour l’utilisation industrielle de ce gaz el de Pair
- Sans parler de Pair liquide comme source de force motrice, et aussi de froid, on a proposé de l’employer comme agent explosif sous la forme de cartouches faites de Kie-selguhr imprégné d’air liquide et d’essence de pétrole.
- L’air liquide pourrait, d’après d’autres, aussi trouver un emploi dans certains districts miniers où il conviendrait tout à la fois comme agent explosif et comme source de froid et d’oxygène. Ces dernières applications se recommanderaient dans le percement des tunnels. Mais, dans ce cas, il faudrait qu’on eût à sa disposition une force motrice à bon marché pour le produire sur place.
- L’oxygène industriel à 5o p. 100 d’O, provenant de la distillation de Pair, conviendrait aussi en métallurgie où il remplacerait avec avantage Pair atmosphérique; à l’état plus concentré il peut servir dans les constructions métalliques à faire des soudures autogènes; son emploi dans la métallurgie du cuivre, de l’or serait également très avantageux par la production de ces métaux.
- La fabrication du gaz à Peau pourrait, de son côté, être améliorée tant comme rendement que parla qualité du gaz obtenu. Selon M. Pictet, on serait ainsi en mesure de produire 3 mètres cubes de gaz à l’eau par kilogramme de charbon, avec un prix moyen de o fr. oi par mètre cube, partout où le charbon vaut 18 à 20 francs la tonne.
- Quoi qu’il en soit de ces emplois éventuels, nous devons ajouter que, pour le moment, malgré les diverses sociétés qui se sont fondées parfois avec des capitaux énormes, en Allemagne, en Autriche, en Angleterre et aux Etats-Unis M, on ne peut pas encore affirmer avec certitude que la préparation de Pair liquide, dans les conditions où elle se fait actuellement, puisse prendre rang parmi les grandes industries ou arrive même à devenir un auxiliaire avantageux pour les industries existantes.
- Au point de vue purement scientifique, la résolution du problème de la liquéfaction pratique de Pair, et en général de tous les gaz réputés permanents il y a vingt ou vingt-cinq ans encore, ne constitue pas moins un progrès considérable, car cette découverte a permis aux savants de pousser plus en avant l’étude des phénomènes chimiques qui se passent à de basses températures, et a été le point de départ de recherches nouvelles qui ont enrichi la science de plusieurs gaz insoupçonnés jusqu’alors. C’est en effet, grâce à la facilité avec laquelle on peut se procurer actuellement des quantités indéfinies d’air liquide, que M. le professeur Ramsay, à Londres, a réussi à en extraire par distillation fractionnée trois nouveaux gaz : le Néon, le Krypton et le Xénon. Ajoutons, pour terminer, que Pair liquide peut être conservé dans des ballons ou des bouteilles ouverts, à double enveloppe argentée intérieurement et représentant l’appareil le mieux fait pour empêcher la chaleur de pénétrer dans ce liquide froid. Par suite du vide très
- U) A Boston, aux Etats-Unis, il s’est formé une société au capital de /io,000,000 de francs (!) en vue de la fabrication de l’air liquide destiné à produire le froid pour divers usages et eu particulier pour la production de la glace.
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- parfait qu’on établit entre les deux sphères concentriques des ballons, un semblable récipient garde près de quinze jours l’air liquide qui le remplit avant que la dernière goutte soit évaporée !
- En raison de la composition même de l’air liquide qui est un mélange d’azote liquide qui bout à iq5 degrés au-dessous de zéro, et d’oxygène liquide qui entre en ébullition à 183 degrés, le point d’ébullition de l’air liquide n’est pas fixe et commence vers i(j5 degrés, à la pression atmosphérique.
- CHLORE.
- Outre les procédés électrolytiques dont il sera question plus loin, on emploie toujours encore, dans beaucoup d’établissements, soit le procédé Weldon,soit le procédé Deacon pour la fabrication du chlore nécessaire à la production des chlorures décolorants et des chlorates, dans certains cas.
- Chaque usine a, naturellement, un dispositif spécial et a introduit des modifications au procédé primitif, modifications suggérées par une longue pratique ou par les besoins de la concurrence.
- A l’usine de Salindres, par exemple, le chlore est fabriqué par la réaction de Deacon. Mais le modus operandi est quelque peu différent du procédé Deacon proprement dit. Dans ce dernier, le mélange de gaz acide chlorhydrique et d’air est chauffé par son passage dans des tuyaux en fonte qui sont eux-mêmes chauffés extérieurement par un foyer quelconque, et le mélange ainsi chauffé traverse immédiatement ensuite le décomposeur chargé de débris de briques imprégnées de chlorure de cuivre.
- A Salindres, le mélange de gaz acide chlorhydrique et d’air est porté à une température élevée par son passage à travers un appareil genre Cowper-Siemens, comme ceux qui sont employés pour chauffer le vent des hauts fourneaux. L’appareil en question, est chauffé à l’aide de gaz de gazogènes. — Par ce moyen, on peut porter le mélange d’acide chlorhydrique et d’air à une température plus élevée, et il en résulte que la proportion de chlore mis en liberté dans la réaction Deacon est plus considérable.
- Une seconde modification a été apportée par les établissements de Salindres au procédé Deacon; les gaz, en sortant du réchauffeur, ne passent pas directement dans le dé-composeur à cuivre. Ils traversent auparavant un premier décomposeur contenant de la magnésie en morceaux. Il s’y produit déjà une certaine quantité de chlore libre. Mais ce n’est pas là le but principal de cet avant-décomposeur : il a surtout pour objet de purifier le mélange de gaz en le débarrassant de certaines impuretés, acide sulfurique et sulfureux, etc., qui, en se fixant sur la masse décomposante cuivreuse, contribuent fortement à lui enlever son activité, et obligent à renouveler cette masse plus fréquemment. A Salindres, chaque décomposeur à cuivre est précédé de deux décomposeurs à magnésie : un seul fonctionne, et lorsque sa magnésie est devenue trop peu active, il est immédiatement remplacé sans arrêt par le second.
- Ces modifications ainsi apportées à Salindres, au Deacon, en ont fait un appareil très robuste et qui y donne toute satisfaction.
- Gr. XIV.— Ci.. 87. — T. I.
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- CHLORE LIQUIDE.
- Le chlore, dans Tindustrie, sert non seulement à la préparation des hypochlorites et des chlorates, mais il est encore d’un usage courant dans les fabricpies de couleurs d’aniline qui en consomment des quantités considérables. Pour éviter, dans ces usines, la mise en marche des générateurs à chlore, chaque fois qu’il y a lieu de préparer du gaz phosgène, des chlorures de phosphore et d’antimoine ou de chlorurer une substance, organique quelconque, on a imaginé décondenser le chlore de façon à le rendre phi? maniable et aussi de pouvoir l’expédier.
- l-l-
- Comme nous le verrons plus loin, l’électrolyse des chlorures alcalins est actuellement une opération qui se fait couramment dans quelques établissements, et c’est précisément ce chlore électrolytique, qui renferme de 9 5 à 96 p. 100 de métalloïde pur, qui sert pour la préparation du chlore liquide.
- Avant la Badische Anilin und Soda Fabrik, qui a été la première fabrique qui ait mis le chlore liquide dans le commerce, MM. Hannay (D. R. P. A97A2) et Marx (D. R. P. n° 568 y 3 ; Zeitschrift für angewandte Chemie, 1890, p. 18h, et 1891, p. 433) avaient
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- préconisé des appareils pour condenser le chlore provenant delà dissociation de l’hydrate de chlore préalablement chauffé dans une enceinte close.
- Ce mode opératoire devait naturellement céder le pas à celui consistant à recueillir et à condenser le chlore provenant de Télectrolyse des chlorures alcalins.
- Le procédé de la Société badoise permet une marche intermittente ou continue.
- Dans le cas d’une marche intermittente, elle se sert de l’appareil représenté par la figure 6.
- A. Procédé intermittent. — Une quantité de chlore provenant des électrolyseurs (ou de la décomposition du chlorure de magnésium(1)) et dépendant de la dimension de l’appareil est liquéfiée par refroidissement et compression. Le chlore liquide est ensuite évacué et l’opération recommence.
- «Deux récipients A et B correspondent à leur partie inférieure. On introduit de l’acide sulfurique dans les deux parties de l’appareil A et B, mais on finit de remplir B par du pétrole qui surnage. Pour charger de chlore l’appareil A on ferme la soupape f et Ton rouvre les soupapes g et d. L’appareil une fois plein de chlore, on ferme les soupapes d et g; on ouvre la soupape fet au moyen d’une pompe on chasse du pétrole de D en B.
- Tandis que le chlore se comprime, on chauffe la branche A de l’appareil à 5o-8o degrés, de façon à empêcher qu’il ne se forme du chlore liquide en A et que l’acide sulfurique n’ahsorbe de ce gaz à la haute pression qui règne dans l’appareil.
- Si Ton négligeait de chauffer l’appareil A, le chlore qui aurait été absorbé par Tacide sulfurique se dégagerait au moment où la pression diminuerait, ce qui, dans le cours de l’opération subséquente, entraînerait des pertes d’effet utile pouvant s’élever jusqu’à 5o p. î oo de la totalité du chlore soumis primitivement à la compression.
- Le chlore de l’appareil A est refoulé par le dôme E et le réfrigérant K dans Tauto-clave L où il se rassemble à l’état liquide.
- Le dôme E est pourvu d’un appareil identique au niveau d’eau des chaudières à vapeur, ce qui permet d’observer le niveau de Tacide sulfurique en E. Lorsque ce dernier a atteint son plus haut point on ferme la soupape f on ouvre en g et d et Ton recommence une nouvelle opération.
- B. Procédé continu. — Dans la branche gauche d’un appareil en forme d’U (fig. 6) se meut dans du pétrole c le piston a d’une pompe. Le pétrole est isolé par de Tacide sulfurique qui remplit tout le reste d, e, f de l’appareil. A l’endroit qui correspond à la surface de contact des deux liquides, l’appareil est élargi afin d’amoindrir le déplacement vertical de la couche de limite et d’empêcher ainsi qu’il ne se produise des émulsions. Le côté droit y communique avec l’espace m par la soupape K et par une ouverture l qui se règle au moyen de la soupape p.
- L’espace m est pourvu cl’un niveau à tube de cristal n et de la conduite o par laquelle le chlore comprimé débouche dans le réfrigérant K et de là dans Tautoclave B.
- Cl) Dans les brevets de la Société badoise il est question, comme source de chlore, du produit de la décomposition du chlorure de magnésium, mais actuellement on condense le chlore électrolytique.
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- En f se trouve une conduite h munie d’une soupape i. La branche f est chauffée au bain-marie à la température de 5o à 80 degrés centigrades.
- Lorsque le piston s’élève, le chlore est aspiré à travers h et i; il est refoulé en m à travers la soupape K lorsque le piston s’abaisse.
- Pour peu qu’à ce moment il restât en f, ne fut-ce qu’une faible bulle de chlore, il en résulterait une diminution considérable du travail utile.
- Il suffit, pour s’en rendre compte, de considérer que toute quantité de gaz n’ayant pas franchi la soupape K au terme de la phase de compression, tendra à revenir à son volume primitif sitôt que.la faculté lui en sera donnée, c’est-à-dire sitôt que le piston a reprendra son mouvement ascensionnel. Et comme le volume du chlore à la pression ordinaire équivaut à seize fois le volume du chlore comprimé, il résulterait d’un tel état de choses que la quantité de chlore fraîchement aspiré en f durant la nouvelle ascension du piston a, serait diminuée d’une quantité égale à seize fois le volume de chlore comprimé qui, au début de la phase de décompression, se serait encore trouvé en deçà de la soupape K. Pour parer à une aussi grosse perte de travail utile, on a pourvu l’appareil d’un canal ou ouverture l, à travers laquelle une faible quantité d’acide sulfurique passe de m en fh chaque décharge de pression. 11 en résulte une aspiration de chlore un peu moindre, il est vrai, que celle qui correspondrait à la course totale de piston; en revanche, lorsque celui-ci redescend, le gaz est intégralement refoulé en m et avec lui une quantité d’acide sulfurique précisément égale à celle qui avait passé précédemment de m en f par l’ouverture /.
- Le réglage de la soupape p s’effectue selon le niveau du liquide en m.
- Les métaux et alliages qui ne sont pas attaqués par le chlore sec, comprimé ou en présence d’acide sulfurique concentré, sont : la fonte, le fer forgé, l’acier, le bronze phosphoreux, le laiton, le cuivre, le zinc, le plomb. On se sert de ces métaux et alliages pour construire les appareils. C’est ainsi que dans la fabrication de l’appareil de la figure 5 , et pour les parties similaires de l’appareil de la figure 6 , les récipients A et B sont en fer forgé, l’autoclave L en acier, le réfrigérant K en cuivre, les soupapes f, ge n bronze phosphoreux. On a recours au plomb, au caoutchouc et à Tasbeste pour imperméabiliser les collets de jonction et les filets des soupapes.
- Pour le magasinage et le transport du chlore liquéfié , on emploie des autoclaves construits simplement en fer ou en acier, ou bien on les revêt encore intérieurement de plomb, de cuivre ou de laiton, afin de préserver en même temps ces coûteux et épais appareils d’une usure trop rapide, de l’action de l’air et du chlore humide.
- Enfin, ainsi que cela ressort de la description précédente, on noie sous une couche d’huile minérale (pétrole, ligroïne ou vaseline fondue) celles des parties mobiles de l’appareil qui, sans cette précaution, se trouveraient alternativement exposées à l’air et à l’acide sulfurique. Il va de soi que les dites huiles minérales doivent avoir été préalablement purifiées par un traitement à l’acide sulfurique concentré.
- Il est tout aussi évident que l’emploi de ces huiles préservatrices n’est pas nécessairement lié à la liquéfaction du chlore par l’acide sulfurique et que Ton peut tout aussi
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- TzzzmnmzniL
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- Fig. 6.
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- bien opérer sans leur secours, soit que Ton se serve d’autres agents préservateurs des appareils, soit que l’on ne craigne pas de voir ces derniers se détériorer plus rapidement.
- Ces dispositifs de la Société badoise ont été imaginés par M. Knietsch, qui a, en outre, déterminé une série de constantes physiques du chlore liquide aux températures et aux pressions les plus variées. (Annalender Chemie, t. 959 , p. 100.) Brevet français n° 19 a,3 5 3 ; brevet allemand n° 5 0,3 2 9.
- ACIDE CHLORHYDRIQUE.
- Pour le moment, cet acide est toujours produit par les anciens procédés, c’est-à-dire i ° par action de Tacide sulfurique sur le sel, le sulfate résultant étant employé dans les verreries; 20 par le procédé Hargreaves; 3° par décomposition au moyen de la vapeur d’eau du chlorure de magnésium.
- Mais le jour où toute la soude caustique, consommée dans le monde, sera fournie par Félectrolyse, il faudra convertir une partie du chlore en acide chlorydrique ou en d’autres dérivés chlorés, car tout le chlore produit ne pourra être transformé en chlorure de chaux.
- Cette surabondance de chlore fait déjà l’objet des préoccupations des industriels. Aussi a-t-on songé à le recombiner à l’hydrogène qui se dégage à la cathode, pour obtenir de l’acide chlorhydrique. L’appareil Outhenin et Chalandre, dont il sera question plus loin, porte un dispositif permettant cette combustion du chlore dans l’hydrogène. On a pris, d’autre part, de nombreux brevets pour modérer la réaction. L’un d’eux, le brevet Pataky (D.R. P. n° 113219, du 92 a°ut *899) consiste à faire passer simultanément volumes égaux d’hydrogène et de chlore sur des fragments de charbon de bois disposés dans un appareil en grès. La combinaison des deux gaz se fait sans donner lieu à des explosions, et on recueille Tacide dans de l’eau.
- BROME.
- Bien que certaines usines préparent encore le brome par son déplacement au moyen du chlore, il en existe qui ont recours à Télectrolyse.
- Parmi celles cpii emploient l’ancien procédé modifié, nous citerons la Société Snlzbergwerk Neu-Stassfurt, à Neu-Stassfurt, qui vient de breveter un procédé basé sur l’emploi du chlore liquide, qu’on ajoute en quantités calculées aux lessives contenant le bromure de magnésium.
- L’usage du chlore liquide permet d’éviter l’addition d’un excès de ce métalloïde, de telle sorte qu’on peut obtenir du brome complètement exempt de chlore. La même méthode est applicable à l’extraction de l’iode des eaux mères provenant de la préparation du salpêtre (D.R. P. n° 105822).
- Depuis 189A, la Société Comolidirten Alkali Werkm, à West.eregeln, électrolyse les
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- eaux mères provenant de l’extraction du chlorure de potassium de la carnallite et qui ont la composition suivante :
- Brome sous la forme de bromures................... 0.9. à o.3 p. 100.
- MgCP................................................ 3o à 32
- MgSO4................................................ 1 à 2
- NaCl et KC1.......................................... 1 à 2
- En raison de la faible teneur en brome, il est nécessaire de faire écouler de grandes quantités de ces eaux mères dans les espaces anodiques. Le brome mis en liberté reste en dissolution et est chassé par distillation.
- Comme les liquides épuisés sont obligés de traverser des kilomètres de conduites en fonte, il faut qu’ils soient exempts de brome et d’acide. Aussi, au sortir de la distillation, passent-ils dans les liquides cathodiques qui sont alcalins et y abandonnent toute trace de brome. L’hydrate de magnésie étant soluble dans le chlorure de magésium,il ne peut se déposer sur le cathode; toutefois au bout de quelque temps, on observe un dépôt d’oxychlorure qu’on enlève mécaniquement.
- La température des bains est de 80 degrés. Le courant employé est proportionné à la vitesse du liquide et aussi à la teneur en brome. .Malgré cela, on ne peut obtenir un brome exempt de chlore, et on est obligé de le purifier.
- On se sert de charbon comme anode, et de plaques de cuivre, disposées dans des cel-lulies en argiles comme cathode. On produit journellement environ 3oo kilogrammes de brome. La vapeur d’échappement delà machine actionnant la dynamo servant àl’élec-trolyse, suffit comme source de chaleur^.
- IODE.
- A l’heure présente, la majeure partie de l’iode se retire toujours encore des cendres de varechs par le procédé classique.
- Des tentatives ont cependant été faites dans le but d’éviter la calcination des goémons, de façon à pouvoir utiliser le résidu de la plante comme engrais, après l’extraction des sels solubles.
- Le procédé du à M. James (brevet français n° 2583^2) consiste à traiter les goémons , frais ou simplement séchés à l’air, par l’eau de mer ou un autre liquide de même densité alcalinisé avec de la chaux. De cette manière, tout l’iode passe en solution.
- On additionne l’eau de 8 kilogrammes de chaux par mètre cube. On verse deux mètres cubes de cette eau sur une tonne de goémons, on laisse douze heures en repos , on enlève la liqueur qui extrait 60 à 65 p. 100 de l’iode des goémons. On recommencera le même traitement pendant six heures avec un mètre cube d’eau. On débarrasse la solution des matières mucilagineuses soit par du sulfate ferreux à raison de 3 kilogrammes
- Clmn. Zeil, 1901, p. 1171.
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- par mètre cube, soit par de la chaux vive dans la proportion de 3 à 5 kilogrammes pour la même quantité de liqueur. La solution est enfin traitée par Tacide sulfurique à 66 degrés ou par Tacide chlorhydrique. On déplace Tiocle par Tacide nitreux ou un réactif approprié, et on Tenlève au moyen de Thuile de pétrole à raison de 3o kilogrammes par mètre cube de jus. Un premier traitement enlève 8o p. îoo d’iode, un second enlève le reste. La solution d’iode est soumise à l’action de la potasse ou de la soude et on obtient des iodures alcalins.
- Au lieu de faire subir à la liqueur ce long traitement, on a imaginé de la traiter directement par de Thypochlorite de chaux et de l’acétone. Il se forme dans ces conditions de Tiodoforme qu’une simple purification transforme en produit marchand.
- Le procédé a été exploité, pendant quelque temps, sur le littoral de la Bretagne.
- On a trouvé une autre source d’iode dans les gaz des hauts fourneaux. Dans un brevet français de 1893 (n° 23AA3i), M. Gredt, ingénieur aux usines d’Esch (Luxembourg) s’est proposé de faire subir aux gaz des hauts fourneaux un lavage méthodique et parfait, dans le but de les dépouiller complètement de leurs poussières et aussi de récupérer les substances solubles recueillies dans l’eau de lavage.
- Une analyse des sels obtenus par évaporation de ces eaux de lavage, et préalablement calcinés, a donné à M. G. Arth les résultats suivants :
- Partie insoluble, 11 p. 100 (comprenant carbonate de chaux, sulfure de fer, silicates alumineux, charbon, etc). Dans la partie soluble, on a trouvé :
- Iode......
- Chlore... Potassium Calcium..
- 1.43 p. 45.9/1 13.i 2 4.6a
- 100.
- On n’a pas dosé le sodium qui s’y trouve en notable quantité, ni Tacide sulfurique.
- Cent kilogrammes des sels calcinés correspondent à la fabrication de 100 tonnes de fonte par vingt-quatre heures; 100 tonnes de fonte correspondraient donc à 1 kitogr. 869 d’iodure, plus 2 A kilogr. 22 de chlorure de potassium.
- Or la production annuelle de la fonte dans le bassin de Longvy-Luxembourg dépasse actuellement bien 2 millions de tonnes (il était de 1,200,000 en i8qA),de sorte qu’on pourrait récupérer environ 3 y,3 60 kilogrammes d’iodure de potassium sans compter les autres sels (Bull. soc. chim. [3] t. XIII, i8q5, p. 1 55).
- FLUOR.
- Bien qu’il n’ait pas encore reçu d’applications industrielles, le fluor mérite néanmoins d’être signalé dans ce rapport, grâce à la façon ingénieuse dont il a été isolé par M. Moissan, et grâce aussi à un ensemble de propriétés très curieuses mises en évidence par son auteur. Rien ne dit que parmi ces propriétés, il ne s’en trouve pas un jour qui soient susceptibles d’être mises à profit dans la pratique.
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- Entrevu par Fremy, les frères Knox,les frères Kàmmerer, Prat, Branner, etc.. le fluor n’a cependant été isolé avec certitude qu’en 1 886, par M. Moissan, en électrolysant dans un tube en U, en platine, et à l’aide d’électrodes de platine fixées aux deux ouvertures par des bouchons de fluorine, un mélange d’acide fluorhydrique anhydre et de fluorure de potassium. Quelques temps après, M. Moissan a remplacé le tube de platine par un tube de cuivre de même forme, en conservant les autres dispositions essentielles de l’appareil primitif.
- En vue d’étudier les applications du fluor, MM. C. Poulenc et Meslans se sont proposés de résoudre le problème assez délicat de la préparation industrielle du fluor.
- Le dispositif de M. Moissan donne d’excellents résultats au laboratoire; mais pour réaliser un appareil qui permette d’obtenir le fluor dans des conditions industrielles, ces auteurs ont dû adopter des dispositions tout à fait différentes et se préoccuper de résoudre les trois points essentiels suivants :
- i° Suppression des isolements en fluorine et d’une façon générale de tout joint dans la cellule anodique où le fluor se forme;
- 9° Constitution d’un diaphragme, inactif au point de vue électrolytique, séparant les cellules anodiques et cathodiques, n’apportant qu’un faible accroissement à la résistance de l’électrolyte, et permettant, cependant, une séparation efficace des gaz hydrogène et fluor ;
- 3° Réalisation de dispositifs permettant d’accroître, à volonté, la surface utile des électrodes, tout en réduisant, au minimum, l’épaisseur de la couche électrolytique interposée entre elle, et par conséquent de réduire la résistance de l’appareil, et, par cela même, d’augmenter le rendement utile de l’énergie électrique et de diminuer réchauffement du bain.
- MM. Poulenc et Meslans ont réalisé, en grande partie du moins, ces diverses conditions , en employant comme diaphragme une sorte de boîte de cuivre percée seulement d’ouvertures latérales convenables au niveau des électrodes et munie d’un tube de cuivre, brazé à la partie supérieure et qui servira au départ du fluor (fig. 7).
- Cette cellule qui renferme Tanode (en platine par exemple) est plongée dans l’électrolyte , de façon que ses ouvertures latérales soient placées au-dessous du niveau du liquide qui fait garde ; celui-ci est contenu dans une boîte également en cuivre, dont les parois mêmes servent de cathodes.
- Les cellules anodiques sont isolées de la cuve cathodique par un simple joint de caoutchouc qui assure en même temps l’étanchéité de l’appareil; cela est possible, puisque ce joint n’est soumis à l’action des vapeurs d’acide fluorhydrique et non à celle du fluor.
- Dès que le courant passe dans l’appareil la boîte anodique entière fonctionne comme anode et décompose l’électrolyte. Du fluor se sépare sur ces parois de cuivre, mais celles-ci sont aussitôt recouvertes d’une couche, très mince, mais isolante, de fluorure de cuivre et, dès lors, seule l’anode de platine continue à électrolyser le mélange et est le siège d’un dégagement de fluor. Les parois métalliques de la cellule anodique sont
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- transformées par la rouelle de fluorure de cuivre en un diaphragme inactif, celui-ci convenablement ajouré dans sa paroi située en regard des anodes, livre passage au courant qui traverse l’électrolyte, tout en maintenant séparés les gaz fluor et hydrogène isolés à l’anode et sur la surface de cuivre du vase externe qui sert de cathode.
- L’appareil que le dessin représente en coupe suivant deux plans perpendiculaires réalise ces différentes conditions.
- Fig. 7. — Appareil pour la fabrication du fluor. (Brevet Poulenc-Meslans.
- B est une cuve rectangulaire en cuivre qui renferme l’électrolyte (mélange d’acide fluorhclrique anhydre et de fluorure de potassium).
- Un couvercle M, également en cuivre, est fixé sur elle à l’aide de boulons; un joint, de caoutchouc J assure l’étanchéité.
- L’ensemble en est réuni, au pôle négatif de la source d’électricité; des lames de
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- cuivre C sont réunies aux parois de la cuve et sont destinées à fonctionner ainsi que celles-ci comme cathodes. Cette cuve est refroidie extérieurement par un bain réfrigérant.
- A. A. sont des boîtes de cuivre de forme' rectangulaire, allongées et plates, fermées en bas et munies ;\ la partie supérieure de tubes R servant à la fois de support aux boîtes et de dégagement au gaz fluor. Ces tubes sont isolés du couvercle à Taide d’un joint de caoutchouc L servant en même temps à assurer l’étanchéité et qui est fixé par des rondelles et des écrous P.
- a.a. sont les anodes, elles sont constituées par des boîtes de cuivre plates sur lesquelles sont boulonnées des plaques de platine et à l’intérieur desquelles circule, amené par les tubes T.T. un courant de liquide réfrigérant.
- Des joints de cuivre cônes K.K. permettent de collecter le fluor dégagé dans les diverses cellules anodiques, dans un tube commun F qui le conduit à un réfrigérant ascendant où il se dépouille des vapeurs d’acide fluorhydrique qui, condensées, retombent dans l’appareil.
- L’hydrogène, formé dans les espaces cathodiques, sort par le tube H et est soumis de même à un refroidissement énergique pour retenir les vapeurs acides.
- Les parois des boîtes A.A. sont ajourées dans la portion située en face des anodes, et des lames de cuivre minces d. d. pliées en V et fixées les unes au-dessus des autres, à une distance convenable, constituent un diaphragme peu résistant quoique efficace au point de vue de la séparation des gaz hydrogène et fluor.
- L’ensemble des boîtes anodiques A et des anodes a étant relié au pôle positif de la source électrique, toute la partie des boîtes A.A. ainsi que ces lames d.d. qui plongent dans l’électrolyte se recouvrent, dès le début du passage du courant, d’une mince couche isolante de fluorure de cuivre qui les transforme en un diaphragme indifférent vis-à-vis de l’électrolyte ; dès lors, seules les plaques de platine anodiques sont le siège d’une action électrolytique et du dégagement du fluor.
- Grâce à l’ensemble de ces dispositions :
- i° Le fluor n’ayant de contact, jusqu’à sa sortie de l’appareil qu’avec des parois métalliques , les joints qui n’ont à supporter que l’action de l’hydrogène chargé de vapeurs d’acide fluorhydrique peuvent être constitués avec des matières organiques, telles que le caoutchouc que le fluor eut détruit. L’emploi de fluorine est donc évité ;
- 9° L’étendue des électrodes est illimitée et le rapprochement de celles-ci peut être réduit à quelques centimètres, avec cependant une séparation efficace des gaz isolés;
- 3° La faible résistance de la couche d’électrolyte qui sépare les électrodes et l’absence de contre-électrolyse sur les parois de séparation permet d’obtenir un haut rendement de l’énergie électrique. Enfin le refroidissement de l’anode diminue l’attaque d’une façon appréciable et permet de refroidir moins énergiquement la masse de l’électrolyte, ce qui a une heureuse influence sur le régime de l’électrolyse.
- Cette réalisation des différentes conditions qu’on a énumérés au début, sans être un type définitif encore, permet cependant d’aborder avec confiance l’étude de l’industrie
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- du fluor et des applications de cet intéressant gaz, dont les grands travaux de M. Moisson ont montré tout l’intérêt.
- Nous donnons ici le croquis d’appareils d’essais en petit, construits sur le même principe que les appareils industriels, et qui renferment 15o centimètres cube d’électrolyte (fig. 8).
- Fig. 8. — Appareil à fluor (Poulcnc-Meslans). Modèle de laboratoire.
- B est un vase cylindrique en cuivre qui contient l’électrolyte et dont la paroi G sert de cathode.
- M. est le couvercle en cuivre qui, ici, est isolé du vase B par une rondelle de caoutchouc L qui sert aussi de joint et qui est maintenue par des boulons b isolés.
- Sur ce couvercle sont brazés :
- 0 Le tube A qui est ajouré dans le bas en d;
- î
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- a° Le tube T qui vient s’ouvrir dans la boîte N qui reçoit un liquide réfrigérant; ce tube T, fermé à la partie inférieure, reçoit un manchon de platine p et la plaque de cuivre g fixés au moyen de la vis de cuivre V ;
- 3° 9 tubes serpentins Tun C, qui sert au dégagement du fluor; l’autre H, qui sert au dégagement de l’hydrogène et qui, l’un et l’autre enroulés, servent de réfrigérant à reflux pour la condensation des vapeurs d’acide fluorhydrique entraînées qui retombent dans l’appareil.
- Cet ensemble est relié au pôle négatif de la source d’électricité.
- Un bain réfrigérant entoure le vase cathodique.
- Le fonctionnement de l’appareil est identique au précédent ; aussitôt que le courant est amené à l’appareil, le tube diaphragme A d se recouvre de fluorure de cuivre et seules l’anode de platine p (refroidie par l’intérieur a) et la paroi de cuivre C comme cathode, concourront à la décomposition de l’électrolyte.
- SOUFRE.
- Rien que le soufre natif soit très répandu dans la nature et qu’on en ait trouvé des gisements assez importants aux Etats-Unis et au Japon, c’est toujours le minerai de Sicile qui constitue la source la plus importante de ce métalloïde.
- ‘ Le soufre contenu dans ce minerai, qui est d’origine sédiment-aire, ne dépasse pas généralement ko p. îoo. Le minerai qui en contient îo p. îoo, n’est pas économiquement utilisable.
- Le traitement des minerais de soufre a été étudié de plusieurs façons sans toutefois avoir jamais abouti, sauf quelques rares exceptions, aux résultats qu’on espérait, surtout si Ton compare tous les systèmes imaginés au calcarone, qui reste, malgré tout, le procédé le plus simple, le moins coûteux et donnant lieu, bien soigné, à des pertes moindres.
- C’est ainsi que s’exprime M. N. Pellati, inspecteur général des mines en Italie, dans une conférence qu’il a faite, en îqoo, sur le traitement des minerais de soufre en Sicile, au Congrès international des mines et de la métallurgieL’auteur n’en passe pas moins en revue les différents procédés en usage et ceux qui ont été successivement proposés, depuis la première méthode de traitement employée en Sicile, en i85o, et appelée calcarella, jusqu’aux foyers Gill et aux appareils à vapeurs.
- Suivant M. Pellati, on peut grouper en deux types tout à fait distincts, mais qui, cependant, se basent tous les deux sur le même principe de liquidation, les procédés employés actuellement en Sicile pour traiter le minerai de soufre dans les meilleures conditions économiques.
- Dans le premier type, la chaleur nécessaire à l’opération est fournie par la combustion d’une partie du soufre contenu dans le minerai; dans le second, elle est due à la con-
- Bulletin de laSociété de l’Industrie minérale, 3* série, livraison IV, ire partie, p. 1282; Saint-Étienne.
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- sation dune certaine quantité de vapeur d’eau, maintenue sous pression à une température plus élevée que celle qui serait nécessaire pour faire fondre le soufre.
- Du premier type sont : le calcarone, qui a pris la place de la calcarella, dont il ne diffère que parce qu’il est couvert dans la partie supérieure du cône sortant du bassin.
- C’est un perfectionnement dû au hasard. En 18A2, aune des mines de Favara, on mit, par malveillance, le feu à un tas de minerai préparé sur le carreau pour l’époque de la fusion. Ne pouvant éteindre le feu, on eut l’idée de l’étouffer en recouvrant le minerai avec la plus grande partie de terre possible, afin d’éviter des dommages sérieux pour l’agriculture. Quelques jours après, on vit que la quantité de soufre liquide qui coulait était, dans son ensemble, supérieure à celle qu’on obtenait d’habitude avec la calcarella, ce qui lit comprendre que la couverture du minerai n’éteignait pas le feu, mais, au contraire, en réglait la marche de façon à la rendre plus productive. C’est de là qu’on est arrivé, petit à petit, à l’adoption du calcarone actuel, devenue générale à partir de i85o.
- Ce mode d’exploitation classique des minerais de soufre est trop connu pour que nous nous y arrêtions. Il se trouve, en effet, décrit dans tous les ouvrages de chimie minérale. Nous nous bornons à donner un schéma des différentes formes de four en usage (planche I).
- A ce premier type se rattachent aussi les fours dits à cellules ou à chambres, systèmes Gill et Gil Ruiz où la combustion est réglée par un faible courant d’air, produit par la chaleur dans le premier des deux systèmes et par la force motrice dans le second.
- Du deuxième type sont les appareils à vapeur qui peuvent avoir trois dispositions différentes. Ils peuvent être, en effet, fixés verticalement, fixés presque horizontalement ou montés sur des pivots.
- Dans chacun de ces deux types de traitement, il y a toujours une perte inévitable de soufre; en effet, dès que le métalloide se liquéfie, il coule, mais la gangue en étant imbibée, une partie du soufre liquide est nécessairement retenue par capillarité dans la gangue même.
- D’ailleurs, cette quantité de soufre perdu varie suivant la structure du minérai et la gangue, mais on peut l’évaluer de 8 à 18 p. î oo du poids de la gangue.
- Dans les descriptions que nous allons donner, nous passerons sous silence tous les essais qui ont été sans résultat pratique et nous nous bornerons à décrire sommairement les fours et appareils en usage dans certains districts de la Sicile.
- Four Gil Ruiz. — Essayé dès 1889, à la Solfare Muglia de Centuripe, ce four ne commença à avoir une application pratique qu’en 1899, à la solfare Santa Caterina-Camiolo de Castrogiovanni, grâce aux perfectionnements, d’importance tout à fait pratique, introduits par l’exploitant Ignazio Buscemi.
- Le four se compose essentiellement d’une grande chambre cylindrique c, recouverte par une voûte et ayant la sole inclinée vers la morte M, ouverture par laquelle se fait l’écoulement du soufre liquide. Un ventilateur fait pénétrer l’air frais par le haut, et les
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- Planche 1.
- Fig. y. — Grand calcarone.
- Fig. 10. — Petit calcarone.
- Calcarone avec fosse profonde. Coupe par AB.
- Fig. 12.
- Disposition de la charge adoptée à la soil'are Trabonella.
- C. Aggloméré de minerai menu(panotti).
- D. Minerai gros.
- E. Minerai de grosseur moyenne (brèche).
- F. Point où le feu se communique au
- minerai.
- Calcarone avec fosse peu profonde. Coupe par AB.
- Fig. i4.
- Moule pour les pains de soufre brut (balate).
- Elévation. — Echelle 1 : 3o.
- Fig. 1 b.
- Calcarone presque sans fosse. Coupe par AB.
- Fig. 16.
- Moule pour les pains de soufre brut (balate).
- Echelle 1 : 3o.
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- produits de la combustion, entraînés par le courant, sortent vers le bas par un carneau F qui s’ouvre latéralement au niveau de la sole, pour se perdre dans l’atmosphère par un tuyau de cheminée spécial.
- A Santa Caterina, l’installation consiste en quatre chambres, nombre nécessaire pour traiter tout le minerai que la mine donne. Ces chambres cylindriques ont 5 mètres de diamètre, et sont surmontées d’une voûte sphérique dont la clef se trouve à une hauteur de 8 mètres. Avec ces dimensions, le volume de la chambre est de 1A0 m. c. y8; elle ne peut cependant contenir que i3A mètres cubes de minerai, en moyenne, du poids de ig2 tonnes, car il faut laisser, à la partie supérieure, un certain espace vide pour faciliter la circulation de l’air.
- La sole est formée, comme dans les calcaroni, avec des résidus de calcination broyés, mouillés et damés. Au niveau de la sole, sur le derrière, c’est-à-dire à l’endroit le plus élevé, sort le tuyau de cheminée F, dont la hauteur est de î mètre et la largeur de o m. 6o et qui se prolonge, en montant, avec une inclinaison de A5 degrés. 11 porte, en outre, une rampe d’accès pour les inspections éventuelles et se termine par une cheminée H, destinée à déverser les gaz à une hauteur convenable au-dessus de l’étage supérieur du travail (environ A mètres) [planche II].
- A la naissance de la voûte, deux ouvertures J), Tune sur le devant et l’autre du côté opposé, pouvant au besoin être bouchées par des couvercles en fer, servent au changement du minerai, à mettre le feu et à la ventilation; celle de devant est plus petite (î mètre X î mètre); celle de derrière est plus grande (hauteur î m. 5o, largeur î m. Ao) et sert au chargement du minerai, qui se fait par des wagonnets.
- A l’extérieur, près de la grande ouverture, se trouve placée, sur le sol, une espèce do trémie G, à section carrée (î m. Ao sur î m. Ao), ayant trois faces verticales, et la quatrième inclinée à A5 degrés vers le four. Le fond de la trémie est formée par une grille mobile, également inclinée, dont le plan se prolonge en un conduit praticable de î mètre de largeur sur o m. 70 de hauteur, traversant la maçonnerie et débouchant dans la chambre, à 3 mètres environ au-dessus de la sole. Les deux ouvertures sont surmontées par deux grandes cheminées par oh sortent les gaz chauds, qui, autrement, dérangeraient les ouvriers affectés au four.
- A la clef de voûte est ménagée une troisième ouverture carrée E, de 0 m. Ao de côté, qui communique avec le carneau collecteur, au bout duquel se trouve le ventilateur V.
- L’ouverture et le carneau sont pourvus de soupapes à cloche ou bien à coulisse, pour régler l’entrée de l’air dans les chambres. Le ventilateur est à force centrifuge et actionné généralement par un homme; mais, lorsque l’appareil est en marche normale, deux hommes sont nécessaires pour fournir un courant d’air plus fort. Un petit chemin de fer venant directement de la mine, longe les trémies.
- Le chargement du four se fait comme celui des calcaroni : on place d’abord près de la morte un tas de blocs stériles ou de minerai, pour assurer la coulée du soufre liquide, on étend ensuite sur la sole une couche de gros morceaux, ayant soin de laisser tout le
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
- IA
- Planche II.
- FO UK G IL HUIZ MODIFIÉ PAR BUSCEM1.
- Echelle 1 : 3oo.
- Coupe par A B.
- Plan.
- Fig. 18.
- LÉGENDE.
- C. Chambres où on charge le minerai.
- G. Grilles sur lesquelles passe la première charge pour la séparation du minerai menu.
- G'. Grille pour le minerai qu’on envoie à l’étage inférieur pour la formation de la première couche de la charge.
- D. Porte de charge par oh entrent les wagon-
- nets de minerai sur voies mobiles.
- G a. XIV. — Cl. 87. — T. I.
- M. Porte de base (morte) pour la sortie du soufre fondu et la décharge des scories (ros-ticci).
- V. Ventilateur soufflant pour envoyer de l’air aux chambres.
- E. Tuyères par lesquelles l’air entre dans les
- chambres.
- F. Carneau de sortie des produits de la com-
- bustion qui aboutit à la cheminée H.
- i o
- IMPIUMEIUE NATIONALE.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- UG
- long de la ligne de plus grande pente, une espèce de chenal de o m. ko x o m. ko d’ouverture, en correspondance avec le tuyau de sortie des gaz. On verse ensuite par la trémie le minerai tel qu’il arrive de la mine, de façon à remplir environ un quart de la chambre; la grille sépare le minerai menu qui ne doit pas être mélangé aux couches inférieures de la charge. Lorsque cette dernière a atteint une hauteur convenable, on place provisoirement des rails entre les deux ouvertures, à la naissance de la voûte, et on fait entrer par la plus grande les wagonnets chargés de minerai, jusqu’à ce que la charge ait atteint le niveau des rails. On achève ensuite le chargement à la main.
- On met, alors, le feu par les deux ouvertures sur toute la surface, avec des fagots trempés de soufre, et après avoir constaté que le minerai brûle régulièrement, on bouche avec de la maçonnerie toutes les ouvertures, c’est-à-dire la morte, les deux fenêtres et le chenal de la trémie, et on envoie dans la chambre de l’air frais au moyen du ventilateur.
- Après trente-six heures en général, si la ventilation est accélérée, le soufre liquide commence à se rassembler à la morte, exactement comme dans les calcaroni; alors on ralentit un peu la ventilation, et le four prend sa marche régulière. Au contraire de ce qui arrive avec les calcaroni, le soufre dans le four Gill arrive toujours à la morte à une température à laquelle il ne peut pas se solidifier.
- La période de fusion dure de dix à douze jours, après quoi, dès que le soufre a cessé de couler, on débouche toutes les ouvertures et on décharge les résidus du côté de la morte, opération qui, avec deux ouvriers, dure deux jours et demi.
- Dans ce four, la combustion marche verticalement, en descendant, par zones à peu près horizontales; comme dans le calcarone, lorsque le feu est arrivé à la morte, l’opération est finie.
- Dans les essais comparatifs faits à la Solfare Muglia sur ce four et sur le calcarone, les deux rendements étaient, dans le rapport, de 19 à 1A, avec une supériorité par conséquent de 2 5 p. 100 pour le Gil Ruiz.
- Four Gill. — Proposé, en 187A, par M.Testore, modifié, en 1880, par M. Sébas-t.iano Mottura, ce four n’entra dans le domaine pratique qu’à la suite des essais de M. Roberto Gill, sur un couple de deux chambres, de construction très simple.
- • Le couple Gill se compose de deux chambres ou cellules en maçonnerie EE, légèrement coniques vers le haut, surmontées par des voûtes hémisphériques, où une ouverture circulaire est ménagée pour le chargement du minerai. La sole est inclinée vers l’avant, où, dans chaque chambre, se trouve l’ouverture de la morte M, comme dans les calcaroni.
- A la partie supérieure, les deux chambres communiquent entre elles par un carneau qui peut être fermé par une soupape à coulisse ou d’une autre façon quelconque ; vers la sole, à côté de la morte, les chambres communiquent avec deux cheminées d’appel, qui se trouvent l’une vis-à-vis de l’autre et qui s’élèvent quelque peu au-dessus de la partie supérieure du four (planche III).
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- Planche III.
- KO UH (ÜLL À DEUX ET À TROIS COMPARTIMENTS. Echelle \ : 3oo.
- Coupe par AB.
- Coupe par G D.
- Fig. 21.
- Plan d’un four à deux compartiments.
- Fig. 92.
- Plan d’un four à trois compartiments.
- LÉGENDE.
- E. Chambres où on charge le minerai.
- G. Ouvertures pour la charge du minerai.
- M. Portes de base (morte) pour la sortie du soufre fondu et la décharge des scories (rosticci).
- U. Soupapes interceptant la communication des chambres entre elles.
- F. Cheminées pour la sortie des produits de la combustion.
- N. Fenêtres pour le nettoyage des cheminées.
- O. Orifice d’aérage.
- Nota. — Même dans le four à trois compartiments, la marche se fait par couples. Un compartiment est chargé de minerai en traitement et l’autre des résidus chauds de l’opération précédente. L’air entre par la morte du compartiment des résidus, pousse les gaz dans le compartiment du minerai par le conduit de communicatiou supérieur; la sortie des gaz a lieu par la cheminée de ce dernier compartiment.
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- Ces fours ont actuellement une capacité de 10, i5 et même 20 mètres eubes. La sole est faite avec des résidus broyés et damés, comme dans les calcaroni.Le chargement se fait aussi de la même façon. Aussitôt achevé, on bouche la morte au moyen dune cloison en maçonnerie, et Touverture supérieure par un panneau en fer, qu’on recouvre de terre : la chambre est alors prête à fonctionner.
- Le feu se communique tout seul au minerai, par la chambre voisine, qui, en travail courant, est encore pleine de résidus chauds de la fusion précédente, imbibés de soufre en combustion. Mais lorsqu’on fait fonctionner un four pour la première fois, ou après un long arrêt, les résidus faisant défaut, on procède de la manière suivante : on remplit à moitié environ la chambre à côté, de minerai de qualité inférieure, et on y met le feu après avoir bouché l’ouverture de chargement et la cheminée, et laissé un trou ouvert dans la morte, à la place du trou de coulée. La combustion ne produit la fusion que d’une façon imparfaite, et donne aussi beaucoup moins de soufre qu’en travail courant, mais elle produit la chaleur qui sera ensuite nécessaire pour mettre le feu au minerai de l’autre chambre; on peut également allumer du feu dans la chambre vide, en brûlant du charbon ou du bois dans un fourneau préparé, près de la morte, ou bien 011 réduit la première chambre à un four Gil Ruiz, en mettant directement le feu au minerai et en y envoyant de l’air avec un ventilateur.
- Aussitôt que le feu s’est attaqué à la partie supérieure de la première chambre, il descend de haut en bas comme dans le Gil Ruiz, et les produits de la combustion passent par le carneau, tirés par la cheminée. Le soufre liquide tombe sur la sole, coule vers la morte et s’y rassemble comme dans les autres fours. Lorsque le feu est arrivé à la morte, la chambre est épuisée. On sépare alors cette chambre, qui a fonctionné, de la voisine, en interceptant la communication supérieure et en bouchant le trou de coulée. On ouvre ensuite la deuxième chambre, on la vide de ce quelle contient pour la charger de minerai, comme on a fait précédemment avec la première : on bouche la morte et Touverture de chargement et, en ouvrant la cheminée, on provoque l’allumage de la charge, tandis qu’on établit la communication des deux chambres et Ton débouche le trou de coulée. Ainsi, le feu passe à la deuxième chambre où a lieu de nouveau la fusion; après quoi on répète, chaque fois, les mêmes opérations de façon à avoir toujours une cellule chargée de résidus et l’autre de minerai en traitement.
- La propagation du feu est produite par l’action des gaz chauds qui circulent : pour que le soufre brûle, il faut une température de 200 degrés, de sorte qu’il sutïit de porter les gaz à cette température, pour que le feu prenne à la partie supérieure du minerai de la nouvelle chambre.
- Dans le couple Gill, comme dans le four Gil Ruiz, le soufre liquide arrivé à la morte, ne peut pas se solidifier; souvent, par contre, la température générale est tellement élevée que le soufre arrive au trou de coulée à un état presque visqueux ; dans ce cas, il faut immédiatement modérer la combustion, en diminuant Ténergie du courant d’air.
- La durée du fonctionnement d’un couple dépend, presque entièrement, de la nature
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- Planche IV.
- FOUR G1U. A QUATRE COMPARTIMENTS.
- Echelle 1 : /ioo.
- Goupejpar AH.
- Coupe par CD.
- LEGENDE.
- E. Chambres où on charge le minerai.
- G. Houclies de chargement du minerai.
- M. Portes de fond (morte) pour la coulée du soufre fondu et la décharge des résidus.
- 11. Soupapes à couvercle avec clapet de distribution des courants gazeux.
- F. Cheminée pour la sortie des gaz.
- A. Carneaux verticaux mettant en communication la partie basse des compartiments avec le réseau des conduits existant à la partie supérieure.
- O. Orifice d’aérage.
- Nota. — Dans la marche ordinaire du four, un compartiment se trouve dans la période de déchargement des rosticci et; de chargement du minerai; le second est plein de résidus chauds en voie de se refroidir; le troisième de minerai eu traitement et le quatrième de minerai qui se réchauffe. L’air entre par la morte du second compartiment et pousse les gaz dans les autres par la communication supérieure ; de là les gaz descendent dans la troisième chambre, montent par le conduit vertical correspondant et atteignent la quatrième pour redescendre et enfin pénétrer dans le second conduit vertical qui les amène à la cheminée. Le four est continu.
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- du minerai, de son degré d’humidité et des conditions atmosphériques, plutôt que de la capacité des chambres.
- En général, la mise en train, c’est-à-dire la période qui précède la coulée, dure de vingt à vingt-quatre heures, et la fusion autant.
- La simplicité du couple est cause d’une interruption pendant le chargement et le déchargement; dans le but d’éviter cette interruption, on commença, en 1885, à construire les fours à trois chambres, puis en 1886, on en fit des groupes de A, 5 et 6 pièces, surtout dans le but d’obtenir par la circulation des gaz à travers plusieurs chambres une meilleure récupération de la chaleur et des vapeurs de soufre.
- Nous donnons ci-contre les dispositifs de ces appareils, et renvoyons au mémoire original pour les détails de leur fonctionnement (planche IV).
- Appareils à vapeur. — Ces appareils sont les seuls, parmi les très nombreux basés sur l’usage du charbon comme combustible, qui aient donné un résultat pratique, et leur réussite, quoique limitée, a d’autres raisons qu’une véritable économie par rapport aux autres moyens de fusion : elle est due à des raisons spéciales, dont surtout la possibilité de traiter immédiatement de grandes quantités de minerai le jour meme de leur extraction, l’influence nulle de l’humidité et l’absence de production de gaz sulfureux, ce qui permet de s’en servir de tout temps et en tous lieux. Le minerai de soufre, en présence de la vapeur d’eau à une température convenable, abandonne aussitôt par liquation la majeure partie du métalloide qu’il contient, et ne retient que la partie qui reste adhérente par capillarité à la gangue et qui est définitivement perdue.
- La perte est certainement plus grande pour les minerais pauvres que pour les riches, la gangue étant plus abondante dans le premier cas; elle est également plus grande pour les minerais compacts où le soufre est trop disséminé, où dont la gangue est argileuse , que pour des minerais poreux, contenant des filets de soufre pur et à gangue calcaire, à cause de la plus grande difficulté que rencontre le métalloïde à s’échapper du milieu de la matière qui le contient. Ainsi, pour des minerais riches et à gangue convenable, le traitement par la vapeur pourrait donner un rendement égal et quelquefois même supérieur à celui qu’on obtient par les autres moyens, tandis que pour les autres minerais, on doit le considérer comme inférieur. Ceci explique comment l’application de ce moyen n’est pas très répandue et pourquoi, dans certaines mines, on en réduit l’emploi aux seuls mois d’hiver pour laisser la place, pendant Tété, aux autres systèmes.
- Différents appareils ont été proposés et employés. Le premier en date fut l’appareil vertical, dont on conserve encore, aux mines de Lercara, quelques modèles. Comme ils sont destinés à disparaître, nous ne croyons pas devoir insister sur leur construction et renvoyons le lecteur au mémoire de M. N. Pellati.
- Appareil à bascule. — Cet appareil se compose d’un récipient cylindrique en tôle, fermé à une extrémité, reposant sur deux supports latéraux par des tourillons situés à peu près à moitié de sa longueur, de façon à ce que le centre de gravité de l’ensemble
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- Planche Y.
- APPAREfL À VAPEUR, SYSTEME À BASCULE.
- r
- Echelle t : 200.
- Elévation.
- Fig. 27.
- Plan.
- Fig. 28.
- LÉGENDE.
- A. Récipient chargé de minerai en traitement.
- B. Tuyau de vapeur.
- G. Soupapes de prise de la vapeur. d. Trou pour la coulée du soufre liquide.
- 1). Trou de décharge de l’eau condensée.
- E. Bassin où se rassemble le soufre liquide sortant de
- l’appareil.
- F. Tuyau par où le soufre liquide tombe dans les
- moules.
- G. Treuil de manœuvre de l’appareil au moyen de la
- chaîne II.
- M. N. Plateforme d’accès à la bouche des appareils pour la charge du minerai.
- O. Appareil renversé pour la décharge des résidus.
- P. Wagonnet pour le transport des résidus.
- Q. Appareil redressé pour le chargement du minerai.
- R. Couvercle suspendu à la tringle l et au tube de va-
- peur B.
- s. Diaphragme longitudinal séparant le compartiment
- du minerai de celui où se rassemble le soufre liquide.
- t. Chemise mobile pour faciliter le déchargement des
- résidus.
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- se trouve un peu au-dessous de Taxe de suspension ; alors sa position d’équilibre est la position verticale, l’ouverture en haut. Les dimensions, généralement adoptées, sont i m. 2 5 pour le diamètre et A mètres pour la longueur. A l’intérieur est disposé un diaphragme longitudinal, percé de trous, qui divise le récipient cylindrique en deux compartiments inégaux, dont le plus petit, de o m. 20 de hauteur, se trouve à la partie inférieure, lorsque l’appareil est placé horizontalement, et sert à recueillir le soufre liquide et à l’envoyer vers le trou de coulée. L’autre compartiment, le plus grand, sert à recevoir la charge de minerai réduit en petits morceaux; la paroi cylindrique est revêtue intérieurement d’une deuxième tôle, dite chemise mobile, qui se compose de deux pièces fixées à l’appareil, tout près du diaphragme et dont les bords libres se recouvrent de quelques centimètres. Cette disposition permet de faire varier un peu la section intérieure du compartiment, surtout près de l’ouverture, et par là facilite, comme on le verra plus loin, le déchargement des résidus (planche V).
- L’appareil se charge, dans la position verticale d’équilibre. On y verse le minerai, après avoir, au moyen de quelques coins en bois ou de quelques morceaux de minerai placés près de l’ouverture, écarté la chemise mobile de la paroi de l’appareil. La charge étant complétée, on le recouvre de quelques barres de fer ou avec un diaphragme troué, de façon à retenir le minerai pendant le mouvement qui suit, et on renverse l’appareil, pour le placer en position presque horizontale avec une légère inclinaison vers l’ouverture; ceci se fait au moyen d’une chaîne attachée extérieurement au fond de l’appareil et tirée par un treuil.
- L’appareil, dans son mouvement de rotation, s’arrête lorsque l’ouverture de chargement arrive au niveau du couvercle qui, pendant ce temps là, est maintenue en position verticale par des supports spéciaux. Alors le couvercle vient s’appliquer à l’ouverture de l’appareil et s’y fixer au moyen d’une série d’écrous posés tout autour. La fermeture est hermétique, grâce à un anneau de plomb interposé. Au centre du couvercle arrive le tuyau de vapeur et en bas se trouve le trou de coulée bouché par une cheville en bois ou en fer.
- Plus bas, dans la paroi cylindrique de l’appareil, un second trou sert à la décharge de l’eau de condensation. Lorsque le couvercle est placé, on ouvre la prise de vapeur et l’appareil commence à fonctionner. On laisse encore ouvert, pour quelques minutes, le trou pour faire sortir l’air et la première eau de condensation qui est froide. Au bout de quelque temps, on rouvre le trou de décharge pour, de nouveau, laisser échapper l’eau de condensation avant que la fusion du soufre n’ait commencée. L’eau étant déchargée et le trou bouché, l’appareil entre dans la période de fusion, pendant laquelle le soufre liquide se rassemble en bas derrière le couvercle, de façon que, après un quart d’heure, on dégage le trou de coulée et le soufre débouche violemment dans un chenal en maçonnerie , qui le conduit au récipient de dépôt.
- La fusion achevée, on arrête l’arrivée de la vapeur, on ouvre le trou de décharge pour faire sortir Peau et la vapeur encore contenues dans l’appareil, on enlève le couvercle et on renverse l’appareil, l’ouverture en bas; on ôte les barres ou le diaphragme qui re-
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- tiennent les premiers morceaux de minerai, on débarrasse la chemise mobile des coins qui la resserrent, ce qui élargit un peu le compartiment, et les résidus se précipitent tous ensemble dans la fosse placée en dessous, d’où on les retire ensuite pour les porter, au moyen de wagonnets spéciaux, à la décharge hors du chantier.
- On redresse alors l’appareil en lâchant simplement la chaîne de suspension, et l’opération peut recommencer.
- L’opération exige en tout de deux heures un quart à deux heures et demie; ainsi, un appareil pourrait donner au moins 1 o fusions par jour, mais en pratique, il est impossible d’en tirer plus de 7.
- Appareils fixes, presque horizontaux. — Pour le minerai menu, on emploie, depuis cinq ou six ans, une installation faite par l’ingénieur Antonin Cervello, à la solfare Trabia de Sommatino.
- L’appareil se compose d’un récipient cylindrique, en tôle du diamètre de îm. 20 et de 5 m. 20 de longueur posé sur le sol, avec une inclinaison de 8 à i3 degrés vers le fond bombé qui clôt une des extrémités. L’autre extrémité est ouverte et sert à l’introduction de la charge.
- Un couvercle, suspendu verticalement par des tringles à un chariot roulant sur une voie aérienne transversale, vient s’y appliquer et s’y fixer au moyen d’une série d’écrous.
- Le tuyau de vapeur débouche dans l’appareil sur la paroi cylindrique, à peu de distance du fond. Une voie à écartement de o m. 5o, placée à l’intérieur du cylindre, se prolonge à l’extérieur sur la plate-forme où a lieu la manœuvre des wagonnets; un treuil, situé à une certaine distance de l’ouverture dans la direction de l’appareil, sert à l’introduction et à la sortie des wagonnets au moyen d’un câble (planche VI).
- Les wagonnets épousent la forme cylindrique de l’appareil; les roues, très petites, n’ont guère qu’un diamètre de 1A à 20 centimètres. Ils ont une longueur de 1 m. 10 pour que chaque appareil puisse en contenir au moins quatre. Les parois latérales delà caisse, plates aux deux bouts et, naturellement, cylindriques sur les flancs, sont faites avec des tôles perforées ou bien avec des grillages en fer, à mailles plus ou moins larges, selon quelles doivent contenir du menu ou du gros. Les parois cylindriques sont suspendues au moyen d’une tringle à charnière à leur génératrice supérieure et s’ouvrent de bas en haut pour faciliter le déchargement.
- Lorsqu’on traite du menu, il faut que la vapeur d’eau puisse circuler facilement dans la masse, et, autant que possible, que le soufre fondu ne coule pas au travers du nouveau minerai. On partage alors la caisse en plusieurs compartiments, au moyen de quelques diaphragmes doubles, verticaux, horizontaux ou inclinés, en tôle perforée, disposés , soit dans le sens de la longueur, soit dans le sens de la largeur.
- Le trou de coulée est placé à la partie inférieure du fond de l’appareil ; les chenaux et le récipient collecteur du soufre liquide sont analogues à ceux des autres appareils. La décharge de l’eau a lieu par un trou ménagé dans la paroi cylindrique, au-dessous du
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- Planche VI.
- APPAREIL A VAPEUR, SYSTEME HORIZONTAL.
- t
- Echelle 1 : i5o.
- Vue de prolil. Vue de face.
- Échelle i : 3o.
- Echelle 1 : 3o.
- ÊÛ 0 0 0 O IL
- h mi h h ii h II
- ii h ii.h h il h II
- [ni ir h h ir r II
- ni h ii ii h ir il
- —p O O D D D—fcrp
- Fig. 3i et 32.
- Wagonnet pour minerai gros.
- Fig. 33 et 3h.
- Wagonnet pour minerai menu.
- LÉGENDE.
- A. Appareil en marche.
- B. Tuyau de vapeur.
- C. Robinet de prise de la vapeur.
- d. Trou de coulée du soufre liquide.
- D. Trou de décharge de l’eau condensée.
- E. Bassin où se rassemble le soufre liquide sortant de
- l’appareil.
- F. Tuyau par où le soufre liquide coule dans les moules.
- G. Treuil pour l’introduction et la sortie des wagonnets de l’appareil.
- M. Appareil ouvert pour la sortie des wagonnets chargés
- de résidus et l’entrée des wagonnets chargés de minerai.
- N. Couvercle déplacé de l’appareil M.
- P. Chariots auxquels sont suspendus les couvercles des appareils.
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- trou de coulée. Il débouche dans une rigole creusée dans le sol, qui emmène l’eau de condensation hors du chantier.
- Alors que les wagonnets ont été introduits et que l’appareil est muni de son couvercle, on y envoie la vapeur ; l’opération continue ensuite comme elle a été décrite pour les appareils à bascule, mais elle dure moins longtemps ; en soixante minutes la fusion est achevée. On ouvre alors l’appareil et on en extrait, à l’aide d’un treuil, l’un après l’autre, les wagonnets chargés maintenant de résidus, qu’on renvoie à la décharge, pendant qu’on les remplace par d’autres chargés de minerai.
- En tout, l’opération dure une heure et demie, de sorte qu’un seul appareil pourrait donner 16 fusions par jour; en réalité, cependant, par suite de pertes de temps inévitables , on en a moins.
- La vapeur d’eau est certainement un des meilleurs véhicules de la chaleur ; la température de i4o à i5o degrés, c’est-à-dire une tension de 3 atmosphères 1/2 à 4 atmosphères 1/2, est plus que suffisante pour traiter tout minerai de soufre; elle pénètre dans toutes les porosités du minerai, lui cède facilement et rapidement, par la condensation , une grande quantité de chaleur qui produit la fusion du soufre.
- En moyenne, dans une bonne installation, il faut 10 5 kilogrammes de vapeur sèche ( 130 kilogrammes de vapeur humide) pour chaque tonne déminerai en traitement, avec une consommation de charbon de i5 kilogrammes.
- Quant à la durée de la fusion, on peut admettre une moyenne de 1 heure 1 /2 ; aussi, pour chaque tonne de minerai, il faut en moyenne une production de vapeur de 70 kilogrammes par heure, équivalente à la consommation d’un petit moteur sans condensation ni expansion, de la force de 2 chevaux.
- Le soufre des appareils à vapeur a une belle couleur jaune, possède un grain fin, quel que soit le minerai traité, et est toujours classé parmi les premières qualités du commerce.
- On attribue cette qualité à la température modérée à laquelle le soufre est fondu, mais peut-être cette sorte de lavage, que le soufre subit au contact de la vapeur humide et condensée, n’y est pas étrangère.
- La capacité absolue et la capacité utile des appareils, d’après les dimensions ci-dessus rapportées, varient selon les différents systèmes, de la façon suivante :
- Appareil..
- horizontal.
- et. le traitement journalier peut se ramener en moyenne à :
- Appareil. .
- vertical . . à bascule, horizontal
- MINERAI
- ABSOLUE. UTILE. TRAITÉ.
- m. cubes. m. cubes. tonnes.
- 6,4o à,60 6,67
- 4,92 4,oo 5,80
- • 5,88 3,oo 4,35
- ae à :
- NOMBRE DE FUSIONS MINERAI
- EN 9 h HEURES. TRAITÉ.
- tonnes.
- 6 4o
- 7 4i
- 12 5 a
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- La description des principaux procédés en usage étant faite, nous allons donner un tableau résumant le nombre d’exploitations par les différents systèmes, ainsi que le prix de revient du traitement d’une tonne de minerai.
- De i85o à 1870 tout le minerai des solfares de la Sicile a été traité aux calcaroni; plus tard une petite quantité a été passée aux appareils à vapeur, et, à partir de 188/1, une autre partie encore, dont l’importance augmente toujours, a été traitée aux fours à cellules, de sorte que, comme le montre le tableau ci-dessous, l’importance des calcaroni diminue graduellement.
- RAPPORT
- MINERAI TRAITE AVEC LA PRODUCTION
- aux calcaroni. totale,
- tonnes. p. 100.
- 1878.............................................. 1,735,090 0.90
- 1880.............................................. 2,107,700 0.97
- 1885................................................. 2,293,956 0.90
- 1890.............................................. 1,955,295 o.83
- 1895.............................................. 1,269,000 0.07
- 1899.............................................. 1,4 A 5,3 8 0 o./n
- En 1899, 1,5/17 calcaroni ont fonctionné en Sicile; ils ont traité, en moyenne, 1,26/1 tonnes de minerai chacun.
- Fours Gil Ruiz, Buscemi et Gill. — M. N. Pellati n’indique pas le nombre de fours Gil-Ruiz employés en Sicile, mais il estime que celui des fours Gill se répartit, en 1899, de la façon suivante :
- 472 fours à 2 chambres, soit..................................... g44 chambres.
- 112 3 336
- 664 4 2,656
- 1 5 5
- 6 6 36
- 1,255 fours avec.............................................. 3,977
- tandis que, au 3i décembre 1890, on n’en comptait que 700 en tout.
- L’accroissement correspondant de la quantité de minerai traité avec ces fours se traduit par les chiffres suivants :
- RAPPORT
- .MINERAI TRAITE avec LA PRODUCTION
- aux fours. totale,
- tonnes. p. 100.
- 1880............................................ » //
- 1884 ................................................ 18,682 0.008
- 1885 .............................................. 101,954 o.o4
- 1890.................................................. 284,394 0,12
- 1895.................................................. 702,000 0.32
- 1899................................................ 1,702,973 o.48
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- Appareils à vapeur. —En 1899, dans les solfares de Sicile, il existait: 3 appareils verticaux; 26 appareils à bascule; 67 appareils horizontaux; soit 96 appareils qui ont traité 385,645 tonnes de minerai, ce qui représente environ 10 p. 100 delà production totale de la Sicile.
- Voici maintenant quelques données comparatives sur l’emploi des appareils à vapeur :
- RAPPORT
- MINERAI TRAITE, avec la PRODUCTION.
- tonnes. p. 100.
- 1878 .............................................. i3o,ooo 0.07
- 1880 ............................................... 69,700 o.o3
- 1885 .............................................. 117,240 o.o5
- 1890 .............................................. 122,812 o.o5
- 1895 .............................................. 232,000 0.11
- 1899 .............................................. 385,643 0.11
- Comme pour les fours Gill, on constate une augmentation notable dans Remploi de ces appareils. Cette augmentation n’atteint toutefois pas celle de ces fours, qui donnent des résultats pratiques excellents soit dans les grandes mines, soit dans les petites, et d’après M. Pellati, ce système est destiné à remplacer bientôt entièrement le calcarone et tous les autres appareils.
- Prix de revient. — Si Ton compare le prix de revient par tonne de minerai traité, 011 obtient les chiffres suivants :
- Calcarone......................................................... of56
- Four Gil Ruiz. ................................................... 1 o3(I)
- Four Gill......................................................... 0 78
- Appareils à vapeur................................................ 1 72
- Comme on le voit, c’est l’ancien procédé au calcarone qui donne les meilleurs résultats au point de vue économique, tandis que l’extraction par les appareils à vapeur serait la plus onéreuse. Cette différence n’est pas compensée par une augmentation correspondante de rendement pour ces derniers appareils, sauf pour les minerais très riches et de nature spéciale ; on a néanmoins une compensation dans la qualité meilleure, qui arrive quelquefois à couvrir, à elle seule, l’excès des frais de traitement, et une autre dans la diminution du fond de roulement et des frais de surveillance.
- Nous passons sous silence toutes les opérations connues qui consistent à couler le soufre dans des moules (gavite) pour obtenir les pains de soufre (balaie), dont le volume varie de 3o à ko décimètres cubes, et le poids, par conséquent, de 60 à 80 kilogrammes.
- Il en est de meme de la fabrication du soufre en canon dont les appareils figurent sur Tune des planches annexées à cet article.
- w Avec quelques perfectionnements, ce prix peut descendre à 0 fr. 75.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Raffinage du soufre brut. — Le soufre tel qu’il sort des différents appareils employés pour le traitement du minerai est toujours impur et renferme selon certaines analyses de o.i 5 à o.A3 p. îoo d’impuretés, et d’après d’autres essais, de 2.1 5 à 3.Ao p. 100 de matières étrangères. Aussi est-il nécessaire de le raffiner.
- Dans le temps, le raffinage du soufre brut de la Sicile se faisait uniquement dans des usines du continent italien ou de l’étranger. Ce n’est qu’en 1878 que la première raffinerie sicilienne fut installée près de Gatane. Depuis cette époque le nombre de ces établissements n’a fait qu’augmenter, de sorte qu’en 1899, il y avait en Sicile 1A usines de raffinage comprenant les appareils suivants :
- 2 6 fours de sublimation, à une chambre chacun et 3 7 cornues ;
- 29 fours de raffinage avec 2 58 cornues ;
- 2 9 moulins avec 175 tamis et 16 moteurs de la force de 2 3 7 chevaux-vapeur.
- Il existe, en outre, plusieurs petites usines qui ne s’occupent que de la mouture du soufre.
- La forme et la disposition des différents appareils usités en Sicile ne diffèrent guère de celles des appareils employés sur le continent. Nous nous bornerons donc à en donner les figures avec leur légende. (Planches VII et VIII.)
- HYDROSULFITES.
- La découverte faite par Schutzenberger de ces combinaisons, ainsi que leurs applications très étendues comme agents réducteurs dans la teinture en indigo, font que nous croyons devoir revenir sur la préparation de ces sels, d’autant plus que certains d’entre eux, en particulier les sels de zinc et de sodium, ont figuré à l’Exposition sous la forme cristallisée.
- Dans l’action du zinc sur l’acide sulfureux ou les bisulfites, Schutzenberger admettait qu’il se forme un mélange de sulfite et d’hydrosulfite selon l’équation
- Zn + 2S03H2 = S03Zn + S02H2 + H20
- ou
- 3 S03HNa + Zn = S03Na2+S03Zn + S02HN a+H20.
- Schutzenberger avait réussi à préparer Thydrosulfite acide de sodium à l’état cristallisé, mais il a constaté qu’il était très instable et qu’il se décomposait facilement au contact de l’air en se transformant en sulfite. Quant au sel neutre, le savant français le préparait en ajoutant un excès de lait de chaux à la solution d’hydrosulfite acide, après la cristallisation du sulfite de zinc. Ce sel absorbe moins vite l’oxygène que le premier.
- Les travaux de Schutzenberger ont été repris par M. Bernthsen qui attribue aux hyclro-sulfites une autre formule que celle donnée par leur auteur. C’est ainsi qu’il admet que dans l’action du zinc sur une solution de bisulfite et d’acide sulfureux, il se produit les composés suivants :
- 2 NaHSO3 + SO2 + Zn = Na2S204+ZnSO3 + H20.
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- Planche VII.
- FOUK DE SUBLIMATION DU SOUFKE BUUT.
- Echelle 1 : i5o.
- Fig. 35.
- Fig. 36.
- Moule, pour soufre raffiné en bâtons (cannoli).
- JÉ
- Fig. 37.
- Moule pour soufre raffiné en pains.
- A. Cornue de sublimation.
- B. Fourneau.
- C. Boite de liquidation.
- D. Chambre de condensation.
- E. Soupape de sûreté.
- F. Porte d’entrée dans la chambre.
- LEGENDE.
- G. Fosse semi-circulaire pour le dépôt des fleurs.
- H H. Carneau d’aérage faisant suite à la cheminée d’appel pour donner l’air à la chambre au bout de l’opération.
- I. Chapeau pour empêcher la chute des fleurs de soufre sur le tube des vapeurs.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Planche VIIÏ.
- FOUK DK «AFFINAGE DU SOUFHE liRUT.
- r
- Echelle l : i5o.
- o If! 1
- LÉGENDE.
- A. Cornues de distillation.
- B. Fourneau.
- C. Boîtes pour la liquation.
- D. Conduit pour y jeter les résidus enflammés et fumants
- des cornues.
- E E. Conduit d’aérage faisant suite à la cheminée d’appel pour refroidir les résidus et y aspirer les gaz sulfureux.
- F. Condensateurs des vapeurs de soufre.
- G. Bassins pour y rassembler le soufre liquide des condensateurs.
- HII. Conduit d’aérage faisant suite à la cheminée d’appel pour refroidir les bassins G.
- l. Cheminée d’appel des fourneaux et des carneaux
- d’aérage.
- m. Trous pour surveiller la distribution de la chaleur
- autour des cornues et des boites de liquation.
- P. Porte du fourneau.
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- Les hydrosulfites auraient donc pour formule M'2S204.
- Ces vues sont corroborées par les expériences suivantes effectuées par M. Arnold Nabi : si l’on sature d’anbydride sulfureux parfaitement sec, du zinc baigné dans l’alcool absolu, en ayant soin d’éviter tout accès d’air et de refroidir le ballon, il se forme au bout de peu de temps un précipité constitué par un mélange de divers produits. Si au bout d’un jour de repos on sature de nouveau la liqueur d’anhydride sulfureux et qu’on filtre, on obtient, après évaporation de l’alcool, des cristaux blancs appartenant au système rhom-bique, qui renferment de l’alcool de cristallisation. Séchés dans le vide, ces cristaux perdent cet alcool et présentent alors la composition S204Zn, répondant à la formule de M. Bernthsen.
- L’hydrosulfite de soude cristallisé, préparé par la Société badoise et exposé par elle, s’obtient de la façon suivante : A une solution de bisulfite de soude contenant la quantité voulue d’acide sulfureux, on ajoute de la poussière de zinc, puis quand la réduction est achevée, un lait de chaux.
- Si, après avoir filtré, on ajoute à la solution chaude (5o-6o°) et concentrée, du chlorure de sodium, on obtient de l’hydrosulfite de sodium cristallisé répondant à la formule S204Na2+ 2H20.
- Le sel ainsi préparé se présente sous la forme de prismes minces de 1 à 1 centimètre 1/2 de long, à éclat vitreux, et ne s’oxydant que lentement au contact de l’air. Chauffé, le produit sec brûle avec une flamme bleue en dégageant de l’acide sulfureux.
- Traité par un acide, il donne naissance à de l’acide hydrosulfureux qui se décompose instantanément en gaz sulfureux et soufre qui se précipite.
- Oxydé, le sel S204Na2 est transformé en pyrosulfite de sodium S205Na2qui, au contact de l’air, perd de l’acide sulfureux.
- Le procédé de préparation de l’hydrosulfite de soude a été breveté par la Société badoise (D. R. P., n° 112483, du 2 4 mai 1899).
- Voir aussi : Bernthsen, Liebig’s Annalen, t. CCVIII, p. 163 ; t. CGXI, p. 292 ; Ber. d. deut. Chem. Ges., t. XXXIII, p. 126. — Grossmann, J. Chem. Soc. Ind., t. XVII, p. 1109 ; t. XVIII, p. 452. — M. Prudhomme, Bull. Soc. industrielle Mulhouse, t. LXX, p. 216. — Nabi, Monatsheftefur Chem., t. XX, p. 679.
- ACIDE SULFURIQUE.
- L’importance toujours croissante qu’a prise l’acide sulfurique dans l’industrie fait que le procédé de fabrication habituel a été sans cesse l’objet d’améliorations dont les principales avaient surtout pour but : i° d’obtenir un maximum de rendement d’acide à 5o degrés Baumé par mètre cube de chambre ; 20 de réduire autant que possible la consommation d’acide azotique ou d’azotate de soude ; 3° de diminuer les frais de concentration de l’acide des chambres en acide monohydraté.
- Pour arriver à ces résultats on s’est ingénié à perfectionner le procédé des chambres dans les différentes phases de son évolution et on s’est surtout appliqué à chercher les Gn. XIV. — Cl 87. — T. I. 11
- IMl'IUMEIUE NATIONALE,
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- meilleurs dispositifs de fours, chambres, tours de Glover et de Gay-Lussac et d’appareils à concentration.
- Quant aux matières premières qui doivent fournir l’acide sulfureux, on emploie, à l’heure actuelle, rarement le soufre. Ce sont les pyrites et, en particulier, les pyrites de fer, cuivreuses ou non cuivreuses, les blendes qui apportent le contingent de soufre nécessaire à la fabrication.
- En France, on se sert généralement des pyrites de Saint-Bel dont les gisements appartiennent à la Compagnie de Saint-Gobain, ou bien, quand il s’agit d’usines établies sur le littoral de TOcéan ou de la Méditerranée, de pyrites cuivreuses d’Espagne. Ge sont également ces pyrites cuivreuses qui sont employées en Angleterre, en Allemagne et en Belgique.
- L’Allemagne et la Belgique utilisent aussi les blendes, parce que leur emploi devient de plus en plus avantageux depuis que les calamines tendent à diminuer.
- Fours. — Pour les pyrites de fer en poussière, les fours en usage sont toujours du type Perret-Malétra, avec h, 5 ou 6 soles à dalles à briques.
- Les fours mécaniques sont principalement en usage en Amérique.
- Pour les blendes, on fait assez communément choix de fours genre Rhénania adossés deux à deux et partagés en deux dans le sens de la longueur. Un tel massif à trois étages a environ 12 0 à 13 0 mètres carrés de surface de grillage ; il y passe en vingt-quatre heures 6,000 à 8,000 kilogrammes de charbon pour 100 kilogrammes de minerai grillé.
- Le chauffage a lieu sous la sole inférieure, et quand il s’agit de blendes pauvres les gaz passent sur la sole supérieure, parfois même sous la sole du milieu.
- Dans de bonnes installations, on arrive encore à réduire la dépense en combustible, et la Vieille-Montagne ne consomme qu’environ i5 kilogrammes pour 100 kilogrammes de blende (25 à 28 p. 100 S).
- Glover. — Dans toutes les installations récentes on le fait rond; le remplissage a lieu de la façon habituelle décrite par Luty(l), grilles en pierre de Volvic, briques creuses et cylindres établis de façon à mettre les gaz en contact sur une aussi grande surface que possible avec l’acide ruisselant.
- Le diamètre pour les systèmes de 5,000 à 6,000 mètres cubes est le plus souvenl de 3 mètres (entre feuilles de plomb) et la hauteur, de 1 0 mètres.
- Chambres de plomb. — Comme le dit fort judicieusement M. PierroiD2), à l’article duquel nous empruntons la plupart des détails sur les perfectionnements introduits dans la fabrication de l’acide sulfurique par les chambres de plomb : « Chaque fabrique a pour ainsi dire son installation spéciale et chaque technicien, ses idées personnelles ; les opinions les plus dissemblables sont mises en pratique et Ton voit des spécialistes de valeur
- Moniteur scientifique, mai 1897, p. 375.
- W Moniteur scientifique, septembre 1900, p. 561.
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- AllïS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- incontestée, tels que MM. G. Delplace et Benker, agir de façon diamétralement opposée, le premier remplaçant d’ordinaire plusieurs systèmes par un seul, alors que le second préfère installer plusieurs petits systèmes de 2,000 a 3,000 mètres cubes au lieu d’un grand.
- Concernant le nombre et les dimensions des chambres, il y a la même diversité d’opinions, la plupart des installations comprenant 2,3, A ou 5 chambres, comme le montrent les renseignements fournis par les maisons suivantes :
- NOMBRE
- DE CHAMBRES. VOLUME.
- Saint-Gobain ..........
- Malétra................
- Kuhlmann...............
- V ieille-Montagne......
- Usine à cuivre d’Heminen.
- 3 //
- 3 //
- 5 6,000 mètres cubes.
- 4 6,000
- 3 5,ooo
- La hauteur et la largeur varient entre 6 et 10 mètres, la longueur dépend naturellement du cube total et du nombre de chambres, mais la plus petite a rarement plus de 8 mètres.
- Forme. —La plupart ont la forme parallélipipédique, mais il en existe d’autres ; c’est ainsi que M. Hasenclever signale l’existence, en Allemagne, de chambres à section hexagonale, et qu’en Belgique il en existe à section pentagonale.
- Chambres tangentielles. — M. Meyer, inventeur de ce système, en donne la description suivante :
- La chambre tangentielle se compose d’un large cylindre creux dont le tuyau d’entrée des gaz est à la partie supérieure et dans la direction de la tangente, tandis que le tuyau de sortie est au centre du fond. Les gaz sont ainsi forcés de suivre un chemin très long en forme de spirale, ils subissent un mouvement de rotation occasionnant un contact plus parfait, un mélange intime des divers constituants et un frottement des gaz qui contribuent à rendre les réactions plus énergiques et plus intensives.
- Des chambres de ce type ont été installées à Harbourg et à Rendsbourg.
- Résultats. — L’utilisation du soufre contenu a été de 95 p. 100. Un mètre cube de chambre a produit 5 kilogr. 6 à 5 kilogr. 9 d’acide à 5o (soit 3 kilogr. 5 à 3 kilogr. 7 d’acide monohydraté) à Harbourg, et 5 kilogr. 3 à 5 kilogr. 5 d’acide à 5o (soit 3 kilogr. 3 à 3 kilogr. A d’acide monohydraté) à Rendsbourg.
- La dépense du produit nitreux a été : à Harbourg, 0.88 acide azotique à 36 B. p. 100 d’acide à 50 ; à Rendsbourg, 0.61 acide azotique à 36 B. p. 100 d’acide à 5o.
- Chambres concentriques. — Dans ce système, préconisé par M. J. Delplace, les gaz sortant du four à pyrites entrent dans le Glover, passent dans une petite tour (dite nitrifiante) sur laquelle coule de l’acide azotique, et gagne une première chambre annulaire dont le centre est occupé par la seconde chambre.
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- Les gaz sortants sont dirigés dans un Gay-Lussac (ou dans deux, quand il s’agit de grandes installations).
- Ce système de chambres offre l’avantage d’occuper relativement peu de place et d’étrc moins sensible aux variations de températures. D’après M. Delplace,on arriverait à produire jusqu’à 6 kilogrammes d’acide à 5a, par mètre cube de chambre, avec une consommation d’acide azotique très réduite.
- L’un des points particuliers est la présence de siphons situés de chaque côté de la grande chambre, déterminant une circulation et un brassage de gaz qu’ils puisent à la partie supérieure et ramènent au bas de la chambre.
- Système Benker. — M. Benker emploie un système de production tout particulier. Outre les fours à pyrite et le Glover, il a, depuis douze ans, employé avec grand succès le filtrage à sec dans un tambour, par lequel passent les gaz et ou ils se débarrassent, sur une couche filtrante réfractaire, des poussières et des composés arsénicaux. 11 emploie habituellement trois chambres d’un petit cubage (2,000 à 3,ooo mètres cubes), avec introduction de SO2 dans la dernière et une tour intermédiaire, puis dispose deux Gay-Lussac. Le tirage est provoqué au moyen d’un ventilateur.
- Grâce à ces dispositifs, il annonce une production de 6 à 7 kilogrammes d’acide 5y par mètre cube, avec une dépense de 0.8 à 1 d’acide azotique à 36 B. p. 100 d’acicle à 52 degrés.
- Dans ce système, il est toujours fait usage d’eau pulvérisée.
- Nous passons sous silence d’autres perfectionnements plus ou moins ellicaces et par suite plus ou moins discutés, comme les colonnes refroidissantes, les tours intermédiaires, et renvoyons à ce sujet au mémoire de M. Pierron.
- Consommation des produits nitreux. — On arrive maintenant à travailler avec une perte relativement peu importante, qui varie naturellement avec la nature du minerai sulfuré brûlé, la marche plus ou moins intensive, la température et le fonctionnement plus ou moins régulier des chambres.
- Voici quelques chiffres à ce sujet :
- DÉSIGNATION. PROPORTION DE NITRATE pour 100 KILOGRAMMES de monokydrale. OBSERVATIONS.
- Malétra o.875 0.95 1.00 i.o4 0.73 0.9 à 0.1 0.77 à 0.85 Blendes. Système mixte. Système tangentiel. Système tangentiel. Marche intensive.
- Vieille-Montagne Trémor
- Harbourg Rendsbourg Benker
- Kublmann
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- Concentration. — Dans notre rapport sur l’Exposition de Chicago, nous avons déjà eu l’occasion d’insister sur les divers appareils employés à cette époque et les résultats qu’on en obtenait.
- * Dans beaucoup d’usines on continue à se servir des appareils en platine, en ayant soin de n’y concentrer que l’acide exempt de produits nitreux, et en prenant certaines précautions quant au chauffage. Cette question de chauffage est, en effet, des plus importantes, car, selon Heraeus, l’endommagement coïncide souvent avec la présence de couche de suie contre le platine, ou avec une position trop proche du foyer, permettant à des projections de matières silicatées venant du foyer de s’attacher au fond.
- Pour éviter ces inconvénients, on installe, notamment en Amérique, des appareils où le chauffage est produit au moyen du pétrole brut ou d’huile minérale redistillée (injectée par jet de vapeur surchauffée).
- Les appareils les plus répandus sont ceux en platine-or de la firme Heraeus, que nous avons déjà cités en 1893, parce qu’ils s’attaquent moins vite que ceux en platine pur.
- Fabriquant de l’acide à 9 7-98 p. 10 0, la perte de poids, pour les dispositifs de platine, est approximativement 1 gramme par tonne (soit 3 francs) et 0 gr. 1 maximum pour les appareils de platine-or ( soit 0 fr. 3 7) ; on réalise donc avec une production de 1,8 0 0 tonnes par an, une économie d’environ A,700 francs.
- Concentration dans la fonte. — On a aussi préconisé l’emploi de la fonte.
- La concentration s’effectue dans trois bassines en fonte, l’acide introduit à 60 dans la première sort de la troisième avec une teneur de 97 à 98 p. 100 en monohydrate.
- Les appareils en fonte, de bonne qualité, sont très pratiques, mais dès que la qualité est défectueuse, leur emploi devient fort onéreux, la partie contenant les acides faibles ne durant que quelques jours, ce qui explique qu’aux Etats-Unis, le professeur Lunge ait rencontré de nombreux appareils, concentrant à 6A.5 dans la platine, puis dans de la fonte.
- Concentration dans la porcelaine. — Dans notre dernier rapport nous avons donné quelques détails sur le procédé Négrier.
- Dans l’appareil de Benker, que cite AL Pierron (loc. cit.) et qui est employé dans beaucoup d’usines, le chauffage est fait par plusieurs petits foyers, et les capsules sont enduites d’une couche mince d’un mastic spécial, qui les protège, au lieu d’être supportées par des cuvettes en fonte ou en terre réfractaire garnies de sable ou d’amiante, comme dans le dispositif Négrier.
- Un appareil pouvant produire journellement A,5oo kilogrammes d’acide à 66, ou 3,3oo kilogrammes 96-98 p. 100 coûte 10,000 francs, et les capsules installées dans une chambre close, formée par des pierres en lave de Volvic, cassent très rarement.
- La dépense en combustible serait d’environ 15 p. 100 pour le 66 , et 2 0 kilogrammes (pour 100 kilogrammes produits) pour le 97-98 p. 100.
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- Appareil Kessler. — Cet appareil, dont un exemplaire a figuré à l’Exposition, a déjà été cité par nous en 1893.
- On en trouve la description complète dans 1 e Moniteur scientifique du mois de mai 1893 et dans le Bulletin de la Société d’encouragement du mois de mai 189/1.
- M. Kessler indique comme consommation: 8 à 10 kilogrammes de coke par 100 kilogrammes d’acide amené de 5 2 à 66 degrés Raumé.
- Cet appareil est actuellement très répandu en France, aux Etats-Unis, en Angleterre, en Allemagne, en Autriche, en Russie et jusqu’au Transvaal.
- L’Amirauté anglaise a fait choix de ce système pour l’acide destiné à la fabrication de la dynamite. D’autre part la Nohels Explosive C° possède un appareil du format permettant de produire 5,ooo kilogrammes en vingt-quatre heures, un de 7,500 kilogrammes et deux de 10,000 kilogrammes.
- Quant aux autres procédés de concentration dans le verre, ou par l’électricité ou encore par congélation, ils ne peuvent avoir qu’un intérêt historique, d’autant plus que ceux que nous venons de décrire sont eux-mêmes exposés à disparaître, si le procédé de préparation de l’acide sulfurique par contact continue à fournir les résultats qu’il a donnés, jusqu’à présent, aux maisons qui Vont imaginé et monté.
- ACIDE SULFURIQUE AU MOYEN DES PROCÉDÉS PAR CONTACTÉ
- Dœbereiner a montré, en i832, que, lorsqu’on fait passer sur de la mousse de platine humide un mélange de deux volumes de gaz sulfureux et d’un volume d’oxygène, il se forme de Tacide sulfurique.
- Mais, avant lui, Pérégrine Philips, fabricant de vinaigre à Bristol, avait pris, en 1831, un brevet sur la fabrication de Tacide sulfurique par l’intermédiaire de la mousse de platine : il brûle du soufre (ou des pyrites) dans un four spécial, mélange Tacide sulfureux obtenu avec de Tair et fait passer le gaz dans des tubes de platine ou de porcelaine , contenant du fil ou de la mousse de platine et maintenus à une certaine température. L’anhydride sulfurique résultant de la combinaison des deux gaz SO2 et O est condensé dans des chambres cylindriques de 3o pieds de haut sur 8 de large, recouvertes à l’intérieur de lames de plomb et remplies jusqu’au sommet de morceaux de quartz. A la partie supérieure de l’appareil, on fait couler de l’eau ou de Tacide sulfurique étendu, provenant d’une préparation antérieure, acide qui s’enrichit et se rassemble au fond, d’où il est de nouveau pompé à la partie supérieure de la chambre, jusqu’à ce qu’il possède la concentration voulue (2k
- D’après des renseignements que nous devons à l’obligeance de M. Kolbe, directeur actuel des établissements Kuhlmann, à Lille, Kuhlmann, vers 18 3 3, aurait également entrepris des essais, dans son usine de Loos, en vue de préparer Tacide sulfurique par la combinaison du gaz sulfureux avec l’oxygène de l’air, par l’intermédiaire de l’éponge
- Extrait d’une conférence faite par M. A. Haller, le 12 janvier 1901, à Nancy, à la Sociélé industrielle de l’Est. — Liebig’s Annalen, 1832, t. IV, p. 171.
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- de platine. Ses essais eussent été satisfaisants si l’éponge avait conservé «ses propriétés catalytiques v qui vont en s’atténuant avec le temps
- On a tenté de remplacer l’éponge de platine par d’autres substances de contact. C’est ainsi que Woehler et Mahla ont opéré avec des oxydes de cuivre, de fer et de chrome, et paraissent avoir obtenu de bons résultats avec les deux derniers oxydes. Comme nous le verrons dans la suite, cette réaction a été reprise par le Verein chemischer Fabriken de Mannheim. De son côté, Plattner a choisi du quartz hroyé, mais a dû y renoncer, par suite de la lenteur de la réaction. Magnus avait d’ailleurs observé, dès i83a, que le verre pulvérisé jouissait de la même propriété.
- La question fut reprise, bien longtemps après, par M. Cl. Winckler, en Allemagne, et par MM. Messel et Squire, en Angleterre. Au lieu d’éponge de platine, le premier se servit d’amiante platiné, tandis que les seconds employèrent de la ponce platinée et aussi de l’asbeste platiné, sur lesquels ils faisaient arriver(2) un mélange préalablement desséché de S02-f-0, obtenu par la décomposition au rouge de l’acide sulfurique SOH2 (Réaction Deville et Debray)^-.
- La fabrication de Tacide sulfurique fumant n’entra dans le domaine de la pratique qu’à partir du jour où la Bàdische Anilin und Soda Fahrik, avec les puissants moyens dont eüe
- (1) Cette tentative, connue seulement des industriels de l’époque, est néanmoins signalée : par Knapp, dans sa Chimie technologique, t. II, p. 399 (Dunod, 1870); par Lunge, dans son Handbuch der Soda-Industrie, t. I, p. 791 (Vieweg, Brunswick, 1(893), et dans le Dictionnaire des arts et manufactures de Laboulaye, 20 édition.
- W Brevet allemand n° 4566; Lunge, Handbuch der Soda-Industrie, 2° édition, p. 863.
- ('3) Du moment que nous faisons l’iiistorique de la fabrication de l’acide sulfurique au moyen des procédés par contact, nous croyons devoir citer un procédé qui est dû au hasard et qui est exploité depuis bientôt quatre-vingts ans, si nous nous en rapportons à M. J. Bronn qui en a fait la relation dans Zeitschrift fur angewandte Chemie, t. XVI, p. 844 et 868, et Moniteur scientifique, 4° série, t. XVI (1902), p. 27. Nous citons textuellement l’auteur : « Dans la région comprise entre Liège et Namur se trouve, le long de la Meuse, un puissant dépôt d’ardoise alumineuse, renfermant environ 17 p. 100 d’alumine, 7 p. 100 de pyrite et 60 p. 100 de silice. Ce dépôt est exploité depuis plusieurs siècles, et nos ancêtres s’étaient contentés d’un rendement de o.5 p. 100. Le restant demeurait dans les «résidus». A l’heure actuelle, ces résidus forment, le long de la Meuse, de belles collines rougeâtres.
- «Lorsqu’on traverse en chemin de fer le pays de Liège, ou touche la ville d’Huv, on aperçoit, distantes de quelques mètres seulement, les flammes d’un vert clair des usines à zinc. Voici d’abord l’usine à zinc de
- Corphalie; quelques pas plus loin, c’est l’usine à zinc de Delamine. Le voyageur se trouve, en effet, dans la plus grande ou plutôt la plus étendue fabrique de produits chimiques du monde.
- «Les chambres à acides de cette fabrique couvrent une surface de plusieurs kilomètres. Ces chambres sont assez nombreuses et spacieuses; elles sont bien construites, ne présentent aucune fuite, ne nécessitent point l’intervention du plombier; elles ne renferment pas de plomb en d’autres termes.
- «Et ce qu’il y a de plus beau, c’est que ces chambres sont constituées par des substances à contact, et elles sont en activité depuis environ quatre-vingts ans.
- «Elles sont formées de longs conduits, de 2 mètres environ de profondeur, conduits qui sont creusés dans la couche d’ardoise schisteuse et recouverts d’une couche, épaisse de quelques mètres, de «résidus», dont il a été question plus haut et qui datent de plusieurs siècles. C’est à travers ces conduits, longs de plusieurs kilomètres, que passent le gaz sulfureux provenant du grillage des blendes. Un des ancêtres des propriétaires actuels avait observé que le gaz sulfureux se transforme en acide sulfurique au contact de l’air et de l’alumine humide, et se combine alors à cette dernière pour constituer du sulfate d’aluminium. Les conduits étant légèrement inclinés, la vapeur condensée peut s’écouler librement, tout en dissolvant une partie du sulfate d’alumine formé. De temps en temps, on ouvre les conduits, et la masse désagrégée est soumise au lessivage.»
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- dispose, entreprit une étude minutieuse et systématique des conditions chimiques et physiques les plus favorables à la combinaison des gaz réagissants.
- Ce procédé, tenu secret pendant longtemps, ne fut livré à la publicité qu’à la suite d’indiscrétions commises au préjudice de la Société, qui chercha ensuite à se protéger par la demande d’une série de brevets.
- Avant d’aborder la description du procédé, qu’il nous soit permis de remercier publiquement la Société badoise, en la personne de son directeur, M. le docteur Brunck, pour la gracieuseté avec laquelle elle a mis à notre disposition, non seulement des échantillons d’acides de teneurs diverses en anhydride et un spécimen de la masse de contact qu’elle emploie, mais encore tous les documents et plans qui constituent l’originalité de son procédé.
- La fabrication comporte trois opérations principales :
- i° Traitement préliminaire du mélange des gaz à mettre en œuvre;
- 9° Réglage des conditions de température pendant la combinaison;
- 3° Disposition ou arrangement de la substance de contact, pour ne pas avoir une pression exagérée.
- I. TRAITEMENT PRELIMINAIRE DU MÉLANGE DES GAZ.
- Impuretés des gaz. — On sait depuis longtemps que les gaz provenant du grillage des pyrites renferment, outre de petites quantités d’acide sulfurique et d’anbydricle, d’autres impuretés parmi lesquelles nous signalerons le soufre, le fer, le manganèse, le cuivre, l’arsenic, l’antimoine, le phosphore, le mercure (déjà signalé par Berzélius en 1817 et Kublmann en 1 863), le plomb, le zinc, le bismuth, le thallium, le sélénium et leurs composés.
- Les effets de ces impuretés sont de différentes sortes : dans certains cas, l’acide S04H2 peut attaquer le plomb et le fer des appareils, et gêner le mécanisme des opérations. Il entraîne, de plus, les poussières dans l’appareil catalytique et encrasse, par suite, la substance de contact.
- Parmi ces impuretés, on a reconnu que l’arsenic, le phosphore(1) et le mercure^ avaient une influence particulièrement nuisible sur cette substance et la mettaient hors d’usage au bout de peu de temps.
- Purification des gaz. — Pour effectuer la purification, on lance un jet d’air ou de gaz déjà purifié, puis un jet de vapeur dans les gaz chauds, au moment de leur sortie des fours à pyrites. Cette opération a pour effet de brasser la masse gazeuse et d’assurer une combustion parfaite du soufre et de toute matière combustible.
- L’injection de la vapeur en plusieurs fois a des effets très importants; elle dilue l’acide sulfurique, dont il se forme toujours une petite quantité dans le grillage de la pyrite,
- (1) L’action nuisible du phosphore ne serait attri- pyrite par les procédés ordinaires; il a fallu traiter de buable qu’à une certaine teneur en arsenic. la masse de contact, qui a fonctionné pendant quelque
- Le mercure ne peut pas être décelé dans la temps, pour le mettre en évidence.
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- et empêche ainsi l’attaque de l’appareil réfrigérant (qui est en plomb ou en fer); elle s’oppose, en outre, à la formation de dépôts de la matière incrustante que l’acide sulfurique forme avec les poussières solides, lors du refroidissement des gaz non mélangés de vapeur. L’encrassement des conduites est ainsi évité, car les impuretés se rassemblent sous forme de boues faciles à enlever. Elle empêche enfin la formation d’hydrogène arsénié et d’hydrogène phosphoré volatils, qui peuvent résulter de l’attaque des parties métalliques par l’acide sulfurique concentré.
- Refroidissement graduel des gaz. — Après ce traitement, les gaz traversent un tuyau en fer ou en briques dans lequel ils commencent à se refroidir, puis ils s’écoulent dans un système de tuyaux en plomb qui achèvent de les refroidir à 100 degrés environ, et même au-dessous.
- Lavage. — Ils traversent ensuite des tours d’arrosage ou barbotent dans une série de laveurs contenant soit de Peau seulement, soit de l’eau acidulée, soit enfin une solution de bisulfite de soude, pour de là se dessécher dans un appareil à acide sulfurique concentré ou dans tout autre système desséchant.
- Pour construire les laveurs, il convient d’éviter l’emploi de matières qui soient susceptibles de produire, sous l’influence de l’acide sulfurique, des gaz comme l’hydrogène arsénié ou l’hydrogène phosphoré. Le lavage des gaz est enfin facilité par une aspiration convenable.
- Examen des gaz. — Avant d’entrer dans l’appareil de contact, les gaz sont soumis : i° à un essai optique; 2° à une analyse chimique pour s’assurer de l’absence d’arsenic, de phosphore, de mercure, etc.
- L’essai optique consiste à examiner une colonne de plusieurs mètres de long et éclairée à une de ses extrémités. Bien lavés, les gaz deviennent transparents et absolument exempts de brouillards.
- L’examen chimique s’effectue en faisant barboter, pendant vingt-quatre heures, une dérivation des gaz épurés dans un flacon laveur renfermant de Peau distillée ; on cherche ensuite, dans cette eau, les impuretés par les méthodes analytiques connues (appareil de Marsh).
- II. RÉGLAGE DES CONDITIONS DE TEMPÉRATURE PENDANT LA COMBINAISON.
- On sait que la combinaison de l’acide sulfureux avec l’oxygène est une réaction exothermique et que la chaleur dégagée est :
- S02 + 0 = S03 + 39.2 cal.
- Mais la combinaison de ces gaz n’a lieu qu’à une température relativement élevée, en sorte qu’on doit chauffer préalablement les deux gaz, ou l’un deux au moins. Pendant la réaction, la chaleur dégagée s’ajoute à la chaleur primitive, en sorte que la température s’élève très haut et atteint parfois le rouge blanc, si le mélange est très riche en gaz ou le courant assez rapide.
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- Cette énorme chaleur et cette température élevée nuisaient à la fabrication pratique de l’anhydride sulfurique. Les préjudices qui en résultent sont de diverse nature :
- i° Les appareils en fer sont rapidement oxydés;
- g0 L’action delà substance catalytique est affaiblie;
- 3° La capacité de production des appareils s’en trouve amoindrie;
- h° Et,, avant tout, la réaction, qui devait être presque quantitative, est beaucoup moins parfaite.
- La surélévation de température est surtout nuisible si l’appareil est tel, que les gaz contenant SO3 quittent la substance catalytique au point le plus chaud. La réaction inverse de SO3 en S02-|-0 se produit d’autant plus facilement que la température est plus élevée, et celle-ci s’élève d’autant plus que la quantité de gaz qui passe par l’appareil catalytique est plus grande ou que les gaz sont plus concentrés. Il en résulte que la conversion de SO2-}- O en SO3 est limitée par la réaction inverse, et les gaz, au sortir de l’appareil catalytique, renferment de l’acide sulfureux. Aussi, dans les procédés par contact employés jusqu’alors, on ne réalisait la combinaison en SO3 que d’une partie du mélange de SO2-}- 0. Une notable proportion des gaz réagissants non combinés était utilisée pour produire de Tacide sulfurique par le procédé des chambres, ou pour fabriquer du bisulfite de soude, etc.
- On peut éviter cette dissociation partielle en refroidissant d’une manière régulière l’appareil, afin d’enlever tout excès de chaleur, en sorte que la température obtenue fournit des résultats quantitatifs, quelles que soient la quantité et la concentration des gaz employés. Après absorption du SO3 formé, les gaz ne renferment plus que des traces de SO2 et peuvent être déversés sans inconvénient dans l’atmosphère. Le rendement est en tous points comparable à celui obtenu dans les chambres. En outre, les appareils durent plus longtemps et travaillent mieux, par suite de l’abaissement de température. Le refroidissement de l’appareil de contact a pour but de le maintenir dans la zone de température la plus favorable, et s’effectue à l’aide d’un courant de gaz dont on règle la température et la vitesse. On peut aussi refroidir à l’aide de bains de métaux en fusion, dont la température reste constante.
- Lorsque les gaz que Ton veut traiter sont utilisés eux-mêmes pour le refroidissement de l’appareil, on en envoie une partie ou la totalité sur la surface extérieure de l’appareil pour enlever l’excès de chaleur.
- Les gaz qui quittent le milieu réfrigérant sont ensuite portés à la température la plus favorable à la marche de la réaction, avant d’être dirigés dans la masse de contact. Sur ce point, il faut tenir compte de la concentration des gaz.
- Avant de passer en revue les différentes sortes d’appareils tels qu’ils sont décrits dans les brevets, nous allons donner un procédé de préparation de l’amiante platiné.
- On imbibe de l’amiante bien effiloché avec une solution de chlorure de platine rendue légèrement alcaline par l’addition de carbonate de soude, on ajoute duformiate de soude et on chauffe. Quand la réduction est terminée, on lave la masse jusqu’à ce qu’elle ne renferme plus de matières salines et on sèche.
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- III. DISPOSITION DES APPAREILS.
- «Dans la figure 39, M représente une pièce de maçonnerie ou un tuyau de fer dans lequel est placé le conduit R. Ce dernier est composé de deux parties a et b, destinées à différentes fonctions et pouvant posséder des diamètres et des longueurs différentes : une d’elles peut être aussi remplacée par un certain nombre de conduits plus étroits. La partie b des conduits R reçoit la masse de contact refroidie par l’air froid entrant par n dans le tuyau extérieur. L’autre partie a du conduit R a pour but de porter le gaz contenant Tacide sulfureux et arrivant par D à la température nécessaire à la réaction.
- Fig. 3g. Fig. ho.
- Fig. 39. Schéma d’un des conduits dans un appareil par contact. — M, pièce de maçonnerie ou tuyau de fer; 11, conduit; a, partie où ie gaz sulfureux se réchauffa; h, partie contenant la masse de contact; h, h', chauffage; n, arrivée de l’air froid; L, sortie de l’air; c, sortie de l’anhydride sulfurique.
- Fig. ho. Appareil par contact à plusieurs conduits. — Les lettres communes ont la même signification que dans la figure 3g; D, D', couvercles; W, W', parois.
- Au commencement de l’opération, tout l’appareil est porté par le chauffage hh' (par exemple, un chauffage à gaz) à la température nécessaire à la réaction. Cette dernière une fois commencée, on n’a plus besoin de chauffer si Ton travaille avec des gaz concentrés, parce que l’air, chauffé par la masse de contact, transporté en a est à une température suffisamment élevée pour empêcher la zone de la réaction de reculer ou de s’éteindre. Par les ouvertures d’issue mobiles L, L, le courant d’air peut être réglé de manière à communiquer à la masse catalytique la température nécessaire à la réaction.
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- Quand on travaille avec des gaz plus faibles, Pair qui s’échauffe en jouant le rôle de refroidissant est chauffé, en outre, par le chauffage hhr, de manière à communiquer aussi aux gaz qui arrivent par a une température plus élevée. Si les gaz à travailler sont encore plus faibles, il peut devenir nécessaire de chauffer préalablement et d’une manière durable l’air arrivant en n, ce qu’on peut faire par le chauffage hh' ou de toute autre manière.
- Les gaz sortant de l’espace de contact b et contenant l’anhydride sulfurique quittent par le conduit c l’appareil catalytique pour le travail ultérieur. Dans la figure ho est représenté un appareil avec un certain nombre de conduits de contact RR qui communiquent entre eux par les deux parois W, \Xr et les couvercles I), D'.
- inriTTT
- Fig. ki. Autre disposition du conduit dans un appareil par contact. — E, E', arrivée des gaz à travailler venant du réchauffeur G par les ventilateurs V', V"; S, tuyau de passage des gaz à travailler, chauffé extérieurement par les gaz h qui quittent l’appareil en L; A, sortie des gaz; II, appareil de température; F, rentrée des gaz dans l’espace D, où ils se mélangent avec l’air ou les gaz venant de J; R, conduit renfermant la masse de contact; C, sortie de l’anhydride sulfurique.
- Fig. ka. Appareil de contact à plusieurs conduits. — A, A', arrivée des gaz; B, B', tuyaux traversant diamétralement l’appareil et facilitant la distribution du mélange gazeux; C, parois mitoyennes forçant les gaz à passer près des conduits R pour refroidir la masse catalytique; N, appareil mélangeur. Les autres lettres ont la même signification que précédemment.
- Examinons une autre disposition d’appareils : dans la pièce de maçonnerie M est installé le tuyau S qui contient, entre les deux parois W, W', le conduit R (fig. h 1 et AA). Pour la mise en marche, l’appareil est porté à la température de réaction par un chauffage, par exemple par celui indiqué par h, que les gaz chauffants peuvent quitter par les
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- canaux L, L. Par les ouvertures E ou E', on laisse entrer le gaz à travailler, dont la température peut encore se régler par l’appareil de chauffage G, dans l’espace du tuyau S, oii il refroidit la masse catalytique dans R : de là, le gaz se dirige par les ouvertures A et F vers D (fig. Ai) ou Lien par la voie de A et H dans l’espace D, ou se fait le mélange des gaz, et ensuite dans la masse catalytique du conduit R. Les gaz convertis partent de nouveau par c. Dans l’appareil H, la température du gaz peut se régler avant son entrée dans D.
- Ces appareils peuvent être modifiés à leur tour, *de manière à réunir un certain nombre de conduits R en un seul appareil. Parmi les diverses formes d’application, celle, par exemple, représentée par la figure A2 est très avantageuse en pratique.
- Fig. 43. Appareil par contact dans lequel la masse catalytique est refroidie par un gaz autre que celui à travailler. — Mêmes lettres que précédemment. A, sortie du gaz étranger, qui peut communiquer sa chaleur dans II aux gaz à travailler.
- Fig. 44. Autre disposition d’appareil par contact. — Les chambres de distribution A sont étendues à toute la surface du tuyau S. Mêmes lettres que précédemment.
- On a trouvé, en effet, qu’en travaillant avec de gros appareils ayant un grand nombre de conduits, il est préférable de distribuer convenablement le courant gazeux dans le tuyau S. Ceci est fait d’abord par les chambres A, A', qui dirigent le gaz affluant vers l’appareil par toute l’enceinte du tuyau S, ensuite par les tuyaux B, B' qui traversent diamétralement l’appareil et, en raison de la longueur des cordes des arcs correspondants, possèdent des trous latéraux de différentes dimensions, par lesquels le gaz subit une distribution homogène à l’intérieur même du corps de tuyau.
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- Pour que le gaz refroidissant puisse suivre la même direction durant son cliemin ultérieur et passer en même temps le plus près de la masse catalytique à refroidir, on établit, à des distances pas trop éloignées, un certain nombre de parois mitoyennes G, G, qui se dressent dans S, de manière à laisser au courant gazeux un passage libre tout près des parois des conduits R, R.
- Il est encore avantageux de bien mélanger les gaz avant leur entrée dans la masse catalytique, afin d’en égaliser la température. L’appareil mélangeur N, établi au-dessus du couvercle D, sert à ce but en mélangeant convenablement le gaz arrivant de O, F et J pour se diriger vers D et R.
- Schéma d’un conduit de l’appareil.
- Fig. 46. — Appareil à plusieurs conduits.
- Fig. 45 et 46. Appareil par contact pour travailler les gaz concentrés. — E, entrée des gaz; F, F', arrivée des gaz vers la partie P, la plus chaude de la masse de contact; S, tuyau de passage des gaz; A, A', B, B', sortie des gaz vers le tuyau O ou vers l’appareil réfrigérateur H; J, dérivation des gaz entrés par E allant directement vers l’espace D où se fait le mélange avec les gaz ayant traversé l’appareil et venant de 0. Les autres lettres ont la même signification que précédemment.
- L’intensité et la température du courant réfrigérant sont convenablement réglées suivant les indications des thermomètres se trouvant dans les différentes parties des appareils, notamment dans D et D', jusqu’à ce que les analyses du gaz entrant et sortant donnent les meilleurs résultats pratiques.
- Les chambres de distribution du gaz A, A' peuvent être étendues sur toute la surface du tuyau S, comme le montre la figure 45. La chaleur rayonnante de l’appareil lui-même peut alors servir à régler la température des gaz entrants.
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- Au lieu des gaz mêmes à travailler, on peut se servir d’air ou d’un autre gaz comme réfrigérant, si, par exemple, on fait refluer le courant réfrigérant (fig. A3) à l’aide d’un ventilateur V par G et E, E', etc., vers S. Le courant gazeux refroidit alors le conduit R et quitte le tuyau S par A, naturellement sans être ensuite dirigé vers D.
- La clialeur accumulée dans l’air (gaz) sortant peut être évidemment utilisée, par exemple, en la transportant sur les gaz affluents à travailler à l’aide d’un appareil H approprié.
- Dans les figures A 5 et h 6 se trouve une autre forme typique d’application du procédé. Elle sert surtout à travailler des gaz concentrés. Le gaz arrivant par E est dirigé
- Fig. hq. Appareil par contact pour les gaz concentrés clans lequel la masse catalytique est rejroidie par un gaz autre que le gaz à travailler. — E, arrivée du gaz étranger envoyé par le ventilateur V''" ; A, À', sortie de ce gaz qui peut céder sa chaleur en II aux gaz à travailler. Mêmes lettres que précédemment.
- par F F' vers la partie la plus chaude P de la masse catalytique dans R. La partie relativement la plus froide arrive alors à l’endroit le plus chaud de la masse de contact et la refroidit énergiquement. Le courant réfrigérant peut quitter S soit par A ou A', ainsi que par B ou B', ou par B et B', pour être dirigé directement par O vers D ou par le réfrigérateur H vers D, ainsi que par O et II vers D avec une température réglée. On peut aussi diriger une partie du gaz à travailler directement par J vers D.
- Les autres dispositions pour la distribution, la direction et le mélange du gaz sont semblables à celles décrites dans l’exemple Ao.
- Ici encore, la distribution des courants gazeux peut se régler suivant les analyses du gaz et les indications des thermomètres.
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- Au lieu des gaz à travailler, on peut ici se servir également d’air ou d’un autre gaz comme réfrigérant, ce qui se recommande surtout quand on travaille avec des gaz fort concentrés, parce que le volume et la masse de ces derniers sont relativement petits, de sorte qu’ils ne peuvent pas suffire au refroidissement. Un appareil servant à ce but est représenté dans la figure A7. A l’aide d’un ventilateur Y"" actionné électriquement, le courant d’air (ou gazeux) réfrigérant est soufflé sur la partie la plus chaude P de la masse catalytique, passe par S, où il refroidit la masse de contact et quitte l’appareil par A ou A', etc.
- La chaleur qu’il emporte peut être utilisée d’une manière quelconque, par exemple en s’en servant pour chauffer préalablement, dans l’appareil de chauffage H, les gaz à travailler introduits par F, au point d’empêcher le recul de la zone de réaction P.
- Fig. 48 el 49. Autre dispositif d’appareil par contact. — Mêmes lettres que précédemment. K, réservoir en forme de caisson facilitant la distribution des gaz affluents.
- Dans une pièce de maçonnerie ou dans un tuyau M (fig. A8 et A9) sont établis, dans une paroi W, un seul ou plusieurs conduits S, S, S, entre lesquels se dressent un seul ou plusieurs conduits R, R, R, également établis dans une paroi W. Si l’appareil est construit avec plusieurs conduits (fig. /19), les conduits S sont séparés de ceux désignés par R par un réservoir K (en forme de caisson), dont l’intérieur est destiné à distribuer les gaz affluents. Ces derniers passent entre les conduits R et S, et refroidissent la masse catalytique dans R. Suivant la concentration des gaz, les conduits peuvent être chauffés par le chauffage h ou refroidis par un courant d’air réglable dans L. Les gaz convertis quittent l’appareil par D et c. Pour la mise en pratique, les dimensions indiquées dans
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- les figures sont à recommander. Néanmoins, les diamètres (ainsi que la longueur des conduits) peuvent subir des variations dans de grandes limites.
- On a décrit, dans les exemples précédents, plusieurs formes d’application du nouveau procédé. Nous voulons encore montrer, dans un exemple concret, comment il faut opérer pour arriver au résultat le plus favorable possible.
- Dans ce but, nous admettons le cas concret où il faudrait travailler un mélange gazeux contenant environ 12 p. 100, en volume, d’acide sulfureux et la même quantité d’oxygène.
- On chauffe d’abord l’appareil par le chauffage h (par exemple le chauffage à gaz fig. A 2 ) jusqu’à ce qu’un thermomètre, dans le couvercle de dessus D, marque la température d’environ 300 degrés centigrades; après quoi, on fait entrer tout le courant gazeux par A dans l’appareil. En dosant au moyen d’analyses consécutives Tacide sulfureux des gaz entrants et sortants, on constate l’effet pratique des conditions données, et l’on règle en conséquence la température à l’intérieur de l’appareil de contact. On y arrive en orientant l’intensité et la température du courant réfrigérant à l’aide des soupapes V, V' et Y", et, si cela est nécessaire, du chauffeur G, de manière à amener la transformation la plus favorable de SO2 en SO3.
- Dans le cas admis ci-dessus, on y parvient en faisant entrer dans D environ deux tiers du courant gazeux total par A et un tiers par V" (fig. A2). La température dans D, égalisée par le mélangeur N, est alors d’environ 38o degrés centigrades, tandis que le thermomètre dans D' marque 23A degrés centigrades (fig. A2). Dans ce cas concret, la transformation est de 96-98 p. 100 de la possibilité théorique, ce qui équivaut à une production de A8-5o kilogrammes de SO3 en vingt-quatre heures : elle peut monter à 99 p. 100 si Ton charge moins l’appareil, de manière à prolonger le contact entre le gaz et la masse catalytique.
- Un dernier perfectionnement introduit par la Société badoise consiste à éviter l’excès de pression nécessaire, dans les appareils précédents, pour forcer les gaz à circuler à travers la masse de contact. Dans ces appareils, on place l’amiante platiné dans des tubes plats; aussi faut-il, pour forcer les gaz à les traverser, une si forte pression que Ton doit recourir à une pompe. En outre, il est dit aussi que sous pression les gaz se combinent mieux, et les brevets qui précèdent sont libellés dans ce sens. Mais la Société a trouvé que l’avantage obtenu en travaillant sous pression est plus que compensé par l’augmentation des dépenses. Elle a cherché à ne pas dépasser la pression atmosphérique, et, grâce au moyen quelle a employé, toute pression disparaît dans les tubes de contact et, par suite, les frais de compression sont réduits au minimum.
- En se reportant aux figures 5o et b 1 qui accompagnent le brevet, on voit que les tubes R, qui renferment la substance de contact, sont divisés en un grand nombre de compartiments, à Taide de plaques perforées ou tamis. Sur chaque plaque, on met la substance de contact, de manière à recouvrir les trous ou les mailles, et sur la partie annulaire entre le tube et le bord de la plaque. Le principe de l’appareil est tel que la pression exercée sur une couche de substance catalytique ne se transmet pas aux sui-Gn. XIV. — Cl. 87. — T. I. 12
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- vantes, et, do plus, les couclies sont disposées de telle manière que les gaz doivent passer forcément à travers la masse de contact.
- Une tringle de fer a est fixée dans la partie D' et passe au milieu du tube R. On enfile un tube court b sur lequel repose une première couche de substance de contact disposée sur une plaque perforée ou grille, qui est recouverte conformément aux indications précédentes. Sur cette plaque, on met un collier ou un tube court d, puis une autre plaque perforée, et ainsi de suite. La pression supportée par la couche de substance
- catalytique se transmet aux plaques et, de celles-ci, aux tubes, et la substance catalytique en est soulagée d’autant.
- Cette disposition des couches offre de plus l’avantage de mélanger à chaque fois les gaz, en sorte que leur température s’égalise et que l’effet réfrigérant décrit dans les brevets précédents est augmenté. D’autres moyens peuvent être employés, mais le principe établi est le meme. On peut se servir, comme l’indique la figure 5 a , des trépieds (d, d', d") pour soutenir les plaques, au lieu de la tringle centrale et des petits colliers comme dans la figure 51.
- Pour éviter l’agglomération de la substance catalytique et, par suite, l’augmentation de pression, il importe avant tout, quel que soit le procédé employé, de ne pas empêcher le refroidissement régulier, qui est une des causes de réussite. v>
- Dans ce cpi précède, nous avons cru devoir donner dans leur texte intégral l’ensemble des brevets cp’a pris la Société badoise pour cette nouvelle fabrication. Nous ne nous dissimulons cependant pas cp’il n’est pas aisé de discerner exactement le dispositif quelle emploie en réalité; l’essentiel pour nous est de savoir les principes sur lesquels repose le nouveau procédé.
- En résumé, les points importants à retenir sont les suivants :
- i° Préparation de la masse de contact cpi paraît être de famiante platiné; 2° purification rigoureuse des gaz réagissants; 3° maintien de la température de ces gaz à l’intérieur des chambres, de telle façon cp’elle soit intermédiaire entre la température nécessaire à la formation cle l’anhydricle sulfurique et celle à laquelle ce corps se dissocie PL
- Fig. 5o et 5i.
- Disposition intérieure des tubes renfermant la substance cle contact. — a, tringle de fer, fixée sur le fond D'; b, tube court portant une première plaque perforée c, recouverte de la substance ; d, d', d", tubes annulaires ou trépieds supportant les plaques suivantes c', c",
- ^ Depuis la rédaction de cet article, M. Kilietscli, ingénieur chimiste très distingué de la Société badoise et auteur du procédé, a fait une conférence
- très documentée sur ce procédé, conférence qu’il a fait suivre d’une série de courbes et de tableaux donnant les points de fusion, les poids spécifiques, les
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- D’autres brevets ont été pris pour la fabrication de l’acide sulfurique par la méthode de contact. Nous allons les énumérer rapidement.
- La Compagnie parisienne de couleurs d’aniline, de Creil, succursale des «Farbwerke vor-mals Meister, Lucius et Bruning», à Hoechst, a, en effet, pris un certain nombre de patentes, tant en France qu’à l’étranger (brevet français n° 275927, du 1A mars 1898; brevet allemand n° 109/183, du 17 mai 1898; brevet additionnel du 20 juin 1898; brevet perf. du i3 janvier 1899) pour un procédé basé sur les mêmes principes que celui que nous venons de décrire. La matière de contact est également de l’amiante platiné sur lequel passent les gaz provenant des fours, après qu’on leur a fait subir un traitement à la vapeur d’eau surchauffée.
- La Société Verein Chemischer Fabriken, à Mannheim (brevet français n° 2 8039 3 , du 8 août 1898; brevet allemand n° 1084A5, du 9 décembre 1898, etn° 108A46, du 17 décembre 1898; brevet anglais n° 17266, du 10 avril 1898), a préconisé un procédé basé sur l’emploi des pyrites grillées comme substance de contact. On fait passer l’acide sulfureux sur les pyrites grillées en observant les indications suivantes : i° élimination absolue de toute humidité : a. tant en ce qui concerne l’air nécessaire à l’oxydation, b. qu’en ce qui concerne l’étanchéité de la construction et des organes de fermeture de l’appareil ; on arrive à ce but pour a en soumettant l’air à une dessiccation par l’acide sulfurique concentré, pour b en construisant un appareil aussi imperméable à l’air que possible et pouvant être maintenu d’une façon durable dans cet état d’étanchéité; 20 utilisation immédiate des oxydes destinés à servir de substance de contact après leur calcination, sans qu’ils aient eu à subir, d’une manière sensible, l’influence des agents atmosphériques ; ces substances de contact pourront être de Toxyde de fer, de l’oxyde de chrome, de Toxyde de cuivre, etc., ou des mélanges de ces corps entre eux, etc.; 3° marche de l’opération à une température telle que la possèdent les gaz sortant des fours de grillage et comprise, de préférence, entre 600-700 degréstempérature à laquelle les résidus de pyrite doivent être maintenus pendant toute la durée de l’opération.
- Nous pourrions encore citer :
- Le brevet français n° 28061 2 , du 11 avril 1898, accordé à M. Sebillot, qui détermine la combinaison de S02-|-0 en présence de la vapeur d’eau, en faisant passer les gaz dans une première colonne qu’ils traversent de haut en bas et où ils rencontrent des plaques perforées, en céramique ou pierre de Volvic, portant une couche de coke, pierre ponce
- chaleurs spécifiques, les chaleurs de dissolution, les résistances électriques, les points d’ébullition, les tensions de vapeur, la viscosité et la capillarité de l’acide sulfurique à différents états de concentration et de teneur en anhydride. Nous renvoyons le lecteur à ce remarquable travail qui justifie amplement ce que nous disons plus loin au sujet de l’importance qu’il convient d’attacher aux phénomènes qui sont du ressort de la chimie physique, car leurs lois s’imposent
- de plus en plus aussi bien dans le domaine de la science pure qu’à celui de ses applications. Cette conférence a paru dans Berichte der deut. Chem. Ges., t. XXXIV, 1901, p. 4070, et dans la Revue générale de chimie pure et appliquée, t. V, 1902, p. 4g.
- (1) Comme l’a montré M. Knielsch dans sa conférence citée, déjà à celle température une partie de l’anhydride sulfurique se dissocie en acide sulfureux et oxygène. «
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- ou oxydes métalliques propres à faciliter la réaction. Dans une seconde tour, de construction analogue, mais arrosée d’eau, ils marchent de bas en haut.
- Les brevets de Aktien Gesellschaft fiir Zinc Industrie, vormals Wilhelm Grillo, à Ham-horn, près Oberhausen, qui portent surtout sur la manière dont est préparée la substance de contact. Au beu d’employer comme support pour le corps actif de l’amiante, du coton de verre, de la laine de scories, etc., cette maison emploie pour cet usage des sels solubles à base d’alcalis, de terres alcalines ou de métaux lourds. Les substances de contact ainsi obtenues sont plus faciles à préparer et en meme temps plus actives. D’autre part, quand elles sont devenues inactives, on en régénère facilement le noir de platine en dissolvant le support dans l’eau et attaquant le résidu par l’acide chlorhydrique concentré qui laisse le platine pur (brevet allemand n° 1022 AA, du 17 mai 1898).
- Les brevets : Clemm (brevet français n° 291093^11 6 novembre 1899), dans lequel l’auteur emploie comme substance de contact de l’argile imprégnée de sulfate de cuivre et portée au rouge; Thompson (brevet anglais du 7 avril 1899); Pratt Process Company (brevet français n° 1A2809, du 23 mai 1899); Baleatz (brevet français n° 296901, du 6 février 1900), qui, tous, rentrent, dans leurs dispositions essentielles, dans ceux que nous venons de décrire.
- Il est enfin un procédé qui mérite une mention spéciale : c’est celui qui a été breveté le 22 mars 1900, par M. E. de Haen, à Hanovre. Il consiste à substituer à la masse de contact ordinaire (platine ou oxyde de fer) de l’acide vanadique. A cet effet, on imprègne de l’asbeste d’une solution de vanadate d’ammoniaque, on sèche et on calcine. Le mélange cl’anbydride sulfureux et d’air, en passant sur la masse maintenue a A65 degrés environ, est converti en anhydride sulfurique dans la proportion de 8A p. 100 environ. Il est meme probable qu’en restant à Aoo degrés la totalité de l’acide sulfureux serait transformée en anhydride sulfurique.
- Etant donné qu’il existe des gisements de minerais de vanadium très importants aux Etats-Unis, l’acide vanadique sera beaucoup moins onéreux que le platine comme matière de contact. Il sera aussi préférable à l’oxyde ferrique, dont l’emploi exige des appareils plus étendus et plus coûteux. (C/tem. Zcit., 1902, p. 6.)
- Il n’est pas hors de propos de rappeler que M. Helouis a également mis à profit Tacicle vanadique pour préparer l’anhydride sulfurique. Son procédé consiste à chauffer le bisulfate de sodium et d’acide vanadique ou le bisulfate de Tacide vanadique seul, à recueillir l’anhydride qui se dégage et à retraiter le résidu par une nouvelle quantité
- d’acide sulfurique monohydraté (S04)3(VaO)2==S03-J-(S04)2.Va203ou(S04)2<^|y^Q2y
- Cette méthode consiste, en réalité, à transformer l’acide ordinaire en anhydride sulfurique.
- Quoi qu’il en soit de tous ces procédés, ce qui est absolument certain, c’est que deux d’entre eux fonctionnent d’une façon .continue et produisent des quantités d’acide de plus en plus considérables. C’est, en premier lieu, le procédé de la «Badische Anilin uncl Soda Fabrik », qui est en marche non seulement dans les usines de Ludvvigsbafen, mais
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- encore dans les établissements des «Farbenfabriken vormals F. Bayer», à Elberfeld-Leverkus, deux fabriques où, il nous a été donné de les voir fonctionner d’une façon normale et régulière.
- Si nous en croyons M. Knietsch, Fliabile ingénieur qui a mis au point ce procédé, la production d’anhydride à la Société badoise a suivi la progression suivante dans l’espace de douze ans.
- 1888........................................................... i8,5oo tonnes.
- 189Æ........................................................... 39,000
- 1899 ........................................................ 89,600
- 1900 ....................................................... 116,000
- Des licences du procédé en question ont été accordées pour la France à la société «La Voltaw , qui installe ses usines près de Lyon.
- Le second procédé qui est en exploitation, est celui des «Farbwerke vormals Meister, Lucius et Bruning», qui a monté ses appareils à l’établissement mère, à Hœchst, près Francfort, où ils marchent également à la satisfaction des auteurs.
- Quant aux autres procédés dont il a été question, malgré tout ce qui en a été dit, ils ne semblent pas encore être entrés dans la phase de production définitive et courante.
- A l’Exposition, la Société badoise a montré des échantillons d’acide à 5, 10, 15, 20, 3o, ho, 5o, 60, 70, 80, 90, 95 et 100 p. 100 d’anhydride. Rappelons, à ce sujet, que l’anhydride à 100 p. 100 peut affecter deux formes, Tune prismastique fondant à 13° 8 (Oddo)(1J, à 17°7, selon M. Knietsch, et répondant à la formule simple SO3, l’autre fibreuse qui répond à la formule double S206 (Oddo) et dont le point de fusion serait de ho degrés (Knietsch).
- Dans la vitrine affectée à l’Ecole de chimie et de physique figuraient également des échantillons d’anhydride, d’acide fumant et d’acide à 6 6 degrés préparés par un procédé de contact dû à MM. Pierron et Raymond, et qui serait à l’essai dans une usine établie à Jemeppe-sur-Sambre, près de Namur. Nous ignorons le dispositif du procédé, ainsi que sa valeur industrielle.
- IV. AVENIR DE L’INDUSTRIE DE L’ACIDE SULFURIQUE.
- Nous avons successivement passé en revue les différents procédés employés pour la fabrication de l’acide sulfurique. Essayons maintenant de nous faire une idée de la situation respective de chacun d’eux et de l’avenir qui leur est réservé.
- L’ancien procédé de distillation des sulfates de fer, le seul qui fut pendant longtemps en état de fournir l’acide fumant dit de Nordliausen, malgré les services rendus, semble destiné à disparaître devant son nouveau rival, le procédé par contact.
- D’après Winckler, cet acide coûtait en Bohême, lieu de fabrication d’alors, en 1792, 50 florins le quintal de 5o kilogrammes, et en 1873, 10 florins. On en produisait en
- (1) Bulletin de la Soc. chim. [3], l. XXV, 1901, p. 897.
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- 183a environ î,700 quintaux; en 1846, 5o,ooo quintaux, et en 1873, 66,000 quintaux.
- Selon M. G. Hattensaur ( Catalogue des produits chimiques de la section autrichienne), J.-D. Starck paraît avoir à lui seul livré au commerce, en 1838, 19,260 quintaux d’acide fumant et 5,ooo quintaux de caput mortuum; en 1872 , ses usines produisirent encore 34,410 quintaux du même acide, avec 19,782 quintaux de peroxyde de fer (caput mortuum).
- En 1873, 120 fourneaux étaient encore en marche; mais, devant la concurrence menaçante du procédé par contact, introduit d’abord à Freiberg, en Saxe, par M. G. Winckler, la fabrication de cet article diminua tellement qu’en 1893 il n’y avait plus que i5 à 16 fourneaux qui fonctionnaient sur les 120.
- Les progrès réalisés dans la fabrication de l’acide sulfurique par les chambres de plomb ne sont pas moins suggestifs.
- Au début, alors qu’on préparait l’acide sans salpêtre, par la combustion du soufre en présence de la vapeur d’eau, 1 ^kilogramme de cet acide revenait à 11 2 francs ; ce prix tomba, en 17 4 0, à 5 fr. 7 5 quand on se servit de salpêtre, à 0 fr. 8 0 en 17 9 7, à 0 fr. 5 4 en 1799 et actuellement à 0 fr. o4 et moins le kilogramme.
- 11 serait, d’autre part, difficile de se faire une idée, même approximative, de la production actuelle dans les différents pays, comme il serait non moins difficile de savoir quel sort est réservé à ce procédé plus que séculaire.
- Dans le brevet de la Société badoise, nous relevons la phrase suivante : «Les acides au-dessous de 5o degrés Baumé peuvent être préparés, par notre procédé, au moins aussi économiquement que par l’ancien. Tous les acides plus concentrés peuvent être préparés à bien meilleur compte, et l’économie sur l’ancien système est d’autant plus grande qu’il s’agit d’acides plus concentrés, v
- Le prix de revient de l’acide à 66 degrés est environ 15 p. 100 meilleur marché par le procédé par contact.
- Il semble donc, d’après cela, que si le problème économique de l’obtention des acides concentrés par le procédé par contact est résolu, il reste encore aux détenteurs de l’ancien procédé quelque espoir pour la fabrication de l’acide à 5 0 degrés, c’est-à-dire de celui que fournissent directement les chambres de plomb, acide qui trouve son utilisation dans la fabrication des superphosphates.
- Quoi qu’il en soit, l’acide préparé par la méthode de contact, outre les nombreux avantages que je viens d’énumérer, possède encore l’inappréciable mérite d’être d’une grande pureté et de ne pas renfermer d’arsenic. D’autre part, les frais d’établissement du nouveau procédé sont de beaucoup inférieurs à ceux qu’exige le système des chambres de plomb et représentent, d’après la Société badoise, les deux tiers du prix d’une installation de même puissance travaillant avec ce dernier système.
- L’obtention des acides fumants à divers états de concentration en a naturellement étendu l’emploi. Indépendamment de son utilisation pour la préparation de l’acide à 66 degrés et même d’acide plus étendu pour accumulateurs, emploi auquel il se prête
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- admirablement en raison de Tabsence de produits nitreux, l’acide par contact sert à la sulfonation des colorants et des matières premières pour colorants ou autres produits organiques, à la concentration des mélanges résiduaires d’acide azotique et d’acide sulfurique provenant de la fabrication des nitrocelluloses, etc. Mais une de ses applications les plus ingénieuses, à l’heure actuelle, est son emploi comme oxydant de la naphtaline pour la préparation de l’anhydride phtalique, matière première d’une des synthèses industrielles de l’indigo.
- Quel que soit l’avenir réservé à ce procédé, il constitue une des étapes les plus intéressantes du chemin parcouru par la science appliquée à l’industrie durant le siècle qui vient de s’écouler. Il montre, et c’est là notre conclusion, que, dans l’avenir, le chimiste, qu’il ait à s’occuper de science pure ou de ses applications, sera tenu d’être familiarisé, non seulement avec toutes les méthodes ordinaires d’analyse et de synthèse de nos laboratoires, mais qu’il devra posséder à fond toutes les questions de chimie physique, car elles sont appelées à jouer un rôle de plus en plus important dans l’étude des phénomènes de la nature.
- ACIDE AZOTIQUE.
- Malgré toutes les tentatives faites et même les brevets pris pour obtenir l’acide azotique industriellement, en combinant l’azote et l’oxygène sous l’influence de l’effluve, l’unique source de cet acide réside toujours encore dans les nitrates et, en particulier, dans ceux du Chili. Etant donné la consommation croissante de ces nitrates comme engrais, et aussi de l’acide azotique comme matière première pour la fabrication des explosifs et des colorants synthétiques, il arrivera un jour, qui n’est peut-être pas lointain , où les gisements de l’Amérique du Sud seront épuisés et où il faudra trouver dans la synthèse une autre source d’acide nitrique.
- Pour le moment, les efforts des industriels sont dirigés en vue de l’obtention d’un acide aussi concentré et aussi pur que possible.
- La décomposition des nitrates se fait toujours dans des cornues au moyen de l'acide sulfurique plus ou moins concentré et en recueillant l’acide azotique dans des appareils à condensation, dont la forme a singulièrement varié depuis une trentaine d’années, où Ton employait encore les bouteilles de Woulfe ou les tourilles en grès. Le perfectionnement de ces appareils suivait de près les progrès réalisés dans la fabrication des grès pour usages chimiques. Or, cette fabrication, rien que par les spécimens de pompes, de tuyaux, de serpentins et de récipients qui ont figuré à l’Exposition, a fait des progrès considérables dans ces dernières années. Elle a permis d’abord à M. Oscar Guttmann de substituer des tuyaux aux tourilles, puis de combiner son système de tuyaux refroidis par beau aux tours de Lunge-Rohrmann pour la condensation de Tacide. Le système Guttmann a fonctionné dans un grand nombre de fabriques et sur une grande échelle en Europe.
- D’après les résultats publiés, on obtient ainsi 28 p. 100 de monohydrate et 2 p. 100 d’acide, de densité 1.A0, venant des tours. Au point de vue économique, les résultats
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- étaient également satisfaisants, puisque la production cle 3 kilogr. 5 de monohydrate n’exige que î kilogramme de houille.
- Un autre problème important à résoudre est d’éviter la production et le mélange d’oxydes inférieurs de l’azote. Différents auteurs se sont occupés de cette question et ont réalisé des procédés pour la fabrication d’acide nitrique concentré exempt d’oxydes d’azote, par condensation partielle.
- Il nous est impossible d’entrer dans le détail de ces procédés, celui que nous allons décrire plus loin semblant résumer tous les perfectionnements proposés.
- Avant d’aborder ce procédé, signalons encore les améliorations introduites à l’appareil pour la décomposition du nitrate, par Guttmann d’une part et de l’autre par Valentiner. Le premier intercale une soufflerie à air chaud entre les tuyaux réfrigérants et l’appareil condenseur. L’air chaud exerce non seulement une action oxydante sur les vapeurs acides venant des cornues, mais produit encore un vide partiel dans les cornues.
- Valentiner fait agir Tacide sulfurique à 66 degrés sur le nitrate de soude sec et distille dans le vide. Mais cette méthode paraît être abandonnée vu l’infériorité de rendement vis-à-vis de celle de Guttmann-Rohrmann et aussi des difficultés matérielles quelle présente. Cette distillation dans le vide ne s’appliquerait plus qu’aux acides étendus qu’on transformerait ainsi en acides concentrés, parce quelle s’opérerait aune température relativement basse, température grâce à laquelle Tacide azotique ne serait pas décomposé.
- Des recherches faites par M. C.-H. Volney^ semblent, en effet, prouver qu’en décomposant le nitrate de soude sec (100 grammes) par de Tacide sulfurique concentré (no grammes) dans un vide de 3oo millimètres, on obtient une première partie de monohydrate passant de 45 à y5 degrés, alors que le contenu de la cornue est à 65-îoo degrés, puis, à partir du moment où la température du mélange de polysulfate et du restant de nitrate atteint 100-129 degrés, il passe une seconde partie de Tacide azotique monohydraté qui distille jusqu’à 7 6 degrés.
- Dans le procédé Valentiner, la distillation est effectuée sous une pression de 600 millimètres.
- Procédé Jean Wilhelm Skolund (brevet n° 271025, du 5 octobre 1897). — Pour certains usages de Tacide azotique, il importe au premier chef que cet acide ne renferme ni vapeurs nitreuses, ni chlore, etc. Le procédé en question a pour but de produire un acide nitrique chimiquement pur (industriellement) en une seule opération. Il repose sur la propriété que possède Tacide azotique normal d’être plus volatil que Tacide aqueux et sur l’emploi d’appareils en substances réfractaires qu’on peut maintenir à une certaine température pour condenser séparément les différents produits (oxydes d’azote, chlore, acide azotique, eau) qui se forment dans la décomposition des nitrates par Tacide sulfurique (fig. 52).
- L’appareil peut se composer d’une ou de deux tours munies à la partie supérieure d’un appareil de condensation refroidi au moyen d’une nappe d’eau. Si Ton fait usage des
- (l) The Journ. of the Soc. of Chem. Ind., 1901, p. 544 ; Moniteur scientifique, 1902, p. 23.
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- deux tours, l’on amène les vapeurs d’acide nitrique du générateur ordinaire dans la chambre A par le tuyau d’admission indiqué en C. Cette première toui\dans laquelle on peut, par un dispositif spécial, amener des quantités voulues d’air, est remplie de matières (e) inattaquables à l’acide (porcelaine, grès, quartz ou verre) qui reposent sur un
- P
- fond perforé F, lequel est supporté par les petits piliers d; le tout étant constitué par des matières qui résistent à l’action de l’acide.
- La tour entière repose sur un massif de maçonnerie B. Au sommet de cette tour A, où se fait une première condensation, s’engage un tuyau H, qui communique avec la partie
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- inférieure de la seconde tour A' dont l’agencement est semblable à la première et qui est surmontée d’un condenseur dans lequel le tuyau N en verre, poterie ou matière analogue, reçoit les vapeurs provenant du sommet de la tour A'.
- Le tuyau N, qui constitue la partie primaire du condenseur, reçoit les vapeurs acides provenant de la tour A' et a pour effet de les condenser. Il est, par conséquent, nécessaire qu’il soit formé de matière vitreuse pour ne pas être attaqué. Mais il n’en est pas de meme de la partie secondaire N' qui reçoit les portions qui n’attaquent plus le plomb. Aussi un seul joint est-il nécessaire entre le plomb et l’élément vitreux en 2 ; toutefois, on trouve avantageux d’appliquer une bride en 3 autour du tuyau N, près du joint 2, pour empêcher l’eau de refroidissement de couler sur le joint.
- Une conduite ou une rigole perforée P amène de l’eau qui ruisselle sur les tuyaux, dont les spires horizontales sont superposées verticalement; cette eau rassemblée dans un bassin s’écoule par un tuyau 0.
- L’extrémité supérieure du tuyau N' passe dans un récipient S, de préférence en porcelaine ou matière similaire, maintenu à basse température de manière à condenser les vapeurs ou les gaz utilisables qui peuvent s’échapper du condenseur, et le tuyau T conduit les gaz ou vapeurs non condensées (oxydes d’azote, chlore) à un endroit quelconque de décharge.
- Un tuyau L' fait communiquer le fond du récipient S avec le sommet de la colonne A', et on peut prévoir aussi des tuyaux L à travers lesquels on peut envoyer de l’acicle azotique à une température quelconque voulue, de manière que des quantités déterminées passent en nappes minces sur les matières inattaquables à l’acide dans les tours. De cette manière, la température de ces tours peut être réglée.
- L’auteur trouve également avantageux d’employer un déflecteur G sur lequel l’acide passe dans la tour et s’étale sur les matières inattaquables à l’acide contenu dans cette tour, de manière à descendre en nappes minces en même temps que les vapeurs montent. On retire l’acide à l’état chimiquement pur de la partie inférieure de la tour A' par un tuyau F muni d’un siphon pour empêcher l’échappement des vapeurs, et on le refroidit par un système quelconque. De la partie inférieure de la tour A on pourra retirer un acide plus faible que celui extrait de la tour A'.
- ACIDE BORIQUE. — BORAX. — BIBORAX ORIENTAL.
- Les principaux minerais dont on peut tirer l’acicle borique sont :
- La borocalcite ou hayesine 2Bo203. CaO. 6H20;
- La boracite ou chloroborate de magnésie 6Mg08Bo203-f-MgCl2;
- La horonatrocalcite ou ulexite Na20, 2Bo203, 2 (CaO 2Bo203)+ 1 8H20;
- La rhodizite K20. 2AIX)3. 3Bo203;
- La pricéite Na20. 3CaO. ABo203. 7UUO.
- Les minerais les plus usuels sont la borocalcite qui renferme environ h y p. 100 d’acide boricpie, et la horonatrocalcite, qui a une composition variable.
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- Quant à lapandermite, qui vient de Panderma (Asie Mineure), c’est de la borocalcite, convenablement débarrassée de sa gangue et de la plus grande partie de son eau de constitution, et qu’on a par conséquent enrichie sur place d’acide borique.
- Les échantillons de borocalcite et de pandermite figurant à l’Exposition avaient respectivement la composition suivante :
- BOROCALCITE. PANDERMITE.
- Acide borique anhydre.. . .
- Chaux.....................
- Acide sulfurique (anhydre).
- Eau.......................
- Fer.......................
- Insoluble.................
- Perles et non dosés.......
- 47.10 55.6o
- 31.53 37.50
- 1.75 1.70
- 19.10 3.4o
- h 0.12
- h 1.20
- o.5 2 o.48
- Totaux
- 100.00 100.00
- Acide borique. — Jadis, on traitait la borocalcite par de l’acide chlorhydrique et on avait comme résidu du chlorure de calcium. L’attaque du minerai, préalablement pulvérisé, se fait, à Maisons-Laffitte, au moyen d’acide sulfurique étendu, et l’on obtient du sulfate de chaux insoluble et de l’acide borique dissous. On filtre, fait cristalliser et essore les cristaux.
- L’acide pailleté s’obtiendrait en mélangeant à la solution d’acide borique une petite quantité de matières protéiques (?). Le tour de main consisterait dans le choix de ces matières, ainsi que dans les proportions ajoutées. Ces paillettes pèsent A5o grammes au litre.
- Borax. — Au lieu de saturer l’acide borique par du carbonate de soude, on chauffe sous pression de la borocalcite ou de la pandermite finement pulvérisées avec du carbonate sodique en quantité telle qu’il y ait un équivalent de carbonate pour un équivalent d’acide borique. La solution obtenue de cette manière contient du monoborate de soude. Pour obtenir le borax commercial, on ajoute un équivalent d’acide borique et on laisse cristalliser lentement.
- Le bi-borax oriental n’est autre chose que du borax pur, raffiné par des procédés spéciaux et dont la fabrication n’a eu d’autre but que de vulgariser l’emploi des dérivés de l’acide borique comme astringents et antiseptiques.
- Le borax en cristaux taillés ou borax dit pour bijoutier ri’est que du borax ordinaire, cristallisé d’une façon spéciale. Grâce à sa forme prismatique, son homogénéité et sa résistance, il est employé spécialement pour la soudure des métaux précieux des travaux artistiques qu’il serait difficile d’exécuter autrement.
- Comme beaucoup d’autres produits, le borax a également baissé de prix. Ainsi, tandis qu’il valait il y a trente ans 200 francs les 100 kilogrammes, il en vaut à peine 5o aujourd’hui, grâce aux nombreux gisements de minerais trouvés et exploités, et aux perfectionnements introduits dans sa fabrication.
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- Indépendamment des usages médicaux et antiseptiques, Tacide borique et le borax étaient surtout employés à la préparation des émaux et des vernis des poteries(1>. Mais, en céramique, on tend de plus en plus à y substituer la pandermite et la borocalcite à cause de leur composition constante. La borocalcite, naturellement, doit être employée en plus grande quantité, puisqu’elle renferme moins d’acide borique. Depuis quelques années, on l’emploie également dans les usines de matières colorantes et, en particulier, dans la fabrication des colorants dérivés de Tanthracène'.
- CARBONE.
- Les multiples applications du charbon, soit sous la forme de charbon amorphe, soit sous celle de graphite, ont donné naissance à de véritables industries qui s’occupent de la préparation des variétés spéciales de carbone nécessaires à chaque ordre d’opérations.
- Le charbon est d’abord employé pour la fabrication des bougies des lampes à arc.
- Ce produit artificiel se fabrique en mélangeant à du goudron ou à de la poix du charbon de cornue finement pulvérisé, ou bien encore du noir de fumée, pressant la masse à travers des filières spéciales qui ménagent un canal au centre des bâtons et chauffant enfin, pendant plusieurs jours, au rouge blanc, dans des moufles ou dans des fours munis de carneaux.
- Cette opération a pour but de détruire les carbures d’hydrogène et de les transformer en une variété de carbone aussi semblable que possible au charbon de cornue.
- Le même mode opératoire est employé pour la fabrication de certaines électrodes. En effet, les charbons utilisés comme électrodes dans les opérations électrolytiques et électrothermiques doivent, pour chacune de ces applications, posséder des qualités très différentes; tel charbon utilisable dans certains cas peut ne pas convenir dans d’autres.
- L’électrolyse des chlorures métalliques et des chlorures alcalins en solutions aqueuses peut, par exemple, s’effectuer avec des charbons de cornue ou avec des charbons tels que ceux dont nous venons de donner la préparation, bien que les charbons graphitiques donnent parfois de meilleurs résultats. Il suffit pour cela que les charbons aient été portés à une température assez élevée, pour détruire tous les carbures d’hydrogène du goudron, et qu’ils possèdent une étendue assez grande pour que le dégagement du gaz se produise à la surface de l’électrode autant que possible. Il faut encore que le carbone employé à l’électrode soit exempt de composés inorganiques qui pourraient être attaqués par l’électrolyte ou par les corps qui se dégagent à l’anode.
- Lorsqu’il s’agit d’électrodes pour la fabrication de l’aluminium, la présence de carbures n’est pas autant à redouter que celle de combinaisons siliciques. Dans ce cas, il se produit des pertes en fluor, par suite de la formation de fluorure de silicium, Si Fl4, qui se dégage sous la forme de fumées blanches :
- SiO2 + Fl4 == SiFl4 + O2.
- (1) Moniteur scientifique, 1898, p. 688.
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- Il est également possible que la silice ou les combinaisons siliciques tombent en fusion au fond du bain, où elles sont réduites par Taluminium d’après la réaction que Woebler avait déjà utilisée dans sa préparation du silicium. On voit que la moindre quantité de silice dans les électrodes peut avoir une influence sensible sur le produit obtenu, puisque, d’après M. Minet, pour 1 kilogramme d’aluminium 1 à 2 grammes du charbon des électrodes disparaissent.
- Dans la fabrication électrolytique de Taluminium, on devra donc employer un charbon qui, pourvu que la conductibilité soit suffisante, pourra contenir des carbures d’hydrogène, mais jamais de combinaisons de silicium. Pour la préparation de ce charbon, il est mieux de n’employer comme matières premières que des produits ne contenant pas de substances minérales, tels que les résidus de pétrole, ou le coke de goudron de houille ou de pétrole.
- Pour l’industrie du carbure de calcium, la présence de carbure d’hydrogène n’est également pas nuisible si la conductibilité et la compacité de l’électrode ne sont pas réduites à un trop grand degré. Mais, de plus, les impuretés inorganiques, pourvu quelles ne contiennent pas de composés de phosphore, n’ont aucune influence appréciable sur le carbure formé.
- On emploie, pour fabriquer ce carbure, du coke ou de Tanthracite qui, sauf un lavage préliminaire, n’ont pas besoin detre purifiés.
- CHARBON GRAPHITIQUE.
- Le besoin qui s’est fait sentir, dans Télectrotechnique et en électrochimie, d’avoir des charbons résistants et aussi purs que possible, a engagé quelques industriels à préparer du charbon graphitique jouissant de propriétés semblables à celles que possède le graphite naturel.
- Selon M. Berthelot, on peut considérer comme graphite «toutes les variétés de carbone capable de produire de Toxyde graphitique par oxydation».
- Actuellement on décrit trois méthodes de transformation du carbone amorphe en graphite :
- i° On chauffe du carbone amorphe, dans le four électrique à une température élevée. La transformation du graphite est opérée par simple élévation de température ;
- 20 On dissout un excès de carbone dans un métal, à une haute température. On laisse refroidir le métal, et Texcès de carbone s’en sépare à Tétât de graphite;
- 3° On dissout le carbone dans un métal et on Ten chasse, sous forme de graphite, en y introduisant un autre métal.
- Suivant M. Borchers^, «toutes les substances capables de se combiner chimiquement au carbone, sont plus ou moins facilement dissociables et favorisent dès lors la cristallisation du carbone. Il en est ainsi notamment du bore, du silicium, du titane,
- (l) Zeitschrift für Electroch., du 17 mars 1897,
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- du zirconium, du vanadium, de l’aluminium, des métaux du groupe du cérium, clu chrome, du molybdène, du tungstène, de Turanium, du manganèse, du fer, du nickel, etc. v.
- L’auteur ajoute : «Je crois aussi que le carbone se combinant, sous forme de gaz ou de vapeurs, à Thydrogène, au soufre, etc., peut également amener la cristallisation. w
- En 1891, Acheson, faisant des essais sur la cristallisation du carbone, avait découvert le carbure de silicium, corps qu’on appelle ordinairement le carborundum.
- Ayant reconnu la valeur du produit, il en avait entrepris la préparation industrielle. Les fours électriques dont il s’étaient servi était du type incandescent; le courant passant à travers le corps central d’une variété de carbone granulaire, servait à chauffer un mélange de charbon et de silice. 11 trouvait presque toujours, dans ces fours, une couche de graphite dans le voisinage du corps central, et, en examinant de plus près ce corps, il avait constaté qu’il était le résultat de la décomposition du carbure de silicium, le silicium ayant été volatilisé et le carbone étant seul resté à l’éclat de graphite. Cette constatation et d’autres encore avaient permis à Acheson de conclure que le carbone amorphe peut être transformé en graphite en le chauffant à une haute température, en présence d’oxydes métalliques ou autres, capables de donner naissance à des carbures. Dans ces conditions, le carbone se combine au métal ou au métalloïde, pour former un carbure, qui est alors décomposé, avec mise en liberté de carbone sous forme de graphite.
- Comme on le voit, observations et conclusions de M. Acheson concordent parfaitement avec les théories émises plusieurs années après par M. Borcbers.
- Se basant sur ces expériences, Acheson prit un premier brevet qui lui fut accordé aux Etats-Unis, le 29 septembre 1896, sous le n° 56832 3.
- Au début, à la suite d’une série d’essais, Acheson avait trouvé que c’est l’anthracite, pris comme matière première carbonée, qui donne les meilleurs résultats.
- Le four employé à la préparation de graphite consiste en un bassin long et étroit, construit en briques réfractaires et garni d’un revêtement réfractaire approprié. A chacune des extrémités du bassin se trouve un faisceau composé de 2 5 baguettes de carbone, de A pouces carrés et longues de 3 h pouces. Les faisceaux sont réunis, au moyen de forts câbles en cuivre, aux barres amenant le courant. Le four est rempli avec de l’anthracite à travers le centre duquel passe un noyau composé de baguettes de carbone, noyau qui lie les extrémités du four. La présence de ce noyau est de la plus haute importance, parce qu’à froid, l’anthracite est un mauvais conducteur de l’électricité.
- Pendant l’opération de la graphitisation, la majeure partie des cendres que renferme le charbon est volatilisée, et comme les cendres de la plupart des charbons consistent principalement en silice, une quantité considérable de silice est volatilisée pendant la marche du four électrique. S’il s’agit de préparer du graphite très pur, on doit tout simplement chauffer assez longtemps à une température au-dessus du point de volatilisation des impuretés que renferme le charbon. Un échantillon d’anthracite, contenant
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- 5.783 p. 100 de cendres, a été traité de cette manière, et le produit obtenu ne renfermait que o.o33p. 100 de cendres après l’opération.
- Après graphitisation, la résistance électrique du carbone est considérablement diminuée.
- D’apr ès le brevet français n° 3o6o3o, du 6 décembre 1900, brevet pris par la International Acheson Company, la graphitisation des électrodes, balais, charbons des piles, est obtenue de la façon suivante : les objets sont enfouis dans une matière relativement mauvaise conductrice formée de coke broyé. Leurs dimensions les plus longues doivent être à angle droit avec le sens du courant ; ils offrent ainsi moins de résistance.
- -O
- Fig. 53.
- La base a du four est en briques réfractaires, ainsi que les parois b ; les prises de courant c sont en carbone amorphe. La sole h est en matière excessivement réfractaire, telle que du carbure de silicium. On étend d’abord une couche de coke broyé en grains d’environ 1 mm. 5 ; on forme plusieurs piles avec les électrodes qui sont entièrement entourées de coke. On recouvre enfin d’une couche i formée d’un mélange de coke broyé et de sable.
- On commence par envoyer un courant de i,4oo ampères à 210 volts. On augmente l’intensité jusqu’à 3,600 ampères, en restant à 210 volts. Puis on diminue graduellement le voltage en augmentant l’intensité, jusqu’à 9,000 ampères sous 80 volts. L’opération dure vingt-quatre heures.
- Quand on a des tiges cylindriques, on peut les placer en contact sur toute la longueur sans matière de remplissage interposée.
- Cette méthode permet de traiter une masse de carbone dont la section est plus large que les prises du courant; ceci est dû à ce que la majeure partie de la chaleur se produit dans la matière de remplissage et non dans les objets en carbone.
- Indépendamment des charbons de la société Acheson, l’exposition de la Classe 24 comprenait les charbons graphitiques de la Société anonyme «le Carbone », à Levallois-Perret, qui fabrique ses produits avec le four Girard et Street, breveté dès l’année 1893.
- Après que les charbons à graphitiser ont été convenablement préparés et qu’on leur a donné la forme voulue, on les calcine dans un four ordinaire. La graphitisation s’opère ensuite dans un four électrique formé d’un bloc de charbon dont les parois extérieures
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- sont revêtues cle magnésite et qui est percé d’un trou dans le sens horizontal et dans le sens vertical. Au milieu le canal vertical s’élargit. Pendant que le charbon est amené, à l’aide d’un appareil spécial, de haut en bas, il est soumis à l’action d’un arc produit entre deux électrodes horizontales. Au sortir de la chambre de chauffe, les charbons parcourent encore une longue course en vase clos, de façon à subir un refroidissement lent et à éviter ainsi le contact de l’air qui pourrait amoindrir leur qualité.
- Gomme cette question des charbons employés comme électrodes présente de l’importance suivant la nature de l’électrolyse que l’on veut réaliser, nous croyons devoir donner la liste des principaux ouvrages et articles qui ont été publiés dans ces derniers temps sur la préparation et les propriétés des charbons :
- Borchers. Zeitschrift, fur Elektrochemie, fascicule du 7 mars 1897; ibid., fascicule de septembre 1899.
- Winteler. Sur les qualités que doivent posséder les charbons employés comme électrodes. Zeitschrift fur Elektrochemie, t. VII, p. 356, et Eclairage électrique, t. XXVII, p. lxxxvi du supplément. — Procédé de graphitisation de la International Acheson C°. Eclairage électrique, t. XXVII, p. AA9.
- Fr. A. J. Fitzgerald. Fabrication du graphite par le procédé Acheson. The Journal of thc Society of chem. ind., t. XX, p. AA 3, et Moniteur scientifique de Quesneville A° série, t. XVI, p. 38.
- F. Foerster. Sur l’influence du charbon des anodes dans les phénomènes de l’électrolyse des chlorures alcalins. Zeitschrift fur augewandte Cliemie, 1901, p. 6A7, et Moniteur scientifique, t. XVI, p. Ai.
- GRAPHITE NATUREL.
- L’emploi du graphite pour la confection des creusets, des joints, et aussi comme enduit protecteur du fer quand il a été au préalable délayé dans l’huile bouillie, est connu depuis longtemps.
- Ses propriétés comme lubrifiant sont aussi mises à profit; toutefois son emploi est assez restreint par suite de la constatation de l’usure des pièces ainsi lubrifiées.
- Cette usure serait produite par la présence dans la plombagine de quartz auquel cette variété de charbon serait presque toujours associée dans la nature.
- La plombagine solide à l’état pur ne se rencontre guère qu’à Kreswick, et le prix élevé de cette matière fait qu’on ne la trouve pas couramment dans le commerce.
- La meilleure forme qui convient est la forme de paillettes telle qu’on la trouve à Ceylan et dans les mines de Ticonderoga, qui appartiennent à la Joseph Dixon Crucible Company, représentée en France par MM. Vanner et G10.
- Cette plombagine doit subir un traitement long et compliqué, qui a pour but de réduire les paillettes à des dimensions convenables et de débarrasser la matière de toutes traces de quartz. Les procédés mécaniques dont on dispose permettent actuellement d’arriver à ce résultat.
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- D’après les recherches de .AI. R. H. Thurston, de l’Institut technologicpie Stevens, le graphite délayé dans l’eau a un pouvoir lubrifiant trois fois supérieur à celui de la meilleure huile minérale.
- Quant aux résultats de la pratique industrielle, ils montrent qu’aucun lubrifiant n’est plus efficace que le graphite, notamment pour le graissage des soupapes et des pistons.
- Pour les machines électriques, M. Thurston ainsi que le professeur Kingsbury, ont trouvé que, tandis que l’huile minérale lourde donne un coefficient de frottement de o.iù, un mélange moitié par moitié d’huile et de graphite réduit le coefficient à 0.07.
- Sur certains bateaux faisant le service des lacs américains, le graphite délayé dans l’eau est employé pour le graissage des cylindres à l’exclusion de l’huile. Ce mode de graissage est surtout intéressant dans le cas où l’on emploie l’eau de condensation pour l’alimentation des chaudières.
- On sait les inconvénients dus à la présence de l’huile dans l’eau d’alimentation, surtout lorsque celle-ci renferme du sulfate de chaux. ( L’Ingénieur français, du i5 juillet 1901).
- CHARBON DD GOUDRON DE HOUILLE.
- Une autre source de charbon pur et qui semble graphitique est le goudron de houille. M. Ohlsonn, à Stockholm, a, en effet, réussi à séparer le charbon très ténu auquel le goudron de houille doit sans aucun doute sa couleur noir foncé. On peut évaluer a environ 25 p. 100 la quantité de ce charbon contenue dans le goudron. Or, après avoir éliminé par distillation près de 5o p. 100 des parties les plus volatiles de ce produit de pyrogénation, il reste un brai renfermant environ 5o p. 100 de charbon qui s’oppose à toute distillation ultérieure.
- La maison qui a exposé ce charbon a également montré le goudron de houille dégraphité, produit qui se présentait sous la forme d’un liquide transparent et d’un jaune brun. M. 0. Witt pense que la séparation de ce charbon s’effectue, en étendant le goudron d’huiles légères, de façon à en abaisser le poids spécifique et à permettre au charbon d’être séparé par des appareils centrifuges.
- Quoi qu’il en soit, cette variété de charbon n’a rien de la suie et ressemble à du graphite. Sa pureté, son grand état de division le recommandent soit comme lubrifiant, soit pour la fabrication des électrodes, des charbons électriques ou des creusets.
- NOIR D’ACÉTYLÈNE.
- Gomme son nom l’indique, ce noir est obtenu par la décomposition de l’acétylène et diffère par conséquent, quant à son origine, des diverses sortes de noir de fumée (noir léger, noir de pétrole, noir de lampe, noir Bouju, noir de Francfort, etc.).
- M. Huhou emploie pour sa fabrication de l’acétylène provenant des déchets de carbure Gn. XIV. — Cl. 87. — T. T. i3
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- de calcium, ou bien de carbure de seconde qualité. La production de ce noir est basée sur ce fait que le gaz acétylène est facilement dissociable sous l’action d’une source d’énergie suffisante. En même temps cpie ce gaz est un des plus riches connus en carbone, puisqu’il contient g2.3 p. 100 de cet élément et 7.7 p. 100 d’hydrogène, il jouit encore de cette propriété essentielle, au point de vue de la production du noir, et qui n’appartient pas aux autres hydrocarbures ordinaires, c’est qu’il est endo-thermique, c’est-à-dire formé avec absorption de chaleur, et qu’il suffit d’une faible source d’énergie étrangère, calorique ou électrique, pour le décomposer en ses éléments, carbone et hydrogène.
- JY1. Hubou a utilisé cette propriété de l’acétylène pour le décomposer à l’abri de l’air et en obtenir ainsi un carbone amorphe qu’il appelle noir (Vacétylène.
- L’appareil dont se sert l’inventeur est le suivant :
- Un cylindre en acier A est muni à ses deux extrémités de deux vis à écrous R et R'. L’une de ces vis est munie d’un ajutage permettant l’introduction de l’acétylène comprimé et l’élimination de l’hydrogène après l’explosion. La même vis à écrou porte un dispositif F F' permettant l’allumage électrique. Quant à l’écrou B', il est également muni d’un ajutage pour l’écoulement du gaz, mais il porte en outre un bouchon M' sur
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- lequel pose une petite masse de cuivre qui subira la pression intérieure d’un second bouchon. L’aplatissement que subira ce morceau de cuivre, durant l’explosion, donnera la mesure de la pression atteinte dans l’appareil. Les cylindres A sont maintenus par des colliers T.
- On introduit l’acétylène dans un de ces récipients bien clos et privé d’air, et quand la pression atteint quatre atmosphères, on le fait détoner, soit par une étincelle d’induction, soit par l’ignition d’un fil métallique porté à l’incandescence par le courant de la pile, en même temps que la pression atteint 2 5 atmosphères.
- Instantanément, la décomposition a lieu et la masse gazeuse comprimée se scinde en carbone, qui se dépose en masses volumineuses et remplit le récipient, c’est le noir d’acétylène, et en hydrogène dont le volume est égal à celui de l’acétylène introduit.
- On ouvre le robinet R pour faire écouler l’hydrogène, qu’on recueille dans des gazomètres après l’avoir lavé, et on enlève les écrous B B' pour extraire le charbon.
- L’appareil étant de nouveau fermé, on chasse l’air qu’il renferme en faisant arriver de l’hydrogène par l’ajutage R et ouvrant le robinet R’. Aussitôt que le cylindre est rempli d’hydrogène, on y introduit de nouveau de l’acétylène sous une pression de cinq atmosphères et on recommence l’opération.
- Un mètre cube de gaz acétylène donne un mètre cube d’hydrogène et un kilogramme de noir d’acétylène. En estimant la tonne de carbure à 2 5o francs, M. Hubou compte (pie les frais de production de son noir ne dépasseront pas 1 fr. 10 le kilogramme; dans cette estimation l’emploi éventuel de l’hydrogène n’entre pas en ligne de compte.
- Ce noir, qui contient 99.8 p. 100 de carbone, est donc pour ainsi dire du carbone pur. Il est de composition absolument régulière. Il se mélange très bien à l’eau, surtout si Ton a soin de le mettre d’abord dans un petit sac d’organdi et de laisser celui-ci s’imbiber lentement de liquide. 11 est d’une ténacité et d’une légèreté extrêmes; il se mêle, en toules proportions, aux huiles, aux gommes, à la colle, aux essences, et, en outre, il rend très bien.
- ACIDE CARBONIQUE.
- Parmi les gaz qui sont aujourd’hui d’un usage journalier, il convient de citer en première ligne l’acide carbonique.
- Son emploi dans certaines machines à glace, dans la fabrication des eaux gazeuses et des vins mousseux, dans les brasseries, etc., s’est de plus en plus répandu dans ces dernières années et a nécessité sa fabrication sur une échelle assez étendue.
- L’acide carbonique employé dans l’industrie a les origines les plus diverses. On peut en effet l’obtenir :
- i° En utilisant le gaz naturel qui s’échappe du sol et dont on connaît des sources abondantes en France, en Italie, en Allemagne, en Autriche et sur différents autres points du globe. Il suffit de capter ces sources, de comprimer le gaz dans des bouteilles ou des cylindres en acier.
- La maison Cesare Pegna cl fils, de Florence, a montré, à l’Exposition, des bouteilles
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- servant à recueillir et à transporter l’acitle carbonique liquide provenant de la source naturelle de Pergine, en Toscane.
- Dans certaines contrées, en Autriche par exemple, l’acide carbonique se dégage avec une telle violence qu’il peut même être utilisé comme source de force motrice pour faire marcher moteurs et pompes nécessaires à la compression du gaz.
- 2° En condensant, après l’avoir lavé et purifié au préalable, l’acide carbonique provenant de la fermentation des moûts, ou jus sucrés, pour la fabrication de l’alcool.
- Les quantités d’acide carbonique produites ainsi, suffiraient à elles seules à couvrir la consommation, si elles étaient toutes recueillies. Le dispositif employé pour recueillir l’acide carbonique se dégageant des cuves à fermentation est des plus simples. Il suffit, en effet, de munir ces cuves d’un couvercle dans lequel on fixe un tube qui conduit le gaz dans un gazomètre, d’où il est extrait, séché et comprimé dans des cylindres ou bouteilles en acier.
- 3° En décomposant par la chaleur ou par les acides du carbonate de chaux ou de la magnésite.
- Le mode opératoire consistant à partir des carbonates alcalino-terreux et un acide, est celui qui a été usité pendant de longues années par les fabricants d’eau gazeuse. On Ta également employé pour la fabrication du gaz comprimé. Ce gaz renfermait quelquefois des traces de chlorure d’arsenic quand l’acide sulfurique ou chlorhydrique employé à sa production était impur.
- Jusqu’à il y a quelques années, on employait dans beaucoup de fabriques allemandes le procédé par cornue (calcination en cornues de fer) surtout pour la magnésite. Gomme celui qui précède, ce procédé a été abandonné quand les prix commencèrent à baisser, à cause des dépenses considérables en combustible.
- k° La majeure partie de l’acide carbonique fabriqué par voie chimique est actuellement préparée par le procédé Ozouff. C’est par cette méthode aussi qu’on récupère l’acide carbonique provenant de la combustion du coke et des fours à chaux et à magnésie.
- Les gaz du four à charbon contiennent théoriquement 20.8 p. 100 en volumes de CO2, à côté de l’azote. Si l’on dirige ces gaz dans un four à chaux ou à magnésie, c’est-à-dire si l’on emploie la chaleur du coke à cuire les carbonates de ces bases, le gaz qui sort de ces fours renferme 28 p. 100, jusqu’à 3o volumes p. 100 d’acide carbonique. En considérant, qu’avec un générateur bien construit, on emploie îoà 12 kilogrammes de coke par 100 kilogrammes de chaux ou de magnésie et connaissant, d’autre part, la composition du carbonate employé, on déduit facilement la composition des gaz sortant des fours.
- En comparant les résultats réels aux résultats calculés, on peut se rendre compte de la marche des appareils.
- En raison de la difficulté avec laquelle on obtient une absorption totale de l’acide carbonique produit, le rendement ne dépasse guère que 5o p. 100 de la quantité théorique. Il existerait cependant une usine en Allemagne ou ce rendement atteindrait 70 p. 100.
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- Le procédé Ozouff, pour retirer l’acide carbonique pur des gaz bruts, consiste à diriger ceux-ci, d’abord dans une chambre à combustion, où ils sont mélangés avec une quantité d’air préalablement chauffé, suffisante pour amener une oxydation complète de l’oxyde de carbone, de l’hydrogène et des acides sulfureux et sulfhydrique. Après les avoir lavés, les gaz entrent dans un appareil d’absorption contenant une solution de potasse à i8° B. On obtient ainsi du bicarbonate de potasse; or, on sait qu’en chauffant ce sel à 100 degrés, il se décompose avec dégagement de l’acide carbonique et formation de carbonate neutre. Si Ton dirige la lessive saturée dans une chaudière, on obtient de l’acide carbonique pur qui n’est mélangé que de vapeur cl’eau; on élimine celle-ci par un refroidissement et un séchage convenable, on comprime le gaz par un dispositif spécial et on le loge dans les bouteilles en métal.
- Toute l’économie du procédé consiste, d’une part, à absorber le plus d’acide carbonique possible et cela en multipliant les surfaces absorbantes, et d’autre part à tirer le meilleur parti de la chaleur produite par la combustion du coke(1k
- On a signalé une fois de Toxyde de carbone dans l’acide ainsi produit (Sima Thomas, à Amsterdam) ; étant donné la marche des opérations successives par lesquelles on fait passer Tacide carbonique, la présence d’oxvde de carbone dans cet acide ne peut être que fortuite et tenir qu’à un accident.
- 5° Il nous reste enfin à rappeler une dernière source d’acide carbonique; c’est le gaz contenu dans l’air, qu’on pourrait recueillir comme produit secondaire de la fabrication de l’air liquide, si toutefois les pronostics et les espérances du protagoniste de cette nouvelle industrie se réalisent.
- Gomme nous l’avons vu précédemment, le prix de Tacide carbonique liquide logé dans des cylindres, de 5 francs qu’il était il y a une dizaine d’années encore, se vend actuellement o fr. 5o le kilogramme, c’est-à-dire dix fois moins. A elle seule l’Allemagne possède actuellement ko fabriques d’acide carbonique, alors qu’en France il y en a à peine quatre ou cinq.
- SILICIUM.
- D’après M. Scheid, on obtient le silicium en chauffant au four électrique 6o parties de silice mélangées à 2 A parties de charbon, avec un courant électrique de5ooàfioo ampères sous 6 o volts. Quand on observe toutes les précautions voulues pour éviter la volatilisation du silicium, on obtient un silicium métallique très pur si les matières premières sont pures.
- SiO2 -j- 2C = Si -j- 2CO
- Il est cependant préférable, d’après M. Scheid, d’employer industriellement un mélange de carborundum et de silice.
- 2SiC -j- SiO2 = a Si + 2CO.
- '*) Pour plus de détails sur la fabrication de l’acide carbonique, voir dans Moniteur sàent. de Quesneville, 1901, p. /198, l’arlicle de M. Scbmatolln.
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- Suivant le rédacteur de l'Industrie électrochimiquela préparation industrielle du silicium n’offre aucune difficulté, car il lui est arrivé souvent de produire accidentellement du silicium métallique, au cours d’essais avec des fours électriques munis d’une garniture intérieure de silice, cette dernière étant réduite par le carbone des mélanges soumis à l’arc électrique.
- Il est fort probable que le silicium vendu par l’usine électro-métallurgique de Boc-kenheim, près de Francfort, est simplement produit en réduisant de la silice par le carbone, au four électrique.
- GARBORUNDUM OU GARBURE DE SILICIUM.
- Découvert par Schutzenberger, ce composé fut préparé pour la première fois au four électrique par M. Acheson.
- Dans notre rapport sur l’Exposition de Chicago, nous avons donné la description de ce four ainsi que les principales applications industrielles du carborundum.
- Outre ses différents usages comme abrasif, où il remplace avec avantage le corindon ou émeri, il a encore été employé pour obtenir des alliages de silicium avec les aciers, le cuivre, le zinc, etc.
- Le brevet pris par Acheson pour ce produit a été acquis en Europe par la Lænder-bank de Vienne, qui en a cédé des licences dans les différents pays.
- En France, il est fabriqué par Y Usine française cTArbine-la-Bathie (Savoie), mais au début il n’a, paraît-il, pas reçu l’accueil qu’il méritait en raison des services qu’il peut rendre.
- Cela tenait à ce que la façon de travailler avec le carborundum diffère complètement de celle de l’émeri. Tandis qu’avec Témeri il est nécessaire d’appuyer fortement la pièce à travailler sur la meule, pour le carborundum, au contraire, il faut simplement un contact très léger.
- En ARemagne et en Autriche, où la consommation de carborundum est très importante, les grandes industries se sont bien vite rendu compte des avantages quelles pouvaient en retirer, aussi n’ont-elles pas hésité à installer des appareils spéciaux où l’avancement de la pièce à travailler se fait d’une façon automatique.
- En France, les essais faits ont donné de bons résultats, aussi le carborundum commence, mais bien tardivement, à être adopté dans presque toutes les grandes usines.
- Il est actuellement fabriqué par la Carborundum Company, installée aux chutes du Niagara, par les Carborundum Werlten zu Banatek (Vienne I, Rumer Gasse 10), et par la Compagnie internationale du carhorundum, dont les usines sont installées à la Bathie (Savoie).
- C’est aux Etats-Unis, où l’industrie du carborundum a pris naissance, qu’on en fabri-
- M L'Industrie électro-chimique, t. IV. p. 91, et XEclairage électrique, t. XXVI ( 1901 ), p. i3g.
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- que le plus. Comme il ressort des chiffres que nous donnons dans le tableau suivant, les prix de cette matière ont singulièrement baissé en Amérique depuis i8()3(1).
- TONNES VALEUR VALEUR
- FABBIQUEBS. EN FRANCS. DE I.A TONNE.
- 1893 .................................. 8 85.000 io,6a5 oo
- 1894 ................................. 26 275,000 10,576 00
- 1895................................... n3 339,000 3,ooo 00
- 1896............................. 600 // //
- 1898 ................................ 723 757,220 1,047 35
- 1899 ................................ 790 78.3,660 991 85
- PHOSPHORE.
- Comme beaucoup d’éléments, dont la préparation industrielle nécessite l’intervention de hautes températures, le phosphore est aujourd’hui également produit en partie au moyen du four électrique.
- Déjà en i8q9,Tatlock avait rappelé que la moitié de la production du phosphore dans le monde (évaluée à 1,000 tonnes) est fournie par le four électrique. Dès 1893, XElectrical construction Company, à Wednesfield, prépara journellement par le procédé Parker, Robinson et Readmann, environ i5o kilogrammes de ce métalloïde.
- La Société de Griesheim, sur l’invitation du gouvernement allemand, s’est aussi attaché à produire le phosphore, et elle a choisi, à cet effet, un procédé au four électrique. Les échantillons quelle a montrés à l’Exposition ne différaient en rien du produit préparé par les procédés anciens.
- L’ Anglo-American Chemical Company exploite le procédé Machalske, avec deux fours au charbon, dont les parois sont recouvertes de magnésie. La réduction de 68 kilogrammes de minerai phosphaté n’exigerait que 15 minutes. Les vapeurs de phosphore sont condensées dans l’eau(2).
- Des essais tentés en France pour obtenir le phosphore par la même voie, n’ont pas été couronnés de succès ; et nos fabrciants actuels trouvent toujours encore avantage à exploiter l’ancien procédé, grâce aux perfectionnements qu’ils y ont introduits.
- SODIUM.
- Tant que ce métal était préparé industriellement par la méthode de Brunner-H. Sainte-Glaire-Deville, il ne pouvait, vu son prix trop élevé, recevoir des applications bien étendues. Mais à partir du jour où l’on utilisa, pour son obtention, le premier procédé de Castner (réduction à haute température de la soude caustique fondue par un mélange de fer réduit et de goudron, de façon à avoir finalement un produit FeC2 renfermant 70 p. 100 de fer et 3o p. 100 de carbone) ou celui plus simple encore de Netto (action à haute température du charbon sur du carbonate de soude fondu dans des cylindres en
- (6 R.-P. Rothwell. Minerai Industries, t. III à I. VIII.— ^ Electrochem. Zeit., 1901, t. VIII, p. 5g, et Eclairage électrique, t. XXVIII, p. 233.
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- fonte), le sodium devint d’un accès plus facile et pénétra dans les usines, soit comme agent réducteur, soit comme agent de condensation. Inutile d’ajouter cpie les premiers établissements tpii eurent recours à ce métal sont ceux qui s’occupent de la préparation de certains produits organiques comme l’antipyrine, pour lesquels le sodium, sous sa forme métallique, est indispensable. Son usage se répandit encore bien davantage, quant aux procédés décrits plus hauts, on substitua les procédés électrolytiques et en particulier celui de Castner.
- Le principe du procédé Castner est exactement semblable à celui de Davy et connu de longue date. II consiste dans Télectrolyse de Tbydrate de sodium fondu.
- L’appareil de Castner est constitué par un récipient en fer chauffé par la partie inférieure et contenant de l’hydrate de sodium fondu. La cathode passe dans ce récipient à travers une ouverture placée à la base, et elle est entourée par l’anode. On emploie un courant suffisamment intense pour maintenir l’électrolyte en fusion. Le sodium est mis en liberté sous forme de métal liquide, il monte à la surface de la soude fondue, et, par des moyens appropriés, on l’enlève rapidement, pour empêcher son oxydation au contact de l’air.
- Par ce procédé, on fabrique actuellement des centaines de tonnes de sodium à un prix qui ne dépasse pas 3 francs à 3 fr. 2 5 le kilogramme, et qu’on obtiendra, sans aucun doute, à un taux encore plus bas.
- M. James Darling a récemment décrit un procédé qui serait appliqué depuis dix-huit mois à Philadelphie et pour lequel le Franklin Inslilute, lui a décerné le prix Scott.
- Ce procédé consiste à électrolyser de l’azotate de sodium fondu ; il se forme à la cathode du sodium métallique et à l’anode, un mélange de peroxyde d’azote et d’oxygène qui, en présence de l’eau, donne de l’acide azotique9).
- La plus grande partie de ce sodium est employée pour la fabrication du cyanure double de potassium et de sodium, du peroxyde de sodium et, si le nouveau procédé de préparation de l’indigo breveté par la Deutsche Gold uncl Silher Scheule Anstalt^ est appelé à prendre rang parmi les procédés industriels, le métal alcalin recevra une nouvelle et féconde application.
- Le sodium est fabriqué actuellement en Europe et aux Etats-Unis dans les établissements suivants ;
- NOMS DES SOCIÉTÉS. LOCALITÉS. SOURCE DE LA FORCE. CHEVAUX DISPONIRLES.
- Société d’Electrochimie Clavanx (Savoie). Eau. 5,000
- Elektrochemische Werke Bitlerfeld. Vapeur. 3,ooo
- Elektrofabrik Natrium Rheinfelden. Eau. //
- Castner-Kellner Alkali C1C Weston Point. Vapeur. 0,000
- Elektrociiemical G10 (contrôlée par Rôssler et Hasslacher). Niagara Falls. Eau. //
- (1) Journal of lhe Franklin Imtitute, t. CL1II, p. 55; Éclairage électrique, t. XXXI, p. 33a. chapitre des matières colorantes l’article indigo.
- Voir au
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- H faut ajouter qu’en Allemagne deux fabriques de matières colorantes, dont Tune est la Farbwerke vormals Meister, Lucius et Bruning, à Hoecbst, près Francfort, produisent pour leur propre compte du sodium électrolytique.
- BIBLIOGRAPHIE.
- Borchers. Electrometallurgie.
- Joseph-Wilson Swan. The Journal of the Soc. of the chem. ind., London, t. XX, p. G63.
- - Moniteur scientifique, t. XV, 4e série, îqoi, p. rj3r]-
- CHLORURE DE SODIUM.
- Il pourrait sembler que la question de la production du sel fut épuisée et qu’il fut difficile d’en abaisser le prix de revient. 11 n’en est cependant rien, si Ton s’en rapporte aux tentatives faites sans cesse afin de mieux utiliser la chaleur mise en œuvre pour amener l’évaporation des saumures naturelles ou celles produites par dissolution du sel gemme dans Teau.
- Parmi ces tentatives, il convient de citer un procédé préconisé par une société suisse et qui a fonctionné à Schweizerhalle et à Rotterdam. II consiste à dissoudre du sel gemme dans Teau, à précipiter les sulfates au moyen du chlorure de baryum, et à évaporer la saumure dans le vide au moyen d’une sorte d’appareil à double effet.
- Ce traitement ne peut naturellement s’appliquer qu’à un sel gemme qui ne renferme pas trop de sulfates, car l’addition d’une certaine quantité de chlorure de baryum augmenterait notablement le prix du sel obtenu. D’autre part, il ne semble pas que le mode d’évaporation, même en utilisant la vapeur d’échappement, soit bien économique, à moins qu’on n’ait à sa disposition de la houille à bon marché et qu’on ne se trouve dans un pays où le prix du sel est relativement élevé.
- Purification du sel en vue de la séparation de la magnésie et de la chaux (brevet américain n° 642 02 3, Vis). — Le procédé consiste à faire passer un courant électrique d’une durée suffisante pour précipiter toute la magnésie et la chaux et de façon à avoir même un léger excès de soude caustique. Les oxydes ainsi précipités sont recueillis, soumis au filtre-presse et traités en vue de la préparation de sels magnésiens.
- La petite quantité de chaux retenue en dissolution est précipitée sous forme de carbonate, en faisant passer dans la solution un courant d’acide carbonique insuffisant pour transformer l’alcali en bicarbonate. Comme le précipité boueux n’est pas toujours facile à filtrer, il convient même de faire cette seconde opération aussitôt après Télectrolvse ; le mélange des carbonates se filtre plus aisément dans ce cas.
- Comme exemple, M. Vis prend le traitement d’un mètre cube de saumure de Schweizerhalle en Suisse, dans lequel il fait passer pendant dix heures un courant de 2 3 o ampères sous 2.4 volts. Il fait ensuite barbotter la quantité voulue d’acide carbonique, laisse reposer, filtre et concentre.
- Ce procédé est exploité à Schweizerhalle et dans une saline de TEst de la France.
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- Dans un pavillon de Vincennes à l’exposition italienne, nous avons eu l’occasion de visiter un appareil, dénommé Salogène, destiné à l’évaporation des saumures pour la fabrication du sel. Nous en donnons une description, avec figures, sous la forme d’un résumé d’une monographie publiée dans la Rivista tecnica et administrativa per i servizi dette privative 0).
- Planches des figures explicatives. — Dans les figures ci-jointes est représenté le Salo-gène. La figure 55 le montre de face, la figure 56, de profil. Ces deux figures représentent
- l’appareil fermé comme lors de son fonctionnement. Les figures 57, 58 et 59 montrent, autant que la chose est possible, la structure intérieure de l’appareil.
- La figure 56 représente, projetée sur un plan vertical a/3, la section longitudinale. Dans les figures 57 et 58 sont projetées sur le plan du dessin deux sections : la première est faite suivant le pointillé ySendX, la seconde, 56, coupe la chaudière cylindrique, la maçonnerie qui la cache et les conduits de fumée qui la contournent suivant gv de la figure 55. Enfin la figure 59 représente la vue de l’appareil quand on enlève la partie antérieure de la caisse ou revêtement qui le cache.
- 0) Nous devons la Iraduclion do cette monographie à l'obligeance du lieutenant Nicolardot.
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- Description du Salogène. — A l’aide des figures décrites ci-dessus et aussi des figures 6o et 61 qui représentent : la première, les bassins de distribution de la saumure; la seconde, les détails des couteaux qui raclent le sel, il ne sera pas difficile de décrire le Salogène et de donner ensuite une idée exacte de son mode de fonctionnement.
- Bassins de réchauffement préalable. — Du réservoir où se trouve la saumure (non représenté dans les planches ci-jointes) la solution salée vient clans une ample caisse A (fig. 55). Celle-ci est en fer revêtu de bois ; elle est soutenue par des colonnes de fonte et des travées en fer, comme l’indiquent les figures 55 et 5y. Longitudinalement elle est
- T
- \\\
- Fiy. 5y.
- traversée par de gros tubes B (fig. 56) ou conduits en plomb à section rectangulaire, ouverts à leurs extrémités.
- De cette caisse, la saumure passe au moyen d’un tube en plomb dans une chaudière cylindriqueC (fig. 56 et 58) où le niveau doit se maintenir constant et, pour ce faire, l’admission du liquide a lieu automatiquement au moyen du flotteur D (fig. 58). La chaudière cylindrique est enfermée dans une masse de maçonnerie, comme le montrent les dessins. Dans l’unique paroi du fond, qui reste découverte, se trouvent fixés :
- i° Un indicateur de niveau;
- 2° Le tube G par où la saumure sort de la chaudière pour se rendre dans les bassins d’alimentation.
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- La chaudière C qui, à l’extrémité opposée, porte le tube de décharge K (fig. 55) est entourée de conduits de fumée E (ou passent les gaz chauds et les produits de la combustion provenant du four dont il sera question plus loin et qui lèchent la chaudière avant de s’échapper dans la cheminée F. )
- Distribution cle la saumure. — Au moyen du tube G qui part du centre de la partie découverte de la chaudière et qui aboutit à un des robinets dessinés dans le rectangle H (lîg. 59) la saumure passe de la chaudière aux réservoirs de distribution.
- Ceux-ci sont des récipients (voir fig. 60) fermés, tenant parfaitement le vide, soutenus aux extrémités par des supports spéciaux en fonte. Dans le fond, sur la meme ligne,
- ~~—1
- sont pratiqués des trous circulaires dans lesquels s introduisent en nombre égal des tubes de plomb recourbés en forme de siphon. La branche la plus courte est à l’intérieur du réservoir, la plus longue sort par le fond. Les tubes des siphons sont au contact les uns des autres. Dans la partie inférieure de la longue branche sont introduits des bâtonnets en verre, longs d’environ 8 centimètres, en quantité telle qu’ils remplissent complètement le tube. Celui-ci est fermé à sa partie inférieure par un disque de plomb muni de petits trous. Aux réservoirs aboutissent trois tubes : deux dans le couvercle, le tube G qui sert à introduire la saumure et le tube L qui communique à volonté, soit avec une pompe à air, soit avec un serpentin plongé dans beau froide; le troisième tube enfin, marqué de la lettre M , sert pour la vidange du réservoir quand il doit être vidé. Les robinets dessinés
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- dans le rectangle H (fig. 5 g) correspondent exactement aux tubes G LM et permettent à chacun de ces tubes de remplir le but auquel il est destiné.
- Deux réservoirs identiques sont disposés ainsi que le montre la figure 56. Il serait possible cTen mettre encore un troisième.
- Des réservoirs remplis au moyen des tubes G qui amènent la saumure contenue dans la chaudière cylindrique, celle-ci passe dans les siphons, descend par leur longue branche sur la surface d’un grand cylindre N (fig. 69), le long des génératrices de ce cylindre qui se trouve en dessous. L’extrémité inférieure de la ligne des siphons touche presque la surface externe du cylindre précité.
- « £
- Cylindre tournant sécheur. — Le grand cylindre creux est formé de plaques de fonte émaillée à l’extérieur, c’est-à-dire sur leur surface convexe, réunies entre elles par des boulons qui maintiennent les cornières ou rebords dont sont munies les plaques.
- Aux extrémités du cylindre le bord correspondant de chaque plaque est assujetti au moyen d’un nombre suffisant de grosses vis sur deux grands cercles de fonte O dont on peut voir la section (fig. 58). L’un d’eux s’aperçoit, en outre, sous les bords de la plaque N dans la figure 5g et aussi dans la figure 57.
- Le cylindre ainsi formé par les plaques N et par les cercles O repose par le moyen de ces derniers sur quatre rouleaux PP' (fig. 5g) montés sur le même axe Q (fig. 57) qui sont mis en mouvement par un moteur (non indiqué sur le dessin). Ce moteur actionne la poulie R et celle-ci à son tour par Tintcrmédiaire d’un système de cônes montés sur le
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- mécanisme de transmission S, commande la roue dentée T, fixée sur Taxe Q des rouleaux PP'. Le cylindre ON (fig. 5 9 ) est entraîné par frottement dans un mouvement rotatoire sur lui-même autour d’un axe virtuel.
- Fermeture du cylindre. — Deux massifs marqués U, construits avec des matériaux réfractaires et à l’intérieur desquels sont des caisses en fonte, ferment le cylindre ON ainsi que le montrent les dessins. A l’intérieur de ces massifs sont fixés deux grands cercles en fonte V dont la section est à angle droit et que la figure 5 9 représente coupés. La dimension et la forme de ces cercles V permettent aux cercles O du cylindre de se loger dans leur intérieur et il existe ainsi un petit jeu qui permet au cylindre ON de se mouvoir dans les cercles V, qui avec les massifs U ferment le cylindre.
- Four. — Un four est construit à l’intérieur du cylindre. Il est soutenu au moyen de travées en fer de section diverse, encastrées à leur extrémité dans la maçonnerie des massifs U. La disposition de ce four est clairement démontrée par les deux sections des figures 58 et 69. On y voit le cendrier z, la grille x, la portion de la voûte en matériaux réfractaires qui s’arrête au-dessus de celle-ci, les diaphragmes en tôle de fer qui forment le canal des gaz et qui enferment un espace creux Y ou chambre d’air. En outre, on
- Fig. 60.
- Fig. 6j.
- aperçoit quatre ouvertures pratiquées dans les massifs U, les deux premières (fig. 5 5 et 5 8 ) correspondent avec le foyer et sont fermées par des portes, qui permettent d’introduire le combustible; les autres z' communiquent avec le cendrier et sont immédiatement au-dessous des premières.
- Dans la même coupe on peut suivre encore la direction que prendront à l’intérieur du cylindre les gaz chauds ou produits de la combustion. Cette direction est indiquée par les flèches dans l’espace a compris entre le cylindre et les diaphragmes de tôle.
- Arrivés en b, les gaz chauds sortent de l’espace a par l’extrémité opposée où se trouvent des valves à charnière c empêchant le retour des gaz dans le foyer. Les ouvertures qui livrent passage aux gaz sont munies de registres. Les gaz entrent dans la partie d prolongée par une ouverture pratiquée dans le massif U de gauche et suivent les flèches pour entrer dans le conduit opposé e. Celui-ci est construit dans la masse de maçonnerie qui renferme la chaudière cylindrique C; il se prolonge par les carneaux E qui entourent la chaudière et vont de là à la cheminée F.
- Détachement du sel du cylindre. Couteaux. — Le cylindre ON, dans son mouvement de rotation sur lui-même, rencontre une batterie de couteaux, dont les lames touchent sa surface. Dans la figure de détail (fig. 61) on saisit facilement le dispositif qui permet aux
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- couteaux d’atteindre ce but. Deux fers g- accouplés à section en U portent les couteaux. Ceux-ci comprennent chacun un solide étui K en fer. Cet étui est percé suivant son axe d’un trou de diamètre variable; il contient le manche du couteau et un robuste ressort à boudin. La lame sort de l’étui d’une longueur déterminée par un dé à vis. Elle a la forme indiquée sur le dessin; son extrémité X est un peu recourbée sur elle-même. Dans le même dessin on voit comment les couteaux sont placés les uns à côté des autres et quelle est leur position respective par rapport aux tiges de fer g sur lesquelles on enfile l’étui et le dé.
- Action des couteaux. — Afin que les lames des couteaüx adhèrent continuellement sur la surface du cylindre ON le long des génératrices de la zone / (fig. 59) avec une pression déterminée et réglable, des cylindres en acier n, en même nombre que les couteaux, se trouvent sur l’un des fers en U, précisément sur le fer M. De forts ressorts les poussent constamment contre les étuis et une manivelle O permet d’agir sur les ressorts. Au cas où la batterie des couteaux doit être éloignée du cylindre ON, soit quand elle ne doit pas servir, soit quand il est nécessaire de procéder à quelque réparation pendant le travail, un volantp monté sur un support en fer agit sur le levier qqr (fig. 57).
- Les fers en U portent, en effet, à leurs extrémités un pivot mobile sur un support, forgé en forme d’arc de cercle, et ils peuvent tourner sur les pivots. Le levier qq! engendre le mouvement qui permet d’approcher ou d’éloigner les couteaux du cylindre. Mais comme on peut avoir à changer l’inclinaison de l’axe des couteaux par rapport à la direction du rayon du cylindre dans la zone de contact, on agit sur les excentriques r commandés par le levier S et montés sur le même axe, tout contre la paroi interne du massif U. Par ce moyen, on déplace sur leur support circulaire les coussinets qui soutiennent les extrémités des fers en U et comme leur inclinaison permet de passer d’une direction tangentielle à un angle plus grand, il est possible de faire travailler les couteaux à la manière de scalpels.
- Transport du sel hors de l’appareil. — Juste au-dessous de la zone du cylindre sur laquelle agissent les couteaux est disposée une toile continue t (fig. 57) montée sur des rouleaux. Son mouvement incessant tend à déverser dans une caisse u le sel qui tombe sur la partie supérieure. Pour ce faire, le massif U est percé d’une ouverture par où passe la toile. Par un procédé convenable, on empêche l’accès de l’air à travers cette ouverture dans la caisse qui sert de revêtement.
- Revêtement du Salogène. — L’appareil tout entier est enveloppé d’une caisse en bois V visible dans toutes les figures. La caisse est percée de toutes ouvertures nécessaires pour voir et pour surveiller le fonctionnement de l’appareil.
- Emission et condensation des vapeurs. — La caisse se contourne en haut et rejoint le bassin rectangulaire A; grâce à lui les vapeurs qui se forment sur la surface du cylindre s’acheminent vers les tubes en plomb B placés dans la saumure contenue dans le bassin A. Après avoir parcouru toute la longueur des tubes, les vapeurs non condensées passent
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- dans la cheminée z, puis elles se répandent dans l’atmosphère. Elles peuvent encore être utilisées d’une meilleure manière.
- L’eau de condensation est recueillie au fond des tubes dans le bassin A et dans la cheminée z, et se rassemble par le tube X (fig. 55) dans un récipient.
- La caisse de revêtement est protégée par des matériaux réfractaires en y, partie ou elle est plus rapprochée du four situé dans le cylindre ON.
- Fonctionnement du Salogène. — La caisse rectangulaire A et la chaudière cylindrique C sont d’abord remplies de la saumure que Ton veut traiter. On chauffe alors la chaudière à l’aide d’un foyer disposé à la base de la maçonnerie qui renferme celle-ci. Le feu est ainsi allumé dans le foyer intérieur du cylindre ON et celui-ci est mis en mouvement relativement accéléré au moyen des rouleaux PP'. Il s’échauffe jusqu’à atteindre sur la surlace externe une température qui ne doit pas dépasser i4o degrés. On ralentit alors la vitesse du cylindre. On fait passer la saumure de la chaudière C, ou elle s’est échauffée jusqu’à g 5 degrés, dans les réservoirs I, en ouvrant le robinet correspondant placé en H, qui met en communication au moyen du tube G la chaudière avec ces réservoirs. A peine les siphons des réservoirs sont-ils remplis que Ton produira à l’intérieur de ces derniers par l’intermédiaire du tube L qui communique avec une pompe à air, un vide correspondant à celui qui soulèverait une colonne de liquide dans la longue branche du siphon. De cette manière, quand la branche sera pleine, il ne sortira plus de saumure. Interrompant alors la communication avec la pompe à vide, on fera communiquer au moyen du même tube L l’intérieur des réservoirs avec un serpentin condensateur destiné à maintenir inférieure à la pression atmosphérique, la pression réduite, déterminée par la pompe pneumatique, en condensant les vapeurs qui se dégagent de la saumure chaude. Les choses étant ainsi disposées, on pourra régler le débit de la saumure sur le cylindre ON au moyen des siphons, qui débiteront uniformément sur la surface du cylindre la quantité de saumure qu’on laissera entrer par les tubes G dans les réservoirs. Les siphons se touchent les uns les autres et sont disposés sur la même ligne; aussi les gouttes, que chacun laisse constamment couler, se réuniront-elles à peine au contact et formeront ainsi un voile liquide continu qui s’étendra sur toute la largeur du cylindre.
- Première utilisation de la chaleur. — La zone du cylindre sur laquelle le réservoir égoutte la saumure a en ce moment la température la plus élevée possible ; car, par sa surface interne, cette zone est en contact direct avec le foyer. La température devra être celle qui est nécessaire et suffisante pour vaporiser immédiatement la saumure. Celle-ci abandonnera à l’état, solide le sel quelle contient.
- Ce sel rapidement déposé se séchera presque complètement, grâce à la chaleur que fournissent les gaz chauds en léchant la surface interne du cylindre. Il rencontrera alors la batterie de couteaux qui le détacheront et le feront tomber sur la toile continue.
- Celle-ci traversant le massif U de gauche déposera le sel dans une caisse disposée à cet effet.
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- Gn. XIV. — Cl. 87. — T. 1.
- IMl'IUMLlUE NATIONALE.
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- Ici se termine le cycle de la fabrication, car de la saumure on a retiré le produit final, le sel.
- Préparation du sel. — On comprend sans peine qu’il serait facile, à l’aide d’une toile continue, d’amener le sel de la caisse où il se déverse dans un endroit voisin, où une presse, qu’il serait superflu de décrire, pourra sans difficulté mouler le sel en pains ou en formes de volume déterminé. On profitera pour cela de ce que le sel est encore un peu humide. Celui-ci, d’ailleurs, se séchera complètement grâce à la chaleur qu’il renferme encore comme l’expérience le prouve. Mais le combustible brûlé ne sert pas seulement à produire le sel.
- Seconde utilisation. — Les vapeurs qui se dégagent sur la surface du cylindre ne sont pas perdues. La caisse V qui recouvre complètement le cylindre pour empêcher complètement les pertes de chaleur par rayonnement se recourbe et dirige les vapeurs dans des tubes B qui traversent la caisse A où se trouve la saumure. Ces tubes constituent ainsi une vaste surface de condensation. Les vapeurs en se condensant cèdent une partie de leur chaleur latente; beau de condensation est recueillie à l’extrémité opposée et les vapeurs non condensées s’échappent dans la cheminée. On pourrait encore utiliser la chaleur des vapeurs non condensées dans une installation bien comprise.
- Troisième utilisation. —Les gaz chauds produits par la combustion, après avoir léché en a la surface interne du cylindre ON, passent dans le conduit e, parcourent les canaux E qui entourent la chaudière C. Dans celle-ci passe la saumure venant de A où elle a été déjà échauffée. Dans la chaudière, grâce aux gaz chauds, la saumure se réchauffe encore. Les gaz se perdent ensuite dans l’atmosphère.
- Il est évident que quand l’appareil a son régime, l’utilisation de la chaleur est pratiquement complète et que les pertes sont réduites aux dernières limites inévitables pour assurer le tirage.
- ÉLECTROLYSE DU CHLORURE DE SODIUM ET DU CHLORURE DE POTASSIUM.
- SOUDE ET POTASSE CAUSTIQUES ET CHLORE.
- CHLORURES DÉCOLORANTS. — CHLORATES. — PERCHLORATES.
- Les rapports qui lient les industries de ces différents dérivés du chlore sont tellement étroits que nous croyons devoir comprendre toutes ces fabrications dans le même chapitre.
- Les deux matières premières qui forment la hase de ces industries sont les chlorures de potassium et de sodium. Nous devons même ajouter que ce dernier chlorure joue un rôle prédominant grâce à son abondance sur la surface et au sein du globe terrestre.
- Autrefois tout le chlore gazeux nécessaire à l’industrie, soit pour la chloruration des produits organiques, soit pour la préparation des chlorates et des hypochlorites était obtenu par déshydrogénation de l’acide chlorhydrique au moyen du bioxyde de manganèse ou au moyen de l’air en présence de sels de cuivre. Des tentatives faites pour Tex-
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- traire clu chlorure de magnésium qu’on chauffait à une haute température en présence de l’oxygène de Pair ont, en effet, échoué malgré toute la science et tous les efforts qu’y ont consacrés des hommes comme Pechiney, Boulouvard et Schlœsing.
- Depuis quelques années, les procédés électro-chimiques sont entrés en lice et s’ils ne sont pas encore parvenus à évincer complètement les anciens procédés Weldon etDeacon, leur triomphe partiel est du meilleur augure pour l’avenir et sème déjà quelque inquiétude parmi les détenteurs de ces anciennes méthodes(1).
- Avant de décrire le procédé de préparation des produits divers qui ont pour origine les chlorures alcalins, rappelons que ces sels, comme du reste la plupart des électrolytes ne se laissent traverser par le courant que s’ils sont à l’état liquide.
- Quand on les fond, on voit que sous l’influence du courant qui traverse la masse en fusion, le métal se dépose à la cathode et le chlore se dégage à l’anode. L’électrolyse des chlorures alcalins fondus, malgré tous les essais qui ont été tentés, n’a pas été pratiquée en grand jusqu’ici et reste inappliquée.
- Le courant, en traversant la solution aqueuse, entraîne le métal vers la cathode et l’halogène vers l’anode ; mais l’on n’obtient pas le métal par ce moyen, car, réagissant sur l’eau qui sert de dissolvant, le potassium et le sodium la décomposent et forment des hydrates alcalins avec dégagement d’hydrogène. Dès que ces hydrates viennent au contact du chlore qui se dégage à l’anode, ils forment des hypochlorites qui se transforment en chlorates et perchlorates.
- Parmi les idées générales qui permettent de choisir telle ou telle disposition des appareils employés pour l’électrolyse, les suivants sont à signaler.
- Le récipient qui contient la solution saline et qui, avec les électrodes, forme le bain électrolytique ou la cuve de décomposition doit, quand on y prépare du chlore ou des hypochlorites, être évidemment formé de matériaux inattaquables par ces corps, grès ou ciment. Dans tous les autres cas, il est en fonte ou en fer. Comme anode on emploie du platine ou un alliage de platine et d’iridium à 10 p. 1 oo, ou encore du graphite qu’on prépare actuellement en grand, tant en France (société le Carbone) qu’aux Etats-Unis (Acheson). Il faut convenir que cette dernière substance ne résiste qu’au chlore pur et non aux combinaisons oxygénées du chlore, de sorte quelle ne peut être d’un usage général.
- Quant à la cathode, on a un très grand choix et toutes les substances métalliques peuvent servir.
- Les solutions des chlorures alcalins, comme d’ailleurs la plupart des électrolytes1, conduisent d’autant mieux le courant qu’elles sont plus concentrées. Aussi les emploie-t-on saturées quand on veut obtenir l’alcali, le chlore ou le chlorate, tandis qu’on les emploie à la teneur de 10 p. 100 pour Thypochlorite de sodium.
- avons complété en y ajoutant quelques brevets anciens, ainsi que des nouvelles données. Voir aussi dans Moniteur scientifique de Quesneville, 190 », p. 7 87, la conférence de M. Joseph Wilson Swan. >
- ll) La plupart des données relatives à l’électrolyse des chlorures alcalins ont été puisées dans un article de M. le professeur Hâussermann (Dinglers, polyt. Journal, 1900, t. CCGXV, bulletin n° 3o) que nous
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- La température influe beaucoup plus cpic la concentration. C’est ainsi cpie dans la préparation de l’électrolyte on doit éviter toute surélévation de température, car on éprouverait des pertes plus ou moins grandes.
- Quand, au contraire, on veut obtenir l’alcali, le chlore ou le chlorate, il est préférable de soumettre à l’action du courant des solutions très chaudes, car la résistance de l’électrolyte décroît à mesure que la température s’élève.
- Pour que la décomposition se fasse bien, la différence de tension entre la cathode et l’anode doit être portée au moins à 9 volts 2 ; elle est ainsi supérieure à la tension de dissociation du sel. Elle doit être maintenue à cette valeur. Au-dessous, le courant ne passe pas. Une tension plus forte amène bien un accroissement dans le nombre des molécules déplacées dans un temps donné, mais entraîne une augmentation dans l’effet Joule. La tension qu’il convient d’employer en pratique est de A à 5 volts par bain. La densité du courant ou le nombre d’ampères qui passent par mètre carré de surface active cl’anode et de cathode, peut varier entre de larges limites.
- Gomme l’intensité du courant par unité de section dans les conducteurs reste la même, il suffit, quand on veut faire varier la densité du courant, d’employer des électrodes de différentes grandeurs.
- Le rapport entre l’intensité du courant et la masse de métal déposé ou de chlore dégagé, est fourni par la loi de Faraday. Théoriquement un ampère-heure fournit i gr. h 5<j de potassium, o gr. 85p de sodium et i gr. 022 de chlore. En fait la quantité de produits obtenus est inférieure de 10 à 5o p. 100, car il se produit des réactions secondaires qu’il est impossible d’empêcher complètement.
- CHLORE ET HYDRATES ALCALINS (POTASSE ET SOUDE).
- Nombreux sont les procédés préconisés et les brevets pris dans ces quinze dernières années pour la préparation du chlore et des hydrates alcalins par électrolyse des chlorures correspondants. Appliquée d’abord uniquement au chlorure de potassium par la société Elecktrou de Griesheim, qui avait déjà exposé ses produits en 1893 à Chicago, Télectrolyse semble aussi réussir avec le chlorure de sodium. Il existe, en effet, plusieurs usines qui produisent actuellement de notables quantités de soude caustique, soit en lessive, soit à l’état solide, mais la plupart tirent leur énergie des chutes d’eau.
- Pour obtenir chlore et alcalis caustiques dans Télectrolyse des solutions de chlorures, il suffit de veiller à ce que les produits obtenus à chaque électrode ne réagissent pas Tun sur l’autre, mais soient éliminés au fur et à mesure hors du bain.
- On y arrive par plusieurs moyens dont nous allons donner un aperçu en transcrivant simplement la plupart des brevets, avec figures à l’appui, qui ont été pris pour la fabrication du chlore et des alcalis.
- Nous devons ajouter que la plupart des procédés qui font l’objet de ces brevets n’ont pas encore reçu la sanction de l’expérience, et que s’il en est qui donnent des résultats, il y en a beaucoup qui ont été délinitivement abandonnés.
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- Nous croyons devoir en exposer les principes quand même, car leur lecture pourra peut-être suggérer des améliorations nouvelles et amener un progrès dans cette industrie si captivante. C’est dans le même but que nous avons fait suivre ces descriptions de la bibliographie ayant trait à chacun des procédés.
- Nous devons les copies d’un certain nombre de ces brevets à M. Hannon, le distingué directeur technique de la Société Solvay et Cie, auquel nous adressons nos meilleurs remerciements.
- Actuellement on peut diviser les procédés électrolytiques en vue de la préparation du chlore et des alcalis en : i° procédés au mercure et au plomb; 2°procédés à diaphragmes; 3° procédés à la cloche. Dans la série des brevets que nous exposons, chacun de ces procédés est représenté par un ou plusieurs dispositifs.
- Les lessives caustiques qu’on obtient avec ces divers procédés sont plus ou moins étendues et nécessitent une concentration ultérieure. De plus, alors cpie les procédés au mercure et au plomb permettent d’obtenir des lessives exemptes de chlorures, il n’en est pas de même des procédés à diaphragme et à la cloche qui renferment une quantité de chlorures proportionnelle à la dilution de la solution.
- Ainsi tandis qu’une liqueur caustique à y p. î o o de NaHO peut contenir 277 grammes de chlorure de sodium par litre, elle n’en renfermera plus que 56 grammes quand elle pèse Ao degrés Raumé et qu’elle a une teneur de A10 grammes de soude caustique par litre. Pour arriver à cette concentration, il faut naturellement évaporer 5.86 litres de lessive à 7 p. 100 et contenant en totalité 1,623 de NaCl. Par évaporation, on élimine 1,567 grammes de ce sel ainsi que A.ie5 litres d’eau.
- M. Winteler a d’ailleurs déterminé les solubilités à 20 degrés des chlorures de potassium et de sodium dans des lessives de soude et de potasse de diverses concentrations. Il a fait le même travail concernant la solubilité des chlorates de potasse et de soude dans des liqueurs d’une teneur croissante en chlorures de potassium et de sodium. (F. Winteler. Zeitschrift fur Eleklrochemie, t. VII, p. 356.)
- Procédé Hargreaves-Bird. — L’électrolyseur se compose d’une cuve dans laquelle on a placé, à une certaine distance l’un de l’autre, deux diaphragmes spéciaux B et B'. C’est entre ces deux diaphragmes que l’on fait arriver la solution de chlorure de sodium à électrolyser, dans laquelle plongent des anodes A constituées par des charbons de cornue ordinaires. Tout contre le diaphragme B sont placées les cathodes formées par des toiles de cuivre.
- Lorsque le courant passe, la soude se forme à la cathode et est entraînée par la vapeur d’eau que Ton envoie dans la cellule cathodique. De plus, on fait passer un courant d’anhydride carbonique, qui donne du carbonate. L’électrolyte arrive dans le bas de la cuve, tandis que, après traitement, le liquide sort par le haut.
- D’après le Dinglers de septembre 1898, le voltage ne serait que de 3V A, à cause de la réaction de Tacide carbonique.
- La soude est donc obtenue à l’état de carbonate en dissolution dans la proportion de
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- 12 o à 13 o grammes par litre avec seulement 6 grammes en moyenne de chlorure de sodium. Le chlore est à 96-98 p. 100 de pureté; il est absorbé facilement par la chaux et donne du chlorure de titre élevé. Le rendement du courant serait 80 p. 100 et celui de Ténergie totale, 54 p. 100.
- Coupe en long.
- Coupe en travers.
- B n B'
- LEGENDE.
- A. Anodes en charbon. D. Arrivée de l’électrolyte.
- B et B' Diaphragme et cathodes placés tout contre. E. Sortie de la saumure après traitement. C. Chambre de la cathode.
- Ce procédé a été acquis par la Compagnie de Saint-Gobain qui a montré un modèle d’élément dans sa vitrine de l’Exposition.
- Essayé d’abord à Farnworth, près de Widnes, il a été monté par l’Electrolytic-Alkali Company, à Middlewich, où il à fonctionné pendant un an avec cinquante-six cellules. Chacune de ces cellules a les dimensions suivantes : 0,6 X 3 x o,38 m. L’ensemble peut fournir, par semaine, 82 tonnes de carbonate de soude cristallisé et 55 tonnes de chlorure de chaux à 39 p. 100 de chlore actif. L’acide carbonique nécessaire à la fabrication est préparé avec du calcaire, et la chaux sert à la production de l’hypochlorite. L’usine monte une nouvelle série de cinquante-six cellules.
- BIBLIOGRAPHIE.
- Génie civil, du 2 5 novembre 18995t. XXXIV, n° 4, p. 55. Procédé.
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- Chemical Trade Journal, du 20 janvier 1900, t. XXVI, n° 661, p. 38. Les usines électrochimiques.
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- The Electrician, de 1898, t. XL, p. 5Ay. L’installation de Farnworth.
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- BREVETS FRANÇAIS.
- N° 233292, du 9 octobre 1893. Perfectionnements dansPélectrolyse des chlorures, iodures, bromures, azotates et autres sels et dans les appareils destinés à cette élec-trolyse.
- N° 235i25, du 28 décembre 1893. Perfectionnements dans les appareils pour l’électrolyse des chlorures et autres sels.
- N°2A99io,du 27 août 1895. Perfectionnements apportés à la fabrication des chlorates de soude et de potasse.
- N° 282221, du 18 octobre 1898. Moyen perfectionné applicable à l’électrolyse des sels.
- N° 28A981, du 16 janvier 1899. Perfectionnements dans la fabrication des alcalis et dans les moyens employés dans ce but.
- BREVETS ALLEMANDS.
- N° 760A7, du 29 septembre 1893. Electrolyse de solutions salines.
- N° 83527, décembre 1893. Appareil pour l’application du procédé électro-
- lytique du brevet n° 760A7.
- N°85i5A,du29 septembre 1893. Electrodes-diaphragmes pour l’électrolyse.
- N° 88001, du 2 3 décembre 1893. Appareil pour l’application du procédé électrolytique du brevet n° 760A7.
- N° 92A7A, du 2 3 juin 1896. Fabrication électrolytique de chlorates.
- N° i09A85,du 18 janvier 1899. Cathode de fil d’après le brevet n" 760A7.
- N° 111289, du 20 octobre 1898. Diaphragme électrode.
- N° 1 i3o55, du 18 janvier 1899. Appareil pour l’application du procédé électrolytique du brevet n° 7 6 0 A 7.
- BREVETS ANGLAIS.
- N° 18039, du 10 octobre 1892. Perfectionnements dans la fabrication électrolytique de la soude.
- N° 18871, du 21 octobre 1892. Perfectionnements dans la fabrication électrolytique de la soude.
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- 21 r, EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- N° 5197, du io mars 1 893. Perfectionnements dans la fabrication électrolytique de la soude.
- N° 5198,du 10 mars 181) 3. Perfectionnements dans la fabrication électrolytique de la soude.
- N° iAi3o, du 90 juillet i8q3. Perfectionnements dans la fabrication électrolytiqne de la soude.
- N° 1A131, du 90 juillet 1 8q3. Perfectionnements dans la fabrication électrolytique de la soude.
- NTo 181 73, du 97 septembre 1893. Electrolyse de chlorures et autres sels.
- N° 835, du 13 janvier 189 A. Perfectionnements dans la construction des éleclroly-seurs pour oxydation, chloruration, etc.
- N° 836, du i3 janvier 189A. Moyens perfectionnés pour obtention de bases métalliques et composés par électrolyse.
- N0 99 5y, du 10 mai 1895. Perfectionnements aux cellules et diaphragmes pour l’électrolyse.
- N° 17161, du 90 juillet 1897. Perfectionnements à l’électrolyse des sels.
- N° 91178, du i5 septembre 1897. Appareil pour le traitement du carbonate de soude électrolytique.
- N° 95519, du 3 novembre 1897. Perfectionnements aux électrodes.
- N° 9631, du 8 mai 1899. Perfectionnements aux anodes pour l’électrolyse.
- BREVETS AMÉRICAINS.
- Nos 5 A 816 9 , 571591 et 596157. Production électrolytique de la soude.
- BREVETS BELGES.
- N° 106669, du 7 octobre 1893. Perfectionnements à l’électrolyse de chlorures, iodures, bromures, azotates et autres sels.
- N° 10 7 6 5 9 , du 13 décembre 1893. Perfectionnements dans les appareils pour l’électrolyse des chlorures et autres sels.
- N° 117391 bis, du 98 août 1895. Perfectionnements apportés à la fabrication des chlorates de soude et de potasse.
- N° 137796, du 3 septembre 1898. Appareils pour le traitement du carbonate de soude résultant de l’électrolyse.
- N° t 3859 7, du 19 octobre 1898. Moyen perfectionné applicable à l’électrolyse des sels.
- N° iAo35i, du 17 janvier 1899. Perfectionnements dans la fabrication des alcalis et dans les moyens employés dans ce but.
- Procédé Hulin. — Ce procédé a pour but la formation de l’alliage plomb-sodium. Le vase employé est en fonte revêtue d’une enveloppe ; sur le fond de ce vase se trouve du plomb qui servira de cathode. Le chlorure est placé au-dessus de ce plomb; enfin, une
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- anode en charbon plonge dans la masse de chlorure qui est portée à température de fusion ignée.
- Le chlore se dégage à l’anode. A U'électrolyte, M. Hulin ajoute une petite quantité de sous-chlorure de plomb qui a pour but de régulariser les opérations. L’alliage plomb-sodium est traité par l’eau ou par la vapeur pour en retirer la soude caustique et régénérer le plomb.
- L’avantage du procédé est de permettre le passage d’un courant très intense dans de petits appareils à cause de la conductibilité des sels fondus. L’inconvénient est la ruine des appareils et électrodes par suite de la température élevée, etc. Le voltage est de 7 volts [Dinglers, septembre 1898). Rendement du courant: 69 p. 100. Rendement de l’énergie : Ai p. 100.
- Des renseignements pris dans la région, disent que l’usine a dû arrêter et se transformer pour carbure.
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- Jahrhuch der Elektrochemie, 1897, t. IV, p. 3AA. Description du procédé.
- BREVETS FRANÇAIS.
- N° 206738, du icr août 1890. Nouveau procédé de préparation des aluminates alcalins.
- N° 23A327, du 25 novembre 1893 (avec certificat d’addition). Procédé et appareil électrolytique pour la séparation immédiate des produits d’électrolyse liquides ou dissous.
- N° 238301, du 5 mai 189A. Procédé et appareil électrolytique pour la préparation d’alliages riches de métaux alcalins ou alcalino-terreux, avec production d’éléments halogènes.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- N° 23837A, du 8 mai 189A. Procédé et appareil pour la fabrication combinée des peroxydes métalliques et des alcalis caustiques.
- BREVETS ALLEMANDS.
- N° 79 A35, du 15 juin 189A. Obtention de métaux alcalins ou alcalino-terreux à Taide de métaux lourds.
- N° 80398, du 19 juin 189 A. Production de l’alcali par la vapeur d’eau.
- N° 81893, du 12 décembre 1893. Électrolyse de sels à l’aide d’électrodes-filtres.
- N° 86A59 , du 16 juin 189 A. Procédé d’obtention simultanée d’électrodes pour éléments primaires et secondaires, et d’alcalis caustiques ou de leurs combinaisons au moyen de métaux lourds et de métaux alcalins ou alcalino-terreux.
- Brevets anglais : N° 11687, du 1A ju^n (brevet français n° 23A327).—
- N°23i 17,du 28 novembre i89A(brevet françaisn02383oi ). — N° 28198, du 29 novembre 189A (brevet allemand n° 86A59). — N° 2327A, du 3o novembre 189A (brevet français n° 23837A).
- Brevets belges : N° 107362, du 27 novembre 1893 (brevet français n° 2 3 A3 2 7). — N° 109791, du 5 mai 1893 (brevet français n° 2383oi). — N° 109807,-du 7 mai 1893 (brevet allemand n° 86A59). — N° 109869, du 8 mai 1893 (brevet français n° 23837A).
- Brevet anglais n° 23370, du ier décembre 189 A, et brevet belge n° 109895, du 9 mai 1898. Procédé et appareil pour la fabrication des alcalis caustiques pour l’emploi des alliages alcalins.
- BREVETS AMÉRICAINS.
- N° 5862 36. Électrolyse de solutions.
- N° 58783^0. Production de superoxydes métalliques et d’alcalis caustiques.
- Procédé Elektron (Griesheim). — Ce procédé, tenu secret, est à diaphragme composé de ciment dans lequel on a intercalé une substance organique qui est détruite ensuite parles acides, de façon à ce que le diaphragme soit poreux, ou bien le ciment est gâché en mélange avec des sels solubles.
- La solution de soude est toujours mélangée de chlorure de sodium non décomposé. Le procédé est à peu près exclusivement employé pour la potasse, et ne semble pas très satisfaisant pour la soude.
- BIBLIOGRAPHIE.
- Génie civil, du 2 5 novembre 1899, t. XXXVI, n° A, p. 55. Historique de la Société.
- Génie civil, du 9 novembre 1899, t. XXXVI, n° 6, p. 87. Production du chlorure de chaux en Allemagne.
- Génie civil, du 2 5 février 1 899, t. XXXIV, n° 17, p. 2 65. Usine de Lamotte (Oise).
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- Génie civil, du 3o juin 1900, t. XXXVII, n° 9, p. 1A7. Usine de Lamotte (Oise).
- Engineering, du 10 novembre 1899, t. LXVIII, n° 1767, p. 58A. Installation hydro-électrique à Rheinfelden.
- Actualités chimiques, du 3o décembre 1898, t. III, n° 12, p. 379. Communication du docteur Kellner au Congrès de chimie appliquée à Vienne. (Procédé Elektron au mercure.)
- Chemical Trade Journal, du 22 avril 1899, t. XXVI, n° 622,p. 267. Usine à Zomb-kowice.
- Moniteur Quesneville, novembre 1896, p. 821. Historique.
- Jahrbuch der Elektrochemie, 1895, t. II, p. 2 2 3. Usines de Bitterfeld et Rheinfelden.
- Jahrhuch der Elektrochemie, 18965 t. III, p. 2 65. Historique de la Société.
- Jahrbuch der Elektrochemie, 1896, t. III, p. 271. Usines de Bitterfeld et Rheinfelden.
- Jahrbuch der Elektrochemie, 1897, t. IV, p. 3AA. Historique de la Société.
- BREVET FRANÇAIS.
- N° 278186. Procédé de purification des alcalis caustiques.
- BREVETS ALLEMANDS.
- N° 99958, du 8 décembre 1897. Séparation du mercure de l’amalgame.
- N° io85oo, du 19 mai 1898. Épuration des lessives de potasse caustique, par diffusion.
- BREVET ANGLAIS.
- N° 19222, de 1896. Traitement du chlorure de chaux.
- Procédé Richardson et Holland (sans diaphragme). — Chaque cuve, de 6ra X om90 X om 37b est divisée en trente-deux compartiments ou cases, seize pour les anodes et seize pour les cathodes. Les cases des anodes sont hermétiquement closes au sommet, mais leurs cloisons ne descendent pas jusqu’au fond du réservoir, les cases des cathodes sont ouvertes au sommet. Les anodes sont constituées par de petits blocs de graphite de cornue, maintenus dans des culots de plomb, tandis que les cathodes sont de simples barreaux de fonte.
- Les anodes durent environ huit mois, avec un service continu de jour et de nuit.
- Le courant de la dynamo arrive aux anodes où se dégage le chlore qui s’échappe, par une ouverture, dans une conduite fermée parcourant toute la longueur du réservoir et venant déboucher dans un tuyau horizontal en grès. Il traverse le liquide, arrive aux cathodes, puis revient à la dynamo par un câble de retour qui complète le circuit. L’hydrogène, dégagé du compartiment ouvert de la cathode, s’échappe librement à l’air.
- La solution devient plus riche en alcali et s’appauvrit en sel, au fur et à mesure des progrès de la décomposition. Pour maintenir la concentration normale, une disposition
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- particulière permet d’ajouter du sel par une poche ménagée à l’extrémité de chacpie case de cathode.
- Le dégagement du chlore et de l’hydrogène est accompagné de la formation d’une solution de soude caustique qu’on enlève lorsqu’elle a atteint un degré donné, c’est-à-dire de 5o à 6o degrés Tradwell, ce qui correspond environ à 12 p. 100 d’alcali; elle est soutirée dans des réservoirs placés sous un hangar spécial.
- Le procédé a fonctionné d’abord à Snodland. Le voltage nécessaire est 6 volts, à cause de l’éloignement des électrodes pour éviter le mélange des liquides chlorés et caustiques, qui pourtant se diffusent toujours. Le rendement du courant serait 97 p. 100 (d’après Dinglers, septembre 1898) et 37 p. 100, celui de l’énergie totale.
- BIBLIOGRAPHIE.
- Chemical Trade Journal, du 20 janvier 1900, t. XXVI, n° 661 , p. 38. Usines électro-chimiques.
- U Eclairage électrique, du 6 janvier 1900, t. XXII, n° 1, p. 3i. Diaphragme poreux.
- Journal of the Society of chemical industry, 1895, p. 280. Electrolyse de solutions salines.
- Journal des Inventeurs, p. h. Description de TElectro chemical Co.
- Engineering, 1896,!. LXI, p. i582. Article de Lunge sur l’installation de Saint-Helens.
- Jahrbuch der Elektrochemie, 1896, t. III, p. 266. Calcul du prix de revient.
- Jahrbuch der Elektrochemie, 1897, t. IV, p. 3h5. Production de TElectro chemical Company.
- BREVETS FRANÇAIS.
- N° 211369, du 12 février 1891. Perfectionnements dans le mode de production par électrolyse de la soude caustique, de la potasse caustique et d’autres produits à l’aide de leurs sels.
- N° 2A6262, du 3o mars 1895. Perfectionnements dans le mode de production par électrolyse de la soude caustique, de la potasse caustique et d’autres produits à l’aide de leurs sels (Holland).
- N" 25863i,du A août 1896. Perfectionnements dans les appareils électrolytiques.
- BREVETS ANGLAIS.
- N° 2296, du 12 février 1890. Perfectionnements dans la production électrolytique de la soude caustique, delà potasse caustique et autres produits dérivés de leurs sels (Richardson et Holland).
- N° 2297, du 12 février 1890. Perfectionnements dans la production électrolytique de la soude caustique, de la potasse caustique et autres produits dérivés de leurs sels (Richardson et Holland).
- N° 19316, du 27 novembre 1890. Perfectionnements dans la chloruration de la chaux (Richardson).
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- N° 17973, du 8 octobre 1892. Perfectionnements aux cellules électrolytiques.
- N° 552 5, du 1A mars 1893. Perfectionnements à Télectrolyse des chlorures alcalins (Holland).
- N° 569 A, du i(i mars 1893. Perfectionnements à Télectrolyse des chlorures alcalins (Richardson).
- N° 12857, du 3o ju^n Perfectionnements dans Télectrolyse des chlorures al-
- calins en solution (Richardson).
- N° 2 26i3, de Tannée 1893. Electrodes d’oxyde de zinc (Richardson).
- N° i2iA9,du 3 juin 1896. Perfectionnements aux électrolyseurs (Holland).
- N° 5199, du 9 mars 1899. Diaphragme poreux (Holland et Laurie).
- N° 5200, du 9 mars 1899. Diaphragme poreux (Holland et Laurie).
- BREVETS BELGES.
- N° 105988, du 1A août 1893. Perfectionnements dans les appareils propres à Télectrolyse des chlorures alcalins (Holland).
- N° 123253, du 28 août 1896. Perfectionnements dans les appareils électrolytiques (Holland).
- Procédé Castner.—L’appareil se compose d’une cuve rectangulaire d’une profondeur très faible et divisée en trois compartiments (que nous désignerons par les numéros 1, 2 et 3 ) par des cloisons qui ne touchent pas tout à fait le fond de la cuve. Celui-ci est garni d’une faible couche de mercure (3 à A miilim.). Une anode est placée en 1 et en 3, et disposée de façon à se trouver à quelques centimètres du mercure.
- H
- Fig. 63.
- LÉGENDE.
- A. Cellule électrolytique. I F. Excentrique.
- H. Plaque de métal. | E. Arbre.
- En 1 et en 3, on fera arriver la solution à traiter, tandis qu’en 2, oit se trouve la cathode en fer, circule de Teau froide. De plus, par un moyen quelconque, la cuve peut être inclinée de manière à faire passer le mercure de 1 en 2, puis en 3, et en sens inverse.
- Supposons que 1 soit rempli de la solution saline et que la caisse soit inclinée de façon que le mercure occupe le fond de ce compartiment. Faisons passer le courant, le chlore se dégage et le sodium formé se combine au mercure pour donner un amalgame.
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- Quand la décomposition est complète, on modifie légèrement Tinclinaison de la caisse, de façon que l’amalgame de sodium passe en 2 ; là, il se décompose au contact de Teau pour donner de la soude.
- Le mercure passe ensuite en 3 et est prêt à servir à une nouvelle opération ; on lait alors passer le courant en 3, qui contient la dissolution saline. Lorsque l’opération est terminée, une nouvelle inclinaison de la cuve fait passer l’amalgame qui vient de se former en 2 et le mercure revient enfin en 1, d’où le cycle recommence.
- Fig. 6/1. — Procédé Castner. (Usine cl’Ostrnienbiirg.)
- Voici les résultats pour une installation de 3o électrolyseurs ; cliacun d’eux décompose 2 5 kilogr. 5 0 0 de chlorure de sodium par 2 k heures, en produisant 18 kilogrammes de soude caustique et i5 kilogrammes de chlore. La production totale est donc de 54o kilogrammes de soude caustique et A5o kilogrammes de chlore.
- La force électromotrice employée est de k volts et l’intensité, de 550 ampères. Le chlore ainsi préparé contient 95 à 97 p. 100 de chlore pur; la lessive de soude obtenue titre 20 p. 100. On évapore cette solution et 011 obtient de la soude caustique à 99.5 p. 100 de pureté.
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
- Jusqu’ici, on n’a pas cherché à recueillir l’hydrogène dégagé dans la cuve centrale par l’action de l’amalgame de sodium sur l’eau. D’après le Dinglers, septembre 1898, le rendement des ampères est de 91 p. 100 et celui de l’énergie, 5a p. 100.
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- N° 224319, du i3 septembre 1892 (Certificat d’addition le 6 juin 1893). Procédé et appareils perfectionnés pour la décomposition électrolytique des sels alcalins.
- N° 24o684, du 11 août 1894. Perfectionnements dans les charbons pour électrodes et autres usages.
- BREVET BELGE.
- N° 104972, du 6 juin 1893 (brevetprincipal du 13 septembre 1892). Brevet français n° 224319.
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- N° 2 0 003, du 18 novembre 1891. Perfectionnements dans la fabrication des oxydes de métaux alcalins.
- N° i34i 1, du 22 août 1892. Composé chloré perfectionné-
- N° i6o46, du 7 septembre 1892. Procédé et appareil d’électrolyse de sels alcalins.
- N° io584,du 2 5 mai 1893, Perfectionnements auxélectrolyseurs.
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- N° 88230, du 1 A septembre 1899. Procédé et dispositif pour Télectrolysc de sels alcalins.
- Procédés Kellner. — Les brevets Keilner pour appareils électrolyscurs sont assez nombreux. Une disposition très employée est celle qui consiste à donner une couche commune de mercure (cathode-anode) à la cellule d’électroiyse et à celle de décomposition de l’amalgame. Le fait que cette disposition existe également en principe dans les brevets Gastner, a amené la fusion des deux systèmes Castner et Kellner.
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- Chemical Trade Journal, du 20 janvier 1900, t. XXVI, n° 661 , p. 38. Usines électrochimiques.
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- Jahrbuch der Elektrochemie, 1896, t. III, p. 271. Installation à Golling (A,5oo chevaux).
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- N° 2A27A, du 16 décembre 1893. Perfectionnements à l’électrolyse de sels métalliques.
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- N° 578A57. Ammoniaque, alcali caustique et chlore.
- N° 585959. Electrolyse de solutions salines.
- N° 586729. Appareil électrolyseur.
- N° 588276. Appareil électrolyseur.
- N° 5905A8. Hydrate alcalin.
- BREVETS BELGES.
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- N° 118770, du 9 décembre 1895. Procédé de fabrication électrolytique des chlorates alcalins.
- N° i 2236o, du 4 juillet 1896. Nouveau genre d’électrodes et procédé pour les fabriquer.
- Procédé Cari Kellner (Brevet belge n° 112,396 du 2 3 octobre 1894, en opposition avec le brevet Rhodin). — La présente invention a trait à un appareil pour la décomposition électrolytique des sels métalliques à l’aide d’une cathode de mercure immobile,
- l’appareil étant construit de façon à ce que, pour faire passer l’amalgame engendré de la chambre de décomposition dans la chambre de combinaison, cette dernière étant le siège de la décomposition de l’amalgame et de la combinaison du cathion avec de l’eau, un acide ou un autre corps, on n’ait qu’à déplacer latéralement une cloison séparant les deux espaces susmentionnés et susceptible d’un mouvement de va-et-vient en glissant dans le mercure.
- Cette cloison séparant la chambre de décomposition de la chambre de combinaison alfecte la forme d’une cloche, dont le joint est formé par le mercure et englobant la chambre de décomposition de telle sorte que l’amalgame formé dans la chambre de décomposition passe alternativement, sans lui-même changer de place, d’un côté à l’autre de la cloche quand celle-ci se déplace latéralement; cet amalgame se trouve ainsi amené
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- dans la chambre de combinaison tandis qu’en même temps le mercure situe de l’autre côté de la cloche, et qui se trouvait précédemment dans la chambre de combinaison, vient effectuer dans la chambre de décomposition l’amalgamation du métal mis en liberté par la décomposition de l’électrolyte.
- De cette manière, on a un appareil doué d’un grand rendement, malgré la faible quantité de mercure employée, les deux opérations s’effectuant simultanément et sans aucune interruption.
- Dans les feuilles de dessin ci-jointes, la figure 65 est une coupe verticale d’une cellule de l’appareil ; la figure 66 est une coupe en long de tout l’appareil ; la figure 67 est une coupe horizontale suivant la ligne y-y de la figure 66.
- Fig. 66.
- Les figures 68 et 69 sont des coupes verticales de la cloche représentant deux constructions différentes.
- Gomme on le voit, l’appareil consiste en un récipient A pour l’électrolyte à décomposer, et en une auge B posée ou suspendue dans ce récipient et percée, dans son fond, d’ouvertures b circonscrites par des rebords surhaussés b' qui empêchent l’écoulement, par ces ouvertures b, de la couche de mercure G servant de cathode et couvrant le fond de l’auge. A
- — — —
- b c B b b' \
- — — -— —
- Fig. 67.
- Dans l’espace occupé par l’électrolyte sont disposées, horizontalement ou verticalement, les anodes D qui, dans ce dernier cas, peuvent aussi passer par les ouvertures b pour faire saillie dans l’auge B. Chacune des ouvertures de l’auge est coiffée d’une cloche E en matière non conductrice, telle que verre, faïence, porcelaine ou ébonite,
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- qui plonge dans le mercure par son bord libre et qui est plus large que l’ouverture b, de façon qu’on puisse la déplacer latéralement en la faisant glisser dans les deux sens, d’une certaine quantité au-dessus de cette ouverture, ce déplacement étant limité par les rebords surhaussés b'.
- Par conséquent, la cloche englobe la chambre de décomposition communiquant avec le récipient A et forme cloison non conductrice entre cette chambre de décomposition et la chambre de combinaison de l’auge B que l’on remplit au-dessus de la cathode de mercure, formant joint d’eau, d’acide ou d’un autre corps destiné à se combiner avec le cathion.
- Pour que, dans le déplacement de la cloche, son bord en glissant sur le fond de l’ange B ne puisse pas chasser le mercure, des fentes ou des entailles e ou ô2 sont ménagées dans le bord de la cloche (fig. 68) ou dans le fond de l’auge (fig. 69). Un tuyau d’adduction F recueille les gaz dans la chambre de décomposition et les entraîne hors du récipient A.
- L’anode D et la cathode de mercure C sont reliées aux fils issus des pôles d’un générateur d’électricité convenable.
- Dans de grands appareils, tels qu’on les emploiera dans la pratique, il y a avantage à ce que toutes les cloches E soient réunies de façon à former un couvercle muni de cloisons et glissant dans les deux sens sur l’auge B,les intervalles entre les deux cloches consécutives communiquant avec l’auge par des ouvertures latérales. Les tuyaux abducteurs F sont alors organisés de façon à ce que les gaz engendrés passent successivement d’une cloche à l’autre, et s’échappent de la dernière cloche.
- Le fonctionnement de l’appareil est le suivant :
- L’électrolyte, par exemple une solution de chlorure de sodium qui remplit le récipient A et les chambres de décomposition, est décomposé par suite de l’électrolyse qui s’opère sous les cloches E ; le chlore gazeux mis en liberté s’échappe par les tuyaux F tandis que le sodium métallique forme un amalgame avec le mercure situé à l’intérieur des cloches E d’un même côté des anodes D (à droite dans la figure 65).
- Si maintenant on fait glisser les cloches vers la gauche, dans la position indiquée en pointillé, la cathode de mercure immobile ainsi que l’amalgame sera amenée dans la chambre de combinaison de bauge, remplie d’eau, par exemple. Le sodium se séparera alors du mercure et se combinera avec l’eau pour former de la soude hydratée. En même
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- temps, par suite du déplacement des cloches, la partie de la cathode de mercure située précédemment en dehors de la cloison de gauche des cloches, c’est-à-dire dans la chambre de combinaison, se trouvera amenée dans la chambre de décomposition et effectuera Tamalgation du sodium constamment mis en liberté dans celte dernière. Si l’on fait reprendre aux cloches la position indicpiée en traits pleins (en les faisant glisser vers la droite), le mercure situé à gauche des anodes ainsi que l’amalgame qui s’y est formé, reviendra, pour que la dissolution puisse se produire, se placer dans la chambre de combinaison de l’auge, par suite dans le rayon d’action de l’eau et, d’autre part, le mercure situé à droite des anodes et dont l’amalgame vient de se dissoudre, reviendra se placer dans la chambre de décomposition pour que l’amalgame puisse se reformer.
- Comme on le voit, le mouvement de va-et-vient des cloches a pour conséquence le passage constant, dans les chambres de combinaison, de l’amalgame engendré dans les chambres de décomposition, et la formation continue de soude caustique dans les chambres de combinaison, ces opérations ayant lieu alternativement de l’un et de l’autre côté des anodes tandis que la cathode de mercure elle-même reste immobile.
- Procédé Rhodin. — On emploie une cuve, de préférence de fer, dont le fond est recouvert d’une mince couche de mercure ; sur ce mercure vient se placer une cloche en grès qui sépare le métal en deux parties, dont l’une, située à l’intérieur de la cloche, servira de cathode.
- LEGENDE.
- A. Cuve de fonte. I C. Mercure.
- B. Cloche de grès. | D. Charbon (anode).
- On fait arriver dans ce vase la solution de chlorure de sodium, tandis que la portion extérieure est remplie d’eau. Des anodes en charbon sont dispersées dans la cloche. L’appareil est constitué de telle façon que, lorsque l’on fait tourner la cloche, l’amalgame formé à l’intérieur vienne au contact de beau et se décompose.
- C’est une simple disposition du procédé Castner-Kellner. En Allemagne, il a été déclaré dépendant du Castner-Kellner et en Angleterre, où un procès de contrefaçon a été également engagé parla Castner-Kellner Alkali Company contre la Commercial Development Corporation, qui exploite le procédé Rhodin, la Chambre des Lords a prononcé un jugement en faveur de cette dernière compagnie. (Eclairage électrique, 19 o o, t. XXV, p. 19-)
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- BIBLIOGRAPHIE.
- Génie civil, du 2 décembre 1899, t. XXXVI, n° 5, p. 68. Procédé Rhodin.
- Chemical Trade Journal, du 20 janvier 1900,!. XXVI,n° 661, p. 38. Usines électro-chimiques.
- The Journal of the Society of chemical industry, du 3i mai 1900, p. A18. Procédé Rhodin décrit par Rhodin.
- Chemical Trade Journal, du 19 mai 1900, t. XXVI, n° 678, p. 331. Procès Rhodin devant la Chambre des Lords. (Suite dans le n° 679 du même journal.)
- Jahrbuch dcr Elektrochemie, 1897, t. IV, p. 3A3. Appareil électrolyseur Rhodin.
- BREVET ALLEMAND.
- N° 10277A, du 8 novembre 1896. Appareil pour Télectrolyse de solutions salines par l’emploi d’une cathode de mercure.
- BREVETS ANGLAIS.
- N° 11A22, du ier juin 1899. Appareil pour Télectrolyse de solutions salines par l’emploi d’une cathode de mercure.
- N° 21509, de 1896. Appareil électrolyseur.
- BREVETS BELGES.
- N° 1 30817, du 2 3 septembre 1897 (Rhodin et Harvey). Appareil d’électrolyse.
- N° 1A297A, du ier juin 1899. Appareil électrolytique perfectionné.
- Procédé Solvay et C*e. — L’appareil est destiné à Télectrolyse des sels alcalins à l’aide d’une cathode en mercure. Il a été observé que, dans ces appareils, l’amalgame
- Sorù& dw More
- Anodes ervcharlon/
- Fig. 71.
- alcalin se forme surtout à la surface de la couche mercurielle et tend à y rester en vertu de sa faible densité. C’est pour renouveler continuellement cette surface en y établissant
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- Fi(ï- 7a-
- Fig. 73. — Procédé Solvay. (Usine de Jemeppe-sur-Sambre.)
- une circulation, tandis que la couche profonde peut être maintenue tranquille, que l’inventeur propose d’établir l’appareil de manière à ce que l’amalgame sorte par un déversoir superficiel placé à une extrémité.
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- L’arrivée du mercure peut se faire dans la partie profonde qui forme le reste du réservoir.
- Cet .appareil a été combiné pour pouvoir être exécuté en dimensions plus grandes que les cellules électrolytiques usitées jusqu’ici, qui ne se prêtent guère à la grande industrie. Il fonctionne avec un voltage de A volts 1/2 environ.
- BIBLIOGRAPHIE.
- Le Génie civil, du 3o juin 1900, t. XXXVII, n° 9, p. 1A7. Usines de la Société Solvay et Cie
- LEclairage électrique, 1890, p. Ai 7. Electrolyseur centrifuge lamellaire Solvay.
- Actualités chimiques, du 3o décembre 1 898, t. III, n° 1 2, p. 379. Communication du docteur Kellner au Congrès de chimie appliquée, à Vienne.
- Journal of the Society of chemical industry, du 3i janvier 1900, t. XIX, n° 1, p. A5. Electrodes.
- The Electrician, du 9 juin 1899 , p. 216. Procédé électrolytique Solvay pour la production de la soude et des chlorures décolorants, par Robertson.
- The Chemical Trade Journal, du 22 avril 1899, t. XXVI, n° 622, p. 267. Usine à Marc-Murtrie.
- The Chemical Trade Journal, du 20 janvier 1900, t. XXVI, n° 661, p. 38. Les usines électrochimiques.
- Jahrbuch der Elektrochemie, 1895, t. Il, p. 2Ai. Description du brevet anglais n° 1 A987 (189A).
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- Jahrbuch der Electrochemie, 1896, t. III, p. 271. Description.
- BREVETS FRANÇAIS.
- N° 2A05A9, du A août 189A. Table électrolytique.
- N° 278879, du 1A juin 189g. Appareil électrolyseur à mercure.
- N° 278880, du 1A juin 1898. Procédé pour augmenter le rendement de certaines électrolyses.
- BREVETS ALLEMANDS.
- N° 83535, du 5 août 189 A. Surface active pour l’électrolyse.
- N° ioo56o, du 19 mars .1898. Eiectrolyse des chlorures alcalins à l’aide d’une cathode de Hg.
- N° 10A900, du 19 mars 1898. Appareil pour l’électrolyse continue des sels alcalins à l’aide de Hg.
- BREVETS ANGLAIS.
- N° 1A987, du A août 189A. Séparation d’alcalis caustiques du liquide obtenu dans l’électrolyse.
- N° iAq88,du A août 189A. Table électrolytique.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- N° 7A70, clu 98 mars 1898. Appareil électrolyseur.
- N° 7/I71, du 98 mars 1898. Perfectionnements dans l’électrolyse.
- BREVETS BELGES.
- N° 1 1 o559 , du 90 juin 189A. Appareil électrolyseur à mercure.
- N° 1 10561, du 9i juin 189A. Table électrolytique.
- N° 1 3A176, du 5 mars 1898. Procédé pour augmenter le rendement de certaines électrolyses.
- N° 13/1177, du 5 mars 1898. Appareil électrolyseur à mercure.
- Procédé Greenwood. — 11 est caractérisé :
- i" Par l’anode employée, qui consiste en un morceau de charbon métallisé; pour l’obtenir, on prend des charbons de cornue que l’on cuivre et que l’on étame ensuite ;
- 90 Par le diaphragme, de forme cylindrique, qui est constitué par des rondelles en verre ou en porcelaine, placées les unes sur les autres; mais entre deux rondelles, on a soin de mettre une couche d’amiante qui est suffisamment poreuse, tout en étant inattaquée par le chlore et l’alcali; 3° par la cuve cylindrique qui constitue, elle-même, la cathode. A cet effet, cette cuve est en fer.
- Dans le schéma ci-dessous, il faut remarquer que le charbon formant l’anode C repose, non pas sur le fond de la cuve, mais sur une plaque d’ardoise jouant le rôle d’isolateur. Trois orifices sont pratiqués dans le couvercle, dont l’un e permet l’échappement di chlore produit à la cellule positive et les deux autres t, t’laissent passer des tubes qui servent à l’alimentation de la cuve et plongent jusqu’au fond de chacun des compartiments. La soude sort par une tubulure située à la partie supérieure de l’électrolyseur. Le mouvement du liquide se fait donc de bas en haut. Quant à la lessive de soude recueillie, elle doit être évaporée et purifiée par pêchage du sel marin non décomposé.
- BIBLIOGRAPHIE.
- Génie civil, du 9 5 novembre 1899, t. XXXVI, n° A, p. 56. Procédé Greenwood. Chemical Tracle Journal, du 90 janvier 1900, t. XXVI, n° 661, p. 38. Usines électrochimiques.
- BREVETS ANGLAIS.
- N° 1 A989 , du 3 octobre 1888. Perfectionnements dans la production du chlore.
- N° 39 9 0, du 98 février 1890. Perfectionnements dans la production du sodium et du chlore gazeux.
- N° 18990, du 99 novembre 1890. Perfectionnements dans la production du chlore et de la soude caustique, avec appareil.
- Wa OH
- LÉGENDE.
- A. Cuve, formant cathode.
- C. Charbon constituant i’anode.
- D. Diaphragme.
- t, t'. Tubes d’alimentation. e. Echappement du chlore.
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- N° 21 34, du 5 février 1891. Perfectionnements dans la production de la soude caustique.
- N° 5999, du 7 avril 1891. Perfectionnements dans la production du chlore et de l’amalgame de sodium.
- N° 11 655, du 1 5 juin 1894. Perfectionnements dans la production de la soude.
- N° 18589, septembre 1899. Perfectionnements dans l’électrolyse des sels
- alcalins et appareil à cet usage.
- Procédé Spilker, Loewe et Knôfler. — Ce procédé est caractérisé par une obtention des plus ingénieuses du diaphragme.
- L’électrolyseur employé est une cuve que divise en deux compartiments une feuille de parchemin végétal. Dès que le courant commence à passer, c’est-à-dire dès que le chlore se forme au pôle positif et l’alcali au pôle négatif, le diaphragme serait attaqué si Ton n’avait soin d’ajouter à la solution de l’anode, mise au début de l’opération, un peu de chlorure de magnésium ou de chlorure de calcium, tandis que la cellule cathodique contient une solution d’alcali caustique.
- Le chlorure de calcium, sous l’action du courant, donne de l’oxychlorure qui se dépose en couche homogène sur le parchemin et empêche toute attaque. On fait en sorte que cette couche atteigne 7 à 8 millimètres d’épaisseur; pour cela, il suffit d’ajouter au début 2 p. 100 de chlorure de calcium à la solution que Ton veut traiter.
- Il ne reste plus qu’à régler l’arrivée du sel calcaire ou magnésien, de façon à maintenir aussi constante que possible la couche d’oxychlorure protectrice du diaphragme.
- BIBLIOGRAPHIE.
- Jahrbuch der Elehtrochemie, 1897, t. IV, p. 342. Diaphragmes Spilker.
- Le Génie civil, du 2 5 novembre 1899, t. XXXVI, n° 4, p. 54. Procédé.
- Chemical Traie Journal, du 20 janvier 1900, t. XXVI, n° 661, p. 38. Usines.
- BREVET FRANÇAIS.
- N° 192593, du 2 5 août 1888. Nouveau procédé d’obtention des alcalis et du chlore. (Spilker et Loewe.)
- BREVETS ALLEMANDS.
- N° 47592, du 18 août 1887. Electrolyse des chlorures alcalins.
- N° 55172, du 9 décembre 1889. Production électrolytique de soude, potasse et chlore.
- BREVETS ANGLAIS.
- N° 1 33o6, du 14 septembre 1888. Perfectionnements dans la fabrication de la soude, potasse et chlore.
- N° 5778, du 1 7 mars 1893 (Knôfler). Procédé électrolytique pour blanchiment.
- BREVET AMÉRICAIN.
- N° 583 '4 -3 (Spilker). Diaphragmes.
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- Procédés et appareils Outhenin-Chalandre. — Les appareils Outilenin-Chalandre appartiennent au type clés électrolyseurs à diaphragmes. Ces diaphragmes sont constitués par des tubes poreux a et forment un véritable système tubulaire comparable, au point de vue mécanique, à une chaudière tubulaire; les cathodes b sont placées à l’intérieur des tubes-diaphragmes, les anodes c en platine ou charbon, à l’extérieur. Cette disposition a pour principal avantage de donner une grande surface de diaphragme et par suite d’en diminuer considérablement la résistance électrique. On sait qu’un des inconvénients, souvent reproché aux électrolyseurs à diaphragmes, réside dans la résistance de ce diaphragme. Cet inconvénient est ainsi sinon supprimé, du moins réduit dans des proportions telles qu’il n’y a plus lieu d’en tenir compte pour la pratique industrielle.
- NœOII
- La préparation et la composition de ces tubes-diaphragmes est tenue secrète; on sait cependant qu’ils résistent à la fois aux acides et aux alcalis, ce qui permet d’employer, avec avantage, le dispositif auxiliaire des « brûleurs» à acide chlorhydrique, dont il sera parlé plus loin.
- Au début, il était avantageux de faire marcher ces électrolyseurs avec addition d’une certaine quantité d’acide chlorhydrique dans le compartiment anodique, de façon à annuler les réactions secondaires qui se produisent dans ce compartiment : formation d’acide hypochloreux, d’hypochlorite et de chlorate de soude, substances dont la présence a de graves inconvénients, notamment parce qu’elles favorisent l’attaque et la désagrégation des anodes en charbon et par suite la production de chlore contenant des proportions plus ou moins grandes d’anhydride carbonique, d’acide hypochloreux et d’oxygène ; la présence de ces gaz dans le chlore électrolytique est à éviter pour de nombreuses applications, notamment pour la fabrication du chlorure de chaux et la liquéfaction de chlore. Grâce à cette addition d’acide chlorhydrique au compartiment anodique que les usines de la Volta suisse ont été parmi les premières à pratiquer, et dont l’utilité a été mise en évidence ultérieurement par des travaux scientifiques importants, notamment par les publications de M. Foerster, les inconvénients qui viennent d’être signalés ont pu être évités.
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- Contrairement à l’opinion émise par divers auteurs, qui prétendent que dans ce cas une partie de l’énergie du courant est employée à électrolyser de l’acide chlorhydrique, et que le rendement en alcali est diminué d’autant, l’expérience industrielle a démontré, de la façon la plus nette, que le rendement en soude reste absolument le même avec ou sans addition d’acide chlorhydrique, clans les proportions où cet agent est employé pour annuler les réactions secondaires du compartiment anodique; la seule différence constatée entre les deux marches, c’est qu’avec addition d’acide, on retrouve tout le chlore de l’acide chlorhydrique employé comme production supplémentaire en sus du chlore équivalent à la soude recueillie.
- Le seul inconvénient de cette manière d’opérer réside dans l’augmentation de la production du chlore par rapport à la soude. C’est pourquoi les inventeurs y ont ohvié par l’adjonction du dispositif désigné sous le nom de brûleur.
- Cet appareil (brevet français, du 17 mars 1899, n° 28(j923), qui peut s’adapter non seulement sur Télectrolyseur Outhenin-Chalandre, mais encore sur tous les appareils dont le diaphragme est résistant aux acides, est constitué essentiellement par une sorte de lampe, analogue a une lampe à gaz, dans laquelle une partie de l’hydrogène produit par Télectrolyseur est brûlée dans une atmosphère de chlore, provenant du compartiment anodique ; il se forme ainsi du gaz chlorhydrique très concentré, lequel est facilement absorbable et rentre, par un dispositif approprié, dans le compartiment anodique.
- On règle facilement le débit du brûleur, — qui ne consomme ainsi qu’une partie du chlore et de l’hydrogène produits par l’appareil, — de façon à maintenir au compartiment anodique l’acidité suffisante pour annuler les réactions secondaires.
- Comme on vient de le rappeler, l’acide chlorhydrique ainsi employé rendant tout son chlore, il en résulte que Télectrolyseur débite quand même dans la conduite générale de chlore, une quantité de ce gaz équivalant a la soude produite, comme si le brûleur ne fonctionnait pas, avec cette seule différence cependant, que le chlore dégagé ne contient plus que des traces d’acide hypochloreux, cTanhydricle carbonique et d’oxygène échappant à l’analyse.
- H va de soi que le brûleur peut être employé pour la fabrication de Tacide chlorhydrique pur et concentré, au moyen du chlore et de l’hydrogène dégagés par Télectrolyseur.
- Les procédés en question, expérimentés en premier lieu à l’usine de Seveux de la maison Outhenin-Chalandre, ont été montés, pour la première fois, sur un pied industriel par la Volta suisse, dans son usine de Chèvres, près Genève (1,000 IIP). Ils ont été acquis ensuite pour la France par la Volta lyonnaise, qui a créé, sur ce système, une première installation de 2,000 HP, a Moutiers, en Savoie; puis pour l’Italie, par la Volta italienne, qui installe une première usine de même puissance à Bussi, sur la mer Adriatique ; et enfin, récemment, par TElettra del Bessaya, pour l’Espagne, dont l’usine, près de Santander, en voie de construction, absorbera une puissance d’environ 1,200 11P.
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- De ces trois installations, celle de Moutiers doit entrer en activité à la fin de l’année 1 9 o i ; les deux autres, dans le courant de l’année 1902.
- En raison des intérêts considérables engagés dans ces diverses entreprises, les procédés et appareils Outhenin-Chalanclre, tels qu’ils fonctionnent actuellement à Chèvres, ont été l’objet d’une expertise minutieuse en mai 1901, effectuée sous le contrôle de jour et de nuit, de délégués et d’ingénieurs des sociétés française, italienne et espagnole désignées plus haut.
- Sans entrer dans les détails des résultats de ce travail, qui sont gardés secrets par les intéressés, on peut cependant noter ici que les rendements industriels en soude caustique, ont correspondu exactement à ceux indiqués comme rendements théoriques parla formule de MM. Foerster et Jorre. Il en résulte que dans ces conditions, le diaphragme des électrolyseurs Outhenin-Chalandre fonctionne comme un diaphragme parfait.
- Il convient d’ajouter que rélectrolyseur-unité peut absorber, sous sa forme actuelle, une puissance variable dans d’assez larges limites, suivant le régime de marche adopté ; que la tension aux électrodes, dans les conditions ordinaires, est d’environ 3 volts 1/2; qu’à puissance égale absorbée, son espace d’encombrement est notablement inférieur à celui des appareils dits à cloche et son prix de revient, bien en dessous de celui des appareils du type à mercure.
- BIBLIOGRAPHIE.
- Le Génie civil, du 2 5 novembre 1899, t. XXXVI, n° A, p. 54. Procédé Outhenin-Chalandre.
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- Chemiker-Zeilung, du 18 octobre 1899, t. XXIII, n° 83, p. 892. Procédé.
- Jahrhuch (1er Elcklrochcmie, 1 894, t. I, p. 211. Procédé.
- Chemical Trade Journal, du 20 janvier 1900, t. XXVI, n° 661, p. 38. Les usines électrochimiques.
- Dictionnaire de chimie de Wurtz, 2e supplément, t. I,
- BREVETS FRANÇAIS.
- N° 258145. Perfectionnements dans l’électrolyse des sels solubles en vue d’annuler les réactions secondaires produites, et, en particulier, d’obtenir le chlore pur dans l’élec-trolyse du chlorure de sodium.
- N° 286923, du 17 mars 1899. (Certificat d’addition le 22 juin 1899.) Société dite la Volta, société anonyme lyonnaise de l’industrie électrochimique. Perfectionnements apportés aux électrolyseuis pour le traitement des sels solubles et particulièrement des chlorures alcalins.
- BREVET ALLEMAND.
- N° 73964, du 26 août 1893. Appareil électrolytique.
- (1) Les renseignements concernant l'application du procédé OuLlienin et Chalandrc nous ont été gracieusement fournis par M. le professeur Ph. A. Guye, de l’Université de Genève.
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- N° 1 Ai6A3, du 2A mars 1899. Perfectionnements aux électrolyseurs.
- N° 1 oGoA3, du 2 1 août 1893. Nouvel appareil électrolyseur et son fonctionnement.
- Procédé Lesueur. — 11 se distingue :
- 10 Par la forme de sa cathode, qui est constituée par un anneau en fer, recouvert de plusieurs morceaux de toile de fer et perforé de façon à laisser passer l’hydrogène;
- 20 Par l’anode, qui se compose de charbons de cornue englobés dans du plomb;
- 3° Parle diaphragme, qui est formé d’une feuille de parchemin végétal, à laquelle on a ajouté une double feuille d’amiante; le tout a été collé au moyen d’albumine de sang coagulée;
- A0 Par la disposition générale de l’appareil, que Ton peut résumer comme suit :
- Sur le fond d’une cuve en fer est placée la cathode; sur cette cathode vient s’appuyer le diaphragme ; enfin, sur le diaphragme meme repose un vase poreux qui forme le compartiment de Tanode; celle-ci est ainsi placée au centre meme de la cuve.
- Un meme appareil contient, en général, un certain nombre d’électrolyseurs, huit à dix.
- LEGENDE.
- A. Vase poreux renversé formant Je compartiment de l’anode.
- B. Anode.
- C. Diapliragmc.
- D. Cuve en fer.
- A Tusine de Rumford-Falls, on précipite la soude contenue dans la dissolution par un courant d’acide carbonique, qui donne du carbonate acide de sodium ; celui-ci est ultérieurement transformé en carbonate par calcination.
- La précipitation ne se fait que lorsque le liquide contient 1 0 p. 100 d’alcali.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
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- Procédé Garmichael. — L’auge électrolytique est formée de deux compartiments U et L, séparés par un diaphragme D, incliné dans les deux sens, poreux et aussi mince que possible; l’anode G en platine ou en carbone est en U, à 65 millimètres environ du diaphragme.
- F%- 77-
- La cathode en fer B est inclinée en L et ondulée de façon que les gaz puissent s’en échapper facilement sans la polariser, et aussi près que possible du diaphragme; mais on peut, pour obtenir des ions très concentrés, augmenter un peu cet écartement des électrodes. Dans l’électrolyse du chlorure de sodium, le chlore dégagé en G, monte en U, la soude et l’hydrogène se dégagent au compartiment L, l’hydrogène s’en allant par h. Quant au diaphragme, il est constitué par un ciment hydraulique moulé et feutré d’amiante. Après un certain temps de marche, le chlore se réunit en GL, d’où il s’évacue par c, l, et dans le compartiment L en communication avec z3, se trouve la dissolution de soude caustique concentrée, qui se répand constamment au travers du diaphragme, dans la zone z3. La zone z2 est alimentée de chlorure de sodium par un tuyau percé de trous, de manière à maintenir la surface cle Tanode toujours en contact avec une dissolution fraîche. A mesure que cette dissolution s’écoule, la soude s’évacue de sorte cpie l’électrolyse fonctionne d’une façon continue.
- Le compartiment L est divisé par des cloisons F en cellules communiquant par les
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- trous a jusqu’en H. La dissolution de soude passe d’une cellule à l’autre, s’enrichissant méthodiquement et quitte ainsi l’appareil à son maximum de concentration.
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- N° 289060, du 20 mai 1899. Perfectionnements apportés à la construction des bacs d’appareils électrolytiques.
- N° 289062, du 20 mai 1899. Electrodes perfectionnées et leurs connexions pour appareils électrolytiques et autres appareils analogues.
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- N° 87676. Appareil électrolyseur.
- N° 112812. Appareil d’alimentation pour électrolyseurs ( 2 8 mai 1899).
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- N° 8061, du 2 4 avril 1894. Procédé et appareil d’électrolyse.
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- BREVET FRANÇAIS.
- N° 289061, du 20 mai 1899. Appareil perfectionné pour l’alimentation du liquide aux appareils électrolytiques et autres.
- Procédé Acker. — On fait usage d’un électrolyte, en fusion ignée, constitué par un alliage de plomb et d’un métal alcalin. On introduit de la vapeur qui abaisse le niveau de l’alliage fondu, et produit de l’alcali caustique et de Thydrogène, qui s’échappent tous deux rapidement dans une chambre supérieure. L’alcali y reste tandis que Thydrogène se dégage.
- La conductibilité du sel en fusion ignée, comparativement à celle de la saumure, que celle-ci soit chauffée ou non, est très grande, et, étant donnée l’absence d’eau dans le premier cas, il n’y a pas de réaction secondaire possible. De plus, la soude caustique s’obtient directement à l’état anhydre, prête pour l’emballage.
- Gb. XIV. — Cl. 87. — T. I. 16
- IMl-IUMEIUE NATIONALE
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
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- N° 107226, du 6 juillet 1898. Obtention d’alcali sans eau, au moyen de la vapeur.
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- N° 1/1269, du 28 juin 1898. Obtention des alcalis caustiques au moyen d’alliages de plomb et de métaux alcalins.
- Nos 169/17, 16935 et 16963, du 21 août 1899. Perfectionnements dans la fabrication de la soude caustique et du gaz halogène, et appareil correspondant.
- BREVET BELGE.
- N° 136593, du 3 juillet 1898. Perfectionnements dans la fabrication des alcalis caustiques au moyen d’alliages de plomb et de métaux alcalins.
- Procédé de «Oesterreichische Verein für chemische und metallurgische Production», à Aussig (Autriche). — Mettant à profit le fait du changement de concentration des liquides entourant les deux électrodes aussitôt que le courant passe, les ingénieurs de l’usine d’Aussig ont réussi à mettre en œuvre un procédé où l’on utilise la différence de densité des deux liquides de l’anode et de la cathode pour les séparer.
- « L’anode est formée de bâtons en charbon placés les uns à côté des autres à l’intérieur d’une cloche en grès, dont le bord inférieur se trouve à une profondeur suffisante au-dessous de l’anode. De chaque côté de la cloche on dispose une plaque de fer agissant comme cathode, réunie aux autres par une barre de cuivre placée hors du bain. Dans l’espace compris entre le bord inférieur de la cloche et l’extrémité inférieure de l’anode, et cela est d’une grande importance pour la réussite du procédé, il arrive que le liquide de l’anode surnage celui de la cathode. Ce dernier a une densité qui croît de haut en bas et atteint son maximum à l’entrée de la cloche et dans tout le reste de la région cathodique. Dans le cours ultérieur de 1 electrolyse, la surface de séparation se rapproche de l’anode qui reste libre de chlore et d’alcali. Pour éviter des attaques ultérieures on amène continuellement, à intervalles rapprochés, la solution saline concentrée à l’aide d’un tube placé dans la cloche.
- « La quantité de solution saline à amener se règle d’après la rapidité avec laquelle la
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- solution s’élève, rapidité variable avec l’intensité du courant. Si. Ton maintient la position de cette couche de séparation fixe, la solution alcaline s’écoule alors du bain par un trop-plein avec la même rapidité que celle avec laquelle la solution saline entre dans la cellule de l’anode. »
- La lessive alcaline est ensuite concentrée et on emploie à cet effet, de préférence, le vide. Les chlorures de potassium et de sodium, peu solubles dans les alcalis concentrés, se déposent tant et si bien qu’il n’en reste plus qu’une petite quantité qui ne saurait, d’ailleurs, nuire à l’emploi de l’alcali.
- :
- Fig. 78.
- Pour la potasse caustique on a même constaté qu’une solution à 5o p. 100 ne renferme plus que o.55 p. 100 de KC1 qu’on peut éliminer par concentration et cristallisation successives, soit à la température ordinaire, soit à 0 degré. Mais on peut aussi faire l’inverse en se basant sur ce que la potasse se sépare à l’état insoluble à une température située entre 35 et 60 degrés. A cet effet on évapore une lessive contenant 5o p. 100 de KHO et o.55 de KC1 jusqu’à ce que la potasse caustique commence à cristalliser, on sépare alors les cristaux dans l’intervalle de température de 35 à 60 degrés. Ce n’est qu’au-dessous de 35 degrés que le chlorure de potassium se met à cristalliser. On obtient de la sorte un produit qui renferme 7 0 p. 10 0 de KHO et seulement 0,073 p. 100 de KG1, ceq ui revient à dire qu’à 100 parties de KHO correspondent o.io4 de KG1, quantité qu’on ne peut séparer à l’heure actuelle qu’avec l’alcool.
- Dans le brevet de la Société autrichienne pour l’exploitation des produits chimiques et métallurgiques à Aussig-sur-TElbe, il est dit que l’appareil peut être modifié sur plu-
- 16.
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- sieurs points, sans qu’on donne d’ailleurs la moindre indication. 11 est probable qu’on aspire le chlore hors de la cloche de façon à y maintenir continuellement un vide aussi faible qu’il soit.
- Ce procédé semble fonctionner régulièrement à Aussig et la meilleure preuve qu’il est viable, c’est qu’au bout d’un an un grand nombre de bains ont été installés et ont fonctionné d’une manière si satisfaisante qu’avec une dépense de 6oo chevaux-heures, correspondant à 35o kilowatt, on a obtenu, en vingt-quatre heures, 3,ooo kilogrammes de potasse ou 3,333 kilogrammes de la solution courante à 90 p. 100 (ou 2,200 kilogrammes de soude correspondant à 2,300 kilogrammes de solution à 96 p. 100), et 2,000 kilogrammes de chlore 9), représentant 5,4 00 kilogrammes de chlorure de chaux avec une teneur de 35 à 36 p. 100 de chlore actif.
- D’après un article récent, des charbons anodiques auraient résisté pendant vingt-un à vingt-quatre mois. De plus, il ne serait pas nécessaire d’employer les charbons graphitiques si onéreux, des charbons à bougie ordinaires rendraient le meme service. Le procédé serait employé non seulement à Aussig, mais encore dans trois autres fabriques dont une à Bitterfeld. 2/1,000 cloches disposées par 2 5 dans un bain seraient actuellement en fonction.
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- Adolpii. Zeitschriftfür Elektrochemie, t. VII, p. 5 8,9 2 5. Dans ces recherches M. Adolph a donné une autre interprétation des réactions qui se passent dans le procédé a la cloche et il a, de plus, montré les avantages qu’il y avait à prendre des anodes de charbon au lieu de platine.
- Zeitschrift für Electrochemie, t. VII, 1901, p. 9 2 A et io38.
- Suivant M. II. Seibert, le prix de revient de 10,000 kilogrammes d’alcali caustique à 91 p. 100 et de i5,55o kilogrammes de chlorure de chaux obtenus par l’électrolyse des solutions aqueuses de
- chlorures alcalins, avec cathode en 1er, serait de /i,93o francs environ, avec un capital engagé de 925,000 francs. (Elelctrochemische Zeitschrift, 1901, t. VIII, p. 167.)
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- TABLEAU DES USINES e'lECTROLYTIQUES DU MONDE PRODUISANT ALCALI CAUSTIQUE
- ET PRODUITS CHLORE'S.
- NOMS. CAPITAL. ANNÉE DE MISE en ROUTE. LOCALITÉ Je L’USINE. PROCÉDÉ EMPLOYÉ. PUISSANCE en CHEVAUX. OBSERVATIONS.
- Compagnie de Saint-Gobain francs. I> 1897-98 FRANCE. Chauny Hargreavcs-Bird . . 100 (?) vap. A l’essai.
- Société des soddièbes ei.ectroi.y- 3,ooo,ooo 1897 Gavet-Clavaux (Isère). Hulin 5,ooo hyd. Usine arrêtée pour
- TIQUKS. SOC. INDUST. DES PRODUITS CHIMIQUES. a 1898 La Molte-Breuil (Oise). Elektron 2,000 hyd. non réussite. Marchera pourcarbure. Autrefois i,5oo chev1.
- Compagnie génébai.k d’élegtro- A,000,000 1898 Bozel ( Savoie ) Elektron 2,000 vap. En projet. Montée par
- CHIMIE. La VOLTA LYONNAISE II 11 Plombières (Moutiers). Outbenin-Cbalandrc 2,900 hyd. Complc* de Francfort et Bitterfeld. Ressource 20,000 P. Ressource 12,000 P.
- Electrociiemical C" 5,000,000 1894 ANGLETERRE. Saint-Helens (Lança- Richardson et Hol- 3,ooo vap. Arrêtée.
- Castner-Kellner Alkali C° 11 ,a5o,ooo 1895 shire). Weston Point (Run- land. Castner. 4,ooo vap.
- General Electiiolytic Parent C°.. II i895 corn). Farnwortli Hargreaves-Bird .. i5 vap. Installation d’essai.
- Electrolytic Alkali C" ia,5oo,ooo ‘899 Middlewich ( Che- Ilargreaves-Bird .. 3,5oo vap. En construction. C’est
- Salt Union (l 1898 sbire). Winsford. Greenwood ou gaz. a la précédente transformée. Arrêtée.
- Chem. Fabrik Elektron , A.-G 11,260,000 1889-93 ALLEMAGNE. Griesheim etBilterfeld ( Saxe). Bitterfeld Rbeinfelden Elektron 4,ooo vap.
- EleKTROÇHRMISCHE WfiRKE , BlTTER-FELD 3,750,000 1893-98 Elektron Elektron 2.500 vap. 3.500 hyd.
- Ciiemisciie Fabrik Buckau (r 11 Ammendorf Elektron
- CoNSOLIDIRTE AlKAI.1 WeRKE H II Westercgeln Elektron Il
- Badisciie Soda dnd Anii.tn Fabrik. 11 II Ludwigshafen Elektron a Licence de l’Eleiitron
- Deutsche Solvay Werke II Oslernienburg Castner-Kellner.. . 1,5oo vap. pour consommation personnelle.
- Vereinigte Chem. Fabrik 11 n Leopoldshall Spilker Loewe .. . 4oo vap.
- Saizbergwerk-Neustassfurt " ii Bitterfeld Aussig Il
- Société d’Électrochimie «Volta».. 1,000,000 1897 SUISSE. Chèvres (Genève) . .. Oulhcnin-Ghalandre CO 0 0 0 0 0 p- F'
- Société des usines de Moutiiey. ... 0 11 Mouthey (Valais). . .. Correns Procédé non breveté
- Elegtiio Bosnia, Jaicb // AUTRICHE. Jaice ( Bosnie ) Kellner 1,000 hyd. h diaphragme.
- Oesterreichisciien Verbin fur Che- « U Aussig-sur-PElbe (Bo- Il Il
- MISCUE UND METALLUllGISCHE PRODUCTION. Electrochemische Werke , Bitter- 1898 bême). RUSSIE. Zombkowice Elektron 1,200 vap.
- FELD (AkCYINB TûWaRZYSTRO «Elbktrvcznon». LuBIMOFF Solvay BT C° II 11 Lissitchansk Solvay et C‘” i,5oo vap.
- Gesei.lsciiaft Russki Elektron. . . . 7,/ia5,ooo " Slaviansk (Sud ) Elektron Il Achèvement entravé.
- Solvay et C‘° " 1900 BELGIQUE. Jemeppe-sur-Sambre . Solvay et C'° i,5oo vap.
- Cuem. Fabrik Elektron. A.-G 1899 ESPAGNE. Flix-sur-Ebre Elektron 2,000 hyd.
- Société anonyme Elettra del Bes- II n Barcena (près Saulan- Ou thenin-Chalandre 2,4oo liyd. En voie de constrli°“
- SAYA. Société Italienne d’électrochimie. A,ooo,ooo » der). ITALIE. Bussi | Outbenin-Cbalandre 2,800 hyd. montée par la Volta. Montée par la Volta.
- 1893 i897 ÉTATS-UNIS. Le Sueur 1,000 hyd. 2,000 hyd. Arrêtée.
- Matiiieson Alkali C° If Niagara Falls Castner-Kellner...
- Cumberland Paper Mills (Mich.). Niagara Falls Carmichael Il
- Ackkf. Chemical C° U ‘899 Acker 3,200 hyd. En montage.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- HYPOCHLORITE DE SODIUM.
- Les hypochlorites s’obtiennent encore, pour la plus grande partie, par les anciens procédés. Toutefois, dans l’industrie du blanchiment on n’employait en général que le chlorure de chaux obtenu par l’action directe du chlore sur l’hydrate de chaux, la préparation des hypochlorites alcalins par double décomposition paraissant trop onéreuse. Mais comme on a constaté que l’hypochlorite de soude est un meilleur agent de blanchiment que le chlorure de chaux9), beaucoup d’usines ont installé des appareils d’élec-trolyse du chlorure de sodium dans le but de préparer directement l’hypochlorite de soude.
- Les premiers procédés imaginés sont dus à Hermite ; ils ont été introduits dans certaines usines où ils ont donné d’assez bons rendements. Nous ne croyons pas devoir revenir sur les appareils préconisés par M. Hermite, leur description se trouvant tout au long dans le deuxième supplément du Dictionnaire de Wurtz, t. II, p. 43 1, article « Electrochimie n.
- D’autres dispositifs ont été imaginés depuis et si certains d’entre eux ont été brevetés, beaucoup d’autres sont tenus secrets et sont d’un usage courant dans les usines de blanchiment de tissus ou de pâtes à papier (Cheddes, Thaon).
- Parmi les appareils brevetés nous citerons ceux de Haas et OetteU2), de Idaas(3), de Seltzer^, de Vogelsang(5), de Schoop ^ et de Seltzer^, mais il semble que seul l’élec-trolyseur de Kellner soit entré dans la pratique. Cet électrolyseur a d’ailleurs figuré à l’Exposition dans la Classe des appareils destinés à la teinture, à l’impression et au blanchiment. Nous en donnons la description telle quelle figure dans l’article que lui a consacré M. Hâussermann(8).
- La préparation électrolytique de l’hypochlorite de soude à l’aide d’une solution de sel repose sur l’action de la soude caustique à froid sur le chlore et résulte de ce que la soude, formée à la cathode, se diffuse dans le liquide et se rend à l’anode où se dégage le chlore.
- aNaOH + aCl = NaOCl + NaCl + H20.
- La partie essentielle de l’électrolyseur de Kellner, qui, dans la figure 79, est représenté à moitié ouvert, dans la figure 80 vu de côté et dans la figure 81 vu par dessus, est un récipient prismatique en grès. Ce récipient possède en « et b deux ressauts
- (1) Cette supériorité des liqueurs de blanchiment obtenues par l’électrolyse directe du chlorure de sodium est due, selon M. Foerster : i° à ce que ces liqueurs renferment de notables quantités d’acide hypochloreux libre et, par suite, pas d’excès d’alcali libre ; 9° à la plus grande facilité avec laquelle on enlève, par lavage, les sels de soude; 3° aux inconvénients que présente l’élimination des grandes quantités d’eaux résiduaires provenant de l’emploi du chlorure de chaux.
- (a) D. R. P., n° 101296. (Zeitschriftfiir Elehtro-chemie, t. VII, p. 390; Moniteur scientifique, juin 1901.)
- <3> D. R. P., n° io5o54.
- <4> D. R. P., n° iii574.
- (5) Die chem. lnd., 1899, p. 265.
- W D. R. P. (Sch.), n° 1/1989. Kl. 12. m D. R. P. (St.), n° 58ig. Kl. 12.
- (8) Dingler’s polyt. Journ., 1900, t. CCCXV, fasc. 3o.
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
- 2/i 7
- destinés à le tenir suspendu; deux tuyaux cylindriques e et f, a la partie inférieure, amènent la solution saline qui s’écoule ensuite par deux trop-pleins c et d formant angle droit.
- On peut y disposer, en outre, un plus ou moins grand nombre d’électrodes.
- ____\Q.
- HqdQbopQ
- i
- (3)
- Fig. 79, 8o, 8i
- Les deux électrodes extrêmes par où arrive et par où sort le courant sont formées d’un tissu de fils de platine iridié ; toutes les autres (îo ou 20, suivant la grandeur et la capacité de l’électrolyseur) sont formées de feuilles de verre enveloppées sur leurs deux faces de fils de platine. Chacune de ces lames est encastrée dans les échancrures que Ton aperçoit sur les côtés du récipient et est maintenue par des caoutchoucs W.
- Les intervalles étroits formés par les lames sont remplis par la solution saline qu’amènent les tuyaux e et f et, comme aucune des lames n’est réunie métalliquement aux autres, ces intervalles sont'autant de bains placés les uns à côté des autres avec des électrodes à double pôle.
- Aussitôt qu’à Tune des électrodes extrêmes se produit une différence de tension, il naît un courant dans toute la série des bains, chaque armature métallique possédant un pôle positif sur une de ses faces et un pôle négatif sur la face opposée.
- w D. R. P., n° io4M3.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
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- Cette disposition permet de placer dans un très petit espace un très grand nombre de bains et supprime en même temps les commutateurs nécessaires pour lancer le courant dans des bains séparés et en aussi grand nombre.
- Pour Télectrolyseur de Kellner, un voltage de 5 volts par bain est la tension la plus convenable; dans l’appareil à îo bains il faudra 5o volts, et à 20 bains, 100 volts.
- Lorsqu’on traite une solution renfermant 110 kilogrammes de sel par mètre cube avec un appareil de dimensions ordinaires, il faut 120 ampères pour une température comprise entre 15 et 20 degrés.
- Pour empêcher la température du liquide de s’élever trop et trop vite, il faut refroidir énergiquement pendant toute la durée de Télectrolyse. Dans ce but on met en mouvement la pompe centrifuge g dès le commencement de l’opération. La solution froide aspirée en h passe par e et f dans Télectrolyseur, déplace la solution qui s’y trouve et s’écoule à son tour, comme celle quelle a déplacée, par c et cl pour se rassembler dans le réservoir h. Dans ce dernier se trouve un serpentin traversé par un courant d’eau froide et la solution s’y refroidit avant de retourner à Télectrolyseur.
- On entretient la circulation jusqu’à ce que Ton ait obtenu la liqueur convenable pour le blanchiment ; pour la recueillir, on ouvre alors le robinet à trois voies i.
- Grâce au refroidissement, non seulement la transformation de Thypochlorite en chlorate ne se produit pas, mais la régénération, à la cathode, de Thypochlorite en chlorure est entravée. Sans doute, même à une température relativement basse, l’hydrogène cathodique exerce une action réductrice sur Thypochlorite ; mais la forte densité du courant qui est assurée par la petite surface de la cathode, a pour effet de déterminer le dégagement de l’hydrogène sous la forme de bulles, avant qu’il n’arrive à être mélangé avec Thypochlorite 9). Si la solution saline renferme, comme c’est le cas général, de la chaux à l’état de sulfate, la cathode se recouvre d’une couche de chaux qui gène le passage du courant. Il est alors indiqué de changer le sens du courant et de transformer ainsi la chaux en hypochlorite et en chlorate solubles. Dans Télectrolyseur Kellner ce changement s’exécute sans difficulté, car les deux électrodes sont en platine iridié. Aussitôt après la mise en marche de l’appareil il se produit à Tanode un dégagement de chlore très faible et, dès qu’une certaine quantité d’alcali s’est diffusée, à la place de chlore se dégagent de petites bulles d’oxygène. Comme Thypochlorite est oxydé en chlorate par Toxygène anodique, il faut une grande densité de courant à Tanode.
- Tous ces faits établissent qu’au fur et à mesure que la liqueur s’enrichit en chlore, la fraction du courant utilisée pour la production d’hypochlorite s’abaisse, de sorte qu’avec une teneur en chlore actif de 2 5 grammes par litre, on arrive à un état d’équilibre au delà duquel la liqueur ne s’enrichit plus en hypochlorite
- Voir les travaux de F. Foerster: Die chemische Industrie, 1899, p. 5ot, 584; Sieverls, Zeitchrift fiir Electrochemie, 6e année, p. 364, 374; Lorenz et VVerlin, ibidem, p. 389, 4io, 4ig, 445, 461, sur les phénomènes qui se passent dans ld prépara-
- tion des liqueurs de blanchiment par voie électrolytique.
- (2) L’hypochlorite de soude est aussi un électrolyte et sous l’action du courant il fournit des produits de décomposition.
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- Ce n’est pas là une cause de défaveur pour l’emploi de cette solution dans le blanchiment, car la plupart des liqueurs usitées ne renferment que 1 à 5 grammes de chlore actif par litre. En revanche ces solutions faiblement concentrées qui, comme toutes les liqueurs de ce genre, ont une tendance à se décomposer spontanément, ne peuvent être expédiées. Aussi les usines de blanchiment fabriquent et doivent elles-mêmes préparer les solutions dont elles ont besoin.
- Comme avantages particuliers la solution obtenue présente une parfaite neutralité et un haut pouvoir décolorant. Quant au prix de revient il suffit de savoir que 5oo chevaux-heure (21 chevaux x 2 4 heures) fournissent 3o kilogrammes de chlore actif correspondant à 100 kilogrammes de chlorure de chaux (1k
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- Engelhardt. Appareils Haas et Oettel pour blanchiment électrolytique, Zeitschrift für Electroch., t. VII, p. 31 5 ; Moniteur scientifique, juin 1901.
- Oettel. Zeitschrift für Electroch., t. VII, p. 44 9.
- Brochet. Revue de Physique et Chimie, 1901 ; Eclairage électrique, t. LIV, p. 101.
- CHLORATES.
- Avant d’aborder l’industrie des chlorates par voie électrolytique, et bien que celle par les autres procédés se soit décidée, dans une certaine mesure, à s’effacer devant l’économie réelle résultant de l’emploi des chutes d’eau comme source d’énergie, nous croyons néanmoins devoir signaler les améliorations qui ont été introduites par certaines maisons françaises dans cette fabrication par les anciens procédés.
- A Salindres, à l’ancienne société A.-R. Pechiney et C,e, on utilise le procédé breveté par la maison, qui consiste à concentrer préalablement la liqueur ordinaire de chlorate de chaux brut (mélange de 5 équivalents de chlorure de calcium avec l’équivalent de chlorate de chaux), et à en laisser cristalliser par refroidissement une partie du chlorure de calcium qui est ensuite séparée de son eau mère par turbinage ou autres moyens analogues. Cette eau mère qu’on appelle le chlorate de chaux concentré ne contient plus que 1 à 1 1/2 équivalents de chlorure de calcium pour 1 de chlorate de chaux.
- C’est elle qui est le point de départ de la fabrication du chlorate de soude et du chlorate de baryte. Pour faire le chlorate de soude, on additionne le chlorate de chaux concentré d’une dissolution saturée et chaude de sulfate de soude. Toute la chaux est précipitée à l’état de sulfate; on filtre, on lave, et le liquide évaporé laisse déposer du sel marin qu’on pêche au fur et à mesure de son dépôt; puis la solution s’étant de plus en plus concenté en chlorate de soude, est mis à cristalliser. Les cristaux ne contiennent que très peu de sel marin ; une seule recristallisation suffit pour les rendre à peu près chimiquement purs, tels qu’ils sont livrés au commerce.
- (1) Avec un bon refroidissement on oblient, avec l’éiectrolyseur de Keilner, un effet utile de 5o p. 100 du courant mis en action.
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- Le chlorate de baryte est obtenu en dissolvant à chaud dans le chlorate de chaux concentré une quantité convenable de chlorure de baryum. Ce liquide abandonné au refroidissement laisse cristalliser la presque totalité du chlorate de baryte, qu’une seconde cristallisation met à l’état de pureté à peu près complète.
- CHLORATES ET PERCHLORATES PRÉPARÉS PAR VOIE ÉLECTROXYTIQUE.
- Presque tous les chlorates et perchlorates employés dans l’industrie des allumettes, en pyrotechnie, en médecine et dans les fabriques de matières colorantes ( alizarinc, noir d’aniline), sont actuellement préparés par électrolyse. La consommation annuelle, dans le monde entier, atteint pour le moment 10,000 tonnes de chlorate de potasse et 1,000 tonnes de chlorate de soude. Ce dernier sel est spécialement employé dans les fabriques de colorants artificiels.
- L’industrie des chlorates par voie électrolytique est due à MM. Gall et Montlaur, qui, dès i88q, ont réussi à préparer ce sel d’abord dans leur usine d’essai de Villers-sur-Hermes, puis plus en grand dans les établissements de Vallorbes, en Suisse, et de Saint-Michel, en Savoie.
- Les procédés primitifs 9) ont sans doute été perfectionnés depuis1 (2), car les chlorates sont fabriqués par plusieurs autres maisons, parmi lesquelles il faut placer en première ligne la Société Corbin et Cie, qui à elle seule produit annuellement 4,500 tonnes de ces sels(3).
- Quand on soumet à l’électrolyse une solution de chlorure de potassium, on obtient en général un faible rendement en chlorate, par suite de la réduction d’une partie de l’hypo-chlorite formé par l’hydrogène cathodique, avant qu’il n’ait pu passer à l’état de chlorate plus stable.
- Si l’on prend en considération l’action de la chaleur et si, d’autre part, on tient compte de ce fait que par suite de l’élévation de la température, la transformation de l’hypochlorite est toujours accompagnée d’un dégagement d’oxygène, on peut exprimer les réactions par les formules suivantes :
- 3KOC1 = KCIO3 + 2KC1. aKOCl = 2KC1 + O2.
- Dans la préparation électrolytique du chlorate, on travaille avec une densité de courant si forte que l’on atteint sans chauffer la température de 60 degrés, très favorable. On ajoute aussi au liquide du bain de l’alcali libre ou carbonaté, ou un alcalino-terreux, et ainsi on peut augmenter la quantité produite II se forme alors à l’anode un dégagement sensible d’ozone, tandis qu’il se produit de l’hydrogène à la cathode, qui peut
- (1) Dictionnaire de Wurlz, ae supplément, t. II, (3) Voir la liste des établissements fabriquant chlo-
- article « Électrochimie r>. rates et hypochlorites, à la fin de cet article.
- (2) Zeitschrift fur Electrochemie, 6e année, w L’addition d’alumine semble agir dans le même
- p. 4-72. sens. D. R. P., n° noAao.
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- réduire le chlorate tout aussi bien que Thypochlorite. D’après les observations de Muller l’action réductrice de l’hydrogène est minimum quand on ajoute à la solution du chlorure un peu de bichromate de potasse. Dans ces conditions le bichromate sert de véhicule à l’oxygène et agit indirectement en fixant l’hyclrogène, de sorte qu’il augmente la production de chlorate sans paraître se modifier.
- D’après M. Ch. Girard, on arrive à un résultat encore meilleur en ajoutant au bain à électrolyser une certaine quantité de chromate ou de bichromate de lithium, par exemple 8 à 12 grammes par litre, le courant électrique, la surface des anodes et toutes les autres conditions employées sans l’addition de ce sel restant les mêmes. On obtient également de bons rendements en employant la lithine sous forme caustique ou de-chlorure.
- Cette addition de lithine favorise même le rendement de chlorates alcalino-terreux, quand on électrolyse les chlorures de calcium, de baryum, de strontium, de magnésium, etc. En ajoutant 8 à îo p. îoode lithine à ces chlorures on obtient un rendement presque théorique.
- Dans les solutions alcalines (potasse et soude) la lithine peut se régénérer des eaux mères à l’état de carbonate de lithine qui est peu soluble.
- Dans les autres solutions, le chlorate de lithine étant un sel très déliquescent, peut être séparé des autres chlorates par cristallisation.
- 11 semble, en outre, qu’en présence de la lithine, le platine ne s’attaque pas(2).
- Quel que soit le sel ajouté au chlorure à électrolyser, aussitôt que la teneur en chlorate qu’il est possible d’obtenir est atteinte, on arrête et on laisse refroidir. Le chlorate de potasse, peu soluble, se sépare de beau mère qui contient encore du chlorure non transformé qui peut resservir. On le recueille et on le purifie par une nouvelle cristallisation. Au contraire, quand on prépare le chlorate de sodium, on obtient une liqueur d’où on extrait par évaporation le chlorure non transformé, tandis que le chlorate, beaucoup plus soluble, reste dans la liqueur. On le concentre fortement pour le faire cristalliser.
- Comme point de comparaison entre l’énergie consommée et le chlorate produit,-remarquons que pour î kilogramme de chlorate il faut 2 h chevaux-heures. En utilisant les améliorations introduites par Muller, il semble que l’on puisse obtenir le même rendement avec 12 chevaux-heure, de sorte que la production serait doublée. Il n’y a donc plus aucun doute sur le sort qui est réservé à l’ancien procédé, et un grand avenir est réservé au procédé électrolytique ^3).
- Naturellement cette nouvelle industrie n’a pris et ne peut prendre racine que dans les pays où l’on dispose de grandes chutes d’eau, comme en Suisse, dans le Sud et le Sud-Est de la France, en Suède, en Norvège et aux Etats-Unis.
- W Zeitschr. fur Eleclroch., t. V, Iahrg., p. 46g, et t. VII, p. 88g. — Eclairage électrique, t. XXVII, p. 38a. — Voir aussi Brochet, Comptes rendus de VAcadémie des sciences, t. CXXX, igoo, p. 134 et 718.
- (2) Brevet français de l’année igoo.
- (3) Il n’est pas sans intérêt de faire remarquer que depuis l’introduction des procédés électrolytiques, le prix du chlorate de potasse est tombé de 1 fr. 35 à 0 fr. 80 le kilogramme. Dans ces conditions la fabrication de ce sel par l’ancienne méthode ne peut plus être rémunératrice.
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- En ce qui concerne les perchlorates, ils peuvent être préparés en poussant l’oxydation électrolytique des chlorates plus loin ; toutefois on ignore encore quelles sont les conditions les plus favorables pour les obtenir. Suivant M. Cb. Girard (voir brevet déjà mentionné), l’addition d’une petite quantité de lithine, de cbromate ou de bichromate de lithine à l’électrolyte, chlorate de potassium, favoriserait également la formation des perchlorates. Il en est de même pour la préparation des perchlorates de calcium, baryum, strontium, magnésium. Il suffit d’ajouter au bain 8 à îo p. îoo de lithine pour obtenir une transformation totale des chlorates en perchlorates.
- Les perchlorates cèdent leur oxygène moins facilement que les chlorates et sont principalement employés en pyrotechnie, au lieu et place des chlorates, car ils sont moins sensibles au choc et au frottement et, par suite, moins dangereux.
- Ils présentent encore un autre intérêt à cause de leur forte teneur en oxygène. Ainsi le perchlorate de potassium contient en poids A6 p. îoo d’oxygène, ceux de sodium et d’ammonium, respectivement 5a et 5A p. îoo.
- BIBLIOGRAPHIE.
- (F. Winteler. Sur la formation des perchlorates par l’électrolyse. Zeitschr. fïir Elec-trochem., t. VII, p. 635; Eclairage électrique, t. XXVIII, p. 1A6.)
- PERCHLORATE D’AMMONIAQUE.
- D’après un brevet de M. Miolati [D. R. P., n° 11 a683 (î 899)], on obtient ce corps de la façon suivante : 5 5 parties de chlorure de calcium étendu d’eau sont transformées par voie électrochimique en perchlorate de calcium Ca(C104)2, la solution est ensuite concentrée par évaporation et additionnée d’une liqueur saturée à chaud de 5 A parties de chlorhydrate d’ammoniaque. On refroidit et on recueille le perchlorate d’ammoniaque qui s’est précipité ; on chauffe les eaux mères avec de la chaux pour éliminer Tammo-* niaque restante et la solution de chlorure de calcium rentre de nouveau dans la fabrication. Au lieu de chlorure de calcium on peut aussi employer du chlorure de magnésium.
- TABLEAU DES USINES e'lECTROLYTIQUES DECOMPOSANT LES CHLORURES ALCALINS POUR L’OBTENTION DE CHLORATES OU D’HYPOCIILORITES M.
- N 0 M S. CAPITAL. ANNÉE DE MISE en hoütë. LOCALITÉ de L’DSINE. PROCÉDÉ EMPLOYÉ. PRODUITS. PUISSANCE en CHEVAUX.
- Société d’électrochimik Corbin ET C1"0 CoRBIN ET Cio francs. 1890 1897 FRANCE. Sainl-Michel (Savoie). Lancey (Isère) Cheddc (IIlo-Savoie).. Gall et Monllaur.. Corbin Corbin Chlorates H y [>ocb lori les . Chlorates A,ooo hydraul. la,000 hydraul. ia,ooo hydraul.
- Extrait du Chemical Trade Journal, t. 26, n° 661, du 20.1.1900, p. 38.
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- NOMS. CAPITAL. ANNÉE DEMISE en ROUTE. LOCALITÉ de L’USINE. PROCÉDÉ EMPLOYÉ. PRODUITS. PUISSANCE en CHEVAUX.
- Wenlock Electrolïtic C° francs. 3,000,000 1898 » ANGLETERRE. Little Wenlock Il Chlorates de so- 2,000 •vapeur.
- Société d'électiiocuimib SUISSE. Vaüorbcs | Gall et Monllaur.. dium. | Chlorates 3,ooo hydraul.
- Consortium pur klektrociiemisciie 7,5oo,ooo 189G AUTRICHE. Golling-Hallein Castncr-Kcllner... Blanchiment.. /i,5oo hydraul.
- Industriel Kellner Partington Paper Pulp C°. SuPERPHOSPHAT A.-C° II SUÈDE ET NORWÈGE. Sarpsborg Mansboc Kellner Carlscn Pà te h papier.. Chlorates 5,ooo hydraul. 3,ooo hydraul.
- Chemical Construction C° II i89G ÉTATS-UNIS. Niagara Falls Blumenbcrg Chlorates 5oo hydraul.
- National Electrolytic C° 1/ 00 O CO Niagara Falls Franchot et Gibbs. Chlorates 1,100 hydraul.
- Nortii American Chemical C° 3, 1 30,000 1897 Bay-City (Midi.) Hurtcr Chlorates i,5oo vapeurs.
- AZOTITE DE SOUDE.
- Ce sel, d’un usage très limité avant les découvertes de Griess, est actuellement l’objet d’une très grande consommation de la part des usines de matières colorantes azoïques. On le produit depuis longtemps et nous croyons qu’on le fabrique toujours ainsi, en faisant agir, dans des chaudières spéciales, du plomb sur de l’azotate de soude à une température déterminée. La masse est soumise au lavage et les eaux mises à cristalliser.
- L’économie du procédé réside dans le rendement en azotite en partant de l’azotate (M. Thibault obtiendrait un rendement de g3 à gâ p. 100 avec une alcalinité presque nulle), ainsi que dans la manière de traiter ultérieurement Toxyde de plomb pour en obtenir de la litharge exempte de plomb métallique.
- Lorsqu’on introduit le plomb dans le nitrate en fusion, tout ce plomb ne s’oxyde pas. On peut évaluer à i5 p. 100 la quantité non oxydée contenue dans la litharge. Cette dernière partie va de l’impalpabilité à la grosseur d’une tête d’épingle.
- En Allemagne, pour séparer le plomb de la litharge, on se sert généralement de moulins à meules horizontales, avec des bacs qui reçoivent Peau de lévigation; mais, outre le gâchis produit par cet appareil, les meules doivent être souvent retaillées et s’usent rapidement.
- M. Thibault a inventé un appareil qui lui a donné les meilleurs résultats en lui permettant de séparer complètement de la litharge le plomb non oxydé et d’enlever les dernières traces de soude.
- D’autres procédés ont été brevetés, mais nous ignorons s’ils ont eu la sanction de l’expérience.
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- Celui cle MM. de Beclii et Antoine Thibault (brevet français n° 368185) consiste en principe à opérer la réduction du nitrate de soude par des gaz renfermant de l’oxyde de carbone, tels que des gaz de gazogène, de haut fourneau, etc. Cette réduction s’opère en présence de chaux vive ou hydratée, qui retient l’acide carbonique formé dans la réaction. La réaction peut être exprimée par l’équation suivante :
- Az03Na + CO + CaO = CaCO3 + Az02Na.
- En reprenant donc par l’eau le produit de la réaction, on n’introduit dans la solution que le nitrite (avec un peu de chaux hydratée) qui a pris naissance et le nitrate non entré en réaction. *
- Ce procédé, simple en apparence, ne doit guère présenter d’économie sur celui connu de longue date, étant donnée la valeur marchande des sous-produits. Nous avons cru, néanmoins, devoir le signaler comme un effort fait par les auteurs pour essayer d’améliorer une industrie nouvelle en France.
- La Nitrit Fabrik Goldschmidt und Co, à Cœpernick près Berlin, a breveté, de son côté, une méthode consistant à chauffer de l’azotate de soude avec du coke et obtient du for-miate et de l’azotite de soude.
- CARBONATE DE SOUDE.
- L’industrie de la soude à l’ammoniaque, si elle continue à se développer et à évincer graduellement celle de la soude Leblanc, n’a cependant pas donné lieu à des améliorations profondes pendant ces dernières années et est restée en quelque sorte stationnaire. Chaque usine se borne à perfectionner son outillage dans le but : i° d’augmenter sa production par unité d’appareils ; 20 de tirer le meilleur parti du combustible employé, de façon à en réduire la consommation; 3° d’assurer, autant que possible, l’étanchéité des différents organes de la fabrication, de manière à diminuer les pertes d’ammoniaque et les amener à un minimum par tonne de carbonate de soude produit; 4° d’éliminer, dans la mesure où la matière s’y prête, les insolubles de façon à produire un carbonate aussi pur que possible.
- Etant donné, d’une part, le prix relativement bas (100 francs) auquel se vend actuellement la tonne de soude à 97-98 p. 100, et, d’autre part, les dimensions parfois colossales des appareils qu’il faut manœuvrer, il n’est pas toujours facile de réaliser toutes les conditions requises pour arriver à fabriquer le produit final au prix de revient minimum que l’industriel rêve ou entrevoit.
- Toutes les réactions sur lesquelles reposent cette fabrication sont devenues classiques et si on ne connaît pas dans tous leurs détails les divers appareils qui sont employés, l’ensemble des organes de la fabrication a été révélé par les multiples brevets qui ont été pris successivement depuis que MM. Solvay ont élevé la préparation de la soude, par le procédé à l’ammoniaque au rang d’une grande industrie.
- Comme certains appareils nouveaux ou perfectionnés faisant partie du cycle d’organes
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- usités dans cette industrie ont figuré à l’Exposition, soit sous la forme de modèle en petit, soit sous les dimensions adoptées dans l’industrie, nous croyons devoir les signaler et esquisser, en quelques mots, le schéma de la fabrication de la soude à l’ammoniaque.
- Cette fabrication comprend la série des opérations suivantes :
- 10 Préparation de la solution saturée de sel. — A moins de se trouver au bord de la mer, où Ton peut se procurer le sel en nature à très bon marché, il est plus économique, pour les fabricants de soude, de tirer leur saumure directement du sol au moyen de puits de sondage. Des pompes puissantes amènent alors l’eau salée jusque dans l’usine même.
- Mais les saumures ainsi obtenues renferment toujours plus ou moins de sulfate de chaux et de sels de magnésie, dont la présence a pour effet d’introduire des insolubles dans le carbonate de soude. Différentes méthodes sont employées pour éliminer, dans la mesure du possible, ces sels étrangers, et elles varient suivant les étabbssements. Une des dernières en date est celle que nous avons signalée à propos de la purification du sel, et qui consiste à électrolyser les saumures. Nous renvoyons le lecteur au paragraphe k Chlorure de sodium n pour les détails.
- 2° Les eaux salées, qui renferment de 265 à 270 kilogrammes de chlorure de sodium par mètre cube, suivant la température (exactement 2 64 kilogrammes à i5 degrés), reçoivent ensuite l’ammoniaque provenant des colonnes à distillation, de même que les gaz s’échappant des carbonateurs, gaz qui renferment également de petites quantités d’ammoniaque ainsi que de l’acide carbonique non entré en réaction.
- L’opération se fait dans des absorbeurs et s’arrête quand la saumure contient de 60 à 70 grammes d’ammoniaque gazeuse, AzH3, par litre. Suivant Schreib, les meilleures conditions sont celles ou la solution renferme 6 5 grammes d’ammoniaque et 2 7 0 grammes de chlorure de sodium. Avant d’être introduite dans les carbonateurs, la saumure est refroidie dans des serpentins de forme spéciale.
- 3° Production de l’acide carbonique. — Cet acide s’obtient au moyen des fours à chaux dont les dispositions varient encore avec les usines et dans lesquels on calcine, soit un mélange de calcaire et de coke, soit un mélange de calcaire et de houille.
- Les gaz sortant de ces fours renferment, en général, de 3o 532 p. 100 d’acide carbonique, de l’azote, des petites quantités d’acide sulfureux et des poussières entraînées. On est donc obligé de les laver en les faisant barboter à travers des colonnes à diaphragmes percés de trous, dans lesquelles ruisselle de l’eau froide.
- Indépendamment de cet acide, l’usine en produit encore du pur qui provient de la calcination du bicarbonate de soude formé dans le cours des opérations.
- Comme nous le verrons dans la suite, la chaux des fours à chaux trouve également son emploi, car elle sert à la décomposition du chlorhydrate d’ammoniaque qui prend naissance dans la carbonatation de la saumure ;
- 4° Carbonatation. — La saumure ammoniacale, préalablement refroidie et débar-
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- rassée des insolubles, est ensuite introduite dans les carbonateurs où elle subit l’action de l’acide carbonique. Il se forme, dans ces conditions, d’abord du bicarbonate d’ammoniaque qui donne, par double décomposition avec le sel, du chlorhydrate d’ammoniaque et du bicarbonate de soude qui se précipite.
- AzH3H20 + CO2 = C03AzH5 ou CO
- ,OH
- \)AzH4
- /OH /OH
- CO/ + NaCl = CO< + AzH4Cl.
- ^OAzH4
- ' ^ONa
- Pour réaliser l’absorption du gaz carbonique, il a été proposé de nombreux appareils ; les uns constitués par des cylindres horizontaux munis d’agitateurs mécaniques produisant un contact intime entre le gaz et les liquides, et dans lesquels l’acide carbonique se trouvait à la pression atmosphérique; les autres qui, seuls sont employés avec avantage, produisent l’agitation par barbotage du gaz dans les colonnes verticales renfermant la saumure ammoniacale, ce gaz étant refoulé par des pompes sous une pression de 2 à 3 atmosphères.
- La réaction de GO2 sur l’eau salée ammoniacale est exothermique, de sorte que si l’appareil au sein duquel elle s’effectue n’était pas refroidi, cette réaction ne tarderait pas à s’arrêter, limitée quelle serait par la réaction inverse. On assure généralement ce refroidissement en faisant ruisseler de l’eau froide le long des colonnes à carbonatation.
- Certaines usines comprimaient le gaz à 6 ou y atmosphères, dans l’espoir que l’absorption serait plus complète. L’une d’elles a même opéré de la sorte, dans l’unique but d’utiliser la détente du gaz pour amener une réfrigération plus complète de la saumure et de contrebalancer la réaction exothermique provenant du fait de l’acide carbonique sur beau salée ammoniacale.
- Nous avons vu que la source d’acide carbonique résidait dans l’emploi des gaz des fours à chaux et dans ceux beaucoup plus riches, presque purs, provenant de la calcination du bicarbonate de soude.
- Le fait d’avoir deux sortes de gaz a conduit des ingénieurs à les employer séparément et à faire agir, en particulier, le gaz pur sur les saumures ammoniacales qui auront déjà subi l’action des gaz impurs et qui, par suite de la disparition de l’ammoniaque caustique, auront perdu la faculté d’absorber des gaz faibles. Il paraissait donc logique de faire barboter les gaz à 3o p. îoo dans les saumures ammoniacales vierges et de terminer la réaction par les gaz riches provenant des calcinateurs. •
- Ces considérations ont conduit l’un d’eux, M. Foulieron, ingénieur de la soudière la Madeleine, près de Nancy, à composer un carbonateur de plusieurs colonnes montées en cascade parcouru par le liquide ammoniacal de la plus haute à la plus basse.
- Pour augmenter les surfaces de contact entre les liquides et les gaz, il a introduit dans l’intérieur des colonnes une série de cônes et de tores à section en forme de V renversé, disposés de façon que chacun sert de cloche aux gaz échappés du bord de celui qui est directement au-dessous. Les flèches de la figure 8 2 ci-contre montrent le chemin
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- Vers 2e laveur
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- r
- Co2des fours è chaux
- Entrée déau salée dans la g* colonne 2elaveur \
- Entrée d'eau salée Entrée d'eau salée.
- Saumures
- Entrée d'eau saléedans lagde colonne*
- Co2 des fours à chaux
- Gn. XIV. - Cl. 87. — T. I.
- ÎMMUMLIUE NATIONALE.
- ~Go2 des foùrs aShaiïx _
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- parcouru par les gaz, tandis que les figures 80 et 81 donnent une coupe verticale de l’ensemble du système. Comme on le voit, l’appareil complet se compose de trois colonnes A, B, C, une grande, une moyenne et une petite. Elles communiquent par la partie inférieure chacune avec sa voisine, mais, en marche, cette connexion est fermée par un robinet
- (%. 83).
- Entrées de Co1 des fours à chaux
- Saumures et liquides chargés en Na Hco3. Eau salée de lavage.
- Co2 riche.
- Co2 des fours à chaux
- Mélange des gaz de fours et des calci -nateurs se rendant au lavage.
- Fig. 8l.
- Les saumures vierges entrent dans la grande colonne juscpta un niveau indiqué par des glaces, et le gaz des fours à chaux y pénètre par le bas. Quant aux gaz des calculateurs , ils pénètrent dans la petite colonne et de là vont barboter dans la moyenne qui,
- au point de vue de CO2, est montée en série avec la petite. Les gaz épuisés sortant de la moyenne et de la grande colonne étant naturellement chargés d’ammoniaque, sont lavés dans un appareil qui reçoit de l’eau salée vierge.
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- ,7-
- Fig. 83.
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- Lorsque la réaction est terminée dans la petite colonne, il suffit d’ouvrir le robinet qui se trouve à la base pour que le liquide, chassé par la pression du gaz, se rende dans un réservoir spécial muni d’agitateurs, en attendant sa venue sur des filtres séparateurs du bicarbonate.
- Cette vidange de la petite colonne une fois effectuée, il suffit d’établir la communication avec la colonne moyenne, dont le liquide pénètre alors dans la petite, et, pour remplir la moyenne, on la mettra en communication avec la grande colonne. Les figures suivantes donnent une idée d’ensemble des appareils, ainsi que la marche des gaz et des liquides.
- Un modèle en bronze de ces carbonateurs, offert gracieusement à l’Institut chimique de Nancy,par la Société Marcheville, Daguin et C10, a figuré à l’exposition centen-nale de la Classe 87. Il est la reproduction fidèle des appareils qui fonctionnent à la soudière la Madeleine, près de Nancy.
- Filtration. — Le bicarbonate formé est recueilli soit sur des filtres à vide, soit dans tout autre appareil permettant de le débarrasser des eaux mères dont il est imprégné. Ces derniers peuvent être ronds, carrés ou rectangulaires.
- M. Bradburne, dans une relation sur l’industrie de la soude à l’ammoniaque, cite un filtre rectangulaire de i5 mètres de long sur o m. go de large et î m. 20 de profondeur.
- La Société Solvay et Cie a breveté (D. R. P., n° 9 1710, du 5 mars 1896), un dispositif consistant en une sorte de tambour qui tourne dans une auge contenant l’émulsion du bicarbonate. Ce tambour est divisé radialement en un certain nombre de compartiments qui, au moment de la rotation de l’appareil, reçoivent les liquides aspirés et les expulsent, tandis que le bicarbonate se dépose.
- La Société Marcheville, Daguin et C‘° a également breveté un nouveau procédé de filtration. Elle préconise, à cet effet, un système d’essoreuse centrifuge automatique et continue, caractérisée particulièrement par l’application d’un dispositif mécanique actionné par l’arbre de l’essoreuse et commandant, par l’intermédiaire de cames, les opérations suivantes :
- a. L’ouverture et la fermeture cl’une valve permettant l’introduction d’une quantité déterminée du liquide à traiter ;
- b. L’ouverture et la fermeture cl’un robinet d’amenée du liquide destiné au lavage ;
- c. La commande d’un extracteur, ou couteau racloir, destiné à venir s’appliquer contre la paroi de l’essoreuse pour détacher la matière essorée et en même temps l’ouverture et la fermeture de la trémie par laquelle s’écoule la matière essorée.
- Ce système d’essoreuse dite essoreuse Noël, du nom de son inventeur, sous-directeur de la soudière la Madeleine, est susceptible d’être monté, soit sur un arbre horizontal, soit sur un arbre vertical (brevet français du h décembre 1899).
- Calcination. — La transformation du bicarbonate en carbonate s’effectue dans des
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
- fours de forme variable suivant les usines. Dans notre rapport sur l’Exposition de Chicago, nous avons donné la description du four tournant de MM. Solvay et C10, et c’est cet appareil qui semble donner, actuellement, les meilleurs résultats industriels. Aussi, est-il adopté dans toutes les fabriques de soude du monde entier qui dépendent de cette puissante société.
- Comme nous avons eu l’occasion de le relater, l’acide carbonique provenant de cette calcination est à peu près pur, car il ne renferme que de l’ammoniaque. Aussi rentre-t-il dans la fabrication sous cette forme, sans être mélangé à l’acide des fours à chaux.
- Le carbonate qu’on obtient dans les fours usuels, possède une densité qui n’est pas toujours suffisante lorsqu’il s’agit de certains usages (fabrication de l’outremer par exemple). Aussi a-t-on cherché à augmenter sa compacité, soit en le portant à une haute température dans des fours à réverbère, soit en employant d’autres artifices. La Verein Chemischer Fabriken, de Mannheim, a breveté un procédé qui consiste à dissoudre la soude à l’ammoniaque dans une lessive de soude ou dans de l’eau, ou bien à la malaxer avec une lessive de soude ou avec de l’eau, de façon à former une pâte et à rendre de nouveau anhydre, par un chauffage, la masse obtenue par l’un ou l’autre moyen. Ce procédé a pour effet d’obtenir une soude à poids spécifique élevé, se rapprochant de la soude Leblanc, qui a une densité qui varie de 1.20 à î.A 5, tandis que la soude à l’ammoniaque ordinaire n’a qu’un poids spécifique de o.85.
- Distillation des eaux ammoniacales. — Les eaux mères séparées par filtration du bicarbonate de soucie renferment, outre du chlorhydrate d’ammoniaque, du bicarbonate d’ammoniaque, du chlorure de sodium et quelques impuretés provenant du sel et de l’ammoniaque employée.
- Pour récupérer l’ammoniaque, on les distille dans des appareils spéciaux qui permettent, non seulement de recueillir l’alcali, mais encore l’acide carbonique provenant de la dissociation du bicarbonate.
- Parmi les systèmes d’appareils qui sont préconisés, nous citerons celui de Mallet, qui se prête, d’ailleurs, à la distillation de tous les liquides qui renferment de l’ammoniaque. Nous allons en donner une figure, ainsi que la marche des opérations telle quelle est donnée par l’auteur.
- L’appareil se compose (fig. 8 A) de quatre organes principaux : i° l’analyseur-disso-ciateur BG ; 20 la colonne distillatoire des sels ammonicaux volatils E; 3° le délayeur caustificateur G; h° la colonne distillatoire de l’ammoniaque caustifiée H.
- Comme on le verra dans le cours de la description qui suit, l’appareil subit quelques modifications suivant la nature des matières ou des liquides qu’il s’agit de distiller.
- Dans Tanalyseur-dissociateur BG, les liquides à distiller sont échauffés par des vapeurs de distillation qui circulent, en descendant, dans les plateaux à double fond pour aboutir en D, à une bouteille permettant la séparation des vapeurs sèches, qui sortent de l’appareil, et des condensations, qui retournent à la colonne à distiller. Quant aux liquides à distiller, ils arrivent dans le haut de l’analyseur et descendent dans trois pla-
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- teaux à barbotage. Là, les liquides condensent l’ammoniaque dégagée dans le dissociateur ; ils rencontrent ensuite un plateau percé d’un seul trou central, pour le passage des gaz, descendent par le tuyau de gauche, viennent dans le bas de la colonne et remontent dans le sens inverse des vapeurs de distillation. L’arbre central porte, dans la partie basse, des plateaux en forme d’assiette renversée ; ces plateaux forcent le liquide à suivre les parois chauffantes ; des racloirs enlèvent automatiquement les dépôts qui tendent à se former.
- Fig. 8/1. — Appareil, système Mallet, pour la distillation des liquides épais.
- Par suite de la température, il y a élimination de Tacide carbonique dissous, d’une quantité très importante d’acide carbonique combiné provenant de la décomposition du bicarbonate d’ammoniaque : 2C03HAzH4 = C03(AzH4)2-fG02-|-H20, de l’hydrogène sulfuré, qui est presque totalement expulsé, et d’une très petite quantité d’ammoniaque, si les liquides sortants atteignent une température trop élevée. Cette ammoniaque se dissout dans les plateaux supérieurs, qui sont froids, et se combine à Tacide carbonique qui s’y trouve en très grand excès.
- Un petit four, placé à la sortie des gaz, permet de les porter au rouge, en les mêlant à de Pair en excès, et de les décomposer.
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- Tout l’appareil BC est porté par un système de galets absolument semblable au mécanisme des plaques tournantes ; cette disposition permet de diminuer le travail absorbé par l’appareil.
- Les liquides passent ensuite dans la colonne de distillation E, qui a toutes ses parties raclées automatiquement par des palettes en crochets qui épousent la forme des différentes pièces. Dans cette colonne, comme dans les colonnes B et H, les liquides descendent, par le centre des plateaux fixes, dans les cuvettes mobiles qui les déversent dans les plateaux situés au-dessous. Les cuvettes font garde hydraulique pour empêcher les vapeurs de passer par les conduits centraux des plateaux fixes. Les vapeurs montent entre les viroles-enveloppes et l’extérieur des plateaux. Les rebords des enveloppes obligent les vapeurs à barboter dans les liquides contenus dans les plateaux. Dans cette colonne E, tous les sels ammoniacaux volatils ainsi que l’ammoniaque libre sont enlevés, de telle sorte que les liquides qui partent de cet appareil pour se rendre au délayeur, ne contiennent plus de produit volatil susceptible de neutraliser inutilement une partie de la chaux qui y est introduite.
- Dans le délayeur, tous les sels ammoniacaux qui n’ont pas encore été ou décomposés, ou volatilisés, sont caustifiés et les matières organiques sont coagulées. La chaux est introduite dans le délayeur au moyen d’une hélice dont la vitesse est réglée selon les matières distillées et là quantité de matières introduites ; une trémie avec malaxeur sert de magasin à chaux.
- Les liquides sortant du délayeur retournent à la partie inférieure H de la colonne, dans laquelle l’ammoniaque caustifiée est distillée.
- A la partie inférieure de la colonne se trouve une bouteille d’arrivée de vapeur avec détendeur, robinet de réglage, robinet d’arrêt, manomètre et soupape de sûreté.
- La sortie des matières épuisées se fait par un grand purgeur I, muni de volant de manœuvre, de raclettes et d’injecteur d’eau propre pour permettre de le nettoyer sans arrêt de l’appareil.
- Les sables et les matières denses qui tendent à s’accumuler dans la base de la colonne et qu’on ne pourrait évacuer par lê grand purgeur sont emmenés par une hélice ; on les évacue de temps en temps en ouvrant brusquement un clapet à levier placé à l’intérieur de J.
- La colonne à distiller qui figurait à l’Exposition avait un diamètre intérieur de 2 mètres; elle peut distiller, par vingt-quatre heures, 2 5o à 3oo mètres cubes de matières de vidange, en évacuant des liquides parfaitement dépouillés d’ammoniaque. Ces liquides se clarifient soit par décantation, soit par filtrage, dans des filtres-presses ordinaires.
- Comme on emploie la quantité de chaux la plus petite possible, on obtient des pou-drettes très riches.
- Les vapeurs ammoniacales sont dépouillées de la plus grande partie de leur humidité dans le dissociateur, ce qui permet d’obtenir du sulfate par barbotage direct dans l’acide sulfurique à 53 degrés Baumé, sans évaporation, la chaleur dégagée pendant la ré-
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- action de l’acide sulfurique sur l’ammoniaque étant suffisante pour vaporiser l’eau en excès.
- Cet appareil permet également d’obtenir de l’ammoniaque caustique, en supprimant le propulseur F, faisant aller directement les matières du dissociateur BC dans le dé-layeur, et en introduisant la chaux sous forme de lait de chaux en haut de la colonne E.
- Avec cette disposition, les vapeurs ammoniacales sortant de la colonne H et du dé-layeur G sont caustifiées dans la colonne E. Il suffit de placer, à la suite du dissociateur, les appareils de refroidissement, d’épuration, de lavage, et les appareils à dissolution ou les compresseurs, suivant que l’on veut obtenir de l’alcali ou de l’ammoniaque anhydre.
- Quand on distille des eaux ammoniacales provenant de la houille, pour fabriquer du sulfate, comme elles ne sont susceptibles d’encrasser les appareils qu’après addition de chaux, on remplace la colonne E par une colonne ordinaire appropriée. Enfin, le dissociateur BC est simplifié puisqu’il n’a plus besoin de mécanisme.
- Si Ton veut faire de l’alcali ou de l’ammoniaque anhydre, on conserve la partie E ; le dissociateur BC est alors seul sans mécanisme.
- Pour la régénération des eaux mères des soudières, comme on utilise l’acide carbonique, on remplace BCE par une colonne sans raclage. Les colonnes ont alors 2 m. 40 à 3 mètres de diamètre et distillent Aoo à 600 mètres cubes de liquides par vingt-quatre heures.
- Ces appareils sont également employés pour la distillation des moûts pâteux, qui encrassent rapidement les colonnes ordinaires et obstruent le passage des gaz et des liquides.
- CARBONATE DE SOUDE NATUREL.
- Dans notre rapport sur l’Industrie chimique à l’Exposition de Chicago h) nous avons déjà eu l’occasion de signaler la présence de notables quantités de carbonate et de bicarbonate de soude dans les eaux de différents lacs situés dans le Wyoming, en Californie, dans l’Oregon, dans le Nevada etc., et avons donné un résumé de l’ensemble des recherches auxquelles ces eaux ont été soumises de la part de M. Chatard du Géo-logical Survey de Washington.
- Le Mexique n’est pas moins riche en lacs dont les eaux renferment également, à côté de petites quantités de chlorures et d’autres sels de sodium, de notables proportions de carbonate et de bicarbonate sodiques. M. Traslosiieros (José de la Lutz), à Hacienda de.Vicencio, Tepeace (Etat de Puebla) a en effet exposé du carbonate de soude naturel. Ce produit, connu sous le nom de lequezquiteest très commun dans le pays, et existe à l’état de gisements dans la vallée de Mexico (environs du lac de Texcoco), à Zacoalco et Zayula (Jaslico) à «la Salada» (Zacatecas) etc.
- L’échantillon que nous avons eu à notre disposition et que nous devons à l’obligeance
- Pages 79 à 78. — W L/?s Etats-Unis Mexicains, par M. R. de Zavas Enriquez, p. 3t).
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- de notre collègue M. Rio de la Loza, était sans doute un produit déjà raffiné, car, d’après A. Keller (Chem. Zeit. 1890, p. 921), la tequezquite naturelle, qu’on recueille au nord du lac de Texcoco, renferme de notables quantités de chlorure de sodium, avec un peu de salpêtre, de gypse, de sable et de terre. Celle qu’on recueille au sud du même lac serait plus riche en carbonates sodiques. Le produit exposé se présentait sous la forme d’une masse d’un blanc grisâtre, hygrométrique, qui a donné à l’analyseCl) les chiffres suivants :
- Carbonate de soude (Co5Na2)......................................... 46.998
- Bicarbonate de soude (Co3NaH) .......................................... 26.398
- Sulfate de soude (So4Na2 )............................................... 1.649
- Chlorure de sodium (NaCl)................................................ 0.916
- Alumine avec un peu de fer.......................................... 0.085
- Résidu insoluble (argile)............................................... 0.999
- Eau de cristallisation.................................................. 22.944
- Total........................... 99-9^9
- Comme on le voit ce produit ne le cède en rien comme teneur en carbonate et sesqui-carbonate, aux meilleurs carbonates de soude naturels.
- CARBONATE DE POTASSE.
- Le carbonate de potasse consommé dans l’industrie provient : i° du lessivage des cendres des plantes terrestres; 20 de la calcination des lies de vin; 3° des salins de betteraves; 4° des eaux de lavage des laines en suint; 5° artificiellement, en partant du chlorure ou du sulfate de potassium.
- Les potasses obtenues en partant des cendres tendent peu à peu à diminuer depuis la destruction systématique et barbare des immenses forêts des Etats-Unis et du Nord dé l’Amérique. Dans tous les cas, celle que l’on produit est utilisée sur les lieux mêmes et semble ne pas suffire. La Russie, elle-même, qui en produisait des quantités considérables par le même procédé, d’exportatrice quelle était, est devenue depuis quelques années importatrice de potasse.
- Quant aux autres sources d’alcali carbonaté, elles ne résident que dans les pays vignobles et sucriers, et dans ceux où il existe de l’industrie lainière. Bien que l’ensemble des quantités produites par ces divers procédés se monte à un chiffre assez notable, elles n’atteignent de longtemps pas celles fabriquées artificiellement. De plus, le carbonate obtenu soit des cendres, soit des salins, soit des eaux de suint, n’approche pas comme pureté de celui préparé en partant du chlorure ou du sulfate de potassium.
- Le procédé Solvay ne convient pas pour la transformation du chlorure de potassium en carbonate, le bicarbonate de potasse étant trop soluble, mais on utilise la réaction Leblanc pour opérer cette transformation. On part du chlorure de potassium qu’on
- O Analyse faite par M. Arth, directeur de l’Iuslitut chimique de Nancy.
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- traite par cle l’acide sulfurique, le sulfate est calciné avec du charbon et du calcaire, tandis que l’acide chlorhydrique est employé tel quel.
- De grandes quantités de potasse sont aussi préparées en Allemagne au moyen d’un procédé français dû à M. R. Engel 0), procédé qui consiste à traiter par de l’acide carbonique une solution saturée de chlorure de potassium additionnée de magnésie ou de carbonate de magnésie. Il se produit cl’abord du bicarbonate de magnésie qui se dissout et forme, par double décomposition avec le chlorure de potassium, du chlorure de magnésium et un carbonate double de magnésium et de potassium qui se précipite à l’état cristallin :
- 3MgC03 + 2KCI + CO2 = 2(MgG03.KHG03) + MgCl2.
- Ce sel double, déjà observé jadis par Berzelius et H. Sainte-Claire-Deville, est ensuite calciné et le résidu fournit par lévigation du carbonate de potasse pur, tandis que la magnésie reste insoluble et peut de nouveau rentrer dans la fabrication.
- PERCARBONATE DE POTASSE.
- Ce sel, qui répond à la formule K2C206, a été obtenu en 1896 par MM. Constans et von Hansen®, en électrolysant dans un vase approprié une solution aqueuse (D = 1.56) de carbonate de potasse à une température très basse. La réaction qui se produit peut être représentée par les équations suivantes :
- 1 aK2C03 = K2C206 + 2K
- 2 2K + 2H20 = H2 + 2KHO.
- Dans cette préparation, il convient d’employer une solution aussi concentrée que possible, car le percarbonate est moins soluble dans les solutions concentrées que dans les solutions étendues de carbonate de potassium.
- De plus, il faut opérer à une température au-dessous de zéro degré, avec une densité de courant de 3o à 60 ampères par décimètre carré, et avec un voltage de 7 à 8 volts. On obtient, dans ces conditions, un rendement de 85 à 96 p. 100.
- Les auteurs emploient comme cathode une lame de platine ou de nickel, tandis que l’anode ne peut être qu’en platine, le cuivre, le nickel ou le fer étant attaqués.
- Au moment de Télectrolyse, il convient de refroidir l’appareil au moyen d’un mélange de glace et de sel durant toute l’opération.
- Pour préparer une certaine quantité de percarbonate, von Hansen se sert cl’un appareil composé d’un vase poreux contenant de la solution cathodique, qu’il place dans un cylindre de verre. Celui-ci est muni à sa partie inférieure cl’un large tube assujetti sur le côté, qui traverse le mélange réfrigérant. Au fond du vase anodique arrive un tube à entonnoir dans lequel on fait couler lentement la solution de carbonate de potassium.
- W Comptes rendus, t. XCII, p. 725. — ^ Zeitschrift fur Elektrochemie, t. III, p. 187.
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- Celle-ci, grâce à son poids spécifique plus élevé, ne se mêle pas avec la solution en voie d’électrolyse quelle déplace et qui s’écoule par le tube latéral dans une essoreuse. Le percarbonate ainsi obtenu contient environ 8*7 à 93 p. 100 de sel pur. On l’étend sur des plaques poreuses et on le sèche dans un courant d’air bien sec. En opérant ainsi, on peut obtenir un sel qui ne renferme plus que 0.6 p. 100 d’eau au bout de douze heures.
- Le percarbonate de potasse constitue une poudre amorphe à reflets bleuâtres, qui se conserve assez bien à l’état sec dans un flacon bouché. C’est un oxydant énergique. Il décompose l’iodure de potassium, avec mise en liberté d’iode ; blanchit la laine, la soie, le coton et décolore l’indigo.
- Chauffé à h 5 degrés, sa solution aqueuse donne lieu à un dégagement continu d’oxygène ; 1 00 grammes de percarbonate peuvent ainsi fournir 5 litres d’oxygène. Les solutions traitées par de l’acide sulfurique dilué donnent de l’eau oxygénée.
- Chauffé à 20o-300 degrés, il se décompose brusquement en oxygène, acide carbonique et carbonate :
- C206K2 = C03K2 + CO2 + 0.
- Ses solutions décolorent le permanganate de potasse.
- PERMANGANATE DE POTASSE.
- A l’exposition allemande, comme à la section autrichienne, figuraient des échantillons de permanganate de potasse obtenus par voie électrolytique. Il n’est pas aisé de savoir par quel procédé ce sel a été obtenu et on est tenu de s’en référer aux brevets qui ont été pris sur la matière.
- Le premier brevet est de la Chemische Fabrik auf Aciien (vorm. Scbering) D. R. P. 28782 de 188A. On électrolyse une solution aqueuse de manganate de potasse, et si l’on sépare les électrodes par une paroi poreuse, le permanganate formé cristallise près de l’anode et l’eau qui entoure la cathode se sature de potasse caustique.
- Le second brevet, D. R. P. 101710 de 1898, a été pris par Salzbergwerk Neu. Slrassfurt.
- L’oxydation du manganate alcalin en permanganate se réalise avec le meilleur rendement, et dune manière continue, lorsqu’on tient le liquide de l’anode, qui est séparé de la cathode par un diaphragme, continuellement saturé de manganate et d’hydrate alcalin que l’on ajoute sous forme solide; le permanganate étant tout à fait insoluble dans ces lessives concentrées se sépare au fur et à mesure de sa formation et peut être extrait périodiquement.
- Ces deux procédés ne diffèrent guère l’un de l’autre, et semblent être entrés dans le domaine de la pratique, puisque du permanganate de potasse, obtenu par voie électrolytique a été versé sur le marché, à un prix avec lequel le permanganate préparé par l’ancien procédé ne peut plus lutter dans les pays où les droits d’entrée ne sont pas trop élevés. Signalons pour terminer un dernier procédé assez ingénieux dû à M. Gri-ner (Br. Fr. N° 300961, du 5 juin 1900).
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- Les caractéristiques de ce procédé consistent :
- a A produire Télectrolyse à Taide d’une anode en carbure de manganèse ;
- b A employer une solution concentrée de soude caustique ;
- c A précipiter, lorsque le traitement est terminé, le permanganate de potasse à l’aide d’une solution concentrée de potasse.
- Opération. — L’anode en carbure de manganèse plonge dans une solution de soude caustique concentrée à 36° B. par exemple, renfermée dans un vase poreux qui baigne dans une solution de soude de même densité. Dans cette dernière plonge la cathode constituée par une lame de fer.
- La partie immergée de l’anode doit être exclusivement composée de carbure de manganèse ; on évite ainsi les réactions secondaires tendant à décomposer le permanganate formé. Pendant le passage du courant on refroidit au besoin.
- La solution ainsi obtenue après le traitement renferme à peu près 200 grammes de permanganate par litre et contient encore une notable proportion de soude caustique libre. Or, comme le permanganate de potasse y est extrêmement peu soluble, il suffît de l’additionner cl’une lessive de potasse caustique concentrée pour obtenir la quantité à peu près équivalente de permanganate de potasse.
- Les eaux mères séparées de ce sel au filtre-presse ou à la turbine, sont renvoyées directement à Télectrolyse. La soude peut, delà sorte, servir indéfiniment. Au lieu de carbure de manganèse, l’auteur se réserve d’employer des borures ou siliciures de manganèse ou des mélanges de carbures, borures, siliciures etc. Si au lieu de permanganate de potasse, on désire obtenir du permanganate de soude, on procède de la façon suivante :
- La solution de permanganate de soude obtenue par Télectrolyse est concentrée, et le permanganate de soude cristallise au sein de la masse. Dans ce cas, on pourra se débarrasser au besoin de l’excès de soude caustique libre, en constituant Télectrolyse avec une solution de soude étendue autour de Télectrolyse de Tanode. Cette solution de permanganate de soude ainsi débarrassée de l’excès de soude caustique permet d’obtenir le permanganate de chaux, de strontiane et de baryte. Il suffit de traiter cette solution concentrée de permanganate de soude par les chlorures de calcium, de strontium et de baryum. Le chlorure de sodium est séparé du permanganate alcalino-terreux obtenu, par cristallisation à chaud.
- Ce procédé n’a de chance de pouvoir rivaliser avec ceux qui ont été décrits plus haut que si l’oxygène nécessaire à transformer manganèse en manganate revient meilleur marché que celui qui se trouve déjà dans le bioxyde dont on part pour préparer le manganate.
- MÉTAUX ALCALINO-TERREUX ET LEURS DÉRIVÉS PRINCIPAUX.
- RARYUM. — CALCIUM.
- A part le magnésium, auquel nous consacrons quelques lignes plus loin, ni le baryum , ni le calcium, ni le strontium ne sont encore susceptibles de recevoir une appli-
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- cation quelconque, par suite des difficultés que présente leur production en grand. La préparation de ces métaux à l’état pur est, du reste, de date trop récente pour qu’on puisse préjuger de leur avenir quant aux applications dont ils seront susceptibles.
- On sait que le calcium a été isolé en 18985 a l’état pur, à quelques jours d’intervalle, d’abord par M. Moissan en France 9), puis par M. Bêla von Lengyel(2) en Hongrie. L’un et l’autre de ces auteurs en ont montré de très beaux échantillons, le premier dans les Classes 24 et 87, et le second dans la Classe 3, à l’exposition de l’Université de Budapest.
- Quant au baryum et au strontium, ils viennent d’être préparés, dans un état avoisinant de la pureté absolue, par M. Guntz en électrolysant leurs chlorures en présence du mercure et distillant l’amalgame obtenu dans le vide, à la température voulue.
- Outre les propriétés communes déjà connues, ces trois métaux jouissent encore de la faculté de donner des hydrures de forme M^H2, quand on les chauffe dans un courant d’hydrogène.
- L’hydrure de calcium a été décrit et étudié d’une façon minutieuse, d’abord par M. Bêla von Langyel (/oc. cit.), puis quelques jours plus tard par M. Moissan^.
- L’hydrure de baryum, qui s’en rapproche par ses propriétés, a été mis au jour par M. Guntz, et celui de strontium, annoncé par le même auteur, fut décrit huit jours après par M. H. Gautier.
- Sous un volume relativement faible ces hydrures, comme d’ailleurs celui de lithium découvert quelques années auparavant par M. Guntz(5Î, jouissent de la propriété de fournir facilement un volume d’hydrogène double de celui qu’ils renferment quand on les traite par de l’eau :
- M"H2 + 2H20 = M02H2 + H4.
- Aussi le jour ou l’industrie trouvera un moyen pratique pour préparer économiquement l’un ou l’autre de ces hydrures, Taérostation sera en possession d’un' générateur d’hydrogène aussi léger que facile à employer. Ce sera une solution élégante au problème depuis longtemps cherché par tous ceux qui s’intéressent au progrès de la navigation aérienne.
- Cette application éventuelle de ces nouveaux corps est, du reste, la seule raison qui nous fait insister sur leur préparation et leurs propriétés.
- OXYDES DE BARYUM.
- Parmi les dérivés des métaux alcalino-terreux qui ont été l’objet d’une attention particulière, grâce aux applications étendues auxquelles ils donnent lieu, nous citerons d’abord Toxyde de baryum, dont l’intérêt va croissant par suite de sa substitution éven-
- W Comptes rendus, t. GXXVI, du 20 juin 1898. (3) Comptes rendus, 1901.
- Math, naturw. Ber. Ungarn, t. XIV, du 27 juin ^ Comptes rendus, t. CXXVII, du h juillet 1898.
- 1898. Chem. Central!)!. 1898, t. II. p. 262. (5) Comptes rendus, t. CXX1I (1896), p. ihh.
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- tuelle à la strontiane, dans la sucrerie, et aussi à cause de sa transformation en bioxyde de baryum, matière première nécessaire pour la préparation de l’eau oxygénée.
- La consommation de l’eau oxygénée a, en effet, pris dans ces dernières années un tel développement, qu’on s’est efforcé de trouver un moyen pratique de produire un oxyde de baryum suffisamment poreux et se prêtant facilement à la préparation du peroxyde.
- Les minerais de baryte les plus abondants que nous offre la nature sont la vvithérile ou carbonate de baryte et le spath pesant ou sulfate de baryte.
- De nombreuses tentatives ont été faites pour extraire directement la -baryte de ces produits naturels :
- Calcination dans des fours à réverbère, ou dans des moufles, de la withérite ou du carbonate de baryte artificiel, mélangés ou non avec du charbon, en présence ou en l’absence de vapeur d’eau surchauffée;
- Transformation du carbonate en sulfure, en faisant passer un courant d’H2S sur la withérite chauffée à 36o degrés et décomposition ultérieure du sulfure chauffé au rouge en présence de la vapeur d’eau (brevet F. Leroy et Segay);
- Décomposition, au four électrique, des carbonates de baryte (ou de strontium) provenant des sucreries, et préalablement mélangés de charbon (Schulze). Il se forme surtout du carbure de baryum ;
- Réduction, au four électrique, d’un mélange de spath pesant et de charbon et séparation subséquente du sulfure qui se trouve mélangé à Toxyde (brevet allemand n° 111667, de MM. Schenck Bradley et Borrows Jacob).
- L’Electrochemical Company semble exploiter ce procédé ou un autre du même genre, puisqu’on annonce quelle produit 8 tonnes d’oxyde de baryum par vingt-quatre heures. Dans ce procédé, le charbon serait fourni par les électrodes mêmes, et le sulfate, dans une première phase, serait réduit en sulfure, lequel, en réagissant sur le sulfate restant, donnerait de Tacide sulfureux et de Toxyde de baryum qu’il suffirait d’enlever par lessivage'1) :
- S04Ba -j- AC = BaS 4CO.
- BaS -j- 2S04Ba = 3S02 -f- îBaO.
- Fusion au four électrique d’un mélange de sulfate de baryum, de charbon et d’un métal ou oxyde métallique, et traitement de la masse par de beau qui décompose le carbure de baryum avec production d’acétylène et d’hydrate de baryte ;
- Décomposition par calcination de l’azotate de baryum obtenu en dissolvant la withérite dans Az03H, et récupération de 3o p. 100 des oxydes d’azote dégagés pour les retransformer en acide azotique, qui rentre dans la fabrication. C’est ce procédé qui semble encore être le plus répandu et qui est, dans tous les cas, appliqué par des maisons françaises. On obtiendrait ainsi un oxyde poreux qui, chauffé à 500 degrés dans un courant d’air exempt d’acide carbonique, fournirait un bioxyde à 92 p. 100 de BaO2
- O Zeitschriftfiir Elektrochemic, 1901, p. 1068.
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- et se prêtant parfaitement à la préparation de Peau oxygénée; toutefois ce procédé, outre qu’il est onéreux et qu’il demande beaucoup de temps, aurait encore l’inconvénient d’être très capricieux.
- On cite, enfin, un procédé qui donnerait de bons résultats, grâce à l’emploi de fours à réverbère spéciaux et à la connaissance exacte des conditions de température dans lesquelles il faut effectuer la calcination. La matière première à décomposer serait encore la withérite, qui céderait beaucoup plus facilement son acide carbonique que le carbonate artificiel. On obtiendrait ainsi un oxyde renfermant 90 p. 100 de BaO et qui, chauffé dans un courant d’air, fournirait un bioxyde à 90 p. 100 de BaO2 complètement exempt de nitrite et de cyanure de baryum.
- La fabrication du peroxyde de baryum se fait toujours de la même manière, de sorte qu’il n’y a pas lieu d’y insister.
- La consommation annuelle en bioxyde est d’environ 1,000 tonnes dans le monde entier et les principales nations productrices sont l’Allemagne, l’Angleterre et la France. D’après M. Bloche, nos trois usines ne fabriqueraient que le tiers ou le quart de la production des établissements allemands et anglais, et, bien que nous soyons en progrès, il nous faut encore recourir à l’étranger pour satisfaire aux demandes.
- Il n’en est pas de même de l’hydrate de baryte, dont nous exportons de grandes quantités.
- BIBLIOGRAPHIE.
- Waciitel. Chem. ZeitungRepert., 1900, p. 162.
- Rudolf Heinz, Chem. Zeitung, 1901, p. 199.
- SïLIGIURES DE BARYUM ET DE CALCIUM. BaSi2 et CaSi2.
- Suivant Mills [brevet anglais n° 18124 (1900)], on prépare ces composés en chauffant au four électrique un mélange de charbon (coke ou anthracite), de silice et de Toxyde alcalino-terreux, en proportions déterminées par l’équation chimique de la réaction. Au lieu d’oxyde, on peut prendre un sel quelconque de métal : carbonate, sulfate, phosphate, silicate.
- BaO + 2 SiO2 + 5C = BaSi2 + 5CO.
- BaCO3 + 2 SiO2 + 6C = BaSi2 + 7CO.
- BaSO4 + 2Si02 + 6C = BaSi2 + SO2 + 6CO.
- Ba3Ph208 -j- 6SiO2 -j- 20C = 3BaSi2 + 2P + 20CO.
- Ces composés sont d’ailleurs préparés en grand par Y Ampère Electrochemical Company, qui, elle, chauffe au four électrique un mélange de carbures des métaux respectifs et du sable.
- ;i) Bloche, Congrès de chimie appliquée', séance du 20 juillet 1902.
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- Le siliciure de calcium constitue des petits cristaux gris, tandis que celui de baryum se présente sous la forme de cristaux un peu plus gros, mais de meme couleur. Leur poudre ressemble à la limaille d’aluminium. Ces siliciures s’oxydent lentement à l’air, à la température ordinaire, plus rapidement à chaud, en donnant de la silice et l’oxyde du métal.
- Gomme les carbures ils décomposent Peau en donnant, d’après la réaction
- CaSi2 -j- 6H20 = Ca(OH)2 + aSiO2 -f- H10.
- de l’hydrogène dans un grand état de pureté et qui pourrait être employé pour le gonflement des ballons.
- La rapidité de l’attaque est plus grande pour le siliciure de baryum que pour le siliciure de strontium et plus grande pour ce dernier que pour le calcium.
- Les acides étendus décomposent ces siliciures alcali no-terreux avec dégagement de SiH4 mélangé d’hydrogène.
- Avec le siliciure de calcium il se formerait même un siliciure Si2H2 analogue à l’acétylène. C’est un corps solide, cristallin, de couleur jaune, insoluble dans Peau et les acides, s’oxydant rapidement au contact de Pair en donnant de la silice.
- Ces siliciures, grâce à leur propriété, sont préconisés comme agents réducteurs. Mélangés sous forme de pâte à de la potasse et de Peau ils constitueraient, pour l’indigo, de meilleurs réducteurs que le zinc.
- BIBLIOGRAPHIE. ,
- Zeitschrift fur Elektrochemic, kjoi, p. 1068.
- Eclairage électrique, 1901,1. XXV, p. 1 A(j.
- MAGNÉSIUM.
- Ce métal est employé dans les arts depuis nombre d’années, malgré son prix relativement élevé. On l’utilise sous la forme de fil, de ruban ou de poudre, brûlant avec un vil éclat, pour obtenir la lumière au magnésium. La photographie surtout l’emploie sous le nom de poudre éclair, pour réaliser l’éclairement instantané de l’objet à reproduire.
- Dans les laboratoires de chimie il devient aussi d’un usage courant, au lieu et place du zinc, pour effectuer certaines synthèses organiques (Grignard), et comme réducteur (Cl. Winckler).
- On n’a pas encore réussi à lui trouver de grandes applications industrielles, bien que dans ces derniers temps on ait attiré l’attention sur un alliage d’aluminium et de magnésium, le magnalium, qui posséderait de précieuses qualités lui assurant un brillant avenir.
- La Deutsche Magnalium Gesellschaft, de Berlin, a fait breveter (D. R. P., n° 113q35, 7 mars 1899) l’a(idition de 2 à 10 p. 100 de magnésium à l’aluminium, en vue de faire disparaître les inconvénients que présente le travail de ce dernier métal aux outils coupants ou â la lime.
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- On savait déjà que les alliages d’aluminium et de magnésium jouissent à ce point de vue d’une réelle supériorité sur l’aluminium, mais ils sont moins malléables et moins ductiles. La société allemande a reconnu que si Ton ne prend que 2 à 10 p. 100 de magnésium, l’alliage obtenu se distingue à peine de l’aluminium. Mais si Ton passe plusieurs fois cet alliage au laminoir en le réchauffant à chaque fois vers A00 à 500 degrés, on obtient un alliage se coupant bien et se limant bien, comme s’il était beaucoop plus chargé en magnésium; l’alliage a gardé, d’autre part, la ductilité et la malléabilité de l’aluminium pur.
- Préparé jadis par les méthodes de Caron et H. Sainte-Claire-Deville, de Tissier, etc., on l’obtient, depuis quelque temps déjà, par Télectrolyse du chlorure de magnésium ou d’un chlorure double de magnésium, comme la carnallite, dans un creuset en fer ou en acier (Gretzel, D. R. P., n° 26962), en employant comme électrode positive du charbon. Un brevet plus récent (D. R. P., n° n5oi5, du i5 août 1899), Pr^s Par Y Aluminium und Magnésium Fab?'ik, de Hennelingen, consiste à utiliser la carnallite brute, MgCl2, KC1-|-6H20, qui est amenée par addition de sels convenables à la composition MgCl2, KC1, NaCl. La masse fondue est électrolysée, et au fur et à mesure de la décomposition, on remplace le chlorure de magnésium en ayant soin de maintenir toujours le bain un peu alcalin. Afin de provoquer la séparation du magnésium sous forme compacte et cohérente, il est avantageux d’ajouter au bain une certaine proportion de fluorure de calcium.
- Outre la société dont nous venons de citer le nom, la Chemische Fabrik Griesheim-Elektron, prépare aussi le magnésium métallique.
- (Voir, pour plus de détails sur la fabrication de ce métal, le livre de M. Rorciiers, Electrométallurgie, 20 édition, 1895, traduction française.
- ALUMINIUM.
- L’aluminium, appelé, il y a quelques années, métal de l’avenir, n’a pas encore reçu les applications étendues qu’on lui supputait au début de sa préparation par les nouveaux procédés. Comme le dit fort judicieusement M. Héroult, l’auteur du procédé de fabrication de ce métal en usage en Europe, «il a pris une place modeste dans le commerce des métaux remplaçant, pour des applications particulières, tantôt le cuivre, tantôt le fer, Tétain ou le zinc. En tout cas, il joue un rôle important dans la fabrication des alliages; mais nous pouvons entrevoir le jour où son application deviendra générale pour les conducteurs électriques aériens ».
- Rien qu’il ne résiste pas aussi bien que le cuivre aux agents atmosphériques(1) et que sa conductibilité à section égale est de 51 à 60 p. 100 de celle du cuivre, il pourrait être substitué à ce métal comme conducteur électrique. En comparant les densités, nous voyons qu’une ligne électrique en aluminium pèserait, à conductibilité égale, moins
- Voir à cel égard les recherches de M. J. B. G. Kershaw, dans The Electr. Review, t. XVIII, p. îao, et Moniteur scientifique du docteur Quesneville, 1901, p. 33g. Elles corroborent les observations faites par M. A.Ditle.
- Gn. XIV. — Cl. 87. — T, I. 18
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- qu’une ligne de cuivre ; comme nous le verrons plus loin, il y a donc, au cours actuel, un avantage évident pour l’aluminium.
- Ce n’est, d’ailleurs, pas le seul avantage de ce métal; la comparaison des poids et des résistances à la traction montre que son emploi permet d’augmenter les portées.
- Le cuivre a une résistance à la traction de 3 5 kilogrammes, mais il faut qu’il supporte son propre poids-, qui est élevé, puisque sa densité est de 9 ; l’aluminium a une résistance moindre, mais aussi sa densité n’est que de 2.6; le fd d’aluminium peut donc supporter une charge deux fois et demi plus grande que le cuivre. Pour la même ligne, les poteaux et isolateurs sont deux fois moins chargés avec l’aluminium qu’avec le cuivre. On a donc la possibilité [de diminuer le nombre des poteaux sans les surcharger ni exagérer la tension des fds.
- Bien que cette application ne soit pas encore généralisée, il y en a, à l’étranger surtout, d’assez nombreux exemples, et les quelques insuccès constatés proviennent beaucoup plus, d’après AL Héroult, de l’inexpérience des conditions d’emploi que des défauts du métal.
- La substitution des fds d’aluminium aux fds de cuivre a, en effet, été réalisée de divers côtés aux Etats-Unis, où il existe des transmissions électriques en aluminium qui ont jusqu’à 128 kilomètres de longueur. En dehors des transmissions de force il est aussi très employé comme conducteur téléphonique et télégraphique par différentes compagnies des Etats-Unis.
- Pour que cette substitution soit possible, il faut nécessairement que le prix de l’aluminium ne dépasse pas un certain taux.
- La formule suivante, que nous empruntons au même mémoire de Al. J. B. C. Ker-shavv, permet de calculer les prix relatifs de conducteurs en cuivre et en aluminium ayant même longueuf et même capacité électrique.
- S x P x c sXpX C
- Dans cette formule, S, P, C représentent respectivement la densité, le prix et la conductibilité du cuivre; s,p et c représentent les caractéristiques correspondantes pour l’aluminium.
- Pour de grosses livraisons on a récemment passé, aux Etats-Unis, des marchés à 135 livres (3,Aoo francs environ) la tonne d’aluminium. En prenant ce prix de 13 5 livres, la formule devient, avec les caractéristiques
- S = 8.93 C = 100
- P == 91 livres par tonne
- s = 2.68
- c = 5p.
- p = 13 5 livres la tonne
- 8.93 X y3 X 59 i,3a5 Cm
- 2.68 X 135 X 100 1,000 Al
- Dans ce cas, comme on le voit, c’est le cuivre qui est le plus cher.
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- Alliages d’aluminium. — Parmi les alliages d’aluminium qui semblent recevoir des applications, nous citerons le magnalmm, dont il est question à propos du magnésium; le partinium, alliage d’aluminium et de tungstène employé dans la construction des voitures automobiles; Y albradium, alliage de cuivre, de zinc, de nickel et d’aluminium , etc.
- En ce qui concerne les autres applications de l’aluminium — équipements militaires, construction de bateaux, lithographie, réductions chimiques, — il n’y a aucun fait nouveau à relater.
- L’emploi de l’aluminium en lithographie se développe lentement en Angleterre, plus rapidement en Allemagne et aux Etats-Unis.
- Enfin, le procédé Goldschmidt, pour l’obtention des hautes températures au moyen de l’aluminium, a fourni un nouveau débouché à ce métal(1).
- L’un des faits les plus saillants à signaler au point de vue de l’utilisation de l’aluminium est la découverte d’un procédé de soudure autogène par la maison Heraeus, de Hanovre. Depuis longtemps, en effet, on se trouvait arrêté parla difficulté d’obtenir une soudure durable.
- Dans son procédé, Heraeus utilise la propriété, reconnue par lui, que l’aluminium chauffé au-dessous de son point de fusion devient plastique et peut être forgé ; les bords des plaques ou les extrémités des 'fils que l’on veut réunir sont portés et maintenus à cette température, puis sont «pétris » ensemble jusqu’à ce que l’on ait une masse homogène.
- A l’Exposition on pouvait voir un fil de 1 m. 5 de longueur, formé de 1 2 morceaux soudés par le procédé Heraeus.
- Préparation. — Parmi les nombreux procédés essayés pour la préparation de l’aluminium, depuis celui imaginé par Loutin et repris par Minet, jusqu’aux méthodes en usage aujourd’hui, il n’a survécu qu’un procédé appelé : en Europe, procédé Heroult; en Amérique, procédé Hall. Il consiste en la décomposition électrolytique, dans un vase en charbon, de l’alumine en solution dans la cryolithe fondue au moyen d’une anode, non pas soluble, mais combustible, en charbon. II a été décrit et breveté en avril 1886, tel qu’il s’applique encore aujourd’hui sans modifications essentielles.
- Il est appliqué en Amérique sous le nom de procédé Hall, et ceci par suite d’une disposition particulière de la loi américaine sur les brevets.
- Rien n’a donc été changé à l’essence même du procédé, et actuellement tous les efforts se portent uniquement sur la production d’un métal plus pur, en partant de matières premières aussi pures que possible, et sur l’abaissement du prix de revient. Depuis 1886, époque à laquelle on a commencé les premiers esssais de fabrication
- (1) L’aluminothermie rentrant dans le cadre de la métallurgie, nous n’avons pas cru devoir la traiter dans ce chapitre. Nous nous bornons à indiquer au lecteur les différents articles qui y ont été consacrés. G. Mathünon, Moniteur scientifique, 1900, p. 353.—
- Clerc, Note sur la métallurgie aluminothermique, Bulletin de la Société de l’industrie minérale, t. XV, 1901, p. 873. — H. Goldschmidt, Zeitschrift fur Electroch., 1901, t. VII.
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- industrielle de Taluminitim, les prix ont notablement diminué, ainsi que le montre le tableau suivant :
- VALEUR VALEUR
- du du
- KILOGRAMMB. KILOGRAMME.
- francs. francs.
- 1886 80 1889 12
- 1887 a5 1890 l6
- 1888 i5 1900 3
- Production. — Et l’industrie nouvelle n’a pas dit son dernier mot. En 1886, celte industrie localisée à Salindres (Gard), occupait 3 ouvriers; aujourd’hui, plus de /i,ooo personnes sont employées dans différentes usines, tant à la production du métal lui-même qu’à celle des matières premières servant à sa fabrication.
- En 18 8 6, il se consommait dans le monde entier environ 1,5 0 0 kilogrammes de métal. En 1899, la consommation a dépassé 5,000,000 de kilogrammes.
- Les usines d’aluminium sont actuellement au nombre de huit et la puissance totale dont elles disposent est de 56,000 chevaux, dont la moitié seulement est utilisée pour la fabrication du métal.
- En France, deux sociétés fabriquent l’aluminium : la Société d’Alais et de la Camargue, à Saint-Michel-de-Maurienne, qui produit son alumine à Salindres (Gard), et la Société électro-métallurgique française, dont les usines hydrauliques sont à Froges (Isère), et à la Praz (Savoie), et qui fabrique son alumine à Gardanne.
- En Suisse, en Allemagne et en Autriche, la Société pour l’industrie de l’aluminium de Neuhausen a ses usines hydrauliques à Neuhausen (Suisse), à Rheinfelden (Duché de Bade), à Land-Gastein (Autriche), et reçoit son alumine de l’usine de Bergins (Silésie). Cette société dispose de i4,ooo chevaux.
- En Angleterre, la British-Aluminium Company a son usine hydraulique à Foyers (Ecosse), et fabrique son alumine à Larne-Harbour (Irlande). Elle a, de plus, les usines de Greenock et de Milton-on-Trent, où se font le charbon et le laminage du métal.
- Aux Etats-Unis, la Pittsburg Réduction Co., a deux usines à Niagara-Falls, et reçoit du dehors l’alumine et les électrodes. Avec son usine de Shawinigan-Falls (Canada), cette société disposera de i5,ooo chevaux. A elle seule elle a produit, en 1899, 2,990 tonnes d’aluminium.
- BIBLIOGRAPHIE.
- Hëroult. L’aluminium à bon marché, Bulletin de la Société de l’industrie minérale à Saint-Etienne, [3], 1900, t. XIV, p. 1787.
- John B. C. Kershaw. The Electrician, t. XLVI, p. 388 et I128. — Eclairage électrique, t. XXVI, p. 145.
- Habert et Geipert. Zeitsch. fur Electrochem., 1902, t. VIII, p. 26.
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- DÉRIVÉS DE L’ALUMINIUM.
- La matière première pour la préparation de Taluminium et de la plupart de ses dérivés, est actuellement la bauxite, dont la France possède des gisements considérables dans le Var. Mais cette bauxite renferme, outre de la silice, de notables quantités d’oxyde de fer.
- De nombreux procédés ont été préconisés pour l’obtention de l’alumine pure, dont on part généralement pour produire l’aluminium. Nous ne parlerons que des plus récents et, en particulier, de ceux qui ont reçu une sanction industrielle.
- Le procédé usuel et connu de longue date consiste à fondre la bauxite avec un alcali bu un carbonate alcalin, à reprendre la masse par de beau qui dissout Taluminate alcalin et laisse l’oxyde ferrique, et à décomposer la solution, préalablement débarrassée du fer, par de l’acide carbonique. On obtient ainsi un précipité d’alumine hydratée, et du carbonate de soude qui reste en dissolution.
- En 1893, M. Peniakoff prit un brevet (D. R. P., n° 8oo63, du 9 mai), pour un procédé consistant à chauffer, dans un four spécial, un mélange intime d’un sulfate alcalin, de bauxite et d’un sulfure alcalin ou de pyrite. On obtient ainsi un aluminate alcalin qu’il suffit de soumettre au traitement habituel, tandis qu’il se dégage de l’acide sulfureux qu’on fait réagir sur du chlorure de sodium, en présence d’une substance oxydante (Ba02par exemple?), pour obtenir du chlore.
- Les équations suivantes rendent compte des réactions qui peuvent s’effectuer :
- (1) /iAl203 + Na2S04 + 3Na2S4 + O26 = 8AlNa02 + i3S02.
- Quand on emploie du sulfure de sodium, il suffit d’ajouter un cinquième du poids du sulfate alcalin.
- (2) 1 iAl203 + 2FeS2 + 1 iNa2S04 = 22A102Na -|- Fe203 + i5S02.
- Opère-t-on avec de la pyrite, on en ajoutera une partie pour six à sept parties de sulfate.
- On obtiendra un résultat analogue en substituant à la bauxite n’importe quel composé aluminique, du sulfate par exemple.
- L’économie du procédé résiderait surtout, d’après l’auteur, en ce qu’on obtient de l’acide sulfureux à peu près pur dans le cas de la bauxite, ou un mélange d’anhydride sulfureux et d’oxygène, en employant du sulfate.
- (3) 4A12(S04)3 + Na2S + 3Na2S04 = 8AlNa02 + 16SO2 + 12O.
- Ce mélange des deux gaz, auquel on ajouterait la quantité voulue d’air, se prêterait beaucoup mieux que les gaz des fours à pyrite, du (procédé Hargreaves, trop dilués d’azote, à la réaction suivante :
- 9NaCl + SO2 +20 = Na2S04 + Cl2,
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- réaction qui permettrait de régénérer le sulfate employé et de produire du chlore, à la condition d’opérer en présence d’un oxydant (bioxyde de baryum, manganite de chaux, plombate de chaux, sulfate de cuivre).
- Il est superflu d’ajouter qu’au point de vue pratique, industriel, cette utilisation de SO2 -J- O, n’a quelque chance d’être rémunératrice qu’en transformant le mélange en acide sulfurique soit par la méthode de contact ou par celle des chambres, ou qu’en appliquant la méthode Hargreaves, suivie de celle de Deacon.
- Dans un second brevet (D. R. P., n° 98952, du 20 novembre 1895), MM’. D.-A. Peniakoff, à Saint-Pétersbourg, et Huy, en Belgique, reviennent sur cette préparation de l’alumine et, après l’avoir soumise à la critique, proposent le procédé suivant : calciner un mélange intime de bauxite finement pulvérisée, de sulfate de soude et de charbon en poudre (coke, houille ou charbon de bois), ce dernier dans une proportion représentant environ le quart de ce qui serait nécessaire pour transformer tout le sulfate en sulfure.
- 2 (4Al203,Fe203) + 8Na2S04 + 5C = i6A!Na02 + 4FeO + 5C02 + 8SO2.
- Bauxite à 60 p. 100 d’APO3.
- La masse est épuisée à l’eau et traitée par de l’acide carbonique. Quant aux gaz, ils peuvent servir aux mêmes usages que ceux signalés plus haut.
- De nombreuses tentatives avaient déjà été faites antérieurement par différents auteurs (Behnke, Fleischer, Lôwig frères) pour tirer partie de cette réaction, mais elles avaient toujours échoué. Cela tient, d’après MM. Peniakoff et Huy, à ce qu’on ajoutait toujours trop de charbon au mélange. Dans ces conditions ou bien tout, ou bien une partie seulement du sulfate alcalin est transformée en sulfure, le soufre de l’autre portion se dégageant sous forme d’acide sulfureux dans ce dernier cas ; et alors, au moment du lessivage de la masse, le sulfure alcabn réagit sur l’oxyde de fer, le dissout et on obtient, par suite, des liqueurs plus ou moins colorées en vert ou en noir, qui n’ont aucune valeur.
- L’addition du charbon doit donc être aue dans des proportions telles quelles répondent à l’équation
- 2AFO3 + 2Na2S04 + C = AAlNaO2 + 2SO2 + CO2.
- Mais comme la bauxite renferme 60 p. 100 d’Al203 et 2 4 p. 100 d’oxyde de fer Fe203, et que cet oxyde est réduit en FeO dans le cours de la calcination, il faut tenir compte de ce fait, ainsi d’ailleurs que de la quantité d’humidité contenue dans les matières, pour calculer la proportion de charbon à ajouter.
- En résumé, ce procédé permet d’obtenir, en partant de matériaux relativement bon marché, bauxite, charbon, chlorure de sodium et pyrite :
- i° De l’alumine hydratée et anhydre;
- 20 Du carbonate de soude en cristaux ;
- 3° De l’acide sulfureux qui, en réagissant sur du chlorure de sodium, en présence
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
- de l’air humide, fournit de Tacide chlorhydrique et éventuellement du chlore, tout en régénérant du sulfate de sodium qui rentre dans la fabrication.
- Il reste maintenant à savoir si, au point de vue industriel, ce procédé est plus économique que l’ancien, maintenant que le carbonate de soude est arrivé à un si bas prix.
- Les brevets de M. Peniakoff ont été cédés à la Société métallurgique de l’aluminium, à Rruxelles, qui les exploite dans son usine de Selzaete, en Belgique, et dans sa filiale française « la Société de l’alumine et ses dérivés », dont les établissements sont situés à Givors (Rhône).
- Dans ces dernières usines on traite actuellement par jour 12 à 15 tonnes de bauxite en mélange avec 10 à 12 tonnes de. sulfate de soude. Une partie de l’alumine est vendue telle quelle, et une autre partie est transformée en sulfate et en d’autres sels d’alumine.
- La production de carbonate de soude en cristaux atteint 12 à 15 tonnes par jour.
- Procédé K. J. Bayer. — Il y a une quinzaine d’années le docteur K. J. Bayer avait imaginé un procédé nouveau qui a été breveté dans la plupart des pays civilisés. (D. R. P., n° A3977, du 17 juillet 1887; D. R. P., n° 656oà, du 3i janvier 1892 ; U. S. A. P., n° 5i5895, etc.)
- Ce procédé est basé sur le fait que les lessives d’aluminate, déjà si peu stables par elles-mêmes, se décomposent encore plus facilement lorsqu’on les agite fortement, après les avoir additionnées d’hydrate d’alumine fraîchement préparé.
- Cette singulière réaction a été étudiée d’une façon approfondie et au point de vue physico-chimique par M. le professeur Ditte (Comptes rendus, t. CXVI, p. 183, 386, 509). La désagrégation de la bauxite se fait par les procédés ordinaires et l’aluminate brut est épuisé, clarifié et agité dans des appareils spéciaux avec de l’hydrate d’alumine pur.
- Le docteur Bayer a pu constater que les lessives d’aluminate, traitées comme il vient d’être décrit, abandonnent jusqu a 70 p. 100 d’alumine qui a été dissoute et cela, ce qui est très important, à l’état cristallin, facile à filtrer (A1203.3H20, selon M. Ditte). Les lessives filtrées contiennent beaucoup de soude caustique libre et une petite proportion d’aluminate de sodium. On ne les utilise plus à la préparation de Talumine, mais on les réduit considérablement pour être employées à l’attaque de nouvelles portions de bauxite.
- Le plus souvent on calcine légèrement cette dernière, après quoi on la broie, on la mélange avec les lessives résiduaires concentrées, et on calcine le tout au four à réverbère. Dans ce procédé, ce sont donc les minerais d’alumine qui constituent la seule matière première et Talumine est le seul produit final.
- La soude caustique sert, pour ainsi dire, indéfiniment et on n’a qua en remplacer les pertes inévitables. On ne peut nier que, par sa simplicité, le procédé ne présente de grands avantages.
- En 1892, le docteur Bayer avait proposé de concentrer fortement les lessives rési-
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- duaires , contenant environ GNaOH pour a A1203, et de les employer à la désagrégation de bauxite par voie humide et sous pression de 5 à 6 atmosphères(1).
- Ce procédé, comme celui de Peniakoff, ne convient pas pour les bauxites riches en silice, comme les bauxites irlandaises. Pour l’attaque acide, au contraire, cette bauxite, comme certaines variétés de minerai des Bouches-du-Rhône, du Var, de l’Hérault conviendrait très bien.
- Procédé Gladiysz. — Ce procédé s’applique surtout à la préparation d’un chlorhydrate d’alumine cristallisé, en partant d’une bauxite riche en silice. Le chlorhydrate obtenu peut d’ailleurs facilement être converti en alumine. Le mode opératoire est le suivant :
- « La bauxite blanche pulvérisée est transformée par les moyens ordinaires en sulfate d’alumine ; la silice et la bauxite non attaquées étant séparées par filtration, on évapore le sulfate d’alumine à l’état de cristallisation. On traite alors le sulfate par l’acide chlorhydrique : l’acicle sulfurique est mis en liberté, entraînant toutes les impuretés, et le chlorhydrate d’alumine cristallisé prend la place du sulfate. v>
- C’est ce chlorhydrate d’alumine qui, soumis à la calcination (au delà du rouge sombre), produit de l’alumine anhydre avec régénération de l’acide chlorhydrique qui rentre en circulation. L’acide sulfurique mis en liberté et concentré de nouveau à 6o degrés Baumé, est également versé dans la circulation de la fabrication. L’alumine anhydre est donc extraite de la bauxite blanche à la suite des réactions successives de deux acides chlorhydrique et sulfurique dont l’un, l’acide chlorhydrique, est volatil, tandis que l’autre, l’acide sulfurique, est relativement fixe.
- ALUMINATE DE BARYTE BaOAPO3 et BaOAPOWO.
- On connaît toute l’importance que présente, pour l’industrie, l’épuration des eaux d’alimentation des chaudières. Quand ces eaux ne renferment que du bicarbonate de chaux, la précipitation de ce sel n’offre aucune difficulté; il suffit, en effet, d’y ajouter une quantité calculée de chaux pour obtenir l’élimination de la totalité du sel dissous. Il n’en est plus de même quand on a affaire à une eau renfermant du sulfate de chaux. Divers traitements ont été préconisés pour épurer les eaux séléniteuses. Parmi les réactifs employés nous ne citerons que le carbonate et l’oxalate de soude qui précipitent tous deux la chaux. Mais, outre les frais qu’entraîne l’emploi de ces épurants, ils donnent tous par double décomposition des sels de chaux insolubles, puis des sels solubles qui restent en dissolution dans les eaux destinées à la génération de la vapeur, et finissent par s’accumuler dans les chaudières. De là la nécessité de rendre fréquentes les évacuations ou vidanges des eaux des générateurs, car la présence des matières
- (1) Ce procédé est difficile à réaliser, par suite de la grande résistance que doivent présenter les appareils. Des essais tentés à Gardanne (Bouches-du-Rhône) ont donné lieu à une catastrophe, voir Moniteur Quemeville, 1902, p. 33.
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- salines solubles engendre des entraînements mécaniques favorisés par la différence de densité entre les eaux du générateur et celles de l’alimentation.
- M. Asselin eut l’idée de substituer à ces réactifs Taluminate de baryte qui, ainsi qu’on le sait depuis les travaux de M. H. Sainte-Claire-Deville, est soluble, tandis que l’alu-minate de chaux est complètement insoluble. Etant donnée une dissolution d’aluminate de baryte, on la fera agir sur les eaux ayant subi l’action de la chaux, c’est-à-dire ayant abandonné la presque totalité du carbonate de chaux qu’elles contenaient.
- Dès le contact, la réaction a lieu; il se forme à la fois : des aluminates de chaux insolubles; du sulfate de baryte insoluble; du carbonate de baryte insoluble(1).
- BaOAPO3 + CaSO4 - BaSO4 + CaOAPO3.
- Ici, les sels de chaux des eaux donnent lieu à des précipités qui retiennent à la fois et la base et l’acide des sels. C’est là le trait absolument nouveau et caractéristique de l’application de Taluminate de baryte. La réaction est très nette et la précipitation se fait instantanément malgré la ténuité bien connue des carbonate et sulfate de baryte. Cela tient à ce qu’ils prennent naissance en présence d’un troisième, Taluminate de chaux, de forme caséeuse, floconneuse, qui englobe, entraîne les parties grenues, fort denses d’ailleurs, constituées par le carbonate et le sulfate de baryte. II se forme avec ces deux sels de véritables laques.
- Dans le cas présent, on constate que Taluminate de chaux possède, en les exaltant, les propriétés clarifiantes si connues de Talun. Les précipités formés se ressemblent, en effet, assez complètement pour permettre la décantation au bout de quelques heures, c’est-à-dire la suppression des filtres.
- En résumé, le problème de l’épuration préalable peut se préciser aujourd’hui d’une manière fort simple. Etant donné un volume quelconque d’eau crue, on procède en deux phases :
- i° Dans la première, on fait intervenir la chaux jusqu’à la saturation complète de Tacide carbonique; on obtient la précipitation du carbonate de chaux. La quantité de chaux à ajouter à une dose déterminée, sera connue par un dosage préalable en employant comme réactif indicateur le bleu soluble CAB Poirrier, qui vire au rose ou au rouge en présence de traces d’alcali ;
- 2° Dans la seconde phase, il s’agit d’éliminer le sulfate de chaux: pour cela, on aura recours à l’emploi de Taluminate de baryte, donnant une réaction complète et nette avec le sufate de chaux et permettant d’obtenir des eaux exemptes de ce sel.
- Fabrication de Taluminate de baryte. — Cette fabrication peut se faire : i0 Avec la bauxite et le carbonate de baryte précipité ;
- Suivant des recherches récentes de M. Arth, directeur de l’Institut chimique de Nancy, les réactions qui se passent ne seraient pas aussi simples que les représente l’équation. Tout Taluminate de calcium
- ne serait pas précipité, il en resterait dans la liqueur. De plus il faudrait moins d’aluminate de baryum que l’indique la théorie pour précipiter le sulfate decalcium. (Bull. Soc.chim. [3], 1902, t. XXVII, p. 296.)
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- 2° Avec la bauxite, le sulfate de baryum et du charbon ;
- 3° Avec la bauxite et l’hydrate de baryte cristallisé.
- îer procédé. — La witbérite, amenée à l’état de la plus grande division que puissent donner les broyeurs ordinaires, présente encore un état d’agrégation qui est peu favorable pour entrer en réaction chimique. Il est donc nécessaire d’employer les carbonates précipités qui donnent un meilleur rendement. Les deux corps, bauxite et carbonate, sont mélangés dans le rapport des relations atomiques et additionnés de 5à îop. îoo de houille pulvérisée ; la masse bien homogène est amenée à l’état de pâte consistante par un mélange de moitié eau et moitié de goudron. On fait ainsi des briquettes ou des agglomérés, qui sont envoyés à un four à réverbère pour y subir une calcination, au rouge cerise clair, pendant trois heures. On défourne la matière qui n’a rien perdu, pendant sa calcination, de sa forme physique. On lessive à îoo degrés et on a une dissolution d’aluminate de baryte.
- qc procédé. —Emploi de la bauxite, du sulfate de baryte naturel, ou barytine, et du charbon.
- Dans ce procédé il faut envisager deux phases :
- i° La production du sulfure de baryum par l’action du charbon sur le sulfate de baryte ;
- 2° La réaction de l’alumine de la bauxite sur le sulfure de baryum.
- L’emploi de la vapeur d’eau surchauffée joue un rôle prépondérant dans la seconde période de ce procédé ; son intervention doit se produire à un moment précis de l’opération, le sulfure de baryum devant être décomposé en acide sulfhydrique et en baryte caustique, laquelle réagit ensuite sur l’alumine.
- Un procédé du même genre que celui de M. Asselin a été breveté par M. Peniakojf, de Saint-Pétersbourg (D. R. P., n° 98857, du 9 mai 1896; certîficat additionnel au brevet déjà cité du même auteur, n° 80063, du 9 mai 1893). Ce brevet est exploité par la Société métallurgique de l’aluminium, dans son usine belge et dans sa fdiale française «L’Alumine et ses dérivésn, qui réside à Givors.
- Le procédé consiste à chauffer un mélange intime de bauxite, de sulfate de baryte et de sulfure de baryum, ou bien de pyrite de fer. Le produit de la calcination est lessivé pour séparer les matières insolubles non transformées et la solution est évaporée quand on veut obtenir l’aluminate sec et solide.
- Le mélange doit être fait suivant les proportions données par les équations suivantes :
- (1) âAl203 + 3BaS04 + BaS = âBaOAPO3 + âS02.
- (2) iiAl203 -f- uBaSO4 -f- 2Fe2S2 = îiBaOAPO3 -f- Fe203 + t5S02.
- Gomme le fait remarquer l’auteur, l’addition, dans le premier cas, de sulfure de baryum dans la proportion du cinquième du poids de sulfate employé et, dans le second, de pyrite, a pour effet d’abaisser la température de la réaction et de fournir
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- de l’acide sulfureux. Au fond les réactions mises enjeu sont les mêmes que dans le procédé de M. Asselin. Dans ce dernier, l’addition du charbon a pour effet de réduire une partie du sulfate de baryum en sulfure qui prend alors part à la réduction du sulfate restant. La substitution de la pyrite au sulfure de baryum constitue naturellement un perfectionnement, à la condition que les rendements soient aussi bons et que le produit ait les mêmes qualités.
- Dans les deux procédés (1 et 2) de M. Asselin, on transforme en aluminate soluble entre le tiers et la moitié de l’alumine des bauxites employées. Par suite de cette variabilité , il est difficile, pour ces deux procédés, de préciser un prix de revient. Quant au rendement du procédé Peniakoff, nous l’ignorons.
- 3e procédé. — Emploi de la baryte caustique hydratée, cristallisée et de la bauxite.
- Les matières mélangées suivant leurs poids moléculaires sont introduites dans un four à réverbère et portées pendant deux heures à la température du rouge sombre. On obtient ainsi une solubilisation des neuf dixièmes de l’alumine de la bauxite employée. C’est là un rendement très industriel. Comme le prix de la baryte caustique hydratée cristallisée est relativement élevé, ce procédé est assez coûteux. A l’époque ou M. Asselin a publié ses essais (Société des Ingénieurs civils, procès-verbal de la séance du 17 mai 1895 , p. 5), il accusait le prix de 80 francs les 100 kilogrammes, comme prix de revient de son aluminate par cette méthode, prix qui est déjà inférieur à celui de l’acide oxalique.
- Propriétés. — L’aluminate de baryte ainsi obtenu, consiste en une poudre grossière de couleur grisâtre, soluble dans l’eau quand elle est pure. Dix parties d’eau dissolvent une partie d’aluminate BaOAPO3. Sa dissolution saturée additionnée d’alcool fournit des cristaux qui répondent à la formule Ba0Al203AH20.
- SULFURE D’ALUMINIUM.
- M. Peniakoff a également pris une série de brevets dans le but de préparer du sulfure d’aluminium destiné à la métallurgie de l’aluminium.
- D’après le brevet (D.R. P., n° 79781, du 9 mai 1898) il obtient ce sulfure ou un sulfure double en faisant arriver du sulfure de carbone ou de l’oxysulfure dans une cornue contenant du sulfate d’aluminium sec, ou un mélange de ce sel avec un autre sulfate , préalablement porté au rouge sombre. Les vapeurs de sulfure de carbone non entré en réaction, ainsi que celles de soufre, sont condensées dans une chambre.
- A12(S04)3 + 6 CS2 = A12S3 + 6CO2 + 12S.
- Il reste dans la cornue une masse poreuse de sulfure d’aluminium (ou de sulfure double) qui, réduit, fournit Taluminium.
- Ce procédé a été successivement modifié dans trois nouveaux brevets (D.R.P., n° 888Û0, du 17 juin 1896 ; n° 89143, du 11 juillet 1 895 ; n° 94845, du üh octobre 1895).
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- Dans le premier Tauteur obtient des sulfures doubles d’aluminium avec d’autres métaux en faisant arriver du sulfure ou de l’oxysulfure de carbone sur un mélange d’alumine anhydre et de sels oxygénés (sulfates, phosphates, chromâtes, manganates, mais non carbonates) portés au rouge.
- Dans le second, il calcine un mélange d’un sulfure alcalin ou alcalino-terreux avec des sels halogénés simples ou doubles de l’aluminium.
- A12F16 + 3Na2S = A12S3 + GNaFl.
- Al2Fl66NaFl + 3Na2S = A12S3 + iaNaFl.
- Al2Cl66NaCl + 3Na2S = A12S3 + laNaGl.
- Dans le troisième enfin il fait agir du sulfure de carbone ou de l’oxysulfure, sur des aluminates de la formule M/3A103 et M"3A1206, et obtient des sulfures doubles. Tous ces procédés, dont pas un seul sans aucun doute, n’a eu la sanction industrielle, n’ont qu’un intérêt rétrospectif, aussi ne croyons-nous pas devoir insister davantage.
- FABRICATION DE CYANURE, FERROCYANURE ET FERRICYANURE DE POTASSIUM ET DE SODIUM.
- Depuis la publication de mon rapport sur l’industrie chimique à l’Exposition de Chicago, la fabrication des cyanures a pris dans les différents pays un grand développement.
- La consommation sans cesse croissante du cyanure dans les diverses régions aurifères du globe ayant augmenté les débouchés de ce sel, on a cherché de nouveaux procédés pour la fabrication des prussiates, en même temps que les anciens ont été notablement améliorés et exploités sur une échelle plus étendue. Il en est résulté une surproduction et par suite une baisse des prix.
- On peut évaluer la production actuelle aux chiffres suivants :
- PRUSSIATE DE POTASSE.
- France.............
- Allemagne et Autriche
- Angleterre.........
- Belgique et Hollande.,
- Etats-Unis.........
- Russie.............
- Total............................. n,3oo
- i,5oo tonnes. 4,ooo 3,ooo 5oo 2,000 3oo
- PRUSSIATE DE SOUDE.
- Angleterre......................................................... i,5oo tonnes.
- Allemagne............................................................ 3oo
- Total................................... i,8oo
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- CYANURE DE POTASSIUM ET DE SODIUM.
- ............................................... 5oo tonnes.
- 4,ooo
- ............................................. 2,000
- ............................................. i,5oo
- Total.............................. 8,ooo
- Ce dernier cyanure est fabriqué en partie au moyen du prussiate de potasse, en partie syntbétiquement par l’intermédiaire de l’ammoniaque.
- Procédés employés pour la fabrication du prussiate ou ferrocyanure de potassium.
- — Le vieux procédé de fabrication de ce sel par calcination des matières d’origine animale avec la potasse, est employé exclusivement en Amérique, où l’on travaille les déchets de cuir provenant de l’industrie des chaussures.
- On se sert à cet effet d’appareils fermés avec agitateurs mécaniques, tels qu’on les employait autrefois en Angleterre. Les fours à réverbère usités jadis en France et en Allemagne, avec brassage à la main, ne peuvent pas servir en Amérique vu le prix élevé de la main-d’œuvre.
- Ce vieux procédé aux matières animales est aussi en usage en Autriche, ou Ton emploie, toutefois, les fours à réverbère, mais paraît être abandonné en France et en Allemagne.
- En Russie, les paysans qui extraient la potasse des cendres, fabriquent une petite quantité de prussiate en calcinant des déchets azotés avec leur potasse. Ce prussiate obtenu par petites quantités de différents côtés alimente une partie de la consommation du pays.
- A ce même procédé de calcination des matières azotées avec la potasse on peut rattacher celui de la Chemische Actien-Geselkchaft, de Hambourg (D. R. P., n° 81237) qui emploie comme matière azotée du carbazol, produit secondaire de la purification de Tan-thracène. Ce procédé ne paraît, du reste, pas avoir reçu d’application en grand.
- Prussiate obtenu comme produit accessoire dans la fabrication du gaz d’éclairage. — On sait que la calcination de la houille en cornues, telle quelle se pratique dans les usines à gaz, forme des cyanures qui se concentrent dans la matière épurante. Le résidu insoluble obtenu après épuisement à l’eau de ces masses d’épuration, constitue la matière première pour la fabrication des prussiates.
- Le traitement de ces matières se fait généralement en France, en Allemagne, Angleterre, Autriche, Belgique, Hollande et, à ce qu’il paraît, aussi en Russie. (Mme A.-J. Neverova a, en effet, exposé du très beau prussiate et du cyanure dans la section russe, mais nous ignorons par quel procédé ces produits ont été préparés.)
- Depuis 1893, les quantités obtenues par ce procédé ont augmenté, parce que les usines à gaz ont amélioré leur épuration en cherchant à condenser d’une façon plus
- France.. . Angleterre Allemagne États-Unis.
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- complète l’acide cyanhydrique et le cyanure d’ammonium par la matière épurante. D’autre part, les établissements qui jadis épuraient leur gaz simplement à la chaux ont introduit en partie l’épuration à Toxyde de fer.
- D’une façon générale, les matières deviennent d’autant plus riches en bleu que le gaz est mieux débarrassé de son ammoniaque, car la présence de fortes quantités de cet alcali dans le gaz en meme temps que du soufre, facilite la transformation de l’acide cyanhydrique en sulfocyanure cl’ammonium qui n’a guère de valeur.
- En France, ces matières riches en sels ammoniacaux et en sulfocyanures sont achetées par l’agriculture cpii s’en sert comme engrais.
- Cette production de matières d’épuration riches en ammoniaque est fort désavantageuse pour les usines à gaz, parce quelles peuvent tirer un bien meilleur parti de l’ammoniaque, sous forme d’eaux ammoniacales, qu’en la laissant dans les matières épurantes ; de plus, comme cette matière est payée d’après le taux de cyanure quelle renferme, et que la teneur de ce dernier diminue avec l’augmentation de l’ammoniaque, il y a donc double avantage à régler l’épuration du gaz en tenant compte de ce que nous venons d’exposer. La fabrication même du prussiate à l’aide des matières épurantes n’a guère subi de changement.
- L’extraction du soufre au moyen du sulfure de carbone, pratiquée dans quelques usines, ne s’est toutefois pas généralisée, parce qu’il est difficile de débarrasser le produit obtenu des substances goudronneuses contenues dans les matières épurantes, et que le bas prix du soufre ne paye pas les frais de purification.
- Les matières restant après extraction du cyanure, peuvent servir à faire de l’acide sulfurique.
- En France, on en emploie aussi une certaine quantité, préalablement séchée et finement triturée, comme remède contre l’oïdium, sous le nom de soufre précipité (Schlœ-sing, B. F. 166827, ^ février 1885). Cet emploi ne peut cependant enlever cpie
- des quantités restreintes de ce produit.
- Procédé permettant d’extraire directement l’acide cyanhydrique du gaz. —
- Si la méthode d’extraction des matières épurantes ne paraît pas avoir subi de changements dans ces dernières années, on a par contre étudié et mis en expérience différents procédés permettant de retirer directement l’acide cyanhydrique du gaz de l’éclairage.
- Le premier en date est celui de knubiauch (D. R. P., n° k 1 p3o, du 18 avril 1886). Il consiste à faire passer le gaz par une solution alcaline qui contient en suspension de Toxyde de fer hydraté, destinée à absorber Tacide cyanhydrique et à le transformer soit en bleu de Prusse soit en ferrocyanure de l’alcali, si celui-ci est en excès.
- Puis vient le procédé de Foulés (E. P., n° 1 5 1 68, du 12 août 189 5 ), qui obtient une solution de ferrocyanure de sodium en faisant barboter le gaz, entièrement débarrassé de Tammoniaque, dans une solution de carbonate de sodium tenant du carbonate de fer fraîchement précipité en suspension.
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- Le prussiate cle soude ainsi formé
- 2CAzH A- C03Na2 = 2CAzNa -f- CO2 ACAzNa + CCUFe = (CAz)6FeNa4 + CO2
- peut être retiré par concentration et cristallisation, ou bien peut servir comme point de départ pour la fabrication d’autres cyanures.
- Un autre procédé qui dérive comme le précédent du procédé Knuhlauch, est celui du docteur Bueb (B. F., n° 2^535, du 3o avril 1890 ; D. R. P., n° 11 2 /i5g , du 27 juillet 1898).
- Le principe de ce procédé consiste à former avec le cyanogène un ferrocyanure d’ammonium insoluble de formule Fe(CAz)6Fe(AzH4j2. Ce sel se produit lorsqu’on mélange intimement l’acide cyanhydrique et l’ammoniaque en présence du sulfure de fer.
- Dans la pratique, ce procédé se réalise comme suit :
- Le gaz, après sa sortie du condensateur Pelouze et Audouin, est conduit dans un laveur mécanique spécial, type Standard. Cet appareil se compose de quatre à cinq compartiments séparés. On fait couler dans l’appareil une solution concentrée de sulfate ferreux. Le gaz traverse le laveur dans le sens opposé à celui qui suit la solution de sel de fer. (Fig. 85 et 86.)
- La réaction chimique s’opère ainsi : le dernier compartiment du laveur, c’est-à-dire celui d’où sort le gaz, est rempli d’une solution fraîchement préparée et concentrée de
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- sulfate de fer. Après six à dix heures, suivant le passage du gaz, le sulfate de 1er s’esl complètement transformé, suivant la formule
- FeSO4 + H2S + 3AzH3 = FeS + (AzH4)2S04.
- Le contenu de ce compartiment arrive alors dans le compartiment suivant, dans lequel s’opère une autre réaction. Le cyanure d’ammonium du gaz forme avec le sulfure de fer un sel double de ferrocyanure d’ammonium et de fer. La réaction peut se traduire ainsi
- 2 FeS + 6(AzH4)CAz = (AzH4)2Fe(CAz)6Fe + 2(AzH4)2S.
- Fig. 86.
- Cette réaction se continue dans les compartiments suivants jusqu’au dernier, c’esl-à-clire celui de l’entrée du gaz, où elle se trouve terminée. Elle s’effectue avec plus d’intensité lorsque le gaz qui traverse l’appareil n’a pas été préalablement refroidi. C’est pourquoi il est utile, en faisant de nouvelles installations, de ne placer les réfrigérants à circulation d’eau qu’à la sortie du laveur à cyanogène.
- Le produit sort du laveur sous la forme d’une boue liquide de couleur jaune verdâtre, qui contient la totalité du cyanogène* et le tiers de l’ammoniaque du gaz d’éclairage. Cette dernière s’y trouve sous la forme de SO4 (AzH4)2 et AzH3 pour la moitié, sous la forme de C03(AzH4)2 et (AzH4)2S pour un quart et sous la forme de (AzH4)2Fe2(CAz)6 pour le dernier quart.
- Ce procédé allège considérablement le travail des laveurs à ammoniaque, puisque ceux-ci n’ont plus à retirer du gaz que les deux tiers de l’ammoniaque qu’il renferme.
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- Le précipité retiré du laveur à cyanogène est porté à l’ébullition pour distiller l’ammoniaque et les sels ammoniacaux. Le produit de cette distillation est condensé dans un réfrigérant en eau ammoniacale contenant 5 à 6 p. îoo d’ammoniaque et va rejoindre les eaux ammoniacales de l’usine.
- Laveur naphtaline et à, charnu
- _ Laveur cl naphtaline, pi,à. cyanur'c&
- Fig. 87. — Schéma d’une installation pour la récupération des cyanures.
- La boue restant dans le bouilleur se compose maintenant d’un mélange de sel double de cyanure insoluble et d’une solution de S04(AzH4)2 que Ton fait passer au filtre-presse. Le liquide résiduaire est une solution à 10 p. 100 de S04(AzH4)2 que Ton réduit ensuite pour en faire du sulfate propre pour la vente.
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- La pâte qui reste dans la presse est vendable telle quelle, pour être transformée en d’autres prussiates.
- En résumé, ce procédé n’exige pour son application d’autres produits chimiques que le sulfate de fer. Il faut compter 200 kilogrammes de sulfate ferreux pour 100 kilogrammes de bleu de Prusse retirés.
- L’emploi de l’appareil est simple. Il nécessite, suivant le passage du gaz, de une à deux heures de travail par jour, pour son service.
- Quant à la quantité de cyanogène retiré par mètre cube de gaz, elle est variable suivant les charbons employés. En général, on peut admettre que le minimum de rendement en cyanogène dans une usine à gaz, correspond à une production de 3 gr. 5 de prussiate jaune de potasse par mètre cube de gaz. Le charbon français du Nord donnera 5 grammes.
- Les divers avantages de ce procédé sont les suivants :
- i° Le gaz est débarrassé de cyanogène d’une manière complète ; ce résultat doit être considéré comme particulièrement favorable au point de vue hygiénique. En effet, le gaz d’éclairage qui n’est soumis à aucun procédé d’élimination de cyanure contient jusqu’à 1 gramme d’acide cyanhydrique par mètre cube ;
- 20 Le gaz, dépouillé de cyanogène ne peut plus détériorer les volants de compteurs humides et la tôle des gazomètres ;
- 3° Le travail des épurateurs est limité à l’élimination de Tacide sulfhydrique. En effet, le fer de la masse épurante qui servait jusqu’ici à l’absorption simultanée du cyanogène et de Tacide sulfhydrique, est entièrement disponible pour servir à la récupération de H2S ;
- 4° Le cyanogène du gaz décompose le sulfure de fer nouvellement formé et met en liberté l’hydrogène sulfuré, dans Tépurateur. Cet inconvénient n’existe plus avec ce procédé ;
- 5° La masse épurante épuisée peut être facilement réduite en une substance contenant 60 p. 100 de soufre et peut être vendue pour la fabrication de Tacide sulfurique.
- Procédé Schroter.— Le procédé Schroter (R. F., n° 281 456 , du 1 p septembre 1898 et brevet américain n° 6 2 4 3 8 3 , du 2 2 mai 1899). ^es produit gazeux de la distillation de la houille sont dirigés dans une solution aqueuse de chlorure ferreux. Comme l’ammoniaque est en grand excès, il se forme du ferrocyanure d’ammonium qu’on distille avec de la chaux. Le ferrocyanure de calcium donne ensuite par double décomposition avec le carbonate de potassium, le prussiate jaune de potasse.
- De ces différents procédés décrits ci-dessus, le procédé Foulés est employé en Angleterre et sert notamment à fabriquer les fortes quantités de prussiate de soude que produit ce pays.
- En Allemagne, on commence, d’autre part, à mettre en pratique le procédé deBueb.
- Fabrication de prussiate par la calcination des eaux résiduaires provenant de l’extraction du sucre des mélasses au moyen de la strontiane. — Les mélasses con-
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- tiennent d’assez fortes quantités de matières azotées qu’on a cherché à différentes reprises à transformer en prussiates.
- Après l’extraction du sucre des mélasses au moyen de la strontiane, il reste des liquides alcalins dont la calcination donne de la potasse. Le brevet D. R. P., n° 86913 (1895) de Reichard et Bueb transforme les substances azotées du gaz qui prennent naissance durant cette calcination en acide cyanhydrique et ammoniaque, en les faisant passer par des canaux chauffés au rouge. Les produits formés sont ensuite absorbés par les procédés usités pour le gaz de l’éclairage, et Ton transforme Tacide cyanhydrique en ferrocya-nure de fer et d’ammonium par une méthode analogue à celle de Bueb décrite plus haut.
- Comme l’extraction du sucre des mélasses par la strontiane se pratique sur une grande échelle en Allemagne, la fabrication de prussiate avec les eaux résiduaires y est devenue assez importante.
- Tous ces procédés se basent sur la transformation de Tacide cyanhydrique en ferro-cyanure.
- Fabrication directe du cyanure. — Le brevet D.R. P., n° 1 0/1953 , du docteur Bueb, cherche à éviter cette transformation et veut fabriquer directement le cyanure de potassium avec le gaz des mélasses, qui sont plus riches en acide cyanhydrique que le gaz d’éclairage.
- Il commence par séparer l’ammoniaque au moyen de Tacide sulfurique étendu, puis comme les gaz contiennent une forte proportion d’acide carbonique à côté d’acide cyanhydrique et que par conséquent il ne peut pas obtenir un cyanure riche en absorbant CO2 et CAzH directement dans la potasse ou la soude caustique, il sépare GO2 de CAzH en retenant ce dernier par de Talcool concentré. La solution d’acide cyanhydrique dans l’alcool ainsi obtenu est soumise à une rectification fractionnée et fournit un courant de CAzH gazeux pur, facile à transformer en cyanure de potassium ou de sodium. Ce procédé, fort ingénieux, ne paraît toutefois pas encore être entré dans la pratique.
- Fabrication du cyanure de potassium et de sodium. — Dans la fabrication du cyanure double nous constatons l’éclosion de divers procédés et la prise d’un grand nombre de brevets.
- Une faible partie seulement de ces procédés parait devoir entrer dans la pratique.
- Dans notre rapport sur l’Exposition de Chicago nous avons déjà signalé la fabrication de ce cyanure double au moyen du ferrocyanure de potassium pulvérisé et bien desséché et du sodium
- Fe(CAz)6K4 + Na2 = AKCAzâNaCAz -j- Fe.
- Ce procédé introduit dans la pratique par la Deutsche Gold und Silber Scheide Anstalt a pris une extension considérable depuis 1892, grâce au prix très bas (3 fr. à 3 fr. 5 0 le kilogramme) auquel on peut livrer actuellement le sodium. Ce cyanure est toujours vendu sous le nom de cyanure de potassium à 98-100 p. 100, et est compté comme sel de
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- potassium. Étant donné le poids atomique du sodium (23), ce cyanure double, s’il était pur, devrait fournir un titre en acide cyanhydrique plus élevé que le cyanure de potassium, et alors î oo grammes de ce produit devraient correspondre à 106 de cyanure de potassium pur.
- On a cherché à arriver au même résultat (Br. F. n° 288988, du 3i mai 1894, par Wichmann et Vautin) en chauffant un mélange de ferrocyanure de potassium avec un alliage plomb et sodium, et en séparant le cyanure fondu du résidu, consistant en fer et plomb.
- Procédés à l’ammoniaque. — Dans notre rapport de 1893 nous avons eu l’occasion d’insister sur un procédé qui repose sur l’action de l’ammoniaque sur un mélange de charbon et de carbonate de potasse porté au rouge.
- (D.R.P., n°38oi2,du 10 mars 1886; D.R. P., n°5i562, du 7 août 1889; Brevet fr. n° 20/1/192, du 3o août 1889.)
- Nous avons même donné la description des derniers fours brevetés par MAL Sicfer-mann, à Elberfeld; Gruneberg, à Cologne, et Fiemming, à Kalk. Depuis cette époque un autre procédé a été breveté par Beilby. (Brevet fr. n° 219156, du 4 février 1 892 ; E. P. n° 4820, du 18 juin 1892.)
- Dans ce procédé, au lieu de faire passer le courant d’ammoniaque sur un mélange de charbon et de carbonate de potasse solide, on abaisse le point de fusion de l’alcali par l’addition de cyanure de potassium et on n’y ajoute qu’une petite quantité de charbon pulvérisé, qui est renouvelé au fur et à mesure de l’opération. C’est, sur ce mélange liquide qu’on fait passer l’ammoniaque.
- Comme appareil, l’auteur emploie des cornues verticales maintenues à la température favorable. L’ammoniaque entre par le bas de la cornue et rencontre le mélange de potasse , cyanure et charbon qui coule en forme de cascade, sur des tables perforées placées sur toute la longueur de la cornue, de manière à obtenir un contact intime du gaz et de la potasse.
- Celle-ci se transforme peu à peu en cyanure, qui se réunit dans un pot de fusion formant fond de la cornue et dont on l’extrait périodiquement.
- Ce procédé paraît être employé sur une grande échelle en Angleterre. Il fournit un cyanure moins riche que le procédé Gruneberg, mais donne du premier jet et sans travail de cristallisation, un produit marchand. Cette réaction de l’ammoniaque a fait l’objet de nombreux brevets, mais il est difficile de savoir si les procédés ont été employés industriellement. Lange et Emmanuel (D.R. P. n° 100775) veulent obtenir de meilleurs rendements en mélangeant l’ammoniaque avec de l’hydrogène et de l’azote.
- Signalons encore les procédés de Pfleger (D. R. P., n° 89594), de Rupe (D. R. P., n° t o5o51 ), etc.
- Tous ces procédés à l’ammoniaque sont fort délicats, parce que AzH3 se décompose facilement à une température élevée, de sorte qu’un petit nombre seulement s’est introduit dans la pratique.
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- Procédés à l’azote. — La fabrication du cyanure, au moyen de l’action de Tazote de l’air sur un mélange de potasse et de charbon porté à une haute température, entreprise autrefois sur une échelle industrielle par Possoy et Boissière, a été reprise par les nouveaux moyens qui sont à la disposition de la technique actuelle.
- Toutefois, il ne semble pas que ces procédés aient pu soutenir la concurrence des fabrications basées sur d’autres réactions, malgré le bon marché de la matière première, Tazote de Pair.
- Comme la réaction demande, pour se réaliser, une température élevée, Readmann, E. P., n° 662 1, 1896, opère dans un four électrique. Cette application du four paraît rationnelle, mais il semble que les frais de fabrication étaient trop élevés, car le procédé n’a pas reçu la sanction industrielle.
- On trouvera dans Chemische Industrie, 1895, p. 287, la littérature de ces différents procédés, travail du à M. Caro.
- Citons encore les brevets suivants :
- I). R. P., n° 87780, de J.-W. Iwan et J.-A. Kendall ; E. P., n° 6925 ( 189 A), Mackay et Huteheson ; D. R. P., n° 84078, Atkin ; D. R. P., n° 81769 , Harnig.
- Procédé par l’action de l’azote ou de l’ammoniaque sur le carbure de calcium à une température élevée. — La fabrication du cyanure au moyen de Tazote ou de Tam-moniaque et du carbure de calcium porté à une haute température a été tentée de plusieurs côtés.
- Le procédé Caro et Franck, exposé dans différents brevets, a été, en particulier, fort étudié.
- Jusqu’à présent, quoique essayé sur une grande échelle, il ne paraît pas avoir donné des résultats industriels. Dans le premier brevet, D. R. P., n° 88363 ( 1895), on faisait passer sur du carbure de calcium chauffé au rouge un mélange d’azote et de vapeur d’eau.
- Dans le brevet n° 92687 (1895), on remplaçait Tazote et la vapeur d’eau par de l’ammoniaque.
- D’après le brevet n° 95660 (1896) on fait réagir Tazote sur un mélange de carbure de calcium et d’un oxyde, carbonate, sulfate alcalin ou alcalino-terreux, etc. porté au rouge.
- D’après le brevet D. R. P., n° 108978 (1898), au lieu de faire directement des cyanures, on se propose d’abord de préparer des cyanamides des métaux alcalins ou alcalino-terreux en faisant agir de Tazote sur des carbures portés au rouge ou sur des mélanges susceptibles de donner naissance, à haute température, à des carbures, suivant les réactions
- R2.C2 + Az = R2Az2C + C et
- BaCO2 + 3C + Az2 = BaAz2C + 3CO.
- Mais on a constaté que lorsqu’on chauffe les cyanamides de métaux alcalins ou
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- alcalino-terreux avec du charbon pour les transformer en cyanures, d’après la réaction G -f- Na2Az2C = âNaCAz
- on n’obtenait que des rendements très faibles (D. R. P., n° 116087 , 1898).
- Le rendement se rapprocherait cependant du rendement théorique quand on chauffe ce mélange avec 5oà 100 p. 100 d’oxyde ou de carbonate alcalin ou alcalino-terreux. D.R.P. n° 116088 (1898).
- Comme les réactions indiquées dans les brevets précédents ne sont pas nettement séparées et qu’il se forme encore d’autres corps azotés, susceptibles de se transformer en cyanure par le fusion avec les oxydes, hydrates, carbonates alcalins ou alcalino-terreux, ce brevet les résume en prescrivant de faire passer un courant d’azote sur des carbures portés au rouge, puis de chauffer ou de fondre le produit de la réaction avec des oxydes, hydrates d’oxydes, ou carbonates alcalins, pour en convertir tout l’azote en cyanure.
- Procédés de préparation de cyanure avec du sodium métallique, de l’azote ou de l’ammoniaque. — Ce procédé paraît présenter d’assez grandes difficultés et ne donne en tous cas, pas de cyanure riche.
- Comme le sodium a baissé de prix on a cherché à l’employer directement pour la fabrication du cyanure.
- Dans le brevet anglais E. P., n° 12219 (1.895), Castner cherche à effectuer cette combinaison directe du sodium, de l’azote et du carbone dans une cornue verticale en fer, remplie de charbon et chauffée au rouge. A cet effet, il fait entrer un courant d’azote par le bas, et couler en même temps du sodium fondu par le haut. Le cyanure produit doit s’écouler par le bas.
- Dans le brevet E. P., n° 12229,1894, l’auteur remplace l’azote par l’ammoniaque, et dans le brevet D. R. P., n° 90999 , ^ sépare la réaction en deux phases : à 3oo-4oo degrés il met l’ammoniaque en contact avec le sodium pour former l’amidure AzH2Na, puis il fait couler cet amidure sur du charbon porté au rouge dans une cornue verticale et le transforme facilement en cyanure de sodium pur, qui s’écoule par le bas de la cornue.
- Cette dernière opération donne, paraît-il, des rendements se rapprochant des rendements théoriques.
- Cette réaction semble cependant toujours être à l’étude, car récemment la Deutsche Golcl und Silher Scheide Anstalt a demandé un brevet (Patent anmeldung, n° 10857, ^ll 10 avril 1900), pour un appareil destiné à la préparation industrielle de Y amidure de sodium AzH2Na.
- D’après le brevet américain de la même société on ferait agir sur de l’amidure de sodium, aune température de35oà6oo degrés, des matières carbonées de façon a obtenir de la cyanamide sodée Na2Az2C en vertu de la réaction suivante :
- 2NaAzH2 -j- C — Na2Az2C -j- H4.
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- On chaufferait ensuite ce produit avec du charbon, à une température de 760 à 800 degrés et on obtiendrait du cyanure de sodium
- CAz2Na2 + C = C2Az2Na2.
- (Am. Pat. nos 6869/19 et 686960.)
- Toutefois, pour que ce procédé pût soutenir la concurrence avec les autres, il faudrait que le sodium baissât notablement de prix, car avec les cours actuels (3 francs à 3 fr. 5o le kilogramme), la lutte serait impossible.
- Procédés par l’intermédiaire du sulfocyanure. — La fabrication de prussiate et de cyanure au moyen du sulfocyanure a été essayée à différentes reprises sans succès. La matière première dont on part pour la préparation du sulfocyanure est toujours le sulfure de carbone. Autrefois on cherchait à en faire du ferrocyanure ; actuellement c’est à la fabrication directe de cyanure qu’on tend.
- Parmi les nouveaux procédés, le plus important paraît être celui de la United Alcali C°, D. IL P., n° 97896 (1895), qui oxyde du sulfocyanure au moyen de l’acide nitrique. On n’obtient de bons rendements que dans des conditions limitées de température, et avec un excès d’acide nitrique de certaine concentration.
- Pour séparer CAzH de Az203, AzO et CO2, on absorbe Az203 par deTeau à 80 degrés, CAzH par de Teau froide qui laisse passer CO2, AzO et un peu de CAzH. On retient CO2 et le reste de CAzH par un lait de chaux, le gaz restant se compose de AzO qu’on retransforme en acide nitrique. On neutralise la solution d’acide cyanhydrique par de la potasse ou de la soude caustique, pour faire des cyanures de sodium ou de potassium.
- D’après le rapport de l’inspecteur des fabriques en Angleterre, M. Forbes Carpenter, l’United Alcali C° a créé, en 1898, une usine importante pour l’exploitation de ce procédé, mais, au bout de peu de temps, une partie de l’installation a été détruite par l’explosion du mélange gazeux d’acide cyanhydrique et de bioxyde d’azote, sans qu’on ait pu découvrir la cause de cette explosion.
- M. Beringer, à Charlottenbourg, a demandé, le A septembre 1899, un brevet allemand D. R. P., n° 2 A A3 3, sur cette même réaction. Il veut oxyder le sulfocyanure de baryum avec le nitrate de baryum en présence d’acide sulfurique.
- AzO se dégage et est retransformé en acide azotique ; il reste une solution d’acide cyanhydrique après dépôt de sulfate de baryte.
- D’autres procédés convertissent les sulfocyanures en cyanures, en enlevant le soufre au moyen du plomb ou du zinc d’après la réaction
- CAzSNa -f- Zn = SZn -j- CAzNa
- (D. R. P., n° 87613, Hood et Salomon.)
- Procédés basés sur différentes réactions intermédiaires. — D’après Moise (B. F. n° 2A6587, 22 avril 1895), on peut obtenir du cyanure en partant de Tazoture de
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- Pore qu’on chauffe avec du carbonate de potasse et du charbon. La masse fondue est traitée ensuite par de la limaille de fer pour obtenir du ferrocyanurc.
- Glock (D. R. P., n° 1081 52) prépare des cyanures alcalins en faisant passer des vapeurs de formamide à travers des alcalis fondus.
- Citons enfin un brevet fr. n° 288030, du 20 avril 1899, pris par M. Dalinot et dont l’objet consiste à éviter la perte du cyanogène qui se produit dans la préparation des cyanures alcalins par décomposition du ferrocyanure par le charbon. Pour cela on additionne le ferrocyanure de carbure de calcium et de potasse ou de soude
- FeGy6K4 + Na20 -f- G2Ga = dKCy -f- 2NaCy -j- CaO -}- Fe.
- En résumé, on a cherché par différents moyens de fabriquer le cyanure de potassium. Sur le grand nombre de procédés brevetés et étudiés durant ces dernières années, dont quelques-uns à très grands frais, un petit nombre seulement paraît servir. La plus grosse partie du cyanure produit paraît être fabriquée avec du prussiate et du sodium, puis viennent les procédés de Stassfurt-Grüneberg et Deilby, et peut-être celui au sulfo-cyanure de la United Alcali Go.
- FERRICYANURE DE POTASSIUM.
- Ge sel que l’on a déjà fabriqué par électrolyse, paraît toujours être produit par le vieux procédé d’oxydation au chlore. L’emploi en est d’ailleurs très restreint.
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- CHAPITRE IL
- PRODUITS DE LA PETITE INDUSTRIE CHIMIQUE ET PRODUITS PHARMACEUTIQUES.
- Cette délimitation des produits chimiques en produits de la grande industrie et en produits de la petite industrie chimique est, nous ne saurions trop le répéter, des plus artificielles. Elle s’impose cependant, non pas uniquement par la nature des produits eux-mêmes qui ne sont fabriqués, ni consommés, sur une aussi grande échelle que ceux qui ont fait l’objet du premier chapitre de ce travail, mais encore par les moyens mis en action pour les produire industriellement. En effet, si, par la masse même des matériaux employés, la grande industrie chimique est obligée d’avoir recours aux appareils puissants, et parfois d’une complication mécanique telle, que le côté chimique des réactions utilisées passe au second plan, dans l’industrie qui nous occupe, la machinerie et l’outillage sont des plus simples et permettent au chimiste d’être moins anonyme, de prendre une plus grande part à l’élaboration des corps, de leur imprimer, enfin, son cachet individuel.
- «De la vapeur, des appareils à distiller, des rectifieateurs, de la force motrice, des broyeurs, des tamiseurs, quelques pompes à vide et à eau, voilà tout le matériel mécanique utilisé pour ce genre de production. Le chimiste est en effet Tâme de cette fabrication, c’est à lui qu’incombent la direction et la surveillance des manipulations délicates qui doivent aboutir au produit désiré. C’est lui aussi qui, par son esprit d’invention, ses études, ses recherches de laboratoire, doit doter l’usine de découvertes nouvelles, soit en perfectionnant les anciennes méthodes de préparation, soit en trouvant des corps, des principes inconnus jusqu’alors et d’une application qu’il faut bien souvent s’attacher à chercher à son tour.
- Il ne suffit, en effet, pas toujours d’inventer des composés nouveaux, il faut encore en trouver l’usage.
- Si les exigences des coloristes ont amené les fabricants de produits chimiques à chercher des colorants ou des mordants plus économiques; si, d’autre part, les découvertes mémorables de Pasteur et les améliorations qu’elles ont suscitées dans le domaine de l’hygiène ont conduit à multiplier et à varier, suivant les cas, les antiseptiques, il est des corps, élaborés dans les usines, dont il faut pour ainsi dire créer l’emploi. L’activité productrice de notre époque ne saurait en effet se résigner à un arrêt. Le progrès est incessant et s’étend à tous les domaines. Une découverte nouvelle engendre, pour ainsi dire, des besoins nouveaux.
- Médicaments chimiques. — C’est ainsi qu’est née la fabrication des médicaments chimiques, fabrication qui a pris un développement inattendu depuis quelques années.
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- Limitée principalement aux antiseptiques, dont il a été question plus haut, elle a cherché à supplanter les remèdes d’origine végétale.
- L’antipyrine, l’antifébrine, la phénacétine et leurs analogues, tous produits de laboratoire, ont détrôné, dans une certaine mesure, la quinine. Celle-ci, dont le règne n’est pas fini, ne veut pas abdiquer et lutte en s’offrant à meilleur marché au consommateur. Achetée, il y a trente ans, au prix de 800 à 1,000 francs le kilogramme, elle vaut actuellement 3o à ho francs. Résultat merveilleux dû à la science mise au service d’une industrie intelligente. Dans cette lutte pour l’existence, cette industrie a, en effet, commencé par perfectionner ses procédés d’extraction. Elle a, d’autre part, trouvé le moyen d’améliorer la culture des arbres à quinquina et, par suite, d’augmenter leur rendement en écorce riche en alcaloïdes.
- Ces lignes, écrites en 189A, à l’occasion de notre rapport sur l’Exposition de Chicago, sont encore d’actualité aujourd’hui.
- Depuis cette époque, la thérapeutique a été véritablement envahie par les produits chimiques de synthèse.
- Outre l’ancienne médication par les simples ou par les principes extraits des simples, chaque maladie possède son contingent de remèdes qui sortent des usines de produits chimiques.
- et Quelles sont les voies suivies pour arriver à connaître les propriétés curatives de tel ou tel produit? Tantôt, c’est le hasard qui indique aux observateurs les qualités des substances ingérées ou appliquées. Témoin Tacétanilide (antifébrine) administrée par erreur à un malade au lieu de naphtaline. Tantôt, c’est une analogie de constitution avec un corps dont les effets sont déjà connus. Mais, dans la plupart des cas, les propriétés physiologiques des substances ne peuvent être mises en évidence qu’à la suite d’essais systématiques effectués sur des animaux ou des patients. Dans ces sortes de recherches, le chimiste a pour collaborateur indispensable le physiologiste ou le clinicien. Il est, en outre, nécessaire de porter les expériences sur une variété infinie de substances, avant d’en trouver une qui soit supérieure, par ses propriétés curatives, à celles du même ordre déjà connues v>.
- Sous ce rapport, les maisons allemandes se distinguent de toutes les autres, et par leur fécondité dans la production, et par leur organisation.
- Gomme on le verra plus loin, en Allemagne la fabrication des produits chimiques médicinaux n’est plus le monopole des maisons qui, par leur origine et leur passé, se sont acquises une certaine notoriété; elle a été entreprise par de grandes usines auxquelles sont attachés non seulement des équipes de chimistes spéciaux dont les recherches ont pour unique but de trouver de nouveaux médicaments, mais encore des médecins, des physiologistes, des pharmacologistes et des vétérinaires à qui incombe la tâche d’étudier ces produits au point de vue de leurs applications en thérapeutique. Ce ne sont en effet plus seulement les Merck, les Riedel, les Boeringer, etc., qui se livrent à ces fabrications, mais encore des sociétés puissantes comme les Farbenfabriken vormals Fr. Bayer à Elberfeld, et les Farbwerke vormals Meister, Lucius et Bruning à Hoechst.
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- Lors de la découverte du sérum antidiphtérique, cette dernière maison n’a même pas hésité à consacrer des sommes considérables à la construction de laboratoires et à l’entretien d’une cavalerie de soixante chevaux, dans le but de produire industriellement ce sérum. On sait, d’autre part, le succès commercial qu’a été, pour cette maison, l’antipyrine dont elle a eu le monopole de fabrication pendant quinze ans.
- Quant aux Farbenfabriken, outre les divers médicaments quelle a lancés, il semble qu’avec sa somatose, elle ait voulu résoudre le problème de la pilule-aliment proposé par M. Berthelot dans une de ses boutades humoristiques.
- Principes immédiats. — Alcaloïdes. — Glucosides. —La méthode d’investigation, instituée pour faire connaître les propriétés thérapeutiques des produits de synthèse, sert aussi à se rendre compte des effets que produisent les alcaloïdes et les glucosides sur l’organisme animal. L’importance croissante donnée aux produits artificiels, importance qu’il convient d’attribuer beaucoup plus à la réclame et au désir de présenter du nouveau qu’aux qualités spécifiques réelles de ces produits, n’a cependant pas fait négliger l’étude des principes immédiats des végétaux. Ceux-ci ont encore leurs fidèles. On peut même ajouter que, depuis quelques années , à la suite des explorations nombreuses dont les pays inconnus, ou peu connus, ont été l’objet de la part de nos hardis pionniers, le nombre de plantes jouissant manifestement de propriétés thérapeutiques, qu’ils rencontrent et cueillent dans leurs pérégrinations, s’est singulièrement accru.
- La flore de nos colonies est particulièrement riche en végétaux de cette nature. Mais il ne suffit pas de les signaler et de les décrire, il faudrait qu’ils fussent l’objet d’une étude chimique suivie et systématique. Il est en effet entré dans nos mœurs qu’on n’ajoute foi aux vertus curatives d’une plante que si Ton sait à quels principes définis elle doit ces vertus. C’est là sans doute une erreur, car bien souvent les qualités d’un simple résident dans l’ensemble des principes qu’il contient.
- Quoi qu’il en soit, nombreux et variés sont les alcaloïdes et glucosides nouveaux extraits des plantes exotiques, et nombreux aussi sont les dérivés auxquels ils donnent naissance.
- Produits physiologiques. — Ferments solubles. — Peptones. — Sérums. — Produits opothérapiques. — A côté de ces médicaments à composition parfaitement définie et dont la plupart revêtent même la forme cristalline, il est une série de produits, la plupart amorphes ou liquides, dont l’introduction dans la thérapeutique est de date récente.
- Limitée, il y a vingt ans encore, comme ferments solubles à la pepsine, à la pancréatine, à la papayine, à la diastase, la thérapeutique s’est enrichie d’un certain nombre d’autres ferments extraits les uns, comme la trypsine ou caséase, Yamylopsine et la stéapsine, de l’antique pancréatine, et les autres soit de sérums divers d’origine animale, soit de plantes. La seminase de Bourquelot, ferment qui a la propriété de transformer l’albumen corné en mannose, appartient à cette dernière catégorie.
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- L’étude minutieuse de la fonction de ces singulières substances a permis aux praticiens d’en diriger l’action et de la limiter en quelque sorte à l’élaboration de produits à propriétés nutritives ou physiologiques bien déterminés. L’industrie des peptones, sons leurs formes les plus variées, en est une des conséquences.
- Les beaux travaux de Pasteur, de Roux et de leurs émules en France, de Behring en Allemagne, travaux qui ont eu dans le monde entier un retentissement et un succès si légitimes, ont doté la thérapeutie d’une nouvelle espèce de médication, celle des sérums. On ne peut pas dire que la préparation de ces produits, du moins en France, ait pénétré dans l’industrie proprement dite. Elle demande en effet à être entourée d’une attention et de soins tellement particuliers, qu’elle doit être effectuée par des hommes de science désintéressés et pour lesquels la question de rémunération n’entre pas en ligne de compte.
- La fabrication de quelques-uns de ces sérums a été entreprise par des maisons allemandes il y a quelques années, mais nous ignorons si elle donne lieu à des profits.
- h’opothérapie timidement inaugurée par Brown-Séquard, en France, vers i8qi, a pris une rapide extension et s’est surtout élargie à la suite des beaux travaux de M. Armand Gautier. La thyroïdine, Tovarine, lacérébrine, les nucléines, les différents extraits opothérapiques de prostates, d’intestin, de thymus, de poumon, de testicules, etc., ont définitivement pris rang parmi les produits thérapeutiques et sont d’une fabrication courante de la part des maisons les plus renommées.
- Produits galéniques. — A part les dernières catégories de substances dont la constitution complexe se rapproche dans une certaine mesure des humeurs, sérums ou liquides de l’organisme dont elles dérivent d’ailleurs, les autres principes médicamenteux, qu’ils soient tirés du règne végétal ou qu’ils soient conçus par l’esprit inventif de l’homme de laboratoire, sont des individualités chimiques bien déterminées, cristallines ou liquides, en un mot des produits chimiques.
- Si l’emploi de quelques-uns de ces principes, comme la quinine, la morphine, la digitaline, voire même l’antipyrine et toute la série des antiseptiques, est justifié dans une notable mesure par suite des connaissances positives que nous avons sur leur spécificité, n’y a-t-il pas exagération dans le dédain que nos thérapeutes semblent professer pour les produits naturels, pour les simples ou extraits de simples dont les propriétés curatives sont sanctionnées par l’expérience de plusieurs siècles ?
- Ne sait-on pas que beaucoup de ces simples qu’on délaisse, parce que les jeunes générations de médecins sacrifient à la mode, à la nouveauté, ont une action différente, plus atténuée, moins brutale que les alcaloïdes qu’on en retire isolément? On semble ignorer qu’à côté d’un ou deux principes dominants, chaque drogue contient des produits secondaires, sortes de satellites qui agissent souvent comme des palliatifs, en modérant ou en modifiant d’une manière avantageuse les propriétés des corps auxquels ils doivent leurs vertus curatives.
- Ne savons-nous pas que, malgré toute notre science, il nous est impossible derepro-
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- (luire rigoureusement le parfum suave de la rose, de la violette, du jasmin ouïe bouquet d’un grand cru? Pour un organe olfactif délicat ou un palais de gourmet, tous nos produits synthétiques ne sont que de grossières imitations des produits qu’élabore la nature.
- Pourquoi n’en serait-il pas de même des médicaments ? Pourquoi vouloir assimiler l’organisme à un milieu, dont nous connaissons par le menu composition et fonction, et dans lequel les troubles qui surviennent peuvent être supprimés, précipités, par une réaction chimique, comme on élimine par précipitation ou distillation les impuretés cl’une eau ou de tout autre liquide.
- Cet envahissement du chimisme en thérapeutique, dans le seul but de placer des produits chimiques imaginés et créés dans les laboratoires, a conduit à une conception trop simpliste des phénomènes qui se passent au sein des organismes et, partant, à des accidents aussi nombreux qu’inattendus.
- Nous disions plus haut que Ton connaissait depuis des siècles les propriétés de la plupart des remèdes d’origine végétale, ainsi que leur action sur les tempéraments les plus divers. En est-il de même des médicaments découverts dans les usines, qu’une hâte dangereuse introduit journellement en thérapeutique, avant qu’ils aient été soumis à une expérimentation judicieuse, variée et suffisamment longue.
- Le danger que présente pour la santé publique cet accroissement démesuré et continu de remèdes artificiels, et exempts de tout contrôle, n’a pas manqué de frapper certains esprits, même en Allemagne, nous pourrions même ajouter surtout en Allemagne.
- C’est, en effet, clans le pays où cette industrie des produits de synthèse est la plus ilorissante, où l’organisation d’usines spéciales est arrivée au plus haut degré de perfectionnement, où des milliers d’ouvriers et de chimistes sont sans cesse occupés à chercher, à essayer et à fabriquer des spécifiques pour tout le cortège de maladies qui peuvent atteindre l’humanité, qu’on a proposé la création, par VEtat, et sons sa surveillance, d’un Institut impérial pour l’essai des nouveaux médicaments.
- L’iclée en avait, en quelque sorte, été suggérée par le professeur Robert au Congrès des naturalistes allemands qui s’est tenu à Aix-la-Chapelle en 1900; elle fut propagée par la voie des journaux par le docteur Krause^, fut l’objet d’une nouvelle proposition au dernier Congrès de Hambourg (septembre 1901) et finira certainement par être prise en considération. Suivant l’avis du savant professeur allemand, il est du devoir de l’Etat d’empêcher, par tous les moyens dont il dispose, l’empoisonnement de ses nationaux. Ajoutons que la proposition du docteur Robert, aussitôt émise, a été favorablement accueillie et discutée tant aux Etats-Unis qu’en Russie. Nul doute qu’elle recevra un jour ou l’autre une sanction.
- Nous espérons que notre pays ne se laissera pas distancer dans cette voie, et qu’il cherchera à son tour à créer une institution protectrice de la santé publique.
- Le procès que nous venons de faire aux médicaments chimiques, dans ce qu’ils ont d’exagéré, nous ramène aux remèdes d’origine végétale.
- Chemiker Zeitung, 1019, I. XXV, p. Soi et 900.
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- Avant l’invasion de ces produits, les pharmaciens, confinés dans leur officine et préparant eux-mêmes les produits qu’ils délivraient à leur clientèle, ne demandaient au droguiste que les matières premières nécessaires à leur fabrication. Ces matières premières constituées par des fruits, graines, feuilles, fleurs, écorces, racines, etc., des plantes les plus diverses, rarement par des produits d’origine animale, servaient ensuite à confectionner des teintures, des sirops, des extraits, des pommades, ou bien étaient délivrées telles quelles ou en poudre. C’était le règne de la phytothérapie.
- Toutes ces préparations, quand elles étaient exécutées judicieusement et avec soin, renfermaient l’ensemble des principes actifs auxquels la plante devait ses vertus curatives. La façon dont quelques-unes étaient et sont encore faites avait pour but l’élimination de matières inertes, parfois d’un goût désagréable, et dont la présence dans le remède n’ajoutait rien à ses propriétés. 11 en est ainsi des matières cireuses ou résineuses qu’on entraîne par l’épuisement méthodique de la plante et qu’on sépare finalement, quand on a en vue la préparation des extraits solubles dans l’eau.
- Pendant cette période, tout l’art du pharmacien consistait dans la parfaite connaissance de ces drogues simples et, par suite, dans leur choix ainsi que dans la manière de les transformer.
- A partir du jour ou les Pelletier, Caventou, Robiquet, etc. eurent démontré que les propriétés de certaines drogues simples étaient dues à la présence de principes définis, d’alcaloïdes, le pharmacien dut se familiariser avec les méthodes de dosage de ces principes qui fixaient la valeur de la drogue, et de là à chercher lui-même l’extraction de ces principes il n’y eut qu’un pas à faire. C’est là une des raisons pour lesquelles les pharmaciens, tant en France qu’à l’étranger, se firent une spécialité de la fabrication des alcaloïdes et des glucosidcs.
- L’évolution des méthodes et la série des perfectionnements introduits dans les préparations pharmaceutiques ne s’arrêta pas à cette période. Tout en contribuant pour sa part à doter la thérapeutique de substances organiques bien définies, le pharmacien s’inspirant des découvertes modernes, s’attacha à améliorer parallèlement les procédés classiques de préparation de tout ce qui constituait l’ancien arsenal de produits pharmaceutiques, et à s’ingénier, à multiplier et à varier les formes sous lesquelles toute cette médication devait être présentée aux patients.
- Dans cet ordre d’idées le corps pharmaceutique français peut et doit être placé au premier rang des innovateurs.
- C’est d’abord l’ingénieuse découverte de M. Rigollot avec ses sinapismes, découverte qui fut appliquée plus tard aux cataplasmes de farine de lin.
- C’est ensuite l’introduction en pharmacie des capsules médicamenteuses, la fabrication en grand et dans des appareils à vide perfectionnés, des extraits pharmaceutiques par MM. Berjot, de Caen, et Grand val, de Reims.
- Ce sont encore les cachets médicamenteux dus également à un Français, M. Digne, de Marseille, et qui ont obtenu depuis un si grand et un si légitime succès, en même
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- temps que la substitution de la vaseline et, plus tard, de la lanoline à Taxonge pour les pommades.
- Les autres formes, perles, pastilles, pilules, dragées, biscuits, granulés, chocolats, etc., sous lesquelles, les médicaments sont délivrés au public, subissaient également de notables améliorations, à partir du jour où elles furent fabriquées en grand et mécaniquement.
- Les ovules en gélatine solidifiée à base de glycérine constituent enfin une forme nouvelle, et de date relativement récente, d’administration de remèdes dans certains cas déterminés.
- Comme on le voit, par les quelques exemples que nous venons d’énumérer, l’art de présenter les substances médicamenteuses sous un aspect à la fois attrayant et agréable à l’œil, sinon au palais, a suscité la création de véritables industries, inconnues il y a une trentaine d’années. Bien entendu les formes nouvelles et diverses que revêtent nos remèdes n’enlèvent rien à leurs qualités ni à leur activité, quand ils sont préparés consciencieusement.
- Produits chimiques divers. — Indépendamment des multiples composés qui sont du ressort de la thérapeutique, il est une série d’autres produits qui sont usités soit en photographie, soit en teinture et impression, soit dans l’éclairage par incandescence, soit enfin dans les laboratoires.
- La production intellectuelle intensive dont est caractérisée notre époque, la légion d’hommes de science qui tous les jours n’ont d’autre souci que d’accroître nos connaissances sur la matière, la non moins grande légion de travailleurs dont l’unique préoccupation est de tirer un profit matériel des découvertes des chercheurs, font que tous les compartiments de la consommation finissent par être envahis par les matières sortant des usines de produits chimiques. L’alimentation même n’en est pas exempte, témoin l’introduction de la saccharine, de la dulcine comme succédanés du sucre, ainsi que d’un certain nombre d’aliments concentrés, dans lesquels on fait un choix des substances protéiques et hydrocarbonées assimilables, éliminant soigneusement celles qui ne le sont pas.
- Dans cet ordre d’idées, c’est encore l’Allemagne qui a pris l’initiative, renouvelant les teniatives faites il y a un demi siècle par un de ses chimistes les plus éminents, nous voulons parler de Liebig, qui avait essayé jadis la fabrication du lait artificiel et qui a plus tard attaché son nom à l’extrait de viande.
- L’art de la photographie, pas plus que les autres arts, n’échappe à la sollicitude des inventeurs depuis qu’il n’est plus le privilège exclusif des professionnels. L’énorme simplification apportée dans les manipulations photographiques par les plaques à émulsion sèche, le bon marché de ces plaques qui, à elles seules, alimentent de grandes industries, les progrès considérables introduits dans la fabrication des objectifs et des chambres obscures, ont rendu la photographie un art populaire et à la portée de nombreux amateurs.
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- Bien que le nombre de produits chimiques proprement dits nécessaire au travail photographique soit relativement restreint, c’est néanmoins par millions de francs que se chiffrent les quantités de sels d’argent, d’or, de platine et de développateurs divers employés en photographie.
- Réduite jadis à deux ou trois révélateurs, oxalate ferreux, pyrogallol et hydroquinone, la photographie est actuellement en possession d’une série très variée de ces agents réducteurs, dont la plupart, appartiennent au groupe des amido-phénols et des poly-pliénols.
- En raison même de l’extrême diffusion, nous pourrions même ajouter de la popularité, dont jouit cet art dans le monde entier, en raison aussi de la facilité avec laquelle peuvent se préparer les différents produits, sauf les développateurs, dont il a besoin, aucune nation ne jouit actuellement du monopole de la fabrication de ces substances.
- Seuls les révélateurs se prêtent à des variantes, et là comme toujours, c’est l’industrie allemande qui est la plus féconde en nouveautés.
- Terres rares. — A la suite des très belles recherches d’Auer von Welsbach et des applications dont elles ont été l’objet, il s’est créé une nouvelle branche de l’industrie chimique, celle de la préparation du thorium et du cérium ou plutôt de leurs oxydes, ainsi que des terres qui l’accompagnent dans le sable monazite du Brésil et de la Caroline du Nord. Dans notre rapport sur l’Exposition de Chicago, nous avons déjà eu l’occasion de signaler les différents éléments que l’auteur a décelés dans ce sable, ainsi que les très beaux spécimens de sels que M. Waldron Schapleigh avait montrés en 1893. Depuis cette époque ce traitement de la monazite s’est pratiqué dans tous les pays, et a subi une série d’améliorations dont il sera question plus loin et qui sont dues en majeure partie à AI. Demarçay. Comme nous le ferons remarquer à propos de l’exposition de AI AI. Chenal et Do uilhet, les échantillons les plus beaux et les plus purs, sont ceux qui ont figuré dans la vitrine de ces industriels. Dans ce domaine des éléments rares, nous croyons aussi devoir citer les corps, si singuliers dans leurs manifestations et leurs propriétés physiques et chimiques, que Al. et ATne Curie ont isolés de la pechblende; nous voulons parler des substances radio-actives. Leur grande rareté et la difficulté non moins grande que présente leur préparation à l’état de pureté ne permet pas, pour le moment, d’entrevoir des applications pour ces corps si intéressants à divers titres.
- Produits pour la galvanoplastie, la teinture et l’impression, etc. — Les produits spéciaux en usage dans la dorure, l’argenture, le nickelage et la galvanoplastie en général, produits qui, en raison même de leurs applications, demandent à être préparés avec soin, alimentent aussi une branche de l’industrie chimique et se fabriquent en quantités notables. Depuis que le nickelage des objets en fer ou en acier est d’un usage courant, les sels de nickel surtout sont l’objet d’une fabrication étendue.
- Abstraction faite des matières colorantes de toute nature dont elle fait une consommation énorme, l’industrie des textiles en général, emploie une variété assez étendue de produits chimiques, depuis le moment où la fibre brute entre dans l’usine jusqu’à celui
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- où elle en sort. Suivant son origine, sa structure ou sa souplesse, elle subit dès le début l'action intermittente ou simultanée des agents mécaniques et chimiques, ces derniers variant naturellement avec chaque ordre d’opérations. Les parements, les apprêts, sont en effet constitués par dés mélanges variables de produits les plus divers et parfois aussi les plus incohérents. Mais de toutes les branches de l’industrie textile, c’est incontestablement la teinture et l’impression qui emploient, comme adjuvants, les quantités les plus considérables et aussi les plus variées de substances chimiques.
- C’est toute la série des mordants, à bases de chrome, de fer, d’alumine, d’antimoine, alliés aux acides acétique, citrique, tartrique, lactique, tannique, fluorhydrique, etc.
- Ce sont aussi les épaississants, dextrines, amidon grillé, gommes naturelles et artificielles , etc.
- Dans certaines teintures spéciales, comme le noir d’aniline, au lieu et place de sels de cuivre, on emploie couramment des sels de vanadium qui présentent certains avantages, malgré leur prix élevé, parce que des quantités relativement minimes suffisent pour produire l’action cherchée.
- Produits de laboratoire. — Sous ce nom on peut sans doute comprendre tous les produits chimiques élaborés dans l’industrie, mais nous n’avons en vue que ceux qui sont généralement usités dans les laboratoires comme réactifs et les produits qui servent de matières premières pour les recherches.
- L’industrie des corps chimiquement purs est une industrie qui se pratique généralement dans tous les pays, pour peu que ces pays possèdent quelques usines, voire même quelque pharmacien bien au courant des méthodes de purification des produits bruts que livre la grande industrie.
- Il n’en est pas de même des composés minéraux ou organiques qui doivent servir de base à des recherches futures, que celles-ci soient d’ordre purement spéculatif ou d’ordre pratique.
- L’homme de science, désireux d’élucider ou de faire avancer d’un pas une question quelconque, perdrait, en effet, un temps précieux, s’il s’avisait de vouloir préparer les corps, déjà connus, qui sont destinés à servir de base à un travail. Aussi trouve-t-on en Allemagne nombre de laboratoires et même d’usines qui s’offrent à venir en aide aux chercheurs. Il existe également en France quelques maisons qui font de leur mieux pour satisfaire aux désidérata des clients qui s’adressent à eux, mais nous devons reconnaître que, soit insuffisance d’outillage, soit pénurie de personnel instruit, ces maisons sont rarement en mesure de livrer les produits demandés aussi rapidement et aussi avantageusement que les établissements allemands. Or, malgré tout le désir qu’ont, dans notre pays, tous les chefs de laboratoire de favoriser et d’encourager l’industrie nationale, malgré les sacrifices qu’ils consentent même à faire en faveur de leurs nationaux, ils se voient souvent obligés, vu Texiguité des ressources que l’Etat met à leur disposition, de s’adresser à l’étranger. Si nous insistons particulièrement sur cette question des matières premières pour les recherches, c’est quelle est de la plus haute importance pour Gn. XIV. — Cl. 87. — T. I. ao
- IMl'lUMKIUL NATIONAL*;*
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- l’homme de science, à cette époque de production intellectuelle intensive où, une idée, à peine éclose, est immédiatement l’objet de développements et de vérifications expérimentales de la part des travailleurs du monde entier.
- FRANCE.
- Si dans ce concours brillant entre tous qu’était l’Exposition de 1900, nous reconnaissons que dans certaines branches de notre industrie chimique nous avons été distancés par l’étranger, notamment par l’Allemagne, nous ne croyons pas dépasser la vérité, ni commettre un acte de chauvinisme déplacé en constatant que tous les produits français, dont il est question dans ce chapitre, et en particulier ceux qui sont du ressort de la pharmacie, ne le cédaient en rien comme qualité et voire même comme beauté à ceux des meilleures maisons étrangères. Nous devons même ajouter que, lorsque la comparaison était possible, certaines catégories entières de produits français étaient supérieures à tous les points de vue à ceux qui figuraient dans les sections des autres pays.
- Il nous est impossible de citer toutes les maisons qui, dans ce tournoi, se sont distinguées et par le choix, et par la pureté, et parfois aussi par l’extrême rareté, des produits quelles ont montrés. Parmi celles qui ont particulièrent attiré l’attention des connaisseurs nous devons mentionner la maison Tanret, pour sa très belle collection d’alcaloïdes et de glucosides, son spécimen unique d’ergotinine cristallisée; la maison Buchet et G‘e, pour l’ensemble de tous ses produits alcaloïdiques et pharmaceutiques; la Société Chenal Douillet et CIe, pour ses échantillons, éclatants de beauté, de sels de néodyme, de praséodyme, de lanthane, de samarium, etc., à côté desquels des spécimens analogues, figurant dans l’exposition allemande, faisaient pauvre figure; MM. Poullenc frères, pour leur belle vitrine de produits minéraux et organiques de toute nature, etc.
- Dans Tordre des ferments et des produits physiologiques, aucune maison étrangère n’a exposé des pepsines, pancréatines, peptones, etc., dépassant comme blancheur et comme pureté les produits fabriqués par la maison Chassaing et C'e, ou la maison Mac-quaire et C,e.
- Quant aux extraits secs préparés dans le vide et autres multiples formes sous lesquelles sont offerts les médicaments, nous ne craignons pas de dire que l’industrie spéciale de nul autre pays, n’a su atteindre cet art de parer des substances réputées peu agréables en soi et contre lesquelles les estomacs les mieux disposés ont une prévention, pour en faciliter l’administration aux malades.
- Sans doute, le nombre de corps nouveaux préconisés comme remèdes, notamment de produits de synthèse, n’était de loin pas aussi considérable chez nos fabricants que chez leurs concurrents allemands. Mais, qu’il s’agisse d’espèces chimiques bien définies, alcaloïdes, glucosides et sels minéraux, ou de produits galéniques, toutes les préparations qui réclament un certain discernement dans le choix des méthodes à employer, de l’habileté, des soins minutieux et par dessus tout de la conscience, elles sont toutes fabriquées à la perfection par nos industriels et nos pharmaciens.
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- Cette supériorité des produits français n’est d’ailleurs pas contestée, et on en trouve la justification dans le commerce d’exportation auquel ils donnent lieu et aussi dans certains témoignages dont ils sont l’objet.
- Dans son rapport annuel de 19 0 0 à la Société pour la défense des intérêts de l’industrie chimique allemande, M. 0. Wenzel avoue que les produits allemands, et en particulier les alcaloïdes se trouvent fortement concurrencés en France par la fabrication indigène Rb
- Cela ne tient-il pas uniquement à ce fait, que lorsqu’il s’agit de substances médicamenteuses, le fabricant français ne fait qu’une qualité, la meilleurs, et que l’industrie allemande, habituée à fabriquer pour tous les goûts et à tous les prix, quand elle veut produire aussi bien, rencontre les mêmes difficultés et ne se trouve pas en meilleure situation pour affronter la concurrence ?
- On pouvait d’autre part lire, dans la brochure éditée par le Gouvernement hongrois à l’occasion de l’Exposition, que les spécialités pharmaceutiques de notre pays étaient fort en faveur en Hongrie.
- Spécialités. — Quelle que soit l’opinion qu’on professe sur la spécialité pharmaceutique en général, il est en effet juste de reconnaître, que la plupart de celles qui sont prônées par nos producteurs français, doivent leur succès, tant auprès de nos nationaux qu’auprès des étrangers, à leur efficacité réelle ainsi qu’à l’art avec lequel elles sont offertes au public. Sans doute, la publicité dont on les entoure n’est pas complètement étrangère à la vogue dont elles jouissent, mais cette vogue ne serait qu’éphémère, si le remède se bornait à avoir une action de Tordre de celles qu’on attribue à la suggestion.
- Outre ce mérite intrinsèque que possède la spécialité française, elle en a un autre qui a son importance et qui est aussi à prendre en considération.
- Désireux de faire autrement et mieux que son confrère, le pharmacien français est toujours à l’affût d’une drogue, d’un principe nouveau, ou bien s’ingénie à multiplier et à varier les formes sous lesquelles il est possible d’administrer les substances médicamenteuses. C’est certainement sous l’empire de cette préoccupation, qu’il a enrichi l’arsenal des remèdes d’un assez grand nombre de matières inconnues avant lui, qu’il en a ressuscité d’autres, et qu’il a apporté dans son art les perfectionnements auxquels ses confrères étrangers n’auraient jamais songé.
- Transactions. — Bien qu’il soit très difficile d’établir exactement le bilan de nos transactions relatives aux spécialités pharmaceutiques, par suite de la façon particulière dont sont groupés les articles dans les documents statistiques réunis par l’Administration des douanes, nous savons cependant que nos exportations concernant ces spécialités se chiffrent à plusieurs millions.
- Il est d’ailleurs tout aussi malaisé de donner une idée nette des échanges dont sont l’objet les produits inorganiques, organiques et pharmaceutiques compris en général dans ce chapitre, tous ces produits étant disséminés dans les bulletins de statistique
- W Chemische Industrie, t. XXIV, 1901, p. 54a.
- ao.
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- sous les rubriques : produits chimiques, espèces médicinales, huiles et sucs végétaux et médicaments composés.
- Si de ces statistiques nous détachons cependant quelques articles importants et le groupe des médicaments composés, nous pourrons nous rendre compte que nos exportations, tout en n’atteignant pas les chiffres accusés par nos concurrents immédiats, sont néanmoins,pour plusieurs d’entre ces produits, en notable progression et Temporlent de beaucoup, en ce qui concerne les médicaments composés, sur nos importations.
- EXPORTATIONS.----COMMERCE SPECIAL.
- Valeur en mille francs (chiffres ronds).
- \ 1 !""glJLL PRODUITS. 1891. 1892. 1893. 1894. 1895. 1896. 1897. 1898. 1899. 1900.
- Brome A 0,311 8 4
- Bromures 9 7 ‘7 5 i3 10 i3 35
- Iode 17A 146 11 9 9 10 6
- lodurcs et iodoforme ia4 7/1 155 46g 313 i5i 677 g45
- Éther acétique et sulfurique. . . .
- » IO7 1 0 1 8a 1 ia ?4 5a îsg 93 4 9
- Chloroforme n 18 7 i3 7 6 9 9 1 a 9
- Produits \
- „ 5 6 1 1 7 9 3‘j-j 63 j 3so 553
- 0011 l Autres a,83i 3,648 3,53g 3,608 3,14 0 s,5i6 3,3o8 3,363 3,638
- dénommés, j
- f Eaux distillées, al-
- Médica- 1 cool 78 398 375 ia,546 184 13o 136 i64 13a 64 a 177 34o
- metils l o ii aqS is,6i5 363 a8o 379 l3,l5a 33g 14,414 297 i4,346 3a4 366
- composes, f [ Non dénommés,.. i3,os4 13,007 13,383 15,og3 14,75a
- IMPORTATIONS. — COMMERCE SPECIAL.
- Valeur en mille francs (chiffres ronds).
- PRODUITS. 1891. 1892. 1893. 1894. 1895. 1896. 1897. 1898. 1899. 1900.
- Brome i5g 361 6l 137 aoo 176 *9‘ 63 aaa SoA
- Bromures »9 54 56 3s 59 ' 6a 87 i4o 36 46
- Iode o,o4g 0,705 o,i53 0,164 o,343 3 i4g 10 i5 10
- Iodures et iodoforme o,s43 *7 a O CO CO 2 o,358 8 4 5 '9
- Ether acétique et sulfurique. (1 10 s3 4 a a 1 1 4 a
- Chloroforme II o,s53 5 a 4 o,65i a a5 8 0 00 0
- Produits ) 1,174 838
- chimiques f A ba3e d’alcool. tt i85 110 455 M91 A°9 305 3o6
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- dénommés. J , . ! Eaux distillées
- Médica- V alcooliques, menls ^ non a]cooliqucs. 16 *9 ‘9 aa a9 a h 1 1 s3 1 3
- commuai,». | jjon dénommés. i34 s64 345 378 463 445 333 37! 473 54 0
- EXPOSANTS.
- Dans l’énumération des exposants nationaux et étrangers que nous allons faire, nous nous attacherons à faire ressortir les progrès auxquels ils ont individuellement contribué, les améliorations qu’ils ont introduites dans la fabrication de leurs produits et les déve-
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- loppements successifs que, grâce à une bonne gestion de leurs affaires, ils ont pu donner à leur maison.
- Cette tâche, pour ce qui a trait à nos exposants nationaux, nous a été facilitée en partie par M. Adrian, membre du Jury, et un des chefs les plus autorisés de l’industrie spéciale de la pharmacie française, qui a eu l’obligeance de nous transmettre les appréciations sur lesquelles s’est basé le Jury pour fixer le choix des récompenses.
- En ce qui concerne l’importance et l’historique des maisons, nous avons eu recours aux notices publiées à l’occasion de l’Exposition et aux renseignements particuliers que plusieurs d’entre elles ont bien voulu nous faire parvenir sur notre demande.
- MM. Abauzit et Au b re sp y, a Uzès (Gard).
- Cette maison a acquis une très grande importance en s’attachant exclusivement à la fabrication des bois, poudres, sucs et pastilles de réglisse. Ses produits sont très estimés et lui ont permis, depuis quelques années, de donner une extension considérable à ses affaires.
- MM. Adrian et Cie, rue de la Perle, 9 et 11, à Paris.
- Cette maison, fondée en 1872, par M..Adrian, pour préparer industriellement des produits pharmaceutiques et des produits chimiques destinés à la pharmacie, a commencé, à ses débuts, a porter toute son attention sur la fabrication et la rectification des anesthésiques, éther et chloroforme, qui jouent un rôle si important en chirurgie.
- Encouragée par les succès obtenus, la maison s’est attachée à produire à l’état pur, le perchlorure de fer, les bromures et iodures alcalins, le sous-nitrate de bismuth, le bromure d’éthyle pour anesthésie, etc. tous produits qui jouent un rôle considérable en thérapeutique.
- Désireux de sortir des sentiers battus et de contribuer par des travaux personnels et originaux au progrès de la chimie des principes immédiats, M. Adrian, de concert avec M. Moreaux, a réussi à extraire du quassia amara un principe actif cristallisable beaucoup plus actif que la quassine amorphe et surtout mieux défini. Ce produit, dont MM. Adrian et Cio ont montré de superbes échantillons, est aujourd’hui universellement connnu et employé. A côté de cette quassine cristallisée, les auteurs ont extrait au moyen du chloroforme une quassine amorphe, ayant même action, et à laquelle ils donnent le nom de quassine chloroformique.
- Les recherches originales de la maison 11e se sont pas bornées à l’extraction et à l’étude de la quassine cristallisée, elles ont embrassé d’autres sujets non moins délicats. Reprenant l’étude de l’<ir-lemisia absinlhimi, M. Adrian a réussi, en collaboration avec M. Trillat, à extraire des eaux mères provenant de la préparation de l’absinthine, un nouveau principe cristallisé C52H5102 au C53H5103 dont les propriétés sont totalement différentes de celui qui l’accompagne.
- Une autre série d’études non moins intéressantes ont permis à cette société de préparer tous les principes contenus dans la digitale, depuis la digitaline cristallisée de Nativelle jusqu’à la digitine, la digitonine, le digitalin, l’amyldigitaléïne, la digitalose, la digitaloflavone, ces derniers, non utilisés en médecine, mais intéressants pour l’histoire de la digitale.
- Citons enfin les travaux de MM. Adrian et Trillat sur les glycérophosphates, l’acide agaricique, etc.
- Quant aux préparations pharmaceutique proprement dites, comme les pastilles, capsules, dragées, pilules et extraits, grâce à un outillage perfectionné et au soin minutieux apporté dans les dosages, la maison Adrian est arrivé à les offrir sous une forme à la fois appétissante et commode, sans préjudice de leur activité.
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- La Société française de produits pharmaceutiques Adrian et G0, dont la devise est Garantie-Sécurité, a réussi rapidement à se faire une situation prépondérante, tant en France qu’à l’étranger, au point de vue du chiffre d’affaires et de la réputation de son cachet.
- M. Astier (P.), avenue Kléber, 72 , à Paris.
- Les produits, kola, condurango, quinquina granulés, glycérophosphates, exposés par cette maison, rentrent dans la catégorie des spécialités auxquelles nous avons fait allusion dans notre introduction aux produits pharmaceutiques, et qui se recommandent, non seulement par la forme élégante et agréable sous laquelle elles sont présentées, mais encore par le soin avec lequel les matières médicamenteuses, qui en forment la base, sont choisies et partant par leur activité.
- MM. Augé (Henri) et Cie, rue Garibaldi, 2 3, à Lyon (Rbône).
- Cette société constituée depuis quelques années seulement, fabrique les produits pharmaceutiques comme les maisons de Paris. Chaque famille de produits a un laboratoire spécial pourvu des appareils les plus perfectionnés. Laboratoires des extraits, de confiserie, pour la fabrication des capsules par pression et au trempé, pour les pansements antiseptiques; ateliers des produits spécialisés; imprimerie, etc., la maison réunit, en un mot, toutes les conditions matérielles voulues pour assurer une bonne fabrication. Elle prépare elle-même plusieurs de ses matières premières, distille certaines de ses essences, comme celles de santal et d’eucalyptus, et extrait quelques principes actifs, comme l’apiol, la quassine, la digitaline, etc.
- La Société occupe actuellement trente-cinq employés et distribue un salaire annuel de 5o,ooo francs. Elle donne à son personnel des primes de 2 5 à 5o francs, suivant le nombre d’années de présence dans la maison, et lui réserve en outre 10 p. 100 des bénéfices, en raison de l’emploi de chacun et de son ancienneté.
- MM. Augé et Cic ont exposé un ensemble de produits provenant de leur fabrication, depuis les pâtes, pilules, granules, capsules, jusqu’aux extraits secs et fluides, sparadraps et produits vétérinaires.
- MM. B ange et C'e, rue de Sévigné, i3, à Paris.
- Cette maison prépare depuis longtemps les tissus pharmaceutiques, ainsi que les produits vétérinaires . A signaler notamment :
- i° Un sparadrap rose au cantharidate de soude, qui présente l’avantage de se conserver très facilement, même dans les pays à température très élevée;
- 20 Un appareil herniaire pour hernies ombilicales chez les enfants en bas âge.
- MM. Barrier (Edouard) et Longuet (Paul), rue des Lombards, 5o, 62, 54 et rue Saint-Denis, 22 , à Paris.
- L’exposition de cette maison comportait les formes principales et habituelles sous lesquelles la pharmacie présente les substances médicamenteuses au public. Outre les sirops, alcoolats, teintures, la maison a encore montré des spécimens de pansements et produits aseptiques et antiseptiques.
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- MM. Baudart (Désiré) et 0e, rue Barbette-, 5, à Paris.
- Bien qu’elle ait présenté quelques préparations spéciales au gluten pour le diabète, cette maison s’occupe principalement de la construction des ustensiles et instruments pour la pharmacie, auxquels elle ajoute même les accessoires, comme les cartonnages, sacs et enveloppes.
- M. Béguin ( Victor), avenue de la République, A3 , à Paris.
- Cette maison a surtout exposé des cantharides et autres insectes vésicants, ainsi que des préparations qui en dérivent.
- MM. Beliéres, Duffourg et Noël, rue Drouot, 19, à Paris.
- Pharmacie très importante dont l’exposition s’est bornée à différents modèles de pharmacies portatives , de coffres de secours pour chemins de fer, de boites de secours pour explorateurs, usines, chantiers, etc.
- M. le Dr Benguê (Jules), rue Blanche, A7, à Paris.
- Le docteur Benguê s’est appliqué à développer la vente du chlorure d’éthyle en flacon de verre à fermeture métallique, permettant l’emploi fractionné du liquide volatil.
- A ces flacons, il joint : i° des appareils métalliques solides et remplissables à nouveau, où il loge un liquide dit anestile, mélange de chlorure de méthyle et d’éthyle plus actif que le chlorure de méthyle pur; 20 des appareils métalliques avec robinet permettant d’obtenir des jets capillaires et à éventail; 3° un appareil dit formog'ene, etc.
- Tous ces perfectionnements ont fait l’objet de brevets, que l’auteur a pris et obtenus tant en France qu’à l’étranger. A ces appareils, M. Benguê a ajouté un certain nombre de spécialités, dragées, baume analgésique Benguê, etc.
- M. Benois (Ch.) et Cie, à Paris, rue Dieu, 8 bis.
- L’exposition de celte maison comprenait principalement des objets et appareils à l’usage de la pharmacie, comme les balances, presses et autre petit matériel de laboratoire.
- MM. Blancard et 0e, rue Bonaparte, ko, à Paris.
- Ancienne maison au fondateur de laquelle on doit des préparations à l’iodure ferreux, et en particulie des pilules recouvertes d’un vernis protecteur spécial.
- M. Bogqüillon-Limousin (Henry), rue Blanche, à Paris.
- Outre certains produits pharmaceutiques, comme du chloral, un tœnifuge, etc., cette maison a exposé une cornue pour la fabrication de l’oxygène destiné à l’inhalation et un appareil particulier dit compteur, servant à mesurer la quantité de gaz absorbée par le malade.
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- MM. B ou la n ge r-D a u sse et C‘e, rue Aubriot, h, à Paris.
- Vieille maison, fondée en 1836, par M. Dausse, qui la première a fabriqué industriellement des extraits simples ou composés pour la pharmacie. Au début elle se bornait à faire des extraits mous et liquides, et c’est h la suite de progrès successifs réalisés dans cette fabrication qu’elle a pu aborder, après Grandval,de Reims, la fabrication des extraits secs dans le vide. Ce mode de traitement permet d’éviter la décomposition par la chaleur de certains constituants des plantes, ou parties déplantés, et de conserver aux extraits la couleur, l’odeur et la saveur de la plante.
- Les extraits secs de ratanhia, de quinquina, de rhubarbe, de roses de Provins, de coca, d’écorces d’oranges amères, etc., qu’a exposés la maison, sont des produits de premier choix, témoignant de l’avantage du procédé employé: dans l'extrait de rose de Provins, par exemple, la couleur si fragile de la fleur est absolument conservée.
- MM. Boulanger-Dausse et G1C ont réussi à donner une telle extension à cette fabrication d’extraits qu’ils en produisent pour l’étranger, en se conformant aux types exigés par les pharmacopées allemande, suisse, anglaise, américaine, etc. Indépendamment des extraits, cette maison se livre encore à la fabrication en grand des pilules, granules, dragées, saccbarolés, pastilles, etc.
- Sa production, depuis l’année 1889, a doublé.
- MM. Bourgette et Henricet, à Nantes (Loire-Inférieure), rue de la Fosse, /i8. La spécialité de cette maison consiste en papiers anti-asthmatiques.
- M. Bouty (Ferdinand), rue de Châteaudun, 172 , à Paris.
- M. Bouty a concentré son activité sur la préparation des produits organiques pour l’opothérapie. Ces produits si délicats sont préparés d’après la méthode de Brown Sequard et sont administrés par voie hypodermique ou par voie stomacale. M. Bouty a exposé de la thyroïdine, de l’ovigénine, de la mé-dulline, de la néphrine, delà surrenaline, de la thymusine, etc., sous lorme de dragées.
- M. Boyet (Dr Charles), rue de Paris, 172,0 Clamart (Seine).
- Cette maison s’occupe principalement, depuis plusieurs années, de la préparation des albumoses et nucléoses, qu’elle cherche à introduire dans l’alimentation des malades et des convalescents. Elle a, en effet, exposé de l’albumose végétale, de la nucléopeptone, de la nucléose, des biscottes de iégu-mine du D1 Vœbt, des tablettes alimentaires, etc.
- MM. Bugiiet et 0% rue des Nonnains-d’Hyères, 2 1, à Paris.
- Cette maison, connue sous le nom de Pharmacie centrale de France, fut fondée par Dorvault en i852 et réunie à la maison Ménier en 1867. Elle est la plus grande fabrique et en même temps la plus grande maison de vente de produits chimiques et pharmaceutiques se trouvant en France.
- Elle est la propriété de pharmaciens qui possèdent ensemble 1 o millions de francs en actions de 5oo francs, et est dirigée par M. Ch. Buchet, seul gérant responsable. Ses usines sont situées h Saint-
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- Denis, avenue de Paris, 379, et, outre la maison de Paris, elle possède des succursales et agences à Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Lille, Nantes, Nancy et Rouen.
- Son organisation, qui est celle d’une grande administration, comporte un nombreux personnel, environ 63o personnes, et son chiffre d’affaires atteint annuellement la somme de 12 millions de francs. Elle s’alimente par des achats directs aux pays de production, par l’intermédiaire de son agence de Londres, ainsi que par de nombreux représentants sur place.
- Son usine, qui occupe une superficie de 3o,ooo mètres carrés environ, comporte sept générateurs de koo chevaux fournissant la vapeur nécessaire à son fonctionnement.
- Les produits qu’elle fabrique, et dont la plupart ont été exposés, sont :
- i° Produits chimiques d’industrie. — Dans cette première catégorie, nous remarquons le bromure et Tiodure de potassium titrant 99 degrés, le bicarbonate de soude obtenu par l’action du gaz carbonique sur les cristaux de soude, les différents phosphates de chaux, les glycérophosphates, le cbloral, l’iodoforme préparé avec l’acétone. Les sels de magnésie et la magnésie calcinée obtenus en partant de la magnésite, les sels de mercure, dont le plus important, le calomel, exige un four destiné à la transformation du mercure en sulfate, une chambre à air pour la condensation du calomel et des appareils de lavage et d’arrosage pour la purification du produit.
- A tous ces produits il faut encore ajouter le fer réduit, l’hydrate de fer colloïdal Fe20\ H2 O, connu commercialement sous le nom de fer dialysé, les sels d’antimoine depuis le kermès surfin jusqu’à l’oxyde blanc, l’iodure et le chlorure d’antimoine, les sels de bismuth, azotates, salicylates, sous-gallates; les sels de fer en paillettes, tartrate ferrico-potassique, citrate de fer ammoniacal, etc.
- a0 Alcaloïdes et produits de laboratoire. — Parmi ces produits nous citerons la digitaline cristallisée, dont une grande coupe contenait un magnifique échantillon, de très beaux spécimens d’aconitine, d’atropine, de pipérine, de picrotoxine, d’absinthine, de spartéine, de quassine, de colombine, de paracotoïne, d’hélénine, d’arbutine, de salseparéine, de cantharidine, de cocaïne, de sels de caféine, d’acide chrysophanique, etc. Tous ces produits parfaitement cristallisés avaient les apparences d’une pureté irréprochable.
- Indépendamment de ces alcaloïdes, la maison a également exposé des bromure, butyrate et ben-zoate d’éthyle, de l’acétate et du valérianate d’amyle, de l’eucalyptol, de Teugénol, de l’apiol, du terpinol, etc., puis des produits de synthèse organique les plus variés : succinimide, glycocolle, qui-none tétracblorée, nitrosodiphénylamine, tribromophénol, azobenzène, iodure de cyanogène, nitro-phénols, etc.
- 3° Sels de Quinine. — En raison de l’importance sans cesse croissante qu’ont pris dans la thérapeutique la quinine et ses sels, la Pharmacie centrale n’a pas hésité à donner à cette fabrication l’extension quelle méritait.
- Depuis plusieurs années une véritable usine a été constituée dans ce but sur les dépendances de sa grande usine de Saint-Denis.
- Cette installation, en quelque sorte autonome, possède ses générateurs et machines à vapeur propres, ainsi qu’une suite d’ateliers où s’opèrent les diverses manipulations, depuis le broyage et le tamisage des quinquinas, leur épuisement, jusqu’aux dernières cristallisations du sulfate de quinine. La maison traite à cet effet 100,000 kilogrammes environ d’écorces de quinquina par an.
- Outre le sulfate, le chlorhydrate et bromhydrale de quinine, la Pharmacie centrale a encore exposé une très grande variété d’autres sels de quinine d’un usage moins courant, tels que les sels doubles de quinine et d’urée, les sels doubles de quinine et de métaux, tels que le fer et le manganèse , les combinaisons de la quinine avec les différents phénols et spécialement le Gaiakmol ou Bro-mogaiacolate de quinine auquel on attribue certaines propriétés thérapeutiques spéciales.
- k° Produits galéniques. — Ces préparations nécessitent aussi un outillage des plus perfectionnés. Des appareils à distillation et à concentration dans le vide, évaporant 3oo litres de liquide à l’heure
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- et à une température inférieure à 5o degrés, produisent des extraits parfaitement solubles qui, étant obtenus à basse température et à l’abri de l’air, donnent des liqueurs en tous points semblables à celles qui ont servi à leur point de départ.
- Parmi les extraits exposés, on a surtout remarqué les extraits secs de rhubarbe, de coquelicots, d’ipeca, d’hvdrastis, de ratanhia, de quinquina, qui joignaient à l’avantage de la légèreté les caractères physiques des matières premières.
- Indépendamment des extraits secs, la maison a également exposé toute une variété d’extraits fluides, préparations qui tendent à prendre, de jour en jour, une place plus importante dans la pharmacopée.
- Une exposition parmaceutique serait incomplète si elle ne comprenait pas les autres formes sous lesquelles sont administrées au patient les substances médicamenteuses; nous voulons parler des pilules, des dragées, des tablettes, des pastilles comprimées, des capsules gélatineuses, des biscuits et des chocolats médicinaux, etc., dont la Pharmacie centrale a montré les plus beaux spécimens.
- La pulvérisation des matières premières et des produits fabriqués nécessite aussi un matériel considérable : pilons, moulins, concasseurs, broyeurs, meules, etc. Sous ce rapport la Pharmacie centrale est également bien outillée, comme le montre les divers échantillons de poudre de corail rose, d’Hydrastis, de carmin, de rhubarbe, etc., qu’elle a fait figurer dans sa vitrine.
- En résumé, par la multiplicité et la variété des produits exposés, par leur beauté et leur pureté, par les difficultés, enfin, que présente la préparation d’un grand nombre de ces produits, on peut reconnaître en la Pharmacie centrale de France une maison de premier ordre et la placer, dans ce concours international qu’était l’Exposition de 1900, parmi les établissements les mieux organisés, les mieux gérés et les mieux réputés.
- M. Catillon (Alfred), boulevard Saint-Martin, 3, à Paris.
- M. Catillon expose un certain nombre de produits pharmaceutiques et de principes immédiats, parmi lesquels se distinguent la strophantine, les peptones, les pepsines, etc., principes sur la préparation desquels l’auteur a fait quelques publications originales et très appréciées.
- 11 a également publié un procédé de préparation de l’ergotine plus rationnel que celui de Ronjean; l’extrait préparé suivant ses indications, a l’avantage de se conserver beaucoup mieux, surtout dans les pays chauds.
- MM. Cuampigny (Armand) et 0% rue Jacob, 19, à Paris.
- Ancienne maison L. Frère, qui s’occupe surtout des produits spécialisés et s’est adonnée d’une façon toute particulière à la fabrication des capsules rondes, dites perles, des pilules et granules imprimées. Les échantillons qu’elle a présentés dans sa vitrine de l’Exposition se distinguaient par leur fini, leur régularité et leur parfaite homogénéité.
- Depuis quelques années, à la suite des travaux de MM. Béhal et Choay sur le gaïacol cristallisé et la créosote, la maison Champigny, s’est occupée de la préparation de ces deux produits et les a spécialisés sous le nom de créosote et de rr gaïacol ». A l’Exposition, on a remarqué dans sa vitrine toute une coupe de magnifiques cristaux de gaïacol cristallisé.
- M. Cuantaud (Charles), me des Francs-Bourgeois, à Paris.
- Maison qui s’est faite une spécialité des granules dosimétriques, c’est-à-dire de petites pilules de sucre renfermant un poids déterminé d’alcaloïde ou de toute autre substance médicamenteuse très active.
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- Outre les différentes variétés de granules exposées, on a remarqué du sel de sedlitz granulé, du sulfhydral granulé, et des pharmacies dosimétriques pour la campagne et les colonies.
- M. Chânüt (Antonin), rue du Chemin-Vert, 54, à Billancourt (Seine).
- Créé en 1887, cette maison fabrique dans son usine de Billancourt une grande variété de produits parmi lesquels nous ne citerons que les phosphates, glycéro-phosphates, lactophosphates, chlorhy-drophosphales, des sels de fer et de bismuth purs, des produits pour laboratoires et pour la photographie , etc.
- La superficie de l’iisine est de 3,000 mètres carrés,, et les ateliers, laboratoires, magasins et bureaux, couvrent une surface de 700 mètres carrés. Celte usine possède deux chaudières à vapeur, un moteur, un filtre presse, un atelier de broyage et tout le matériel nécessaire à la fabrication des produits de la maison.
- M. Ciiapotot (Auguste), pharmacien, boulevard Ornano, 56, à Paris.
- Cette maison a montré un certain nombre de produits granulés au nom générique Neuro, Neuro-phosphates, Neuro-glycérophosphates, Neuro-kola, Neuro-gaïacol, Neuro-quinium, Neuro-hémoglobine, etc., tous produits qui 11e se distinguent de la forme granulée habituelle par aucun caractère spécial.
- MM. Chassaing et 0e, avenue Victoria, 6, à Paris.
- Maison très importante qui s’occupe tout spécialement et tl’une façon très heureuse de la préparation et de la purification des ferments physiologiques : pepsines, diastases, pancréatines, etc.
- Les procédés qu’elle emploie pour la production de ces ferments lui sont en quelque sorte propres. Le choix des matières, les opérations successives auxquelles on les soumet, les précautions indispensables et rigoureuses qu’il faut observer pour empêcher une altération des principes actifs qu’on cherche à isoler, nécessitent une expérience consommée et des appareils les plus perfectionnés. Il y a, en effet, peu de matières, comme la pepsine et les ferments solubles, qui soient aussi sensibles aux moindres réactifs et aussi sujettes aux altérations sous l’influence des germes atmosphériques.
- La maison Chassaing et C!o est arrivée, pour le pepsine par exemple, à surmonter toutes les difficultés inhérentes à une fabrication aussi délicate par une succession d’opérations : pulpage de la membrane muqueuse d’estomac de porc, macérage de la pulpe dans de l’acide chlorhydrique dilué, extraction des liquides de la pulpe par pression, filtration du liquide après l’avoir chauffé de 35 à ho degrés, évaporation à consistance sirupeuse, dialyse du sirop et finalement évaporation.
- En raison de l’altérabilité des matières mises en œuvre et aussi du principe à extraire, toutes les opérations que nous venons d’énumérer demandent, nous le répétons, une méthode de travail et des soins tout particuliers.
- Grâce à sa manière de procéder, la maison Chassaing peut, non seulement produire des pepsines ayant le pouvoir digestif 5o (c’est-à-dire que 1 gramme de pepsine peut digérer en 6 heures à une température de 5o degrés, et en une solution de volume et d’acidité déterminés 5o grammes de fibrine fraîche) que demande le codex, mais encore des ferments ayant une action dix fois plus prononcée.
- Les précautions qu’elle prend pour la fabrication de sa pepsine, elle les applique également à la préparation de sa diastase, dont le titre peut atteindre plus de 3,000 fois son poids d'amidon. Les études spéciales qu’elle a faites sur la pancréatine, la séparation qu’elle a su effectuer industrielle-
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- ment de la trypsine (de Kuhne) ou caséase (de Duclaux), de Yamylopsine et de la sténpsine (de De-fresne), les observations quelle a consignées relativement à la lipase, ce ferment du sérum dont l’action saponifiante sur les graisses a été mise en évidence par M. Hanriot, dénotent chez MM. Chas-saing et C!e et le personnel qu’ils emploient, une connaissance profonde de ces questions si complexes des ferments solubles qui font partie des liquides de l’organisme.
- A côté de ces produits, la maison Chassaing a encore exposé plusieurs sortes de peptones granulées et spongieuses, de la peptone sans albumose, de l’albumose, ainsi que les différentes formes, vin, sirop, élixir, sous lesquelles ces produits sont recommandés à la consommation.
- Nous ne parlerons enfin que pour mémoire d’autres préparations bien connues, dont l’exploitation a été confiée à la maison, comme le bromure de potassium Falières, la phosphatine Falières, les produits phéniqués Déclat, etc.
- MM. Ciiazy, Mulsant et 0% à Villcfranche-sur-Saône (Rhône).
- Cette Société s’occupe surtout de la fabrication d’objets de pansements aseptiques et antiseptiques. Elle a en particulier montré des cotons cardés et des cotons hydrophiles d’une blancheur parfaite.
- M. Coirre [Gaston), rue du Cherche-Midi, 79, à Paris.
- Maison qui a spécialisé un certain nombre de produits dont l’action thérapeutique est bien établie, produits parmi lesquels nous citerons entre autres le podophylle, qu’elle présente sous la forme de sirop et de pilules, les chlorhydro et lactopbosphates de chaux, les crayons de Gyrol, etc.
- MM. Chenal, Douilhet et Cie, rue de la Sorbonne, 22, à Paris.
- Cette maison fondée dans la première moitié du siècle dernier par Fontaine, Pelletier et Robiquel, qui ont eu pour successeurs MM. Billault et Biilaudot, puis M. Billault, est actuellement constituée en société ayant pour gérants MM. Chenal et Douilhet.
- Elle possède deux usines situées, l’une à Billancourt, quai du Point-du-Jour, 35, et l’autre à Ma-lakoff, rue Pierre Larousse, où elle fabrique la plupart des produits chimiques employés en phar-maciq, en photographie, dans les laboratoires scientifiques et dans l’industrie.
- Parmi les produits exposés, il convient de citer toute une série de cacodylates en très beaux cristaux, de l’acide phosphorique, des acides molybdique, tungstique, de l’hyposulfate de strontiane, du sulfate de glucinium cristallisé, du permanganate de baryum, de l’isodulcite, de l’érythrite, delà sorbite, de la lévulose cristallisée, du monochloral antipyrine, etc.
- Mais ce qui a surtout attiré l’attention du Jury et de tous les hommes de science, c’est la belle et unique collection de sels de terres rares que la maison a fabriqués tout spécialement en vue de l’Exposition, et quelle a montré en quantités et dans un état de pureté tels qu’aucune autre exposition similaire ne put rivaliser avec elle.
- On sait que ces terres rares sont retirées du sable monasité qui vient, soit du Brésil, soit de la Caroline du Nord, et qu’on traite en vue de l’extraction du thorium employé sous la forme d’oxyde dans les becs à incandescence Auer. Outre ce thorium, qui seul a pour le moment une valeur marchande, ce sable contient un certain nombre d’autres oxydes de métaux qui exigent, pour être extraits à l’état de pureté, des opérations fort longues et des cristallisations souvent répétées. 11 est en outre mélangé en proportions variables de quartz, de feldspath, de grenats, de différentes variétés de fer titané et de minéraux contenant du tantale.
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- La méthode de séparation de tous les éléments est celle d’Auer, heureusement modifiée par M. Demarçay. Nous la donnerons plus loin et nous nous bornerons à citer la nature des échantillons de produits exposés.
- Thorium : Oxyde, nitrate, sulfate, oxalate, platinocyanure.
- Cérium: Oxyde, azotate céricoammonique, azotate de cérium et de magnésium, sulfate cércux, sulfate cérique, oxalate, platinocyanure.
- Lanthane: Oxyde, azotate de lanthane et d’ammonium, azotate de lanthane et de magnésium, sulfate, oxalate, platinocyanure.
- Praséodyme : Protoxyde, peroxyde, azotate de praséodyme et ammonium, azotate de praséodyme et magnésium, sulfate en magnifiques cristaux très volumineux, oxalate, platinocyanure.
- Néodyme : Oxyde, azotate, azotate de néodyme el d’ammonium, de néodyme et de magnésium, sulfate en cristaux de toute beauté, platinocyanure, oxalate.
- Samarium : Oxyde, azotate, azotate de samarium et magnésium, sulfate, oxalate, platinocyanure.
- Gadolinium : Oxalate, azotate de gadolinium et magnésium.
- Yttrium : Oxalate, platinocyanure.
- Terres yttiriques à poids atomique élevé.
- Un autre groupe de produits non moins dignes d’intérêt, tant ces matières étaient pures et bien présentées, ce sont les produits physiologiques que contenait la vitrine de MM. Chenal et Douilhet.
- Nous citerons parmi ces produites, les différents pepsines en poudre, paillettes, granulée; les pan-créafines en pâte et en poudre; les peptones, peptonates de fer; les hémoglobines, les diastases, la thyroïdiue, l’ovarine, etc.
- Par la rareté et la beauté de certains sels, par la pureté de tous les spécimens exposés, par la belle ordonnance de la vitrine de MM.Chenal et Douilhet, leur exposition a pu être considérée comme une des plus brillantes et des plus intéressantes de la Classe 87.
- MM. Cornu (Charles) et Warin (Jules), à Paris, rue de Vanves, Ai. Exposition de capsules gélatineuses et glutineuses avec et sans substances médicamenteuses.
- MM. Darrasse et 0e, avenue Victoria, 2A, à Paris.
- Cette maison continue à exploiter l’invention, si ingénieuse, du papier sinapisé imaginé jadis par M. Rigollot.
- MM. Darrasse frères et Landrin, rue Pavée, 13, à Paris.
- Cette maison connue successivement sous les noms de maison Jouan et Faure, Faure et Darrasse, J. Darrasse et Cio, a été fondée en 1836, et est actuellement une des plus anciennes drogueries de Paris, sinon la plus ancienne.
- Les affaires de la maison comportent l’importation directe de toutes les drogues d’origine étrangère et simultanément, leur réexportation ainsi que le commerce des drogues et plantes indigènes, la vente et la fabrication de tous les produits chimiques et pharmaceutiques employés en thérapeutique.
- La fabrique, érigée en 1860 par M. J. Darrasse, et successivement augmentée par lui et ses successeurs, occupe actuellement une superficie de un hectare, comprenant un très grand nombre de bâtiments, dont chacun, autant que possible, comporte une fabrication distincte.
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- Deux chaudières, représentant une force de i5o chevaux, distribuent l’énergie et la chaleur dans les différentes parties de l’usine qui renferme tout l’outillage, broyeurs, tamiseurs, presses, etc., nécessaires aux opérations qui s’y pratiquent.
- Les diverses fabrications de la maison comprennent :
- i° Produits chimiques. — Iode et iodures, iodoforme, bromures, citrate et tartrate de fer, sous-nitrate et autres sels de bismuth, crème de tartre soluble, phosphate, chlorhvdrophosphate, laclo-phosphate, phosphate acide de chaux, magnésie lourde, kermès et sels d’antimoine, sulfovinate de soude, sels de mercure, éthers divers, collodion, etc.
- Parmi les principaux alcaloïdes et autres principes actifs des plantes nous citerons : la digitaline, l’aconitine, la sparléine, la cantharidine, la quassine, le chlorhydrate de cocaïne, des sels de pilo-carpine, de la quinine et des sels de quinine, dont la maison produit environ i,5oo kilogrammes par an; puis de l’apiol liquide et cristallisé, de la terpine, du. terpinol, de l’eucalyptol, du glycérophosphate de chaux, de fer, etc.
- Tous ces produits, dont des spécimens ont été exposés dans la vitrine de la maison, ne laissent rien à désirer comme beauté et pureté.
- 2° Produits organisés. — De date récente dans la maison, la fabrication de ces produits n’en est pas moins soignée, si nous nous en rapportons à la qualité de la peptone, de la thyroïdine et de la poudre de viande qui ont été montrées.
- 3° Produits 'pharmaceutiques. — Au nombre de ces produits multiples de forme et d’aspect, cachets, capsules, dragées, pilules, biscuits, onguents, emplâtres, sirops, etc., il convient de citer tout particulièrement la grande variété d’extraits fluides, mous et secs préparés dans le vide. La maison Dar-rasse et Landrin fait partie de ce groupe de fabricants qui sont arrivés à produire ces extraits avec une perfection qui confine à de l’art, surtout en ce qui concerne les extraits secs.
- A la fabrication de ces articles qui ressortent de la pharmacie proprement dite, MM. Darrasse et Landrin ont joint une huilerie où ils produisent l’huile d’amandes et conséquemment de l’essence d’amandes amères, un moulin qui broie la graine de lin et celle de moutarde, et un atelier où ils raffinent le camphre. L’importance de cette dernière fabrication varie suivant les années, de îoo à i 5o,ooo kilogrammes. Depuis quelque temps, la maison y ajoute la préparation du camphre en tablettes.
- Le nombre des ouvriers employés dans l’usine est de 6o et celui des ouvrières de 8o à îoo, suivant l’époque de l’année.
- Outre l’assurance contre les accidents (payée entièrement par la maison), MM. Darrasse et Landrin accordent à leur personnel, en cas de chômage ou de maladie, les appointements individuels et les soins médicaux. Ils leur donnent, en outre, des gratifications annuelles qu’ils laissent cumuler chez eux, sur leur demande, au taux de 5 p. îoo, même lorsque les employés les ont quittés, ce qui leur constitue une véritable retraite, étant donné le taux actuel de l’argent.
- M. Degrauwe ( Charles), rue Lafayelle, i3y,à Paris.
- Exposition de spécialités connues sous les noms de fer Bravais et de fer Gajfard, ainsi que de' produits pharmaceutiques courants.
- M. Déjardin, boulevard Hausmann, 109, Paris.
- Cette maison s’occupe depuis 1870 de la fabrication de l’extrait de malt et est arrivée à concurrencer sérieusement la marque étrangère Jean Holf.
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- Elle prépare aussi depuis quelque temps, sous le nom de Mycodermiue, une levure obtenue dans la préparatien de son extrait de malt.
- M. Deleurme (Auguste), à Montreuil-sous-Bois (Seine).
- L’exposition de celte maison comprenait, outre quelques produits chimiques et horticoles, des raticides, des insecticides et des matières pour le traitement des maladies de la vigne
- M. Delouche (/.), place Vendôme, 2, à Paris. Exposition de pilules laxatives, de pilules savonneuses Boissy.
- M. Delpech, rue du Bac, 2 3, Paris.
- Parmi les divers produits exposés par cette maison, le Jury a remarqué le peptonate de mercure employé en injections hypodermiques, et dont la préparation est due à l’initiative de M. Delpech.
- Sur les conseils du docteur Constantin Paul, M. Delpech a aussi préparé un extrait organique de substance nerveuse, sous le nom de lymphe de cerveau de mouton, et cela au début de la méthode opothérapique.
- M. Derriey (Jules), avenue Philippe-Auguste, 79 et 85, à Paris.
- Celle maison s’occupe spécialement de la construction du matériel usité en pharmacie, comme les piluliers, les pastilleuses, les machines à confectionner les capsules, etc.
- MM. Desnoix et Debuchy, rue Vieille-du-Temple, à Paris.
- Fondée en 1844, par Ancelin, cette maison fabrique industriellement tous les tissus pharmaceutiques et produits qui s’y rattachent, ainsi que tous les objets aseptiques et antiseptiques constituant le matériel pharmaceutique de pansement.
- La fabrication des tissus pharmaceutiques comprend principalement, tous les sparadraps : sparadrap diachylon, des hôpitaux, à la glu, à la belladone, à la ciguë, Vigo, révultif de thapsia; les toiles vésicantes pour les taffetas anglais et français; les papiers médicinaux (cautère, chimique, épispas-liques); les mouches dè Milan, etc.
- Puis corollairement tous les emplâtres, onguents, pommades, etc.
- Les nouvelles fabrications introduites dans la maison depuis quelques auuées sont : les emplâtres médicamenteux antiseptiques et taffetas médicamenteux antiseptiques.
- La fabrication des objets de pansement comprend celle des gazes, cotons, compresses, bandes aseptiques et antiseptiques, ainsi que la préparation des catguts, soies, crins de Florence, etc.
- Les machines récemment perfectionnées introduites dans la maison lui permettent de fabriquer et livrer dix mille mètres de sparadrap par jour, et de préparer dans le même temps plusieurs milliers de mètres de gazes antiseptiques.
- Toutes ces préparations ont été l’objet d’une étude très raisonnée, qui a été publiée par M. De-buchy, dans le Journal de Pharmacie et de Chimie ainsi que dans le Bulletin général de Thérapeutique.
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- MM. Despinoy et 0e, à Tourcoing (Nord).
- Cette maison s’est attachée depuis 3o ans à vulgariser l’huile de foie de morue. Dans ces dernières années, elle est arrivée à extraire de celte huile les principes solubles dans l’alcool, qu’elle a spécialisés sous différentes formes pharmaceutiques.
- M. Digne (Jean), boulevard Saint-Charles, 97 et 99, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Créateur, en 1876, de l’industrie des enazymes (innovation due en 1853 à Guillermont de Lyon), M. Digne a fait paraître à cette époque deux petits appareils, Y expéditif et le compressodoseur, qui rendaient simple et expéditive la mise en cachets des médicaments, opération jusqu’alors longue et peu pratique avec les appareils qui existaient.
- En 1889, M. Digne exposa deux nouvelles formes de cachets azymes, concaves et hyperconcaves obtenues par le moulage à chaud de la pâte, ainsi que des appareils automatiques perfectionnés.
- A l’Exposition de 1900, cachets et appareils furent présentés sous une forme encore plus perfectionnée : cachets capelliformes, concaves, hyperconcaves, avec les inscriptions souhaitées, soit timbrées à sec, soit imprimées, soit en relief, etc.; compresso-cacheteur simple, compresso-doseur-cacheteur, cacheteur multiple qui ferme 12 cachets à la fois.
- Toutes ces amélioriations, successivement introduites dans la fabrication des cachets et appareils, ont nécessité la construction d’une usine spécialement appropriée et uniquement affectée à cette (abri-cation.
- M. Digne dispose, à cet effet, d’un terrain de 5,000 mètres carrés, dont 600 sont couverts par l’usine seule.
- Outre les moteurs, cette usine compte :
- i° Machine à découper les disques plats d’hosties de tous les numéros, au moteur. Un homme peut en découper 30,000 à l’heure, et, avec un aide chargeant les chariots, 50,000;
- 20 Machine quadruple à découper les cachets azymes, de toutes les formes et de tous les numéros, au moteur. Quatre ouvriers découpent de 100,000 à 160,000 cachets à l’heure;
- 3° Armature des moules à cachets, pour la manœuvre facile, le réglage et le chauffage. Avec ce système d’armature, un homme cuit i5,ooo à 20,000 cachets à l’heure, suivant les numéros.
- Personnel : un mécanicien, deux comptables, trente ouvriers ou ouvrières. Le plus grand nombre des ouvrières est employé au triage des cachets un à un à la main, à la mise en boite et à l’empaquetage.
- La maison livre dans tous les pays d’Europe, ainsi qu’à l’étranger, environ 4oo,ooo cachets par jour, sans compter les disques plats d’hosties.
- Cette industrie, toute française tant par l’idée première que par le développement qu’elle a reçue, fait le plus grand honneur à celui qui l’a fondée et vulgarisée.
- MM. Doix, Mulaton et Wolf, rue Neuve-des-Charpentiers, 64, à Villeurbanne (Rhône).
- Maison fondée en 1864, par M. C. Mulaton, qui le premier installa définitivement en France la fabrication de l’acide citrique, jusqu’alors monopole anglais.
- M. C. Mulaton appliqua également, le premier, à la fabrication des deux acides l’évaporation des liqueurs dans le vide, au moyen d’appareils spéciaux en plomb martelé, objet d’un brevet à l’époque.
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- L’usine est outillée pour une production régulière annuelle de 200,000 à 220,000 kilogrammes d’acide citrique; 180,000 à 200,000 kilogrammes d’acide tartrique. Elle occupe de ko à 45 manœuvres , ouvriers et employés.
- M. Dubois (Henri), rue du Logeblach, 2, à Paris.
- Cette maison s’occupe principalement des dérivés de la créosote, dont elle prépare un ^certain nombre de représentants, pour lesquels elle s’est réservée la propriété d’un nom spécial déposé.
- Parmi ces dérivés nous mentionnerons le créosal, ou tanosal, ou pliosphotannate de créosote, le picrol ou diiodorésorcinosulfate de potasse, le phosphate de gaïacol, le succinate de gaïacol, le boracol, un antidiabélique concentré qui semble être un mélange de boldo, de glycérine, de bromures et d’une combinaison lithino arsenicale.
- M. Dubosc (Emile), passage Duranton, 17, à Paris.
- Ancienne maison, bien connue, qui depuis longtemps, fabrique des produits chimiques pour la pharmacie, la photographie, les arts, les laboratoires, etc.
- M. Dufilbo (Jules), à Saint-Cloud (Seine-et-Oise).
- Exposition de dragées, d’élixir et de vin ferro-ergoté, ainsi que des spécialités de Grimaud et du docteur Pelletan.
- M. Duhoureau (Emile), à Cauterets (Hautes-Pyrénées).
- Sous le nom de tœnifuge, cette maison a exposé un extrait chloroformo-huileux de fougère mâle des Pyrénées, qui,ainsi qu’on le sait, est un remède des plus efficaces contre le ténia. La forme adoptée pour l’administration du médicament est celle de la capsule de gélatine.
- M. Ecalle (Henri), rue du Bac, 38, à Paris.
- Pharmacien homœpathe, E. Ecalle indique, dans une brochure spéciale, un procédé nouveau pour l’obtention des alcoolatures, procédé consistant à traiter la plante par déplacement avec l’alcool, ajouter au résidu de l’eau bouillante, évaporer l’infusion en consistance d’extrait et mélanger cet extrait avec la teinture alcoolique, pour obtenir une mixture renfermant tous les principes de la plante.
- MM Egasse (Édouard) et Bouyê (Paul), place de la Vieille-Estrapade, 1, à Paris.
- Cette maison s’occupe tout spécialement de la préparation des extraits organiques (ovarine, thy-roïdine), stérilisés par les procédés d’Arsonval et Brown-Sequard, extraits qu’ils ont exposés à l’état sec, en nature et eu capsule.
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- M. Esmenard (Charles), avenue de Ciichy, 12 3, à Paris.
- Cette maison a montré des spécimens de sinapismes en feuilles, des cataplasmes, ainsi cpie les matières premières servant à leur préparation.
- MM. Fayard, Blayn et Cte, me Saint-Merri, 3o, à Paris.
- Celte société a exposé des échantillons de papier emplastique quelle a spécialisé, ainsi que différentes autres préparations pharmaceutiques
- MM. Fèvre, Alland et Ce, rue de Sévigné, 38, à Paris.
- A l’origine, cette maison fabriquait de l’antipyrine, de la metylacélanilide, une gomme soluble obtenue en partant de la gomme de Bassora et différents produits à base de fécule, appelés veloutinc et gélntoïde.
- Ayaut entrepris plus tard la fabrication de la saccharine, elle fut amenée à étudier attentivement celle des chlorures de phosphore et à l’installer dans son usine. Cette branche de sa fabrication a pris, depuis, une grande importance; son installation actuelle lui permet de fabriquer, par jour, une moyenne de 90 à 100 kilogrammes des différents chlorures de phosphore.
- Cette grande production de chlorures de phosphore a eu pour conséquence la fabrication du salol, du benzonaphtol et autres éthers phénoliques, des chlorures d’acétyle, de benzoyle, etc., etc.,
- La maison prenant de l’extension, elle s'attacha à produire de l’anhydride phosphorique, dont l’emploi dans la préparation des glycérophosphates et dans l’industrie de la fabrication des lampes à incandescence prend de plus en plus d’importance.
- A toutes ces préparations, MM. Fèvre et Alland ont joint celle de quelques alcaloïdes et autres principes actifs végétaux parmi lesquels la sparléine, la pilocarpine, l’ésérine, l’atropine, la pelle-tiérine et leurs sels, ainsi que la fabrication de l’acide cacodylique et des cacodylates.
- La maison a exposé des spécimens choisis et irréprochables des différents produits que nous venons d’énumérer.
- M. Fine (Louis), me de Paris, 170, à Vanves (Seine).
- Celte maison prépare spécialement des produits physiologiques par les procédés ordinaires. Elle a exposé de la pepsine, de la pancréatine, de la diastase, des peptones, de l’hémoglobine, des poudres de viande, etc.
- MM. Finot, rue Traversière, 43, à Asnières (Seine). Prépare et a exposé des cachets médicamenteux avec impression en couleurs.
- MM. Fouché frères, à Houdan (Seine-et-Oise).
- La collection de cette maison comprenait des huiles essentielles, des eaux aromatiques, des extraits pharmaceutiques, de l’apiol, etc.
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- MM. Fouquier et Meilhac , me d’Allemagne, 1 71, à Paris.
- Indépendamment de produits pharmaceutiques usuels, cette maison a exposé une gomme artificielle.
- M. Fournier [Eugène), rue de Saint-Pétersbourg, à Paris.
- Outre des sérums artificiels stérilisés et des glycérophosphates pour injections hypodermiques, celte maison a montré des dosimètres, des séro-récepteurs, asepto-instillateurs, etc.
- MM. Fumouze frères, rue du Faubourg-Saint-Denis, 78, à Paris.
- Cette maison, très honorablement connue, exploite des spécialités pharmaceutiques, marquées barrai, Berthe, Delabarre, Chaumel, Albespeyres, Fumouze (toiles vésicantes), Raquin, Lartigue.
- Les produits les plus intéressants de la maison sont actuellement les ovules de gélatine solidifiée, contenant de la glycérine additionnée de différentes substances médicamenteuses; ces ovules ont été préparées tout d’abord par M. Chaumel-Duplanchat, qui en a ensuite confié l’exploitation à la maison Fümouze.
- MM. Galbrun père et fils, rue Beaurepaire, k, à Paris.
- Le seul produit intéressant qu’ait exposé cette maison est l’iodalose ou peptoniode, obtenu dans certaines conditions de température par la réaction de l’iode sur le peptone, et qui semble être une combinaison parfaitement définie, un produit de substitution dans lequel l’iode est passé à l’état d'iode organique physiologique soluble.
- MM. Garnier fils et Lecerf, rue des Francs-Bourgeois, 56, à Paris.
- Tout en étant bien préparés et bien présentés, les pilules, dragées, pastilles, pâtes et extraits de cette maison ne se distinguent pas des produits similaires exposés par d’autres pharmaciens.
- M. Girard [Antoine), rue de Fondé, 2a, à Paris.
- Maison dont les vin et sirop iodo-tanniques phosphatés sont bien connus comme spécialités. Il en est de même de sa préparation de kola glycéro-phosphatée et de son kalagua (Theobroma galagua), recommandé dans les cas de déchéance consécutive aux maladies infectieuses.
- MM. Girard et Cie, rue Vauvilliers 15, à Paris. Les spécialités de cette maison sont un sirop pectoral et une pâte pectorale.
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- MM. Gode ment et Ce, rue ilicher, 34, à Paris.
- Cette maison, qui exploite le produit connu sous le nom ce Thymol Doré, a, en outre, expose' du savon au thymol, un dentifrice ainsi que différentes autres préparations ayant comme base cet antiseptique
- M. Gory et C‘% avenue de TOpéra, 5, à Paris.
- Cette société s’occupe surtout de la fabrication et de la vente de certaines spécialités comme le vin Bravais et les produits des docteurs Lux, Vernon, Delatour, etc.
- M. Grandval (Alexandre) , rue Fery, i4, à Reims (Marne).
- Cette maison est très connue par l’innovation très heureuse qu’elle a introduite dans la fabrication des extraits pharmaceutiques, en opérant dans le vide. Outre l’avantage d’avoir des extraits ayant gardé à peu près la couleur de la partie delà plante dont ils dérivent, cette manière d’opérer permet encore de préparer ces produits à l’état sec, sous la forme d’écailles extrêmement solubles dans l’eau et ayant conservé intacts tous les principes actifs de la plante.
- Parmi les divers extraits secs exposés par la maison Grandval, les connaisseurs ont particulièrement apprécié l’extrait vert d’écorce d’orange amère, et un extrait rouge vif de roses de Provins.
- M. Grortghard, place Labourey, 12, à Besançon (Doubs). Fabrique des tissus emplaslriques très estimés et des mouches de Milan.
- M. Hélouis (Narcisse-Alfred) , rue des Voies-du-Bois, 6, à Colombes (Seine).
- Depuis de longues années, M. Hélodis s’est attaché à l’étude des composés du vanadium et à rendre ces produits industriels. La matière première est constituée par des cendres vanadifères provenant d’une variété d’anthracite des mines de Vauli, de la grande Gordillière du Pérou.
- En soumettant ces cendres d’origine à un grillage prolongé, dans des fours spéciaux qu’il a créés à cet effet, il a pu réaliser la production industrielle de l’anhydride vanadique VO5. Ces cendres, entièrement calcinées, prennent une couleur qui rappelle l’ocre jaune, et peuvent, dans cet état, contenir jusqu’à 5o p. 100 d’acide vanadique.
- La production de cet acide lui a permis de préparer un certain nombre d’alliages de vanadium parmi lesquels : le ferro-aluminium-vanadium, le ferro-vanadium, le ferro-nickel-vanadium, le fer-ro-chromo-vanadium, le ferro-molybdène-vanadium, le cuivre aluminium vanadium.
- Un certain nombre de ces alliages sont entrés dans le domaine des applications pour la fabrication d’aciers au vanadium.
- Cet acide vanadique pur sert aussi comme point de départ pour fabriquer les composés du vanadium employés en thérapeutique : vanadium (solution pure de chlorure hypovanadique et de chlorate de soude), vanadales de soude, de lithine, de fer, phospho-vanadate de soude, etc., tous composés qui ont figuré à l’Exposition.
- Une autre application de l’acide vanadique est celle qui permet d’obtenir de l’acide sulfurique anhydre par le bisulfate d’acide vanadique et le bisulfate double de sodium et de vanadium. On peut transformer ainsi l’acide des chambres eu acide fumant et anhydre; le composé vanadié sert indéfiniment.
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- Mme Veuve Jabloasky-Chapireau, avenue du Bel-Air, 2, à Paris.
- Prépare des cachets médicamenteux qui se distinguent par leur blancheur et leur souplesse ainsi que par leur grande concavité, ce qui permet d’y introduire plus de poudre que dans ceux de même diamètre autrefois employés.
- M. Jjolly (Léopold), boulevard Pasteur, 64, à Paris.
- Le rôle qui est dévolu depuis quelque temps, à la médication phosphatée sous toutes ses formes, a engagé M. Jolly à faire une monographie très étendue et très documentée de tous les phosphates. C’est une œuvre utile pour tous ceux qui désirent se rendre compte de la préparation des dérivés minéraux et organiques des différents acides phosphoriques.
- M. Josset (Louis), boulevard Arago, 6, à Paris.
- Exposition d’homéopeptone.
- M. Jouisse (Henri), rue Bannier, 60, à Orléans (Loiret).
- Maison qui s’attache surtout à la préparation des tissus pharmaceutiques, des masses emplastiques, des taffetas, baudruches, mouches, onguents dont elle a montré des spécimens choisis.
- M. Labélonye et C‘% rue d’Aboukir, 99, à Paris.
- Maison de spécialités pharmaceutiques très appréciées, qui a attaché son nom à un sirop de digitale qui eut une très grande vogue il y a trente ou quarante ans. Elle exploite, en outre, les dragées de lactate de fer de Gélis, l’ergotine de Bonjean et les spécialités de Gonti et de Delpech.
- M. Lamouroux (Alfred), rue de Rivoli, 1 5o, à Paris.
- Autre maison de spécialités qui fait valoir l’apiol, principe actif du persil, sous le nom d’apiol des docteurs Joret et Homolle. Elle a, du reste, exposé de très beaux échantillons d’apiol cristallisé, à côté de l’apiol vert, produit sans doute impur et mal défini. Une autre spécialité de la maison est le baume d’argent.
- MM. Lancelot et C‘% rue Saint-Claude, 2 6, à Paris.
- Ici encore il s’agit de spécialités. La plus connue est la valérianate de Pierlot, obtenu par saturation au moyen du carbonate d’ammoniaque du produit de la distillation de la racine de valériane. Dans le prospectus, on a soin d’ajouter que le valérianate d’ammoniaque ainsi obtenu n’a rien de commun avec le sel provenant de l’acide valérianique de synthèse, la vertu spéciale du produit d’ori-
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- gine naturelle résidant dans la complexité du distillât des racines et dans la précaution qu’on prend de le laisser vieillir avant de le saturer avec le carbonate d’ammoniaque !
- La maison exploite encore le thé de Saint-Germain de Pierlot, le granulé de stigmates de maïs du docteur Mousseau, des pilules antidyspeptiques Santal, des pilules au bleu méthylène, etc.
- M. Le Boeuf (Lucien), rueLormaud, 10, à Rayonne (Basses-Pyrénées).
- Cette maison a su tirer parti de la propriété que possède la teinture de Guillaya saponaria, d’émulsionner dans l’eau les résines, les goudrons, les baumes, etc., pour préparer un certain nombre de désinfectants et d’antiseptiques quelle délivre sous les noms d’émulsions de coaltar ou coaltar sapo-niné, de baume de tolu, de goudron végétal, d’huile de cade, etc.
- M. Legros (Maxime), place de la République, 1, à Paris.
- Cette maison a montré, outre des granules médicamenteuses, des pansements spéciaux pour différents organes, ainsi que des poudres dentifrices.
- M. Leprince (Maurice), rue Singer, 2A,à Paris.
- Le docteur Leprince a attaché son nom à une spécialité qui possède une certaine vogue, grâce à l’intérêt qu’elle présente, et dont la base se trouve être un ensemble de principes retirés du Rham-nus Purshiana.
- Parmi ces principes, il convient de placer en première ligne un glucoside, la cascarine, qui est probablement identique avec le Xanthorhamnine, la chrysarobine, l’acide chrysophanique etl’émodine, tous composés que M. Leprince a isolé de l’écorce. C’est à la réunion de ces différents produits que l’écorce de Cancara sagrada, et partant les pilules du docteur Leprince, doivent leurs propriétés purgatives.
- Cette maison a encore entrepris la préparation de l’acide cacodylique et des cacodylates quelle a baptisés des noms d’aryscodile et d’aryscodilates.
- MM. Limousin et 0e, rue des Haudriettes, A, à Paris.
- Cette maison est la plus ancienne, après celle de M. Digne, à Marseille, qui se soit occupée de la fabrication des cachets médicamenteux.
- MM. Macqüaire (Paul) et C‘% quai du Marché-Neuf, A, à Paris.
- Ancienne maison Defresne, reprise par M. Macqüaire, qui a continué la fabrication des produits physiologiques commencée par son prédécesseur.
- L’exposition de la maison Macqüaire a été, dans son genre, très intéressante.
- Les produits avaient une belle apparence et semblaient irréprochables comme pureté.
- Nous nous bornerons à énumérer ceux qui ont le plus attiré notre attention :
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- Ferment pepsique, complètement soluble flans l’eau, pepsine en paillettes, au titre de 100 et 5oo, pepsine en poudre, procédé de Defresne, pepsine liquide au titre de 5oo et 200; pancréatine soluble et incomplètement soluble, titre 100, paillettes, titre 200; peptone de muscle de bœuf, peptonisée par la pancréatine Defresne, peptone spongieuse, liquide; seminase préparée selon les indications de M. le professeur Bourquelot, diastase de l’orge, diastase procédé Lintner, diastase du riz; nucléines arsénicales de glandes thyroïdes, peptones de glandes thyroïdes, de muscle de bœuf, d’estomac de porc, tous produits préparés à la demande de M. le professeur A. Gautier; produits opothérapiques préparés à la demande du professeur Landouzy, extraits opothérapiques de ganglions lymphatiques, cl’estomac de porc, de prostates, d’ovaires de génisses, de thymus, de poumons, etc.
- Pour terminer, nous citerons quelques produits intéressants, par la difficulté que présente leur préparation et par les quantités qui ont été exposés; nous voulons parler de la tyrosine, dont la maison a montré un superbe échantillon pesant environ un kilogramme et que, grâce à un procédé h elle, elle peut préparer en grandes quantités; puis de la seminase, ferment diastasique qui a la propriété de transformer l’albumen corné en mannose, et que la maison peut également produire industriellement, grâce au procédé que lui a confié M. le professeur Bourquelot, et enfin de la mannose hydrwzone, produit qui n’a pas d’application et qui n’avait qu’un intérêt purement scientifique.
- MM. Mante-Legre et Cte, rue de l’Arsenal, 8, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Cette société, dont l’usine est située à Montredon, près Marseille, fabrique, par les procédés Gla-dysz, principalement de l’acide tartrique et ses dérivés, crème de tartre, sel de seignette, tartre stibié, tartrates neutres de potasse, de soude, de chaux, etc.
- En dehors de cette fabrication, la maison a également entrepris celle de l’alumine et du chlorhydrate qu’elle peut produire dans des conditions de pureté spéciale, grâce à un procédé également imaginé par son ingénieur, M. Gladysz.
- Elle produit enfin l’acide sulfurique et l’acide chlorhydrique qui sont nécessaires aux diverses opérations auxquelles donnent lieu les préparations des matières que nous venons de signaler. La production de l’acide tartrique sous diverses formes, a été, en 1888 et 1889, de 200,000 kilogrammes; actuellement elle est de 800,000 kilogrammes.
- Les bâtiments de son usine couvrent une superficie de 10,000 mètres carrés. Indépendamment des corps déjà signalés, la maison a encore exposé de l’acide citrique, divers citrates, de l’essence de citron, etc.
- MM. Martignac et Lasnier, boulevard Richard-Lenoir, 6, à Paris.
- Cette maison exploite la digitaline cristalisées de Nativelle, dont elle a acheté la marque de fabrique et les procédés de préparation.
- M. Martignier (Auguste), à Agde (Hérault).
- Maison fondée en 1863 par M. Joseph Vidal, et reprise en 1889 par M. A. Martignier qui joignit à la fabrication de l’acide tartrique celle de la crème de tartre et de l’acide citrique et créa, en 1891, l’usine d’Agde.
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- La maison Martignier emploie pour son exploitation, mensuellement, 55o,ooo kilogrammes de tartre et de lie de vin, ainsi que 200 pipes de jus de citron et citrate de chaux. Elle s’est attachée surtout, pour la fabrication de l’acide et de la crème de tartre, à traiter les matières basses à faible rendement, par conséquent non exportables, qui étaient auparavant considérées comme étant sans valeur, d’où est résulté un nouveau bénéfice pour le viticulteur. La maison exploite des procédés à elle, qui ont fait l’objet de brevets accordés les 13 décembre 1898 et 23 novembre 1889.
- La production annuelle s’élève à 2,880,000 kilogrammes de matières fabriquées correspondant à un chiffre d’affaires de 6,300,000 francs
- Les résidus provenant de la fabrication de la crème de tartre et de l’acide tartrique sont assez importants (4,ooo tonnes par an): ils sont utilisés avec profit comme engrais pour l’agriculture. Ces résidus contiennent, en effet : 4 p. 100 d’azote rapidement assimilable; o.5 à 1 p. 100 d’acide phos-phorique; o.5 à 1 p. 100 de potasse.
- L’effectif du personnel d’usine, tant employés qu’ouvriers, est actuellement de 25o ; il touche un salaire mensuel de 3o,ooo francs.
- M. Mérê de Chantilly {Paul), a Orléans (Loiret).
- Maison de spécialités vétérinaires. Elle exploite, en particulier, un onguent rouge à base de biiodure de mercure, pour guérir les plaies des chevaux couronnés, des bols pour chevaux, des onguents de pied, etc.
- MM. Mère et Cie, rue de Rourgogne, 263, à Orléans (Loiret).
- Pharmaciens droguistes qui fabriquent un certain nombre des produits qu’ils livrent à leur clientèle. Leur exposition comprenait des échantillons choisis des différentes préparations employées en pharmacie: alcoolats, extraits mous et secs, élixirs, cachets médicamenteux, dragées, pilules, capsules, onguents, pommades, etc.
- M. Midy, me du Faubourg-Saint-Honoré, 1 1 3.
- Maison de spécialités qui a introduit dans la thérapeutique, au lieu et place du copahu et du cu-bèbe, l’essence pure de santal citrin. A cette innovation ont succédé le cascara Midy, préparé avec l’extrait hydroalcoolique du Rhammus purshiann, la cocaïne Midy ; la kola Midy; la cércalose Midy, sorte de farine alimentaire obtenue par décoction d’un mélange de blé, d’orge et d’avoine et évaporation subséquente dans le vide; le colchi-sal Midy, consistant en un mélange de colchicine et de sali-cylate de méthyle délivré en capsules, le pambolano Midy ( Calliandra houstoni), sorte de fébrifuge et d’antipaludique, etc.
- MM. Millot et Saingliyier (L), rue de Bitche, A9, à Courbevoie (Seine).
- Ancienne maison Duquesnel qui fabriquait autrefois en grand certains alcaloïdes, notamment l’ab-sinthine. Elle délivre actuellement ces alcaloïdes sous forme de granules en petits flacons spécialisés.
- Parmi les produits exposés, nous devons relater un échantillon de curare préparé par la maison et un produit nouveau appelé bromhydrate d’analgésine
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- Mme veuve Moreau [P.] et Voituriez (A.), à Saint-André-les-Lille (Nord). Maison qui fabrique en grand les éthers, les alcools, le chloroforme, le tanin, etc.
- M. Mouysset [Charles], rue du Château, 72 , à Asnières (Seine).
- Cette maison a exposé un ensemble d’extraits sucrés, d’alcoolats, de teintures et de sirops médicinaux, dont la préparation ne révèle rien de particulier.
- M. Naline [Arel], pharmacien, rue de Paris, 82 , à Saint-Denis (Seine).
- M. Naline s’est spécialement adonné à la préparation de solutions stérilisées en tubes scellés pour les oculistes. Il a exposé des collyres aseptiques, stérilisés, des pansements aseptiques oculaires, etc.
- Nouvelle Société française du Lysol, place Vendôme, 22 , à Paris.
- Comme son nom l’indique, cette Société exploite en France, à grand renfort de réclames, le Lysol, préparation qui consiste tout simplement en une dissolution faite au bain-marie d’une partie de erésol du goudron de houille, dans une partie de savon de potasse fait avec de l’huile de lin. Quand la masse est bien homogène, on y incorpore une nouvelle quantité de erésol.
- M. Olsen [Christen] , avenue de Paris, iq3 et t g 5, à la Plaine Saint-Denis (Seine).
- Maison qui a entrepris la fabrication des alcools purs et sans goût et qui a réussi. Outre l’alcool éthylique, elle s’attache encore à préparer les homologues supérieurs, alcools propylique, butylique. amyliques, etc., dans un état de pureté tel qu’on les demande pour les laboratoires de recherches. A cette fabrication, elle a joint celle de tous les dérivés éthérés des alcools de fermentation, comme l’éther sulfurique, l’acétate d’amyle, etc.
- Son exposition, très bien ordonnée, comprenait, indépendamment des produits que nous venons de signaler, des collodions variés pour la photographie et l’industrie, à base d’alcool éther, de méthylène, d’acétate d’amyle et d’acétate acétique cristallisable (acétocelloïdine).
- M. Peltot [Edmond], rue de Sarente, 6, à Paris. Cette maison à montré des cachets azymes ainsi que des appareils cacheteurs.
- MM. Pennes fils et Boissard, rue de Latran, 2, à Paris.
- Cette maison continue à exploiter le sel végéto-minéral pour bains stimulants, introduit dans la pharmacie, il y a quarante ans, par J.-A. Pennés. Ce sel doit remplacer ceux contenus dans l’eau de mer ou dans les sources thermales alcalines ou ferrugineuses.
- La maison préconise en plus un vinaigre antiseptique.
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- M. Pigeon [Eugène), quai Pasteau, 36, à Melun (Seine-et-Marne).
- M. Pigeon peut être rangé parmi les quelques fabricants qui ont réussi à résoudre le problème délicat de la préparation des extraits pharmaceutiques, en leur conservant intactes les principales qualités de la plante ou de la partie de la plante dont ils dérivent. Ses extraits ne le cèdent en rien comme belle apparence, solubilité et activité à ceux des meilleures maisons.
- Aux extraits secs, mous, fluides, concentrés, semi-fluides et américains, M. Pigeon a ajouté la fabrication de produits granulés à base de kola, de coca, de quinquina, de quinine, de glycérophosphates divers, etc.
- MM. Pointet et Girard, rue Elzévir, 2 , à Paris.
- Fondée en 1891, cette maison possède un comptoir de vente à Paris et une usine, située à Ville-neuve-la-Garenne, qui embrasse actuellement une superficie totale de 12,000 mètres dont 5,000 en surface bâtie.
- Cette usine occupe 5o ouvriers producteurs, est alimentée par deux chaudières à vapeur semi-tubulaires offrant ensemble une surface de chauffe de 120 mètres carrés. Un moteur actionne divers appareils, tels que pompes, pulvériseurs, tamiseurs, etc.
- L’industrie de MM. Pointet et Girard embrasse toute la chimie pharmaceutique et comprend toute une série de fabrications des plus importantes au nombre desquelles on peut mentionner : les sels de quinine et de cinchonidine, les alcaloïdes et principes végétaux divers, les bromures et iodures de potassium, sodium, strontium, etc., Piodoforme, l’iodothymol, les composés de l’antimoine (kermès), du bismuth et du mercure, les phosphates et glycérophosphates, les sels de fer en paillettes, etc.
- Le développement qu’a pris la fabrication de cette maison, l’a naturellement amené à rechercher, en partie, hors de France des débouchés propres à asssurer l’écoulement régulier de toute sa production. Aussi est-elle en relations d’affaires suivies avec tous les Etats d’Europe et notamment avec l’Allemagne, l’Angleterre, l’Autriche, la Belgique, la Suède et la Turquie.
- Les divers spécimens de produits exposés, notamment les cristaux d’iodoforme, de terpine etc, montrent, en effet, tout le soin qu’apportent MM. Pointet et Girard à leur fabrication.
- MM. Poulenc frères, me Vieille-du-Temple, 92, à Paris.
- La maison Poulenc frères a pris son origine dans la maison Hédouin, fondée en 1827. Elle a dû son premier développement à l’entrée dans cette maison de M. Etienne Poulenc, père des trois propriétaires actuels, qui fut associé par son beau-père, M. Wittmann, à la direction technique de son industrie.
- A la mort de M. Étienne Poulenc, survenue en 1878, la raison sociale devint Vve Poulenc et jils aîné, puis, deux ans après, Poulenc frères.
- La maison Poulenc possède deux usines, l’une à Ivry-Port, l’autre à Montreuil. Elle occupe, tant dans ses usines que dans ses magasins, un personnel de 3oo employés, ouvriers ou ouvrières, 2 ingénieurs et 1 o chimistes.
- Les produits de ses usines sont employés dans l’industrie, la pharmacie, les laboratoires scientifiques, la photographie. Ils sont exportés dans le monde entier, et cette maison compte des représentants sur tous les grands marchés.
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- A. Produits chimiques destinés à la pharmacie. — Les principales fabrications comportent dans celte branche :
- i° La transformation de l’iode brut en ses dérivés : iode sublimé, iodures de potassium, de sodium, d’ammonium, de calcium, de strontium, etc., l’iodoforme cristallisé et pulvérisé, l’iodothymol, etc.
- 2° La transformation du brome en ses dérivés : bromure de potassium, de sodium, d’ammonium, strontium, etc., bromoforme, bromure d’éthyle, camphre monobromé, etc.;
- 3° La transformation du bismuth en ses dérivés: sous-nitrate de bismuth, salicylate, sous-gallate, benzoate, chlorure, oxyde, etc. ;
- Toutes ces fabrications sont montées sur un très grand pied et ont acquis, d’année en année, une importance toujours plus considérable ;
- 4° Les sels de chaux sont également l’objet de fabrications intéressantes de la part de la maison Poulenc frères, surtout en ce qui concerne les phosphates, chlorhydrophosphales et lactophosphales;
- 5° Les sels dérivés de l’acide benzoïque, du benjoin et de l’acide benzoïque artificiel, sont produits en quantités considérables par la même maison.
- 6° Elle consacre également une grande activité à la production de l’acide cacodylique et des cacodylates de potasse, de soude, de lithine, de fer, de mercure, de gaïacol, de quinine, de strychnine, etc., ainsi qu’aux dérivés de l’acide glycérophosphorique : glycérophosphates de potasse, de soude, de chaux, de fer, de lithine.
- B. Produits chimiques destinés à l’industrie.
- i° Pour le nickelage, la maison Poulenc frères fabrique en quantités considérables les sulfate de nickel simple et sulfate de nickel ammoniacal ;
- 2° Pour l’argenture des glaces : sel de seignette pur, tartrate pur de potasse et d’ammoniaque ;
- 3° Pour la céramique, l’émaillerie et la verrerie, un grand nombre d’oxydes colorants : oxyde de chrome, oxydes d’étain, oxydes de cuivre, etc. ; sels de cobalt et de nickel, etc. ; acide fluorhydrique et acide à mater. Elle s’est acquis une certaine réputation, en outre, pour la qualité de ses produits destinés à la décoration : or brillant et lustres ;
- 4° Pour la bougie : sulfate et phosphate d’ammoniaque, acide borique, etc. ;
- 5° Pour les couleurs fines : bleus et violets de cobalt.
- G. Produits chimiques purs et réactifs destinés aux recherches et analyses. — A côté des acides chimiquement purs et redistillés, de l’ammoniaque pure, exempte de bases pyridiques, des soudes et potasses chimiquement pures, la maison Poulenc s’occupe de fabriquer tous les produits nouveaux, parmi lesquels il convient de citer ceux qui figuraient dans sa vitrine d’exposition à la Classe 87 : calcium cristallisé, lithium brillant pour collections, bore pur, silicium sous ses différents états, enfin la série des métaux dits réfractaires, préparés au four électrique : chrôme, molybdène, titane, tungstène, vanadium, uranium, etc., et des fontes de ces métaux.
- D. Produits chimiques pour la photographie. — Bromure de potassium spécial pour la fabrication des plaques photographiques, sulfate de fer pur, sulfite et hyposulfite de soude purs, chlorure d’or, chloroplatinate de potasse, etc.
- L’heureux choix des produits exposés, les difficultés que rencontre la préparation de beaucoup d’entre eux, la forme et la pureté parfaites sous lesquelles ils ont été présentés au public, témoignent non seulement des efforts qui ont été faits par cette maison, mais encore de la perception très nette qu’ont les chefs, parmi lesquels se trouvent de véritables hommes de science, de la direction qu’il y a lieu d’imprimer à leur industrie.
- MM. Ch. Prevet et Cl% rue des Petites-Ecuries, 48, à Paris.
- L’exposition principale de cette maison comprenait diverses préparations dans lesquelles entre l’essence de niaouli (Melaleuca viridflora), baptisée, pour la circonstance, du nom de goménol. Ces prépa-
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- rations doivent, sans aucun doute, leur activité à l’eucalyptol et au terpilénol, que M. G. Bertrand a décelé dans l’essence, dont il a fait une analyse complète.
- M. Prunier (Georges), avenue Victoria, 6, à Paris.
- M. Prunier s’est occupé spécialement, dans ces dernières années, des glycérophosphates, dont il a fait la hase d’un produit spécial qu’il vend sous le nom de neurosine.
- M. Raspail (Julien), rue du Temple, î A-i 6, à Paris.
- Nom bien connu et qui est inséparable de celui du camphre et des préparations dont ce composé est la base. Cette maison fut, en effet, fondée en 1858 par M. Emile Raspail, ingénieur-chimiste, sur les conseils de son père, F.-V. Raspail, dans le but de fabriquer et de livrer au public les produits hygiéniques préconisés dans la méthode Raspail : liqueur hygiénique et de dessert, eau dentifrice, eau de toilette, etc., de F.-V. Raspail. Comme la base de toutes ces préparations est le camphre, la maison s’occupe, naturellement, aussi du raffinage de ce produit, dont elle traite entre 180 et 200,000 kilogrammes par an dans son usine d’Arcueil.
- M. Ravois (Augustin), rue de l’Évangile, 2, à Paris.
- Outre quelques spécifiques contre le rhume et la bronchite, M. Ravois a montré des corricides, des raticides et divers insecticides.
- M. Ricou (Henri), me Jeanne-d’Arc, 6i, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Parmi les nombreuses préparations qualifiées d’insecticides, de raticides, et préconisées pour la destruction des rats, souris, taupes, mulots, etc., nous devons une mention spéciale au produit de M. Ricou, présenté sous les auspices de l’Association amicale des ouvriers, employés et inventeurs exposants de la Seine-Inférieure.
- Les recherches de M. Ricou lui ont permis d’arriver à la «solution complète de la destruction des êtres extra chauffés, dont le rat, la taupe, la souris, le mulot, sont les quatre fleurons du règne animal.»)
- C’est déjà beaucoup, mais ce n’est pas tout. «Quoique la Mystérieuse produise la mort presque instantanément, suivant la dose absorbée par l’animal, ses facilités digestives, son âge, son sexe, ou toute autre cause, le rongeur peut aller agoniser dans un coin ignoré, où son cadavre entrerait en putréfaction et dégagerait des odeurs délétères.»)
- «J’ai également vaincu cette difficulté, dit M. H. Ricou, en composant ma poudre la Mystérieuse de façon à ce qu’elle momifie, pour ainsi dire, le cadavre du rongeur empoisonné et empêche ainsi sa décomposition. C’est grâce à ses propriétés, assurant en même temps la sécurité des uns et la destruction des autres, que la Mystérieuse est universellement employée.»)!
- M. Robin (Maurice), me de Poissy, i3A, à Paris.
- Maison bien connue pour la diffusion qu’elle a donnée à un certain nombre de préparations spécialisées , parmi lesquelles nous citerons son peptonate de fer sous forme de gouttes, de vins, d’élixirs
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- et de dragées, son glycérophosphate sous forme de comprimés, de granules, de solution, son élixir de peptokola, sa glycolaïne, etc.
- MM. Roques (Ferdinand) et Cie, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, 36, à Paris.
- Cette société, fondée en 1846, par M. W. Conrad, fabrique, dans son usine de Saint-Ouen, un certain nombre d’articles, parmi lesquels nous avons remarqué du camphre raffiné en pains, en plaques, en briquettes et en tablettes, de l’iode sublimé, de beaux échantillons d’iodoforme, des iodure et bromure de potassium, des sels de bismuth, du bromoforme, de l’iodothymol, du salicylate de méthyle, la terpine. les borneols, etc. L’importance prise par le raffinage du camphre a conduit la société à fabriquer elle-même les matras en verre, nécessaires à la subbmation. L’excédent du verre est transformé en cylindres, globes, boules, cloches et matras.
- La maison fabrique aussi ses creusets de poterie ainsi que toutes les pièces de ses fours à verre, qui sont d’ailleurs entièrement construits par elle.
- M. Rousseau (Louis-Marie) , à Ermont (Seine-et-Oise).
- Ancien pharmacien qui fabrique actuellement du chocolat et en particulier un aliment pour les enfants, auquel il donne le nom de kamehine. Il a, en outre, eu l’heureuse idée de retirer la théobro-mine des coques de cacao et la livre au commerce complètement exempte de caféine.
- M. Sabatier (Paul), avenue d’Antin, 71, à Paris.
- Sous le nom de ouataplasme, M. Sabatier exploite un cataplasme à base de ouate hydrophile et de gomme adragante, imaginé, il y a quelques années, par le docteur Langlebert. Ce cataplasme présente l’avantage de se conserver indéfiniment et de pouvoir être utilisé plusieurs fois.
- M. Schaffner (Hippolyte), rue de Douai, 58, à Paris.
- Fabrique de produits pharmaceutiques et de spécialités, parmi lesquelles nous citerons le pepto-fer du docteur Jaillet, l’iodoléine Schaffner, des glycérophospates granulés, etc.
- M. Segaud (Elisée), à Chàteau-Regnault-Bogny (Ardennes).
- Maison qui s’occupe de la fabrication du matériel pharmaceutique comme les pilubers, moules, presses, autofiltres, cacheteurs, etc.
- Société centrale de produits ciiimiques, rue des Écoles, 4a, à Paris.
- Comme ses émules, les maisons Chenal, Douiblet et Cie et Poulenc frères, la Société centrale a pris à tâche la fabrication des produits et du matériel nécessaires aux laboratoires de chimie industrielle ou scientifique.
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- Fondée en 1843, par Emile Rousseau, cette maison a subi, depuis cette époque, diverses transformations dont la dernière a constitué (î 885) la société actuelle.
- Elle possède une usine à Javel, des laboratoires d’essais, des ateliers et des magasins, rue des Ecoles, à Paris.
- Son exposition comprenait des produits chimiques et des appareils.
- Parmi les produits chimiques, qui tous peuvent rivaliser, comme pureté, avec ceux des autres maisons similaires, on remarquait un très bel échantillon de tannin chimiquement pur, toute une collection d’oxydes métalliques employés dans les arts, et une autre, non moins intéressante, d’alcools monoatomiques , biatomiques, triatomiques et télratomiques, ainsi que des éthers composés, des aldéhydes mono et biatomiques; mais les matières qui ont spécialement attiré l’attention des savants et des chimistes, bien qu’elles aient été présentées sous une forme simple et modeste, ce sont les substances radio-actives, polonium, radium, actinium, auxquelles sont attachés les noms de M. et M'nc Curie et de M. Debierne. Sans doute, c’est à ces savants que sont dues les méthodes de séparation délicates et laborieuses qui ont permis d’isoler ces matières de la masse des produits auxquels elles sont mélangées, mais il n’en est pas moins vrai que ce travail gigantesque n’aurait pu être renouvelé si la Société centrale de produits chimiques n’avait mis à la disposition des savants son usine, son matériel et ses chimistes. C’est là une collaboration heureuse, éminemment profitable à la science, et dont celle-ci doit savoir gré à la maison qui l’a offerte.
- Les appareils sortis de ses ateliers avaient aussi un certain caractère de nouveauté. Nous avons remarqué les nouvelles pompes à mercure de E.-U. Châtelain, les ozoneurs, du même auteur, la balance apériodique de M. Curie, les thermo-isolateurs du docteur d’Arsonval, le régulateur Vlasto, les appareils de Sidersky, de Campredon, les thermomètres physiologiques de M. Ch. Henry, des alcoomètres, aréomètres, densimètres de précision, burettes, pipettes, etc.
- En résumé, la société centrale des produits chimiques, par la nouveauté des produits et des appareils qu’elle a montrés, et aussi par le soin quelle met à les fabriquer, a su maintenir, sinon augmenter la vieille réputation qui est attachée de longue date à sa maison.
- Société chimique des usines du Rhône, quai de Retz, 8, à Lyon (Rhône).
- Cette société, dont nous nous occuperons spécialement au chapitre Matières colorantes, a également entrepris la préparation d’un certain nombre de produits pharmaceutiques, parmi lesquels nous mentionnerons le chlorure d’éthyle pur, ou kèlène, en tubes gradués ou non gradués, pourvus d’une fermeture automatique qui en facilite l’emploi. Ce chlorure peut être employé tel quel ou servir comme dissolvant de produits médicamenteux, antiseptiques ou simplement de collodion. C’est ainsi que la maison vend des tubes à l’eucalyptol, à la formaldéhyde, à l’ichtyol, à l’iodoforme, au menthol, au salol, au collodion, etc. A cette fabrication, la société a joint celle de produits sérothérapeutiques, entre autres, l’organo-sérum simple et l’organo-sérum gaïacolé, remèdes contre les maladies de poitrine , la phtisie et la tuberculose.
- Ajoutons, enfin, que cette maison est, en France, la plus grande productrice de saccharine.
- Société fédérale des pharmaciens de France, me Favart, 8, à Paris.
- Société fondée en juillet 1898, en continuation de la maison A. Petit, dans le but de fabriquer les alcaloïdes et en particulier la cocaïne et ses sels, la pilocarpine, l’ésérine, l’atropine, la spartéine, la pelletiérine, la digitaline et la quassine cristallisées, la convallamarine, l’adonidine, la cantharidine, ainsi que des produits synthétiques comme l’analgésine et son salicylate, les salicylates de phényle et
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- de naphtyle, la chloralose, le chloral antipyrine, le chloroforme, les éthers bromhydrique, acétique, acétylacétique, etc. De très beaux spécimens de tous ces produits ont été montrés par la maison, et dans le nombre on a pu remarquer un benzoate d’ésérine cristallisé et pur qui se conserve longtemps sans altération.
- La fabrication de toutes ces substances se fait dans une usine située à Puteaux, qui dispose de 60 chevaux-vapeur et de 35 chevaux de force motrice.
- Tant à Paris qu’à cette usine, il y a 52 employés et ouvriers, comprenant î directeur, 3 employés, 3 chimistes et i5 à 20 ouvriers, suivant les besoins.
- M. Soetenaëy (Loü/s), rue du Collège, 38, à Dunkerque (Nord).
- Dans le prospectus qui accompagnait son exposition, M. Soetenaëy raconte kqu’en 1815, lors de l’invasion, le fondateur de la maison, J. Stœtenaëy, avait eu en subsistance un certain nombre de soldats russes. Ces hommes, quand ils étaient enrhumés, buvaient tous les jours un verre de l’huile qui surnageait sur les foies de morues entassés dans des barils, huile qui, à cette époque, ne servait qu’à des usages industriels. Cela donna l’idée à notre grand-père de chercher un procédé pour produire de l’huile de foie de morue médicinale. » N’est-ce pas là l’origine de l’emploi de l’huile de foie de morue en thérapeutique ?
- Quoi qu’il en soit, les huiles diverses provenant du traitement rationnel des foies de morue qu’a exposées M. Soetenaëy justifient, par leur bel aspect et leur limpidité, la réputation que s’est acquise la maison dans cette fabrication.
- MM. Souillard et Le Couppey, rue des Ëcouffes, 23, à Paris.
- Très bonne maison fabricant depuis longtemps les dragées, granules, pilules et capsules, dont elle a montré des exemplaires choisis.
- M. Taillandier (Alexandre), à Argenteuil (Seine-et-Oise).
- Cette maison fabrique uniquement les alcaloïdes du quinquina et à un état de pureté tel, que sa marque est considérée comme une des premières.
- Sa vitrine renfermait, en effet, toute la série des principes cristallisés qu’on peut retirer des différentes variétés d’écorces de quinquinas, ainsi qu’un certain nombre de leurs sels; les échantillons présentés donnaient une image saisissante du labeur et des soins que nécessite une séparation parfaite de ces principes.
- M. Tanret (Ciiarles-I.), rue d’Alger, 1A, à Paris.
- L’exposition de M. Tanret constituait un résumé fidèle et éclatant d’une carrière pleine de labeur et consacrée principalement à l’étude et la mise en valeur des principes immédiats contenus dans certaines plantes médicinales. Tous les produits exposés (sauf l’inosite droite de M. Maquenne) ont, en effet, été découverts ou étudiés par M. Tanret, et chaque coupe ou flacon portait la date de la publication du travail. C’était donc une œuvre doublement personnelle. Plusieurs des produits montrés ont été, depuis leur découverte, fabriqués par d’autres maisons, mais aucune n’a réussi à surpasser le maître qu’est M. Tanret dans l’art de faire cristalliser les substances qui sont les plus rebelles à prendre une forme géométrique. Il y a de ces produits, comme l’ergotinine, que lui seul, jusqu’à
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- présent, est arrivé à faire cristalliser, tant son habileté et sa persévérance sont grandes quand il s’agit de résoudre un de ces difficiles problèmes de la purification des corps.
- La très belle collection des produits originaux de M. Tanret, qui se trouvaient exposés dans sa vitrine du Champ de Mars, comprenait : l’ergotinine (1875) ; l’inosite des feuilles de noyer [Tanret et Villiers] (1878) ; la pelletiérine et le sulfate de pelletiérine (1878) ; la pseudo pelletiérine, les sulfate, chlorhydrate et phosphate de pseudo pelletiérine (1879); l’isopelletiérine et son sulfate (1880); la waldivine, la méthylpelletiérine (1880); le cinnamate de sodium et de caféine (1881); le salicylate de sodium et de caféine (1881); le benzoate de sodium et de caféine (1881); les glucosines a et @ (i885); le monohydrate de térébenthène du terpinéol (1885); l’acide hespéridique, l’isohespéridine, l’aurantiamarine, le principe âcre de l’écorce d’oranges amères (188(3); la vincétoxine soluble (1885) ; le diliydrocamphène a (1887); ^es hydrazocamphènes a et |S (1887); l’acide térébenthique (1888); l’ergostérine anhydre et hydratée (1889); la quebrachite (1889); l’inosite gauche, la racémo-inosite [Maquenne et Tanret ], les acétines des iuosites gauche, droite et racérnique (1889); la levosine (1891); la synanthrine (1893); i’inulénine, l’helsanthémine (1893); la pseudoinuline (i8g3); la picéine, le picéol, le levoglucosane (189A ) ; le rhamnose j2, le lactose [3, le lactose 7, le glucose (2, le glucose 7 (1890); le galactose (2, le rhamnose 7, chlorhydrate de glucosamine (2, la pentacétine a du glucose, la pentacétine (2 du glucose (1895); la xanthorhamnéine, le galactose a, le galactose 7 (1896); l’hes-péridine, l’inuline, la xanthorhaminne, le rhamninose (1899).
- MM. Thibault (Eugène) et Olive, rue Saint-Léonard, \ 5, 17 et 19, à Nantes (Loire-Inférieure).
- Fondée en 1855 par M. Martineau, dans le but d’approvisionner les pharmaciens de l’Ouest en produits chimiques et pharmaceutiques, cette maison s’est agrandie sous l’impulsion successive de MM. Proust fils et Thibault et de MM. Thibault et Olive.
- Son usine, où elle occupe journellement 45 ouvriers et ouvrières, comporte tout le matériel le plus récent et le plus perfectionné pour la fabrication des pastilles, dragées, granules, pilules, poudres impalpables, perles et capsules, extraits pharmaceutiques de tous genres, etc., et généralement tous les produits employés par les pharmaciens.
- Parallèlement à l’usine, la maison de commerce emploie 4o employés, tant dans les divers services que dans les bureaux. Les produits exposés par cette maison étaient en tous points dignes de figurer à côté de ceux des maisons de la capitale.
- M. Trillat (Jean), me Franklin, à Paris.
- L’exposition de M. Trillat n’avait pas de caractère commercial proprement dit. L’auteur s’est borné à faire valoir l’ensemble des recherches qu’il a effectuées dans sa carrière de chimiste industriel et d’analyste, et à montrer les différents produits et procédés qu’il a mis au jour, soit seul, soit en collaboration.
- Parmi ses travaux qui ont reçu une application, nous citerons en première ligne les perfectionnements (1> qu’il a introduits dans le mode de fabrication industrielle de l’aldhévde formique dû à MM. Tollens et Lœw. Nous donnons plus loin, à l’article formol, la part qui lui revient dans cette préparation.
- Une fois en possession d’un produit pouvant se fabriquer en grand, M. Trillat(2) a cherché à en
- ll) Brevet Trillat n° 2680 du 3o novembre 1890; brevet anglais de Farbwerke vorm. Meister, Lucius et Brunnig,à Hœchst, près Francfort, 110 21706. — t2) Comptes rendus, t. GXV (1892), p. 1278.
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- étendre les applications et a préconisé le formol clans un grand nombre de cas, et en particulier comme antiseptique. A sa suite, Elsner (i), Tafel(2), Hauser (3), etc. lui reconnurent non seulement des propriétés antifermentescibles et désinfectantes, mais encore de coaguler l’albumine et d’insolubiliser la gélatine. Ces quelques exemples suffisent pour faire ressortir les travaux et applications qu’a suscités la production industrielle et à bon marché de l’aldéhyde formique. "
- Outre ces recherches, M. Trillat s’est appliqué, en collaboration avec M. Adrian, à améliorer la fabrication des glycérophosphates et à en préparer de nouveaux, à retirer de l’absinthe un produit inconnu jusqu’alors, et appelé anabsinthine, à isoler une matière colorante de la digitale, à extraire de l’agaric un acide nouveau, l’acide agaricique, etc., sans compter un ensemble d’autres travaux de moindre importance. '
- M. Vernade (Eugène), boulevard Edgard-Quinet, à Paris.
- Sous le nom d'eupnine, M. "Vernade préconise, contre un certain nombre de maladies, une solution d’iodure de caféine que l’auteur a été le premier à obtenir cristallisé C8H'° Az40\lH. 2IPO. en 1882. A cette spécialité, qui nécessiterait, par la vente annuelle de 12,000 flacons, 120 kilogrammes d’iode et 45 kilogrammes de caféine, M. Vernade a joint différentes préparations phosphatées, vin, sirop, etc.
- M. Verne (C.), à Grenoble (Isère).
- Dans les nombreux voyages que M. Verne a fait dans les pays d’outre-mer, il a eu l’occasion de recueillir des échantillons de drogues simples, ainsi que des renseignements précieux et intéressants concernant la matière médicale. C’est ainsi qu’il s’est spécialement occupé de l’étude des quinquinas, de la gutta percha, du caoutchouc et du boldo.
- Son exposition comprenait quelques préparations à base de boldo, la boldine et ses sels, de la gutta percha, etc.
- M. Vial, rue Vivienne, 8, à Paris.
- Ancienne maison Rigaud et Chapoteaut, puis Rigaud et Clermont, dont M. Vial est le successeur. Cette maison, dont les premiers possesseurs étaient fort connus dans le monde de la spécialité, con-tinue à préparer un grand nombre de ces spécialités pharmaceutiques, pour lesquels elle produit elle-même ses matières premières.
- M. Voiry, rue de la Fraternité, 15, à Bagnolet (Seine).
- Pharmacien très distingué, dont le nom est attaché à certains travaux sur les essences et qui s’est adonné à la fabrication industrielle de la farine de moutarde deshuilée et du papier sinapisme, genre Rigollot. Le perfectionnement qu’il a apporté dans cette préparation consiste à décortiquer la graine de moutarde noire pour conserver uniquement l’amande, seule riche en myrosine et en myronate de potasse.
- (1) Inaug. Dissert. Ertangen, i8g5. — (2) Bakt. Inst., Berne, 1895-1896. — (3) Prof. Tafet, Muncher Méd. Wochenschrift, 1893.
- Gr. XIV. — Cl. 87. — T. I. 22
- lill»imiElUE NATIONALE.
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- ALLEMAGNE.
- Ce qui distingue particulièrement l’industrie allemande des produits qui figurent dans ce chapitre, ce sont les nombreuses substances nouvelles que les fabricants ont introduites et continuent d’introduire dans les arts, en médecine et en photographie. L’extension donnée à leurs usines sous l’influence d’une prospérité qui, jusqu’en i go 1, n’avait encore subi aucune atteinte, la libre disposition de forces intellectuelles de toute nature qui sont mises' à leur portée dans des conditions de bon marché qu’aucune autre nation ne connaît, et par-dessus tout, et toujours, cet immense désir, étayé d’une volonté tenace, que possède l’industriel allemand de faire grand et mieux que ses concurrents, fussent-ils nationaux ou étrangers, font qu’il ne saurait consentir à rester dons les limites étroites que lui assigne la fabrication des produits connus de longue date, et qu’il s’efforce d’en créer sans cesse de nouveaux, quitte à leur trouver des applications si elles ne se présentent pas d’elles-mêmes. C’est bien là ce qui caractérise un bon nombre d’industries chimiques en Allemagne. Elles ne négligent, d’ailleurs, aucun moyen pour arriver à leurs fins. Puissamment organisées au point de vue intellectuel, elles le sont aussi au point de vue matériel. A côté d’équipes de chimistes instruits, dont le rôle, particulièrement attrayant en bu-même, est de contribuerai! succès de l’établissement par des inventions continuellement renouvelées, on voit d’autres équipes d’hommes de science dont la mission est d’étudier les procédés mis au jour ou les propriétés des nouvelles substances découvertes, d’en chercher des applications et d’en assurer l’écoulement. Autant de fonctions, autant d’organisations distinctes.
- S’agit-il de produits médicinaux? L’établissement possédera tout un personnel de médecins , de physiologistes, de pharmaciens et de vétérinaires, qui auront à leur disposition laboratoires, instruments, et animaux variés sur lesquels l’expérimentation peut être poursuivie méthodiquement jusqu’à ce que l’on soit arrivé à un résultat pratique.
- Les recherches des chimistes ont-elles abouti à une matière dont les propriétés ressemblent à celles des substances en usage en photographie ? On trouvera dans l’usine le compartiment approprié, avec tous les appareils voulus pour faire l’essai des cléveloppa-teurs, des renforçateurs, etc.
- Il en est ainsi de chaque ordre de produits, dont l’emploi est bien spécifié.
- L’alimentation même n’est pas exempte de la sollicitude pressante et. . . intéressée de Tindûstriel allemand. Nous avons déjà cité la somatose des Farbenfabriken d’Elberfeld et de Leverkus, à la fabrication de laquelle 15o ouvrières sont journellement occupées.
- On verra d’autre part, plus loin, que la société Tropon, au capital de 3,760,000 francs, avec une usine à Mulheim-sur-le-Rhin et une autre à Bellegarde, en France, emploie 2 5 0 personnes pour la préparation du tropon, sorte d’aliment azoté qu’on obtient en mélangeant intimement, après les avoir blanchies à Teau oxygénée, différentes variétés cle viandes et de fruits de légumineuses.
- Dans ce même ordre d’idées, nous pouvons encore mentionner le sitogène de la Sito-gen Extract G0, de Lobau, le sozon d’une maison d’Aitona-Hambourg, tous produits qui
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- ont plus ou moins comme ancêtre l’extrait cle viande de l’illustre chimiste allemand Lic-big. Il ne faudrait, cependant, pas croire que le désir, tout ardent qu’il est, d’imaginer, de créer des matières nouvelles, fit perdre de vue les bénéfices qu’une fabrication bien ordonnée peut tirer des nombreux produits consacrés par l’usage. Là encore, les industriels allemands ont introduit de nombreuses améliorations et font une concurrence redoutable aux fabricants des autres pays. Ils sont particulièrement bien armés lorsqu’il s’agit de produits qui exigent l’emploi de l’alcool, grâce à la législation libérale qui régit l’emploi de ce liquide dans l’industrie.
- Suivant M. 0. Witt, «la consommation industrielle de l’alcool à q5 degrés, en Allemagne, se monte actuellement à plus du quart de sa production totale, qui est très grande. La hausse continuelle de cette consommation doit être spécialement attribuée à l’augmentation des emplois industriels de l’alcool».
- Les nombres suivants, relatifs à la fabrication de l’alcool pur, viennent à l’appui de ce qui précède :
- PRODUCTION CONSOMMATION TOTALE. l'Ail HABITANT.
- hec.lolilres. litres.
- 1887-1888 .............................................. 3,o58,oq5 kjx
- 1897-1898 .............................................. 3,287,890 5,9
- Sur ces quantités l’industrie a employé :
- 1887-1888
- 1897-1898
- CONSOMMATION
- TOTALE.
- CONSOMMATION
- PAR HABITANT.
- hectolitres. litres.
- 387,600 0,8
- 889,400 1,6
- Ainsi, dans l’espace de dix ans, la consommation de l’alcool par l’industrie a plus que doublé.
- Bien qu’il soit difficile de comparer dans leur ensemble les transactions des produits de fabrication allemande avec celles auxquelles sont sujettes les substances préparées dans les autres pays, nous donnerons néanmoins un aperçu des importations et des exportations des articles importants qui figurent dans les statistiques de douane de l’empire.
- IMPORTATIONS. EXPO htations.
- PH ODUITS.
- 1891. 1900. 1891. 1900.
- marcs. marcs. marcs. marcs.
- Brome et bromures 28,000 39,000 1,124,000 1,81 7,000
- Iode et iodures 4,l8o,000 5,65i,ooo 2,875,000 3,740,000
- benzoïque 1 7,000 18,000 154,000 6o8,000
- citrique, jus de citron 3o5,ooo 647,000 180,000 4oi ,000
- Acides < salicylique, salicylales 18,000 3o,ooo 3,37.5,000 l,46l,000
- tarlrique 36,000 399,000 1,942,000 3,263,000
- k oxalique, oxalnles 35,000 2,000 729,000 O O O
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- l’il U L) U 1 1 0. 1891. 1900. 1891. 1900.
- marcs. marcs. marc?. marcs.
- Emétique et autres préparations anlim 208,000 793,000 8o5,ooo 1,1 63,000
- Carbonate de magnésie 89,000 33,000 14G,ooo .06,000
- Sucre de lait, acide lactique h 1 A3,ooo II 188,000
- Ethers 90,000 5,000 2 16,000 588,ooo
- Chloroforme 52,000 2,000 91,000 154,ooo
- Quinine et sels 223,000 225,000 5,691,000 8,316,000
- Autres alcaloïdes et sels 1 ,(>07,000 2,534,ooo 5,84o,ooo 4,272,000
- Antipyrine, antifébrine II 137,000 // 624,000
- Produits bruts non dénommés pour usages pharmaceutiques et chimiques A, 07/1,000 2,777,000 3,685,ooo 7,077,000
- Édulcorants (saccharine dulcinc, etc.) II 517,000 u 1,243,000
- Drogues et produits pharmaceutiques II u 264,000 818,000
- Produits chimiques préparés pour l’industrie et la pharmacie non dénommés 5,729,000 7,09.5,000 19,4.07,000 17,008,000
- Sels d’or AC>,ooo 44,ooo 3,436,ooo 2,467,000
- Sels d’argent n 100,000 u 876,000
- Comme pour les produits de la grande industrie les notices que nous donnons sur les maisons allemandes, sont extraites du volume publié par la collectivité des fabricants de produits chimiques, qui ont exposé sous pavillon allemand.
- Berliner Capsules-Fabrik, Johann Lehmann. — Siège de la maison à Berlin. — Propriétaire : M. Johann Lehmann, pharmacien.—Fabrique située à Berlin 0. 27, Magazinstrasse 17.
- Celte fabrique, la plus ancienne dans son genre en Allemagne, a été fondée en 1835 par le pharmacien C. Kaufmann. Elle se développa considérablement, surtout après l’introduction de la fabrication des préparations de créosote Sommerbrodt. Actuellement, l’usine occupe environ 70 ouvrières. Elle produit des capsules de gélatine et des perles vides, ou remplies de médicaments, pour la pharmacie ou autres usages; elle prépare notamment les capsules de créosote du professeur Dr Sommerbrodt et les capsules d’éosote et de géosote du Dr Gustav Wendt, des pastilles comprimées, des pilules, des dragées et autres produits de ce genre.
- Joh. Diedr. Bieber. — Siège delà maison à Hambourg. — Propriétaires : MM. J.-Th.
- Gustav Zehel et Cari W. H. Gôpner. — Fabriques à Hambourg (zone douanière
- intérieure) et Hambourg (port franc).
- La maison occupe le personnel suivant : 2 chimistes dirigeant l’exploitation, 11 employés de bureau et ho ouvriers.
- Les matières premières sont les suivantes : iode, brôme, alcool et un grand nombre de drogues diverses.
- Les produits fabriqués sont : iodure de potassium, iodure de sodium, iodolorme, préparations de brome, résine de jalap et de scammonée, beurre de muscade, huile d’amandes douces, essence
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- d’amandes amères, préparations alcooliques et teintures pour l’exportation, spécialement pour les colonies anglaises, drogues pulvérisées et coupées, notamment l’écorce de quillaya.
- Les produits fabriqués ont leurs débouchés dans tous les pays de l’Europe, en Amérique, Afrique, Australie et spécialement au Japon, en Chine et aux Indes orientales.
- Les moyens de production dont dispose l’établissement sont : 2 chaudières à vapeur de 100 mètres carrés de surface de chauffe et 2 machines à vapeur donnant 65 HP. Les deux fabriques ont des installations spéciales pour faciliter le transport par terre et par eau; l’usine, située dans le port franc, est reliée au réseau du chemin de fer.
- Pour le bien-être des ouvriers on délivre journellement, à titre gratuit, au déjeuner et au souper un litre de bon café à chaque ouvrier ou ouvrière, mais il leur est interdit de consommer des spiritueux pendant le travail.
- La fabrique a été fondée en 1845.
- C. F. Boehringer et Sôhne. — Siège de la maison à Waldhof près Mannheim. — Propriétaire : M. le Dr Friedrich Engelhorn. — Fabrique à Waldhof, près Mannheim. — Succursale à New-York, 7 Cedar Street.
- La fabrique de Waldhof occupe environ 4oo ouvriers, 3o commerçants, 25 chimistes et techniciens, et la succursale de New-York 21 commerçants.
- Les matières premières se composent d’un grand nombre de drogues les plus variées et des réactifs' chimiques usuels.
- Les produits fabriqués sont les suivants : acétanilide, acide gallique, éthoxycaféine, agaricine, apiol, arbutine, arécoline, atropine, brucine, caféine, camphre monobromé, chloral hydraté, chloroforme, chrysarobine, cinchonidine, cinchonine, cocaïne, codéine, colchicine, conchinine, cotoïne, couma-rine, digitaline, éiatérine, ergotine, éséridine, éther, extraits pharmaceutiques, ferratine, glycérine, homatropine, hydrastine, hydraslinine, hyoscine, hyoscyamine, iode, iodoforme, iodol, iodure de potassium, iodure de sodium, lactophénine, papaïne, phénacétine, physostigmine, picrotoxine, pilo-carpine, podophylline, pyrogallol, quinine, résine de jalap, résine de scammonée, résorcine, sali-cine, salicylate de soude, santonine, saponine, scoparine, scopolamine, spartéine, strophantine, strychnine, hydrate de terpine, terpinol, lerpinéol, tropine et vératrine.
- L’exportation de ces produits est très importante; elle s’étend sur tous les pays du monde.
- Pour son exploitation, l’usine dispose de 9 chaudières d’une surface de chauffe de 915 mètres carrés et de 26 machines à vapeur d’une force totale de 2 45 HP. La fabrique est reliée par voie ferrée à la station de Waldhof avec un embranchement pour Mannheim, Francfort-su r-Mein etWorms; elle possède, de plus, pour le transport intérieur, un chemin de fer à voie étroite qui s’étend jusqu’à un quai donnant sur un port du Rhin.
- Des maisons d’habitation et des réfectoires ont été construits pour le bien-être des employés et des ouvriers.
- La maison possède un grand nombre de brevets allemands et étrangers.
- Elle a le monopole des produits brevetés suivants : ferratine, lactophénine, éséridine et caféine synthétique par l’acide urique.
- La maison G.-F. Boehringer et Soehne a succcédé à la maison Engelmann et Boehringer, à Stuttgart, maison qui faisait le commerce de drogues et qui possédait en outre une distillerie de bois dans la Forêt-Noire wurtembergoise. La nouvelle raison sociale C.-F. Boehringer et Soehne a été fondée à Stuttgart le i5 mai 1859; ses propriétaires et fondateurs étaient Christian Friedrich Boehringer et ses deux fds, Christian et Christoph. Ces derniers avaient, peu de temps avant, acheté une fabrique de quinine à Hoechst-sur-Mein qui n’avait, toutefois, pas bien réussi. Depuis son transfert à Stuttgart l’usine a pris une grande extension et est devenue prospère. A côté de la quinine, qui est restée Par-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- ticle principal, jusqu’à ce jour, la maison a entrepris la fabrication de plusieurs autres produits pharmaceutiques, entre autres : la santonine, le chloroforme, etc.; on y ajouta plus tard des produits industriels tels que la glycérine et autres. L’extension croissante de la fabrique et l’augmentation des difficultés que présentait l’écoulement des eaux résiduelles ont été la cause du transfert, en 1870, des usines de Stuttgart à Mannheim, dont la situation était plus propice et, depuis 1881, à YValdhof près Mannheim, où elles se trouvent actuellement.
- Chemische Fabrik ave Actien (vorm. E. Sciierint,}. — Siège social à Berlin.— Directeurs : MM. leDr 0. Antrick, le Dr J.-F. Holtz. —Capital en actions: 3,ooo,ooo de marcs; actions privilégiées : 2,000,000 de marcs à h 1/2 p. 0/0. — Fabriques à Berlin et à Charlottenbourg.
- La Société occupe 85 employés et 6i3 ouvriers.
- Les matières premières employées sont des produits bruts variés, des minerais et des acides inorganiques. Les produits de la fabrication sont des produits chimiques pour les usages pharmaceutiques, photographiques et industriels.
- L’exportation de ces produits s’étend sur tous les pays civilisés.
- L’exploitation dispose de 20 chaudières à vapeur de la force d’environ 2,000 HP effectifs, et de 18 machines à vapeur de 85o HP. La fabrique de Berlin est reliée à la gare par une voie ferrée.
- Parmi les produits découverts ou fabriqués pour la première fois dans la maison, il faut citer :
- a. Produits pharmaceutiques : hydrate de chioral, chloral, chloroforme, pipérazine, phénocolle, chloralamide, tricrésol, argentamine, eucaïne, euphtalmine, formaline, glutol, ecaïdoforme, urotro-pine, crésamine, lévulose.
- b. Préparations photographiques : adurol (développateur photographique), sels de fixage et de virage.
- c. Produits divers : Pralloformine, pastilles de formol (ces dernières pour être employées dans les appareils de désinfection et de désodorisation de Schering).
- Un grand nombre de brevets allemands et étrangers protègent les inventions de la Société.
- Les institutions de bienfaisance suivantes fonctionnent dans la maison : une caisse de retraite pour les employés et les ouvriers, une caisse pour les malades de la fabrique, une caisse générale de secours pour les veuves et les orphelins. En outre, les jours fériés, qui coïncident avec des jours de travail, sont comptés en salaire plein aux ouvriers.
- En i85i, Ernst Schering acheta la pharmacie Schmeisser, située rue de la Chaussée; cette pharmacie, à laquelle il donna le nom de Grime Apotheke, fut le point de départ de la fabrique actuelle. Afin d’obtenir de meilleurs produits, M. Schering construisit, en 1853, une petite fabrique près de son laboratoire de pharmacie. Au début, elle ne servit que pour la préparation de produits pharmaceutiques, mais, peu après, M. Schering y ajouta celle des produits chimiques nécessaires à la photographie.
- L’espace occupé par la fabrique devint rapidement insuffisant par suite des demandes croissantes. En 1858, M. Schering fut obligé d’acheter deux terrains voisins, dans la rue de Fenn et dans la rue Muller, qu’il agrandit encore par l’acquisition de deux terrains contigus, et c’est sur cet emplacement que s’éleva la maison-mère actuelle.
- En octobre 1871, l’entreprise se transforma en une société par actions, au capital de i,5oo,000 marcs, sous la direction de M. Schering. Peu après, M. J.-F. Holtz , membre du conseil de surveillance, fut désigné pour assister M. Schering dans ses fonctions.
- A la suite du développement constant de l’exploitation, le docteur Holtz fut attaché définitivement
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- à l’établissement, en 1874. En 1899, le capital social fut augmenté de 3 millions de marcs à 5 millions de marcs.
- Cette marche ascendante entraîna l’achat d’une succursale suburbaine à Charlotîenbourg, près du chemin de fer et dans le voisinage de la Sprée.
- On eut ainsi sous la main les matières premières pour la fabrication des alcaloïdes. Cependant, en se trouva vite à l’étroit, et 011 fut obligé d’acquérir des terrains environnants. La surface couverte par l’établissement suburbain est actuellement de 58,310 mètres carrés et celle de la fabrique-mère de Berlin, de 16,510 mètres carrés. Peu de temps après l’ouverture de la succursale de Charlotîenbourg, M. Schering abandonna la direction pour raison de santé et se consacra jusqu’à sa mort, survenue en 1889, à ses devoirs d’administrateur de la Société. M. leDr Holtz resta jusqu’au ier janvier 1896 à son poste de directeur puis il entra dans le conseil de surveillance de la Société. M. Hermann Finzel-berg, ancien élève de Schering, figura à ses côtés, comme administrateur,jusqu’en 1882; il se retira en 1896. C’est à partir de cette époque que le D1' 0. Antrick dirigea la partie technique de l’exploitation. La direction commerciale fut, depuis 1893, confiée à M. Dittmar auquel, dès 1875, on avait délégué les pouvoirs de la maison; ce dernier vient de mourir au mois de février 1900.
- Actuellement, le Dr Holtz est de nouveau membre suppléant de l’administration.
- La valeur de la production annuelle de la maison dépasse la somme de 10 millions de marcs.
- Chemische Fabrik von Heyden Société par actions. — Siège de la Société à Radebeul près Dresde. —Directeur général : M. le Dr C. Kolbe; Directeurs ; MM. Dr.-R.-Seifert et R. Yorlânder. — Capital : 5,000,000 de marcs. — Fabrique située à Radebeul près Dresde.
- Le personnel se compose de 80 employés et de 700 ouvriers.
- L’usine produit, an moyen de différentes matières premières, un grand nombre de préparations chimiques pour la pharmacie, des produits intermédiaires pour l’industrie des matières colorantes, quelques parfums artificiels, des substances artificielles alimentaires et édulcorantes.
- L’exportation de ces produits a lieu dans tous les pays.
- Parmi les moyens d’exploitation il convient de citer : i5 chaudières de 2,100 mètres carrés de surface de chauffe, 20 moteurs à vapeur, 10 dynamos et 71 moteurs électriques. Un chemin de fer particulier, à voie étroite et à traction électrique, relie l’usine à la voie ferrée de Leipzig à Dresde ; une installation pareille sert aux transports intérieurs de l’usine.
- Les produits suivants ont été inventés par la société ou du moins rendus par elle industriels et marchands.
- co O al vë S CD NOM COMMERCIAL DD PRODUIT. COMPOSITION OU PRÉPARATION. INVENTEUR.
- I. Acides oxycarboxyliques.
- 1 Acide salicylique et sels.. • C#H4OH.COOH(i.a) CsH4OH.COO (métal) L’ancienne méthode de fabrication est celle de M. von Kolbe; actuellement on se sert du procédé deMM.Schmitt et Seifert.
- 2 Acides crésotiniques (trois isomères). C7H6OH.COOH (1.9) Idem.
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- NUMÉROS. NOM COMMERCIAL DU PRODUIT. composition ou préparation. INVENTEUR.
- 3 Acides oxvnaphtoïques a C10H6OHCOOH (i.a) Schmitt et Burkard.
- et j$ et leurs sels (trois
- isomères.)
- 4 Acide gayacolcarbonique. C#H,OCH,.OH.COOH (1.2.3) Seifert.
- 5 Acide paraoxybenzoïque. C6H4OHCOOH (1 .4) Seifert.
- 6 Acide anisique CfH4OCH,COOH(i.4) //
- 7 Acide salicylsulfonique et C6H30H.CO0H.S03H (1.2.4) //
- sels.
- 8 Acide nitrosalicylique et C6H3OHCOOHNO, //
- deux isomères.
- 9 Acide aminosalicylique. . C0H3OHCOOHNHL) //
- 10 Dithione (Dithio-salicy- S-CeH,OHCOONa Baum.
- laie de sodium. S-C6H,0HC00Na U
- IL Combinaisons des acides oxycap.boxyliques avec des dérivés phénoliques (salols).
- 11 Salol c h4ohcooc H Nencki ol Spiferl.
- 12 Salicylate de naphtyle cXohcoocjl Nencki et Seifert.
- (deux isomères Betol
- et Alphol).
- 13 Crésaloles Ethers salicyliques des crésylols et des acides Seifert.
- crésoliniques des phénols.
- 14 flViInrnsnlnl C H OHCOOC H4C1 Sm fprf
- 15 Triïirnmnsalnl C H4OHCOOC6H Br3 Seifert.
- 16 riayar.olsa'lnl c h4ohcooc6h4och3 Seifert.
- r III. Ethers benzoïques des phénols.
- 17 Benzoate de gayacol. . . . c0h5cooc6h4och, Seifert.
- 18 Benzonapbtol (benzoate c10h7ococ6h5 //
- de jSnaphtol).
- r IV. Ethers carboniques des phénols.
- 19 Duotal Carbonate de gayacol Seifert.
- 20 Créosotal. Carbonate de créosote Seilert.
- IV. Ethers carboniques des phénols. (Suite.)
- 21 Carbonate de crésylol. . . CO(OC6H4CH3), Seifert.
- 22 Carbonate de chloro- CO(OC6H4Cl)2 Seifert.
- phénol. / /OCHa
- 23 Carbonate d’eugénol.. . . co oc6h3< Seifert.
- v Nc3h5 a
- V. r Ethers phénoliques des acides gras.
- 24-31 // Stéarates et oléates de gayacol, crésylols et Diehl.
- naphtols.
- VI. r Ethers piiosphoriques des phénols.
- 32-33 1 n j Phosphates de gayacol et de créosote. l U
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- NUMÉROS. NOM COMMERCIAL DU PRODUIT. COMPOSITION OU PRÉPARATION. INVENTEUR.
- VII. Préparations bismuthiques.
- 34 Salicylate do bismuth .. . C.H.OHCOOBiO 6 4 //
- 35 Xéroforme Trihr omoph énolhism u th Seifert.
- 36 Orplio) j3 Naphtolbismuth Seifert.
- VIII. Préparations mercurielles.
- ,CO<\
- 37 Salicylate de mercure.. . CA< o >. Seifert.
- 38 Hyrgol Mercure soluble à l’eau ou mercure colloï- Lottermoser.
- dale.
- IX. Préparations argentieères.
- 39 Aclol Lactate d’argent Credé.
- 40 ltrol Citrate d’argent Credé.
- Al Collargol Argent soluble à l’eau ou argent colloïdale. Carey Lea.
- X. Phénol et alcools phénoliques.
- 42 Saligénine OH.C6H4CH,OH Il
- 43 Clilorophénol (o. et p.).. G H. Cl. OH 6 4 //
- 44 Pyrocatéchine C.HdOH'i
- 6 4\ 2
- 45 Gayacol cristallisé C H4OH.OCH (i .a) ff
- 46 Vératrol c“h4OCH3.OCH, (1.2) fl
- 47 Ajacol (éther monoéthy- C6H4OH. OC.,H5 (1.2) Halde.
- lique de la pvrocaté-
- chine).
- 48 Trichlorophénol c.h.cü.oh //
- 49 Trihromophénol C6H,Br,OH //
- 50 Crésylol m. (chim. pur). c7h7oh //
- 51 Solvéol Crésylol, rendu miscible à l’eau par addition Seifert.
- de crésotinate de sodium. Préparation pour
- la chirurgie.
- XI. Anilides (antipyrétiques).
- 52 Euphorine (phényluré- c6h5nhcooc2h5 //
- thane. /(COOH),
- 53 Apolysine ( citromonophé- <W>< Seifert.
- nétidide). ^CONHC H.OC H 6 4 2 5
- XII. Anesthésiques.
- (NHC6H4OCH3)â
- 54 Acoïne ( dianisylmonophé- c< Seifert.
- nétyl-guanidine. x NC6H4OC2H5
- XIII. Produits alimentaires.
- 55 | Nàhrstoff Heyden | Albumose d’œufs exempte de peptone | Seifert.
- XIV. Produits édulcorants.
- 56 Grystallose Sel de sodium, cristallisé avec deux molé- //
- cules d’eau de la sulfonimide benzoïque.
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- La Société a pria de nombreux brevets en Allemagne et dans les pays étrangers pour protéger ses inventions.
- La fabrique a institué pour le bien-être de son personnel : i° une cuisine économique; 2°une cantine; 3° une installation de bains; 4° une caisse de retraite; 5° des vacances; 6° des colonies de vacances; 70 des gratifications du nouvel an; 8° une caisse supplémentaire de maladie, d’assurances et autres.
- La Société par actions Chemische Fabrik von Heyden a été fondée en 1874 par le D1' F. von Heyden dans le but de fabriquer industriellement l’acide salicylique synthétique, d’après un procédé nouveau et simple, inventé, dans la même année, par feu le Dr Kolbe, professeur à l’université de Leipzig.
- M. le D‘ von Heyden dirigea la fabrique jusqu’en 1885 ; depuis celte époque, l’usine est sous la direction de M. le Dr Cari Kolbe et elle n’a cessé de s’agrandir par suite de l’adjonction de nouvelles fabrications.
- Depuis la création de la fabrique von Heyden, le succès de l’acide salicylique et de ses sels a été considérable dans le monde entier; leur emploi s’est extraordinairement généralisé. Ces produits sont utilisés comme médicaments dans la thérapeutique humaine et vétérinaire, comme antiseptique pour conserves alimentaires et dans la fabrication des matières colorantes et des parfums.
- En outre, dans ces quinze dernières années, le laboratoire scientifique de l’usine a découvert un grand nombre de produits pharmaceutiques qui ont fait leurs preuves.
- E. de Haën, Chemische Fabrik, List. — Siège de la maison à Hanovre. Propriétaire : M. le DrE. de Haën, Commercienrath. — Usine située à Hanovre.
- Cette maison occupe 5o employés et 35o ouvriers.
- Les matières premières sont : minerais et produits bruts de toute sorte avec lesquels on fabrique les produits chimiques pour l’industrie et la pharmacie. Ces produits sont expédiés dans tous les pays du monde.
- L’usine possède 7 chaudières à vapeur d’une force totale de 800 HP et 12 machines, développant ensemble îôg HP.
- La fabrique est en communication avec toutes les lignes de chemin de fer aboutissant à Hanovre. Un grand nombre de produits ont été fabriqués pour la première fois parla maison et introduits par elle dans l’industrie, notamment le sulfure de sodium pour tanneries, le sel d’antimoine pour teintureries , etc.
- Elle a institué une caisse d’assurance contre les accidents pour les chimistes et contremaîtres et une caisse de secours pour les ouvriers.
- La maison a été fondée en 1861 par M. le D'E. de Haën, Commercienrath qui, actuellement encore, en est le propriétaire; elle est arrivée à son développement considérable par une série d’agrandissements graduels.
- Outre de nombreux produits pharmaceutiques, elle fabrique presque tous les produits chimiques techniques, sauf les produits de la grosse industrie, comme la soude, etc.
- La maison possède un laboratoire scientifique spécial, dans lequel une dizaine de chimistes sont occupés à la recherche de nouveaux produits et à des éludes pour leurs applications à l’industrie et à la pharmacie.
- Ce laboratoire est mis gratuitement à la disposition des clients de la maison pour l’analyse de produits chimiques ou pour des recherches en vue d’applications industrielles nouvelles. Dans les laboratoires de la maison on a découvert un nombre considérable de nouveaux procédés de fabrication et d’applications nouvelles de produits connus. Cependant, pour des raisons d’opportunité, la maison n’a demandé des brevets que dans peu de cas.
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- Cuininfabrik Braünsciiweig , Buchler et C°. — Siège de la maison : Brunswick. — Propriétaires : MM. Dr. Herm. Buchler, Alfred Hahn, Walther Buchler. — Fabricpie
- située à Brunswick.
- Les matières premières employées sont de l’écorce de quinquina et des feuilles de coca.
- La fabrique en relire la quinine et les autres alcaloïdes de l’écorce de quinquina; la cocaïne et les alcaloïdes secondaires des feuilles de coca.
- L’exportation de ces produits a lieu dans tous les pays.
- Les produits trouvés par la maison ou préparés en premier lieu par elle sur une plus grande échelle sont la cocaïne synthétique et la tropacocaïne.
- La fabrique a été fondée en 1858 par M. Herm. Buchler; elle fut transformée, en 1871, en une société par actions et, en 1899, en la société en commandite actuelle.
- A la fabrication de la cocaïne, entreprise en 1885, on adjoignit plus tard celle de la cocaïne synthétique , d’après le brevet Liehermann et Giesel.
- Faeeik ghemiscrer Præparate von Dr. Bichard Sthamer (vormals Sthamer N O AC k et C°). — Siège de la maison à Hambourg, 8 «Nobelshof». — Propriétaire : M. le Dr Richard Sthamer. — Usines à Billwàrder-sur-Bille et à Hambourg-Freihafen-KL
- Grasbrook.
- Les deux usines occupent au total 12 employés et 55 ouvriers.
- Les matières premières sont : acétate de chaux, alcool, acides, alcools de fermentation, chlorure de chaux, sables monazite, pyrolusite, méthylène brut.
- Les produits de la fabrication sont : acétone, acide acétique, les diverses qualités de méthylène, éthers de toutes sortes, éthers de fruits, alcool ordinaire, collodion, chloroforme du cldoral, chloroforme, chloral hydraté, formaldéhyde, acide benzoïque, benzaldéhyde et d’autres produits organiques. Les sels des terres rares, c’est-à-dire les nitrates de thorium, de cérium, de lanthane, de néodyme, de praséodyme, oxalate de cérium et autres composés de ces terres.
- Les produits sont expédiés dans le monde entier.
- Le matériel des usines comprend, entre autres, 2 chaudières d’une surface de chauffe totale de 100 mètres carrés et 2 machines à vapeur de 60 HP. L’usine est située au bord de la Bille, qui la met en communication directe avec l’Elbe et le port de Hambourg pour le transport des produits.
- L’usine, fondée en 1865, fut exploitée jusqu’en i885 par une autre maison, puis transmise à la société actuelle. Celle-ci, dans les premières années, s’est occupée spécialement de la fabrication de préparations d’alcool, de chloroforme, de la strychnine, de la rectification du méthylène brut; etc. ; elle créa, en 1888, après l’adoption des tarifs douaniers, une succursale à Freihafenpour l’exploitation de ses produits.
- Les progrès de la chimie, dans ces dix dernières années, ont entraîné la fabrication d’une . série d’autres produits, entré autres le chloral hydraté, l’acide benzoïque, la benzaldéhyde, et notamment celle des sels pour l’éclairage à incandescence, c’est-à-dire les nitrates de thorium, cérium et autres. Le nombre des ouvriers fut augmenté en conséquence, depuis 1895, de 20 à 55.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- J. Hâuff und C°, Société à responsabilité limitée. — Siège de la Société : Feuerbach près Stuttgard. —Directeur : M. le Dr F. Hauff. — Capital : 1,000,000 de marcs. Usines à Feuerbach.
- La fabrique occupe 1 h employés et environ i3o ouvriers.
- Les matières premières sont l’acide phénique brut et différents autres produits chimiques. Les produits fabriqués sont en grande partie des produits chimiques fins, tels que phénol pur, crésylols purs, acide salicylique et salicylates, acides crésotiniques, acide picrique, nitrophénols, sulfocyanures et autres produits pour la teinture et l’impression des tissus et pour la tannerie, produits chimiques pour la photographie et le sulfure de carbone. Une grande partie de la production est exportée.
- L’utilisation d’un bon nombre de ces produits est due aux travaux de la maison; c’est elle qui a inventé et introduit, avec grand succès, dans la photographie, les nouveaux révélateurs suivants : métol (monométhylparaminophénol), amidol (chlorhydrate de diaminophénol), glycine (diamino-phénylglycine), ortol (mélhylorthoaminophénol et hydroquinone), adurol (monochlorhydroquinone) fabriqués par elle ainsi que l’hydroquinone, réputée depuis longtemps comme révélateur.
- La fabrique possède, entre autres, 10 chaudières de 600 mètres carrés de surface de chauffe et 5 machines à vapeur d’une force totale de i5o IIP.
- Elle pourvoit au bien-être de ses ouvriers par nombre d’arrangements utiles, comme des primes de service, des prêts pour l’acquisition ou la construction de maisons ouvrières, par l’assistance dans des cas de besoins, etc.
- La maison a été fondée, en 1870, par le père du directeur actuel et était destinée à la fabrication de graisse et de préparations de graisse qui furent cependant abandonnées plus tard. On installa la fabrication d’acide salicylique et on y adjoignit par la suite celle de l’acide phénique pur.
- Dans les années 1881-1882 la maison se tourna vers la fabrication des sulfocyanures et celle des préparations spéciales pour la teinture et l’impression des tissus.
- Enfin, en 1889 et 1890, on introduisit la fabrication de l’acide picrique et des nitrophénols et, à peu près en même temps, celle de nouveaux développateurs photographiques.
- Ichtiiyol-Gesellschaft Cordes, Hermanni und Cu., Société en commandite.
- Siège social à Hambourg.
- La Société comprend une usine principale à Hambourg et une succursale à Seefeld (Tyrol).
- Elle occupe environ 5o personnes.
- Les produits fabriqués sont les préparations à base d’ichthyol et des autres produits pharmaceutiques. Tous les produits à base d’ichthyol sont des inventions de la maison.
- Le matériel de l’usine comprend 3 chaudières de 60 HP et des machines à vapeur de 20 HP.
- La Société a fondé pour ses ouvriers une caisse de secours et une caisse de retraite.
- Benno Jaffé und Darmstaedter. — Siège de la maison à Çharlottenbourg et Rerlin. Propriétaire : MM. les Drs Benno Jaffé et Ludwig Darmstaedter.
- Les usines sont situées à Çharlottenbourg et à Berlin; elles occupent 7 employés et 33 ouvriers. Les matières premières sont la glycérine brute et les eaux d’épuration du gaz.
- Les produits fabriqués sont la glycérine en tonies qualités, les solutions aqueuses d’ammoniaque, le sulfate d’ammoniaque.
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- La maison expédie ses produits dans tous les pays civilisés.
- Le matériel des usines comprend 4 chaudières de io5 HP, 4 machines à vapeur, 6 pompes et une dynamo qui donnent une force totale de 57 HP. La maison possède un embranchement qui la relie avec le chemin de fer de ceinture de Berlin et des wagons spéciaux, pour le transport de ses marchandises. Le canal appelé Landwehrcanal sert également au transport.
- Une installation de bains a été créée pour les ouvriers de l’usine.
- La fabrique de glycérine a été fondée en 1867 et celle d’ammoniaque en 1873.
- Benno Jaffé und Darmstaedter, Lanolinfarrik. — Siège de la maison à Martiniken-felde près Berlin. — Propriétaires : MM. les Drs Ludwig Darmstaedter et Benno Jaffé. — Usine à Martinikenfelde près Berlin.
- La matière première de la fabrication est le suint.
- Les produits fabriqués sont la lanoline purissima Liebreich, la lanoline purissima anhydre Lie-breich, l’adeps lanae BJD, l’adeps lanae BJD avec eau, la crème de lanoline pour toilette, Lanolin-Toilcltc-Cream, la Lanolin-Cold-Cream pour massage, la lanoline pour les sabots des chevaux et la lanoline pour cuirs.
- L’exportation des produits fabriqués se fait dans tous les pays civilisés.
- Tous les produits mentionnés plus haut ont été créés et introduits dans le commerce par la maison.
- Sous le rapport philanthropique, la maison a créé une caisse particulière de malades et une caisse de secours; en outre, l’usine distribue, à Noël, à ses ouvriers des gratifications, sous forme de dépôts à la caisse d’épargne.
- La fabrique de lanoline a été fondée en 1885; elle travaillait, au début, d’après les brevets du professeur Liebreich et du Dr Braun, mais elle adopta bientôt d’autres procédés. La maison s’occupe spécialement de la préparation du suint purifié pour les usages pharmaceutiques et pour la confection des pommades.
- La lanoline offre, comparativement aux autres graisses pour onguents, les avantages suivants : i° elle est absolument neutre; 20 elle absorbe jusqu’à trois fois son poids d’eau; 3° elle ne rancit pas et, par suite, garde toujours ses propriétés ; 4° on peut, grâce à elle, prescrire des onguents avec des solutions de médicaments qu’il serait impossible d’incorporer dans un autre véhicule gras. La peau absorbe la lanoline plus facilement qu’une autre, graisse d’onguent, car la lanoline est une graisse analogue à celle qui existe dans la peau et l’épiderme de l’homme.
- Knoll vnd C°. — Siège de la maison à Ludwigshafen-sur-le-Rhin. Propriétaires : MM.le Dr Albert Knoll, Max Daege et Hans Knoll.
- La fabrique travaille avec un personnel de 8 chimistes, i5 employés et 70 ouvriers.
- Produits principaux, alcaloïdes et glycosides : alcaloïdes de l’opium (apomorphine, codéine, cotar-nine, morphine, narcéine, narcotine, papavérine), atropine, cocaïne, caféine, pilocarpine, théobro-mine, etc.; ensuite : acétanilide (antifébrine), sels des acides méthyl et éthylsulfuriques, coumarine, diurétine, ferropyrine , iodoformogène, ichtalbine, sels de lithine, acide malonique, résorcine, phé-nacétine, salicylates, salol, styracol, tannalbine, produits organo-thérapeuthiques (thyradène, ovara-dène, medulladène, rénadène, etc. ), produits dermato-thérapeutiques (eugallol, lénigallol, eurobine, lénirobine, eurésol, etc.).
- Exportation dans tous les pays.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- La fabrique possède 4 chaudières de i4o mètres carrés et 2 machines à vapeur de 70 HP. Elle a sa propre jonction avec le chemin de fer.
- L’usine a été la première à fabriquer les produits suivants : métyl-morphine (codéine) et éthyl-morphine, diurétine, ferropyrine, ichtalbine, iodoformogène, styracol, tannalbine et les produits organo-thérapeuthiques et dermato-thérapeutiques nommés plus haut.
- La maison a été fondée en 1886.
- Dr. L. C. Marquart. — Siège de la maison à Bonn-sur-Rhin.
- Propriétaire : M. le Dr A. Kôlliker. — Usine située à Beuel-sur-Rhin.
- Cette usine occupe 18 employés, chimistes et commerçants, et 60 ouvriers.
- Les matières brutes que l’on traite dans l’usine sont des minéraux, des métaux, des acides, etc., etc.
- Les produits principaux sont les sels de lithine, la lithio-pipérazine, l’eudermol ou salicylate de nicotine, la ferrostyptine, l’acide malique, les sels de bismuth et de cadmium, le permanganate de potassium, les sels de césium et de rubidium, l’iodoformine, l’iodoformal, l’acide molybdique, le molybdate d’ammoniaque, le zinc (chimiquement pur), la potasse et la soude caustique, le nitrate d’ammoniaque, le cyanure de potassium, l’oxyde de zinc, l’oxyde de cuivre et les sels de zirconium.
- La fabrique exporte dans tous les pays du monde.
- Parmi le matériel d’exploitation se trouvent 2 chaudières de 100 et de 90 mètres carrés de surface de chauffe, une machine à vapeur de 3o HP et une dynamo de 110 volts. Le transport des produits se fait par le chemin de fer de l’État de la rive droite du Rhin, par le chemin de fer du Brôhlthal et par les bateaux à vapeur du Rhin. Le transport à l’intérieur de l’usine est desservi par une voie ferrée.
- Les produits que l’usine a été la première à fabriquer industriellement sont les sels de lithine, la lithio-pipérazine, un nouveau diurétique, qui joint à l’effet dissolvant de l’acide urique des sels de lithine celui de la pipérazine, l’eudermol, nouveau remède contre les maladies de peau, surtout contre certaines éruptions, l’herpès et le prurit ; la ferrostyptine, un hémostatique, spécialement pour l’odontologie; l’iodoformine et l’iodoformal, des succédanés presque inodores, de l’iodoforme qui sont de forts antiseptiques.
- Les inventions de la maison sont protégées par différents brevels allemands et étrangers.
- L’usine a été créée en i848 par le naturaliste et pharmacien docteur Ludwig Clamor Marquart, à Bonn-Bonnerthal. Elle se développa rapidement et fut confiée, en 1880, aux deux fils du fondateur; ceux-ci se séparèrent cependant après quelques années, et M. le Dr Joli. Schulte prit la direction technique. En 1887, M. le D1' Kôlliker devint directeur de l’usine et est, depuis 1898, unique propriétaire de la maison.
- E. Merck. —Siège de la maison à Darmstadt. — Propriétaires : MM. les Dr Louis Merck, E.-A. Merck, Willy Merck, C.-E. Merck. — Centre de fabrication à Darmstadt. — Succursales à Londres et à Moscou.
- Le personnel de Darmstadt, en tout 1,000 personnes, comprend 800 ouvriers et 200 employés; parmi ces derniers, 5o chimistes, ingénieurs, médecins et pharmaciens.
- Les matières premières de l’usine sont très nombreuses; elles appartiennent aux trois règnes de la nature.
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
- Los produits de l’usine sont employés dans l’industrie, dans la pharmacie, la médecine, la physiologie, la bactériologie, la photographie ou dans un but scientifique. Au premier plan viennent les préparations pharmacothérapeutiques.
- Tous ces produits sont exportés dans le monde entier.
- Marques de fabrique : la maison E. Merck possède un grand nombre de noms déposés et de patentes pour l’Allemagne, les autres États européens et l’Amérique du Nord; elle est de plus propriétaire d’une série de brevets allemands et étrangers,
- 13 chaudières d’une surface de chauffe d’environ 2,000 mètres carrés, i5 machines à vapeur, plusieurs moteurs à gaz et moteurs Pelton sont en activité dans la fabrique.
- Parmi les produits découverts et préparés dans un but scientifique ou commercial, ou sur l’instigation de plusieurs savants, on ne peut nommer ici que les principaux qui sont : l’acide vératrique (tiré des graines de cévadille (1889), la papavérine (i848), la cévadine ( 1855), la pseudo-codéine (1888), les matières albuminoïdes extrêmement toxiques : abrine et ricine (1889), U crotine et la tritopine (de l’opium), l’adonite (de l’adonis vernalis), l’artémisine (du semencontra), l’auhalonine, la pellotine (de l’anhalonium levini), la sabadine et la sabadinine (des semences de cévadille) et autres. La maison Merck a été la première à fabriquer en grand les préparations suivantes : différents sels de morphine et de quinine, la santonine, l’atropine, la cocaïne et ses sels, le salicylate de phy-sostigmine, l’hyoscine, le phosphate soluble de codéine, la vératrine, la pyoktanine, un nombre assez considérable de sels organiques du mercure, le salicylate de théobromine, i’hydrastinine, les préparations hémoliqnes et bémogalliques (remèdes ferrugineux éprouvés, découverts par le professeur Kobert), le tannoforme (astringent efficace fort estimé dans la médecine pratique et dans l’art vétérinaire, remède souverain contrel’hypéridrose), la stypticine (hémostatique renommé), la dionine et la péronine (succédanés de la codéine et de la morphine), enfin l’iodipine et la bromipine (l’un destiné à remplacer les iodures et l’autre les bromures alcalins).
- Un grand nombre de savants éminents ont contribué par leurs recherches aux acquisitions scientifiques de la maison E. Merck, entre autres MM. J.-V. Liebig, Friedr. Wohler, Würtz, A.-W.-V. Hoffmann, les professeurs : MM. Ludwig Geiger, à Heidelberg, Lôwig et Ladenburg, de Breslau, Dr R. Kobert, de Dorpat; Dr J.-V. Mering, de Halle; Dr Unverricht, de Magdebourg; Poelh, de Saint-Pétersbourg, Harnack, de Halle; Stilling, de Strasbourg; Freund, de Francfort-sur-le-Mein.
- Pour le bien-être du personnel elle a créé une caisse de retraite pour les employés et leurs veuves ; le fonds de garantie de cette caisse est assuré par une dotation importante de la maison. Une caisse de secours pour les ouvriers, une caisse de retraite pour les ouvriers et leurs veuves, sans versement obligatoire. L’existence de ces fondations est de même assurée par un don important. De plus, on accorde aux veuves, ou aux orphelins des ouvriers décédés un secours pour les frais funéraires; une gratification est donnée aux ouvriers appelés sous les drapeaux pour des périodes d’exercices militaires.
- On a encore fondé au profit des ouvriers une caisse de secours pour les accouchées et une caisse pour avances et prêts. Les cités ouvrières, construites par la maison, offrent aux ouvriers des logements sains et peu coûteux.
- C’est de la pharmacie à l'Ange (Engelapotheke), à Darmstadt, appartenant à la famille Merk, depuis 1668, que s’est peu à peu développée la fabrique actuelle. Les débuts de l’activité industrielle datent de la première moitié du siècle passé.
- En 1827, Heinrich Emmanuel Merck préparait déjà la morphine en grandes quantités; ses préparations furent diplômées en i83o, à l’exposition de Paris. 11 ne conçut cependant qu’en j 831 l’idée de créer une fabrique indépendante de sa pharmacie, lorsque sa tentative de fondation d’une société d’échange de produits pharmaceutiques et chimiques purs, faite avec Liebig, à Giessen, et Geiger, à Heidelberg, eut échoué, par suite de la faible participation des pharmaciens allemands.
- Il se consacra, dès le début, à la recherche des alcaloïdes, qui devinrent typiques pour la fabrique et lui tracèrent un chemin tout à fait déterminé. La préparation de l’émétine, de la strychnine, de la
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- picrotoxine fut suivie de celle de la codéine, en 1836, de la narcéine et de la vératrine amorphe; la vératrine cristallisée (cévadiue), découverte par le Dr Georg Merck, ne fut préparée qu’en i855. La préparation de la santonine fut entreprise en i84o, alors que la résine de jalap était déjà obtenue en grandes quantités. Vers i84o, on installa la première machine à vapeur. L’atropine et ses sels furent préparés en premier lieu vers i85o. Gomme se rattachant à la préparation de ces alcaloïdes, on se mit à préparer plusieurs extraits et à ajouter successivement à ces travaux la fabrication de produits pharmaceutiques purs et de produits chimiques techniques. Vinrent ensuite les acides hippurique et chrysophanique, l’arbutine, la canlharidine, la théobromine, la caféine, la colchicine, la solanine, la digitaline et le bromoforme. C’est de cette époque que date aussi la fabrication en grand de l’acide pyrogallique, de l’acide gallique, du tannin et du nitrate d’argent. A la mort de Heinrich-Emmanuel Merck, en 1855, le personnel comptait 6o ouvriers et employés. Ses trois fds, Karl, Georg et Wilhelm, se partagèrent la direction de l’entreprise. Sous cette nouvelle direction, le développement de la maison E. Merck continua sa marche rapide et progressive; il fut nécessaire, en 1856, d’agrandir l’emplacement primitif et d’ériger de nouvelles constructions. C’est en 1862 que la cocaïne, découverte par Lossen, fut préparée pour la première fois; Koller et Freud 11e l’introduisirent cependant que vingt-deux ans plus tard dans la médecine. On sait que les premiers essais fondamentaux avec la cocaïne ont été faits avec le produit de la maison E. Merck. A cette époque, la fabrique se mit en devoir de préparer les principaux médicaments :aloïne, podophylline, kousséine, physostigmine, hyosciamine, oxalate de cérium et quelques produits importants à base de césium et de rubidium. Les propriétaires de l’usine suivirent fidèlement la tradition de leur père en restant en contact avec les savants contemporains éminents, et la fabrique sut largement profiter des travaux scientifiques des chimistes et des pharmacologues de ce temps.
- Au début de l’année 1870, la préparation des produits chimiques purs fut agrandie sensiblement, ainsi que celle des produits destinés à la microscopie et à l’industrie. La fabrication de l’apomorphine, de l’aconitine cristallisée, de la pilocarpine et de quelques-uns de ses sels date aussi de cette époque, ainsi que celle de différents produits à base de bismuth et de lithine. En 1873, 011 obtint la spartéine et ses sels, puis les préparations à base de cotoïne et, en, 1874, l’acide saiicylique; c’est vers 1880 que la maison E. Merck mit dans le commerce le salicylate d’ésérine, le plus stable de tous les sels d’ésérine. Dans les dix années suivantes les produits obtinrent encore trois prix. L’extension des affaires, prouvée encore par l’augmentation graduelle du personnel, nécessita, en 1883, la fondation de la succursale de Londres et, quelques années plus tard, celle de la maison de New-York.
- Vers 188g, les alcaloïdes rares de l’opium furent l’objet de recherches assidues; peu de temps après les deux matières albuminoïdes excessivement toxiques, l’abrine et la ricine, furent préparées en grand.
- Le résultat généralement favorable de la création des brevets allemands eut une grande influence sur le développement de l’activité pendant les dix aimées suivantes. On entreprit la fabrication d’un grand nombre de spécialités, qui furent brevetées et dont le nom fut déposé. Quelques-unes d'entre elles ont acquis un intérêt universel, entre autres les préparations à l’hémol et à l’hémogaliol, découverts par Kobert, le tannoforme, la pyoktanineet en dernier lieu la dionine et l’iodipine. En 1893, l’acquisition de la fabrique de produits chimiques Trommsdorf, à Erfurt, donna à la fabrique E. Merck une nouvelle impulsion.
- La fabrique commença, en 1896, à produire, en grand, les préparations organothérapeutiques. Les expériences fondamentales furent faites avec les préparations de thyréoïdine de la maison E. Merck. Une section bactériologique fut instituée en 1896 ; elle devait spécialement s’occuper de la thérapeutique du sérum; ce laboratoire produisit différents sérums et antitoxines et, il y a quelque temps, un sérum antidiphtérique à 5oo unités. La section chargée de la préparation des produits photographiques et de ceux destinés aux recherches radiographiques, d’après Rôntgen, a été considérablement augmentée; il en a été de même pour la section des réactifs On a créé, récemment, une section pour l’électrochimie et une autre pour l’apprêt des drogues. D’autre part ou dut donner
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- plus d’extension au département scientifique existant depuis environ vingt ans et qui a pour bu-d’entretenir activement les relations avec les sommités savantes et les médecins ; ces relations se sont étendues par la publication annuelle, en quatre langues, d’un rapport purement scientifique : Les Annales de E. Merck.
- Le développement régulier et constant de la fabrique se démontre le mieux par l’augmentation graduelle du personnel et son chiffre actuel ; nombre d’employés sont attachés à la maison depuis plus de vingt-cinq années. On fut obligé, par suite du grand accroissement des affaires, d’élargir sensiblement le nombre des agences sur les grands marchés et de créer, au commencement de cette année, une succursale à Moscou.
- Norddeutsche Wollkammerei et Kammgarnspinnerei, Société anonyme par actions. —
- Siège social à Brême. — Directeur : M. Cari Lahusen. — Société par actions au
- capital de 9,175,000 marcs. — Usines à Delmenhorst (Oldenbourg), Neudeck
- (Bohême), Barenfeld près Altona, Glücksbrunn près Liebenstein, Kappel en Saxe,
- Mühlhausen en Thuringe et Reihersteg près Hambourg.
- Le nombre des employés dans la partie chimique est de 160.
- La matière première est la laine de mouton que la fabrique transforme en toutes sortes de qualités de laine cardée, brute et colorée, et de laine peignée. Elle produit toutes les variétés de suints pour usages médicinaux et techniques.
- Les expéditions en France ne comprennent que les produits du suint.
- Les produits dérivés du suint sont fabriqués à Delmenhorst, d’après un procédé très perfectionné, dû au Dr Mente.
- La maison possède un grand nombre de brevets allemands et étrangers.
- La Société a créé de nombreuses œuvres philanthropiques : infirmerie, maisons de famille pour jeunes filles et garçons, maisons ouvrières, association coopérative, établissement de bains, école enfantine, crèche, etc.
- La maison a été inscrite dans les registres commerciaux le 11 mars 1884. La partie chimique de la Société, c’est-à-dire la fabrique de suint, s’est développée rapidement et forme, à elle seule, une grande installation avec de nombreux bâtiments.
- M. le Dr Theodor Schuchardt. — Siège de la maison à Gôrlitz. — Propriétaire : M. le Dr. Albert Weil. — Usines à Gôrlitz et à Oederan (Saxe).
- Cêtte maison occupe 25 employés et 80 ouvriers.
- Les matières premières employées sont des produits organiques et inorganiques de la grande industrie chimique, des déchets de métaux comme : cendre de cuivre, des minéraux et minerais, du sable monazite et des végétaux.
- L’usine produit :
- i° Des préparations scientifiques organiques et inorganiques (collections pour l’enseignement),
- 20 Des réactifs chimiquement purs;
- 3° Des préparations pharmaceutiques;
- 4° Des préparations chimiques pour la photographie;
- 5° Des produits chimiques pour la verrerie et la céramique;
- 6° Des produits chimiques pour l’incandescence par le gaz (nitrates de : thorium, cérium, zirconium, lanthane, erbium, yttrium, béryllium).
- 6b. XIV. — Cl. 87. — T. I. . a3
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- La maison vend ses produits en Allemagne et dans tous les autres pays importants.
- Elle dispose de 4 chaudières et de 2 machines à vapeur. Le transport de ses produits s’effectue sur les chemins de fer prussiens, saxons et autrichiens et sur l’Elbe et l’Oder.
- La maison a été la première à fabriquer grand nombre de préparations de tout genre et à les mettre dans le commerce.
- Elle possède un brevet allemand et un brevet américain pour protéger la fabrication de la Loréline, produit inventé par M. le professeur Dr Ad. Claus.
- La maison a été fondée en 1865 par le Dr Th. Schuchardt à Museau; installée au début dans un local loué, on la transféra, déjà au mois de novembre i865, à Gôrlitz, où 011 avait acheté une propriété près de la Neisse. On avait bâti pour le commencement un rez-de-chaussée avec trois fenêtres, et on y fabriquait des préparations scientifiques. Mais, déjà en 1866, un agrandissement notable s’imposa, car une série de préparations devait être produite en plus grandes quantités, en raison de l’augmentation des demandes. On monta une machine à vapeur et une chaudière. A partir de cette époque, jusqu’en 1880, il fallut construire chaque année des nouveaux bâtiments, de sorte que la fabrique couvre aujourd’hui un terrain d’environ 8,700 mètres carrés. A côté des produits chimiques scientifiques qui forment toujours la fabrication principale, on introduisait graduellement de nouveaux articles; d’abord des oxydes de métaux pour la verrerie et la céramique, puis des produits chimiques pour la photographie et la pharmacie. Après la mort du fondateur de l’usine, en 1892, elle fût achetée par son gendre, M. le Dr Albert Weil, qui en était auparavant le directeur technique. H a comme commanditaire M. le Dr Max Schoeller, à Düren. On introduisit, en 1895, une nouvelle fabrication, celle des produits chimiques pour l’éclairage au gaz par incandescence; Trisme a été la première à les préparer en grande quantité et à les mettre dans le commerce. Cette fabrication prit une si grande extension que Ton fut obligé d’acheter, en 1898, une seconde usine à Oederan, dans laquelle on traite exclusivement du sable monazite pour la production des terres rares. La consommation de ce sable est de 000 à 800 kilogrammes par jour.
- Tropon (Société à responsabilité limitée). — Sièges de la société à Berlin, Mühlbeim-
- sur-Rhin et Bellegarde-sur-Valserine (France). — Propriétaires : MM. le comte de
- Douglas, le Dr Morton de Douglas, de Tiele-Winkler et le Dr baron de Bodenhausen.
- — Capital : 3 millions de marcs. — Fabriques à Müblheim-sur-Rhin et à Belle-
- garde-sur-Valserine (Ain) [France].
- Les usines occupent 2Ôo personnes.
- Les matières premières, employées dans la fabrication, sont des fibres de viande et des légumineuses (lupins).
- Le produit fabriqué est le tropon.
- Il est exporté dans tous les pays.
- L’exploitation comprend : 3 chaudières à vapeur, d’une force totale de 300 HP et 2 installations électriques de 3oo HP, avec moteurs. La fabrique possède une voie de raccordement spéciale avec le chemin de fer, ainsi qu’un réseau à voie étroite pour assurer les communications dans l’intérieur de l’usine.
- Le Tropon est fabriqué d’après les méthodes et procédés du professeur Finkler, de Bonn, et mis dans le commerce par la fabrique.
- Le Tropon est protégé en Allemagne et dans presque tous les pays civilisés par de nombreux brevets,
- La Société a été fondée en 1897.
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- Vereinigte Chininfarriken Zimmer et Co. (Société à responsabilité limitée). — Siège de la société : Francfort-sur-le-Mein. — Directeur général : M. le Dr J. von Jobst, Geh. Hofrath. — Directeurs : MM. les Drs A. Weller et 0. Hesse. — Bureau central à Francfort-sur-le-Mein. — Usines à Francfort et à Feuerbach près Stuttgard.
- Le personnel de ces deux fabriques se compose de : k employés supérieurs, 7 chimistes et 200 employés subalternes et ouvriers.
- Les matières premières employées sont les suivantes : écorce de quinquina, feuilles de coca, cocaïne brute fabriquée dans l’Amérique du Sud, poussière de thé et un grand nombre de drogues médicinales qui servent à préparer les différentes alcaloïdes; l’iode bnite, le bismuth métallique, le mercure et une série de corps organiques que la société utilise pour la préparation des médicaments synthétiques.
- Les produits de la fabrication de l’usine sont : la quinine et ses sels ainsi que les alcaloïdes secondaires du quinquina : la quinidine, cinchonidine, quinoïdine, cincbonine, quinium, perles de quinine, tablettes de chocolat à la quinine, vin de quinquina, berbérine, cocaïne, caféine, cotoïne et paracotoïne, morphine, codéine et autres alcaloïdes, extraits, teintures et autres préparations galéniques de ce genre; puis l’iode, iodure de potassium, iodure de sodium, iodoforme et autres produits iodés: sels de bismuth et de mercure, et enfin les nouveaux médicaments dénommés : euquinine, validol, eunatrol, urosine, fortoïne et autres remèdes synthéthiques.
- L’exportation des produits se fait dans le monde entier.
- Parmi le grand nombre de corps, créés dans la fabrique par les travaux de M. le Dr Hesse en collaboration avec M. le Dr J. von Jobst, nous ne citerons que les produits suivants : cotoïne, paracotoïne, physostigmine, atroscine, échitamine, rhoeadine, hydroquinine, quinamine, conchina-mine, cusconine, laudanine, laudanidine, lanthopine, méconidine, laudanosine, québrachine, pre-topine, ainsi que l’euquinine due aux travaux de M. le Dr Weller.
- Les découvertes de la maison sont protégées par de nombreux brevets dans tous les pays.
- L’historique du développement de la Société, qui est actuellement un des plus importants producteurs de quinine et d’autres alcaloïdes et de préparations pharmaceutiques de toutes sortes, oblige à remonter très loin.
- La maison a été fondée à Stuttgart, en 1806, par Fridr. Jobst, et elle commença, en 1828, la fabrication en grand de la quinine.
- La fondation de la maison Conrad Zimmer, actuellement réunie à la Société, date de 1887.
- Ces deux sociétés créèrent toute une série d’usines succursales et plantations, dont voici le tableau :
- Maison Zimmer.
- i855. Usine d’engrais chimiques et couleurs d’aniline à Mannheim. i865. Usine de produits chimiques à JBôr-necke, près Stassfurt, usine qui fut réunie plus tard à la société bien connue : Consolidirte Alkaliwerke à Westeregeln.
- 1876. Création à Java d’une plantation de quinquina appelée rr Argasarie».
- Enfin, en 1887, les maisons Jobst et Zimmer fusionnèrent pour former la raison sociale actuelle qui a son siège à Francfort-sur-le-Mein.
- Maison Frid. Jobst.
- i838. Succursale à Coblenlz.
- 186A. Usine à Feuerbach près Stuttgart.
- 1868. Usine à Milan.
- 1879. Création à Java d’une plantation de quinquina appelée rr DaradjaU avec le concours d’une société hollandaise.
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- MM. Vogtenberger et Foehr. — Siège de la maison : Feuerbach près Stuttgart. Propriétaires : Cari Vogtenberger et Paul Foehr. — Fabrique à Feuerbach.
- Cette maison occupe 45 personnes.
- Les matières premières sont : noix de galle, étain et différents acides avec lesquelles la maison produit : le tannin, de l’extrait de noix de galle, de l’acide gallique, du pyrogallol, des préparations d’étain et le borol.
- Ces produits sont exportés en Europe, en Amérique et en Asie.
- La fabrique dispose pour son exploitation de : 5 chaudières de 2bo mètres carrés de surface de chauffe totale et de 4 machines à vapeur d’environ 70 HP.
- Le borol a été introduit dans le commerce par la société; il est breveté en Allemagne, brevet allemand n° 57,964.
- L’usine a été fondée en 1874.
- AUTRICHE.
- Nous avons déjà fait ressortir le goût avec lequel TAutriclie a su aménager son exposition de la Classe 87, et le choix quelle a su faire des maisons qui représentaient son industrie.
- Outre la Société Wagenmann, Seybelet Ce que nous avons eu l'occasion de citer dans le Chapitre de la Grande Industrie, maison qui pourrait également figurer parmi les exposants de la Petite Industrie chimique, puisqu’elle fabrique par an jusqu’à 5o à 60,000 tonnes d’acide tartrique et de dérivés de cet acide, nous mentionnerons encore :
- Hell (G) et C‘% à Troppau et à Vienne.
- Cette maison qui s’occupe de la fabrication des produits pharmaceutiques a exposé un certain nombre de savons médicinaux hygiéniques dv. petrolane, ainsi que quelques préparations chimiques et pharmaceutiques.
- BELGIQUE.
- Peu de maisons s’occupant spécialement de produits pharmaceutiques et des petits produits chimiques ont exposé sous les couleurs de la Belgique. Cette abstention ne signifie aucunement que ce genre d’industrie n’a pas de représentants dans le royaume. Nous savons au contraire qu’il en existe de très prospères et que cette fabrication, comme celle des produits de la grande industrie chimique, se fait avec un grand succès.
- Parmi les quelques maisons qui ont figuré au Champ-de-Mars, nous mentionnerons :
- La Compagnie continentale des veilleuses antiseptiques et médicinales, rue Montagne-aux-Herbes-Potagères, 37, à Bruxelles.
- Cette maison fabrique des veilleuses bronchiales à base de paraffine et d’un antiseptique spécial, dans le but de «porter directement à l’état volatil dans les voies aériennes, larynx, trachées, bronches
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- et alvéoles pulmonaires, les principes, médicaments et antiseptiques capables, par leur action microbienne, de prévenir, d’enrayer et de guérir les manifestations pathologiques spéciales à ces divers organes. . . »
- La Compagnie Webbe, rue du Nord, 3o, à Gand.
- A surtout exposé des produits vétérinaires au nombre desquels se trouvent une trentaine de spécialités (36).
- M. Herbin, à Tournai.
- Constructeur d’appareils brevetés pour couper les herbes, racines et plantes médicinales.
- ÉTATS-UNIS.
- Bien que l’Amérique du Nord ne possède pas encore, à notre connaissance, d’établissements qui se consacrent à la préparation de produits chimiques fins et de composés organiques, elle s’est néanmoins fait représenter très honorablement par un certain nombre de maisons qui, à en juger par le volume considérable de substances pharmaceutiques quelles ont montrées, doivent avoir une certaine importance :
- Dans ce nombre, nous mentionnerons tout d’abord :
- Freck (Wm.) Company, S. Clinton Street, 120, à Chicago.
- Cette maison n’a pas exposé, il est vrai, des produits, mais une série de machines ingénieusement combinées et bien construites, destinées à fabriquer des pastilles, des comprimés, des tablettes, des pilules, en un mot toutes les formes médicamenteuses qui peuvent être confectionnées mécaniquement.
- Lambert Pharmaceutigal Company, Locust Street, 2101, à Saint-Louis (Missouri).
- Cette maison a montré un produit médicinal, appelé Listerine, qui paraît être un antiseptique préconisé en cas de blessure, et composé d’une solution d’acides benzoïque et borique, de borax, d’eucalyptol, etc., dans l’eau alcoolisée.
- MM. Seabury et Johnson, Maiden Lane, 59, à New-York.
- Cette maison a montré une importante collection de spécialités médicales et d’antiseptiques divers.
- MM. Warner ( Wm.-R.) et C,e, à Philadelphie (Pensylvanie).
- D’après la variété et la quantité de préparations pharmaceutiques que cette maison a montrées, il semble qu’elle s’occupe surtout de la fabrication de'pilules, pastilles, dragées employées en pharmacie. Les échantillons exposés ne laissaient d’ailleurs rien à désirer comme forme et comme aspect.
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- GRANDE-BRETAGNE.
- Toutes proportions gardées, l’industrie des produits chimiques destinés à la pharmacie, à la photographie et aux laboratoires scientifiques était plus fidèlement représentée que les autres industries qui relèvent de la science chimique. On sait cependant que la fabrication de ces sortes de produits, de même que celle des matières colorantes artificielles, n’a jamais été en très grand honneur en Angleterre et n’a guère provoqué des initiatives semblables à celles qu’a suscitées la grande industrie chimique.
- II y a sans doute plusieurs raisons à cela. La plupart de ces produits n’ayant qu’un usage limité, ne sont pas l’objet d’une fabrication en masse et ne nécessitent point ce déploiement de forces et de machines auquel le génie anglais semble particulièrement se plaire.
- Mais si la préparation de ces matières peut se faire dans des usines moins grandioses et n’exige point une manutention de grandes quantités de matériaux, elle demande, par contre, des soins particuliers et le concours d’hommes dont l’éducation scientifique a reçu une autre direction que celle donnée jusqu’alors à la jeunesse des écoles du Rovaume-Uni.
- Nous ne croyons pas devoir revenir sur cette question, fort discutée, de l’orientation à donner à l’enseignement supérieur, nous y avons suffisamment insisté à plusieurs reprises et à différentes époques.
- Les quelques maisons anglaises qui ont montré des spécimens de leur fabrication comptent parmi les plus importantes et les mieux dirigées. Ce sont :
- MM. Howards and Sons, à Stradfort (Essex).
- Cette maison, très honorablement connue, désirant donner plus d’extension à sa fabrication, s’est fusionnée avec la maison Hopkin et Williams, de Londres, qui avait les mêmes spécialités. L’exposition de cet établissement se recommandait autant par la variété des produits que par la beauté de quelques-uns d’entre eux. On y remarquait, eu particulier, du bismuth et plusieurs de ses sels, du bromure de potassium en magnifiques cristaux d’une transparence analogue à celle de certaines variétés de sel gemme, des sels de mercure, des platinocyanures très nombreux, du camphre en blocs transparents, de la caféine en superbes aiguilles soyeuses, une très belle collection de sels de quinine, et une non moins belle série d’alcaloïdes de l’opium : morphine, codéine, narcéine, etc.
- M. L’Hoste (P.), à Port-Louis (île Maurice).
- Cette maison a montré une série de produits pharmaceutiques spéciaux usités dans le pays, parmi lesquels nous mentionnerons un élixir à l’extrait d’huile de tortue et de cacao.
- MM. Luman Brothers et Cie, à Toronto (Canada).
- L’exposition de cette société comprenait toute une collection très variée de produits chimiques et pharmaceutiques employés en médecine.
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- MM. Macfarlan et 0e, Abbey Hill, 93 et 109, à Edimbourg.
- Comme la précédente, celte maison a exposé une série de produits chimiques et pharmaceutiques, parmi lesquels nous avons remarqué de très gros cristaux de codéine naturelle à côté de cristaux non moins beaux de codéine artificielle de Grimaux, qu’elle a définitivement reconnu être identiques avec le principe naturel, malgré les assertions de Hesse; de la morphine, de la narcoline, et, en général, tous les alcaloïdes connus de l’opium; puis de l’aloïne, de la salicine, de la salirétine, de la chrysarobine, pilocarpine, berbérine, capsicine, vératrine, gingibérine, etc.
- MM. Smjtu ( T. et H.) et Cie, Duke S1 19 , à Edimbourg; Worship Street 1 a , à Londres;
- Hope Street a 0 5 , à Glasgow.
- La collection de produits alcaloi'diques qu’a présentée cette maison, qui jouit d’une notoriété justifiée, surpasse en étendue, et aussi par les difficultés vaincues, celle de ses concurrents nationaux. Outre les alcaloïdes ordinaires de l’opium, MM. Smith et Cie ont préparé de la cryptopine, de la gnoscopine et de la xanthaline, tous principes très rares et découverts par eux dans l’opium; de l’aloïne cristallisée, de la pipérine, de la salicine, de la gingerine, capsicine, jalapine, scammonine, du lithium et de la lithine, du chloroforme, etc.
- GRÈCE.
- M. A.-S. Krinos, pharmacien de ire classe, à Athènes.
- Cette maison, qui occupe 100 ouvriers, fait de là droguerie et fabrique également les principaux produits pharmaceutiques. Elle possède un laboratoire pour les analyses et place tous ses articles en Grèce et dans tout l’Orient.
- ITALIE.
- L’éparpillement malheureux des produits envoyés par les maisons italiennes dans différents locaux, le manque absolu de renseignements concernant la plupart des exposants a rendu, nous le répétons, très difficile la tâche des membres du Jury chargés d’examiner ces produits.
- L’ensemble de cette exposition méritait cependant qu’on s’y arrêtât, car elle témoignait d’une bonne volonté et d’un effort des plus encourageant.
- Nombreuses sont les maisons qui ont envoyé des spécimens de leur fabrication, et, dans le nombre, nous citerons :
- M. Barraco, Monte di Dio, 75, à Naples.
- A exposé de beaux échantillons de jus de réglisse.
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- M. Buscemi (Nicolas), à Palerme.
- Son exposition comprenait du suc de citron, de l’acide citrique cristallisé, dn citrate de calcium, de l’essence de citron.
- MM. Catanzaro (Joseph) et fils , à Termini Imerese, Palerme. A également montré du suc de réglisse.
- MM. Do four frères, à Gênes.
- Outre des extraits tanniques et de bois de teinture, cette maison a exposé un certain nombre de préparations organiques, parmi lesquelles on remarquait surtout de beaux cristaux de quinine et de non moins beaux échantillons de mannite.
- M. Erra (Charles), à Milan. — Usines à Milan, Dergano et, Barauzate.
- L’exposition de cette maison était une des mieux fournies, tant par la quantité que par la variété des produits exposés.
- Fondée en 1837 par M. Carlo Erba, de Milan, cette maison fabrique non seulement tous les médicaments en usage, mais encore un grand nombre de produits chimiques.
- La production totale est évaluée à i5o,ooo tonnes de marchandises par an. Elle occupe environ 1,000 ouvriers qui sont dirigés par M. le Dr Zironi, chimiste en chef, secondé par 18 autres chimistes. Les autres employés de la maison sont au nombre de i5o environ.
- Les divers établissements consomment 8,ooo tonnes de bouille par an, et parmi les autres matières premières :
- Tamar Madras (pour la préparation de l’extrait de tamar Erba), 3oo tonnes; sucre pour sirops, pastilles, 5o tonnes par an.
- Elle produit, d’autre part : mannite, 22,000 kilogrammes; sucre de lait, 3oo,ooo kilogrammes; huile de ricin, 120,000 kilogrammes; acide sulfurique (du soufre), 4,000 tonnes; magnésie calcinée, 25o,ooo kilogrammes; acide borique, 1 5o,ooo kilogrammes. Elle fabrique encore de notables quantités de sels de mercure et d’argent, des iodures, bromures et des lactates. La collection des lactates qu’elle a présentés dans sa vitrine était remarquable et par leur beauté et par leur pureté.
- M. Rosa (Vincent de), à Atri (Teramo). A montré des billes de suc de reglisse.
- M. Rossetti (Angelo), à Livourne.
- Celte maison extrait le mercure du cinabre qui est exploité dans des mines situées en Toscane et dont le centre est Monte Amiata. Elle a exposé de beaux échantillons de minerai, ainsi que du mercure métallique.
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- Société anonyme « TÉAppela », à Barletta.
- Cette Société a montré des spécimens choisis d’acide tartrique, en cristaux et en poudre, ainsi que de la crème de tartre et du tartre brut.
- Société des carbonates de chaux, à Turin.
- A montré du carbonate de chaux sous toutes ses formes et principalement en poudre impalpable.
- HONGRIE.
- Les produits chimiques fins qui sont employés dans les pharmacies, dans la photographie et pour les laboratoires ne sont fabriqués sur une grande échelle par aucune usine hongroise. Aussi les importations se sont-elles élevées à une somme assez forte, de même que celles des spécialités pharmaceutiques.
- IMPORTATIONS-!). EXPORTATIONS, francs. francs.
- Produits chimiques fins..................... 2,i55,85o 329,80/1
- Spécialités pharmaceutiques................. 2,166,200 182,000
- L’auteur du catalogue, auquel nous puisons ces chiffres, ajoute, page 865 : «Ce chiffre, qui frappe par son importance, s’explique par le fait que le public hongrois montre un véritable engouement pour les remèdes spéciaux de l’étranger, surtout pour ceux de France qui paraissent lui inspirer plus de confiance que les produits similaires très nombreux du pays 55.
- Quelques maisons ont envoyé leurs produits. Pour les unes c’était uniquement des matières premières, des drogues simples, et pour les autres des produits finis.
- M. Agnelli [Joseph), à Csàri, près Sasvàr.
- A envoyé une superbe collection de 3oo espèces de plantes médicinales et industrielles cultivées par lui-même.
- M. Bayer [Antoine), pharmacien à Budapest.
- A exposé des lanolines, des vins médicinaux au tokay (quinquina, pepsine, condurango), du tamar indien.
- M. Brichta [Jacques), à Trencsén.
- Cette maison a la spécialité des huiles distillées de graines de sapin et de genièvre. Elle expose également des baies, de la poudre et du jus de genièvre.
- (1) Catalogue de la Hongrie.
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- MM. Medinger (/.) et fils, à Lajta-Ujfalu.
- Ont exposé une belle collection d’acides tartriques cristallisés, pulvérisés et granulés.
- M. Nerüda (Ferdinand), à Rudapest.
- A montré une collection de i45 bocaux contenant des fleurs, feuilles, racines et graines médicinales de Hongrie.
- La Société anonyme hongroise dexportation et de transport de colis, à Rudapest. Cette maison avait, elle aussi, une vitrine très fournie de drogues simples des plus variées.
- MM. le Dr. Wagner et C'e, à Rudapest.
- Son exposition comprenait une série d’appareils et de récipient: l’acide carbonique liquide.
- L& a. CdU UC SCIW.
- PORTUGAL.
- Le nombre d’exposants de produits et de spécialités pharmaceutiques de toute nature a été près de 60, sur le total des Portugais qui ont pris part à l’exposition de la Classe 87.
- Nous ne citerons que les plus importants et en particulier les maisons auxquelles ont été attribuées des récompenses :
- MM. Alvez de Azevedo et Cie, place de D. Pedro, 3i, à Lisbonne.
- Cette maison qui [date de 1777 a exposé des capsules de goudron, de tolu, d’éther, de l’huile de foie morue, de la kola, des sirops, des dragées, etc.
- MM. Arriaga et Lane, rue dos Bacaltrociros, à Lisbonne.
- Fondée en 1884, cette maison a la spécialité de la fabrication de l’huile de foie de morue dont elle produit environ 3o,ooo litres par an, qu’elle exporte en partie aux colonies portugaises, en Espagne, en Afrique, dans l’Amérique du Sud, etc.
- MM. Carvalho (Miguel-José de), à Goa (Indes portugaises). Expose différents produits pharmaceutiques.
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- MM. Dus et Dias, à Lisbonne.
- Montre des pilules purgatives.
- M. Ferreira (A.) et Co, à Lisbonne.
- Expose des sinapismes. La maison, fondée en 1892, en produit annuellement 200,000 milles.
- M. Lüintella (I.-L. Alves), à Porto.
- Produits pharmaceutiques.
- MM. Nazareth et Irmao (Ab.), à Coimbra.
- Huile de foie de morue, vin nutritif de peptone, sirop de sève de pin maritime.
- M. Oliveira (Lviz-Pinto-Leao de) , place don Pedro, 11A et 11 5, à Lisbonne. Produits pharmaceutiques.
- M. Rodrigao [José-Pedro-Xavier) , à Castello-Branco.
- Sirops balsamiques, vins toniques, émulsions créosotées. Kola granulée.
- M. Sarmento (Jooquim-José de Mironda), à Lisbonne. Kola granulé, sirop balsamique Sarmento, sirop balsamique américain.
- M. Serra [Joachim-Simôes) , à Lisbonne. Capsules de capsicum. Pilules de carbonate de fer. Grande production annuelle.
- Societade Luso Africana, Estrada de Lumiar, à Lisbonne. Produits pharmaceutiques divers.
- M. Villaça [Manoel-Vasques Gonsalves), à Lisbonne. Produits pharmaceutiques.
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- ROUMANIE.
- Les pharmaciens roumains ont également figuré d’une façon très honorable dans le pavillon spécial qui était affecté à l’exposition roumaine. Parmi les nombreux représentants de l’industrie et du commerce de la Roumanie nous mentionnerons tout d’abord :
- M. Alt an (Anton), pharmacien à Bucarest.
- A montré une série d’extraits bien préparés, qu’il a accompagnés d’une étude très soignée sur le dosage des principes actifs contenus dans les extraits narcotiques.
- Citons encore les maisons suivantes :
- M. Berberiann (Jean), à Constantza;
- M. Bogdon (Iordou), à T. Severin (Mehedintzi)
- M. Itean (Al.), à R. Sarat;
- M. Popini (St.), à Bucarest;
- M. Werner (Jean), à Roman.
- Ces maisons ont montré des spécimens variés de produits chimiques et galéniques employés en pharmacie.
- RUSSIE.
- Comme tous les pays neufs au point de vue de la production chimique, la Russie ne semble pas encore posséder beaucoup de fabriques qui se soient appliquées à élaborer des produits chimiques du domaine de la pharmacie, de la photographie et des laboratoires scientifiques. Il y a eu cependant quelques maisons qui ont montré des médicaments et d’autres composés qui rentrent dans la catégorie de produits dont il est question plus haut.
- MM. Koehler et 0e, à Moscou.
- Dans un pavillon très élégant, cette maison, qui paraît être une maison de droguerie, a exposé une série de médicaments chimiques, produits iodés, dérivés du bismuth, du mercure, etc. A côté de ces composés, elle a montré quelques échantillons d’essences et de parfums artificiels: essences de niobé, d’amandes amères, éther œnanthylique actif, salicylate de méthyle, géraniol, terpinéol liquide, citral, acacia, neroline, aubépine, etc.
- Grâce à sa situation et à l’ouverture du transsibérien, elle semble avoir pour tâche de servir d’intermédiaire entre les producteurs de drogues et de matières premières de l’Asie centrale, et les fabricants, son exposition comprenant outre les composés décrits plus haut, toute une collection de ces matières premières.
- M. Poehl (A.), à Saint-Pétersbourg.
- Cette maison, bien connue pour ses produits physiologiques, a également exposé un ensemble de composés pharmaceutiques.
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- M. Reidel, à Kichiner. A exposé des échantillons d’acide tartrique.
- Ricuter-Smirnova [Mme Anne) , à Krukov, chemin de fer Nikocolos. A montré une série de cachets pour médicaments.
- SALVADOR.
- Indépendamment de quelques maisons qui n’ont montré que des spécimens d’indigo à teneur plus ou moins riche en indigotine, il se trouvait à l’exposition de cette petite république une très belle collection de Baume noir du Salvador, connu dans le commerce sous le nom de Baume du Pérou et qui ne se trouverait cependant que dans le Salvador.
- Le procédé primitif et coûteux pour extraire ce baume consiste à llamber l’écorce, ce qui attire le liquide à la surface ; on entoure ensuite l’arbre avec des chiffons qui s’imbibent de baume. Ce mode d’extraction barbare employé par les indigènes entraîne à des pertes considérables, et ne permet de produire que 50,000 kilogrammes par an tandis que la demande dépasse de beaucoup ce chiffre. Aussi un des exposants les mieux qualifiés, M. Gonzalez-Mejia se propose-t-il de chercher un procédé qui permette d’extraire le baume des graines mêmes. Ont encore montré des échantillons du même produit :
- M. Augpourg (A.-W.), à San Salvador; M. Huezo (Vicente), à Libertad; M. Iberton et Cie, Sol (Salvador), à Santa Tecla; Vides (J.-M.), à Santa Ana, qui a, en outre, exposé des produits pharmaceutiques.
- APERÇU DE QUELQUES DÉCOUVERTES OU PERFECTIONNEMENTS
- CONCERNANT
- LES PRODUITS CHIMIQUES ET PHARMACEUTIQUES.
- Ce serait une tâche peu aisée à remplir que celle qui consisterait à donner l’ensemble des perfectionnements et des nouveautés qui se rapportent aux industries spéciales et diverses, dont ce chapitre de notre rapport fait l’objet. Les limites trop étroites de notre travail ne nous permettrait d’ailleurs pas d’aborder tous les corps, ni toutes les questions qui pourraient intéresser le lecteur.
- Nous nous bornerons donc à signaler les faits les plus saillants, et nous nous attacherons en particulier à ceux qui touchent au domaine des produits médicinaux. Cette tâche nous est du reste singulièrement facilitée, grâce à un grand nombre d’articles, de
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- livres et de brochures qui ont paru dans ces dernières années sur les produits médicinaux synthétiques.
- Parmi les premiers nous citerons, en première ligne, une étude très documentée et très étendue sur la matière par M. V. Cohlentz, dans The Journal of the Society of Chem. Industry de Londres, t. XVII, 18 cj8, p. 72 5; les revues annuelles sur les médicaments nouveaux que publie régulièrement la Chemiker Zeilung du docteur Krause, à Côthen, et, au nombre des seconds, nous devons mentionner les bulletins édités périodiquement en quatre langues par la maison Merck, de Darmstadt; la troisième édition d’un petit volume publié par M. Crinon, pharmacien; et enfin le Manuale der neuen Arzneimittel, de M. J. Mindes, de Zurich. La quatrième édition de ce dernier a paru en 1902 et renferme les nouveautés les plus récentes.
- Les alcaloïdes et les glucosides ont également attiré l’attention de différents auteurs, soit qu’ils aient traité certains groupes seulement, soit qu’ils aient abordé l’élude de l’ensemble de ces principes.
- Pour les alcaloïdes végétaux le petit traité de M. le professeur Amé Pictet, de Genève (2e édition) est tout particulièrement à recommander.
- Pour les glucosides nous signalerons à l’attention des lecteurs la belle monographie que vient de leur consacrer M. J.-J.-L. van Rijn, directeur de la station agronomique de Maeslricht. L’étude sommaire de tous ces produits synthétiques et naturels se trouve enfin relatée dans les grands traités, comme celui de pharmacie chimique de M. Prunier, et le volumineux compendium, en 20 fascicules, intitulé Hagers Handbuch der pharma-ceutischen Praxis, de MM. B. Fischer et C. Hartwich.
- L’emploi des produits organiques artificiels en thérapeutique remonte a bien haut dans l’histoire de la pharmacie. L’éther sulfurique n’est-il pas en effet un produit de synthèse ? N’en est-il pas de même du chloroforme, du chloral et de produits encore plus anciens ?
- Mais la voie de la fabrication de ces produits n’a été véritablement ouverte qu’à partir du jour (1882) où 0. Fischer eut découvert la Kairine, et qu’il eut démontré la possibilité de produire artificiellement des composés possédant une action physiologique analogue à celle des composés naturels.
- La découverte accidentelle des propriétés antipyrétiques de Tacétanilide, sur laquelle nous avons déjà appelé l’attention dans notre dernier rapport, donna une impulsion encore plus grande à ces recherches.
- A partir de ce moment tous les produits qui avaient une fonction et une constitution qui s’approchât de celles des composés naturels à propriétés bien déterminées, furent soumis à une expérimentation systématique. On arriva ainsi à démontrer que la présence de certains groupements moléculaires avaient une influence sur l’action physiologique.
- «Comme premier résultat, beaucoup de produits médicinaux naturels ont été non-seulement imités avec succès (caféine), mais encore notablement perfectionnés; de fait, les exigences les plus rigoureuses de la médecine moderne ont été satisfaites par la pré-
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- paration des produits synthétiques. Ainsi l’alcaloïde agissant comme anesthésique local, la cocaïne, possède des propriétés irritantes et toxiques; ces inconvénients ont été supprimés dans la pratique par l’emploi des anesthésiques synthétiques tels que l’eucaïne kB n, l’orthoforme, l’holocaïne; l’alcaloïde mydriatique naturel, l’atropine, dont l’emploi offre également des inconvénients a été remplacé avec avantage par l’homatropine, l’eu-phtalmine et le mydrol; le carbonate de lithium le remède classique contre les affections goutteuses, a cédé la place à la pipérazine, le lycétol, la lysidine, l’urotropine. Le premier antipyrétique de synthèse, l’acétanilide, présentait des inconvénients notables en raison des accidents secondaires qui en accompagnaient l’ingestion : on y a remédié par l’introduction dans la molécule d’autres groupements parmi lesquels le groupe éthoxyle a prouvé sa supériorité, ce qui a donné naissance à la phénacétine; cette dernière offrait l’inconvénient d’être peu soluble : quelques modifications apportées à sa constitution l’ont transformée en phénocolle, citrophène, apolysine, phésine, etc. Les composés naturels du fer et de substances protéiques, qui se rencontrent dans le foie et dans d’autres organes, ont été remplacés avantageusement par les préparations artificielles telles que laferratine. L’hypnotique naturel, l’opium, a trouvé un nombre considérable de succédanés qui lui sont supérieursr>. En résumé, suivant M. Coblentz, la chimie synthétique est venue en aide à la nature,l’a imitée d’abord puis corrigée ensuite. Sans doute, il y a du fondé dans quelques-unes de ces assertions, mais il ne faudrait pas trop les généraliser, car nous estimons que les procédés de la nature ne sont pas à dédaigner.
- De nombreux essais de classification de ces corps ont été faits, les uns basés exclusivement sur leur constitution chimique, les autres sur leurs propriétés physiologiques. La première a pour les physiologistes l’inconvénient de ranger dans une même classe des corps ayant une action physiologique absolument différente. Dujardin-Beaumetz a proposé une classification d’après la seconde méthode; il considérait comme antiseptiques les dérivés hydroxylés aromatiques (phénol, naphtol, résorcine), comme antipyrétiques les dérivés amidés (acétanilide, kairine, thalline), et comme hypnotiques les composés dont l’hydrogène de AzH2 était remplacé par un radical gras, ex: antipyrine, exalgine (méthylacétanilide), phénacétine (éthoxyacétanilide).
- Ville a fait remarquer qu’une pareille classification partait d’un point de vue erroné en ce qui concerne la constitution chimique, car les corps classés ensemble dans le groupe des dérivés amidés, diffèrent sensiblement les uns des autres : ainsi l’acétanilide contient de l’azote dans la chaîne latérale, alors que la kairine et la thalline, qui sont des dérivés de la quinoléïne, renferment l’azote dans le noyau; de même l’exalgine et la phénacétine sont des dérivés de l’aniline, alors que l’antipyrine dérive du pyrazol.
- Hodgkin a classé comme hypnotiques et anesthésiques les dérivés aliphatiques et les aldéhydes, tandis que ceux de la série aromatique constituaient les antipyrétiques et les antiseptiques. Ce groupement était satisfaisant dans l’ensemble, mais son application était défectueuse et erronée dans les détails.
- La classification que nous adopterons est celle proposée par M. Coblentz. Elle consiste à grouper les corps d’après leurs propriétés physiologiques, tels que antipyrétiques,
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- antiseptiques, hypnotiques, etc. Dans chacun de ces groupes ils sont ensuite répartis suivant leur composition chimique. La raison qui Ta guidé a été de mettre en évidence la présence de certains groupements qui dominent dans chaque classe, et l’influence exercée par l’introduction de nouveaux groupements; en d’autres termes, il a eu pour but de montrer, si possible, les relations qui existent entre la constitution chimique et l’action physiologique.
- ANTISEPTIQUES.
- Moins qu’aucune autre, cette classe de composés se prête au groupement des molécules d’après leur fonction ou leur constitution. Rien n’est en effet plus hétérogène que Tiodoforme, l’aldéhyde formique et le phénol. Nous la subdiviserons en :
- I. DÉRIVÉS SUBSTITUÉS DES HYDROCARBURES.
- Iodoforme, CHI3; fusion 115°. — Suivant M. Dony-Henault, on obtiendrait ce composé avec un rendement théorique en utilisant les indications données par MM. Elbs et Herz,qui consistent à soumettre à l’électrolyse une solution contenant par îoo grammes d’eau, 20 centimètres cubes d’alcool, îo grammes d’iodure de potassium et 5 grammes de carbonate de soude. La température doit être d’environ 6o°, la densité du courant î ampère par décimètre carré et il est recommandé d’employer un vase poreux pour former le compartiment anodique.
- Foerster et Mewes (Zeitschr. fur elektrochem, t. IV, p. 268) ont montré qu’il n’est pas nécessaire d’employer de diaphragme si on fait passer un courant de GO2 sec pour diminuer l’alcalinité. Il se fait 10 équivalents de base à la cathode, pour y seulement d’acide à Tanode, et c’est cet excès de base qu’on neutralise. La réaction admise est la suivante :
- CH3C H20H +101 + H20 = CHI3 + CO2 + 7 HL
- (Éclairage électrique, 1901, n° 2k, suppL, p. cxlii.)
- Nous avons déjà vu qu’on peut aussi préparer ce composé en traitant des dissolutions étendues d’iodures alcalins, telles qu’on les obtient en partant des warechs, par de l’acétone et des hypochlorites.
- Iodoformine ( GH2)6 Az4. GHI3. — Combinaisons de Thexaméthylènetétramine et de Tiodoforme, f. 1 78 en se décomposant. Produit inodore, soluble dans Talcool et l’éther. (Eichengrün.)
- Iodoformogène. Albumine iodoformée. — Combinaison d’albumine et d’iodoforme qu’on obtient en précipitant une solution d’iodoforme dans l’albumine dissoute.
- Poudre jaune clair, presque inodore, insoluble dans Teau et renfermant 10 p. îoo d’iodoforme.
- Diiodoforme. Ethylène tètraiodê. G2I4. — S’obtient en dissolvant à chaud de l’iode dans une liqueur concentrée d’iodure de potassium et ajoutant du carbure de calcium.
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- Poudre cristalline jaune, presque inodore, soluble dans le chloroforme et le benzène peu soluble dans l’alcool et l’éther, f. 192.
- II. ALDEHYDES ET LEURS DERIVES.
- Aldéhyde formique et produits à base d’aldéhyde formique. — Cette aldéhyde existe dans le commerce sous les noms de formaldéhyde, formol, formalinum, méthanal, d'hydrate deformyle en solutions aqueuses à ho p. 100.
- Préparée d’abord par Boutlerow, Heintz et Hoffmann, elle ne devint accessible aux hommes de science, qu’à la suite des modifications introduites dans sa fabrication par la méthode de Hoffmann, par M. Tollens et M. Lœw. Dès 1882 9), le premier de ces savants avait appelé l’attention sur un procédé de production de l’aldéhyde formique basé sur l’action du platine chauffé sur un mélange d’air et de vapeurs d’alcool méthylique.
- Lœw(2) substitua plus tard au platine une spirale de cuivre et, en 1887, Tollens a lopta ce même dispositif, tout en l’améliorant, et réussit dès ce moment à établir les conditions de température les meilleures (45 à 5o°), pour réaliser la transformation de l’alcool méthylique en aldéhyde dans la proportion de 3i p. ioo(:A Tollens termine son mémoire de 1886 par les mots. « La méthode que je viens de décrire est, pour le moment, la plus pratique pour la préparation de la formaldéhyde qu’on peut obtenir par litres, en très peu de temps, sous la forme de solutions de 3o à 4o p. i 00, ou encore par cen-laines de grammes, à l’état d’oxyméthylène (C3H603) et d’hexaméthylenamine. ??
- M. Trillat aborda à son tour le problème en 1888, substitua à la spirale formée de toile de cuivre, de Tollens et Lœw, un tube de cuivre portant un renflement rempli d’une matière poreuse (charbon de bois, coke, briques, débris de terre réfractaire, etc.) fit protéger son dispositif par des brevets et, à partir de ce moment, le «formol?? fut l’objet d’une exploitation industrielle qui permit de le fournir à environ 1 franc le kilogramme (solution à 4o p. 100).
- Cette solution est neutre et possède une odeur pénétrante d’aldéhyde formique.
- Nombreuses sont les formes et les applications dont cette aldéhyde a été l’objet. Nous 11’en citerons que les principales :
- Camoline. — Solution aqueuse à 1,5 p. 1 00 de formaldéhyde.
- Stérésol. — Solution saturée de l’aldéhyde dans une dissolution de sucre de lait.
- Holzine. — Solution à 60 p. 1 00 de méthanal dans l’alcool méthylique.
- Holzinol. — Solution méthylique contenant en outre du menthol.
- Formaldéhyde bisulfite. — Solution de la combinaison d’aldéhyde formique avec le bisulfite de soude, évaporée jusqu’à cristallisation.
- Formochlore. — Solution de chlorure de calcium dans le formol.
- Formalith. — Terre d’infusoires imprégnée de formol et pressée sous la forme de plaques. Sert comme désinfectant.
- u) Berichte der deut. Chem. Ges, t. XV (1882), p. 1629; t. XVI (i883), p. 917. — Journal f. prakt.
- Chem. N. F., t. XXXIII, p. 3ai.— 'a) Berichte, t. XIX (1886), p. ai33.
- Gn. XIV. — Cl. 87. — T. I. ah
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- Glutoforme, glutol, formaldéhydegélatine. — Solution de gélatine évaporée et séchée dans des vapeurs de formaldéhyde.
- Formalcléhyde-Tannalbuminate. — Tannalbine imprégnée de formol.
- Triformol, paraforme, paraformaldéhyde, trioxyméthylène. — Produit de condensation du formol (CH20 )3.
- Poudre blanche préconisée comme antiseptique intestinal.
- Salubrol. — Méthylène-di-antipyrine hromée.
- Amylo-iodoforme. — Mélange de formaldéhyde, d’amidon et d’iode.
- Quinoforme. — Mélange de formaldéhyde et d’acide quinotannique.
- Eka-iodoforme. — Préparation constituée par un mélange d’iodoforme et de paraformaldéhyde.
- Euformol. — Tablettes antiseptiques formées d’essence de Gaultheria et d’Eucalyptus, de thymol, de menthol, d’acide borique, d’extrait fluide d’indigo sauvage et de formol.
- Amyloforme. — Produit de condensation de formaldéhyde et d’amidon.
- Dextroforme. — Produit de condensation de formaldéhyde et de dextrine.
- Tannoforme. — Produit de condensation de formaldéhyde et de tannin.
- Protogène. — Mélange d’albumine et de formaldéhyde.
- Acétaldéhyde. — Employée en solution à 2 p. 100.
- ,CtIO
- Aldéhyde salicylique. — C6H4 .Se rencontre dans l’essence de Spirea ulmaria
- et s’obtient en faisant agir du chloroforme sur du phénol et de la potasse. Antiseptique de l’intestin.
- III. PHÉNOLS MONOATOMIQUES ET LEURS DERIVES.
- Nombreux sont les antiseptiques appartenant à ce groupe, nous allons énumérer les principaux en faisant connaître quelques-unes de leurs propriétés.
- Phénol, C3H5OH, syn. Acide carbolique. — Cristaux blancs fusibles à A1-/12°, bouillant à 182°. Antiseptique, antipyrétique, caustique, anesthésique.
- Les phénates de calcium, de bismuth, de mercure, de zinc, de sodium sont aussi employés.
- Ortho-monochloropliénol, C6H4 Cl. OH ( 1 ) (2). — Soluble dans l’alcool, l’éther, fond à 70. Employé, à l’état de mélange avec la vaseline, contre l’érysipèle et les maladies cutanées.
- Para-monochlorophénol, C6H4 Cl. OH (1) (A). — Soluble dans l’éther et les alcalis, fond à 3 70 et bout à 2 170. Antiseptique puissant, applicable dans un assez grand nombre de cas.
- Trichlorophénol, C6H20HC13. (1) (2) (A) (6). — Aiguilles solubles dans l’alcool et l’éther; f. 65-67°, e. 2^3°5.
- Chloroline.— Mélange-de monochlorophénol et de trichlorophénol.
- Ortho-monobromophénol, C6H4Br. OH (i)(2). — Soluble dans l’éther, le chloroforme et dans 1 00 grammes d’eau froide ; e. 19 5°. Antiseptique usité pour combattre l’érysipèle et les plaies.
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- Tribromphénol, syn. bromol, C6H2Br3OH. — Cristaux blancs, solubles dans l’alcool, l’éther, le chloroforme la glycérine, insolubles dans Teau; f. 95o(1). Antiseptique, désinfectant et caustique; employé contre le thyphus, la diarrhée et le choléra infantile.
- Di-iodophénol iodé, C6H3l2OI.
- Aseptol, acide sozolique, sulfocarbol, syn. acide ortho-phénolsulfonique, C6H4(0H)S02H. (i) (2). — Soluble dans Teau et l’alcool. Désinfectant employé contre les affections cutanées, les maladies des yeux, etc.
- On fait aussi usage de ses sels de potassium, de sodium, de magnésium, de plomb, d’aluminium, etc., qu’on désigne sous le nom de sozals.
- Acide sozoiodolique, syn. acide di-iodo-para-phénolsulfonique, C6H2I20HS03H —(— 3 H20. — On emploie, comme antiseptiques, ses sels de potassium, de sodium, de mercure, de plomb de zinc.
- 6H'*CO
- Nosophène, iodopliène, syn. tétraiodophénol-plUaléine, (C6H2120H)2. (_;/ / insoluble
- dans Teau et les acides, soluble dans l’éther et le chloroforme ; f. avec décomposition à ah 5°.
- Iodo-anisol, C°H4.I.OCH3, (1) (2); d20 = 1,8; e. 2A00. — Insoluble dans Teau, soluble dans l’alcool, Téther et le chloroforme. Puissant antiseptique.
- Crésols, C6H4. OH. CH3. — L’ortho-crésol fond à 3o° et bout à 188°, le méta-créso est liquide, il bout à 202°q, enfin, le para-crésol fond à 36° et bout à 198°. Ces phénols sont de puissants antiseptiques, mais leur faible solubilité dans Teau en limite l’emploi.
- Les crésols bruts sont souvent employés à l’état de combinaisons avec du savon, de l’acide oléique ou de l’acide sulfurique, combinaisons qui donnent avec Teau des solutions limpides ou des émulsions. Ces produits sont désignés sous .les noms suivants : créoline, izal, crésine, lysol, sanalol, saprol, solutol, solvéol, phénoline.
- Tricrésol. — C’est un mélange des trois crésols.
- Traumatol, syn., iodo-crêsol, C6H3I. OH . CH3.
- Losophane, syn., triiodo-m-crésol, C6HI3. OH.CH3; f. 129"; astringent et antiseptique. Soluble dans Téther, le chloroforme et les huiles grasses.
- Thymol, C6H3. OH. CH . C3H7 (1) (3) (6). —Se trouve à l’état naturel dans un certain nombre d’huiles essentielles (thym, serpolet, ajovan, monarde). Très peu soluble dans Teau, soluble dans l’alcool, Téther, le chloroforme, le sulfure de carbone et les huiles essentielles; f. 5o°; e. 2 3o°. La présence du groupement isopropylique réduit le pouvoir antiseptique de ce corps.
- Aristol, syn., di-thymoliodé (C°H2.01. CH3. C3H7J2. — Cristaux bruns, solubles dans Téther; antiseptique employé contre les affections cutanées, la syphilis, remplace l’iodoforme pour le pansement des plaies.
- Carvacrol iodé, iodocrol, C6H3.01. CH3. C3H7 (1) (4) (2). — Isomère de Yaristol.
- Europhène, syn., o-isobutylcrésol iodé, C22H2902I. —Soluble dans l’alcool, Téther, le chloroforme, les huiles grasses; f. 1 1 o°; antiseptique, antisyphilitique.
- (1) Los lettres f.; e. signifient point de fusion et point d’ébullition.
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- Anéthol, syn., para-méthoxy-propénylbenzène, C6H4. (CH = CH — CH3) (OCH3) (1) (A). — Se trouve à l’état naturel dans quelques huiles essentielles, celles d’anis et de fenouil en particulier, D25 = 0,985, soluble dans l’alcool et l’éther; f. = 2 1-220, 2 2ù5 lorsqu’il a été énergiquement comprimé et purifié par cristallisation dans Téther de pétrole, e. 2 3 A0.
- IV. PHENOLS DIATOMIQUES ET LEURS DERIVES.
- Pyrocatécliine, C6H4(OH)2 ( 1 ) (2); f. ioA°;e. 2Ao°-2A5°.— Soluble dans l’eau, l’alcool et Téther; antiseptique et antipyrétique.
- Résorcine, C6H4(OH)2 (1) (3); f. iio°-ii9°. — Antiseptique, antipyrétique et antispasmodique, employé contre le mal de mer, Tasthme, la dyspepsie, l’emphysème, le choléra infantile, la diarrhée, etc.
- Hydroquinone, C6H4(OH)2 (1) (A); f. 169°. — Soluble dans l’alcool, dans Téther et dans 17 p. 100 d’eau; antiseptique et antipyrétique.
- Gayacol, syn., éther monométhylique de la pyrocatécliine, C6H4(OH) (OCH3) (1) (2). — Ce composé est abondamment contenu dans la créosote du goudron de hêtre et constitue un précieux remède contre la tuberculose; il fond à 33° et bout à 205°, D0 = i,i53A ; antiseptique et antipyrétique.
- Pour atténuer l’action irritante qu’exerce sur l’estomac le gayacol, on a préparé un grand nombre d’éthers de ce phénol : le carbonate, C03(C6H40CH3)2, le phosphate, PO(OC6H4OCH3)3, le valérate ou géosote, (CH3)3 CH . CH2. COOC6H4OCH3, Yéthylénate, C2H4(OC6H4OCH3)2, le benzoate ou benzosol, C6H5. CO . OC6H4OCH3, le cinnamate ou styra-col, C6H5. CH = CH . COOC6H4OCH3, 1 <1 salicylate, C6H4(OH)(COOC6H4OCH3), le campho-rate ouguacamphol, C8H14(C02C6H40CH3)2, lagayacol-pipéridine, C5H1]AzO. 0. C6H4OCH3, le gayacolbisulfonate de quinine ou gayaquine.
- Gaéthol, éthacol, ajacol, thanatol, homocrésol, syn., éther monoéthylique de la pyrocatécliine, C6H4(OH) (OÇ2H5) (1) (2).— Liquide doué d’une odeur agréable, qui cristallise par refroidissement; f. 2 7°-2 8°; e. 2 1 5°.
- On a préparé aussi des éthers butyrique, valérianique, henzoique, salicylique, phos-phoriq™. 0„ (1)
- Gayacètine, syn., mono-acétate de pyrocatécliine, C6H4 employée contre la
- tuberculose; exerce une action stimulante sur la production des leucocytes, exerce une action antipyrétique et diminue les sueurs nocturnes.
- Cacodyliacol, cacodylate de gayacol. — Combinaison d’acide cacodylique avec le gayacol.
- Poudre hygroscopique d’un blanc rougeâtre, employé comme antituberculeux.
- ,CH2—CH = CH'2(i)
- Eugénol, C6H3 (-OCH3 (3) . — Se trouve dans un certain nombre d’huiles essen-
- M)H(4)
- tielles et en particulier dans l’essence de girofle; soluble dans l’alcool, Téther, le choroforme; e. 2A7°-2A9°; antiseptique.
- On emploie aussi le benzoyl-eugénol, le cinnamyl-eugènol, Yeugènol-acètamide, Yiodo-eugénol, etc.
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- y. PHÉNOLS TRIATOMIQUES ET LEURS DERIVES.
- /OHQ)
- Pyrogallol, C6H3 ^-OH(a). — Seul, parmi les trois trioxybenzènes, le pyrogallol est en \OH(3)
- usage et encore ses propriétés toxiques limitent-elles considérablement son emploi.
- Il se présente sous la forme de cristaux solubles dans l’eau, l’alcool et l’éther ; f. 13i°, e. 2io°.
- Hélicosal, syn., Pyrogallate de bismuth.
- Gallacétophénone, syn., trioxyacètophènone, C6H2(OH)3(CO. CH3). — Poudre jaune, soluble dans l’alcool et l’éther; fond à i 68°.
- VI. NAPHTOLS.
- Naphtol a, C10H7OH. — Soluble dans l’alcool et dans l’éther, peu soluble dans Peau; f. gâ°; antiseptique employé pour combattre la diarrhée, la dyssenterie, le typhus.
- Naphtol (2, ClüH7.OH. — Soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, le benzène, peu soluble dans l’eau; f. 122° e. 2 85°-2 86°. antiseptique, sert à combattre le typhus, la diarrhée chronique et les maladies de la peau.
- Microcidine, syn., (2-naphtol-sodé, C10H7ONa..
- Carbonate de (2-naphtol, CO3(C10H7)2.
- Lactol, syn. éther lactique du (2-naphtol, CH3. CHOH. COOC10H7. — Le lactol ainsi que le carbonate de jS-naphtol, sont des antiseptiques intestinaux. •
- Asaprol, syn. (2-naphtol, a-sulfonate de calcium (Merck).
- Abrastol, [C10H6(OH). S03]2Ca-f 3H20. — Soluble dans l’eau, analgésique, antiseptique, antipyrétique, antirhumatismal; employé contre la tuberculose, les rhumatismes, la pharyngite, le typhus, la goutte, etc.
- C10H5C L \QH
- 2A12.
- Poudri
- Alumnol, syn. (2-naphtoldisulfonate d'aluminium lubie dans l’eau; astringent et antiseptique.
- Quinaphtol, syn. /3-naphtol, a-monosulfonate de quinine. — Antiseptique interne
- VII. ACIDES ORGANIQUES ET LEURS ETHERS.
- Les acides antiseptiques ou bien leurs éthers appartiennent généralement à la série cyclique.
- Nous signalerons cependant, appartenant au groupe des éthers d’acides gras, le formiate d'éthyle et l'acide cacodylique ou Arsycodile Leprince, dont le sel de sodium AS(CH3)20. ONa a été préconisé contre la tuberculose par M. A Gautier. Il en est de même de l'arrhenal (monométhylarsinate de sodium), que le savant Professeur recommande dans les cas de fièvre paludéenne.
- D’ailleurs, parmi les acides aromatiques, la plupart de ceux qui possèdent des pro-
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- priétés antiseptiques renferment, dans leur molécule, un ou plusieurs groupements phénoliques.
- Acide phénylacétique, G6H5. CH2. C02H. — Petits cristaux solubles dans l’alcool et dans l’éther; f. 76°5; e. 2 62°-2 65°. Antiseptique employé pour combattre le typhus et la phtisie.
- Acidephénylpropionique, C6H5. GH2—CH2. C02H, syn. acide hydrocinnamique. — Cristaux solubles dans l’alcool ; f. A8-A90, e. 280°.
- Acide cinnamique, C6H5. CH--==CH.—C02H; F. i33°; e. 3oo°-3oA°.
- Benzonaphtol, syn. benzoate de (è-naphtol, G6H5. GO2. G10H7. — Soluble dans l’alcool et le chloroforme; f. 11 o°. Antiseptique employé pour combattre les maladies d’intestins.
- / . — Cetfiè acide, à
- M)H(a)
- l’inverse de ce qui a lieu pour ses deux isomères méta et para, possède des propriétés antiseptiques. Aiguilles solubles dans 2.A parties cl’alcool et dans 2 parties d’éther, peu soluble dans l’eau; f. i56°-i57°; antiseptique, antipyrétique, antinévralgique. Il sert à combattre les rhumatismes, la migraine. On l’emploie aussi pour la conservation de la viande, des fruits, du vin, de la bière, etc.
- Parmi les dérivés de cet acide se trouvent un grand nombre d’antiseptiques de l’intestin. De semblables antiseptiques traversent l’estomac sans subir d’altération et, arrivés dans l’intestin, se décomposent en régénérant leurs principes constituants, qui agissent alors comme antiseptiques ou comme astringents.
- Acide diiodu-salicylique, C6H2I2(0H)(C02H). — Cristaux solubles dans l’alcool et dans l’éther; f. 220-23o°; antipyrétique, analgésique, antiseptique.
- Sanoforme, syn., diodo-salicylate de méthyle, C6H2I2(0H)(C02CH3). — Aiguilles blanches, solubles dans l’alcool, Téther et les huilles grasses; f. 1 1 o°.
- Epicarine. — Acide /S oxynaphtyl-o-oxy-m. toluylique.
- COOH
- I
- C’ofPOH
- Acide salicylique, syn. acide ortho-oxybenzoïque, G6H4
- Produit fondant i9q°et employé contre les maladies parasitaires de la peau, le prurigo, l’herpès tonsurans.
- Salacètol, syn., éther acétolsalicylique, C6H4(OH)(COOCH2. GO . CH3). — Aiguilles solubles dans l’eau chaude, l’alcool, le sulfure de carbone, l’éther, le chloroforme; f. 61°; antiseptique de l’intestin.
- Salactol. —Solution de lactate et de salicylate de soude avec 1 p. 100 d’eau oxygénée; préconisée sous la forme de badigeonnages contre la diphtérie.
- Salol, syn. salicylate de phényle, C6H4(OH)(COOC6H5). — Cristaux blancs fusibles à A2°-A3°; antiseptique de l’intestin (se décompose en acide salicylique et phénol). Le
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- salol est administré en cas de diarrhée, de dyssenterie, de dyspepsie, d’influenza, de rhumatismes, etc.
- Salol-chlorè, C6H4(OH) (COOC6H4Cl).
- Di-ioclosalicylate de phényle, C6H2I2(OH) (COOC6H5).
- Cordol, syn. salol tribromé, C6H4(OH) (COOC6H2Br3). — Poudre blanche, insoluble dans l’éther et l’alcool, soluble dans le chloroforme et l’anhydride acétique. Il agit comme hypnotique et hémostatique. — Antiseptique de l’intestin.
- Nitrosalol, C6H4(OH) (C00C6H4Az02). — Antiseptique de l’intestin.
- O -crésalol, syn. salicylate d!ortho-crésyle, C6H4(OH) (COOC6H4.CH3). —Soluble dans l’alcool et dans l’éther, insoluble dans l’eau; f. 35°. Antiseptique de l’intestin.
- M -crésalol, syn. salicylate de méta-crésyle; f° 7 4°.
- P.-crésabl, syn. salicylate de para-crêsyle ; f° 3q°. — Employé contre le choléra asiatique , la typhoïde, la dyssenterie, les rhumatismes.
- /GH3 '
- Xylénol-salol, C6H4(OH) ^COO.C6H3<^^ J. Antiseptique intestinal.
- Gayacol-salol, C6H4(OH) (COOC6H4OCH3). —Cristaux blancs, solubles dans l’alcool, f. 65°. Antiseptique intestinal.
- Résorcinol-salol, C6H4(OH) (COO.C6H4OH). —Antiseptique de l’intestin.
- / /0H\
- Pyrogallol-salol, C6H4(OH) f COO.C6H3<Q), antiseptique intestinal.
- Salithymol, syn. éther salicylique du thymol, C6H4(OH) I COO.C6H3<^ j. Antiseptique de l’intestin. V °‘H,/
- Alphol, syn. salicylate d’a naphtyle, C6H4(OH) (COO10H7). — Cristaux solubles dans l’alcool et l’éther; f. 83°. Antiseptique interne. Employé en cas de cystite, typhus, affections rhumatismales, diarrhée des enfants, etc.
- Bétol, syn. salicylate de j2 naphtyle, naphtalol, naphtol-salol, salinaphtol. — Poudre blanche soluble dans l’alcool bouillant; f. g5°. Antiseptique interne.
- Salicylamide, C6H4(OH)(COAztl2). — Feuillets peu solubles dans l’eau, solubles dans l’alcool et dans l’éther; f. i38°. Antiseptique, analgésique, antipyrétique.
- S.C6H3(0 H) (C02H)
- Acides di-thiosalicyliques, \ . Parmi les neuf acides isomériques, deux
- 0 S.C6H3(OH) (C02H) 1
- seulement sont employés sous forme de sels de sodium; leur mélange est désigné sous le nom de dithione en médecine vétérinaire.
- S2 : C6HCl(OH) (C02H)
- Acide tétra-thio-chloro-salicylique, \
- 1 S2 : C6HCl(OH) (C02H)
- /COm (1)
- Acide ainsique, syn. acide p.-mèthoxy-benzoïque, C6H4<^^ ^ . —Cristaux; f. i84°,
- solubles dans l’alcool et dans l’éther. Antiseptique, analgésique, antipyrétique. Employé concurremment avec Tacide salicylique.
- /COOC6H5
- Anisate de phényle, C6H4<
- r v X)CH3
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- /Gom
- Acide salicylo-acétique, C6H\
- J 1 X0CII2.C02H
- Acide p.-oxyloluique, C6H3(OH) (CH3) (C02H). — Employé sous forme de sel de sodium, à l’exclusion de ses deux isomères de position. .
- Acide phénylsahcylique, syn. acide ortho-oxydiphènylcarboxylique, C6H3(C6H5) (OH) (C02H). — Poudre blanche soluble dans l’étber et dans l’alcool.
- .C02H
- Acide gallique, C6H2<Cqh + H20; f. 2 2 2°-2/io°.
- Nm
- Gallobromol, syn. acide dibromo-gallique, C6Br2(0H)3C02H. — Soluble dans l’alcool et dans l’étber; f. i/io0-i5o°. Antiseptique et astringent.
- Gallicine, syn. gallate de méthyle, C6H2(OH)3COOCH3. — Cristaux solubles dans l’eau chaude, l’alcool et l’étber; f. 202°. Employé comme antiseptique dans les maladies des yeux.
- Gallanol, syn. gallanilide, C6H2(OII3) (C0AzH.C6H5) + 2H20.— Feuillets solubles dans l’alcool et dans l’éther; f. 2o5°. Antiseptique.
- Acide tribenzoyl-gallique, C6H2(0C0C6H5)3.C02H. — Antiseptique intestinal.
- Dermatol, syn. sous-gallate de bismuth, C6H2(OH)3.COOBi(OH)2. — Poudre jaune; f. 7 o° avec décomposition. Antiseptique et astringent.
- Bismal, syn. mêthylène-digallate de bismuth, li CH2[C6H(0H)3.C02H]2 -f- 3Bi(OH)3. — Poudre soluble dans les alcalis. Astringent, antiseptique intestinal.
- Airol, syn. gallate basique d’oxyiodure de bismuth, C6H2(OH)3COOBiIOH. — Cristaux solubles dans les alcalis étendus.
- Jodo-gallicine, syn. gallate de méthyle iodo-bismuthique, C6H2(OH)2OBiIOH(COOCH3).
- Gallal, syn. gallate basique et alumine.
- Salilannol. — Produit de condensation des acides gallique et salicylique.
- Tannigène,. syn. tannin diacétylé. — Antiseptique intestinal.
- Tannaïbine. — Composé de tannin et d’albumine. Employé pour combattre les catarrhes, la diarrhée.
- Tannone. — Produit de condensation du tannin et de l’hexamélhylène-tétramine.
- Tannai soluble, syn. tanno-tartrate d’aluminium, A12(C4H606)4 (C14H909)2.
- Tannai insoluble, syn. iannate basique d’aluminium, A12(0H)4(C14H909)2.
- Curtal, syn. tanno-tartro-borate d’aluminium.
- Tannosal ou crèosal. — Composé de tannin et de créosote.
- Tannaie mercureux.
- VIII. DERIVES DE LA QUINOLEINE.
- La quinoléine, C9H7Az, possède des propriétés antiseptiques, antipyrétiques, anti-zymotiques. Plusieurs sels organiques de la quinoléine sont antiseptiques.
- Salicylate de quinoléine, C7H603(C9H7.Az). — Cristaux solubles dans l’alcool et l’étber. Antiseptique antirhumatismal.
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- Tartrate de quinoléine, (C4H606)4 (C9H7Az)3, f. 1 2 5°. — Antiseptique et antipyrétique; employé pour combattre la fièvre.
- Sulfocyanate. — Possède des propriétés antiseptiques énergiques.
- Quinoléine-iodoforme, 3(C9H7Az) -j- HCI3.
- Quinoléine-résorcinol, 2(C9H7Az) -f C6H°02.
- Lorétine, syn. Acide méta-iodo-orthoxyquinoléine-ana-sulfurique, C9H4AzI. OH . S03H.— Peu soluble dans l’eau et l’alcool, à peu près insoluble dans l’éther et les huiles grasses. Antiseptique; constitue le plus sérieux concurrent de l’iodoforme.
- Ses sels de bismuth, de calcium, etc., sont employés comme poudres antiseptiques. Méthyl-lorétine, C9H3(CH3)Azl. OH. S03H.
- Lorénite, syn. ortho-sulfonate de para-iodo-ana-hydroxy quinoléine.
- Quinosol, syn. oxy-quinolèine-sulfonate de potassium, C9H6Az. 0S03K. — Antiseptique et désinfectant. Employé en gynécologie.
- Diaphtol ou quinaseptol, syn. o-hydroxy-quinoléine-sulfamine.
- Diaphtérine, syn. hydroxyquinaseptol. — Soluble dans l’eau et l’alcool; f. 85°.
- IX. AMINES AROMATIQUES SUBSTITUEES.
- Diphénylamine, AzH(C6H5)2. — Soluble dans l’alcool et les acides, peu soluble dans l’eau; f. 5/j°; e. 3io°.
- Bleu de diphénylamine, syn. chlorhydrate de triphényl-p.-rosaniline. — Soluble dans l’alcool. Aurcintia, syn. diphény lamine-orange, sel d’ammonium de /’hexanitrodiphénylamine, [C6H2(Az02)3]2Az.AzH4. — Soluble dans l’eau et l’alcool.
- Sulfaminol, syn. thio-hydroxy-diphénylamme, AzH
- Æ6H3OH.S '(XH4 — S
- Bleu de méthylène, syn. chlorhydrate de tétra-méthyl-p.-thionine, Cl0H18Az3S. Cl. — Poudre bleue, soluble dans l’eau.
- Pyoklène, ou auramine, syn. chlorhydrate cfimido-tétraméthyl-diamido-dipliényl-mèthane, C,7H23Az3OHCl. — Poudre jaune, soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther.
- Chrysoïdine, syn. chlorhydrate de diamido-azo-benzène, C°H5. Az = Az.(C6H3(AzH2)2. HCl. Soluble dans l’eau. Poudre rouge-brune.
- X. DERIVES DE L’ANTHRACENE, DU PYRROL ET DU THIOPHENE.
- /G0H\
- Anthrarobine, syn. dihydroxy-anthranol, CGH4 | yC6H2(0H)2. l’alcool à chaux.
- Acide chrysophaniqiie, syn. dihydroxy-méthyl-anthraquinone,
- H3CX xCOx
- >C6H2< >C6H3OH;
- HO/ MXK
- Soluble dans
- f. 151 °. — Employé contre l’herpès, les hémorroïdes, etc.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Iodol, syn. tètra-iodo-pyrrol, C4I4.AzH. — Poudre d’un brun jaunâtre. Employé contre la syphilis, les scrofules, le diabète, etc.
- Thiophène di-iodé, C4H2I2S.
- XI. PRODUITS BITUMINEUX OU GOUDRONNEUX SULFURe's.
- Ichthyol, syn. sulfo-ichthyolate-d!ammonium, C28H36S306. (AzH4)2. — Employé contre les maladies de la peau, Térysipèle, etc.
- Tuménol. — Ce produit, qui provient de l’action de l’acide sulfurique sur les carbures non saturés des huiles minérales, est employé contre les maladies de la peau.
- Thiuret. — Produit d’oxydation du phényl-thio-biuret, C8H7Az3S2.
- XII. ANTISEPTIQUES INORGANIQUES.
- Argent et sels dtargent. — L’argent et les sels d’argent possèdent la précieuse propriété d’agir comme antiseptiques tout en restant sans action sur l’organisme : l’argent métallique se combine avec les sécrétions des micro-organismes et, en particulier, avec l’acide lactique; le lactate d’argent formé exerce alors une action destructive sur les microbes. Le nitrate d’argent présente l’inconvénient de former des combinaisons insolubles avec l’albumine et de précipiter par le chlorure de sodium de l’organisme; il n’en est pas de même des préparations aujourd’hui employées, qui possèdent, par cela même, toute la puissance de pénétration désirable et ont, dès lors, une efficacité plus grande. Nous signalerons dans cet ordre d’idées : la gaze argentique, mousseline imprégnée d’argent métallique parfaitement divisé; 1 Ivydrargol, solution d’argent colloïdal; 1 eprotargol, combinaison de protéine et d’argent; Yargonine, combinaison de caséine et d’argent; la largine, combinaison de proto-albumine et d’argent; Yargentamine, phosphate d’étbylène-diamine argentique; Yactol, lactate d’argent; Yitrol, citrate d’argent; Yargentol, quinaseptolate d’argent. — C9H6AzOH.Ag, combinaison d’argent et d’oxy-quinoléine.
- Sels d'aluminium. — Les sels d’aluminium employés comme antiseptiques sont généralement des composés organiques qui possèdent, en même temps que les propriétés astringentes de la base, les vertus antiseptiques de l’acide :
- Alsol, ou acéto-tartrate d’aluminium; boro-formiate d’aluminium; bromure d’aluminium; boral, ou borotartrate d’aluminium; cutal, ou boro-tanno-tartrate d’aluminium ; jlnorure d’aluminium; yallal, ou gallate basique d’aluminium ; alumnol, ou (2 naphtol-disulfonate d’aluminium; sozal, on p.-phénol-sulfonate d’aluminium; alkasol, ou salicylate double d’aluminium et de potassium ; salumine, ou salicylate insoluble d’aluminium ; salumine soluble, ou salicylate double d’aluminium et d’ammonium; sozoiodolate d’aluminium; tannai insoluble, ou tannate basique d’aluminium; tannai soluble, ou tanno-tartrate d’aluminium; p.-phénol-sulfonate d'aluminium et de potassium.
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- Composés du bismuth. — Les composés du bismuth sont très fréquemment employés depuis quelques années, notamment pour le traitement des altérations de l’estomac et de l’intestin. Ils peuvent être répartis en deux groupes, suivant qu’ils sont destinés à l’usage interne ou à l’usage externe.
- Composés bismuthiques pour l’usage interne :
- Bismutose. Albuminate à 22 p. îoo de bismuth et 66 p. 100 d’albumine.
- Bismal (Merck), méthylendigallate de bismuth, h C15H12010 -f- 3Bi(OH)3. —Poudre d’un bleu gris employée contre les diarrhées rebelles.
- Benzoate basique. (C6H4COO)3BiBi(OH)3.
- Borate. B03Bi.
- Hetoforme. Cinnamate de bismuth. Bi(C9H702)3Bi203.
- Crésylate.
- Lorètinate ou ortho-oxyquinoléine-m.-iodo-Q-sulfonate de bismuth. — Aussi employé pour l’usage externe.
- Dermatol ou sous-gallate de bismuth, C6H2(OH)3. C02Bi(0H)2.
- Helcosol ou pyrogallate de bismuth, [C6H2(0H)20]2Bi0H.
- Intestinal, naphtaline-benzoate de bismuth.
- Iodure double de bismuth et de sodium, Bil3 ANal.
- Orphol. (3 naphtolate de bismuth, (C10H7O)3Bi2O2OH.
- Phénolate (aussi pour l’usage externe). (C6H50)Bi(0H)2.
- Phosphate. BiPhO4.
- Resorcinate de bismuth.
- Salicylate double de bismuth et de cérium.
- Salicylate basique, Bi(C7H503)3. Bi203.
- Salicylate de bismuth et benzoate de sodium.
- Valerianate de bismuth.
- Bismuth-peptone, bismuth pancréatine, etc.
- Composés du bismuth employés à l’usage externe :
- /(0H,, OH
- Airol-Airoforme, gallate basique de bismuth oxyiodé. C6H2\GOq Bi</ .
- Dermol, chrysophanate de bismuth. Bi(C15H904)3. Bi203.
- ,C02CH3
- Iodogallicine ou méthylgallate d’iodo-bismuth. C6H2/ — OBiOHI.
- \oH)2
- Markasol ou borophénate de bismuth.
- Oxyiodure de bismuth, BiOI.
- Permanganate basique.
- Sous-pyrogallale de bismuth oxyiodé, C6H3(OH)2. OBiOHI.
- Sulfophénate de bismuth.
- Sulfite de bismuth, Bi(S03)3.
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- Thioforme. Di-thio-salicylate de bismuth.
- S - C6H3<
- ,OH
- -coox
- C°H:
- ^COC)/ N)H
- BiO - Bi<
- ,0 —BiO
- + 2 H20.
- 'O-BiO
- Xèroforme. Tribromo-phénate de bismuth, Ri202. OH(OC6H2. Br3).
- Sels de césium. — Ils sont employés comme antiépileptiques plus énergiques que les bromures alcalins (bromure double de césium et d’ammonium, bromure, carbonate, sulfate de césium-rubidium-ammonium). On fait aussi usage du bitartrate et de l’iodure de césium.
- Sels de rubidium. — Sont employés : le bromure, le bromure double d’ammonium et de rubidium, l’iodure.
- Sels de calcium. — Les sels de calcium les plus usités sont : le crèsylate, comme désinfectant; Yiodate, le sulfo-phénate, le lorèlinate, le permanganate, comme antiseptiques; le ferro-phospho-ladate et Yalbuminate, contre le rachitisme; le glycéro-phosphate, comme antineurasthénique; Yasaprol, ou (3 naphtol-ct monosuifonate, comme analgésique,
- Sels de lithium. — Nous citerons : le benzoate, le cafêine-sulfonate, le dilhio-salicylate, leformiatc, le gayacolate, Yhippurate, Yiodate, le bitartrate, Yacélate, le boro-sulfte, le sulfo-ichthyolale, le sozoïodolale, le glycérophosphate.
- Sels de magnésium. — Mentionnons : le benzoate, le boro-citrate, le borate, \q fluorure, Yichthyolate, le lorétinate, le permanganate, comme antiseptiques antiarthritiques; le phénol-suifonate, le salicylate, le sozoioclolate, le lactate, comme antiseptiques intestinaux ; le ferro-lactate, le phospho-lactate et le malate, comme laxatifs; enfin le créosotate, comme antituberculeux.
- Sels de mercure. — Ces sels sont destinés à des injections hypodermiques : acétate, albuminate, amido-propionate, benzoate, formamidate, diéthylate, diméthylate, diphé-nate, glutino-peptonate, glycocollate, gallate, imido-succinate, naphtolate, phénylacé-tate, phloroglucine-acétate, résorcine-acétate, silico-fluorure, salicylate basique, sozoio-dolate, tannate, tribromophénolacétate, succimide mercurique, thymolate, thymolacétate, caséine mercurielle.
- Sels de sodium. — Enumérons les principaux : cbloroborate, anthrarobinate, boro-salicylate, p.-crésotinate, dinitrocrésolate, dithio-salicylate, fluorure, sulfo-salicylate, formiate, sulfophénate, sulfo-tuménolate, sozoiodolate, oxynaphtoate, thiophènate, thiophène-sulfonate, acétosulfanilate, anisate, di-iodo-salicylate, boro-benzoate, boro-citrate, hippurate, sulfo-caféate, cantharidate, cinnamate, tellurate, éthylate, cacodylate, glycérophosphate, bromure double de sodium et de caféine, benzoate double de sodium et de caféine, cinnamate double de sodium et de caféine, salicylate double de sodium et de caféine.
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- Sels de manganèse. — Albuminate, dextrinate, mannitate, peptonate, saccharate, etc. sont employés contre T anémie, la chlorose, etc.
- Vanadine. — Solution pure de chlorure hypovanadique et de chlorate de soude.
- Un échantillon de cette solution a été exposé par M. Helouis.
- Médicament oxydant préconisé pour provoquer la destruction des toxines, qui s’oxydent et s’éliminent plus ou moins rapidement, suivant que l’oxygène est plus ou moins abondamment fourni aux tissus, et aussi suivant l’activité plus ou moins parfaite des reins.
- A été expérimenté sur les chevaux à la suite d’une épidémie qui sévit à la Compagnie de l’Urbaine en 1897, sur des porcs, lapins, cobayes, moutons, auxquels on a inoculé la tuberculose. Les résultats, des plus encourageants, ont été communiqués au Congrès de la tuberculose, tenu à Paris en 1898.
- ANTIPYRÉTIQUES.
- Comme nous l’avons déjà fait remarquer, un des premiers antipyrétiques synthétiques, Yacétanilide, présentait l’inconvénient de provoquer des accidents secondaires. L’expérience a montré qu’il était possible de faire disparaître cette propriété regrettable en introduisant dans la molécule certains groupements tels que le radical éthoxylique et l’on a obtenu ainsi laphênacètine. Mais ce composé, n’étant point soluble, n’a pas tardé à céder le pas au phénocolle, au citrophène, à Yapolysine, à la phèsine et à d’autres composés possédant également des propriétés antipyrétiques.
- Passons en revue ces divers composés en les répartissant entre sept groupes, comme l’a fait M. V. Coblentz.
- I. AMINES ACe'tYLEES ET LEURS DERIVES.
- Antifébrine, svn. acètanilide, C6H5,AzII,CO—CH3. — Cristaux solubles dans l’alcool ; f. 113°. Antipyrétique, analgésique, antirhumatismal, sédatif et anesthésique. Employé contre la fièvre, les rhumatismes, les névralgies, etc.
- Antisepsine, p. bromoacêtanilide C6H4Br.AzH.COCH3 (1) (A); f. 16A0.
- Iodo-antifêbrine,p. iodoacétanilide C6H4I.AzH.COCH3 (1) (A).
- .CH3
- Acéto-p.-toluide. C6H4< . — Cristaux solubles dans l’eau, f. iAo°.
- r \4zH.COCH3
- Acêto-o.-toluide. — Cristaux f. i07°;e. 296°.
- ,OCH3
- Méthacétine, C6H4<^ ^ ^ syii.p.-oxy-mélhylacétaniUde. — Soluble dans l’alcool,
- le chloroforme, l’acétone; f. 1270. Antipyrétique, antinévralgique, antiseptique. Employé contre la pneumonie, le typhus, la tuberculose, la scarlatine, les rhumatismes, les névralgies.
- ,CHS
- Exalgine, C6H5Az<^ , syn. mêthylphénylacêlamide.
- Cosapyrine, C6H4.(S03Na) (AzH.CO.CH3).
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- XOCH3
- Diacètanilide, G°H5. Azy
- \COCH3
- Benzanilide, GfiH5.AzH.COC6H5. — Gristaux solubles dansTalcool; L 16o°-i 62°. Antipyrétique. Employé contre les maladies infectieuses et destiné plus spécialement aux enfants.
- Bromamide, syn. bromhydrate de iribromaniline, C6H2Br3AzH.HRr.
- II. PARA-PHENETIDINE ET DERIVES.
- Le paramidophénol et le para-acétamidophénol possèdent des propriétés [antipyrétiques, mais sont toxiques. Si, dans leurs molécules, on remplace l’hydrogène du groupement phénolique par un reste alcoolique, les propriétés toxiques disparaissent ou, tout au moins, sont atténuées, tandis que les vertus antipyrétiques subsistent. On a
- /°C2H5(i)
- préparé, notamment, comme dérivé de la phénétidine C6H4<f , la pbénacétine.
- ' OC2H5 AzH2 (h)
- Phénacétine, G6H4T • — Gristaux solubles dans 16 parties d’alcool et dans
- MzHCOCH3 r
- i,5oo parties d’eau; f. i35°. Antipyrétique, analgésique, antirhumatismal. Employé contre les névralgies, le diabète, l’intluenza, la scarlatine, etc.
- A3C2H5
- Phénocolle, C6H\ . — Donne des sels solubles, le chlorhydrate, Tacé-
- \AzH.CO.CH2AzH2 J
- tate et le salicvlate (salocolle).
- yOcm5
- Lactophénine, C6H\ . — Soluble dans 33o parties d’eau.
- r NVzH.CO.CHOH.CH3 r
- Sédatine, syn. valéryl-p.-phénétidine, G6H4<
- ,OC2H3
- sAzH.CO.C4H9
- ,OC2H4
- Saliphène, syn. snlicyl-p -phénétidine, C6H4<^
- r J j i i \AzH.GO.C°H4GH
- yOcms
- Triphénine, syn. propionyl-p.-phénétidine, GGH4<^ . — Longues aiguilles
- blanches, solubles dans Talcool et dans Téther, insolubles dans beau; f. i2 0°-i2 2°. Antipyrétique et analgésique. Employé contre le typhus, la pneumonie, la pleurésie, l’inlluenza, l’érysipèle, la tuberculose, la migraine, etc.
- Apolysine, syn. Ac. monoparaphénètidine citrique,
- CtPCOOH
- I /OH C\
- | \COOH
- CH2. CO. AzH .C6H4. OG2H6.
- Soluble dans 55 parties d’eau et dans la glycérine. Antipyrétique, antiseptique et anti-névralgique.
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE. Citrophène. — Combinaison de l’acide citrique avec la p.-pliénétidine, C6H807(AzH2C6H4OC2H3)3.
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- F. i8i°. Antipyrétique, antinévralgique et sédatif. Employé contre le typhus, la migraine, les névralgies, les rhumatismes.
- Kyrofne, syn. p. pliénétidine de J’acide mélhylglycolique, CH3.OCH2.COHAz.C6H4OC2H5 — Soluble dans 600 parties d’eau.
- .CH3
- Malarine, syn. acétophone-phénétidine, C6H5.C^ . —F. 88°. Antipyré-
- \\z.C6H4.OC2H5
- tique avec action hypnotique et antinévralgique.
- Phésine, syn. acèto-p.-phénètidine-sulfonate de sodium-,
- Très soluble.
- yOC2H5
- CüH3^-S03Na
- MzHCOCH3.
- ,OC2H5
- Amygdophénine, C6H4^ ^ ^ CHOH G H ’ P^ny^yc0^~P'~P^n^^ne'
- lubie dans l’eau.
- Vanilline-éthylcarbonate-p -pliénétidine, ou eupyrine,
- Inso-
- C°H4<
- ,OC2H5
- \\z= CH. C6H3<
- F. 8j°-88°. Antipyrétique doux pour enfants.
- ,OCOOC2H5 . OC H3
- III. DÉRIVÉS HYDRAZINIQUES.
- La phénylhydrazine ne possède aucune propriété thérapeutique, mais plusieurs de ses dérivés doivent être classés parmi les antipyrétiques.
- Hydracéline ou pyrodine, syn. acêtylphénylliydrazine, C6H5.AzH — AzH .COCH3. — Cristaux soluble dans l’eau et l’alcool; f. 128°5. Antipyrétique et analgésique. Employé contre la fièvre et les rhumatismes.
- Antitherminc ou phénylhydrazone de l’acide levulique,
- C6H5. AzH - Az : C(CH)3. CH2 - CH2 - COOH.
- .CH3
- Agathine, C6H5. Az<^ ^ CH G H' OH ’ S^n‘ sa^'6^ a m(îthyl-phénylhydrazone. — Cristaux solubles dans l’alcool et dans l’éther ; f. 7 h°. Antinévralgique et antirhumatismal.
- IV. DERIVES DE LA PYRAZOLONE.
- Antipyrine, syn.phênazone, analgèsine, mèthozine,parodine,sèdatine. — L’antipyrine, produit dont la vogue a été si grande, fut découverte par M. Knorr en 188A. Sa formule
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- 384 EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- de constitution est la suivante :
- CH3 .C=CH
- CH3. AzI^^JcO
- Az — C6H5.
- C’est celle d’une ( diméthyl-phényl pyrazolone. L’antipyrine est soluble dans [l’eau et l’alcool ; f. 113°. Antipyrétique, analgésique, antiseptique, etc.
- Tolypyrine, syn.dimèthyl-tohjl-pyrazolone,
- CH,C=CH
- CH3. AzI^yGO
- Az - C#H4.CH8.
- Son activité est supérieure à celle de l’antipyrine. Cristaux; f. 136-187°; solubles dans to parties d’eau et dans l’alcool. Antipyrétique, antirhumatismal, antinévralgiquc. Pyramidone, syn. dimêthylamido-dimêthyl-pliényl-pyrazolone,
- CH3 - C=C - A;
- Cil3 - AzI^jcO Az.CW.
- ,CH3
- "GH3
- Ce composé possède une activité trois fois plus forte que l’antipyrine.
- Salipyrine, syn. salicylate d’antipyrine, CnH12Az20. CH°03.— Cristaux solubles dans l’alcool, le chloroforme, l’éther et dans 2 5o parties d’eau; f. 92°. Antiseptique, antipyrétique et analgésique. Employé contre les rhumatismes, l’influenza, la pleurésie, etc.
- Tolysal, syn. salicylate de tolypyrine, CJ2H14Az20. C7H°03. — Cristaux peu solubles dans l’eau et dans lether; solubles dans l’alcool; f. ioi°-i0 2°. Antinévralgique, antipyrétique et antirhumatismal.
- Benzoate d’antipyrine.
- Naphtopyrine, CnH12Az20. C10H7OH.
- Tussol, phénylglycolate d’antipyrine, CnH12Az20 . C6H5.CHOH — C02H. — F. 53°.
- Iodopyrine, CuHuIAz20. — Cristaux incolores ; f. 160°. Antipyrétique, analgésique. Employée contre la tuberculose, le typhus, l’asthme, la migraine.
- Ferripyrine, Fe2Cl6(CnH12Az20)3. — Cristaux rouges solubles dans l’eau. Tonique, astringent. Employé contre l’anémie, la chlorose, etc.
- Hypnal, syn. chloral-hydrantipyrine, CCI3. CH (0H)2CnH12Az20. — Cristaux f. à 67°, solubles dans 6 p. d’eau. Hypnotique, analgésique et antipyrétique.
- V. DÉRIVÉS DE LA QUTNOLÉINE.
- Acélo-o.-amido-quinoléine, C9H6Az (AzH. COCH3).
- Analgène, syn. labordinum, benzanalgène, ckinalgène, 0. êthoxy-ana-monobenzoylamido-
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
- 385
- quinoléineC9H5Az. OC2H5. AzHC7H50. — F. 208°. Antipyrétique, analgésique et antirhumatismal. Employé contre les névralgies, les rhumatismes, etc.
- Thermifugine, C9H8Az (OCH3) (COONa). — Sel de sodium de l’acide méthoxyhydro quinoléine-carbonique.
- VI. URETHANES.
- /OG2H5
- Euphorine, syn. phényluréthane, CO<^ H c H ' '— Aiguilles solubles dans l’alcool et
- dans l’éther; f. 4g°-5o0. Antirhumatismal, antiseptique et antipyrétique.
- Neurodine, syn. acètyl-p-oxyphènylurèthane,
- .OC2!?
- CO/ yà.
- Hz(C6H40-C0CH3).
- Antinévralgique et antipyrétique; f. 87°; peu soluble dans l’eau. Thermodine, syn. acètyl-p-éthoxyphénylurèthane,
- C*H4<
- ,OC2H5
- /COCH3
- 'A z
- COOC2H5.
- Peu soluble dans l’eau; f. 86°-88°. Antipyrétique, antiseptique et analgésique. Employé contre le typhus, la pneumonie, la pleurésie, l’influenza, la tuberculose, l’érysipèle , l’angine de poitrine, etc.
- VII. DÉRIVES DE L’ACIDE SALICYLIQUE.
- Acide di-iodo-salicylique, C6H2I2(0H)(C00H). — Soluble dans l’alcool et dans'l’éther ; f. 22o°-23o°. Antipyrétique, analgésique, antiseptique.
- Benzacétine, syn. acide acétamido-éthylsalicylique, G6H3(OC2H5) (AzH. COCH3) (COOH) f. 20 5°. Antinévralgique et sédatif.
- /m
- Salophène, svn. acétamidosalol, C6H\ . — Soluble dans l’alcool;
- ' J \C02.C6H4AzH.C0CH3
- f. i87°-i88°. Antiseptique, antipyrétique et analgésique.
- Salicylo-sulfonate de sodium, C6H4(0H)(C00H)(S03Na).
- CORPS INDIFFÉRENTS ET HYPNOTIQUES.
- I. ETHERS.
- ;och3
- Méthylal, syn. éther mélhylène-diméthylique, CH2<(d ; e. A20. Anesthésique local, hypnotique.
- /OC2H5
- Acétal, CH3-CH<
- \OC2H5.
- Gu. XIV. — Cl. 87. — T. 1.
- IMPRIMERIE NATIONALE.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- IL ALDÉHYDES ET DERIVES.
- Paraldéhyde, (CH3-CHO)3. — Soluble dans l’alcool, dans l’éther et dans 8-1 o p. d’eau ;
- e. 12A0. Hypnotique, antispasmodique et stimulant.
- Métaldéhyde, (CH3-CHO)3. — Cristaux sublimables àiia°-n 5°, solubles dans le chloroforme et le benzène, peu solubles dans l’alcool et dans l’éther. Sédatif et hypnotique. Hydrate de chloral, CCI3. CH(OH)2; f. 57°; e. 97°.
- Chloral ammonium,, CCI3. CHOHAzH2. — Cristaux blancs, solubles dans l’alcool et dans l’éther; f. 64°. Hypnotique et analgésique.
- Chloralamide, syn. chloralformamide, CCI3. CHOll. AzH . CHO.
- Chloralimide, CCI3.CH:AzH. — Cristaux solubles dans l’alcool et lether; f. 160°. Hypnotique et analgésique.
- Cyanhydrate de chloral, CCI3. CHO .HCAz. — Cristaux solubles dans l’alcool, l’eau et l’éther; f. 58°-6i°; e. 218°.
- Chloralose, syn. glycochloral, syn. anhydro-gluco-chloral, CsHnCl306. — Cristaux solubles dans l’alcool, peu solubles dans Peau; f. i58°.
- Chloral-acétaldoxime, CCI3. CHOHO . Az = CH. CH3, et autres oximes.
- Hydrate dehromal, C2Br3H(OH)2. — Cristaux solubles dans l’eau, l’alcool et l’éther;
- f. 53°5. Antispasmodique, sédatif et hypnotique.
- III. CÉTONES.
- Diéthylcélone, CH3-CH2-CO-CH2-CH3. — Liquide soluble dans l’alcool et dans l’éther; ' e. 1010.
- Hypnone, syn. acètophénone, C6H5-CO-CH3. — Soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, les huiles grasses; f. 20'; e. i98°-2 0 0°. Hypnotique.
- IV. DISULFONES.
- Sulfonal, syn. cliéthylsulfone-diméthyl-méthane, (CH3)2C(S02C2H5)2. — Cristaux solubles dans 65 p. d’alcool, 135 p. d’éther, 5oo p. d’eau; f. i2 5°5; e. 3oo°. Hypnotique, sédatif.
- Trional, syn. diéthylsuljone-mélhyléthyl-méthane, (CH3)(C2H5)C(S02C2H5)2. — Peu soluble dans l’eau, soluble dans l’alcool ; f. 7 6°.
- Télronal, syn. diéthylsulfone-diéthyl-méthane, (C2H5)2C(S02C2H5)2. —Peu soluble dans Teau, soluble dans l’alcool; f. 85°. Hypnotique et sédatif.
- V. URÉTHANES.
- /0G2HS
- Euphorine, syn. phénylurétliane, CO<^ — Aiguilles solubles dans l’alcool et
- dans l’éther; f. /t9°-5o°. AzH.CH,
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- Praline, syn. chloral-uréthane, C0<
- .OC2H6
- sAzH. CHOH. CCI3.
- Soinnal, alcoolate de chloraluréthane, GO (OC2H5) (AzH . CH. OC2H5. CCI3). Hypnotique.
- VI. DÉRIVÉS DE LA CAFÉINE.
- Ethoxy-caféine, C8H9Az402(0C2H5). — Cristaux solubles dans l’alcool chaud et dans l’éther; 1. iAo°.
- Cliloral-caféine, C8H10Az402C2Cl3HO.
- DIATHESE URIQUE.
- /GH‘2-GH^
- Pipêrazine, syn. diêthylcne-diamine, AzH<^ ^>AzH. — Aiguilles solubles clans
- l’eau; f. 1 oA°-ioy°; e. i/i5°. GH GH
- .CH2 CH(CH3V
- Lycétol, c’est le tartrate de la diméthyl-pipérazine, AzH<^ y AzH. — Le
- lycétol est soluble dans Peau; f. 2k3°. GH jH^G ^
- Lysicline, syn. méthylglyoxalidine ou éthylèneéthényldiamine, C4ll8Az2.
- Urotropine, syn. hexaméthylènetêtramine, Az4(CH2)6. — Soluble dans l’eau, se sublime
- Saliformine, syn. salicylate cl'hexaméthylènetêtramine, Cr,H'2Az4. C6H4. OH C02H. Cristaux blancs solubles dans l’alcool et dans l’eau.
- Alun de tétra-allyl-ammomum.
- Hydrate de tétrêthylammonium, (C2H5j4. AzOH.
- ANESTHÉSIQUES.
- I. SUBSTANCES PRODUISANT L’ANESTHESIE TOTALE.
- Chlorure de méthylène, CH2Cl2. — Liquide soluble dans l’alcool et dans l’éther ; e. ko0. Chloroforme, HCC13; e. 6o°-62°. — Anesthésique, antiseptique et analgésique. Employé contre les coliques, l’asthme, l’hystérie, les névralgies, etc.
- Tétrachlorure de carbone, CCI4.— Liquide D0 = 1,632; soluble dans l’alcool et dans l’éther; e. 78°. Nous en donnons plus loin une nouvelle préparation.
- Chlorure d’éthylène, CH2C1—CH2C1, syn. liqueur des Hollandais. — Liquide D15= 1,260; e. 83°y.
- Chlorure d’éthylidène, CH3.CHC12. — Liquide D0 = 1,20A; e. 58°-6o°.
- Chlorure d’éthylène chloré, syn. trichlorure de vinyle, CH2C1.CHC12.
- Trichloroéthane, syn. mêthylchloroforme, CH3. CCI3. — Liquide, e. y5°; I)15= 1,3A6. Chlorure d’isobatyle, (CH3)2CH. CH2C1. — Liquide soluble dans l’alcool; e. 69°.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Amylène, C5H10. — Liquide D0 = 0,670; soluble dans l’alcool et dans l’éther: e. 350-26°.
- Ether ordinaire, syn. oxyde d'éthyle, (C2H5)20; e. 87°.
- II. SUBSTANCES PRODUISANT L’ANESTHESIE LOCALE.
- Chlorure de méthyle, CH3C1.
- Chlorure d’éthyle, C2H5G1.
- Iodure de méthyle, CH3I. — Liquide soluble dans l’alcool; e. A2°8.
- Cocaïne,
- CH2
- HC/\CH2
- H(AJcH-CHO (COCHt5). CH2-COOCH3.
- Az
- syn. méthyl-benzoyl-ccgonine, — Alcaloïde des feuilles d’érythroxylon coca. Cristaux solubles dans l’alcool, le chloroforme et l’éther; f. 98°.
- Eucàine a,
- C6H5-C O 0\^/C O O -CH3 C
- H2Cf"\CH2
- CH3\.| I /CH3 HCl +H20 CH3/ AzCH3 \CH3
- Ce produit, un peu irritant, a fait place à l’eucaïne /S.
- Eucaïne (2,
- OTCOO-CH
- H2C^\CH2
- CH3\
- >cvycH-cH3
- CH3/ AzHHCi + H20.
- Ce corps produit une anesthésie plus persistante que la cocaïne.
- Orthoforme, syn. éther méthylique de l’acide p-amido-m-oxybenzoïque,
- COOCH3
- OH.
- AzH2
- Orthoforme nouveau, syn. éther méthylique de l’acide-m-amido-p-oxybenzoïque,
- COOCH3
- AzH2
- OH.
- Ce corps est une poudre plus régulière, plus fine, plus blanche et moins chère que l’orthoforme.
- ^Az.C6H4.OC2H6
- Holocaine, CH3. C< , s’obtient par condensation de la phénacétine avec
- , 1 , .... ^AzH.WOOT 1 r
- la para-phénétidme.
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- /)CH2.C6H5 (1)
- Pyrocdine, syn. éther henzylique du gayacol, C6H4<^ . Ce corps n’est pas
- toxique et produit une anesthésie durable. G ^
- Métlioxycaféine, C8H9(0CH3)Az402. — Employée en injections sous-cutanées. Formanilide, C6H5. AzH. CHO. — Cristaux solubles dans l’eau et l’alcool; f. A6°. Analgésique, anesthésique, antipyrétique.
- EugènoEacétamide,
- CH2-CH — CH2
- OCH3
- OCH2-COAzH2
- Gayacyle, syn. gayacol-sulfate de calcium, C6H4<
- /O GH3 CH30
- -OCH3
- s0S03CaS03
- \ceH4.
- .0/
- Ethylformiate d'amsidine, C6H% . Prend naisssance quand on fait agir
- \ Az = CHOC2H5 ^ D
- l’orthorformiate d’éthyle sur l’anisidine; e. 2 53°.
- Ethylformiate de p. phénétidine, C6Hi<^
- Tous deux seraient des anesthésiques.
- OC2H5
- Az = CHOG2H5
- S’obtient de la même manière.
- Propine,
- MYDRIATIQUES.
- Feuillets blancs solubles dans l’eau et dans l’alcool; f. 6i°; e. 229°. Scopoline,
- Ecffomne,
- CH2
- HC^ '^N>CH2 \CHOH
- \G0 \CH 'A^-CH3
- H2C
- Az-CH3
- Prismes monocliniques blancs, solubles dans l’alcool, très peu solubles dans leau, f. 198°.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Eucciine /S. Voir anesthésiques.
- Euphtalmine,
- Mydrol, syn. phényl-méthyl-pyrazoline iodée,
- GH —CH
- CH3-Az-CflHB
- Thermine, syn. chlorhydrate de tétrahydro-fi-naphtylamine, Cl0HnAzH2. HCL
- TONIQUES ET ALBUMINOÏDES NUTRITIFS.
- Glycéro-phosphate de fer, FeP04C3H5(0H)2 -f- 2H20. Lamelles solubles dans l’eau et l’alcool étendu.
- Lactate de fer, Fe(C3H503)2 + 3H20. — Soluble dans ko p. d’eau.
- Glycéro-phosphate de calcium, (C3H7P06)2Ca. — Cristaux blancs solubles dans l’eau.
- Glycéro-phosphate de potassium, C3H703P0(0K)2-+- H20.
- Glycéro-phosphate de lithium.
- Glycéro-phosphate de sodium.
- Glycéro-phosphate de magnésium.
- Strychnine, C21H22Az202. — Alcaloïde des semences de Strychnos nux vomica. Cristaux très peu solubes dans Peau; f. 268°. Très vénéneux.
- Brucine, C23H26Az204 AH20. — Alcaloïde de même origine; f. 105°. Très vé-
- néneux.
- Ahsinthine, C40H29O9. — Principe amer de YArlhemisia absynthium; f. i2 0°-i 2 5. Cétrarine, C18H160. — Cristaux solubles dans l’alcool chaud et les carbonates alcalins.
- Aleuronate. — Matière albuminoïde végétale.
- Carniferrine. — Combinaison d’acide phosphocarnique et de fer.
- Caséine-peptone. — Caséine digérée.
- Eucasine. — Produits de l’action du gaz ammoniac sur la caséine sèche.
- Nutrose. — Composé de caséine et de soude.
- Protogène. — Préparation obtenue avec de l’albumine d’œuf.
- Sanose. — Contient de la caséine et des albuminoïdes.
- Somatose. — Renferme les éléments albuminoïdes de la viande.
- Ferro-somatose.
- Lacto-somatose.
- Ferratine. — Combinaison assez soluble de fer et d’une variété d’acide albumi-nique.
- Hematogène (Bunge). — Combinaison de fer et de nucléo-albumine.
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- Hématogène (Hommel). — Sang défibriné et concentré additionné d’un peu de créosote. Hèmatogène (Marfori). — Acide albuminique ferrifère.
- Hémalbumine. — Sels et principes albuminoïdes du sang.
- Hèmatine-albumine.
- Hematigum. — Produit hydro-alcoolique renfermant des combinaisons indifférentes du fer.
- Hémochromogène.
- Hémofer. — Produit de la dessiccation du sang privé du sérum.
- Hémogallol. — Produit de l’action des agents réducteurs sur l’hémoglobine du sang de bœuf.
- Hémol. — Produit de la réduction de l’hémoglobine au moyen du zinc en poudre. Arsen-hémol.
- Hémol-bromé.
- Hémol-cuprique.
- Hydrargyr-iodo-hémol.
- Iodo-hémol.
- Zinc-hèmol.
- Hémoglobine. — Matière colorante du sang.
- Méthémoglobine. — Produit d’oxydation de l’hémoglobine.
- Fer albuminé.
- Fer albuminé peptonisé.
- Albuminate de fer et de sodium.
- Casèinate de fer.
- Dextrinate de fer.
- Ferropyrine. — Composé de fer et d’antipyrine.
- Ferrosol. — Mélange d’oxyde de fer sucré et de chlorure de sodium.
- EXCITANTS.
- Eunatrol, syn. oléate de sodium.
- Nicotine. — Alcaloïde des feuilles de tabac, C10H14Az2; e. 9/17°. On emploie un certain nombre de dérivés de ce corps.
- Chlorhydrate de pilocarpine, CnH16Az202HCl. — Cristaux solubles dans l’eau et dans l’alcool; f. 197°.
- Physostigmine (Eserine). — Alcaloïde des feuilles de Physostigma venenosum, C15H21Az302. Cristaux f. vers ioo°, solubles dans l’alcool, l’éther, le benzène, le chloroforme , peu solubles dans l’eau.
- Chlorhydrate d'émétine, Cl5H22AzQ2HCl. — Chlorhydrate de l’émétine, substance extraite de l’ipecacuanha.
- Chlorhydrate d’apomorphine, CI7H17Az02HCl.— Dérivé de la morphine, soluble dans l’eau; f. 970°.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- Vératrine. — Alcaloïdes des semences de Sabaclilla ojjîcinalis. C32H49AzO°. Cristaux blancs solubles dans 10-12 p. d’alcool et dans l’éther ; f. 202°-2o3°
- Colcliicine. — Principe extrait des feuilles de Colchicum autumnale. C22H25Az06. Soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther; f. i5A°.
- Cantharidine, C*°H1204. — Principe actif de la cantharide. Cristaux solubles dans l’alcool, l’éther, etc.; f. 218°. Stimulant, vésicant, antituberculeux et aphrodisiaque. Iridine. — Résinoïde extrait des rhizomes d’iris.
- AGENTS ORGANO-THÉRAPEUTIQUES.
- EXTRAITS THYROÏDIENS.
- Ces extraits sont employés contre le psoriasis, l’eczéma, le lupus, le crétinisme sporadique, le goitre, l’obésité, le fibrome, etc.
- Thyréoïdine sèche. — Glande nettoyée et séchée.
- Thyroprotéide. — L’un des albuminoïdes actifs de la glande normale. Très toxique. Thyréoïdine. — Mélange de deux albuminoïdes de la glande. lodothyrine. — Produit extrait de la glande thyroïde du mouton.
- Thyradène. —Thyréoïdine desséchée du mouton.
- Ihyrèoantitoxine. — Paraît être un dérivé de la guanidine.
- Thyroïdine (Hammond). — Extrait stérilisé de la glande thyroïde du mouton. Aiodine (Roche). — Produit renfermant la substance active de la glande thyroïde. Opothyréoïdine. — Extrait fluide.
- EXTRAITS DE THYMUS.
- Thymus desséché en poudre.
- Nuclèohiston. — Albuminoïde préparé avec la lymphe du thymus de veau. Opothymine. — Extrait fluide.
- EXTRAITS DE MATIERE CERERRALE.
- Cerebrum exsiccatum. — Organe desséché et pulvérisé.
- Cèrébrinine ou cérébrine a. — Extrait fluide stérilisé.
- EXTRAITS DU CORPS PITUITAIRE.
- Hypophyse cérébrale pulvérisée.
- Opo-hypophysine. — Extrait fluide.
- EXTRAITS DES REINS.
- Renes siccati. — Reins de mouton et de veau'pulvérisés.
- Renes (Roche). — Extrait sec.
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- Opo-rènine. — Extrait fluide.
- Succus renalis. — Extrait liquide de rognons.
- CAPSULES SURRÉNALES.
- Sphygmogénine. — Préparation très active.
- Suprarénadène. — Extrait sec.
- Supradine. —Extrait sec, renferme o.oi5 p. 100 d’iode.
- Extrait suprarénal hémostatique. — Extrait préparé avec les capsules sèches ; sa dissolution aqueuse provoque une rapide contraction des vaisseaux sanguins.
- EXTRAITS DE MOELLE D’OS.
- Il s’agit là de produits employés dans les cas d’anémie ou de chlorose, et connus sous les noms de poudre de moelle d’os rouges, opo-médulline, opo-ossiine, mèdulladène, myélène. On emploie aussi Yossagène, sel de calcium des acides gras de la moelle rouge des os.
- EXTRAITS DE RATE.
- Linadine. — Extrait sec divisé en tablettes auxquelles on a ajouté 1 p. 100 de fer et o.oi 5-0.0 2 p. îoo d’iode.
- Nucléine. — Poudre brune, à base de rate, employée comme digestif.
- Nucléohiston. — Poudre albuminoïde obtenue avec les glandes lymphatiques et la rate.
- Eurythol et opo-liénine. — Extraits liquides ou sirupeux.
- EXTRAITS DU CŒUR.
- Cardine. — Extrait stérilisé du cœur de bœuf, employé comme tonique du cœur.
- EXTRAITS DE LA PROSTATE.
- Les extraits de la prostate du taureau sont employés dans les cas d’hypertrophie de cette glande.
- EXTRAITS TESTICULAIRES.
- Ces extraits, préparés avec le liquide testiculaire du bélier ou du taureau, sont employés contre les maladies mentales, l’hystérie, la neurasthénie, etc.
- Spermine. — Liquide testiculaire recommandé dans certaines maladies du cerveau. Son principe actif est la spermine (leucomaïne).
- Spermine (Pœhl). — Solution de chlorure double de sodium et de la hase, la spermine, C5H14Az.
- Testadène, didymine, testine, testidine, testis, opoorchidine. — Extraits liquides ou secs préparés soit avec les organes du taureau, soit avec ceux du bélier.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.
- EXTRAITS OVARIQUES.
- On emploie les extraits préparés à l’aide des ovaires frais de la vache ou de la. truie. Ovariine. — Poudre d’ovaires de vache.
- Ovadine. — Extrait sec renfermant 0.00127-0.0048 p. 100 d’iode.
- Ovaradène. — Extrait sec.
- Oophonne. — Extrait trois fois plus concentré que le précédent.
- MISCELLANÉES.
- Musculine. — Extrait du tissu musculaire du bœuf.
- Mammae. — Extrait de mamelles fraîches de vache.
- Pulmmine. — Extrait du poumon de veau.
- PERFECTIONNEMENTS
- INTRODUITS
- DANS LA PRÉPARATION DES ACIDES TARTRIQUE, CITRIQUE, LACTIQUE.
- Malgré les tentatives faites dans ces dernières années pour trouver une autre source de production pour au moins l’un de ces acides, tentatives sur lesquelles nous reviendrons un peu plus loin, les trois acides se préparent toujours avec les mêmes matières premières. Seuls les procédés employés ont subi de légères modifications.
- Acide tartrique. — On sait que le procédé classique de fabrication de l’acicle tartrique consiste à traiter les tartres bruts par Tacide chlorhydrique, à séparer par filtration les matières insolubles et à saturer le liquide filtré par de la chaux ou de la craie. Le précipité de tartrate de chaux ainsi obtenu est enfin décomposé par l’acide sulfurique.
- Procédé Gladysz breveté par MM. A. Mante, Legré et Clc. — Le procédé de fabrication employé par MM. Mante-Legré et C10, à Marseille, et breveté par cette maison, diffère en plusieurs points de cette méthode classique. Ce procédé repose sur les faits expérimentaux suivants :
- i° Lorsque l’on traite un mélange de tartrate de calcium et de bitartrate de potassium par une solution d’acide sulfureux, on arrive à dissoudre totalement et à froid, les deux composés considérés;
- 20 Lorsque Ton porte à l’ébullition la solution sulfureuse, obtenue comme il est dit précédemment, le tartrate de calcium se précipite en premier lieu, tandis que le bitartrate reste en dissolution et ne se dépose que par refroidissement;
- 3° Lorsqu’on fait une solution chlorhydrique de tartrate (tartrate de calcium et bitartrate de potassium) saturée à froid, et qu’on y ajoute du bisulfite de sodium corres-
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- ARTS CHIMIQUES ET PHARMACIE.
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- pondant à la quantité de potasse préexistante, il s’opère à froid une précipitation de bitartrate de potassium, tandis que le tartrate de chaux reste dissout.
- k° Lorsqu’on ajoute à la liqueur chlorhydrique, comme au n° 3 du chlorure de potassium correspondant à la quantité de tartrate de calcium préexistant et qu’on y introduit du bisulfite de soude, on précipite la majeure partie de l’acide tartrique à l’état de bitartrate.
- On voit que l’agent essentiel de toutes ces réactions est l’acide sulfureux employé seul ou concurremment avec l’acide chlorhydrique.
- C’est en combinant ces diverses réactions, découvertes et étudiées par M. Gladysz, directeur des établissements Mante-Legré, que cette maison est arrivée à tirer le meilleur parti des matières premières telles qu’elles se présentent sur le marché.
- On peut, en effet, soit extraire du tartre les deux composés présents (tartrate de calcium et bitartrate de potasse) pour transformer le premier en acide tartrique et le second en crème de tartre, soit convertir l’ensemble.en bitartrate de potasse pur, soit enfin suivre le procédé classique, c’est-à-dire convertir le tout en tartrate de calcium et acide tartrique.
- Entre les mains de leur auteur, ce procédé, plus ou moins modifié, a permis de produire la crème de tartre à un haut degré de pureté (98-99 degrés) avec des matières premières ne titrant que 20 à 25 degrés d’acidité et cela en une seule opération et sans raffinage ultérieur. Cette méthode de traitement nous semble en somme uniquement avantageuse pour la préparation du premier jet de bitartrate de potasse pur, car le traitement en vue de l’extraction de l’acide tartrique comportera toujours la précipitation préalable à l’état de tartrate de calcium.
- Procédé Auguste Martignier. — Brevet du 2 3 novembre 1889. — Comme celui qui vient d’être exposé, le procédé Martignier a surtout pour but de préparer économiquement la crème de tartre. Le procédé est basé sur la réaction suivante : lorsqu’à une solution saturée de sulfate de potasse on ajoute du tartrate de chaux, il se forme du tartrate neutre de potasse et du sulfate de chaux d’après l’équation suivante :
- C4H406Ca + S04K2 = C4H406K2 + CaSO4
- Cette réaction est complète, et se fait soit à froid ou plus rapidement à chaud ou sous pression, à condition toutefois qu’il y ait excès de sulfate de potasse.
- Les lies, sablons, tartres ou autres matières tartreuses sont donc traités par une solution saturée de sulfate de potasse. Ce traitement peut se faire à froid, à l’ébullition ou sous pression suivant que l’on dispose d’un matériel plus ou moins considérable, l’opération à chaud étant plus rapide mais donnant des liquides plus colorés qu’à froid. Si la lie contient du bitartrate de potasse, on devra la neutraliser préalablement avec de la craie.
- La réaction terminée, on sépare le résidu contenant le sulfate de chaux et les matières insolubles du liquide contenant le tartrate neutre de potasse et l’excès de sulfate
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- de potasse. Cette séparation peut se faire par décantation, filtre-presse, ou autres moyens appropriés.
- Le liquide est ensuite décoloré par le noir d’os, puis traité par une quantité équivalente d’acide sulfurique qui, en précipitant la presque totalité du bitartrate de potasse régénère la moitié du sulfate de potasse entré en réaction. La crème de tartre ainsi précipitée est purifiée par les moyens connus. Pour la fabrication de l’acide tartrique, on transforme cette crème de tartre en tartrate de chaux également par les moyens connus.
- Dans un certificat d’addition l’auteur revendique la substitution du sulfate de soude au sulfate de potasse, ou d’un mélange judicieux des deux sulfates qu’il ajoute à la lie ou aux tartres. Il se forme alors du tartrate neutre de potasse, le sulfate de soude favorisant la réaction. Il suffit ensuite d’ajouter la quantité équivalente d’acide sulfurique pour précipiter le bitartrate de potasse.
- Acides citrique et lactique. — Le premier de ces acides est toujours produit industriellement en partant du jus de citron. Le développement donné à la culture du citronnier tant aux Etats-Unis (Californie, Floride) qu’en Italie même a, en effet, permis de le préparer dans des conditions de bon marché telles que le procédé ingénieux et élégant imaginé par M. C. Wehner n’a pu prendre racine dans l’industrie, malgré tous les soins et toute la persévérance qu’y a mis la Société des produits chimiques de Thann et de Mulhouse en Alsace.
- Rappelons, pour mémoire, que ce procédé consiste à ensemencer une solution de glucose mélangée de carbonate de chaux et de cendres de levures, ou de sels convenables, avec une espèce de pénicillium spécial (citromyces Pfefferianus) qui croît sur l’écorce de citron, et à abandonner la solution dans des ballons plats, dans une enceinte maintenue à une température déterminée. Tout en se développant et en formant à la surface du liquide un voile plus ou moins épais, le ferment oxyde le glucose en acide citrique, qui se combine à mesure au carbonate de chaux pour former du citrate de chaux soluble. Lorsque la fermentation est régulière, le rendement en acide citrique peut atteindre jusqu’à 5o p. îoo du poids de glucose employé.
- Malheureusement, comme toutes les fermentations, la fermentation citrique est soumise aux caprices du ferment, et il arrive souvent quelle est subitement arrêtée, sans qu’on ait pu déterminer la cause de cet arrêt et partant la mort de l’organisme. La disparition de celui-ci nécessite alors une nouvelle culture, d’où perte de temps et de matière.
- Acide lactique. — Comme l’acide citrique, et l’acide butyrique, l’acide lactique est un produit de dédoublement du glucose sous l’influence d’une levure spécifique, la levure lactique. Les applications que cet acide a reçu dans l’impression comme succédané des acides citrique et tartrique, ont fait que sa fabrication en grand a été entreprise par quelques maisons. Le procédé employé est en réalité toujours le même, bien qu’il y ait eu des demandes de brevet pour retirer cet acide des eaux de fermentations qui baignent certaines conserves, et en particulier la choucroute.
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- Rappelons que le procédé classique consiste à faire fermenter une solution de sucre ou de glucose mélangée de fromage avarié et de lait caillé en présence de carbonate de chaux ou d’oxyde de zinc.
- Les perfectionnements nombreux qui ont fait l’objet de demandes de brevets, ont uniquement porté sur la nature de la matière première sucrée, sur les proportions des mélanges, sur la conduite de la fermentation qui est loin d’être bien connue, et finalement sur le traitement du lactate obtenu en vue de la séparation de l’acide.
- Parmi les sels de l’acide lactique employés dans l’industrie, il convient de mentionner Yantimonine qui n’est autre chose qu’un lactate double d’antimoine et d’un alcali. Il sert comme succédané de l’émétique en teinture et en impression.
- Tétrachlorure de carbone CCI4. — Ce produit a été préparé jusqu’à présent par l’action du chlore sur du sulfure de carbone. On obtient dans ces conditions, comme produit secondaire du chlorure de soufre qui devient une matière encombrante, dès qu’il s’agit de produire des quantités notables de tétrachlorure de carbone. De plus, le prix de revient de ce chlorure est trop élévé pour les usages auxquels il peut servir, et il y a un grand intérêt à le rendre abordable.
- Plusieurs tentatives ont été faites pour préparer ce composé par des procédés plus économiques. Une des dernières en date est due à la société la Volta (brevet français n° 312 o A6 , du 22 juin 1901),
- Le procédé de cette société repose sur faction du chlorure de soufre sur le charbon au rouge.
- 2S2CU + 3C = CCI4 + 2 CS2.
- Le sulfure de carbone produit est transformé par les procédés ordinaires en chlorure de carbone et en chlorure de soufre qui rentre en réaction. On supprime ainsi l’emploi du sulfure de carbone comme matière première, et on évite d’être encombré par des quantités croissantes de chlorure de soufre dont il est difficile de se débarrasser.
- L’appareil est une cornue analogue à celles qui servent à la préparation du sulfure de carbone. Elle est chauffée extérieurement ou bien intérieurement au moyen d’une résistance électrique en charbon. Un tube d’arrivée introduit le chlorure de soufre au fond ; à la sortie se trouve un déflagmateur qui sépare la plus grande partie du chlorure de soufre entraîné, et un réfrigérant pour condenser les vapeurs.
- On peut faire varier la quantité de chlore mise en jeu dans la réaction en introduisant des chlorures de soufre plus ou moins chlorés.
- Comme nous l’avons vu plus haut (chapitre Produits pharmaceutiques, anesthésiques), le chlorure de carbone est un corps très stable, bouillant à 78 degrés, de densité 1.6. Il dissout très bien les corps gras et un grand nombre d’autres corps. Il est ininflammable. Un mélange à parties égales de tétrachlorure et de benzène ne s’enflamme pas.
- Ce corps peut donc remplacer avantageusement la benzine, les gazolines, le sulfure de carbone dans la plupart de leurs applications comme dissolvants. De plus, il est
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- beaucoup moins nocif que ces liquides qui sont généralement impurs. On peut Remployer pour le dégraissage des laines et des tissus de toutes sortes. On s’en est servi avec succès pour détruire les charançons dans les silos contenant du blé. Le sulfure de carbone généralement employé pour cet usage est trop dangereux.
- L’industrie du caoutchouc ne manquera sans doute pas de l’appliquer également.
- Si le procédé en question donne de bons résultats, industriellement parlant, le prix de revient du produit ne sera certainement pas plus élevé que celui du sulfure de carbone, car les mêmes quantités de soufre pourront servir à peu près indéfiniment, et le chlore provenant de Télectrolyse des chlorures alcalins devant baisser de prix au fur et à mesure que sa production s’étendra par ce procédé.
- SÉPARATION DES TERRES RARES DU GROUPE DU SAMARIUM.
- Bien que les sels de terres rares exposés par la maison Chenal et Douilhet, n’aient pas trouvé jusqu’à présent d’applications industrielles, nous croyons cependant, en raison de leur beauté et de leur pureté, devoir en donner la méthode de préparation, telle quelle nous a été gracieusement communiquée par son auteur M. Demarçay.
- « La matière première qui a servi à l’extraction des terres en question provenait de sables à monazite d’où Ton avait séparé d’abord la thorine par un procédé spécial, puis le cérium, par le procédé de Debray. Ce dernier était à peu près totalement éliminé. II n’en restait plus que de très faibles traces.
- La méthode de M. Witt pour la séparation plus rapide du lanthane qui repose sur la présence du cérium n’est donc pas applicable.
- Le mélange de ces terres rares (où domine d’abord le lanthane et ensuite le néodyme) a été transformé en nitrate et précipité en solution assez concentrée (10 p. 100 environ d’oxyde) par une liqueur saturée de sulfate de potassium. Cette solution doit être employée tiède au plus (3o degrés environ) et non bouillante; à la prendre plus chaude, on risque de précipiter l’yttrium à l’état de sulfate très peu soluble. Le sulfate de potassium est ajouté jusqu’à cessation de tout dépôt. Au bout de vingt-quatre heures on termine en saturant par du sulfate de potasse à froid et on laisse cristalliser plusieurs jours (A au moins). La solution contient la majeure partie des terres yttriques.
- Le précipité contient la presque totalité des terres les plus basiques. Il s’en trouve encore cependant des traces sensibles en solution. On les a négligées.
- Les sulfates doubles potassiques sont traités pour l’extraction des oxydes. Ces derniers sont transformés en nitrates et additionnés de la quantité calculée de nitrate d’ammoniaque. La méthode indiquée par Auer von Velsbach est ici très modifiée, c’est pourquoi je l’ai indiquée avec quelques détails. Pour séparer dans les azotates doubles produits le lanthane du praséodyme et du néodyme, on peut employer l’eau pure. Mais, au contraire, pour séparer le néodyme du praséodyme, il faut employer l’acide nitrique pur ordinaire (d= 1,2 5 environ) du commerce. Le fractionnement marche beaucoup plus vite qu’avec un liquide plus aqueux. Il convient aussi de ne pas opérer à
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- la lumière solaire qui donne naissance à des vapeurs nitreuses et à la décomposition de l’ammoniaque.
- On peut donc commencer par employer l’eau pure qui élimine la grosse masse du lanthane. Les eaux appauvries en lanthane donnent des sels très solubles qu’on fractionne dans l’acide nitrique pur.
- La manière de conduire le fractionnement est très importante pour la marche rapide de la séparation. Il convient de ne séparer à chaque cristallisation qu’une très petite quantité de la masse et, par suite, de n’employer que relativement très peu de solvant. Moins on emploie de solvant, plus grande est la différence de composition des cristaux et de l’eau mère. En opérant avec soin, on peut réduire à 10 le nombre des fractions qui séparent deux terres consécutives, soit le praséodyme et le néodyme et à moins encore s’il s’agit de séparer le lanthane du praséodyme. Voici comment se constituent ces fractions :
- La masse cristalline primitive fondue presque en totalité est additionnée de la quantité convenable de solvant; 5 p. 100 du poids en centimètres cubes d’acide est ordinairement plus que suffisant et peut être diminué avec avantage. Le sel fondu mêlé à l’acide est abandonné à lui-même. Il est important pour que la cristallisation marche bien, se fasse en gros cristaux, que des germes cristallins soient présents dans la liqueur encore chaude. Une table en marbre froide sur laquelle le ballon en verre, contenant la solution, est placé, permet à ces germes laissés intentionnellement lor§ de la fusion du sel de subsister malgré la température élevée de la couche surnageante. Il se forme alors au fond du ballon une masse de gros cristaux sans presque d’eau d’interposition. Il suffit de décanter l’eau mère et d’égoutter quelques instants pour n’en plus guère avoir avec les cristaux. Cette eau mère, jointe aux eaux-mères successives en quantité convenable, sert à former une nouvelle fraction après évaporation du liquide. La masse cristallisée de la nouvelle fraction est dissoute dans l’eau mère de la fraction précédente. Les eaux mères qu’on sépare de la seconde fraction servent à en former une troisième, qui, constituée, sera cristallisée dans les eaux mères de la fraction n° 2 et fournira des eaux mères pour le n° A. Ainsi Ton n’ajoute pas de solvant dans la série des cristallisations successives, mais seulement au début pour le premier numéro. 11 va de soi qu’en raison de la solubilité de plus en plus grande des sels séparés, il convient de grossir les numéros qui diminuent trop vite, par évaporation du solvant. On remarquera aussi que le premier numéro formant (au début au moins) une masse importante relativement au numéro 2 , il faudra, chaque fois, pour avoir peu de solvant pour cette fraction, en chasser par la chaleur une partie convenable avant de l’utiliser pour la nouvelle cristallisation.
- On doit se servir de vases fermés pour toutes ces opérations, afin d’éviter l’absorption de la vapeur d’eau et les poussières, dont le calcium et le fer rendent bientôt les eaux-mères incristallisables.
- J’insiste sur ce point (contraire à une pratique répandue) qu’il ne faut avoir que très peu d’eaux-mères. Autrement on est obligé de multiplier les fractions, ce qui dimi-
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- nue la masse de matière sur laquelle on opère, augmente le travail, multiplie les chances d’accident et ne permet pas d’arriver rapidement à un résultat visible.
- La séparation complète du praséodyme et du néodyme est extrêmement longue ; elle est facile à suivre au spectroscope en utilisant les spectres d’absorption et pour le néodyme en examinant la couleur de Toxyde qui, à l’état pur, est d’un bleu lilas clair sans trace de brun. Par réduction dans un courant d’hydrogène, on obtient aisément un oxyde de cette couleur. Pour le néodyme pur, il doit avoir cette teinte sans réduction.
- Dans le courant du fractionnement, il s’accumule des eaux mères sirupeuses qui cristallisent mal ou point, ce qui peut être du au fer, au calcium ou à l’yttrium. Si cela n’est ni du fer ni du calcium, on traite ces eaux mères pour la séparation du samarium. On élimine d’abord par le sulfate de potassium la majeure partie de l’yttrium qui s’est accumulé dans ces eaux. Les oxydes des sulfates doubles peu solubles, qui ne doivent plus guère contenir de praséodyme visible à l’absorption (la couleur de Toxyde n’indiquerait rien ici à cause de la présence de la terbine également colorée), ces oxydes sont séparés, pesés, retransformés en nitrates et additionnés de nitrate de magnésium à raison de 3 molécules de nitrate pour une d’oxyde M203. On calcule avec un poids atomique moyen de iA5 pour les métaux des terres, ce qui correspond à un excès de magnésium, vu la présence de Tyttria et des terres à poids moléculaires plus forts. Les terres yttriques ne donnent pas de nitrates doubles magnésiens, au moins dans les circonstances où je me suis placé. Le mélange des nitrates, dissout dans la moitié de son poids d’acide nitrique ordinaire pur (d= î ,2 5 environ) se prend par refroidissement en une masse de cristaux roses de nitrate double de néodyme et de magnésium surnagé d’une eau-mère peu colorée, et si la température est basse, de longues aiguilles de nitrate de magnésium.
- Les cristaux roses sont fractionnés dans l’acide nitrique comme l’azotate ammoniacal. On peut, pour ce fractionnement spécial, marcher rapidement et employer plus de solvant. La séparation du samarium et du néodyme se fait en effet avec une extrême rapidité. On voit des eaux mères jaunes surnager des cristallisations d’un rose vif et Ton peut sans peine arriver à réduire presque à rien les portions intermédiaires du néodyme et du samarium en se guidant simplement sur l’absorption spectrale de ces sels.
- Les eaux mères colorées en jaune étant évaporées convenablement donnent, après amorçage à chaud de la cristallisation, des sels qui contiennent, outre le néodyme et le samarium, un peu d’europium, du gadolinium, du terbium et même les termes suivants encore inconnus. L’azotate de magnésium en excès cristallise dans ces opérations et cela ne gêne pas au début, à condition qu’il y ait toujours en abondance et dès le début des cristaux d’azotate magnésien doubles. Il s’accumule de plus en plus en tête dans les eaux mères et il faut, à un moment donné, l’éliminer. Si cependant il est en trop grand excès, il pourrait gêner les cristallisations et il faut alors éliminer cet excès en repassant par les oxydes. Il faut aussi, si les cristallisations montrent une tendance au dédoublement des sels, malgré l’excès de nitrate magnésien, prendre un acide nitrique plus concentré, ainsi qu’il est dit plus bas. Cet acide concentré, inutile pour
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- séparer le samarium du néodyme, est indispensable pour mettre en train la séparation. du samarium et du gadolinium; une fois les autres métaux écartés on peut employer pour cette séparation l’acide ordinaire comme on verra plus loin.
- A mesure que le samarium diminue, la cristallisation des azotates doubles est de plus en plus difficile à réussir et finalement ne se produit plus : les azotates simples se formant malgré l’excès d’azotate magnésien, bien avant d’être arrivé là, il convient de modifier le solvant et d’employer parties égales d’acide nitrique de densité 1,2 5 et d’acide fumant i,45. Ce dernier contient toujours des vapeurs nitreuses. Je ne sais si elles jouent quelque rôle dans ces cristallisations ou s’il reviendrait au même d’employer un acide de densité 1.35 ou î.A. Je suis enclin à le croire. L’acide concentré joue un double rôle : il augmente la solubilité du nitrate de magnésium, diminue celle du nitrate double et en même temps favorise sa formation en tendant à s’emparer de l’eau mise en liberté dans cette formation.
- Toute cristallisation où a paru quelque cristal d’azotate simple de terre rare doit être refaite en empruntant les germes initiaux à une masse absolument pure de l’un ou l’autre des azotates simples. Autrement on risque de fractionner en sens inverse de ce qu’on pense faire et de détruire la séparation déjà effectuée.
- Enfin si les cristaux d’azotate simple de terre rare apparaissent malgré tout, il faut repasser par les oxydes et éliminer par le sulfate de potasse les terres yttriques qui favorisent le phénomène. On reprend ensuite les cristallisations de sel double magnésien. Finalement quand on fractionne le gadolinium pour enlever le terbium, on arrive, malgré l’acide concentré et l’absence de grandes quantités de terres yttriques à des azotates doubles tellement instables qu’il n’y a plus moyen de continuer. Il faut avoir recours à des procédés différents ou à des tours de main spéciaux dont il ne sera pas question ici.
- Pour éviter les changements de concentration des eaux mères par la chaleur, on fond les cristaux des azotates doubles avant d’y décanter les eaux mères de la fraction précédente, en ayant soin d’y laisser quelques cristaux non fondus. Ce mode opératoire a, en outre, l’avantage d’être moins dangereux eu égard à la fragilité des ballons de verre où on opère. Pour d’autres vases, on peut chauffer au bain-marie, de même que pour de gros ballons. Il faut aussi couvrir soigneusement les orifices des vases où l’on opère, tant pour éviter les poussières que pour éviter l’absorption de la vapeur d’eau et la perte des vapeurs d’acide qu’exhalent les vases chauds.
- Les masses cristallines adhèrent, en général, au fond des vases où elles forment des gâteaux compacts faciles à égoutter.
- Les sels doubles magnésiens fournissent, ainsi après le néodyme, d’abord des sels jaunes de teinte de plus en plus claire, orangés à l’état fondu. On vérifie au spectroscope à l’étincelle s’il n’y a plus ni europium, ni gadolinium et à l’absorption, s’il n’y a plus dé néodyme. Pour le néodyme, cette réaction est préférable à l’étincelle.
- L’europium, facilement reconnaissable à ses raies électriques dans les portions intermédiaires du samarium et du gadolinium, s’isole par un procédé systématique d’enrichis-G11. XIV. — Cl. 87. — T. I. 26
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- seraient, par mise à l’écart du samarium purifié (ne donnant plus les raies de l’europium d’une part, et du gadolinium purifié (ne donnant plus les mêmes raies) d’autre part. On voit, dans les portions intermédiaires, croître les raies de l’europium à mesure que la quantité de matière diminue et finalement les bandes d’absorption de cet élément se manifester du côté gadolinium qui n’en possède pas, comme on sait. La séparation de l’europium, quoique facile, est fort longue à cause des masses de samarium et de gadolinium à éliminer avant d’arriver à l'europium. On est obligé de séparer des kilogrammes de ces métaux pour arriver à des grammes d’europium. Les cristallisations marchent sans peine dans Tacide nitrique ordinaire. Assez vite quand la concentration est opérée on réduit à peu de chose les fractions intermédiaires samarium - europium et europium-gadolinium. Il convient cependant, dans les portions riches en gadolinium, de prendre, pour assurer le non dédoublement du sel magnésien, une précaution qui consiste à agiter un peu la solution encore tiède et commençant à cristalliser, de façon à multiplier les germes cristallins de l’azotate double.
- La séparation du gadolinium et du terbium se fait de même, bien que plus péniblement en solution nitrique concentrée (d= i.35 à î.A). On isole sans peine de grandes quantités de nitrate de gadolinium magnésien pur. L’absence de la terbine se reconnaît de même à la couleur de l’oxyde qui doit être tout à fait blanc. La moindre teinte jaune dénote la présence d’une trace de terbine. Il est long, mais parfaitement possible d’arriver à une gadoline tout à fait incolore.
- Les eaux-mères du nitrate double de gadolinium deviennent peu à peu de plus en plus difficiles à faire cristalliser, à mesure que la terbine augmente. On ne peut guère actuellement aller plus loin sans changer de procédé opératoire.
- Les nitrates magnésiens de néodyme et de praséodyme peuvent être employés pour séparer ces corps. Je n’ai pas étudié cette séparation et ai seulement constaté quelle se faisait; le nitrate magnésien de praséodyme est plus soluble dans l’acide nitrique que celui de lanthane et moins que celui du néodyme. Je ne sais donc si elle serait (et dans quelles circonstances) plus avantageuse que celle par les nitrates ammoniacaux; actuellement cette séparation est la plus longue de celle du groupe lanthane-gadolinium, ce qui encouragerait à en tenter l’essai. r>
- FIN DU TOME PREMIER.
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- TABLE DES MATIÈRES
- DU TOME PREMIER.
- Pages.
- Composition du Jurv....................................................................... i\
- Introduction............................................................................ xm
- Chapitre premier. — Grande industrie chimique.............................................. 1
- France........................................................................ 19
- Allemagne....................................................................... 55
- Autriche........................................................................ 83
- Belgique...................................................................... 88
- Etats-Unis...................................................................... 96
- Grande-Bretagne................................................................. 97
- Grèce..................................................................., .. 10a
- Hongrie...................................................................... io3
- Italie....................................................,................. 106
- Japon.......................................................................... 109
- Pays-Bas....................................................................... 110
- Roumanie....................................................................... 111
- Russie....................................................................... 11a
- Suède........................................................................... n5
- Nouveautés et perfectionnements introduits dans la grande industrie chimique depuis
- 1889............................................................................. 117
- Hydrogène...................................................................... 118
- Oxygène....................................................................... îao
- Ozone..............................................................^........ 131
- Air liquide.................................................................... ia5
- Chlore....................................................................... 139
- Chlore liquide............................................................... i3o
- Acide chlorhydrique......................................................... 134
- Brome......................................................................... i34
- Iode.......................................................................... i35
- Fluor........................................................................ 137
- Soufre...................................................................... 141
- Hydrosulfites................................................................ i58
- Acide sulfurique............................................................. 161
- Acide azotique................................................................. 18a
- Acide borique, borax, biborax oriental......................................... 188
- Carbone, charbon graphitique, graphite naturel, charbon du goudron de houille,
- noir d’acétylène........................................................... 188
- Acide carbonique............................................................... 195
- Silicium. ..................................................................... 197
- Carbure de silicium ou carborundum............................................. 198
- Phosphore.................................................................... 199
- Sodium....................................................................... 199
- Chlorure de sodium............................................................. aoi
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- TABLE DES MATIÈRES.
- /i04
- Chapitre premier. (Suite.)
- Éiectrolyse des chlorures de sodium et de potassium, soude et potasse caustiques et
- chlore, chlorures décolorants, chlorates, perchlorates........................... mo
- Azolite de soude............................................................... 2 53
- Carbonate de soude artificiel..................................................... 254
- Carbonate de soude naturel........................................................ 264
- Carbonate et percarbonate de potasse.............................................. 265
- Permanganate de potasse......................................................... 269
- Métaux alcalino-terreux et leurs dérivés principaux. Baryum, calcium........... 268
- Oxydes de baryum.................................................................. 269
- Siliciures de baryum et de calcium............................................. 271
- Magnésium......................................................................... 272
- Aluminium......................................................................... 273
- Dérivés de l’aluminium.......................................................... 277
- Aluminate de baryte......................................................... . 280
- Sulfure d’aluminium. .. .......................................................... 283
- Fabrication des cyanures, ferrocyânures et ferricyanures de potassium et de
- Chapitre II. — Produits de la petite industrie chimique et produits pharmaceutiques...... 297
- France........................................................................ 3o6
- Allemagne..................................................................... 338
- Autriche...................... ............................................... 3 5 fi
- Belgique......................................................................... 356
- États-Unis.................................................................... 557
- Grande-Bretagne................................................................. 358
- Grèce......................................................................... 35g
- Italie........................................................................ 35 9
- Hongrie....................................................................... 361
- Portugal...................................................................... 362
- Roumanie...................................................................... 364
- Russie........................................................................ 364
- Salvador...................................................................... 365
- Aperçu de quelques découvertes ou perfectionnements concernant les produits chimiques et pharmaceutiques........................................................... 365
- Antiseptiques...................................................................... 368
- 1. Dérivés substitués des hydrocarbures.................................... 368
- 2. Aldéhydes et leurs dérivés.............................................. 869
- 3. Phénols monoatomiques et leurs dérivés.................................. 370
- 4. Phénols diatomiques et leurs dérivés.................................... 372
- 5. Phénols triatomiques et leurs dérivés................................... 873
- 6. Naphtols................................................................ 878
- 7. Acides organiques et leurs éthers....................................... 873
- 8. Dérivés de la quinoléine................................................. 876
- 9. Amines aromatiques substituées.. ....................................... 877
- 10. Dérivés de l’anthracène, du pyrrol et du thiophène. ....................... 877
- 11. Produits bitumineux ou goudronneux sulfurés. ........................... 878
- 12. Antiseptiques inorganiques. . ............. . . ........................ 878
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- TABLE DES MATIÈRES.
- A05
- HAl'ITKE II. (Suite.)
- Antipyrétiques......................................................................... 381
- 1. Amines acétylécs et leurs dérivés............................................... 38i
- 2. Paraphénétidine et dérivés...................................................... 38a
- 3. Dérivés hydraziniques........................................................... 383
- A. Dérivés de la pyrazolone........................................................ 383
- 5. Dérivés de la quinoléine........................................................ 383
- 6. Uréthanes.................................................................... 38A
- 7. Dérivés de l’acide salicylique.................................................. 385
- Corps indifférents et hypnotiques...................................................... 385
- 1. Éthers.......................................................................... 385
- 2. Aldéhydes et dérivés............................................................ 386
- 3. Cétones......................................................................... 386
- h. Disulfones...................................................................... 386
- 5. Uréthanes.........................................w.......................... 386
- 6. Dérivés de la caféine........................................................... 887
- Diathèse urique........................................................................... 387
- Anesthésiques.......................................................................... 387
- 1. Substances produisant l’anesthésie totale....................................• 387
- 2. Substances produisant l’anesthésie locale....................................... 388
- Mydriatiques........................................................................... 38q
- Toniques et albuminoïdes nutritifs..................................................... 390
- Excitants.............................................................................. 391
- Agents organothérapeutiques............................................................ 392
- Perfectionnements introduits dans la fabrication des acides tartrique, citrique, lactique.. 39A
- Séparation des terres rares du groupe du samarium...................................... 898
- Imprimerie natiovai.Fi. — 7240-02.
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