Rapports du jury international
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- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900 À PARIS
- --------><§><=---
- RAPPORTS
- DU JURY INTERNATIONAL
- INTRODUCTION GÉNÉRALE
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- ?°Xcu 5?3-3
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- MINISTÈRE DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900 À PARIS
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- RAPPORTS
- Dll JURY INTERNATIONAL
- INTRODUCTION GÉNÉRALE TOME III
- CINQUIÈME PARTIE
- AGRICULTURE, HORTICULTURE, ALIMENTS
- PARIS
- IMPRIMERIE NATIONALE
- MCMV
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- CINQUIÈME PARTIE
- AGRICULTURE, HORTICULTURE, ALIMENTS
- PAR
- M. L. GRANDEAU
- DIRECTEUR J)K LA STATION AGRONOMIQUE DE L’EST MEMHRE DE LA SOCIETE NATIONALE D’AGRICULTURE DE FRANCE INSPECTEUR GÉNÉRAL DES STATIONS AGRONOMIQUES PROFESSEUR AU CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS RÉDACTEUR EN CHEF DU JOURNAL D’AURIVULTURE PRATIQUE
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- AVANT-PROPOS.
- La cinquième partie de l’Introduction générale aux rapports du Jury international de l’Exposition universelle de 1900, dont M. le Ministre du Commerce m’a fait l’honneur, sur la proposition de M. le Commissaire général, de me confier la rédaction, est très vaste : elle embrasse ï Agriculture, !’Horticulture et les Aliments (Groupes VII, VIII, IX et X de la classification générale de l’Exposition).
- Mon premier soin, en présence de l’étendue du sujet, du grand nombre et du mérite des expositions collectives et individuelles, de la valeur des documents statistiques, scientifiques et techniques qui figuraient dans les galeries du Champ-de-Mars et au Trocadéro, a été d’arrêter le plan de ce Rapport.
- Une œuvre de ce genre, en effet, peut être envisagée à deux points de vue essentiellement différents : elle peut se proposer de résumer le travail des rapporteurs des classes comprises dans les groupes assignés par la classification générale aux diverses catégories d’exposants, ou bien embrasser, dans une vue d’ensemble, pays par pays, les faits généraux qui impriment à leur agriculture un caractère particulier.
- En adoptant le premier plan, on s’exposerait à des redites nombreuses des constatations faites par les jurys de classe et l’on risquerait, en outre, par les nombreux détails dans lesquels on serait forcément obligé d’entrer, de négliger les vues d’ensemble qui seules peuvent donner une idée de l’état de l’agriculture dans les différents pays à l’entrée du xxe siècle. Il m’a donc paru préfé-
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- rable d’adopter le second plan. J’ai consacré à chaque pays une étude spéciale embrassant l’agriculture et les forêts, l’économie rurale et leurs branches annexes. J’ai cherché ainsi à mettre sous les yeux du lecteur un ensemble de documents permettant d’utiles comparaisons sur la situation de l’agriculture chez presque toutes les nations du globe à l’aurore du xxe siècle.
- On comprendra, sans qu’il soit besoin d’y insister, combien est vaste, complexe et divers un semblable programme : son étendue, le désir de ne laisser de côté aucun trait essentiel de la physionomie agricole du monde à l’heure actuelle, la nécessité de recourir aux sources d’information les plus sûres, l’obligalion de compulser, analyser et, souvent, traduire de nombreux ouvrages en langues allemande, anglaise, italienne, etc., seront, je l’espère, mon excuse pour le retard qu’a subi la publication de ce Rapport.
- Je prie Messieurs les commissaires généraux et les membres des jurys de recevoir mes remerciements pour les nombreux renseignements que je dois à leur obligeance. D’autres concours m’ont aussi été fort utiles pour la partie matérielle de cette publication, notamment celui du Chef des services du Catalogue et des rapports du Jury, M. H. Girard; je l’en remercie.
- Je dois, enfin et surtout, signaler la part aussi intelligente que dévouée, prise à l’accomplissement de la tâche qui m’était confiée, par M. Ch. de Saint-Cyr, dont l’active collaboration m’a été des plus utiles; grâce à elle, j’ai pu abréger la durée, déjà trop longue, du temps écoulé depuis la clôture de la grande manifestation de 1900; je lui en suis très reconnaissant et je le prie d’accepter l’expression de mes remerciements pour son précieux concours.
- Je remercie également les éditeurs et les directeurs de journaux agricoles de la France et de l’Étranger de l’empressement avec
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- AVANT-PROPOS.
- ni
- lequel ils ont mis à ma disposition la plupart des nombreuses cartes et phototypies qui accompagnent ie texte. J’ai indiqué avec soin l’origine de ces i 11 ustrations qui atténuent souvent d’une manière heureuse l’aridité des descriptions auxquelles elles se rattachent.
- Si les agronomes, les agriculteurs et les économistes trouvent dans ce Rapport quelques documents utiles pour leurs travaux, j’en éprouverai une satisfaction qui me rémunérera du temps et des soins que j’ai consacrés à ce travail de longue haleine avec le désir de le rendre aussi complet que possible.
- i5 décembre igo4.
- L. GRANDE AU.
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- AGRICULTURE, HORTICULTURE,
- ALIMENTS.
- LIVRE PREMIER.
- LA PRODUCTION AGRICOLE DANS LE MONDE.
- CHAPITRE PREMIER.
- CONSIDÉRATIONS C.ÉNIÏRALES.
- SUPERFICIE ET POPULATION DU GLORE. - REPARTITION DES TERRES ET I)E LA POPULATION ENTRE LES SIX PARTIES DU MONDE. - COMMERCE SPECIAL DES DIFFERENTES PARTIES DU MONDE. — PARTICIPATION DES PAYS ETRANGERS À L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1000-
- Dans l’état présent de nos connaissances géographiques, le nombre des pays qui se partagent les terres du globe est exactement de cent, répartis comme suit :
- Europe..................................................... 26
- Asie....................................................... 20
- Afrique.................................................. 18
- Amérique................................................. 2 5
- Australie et Océanie........................................ 7
- Régions polaires............................................ k
- Total...................... 100
- La superficie totale du globe, d’après les évaluations les plus récentes, est égale à 509,951,000 kilomètres carrés (51 milliards cl’hec-tares en nombre rond). Les terres fermes occupent un peu plus du quart de celte surface (26.7 p. 100), soit 186,275,000 kilomètres carrés; les eaux couvrent les trois autres quarts (73.3 p. 100), soit 373,675,000 kilomètres carrés6).
- La population connue du globe est évaluée, à la fin de 1900,
- Ollo Habiter’s Geographisch-Slatislische Tabcllcn aller Lancier (1er Erdc, publiés par le Prof. F. von Jdraschick, 1901.
- AGRICULTURE. -- I. 1
- IMPRIMERIE NATIONALE*
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- 2 EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE,
- à un chiffre légèrement supérieur à 1 milliard et demi d’âmes
- (1,558,100,000e)).
- Le tableau ci-dessous résume, en nombres ronds, la répartition du territoire et celle des habitants qui occupent les six parties du monde énumérées plus hautP).
- 2 . SUPERFICIE HABITANTS
- 'S B PARTIES DU MONDE. en par
- ^ ? ^ a KILOMÈTRES EN MILLIERS. KILOMÈTRE
- CARRÉS. CARRÉ.
- 1 Asie 4/1,098,8/17 838,859 19.1
- 2 Europe 9,698,1/13 391,400 4 0.4
- 3 Afrique 39,817,057 177A79 5.9
- A Amérique 39,396,965 14 4,o63 3.7
- 5 Australie et Océanie 8,9/19,631 6,99/1 0.7
- 6 Régions polaires 4,486,564 , 8a u
- Totaux et moyennes 136,97.5,486 i,558,ioo 11.4
- Au point de vue agricole, le seul qui doit nous occuper dans cette étude, on peut ramener à 120 millions de kilomètres carrés environ la superficie à considérer.
- Il faut, en effet, défalquer des i36,270,500 kilomètres carrés qui expriment la superficie totale des terres : i°la surface des régions polaires, 4,â86,5oo kilomètres carrés; 20 celle des territoires africains occupés par des peuplades sauvages, 11,500,000, soit ensemble i5,q86,ooo kilomètres carrés;il reste donc 120,289,000 kilomètres carrés, soit 12 milliards d’hectares, possédés par les nations plus ou moins civilisées du globe. Cette superficie comprend les territoires continentaux et les possessions d’outre-mer des différents pays :
- kilomètres carrés. p. 100.
- Surface de la terre ferme .... 1 36,275,000 26.7
- Surface des eaux .... 373,675,000 V3.3
- Totaux .... 509,950,000 1 00.0
- Les tableaux suivants montrent la distribution de la population
- humaine à la superficie du globe.
- (1) Olto Hübner’s Geographisch-Statistiche (2) Le détail des superficies et des popula-
- Tabellen aller Lânder der Ercle, publiés par le tions par pays est donné par les tableaux 1 à 4,
- Prof. F. VOU JüRASCHEK, I90I. pages 3 et suivantes.
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- CONSIDERATIONS GENERALES.
- 3
- I. Superficie et population de l’Europe.
- NUMÉROS D’ORDRE. NOMS DES ÉTATS ET PAYS. SUPERFICIE eu KILOMÈTRES CABRES. HABIT EN MILLIERS. A NT S POUR MILLE PL
- 1 Russie el Finlande (mer d’Azow el Novaja Sanlja non compris) 5,298,171 106,3o5 272
- 2 Allemagne 5 A 5,135 56,345 14 4
- 3 Autriche-Hongrie, Bosnie-Herzégovine 076,446 47,014 120
- 4 Grande-Bretagne, Irlande et possessions européennes du Royaume-Uni 31 A,6(>7 4i,66o 106
- 5 France 536,4o8 38,518 98
- 6 Italie 286,589 32,45o 83
- 7 Espagne 496,928 17,744 45
- 8 Suède et Norvège 776,003 7’3a9 19
- 9 Belgique 29,457 6,745 17
- 10 Turquie 170,340 6,086 16
- 11 Roumanie l3l,020 5,gi3 i5
- 12 Pays-Bas 33,ooo 5,io4 i3
- 13 Portugal et Açores (sans Madère) 91,760 4,916 i3
- 14 Bulgarie 96,660 3,733 10
- 15 Suis e (lac; compris) 41,424 3,327 9
- 10 Grèce 64,679 2,494 6
- 17 Serbie 48,3o3 2,434 6
- 18 Danemark el iles Feroë 39,780 2,46o 6
- 19 Crète 8,618 3o7 .
- 20 Monténégro 9,080 228 1
- 21 Luxembourg 2,587 237 1
- 22 Monaco 22 15 > 2
- 23 Thasos 393 12
- 24 Saint-Marin (République de) 61 10 i
- 25 Lichtenstein (Principauté de) 15q 9 ]
- 20 Val d’Andorre 45 e ! 5 /
- Totaux 9,698,1 42 391,400 1,000
- 0) CVst-h-dirc nombre d'habitants do ces pays sue i ,ooo habitants du (flobc. ,
- II. Superficie et population de l’Asie.
- CO 0 M CZ ^ e — 62 h sr. NOMS DES ÉTATS ET PAYS. SIJ PERFÏCÏE en KILOMÈTRES CARRÉS. H A B n EN MILLIERS. 'A NT S POUR mille.
- 1 Chine et pays voisins 11,079,000 307,9 5o 426
- 2 Possessions anglaises 5,263,o53 297,027 354
- 3 Japon 417,396 46,542 55
- A reporter 16,759,449 700,819 835
- i .
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- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- NUMÉROS D’OUDIIE. NOMS DES ÉTATS ET PAYS. SUPERFICIE en KILOMÈTRES CARRÉS. II ARH EN MILLIERS. ’ANTS POUR MILLE.
- Report 16,759,4/19 700,819 835
- à Possessions des Pays-Bas i,5io,35o 34,960 42
- 5 Possessions do la Russie (sans les îles de la Nouvelle-Sibérie) 16,457,371 22,70a 27
- Mers Caspienne et d’Aral 506,457 // //
- 6 Possessions rançaises, avec Tonkin, Cambodge et Annam 70.5,619 16,701 20
- 7 Turquie d’Asie 1,68/1,708 17/129 2 1
- 8 Corée 218.65o 10,529 i3
- 9 Perse i,645,ooo 9,000 11
- 10 Philippines (Etats-Unis) 296,182 05 oc il 8
- 11 Sia in et Karcn-ni 6/10,700 6,370 8
- 12 Afghanistan 558,ooo 5,000 6
- 13 Etats de l’Himalaya 218,000 3,260 '*
- l/i Etals vassaux de la Russie 266,000 1,9.10 2
- 15 Arabie indépendante 2,289,208 1 ,o5o 1
- 16 Oman 19/1,200 1,000 1
- 17 Possessions portugaises ‘9»970 954 1
- 18 Samos 468 55 '
- 19 Presqu’île du Sinaï .19,000 4
- 20 Kiao-Tcheou allemand 515 84 //
- Totaux 4/1,028,847 838,852 1,000
- III. Superficie et population de l’Amérique.
- <Z> O « £ -P=3 S r*r, w U3 fi NOMS DES ÉTATS ET PAYS. SUPERFICIE on KILOMÈTRES CARRÉS. ITAM' EN MILLIEKS. rA N T S POUR MILLE.
- 1 Etals-Unis d’Amérique 9,364,519 76,061 528
- Mers canadiennes et eaux des côtes 2 4o,84 ! // //
- <2 Porto-Rico (États-Unis) 9,314 953 7
- Cuba (Etats-Unis) 118,833 i,573 j 1
- 3 Brésil 8,36i,35o 1/1,93/1 1 o4
- à Mexique 1,987,32/1 13,671 91'
- 5 Possessions anglaises (sans les iles arctiques et la Géorgie du Sud) 8,727,196 7/1.10 5a
- G République Argentine 2,885,620 4,5 60 32
- 7 Pérou 1,769,804 4,569 32
- 8 Colombie i,2o3,io3 3,920 27
- 9 Chili 776,122 3,334 23
- 10 Vcnézuéla 1,0/13,900 2,445 *7
- A reporter 36,4 87,926 133,370 927
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- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- NUMÉROS D’ORDRE. NOMS DES ÉTATS ET PAYS. SUPERFICIE on KILOMÈTRES CARRÉS. H A B11 EN MILLIERS. A N T S POUR MILLE.
- Report 36,487,926 133,370 997
- 11 Bolivie i,334,2oo 2,270 16
- 12 Guatemala 1 25,100 1,574 11
- 13 Equateur 307,243 1,4oo 1 0
- 14 Haiti 28,676 960 7
- 15 Uruguay 178,700 5o4 6
- 16 Salvador 2 1,070 901 5
- 17 République Dominicaine 48,577 8o4 3
- 18 Paraguay 2 53,ioo 656 4
- 19 Possessions françaises 81,993 418 3
- 20 Honduras 119,820 4oo 3
- 21 Nicaragua 123,950 3 51 9
- 22 Costa-Rica O 0 3io 2
- 23 Possessions des Pays-Bas i3o,23o 13 2 1
- 24 Indes danoises 359 33 //
- 25 Iles inhabitées des Indes occidentales 23l II //
- Totaux 39,295,245 1 44,o63 1,000
- IV. Superficie et population de l’Afrique.
- co O h - S '•*3 C3 5 ? 0 « NOMS DES ÉTATS ET PAYS. SUPERFICIE en KILOMÈTRES CARRÉS. H A B Ir EN MILLIERS. rANTS POUR MILLE.
- 1 Afrique indépendante (Sahara inclus) 6,55o,ooo O O O O 226
- 2 Possessions anglaises 4,81 o,341 37,894 21 4
- 3 Possessions françaises (y compris la Tunisie, la
- Réunion, Madagascar et les Comores) 5,3i3,289 27,909 158
- 4 Egypte (sans la presqu’île du Sinaï et Thasos). 2,899,275 19’7^9 111 1
- 5 Etat du Congo 2,252,780 1 4,ioo 80
- 6 Possessions allemandes 2,4l 2,3oo 11,950 67
- 7 Maroc 812,332 8,000 45
- 8 Possessions portugaises et Madère 2,1 26,946 7,8i5 44
- 9 Abyssinie 54o,ooo 4,5oo 25
- 10 Libéria 85,35o 2,000 11
- 11 République sud-africaine 326,700 1,158 6
- 12 Possession turque (Tripoli) i,o33,4oo 1,000 5
- 13 Possessions espagnoles (avec les îles Canaries).. 2i3,854 876 5
- 14 Possessions italiennes 247,600 33o 2
- 15 Etat libre d’Orange 181,070 » O GO 1
- 16 Lac de Niassa 26,800 // II
- 17 Lac de Tanganika 35,620 // n
- Totaux 29,817,057 177’|,‘79 1,000
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- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
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- Y. Superficie et population de l’Australie et de l'Océanie.
- NUMÉROS D’ORDRE. NOMS DES ÉTATS ET PAYS. SUPERFICIE en KILOMÈTRES CARRES. 11 a r r EN MILLIERS. FA N T S POUR mille.
- 1 Possessions britanniques 8,25A,o33 0,989 84 9
- 2 Possessions allemandes, Nouvelle-Guinée, îles Ma-
- réchal, Carolines, Mariannes et îles de Samoa. a A 4,414 439 69
- 3 Possessions des Pays-Bas Ao5,o65 988 39
- 4 Possessions des Etats-Unis :
- Havai 17,71 0 154
- Tutuila 9l5 4 /
- Guam 5i4 9 1 11
- 5 Possessions françaises 97,680 98 16
- Totadx 8,949,6.31 6,2 9 4 1,000
- VI. Superficie et population des régions polaires.
- NUMÉROS D’ORDRE. 1 NOMS DES ÉTATS ET PAYS. SUPERFICIE en KILOMÈTRES CARRÉS. HARD EN MILLIERS. "ANTS POUR MILLE.
- 1 N’appartenant à aucune nation 3,889,210 // //
- 2 Possessions danoises 192,885 81 n
- 3 Possessions anglaises :
- Amérique du Nord 777,000 1 n
- Géorgie du Sud 4,075 // n
- 4 Possessions russes, Hovaja, Suntja et îles de la
- Nouvelle-Sibérie 160,394 // //
- Totaux 4,486,564 82 //
- Commerce spécial des différentes part
- (En millions de francs.)
- Europe;................................. 4o,38o
- Asie.................................
- Amérique................................ 8,o4o
- Afrique .............................
- Australie et Océanie.................
- (ES DU MONDE EN 1899.
- IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- 4o,38o 3o,3o4
- 5,178 5,491
- 8,o4o 11,072
- -U°97 1,943
- 1,801 1,911
- 57,696 50,721
- Le trafic total du monde a la fin du xixe siècle dépasse donc (importations et exportations réunies) le chiffre de cent huit milliards de francs.
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- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- 7
- On peut établir approximativement la surface totale des pays qui ont pris part à l’Exposition universelle de iqoo(l), en défalquant du chiffre de 120 millions de kilomètres carrés celui des territoires des nations qui, au point de vue agricole, n’y étaient pas représentés et dont voici la liste :
- SUPERFICIE BN KILOMÈTRES CARRES.
- Chili.......................................... 776,000
- République Argentine......................... 2,886,000
- Rrésil.................................... 8,361,000
- %Ple........................................... 995,000
- Total................. i3,o 18,000
- On constate ainsi que les territoires représentés, plus ou moins complètement, par leurs produits et par leurs industries agricoles, ont une étendue, en nombre rond, de 107 millions de kilomètres carrés, correspondant à 89 p. 100 de la surface des pays de culture et 78.7 de la superficie totale de la terre ferme du globe(2).
- (1) L’empire chinois était représenté presque exclusivement par quelques spécimens de riz, de blé et d’huiles végétales (Classe 39); de corps gras (Classe AO); de colon indigène (Classe 51) et de cocons, soies (Classe 42).
- (2) Les surfaces occupées par les divers pays dans les groupes VII (agriculture), VIII (horticulture), IX (forêts, chasse, pêche, cueillette) et X (aliments) sont les suivantes, en mètres carrés (les pays étant rangés d’après
- l’ordre d’importance de leurs expositions) : France, 58,606 ; Etats-Unis, 5,579; Russie* 4,176: Grande-Bretagne, 6,094-, Suisse, 3,243; Espagne, 2,811; Hongrie, 2,586; Allemagne, 2,336; Autriche, 1,662; Belgique, 1,487; Portugal, 1,262; Pays-Bas, 1,2.35; Italie, 962; Danemark, 758; Suède, 696; Japon, 599; Norvège, 557; Roumanie, 4o8; Mexique, i3o; Turquie, i3o; Monaco, 73; Bulgarie, Luxembourg, Perse et Serbie.
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- EXPOSITION DE 1900. _ AGIO CULTURE.
- CHAPITRE IL
- STATISTIQUE AGRICOLE COMPARÉ K.
- FERTILITE DES DIVERS TERRITOIRES. — RICHESSE AGRICOLE DES POPULATIONS QUI LES CULTIVENT. — NOMBRE DES ANIMAUX DE FERME DANS LES DIVERS PAYS. -EXAMEN DES DERNIERES RECOLTES. — PAYS POUR LESQUELS IL N’EXISTE PAS DE STATISTIQUE AGRICOLE. - PRODUCTION TOTALE DU FROMENT DANS LE MONDE.
- Je reproduis ci-après les tableaux dont je dois communication à l’obligeance de M. E. Levasseur; ils sont extraits du rapport sur les procédés de la statistique agricole qu’il a présenté à la dernière session (1901) du Congrès international de statistique, à Budapest; ce rapport se trouve reproduit dans celui de la commission' de statistique de la Société nationale d’agriculture.
- 11 m’a, en effet, paru intéressant de donner les chiffres les plus récents sur la production agricole dans le monde. Leur comparaison avec ceux que je résumerai ultérieurement permet d’utiles vérifications de données nécessairement un peu variables, en raison des grandes difficultés que présente leur établissement. Je remercie M. E. Levasseur d’avoir bien voulu me communiquer ses importantes observations sur la statistique agricole des deux mondes et je lui laisse la parole pour l’exposé du cadre de son étude.
- ccLe premier tableau (divisé en A et B) est consacré à la récolte des cinq céréales et des pommes de terre dans dix-sept Etats, en 1900 ou années voisines (Pays-Bas et Belgique en 1899, Suède et Italie en 1901); le second donne la moyenne décennale des mêmes récoltes dans les mêmes Etats.
- ccLes deux premiers tableaux présentent un spécimen de certains termes de comparaison dont use la statistique agricole : i° la fertilité du territoire évaluée, pour chaque espèce de culture, d’abord d’après le rendement de cette culture par hectare consacré à ce produit et ensuite d’après le rapport de cette production spéciale à l’ensemble du territoire agricole; le rendement fait connaître l’intensité de la culture de chaque espèce de produit, le rapport à l’ensemble du territoire indique les cultures dominantes dans le pays; 9° la richesse agricole de
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- STATISTIQUE AGRICOLE COMPARÉE.
- la population, mesurée par le rapport de la quantité récoltée au nombre des habitants.
- cfLes troisième et quatrième tableaux sont consacrés aux principaux animaux de ferme, dont nous donnons l’état pour une des années 1896-1900 et la moyenne décennale.
- ccLes deux derniers tableaux relatifs aux animaux de ferme sont dressés d’après la même méthode (années 1896 à 1900); le tableau relatif à la dernière année connue (1896 à 1900) présente, outre les nombres absolus, le rapport du nombre des animaux au territoire agricole et le rapport à la population; le tableau de la moyenne décennale ne donne, comme celui des récoltes, que les nombres absolus, n
- De ces quatre tableaux 011 peut tirer certains termes de comparaison qui intéressent l’agronomie.
- Ainsi, par exemple, on constate que la Roumanie, la France, la Hongrie, l’Italie sont des pays où la culture du froment est très générale, puisqu’ils produisent plus que les autres (Etats-Unis non compris) par 100 hectares de leur territoire agricole et pour 1 00 habitants, mais que, sous le rapport de l’intensité de la culture, le rendement est faible en Roumanie et en Italie, moyen en France et,en Hongrie, tandis qu’il est très élevé dans les pays qui ne consacrent qu’une petite portion de leurs terres labourables au froment, tels que l’Irlande, la Grande-Bretagne, la Norvège, l’Empire allemand; on voit que le seigle est une culture très répandue en Belgique et dans le Nord de l’Europe; qu’il en est à peu près de même de l’avoine; que l’Empire allemand, la Russie, les Pays-Bas, la Belgique sont dans les premiers rangs pour la culture de la pomme de terre.
- Les pays qui, en Europe, ont le plus d’animaux de ferme proportionnellement a l’étendue de leur territoire agricole ou au nombre de leurs habitants sont : la Belgique, la Russie, la Hongrie, les Pays-Bas, la Roumanie (chevaux); la Belgique, la Suisse, les Pays-Bas (race bovine); la Grande-Bretagne et la Roumanie (race ovine); le Danemark, la Belgique, les Pays-Bas et l’Empire allemand (race porcine). Proportionnellement à leur population, les républiques de la Plata possèdent plus d’animaux de ferme que les autres pays.
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- I. Tableau comparatif des récoltes des céréales et des pommes de terre.
- (Année 1900 ou années voisines.)
- A. Quantités récoltées et rendement a l'hectare.
- (Pour les éléments du calcul des rapports qui ligurent dans ce tableau, voir le tableau explicatif, p. 8 et 9.)
- ANNÉES. ÉTATS. FROM QUANTITÉ RÉCOLTÉE. ENT. RENDEMENT à L’HECTARE. SEIC QUANTITÉ RÉCOLTÉE. ÎLE. RENDEMENT * a L’HECTARE. AVO QUANTITÉ RÉCOLTÉE. INE. RENDEMENT à L’HECTARE. 0 R QUANTITÉ RÉCOLTÉE. GE. RENDEMENT à L’HECTARE. MA QUANTITÉ RÉCOLTÉE. ïs. RENDEMENT h L’HECTARE. POMMES r QUANTITÉ RÉCOLTÉE. )E TERRE. I RENDEMENT \ a L’HECTARE.
- millions millions millions millions millions millions
- de quintaux. quintaux. de quintaux. quintaux. de quintaux. quintaux. de quintaux. quintaux. de quintaux. quintaux. de quintaux. quintaux.
- 1900 Grande-Bretagne . . i A,3 i9>3 // // 20,3 16,1 1 4,1 l8,0 U // 27,8 1 2^1,0
- 1900 Irlande. 0,5 O r oo,;) // // 8,0 10,3 1,4 18,7 II // 18,6 71,0
- 1899 Pays-Bas i/i 2 1,0 3,4 'j 2,6 y, 2 1,2 0,9 22,9 n // 2 5,2 l47,8
- 1899 Belgique 3,8 17,4 4,7 21>9 5,o 20,4 0,8 19^ n // 32,1 l47,0
- 1900 France(1 88,6 12,0 15,1 10,6 41,4 1 0,5 0,2 12,1 5,7 10,5 1 2 2,5 8l,l
- 1900 Empire allemand . . 38,4 18,7 85,5 i4,4 7°’9 17,2 3o,o 8,0 y y // // 4 0 5,9 1 26,1
- 1900 Autriche 11,1 io,4 ’3,9 8,2 17,1 (),0 13,4 10,8 4,0 1 1,7 177,0 100,0
- 1900 Hongrie 41,4 12,0 10,8 9>8 11,1 10,3 1 2,4 11,5 37,2 14,4 48,6 84,8
- 1901 Italie 4o,6 8,8 // H // // // n 21,1 // // //
- 1900 Roumanie i5,o 9,4 i,4 8,5 i,4 6,0 3,2 7,2 21,6 10,6 1,1 93,5
- 1900 Russie oo,3 8,6 226,3 H 114,8 // 44,8 n 8,6 // 2 54,2 60,0
- 1901 Suède y’ 1,4 15,8 5,7 l3’9 10,9 11/1 3,0 13,6 // // 11,3 72,6
- 1900 Norvège 0,1 18,7(4) 0,2 17,4 1,6 18,6 0,0 18,7 n // 5.0 1 07,1
- 1900 Danemark 1,0 // 5,2 II 7’9 // ' %r 5,3 n n // 6,3 100,0
- 1900 r Etats-Unis 1 4 2,1 11,4 6,1 10,6 117,4 12,0 12,8 16,0 52 4,7 2 3,0 07,4 07,0
- 1900-1901. Uruguay 0,9 3,3 // u y 7 // 1 y // n n 1,4 // // y1 //
- 1899-1900. Républ. Argentine.. 18,5 // n U // // 1,0 u n // // //
- (') Le poids moyen des céréales en France a été par hectolitre, en moyenne, dans la période 1890-1899, de : 76 kilogrammes pour le froment, 66 kilogrammes pour le seigle , 60 kilogrammes pour Forge, 5o kilogrammes pour l’avoine, 79 kilogrammes pour le maïs; en 1900, ces poids ont é-té évalués h : 77 kilogr. 200 pour le froment. 72 kilogr. 200 pour le seigle, 63 kilogr. 900 pour Forge, /16 kilogr. 900 pour l’avoine et 72 kilogr. 800 pour le mais. — (-) L’Italie a adopté : pour le froment, 78 kilogrammes; pour le seigle, 65 kilogrammes; pour l’avoine, /11 kilogrammes; pour 1 orge, 65 kilogrammes; pour le maïs, 72 kilogrammes. — ;i) Le poids de l’hectolitre de froment est évalué en Roumanie h 71 kilogrammes. — 0) Les rendements à l’hectare en Norvège se rapportent à la période 1891-1896.
- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
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- B. Rapports 'a la superficie et a la population.
- ANNÉES. ÉTATS. RAPPORT A LA SUPERFICIE DU TERRITOIRE AGRICOLE. (Nombre de quintaux récoltés par 100 hectares.) [i kilomètre carré.] RAPPORT À LA POPULATION. (Nombre de quintaux récoltés par îoo habitants.)
- FROMENT. SEIGLE. AVOINE. ORGE. MAÏS. POMMES DE TERRK. FROMENT. SEIGLE. AVOINE. ORGE. MAÏS. POMMES DE TERRE.
- 1900 Grande-Bretagne... 78 // 111 77 yy 1 5 2 39 yy 55 38 yy 76
- 1900 Irlande 80 // i/i3 2 2 yy 3oo 11 yy 197 3i yy 413
- 1899.. .. Pays-Bas 66 l62 124 42 yy 1,200 27 66 5i *7 yy 494
- 1892 Belgique 173 2 47 a63 42 yy 1,689 ;,9 7° 74 1 2 yy 434
- 1900 France 234 39 i°9 25 15 323 2 3o 39 108 2 ^1 i5 318
- 1900 Empire allemand. . 109 2 4 4 202 S 5 yy i,i56 68 1 52 126 53 yy 721
- 1900 Autriche 60 70 02 72 2 1 q56 42 53 65 5i i5 678
- 1900 Hongrie 2 1 8 y 57 %/ 58 y 65 196 1/ 2 55 2 3o 60 62 69 206 27O
- 1901 Italie 203 y /y // // 1/ io5 yy 134 yy yy yy 7° yy
- 1900 Roumanie 2 54 24 2 4 54 366 18 259 2 4 24 54 366 18
- 1900 Russie •••••...«• 47(?) 1 1 8 (?) 59P) 2 3 (?) 4(?) 13 2 (?) 85 2l4 108 42 8 2 39
- 1901 Suède // y/ yy // yy yy 27 111 213 58 yy 221
- 1900 Norvège // // yy // yy yy 4 9 72 4i yy 268
- 1900 Danemark // // yy // yy yy 4o 208 288 2 12 yy 252
- 1900 Etats-Unis....... // // yy /y yy yy 186 8 154 701 75
- 1900-1901. Uruguay U yy // yy yy yy 15 yy yy yy 23 yy
- 1899-1900. Républ. Argentine.. . // n yy yy yy yy 4G2 yy yy r 20 yy yy
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- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- II. Tableau comparatif de la moyenne décennale isoi-iooo des récoltes
- DES CÉRÉALES ET DES POMMES DE TERRE.
- (En millions de quintaux.)
- Pour les éléments du calcul des rapports, voir le tableau explicatif ci-après.
- ÉTATS. F R 0 A u 2 . T1 _ u = 'ES J? O « JL? 1EN T. RÉCOLTE. SEIGLE. AVOINE. ORGE. NIAIS. POMMES de TERRE. OBSERVATIONS.
- Grande-Bretagne . . 0,8 15,7 // 20,9 1/1,8 U 31,7
- Irlande 0,03 0 ,A n 9»3 i,5 n 26,2
- Pays-Bas 0,07 1,3 3,3 2,5 0,9 11 20,5 1900 non compris.
- Belgique 0,18 3,3 '«.7 5,0 0,8 n 29/' De i8g5 à 18gg seulement.
- France 6,80 8/1,1 16,5 A A,3 9.9 6,7 12 3,3
- Empire allemand. . 1,90 31,9 73,8 55,i 27,3 11 318,5
- Autriche 1,10 11,8 18,G 17,2 l3,2 A, 2 9 A. 6
- Hongrie 3,3o A 0,2 13,1 11,1 1 2,8 3 5, A 35,A
- De 1891 à iSg5 pour le
- seigle et les pommes de
- Italie A,6o 35, A 1,0 3,8 2,0 19, A 7,3 terre ; de i8gi li i8g6
- pour l’avoine et 1 orge ;
- moyenne décennale pour
- le lromont et le mais.
- Roumanie 1,5o 1 A,9 1, A i>9 A,3 18,2 0,9 De 18g5 h igoo.
- Russie // 8 A, 1 192,2 101,0 l'9P 9,3 192,2
- Suède 0,07 1,2 5,8 10,7 3,i II i3,3
- Norvège O O O 0,08 0,2 1,6 0,9 u 6,0 i8ga-i8gi et igoo.
- Danemark o,3 A 1,0 A,9 6,6 5,o II 5,2
- Etats-Unis 10,70 1 Ao,A g»7 10 5,5 15,(3 A 81,8 5 7, A
- Uruguay // 2,0 II // II II II
- République Argent. II 18,5 II II II 1,0 II Eu i8gg-igoo.
- | Totaux // A79,(i8 272,2 3q 5, A 161,0 576,0 978,0
- Annexe. — Tableau explicatif. Eléments du calcul des rapports qui figurent
- DANS LES DEUX TABLEAUX PRECEDENTS.
- ÉTATS. POPU- LATION. SUPERFICIE AGRICOLE SANS LES FOUETS. ÉTATS. POPU- LATION.
- Grande-Bretagne . . millions. 36,3 millions d’hectares. 1 8,3 Boumanie millions. 5,9
- A,5 5,i Russie 1 06,0
- Pavs-Bas 0,2 2,1 5,1
- Belgique 6,7 i.9
- Franco 38,5 56,3 2 2 37,9 % 35,i 2,1 i 8,5 Norvège 2,2
- Empire allemand . . Danemark 2,5
- Autriche 0, » > 2 6. 1 76,3 0,6
- Hongrie iS,o 19,0 Uruguay
- Italie 3o,2 20,0 République Argent. A,o
- SUPERFICIE
- AGRICOLE BANS LES FOUETS.
- millions d’heclarcs.
- 5i9
- 192,0
- 5 p. 100 du lerri-loire total.
- 3 p. 100 du territoire toi al.
- 80 p. 1 00 du territoire total.
- 280,0 (?)
- //
- n
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- JII. Tableau comparatif des animaux de febme.
- (Année 1900 ou années voisines.)
- ANNÉES. états. NOMBRE D’ANIMAUX EN MILLIERS DE TETES. RAPPORT A LA SUPERFICIE DU TERRITOIRE AGRICOLE. (Nombre d’animaux par îoo hectares.) RAPPORT À LA (Nombre d'animaux POPULATION, par 100 habitants.)
- CHEVAUX. BÊTES à cornes. MOUTONS. PORCS. 1 CHEVAUX. BÊTES à cornes. MOUTONS. PORCS. CHEVAUX. BÊTES a cornes. MOUTONS. PORCS.
- 1900 Grande-Bretagne i,53o 6,8o5 26,092 2,882 8 37 14 5 i3 4 19 73 6
- 1900 Irlande /191 4,6o8 4,387 1,265 7 7* 70 20 12 102 97 28
- 1898 Pays-Bas 280 1,6/10 737 1,354 i3 78 35 64 5 32 i4 26
- 1895 Belgique 272 1,/|2 1 230 1,163 i/i 7/, 12 61 4 2 1 3 17
- 1900 France 2,908 1 /|,520 20,180 6,710 8 38 53 18 8 38 52 17
- 1900 Empire allemand /1,19b O Ô QO 9^93 16,807 12 54 28 48 7 34 17 3o
- 1901 Suisse 1 2.5 1,3/10 219 555 6 64 10 26 4 4o C 17
- 1900 Autriche 1,7H 9*8o7 2,621 4,683 9 53 1/1 25 6 37 10 *7
- 1895 Hongrie 2,3o8 6,738 8,123 7,33o 12 35 43 39 i3 37 47 4i
- 1890 Italie 720 5,ooo 6,900 O O 00 4 25 34 9 2 16 23 6
- 1900 Roumanie 59b O O cî 5,ooo 980 10 4 2 84 16 10 4 2 84 15
- 1900 Russie 29,700 43,587 70,6/17 13,92/1 15 23 37 7 28 41 67 13
- 1899 Suède 520 2,583 1,25/1 817 h 52 26 16 10 5o 2/1 16
- 1891 Norvège 170 900 M17 160 n // « u 8 41 64 8
- 1900 Danemark /l/l9 1,7 4 5 1,07/1 1,168 h II u u 18 69 43 46
- 1900 États-Unis i3,538 /•3,93a 41,883 (*>38,652 1 II U u 18 58 55 5i
- 1900 Uruguay 56e 6,827 18,609 9* u U II n 9'1 1,138 3,201 16
- 1895 République Argentine . h,khi 21.702 7/1,38o W 3,885 n n n n 111 542 1,809 97
- O 38,652,ooo porcs e;i 1899. — <2) Le nombre 3,885 comprend les porcs el les chèvres.
- STATISTIQUE AGRICOLE COMPARÉE.
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- IV. Tableau comparatif de la moyenne décennale ( I801—iooo)
- DES ANIMAUX DE FERME.
- (En millions de têtes.)
- ÉTATS. chevaux. RÊTES A CORNKS. MOUTONS. I'OIICS. 0 HS ER V AT 10 NS.
- Grande-Bretagne . . 1,5 6,s 26,4 2,2
- Irlande 0,5 4,5 4,3 1,2
- Pays-Bas 0,37 i,5 °,7 l,l6 igoo non compris.
- France :?,() 13,3 21,1 (), 2
- Empire allemand. . A, 0 18,8 n,4 14,3 i8ga , 1897 el igoo.
- Autriche 1,() 9,° 2,8 4,2 18go et igoo.
- Italie °’7 5,o 6,9 1,8 i8go, i8gA et igoo pour les chevaux ; 1890 seulement pour les bruis, moutons et porcs.
- Roumanie o,(> 2,5 5,o 0,9 Au dernier recensement.
- Russie *9.5 32,8 53,3 11,6 1888 , i8g8 et igoo.
- Suède 0,16 2,5 i,3 °,7 1 goo non compris.
- Norvège 0,16 1,0 1,2 0,1 18g 1 et igoo seulement.
- Danemark 0/1 1,07 1,1 i,5 i8g3 et i8g8.
- Etats-Unis i4,8 48,9 41,6 4 0,0 igoo non compris pour les porcs.
- La comparaison des chiffres de la dernière année connue et de la période décennale fait voir les différences entre l’effectif du bétail ou les cjuantités récoltées à une date déterminée et le résultat moyen d’une période plus longue. Le premier résultat est un fait accidentel qui peut être au-dessus ou au-dessous de la normale. Cette normale est donnée par la moyenne. Il faut : i° que cette moyenne embrasse un assez grand nombre d’années pour qu’il y ait compensation probable entre les résultats accidentels; 2° qu’elle ne comprenne pas un trop grand nombre d’années pendant lesquelles l’économie générale de l’agriculture aurait changé; car, dans ce cas, la moyenne serait inexacte, étant composée d’éléments de nature différente.
- Relativement aux animaux de ferme, il y a en général peu de différence entre la moyenne décennale et les chiffres annuels, parce que le bétail est moins sujet que les récoltes h des variations subites. Cependant nous pouvons remarquer en Russie un très fort accroissement du nombre des animaux, surtout des moutons; toutefois, la moyenne étant calculée sur trois années, il est possible que le mode d’enregistrement n’ait pas été chaque fois le même. Nous pouvons
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- STATISTIQUE AGRICOLE COMPARÉE. 15
- aussi remarquer que Tannée 1900 présente, aux Etats-Unis, une diminution de 6 millions de bêtes à cornes sur la moyenne décennale.
- Relativement aux récoltes, les différences sont ordinairement plus sensibles. Ainsi nous remarquons que la dernière récolte de froment a été bonne en Italie (4o,6 millions de quintaux contre une moyenne de 34,8); en France (88,6 millions contre 84,1); en Russie (91 millions contre 84), et qu’elle a été a peu près ordinaire dans les autres pays; que la dernière récolte de seigle a été forte en Russie (226 millions de quintaux contre une moyenne de 192,2); faible en Allemagne (73,8 millions contre 85,5); en Autriche ( 13,9 millions contre 18,6); que la dernière récolte d’avoine a été bonne en Russie (11 4,8 millions de quintaux contre 101) et aux Etats-Unis (117,4 millions contre io5,5), et quelle a été faible en France (41,4 millions contre 44,3); que la récolte de Torge a été médiocre en Russie (44,8 millions contre 49,1); que la récolte du maïs a été très bonne aux Etats-Unis (534 millions contre 481,8); que la récolte des pommes de terre a été bonne en Autriche (117 millions contre 94,6); en Hongrie (48,6 millions contre 35,4); en Russie (2 54,2 millions contre 192,2) et qu’elle a été faible en Angleterre (27,8 millions contre 31,7); en Reigique (1 5,7 millions contre 29,4) et aux Etats-Unis (62 millions contre 74,4).
- Les dix-septpays qui figurent dans les tableaux de M. E. Levasseur sont ceux pour lesquels les statisticiens nous ont fourni des renseignements; ils comptent presque tous parmi les principaux pays agricoles dont la production constitue la plus grande partie de la production du monde.
- Tous ces pays font chaque année ou plusieurs fois par décade le relevé de leurs récoltes et, si les chiffres que nous avons donnés ne sont pas rigoureusement exacts, c’est que la matière ne comporte pas une exactitude parfaite. Us sont du moins authentiques, ayant été non seulement puisés dans les publications officielles, mais révisés et corrigés sur épreuves dans chaque pays par les auteurs mêmes de ces statistiques. En cette matière comme en d’autres, la collaboration des statisticiens, membres de l’Institut international, est une garantie.
- H y a d’autres pays qui ont une statistique agricole et dont la
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- 16 EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- récolte en froment mérite d’entrer en ligne de compte : en Europe, l’Espagne (moyenne décennale 22 millions de quintaux); les Etats de la péninsule Pelasgique (dite aussi Balkanique) [environ 20 millions de quintaux]; en Afrique, l’Algérie (6 millions de quintaux), puis la Tunisie (environ 1,700,000 quintaux), l’Egypte (environ 5 millions de quintaux) — ces deux pays n’ont pas de statistique officielle de leurs récoltes; — eu Asie, la Russie d’Asie (27 millions de quintaux qui ont été comptés dans le chapitre Russie, mais qui ne figurent pas dans le tableau récapitulatif), l’Inde britannique (63 millions de quintaux), le Japon ( 5 millions de quintaux) ; en Océanie, l’Australie (11 millions de quintaux); en Amérique, le Canada ( 1 A millions de quintaux), le Mexique (5,oo5,ooo quintaux), le Chili (A millions de quintaux).
- Nous n’avons aucune connaissance statistique de la production en Chine, dans l’Asie centrale, dans l’Asie occidentale, dans l’Afrique centrale et dans l’Afrique méridionale (à l’exception du Cap dont la récolte est d’environ un demi-million de quintaux); dans l’Amérique centrale et dans la zone intertropicale de l’Amérique du Sud; mais ces pays n’ont qu’une production très faible quand ils en ont une, ou, ne produisant, comme la Chine, que pour leur consommation intérieure, ils n’exercent aucune influence sur le marché international.
- Si aux 48 0 millions de quintaux des dix-sept premiers pays (moyenne décennale) nous ajoutons les 18A millions des neuf autres pays, y compris le Gap, dont nous venons de donner la moyenne décennale, d’après leur statistique, et des trois pays (péninsule Pélas-gique, Tunisie, Egypte) dont nous avons indiqué, par estimation hypothétique, la production, nous arrivons a un total général de 664 millions de quintaux.
- Si les chiffres de la statistique agricole ne sont que des approximations, même dans les Etats où ce relevé est le mieux fait, a plus forte raison un total de la production du monde ne saurait être considéré comme ayant une valeur absolue. Il fournit néanmoins une indication que le grand commerce ne dédaigne pas et dont les savants peuvent faire usage, à condition que cet usage soit prudent et accompagné des réserves indispensables relativement au degré de probabilité..
- Depuis un certain nombre d’années la statistique a essayé de ren-
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- STATISTIQUE AGRICOLE COMPARÉE.
- scigner le commerce et la science en évaluant la production totale du monde. Nous reproduisons en note, par années ou par périodes, les principaux essais faits en ce genre depuis 1870. On peut voir que, s’ils donnent une notion approximative, et par là intéressante, il y a cependant d’une évaluation à l’autre de trop grandes différences — soit parce que tous les statisticiens ne puisent pas aux mêmes sources, soit parce qu’ils 11e comprennent pas dans leur total les mêmes pays — pour que nous affirmions rien de précis relativement au rendement d’une année ou au progrès d’une année sur l’autre
- (l) Les données rétrospectives ci-dessons sur MM. deNenmann-Spallart, von Jnraschek, Mul-la production du froment en Europe et dans les hall ,Sundbarg, Bivort, à la Statistique décennale autres parties du monde sont empruntées à de la France ,k YEvening Corn T rade List, etc.
- TABLEAU RETROSPECTIF DK LA PRODUCTION DU FROMENT DANS LE MONDE.
- (Millions de quintaux.)
- ANNÉES. EUROPE. AUTRES PAYS. TOTAL. EUROPE. AUTRES PAYS. TOTAL. EUROPE. AUTRES PAYS. TOTAL.
- 1871 à 1875.. / 3aA aa7 5 5 1
- 1876 à 1880.. (1) 3a 3 2 0 2 5;5 » » .1 . »
- 1881 à 1885.. ( 353 a83 636 n » ..
- 1870 à 1880.. i 33o 2 O 5 535 „ „ „ „
- 1878 à 1887.. «U, a46 57.', n « il ,1
- 1886 ii 1890.. 356 96a G18 „ „ „ „
- 1891 à 1895.. <’>! *>, a 83 6 An n .. » » „
- 1879 0) 3** 1 35 456 » .1 .1 11 »
- 1882 " » « » " .1 (14) 339 216 555
- 1883 335 a 16 55 1 .. « .. „ ..
- 1884 l 365 a/n. 60.4 .. ,, « «
- 1885 1 3a 5 a 3a 557 V 318 a 36 5.44 » „ »
- 1836 (5)-, 313 «5o 563 (lnÉ 8,0 aaG 536 11 «
- 1887 j 378 a 48 696 (11) .. 5a 1 .. „ .1
- 1888 f 356 a 43 "> 9 9 / 356 26a 618 / 36'i a 16 6,9
- 1889 \ 3i 1 a5ç) •r> 7" ( 3,5 2.54 369 1 327 2.49 586
- 1890 - (,‘2) 355 2 3 1 586 1 368 2 41 609
- 1891 " •• ’ ( 3oo a 86 .486 * 3i9 319 638
- 1892 n » i. ; 374 282 656 (15)/ 382 976 658
- 1893 (6) „ « :> à h 395 978 6/3 j 4 08 96.4 6/3
- 1894 (7) /i/i5 140 591 1 4 2 0 280 700 j 4i7 27.3 690
- 1895 ! 39 a 310 702 1 4o6 276 682 4o4 969 67.3
- 1896 \ 4,4 28(> 6<)4 1 4ta a/ia 654 \ 3q5 93? 63 a
- 1897 (S) 3,6 3<> 1 «.7 (13) ( b „ .1
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- 1899 (9) 351 958 609 I " » 1. .1 „
- 1900 " " \ 38o 292 j 67a " "
- (1) Si:\'Diüiu; . — (2) Juraschek, Ubcrsichlen der Weltirirstscliaft. — (3) Susdbarg. — (4) BlVORT. (5) JuRASGlIRK. —
- (6) Association de la meunerie. — (7) Bulletin des Halles. — - (8) Susdbarg. — (q) llullelin des Halles. — ( 0) flrande
- Encyclopédie. - - (n) Eveninir Corn Trade List. — (12) Grandrau. — (t3) Evenintr Corn Trade List. — (1/1) Statistique
- décennale agricole de la France, 1882 (moyenne décennale). — (i5) Statisliij ue décennale a;rrico'c de la France, 1899.
- AGItlCUT.TUrtR.-----I.
- 2
- ni pr.tMF.nif nationale.
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-
- 18
- EXPOSITION DE 1900.
- AGI! ICI LTE UE.
- CHAPITRE ILL
- PRODUCTION ET CONSOMMATION DES CÉRÉALES DANS LE MONDE.
- A. DÉVELOPPEMENT DES MOYENS DE TRANSPORT.
- INFLUENCE DU DEVELOPPEMENT DES MOYENS DE TRANSPORT SUR L’ALIMENTATION. CHEMINS DE FER. - MARINE MARCHANDE.
- 11 me paraît intéressant de présenter, en m’appuyant sur les documents qui figuraient au Champ de Mars, une vue d’ensemble sur les différents modes de transports qui, tant à l'intérieur des divers pays qu’entre les pays eux-mêmes, ont transformé complètement les relations c o m m e r ci al e s.
- Sans cette révolution survenue depuis un demi-siècle, il ne servirait de rien que la production du sol augmentât, dans un pays, hors de proportion avec le nombre des habitants que ce pays doit nourrir. La facilité et la multiplicité des transactions n’ont pas exercé moins d’influence que l’accroissement de la production sur l’amélioration de la vie matérielle des populations.
- La création de réseaux de voies ferrées, l’extension, en nombre aussi bien qu’en longueur, des canaux, le développement des flottes commerciales ont transformé le monde et écarté à tout jamais, tout au moins du vieux continent et de l’Amérique, le terrible fléau de la famine. Les prix des denrées alimentaires de première nécessité se sont nivelés.
- Voici la situation, au 3i décembre îqoo, des chemins de fer, situation empruntée aux statistiques publiées par la Direction des chemins de fer au Ministère des Travaux publics(1).
- (1) Les renseignements ci-après ont été extraits des statistiques officielles et, pour les pays qui n’en publient pas, des sources qui put paru les plus autorisées. Autant que les documents consultés le permettaient — et c’est le cas pour les principaux pays du monde — on n’a compris dans ces tableaux que les
- données relatives aux chemins de fer affectés aux transports publics, abstraction faite des chemins de fer industriels et miniers, des chemins de fer exclusivement militaires et des tramways on des voies ferrées assimilables aux tramways, comme, par exemple, les chemins de fer tertiaires allemands (Klcinbnhnen).
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- J. Lino de.
- to
- • UZ 5 c r 5 LONGUEUR t \ pl on É E À LA l'l\ DLS EX LUC IC ES POPl L A T 1 0 N. SUPERFICIE eu LONGUELU À LA FIN DE 1900
- o en O SS DKSIG.YVTIOX DES PAYS. '£3 S ?- 3 t î p'5 a EL 1830. 1840. I800. 1860. 1870. 1880. 1890. 1900. MILLIONS D’H A.BIT.4 NTS. ANNÉE du DENOMBREMENT OU de révaluation. KILOMETRES CARRÉS. par 10,000 HABITANTS. par MYRIA— MÈTRE. < arré.
- 1 Allemagne *6 1835 kilom. // kilom. 5 80 kilom. 6,o53 kilom. 1 J ,72b kilom. *9.7 *9 kilom. 33,888 kilom. 4 2,869 kilom. 01,391 56.3 190° 540,700 kilom. kilom. q.b
- 2 Autriche-Hongrie (y compris Bosnie et Herzégovine). . . . 18 3 7 // i44 l>&79 fi,54 3 9,589 l8,5 12 26,553 3*6,883 46.8 1900 675,800 7.8 5.4
- O O Belgique (2) 1835 // 335 861 0729 2,897 4,112 5,207 6,345 6.7 1900 29,000 9.2 2 1.5
- h Danemark i 844 // II 217 485 7 G4 1,592 1,986 3,001 2.5 1901 38,5oo 1 2.3 7.8
- 5 Espagne i848 // n 28 1,918 5,475 7,4So 9*878 13,3 5 7 i?.? 1897 497,400 n 5 J.O 2.7
- g France 18 ^ (S 38 *97 3,01 0 9*/l89 17,733 25,92b 36,672 42,826 38.5 1900 536,5oo 11.1 8.0
- 7 Grande-Bretagne et Irlande (avec Jersey, Malle et Man). 18 a 5 91 1,3/19 1 0,660 i6,797 24,383 28,854 32,726 35,296 41.6 1901 3i4,8oo 8.5 j 1.2
- 8 Grèce 186e) n II n // 1 1 11 776 972 2.4 1896 64,700 4.o 1 .;>
- 9 Italie 1 83(j n 8 412 G 1,800 6,208 8,713 12,907 16,787 32.5 1901 286,700 4.8 0.5
- 10 Luxembourg J 859 u // n 57 1/19 292 413 466 0.24 1 900 2,600 19.4 '7-9
- 11 Norvège OO o< n // n 68 368 1,059 1,562 2,o53 2.2 1900 322,3oo 9.2 0.6
- 12 Pays-Bas i 83q n *7 176 335 1,419 1,8 41 2,6l0 2,743 5.1 l899 32,5oo 5.4 8.4
- 13 Portugal 18 54 // // // 1 37 720 1,206 2,125 2,376 5.4 I9OO 92,100 4.4 2.6
- 14 Roumanie 1860 // II n 66 316 i,384 2,49/1 3,098 5.9 l899 i3i.3oo 5.2 2.4
- 15 Russie (y compris la Finlande). 1838 H 27 5oo 1,091 11,236 23,524 3o,q4o 48,107 115.6 OO 5,900,300 4.2 0.8
- 16 Serbie 188 A n II // // // // 54o 578 2.5 1900 48,3oo 2.3 1.2
- 17 Suède 1851 n II // 531 1,734 5,761 8,018 1 1 ,020 5.1 1900 447,900 22.0 2.5
- 18 Suisse 1844 n 1. 20 i,o58 1,442 2,470 3,198 3,783 3.3 1 900 3i,4oo 1 1 .4 9*1
- 19 Turquie, Bulgarie et Roumélie orientale . . . 18bo n n n 66 291 1,394 !*7'9 3,1/12 9-7 1900 275,600 3.6 1.1
- Totaux 129 2*957 23,535 52,344 io4,454 168,018 2 2 8,193 283,524 4oo.o 10,278,900 7-1 2.8
- (•)
- Y compris les chemins de 1er secondaires et les chemins de 1er à voie étroite, mais non compris les chemins de 1er tertiaires.
- (2) Y compris les chemins de fer vicinaux.
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- II. Amiïkiquï.
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- 20 21 22
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- DESIGNATION DES PAYS.
- Amérique du Nord.
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- renlralc.
- Anllllrs.
- Amérique du Sud. '
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- I OT U X
- Canada...........
- Terre-Neuve......
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- Etats-Unis.......
- Mexique..........
- Costa-Rica.......
- Guatemala........
- Honduras.........
- Nicaragua........
- Salvador.........
- Cuba.............
- Porto-Rico........
- Jamaïque.........
- Barbadc..........
- Trinité..........
- Venezuela........
- Colombie.........
- Guyane anglaise. .
- Brésil...........
- r
- Equateur.........
- Pérou............
- Bolivie..........
- Paraguay. 6 .....
- Argentine........
- Chili............
- Uruguay..........
- O Exercices terminés au 3o juin de Tannée indiquée. — Exercices terminés au î'1 janvier de Tannée indiquée. — O) Diminution occassiounée par la cession faite au Chili en 18S3.
- K — — K . j Ï5 > “ r •-— — LONGUEUR EXPLOIT ÉE À LA FIN DES EXERCICES P O P u 1 DATION. SUPERFICIE en KILOM K T R K S CA UH K.s. LONGEFUR A LA FIN DK 1 9OO
- 1830. I8/1O. 18f;0. 1800. 1870. 1880. 1890. 1900. MILLIONS D'H AIUTANTS. ANIS É K du DKNOMHHKMKNT OU de l'évaluation. par 10,000 HABITANTS. pa r M YIUA- MKTH K carré.
- kilom. kilom. kilom. kilom. kilom. kilom. kilom. kilom. kilom. kilom.
- 1836 fl 6' 26 6) 106 9)3,323 6) h, 2 1 1 6)1 i,o35 2l,l6o O 28,/no 4.8 1 89 l 8,587,300 69.2 0.3
- i 88o fl n II II n n '79 i,o55 0.2 1 1900 1 1 0,700 5 0.2 0.9
- 1827 66 4,53/1 1 4, 51 5 Ha77 86.161 15o,i 1 3 M'263,228 6311,287 76.1 1 900 9,067,400 4 0.9 3.4
- 1 8T)0 11 // 11 3 a 3/19 1,120 9,713 16,464 13.6 1 900 1 ,982,800 11.4 0.8
- 187 e // // n II // 120 2/l 1 261 0.2 4 1892 09,60 0 1 0.8 o.4
- 1880 // // n II 1/ /i5 66 166 ^ 6/10 1.4 1 893 126,100 4.6 0.5
- 1871 // n n n II 90 9° 9 « 0.09 1 900 119,800 1.6 0.1
- 1880 U n n n n 20 146 146 0.00 1899 1 23,900 2.8 0.1
- 1882 n u n n n n (-> 6 2 9) 1 1 7 O.9I 1900 2 1,10 0 1.2 0.6
- 1837 n 195 399 6o3 655 1,382 1,731 1,960 1.6 1899 1 1 3q)00 12.3 *•7
- 1 SRo u // n II U 80 116 2 20 1.3 189/1 28,700 i-9 0.8
- 1 88b u n n n II n 18 220 O.96 1899 9,3oo 2.3 2.4
- 18 4 5 n n 26 ho ho ho 12 4 298 0.76 1900 11,100 3.9 2.7
- l880 n n n n n n 89 3 9 0.19 1900 4 00 2.0 9-7
- 1 88O n u n n n 26 87 1 3o O.27 1900 4,6oo 4.8 2.9
- 1866 n n n n 13 1 2 6 7°9 8 6 2 2.4 189/1 1,027,000 3.5 0.1
- 18 0 r> n n n 79 79 1 21 3 80 6o5 4.0 1895 i.33o,8oo 1.5 o.o5
- 186/1 n n n n 3 a 32 36 . 119 0.28 1 891 229,600 4.2 0.5
- 185 A 1 n u 29.5 786 3,6oo 9,800 '*' 14,798 1.4.3 1890 8,313,4oo 1 o.3 0.3
- lS79 // n n // II 6/1 3 0 0 62' 3 00 1.4 1899 299,600 2.1 0.1
- 185i n n n 8 9 73a 1,862 <:i; 1,668 j) 1,668 4.5 1896 1,769,800 3.6 0.1
- 1873 n // n n U 13o 209 972 . O 1893 i,334,2oo 4.4 0.1
- 1863 11 n n n 72 72 24o 261 o.63 1 900 2 53,100 4.o 0.1
- 1807 n n n 39 732 2,313 9,226 17,047 4.8 1900 2,885,600 35.6 0.6
- 1 802 u il n 196 732 1,898 2,928 4,1/18 3.1 1S99 690,300 13.3 0.6
- 1869 " i i - - n n u O» 43i 1,127 1 ,606 0.S8 19°° 186,900 18.2 0.9
- 66 -'1,755 16,067 1 53.972 93,682 l7/|,ClO 323,740 402,703 14 1.80 88,686,900 28.4 1 .o4
- EXPOSITION J.)K l 9 0 0.
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- 111. Afrique.
- LONGUEUR EXPLOITÉE A LA FIN DE;
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- DESIGNATION DES l’AVS.
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- Ervthrce. .
- Possessions
- allemandes.
- Possessions
- portugaises.
- Algérie..........
- Tunisie..........
- Possessions J Sénégal.........
- françaises. \ Soudan..........
- Gèle des Somalis.
- Réunion..........
- Egypte (non compris le Soudan)..........................
- Possessions
- italiennes.
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- Congo (Etat indépendant). . .
- Sud-Ouest africain et Afrique
- orientale.....j
- Angola et Afrique!
- orientale.....
- Lagos et Sierra-
- Leon e........
- Protectorat de l’Afrique orientale.......
- Natal.......
- Gap ......
- Maurice. . . République Sud Africaine Orange (Etat libre d’) . .
- Possessions
- anglaises.
- i 86â
- 187 e.
- 1880
- 1881 1899 1879
- 18 5 G
- 1898
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- Totaux.
- I1) Environ.
- 1830. IcS/iO. 1850. 1860. 1870. 1880.
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- // u // // 517 1,154
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- II n 11 n 66 1 32
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- U n H 85s 1,606 4,635
- EXERCICES P 0 P Ü L A TI O X. SUPERFICIE en LONGUEUK À LA FIN DE 19OO
- 1890. 1900. MILLIONS D'HABITANTS. ANNEE du DK NOM P» Il EM EN T Otl de l'évaluation. KILOMÈTRES c Alunis. jar 10,000 HABITANTS. ]»a r Al Y111A - MET 11 K carré.
- kilom. 2,817 LO srr {O O* OC 4.7 1901 1)00,00 0 kilom. 6.3 5.4 kilom. 0.49
- 260 9 2 5 !-7 190° 1 00,000 0.7 l
- 2 6 A 266 1.8 1900 1 70,000 1 0. 1 ()
- 00 t-H 2/11 G) 6.0 1 900 l) 882,000 0.6 o.o3
- // 122 0.02 1 9OO 6,000 62.0 2.00
- 126 126 0.17 * 1900 2,600 7-'' 6.86
- 1,547 3,392 9.8 i*97 996 3oo 3.5 0.34
- // 28 0.33 l899 2 6 7,3 0 0 0.8 0.01
- // 390 'G 16.0 ÎQOO c 0 cc /-vA 0.3 0.02
- h 00 0 0 8.2 18 99 1,83o,ooo 0.6 0.02
- 5 0 86 2 7.3 18 99 2,08 6, ç 00 j.2 0.06 !
- n 286 0.16 1891 19,200 R-9 1.49 1
- n 582 2.5 1897 780,200 2.3 0.08
- 5i7 2,745 1 68 () 13 0.93 1900 75,600 9-8 1.20
- 6,0 18 2.3 i899 706,800 1 7.5 0.52
- 167 0.08 1900 182,600 6.6 0.09
- 120 1 ,q35 1.1 1 898 3o8,6oo 17.6 0.62
- 581 96° 0.2 1 189° 131,10 0 60.7 0.7 3
- 9,331 18,667 09.60 11,3 0 3,3 0 0 3.1 0.1 6
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- IV. Asie
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- «T. z, c D'HABITANTS. OU <le l’évalualion. HABITANTS carre.
- kilom. kilom. kilom. kilom. kilom. k i loin. kilom. kilom. kilom. kilom.
- 1 Riiksio d’Asie 1 882 // // // U // // 1,433 8,o84 1 6.s 1897 1 6,(S 1 2,200 /l.8 1 0.0 5
- 2 tiOrco 1898 1 860 II II u II n // II /| 2 5.6 1C)00 2 1 8,()00 0.07 0.02
- 3 Turquie dAsie // n 11 43 2 34 072 U Soo 2,760 5 4 17.6 9.5 399-7 /l6.5 1900 1900 1900 1898 1901 1900 1 ,685,200 1.56 0.16
- A Perso 1888 II u n // II 3 0 1,626,000 0.06 o.oo3
- 5 (dune 1876 1875 1853 // n n n II 7 1 22 173 2,33 3 4W8 P) 5,858 1 o,q68,/ioo 0.0 1 0.01
- 6 Japon ^ il n u n II h 17,/mo 2,499,300 65,700 1 .25 1. h 0 H
- 7 Inde il n n 841 4,8 4 0 11 y 14,729 200 26,299 3 08 89,634 478 20 1.1 l.?1 1.58 I
- 8 1 Possessions ’ Ccvlan 18G8 // u n H 3.6 1 .32 0.75
- I 9 anglaises, i 1 Protectorat sur les 6.12 1
- | f Elals malais. . 1885 // n n n // // 55 4i7 0.68 1901 69,600 0.09
- 10 1 11 Inde norlniaise 1885 U u n n H // 54 82 0.07 1887 i,ooo 1.44 2.0 5
- Indes ncerlendaises (Java et 5/19,000 0.75 0./10 I
- 1 Sumatra) 1867 n n n n 109 /i5o i,361 2,226 29./1 1897
- 1 12 ,x • ( Inde *879 n u n n // 1 2 1 2 a7 0.20 1 900 5oo 1.08 5./io |
- Possessions \ / y
- 1 13 li.un.aises, j Indo-Chiné 1885 11 ' n n u II n 71 2 36 17.0 1900 1 h 9,800 0.13 0.16 |
- 1 14 Siam 1897 n n n n il n H 327 6.3 1 pOO 633,oo 0 o.5o o.o5
- Tôt vux n n u 884 5,802 15,892 32,929 60,726 78/1.60 35,699,20 0 °-77 0.17
- (1) Y compris Formosc. — I2) Exercice terminé au icr avril 1900. -
- LO
- lO
- zn
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- —i
- O
- S
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-
-
-
- Y. Océanie
- . à 0 \ G U E U U EXPLOITÉE À LA FIN DES E X F n C I C E S POPULATION. SU P EU Fl LIE en LONG! TCP A LA FIN I)E 1 9OO
- 'Jï 0T, DÉSIGNATION DES PAYS. y. r y. — • — 1830. 18Ï0. 1850. 1860. 1870. 1880. 18;)0. 100!). MILLIONS D'HABITANTS. ANNEE. du I)K NOM Bit EM K NT OU de l'évaluation. KILOM ET H K S ’ OAIIRKS. [!"• II). 000 HABITANTS. par M \ UIA- MÈTI’.B carré.
- 1 2 Queensland A u s Ira lie occidentale 1860 1873 k ilom. // // kilom. Il II kilom. // // k ilom. 98 II kilom. 356 // kilom. 1,019 115 kilom. G) 3/1 VS G) 78c) kilom. G) /i,5o7 G)'r>,077 0.5 ( ) 0.18 19°° 1900 1 ,781,600 2, 5 5 3,5 0 0 kilom. 90.1 166.6 kilom. O.26 0. 1 2
- 0 O Australie méridionale 1 8 5 6 // n // 90 3a3 1,090 G) 2,827 G' 3,028 o.3 G 19°1 2,360,600 svi 0.1 3
- 4 Nouvelle-Galles du Sud 1 8 5 5 // u II 552 i,368 G) 3,3o8 ^ 6,658 1 .6 1 9O 1 8 0 3,800 33.2 0.68
- 5 Victoria . . . 183/) // n II 151 531 1,930 <G 3,978 G) 5,163 1.2 1901 227,60 0 63.o 2.26
- <> Tasmanie 1 87 1 II n n n // 276 6/13 9r>6 0.1 7 19 0 0 67,900 56.2 1.60
- 7 Nouvelle-Zélande 18 G 3 U n u u /i5 2,020 G) 3,iV) /.) > tj 0,701 <>•77 1 900 270,600 68.1 i.36
- 8 Hawaï (îles) 188G U n u n II // 9° 1 Gi 0.1*3 1900 1 7,200 10.7 0.93
- Totaux • • • • • n u u 3G3 1,807 7,283 18,732 20,151 4,73 8,01 2,600 5 2.9 0.31
- 0) Exercices termines au icr juillet de Tannée indiquée. — (-) Exercices termines au irr avril de 1891 et de 1901
- C/C
- O
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- zn
- o
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- RECAPITULATION
- £3 0 ~ 0 LONGUEUR EXPLOITÉ E À LA F I N DES K X U U G 1 C E S PO PL LATIO N. SUPERFICIE eu KILOMÈTRES OA Bit ES. LO'ûii: cru A LA FIN DE 1 9 00
- h en C -ZD Z DÉSIGNATION DES PAYS. 1 il — p —; 1830. 1860. 1850. 1860. 1870. '1880. 1800. 1900. MILLIONS D'HABITANTS. ANNÉE du DE NOM Bit EM E NT OU de l'évaluation. p a r 10,000 HABITANTS. pa r MYRIA- M KT R E carré.
- 1 Europe 1 8 2 6 kilom. 129 kilom. M)57 k ilom. 2 3,636 kilom. 5 2,3/13 kilom. 102,656 kilom. 1 68,0 1 (S kilom. 223,196 kilom. 283,62 6 ' 600.0 // 10,278,900 kilom. 7-1 kilom. 2.8
- 9 Améri(|ue 1827 GG 6,766 1 5,067 53,972 98,682 176,610 623,760 602,708 161 8 // 38,686,900 2 8.6. 1.06
- 9 Afrique i85G // II // 352 1,606 fl,635 9,33 1 1 8,6 67 59.6 n 1 1,3 53,3 00 3.i O.lG
- h Asie 1853 II n // 88/1 5,3o2 1 5,892 32,929 60,726 786.6 II 35,699,200 O.?? 0.1 7
- 5 Océanie 18 5 6 II n // 3G3 1,807 7,823 1 8,732 25,1 5i 6.76 U 8,012,600 02.9 o.3i
- Totaux 195 7,712 38,692 107,915 206,65i 370,978 607,925 790,570 1.390.73 M 106,029,900 r,, 0.76
- 3
- a
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-
-
-
- 24
- EXPOSITION DE 1900,
- A GU ICI'LT l: 11E.
- LONGUEUR, AU r JANVIER 190*2,
- DES CHEMINS DE FIÏR LIVRES À L’EXPLOITATION EN EUROPE,
- DESIGNATION DES ETATS.
- Allemagne :
- Alsace-Lorraine............
- Bade.......................
- Bavière....................
- Prusse.....................
- Saxe.......................
- Wurtemberg.................
- Autres Etats allemands.....
- Ensemble.............
- i Autriche.. . 19,3o6 j Autriche-1 Hongrie. . . 17,3921 Hongrie. \ Bosnie-Her- l
- [ zégovine. 8 6 Ai
- Belgique......................
- Danemark......................
- Espagne.......................
- France........................
- Grande-Bretagne et Irlande....
- Grèce. . .....................
- Italie........................
- Luxembourg....................
- Norvège.......................
- Pays-Bas......................
- Portugal......................
- Roumanie......................
- Russie et Finlande............
- Serbie........................
- Suède.........................
- Suisse........................
- Turquie, Bulgarie et Bouméiie.. Malte, Jersey et Man..........
- Totaux et moyennes. . .
- CIIKJI.NS l)K F K11 li \ rés 1 l'exploitation. par myriamclre carré. par habitants.
- kilomètres. kilomètres. kilomètres.
- 1,8 <j 1 13.o 1 1.0
- 2,071 i3.7 1 1.1
- 0,774 8.9 1 1 .0
- 3 i,GG8 9-1 9-3
- 2,885 iy.2 0.9
- 0 ers 00 vi *7 8.7
- 5,531 1 o.G 9.G
- 52,710 9-7 9./1
- 37,49a 5.5 8.0
- 6,476 2 2.0 9*7
- 3,067 8.0 12.3
- 13,516 2.7 7.6
- 43,657 8.1 11.3
- 35,462 ii.3 8.5
- 972 1.5 4.0
- 15,8i 0 5.5 4.9
- 466 47 9 19*4
- 2,101 0.6 9.4
- 2,79* 8.6 5.5
- 2,388 2.6 4.4
- 3,i 71 2.4 5.4
- 51,4 09 0.9 4.4
- 578 1.2 2.3
- n,588 2.6 22.7
- 3,910 9.4 11.8
- 3,i 42 1.1 3.2
- 110 1 1.0 3.4
- 280,816 2.8 7.3
- Le développement des flottes de commerce du monde entier n’est pas moins prodigieux que celui des chemins de fer. D’après l’évaluation
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-
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- LES CÉRÉALES DANS LE MONDE.
- ‘25
- du Lloyd germanique, le nombre des navires qui sillonnèrent les mers des deux mondes, en 1899, fut de 1/1,726 vapeurs et 29,8/1/1 voiliers.
- Le tonnage de la marine marchande du globe s’est accru, depuis 1820 jusqu’à nos jours, dans la proportion qu’indique le tableau suivant :
- MILLIERS DE TONNES TRANSPORTEES.
- VAPEURS. VOILIERS. TOTAI
- G 3, î G 6 3,172 3,184
- 97 4,5 5 G G,653 4,84?
- 7 G 5 10,712 11,477 i3,ooG
- 7,637 11,782 19,42/1 34,699
- 12,073 7,049 19,122 43,268
- 1820
- 1840
- 1860
- 1886
- 1898
- CAPACITÉ
- DK TRANSPORT
- en tonnes.
- B. COMMERCE DES CÉRÉALES.
- HISTORIQUE DU COMMERCE DES CEREALES. - SON IMPORTANCE. - CONSOMMATION ANNUELLE
- DU SEIGLE ET DU BLE.
- L’histoire du commerce des céréales, de celui du blé en particulier, appellerait une étude spéciale. Je me bornerai seulement à quelques courtes indications sur son origine et sur son état présent. Les Pays-Bas furent son berceau : en 1/198, les marchands de grains tenaient déjà des réunions en Hollande et, en 1617, une bourse spéciale pour le trafic des céréales était instituée à Amsterdam, qui devenait aussi le centre du marché.
- Ce commerce s’est étendu, déplacé et modifié avec les progrès de la culture et ceux des moyens de transport.
- Le mouvement des grains dans le monde (blé, seigle, orge, avoine, maïs, farines et céréales diverses) a porté, dans les deux années extrêmes de la période décennale de 1887 à 1897, sur les quantités suivantes en millions de kilogrammes :
- 1887. 1897.
- Importations....................... 18,257.01 26,116.02
- Exportations....................... 17,428.93 2G,65o.o4
- Totaux................... 35,685.94 52,766.06
- Le blé seul figurait dans ce trafic pour ào.32 p. 100, en 1887, et
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-
-
-
- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- 20
- pour 35.03 p. îoo, eu 181)7; maïs pour 18.98 p. 100, en 1887, et pour a/i.38 p. 100, en 1897.
- La consommation annuelle du Lié et du seigle dans le inonde, que nous étudions plus loin avec tous les développements qu’elle comporte, donne lieu, à vingt ans de distance, aux rapprochements suivants (les récoltes sont exprimées en milliers de quintaux métriques) :
- RLE. SEIGLK.
- 1878-1882......................... AA5,5()7 s 9 < ), ‘î 6 r )
- 1893-1897......................... 599,999 360/171
- r
- Liant donnée l’augmentation de la population du globe que nous allons indiquer, la consommation, par tête d’habitant, du blé et du seigle aurait légèrement fléchi depuis vingt ans, d’autres denrées étant entrées pour une plus forte part dans l’alimentation de l’homme.
- La consommation movenne annuelle, par tête d’habitant, correspondrait, en effet, aux chiffres suivants pour les deux périodes envisage,es . BLé. SEIGLE.
- kilogr. kilogr.
- 1878-1882.............................. 118.9/1 7 9.41
- 1893-1897............................. 116.13 73.02'
- Les documents statistiques et les graphiques exposés au Champ de Mars permettaient de se rendre compte des variations, dans les différents pays, de la production et de la consommation : nous allons les étudier de près.
- C. ENSEMBLE DE LA PRODUCTION DES CEREALES (l).
- ÉTENDUE DES SURFACES CULTIVEES EN CEREALES. — RECOLTE DES CEREALES ALIMENTAIRES DANS LE MONDE. — RÉCOLTE, PAR TETE D’HABITANT, DU FROMENT, DU SEIGLE, DE L’ORGE, DE L’AVOINE ET DU MAÏS DANS LES TRENTE-TROIS PAYS PRODUCTEURS.
- Tout ce qui touche à la production des céréales alimentaires, notamment a celle du froment etdu seigle, a une importance capitale
- (1) Aux chilïres sommaires que nous avons donnés dans le chapitre précédent, il nous paraît nécessaire d’ajouter ici un relevé aussi complet qu’il nous a été possible de le faire des éléments concernant la production et la consommation des céréales dans le monde.
- Les documents que nous groupons dans ce chapitre s’arrêtent à l’année 1896, c’est ce qui explique les quelques différences que Ton pourrait relever; au chapitre précédent, en effet, nous avons considéré une période s’étendant jusqu’à l’année 1897.
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-
- LES CÉRÉALES DANS LE MONDE.
- 27
- pour les nations civilisées, tant au point de vue de l'alimentation de leurs populations que sous le rapport de leur commerce international, par l’indication des quantités de grains disponibles en faveur des pays qui ne récoltent pas assez de blé pour suffire à leurs besoins.
- Pour la France, la question des céréales est d’un intérêt primordial, puisque le septième environ de son territoire agricole est consacré à la culture du blé, et que le seigle, l’avoine, l’orge et le maïs couvrent chez nous une superficie égale a celle des emblavures en froment; il résulte de là que, sur 97 millions d’hectares sous culture (prairies et forêts à part), les céréales s’étendent sur près des trois cinquièmes des terres cultivées et occupent environ le tiers du territoire agricole de la France.
- Les récoltes des dernières années ont montré qu’il ne reste à faire à notre agriculture qu’un très mince effort pour que notre pays, cessant d’être importateur, prenne place parmi les nations exportatrices. Nous aidant des documents les plus sûrs nous allons essayer de présenter un tableau aussi complet que possible des éléments de la production et de la consommation des principales céréales alimentaires dans le monde entier.
- Si imparfaits que soient encore les documents statistiques relatifs à la production agricole des régions civilisées du globe, ils n’en sont pas moins de grande utilité : ils donnent une idée générale des ressources des divers pays, de l’intensité de leur production comparée à la consommation indigène; ils précisent, en outre, les éléments de concurrence avec lesquels les progrès des moyens de communication nous obligent, de plus en plus, à compter. Ce que je disais tout à l’heure de l’importance des surfaces consacrées à la culture des céréales, assigne le premier rang, dans l’ordre d’idées où nous nous plaçons, à la statistique de la production et de la consommation du blé, du seigle et du maïs dans le monde.
- La superficie de la terre est d’un peu plus de 13 6 millions de kilomètres carrés. L’évaluation approximative de la population connue du globe fixe à 1,600,000,000 le nombre de ses habitants, très inégalement répartis à sa surface. L’Europe compte ko.h habitants par kilomètre carré; l’Asie 19.1; l’Afrique 5.9; l’Amérique 3.7; les
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- 28
- EXPOSITION 1)E 1900. — AGRICULTURE.
- îles océaniques 0.7 et l’Australie moins de 1. La moyenne arithmétique serait, pour le globe entier, de 11.A habitants par kilomètre carré (100 hectares). [Voir le tableau de la page 2.]
- Un peu plus du tiers seulement de la population humaine consomme du pain : le nombre des mangeurs de pain, Broad Ealevs, comme on les désigne en Angleterre, serait actuellement (1895), d’après les évaluations de M. Davis Wood, de 5 10 millions : il était de 371 millions en 1871. En vingt-cinq ans, le nombre des consommateurs aurait donc augmenté de 1A9 millions, soit de 37 p. 100, tandis que, dans la même période, la production des quatre principales céréales alimentaires : blé, seigle, méteil et sarrasin s’est accrue seulement de 7.6 p. 100, ainsi que le montre le tableau suivant, dressé par M. Davis Wood, dont Sir R. Goffen a confirmé les évaluations devant la Société royale d’agriculture d’Angleterre :
- NATURE DES GRAINS. SURFACES CULTIVÉES. DIFFÉRENCE EN PLUS OU EN MOINS.
- 1871. 1896.
- liée tares. hectares. p. 100.
- Blé 5o,9.36,(100 63,97^,000 + a5.6
- Seigle (1 /1,92a, 000 (|3,100,000 -h. 1
- Épeautre et méleil a,307,000 1,781,000 -22.8
- Sarrasin 6,55(5,ooo 3,8(i5,ooo — (10.0
- Totaux O O « t>- "0 112,700,000 + 7-g
- D’après ces chiffres, seule la surface cultivée en blé a augmenté. 11 faut noter que le riz, le maïs et la pomme de terre, etc., qui fournissent à l’homme le complément de son alimentation en farineux, quand ils ne la constituent pas entièrement, ne figurent pas dans les relevés de Davis Wood. (Voir pour la pomme de terre les tableaux dressés par M. E. Levasseur, p. 1 0 et suiv.)
- D’après les calculs du statisticien D. Wood, l’alimentation des mangeurs de pain réclamerait, dans les surfaces emblavées en froment et en seigle, une augmentation qui, en supposant stationnaires les rendements moyens actuels, devrait atteindre 20 millions d’hectares.
- L’accroissement normal de la population qui est évalué a 1A p. 100
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-
- LES CÉRÉALES DANS LE MONDE.
- 29
- par période décennale, exigerait une augmentation annuelle d’environ i,5oo,ooo hectares en emblavures de blé et de seigle.
- Il semble donc résulter de ces considérations que, pris dans son ensemble, le monde est loin d’être menacé d’une surproduction de céréales alimentaires. C’est à d’autres causes et notamment au progrès immense des communications internationales qu’est dû l’abaissement général du prix de ces denrées. Avant de nous occuper spécialement du blé, jetons un coup d’œil sur l’ensemble de la production des cinq grandes céréales dans le monde : froment, seigle, maïs, orge et avoine, en nous aidant des statistiques de J. C. Beerbohm (Evenin<>-Corn T rade Lis/) pour le blé et de Broomhatls (Corn Trade learbook) pour les quatre autres céréales. J’emprunte les tableaux qui résument ces données, relativement a la période quadriennale 1893-1895, à une étude très documentée qu’a publiée en 1897 et en 1898 la Deutsche Landwirtschafthche Presse.
- Le tableau ci-après indique la récolte globale en céréales des 33 pays producteurs, rangés par ordre décroissant du chiffre brut de leur production. La France occupe, dans cette récapitulation sommaire, le cinquième rang, avec une production totale de i6,355,ooo tonnes.
- Les récoltes sont exprimées en milliers de tonnes; les chiffres afférents à chacune des céréales sont indiqués en détail dans le tableau III. En se reportant a ce tableau (p. 3 a et 33), on se rend aisément compte de la manière dont est établi ce chiffre global de 16,355,000 tonnes pour la France; on voit qu’il se décompose comme suit :
- Blé................................................... 8,.') 7 h milliers de tonnes.
- Seigle................................................... 9,t/t/i
- (),‘{JT...................................................... 987
- Avoine.................................................... 3,9/15
- Maïs......................................................... 705
- Total
- i6,355
- Et ainsi de suite pour tous les autres pays.
- Pour quelques pays dont la statistique quadriennale 11’a pu être établie, les chiffres ont été empruntés aux travaux si justement estimés de Juraschek (Uebersichlen der WeUwirtscliafl). [Voir la suite page 3 h.]
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-
-
- 30
- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- Tableau I. — Production des céréales dans le monde.
- f=3 NOMS DES PAYS PRODUO- SUPER- RAPPORT SURFACES CULTIVÉES EN BLÉ
- CLASSÉS EN P. 100 FIC1E
- O TION TOTALE DES TE IUI ES EXPRIMÉES
- D'APRÈS LEUR PRODUCTION TOT.H.E de la DBS PAYS CULTIVÉES EN KILOMETRES CARRES.
- C/3 en céréales. TOTALE en à la
- O PRODUCTION kilomètres
- 'H Blé. — Seigle. — Orge. — EN MILLIERS carres surface totale
- LD de tonnes. DU MONDE. ou 1895. 1885. 1875.
- *?: Avoine. — Maïs. 100 hectares. (en centièmes).
- î Etats-Unis d'Amérique... 73,o75 32.03 9,21 o,43o l8.0 187,700 LO OO ÎO 1 06,920
- 2 Russie ( Pologne exceptée). 4 6,8 a 4 21.0 0 5,089,985 20.2 1 20,195 1 17,o45 1 1 6,235
- 3 Empire d’Allemagne .... i7,53o 7.82 5'i o,(558 48.5 19,4 4 0 19,o35 18,22')
- h Autriche-Hongrie 1 (S999 7.0a (>7(5,585 Autr. . 36 - 7 Hong.. 4 1. 2 1 o,53<> 1 1,7.45 9>7ao
- 3 4,4 «5 2 7,54o 2.5,920
- 5 E rance 1 fi, 3 5 5 7.3o 5 3(5,4 08 5 6.3 70,065 69,660 69,660
- fi Indes <>,<>79 9-97 2/199,053 II 88,290 1 0 4,890 11
- 7 Gd°-Bretagnc et Irlande . . 3,372 2.74 3i 4,628 18.0 6,075 1 o,53o 1 4,17.5
- 8 Italie 5,038 2.51 «8(5,589 y9-9 45,76.5 47,380 46,980
- 9 Espagne 4,735 2.10 496,928 35.4 II II II
- 10 Roumanie 7,002 1 -93 131,020 3 6.2 14,58o II II
- 11 Canada 3 554 1 .58 1.18 u 8,5 0.5 13,365 8, t 00 2,43o (i/180 u
- 12 République Argentine... . 2,072 2,789/100 II
- 13 Suède et Norvège 2,3 19 ! . 0 4 775,85g Suède. ..8.1 Norvège, a.5 77° 688 u
- 1 4 Bulgarie et lloumélie. . . . 1,957 0.87 gfi/ifio II // II n
- 15 Turquie d’Europe 1,749 0.78 178,5 1 8 II U II u
- lfi Danemark 1,088 0.75 38,34 0 48.i II 567 607
- 17 Belgique 1,508 0.70 2 9,45 (5 .94.1 II 2,734 u
- 18 Australie 1,222 0 . fi 2 2,687,897 II 15,890 14,9 8 5 6,o75
- 19 Algérie i,33i 0. fin 797,77" II 12,960 II II
- 20 %ypic 1,352 0.5 g gy'ufig-’1 II II II U
- 21 Asie-Mineurc 870 0.3 g // U II H II
- 22 Hollande 11' 0.3 4 33,000 26.1 688 85 0 97 a
- 23 Portugal 734 o.33 92,57.5 »2 *2 . h II II II
- 24 Serbie 084 0.3 0 48,3o3 16.0 fl II II
- 25 Chili 4 9 5 0.22 776,1 22 II H II II
- 20 Perse 49o 0.22 1,(545,000 II H II II
- 27 Grèce 338 0.1 5 (>5,i 19 14.0 H II II
- 28 Tunisie 3og 0.14 99,600 II II II n
- 29 Uruguay 3og 0.1 4 1 78,700 II II II H
- 30 Mexique 3o5 0.14 1,9 ^1 (5,5 ïî 3 II II U u
- 31 Syrie 9 99 0.13 II H U U u
- 32 Suisse 290 0.13 41,34(5 16.5 II II u
- 33 Colonie du Cap 1 ïï 2 0. o5 74(5,333 II II II n
- Totaux 228,947 100.00 II II II U n
- Europe 130,720 58.87 // II // II u
- Pays hors d’Europe 93,227 41. 63 II II II H n
- p.30 - vue 40/767
-
-
-
- PRODUCTION DES CÉRÉALES DANS LE MONDE.
- 31
- Tableau IL — Répartition de la production des céréales par pays
- ET PAR TÊTE d’habitant.
- 1
- 2
- :i
- 4
- 5
- 6
- 7
- 8
- 9
- 10
- 11
- 12
- 13
- IA
- 15
- 16
- 17
- 18 I!) 20 21 22
- 23
- 24
- 25
- 26
- 27
- 28
- 29
- 30
- 31
- 32
- 33
- PAYS Dli PRODUCTION CLASSÉS
- d’après les quantités de céréales
- PAU TETE D'HABITANT.
- Blé. — Seigle. — Orge. Avoine. — Maïs.
- Etals-Unis d'Amérique
- Roumanie............
- Danemark............
- Canada..............
- République Argentine . Bulgarie cl Romnélic.
- Russie..............
- France..............
- Autriche-Hongrie
- Uruguay............
- Empire d'Allemagne. Suède et Norvège. . Australie..........
- Algérie.....................
- Serbie......................
- Turquie d’Europe............
- Espagne.....................
- Belgique....................
- Tunisie.....................
- Italie......................
- Egypte.....................
- Hollande....................
- Grande-Bretagne et Irlande.
- Grèce.......................
- Portugal....................
- Chili......................
- Suisse......................
- Colonie du Cap..............
- Perse.......................
- Indes.......................
- pie
- Asie-Mineure. Syrie........
- NOMBRE
- DE KILOGRAMMES
- de
- CKItÉALES
- par
- tète d’habitant.
- 1,0 1 a
- 7 9 5 768 7 1 O 668 51)3 4 71 4 3 5
- V'
- 384 336 351 33o 3o4 a 9 8 a8a 276 944 206 181 17/1 i5t) 155 1 5 9
- 1/17
- 146
- 9(> 68 54 3 o
- 9/1
- u
- //
- Totaux et moyennes.
- RÉPARTITION
- NOMBRE en centièmes
- DE LA PRODUCTION TOTALE
- D’IIAUITANTS Dlî CÉRÉALES des divers pays.
- par El. En En En En
- KILOMÈTRE CARRE. blé. seigle. orge. avoine. irais.
- habitants. [>. 100. p. 100. p. 100. p. 100. p. 100.
- 7.5 19.0 1.0 2.0 iG. 0 62.0
- 4 1 .0 35.7 4.1 12.2 4.5 43.5
- 56.6 7 •1 28.2 99-7 35.0 //
- 2.0 38.0 1.4 9.3 4o. 3 11.0
- 1.5 6a. 8 U // // 37.2
- 3 3.6 54.6 9-i 16.8 5.5 14.0
- 90.0 93.0 44.o 9.0 32.8 1.2
- 79.0 5 2.6 i3.2 6.1 2/1.0 4.1
- (A. KD) . (H. r,7iM>-3 3o. 6 19.2 15.3 15.7 19.2
- 4.6 6 9.2 // n // 87.8
- 9<> • 7 17.0 41.4 13.9 27.7 //
- 8.8 4.3 25.7 *7-9 52.2 //
- 0.4 67.0 // 4.o l8.0 11.Ü
- 5.2 37.i 0.1 57.4 /..y o.5
- 48.0 * 37.0 6.3 9.8 5.3 41.6
- 34.o 5 a. 9 19.5 8.9 2.5 12.5
- 35.0 5i.4 11.2 4.9 97 • 9 //
- oc O 32.4 34.8 57.0 // //
- 15.0 43.0 // 2.7 5.6 3 a. 5
- 109.0 07.0 2.2 2.7 5.6 3 3.5
- 7-7 20.1 H 15.5 // 64.3
- 14 8.0 19.5 37. a 13.2 3o. 1 //
- 1 a 6.0 9 3.2 0.6 97. i 4 9.1 //
- 34.0 s9-9 U 14.5 i.3 24.3
- 55.0 22.4 17.0 5.4 2.0 53.3
- 4.4 83.6 // 12.3 U 4.1
- 71.0 '17 -9 17.7 6.2 38.2 //
- a. 3 100 // // II n
- 5.4 100 // // n //
- 89.0 1 00 // n n n
- 6.0 1 OO U // u n
- a . 0 100 U u u u
- a. 0 100 II // n //
- 3o. 0 17.0 8.0 19.°
- 20.0
- p.31 - vue 41/767
-
-
-
- 32
- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- Tableau III. — Récolte des cinq grandes céréales.
- CI.ASSEM HAT
- DES IM VS l’HODUUTKUllS par
- OlIDnK lU'HAliÉTIOUK.
- Algérie..........................
- Allemagne (Empire d’)............
- Amérique ( Etats-Unis d’)........
- Argentine (République)...........
- Asie-Mineure.....................
- Autriche-Hongrie.................
- Australie........................
- Belgique.........................
- Bulgarie et Roumélie.............
- Canada...........................
- Cap (Colonie du).................
- Chili............................
- Danemark.........................
- Espagne..........................
- France...........................
- Grande-Bretagne et Irlande.......
- Grèce............................
- Hollande.........................
- Indes............................
- Italie...........................
- Mexique..........................
- Perse............................
- Portugal.........................
- Roumanie.........................
- Russie...........................
- Serbie...........................
- Suède et Norvège.................
- Suisse...........................
- Syrie............................
- Turquie d’Europe.................
- Tunisie..........................
- Uruguay..........................
- Totaux...................
- Pays d'Europe....................
- Pays hors d’Europe...............
- RL K.
- Iï ECO LTE en müliers de TONNES. TAUX l>. 100 de lu IIKCOI.TE du momie. NOMRRE de KILOGRAMMES par Iclc d'habitant.
- A pii 0.7.3 11.3
- O CO A.. /10 >>7
- 13,717 2 0 . 2 0 H)1
- i,(>79 2 . b 0 A 20
- 870 1.28 //
- T), 2 ri > 7.70 19/1
- () 2 0 1.35 219
- hop 0.7b ' 79
- 1,073 1.60 32b
- 1,3^17 2.00 269
- 1 92 o • 98 68
- A 1 4 0.61 12 2
- 120 0.18 b b
- 9/1/19 3.60 1A 2
- 8,07/1 19.7 0 2 23
- 1/118 2.10 36
- M)9 0.29 91
- 1 A 7 0.22 31
- (>>(>79 C CO 3o
- 3,91 A A . 7 0 1 o3
- 3ob 0. A b 9/1
- /190 o.73 b A
- 166 0 . 20 PPï
- 4,539 il . P)0 2 83
- 10,899 16.00 1)3
- 2 b 3 0 • 37 1 1 O
- 9» 0.1/1 1 A
- i39 0 . il 1 A 6
- 299 0./1/1 II
- 9 9 *r> 1 .36 1 Mi
- 139 O . 2 1 88
- 193 0.9 8 289
- 67,796 100.00 //
- 39,869 58.8b il
- 27,927 A1 .1 b //
- RÉCOLTE en milliers de TONNES. SEIGLE. TAUX I’. 100 de la 1IKC0LTE du monde. NOM IJ RE de KILOGRAMMES par tête d'habitant.
- 1 Il n
- 7,958 19.3o 13 y
- 7 A 8 2.00 10
- // II II
- // // n
- 3,227 8.80 76
- // II n
- 5AA 1. Ao 85
- 177 0. A 6 5 A
- 5i CO O 10
- // ü II
- // // n
- A76 1.3o 216
- b A 0 1. Ao 3i
- 2,1 AA 5.8o 56
- AA 0.12 1
- II II II
- oc 0.7b 59
- U II 11
- 112 0.3o A
- // fl //
- II II //
- 1 2 A 0.3 3 2 b
- 178 0. A 6 33
- 9o,b 1 3 b A. 70 ,93
- AA O . 1 2 19
- r>9>> 1.60 8 b
- b 1 0.13 >7
- II // //
- 3A3 0.90 r> 5
- II U //
- U II n
- 37,501 100.00 n
- 36,701 97-87 11
- 800 2 . 1 3 u
- PRODUCTION DES CEREALES DANS LE MONDE
- 33
- — Proportion et répartition par tète d’habitant.
- 0 R G E. AVOINE. MAÏS.
- IIKCOI.TE en milliers de TONNES. TAUX l>. 100 de la 1IEC0LTK du monde. NOM RRE de Kl 1.OCR AM M MS pa r 1 oie d’habitant. RÉCOLTE en milliers de TONNES. t 1 ix i>. ton de la liée»!,T K du monde. NOM HUE (le KII.OGRA.M M ES par tête d'habitant. Il ÉCOUTE en milliers de TONNES. TAUX 100 de la HKCOLTE du monde. NOM II IUÎ de KU.OOn ANOI ES par tète d’haliilan
- 76 A A . 1 0 1 7 A 65 0 . 1 P> 15 . 7 0.01 2
- a/dk) 1 3.1 0 *7 4,8 5 0 1 1 . Ao 9 ^ II il H
- 1,6 A 9 8.80 23 1 2,007 28. Ao 1 66 A/1,961 77 • 92 632
- // // " " n U 99:> 1.72 2A8
- II U II // u II // II //
- 2,5/19 i3.70 5 9 2,666 6. 'i 0 69 3,31 5 5.74 7(>
- 5A 0.99 13 a A 8 0. b 8 r>9 // II II
- Ho 0. A1 12 A 35 1 . o3 68 II II II
- 326 1.80 99 107 0. a 5 32 27A 0. A7 83
- 331 1.8b 66 1/137 3. Ao 287 388 o.63 78
- n II II // II // 11 n II
- 60 0.39 18 // // II 2 1 0.00 6
- 000 9.70 228 092 1 . Ao 969 U n //
- i,oAA b. 60 61 1 1 7 0.98 7 58b 1.01 3 b
- 9** 7 5.3o 26 3.9 A 5 9 • 3o 1 0 2 70b 1.92 18
- 1,678 9.00 a 1 239 0.5 b 48 // // n
- 48 0.26 *2 a A 0.01 2 n // u
- 111 0.60 2 j a 0 a 0.55 A 8 n n n
- // II // H // II 11 n n
- 167 0.90 b OOO 0.71 10 1,84 b 3.2 0 •r> 9
- // n // U // // n // n
- // n u n II II n // n
- '11 0.2 5 8 1 0 o.o3 li 39o 0.68 78
- 096 2.80 97 196 0. A 6 36 1,870 3.2 A 3/16
- A,217 29.70 Ao 10,697 9.5.3o 1 Ao 568 0. q8 5
- 66 0.3 b 2 9 36 0.09 16 98b 0. bo 19/1
- A16 2.20 5 9 1,910 2.90 173 II // //
- 18 0.10 6 82 0.19 27 II V u
- // II // II II n II II //
- 1 ->6 0.82 2Ü Ao 0.09 7 28b 0. bo A 6
- '77 0.9 5 118 II II // II II U
- // // // n II // 116 0.2 0 1 Ab
- 18,6o2 1 00.00 n 49,333 100.00 n 57,71b 100.00 II
- 10,370 89.5y u 28,076 67. A9 n 10,9 0 A 17.68 II
- 3,232 17.41 u i3,757 3 2 . b 1 n 47,011 82.32 U
- agricultuhiî. --- 1. 3
- IMPRIMERIE NATIONALE,
- p.dbl.32 - vue 42/767
-
-
-
- 3/i
- EXPOSITION DE 1900. — A G IM G l LT L RE.
- Les tables de géographie statistique d’Otto Ilübuer ont fourni les indications suivantes: surfaces totales des pays, rapports centésimaux de ces surfaces à la superficie des territoires agricoles (tableau 1); nombre d’habitants- par kilomètre carré et production de chacune des céréales par tète d’habitant (tableau 11).
- D’après cette intéressante statistique, l’Europe, dont la superficie totale est de y p. ioo et la population de e4 à e5 p. ioo de celles du globe, produit plus de 58 p. îoo des céréales récoltées. Si l’on défalque le maïs, elle produit 72 p. too des autres céréales (blé, seigle, orge et avoine).
- Les pays hors d’Europe récoltent 41 p. ioo de la production totale du froment et a p. loo seulement de celle du seigle. Pour l’avoine, la récolle européenne est double de celle de l’ensemble des autres pays; pour l’orge, elle atteint 5 fois la production du reste du inonde.
- Pour le maïs, au contraire, elle n’atteint pas le cinquième de la production mondiale.
- Le tableau II indique pour chacun des 33 pays classés d’après les quantités de céréales produites par te te d’habitant : i° le nombre de kilogrammes de céréales récoltés par tête d’habitant; 2° le nombre d’habitants par kilomètre carré; 3° la répartition en centièmes de la production totale de céréales dans les divers pays.
- Enfin le lableau lll donne, pour chacun des pays, classés cette fois par ordre alphabétique, afin de faciliter les recherches : i° la récolte de chacune des cinq céréales exprimée en milliers de tonnes; 2° le taux p. îoo de la récolte de chaque pays, rapportée à celle du monde entier; 3" le nombre de kilogrammes de chacune des céréales récoltées par tête d’habitant.
- ü. PRODUCTION ET CONSOMMATION DU BLÉ DANS LE MONDE.
- PRODUCTION DU RLE DANS LA PERIODE QUADRIENNALE 1892-1895. — CONSOMMATION DU RLE EN EUROPE. — PAYS D’EUROPE IMPORTATEURS. - PAYS EXPORTATEURS. - REPARTITION DE LA PRODUCTION ET DE LA CONSOMMATION DU RLE EN EUROPE. — QUANTITE MOYENNE DE FROMENT QUE L’EUROPE DOIT IMPORTER ANNUELLEMENT. - REPARTITION DES IMPORTATIONS.
- Nous venons de jeter un coup d’œil sur la production mondiale des cinq grandes céréales. Etudions de plus près la production et la consommation du blé.
- p.34 - vue 43/767
-
-
-
- PRODUCTION DES CÉRÉALES DANS LE MONDE.
- 35
- Tableau IV. — Récolte du blé, de isoa À isoü, dans les principaux pays
- DE PRODUCTION DES CINQ PARTIES DU MONDE ^EN MILLIERS DE TONNES).
- N"3 D'ORDRE. PAYS DE PRODUCTION. 1892. 1893. 1894. 1895.
- I. Eu ROPE.
- 1 Russie d’Eur. (ycomp. Pologne et Caucase). 8,8 3 ç). <S 11,572.3 1 9,o83.9 10,821.0
- 2 F rance 8,175.7 7,568.2 9,3/10.5 9i2°9-9
- 3 Hongrie 3,723.2 /i,o58.5 A ,1/17.7 V17|7 • 7
- A Italie 3,o'18.2 8,5/19.0 3,9i 1.5 3,oA8.3
- 5 Empire d’Allemagne 3,157.1 2.983.9 3,ooA. 6 9,796.9
- u Espagne 1,85o. 7 2,286.1 2,83o . 5 9,8 3 0.5
- 8 Roumanie 1 >58y. A 1,589. '1 1 ,i5/i. 0 1,786.3
- 1 8 i Grande-Bretagne el Irlande i,05/i. 7 1,871.7 1,611.1 1,0 3 A . 2
- u Aulriche-Hongrie 1,3/19 • 9 1,15 '1.0 1,98/1.6 1,099.5
- 10 Bulgarie 1,13 2.2 930.3 979-8 1,2.51.9
- 11 Tunpiie d’Europe i,o80. G 870.9 769.0 979-8
- 12 Belgique 577.0 /i 5 7.9 5oo. 8 5oo. 8
- 13 Serbie e83.0 939.5 317.7 2 7 2. 2
- l/i Grèce 917.7 217.7 196.0 16 3.3
- 15 Portugal 17/1.2 15 2 . A i85.1 15 2 . A
- 10 Hollande 1Ü3.3 15 2. A i3o.6 1A1.5
- 17 Suisse 163.3 119.8 1/11.5 13o. 6
- 18 Danemark 13o. G 121.9 108.9 119.8
- r.) Suède cl Norvège ... 76.2 98.0 98 • 0 1 i i . 8
- Enskmiile de l’Eciîopk (17,8 9 G. 8 39, '187.9 A 1,988.8 Ao,6o6.3
- II. Amérique.
- i Etats-Unis 1 5,083.2 1 9,/| 10.5 13,93/1 - 6 13/199 •1
- 2 Argentine 1,5 <S 9 . A 9.9 'l 2.6 1,633.0 1,9 51.9
- O Canada 1, A 1 5.2 1,806.3 1,197.5 1/169.7
- A Chili A 3 5.5 /18g. 9 35g. 2 670.1
- 5 Mexique 261 .3 3oA. 8 326.6 326.6
- 0 Uruguay 108.9 17/1.3 217.7 9 7 ‘A .
- 111. Asie.
- 1 Indes 5,617 •<* 7,973.1 6,880.2 6,9/15.5
- 2 Asie-AIineure 979-S 870.9 763.0 870.9
- O Perse '189.9 /i35. A /18 9.9 5 5 A. 3
- A Syrie 3 2 G. G 336.6 3 2.2 272.2
- IV. Afrique.
- 1 Algérie 5/i/i. 3 '102.8 5/i/i. 3 A 89.9
- 2 Égypte 3 3 9.5 272. 2 •y 3 „ 2 272.2
- 3 Tunis 102.3 108.9 i63.3 162. A
- h Colonie du Cap 108.9 119 • 7 i3o .6 i3o.6
- V. Australie.
- 1 Australie 979-8 1,110. A go3.6 685.8
- Pays hors d’Europe 2 8,2 21.9 37,8/17. A 28,086.9 27,553. A
- Totaux 65,616.7 67,33/1.6 70,075.7 68,109.7
- 3.
- p.35 - vue 44/767
-
-
-
- IMPOSITION DE 1900.
- A G K IC U LT l 11 E.
- 30
- Tableau V. — Récolte annuelle du blé dans le bonde
- (MOYENNE DES QU AT HE ANNÉES 1892-1895.)
- X . O w S o g » PAYS DE PIÎODUCTION. .MILLIERS de TONNES. PHOPORT IO N CENTÉSIMALE. ÉCARTS DKS LE CIII EF étant éga Récolte minimum. RÉCOLTiïS, HE MOYEN l A 100. Récolte maximum. LA RÉCOLTE MINIMUM est A LA RÉCOLTE maximum comme j :
- 1 Etats-Unis d’Amérique. . . . i3,7i7 20.2 9° 1 °9 1.21
- 2 Russie (Pologne et Caucase'. 10,829 1 6.0 82 11 2 1.37
- 3 K rance 8,57/i I 2.3 88 10 9 1.2/1
- A Indes 6,679 9.8 84 109 i.3o
- 5 Autriche-Hongrie 5,2 A 2 7-7 97 1 o4 1.07
- 6 Italie 3,21A '1 9 5 110 1.16
- 7 Empire d’Allemagne 2,983 A. A 93 106 1.14
- 8 Espagne 2, A 4 9 3.6 75 116 1.55
- 9 Argentine 1,679 2.5 7* 13 3 1.80
- 10 Roumanie i,532 2.3 7r> 117 i.56
- 11 Grande-Bretagne cl Irlande. 1,418 2. I 73 116 1.69
- 12 Canada 1,3/17 2.0 . 89 109 1.3 2
- 1 ;î Bulgarie 1,072 1.6 86 117 i.36
- l/l Turquie d’Europe 92.5 1.36 82 118 i.44
- 15 Australie 920 i.35 T° 121 1.61
- 16 Asie-Mincure OC -J O 1.28 87 112 1.29
- 17 Belgique 5o9 0.7.5 9° 113 1.9 6
- 18 Algérie /kj5 0.78 81 110 i.36
- 19 Perse A 90 0.72 89 111 1.2 5
- 20 Chili Ai A 0.61 87 118 i.36
- 21 Mexique 3o5 o./i5 86 107 1.2 4
- 22 Syrie 3 99 o.44 91 10 9 1.30
- 23 %Ple 2 65 0.39 9° 1 o3 1.14
- 2/i Serbie 2 53 o.37 86 11 2 i.3o
- 25 Grèce 109 0.29 81 1 10 i.36
- 26 Urunav 1 0.28 56 1 41 2.52
- 27 Portugal 166 0.2/1 9 2 111 1 .2 1
- 28 Hollande 1/17 0.9 2 91 109 1.20
- 29 Suisse 139 O. ‘2 I 87 117 i.34
- 30 Tunisie 182 0.21 78 1 2/1 1.57
- 31 Colonie du Cap 122 0.18 89 K»7 1.20
- 32 Danemark 120 0.18 90 1 1 0 1.2 2
- 33 Suède et Norvège 98 0.1/1 78 1 22 1.06
- Totaux kt moyknxks. . . 67,796 100.00 96.8 1 o3.4 1.07
- Europe 39,869 58.8 9/1.0 io5 1.12
- Hors d’Europe 27’927 A1.2 98-7 101.1 1.02
- Le tableau IV reproduit la statistique dressée par Beerbohrn; il indique, pour chacune des quatre années qui ont servi à établir le
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- PRODUCTION DES CÉRÉALES DANS LE MONDE.
- 37
- tableau V (1892-1895), la récolte du blé dans les pays producteurs des cinq parties du monde.
- Le tableau V nous renseigne sur les points suivants : i° production moyenne des années 1892 a 1896; 20 proportion centésimale afférente à chaque pays producteur dans l’ensemble des récoltes; 3° écarts entre les récoltes maxima et minima par rapporta la récolte moyenne des quatre années; 4° enfin, écarts almlu.s entre les récoltes maxima et minima de chaque pays.
- La comparaison de tous ces nombres donne lieu à bien des remarques intéressantes; je me bornerai à signaler les plus importantes, en y joignant quelques observations complémentaires sur le mouvement de la production du blé dans le monde entier.
- La récolte annuelle moyenne en blé dans les 33 pays de production inscrits dans ces tableaux a été, de 1892 à 1895, de 677,960,000 quintaux métriques.
- Le Japon ne figure pas dans le relevé de Beerbohm; mais cette lacune ne modifie pas sensiblement l’ensemble des évaluations : en effet, d’après Juraschek, la production de ce pays peut être évaluée de 1892 à 1896, à peine à 2 ou 3 p. 100 de la production totale du globe.
- Un simple coup d’œil sur le tableau V montre que trois pays tiennent la tête dans la production du blé : les Etats-Unis, la Russie et la France. Leur situation, a cet égard, est tellement prépondérante que leur production réunie égale presque le total de celle de tous les autres pays du monde. En effet les Etats-Unis, la Russie et la France produisent 33,120,000 tonnes de froment; le reste du globe en récolte 34,656,000.
- La deuxieme colonne donne la répartition centésimale de la récolte totale entre les divers pays. Les nombres des troisième et quatrième colonnes expriment la comparaison, pour chaque pays, des récoltes maxima et minima à la récolte moyenne de la période quadriennale. Ainsi le nombre 88 (3e colonne, France) signifie que la récolte la plus faible ( 1 893, voir tableau IV) n’a été que des 88 centièmes de la récolte moyenne et le nombre 109 indique que la meilleure récolte (189.4) a excédé de 9 p. 100 la récolte moyenne. Les écarts ont donc
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- 38
- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- été, pour la période envisagée, de 19 p. 100 en dessous et de 9 p. îoo en dessus de la moyenne quadriennale.
- L’écart absolu entre les récoltes maxima et îninima est inscrit dans la 5e colonne du tableau Y : le nombre 1.3 î signifie que, entre ces deux récoltes, il y a eu un écart absolu de 31 p. 100.
- Les moyennes inscrites au bas des colonnes 3, 4 et 5 du tableau Y sont très intéressantes; elles montrent que la récolte la plus faible (189*1) n’est inférieure que de 3.-4 p. 100 à la production moyenne des quatre années, et que l’écart absolu n’est que de 7 p. 100. Ainsi donc, malgré les conditions, si différentes d’un point du globe à l’autre, de sols, de climats, d’intempéries, les récoltes n’ont varié que de 3 1/9 p. 100 en dessus ou en dessous de la moyenne.
- La conséquence de ces constatai ions est que, s’il y a sur certains points, à un moment donné, une insuffisance de récoltes, on n’a plus, grâce aux compensations qui se produisent et aux réserves de grains qu’elles permettent d’une année à l’autre, à redouter la famine pour l’ensemble des pays ci vilisés.
- Depuis dix ans, la récolte, en blé, du monde s’est accrue sensiblement : la moyenne quadriennale 1899-1895 accuse un excédent d’environ 6 millions de tonnes sur la période de 1887-1891. Les relevés du tableau V nous montrent que l’Europe a produit (1899-1895) 59 p. 100 de la récolte du monde entier. Malgré cela, la récolte de l’Europe 11e suffit pas à l’alimentation de ses 38o millions d’habitants (96 p. 100 de la population du globe); de là, nécessité de l’importation du blé des pays d’outre-mer qu’il nous faut étudier, en regard de la consommation des différentes nations.
- Beerbobm a évalué à près de 44 millions de tonnes (43,980,000) les quantités de blé que l’Europe a consommées, dans l’année 1899-i8q3; il estime à 948,000 tonnes l’augmentation annuelle de la consommation européenne. D’après cela, l’Europe aurait consommé, année moyenne de 1899-1895, 44,839,000 tonnes de blé, dont le tableau VI donne la répartition par pays et par tête d’habitant. Dans cette même période la production indigène ne se serait élevée qu’à 39,869,000 tonnes, d’où une importation nécessaire de 5 millions de tonnes environ.
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-
- Million* i» quintaux
- Millions de quintaux
- Froment américain en grains
- 35 _
- en farine
- Froment russe en grains
- 33_
- __26
- __20
- "17 T"
- I i ’
- CO
- PRODUCTION DES CÉRÉALES DANS LE MO A1 DE.
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-
- EXPOSITION DE 1900.
- A OIU Cl'LU OIE.
- 10
- T vbeeu: VI. — Consommation du blé en Europe (moyennes DE 189-2 À J895).
- M IL M E R S DE TONNES. PAR TÊTE D’HABITANT.
- kilogrammes.
- 9^71 240
- 0,532 l05
- 0,539 50
- 5,oo8 110
- /1,137 79
- 3,919 1 9 5
- 3,1 02 14o
- ! ,5 2 'l 9.38
- 92.5 171
- 870 204
- 769 12.3
- Ooo 1 9,5
- figo 10 3
- 4 go 52
- 272 1 2 4
- 218 9 5
- 44.852 118
- l'A VS.
- France.......................................
- Grande-Bretagne et Irlande......................
- Russie.......................................
- Autriche-Hongrie.............................
- Allemagne........... ........................
- Italie.......................................
- Espagne et Portugal..........................
- Belgique.....................................
- Roumanie.....................................
- Bulgarie.....................................
- Turquie d’Europe.............................
- Hollande.....................................
- Suisse.......................................
- Danemark, Suède et Norvège...................
- Grèce........................................
- Serbie.......................................
- Totaux et moyennes
- Il résulterait de ces chiffres que :
- La consommation étant de................... 46,852 inilliersdetonneR.
- La récolte s’élevant à....................... 39,869
- La différence est de......... 4,983
- Cette différence représente les quantités de blé importées des pays exotiques, soit en nombre rond 5 millions de tonnes, ce qui correspond à 11.95 p. 100 de la consommation européenne.
- Le tableau ci-dessus montre que la consommation par tête d’habitant va en décroissant de la Bulgarie (96/1 kilogr.) aux Etats Scandinaves (5.9 kilogr.). Le Français mange cinq fois plus de pain de froment que le Danois et trois fois plus que l’Allemand. L’Austro-Hongrois, le Turc, le Grec, le Hollandais et ITtalien consomment un poids de blé ( 1 1 fi à 195 kilogr.) voisin de la movenne. Dos rap-
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- PRODU (ITT ON I) ES CÉRÉALES I) WS LE MONDE.
- 41
- prochements entre la production et la consommation, il résulte que le Royaume-Uni et les Pays-Bas consomment quatre fois plus de blé qu’ils n’en récoltent et doivent, par conséquent, demander à l’importation les trois quarts de leur alimentation.
- Si l’on excepte i’Autriclie-Hongrie, où, depuis quelques années, la production excède la consommation d’environ 4 p. 1 o o, la France occupe, en Europe, le premier rang (parmi les pays importateurs), par la faiblesse de ses importations qui n’ont pas atteint 10 p. 100 de la quantité du blé nécessaire à l’alimentation de ses habitants. Pour apprécier la situation respective des différentes nations européennes, jetons un coup d’œil sur leur répartition en pa\s importateurs et en pays exportateurs. Les chiffres du tableau VII donnent a ce sujet des indications précises.
- Dans le premier groupe, la production indigène s’élève, par tête d’habitant, a 95 kilogr. 5, tandis que la consommation moyenne est de 145 kilogr. 7. Dans le deuxième groupe, à l’inverse, la consommation n’est que de 81 kilogrammes par tête, tandis que la production s’élève a 113 kilogrammes. Les relevés de ce tableau permettent d'intéressantes comparaisons que nous allons mettre en relief.
- Tableau VIL
- PREMIER GROUPE. --- PAYS IMPORTATEURS.
- PAYS. IMPORTATIONS NECESSAIRES en MII.MRIIS DE TONNES. POPULATION E!V MILLIONS DHA’ ITANTS. IMPORTATION NÉCESSAIRE PAH TETE D'HABITART (on kilogrammes). PROPORTION CENTÉSIMALE DE L'IMPORTATION h l’alimentulion.
- Grande-Bretagne et Irlande. . . . 5,i 1 h 39.6 129 p.100. 78
- Allemagne 1,10/1 5-2.3 2 2 28
- Belgique 1,015 (i./i . i53 ()7
- France 897 38.5 2 3 9./I
- Italie. ... 705 31.3 9.2 1 7.6
- Espagne cl Portugal h 87 9. il. 9, 22 15.7
- Pays-Bas /153 /1.8 </' 75.2
- Suisse 351 3.0 117 71.8
- Danemark, Norvège cl Suède. . . 3 7 9 9.2 3o 55.7
- Grèce 73 il ,'2 33 26.6
- Totaux et moyennes 1 0,5-2 1 209.5 ;t0.2 34.5
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- 42
- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- DEUXIÈME GROUPE. --- PAYS EXPORTATEURS.
- PAYS. BLÉ DISI'OMISUE eoeii î.’KU'mrmiox ("> milliers de tonnes ). POPULATION EN MILLIONS D'HABITANTS. EXCÉDENT TUSPOMlil.E PA II TKTIi l)'ll A IMTAM (en kilogrammes). RAPPORT CENTÉSIMAL m; 1.* W. PONT ATION ii la consommation par tète.
- Russie (Pologne et Caucase) . . . Mt)7 11 0.9 p. 3 00. 66
- Roumanie r- 0 0 5 .h I 1 2 66
- Autriche-Hongrie 33/1 h 3.3 r> /i.3
- Rulgarie 202 3.3 G 1 2 • >. 2
- Turquie d’Europe \ G 3 (i.a :?(’> 2 1.1
- Serbie 2.3 j 5 t.r>.S
- Totaux et moyennes 17 (i. A 31. /1 38.7
- La Grande-Bretagne, l’Irlande, la Hollande, la Suisse, la Belgique et les Etats Scandinaves sont les pays où le rapport de l’importation, à la consommation est, de beaucoup, le plus élevé, allant de 78 p. 100 (Grande-Bretagne) à 56 p. 100 (Danemark). D’autre part, la Russie et la Boumanie sont les régions dont la production excède le plus les besoins de la consommation : elles exportent 66 p. 100 de leur production.
- Les provinces danubiennes et la presqu’île des Balkans (la Grèce exceptée qui est importatrice) exportent moins du quart de leur production, 15.8 à 93.i p. 100.
- La Russie et les pays de l’Europe méridionale (Autriche-Hongrie mise à part) ont une production moyenne de 100 kilogr. 8 de blé par tête d’habitant, tandis que dans les autres pays d’Europe, toujours en exceptant l’Autriche-Hongrie qui suffit amplement à son alimentation, la production, comme nous l’avons vu, 11’atteint que q5 kilogr. 5 par tête.
- Suivant qu’on range les pays d’Europe d’après leur production ou d’après leur consommation en blé, par tête d’habitant, on obtient les classements différents indiqués par le tableau VIII.
- La production moyenne est de io3 à 1 ok kilogrammes par tête d’habitant. Les huit pays qui occupent la tête du tableau (Bulgarie à Italie) atteignent ou dépassent cette moyenne. Seule, parmi les pays méridionaux, la Grèce ne l’atteint pas.
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-
- PRODUCTION DES CÉRÉALES DANS LE MONDE.
- 43
- Le classement des pays européens, d’après le chiffre de leur récolte de froment par lête d’habitant, diffère essentiellement, comme le montre le tableau VIII, de leur classement d’après la consommation. Seuls, la Bulgarie et les pays Scandinaves conservent le meme rang1 dans les deux classements, l’un en tète, l’autre eu queue.
- Tableau VIII.
- CONSOM- O h CS 22
- PAYS. -4J <=> P A Y S.
- MATION. **: 0 £ «
- kilogr.
- CLASSEMENT DES PAYS D’APRES LA CONSOMMATION' PAU TÈTE D’HABITANT.
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
- 7
- 8 9
- 10
- 11
- 12
- 13
- 14
- 15
- 16
- Bulgarie 2:1/1 1 Bidonne I
- Franco 2 'i 6 2 Roumanie 1
- Belgique ü38 3 France
- Roumanie! 171 1 65 4 Turquie d’Europe
- Grande-Bretagne et Irlande. . . 5 Aulriclic-Hongrio
- Suisse 163 6 Espagne et Portugal
- Espagne el. Portugal 1 io 7 Serbie
- Italie x 3 5 8 llalie
- Hollande 9 Russie
- Grèro 10 11 Grèce
- Turquie d'Europe 1 2.3 Belgique
- Autriche-Hongrie 116 12 Allemagne
- Serbie 16 Suisse
- Allemagne 79 14 Grande-Bretagne et Irlande. . •
- Russie 56 15 Hollande
- Danemark, Sue !e et Norvège. . 53 16 Danemark, Suède et Norvège. .
- PRODUC-
- TION.
- kilour.
- CLASSEMENT DES PAYS D’APRES LA PRODUCTION 0) EN BLÉ PAR TÈTE D’HABITANT.
- 3 S 5 a 83 a a 3 1 4 A) i a i 1 iS 1 1 o î o3 93 91 79 ^7 46 36 3i
- 23
- P) Le das'cinenl est obloau , pour les pays importateurs, en relrancliant l'importation «le la «•on.-.oiiinintion ; pour les pays exportateurs, en ajoutant l'exportation à la consommation.
- Les plus grands écarts entre la production et la consommation (en faveur de cette dernière) sont fournis : par la Belgique, la Grande-Bretagne et la Suisse. Les Belges, avec la faible production de 79 kilogrammes par tête, ont une consommation de 9 38 kilogrammes, voisine de celle de France (946 kilogr.); l’Angleterre et la Suisse, avec leur minime production , consomment 1 65 et 1G3 kilogrammes par tête.
- Il est intéressant de constater que l’Allemagne, l’Italie et la péninsule ibérique présentent à peu près le même écart ( 99 à 9 3 kilogr.) par
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-
- EXPOSITION DE 1 900. — A GH ICI; f/ITUE.
- hh
- tête d’habitant, entre la production et la consommation (en laveur de celte dernière). La quantité de blé à importer pour couvrir les besoins de la consommation de ces pays, pris ensemble, égale à peu près la récolte de l’Allemagne et de l’Italie réunies.
- La situation de la Grande-Bretagne est des plus intéressantes a noter : d’une part, l’importation du blé en Angleterre est presque égale à l’importation totale de tous les autres pays importateurs d’Europe et elle est voisine de la récolte de l’Autriche-Hongrie; de l’autre, elle est sensiblement égale à l’exportation totale des autres pays exportateurs d’Europe.
- Il résulte de ces rapprochements que, si l’Angleterre demandait aux pays hors d’Europe tout le blé nécessaire pour compléter son alimentation en pain, l’Europe continentale pourrait sullire aux exigences de sa propre consommation , sans faire appel aux pays d’outre-mer.
- En résumé, actuellement l’Europe (Angleterre comprise) a besoin d’une importation annuelle moyenne de 5 millions de tonnes de froment, ce qui correspond à 17 ou 18 p. 100 de la production totale des pays hors d’Europe.
- Tableau IX.
- rr> © w PRODUCTION POPULATION. PRODUCTION
- *3 Q PAYS. K\ Ml [.LIERS EN MILLIONS PAU TETE
- g « DE TONNES. 1VIIAR1TAXTS. EN KILOGRAMMES,
- 1 République Argentine 1,679 A.o A 20
- 2 Canada 1,3/17 5.o 36q
- 3 Uruguay 190 0.8 2.3g
- 4 Australie 920 A .2 219
- 5 Etats-Unis • 13,717 72.3 191
- 6 Chili Ai 4 3.A 122
- 7 Algérie A 9 5 A. A 113
- S Tunisie 182 1.5 88
- 9 Colonie du Cap 1 2 9 1.8 <>8
- 10 Perse A 90 9.0 5 A
- 11 Egypte a65 7-7 35
- 12 Indes 0,079 9 2 1.1 3o
- 13 Mexique 3o6 12.6 20
- 14 Asie Mineure OO © 2 ?
- 15 Syrie 299 ? •?
- Totaux 27>927 3 A 3.4 » £T- OO
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- PRODUCTION DUS CÉRÉALES DANS LE MONDE.
- A 5
- Le tableau IX permet l’évaluation approximative des disponibilités des pays d’outre-mer, d’après le nombre de leurs habitants.
- Si l’on admet, comme base de comparaison, le chiffre de 118 kilogrammes de blé par tête, pour la consommation indigène, on voit que la République Argentine, le Canada, l’Australie, les Etats-Unis et le Chili ont des quantités de blé disponibles assez considérables, mais très différentes d’une nation a l’autre.
- La République Argentine, les Etats-Unis et le Canada ont, à ce point de vue, une importance très supérieure à celle des autres pays d’outre-mer; l’Inde, malgré le chiffre absolu de sa production et bien que ses habitants vivent principalement de riz, n’a, par tête, qu’une récolte de blé très faible (3o kilogr.) qui ne permet pas une large exportation. M. C. Beerbohm évaluant à 100 kilogrammes, par tête, la consommation du blé aux Etats-Unis et celle des pays importateurs étant (pour la France de 346 kilogrammes et pour l’Angleterre de i65 kilogrammes) estime aux quantités suivantes les exportations que les Etats-Unis ont pu faire de 1893 a 1890 :
- 1892 ................................... 4, 178,000 tonnes metr.
- 1893 ................................... i,566,ooo
- 1894 ................................... 3,090,000
- 1895 ................................... 2,654,ooo
- Durant cette période, la Russie seule a fourni aux autres pays de l’Europe 17,188,000 tonnes de blé. On voit par là que la Russie contribue, dans une proportion bien plus forte que les Etats-Unis, à l'approvisionnement en blé des nations européennes. (Voir le graphique de la page 39.)
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- 46
- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- CHAPITRE IV.
- LA PRODUCTION AGRICOLE EN EUROPE.
- CULTURES DES DEUX ZONES DE L’EUROPE.
- CONSOMMATION DU BLE ET DU SEIGLE EN EUROPE. — RENDEMENT DES CEREALES.
- Toutes les classifications sont, de leur nature, plus ou moins arbitraires : elles rendent cependant des services réels en permettant des comparaisons entre les faits ou les objets qu’on étudie.
- Nous adoptons pour le coup d’œil d’ensemble sur la situation générale de l’agriculture européenne à la fin du xixc siècle le groupement des pays européens proposé par le statisticien suédois bien connu, \L Sundbarg. Nous diviserons, avec lui, l’Europe en Europe orientale et Europe occidentale^.
- Le premier groupe comprend : la Russie d’Europe, la Roumanie, la Serbie, la Bulgarie, la Turquie et la Grèce.
- Le deuxième groupe est formé par les pays suivants : Danemark, Suède et Norvège, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, France, Empire allemand, Autriche-Hongrie, Suisse, Italie, Espagne, Portugal.
- La surface de l’Europe orientale est de 584,383,ooo hectares; la surface de l’Europe occidentale, de 366,5 14,ooo hectares; la superficie totale, de 960,897,000 hectares.
- D’après l’utilisation du sol et la nature des produits qu’il fournit, des statistiques le plus soigneusement dressées, résulte la répartition suivante des territoires dans les régions orientale et occidentale et dans l’Europe entière.
- hectares. p. 100.
- 1' Terres labourables... . i5i,343,ooo a5.9
- Europe ) Prairies et pâturâmes, . 88,7/16,000 16.2
- orientale. 1 Forets.................. 221,006,000 X7.8
- ( Autres terres............ 193,289,000 21.1
- Total.............. 384,383,000 100.0
- G) Dans ce rapport, la Hongrie et la d’Asie seront (étudiées en même temps tpte la
- Bosnie-Herzégovine seront comprises dans Russie et que la Turquie d’Europe.
- l’Europe orientale; l’Asie russe et la Turquie
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-
-
-
- LA PRODUCTION AGRICOLE EN EUROPE.
- 67
- hectares. p. 100.
- Terres labourables... . 113,761,000 3o.8
- Europe ] Prairies et pâturages.. 68,385,000 i3.3
- occidentale, j Forêts.......... 93,396,000 36.6
- [ Autres terres. 111,983,000 3o.5
- Total
- 366,616,000 100.0
- Pour l’Europe entière, ou arrive donc à la répartition suivante :
- hectares. p. 100.
- Terres labourables 366,0()6,000 37.8
- Prairies et pâturages -A" ~o 0 0 16.6
- Forêts 316,600,000 33.i
- Autres terres 3 3 5,3 7 3,0 0 0 36.7
- Tôt ai 960,897.000 100.0
- De ce relevé général, il résulte que les forêts couvrent le tiers de l’Europe; qu’un quart de sa surface est inutilisé pour l’agriculture (eaux, routes, constructions, montagnes, marais, terres incultes), qu’un peu plus du quart est en culture et entretenu par les soins de l’homme; enfin qu’un septième environ du continent pourvoit à l’alimentation des animaux domestiques (prairies et pâturages).
- La répartition des 264 millions de terres labourables est très inégale dans les deux régions, sous le rapport de la nature des produits que fournit le sol; cette inégalité est mise en évidence d’une manière frappante dans le tableau ci-dessous :
- Jardins..........
- Vignes...........
- Rlé et seigle. . . . Autres céréales. . Pommes de terre. Plantes fourragères ...........
- Cultures diverses. Jachères.........
- Europe orientale. hectares. 1,868,000 1,366,000 68,896,000 61,876,000 6,338,000
- 3,637,000
- 6,733,000
- 60,876,000
- EUROPE OCCIDENTALE, hectares.
- 1,933,000
- 7.5i5,ooo
- 3o,33s,ooo
- 38,083,000
- 6,989,000
- 17,069,000 1 o,335,ooo 10,617,000
- 113,761,000
- EUROPE ENTIERE, hectares.
- 3,870,000 8,781,000 86,136,000 69,966,000 1 1,3 17,000
- 19,676,000 1 5,067,000 51,691,000
- 366,096,000
- Totaux
- 15 i,363,ooo
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-
-
-
- IMPOSITION DE 1 900.
- AGRIC Li LT LIRE.
- 48
- La région orientale peut être regardée comme le grenier de l’Europe en ce qui concerne les céréales : leur culture y occupe 60 p. 100 de la surface cultivée (95 millions d’hectares), tandis qu’elle s’étend sur 58 millions d’heclares seulement dans l’Europe occidentale (bip. 100). Par contre, les cultures fourragères occupent six fois et demie moins de surface dans la région Est de l’Europe que dans la partie Ouest, où les jachères ne laissent improductif qu’un quart du sol qui leur est dévolu dans la région orientale du continent.
- Depuis vingt ans, dans l’Europe occidentale, les surfaces cultivées en céréales, prises dans leur ensemble, ont subi une diminution assez notable qui a porté principalement sur le blé : en voici le résumé (en millions d’hectares) :
- L87J-1880. 18%.
- Blé................................... if),tioi,ooo 18,7/18,000
- Seigle.................................. 11,078,000 ii,/i/m),ooo
- Orge.................................... 0,77/1,000 0,/i3ti,ooo
- Maïs............................... 3,50a,000 3,/167,00c)
- Avoine.................................. 13,222,000 i3,02o,ooo
- La superficie cultivée en avoine a seule augmenté.
- Le développement des cultures industrielles et celui des cultures fourragères, notamment en Angleterre, la facilité croissante de l’approvisionnement au dehors du continent, dans le cas de mauvaises récoltes, paraissent être les principales causes de ces diminutions.
- Tandis que les surfaces emblavées diminuaient d’un million et demi d’hectares, les rendements du sol s’élevaient, par suite des progrès culturaux, dans tous les pays de cette zone; ils s’accroissaient d’un cinquième a un quart, et parfois davantage. Il résulte de ce progrès que la production totale a augmenté très notablement; en effet, de 1878 à 1898, elle s’est, en moyenne, accrue pour l’ensemble des céréales alimentaires, dans les périodes quinquennales extrêmes (1878-1882 et 189B-1897) de trente et un millions de quintaux métriques. La production totale du froment et du seigle, qui était, en 1878-1882, de 2 33 millions h quintaux métriques, a passé, en 1893-1897, à 395 millions 3.
- Pour apprécier à sa valeur cette augmentation, il faut tenir compte
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- LA PRODUCTION AGRICOLE EN EUROPE.
- 49
- clu recensement de la population à la même période. Voici quelques chiffres qui donnent une idée de l’accroissement de la population dans l’Europe occidentale depuis le commencement du siècle :
- 1800....................................... i2 2,5oo,ooo habitants.
- 1860....................................... 180,700,000
- 1897....................................... 288,000,000
- Nous tirerons plus loin quelques déductions de la comparaison de ces données numériques. L’accroissement de la population est de beaucoup plus considérable dans le nord et le centre de l’Europe (Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Suède, Norvège, Allemagne, Suisse et Autriche occidentale) que dans le sud-ouest (Portugal, Espagne, Italie et France).
- Tandis que les surfaces cultivées en céréales diminuaient dans l’Europe occidentale, elles se sont considérablement accrues dans l’Europe orientale. La Russie, y compris son territoire asiatique, a vu passer, de 1881 à 1899, ses terres à blé, de 12 millions i/3 d’hectares à près de 20 millions, en augmentation de ho p. 100. L’ensemble des terres russes ensemencées en céréales, qui était de 68 millions 1/2 d’hectares en 1881, est aujourd’hui de 81 millions 1/2. Les céréales delà Roumanie, de la Serbie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Hongrie ont suivi la même marche ascendante. Finalement, si l’on récapitule les extensions des superficies emblavées dans la région orientale de l’Europe, on trouve qu’elles se traduisent dans la période de 1876-1896 par les accroissements suivants :
- hectares. centièmes p. 100.
- Rlé..................................... 4,889,000 26.8
- Seigle...................................... 33o,ooo 1.1
- Orge...................................... 2,027,000 25.2
- Avoine..................................... 987,000 5.5
- Maïs...................................... i,i38,ooo 21.0
- En revanche, dans ces pays, où la culture rationnelle a débuté depuis peu d’années, l’accroissement des rendements a l’hectare, bien que très sensible déjà, est moins marqué que dans les pays de l’Ouest : c’est l’extension due à la culture de terres jusqu’ici inoccupées qui a
- h
- AGRICULTURE). —
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- élevé, dans les proportions que Ton va voir, la production totale des céréales dans cette région.
- Voici, à vingt ans de distance, l’importance des récoltes de céréales dans le groupe oriental (y compris la Hongrie).
- RÉCOLTE MOYENNE ANNUELLE DE LA PERIODE QUINQUENNALE
- en millions de quintaux. 18784 882. 18934 897.
- Blé.................................................. 87.53 1/17.02
- Seigle.............................................. 162.25 209.31
- Orge................................................. 43.20 71.60
- Avoine........................................... 90.48 118.33
- Maïs................................................. 29.70 37.60
- Les augmentations de production, en années moyennes de la période 1893-1897, sur la période 1878-1882, ont donc été de près de 107 millions de quintaux, pour le blé et le seigle réunis; de 28 millions ù, pour l’orge; de 27 millions 85, pour l’avoine et de 7 millions 9, pour le maïs.
- Pour avoir une idée de la production totale des céréales dans le monde, il faut ajouter à celle du vieux continent la récolte des Etats-Unis et de quelques autres pays d’outre-mer; on arrive, par cette supputation, aux résultats consignés dans le tableau ci-dessous :
- PRODUCTION ANNUELLE
- EN MILLIONS ACCROISSEMENT
- de quintaux métriques. de production
- ——— (la période 1878-1882
- 18784882. 18934897. étant égalée à 100.)
- Blé 554.2 642.7 Il6
- Seigle 3o3-7 370.1 122
- Orge 176.4 214.4 122
- Avoine 3i9.7 408.7 128
- Maïs 492.0 6o8.4 124
- Totaux et moyenne.. . . i,846.o 2,244.3 124
- A eux seuls, les Etats-Unis d’Amérique entrent pour 32,63 p. 100 dans la production des céréales à la surface du globe.
- La population des parties du monde (Europe, Amérique et Australie), où les céréales forment la base de l’alimentation, a
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- LA PRODUCTION AGRICOLE EN EUROPE.
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- augmenté, de 1878 à 1898, d’un peu plus de 100 millions de têtes, passant de 44o millions a 544 millions d’habitants, soit 24 p. 100. Suivant les évaluations de l’éminent statisticien suédois Sundbarg, l’accroissement serait même de 26.5o p. 100; mais, dans la même période de temps, la production du blé et du seigle, pris ensemble, aurait augmenté de 27.7 p, 100.
- L’alimentation du monde civilisé se trouve donc assurée, dans le présent tout au moins.
- Nous avons vu précédemment comment le progrès des moyens de communication est venu assurer l’alimentation en céréales des populations du vieux continent qui, avec ses 210 millions d’hectares labourables (jachères déduites) ne peut suffire aux besoins de ses 369 millions d’habitants; c’est l’importation des Etats-Unis et de quelques autres pays qui comble le déficit.
- Quelle est, en blé et en seigle, la récolte de l’Europe? Gomment cette récolte et la consommation elle-même se répartissent-elles? Quelles sont les quantités de semences employées? C’est ce que j’ai cherché à mettre en relief dans le tableau suivant :
- LE BLÉ ET LE SEIGLE EN EUROPE. (Moyennes de 1891 à 1895.)
- EUROPE OCCI DENTALS. EUROPE ORIENTALE. EUROPE ENTIÈRE.
- Population.. (millions d’hab.) 223,8oo i45,2oo 369,000
- Récolte, (millionsde quintaux) 337,71 2 371,6.82 709,194
- Semences (idem) 44,545 66,46o 11 i,io5
- Consommation (idem) 4i6,i 25 243,943 660,068
- Excédent d’importation (idem) 122,958 U 61,879
- Excédent d’exportation (idem) " 61,079 "
- Récolte. ( kilogr. par tête d’hab. ) i5i 256 192
- Semences employées. . (idem) 20 46 3o
- Consommation (idem) 186 168 479
- J’appellerai particulièrement l’attention du lecteur sur l’un des chiffres les plus intéressants, celui qui est relatif aux quantités de semences employées pour les emblavures.
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- Les quantités de grain consommées par les semailles sont partout énormes, quoique très différentes de la région orientale a la région occidentale.
- Considérée dans son ensemble, l’Europe sème 111 millions de quintaux de froment et de seigle pour en récolter 709 millions : ce qui revient à dire qu’à un grain semé correspond une récolte d’un peu moins de six grains et demi (6 gr. 38).
- Dans la région occidentale, on récolte un peu plus de 7 grains et demi (7 gr. 58) par grain semé. Mais, dans l’Europe orientale, la consommation de semences, par rapport à la récolte, est beaucoup plus élevée, puisque 66 millions et demi de semences ne produisent que 371 millions et demi de grains : le cultivateur de cette région ne récolte donc, en moyenne, que 5 grains et demi pour chaque grain qu’il a confié au soi.
- Les quantités de semences correspondant à une production de 1 00 kilogrammes de grains sont donc les suivantes :
- Europe entière.............................................. 15.6 kilogr.
- Europe orientale............................................... 17.9
- Europe occidentale.......................................... 13.2
- Quelle est la part à faire aux divers facteurs : climat, sols, variétés de semences, oiseaux, modes de semaille, dans cette consommation si inégale de grains pour l’emblavement des terres? Gela est difficile à dire, mais il nous paraît probable que l’introduction du semoir mécanique dans les cultures perfectionnées de l’Europe occidentale doit entrer largement en ligne de compte, l’économie qu’il permet de réaliser peut, dans la plupart des cas, être estimée au tiers, sinon à la moitié des semences employées.
- Quoi qu’il en soit, la conclusion certaine à tirer de ces relations entre les quantités de semences répandues dans le sol et les récoltes fournies par lui est que l’agriculture a de ce côté de grands progrès à réaliser encore.
- Cherchons maintenant à nous faire une idée des rendements moyens à l’hectare des principales céréales dans les deux mondes, ce que permet la comparaison des statistiques réunies à l’Expo-
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- LA PRODUCTION VCRICOLE EN EUROPE.f
- sition universelle. Le tableau suivant résume la situation à ce point de vue, dans la période décennale 1886-1895 :
- RENDEMENTS MOYENS EN QUINTAUX. METRIQUES À L’HECTARE.
- PAYS. BLÉ. SEIGLE. ORGE. AVOINE. MAÏS.
- Europe occidentale 11.16 10.89 13.18 12.01 io.43
- Europe orientale 7.06 6.64 7.78 6,45 10.60
- Europe entière 9-*7 7-79 10.07 8.86 10.72
- Etats-Unis 8.58 7-95 12.66 9.36 i4.79
- Japon O OO J 1.95 13.2 2 // u
- Indes orientales 6.3a // // // //
- L’Europe occidentale tient la tête pour les quatre grandes céréales et, suivant toute probabilité, ses rendements, beaucoup trop faibles encore, augmenteront sensiblement avec la nécessité de diminuer le prix de revient qu’impose plus que jamais l’abaissement général du prix vénal des céréales alimentaires.
- Lorsqu’on compare, à vingt ans de distance, la production des céréales dans le monde entier, on constate un accroissement très sensible dont le producteur ne peut évidemment tirer profit que si cet accroissement provient des rendements et non de l’extension des emblavures.
- Voici, exprimées en millions de quintaux métriques, les récoltes moyennes des périodes 1878-1882 et 1898-1897, dans le monde entier :
- PÉRIODES. BLÉ. SEIGLE. ORGE. AVOINE. MAÏS.
- 1878-1882 554,46o 303,717 176,423 313,715 492,049
- 1893-1897 646,690 370,111 2l4,395 408,695 608,5oo
- Augmentation 88,232 66,394 37,072 88,980 116,45i
- Augmentation i>. 100 15.9 21.8 2 1.5 28.3 23.6
- La production totale (en millions de quintaux) du blé et du seigle sur le globe se partage entre l’Europe et les pays hors d’Europe dans les proportions ci-après.
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- BLÉ. SEIGLE.
- PAYS. m. i»—- -
- 1878-1882. 1898-1897. 1878-1882. 1893-1897.
- Pays d’Europe 320,895 3 g 7,31 a 299,653 354,4 51
- Hors d’Europe 233,565 245,378 11 ,o64 15,666
- Totaux. 554 ,/i 60 642,690 303,717 370,117
- De la comparaison de ces chiffres, il resuite que l’accroissement des récoltes a été sensiblement plus considérable sur le vieux continent que dans les pays hors d’Europe.
- La surface totale des terres groupées en fermes aux Etats-Unis est de 252,26/1,000 hectares, cinq fois égale environ a la superficie de la France. Mais sur cette surface, 164,775,000 hectares seulement sont en culture. Plus de 100 millions d’hectares sont encore disponibles(1).
- A propos des progrès des procédés culturaux, signalés dans ce chapitre, il n’est pas sans intérêt de rappeler ce qu’écrivait en 187 8, M. Alfred Ducand-Claye, rapporteur du jury de la classe 51 (Matériel et procédés des industries agricoles et forestières) : «Certes, il y a un demi-siècle, il eût semblé extraordinaire de réserver au matériel et aux procédés agricoles cette sorte de place d’honneur dans les concours de l’industrie et de la mécanique. Le cultivateur aurait rejeté avec dédain tout secours venant de l’industrie ; son unique fournisseur était le charron ou le forgeron du village; il se croyait seul apte à juger la plus ou moins bonne construction des appareils élémentaires qui lui servaient à gratter le sol; pour lui, le seul engrais était le fumier; la jachère était un procédé général de culture.
- La science et l'industrie étaient, sinon des ennemies, du moins des intruses : il les traitait volontiers avec un mépris tant soit peu railleur et la pratique pure, nous allions dire la routine, était la loi suprême. Aujourd’hui les temps sont changés; l'agriculture tend à devenir une branche de l’industrie. Le cultivateur doit aller demander aux ingénieurs-constructeurs des appareils perfectionnés, comme le filateur et le fabricant de tissus vont leur demander leurs broches et leurs métiers; il doit écouter les conseils du chimiste , acheter aux usines spéciales les matières minérales et organiques qui peuvent corriger ou vivifier le soi naturel; il doit s’adresser aux hydrauliciens pour aménager les eaux utiles ou nuisibles que la nature met à sa portée. «
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- LES FORETS.
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- CHAPITRE Y.
- LES FORÊTS.
- SURFACES BOISÉES. — TAUX DE BOISEMENT. — SURCONSOMMATION. — PAYS IMPORTATEURS ET PAYS EXPORTATEURS. — GRAVITE DE LA SITUATION : SES CAUSES; MESURES À PRENDRE.
- Il n’est pas inutile, à la fin de ce premier livre, consacre k des considérations générales, de dire quelques mots des forêts; c’est une question d’autant plus importante que, contrairement à ce que pourraient croire quelques esprits superficiels, la consommation du bois augmente sans cesse
- TABLEAU COMPARATIF
- DES SURFACES BOISEES DES PAYS D’EUROPE ET DE L’AMERIQUE DU NORD.
- SURFACE RAPPORT
- BOISER. 1 LA SURFACE TOTALE.
- Europe : hectares. p. 100.
- Rosnie et Herzégovine 2,700,000 35
- Suède 19,000,000 46
- Russie d’Europe (y compris la Finlande). 206,000,000 39
- Serbie 1,546,000 38
- Autriche 9,709,620 32.5
- Rulgarie 3,o4i,i26 3o
- Allemagne 13,900,600 26
- Hongrie 7,5i5,4go 26
- Norvège 6,820,000 21
- Roumanie 2,77/1,0/18 21
- Suisse 842,ooo 20
- France 9,55o,ooo *7-9
- Relgique 5o6,ooo 17.2
- Italie 4,093,000 14
- Espagne 6,5oo,ooo 13
- Grèce 83o,ooo i3
- Pays-Bas 248,ooo 7.5
- Danemark 24i,43o 6.3
- Portugal 5oo,ooo 5.4
- Grande-Bretagne et Irlande 1,229,000 4
- Amérique du nord :
- Canada 323,ooo,ooo 38
- Etats-Unis 200,000,000 25
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- On voit combien la plupart clés taux de boisement sont faibles. D’ailleurs, M. A. Mélarcl, inspecteur des eaux et forêts, dans un rapport consacré, en 1 900, à Y Insuffisance de la production des bois d'œuvre dans le monde, résume ainsi la situation forestière : ccLa consommation du bois est supérieure à la production normale des forêts accessibles; il y a dans cette production un déficit qui est momentanément compensé par des destructions de forêts.» Et il ajoute que ccsi dans quelques rares pays on s’efforce d’améliorer le traitement des forêts existantes en vue d’élever leur rendement, partout ailleurs on détruit sans relâche les massifs boisés, réalisant en peu d’années le capital ligneux dont la formation avait exigé une durée de plusieurs siècles».
- Le tableau suivant indique les pays qui produisent encore assez de bois pour subvenir à leurs propres besoins.
- IMPORTATION ET EXPORTATION DE BOIS COMMUNS.
- PAYS. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS. E X C É E des IMPORTATIONS. ENTS des EXPORTATIONS.
- francs. francs. francs. francs.
- EUROPE.
- Angleterre (1898) 5l9,3/l9,000 6,255,ooo 5i3,og4,ooo //
- Allemagne (1898) 870,61 2,000 27,081,000 343,53i,ooo II
- France ( 1898) 162,443,000 31,518,000 110,926,000 ti
- Belgique (1898) 10/1,255,000 2,i43,o6o 102,112,000 il
- Pays-Bas ( 1898) 10/1,121,000 85,976,000 i8,i45,ooo U
- Italie (1898) .... 35,262,000 4,i3o,ooo 3i,i32,ooo n
- Danemark (1898) 3i,o85,ooo 58,ooo 81,027,000 a
- Espagne (1898 ) 3o,33o,ooo 810,000 29,520,000 n
- Suisse ( 1898) i6,54i,ooo 1,786,000 14,7.55,000 n
- Portugal (1897) 5,706,000 705,000 5,ooo,ooo a
- Grèce (1897) 3,272,000 4,ooo 3,268,000 n
- Bulgarie (1898) 3,09/1,000 845,ooo 2,269,000 n
- Serbie (1898) 756,000 3g4,ooo 362,000 n
- Autriche-Hongrie (1898) 5,65g,000 20/1,ig5,ooo fl 198,536,000
- Suède(1898) 4,706,000 202,88/1,000 // 198,178,000
- Russie (1897) 1 2,207,000 144,233,oco li 132,026,000
- Finlande (1898) 772,000 89,010,000 // 88,238,000
- Norvège (1898) 7,966,000 5/1,678,000 n 66,712,000
- Roumanie (moyenne 189/1-1898). 673,000 5,i 12,000 u 4,539,000
- Totaux 1,398,708,000 861,817,000 1,205,1 20,000 668,229,000
- AMÉRIQUE DU NORD.
- États-Unis (1898) ^3 iO O O 167,260,000 // 99,536,000
- Canada ( 1 898) 11,463,ooo 189,024,000 li 127,561,000
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- LES FORETS.
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- Sept pays seulement exportent plus qu’ils n’importent. Mais l’exportation de la Roumanie est très faible; la Norvège a appauvri fortement ses forêts, leur demandant plus qu’elles ne pouvaient donner; aux Etats-Unis, comme en Autriche-Hongrie, l’accroissement de la population et le développement de l’industrie auront bientôt pour résultat que la production ligneuse suffira seulement aux besoins intérieurs. Restent donc la Suède, le Canada, la Russie (y compris la Finlande et sans la Sibérie). Ces trois pays, bien que possédant près de 55o millions d’hectares de forêts, ne sauraient répondre à toutes les demandes.
- M. Mélard jette le cri d’alarme : ccOn marche vers la disette!», puis il ajoute : ccLa hausse des produits forestiers, à laquelle il faut s’attendre pour les belles marchandises, ne fera que précipiter l’échéance fatale.5? Les propriétaires de forêts sauront-ils, en effet, résister aux offres, chaque jour plus tentantes, qui leur seront faites et ne point dépasser les limites d’une exploitation prévoyante de l’avenir? Les exemples du passé et ceux du présent ne permettent pas un tel espoir. Malheureusement, on ne se rend presque jamais compte que des forêts sagement exploitées peuvent donner un revenu d’environ 3 p. îoo, c’est-à-dire égal à celui que l’on retire aujourd’hui de la plupart des placements certains, et on déboise pour livrer les terrains à un autre genre d’exploitation. De plus, ainsi que le remarque M. Mélard : ccLa propriété forestière est accablée d’impôts, sous prétexte qu’elle est entre les mains de personnes riches, ce qui d’ailleurs est inexact; il y a en France des forêts dont l’impôt direct est égal à 20 et 2 5 p. îoo du produit brut, et, malgré cette large participation aux dépenses publiques, ces forêts ne sont l’objet d’aucune surveillance de la part de l’autorité, et leurs possesseurs sont obligés d’instituer et de payer des gardes particuliers. »
- M. Eugène Vœlckel, rapporteur du Jury de la classe 50 (produits des exploitations et des industries forestières), indique quelques remèdes à une situation qui ne saurait se prolonger sans engager gravement l’avenir :
- «Il est indispensable, écrit-il, d’arrêter la destruction des forêts par des lois strictement appliquées. Ce n’est pas avec des raisonne-
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- ments que l’on empêchera la majorité des propriétaires de réaliser le capital ligneux plutôt que d’exploiter avec méthode l’accroissement annuel de leurs forêts. De même, les particuliers ne pouvant plus guère, pour des raisons budgétaires, aménager leurs propriétés en vue de la production des bois d’œuvre de grosses dimensions, les Etats devront suppléer à cette situation. Pour ne parler que de l’Europe, il existe des millions d’hectares de terres incultes ou de qualité médiocre, trop éloignées des centres pour y porter les engrais nécessaires à leur fertilité. Toutes ces terres devraient, dans la situation économique actuelle, être achetées par les Etats, et reboisées, chaque fois qu’une occasion se présenterait. En France surtout où le taux de boisement n’est que de 1 7.9 p. 1 00 et la production ligneuse insuffisante, le Parlement ne devrait pas marchander à la Direction des eaux et forêts les fonds nécessaires pour étendre graduellement le domaine forestier, en vue de la production des bois d’œuvre.»
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- LIVRE II.
- EUROPE ORIENTALE.
- (RUSSIE, HONGRIE, BOSNIE-HERZEGOVINE, ROUMANIE, BULGARIE, SERBIE,
- TURQUIE, GRÈCE.)
- CHAPITRE VI.
- RUSSIE.
- A. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- SUPERFICIE, CONFIGURATION, CLIMATOLOGIE ET POPULATION DE LA RUSSIE. — LES SOLS DE LA RUSSIE D’EUROPE. — PROPRIETE FONCIERE. — REPARTITION DU SOL. — REGIONS DE CULTURE. — IMPORTATION ET EXPORTATION. — DEVELOPPEMENT I)E L’AGRICULTURE. — SITUATION DU PAYSAN.
- Superficie. — L’empire russe s’étend sur un peu plus de 22 millions de kilomètres carrés (2 milliards d’hectares, environ un quart).
- La partie européenne (non compris le Caucase) a une superficie de 5,3o0,000 kilomètres carrés. Les provinces asiatiques et le Caucase comprennent 16,900,000 kilomètres carrés.
- La Russie compte 70,000 kilomètres de frontières, savoir : 50,000 kilomètres de frontière maritime et 20,000 kilomètres de frontière continentale.
- Le territoire russe égale la sixième partie des régions continentales du globe , près de deux tiers de tout le continent européen et presque un tiers de l’Asie continentale.
- Les territoires et la population de cet immense empire se résument dans les chiffres suivants :
- SUPERFICIE. POPULATION. HABITANTS
- kilomètres carrés. PAR KILOMETRE CARFB. habitants. —
- Russie d’Europe (5o gouvernements). 4,889,062 9 4,215,415 19.0
- Pologne (10 gouvernements) 127,319 9,455,973 74.5
- Russie d’Asie :
- 1. Caucase 47 3,554 9,248,695 20.0
- 2. Sibérie 12,518,489 5,727,09° 0.1
- 3. Steppes Kirghiz 2,284,o85 3,45i,385 1.5
- A. Turkestan 1,220,823 4,270,299 3.o
- Etats vassaux (Khiva et Boukhara). 265,000 1,950,000 6.6
- Finlande 373,6o4 2,563,ooo 6.7
- Totaux 22,i5o,936 135,911,691
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- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- Configuration. — La plus grande partie du territoire de la Russie d’Europe est une plaine, la plus vaste du inonde, limitée à ses frontières par quelques hautes chaînes de montagnes s’élevant au-dessus des limites des neiges éternelles.
- Le volcan d’itchin est à l’altitude de 5,i 60 mètres.
- La plaine de la Russie d’Europe est abondamment arrosée.
- Le cours du Volga est de 3,2oo kilomètres ; la surface de son bassin égale i,48o,ooo kilomètres carrés. Puis vientl’Oural avec 2,3oo kilomètres de cours; son bassin encaissé mesure 8q,3oo kilomètres carrés.
- Dans la Russie asiatique, il existe des plaines aussi vastes qu’en Russie d’Europe; deux grands fleuves : l’Oxus et l’Iaxarte.
- A l’Est des monts Ourals, s’étend l’immense plaine de la Sibérie, dont l’altitude ne dépasse pas îoo à i5o mètres; elle est arrosée par trois grands fleuves : l’0£ù(5,2oo kilomètres; bassin, 3,3oo,ooo kilomètres carrés); la Léùa(ù,6oo kilomètres; bassin, 2,370,000 kilomètres carrés); Y Amour (5,000 kilomètres).
- Climatologie. — La climatologie varie naturellement suivant les régions. Le climat continental, tempéré par les vents d’Ouest dans le centre de l’empire où n’existent pas de chaînes de montagnes capables de les arrêter, est caractérisé par la température moyenne de l’année : + 1 o degrés à —2 degrés dans la Russie d’Europe, et à — 10 degrés dans la Sibérie.
- La moyenne de janvier, qui est le mois le plus froid, est de -3 degrés sur la mer Noire et de — 3o degrés au Nord-Ouest sibérien.
- Pendant 3 à 7 mois (suivant les années), la température demeure au-dessous de zéro, d’où les embâcles des rivières et des bassins d’eau douce; enfin les neiges persistent pendant une grande partie de l’hiver (différence avec l’Europe occidentale).
- La température des mois les plus chauds oscille entre + i5 et + 25 degrés; elle va croissant du Nord au Sud et de l’Ouest à l’Est.
- La culture des blés d’hiver domine dans la Russie occidentale; celle des blés d’été, dans la Russie orientale.
- Le nombre de jours pendant lesquels la culture ou le travail du sol sont possibles est de 185 à Archangel, de 355 a Rakou.
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- La durée possible de la végétation des céréales est de ia5 jours à Arcliangel et de 365 jours à Poti.
- La hauteur moyenne de la chute d’eau est très variable. Elle varie de 28 mill. 5 à 64 millimètres.
- L’humidité de l’air est assez grande dans certaines régions. Mais la sécheresse est, en Russie, la cause dominante des mauvaises récoltes.
- Population. — Le premier recensement régulier et complet date seulement du 2 8 janvier 1897. Auparavant on ne connaissait le nombre d’habitants que par des évaluations plus ou moins exactes.
- En 1724, le recensement des imposables avait indiqué une population de 14 millions.
- Le dénombrement du 7 janvier 1897 porte le nombre des habitants à 1 29 millions.
- D’après les statistiques des trois dernières années, l’accroissement annuel est de 2 millions (excédent des naissances sur les décès). On admet donc, en 1900, une population de jl35 millions, ce qui donne une moyenne, par kilomètre carré, de 6 habitants; mais la répartition de la population est très inégale.
- Au premier rang vient la Pologne, avec 74 habitants par kilomètre carré; au deuxième rang, la région des Terres noires (petite Russie au delà du Dniéper), avec 58; au troisième rang, la région située au-dessus du Dniéper, avec 43; au quatrième rang, la Lithuanie, avec 4o; au cinquième rang, la région du Caucase, avec 32.
- L’ensemble de ces régions contiguës égale le quart de la superficie de la Russie d’Europe et un seizième seulement de tout l’empire Russe.
- Elles renferment 5o p. 100 de la population de la Russie et 44 p. 100 de celle de tout l’empire.
- Le nombre des habitants par kilomètre carré va en décroissant dans toutes les autres régions; il tombe à 5 p. 100 par kilomètre carré en Sibérie où il n’y a pas de culture, et partant, pas d’habitations fixes. Dans la zone polaire, on ne rencontre que 1 habitant et demi par 100 kilomètres carrés.
- La population rurale était, en 1897, de 112,139,000 âmes, égale
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- à 81,5 de la population totale et répartie entre 577,500 villages, soit une moyenne de 200 habitants par village. Dans les régions du Volga et des Terres noires, on compte 300 à h5o habitants par village; dans les régions boisées, 100 à i5o; dans la région de la Baltique, 20 seulement.
- Les autres classes de la population comprennent : marchands et bourgeois, 9 p. 100; militaires, 6,5 p. 100; noblesse, plus de 1 p. 100; clergé, 1 p. 100.
- La mortalité est très considérable, le coefficient moyen étant de 30 p. 1,000, variant de 18 (dans les villes) à 4i p. 1,000 (dans les régions agricoles du centre). Malgré cela, on constate un grand excédent des naissances sur les décès, de î.ki à 1.73 p. 100.
- L’accroissement moyen annuel de la population est de 1.55 p. 100, soit 2 millions d’habitants par an. Le dénombrement a révélé le rapide accroissement de la partie de la population qui formait autrefois la classe des serfs. Leur nombre était resté stationnaire au xviii6 siècle et pendant la première moitié du dix-neuvièrne.
- 11 y a surabondance de population, par comparaison a l’étendue du territoire, dans la région des terres noires, d’où résulte un déplacement centrifuge de la population vers le Midi et l’Ouest.
- Les sols de la Russie d’Europe. — Les sols de la Russie ont une structure et une nature très variées; toute la plaine russe européenne est une dépression dont le fond est formé de couches sédimentaires allant des plus anciennes (cambrien) jusqu’aux plus modernes (calcaire et terrains quaternaires). Sur deux points seulement on rencontre des roches primitives : en Finlande et en Laponie, au Nord; dans les Garpathes jusqu’à Donietz, au Sud.
- La formation carbonifère est très étendue dans la Russie centrale ; la formation jurassique l’est dans la plaine de la Russie d’Europe.
- Tchernoziom. — Les terres noires qu’on nomme Tchernoziom ou Tchernozème sont les plus caractéristiques de la Russie; leur surface est évaluée à 100 millions d’hectares. Elles couvrent la moitié Sud-Est de la plaine de la Russie européenne, s’étendant depuis la Roumanie jusqu’à l’Oural méridional. Leur fertilité est proverbiale.
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- RUSSIE
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- NouVëÏÏe Zemble
- OCEAN
- ARCTIQUE
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- TIFLIS’
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- Tchernoziom.
- Chaux.
- Sabie.
- Forets.
- Marais salants épars
- Fig. 2. — Principaux sols delà région des terres noires.
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- GA
- Nous empruntons à une publication du Département de l’agriculture de Russie les quelques pages suivantes où l’importante question des sols russes est traitée de façon intéressante et complète.
- Qu’est-ce que le sol naturel?
- D’après la définition du professeur Dokoutchaeff, sous la dénomination de sol il faut entendre les horizons superficiels des roches, plus ou moins altérés sous l’influence simultanée de l’eau, de l’air et de différents organismes, tant morts que vivants. Autrement dit : le sol n’est autre chose que l’horizon superficiel des roches dans lequel les influences et les phénomènes ectodynamiques (désagrégation, déplacement des éléments) se joignent aux influences et phénomènes biologiques ou à ceux provenant des éléments de la biosphère (plantes, animaux, micro-organismes). La désagrégation, qui s’est opérée indépendamment de l’action des organismes réunis sur les roches, a donné des produits qui méritent également le nom de roches et dont l’étude rentre dans la pétrographie; ces produits remplacent les sols et peuvent être convertis, à l’aide de la culture et de la fumure, en sols artificiels, mais ils doivent être soigneusement distingués des sols dits naturels. D’ailleurs, la non-participation d’organismes à la désagrégation superficielle des roches est un cas non seulement peu ordinaire, mais même assez rare. Tout le monde sait parfaitement que beaucoup d’organismes végétaux, tels que les bactéries nitrifiantes, les lichens, les plantes alpines, etc., jouent un rôle important même dans les stades primordiaux de l’altération des roches massives et sédimentaires. D’un autre côté, il ne faut pas confondre les sols naturels avec les dépôts mécaniques formés d’organismes morts ou de leurs excrétions (couches de tourbe, de guano, etc) et appartenant au groupe des roches organogènes.
- Comme formation géo-biologique, superficielle, de terre ferme, le sol se distingue de la roche-mère dont il provient par sa composition, la complexité des facteurs dynamiques qui l’ont produit, et par les particularités morphologiques extérieures. La variété des sols naturels dépend tout à la fois :
- a. Du type pétrographique delà roche-mère;
- b. Des divers caractères et de la puissance des agents désagrégeants, d’accord avec les conditions climatériques locales;
- c. De la quantité et de la qualité de l’ensemble des organismes qui contribuent à la formation du sol et lui abandonnent leurs restes ;
- d. Du caractère des changements que subissent ces restes dans le sol, changements qui dépendent également des conditions climatériques locales et des propriétés physico-chimiques du milieu dans lequel s’opèrent ces transformations;
- e. Du déplacement local des éléments du sol, à moins que ces déplacements n’annulent les qualités primitives du sol, son caractère géo-biologique, et ne l’arrachent par là aux liens qui le rattachent à la roche-mère;
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- SOLS ZONAUX
- I Sols brunâtres des steppes secs méridionaux
- 1 Sots sous- argilciuv d'u/i brun clair
- 2 Solssous-sabteua? d'un brun clair
- 3 Sols sous-a rgileux chuta ins.
- II Tchernozioms (Terres Noires)
- ^ Tchernoziom de couleur chocolat tsous-argilcux et argileux à â--6°/od ‘humus). j- Tchernoziom, grasfsousargileusc ou a/gileux ** à plus de 20 % ci 'humus ). g Tchernoziom ordinaire (de laPussie moyenne sous-argileux à 6~JO°/o d 'fnantis).
- 7 Tchernoziom sous-sableux (à b-~t>%d‘humus ).
- 8 Sable aryiletu v à tchernoziom .
- g Tchernoziom argileuxipeu. développe, transitions axer sols enus-grossiers et incomplets.
- Fig. 3
- ris
- SOLS INTRAZONAUX
- 1 9 Terres salantes des steppes secs méridionaux.
- 2 0 Terres salantes de la région du Tchernoziom,.
- III Sols gris foncés dessteppessylvestresetsolsforestiers g
- . - Sols ressemblant au tchernoziom, reposant sur les loess ' ^ (près de Ut lônite septentrionale de la zone à tchernoziom ).
- -, - Sots grcsjoncés des steppes syluesti'vS'Sous- cuyUrtuv (tchernoziom dégradé i.
- 1 2 Sols forestiers sous-argileux gris.
- 1 Solsfbrestiersgris.peu développes, tjumsitions aux
- sols crus-grossiers et incomplets.
- IV Sols gris clairs du Nord de la Russie
- 1 4 Sols sous-argileuxgazonneux et à podxcl (à alias ) bols argileuxgaxonneuæ et à podxol là alias/,
- 1 5 reposant su/' des argiles lourdes, quelquefois marneuses (morainiques, éluviales etc. I.
- Solssoar-argdeux et sous-argileux. légers gaxon 1 6 neucc et à podzol (à alias (/reposant sur des limons morainiques et d'autres limons sableux .
- i -j Sols sous-sableux et sables-argilcucc gaxonncucc ' et à podzol ! à allas)
- -i o -Podzols (terres blanches à <dias),dansles régions ® ou ils sont très répandus •
- — Carte dressée par M.M. ie Professeur Sibirtzeff (Steppe et Pologne;) A.Perkhmine (Russie centralejusqu'au 6o° environ, excepté la Polessié, G.TanfiliefP (Nord de la Russie, Po/essié et Marais.)
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- Sols calcaires it humus („Bendzinas "en Pologne).
- SOLS AZONAUX OU INCOMPLETS
- Sots ci us-grossiers et sols-squelettes provenant dc calcaii'es, de craies,etc.
- Sots crus-grossters et sols-squelettes prooenaut de roches siliceuses
- Sols argileux et marno-schistetur de la. Crimée méridionale
- Sols de types' divers à blocs erratiques et galets siliceux t> „ » „ „ „ calcaires
- // // // /' // // t, ,,
- Sols sableux 27 Sols alhwiaiuc des valléosfîuDiales (divers)
- 2 8 alluviaux des vallées lacustref(marches
- provenant de l'action de l'eaic douce,)
- 2 g Sols alluoiaux„Plaonis ''principalement sablon -neux, des vallées^ fluviales méridionales.
- FORMATIONS GEOLOGIQUES SUPERFICIELLES
- 3 0 Sables mouvants (dunes)
- 3 1 Poches calcaires et dolomies 3 2 Roches siliceuses.
- 3 3 Boues salines (lihakis ).
- MARAIS
- 3 4 .Marais de roseaux 3 5 Tourbières herbacées 3 6 Tourbières sphaïqneuses
- Toundras sèches recou vertes d une mince couche de tourbe.
- 3 8 Toundras marécageuses
- Jimùtences tourbeuses sur des toun -^ ® dras marécageuses.
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- /. De la durée de l’influence des agents contribuant à la formation du sol.
- On pourrait appeler toutes ces conditions les moments génétiques ou les facteurs de la naissance et de la vie des sols. Chacun des types des sols naturels répond à une certaine combinaison déterminée de ses agents de formation. Les roches-mères, les organismes (avec leurs transformations ultérieures) et les conditions physico-géographiques du pays : le climat (humidité, température) qui occupe la première place, l’histoire géologique moderne de la localité donnée et son relief, voilà les principaux agents de la formation des sols. La corrélation entre ces différents facteurs, ayant tous, ou seulement quelques-uns d’entre eux, une certaine liaison ou parallélisme, peut prendre des formes diverses.
- Dans la caractéristique des sols naturels doivent entrer les facteurs suivants :
- i° Conditions et facteurs de la formation du type de sol donné (matériels et dynamiques);
- 9° Qualités morphologiques du sol : sa puissance, sa constitution(1), sa structure, le caractère de son passage à la roche-mère, etc.;
- 3° Propriétés physiques, chimiques et chimico-biologiques;
- !\° Modifications dans l’intérieur du type;
- 5° Extension géographique et topographique.
- La classification naturelle des sols peut être basée sur le principe génétique, si l’on prend en considération leur mode de formation et les combinaisons homogènes des agents producteurs tels que le climat, les roches-mères, la totalité de la vie organique, le relief du pays, etc. Comme on le sait, la simple désagrégation des roches, une fois quelle s’opère dans des conditions physico-géographiques semblables, peut, à un point considérable, effacer la différence qui existe entre ces roches et donner des produits de terre fine d’éluvion plus rapprochés les uns des autres que ne le sont les roches primitives; cette ressemblance doit encore se manifester davantage, lorsque les agents biologiques agissent dans le même sens et selon des normes identiques. Nous pouvons, par conséquent, établir l’ensemble des conditions naturelles donnant comme résultat, supposons-le, des sols du groupe du tchernoziom. Un trait caractéristique de ces sols, c’est l’accumulation particulière, tant quantitative que qualitative, d’humus sous les plans steppes herbeux et les prairies dans les climats tempérés. Partout oii les conditions sont les
- (l) La coupe verticale du sol permet toujours de distinguer deux ou trois horizons et même davantage. Parmi ces horizons les plus remarquables sont :
- A. L’horizon supérieur de la teinte la plus uniforme et forte, et le plus chargé d’humus;
- B. L’horizon inférieur se distinguant du supérieur par sa structure et sa couleur, et se
- AGIUCDLTUIIE. - I.
- confondant insensiblement avec le sous-sol;
- G. Le sous-sol ou la roche-mère conservant ses traits pétrographiques primitifs.
- L’ensemhle des horizons A et B constitue ce que l’on appelle la puissance du sol. Dans ces horizons on distingue parfois des sous-ho-zons A', A", B', B", etc., se diversifiant par leur composition, leur structure et leur couleur (terres salantes, «terres de forêt», etc.).
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- I [> tUMElUE S ATI ON ALE.
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- AGRICULTURE.
- memes, nous voyons se produire des sols du type tchernoziom. On connaît également certaines conditions climatériques qui favorisent le phénomène de la désagrégation atmosphéro-éolienne et de la transformation en poussière des roches; là oîi ces conditions se rencontrent, on obtient des sols éoliens, poussiéreux. Les sols de ces groupes répondent, dans les principaux traits de leur nature, au type physico-géographique de la région continentale donnée, c’est-à-dire à celui de la zone. Dans les zones chaude et humide, continentale sèche, steppe à climat tempéré, forestière, etc., différents sols doivent se développer, mais dans chacune de ces zones, les sols forment des groupes bien homogènes se ressemblant plus ou moins, selon que la partie de terre fine et d’humus reflète l’inlluence d’une combinaison déterminée et constante des facteurs géo-physiques.
- C’est ainsi que se détermine la première classe des sols zonaux. Les phénomènes généraux ectodynamiques et les phénomènes spéciaux biologiques qui participent à leur formation, s’établissent d’accord avec les types physico-géographiques des zones continentales. Tels sont les types des sols que nous allons citer^ :
- i° Sols latéritiques. Ce sont les sols des pays tropiques ou sous-tropiques à climat chaud et humide;
- m° Sols atmosphéro-poussiéreux. Us se forment de roches pelliticjues dans les régions centrales et fermées, à climat très sec, des différents continents^;
- .‘)° Sols des steppes secs (à absinthe, cactus, etc.) ou des steppes-déserts. Formés, comme ils sont, de roches-mères sous-argileuses et sous-arénacées, ils sont d’une couleur gris châtain et brunâtre;
- L\° Tchernozioms. Ces sols se rencontrent en liaison avec les steppes herbeux et les prairies des pays à climat tempéré ou chaud tempéré. Ils se forment surtout de roches sous-argileuses et marneuses;
- 5° Sols des zones de steppes sylvestres et des forets à feuilles caduques (sols gris). Ils ressemblent aux sols à tchernoziom, mais ils s’en distinguent parles conditions de leur genèse, par les qualités morphologiques et autres;
- 6° Sols gazonneux et podzols propres aux zones à froid tempéré. Us sont typiquement développés sous les forets mélangées, tant conifères qu’à feuilles caduques, les bruyères, etc., et sont ordinairement accompagnés d’ortstein (alios);
- 7° Sols des toundras. Ils se forment des argiles et des sables argileux de la toundra, dans les climats froids aux hivers d’une longue durée. Ils ont en propre d’ètre pour ainsi dire éternellement gelés.
- Les types à répartition zonale ou rubanée sont cependant loin d’épuiser toute la variété des types de sols naturels. Comme nous l’avons dit plus haut, parmi les
- (1)iNous ne donnons ici que les types les plus connus, en profitant du résultat des études laites sur les sols naturels de la Russie, de l’Europe occidentale, de quelques régions de l’Asie
- centrale et méridionale, de l’Amérique et, en partie, de l’Australie et de l’Afrique.
- (2) Dans la Russie d’Europe les deux premiers types de sols ne sont pas représentés.
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- facteurs contribuant à la formation du sol il y en a qui s’individualisent en se diversifiant des autres agents. Ainsi, par exemple, la composition propre à la roche-mère peut garder son influence sur le sol et lui communiquer des traits spéciaux qui ne sont pas conformes au type dominant de la zone; pareil effet peut avoir la saturation locale des sols par l’humidité, saturation conditionnée, par exemple, par la configuration du terrain, c’est-à-dire par la disposition des sols dans les bas-fonds et les vallées, etc. Les sols de cette deuxième classe pourraient être appelés intra-zonaux ou mi-zonaux. Ils sont dispersés entre les zones principales en îles ou lambeaux et présentent avant tout, mais pas toujours, les qualités de quelques-unes de ces zones.
- Leurs types déterminants se rencontrent le plus souvent dans les zones dont les conditions générales favorisent le plus ou empêchent le moins la conservation de la valeur indépendante des divers facteurs de formation.
- Il existe indubitablement un assez grand nombre de ces types intrazonaux. Nous citerons comme exemples les suivants :
- i° Terres salantes ou salants. Us se forment lorsque la roche-mère contient du sel et que le drainage y est faible. Gomme la teneur en sel peut dépendre de causes purement géologiques n’ayant aucun rapport direct avec les autres facteurs de la formation du sol, on ne remarque, généralement parlant, aucune zonalité régulière dans la répartition des terres salifères. Tout ce que l’on peut dire, c’est qu’elles appartiennent le plus souvent aux régions sèches de l’Europe, de l’Asie, de l’Amérique, de l’Afrique et de l’Australie, c’est-à-dire aux zones 2 et 3 et partiellement à la quatrième zone;
- 20 Sols calcaires à humus. Us se forment de roches carbonatées (calcaires, craies, etc.) et peuvent accumuler une quantité d’humus par suite de la lente décomposition des restes organiques dans un milieu faiblement alcalin et du lessivage de carbonates de chaux et de magnésie.
- 3° Terres marécageuses. Sous ce nom nous comprenons les sols se formant grâce à la stagnation des eaux (saturation du sol par l’humidité) sous un manteau herbeux.
- Epars sur la surface des continents, dépendant du relief et de causes hydrogéologiques, ces terrains, propres surtout aux zones tempérées et froides, se trouvent cependant aussi dans la zone torride. Ils se forment :
- a. Dansjun milieu d’eau douce (prairies acides, marécages des bas-fonds);
- b. Dans des régions sujettes aux inondations par la mer ou par des eaux mélangées (marais marin, marais dans les confins des deltas, etc.) Les différents degrés dans la formation des marécages, la diversité des organismes, le caractère du milieu aqueux, le dessèchement de la cuvette marécageuse dû à telle ou telle autre raison, donnent aux sols de ce type une grande variété.
- Enfin, nous connaissons encore beaucoup de sols naturels, dans lesquels le
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- AGRICULTURE.
- terreau peut être presque annihilé par une roche-mère inaltérable (lors de sa formation in situ), ou qui se forment par un procédé mixte :
- a. Par le dépôt mécanique des éléments, tant minéraux qu’organiques (ailu-vions) ;
- b. Par l’action périodique sur le dépôt alluvial des facteurs spéciaux formant les sols à humus.
- Les terres de cette nature occupent, pour ainsi dire, le milieu entre les sols proprement dits et les roches, tantôt se confondant avec ceux-là, tantôt se rapprochant de celles-ci. Elles forment la troisième classe de sols, auxquels nous donnerons le nom d'incomplets ou d'azonaux. Ils se rencontrent partout. Lorsqu’ils se forment in situ, hors des dépressions et des vallées alluviales, ils se divisent en deux grands groupes :
- A. Sols crus grossiers ;
- B. Sols-squelcltcs.
- Nous appelons sols grossiers ou sols crus (Rohbodenarten) ceux dans lesquels se trouve une quantité considérable d’éléments argileux ou vaseux et dans lesquels se montre faiblement et peu clairement l’horizon à humus végétal.'Chaque sol à humus devient grossier vers le bas, mais ici le sol reste entièrement ou presque entièrement grossier.
- Le nom de sols-squelettes désigne les sols ou prédominent entièrement les éléments granulo-sableux, caillouteux, rocailleux, en général les éléments squelettes mécaniques qui prennent la place des éléments vaseux et de l’humus(1).
- Les conditions concourant à la formation des sols grossiers et des sols-squelettes sont les suivantes :
- i° L’immuabilité ou l’altération difficile de la roche-mère ou des parties rocheuses qu’elle renferme (sables, galets, rocailles, roches sédimentaires compactes, etc.);
- 2° L’entrainement de l’horizon à l’humus par les eaux de neige et de pluie (sols grossiers sur les collines et sur les pentes);
- 3° La courte durée de la formation du sol (sols peu développés sur les affleurements relativement récents des roches);
- h° L’obstacle opposé à la formation du sol par des influences défavorables du climat (les décombres des déserts, sols grossiers des régions arctiques, etc. ).
- Le trait fondamental des sols alluviaux consiste en ce que ces sols se forment à l’aide du transport mécanique des éléments dans des bassins aquatiques changeant de place. Tels sont, par exemple, les sols des vallées fluviales. Il ne faut pas confondre les alluvions proprement dites avec les sols alluviaux : les premières sont
- (1) Les terres de nombreuses localités de vège, etc.) appartiennent par excellence aux
- l’Europe occidentale (Allemagne méridionale sols grossière et aux sols-squelettes,
- et centrale, Autriche, Suisse, Fiance, Nor-
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- RUSSIE.
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- des dépôts purement mécaniques d’une puissance très variable ; leur formation est géologique; le sol alluvial n’est qu’un horizon de ce dépôt, qui a subi l’action des agents dynamiques généraux de la désagrégation et l’influence des divers organismes.
- En résumé, nous pouvons établir les classes et types génétiques suivants :
- Classe I. — Sols zonaux, complets.
- Types : 1. Sols latéritiques;
- 2. Sols atmosphéro-poussiéreux, éoliens;
- 3. Sols des steppes-déserts ou des steppes secs;
- h. Tchernozioms (terres noires);
- 5. Sols des steppes sylvestres et sols gris forestiers;
- 6. Sols gazonneux et podzols (à alios);
- 7. Sols de toundras.
- Classe II. — Sols intrazonciux.
- Types : 1. Sols salants (les salants);
- 2. Sols calcaires à humus;
- 3. Sols marécageux, etc.
- Classe III. — Sols incomplets ou azonaux.
- Sous-classe. Sols fermés in situ :
- A. Sols grossiers de différents types;
- B. Sols-squelettes;
- Sous-classe. Sols alluviaux (de types divers).
- Dans la nature, tout comme dans les systèmes des autres corps et phénomènes, il existe parmi les sols des divers groupes génétiques une transition plus ou moins complète. Les passages entre les différents types s’établissent : par le fait que les facteurs de formation des sols (comme, par exemple, les conditions climatériques) ne changent pas brusquement, mais plus ou moins graduellement et peuvent donner par là des résultats intermédiaires ou moyens; l’existence des types de transition peut être également conditionnée par les changements qui s’opèrent dans les sols eux-mêmes dans le cours de leur formation ou de leur vie. Les sols peuvent traverser différentes phases et formes de développement, conformément aux influences extérieures qui agissent sur eux. Ainsi, par exemple, certaines terres salantes, en perdant peu à peu de leur sel par le lessivage, se changent en sols de steppe sèche et même en tchernoziom; les sols alluviaux, sortis de la sphère des débordements de rivière, se rapprochent des types zonaux locaux.
- Si une localité, pour une raison quelconque, perd le drainage, les sols peuvent se transformer en marais, et vice-versa, les sols marécageux, par le dessèchement et le drainage, perdent leurs propriétés caractéristiques et se rapprochent également des autres types locaux. Lorsqu’il y a empiétement des forêts sur le steppe ou la prairie durant la période de formation du tchernoziom, ces forêts modifient
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- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- la structure et la composition du sol dans le sens des sols des steppes sylvestres et des terrains forestiers, etc.
- Les types génétiques des sols forment de grands groupes renfermant en eux de nombreux sous-types et espèces, des séries génétiques de sols tout entières. On peut en faire la classification détaillée en la basant sur deux catégories défaits :
- a. Sur le degré ou la force, et sur les oscillations des agents dynamiques qui communiquent au sol les traits fondamentaux d’un type génétique donné. Ainsi, par exemple, il existe des conditions concourant à la formation des sols à tchernoziom; mais ces conditions peuvent varier, s’éloigner de la moyenne et, à la suite de ces oscillations, une seule et même rocbe-mère peut produire des tchernozioms dissemblables, différant entre eux par la teneur en humus et ses qualités;
- b. Sur des changements dans la composition et la structure des sols en liaison avec la composition et la structure des roches-mères. Les subdivisions de cette catégorie renferment :
- i° Les facteurs des propriétés physiques des terres, c’est-à-dire scs parties aréno-squelettes et finement terreuses (argileuses dans le sens physique) et les corrélations existant entre elles;
- 2° Les particularités chimiques et chimico-pétrographiques.
- Le tchernoziom, par exemple, peut être argileux, sablo-argileux et argilo-sableux, marneux, phosphatique, etc.
- C’est là, au fond, le principe généralement accepté de la classification des sols, élaboré d’une manière plus ou moins détaillée et à diverses époques par un grand nombre de savants, comme Falloux, Mayer, Schübler, Dettmer, Knop, Delesse, Orth, Senft, Fesca, Wollny, Kostytcheff et autres.
- Sans descendre dans les détails, nous nous bornerons à dire ici que nous regardons comme plus générales les subdivisions basées sur la teneur quantitative dans le sol de squelette et de terre fine, et sur le caractère partial de leurs éléments constituants. Après ces divisions ou même en elles doivent venir les subdivisions chimico-pétrographiques, en considérant :
- a. Les matières siliceuses de terre fine (riche en zéolithes, terre kaolinique, quartzeuse, etc.);
- b. Les oxydes et les sols ne contenant point de silice, tels que les carbonates de chaux et de magnésie, les oxydes de fer, les phosphates, les sulfates et les sels se dissolvant facilement dans l’eau;
- c. La composition chimico-pétrographique du sol-squelette.
- La classification des sols de la Russie est représentée, à titre d’essai, sur le tableau ci-après (p. 72 à 7A).
- Les colonnes verticales comprennent les types et sous-types génétiques des sols avec indication de leur teneur en humus et de sa qualité (solubilité). Les rangées horizontales indiquent les principales subdivisions] physico et chimico-pétrogra-
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-
-
- RUSSIE.
- 71
- phiques des mêmes types et sous-lypes avec la dénomination des roches-mères correspondantes ou des sous-sols. On obtient ainsi un tableau quadrillé, ou chaque sol trouve sa place. Nous avons surtout porté notre attention sur les types zonaux et intrazonaux, comme étant ceux qui se présentent le plus fréquemment en Russie, tandis que les types grossiers et les types-squelettes n’ont été mentionnés, pour ainsi dire, qu’en passant.
- Propriété foncière. — La propriété foncière est caractérisée par la grande proportion des terres appartenant a Y Etat, et aux communes rurales.
- Le domaine d’Etat a une importance particulière; il a été séparé par l’empereur Paul des biens de la maison régnante qu’on nomme apanages; le domaine est propriété de la nation. Il constitue un fonds de réserve où l’on puise pour pourvoir de terres et de bois les populations rurales; il facilite, en outre, la migration à l’intérieur des populations rurales les plus a court de terres.
- De l’acte d’émancipation, édicté en 1861 par Alexandre II, date le droit de propriété foncière pour les serfs des domaines seigneuriaux.
- Ces serfs furent pourvus de terres suivant un système qui a été appliqué en 1863 aux paysans des domaines d’apanages et trois ans après, en 1866, aux paysans de la Couronne. Avec la liberté de leur personne, les serfs des domaines seigneuriaux reçurent des (erres détachées des domaines de leurs anciens seigneurs.
- Il ne fut pas accordé de lots de terre aux serfs domestiques ; tous les autres reçurent un lot, d’étendue variable suivant les régions, et fixé par la loi. Ce lot fut appelé nadïel.
- Souvent le nadïel fut plus petit que la surface de terrain dont jouissait le serf. Dans ce cas, le propriétaire conserva le reste.
- On créa la redevance en argent (oùrofe), ou rachat de la redevance par la corvée, dite barehtchina, supprimée plus tard.
- En 1 883 , le rachat devint définitif et obligatoire; l’Etat donna son concours pour l’exécution de cette réforme; il avança au serf la somme nécessaire pour se libérer complètement; ces avances étaient remboursables en quarante-neuf ans par annuités (6 p. 0/0, intérêt et amortissement compris); l’obrok pouvait être racheté en une fois par la capitalisation (un rouble racheté par 16 roubles 2/3) [voir suite, p. 76].
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-
-
- 72
- EXPOSITION DE 1900.
- — AGRICULTURE.
- Classification générale des sols
- DE
- A. Sols
- TVI’ES GENETIQUES.
- Principales
- ROCHES-MÈRES.
- Sous-types.
- Humus (H) et sa
- SOLUBILITÉ
- Groupes (S).
- PÉTROGRAPHIQUES.
- A.
- Sols argileux.
- B.
- Sols sous-argileux
- LOURDS ET MOYENS.
- Sols sous-argileux
- LÉGERS.
- D.
- Sols sous-sableux.
- E.
- Sables argileux.
- SOLS
- poussiéreux
- OU ÉOLIENS.
- Loess éolien.
- Sols loessigènes.
- II de 0,n % jusqu’il 2 - 2 ‘/a °/0
- Sols grisâtres et jaunâtres sous-argileux, loessigènes.
- SOLS
- DES STEPPES SECS OU DES STBPPES - DESERTS.
- Depots posttertiaires superficiels ( caspicns , transouraliens, etc. ) avec les produits de leur altération.
- Sols
- d’un brun clair et sols grisâtres des steppes secs.
- H.
- l-3 7o
- S.
- V -'/
- / 150 / 2l
- Sols argileux d’un brun clair des steppes sud-orientaux.
- C. — Argiles.
- Sols châtains.
- H. 3-5% O O ^ ri ri ~0
- Sols sous-argileux lourds et moyens d’un brun clair.
- Sols sous-argileux lourds et moyens châtains des steppes sud-orientaux et méridionaux.
- TCHERNOZIOMS.
- Loess et roches loessiformes (marno-argi'a-
- Tchernoziom de couleur chocolat.
- H.
- â-6%
- S.
- V -V
- /150 / 2C
- Sols sous-argileux lourds et moyens de couleur chocolat.
- C. — Roches argileuses, sous-argileuses ou marneuses, loessiformes (souvent avec le plâtre).
- Tchernoziom
- ordinaire.
- II.
- 6-10%
- S.
- î : _ i /
- / no lîoa
- Tchernoziom
- argileux.
- Tchernoziom
- gras.
- II.
- -10%
- S.
- 7 -V
- /170 /SOi
- Tchernoziom argileux gras.
- C. — Produits argileux et loessiformes de l’altération d’argiles lourdes , bitumineuses, marneuses , etc., de calcaires argileux , de roches cristallines, etc. Argile loessiformc.
- Tchernoziom lourd et moyen.
- Tchernoziom lourd et moyen gras.
- C. — Loess argileux; produits ar-gilo-loessiformes de l’altération des roches.
- Sols sous-argileux légers d’un brun clair. Sols sous-argileux légers châtains. Sols sous-argileux légers de couleur chocolat.
- C. — Argile sableuse se transformant par désagrégation en roche loessiîorme. C. — Limon loes-siforme.
- Sols sous-sableux brun clair. Sols sous-sahleux châtains. Sols sous-sahleux de couleur chocolat.
- C. — Roches sous - sableuses des steppes. C. — Roches sous-argiles sablonneuses et les produits d’altération des roches.
- Sables argileux d’un brun clair.
- C. -— Dépôts arénacés.
- Tchernoziom Tchernoziom
- sous-argileux léger, sous-argileux gras léger.
- C. — Loess (de la Russie méridionale). |
- Tchernoziom sous-sableux.
- C. — Loess sous-saldeux ; produits sous - sableux de l’altération des roches.
- Sable argileux h tchernoziom.
- C. — Argiiescliar-géns de sable et sables argileux d’origine diverse.
- RUSSIE.
- 73
- LA
- Russie (par le prof. N. Sibirtzeff).
- ZOXAUX.
- sableuses).
- Tchernoziom brun foncé de
- la Russie centrale.
- II.
- «-A 7.
- SOLS
- DES STEPPES SYLVESTRES ET SOLS l'OnESTIEUS GRIS.
- Produits de l’altération
- des depots posttertiaires et des anciennes roches ; loess lessivé.
- Sol
- s gris
- foncé.
- II.
- 5 -A et
- I chernozioin sous-’Hffilcux de la Russie centrale.
- >" IVs terrasses.
- 6- — I.oess des terrasses.
- a” Des vallées.
- 6- Loess des vallées.
- S.
- V -/100
- / 80
- Sols sous-argileux des steppes sylvestres, — lourds, moyens et légers : sols ressemblant au tchernoziom ; tchernoziom dégradé; sols sous-argileux gris foncé.
- C. — Loess lessivé, roches loessiformes argileuses et sous-argileuses ; produits de l'altération de diverses roches ( par exemple des marnes permiennes rouges).
- Sols gris.
- H.
- A-3%
- S.
- A 7vo- Va.
- B 7«-7.o
- Sols sous-argileux gris brunâtre ( gris ) , lourds, moyens et légers, faisant transition aux sols à podzol.
- C. —• Argiles morai-niques altérées; produits sous-argileux de l’altération des roches.
- SOLS GAZONNEDX ET A PODZOL (À alios).
- Dépôts morainiques. Produits d’altération de diverses roches de la moitié septentrionale de la Russie.
- Sols gazonneux.
- H.
- 1-3%
- S.
- V
- / 50
- Sols h podzol.
- H.
- 1-3%
- S.
- A Vm-Vüo
- B Vas" Vio
- Sols sous-argileux gazonneuxlourds et moyens : i° Sur l’argilemo-rainique ; a° Sur les anciennes argiles alluviales ;
- a° Sur les produits argileux de l’altération des roches.
- Sols sous-argileux gazonneux légers ; i° Sur le loess des terrasses; a0 Sur le limon morainique ;
- 3° Sur les anciennes alluvions ;
- 4° Sur les produits sous-argileux de l’altération des roches.
- Sols sous-sableux (terres ffriscs) des steppes sylvestres et des forets à feuilles caduques.
- Sols sous-argileux à podzol lourds et moyens.
- Podzols
- H.
- 0.2-1%
- S.
- 7 -7
- I20 /10
- 1°
- 2°
- 3°
- Sur les mêmes roches.
- Sols sous-argileux légers h podzol :
- i° Sur le limon morainique;
- u° Sur l’ancien limon alluvial ;
- 3° Sur les produits sous-argileux de
- l’altération des roches.
- Sols sous-sahleux gazonneux.
- Podzols humides vaseux.
- Podzols
- sous-argileux.
- Sols sous-sableux Podzols
- à podzol. sous-sableux.
- C. — Dépôts sous-argileux et sous-sableux morainiques et d’anciennes aliuvions. Produits sous-sableux de l’altération des roches.
- Sables argileux gazonneux.
- Sables argileux h podzol.
- Podzols arcnacés.
- SOLS
- DES TOUNDRAS.
- Dépôts horéals posttertiaires et roches primitives.
- Sols
- de la toundra arctique.
- Toundra
- argileuse.
- Toundra
- sous-argileuse.
- Toundra arénacéc.
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-
-
-
- là
- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- B. Sols intrazonaux.
- TERRES SALANTES (SALANTS). SOLS CALCARIFÈRES À HUMUS. SOLS MARÉCAGEUX.
- Terres salantes de la zone sèche. Terres salantes dans la région à tchernoziom. Sols accumulant l'humus a condition de la présence d’un surplus de chaux. Sols de marais limoneux (marais herbeux à eau acide). Sols des forêts et des prés humides.
- H. 0,1-2% (NaCI, Na2S04, CaSO,,, etc. ) IL S. 1-10% A%0-%0 « 'Ao-'/ro (Na.COj. NaaS04, CaSO„, CaCO:l, etc. ) H. S. 2-5% et >V,00 ( CaCo3, MgCO,). H. S. 2-5% et >A V200 % i/îïo B V,o IL 3-6%
- Terres salantes brun clair, rousses et gris clair : i° Argileuses. 2° Sous-argileuses. 3° Sableuses. Terres salantes des steppes sèches. Terres de couleur foncée : i° Argileuses; a° Sous-argileuses et sous-sableuses. Tchernozioms salants. liendzinas - sols è humus sur les calcaires et marnes. Sols de couleur foncée saturés d’eau , argileux , sous-sableux, etc. , avec l’humus acide, oxydule de fer, etc. Sols sous-argileux, sous-sableux et arénacés.
- A. B.
- ~~cT
- Transitions des sols zonaux et intrazonaux en sols crus grossiers (Roiiboden)
- ET SOLS-SQUELETTES.
- Par suite d’un changement mécanique des sols, délavage, érosion.
- Par suite de l’action peu intensive des agents de la formation des sols. Sols faiblement développés.
- Par suite d’un mélange de biocailles dans la roche-mère.
- Sols :i blocaux de différents types.
- • Transitions aux sols rocailleux :
- Tchernozioms, terres sous-argileuses et sous-sableuses (différents types) mêlés de rocaille. liendzinas rocailleuses.
- Transitions aux sols granuleux :
- Sables peu argileux, tchernozioms caillouteux, terres sous-argileuses et sous-sableuses h gravier et galets.
- Transitions aux terres schisteuses et compactes :
- Sols schisto-argileux et sols peu épais et compacts, argileux et sous-argileux, dans les diverses régions zunales (places chauves sur les protubérances, pentes raides, collines, etc.).
- C. Sols incomplets ou azonaux.
- ALLUVIAUX SOLS CRUS GROSSIERS ET SOLS SQUELETTES ÉLUVIAUX.
- Sols des vallées fluviales et lacustres. Rocailleux. Granuleux. Schisteux et compactes.
- Sols argileux, sous-argileux et sous-bleux : i° A éléments fins ; 2° A éléments fins et à humus. Sols granulo-sableux. Sols arénacés caillouteux. Rocailleux provenant de roches siliceuses. Rocailleux provenant de calcaires , (le craies et de dolomies. Sols sableux (sables meubles et sables de forêts de pins). Sols caillouteux et ii gravier. Argileux et marno-schisteux. Argiles et terres sous-argileuses de composition et d’origine diverses.
- Sols mixtes.
- Organogènes : sols tourbeux.
- D. Formations géologiques superficielles.
- ORGANOGÈNES. DÉPÔTS MINÉRAUX MÉCANIQUES.
- Marais tourbeux ; tourbières, toundras tourbeuses. A. Dépôts marins et lacustres : i° salifères : boues salines; 20 h galets, granuleux, limoneux; B. Alluvions lluviatilts et de ravins : sables, argiles, galets. C. Dépôts éoliens : sables mouvants des dunes, etc.
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-
-
- RUSSIE. 75
- En 1887, les serfs des domaines de l’Etat ont pu racheter aussi l’obrok.
- Nadïel, caractère essentiel de la possession du sol. — Ce régime est presque le seul existant, sauf en Finlande et en Bessarabie.
- 85 p. 100 des communes rurales sont placées sous le régime de la possession communale.
- Les terres n’appartiennent pas en propre à l’individu, elles sont la propriété inaliénable et intangible de l’ensemble des membres de la même commune.
- Fonctionnement du nadïel. — La répartition des terres a lieu en assemblée plénière entre chacun des chefs de famille (mâles).
- Cette répartition est périodique et son renouvellement s’effectue suivant le même mode.
- Les terres comprises dans l’enclos de l’habitation et les terres de pacage ne sont l’objet d’aucun partage périodique.
- Les terres étant de qualité différentes, on divise le territoire en autant de parties qu’il y a de qualités de terre. Ces lots s’appellent hones. Il y en a trois ou quatre par commune(1).
- Chaque membre de la commune reçoit une parcelle dans chacun des kones.
- La quantité de parcelles dévolues à chaque foyer est déterminée par deux ordres de considérations :
- i° La quotité des impôts payés par le foyer ftaglio);
- 20 Les besoins de la famille qu’il abrite.
- Le chiffre global d’impôts réclamé à la commune est divisé par le nombre d’habitants mâles.
- Supposons un village de 5oo âmes, chaque individu mâle paye i/5oo de l’impôt; si la population passe à 1,000 âmes, chacun ne payera que 1/2 unité et inversement, s’il tombe à 2 5o, chacun payera 2 unités.
- En second lieu, on tient compte de multiples conditions : âge du chef de famille, nombre de bras valides, non-valeurs, etc.
- Division du territoire. — 5o départements forment la Russie euro-
- (1) Les terres de nadïels sont réparties entre t-2,000 foyers appelés tagtio, contenant de 3 h 6 personnes du sexe masculin.
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-
-
-
- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- 70
- péenne (Don, Finlande, Pologne et Caucase non compris); ils s’éten-dent sur ^27 millions d’hectares ainsi repartis:
- MILLIONS P. 100
- DM1EGTÀRES. DD TERRITOIRE.
- a. Terres domaniales................................ 164.3
- b. Terres d’apanages................................ 8.0
- c. Terres appartenant à des établissements ou à des per-
- sonnalités civiles (églises, monastères, villes, etc.). 9.A
- d. Terres appartenant à des communes rurales :
- 1. Bonnes terres de nadïels...........
- 2. Terres de nadïels impropres à la cul-
- ture ............................
- 3. Terres achetées....................
- e. Terres appartenant à des particuliers :
- 1. Propriétés privées.................
- 2. Propriétés appartenant à des Sociétés
- ou à des Compagnies..............
- En tout........
- 127.6
- 1 A.2
- 3.5
- 97-5 )
- 99-5
- 2.0 )
- 38.5
- l,9
- 3A.3
- 23.1
- 100.0
- En résumé, les terres d’apanages et celles des personnalités civiles occupent A.1 p. 100 du territoire; celles de l’Etat, les deux cinquièmes, celle des communes, le tiers; celles des particuliers, le quart.
- Au maximum 2 1/2 p. 100 des terres domaniales sont bonnes; des p7 1/2 autres p. 100, les deux tiers sont couverts de forêts, et le reste inculte, impropre à l’agriculture.
- L’étendue des nadïels est très variable : de 2 à 16 hectares par chef, suivant l’abondance ou la rareté des terres par rapport a la population. Ces étendues donnent une surface variant de 7 à 58 hectares, par famille.
- Un certain nombre de paysans possèdent, en dehors de leurs nadïels, des terres acquises par eux à titre onéreux.
- 760,000 hectares ont été ainsi achetés avec le concours de la Banque foncière, fondée en 1883.
- Cette propriété privée n’a pas agrandi les domaines de la classe rurale de plus de 2 1/2 p. 100.
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-
-
-
- RUSSIE.
- 77
- La propriété privée domine dans l’Ouest et dans le Midi; elle est très variable comme étendue. En voici un aperçu :
- NOMBRE SURFACE
- DE PROPRIÉTAIRES. POSSEDEE.
- Petits domaines, au-dessous de 100 hectares.. p. 100. 84.i p. 100. 6.8
- Moyens domaines, , de 100 à 1,000 hectares . . 12.6 22.6
- Grands domaines. , au-dessus de 1,000 hectares. 3.5 70.6
- Dans la période comprise entre 1870 et 1880, il y avait, en Russie, des domaines de 200,000 hectares (gouvernement de Perm). Les quatre cinquièmes de ces terres appartenaient a des gentilshommes, membres de la noblesse; 1 0 p. 100 à des marchands; 5 p. 1 00 à des paysans et aux autres classes de citoyens.
- Depuis vingt ans il y a une diminution très notable des terres appartenant à la noblesse. Leur étendue est réduite de 80 a 06 millions d’hectares.
- En Pologne, la répartition du territoire est la suivante :
- Noblesse............................................ 44 p. 100.
- Paysans............................................. 4 a
- Autres classes........................ 6.0 p. 100 ) ,
- 1 4
- Etat.................................. 7.7 p. 100 )
- Jetons un coup d’œil sur la répartition de la propriété privée:
- Sur 621 millions d’hectares, 100 seulement appartiennent à la propriété privée, soit 16.6 p. 100.
- Sur 135 millions d’habitants il y a, en tout, 481,291 propriétaires, soit moins de 3 p. 100.
- NOMBRE
- DE PROPRIETAIRES QUANTITE DE TERRES
- CLASSES. EN HECTARES.
- EN TOUT. P. 100. p. 100.
- EN TOUT. par hectare.
- Nobles 11/1,716 23.8 79,981,390 696.80 00 cr> L"-'
- Marchands i2,63o 2.6 10,699,902 8/17.12 10.7
- Bourgeois 58,00/1 12.1 2,086,2/11 35.90 2.1
- Paysans 278,007 56.7 5,/(68.866 19.7° 5.5
- Personnes d’autres conditions 22,93/1 4.8 1,892,989 82.50 »-9
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-
-
-
- 78
- EXPOSITION DE 1900
- AGRICULTURE
- Zone
- des terres arables.)
- J tlffllllilllUi Champs, prairies , forêts.
- Champs , forêts, prairies
- Zone des prairies.
- Zone des forêts,
- Prairies, champs, orèls. Prairies, forêts!*), champs.
- Champs, prairies, forêts. Forêts, champs , prairies
- !*) Les steppes sont compris dans les prairies.
- Fig. h. — IléparLition du sol.
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-
-
-
- RUSSIE.
- 79
- En France, 88 p. îoo du territoire agricole sont propriété privée; nous comptons environ 8,5oo,ooo propriétaires sur 38 millions d’habitants, soit 22.2 p. 100.
- Après le prélèvement des nadïels, 80 p. 100 des terres restant aux particuliers appartiennent à la noblesse; 1/10 a passé aux mains des commerçants; 2 p. 100, à celles des bourgeois; 5 p. 100 seulement appartiennent aux paysans.
- Dans certains gouvernements (Yiatka), la propriété privée n’existe pas, toutes les terres sont domaines de l’Etat aux mains des communautés de paysans.
- En réalité, d’une manière générale, la Russie peut être considérée comme un pays de petite culture, une grande partie des terres étant exploitées, sinon possédées par les paysans.
- Répartition du sol. — Les terres des 5o gouvernements de la Russie d Europe, correspondant à millions d’habitants, sont cadastrées. Il n’existe pas de cadastre pour la Russie d’Asie.
- Voici le résumé de la répartition dans les 5o gouvernements :
- hectares. p. 100.
- Terres de labour 1 i6,533,o<)9 26.2
- Prairies et pacages . . 70,800,831 15-9
- Forêts .. 172,906,419 38.8
- Terres impropres à l’agriculture.. . GO en 0 0 QO ^-1 19-1
- Totaux........... 445,2 51,166 100.0
- Régions de culture. — C’est a la très intéressante étude de M. P. de Seménov, étude qui sert, en quelque sorte, d’introduction à la Russie à la fin du 111e siècle, ouvrage publié à l’occasion de l’Exposition de 1900 parla Commission impériale de Russie, que nous empruntons les pages suivantes qui définissent exactement les régions de culture de la Russie d’Europe :
- I. La région que nous désignerons sous le nom de région industrielle de Moscou ou région du haut Volga comprend sept gouvernements (Moscou, Vladimir, Tver, Iaroslaw, Kostroma, Nijni-Novogorod et Kalouga); cette région n’occupe pas seulement tout le territoire entre le Volga etl’Oka, elle s’étend encore sur tout le bassin
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-
-
- 80
- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- supérieur du Volga jusqu’à l’embouchure de TOka, et comprend les contrées couvertes de forêts encore vierges situées au delà du Volga dans les gouvernements de Kostroma et de Nijni-Novogorod. Toute la région industrielle de Moscou fait partie de la zone des forêts de la plaine russo-européenne bien que, dans cette zone, lt?s forêts aient été si cruellement dévastées qu’elles n’occupent plus, à l’heure qu’il est, que ho p. 100 de la totalité du territoire. Au point de vue historique, celle région représente le grand-duché de Rostow-Sousdal qui devint, par suite, le grand-duché de Moscou, ayant survécu au désastre tartare et réuni autour de lui toute la Russie actuelle. Le territoire de cette région a près de 350,000 kilomètres carrés et sa population dépasse 11 millions d’habitants; elle est, par conséquent, en moyenne, de 32 habitants par kilomètre carré. Au point de vue ethnographique, la population de cette région est presque exclusivement composée de Russes, notamment d’individus appartenant à la famille grande-russienne de la race russe; les 3 p. 100 de la population hétérogène qui habite cette région sont fournis par les races finnoises et tartares. La propriété terrienne dans cette région est répartie de la manière suivante : A6 p. 100 de l’ensemble du territoire constituent la propriété inaliénable des paysans émancipés; 38 p. 100 du territoire appartiennent à la propriété particulière; 10 p. îoo sont la possession de l’Etat, et les 6 p. 100 restant forment des domaines des Apanages, des villes, de l’Eglise et de diverses institutions. Le sol ne se distinguant pas par une grande fertilité, l’agriculture n’est pas l’industrie dominante. Les labours couvrent 3 a p. 100 du territoire, ce qui constitue, par âme masculine de la population rurale, a,h hectares de terres de labour (y compris la propriété communale et les terres de propriété privée); de sorte que la récolte des céréales en moyenne est insuffisante pour pourvoir aux besoins de la population rurale, et, par conséquent, l’est-eilc encore moins, pour l’alimentation de la population urbaine, formant dans cette contrée la plus haute proportion de population citadine qu’il y ait en Russie; la population urbaine de cette région comprend, en effet, 17 p. 100 des habitants de la région. L’insuffisance de la récolte régionale est comblée par les céréales importées des régions plus fertiles avoisinantes, notamment par les céréales provenant de la région centrale agricole de la Russie et de la région du Volga. Gomme dans toutes les communes rurales grandes-russieimes, dans les communes rurales de cette région, le mode de jouissance du sol est communal; le système de culture eu usage est celui des trois assolements. tAu point de vue de la culture du lin, cette région occupe une des premières places de l’Empire. La culture potagère y est également très étendue. L’élevage des bestiaux y est généralement assez développé; on compte 17 chevaux pour 100 habitants; c’est un peu moins que la proportion moyenne générale de l’Empire. La plus grande partie de la population rurale de cette région exerce des métiers et se livre à de petites industries dites industries buissonnières.
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-
- RUSSIE.
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- Le travail des fabriques attire dans les villes un si grand nombre de travailleurs appartenant à la population rurale que, d’après le recensement général qui a eu lieu le 28 janvier 1897, la population des villages comprend 120 femmes pour 100 hommes, et ce manque d’hommes s’explique par leur concentration dans les villes où les occupations industrielles les attirent.
- IL Au sud de la région industrielle de Moscou s’étend la région centrale agricole qui comprend les gouvernements de Toula, Riazan, Orel, Tamboff, Penza, Koursk et Voronège. Cette région occupe principalement les bassins de l’Oka et du Don dans la zone des forêts sporadiques qui sert de transition entre la zone des steppes et la zone des forêts. Depuis les temps historiques les plus reculés, les steppes de cette région étaient émaillés non seulement de quelques oasis boisées, mais encore ils étaient traversés par des bandes de forêts vierges pénétrant très en avant dans les steppes du Sud et, au nord, s’accumulant en vastes territoires forestiers au milieu desquels on rencontrait de larges clairières, telles que celles des célèbres champs de Koulikowo et de Riask. Aujourd’hui, ces forêts sont très entamées; elles ne couvrent plus que i4 p. 100 du territoire de toute la région; elles contiennent principalement, non point des conifères, mais des arbres latifoliés; toutefois des forêts de conifères se détachent de la région des forêts dans les sites où leur développement est favorisé par la nature sablonneuse du sol. Au point de vue historique, certaines parties de cette région entraient dan sles principautés anciennes de Tchernigof et de Riazan, et, à l’est, formaient une partie du territoire de la Mordva. Aux xivc, xv et xvi° siècles, la région que nous étudions entra peu à peu sous la domination de l’Etat moscovite; et c’est principalement dans les limites de cette région que se poursuivit la lutte longue, opiniâtre et sanglante contre les peuples de l’Asie, lutte qui eut pour conséquence l’affermissement de la domination moscovite sur toute la plaine de la Russie d’Europe. Après la cessation des incursions asiatiques, c’est-à-dire à partir du deuxième quart du xvf siècle, cette région devint le grenier de l’Etat moscovite; elle conquit cette situation grâce à la fécondité des terres noires cpii y forment presque la totalité du sol. La région centrale agricole a 338,000 kilomètres carrés d’étendue et pas moins de i4,5oo,ooo habitants; elle possède, par conséquent, 43 habitants par kilomètre carré. Cette population, comme celle de la région de Moscou, est formée, en grande partie, de grands-russes; et la population étrangère à la nationalité russe n’atteint que 4 p. 100 de la population totale et comprend surtout des individus de races finnoises (meschère et mordva), qui, en outre, sont considérablement russifiées, et une certaine proportion de Tartares. Le propriété terrienne est répartie de telle façon que la plus grande partie des terres constitue la propriété inaliénable des communes de la classe rurale; ces communes possèdent, en effet, 57 p. 100 de l’ensemble du territoire; c’est, dans
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- tout l’Empire, la plus haute proportion à laquelle atteignent les terres de la population rurale; 36 p. îoo du territoire de cette région constituent la propriété privée des particuliers, principalement de la noblesse du pays; h.5 p. îoo seulement sont la propriété de l’Etat; et le reste, 2.5 p. îoo, appartient aux Apanages, à des villes, à l’Eglise et à différentes institutions. L’agriculture est incontestablement l’occupation principale des habitants de cette région. Quoique la proportion de toutes les terres de labour de la population rurale ne soit que de 3,5 hectares par âme masculine, cette région occupe dans l’Empire, au point de vue de l’extension de l’agriculture, la première place; cela s’explique par le fait que, non seulement les communes rurales, mais aussi la majorité des petits propriétaires ont défriché et transformé en terres de labour tous les terrains arables qui leur appartenaient, de sorte qu’à présenties terres de labour occupent environ 6â p. îoo de l’ensemble du territoire. Grâce à cette extension de l’agriculture, à la grande fertilité des terres noires, et malgré que les cultivateurs de la classe rurale ne trouvent pas sur les terres communales les ressources indispensables à leur alimentation, la région produit un grand excédent de blé. Les communes rurales sont sous le régime de la possession des terres en commun; le système de culture dominant est celui des trois assolements; toutefois, dans beaucoup de domaines, on observe déjà le passage de ce système à celui de la culture intensive. Parmi les cultures spéciales, les plus répandues sont celles du chanvre, de la betterave et des plantes oléagineuses. L’élevage du bétail est en honneur, bien que cetle branche de l’industrie agricole soit moins répandue dans les terres communales — à cause de leur insuffisance — que dans les domaines appartenant à des propriétaires. On compte 2 5 chevaux par îoo habitants; c’est une proportion supérieure à la moyenne générale de l’Empire. De même qne dans toutes les parties de la Russie non boisées et où la population est relativement très dense, celle de cette région habite de grands villages disposés sur les rives des cours cl’eau ou le long des ravinements où il est facile d’établir des réservoirs d’eau au moyen de barrages. La population masculine rurale de la contrée, commençant à souffrir du manque de terres de labour, émigre en grand nombre, durant la saison d’été, à la recherche de travaux agricoles; elle se dirige vers la région du Volga et celle delà Nouvelle Russie; mais, en hiver, ces travailleurs s’absentent beaucoup moins que ceux de la région de Moscou pour se procurer des gains au dehors; et le recensement général du 28 janvier 1897 indiqua que la population rurale comptait io5 femmes par îoo hommes. La plupart des usines et des fabriques de la région manufacturent des produits de l’agriculture régionale (moulins, fabriques de sucre, distilleries, baratteries, filatures de chanvre, industries s’occupant des produits animaux). Au point de vue de l’étendue des voies ferrées, la région agricole centrale occupe la première place parmi les régions de l’Empire.
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- III. Au nord de la région industrielle de Moscou, on entre immédiatement dans lardon de l’extrême nord de la Russie d’Europe qui comprend les gouvernements cl’Archangel et de Vologda et s’étend presque sur tout le bassin de l’Océan du Nord. Cette région, de meme que celle de Moscou, fait partie de la zone des forets de la plaine de la Russie européenne, et, au delà des limites polaires de la végétation forestière, elle s’étend sur la zone des toundras arctiques; 66 p. 100 de sa totalité sont couverts de forêts; ce qui, pour la Russie d’Europe, constitue la plus large proportion de forêts. Afin de montrer sa richesse sous ce rapport, il suffit de dire que, si la population adulte employait tous les efforts de travail dont elle est capable à abattre des arbres, elle n’arriverait pas à supprimer, dans le courant d’une année, autant de bois qu’il en pousse. Au point de vue historique, cette région fut, à partir du xi° siècle, d’abord exploitée puis colonisée par les entreprenants citoyens de Novogorod; et, après la chute de Novogorod, au xve siècle, elle devint une des possessions de l’Etat moscovite. Elle s’étend sur 1,261,000 kilomètres carrés et a 1,260,000 habitants, soit un habitant par kilomètre carré; elle est donc la moins peuplée de toute la Russie d’Europe. Au point de vue ethnographique sa population est grande-russienne; le mélange d’individus d’origine hétérogène ne dépasse pas 11 p. 100; et ces hétérogènes appartiennent à des tribus finnoises (Zyrian, Korèles et Finnois), avec quelques représentants de tribus polaires (Samoyèdes). La répartition de la propriété terrienne diffère entièrement de ce qu’elle est dans les autres régions de la Russie. 3 p. 100 seulement de l’ensemble du territoire constituent la propriété inaliénable des communes rurales; 1 p. 100 appartient à la propriété particulière, moins de 3 p. 100 aux villes, aux monastères, à l’Eglise et à d’autres institutions; et les p3 p. 100 restant sont la propriété de l’Etat. Comme dans tous les pays grands-russiens, c’est le mode de jouissance en commun des terres qui est en usage dans la population rurale; le système d’exploitation du sol le plus usité est le système dit ladamien, (pii consiste à mettre le feu aux plantes arborescentes couvrant le sol et à défricher les bonnes terres. Le climat étant rigoureux et ces bonnes terres étant rares, l’agriculture n’est qu’un accessoire des ressources de la population. Les terres de labour ne constituent que 1 p. 100 de l’ensemble du territoire de cette région, soit un hectare de terre par habitant mâle de population rurale. Malgré la grande étendue des terrains concédés aux communes rurales, les cultivateurs ne peuvent trouver, dans les profondeurs des bois qui leur appartiennent, une plus grande quantité de terre à cultiver; au milieu de l’infini de ces bois humides et de ces marais, de petits hameaux de cultivateurs de la classe rurale occupent presque toujours de petites enclaves de terrains plus ou moins secs et plus élevés dont le sol est susceptible à la culture. Les herbes étant abondantes, l’élevage du bétail a pris une certaine extension; il y a 2 3 chevaux pour 100 habitants, c’est une proportion supérieure à la moyenne générale de l’Empire. Un des traits caractéris-
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- tiques de cette région, c’est l’élevage des rennes qui est répandu dans la zone des toundras. Il va de soi que la terre ne produit pas assez de céréales pour l’alimentation de ses habitants; ce qui manque est complété par des importations de la région ouralienne (gouvernement de Viatka); aujourd’hui, ces importations sont facilitées par l’ouverture de la voie ferrée de Kotlass. Des pêcheries fluviales et maritimes entrent pour une bonne part dans l’alimentation. Ces pêcheries, de même que les multiples industries forestières, y compris la chasse, constituent la principale ressource des habitants. Les hommes de la classe rurale émigrant vers les chantiers et les pêcheries lointaines, le recensement de janvier 1897 a établi que la population des villages comprenait 108 femmes par 100 hommes. Dans la région de l'extrême nord, les usines et les fabriques sont moins nombreuses que dans toutes les autres parties de l’Empire, sauf en ce qui concerne les industries du bois (scieries et distillation à sec du bois), pour lesquelles celle région occupe la première place.
- IV. Au nord-ouest de la région de Moscou, s’étend la région des lacs qui embrasse les gouvernements de Saint-Pétersbourg, de Novgorod, de Pskof et d’Oloniétz et qui s’étend principalement sur les bassins riches en grands lacs, Néva-Ladoga et Narova-Tchoudskoïe. Elle rentre dans la zone forestière de la Russie, et malgré le nombre de forêts qui ont été abattues, 54 p. 100 de l’ensemble de son territoire en sont encore couvertes. Au point de vue historique, elle constitue un des centres nationaux de la vieille Russie; c’est là que se sont développées les deux républiques russes, celles, de Novogorod et de Pskof. C’est également là que s’établirent les relations de l’ancienne Russie avec les Normands d’au delà de la Raltique. Dans la période de la décadence de Novgorod (au xvic siècle), les débouchés de la Russie novgorodienne furent fermés par les Suédois et par les Allemands; mais après que la Russie novogorodienne fut devenue, au même siècle, partie intégrante de l’Etat moscovite, Pierre le Grand, dès les premières années du xvnf siècle, rétablit la liberté des débouchés sur la mer; et, pour les rendre plus faciles et moins compliqués, il transporta, pour toujours, sa capitale sur l’embouchure de la Néva. La région des lacs s’étend sur un territoire de 369,000 kilomètres carrés et a une population s’élevant à 5 millions d’habitants; elle a, par conséquent, i4 habitants par kilomètre carré. La population est également grande-russienne avec un mélange d’hétérogènes ne dépassant pas 6 p. 100, mélange formé de Finnois, de Tchoudes, de Korèles et, en partie d’Allemands de Saint-Pétersbourg ou de ses environs. La propriété terrienne est répartie de la manière suivante : 20 p. 100 de l’ensemble du territoire constituent la propriété inaliénable des communes rurales; 28 p. 100 des domaines et des biens appartiennent à des particuliers; 46.5 p. 100 sont la propriété de l’État, et 8.5 p. 100 seulement celle des villes, de l’Église, des
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- domaines et des institutions. Comme dans tous les pays dont la population rurale est grande-russienne, les terres de cette population sont sous le régime de la possession en commun. C’est le système des trois assolements qui domine; toutefois, dans les cantons les plus écartés, au milieu des profondes forets, le système lada-mien est encore en usage. Le sol étant peu fertile et le climat assez rigoureux, l’agriculture n’est pas l’objet principal des travaux de la population. Les terres de culture n’occupent pas plus des 10 p. 100 de l’ensemble du territoire; on ne compte dans la région que 2,3 hectares de terres de labour par âme masculine, ce qui n’est guère suffisant pour pourvoir aux besoins de la population rurale; à plus forte raison, ces terres ne suffisent-elles pas pour fournir à l’alimentation de la population urbaine qui, dans celte région, où se trouve la capitale de l’Empire, forme les 3o p. 100 de la population totale de la région; c’est la proportion la plus élevée de l’Empire. L’élevage du bétail est assez répandu; toutefois, on ne compte que i5 chevaux par 100 habitants; caria masse de la population métropolitaine n’a pas besoin de chevaux. La région étant forestière et bien pourvue d’eau, la population rurale habite de petits hameaux; on ne rencontre de centres de population plus considérables que sur les points où l’industrie a pris de l’extension.
- V. Au nord-ouest de la région des lacs s’étend une région différant par sa nature de celle que nous venons de caractériser : c’est la région de la Finlande, qui comprend tout le grand-duché de Finlande, indissolublement rattaché à la Russie, mais gouverné par une constitution spéciale. Fort longtemps, ce grand-duché fit partie de la Suède. Puis au xvm° siècle, une partie et, dans les premières années du xix° siècle, tout le grand-duché furent définitivement annexés à la Russie. Au point de vue physique, cette région s’étend dans la zone des forêts de la plaine de la Russie d’Europe; ces forêts couvrent 63 p. 100 de la totalité du territoire. La Finlande est encore plus riche en lacs que la région des lacs elle-même; mais ces lacs sont moins vastes et ont un caractère différent; s’étendant au fond de vallées étroites taillées dans des roches de formation primaire (ar-chéennes, gneiss et granits) et réunis par des canaux naturels qui s’écoulent en déversant définitivement leurs eaux dans le lac Ladoga, dans la mer Baltique et dans l’Océan du Nord, ils forment en quelque sorte un labyrinthe de voies navigables. La Finlande s’étend sur un territoire de 373,600 kilomètres carrés; elle compte un peu plus de 2,5oo,ooo habitants, soit 7 habitants par kilomètre carré. Au point de vue ethnographique, elle est habitée par des populations de race finnoise avec un mélange de ih p. 100 de Suédois; l’élément russe est extrêmement faible. L’agriculture n’est pas l’occupation principale des habitants du grand-duché. 3 p. 100 seulement du territoire forment des terres de labour; et, dans la région qui nous occupe, de même que dans la région
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- de l’extrême nord, on ne compte qu’un hectare de terre de labour par ame masculine de la population. L’élevage du bétail el la laiterie occupent une place importante dans le faire-valoir rural de la contrée; on compte environ 10 chevaux pour 100 habitants.
- VI. A l’ouest de la région des lacs s’étend la région de la Baltique qui embrasse les trois provinces suivantes : gouvernements de Livonie, d’Esthonie et de Cour-lande, et, du côté ouest, borde la Baltique. Elle appartient également à la zone des forêts; mais ces forêts y ont été tellement abattues que, à l’heure qu’il est, elles ne couvrent plus que les 26 p. 100 de l’ensemble du territoire. Au point de vue culturo-historique, cette région fut d’abord peuplée par des aborigènes de race finnoise et lithuanienne, soumise en partie aux princes de Polotzk et, en partie, aux princes de la région des lacs. Au xn° siècle, elle fut conquise par les chevaliers teutoniques et, plus tard, elle tomba, en partie,, sous la domination suédoise, et en partie sous celle de la Pologne; elle ne fut annexée à la Russie que dans le courant du xvme siècle. Elle a q 4,6 00 kilomètres carrés d’étendue et compte 2,4oo,000 habitants, soit 26 habitants par kilomètre carré. Sous le rapport ethnographique, sa population contient en nombre égal des peuples d’origine finnoise (45 p. 100 esthes) et lithuanienne (45 p. 100 leltois); 10 p. 100 seulement appartiennent à d’autres races : Allemands, 6 p. 100; Russes, 3 p. 100; Juifs, Suédois, Polonais, 1 p. 100. La propriété terrienne est répartie de telle façon que les cultivateurs de la classe rurale ont la jouissance ou la propriété inaliénable de 45 p. 100 de l’ensemble du territoire; 44 p. 100 forment des biens et des domaines de propriété privée; 8 p. 100 appartiennent à l’Etat et 3 p. 100 à des villes et à diverses institutions. L’agriculture et l’élevage du bétail sont la base de la prospérité et du bien-être de la population rurale; la contrée étant bien arrosée, cette population est disséminée en petits hameaux (fermes et métairies isolées). Les terres de labour occupent 20 p. 100 du territoire et on ne compte en tout dans la région que 2 hectares par ame masculine de la population rurale. Malgré l’intensivité des méthodes de culture en usage, le produit des terres n’est pas suffisant a l’alimentation de la population rurale de la région. Le mode de jouissance du sol est entièrement différent de celui en usage dans les contrées de population grande-russienne. Toutes les terres qui se trouvent en jouissance inaliénable de la classe rurale (Bauerland) sont des fermes héréditaires appartenant à des fermiers (Hauswirthe), sur lesquelles ni la commune, ni la masse des hommes de la classe rurale qui ne possèdent aucune terre (les batraky) n’ont aucun droit; ces terres peuvent devenir, au moyen du rachat, la propriété particulière des familles qui les possèdent. Le plus souvent, le système de culture en usage est celui de la culture intensive (à plusieurs assolements). L’élevage du bétail est une branche importante du faire-
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- valoir et se fait dans des conditions très satisfaisantes; les industries de la laiterie sont particulièrement prospères. On compte 18 chevaux par 100 liabitants. Gomme une partie considérable de la population rurale est formée de gens n’ayant la jouissance d’aucune terre, de batraky, une partie de ces prolétaires de la glèbe, laissant leur famille au foyer, vont chercher du travail à Saint-Pétersbourg; aussi, lors du recensement général du 28 janvier 1897, fut-il constaté que la population rurale de cette région comprenait 107 femmes par 100 hommes.
- VII. Limitrophe de la région de Moscou et de celle des lacs, la région de la Russie blanche embrasse les gouvernements de Vitebsk, Mohilew, Minsk et Smo-lensk; elle appartient également à la zone des forets, mais ces forets ont été abattues à tel point qu’à l’heure actuelle 36 p. 100 seulement du territoire demeurent encore couverts de bois. La région de la Russie blanche, qui occupe les bassins de la Dwina de l’ouest et du Dniéper, fit partie des principautés russes de Polotzk et de Smolensk de la Russie dniéprienne; après le désastre tartare, elle tomba sous la domination de la Lithuanie. A partir du xvie siècle, l’Etat moscovite, rassemblant les terres russes, disputa vigoureusement la possession de la Russie blanche, et la lutte que Moscou poursuivit pour cette possession cessa peu à peu par la rentrée de la Russie blanche dans le giron russe, au cours des xvii° et xyiiic siècles. Cette région occupe 2 hi ,000 kilomètres carrés et a une population de 6,3oo.ooo habitants, soit 26 habitants par kilomètre carré. Sous le rapport ethnographique, elle est russe et notamment en majeure partie albo-russienne; i5 p. 100 seulement de sa population n’appartiennent pas à la nationalité russe : les Juifs forment 7 p. 100; les Lithuaniens, h p. 100; les Polonais, 3 p. 100 et les Allemands, un peu plus de 1 p. 100. La propriété terrienne est répartie ainsi qu’il suit : 35 p. 100 des terres constituent la propriété inaliénable des paysans émancipés; 57 p. 100, des biens et des domaines de propriété privée; l’Etat ne possède que 7 p. 100 de la totalité du territoire, et les villes et les institutions environ 1 p. 100. La principale occupation des habitants est l’agriculture. Le régime de possession des terres le plus usité est celui de la jouissance en commun; mais, dans certains cantons rapprochés de la limite occidentale, les cultivateurs de la classe rurale sont sous le régime de la propriété héréditaire de familles. Le mode de culture en usage est celui des trois assolements; mais, dans le faire-valoir des grands domaines, le système des assolements multiples est en faveur et s’étend tous les jours davantage. Le pays, étant bien arrosé, comme le sont en général les contrées boisées de l’ouest, la population est disséminée en petits hameaux. Les terres de labour occupent 27 p. 100 de la superficie totale de la contrée; une partie seulement est vraiment fertile; la proportion fies terres de labour par âme masculine de la population rurale est de 3 hectares. Cette proportion, qui est déjà supérieure à celle de plusieurs autres régions, se
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- rapproche de celle de la région centrale agricole; mais, le sol étant de qualité inférieure, la récolte en céréales n’excède pas les besoins de la population. Dans la première moitié du xix° siècle, certaines parties de cette région (le gouvernement de Smolensk et une partie du gouvernement deVitebsk) étaient considérées comme les plus pauvres de l’Empire; mais, après l’émancipation des serfs, les populations de la classe rurale ayant été pourvues d’une quantité de terrain suffisante, le bien-être s’accrut et, grâce à l’abondance'des prairies, l’élevage du bétail progressa notablement. On compte 22 chevaux par 100 habitants; cette proportion est supérieure à la proportion moyenne générale de l’Empire.
- VUI. La région lithuanienne, voisine de la région albo-russienne, embrasse les gouvernements de Vilna, de Kovno et de Groclno et s’étend sur presque tout le bassin du Niémen; bien qu’appartenant à la zone des forêts de la plaine de la Russie d’Europe, elle n’est plus couverte de bois que sur les 22 p. 100 de l’ensemble du territoire; quelques-unes de ces forêts, telle la célèbre et épaisse forêt de Bielovicza, demeurent encore presque à l’état vierge. Au point de vue culturo-historique, la région lithuanienne forma le noyau du grand-duché de Lithuanie, qui eut sa propre histoire jusqu’au moment où, au xvi° siècle, la Lithuanie s’unit à la Pologne. Cette contrée a plus de 122,000 kilomètres carrés d’étendue; elle compte 4,800,000 habitants; soit Ao habitants par kilomètre carré. La population dominante est de race lithuanienne (60 p. 100); puis viennent des Russes appartenant à la famille albo-russe et, en partie, à la famille petite-russiennc (20 p. 100), des Polonais (12 p. 100) et des Juifs (8 p. 100). La propriété terrienne est répartie de telle sorte que 43 p. 100 de l’ensemble du territoire constituent la propriété inaliénable des paysans émancipés; 45 p. 100 forment des domaines et des biens de propriété privée; 10 p. 100 appartiennent à l’Etat et un peu plus de 1 p. 100 â des villes et à des institutions. La propriété héréditaire des familles est d’usage. L’agriculture est la principale occupation des habitants qui ont adopté le système de l’intensivité et des assolements multiples. Comme de coutume dans la zone des terres humides de l’Ouest, la population rurale habite de petits hameaux; très peu de cultivateurs abandonnent leur foyer pour aller chercher du travail au dehors, de sorte que la proportion des hommes et des femmes est à peu près égale. L’ensemble du territoire de la région contient 38 p. 100 de terres de culture; on y compte 3,4 hectares de terres de labour par âme masculine de la population rurale. Grâce à cette forte proportion de terres de labour, à la bonne qualité du sol et à l’intensivité des méthodes de culture, les récoltes en céréales dépassent les besoins de la population.
- IX. Au sud-ouest de la région lithuanienne s’étend la région de la Vislule qui embrasse tout le royaume de Pologne. Pille occupe principalement le bassin de la
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- Vistule et appartient à la zone des forêts de la plaine de la Russie d’Europe; mais la grande densité de la population et l’extension de la culture ont réduit le domaine forestier à la proportion de 2 1 p. 100. Cette région a plus de 128,000 kilomètres carrés de superficie et 9,500,000 habitants, soit 7 A par kilomètre; au point de vue de la densité de la population, elle occupe la première place de l’Empire. La majeure partie de la population est polonaise (70 p. 100); le reste est formé de i3 p. 100 de Juifs, 11 p. 100 de Russes, 3 p. 100 de Lithuaniens et de plus de 2.5 p. 100 d’Allemands. L’agriculture est la principale ressource des habitants. La propriété héréditaire de famille est d’usage. Le faire-valoir agricole emploie la méthode intensive et celle des assolements multiples avec une quantité considérable de champs consacrés à la culture des herbes fourragères. La population agricole habite de petits hameaux et émigre peu pour aller chercher du travail au dehors; de sorte que le nombre des femmes n’est pas supérieur à celui des hommes. Dans le royaume de Pologne, il existe un grand nombre de villes; elles sont habitées par 20 p. 100 de la population totale de la contrée. Les terres de culture occupent les 60 p. 100 du territoire, mais on ne compte dans la région que 2 hectares de terre de labour par âme masculine de la population rurale, ce qui fait que malgré la fertilité du sol et l’intensivité des méthodes de culture, les récoltes suffisent à peine à pourvoir la population rurale; la consommation des villes est assurée par des céréales d’importation.
- X. Dans la partie sud-ouest de la plaine de la Russie d’Europe, s’étendant sur le bassin du cours moyen du Dniéper, sur les bassins de ses affluents de droite et sur le bassin du Dniester, se trouve la région du sud-ouest. Au ixc siècle, elle forme le noyau du grand-duché de Kiew; c’est le berceau de la Russie dniéprienne; c’est de là que le christianisme s’étendit sur toute la Russie. Après le désastre tartare, la Russie dniéprienne fut tellement ruinée qu’elle fut conquise par la Pologne; elle ne rentra dans le giron de la Russie qu’au xvme siècle. La région du sud-ouest (la Petite-Russie transdniéprienne) a pour trait caractéristique une fécondité extraordinaire dont elle est redevable aux riches terres noires qui constituent la plus grande partie de son territoire; elle a une étendue de i65,ooo kilomètres carrés dont 2i p. 100 sont encore couverts de forêts, et une population de 9,600,000 habitants (soit 58 habitants par kilomètre carré) et occupe, de la sorte, au point de vue de la densité de la population, la seconde place parmi les régions de l’Empire. Sa population est presque entièrement russe, plus précisément petite-russienne (80 p. 1 00); les 20 p. 100 restants se répartissent entre Juifs (12 p. 100); Polonais (7 p. 100); et Lithuaniens, Roumains et Allemands qui, pris ensemble, représentent 2 p. 100. La propriété terrienne est répartie ainsi qu’il suit : 43 p. 100 des terres constituent la propriété inaliénable de la classe rurale; les biens et les domaines de propriété privée représentent à7 p. 1 00 du territoire et 5 p. 100 forment la
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- part des terres domaniales, citadines et appartenant aux diverses institutions. Le régime des communes rurales, pour la jouissance du sol, est la propriété héréditaire des familles. L’agriculture est la principale ressource des habitants. Le système de culture le plus en usage chez les paysans est celui des trois assolements; toutefois, les méthodes intensives et les assolements multiples se répanderit tous les jours davantage, particulièrement dans les biens et les domaines privés. La population habite de grands villages, sauf sur les confins nord-ouest de la région, qui pénètrent dans la lande boisée, où le sol est déjà dépourvu de terres noires. Les terres de culture forment 60 p. 100 de l’ensemble du territoire; de sorte qu’on compte dans la région 3,3 hectares par âme de sexe masculin de la population rurale. Les terres noires étant remarquablement fertiles et les méthodes de culture étant bonnes, les récoltes de la contrée produisent bien plus de céréales qu’il n’en faut pour l’alimentation de la population; le surplus de ces céréales est exporté à l’étranger par Odessa ou acheté par les marchés de la Russie blanche. Les herbes fourragères étant en abondance, l’élevage du bétail prospère. On compte 18 chevaux pour ioo habitants; cette proportion, un peu inférieure à la proportion moyenne générale de l’Empire, s’explique par cette circonstance que les Petits-Russiens se servent de bœufs pour le labour et les autres travaux agricoles. La population rurale ne quitte que fort peu ses foyers l’hiver, pour aller chercher du travail au dehors, de sorte que, lors du recensement général du 28 janvier 1897, il a été établi que le nombre cl’bommes était presque égal à celui des femmes. L’industrie manufacturière est assez prospère; elle fournit des produits pour une valeur se chiffrant par 126 millions de roubles et elle occupe 85,ooo ouvriers; elle a cela de particulier qu’elle ne travaille que des produits de la région et qu’elle est intimement liée à l’agriculture.
- XI. La région du sud-ouest est séparée par le Dniéper d’une autre région petite-russienne que Ton appelle région de la Petile-Pvussie et qui embrasse les gouvernements de Poltava, de Tchernigoff et de Kharkoff; elle appartient à la zone de transition entre les forêts et les steppes-zone que Ton peut appeler la zone des forêts sporadiques. Les forêts n’y.occupent que q p. 100 du territoire et sont plus particulièrement nombreuses dans la partie nord-ouest dont le sol n’est pas de terre noire; dans le reste, couvert à moitié de steppes et dont le sol est une épaisse couche de terre noire, on ne rencontre de forêts que par domaines isolés. Au point de vue culturo-historique, au xe siècle, cette région faisait partie de la Russie dniéprienne ; elle formait la principauté de Tchernigoff; en même temps, dans sa partie est-sud-est, les steppes dont elle est formée abritaient les nomades asiatiques connus, dans l’histoire de la Russie, sous le nom de Polovtsy. Lorsque, après le désastre tartare, la Pologne s’empara peu à peu de la Russie dniéprienne, les Cosaques petits-rus-siens, autrement dits Zaporogues, ayant formé une fédération de caractère parti-
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- culier, luttèrent longtemps contre la Pologne pour défendre leur indépendance; et, au xyii0 siècle, ils entrèrent dans le giron de la Russie. Une partie des Zapo-rogues, restés dans les limites de la Pologne, passèrent peu à peu dans la partie sud-ouest de ta région petite-russienne actuelle qui prit le nom d’Oukraïna Slo-botskaia. La région petite-russienne a 156,800 kilomètres carrés d’étendue et 7,600,000 habitants, soit à9 habitants par kilomètre; elle région occupe par conséquent la troisième place dans l’Empire pour la densité delà population. Cette population , entièrement russe de la famille petite-russienne, n’est mêlée d’aucun élément hétérogène, si ce n’est de quelques Juifs. La population rurale de la Petite-Russie (sauf celle des cantons forestiers) habite de très grands villages. La propriété terrienne est répartie de telle façon que 57 p. 100 de l’ensemble du territoire, autant (pie dans la région voisine centrale agricole, forment la propriété inaliénable des paysans émancipés; 38 p. 100 du territoire constituent des biens et des domaines de propriété privée, 3 p. 100 appartiennent à l’Etat et 2 p. 100 à des villes, à l’Eglise et aux institutions. Le régime de la possession dû sol parmi les cultivateurs de là classe rurale est celui de la propriété héréditaire de la famille. Le mode de culture est celui de trois assolements avec tendance à passer au système des assolements multiples. L’agriculture est la principale occupation des habitants. Les terres de culture forment les 60 p. 100 de l’ensemble du territoire, ce qui fait 3,3 hectares par âme masculine de la population rurale. Le sol étant très fertile, les récoltes produisent plus de céréales qu’il n’en faut pour pourvoir aux besoins de la population. L’élevage du bétail prospère; on compte 16 chevaux pour 100 habitants, ce qui constitue une proportion inférieure à la moyenne générale de l’Empire et s’explique par cette circonstance que le Petit-Russien préfère employer des bœufs aux travaux de l’agriculture. En hiver, les travailleurs s’absentent peu de chez eux pour aller chercher du travail au dehors; aussi, lors du recensement général du 28 janvier 1897, a-t-il été constaté que, dans les villages, le nombre des femmes ri’est pas supérieur à celui des hommes. La plupart des industries se rattachent de très près à l’agriculture (sucreries de betteraves, minoteries et distilleries).
- XII. Toute la partie de la plaine de la Russie d’Europe couverte de steppes typiques attenantes au bassin de la mer Noire, constitue la région de la Nouvelle Russie; cette région embrasse les gouvernements et les provinces de Ressarabie, de Cherson, de la Tauride, d’Ekatérinoslaff, du Don et de Stavropol. Au point de vue culturo-historique, au commencement de notre ère, cette région était occupée par des nomades sortis de l’Asie qui, ayant pénétré en Europe, soit par l’intervalle qui sépare l’Oural de la mer Caspienne, soit par les gorges du Caucase, s’y étaient établis parce qu’ils y avaient trouvé de larges espaces nécessaires à leurs troupeaux. Ce ne fut qu’après la chute de la horde d’or et de la horde des Tartares nogaïs, que la colonisation russe, dont les premiers pionniers furent les Cosaaues du Don,
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- commença à s’emparer cle ces steppes. A la fin de la période des troubles, au xviT siècle, tous les éléments anarchistes russes qui alimentaient ces troubles par leur fermentation et, enfin, les Zaporogues vinrent s’établir volontairement dans cette région dite ïOukrdina Slobodskaia. Mais le peuplement définitif de la Nouvelle Russie par les Russes eut lieu vers la fin du xvnf siècle, après la chute du khanat de la Crimée, ce khanat tartare qui dévastait depuis si longtemps la Russie. Ce qui caractérise la Nouvelle Russie, c’est la terre noire qui couvre la plupart de ses steppes. Cette région a £77,000 kilomètres carrés de superficie; elle est peuplée par 11,700,000 habitants; elle compte donc, à l’heure actuelle, 2/1 habitants par kilomètre carré. Au point de vue ethnographique, elle est presque entièrement russe, puisque 87 p. 100 de sa population sont formés de Grands-Russes et Petits-Russiens, sur les i3 p. 100 restants de population hétérogène, 7 p. 100 sont formés de Roumains (en Ressarabie), 2 p. 100 de Juifs; 1 p. 100 de Tartares; 1 p. 100 d’Allemands et 2 p. 100 de Rulgares, de Grecs, d’Arméniens et de Kalmouks. Un trait particulier de cette région, qui s’explique par l’affluence des colons nouveaux, c’est que la population comprend plus d’hommes que de femmes : il y a 93 femmes pour 100 hommes. Le climat de ces steppes étant sec, la population rurale se groupe, de préférence, dans de très grands villages s’étendant sur les rives des cours d’eau et évitant les places dépourvues d’eau cpii séparent le cours des rivières et des fleuves. La plus grande partie du sol est formée de terres noires. Le régime dominant de la propriété rurale est celui de la possession en commun ; le mode de culture en usage était, encore récemment, celui des jachères; aujourd’hui, la population étant devenue plus dense, il y a une tendance à adopter la méthode des trois assolements. Les principales occupations sont l’agriculture et l’élevage du bétail, auxquels, dans beaucoup de districts, se joignent la culture de la vigne et le jardinage. Depuis l’émancipation des serfs, la quantité de terres de labour a presque doublé, et, aujourd’hui, ces terres forment déjà les 57 p. 100 de l’ensemble du territoire, ce qui fait 5,5 hectares par âme de sexe masculin de la population rurale; toutefois, les terres ne sont cultivées en si forte proportion que grâce au concours de travailleurs des champs qui, à la saison d’été, viennent en foule des contrées, où la population est plus dense. Même, lorsque la récolte est moyenne, les céréales de la région delà Nouvelle Russie sont infiniment plus abondantes qu’il n’est nécessaire pour pourvoir aux besoins de la population, et ce surplus prend la direction des ports de la mer d’Azof et de la mer Noire. Les pâturages du steppe étant abondants, l’élevage du bétail y prospère largement; on y élève particulièrement des bœufs qui fournissent la viande célèbre dans le commerce sous le nom de viande tclierkassk et des moutons à laine fine. On compte 20 chevaux pour 100 habitants.
- XIII. A l’orient de la région agricole centrale et de la région de la Nouvelle Russie s’étend la région du Volga qui embrasse les gouvernements de Kazan, de
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- Simbirslv, de Saratov, de Samara, d’Astrakhan et qui occupe le bassin moyen et le bassin inférieur du Volga. Une grande partie est formée de steppes; la partie septentrionale seulement pénètre dans la zone des forêts, de sorte que (j p. 100 de la totalité de la région appartiennent à la zone des forêts. La majeure partie du sol est formée de terres noires; il faut en excepter, néanmoins, la partie la plus méridionale, qui pénètre dans la dépression ouralo-caspienne (gouvernement d’Astrakhan) et aussi la partie septentrionale, qui appartient à la zone des forêts. Au point de vue culturo-historique, jusqu’au xne siècle, cette région n’était pas russe. Avant l’invasion des Tartares, le cours moyen du Volga était occupé par le royaume bulgare; et, à partir du xm° siècle, le cours inférieur du Volga servait de lieu de ralliement aux Tartares de la horde d’or qui infligèrent leur joug à la Russie. Les restes de la puissance de cette borde, le royaume de Kazan, établi sur le cours moyen du Volga, ne fut renversé par les Russes qu’au milieu du xvi° siècle; après quoi les souverains moscovites, en peu d’années, s’emparèrent de toute la région du Volga, et, dès la fin du xvf siècle, commencèrent, avec une grande énergie, à la coloniser. La région du Volga a 58,5oo kilomètres carrés d’étendue; elle est plus étendue que la France. Elle a 10 millions d’habitants, soit 17 habitants par kilomètre carré. L’énorme majorité de cette population, à savoir les 75 p. 100, appartiennent à la race russe. Les 25 p. 100 de la population qui n’est pas russe se répartissent ainsi : il y a 8 p. 100 de Tchouvaches et de Tchérémiss; 6.5 p. 100 de Mordva; 4.5 p. 100 d’Allemands (colons); 2.5 p. 100 de Kirghiz; et, enfin, des Bachkirs et des Kalmouks constituant ensemble moins de 1 p. 100 de la population totale de la région. La propriété terrienne est répartie de telle façon que 5i p. 100 du territoire constituent la propriété inaliénable des paysans et des classes rurales ; 2 5 p. 100 du territoire appartiennent à des particuliers; 13 p. 100 à l’Etat et 9.5 aux Apanages, à des villes, à l’Eglise. Le régime de possession du sol en usage dans la classe rurale est celui de la jouissance des terres en commun; le mode de culture est celui des jachères; la population devenant plus dense, ce mode tend à faire place à la méthode des trois assolements. L’agriculture est la principale occupation des habitants, ko p. 100 de l’ensemble du territoire est en terres de labour, ce qui fait 6 hectares par âme masculine de la population rurale; c’est presque la même proportion que dans la Nouvelle Russie. Gomme dans cette dernière région, les cultivateurs ne parviennent à récolter le blé que grâce au concours d’une grande quantité d’ouvriers qui, Tété venu, arrivent du dehors, principalement de la région centrale agricole. Il va de soi qu’il y une grande surabondance de céréales — qui remontent le Volga et prennent les voies ferrées pour aller approvisionner d’autres régions. L’élevage du bétail est extrêmement répandu. On compte plus de 26 chevaux pour 100 habitants, ce qui est une proportion supérieure de la moyenne générale de l’Empire. Le climat des steppes étant sec, la population s’agglomère dans de très grands villages sur les bords des cours
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- d’eau et fuit les terres placées entre les rivières. Les deux sexes sont en nombre égal. Les pêcheries et la pêche dans les eaux de la mer Caspienne et du Volga ont une énorme importance ; il en est de même des salines du gouvernement d’Astrakhan (lacs d’Elton et du Baskountchak).
- XIV. La plus orientale des régions de la Russie d’Europe, la région de l’Oural, embrasse les gouvernements de Perm, de Viatka, d’Orenbourg et s’étend principalement sur le bassin de la Kama et, en partie, sur le bassin supérieur de l’Oural; si l’on inclut dans cette région ceux des districts de ces gouvernements (pii sont situés au delà de l’Oural, elle s’étendra, dès lors, presque sur le bassin de l’Obi. Tout ce territoire appartient en majeure partie à la zone des forêts de la Russie et les 5k p. îoo sont encore couverts de forêts. Le sol n’est pas formé de terres noires sauf dans quelques districts des gouvernements de Viatka, d’Oufa et d’Orenbourg et quelques districts du gouvernement de Perm situés au delà de l’Oural. Au point de vue culturo-bistorique, la partie nord-ouest de cette région (le pays de Khlinovsk) fut, dès les temps très reculés, un territoire de colonisation pour les Novgorodiens; quant à la partie sud, elle appartenait auxBachkirs et à d’autres peuples soumis aux Tartares qui, après la chute de Kazan, acceptèrent délibérément l’allégeance de la Russie. La principale artère fluviale de la contrée, la Kama, fut la route par laquelle, sous la direction des audacieux Strogonoff, au xvi° siècle, les Russes pénétrèrent en Sibérie. Cette région a 800,000 kilomètres carrés d’étendue et 10 millions d’habitants; elle a ainsi 12 habitants par kilomètre carré. La population est russe, de race grande-russienne; les Russes forment, en effet, les 80 p. 100 de la totalité de la population de la région; les 20 p. 100 d’hétérogènes se répartissent en : Bachkirs, Teptiars et Meschtchers, 10 p. 100; Votiaks, moins de 3 p. 100; Tartars, 2.5 p. 100; Tchérémiss et Tchouvaches, 2.2 5 p. 100; le reste est formé de Permiaks, de Vogules et d’autres. Cette population habite de très petits hameaux et les villes ne contiennent que 5 p. 100 de la totalité de la population de la contrée. La propriété terrienne est répartie de telle façon que h2 p. 100 du territoire constituent la propriété inaliénable de la population rurale; 19 p. 100 appartiennent à des particuliers; 37 p. 100 à l’Etat et 2 p. 100 à des villes, à l’Eglise et aux institutions diverses. Le régime des communes rurales est celui de la possession en commun; le mode de culture est le système des jachères et la méthode ladamienne; là, où les terres de culture sont moins abondantes, ces deux systèmes tendent à faire place à celui des trois assolements. Dans certaines parties de cette région, c’est l’agriculture qui constitue la principale ressource des habitants; dans d’autres, c’est l’industrie des mines qui est particulièrement prospère sur les revers sibériens des monts Ourals. Les terres de labour occupent 22 p. 100 du territoire, ce qui fait A, 1 hectares par àme du sexe masculin de la population rurale. Ceci est suffisant pour qne dans les districts
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- agricoles de la région les récoltes laissent, une quantité de grains disponible assez importante qui est vendue, de préférence, sur les marchés de la partie montagneuse et industrielle de la région. L’élevage du bétail se fait sur une vaste échelle. Par la proportion des chevaux (35 pour 100 habitants), cette région occupe la première place parmi toutes les régions de la Russie d’Europe.
- Il reste à résumer, aussi succinctement que possible, les caractéristiques principales des régions de culture de la Russie extra-européenne.
- XV. La Sibérie occidentale est en grande partie formée par une des plus vastes plaines de l’ancien monde, couverte d’un sol alluvial, admirablement arrosée par l’Obi et l’Irtych et riche en lacs. La portion cultivable est divisée en deux zones : la zone agricole au sud, puis celle de la taïga (hautes futaies). La première a un peu moins de 5 habitants par kilomètre carré; celle des forêts, un peu plus de i,6. Les indigènes ne constituent que k p. îoo de la population; le reste est formé de Russes. Au nord des deux zones cultivables, il y a celle des toundras polaires. L’agriculture occupe y5 p. îoo des habitants. Plus de trois millions d’hectares sont ensemencés de céréales; le rendement annuel moyen est de h o millions d’hectolitres. Le froment occupe k2 p. îoo des emblavures; l’avoine, 35 p. ioo;le seigle, i5 p. îoo; l’orge, 5 p. î oo. Le lin donne 8 millions de kilogrammes de graines et 9 millions de kilogrammes de fibre. Il y a, par cent habitants, plus de 70 chevaux (c’est-à-dire que chaque homme adulte en a trois à sa disposition) et plus de 80 bêtes à cornes. Au nord, les rennes sont nombreux. On s’occupe beaucoup d’apiculture. Les Inrêts couvrent 80 p. 100 de la zone de la taïga et 5o p. 100 de la zone agricole; aussi les industries du bois sont-elles actives. Les pêcheries et la chasse ont une très grande importance.
- XVI. La Sibérie centrale s’étend sur plus de trois millions de kilomètres carrés, c’est-à-dire que sa superficie est supérieure aux superficies réunies de la France, de l’Allemagne et de l’Autriche-Hon-grie. Abondamment arrosée, elle occupe la plus grande partie du du bassin double Iénisséï-Angara. LelacRaïkal la sépare de la région
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- cle l’Amour et du littoral. Ce lac dépasse en superficie la Hollande et le Luxembourg réunis; sa largeur est supérieure à la longueur du lac de Genève, et la distance Moscou-Pétersbourg est inférieure à sa plus grande dimension. Seule la zone méridionale est réellement propre à l’agriculture sédentaire. La seconde zone est celle de la taïga. La troisième, celle des toundras polaires, est beaucoup plus grande dans la Sibérie centrale quelle ne l’est dans la Sibérie occidentale. La population esta peine supérieure à un million d’habitants, dont 16 p. ioo d’aborigènes, pour la plupart des Bouriates. Ceux-ci au nombre de i4o,ooo environ sont de race mongole; ils ont tendance a se russifier. Leur accroissement le cède de peu à l’accroissement de la population russe. La plus grande partie des habitants de la Sibérie centrale (85o,ooo âmes) peuplent la zone agricole où la densité est de 66 habitants par î oo kilomètres carrés. Dans la zone de la taïga, cette densité tombe à î A et dans la zone des toundras à un. L’agriculture est la principale occupation des habitants de la zone agricole. 800,000 hectares sont ensemencés. Les principales céréales sont le froment de printemps, l’avoine et le sarrasin. 10 millions d’hectolitres de blé sont récoltés; 58 p. 100 seulement sont consommés par la population rurale. La culture potagère jouit d’une certaine faveur. L’élevage est très important. La Sibérie centrale possède, en effet, 760,000 chevaux (soit 3 par homme en âge de travailler), 800,000 bêtes à cornes (3 vaches par famille) et 1,200,000 petits animaux domestiques. L’apiculture est en grand progrès. On tire partie de l’abondance des forêts. Lâchasse est le principal moyen d’existence des aborigènes nomades et constitue en outre un sérieux appoint pour l’existence de la population russe. La pêche est également très prospère.
- XVII. La région dIakoutsk est, comme les autres régions de la Sibérie, abondamment arrosée; elle s’étend sur la plus grande partie de la vallée de la Léna. Sa superficie est de près de quatre millions de kilomètres carrés. Elle se divise en zone de la taïga et en zone polaire. Le climat est moins favorable que dans la Sibérie centrale. La population n’est que de 260,000 habitants, dont 20,000 Russes
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- (y compris 6,000 déportés). Les indigènes sont en majorité des Iakoutes (220,000), nomades refoulés par les Mongols, et dont les principales ressources sont l’élevage, puis la chasse et la pêche et, pour une très faible part, l’agriculture. Dans la zone de la taïga, la densité est de 12 habitants par kilomètre carré; elle tombe à 7 par mille kilomètres carrés, dans la zone des toundras, où l’on ne compte que 12,000 âmes. Il n’y a pas en tout plus de 20,000 hectares de terres cultivées, dont les trois quarts sont ensemencés d’orge et appartiennent surtout aux Iakoutes. Le foin et les herbes, partout où les bois et les forêts ne couvrent pas entièrement le sol, sont en abondance; aussi l’élevage du bétail est-il prospère. La région possède 11,000 chevaux; soit, dans la zone des forêts, ko chevaux par 100 habitants. Les bêtes à cornes constituent la principale richesse; on en compte 265,000, soit 100 animaux par 100 habitants; proportion supérieure à celle de la Sibérie proprement dite. Les Iakoutes se livrent en outre à l’élevage du renne et à celui du chien. On estime qu’il y a dans les toundras 20,000 rennes, soit environ 60 par 100 habitants et ù,ooo chiens d’attelage. Il n’existe aucun menu bétail, ni moutons ni porcs. Les habitants de certains districts se livrent a l’exploitation des forêts. 10,000 habitants de la zone des forêts vivent de la pêche qui, dans la zone polaire, constitue la principale source d’aliments des hommes et des chiens; malheureusement le rendement de la pêche est exposé à d’importantes variations.
- La chasse est d’une grande ressource; de 12,000 à i5,ooo personnes s’y livrent. On tue l’écureuil (de 200,000 à 600,000 tous les ans; en 1898, il en a été apporté 900,000 à la foire d’Iakoutsk), le lièvre (de 5o,ooo 470,000), l’hermine (de 10,000 à ùo,ooo; en 1898, il en a été apporté ù5,ooo a la foire d’Iakoutsk), le renard bleu (de 5,ooo à 1 5,ooo; en 1898, il en a été apporté 3,800 à la foire d’Iakoutsk), le renne, l’élan, le chevreuil, le renard (de 2,800àù,o00), le hamster (plus de 1,000), le putois (jusqu’à 1,000), l’ours (de 2,50o à à,000) et le castor, aujourd’hui très rare. Les célèbres zibelines d’Iakoutsk sont presque entièrement détruites; mais on en apporte encore à la foire de cette ville, du district de Kirensk, gouvernement d’Irkoutsk, ou du pays d’Oudskoï, province du Littoral; en 1898, le
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- nombre de ces animaux a dépassé 5,ooo, d’une valeur totale de 220,000 roubles. Quant à la valeur de l’ensemble des peaux apportées en 1898 à la foire d’Iakoutsk, elle dépassait 534,000 roubles. Les incendies des forêts et les abus des chasseurs sont les principales causes de la diminution des animaux de chasse. C’est ainsi qu’on prend au terrier les petits encore aveugles des renards bleus.
- L’ivoire fossile de mammouth est cherché avec profit dans la zone polaire. Cette recherche se pratique l’été sur les bords des rivières alors qu’après les inondations les squelettes sont mis à découvert par les éboulements. C’est en biver que l’on transporte l’ivoire, lorsque les endroits où on l’a trouvé sont accessibles aux traîneaux spéciaux qui servent à cet usage. En 1898, il a été apporté à la foire d’Iakoutsk 82,000 kilogrammes d’ivoire fossile ayant une valeur totale de 82,000 roubles.
- XVIII. La région de ['Amour et du Littoral couvre une superficie de près de trois millions de kilomètres carrés. Géographiquement, elle comprend quatre contrées : la Transbaïkalie, le bassin de l’Amour, le pays de l’Oussouri et du Littoral (Primæskaïa) et le Kamtchatka-Okhotsk.
- i° La Transbaïkalie a une surface de 600,000 kilomètres carrés. La moyenne satisfaisante d’eau tombée a permis àM. P. de Sémenov d’écrire que cette contrée est cr ie principal grenier de la région de l’Amour r>. La population est de 664,ooo âmes, soit une densité de 11 habitants par kilomètre carré. 70 p. 100 de la population sont russes.
- Il y a 170,000 Bouriates; les Toungouses, au nombre de 26,000, ont tendance à devenir sédentaires. Formé en parti de terres noires, le sol est fertile; les pâturages sont abondants et de bonne qualité. 3o0,000 hectares sont ensemencés. Le rendement moyen de l’hectare est évalué, pour le froment et le seigle, à 1,000 kilogrammes; certaines années il dépasse 2,5oo kilogrammes; les grains sont de très bonne qualité. Le nombre des chevaux est égal à celui des habitants; le nombre des bêtes à cornes, douille; celui du menu bétail, plus grand encore. Les Bouriates ont environ 10,000 chameaux et les Toungouses 2,4o0 rennes. La Transbaïkalie est au total la contrée de l’empire
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- russe où le nombre du bétail proportionnellement à celui des habitants est le plus élevé. Les forêts, qui couvrent le quart de la région (5,555,ooo hectares) sont loin d’être encore en pleine exploitation. L’industrie de la chasse, qui est presque la seule ressource des Toun-gouses et des Orotchones nomades, forme, en outre, pour les Russes un appoint important. Ses produits, notamment les peaux d’écureuils et les bois de daims, trouvent des débouchés avantageux. Le Baïkal et les autres grands lacs de la région, leurs tributaires, les cours d’eau du bassin de l’Amour offrent d’importantes ressources poissonneuses. Dans les districts de Bargouinsk et de Selenguinsk seuls, il est pêché tous les ans, 7 millions de saumons qui représentent une valeur de plus de 5oo,ooo roubles. Les phoques du Baïkal sont également l’objet de la pêche;
- 20 Le pays de l’Amour diffère de la Transbaïkalie; il est formé par la partie russe du bassin de l’Amour. Les cours d’eau ne manquent pas. Appartenant à la région des moussons, la contrée est très humide. La flore locale comprend une variété particulière de vigne, le climat est donc relativement doux. Cependant sur les 600,000 kilomètres carrés que comprend la contrée, 120,000 à peine sont actuellement propres à l’agriculture. Les Russes forment 88 p. 100 de la population qui monte, au total, à environ 120,000 âmes. 66,000 hectares sont ensemencés, un tiers avec du froment. Le nombre des chevaux est de 50,000 ; celui des bêtes â cornes de â5,ooo. B n’v a que 6,000 têtes de petit bétail. Les conditions physiques sont particulièrement favorables à l’élevage de la race porcine dont on compte i5,ooo sujets. L’Etat possède encore en forêts plus de la moitié de la superficie totale de la région. L'industrie forestière est relativement prospère (3oo,ooo roubles par an). Unique ressource desaborigènes nomades, la chasse est un accessoire important pour les Cosaques qui poursuivent notamment le chevreuil et le cerf, dont la chair est succulente et dont les bois sont vendus en Chine. On mange aussi l’élan, la kabarga (Moschus moschiferus) et le lièvre. Certaines années, on voit passer en très grand nombre les chevreuils venant du Nord et se dirigeant vers la Mandchourie. Outre sa chair, la kabarga donne une laine chaude et des crottes qui sont également vendues en Chine. L’ours, le tigre, le
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- loup, le renard, le putois et l'écureuil sont chassés pour leurs peaux. Les animaux aux fourrures les plus précieuses, tels que la zibeline et le renard bleu, sont également chassés. On estime à î 5o,ooo roubles la valeur des fourrures des animaux tués annuellement; les deux tiers de cette somme reviennent aux chasseurs indigènes. Les Russes se livrent à la chasse aux oiseaux. Tout le bassin de l’Amour étant très poissonneux, la pêche est une des principales ressources. Les poissons les plus recherchés sont l’esturgeon ordinaire et le grand esturgeon; leur chair se vend bien; on fait sécher les dos (viaziga); parmi les autres produits tirés de l’esturgeon, il faut citer la colle et surtoutle caviar préparé avec les œufs. Très abondant, le zoubatka fournit un aliment de bas prix à la population nécessiteuse. On estime qu’au total la pêche donne environ ia5,ooo roubles;
- 3° L’Oussouri et le Littoral (y compris l’ile de Sakhaline) ont une superficie de 63o,ooo kilomètres carrés. La population est de 218,000 âmes dont 86 p. îoo de russes. 5o,ooo hectares de terre sont ensemencés et produisent 3o millions de kilogrammes de céréales. Il y a 55,ooo bêtes écornes et 35,ooo chevaux. L’élevage des porcs (32,ooo) et l’apiculture ( î 2,000 ruches) sont en honneur. Le pays est couvert de forêts; il produit les trois quarts de ce que rapportent au Trésor l’ensemble des forêts de la région de l’Amour et du Littoral. La chasse la plus fructueuse est celle du chevreuil; cet animal vient du Nord, â l’entrée de l’hiver, en quantité innombrable. Le cerf tacheté, dont les bois (peintes) atteignent jusqu’à âoo roubles la paire, est particulier à la région. Il a été pris des mesures qui assurent la préservation du gibier. Le poisson étant très abondant dans le coin s inférieur de l’Amour et de l’Oussouri, et dans la mer du Japon, la pêche a une extrême importance. Le chou de mer est exporté en Chine (de 6 millions et demi â 8 millions un quart de kilogrammes par an).
- 4° L’Okhotsko-Kamtchatka (12 millions de kilomètres carrés) a un climat rigoureux et une faible population : 30,000 âmes, soit moins d’un habitant par 1,000 kilomètres carrés. 80 p. 100 de cette population est formée d’aborigènes nomades vivant surtout de chasse, de pêche, d’industries marines et de l’élevage du renne. Il n'y a pas plus de 7,000 Russes. Il n’existe peut-être pas dans la contrée 600 hec-
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- tares de terres labourées; les champs sont ensemencés principalement d’orge, de pommes de terre, de chanvre et de raves; on rencontre aussi quelques potagers. L’élevage, sauf celui du renne, est peu développé. Le nombre de rennes est de 200,000, et celui des chiens d’attelage, de 30,000.
- La pêche, qui ne donne pas moins de 6,000,000 de poissons de toutes espèces, constitue la principale occupation des habitants et leur meilleure ressource.
- La plus importante des pêches, celle de la baleine, procure dans les mers d’Okhotsk et de Behring, bien qu’encore à ses débuts, de grands bénéfices, particulièrement aux américains (de 1 à 1 million et demi de roubles par an). Pendant vingt ans, de 1871 à 1891, la pêche des loutres marines (seaisin) fut donnée a bail à la Compagnie mi-américaine de l’Alaska; en 1891, cette amodiation a passé à la Compagnie russe d’industrie du seaisin qui prend, en moyenne, de 14,ooo à 30,000 loutres marines par an. Dans les vingt premières années de notre siècle, on en prenait 5A,o00 par an; de 1820 à 18/10, 28,000 et de 18/10 à 1870, 17,000. De 1871 à 1890, la compagnie alaskienne a pris annuellement 38,000 loutres marines; les dernières années elle pêchait sans prendre souci de la conservation de l’espèce. Outre les loutres marines, la compagnie russe chasse sur le littoral du Kamtchatka les animaux à fourrure. Malheureusement, dans la mer de Behring, la quantité de castors marins diminue rapidement, parce que le haut prix du castor du Kamtchatka (de 300 à /100 roubles) en encourage trop la destruction. D’autre part, des pêcheurs sans scrupule, que signale M. P. de Sémenov et qui, selon lui, ne seraient point russes, ont poursuivi sans merci le morse, dont la pêche est aujourd’hui en décadence.
- XIX. La région des slcppes Kirphiz sépare la Sibérie du Turkes-tan. Sur les i,85o,ooo kilomètres carrés qui couvrent cette région, 60,000 s’étendent sur le versant européen de l’Oural. Le climat est plus chaud que celui de la zone agricole de la Sibérie occidentale. La population s’élève à 2,600,000 habitants (2/1 p. 100 de Russes et 76 p. 100 de Kirghiz nomades). Les oasis pourvues d’eau et
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- propres à ja vie sédentaire sont assez nombreuses. L’agriculture est la principale occupation des paysans russes qui récoltent annuellement plus de 200,000 kilogrammes de céréales; les Kirghiz n'en récoltent que 65,ooo. Le blé forme 70 p. 100 du total des céréales récoltées; l’avoine, 20 p. 100. Dans les contrées où la chose est possible, les champs sont artificiellement irrigués. Les Cosaques se livrent à la culture potagère. Dans les districts d’Omsk et de Pétropavlovsk, par exemple, plus de 60 p. 100 d’entre eux ont pour occupation principale la culture des potagers et des champs de pastèques, de melons et de concombres (bakhtchy). Les jardins sont chaque jour plus nombreux chez les Cosaques de l’Oural. Ces jardins sont convenablement irrigués ; leur prix atteint 1,000 roubles a l’hectare. La culture du tabac dans les districts septentrionaux des provinces de Sémipaiatinsk et d’Akmolinsk, est assez répandue. Le tabac commun, de la qualité dite marhhorha, est connu sous le nom de ce tabac de ligne ; il en est récolté annuellement jusqu’à 3 G 0,0 00 kilogrammes. Dans la zone septentrionale, il est récolté annuellement 160,000 kilogrammes de fibres de lin et 260,000 kilogrammes de chanvre. Le tournesol donne en moyenne un million de kilogrammes de graines par an.
- La vie des Kirgbiz nomades est basée sur l’élevage(1). Les pasteurs hivernent dans les contrées les plus basses et les plus chaudes de la steppe, où le bétail, en grattant la légère couche de neige qui couvre le sol, trouve une herbe maigre, mais sulïisante pour le nourrir. Quand le froid vif durcit cette neige, les animaux périssent en grand nombre et la misère devient effroyable (ce fut le cas en 1881 notamment).
- Avant les pluies du printemps, les Kirghiz s’éloignent peu de leur hivernage et demeurent sur les hauteurs qui sont de meilleure heure débarrassées des neiges et qu’ils trouvent déjà couvertes d’une luxuriante végétation.
- (l) Les principaux produits d’alimenLalion des Kirgbiz nomades sont l’aïrane et le kou-mys préparés avec du lait aigre, des fromages dits Kourt et de la graisse de queue de mouton; les vêtements qu’ils portent sont fabriqués
- avec des tissus do laine crue; les demeures qu’ils habitent, couvertes avec des tapis de feutre; leurs ustensiles de ménage enfin sont faits de peau et la fiente du bétail leur sert de combustible.
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- Quand les ruisseaux et les ravins remplis d’eau ne leur opposent plus d’obstacles infranchissables, les Kirghiz s’en vont sur les terrains dont, l’automne précédent, ils ont brûlé les herbes sèches (ourtouks) et où l’herbe nouvelle pousse plus vite et plus drue. Seuls, les Kirghiz du Midi, obligés de traverser le désert où ils redoutent les chaleurs, se déplacent avant la venue complète du printemps. Du reste, ils reviennent plus tôt à leurs hivernages, la riche végétation de leurs pâturages d’été (djailiaou), ne tardant pas à être consumée par le soleil. Les pâturages sont parfois très éloignés des lieux d’hivernage.
- Durant cette heureuse vie d’été, les Kirghiz se réunissent sur le bord des rivières et des lacs ; en rapports constants les uns avec les autres, ils se déplacent fréquemment et chacun de ces déplacements est l’occasion d’une fête. Le droit de jouir de certains lieux d’hivernage et de certains pâturages estivaux est rigoureusement fixé par le droit coutumier kirghiz; et, les mêmes groupes occupent toujours les mêmes lieux. Le caractère nomade de la vie fait que la région a atteint avec ses 2 millions de Kirghiz, sa capacité de peuplement.
- De petite taille, le cheval kirghiz(1) est léger, rapide, endurant. Avec quelques légers repas seulement et sans prendre de nourriture, il peut faire, portant son cavalier, i3o kilomètres en 1 9 heures.
- Il est intéressant de donner a son sujet l’avis de quelques hommes de cheval: crC’est par un rude apprentissage, écrit le comte Roger de Viilebois-Mareuil, que ce cheval est rendu propre aux services qu’on lui demande. Il est élevé a peu près comme font les Arabes pour leurs chevaux de courses : c’est de bonne heure qu’il est habitué à toute espèce de fatigue et de privations; de plus, on le prépare avant de partir pour une expédition, on le fait jeûner, on le prive de boisson, et, par ce procédé, on le rend capable de résister aux courses les plus rapides et les plus prolongées. r>
- Le comte de Gholet, écrit, d’autre part : «Le nomade soigne son
- (1) Le cheval kirghiz ne se trouve pas j’ai résumé ici, d’après M. de Sémenov, seulement dans les steppes kirghiz; il en les détails les plus caractéristiques le concer-existe également dans les régions voisines; nant.
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- EXPOSITION DE 1900.
- A (J R TC r l/fl RE.
- cheval d’une façon Tout à fait particulière et absolument différente cle la nôtre; été comme hiver, il le couvre d’un feutre épais attaché autour du corps par une sangle qui passe sous la selle; il n’enlève que rarement cette dernière et quelquefois la laisse sans y toucher pendant deux ou trois mois. Veut-il se servir de son cheval, il relève légèrement les deux coins postérieurs de la couverture et les introduit sous la selle, où ils sont maintenus par le poids du corps, puis il roule la partie antérieure qui couvrait le cou et en fait une sorte de bourrelet sur le garrot. Le soir, quand il arrive à l’étape, il étend de nouveau la couverture et place au-dessus d’elle un feutre plus épais encore, qui tombe sur la croupe en cachant la queue et entoure le cou jusqu’aux oreilles. Le cheval est ainsi complètement habillé, et il faut remarquer que, couvert de la sorte, il n’est jamais mis à l’abri; par la neige comme par la pluie, il couche toujours dehors et n’en parait nullement affecté. Le pansage est complètement inconnu et se résume, les jours de grande chaleur, à racler avec un couteau le dos et les membres couverts de sueur. La nourriture est aussi fort différente de celle que nous donnons à nos chevaux et consiste en quelques boulettes d’orge mélangée à de la graisse de mouton, et en foin très vert et fort dur. Le nomade en donne assez peu a sa monture, généralement l’équivalent de 3 ou k litres d’orge et une botte de foin; aussi le soir, sitôt les chevaux en liberté (on ne les attache presque jamais et ils ne s'écartent pas des feux), les voit-on errer dans tout le steppe à la recherche de quelques touffes d’herbe, de quelques brindilles de bois avec lesquelles ils complètent la quantité de nourriture qui leur est nécesssaire. . . Vivant toujours au milieu de l aoul, ils sont d’une douceur et d’une tranquillité parfaites. Des gamins de 6 et 7 ans promènent les étalons et, sur le très grand nombre que j’ai pu examiner de près, je n’en ai jamais rencontré un seul vicieux ni même qui fut difficile. D’une sûreté de pied incroyable, habitués à chercher et à trouver eux-mêmes leur chemin, soit dans les sentiers escarpés de la montagne, soit au milieu des trous de rats qui remplissent le steppe, il faut les monter la bride sur le cou et les soutenir uniquement avec les jambes. 7? J’ajouterai que dans bien des cas leur cavalier est brutal.
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- Petites, les bêtes à cornes sont bien constituées et aptes à rendre de grands services comme bêtes de somme; leur viande est bonne; leur lait, assez abondant.Leur prix peu élevé en fait un objet d’exportation chaque jour plus recherché. Dans le sud, le chameau à deux bosses est commun. Extraordinairement forts, les moutons kirghiz sont la principale richesse du pays. Leur queue donne de 8 à 12 kilogrammes d’une excellente graisse qui remplace le beurre dans la préparation des aliments. Leur laine est abondante, mais de qualité inférieure.
- L’apiculture est prospère, notamment dans le district de Oust-Kaménogorsk, ou l’on compte i4,ooo ruches.
- Les pêcheries de l’Oural sont universellement réputées tant pour la qualité que pour l’abondance de leurs produits. Elles appartiennent ainsi que les pêcheries du littoral voisin de la Caspienne à la puissante Commune des troupes cosaques de l’Oural et sont un remarquable exemple des bons résultats obtenus par cette organisation.
- Les rendements en poids moyen sont de 1,180,000 kilogrammes de caviar; de i5,ooo kilogrammes de balyk; de plus de 10 millions de kilogrammes de gros poissons et de 20 millions de kilogrammes de poissons ordinaires. La valeur marchande totale de ces produits est supérieure a 3,500,000 roubles.
- Les autres régions de pêche importantes des steppes kirghiz sont le lac Zaïsane, très riche en poissons, et l’Irtych. Au Zaïsane, la pêche est faite parla Commune des Cosaques de Sibérie; sur l’Irtych, par des Cosaques isolés, des habitants des villes et même des Kirghiz. Les pêcheries du Zaïsane donnent 800,000 kilogrammes de poissons, valant 75,000 roubles; celles de l’Irtych, 2,200,000 kilogrammes, valant iAo,ooo roubles.
- Les chasses les plus communes sont celles du loup, du renard, du lièvre, du blaireau, de la marmotte, de la martre de Sibérie, du putois, de la fouine, de l’oie, du cygne, du canard, du grèbe, du tétras, de l’outarde. Les Kirghiz et les Cosaques sont également chasseurs; ils vendent les peaux des animaux qu’ils ont tués dans les foires (à celle de Constantinovsk, province d’Akmolinsk, il en est vendu pour 60,000 roubles).
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- XX et XXI. Je mentionne seulement les deux dernières régions, le Caucase et le Turhestan auxquels des études sont consacrées (p. 210 et 117).
- Exportation et importation des produits provenant de l’agriculture,
- DE l’ÉLEVAGE, DES FORETS, DE LA PECHE ET DE LA CHASSE.----Il nOUS a paru
- intéressant de résumer l’exportation et l’importation, au commencement et à la fin du xixc siècle, des produits provenant de l’agriculture, de l’élevage, des forêts, de la pêche et de la chasse(l).
- EXPORTATION (EN MILLIERS DE ROUBLES).
- 1802. 1808.
- Céréales en grains et en farine .... 13,35/| 870,9! 2
- Lin . . . . 6,928 56,000
- Semences . . . . 3,02 3 27,520
- Bois . . . . 1,730 57,A8o
- Pelleteries . . . . 8,082 5,107
- Soies de porc et crin 846 8,060
- Bétail .... 1,78/1 17, A 2 A
- OEufs 31,1A A
- Sucre 15,7A2
- Tourteaux 1 A,2A3
- Laine . . . . 3o 6,786
- Beurre . . . . 828 6,616
- Peaux brutes . . . . 112 5,311
- Gutta-percha en articles 2,877
- Caviar 2,5 1 9
- Esprit de vin et eaux-de-vie....... .... h h 2 2,0 A3
- Plumes d’oiseaux et duvet .... 101 1,98/1
- Os et autres produits d’engrais 1,806
- Viande fraîche, salée et autre .... 187 1 ,/i 16
- Tabac .... 26/1 1,16 5
- Thé 1 ,o5A
- Houblon . . . . 92 0 00
- Goudron /u 8 7/11
- Graisse animale . . . . 11,696 Z196
- Etoupes de lin et de chanvre . . , . 11,215 10,600
- Articles en lin . . . . 4,367 1,198
- Cuirs ouvrés tO CO oc i,2gA
- Huile de chanvre . . . . 1,872 9
- Cire A3 A A
- Huile de poisson .. . . 257 3
- (1) Le solde en faveur des exportations (pour de 800 millions de francs et, en 190.8, de les produits de toutes sortes) a été, en 1902, 965 millions de francs.
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- RUSSIE.
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- IMPORTATION (EN MILLIERS RE ROURLES).
- 1802. 1898.
- Supro....................................... 6,683 276
- Sel..................'..................... 2,006 167
- Laine filée..................................... n 20,6/17
- Laine brute................................. . Ai 15,858
- Plantes et semences............................. n 9,778
- Cuirs non ouvrés................................ n 8,338
- Coton filé...................................... a A,A26
- Riz........................................... 2A7 6,890
- Animaux......................................... n 3,6oo
- Pâles de bois................................... n 3,128
- Graisse animale................................. n 3,iAi
- Tanins..................................... n 2,67 5
- Articles de menuiserie.......................... « 2,A56
- Tabac......................................... 228 2,671
- Epices........................................ 335 2,160
- Fromage....................................... 1A0 8 A 7
- Coton brut................................. 1,386 71,260
- Thé........................................ 2,262 A A, 5 71
- Poissons de toutes espèces.................... 876 16,827
- Fruits, baies et noix..................... 1,67/1. 12,660
- Vins de raisin et eaux-de-vie............... 3,53p 12,298
- Soies....................................... 3,i3i 10,662
- Pelleteries................................... 535 7,698
- Café........................................ 1,268 6,263
- Huile d’olive.............................. 9A8 5,3oi
- Développement de l’agriculture et situation du paysan.— La marche de l’agriculture en Russie comprend deux étapes.
- Au début, la population étant clairsemée, les terres vierges abondantes, on laboura les meilleures parcelles; on les ensemença avec les céréales les plus précieuses et l’on continua à emblaver le même champ tant que la récolte resta bonne. On abandonna ensuite le terrain épuisé et l’on passa à la culture de nouvelles parcelles vierges. Ce système primitif existe encore aujourd’hui dans beaucoup de contrées de la Sibérie et dans certaines régions de l’Est, du Sud-Est et de l’extrême Nord de la Russie d’Europe.
- Dans la deuxième étape, les champs sont cultivés et ensemencés pendant un certain nombre d’années de suite : deux, trois, jusqu’à neuf années consécutives, mais avec alternance dans les espèces cultivées. Repos du sol (jachères et friches), pendant un nombre d’années
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- EXPOSITION DE 1 900.
- A ERIC l ET ERE.
- limité : cinq, huit, jusqu’à trente ans. (l’est le régime des steppes de la zone des terres noires (Sud et Sud-Est) et de la partie Nord des contrées situées au delà de cette zone. Dans la première région, les friches se couvrent d'herbes et donnent des steppes ; dans la deuxième, elles se couvrent de taillis et deviennent des Lois. Dans la première région, on attaque les steppes par la charrue; dans la deuxième, on abat le Dois, on brûle les souches, etc. On nomme ces terrains palamr ou ladame, d’où le nom de faire-valoir ladamim, par opposition au faire-valoir des steppes.
- L’assolement triennal est le plus répandu, surtout chez les paysans : jachère, blé d’hiver, blé de printemps ou cultures fourragères alternant avec les céréales. Dans la partie nord de la zone des terres noires, 70 à 80 p. 100 du sol sont soumis à cet assolement triennal.
- Le sol finit par refuser des récoltes, en l’absence de tout engrais. Les paysans se décident alors à porter dans leurs champs les fumiers de leurs étables, mais à longs intervalles seulement.
- 11 se fait enfin un pas de plus vers le progrès par la culture des racines et tubercules (pommes de terre, betteraves). L’assolement quadriennal pénètre en Russie. La culture des betteraves s’introduit dans le Sud-Ouest sur une assez grande échelle, principalement dans les grands domaines. Aujourd’hui, le progrès s’accentuant, la culture des plantes fourragères se fait dans les jachères. La caractéristique de la zone des terres noires est le non-emploi d’engrais, ce qui s’explique par la fertilité naturelle de ce sol exceptionnel. Enfin de grands progrès dans l’outillage agricole ont déjà été réalisés sur les grands domaines.
- Mais l’énorme production de céréales que nous avons constatée est due à l’étendue des terres qui leur sont consacrées bien plus qu’à l’intensité de la culture.
- Le paysan ne peut vivre sur son propre fonds; il est obligé de travailler pour le compte d’autrui soit comme salarié, soit comme locataire d’un lopin de terre. Pendant l’été, il trouve à faire des contrais de louage; mais durant l’hiver, cet appoint à son maigre revenu lui fait défaut. Les grands propriétaires afferment volontiers leurs terres à des paysans, réservant seulement les surfaces nécessaires à leurs serviteurs à gages. H arrive fréquemment que le paysan qui se loue
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- louche à l’avance le salaire qui lui sera dû et qui lui servira à vivre pendant l’hiver. Le salaire quotidien d’été varie de un à deux roubles et demi, soit de 2 fr. ho à 6 fr. 5o.
- L’agriculture russe a deux grands progrès à poursuivre : i° le maintien de l’humidité des terres pour les mettre a l’ahri des sécheresses de certains étés; 20 l’organisation de travaux et métiers d’hiver pour les paysans.
- B. AGRICULTURE.
- 1Ml’ORT ANGE DE L’AGRIGULTURE. — METHODES DE CULTURE. — REPARTITION DES CULTURES. — RECOLTES. — RENDEMENTS DES CEREALES. — SEIGLE. — AVOINE. — RLE. — ORGE. - ANALYSE DE
- FROMENT RUSSE. - COMMERCE DES CEREALES. — CULTURES DIVERSES.
- Importance de l’acriculture. — Pour indiquer l’importance de l’agriculture en Russie, je citerai seulement ces paroles de M. Yer-moloiï, ministre de l’Agriculture et des Domaines, faisant devant ses confrères un tableau de la situation agricole de son pays : «Nous avoisinons le pôle Nord d’un côté et les régions semi-tropicales de l’autre; la mer Baltique et l’océan Pacifique, l’Allemagne et la Chine se trouvent sur nos confins. Et partout, du Nord au Midi, de l’Occident à l’Orient je plus reculé, l’agriculture forme l’occupation principale de notre population, la base cle sa richesse. C’est assez vous dire l’importance de cette branche nourricière de toutes les autres industries que possède notre pays, r,
- Méthodes de cultures. — Le mode de répartition de la propriété en Russie est cause que les procédés élémentaires de culture dominent. Les méthodes perfectionnées ne sont en usage que dans les exploitations seigneuriales. Les champs sont labourés au sochet, petite charrue légère ne remuant pas le sol au delà de 6 ou 10 centimètres de profondeur. Le séchage des gerbes au séchoir, avant battage, est indispensable dans le Nord de la Russie, où la maturité est très tardive, car la moisson a lieu souvent sous la pluie. L’ensemencement se fait avec du grain de l’année précédente, celui de l’année n’étant pas mûr ou moissonné à temps. Le séchage est inutile dans la zone des terres noires et dans les steppes. Le dépiquage a souvent lieu sur place. Les labours se font soit au bœuf soit au cheval.
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- EXPOSITION DE 1900
- AGRICULTURE
- NouWÏÏe Zemble
- .Vaïgabch
- OCEAN
- ARCTIQUE
- MEH B
- COLA 1 ST A DT
- VIBORi
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- 20-30 p. 100. 30-50 p. 100.
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- 50-70 p. 100. Plus de 70 p. 100.
- de In superficie totale.
- Fijr. G. — Rapport proportionnel de la superficie des terres labourées à la surface totale
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- RUSSIE.
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- Le moissonnage s’exécute à la faux et à la serpe. Les machines à moissonner sont très répandues clans le Midi de la Russie, ainsi que les machines à battre, au cheval ; il y a trente ans, tout était battu au fléau.
- On rencontre très peu de semoirs mécaniques. La semaille à la volée consomme des quantités de semence très variables; en général on emploie deux fois plus d’avoine et autant de sarrasin que de seigle.
- Répartition des cultures. — Dans les soixante gouvernements de la Russie d’Europe, la superficie des terres labourées est, en nombre rond, de i3a,000,000 hectares. Le seigle occupe 29 millions d’hectares; le blé, 1 2 millions 1/2 ; l’avoine, près de 1 6 millions, et l’orge, G millions environ. Les autres céréales couvrent 1 0 millions d’hectares. De ce relevé approximatif, il résulte que la culture des céréales s’étend sur plus de la moitié du territoire de la Russie d’Europe, soit sur ^3 millions d’hectares.
- La répartition proportionnelle des emblavures est la suivante :
- ( d’aulomne................................. 36.8 p. 100.
- de printemps............................... o.«
- ( d’automne.................................. 5.5
- Rie.. . , . .
- ( de printemps............................ 10.a
- Avoine............................................ 20.0
- Autres céréales................................. 19.y
- Pois, lentilles...................................... 6.6
- Total.................. 100.0
- Répartition des différentes cultures dans les 60 gouvernements de lv Russie d’Europe.
- nature des cultures. TOTAL EX UECTA11ES. P. 100 de toutes LES TERRES LABOUREES. p. 100 de loule LA SURFACE ENSEMENCEE.
- i° Friches 26,7/15,21 5 2 1.7 //
- 20 Prairies artificielles 6,6/l0.6o6 5.0 //
- 3° Jachères et autres 18,899,1/19 i/i.3 //
- Total. 5/|,28/|,970 !\ 1.0 U
- 1. Seigle :
- a. D’automne 28,o/i3,/i98 // 36.8
- b. De prinlemps 6/19,207 // 0.8
- Total 28,692,705 h 37.6 1
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- EXPOSITION DE 1900.
- AG lt [CULTURE.
- NATURE DES CULTURES. TOTAL EN HECTARES. P. 100 do toutes LES TERRES LUIOUREBS. P.100 de toute LA SURFACE ENSEMENCÉE.
- 2. Blés : a. D'automne 3,4 2 0,8 a 3 tl 5.5
- b. De printemps 9,074.804 n 10.4
- Total 1 2.r>01,6'-!7 U 16.9
- 3. Avoine 10,987,896 U 20.0
- 4. Orge 6,003,532 // 7.6
- 5. Sarrasin 3,8 5 7,8 8 5 // 4.8
- 0. Millet 2,801,221 // 3.8
- 7. Mais 679,083 876,060 // 0.8
- 8. Epeanlre // 0.4
- 9. Pois 937,168 // 1.1
- 10. Lentilles 189,782 // 0.2
- 11. Pommes de terre 2,362,067 // 3.0
- 12. Lin i,33 ) ,001 II 1.7
- 13. Chanvre 814,836 // 0.6
- 14. Tournesol 288,702 II 0.3
- 15. Autres céréales 1,972,276 fl 2.5
- Total O O « *0* OO !> .69,0 100.0
- Total des terres labourées i32,48o,a3o 100.00 n
- Récoltes. — Le tableau suivant résume, en tonnes métriques, la récolte des quinze dernières années :
- NATURE DES RÉCOLTES. ZONE des TERRES NOIRES. CONTRÉES situées HORS DE LA ZONE des TERRES NOIRES. POLOGNE. TOTAL.
- Seigle 1 52,66l,6 84,622,9 1 9,1 26,8 266,811,3
- Blés grands 26,1 48,1 1,609,1 6,146,7 8.3,90,3,9
- Blés petits.. 60,65 1,8 4,676,9 81,9 65,908,9
- Total du blé 86,799,6 6,185,0 6,2 28,6 99,2! 3,2
- Avoine 107,746,8 82,i54,i 12,768,8 202,664,7
- °qïc 42,699,1 21,212,1 5,38o,2 69,291,4
- Sarrasin 1 5,009,0 3,731,7 1,020,6 19,761,3
- Millet 17’9 9 °»9 261,0 873,8 i8,545,7
- Pois 3,6i6,6 2,998,8 1,562,4 8,227,8
- Maïs 9,485,4 n II 9,485,4
- Epeautre // n // 5,376,6
- Total des céréales .... // // fl 688,877,4
- Pommes de terre 63,827,8 77,737,2 68,29.4,1 209,398,6
- Graines de lin 2,662,3 3,888,7 239,4 6,775,4
- Graines de chanvre 4,o6i,4 869,9 63,o 4,994,3
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- RUSSIE.
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- Nouvelle Zemble
- Vaïg afcch^
- ARCTIQUE
- OCEAN
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- LEABORD*;
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- KICHI
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- Moins de 10 p. 100. 10-20 p. 100. 20-30 p. 100.
- 30-40 p. 100.
- N
- i
- 40-50 p. 100. 50 p. 100 et plu;
- Fig. 7. — Rapport de Taire du seigle à l’ensemble de la superficie des lerres ensemencées.
- AGRICULTURE. -- I.
- 8
- IMPRIMERIE NATIONALE.
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- IM
- Seigle. — Dans tout le Centre et dans le Nord de la Russie, le seigle occupe presque la moitié de l’aire ensemencée, de ko à 5o p. 100 du territoire cultivé et même davantage (gouvernements de Vladimir, de Kazan et de Simbirsk). Dans les limites des gouvernements situés en dehors de la zone des terres noires, en Pologne, aux pays des bords de la Baltique et dans les gouvernements de Vitebsk, d’Archangel et de Perm, la surface occupée par la culture du seigle, varie, suivant les localités, de 20 à ko p. 100 de la totalité des champs cultivés.
- La production du seigle descend à son minimum dans les contrées du Sud-Ouest et du Midi de la Russie, ainsi que dans celles de l’extrême Est de la Russie d’Europe. Dans le gouvernement de Bessarabie, par exemple, les champs de seigle ne constituent que 5.8 p. 100 de la surface cultivée et dans celui cl’Orenbourg, 11.8 p. 100.
- Les terres des paysans (86 millions d’hectares) sont, plus souvent consacrées à la culture du seigle que celles des grands domaines, le pain de seigle constituant pour le paysan russe, dans le plus grand nombre des régions, le principal objet d’alimentation. Dans la partie moyenne de la zone des terres noires dépourvues de steppes et dans beaucoup de contrées situées hors de cette zone, les paysans ne sèment en automne que du seigle. Dans quelques régions de l’Est, on sème même du seigle de printemps.
- Dans l’immense région agricole du centre de la Russie d’Europe, la récolte du seigle constitue le facteur principal des bonnes ou des mauvaises années; car si le seigle vient à manquer, le succès des autres céréales ne suffit pas à compenser.
- La Russie est presque le seul fournisseur de seigle sur les marchés internationaux. Son exportation est d’environ un million de tonnes en année moyenne, chiffre cependant peu considérable si on le compare à la production et à la consommation nationales. Cette exportation est inférieure, en effet, à l’écart qui peut se produire entre une excellente récolte et une récolte très mauvaise.
- Avoine. — L’avoine occupe en Russie la seconde place parmi les céréales, sous le rapport de l’étendue de la surface ensemencée.
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- RUSSIE
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- Moins de 10 p. 100.^ 10-20 p. 100. 20-30 p. 100.
- 80 p. 100 et plus.
- Fig. 8. — Rapport de Taire de T avoine à Tensemble de la superficie des terres ensemencées.
- 8.
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- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- Dans le Nord, les champs d’avoine couvrent plus de la moitié de l’ensemble des terres ensemencées au printemps. Il en est de même dans le Nord-Est, sauf dans le gouvernement d’Àrchangel et dans les gouvernements du centre, l’avoine ne couvre pas moins de 25 à ko p. 100 de l’aire des cultures de céréales.
- Dans le Sud et dans l’Ouest, la quantité de terres portant des avoines est moins considérable et c’est dans les steppes de la zone des terres noires qu’il y en a le moins. Dans certains gouvernements de la nouvelle Russie, les champs d’avoine ne constituent que 5 p. 100 de la totalité des terres cultivées.
- L’avoine est l’objet d’un important commerce d’exportation.
- Contrairement a ce qui a lieu pour le seigle, dont la plus grande partie est consommée par les paysans qui n’en réservent qu’une quantité limitée pour la vente et l’exportation, en Russie, l’avoine 11e sert à l’alimentation du bétail et principalement des chevaux qu’en proportion relativement peu considérable. Dans la moitié septentrionale, ou le seigle fait très souvent défaut, de grandes superficies sont consacrées à l’avoine. Celle surtout qui provient de la culture des paysans, est un objet de commerce et d’exportation.
- RliL — Au troisième rang d’importance, en raison de l’étendue des terres où il est cultivé, vient le blé qui occupe la première place comme céréale d’exportation. Les régions qui cultivent le blé n’ont le plus souvent en vue que la vente de cette céréale à l’intérieur ou à l’extérieur. Plus de la moitié des froments produits par la Russie, déduction faite de la réserve pour la semence, prend la direction de l’étranger. Ce sont les steppes de la zone des terres noires qui produisent la plus grande quantité de blé : la, 37 à 52 p. 100 des terres ensemencées lui sont consacrées. Plus au nord, dans les gouvernements du Sud-Ouest, ou Petite-Russie, dans les gouvernements d’Oufa et de Perm, et dans la zone qui marque la transition entre les terrains de la steppe et les terres noires, le froment occupe de 10 à ko p. 100 de la totalité des champs de céréales. Le blé est cultivé, en outre, en quantité variable dans les autres gouvernements de la zone des terres noires, sauf dans le gouvernement de Penza.
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- Ile Zemble
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- OCEAN
- ARCTIQUE
- L Onari
- LEABORD:
- A1ER 6
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- KÔ\)TAIS(
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- Moins de 1 p. 100.
- (Dans les parallélogrammes, les lignes verticales indiquent la surface occupée par les blés de printemps
- et les lignes horizontales par les blés d’aulomne. )
- Fift. (). — Rapport de l’aire du froment à l’ensemble de la superficie des terres ensemencées.
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- Le blé est egalement cultivé dans les contrées les plus extrêmes de l’Est, hors de la zone des terres noires de la Russie d’Europe. Dans certains de ces gouvernements, il occupe des surfaces variant de 0,7 à 8 p. 100 de la superficie totale des terres cultivées.
- La Russie d’Europe produit du froment d’automne et du froment de printemps. Dans les steppes, notamment dans celles de l’Est, on cultive de préférence, sur les terres vierges et sur les vieilles friches, les variétés particulièrement précieuses des blés durs de printemps (Triticum durum). En général, i’ouest de la Russie produit plus de blé d’automne. Dans les steppes du Midi, c’est le blé de printemps qui domine; dans l’Est, on ne cultive que celui-ci. Les gouvernements du Sud-Ouest, notamment ceux de Kiew, de Podolie et de Volhynie, sont surtout producteurs de blés d’automne. Les blés de printemps sont préférés dans les steppes du Sud et de l’Est.
- Il suffit que la récolte des blés d’automne soit bonne dans le Sud-Ouest ou que celle des blés de printemps le soit dans les steppes du Sud et de l’Est pour que la récolte nationale approche de la moyenne.
- Orge. — L’orge n’est presque pas cultivée dans la zone des terres noires du centre de la Russie, notamment dans les gouvernements d’Orel, de Toula, de Tambow, de Penza et de Simbirsk.
- Dans l’extrême Nord, au gouvernement d’Archangel, l’orge est la seule céréale qui, dans certains cantons, réussisse sous le climat rigoureux, où elle arrive à maturité malgré la courte durée de l’été. Au total, dans ces contrées, l’orge occupe 54 p. 100 de la surface des terres cultivées. Dans les gouvernements de l’Ouest et dans les provinces de la Raltique, ainsi que dans les gouvernements de Kovno et de Vitebsk et, au Sud-Ouest, dans ceux de Kherson, de Ressarabie etdeTauride, l’orge occupe de i5 à 22 p. 100 de l’aire cultivée. Au Nord, dans les gouvernements de Vohogodsk, d’Olionetz et de Saint-Pétersbourg; à l’Ouest, dans ceux de Pologne; au Sud-Ouest, dans ceux d’Ekatéri-noslaw, de Charkoff et de Podolie, l’orge ne s’étend que sur 10 à i5 p. 100 des terres cultivées. Dans tous les autres territoires de la Russie d’Europe, cette céréale occupe moins de 10 p. 100 des terres cultivées.
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- Moins de 1 p. 100. 1-5 p. 100.
- 5-10 p. 100,
- 10-15 p. 100.
- 15-20 p. 100. Plus de'20 p. 100 et jusqu'à
- 5/i.l p. 100.
- Fig. io. — Rapport de Taire de l’orge à l’ensemble de la superficie des terres ensemencées.
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- EXPOSITION DE 1 900. — AORICtîLTlllVE.
- Un ci nquième des orges produites par l’agriculture russe est exporté à l’étranger.
- Rendements des céréales. — Quels sont les rendements des céréales en Russie? La dureté du climat et les conditions particulièrement variables de sécheresse et de froid leur impriment d’une année à l’autre et d’un point du territoire à un autre des variations très considérables. L’écart entre les bonnes et les mauvaises récoltes de région a région, pris dans les plus extrêmes limites, n’atteint pas moins, particulièrement dans le Sud et dans le Sud-Est, que l’énorme proportion de hoo p. 100. Dans telles régions, la récolte d’une céréale quelconque sera nulle, tandis que sur un autre point de la contrée elle dépassera en abondance trois fois et plus la moyenne. Si nous prenons la récolte des seigles, au cours des dernières années, dans les divers gouvernements, nous voyons qu’elle a été parfois de 8o p. îoo inférieure à la moyenne, en même temps qu’elle s’élevait, sur certains points, a î oo et 11 5 p. îoo au-dessus de cette moyenne, ce qui donne un écart voisin de 200 p. 100.
- MOYENNE EN HECTOLITRES DE LA QUANTITE I)E CEREALES
- RÉCOLTÉES EN RUSSIE,
- PAR HECTARE, DEPUIS DIX ANNÉES.
- CÉR RALES.
- Seigle..........
- Grand blé.......
- Petit blé.......
- Avoine..........
- Orge............
- Pois............
- Sarrasin........
- Millet..........
- Maïs............
- Pommes de terre.
- RUSSIE.
- MOYENNES OBTENUES en prenant
- LE TOTAL GÉNEIIAL
- de la récolte.
- MOYENNES OBTENUES en prenant
- LES MOÏBNNES DES MOYENNES, par gouvernement et par district.
- ÉTATS-UNIS
- DE L’AMÉRIQUE DU NORD.
- DEPUIS 10 ANS.
- Moyennes. Variations par gouvernement. Moyennes. Chez les propriétaires des grands domaines. Chez les paysans. Moyennes. Variations par Etat.
- 7-9 5.6 à 12.2 1 0.5 11.5 9.A 10.A A.o à 1.3.8
- 7-9 5.A 12.2 10.1 11.0 9-1 1 O.A 5.o 16.9
- 6.0 A.8 12./1 8.9 9.6 8.0
- 12.2 7.3 18./1 1 A.o 15.A 1 2.7 23.2 8.3 31.5
- g.A 7-5 1A.8 11.0 u.5 1 o.5 1 9.0 8.3 28.8
- 6.5 3.8 11.5 // fl // n // //
- 6.0 9.3 8.3 U 6.2 6.2 11.1 7.5 18.2
- 6.3 3.6 1 o.A n // // // // //
- 1 o.A 6.0 13.8 n // // 21.2 8.3 28.6
- 65.7 34.A 1 19. A 82.1 92.3 72.0 66.A A.8 102.1
- FRANCE.
- MOYENNES.
- 15.8
- 16.0
- 29.3 1 8.2 II
- 1 A. 9 1/1.7 18.0 1 A.o
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- Le tableau ci-contre, dressé par M. P. de Sérnenov, donne une idée des variations des rendements moyens des céréales russes depuis dix années. Nous les rapprocherons du rendement des Etats-Unis et de la France.
- Les plus forts rendements de céréales, tels que ceux du seigle et de l’avoine, sont obtenus dans les trois régions du territoire non compris dans la zone des terres noires, où l’intensité des méthodes de culture a été poussée a son maximum, et dans quelques gouvernements compris dans la zone des terres noires appartenant à la région des steppes. Hors de la zone des terres noires, les régions des bons rendements sont : les pays des bords de la Baltique, le gouvernement de Yaroslaw et la Pologne. Dans la zone des terres noires, ce sont : a l’Ouest, les gouvernements de Kiew et de Podolie (région de la culture de la betterave) et le gouvernement de Tamboff, avec quelques-uns des gouvernements voisins compris dans la partie centrale de la zone des terres noires.
- Les moyennes annuelles de la production des cinq principales céréales alimentaires ont été les suivantes :
- QUANTITÉS EN MILLIERS DE TONNES.
- ANNÉES. BLÉ. SEIGLE. AV GINE. ORGE. MAÏS.
- 1890 57,772 172,694 OO OO 37,166 6,4o5
- 1891 *9»994 1 2g,63i oc 0 32,022 7*649
- 1892 88,23g 169,590 77,477 45,766 6,74 8
- 1893 120,098 191,105 110,696 73,579 11,515
- 1894 113,775 221,261 110,647 59,789 5,897
- 1895 102,538 199,05° 106,24l 53,66l 8,o42
- 1896 99,345 194,922 105,798 53,219 6,028
- 1897 77,889 i58,853 86,437 56,172 13,186
- 1898 111,073 181,376 01,12! 64,521 1 2,153
- Malgré la faiblesse des rendements moyens du sol, faiblesse qu’explique la culture extensive pratiquée jusqu’ici à peu près exclusivement sur les terres des paysans (86 millions d’hectares sur i32 millions), l’Empire russe occupe par l’importance de sa production de céréales le premier rang en Europe. On y récolte près de 47 millions de tonnes
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- de seigle, Lié, orge, avoine et maïs, ce qui correspond à 2 1 p. 100 de la production en céréales du monde entier. Seuls, les Etats-Unis d’Amérique priment la Russie avec leur récolte annuelle de 73 millions de tonnes de céréales (32 p. 100 de la récolte du globe). Mais si l’on envisage spécialement la culture du blé, on constate un écart beaucoup moindre entre les deux pays : en nombre rond, la Russie récolte 11 millions de tonnes de froment contre 1A millions environ
- r
- que produisent les Etats-Unis.
- La production de la Russie, envisagée dans ses grandes lignes, se répartit très inégalement entre la grande culture et la petite.
- La grande culture représente les trois quarts environ de la production totale et comprend, outre les domaines de l'empereur et les apanages, les propriétés de la noblesse, les terrains appartenant aux grands propriétaires fonciers; enfin, les exploitations agricoles désignées sous le nom t\'Economies, qui appartiennent à des colons, la plupart d’origine allemande, établis il y a plus d’un siècle en Crimée.
- La petite culture, entre les mains des paysans, produit des qualités inférieures à celles de la grande culture, qui dispose d’un outillage varié, des appareils et des engrais nécessaires et qui pratique une sélection raisonnée des semences.
- Voici, d’après les statistiques officielles, le tableau de l’exportation générale des céréales russes, de 1887 à 1897 ;
- QUANTITÉS. VALEURS.
- quintaux métriques. francs.
- 1887 ...................... 68,883,629 950,309,070
- 1888 ...................... 94,666,897 1,276,142,520
- 1889 ...................... 82,165,680 1,12 i,8o5,84o
- 1890 ...................... 74,3i3,o2i 1,024,454,970
- 1891 ................... 68,871,6710) 1 ,o36,849,i 10
- 1892 ................. 36,349,i640) 5i6,o6i,833
- 1893 ...................... 70,663,743 876,981,610
- 1894 ..................... 109,730,928 1,1 o8,84o,32o
- 1895 ..................... 102,279,008 1,026,836,610
- 1896 ...................... 92,347,978 1,009,185,240
- 1897 ...................... 88,947,818 i,o86,95i,66o
- O) L’exportation a été interdite pendant ces deux anndes.
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- RUSSIE.
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- Grâce à l’étendue du territoire cultivé, bien que les rendements moyens soient encore peu élevés, ainsi que je l’ai précédemment indiqué, la production russe en céréales est si considérable que non seulement elle suffit à l’alimentation de i3o millions d’habitants, mais permet encore une exportation très large dans les autres pays de consommation, ainsi que nous l’avons vu et que le montre le tableau qui précède.
- Analyse du froment russe. — L’analyse des blés tendres, des blés durs et des seigles, exposés en 1900 par le Ministère des Finances (département du commerce et de l’industrie), a été faite par M. Marcel Arpin, expert en douane, chimiste du Syndicat de la boulangerie française et de l’Association nationale de la meunerie française, sur des types de provenance déterminée.
- On sait que la teneur en gluten des blés est une condition essentielle de la bonne fabrication et de la qualité du pain. L’insuffisance du gluten dans les farines livrées à la boulangerie fait que ces farines se travaillent mal, donnent à la cuisson un pain plat, mal développé et d’un pouvoir nutritif médiocre en raison de sa pauvreté en substances azotées. Les récentes recherches de M. Fleurent, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, entreprises à l’occasion de l’étude, faite en commun par lui et par le regretté Aimé Girard, sur la constitution des blés français et étrangers, ont conduit leur auteur à mettre en relief un fait des plus importants pour la boulangerie. M. Fleurent a montré que le gluten n’est pas une substance simple, mais qu’il est constitué par l’association de deux principes azotés, la gliadine et la gluténine, douées de propriétés différentes, dont la proportion relative influe notablement sur la panification et, partant, sur la qualité du pain. Un gluten de bonne qualité doit être formé environ de 2 5 p. 100 de gliadine et de 75 p. 100 de gluténine.
- M. Arpin a déterminé, dans les trente échantillons de farine qu’il a analysés : la teneur en eau, en gluten humide et sec (à io5 degrés), en matières grasses et en cendres; il a, en outre, établi pour chacune d’elles la proportion de gliadine et de gluténine qui constitue leur gluten. Ces analyses ont été faites sur les grains moulus et blutés à
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- G5/66 p. ioo avec les appareils Schweitzer. Il eût été très intéressant de pouvoir comparer à ces analyses celles des mêmes Liés moulus clans les appareils à cylindres.
- Les tableaux qui donnent les résultats de ces analyses indiquent, outre la provenance des blés, les poids a l’hectolitre.
- Je ne puis reproduire ici l’ensemble de ces documents et je dois me borner à quelques indications qui en montrent tout l’intérêt.
- Les poids naturels (à l’hectolitre) des blés tendres (2Û échantillons analysés) varient de 74k 5q 1 à 81k621; ceux des blés durs (6 échantillons), de 7qk278 à 82koii.
- Les teneurs en gluten (humide) oscillent pour les blés tendres de 28.59 à bo. 1 9 p. 100 ; pour les blés durs, de 37.47 à 5 1.39 p. 1 00.
- Le rapport de la gliadine à la gluténine va de à
- Ces quelques chiffres suffisent à montrer les variations énormes que la graine d’une plante peut présenter dans sa constitution et l’intérêt qu’il y a à introduire, dans une industrie, l’application des méthodes scientifiques qui peuvent seules nous renseigner sur la valeur de la matière première.
- J’ai démontré, il v a vingt-cinq ans environ, par une longue série d’analyses d’avoines de provenances authentiques, qu’il n’existe aucun rapport entre le poids naturel de l’avoineet sa valeur nutritive. Les analyses de M. Arpin montrent qu’il en est de même pour le blé. O11 s’en convaincra aisément en comparant les blés tendres qui présentent le plus grand écart entre leurs poids naturels et dans leur teneur
- en Sll,ten : .APPO.T
- POIDS TENEUIt DK LA GLIADINE
- DR L’IIECTOMTIIK. EN GLUTEN. à la gluténine.
- N° 1. Rlé de Rerdiansk 74,591 38.27 P* 100 a l\. a 3 77-77
- N° 14. Blé du Caucase 81,62 1 35.o4 p. 100 38.ia 61.88
- N° 7. Rlé de Quenitschesk. . . 77,825 28.59 P-100 33.85 66775
- N'19. Rlé de Samara 76,935 50.19 p. 100 a8.8o 71.30
- N° 30. Rlé dur de la Sibérie
- orientale 80.44g 37.47 p. 100 0
- Y- 29. Ble' dur de Sumara. . . . 79.278 5i.3p p. 100 U
- N° 26. Blé du Caucase 82.011 42.21 p. 1 00 0
- Journal d'agriculture pratique, 1875.
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- Le poids de l’hectolitre de blé ne fournit donc pas d’indication, même approchée, sur la teneur en principes azotés et l’analyse du grain est un élément essentiel du choix à faire dans la sélection des semences et dans l’emploi des grains comme aliment : telle est la double conclusion qui découle de ces rapprochements.
- D’une façon générale, la teneur des blés riches en gluten se montre très supérieure à celle des froments de l’Europe occidentale et de ceux de l’Amérique; j’aurai l’occasion de revenir sur cette importante question à propos de la belle exposition des blés de Roumanie qui conduit à la même conclusion.
- Les cultivateurs français, anglais et allemands peuvent-ils arriver a produire des blés riches en gluten? Gela ne paraît pas douteux.
- Bien que nous ne connaissions que très imparfaitement encore les conditions de sol, de fumure, etc., qui régissent la formation du gluten, il paraît incontestable que la sélection des semences est le point de départ certain d’une amélioration, dans cette direction, de la qualité des froments. Les Etats-Unis d’Amérique, toujours a l’affût des procédés de culture perfectionnés, grâce au développement extraordinaire de leurs institutions agronomiques et à l’organisation des services agricoles du Ministère de l’Agriculture de Washington, ont déjà porté leur attention sur cet important sujet. Après avoir fait expérimenter, il y a deux ans environ, dans les champs d’essais des stations agronomiques des centaines de variétés de froment d’Europe, d’Asie ou d’Australie, et constaté la supériorité des blés russes, le Ministère de l’Agriculture des États-Unis a donné mission au professeur Hansen d’acheter, aux lieux de production, les meilleures sortes de froments russes, de prendre connaissance des conditions et des procédés de leur culture et de réunir les données les plus complètes sur la culture du froment en Russie. Dès le retour en Amérique du professeur Hansen, qui avait rapporté les meilleures semences, de petits sacs d’échantillons ont été expédiés par milliers dans toutes les contrées de l’Union, et les semences qu’ils contenaient mises en expériences par les fermiers américains et les Stations agronomiques. Ces expériences ont pour but principal de déterminer la meilleure adaptation des semences russes aux différentes zones des Etats-Unis.
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- L’exemple devrait être suivi : il faut chez nous, dans l’intérêt du consommateur comme dans celui du producteur, améliorer la qualité nutritive de nos blés ; la sélection des semences est sans doute la première condition de ce progrès, et l’analyse des farines du grain à semer semble devoir jouer dans ce choix un rôle important.
- En attendant que la culture française soit en mesure de fournir à la meunerie les blés riches en gluten indispensables a la panification , j’estime que M. Arpin a raison lorsqu’il engage la meunerie à entrer dans la voie des coupages rationnels et scientifiques des blés soumis à la mouture. L’analyse en main, dit-il, connaissant la teneur en gluten d’une farine et la composition de ce gluten, on choisira, parmi les farines russes (et j’ajouterai roumaines, hongroises, etc.), celles dont le gluten conviendra le mieux sous le rapport de la quantité et de la qualité pour corriger la farine que l’on possède et lui apporter ce qui lui manque. On calculera la quantité de farine étrangère à ajouter pour offrir un mélange d’une teneur voulue en gluten, et si le gluten de la farine à corriger contient, par exemple, trop de gliadine pour la proportion de gluténine, on choisira, pour le coupage, une farine, contenant, au contraire, trop de gluténine pour la gliadine correspondante. L’idée parait susceptible d’une réalisation assez facile, grâce aux belles recherches de M. Fleurent; elle mérite en tout cas d’être examinée par les intéressés.
- Commerce des céréales. — En progrès marqué, à partir de l’émancipation des serfs, le commerce des céréales, en Russie, a pris d’énormes proportions.
- De 18Go à i86q, l’exportation annuelle a été de i4,4oo,ooo quintaux métriques des quatre grandes céréales : blé, seigle, avoine, orge; de 1870a 187 4, de 35,700,000 quintaux métriques; de 1880 â 1889, de 48,8oo,ooo quintaux métriques; de 1890 à 1899, de 63,6oo,ooo quintaux métriques.
- La Russie occupe \e premier rang pour l’exportation des céréales^.
- (1) Malgré les énormes récoltes des dernières sous rinfluence du marché international et années (672 millions de quintaux en 1902 grâce à une meilleure organisation du marché et 662 en 1908), les cours se sont maintenus extérieur.
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- Son commerce intérieur a progressé en même temps que le commerce extérieur : le développement rapide des industries manufacturières et minières a créé une population ouvrière qui s’agglomère dans les centres urbains et consomme plus de céréales, et certaines régions industrielles sont, aujourd’hui, obligées de recourir à l’importation intérieure de grains pour nourrir leur population.
- En résumé, le commerce des céréales comprend :
- i° Commerce avec l’étranger, vers les mers (mer Noire, Baltique, mer Blanche) et vers la frontière terrestre de l’Ouest;
- 2° Commerce avec les marchés intérieurs, vers les grandes villes et les centres industriels.
- Trajets des céréales.— Le seigle franchit en moyenne 72 5 kilomètres en chemin de fer; le blé, y5o kilomètres; l’avoine, 800 kilomètres.
- Vers la Baltique se rencontre la distance maximum, variant de 1,100 à 1,600 kilomètres.
- Les frais de transport aux ports de destination varient de 3 fr. 2(1 a 3 fr. 90 par 100 kilogrammes de grains. C’est par les voies navigables de l’intérieur que les céréales franchissent les plus grandes distances : celles qu’elles parcourent sur le Volga et le système de canaux de marée varie en moyenne de 2,000 à 2,700 kilomètres.
- Dans les années moyennes, l’immense majorité de la population russe suffit à son alimentation avec les grains (seigle principalement) produits localement, sauf : i° dans les contrées où l’industrie a pris un certain développement et dans lesquelles, vu la densité de la population, le nadïel est trop faible pour fournir aux besoins de ses habitants; 20 dans les districts où de grandes villes se sont élevées; 3° dans les régions peu fertiles. Les gouvernements du Midi qui produisent le plus grand excédent de céréales en fournissent aux gouvernements industriels : Moscou, Saint-Pétersbourg, Lithuanie, Pologne.
- Les quatre directions principales pour le commerce sont :
- i° De l’Est à l’Ouest, avec des distances maxima, de Samara, Saratoff, etc., aux deux capitales ;
- 20 La voie la plus courte vers le Sud par chemin de fer pour l’exportation (Odessa);
- 3° Vers le Nord jusqu’à Archangel : blé de Sibérie pour l’exportation ;
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- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- k° Enfin, vers le Centre, dans la région dominée par Moscou, pour le commerce intérieur.
- Au point de vue du commerce, la Russie se divise en régions très dissemblables, quant à la nature des céréales mises en vente.
- Dans le Midi, domine l’exportation du blé, principalement du blé de printemps et celle de l’orge. Le blé Guidka est très estimé par la minoterie.
- Le maïs est presque inconnu des autres régions de la Russie. Le seigle et l’avoine occupent, dans le Midi, une place secondaire.
- La région Est produit surtout des céréales grises : seigle et avoine (le tiers de la récolte totale de la Russie).
- Le blé est cultivé principalement dans les gouvernements de Sa-mara, Orenbourg et Saratoiï. La production de ces régions est énorme, et sert à alimenter a la fois les marchés intérieurs et l’exportation.
- L’exportation a commencé pour le blé en 1 81 2 : 800,000 quintaux métriques.
- Elle monte progressivement, jusqu’en 1896, à 3f),3oo,ooo quintaux métriques, pour descendre, de 1897 à 1899, à 17,3oo ,000 quintaux métriques (par suite des bonnes récoltes de la France, en 1898 et 1899). L’exportation des farines, qui n’était que 700,000 quintaux métriques en 1800, va croissant jusqu’en 1899, ou l’exportation atteint 16,200,000 quintaux métriques. Si l’on compare les exportations de blé des Etats-Unis avec celles de la Russie, on constate que, en 18A0, 200,000 quintaux métriques sont venus d’Amérique et que les exportations de ce pays se sont progressivement élevées jusqu’à âo,5oo,ooo quintaux métriques en 1897.
- EXPORTATIONS DES QUATRE CEREALES DE 1812 À 1894.
- quintaux. quintaux.
- Toutes les céréales . . . i5o,ooo (1812) 88,000,000 (1890)
- Froment................. 200,000(1812) 39,200,000(1895)
- Seigle.................. 100,000(1812) 10,000,000(189/1)
- Avoine.............. 100,000 (1812) i5,000,000 (189/1)
- Orge..................... 50,000(1812) 25,000,000(189/1)
- L’Italie reçoit de Russie les quatre cinquièmes de son blé d’importation, et la Suisse 57 p. 100.
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- Moins dcl p. 100.
- 1-2 p. 100.
- 2-h p. 100. /(-6 p. 100. 6—10 p. 100. 10 p. 100 clplus.
- — .Rapport de l’aire des pommes de lerre à l’ensemble de la superficie des terres ensemencées.
- AGRICULTURE. — 1.
- y
- IMPRIMERIE NATIONALE,
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- La Russie produit, eu moyenne, plus de la moitié du seigle et de l’avoine du monde entier : l’Est produit à lui seul presque autant de seigle que l’Allemagne entière.
- Cultures diverses. — Le sarrasin est très cultivé dans le Midi et l’Ouest, peu dans le Nord. Le buccml, variété de sarrasin, et le millet sont peu répandus, sauf dans quelques régions ou ils forment un objet d’alimentation important; ils servent à préparer une pâte granuleuse (<hacha) analogue* au couscous arabe. Le maïs occupe en Bessarabie 2 5 p. ioo du territoire. Isa pomme de terre est surtout cultivée dans l’Ouest et le Centre, où elle sert à l’alimentation et où les distilleries et les amidonneries en font une grande consommation; elle est presque inconnue dans les steppes du Sud et du Sud-Est. Le houblon occupe ù,ooo hectares. La récolte du tabac est très importante : un million de quintaux (Russie d’Europe et Russie d’Asie).
- Parmi les plantes textiles, le premier rang appartient au lin, qui occupe en Russie i,ùoo,ooo hectares. Il est surtout cultivé dans le Nord. Les lins]de Riga sont célèbres. On emploie, par hectare, de 5o
- à 5 7 kilogrammes de semence quand on cultive en vue de la graine, et de 70 à i3o quand c’est en vue de la filasse. Le rouissage se fait dans l’eau au Nord et à l’Ouest; il a lieu sur terre dans les autres régions. L’exportation annuelle s’est élevée à :
- 1869-1878.. . 1879-1888.. . 1889-1898.. .
- 1 46,ooo tonnes. 170,000 197,000
- Le chanvre occupe, en Russie, Hg. 13. — Lm de Riga. 51 ù ,0 0 o hectares ; sa production
- annuelle a une valeur de ii5,ooo millions de francs. Le meilleur procédé de rouissage dans le pays est dit sietchka; on le pratique dès que le chanvre a été étalé. L’exportation s’élève à ùo millions de francs par an. Le coton ne croît pas dans la Russie d’Europe. Mais le Tur-
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- kestan russe et le Caucase en produisent une grande quantité (100,000 tonnes environ).
- Fig. i3. — Brome non épineux. Fig. i!\. — Moha de Hongrie.
- Parmi les fourrages que l’on rencontre en Russie et qui ne sont pas très répandus dans le reste de l’Europe, nous citerons le brome non épineux dit également brome de Hongrie (Bromus inermis), productif, dont les tiges restent vertes pendant l’été et pendant l’automne et qui est cultivé dans les gouvernements de Yologda, de Kharkoff, de Viatka et deKazan; la jléole des prés ou timolhy (Pldeum praiense), qui s’associe fort bien au trèlle hybride et que l’on rencontre dans le gouvernement de Vologda; le moha de Hongrie ou grand millet d’Allemagne (Panicum germanicum), plante annuelle que l’on cultive avec succès en Ressarabie.
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- EXPOSITION DE 1900.
- V G R [CULTURE.
- G. VITICULTUV.E ET VIN.
- ZONE DE CULTURE. - ÉTENDUE DU VIGNOBLE. — RENDEMENT. - MALADIES DE LA VIGNE. - PROCÈDES I)E CULTURE ET I)E VINIFICATION. - VIGNOBLES DIVERS. - RAISINS SECS. - LES PRINCIPAUX VINS RUSSES. - IMPORTATION DE VINS.
- La zone de culture de la vigne embrasse tout le Midi ; au delà de Gourief, elle se perd dans les steppes de l’Asie centrale, reprend à Tchinskout, traverse le territoire chinois et s’arrête dans la Mandchourie. Les raisins de table peuvent être produits bien plus au Nord. D’une façon générale, la culture de la vigne est loin d’avoir atteint en Russie l’extension que comportent les conditions naturelles du
- Pays-
- La viticulture et la production du vin sont du reste des industries très récentes dans le pays; elles datent pour ainsi dire de la conquête de la Grimée (1783). L’annexion de la Bessarabie (1812), la pacification du Gaucase (i86à) et la conquête du Turkestan ( 1865) ont depuis accru les territoires russes qui leur conviennent.
- La zone de la culture de la vigne peut être divisée en 8 régions; les surfaces des vignobles et la production du vin y sont évaluées aux
- chiffres approximatifs suivants :
- ETENDUE PRODUCTION
- licclni'os. Iicclulilres.
- Bessarabie.................................. 7/4,200 15/176,000
- Nouvelle-Russie......................... i3,j)oo 1 <)6,ooo
- Crimée....................................... 6,<)oo 116,000
- Province du Don......................... 3,000 0,800
- Région d’AsIrakan............................. 1,000 3,000
- Circaucasie................................ 16,200 20/1,000
- Transcaucasie............................... ioi,3oo <)o3,ooo
- Turkestan.................................... 21,600 6,000
- Totaux................... 2.38,3oo 2,1)66,800
- La récolte de 1890 avait été évaluée à 3,32 1,000 hectolitres, l’ensemble du vignoble n’étant que de 196,000 hectares; malgré l’augmentation de la superficie des vignes, la quantité de vin récolté a diminué, ce que M. A. Buzaroff attribue aux ravages du phylloxéra et aux maladies cryptogamiques, notamment au rnildew.
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- Le blackrot s’est récemment montré au Caucase et en Crimée, mais il n’a pas encore produit de grands dégâts.
- Le phylloxéra s’est répandu particulièrement en Bessarabie, dans la partie occidentale du gouvernement de Tillis et dans les environs de Koutaï. On a dû renoncer à la défense des vignes de ces régions et recourir aux plants américains que fournissent les pépinières de l’État.
- En Bessarabie, le sol est très fort; la vigne a une végétation puissante. Les ceps sont plantés à 3 m. 5o ou 4 mètres d’écartement, soit à raison de 1,000 environ à l’hectare. Chacun de ces ceps donne de nombreux sarments nécessitant l’emploi de 6o à 8o échalas par pied.
- En bonne année, l’hectare produit 45 à 6o quintaux de raisin, en partie vendus pour être consommés à l’état frais, en partie transformés en vin.
- Pour l’hiver, on couche les ceps, dont on enterre l’extrémité, pour protéger les plants contre la gelée.
- Les procédés de vinification sont primitifs et tout à fait défectueux; la vendange est placée dans des sacs et écrasée sous les pieds; le jus, recueilli dans des tonneaux mal lavés, fermente sans surveillance; les vins sont naturellement très pauvres en alcool, très acides; leur prix n’excède pas q francs l’hectolitre.
- La Bessarabie exporte environ i85,ooo hectolitres de vin par chemin de fer sur Odessa et Varsovie.
- Dans le Sud-Ouest de la région, on compte jusqu’à 8,ooo pieds à l’hectare. On taille court et on cultive d’assez bonnes variétés.
- Dans la nouvelle Russie, le choix des cépages est meilleur; les procédés de vinification font des progrès.
- La Crimée se divise en deux régions bien tranchées : le bord méridional, défendu contre les vents froids par de hautes montagnes, jouit d’un climat doux; le restant de la presqu’île, non abrité, est beaucoup plus frais.
- Sur le bord méridional de la Crimée, la viticulture et la vinification ont atteint un degré de perfection supérieur à celui qu’elles ont dans les autres régions, ce qu’on attribue à la fondation, en 1828,
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
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- de rétablissement viticole et vinicole de Magaratch, près du jardin impérial de Nikita.
- Pour créer un vignoble en Crimée, on défonce le sol cpii est schisteux et parfois calcaire et pierreux, à la profondeur de 1 mètre. Les cépages sont plantés à 1 mètre environ (io,5oo plants a l’hectare) ; la taille est courte, à deux ou trois yeux.
- Le plus grand défaut de ces vignobles est l’extrême diversité des cépages qui les composent. On commence cependant à faire une sélection; les plants d’Espagne et ceux du midi de la France paraissent les mieux adaptés à cette région.
- Dans le Don, on cultive des ceps espacés de 3 m. 55 et lx m. 27 l’un de l’autre. Les cépages sont blancs; une partie considérable du vin est champanisée. On pratique aussi la congélation pour élever le titre en alcool.
- En Astrakan, presque tout le raisin est consommé a l’état frais.
- Le Caucase forme deux régions séparées par une haute chaîne de montagnes et se distinguant nettement par le climat, la population et sous beaucoup d’autres rapports.
- Dans la région septentrionale, Circaucasie, les vignobles occupent de préférence des terrains humides; les cépages sont de mauvaise qualité, les vignes mal entretenues; elles donnent beaucoup de vin dit tchikhir, de qualité tout à fait inférieure. Une grande partie de la récolte est consacrée à la production de l’alcool.
- En Transcaucasie, les conditions de culture sont très variées par suite du sillonnement du pays par des chaînes de montagnes dans des directions différentes.
- On y distingue deux systèmes principaux de culture de la vigne : les vignes dites dablar, qui se cultivent sur échalas, et les vignes maglar, qui grimpent et s’enroulent autour des arbres.
- Les vignobles sont, en général, mal soignés; le sol n’est pas bêché; on n’entend rien à la taille; on sème du maïs entre les pieds de vigne et on y laisse pousser l’herbe.
- La vinification a lieu par des procédés tout à fait primitifs; la vendange est écrasée sous les pieds dans des cuves de bois ou dans des bassins de pierre, et le jus coule dans de grandes jattes en terre, dites
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- bvévri, enfoncées clans le sol, qui ont une contenance de 60 litres environ. On laisse le vin sur le marc pendant longtemps, puis on le transvase dans une autre jatte, et la vinification est terminée. On transporte le vin dans des outres en peau, goudronnées à l’intérieur. On peut juger de la qualité cl’une pareille boisson.
- Au Caucase méridional, gouvernement de la mer Noire, la plantation de la vigne remonte à peine à vingt-cinq ans; on s’est servi des meilleurs cépages et la vinification a lieu d’après les procédés les plus perfectionnés; aussi cette région fournit-elle des vins d’excellente qualité.
- Dans le Turkestan, les Musulmans ne produisaient que du raisin de table. Depuis l’occupation du pays par les Russes, on cultive la vigne pour faire du vin, et cette culture a fait de rapides et très grands progrès. La vigne est en souches basses dont les branches s’étendent horizontalement, soutenues par cle petits échalas ou par un demi-cercle en osier fixé dans le sol. Par suite des variations extrêmes de la température dans ce pays, dont le climat est essentiellement continental, il faut, pendant l’hiver, enfouir les ceps, afin de les préserver des gelées, et, pendant l’été, recourir a l’arrosage, pour les préserver de la sécheresse. Grâce à rirrigation et à la fécondité du sol, la végétation est très vigoureuse; aussi ne compte-t-on que 915 ceps à l’hectare. Les rendements sont énormes, atteignant de 7,500 à 15,ooo kilogrammes de raisin par hectare et souvent davantage. La plus grande partie de la récolte sert aux indigènes à préparer les raisins secs dits de Yizioum; le séchage se fait au soleil suivant le procédé primitif. On en exporte environ 1,600,000 kilogrammes à dos de chameau et 6,5oo,ooo kilogrammes par le chemin de fer transcaspien.
- Les viticulteurs russes font seuls du vin par des procédés perfectionnés importés de Grimée. Les vins du Turkestan sont légers et agréables (1b
- (1) Dans son rapport ( Vins et eauæ-de-vie de vin), M. P. Le Sourd résume ainsi son opinion sur les vins russes : rrLa Russie montre des vins rouges et blancs ordinaires de Crimée
- qui, malgré un léger goût de terroir, sont bons comme saveur et parfum; ils ont du corps, de l’alcool, beaucoup de fermeté. Le vin de Kakbétie est fort en couleur, ferme,
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- EXPOSITION DE 1900.
- A G RT Cl: LT ERE.
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- Dans la période décennale 1888-1897, l’importation annuelle des vins étrangers s’est élevée en Russie à 21 millions de francs (nombre rond). En 1898, elle a atteint 26,2/10,000 francs.
- Les vins en cercles entraient dans ce chiffre pour 53,190 quintaux métriques à 16 degrés d’alcool en moyenne, valant 8,833,ooo francs; et 3 8,4oo quintaux à un degré alcoolique supérieur, valant prés de 7 millions de francs. L’importation en bouteilles comprenait 1,2 2 0,2 5 5 bouteilles, valant 8,825,000 francs, dont 920,7/18 bouteilles de vins mousseux, contant ensemble 7,65/1,600 francs.
- Le principal fournisseur de vins de la Russie est la France, qui y a importé, en 1898, pour 5,ooo,65o francs de vins ordinaires en cercles et pour 6,190,000 francs de vins fins en bouteilles, dont 681,661 bouteilles de vin mousseux valant 5,679,000 francs.
- D. ELEVAGE, APICULTURE,
- SÉ IM CI C.U LT U RE.
- EFFECTIF CONSIDÉRABLE I)U BETAIL. — AMELIORATION DU BETAIL À CORNES. — INDUSTRIE LAITIERE. - MOUTON. - PORC. — IMPORTANCE DE L’ÉLEVAGE CHEVALIN. — DIVERSES RACES DE CHEVAUX. — LE TROTTEUR RUSSE. — HARAS. — ENCOURAGEMENTS DONNES À L’ELEVAGE. - AVICULTURE; EXPORTATION A LAQUELLE LES VOLAILLES DONNENT LIEU. — APICULTURE ET SÉRICICULTURE. — SERVICE VÉTÉRINAIRE : SON ORGANISATION ET SON EXTENSION; BONS RÉSULTATS QU’IL A DONNÉS. — POLICE SANITAIRE. — MALADIES DU BETAIL.
- La Russie occupe, par l’effectif de son bétail, le premier rang parmi les nations. Ce bétail, en raison de l’iiarmonie qui existe entre le sol, la flore et la faune d’un pays, présente de grandes diversités.
- Dans les régions à pâturages gras (steppes Kirghizes, Duvina du Nord), les animaux sont de poids moyen, de chair excellente, aptes à l’engraissement.
- Dans les régions de pâturages pauvres, humides (Nord et Centre), le bétail est maigre, petit, inapte à produire â la fois chair et lait.
- De même pour l’espèce chevaline; les chevaux sont grands et forts dans les contrées riches au point de vue alimentaire et, dans les
- très corsé. Les vins rouges de Bessarabie ont un goût plein, assez frais, bien savoureux; on peut leur reprocher du terroir. Quant aux vins du Caucase, ils ont beaucoup d’alcool, de fermeté, un arôme prononcé. Ce sont, pour
- la plupart, de gros vins de coupage qu’on emploie en les mélangeant avec des vins de Bessarabie. Signalons aussi quelques bons vins blancs rappelant les vins de la Moselle et du Rhin et des mousseux agréables, n
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- RUSSIE.
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- autres, frêles et de taille exiguë, ils suffisent à peine au petit cultivateur.
- On constate les mêmes différences pour les bêtes à laine : d'une part, presque pas de lait, laine grossière, peu de viande et de qualité inférieure; de l’autre, races laitières, laine fine et chair excellente.
- L’influence prépondérante de l’alimentation n’est nulle part mieux mise en relief qu’en Pmssie.
- La préoccupation du Gouvernement russe est l’amélioration des races et leur adaptation aux diverses contrées.
- La statistique du bétail laisse à désirer en raison des difficultés (pie l’immense étendue de l’Empire oppose aux dénombrements exacts.
- Voici l’évaluation du nombre de têtes au icr janvier 1898 (nombre
- rond) :
- Bêles à laine : moulons et brebis............ 7/1,800,000
- Bêles à cornes............................... 37,/ioo,ooo G)
- Porcs......................................... 11,970,000
- Chèvres..................!................ 3,190,000
- Chameaux....................................... 1,980,000
- Chevaux................................... 33,000,000
- Total................... 1 G1,G h o,o0o
- Les Etats-Unis, seuls, ont un bétail comparable, par le nombre, a celui de la Russie :
- Chevaux..................................... 1 3,537,00^
- Espèces mulassière el asine................. 9,086,000
- Vaches laitières............................ 1 6,999,000
- Bœufs, veaux, etc............................... 97,610,000
- Espèce ovine................................ Zu,883,000
- Porcs. ..................................... 39,000,000
- Total................... 1/io,Ao8,ooo
- Le Ministère de l’Agriculture de Washington évalue aux environs de Gi millions le nombre des chevaux du globe; à elle seule, la Russie en aurait donc plus de la moitié (33 millions).
- On évalue à 600 millions le nombre des moutons du monde entier; la Russie en posséderait le huitième (75 millions).
- (1) Boni 9,000,000 (le vaches laitières.
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- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- OCEAN
- ARCTIQUE
- . Kalgouïev
- L.Onar
- LEABORD:
- ME H &
- COLAISTADT
- iBO
- Sctsï nô'forsL Vl B£ rgI
- OuraJsk
- KAMENI
- KICHI
- .ATERlNODAfv
- M E R-
- KOUTAIS
- ER1VAN
- Moins de 75 p. 100.
- 75-100 p. 100.
- 100-200 p. 100.1 |T 200-300 p. 100.
- 300 p. 100 et plus.
- Fig. i5. — Effectif du grand et du petit bétail par 100 habitants.
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- RUSSIE.
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- EVALUATION DE LA REPARTITION DU DETAIL, E\ 1898, DANS LES 50 GOUVERNEMENTS
- DE LA RUSSIE D’EUROPE.
- DÉSIGNATION. PAR 100 HABITANTS. PAU 100 l DU TERRITOIRE. IECTARES DE PÂTURAGES. PAR 100 HECTARES DE PATURAGES et de terres • labourables.
- Chevaux 32.9 5.1 11.7 1 8.2
- Rôles à cornes 3o.G 6.9 iü.'i 23.1 •
- Moutons Ü2.9 11.9 26.9 h h A)
- Porcs 1 1.8 1 1 8.2 U.(> 6.0 8.7
- La répartition est très inégale suivant les régions.
- Da ns les gouvernements du Sud, on compte jusqu’à 3oo têtes et au delà, de tout bétail par 1 oo habitants. Dans les gouvernements du Centre et de l’Est, de 100 à 3oo. Dans ceux de l’Ouest et du Nord, aoo et au-dessus.
- La prédominance de la population des campagnes sur celle des villes explique le taux élevé du bétail par habitant. La population rurale (1897) était de 119,139,000 habitants, contre 16,786,919 seulement dans les villes, soit 87 p. 100 de la population totale.
- Les chiffres suivants (moyenne générale des abattoirs et des observations) donne une idée du peu de développement que prend, en général, le bétail russe.
- POIDS MOUT.
- (graisse comprise.)
- Bœufs de la steppe (bons pàlurâpes)
- Grands bœufs russes...............
- Moutons mérinos...................
- Moutons (race du Nord)............
- Porcs.............................
- Chevaux (poids vif moyen).........
- 989 kilogr. 115 4o 90 190
- 99b
- Dans les cinquante gouvernements, on compte en moyenne sur 100 têtes de bétail :
- Chevaux..................
- Bœufs....................
- Moutons..................
- Porcs....................
- rn
- lOTAL
- 9 0.1
- 95.1
- 45.4
- 100.0
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- l/iO
- EXPOSITION DE 1900
- A G1U CL LT EUE.
- Moins de 20 p. 100.
- 20-40 p. 100.
- i0-60 p. 100. ; 60-80 p. 100.
- 80 p. 100 cl plus.
- G.
- — Effeclif du grand et du petit bétail par
- ioo (lossialine.-i^ de terre fertile.
- (l) 0.92 (lessialine égale i hectare.
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- RUSSIE.
- là 1
- La Russie, maigre' son colossal élevage, importe du bétail : 432,ooo têtes en 1898, dont 53,ooo têtes de gros bétail. Ce bétail vient de Chine, de Perse, de Roumanie et de Fiance. La valeur de l’importation est de 3 millions de francs environ; l’exportation de bêtes à corne et moutons se chiffre par i,65o,ooo francs, d’ou une différence, en faveur de l’importation, de i,3oo,ooo francs environ.
- Bétail a coiîne^. —11 faut examinera part : le bétail des domaines appartenant aux propriétaires et le bétail des paysans. Dans les grands domaines on a déjà fait beaucoup pour l’amélioration des races. Chez le paysan, par contre, le bétail est encore à l’état de nature. R y a cinquante ans, le bétail des domaines était identique à celui des paysans d’alors et d’aujourd’hui.
- Les améliorations ont été obtenues par des croisements avec les races perfectionnées d’Europe. L’histoire de ces progrès est très instructive. La double conclusion à laquelle elle conduit, est que seuls, ni le croisement des races, ni la sélection des races locales, ni l’amélioration de la nourriture du bétail indigène en hiver, n’ont produit une amélioration marquée. C’est de l’ensemble de ces diverses conditions : choix des races, sélection, alimentation meilleure et soins au bétail, qu’est résulté le progrès. Tant qu’on s’est borné à l’action du sang, on n’a pas obtenu grands résultats. On a reconnu l’erreur commise par la méthode des croisements. On a également constaté qu’une race quelconque ne peut en améliorer une autre. On a eu recours, tantôt à des reproducteurs de races à lait indigènes, tantôt à des reproducteurs de races à viande, également indigènes; il n’en est rien résulté de bon. Les soins donnés aux vaches étant insuffisants, la traite se faisant mal, l’organisation de l’établissement étant défectueuse, la production du lait restait stationnaire. On n’arriva pas, par les croisements seuls, dans les grands domaines, à un rendement moyen de 875 litres par tête et par an.
- Il est inutile d’énumérer les races qui ont servi à ces croisements
- (1) C’est de Russie et de Hongrie qu’est ori- presque blanc, plus foncé eu avant du corps,
- ginaire la race dite des steppes; son pelage est Les cornes atteignent la longueur de 1 mètre.
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- (Cliché Je la Deutsc’ie LandmrlschaftHche Presse).
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- U2
- infructueux (anglaises, suédoises, suisses, hollandaises).
- Les résultats sont tout autres, depuis que l’on tient compte à la fois du choix du reproducteur mâle, du choix et des aptitudes de la mère, des conditions locales, de l’alimentation, etc.
- Les provinces Baltiques et la Pologne tiennent la tête pour les résultats obtenus; elles le doivent à rinlluence des sociétés agricoles. On est arrivé progressivement à créer le type laitier propre â la région de la Baltique.
- La fondation de l’Institut normal d'élevage, la création d’un Herd-book, les expositions régionales et locales ont amené une grande amélioration dans l’élevage du bétail.
- En Pologne, on est entré récemment dans cette voie excellente. On a créé des dépôts de reproducteurs, très utiles pour les cultivateurs; on a formé un personnel instruit dans les écoles d’un caractère spécial. Ces écoles sont créées dans les domaines particuliers; on y enseigne 1 élevage et l’alimentation, la médecine vétérinaire, le traitement du
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- lait, etc. Tous les travaux concernant l’élevage sont faits dans ces écoles par les élèves.
- Comme je l’ai dit, le bétail est encore à l’état de nature chez les paysans. Cependant certains centres, dont les ressources alimentaires sont bonnes et abondantes, sont déjà renommés.
- Les bonnes vaches laitières appartiennent à la race Kholmoftory, dans le gouvernement d’Archangel.
- Ces vaches donnent 3,ooo litres de lait par an; elles pèsent 5oo kilogrammes. Les pâturages sont de bonne qualité et bien entretenus pendant l’hiver.
- C’est Pierre Ier qui a amélioré cette race par l’introduction des reproducteurs hollandais. Dans le gouvernement de Jaroslaw, les vaches produisent a,5oo litres de lait, renfermant à, 2 p. 100 de beurre.
- A signaler encore d’autres races, nomades celles-ci : Kirghize. et Kalrnouke. Ces animaux donnent de très bonne viande. Les Kirghizes pèsent A20 kilogrammes; les Rahnoukes, 5oo kilogrammes.
- Le bétail de l’Ukraine est de haute taille; très endurant, il fournit des bêtes de labeur, mais il est très mal nourri et mal entretenu.
- Le Gouvernement fait de grands efforts pour améliorer l’élevage chez les paysans, à raison du bas prix des céréales; dans ce but, il est résolu à mettre en œuvre tous les moyens. !
- Vaches laitières et laiterie. — L’histoire de l’industrie laitière en Russie peut se diviser en trois périodes. La première va jusqu’à l’année 1870, la seconde s’étend de 1880 à 1890; enfin la troisième comprend les dix dernières années du xixc siècle (1 890 à 1900).
- Avant l’année 1870, rien n’avait été tenté pour perfectionner la laiterie russe, il n’existait qu’un très petit nombre de fromageries tenues par des Suisses qui gardaient le secret de leur fabrication. On ne fabriquait de beurre fondu que sur une petite échelle; le beurre frais et le fromage venaient de l'étranger. Actuellement, le fromage est encore un mets absolument inconnu aux paysans du Centre et du Nord de la Russie; ce produit n’est usité qu’au Caucase, en Crimée et en Bessarabie. Il est fabriqué avec du lait de brebis. A partir
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- IM
- de 1870, commence un progrès notable dans le traitement du lait et de ses produits.
- L’initiateur de ce progrès est M. Werestchaguine qui, en 1866, avait créé, dans le village d’Otrokovitch (gouvernement de Twcr). la première fromagerie coopérative russe. La première école de fromagerie russe a été fondée a Edinsonovo, en 1871. O11 compte aujourd’hui quinze écoles du meme genre. En 1880, on introduit l’écrémeuse centrifuge; on fait venir des instructeurs du Danemark: à dater de ce moment, le progrès va s’accentuant. Il existe actuellement en Russie deux catégories de laiteries-beurreries : les laiteries coopératives et les laiteries particulières. Ce deuxième groupe se subdivise en :
- i° Laiteries des grands domaines, traitant le lait de leurs vaches;
- 20 Laiteries centrales, qui achètent le lait des paysans.
- Ces laiteries obtiennent d’excellents produits qui donnent lieu a une exportation considérable.
- J’aurai l’occasion d’exposer l’organisation des laiteries coopératives et les excellents résultats que donne cette institution dans les pays qu’on peut citer comme modèle sous ce rapport, le Danemark par exemple.
- La création des voies ferrées en Russie (notamment celle du transsibérien) a contribué très largement au développement et aux progrès de l’industrie laitière. De 1,500,000 kilogrammes avant 1878, le transport des produits de laiterie est monté à 8,200,000 kilogrammes en 1898.
- La Russie d’Europe possède aujourd’hui 500 fromageries qui produisent ensemble 3,34o,ooo kilogrammes de Iromage. Il existe 2,500 beurreries livrant ensemble 7 millions de kilogrammes de beurre de bonne qualité.
- La Sibérie-Ouest compte déjà 290 beurreries coopératives; elle a produit, en 1899,4 millions de kilogrammes de beurre. Le gouvernement fait des efforts considérables pour développer l’industrie laitière et l’écoulement, au dehors, de ses produits. On étudie la création de lignes directes de transport à vapeur entre la Russie, l’Allemagne, la Belgique, l’Angleterre, avec réfrigérants sur les bateaux et dans les ports.
- En 1 898, il a été importé pour 87 4,000 roubles de fromage, dont
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- RUSSIE.
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- 970,000 roubles de fromage venant de France et 991,000 roubles de fromage venant d’Allemagne. L’importation des beurres (vache et brebis) s’est élevée à 996,000 roubles; celle du lait en nature, à 311,000 roubles. En cette même année 1898, il a été exporté 100,977 quintaux ^e beurre de vache, valant 6,616,000 roubles; 3o 1,000 roubles de fromage et 999,000 roubles de lait en naturel
- Moutons. — La Russie occupe un des premiers rangs pour l’élevage du mouton, qui est par excellence l’élevage des pays pauvres; elle possède, nous l’avons vu, le huitième du nombre des moutons du monde. Les immenses steppes vierges du Midi et de l’Est, très peu peuplés, ne peuvent guère avoir d’autre utilisation. L’extension de la culture agricole a légèrement diminué l’importance de l’élevage, (en Russie d’Europe : 45 millions de têtes en 1900, contre 5o millions en 1860), mais celui-ci s’est perfectionné. Le progrès s’est traduit par une augmentation du poids vif et par une amélioration notable dans la qualité de la laine.
- On distingue en Russie deux catégories de moutons très tranchées : les bêtes à toisons fines (mérinos); celles a toisons communes (moulons indigènes). L’amélioration des moutons de la première catégorie a été depuis longtemps l’objet de la sollicitude des éleveurs; de la seconde catégorie, on ne s’occupe guère que depuis dix ans.
- Les troupeaux de mérinos sont nombreux dans le Sud (Tauride, Astrakan, Caucase, Don).
- Mérinos. — On évalue le nombre des moutons de mérinos à 15 millions environ. Ils produisent plus de 50,000 tonnes de laine; le rendement moyen, par tête, est de 3 kilogr. 980 ; la laine en suint vaut 1 fr. 33 le kilogramme. La dépréciation du prix de la laine, — causée par les importations de la Plata, de l’Australie, — et les mauvaises récoltes ont pesé sur l’élevage du mérinos, sans cependant qu’on ait noté une diminution considérable dans les troupeaux.
- Généralement, on donne la préférence à un type de forte race, à laine moyennement frisée.
- (I) E11 1900, rien qu’eu Angleterre, la Russie a exporté pour 2/1,500,000 francs de beurre (io,5oo tonnes).
- AGRICULTURE. — I.
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- LLU
- 17-30 p. 100.
- 30-40 p. 100.
- 40-50 p. 100
- 50-60 p. 100. 60 p. 100 et au-dessus.
- Fig. 18. — Effectif des moutons proportionnellement au chiffre total du bétail.
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- L’importation des Rambouillet concourt à l’amélioration de la race; il existe aussi en Russie un grand nombre d’élevages de Rambouillet purs.
- La Pologne fait exception. On s’en lient, dans cette région, au Né-gretti et à Y Electoral, mouton à laine très fine, mais à toison moins lourde.
- Races indigènes. — Le mouton indigène est à laine commune, mais, suivant les contrées, de qualité variable. Cette race entre pour les quatre cinquièmes dans le total des moutons russes. On en utilise la peau et laqueue, le lait des femelles, enfin la viande.
- 11 y a des races nombreuses dont les plus connues sont :
- La Romanoskaia, qui atteint un poids élevé; elle fournit des vêtements chauds, la laine étant serrée et riche en duvet ;
- La Tzigane, à laine très égale, très souple. Cette race, élevée en Bessarabie, sert aux croisements; son élevage en grand ne fait que commencer : elle est, à l’heure actuelle, représentée seulement par 800,000 têtes;
- La Karakail : très bonne comme peau et comme viande;
- La Réchételofskaia et la Sockolskaia (Midi) : très renommées par l’abondance de leur lait et par la qualité de leur peau;
- La Tchouzki : race laitière (en Bessarabie);
- La Valache : donne une laine longue et blanche; sert surtout à ia confection des tapis (Sud-Ouest). Elle est un objet d’exportation;
- Les races du Caucase : se distinguent par la saveur agréable de leur viande. Elles sont aptes à l’engraissement.
- Aucune de ces races ne correspond à un type bien fixé. Il y a encore des améliorations nombreuses à apporter a la sélection, aux croisements, etc.
- Les bêtes a laine russes sont sans grande importance, sous le double rapport de l’importation et de l’exportation. En 1898, on a importé 380,000 têtes venant de Chine, de Perse, d’Afghanistan. L’exportation s’est élevée à 106,000 têtes seulement.
- Porcs. —Malgré la réunion de conditions favorables à son élevage, telles que le bon marché des grains, l’abondance de petits grains ne
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- pouvant supporter le transport sur les marchés, le haut rendement des plantes à rhizomes dans les terres arides, l'abondance des déchets, l’élevage du porc est peu répandu, puisqu’on compte à peine 1 2 millions de porcs sur les 160 millions de têtes de bétail. Le Danemark, qui a, en tout, 2,500,000 hectares de terres labourables et 2,170,000 habitants, comptait, en 1898, 1,157,500 porcs, soit le dixième de la population porcine de la Russie, avec ses 43o millions d’hectares cultivés et sa population de i3o millions d’habitants. C’est au développement extraordinaire de l’industrie laitière eu Danemark qu’est dû le chiffre élevé de sa population porcine.
- L’Ouest est beaucoup plus riche en porcs que le Nord, l’Est et le Sud-Est.
- L’élevage de cet animal si utile est négligé, aussi bien dans les grands domaines que chez les paysans. La Russie ne possède d’ailleurs que deux races, toutes deux médiocres: l’une à oreilles courtes, l’autre à oreilles longues. Ces animaux fournissent d’excellentes soies, une chair inférieure et un poids de viande net presque insignifiant. Rs se vendent mal. Leur principale qualité est leur endurance : ils supportent parfaitement d’être nourris exclusivement dans les champs; engraissés, ils atteignent un poids de 200 à 300 kilogrammes. Leur lard est granuleux ; leur chair, maigre et grossière. Récemment quelques racés améliorées ont été introduites, principalement dans les fermes du Ministère de l’Agriculture et des Domaines.
- L’engraissement se fait particulièrement avec des résidus d’ami-donnerie, et, dans la Petite-Russie, avec des grains (le lard petit-russien est renommé); les quartiers congelés sont expédiés dans le centre de l’empire : l’arrière-train est salé (jambons), l’avant-train est débité et vendu frais. H se fait dans cette région une grande consommation de cochons de lait.
- Les soies constituent en Russie le principal objet d’exportation auquel donne lieu l’élevage du porc.
- De 1889 à 1898 on a exporté 2,35o tonnes de soies; en viandes fraîches, 2,160 tonnes (Finlande et Allemagne); en viandes fumées, 800 tonnes; en lard, 500 tonnes. Les soies sont presque exclusivement exportées en Allemagne. H reste de notables progrès à faire et
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- un grand développement à donner à l’élevage de l’espèce porcine en Russie.
- Chevaux. — 33 millions de chevaux, sur 65 millions dans le monde entier; 25 chevaux par îoo habitants. Ces deux chiffres résument l’importance de l’espèce chevaline en Russie.
- Dans certains districts des régions de Samara, Orenbourg, Astrakan, Oural, on trouve un cheval par habitant. C’est la Pologne et le Caucase qui ont le moins de chevaux : 6 à 11 pour îoo habitants.
- La population rurale (paysans) possède 90 p. 100 des chevaux, puis viennent les propriétaires terriens.
- Les qualités du cheval sont très diverses suivant les contrées et les mœurs de leurs habitants. Dans le Nord et dans l’Est, les chevaux sont de petite taille : 1 m. 33; dans le Centre, plus hauts et plus massifs. Dans toutes les régions, le cheval du paysan est frugal, endurant, ardent au travail. C’est la meilleure bête pour la culture extensive, seule pratiquée par les paysans russes.
- La race Finîtes est la plus remarquable; elle est robuste, rustique, rapide et d’une frugalité surprenante.
- La race finnoise (Finlande) [alezan ou brun avec crinière et queue blanches] est un exemple frappant de ce qu’on peut obtenir par l’alimentation, l’éducation et la sélection, sans recourir à des croisements étrangers.
- La race Keppler (Esthonie) est, malgré les tentatives d’amélioration, de trop petite taille : 1 m. Ù2.
- La race du Don (race indigène) a été améliorée par l’infusion de sang oriental et de sang anglais; elle donne annuellement 5,o 00 chevaux et juments. Ce sont d’excellents chevaux de cavalerie d’une résistance pour ainsi dire sans limite. R existe sur le Don, i3o haras comptant 22,000 poulinières élevées exclusivement en plein air, hors de l’écurie.
- La race Kalmouke se trouve sur le cours inférieur du Volga, région habitée par les Kalmouks nomades et où existent de nombreux haras en plein air peuplés par 30,000 juments.
- Au Caucase, on rencontre la race Kabarda, d’origine orientale.
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- AGRICULTURE
- 7-10 p. 100.
- 10-15 p. 100.
- 15-20 p. 100.
- mmms
- 20-30 p. 100. 30 p. 100 et plus.
- Fig. ig. — Effectif des chevaux proportionnellement au chiffre total du bétail.
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- La race turcomane (Karabaïs) fournit d’excellents chevaux de combat, animaux de haute taille. Elle est d’origine arabe. Tamerlan, après la conquête de l’Arabie, amena 5oo chevaux de sang quiI laissa dans les villes qui bordent les steppes de l’Asie centrale; ces chevaux sont les ancêtres de la race turcomane.
- Enfin il faut consacrer quelques lignes à la célèbre race des trotteurs russes qui a fait connaître dans le monde entier le nom de son créateur : le comte Orloff-Tcbemenski. Ce fut en Orient une celui-ci acheta, sous le règne de Catherine II,
- Smatanha, un magnifique étalon arabe, a la robe blanche argentée, qui mesurait 1 m. 53.
- Parmi les quatre poulains qu’il laissa, étant mort après sa première année de monte, l’un,
- Polhan, était issu d’une jument danoise. Polhan laissa a son tour, d’une jument hollandaise, un poulain du nom de Bar Ier. Cet étalon, gris pommelé, qui réunissait, harmonieusement fondues dans son ensemble, les qualités des trois races, arabe, hollandaise et danoise, devint la souche de la race des trotteurs russes. Il existe encore des descendants de Bar Ier, absolument purs de toute alliance étrangère. Leur trot, bien qu’exceptionnellement rapide, reste toujours harmonieux et régulier. Ce sont eux qui, selon le dicton russe, reportent sur leur dos un verre plein sans répandre une goutte de son contenu n. Dans l’action, leurs membres antérieurs sont projetés en avant par une incroyable détente, puis ramenés avec une telle vigueur que les sabots touchent presque le corps; en même temps leurs pieds de derrière se posent d’autant plus en avant des traces laissées par ceux de devant que
- Fig. 20.— l'Cler-Bouiny, étalon blanc.
- (Hauteur, 1 m. 63; né en 1897 au haras do Khrenovski, par Veterock et Vikhriastaya, tous deux trotteurs Or-îoff; appartient au Gouvernement impérial de Russie; lauréat du championnat créé des étalons de race trotteuse , au concours international de Vinccnnes en 1900.)
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- l’allure est plus rapide. Ils augmentent, en somme, la vitesse moins par la vélocité plus grande imprimée à leurs mouvements que par rallongement de la foulée.
- Il existe six haras de l’Etat. A Khrenovski (gouvernement de Vo-roniége), on élève le trotteur et des chevaux étrangers (32 étalons, 300 juments); à Derkoulsky, se trouvent des chevaux de pur sang anglais et arabe (1 k étalons, 100 juments); à Novo-Alexandrofsky, des chevaux de demi-sang; dans les trois autres haras, l’on élève des races spéciales. L’Etat entretient, en outre, 3i stations de remonte (dépôts d’étalons); eni8q9,3,53o étalons ont sailli 79,667 juments pour les paysans.
- Les expositions régionales concourent très utilement au progrès de l’élevage. Il y en a eu, en 1899, 199 : 99 chevaux propres à l’agriculture et 30 de chevaux de selle.
- Les primes s’élèvent à 135,ooo francs.
- On compte enfin en Russie d’Europe : a,3oo haras privésw avec A8,ooo juments poulinières. Ces poulinières se répartissent comme suit d’après la nature des élevages :
- Races de trotteurs............................... 19,000 juments.
- Races de travail.................................. 6,000
- Races de selle.................................... 5,ooo
- Races diverses................................... 18,000
- Il existe en Russie des courses au galop, officielles depuis 1833. Ces courses ont lieu dans 32 localités où l’on se dispute i,485 prix s’élevant ensemble à environ 3 millions de francs. Les courses au trot constituent un sport national très répandu dans toutes les classes de la société. Elles ont lieu dans 5o localités. On y distribue 2,000 prix montant à la somme de 3,554,ooo francs. Au total, on consacre, par année, 7 millions et demi en prix donnés à l’élevage du cheval de course. Contrairement à une opinion généralement accréditée en Russie, il y aurait lieu d’importer dans ce pays des étalons étrangers; la race boulonnaise tout particulièrement semble donner d’excellents résultats.
- (1) Le plus renommé est celui de DoubroAvka (gouvernement de Poltava), qui renferme 800 boxes.
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- RUSSIE.
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- Aviculture. — L’aviculture est répandue dans toute la Russie. Poules, oies, canards, dindonneaux et même perdrix, coq de bruyère, et toutes les races de poulets (anglais, américains, français) s’y rencontrent.
- On n’élève les pigeons qu’en vue du sport.
- La production des animaux de basse-cour est considérable, mais les statistiques manquent; on ne connaît approximativement que les chiffres des transactions avec l’étranger.
- En 1897, la valeur de l’exportation était de 98 millions de francs. En 1898, elle s’éleva a 106 millions de francs.
- La Russie occupe sous ce rapport la première place dans le commerce mondial; elle figure à la dernière au point de vue de l’importation des produits de l’élevage : 187,000 francs au total en 1898.
- Les œufs sont le principal objet d’exportation des basses-cours. En 1898, il en a été exporté pour 85 millions de francs sur les 106 millions d’exportation totale, le reste étant représenté par des volailles et par des plumes et duvets.
- R y a là une indication dont l’agriculture française pourrait faire son profit.
- Sauf dans les régions les plus septentrionales, le climat et le sol de la Russie sont, du reste, extrêmement favorables à l’élevage de la volaille, qui, cela n’est pas douteux, prendra de plus en plus d’essor.
- Il existe plusieurs sociétés d’aviculture très actives.
- Apiculture et sériciculture. — L’apiculture est en progrès. Le rapporteur, de 1878, n’écrivait-il pas déjà : ccLa Russie, le pays de l’Europe où l’apiculture a pris le plus grand développement. . . n
- La sériciculture, dont on attribue l’introduction en Russie à Michel III, le fondateur de la dynastie des Romanoff, présente pour ce pays un intérêt considérable ; elle pourrait s’implanter dans le sud avec grand profit; la Russie importe, en effet, pour 2 5 millions de francs de soie.
- On a créé une magnanerie modèle à Tiflis,
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- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- Organisation du service vétérinaire. — Avec une population animale aussi considérable, disséminée sur de si vastes territoires, et en raison du contact avec les pays voisins de l’Est, une bonne organisation du service vétérinaire et de la police sanitaire a une grande importance.
- Le service vétérinaire a été créé il y a une vingtaine d’années seulement (1880); il a pris rapidement une grande extension et rendu des services considérables.
- La haute direction en est centralisée au Ministère de l’Intérieur; les autorités provinciales et municipales concourent à assurer le fonctionnement des services. Les vétérinaires inspecteurs sont au nombre de 1 73/1, répartis comme suit :
- Russie d’Europe........................................ 1,265
- Caucase.................................................. 320
- Russie d’Asie.......................................... i/i<)
- Des spécialistes surveillent les parcs à bestiaux, les gares, les ports et les routes suivies par les troupeaux en marche.
- La plus terrible des épizooties, la peste bovine, très commune encore il y a quelques années, emportait annuellement les bestiaux par centaines de mille.
- De 1881 à 1885 , dans un nombre de gouvernements, qui a varié de 32 a 68, où sévissait la peste bovine, on a abattu par ordre supérieur 1,167,000 animaux, représentant, suivant les années, des pertes allant de 5 a 21 millions de francs (en évaluant la tête à 20 roubles seulement, soit 53 francs).
- L’expérience a montré que la diffusion du lléau se faisait principalement par le cheminement du bétail sur les routes qui les amènent des steppes éloignées vers les centres de consommation. On a pris les mesures suivantes : interdiction de migration dans les centres privés de voies ferrées ou navigables. Ailleurs, conduite des animaux aux gares ou aux bateaux les plus proches des points d’abatage (marchés), surveillance et inspection sévère à l’embarquement et à l’arrivée.
- Les résultats de l’application de ces mesures ont été excellents.
- En 1886, la peste sévissait dans 61 gouvernements. On a dû abattre 269,000 têtes de bétail.
- Depuis cette époque le fléau a été en diminution croissante jusqu’en
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- RUSSIE.
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- 1891. Dans cette année , la peste a sévi dans 3 gouvernements seulement. On n’a eu à abattre que 2,300 animaux, soit le centième de ce qui avait été abattu en 1886.
- Le fléau n’existait plus en 1891 que dans les régions les plus éloignées de la Russie d’Europe, dans les gouvernements d’Orenbourg, d’Oufa et de Samara.
- La libération entière de la Russie d’Europe était complète trois ans après.
- Le fléau persistait encore dans la Russie d’Asie et dans le Caucase septentrional où la lutte était très difficile; mais on en a triomphé et depuis 1 898, le Caucase septentrional est débarrassé de la peste bovine.
- En Asie russe, mêmes résultats excellents dus à la police sanitaire : de 1888 à i8p3, on abattait de 5 à 6,000 têtes par an; de 189Ù à 1896, on n’a eu que ^3^ animaux à sacrifier.
- Actuellement tous les territoires russes sont débarrassés de la peste bovine; on a créé deux zones de protection pour s’opposer a la réintroduction des animaux contaminés : la première vise la Turquie et la Perse; la seconde, le Turkestan, la Chine et la Sibérie orientale, pays où aucune mesure n’a été prise jusqu’à ce jour contre la peste.
- La fièvre aphteuse apparaît tous les ans et fait de grands ravages.
- De 1891 à 1895, 3 millions de bovins, 65o,ooo moutons et 85,ooo porcs ont été atteints. Ces chiffres correspondent aux pourcentages Suivants. population animale
- TOTALE, p. 10U.
- Bovins.......................................... 0.70
- Moutons......................................... 0.11
- Porcs........................................... 0.1s
- Cette proportion est cependant inférieure a celle qu’on a constatée en Allemagne, ainsi que le montrent les chiffres suivants :
- MOYENNE ANNUELLE TOTALE DES ANIMAUX ATTEINTS DE FIEVRE APHTEUSE.
- Russie..................................... 379,000
- Allemagne.................................... g46,ooo
- Le déplacement du bétail atteint de fièvre aphteuse est interdit, on pratique des inoculations (non obligatoires).
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
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- Le charbon, appelé peste sibérienne, sévissait autrefois intensivement sur tous les animaux: de 1881 à 1895 le nombre des bêtes bovines, ovines, porcines et des chevaux atteints s’est élevé aux chiffres suivants :
- ANIMAUX ATTEINTS. MOItTALITK
- Russie d’Europe 36,700 71./l
- Caucase j ,3/i/i 72.2
- Russie d’Asie 5, h 0 0 75-9
- Divers vaccins avaient été préconisés, dès 1888.
- En 1895, la Société anonyme française du vaccin Pasteur a ouvert a Nijni-Novgorod un laboratoire de préparation et de vente de vaccins français ; l’usage du vaccin antipesteux s’est propagé rapidement.
- Le chiffre des animaux inoculés en 1888 était de 7,000; il passe, en 1897, à 835,ooo animaux comprenant:
- Chèvres ou brebis.......................... 625,000
- Bovins...................................... 1 h 0,000
- Chevaux....................................... 68,000
- Porcs et divers................................ 2,000
- La réduction de la mortalité depuis 1897 a été considérable par suite des vaccinations; elle est tombée à la proportion suivante :
- Ovins.........
- Bovins........
- Chevaux.......
- Porcs et divers.
- 0.570 p. 100. o.o85 0.2/18 0.711
- La péripneumonie contagieuse n’est pas très fréquente en Russie.
- Le rouget du porc causait autrefois une mortalité de 11 p. 100 des animaux atteints. Depuis l’emploi du vaccin elle est réduite de i,5 a 3,i p. 100.
- La clavelée (mortalité 16 p. 100) diminue de gravité avec la vaccination qu’on commence à pratiquer.
- La morve est commune dans certains gouvernements. De 1881 à 1895, en Russie d’Europe 2,160 chevaux ont été abattus en moyenne par an; en Russie d’Asie, i35; au Caucase, 26.
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- RUSSIE.
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- L’abatage n’est pas obligatoire, mais dans la proportion de 67 à 90 p. 100 des cas, il est exécuté spontanément par les propriétaires de chevaux.
- On commence à inoculer avec la malléine les animaux douteux.
- La rage est propagée sporadiquement par les loups. On n’a pas de documents certains sur son intensité; de 1881 à 1895, 56o animaux enragés ont été abattus.
- Sur la tuberculose du bétail on a peu de documents précis, à raison de la grande difficulté d’établir une statistique dans cet immense territoire. En 1897, on a tuberculine 2,343 vaches ou bœufs répartis dans 24 gouvernements. On a constaté i,63o résultats négatifs et 7i3 résultats positifs.
- Tous les animaux reconnus tuberculeux sont abattus.
- Le service vétérinaire est complété par les tournées des vétérinaires officiels qui examinent le bétail sur place.
- En 1897, 344,ooo animaux ont été soumis à cette inspection qui se pratique suivant deux systèmes : ou bien l’on amène les animaux en un lieu désigné, ou bien l’inspecteur appelé par les intéressés visite les étables et les écuries.
- La création d’un laboratoire bactériologique était le complément indispensable du service vétérinaire organisé sur les bases dont nous venons d’indiquer les grandes lignes.
- Ce laboratoire dépend du Ministère des Domaines. On y prépare les virus et vaccins.
- Il existe, en outre, 4 instituts vétérinaires avec laboratoire bactériologique (Varsovie, Kazan, Karkoff, YouriefF).
- De plus, on a installé i5 laboratoires dans les chefs-lieux de gouvernement.
- Enfin on a organisé l’inspection des abattoirs qui est indispensable a raison de l’énorme mouvement du bétail en Russie. En effet, i,3oo,ooo bovins se déplacent annuellement et sont conduits dans les marchés. Quatre marchés, ceux de Pétersbourg, Moscou, Varsovie et Odessa, reçoivent à eux seuls 64o,ooo têtes de bétail, soit 49,2 p. 100 de la totalité des chevaux abattus; les autres marchés en reçoivent 660,000. Tout le gros bétail de commerce est abattu dans
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- les abattoirs des villes et clés particuliers et inspecté par les vétérinaires.
- En 1896, sur 3,988,000 animaux abattus, 622,o3o(i5,6p. 100) ont été reconnus atteints de maladie.
- Les maladies épidémiques figuraient pour 90,7 p. 100 des malades abattus et les maladies sporadiques pour 9,3 p. 100.
- Il y a interdiction absolue de vente et consommation des animaux atteints de fièvre charbonneuse, de peste bovine, de morve. La viande, les peaux et les corps sont détruits.
- Pour d’autres maladies, les précautions prises varient suivant les cas.
- E. INDUSTRIE SUCRIERE. - ALCOOL. - BIERE.
- INDUSTRIE SUCRIÈRE : SON HISTORIQUE; SON ETAT ACTUEL. - COMMERCE DES SUCRES.
- MÉLASSES. - ALCOOL. — BIERE. — HYDROMEL.
- Industrie sucrière. — A11 moment où, plus que jamais, la question sucrière est à l’ordre du jour, il est intéressant de se rendre compte des conditions de la production, de la consommation et du commerce du sucre dans les pays où la culture betteravière occupe un rang prépondérant.
- Au siècle dernier, la Russie comptait sept raffineries de sucre de canne ; la première avait été créée en 1719 a Saint-Pétersbourg; la deuxième, a Moscou, en 1723. L’essor de cette industrie fut arrêté par l’avènement du sucre de betterave au début du siècle actuel.
- La première fabrique russe de sucre de betterave a été construite, en 1802, par Blankengagen et Guérard, au village d’Aliabef, du gouvernement de Toula.
- Cet établissement, à la prospérité duquel le gouvernement russe s’intéressa, prit beaucoup d’extension et fonctionna avec un succès qui. provoqua la création de nouvelles sucreries, notamment dans le Sud-Ouest qui offre les conditions les plus favorables à cette fabrication.
- Cependant jusqu’en 1880, la Russie ne produisit pas assez de sucre pour satisfaire à la consommation indigène. A partir de cette époque, le développement des fabriques russes permit de produire des quantités suffisantes pour répondre aux besoins du pays. Bientôt
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- même le sucre devint, pour la Russie, l’objet d’un commerce d’exportation considérable par les frontières d’Europe et d’Asie.
- Diverses conditions, la plupart d’ailleurs communes aux pays de l’Europe centrale, ont contribué, en Russie, au développement de cette industrie : diminution du profit de la culture des céréales, extension des débouchés du sucre, amélioration des assolements par la culture de la betterave, etc.
- Quelques chiffres vont montrer quels ont été en Russie l’accroissement du nombre des fabriques et celui de faire de culture de la betterave dans la période décennale 1890-1899.
- De 1890 à 1894, 1,122 fabriques de sucre en pleine activité ont transformé les produits de 1,558,000 hectares de betterave, ce qui donne une moyenne annuelle de 22 4 fabriques traitant la récolte de 311,663 hectares.
- Dans la période quinquennale suivante, 1895 à 1899, 1,210 fabriques ont absorbé la récolte de 2,o3o,ooo hectares, soit, par année moyenne, 2/12 fabriques transformant en sucre les betteraves produites par 4 06,000 hectares.
- De 1890 à 1899, le nombre des sucreries en pleine activité a passé de 221 (1890) au chiffre de 268 : en dix ans, le nombre des sucreries s’est donc accru de 20,6 p. 100; 45 p. 100 des fabriques actuellement existantes appartiennent à des particuliers et 55 p. 100 à des sociétés par actions.
- L’aire de la culture betteravière, de 3o6,522 hectares qu’elle embrassait en 1890, s’étendait, en 1899, sur 482,295 hectares, ayant, par conséquent, augmenté 5y,3 p. 100. De la surface totale plantée en betteraves, 32 p. 100 appartiennent aux fabriques de sucre qui ensemencent pour leur propre compte, et 68 p. 100 sont cultivés par des particuliers.
- La culture de la betterave s’étend sur 2 3 gouvernements de la Russie d’Europe (sur 5o); elle occupe, ordinairement, la cinquième ou la sixième partie des terres des exploitations où elle existe; l’étendue générale des domaines où elle entrait, en 1899, dans les assolements est de 2,200,000 à 2,750,000 hectares.
- Le rapprochement des chiffres réunis dans le tableau suivant
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- donne une idée exacte du progrès de la culture de la betterave en Russie.
- Ce tableau dénote un progrès réel dans la dernière période quinquennale, surtout si I on considère que les conditions atmosphériques des années 1898 et 1899 ont été très défavorables : neiges précoces, gelées de l’automne 1898, sécheresse prolongée et envahissement des insectes au printemps de 1899.
- PÉRIODES QUINQUENNALES. MOYENNE DES RENDEMENTS ANNUELS des champs de betteraves. MOYENNE DU RENDEMENT D’UN HECTARE de betteraves. QUALITÉ MOYENNE DE LA BETTERAVE.
- RICHESSE EN SUCnE. SUBSTANCES AUTRES que le sucre. PREMIER choix.
- quintaux. quintaux. p. 100. p. 100. p. 100.
- 1889 à 1893 66,277,000 167.8 16.06 3.22 00 0 oc
- 1894 à 1898 67,968,000 17/1.I 16.17 2.9/t 83.76
- Le rendement de 16,000 à 17,000 kilogrammes de betteraves à l’hectare est faible encore, mais il résulte des indications fournies par la pratique de plusieurs domaines que dans diverses régions on arrive à une production de 32,000 kilogrammes et à une richesse saccharine de 20 p. 100. Ces résultats locaux montrent que les procédés de culture peuvent être singulièrement améliorés au double point de vue de l’accroissement des rendements en betterave et de la richesse en sucre.
- La culture de la betterave est d’un grand secours pour les populations rurales. Durant l’été, elle exige klx millions de journées de travail qui procurent aux paysans un salaire supplémentaire évalué de ki millions à 58,5oo,ooo francs, qu’ils gagnent pendant les journées que leurs travaux habituels laissent libres.
- La valeur du rendement en betterave à sucre, cultivée de préférence après jachère, est évaluée à une somme variant de 169 fr. 60 à 292 fr. 6o(1) par hectare. Le quintal de betteraves, suivant l’importance du rendement, coûte au cultivateur de A2 à 76 kopecks : soit 1 fr. 137 à 2 fr. 022. Le quintal est vendu aux fabriques, suivant la qualité, la pureté et la richesse saccharine de 1 fr. 616 à 2 fr. 106.
- (I) 60 à 110 roubles de 2 fr. 66.
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- D’après cela, il reste au cultivateur de ik fr. 90 (5 r. 60) à 66 fr. 5o (20 r.) de bénéfice net à l’hectare. En outre, le prix de la betterave tend à augmenter; il s’est élevé, en 1899 , jusqu’à 2 fr. 5o le quintal. On aura une idée de la puissance de l’outillage des fabriques de sucre russes en jetant un coup d’œil sur le tableau suivant :
- Nombre! de diffuseurs fonctionnant d a ns In u t es I es fa b r i ( ju es d e T E1 n [) i r e.
- Capacité de ces diffuseurs en hectolitres .............................
- Capacité d’un diffuseur en hectolitres.
- Surface de chauffe des appareils de vaporisation, en mètres carrés.. . .
- Nombre de chaudières................
- Nombre de journées d’ouvriers (hommes, femmes, jeunes filles et {•arçons de moins de 16 ans) pendant la durée de l’extraction du jus, non compris les ouvriers travaillant hors de la fabrique et des ateliers......
- Ces chiffres marquent le progrès accompli dans la dernière période décennale. L’outillage et son agencement ont été renforcés : la capacité de chaque diffuseur a augmenté de 2 5 p. 1 00 ; celle de la surface de chauffe de 20 p. 100. Le nombre des journées de travail a diminué de 2 3 p. 100, la force mécanique ayant remplacé dans cette mesure le travail de l'homme.
- Les fabriques russes travaillent exclusivement par le procédé de diffusion; le rendement en sucre varie entre 11.0 et 12.5 p. 100 du poids de la betterave, la concentration étant portée à 1 5 ou 16 degrés. La concentration des sirops de pulpe se fait dans les chaudières à vide qui donnent, en sirop, 1 3 à 16 p. 100 du poids de la betterave, à la densité de 91 à 95. La centrifugation de la pulpe donne de 48 à 60 p. 100 de sucre brut blanc, suivant la quantité de produits inférieurs qui y ont été ajoutés.
- On aura la mesure de l’accroissement de la production en quantité et qualité depuis 10 ans parles quelques données suivantes.
- AGRICULTURE. - I. 11
- MOYENNE DE TROIS ANNEES
- AU COMMENCEMENT A LA FIN
- (lo la do la
- période décennale. périodedéeennale
- 9,72 b
- 3,334
- 60,707 77,860
- 18.6 23.3
- 129,147 1 5 4,7 3 6
- 2,0 3 o 3,139
- 353.8
- 9.85. U
- IMPRIMERIE NATIONALE.
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- EXPOSITION DE 11)0 0.
- ACKICl l/FEliE.
- m
- Au cours des cinq campagnes 1889 à 189û, une fabrique russe transformait journellement une quantité de betteraves évaluée à 2,585 quintaux: la production moyenne de sucre était annuellement, durant cette période, de 210,160 quintaux et le rendement en sucre de 10.1 3 p. 100, plus 3.75 p. 100 de mélasse noire.
- Dans la période quinquennale suivante 1895-1899, chaque fabrique a transformé en moyenne, par jour, 3,32 5 quintaux de betteraves; la production annuelle de sucre s’est élevée à 27/1,093 quintaux, avec un rendement de la betterave de 11 p. 100 plus 3.73 p. 100 de mélasse noire.
- De ces chiffres, il résulte que la moyenne journalière du travail de chaque fabrique a augmenté de 28 p. 100; celle de la production, de 30 p. 100, et le rendement moyen de la betterave de 9 p. 100.
- La quantité de mélasse produite n’a pas varié, mais sa teneur en
- sucre a diminué.
- La mélasse verte (alimentaire), dont le prix varie entre 2 fr. ko et h francs le quintal, est employée aux usages suivants :
- i° 38 a ko p. 100 de cette mélasse sont distillés;
- 20 10 à 12 p. 100 sont traités à la strontiane carbonatée ou par
- d’autres procédés pour en extraire le sucre (dans 18 fabriques);
- 3° Le reste, soit 5o p. 100 au moins, sert à la nourriture du bétail.
- Les autres déchets de la fabrication du sucre sont également utilisés : les pulpes servent à l’alimentation des animaux et sont vendues à des prix variant de 0 fr. 07b à 0 fr. sk le quintal. La crasse des filtres-presses sert à L’amendement aux terres.
- Dans les conditions de production que nous venons de faire connaître, d’après les documents officiels exposés dans la section russe au Champ de Mars, le coût de la fabrication du sucre va en diminuant en Russie. Dans les premières années de la dernière période décennale, le prix de revient du quintal à la fabrique était d’environ ko fr.; aujourd’hui, il est voisin de 33 francs, soit une diminution de 17.5 p. 100. Il convient, en outre, de noter qu’auparavant le capital engagé dans les entreprises sucrières était d’environ 12 k francs par quintal de sucre fabriqué. Il s’élève aujourd’hui à i34 francs, dont
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- RUSSIE.
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- Bq p. 100 reviennent an capital fixe : terre, constructions, machines, appareils, etc., et Ixi p. 100 au capital de roulement, c’est-à-dire matières premières, sucre, produits, etc. Nous allons examiner maintenant les conditions et la situation du commerce du sucre dans l’empire russe.
- Depuis 189 5, le commerce du sucre en Russie est soumis à des règles édictées par l’ukase du 2 5 décembre de cette année. Lorsque la quantité de sucre produite dans l’année est connue, le gouvernement prend les mesures suivantes :
- i° 11 fixe la quantité de sucre que les fabriques sont autorisées à envoyer sur les marchés de l’intérieur.
- 2° Il détermine la proportion de la production qui sera conservée comme réserve.
- 3° Enfin il décide si l’excédent de la production, répartie partiellement comme je viens de le dire, pourra être tout entier exporté, ou s’il y a lieu d’en conserver encore en magasins une certaine quantité dont il fixe la proportion, pour servir de réserve spéciale d’une année à l’autre.
- Le tableau ci-dessous emprunté à l’étude deM. Tchefranoff, résume pour la dernière période décennale 1888-1898 le mouvement des sucres dans les fabriques et dans le commerce russe (en quintaux métriques) :
- 1 ' PREMIÈRE SECONDE
- PERIODE QUINQUENNALE PERIODE QUINQUENNALE
- fie de
- 1888-1889 à 1893-1893. 1893-1894111897-1898,
- Il a été importé de l’étranger. . . 288,160 17,6/12
- Quantité de sucre restant des
- années précédentes............. 2,201,420 4,071,608
- Il a été fabriqué de sucre de betteraves et de mélasse.............. 22,226,321 3i,o32oi3
- Totaux.............. 24,716,901 35,i2i,i63
- Total pour 10 années.. .
- 59,837,064
- Des données qui précèdent, M. Tchefranoff tire les conclusions suivantes :
- i° L’importation étrangère ne joue presque aucun rôle dans le commerce russe des sucres;
- 11.
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- EXPOSITION DE 1 900.
- A (î H ICI ETIRE.
- 2° Les stocks de sucre des années précédentes augmentent progressivement, ce qui s’explique par la disposition de la loi du 20 décembre 189 5 prescrivant la formation de réserves du sucre de l’année, la demande des marchés intérieurs allant toujours en augmentant;
- 3° La quantité de sucre de betteraves fabriqué au cours de la ((ornière période quinquennale a augmenté dans la proportion de 60 p. 100 (la production de la campagne 1897-1 898 est évaluée a 760,000 francs O);
- 6° La quantité totale (excédent des années précédentes, production et importation) pendant la meme période a augmenté de 6 2 p. 100.
- Voyons maintenant comment la production, dans la période des dix années, s’est répartie entre la vente sur les marchés intérieurs, l’exportation et la réserve.
- Il a été vendu sur les marchés intérieurs : dans la première période quinquennale (1 888-1 889 à 1 892-1 893), 19,109, 1 25 qui 11 taux; dansla secondepériode(i 893—189/1 à 1897-1 898), 26,176,160 quintaux; au total, au cours des dix années, 63,283,275 quintaux, soit 72.3 p. 100 de l’ensemble de la quantité totale du sucre produit.
- Il a été exporté à l’étranger, dans la première période quinquennale, 3,600,768 quintaux, et, dansla seconde, 6,i65,oo3 quintaux métriques; au total, au cours des dix années, 9,795,771 quintaux, soit 16.3o p. 100 de l’ensemble de la production totale.
- Enfin, il est resté en réserve, dans les fabriques, un stock de 11.6 p. 100.
- Si l’on compare les années précédentes avec les deux périodes décennales consécutives, on constate que, dans la dernière, il a é(é envoyé sur les marchés intérieurs 26 p. 100 de sucre de plus que dans la précédente période.
- Avant la période 1895-1896, l’accroissement de la consommation du sucre n’a pas été constant : en moyenne, la consommation annuelle n’a pas augmenté cleplus de 166,000 quintaux, tandis qu’à partir de cette époque elle a subitement augmenté d’environ 5oo,ooo quintaux
- f|) La Russie a produit 928,000 tonnes en 1900.
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- par an. Aujourd’hui, elle est, par tête d’habitant, de h kilogr. 700. Mors qu’avant 189 5 l’accroissement annuel n’était que de 70 grammes par habitant, il s’est élevé, à partir de cette année, à 810 grammes.
- Au fur et a mesure que la consommation augmente, le prix diminue; peut-être serait-il plus juste d’énoncer ce fait en disant qu’à mesure que le sucre diminue de prix la consommation s’accroît.
- Les mercuriales du marché de KiefF, qui est le centre principal de la production bctteravière, justifient cette assertion :
- PRIX DU QUINTAL DE SUCRE BRUT.
- 1881 à 1885.............................
- 1886 à 1890.............................
- 1891 à 1895.............................
- 1896 à 1898.............................
- Ces prix doivent être majorés du montant de la taxe de patente et d’accise, qui est de 28 fr. ko par 100 kilogrammes. Rien ne saurait mieux démontrer l’influence de l’abaissement du prix du sucre sur l’accroissement de sa consommation.
- Il convient de noter qu’en Russie le sucre est principalement consommé à l’état de raffiné; sur la totalité, 70 p. 100 représentent la consommation du raffiné; 3o p. 100 , seulement, celle de la cassonade. La cassonade est raffinée dans les sucreries ou dans les établissements spéciaux. Dans la deuxième période décennale, on comptait :
- i° 3ho sucreries-raffineries qui ont produit 720,000 tonnes de sucre raffiné et 19,268 quintaux de mélasses clarifiées;
- 20 180 raffineries ayant produit 2,600,000 tonnes de sucre raffiné et 633,710 quintaux de mélasses clarifiées.
- Au cours de cette période décennale, les usines de raffinage do cassonade et les raffineries, ont traité 3,3h0,000 tonnes de cassonade, soit 55.8 p. 100 de l’ensemble des sucres produits pendant cette période, autrement dit 77-3 p. 100 des sucres consommés à l’intérieur.
- La production des sucreries-raffineries et des raffineries augmente d’année en année;de la première période quinquennale à la seconde, elle s’est accrue de 2 3.3 p. 100 et la production des mélasses clarifiées de 28 j>. 100. Les mélasses clarifiées sont principalement
- 7 b1 7 5e
- 7° 99 55 33 '17 75
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- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- demandées pour la fabrication de diverses conserves de fruits, de pâtisseries, de ratafia, de liqueurs, etc. Ce produit est vendu sur les marchés a des prix variant de 29 à 45 francs le quintal.
- Le sucre raffiné est livré par les fabriques en pains coniques du poids de 1 o kilogr. 3 à 12 kilogr. 5 pour la vente à l’intérieur, et en pains plus petits, de î kilogr. 2 5o à 3 kilogrammes, pour la vente sur les marchés d’Orient. On vend aussi beaucoup de sucre en morceaux, sucre scié, sucres en plaques et en bâtons quadrangulaires. On obtient aussi le sucre en morceau en comprimant du sucre en poudre ou du sucre raffiné humide et moulu. Le prix du sucre raffiné varie beaucoup selon les qualités, la blancheur, la dureté, la grandeur des cristaux, l’emballage, etc. Le prix moyen du sucre raffiné en pains, non compris l’accise, sur les principaux marchés, est indiqué dans le tableau ci-dessous : cAINT.
- Période décennale 1889-1899
- Au commencement de
- la période décennale. 70.50 1 A la fin de la période [ décennale........... 64.80
- MOSCOU. PETEHSBOUHG.
- 7o.?3 77.77
- 65.4o 73.5o
- A la fin de la période décennale, les prix de vente des sucres raffinés ont donc baissé presque dans la même proportion que ceux des sucres bruts.
- L’exportation, dont l’autorisation est subordonnée à la récolte de betteraves, subit nécessairement des variations. Le principal article du commerce extérieur est le sucre blanc, qui représente 73 p. 100 de la quantité exportée; viennent ensuite la raffinacle, 17.9 p. 100; le sucre brut jaune ou brun, 8.7 p. 100 et quelques autres articles o.4p. 100. En 1897, il a été exporté 101,300 tonnes de sucre brut et 32,3oo tonnes de sucre raffiné en pains.
- L’exportation dans les principaux pays est la suivante :
- Italie................................................... 28 p.! 00.
- Allemagne.............................................. 15
- Grande-Bretagne.......................................... 12
- Turquie.................................................. 12
- En Finlande, elle est de 19 p. 100. C’est en Perse que s’écoule la plus grande partie du sucre en pains (96 p. 100 de la production).
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- En 1898, il a été exporté, de Russie, des sucres de toute espèce pour la somme ronde totale de 4i millions de francs, dont 23,424,ooo fr. en sucre blanc raffiné, 15,827,000 francs en sucre raffiné en pains, 9,320,000 francs en sucre brut jaune, et 10,000 francs environ de sucre candi.
- 93 p. 100 du sucre brut blanc sont exportés sur les marchés de l’Occident; 7 p. 100 seulement vont sur les marchés d’Orient. Le sucre raffiné, au contraire, va surtout sur les marchés d’Asie (96 p. 100) et 4 p. 100 seulement sur les marchés de l’Occident. Le sucre brut jaune et les produits divers en sucre passent aussi presque tous la frontière européenne; ils sont fort peu demandés en Asie.
- Alcool. — Depuis l’adoption du système de l’accise en 1863-1 864, la distillerie agricole n’existe pour ainsi dire plus en Russie : les distilleries industrielles l’ont supprimée. Je me bornerai donc à quelques courtes observations sur la production de l’alcool en Russie, en les limitant à l’utilisation des matières premières.
- La pomme de terre tient le premier rang parmi ces dernières : en 1897-1898, sur 2,245,700 tonnes de denrées soumises à la distillation, la pomme de terre figurait pour 71.5 p. 100 (1,607,000 tonnes). Le seigle, le maïs, le malt, etc., fournissaient la différence. La pomme de terre était cultivée en 1897,pour distilleries, sur 197,000 hectares; la récolte brute sur cette surface s’est élevée à 1,683,000 tonnes de tubercules. La quantité d’alcool produite en 1898 a été de 9,138,000 hectolitres à 4o degrés. La production totale d’alcool de vin ne dépassait pas, la même année, 82,000 hectolitres à 4o degrés. Les établissements de vente en détail des boissons spiritueuses n’atteignent pas dans tout l’empire le nombre de 1 00,000. La consommation, par tête d’habitant, dépasse légèrement 6 litres par an.
- Bière. — En 1898, les brasseries, au nombre de 1,017, on^ produit 5,264,ooo hectolitres de bière; la consommation par tête n’est pas indiquée.
- L’hydromel n’est plus fabriqué que sur une échelle insignifiante : un peu plus de 6,000 hectolitres par an.
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- EXPOSITION DE 1 9 00.
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- ^ OCEAN
- ARCTIQUE
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- .Moins de 1 p. 100. 10-20 p. 100.
- 20-30 p. 100.
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- 70 p. 100 cl plus.
- Rapport proportionnel de la superficie couverte de forets à la surface iotale.
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- RUSSIE.
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- F. FORÊTS.
- SUPERFICIE. - IMPORTATIONS HT EXPORTATIONS. — PRINCIPALES ESSENCES. - FOUETS DOMANI ALEA.
- FORÊTS PRIVÉES. - SYLVICULTURE; ROISEMKNT DES STEPPES.
- Superficie. — Les forêts couvrent clans la Russie d’Europe (non compris la Finlande) 173,610,000 hectares (taux de boisement: 39 p. 100). Dans les gouvernements du Nord, elles occupent 8 5 p. 10 0 du territoire ; leur étendue et leur nombre diminuent à mesure que l’on descend vers le Sud; dans le gouvernement cFAstrakan, elles n’occupent plus que 0.32 p. 100. Les forêts du Caucase ont une superficie de 7,553,ooo hectares. Si, d’autre part, nous considérons la répartition des forêts proportionnellement à la densité de la population, nous voyons que, dans le gouvernement d’Archangel, il y a 112 hectares de forêts par habitant, et dans celui d’Astrakan, 0.9 seulement. En moyenne, dans la Russie d’Europe (Finlande et Caucase compris), il y a 2 hectares de forêts par habitant. Les importations ont une valeur de 155,139,000 francs et les exportations représentent /12,717,000 francs (année 1898).
- Principales essences. — Les principales essences des forêts russes sont tout d’abord l’épicéa (hauteur : 2 5 à 35 mètres; diamètre : 0 m. 5o à o m. 75), qui constitue à lui seul d’immenses peuplements; puis le pin, le sapin, le chêne, le bouleau, l’aune, le tremble, le tilleul et, dans certaines contrées, le frêne et le charme. Le plus souvent ces essences sont mêlées, dans le Nord, aux essences à feuilles aciculaires et, dans le Midi, aux essences feuillues. Dans l’Est, il existe cependant des forêts constituées uniquement en sapins et, dans le Sud et le Sud-Ouest, quelques peuplements purs de chênes.
- Forêts domaniales. — Au icr janvier 1899, le domaine forestier de l’Etat comprenait 259,000,000 hectares, dont 118,000,000 en Russie d’Europe (non compris la Finlande), 5,^20,000 au Caucase et approximativement i35,58o,ooo en Russie d’Asie. Si on ne fait entrer en ligne de compte que les bonnes terres forestières, ces chiffres se trouvent réduits à 95,000,000 pour la Russie d’Europe; 3,5oo,ooo pour le Caucase et 4o,000,000 pour la Russie d’Asie.
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- AGRICULTURE.
- Ces forêts forment 999 domaines places sous la surveillance de gardes principaux. Les gardes auxiliaires étaient, en 1899, au nombre de 1,1 84, et les hommes de gardes, au nombre de 30,4 b 1.
- En 1898 , les forêts domaniales ont rapporté 89,356,890 roubles; les forêts de la Russie d’Europe sont entrées dans ce chiffre pour 87,539,373 roubles. La dépense s’est élevée la même année a la somme de 8 millions de roubles. Il faut noter que le Gouvernement cède des bois à des prix inférieurs à ceux du marché, et souvent a titre gracieux, à certains services publics et même à des particuliers, notamment aux paysans qui souffrent d’une crise agricole ou dont la maison a été incendiée.
- Forêts privées. — Les forêts appartenant à des villes, à des communes, à des institutions, de même que celles appartenant à des particuliers, furent pendant longtemps à rentière disposition de leurs possesseurs. Mais, dans certains gouvernements, on les détruisit a ce point qu’une loi intervint en 1888 pour réglementer leur exploitation.
- Sylviculture. — Pour favoriser le boisement artificiel des forêts — qui n’est pas encore très usité en Russie — le Ministre de l’Agriculture et des Domaines facilite aux propriétaires l’acquisition des semences et met à leur disposition des sylviculteurs des forêts domaniales. Dans l’ouvrage publié à l’occasion de l’Exposition de 1900, par la Commission impériale de Russie, M. le professeur A. Roudzky explique ainsi le programme de l’Administration russe :
- rcPar des plantations artificielles, l’Administration des forêts domaniales a surtout en vue de créer des domaines forestiers au milieu des steppes, dans les contrées entièrement déboisées, et de fixer les sables mouvants. Le premier de ces buts, poursuivi avec opiniâtreté, a déjà été atteint dans certains steppes et a donné des résultats heureux : au gouvernement d’Ekatberinoslaw, au milieu d’une contrée entièrement dépourvue de bois, il existe aujourd’hui une admirable forêt plantée artificiellement, qui s’étend sur environ 3,000 hectares. Afin d’aider à l’extension des forêts artificielles, il a été formé dans les steppes plusieurs directions forestières qui ont pour mission
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- exclusive de créer des forêts dans ces régions et de fixer les sables mouvants au moyen de plantations forestières. Les agents des forets de la province du Don poursuivent le meme but, en soumettant le steppe de cette contrée à la culture forestière. L’Administration des Apanages, qui s’efforce de créer des zones dans les steppes des bords du Volga, espère améliorer par ce moyen les conditions climatériques de la région et exercer de la sorte une influence salutaire sur l’agriculture. 5?
- G. PÊCIIE ET CHASSE (1).
- IMPORTANCE DE T.A PECIIE EN RUSSIE. - CONSOMMATION DU POISSON. — REGIONS DE PECIIE. -ACCROISSEMENT DU NOMBRE DE PECHERIES. - DIFFERENTES ESPECES PECHEES. - MODES DE PRÉPARATION DU POISSON. — PISCICULTURE. — CHASSE.
- Pêche. — «En Russie, a écrit M. 0. Grimm la pêche est une branche importante^ de l’industrie nationale; non seulement elle procure des ressources a un demi-million de pêcheurs et a plusieurs millions de paysans, qui s’y livrent pendant les loisirs que leur laissent les travaux des champs, mais, encore, elle fournit une nourriture animale saine et peu coûteuse à toute la population de l’Empire. On consomme annuellement, en Russie, 3,376,000 tonnes de viande de bœuf contenant 253,659 tonnes d’albumine; pendant le même laps de temps, la consommation du poisson s’élève à 1,327,000 tonnes contenant ioq,3oo tonnes d’albumine. Par conséquent, la quantité d’albumine de poisson consommée par les habitants est presque égale à la moitié (A3 p. 100) de la quantité d’albumine que fournit la viande de bêtes à cornes. Ces chiffres montrent avec netteté l’importance de l’industrie de la pêche au point de vue de l’économie générale et de l’alimentation du peuple. »
- L’est dans le Sud-Est que la pêche donne le plus de produits (Caspienne et ses tributaires : 625,000 tonnes); puis vient le-Nord-Ouest (lacs et mers de Mourman, Blanche et Baltique : ^20,000 tonnes, dont A0,00o de poissons de mer); les mers Noire et d’Azof et leurs
- !1) Dans l’étude des régions de culture ( [>. <)5 et suiv.), on a déjà pu trouver de nombreux renseignements sur la pêche et la chasse dans la Russie extra-européenne.
- (2) La pêche et la pisciculture (chapitre de
- la Russie à la fin du xixe siècle, ouvrage publié, à l’occasion de l’Exposition de 1900, par la Commission impériale de Russie).
- (3) Le rendement annuel est d’environ 900 millions de francs.
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- AGKTC U LT Vil E.
- tributaires fournissent 200,000 tonnes, dont 3o,ooo tonnes de poissons de mer; la Petcbora, enfin, donne 70,000 tonnes.
- Le nombre des pêcheries augmente chaque jour. En voici un exemple : sur le Volga, de Kamvchin à l'embouchure, il n’y avait, en i83o, que 5 pêcheries; en 1860, nous en trouvons 35; aujourd’hui, il n’y en a pas moins de 365. Autre exemple : en 1800, on ne comptait un millier de pêcheurs ni sur la Caspienne, ni sur la mer d’Azof; il y en a aujourd’hui plus de 30,000 sur la Caspienne et de 70,000 sur la mer d’Azof. Voici les principales espèces qui peuplent les eaux russes et les quantités qui en sont pêchées chaque année :
- Esturgeons........................................... Ai,000 tonnes 9).
- Saumons................................................. ,r)A,ooo
- Carpes et ésoces..................................... <j 18,000
- Harengs de passage dans les rivières................. 100,000
- Harengs des eaux de mer.............................. 00,000
- Divers autres poissons de mer........................... r>o,ooo
- Divers autres poissons d'eau douce....................... 80,000
- Ce tableau et les chiffres que j’ai donnés plus haut montrent que le poisson d’eau douce est pêché en bien plus grande quantité que le poisson de mer; la pêche de ce dernier a, du reste, si peu d’extension, que la Russie est obligée d’importer du poisson.
- Modes de préparation du poisson. — La préparation du poisson se fait dans des factoreries, des stationnements (Mourman), des camps (lacs du Nord), des cantonnements, des communautés (Caspienne), des usines (mer d’Azof et mer Noire). En divers endroits, ce sont les pêcheurs eux-mêmes qui y procèdent; en d’autres, ce sont des ouvriers spéciaux (coupeurs, faiseurs de caviar, de balyk, de colle de poisson, etc.). Dans la région d’Astrakan, certaines usines occupent jusqu’à 8,000 ouvriers. On livre le poisson au commerce sous bien des formes : gelé, séché, salé, essoré, fumé, aigri, mariné, plongé dans l’huile, enfermé dans des boîtes de fer blanc hermétiquement closes.
- La congélation se pratique depuis une vingtaine d’années, en toutes saisons, au moyen de grands réfrigérateurs.
- (l) Dont 3o,ooo d’operlans.
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- Le fumage se fait dans des poêles russes ordinaires, construits dans des chaumières spéciales nommées séchoirs.
- Le poisson fumé constitue, dans certaines parties de la Finlande, la seule nourriture animale des paysans; dans d’autres, on donne la préférence au poisson aigri (harengs). C’est également le poisson aigri qui constitue le principal aliment des indigènes et de leurs chiens dans la Sibérie orientale, où l’on fait aigrir le saumon dans des trous creusés en terre (ioukkal). Ces divers modes de conservation sont bien moins répandus que la salaison, qui nécessite 3oo,ooo tonnes de sel en Russie, dont 2ù0,000 pour la région d’Astrakan. On sale notamment le caviar d’esturgeon et de kephal, le dos d’esturgeon (balyk), le silure, le saumon, les sardines, etc. La conservation du poisson dans des boîtes hermétiquement closes date, en Russie, de 1875. Cette industrie occupe une quarantaine d’usines, travaillant les unes toute l’année, les autres pendant la saison seulement. O11 estime que leur production annuelle représente 750,000 roubles.
- Pisciculture. — Le premier essai de pisciculture, en Russie, remonte à 1856, année où M. V. P. Vrassky découvrit la méthode
- Fig. 22. —Alevin de l’esturgeon russe qui vient d’éclore (échelle i3/i)!l).
- sèche, qui est la méthode russe de fécondation du frai, et fonda rétablissement de Nicolsky. A la mort de son fondateur (1869), cet éla-
- Fig. 2.3. — Jeune esturgeon russe âgé de 11 jours (échelle 8.5/1 ) l'h
- blissement devint établissement d’Etat. Une première succursale fut installée, en 1881, à Saint-Pétersbourg; l’année 189b vit la création
- (l) Clichés du Compte rendu du Congrès international d’aquiculture et de pèche de 1900 (Augustin Challamel, édit.).
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- IMPOSITION DE 1900.
- A GUI C ÜLTUHE.
- (K
- trois nouvelles succursales : à Long (culture des alevins de saumon), à Yourieiï, en Livonie (élevage des alevins de Lavaret de tchoude) et à llogy Promysl, sur les bords de la Koura (culture du saumon caspien). C’est sous l’impulsion de l’établissement de Nicolsky que se sont fondés, en liussie, des viviers, qui tous reçoivent de lui du frai fécondé et'des alevins. Enfin, il existe un assez grand nombre d’établissements-particuliers.
- .s
- Chasse. -— Une chasse très répandue eu Russie est celle du loup. On la pratique généralement de la façon suivante : on lâche deux lévriers qui, après une course rapide, prennent aux oreilles le fauve que le cavalier n’a plus qu’à servir. Une autre variété de chasse est celle ou un cochon, caché sous la neige, sert d’appât en attirant le loup par ses cris. Dans l’Oural, on chasse à cheval; voici comment : on dispose des relais et la chasse est conduite de façon à y passer ; ainsi les chasseurs, grâce à leurs montures fraîches, peuvent forcer le loup qui, finalement, tombe épuisé.
- Dans l’Asie russe, les nomades pratiquent la chasse au faucon. Le chasseur poste le faucon sur son poing ganté et le lance. Le faucon prend toujours le gibier au cou et lui mange la cervelle.
- H. FINLANDE.
- SUPERFICIE. — CLIMAT. — SOL. — POPULATION AGRICOLE. — REPARTITION DE LA PROPRIETE. — RÉPARTITION DES CULTURES ET IMPORTANCE DES RECOLTES. — METHODES DE CULTURE : CULTURES PAR LE FEU; JACHERES; MISE EN CULTURE-DES MARAIS; CULTURES RATIONNELLES. — CÉRÉALES. — RACINES. — PRAIRIES. — IMPORTANCE DU DÉTAIL. - BETES A CORNES. — CHEVAUX. — INDUSTRIE LAITIÈRE. — FONCTIONNAIRES AGRICOLES. — SOCIÉTÉS D’ENCOURAGEMENT. — STATIONS D’ÉTALONS. — COURSES DE CHEVAUX. — SUBVENTIONS DE L’ÉTAT. — CREDIT AGRICOLE. - ENSEIGNEMENT AGRICOLE. - FORETS. - PECHE : PECHE EN MER; PECHE EN EAU DOUCE; EXPORTATION DU POISSON. — MÉTHODES DE PISCICULTURE. — LA SOCIÉTÉ DE PECHERIES DE FINLANDE.
- Superficie. — La Finlande, qui forme la partie nord-ouest de l’immense empire russe, a une superficie totale de 373,60à kilomètres carrés, dont 260,000 susceptibles d’être livrés à l’agriculture.
- Climat. — Grâce à la proximité du Gulfstream, le climat est relativement doux : c’est ainsi que sous la latitude où la température
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- jiu ss 11:.
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- moyenne de la Sibérie varie de -- 3° à ù°, la température moyenne de la Finlande est de -f 5°. La durée de l’hiver est de six mois dans la majeure partie du pays et de huit mois dans le nord.
- Sol. — Le sol de la Finlande présente en général un aspect très varié. La partie méridionale du pays, ainsi que les régions côtières du nord-ouest (TOstrobothnie), sont formées de terrains relativement plats, tandis que l’Est et le Nord sont montagneux et accidentés. Le long des côtes, le pays s’élève peu à peu, forme des landes accidentées et de longues chaînes de collines sablonneuses en dos (lYine; plus loin il s’égalise pour s’élever de nouveau vers l’Est et le Nord, où il devient montagneux. L’intérieur du pays forme ainsi un territoire relativement plat, rempli de lacs et de marais, qui offrent en général a l’agriculture des terrains cultivables. Les principales chaînes de montagnes, dont quelques-unes atteignent des altitudes assez élevées, occupent, dans le Nord du pays, des territoires que leur latitude rend déjà impropres à la culture. L’altitude moyenne de la Finlande n’est que de i3o mètres.
- Le plus souvent, le sol dont peut disposer le cultivateur finlandais est formé de terrains sablonneux ou argileux, de marais et de landes.
- Dans les plaines du Sud et de TOstrobothnie, ainsi que dans certaines vallées fluviales, l’argile, l’élément le plus fréquent, est souvent, très fertile. Le seigle de Yasa, réputé même à l’étranger, provient des plaines argileuses du Sud de l’Ostrobothnie ; celui de Nylancl, recherché comme blé de semence, des plaines argileuses du ‘Sud-Ouest. Dans l’intérieur, le terrain sablonneux (sable de moraine) domine. Il est couvert de forêts, tandis que le terrain argileux, notamment dans le Sud, est depuis des siècles livré à la culture. Toutefois, les contrées sablonneuses sont aussi en certains endroits exploitées avec succès par l’agriculture.
- Les tourbières et les marais, qui couvrent 20 p. 100 de la super-fade du pays, provoquent, même au fort de l’été, des gelées nocturnes qui, s’élevant vers les champs cultivés, peuvent en une seule nuit occasionner de sérieux ravages. En dépit de cet inconvénient, que les cultivateurs réussissent à atténuer par un drainage approprié, les
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- AGRTC l l/n RK.
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- marais et les tourbières constituent une richesse considérable pour le pays, peut-être même Ja principale source de revenus que la nature odre à l’agriculture finlandaise. L'exploitation agricole de ces terrains est, en effet, des plus rémunératrices; on les considère comme spécialement aptes à la culture de l’avoine et des espèces fourragères. L’énorme quantité de matières organiques qu’ils contiennent est employée pour la culture des terres plus fortes. Enfin le terreau et la mousse des marais sont utilisés pour la conservation du fumier pendant les longs hivers du Nord.
- Quant au territoire dès aujourd’hui productif, il est peu étendu. En 1890, les terres labourables n’occupaient que 2.95 p. 100, et les prairies 5 p. 100 de la superficie totale du pays. Cependant si on compare ces chiffres a ceux qui leur correspondent dans des pa\s situés sous les mêmes latitudes, et que, de plus, on tienne compte de la richesse du pays en lacs, cette comparaison est favorable à la Finlande.
- Population agricole. — La population de la Finlande était, en 1815, de 1,090,987 habitants; elle s’est élevée progressivement jusqu’en 1860, époque a laquelle elle est de 1,843,245 âmes. Une suite d’années de famine la ramène, en 1870, à 1,768,769. La progression ascendante reprend ensuite et, en 1896, la population se trouve être de 2,555,462 habitants, ce qui donne une densité moyenne de 7.7 par kilomètre carré.
- En 1888, la statistique établit que les agriculteurs forment 77 p. îôo delà population totale; a cette même époque, la moyenne en Europe était de 58.5 p. 100 (75 p. 100 dans les pays Scandinaves, 33 p. 100 en Grande-Bretagne).
- La Finlande n’ayant jamais connu le servage, les paysans propriétaires y jouent un rôle important. D’une grande moralité, s’occupant avec le plus grand soin de leurs terres, de leurs bestiaux et de pêche, ils forment une classe très respectée.
- Au nombre de 70,000 environ, les tenanciers payent leur fermage en journées de travail sur la propriété dont dépend leur enclos.
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- Répartition de la propriété. — En 1865, la répartition de la propriété était la suivante :
- La couronne possédait..............
- Les villes.................
- Les églises.....................
- Les couvents.......................
- La noblesse........................
- Les autres personnes de qualité Les paysans.....................
- 12,568/188,0 hectares. 61,209,5
- ^79’°
- 7,812,5 1,689,397,0 754,316,5 20,47/1,295,0
- E11 1896, cette répartition était considérablement modifiée :
- La couronne possédait...........
- Le clergé.......................
- La noblesse.....................
- Les sujets étrangers............
- Les autres propriétaires fonciers,
- 14,320,1/19,0 hectares. 292,554,0 364,437,0 1 i8,i44,o 21,463,716,0
- Le nombre total des propriétaires fonciers était, à cette époque, de 117,704, parmi lesquels :
- plus de 100 hectares de terres cultivées. 2,69/1
- „ , . , de 2 5 à 100........................ 22,172
- Possédant < , '
- de 5 a 25......................... 60,676
- moins de 5.......;................... 32,162
- C’est-à-dire que, d’après la statistique détaillée de 1895, sur 100 cultivateurs, il y en avait :
- (plus de 100 hectares de terrains cultivés.. 2.4 p. 100.
- de 25 à 100.............................. 18.8
- Possédant / r , _ r
- 1 de 5 a 2 5...................... 51.0
- [ moins de 5.......................... . . 27.8
- Déjà très faible, le nombre des grands propriétaires tend encore à diminuer.
- Répartition des cultures et importance des récoltes. — Les terres cultivables de la Finlande peuvent être classées en quatre catégories : i° Champs;
- AGRICULTURE* - J. 1 !>
- IMPRIMERIE NATIONALE.
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- 2° Prairies naturelles, qu’on coupe généralement une lois par an; 3° Pâturages;
- A° Forêts.
- Les statistiques suivantes, se rapportant à l’année 1895, concernent les champs et donnent la quantité des récoltes :
- ESPÈCES. HECTOLITRES. PRIX par KILOGRAMME 6). VALEUR EN FRANCS.
- Froment 51,710 fr. c. i 4 5o fr. c. 7/14,867 5o
- Seigle 4,667,198 9 75 45,5o5,i8i ho
- Orge 2,154,oi5 8 oo 17,2/12,120 00
- Avoine 6,623,887. 5 44 36,o33,954 28
- Blé mixte 1.58,288 (6 oo) 9/19,728 00
- Sarrasin 29,078 (3 oo) 78,23/1 00
- Pois et lèves 1/19,736 (îo oo) 1,497,360 00
- Pommes de terre 6,357,3i 2 (2 00) 12,71/1,62/1 00
- Raves et autres tubercules /i6/i,i58 (1 00) 464,158 00
- I1) Les prix indiqués sont ceux fixés pour le payement des impôts en nature. Les prix notés entre parenthèses sont arbitraires.
- Le tableau suivant donne les moyennes annuelles des périodes quinquennales :
- SEIGLE. ORGE. AVOINE.
- PÉRIODES QUINQUENNALES. -— — -
- QUANTITÉS. i>. 100. QUANTITÉS. P. 1 OO. QUANTITÉS. p. 100.
- hectolitres. hectolitres. hectolitres.
- 1861-1865 2,989,385 48.6 1,670,638 27.1 1,/Kj9,o33 2/1.3
- 1866-1870 3,219,884 47.8 1,862,519 27.7 1,667,070 2/1.5
- 1871-1875 4,155,92 1 4 9./1 2,1 80,602 2.5.9 2,08/1,673 2/1.7
- 1876-1880 3,577,436 44.8 1,674,421 21.0 2,726,966 34.2
- 1881-1885 3,696,062 40.7 1,955,675 2 1.5 3,433,209 37.8
- 1886-1890 4,5o5,/t73 3g.i 2,l/|l,2l6 l8.6 4,864,224 4 2.3
- 1891-1895 4,o83,i2g 36.5 1,844,767 l6.5 5,262,797 /17.0
- Ainsi, de 1861 à 1890, la production totale a doublé; celle du seigle et celle de l’orge ont, relativement à la production totale, diminué de 12.1 p. 100 (seigle) et de 10.6 p. 100 (orge), tandis que celle de l’avoine augmentait de 22.7 p. 100.
- Enfin, si l’on compare la production (déduction laite des se-
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- RUSSIE.
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- mences) à la population, ou obtient, pour l’année i8t)5, les quantités suivantes par habitant :
- hectolitres.
- Seigle et froment...................................... 1,78
- Orge................................................... 0,86
- Avoine et Lié mixte.................................... 1,75
- Pois, fèves et sarrasin................................ 0,07
- Total des céréales................ 4,46
- Méthodes de culture. — La première méthode de culture, en Finlande, a consisté à brûler les forêts pour semer sur leurs cendres. En dépit des efforts de l’administration, cette méthode s’est maintenue pendant plusieurs siècles; elle 11e se pratique plus actuellement que dans la Finlande orientale. Voici comment on procède : on choisit un terrain élevé, on coupe les arbres, puis 011 y met le feu; après avoir enlevé les souches, on travaille très superficiellement la terre avec une charrue primitive dite à fourchette. La mince couche retournée est ameublie au moyen d’une herse non moins primitive. Le ce champ a donne alors une récolte de seigle, puis une récolte d’orge ou de quelque autre céréale printannière, par exemple de sarrasin. La plus ancienne des cultures faites au moyen de cette méthode fut probablement celle de la rave.
- Il y eut également, mais elle est complètement abandonnée, une méthode dite à feu couvert (kylllandshruk); elle se pratiquait de la façon suivante : on retournait la terre soit à la pioche, soit à l’aide de quelque charrue primitive, après quoi on entassait sur l’espace préparé des matières combustibles, on recouvrait le tout de mottes de terre, puis on allumait le feu. Les cendres étaient ensuite dispersées sur toute la surface à cultiver. O11 semait de l’avoine jusqu’à extinction absolue de la capacité productive du sol. De vastes étendues de terrain ont été ainsi complètement dévastées.
- A côté de ces méthodes de culture, les paysans finlandais en ont employé d’autres : dans les terrains sablonneux, on a pratiqué l’assolement triennal (jachère, blé, céréales de printemps); dans les terres argileuses, l’assolement biennal (jachère, blé).
- L’exploitation mixte des marais constitue une autre forme de culture primitive. Elle consiste généralement en une culture ordinaire
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- avec adjonction de sable ou d’argile. Le plus souvent elle est combinée par un écobuage, modéré par l’adjonction de terres argileuses.
- On emploie aussi une autre méthode, dite de Tyrnava ou de Reinius, qui ne nécessite pas la combustion : la surface du marais est nivelée, recouverte de terreau et d’argile pris dans les larges fossés du drainage, puis on sème, dès le commencement du printemps de l’avoine, et on couvre la semaille d’une légère couche de fumier naturel. Dans certains endroits, on brûle préalablement la surface du marais. Cette méthode convient particulièrement aux tourbières d’inondation.
- Depuis une dizaine d’années, l’agriculture rationnelle s’est répandue chez les grands propriétaires; elle a tendance à pénétrer aujourd’hui dans tout le pays. Dans certains domaines, on a même introduit une rotation très intense. On a développé la culture des tubercules; les jachères ont à peu près disparu ; on emploie, de plus en plus, les engrais auxiliaires et l’on travaille la terre a une profondeur plus grande.
- Céréales. — L’orge a été la première céréale régulièrement cultivée chez les anciens Finnois. Ce ne fut qu’au cours du xvmc siècle que le seigle devint le principal objet de culture. En 1887, il a dû céder le pas à l’avoine.
- Aujourd’hui, on cultive, comme céréales d’automne, le froment et le seigle, dont nous retrouvons également des espèces printanières. Les autres cultures de printemps sont l’orge, l’avoine, le pois, le haricot, la vesce et le sarrasin.
- Froment. — Le froment est en Finlande un produit relativement nouveau.
- Seigle. — J’ai dit l’importance de la culture du seigle. Le Sud et le Centre du pays se prêtent admirablement a la culture du seigle d’automne; même en Ostrobothnie, par 64 et 65 degrés de latitude, sa culture est considérée comme productive, et c’est seulement plus haut dans le Nord que les moissons deviennent de pl us en plus hypothétiques, ce qui n’empêche qu’on rencontre cette culture jusqu’au cercle polaire.
- Dans l’ordre de rotation des emblavements, le seigle succède géné-
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- Fig. 2h.
- (Carte dressée par M. Gosta Grolenfeül.)
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- râlement aux jachères, sur terrains fumés au moyen (Tendrais naturels. Ce n’est que dans certains domaines que le seigle est précédé d’une récolte de fourrage artificiel.
- Orge. — Pour avoir perdu de son importance, la culture de l’orge n’en est pas moins très répandue encore dans tout le pays, notamment dans le Nord où elle occupe la première place; dans certaines régions, elle est meme la seule céréale qui parvienne a maturité. On en trouve trois types principaux :
- i° L’orge a six rangs (H. hexasiichum), cultivée dans le Nord; elle donne de faibles récoltes et des grains très petits, mais n’a besoin que de très peu de temps pour mûrir;
- 2° L’orge a quatre rangs (H. tetrastichwn), la plus répandue, cultivée surtout dans le centre et dans le sud de la Finlande;
- 3° L’orge a deux rangs {H. distichum), qui ne se cultive en quantités appréciables que dans le sud du pays.
- Dans l’ordre de rotation des semences, l’orge obtient en général une place avantageuse, par exemple après les tubercules ou après le blé d’automne semé sur jachère.
- Avoine. — L’avoine, qui est toujours en Finlande une céréale printanière, occupe, pour la quantité récoltée, la première place. Sa limite extrême est le cercle polaire. On cultive l’avoine erraillée aussi bien que l’avoine à touffes (dénominations locales). Les principales variétés sont :
- i° L’avoine brune commune, généralement cultivée dans le Centre et dans le Sud;
- 2° L’avoine noire, qui tire son nom de la couleur de son grain, cultivée dans le Nord et caractérisée par son cbaume très court et le peu de temps qu’il lui faut pour mûrir;
- 3° L’avoine blanche;
- û° L’avoine à touffes relativement peu répandue (l’espèce la plus commune esta grains brun foncé).
- Dans l’ordre de succession des semences, l’avoine, souvent pendant deux ans de suite, vient, après les années de jachère, sur les terrains en friche remués. La où l’herbe n’entre pas dans la rotation, on donne ù l’avoine la dernière place de la sole. L’avoine est, à cause de
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- sa résistance aux gelées du printemps, la céréale par excellence des terres nouvellement défrichées, tant marais que terrains plus solides. 11 arrive même qu’on épuise des terrains neufs par la culture de l’avoine durant plusieurs années consécutives.
- L’avoine n’entre qu’en très faible proportion dans l’alimentation du paysan finlandais; en revanche, on en fait un très grand usage pour la nourriture du bétail dont elle constitue en majeure partie l’aliment concentré.
- Racines. Rave. — La rave est la plus ancienne plante alimentaire du pays. On en rencontre aujourd’hui deux espèces principales :
- i° La rave cultivée sur les terrains défrichés par incendie, se rencontre encore fréquemment dans la Finlande orientale où elle joue un rôle assez considérable dans l’alimentation du paysan. Elle s’élève très haut vers le nord, jusque dans la Laponie d’Enare (69°, 5 de lat.). Cette rave, assez petite et de forme plate, croit entièrement à la surface du sol; la chair en est ferme, de couleur jaune et a bon goût; le sommet est tantôt rouge, tantôt vert, ce qui indique que la graine généralement employée n’est pas très pure. Cette espèce est, en général, très robuste et douée d’une croissance rapide; on la sème à fleur de terre vers le milieu du printemps dans les terrains récemment incendiés et légèrement labourés. On la cultive aussi quelquefois dans les jardins pour les besoins de la classe aisée; la culture s’en est même répandue à l’étranger, en Allemagne et en France, où la cr rave finlandaise r> est très appréciée. C’est même le seul légume qui ait été emprunté à la Finlande;
- 2° La rave des champs, connue aussi sous le nom de turneps; elle est d’une production très abondante et très répandue dans les grandes propriétés du Sud et du Centre, où l’élevage des bestiaux est organisé d’une manière rationnelle. On en cultive plusieurs espèces, soit pour améliorer la terre, soit en vue de la graine.
- Pommes de terre. — Si la rave ne se trouve plus comme autrefois auprès de chaque chaumière, la raison en est que la pomme de terre s’est aujourd’hui répandue, même dans les contrées les plus septentrionales du pays. On en cultive en Finlande plusieurs espèces
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- soit à croissance rapide, soit à croissance plus lente. Certaines variétés ont acquis une réputation justifiée de productivité et d’endurance. La plus importante des espèces d’importation récente est le Magnum bonum dont la culture s’est propagée jusque dans l’extrême Nord du pays.
- Dans la série de rotation des emblavements, la pomme de terre est généralement placée entre deux semailles de blé, dont celle qui précède le tubercule est faite en terres fumées. Souvent aussi on assigne à la pomme de terre un champ spécial à terre légère, dont une moitié est ensemencée d’orge et l’autre réservée à la pomme de terre. L’année suivante on fait échange entre ces deux cultures.
- La pomme de terre joue, en Finlande, un rôle important dans l’alimentation des hommes, ainsi que dans celle des bestiaux; on l’utilise en outre pour la fabrication de l’amidon et de l’eau-de-vie.
- Prairies. — La Finlande possède une étendue considérable de prairies naturelles, les unes à sol ferme, les autres à sol marécageux. Le foin des premières est de bonne qualité et très aromatique. Celui des secondes demande à être coupé vers la Saint-Jean; à cette condition, il est très favorable aux vaches laitières qui y sont accoutumées.
- Bétail. — L’élevage a, en Finlande, une très grande importance. Le tableau suivant en donne la preuve :
- ESPÈCES. nombre D’ANIMAUX. VA] PAR TETE. LEUR TOTALE.
- Chevaux 2 71,ia/( fr. c. 100 00 francs. 27,1 1 2,Z| 00
- Poulains 29,526 td 0 O 0 590,520
- ( Taureaux et hœufs 78,300 en O O O 3,g/|l,500
- . 15(5168 Vaches 1,02/1,556 O O O 51,027,800
- a cornes, j [ Veaux et génisses 3°5,797 25 00 7,6 /15,015
- Moutons 1,067,38/1 6 00 6,4o/i,3o4
- Chèvres 14,5/n 6 00 87,2/16
- Porcs 197,536 20 00 3,9/47,120
- Rennes 129,98/1 20 00 2,599,680
- Poules et dindons 396,269 1 00 396,269
- Oies et canards Zi,658 O ÜT O 2,329
- Total io3,75/i,i83
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- Les produits animaux entrent, pour une bonne part, dans l’exportation (en 189B, pour 96,388,ooo francs, soit près du cinquième de la valeur globale de l’exportation totale du pays).
- Bêtes à cornes. — Ce sont les bêtes à cornes qui occupent aujourd’hui, en Finlande, le premier rang parmi le bétail. Le tableau suivant montre combien leur nombre a augmenté depuis 1865 :
- ANNÉES. BOEUFS ET TAUREAUX. VACHES. VEAUX ET GÉNISSES.
- 1865 6/1,960 670,897 218,4 64
- 1870 761 O 0 236,90/1
- 1875 80, 4 45 768,600 271,887
- 1880 75,3g/. 795,575 26i,o33
- 1885 76,065 814,531 272,505
- 1890 81,652 928,276 265,289
- 1895 78,880 1,024,556 305,797
- 1896 80,382 1,061,289 314,733
- La vache indigène est généralement petite et a jambes grêles; elle n’a jamais été élevée en vue de la boucherie; mais, dans certaines régions, elle est très bonne laitière. Son poids moyen est d’environ 3oo kilogrammes; on arrive, en la nourrissant avec soin durant son jeune âge, â lui faire atteindre près de koo kilogrammes. Les taureaux pèsent généralement î oo kilogrammes environ de plus que les vaches; le poids des veaux nouveau-nés est très faible et leur développement très lent.
- Le rendement en lait des vaches de race indigène varie de i,3oo a 9,3oo kilogrammes par an. La qualité du lait est, en général, satisfaisante en automne, souvent même excellente, si bien que la quantité delait nécessaire à la production de î kilogramme de beurre s’abaisse, vers cette époque, à 90 et même a 17 kilogrammes.
- Enfin, la race indigène est peu exigeante, elle se contente des pâturages les plus maigres; c’est une race forte et saine, qui offre peu de prise à la tuberculose.
- On peut distinguer trois types :
- 1° Le type montagnard, commun dans les parties septentrionales du pays et qui s’est conservé à l’état le plus pur dans les bassins des
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- rivières de Tornea et de Kemi. Il constitue la variété la plus septentrionale de l’espèce bovine en Europe, aussi est-il de robe toute blanche et parsemée de taches rousses vers les oreilles, le mufle et quelquefois aussi sur le corps. Les vaches appartenant à ce type sont très petites et atteignent rarement un poids de 3oo kilogrammes; elles n’ont pas de cornes; le corps est très mince; les reins sont saillants et étroits ; les pis, peu développés. Le rendement en lait est faible, mais ce lait est de bonne qualité. Les taureaux sont en général moins bien formés que les vaches;
- 2° Le type de Kiuruvesi (Nord et Nord-Est). La vache de Kiuruvesi est généralement rousse, avec ou sans taches blanchâtres; quelquefois la tète, les côtes et les jambes sont blanches. Son système osseux est grêle; les muscles, secs; le cou, court et fin; le fanon, haut et mince; les hanches , musculeuses; la poitrine, forte et large; les reins, courts; étroits, tombant sur les côtés et pointus à l’arrière; les jambes, fines; le pis, moyen, souvent revêtu de poil; les trayons, petits. Dans le Nord, un assez grand nombre de sujets n’ont pas de cornes. Le rendement en lait est bon, souvent même très riche. Le poids moyen est intérieur à 4oo kilogrammes pour les taureaux et â 3oo kilogrammes pour les vaches. Durant les huit mois que dure l’hiver, ces animaux sont nourris de foin;
- 3° Le type Tavaslien (Sud). Ce type a le corps plus fort que le type précédent, mais le pis est moins développé. Bien que la couleur des individus varie, les spécimens tachetés sont rares. Les cornes sont moyennes; les hanches, musculeuses et fortes. Le poids est supérieur à 45o kilogrammes pour les taureaux; il est d’environ 35o kilogrammes pour les vaches.
- La race d’Ayreshire est de toutes les races étrangères celle qui a exercé le plus d’influence sur l’élevage finlandais. Dans le sud du pays, notamment, il existe de beaux troupeaux de cette race; leur rendement est excellent.
- Cheval. — Le cheval indigène est généralement petit de taille et de structure assez grêle. Il a la tête courte, les yeux vifs et les oreilles mobiles, le cou gros et court. Le garrot est bas; le poitrail, relativement bien développé; la croupe, anguleuse et tombante; les jambes sont
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- sèches et musculeuses. Ce cheval est roux, brun ou alezan. Il est très vif, remarquablement endurant soit à la course, soit au travail, et d’une sobriété tout à fait extraordinaire.
- J’emprunte à l’intéressante étude consacrée par le Dr Costa Gro-tenfelt à l’agriculture en Finlande, les lignes suivantes :
- crLe paysan finlandais, si calme et si lent dans ses propres mouvements, exige que son cheval soit vif et rapide à la course et c’est là la cause principale qui a maintenu à la race indigène ses qualités de vivacité et de rapidité. Mais les rudes travaux de l’agriculture rationnelle exigent une bête grande et forte, et il est très probable que ces exigences finiront par l’emporter sur celles de l’heure actuelle^.??
- CHEVAUX. POULAINS.
- 1880.............................. 9/10,465 35,998
- 1890................................. 262,599 3o,832
- 1895 ............................... 271,124 29,526
- 1896 ............................... 272,279 30,286
- Depuis longtemps déjà la Finlande exporte des chevaux eu Russie; la Suède (le Nord, notamment), qui fut autrefois la plus forte acheteuse, constitue encore un excellent débouché pour les chevaux finlandais. Il faut remarquer que ce sont les chevaux de race indigène qui sont demandés. Leur prix actuel varie de 3,000 à 5,000 francs. Cette facilité de vente contribue à développer le goût de l’élevage chez le paysan.
- Renne. — Le tableau suivant permet de constater une augmentation du nombre des rennes en Finlande :
- 1865 40,274
- 1870 59,622
- 1880 52,5i 1
- 1890................... 85,859
- 1892................... 106,290
- 1895................... 129,984
- Industrie laitière. — Le graphique de la page suivante montre l’importance de l’exportation du beurre(2).
- De 1870 à 1880, les procédés rationnels de fabrication se sont généralisés. Le ccbeurre de paysan?? cesse dès lors d’être un objet
- (1) Notices sur In Finlande, ouvrage officiel (2) La diminution constatée en 18tj8 propublié à l’occasion de l’Exposition de 1 900. vient d’une mauvaise récolte de foin.
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- d’exportation; il est entièrement consomme par le paysan lui-même auquel une série de bonnes récoltes a permis d’augmenter son bien-être. Aussi peut-on dire que la production s’est accrue beaucoup plus encore quel 'exportation.
- Fig. a5. — Diagramme de l’exportation du beurre (Finlande).
- En 1884, une seule laiterie possédait des séparateurs à vapeur; 101 en avaient, dix ans après. En 1894, le nombre des stations d’écrémage était de 64, contre 7, trois ans auparavant. Depuis 1890, l’augmentation a été constante.
- La fabrication du fromage n’a pas atteint le même développement que celle du beurre. Le « fromage de paysan??, encore très répandu dans le Centre et dans le Sud du pays, se fabrique soit avec de la crème, soit avec du lait battu ou écrémé qu’on laisse aigrir et cailler à la température de la chambre. Très souvent on cuit le lait avant de le laisser s’aigrir et on ajoute une petite quantité de lait aigre non cuit. Le fromage peut aussi être roussi au four sur une couche de paille humide. Depuis l’introduction des procédés rationnels de fabrication, c’est surtout le gruyère qu’on imite. Le produit obtenu est assez estimé dans le pays; on en consomme également à Saint-Pétersbourg.
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- Institutions en faveur de l’agriculture et de l’élevage^. — L’Etat et les sociétés privées entretiennent un certain nombre de fonctionnaires.
- Les agronomes, au nombre de treize, ont pour mission de donner au cultivateur les renseignements qui lui sont utiles, de dresser les plans, et, si possible, de diriger les travaux des nouvelles cultures et ceux du drainage; de préparer des projets d’économie agricole, d’assolements, d’écuries, d’étables modèles et d’autres constructions rurales; de servir de conseils aux autorités et aux sociétés d’agriculture.
- Trois ingénieurs agricoles doivent étudier et dresser les projets de tous les travaux de dessèchement des marais, d’abaissement du niveau des lacs, d’endiguement des fleuves et courants, de drainage et d’arrosage, de canalisation, etc., nécessaires pour l’agriculture, aider de leurs avis et conseils, en ces mêmes matières, les autorités et les sociétés d’agriculture et diriger, si possible, l’exécution des travaux.
- Il existe cinq conseillers de laiterie, un conseiller pour l'élevage et les soins à donner aux bestiaux, un conseiller pour l’élevage hippique, enfin un conseiller pour la culture du lin.
- Bien que très en progrès, le service vétérinaire laisse encore à désirer sous le rapport du nombre des praticiens.
- Un laboratoire de chimie agricole et commerciale a été créé, en 1880, à Helsingfors; il est subventionné en partie par l’Etat, en partie par la ville de Helsingfors et par la Société impériale d’économie domestique finlandaise. La Station d’essais chimiques et de contrôles de graines d’Abo dépend de la Société d’économie domestique; elle date de 1882.
- Parmi les sociétés privées fondées en vue d’encourager l’agriculture et ses industries secondaires, la première place appartient sans conteste aux sociétés d’économie domestique et d’agriculture, dont la sphère d’action correspond généralement aux gouvernements du pays. Elles
- (1) M. Haïmes Gebhard, président de la Société agricole finlandaise, écrit : rrCe fut la coopération dans l'agriculture qui fut l’objet des efforts de ceux qui avaient appris à connaître l’idée de la coopération et son pouvoir magique, et il arriva une chose qui ne s’est
- peut-être pas vue ailleurs : les premiers apôtres de cette idée nouvelle, qui allèrent la propager parmi les campagnards, ne furent ni des cultivateurs particuliers, ni des sociétés agricoles ou des professeurs d’agriculture, mais des étudiants. «
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- sont subventionnées et leurs règlements sont sanctionnés par l’Etat. Leurs autres sources de revenus sont les cotisations annuelles de leurs membres et les dons volontaires.
- La plus ancienne de ces sociétés, celle (fui a exercé sur le développement de l’agriculture l’influence la plus grande est la Société impériale finlandaise d’économie domestique, à Àbo. Dès sa fondation, en 1797, cette société se donna pour but de travailler au développement et au perfectionnement de l’agriculture et des industries qui s’y rapportent. Elle a introduit dans le pays plusieurs espèces de végétaux étrangers, répandu les méthodes rationnelles de culture, fondé l’Institut d’agriculture de Mustiala dont elle dirigea les premiers pas et contribué à la création de nombreuses écoles de travaux manuels.
- Presque chaque commune possède sa confrérie agricole (réunion des propriétaires fonciers); ces confréries jouent un rôle d’une importance capitale, et chaque jour croissant, dans la vie de l’agriculteur finlandais.
- La Société finlandaise pour la culture des marais et tourbières, fondée en 189/1, et dont le siège est à Helsingfors, travaille avec énergie au but qu’indique son nom. Elle entretient un secrétaire, qui est en même temps directeur des travaux d’essais, un trésorier et deux conseillers spécialistes.
- Le but principal de Y Association finlandaise de laiterie est de répandre les produits de la laiterie finlandaise sur les marchés étrangers, et de tenir les laiteries du pays au courant des conditions de ces marchés, spécialement des variations de prix.
- Il s’est créé, en différents endroits du pays, des sociétés hippiques — subventionnées par l’Etat — ayant pour but l’amélioration de la race chevaline par l’organisation de courses attelées, d’expositions, de conférences et la distribution de primes aux juments suitées et aux poulains d’un an, etc.
- Le pays est divisé en 100 districts, dont chacun possède son étalon confié aux soins d’un agriculteur. Pour qu’un étalon soit acheté par l’Etat en vue de l’élevage, il doit être de race indigène, âgé de deux à sept ans et avoir au moins 1 m. 5o de hauteur au garrot. Quand l’étalon a fait la monte pendant six ans, ou que soixante poulains sont issus de lui, il devient la propriété de l’agriculteur aux soins duquel il était
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- confié. Un commissaire du Gouvernement assiste toujours aux: courses attelées officielles. Peuvent seuls y prendre part les étalons et les juments nés en Finlande, dont un examen a montré qu’ils étaient aptes à l’élevage et de constitution saine. Tous doivent être âgés de cinq ans au minimum, mesurer au moins 1 m. 48 au garrot et avoir parcouru aux courses d’épreuves une verste (1,069 mètres) en moins de deux minutes et vingt secondes. Ces courses — grâce auxquelles s’est développée l’excellente race des trotteurs finlandais — se font généralement en hiver, sur la glace des. lacs; il existe toutefois, dans les environs de Helsingfors, une piste d’été. Le plus souvent, les concurrents, qui ne sont autres que les chevaux de travail ordinaires, ne sont pas soumis à un entrainement préalable.
- En dehors des courses organisées par l’Etat, il existe des courses au trot organisées, soit sur piste d’hiver soit sur piste d’été, par des sociétés et des particuliers.
- Il faut enfin citer comme moyen d’encouragement de l’élevage indigène, la création de registres généalogiques officiels.
- Pour remédier au manque de capitaux qui a toujours entravé les progrès de l’agriculture finlandaise, l’Etat a, dès la première moitié du xixc siècle, donné de nombreuses subventions, notamment pour le dessèchement et la mise en culture des marais. Il a en outre consenti des prêts pour favoriser l’augmentation du stock de bétail et les progrès de l’industrie laitière. Enfin, sur l’initiative de quelques propriétaires des environs d’Helsingfors, a été créée, en 1860, la Société hypothécaire finlandaise dont le but est de permettre aux agriculteurs de contracter des emprunts d’amortissement garantis par hypothèque sur la propriété immobilière; cette société jouit aujourd’hui d’une grande faveur dans toute la Finlande.
- Enseignement agricole. — Les écoles spéciales destinées à l’enseignement agricole sont les suivantes : l’Institut d’agriculture et de laiterie de Mustiala; l’Ecole supérieure d’agriculture de Kronoborg; 20 écoles d’agriculture à deux classes annuelles; 2 écoles d’agriculture à une classe annuelle; 3 cours d’hiver de connaissances agricoles générales; 4 écoles d’élevage du bétail à deux classes annuelles; i3 écoles d’éle-
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- vage du bétail à une classe annuelle; 16 écoles de laiterie a deux classes annuelles; 1 2 écoles de laiterie à une classe annuelle; 10 écoles d’horticulture (dont 6 en voie de formation).
- L’Institut de Mustiala date de i84o. Il comprend actuellement un cours supérieur d’agriculture pour 4s élèves, un cours supérieur de laiterie pour 1 0 élèves et un cours inférieur d’élevage pour 4 élèves.
- La durée des études est d’un an dans la section de laiterie et de deux ans dans les autres sections. Le budget de l’Institut s’élevait, en 1898,4109,196 francs, auxquels il faut ajouter un crédit annuel de 34,ooo francs pour les appointements du personnel, tous les revenus des terres dépendant de l’Institut et la contribution des élèves payants. La propriété de Mustiala a une superficie totale d’environ 7,000 hectares; la terre principale et les deux fermes annexes comprennent environ 35o hectares de terres labourées.
- Forêts. — La Finlande est un pays très riche en forêts. Je n’étudierai pas ici leur mode d’exploitation; on trouvera, en effet, dans le chapitre consacré à la Suède une étude sur l’industrie forestière dans les pays du Nord. Je me contenterai donc de donner quelques chiffres.
- Le sol forestier sec a une superficie de 1 5,188,464 hectares et l’exportation des bois représente une valeur de près de 100 millions de francs, soit la moitié environ de la valeur totale de l’exportation.
- Le domaine forestier de la couronne est très étendu. Un corps forestier a été créé à son intention. Près de la forêt domaniale d’Evois, dont l’exploitation est très méthodique et où ont été tentés d’intéressants semis d’arbres étrangers, on a installé l’Institut forestier créé en 1869. De 1890 à 1898, les forêts domaniales ont rapporté, en moyenne, 2,327,464 francs; en 1899, le rapport s’est élevé à 2,9 12,965 francs. Les dépenses sont d’environ 850,000 francs par an.
- Pêche. — Avec ses i,44o kilomètres de côtes, son vaste archipel côtier, les lacs intérieurs et les eaux courantes qui occupent 41,660 kilomètres, la Finlande est un pays idéal pour les pêcheurs(1).
- {1) Ce grand nombre de lacs a valu à la Fin- une fois et demie plus riclie en eaux que la lande le nom de rrpays des mille lacs». Elle est ' Suède, déjà si riche elle-même.
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- Fig. 26
- agriculture. — 1.
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- IUPAIHE1UE NATIONALE
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- L’eau des mers qui la bornent n’étant que fort peu salée et les glaces les couvrant pendant une grande partie de l’année, ces iners ne renferment que peu de véritables poissons de mer, parmi lesquels le hareng et la morue; mais la plupart des poissons qui vivent dans les eaux de l’intérieur: brochets, perches, brèmes, gardons, descendent le long des côtes. Durant l’hiver la pêche maritime se fait à travers la couche de glace; pendant l’été, les hardis pêcheurs finlandais ne craignent pas, sur leurs barques non pontées, de s’aventurer au loin pour pêcher a la traîne.
- En eau douce, on pêche au bas et au-dessous des rapides dans les pools. Dans chaque bateau prennent place le pêcheur et un rameur. L’endurance de ce dernier est extraordinaire. Pendant trois ou quatre heures, il rame sans arrêt, se maintenant contre un courant extrêmement rapide et souvent le remontant. On pêche avec deux cannes munies de moulinets enroulant cent mètres de ligne, on les tient à droite et à gauche du bateau, à la façon dont seraient placées des antennes. On déroule une vingtaine de mètres dans l’eau et c’est le rameur qui, par ses évolutions, est chargé de présenter aux poissons, de la façon la plus séduisante possible, la mouche à saumon ou le véron bleu et argent, le phanlom minnou qui est, en Finlande, le meilleur appat (les poissons artificiels dorés ne réussissent pas). Parfois il faut descendre le rapide avec le poisson, remorqué par lui pendant un, deux, trois kilomètres. Le rameur contre-rame habilement, de façon que le bateau descende bien droit au fil de l’eau, dont, le courant est souvent d’une excessive rapidité.
- Tel est le goût des habitants pour la pêche que ceux d’entre eux qui ne s’y livrent pas par nécessité s'y adonnent par plaisir.
- La plus grande partie du poisson offert frais sur les marchés de Finlande est déjà mort; dans quelques grandes villes seulement on en peut trouver de vivant. En hiver, il est généralement vendu gelé, ce qui permet de le transporter sans dommage. Gomme on n’emploie jamais la congélation artificielle, on ne consomme en été que le poisson qui provient des environs immédiats.
- Au total, la pêche est pour la Finlande la source de revenus importants.
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- Pisciculture. — Depuis longtemps les Finlandais pratiquent avec succès la pisciculture. La méthode en usage parmi eux est, du reste, fort simple; elle consiste a transporter, a l’époque du frai, d’un lac dans un autre, des poissons complètement développés et prêts à frayer.
- Parfois aussi on dépose, dans l’endroit que l’on veut peupler, des alevins ou des œufs fécondés naturellement ou artificiellement. Les renseignements donnés par M. O. Nordqvist, dans l’étude qu’il a consacrée à la Pêche en Finlande^, prouvent que ces diverses méthodes ont donné de bons résultats; en fort peu de temps on a créé ainsi de belles pêcheries. En comparant ces résultats à ceux obtenus en d’autres pays avec d’autres méthodes, on arrive à cette conclusion que les pisciculteurs doivent de préférence transporter du poisson capturé à l’état libre et en pleine croissance.
- Des établissements de pisciculture moderne ont été créés en Finlande vers 18 5 o, mais ils ont été depuis délaissés. Cependant, en 18 p 2 , on installa à l’Institut forestier d’Evois une station d’essai de pêcherie.
- 11 faut également citer la Société' de pêcheries de Finlande qui compte sept cents membres environ, jouit d’une subvention de l’Etat et publie, outre de nombreuses brochures, une revue spéciale mensuelle; les expositions qu’elle a organisées en 1896 et en 1898 ont obtenu un grand succès; elle s’est attachée à encourager, par la distribution de primes, la chasse des animaux nuisibles aux pêcheries, tels la loutre, le phoque, les plongeons a gorge rouge et à gorge noire et le faucon pêcheur.
- Lien des pays auraient besoin de voir ainsi se former chez eux des sociétés qui répandraient parmi leurs nationaux le goût de la pêche rationnelle.
- 1. SIBÉRIE,
- LA SIBÉRIE CULTIVABLE. - MODE DE CULTURE. - CEREALES : PRODUCTION; COURS MOYENS; TRANSPORTS. - BETAIL. - INDUSTRIE LAITIERE : SON ACCROISSEMENT; EXPORTATION. -UNE CONCURRENCE À LMIORIZON.
- Céréales. — Le nom de Sibérie évoquait, jusqua ces dernières années et présente encore, à l’esprit de beaucoup de personnes, l’idée d’un immense désert au climat de glace, quasi inaccessible à
- (1) Notices sur la Finlande, ouvrage officiel publié à l’occasion de l’Exposition de 1900.
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- l’Européen et dont le monde civilisé a peu à attendre ou a redouter — suivant le point de vue auquel on se place — sous le rapport de la production agricole.
- L’exposition de la Russie, en 1900, nous a révélé une situation tout autre, faisant pressentir la place que rachèvement du réseau gigantesque du chemin de fer transsibérien et de ses annexes, combiné avec les voies fluviales, pourrait ne pas tardera donner, sur le marché mondial, à la Russie extra-européenne et notamment à la Sibérie occidentale.
- Le chemin de fer transsibérien, parlant, à l’ouest de Tchéliabinsk, dans le gouvernement d’Orenbourg, traverse la Sibérie depuis la frontière européenne en Asie, jusqu’à l’océan Pacifique, mesurant, avec ses embranchements, une longueur de près de 9,000 kilomètres pour aboutir au port de Vladivostok sur la mer du Japon.
- M. P. de Sémenov dans l’étude si remarquable qu’il a publiée à l’occasion de l’Exposition de 1900, range sous le nom général de Sibérie :
- i° La Sibérie occidentale, ou Sibérie du bassin de l’Ob;
- 20 La Sibérie centrale, ou Sibérie du bassin de l’Iénisséi;
- 3° La marche de Léna ou de Iakoutsk;
- 4° La marche amouro-littorale;
- 5° Enfin la marche des steppes kirghiz.
- Ainsi limitée, la Sibérie s’étend sur d’immenses territoires ne mesurant pas moins de i4,5oo,ooo kilomètres carrés, soit 1 milliard 450,000hectares (plusdeay fois la surface delà France) et comptant une population totale de 26 millions d’habitants seulement.
- De ce gigantesque territoire, un peu moins de la moitié — 6,4oo,ooo kilomètres carrés — ne convient ni à la culture, ni à la colonisation, et s’étend dans la zone polaire. Une surface égale se prête, à des degrés divers, à la culture et à la colonisation; elle fait partie de la zone méridionale de la Sibérie. Enfin, 1,600,000 kilomètres carrés du territoire forment la zone des steppes kirghiz, dont la nature a fait, depuis les temps les plus reculés, le patrimoine des peuplades nomades de l’Asie centrale.
- Au point de vue agricole, c’est la Sibérie occidentale qui offre pour
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- l’Europe le plus grand intérêt; aussi est-ce presque exclusivement d’elle que nous nous occuperons ici. La majeure partie de cette région est occupée par l’une des plus vastes plaines de l’ancien monde, la plaine ouest-sibérienne, couverte d’un sol d’alluvion, ne présentant pas de points d’une altitude supérieure à 1 20 mètres, et arrosée admirablement par deux immenses cours d’eau, l’Ob et l’Irtych, qui se réunissent au loin dans le Nord et dont la longueur est d’environ 5,ooo kilomètres. Le chemin de fer sibérien qui dessert la partie cultivable de la Sibérie occidentale sur un parcours de 1,600 kilomètres, remplace avantageusement aujourd’hui cette colossale voie d’eau dont l’aboutissement à une zone fermée par les glaces, atténue d’ailleurs singulièrement les avantages.
- En attendant la réalisation des nombreux projets de création de nouvelles voies ferrées, en partie commencées, de toutes les stations du transsibérien on peut déjà expédier directement les marchandises sur Archangel. Par l’intermédiaire des agences de chemins de fer, et par suite de conventions intervenues avec les compagnies de navigation fluviale et maritime, les produits delà Sibérie peuvent, depuis 1899, être transportés directement sur Rotterdam, Amsterdam, Londres, Newcastle, Anvers, Brême et Hambourg.
- Quels sont les produits agricoles que cette combinaison de voies ferrées et de routes maritimes permet d’apporter en Europe? A quel prix ces colossaux parcours peuvent-ils être franchis? Quels sont enfin les prix de revient, dans les ports du continent et de la Grande-Bretagne, des produits expédiés de Sibérie? Nous allons demander la réponse à ces questions, dont l’importance pour les producteurs européens est incontestable, à l’étude de M. de Sémenov et au remarquable ouvrage publié par M. Claudius Aulagnon(1) à la suite d’une mission de deux ans que lui avait confiée le Ministre du Commerce.
- Le livre de M. Aulagnon, que la connaissance de la langue russe a mis en situation de se renseigner aux meilleures sources, orales ou écrites, sur la population, l’industrie et l’agriculture sibériennes,
- (1) La Sibérie économique, considérée plus l’Ecole des hautes études commerciales, in-8°, spécialement dans sa partie cisbaïkalienne avec cartes et phototypies. Guillaumin et Ci0, par Claudius Aulagnon, diplômé supérieur de Paris, 1901.
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- complète très heureusement la Russie extra-européenne et polaire de M. de Sémenov. Grâce à ces deux publications, on peut se faire une idée exacte de la Sibérie, de ses voies de communication, de ses ressources et de son avenir.
- La population de la partie cultivée de la Sibérie occidentale (voir p. p5) s’élève à 5,600,000 âmes, dont à, 6 00,0 00 habitent la zone agricole, et 1,200,000 la zone forestière. q6 p. 100 de cette population sont formés de Russes émigrés. On compte seulement k p. 100 d’aborigènes. Le gouvernement russe a encouragé et organisé ce grand courant d’émigration. Le nadïel, surface de terre mise à la disposition de chacun des individus mâles d’une famille par l’Etat qui conserve la propriété du sol, le nadïel, dis-je, est très étendu, allant de 1 5 à 3o hectares par tête d’habitant du sexe masculin. Il résulte de là que le domaine agricole de chaque ménage a une étendue de ào à 70 hectares, surface suffisante, même dans les terres médiocres, pour assurer et au delà sa subsistance. L’abondance de la terre et, jusqu’ici, l’absence presque complète de débouchés extérieurs ont imprimé à l’agriculture sibérienne une allure particulière. Son système de culture le plus en usage pourrait être appelé le système des jachères alternées : le sol est défriché ou, s’il s’agit du sol du steppe, il est défoncé et labouré. Pendant deux ou trois années de suite, la terre porte des céréales; puis, laissée en friche pendant une année, elle est de nouveau ensemencée en céréales et cette alternance dure jusqu’à ce que les rendements soient sensiblement amoindris. C’est l’assolement biennal dans toute sa pureté primitive. Le cultivateur défriche alors un autre champ, abandonnant au repos, pendant de longues années, le sol épuisé, crjusqu’au moment où des indices bien connus du paysan, dit M. de Sémenov, lui annoncent que la terre reposée a recouvré sa fécondité et peut de nouveau porter de bonnes récoltes. »
- L’intensité croissante de la colonisation des gouvernements de la Sibérie occidentale modifiera certainement ce mode d’utilisation du sol, en réduisant l’étendue des nadïels au fur et à mesure de l’immigration.
- Avant la construction du chemin de fer, l’outillage agricole du
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- paysan sibérien était parlent aussi primitif que son assolement; il ne comportait que deux instruments : une araire en bois avec une pointe de fer pour soc (la sohka) et une herse. Les procédés de récoltes étaient à l’avenant : battage du grain par une charrette promenée sur les gerbes ou par le pied des chevaux; tararage à la pelle, le cultivateur projetant vivement contre un mur le grain pour amener sa séparation d’avec la paille. L’outillage européen commence à pénétrer en Sibérie. L’administration de l’émigration rattachée au Ministère de l’Intérieur a créé, dans les principaux centres de culture, des magasins de vente où les colons trouvent tous les instruments aratoires et autres, ainsi que des semences, des sacs, etc. On compte aujourd’hui vingt-quatre magasins et il s’en crée de nouveaux par l’initiative individuelle. Les moissonneuses et les faucheuses commencent à être employées.
- M. de Sémenov estime que les trois quarts de la population de la Sibérie occidentale sont adonnés a l’agriculture. Les terres ensemencées en céréales occupent 4,5oo,ooo hectares. Le rendement de cette surface n’est pas moindre, annuellement et en moyenne, de 60 millions d’hectolitres de céréales, ce qui fait de la Sibérie orientale une des contrées les plus productives de l’empire russe.
- La superficie cultivée en céréales se partage environ comme suit :
- Froment. Avoine. . Seigle . . Orge . . . Sarrasin.
- h‘i p. 100.
- 35
- i5
- 5
- 3
- Total.
- 100
- Avant la construction du Transsibérien, cette contrée écoulait ses céréales dans les établissements métallurgiques de l’Oural et dans les steppes kirghiz. Aujourd’hui, déjà, une paptie du froment s’exporte en Russie et à l’étranger. En 1898, il a été expédié à destination de l’Oural et de la Russie, par voie de chemin de fer et par voie maritime, un peu plus de 5 millions de quintaux de blé. Les deux tiers de cette exportation sont absorbés par l’Oural et la Russie, l’autre
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- tiers va à l’étranger. En 1897, la récolte de l’Europe ayant été mauvaise, la Sibérie est entrée, clans son importation de grain, pour près de 2 millions de quintaux.
- Pour juger de l’importance que peut et pourra avoir dans l’avenir l’exportation du blé sibérien dans les ports d’Europe, Londres ou Anvers par exemple, il est nécessaire d’être fixé sur les rendements et sur le prix de revient du froment dans la Sibérie occidentale, aussi bien que sur les frais de transport.
- La grande variété cl’aspect et de climat des différentes régions de culture imprime aux travaux; agricoles des conditions assez variables. Ces travaux, d’après M. Aulagnon, sont généralement assez simples : ils comportent un ou deux labours coûtant chacun 2 a 3 roubles(1) par hectare et un ou deux hersages du prix d’environ 1 rouble. Les chaumes et les mauvaises herbes sont incendiées avant le premier labour. La rentrée de la moisson se fait, la plupart du temps, pendant l’hiver, sur traîneaux; on laisse sécher les gerbes sur les champs ou on les sèche au feu, comme clans le Nord de la Russie. La moisson et le battage s’effectuent à des prix variables, mais, cependant, assez réduits. M. Aulagnon a relevé les salaires moyens des journaliers nourris aux frais du patron. En 1897 et en 1898 (district d’Altaï), les extrêmes ont été les suivants :
- SAISONS. Il 0 M AI E S. F EM AI ES. UN II0 AI AIE avec. SON CHEVAL.
- n . , (de 1897 Printemps 1 of Ao : i U 33 0r 27 i \ if 20 of 80 i 1 Af 00
- \ de 1898 0 5.3 î A 7 0 97 1 07 1 O7 9 67
- M . (de 1897 Moisson 1 0 8o s Ao 0 5 A 1 97 1 33 7 13
- 1 de 1898 0 8o 2 70 0 67 1 97 1 0 0 3 20
- Battage d’hiver, j 0 8 7 1 07 0 1A 0 80 II //
- 5 ( de 1898 0 e7 1 A7 0 1A 1 00 II n
- Dans ces conditions, le prix de revient de la culture d’un hectare de froment varie entre 18 et 3o roubles (soit Û8 francs à 70 francs): ce prix comprend la semence, la moisson, le transport des gerbes, le (1) A v fr. GG le rouble.
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- hallage, etc. Dans l’Altaï, l’hectare cultivé en hlé coûte cle 20 à 25 roubles (53 fr. 4o à 66 fr. 75); cultivé en avoine, de i5 à 18 roubles (4o francs à 48 francs). La location de la terre, représentée par les impôts que paye la culture, entre dans ces chiffres pour 1 fr. 34 à 5 fr. 34 par hectare; elle est d’environ 4 francs pour les meilleures terres de l’Altaï.
- Les rendements varient naturellement, à raison du climat et des conditions locales dans d’assez larges proportions; en moyenne générale, ils sont de 10 quintaux métriques à l’hectare, pour les diverses graines et les différentes régions. Les bons rayons de culture (Sud de Tobolsk, Altaï, Minussinsk) donnent des rendements moyens de 11.5 à i3 quintaux métriques pour le froment; de 10 à i3 quintaux métriques pour le seigle; de 11 à 12.5 quintaux métriques pour l’avoine. Sur les terres de première qualité, en bonne année, on récolte jusqu’à 49.4 quintaux métriques de seigle ou de blé dans les régions précitées. Mais ces rendements extraordinaires deviennent de moins en moins fréquents, par suite de l’épuisement progressif du sol qui, de mémoire d’homme, n’a reçu aucune espèce de fumure.
- En rapprochant les rendements moyens qu’indique M. Aulagnon de la dépense qu’entraînent la culture et la récolte d’un hectare moyen de terre, on peut se rendre compte du prix de revient extraordinairement bas auquel on peut obtenir les céréales dans les bonnes régions de culture de l’Ouest de la Sibérie. Dans l’Altaï, par exemple, une bonne récolte de froment donne 12.5 quintaux métriques à l’hectare, avec une dépense moyenne de 5o francs; le prix de revient maximum du quintal métrique serait de 4 fr. 88 environ. Si le rendement s’élève à 100 pouds = 16.4 quintaux métriques, le coût du quintal s’abaisse à 3 fr. 75 ou 3 fr. 90 et lorsque le rendement tombe à 5o pouds (8.2 q. m.),que l’on considère comme une mauvaise récolte, le quintal de blé ne revient encore qu’à 7 fr. 15-
- L’avoine coûte entre 2 fr. 95 et 4 fr. 88 le quintal; ces prix sont naturellement le résultat d’évaluations approximatives; ils sont soumis à des variations nombreuses et notables, mais ils permettent cependant de donner une idée des conditions de l’agriculture en Sibérie.
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- AGRICULTURE.
- L’irrégularité clans la production est un des caractères distinctifs des récoltes sibériennes; celte irrégularité est surtout frappante dans les districts des steppes, plus exposés que les autres aux vents et aux intempéries.
- L’année 1900 en a fourni un exemple frappant. La sécheresse qui a duré pendant tout le printemps et pendant la moitié de l’été, succédant à un hiver sans neige, a détruit la plus grande partie des récoltes des districts des steppes de la Sibérie occidentale; la destruction a été totale dans les districts méridionaux, moins abrités par les forêts.
- Il y a lieu de penser que les prix de revient si faibles que nous venons de constater tendront à s’élever progressivement, parla diminution de la fertilité du sol, en l’absence de restitution, et par la nécessité où les cultivateurs se trouveront, à raison du nombre croissant des colons, de raccourcir de plus en plus les périodes de jachère.
- Sur les stations du transsibérien, d’après les renseignements recueillis par M. Aulagnon, le blé tendre vaut de 6 fr. 70 a 7 fr. 35 le quintal et l’avoine, de h fr. 10 à 6 fr. 5o.
- Dans l’Altaï, sur les quais de l’Obi: blé tendre, U fr. 90 à 7 fr. 35; avoine, h fr. 10 à 5 fr. 70; graines de chanvre, G fr. 5o à 9 francs le quintal; graines de lin, 5 fr. 70 à G fr. 5o les 100 kilogrammes.
- En Russie d’Europe, les céréales sibériennes sont cotées principalement a Samara, à Saint-Pétersbourg, a Libau, a Archangel, à Piostov et à Novorossisk. Grâce au transsibérien, la Sibérie peut envoyer ses produits par la voie de fer, a toutes les frontières russes : ports de la Baltique, frontière terrestre russo-allemande et russo-autrichienne, mer Noire et mer d’Azov. Mais, pour les céréales, l’exportation par chemin de fer, rendue déjà difficile par la brisure des tarifs qui s’accomplit à Tchéliabinsk, est beaucoup trop onéreuse.
- L’exportation par les ports de la Baltique (via Kama-B al tique) a été jusqu’ici la plus usitée. Mais elle est longue, peu sûre et le transport des céréales de Barnaoul, centre du commerce des blés de l’Altaï, jusqu’à Pétersbourg, coûte environ 8 francs par quintal.
- L’exportation par la voie maritime du Nord est beaucoup plus
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- avantageuse; elle permet le transport de Barnaoul à Londres d’un quintal de blé pour 36 kopecks (assurance comprise), soit o fr. 96.
- L’établissement des relations régulières entre la Sibérie et l’étranger, par la voie maritime du Nord, aurait donc l’avantage de favoriser singulièrement l’exportation des produits sibériens et, par conséquent, d’en développer considérablement la production.
- Les quantités de céréales que la Sibérie est actuellement a même d’exporter sont encore trop peu considérables pour que notre agriculture ait à redouter la concurrence prochaine d’un nouveau pays producteur. Mais il ne faut pas oublier que l’exemple du Canada et celui de la République Argentine sont là pour montrer le développement rapide d’une production considérée naguère comme insignifiante. L’Altaï n’est guère plus loin de l’Europe que le Manitoba et l’agriculture sibérienne est aussi favorisée de la nature que celle des Grands Lacs. La colonisation russe arrivera probablement dans un laps de temps assez court à exploiter rationnellement la fertilité du pays et notre agriculture aura alors à compter avec un concurrent de plus.
- Bétail. —Nous venons de donner une idée des immenses ressources de la Sibérie que nous ont révélées l’Exposition de 1900 et les publications qu’elle a provoquées. Dans un avenir plus ou moins proche, les pays producteurs de céréales pourront avoir à compter sérieusement avec la concurrence de cette partie jusqu’ici à peu près inconnue de l’empire russe. Dès aujourd’hui arrivent sur les marchés d’Europe, des confins de la Sibérie occidentale, des quantités non négligeables de produits animaux : viande, graisse et beurre surtout, dont l’importance semble devoir s’accroître rapidement, grâce à l’impulsion donnée à l’agriculture sibérienne par la création du transsibérien et de ses annexes. Sans s’exagérer l’influence de ces trafics sur le commerce européen, il convient cependant de chercher à la mesurer et de fixer dès à présent l’attention des cultivateurs sur le rôle que l’avenir réserve à la Sibérie dans l’approvisionnement de la vieille Europe.
- La Sibérie occidentale, avec les districts transouraliensdes gouvernements de Perm, d’Oufa et d’Orenbourg, grâce à ses vastes pâturages, élève déjà, à l’heure qu’il est, un bétail considérable qu’on
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- peut évaluer à 19 millions de têtes W. Ce bétail se décompose à peu près comme suit :
- Chevaux...........
- Bêtes à cornes. . . . Moutons et chèvres,
- Chameaux..........
- Porcs.............
- h,211,000 lètes. 3,81 3,000 8,0 12,000 177,000 672,000
- Total
- 18,883,000
- A elle seule, la Sibérie occidentale possède les deux tiers du cheptel total du pays; la Sibérie centrale compte 2,800,000 têtes et la Sibérie orientale, 4,34 2,000 têtes de tout bétail.
- De purement extensif autrefois, l’élevage tend charpie jour, depuis plusieurs années, à devenir plus intensif, c’est-à-dire à fournir des animaux engraissés et des quantités de lait plus considérables. Ce progrès ira, sans nul doute, en augmentant avec les facilités que la création de voies plus rapides et plus économiques crée à l’exportation. Les prix auxquels on peut acquérir les animaux domestiques varient naturellement et dans de fortes proportions avec les époques et les régions, ainsi qu’avec les conditions climatériques de l’année plus ou moins favorables à la production des fourrages; quelques chiffres empruntés à M. Aulagnon donneront une idée générale de ces prix.
- En Sibérie occidentale, un bon cheval de culture ou de trait léger vaut de i5 à 4o roubles (4o à 100 francs); un bœuf ordinaire, de 19 à 4o francs ; un bœuf engraissé, pouvant donner 3 2 0 kilogrammes de viande et de graisse, de b8 à 160 francs; une vache laitière ordinaire, de 27 à 4o francs; une vache grasse pour la boucherie, de 67 à 108 francs; un mouton, de 1 fr. a5 à 3 fr. 5o.
- L’exportation par chemin de fer du bétail vivant n’a commencé qu’en 1899, année dans laquelle la Sibérie a envoyé en Russie 16,000 têtes de gros bétail. C’est un début qui permet de prévoir une exportation beaucoup plus considérable du cheptel et la diminution des frais de transport. Actuellement, le transport d’une tête de
- (I) Aulagnon , Sibérie économique.
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- gros bétail de Pétropavlovsk à Saint-Pétersbourg coûte k2 roubles (107 francs). Les exportations des viandes abattues dépassent de beaucoup celles des animaux vivants. De 1/1,000, le nombre de têtes de gros bétail abattues à Pétropavlovsk a passé, en 1899, à 53,000, et le poids des viandes dans ce même port est monté de 7/1,000 kilogrammes (1893) à 726,000 en 1899; c^ans ce^e méme année, le transsibérien a transporté plus de 28,000 tonnes de viande. Le prix de la viande en Sibérie occidentale varie de o fr. 16 à 0 fr. ko le kilogramme; il est en moyenne de 0 fr. 28. L’exportation des suifs commence aussi à être considérable; le transsibérien seul en a transporté plus de 7,000 tonnes en 1899 contre moins de 6,000 tonnes l’année précédente.
- Ces chiffres dénotent une marche rapide dans les progrès de la production animale en Sibérie, mais ils sont relativement faibles en regard du trafic du beurre et de l’accroissement qu’il recevra d’ici à peu de temps.
- Industrie laitière. — L’utilisation du lait par sa transformation en beurre a, en Sibérie, un caractère presque uniquement industriel. Jusqu’à ces dernières années, le lait, sauf aux environs des villes et pour une quantité très minime, ne faisait l’objet d’aucun échange commercial. On ne connaissait naguère que la médiocre préparation, chez le cultivateur, du beurre fondu consommé sur place ou dans l’intérieur du pays.
- Le chemin de fer transsibérien, qui rend maintenant possibles à toutes époques des expéditions rapides, a donné naissance à la fabrication d’un produit de plus grande valeur, susceptible d’être exporté vers des pays de grande consommation, celle du beurre frais et salé, qui deviendra sous peu un élément des plus importants de la richesse des contrées sibériennes où elle se développe.
- L’industrie du beurre frais date, en Sibérie, de cinq à six ans; elle a dû le jour aux Danois qui, frappés du champ merveilleux qu’offraient à l’industrie laitière l’abondance des pâturages naturels de la Sibérie occidentale et la richesse de son bétail, y apportèrent les premiers, les rails du chemin de fer à peine posés, leur matériel et leurs connais-
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- sauces spéciales. Ils créèrent desbeurreries et s’efforcèrent de répandre dans le pays les connaissances nécessaires à celte industrie. Leurs efforts furent couronnés de succès; ils fabriquaient le beurre et achetaient pour l’exporter au loin celui des beurreries avoisinantes. Moyennant de très fortes avances d’argent consenties aux producteurs, ils obtenaient ce beurre à très bas prix, et même souvent le prenaient à la commission en se réservant naturellement de fructueux courtages.
- Les magnifiques bénéfices qu’ils réalisaient eurent vite fait de donner l’éveil en Russie et surtout à l’étranger. D’autres Danois, des Allemands et des Russes, vinrent fonder à leur tour des comptoirs d’achats et des installations de beurreries. Le gouvernement russe, de son côté, comprit à merveille les avantages que pouvait offrir au pays le développement de cette nouvelle industrie; il résolut de l’aider et, dans ce but, envoya en Sibérie occidentale des instructeurs pour répandre par des conférences, des démonstrations, des brochures, des visites à domicile, etc., la connaissance de la fabrication du beurre. Ces instructeurs sont assistés d’aides compétents qui, en séjournant tour a tour dans les différentes beurreries, améliorent les procédés de fabrication. Ils contribuent à la formation de syndicats (artrls) de paysans qui trouveront, dans l’association, le moyen d’exploiter une beurrerie. Ces syndicats sont administrés par les cc anciens -n du village et la direction de la beurrerie est laissée aux soins de contremaîtres spéciaux. Le lait est fourni par tous les membres de la corporation et le beurre fabriqué est vendu le plus souvent par contrats annuels aux comptoirs étrangers établis à Kourgane, a Omsk, etc. La production de ces associations coopératives ne représente encore qu’une faible partie de la production totale, mais il n’est pas douteux que le succès de ces syndicats ne provoque rapidement l’organisation de nombreuses sociétés coopératives. Actuellement les beurreries privées forment encore la majorité; les propriétaires de vaches leur livrent tous les jours le lait a un prix déterminé : 3o a ko kopecks le poud (o fr. o5 à o fr. 06 le litre).
- Ces petites beurreries appartiennent en général soit aux commissionnaires exportateurs, soit à des particuliers négociants ou industriels. La plupart sont construites en bois; elles possèdent l’outillage
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- perfectionné des laiteries suédoises: séparateurs centrifuges, pastcu-risateurs, barattes oscillantes, malaxeurs, etc.; toutes les beurreries disposent de glacières. Lesdits appareils, selon l'importance des usines, sont mus à bras d’hommes, par la force animale, quelquefois même par la vapeur. Ces usines transforment de 10,000 à 3o,ooo ponds par an (le poud équivaut à 16 kilogr. 38o), fabricant ainsi de 8 à h0 tonnes de beurre. La méthode de fabrication la plus usitée est la méthode du Holstein; pasteurisation du lait, refroidissement et passage a l’écremeur centrifuge, mise en fermentation des crèmes, barattage, malaxage avec 4 p. 100 de sel et mise en couleur.
- Le beurre ainsi préparé se nomme beurre d’exportation (pæporl-noïé maslo). On l’enveloppe de papier parcheminé et 011 le met en tonneaux de bo kilogrammes qu’on entoure de sparterie. Placé dans des glacières ou dans des caves très froides, ce beurre peut conserver son bon goût pendant six semaines et même deux mois.
- D’octobre à février, les vaches, mal soignées et mal nourries, donnent peu de lait; en outre, le marché russe paye à cette époque plus cher que le marché étranger : on prépare alors, pour être expédiée à Moscou et à Pétersbourg, une variété de beurre appelée beurre parisien (jiurijskoïé maslo) qui s’obtient avec des crèmes non fermentées et qui n’est pas salée.
- La qualité des beurres sibériens est comparable h celle des beurres russes des gouvernements d’Iaroslav et de Vologcla; elle est cependant moins régulière et laisse quelquefois à désirer.
- Un fait intéressant à noter, c’est, à certaines époques de l’année, comme en Hollande, la forte teneur de ces beurres en acide gras fixe, ce qui peut faire croire à l’addition de margarine au beurre naturel. Dette anomalie dans la composition du beurre est due au régime alimentaire du bétail défectueux dans certaines saisons.
- En somme, étant données les améliorations progressives de la qualité des beurres sibériens, on pourra bientôt les comparer aux beurres canadiens.
- La plupart des maisons d’exportation, dont le siège est à l’étranger ou à Pétersbourg et a Moscou, ont des agents a Kourgane et dans quelques autres villes.
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- Les comptes s’établissent au poids net, sous déduction de 9 kiJ. 500 par 100 kilogrammes, l’emballage à la charge du vendeur. Les tonnelets en bois de hêtre formant cet emballage arrivent d’Allemagne ou du Danemark prêts à être montés; ils sont vendus environ 2 fr. 1 5 rendus dans les stations sibériennes.
- A l’exception du beurre parijskow, dont l’importance est assez réduite et qui s’expédie en hiver sur la Russie, en caisses de 2 pouds, le beurre sibérien préparé en été s’exporte à l’étranger, pour la presque totalité. Son débouché le plus important est Copenhague, qui, à lui seul, absorbe la moitié des envois. Les marchés de Londres et Hambourg viennent ensuite; quelques expéditions se font aussi sur Manchester, Hull, Glasgow, Edimbourg, Newcastle. Les beurres les mieux préparés sont quelquefois expédiés a Copenhague sous l’étiquette de beurre danois et réexpédiés comme tels sur Londres et sur Hambourg.
- Voici comment se font les transports de Sibérie à l’étranger : ceux de Tara viennent par l’Irtych rejoindre la ligne à Omsk, ceux de l’Altaï descendent l’Obi jusqu’à son confluent avec la voie ferrée, à la station d’Obi. Ils sont placés sur des wagons-glacières qui mettent, en grande vitesse, de 10 à i5 jours pour arriver directement aux ports de la Baltique. En 1900, il y avait deux trains hebdomadaires composés chacun de 2 4 wagons-glacières; en 1901, les expéditeurs avaient à leur disposition 5 de ces trains par semaine. Les ports dans lesquels s’effectue le transbordement sur navires sont Saint-Pétersbourg, Riga et Revel, visités régulièrement par des vapeurs munis d’appareils frigorifiques pour les transports sur Copenhague, Londres et Hambourg: la durée du trajet par mer est de 4 à 8 jours, en moyenne de 4 à 5 jours. Le transport de Kourgane ou d’Omsk à Revel coûte, en grande vitesse, 17 fr. 90 par quintal de beurre net.
- Les beaux herbages naturels donnent au lait sibérien une richesse remarquable en principes gras; il faut 22 litres pour faire un kilogramme de beurre, tandis qu’en beaucoup de pays on n’obtient 1 kilogramme de beurre que par le traitement de 2 4 litres de lait. L’industrie du beurre se trouve donc en Sibérie dans des conditions très avantageuses.
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- Limitée <Labord au district de Kourgane, l’industrie beurrière s’est ])ientôt étendue aux districts environnants. En 1899 et en 1900, un grand nombre d’usines nouvelles se sont créées et le chiffre des expéditions, de 1 74,000 pouds, qu'il était en 1898, est passé à 31 /i,ooo en 1 899 et à 1,100,000 pouds, soit environ 18,000 tonnes, en 1900. Au prix moyen de 10 roubles le poud, cette exportation représente déjà la somme considérable de 29 millions de francs.
- Les prix auxquels se vend sur place le beurre de bonne qualité courante, bien que sujets à des variations, restent dans une dépendance assez étroite des marchés de consommation : Copenhague et Londres. En été, ces prix se tiennent dans les limites de 1 fr. A7 à 1 fr. 90 le kilogramme. En hiver, ils s’élèvent et montent à 1 fr. 79 et 2 fr. 45 le kilogramme.
- Peut-on attendre que ce développement rapide dans la production du beurre continue? A cette question M. Aulagnon n’hésite pas à répondre affirmativement. La Sibérie peut lutter très avantageusement avec la Puissie elle-même pour la production du beurre : les steppes de la Sibérie occidentale peuvent nourrir un bétail bien plus considérable que celui qui y vit actuellement et le paysan est incité, par les profits qu’il retire du lait, à augmenter son élevage. L’instruction technique pénétrera de plus en plus dans les villages sibériens; avec elle, le bétail s’améliorera et la production du lait deviendra plus considérable. Le prix de revient du beurre diminuera, assurant aux producteurs un large débouché en Europe pour de plus grandes quantités.
- En outre, les immigrants occuperont peu à peu les terres vides; ils viendront utiliser les pacages vacants et fournir un appoint considérable à la production beurrière. On peut, donc penser que, dans peu d’années, le beurre formera un des revenus les plus importants de l’élevage sédentaire sibérien et que ce beurre contribuera pour une part notable à l’alimentation européenne.
- Je ne puis que m’associer complètement aux remarques par lesquelles M. Aulagnon termine son intéressante étude sur les beurreries sibériennes. ccA l’heure, dit-il, où le grand débouché de nos beurres normands, l’Angleterre, semble nous échapper, 11’est-il pas d’un pré-
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- cieux enseignement de signaler la naissance d’un nouveau pays producteur dont les progrès rapides semblent annoncer une redoutable concurrence? Si l’on songe que les produits sibériens mettent actuellement plus de journées à venir a Londres qu’il ne faut d’heures à nos produits français pour paraître sur le meme marché et que, malgré les distances énormes à franchir, ils parviennent déjà à lutter avec avantage, on ne peut s’empêcher de prévoir la situation difficile dans laquelle se trouveront nos beurres, si nous ne faisons rien pour y remédier, lorsque des transports plus rapides seront organisés entre la Sibérie et les producteurs.
- Les cultivateurs français doivent donc faire tous leurs efforts pour organiser sur des bases de plus en plus larges et plus étendues les associations coopératives pour la transformation du lait en beurre. Le marché anglais devrait leur appartenir en très grande partie. A eux d’aviser aux moyens de le conquérir de plus en plus, au lieu de le laisse échapper.
- J. CAUCASE.
- SUPERFICIE. ~ POPULATION. - SOL. - CLIMAT. — RLE. — AUTRES CEREALES. — CULTURES DIVERSES.
- — CULTURE POTAGÈRE. — CULTURE FRUITIERE. — VITICULTURE. — SÉRICICULTURE. — APICULTURE. — ÉLEVAGE. — INDUSTRIE LAITIERE. — FORETS. — CUEILLETTES. — PECIIES.
- Superficie et population.— Bien que les h i 2,000 kilomètres carrés du Caucase ne représentent qu’environ 2 p. 100 de la superficie totale de l’empire, cette contrée forme une des plus intéressantes parmi les marches extra-européennes de la Russie. Sa population, non compris celle du gouvernement de Stavropol, s’élève (recensement de 1897) à 8,872,000 âmes, ce qui donne une densité de 20 habitants par kilomètre carré. Les Russes constituent les 2.8 p. 100 de cette population.
- Sol et climat. — Dans les vastes (daines et au pied des montagnes de la Ciscaucasie le sol est fertile et souvent formé d’humus ; de moins bonne qualité peut-être en Transcaucasie, il donne cependant d’abondantes récoltes dans une grande partie de cette région, grâce à la douceur du climat et à la quantité suffisante des dépôts météoriques. Seules certaines plaines (en Transcaucasie) sont dans
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- une situation moins favorable; l’insuflisance des pluies y force à avoir recours aux irrigations.
- Blé.— La culture la plus répandue et la plus importante est celle du blé, qui, non seulement fournit à la consommation assez forte de la région, mais encore est Fobjet d’un commerce d’exportation. Les blés d’hiver dominent dans le bas pays et les blés de printemps dans les montagnes, dont certaines ont une altitude de 3,2oo mètres. Les blés de printemps sont semés de préférence dans les terres non irriguées ; ceux d’hiver, indifféremment, dans les champs d’irrigation ou les champs non irrigués. Les espèces les plus précieuses sont les blés durs (l’espèce jaune en Transcaucasie et l’espèce dite houhanka en Ciscaucasie). Les récoltes sont bonnes; généralement les rendements des blés d’hiver sont supérieurs à ceux des blés de printemps.
- Autres céréales. — Le Caucase n’exporte pas seulement du blé ; les autres céréales y donnent également des réeoltes abondantes, qui ne sont pas entièrement utilisées dans le pays.
- Orge. — Après le blé, l’orge occupe le premier rang comme importance. Elle ne craint point des altitudes assez élevées. Son rendement varie, à l’hectare, de 9 hectolitres, dans les régions liantes, a 38 hectolitres dans les régions basses du district d’Erivane. La production annuelle totale est de 12 millions d’hectolitres. Dans presque tout le Caucase, l’orge est la principale nourriture des chevaux.
- Maïs. — Le maïs est surtout cultivé en Transcaucasie. Il donne en moyenne 18 hectolitres de grains par hectare. La récolte totale est de 8,5<>o,ooo hectolitres, dont 6,000,000 provenant du gouvernement de Koutaïs.
- Uiz. — Le riz, qui demande un climat chaud et beaucoup d’eau, est cultivé surtout dans les régions basses du Sud-Est de la Transcaucasie, notamment dans les gouvernements de Bakou, d’Erivane et d’Elisavetopol. Le rendement moyen varie de 35 à ko hectolitres par hectare; dans certaines années, au gouvernement d’Erivane, on récolte jusqu’à 80 hectolitres à l’hectare. Dans les environs
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- de BaLoum, l’abondance des dépôts météoriques permet d'ensemencer du riz dans des terres non irriguées. La récolte totale est de 2,600,000 hectolitres par an, dont la moitié provient du gouvernement de Batoum.
- Millet. — Le millet est cultivé dans le bas pays et dans la montagne. Le rendement à l’hectare varie de 8 à 27 hectolitres. La récolte annuelle totale est en movenne de 2,600,000 hectolitres.
- Seigle. — La culture du seigle n’est répandue qu’en Ciscaucasie, notamment dans les contrées où les Russes sont nombreux. La récolte annuelle totale est d’environ 2 millions d’hectolitres.
- Avoine. — C’est également en Ciscaucasie seulement que l’avoine est cultivée en grand (en Transcaucasie, on ne donne aux chevaux que de l’orge). La récolte annuelle est de 2,5oo,ooo hectolitres.
- Autres cultures. Pommes de terre. — La pomme de terre qui est assez commune en Ciscaucasie, notamment au Koubane, est encore peu répandue en Transcaucasie; cette région 11’en produit, en elï'et, que 4oo,ooo hectolitres par an, tandis qu’on en récolte 3 millions en Ciscaucasie.
- Cotonnier. — Très ancienne en Transcaucasie, la culture du cotonnier a pris un nouvel essor, grâce à l’acclimatation, il y a une vingtaine d’années, de la variété américaine dite Upland (Gossypium hvrsutum). Aujourd’hui la production totale est de près de 12 millions de kilogrammes de coton pur, dont la moitié vient du gouvernement d’Erivane. Le rendement moyen est légèrement supérieur à 2 h0 kilogrammes de coton pur à l’hectare.
- Tabac. — Dans certaines régions du Caucase, la culture du tabac, notamment du tabac turc, a une très grande importance. Les plantations principales de la Ciscaucasie se trouvent dans la province du Koubane (récolte moyenne : n,5oo,ooo kilogrammes); celles de la Transcaucasie, dans les gouvernements de Koutaïs et de Tillis.
- Thé. — Les essais de culture du thé ont été couronnés d’un plein succès; certains propriétaires ont déjà des plantations importantes. L’Administration des Apanages continue à se livrer à des expériences. On est généralement d’avis que dans la Transcaucasie occidentale où
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- le climat est humide et chaud, la culture du thé est appelée à un bel avenir.
- Fourrages. — Les fourrages qui ont le plus d’importance saut : la luzerne, dans la Transcaucasie orientale, et le ray-grass ou Lolium pomme, dans la Transcaucasie occidentale. On cultive la luzerne dans des champs clos, ou dans des jardins attenant aux habitations; elle donne des récoltes pendant cinq ou sept années. Dans les bas pays, on obtient quatre regains par été, et dans les montagnes, deux.
- Cultures fotaoères. — Dans tout le Caucase, notamment dans certaines parties de la Transcaucasie, on consomme beaucoup de légumes frais. Quelques-uns, tels que les pastèques, les melons, les concombres, les citrouilles, ne sont pas seulement cultivés dans les potagers ; dans la plupart des bas pays où le climat est chaud, de vastes champs irrigués dits hakhchis leur sont consacrés. Certains bakhchis de la Transcaucasie orientale ont une importance toute particulière.
- Cultures fruitières. — Le poirier et surtout le pommier sont parmi les arbres fruitiers les plus répandus. Les espèces fines ne peuvent être cultivées avec succès que dans les parties les plus fraîches du pays. Les pêchers et les abricotiers sont également très nombreux; leurs fruits sont consommés, indifféremment, frais ou secs. Il est a noter que les abricotiers deviennent très grands et que leur bois est utilisé pour la fabrication des objets exigeant une grande solidité. Le cerisier, le merisier, le prunier, le cognassier, le noisetier, le cornouiller sont communs. Le grenadier est cultivé principalement dans le gouvernement d’Elisavetopol ; l’olivier, au Nord de Soukhoum (sur le bord de la nier Noire) et près d’Àrtvine (gouvernement de Koutaïs), On ne trouve la culture du citronnier et de l’oranger que dans les régions les plus chaudes du littoral, de Soukhoum à Batoum. Dans ces mêmes régions, la culture du mandarinier, encore toute récente, a devant elle un bel avenir. Le figuier, qui est cultivé dans tout le pays a, par suite de la grande consommation de figues, une grande importance. Le noyer permet l’exportation du brou de noix.
- Parmi les arbres fruitiers qui poussent ù l’état sauvage, citons le
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- noyer, le noisetier, le figuier, l'olivier, et surtout le châtaignier, le merisier et le prunier qui forment des bois entiers, le premier en Transcaucasie occidentale, les deux autres dissémines dans tout le pays.
- La culture du mûrier a droit â une mention spéciale; elle procure, en effet, de grands avantages à la population. Les feuilles nourrissent les vers à soie et donnent une couleur jaune servant à teindre la laine et la soie; avec l’écorce, on enveloppe les ceps de vigne; avec les branches, on fabrique des objets de vannerie et des échalas; avec le ligneux, toutes sortes d’articles; le fruit, enfin, est consommé frais et vert, on en fait du sirop, du vinaigre, etc.
- Les fruits de la Transcaucasie occidentale sont généralement bien inférieurs en qualité â ceux de la Transcaucasie orientale.
- Viticulture et vin. — La culture de la vigne est très répandue dans le Caucase; elle est même pratiquée avec succès â de grandes altitudes; c’est ainsi que dans la province de Kars, le raisin mûrit encore â i,35o mètres. Dans toute la Transcaucasie occidentale, outre la vigne cultivée, on rencontre, en grande quantité la vigne sauvage qui grimpe autour des arbres et produit des fruits, malgré le complet défaut de soins. Les vignes les plus fécondes sont celles qui sont irriguées ; mais il advien t que leur vin est de qualité inférieure. On estime qu’il y a, au Caucase, environ 120 hectares de vigne cultivée (85 p. 100 en Transcaucasie et 1 5 p. 100 en Gircaucasie). Dans les régions musulmanes, on fait sécher au soleil tout le raisin qui n’est pas consommé frais; les viticulteurs chrétiens seuls font du vins; la production annuelle est d’environ 1,200,000 hectolitres, dont une partie est vendue en Russie d’Europe.
- Sériciculture. — Très ancienne dans le Caucase^, la sériciculture occupe une place importante, notamment en Transcaucasie. La maladie du vers â soie amena â partir de 18G0 , dans la production, une forte diminution. Grâce aux mesures prises par le gouvernement russe
- (1) La soie cle la GéorgicélaiLdaprèsTexplo- (2) H a (lté notamment installé à Tiflis une
- raleiu* II.-G. Marsh, très renommée autrefois, station séricicole dile du Caucase. longtemps avant qu’on en récoltât en Italie.
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- les ravages ont été enrayés et la production a repris une marche ascendante; elle est aujourd’hui de plus de six millions de kilogrammes de cocons bruts par an.
- Apiculture. — Bien que le Caucase soit une région très favorable à l’apiculture, celle-ci n’y forme pas une industrie. Cependant les apiculteurs caucasiens — nombreux-— n’en livrent pas moins d’assez grandes quantités de miel à la consommation locale. Une espèce de ce miel a une propriété en quelque sorte enivrante; les abeilles la produisent avec le suc des Heurs du laurier et de l’azalée (cercles de Batoum et d’Artvine).
- Elevage. — Même dans les parties du Caucase où l’abondance des eaux favorise l’agriculture, une partie de la population est restée profondément attachée à la vie pastorale.
- Chevaux. — Les races de chevaux de la mer Noire, kalmouks ou nogaïs, jadis a juste titre très renommées, ne se sont pas conservées dans toute leur pureté. Aujourd’hui on trouve, au Sud de la Transcaucasie, la race de la Karabakh dont les représentants, descendants des arabes, ont des formes élégantes et une robe couleur d’or; ils sont très rapides, mais peu résistants ; en Ciscaucasie, on rencontre la race de Kabarda. Les représentants de ces deux races, ainsi que ceux des races cosaque, touchine et kurde, répandues dans tout le pays, sont surtout des chevaux de selle. Il y a, au Caucase, un peu. plus d’un million de chevaux.
- Bêtes à corne. — C’est surtout en Ciscaucasie et dans la Transcaucasie occidentale que le gros bétail a de l’importance. Parmi les races indigènes, il faut citer les bêtes de l’Ossétie et la race karabakh-eosaque. Au nord du Caucase, nous trouvons des kalmoucks, des cir-cassiens, des nogaïs; en Transcaucasie, des géorgiens, des khevsour-ossêtes. Dans le bas pays où le climat est chaud, les buffles sont nombreux (b millions).
- Moutons. — Le mouton constitue l’élevage le plus important du Caucase, où sa cliair est la nourriture habituelle. En Ciscaucasie, on trouve la brebis à laine fine et celle à grosse queue; en Transcaucasie,
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- les races touchine, de Karatchaiev, de Géorgie qui s’engraissent facilement, donnent une viande savoureuse et souvent aussi une laine de bonne qualité. On estime qu’il y a près de douze millions de moutons au Caucase.
- Chèvres. — Dans les montagnes, le nombre des chèvres est assez grand.
- Industrie laitière. — Le lait des brebis, des vacbes, des bullles et des chèvres trouve au Caucase diverses utilisations. Les variétés de fromages sont nombreuses ; certaines sont d’excellente qualité et très demandées. Enfin, c’est dans la vallée duKoubane, au Karatchaï, qu’avec du lait fermenté on obtient le kéfir à l’aide d’un cryptogame répandu dans le pays.
- Forèts. -— Il y a, au Caucase, plus de y, 5 o o, oo o hectares de forêts, dont 3o p. îoo dans le Caucase septentrional et yo p. îoo en Transcaucasie. La province du Koubane et le gouvernement de Koutaïs sont les plus boisés. L’essence lapins précieuse est le samchit (Buæus sem-pervirens) dont la fibre ligneuse, exportée àl’élranger, se paye î rouble les seize kilogrammes. L’exploitation (mais on n’exploite que dans certaines régions) est malheureusement le plus souvent impitoyable. Le vaste domaine forestier de Borjom (gouvernement de Tillis), propriété du grand-duc Michel Nicolaevitch, mérite cependant d’être donné en exemple. Une centaine de scieries mécaniques fonctionnent dans les gouvernements de Tiflis et de Koutaïs.
- Cueillettes. — Les habitants de certaines parties de la Transcaucasie orientale trouvent dans les produits des cueillettes la source de bénéfices assez importants. La racine de réglisse notamment, qui se recueille dans les steppes, donne lieu, depuis une quinzaine d’années, à une importante exportation.
- Pêche. — Il existe des pêcheries sur les bords des mers dAzov, Caspienne et Noire et sur le cours inférieur des différents ileuves qui arrosent la région. On estime que la quantité annuelle moyenne de
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- poissons péchés dans les eaux du Caucase dépasse 72 millions de kilogrammes. Parmi les espèces, il faut citer le grand esturgeon. Les eaux du lac Goktcha sont habitées par quatre variétés de saumons et deux variétés de carpes qu’on ne rencontre point ailleurs.
- K. TÜRK-ESTAN.
- SUPERFICIE. — POPULATION. — CLIMAT. — TERRES CULTIVABLES. — METHODES DE CULTURE. — PRODUCTION AGRICOLE. — CEREALES. — LUZERNE. — POMMES DE TERRE. — CULTURE MARAICHERE. — CULTURE FRUITIÈRE. - PLANTES OLEAGINEUSES. — COTON. — SERICICULTURE. — APICULTURE. — IMPORTANCE DE L’ELEVAGE. — CHEVAUX. — ANES. — BETES A CORNES. — YACKS. — MOUTONS. — CHAMEAUX. — MABALS. — FORETS. - CUEILLETTES. - CHASSE. - PECHE.
- Superficie, population, climat. — En étudiant les régions de culture de la Russie, nous avons séparé les steppes Kirghiz du Turkes-tan proprement dit. La population de ceLte région est assez mêlée ; au piecl des montagnes, elle est très dense et tire de la culture des récoltes belles et variées. Le tableau suivant donne la division en provinces et la population de chacune de ces provinces.
- PAY S. ÉTENDUE en KILOMÎ5TP.ES CARBES. POPULATION DES DEUX SEXES. NOMBRE I D’HABITANTS par KILOMÈTRE carré.
- 1 Iranscaspienne 5ô,ooo 372,000 °.7
- 1 de Samarcande ()(),000 858,000 12. A
- Province < du Ferpana (y compris les Pamir) 1 Go,000 i,56o,ooo 9-7
- ! dn Svr Daria 003,000 1 ,/i8o,ooo 2.9
- t du Sémiretchc 39/1,000 990,000 2.5
- Totaux pour la partie russe du Turkcstan. 1,683,000 0,260,090 3.1
- ( de Boukhara 2/18,000 2,000,200 8.3
- Klianat < ( de Kluva 62,000 5oo,ooo 8.2
- Totaux 1,993,000 7,760,000 3.8
- crLn été chaud, écrit M. P. de Sémenov, un hiver relativement rigoureux, peu de dépôts atmosphériques, la sécheresse de l’air et la prédominance des vents du Nord et du Nord-Est, tels sont les traits les plus caractéristiques du climat, v
- Terres cultivables. — Il n’y a pas plus de k ares de terres irriguées par habitant. C’est là une surface insuffisante (a,3oo,ooo hectares
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- environ). Pour remédier à cet inconvénient, on ensemence de céréales, principalement de blé, des terres non irriguées généralement voisines des oasis et pour lesquelles on se croit en droit d’espérer l’humidité de l’hiver et les pluies du printemps; ces terres sont dites bogari. L’étendue des bogari est d’environ 500,000 hectares, ce qui donne un total de moins-de 3 millions d’hectares de terres cultivables.
- Il est vrai qu’une partie (le loess) est d’une fertilité pour ainsi dire inépuisable et que les dépôts laissés par les eaux d’irrigation suffisent à l’amender.
- Méthodes de culture. — Les méthodes de culture sont restées primitives. Sauf dans les régions où il y a des cultivateurs russes, point d’instruments aratoires perfectionnés. On laboure avec Yomalch, charrue au soc en fer, mais sans oreille, qui n’écorche le sol qu’a la profondeur de 0 m. 30 et ne retourne pas la couche superficielle ; on attelle à un long joug une paire de chevaux, de bœufs ou de chameaux, ou même un cheval et un chameau. Pour remédier à l’insuffisance du labour, on bine à plusieurs reprises.
- L’amendement le plus répandu, c'est le sol même des champs cultivés, la poussière de lœss, dégagée des sels que l’on tire des mamelons environnants, des murs de terre renversés, des collines et que l’on transporte sur les champs. On emploie très souvent aussi le limon tiré des canaux d’irrigation que l’on apporte sur les champs après qu’il est resté deux ou trois ans en tas. Dans certaines contrées, en Kliiva par exemple, l’amendement des terres a lieu au moyen de travaux immenses ; parfois on remplace entièrement toute la couche superficielle du sol, épuisée par la culture. Ces travaux s’effectuent en automne ou au commencement du printemps et exigent une grande quantité de bras; il s’agit, en effet, parfois de déplacer 300,000 kilogrammes de terre par hectare.
- Production agricole. — La production agricole annuelle est estimée, en moyenne, inférieure à 20 millions d’hectolitres, dont plus d’un tiers en blé. C’est la province transcaspienne qui manque le plus de
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- céréales. 11 est vrai que la population, particulièrement frugale, se nourrit en été principalement de fruits, de melons et de pastèques.
- Céréales. Blé. — Le blé est la principale céréale du pays. Celui d'hiver est cultivé — par la population sédentaire — dans les oasis irriguées; celui de printemps est semé, aussi bien parla population sédentaire que par des nomades, sur des terres non irriguées. Les rendements des blés d’hiver sont généralement bons : de 2,000 à 2,200 kilogrammes par hectare et parfois même de 2,500 a 3,ooo kilogrammes. Les variations sont grandes dans les rendements des blés d’été cultivés sur bogari:la récolte, qui est, en moyenne,de 1,000 à i,5oo kilogrammes par hectare, ne fournit parfois même pas la semence nécessaire pour l’année suivante.
- Orge. —L’orge a beaucoup d’importance pour le pays ; elle y consti tue le principal aliment des chevaux. Les rendements qui sont, en moyenne, de 1,600 a 2,doo kilogrammes de farine, par hectare, varient peu.
- Riz. — Le riz avec lequel on fabrique le palao, mets favori dans l’Asie centrale, est la plus précieuse des céréales de printemps. Long a mûrir et exigeant des champs inondés pendant cent jours consécutifs, il ne peut être cultivé que dans les contrées chaudes et très irriguées. Les irrigations mal faites rendent les rivières vaseuses et, par suite, en font de véritables foyers de malaria. Semé en avril, le riz est mûr en septembre. Les rendements sont bons : de 3,200 à à,ooo kilogrammes de grains, par hectare. Les deux variétés principales sont le riz rouge et le riz blanc.
- Millet. — Arrivant rapidement à maturité, le millet est très commun; on le trouve jusqu’à des altitudes de plus de 2,000 mètres. Le rendement moyen, à l’hectare, est de 1,600 kilogrammes; certaines années il dépasse 3,ooo kilogrammes. C’est avec le millet qu’est Fabriqué le bouz, boisson spiritueuse appréciée dans le pays.
- Djougar ou sorgho. — Le djoùgar (Sorghum cernuum, — doura de l’Afrique du Nord) est cultivé en grande quantité, notamment dans l’oasis de Khiva. C’est l’aliment des chevaux, des oiseaux de basse-cour et même delà population pauvre. Ses tiges atteignent 3 mètres; sèches, elles servent de combustible; fraîches, elles sont consommées par le
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- bétail. Semé à Ja mi-avril, le sorgho ne mûrit qu’à la mi-octobre; parfois même il est encore en racine quand viennent les gelées. Souvent fauché vert, il sert de fourrage. Le rendement est, en moyenne, de 3,ooo à à,hoo kilogrammes; il peut atteindre 5,ooo kilogrammes.
- Luzerne. — La luzerne a une très grande importance pour la population sédentaire; dans les parties du Turkestan habitées par celle-ci, il n’y a, en effet, pas de prairies. Aussi la luzerne est-elle le principal fourrage vert de l’été et le seul fourrage d’hiver. A partir de la troisième année, la luzerne donne de quatre à six récoltes annuelles complètes qui, en moyenne, rendent plus de 8,ooo kilogrammes et, dans certains cas, 16,000 kilogrammes de fourrage sec, par hectare. La récolte se maintient, pourvu que le champ soit amendé tous les deux ans, de 7 à 9 années, au bout desquelles il faut renouveler la semaille. Les champs de luzerne, une fois réensemencés, produisent de 12 a i5 années de suite, les derniers rendements étant mauvais. On réserve, pour les graines, une luzerne de trois ans. Parfois, on sème de la luzerne après du blé d’automne et, lorsque ce blé est récolté, on obtient deux regains.
- Pommes de terre. — Ce sont les Russes qui ont introduit la pomme de terre au Turkestan; et aujourd’hui encore ce sont principalement eux qui la cultivent; on n’en voit ni dans la Boukharie, ni dans le Khanat de Khiva.
- Culture maraîchère. — La culture maraîchère a été porté à un véritable état de perfection par la population sédentaire du Turkestan, notamment par les Dounganes du Sémiretché. Les espèces cultivées sont très nombreuses, mais il faut citer surtout la pastèque, le concombre, la citrouille, la courge, la carotte, l’oignon et surtout le melon qui constitue, en été, la principale nourriture des indigènes. Du reste, les melons du Turkestan sont excellents.
- Culture fruitière. — Les arbres et les buissons fruitiers sont cultivés avec soin, notamment les pêchers et les abricotiers. Les fruits sont
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- consommés soit frais, soit scellés au soleil. La population sédentaire vend, en grande quantité, aux nomades et envoie même en Sibérie et en Russie d’Europe la pêche et l’abricot secs. Le raisin est répandu ; mais les russes seuls l’emploient à faire du vin. Les indigènes le consomment frais ou le font sécher. Le mûrier est cultivé en nombreuses variétés. Le mûrier blanc est le plus commun, sa feuille sert a l’élevage des vers à soie ; ses fruits sont consommés soit secs, soit en confiture ; on en fabrique une farine (toutt), qui est un important produit alimentaire. Pour montrer l'importance de l’exportation des fruits secs de toutes espèces, je dirai que, pour la province de Samarcande seule, cette exportation s’est élevée, en 1897, à G millions de kilogrammes valant 750,000 roubles; la même année, cette province exportait, en outré, pour 100,000 roubles de raisiné.
- Pl antes oléagineuses. — Les plan tes oléagineuses cultivées dans le pays sont le sésame, le lin, le safran, etc. ; la plus importante est le sésame. Semée le plus souvent immédiatement après la récolte du blé d’hiver, celte plante demande un peu d’eau et rend en moyenne 1,000 kilogrammes par hectare. La tige est utilisée comme combustible. Le plus souvent les semences du sésame sont mêlées à celles du rygik (Camelina saliva) et du cotonnier. Convenablement puriliée, l’huile de sésame est d’assez bonne qualité.
- Coton. — La culture du cotonnier remonte, au Turkestan, à la plus haute antiquité. La variété locale ((gossypium herbaceam) produit des fibres de qualité médiocre. Les Russes ont, après une assez longue série d’insuccès, réussi a acclimater le coton américain d’Upland (Gossypium hirsutum), quia remplacé déjà plus qu’aux trois quarts la variété locale. Aujourd’hui, on estime que les plantations de coton n’occupent pas au Turkestan moins de 25o,ooo hectares; la récolte est, en moyenne, de 65 millions de kilogrammes de fibre (valeur : 3o millions). La graine sert à la fabrication de l’huile, à l’amendement des terres et comme combustible. En Boukharic et au Khanat va on a continué à cultiver la variété locale; la récolte s’élève
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- à 20 millions de kilogrammes, dont 16 millions pour la Boukharie.
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- Sériciculture. — La sériciculture, dont les femmes seules s’occupent au Turkestan, et souvent en employant des procédés très primitifs, lut pendant longtemps l’objet d’une exportation importante. Malheureusement la pébrine, trouvant un terrain très favorable, occasionna de tels ravages que, de 1870 à 1880, l’exportation devint nulle. Le Gouvernement russe prit alors des mesures énergiques; des stations de grainage furent organisées, et l’usage des méthodes rationnelles fut vulgarisé. En 1896, il fut importé à Samarcande 3,900 kilogrammes de graines valant 5<>o,000 roubles.
- Apiculture. — Dans la province de Sérniretché, le pied des montagnes est couvert d’herbes a fleurs dont le suc donne d’excellent miel; aussi ne compte-t-on pas moins de 60,000 ruches, produisant annuellement 33o,ooo kilogrammes de miel et 16,000 kilogrammes de cire.
- Elevage. — Les vastes territoires du Turkestan conviennent particulièrement à l’élevage ; c’est du reste la principale industrie des nomades dont les fils continueront sans doute a mener longtemps encore la vie pastorale qui fut celle de leurs pères.
- On compte 866,000 chameaux, i,5Ao,ooo têtes de gros bétail, 1,700,000 chevaux, q5,ooo ânes et ib.23o.ooo brebis et chèvres; ce qui équivaut à 16 chameaux, 3o tètes de gros bétail, 32 chevaux et 290 brebis et chèvres, pour 100 habitants. La province la plus riche est celle du Svr-Daria, puis celles de Sérniretché et de la Trans-caspie.
- Cheval. — Le cheval est particulièrement utile aux nomades du Turkestan, auxquels il sert de bête de selle et de bête de somme; ils consomment sa chair, en grande quantité, et utilisent sa peau à la préparation de cuir d’un certain prix. Enfin, c’est avec le lait de jument qu’est fait le koumys, la boisson préférée dans le pays. Il existe deux races chevalines aux caractéristiques bien tranchées : la race hirghize, dont il a déjà été parléet la race luvcomane ou argaenah.
- (l) Voir p. io3 et suiv.
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- Assez fortement croisé d’arabe, le cheval turcoman a de belles formes. Objet de soins attentifs, il n’est employé que pour la selle; il est très rapide, mais ne supporte pas de longues étapes. Peu nombreuse, la race turcomane ne s’est pas conservée dans toute sa pureté. Métis de kirghiz et de turcoman, le karabaïr n’est également employé que comme cheval de selle; il est râblé, endurant et a le pas excessivement rapide (10 verstes et parfois plus â l’heure) ; il est très apprécié. J’ai dit, plus haut, l’exceptionnelle endurance du kirghiz^; aussi hon en plaine qu’en montagne. Ce petit cheval est élevé en kossiak, c’est-à-dire qu’on groupe des juments et des poulains sous la direction d’un étalon. Les nomades laissent leurs kossiaks toute l’année en liberté, sans autre nourriture que l’herbe de la steppe.
- Âne. — L’âne, au Turkestan, est l’animal des oasis et des villes hors desquelles on le rencontre rarement. Il est généralement de petite taille, extrêmement frugal, endurant et coûte bon marché. Aussi, l’indigène le moins fortuné en possède-t-il un; il le monte et s’en sert pour transporter des fardeaux; il l’utilise, en un mot, à tous les besoins de la vie.
- Bêtes à cornes. — Les indigènes sédentaires préférant la viande de mouton, les nomades, celle-ci et la viande de cheval, les bêtes à cornes sont surtout, auTurkestan, des bêtes de travail. On les attelle, elles portent à bât des fardeaux; on les monte même. Mal soignées et mal nourries, les vaches ne donnent que peu de lait; cependant les produits de la laiterie ont pour le pays une grande importance. Aigri et mélangé à l’eau, le lait forme notamment une boisson assez répandue (airan). Dans l’Ouest, c’est un métis de bœuf du pays et de buffle de l’Inde qui domine ; dans l’Est et le Nord, c’est le kirghiz noir; dans les villages russes, le kalmouk rouge.
- yacks. — Dans les hautes montagnes du Fergana, sur l’Alaï et les Pamirs, on élève aussi, en petite quantité, le yack ou buffle de Tar-tarie (Pœphagus grunniens), qui est un animal inappréciable pour le transport à bât des fardeaux à des altitudes atteignant de â,aoo
- (1) Le courrier qui, en 1868, porta de Sa- franchit en un seul jour, et sur le même clie-marcande à Tachkent la nouvelle de la victoire val, les 1,280 verstes qui séparent les deux l'emportée par les troupes de la Boukharie villes.
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- à 5,ooo mètres et donne, en outre, un excellent lait épais, avec lequel les nomades montagnards fabriquent du fromage.
- Moutons. — Les nomades seuls se livrent à l’élevage du mouton^, qui joue un rôle capital dans les interets économiques du Turkestan. La production annuelle de la laine s’élève, en effet, a 3o millions de kilogrammes en moyenne. La race la plus répandue est celle a large queue. Endurants, les individus de cette espèce ont une chair savoureuse, mais un peu grasse. Durant l’été, ils accumulent dans le dépôt de graisse qu’ils ont sur les reins (kourdiouk) des matières nutritives qui leur sont indispensables pour résister à la disette de l’hiver. Kara-Koul, petite ville de la vallée de Boukhara, a donné son nom à une race dont, les peaux d’agneau sont très recherchées.
- Chameau. — Le chameau est particulièrement utile au Turkestan. Dans le Sud, on rencontre des individus à une bosse, et, dans le Nord, des individus à deux bosses. Le chameau est le seul de ses animaux que l’indigène prenne soin de couvrir et le seul pour lequel il fasse, durant l’été, des provisions de fourrages. C’est que, surtout en bas âge, le chameau est sensible au froid et à l’humidité. A cinq ans, il est regardé comme adulte; sa charge est dès lors de 3oo kilogrammes. C’est lui qui porte, dans les migrations, la famille du nomade. Il fournit, en outre, du lait et de la laine.
- Marais. — C’est surtout dans la province du Sémiretché «pie l’on rencontre des marais; leurs bois (punis) sont l’objet d’un commerce assez important avec la Chine.
- Forêts et Cueillettes. — Les forêts du Turkestan peuvent être groupées en deux catégories : les forêts des steppes et des déserls formés de fourrés de buissons, plutôt que d’arbres, et les véritables forêts disséminées dans les gorges et sur les flancs des montagnes. Les unes et les autres sont d’une grande utilité : les forêts — d’autant plus importantes que le pays en est pauvre — en fixant le sol friable des montagnes et en influant favorablement sur le régime des eaux, et les buissons, en empêchant la formation des sables mouvants; cependant une exploitation impitoyable en a fortement réduit l’étendue.
- (l) C’est le mouton (Fini un qui sert d'unité d’échange dans les steppes.
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- Ou a Ionie, avec succès, de boiser, sans avoir recours aux irrigations, les lianes dénudes de certaines montagnes.
- Les forets les plus précieuses sont les forêts de noyers qui couvrent, principalement au Fergana, 200,000 hectares et donnent, outre les noix, un bois de valeur et un brou précieux. Les espèces portant des fruits sont du reste abondantes. Certaines grosses herbes épineuses du steppe (YAJhagliia camenorum entre autres) donnent un excellent combustible- Enfin quelques cueillettes sont très rémunératrices ; je citerai celle des Heurs de YArtcnnsia cina (sorte d’absinthe) qui donne la sanloninc.
- Ciiasse. — La chasse a beaucoup moins d’importance au Turkestan que dans le Nord de l’Asie russe ; la province où elle est le plus développée est celle du Sémiretclié. Les principales chasses sont celles du renard et du putois.
- Pèche. — Sur le littoral caspien, la pèche est fructueuse; le poisson qui a le plus de valeur est l’esturgeon. Les produits de la pêche sont envoyés à Astrakhan (en 1897, 3 millions de kilogrammes). On poursuit aussi le phoque (en 1897, 46o,ooo kilogrammes).
- Dans la région de la mer d’Aral, le poisson dont la pêche est la plus importante est l’esturgeon batard (Acciprnser nudtv en tris*) | 100,000 roubles] que l’on porte par caravane ùOrenbourg; la pèche du phoque rapporte 200,000 roubles par an.
- L. BUDGET. - IMPOTS.
- COMPARUSOA DES lîUDGETS DE 188'.* ET DE 1898- — IMPOTS DIRECTS. - IMPOTS 1!ND1RECTS.
- RÉFORMES DIVERSES.
- La situation agricole d’un pays est liée, en partie, a rorganisation financière et administrative de ce pays. 11 nous a donc paru utile de terminer cette étude par un relevé sommaire du budget de l’Empire, et notamment des diverses ressources dont se composent les recettes.
- Le budget général de la Russie s’élevait en recettes ordinaires, pour l’année 1898, à 1,585 millions de roubles (à 2 fr. 66), soit à 4,216 millions de francs.
- AuitnaiLTunis. — 1. 10
- IMI’lUMl.lW l. NATiONAI.E.
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- A G RI Cli LT EUE.
- Ce budget présentait un excédent de 670 millions de roubles (1,782 millions de francs) sur celui de 1889.
- Le tableau ci-dessous indique la répartition centésimale des recettes et des dépenses ordinaires, en 1898 (en nombres ronds).
- RECETTES.
- [). 10».
- Impôts directs G. G
- Impôts indirects 4 i.4
- Droits et taxes 5/i
- Droits régaliens (alcool). . . 1 o.4
- Domaines ,7.4
- Annuités de rachat (fiefs). . 5.4
- Recouvrements divers 5.4
- DÉPENSES.
- Dette publique [). 100. 30.a
- Guerre 29.il)
- Marine' /i.qj 27.2
- / des Finances . . i5.N
- 1 des Domaines et
- 1 de l’Agricul-
- Ministères! lurc 9.7
- ! de l’Intérieur.. . 5.q
- [ de l’Instruction
- l publique. . . 2.0
- Voies et communications. . . 1 ().2
- Justice 3.2
- Autres dépenses 5.2
- En 1898, les dépenses s’élevaient au chiffre de 1,858,2 00,000 rouilles, ou 3,612,812,000 francs, en excédent sur 1889 de ^89 millions de roubles ou i,3o3,8oà,ooo francs.
- Il résulte de là que les recettes ont augmenté, tandis que les dépenses diminuaient, par rapport à l’année 1889.
- Impôts directs. —L'impôt foncier figure au budget depuis 1876. Il s’applique à toutes les terres frappées de taxes locales parles zemst-vos(1) (sauf les terres des domaines de l’Etal).
- La taxe est fixée par une loi, pour chaque gouvernement. Elle est sujette à des variations très grandes, de i/h à 17 kopecks (0 fr. oo55 à 0 fr. àà), par déciatine de lionnes terres et de bois. La déciatine vaut 109 ares 2 5.
- La taxe est répartie par district.
- En 1898, l’impôt foncier a produit seulement 22 millions.
- L’impôt de redevance sur les terres des anciens serfs a disparu
- Assemblées provinciales électives, se rapprochant par leur rôle de nos confieils généraux.
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- en 1887 (rachat par versements), sauf dans quatre gouvernements de la Sibérie.
- L'impôt sur les constructions existe depuis 1868; la taxe immobilière urbaine a produit, en 1898, environ 20 millions de francs.
- L'impôt sur les loyers est établi depuis 1894, mais seulement dans les villes. C’est un impôt de quotité.
- L’impôt sur le revenu (perçu dans les villes seulement) comprend cinq classes de villes d’après leur importance. La taxe est proportionnelle; elle a produit 8 millions en 1898.
- Impôt d'industrie (organisé en 1898). —L’industrie, le commerce, les sociétés par actions, les patentes, etc., ont produit 1 6 1 millions et demi de francs en 1899. Il y a quatre classes (divisions de l’Empire) et diverses catégories dans ces classes.
- Impôt sur la rente. — 5 p. 100 du revenu et valeurs mobilières.
- Impôts personnels. — La capitation étant abolie, cet impôt ne joue plus qu’un rôle secondaire; il est perçu seulement en certains points de la Russie extra-européenne, sur les israélites cultivateurs des gouvernements de Ekathérinoslaw et de Kherson et sur les indigènes nomades de la Sibérie; quelques-uns de ces derniers le payent même en nature (pelleteries).
- Tous les impôts directs ont produit ensemble (en 1898) 103,900,000 roubles ou 27/1 millions de francs.
- La prévision de 1899 était de 120 millions de roubles, soit 319 millions de francs.
- Impôts indirects. — Passons aux impôts indirects qui forment la source la plus importante des revenus de l’Etat et celle qui touche de plus près à l’agriculture.
- L’impôt indirect est perçu : i° sur les produits de l’intérieur; 20 sur les marchandises importées.
- Contributions indirectes. — Elles frappent les spiritueux (vins exempts), le tabac, le sucre, l’huile d’éclairage, les allumettes.
- Jusqu’en i864, les distilleries agricoles étaient libres et exemptes de droits. L’accise date de cette année.
- Les recettes sur les spiritueux comprennent : i° Patentes de distd-
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- laiton: 6 kopecks par 12 lit. 3 (védro'j o fr. 1696 (1 fr. 3o environ par hectolitre);
- 20 Droit d’accise : 10 kopecks (0 fr. 266) par degré d’alcool (0 fr. 1 23 de litre);
- 3° Droit de patente des commerçants. Le monopole de la vente de l’alcool n’existe pas encore dans cinq gouvernements, sur cinquante;
- k° Droit d’accise supplémentaire (2 fr. 16 par hectolitre). Droits spéciaux sur distillation de fruits, haies, bières, etc.
- Le produit des boissons en 1898, sans compter le monopole, a été de 289,600,000 roubles ou 770 millions de francs.
- Les tabacs ont produit38,8oo,ooo roublesou 1 o3 millions de francs.
- L'accise comprend en outre le sucre, les huiles, les allumettes.
- Le travail des betteraves n’est frappé d’aucun impôt, mais le sucre produit est imposé à raison de 1 kopeck 70 par 16 ponds 38 (29 francs par 100 kilogrammes) dans les radineries.
- L’impôt est remboursé lors de l’exportation, comme prime a la sortie. Le produit, en 1898, a été de 08,600,000 roubles, soit 167 millions de francs.
- Les droits sur le naphte ont donné 2 3,5oo,ooo roubles ( 62 millions et demi de francs).
- Ceux qui. frappent les allumettes ont produit 6,900,000 roubles (i8,35ô,ooo francs).
- La recette des douanes s’est élevée à 218,900,000 roubles (082,270,000 francs).
- Au total, en 1898, les impôts indirects ont fourni a l’Etat 1,71 li millions de francs.
- Les prévisions de 1899 s’élevaient à 1,780 millions de francs.
- Il existe, en outre, des droits et taxes divers, tels que : timbre, pétitions, passeports, brevets, etc.
- Les transactions et ventes sont frappées d’un droit de h p. 100 du prix de l’objet cédé.
- Les droits de succession sont : en ligne directe, 1 p. 100; en ligne collatérale, jusqu’au quatrième degré, h à 6 p. 100; pour étrangers, 8 p. 100.
- Les permis de séjour sont sujets à impôt.
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- Absences. — Tout sujet quittant le territoire pour six mois paye 10 roubles (96 fr. Go). Sur cette somme, 9 roubles 1/2 vont au fonds des Invalides, et 1/2 rouble à l’Etat.
- Les voyageurs en chemins de fer payent i5 p. 100 du prix des billets encaisses par l’Etat. Il en est de même pour les marchandises et bagages du voyageur. En outre, pour assurances personnelles, o.5o p. 1,000.
- Il y a encore de nombreux petits impôts qu’il sérail trop long d’énumérer.
- En 1898, le produit total des droits et taxes divers s’est élevé à 280 millions de francs.
- Droits régaliens. — Le privilège minier constitue le plus ancien droit régalien. Il a été perçu, en 1898, 11 millions de francs de redevances, sans parler du produit des mines domaniales.
- La frappe des monnaies et les postes et télégraphes sont également une source de revenus.
- Les postes, en 1898, ont produit 73 millions de francs; les télégraphes, dans la même année, 45,760,000 francs.
- Monopole des boissons spirituenses (loi du icr janvier 1 8 9 5 ). — La loi est en vigueur dans quarante-trois gouvernements de la Russie d’Europe. On cherche par cette législation a diminuer l’alcoolisme.
- Dans leur ensemble, les droits régaliens ont donné a l’Etat, en 1898, 438 millions, dont 35 millions environ résulteraient du monopole de l’alcool (?).
- Les propriétés et les capitaux appartenant aux domaines entrent également pour une grande part dans les revenus de l’empire.
- Les domaines affermés et les indemnités domaniales ont produit, en 1898, 43,2 millions; les forêts, 110 millions; les chemins de fer de l’Etat, 926 millions ; les usines domaniales, fonderies, poudres, etc., 29 millions; les banques d’Etat, 38 millions.
- Gomme recette extraordinaire figure, au budget de 1898, la vente des biens domaniaux, pour une somme de 1,187 millions de francs.
- Annuités de rachat. — J’ai exposé le principe du rachat (voir p. 71). Son produit est représenté par des sommes que l’Etat perçoit des paysans, en payement de leurs nadiels. Cette annuité a été abaissée
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- dans tout l’empire, en 1881. Il est fréquemment (ait remise des arriérés, par ordre de l’empereur.
- De plus, on accorde de longs délais pour faciliter les payements (lois de 1889, i8q4 et 1896), après enquête sur la situation des communes ou des particuliers débiteurs. La loi de 1899 a rendu obligatoire cette enquête vis-à-vis des populations les plus obérées.
- L’allongement des délais, avec abaissement considérable du montant des versements annuels, est.fréquemment accordé.
- Depuis le commencement de la période de rachat (1881) jusqu’en 1899, 9 millions un tiers de nadiels de paysans ont été rachetés, représentant une surface de 86 millions d’hectares de bonne terre, valant environ 2,doo millions de francs.
- Sur cette somme primitive de........ 9/100,000,000 francs
- il avait été remboursé par anticipation................ Go, 000,000* 1
- grâce aux réductions.... h 9 2,000,000 > G b 7,300,000
- par suite de diverses mesures. 5,3oo,ooo )
- Il restait le icr janvier 1899. . . . 1,8/12,700,000
- dont, à amortir, 1,29/1,000,000 de francs environ.
- La moyenne des versements de rachat dans les gouvernements de la Russie d’Europe ne dépasse pas 3 fr. 20 par habitant de l’un et l’autre sexe et 19 fr. 15 par foyer de six personnes.
- Les prévisions de remboursement (pour rachat), pour l’année 1900, s’élèvent à 206 millions de francs environ.
- Les recouvrements pour avances de l’Etat, linances, chemins de fer ou indemnités de guerre, se sont élevés à 265 millions environ.
- Historique des impôts. — Dans l’ancien temps, les contributions personnelles et en nature, payées par la population, étaient les seuls revenus de l’Etat.
- Des xvi etxviic siècles datent les impôts indirects (boissons, douanes intérieures et extérieures).
- Pierre le Grand, pour payer les frais des guerres, éleva les impôts et en créa de nouveaux, tels les droits régaliens (sel et autres industries); enfin, l’impôt de capitation remplaça plusieurs impôts.
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- Depuis Pierre le Grand de nombreux impôts vinrent s’ajouter aux anciens.
- L’impératrice Elisabeth supprima les douanes intérieures.
- Sous Catherine II, le système d’impôts fut modifié et un peu allégé.
- Dans la première moitié du xixc siècle, la situation n’a pas été favorable à la diminution ni a la transformation des impôts.
- La grande amélioration et les réformes du système des impôts datent d’Alexandre II (1860).
- L’impôt sur les boissons est remplacé par l’accise (exercice).
- L’impôt de capitation des petits bourgeois est supprimé; il est remplacé par l’impôt sur la propriété immobilière urbaine.
- L’impôt sur le sel disparaît.
- Enfin on réalise un ensemble de modifications qui rend plus équitable la répartition de l’impôt et allège les charges des classes pauvres. On fait participer au payement de l’impôt des classes de citoyens jusque-là non imposées. Ges réformes se succèdent à peu près comme suit :
- 1881. Dégrèvement du payement des rachats.
- 1882. Impôt sur les successions et les donations.
- 1883. Abrogation progressive de la capitation.
- 1885. Impôts sur le commerce, l’industrie et les valeurs mobilières.
- 1894. Dégrèvement de l’impôt, foncier, lors de la création du monopole de l’alcool, et abandon de quelques autres impôts.
- 1897. Abrogation de la capitation en Sibérie.
- En résumé, on constate un progrès très marqué dans l’ordre social, agricole, industriel de l’empire russe, mais il reste beaucoup à faire encore pour l’amélioration du sort de la population rurale, qui est la préoccupation constante de l’Empereur.
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- CHAPITRE VIL
- HONGRIE.
- SUPERFICIE. — POPULATION. — LA PROPRIETE. — VALEUR FONCIERE. — SALAIRES AGRICOLES. — REPARTITION DES CULTURES. — TERRES INCULTES. —«RECOLTES. — BLli. — VITICULTURE ET VIN. — APICULTURE. — SERICICULTURE. — DETAIL. - HARAS DE L’ÉTAT. — SERVICE VETERINAIRE. — STATIONS AGRONOMIQUES : LEUR ORGANISATION; LEUR FONCTIONNEMENT. — RESULTATS DES EXPERIENCES AGRICOLES; CULTURES PRATIQUÉES EN HONGRIE. — CREDIT RURAL. — ENSEIGNEMENT AGRICOLE. — FORÊTS. — LÉGISLATION FORESTIERE. — CHASSE. — PECHE.
- On ne pourrait rien imaginer de plus heureux comme disposition, de plus plaisant à l’œil et cle plus suggestif que l’ensemble de l’exposition de l’agriculture hongroise. Trente années de paix ont suffi à cette vaillante population pour prendre rang parmi les grandes nations et offrir un spécimen des plus remarquables des progrès en tous genres, que le développement scientifique peut imprimer à l’industrie, à l’agriculture et au commerce d’un pays relégué pendant des siècles au second plan. L’agriculture est la branche principale de la production nationale; c’est d’elle seule, d’ailleurs, que nous avons à nous occuper^.
- Superficie et population. — La superficie de la Hongrie, y compris la Croatie-Slavonie, est de 3a,333,ooo hectares, situés, pour la plus grande partie, entre le kk° et le âq° de latitude nord. La population dépasse 17 millions et demi d’âmes, d’origines, de races et de cultes différents. 12 millions et demi, soit plus des trois quarts, se livrent exclusivement aux occupations agricoles. Le peuple aime, du reste, l’agriculture et le rêve de tout ouvrier hongrois est d’être propriétaire d’un petit lopin de terre.
- La propriété et la valeur foncière. — La révolution de i8â8 a trouvé la Hongrie pays féodal, la terre étant possédée uniquement par l’Etat et par les castes nobiliaires; à cette époque, les récoltes suffi-
- (1) Je signale le remarquable ouvrage publie' du Ministère du commerce de Hongrie, intitulé par M. D.-J. de Jekeeeallussy, sous les auspices The Millennium nfllungary anditspcople, 1 897.
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- HONGRIE.
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- saienl à peine à alimenter le pays; aujourd’hui, la Hongrie a pris rang parmi les nations exportatrices de blé et de bétail. La très grande propriété existe encore, comme en Russie ; mais il ne faudrait pas en inférer que le changement de régime politique n’a pas modifié celui de répartition du sol. En effet, on peut ranger en quatre groupes principaux les propriétaires ou exploitants de la terre, en dehors des latifundia, propriétés ayant plus de 5,700 hectares; quelques domaines de cette catégorie s’étendent sur 60,000 et certains mesurent même 228,000 hectares.
- La proportion centésimale des exploitations qui forment les quatre groupes est la suivante, par rapport à la superficie totale du pays :
- Grandes propriétés..................
- Moyennes propriétés ................
- Petites propriétés..................
- Parcelles possédées par les paysans.
- Total.............
- SUPERFICIE. propoutiox.
- hectares. ]i. 100.
- Plus de 070 ho
- 11B à .B70 ih
- 18 11B 1 h
- 1 17 32
- 100
- Ce relevé montre que le tiers du territoire est aux mains des paysans. En général, leurs parcelles sont extrêmement morcelées et l’extension territoriale des communes^ est si vaste, que les cultivateurs passent l’été sur des fermes isolées {tanya) et rentrent l’hiver dans leur village, abandonnant le sol aux soins des domestiques. Ce régime présente les inconvénients qu’on peut prévoir; il est cependant atténué par la nature mixte de beaucoup de propriétés, composées de prairies, de forêts et de terres arables. Au point de vue de la mobilité de la propriété, il convient de rappeler que le mouvement d’achats et de ventes de terres est limité aux deux tiers du territoire, l’autre tiers étant jusqu’ici soustrait au trafic commercial parce qu’il appartient à l’Etat, à l’Eglise, ou constitue des majorats (ficléicommis) de communes et de communautés de propriétaires.
- Sous le régime nouveau, la valeur foncière du territoire s’est très sensiblement accrue. Au commencement de l’année 1870, elle était
- (l) Le Lcrriloire de certaines d’entre .elles couvre jusqu’il 17 milles géographiques carrés.
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- évaluée à 4 milliards de florins ; elle est actuellement estimée dix milliards. Le lopin de terre (yohe) qui se louait î à 2 florins en 1860, trouve aisément preneur à 12 à i5 florins, et son loyer atteint, sur certains points, 3o et 4o florins. La valeur vénale des terres varie naturellement selon la situation topographique, la richesse du sol, etc. Elle va de 100 francs à 2,000 francs l’hectare. Le loyer est sujet aux mêmes causes de variations; il est de 24 a 80 francs par hectare.
- Salaires agricoles. — Les salaires agricoles oscillent entre 1 fr. 5o et 2 fr. 60 par jour; les gages annuels entre 4oo et 800 francs. Les équipes spéciales d’ouvriers employés aux moissons sont payées partie en argent, partie en nature.
- Répartition des cultures. — Les grandes divisions du territoire, d’après la nature de son utilisation, sont les suivantes :
- CONTENANCES. PROPORTION.
- hectares. p. 100.
- Terres labourables l3,394,705 41.43
- Jardins A3o,()3A i.33
- Prairies 3,3o9,854 1 0.2 4
- Vignes 3 31,7 51 1.02
- Pâturages A,254,33i 13.16
- Forêts 8,987,243 27.80
- Oseraies 8A,o5i 0.26
- Terres incultes i,5Ao,35i 4.7 G
- Totaux 33,233,220 ’ 100.00
- Moins de 5 p. 100 de la surface de la Hongrie demeurent improductifs. Des travaux d’hydraulique agricole qu’on pourrait donner en exemple à bien des pays, pour l’utilisation de l’eau et la mise en valeur des terres par dessèchements, irrigations, drainages, diminuent chaque année, sur une grande échelle, l’étendue des terrains inutilisés.
- Récoltes. — Grâce à l’intelligence des grands propriétaires fonciers, aux bons exemples qu’ils donnent en consacrant leurs soins et
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- HONGRIE.
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- leurs capitaux au perfectionnement de leurs exploitations, grâce aussi au développement de l’instruction agricole, un progrès gigantesque a été réalisé, entrente ans, dans la production du sol, notamment dans la récolte des céréales, et plus particulièrement dans celle du froment, qui constitue le principal produit de la terre hongroise. Un coup d’œil jeté sur le tableau suivant, que j’emprunte au Millennium oj Hungary, permettra de s’en convaincre :
- RECOLTES MOYENNES PAR ANNEE.
- 1870 à 1879. 1890 h 1894.
- RÉCOLTE RENDEMENT RÉCOLTE RENDEMENT
- TOTALE MOYEN TOTALE MOYEN
- en raillions l\ riiectare eu raillions h l’hectare
- •le quintaux en de quintaux en
- métriques. quintaux. métriques. quintaux.
- Blé i5,8o 7.OO 40,39 12.9b
- Seigle 0.7 2 6.5o 14,11 11.23
- 6,8l 7.38 12,68 12.2 4
- Avoine . 5,93 8.48 9’92 10.00
- Maïs . l/|,45 8.55 28,90 14.8 5
- Pommes de terre . . 9,66 24.00 25,45 57.00
- Betterave 3,17 i4.oo 13,27 17.50
- Fourrage 6,5o 2.4o 20,00 3.52
- Tabac..' o,45 7-9° 0,52 12.61
- Blé. — La qualité exceptionnelle des blés de Hongrie, leur liante teneur en gluten que nous retrouverons chez les froments roumains, comme nous l’avons déjà constatée chez les froments russes, justifient la faveur qui s’attache au froment hongrois : de plus en plus, l’exportation du produit manufacturé (farine)^ tend à l’emporter sur celle
- (1) ffOn peut dire que c’est à la Hongrie que sont dus les progrès immenses obtenus dans le monde entier par l’industrie meunière », ainsi s’exprimait le rapporteur de 188 c). M. P. Regnault-Desroziers, vice-président de la Chambre syndicale des grains et farines, rapporteur de 1900, n’est pas moins élogieux. rtLa plus importante des industries hongroises, écrit-il, l’industrie naturelle de la Hongrie par excellence, c’est la meunerie. La réputation de la meunerie hongroise est universelle et bien méritée; elle est due à la per-
- fection de ses procédés mécaniques de mouture et à l’excellente qualité de ses blés, dans lesquels la condition du sol et du climat ont favorisé exceptionnellement le développement en gluten... En prenant pour base la récolte de 187/1, la production a été de 2 2,588,000 quintaux métriques de farine, 1,061,000 quintaux de farine basse pour l’alimentation des bestiaux et 5,178,000 quintaux de son. Les 11 moulins exportateurs de Budapest travaillent 7 à 8 millions de quintaux de blé par an produisant 5,5oo,ooo à 6,5oo,ooo quintaux
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- du grain, et nos cultivateurs 11e sauraient trop chercher à améliorer la valeur nutrilive de leurs blés, en vue de cette concurrence. J’ai déjà signalé l’importance de celte question pour notre production indigène.
- Viticulture et vin. — Le climat de la Hongrie est particulièrement favorable à la viticulture. La superficie des vignobles, avant l’invasion du phylloxéra, était de 250,000 hectares et la récolte annuelle s’éleva jusqu’à plus de 6 millions d’hectolitres. Des mesures vigoureuses ont été prises contre le 11 eau : reconstitution au moyen de greffes de cépages américains, sulfurage des plants d’espèces indigènes, plantation des lerrains sablonneux. Aussi la production vinicole, qui était tombée à moins de 1 million d’hectolitres, est-elle remontée à 2 millions.
- ce En général, écrit dans son rapport consacré aux ccVins et eaux-ccde-vie de vins», M. Paul Le Sourd, on consacre à la culture de la vigne les collines et le contrefort des montagnes. Dans les régions du centre, du midi et même du nord-est, les lianes des montagnes jusqu’à une altitude de 300 mètres, sont presque partout couverts de vignes et produisent des vins généreux et d’un délicat arôme; le climat, la situation, la sélection des espèces et la culture exercent sur la qualité de ces vins une inlluence favorable. Les sols des roches éruptives jouent, à ce point de vue, un rôle de première importance, comme le prouvent les vins incomparables de Tokai, de Badacsony et de Somlyo, mais les autres terrains rocheux et les alluvions ne laissent rien à désirer non plus. Les contrées de plaines, avec leurs raisins de
- de farine livrés à l'exportation. En 1895,1a Hongrie a exporté : en Autriche, 5,2o3,000 quintaux de farine; en Angleterre, 620,000; en Allemagne , 226,000 : en Bosnie, 132,000 ; en France, 102,000, etc. Les exportations ont été : en 1896, de 131,994 quintaux; en 1897, de ii5,3i4 quintaux; en 1898, de 92,755 quintaux; en 1899, de 98,171 quintaux.
- Récemment encore, les grands moulins de Budapest étaient presque les seuls exportant. Aujourd’hui, les autres centres importants de production de la province ont su élever aussi de grands moulins à vapeur travaillant
- pour l’exportation : les frais de transport de la matière première, la main-d’œuvre se trouvent ainsi moins élevés, et les issues trouvent un écoulement local. . . La Hongrie exporte de la farine dans tous les pays du monde, mais c’est principalement de la farine qu’on peut appeler farine de luxe, en raison de la faible extraction qu’on en fait de chaque quintal de blé. Sans doute, cela lient à la perfection de la fabrication, à la qualité exceptionnelle des blés, mais c’est aussi grâce au débouché que trouvent facilement dans le pays meme les farines secondaires et basses, »
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- sable ou de jardins, produisent plutôt du vin de grande consommation et leurs vins blancs et rouges (clairette) sont des vins de table légers et très agréables... Les vins blancs les plus renommés sont ceu\ du lac Balaton, dont les principaux types sont le Somlau et le Ba-dacson; ceux del’Ermellek, de Grosswardein, de Maevarad, de Tran-sylvanie; ceux des provinces du Nord et ceux de l’Hegyalja. Les vins rouges les mieux classés sont ceux de Vilanyi, de Bude, d’Erlau, de Cvongy et de Visonta. Le vin de Tokai, dénommé le ce roi des vins», ceux de Mènes, de Sarlovitzer sont doux et sucrés. Les régions de Presbourg et d’OEdenbôurg produisent aussi des vins blancs et des vins rouges. Signalons encore quelques vins mousseux. La Croatie-Slavonie a quelques types de vins assez durs et des mousseux sans grand cachet. »
- Voici pour les dix années 1890-1899 les ebilires moyens :
- QUANTITÉS. VALEURS,
- hectolitres. francs.
- Production............................. 1,706,430 54, 9/11,5o5
- Importation........................ 87 ^,433 17,4/13,607
- Consommation....................... 1,815,10a »
- Exportation.............................. 766,760 20,699,998
- La Hongrie, enfin, a des eaux-de-vie de vins, de marcs et de lies ccqui ont assez d’agrément et indiquent une bonne distillation, mais manquent généralement de bouquet».
- Apiculture. — Les elForls du Gouvernement et ceux de l’initia-live privée ont eu sur l’apiculture hongroise le meilleur résultat; le tableau suivant en est une preuve :
- ANNÉES. CO W ^ . ar C? t/i 3 Ë l'ï 2 S S S ^ O H -§ O O le çft U* O H < “O P N0MB1 MOIMLES. 1E DE RD FIXES. CHES. TOTAL. MIEL PT QUANTITÉ. tODÜIT. VALEUR. CIRE PR QUANTITÉ. ODUITE. VALEUR. VALEUR TOTALE des PRODUITS apicoles.
- quintaux. cou ronnes. kilogr. couronnes. couronnes.
- 1880 7,46a 70,430 272,587 642,997 17,48/1 12 1 ,o4g,o/i7 89,728 179,456 1,2a8,5o3
- 189/i 11,5aa 137,051 403,896 5/10,947 20./170 oG 1,210,200 166,498 33a ,927 1,543,201
- 1898 11,83g ao5,a 48 44g,3og 654,557 67,477 5o 2 ,a48,65o 220,106 45o,a 12 2,698,86a
- 1899 0.... 11,725 2 10 ,2/10 439,009 6/19,55/1 32,477 5o 1 ,g48,65o 227,106 454,23a CO CO 0 et
- h) L'année 1899 a clé très défavorable pour la production du miel.
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- SéricicultureW. — ccVers le milieu du xixc siècle, écrit dans son rapport sur les cr Insectes utiles et leurs produits??, le Dr Félix Henneguy, professeur au Collège de France, la production annuelle des cocons atteint ko0,000 kilogrammes. A cette époque, les bonnes qualités de la soie grège de Hongrie la faisaient apprécier. Mais la pé-brine de 1860 fit disparaître toute production de soie dans le pays. C’est en vain que le Gouvernement essaya d’organiser la sériciculture en attribuant des primes aux cultivateurs et en payant les cocons au-dessus de leur valeur réelle. En 1879, aucun progrès n’était encore réalisé : 1 5 0 éducateurs avaient déjà produit 20,700 kilogrammes de cocons. Pour remédier à cet état de choses, on créa, en 1880, un inspectorat tout spécialement chargé du développement de la séricicul-
- r
- ture; les primes aux éducateurs furent supprimées et l’Etat exploita lui-même l’élevage des vers à soie.??
- Le tableau suivant montre les résultats qu’il a obtenus :
- ANNÉES. N O de COM MUNES. 11B RE des ÉDUCATEURS. QUANTITÉ de COCONS RÉCOLTÉS. N 0 M B R E de Ml. RI EUS PLANTÉS.
- kilogr.
- 1879 // // 2,607 //
- 1880 71 i,o58 10,l3l 8,02 4
- 1885 75e 13,069 1 76,337 79,862
- 1890 1,9/12 66,020 1,0/18,096 1 20,079
- 1895 2,620 9/1,866 1,499,845 i48,o45
- 1890 2,566 102,2/13 1,627,731 201,759
- 1897 2,734 108,760 i,334,i38 211,343
- 1898 2,46l 86,467 1,272,331 238,988
- 1899 2,27/1 79'9a8 1,2/1/1,728 279,669
- La diminution do la récolte dans ces dernières années doit être attribuée exclusivement au bas prix époque. des cocons à celle
- cr En échange de ses encouragements, le Gouvernement s’est réservé le monopole de la vente des cocons et compte le garder jusqu’à ce que les éducateurs puissent se passer des facilités qu’il leur donne. Jusqu’ici i3o stations ont été créées pour l’achat des cocons. Ceux-ci y sont apportés par les éducateurs au moment de la récolte; l’Etat les paye et
- (1) La sériciculture fut introduite en Hongrie , dans la première moitié du xviii' siècle,
- par un Français qui était au service de l’Autriche,-le général comte de Merrev.
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- HONGRIE.
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- les envoie ù des élablissemcnls, des coconnières, où ils sont soignés, et de la il les expédie a Marseille, à Milan et à Udine pour la vente. Une partie de ces cocons est gardée pour les filatures hongroises. r>
- Détail.—De tout temps, l’élevage du bétail a occupé en Hongrie une très grande place : autrefois, il constituait l’occupation principale des habitants. Parmi les causes nombreuses qui, dans ces temps troublés, assuraient la prépondérance de l’élevage sur la culture, il faut noter la possibilité pour le paysan de sauver son bétail en le cachant dans les forets, tandis-que ses récoltes étaient ravagées par les envahisseurs.
- Le bétail constitue aujourd’hui une des principales richesses du pays. L’effectif des bêtes à cornes, au recensement de i8q5, s’élevait a près de 6 millions de têtes, en progrès d’un million de têtes sur 1885. Dans la même période^, l’effectif des chevaux a augmenté de k 11,000, atteignant le total de 1,973,000 têtes. L’élevage de la race ovine est, comme dans toute l’Europe d’ailleurs, en décroissance; le bas prix de la laine^, la vente difficile causée par le régime douanier des bêtes de boucherie et la concurrence des pays d’outre-mer, ont réduit de 188b a 1895 le contingent ovin à 7 millions et demi de tètes, en diminution de 3 millions de têtes sur l’année 1 88ù. L’élevage du porc, au contraire, est en pleine prospérité. C’est le porc à graisse dit cekondor à poil blanc ou noir 77, qui domine. On compte 7,300,000 têtes, contre moins de i,5oo,ooo en 1890.
- Les races auxquelles appartient le bétail hongrois sont nombreuses^. A l’Exposition de 1900, des statuettes, véritables œuvres d’art, représentaient, à une échelle rigoureusement proportionnelle à la dimension naturelle de chaque animal, tous les types d’animaux domestiques hongrois, depuis le buffle jusqu’aux oiseaux de basse-cour^. Rien de plus
- (1) Les Parisiens connaissent les chevaux hongrois, puisque plusieurs compagnies industrielles se remontent en Hongrie. Ces chevaux -— très vites — sont payés, en moyenne, 600 francs.
- (2) rfLa Hongrie est, dans les circonstances actuelles, le pays qui produit les plus belles laines à carder, au point de vue de leur finesse,,n (Gustave Heuzé.)
- (3) La majeure partie de la population hongroise appartient à la race dite race grise des steppes. Elle est remarquable par l’harmonie de ses caractères. Le bœuf pèse, à six ans, G 5 0 kilogrammes ; la vache, -45o à 5oo. Les bêtes sont fortes, endurantes au travail et ont une allure rapide. Les troupeaux sont considérables ; on les laisse presque toute l’année au-dehors.
- (4) L’exportation des œufs mérite d’être notée.
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- agréable à l’œil et de plus instructif à la lois, que cette galerie qui offrait à l’éleveur et a l’animalier des modèles des plus intéressants.
- De tout temps, les grands propriétaires hongrois se sont passionnément livrés à l’élevage si important de reproducteurs de choix, améliorant les races par la sélection et par un régime alimentaire bien adapté, traçant ainsi aux paysans la voie à suivre.
- Hahas de l’Etat^. — A l’Etat revient aussi une large part dans les progrès de l’élevage, par la création d’établissements spéciaux admirablement dirigés et largement dotés qui, sous le nom de haras, sont en réalité dévastés exploitations agricoles dont les revenus doivent contribuer, le plus largement possible, a l’eulrelien des chevaux et des animaux de vente qu’on y produit et y élève en vue de la propagation des meilleures races. Ces établissements d'élevage sont au nombre de cinq, y compris le domaine de la Couronne royale a Go-’dœllo. Chacun d’eux comporte deux sections, tout à fait indépendantes l’une de l’autre : le haras proprement dit et l’exploitation agricole. Les haras sont pourvus d’un personnel militaire; l’exploitation de leurs domaines est confiée a un personnel civil. Le plus ancien domaine des haras, Mezœhegyes, se trouve sur la terre classique de l’élevage chevalin hongrois, la grande plaine de l’Allœld; il a une étendue de 17,316 hectares d’un seul tenant, Babolim et Kisber sont sur la rive droite du Danube. Fogaras est en Transylvanie; enfin Godœllo, près de Budapest, est situé en pays boisé. Ces conditions topographiques différentes impriment a la culture et à l’élevage des caractères spéciaux.
- On consultait, avec beaucoup de prolit, les plans, graphiques et statistiques relatifs à ces établissements^.
- (1) L’État hongrois 11c consacre pas annuellement moins de 6 millions de couronnes à l’amélioration de la race chevaline.
- (î) A côte des haras, il faut citer ies courses. Le Jockey-club hongrois fut créé eu 1827. Les courses interrompues durant la période troublée de i84() à 1851 prirent après 1870 un nouvel essor. ïé Association des
- gentlemen riders se fonda à son tour, et le Jockey-Club lui abandonna la direction; des courses d’obstacles; son action s’est très heureusement fait sentir sur les courses de provinces. En(in la Société nationale d’agriculture de Hongrie organise à Budapest des concours hippiques qui obtiennent toujours un complet succès.
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- HONGRIE.
- 2/il
- Service vétérinaire. — L’importance capitale du bétail a conduit la Hongrie h créer un service vétérinaire modèle dont l’étendue, l’activité et la sévérité ne sont dépassées, si toutefois elles sont égalées, dans aucun pays d’Europe. On trouvait dans la section hongroise les éléments d’une étude complète sur cette belle organisation.
- Stations agronomiques. — Les stations agronomiques hongroises, qui se sont sérieusement développées durant ces dix dernières années, sont entretenues par l’Etat. Une commission centrale constitue un lien entre elles. C’est au Président de cette commission, au baron Jérôme Malcomes, que j’emprunte le programme de l’œuvre des stations : «par des recherches scientifiques et des expériences pratiques, perfectionner la technique agricole; désigner les modes de production les plus convenables et les espèces végétales plus avantageuses à cultiver; reconnaître les influences naturelles nuisibles au rendement et indiquer les moyens propres à y porter remède; découvrir et contrôler les falsifications auxquelles sont sujets les divers articles importants employés dans l’exploitation agricole. »
- Les stations agronomiques qui fonctionnent actuellement en Hongrie sont comprises sous les rubriques suivantes :
- Agro-chimiques; Essais de semences; Essais de machines agricoles; Expériences agricoles; Expériences de culture du tabac; Entomologie; Physiologie et pathologie végétales; Biologie et alimentation animale.
- i° Stations agro-chimiques. — Les stations agro-chimiques sont au nombre de sept; on peut les diviser en trois groupes : les stations de contrôle chargées d’examiner, pour le compte des autorités et des particuliers, les produits industriels et agricoles qui circulent dans le commerce (Pozsony et Kolozsvàr) ; lés stations plus spécialement agro-chimiques qui, sans perdre de vue leur but pratique, se livrent à des expériences scientifiques (Debreczen, Magyar-Ovar, Kassa et Keszthely); l’Institut de chimie, installé à Budapest qui, outre les analyses demandées par des autorités ou par les particuliers, exécute toutes les opérations de chimie pour le compte du Ministère de l’Agriculture et remplit auprès du Gouvernement les fonctions d’agent consultatif.
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- Ce sont ces diverses stations qui procèdent aux examens prescrits par la loi de 1895 contre la falsification des produits agricoles. Elles fout ces analyses suivant un tarif uniforme fixé par le Ministère.
- 20 Stations d’essais de semences. — C’est depuis 1891 — soit vingt ans après les premiers essais de semences fait en Hongrie — que la Station de Budapest fonctionne comme établissement indépendant. D’autres stations ont été crées a Kassa, àDebreczen, à Keszthely et à Kolozsvar. Cette dernière est chargée de la surveillance de l’établissement créé par la Société d’agriculture de Transylvanie pour le nettoyage des graines de trèfle. Les graines décuscutées sont livrées au commerce dans des sacs scellés du plomb officiel de l’Etat. En 1898, il a été exécuté aux diverses stations 82,^87 analyses; sur ce chiffre 28,389 l’ont été à la station de Budapest.
- 3° Station d’essai de machines agricoles. — Fondée en 1869, à Magyar-Ovar, la Station d’essai de machines agricoles a expérimenté près de 2 5o machines.
- k° Station d’expériences agricoles. — C’est en 1891 que fut fondée, à Magyar-Ovar, sur la proposition deM. Alexandre Cserhati, qui en est actuellement le directeur, la Station d’expériences agricoles. A partir de 1895, elle cessa de faire partie de l’Ecole supérieure d’agriculture et reçut son titre actuel. Conformément a son double but, elle est divisée en deux sections. Dans l’une, on s’occupe d’essais ayant une tendance scientifique; dans l’autre, d’expériences pratiques, faites le plus souvent avec les agriculteurs et dont nous parlerons ultérieurement.
- Voici un résumé du nombre de ces expériences.
- iBlo............................................. 33
- Seigle........................................... 60
- Orge ......................................... 3<j(j
- Avoine......................................... 2/18
- Maïs............................................ 709
- Légumineuses.............................................. 168
- ( Pommes de terre................................ 73o
- acines.| ]}cll(iravcs................................... 286
- ! oléagineuses.................................... 44
- commerciales................................... 12 5
- fourragères................................... 847
- 16.
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- 2hà EXPOSITION DE 19 00. — AGRICULTURE.
- Fumures :
- Céréales | d’automne fumées au superphosphate
- } de printemps fumées au superphosphate. . . . . . . 16 3
- Seigle fumé aux scories Thomas el à la kaïnile .... 71
- Plâtrage de sols crayeux .... 6b
- ( des fourrages en sols crayeux b
- Fumure < chimique du tabac . . . . fia
- ( chimique des vignes . . . . 3 0 3
- Expériences de fumure des prés . . . . 3of)
- chimique des arbres fruiliers................... 1A7
- chimique du houblon.............................. -i
- verte......................................... 11
- aux scories Thomas, pour blé ou vesoe mêlée
- d’avoine................................... 7 G
- aux scories Thomas pour céréales d’aulomne. . . 16tî
- Espèces de trèfle fumées aux scories Thomas............. -.10
- Luzerne fumée aux scories Thomas ou à la kaïnile........... p
- Îaux scories Thomas ou à la kaïnile, pour seigle
- ou vesce mêlée d’avoine.................... /i-ï
- aux scories Thomas et au superphosphate....... e.r>
- 5° Station d’expériences sur la culture du tabac. — Fondée en 18()8, la Station d’expériences de culture du tabac a été installée à Debreczen, avec succursale à Békés-Csaba. Voici les raisons qui ont guidé ce double choix : en Hongrie, le tabac est aussi bien cultivé dans les terres sablonneuses que dans les terres fortes; or, Debreczen est entouré d'une grande étendue de terres sablonneuses et Békés-Csaba est dans les terres noires et compactes. La station forme, sur les lieux mêmes de la production, des ouvriers agricoles, des manipulateurs et les agents de la Bégie royale hongroise des tabacs.
- 6° Station entomologique. — Ce fut l’apparition du phylloxéra en Hongrie ( 187/1) (11^ provoqua la création de la Station entomologique. Organisée en 1 880, elle prit tout d’abord le titre de Station phylloxé-rique. Des champs d’expériences furent installés sur divers points du pays attaqués par le phylloxéra; les deux principaux étaient ceux de Farksad (sol compacte) et de Istvântek (sol de sable mouvant). A Farksad, on appliqua aux vignes atteintes le traitement par le sulfure de carbone (bisulfite de carbone), puis on étudia les cépages américains : producteurs directs et porte-greffes. C’est à ces derniers que fut donnée la préférence.
- F u mu ru
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- b'ig. 28. — Granges-séchoirs de tabac, systèmes allemand et hollandais.
- Fig. 2g. — Granges-séchoirs de tabac, système hongrois.
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- De purement « phylloxérique », la station, élargissant le cadre de son programme, est'.devenue ce entomologique». El le s’est occupée des divers insectes nuisibles des champs, des jardins et des forêts; notamment de la sauterelle marocaine (Siauronolus maroccanus Thunb.), dont l’invasion de 1888 à 1891 fut un véritable fléau pour les contrées riveraines du Tisza et pour l’Alfoeld.
- 70 Station de physiologie et de pathologie végétales. — Fondée en 1897, la Station de physiologie et de pathologie végétales étudie, dans les questions dont elle s’occupe, le côté scientifique et le côté pratique.
- 8° Station biologique et d’alimentation animale. — Gréée en 1896, la Station biologique et d’alimentation animale s’occupe de l’étude rationnelle des animaux domestiques et de celle des diverses espèces de fourrages au point de vue de l’alimentation du bétail.
- Résultats des expériences agricoles. — Gomme je l’ai dit plus haut, il est intéressant d’insister sur les résultats qu’ont donnés les expériences de la Station d’expériences agricoles.
- Blé. — Les expériences ont prouvé que les espèces cultivées avec succès dans l’Europe occidentale ne sauraient l’être en Hongrie, où l’on ne peut obtenir de bons résultats qu’avec des céréales très précoces. Aussi, bien que la capacité de production du blé hongrois soit relativement faible et qu’il verse fréquemment, il ne peut être avantageusement remplacé par un blé produisant davantage et ayant une paille plus forte.
- Seigle. — Les diverses espèces de seigle étranger n’ont réussi que dans les terres vigoureuses et, par endroits, seulement. Le seigle de Petkuzi ne donne de bons résultats que dans la Haute-Hongrie; étant tardif, dans les plaines ses grains se resserrent.
- Orge. — Une longue série d’expériences a montré que de toutes les espèces d’orges à bière, c’est le Hanna qui convient le mieux à la Hongrie. Aussi cette espèce prend-elle la place de toutes les autres. Dans la plus grande partie de l’Alfoeld (Basse-Hongrie), l’orge destinée a la fabrication de la bière ne peut être cultivée, à cause du climat sec et chaud qui la rend cassante comme du verre et augmente sa richesse en protéine.
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- Fig. 3o. — Séchoirs de tabac, système macédonien.
- Fig. 3i. — Partie du champ d’expériences de la Station de physiologie et de pathologie végétales.
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- Les nombreux essais que l’on fit dans chacun des domaines de l’Al-foeld, avec les espèces les plus diverses d’orge à bière ayant tous donné un résultat négatif, la station expérimenta une espèce indigène et connue pour avoir déjà donné, dans les basses régions, une orge d’une qualité relativement bonne. Après un premier succès, on poursuivit les expériences, et il fut reconnu que cette orge convenait à la majeure partie de l’Alfoeld.
- Avoine. — L’avoine hongroise se contente d’une terre maigre, mais son rendement est relativement faible. Aussi la station d’expériences fit-elle des essais avec plusieurs espèces étrangères qui, à l’exception d’une seule, n’ont donné qu’un résultat négatif, ayant dégénéré dès la deuxième année, et surtout après la troisième. L’explication en est que ces espèces sont exigeantes au point de vue de l’engrais. La station n’obtint de bons résultats qu’avec l’avoine de Duppa. Celle-ci n’a pas plus d’exigences que les espèces indigènes; elle est précoce et donne une excellente récolte. Aussi se répand-elle de plus en plus en Hongrie.
- Maïs. — La capacité de production des espèces indigènes de maïs est faible, les épis sont mal formés, la proportion de grain, par rapport à la grosseur de l’épi est trop défavorable, il y a beaucoup de souches stériles; enfin, ces espèces sont généralement très tardives. Dès sa création, la station s’efforça de bien déterminer les diverses* espèces de maïs qui convenaient le mieux aux différentes contrées du pays, et à éliminer le plus possible les espèces inférieures. Des résultats favorables furent obtenus avec le pignoletto, et surtout avec le maïs d’Alcsüth, qui n’est autre qu’une variété améliorée du précédent. Cette espèce mûrit à temps. Il convient, par conséquent, dans l’assolement, de la faire précéder immédiatement par un blé. Son rendement est très élevé, ses grains sont durs, et, partant, sa farine a une plus grande valeur que celle du maïs hongrois. Des résultats favorables furent également obtenus avec 1 e florentin, la reine de prairie et le maïs de Szalontha. Ces deux dernières espèces appartiennent à la catégorie du maïs à dent de cheval; le florentin est lisse et précoce, tandis que la reine de prairie mûrit en temps moyen; quant au maïs de Szalontha, il est tardif et convient, en conséquence, plutôt aux régions du Sud
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- Plantes légumineuses.— On était généralement convaincu que, sous le climat sec de la Hongrie, l’excellent fourrage qu’est la fève des marais (féveroie) ne pouvait être avantageusement cultivé. Les essais faits par la station prouvèrent le mal fondé de cette opinion, et la conséquence en fut qu’aujourd’hui un grand nombre de domaines cultivent cette plante avec beaucoup de succès.
- Pommes de terre. — La pomme de terre est un produit très important pour certaines contrées de la Hongrie, surtout pour le Nord; mais dans beaucoup de régions le rendement moyen est malheureusement insignifiant. La station a obtenu de bons résultats avec plusieurs espèces qui se sont répandues dans le pays, notamment avec le trésor hongrois que créa l’abbé Àgnelli, au comitat de Nyitra. Cette espèce est d’un bon rendement, contient beaucoup de fécule et résiste à la maladie. Bien qu’au point de vue alimentaire elle ne soit pas de première qualité, il n’en est pas moins vrai que, pour la fabrication de l’alcool et comme fourrage, c’est elle qui, à maints endroits, fut reconnue comme possédant le plus de valeur. Depuis 4 ou 5 ans sa culture s’est répandue. Elle mûrit malheureusement tardivement; c’est son seul inconvénient.
- Plantes fourragères. — Dans ses expériences sur les plantes fourragères, la station a poursuivi un double but : déterminer, d’une part, celles qui, semées en automne, donnent un fourrage vert précoce; en trouver, d’autre part, qui puissent être cultivées dans les régions sablonneuses. Le pois des sables que depuis longtemps on cultive avec grand succès dans les régions sablonneuses de l’Allemagne n’a pas donné, en Hongrie, de moins bons résultats comme fourrage qu’en tant que graine, et cela même dans un sol tellement maigre que la vesce n’y venait plus. On a en outre réussi avec la vesce rouge, qui ne craint pas les plus rudes hivers, peut être récoltée de très bonne heure et fournit un excellent rendement; avec le trèfle pourpre, dont on croyait qu’il ne supporte pas le grand froid, et qui est aujourd’hui cultivé dans un grand nombre de propriétés; avec la verge d’or, qui vient très bien non seulement dans les terres sablonneuses, mais encore dans les sols un peu forts, est d’une si grande utilité pour les terres où ne poussent ni le trèfle, ni la luzerne, et dont la culture s’est
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- fort répandue ces derniers temps. La station a aussi essayé d’acclimater la seradelle, mais les expériences ont donné des résultats négatifs.
- Graines de betteraves. — La station a réussi à acclimater la culture de la betterave. Elle fournit gratuitement des graines à tout agriculteur qui accepte de cultiver selon les instructions données par elle et dans le but de récolter la graine. C’est son personnel qui instruit et exerce l’agriculteur dans le choix des betteraves et dans la polarisation. De plus, elle met les outils nécessaires (couteaux, forets, etc.) à la disposition du producteur, achète durant trois années consécutives les graines produites, et les essaye. Si la betterave se développe, b* producteur se livre h la culture en grand; dès lors la station se contente d’exercer sur lui un simple contrôle.
- Crédit rural. — Les premières caisses rurales de Hongrie datent de 1888; elles furent fondées dans le Gomitat de Pest crou, avec un capital commun, on constitua d’abord des caisses dans les campagnes appartenant au Gomitat même 7?. En 1894, fut constitué YInstitut central de crédit pour les associations nationales coopératives, dont l’action fut excellente, en sorte que les caisses rurales, qui, en 1899, h'étaient qu’au nombre de 54, groupant 9,507 membres, ne comptèrent pas, en 1897, moins de 86,509 associés répartis entre 379 caisses. rcGes caisses rurales prirent pour modèle le type Raiffeisen, sans le copier entièrement; elles en gardèrent cependant les principes fondamentaux : limitation du ressort territorial, administration gratuite, fonds de réserve indivisible77. Cependant l’Institut ne pouvant suffire à la tâche, chaque jour plus lourde, qu’il avait à remplir, la loi XXIII de l’an 1898, concernant les associations de crédit favorisées par l’Etat, constitua un nouvel organisme central, Y Association centrale de crédit mutuel du royaume de Hongrie. C’est, un membre du conseil d’administration de cette caisse, le comte Joseph de Mailath qui va nous indiquer le but poursuivi par cette nouvelle institution dont l’influence heureuse s’est déjà fait sentir : rcLes habitudes d’économie et de sage administration se développeront, et, par là, le monde des usuriers qui tiennent encore la plupart des ruraux hongrois en leur pouvoir s’amoindrira peu à peu; on parviendra enfin à acheter des biens-fonds
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- avec l’aide des caisses rurales et à empêcher que ces biens ne tombent dans les mains des usuriers W. 75
- Enseignement agricole. — La Hongrie a développe de bonne heure son enseignement agricole. La création d’écoles vétérinaires el agricoles à l’usage de la noblesse remonte au xvtiic siècle; le premier établissement d’enseignement primaire agricole a été fondé en 1800. parle comte Naké, pour les enfants de ses serfs. Mais c’est du rétablissement de la Constitution, en 1887, que date en réalité le mouvement imprimé à toutes les branches de l’agriculture, par l’application des méthodes scientifiques.
- Des instituts supérieurs enseignant l’agronomie, l’un en langue allemande (Magyar-Ovar), l'autre en langue hongroise (Keszlhely); quatre écoles de degré moyen, enfin des écoles pratiques, au nombre de vingt environ, donnent une solide instruction aux lils des cultivateurs hongrois. L’introduction de l’enseignement de l’agriculture dans douze écoles primaires supérieures et la création de professeurs ambulants complètent cette organisation. Il existe actuellement huit stations agronomiques créées et entretenues par l’Etat. Les travaux, mémoires et statistiques exposés dans la section hongroise permettaient d’apprécier la haute valeur de ces établissements et les services qu’ils rendent à l’agriculture.
- Forêts. — La production annuelle des forêts hongroises peut être évaluée à 27,500,000 mètres cubes. Il est a noter que dans ce chiffre ne rentrent pas les bois consommés sur place. La valeur de l’exportation est d’environ 60 millions de francs.
- La première Société forestière hongroise date de 1851 ; en 1863 , fut/ créée la Société forestière nationale. C’est aux efforts de cette dernière qu’est due la loi XXXI de 187p. Dans la notice placée en tête du catalogue de la section hongroise, cette loi forestière a été définie sla base sûre de la prospérité et de l’épanouissement de l’économie forestière hongroise».
- (I) Communication faite au sixième Congrès international d’agriculture (Paris, 1900).
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- LEGENDE.
- + Station nationale d'expériences de chimie agricole-
- S. ____________d5.--d.essais de semences .
- U . -d°___de physiologie et de pathologie végétales
- T ...d° ...d expériences de machines agricoles.
- C ...d° ...royale hongroise d'entomologie.
- <ik Institut national de méteorologieetdu magnétisme delà terre .
- As Institut royal hongrois de géologie.
- V d° national de chimie etstationcentrale d’expériences chimiques.
- V Institut bactériologique de l’Etat CC ...d0... national d horticulture A* Station royale d’essais d'alcool •
- X ...d°.....d°...de physiologie animale et d’essais
- 0 de fourrages
- H-Station nationale d'essais de cultures.
- t ...d0.... royale pour essais de culture du tabac. \ ^Ifê&cjyarOva (•) Ecole supérieure vétérinaire. JSopfàïïf"']
- H d° natde de commis de l'hydraulique agricole./-,
- V Cours supérieur de viticulture ( 2 années). \
- 0 .Ecole nationale de viqnerons
- L ..-d°......d°.....de laiterie
- (H) ...d°...pratique d'horticulture.
- © ...d °... d'ouvriers jardiniers (D „.d°..pratiqued'ouvriers de laiterie.
- (® ...d°.....d°...d'apiculture
- (î) Musée royal hongrois d'agriculture .
- HONGRIE
- ENSEIGNEMENT AGRICOLE, VÉTÉRINAIRE ET FORESTIER.
- \ Beszierczô '
- eesy
- Ffijmo
- ' / Gorgény'szt. Imre \ asar-hely E^erecta^
- v
- »
- Explication des signes
- Ecole supérieure forestière Ecole spéciale de gardes forestiers
- Jil ?c/rnc//’'C\T
- J OO
- J 50
- Explication des signes.
- Académie agronomique nstitii ts
- $
- Ecoles pratiques d'agnculture
- LO
- en
- LO
- '] 2.
- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
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- Cette loi — aux obligations de laquelle sont soumis tous les proprietaires forestiers — assure, la conservation de toutes les forêts existant sur des territoires impropres à d'autres cultures et, en outre, le traitement rationnel des forêts dites de défense, destinées à la protection des territoires fertiles, des voies de communication, etc. Elle oblige l’Etat, les autorilés, les communes, les corps et personnes ecclésiastiques, les administrations des fondations publiques et privées, les fidéicommis, les copossesseurs, les anciens serfs et enfin les compagnies d’exploitations minières ou autres, à exploiter leurs forêts selon un plan systématique, approuvé par les autorités, et a n’en confier le soin qu’à des agents et gardes forestiers ayant le degré de capacité exigé par la loi.
- L’enregistrement des lorêls et leur immatriculation détaillée selon la nature du sol, les essences et la qualité légale des propriétaires, a eu lieu de 1881 à 1885. Les registres ont été tenus à jour par l’inscription régulière de tous les changements survenus depuis. Ils nous apprennent qu’en 1898 il y avait 7,5 1 4,4 90 hectares de forêts en Hongrie et 1,509,169 en Croatie-Slavonie; que les forêts occupent 37.99 \K 100 Slirface totale de l’Etat hongrois (26.5o p. 100 en Hon grie et 35.48 p. 100 en Croatie-Slavonie); qu’enfin, au point de vue des essences principales, il v a 2,087,934 hectares de forêts de chênes, 3,71/1,590 hectares de forêts de hêtres et autres espèces feuillues et enfin 1,718,066 hectares de forêts de conifères.
- Afin de mettre en faveur la culture par brins de semis, l’Etat entretient, depuis 1889, 59 pépinières qui, en 1899, ont gratuitement livré 225 millions de plants d’essences variées.
- Châssis. — Les autorités ont pris, en Hongrie — pays qui a toujours été renommé comme territoire de chasse — toutes les mesures nécessaires pour éviter que l’exploitation des forêts soit nuisible à la conservation du gibier(1). D’autre part, l’obligation imposée au petit
- (l) rrL’exploitation de la chasse est soumise, écrit dans le rapport du Jury de la Classe 52 (Produits de la chasse), M. Léon Revillon, à une méthode et à des règles de prévoyance,
- qui permettent d’obtenir ce résultat : la destruction progressive des animaux nuisibles alors que la quantité d’animaux utiles suit une progression ininterrompue. «
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- propriétaire d’affermer son droit de chasse a fortement favorisé Féle-vage. Aussi, aujourd’hui, l’abatage annuel (non compris la Croatie-Slavonie) peut-il être évalué à 1,200,000 pièces et l’exportation (du gibier seulement) représente-t-elle une valeur de 800,000 florins.
- Voici un exemple de la richesse de certaines chasses hongroises. Il s’agit d’une chasse très vaste : i4,ooo hectares, se divisant en bois de hautes futaies, taillis, sapinières, et en terres fertiles où la culture principale et la meilleure, pour le gibier, est sans contredit le maïs; mais qui comprennent également des champs de betteraves et des prairies. Cette chasse appartient depuis 12 ans à son propriétaire actuel et voici le relevé de ce qu’il y a tué, lui-même, en ce laps de temps : à halles, 109 grands tétras, 7 grandes outardes, 87 cerfs, 703 chevreuils brocards, 160 chamois, 43 sangliers, 4 mouflons, 17 daims, 1 ours, 2 lynx, 3 loups, 2,1 o3 corbeaux; à plomb, 1,81 4 grouses, 32 3 hlack coqs, 267 pluviers dorés, 219 vanneaux, 639 bécassines, 23,617 lapins, 463 bécasses, 28,308 perdreaux, i8,316 faisans, 83 chevreuils, 2 3 plamigants, 86 gélinottes, 117 renards, 16 grands coqs, 823 canards, 119 oies sauvages, 4 cannepetières, 628 colombes, tourterelles et pigeons, i3 grues, 27 ibis, 4 loutres, 5 aigles; au total, non compris les pies, geais, busards, éperviers, 113,287 pièces.
- Les expositions de cornes de chamois, de bois de cerfs, de daims et de chevreuils, qui ont lieu, chaque automne, à Budapest montrent que ces divers animaux n’ont point dégénéré en Hongrie. O11 chasse le cerf dans 4o comitats et plus du tiers des animaux abattus sont des males, dont la moitié ont de 1 2 à 22 andouillers. A l’Exposition de 1900, on put même admirer un spécimen excessivement rare de notre temps : un vingt-deux cors, dont le bois pesait i3 kilogr. et demi et qui avait été tiré par des paysans du comitat Tolna. Le chevreuil, le lièvre, la perdrix et le sanglier sont répandus dans tous les pays. Introduit en 1868 par le comte Charles Forgach et élevé d’abord à Gbymes, puis mis en liberté en 1882 , le mouflon s’est parfaitement acclimaté; il en a été abattu, depuis, plusieurs centaines. On chasse le coq de bruyère dans 19 comitats. Les gibiers d’eau, enfin, sont très nombreux.
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- Pêche. — Les eaux de la Hongrie sont très poissonneuses. Dans le Danube et dans ses affluents, l’on pêche le saumon, l’esturgeon et la sandre ; le saumon et l’anguille se trouvent dans le Poprad tributaire de la mer du Nord; les eaux des régions montagneuses sont riches en truites et le fogas du lac Balaton a acquis une grande réputation. Au total, le Danube compte 4o espèces de poissons importantes pour la consommation; la Tisza, 34; la Zagyva, 3a ; la Baba et le Kôrôs, 29. Si nous quittons les cours d’eau pour les eaux dormantes, nous trouvons 28 espèces dans le Balaton, 1 9 dans le marais Szernye, 16 dans le lac Fertô et 11 dans celui de Velencze.
- La pêche se continue, même en hiver, lorsque les rivières sont prises; on fait malheureusement alors emploi d’engins destructeurs.
- La loi pour la protection du poisson, dont le besoin se faisait sentir (*n Hongrie, comme il s’est fait partout sentir, est intervenue en 1889. Un des dispositifs de cette loi doit être mis en lumière : sur les points où, en raison de l’étendue ou de la situation topographique, la pêche ne peut être pratiquée cl’une façon rationnelle ou sans préjudice pour les intérêts des voisins, les propriétaires ne sont libres d’exercer le droit de pêche qu’à la condition de se réunir en syndicats. La loi confère à ces syndicats, qui sont aujourd’hui au nombre de 47 et exploitent une superficie totale de 142,009 hectares, une certaine autonomie et leur facilite toutes mesures de nature à protéger ou à développer la pèche.
- Les syndicats ont pendant une seule année distribué avec l’aicle du gouvernement i,3oo,ooo œufs de truites communes, 710,000 œufs de truites arc-en-ciel, 35,000,000 d’œufs de sandre et 162,000 écrevisses de reproduction. 11 y a, en outre, 55 exploitations de pisciculture privées qui fournissent par an 2,5oo,ooo salmonidés et 63 cultures de truites qui envoient sur le marché 9,4oo quintaux de carpes et de sandres.
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- EXPOSITION I)E 1900. — A (J J11C ULTURE.
- CHAPITRE VIII.
- BOSNIE-HERZÉGOVINE
- DKVEL01TEMENT DE L’AGRICULTURE. — SOL ET POPULATION. — Z AD HOU GA S. -- HE G1 ME DE LA PROPRIÉTÉ RURALE ET DE LA CULTURE; MÉTAYAGE. — AGRICULTURE ET ELEVAGE. — APICULTURE. — ENSEIGNEMENT AGRICOLE. — ENCOURAGEMENTS DE L’ETAT I CROISEMENTS, INSTRUMENTS DE CULTURE, CAISSES RURALES. — FORETS. — PECHE.
- Généralités. — Nous niions trouver dans l’étude sur l’évolution rapide d'un pays naguère si arriéré a tous égards, la Bosnie-Herzégovine, un des exemples les plus caractéristiques de l’influence de l’élément scientifique sur le progrès d’une nation.
- Il n’est guère de modèle aussi frappant de l’organisation et du développement rapide de l’agriculture d’un pays, que celui dont la remarquable exposition de la Bosnie-Herzégovine offrait au visiteur la révélation. Entré depuis moins de vingt ans dans une période de calme intérieur, ce beau coin de l’Europe, théâtre incessant, depuis la domination romaine, d’invasions et de luttes intestines, a réalisé en l’espace de quelques années, dans la production du sol, un progrès tel qu’on en rencontre rarement dans des pays de civilisation plus ancienne.
- Après que le Congrès de Berlin (1878) eut décidé l’occupation austro-hongroise, le premier soin du protectorat fut de préparer et d’assurer l’avenir agricole du pays. La tâche n’était pas aisée. Amener une population qui, des siècles durant, avait été abandonnée à elle-même, sans que personne se souciât du développement de son agriculture, à transformer la routine en pratiques rationnelles de culture et d’élevage, à accroître les très maigres rendements du sol et à substituer progressivement un beau bétail a des races arrivées au dernier degré de dégénérescence; enfin, faire pénétrer, dans l’esprit méfiant des paysans, les plus élémentaires principes d’économie rurale, tel était le difficile problème qui s’imposait.
- A en juger par les résultats extraordinaires obtenus en moins de vingt ans, l’œuvre de l’Autriche-Hongrie, dont le point de départ et
- (1) Les clichés qui illustrent ce chapitre sont extraits de la Revue générale des sciences pures.
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- BOSNIE-HERZÉGOVINE
- 257
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- CARTE POLITIQUE
- DE LA
- BOSNIE
- ET DE
- 1 Herzégovine
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- .....Limite d’arrondissemt
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- Fig. 33. — Carte politique de la Bosnie et de l’Herzégovine.
- AGIUCULTUHE. --- 1-
- 17
- JATIONAI
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- les moyens d’exécution ont consisté dans l'application et la diffusion, par l’exemple, des procédés scientifiques, est couronnée de succès et l’avenir agricole de la Bosnie-Herzégovine ne saurait Caire doute.
- Fig 3h. — Paysans de Bosnie rôtissant des chèvres et des moutons dans les champs pour les grandes réjouissances annuelles.
- Sol et population. — La Bosnie-Herzégovine Corme le coin nord-ouest de la péninsule des Balkans. Sa superficie est de 51,027 kilomètres carrés, un peu moins du dixième de l’étendue de la France. Sa population est légèrement inférieure a 1,600,000 habitants appartenant, dans leur grande majorité, à la race des Slaves méridionaux et se répartissant comme suit entre les différents cultes :
- Musulmans.............................................. 55o,ooo
- Orthodoxes, rite oriental............................. 57^,000
- Catholiques romains.................................. 33ft,oo<>
- Israélites............................................... 8,220
- Protestants......................................... 3,600
- Une des particularités de la population, c’est la formation des Zadrougas; qu’est-ce que ces zadrougas? M. Louis Ollivier, directeur
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- BOSNIE-HERZÉGOVINE.
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- de la Revue générale des sciences, les définit rrde grandes'familles qui, pour s’aider et rendre leurs efforts plus productifs vivent et travaillent ensemble, demeurant, sous le rapport de la propriété, dans l’indivision. La zadrouga est dirigée par un chef, ordinairement le père ou le frère le plus âgé, mais quelquefois aussi par un homme jeune que désignent des qualités exceptionnelles. C’est ce chef qui commande à toute la communauté et qui en administre les hier.s, meubles et immeubles. Tous ses subordonnés logent sous le même toit, et, si certains d’entre eux viennent à recevoir quelque salaire, leur devoir est de le lui remettre. 11 sullit d’un petit nombre de ces associations pour former un villages.
- Légende
- Zone, de^ pruniers'
- arbres fruttiers à noyait/.
- Zone, de Itvvùpxe et des fruits- dus m ic&s.
- Zone, des poiriers et pc
- Ecole*? darbcrnzculticre, fbuitiére*
- StaEonsfruciicoles et mnieoles et Ecoles d'arboriculture frmtxèr>e ne
- Fig. 35. Carte du sol.
- Après les artels dont j’ai parlé en traitant de la Russie, je tenais à signaler ces zadrougas qui revêtent dans certains districts un caractère presque obligatoire.
- 88 p. îoo des habitants sont adonnés à l’agriculture; aucun pays n’offre un contingent pareil de travailleurs agricoles. Les autres habi-
- 17-
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- 260
- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- tants, nés dans le pays, sont pour la plupart industriels ou commerçants. Parmi eux se recrutent les instituteurs et les prêtres.
- Presque partout le sol est fertile et propre à la culture. Le territoire productif se divise comme suit :
- Forêts..................................... 2,658,ooo hoc!.
- Terres cutlivées, vignes, prairies......... a,336,ooo
- Roules, constructions, terres incultes....... 108,000
- SuPKRFICIK TOTAL]']...... 5,102,000
- La surface improductive est donc inférieure à 2 p. 100 du territoire.
- Un réseau routier de plus de /t.000 kilomètres et 900 kilomètres de voies ferrées, exécutés depuis l’occupation austro-hongroise (1878) rendent faciles les communications et relient les deux provinces aux pays limitrophes.
- Régime de la propriété rurale et de la culture. — À l’exception des forêts domaniales, le sol entier de la Bosnie et de l’Herzégovine est possédé par deux sortes de propriétaires : les uns cultivant eux-mêmes leurs terres; les autres, dits agitas, faisant cultiver les leurs par les kmets. Peu nombreux, les aghas possèdent la plus grande partie du sol cultivable. Leur droit de propriété subit, il est vrai, une sorte de restriction.
- Voici du reste ce que M. D. Zolla, professeur à l’Ecole nationale de Grignon, écrit du contrat qui lie l’agha et le kmet : ccUn kmet et sa famille, agréés par l’agha, deviennent des métayers et cultivent librement, à la condition de payer en nature une part du produit des récoltes principales et notamment des grains. Cette part varie du tiers a la moitié, selon la fertilité du sol. Le bétail appartient au kmet, qui n’en partage pas les
- Fig. 36
- (1) Proportion des paysans cultivant le sol Un millimètre de bande représente ia5 fa-
- qui leur appartient (A), des kmets (G) et des milles. Le groupe A compte 86.867 familles; paysans à la fois propriétaires et kmets (B). le groupe C, 88,970; le groupe B, 22,655.
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- BOSNIE-HERZÉGOVINE.
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- produits avec son proprietaire. Tant que le métayer cultive régulièrement et acquitte la redevance imposée, il ne peut pas être chassé par l’agha. Son droit a même nn caractère très curieux de perpétuité ; en effet, tant que le kmet est représenté par des descendants mâles, même mineurs, le contrat de métayage ne peut être rompu. La famillejdu kmet constitue une véritable société civile,
- g: 7
- dont le chef est le père de famille.
- Enfants et petits-enfants forment la zadrouga. Le kmet est libre de quitter son domaine. Ce n’est donc pas un serf. t>
- Au total, les 88.3A p. îoo qui constituent la population agricole, se répartissent en aghas (2.13), propriétaires (33.45), kmets (38.2 5), personnes étant à la fois propriétaires et kmets (11.26), représentants de diverses professions agricoles (3.2 5). Pour la majeure partie, aghas et propriétaires sont musulmans, tandis que la plupart des kmets appartiennent à la religion orthodoxe.
- Fig. 37. — Paysanne orthodoxe de Bosnie et petit garçon allant au marché.
- (Photographie (le M. Verneau , collection inédite du Muséum d’histoire naturelle à Paris.)
- Agriculture et Elevage. — Quelques chiffres suffiront à donner la mesure des progrès accomplis dans le domaine agricole; nous dirons ensuite par quels moyens ces progrès ont été réalisés.
- DÉSIGNATION. PRODUCTIONS MOYENNES. ACCROISSEMENT
- 1882-1886. 1892-1896. p. 100.
- Céréales quintaux. 2,853,600 quintaux. 5,095,000 78
- Pommes de terre O O ds 519.000 190
- Tabac i3,ooo 37,000 167
- Prunes 590,000 l,l46,000 94
- Raisins 37,000 64,000 73
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- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- La production agricole s’est accrue, depuis 1882, dans la surprenante proportion que donne le tableau de la page 261.
- La seule récolte du maïs, qui est la principale céréale de l’Herzé-govine, a passé, de 1,1 5o,000 quintaux en 1882 à 3 millions de quintaux en 1898. Depuis l’occupation, lasuperficie du vignoble s’est accrue d’un tiers (5,900 hectares au lieu de k,5oo).
- La carte des zones de culture des céréales (fig. 38), ainsi que les diagrammes des variations : de l’ensemble de la production agricole (fig. 39), de la production des céréales (fig. /u), des fruits et du raisin (fig. ko et 4 2 ) indiquent du reste, on ne peut mieux, d’une part, les progrès réalisés, de l’autre, l’importance relative des diverses cultures.
- La statistique du bétail révèle un progrès en rapport avec celui de la culture; en voici le résumé éloquent :
- DÉSIGNATION. 1879. )89r». AUGMENTATION p. 1 00.
- Chevaux, ânes, mulets 161,188 2 39,6 2 (> /18.7
- Espèce bovine 7K077 1/117,3/11 86.0
- Espèce ovine 839,988 3,930,720 28/1.6
- Espèce caprine , 522,1 23 1 ,/i77,o/i9 177.2
- Espèce porcine /i3o,35/i ()62,2.52 53 9
- Ruches d’abeilles 111,1'18 1 ZlO,o6l 20.2
- Totaux (ruches exceptées) 2,715,710 6,696,978 167.6
- Très bien organisée par le commissaire général, M. Henri Moser, avec le concours de MM. Ilœrmann et Hubert, la remarquable exposition du pavillon de la Bosnie-Herzégovine faisait toucher du doigt les causes directes de la rénovation complète de l’agriculture de ce pays.
- Les conditions politiques dans lesquelles se sont débattues, pendant des siècles, les deux provinces avaient eu pour conséquence inévitable la ruine de l’agriculture. Le paysan, si souvent obligé de prendre les armes, avait délaissé complètement la terre et le bétail. Le premier soin de l’administration auslro-bongroise fut de chercher les moyens
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- BOSNIE-HERZÉGOVINE.
- 263
- Produit principal •. Mais
- Froment
- Avoine
- Produit principal : Orge
- Froment
- Epeautre
- Carie des zones de culture des céréales.
- i. Sarajevo. - 2. Cajuica. - 3. Foca. - 4. Fojnica. - 5. Rogatica. - 6. Visoko. - 7. Vide-grad. - 3. Ranjaluka. - 9. Bosn. Dubica. - 10. Bosn. Gradiska. - 11. Bosn. Novi. - îa.Der-vent. - i3. Kotor-Varos. - 14. Prijedor. - i5. Prujavor. - 16. Tesanj. - 17. Bihac. -18. Cazin. - 19. Kljuc. - 20. Krupa. — ai. Petrovac. - 2a. Sanski most. - a3. Donja Tuzla.
- - a4. Bjelina. - 26. Brcka. - 26. Gracanica. - 27. Gradacac. - 28. Rladanj, - 29. Maglaj.
- - 3o. Srebrenica. - 3i. Vlasenica. - 32. Zwormick. - 33. Travnik. - 34. Bugojno. -35. Glamoc. - 36. Jajcc. - 37. Livno. - 38. Prozor. - 39. Zenica. - 4o. Zepce. - 4i. Zu-panjac. - 4a. Mostar. - 43. Bilek. - 44. Gacko. - 45. Konjica. - 46. Ljubinje. - 47. Lju-buski. - 48. Nevesinje. - 49. Slolac. — 5o. Trebiuje.
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- de régénérer l’agriculture, industrie nationale par excellence, puisqu’elle occupe plus des neuf dixièmes de la population. 11 fallait peu attendre de l’initiative privée : l’ignorance des paysans, leur méfiance à l’endroit de toute innovation, de toute amélioration, les rendaient incapables d’entrer spontanément dans la voie du progrès. Seules les démonstrations tangibles du profit qu’ils retireraient de la substitution, à leur pratique routinière, des méthodes rationnelles de culture et d’élevage, ont paru pouvoir, peu à peu, triompher des errements traditionnels d’une agriculture dans l’enfance. Pénétré
- Quintaux
- .000.000
- iOOO.OOO
- 15.000.000
- .000.000
- 13.000.000
- 300000
- .600.000
- 260.000
- .000.00 0
- 1.000.000
- 8.000.000
- .000.000
- 14-0.000
- 1.000.000
- 5.000.000
- Fig. 3g. Fig. ho.
- Variations de l’ensemble de la production agricole. Variations de la production des fruits à noyau.
- de cette manière de voir, le Ministre austro-hongrois, M. de Kallay, qui avait assumé la lourde tâche d’administrer la Bosnie-Herzégovine, fit appel à la science pour tracer le programme des institutions agricoles propres à favoriser rapidement la mise en valeur du territoire bosniaque.
- Une enquête faite sur place par des spécialistes autorisés aboutit, dès 1886, à un ensemble de créations dont les documents, exposés au pavillon de la Bosnie-Herzégovine (tableaux graphiques, photographies, publications), permettaient d’apprécier l'importance et le succès.
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-
- BOSNIE-HERZÉGOVINE.
- 265
- Apiculture. — Mais avant d’étudier la forme sous laquelle se mani-lestèrent les encouragements de l’Etat, je veux dire quelques mots de l’apiculture dont le tableau de la page 262 montre la diffusion dans le pays.
- Quintaux
- 900.000
- 7
- Méteil
- Houque
- Ss rrasm
- Fig. h 1. — Variations de la production des céréales.
- Malheureusement les ruches sont généralement faites d’osier et de paille ou de terre cuite, ou bien de troncs d’arbres creusés; l’étouffage est encore pratiqué presque partout. D’une part, le Gouvernement, d’autre part, la Société cVapiculture de Sarajevo, qu’il subventionne (fondée en 1887; 800 membres répartis en vingt-quatre sections) cherchent par tous les moyens à répandre le molélisme. Il est même à noter que l’enseignement de l’apiculture est obligatoire dans les écoles normales, où l’on veille à ce que les élèves - instituteurs apprennent a construire eux-mêmes des ruches à cadres. On a d’autant plus raison d’encourager ainsi
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- AGRICULTURE.
- EXPOSITION J)E 1 900. —
- l’apiculture que l’abeille bosniaque (qui appartient à la race noire) est active, douce, rustique et n’essaime pas trop. Un grand nora-
- Quintaux
- 100000
- 80.000
- 60.000
- çharnb
- 20.000
- Fig. h 2. — Variations do la production du raisin, dos fruits charnus et dos fruits du Midi (oranges, mandarines, figues, etc.).
- bre de familles musulmanes trouvent dans l’apiculture un revenu annuel qui varie de 9,000 à s>,5oo francs. Les débouchés ne man-
- Fig. /i3. — Veaux bosniaques.
- quent pas, un demi-million de musulmans se servant de miel au lieu de sucre. Quant à la cire, elle est l’objet d’un important commerce d’exportation.
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- BOSNIE-HERZÉGOVINE.
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- Enseignement aghicole. — Quatre fermes modèles, présentant à la fois les caractères d'une exploitation rurale, d’une école et d’une station
- Tètes
- expérimentale, ont été créées à Modrié, à Jacko, à Livno et à Illidge. Ces établissements dirigés par des hommes compétents, ont plusieurs buts. Ils sont destinés : i° à montrer aux populations* des modes de cultures et des instruments jusque-là inconnus en Bosnie-Herzégovine ; 2° à donner
- une instruction technique aux jeunes paysans qui suivent comme apprentis les opérations de la ferme ; 3° à entretenir des animaux reproducteurs destinés à être utilisés, dans la région, à l’élevage du bétail; h° à introduire des plantes nouvelles, à améliorer la qualité des semences et à distribuer des graines aux cultivateurs. C’est à ces établissements que la culture bosniaque doit notamment l’introduction de la betterave à sucre et celle de la pomme de terre, à peu près complètement inconnus avant l’occupation.
- Considérant que, pour la plus grande partie de la population, c’était à l'école primaire que les éléments d’agriculture pouvaient être enseignés, le Gouvernement inscrivit à son programme
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- ‘2G 8
- EXPOSITION DE 1 900.
- A DIIICU ET U I1E.
- d’études un enseignement agricole, avec démonstrations pratiques. Dans ces écoles, il est donné une attention toute spéciale à renseignement pratique, l’instruction théorique étant limitée aux connaissances strictement indispensables pour l’intelligence des applications de la théorie.
- Une exploitation rurale, pareille à la moyenne de celles de la région et organisée comme les fermes modèles, est annexée à chaque école et sert aux démonstrations.
- BIH AC
- CERCLE 11111 M ! 111
- D.TUZLA
- ;ERCLE:
- Légende
- Plaines basses.
- Poys de- colZines boisées.X
- Montagnes eb forets.
- Fig, 45. — Carte de l’arboriculture el de la viticulture bosniaques.
- Trois stations expérimentales pour la culture de la vigne et celle des arbres fruitiers, couvrant ensemble i 2 5 hectares, ont pour mission principale d’enseigner a la population rurale à cultiver la vigne et les arbres fruitiers et à en utiliser rationnellement les produits. Des spécialistes y font des cours, y dirigent une exploitation modèle et des pépinières dont les jeunes plants sont distribués pour aider à la propagation et à l’amélioration des deux cultures.
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- liOSNl ^-HERZÉGOVINE. 269
- Encouilagemems de l’Etat. — Le bétail, complètement dégénéré-il y a quinze ans, a été également l’objet d’une attention toute spéciale de la part clu gouvernement. Des croisements très bien conduits, au prix de dépenses considérables, ont abouti à la création de trois races bovines, correspondant aux trois régions principales d’élevage : la race de la vallée de la Mœll, celle de la vallée de la Wipp et celle des steppes hongrois. Des inspections annuelles sont organisées dans cInique région.
- En vue de stimuler les habitants à s’intéresser à l’élevage, des primes sont distribuées lors de ces inspections, pour les veaux et pour le jeune bétail provenant des croisements. En outre, on récompense ceux qui possèdent et soignent les reproducteurs.
- Fig. /16. — Concours de bovidés à Sarajevo.
- Oréa procédé de même, au moyen de croisements et par la sélection des produits, a l’amélioration des races chevaline, ovine, caprine et porcine. Enfin, un grand établissement d’élevage de la volaille a été créé à Priedor.
- Le tabac, la vigne et les pruniers sont la source principale du bien-être de la population dans l’Herzégovineél). Tout ce qui concerne ces cultures, les moyens de les défendre contre les parasites, etc., a fait l’objet des soins du gouvernement, qui donne aussi une attention toute particulière à l’introduction des meilleurs instruments de culture. 11 suffit au paysan de s’adresser aux autorités locales pour obtenir la charrue ou tout autre outil qui lui est nécessaire, contre un payement à terme s’étendant sur plusieurs années et sans intérêts, cr C’est
- (1) Elle exporte pour 2,310,000 francs de tabac et pour 9 millions de francs de pruneaux.
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- ainsi, écrit M. D. Zolla, qu’envirou 2,000 charrues de 1er ou acier ont été, depuis quelques années, substituées ou ajoutées aux anciennes charrues tout en bois. r>
- Une des plus grandes difficultés contre laquelle l'administration de la Bosnie-Herzégovine a eu a lutter pour améliorer la situation matérielle du paysan fut le taux élevé du crédit agricole. Pour y parer, le Gouvernement créa dans chaque district un fonds de secours dont le but est de prêter, à un intérêt minime, à la classe agricole, l’argent dont elle a besoin. L’administration a doté chaque fonds de district d’un capital primitif auquel s’ajoute un subside égal fourni volontairement par la population. Les caisses de district disposent actuellement d’un million et demi de florins et d’un crédit, en banque, d’égale somme. Ces caisses sont gérées gratuitement par les fonctionnaires politiques du district auxquels est adjoint un conseil élu par les populations.
- Tel est, en résumé, l’ensemble des mesures qui ont amené un extraordinaire développement de l’agriculture en Bosnie, comme en Herzégovine. Si, comme il faut bien l’espérer, aucun événement ne vient entraver la marche du progrès agricole dans ce beau pays, de misérable qu’il était naguère le paysan, bosniaque ou herzégovien, se verra sous peu aussi bien partagé que les paysans des pays les plus prospères. Le seul regret qu’il soit permis de formuler, c’est peut-être que les circonstances n’aient pas permis à l’initiative individuelle de prendre, dans le progrès accompli, une part plus réelle. Le gouvernement austro-hongrois a joué en Bosnie-Herzégovine le rôle cl’État-providence qui, pour beaucoup d’esprits et des meilleurs, n’est pas l’idéal; mais pouvait-il en être autrement après tant de siècles de misères et de troubles? Ce qu’on peut souhaiter, c’est que, régénérée par l’action et par les sacrifices de l’Etat, l’agriculture bosnio-herzégovienne poursuive dans l’avenir les progrès qui lui restent à accomplir, en s’appuyant sur les principes salutaires de l’initiative privée et de l’association.
- Forêts. — Les forêts couvrent, on l’a vu (p. 269), plus de la moitié de la superficie de la Bosnie-Herzégovine. De cette grande
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- BOSNIE- H E R Z É G O VIN E.
- 271
- étendue de bois, un cinquième à peine est la propriété des particuliers^. L’Etat a durant ces dernières années affermé encore ia moitié de ses l’orèts, qui n’avaient jamais été exploitées, à des sociétés industrielles
- et commerciales.
- ; Dans l'intéressant ' rapport qu’il a
- $ i i consacré aux pro-
- duits des exploitations et des industries forestières, M. Eugène Voelc-kel émet la crainte que ce mode d’af-
- fermage «ne soit pas le meilleur pour conserver un capital ligneux important».
- Ces craintes ne sont que trop justifiées par ce qui s’est passé clans bien des pays; souhaitons que, pour la Bosnie-Herzégovine, elles soient vaines. Les espèces dominantes sont, par ordre d’importance : le hêtre, le sapin, le chêne rouvre, le chêne pédoncule, l’épicéa.La production annuelle, dont la plus grande partie est exportée, est estimée à un million de douelles de chêne; 2 5o,ooo mètres cubes de bois en grumes, de bois équarris, sciés et de bois de leu, et 800,000 hectolitres de charbon de bois.
- Fig. 67 et 68. — Chariot de paysans bosniaques. Charrue du lype^bosniaque.
- (l) Les forêts se répartissent comme suit :
- Futaies................ 1,587,771 becl.
- Taillis................... 993,816
- Forêts défrichées et pâturages..................... ia 7, 6 5/i
- Total........... 3,709,089
- Conifères................ 385,896 lied.
- Conifères et bois feuillus
- mélangés................... 302,211
- Bois feuillus................ 1,998,680
- Forêts défrichées et pàtu-
- turages.................... 127,656
- Total........... 2,709,089
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- EXPOSITION DE 1900.
- AO II IC ULT LJ RE.
- Pêche. — ce La pêche est régie par des lois sévères, elle est l’objet de licences accordées pour un an, et pour une région déterminée. La licence du prix le plus modique est donnée pour l’usage personnel, c’est-à-dire que celui qui l’obtient ne peut pas vendre le produit de sa pèche. Les poissons principaux des eaux de la Bosnie et de l’Herzé-govine sont : le silure (Wels) et le sterlet, dont on pêche des sujets de trente oka et plus (ào à 5o kilogrammes). Dans la Narenta (Herzégovine), on trouve des anguilles (À ale) en telle quantité qu’elles constituent un article important de commerce, à l’état frais ou en conserves. Dans les affluents de la Narenta, on recherche les salmonidés : la Pastrova (Salai1 obtmiroslris) et le Mladica (Salar deptex); dans la Save : la carpe, le brochet (HeclU), la perche (Barsch), la tanche (Schleie), le barbeau (Barbe), la brème (Brasche); dans les cours d’eau des deux pays : la truite. Les écrevisses se trouvent également en nombre; elles atteignent quelquefois de 18 à 20 centimètres et sont recherchées pour l’exportation. Un établissement de pisciculture a été récemment créé en Bosnie, il poursuit l’étude du repeuplement des eaux et notamment la reproduction de la truite»
- (l) Rapport de la Classe 53 (Engins, instruments et produits de la pèche. Aquiculture).
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- ROUMANIE.
- 273
- CHAPITRE IX.
- ROUMANIE.
- SUPERFICIE, CLIMAT ET SOI.. - POPULATION. — PROPRIÉTÉ FONCIERE. — DIFFUSION I)E L’ASSOCIATION. — VALEUR DE LA TERRE. — DOMAINE DE L’ETAT. — DOMAINE DE LA COURONNE. - MODES DE CULTURE. — PRODUCTION. - FROMENT. — VIGNES. - DETAIL. — INDUSTRIES AGRICOLES. - SÉRICICULTURE. — FORETS. - FECIIERIES.
- Superficie, climat ht sol. — La superficie totale de la Roumanie est égale au quart de celle de la France : i 3,i35,3oo hectares.
- Le climat tout à fait continental est favorable a toutes les cultures; il est généralement rude en hiver; le printemps est court et souvent pluvieuv; l’été, chaud; l’automne, superbe. La température moyenne varie entre 12 et 18 degrés centigrades. Eu 1894, le 28 août, on a observé une température de -f ko degrés à Tournou-Magou-reli; le froid maximum a été constaté à Panusci-Dragomirisci : — 20 degrés.
- La moyenne générale de la pluie est de 574 millimètres [comme dans le bassin de Paris). Le nombre de jours de rayonnement solaire varie de 296 (Soulina), à 281 (Sinuia).
- Le territoire de la lioumanie se répartit de la manière suivante :
- SUPERFICIE. PROl'OHTlü.N
- liccliircs. p. 100.
- Terres labourables .... 5,803,000 4 0.8 3
- Vignes .... l3(J,200 1.0 0
- Vergers (pruniers) .... 5G,2oo 0.43
- Prairies nalurelles .... 562,700 4. 28
- Pâturages . . . . i,o4o,4oo 7.92
- Forets .... 3,5 91,700 19.73
- Terri Loire non agricole .... 3,383,100 25.7G
- rr lOTAUX *) •> r ») .... 10,1 00,000 10 0.00
- Le sol roumain peut être classé en trois régions. La première est celle des montagnes qui, se développant à partir des bords du Danube, vis-à-vis de la Serbie, forment un arc au nord de la
- agriculture. — 1. 18
- IMPRIMERIE NATIONALE.
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-
- EXPOSITION Dli 190 0.
- AGRICULTURE.
- 97.4
- Valachie, parallèlement au Danube, puis remontent vers le Nord, à l’Ouest de la Moldavie, jusqu’aux frontières de la Galicie. Cette région est presque exclusivement occupée par les forêts et les pâturages. La seconde région est celle des coteaux qui s’étendent au pied des montagnes, en suivant leur prolongement. Elle est caractérisée surtout par la culture des vignobles et des arbres fruitiers de grande culture. La troisième région est celle des plaines qui se développent sur une vaste étendue, entre les coteaux et le Danube. La culture des céréales et les pâturages secs la caractérisent.
- Fi<j. /iq.— Chariol. fl paysans.
- Population. — Près des deux tiers de la population, dont le chiffre s’élève à 5,919,630 âmes (recensement de 1899), sont adonnés à l’agriculture. La population rurale est de 5,023,989 habitants; celle des villes ne compte que 889,231 âmes.
- Le nombre des naissances a été, en 1895 , de 2 38,12G; en 189G, de 232,^77 ; en 1 897, de 2â.7,81 4.
- Ces naissances se décomposent ainsi :
- 1 COMMUNES
- RURALES. URBAINES.
- 1895 ............................... 200,479 ^7,647
- 1896 .............................. i()5,io3 37,2.33
- 1897 ............................... 207,517 39,297
- La natalité moyenne est donc en Roumanie de 44.27 pour 1,000 habitants. Elle est de 48 pour 1,000 en Russie, de 44.8 en Hongrie, de 38 en Autriche et en Allemagne, de 87 en Italie, de 33
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- dans les Pays-Bas, de 3o dans la Grande-Bretagne, de 29 en Suisse et de 2 3 en France.
- En Roumanie, sur 100 naissances, il y a 52 garçons et 48 filles. Le nombre des décès a été, en 1890 , de 1 56,724; en 1896, de 166,189; en 1897, de 171,5o3.
- Ces décès se décomposent ainsi : COMMONES
- 1895 ............................... 127,713 29,021
- 1896 ............................ 13/1,913 3*1,276
- 1897 ............................ 14o,i34 30,397
- La mortalité moyenne est donc, en Roumanie, de 29.19 pour pour 1,000 habitants. Elle est de 35 pour 1,000 en Russie, de 3i en Hongrie, de 2 8,5 en Autriche, de 26 en Allemagne et en Italie, de 19 à 23 en Grande-Bretagne, dans les Pays-Bas, en Suisse et en France.
- L'excédent des naissances sur les décès a été de 82,098, en 1895 ; de 66,228, en 1896; de 76,743, en 1897, soit i3 pour 1,000.
- L’excédent est, pour 1,000 , de i3 en Russie et dans les Pays-Bas, de 12 en Allemagne, de 11 en Italie, de 10 en Hongrie, de 9 en Autriche et en Belgique, de 7 en Suisse et de 1 en France.
- Les villages roumains sont exclusivement habités par des cultivateurs fabriquant eux-mêmes leurs instruments et construisant leurs habitations; les femmes filent, tissent les étoffes et confectionnent les vêtements nécessaires à la famille. Par intérêt et par penchant, les paysans roumains tiennent à ce que leurs enfants deviennent, comme eux, laboureurs; un père de famille ne consent que difficilement à ce que ses fils quittent les champs pour se mettre en apprentissage dans les villes. Quant aux grands propriétaires, sauf ceux de la Moldavie, la plupart ne font pas valoir par eux-mêmes leurs terres; ils les afferment.
- Propriété foncière. — La grande, la moyenne et la petite propriété existent en Roumanie; mais c’est à la première surtout qu’on doit l’introduction, dans le pays, des instruments perfectionnés, l’amélioration des races de bétail et le progrès dans les méthodes culturales.
- 18.
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- 2 7 G
- EXPOSITION I) E 1000. — A G U IC LETTRE.
- Il y a des terres de 10,000 hectares de superficie; la moyenne, pour la grande propriété, peut être évaluée de i,5oo à 2,000 hectares; la moyenne propriété varie de 100 à s5o hectares. La propriété est très divisée, grâce à la loi rurale de i8G4(1). La surface attribuée â chaque famille, par cette loi, oscille entre 3 et 6 hectares. Cette surface n’étant pas assez grande pour la plupart des paysans cultivateurs, ils prennent en métayage des terres appartenant aux grands propriétaires. Il y a des communes dont les habitants s’associent et prennent à ferme toute une grande propriété; chacun paye le fermage, en proportion de rétendue qu’il cullive et du nombre d’animaux qu’il fait pâturer. Cette tendance a une portée économique considérable et mérite d’être tout particulièrement signalée. On peut dire, d’ailleurs, qu’il n’y a pas beaucoup de pays en Europe où le principe d’association soit aussi bien compris et appliqué qu’en Roumanie. La prédisposition pour l’association existe dans toutes les classes de la société. Les paysans s'associent pour louer la terre et acheter en commun des machines ù battre et d’autres outils. Les grands propriétaires de troupeaux ont, eux-mêmes, leurs propres bergers pour associés. Pour diminuer les frais, presque toujours plusieurs propriétaires de troupeaux se groupent : chacun supporte une part des dépenses et participe aux revenus, proportionnellement au nombre des animaux qu’il possède.
- M. Aurélianu, ancien élève de l’Institut agronomique de Versailles et ancien directeur de l’agriculture de Roumanie, évaluait, en j 88q, à 2 milliards 260 millions la valeur foncière du territoire agricole.
- (1) Bien que la Roumanie n’aiL conquis son autonomie que par le traité de Berlin (1878), elle était déjà entrée dans la voie du progrès quelques années auparavant, en i804,dalc de la promulgation, par le prince Couza, de la loi affranchissant les paysans de la corvée et stipulant qu’il leur serait accordé des terres sur les propriétés qu’ils avaient habitées et cultivées jusque-là sous le régime du servage. Ces terres devaient leur èlre vendues moyennant une redevance annuelle payée pendant quinze années. La loi, appliquée dès i865,
- déclarait en outre inaliénables, pendant vingt ans, les terres vendues aux anciens serfs. Quatre cent mille paysans devinrent presque immédiatement propriétaires de 1,800,000 hectares, dont deux tiers acquis par eux à des particuliers (nobles, etc.) et un tiers acheté au domaine de l’Etat. De 1868 à 1896, il a été vendu plus de 56o,ooo hectares de terre; 082,000 hectares ont été acquis par parcelles de 5 hectares, au prix moyen de 368 francs l’hectare; le reste par lois plus considérables.
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- ROUMANIE.
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- L’hectare de bonne terre arable est encore d’un prix peu élevé, variant de ibo à 45o francs. Il y a des terres médiocres qui valent de 90 à 130 francs l’hectare. Lors de la vente des biens de l’Etat, en 1869, le prix maximum atteint a été, par hectare, de b00 francs.
- La valeur locative est, en moyenne, de 12 francs par hectare. Il y a des terres médiocres qui ne se louent que 6 francs, d’autres qui atteignent jusqu’à 4o francs. L’impôt foncier payé par tout propriétaire est de G p. 100 sur le revenu. On paye, en outre, un impôt des ponts et chaussées, une contribution personnelle et un impôt des patentes.
- Fig. 5o. — Ecole modèle de Bushteni (domaine de la Couronne).
- Malgré les ventes successives faites par lui, l’Etat possède encore aujourd’hui 5o5 domaines représentant b30,000 hectares. Il est, de plus, propriétaire de 1,1 2 2 forêts, d’une étendue totale de 1,087,033 hectares. 11 est, enfin, seul propriétaire de tout le réseau des chemins de fer roumains, en exploitation sur 3,o52 kilomètres.
- Le domaine de la Couronne, distinct de celui de l’Etat, se compose de douze propriétés.
- Il a été organisé, ou pour mieux dire créé, en i884, trois ans après l’avènement au trône du roi Charl es Ier et placé sous Cad mi-
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- nistration de l’un des hommes les plus considérables de la Roumanie, M. Jean Kalindero, qui a fait de ces douze fermes des exploitations modèles où l’on applique tous les perfectionnements de l’agriculture moderne^.
- Méthodes de culture. — L’assolement pratiqué presque partout est l’assolement triennal : maïs, blé, jachère, ou jachère, blé, maïs. Dans les régions où la terre est très pauvre, on la laisse en jachère pendant trois ans et on y fait pâturer les animaux. D’autre part, il y a beaucoup de sols tellement riches (terres noires, tchernoziom) qu’on les cultive sans interruption, à l’aide d’une succession de diverses céréales telles que blé, avoine, orge, maïs et millet.
- Le système de culture, à raison des conditions économiques du pays, présente surtout le caractère extensif; en effet, avec un territoire très étendu, une population peu nombreuse, des capitaux insuffisants, des relations commerciales encore restreintes, le système intensif, qui demande des conditions tout opposées, ne saurait exister. Aussi voit-on prédominer encore la culture pastorale pure et la culture pastorale mixte.
- L’outillage agricole laisse à désirer; mais des progrès très sensibles ont été faits depuis une dizaine d’années et le nombre des machines perfectionnées s’accroît tous les ans; plus d’un demi-million de charrues perfectionnées ont été introduites en Roumanie, alors qu’en 187Ù il existait seulement 200,000 charrues du pays et moins de ù0,000 charrues perfectionnées. Partout le battage se fait avec des batteuses mécaniques. La culture se fait avec des bœufs; les charrois, avec des chevaux; les transports, avec des buffles.
- Productions. —. Le maïs et le froment tiennent la tête parmi les récoltes dont le tableau ci-contre, emprunté à la belle carte de la Statistique agricole, dressée par M. Coucou, ancien secrétaire général du Ministère de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce de Roumanie qui donne une idée exacte des productions du sol roumain.
- (1) Une école spéciale et une station agro- dirigées, complètent les institutions d’ensei-nomique, toutes deux bien organisées et bien gnement agricole.
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- PRODUCTION AGRICOLE MOYENNE PAR ANNEE. DANS LA PERIODE QUINQUENNALE 1894-1898.
- SURFACES POUR CENT UNITÉ DE MESURE. PRODUCTION
- SPÉCIFICATION. CULTIVÉES EN HECTARES. DU TOTAL DES SURFACES cullivces. DE LA SUPERFICIE DU PAYS. (13i ,353 kilomètres carres. ) MOYENNE PAR HECTARE. TOTALE. UTILISÉE DANS LE PAYS. EXPORTÉE.
- CÉRÉALES. Froment Seigle 1,476,910 207,970 610,33 0 28 1,910 1,900,620 77,620 27.60 3.89 11.60 5.27 3o.oo 1.66 1 1.26 i.58 6.65 2.15 16.5i 0.09 Heclolilres. Idem. 1 3.28 l6.12 1 9,606,600 2,936,600 8,596,000 6,396,300 26,069,800 383,3oo 9,222,900 58o,8<>o 3,i56,6oo 3,o36,5oo 15,562,600 200,600 1 0,383,700 2,355,600
- Orge Avoine Idem. Idem. 1 6.08 i5.59 1 2.88 7.01 5,639,600 1,309,800 9,987,200 332,900
- Mais Millet Idem. Idem.
- Total 6,56o,i6o 85.19 34.72 60,668,600 31,809,800 29,868,600
- PLANTES OLÉAGINEUSES. Colza 6 6 ,200 0.82 o.51 0.12 // o.36 0.21 o.o5 ' // Idem. 1 0.81 477,600 ' 212,700 57,600 22,100
- Lin en graine Chanvre en graine 27,180 6,36 0 Idem. Idem. 7.83 q.o5 3.69 > 81,800 666,600
- Chanvre en filasse // Quinlanx.
- Total 77,7 30 1.6 5 0.60 *
- PLANTES INDUSTRIELLES. Betleraves à sucre Tabac 6,660 6,620 0.08 0.09 o.o3 0.0 3 Idem. Idem. 2 36.o5 7.68 1,002,800 34,700 1,0 5 2,800 36,661 « 59
- Total 8,980 0.17 0.06
- LÉGUMINEUSES ET TUBERCULES. Haricots Pommes de terre 41,56o 14,71 0 0.78 0.27 0.82 0.11 Hectolitres. Quintaux. _8-97 56.19 378,1 00 826,500 873,100 820,660 // 84 0
- 1OTAL............ 56,270 1 .o5 0.43
- Autres cultures 1 9,880 0.37 0.15 // // // // //
- PRAIRIES. Artificielles 66,820 565,120 1 .2 1 1 o.56 o.4q 4.3o Quintaux. // 21.00 1,360,900 io,85o,6oo 11,196,100 i5,6oo
- Naturelles 1-9.21
- Total 629,940 11.77 l'-19
- Total des surfaces cultive'es 5,352,95o 1 00.00 60.75
- ROUMANIE. 279
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- Froment. —Les blés de Roumanie sont, comme ceux de la région orientale, extrêmement riches en gluten; les céréales et la farine constituent le principal, article d’exportation : ^ h 9, millions de francs.
- 50 %
- Contenu en gluten humide
- Matière azotée
- Fig. 5 i. — Teneur des froments roumains en glu Ion humide et en matière azotée. Rlé demi-tendres d’hiver (récolte 1899).
- [Chaque case correspond à un des échantillons analysés.]
- La Compagnie des docks de l’Etat avait fait une exposition tout fait remarquable des blés roumains, accompagnés de l’analvse chimique et technique des grains, analyse qui met en relief les qualités exceptionnelles du froment roumain au point de vue de sa richesse en gluten et, par suite, de sa valeur pour la boulangerie. Cette question mérite une mention spéciale.
- MOYENNES GENERALES (78 ECHANTILLONS).
- DÉSIGNATION. BLÉS
- ROUMAINS. MOLDAVES. ETRANGERS.
- ( par hectolitre 80 kilogr. 81 kilogr. cJ JET CO L"*
- ( par 1,800 grains 36 kilogr. 35 kilogr. 3o kilogr.
- Nombre de grains renfermés dans 100 grammes 2,869 2,887 3,35(j
- | en farine 7 7i -1 p. 1 00 73.8 p. 100 73.0 p. 1 00
- Rendement < en son (gros son) 20.5 p. 100 20.9 p. 100 21.7 p. 100
- ( en sus (remoulagc) • . 5.5 j). 100 5.2 p. 1 00 0 0
- Teneur en corps étrangers 0./1 p. 1 00 O'ii p. 1 00 1.2 p. 100
- Plasticité de la pâte 1.8 !-7 2 J\
- Essais ( Teneur en gluten humide 38. U 38.9 36.o
- du gluten. ( Qualité du gluten i.5 1 Ji 2.0
- Nota. Certains Mes roumains contiennent jusqu’à 43 et 48 ]>. 100 île gluten humide.
- M. Carnu-Munteanu et Cornéliu Roman ont fait a la Station agronomique de Bucarest d’importantes recherches sur les céréales roumaines : leur travail qui embrasse les blés, les farines, le maïs et
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- 281
- Forge sera consulté avec fruit par les hommes de science et par les industriels qui s’occupent spécialement clés questions de meunerie et d’alimentation.
- 3.
- — H F7 .F
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- r.
- 1 h.
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- Matière azotée
- Fi{j. 5a. — Résultats de l’analyse chimique des blés roumains. Blés dc’ ii-tendrcs d’hiver (récolte iB9f)).
- [Chaque case correspond à un des échantillons analysés.]
- Vignes. — L’étendue des vignes, qui était de 95,876 hectares en 1865, est, actuellement, de près de i5o,ooo hectares. La production, de 640,000 hectolitres autrefois a été en moyenne, dans la période 1896-1900, de 2,199,400. Le rendement se trouvait donc être de i5 p. 100 par hectare; depuis il y a eu relèvement. L’exportation des vins qui avait suivi une marche ascendante de 1888 à 1893, s’est brusquement abaissée en 189 4, pour se relever légèrement depuis. En 1896 , l’exportation a été de 5oo,ooo francs, dont les deux tiers à destination de l’Autriche-Hongrie. La valeur totale du vignoble—dont un tiers est phylloxéré — est estimée à 175 millions de francs. Les vins blancs de Cotnar sont justement réputés.
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE
- Bétail. — Le bétail est représenté, en 1900, parles chiffres suivants :
- Moutons Bœufs Porcs Chevaux ... 5,ooa,38o 2,52o,38o 926,12/1 59/1,962
- Chèvres
- Anes • • • • -•* vy >y y u 6,/i6o
- Il existe un service des haras, dépendant du Ministère de la Guerre. Des étalons originaires de France, d’Angleterre, de Syrie et d’Àrahie sont mis, dans tous les districts, à la disposition des agriculteurs. Le cheval roumain, de race orientale, est de petite taille, vif, très résistant à la fatigue, mais sa force de traction est très faible; les ânes et les mulets sont très peu employés. C’est au bœuf et à la vache que la presque totalité des travaux des champs est réservée. La vache est l’animal le plus précieux pour le paysan roumain : elle lui fournit, outre le travail, le lait, qui forme en grande partie sa nourriture. Le buffle a plus de force que le bœuf; la femelle produit du lait excellent, plus gras et en quantité double de celui que fournit la vache. On l’emploie à fabriquer du beurre qui se consomme dans les villes. Le mouton est un animal de bon rapport, très facile à entretenir; les paysans en élèvent beaucoup. La chèvre se trouve dans presque tous les districts des montagnes, et il n’y a pas de paysan qui ne possède quelques porcs.
- Industries agricoles. — Les principales industries agricoles sont la meunerie, la distillerie et la brasserie. On compte 98 moulins du système le plus perfectionné, qui emploient 2,070 ouvriers et représentent un capital de 2 4 millions de francs; les plus grands sont à Bucarest, à Braïla et à Botoshani. Les distilleries, qui travaillent annuellement 480,000 quintaux de maïs, 198,000 quintaux de grains divers, 2 5,ooo quintaux de farine de seigle et 10,000 quintaux de mélasse, produisent 200,000 hectolitres d’alcool. Il existe 19 brasseries produisant annuellement 50,000 hectolitres de bière.
- Sériciculture. — L’éducation des vers à soie en Boumanie est très ancienne; c’était une nécessité locale, car le costume des paysannes
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- se compose, pour les jours de fête, de chemises (tes et camossi) et de voiles (muromès) tissés et brodés par elles-mêmes avec la soie qu’elles préparent, et qui porte le nom de borandjik. Autrefois les femmes seules s’occupaient de sériciculture et ne produisaient que la quantité de soie qui leur était personnellement nécessaire. En 1869, l’éducation des vers à soie devint générale; la maladie des vers à soie ralentit la production, qui, aujourd’hui, tend à prendre une importance assez grande.
- Forêts. — L’étendue totale des forêts en Roumanie est évaluée à 2 millions et demi d’hectares, ce qui donne un taux de boisement de 2 1 pour cent.
- La part de l’Etat est de i,o85,o33 hectares, qui forment 1,122 forêts, réparties dans les trente-deux districts; 720 de ces forêts (soit 599,084 hectares), sont exploitées et 397 (soit 322,560 hectares) ne le sont pas encore^. Cette exploitation rapporte net environ 2 5 millions et demi de francs par an(2). Parmi les forêts de l’Etat, il faut noter 9,530 hectares plantés en acacias âgés aujourd’hui de 5 à 16 ans; ces plantations furent faites à partir de 188 4 dans les sables mouvants du Danube et dans le ccBaragana.
- Fig. 53. — Chemin de fer forestier.
- (1) Les essences dont se composent les forêts de l’Etat sont : essences résineuses, 119,636 liectares; hêtre mélangé d’essences résineuses, 210,239 hectares; essences mélangées ( hêtre, charme, chêne, etc. ), 2 67,87 4 hectares; chêne, 275,789 hectares; peuplier,
- saule, etc., 38,63o hectares; acacia, 9,53o liectares.
- (2) Les revenus*de la période 1889-1899 ont été de 39,686,912 francs et les dépenses de 1/1,581,486 francs, soit un revenu net de 25,io4,426 francs.
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- EXPOSITION DE 1900. — AOlUOl; LTUllE.
- Le nombre d'hectares appartenant à des particuliers est évalué' à environ 800,000, auxquels il faut ajouter les forêts que possèdent les établissements suivants :
- Ephorie des Hôpitaux civils de Bucarest........ 66,890 hectares.
- Épliorie des Hôpitaux de Brancovan............. 9,000
- Communes....................................... 6,989
- 16 communes de Dohrodja..................... 5,000
- Domaine de la Couronne....................... /i5,6oo
- Les essences les plus répandues sont par ordre d’importance: le hêtre, le chêne, l’épicéa, le sapin, l’acacia, etc.
- Pêcheries.— La pêche a été en Roumanie l’objet d’une législation spéciale, en 1896. A partir de cette époque, les grands lacs, qui avaient été dépeuplés, sont redevenus aussi riches que par le passé, alors que la Roumanie fournissait de poissons tous les pays d’alentour. La consommation intérieure est évaluée entre 80 et 100 millions de kilogrammes par an, représentant une valeur de 3.2 à 60 millions de francs. Les principaux produits de la pêche sont : l’esturgeon, le sterlet, le saudre, la carpe, l’écrevisse, etc. Le commerce de caviar est répandu sur tout le cours roumain du Danube.
- Voici quel a été le mouvement de l’exportation et de l’importation du poisson depuis 1 8nê :
- 1 1 *' IMPORTATION. EXPORTATION.
- kilogram 11:0s. kilogrammes.
- 18 9 /1........................... «6,981,00/1 1,31.6,7/19
- 189,6............................. 7,583,078 9,313,071
- 1896 ........................... 7,199,919 9,399,796
- 1897 ........................... 5,909,760 9,698,5/19
- 1898 ........................... /t, 9 3 8,7 51 5,661,969
- Le principal débouché est l'Autriche-Hongrie. En effet, en 1897, sur 2,698,569 kilogrammes, on en a exporté dans ces pays 1,366,909, et, en 1898, sur 5,661,959 kilogrammes, 3,322,668 kilogrammes.
- L’Etat retire des pêcheries qui lui appartiennent un revenu annuel de 2,500,000 francs. Quelques-unes de ces pêcheries sont d’une étendue considérable. Ainsi le lac Rratesh a i3,ooo hectares; les étangs du domaine de Rraïla couvrent 63,000 hectares.
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- BULGARIE.
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- CHAPITRE X.
- BULGARIE.
- SUPERFICIE ET CONFIGURATION DU SOL. — CLIMAT. — POPULATION. — NATURE DU SOL. — PROPRIÉTÉ FONCIÈRE. — MODES DE CULTURE. — PRODUCTION : CÉRÉALES, TA RAC, ESSENCE DE ROSE, FRUITS, VINS, ETC. — RENDEMENTS. — ASSURANCE CONTRE LA GRELE. - BETAIL. — 'SÉRICICULTURE ET APICULTURE. - FORETS. -ENSEIGNEMENT AGRICOLE. — CRÉDIT AGRICOLE.
- Sol, climat, population. — Située dans la péninsule Balkanique, dont elle occupe la plus grande partie de la moitié orientale, la Bulgarie (Roumélie comprise) a une superficie de 9,927,600 hectares.
- Elle est coupée en deux parties presque égales par la chaîne des Balkans, dont les plus hauts sommets ont 2,p3o et 2,290 mètres. Elle possède deux grandes plaines, Tune s’étendant entre les Balkans et le Danuhe, l’autre entre les Balkans et les monts Rhodopes.
- Le Danuhe, son seul lleuve navigable, forme sa frontière avec la Roumanie. La Maritza, autre grand fleuve, pourrait être rendue navigable a peu de frais.
- Le climat est généralement tempéré; parfois cependant 011 enregistre des froids très vifs. Les étés et les hivers sont courts et secs; le printemps et l’automne, pluvieux et orageux.
- Les Rulgares sont d’origine slave. Conquis par les Turcs au xvc siècle, le royaume bulgare vit sous la domination ottomane. Toute civilisation a été arrêtée pendant cinq siècles. Le traité de Berlin, en 1878, rendit en partie l’indépendance à la Bulgarie, dans la région Nord qui forme la principauté proprement dite. La Roumélie orientale a été réunie à la principauté bulgare, en 1885.
- La Bulgarie est une principauté constitutionnelle, placée sous la suzeraineté de la Turquie.
- La population bulgare est de 3,310,713 habitants (recensement de 1893), dont 2,500,000 Bulgares et 800,000 étrangers de races diverses.
- La densité de la population est seulement de 34 habitants par
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- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- kilomètre carre'. Plus de 70 p. 100 de la population s’occupent d’agriculture.
- Le système métrique (monnaies, poids et mesures) est obligatoire depuis 1892.
- Les importations se sont élevées a 69,146,000 francs en 1898; les exportations, à 64,6o3,ooo francs, dont les trois quarts (48,500,000 fr.) proviennent des céréales et des farines.
- L’étendue totale du territoire (9,927,600 hectares) est divisée comme suit :
- DÉSIGNATION. HECTARES. P. 100. HECTARES. P. 100.
- I. TeRRKS PRODUCTIVES.
- Champs a. 1 70,000 ai.8(> '
- Vignobles <)(>,0I>0 °-97 1 1 ; 2,0a3,3ia 9 6. A 3
- Jardins A 5,3 1 a 0.A6 j \
- Prairies 3 1 a,000 3.i A )
- Pâturages 3,818,16a 38.A7 | | 6,809,288 69.09
- Forêts (futaies) 3,oA 1,1 a(i 3u.0a
- IL Terres improductives.
- Roules, bergeries, terres non cultivables . . A A 5,o 00 A. A 8 AA5,ooo A.A8
- Totaux 9,927,600 100.00
- Le sol est généralement très fertile, particulièrement les terres noires des plaines de la Bulgarie. Les prairies sont, pour la plupart, irriguées naturellement; les pâturages, toujours couverts d’une herbe courte; le bétail y reste toute l’année.
- Propriété foncière. — Les prairies sont des propriétés particulières; les pâturages, des biens communaux.
- La petite propriété est la règle. Le sol appartient aux cultivateurs, par lots variables de 5 à 10 hectares, cultivés par leurs propriétaires. Il y a quelques grands domaines (Ichiflicks) possédés par des capitalistes qui les afferment. L’étendue de ces fermes n’embrasse pas plus de 3oo hectares. L’expulsion des Turcs a amené la disparition presque complète de la grande propriété.
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- BULGARIE.
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- Méthodes de culture. — Autrefois on a fait beaucoup de défrichement, l’assolement triennal avec jachères (sans engrais) nécessitant la mise en culture de terrains jadis en forêts.
- Les labours superficiels obligent à des jachères de deux ou trois ans, d’où l’extension des défrichements.
- L’usage des machines agricoles se répand assez vite; en effet, on compte aujourd’hui :
- Charrues eu ter................ 3a,3oo contre 18,700 en 1893.
- Moissonneuses.................. 730 128
- Vans, tarares.................. i/i,23o 6,/i25
- Trieurs........................ 1,7 6.8 /i2 3
- Herses......................... 5,35o (Il n’y en avait pas en 1893).
- Le paysan cultivant lui-même est généralement dans le bien-être ; l’amour du travail et de l’épargne caractérisent le Bulgare.
- Le prix de la terre est très peu élevé : 100 francs l’hectare dans les meilleurs lots. Le mangue de bras s’oppose à la création de grandes entreprises agricoles.
- Production. — Les céréales sont la culture dominante de la Bulgarie. Elles s’étendaient, en 1898, sur les surfaces suivantes :
- Blé...........................
- Seigle........................
- Orge..........................
- Avoine........................
- Maïs..........................
- Cultures diverses.............
- Cultures maraîchères..........
- Total
- 838,ooo hectares. 1 h 0/100 201,800 1 /io,ooo A 9 ^, 5 0 o /i8,5oo
- 1,763,200 161,900
- 1,92/1,900
- La production moyenne annuelle est la suivante :
- Blé.............................................. 772,000 tonnes.
- Maïs............................................. 381,200
- Orge............................................. 261,900
- Avoine.......................................... 108,900
- Seigle........................................... 197,100
- Millet......................................... 20,000
- Epeautre....................................... ii,2 5o
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- 288 EXPOSITION DE 1 900. — A (MÜ CULTE RE.
- La Bulgarie consomme 70 p. 100 de sa récolte de céréales et exporte le surplus.
- Le tabac est au premier rang des cultures industrielles; la production est de 3,500,000 kilogr. par an. La culture est libre; la fabrication et le commerce sont soumis à un impôt, remboursé à la sortie. Le prix du tabac en feuilles varie de o fr. 80 à 1 lr. 00 le kilogr.
- La culture du rosier s’étend sur 3,000 hectares environ. La production de l’essence de roses varie entre 1,5oo et 4,3oo kilogr. ; le prix suit les mêmes variations : en moyenne 800 à 900 francs le kilogr. En 189/1 — mauvaise récolte — l’essence a valu i,/ioo francs.
- Il y a encore quelques autres récoltes industrielles moins importantes : colza, coton, graines oléagineuses, anis.
- La viticulture a beaucoup d’avenir en Bulgarie : le vignobleoccupe 101,000 hectares appartenant à 306,880 propriétaires viticulteurs (0 liéet. 276 par propriétaire). La production varie de 2 à 5 millions d’hectolitres de vins, dont les meilleurs sont les vins rouges de Plewna, de Varna, de Sohindal.
- L’exportation de pruneaux, noix et amandes est assez importante; les autres fruits, très abondants, sont consommés dans le pays.
- Bendements. — Voici quelques renseignements généraux intéressants sur les conditions des semailles et des rendements à l’hectare en quintaux, d’après les statistiques de 1898-1899 :
- DÉSIGNATION. SEMENCE À j/iikctahe. n E N T) V EN GHAINS. :m eint EN l’AILEE. 1*01 D S de 1/11 EOTOLITHE.
- Fromonl •m 1 7.1:; Ui.l.H 7e.8
- Sei(jl° s.mi 7-99 1 . 9 9 70.1
- Me Ici 1 ‘>.•>1 1 i.:n 71 -9
- Orge 1.S9 c.77 1 1 .58 58.8
- Avoine i.58 g. ) a 1 0./17 !i*.t
- Epeaulre 1 .<>3 •>•79 9 .‘M> 5 (>.5
- Millel <),.*> 1 (il')-? 1 i.<)5 7e.(i
- Maïs o..‘ïo 1 1 AYA // <>9*9
- Sarrasin 1.7:5 f).i7 •F 99 57.0
- Riz 3.02 89.70 75.7 _
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- BULGARIE.
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- En betteraves à sucre, 5ii hectares ont produit 187 quintaux 77 à l’hectare.
- En pommes de terre, 1,813 hectares ont produit 115 quintaux 1 à l’hectarè.
- Les chiffres ci-dessus conduisent aux rapports suivants entre la quantité des semences employées et la production en grains :
- Blé 3.38 Épeautre
- Seigle 3.99 Sarrasin .
- Méleil 5.ii Maïs . . .
- Unie 3.56 Millet.. .
- Avoine 3.88 Riz
- 3.57
- 2.98 38.80 23.00 6.64
- On peut considérer ces chiffres comme un exemple de fertilité naturelle d’un sol qui ne reçoit aucun engrais.
- La production annuelle du vin est de 3 millions et demi d’hectolitres, soit 3 1 hectol. 6 par hectare. Prix moyen : ùo à 60 francs l’hectolitre.
- Assurance contre la grêle. — L’assurance contre la grêle est obligatoire, depuis 1 895, sauf pour le tabac, les forêts et les prairies; l’assurance est un service d’Etat.
- Les sinistres sont réglés par le Ministère de l’Agriculture, à l’aide d’un prélèvement de 5 p. 100 sur l’impôt foncier (prime d’assurance) qui produit annuellement 900,000 francs et d’une subvention de l’Etat de 500,000 francs.
- On paye de i5 à 87 p. 100 des sinistres suivant les cas (environ i,300,000 à i,ùoo,ooo francs par an). Le sinistré reste son propre assureur pour 20 p. 100 du sinistre constaté. L’assurance expire le 26 octobre de chaque année à minuit. Lorsque le montant de la surtaxe, augmenté de 2 5 p. 100 de la réserve, ne suffit pas à couvrir les sinistres, le sinistré est payé au prorata. C’est ainsi qu’en 1898 où il y a eu 8,8k 1,037 francs de dégâts, les sinistrés n’ont reçu que i5 p. 100; l’année précédente, les sinistres ne s’étant élevés qu’à i,5Gù,ooo francs, les intéressés ont touché 87 p. 100 (déduction faite de leur 20 p. 100).
- AGRICULTURE. ---
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- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- Bétail. —Le recensement de 1 893 a donné les chiffres suivants :
- Bœufs et vaches. . Buffles et huilions
- Chevaux..........
- Moutons..........
- Chèvres..........
- Porcs............
- Ânes.............
- Mulets...........
- 1,01 2,356
- 7.35,620 3/13,9^6 6,868,291 1,263,772 661,635 81,610 8,267
- Tôt ai,.................. 1 0,795,695
- Volailles....................................... 3,626,700
- En dehors des cultivateurs, 70,000 habitants font de l’élevage.
- Le bétail est nourri exclusivement de paille, foin, orge et avoine.
- Les fourrages et aliments concentrés ne sont pas encore usités.
- Le troupeau est commun, par village, et va paître sur les pâturages communaux; en été, on le conduit dans les hauts pâturages de la montagne.
- Le buffle est estimé comme travailleur, mais il est plus sensible au froid que le bœuf. Les bœufs et les vaches sont de petite race.
- La race de chevaux est très médiocre, mais fort endurante au travail et à la marche. L’année se remonte en Hongrie. On compte 70 vétérinaires et 70 adjoints. H y a cinq haras en voie de développement.
- Les moutons et les chèvres forment 64 p. 100 de la population animale. La chèvre a détruit beaucoup de jeunes forets. On a pris des mesures législatives dans ces dernières années pour s’opposer â ces
- dégâts.
- La viande que consomme la population est presque exclusivement fournie par le mouton.
- La brebis est, en Bulgarie, meilleure laitière que la vache. Son lait sert à fabriquer le fromage dit kachkaval, qui est exporté en grande quantité en Turquie.
- La Bulgarie exporte annuellement 33o,ooo kilogrammes de laine représentant une valeur de 300,000 francs. La laine indigène est
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- dure, aussi importe-t-on en Bulgarie des laines plus douces (260,000 kilogrammes environ par an).
- Les dépouilles d’animaux sont un article important d’exportation (peaux d’agneaux et de chevreaux, pour un million de francs environ par an).
- La race indigène de porcs est médiocre. On commence à introduire des races anglaises. On consomme la viande de porc fraîche ou salée.
- Sériciculture et apiculture. — La sériciculture est en voie de développement; on applique pour la sélection et le grainage les procédés Pasteur. Il existe plusieurs établissements de grainage installés d’après les méthodes pastoriennes. En général, ce sont, comme en Roumanie, les petits élevages qui sont en majorité, les femmes donnant elles-mêmes les soins aux vers et dévidant les cocons; ce système présente le grand avantage d’être très économique.
- L’unique entrave au développement de la sériciculture est le manque de mûriers; les vieux arbres ont été coupés pendant la maladie du ver à soie, les jeunes n’ont pas encore poussé suffisamment.
- La Bulgarie a produit, en 1898, 271,826 kilogrammes de cocons d’une valeur de 5o8,ooo francs.
- O11 a créé des stations séricicoles dans les trois écoles d’agriculture.
- On compte 290,000 ruches et l’on commence à développer l’élevage des abeilles. 11 existe déjà 1,762 ruches du nouveau système.
- Forêts. — Les forêts couvrent 3o p. 100 de la superficie de la Bulgarie et s’étendent sur 3 millions d’hectares. Elles sont réparties comme suit .
- Eorêls de l’Etal.............................. 902,619 hectares.
- Forêts communales........................... 1,565,262
- Forêts de particuliers........................ 573,266
- D’après la région et la nature des espèces, on trouve :
- Hautes futaies.............................. i,o3o,&64 hectares.
- Taillis..................................... 1,980,663
- Conifères divers.................'........ 1,667,797
- Mélèzes................................... 2,876,329
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- Les essences principales sont le chêne, le hêtre, le pin, le sapin, le platane, l’érable, etc.
- La production du bois s’élève aux chilires suivants :
- Bois de construction........................ 537,000 kilogr.
- Bois de chauffage....................... 2,h58,000
- Charbonnettes............................ 10,907,000
- Le produit en argent s’élève à i8,2o5,ooo francs dont /i/i3,ooo figurent dans les recettes de l’Etat. L’impôt des communes et des par-ticuliers sur les forêts s’élève à 558,800 francs.
- En 1878, à la suite de la guerre, seuls les endroits montagneux étaient encore boisés; dès 1879, le nouveau Gouvernement tenta de réagir contre ce déplorable état de choses. On a notamment organisé des pépinières sur beaucoup de points.
- Il n’existe pas d’école d’enseignement forestier en Bulgarie. Le personnel forestier se compose de • 1 chef de section, 2 sous-chefs, 57 inspecteurs, 65Ô gardes. Tous ces fonctionnaires sont domaniaux.
- Il y a, en outre, 2,2 58 gardes forestiers communaux.
- Les importations en bois d’œuvre sont quatre fois plus fortes que les exportations.
- Enseignement agricole. — L’enseignement agricole est donné dans les trois écoles de Sadovo, de Routschouk et de Pleven. Il est très bien organisé sur les meilleurs modèles européens.
- Il y a un certain nombre de maîtres-voyageurs dont les fonctions sont à peu près celles des Wanderlehrer allemands.
- Crédit agricole. —Le crédit agricole fonctionne à l’aide de caisses agricoles qui ont, ensemble, un capital de 20 millions de francs.
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- SERBIE.
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- CHAPITRE XI.
- SERBIE.
- SUPERFICIE. — POPULATION. — PROPRIÉtÉ^FONCIÈRE ET SITUATION DU CULTIVATEUR. — SOL. - RÉPARTITION DES CULTURES. — PRAIRIES ET PATURAGES. — BETAIL; COMPARAISON AVEC LES AUTRES PAYS. — APICULTURE. — ARBRES FRUITIERS. -VIGNES. — FORÊTS. - CHASSES. - ENSEIGNEMENT AGRICOLE.
- Généralités. — L’étude, dans les divers pays, de la constitution de la propriété, de sa répartition entre les habitants, de la législation qui lui est propre présente un grand intérêt. Les conditions, si différentes d’une nation à l’autre, dans lesquelles s’exerce le droit de propriété sont lin des éléments essentiels de la prospérité de ces nations. Leur comparaison, rendue possible par les documents qui abondaient dans les expositions des sections étrangères au Champ de Mars, n’est pas un des moindres sujets dignes de l’examen des agronomes et des économistes : sous ce rapport, comme sous beaucoup d’autres, la Serbie appelle particulièrement l’attention.
- Depuis la prise de Belgrade par les Turcs, en 15 2 1, jusqu’en 1812, à part quelques années du règne de Czerni-George reconnu prince de Serbie parla Porte, en i8oà, la Serbie demeura sous le joug ottoman. Pendant cinquante ans, de 1826 à 1877, une série presque ininterrompue de révolutions et de guerres s’opposa au développement agricole et commercial de la Serbie, dont l’indépendance et l’autonomie datent de vingt-quatre ans à peine, c’est-à-dire du traité de Berlin, qui les consacra en 1878.
- Dans cette courte période de temps, comme la Bosnie-Herzégovine, la Roumanie et la Bulgarie, la Serbie a fait un pas rapide dans la voie des progrès matériels de tout genre. Elle occupe aujourd’hui, notamment par le développement de son agriculture, un rang très honorable dans le groupe si intéressant des pays de l’Europe orientale.
- Peut-être surprendrai-je la plupart de mes lecteurs — parmi ceux qui ont visité le pavillon de la Serbie — en leur signalant
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- l’importance prépondérante de l’agriculture serbe sur les productions industrielles et minières du pays. Mais ceux qui ont lu la remarquable étude de M. Yovanovitch, ancien ministre et conseiller d’Etat, y ont trouvé le commentaire des documents graphiques et statistiques qui, trop modestement, à notre gré, représentaient l’agriculture au milieu des richesses artistiques de l’exposition serbe.
- La Serbie est, avant tout, un pays agricole : 83.6 p. îoo de ses habitants s’occupent exclusivement de culture et d'élevage. L’agriculture fournit plus des quatre cinquièmes de la valeur des exportations annuelles.
- La moyenne des cinq dernières années, i8q5 à 1899, a en effet, été la suivante :
- EXPORTATION.
- francs. p. 100.
- Produits agricoles . . . . 22,636,20/1 Ai
- Produits du bétail .... 2/1,01 2,7/10 A3
- Métaux et produits divers . . . . 8,52o,/n3 16
- Totaux . . . . 55,169,357 100
- La part du bétail l’emporte encore aujourd’hui sur les produits du sol proprement dits : cela tient sans doute à ce que l’élevage était la seule source de richesse dans les temps troublés qu’a traversés la Serbie. Le défaut de voies de communication, l’insécurité pour les habitants, l’absence d’écoles et partant d’instruction chez la population rurale, s’opposaient à tout progrès dans la culture du sol, dont les produits, il y a vingt ans, loin de permettre l’exportation, suffisaient à peine à nourrir la population. Tout cela est bien changé et le progrès s’accentue d’année en année.
- Superficie et population. — La Serbie a une superficie totale de 4,83o,2 6o hectares, supérieure de plus d’un quart à celle de la Belgique (2,945,600 hectares) ou de la Suisse (2,974,000 hectares). Sa population est de 2,312,000 âmes, réparties entre 82 villes et 4,277 villages. Gela correspond à une densité moyenne de 47.9 habitants par kilomètre carré, contre 226 en Belgique et 71 en Suisse.
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- SERBIE.
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- Propriété foncière et situation du cultivateur. — La Serbie est, peut-être, le seul pays d’Europe où la grande propriété soit pour ainsi dire inconnue. On compte 359,000 maisons d’habitation, dont 99.3 p. 100 sont propriété privée, l’État, les départements et les arrondissements ne figurant que pouro.7 p. 100,-dans le dénombrement de la propriété bâtie.
- Le territoire serbe n’a pas encore été cadastré; d’après les meilleures données, on peut le répartir ainsi :
- SUPERFICIE. PROPORTION.
- Forêts Terres cultivées. Surface inculte, fleuves, etc. . constructions, routes, Iicrlai’cs. 2,23l,58l 1,80 5,9 à 3 792,736 p. 100. 46.2 37.3 1 6.5
- Totaux 4,83 0,2 60 1 00.0
- La propriété privée, qui embrasse toutes les terres cultivables, occupe une superficie de 2,707,068 hectares soit 56 p. 100 de la surface totale; le reste, 44 p. 100 consistant en forêts, routes, lleuves, etc., appartient a l’État. On compte, en Serbie, 376,000 familles, composées en moyenne de 6.2 personnes; la population rurale est de 1,993,109, soit 86 p. 100 de la population totale.
- La propriété privée est répartie entre 244,600 chefs de famille, dans les proportions que voici :
- EXPLOITATIONS EN HECTARES. PROPRIÉTAIRES. PROPORTION.
- Jusqu’à 5............................... 177,582 72.60 p. 100.
- De 6 à 10............................. 69,679 20.31
- De 11 à 20.......................... 16,758 6.o3
- De 21 à 3o.............................. 1,806 0.74
- De 3i à ko............................ 45g o. 1 9
- De 4i à 5o................................ 169 0.07
- Plus de 5o............................ i48 0.06
- En Serbie, le cultivateur est, en thèse générale, propriétaire de la terre qu’il cultive. On comprend donc que le prolétariat y soit beaucoup moins développé que dans les autres pays. La propriété est excessivement divisée ; il est rare que les terres appartenant à un même cultivateur soient d’un seul tenant, malgré leur peu d’étendue.
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- Les deux causes principales de ce morcellement excessif sont : i° la conformation du sol, très divisé par des cours d’eau et hérissé de montagnes; 2° la législation très favorable au morcellement. En effet, le cultivateur serbe a été l’objet, de la part du législateur, d’une singulière faveur. Un texte de loi dispose que le cultivateur ayant contracté des engagements envers des créanciers.antres que l’Etat, peut soustraire à l’action de ses créanciers une portion de terrain de 2.8 hectares. Il résulte de ce fait que plus de la moitié de la propriété des 177,000 cultivateurs, possédant moins de 5 hectares, demeure insaisissable. Il est en out-re interdit au cultivateur de contracter des engagements par lettre de change.
- Ces dispositions légales, qui ne semblent pas favorables à l’établissement du crédit, ne paraissent pas cependant avoir entravé la création de syndicats agricoles, d’après le système Baffeisen^ : il en existe déjà 167 ayant une administration centrale à Belgrade et que le gouvernement subventionne par l’abandon de 25 p. 100 de la loterie à classes de l’Etat, jusqu’à ce que le chiffre de 2 millions de francs soit atteint.
- Sol. — Le sol de la Serbie est très varié : peu profond et pauvre dans les régions montagneuses, il ne convient qu’aux forêts et aux pâturages; plus riche sur les versants à pente douce, il s’adapte déjà à la culture; dans les vallées et dans les plaines, on rencontre une terre d’alluvion très riche, fertile et se prêtant admirablement à la production de presque toutes les récoltes. Partout, des cours d’eau sillonnent le territoire, leur réseau assure l’alimentation en eau de tous les points de la Serbie.
- Beaucoup de montagnes sont aujourd’hui déboisées par suite des coupes pratiquées sans méthode depuis de longues années. Le développement soudain des torrents à la suite des pluies et de la fonte des neiges amène de trop fréquentes inondations, enlevant récoltes et bétail dans les vallées et dans les plaines.
- Répartition des cultures. — La répartition des cultures est inté—
- (1) Sur le système Raffeisen, voir p. 653 et 654.
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- SERBIE.
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- ressante à noter. Les céréales occupent plus de la moitié (5a p. 100) du territoire cultivé, savoir:
- p. 100. quintaux.
- Maïs......................................... 2/4.88 10 à 20
- Blé........................................... 45.93 12 i5
- Avoine......................................... 5.53 10 1A
- Orge...................................... A. 15 11 1A
- Seigle......................................... 2.05 41 1A
- Le maïs est, de beaucoup, la plus importante culture de céréales du pays : malgré la consommation intérieure qui est énorme, la Serbie a exporté, en 1899, près de 256,000 quintaux de maïs, pour une valeur dépassant 2 millions de francs. L’exportation du blé s’est élevée à 775,000 quintaux valant 11 millions de francs; celle de l’orge, à 175,000 quintaux, pour 1,770,000 francs; enfin, l’avoine vendue,au dehors, a produit 1 million, pour environ 1 o4,000 quintaux de grains. Le haricot est très répandu.
- Envisagées dans leurs grandes lignes, les cultures des i,8o5,943 hectares agricoles (37.3 p. 100 du territoire total) sont réparties de la manière suivante :
- Céréales...................
- Autres plantes.............
- Prairies et pâturages......
- Vergers (pruniers).........
- Vignes.....................
- Jardins....................
- Divers.....................
- Total
- gA8,2i9 hectares.
- 27>1 77 667,387
- 97’971 68,33o 1 A,922 8937 1,805,943
- Prairies et pâturages. — La Serbie est assez riche en prairies naturelles et en pâturages pour nourrir, plus ou moins bien il est vrai, le nombreux bétail qu’elle possède; la culture des plantes fourragères, betteraves, etc., et en particulier celle des prairies artificielles (luzerne, etc.), n’existe que sur une très petite échelle, dans le voisinage des villes, pour l’entretien des vaches laitières.
- Tant que les céréales et autres plantes alimentaires n’ont été cultivées en Serbie que pour fournir à la subsistance de la population, tant que le bétail a constitué seul tout le commerce d’exportation,
- (1) Variables suivant les années comme partout.
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- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- les prairies et les pâturages occupaieot une superficie énorme. Avec le développement récent de la culture des céréales et la possibilité, par suite de la créalion des voies de communication, d’exporter les récoltes, la superficie des prairies et des pâturages n’a cessé d’aller en diminuant. Elle est encore très considérable, cependant, puisqu'elle correspond à plus du tiers du territoire cultivable (35.85 p. îoo), soit à près de 65o,ooo hectares. Les prairies proprement dites se distinguent en prairies des vallées et en prairies des montagnes. Les premières sont situées le long des cours d’eau et sonl exposées de temps en temps aux inondations. Les secondes se trouvent sur les pentes des montagnes qui, trop escarpées, ne se prêtent pas â une autre culture.
- De même, les pâturages se divisent en pâturages de vallées et en pâturages de montagnes. Les premiers s’appellent tchaïns : ce sont des pâturages d’étendue assez restreinte, généralement bien enclos, où l’on mène paître les troupeaux pendant l’été; on y trouve un puits ou de l’eau courante pour abreuver le bétail et un hangar pour l’abriter en cas de mauvais temps. Les seconds, les souvalis, sont de grandes étendues de terrain sur les plateaux des montagnes où le bétail ne passe que quelques mois. Les prairies se fauchent généralement une fois par an, puis elles sont pâturées. Leur rendement moyen en foin est assez satisfaisant; il oscille entre 3o et ko quintaux â l’hectare dans les vallées; il est de i5 à 25 quintaux en montagne. Le rendement â l’hectare des pâturages des vallées (tchaïris) est évalué entre 18 et 3o quintaux; celui des souvalis, de 8 â îo. Outre les pâturages et les prairies, la Serbie possède encore une énorme étendue de terrains où l’on mène paître le petit bétail, les moutons et les porcs. Ce sont les pacages communaux et les terrains en friche dont la superficie, qui va diminuant chaque année avec l’extension des cultures, était encore de plus de 200,000 hectares en 1897. Cette année-là, les prairies, pâturages et pacages s’étendaient sur les surfaces suivantes :
- Prairies...........
- Tchaïris...........
- Souvatis...........
- Pacages communaux
- 355,o5i hectares, 61,8/15 2 5,2 fi 2 205,229
- Total......................... 6/17,387
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- SERBIE.
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- Bétail. — Grâce à cette immense étendue de prairies et de pâturages, la Serbie peut élever un bétail très nombreux; le recensement de 1898 accusait une population animale montant au chiffre de 5,619,000 têtes de gros et de menu bétail, d’une valeur totale de iâo,4oo,ooo francs environ, soit 60 fr. 70 en moyenne par tête d’habitant. Comparée aux autres pays d’Europe, la Serbie arrive au second rang, à surface égale, au point de vue de la quantité de bétail, ainsi que le montre le relevé suivant :
- Grande-lire lamie L'ics. 117.4 116.3 Autriche-Hongrie tôles. • • 73.7
- Serbie Roumanie ... 71.3
- Danemark 106.0 Portugal 62.6
- Grèce 10 4.2 Italie ... 61.O
- Belgique 99^ 96.6 Suisse . . 60.8
- Pays-Bas Espagne ... 45.4
- Allemagne 93.0 Russie ... 20.2
- France 83.o Suède el Norvège ... 10.5
- 1. Yovanovitch, ancien ministr •e, conseiller d’Etat, auquel j’em-
- prunte ces chiffres, reconnaît qu’en Serbie la qualité des produits de l’élevage ne répond point aux besoins actuels, il indique les nombreuses mesures que le gouvernement serbe a prises, dans ces dernières années, pour améliorer l’élevage, cette branche si importante de l’agriculture. L’infériorité du bétail serbe tient à diverses causes dont les principales sont la petitesse des espèces indigènes et l’insuffisance de l’alimentation. Sélection, bon choix de reproducteurs, joints à une alimentation convenable, auront raison de cette infériorité, malgré laquelle, d’ailleurs, l’exportation du bétail serbe est très considérable et suit une marche ascendante. Voici quelques chiffres relatifs a 1899 :
- TÈTES EXPORTÉES. VALEUR.
- 399,7/17 francs. 13,9/11,955 626,3/1/1
- 9,126,792 2/1,09/1,838
- Espèces
- chevaline.................... 3,572
- bovine...................... 71,623
- ovine....................... 78,361
- porcine...................... 87,465
- Totaux....... 2 41,0 21
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- 300
- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- A ce relevé il faut ajouter l’exportation des volailles qui s’est élevée, en 1899, à 690,798 bêtes vivantes et à 658,55o kilogrammes de volailles tuées, représentant ensemble une valeur de 1,835,223 fr. C’est, au total, à 25,5oo,ooo francs que monte l’exportation des animaux de ferme en Serbie, si l’on ajoute aux chiffres précédents l’exportation des produits de laiterie (beurres et fromages), 25o,000 francs environ.
- Apiculture. — Longtemps l’apiculture serbe fut très prospère, l’usage du sucre étant fort rare; car 011 n’employait que du miel. On abandonna ensuite cette intéressante industrie, à laquelle depuis quelques années la faveur parait être revenue, grâce aux efforts de l’Etat et à différentes initiatives individuelles (en 1897, ^ f°n(^e la Société cl’apiculture serbe; il existe des ruchers modèles, où l’on fait des cours pratiques). Une des raisons de cette renaissance apicole est que l’autorité ecclésiastique a enjoint de n’employer dans les églises que des cierges faits en cire pure, comme le prescrit la lithurgie orthodoxe. Le nombre de ruches s’est trouvé, au recensement de 1898, de 167,765.
- Arbres fruitiers. — Nous retrouvons en Serbie une culture qui a attiré notre attention en Bosnie-Herzégovine : celle des arbres fruitiers, du prunier, notamment; elle constitue une des principales richesses agricoles du pays. Près de 1 00,000 hectares lui sont consacrés et l’exportation des pruneaux représente annuellement une somme île 11 à 1 2 millions de francs.
- Vignes. — La Serbie produit des vins remarquables par leur finesse et leur bouquet. Sol et climat y sont des plus favorables à la culture de la vigne. Avant les ravages du phylloxéra, A p. 100 du territoire cultivable étaient plantés en vignes (68,300 hectares). Le phylloxéra n’en a guère épargné que le tiers (26,000 hectares); près de 6,000 hectares ont été reconstitués; le gouvernement a pris les mesures les plus favorables pour la réparation des désastres causés par le fléau : création de pépinières, organisation de renseignement viticole, etc. La production des vins est actuellement de 900,000 bec-
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- SERBIE.
- 301
- tolitres dont 70,000 sont exportés, surtout en Autriche. La production d’eau-de-vie est de 119,000 hectolitres.
- Forêts. -— Jusqu’en 1876, de vastes forets couvraient la Serbie, qui méritait le nom de «Schoumadia» (pays des forets). Malheureusement, l’abatage des bois, fait sans méthode, augmenta alors dans de notables proportions, et l’on n’écouta pas les quelques voix autorisées qui s’élevèrent, protestant contre des faits aussi déplorables pour l’avenir du pays. Les guerres serbo-turque (1876-1877) et serbo-bulgare ( 1885 ) eurent, quant aux forêts, de désastreuses conséquences. Le taux de boisement semble cependant être toujours resté supérieur à 3o p. 100 (1), et de grands peuplements purs de chênes ont été sauvés. De louables efforts tentés depuis ont déjà amené quelques bons résultats.
- Chasse. — Les forêts de bois feuillus ne sont pas la seule des conditions propices pour la multiplication des différents gibiers que l’on trouve en Serbie ; il y faut joindre un climat tempéré, un terrain accidenté et convenablement embroussaillé, des cours d’eau nombreux qui ne tarissent à aucune époque de l’année.
- Enumérer tous les gibiers répandus dans le pays serait long et fastidieux. Je veux seulement signaler que, le daim et le faisan faisant défaut, on les a importés et qu’on en fait l’élève dans les jardins d’acclimatation et les bois de Topchidère.
- Malheureusement les chasseurs serbes, chassant souvent sans la circonspection nécessaire, ont presque détruit, sur bien des points, le gibier utile, le cerf surtout. Le chevreuil a moins souffert, et dans toutes les
- (1) <tD’après les données fournies par les livres d’impôts, par les hypothèques et d’après les résultats d’une évaluation sommaire, le Service des forêts de la Serbie admet que la surface boisée occupe environ i,546,ooo hectares, soit un taux de boisement de 38 p. 1 oo, dont :
- Appartenant à l’Etat.... 066,982 hcct.
- Appartenant aux communes 668,260
- Appartenant à l’Eglise et
- aux monastères............. 17,088
- Appartenant à des particuliers................. 308,676 lied.
- Totat........... i,546.ooo
- «Les forêts ne sont pas encore délimitées d’une façon exacte, et les titres réguliers de propriété n’existent pas pour beaucoup d’entre elles; de sorte que, pour le moment, certaines forêts sont revendiquées par droit d’usucapion. « (Rapp. de la Cl. 50 « Produits des exploitations et des industries forestières a.)
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTUKE.
- grandes forets on le trouve encore en troupeaux. Le coq de bruyère et le chamois sont toujours particulièrement recherchés; mais si le premier est encore abondant, le second est devenu très rare.
- Les lynx ont presque disparu; il n’en est pas de même des loups, pour le grand dommage du bétail; l’homme même n’est pas à l’abri des attaques de ces carnassiers, dont la destruction est à peine commencée et qu’on chasse le plus souvent à courre. L’ours, enfin, se trouve dans les grandes montagnes de l’est, du sud et du sud-ouest.
- Une loi a été promulguée le 16 juillet 1898, qui réglemente la chasse et supprime le droit qu’avait chacun de chasser, à toute époque de l’année, dans les propriétés d’autrui comme dans les siennes propres. Le soin de veiller à son application est confié au Ministère de l’Agriculture et du Commerce. De plus, des sociétés de chasse se sont formées un peu partout; elles étaient, en 1901 , au nombre de 58 et ne comptaient pas moins de 1,200 membres; il existe à Belgrade un comité central de toutes ces sociétés. L’obligation du permis de chasse et les peines applicables en certains cas ne tarderont pas, il faut l’espérer, a porter leurs fruits, et la Serbie redeviendra ce qu’elle était, une des contrées les plus giboyeuses de l’Europe.
- Enseignement agricole. — Après des tâtonnements plus ou moins heureux auxquels la politique 11’a pas été étrangère, l’enseignement agricole a été assez récemment réorganisé ou, pour mieux dire, créé. Une Ecole supérieure d’agriculture et de sylviculture s’est ouverte en 1900 à Topchidére, près de Belgrade; deux écoles : l’une à Kralyevo, l’autre auprès de Negotine (viticulture et arboriculture), donnent aux fils des paysans l’instruction théorique et pratique qui a manqué à leurs pères. L’Ecole de viticulture de Boukovo a été fondée en 1891. Enfin une loi votée en 1898 prescrit l’obligation, pour chacun des seize départements dont se compose le royaume, de pourvoir â l’organisation d’une station agronomique rattachée à une exploitation agricole de 60 hectares. Une première station a été instituée à Tchou-priya. Quatre autres vont être inaugurées. Ces créations montrent l’importance que le gouvernement serbe attache au progrès agricole du pays dont elles seront, le principal et le plus utile instrument.
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- TURQUIE.
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- CHAPITRE XII.
- TURQUIE.
- A. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. — AGRICULTURE. — ÉLEVAGE.
- SUPERFICIE ET POPULATION. - AGRICULTURE ET ÉLEVAGE DANS LES DIVERSES REGIONS DE LA TURQUIE D’EUROPE ET DE LA TURQUIE D’ASIE. — IMPORTATIONS ET EXPORTATIONS DE L’EMPIRE OTTOMAN.
- Superficie et population. — Les possessions européennes(l) et asiatiques de l’empire ottoman s’étendent sur 1,936,117 kilomètres carrés, peuplés de 22,989,000 habitants dont, en Eurone, 169,317 kilomètres carrés, avec 6,113,000 habitants^. Sur une bonne partie de ce vaste empire, la souveraineté du sultan n’est du reste que nominale; en Arabie, par exemple, seuls l’Hedjaz et le Yemen la reconnaissent, et le reste du pays est divisé en petites principautés; Sarnos ne doit qu’un tribut; la Crète n’a qu’un lien de suzeraineté, et l’on pourrait citer d’autres exemples encore. Malgré leur peu d’union politique entre elles, j’ai cependant préféré grouper dans une seule étude ces diverses régions.
- Turquie d’Europe. — Encore que le climat des Balkans soit plus dur qu’on ne le croit généralement, la Turquie d’Europe est un pays essentiellement agricole. Malheureusement des guerres, une suite de révoltes ont empêché l’agriculture d’arriver au degré de prospérité que les conditions naturelles lui permettaient d’atteindre. En outre le gouvernement ottoman n’a presque jamais pris les mesures utiles qui s’imposaient, notamment pour la régularisation des cours d’eau.
- LaThrace et la Macédoine cultivent, dans leurs plaines, le blé, l’avoine, l’orge, le seigle, le sorgho, les cucurbitacées, l’aubergine surtout. Le maïs se trouve sur les plateaux, jusqu’à une altitude de 500 mètres. L’arboriculture est très en honneur. La culture des pavots à opium donne de fructueuses récoltes; en effet, on n’estime pas à moins de
- (1) Non compris la principauté de Bulgarie quelle nous avons consacré une étude (p 285).
- placée sous la suzeraineté de la Porté et à la- (2) Juraschek, géograph. Tabellen, 1908.
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- cinq millions de francs l’exportation annuelle de l’opium, dont la plus grande partie est destinée à l’Angleterre. Certains villages de Thrace s’adonnent à la culture des rosiers. La rose de ce pays est légèrement compacte; on plante le rosier an printemps et en automne; la moisson se fait en mai et au commencement de juin. Le tabac de Macédoine est justement réputé; à lui seul, le port de Ravala, sur le golfe de Salonique,en exporte annuellement de 35o,ooo à ûoo,ooo kilogrammes, représenlant une valeur supérieure à trois millions de francs. La viticulture, enfin, mérite une mention et il faut citer le grand vignoble de Kirkilessi (Quarante églises) aux environs d’An-drinople, qui donne beaucoup de raisins très rouges. Voici, d’après le rapport de M. Paul Le Sourd sur les «Vins et eaux-de-vie de vin », les procédés de fabrication : ce Les charrettes servant à transporter le raisin ont, au fond, une espèce de coffre étanche qui recueille le premier jus; le moût, mis à fermenter à part sans la pulpe, fournira le vin blanc; le second jus, qui fermente avec la pulpe et la grappe, garde une odeur de marc; il y a, en effet, deux fois trop de pulpe et de grappe, puisqu’on a enlevé, au préalable, la moitié ou plus du jus. n Le vignoble de Kirkilessi produit, dans les bonnes années, de 120,000 a iûo,ooo hectolitres. Le vignoble de Niousta (environs de Sa Ionique) donne des vins qui ne sont pas sans finesse, ont du bouquet, mais sont, malheureusement, presque tous plâtrés. Enfin le vignoble Ganos-Kora donne d’excellents vins de coupage. C’est du reste pour le coupage que la France achète une grande partie des vins turcs.
- Dans la Thrace et la Macédoine, l’élevage est assez prospère. Les bergers sont presque nomades. Les deux sortes de bétail qu’on rencontre en plus grand nombre sont : les moutons, excessivement nombreux, puis les chèvres, qui abondent dans les montagnes.
- Il existe, en Turquie, une race de chevaux qui provient du croisement de l’arabe avec le persan et le turkoman. Les individus en sont vifs et élégants, aptes surtout à devenir des bêtes de selle(1L Une nourriture abondante leur donne bien assez de volume pour
- (1) Contrairement aux Arabes, les cavaliers turcs, dédaignant comme monture les juments, ne font usage que d’étalons.
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- TURQUIE.
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- quonpuisse les employer comme chevaux de trait, mais elle leur fait perdre leur caractéristique propre.
- De 1897 à 1899,1a production des cocons secs en Macédoine a presque doublé, passant de 2 85,/uo kilogrammes à 533,^95 kilogrammes. Dans le vilayet d’Andrinople, elle atteignit, en cette dernière année, 906,800 kilogrammes; les usines locales absorbent à peine un tiers de cette production, la plus grande partie est exportée en France. L’administration de la Dette publique ottomane, qui tire d’importants revenus de l’élevage des vers à soie, a pris d’utiles mesures pour son encouragement. L’incurie des habitants et les ravages des troupeaux ont considérablement appauvri les forêts de la Turquie; il n’existe plus de beaux bois que sur quelques points reculés. Les châtaigniers, les noyers et les chênes sont parmi les essences les plus répandues. Le gibier est encore assez abondant.
- Turquie d’Asie. — La Turquie présente, parmi les côtes asiatiques, les formes plus découpées. Nous allons rapidement passer en revue les diverses régions de cette immense contrée.
- Anatolie. — Dans la presqu’île d’Anatolie, la richesse de la flore est presque incroyable; elle présente ceci de particulier que les zones de culture sont nettement tranchées. Les céréales sont la base de la culture. On trouve le froment commun, le blé barbu (Triticum lurgidum), le blé dur (Triticum durum), le seigle, l’orge, le maïs. Encore que l’on ne fasse que peu usage d’engrais dans l’Ouest et dans le Centre, on y récolte dix à vingt grains pour un grain de semence; dans certaines régions, on en obtient même jusqu’à 80. Le pays eut, du reste, dans l’antiquité, la réputation d’être un véritable grenier d’abondance. L’intérieur n’est malheureusement plus que très peu cultivé aujourd’hui. Le riz, le tabac, le sésame, le coton sont assez communs. De toutes les parties qui furent autrefois viticoles, une seule l’est encore : la région du golfe d’Ismid; la vigne est surtou cultivée en vue du raisin de table, le délicieux tchaouk. L’olivier, le figuier, le mûrier comptent parmi les principaux arbres fruitiers de l’Anatolie. Les chevaux sont petits, mais durs à la fatigue. Les buffles ont remplacé les bœufs autrefois renommés. Les très nombreux mou-
- AGHICULTUHK. --- I,
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGP IC U ET P 11 E.
- tons à grosse queue, de la variété dite karamanli, sont excellents pour la boucherie. Sur les plateaux, on trouve des chèvres angoras. Il y a également des mouillons.
- Prospère au milieu du siècle, la sériciculture a perdu beaucoup de son importance. Les essaims d’abeilles sont assez nombreux.
- Arménie. — Dans l’Arménie, cette ce île-montagne >?, selon le mot de Karl Ritter, se trouvent, comme en Transcaucasie, les cultures de l’Europe méridionale : froment, seigle, orge, vigne, melons, pastèques, etc. La végétation y est riche, et Elisée Reclus a écrit (pie l’Arménie est ccun des pays occidentaux où les arbres fruitiers donnent les fruits les plus savoureux ». Le bétail est très nombreux, notamment les moutons à grosse queue. C’est de cette région que vient en grande partie la laine mohair fournie par les chèvres d’Angora. Le miel est savoureux. Le gibier à plume ne manque pas plus que la bête a poil, et les bassins lacustres sont poissonneux.
- Syrie. — La Syrie, dont l’importance économique vient de son hinterland, la Mésopotamie, produit du froment, dont est fait le bourghoul(1), aliment principal du pays; de l’orge, qui forme, avec la paille, la seule nourriture sèche du bétail; du sorgho, du maïs, des haricots, des pois, du riz. Le mûrier occupe la première place dans les plantations et l’élevage des vers à soie, particulièrement dans le Liban, est la principale occupation des habitants. On trouve sur les cotes, des oliviers (i 50,000 quintaux d’huile); au nord de Damas, du sésame; dans les plaines d’Alep, delà pistache. Les abricots de Damas donnent lieu a une exportation de plus de 1,200,000 francs par an(2).
- Alexandrette exporte annuellement un peu moins de 1 million de francs de noix de galle et un peu plus de 1 million de francs de réglisse. Le tabac est renommé. Il faut encore citer la culture du coton et celle du figuier. Les vins d’or du Liban sont très doux, mais peu transportables.
- De toutes les cultures de la Syrie, c’est celle de l’orangerqui
- (1) Blé dur bouilli, séché et concassé à la meule.
- Abricots secs, pâtes d’abricots, noyaux. Les oranges de Syrie sont douces et fort
- belles; elles sont réputées; cependant les vrais amateurs leur reprochent d’avoir moins de saveur «pie n’en ont les oranges des côtes françaises de la Méditerranée.
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- exige les capitaux les plus importants : la mise en culture d’un hectare revient, en effet, de 6,000 à 8,000 francs et les arbres ne sont en rapport qu’à partir de la septième,ou de la huitième année. Ces frais proviennent en grande partie des travaux qu’il faut exécuter pour l’élévation et la distribution de l’eau; car les orangers sont plantés sur des terres très légères et sableuses et la nappe 1 ^
- souterraine est située entre 10 et 15 mètres de profondeur.
- L’eau est élevée par une noria en bois actionnée par un cheval ou un mulet. Dans ces derniers temps, on a installé quelques moteurs à pétrole actionnant des norias en fonte. M. Max. Ringelmann, l’éminent directeur de la Station d’essais de machines, professeur à l’Institut national agronomique, a consacré dans le Journal <Tagriculture pratique un intéressant article à l’arrosage des orangers en Syrie. J’en extrais les lignes suivantes :
- vDans les terrains sableux, comme ceux dont il est question ici, le puits est construit à l’aide d’un rouet en bois ou en fer, garni à sa face inférieure d’un couteau circulaire; ce rouet est posé sur le sol, et on élève la maçonnerie au-dessus pendant qu’on retire le sable de la partie centrale. Le procédé de construction est simple et la grande dépense est due au diamètre du puits, qui est imposé par la noria employée. Il suffit de changer la machine élévatoire pour qu’on puisse réduire le diamètre intérieur du puits à o m. 80 ou à un mètre environ. Suivant le débit demandé par heure et le moteur utilisé, on pourra choisir entre une pompe à piston, placée au fond du puits, ou une pompe à chapelet.
- crLe plan d’eau étant au plus à io mètres de profondeur, on peut faire un puits P (fig. 54) de 0 m. 80 de diamètre intérieur, creusé par le procédé habituel jusqu’à 7 ou 9 mètres en-dessous du niveau du sol æ9 puis terminer par un tube t en acier, enfoncé au mouton et
- Fig. 5k.
- Coupe d’un puits prolongé par un tubage.
- ao.
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- EXPOSITION DE 1000. — A G HIC U L T E H E.
- rx
- pénétrant d une certaine quantité (o m. 5o à 1 mètre) dans la nappe souterraine n; après l’exécution du travail, la partie supérieure du tube t sera raccordée avec une pompe aspirante et foulante A mue par un manège ou un moteur à pétrole, placé au niveau du sol. Il sera bon de limiter à 7 mètres la hauteur h d’aspiration.
- « En adoptant une pompe élévatoire spéciale pour puits profond, on peut supprimer le puits en maçonnerie et le remplacer par un tube métallique A ^ (fig. 55) de diamètre suffisant, enfoncé avec le matériel de sondage ordinaire; ce tube (formé de plusieurs tronçons à emboîtages cônes) est garni à sa base d’une pièce annulaire en acier; l’enlèvement des terres est fait avec l’outil appelé cuillère à boulet. La zone inférieure du tube A peut être percée de trous sur une hauteur d’un mètre environ.
- cr Lorsque le tube A est enfoncé à la profondeur voulue, c’est-à-dire qu’il pénètre d’environ un mètre dans la nappe souterraine n, sa partie supérieure ^ est arasée au niveau du sol et pourvue d’une embase x sur laquelle on place le mécanisme de commande; la tête B se raccorde avec le tuyau de refoulement r à la partie inférieure duquel est fixée la ponipe élévatoire P, la tige y du piston passant dans le tuyau r pour s’articuler à la bielle et au plateau-manivelle logés en B.
- rc On pourrait peut-être employer aussi un système à air comprimé, dont le principe est indiqué par la figure 56. Le tube de sondage A est pourvu d’un tube central a dans lequel on envoie de l’air comprimé (fourni par une pompe à air placée à une distance quelconque); l’air s’échappe par la partie inférieure du tube a muni d’un cône G et il doit se former des sortes de bulles d’air b entraînant, dans leur mouvement ascensionnel, des volumes d’eau e; l’air comprimé agit ici comme un piston.
- Fig. 55.
- Coupe d’un puits tubé pourvu
- d’une pompe élévatoire
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- TURQUIE.
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- cr L’eau élevée passe clans le récipient B ouvert en m et raccordé avec la goulotte de sortie S. Le cône c doit être placé à une certaine distance en dessous du plan d’eau de la nappe n.
- On évalue la hauteur h nécessaire à une fois et demie la hauteur du refoulement h; dans ces conditions, l’air doit être comprimé à une pression d’au moins une fois et demie la hauteur h. Pour l’application qui nous intéresse ici, la hauteur h étant de i5 mètres, la profondeur h serait de 22 m. 5o et l’air devrait être comprimé aune pression d’au moins 2 kilogr. 2 5 0 par centimètre carré. Dans beaucoup de cas, il y a impossibilité à obtenir, économiquement, une profondeur h aussi considérable que celle qui est nécessitée par cet appareil. «
- Les moutons sont les principales richesses des Bédouins; la viande de mouton est, en effet, la seule que l’on mange dans le pays. Les chèvres sont également très nombreuses. On vend chaque année au marché de Damas, i,5oo,ooo moutons, 80,000 chevaux, y0,000 chèvres et Alexandrette exporte pour 2,500,000 francs de laine. Les nomades possèdent, en outre, des chameaux ainsi que des chevaux, et il y a dans le Liban de superbes spécimens de mulets.
- Les célèbres forêts de cette région, dont si longtemps les Phéniciens tirèrent le bois de leurs constructions navales, ont, en grande partie, disparu.
- 0 1 _ . Principe d’un système
- Mésopotamie. — Les forêts qui formaient la cein- d’élévation de l’eau
- 1 . 1 _v 1 Par l’a'r comprimé.
- ture des bassins de ILuphrate et du iigre et dont
- les produits se déversaient sur les grandes capitales: Ninive, Baby-
- lone, Suse ne sont également presque plus qu’un souvenir.
- Il y a des céréales dans les montagnes; des rizières et des palmiers-dattiers dans les contrées bien arrosées; le coton est cultivé. Les chevaux et les moutons sont nombreux dans les pâturages du centre.
- Fig. 56.
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- Palestine. — Les vins de Palestine occupent une place importante dans la production vinicole de l’empire turc.
- Arabie. — L’Arabie, crcette péninsule massive, grande comme un tiers de l’Europe, suspendue, pour ainsi dire, à la masse continentale par les arêtes des montagnes qui rejoignent le Sinaï au Taurus(1)», a un climat salubre, sauf sur les rivages de la mer Rouge et du golfe Per-sique. Les irrigations sont bien faites; l’agriculture est prospère. 11 y a des céréales dans le Nedjed, des dattes dans les oasis, du café et des aromates dans l’Yemen; comme bétail, des moutons, des chiens, des ânes, des dromadaires, deux variétés de chameaux: l’une pour la selle, l’autre pour la charge, et surtout des chevaux qui crsont l’orgueil des tribus». Les cours d’eau sont peu poissonneux; dans les mers, au contraire, le poisson abonde ; dans le golfe Persique, on pêche des huîtres perlières. Les fauves sont nombreux.
- Les Iles. — Parmi les îles des côtes européennes et asiatiques de la Turquie, plusieurs ont une bonne production vinicole. Les vins de Tenedos sont estimés et Samos, grâce aux efforts intelligents des missionnaires français de Clermont-Ferrand qui y sont installés, voit aujourd’hui de nombreux acheteurs se disputer chaque année ses vins dits de Samos et de Malvoisie.
- Importations et exportations.— La Chambre de commerce française de Constantinople a établi la valeur (en mille piastres)^ des exportations et des importations de l’Empire ottoman, du i3 mars 1896 au 12 mars 1897. Je ne transcris ci-dessous que les chiffres intéressant les matières qui nous occupent :
- MATIÈRES. VALEUR. MATIÈRES. VALEUR. M A TIÈ R Iî S. VALEUR.
- Alcool 3o,i 20 i6,4io IMPORTATION. Café 87,837 5,62 h 1 0,1 3o 26,627
- Beurre Chevaux et mulets. . . Peaux (bœuf et bnflle).
- Blé 1 8,089 38,06 4 . 5,799 Farines 84,693 10,912 2 1,203 Riz 73,443 1 2,402
- Rois Fromage Soirs
- Bovidés Moutons et chèvres... Sucre 1 40,092
- É. Reclus. — (2) La piastre vaut 22 centimes 78.
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- TURQUIE.
- 311
- M A T 1 K R E S. VALEUR. Al A T I È R E S. VALEUR. MATIÈRES. VALEUR.
- Al pistes l8,58l EXPORTATION Grains divers 1 9,558 Oranges et citrons. . . 13,34 6
- Beurre 3,384 Huile d’olive 27,5.69 58,oi 3 28,941 Orpe 74,666 41,355 15,315
- Blé 86 a48 Laine Beaux de moulons . . .
- Bovidés 8,2.59 Légumineuses Poissons salés et fumés.
- Calé 46,3-11 8,826 69,4 83 Mais 5,i 33 Produits pharmaceutiques Raisins
- Chevaux et mulets. . . Cocons Mohair Noix de galle 51,280 13,o84 15,5 4 4 23,275 193,625 33,901 145,817 55,128
- Colon 43,289 Noisettes Sésame
- Dattes 2 2,488 OKufs 1 o,485 78,5o5 Soies
- Firmes 46,07,3 Opium Vallonnés
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- B. LE CHEVAL ARABE ET LE SYRIEN.
- LE V K IUT A B LIC CHEVAL ARABE : SON BERCEAU; REGION OU IL VIT; SA BOISE ; SES TRAITS CARACTÉRISTIQUES; LES PRINCIPALES FAMILLES; ATTACHEMENT DES NOMADES POUR LES JUMENTS DE PUR SANG. - LES AREZZI. — LE CHEVAL DE TRAIT SYRIEN.
- L’étude du cheval arabe est à ce point intéressante et capitale, dans une œuvre où 1 élevage tient une grande place, que je tiens à lui consacrer quelques pages. C’est en Arabie, dans le Nejded, qu’il faut placer le berceau de la fameuse race arabe et, tout d’abord, il faut marquer combien il est malaisé de pouvoir admirer un véritable représentant de cette race. Voici ce qu’écrivent, à ce propos, deux: spécialistes.
- Je cite tout d’abord l’opinion de M. H. Vallée de Loncey (Journal d’Agriculture pratique) : ce L’arabe a chez nous, pour beaucoup, une réputation qui tient de la légende. Il semble que ce soit une fiction. Er reur! l’arabe existe, mais il se fait de plus en plus rare. On ne le trouve, dans son type pur, que dans le désert, entre les mains des tribus nomades. Lors de la dernière mission envoyée en Syrie, sous la direction de M. Portâtes, inspecteur général des haras, à la fin de 1896, ce ne fut qu’après 57 jours de marche dans le désert, sans rapport avec le continent, qu’il fut possible de joindre la célèbre tribu des Anazeh, passant dans tout l’Orient pour posséder le type le plus pur, qui campait alors sur les bords de l’Euphrate. C’est pourquoi il faut accepter avec beaucoup de circonspection les soi-disant arabes
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- dénommés syriens, expédiés par les courtiers de Damas et d’Alep, bien qu’ils soient accompagnés souvent de papiers en bonne forme. Le véritable arabe s’est conservé très pur jusqu’à ce jour en raison de l’importance que les indigènes attachent aux origines. Ils ne font cas que des animaux descendant de cinq grandes familles : Kaheylan, Sack-laouy, Obeyan, Habdan, Hansdami; ces familles seules sont réputées pur sang ou koheil. -n
- D’autre part, dans l'Illustré Parisien, le baron de Vaux exprime une opinion analogue : cc II est très rarement donné à des Européens de contempler un cheval arabe dont le sang soitexempt de tout mélange. Depuis le fameux Darley Arabian, qui a été importé en Angleterre sous le règne de la reine Anne, aucun animai de race absolument pure n’a été en la possession des Occidentaux. Peut-être conviendrait-il de faire une exception en faveur de Naomi, une jument achetée il y a peu d’années dans le Nejded par le major Upton et qui se trouve maintenant aux Etats-Unis, mais. . . Même sur les célèbres marchés de Damas et de Bagdad, il est impossible de trouver un cheval arabe qui soit asil, c’est-à-dire un vrai pur sang. Les animaux élevés en Syrie et transportés ensuite à Constantinople et au Caire ne sont que des métis dont les Bédouins nomades parlent avec un dédain profond. Ils les appellent : cries fils des chevaux ». Ces bâtards, en effet, méritent cette qualification, car ils sont issus du croisement d’un étalon d’irréprochable lignée avec des juments de race inférieure. Ils sont presque tous de couleur grise et la nuance de leur robe suffit pour trahir du premier coup l’indignité de leur origine. Ces kadiches qui font l’orgueil des écuries du Sultan et du Khédive sont bien cries fils des chevaux », mais ils ne sont pas les fils des cavales du désert. Où sont-elles donc ces merveilleuses cavales en faveur desquelles Allah lui-même a reculé les limites de la perfection chevaline? Au dire de M. Blunt, leur nombre ne dépasserait pas deux cents, et c’est dans le Nejded qu’il faut les chercher. Le Nejded est un désert, entrecoupé d’abondants pâturages, qui s’élève au centre de l’Arabie comme un immense plateau. L’air de cette région est d’une pureté parfaite et convient à merveille aux chevaux qui, dans une atmosphère sèche et chaude, se développent comme dans leur élément naturel. Parmi les
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- tribus qui parcourent ces solitudes sans fin, faites d’herbes et de sable, les Gomoussa se sont rendus célèbres par la pureté du sang de leurs chevaux. Gomme les autres clans de la confédération des Anazeh, dont ils font partie, ils passent l’hiver dans le Nejded et vont camper sur les bords de l’Euphrate, au retour du printemps. Ils vendent leurs étalons aux Syriens qui élèvent des kadiches pour les marchés de Damas ou de Bagdad; mais les offres les plus séduisantes ne décideraient pas un Gomoussa à se débarrasser d’une jument. C’est parmi ces nomades qu’il faut aller, pour voir les plus splendides spécimens de la race arabe. La cavale d’origine irréprochable est, en général, à points noirs; il n’est pas de couleur qui soit plus estimée parmi les Bédouins. La nuance noisette vient en seconde ligne, le gris est beaucoup moins apprécié et le noir est frappé de discrédit. Le blanc, en revanche est assez recherché, mais il est très rare. Les robes pie, rouan, crème, isabelle, brun foncé, ne se rencontrent jamais parmi les pur sang arabes et sont un indice certain de croisement avec une espèce inférieure. Un Bédouin qui veut acheter un cheval se préoccupe tout d’abord des trois signes universellement admis comme des preuves certaines de la pureté de la race. Ce sont : le jibbah, c’est-à-dire la proéminence du front; le miibeth ou la façon dont la tête est attachée au cou, et enfin la courbe de la queue; le reste est de peu de conséquence. »
- Il est, en effet, exact que beaucoup de chevaux importés de Syrie ne sont pas de vrais arabes; d’autre part, une erreur très commune, et que l’on trouve même répétée dans des catalogues de ventes sérieuses et dans les programmes hippiques, fait employer indifféremment l’un pour l’autre les mots cc syriens ^ et cr arabes »; de ce que la Syrie est le débouché le plus important des chevaux arabes, on en est ainsi arrivé à croire que c’était de cette contrée qu’ils étaient originaires.
- C’est là une fausse opinion contre laquelle il faut réagir. On ne saurait trop le répéter, le vrai cheval arabe est originaire du Nejded et c’est dans le Nejded seul qu’on saurait le trouver.
- Est-ce à dire qu’il n’y a point de chevaux syriens? L'affirmer, c’est commettre une erreur dans laquelle sont tombés justement bon nombre
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- de ceux qui ont voulu combattre la première erreur que je viens de signaler.
- Il y a même plusieurs variétés de chevaux syriens. Leurs caractéristiques communes sont : une tête fine, un front large, de beaux yeux, des naseaux grands ouverts, une queue qui retombe avec grâce;
- mais généralement le syrien est ensellé. Les meilleurs d’entre eux sont les arrézis qui doi-vent leur nom à la tribu nomade qui les élève. Ces arrézis sont très recherchés comme étalons; ce n’est, du reste, (pie justice, car ils ont certainement droit à la première place après ceux du Nejded. Vigoureux, d’un riche organisme, ils vivent trente et quarante ans. Le sang qu’ils transmettent â leurs descendants est excellent et conserve sa vertu pendant plusieurs générations. A coté de ces arrézis, il faut encore signaler, en Syrie, des chevaux de montagne, très résistants et très utiles pour les transports de marchandises.
- C. PÊCHE DE L’ÉPONGE.
- LIEUX DE PÈCHE ET LIEUX DE VENTE. — HABITAT DE L’EPONGE EN MEDITERRANÉE. — VARIETES MÉDITERRANÉENNES. — PECHEURS. — PROCÉDÉS DE PECHE NUISIBLES. — DIFFICULTÉS DES MESURES A PRENDRE. — IGNORANCE OII L’ON EST QUANT A LA VIE DES ÉPONGES. — ÉPONGES I)E SYRIE.
- Dans aucun des pays que nous avons eu à étudier jusqu’ici, il ne nous a encore été donné de nous occuper de l’intéressante pêche de l’éponge. Je tiens donc à donnera son sujet quelques détails, d’autant que c’est là une pêche peu connue.
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- Il faut tout d’abord dire quels sont, pour la Méditerranée, les lietiv de pêche et les lieux de vente :
- LIEUX DE PÊCHE.
- La cote de Syrie (de Ja(la à Alexandrie).
- Les Cyclades.
- Les Sporades.
- La côte de Tripoli ta i ne (du golfe de Bomba à Zarzis).
- La côte de Tunisie; (de Sousse au golfe cTHammamet).
- Différents bancs au large de File Lampédouse.
- Le détroit des Dardanelles.
- Cette énumération n’indique que les principaux lieux de pêche; en réalité, l’habitat des éponges est très étendu dans la Méditerranée; on en trouve, en effet, plus ou moins abondamment sur toutes les côtes : du détroit de Gibraltar à celui des Dardanelles, autour des îles de Malte et de Lampédouse et dans l’Adriatique.
- Suivant G. Pennetier, on distingue huit variétés :
- i° L'éponge fine douce de Syrie ou éponge du Levant, en forme de coupe dont les bords sont amincis et arrondis. Légère, poreuse, fine, très douce au toucher, de couleur jaune, elle est à face concave percée d’un grand nombre d’oscules qui sont souvent disposés en série rayonnante;
- 2° U éponge fine douce de l'Archipel, un peu plus lourde et plus étroite à la base que la pré- * .
- 1 i JL 1 Eponge de Syrie (Levantine) L'\
- cédente dont elle n'est qu’une simple modification, à trous plus grands, mais moins nombreux; elle habite l’Archipel, Chypre, Candie et le littoral de l’Asie Mineure;
- (l) Les six clichés représentant des éponges international d’aquiculture et de pèche (Auront extraits du Compterendu du Congrès gustin Challamel, éditeur).
- LIEUX DE VENTE.
- Tripoli de Syrie.
- Ilydra, Kramédlii, Egine. Kharki, Symi, Kalymnos. Benghasi, Tripoli de Barba rit1.
- Sfax, Djerba.
- Lampédouse.
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- 3° L éponge fine douce ou éponge grecque ;
- h° L’éponge blonde de Syrie ou éponge de Venise, d’un jaune ocreux à base et blond pâle dans la masse, de forme arrondie, très poreuse, parsemée de nombreux oscules, qui sont garnis d’une couronne de poils rudes; elle est légère et à tissu grossier;
- Fig. 59. -— Fine dure dite Zimmoca entre les Kerkennali et I.ampédouse).
- Fig. Go.— Eponge Kerkennali
- 5° Léponge blonde de l’Archipel, appelée aussi éponge de Venise. Variété delà précédente, elle est moins épaisse, plus colorée, bombée en dessus, aplatie sur les côtés;
- 6° L éponge de Salonique, aplatie, épaisse de o m. 09, unie, à tissu fin et serré, non élastique, formée de fibres rouges près de sa base; elle est de qualité très médiocre;
- 70 L éponge de Djerba, volumineuse, légère, à tissu peu solide;
- 8° Léponge de Marseille ou éponge brune de Barbarie, aplatie, arrondie ou piriforme, dure, d’un brun rougeâtre, à tissu serré et pesant; elle correspond à la variété Kerkennali.
- La série de photogravures que nous donnons permet de se rendre compte des diverses sortes(I).
- (1) Les îles Kerkennali sont près de Sl’ax; Lampédouse est une île italienne placée au cœur de la Méditerranée.
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- Le rendement peut être évalué à : 1//1 éponges lisses, 3/8 Venise, 3/8 Chimousse(J).
- rcGe sont, a écrit M. Weil dans un mémoire lu en 1900, au Congrès international d’aquiculture et de pêche, les Grecs, les Napolitains, les Syriens, les Siciliens, les Arabes qui se livrent à la pêche de l’éponge, et chacun de ces pêcheurs emploie un mode différent, suivant les endroits où il va; car, particularité intéressante, tous ces pêcheurs sillonnent la Méditerranée; mais chaque nationalité choisit ses endroits de pêche, quoique la pêche, moyennant certains droits peu élevés, soit plus ou moins libre pour tous, n
- Fig. 61. — Éponge de Venise (Kerk.ennah).
- Fig. 6a. — Éponge Zarzis.
- J’aurai, dans l’étude des différents pays auxquels appartiennent les pêcheurs, l’occasion de mentionner chacun des procédés de pêche en usage. Je tiens cependant à signaler dès maintenant que la sorte de chalut appelée gangava, dont se servent particulièrement les Napolitains, anciens pêcheurs de corail, est désastreuse; avec la gangava, en effet, on détruit les bancs, prenant les petites éponges comme les grosses. C’est là un genre de pêche si malfaisant que M. Weil
- (1) Rapport sur les rr Engins, instruments et produits de la pêche».
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- a pu justement écrire que rcsi l’on n’y remédie pas, on verra sous peu la pêche des éponges, cette source de richesse, se tarir sur nos cotes européennes ou africaines, comme cela est arrivé sur les côtes de l’archipel grec et de l’archipel ottoman, où l’on emploie également ce genre de filet et où la pêche est devenue depuis quelques années, de moins en moins fructueuse, où l’éponge tend même à disparaître complètement*.
- Fijf. 63. — Oreille d’éléphant (prise entre l’ile Pantelaria et la Sicile).
- Il est hors de doute que la pêche est trop intense et que des mesures s’imposent pour la protection de l’éponge; mais ces mesures sont malaisées à prendre. rrOn ignore encore, remarque à ce sujet M. Paul Gouret, directeur de l’Ecole professionnelle des pêches maritimes de Marseille, l’époque de la reproduction et de l’émission des larves, ainsi que la taille qu’ont les éponges au moment ou elles deviennent adultes*. Et sans de semblables connaissances.il est certain tpie l’on court de grands risques de se tromper en prononçant des interdictions.
- Mais revenons a la Turquie. Les éponges que l’on trouve sur ses côtes asiatiques — les syriennes — sont d’une très grande finesse. Aussi sont-elles très recherchées et atteignent-elles un prix élevé. Malheureusement elles deviennent de plus en plus rares et leur pêche est de plus en plus délaissée. Elle ne peut, en effet, être pratiquée qu’en plongeant et, souvent, le plongeon, étant long, peut entraîner
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- un réel danger. Elle est faite, de mai en août par des Grecs, et jusqu’en septembre par les Syriens.
- rrLes Grecs, montés au nombre de quinze ou vingt sur leurs embarcations dites sarcolvnes, débarquent à Soyda (Sidon), Beyrouth, Lataquié, Tortora, Tripoli, désarment les sarcolènes et louent aux habitants du pays des barques de pêche. Une barque à voile et à rames est montée par quatre pêcheurs et par un aide. Après avoir fait sa prière, le plongeur maronite, grec ou musulman, se place à l’avant du bateau, mis à l’ancre. Nu, un filet ou un sac pendu au cou, il s’accroupit sur ses talons et saisit une pierre calcaire, blanche, plate et arrondie à une extrémité. Une corde résistante le tiendra en communication constante avec ceux qui restent sur le bateau. Après avoir fait une inspiration longue et puissante, il se précipite la tète en bas, en tenant dans ses mains la pierre qui l’entraîne au fond et à laquelle la corde est attachée, il s’aide en outre avec ses pieds de manière à plonger plus rapidement. Un plongeur peut demeurer, de une minute et demie à trois, à 1 8 mètres de profondeur, et arrive, à la fin de la saison, à demeurer quatre minutes à 5o mètres. A son signal, tiré à bord, par ses camarades, il remonte complètement épuisé. La pêche dure du lever du soleil à deux ou trois heures de l’après-midi; chaque plongeur rapporte de cinq à huit éponges (1h r,
- La pêche au scaphandre est prohibée sur les côtes d’Asie Mineure; parfois cependant les autorités ottomanes tolèrent quelque scaphandriers grecs
- (1) Rapport sur les rrEngins, instruments et produits de la pêche». — (2) Ils peuvent rester sous l’eau de h à 5 minutes.
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- CHAPITRE XIII.
- GRÈCE.
- SUPERFICIE. — POPULATION. — CLIMAT. — PROPORTION DES SURFACES INCULTES. — IMPORTATION ET EXPORTATION DES PRODUITS AGRICOLES. — REPARTITION DE LA PROPRIÉTÉ. — MÉTHODE DE CULTURE. — RÉGIONS FERTILES. — CULTURES DIVERSES. — VITICULTURE. — VINS. — EAUX-DE-VIE. — RAISINS DE CORINTHE. — SÉRICICULTURE. — APICULTURE. — DÉTAIL. — FORETS. — ENSEIGNEMENT AGRICOLE. — CHASSE. — PECHE. — ÉPONGES.
- La Grèce devait, par sa situation géographique, terminer notre revue de l’Europe orientale. Elle a, pour une superficie légèrement supérieure à 65,ooo kil. car.(1), une population d’environ deux millions et demi d’habitants. Les plaines sont peu étendues; mais la fertilité des vallées compense cet inconvénient. L’air est pur; les saisons sont d’une très grande régularité; pendant l’hiver, court et peu rigoureux, il y a de nombreuses journées dont la température est réellement printanière. Le manque d’eau est le principal inconvénient.
- Encore que l’agriculture ne soit pas portée, en Grèce, à un haut degré de perfection(2), c’est un pays essentiellement agricole, mais où la proportion des surfaces incultes est très élevée. Plus de 4o pour 100 des terres cultivables restent en friche.
- D’après les dernières statistiques officielles publiées, la valeur des exportations annuelles est de 107,489,700 fr. et celle des importations, de 140,359,675 fr.; les objets d’alimentation entrent pour un tiers dans les importations et pour 70 p. 100 dans les exportations; le raisin de Corinthe forme le meilleur appoint de ces dernières.
- La propriété est très morcelée, surtout dans les montagnes et dans les îles; dans les plaines, on trouve quelques domaines. Le métayage
- (1) Les céréales occupent moins de cinq cent mille hectares.
- (2) Ce qu’écrivait, en 1825, M. Emerson est encore, en partie, vrai : rrNos yeux plongeaient sur une vaste campagne, séjour d’une
- fertilité négligée, et sur des vallons susceptibles de la plus belle culture, mais qui jamais, peut-être, n’avaient été retournés par le soc de la charrue. »
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- est répandu; généralement, la part du propriétaire est fixée à un tiers, quand le propriétaire est un particulier, et à 15 p. 100, quand c’est l’Etat.
- Le système de la jachère est le plus usité : chaque champ est divisé en deux parties que l’on cultive alternativement. L’animal de labour est le bœuf; le sol étant très dur, on n’emploie le plus souvent que des charrues à un soc, d’un modèle assez semblable à celui des charrues antiques. On fait un double labour, puis on sème aussitôt après les pluies d’automne. Une partie des terres est réservée pour les haricots, le coton, le maïs, les concombres qu’on sème en avril, après un simple labour. L’irrigation est assez bien comprise, mais les engrais chimiques et la rotation des cultures sont à peu près ignorés.
- Les parties les plus fertiles sont les îles Ioniennes, l’Eubée, Andros, Naxos, Paros; les plaines de l’Etolie, de la Phthiotide, de la Béotie, de l’Elide, de la Messénie et, surtout, celles de la Thessalie, qui fournissent une bonne partie du froment consommé dans le pays (on est obligé d’avoir pour le surplus recours aux importations de Russie et de Roumanie).
- Le blé, le seigle, l’orge(l), le maïs réussissent dans les cantons à sol pierreux; le coton, qui est le plus souvent de qualité médiocre, dans les îles; le riz, dans les fonds humides de l’Elide, de la Béotie, à Mis-solonghi, a Marathon; les légumineuses et la garance, dans tout le pays. La garance vient même particulièrement bien; arrachée au bout de trois et quelquefois de quatre ans, elle donne jusqu’à 2,5oo kilogrammes de racines sèches à l’hectare. Dans le Péloponèse et dans les îles, la culture du sésame est très ancienne; comme autre plante oléagineuse, on peut citer le lin. L’avoine et les pommes de terre ne réussissent pas.
- Le tabac est une culture des plus lucratives. En Thessalie, on en cultive une sorte qui ressemble beaucoup au tabac ottoman et qu’on exporte en Angleterre, en Amérique et surtout en Egypte.
- Les figuiers et les oliviers sont très nombreux, mais ces derniers ne reçoivent pas de soins, tels que ceux auxquels on doit, sur certains
- (l) L’orge se trouve surtout en Al,tique.
- AGIUCULTUm;. — I. 9 1
- IHRIMK1UE NATION A I
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- points de la Provence, de si heureux résultats; l’huile d’olive donne cependant lieu à une bonne exportation. Les orangers, les citronniers, les amandiers sont une des richesses agricoles du pays, ainsi que les cultures maraîchères.
- Sauf pendant la période de maladie (de 1 85 9 à 1856), la culture de la vigne a continuellement progressé depuis i83o. La superficie du vignoble est d’environ 1,260,000 stremmata (l). Les ravages du miidew ont, dans les toutes dernières années, réduit la production vini-cole qui, en 1900, n’a été que de 900,000 hectolitres, tandis que la moyenne décennale 1890-1899 donne 1,569,920 hectolitres. Pour parer au déficit, le Gouvernement hellénique, peu de temps après les vendanges, autorisa les producteurs à employer, à la fabrication des vins de toutes sortes, les raisins secs provenant du prélèvement légal dénommé la retenue et déposés dans les magasins de la Banque viticole; en temps normal, ces stocks de raisins secs, dont le retrait du marché a pour objet d’empêcher l’avilissement des prix dus à la surproduction, ne peuvent être employés qu’à la fabrication de l’alcool ou de sirops dénommés misteh. Ce sont les vins rouges courants sur lesquels se porte particulièrement l’attention du commerce, plusieurs rendant des services pour les coupages. Signalons les vins rouges courants de Patras, de Kalavryta, du Parnasse, de Pamès, des rives du Céphise et des îles Ioniennes; puis les vins blancs et rouges de l’A.ttique, très alcooliques et très corsés. Les vins de liqueurs sont renommés; citons ceux de l’île de Santorin, d’une saveur originale, et les muscats doux de Géphalonie.
- Les vins de liqueurs trouvent, en Russie, un bon débouché. O11 les fabrique encore comme dans l’antiquité : on coupe les raisins en août, on les laisse sécher pendant huit jours et on mélange le raisin rouge au blanc, qui a une saveur de noyau de pêche. Le fameux vin de Malvoisie, auquel une ville de la presqu’île orientale avait donné son nom, a quelque peu perdu de son antique qualité.
- La Grèce a des eaux-de-vie assez fines, mais qui offrent au palais une certaine sécheresse; elle produit annuellement, en moyenne,
- (1) Le slremma équivaut à 1,000 mètres carrés.
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- 16,000 hectolitres d’eau-de-vie représentant une valeur cle 1 million 600,000 francs.
- Plus que les vins et les eaux-de-vie, ce sont les raisins dits de Corinthe qui sont le meilleur appoint de la richesse nationale. On n’en récoltait autrefois qu’aux environs mêmes de Corinthe; la culture de la vigne qui les produit est aujourd’hui répandue dans toutes les régions de la Grèce, où se trouvent réunies des conditions favorables, c’est-à-dire en Elide, en Messénie, sur les côtes d’Achaïe, de
- r
- Vostizza, à Patras, sur celles de l’Etolie, dans l’archipel céphalo-nion. La vigne, dite de Corinthe, commence à donner dans sa sixième année, elle est en plein rendement dans sa douzième. La cueillette se fait en août; les raisins sont séchés au soleil. Les causes qui ont nui à la production du vin ont nui également à la récolte des raisins secs. La quantité disponible pour l’exportation a été, en 1900, de 5o,ooo tonnes seulement, alors qu’elle s’élève en temps normal à i5o,ooo tonnes. Néanmoins, par suite d’une hausse considérable des raisins de Corinthe, les revenus de 1900 ont été supérieurs de 500 livres sterling au revenu de l’année précédente (2 millions de livres sterling). L’exportation se porta pendant longtemps vers la France; aujourd’hui, elle est dirigée principalement sur l’Angleterre et la Russie. Depuis 1896, l’impôt sur les raisins secs exportés 'est perçu en nature; ce mode de perception semble avoir développé l’exportation.
- La sériciculture a, ou plus exactement a eu, une grande importance pour la Grèce; sauf en 1869, année où les mûriers furent atteints de maladie, leur culture a donné pleine satisfaction.
- L’apiculture est prospère, et le miel de l’Hymète est digne encore de son antique réputation.
- Le manque de bons pâturages nuit fortement à l’élevage du gros bétail; cependant les chevaux sont assez nombreux en Thessalie • obtenus par des croisements d’arabes et de thraces, ils sont petits mais résistants; c’est aussi en Thessalie seulement que l’on trouve des bêtes à cornes. Moins exigeants que le gros bétail, moutons et chèvres sont très répandus; leur viande est presque la seule qu’on consomme ; le lait de brebis et celui de chèvre, le beurre et le
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- fromage qu’on en tire sont, en Grèce, des facteurs importants de l’alimentation. Le nombre des chèvres augmente chaque année.
- M. Emile Thierry, professeur de zootechnie, signale, dans l’inlé-ressante étude qu’il a consacrée au mouton, une race au corps ample et de bonne conformation, qui vit dans l’île de Scolepos et se distingue des moutons de la Grèce continentale. «Ce sont, écrit-il, des animaux délicats et redoutant les intempéries. Les brebis, très laitières, donnent au moins A litres de lait par jour. Elles sont d’une fécondité remarquable et produisent de 2 à 5 agneaux. » Le revenu annuel, y compris la laine d’excellente qualité et dont la quantité, par tête, serait de 2 à 4 kilogrammes chaque année, varierait de 70 à 100 francs. Ce chiffre paraît exagéré et, ajuste titre, M. Thierry ne l’accepte qu’avec réserve.
- Les troupeaux sont généralement indépendants de toute exploitation agricole; on les confie à des bergers que Ton intéresse dans les bénéfices et qui les conduisent de pâturage en pâturage, se tenant sur les montagnes d’août à novembre. Bergers et chevriers ont gardé les coutumes qu’avaient leurs pères, il y a deux mille ans. C’est ainsi qu’ils «•emploient encore l’antique moulin à vent que Ton fait tourner au moyen d’un bâton engrené dans la meule supérieure, qu’ils tamisent leur farine à la main et que leur four se compose de deux plaques de tôle entre lesquelles on place des galettes de farine délayée sans aucun levain et que Ton fait cuire au moyen de cendres chaudes(1). 77
- L’enseignement agricole est peu développé : une première école spéciale avait bien été installée en 1829; même, on lui avait adjoint un haras; mais cette tentative n’a pas donné tous les résultats espérés.
- Jadis, les forêts de la Grèce étaient vastes et riches en bois d’œuvre; on a malheureusement tendance à les détruire. Il y a, chaque année, de nombreux incendies dus aux bergers et aux paysans, qui ne comprennent pas assez l’utilité des forêts. Aujourd’hui, la surface boisée n’est plus que de 830,000 hectares, ce qui donne un taux de boisement de i3 p. 100 seulement. Aussi l’importation du
- Rapport sur les Produits farineux et leurs dérivés, par M. P. Regnaült-Desroziers, vice-président de la Chambre syndicale des grains et farines.
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- GRÈCE.
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- bois l’emporte-t-elle sur Importation qui est presque nulle. Un produit forestier mérite cependant une mention, c’est la vallonée, formée des cupules des glands du chêne vélain, excessivement riche en tanin.
- La chasse, moins répandue que dans l’antiquité, constitue encore une ressource appréciable. On trouve le sanglier dans l’Etolie et dans l’Acarnanie; le cerf, le daim, le chevreuil dans le Nord; le faisan en Arcadie et en Phthiotide. Le coq de bruyère et les oiseaux de mer sont très nombreux; on voit également des cygnes sauva-ges et des pélicans. Enfin, le lièvre se chasse dans tout le pays.
- Le poisson est très abondant sur les côtes ainsi que les coquillages; mais la pêche n’est pas aussi en honneur qu’elle devrait l’être.
- Très entreprenants et d’une grande hardiesse, les Grecs pêcheurs d’éponges ne se contentent pas des beaux spécimens qui se trouvent dans les eaux des Gyclades. Tous les ans, de véritables flottilles quittent, dès le mois de mars, les côtes de Grèce pour aller pêcher sur celles d’Afrique ou même en pleine mer. Les Grecs pêchent surtout au trident ou kamaki; il leur faut donc pouvoir bien examiner le fond de la mer; pour cela, ils se servent d’un seau dont le fond est formé d’une lame de cristal bien plane et qu'ils enfoncent sous la surface de l’eau, ou bien encore ils jettent des poignées de sable trempé dans l’huile ; cette dernière s’étendant sur l’eau efface
- . , Fig. 6à. — Kamaki grec(l).
- les rides; il y a encore un autre procédé : lancer circulairement de petites pierres huilées; on peut ainsi voir jusqu’à 1 4 brasses de profondeur. La pêche d’une campagne de trois mois, faite par un équipage d’une cinquantaine d’hommes, produit en moyenne 60,000 francs. Il est rare qu’elle puisse se renouveler deux fois dans Tannée, tant les hommes sont exténués au retour.
- (1) Cliché extrait du Compte rendu du Congrès international d'aquiculture et de pêche de 1900 (Augustin Challamel, éditeur).
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- DISTRIBUTION
- LA POPULATION
- SCANDINAVIE
- 20 - 4-0
- Fig. 65.
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- LIVRE III.
- EUROPE OCCIDENTALE (MOINS LA FRANCE).
- DANEMARK ,
- SUÈDE, NORVÈGE, GRANDE-BRETAGNE, PAYS-BAS, BELGIQUE, LUXEMBOURG, ALLEMAGNE, SUISSE, AUTRICHE, ITALIE, ESPAGNE, PORTUGAL.
- CHAPITRE XIV.
- DANEMARK. <>).
- A. CONDITIONS GÉNÉRALES DE L’AGRICULTURE DANOISE. évolution agricole du Danemark. — statistiques diverses. — superficie et population. —
- RÉPARTITION DES CULTURES. — PROGRESSION DE L’ELEVAGE DU DETAIL ET DES VOLAILLES. — ACCROISSEMENTS DES INDUSTRIES AGRICOLES. — CONCOURS AGRICOLES. - CHEVAUX. — PORCS. — APICULTURE. — FORETS.
- La viande, le lait, le beurre et le fromage entrent pour une part chaque jour plus grande dans la consommation intérieure et dans les échanges internationaux. Il ne s’agit pas seulement d’accroître la production en quantité, il faut viser en même temps à l’amélioration de la qualité, tout en diminuant, dans la plus large mesure possible, le prix de revient. C’est dans cette voie que le cultivateur et l’éleveur doivent chercher une compensation fructueuse au nivellement général des denrées alimentaires et à la diminution de la valeur vénale de beaucoup d’entre elles. Obtenir au meilleur marché des produits de qualité supérieure, semble aujourd’hui l’objectif que l’agriculture doit avoir constamment sous les yeux.
- Les conditions nécessaires à la réalisation de ce programme sont nombreuses; leur énumération, leur discussion surtout exigeraient
- (l) Je liens à dire , en noie, quelques mois sur la pèche au Danemark. Trop longtemps pratiquée sans méthode, elle avait grand besoin d’être réglementée. Cette réglementation intervint en 1888 et, tout en laissant à chaque Danois la liberté de pêche en eau salée, établit quelques fonctionnaires dont la surveillance intelligente a déjà porté de bons fruits. Ce Danemark possède 5 à 6,000 bateaux de pêches se livrant à la recherche du hareng,
- de la morue d’Islande, des phoques et des requins du Groenland. Les pêcheries danoises rapportent actuellement une dizaine de millions par an ; une bonne part du poisson est pris dans les fjords. A noter que le gouvernement a avancé environ 3 millions de francs pour permettre aux pêcheurs de moderniser leur matériel : aussi le nombre des canots pêcheurs à moteur est-il aujourd’hui d’environ 1,200.
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- de longs développements; mais, de l’examen et de la comparaison des faits mis en lumière parles documents que l’Exposition de 1900 nous a permis d’étudier chez les diverses nations, il résulte incontestablement que le véritable point de départ et le facteur essentiel du progrès énorme réalisé dans toutes les branches de l’agriculture, depuis un quart de siècle, est l’introduction de la méthode scientifique et l'application delà chimie, des sciences naturelles et de la mécanique, à l’exploitation du sol et à la transformation de ses produits. Le principe d’association, venant appuyer et étendre ces applications, en groupant les intérêts individuels, accentue de jour en jour leurs bons résultats et rend accessible au petit cultivateur ou au petit éleveur la pratique de méthodes que, livré a lui-même, il pourrait difficilement appliquer.
- Si on laisse de coté l’accroissement colossal de la production des céréales, dans certains pays, dû à l’extension de la culture à des terres restées improductives jusqu’ici, on constate un rapport étroit entre le développement de toutes les branches de l’agriculture et celui des institutions scientifiques. J’ai déjà eu l’occasion, à plusieurs reprises, de donner les preuves tangibles de cette relation étroite. Un des exemples les plus probants que l’on puisse en fournir est le progrès extraordinaire accompli en Danemark, depuis vingt ans, dans l’élevage des animaux de la ferme, dans la transformation et dans le commerce de leurs produits.
- Les moyens que le Danemark a mis en œuvre pour réaliser cette évolution si remarquable pouvant, je devrais dire, devant être appliqués dans notre pays, si l’on en veut prendre la peine, je crois utile d’entrer à leur sujet dans les développements nécessaires pour en faire comprendre la portée et susciter, chez nous, des imitateurs, aux agronomes et aux éleveurs danois.
- Quelques chiffres serviront d’introduction à cet exposé : à eux seuls, ils suffiraient à indiquer l’importance capitale des résultats acquis en Danemark et devraient provoquer dans l’élevage français des améliorations non seulement possibles, mais faciles à réaliser. Ces chiffres concernent seulementjla comparaison de la situation du commerce du bétail et de ses produits à 20 ans de distance, en 1878 et en 1898, dans le Jutland et les îles danoises.
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- Nous étudierons ensuite de plus près la constitution du territoire agricole et la marche de l’accroissement du bétail. Dans le tableau ci-dessous, nous avons groupé, d’après la statistique officielle publiée par M. Scliou, les importations, les exportations et les différences (excédents ou déficits) de l’exportation comparées à l’importation.
- EFFECTIFS MOYENS ANNUELS DU BETAIL.
- 1875-1878. 1895-1898.
- Jv 0 1 Jü L» R. 0 A iN J iu A Jj Ji 0. IMPORTATION. EXPORTATION. DIFFERENCES. IMPORTATION. EXPORTATION. DIFFERENCE.
- Chevaux el poulains 2,600 8,3oo 5,700 6,100 O O OO 11,700
- Bétail à cornes 1 8,100 1 03,20 0 85,100 4,900 8o,5oo C O L"-
- Moulons et Brebis 1/1,000 3^ LH 5 /i7,5oo 179,200 4,000 5,4oo 32,600 1,4 00
- Porcs 11,000 1 t)o,3oo 2,900 29,700
- Vai.euu totale (en millions
- ch; francs) 6.755 6/1,1 44 58,389 3,6i 4 67,1 13 33,499
- Pour les animaux vivants, sauf l’espèce chevaline, le chiffre des importations et des exportations a considérablement diminué, la production indigène du bétail à cornes et des porcs s’étant accrue dans une énorme proportion que j’indiquerai plus tard.
- En ce qui regarde l’espèce ovine, la dépécoration s’est progressivement accentuée, comme dans la plupart des pays d'Europe.
- La marche des importations et exportations des produits et animaux de la ferme, viandes, lard, jambon, graisse, beurre et œufs a été tout autre que celle que nous venons de constater pour les animaux vivants. C’est ce que montre clairement le tableau de la page 33o.
- L’excédent des exportations sur les importations du bétail vivant a diminué de 25 millions de francs environ, ce qui, tout compte fait, donne un excédent net annuel d’exportations, sur les importations du bétail et de ses produits, de tout près de i35 millions de francs. Si l’on tient compte de l’accroissement de la population danoise qui, de 1870 à 1890, a passé de 1,785,000 habitants à 2,172,000 habitants, on a la mesure de l’énorme progrès accompli de 1878 à 1898; dans la même période, il a été réalisé un peu plus de 159 millions de francs, dans l’industrie de l’élevage.
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- EXPOSITION DE 1900.
- - AGRICULTUIIE.
- PRODUITS ANIMAUX.
- MOYENNES ANNUELLES (EN MILLIONS I)E LIVRES DE 500 GRAMMES).
- 1875-1878. 1895-1898.
- liA 1 lltlli Jt l!i 0 1 liUDUll 0. IMPORTATION. EXPORTATION. DIFFERENCE. IM PORTATION. EXPORTATION. DIFFERENCE.
- Viandes et saucisses 1.89 3.32 1. A 3 6.3 A 2 2. A 6 16.12
- Lard el jambon 2.18 9.12 6.9 A 8.A0 129-70 121.3o
- Beurre 5.o8 27.oA 22.01 33.18 1 29.08 93.95
- Graisses A.82 1.1 r> - 3.67 2.5.1 9 6) A.02 — 21.17
- Fromages 1.20 0.08 — 1.12 1.96 0.13 - 1.83
- Lait // // // 1.87 0.69 — 1.18
- OEufs (en millions de vingtaines). o.oü 1.9,8 1.23 i.37 10.89 9.52
- Valeur totale (en millions de Ira lies) 1 9.1)0 A 8.51 35.60 57.35 25e.3o 19 A.95
- (') Principalement en margarine : les paysans danois exportent leu r liu'.irre et s’a intentent avec la margarine importée.
- Eludions de près les éléments de ce progrès, dont le plus important esta coup sûr le développement des institutions scientifiques appuyé
- sur le principe de la coopération. De 186b à 1869, l’excédent annuel de l’exportation du beurre danois était de l\ millions de kilogrammes environ; il se chiffrait, de 1880 a 188Û, par' 11 millions de kilogrammes; il s’élève aujourd’hui à 55 millions de kilogrammes. Cette rapide évolution de la laiterie a été réalisée sous la double influence de la direction scientifique imprimée à l’agriculture danoise et de l’organisation des associations coopératives qui en a été la conséquence. Comme on le verra plus loin, c’est à iVJ. Fjord et à la Société royale d’agriculture, qui l’a si heureusement secondé, que revient la plus grande part de ce progrès. Pour apprécier la marche en avant d’une des branches de l’agriculture d’un pays, il est nécessaire de connaître, au moins dans leurs grandes lignes, les conditions
- Fig. 66.
- Pitvsanne de l’ile de Fanoe.
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- générales de l’économie rurale de ce pays. Nous commencerons donc par jeter un coup d’œil sur le Danemark agricole, en nous aidant de la belle publication de M. Rudolf Schou(1).
- La superficie totale du Danemark est, en nombre rond, de 3,8oo,ooo hectares(2). La population s’élevait, au recensement de 1890, à 1,179,380 habitants, se répartissant en :
- Population urbaine, 663,566 habitants;
- Population rurale, i, 5 08,81A habitants.
- adonnés à l’agriculture.
- La densité de la population, variable d’une région à l’autre, est, en moyenne générale, de 56,66 habitants par kilomètre carré (100 hectares). La superficie agricole est répartie, d’après son uti-
- lisation, de la manière suivante :
- Céréales........................................... 1,1 8A,900 hectares.
- Racines, tubercules, etc................................. 209,900
- Trèfles et arlificielles................................. 895,600
- Jachères................................................. 261,600
- Terres cultivées................................. 2,53A,8oo
- Prairies et herbages permanents.......................... 276,900
- Surface totale des champs et prés (correspondant à 74 p. 100 de la superficie totale). . 2,811,700
- 75 p. 100 des Danois sont donc
- Fig. 67. — Paysans de file d’Anhalt.
- Le reste, 1 million d’hectares environ, est occupé par les routes, les marais, les landes, les sables mouvants, dont l’étendue diminue d’année en année par suite de dessèchements et de mise en culture.
- (1) Le Danemark agricole, in-4° avec 3,845,ooo hectares. Ces différences s’expli-
- planches (Librairie agricole de la rue Jacob). quent par la configuration du pays : iles, ma-
- (2) Une autre évaluation la porte à récages, etc.
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- EXPOSITION DE 1900. — AG1UCUETUHE.
- Les céréales dominantes sont : l’avoine, 43g,4o6 hectares; le seigle, ego,700 hectares; l’orge, 37g,700 hectares. Le blé n’occupe que 34,4oo hectares : la surface emblavée en froment a diminué considérablement depuis 1876, par suite de l’avilissement du prix du grain; 4o p. 100 de la consommation sont aujourd’hui fournis par l’importation.
- La petite culture est dominante en Danemark. On compte, en
- effet :
- Maisons de ferme avec moins d’un hartkorn 0) de lerre. 1 0 1,5A<> Maisons de ferme avec plus d’un hartkorn de terre.. 76,320 Maisons sans terre................................... 3A,o5<S
- Total des propriétés rurales........ 270,918
- Le territoire rural est d’environ 3,270,000 hectares. La superficie cultivée est voisine de 3 millions d’hectares.
- La valeur moyenne de l’hectare était, en i8g4, de 81 francs, el la valeur moyenne du produit de l’hectare, de 10e francs.
- On aura une idée de la progression de l’élevage du bétail, en comparant les effectifs à ans de distance :
- NOMBRE DE TÊTES DIFFÉRENCES.
- ESPÈCES O. DE lîl ETA IL.
- 1861. 1898. TÊTES. CENTIÈMES.
- Chevaline 3ii,858 4530,27/1 4- 108,416 + 34.7
- Bovine 1.095,005 1,713,735 + 618,730 + 56.5
- Ovine 1,733,6.59 i,o58,656 — 675,023 — 38.9
- Porcine OO 1,157,509 + 866,328 + 298.0
- Cl Ce relevé comprend seulement le bétail des communes rurales. Le bétail des villes n ’y ligure pas.
- En résumé, dans son ensemble, le nombre de têtes de bétail a plus que triplé dans l’espace de vingt-sept ans.
- Par 1,000 habitants, l’unité de densité du bétail était, en 18g8, de i,a23 et, par 1,000 hectares de superficie agricole, de 1,02g; cette unité était en France, à la même époque, de 611 par
- (l) Le hartkorn, mesure agraire, est de 9 hect. 93.
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- 1,000 habitants et de 8a A par 1,000 hectares de superficie agricole^.
- Le nombre effectif des lêtes de chaque espèce de bétail était, en Danemark, dans l’année i8q8 :
- PAU P A15
- 1 ,000 HABITANTS. 1,000 II KCT A IlliS.
- Chevaux................................... 191 i (> o
- Bêtes à cornes............................ 7/1A (»9o
- Moulons................................... A 58 382
- Porcs..................................... 5o3 A i<j
- Ce 11’est pas seulement le gros bétail dont le nombre a augmenté sensiblement : l’élevage des chèvres et plus encore celui des animaux de basse-cour ont pris un développement considérable. En dix ans (1888 a 1898), la population caprine a passé de i3,Aoo têtes à 3 1,800, en augmentation de i8,Aoo têtes.
- Quant aux volailles, les recensements ont accusé une progression considérable, de 1888 à 1898 :
- 1N88. I8M. DIFFÉRENCES,
- vélos. tôles. tôles.
- Poules............... A ,5 9 2,2 0 o 8,7A8,4oo -|- A, 106,200
- Canards.................... 6A3,qoo 8o3,2oo -} i5j,3oo
- Dindons..................... 32,200 52,200 -f 20,000
- Oies....................... 2i3,5oo 210,900 2,600
- Nous avons vu plus haut que l’étendue des prairies artificielles est d’environ 900,000 hectares, et que les prés naturels et pâturages occupent 377,000 hectares, soit au total plus du tiers du territoire agricole. Ainsi s’explique la proportion considérable de bétail par rapport à la superficie du Danemark.
- Le Danemark, dont la superficie totale est, en nombre rond,
- (1) Ces chiffres sont exprimés en bétail réduit ou unité de bétail. M. Schou a adopté pour ces calculs les bases suivantes : un cheval de 2 ans et au-dessus est égal à 1 1/2; un cheval au-dessous de 2 ans, à 3/A ; un bœuf, une vache, un taureau de 2 ans sont égaux à 1 ; un bœuf, une vache, un taureau au-dessous de 2 ans,
- ?i 1/2; un mouton est égal à 1/6; un porc, à î/A. En appliquant ces coefficients aux nombres de têtes indiquées par le recensement du bétail, on obtient ce que M. Schou appelle unité de densité soit par rapport aux surfaces cultivées, soit par rapport au nombre d'habitants.
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- de 3,8oo,ooo hectares, est, 011 le voit, un pays d’élevage par excellence. Plus de 1 million d’hectares sont consacrés à la production des aliments du bétail. En 1899, on comptait 1,700,000 têtes de bêtes à cornes dont la très grande majorité formée de vaches laitières. De 1861 à 1899, la population bovine s’est, accrue de 56.5 p. 100. De 1 8G5 à 1869, le Danemark exportait, par année, 4 millions de kilogrammes de beurre, il en envoie aujourd’hui a l’étranger 55 millions de kilogrammes dont la valeur dépasse iâ5 millions de francs, qui se répartissent en presque totalité entre les paysans, le Danemark étant, par excellence, un pays de petite culture. En 1876, on comptait, dans tout le pays, 167,996 étables renfermant 1,390,599 bêtes a cornes; en 1893, on recensait 179,800 étables ayant une population de 1,676,190 têtes. Le rapprochement de ces chiffres confirme le caractère de petite culture que nous signalons plus haut; en effet, si l’on entre dans le détail du dénombrement des étables et de leur population respective, on constate la répartition suivante pour 1893 :
- Etables renfermant :
- 1 tête de bétail.................................... 20,596 étables.
- 2 têtes............................................ 27,71/1
- 3 têtes............................................. 21,908
- Du 1 X 3 têtus......................... 70,218
- 4 à 5 têtes.......................................... 26,877
- 6 à 9 têtes........................................ 25,49/1
- Dis 4 'a 9 têtes.................... 62,371
- 1 o à t 4 têtes.................................... 1 9,802
- 1 5 à 29 têtes..................................... 29,865
- Dis 10 À 29 têtes................... 49,667
- 3o à 49 têtes...................................... 5,335
- 5o à 99 têtes......................................... 1,4/17
- Au-dessus clc 100 têtes................................. 762
- Le dénombrement exact des étables et de leur population a donné le très intéressant résultat suivant : des 180,000 étables que possède actuellement le Danemark, 7,544 seulement, soit 4 p. 100 environ, renferment chacune plus de 3o vaches; dans les autres, on
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- I)A N EM A K K.
- eu compte de 1 à eq. Voici la répartition centésimale à laquelle a conduit le dernier recensement exécuté avec grand soin :
- De Ulables renfermant : là 0 lètes roua ion. ;i <s. (S r> POUR IOO. 7 0, -i 1 (S
- De !l à 9 5^7 <
- De 1 0 à ;H) -27-8-* A 9,(1 (J 7
- De 30 à A y -î-95 5,335
- De 5« « 99 o.H i i,A A 7
- Au- -dessous de 100 0. A 5 7°^
- Tôt \ i! \ 10.000 t 7fU7 Ao
- Après ces divers tableaux, sûrs indicateurs de la prospérité de l’élevage en Danemark et avant de poursuivre, il me paraît intéressant de dire quelques mots, tant des diverses races de bétail que de l’organisation des concours agricoles; j’aurai, du reste, l’occasion de revenir par la suite sur certains points.
- C’est en 1 8/tb que, pour la première fois, fut organisé en Danemark un concours général agricole. Dix-sept concours ont suivi, qui ont eu lieu alternativement dans des villes différentes du pays. Le dernier eut pour cadre Odense; il date de 1900. Dix-huit concours seulement en soixante ans! Dans un petit pays il importe, en effet, que des manifestations de ce genre ne soient pas rapprochées pour ne pas perdre de leur importance. Cela permet, en outre, de risquer des frais d’organisation élevés; le concours d’Odense a coûté plus de b00,000 couronnes(lL chiffre sur lequel l’Etat a donné, à titre de subvention, 100,000 couronnes. On ne saurait trop insister sur le soin avec lequel ces concours sont organisés; pour celui de 1900, le comité d’organisation était constitué et se mettait a l’œuvre dès 1897. A signaler, parmi les innovations heureuses tentées par ce comité, les concours par groupe des familles animales. Pour la première fois, dans un concours danois, on put juger ainsi, non seulement des qualités de tel ou tel animal, mais encore de la part de ces qualités qu’il transmet à ses descendants.
- Le cheval du Jutland est, a-t-on pu écrire, crie vrai cheval danois*.
- (1) Une ronronne vaut 1 IV. 3y.
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- Ce n’est pas d’aujourd’hui que date sa réputation. Il est toujours apprécié. La preuve en est dans le prix élevé qu’atteignent les bons étalons de cette race. Ne demandait-on pas 76,000 couronnes de celui auquel fut décerné au concours d’Odense le prix du Roi?
- Je m’occupe des bovins à la page 33q.
- La race porcine danoise est aujourd’hui constituée; elle a tendance à remplacer, dans le pays, la race yorkshirc. Le concours d’Odense est le premier où elle a formé une classe spéciale.
- La poule la plus répandue est la poule italienne grise, recherchée à cause de sa ponte abondante de gros œufs bruns. A noter que, de 1870 a îqoo, la valeur de l’exportation des œufs passait de 98,000 francs à 26 millions.
- Enfin, il me reste à dire quelques mots des forêts. Le Danemark en est pauvre. Le taux du boisement est excessivement faible : G.3 p. 1 00 seulement de la superficie totale.
- Aussi l’exportation de bois est-elle nulle et l’importation assez forte; elle est annuellement d’environ 20 millions de francs.
- B. ASSOCIATIONS COOPÉRATIVES.
- LEUR INFLUENCE. — LAITERIES COOPERATIVES; DIFFUSION DES METHODES PASTEURIENNES. — COMMERCE D’EXPORTATION DES BEURRES. — SOCIÉTÉS POUR L’EXPORTATION DES OEUFS. — SOCIETE COOPÉRATIVE DU JUTLAND POUR L’ACHAT DES ALIMENTS DU BÉTAIL. — RÉSULTATS DE LA COOPÉRATION.
- Généralités. — On comprend aisément qu’étant donnée la dissémination des bêtes a cornes le plus grand nombre des propriétaires ne pourraient avantageusement, livrés a leurs propres ressources, tirer le meilleur parti de la production laitière. L’association devait amener l’accroissement extraordinaire qu’a pris l’industrie laitière en Danemark, à la condition que la fabrication du beurre devint irréprochable et qu’elle trouvât au dehors du pays des débouchés largement rémunérateurs.
- L’introduction des méthodes scientifiques dans les laiteries coopératives et la fondation de sociétés pour l’exportation ont réalisé cet immense progrès en moins de vingt ans. Réduisant de près de moitié les surfaces consacrées jusqu’en 1876 à la culture des céréales, les cultivateurs danois, sous l’impulsion et sous la direction de la Société
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- DANEMARK.
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- royale d’agriculture, sont, entrés dans l’application de la méthode expérimentale pour l’alimentation du bétail et, parallèlement, ont organisé, sur une vaste échelle, les laiteries coopératives dont nous allons parler; enfin, ils ont couronné leur édifice par la création d’associations pour la vente et pour l’exportation des produits.
- La France, avec ses 9 millions d’hectares de prairies et de pâturages, exporte à peine 18 â 30 millions de kilogrammes de beurre, soit presque un tiers seulement des quantités que le Danemark envoie â l’étranger.
- Dans les deux premiers tiers du xixe siècle, les céréales étaient la culture la plus importante pour le Danemark : le bétail était fort négligé et mal nourri. E111876, la culture du blé, seul, s’étendait sur près de 62,0 00 hectares; eu 18 9 G, elle n’occupait plu s que 3 â,o 00 hectares. Eu revanche, l’élevage s’était développé dans les proportions dont quelques chiffres donneront la mesure.
- O11 comptait, â vingt ans de distance, les nombres de tètes de bétail suivants par 1,000 hectares de prairies et pâturages et par 1,000 habitants :
- l'Ail 1,000 HECTARES DE PRAIRIES :
- B BT K S
- CHEVAUX. À coh.vks. MOUTONS.
- J (S7(>................................. 156 588 700
- 1898........................................ ao3 78O 485
- PAR 1,000 IIARITANTS :
- 1870........................................ 379 i,oOG 1,009
- 1898........................................ 308 1,4a'. 879
- Le nombre des porcs a plus que doublé dans le même temps, passant de 5oâ,ooo, en 187b, à 1,200,000 environ, en 1898.
- Cet accroissement de l’élevage des porcs est une conséquence du développement des heurreries.
- L’espèce ovine seule, ainsi que je l’ai précédemment indiqué, a diminué très sensiblement.
- Cette augmentation de bétail (bovins et porcs) a eu pour point de départ la transformation complète dans le traitement et l’utilisation du lait, qui remonte â vingt ans a peu près.
- AGRICULTURE. ---
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- BORNHOLM
- °o o °
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- SCHLESWIG
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- ' Fig. G8‘. — Situation des sociétés d’élevage du bétail subventionnés par l’État.
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- La race rouge danoise qui peuple exclusivement les étables des îles -et qui est très répandue aussi dans la presqu’île du Jutland est originaire de la Finlande et de la Russie. Mal nourrie, elle fournissait autrefois peu de fumier et peu de lait. Les procédés de fabrication du beurre étant à cette époque très imparfaits, l’élevage donnait de faibles profits. La nécessité d’augmenter la production du fumier, lorsque la culture des céréales prit du développement, coïncidant avec l’amélioration apportée à la fabrication du beurre, provoquèrent les améliorations successives de la race danoise par des croisements et, surtout, par une meilleure alimentation
- L’introduction de la race du Schleswig, principalement celle d’Angel, petite race très bonne laitière, sous l’impulsion et avec le concours des sociétés agricoles, a transformé la race indigène cl’une façon surprenante. De croisements bien dirigés est résultée la création d’une race spéciale, très bonne laitière, qui aujourd’hui se perpétue sans le concours d’importation nouvelle de reproducteurs du Schleswig. A l’heure qu’il est, il existe en Danemark 899 sociétés d’élevage, fondées et soutenues par les associations agricoles, et subventionnées par l’Etat. Les 7/8 des produits sont obtenus par la race améliorée et fixée des taureaux: du Jutland. Ces reproducteurs atteignent aujourd’hui sur le marché des prix très élevés; en 1899, ^3 taureaux de choix provenant de ces sociétés d’élevage ont été vendus au prix moyen de 1,072 francs l’un. Une bonne vache adulte de race rouge donne 8,500 litres de lait par an. Certaines bêtes en donnent même jusqu’à 5,ooo et 6,000 litres.
- Laiteries coopératives. — Le mouvement scientifique, en ce qui concerne l’industrie laitière, a eu pour initiateur, M. Fjord, puissamment secondé par la Société royale d’agriculture. Le fondateur de la première laiterie coopérative est un éleveur du Jutland, M. Stiiling Andersen; le nom de ces deux bienfaiteurs de l’agriculture danoise mérite d’être conservé.
- Entrons dans quelques détails sur l’organisation de l’industrie laitière en Danemark. Le rendement moyen en lait, d’étables prises dans leur ensemble (génisses comprises), est de 2,500 litres de lait par tète
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- et par an. Dans les très bonnes étables, ce rendement peut s’élever à 3,ooo liti es; enfin ce chiffre est dépassé fréquemment dans les petites étables bien dirigées. La teneur moyenne en beurre du lait de la race rouge danoise (la plus estimée) est de 3.4 à 3.7 p. 100 (34 a 37 grammes de beurre par litre de lait).
- La première laiterie coopérative, je viens de Je dire, a été fondée en 188-?, par M. Andersen, dans l’ouest du Jutland. Les sociétés coopératives sont généralement établies à l’aide d’un emprunt a 4 ou 5 p. 100, ordinairement amortissable en dix ans; leurs membres garantissent les emprunts, au prorata du nombre de tètes de bétail qu’ils possèdent (d’ordinaire 3o couronnes, soit 44 l’r. 70 par vache).
- On comptait, eu 1899, en Danemark :
- Laiteries coopérâmes.......................... 1,01 o
- Laiteries communes............................ -Dio
- Laiteries de châteaux......................... 271
- 11 y a actuellement 11 sociétés de laiteries répandues dans tout le pays. Ces sociétés s’occupent des intérêts généraux de l’industrie laitière et, notamment, publient une statistique hebdomadaire du prix des produits dans les 300 plus importantes laiteries. Un conseiller, nommé par l’Etat, a mission de dresser une statistique annuelle de l’exploitation des laiteries. D’après les rapports fournis par 200 grandes laiteries en 1898, le capital dépensé, pour l’installation, a été, en moyenne, de 30,000 francs environ.
- Les installations les moins chères coûtent de 11 à i4,ooo francs; le prix de revient des laiteries les plus considérables atteint 55,ooo francs. Pour donner une idée de la répartition de la fourniture du lait aux coopératives, j’indiquerai quelques chiffres.
- Le lait livré à 157 coopératives a été fourni, en 1898, par 130,668 vaches, ce qui correspond à 83:? vaches, en moyenne, par groupe, chaque participant du groupe possédant, en moyenne, 7 a 8 vaches.
- 195 laiteries ont traité ensemble 3oi millions de kilogrammes de lait et employé 2G kilogr. 5.de lait pour faire 1 kilogramme de beurre.
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- i SCHLESWIG
- Laiteries co opéra tio es
- Laiteries achetant- te tait
- o Laiteries de-grandespropriétés'
- Laiterie-yprenant part auæcapo-p § sitions de beurre du. Laboratoù’e-§ d'eapérienceo' agronomiques de-b 'État.
- Fijr. Gy. — Situation des laiteries,
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- Les laiteries ont, pour assurer leurs ouvriers contre les accidents, une association qui compte 990 laiteries coopératives, 99 laiteries communes et 22 laiteries de châteaux.
- En 1898,1,104 laiteries ont traité 1,620 millions de litres de lait qui ont produit environ 62 millions de kilogrammes de beurre. Si Ton admet que les 448 laiteries qui ne font pas partie de l’Association pour l’assurance fournissent chacune seulement la moitié de cette quantité de lait, la quantité de lait totale traitée par les 1,544 laiteries existantes serait de 2 milliards de kilogrammes environ et la fabrication de beurre s’élèverait à peu près a 75 millions de kilogrammes.
- D’après la moyenne fournie par la statistique des exploitations, l’installation des 1,013 laiteries coopératives existantes a coûté 3o millions de francs; à ce chiffre, il faut ajouter, au minimum, 9 5 p. 100, pour les frais d’achat de nouvel outillage, tels qu’écré-meuses centrifuges, appareils a pasteuriser, etc., ce qui porte le capital engagé dans les laiteries coopératives à 37,500,000 francs. D’après le même document, les 1,01 3 laiteries coopératives comptent environ 148,ooo participants, possédant 84.9,000 vaches, ayant produit, en 1898, 1 milliard 820 millions de kilogrammes de lait.
- Généralement, ce sont de simples fermiers ou de petits cultivateurs qui dirigent les laiteries et tiennent la comptabilité; jamais cette direction ne donne lieu à aucune plainte. Presque toutes les laiteries ont â leur service d’habiles laitiers qui, aux diverses expositions, se disputent les prix, pour leurs produits.
- La caractéristique de l’industrie laitière en Danemark est la perfection apportée au traitement du lait qui, dans aucun pays, n’est aussi exclusivement basé sur les méthodes scientifiques révélées par le génie de Pasteur. On ne saurait donc choisir un exemple plus démonstratif des bienfaits que l’union de la science et de l’association apporte à l’agriculture, au moment ou elle est obligée, comme je l’indiquais plus haut, non seulement de produire beaucoup et économiquement, mais encore d’atteindre, pour ses produits, le maximum de qualité. C’est la diffusion des méthodes pastoriennes qui a été le point de départ du développement extraordinaire de l’industrie lai-
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- tière en Danemark; cest l’esprit d’association qui a permis de faire passer, dans la pratique, l’application des procédés scientifiques qui, sans lui, n’auraient pu franchir le seuil du laboratoire.
- Organisation de la vente et de l’exportation. — Il me reste à examiner le troisième facteur de la prospérité de l’industrie agricole en Danemark : l’organisation pour la vente et l’exportation des produits. On comprend qu’il ne serait guère facile à une petite laiterie de se créer un marché d’exportation du beurre qu’elle fabrique. Ici encore l'association qui s’étend en Danemark, nous allons le voir, à la vente des principaux produits agricoles, va continuer son œuvre : après avoir permis au paysan, propriétaire de quelques vaches, de faire préparer, dans un établissement outillé avec tous les perfectionnements modernes, un beurre de première qualité, elle créera, pour la laiterie coopérative, les moyens d’écouler directement, aux meilleures conditions possibles, les produits de sa fabrication. Avant d’aborder la question de l’exportation du beurre, jetons un coup d’œil sur l’ensemble des associations coopératives danoises, qui nous offrent, par leur nombre et par leur organisation, de si utiles exemples.
- Le pasteur Sonne a été le promoteur de la coopération agricole en Danemark. Il a fondé, en 1866, sur le modèle de celle de Rochdale en Angleterre, la première société de consommation devenue, en 1871, sous sa direction, Y Association des sociétés coopératives du Danemark. Il existe aujourd’hui, dans ce pays, 887 sociétés de coopération comptant i3o,ooo membres. L’Association du Jutland, dont le siège est a Copenhague, comprend 500 sociétés; elle a fait, en 1899, 12 millions d’affaires et réparti entre ses membres Û2o,ooo francs de bénéfices; elle possède un fonds de réserve de 560,000 francs et un fonds de roulement de 385,ooo francs fourni par les cotisations de ses membres. Elle a construit à Copenhague un immeuble qui a coûté 600,000 francs et d’autres maisons de vente ou de dépôt a Aarhus et à Kolding. Le principe de la coopération s’étend aujourd’hui à toutes les branches de l’agriculture danoise : vente du beurre des laiteries coopératives, vente des œufs, abatage et vente des porcs, achats d’aliments concentrés du bétail. Quelques indications précises
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- sur ces quatre sortes de sociétés, dont les trois premières ont pour objet le commerce d’exportation, me semblent devoir appeler l’attention des agriculteurs français.
- IMPORTATION I)U BEURRE FRAIS EN ANGLETERRE.
- PAYS EXPORTATEURS. ISOS. 18111). 11)00.
- 1. POIDS EN TONNES ANGLAISE S DE 1,0 1 G Kl LOGRARIMES.
- Danemark 7 3,q 51 71.502 7/1,317
- France 20,84 1 17,697 16,102
- Hollande 13,458 14,245 14,14 0
- Victoria 6,2 1 1 10,587 13,238
- Russie // // 10,487
- Suède 1/1,7/18 12,275 9,802
- Nouvelle-Zélande 3,497 5,583 8,193
- Canada 7,843 1 2,5o4 6,915
- Nouvelle-Galles du Sud. G719 2,1 7.0 4,071
- Etats-Unis d’Amérique 2,335 7,966 2,802
- Allemagne 2,061 1,8/17 1,802
- Autres pays 13,482 13,i 16 7,061
- Totaux 159,446 169,487 168,960
- 9. VALEURS EN FRANCS.
- Danemark 183,995,775 188,835,900 200,7/40,550
- France 6/1,596,125 47,721,200 4/1,637,600
- Hollande 33,235,g58 35,44i,o2o 35,36i,025
- Victoria 15,i 45,275 26,283,g5o 32,4io,g5o
- Russie // // a 4,51 g,25o
- Suède 37,541,700 31,153,4 2 5 25,344,37.5
- Nouvelle-Zélande 8,46o,ooo 13,584,176 19,601,35o
- Canada 16,5/18,375 27,8/18,900 16,019,000
- Nouvelle-Galles du Sud 4,i 90,450 5,58i,85o 9,860,37.0
- États-Unis d’Amérique 7,132,725 17,601,525 6,ig3,100
- Allemagne 5,351,15o 4,664,325 4,770,600
- Autres pays 3a,852,o5o 31,83i,625 16,802,725
- Totaux 399,0/1/1,575 430,337,895 436,260,800
- Commerce d’exportation du beurre danois. — En Danemark, le petit cultivateur a trouvé grand avantage à substituer, dans son alimentation, la margarine au beurre, qu’il exporte presque en totalité. Là fabrica-
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- Lion du beurre ayant acquis comme je l’ai dit, une perfection due à l'introduction dans les laiteries des procédés scientifiques, ce produit trouve à l’étranger un débouché pour ainsi dire illimité : 97 a q 8 p. 100 du beurre danois exporté viennent alimenter les marchés de la Grande-Bretagne. Le tableau ci-contre que j’emprunte à une publication du Board of trade montre la prépondérance du Danemark sur tous les autres pays, à ce point de vue. Nous nous y arrêterons tout a l’heure, pour en tirer quelques indications dont notre industrie laitière pourrait aisément faire son profit.
- Les quantités suivantes, avec indication de leur valeur, ont été réexportées à destination de pays étrangers ou d’outre-mer :
- 1898. 1899. 1900.
- Poids en tonnes......... 3,17/1 9,027 2,679
- Valeur en francs........ 3,996,180 G,h 9 9,9 7 6 G, !\ 7 3,2 7 5
- En exprimant en centièmes, d’après les chiffres du Board of trade, la répartition des exportations qui alimentent en beurre le marché anglais, je donnerai une idée plus saisissante de la part proportionnelle des divers pays dans le chiffre total des importations :
- 1898.
- Danemark.............
- France...............
- Suède................
- Hollande.............
- Canada...............
- Victoria.............
- Nouvelle-Zélande ....
- Etats-Unis...........
- Allemagne............
- Nouvelle-Galles du Sud.
- Russie...............
- Autres pays..........
- Totai.........
- P. 100. 1899. P. 100.
- /i(ï.65 Danemark A 2.19
- !2-99 France 1 o.A 4
- 9.20 Hollande . . 8.4 0
- 8.3o Canada 7-38
- 4.90 Suède 7.20
- 3.87 Victoria 6.e5
- •ci 7 Etats-Unis 4.69
- 2.08 Nouvelle-Zélande .... 3.29
- 1 .p. 8 Nouvelle-Galles du Sud. 1.28
- 1.07 Allemagne 1.09
- // Russie //
- 8./10 Autres pays 7.74
- 100.00 Total 100.00
- 1900. P. 100.
- Danemark 43.99
- France 9.53
- Hollande 00
- Victoria 7.88
- Russie 6.20
- Suède 5.8o
- Nouvelle-Zélande 4.85
- Canada 4.09
- Nouvelle-Gallesdu Sud. 2.41
- Etats-Unis 1.G6
- Allemagne 1.07
- Autres pays 4.18
- Total 100.00
- Le Danemark entre donc, à lui seul, pour UU p. 100 dans l’importation du beurre en Angleterre, tandis, qu’après avoir figuré pour
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- îB p. 100, notre exportation ne correspond plus qu’à 9,53 p. îoo. Non seulement notre exportation a diminué, mais, actuellement, le beurre danois a fait son apparition sur le marché de Paris et y prendra une place importante. Deux fois par semaine arrivent aux Halles 5oo mottes de beurre danois pesant chacune îo kilogrammes, ce qui représente une importation mensuelle de ào,ooo kilogrammes, soit pour l’année près d’un demi-million de kilogrammes (1900). Ce beurre se vend 3 fr. 80 à k francs le kilogramme. Outre sa finesse, peut-être légèrement inférieure à celle du meilleur beurre de Normandie, le produit danois présente l’avantage de se conserver frais beaucoup plus longtemps que le beurre français, ce qui est du à sa parfaite préparation.
- La comparaison des chiffres publiés par le Board of Irade- donne lieu à quelques remarques qui ne doivent pas passer inaperçues. La Russie, où l’on a organisé des laiteries coopératives et des beurreries installées et conduites avec tous les soins qu’on apporte en Danemark dans cette industrie, a commencé, en 1900,5 exporter du beurre en Angleterre (1. o,500 tonnes).
- Tandis que notre importation de beurre dans la Grande-Bretagne diminuait de 20 p. 100, celle des pays d’outre-mer s’accroissait de 33 p. 100, de 1898 à 1900 : elle entre aujourd’hui pour plus d’un cinquième dans la consommation de l’Angleterre.
- Ces constatations méritent l’attention des producteurs français : il ne semble pas possible, en effet, que le mouvement coopératif de la laiterie française, si remarqué à l’Exposition de 1900, en s’accentuant et en s’étendant à la plupart de nos régions d’élevage, n’ait pas pour conséquence, malgré la consommation considérable du beurre dans notre pays, une augmentation sensible de nos exportations en Angleterre. La qualité de nos herbages nous permet de développer beaucoup notre commerce de beurre, à la condition d’introduire dans les beurreries les méthodes qui assurent la bonne fabrication et la conservation de ce produit. De l’aveu des hommes les plus compétents et les mieux informés, il nous reste bien des progrès à faire de ce côté.
- Deux mots sur les expositions de beurre en Danemark. On organise à l’Institut agronomique de Copenhague, des expositions permanentes
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- pour juger la qualité du beurre des laiteries du pays. Les 800 laiteries qui y prennent part sont obligées, chaque fois que le laboratoire l’exige, d’envoyer immédiatement après en avoir reçu l’avis, un tonnelet (5o kilogr.) de beurre à l’exposition. De cette façon, le jury a toujours devant lui les productions journalières des laiteries et non pas des beurres fabriqués en vue d’une exposition. Le jury chargé déjuger les beurres exposés au laboratoire se compose de ko représentants des plus importantes maisons de commerce de beurre du Danemark et dos conseillers laitiers de l’Etat. Après les expositions, chaque laiterie reçoit un compte rendu de la décision du Jury, ce qui lui permet de se rendre compte de la place qu’elle occupe parmi les laiteries du pays. Chaque exposition comprend environ 100 laiteries. Les noms du tiers des exposants ayant fourni les meilleurs produits sont publiés et, à la fin de chaque année, on décerne un diplôme à la laiterie qui, pendant les trois dernières années, a fourni les meilleurs beurres. La première exposition a eu lieu en 1889. Comme il y a 20 expositions par année, c’est donc environ 2,000 tonnelets de beurre qui sont soumis annuellement au jury.
- Les laiteries danoises sont entrées avec un plein succès dans la voie de l’Association pour la vente et l’exportation du beurre. En 1887, une première association de vente s’est fondée sous le nom de : Société (Vagriculture danoise pour Vexportation du beurre; elle comprend 84 laiteries qui ont, dans les frais et dans les bénéfices, une part proportionnelle à la quantité de produit qu’elles livrent. Le chiffre d’affaires de cette société s’est élevé, en 1899, à 12 millions et demi de francs.
- En 1896, une autre société s’est constituée à Esbjéry pour la vente en commun du beurre frais pour l’exportation (autrefois c’était presque exclusivement du beurre salé qu’exportait le Danemark); elle compte 20 laiteries; la vente a lieu en Angleterre; elle a atteint un chiffre voisin de 7 millions de francs, en 1899. Enfin, il existe encore de nombreuses associations du même genre qui, toutes, ont pour base la vente en commun et le payement du beurre d’après sa qualité.
- Sociétés pour Texportation des œufs. — Vers 1880, le Danemark exportait pour i,4oo,ooo francs d’œufs environ; en 1885, le chiffre
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- s’élevait entre 4 et 5 millions de francs, sans paraître devoir augmenter beaucoup au delà.
- La qualité des œufs achetés chez les paysans par des négociants qui faisaient le commerce d’exportation pour leur propre compte, donnait lieu à des plaintes continuelles. Il arrivait fréquemment que les œufs danois ne pouvaient pas, même à très bas prix, trouver acheteurs sur le marché anglais.
- 1\I. Harald Faber, conseiller agricole de l’Etat, entreprit, en 1890, une campagne pour l’amélioration de la qualité et pour la vente des œufs. De leur côté MM. Moeller et Jorgensen, instituteurs, firent dans la même direction une propagande active auprès des paysans.
- Cette intelligente initiative aboutit, en 189B, à la fondation de ['Association coopérative d’exportation des œufs, dont M. Moeller est le président. Des sociétés filiales furent organisées dans tout le pays ; leurs membres s’engagèrent à ne livrer que des œufs fraîchement pondus qui devaient être recueillis chaque jour dans des nids bien propres et, cela, sous peine d’une amende.élevée (7 francs par œuf pourri vendu), amende encourue après un avis demeuré infructueux. Chaque œuf doit porter, comme marque d’origine, le numéro de la société locale et celui du sociétaire.
- Les œufs, rassemblés chez le sociétaire sont enlevés chaque semaine. Les œufs sont payés aux membres de la société, selon les prix fixés par l’association.
- En 1890, l’Association a exporté 2,496,796 kilogrammes d’œufs, d’une valeur brute de 3,072,440 francs, soit à raison de 1 fr. 12 par kilogramme. Les œufs de l’Union coopérative estampillés, comme je l’ai dit, sont cotés actuellement en Angleterre comme denrée de premier choix et leur prix a augmenté en conséquence. L’Union qui a donné à ses associés 1 fr. 1 2 par kilogramme d’œufs en 1899,11e payait que 1 fr. 08 en 1898 et 1 fr. 02 en 1897.
- L’Association a débuté avec six sociétés locales et 2,000 membres, en 1896 ; elle se compose aujourd’hui de 365 sociétés et de 2 2,000 membres. D’autres sociétés coopératives pour le même objet ont suivi l’exemple et sont en pleine voie de prospérité.
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- Le tableau suivant donne une idée du développement de cette asso-
- ciation :
- SOCIÉTÉS CHIFFRE MEMBRES. locales. P’Akfaiiiks.
- 1895 .......................... ‘j,ooo 6 119,000 francs.
- 1896 ............................. i4,ooo 960 980,000
- 1897 ............................. 16,000 390 1,890,000
- 1898 ............................. 18,000 3/io 9,3io,ooo
- 1899 ............................. 99,000 365 3,079/1/10
- La société Frederikssant compte 3,ooo membres; elle a vendu, en 1899, 371,500 kilogrammes d'œufs.
- La société Challemdburg a vendu, en 1899,2 Û8,1 3 1 kilogrammes d’œufs.
- La société d’Audelsmôrpakkeri a commencé ses opérations en février 1899; elle compte 5,000 membres et elle a vendu, en 1899, 197,370 kilogrammes d’œufs.
- La coopération a eu à combattre une ardente concurrence de la part des marchands particuliers qui, eux aussi, ont dû adopter le système de timbrage des œufs. Mais le système de la coopérative pour la production et la vente des produits agricoles sortira victorieux de toutes les luttes, c’est du moins l’espoir des cultivateurs danois.
- Abattoirs coopératifs. — Le premier abattoir coopératif a été fondé à Horsens, en 1887, parM. Boysen qui réunit les cultivateurs de la contrée et les amena à garantir un premier capital de 2 8 0,0 0 0 francs. A cette époque les porcs danois étaient exportés vivants en Allemagne et l’abatage des porcs destinés à l’Angleterre avait lieu dans les établissements privés appartenant à des négociants. L’année même de la fondation de l’abattoir d’Hortens, l’Allemagne interdit l’entrée des porcs vivants sur son territoire. En 1888, sept nouveaux abattoirs coopératifs furent créés en Danemark. Une concurrence à outrance s’engagea entre ces derniers et les abattoirs particuliers, qui offrirent pour les porcs des prix beaucoup plus élevés que ceux offerts par les associations coopératives. Ce fut en vain. Le principe de la coopération l’emporta et réalisa, au profit de leleveur, un progrès que
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- n’avaient jamais consenti les abattoirs particuliers : l’achat des porcs, d’après le poids de la viande abattue et d’après sa qualité.
- Aujourd’hui il existe en Danemark 26 abattoirs coopératifs qui ont tué, en 1889, 780,000 porcs d’une valeur d’environ 44 millions de francs, et 22,000 bêtes à cornes destinées à l’exportation et valant près de 5 millions de francs.
- L’installation de l’ensemble des abattoirs coopératifs a coûté 9 millions. Ces abattoirs comptent 56,000 cultivateurs participants. Ceux-ci s’engagent à livrer soit en totalité, soit en proportion déterminée à l’avance, les porcs qu’ils élèvent. Leur part de garantie dans les frais d’installation et d’exploitation varie, suivant les régions, de 16 à 20 francs par tête de porc. Enfin leur part de bénéfices dépend de l’ensemble des bénéfices réalisés dans l’année. L’Association centrale de Copenhague, en relations constantes avec l’étranger, tient les participants au courant des fluctuations des marchés.
- Les frais d’abatage ont été, par porc, d’environ :
- 1896 .......................................... 3f36B
- 1897 ......................................... 3 5(f)
- 1898 ......................................... 3 95
- Cette élévation tient à l’augmentation des salaires des ouvriers.
- Les abattoirs ont leur assurance personnelle contre les accidents.
- Le bureau central a contracté en 1899, pour 5 ans, une assurance maritime pour le lard et la viande.
- Voici quelques chiffres sur les opérations des abattoirs danois :
- NOMBRE ET VALEUR DES PORCS ARATTUS.
- 1888 ......................... 1 23,^07 i,43o,3oo francs.
- 1893 ...................... 1 4 317,785 26,826,000
- 1898 ....................... 25 601,o3o 39,o33,ooo
- 1899 ....................... 25 729,171 43,700,000
- Au total, de 1888 à 1899, on a abattu 4,642,695 porcs valant 3i3,6oo,ooo francs.
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- Un dépôt est établi a Copenhague pour la vente en gros.
- On a installé, en 1900, un local réfrigérant pour la conservation des viandes de porcs.
- Société coopérative du Jutland pour l’achat des aliments du bétail. — Tel est le nom de l’association syndicale, fondée en 1896, pour contre-balancer l’action d’an syndicat des grandes maisons de commerce de grains et fourrages qui s’était organisé à Aarhus en 1896.
- En vue de la défense de leurs intérêts, les cultivateurs au nombre de 3,ooo, possédant ensemble 26,000 vaches, s’associèrent en s’engageant à prendre toutes leurs provisions de denrées alimentaires du bétail (sauf les grains danois) à la Société coopérative, pendant une durée de cinq ans. Aujourd’hui, l’Association compte 106 sociétés répandues dans le pays. Le nombre total de ses membres est de 50,000 et la somme garantie par les participants, qui sert de capital d’exploitation, s’élève à 123,000 francs.
- Le premier exercice a donné un chiffre d’achat de 12,000 tonnes et demie d’aliments du bétail, d’une valeur dépassant 2 millions de francs. Le bénéfice net des opérations s’est élevé à 46,000 francs, somme qui, répartie entre les membres de l’Association, a représenté 0 fr. 28 par 100 kilogrammes de fourrage acheté. La société a fait l’acquisition d’un immeuble avec entrepôt à Aarhus, d’une valeur de 133,ooo francs. Le président de l’Association est M. Nielsen, fermier à Sveistrup Ostergamd.
- Résultat de la coopération. — La Commission de la Coopération à la tête de laquelle se trouve l’un des plus ardents promoteurs de la coopération agricole, M. le député Blem, a été fondée le 16 mai 1898 ; elle est formée de délégués des différentes sociétés et associations coopératives du Danemark. Son but est de provoquer et d’encourager tout ce qui peut profiter a la coopération. Elle publie, sous le titre de Journal de la coopération, une feuille spéciale destinée à la propagation de l’idée et des moyens d’association entre cultivateurs pour la production, l’achat ou la vente des produits.
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- Le nombre des adhérents aux diverses sociétés coopératives est aujourd'hui de 370,000, c’est-à-dire qu’elles comprennent la très grande majorité des agriculteurs danois.
- La production coopérative annuelle s’élève actuellement au total suivant :
- Laiteries...........
- Abattoirs...........
- Exportation cl’ a ni 1 s.
- 57,500,000 francs. A8,5oo,ooo A,'? 00,00 0
- Ensemble
- ‘J 1 O,".! 00,000
- Le cliiitre est considérable; il représente les cinq sixièmes de l’exportation agricole danoise et 63 p. 100 de la valeur de l’exportation totale du Danemark.
- Le chiffre des achats en commun des sociétés de consommation s’élève à environ 28 millions de francs.
- Voilà des résultats qui font le plus grand honneur aux agronomes éminents qui dirigent depuis vingt ans le mouvement coopératif au Danemark, lis parlent haut en faveur du développement de l’association des cultivateurs dans le but de limiter le plus possible, dans les transactions agricoles, le rôle nécessaire des intermédiaires.
- L’exemple du Danemark doit servir d’encouragement. Il réalise l’objectif qu’impose aux cultivateurs européens l’état nouveau du marché, résultant du développement extraordinaire des voies de communication et des progrès de l’agriculture contemporaine dans toutes les directions.
- Cet objectif est défini essentiellement par trois conditions qu’unit une étroite connexité :
- i° Production maxima au meilleur marché possible;
- 20 Qualité supérieure des produits obtenus;
- 3° Vente de ces produits au prix le plus élevé.
- Les deux facteurs principaux de la réalisation de cet objectif sont l’application de plus en plus étendue des méthodes scientifiques à la production végétale et animale et le développement parallèle du principe d’association basé sur l'initiative individuelle.
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- DANEMARK.
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- C. INSTITUTIONS ET EXPERIENCES.
- LE LABORATOIRE D’EXPERIENCES AGRONOMIQUES DE L’INSTITUT ROYAL DE COPENHAGUE. — EXPÉRIENCES SUR L’ALIMENTATION DES VACHES LAITIERES ET SUR L’ALIMENTATION DES PORCS.
- RÉSULTATS OBTENUS PAR LA DIFFUSION DES METHODES EXPERIMENTALES; LE BILAN D’UNE PETITE CULTURE. — LA SOCIETE ROYALE D'AGRICULTURE. — ECOLES AGRICOLES. — CONSEILLERS AGRICOLES DE L’ETAT. — EXPOSITIONS. - BOURSES DE VOYAGE. — PRIMES. - STATIONS EXPÉRIMENTALES DIVERSES. - MISE EN CULTURE ET BOISEMENT DES LANDES.
- Laboratoire d’expériences agronomiques de l’Institut royal de Copenhague. — Il n’existe pas en Europe d’organisation comparable à celle que la Société royale d’agriculture de Danemark a donnée, avec le concours de l’Etat, aux expériences sur l’alimentation des vaches laitières et des porcs. Dues à l’initiative de M. N. Fjord, qui les entreprit en 1865 , ces expériences ont pris une grande extension; elles ont une importance telle pour l’agriculture danoise, qu’on a créé il y a douze ans, à l’Institut royal vétérinaire et agricole de Copenhague, un laboratoire et une section spéciale chargés de coordonner les résultats des recherches conduites dans les étables danoises, d’après un plan que nous allons décrire, et d’exécuter toutes les analyses d’aliments , de lait et de beurre correspondant aux essais pratiques d’alimentation.
- La construction et l’agencement de ce laboratoire n’ont pas coûté moins de 3bo,ooo francs et la subvention annuelle que reçoivent ses différents services s’élève à 180,000 francs. Ces chiffres montrent l’in-
- r
- lérèt que l’Etat et les agriculteurs danois attachent aux recherches scientifiques, entreprises dans des directions essentiellement pratiques : l’amélioration du régime alimentaire des vaches laitières, celle des produits que ces dernières fournissent, et l’élevage du porc, corollaire indispensable de la création de heurreries sur une grande échelle.
- Le système adopté pour les expériences d’alimentation, inaugurées par M. N. Fjord et poursuivies, en Danemark, depuis plus de trente ans, sous les auspices de la Société royale d’agriculture, 11’a , que je sache, d’analogue dans aucun pays.
- 11 repose sur la collaboration des éleveurs et des hommes de science qui dirigent les essais : les expériences se font, en effet, chez les cultivateurs, dont on prend l’avis et les conseils sur le caractère a leur
- AGRICULTURE.----I.
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- iMpnniLiut: nationale.
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- donner, suivant les conditions locales et le but à atteindre. On évité ainsi les nombreuses déceptions auxquelles on est expose', quand il s’agit de faire entrer dans la pratique les résultats d’expériences de laboratoire. La Société d’agriculture a en vue, par cette méthode de travail, de familiariser les agriculteurs danois avec ces essais, et de leur donner confiance dans les résultats qu’ils ont vus se produire,
- pour ainsi dire, sous leurs yeux.
- Les stations d’expériences sont, en effet, répandues dans tout le pays : on travaille tantôt sur un point, tantôt sur un autre, suivant que les conditions locales se prêtent à l’une ou l’autre série d’expériences que l’on poursuit.
- Depuis i 888, date de la fondation du laboratoire de l’Institut agronomique, on a continué à faire les expériences dans les campagnes, mais tous les éléments de discussion qu’elles comportent sont centralisés au laboratoire, où se font les analyses chimiques qui se rattachent, ou servent de base, aux expériences faites dans les fermes.
- Expériences d’alimentation des vagues laitières. — Le laboratoire de Copenhague opère toujours par expériences comparatives, faites sur des groupes d’animaux assez nombreux pour éliminer des résultats les causes de variations individuelles. Les chefs de service du laboratoire instituent les essais dans de grandes fermes, mises à leur disposition par leurs propriétaires.
- La valeur d’expériences sur l’alimentation dépendant presque exclusivement de celle des méthodes mises en œuvre, il importe de bien connaître ces dernières pour apprécier l’importance des résultats; aussi décrirons-nous assez complètement la marche des essais.
- Dans l’étable d’une ferme de i5o à 200 vaches, on choisit, en automne, ko a 5o jeunes bêtes venant de vêler. On les laisse à l’étable, dans les conditions auxquelles elles sont accoutumées, en les groupant par divisions uniformes, de telle sorte que, pour chaque vache d’une division, il y ait dans les autres groupes une bête qui lui soit aussi comparable que possible, quant a l’âge, au poids vif, à la quantité et à la qualité du lait, etc. Dans tous les cas, ori a soin que la moyenne de ces facteurs soit la même pour tous les groupes, de telle
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- sorte qu’après une période assez longue d’une meme alimentation, ces vaches puissent donner approximativement le meme rendement.
- Pour chaque série d’expériences, il y a trois périodes distinctes : i° la période préparatoire; a0 la période expérimentale proprement dite; 3° la période finale.
- i° Période préparatoire. — Toutes les vaches sont nourries de la même façon; elles reçoivent le mélange de denrées normalement employé dans la ferme, renfermant, en outre, les deux aliments qui pendant la série d’expériences feront l’objet de la comparaison (soit, par exemple, ldé et tourteau). Pendant cette période préparatoire, qui dure un à deux mois, on procède chaque jour à l’examen individuel de la quantité de lait et de sa teneur en crème. Tous les dix jours, on additionne les chiffres obtenus, pour obtenir une moyenne. Si l’on constate de légères différences dans le rendement d’un groupe, on opère la permutation de quelques vaches d’une division dans line autre, et l’on continue ces échanges à la fin de chaque décade, jusqu’à ce que tous les groupes aient donné les mêmes résultats pendant toute la durée de la période préparatoire. Lorsque les groupes sont ainsi formés définitivement, on laisse encore s’écouler une période de dix jours pendant lesquels on prélève des échantillons de lait pour analyses. Chacune des vaches est pesée au début et à la lin de la période préparatoire.
- 2° Période d'expérience proprement dite. — Chaque groupe de vaches est soumis à une alimentation différente.
- Supposons qu’il s’agisse de comparer la valeur relative du blé et des tourteaux et désignons par les lettres A, B et G les trois groupes en expérience.
- Le régime des animaux est le suivant :
- Pendant la période préparatoire, les trois divisions reçoivent dans leur ration moitié blé et moitié tourteaux ajoutés à la ration fondamentale (paille, betteraves, etc.).
- Pendant la période expérimentale proprement dite, ta division A reçoit du blé en remplacement du tourteau; la division C reçoit du tourteau en remplacement du blé; la division B conserve la ration de la période préparatoire.
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- AGRICULTURE.
- BORNHOLM
- • • e °
- S E E L A N D
- P I O.N I E
- CÏÏLESWI G
- Fig. 70. — Situation des sociétés ayant pour but le contrôle de la quantité do lait et de beurre donnée par chaque vache.
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- Il va sans dire que chaque division reçoit des quantités égales de fourrage fondamental et que les restes des rations sont recueillis et pesés. Le lait est pesé et examiné au point cle vue de la teneur en crème, comme dans la période préparatoire. Les animaux sont pesés isolément au commencement et à la fin de la période d’expériences qui dure de un a deux mois.
- 3° Période finale. — Pendant cette période, l’alimentation redevient la meme pour les trois divisions, et autant que possible la même que pendant la période préparatoire : le lait continue à être pesé et analysé.
- La série d’expériences embrasse une durée de six mois, au bout de laquelle on procède, au laboratoire, à l’analyse chimique complète de tous les aliments employés, dont on a eu soin de prélever, tous les dix jours, des échantillons pendant toute la durée des essais.
- Une série d’expériences avec un aliment n’est considérée comme concluante que lorsqu’elle a été répétée dans les conditions que je viens de décrire sommairement, pendant deux années. La moyenne obtenue, pour toutes les fermes pendant ces deux années, est alors le résultat définitif des essais.
- Ces expériences sur l’alimentation ont été faites chaque année depuis 1887, et elles ont porté sur plus de 2,000 vaches. On conçoit la haute valeur des indications que les éleveurs peuvent tirer d’un tel ensemble d’observations scientifiquement conduites, sur le régime alimentaire de leurs étables.
- Les expériences danoises ont eu, jusqu’ici, pour objet la comparaison entre le blé et les racines (betteraves), le blé et les tourteaux, le blé et le son, le blé et le maïs, le blé et la mélasse, le blé et le foin. Les résultats principaux des expériences ont été les suivants :
- i° Les substitutions d’aliments n’ont eu aucune influence notable sur la composition chimique du lait, notamment en ce qui concerne sa teneur en beurre. Les différences constatées dans les quantités de matières grasses que renferme le lait sont dues, bien plus aux particularités individuelles des vaches, qu’à l’alimentation. Cette dernière influe beaucoup plus sur la constitution de la graisse butyrique et sur
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- sa valeur pour la fabrication du beurre, que sur la quantité de graisse contenue dans le lait. Les tourteaux, notamment, rendent le beurre plus malléable que le blé et surtout que la mélasse;
- 2° 10 kilogrammes de betteraves équivalent à î kilogramme de blé; ce grain a une valeur alimentaire égale à celle de 2 kilogrammes et demi de foin. Les éleveurs, désireux d’étudier dans leurs détails ces importants essais d’alimentation, devront recourir aux tableaux publiés par AL Schou, tableaux qui renferment tous les éléments numériques : composition des aliments, poids du lait, poids final des animaux, etc., que nous ne pouvons reproduire ici;
- 3° Etant donné que la quantité des matières grasses du lait dépend beaucoup plus des qualités individuelles de chaque vache que de l’alimentation, les expérimentateurs danois ont conclu qu’il faut chercher quelles sont les vaches cl’une étable qui fournissent du lait gras et celles qui en donnent de maigre, afin d’ètre fixé sur les animaux à éliminer d’une étable et sur ceux à y conserver. On doit, en procédant de cette façon, arriver, au bout d’un certain nombre d’années, a former des étables fournissant un lait plus gras qu’aupa-ravant. On s’est proposé aussi, clans ces études, d’établir a quel degré et dans quelles conditions la faculté de fournir du lait gras est héréditaire. Commencées en 1880, les expériences de la Société royale d’agriculture du Danemark ont lieu aujourd’hui dans trente étables différentes, comprenant environ 3,ooo vaches. Pour suivre ces expériences et procéder à l’examen régulier du lait de toutes les vaches, on a institué des Sociétés de contrôle répandues dans tout le pays, au nombre de soixante-dix environ.
- En résumé, en associant directement les éleveurs aux recherches expérimentales sur l’alimentation des vaches laitières et sur leur sélection, la Société royale d’agriculture et le laboratoire de l’Institut de Copenhague ont imprimé a l’industrie laitière le progrès considérable que nous avons précédemment indiqué. 11 y a là des exemples à suivre dans les régions ou l’agriculture tire ses principaux profits du bétail. Nos grandes associations agricoles et nos écoles, s’inspirant des résultats obtenus en Danemark, rendraient d’immenses services à l’industrie laitière de notre pays en prenant l’initiative d’organisa-
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- tions locales auxquelles les pouvoirs publics ne manqueraient sans doute pas d’accorder tous les encouragements dont ils disposent.
- Les conclusions pratiques à tirer des expériences que nous venons d’éludier sont les suivantes :
- i° L’influence de l’alimentation est nulle sur la composition du lait ;
- 2° Il faut obtenir en lait un rendement maximum, d’où l’importance du choix des laitières;
- 3° Le rendement du lait en beurre dépend des qualités individuelles des vaches (constitution d’étables de vaches bonnes laitières et donnant du lait gras);
- h° Il faut proportionner l’alimontalion a la quantité de lait produit par une vache (toutes choses égales d’ailleurs); nourrir sufli-samment; éviter trop de production de chair. Types de rations résultant des expériences danoises : la ration doit contenir qo grammes d’albumine digestible, pour î kilogramme de lait produit.
- VACHES DONNANT 15 KILOGRAMMES DE LUT.
- o kilogr. 5oo tourteau de colza.
- 1 kilogr. 5oo tourteau de coton, î kilogramme tourteau tournesol, i kilogr. 5oo grains mélangés.
- 1 o kilogrammes betteraves.
- 3 kilogrammes foin.
- 5 kilogrammes paille.
- VACHES DONNANT 10 KILOGRAMMES DE LUT.
- o kilogr. 5oo tourteau de colza, o kilogr. 5oo tourteau de coton, o kilogr. 5oo tourteau tournesol. i kilogramme grains mélangés, i o kilogrammes betteraves.
- 3 kilogrammes foin.
- (i kilogrammes paille.
- Lxpériences sun l’alimentation des porcs. — L’élevage du porc a pris un essor considérable en Danemark, avec l’organisation des laiteries coopératives. Nous avons précédemment indiqué que le nombre des porcs a plus que triplé dans l’espace de vingt ans. On a été conduit à instituer pour l’alimentation de ces animaux des expériences analogues a celles qu’on faisait sur les vaches laitières. Ces expériences sont instituées, comme les premières, a la campagne dans les fermes, et d'après les mêmes règles. On opère sur des groupes homogènes de porcs soumis au régime qu’on a arrêté, suivant les différentes constatations à faire. Un exemple montrera la marche complète d’un essai; je choisirai celui de la comparaison de la valeur nutritive du lait écrémé et du petit-lait, dont le tableau suivant résume tous les éléments.
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- AGHICULÏTRE
- EXPERIENCES D'ALIMENTATION SIR LE PORC.
- 1 KILOUU. LAIT — fi KIL. PKr Tl’-L WT. 1 K1LOGU. (111 AIN — G klLOUll. LAIT ÉCREAI K.
- NATURE s a x s n AGI \KS AVEC I ACl.XES AUiC RACINES
- DES ALIMENTS. llillls la nourriture. dans la nourriture. dans la nourriture. dans la nourriture.
- A R A R A B c A R
- kil. gr. kil. gr. kil. gr. kil. gr. kil. gr. kil. gr. kil. gr. kil. gr. kil. gr.
- QUANTITÉS D’ALIMENTS l'Ali PORC, PENDANT DIX JOURS.
- Grain 11 4 2 1 1 4 2 7 3o 7 3o 12 87 9 G5 G 44 9 G8 4 92
- Racines U II 42 34 4 2 3 4 II II II 42 34 4 2 3 4
- Babeurre r> 4 s 5 4 8 5 07 5 07 5 00 5 00 5 00 5 07 5 07
- Lait écrémé 4 1 .r)7 4 42 38 19 II 29 Gi 48 91 G8 22 2 3 91 52 47
- Petit-lail U 74 3i II 7G 38 II II // " //
- QUANTITÉ DE PRINCIPES NUTRITIFS DANS L A RATION.
- Matières protéiques.. . 2 72 2 1 5 fi fi 5 1 G 7 2 27 2 G 3 9 99 2 o4 2 45
- Matières nrasses 0 38 0 35 0 2 5 0 23 3 2 4 n 0 fi 0 2.5 4 G8 0 2G 3 12 0 26 4 3o 0 ;i h 3 1 9
- Amidon 5 27 5 27 3 2 4 0 2 4
- Sucre 2 14 3 81 5 0 4 G 85 1 58 2 48 3 38 4 3 G 5 73
- Cellulose 0 71 0 71 0 83 0 83 0 8(> 0 G 4 0 43 o 98 0 G 8
- Matières indétermin. . 1 8(i 1 8 (> ü fi 5 i? fi 5 2 1 9 1 G 4 1 10 2 G 2, 1 88
- Totaux (1) 4 71 4 82 4 2 2 4 4 G 4 G3 4 70 4 53 4 2 2 4 2 2
- RÉPArtition centésimale EN QUATRE CLASSES DES ANIMAUX ARATTUS.
- Classe 1 Go 3 9 G 3 4o 78 G 7 ?5 45 80
- Classe II 2f) 37 27 35 22 33 2.5 33 20
- Classe 111 6 11 5 20 II n 11 11 II
- Classe IV 9 13 5 5 II n fl 1 1 II
- (R Accroissement d'un porc 511 dis. jours. j
- Dans chaque ferme d’expérience, au nombre de vingt-neuf, on a constitué deux groupes homogènes de porcs, recevant chacun une quantité égaie de grain, de racines, etc.; mais tandis que l’un reçoit, comme aliment liquide, du petit-lait, a l’autre, on donne du lait écrémé en quantité correspondante à la valeur nutritive des deux aliments : 1 kilogramme de lait écrémé équivaut a 2 kilogrammes de petit-lait.
- Comme dans les expériences sur les vaches laitières, les animaux sont pesés tous les dix jours : les moyennes de l’augmentation de
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- poids, pendant tontes les périodes de dix jours, sont considérées comme le résultat final de charpie expérience, en ce qui concerne l’accroissement du poids.
- A la fin des expériences les animaux sont abattus, et d’après la quantité marchande du lard, classés en quatre catégories.
- Une série d’expériences en vue de la comparaison de deux aliments n’est terminée que lorsqu’on est en possession de résultats concordants d’un grand nombre de fermes; les moyennes des chiffres alors obtenus fournissent le résultat définitif des essais. 11 va sans dire que tous les aliments expérimentés sont soumis à des analyses complètes au laboratoire de l’Institut.
- Les expériences d’alimentation du porc ont commencé en 1 884 ; elles ont été poursuivies sans interruption depuis cette époque dans vingt-neuf fermes situées dans diverses régions du pays; elles ont porté jusqu’ici sur B,283 animaux. On conçoit combien est grande, pour les cultivateurs, la valeur des résultats d’essais d’alimentation faits sur un nombre aussi considérable d’animaux, dans des conditions irréprochables à tous les points de vue : scientifique, expérimental, économique.
- Voici les principaux résultats auxquels ont conduit ces expériences : on a constaté, en ce qui regarde l’augmentation de poids de l’animal, qu’un kilogramme de grain (orge, seigle ou froment), 1 kilogramme de maïs, 1 kilogramme de tourteaux, 1 kilogramme de mélasse équivalaient, au point de vue de l’engraissement, à 6 kilogrammes de lait écrémé et à 12 kilogrammes de petit-lait. Au point de vue de la qualité du lard, le maïs et les tourteaux se sont montrés inférieurs aux grains (froment, orge, seigle). Les porcs nourris de petit-lait étaient un peu plus gras que les porcs nourris de lait écrémé; par contre, ces derniers étaient plus charnus que les premiers.
- La substitution de racines et tubercules les unes aux autres (betteraves, navets, carottes, pommes de terre), à quantité égale de matière sèche, produit à peu près la même augmentation de poids. L’alimentation avec les racines et les tubercules donne un lard de très bonne qualité,
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- Je laisse au lecteur le soin de calculer, d’après le prix des denrées dont il dispose pour l’alimentation de sa porcherie et en tenant compte de la valeur marchande du lard obtenu, le.régime le plus économique et le plus rémunérateur.
- Il est bien a souhaiter que cette excellente organisation d’expériences à la fois pratiques et scientifiques, — puisque, faites a la ferme et portant sur un grand nombre d’animaux, elles sont conduites avec la rigueur des méthodes scienlifiques,— soit instituée dans nos régions d’élevage, sur les différentes races les mieux adaptées à la lactation pour les vaches laitières, à la production de la chair et du lard pour l’espèce porcine. Nos cultivateurs en retireraient sans nul doute les profits que les agriculteurs danois y trouvent.
- I lESULTATS DE LA DIFFUSION DES METHODES EXPlilUMENTALES. Eli Danemark, les porcheries sont tempérées, bien aérées, le purin s'en écoule facilement.
- Les porcs sont nourris abondamment d’orge et de lait écrémé jusqu’à l’âge de trois mois. En hiver, ils reçoivent des racines hachées, 5 à 8 kilogrammes par jour suivant leur poids; en été, du fourrage vert au pâturage. On donne, comme fourrage concentré, î kilogramme à î kilogramme et demi de tourteaux. On double cette quantité dans les deux à trois semaines qui précèdent l’abatage. On conseille de ne pas nourrir les porcs exclusivement avec du maïs, ce grain contenant trop peu de phosphate calcaire.
- On donne le blé concassé aux vaches et aux porcs; aux porcelets, l’orge entière, dans les premières semaines.
- La paille et le foin sont donnés aux vaches sans distinction et sans être hachés.
- Le Danemark importe beaucoup d’aliments concentrés du bétail, environ i5o,ooo tonnes de tourteaux de coton et 75,000 tonnes de son par année.
- On soigne bien le fumier; les étables sont étanches; le purin est recueilli dans des fosses; le fumier, bien tassé sous hangar à l’abri de la pluie et de la neige, est porté aux champs en automne et au printemps.
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- L’emploi des engrais minéraux est assez répandu : nitrate de soude, scories, superphosphates; on donne 200 à Boo kilogrammes de nitrate par hectare, suivant la nature des récoltes; 300 kilogrammes de scories ou de superphosphates.
- Le sol est en général bien traité : on fait des labours de déchaumage immédiatement après la récolte; puis des hersages et des roulages.
- On emploie 100 à 110 kilogrammes de semences de céréales à l’hectare, 20 kilogrammes de trèfle et de graminées, etc.
- L’ensilage se pratique sous une couverture de 15 centimètres de terre, ou de varech.
- Bilan d’une petite culture danoise. — Comme complément de cette étude sommaire sur l’agriculture danoise, je crois intéressant de reproduire le bilan d’une petite exploitation.
- Voici celui d’une propriété de 2 hectares environ de qualité moyenne (comptes du icr janvier 18c)9 au icr janvier 1900), ayant comme bétail 3 vaches, 2 moutons, i5 poules, les vaches étant em-
- ployées comme bêtes de trait:
- DÉPENSES :
- Intérêts, impôts et contributions................ 1 89/ 00e
- Graines de trèfle, semence de graminées et de navet,
- graines potagères............................. 9 h 80
- SemaiUe.......................................... 9 h 15
- 1,087 kilogrammes de tourteaux oléagineux........ i83 5o
- 5 o kilogrammes de son de lroment............... 700
- 35o kilogrammes de maïs............................... 39 20
- 388 kilogrammes de farine bise........................ 32 55
- 6 porcelets................................ 77 00
- 1 mouton.............................................. 9i 00
- 1 sac d’engrais artificiel............................. 6 3o
- Frais de monte......................................... 2 80
- Primes d’assurance.................................... 11 00
- Compte du vétérinaire.................................. 9 10
- Achat d’une vache.................................... 112 00
- Achat de 4,25o kilogrammes de lait écrémé........ 89 2 5
- Total
- 81 h 65
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- 36 A
- RECETTES :
- \enle de 5,373 kilogrammes cle lait............ /ic) i1 Do0
- Consommation de i,i55 kilogrammes de lait...... 10A oo
- Ide a veaux.............................. A a oo
- de 2 moulons............................... 67 20
- de G cochons............................... 371 00
- de 7b kilogrammes d’œuls.................... G8 00
- de poules et de poulets...................... 9 00
- Consommation des produits de la propriété dans
- le ménage....................................... io3 ao
- Plus-value des animaux domestiques à la fin de
- l’année..................................... 113 Ao
- Total............................. 1,3 G 9 3o
- Recettes...................................... 1,369* ^()0
- Dépenses....................................... 81A 65
- Excédent............................ 55A 65
- L’homme a travaillé pour d’autres cultivateurs pendant 100 jours, de sorte que l’excédent représente son salaire pour le reste de l’année.
- Autre exemple : propriété de 1 hectare 70 ares, avec 3 vaches. Assolement de cette terre :
- 1. Betteraves.
- 2. Vesce et avoine.
- 3. Seigle.
- A. Betteraves.
- 5. Orge.
- 6. Trèfle, etc.
- L’excédent des recettes a été de 7 a A francs 7 5, savoir
- /
- Vaches. Porcs. . Volailles.
- 53 A1 oo° 8 7 5 o 10 3 a 5
- Si l’on introduit dans l’assolement des plantes maraîchères, le produit net peut s’élever plus haut encore.
- Sur une petite propriété de 2 hectares, avec 2 vaches, on suit l’assolement suivant :
- 1. Méteil.
- 2. Carottes.
- 3. Foin.
- 4» Fèves et pommes de terre.
- 5. Betteraves.
- 6. Orge.
- 7. Trèfle»
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- Un demi-hectare est plante en asperges; on doit acheter une certaine quantité de foin et de paille pour nourrir les 2 vaches.
- Institutions diverses. — En dehors de l’excellente organisation des centres d’élevage et des expériences faites dans les fermes sur l’alimentation du bétail, le gouvernement, les sociélés et les grands propriétaires ont concouru et concourent, chaque année, à l’amélioration de la petite culture par un certain nombre de mesures ou d’institutions très remarquables par leurs bons effets.
- Nous allons les passer rapidement en revue :
- i° Société royale d'agriculture. —Fondée en 1 7 b 9, la Société royale d’agriculture possède un capital de plusieurs centaines de mille francs et reçoit une subvention annuelle de l’Etat. Son action consiste principalement en distribution de nombreux prix, publication de travaux, distribution de livres aux bibliothèques des communes rurales, éducation des cultivateurs, des régisseurs de laiterie; elle entretient des professeurs et des conseillers ambulants. C’est d’elle qu’ont émané tous les progrès de l’économie rurale en Danemark.
- . 20 Ecoles agricoles. — Tout d’abord il faut citer l’Institut agricole de Copenhague, établissement d’ou sont sortis beaucoup de travaux très distingués, ceux de Westerman, etc. La première école populaire supérieure a été créée à Rodding, dans le Jutland méridional : elle est restée unique jusqu’en i85o. De i85o a 1864 les événements politiques et la guerre n’ont pas favorisé le nombre de ces établissements et leur développement. Depuis 1898, on compte 70 écoles supérieures populaires, dont 12 écoles agricoles proprement dites, instruisant 2,660 élèves hommes, et 2,646 élèves filles; 2,690 élèves sont fils ou filles de métayers; 1,889 ®^ves sonl 011 ^es
- petits agriculteurs (liusmand).
- Le personnel de ces écoles comprenait, en 1898-1899, 82 directeurs, 6 directrices, 11 8 professeurs et 68 institutrices, recrutés pour la plupart à l’Institut agronomique de Copenhague.
- 3° Les conseillers agricoles de l'Etat. — Des plus utiles pour la propagation des bonnes méthodes culturales, l’institution des conseillers agricoles de l’Etat a été fondée, en 1860, sur l’initiative de la Société
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- royale d’agriculture danoise. M. Segelcke a formé, de 1860 a 1870, une armée de petits laitiers; en 1870, la société a fait choix d’un conseiller chargé de la question de l’élevage des animaux domestiques; en 1877, elle a créé un conseil pour la culture des plantes; en 188^, un conseil pour la chimie agricole. Tous les frais étaient, à cette date, supportés par la Société royale.
- En présence des grands services rendus, l’état désigne en 1880 M. Segelcke comme conseiller chargé de la question de la laiterie; en 1884, la Société le remplace par M. Boggeld. Puis M. Hostrupp devient conseiller de l’Etat pour la question des maladies des plantes; enfin, en 1885 et en 1887, l’Etat prend à sa charge les conseillers pour les questions de culture des plantes et pour les études de chimie agricole.
- L’institution continue à se développer (surtout du côté du hétail) et, de 1888 à 1891, l’Etat crée de nouveaux conseillers.
- Actuellement , on compte 17 conseillers pour les diverses branches, plus des aides pour l’élevage, répartis dans le pays, et 3 directeurs d’expériences. Le traitement des conseillers varie de 3,000 à 3,ûoo couronnes (3,600 à 3,ûoo fr.); les aides touchent 3bo à 700 francs* plus une indemnité de frais de bureau et de déplacements. Ce service coûte, au total, 3Ûo,ooo francs environ au trésor public, somme très minime, si l’on tient compte des services considérables qu’il rend.
- U° Expositions d’animaux. — Les expositions d’animaux ont beaucoup contribué au développement de l’élevage; on y décerne de nombreux prix.
- 5° Centres d’élevage. — Les centres d’élevage sont surveillés et contrôlés par les conseillers, au point de vue de l’alimentation du hétail surtout; l’Etat consacre, depuis 1899, 1 h0,000 francs à ce service.
- 6° Bourses de voyages et d'excursions. — Les bourses de commerce et d’excursions sont accordées aux petits cultivateurs. En 1898,73 en ont bénéficié; 3,000 francs ont suffi pour leur faire visiter les régions les plus intéressantes au point de vue agricole. C’est une excellente institution.
- 70 Primes à la petite culture. — Le total des primes accordées à la petite culture s’est élevé, en 1898, à 36,000 francs, répartis entre
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- Fig. 71. — Situation des stations agronomiques et des champs d’expériences et de démonstrations.
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- petites propriétés, dont les cultivateurs appartenaient à ai so-c i é tés d’a gri cul tu re.
- La plus grande partie de cette somme. (10,000 fr. environ) a été distribuée en emprunt» prime.», c’est-à-dire affectés à une destination obligée par le conseil : amélioration, achat d’instruments, fosses à purin, places à fumier, etc.
- Voici comment on procède à ce genre d’encouragements d’un caractère tout spécial.
- Un comité visite les exploitations, arrête la liste des récompenses : les emprunt» primé» sont accordés sur obligations légales ou cautions du bénéficiaire; si la prime n’a pas été appliquée à l’objet désigné par le comité, le remboursement peut être réclamé, après avertissement G mois à l’avance.
- Les emprunts primés sont accordés aux petits cultivateurs possédant jusqu’à 5 hectares de terres (maximum), mais à la condition qu’ils aient du bétail et pas plus d’un cheval. Des primes s’élevant jusqu’à îào francs peuvent être accordés pendant plusieurs années de suite au même cultivateur.
- Stations aoronomioues. — La carte de la page 367 donne un aperçu exact de la situation des stations agronomiques danoises.
- Mise ex culture et boisement des landes. — Qu’étaient autrefois les landes jutlandaises? Des espaces couverts de bruyères et portant quelques arbustes; les arbres y étaient rares et les troupeaux de moutons n’y trouvaient qu’une maigre nourriture. ccCe n’était pas, écrit M. Ludwig Schrader dans une intéressante brochure publiée en 1900 par la Société pour favoriser l'exploitation des produits danois, tout à fait un désert, mais parfois d’un petit village landais à un autre on pouvait compter bien des lieues. 7? En 1866, il y avait en Jutland plus de 9,000 kilomètres carrés de terrains vagues, c’est-à-dire plus du tiers de la presqu’île. De 186G à 1896, sur ces 9,000 kilomètres carrés, plus de 5,000 ont été mis en culture. Il en faut, en grande, partie, rapporter l’honneur à la Société danoise des landes, fondée en 1866 par un officier du génie M. Enrico Mylins Dalgas.
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- rrOn a déjà eu, écrit M. Ludwig Scbrader, et on voit encore surgir nombre de fermes là ou il n’y avait naguère que des terres incultes.»
- Le boisement n’a pas été négligé : depuis 1866, il a porté sur f)08 kilomètres carrés de landes jutlandaises. L’Etat avance un quart des frais de reboisement, à condition que le planteur s’engage à ne pas défricher.
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- J). CREDIT RURAL (LEGISLATION DE 1898 ET DE 1899).
- IC X O DK DANS LES VILLES. — LOI DU 2/i MARS 189!) ; SES DISPOSITIONS; SES EFFETS. • LOI DU 26 MARS 1898.
- SOCIÉTÉS DE PRÊTS A L’AGRICULTURE: LEUR RÉGLEMENTATION.
- Création de la propriété pour la classe des ouvriers ruraux. — La tendance des populations rurales à se porter vers les villes s’accentue, d’année en année, dans la plupart des pays de l’Europe occidentale et chaque recensement nouveau atteste une diminution du chiffre de la population rurale.
- De toutes parts ou se préoccupe de cette dépopulation des campagnes et des remèdes à lui opposer. Le Parlement, la presse, les assemblées départementales voient naître chaque jour des propositions diverses, inspirées par le sentiment du danger réel dont est menacée, particulièrement en France, la première des industries nationales et, par suite, le pays lui-même.
- Si la gravité des problèmes que soulève cet état de choses est incontestable, les moyens d’y remédier sont d’autant moins aisés à formuler qu’il s’agit de modifications profondes à amener dans l’esprit des campagnards, plus encore que de mesures à édicter et de changements à apporter, par voie législative, aux institutions. Il ne faudrait pas cependant induire de là qu’il n’y ait rien à tenter pour enrayer le mouvement qui porte le paysan à venir demander, à l’atelier ou à l’usine, une amélioration à son sort, amélioration qu’il y rencontre rarement.
- Dans le domaine de l’économie rurale de nombreuses améliorations s’imposent dont la réalisation doit être poursuivie avec ardeur par ceux qui, à un titre quelconque, peuvent exercer sur l’avenir agricole du pays une influence favorable.
- Il me paraît très important de signaler quelques-unes des innovations et des réformes qu’a inspirées au gouvernement danois la nécessité de combattre la tendance des habitants de la campagne à affluer dans les villes ou même à émigrer. Je regarde comme une tâche très sérieuse pour les publicistes et les agronomes de chercher à convaincre l’opinion publique de l’urgence des mesures de divers ordres : réformes
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- administratives et législatives, développement du principe d’association, etc., qui, en améliorant le sort du paysan, en lui donnant les moyens de tirer un meilleur profit du sol, en lui permettant, quelque médiocres que soient ses ressources, de devenir propriétaire d’un lopin de terre, ne sauraient manquer de le rattacher à la vie rurale.
- Au cours du xixe siècle et surtout dans les cinquante dernières années, s’était développée en Danemark, dans les campagnes, une population ouvrière très nombreuse, ne possédant aucune propriété immobilière et vivant, en location, dans des maisons sans terres. Celte population ne pouvait bénéficier des mesures favorables à l’amélioration du sort du petit cultivateur que nous avons précédemment fait connaître : laiteries coopératives, sociétés pour la vente des produits, etc. Les conditions peu satisfaisantes dans lesquelles se trouvaient ces ouvriers de la campagne provoquèrent leur émigration, en grand nombre, dans les villes et à l’étranger : en 1893, plus de 3,000 quittaient leur maison des champs. La majeure partie allait demander aux Etats-Unis d’Amérique ou au Canada des moyens de subsistance; le reste affluait dans les villes danoises. Dans cette seule année, l’émigration totale montait à 5,ooo personnes. Les associations agricoles et le gouvernement danois, si soucieux des progrès de l’agriculture nationale et, particulièrement, de ceux de la toute petite culture, voyant l’émigration vers les villes et vers l’Amérique augmenter et les communes rurales se dépeupler proportionnellement, résolurent d’ouvrir une enquête sur les moyens de donner à un plus grand nombre possible de familles des maisons rurales avec une terre pouvant nourrir d’une à trois vaches.
- La question posée sur ce terrain, en 1893, lors de la réunion des délégués agricoles du Jutland, aboutit a la nomination d’une commis sion qui fut instituée par une loi, le 13 avril 189/1. Cette commission travailla sans relâche à la vaste étude qui lui était confiée et, après le dépôt de son rapport, fut promulguée, le 2/1 mars 1899, la loi sur les lots de terre à procurer aux ouvriers des campagnes.
- Cette loi bienfaisante, qui n’a, que nous sachions, d’analogue chez aucune nation, mérite d’attirer l’attention du législateur et des économistes des pays où la petite culture occupe, comme chez nous, une
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- place considérable et où l’on déplore, à juste raison, l’abandon des campagnes pour les villes. Sans se faire trop d’illusion sur l’influence que peut avoir la législation surla diminution de l’abandon des champs pour la ville, où trop de campagnards espèrent trouver un bien-être qui leur échappe si souvent, il est permis de penser qu’il y a beaucoup à attendre de la transformation que la loi danoise apporterait dons les conditions d’existence de l’ouvrier rural, surtout si l’on y ajoute le bénéfice de l’institution du crédit à la petite culture, organisé, en 1898, en Danemark, dont je ferai connaître tout à l’heure les traits essentiels.
- La loi du 2Ù mars 1899 autorise l’Etat à prêter, dans les conditions qu’011 va voir, une somme de 2 millions de couronnes, environ 2,800,000 francs, par an, pendant cinq ans aux ouvriers, pour leur permettre d’acquérir ce qu’011 nomme en Danemark Y Imsmandsbrufr (exploitation de petit cultivateur).
- Cette loi accorde, aux ouvriers économes et sobres, des prêts sur la caisse de l’Etat pour l'acquisition de lots de terre, soit pour y ériger une construction, soit pour les joindre aux maisons sans terre, au cas où les ouvriers en posséderaient une.
- Dans chaque département, la loi a créé une commission de trois membres, élus par le Ministère de l’Agriculture et le conseil général, et dont l’un, au moins, doit être un petit cultivateur Çlmsmand). L’ouvrier (jui sollicite un lot de terre doit satisfaire à plusieurs conditions au point de vue de l’honnêteté, de l’âge, etc., et il peut s’adresser directement à la commission. Les propriétés que les ouvriers peuvent acquérir devront être, en moyenne, de 3 à k hectares : leur superficie ne sera pas inférieure à 1 hectare 10 ares (2 tonneaux de terre) et, en principe, elle ne doit pas dépasser 5 hectares. La valeur de la propriété, comprenant bâtiments, bétail et mobilier, ne pourra pas excéder 5,6oo francs (ù,ooo couronnes).La loi exige, en outre, que l’ouvrier, pour qu’il puisse obtenir le prêt, soit lui-même possesseur d’une somme représentant un dixième de la valeur totale de la propriété. Le prêt accordé pourra représenter jusqu’aux 9/1 ocs de la valeur de la propriété. L’Etat se réserve la première hypothèque sur la propriété, les constructions, le bétail, etc.
- L’emprunteur paye un intérêt de 3 p. 0/0 par an. Une moitié du
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- |>rôt n’est pas sujette à amortissement, avant que l’antre, amortie sur le pied de k p. o/o par an, ne soit remboursée : le reste est alors amorti au taux de 3.5o p. o/o, sur lesquels 3 p. o/o représentent les intérêts. De plus, le prêt dont l’Etat, ne peut exiger le remboursement sous une autre forme, tant que la propriété est bien tenue et exploitée selon son objet, c’est-à-dire comme petite culture, est accordé sans aucun amortissement, pendant les cinq premières années.
- La somme que l’Etat est autorisé à affecter par annuité à ce service, pendant cinq ans, doit être répartie entre les bailliages du pays proportionnellement au nombre des demandes qui auront été faites. Si la somme allouée, pour un exercice, n’était pas complètement épuisée, le reliquat pourrait être reporté sur l’exercice suivant.
- Si un ouvrier, désireux d’acquérir une petite propriété dans les conditions de cette loi, ne trouve pas de terre à acheter, il doit s’adresser au conseil municipal qui cherche à provoquer, de la part des particuliers, des offres à des conditions convenables. Quand un ouvrier a choisi une terre dont il désire faire l’acquisition, il inscrit sur le modèle imprimé qui lui est donné par la commission tous les renseignements relatifs à la contenance de la terre qu’il désire acquérir, au prix qu’il y peut mettre, aux plans de construction du bâtiment, s’il n’en existe pas déjà un. Il indique l’estimation approximative des dépenses que rendront nécessaires cette construction, l’achat du bétail et du mobilier indispensables. D’ordinaire, la propriété ne doit pas revenir à l’acheteur à plus de 5,6oo francs. La pétition, ainsi établie, est envoyée au comité préfectoral, par l’entremise du conseil municipal.
- Quand le paysan a reçu avis qu’il est qualifié et agréé pour obtenir un prêt de l’Etat et qu’il a prouvé au Ministère de l’Agriculture, par la déclaration du comité de la préfecture, que les bâtiments sont bien construits et que la propriété est pourvue du bétail et du mobilier nécessaires, il demande le prêt correspondant aux 9/1 oes de la valeur totale. Sur la proposition du comité de préfecture, on peut même lui faire des avances sur cet emprunt pendant les constructions. Personne ne peut obtenir plus d’un emprunt.
- Tant que l’emprunt d’Etat n’est pas réduit, par l’amortissement, à la
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- moitié do la valeur originaire de la propriété, celle-ci, avec ses accessoires ne peut pas être grevée d’autres hypothèques. Le comité de la préfecture veille à ce que la propriété soit Lien exploitée. Si le propriétaire la néglige, elle peut être vendue. Si l’emprunteur meurt, un de ses héritiers peut le remplacer, à la condition de satisfaire aux clauses du contrat. De même, le Ministère de l’Agriculture peut autoriser le propriétaire a vendre, s’il juge son emprunteur solvable.
- Telle est, dans ses dispositions générales, la loi démocratique de 1899; elle ouvre une ère nouvelle au prolétariat des campagnes danoises, en permettant au journalier de devenir propriétaire d’un lopin de terre, dont la production assurera son existence et celle de sa famille, beaucoup plus sûrement que l’émigration à la ville ou à l’étranger, et dans des conditions d’indépendance, de liberté et de santé supérieures à celles qu’il pourrait trouver dans les agglomérations urbaines. L’exemple des hmmœnd, si nombreux déjà en Danemark, a montré qu’une famille, propriétaire d’un à deux hectares de terre, de quelques vaches et porcs, d’une petite basse-cour, peut, grâce au développement de la coopération (laiterie, vente des œufs, etc.), s’assurer des ressources suffisantes et supérieures, en tout cas, à celles qu’elle demanderait au travail dans un atelier industriel^.
- Les prêts a la petite culture. — Devenu propriétaire par la loi de 1899, l’ouvrier rural trouve, dans l'organisation des prêts à la petite culture, institués par la loi de 1898, les moyens d’augmenter la production de son lopin de terre et de sa modeste étable, dans des conditions que je vais faire connaître, en résumant les principales dispositions de la loi relative aux prêts à la petite culture.
- La loi du 26 mars 1898 autorise le gouvernement à disposer, sur les fonds de l’Etat, d’une somme de 5 millions de couronnes (7 millions de francs), à employer en prêts à 3 p. 0/0 aux sociétés d’agriculture, avant pour objet de faciliter à leurs membres l’emprunt du capital nécessaire à leur exploitation, au moyen de la responsabilité solidaire
- (l) Depuis sa promulgation jusqu’à la fin de 1901, la loi de 1899 a provoqué la création de près de deux oenl cinquante nou-
- velles petites exploitations agricoles, ce qui l’ail bien augurer de l’avenir.
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- de tous les associes, pour les emprunts contractés. Les statuts de ces sociétés doivent être approuvés par le Ministère de l’Agriculture. Le but de l’association doit être exclusivement de prêter, temporairement, à ses membres le capital nécessaire pour couvrir les frais de culture courante. Pour déterminer la quotité du prêt maximum à accorder à chaque associé, la loi se fonde sur le nombre de têtes de gros bétail à cornes qui peut être entretenu normalement sur la propriété. Le prêt maximum, pour chaque exercice, est de 5o couronnes (69 fr. 5o) par tête de gros bétail; il est remboursable, au plus tard, au bout de neuf mois. Un associé ne peut contracter un nouvel emprunt qu’un mois après le remboursement de l’ancien. Le taux d’intérêt, identique pour tous les membres de la société, est fixé par la direction; il ne peut pas excéder ù.5o p. 0/0. Mais jusqu’à cette limite la direction est libre de le déterminer comme elle l’entend. Aucun gage ni caution à fournir par l’emprunteur, car la responsabilité solidaire des membres de la société envers le trésor public est considérée comme suffisante pour le garantir contre les pertes, le principe même de la loi étant que les associés sont garants les uns des autres, à conditions égales.
- Les sociétés doivent être administrées par un conseil de direction, composé de cinq membres non rénumérés. Quatre des membres de ce conseil doivent être élus par l’assemblée générale; le cinquième, qui en est le président, est nommé par le conseil d’arrondissement, sur la proposition des membres élus du conseil de direction. Toutefois, le premier conseil, qui est chargé d’organiser la société, est nommé tout entier par le conseil d’arrondissement. Le conseil de direction a seul le droit de recevoir les adhésions; il a, aussi, celui d’exclure des membres de la société ou de réduire l’estimation de la valeur d’emprunt d’une propriété, s’il juge que la situation du propriétaire l’exige. Lors de l’admission de chaque membre, la direction est tenue de faire une estimation de sa propriété, calculée en vue de l’emprunt. Le maximum de cette estimation se détermine d’après le nombre de têtes de gros bétail. Les associés peuvent, à toute époque, se retirer de la société, mais ils ne sont déchargés de la responsabilité, envers l’Etat et la société, qu’à partir du moment où tous les prêts consentis avant leur admission sont remboursés.
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- ACttlCU LT [1 RE.
- La loi enjoint à toutes les sociétés de créer et d’entretenir un fonds de réserve pour lequel les membres doivent verser, à leur entrée dans la société, line somme d’une couronne (î fr. dp) au moins par tête de bétail qu’ils possèdent. De plus, l’excédent de chaque exercice, s’il y en a un, est versé à ce même fonds. Le déficit, par contre, serait couvert en premier lieu par les associés, entre lesquels il est réparii jusqu’à concurrence d’une demi-couronne (ofr. 70) par tête de bétail. Le surplus est pris sur le fonds de réserve qui, cependant, ne doit pas être réduit au-dessous d’une demi-couronne par tête de bétail. En cas d’insuffisance, 011 recourrait à une taxe supplémentaire sur les associés.
- Toute société peut obtenir de la caisse de l’Etat, comme capital de roulement, une avance qui ne peut dépasser la somme cledo couronnes (h 1 fr. 70) par tête de bétail. Les associés ayant le droit de demander un prêt de 5o couronnes par tête de bétail, mais ne demandant pas tous en même temps à emprunter, l’avance de l’Etat suffit au fonctionnement de l’association.
- Gomme il est interdit aux sociétés d’opérer avec des avances autres que celles que lui fait l’Etat, le cas échéant, la direction ajournerait la demande d’emprunt d’un associé, jusqu’à ce qu’il y puisse être fait droit au moyen du remboursement d’autres prêts.
- Oui re la faveur que la loi fait aux sociétés, en mettant à leur disposition les fonds du trésor public, elle leur accorde l’exemption du timbre pour les actes d’emprunt et celle du droit d'exécution pour leurs créances contre les associés.
- La loi prescrit que les sociétés de prêts à l’agriculture, comme les autres sociétés coopératives agricoles, limitent leurs opérations à un district déterminé et que le total des valeurs d’emprunt ne soit ni supérieur à 10,000 têtes de bétail, ni inférieur à 1,000, sans une autorisation spéciale du Ministère de l’Agriculture.
- Gomme il est de toute nécessité que le conseil de direction connaisse exactement la situation de tous les associés, à l’occasion des risques attachés à ce genre d’opérations, la plupart des associations bornent leur action à une circonscription très restreinte, ne comprenant en général qu’une ou deux communes. Gela fait que le Ministère de l’Agriculture a dû, plus d’une fois, autoriser la fondation de sociétés
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- constituons, par communes, avec une valeur d’emprunt inférieure à 1,000 têtes de bétail. La plupartdes sociétés sont en relations étroites avec, les laiteries coopératives dont nous avons fait connaître l’importance en Danemark, les participants de ces coopératives pouvant seuls devenir membres des sociétés de prêts. Cette organisation diminue considérablement les risques, les administrations des laiteries étant très au courant de la situation de leurs participants.
- Pendant-l’année qui a suivi la promulgation de la loi de 1898, il s’est formé très peu de sociétés; par contre, au cours des deux dernières années, leur nombre s’est tellement accru que les 5 millions, conservés et mis à leur disposition, sont à peu près épuisés. La lenteur avec laquelle ces sociétés se sont formées au début avait pour cause la crainte très naturelle que faisait éprouver aux cultivateurs la perspective des risques attachés a cette forme de crédit. Cette crainte, que rien n’a justifiée, est aujourd’hui tout à fait dissipée : d’un autre côté, les conditions auxquelles les sociétés consentent des prêts à leurs membres, si avantageuses en comparaison de celles qu’offre le marché monétaire, ont contribué beaucoup à la multiplication de ces sociétés.
- A la fin de 1900, on en comptait 197 disposant d’un capital de A, 9 6 A, A A0 couronnes (7 millions de francs), pour avances aux cultivateurs.
- On considère, en Danemark, que la loi du 26 mars 1898 est un point de départ plein de promesses pour la petite culture, dans la voie du crédit basé sur l’association. Le but du législateur est d’amener les sociétés qui doivent leur existence et leur prospérité à cette loi à acquérir elles-mêmes le capital nécessaire au développement de cette excellente institution.
- Le Danemark, dont nous avons pu, avec tant d’intérêt, à l’Exposition universelle, étudier les institutions agricoles, est peut-être de toutes les nations européennes celle qui a réalisé de la manière la plus complète l’association de la science, du capital et du travail, dans la direction de l’exploitation productive du sol.
- Après avoir développé par des moyens multiples la propagation chez les paysans des notions fondamentales de culture et d’élevage; après les avoir convaincus du bienfait immense de la coopération pour
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- la production et la vente de leurs denrées, au point de couvrir le pays d’associations coopératives prospères, groupant plus des trois quarts des chefs de familles rurales, les hommes distingués et d’un dévouement infatigable à l’agriculture, dont la Société royale de Copenhague est la plus haute et la plus heureuse émanation, ont trouvé dans l’Etat un précieux concours. Il leur a donné les moyens de compléter leur œuvre de progrès dont le point de départ est l’application du principe d’association reposant sur l’initiative individuelle, et sans recours aux mesures protectionnistes ou fiscales qui, quoi qu’on fasse, participent du socialisme d’Etat ou y conduisent.
- L’Etat danois s’est fait le collaborateur actif du progrès agricole. Mais il n’est point Y Etal-Providence, ce dont on ne saurait trop le féliciter.
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- SUEDE.
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- CHAPITRE XV.
- SUÈDE.
- A. SOL, CLIMAT, POPULATION.
- 0 AI! A CT K U ES DU SOL. — COMPARAISON DE LA TEMPERATURE A PARIS ET DANS DIVERSES VILLES DE LA SUÈDE. - LONGUEUR DES JOURS. — DUREE DE L’ETE ET DUREE DE L’HIVER. — MOYENNE D’EAU TOMBÉE. — POPULATION : SON ACCROISSEMENT; SA DENSITE. — NOMBRE DES DECES. — EMIGRATION. — POURCENTAGE DE LA POPULATION AGRICOLE.
- Sol. — Avec ses 448,ooo kilomètres carrés, la Suède correspond à 4.57 p. loo de la surface de l’Europe. Elle se compose d’une suite de vallées, où se concentre la population et dont le sol est cultivé. Les hauteurs sont entièrement boisées.
- Climat. — Relativement a sa situation boréale, la Suède jouit, grâce ù sa faible altitude moyenne, d’un climat extrêmement favorable. Si, en effet, prenant pour point de comparaison la température de Paris, on compare les températures de trois villes, situées : Lund, dans la partie la plus méridionale du pays; Stockholm, dans la partie centrale et Haparanda, sur la rive septentrionale du golfe de Bothnie, on remarque que la température moyenne de chaque jour de l’année varie : à Paris, de + 3° à + iq°; à Lund, de — i° à + i6° 1/2; â Stockholm, de — 4° 1/2 à + 170; a Haparanda, de — 1 20 à + 15°.
- Il est a noter que, dans toute la Suède, le maximum de froid est atteint en février et que son été, beaucoup plus long, n’est pas très sensiblement plus chaud. Cette température de l’été explique pourquoi la culture est possible en Suède, même en dehors du cercle polaire où la température moyenne est cependant inférieure â zéro. L’été n’est, du reste, pas seulement chaud; les jours en sont particulièrement longs (à Haparanda le soleil reste, au-dessus de l’horizon, un peu plus de vingt-trois heures au solstice d’été); il en résulte une abondance de lumière solaire.
- Si, adoptant la définition populaire des Suédois, nous appelons é/é le temps de l’année pendant lequel la température moyenne du
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- jour se maintient au-dessus de 1 o°, et hiver celui où cette température est inférieure à zéro, nous voyons que, dans la partie septentrionale du pays, l’été commence à la mi-juin pour finir a la mi-aoùt, et qu’à Lund il dure quatre mois et demi; que l’hiver, qui est de sept mois dans le Nord (octobre à mai), n’est que de trois dans le Sud.
- La moyenne d’eau tombée varie, suivant les régions de la Suède, de 689 millimètres (Elksbourg) à ùoi millimètres (Norrbotten) ; elle est, en moyenne, pour l’ensemble du pays, de 5oi millimètres. C’est durant la fin de l’été qu’il pleut le plus abondamment. Chaque hiver, la neige couvre toute la Suède. Ce qui en reste sur le sol et y forme couverture ne constitue pas moins, dans la Laponie septentrionale, de 36 p. 100 de la quantité d’eau tombée; en Scanie, la neige ne compte que pour 9 p. 100 de la chute d’eau.
- Population. — La population de la Suède s’élève à un peu plus de 5 millions d’habitants (dont 90,000 de race finnoise, 7,000 Lapons et 90,000 de nationalités diverses).
- L’accroissement de la population suédoise est constant; on peut s’en rendre compte par le tableau suivant :
- POPULATION À DIVERSES ÉPOQUES DANS LES FRONTIERES ACTUELLES, • PRISE À LA FIN DE L’ANNEE.
- ANNÉES. POPULATION. ACCROISSEMENT PAR AN. P. 100.
- 1570 900,000 // //
- 1650 1,220,000 A,o63 3.86
- 1700 i,/i85,ooo 5,200 3.86
- 1720 1,35o,ooo — 6,750 — 4. 7 5
- 1755 1,878,000 i5,o86 9.A8
- 1815 2/165,000 9>783 4.54
- 1865 A,099,000 32,680 10.22
- 1900 5,i5o,ooo 30,029 6.54
- On remarquera que le chiffre de 1790 est inférieur à celui de 1700; cette diminution provient des souffrances que causa, au peuple, une suite de guerres. De 1755 à 181 5, une cause semblable
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- ramena le p. 100 de l'accroissement de 9,48 à 4,54; il s’élève ensuite à 10.93 pour retomber (par suite d’une émigration intense et bien que l’augmentation des naissances se soit maintenue) à 6.54; il a tendance à se relever.
- Alors que la densité moyenne de la population en Europe est de 4o habitants par kilomètre carré, elle est de 11 seulement en Suède. La faiblesse de cette moyenne est plus apparente que réelle. Ainsi, dans tout le Nord, on ne compte pas 1 habitant par kilomètre carré, tandis que sur certaines cotes-sud, il y en a plus de 5o, les villes non comprises.
- Enfin, il est intéressant de noter que, de 1886 à i8q5, le nombre des décès ne s’est élevé qu’à i6,4<j pour 1,000 de la population, ce qui constitue le chiffre le plus bas constaté, jusqu’ici, chez un peuple européen; dans la même période, nous trouvons cette moyenne légèrement moins bonne en Norvège : 16,9; en Angleterre, elle atteint 18,8 et en France 99,9 , c’est-à-dire qu’elle est d’un quart plus basse, en Suède, que chez nous.
- La longueur de la vie moyenne esl de 5o ans 09, en augmentation de 1 5 ans depuis 1775.
- RÉPARTITION DE LA POPULATION PAR PROFESSIONS.
- r.ROUPES 1870 1890. 1898 0).
- DE PnOFESSlOJiS. POPULATION TOTALE. p. 100. POPULATION TOTALE. p. 100. POPULATION TOTALE. p. 100.
- Agriculture el pèche Industrie a,995,86 Zi 613, Ai k 21 0,9/10 368,127 71.87 1/1.71 5.o6 8.36 2,91/1,98/1 1,087,072 626,911 356,oi h 60.92 22.72 8.92 7. k h 2,858,ooo 1,827,000 51/1,000 36/i,ooo 56.65 26.21
- Commerce et iransporl Professions libérales........ 10.15
- Totaux /i,i 68,525 100.00 6,786,981 100.00 5,o63,ooo 100.00
- I1) D’après des calculs approximatifs.
- J’ai eu l’occasion de dire que l’intensité de l’émigration avait considérablement nui à l’augmentation de la population. En effet, des 916,000 émigrés constatés de 1861 à 1895, i35,ooo seulement
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- SUEDE.
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- Densité
- de la population dans les campagnes à la fui del'ounée 1895 D’après un calcul fail pour chaquecoiu m une en particulier.
- Habilcmls par kilomètre caw’.
- VM Moins de 1 hab. IH 1 - b hab. fïïlïïl "1-20 hab. 20-50 hab. Plus de 50 hab.
- 12 Est de Greenwich
- F%. 7/i.
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- EXPOSITION DE 1900.
- — AGRICULTURE.
- sont revenus au pays natal; il y a donc une différence de 800,000 personnes environ, au bénéfice de l'émigration, ce qui est considérable sur une population de 5 millions d’âmes. Ce fut dans les périodes 1868-73 et 1879-98 que cette émigration atteignit son maximum; elle est à l’heure actuelle, à nouveau, peu considérable.
- Il est à noter que plus de la moitié de la population lire ses moyens d’existence de l’agriculture qui se trouve mériter ainsi le nom que les Suédois lui ont donné depuis longtemps d'industrie mère. Le tableau de la page 38e donne quelques chiffres au sujet de la répartition de la population.
- lî. AlilUCULTUlUi.
- HISTORIQUE. — ÉTAT ACTUEL. — ANCIEN MORCELLEMENT DE LA PROPRIÉTÉ; RÉUNION DE PARCELLES. — NOMBRE ACTUEL DES EXPLOITATIONS AGRICOLES. — FERMAGE. — VALEUR I)E LA TERRE. - RÉPARTITION DES CULTURES. - MÉTHODES DE CULTURE. — CÉRÉALES. — TOTAL DES TERRES ENSEMENCÉES; PRODUCTIONS; ENSEMENCEMENTS; RÉCOLTE MOYENNE PAR HECTARE; POIDS PAR HECTOLITRE DE RÉCOLTE. — RACINES. — PLANTES FOURRAGERES.
- IIisToiuQUE. — Du moyen âge au xixc siècle, l’agriculture 11e progressa pour ainsi dire pas en Suède. A l’époque dite de la liber le (1718-73), son développement donne cependant naissance à une riche littérature agricole et c’est alors que naît J.-G. Wallerius, ([lie certains ont nommé le père de la chimie agricole. Il est à noter que rarement, durant cette période, l’Etat encouragea l’agriculture, qu’il considérait comme peu lucrative; d’autre part, la situation des paysans ne leur permettait aucune tentative dans la voie du progrès; c’est donc à l’initiative de quelques riches propriétaires terriens que sont dues les quelques améliorations réalisées à cette époque.
- De 18/10 à nos jours, on peut diviser l’histoire de l'agriculture suédoise en deux parties :
- i° Jusqu’en 1870 environ, la production du blé est la principale; on l’augmente par des défrichements;
- 2° Depuis 1 870, on a recours à une fumure beaucoup plus intense; le contingent du bétail s’élève rapidement; l’exportation des céréales cède en grande partie sa place à celle du beurre.
- Aujourd’hui, dans la majeure partie de la Suède, les cultivateurs ont résolument adopté les méthodes scientifiques; en Scanie et dans le sud du Halland, l’agriculture est particulièrement prospère.
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- SUEDE.
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- Fig.
- T'
- auiucuetuui:.
- 2 ;)
- IMPMMERIE NATIONALE.
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- 386
- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- Les chiffres ci-dessous donnent la valeur de l’importation et de l’exportation des produits agricoles (provenant, soit de l’agriculture proprement dite, soit de l’élevage du bétail):
- MOYENNES DES ANNÉES. IMPOItTATION. EXPORTATION. EXCÉDENT de L’EXPORTATION.
- couronnes l1). couronnes. couronnes.
- 1871-1875 46,365, OOO 01,659,000 + 5,116,000
- 1876-1880 5g,208,000 55,568,ooo — 3,660,000
- 1881-1885 69,1 07,000 55,107,000 — i6,o5o,ooo
- 1886-1890 55,707,000 58,36i,ooo + 4,654,ooo
- 1891-1895 53,069,000 66,973,000 -f- 13,926,000
- I1) La couronne vaut 1 fr. 38g.
- Répartition de la propriété. — La question de la répartition de la propriété est, en Suède, intimement liée à celle des progrès réalisés par l’agriculture. En effet, les petits propriétaires, qui ont toujours été fort nombreux, avaient leurs propriétés sectionnées en une infinité de lots disséminés : dans certains villages, une vingtaine de paysans en détenaient de 5 à 6,ooo. Ces lopins étaient de longues landes de terre, souvent étroites à ce point qu'on n’y pouvait tourner avec une voiture sans entrer dans le domaine du voisin. On conçoit aisément les inconvénients qui résultaient, pour la culture, d’un pareil morcellement. Aussi en 17/19, 1767, 1761, des lois ont-elles été promulguées pour opérer le remembrement des territoires (slorshiste), toutes les terres d’un propriétaire (champs et prés) devant autant que possible être réunies. Les avantages résultant de l’attribution de terres plus fertiles, qui pouvaient résulter des échanges forcés auxquels donnait lieu cette nouvelle répartition, furent compensés par l’allocation d’une plus grande quantité de terres. Actuellement cette très importante opération est achevée, sur 70 p. 100 des terres suédoises, il reste 5 p. 100 sur lesquels elle est encore à faire; quant au dernier quart, une nouvelle répartition a été jugée inutile.
- Après 18/10, le nombre des grandes propriétés a augmenté; dans ces dernières années, il a tendance à diminuer.
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- Aujourd’hui, le nombre des exploitations agricoles est légèrement inférieur à 834,ooo, comprenant a peu près, chacune en moyenne, 10 hectares de terres cultivées. De ces exploitations, î p. îoo comprend plus de îoo hectares. i5 p. îoo seulement des exploitations sont cultivées par des fermiers.
- Valeur de la propriété. — Les prix de la terre ont été en rapport avec la valeur des céréales. Ils sont actuellement beaucoup plus bas qu’il y a vingt-cinq ans. En Scanie, où la production du lait, du beurre, des betteraves, est très importante, la baisse a été sensiblement moins forte. On estime a environ 3,ioo millions de couronnes la valeur de 1 ensemble des biens fonciers (la couronne vaut î fr. 389).
- Répartition des cultures. — Le total des terres cultivées est, en
- Suède, d’environ 3,500 ,000 hectares ainsi répartis :
- Jardins de loutcs espèces. liectare3. 36,807 Pommes de terre hectares. 167,983
- Froment 73,(j8l Autres 'plantes lubercu-
- Seigle 4 10,454 ieuscs 43,783
- 0rhrfi 220,834 Plantes filamenteuses.. . 4,465
- Avoine 82 3,4oo Fourrages 1,14 2,2/10
- Méleil (avoine et orge).. 12 5,4 31 Jachères 42i,65i
- Pois 26,169 Cultures diverses 964
- Fèves Vesces cultivées 5,767 Total 3,51 o,465
- 17,936
- Si, aux terres cultivées, nous ajoutons les prairies naturelles (1,485,902 hectares), nous constatons qu’une superficie d’environ 5 millions d’hectares est livrée a l’agriculture, soit 1 hectare par habitant. Il ne faut, du reste, pas oublier que, par suite de la situation septentrionale de la Suède, la répartition des terres cultivées varie, suivant les régions, dans de très larges proportions : dans l’extrême Nord, a peine un dix-millième de la superficie est cultivé; dans le Sud, au contraire, plus de 90 p. 100 le sont. Enfin, il faut noter que, dans le dernier siècle, le total des terres cultivées a quadruplé.
- Méthodes de culture. —Avant i84o, il était rare qu’on laissât les champs se reposer en produisant des plantes fourragères. La rotation
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- SUÈDE.
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- des cultures s’est généralisée depuis, même dans les fermes moyennes : on divise la terre en plusieurs parties qui, tour à tour, produisent des récoltes de Lié, de racines et d’herbages; puis, on les laisse une année en jachère. Depuis une cinquantaine d’années, on recourt au drainage. On s’est, d’autre part, attaché à augmenter la quantité d’engrais utilisée et leur qualité. Il faut, en outre, noter que la substitution des bœufs aux chevaux, comme bêtes de somme, s’est généralisée. Enfin, depuis 1870, le nombre des machines et outils agricoles s’est considérablement accru.
- Fig. 77. — Récolle totale annuelle, en quintaux, dos céréales (Suède).
- Céréales. — Le tableau suivant montre qu’on livre chaque année, en Suède, une plus grande superficie de terres à la culture des céréales ;
- TERRES ENSEMENCÉES EN CEREALES , EN 1801-1897 (PAR HECTARES).
- MOYENNES DES ANNÉES. TOTA !.. FROMENT. SEIGLE. ORGE. AVOINE. MÉTEIL. LÉGU- MINEUSES.
- 1801-1820.... 552,i 5o i 5,i 5o 1 80,000 161,000 113,5 00 67,500 26,000
- 1821-1840.... 724,800 21,800 OO CTi O O O 187,600 102,000 82,000 45,000
- GO 1 00 O O 911,000 33,2 5o 292,500 210,000 226,500 98,750 55,ooo
- 1861-1880.... 1,289,926 58,2 43 355,o5i 225,196 5i6,o53 80,383 55,ooo
- 1881-1890.... 1,505,992 72,899 38o,665 226,517 734,966 95,465 66,490
- 1891-1895.... 1,676,826 77,5i° 894,401 220,642 813,201 117,687 62,984
- 1897 1,696,907 78,760 402,977 219,408 819,231 126,764 49,777
- De 97a kilogrammes, par habitant, au commencement du xixc siècle, la production annuelle des céréales a atteint 484 kilogrammes à la
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- 390
- EXPOSITION DE 1900
- AGRICULTURE
- fin du xix.c siècle. Durant le même laps de temps, la consommation s’est élevée de 287 à kh0 kilogrammes.
- RÉCOLTE TOTALE DES CEREALES ET SA REPARTITION.
- MOYENNES DES ANNÉES. POPULATION MOYENNE. TOTAL DES CÉRÉALES. PAR HABITANT.
- RÉCOLTE. SEMENCE. IMPORTATION ( —) EXPORTATION ( + ) !•). CONSOM D ATION. RÉCOLTE. CONSOM- MATION.
- quintaux. quintaux. quintaux. quintaux. kilogr. Idlogr.
- 1801-1820.. 2,436,000 6,620,000 1,187,000 — 3 4 0,0 00 5,773,000 272 237
- 1821-1840.. 2,883,000 8,490,000 1,560,000 — 10,000 6,945,000 295 24l
- 1841-1860.. 3,476,000 12,043,000 1,963,000 -j- i54,ooo 9,626,000 867 277
- 1861-1880.. 4,233,ooo 17,225,000 2,770,000 -)-i,o48,ooo 1 3,407,000 607 3i 7
- 1881-1890.. 4,673,000 2 i,43o,ooo 3,229,000 — 341,000 1 8,542,000 459 397
- 1891-1895.. 4,8.82,000 23,396,000 3,4o5,ooo —1,280,000 21,271,000 484 44o
- (') Excédent de l’importation cl de l’exportation.
- L’orge, qui, il y a trois cents ans, était la culture dominante, ne joue plus un rôle important que dans le Nord; le froment et surtout l’avoine l’ont, supplantée. L’aire de culture du seigle a peu varié.
- Environ de 1560 0),
- 1801-1820
- 1891-1895.
- Froment.
- ÊHÈIÈHÊl
- Froment.
- Froment.
- SëÉgjëi.
- Avoine.
- Fig. 78. — Récolte proportionnelle ries quatre céréales principales (Suède).
- Les régions les plus fertiles sont les plaines qui bordent les grands lacs de la Suède centrale, les îles de Gottland et d’Oland, et surtout
- (’) Les chiffres ne comprennent pas les récoltes des provinces alors danoises ou norvégiennes.
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-
- SUEDE.
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- la Scanie qui, n’occupant que 2 1/9 p. 100 de la surface du pays, produit 17 p. 100 de la récolte totale.
- J’ai donné plus haut le chiffre de la production annuelle totale des céréales, par habitant, pendant la période 1891-95 (48-4 kilogr.). Si nous ne faisons entrer en ligne de compte que le froment, le seigle, l’orge et l’avoine, le chiffre est encore de 434 kilogrammes; le tableau suivant montre à quel point la Suède est favorisée sous ce rapport.
- QUANTITÉ MOYENNE DES PRINCIPALES CEREALES RECOLTEES PAR HABITANT PENDANT LES ANNEES 1891-1895 (EN KILOGRAMMES).
- 1 '" 1 PAYS. FROMENT. SEIGLE. ORGE. AVOINE. TOTAL.
- Suède 2 A 116 65 229 A3 A
- Grande-Bretagne et Irlande A 2 1 A 5 77 i65
- Empire d’Allemagne 65 129 A 6 94 33A
- France 2i1 A 5 29 106 3gi
- États-Unis 200 11 26 156 393
- C’est surtout a l’avoine que la Suède doit cette situation favorable.
- Les céréales cl’hiver sont seulement au nombre de deux : le froment et le seigle, dont, cependant, des quantités moindres sont cultivées aussi comme céréales d’été. En 1897, sur la surface totale semée en céréales, il y avait 469,536 hectares en semences d’hiver et 1,227,371 hectares en semences d’été.
- Jfensemencement se fait très dense en Suède, comme dans tout le Nord de l’Europe. Il faut excepter cependant le seigle qui, notamment dans la partie septentrionale du pays, se sème peu dense, avec emploi de semence finlandaise séchée en grange-séchoir. A compter en hectolitres, on sème en moyenne en Suède par hectare : en froment 2 hectol. 37, en seigle 2 hectol. 64, en orge 3 heclol. 11, et en avoine 4 hectol. 07. Comparativement aux chiffres correspondants en France, savoir : froment 2 hectol. 07, seigle 2 hectol. 16, orge 2 hectol. 09, et avoine 2 hectol. 34, on voit qu’en Suède les quantités de semence sont respectivement plus élevées, de 14, 2 2,49 et 7 4 p. 10 0.
- Le rendement par hectare est excellent, surtout si l’on tient compte
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- 39 2
- EXPOSITION DE 1900.
- AG Hier LT U I.I E.
- do la situation septentrionale du pays. On pourra s’en convaincre par le tableau suivant :
- RECOLTE MOYENNE PAR HECTARE EN 188G-1895 (».
- PAYS. RECOLTE MOYENNE.
- A. FROMENT. quintaux.
- Danemark Grande-Bretagne et 2 0.22
- Irlande 20.09
- Pays-Bas t 8.67
- Belgique (’) l8.5l
- Suède 1 4.82
- Allemagne 1 3.72
- Canada 1.3.20
- Hongrie 1 2. k 2
- France II.92
- Autriche 10.7/1
- Boumanie Etats-Unis d’Amé- 1 o.65
- rique 8.58
- Italie 7.4 0
- Australie 6.60
- Bussie d’Asie 6.5o
- Russie d’Europe. . . . 5.57
- PAYS. RÉCOLTE MOYENNE.
- quintaux.
- B. OREE.
- Pays-Bas 2 3.88
- Belgique 21.60
- Grande-Bretagne et
- Irlande 18.96
- Danemark 16.81
- Suède 1/1.71
- Canada 1/1.70
- Allemagne 13./io
- Etats-Unis d’Amé-
- rique 12.66
- Australie 11.70
- France 11.67
- AuLriche 11.10
- Hongrie 10.77
- Roumanie g.5i
- Russie d’Asie 7-5o
- Russie d’Europe. . . . 6-79
- Italie O.o3
- PAYS. ItÉCOLTI MOYENNE
- quintaux.
- G. AVOINE.
- Pavs-Bas 18.83
- Belgique 18.60
- Grande-Bretagne et
- Irlande 16.52
- Canada 1 /1.60
- Danemark 13.53
- Suède 18.20
- Allemagne 11-89
- Australie 1 i.5o
- France io.58
- Etats-Unis d’Amé-
- rique 9.36
- Hongrie 8-99
- Autriche 8.80
- Russie d’Asie 8.10
- Roumanie 7-58
- Italie 6.4 7
- Russie d’Europe.... 6.22
- (') Froment d’hiver. — (s) Orge d’hiver.
- Il est à noter, en outre, que les rendements par hectare se sont considérablement accrus dans le cours de ce siècle. Les voici, a différentes périodes, aussi exactement qu’il a été possible de les établir :
- RENDEMENT PAR HECTARE (EN QUINTAUX).
- ANNÉES. FROMENT. SEIGLE. ORGE. AVOINE. MÉTEIL. POIS.
- 1801-1820 11.85 1 1.60 13.0 5 11.00 11.70 13.85
- 1876-1885 i3.og 13.38 ih. 60 13.31 1 4.3 0 13.86
- 1881-1890 1.3.89 13.85 1/1.89 13.i 1 14.68 13.88
- 1886-1895 1/1.82 14.36 14.71 1 3.20 1/1.93 1/1.23 J
- (l) Dans quelques cas, les chiffres se réfèrent à d’autres périodes.
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-
- SUEDE.
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- Enfin, il faut remarquer que le poids par hectolitre de céréales, notamment pour forge, et plus encore pour favoine, est très élevé. Le voici :
- ANNE K S. FROMENT D’HIVER. SEIGLE D'HIVER. ORGE. AVOINE. MÉTEIL. POIS.
- 1876-1885 77.6 71-? 62.8 4 7.1 54.8 78.1
- 1881-1890 78.1 72. 4 63.3 h'].h 54.6 78.8
- 1886-1895 78.1 79.6 63.5 A7.9 55.2 79-5
- J’ai donné plus haut les chiffres de l’exportation et de l’importation totales des céréales. Voici le détail, en ce qui concerne chacune des quatre principales :
- IMPORTATION ET EXPORTATION DU FROMENT (EN QUINTAUX).
- MOYENNES IMPORTATION. EXPORTATION. EXCÉDENT : IMPORTATION(—) , EXPORTATION (-)-)•
- DES ANNÉES. GRAIN. E AUI ne. TOTAL <9. GRAIN. FARINE. TOTAL (1).
- 1816-1820.. 1/1,989 5i ! 5,0 5 7 537 57O 1,297 18,760
- OO LO T 00 0 1,456 1 o4 u5.97 5,/i23 1,889 7>9^12 + 6,347
- 1841-1860.. 11,370 5,384 2/1,549 35,558 817 36,647 + 12,098
- 1861-1880.. 31,563 i55,i5o 288,43o 73,528 13,525 91,561 — 1/16,869
- 1881-1890.. 459,427 283,904 837,966 9>593 4 4,19 4 68,518 — 769,4/48
- 1891-1895.. i,i5i,o39 231,071 i,459,i34 2 4 4 6,756 9,252 — 1,4/19,682
- Cl Les chiffres de la farine augmentés d’un liers.
- IMPORTATION ET EXPORTATION DU SEIGLE (EN QUINTAUX).
- MOYENNES IMPORTATION. EXPORTATION. EXCÉDENT : IMPORTATION^—), EXPORTATION (-(-).
- DES ANNÉES. GRAIN. FARINE. TOTAL :i). GRAIN. FARINE. TOTAL 19.
- 1816-1820.. 1821-1840.. 1841-1860.. 1861-1880. . 1881-1890.. 1891-1895. . 160,1 3 1 4o,2 1 O 84,335 65o,o68 ',/l39,99° 1,001,796 64a 2,323 36,827 236,353 221,278 1/11,822 160,987 43,307 133,438 965,195 1,735,027 1,190,892 1,113 11,134 130,571 32,624 8,644 i,4o8 24 999 39° 4,777 16,788 2,218 i,i45 12,466 i3i,ogi 38,993 30,961 4,365 — 1 59,84 2 3o,84i — 2,347 — 926,202 — 1,70/1,066 — 1,1 86,527
- C) Les chiffres de la farine augmentés d'un tiers.
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- 394
- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- IMPORTATION ET EXPORTATION DE L’ORGE (EN QUINTAUX).
- MOYENNES DES ANNÉES. IMPORTATION. EXPORTATION. EXCÉDENT.
- 1816-1820 60,826 2,079 — 58,747
- 1821-1830 1 C),o85 1 4,73o - 4,355
- 1831-1840 3 ç),3 0 4 1 8,2 1 2 — 21,092
- 1841-1850 8,618 67,1 21 + 58,5o3
- 1851-1860 33,968 191,025 + 157,057
- 1861-1870 5o,o48 2/13,702 -j- 193,654
- 1871-1880 77,872 349,56o -f- 272,188
- 1881-1890 8o,33o 235,467 + 155,187
- 1891-1895 72,106 39,626 — 32,48i
- IMPORTATION ET EXPORTATION DE L’AVOINE (EN QUINTAUX).
- MOYENNES DES ANNÉES. IMPORTATION. EXPORTATION. EXCÉDENT.
- 1816-1820 5,2i4 4,3o8 906
- 1821-1830 3,964 i5,8o6 11,862
- 1831-1840 7>999 39,99* 32,002
- 1841-1850 1 °9 146,697 146,588
- 1851-1860 2,099 426,261 . 424,162
- 1861-1870 2,85i 1,381,069 1,378,208
- 1871-1880 7,97° 2/106,272 2,397,302
- 1881-1890 29,307 1,977,100 1,9^7,793
- 1891-1895 21,730 i,4 io,318 1,388,588
- Racines. — La superficie des terres employées à la culture des racines (pommes de terre, betteraves à sucre, navets, raves, carottes) est de plus de 900,000 hectares, soit environ 0 p. 100 de la surface totale des champs cultivés. Sur ces 900,000 hectares, les trois quarts sont occupés par des pommes de terre. Dans la période 1891-95, il en a été annuellement récolté 1 3,G h 1,0 00 quintaux (le poids de l’hectolitre évalué à 70 kilogrammes). La production annuelle, par habitant, s’élève donc a 986 kilogrammes, chiffre qui, déduction faite de la semence, correspond environ à celui de la consommation : 9^9 kilogrammes.
- La culture des betteraves à sucre a fait, pendant ces dernières années, des progrès considérables. La surface totale des terres qui y
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- SUEDE.
- 395
- sont employées est d’environ 37,000 hectares, donnant une récolte totale de 8 millions de quintaux. La betterave à sucre ne peut être cultivée dans des conditions avantageuses que dans les provinces les plus méridionales du pays : en Scanie, dans le Halland, le Blekinge, et dans les îles de (iotland et Oland.
- 18/11-1860.
- 1,125,000. 8,000,000.
- Fig. 79. — Moyennes annuelles, en quintaux, (le la récolte^des pommes de (erre (Suède).
- Les autres racines (navets, raves et carottes) occupent ensemble environ 1 5,ooo hectares. L’augmentation de l’élevage a eu sur ces cultures une heureuse répercussion.
- Plantes fourragères.— 1,1 43,000 hectares environ, soit, en chiffres ronds, 3s p. 100 de la superficie totale des champs cultivés, sont attribués à la culture des plantes fourragères. Sur ce chiffre, 154,706 sont en pâturages ou consacrés a la production des fourrages verts, et 973,1 46 a celle du foin. La récolte moyenne des prairies artificielles est officiellement évaluée a 28 quintaux par hectare, soit au total à plus de 37 millions de quintaux. A cette quantité il faut ajouter la récolte du foin provenant des prairies naturelles, évaluée à 10 ou 1 1 quintaux par hectare, soit en tout 16 millions de quintaux.
- La Suède a en outre des pâturages d’une étendue considérable.
- c. ÉLEVAGE.
- EFFECTIF DU BETAIL SUEDOIS ; SA VALEUR. - IMPORTATION ET EXPORTATION. — CHEVAUX : LEUR
- nombre; encouragements officiels; races indigènes. — bêtes à cornes : leur nombre;
- ENCOURAGEMENTS DIVERS; EXPORTATION. — MOUTONS ET CHEVRES. — PORCS. - BENNES.
- Statistiques. — J’ai déjà eu l’occasion de dire le grand développement que l’élevage a pris, en Suède, dans le dernier tiers du xixc siècle.
- 1891-1805.
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- 396
- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- Les vastes prairies et les riches pâturages forestiers, si nombreux clans ce pays, s’y prêtent, du reste, merveilleusement.
- Voici à ce sujet quelques chiffres. (Pour la compréhension du tableau, il est â noter que la statistique suédoise prend pour unité le poids moyen du gros bétail; pour l’obtenir, elle donne à un cheval la valeur de 3/a bêtes â corne, à un mouton celle de 1/10, â une chèvre celle de 1/1 a, â un porc celle de i/4, et â un jeune animal de la race chevaline ou de la race bovine celle de 1/2 bête de l’espèce â laquelle il appartient.)
- ANIMAUX
- DÉDUITS EN GROSSES IlETES
- ANNÉES. POPULATION. À CORNES.
- Total. Par 1,000 habitants.
- 1805 2,427,000 2,01 8,000 2,4 10,000 831 692
- 1850 3,483,000
- 1870 4,169,000 2,622,000 629
- 1897 0) 5,010,000 3,393,000 677
- (') Y compris les rennes, an nombre de u83,ooo, correspondant, après réduction, h 56,ooo grosses bètes h cornes.
- La valeur totale du bétail suédois n’est pas estimée à moins de 665 millions de couronnes. Voici comment se répartit ce bétail :
- NOMBRE TOTAL DES BÈTES. PAR 1,000 HABITANTS.
- ESPÈCES. - _
- 1805 O. 1850. 1897. 1805. 1897.
- Chevaux 392,000 38o,000 5i 7,000 161 1 o4
- Vaches 8o3,ooo i ,o3o,ooo 1,725,000 33o 344
- Autres hôtes à cornes 649,000 786,000 823,000 267 16 4
- Moutons 1,216,000 i,55o,ooo 1,297,000 5oo 2 5g
- Chèvres 1 4o,ooo 178,000 77,000 58 1 5
- Porcs 4 00,0 00 555,ooo 833,ooo 165 160
- Totaux 3,6oo,ooo 4,479,000 5,24 2,000 1,4 81 i,o46
- P) En ce qui concerne les chèvres et les porcs, les chiffres sont seulement conjecturaux.
- On voit que, sauf pour les races ovine et caprine, la Suède est dans une situation extrêmement favorable. Une preuve convaincante
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- SUEDE. 397
- en est, du reste, donnée dans les tableaux suivants des importations et exportations :
- P ÉIU 01) K S. IMPORTATION. EXPORTATION. . K X C K D lï N T de 1/IM P 0 RT A T10 X.
- couronnes. couronnes. couronnes.
- 1871-1875 2/1,852,000 1 4, 061,000 — 10,291,000
- 1876-1880 2/1,786,000 1 (),228,000 — 8,557,000
- 1881-1885 25,(k)7,000 25,963,000 -j- 266,000
- 1886-1890 22,555,000 39»77^’000 -f- 17/1/10,000
- 1891-1895 1 7, 1 52,000 61,737,000 -j- 3/i,585,000
- Le deuxième tableau de la page 396 donne les chiffres concernant le total des animaux et des produits de basse-cour. Les trois suivants vont permettre de se rendre compte de la quantité pour laquelle chacune des classes d’animaux et de leurs produits concourt à ces divers totaux.
- IMPORTATION ET EXPORTATION DU BETAIL (NOMBRE DE TÈTES).
- MOYENNES CHEVAUX. BETES A CORNES. MOUTONS PORCS.
- hT CIIKVBKS.
- DES ANNÉES. IMPOR- EXPOR- IMPOR- EXPOR- IMPOR- EXPOR- IMPOR- EXPOR-
- TATION. TATION. TATION. TATION. TATION. TATION. TATION. TATION.
- 1866-1870.... 665 i,336 233 i5,/u5 193 7»9*9 v’ 58o 8,659
- 1871-1875.... 1,582 2,218 662 20,107 203 17,69/1 2,822 i6,o44
- 1876-1880.... 3 »17 9 1,516 2,069 27,530 337 22,939 4,46 7 16,565
- 1881-1885.... 3,o55 3,664 3,2i3 3i ,870 808 29,l56 6,276 32,206
- 1886-1890.... i,3o8 2,986 3,632 82,861 877 36,190 5,219 13,8 5 5
- 1891-1895.... 1,060 2,71 5 2,372 19’671 339 10,201 620 2,o4 1
- 1897 1,701 1 ,ü/| 2 1,813 l6/t72 165 9,060 1,118 6,492
- J ’ V; * *J
- IMPORTATION ET EXPORTATION (EN QUINTAUX).
- MOYENNES VIANDE. VIANDE DE PORC. SAUCISSE. TOT*, ^
- «ES ANNÉES. IMPOR- EXPOR- IMPOR- EXPOR- IMPOR- EXPOR- IMPOR- EXPOR-
- TATION. TATION. TATION. TATION. TATION. TATION. TATION. TATION.
- 1861-1865.... 4,619 452 15,273 /l 7 1 4o3 1 20,095 92/1
- 1866-1870.... 4,037 1,228 9»4o6 l,l52 176 1 16,617 2,38i
- 1871-1875.... 7,486 1,313 7Û»9*1 2,325 363 *9 82,760 3,657
- 1876-1880.... n,635 1,266 i3i,i25 l,o8l 348 151 14 3,i 08 2,678
- 1881-1885.... 15,416 U739 85,5o2 4,869 209 917 101,118 6,8o5
- 1886-1890.... 14,434 LC C oc 72,069 4 6,762 l/ig 607 86,662 48,457
- 1891-1895.... 8,800 5,665 58,919 69,5/16 141 692 66,860 75,902
- 1897 9,582 M67 43,5i7 42,53/i 1 *9 63o 53,2i8 4 8,131
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- IMPORTATION ET EXPORTATION (EN QUINTAUX).
- MOYENNES B E U R R E. F ROM A CE. GRAISSE. SUIF.
- DES ANNÉES. impor- EXPOR- IM PO R- EXPOR- IMPOR- EXPOR- IMPOR- EXPOR-
- TATION. TATION. TATION. TATION. TATION. TATION. TATION. TATION.
- 1861-1865.... 10,681 l,66l 5,191 3l 1 273 5 17,0 A 2 2A
- 1866-1870.... i3,5iA 11,56o 3,2o5 887 A 95 1 1 1 7/07 7
- 1871-1875.... 179 31,5 A6 5/197 1,761 A, 16g 21 3 1 5,28o 189
- 1876-1880.... 2(1,028 Ai ,902 6,811 l,l8l 10,87 A A8 i3,Ago 1,716
- O 00 00 1 OO 00 27,198 OC O OO 5, A 6 5 1,31 A 12,272 299 1 A,802 2,682
- 1886-1890.... 2 3,2.3 A 1 Ao,g55 2/137 Cl un OO 11,209 i/'79 1 5,910 3,g32
- 1891-1895.... 8,5oA 200,2 A8 2,155 1,600 A,660 53g 2 1,608 i,83A
- 1897 7,7°A 236,621 3,653 607 3,627 A89 3o,o 1 8 1,3 5 A
- Chevaux. — La Suède fut autrefois particulièrement riche en chevaux; à la fin du xvie siècle, elle en possédait, croit-on, 300 par 1,000 habitants. En 1800, elle en a encore 160. Nous n’en trouvons plus que 1 o3, en 1870. Les dernières statistiques indiquent un léger relèvement : 104. C’est, du reste, là un fort beau chiffre encore qui n’est presque jamais atteint dans l’Europe occidentale, pour laquelle la moyenne est inférieure à 60.
- De nombreuses tentatives, dont les premières datent du règne de Gustave Yasa, ont eu pour heureux résultat l’amélioration de la race suédoise qui, au xvne siècle, était de taille et de force très médiocres (un cheval de remonle, de taille normale, ne mesurait que 1 m. 38). Les premières de ces initiatives, tant officielles que privées, 11e furent pas toujours très méthodiquement conçues; depuis, les opinions se sont fixées et un plan d’élevage a été établi, plan fort bien adapté
- aux besoins locaux. On a eu notamment recours à l’importation d’étalons des Ardennes, trapus et vigoureux.
- A signaler deux races indigènes :
- i° La race Scandinave répandue en Norrland, dans les provinces occidentales et que nous retrouverons surtout en Norvège. Vigoureuse, de formes trapues, endurante, elle est utile dans les régions forestières et sur les hauts plateaux;
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- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- 3° La race de Gotland, qui tend à disparaître. C’est une race de poneys légèrement râblés, à queue longue, â belle crinière et à tête éveillée.
- Bêtes à cornes. — Non moins qu’en chevaux, la Suède était, au xvi0 siècle, riche en bêtes â cornes; elle en possédait, dit-on, une par habitant. Si le nombre a diminué, la qualité du moins s’est sensiblement améliorée. 11 faut, en grande partie, en rapporter l’honneur aux efforts constants que fit, de i83o â i 8 h o, au retour d’un voyage d’études en Angleterre, le secrétaire royal Alexis Noring. L’Etat, de son côté, ne ménagea pas ses encouragements. On introduisit des troupeaux de race anglaise. Des concours réguliers furent institués. Enfin, en 1893, fut fondée la Société' pour rélevage du bétail suédois rouge et blanc. Elle avait pour but de recueillir tous les renseignements concernant l’élevage du bétail de couleur rouge cl blanche, de travailler, par une sélection méthodique, au développement d’une race constante, riche en lait, et de répandre parmi les éleveurs les connaissances nécessaires. Dès l’année qui suivit sa fondation, 63 taureaux et 788 vaches étaient inscrits sur ses registres; 373 taureaux et 3,831 vaches y figurent aujourd’hui.
- De semblables registres ont été établis dans la plupart des gouvernements, et, dans plusieurs régions, 011 a fondé des sociétés qui entretiennent des taureaux.
- La race alpine est actuellement la plus répandue en Norrland, ou, dans plusieurs gouvernements, elle est la seule admise aux concours. La race d’Ayrshirc est la plus nombreuse dans le Centre et le Sud de la Suède, où se trouvent aussi des troupeaux de Shortborn. Le bétail suédois rouge et blanc, d’un type ressemblant plus ou moins à la race de Shorthorn ou a celle d’Ayrshire, est répandu dans le centre du pays. Le bétail des terres basses, représenté surtout par des frisons orientaux, existe principalement en Scanie. Enfin la vieille race suédoise, de couleur jaune clair, se trouve, sous le nom de race de Gotland, sur fîle de Cenon, où l’on cherche a l’améliorer. En outre, il y a d’excellents troupeaux de bétail rouge danois en Halland, du bétail de Jersey, et, dans quelques propriétés, des animaux de la race d’Algaiï.
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- SUEDE
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- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- Zi 02
- Quant au bétail produit par des croisements de toute sorte, il v en a dans tout le pa\s; c’est une conséquence du peu d’ordre qui, avant l’organisation régulière des concours, régnait dans la direction de l’élevage.
- Il y a une trentaine d’années, l’exportation du bétail vivant semblait olFrir aux éleveurs un brillant avenir. Mais les pays où ceux-ci avaient leurs meilleurs clients en ont depuis interdit l’entrée. Il en est résulté l’exportation de la viande, dont on a vu plus haut les chiffres. Sans doute a-t-on remarqué que l’importation était plus forte que l’exportation; cela provient de la grande quantité de viande salée que la Suède achète aux Etats-Unis.
- Malgré la tendance a remplacer dans les travaux agricoles les bœufs par des chevaux, d’où est résultée une diminution du nombre des bœufs, le total des bêtes ù cornes a augmenté de plus de i/5 depuis 1870.
- ANNÉES. li OE U F S. TAUKFAUX. VAGUES. JEUNES BETES. TOTAL.
- 1870 269,762 38,6*7 1,281,677 626,01 6 1,965,900
- 1880 289,071 67,985 1,609,236 681,6.65 2,227,707
- 1890 258,735 69,066 1,578,927 517,763 2,399,691
- 1897 232,656 52,653 1,725,355 537,728 2,563,192
- Moutons et chèvres, — Comme on a pu le voir dans les tableaux que j’ai donnés plus haut, concernant l’ensemble du bétail, la Suède est relativement peu riche en moutons et en chèvres. Cependant, il faut noter que bile de Gotland fait exception, en ce qui concerne les montons dont les produits ont toujours été parmi ses principaux articles d’exportation; la race a été améliorée par l’importation de Cheviots.
- Porcs. — De 1870 à 1897, le nombre des porcs en Suède est monté de 35à,ooo a 8o3,ooo, et la qualité des animaux s’est considérablement améliorée.
- J ai déjà donné les chiffres concernant l’importation et l’exporta-
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-
- SUÈDE.
- 403
- tion; j’ajouterai que, l’exportation des cochons vivants étant devenue difficile, on a établi des abattoirs spéciaux et que la plupart des produits exportés sont destinés à l’Angleterre.
- Rennes. — L’élevage du renne n’est pratiqué que dans l’extrême Nord. En 1890, le nombre de ces animaux était, pour la Suède, de 296,220; contrairement à ce que nous avons vu pour la Finlande, il est en légère diminution.
- I). INDUSTRIE LAITIÈRE.
- LAITERIES : LEUR HISTORIQUE; LEUR NOMBRE; LEUR IMPORTANCE. - DEURRE : SA FABRICATION ; MODE D’EXPÉDITION. - FROMAGE. — UTILISATION DES SOUS-PRODUITS. - COMMERCE DES PRODUITS DE LA LAITERIE. •
- Laiteries. — Les premières laiteries méthodiquement installées en Suède l’ont été il y a une cinquantaine d’années. Vers 1870, furent créées des laiteries cl’acbat ou sociétés anonymes de laiteries. Parmi ceux qui ont le plus contribué à leur création, il faut citer M. H.-A. Lidholm, fondateur de la première laiterie a vapeur et de la première société anonyme de laiterie.
- L’année 1881 marque l’essor des laiteries coopératives. Ces sortes de laiteries sont la propriété d’un groupement de petits producteurs qui reprennent le plus souvent les sous-produits, qu’ils utilisent dans leurs propres exploitations. Il est incontestable qu’elles ont joué un grand rôle dans les progrès accomplis par l’industrie laitière; elles ont, en effet, assuré aux petits producteurs les avantages que procure la grande production. Aussi prennent-elles, peu à peu, la place des autres laiteries. Autrefois, tous les adhérents d’une association étaient solidaires de toutes les dépenses faites; depuis la loi du 28 juin 189b, leur responsabilité est, dans bien des cas, limitée. Les laiteries coopératives utilisent, suivant leur importance, de 5,ooo à 3o,ooo kilogrammes de lait par jour. Dans environ 80 p. 100 d’entre elles, on s’occupe exclusivement de la fabrication du beurre; dans 10 p. 100, exclusivement de celle du fromage; dans les autres, de l’un et de l’autre de ces produits.
- aü.
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- EXPOSITION DP 1 900.
- A GRTCCETLRE.
- 404
- Dans les laiteries des grands domaines ou dans celles dites d'achat, la production journalière du lait ne dépasse pas A.ooo kilogrammes.
- Les laiteries sont presque toutes fort bien comprises, meublées et outillées d’une façon très pratique. Elles sont actionnées, soit par la vapeur, soit par la force hydraulique. On estime que la somme d'argent dépensée pour leur installation n’est pas inférieure à 1 5 millions de couronnes. Sauf dans les très grands établissements, le personnel est exclusivement féminin.
- En 18(j5, on comptait en Suède environ i,8oo iaiterics, dans lesquelles furent utilisées des quantités de lait et de crème correspondant à près de 7/17 millions 9 de kilogrammes de lait frais, soit environ un tiers de la totalité de la production du pays.
- . C’est surtout dans la Suède centrale et dans la Suède méridionale que prospère l’industrie laitière : en Scanie, on fabrique un tiers de la quantité totale du beurre produit en Suède.
- Beurre. — L’écrémage du lait se fait, en Suède, depuis i84o, de façon méthodique. En 1880, l’écrémage par la glace, inventé, en i86è, par le suédois J.-G. Swartz, et qui s’était répandu rapidement, non seulement dans le pays, mais encore en Norvège, en Danemark, en Finlande, en Allemagne et en Autriche, et avait permis la fondation des premières laiteries coopératives, cesse d’ètre très usité. La crème est, aujourd’hui, immédiatement séparée du lait par le moyen d’écrémeuses mécaniques et centrifuges qui, mues à la vapeur, à turbine hydraulique ou à bras, traitent de 3o à 2,000 kilogrammes par heure. Les écrémeuses ont été, à ce point, perfectionnées qu’aujour-d’hui les plus petites (à bras) donnent, par heure, des débits aussi considérables que les premières écrémeuses a vapeur, tout en écrémant beaucoup mieux et en n’exigeant que 3 ou h p. 100 de la force réclamée par leurs devancières. On estime qu’a l’heure actuelle il est employé en Suède plus de 2,000 écrémeuses à moteur et plus de 3o,00o écrémeuses à bras.
- Dans bon nombre de laiteries, le lait complet ou la crème et le lait écrémé sont pasteurisés. Avec la crème, on confectionne particulièrement du beurre de choix ou du beurre pour l’exportation. Pendant
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- la période de 1871-1880, plusieurs laiteries fabriquaient du beurre doux, qui était alors coté plus liant que le beurre acidulé, et qui trouvait un débouché considérable dans les compagnies danoises d’exportation de beurre en boîtes. On ne fabrique plus qu’exceptionnelle-ment ce produit qui se vend avec le beurre ordinaire, 11’ayant plus sur les marchés de dénomination spéciale: Dans plusieurs laiteries, on a installé, durant ces derniers temps, des chambres réfrigérantes, où l’on conserve le beurre entre le clélailage et le malaxage, ainsi qu'après remballage. Le refroidissement est effectué tant par la glace que par des machines spéciales, dont on se sert également pour la réfrigération de l’eau nécessaire dans les laiteries.
- Millions de kilog. Millions de kilog.
- Frj. 82. — Diagramme de l’exportation du beurre de Suède.
- Le beurre n’est généralement expédié qu’une fois par semaine au lieu d’exportation; sur plusieurs lignes de chemin de fer, en été, il est transporté dans des wagons, réfrigérants.
- Fromage. — Le plus ancien des fromages suédois est celui de Vcs-trogothie, qui, encore que la forme en ait quelque peu varié, n’est
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- pas sans grande analogie avec le fromage qu’au xviR siècle préconisait tant Olaus Magni. La fabrication du fromage de domaine, qui n’est qu’une variation de celui de gruyère, remonte à environ soixante-dix ans. C’est en Scanie, où l’on fit. venir un fromager suisse, qu’on la trouva tout d’abord. Enfin parmi les fromages qui eurent autrefois une grande réputation, il ne faut pas oublier celui dit de prêtre de Smaland, devenu assez rare.
- Aujourd’hui, grâce aux efforts de la Direction de l’agriculture, tant pour organiser des expositions que pour grouper et diriger les régisseurs des laiteries, on a atteint dans la fabrication une certaine uniformité et l’on peut diviser les fromages de la façon suivante :
- i° Fromages gras ou mi-gras, se divisant eux-mêmes en fromages â grands yeux (dits fromages de domaine suédois) ; fromages à petits yeux (fromages de Vestrogothie, fromages gras de Norrland, épicés ou non épicés, genre Gouda et fromages sans yeux, genre Gheddar);
- 9° Fromages maigres, qui comprennent des fromages maigres ordinaires, des fromages genre hollandais épicés, des fromages genre Gheddar épicés.
- En outre, on fabrique, quoique en très petite quantité, des fromages imités : du Stockkumia (imitation du Stilton), de l’imitation de Gorgonzola, ainsi que différentes espèces de fromages dits aptitsostar.
- Utilisation des sous-produits. — Ce sont les laiteries coopératives qui se tirent le plus facilement des difficultés causées par l'utilisation des sous-produits. En effet, on a déjà eu l’occasion de voir que les participants les reprennent pour s’en servir dans leurs propres fermes. Dans les autres laiteries, on en fait .usage comme aliment, pour la fabrication du fromage, tant naturel qu’artificiel, et pour celle de la margarine. On s’en sert également pour l’élevage des veaux et pour l’engraissement des porcs. Enfin, avec du petit-lait de fromage gras, on fabrique du beurre dit de petit-lait. On a essayé d’autres utilisations encore : incorporer au petit-lait des substances grasses ou mélanger le petit-lait et le lait écrémé afin d’obtenir ainsi certaines préparations servant, sous le nom de serine et de lacto-serine, à l’alimentation de
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- l’homme et formant pour le bétail, pour les chevaux notamment, une nourriture fortifiante; on a également tenté, par la fermentation de substances analogues, d'obtenir un aliment pour les vaches laitières. Mais ces différentes utilisations n’ont pas réalisé les espérances <pie l’on avait placé en elles et, du seul fait que les participants reprennent les sous-produits du lait fourni par eux, les coopératives sont fortement avantagées par rapport aux autres laiteries.
- Commence des produits de la laiterie. — Vers 1860, l’exportation annuelle du beurre n’atteignait que 25,000 kilogrammes, tandis que l’importation dépassait 1 million de kilogrammes; quatre ans après, l’exportation a déjà plus que décuplé. Dans le tableau de la page 398, on peut, du reste, suivre cette progression qui fut constante et voir que, d’autre part, l’importation n’a pas cessé de diminuer; elle provient du Danemark et de Finlande; c’est à partir de 1870 qu’elle devient inférieure à l’exportation.
- Le tableau ci-dessous permet de se rendre compte de la destination des produits exportés qui sont embarqués généralement à Gothem-bourg, Malmô, Helsingborg et Landskrona.
- MOYENNES DUS ANNEES. EXPORTATION DES I1EUI1IÎES NATURELS ( EN OUI \T.\U\). P. 100.
- ANGLETERRE. DANEMARK. AUTRES PAYS. TOTAL. ANGLETERRE, DANEMARK. AUTRES PAYS. TOTAL.
- 1881-1885.... 45,957 33,202 i,o44 So,2o3 57.80 4i.4o i.3o 100
- 188(5-1890. ... 94,015 43/197 3,443 1 4o,955 67.70 3o.86 2.44 1 00
- 1891-1895.... 133,774 65,i33 2,341 200,248 66.3o 32.53 1.17 1 00
- 189(5 1 (5 3,3 71 81,567 L~"* CO 247,813 65.93 32.91 1.16 1 00
- 1897 148,71 5 85,907 1 ->999 336,621 63.85 36.31 o.84 1 00
- 1898 144,285 85,734 552 230,571 62.58 CO 0.2 4 1 0 0
- Gomme on le voit, le meilleur client de la Suède est l’Angleterre. Quant au Danemark, c’est également pour la consommation anglaise qu’il achète des beurres suédois.
- Le fromage donne lieu à un très faible mouvement de commerce extérieur. L’importation de ce produit l’emporte sur l’exportation; elle vient généralement d’Allemagne.
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- E. INSTITUTIONS EN FAVEUR 1)U DÉVELOPPEMENT DE L’AGRICULTURE.
- DE L'ÉLEVAGE ET DE L’INDUSTRIE LAITIERE.
- L’ACADÉMIE D’AGRICULTURE. - INGENIEURS AGRONOMES. - STATIONS CHIMIQUES. - AMELIORATION DES SEMENCES. — MISE EN CULTURE DES MARAIS. — HARAS. — PRIMES POUR L’ELEVAGE DU CHEVAL. - CONCOURS DE BOVINS. - SERVICE VÉTÉRINAIRE. - INSTRUCTEURS DE LAITERIE. - EXPOSITIONS LAITIÈRES. - SOCIÉTÉS D’ECONOMIE RURALE. - STATISTIQUE AGRICOLE. -60CIÉTÉS DE CULTIVATEURS. - L'ALLIANCE AURAIRE. - CONGRES AGRICOLES.
- Agriculture. — Parmi les institutions, tant ollicielles que privées, dont le but est d’encourager l’agriculture, il faut tout d’abord citer Y Académie d'agriculture qui constituait, avant 1890, une sorte d’autorité centrale pour toutes les affaires concernant l’industrie agricole et qui s'occupe aujourd’hui plus particulièrement de l’étude des questions scientifiques. Il lui est adjoint un établissement situé dans le voisinage de Stockholm, YEæpcrimentalfàltet, qui comprend deux stations d’expériences, l’une pour la chimie agricole et l’autre pour la physiologie végétale.
- L’Institution des ingénieurs agronomes(l) remonte à 1835, mais ce ne fut qu’en 1867 que ces fonctionnaires reçurent leur titre actuel, et à la fin de 1889 (lue ^eur situation- fut définitivement réglée. Ce sont eux qui dressent les plans pour les entreprises de drainage, d’en-diguement, d’abaissement de niveau des eaux des lacs, d’irrigation des prairies, de remembrement de terrains de culture, etc.; le soin de diriger l’exécution de ces travaux leur incombe. En 1897, la superficie des terrains exploités, sous leur direction, était de plus de 60,000 hectares, y compris, comme partie essentielle, les dessèchements et cultures de marais et de noues.
- Des seize stations chimiques, huit dépendent de l’Etat; les huit autres sont subventionnées par les sociétés d’économie rurale. A Lulea (Norr-botten), une station chimique, biologique et botanique étudie les formes de la vie sous les hauts parallèles et cherche à définir l’agriculture qui conviendrait le mieux à l’extrême Nord du pays. Toutes ces stations se livrent au contrôle des engrais et des fourrages; en outre,
- (l) Aujourd'hui nu nombre d.>. -a
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- ainsi que quelques laboratoires privés, elles sont, pour les analyses qu’ils pourraient désirer, à la disposition des agriculteurs.
- Il existe une vingtaine de Stations d’essais des semences, et, depuis 1870, des A ssociations locales pour la culture des graines. Enfin, pn 1 8 8 6, fut fondée par MM. Birger Welinder et le baron F. Gyllenkrook, l’Association de Svalôf, dont le titre actuel est : Société suédoise pour Vamélioration des semences, et dont le champ d’action comprend aujourd’hui la Suède entière. Cette société, qui, depuis 1891, est subventionnée par l’Etat, a pour but d’améliorer les cultures suédoises par l’élève systématique d’espèces nouvelles et meilleures que celles qu’on cultivait précédemment. L’activité infatigable qu’elle a déployée depuis 1886 donne maintenant, chaque année, des résultats qui montrent irréfutablement, d’une part, que l’on suit la bonne voie, d’autre part, qu’elle est en état d’accomplir une tâche très importante. L’établissement central de Svalôf (Suède méridionale) est déjà très connu en Europe et visité chaque année par de nombreux spécialistes.
- Outre le froment, le seigle et l’avoine, on s’est occupé, à Svalôf, des pois et des vesces, et, pour ces deux plantes, on a obtenu un grand choix d’espèces entièrement nouvelles, dont, après de sévères essais préalables, quelques-unes seulement sont livrées aux agriculteurs. A coté de l’établissement d’essai proprement dit, et sous son contrôle, existe la Société anonyme suédoise des semences agricoles — entreprise commerciale — qui traite, épure, en les cultivant, et livre au commerce les nouvelles espèces obtenues par les travaux des stations. D'ailleurs, les deux entreprises sont complètement distinctes; elles ont une gestion et un personnel spéciaux, des domaines, des bâtiments particuliers, etc.
- Elles possèdent ensemble à Svalôf plus de 600 hectares de terre excellente pour les travaux et les cultures d’élite.
- En 188G, fut fondée, sur l’initiative de M. Cari von Feilitzen, une société pour la mise en culture des marais, qui ne devait tout d’abord s’occuper que du Sud et du Centre de la Suède, mais qui, en 1888, sous le nom de Société suédoise pour la mise en culture des marais, a étendu son action sur tout le pays et dont le but est de vulgariser cette
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRIC L ETI RE.
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- culture si importante pour la Suède(l), ainsi que les emplois de la terre de marais pour l'amendement du sol , enfin de subventionner les tentatives laites dans ces deux directions.
- En 1887, ^es expériences de culture commencèrent sur une petite échelle, mais, dès 1889, on organisa des essais plus vastes, qui, à leur tour, furent bientôt jugés trop restreints et, en 1890, la société afferma, puis acheta des terrains plus considérables a Flahult.
- Les essais de culture sont très nombreux. Les essais de plantations se poursuivent, au nombre de 1 5o environ , dans plus de 600.parce!les de terres placées dans des vases en zinc isolés. Les essais en grand, dans les différentes provinces, ont été faits sur 70 champs d’expériences environ dans plus de 1,000 parcelles. Le plus septentrional de ces champs est situé à Korpilombolo, sur le G70 de latitude nord.
- Flahult, propriété de la société, est située à 2 a 3 mètres au-dessus du niveau de la mer; elle a une superficie de 82 hectares, parmi lesquels 45 sont des hauts marais et 5 des marais bas. Deux colonies de marais sont organisées sur la propriété, afin d’éveil 1er l’intérêt pour la question de la colonisation. Les colons possèdent chacun 8 hectares, dont 1 hectare de marais bas, h hectares de marais hauts, et 3 hectares de bois et de terrains pour la ferme. Des bâtiments d’habitation et d’exploitation sont construits dans les colonies, qui sont affermées pour k années; après ce temps, on offre à leurs locataires de les acheter. Les colonies doivent être entretenues d’après les prescriptions données par la société; chaque année un hectare de marais doit être cultivé, chaulé et pourvu d’engrais.
- En outre, un grand nombre d’analyses, tant chimiques que botaniques, ont été faites par les soins de la société.
- Les résultats des travaux actifs de la société sont exposés dans les concours agricoles et à ses propres expositions. Il est organisé annuellement deux réunions, où diverses questions sont discutées et des conférences faites. La réunion d’été comprend généralement des excursions aux exploitations de marais les plus intéressantes.
- (1) D’après les calculs établis, la superficie p. 100 de la superficie totale du pays, les des terres où il y a des eaux stagnantes atteint, lacs non compris, en Suède, 5,200,000 hectares, soit 12,6
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- Elevage. — En étudiant l’élevage, j’ai déjà eu l’occasion de signaler quelques-uns des essais faits pour l’amélioration des races. Il me parait utile d’étudier certains points plus en détail.
- En 1872, Stromsholm, en Veslmanland, et en 1887, Flyinge, en Scanie, ont été transformés en dépôts d’élalons. A la fin de 1898, le premier de ces dépôts possédait 71 étalons, dont 5 étaient de pur sang, 62 de demi-sang et k appartenaient à la race ardennaise; le second dépôt possédait 89 étalons, dont 9 de pur sang et 80 de demi-sang. Flyinge élève, en outre, une vingtaine de jeunes étalons de divers âges, achetés en majeure partie, comme poulains, dans le Hanovre. L’école militaire d’équitation de l’Etat est placée à Slrômsholm. A la dissolution, en 1883, du haras d’Ottenby, dans l’ile d’OIand, il y fut établi un dépôt de remontes de l’armée, avec à0o chevaux.
- Les principaux haras privés du pays sont les suivants : Tjolôholm en Halland et Trystorp en Néricie (pur sang et demi-sang); Brodda en Scanie (anglo-arabes); Vidtskôfle dans la même province (demi-sang); Blomberg, en Vestrogothie (ardennais) etNâsbyholm, en Scanie (Clydesdale).
- L’Etat a commencé à primer les chevaux en 1878. Aux termes d’un règlement en vigueur depuis 1880, il accorde des primes pour les étalons de race orientale et de pur sang anglais. Les étalons d’autres races et les jeunes sujets sont primés, moitié par l’Etat, moitié par les conseils généraux, les sociétés d’économie rurale et diverses sociétés privées.
- Actuellement, l’Administration des haras reçoit une subvention supérieure à 5o,ooo couronnes, et pour l’encouragement à l’élevage dos chevaux, environ 60,000 couronnes. E11 outre, elle a à sa disposition une somme de plus de 80,000 couronnes provenant d’alfermages et de revenus divers; au total, près de 200,000 couronnes.
- Suivant les rapports des sociétés d’économie rurale, il fut primé, en 1897, au total, à 90 étalons et 3,ooo juments et jeunes sujets. Les primes décernées s’élevèrent à i38,â3i couronnes, somme à laquelle ces sociétés contribuèrent pour 86,^21 couronnes. Le total des dé-
- penses faites, la même année, par ces sociétés, en faveur du développement de l’espèce chevaline, s’éleva à 177,882 couronnes.
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- Sous la direction du Jockey-Club suédois et de comités locaux, il est tenu chaque année, dans cinq champs de courses différents, des courses exclusivement réservées aux gentlemen-riders. Outre 18 prix d*lio nneur, il a été, en i 898, distribué, en primes, 2(1,800 couronnes et 1,200 couronnes en primes d’élevage. La partie centrale du pays possède plusieurs sociétés de courses attelées, organisant des concours annuels.
- Bien que l’usage des concours de bovidés fût depuis longtemps répandu en Suède, les résultats en étaient encore peu satisfaisants, quand le capitaine Sigge Flacli rédigea le projet de réorganisation qui fut accepté en 188 3 par la Société d’économie rurale du gouvernement de Skaraborg. Son système, qui inspira à la grande masse des petits cultivateurs le désir de développer l’élevage du bétail, est fort simple ; aussi avant même que l’Etat eût accordé une subvention pour le payement des frais, ce système avait-il été accepté et appliqué avec succès par 17 sociétés d’économie rurale; en 1892, lorsque la subvention de l’Elat fut payée pour la première fois, le nombre des sociétés monta subitement à 2 5, et chaque année, depuis cette époque, des concours d’après ce système, dit de Skaraborg, ont lieu dans les 2b sociétés d’économie rurale de la Suède.
- r
- A partir de 1898, la subvention de l’Etat a été de 76,000 couronnes, ce qui ne représente qu’une partie des frais, qui ont été, en 1897, de 170,091 couronnes.
- La plupart des sociétés d’économie rurale ont divisé, en vue de ces concours, leurs domaines en deux districts, 011 les concours ont lieu, tour à tour, tous les deux ans. La distribution des prix est fixée par un comité, dont le président est nommé par la Direction de l’agriculture, sur la [imposition de la commission administrative de la société; le comité choisit lui-même un membre qui remplit les fonctions de trésorier; en dehors de ces deux personnages, dont le service s’étend sur le gouvernement tout entier, un troisième membre, qui entre à chaque concours dans le comité, est élu par la section de la société où est situé le lieu du concours. Gomme il y a un nombre rela-tivement grand de lieux de concours (de 20 a 25) dans chaque district, il s’ensuit que les circonscriptions des différentes expositions
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- sont assez restreintes pour que chacun puisse profiter du résultat de l’exposition et clés appréciations du comité.
- Seules les vaches et les génisses (de 1 an et demi à i o ans), appartenant aux propriétaires ou exploitants de 5o hectares de champs au plus, peuvent concourir; une restriction similaire n’existe pas pour les taureaux. En dehors des médailles de différentes espèces qui sont attribuées à ces derniers et des prix en argent qu'on donne pour les femelles, chacune de celles-ci reçoit une sorte de passavant (frisedel), qui autorise le possesseur a la faire gratuitement couvrir par un taureau couronné. Gomme le comité chargé de la distribution des prix achète ces passavants 2 à G couronnes, d’après la qualité du taureau, le possesseur de ce dernier a tout avantage à essayer de lui faire gagner un prix. Même pour la femelle qui, au moment ou elle a été couverte par un taureau couronné, n’avait pas encore emporté de prix, le comité paye, lorsque la hèle a été exposée et couronnée, la même somme contre un certificat attestant qu’elle a été couverte par un taureau couronné un certain temps avant le concours. Enfin, à l’occasion de la distribution des prix, on applique au fer rouge, à chaque bête couronnée, un signe qui augmentera sa valeur pour une vente ultérieure, line bête couronnée ne peut obtenir un nouveau prix d’argent dans la même classe, mais on peut la présenter à chaque nouveau concours, pour l’obtention d’un nouveau passavant, jusqu’au moment oii elle atteint l’âge de 10 ans. Après la distribution des prix, h un des membres du comité rend généralement compte devant le public des résultats obtenus, donne des conseils et des indications regardant l’élevage et la tenue du bétail, etc. ; ces conférences — véritables leçons de choses — sont d’une grande utilité. Une preuve du vif intérêt que présentent les concours est le nombre, croissant chaque année, des hèles exposées. A la fin de la période-de i88i-i8ç)0, lorsqu’il 11’y avait que i3 sociétés d’économie rurale organisant des concours, le nombre de ces bêtes n’était annuellement que d’environ 10,000; aujourd’hui plus de 4o,000 sujets sont présentés au concours; Go pour 100 seulement sont admis.
- Un grand nombre de sociétés agricoles ont essayé de faciliter les moyens de se procurer de lions taureaux, en les achetant et les
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- revendant contre amortissement sans intérêt. Gomme clans ce cas, l’amortissement se fait généralement sons forme de passavants, on peut, de cette façon, acquérir un bon taureau sans avoir besoin de rien débourser en argent comptant.
- Enfin, il faut noter que l’Etat rétribue 3s vétérinaires départementaux, i3 vétérinaires de régiment, 17 vétérinaires de bataillon et 5 vétérinaires de campagne, boursiers; de plus, aux écoles d’agriculture, 2 professeurs et autant aux dépôts d’étalons et de remonte. Le personnel du corps vétérinaire du pays comprend 3ùo personnes environ.
- Industrie lvtttere. — L’Etat et les sociétés d’économie rurale ont cherché, de différentes manières, a encourager et à fortifier rindustrie laitière. Ainsi l’Etat appointe un instructeur-économe et un candidat instructeur-économe; depuis j 886, il entretient un agent en Angleterre pour surveiller et encourager l’exportation des produits des laiteries; en outre, il fournit aux intéressés l’occasion de s’instruire dans des écoles supérieures et élémentaires, et accorde des allocations pour le contrôle des beurres et des expositions de fromages. La somme inscrite au budget, à cet effet, s’élève à environ 50,000 couronnes.
- De leur côté, les sociétés d’économie rurale ont des instructeurs ambulants qui donnent des subventions à certaines écoles, organisent des expositions et consentent des prêts pour des installations de laiteries, etc. Une province, celle d’Ostrogothie, possède un laboratoire bactériologique où, entre autres choses, on fournit du ferment normal. En outre, sauf une, toutes les sociétés ont engagé des instructeurs dits consultants des laiteries et quelques-unes, des laitièrcs-instructrices, dont la principale facile est de séjourner au même lieu assez longtemps pour enseigner aux agriculteurs les détails de la fabrication, surtout ceux de la fromagerie. Pour ces divers objets, ces sociétés dépensent environ 100,000 couronnes par an.
- Sociétés diverses. Sociétés d’économie rurale. — C’est au commencement de ce siècle que furent fondées, dans quelques gouvernements, les sociétés d’économie rurale dont je viens de parler; ces
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- sociétés reçurent, en 1 81 3, un caractère officiel, alors qu’à la demande de l’Académie d’agriculture, d fut décidé que leurs statuts seraient sanctionnés par le Roi.
- I\E CETTE S ET DÉPENSES. MOYENNES.
- 1882-1883. 188(5-1890. 1891-1895.
- RECETTES.
- Cotisations 13,654 1 5,i 39 1 8,27.4 20,316
- Rentes, loyers, fermages i32,466 1 3o,247 1 43,466 1 69,874
- Droit sur la vente (les eaux-de-vie 8o4,386 760,1 70 900,3.62 1,013,761
- Allocation do l’Etat 86,o65 106,81 9 192,164 9 990699
- Allocation des conseils généraux 53,01 2 67,760 83,510 116,600
- Vente du bétail 4(1,987 87,982 58,18 '1 4.3,8o6
- Recolles diverses 5 j ,29/1 72,33o 36,127 74,900
- Totaux 1,187,86/1 1,1 80,137 1,432,077 i,73o,656
- DÉPENSES.
- Agriculture en général 266,687 2 55,666 309,43o 427.278
- Élevage des chevaux 110,079 70,771 1 11,4 12 177,882
- Rôles à cornes, laiteries 1 o3,38i 139,119 264,168 303,627
- Aulres animaux domestiques 4,5 2 6 2,798 7,655 5,288
- Vétérinaires 47,055 62,460 60,394 72,093
- Jardinage 59,287 48,366 48,687 56,618
- Sylviculture, gardes-chasse; 76,162 73.707 83,281 117,309
- Pêcheries 43,544 3o,oo6 33,582 4o,i33
- Industries domestiques 127,337 107,2.69 1 06,269 135,320
- Réunions et expositions j 09,519 68,o36 ()2,3g3 86,626
- Frais d’administration 142,802 1.39,170 151,41 0 171,017
- Frais divers 79,027 83,(j5o 100,087 125,468
- Totaux - 1,169,406 1,071,548 1,338,668 1,718,368
- Les fonds des sociétés s’élevaient, à la fin de î 8 8 o , à 3,45 4,8 31 couronnes; à la fin de 18cjo, à 3,658,2oq couronnes et, à la fin de î 897, à 4,868,2 33 couronnes. En ajoutant à cette dernière somme les fonds affectés à différents usages spéciaux (provenant de legs ou d’autres sources), on atteint le chiffre de 5,360,310 couronnes. En cette même année 1897, les prêts divers accordés par les sociétés se sont élevés à 2 59,558 couronnes.
- Le nombre des membres, qui, en 1890, était de 26,869, avad> en 1897, atteint le chiffre de 3 3,3 0 2.
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- AGRICULTURE.
- Les données recueillies sont publiées par les soins du Bureau central de statistique, qui, en outre, collige les rapports préliminaires des commissaires de police rurale relatifs aux résultats de la récolte. Ces chdfres sont toujours publiés avant la fin de l’année courante, tandis que Jes rapports détaillés des sociétés d’économie rurale ne paraissent qu’une année plus tard.
- Il est à noter que c’est à ces sociétés qu’incombe le soin de recueillir les renseignements nécessités par la statistique agricole, soin très important chez une nation qui se pique d’être la cc terre classique de la démographie". Elles s’en acquittent du reste fort bien, faisant notamment preuve d’initiative et de méthode dans les recherches; chaque partie de circonscription est étudiée, jusqu’à ce qu’elle soit complètement connue.
- Sociétés de cultivaittirs. — Dans la plupart des provinces de la Suède, les cultivateurs ont eu recours au levier puissant qu’est l’association. Ils ont fondé des clubs d’agriculture (landtbruksklnbbar) et des sociétés d’agriculteurs (landimannaforenvngar}, qui s’occupent de l’économie agricole, de l’achat et de l’élevage des chevaux et des taureaux, des laiteries coopératives, de l’abatage des porcs, etc.
- En î 8 9 5, fut créée Y Alliance .agraire de la Sim le (Svenges Agrarjdr-limid), dans le but d’unir les cultivateurs du pays pour un travail commun, tendant à la solution des importantes questions d’économie rurale et d’économie politique qui intéressent l'industrie agricole. Les sociétaires sont convoqués une fois par an; mais ils se réunissent aussi par sections dans les gouvernements et les cantons (Idns-oeh bdradsforeiiingar). En 1892, ces assemblées par sections se tenaient dans 1 5 gouvernements.
- Congres agricoles. — Depuis que les sociétés d’économie rurale ont commencé à faire naître de l’intérêt pour l’amélioration de l’agriculture, des assemblées ont été tenues clans plusieurs gouvernements; on y discute diverses questions, on y expose les animaux remarquables, ainsi que les machines et les outils nouveaux. En 1 8 A G, s’est réuni a Stockholm le premier congrès agricole intéressant le pays entier. Depuis lors, des congrès agricoles généraux se sont tenus, d’abord tous les deux ou trois ans; actuellement, ils se réunissent tous les cinq ans.
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- Au congrès de i85o, des prix en argent lurent distribués pour la première fois. Au dix-huitième congrès, àMalmo, en 189G, étaient enregistrés, entre autres, A33 chevaux, i,38i animaux de la race bovine, 1,168 produits et accessoires de l’agriculture et de ses industries secondaires, 1,160 outils et machines. En prix, il y a été distribué 78,9.45 couronnes; les dépenses se sont élevées à 347,873 couronnes, dont 105,o00 à la charge de l’Etat. Dans les gouvernements, on organise toujours des assemblées et des expositions, a des époques fixes, et des réunions moins importantes de différentes sections des sociétés d’économie rurale.
- F. CRÉDIT AGRICOLE.
- HISTORIQUE DES ÉTABLISSEMENTS DK CRÉDIT AGRICOLE. — ASSOCIATIONS HYPOTHECAIRES PROVINCIALES. - LA BANQUE ROYALE HYPOTHÉCAIRE. - TOTAL DES PRETS HYPOTHÉCAIRES CONSENTIS SLR DES IMMEUBLES SIS A LA CAMPAGNE. - PRETS CONSENTIS PAR L’ÉTAT POUR LA
- La plus ancienne banque de la Suède, la Banque Palmstruch, reçut en 1 656, par privilège royal, l’autorisation de faire des prêts crsur les châteaux, maisons, terres, champs et prairies, etc.». Après que cette banque eut cessé de fonctionner, la Banque du royaume ( Svérigés Biks-hank), instituée en î 668, se chargea des prêts garantis par les propriétés foncières.
- Au début, on ne consentait de prêts que pour un temps assez court; puis on en arriva à ceux a longue échéance. Cependant les ressources de la banque se trouvant immobilisées sur une trop grande échelle, il fallut décider qu’on serait tenu de faire des amortissements annuels, aussitôt que les emprunts auraient dépassé la durée de dix années. Avec ce régime, on n’était pas loin d’un système de remboursement qui fut adopté en 1772, et qui prescrivait un amortissement annuel de 2 p. 0/0. Ce régime dura jusqu’en 1 869. Ce fut en 1772 également qu’on fixa l’intérêt à 4 p. 0/0. Le prêt fut limité à la moitié ou aux deux tiers de la valeur de la propriété. De 17 7 o à 181 5, on ne fit cependant aucun prêt foncier, la banque manquant de ressources suffisantes.
- Les difficultés qu’éprouvait la Banque du royaume à s’occuper des affaires du crédit agricole amenèrent la création des Associations hypothécaires provinciales. Celle de Scanie fut organisée en 18 3 6. Vinrent
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- ensuite celles d’Ostrogothie ( 1845), de Smaland (18/16), du Maleren (18/17), c^u gouvernement d’Orebro (18/19), de Vermland ( 1850), du gouvernement d’Elfsborg (1851), de Gotland (1853). Les associations de Gelle-Dala et de Norrland ont été créées postérieurement.
- Ces associations hypothécaires furent tout d’abord des institutions privées, indépendantes les unes des autres, ayant pour but principal de fournir a leurs membres, par la vente d’obligations, des prêts amortissables sur la première hypothèque de propriété agricole. Cependant, comme la concurrence entre les associations pour le placement de leurs obligations commençait à avoir des conséquences fâcheuses, on fonda en 1861, par une loi du 26 avril, la Banque royale hypothécaire de la Suède. Son but principal fut de négocier les emprunts destinés à fournir les fonds nécessaires aux associations hypothécaires. Elle se chargea aussi de 6 millions de couronnes d’emprunts agricoles accordés déjà par la Banque du royaume; elle fut investie d’un privilège exclusif pour l’émission d’obligations au porteur, garanties par les propriétés agricoles, et dotée d’un fond de 8 millions de couronnes en obligations d’Etat. Une loi du 16 mai 1890 porta cette dotation à 3 0 millions de couronnes.
- La Banque hypothécaire est administrée par un conseil dont le président est nommé par le Boi, le vice-président par les membres du Biksdag délégués à l’administration de la dette publique, et les trois autres membres par les associations hypothécaires. Les commissaires de surveillance, au nombre de cinq, sont nommés : un par les délégués de l’administration de la dette publique, et les autres par les associations. Les statuts, sanctionnés par le Boi, ne peuvent être changés qu’avec l’autorisation du Biksdag.
- Les associations hypothécaires, au nombre de dix, sont régies par des statuts sanctionnés par le Boi. Elles 11e peuvent prêter que sur la terre cultivée et sur les prairies. L’évaluation du sol est faite par des experts, suivant des règles très sévères. La valeur des constructions ou des forêts n’entre pas dans l’évaluation. Le prêt, toujours sur première hypothèque, ne peut en aucun cas excéder la moitié de la valeur de la propriété. Les conditions actuelles de prêt sont : i° intérêt 4 p. 0/0 et amortissement 1 1/2 p. 0/0; 20 intérêt 4 p. 0/0 et amortissement
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- 2 p. o/o; 3° intérêt 4 p. o/o sans amortissement; toujours avec droit de rembourser l’emprunt après dix ans. Avec les modes un et deux, on consent le prêt jusqu’à la moitié de la valeur de la propriété ; avec le mode troisième, jusqu’au tiers seulement. Les membres de chaque association (c’est-à-dire les emprunteurs) sont solidairement responsables, pour les engagements de l’association, envers la Banque hypothécaire, chacun au prorata du montant du prêt qui lui a été accordé. D’autre part, les associations sont solidairement responsables envers la Banque, chacune dans la proportion du montant de sa dette à la Banque.
- Le tableau suivant indique, depuis 1861, le montant des prêts annuellement consentis aux associations par la Banque hypothécaire.
- ANNÉES. PlîÊTS CONSENTIS. ANNÉES. PRÊTS CONSENTIS. ANNÉES. PRÊTS CONSENTIS. .
- 1861 couronnes 16,053,706 22,29/1,287 8,611,198 1,231,287 3,163,581 1,8/11,902 8,161,71/1 9,219,955 16,987,158 13,37/1,201 12,591,082 15,68/1,167 8,696,888 1874 couronnes. 12,519,175 11,79/1,537 11,312,389 6,606,452 17,880,686 28,5/12,331 21,817,038 18,795,845 12,965,778 10,250,627 10,217,093 io,48o,523 8,099,599 1887 eouronnes. 5,943,301 2,i4o,i33 44,867 2,627,607 1,238,118 2,756,898 3,376,734 1,169,960 290,230 757,966 a5i,446 4,782,297 12,017,587
- 1802 1875 1888
- J803 1876 1889
- 1864 1877 1890
- 1865 1878 1891
- 1866 1879 1892
- 1867 1880 1893
- 1868 1881 1894
- 1869 1882 1895
- 1870 1883 1896
- 1871 1884 1897
- 1872 1885 1898
- 1873 1886 1899
- Voici le compte (en couronnes) des associations, lin de i8q8, auprès de la Banque hypothécaire :
- ANN tilTÉS. MONTANT PRIMITIF I)KS EMPRUNTS. SOMMES AMORTIES. DETTE RESTANTE.
- 5 3/4 p. 0/0 (dont 3/4 p. o/o cl’amortissement ). . 235,7i5,388 65,517,32/1 1 70,1 98,066
- 5 (dont i/4 p. o/o d’amortissement) 56,369,920 i,o5i ,009 55,3l8,91 1
- 4 3/4 (dont 3/4 p. o/o d’amortissement) 2 2,4 o8,5 3o 1,178,878 2 l,22g,652
- 6 (dont 2 ]>. o/o d’amortissement) 2,502,4l 0 3o3,570 2,198,860
- 4 1/2 (dont 1/2 p. 0/0 d’amortissement) OC GO O 359,180 17,68g,560
- Totaux 335,066,988 68,609,961 266,635,027
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- EXPOSITION 1)E 1900.
- AGRICULTURE.
- h'K)
- J ai tableau suivant indique les emprunts contractés par la Banque hypothécaire et non encore remboursés, à la lin de 1898.
- EMPRUNTS D’OBLIGATIONS I)E LA BANQUE HYPOTHECAIRE.
- Ü AIES des EMPRUNTS. T A U X PRIMITIFS. MONNAIE. « MONTANT PRIMITIF. DURÉE de L’EM- PRUNT. DROIT D’AUGMEN- TATION (le I/AM0I1TISSK- ME\T à partir des années. OBLIGATIONS en CIRCULATION le 3i décembre 1898. TAUX A CT U KL.
- p. 0/0. cou ronues. p. 0/0.
- J 877 5. Couronnes. 5o, 000,000 1927. // 14,627,700 5.
- 1878 4. Marks allemands. i 20,000.000 1959- e> „ l2)i i3,i45,6oo 4.
- 1879 4. Francs. 36,000,000 1939- n 29,804,400 4.
- 1880 h î/a. Couronnes. 75,000,000 1966. 1907. 57,689.900 4 à 3 3/4
- 1883 4 1/2. Idem. 00.000,000 1959- 1907. 23.009.900 <’> 4 à 3 3/4
- 1886 8 î/a. .Marks allemands. 64,ooo,oüo 1962. 1901. 36,073,867 3 i/a.
- 1889 3 1.2. Couronnes. 75,000.000 1902. 1898. 19,522,700 •1 . .) 12.
- O Sur le reste de l’emprunt de 1878, on pourra, (lès 1905, rembourser une somme qui, à la lin de 1897, s’élevait à 45,o8i,6oo couronnes. — I2) Sur ce chiffre, on a déjà retiré sa,396,533 couronnes en décembre 1898. — 5" 41,786,800 couronnes à 4 p. 0/0 et 15,903,100 couronnes à 3 3/4 p. 0/0. — (’) 7,684,700 couronnes à 4 p. 0/0 et i5,8a5,soo couronnes à 3 3/4 p. 0/0.
- La Banque royale hypothécaire de la Suède, dotée et contrôlée par l’Etat, jouit d’une réputation et d’un crédit de premier ordre. Ses obligations ont depuis longtemps atteint un cours à peu près égal à celui des obligations de l’Etat.
- G. ENSEIGNEMENTS AGRICOLE, LAITIER ET VETERINAIRE.
- HISTORIQUE I)E L’ENSEHiNEMENT AGRICOLE. — ECOLES D’AGIO O U LT IRE. - INSTITUTS AGRICOLES. — ECOLES DE MAIlÉCHALERIE. — ECOLES ÉCOLES DES SOCIÉTÉS D’ÉCONOMIE RURALE. - L’ECOLE VÉTÉRINAIRE STOCKHOLM.
- — ÉCOLES AGRONOMIQUES. DE LAITERIE I)E L’ÉTAT. — DE K ARA. — L’INSTITUT DE
- Enseignement agricole. — Les premières tentatives de création d’un enseignement agricole en Suède remontent à plus d’un siècle. Nous trouvons, d’abord, aux grandes universités d’Upsal (17/10) et de Lund (1750), la fondation de chaires dont le titulaire avait mission de développer et de perfectionner les connaissances sur la res rusiica et agricullura. Puis, c’est, en 1811, la fondation, par Edvard Nonnen, de la première école d'agriculture.
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- SUEDE.
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- Aujourd’hui, les établissements d’enseignement agricole sont de trois ordres :
- i° Les écoles d’agriculture (landtbruhsskolorna), pour l’enseignement primaire et en partie secondaire, à la fois théorique et pratique, de l’agriculture; 2° les écoles agronomiques (landtmannaskolorna), donnant l’enseignement primaire théorique et professionnel; 3° les instituts agricoles (landtbruksin&litulen), pour l’enseignement supérieur et professionnel.
- L’instruction donnée dans les écoles d’agriculture tend surtout à familiariser les élèves avec la pratique de leur métier. Dans une certaine mesure, on enseigne aussi les éléments théoriques. Les élèves prennent part à toutes sortes de travaux aratoires et font en outre fonctions de chefs de travail; on peut donc dire que la première mission de ces écoles est de former d’habiles conducteurs de travail. Le nombre de ces établissements situés, le plus souvent, sur les terres de particuliers et placés sous la direction de la Société d’économie rurale du gouvernement est, à présent, de 24 (en général, il y en a un pour chaque gouvernement), et l’ensemble des élèves d’environ 35o. En comptant les élèves des écoles de cette catégorie annexées aux instituts agricoles, le nombre total monte a environ 42o. L’entretien des écoles est aux frais de l’Etat, qui accorde à chacune d’elles une subvention annuelle de 4,ooo couronnes. Le cours scolaire est de deux ans (pour les jeunes gens ayant déjà quelque connaissance agricole, d’un an seulement). L’instruction théorique se donne en général le matin ou le soir pendant les mois d’hiver. Pour être admis aux écoles d’agriculture, il faut avoir 18 ans au moins, être habitué aux travaux aratoires et justifier du certificat du cours inférieur des écoles primaires. Les élèves reçoivent gratuitement l’enseignement; ils bénéficient, en outre, de la table et du logement.
- Les écoles agronomiques sont, en général, annexées aux écoles populaires supérieures (_folkhogskolorna), dont elles forment les cours supérieurs. L’élève paye lui-même sa pension, et contribue, moyennant une somme fixe, aux frais de son enseignement. Ces écoles jouissent d’une subvention de l’Etat, s’élevant à un maximum de 3,ooo couronnes pour chacune, à condition toutefois que les autres revenus de
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- 1 ecole atteignent une somme égale. A l’heure actuelle, le nombre des écoles agronomiques est de 1 h, et le chiffre total des élèves d’environ âoo. La durée des cours est de cinq à six mois, et l’instruction est donnée pendant les mois d’hiver. Les jeunes gens qui désirent être admis a ces écoles doivent être âgés de 18 à 20 ans, et posséder une instruction correspondant, à peu près, â celle qui est donnée dans les écoles primaires. En outre, il faut que les élèves comptent, au moins, une année de pratique dans leur métier.
- Dans les deux instituts agricoles situés dans les domaines d’Ultuna et d’Alnay, le cours scolaire complet est de deux ans. Pour être admis, il faut avoir 18 ans au moins, une année de pratique agricole et justifier de l’examen de sortie des écoles techniques élémentaires ou de la sixième classe (section moderne) d’un lycée de l’Etat. Le programme de l’enseignement comprend : A. Matières fondamentales : mathématiques appliquées, mécanique, physique, météorologie, chimie, géologie, botanique, zoologie, anatomie et physiologie des animaux domestiques, géodésie, nivellement et dessin; B. Matières principales : agronomie, zootechnie, laiterie, connaissances des machines, des outils et des constructions, économie rurale et tenue des livres; G. Matières secondaires : thérapeutique spéciale se rapportant aux animaux domestiques, sylviculture, horticulture, économie politique, droit économique et communal. L’enseignement est donné par des professeurs-lecteurs (lektorerf des professeurs adjoints (adjunkter) et des professeurs suppléants. L’un des professeurs lecteurs, désigné par le Roi, fait fonction de recteur pendant cinq années; il doit avoir l’inspection immédiate de l’Institut. Les élèves ne prennent aucune part aux travaux aratoires. Ils payent eux-mêmes leur pension, et contribuent aux frais de l’enseignement, chacun pour une somme de 100 couronnes par an. Pour les élèves qui désirent continuer leurs études à l’Institut, il y a des places subventionnées auxquelles sont affectés certains avantages. Pendant l’année 1897, le nombre total des élèves des deux instituts était de 7h.
- Enseignement laitter. — L’Institut de laiterie d’Alnarp, qui est un établissement d’Etat, comprend deux divisions : l’école supérieure de
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- laiterie et l'école de laiterie. Chaque année, on y admet, tout au plus, 21 élèves, dont'deux sont exempts de toute rétribution : un dans chaque division. La durée du cours est d une année. L’école supérieure forme un corps enseignant pour les laiteries. Pour y être admis, il faut avoir suivi les cours de l’Institut agricole et pris part, pendant une année, aux travaux d’une laiterie. L’école de laiterie prépare des contremaîtres pour les grandes laiteries. Les conditions d’admission sont les suivantes : avoir dix-neuf accomplis, justifier du certificat d’études primaires et avoir passé un an dans une laiterie. Les frais d’études, tout compris, montent à 600 couronnes pour l’école supérieure et à Aoo pour l’école de laiterie.
- L’Ecole de laiterie d’Atvidaberg a pour but de fournir aux personnes, hommes et femmes, qui ont déjà acquis dans le métier quelques connaissances, tant pratiques que théoriques, l’occasion de se perfectionner dans la théorie de l’industrie laitière, ainsi que dans la fabrication du beurre et du fromage, le maniement des machines et des appareils de laiterie, et la comptabilité.
- 11 y a deux cours par année, un du ier novembre au ier mai; l’autre, du ier mai au ier novembre. A chaque cours, on admet, au maximum, quatre élèves; ces élèves peuvent prendre part à plusieurs cours successifs.
- Préalablement à leur admission, ils doivent avoir acquis une certaine expérience des travaux de la laiterie et posséder une somme de connaissances générales et théoriques, suffisante pour que l’instruction leur profite. Les frais d’études, tout compris, montent à 180 couronnes.
- Des élèves suppléants, désirant apprendre les méthodes de fabrication du fromage, sont admis temporairement par l’école moyennant une rétribution fixe.
- L’Ecole de laiterie de Bjôrkfors, gouvernement de Norrbotten, reçoit chaque année six élèves femmes ;e la durée du cours est d’une année.
- Les Stations de laiteries de l’Etat donnent aux élèves femmes un enseignement pratique et théorique dans des cours durant deux années. Les élèves reçoivent gratuitement l’instruction, la table et le logis, et touchent chaque année une indemnité de 5o couronnes pour l’entretien
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- IMPOSITION DP 19 0 0.
- ACIUCl LTl KH.
- de leur garde-robe. Le nombre de ces stations, qui sont annexées à certaines grandes laiteries dans différentes parties du pays, s’élève à a-4, dont 16 (la première année) ne donnent qu’un enseignement pratique, et dont 8 (la seconde année) donnent l’enseignement, tant pratique que théorique. Les stations ont. an total, 64 élèves, a raison de 207 par station.
- Plusieurs sociétés d’économie rurale entretiennent des établissements d’enseignement pour des élèves femmes qui, outre l’instruction, ont gratuitement la table et le logis; assez souvent, elles reçoivent, en outre, des gages ou une indemnité pour l’entretien de leur garde-robe. Le cours, qui dure d’un à deux ans, consiste surtout en exercices pratiques, mais il est terminé par un enseignement théorique, dont la durée varie de deux à quinze semaines. Ainsi, 36 élèves, par an, sont instruites, et les frais des sociétés s’élèvent, de ce chef, a environ 10,000 couronnes. La subvention accordée par l’Etat à ces diverses écoles, qui peuvent recevoir un total de 90 élèves, est de 27,000 couronnes.
- Enseignement vétérinaire. — C’est sur l’initiative du célèbre Linné, qu’en 1763 le gouvernement suédois envoya à l’Ecole vétérinaire de Lyon, ouverte l’année précédente, trois jeunes gens, qui devaient y étudier la médecine vétérinaire, sous la direction de Bourgelot. Un de ces jeunes gens, Peter Hernqvist, après avoir terminé ses études à Lyon et à Paris, fut nommé professeur de physique au lycée de Skara, et reçut, en bénéfice, le domaine de Brogarden, ou il ouvrit, en 1776, l’école vétérinaire, à laquelle il laissa par testament une fortune personnelle considérable : cette école fut supprimée en 1889.
- Depuis cette année, l’Institut de Stockholm est la seule école du royaume pour la formation de vétérinaires. D’après les règlements du 2 4 mai 1867, le baccalauréat est exigé pour l’adinissiou. Le corps enseignant comprend : cinq professeurs titulaires, dont l’un fait en même temps fonctions de directeur, un professeur-lecteur, un professeur adjoint, un forgeron-instructeur (vétérinaire), puis des professeurs suppléants, un professeur pour le contrôle de la viande, un préparateur et un maître d’équitation*
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- h 25
- Le cours complet comprend quatre ou cinq années d’études. Le nombre des élèves est ordinairement de ko a 5o.
- 11 y a trois écoles de maréchalerie établies à Alnarp, à Stockholm et à Skara. Celle d’Alnarp, où affluent les élèves, tant civils que militaires, fut ouverte en 1863 sur l’initiative du Dr O. Pelmsson Rendz, qui a ainsi donné l’essor a la maréchalerie suédoise.
- II. SITUATION DU PAYSAN.
- PRÉPONDÉRANCE POLITIQUE DU PAYSAN. — ACCROISSEMENT DU BIEN-ETRE. CONSOMMATION ANNUELLE. — CATÉGORIES DIVERSES D’OUVRIERS AGRICOLES; LEUR SITUATION ÉCONOMIQUE.
- En Suède, la situation des paysans est prépondérante. Depuis 1866, en effet, le pouvoir politique est entre leurs mains : plus de cent d’entre eux siègent au Riksdag. Ce fait n’a d’analogue (et dans de plus faibles proportions) que dans les deux autres pays Scandinaves : la Norvège et le Danemark.
- L’accroissement général du biemêlre qui a marqué le dernier siècle et dont le tableau ci-dessous donne une faible idée, a été ressenti également dans les campagnes. Le pain de froment s’est répandu sans
- supplanter celui de seigle; on fait, notamment avec cette dernière céréale, une sorte de galette dure et sèche qui porte le nom de kruïc-kebrôd (pain cassant), et qui se conserve très longtemps sans perdre de sa saveur. En Norrland et en Da-
- 1891-1895.
- 1841-1860.
- Fig. Si!. — Consommation annuelle, par habitant, de froment et de seigle.
- lécarlie, le pain se fait avec un mélange de seigle et d’orge, et, flans les régions qui cultivent surtout l’avoine, avec un mélange de cette céréale et de seigle.
- Les deux tableaux de la page Ù2 6 permettent de se rendre exactement compte de la consommation des Suédois. Ces tableaux s’appliquent a toute la population; mais, la plus grande partie de cette population étant agricole, il m’a paru intéressant de les publier dans ce rapport.
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- PAYS. FROMENT et SEIGLE. CAFÉ. THÉ. SUCRE. TA15AC. EAU- DE-VIE. BIÈRE. VIN.
- kilogr. liectogr. liectogr. kilogr. liectogr. litres. litres. litres.
- Suède . . i75 3 A 5 0 3i 16 08 1 0 53 6 67 27 6 0 6
- Norvège i 35 38 G 0 3 0 9 °9 • 9 00 3 5 A 20 1 1 2
- Danemark aS7 3o 5 I 9° 2 1 2-8 1 7 00 1 A Ao 87 7 1 6
- Finlande 18o 2 2 li 0 OÏ) 5 89 1 2 79 2 86 8 8 0 6
- Grande-Bretagne et Irlande. i67 3 3 2 A 87 36 73 7 A 5 5 2 0 135 0 1 7
- Pays-Bas 202 67 3 5 93 12 1 3 33 11 8 83 3A 6 2 0
- Belgique 2 7 A 38 6 0 11 9 82 21 36 9 70 i83 6 3 9
- Empire d’Allemagne M)7 2 A 1 0 51 9 9-' 15 Ao 8 80 109 6 5 7
- Autriche-Hongrie i73 8 7 0 18 7 68 J7 32 9 00 39 2 1 A 2
- Suisse 21 A 28 6 0 7 3 1 6 58 21 00 6 1 2 51 9 60 7
- France 2 5 A 18 A 0 *7 1 1 51 10 76 8 5 A 22 8 112 3
- Italie 122 A 2 0 01 3 2 5 o 5 A 1 2 0 0 6 9(» 5
- Espagne i A 9 3 1 0 oA 5 35 11 80 1 00 1 3 11 5 0
- Portugal 1 0 2 3 1) 0 5o 5 88 A 55 1 00 1 0 93 6
- Bussie 172 0 r> 3 09 A 8 A 5 65 9 Ao A 6 3 3
- Elats Balkaniques 138 31 0 11 2 36 9 10 9 00 <2 3 90 0
- Europe occidentale 185 10 7 A 77 i3 77 11 86 6 1 5 63 0 A 8 7
- Europe orientale 168 1 A 2 28 r, i 2 8 09 9 23 9 3 i3 0
- Europe 1 7 8 10 3 3 82 10 /18 10 A3 7 32 A 2 6 35 1
- Etats-Unis 118 3q 1 6 08 29 20 2 5 5o 5 95 58 1 1 5
- CONSOMMATION MOYENNE EN SUEDE PAR TETE D’HABITANT.
- MOYENNES DES ANNÉES. FROMENT. SEIGLE. POMMES de TERRE. CAFÉ. THÉ. SUCRE. EAU- DE-VIE. RIÈRE. VIN. TABAC.
- kilogr. liilogr. kilogr. liectogr. liectogr. kilogr. litres O. litres. litres. liectogr.
- 1861-1870. *7 109 202 17 3 O O cc A 87 9 7° 1 t 0 0 A 7 13
- 1871-1880. 2.3 12.3 2A2 2 3 3 0 1 1 7 63 io 96 16 8 0 8 9 76
- 1881-1890. 35 l32 235 3o A 0 18 10 5 7 7 5o 2 1 8 0 6 9 73
- 1891-1895. 5i 1 24 2 A 2 3 A 5 0 31 16 08 6 67 27 6 0 6 10 53
- (') Litres à 5o p. 100 d’alcool.
- Il faut noter que la consommation de l’alcool, qui, aux environs de 18 3 o, n’avait pas atteint moins de 2 o litres, par an et par habitant, a considérablement diminué, grâce a la lutte entreprise contre l’alcoolisme.
- La demeure du paysan, dans sa forme traditionnelle, est une habitation comprenant, outre le porche ^forslu^a): une grande pièce, le crpoêle» proprement dit (stuga), qui constitue simultanément la cui-
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- SUEDE.
- 427
- sine, la crchambre de tous les jours?) et le dortoir pour une partie de la famille, le cr cabinet» Çkammcrm'j, où couchent ceux des membres de la famille cpii n’ont pas leurs lits dans le crpoêle ». Suivant la fortune ou les prétentions, on augmente l’habitation d’une chambre, ou
- Environ île 1830.
- 1891-1895.
- û() litres (diiiTre l'oniM'l). 11.83 litres. 6.(57 litres.
- Fig. 86.— Consommation annuelle d’eau-de-vie (litres à 5o p. 100 d’alcool) par habitant (Suède).
- on lui superpose un étage. De grandes fermes de paysans, spécialement dans le Nord, possèdent fréquemment deux ou trois édifices pareils, dont l’un peut être affecté aux hôtes éventuels (la maison des
- Litres. Litres
- Danemark. Belgique. Lmp. Franco Suède. Suiçco. Ues Grit. Norvège. Finlande. d‘ Alîom.
- Fig. 85. — Consommation annuelle d’oau-de-vie par habitant de divers^pavs
- (litres à 5o p. îoo d’alcool), en i8gi-i8g5.
- hôtes (jgaststugan), l’autre servir de demeure d’été (sommarslugan). En Scanie, dans file de Gotland et dans plusieurs autres régions, on donne volontiers à rhabitation une plus grande étendue, mais sur un
- (,) Chiffre calcuhi peut-etre trop bas.
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- m
- étage unique, habitation assez analogue à celles du Danemark et de 1 Allemagne. Les greniers, l’écurie et l'étable, etc., se rattachent à la demeure, et le tout donne,, le plus souvent, sur une cour fermée.
- On peut classer les ouvriers agricolesen quatre catégories : les domesliques, c’est-à-dire les travailleurs célibataires (hommes et temmes) nourris par le maître; les ouvriers mariés (slatfolk, s ta tare) avec ménages particuliers et salaires en argen t et en nature ; les tenanciers (torpare), ayant et exploitant pour leur compte une petite ferme ou tenure (lorp), appartenant au domaine, moyennant l’obligation de faire un certain nombre de journées à la ferme du propriétaire; les ouvriers libres ou journaliers, travaillant à la journée pour un temps plus court, principalement à l’époque des grandes récoltes.
- NOMBRE DES P E R S 0 N N E S. PROPORTION I>. 10 0.
- GROUPES. SITUATION économ IQUE SITUATION KCONOJIIQUK
- — — , TOTAL. TOTAL.
- 110 N NE. MOYENNE. PAUVRE. 130NNE. MOYENNE. PAUVRE.
- Hommes de métier d). OC CO 1 ,060 2 9 -i 2,622 69.1 ^9-7 11.2 1 00
- Tenanciers ordinaires. •r’>7(i9 7,018 3>9°7 i 6,(197i 3/1.6 62.0 23.6 1 0 0
- Tenanciers à la journée. 2 1 8 63g /i3i 1,288 16.9 69.6 33.5 100
- Stature . 281 1,292 861 2,6 1 6 11.7 53.5 36.8 100
- Ouvriers libres 6 56 797 689 1,762 26.2 in œ 28.0 1 0 0
- Total i 8,012 O •^1 OO 5,9(12 26,760 32.3 63.6 26.1 100
- (0 On entend par hommes de métier (yrkesmün) : les premiers valets de ferme (raltare), les jardiniers, les cochers, les premiers valets détaille (ladufogdar), les charrons et autres artisans en bois, les forgerons, etc., qui ont d’ordinaire fait un apprentissage spécial avant leur entrée en service-.
- Depuis une cinquantaine d’années, la mère de famille préfère n’avoir plus à sa table de domestiques hommes et cherche à y avoir le moins de domestiques femmes possible. Aussi le nombre des ouvriers agricoles célibataires — ceux que nous venons d’appeler les domestiques — a-t-il diminué dans une très importante proportion. Lessta-tare sont, au contraire, en forte augmentation; il faut, à leur sujet, noter deux points : i° les salaires en nature ont tendance à être remplacés par ceux en argent; 9° la traite des vaches, le dernier
- par la cession en toute propriété de lopins de terre<
- (1) A signaler un très ancien usage suédois qui consiste à rétribuer les ouvriers
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- SUEDE.
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- travail qui fut réservé à des femmes, est, de plus en plus, pratiqué par des hommes. Les torpare forment eu Suède un groupe très important de travailleurs agricoles; le nombre de leurs journées de travail obligatoires est d’environ i5o, par année et par tenure.
- J1 y a quelques années, le capitaine Urban von Feilitzen s’est, aux frais de la fondation Lorén, livré à des recherches sur la situation économique des ouvriers agricoles. Le tableau de la page 428 donne les résultats de celte empiète qui a porté sur diverses régions de l’Ostro-gothie, du Smaland et de la Scauie. Les premières comptent parmi celles où les salaires sont le moins élevés, les dernières parmi celles où ils sont le plus hauts.
- L FORETS, INDUSTRIE FORESTIERE, ENSEIGNEMENT FORESTIER.
- ETENDUE DES FOUETS. — FOUETS DE L’ETAT. — FOUETS PLACEES SOUS SON CONTUOLE DIUECT. - FOUETS PUIVÉES. — ENSEMENCEMENT ET PLANTAGE. — SCIEUIES : HISTOUIQUE; NOMUUE ACTUEL. — MODE D’EXPLOITATION DES FOUETS. — IMPORTANCE DES COUUS D’EAU. — FLOTTAGE. — SCIAGE. — EXPORTATION : STATISTIQUE; NATUUE DES BOIS EXPORTES. - IMPORTATION. — L’INSTITUT FORESTIER. - ECOLES FORESTIERES.
- T
- Etendue des forêts. —— La superficie de la Suède, déduction faite des lacs, est de 4i millions d’hectares; 19,984,82/1, soit presque la moitié, sont couverts de forêts. La Finlande est la seule région aussi riche sous ce rapport.
- L’Europe, en moyenne, n’a que 33 p. 100 de son sol occupé par des forêts. Pour 100 habitants, l’Europe a seulement, en moyenne, 80 hectares de forêts : (Russie, 190 ;
- France, 2b; lies britanniques , 3 ) ; la Suède en a presque 4oo. Les gou-
- lles Crû
- 3 licct.
- Fijf. 80. — Terrain forestier en hectares, pour 100 habitants.
- vernements les plus riches sont ceux de Vermland et de Kopparberg, tous deux limitrophes de la Norvège, et ceux de Geflebord et de Vesternorrland situés sur le golfe de Botnie, où de 67 a 80 p. 100 du territoire sont couverts de bois.
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- 430 EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- r r
- Forêts de l’Etat. — Les forêts de l’Etat couvrent une surface totale de 6 millions et demi d’hectares que l’on peut diviser de la façon suivante :
- ANNÉES.
- DESIGNATION. 1880. 1890. 1898.
- Forêts domaniales heclarcs. S, 285,277 hectares. 3,4o8,75l heclarcs. 4,071,812
- Terrains encore aménagés, restant après la délimitation 1,161,258 1,049,249 927,671
- / des domaines de l’Etat 262,726 2 40,710 17 5,3 7 3
- I des colonies et propriétés domaniales .... 1,077,890 1/172,907 1,128,044
- Forêts < des biens concédés aux fonctionnaire-;.. . . 18,807 16,920 6 oc
- f concédées aux scieries privilégiées 234,853 269,070 160,007
- f allouées à l’industrie minière 41,519 4o,6o4 32,572
- Plantations sur sables mouvants 2,166 U397 1,333
- Totaux 5,074,766 6,499,608 6,5i 1,617
- Les forêts domaniales ne comprenaient, en 1870, que h 2 5,79 U hectares. On voit donc combien leur augmentation a été considérable; elle est dû à diverses causes :
- i° On réunit les terrains qui sont la part de l’Etat à la délimitation, entre ce dernier et les particuliers, dans les gouvernements septentrionnaux ;
- 20 On prend, quand le délai est révolu, les bois des colons, ceux des coupes privilégiées des scieries et des mines;
- 3° On réserve des portions lors de la vente de certaines propriétés affermées appartenant à l’Etat;
- h° On achète des terres à des particuliers.
- Aujourd’hui, le total des forêts domaniales dépasse le chiffre de quatre millions d’hectares, dont plus de la moitié sont situés dans le gouvernement de Norrbotten et un quart dans celui de Vesterbotten.
- L’étendue des forêts appartenant aux domaines agricoles affermés de l’Etat est diminuée, tant par la vente de petites fermes que par la transformation de certaines forêts en forêts domaniales.
- Le but des forêts attenantes aux domaines agricoles est de fournir à ces domaines le bois à brûler et le bois de construction nécessaires. Quand il y a de l’excédent, il est vendu pour le compte de l’Etat.
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- h 32
- Les forêts des colonies et des propriétés domaniales sont aussi affermées avec la terre arable y attenante; mais ici, le fermier est, en quelque sorte, un tenancier perpétuel placé simplement sous le contrôle des fonctionnaires forestiers.
- L’origine des forêts concédées aux scieries se trouve dans ce fait, que l’Etat, pour encourager en Norrland, l’industrie toute nouvelle des scieries, leur concédait, dans les forêts domaniales, un certain nombre d’arbres de haute futaie. Les conditions de ces cessions gracieuses ont changé depuis lors. Entrer dans des détails nous conduirait trop loin.
- Forêts cantonales.—Les forêts cantonales, qui couvrent 1 o A,881 hectares, appartiennent, de façon indivise, aux paysans du canton, sans quelles puissent être partagées entre eux; les fonctionnaires forestiers sont chargés de veiller a ce que les prescriptions concernant leur bonne administration soient strictement observées. Les frais de gardiennage et d’entretien des immeubles communs aux habitants du canton, sont payés avec le revenu de ces forêts; le solde est partagé entre les copropriétaires.
- Forêts communales. — il y a des forêts communales placées sous un régime analogue à celui qui régit les forêts cantonales. On regarde aussi, comme communales, les forêts qui sont la propriété des paroisses. Situées principalement dans le gouvernement de Norrbotten, les forêts communales ressortissent également à l’Administration des Domaines. Quant aux forêts des paroisses, elles servent pour les besoins du culte et l’entretien du clergé. La superficie totale des forêts communales est d’environ 200,000 hectares.
- Forêts des établissements publics. — Les forêts dépendant des établissements publics ont une faible superficie; elles sont soumises au contrôle de l’État.
- Forêts privées. — Ce sont les particuliers qui sont propriétaires de la plus grande partie des forêts de la Suède. Ces forêts ne sont pas toujours très bien soignées; les coupes qu’on y fait sont, le plus souvent, excessives; l’exploitation dépasse d’environ 3 millions la possibilité.
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- SUÈDE.
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- Dans les parties septentrionnales du pays, cette possibilité est, du reste, inférieure de ko p. 100 à la recrue totale; on ne saurait s’en étonner, si l’on considère les grandes difficultés d’exploitation.
- Sylviclltuiie. — Dans la plus grande partie du pays, on abandonne, à Faction propre de la nature, le rajeunissement des forets, dont on ne peut ainsi — bien que la chose soit pourtant très nécessaire — adapter la composition future aux divers besoins du pays. Deux moyens s’offrent cependant aux sylviculteurs pour le rajeunissement rationnel : l’ensemencement et la plantation.
- En Suède, on pratique le plus généralement l’ensemencement dans des endroits que l’on a piochés, souvent en forme de losange, quelquefois en longues rangées, particulièrement là où paît le bétail. Il est rare que l’on ensemence directement le sol en son entier (semailles à la volée, bredsndd) ; les semailles en lignes ne s’emploient qu’exceptionnellement, le sol forestier suédois étant pierreux. Quoique le pin et le sapin poussent spontanément si près l’un de l’autre qu’ils mêlent presque leurs troncs — ce qui leur convient très bien à tous deux — pour le succès du mélange, il est préférable, dans les forêts de culture, d’élever les deux sortes d’arbres par groupes ou par rangées; cela permet de planter quelques années à l’avance celui des conifères auquel le sol convient le moins. C’est dans ce but qu’on combine parfois l’ensemencement et la plantation : l’espèce d’arbre qui doit obtenir de l’avance est plantée, et l’autre est cultivée par ensemencement. Comme complément, en cas de renouvellement incomplet par semis ou par ensemencement spontané, on peut utilement recourir à la plantation.
- La plantation, — qu’il faut préférer quand le sol est herbeux — revient plus cher que les semis, mais elle donne plus vite de jeunes forets; aussi se répand-elle particulièrement dans les contrées où la terre a une valeur élevée. Le plus ordinairement, les plants sont transplantés avec racines nues : le pin, à Fâge de deux ans; le sapin, à l’Age de trois. Il y a dix ans, les plants étaient encore transplantés avec la motte de terre adhérente aux racines, ce qui occasionnait plus de frais; on a reconnu qu’on n’en retirait pas davantage. Dans ces
- AGRIClîLTLT«K• - I. aS
- iMpnmr.mr nationai.f.
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- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- 434
- derniers temps, on a commencé à appliquer une méthode de culture qui semble promettre beaucoup. Les trous des plants sont remplis avec de la terre passée au crible et les plants sont mis en place beaucoup plus jeunes avec un planloir : le pin à un an, le sapin à deux. Cette méthode de culture favorise le développement naturel des racines et réagit contre la maladie (causée par un champignon, Lo-phodenniun pinastri) qui attaque le pin; on a, du reste, noté que les sujets produits par graines de pommes de pin récoltées tard (mars ou avril) étaient moins sujets a la maladie.
- Les frais de culture des forêts de l’Etat s’élèvent, par an, à environ 100,000 couronnes, dont ta partie de beaucoup la plus importante est allouée aux régions du Sud et du Centre. En Non]and et Dalécarlie, les semis et la plantation ne sont qu’exceptionnellement employés.
- Dans les grandes forêts privées du Sud et du Centre de la Suède, la sylviculture est assez souvent pratiquée; dans celles du Norrland et de la Dalécarlie, elle l’est rarement. Dans les petites forêts privées, elle ne l’est que lorsque les frais sont partiellement supportés par les budgets des conseils généraux, des sociétés d’économie rurale, ou de l’Etat. De semblables crédits ont été alloués pendant les dernières années, pour une somme totale d’environ 100,000 couronnes.
- Historique et importance actuelle des scieries. — Les forêts qui couvrent, nous venons de le voir, la moitié de la Suède, fournissent également la moitié de son exportation totale.
- Tout concourt, du reste, dans ce pays, à en faciliter l’exploitation : les hivers abondants en neige rendent aisée l’extraction des bois, les nombreux cours d’eau sont favorables au llottage, les ports sont bien abrités et pourvus de vastes quais de chargement. Aussi, l’industrie forestière date-t-elle de fort loin; les premières scieries furent, sans doute, établies au moyen âge. De notre temps, cette industrie a pris une importance toute particulière. Il en faut faire honneur à l’initiative de quelques négociants de Gottemberg, qui, de 18/u à i85o, achetèrent de vastes domaines forestiers, d’abord en Vermland et en Dalsland, puis en Norrland, et y fondèrent, près de chutes d’eau, et le
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- SU KDE.
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- plus souvent, non loin de la côte, des scieries importantes. Dans la suite, rétablissement de scieries à vapeur au bord de la mer révolutionna, on peut dire complètement, l’industrie forestière; la première scierie à vapeur date de i85i, elle était sise à Vifsta, près de Sundsvann.
- PAYS EXPORTATEURS. DE DOIS NON OUVRÉS 61. M 0 Y E 1881-1890. N NE S. 1891-1895. 1893. 189 h. 1895. 1830. 1897.
- Suède i:5.r),r,/i8 1 67,906 167,699 t 69,577 1 59,o53 182,68/1 208,92 1
- Norvège /l 6,8/l 2 3(), 1 56 37e>73 38,820 38,/10 1 Zi8,/i86 58,633
- Finlande /i.‘5,/i97 5o,()02 h 7,766 61,3o3 61,017 68,865 79/16/1
- Russie 8/i,(>39 1 1 3,/16a 107,9/16 10 h, 51 3 107,1 36 12/1,706 126,5/1/1
- 11 9/180 128,92 j 1 2 5,i 3i 1 3o,/i 31 13 7, /16 /j 153,200 175,97/1
- États-Unis 106,789 106,206 106,8/u 108.557 108,18/1 197,l3/l 169,860
- Canada 11 Zi,81 /1 117,160 125,782 193,9.6 1 1 o,5o/i 12/1,1/12 160,962
- Totaux 651,51 0 71 3,oi 3 708,657 73°,i 17 721,769 829,2 16 970,3/18
- O Valeur eu milliers de l'rancs.
- En 1897, la valeur de la production des scieries et des établissements de rabottage s’élevait à 1/12,219,987 couronnes; plus de 40,000 ouvriers étaient employés à l’industrie forestière; 1,688 châssis et de 68/1 machines à rabotage étaient en fond ion et le nombre des scieries et des établissements de rabottage approchait de 1,000.
- Pour donner une idée de l’essor qu’a pris l’industrie du bois, il suffit de quelques chiffres. En 1821 (année où l’Angleterre réduisit les droits d’entrée), il existait en Suède 3,633 scieries avec une production de 267,000 douzaines de madriers et de planches, dont 011 exportait environ 200,000 douzaines. Quarante ans plus tard, il existe 5q scieries à vapeur et 4,933 scieries à eau ou a vent, et l’exportation de madriers et de planches seule s’élève à 1,478,000 douzaines.
- Après un nouveau laps de temps de quinze ans, cette exportation est triplée, et la totalité de l’exportation de bois non ouvré monte à une valeur de près de 10/1 millions de couronnes, c’est-à-dire à environ 46 p. 100 de la valeur totale de l’exportation entière du pays.
- 08.
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- AGRICULTURE.
- EX POSITION* I)E 1900. —
- Mode d’exploitation des forêts. —Lors de l’établissement des premières grandes scieries modernes, comprenant que, par suite de la réduction des frais du flottage f grâce au règlement des courants d'eau) et du perfectionnement des procédés des scieries, la valeur des forêts augmenterait considérablement, les propriétaires de ces scieries s’assurèrent, au moyen de conventions avec des particuliers, l’usufruit de telles étendues boisées qu’ils jugeaient nécessaires a leur industrie. A cette fin, ils firent, avec de petits propriétaires ou avec des communes, des contrats aux termes desquels on livrait â leur exploitation les forêts avec ou sans certaines restrictions. Les conditions attachées à ces droits d’exploitation variaient souvent. La durée des contrats était — conformément â la loi sur les conventions relatives à l’usufruit des biens immeubles en général — limitée â oo ans au maximum, période, le plus souvent stipulée par les contrats, qui quelquefois n’étaient valables que pour une ou deux dizaines d’années. Tantôt, le droit d’exploitation était illimité ; d’autres fois, il était réglé par certaines stipulations relatives aux dimensions des arbres â couper (variant entre 17 centimètres sur une longueur de 45 mètres et 20 centimètres sur 6 mètres), d’autres fois encore le sapin blanc— considéré alors comme de peu de valeur — ne rentrait pas dans l’exploitation. Ces stipulations n’ont pas été sans amener de la confusion. Le plus souvent, on payait une certaine somme a forfait; il arrivait aussi que le propriétaire se réservât, en outre, une redevance annuelle en argent ou en céréales. En général, on peut dire que les scieries acquéraient le droit d’exploitation à bas prix. C’était, du reste, le temps où les forêts avaient si peu de valeur que les paysans en brûlaient de vastes étendues rien que pour obtenir des pâturages.
- Ces achats de bois, qui ont souvent fait réaliser aux propriétaires de scieries de grandes fortunes, n’ont pas été avantageux pour l’économie forestière. Celui qui, par contrat, a acquis le droit d’exploiter, pendant un certain nombre d’années, la forêt d’autrui, n’a, en effet, aucun intérêt à la ménager; il ne cherche qu’a en tirer très grand profit pendant la durée du contrat; c’est ainsi que lorsque aucune stipulation relative au minimum de dimensions n’était intervenue, le bois était exploité prématurément. Même, dans les cas où le droit d’exploi-
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-
- SUÈDE.
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- talion avait élé limité, on abattait beaucoup d’arbres qui auraient dû rester, soit comme arbres de repeuplement, soit pour d’autres raisons, et on laissait au contraire sur pied des arbres que l’économie forestière commandait d’abattre. Aussi le législateur s’émut-il de cet état de choses et une loi, en 1889, réduisit à vingt ans la durée maxima des contrats d’exploitation.
- Pour ne pas manquer de forêts, certaines sociétés de scieries avaient, dès avant cette époque, acheté des propriétés foncières; après la promulgation de la loi, ces achats se multiplièrent. Les terres achetées consistent, pour la plupart, en de vastes étendues boisées et en de petits terrains cultivés ou cultivables, que la société acquiert, pour ainsi dire, par-dessus le marché et que, pour un prix dérisoire, elle afferme ou même prête à l’ancien propriétaire sous la seule obligation pour ce dernier de payer les impôts qui frappent la terre.
- Pour l’économie forestière, il est incontestablement très avantageux que les sociétés acquièrent ainsi de vastes étendues. Etant propriétaires et tenant à assurer l’avenir, elles sont plus soigneuses des forêts que ne le sont généralement les particuliers, surtout les paysans.
- Au total, pour se procurer la matière brute nécessaire à leur industrie, les propriétaires de scieries peuvent aujourd’hui acquérir, soit des terrains boisés, soit le droit d’exploiter pour une durée maxima de vingt ans certaines étendues de forêts, soit, encore, du bois en grume aux paysans, soit, enfin, des arbres marqués pour l’exploitation dans le domaine de l’Etat.
- La coupe commence ordinairement au mois d’octobre et dure tout l’hiver. Pendant cette saison, en effet, le bois est plus facilement transportable hors de la forêt; le chômage du labour laisse des bras disponibles; enfin, la qualité du bois coupé en cette saison est supérieure.
- On commence par établir de grandes voies au travers de la forêt; c’est de leur entretien et de leur solidité que dépend, en grande partie, le succès de l’exploitation; de temps en temps, on répand sur ces routes de l’eau qu’on laisse geler (dans le nord du pays, où la neige abonde, il suffit d’établir des chemins d’hiver ou ccschlittages»). Puis la coupe commence par les parties les plus éloignées de la route de flottage.
- Pendant longtemps, on se contentait de couper le bois à quelques
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- A 38
- pieds du sol. CotaiI là un procédé peu économique et, de nos jours, où l’exploitation est devenue plus intensive, il a été absolument abandonné; on coupe maintenant l’arbre au rez même du sol et l’on a soin d’enlever préalablement une couche de neige, qui mesure quelquefois plus d’un mètre d’épaisseur, pour permettre à la scie de fonctionner librement. Cet outil a complètement remplacé la hache, avec laquelle on détériorait toujours une partie du bois. L’habileté du bûcheron consiste à faire tomber l’arbre de telle sorte qu’il n’endommage pas les arbres environnants.
- Le tronc est débité en une ou plusieurs billes, dont le diamètre mesure, à la cime, au minimum om. is5 pour le bois blanc et o m. i5 pour le bois rouge. Ces billes sont elles-mêmes débitées sur une longueur de U m. o5. Plus le lieu d’abatage est éloigné, plus les billes doivent être grosses, pour permettre de couvrir les frais de transport; le bois de construction, notamment, doit mesurer au moins o m. 18 de diamètre à la cime et avoir une longueur de 8 à 9 mètres.
- Pour les poutres équarries, la longueur peut différer et le diamètre, au centre, doit être de 0 m. 23. Ce qui ne peut être utilisé, ni comme bois de construction, ni comme bois de travail, est vendu comme bois de chauffage.
- Le moven de transport dont on se sert le plus fréquemment pour transporter les bois, consiste en traîneaux fort simples, formés par deux barres de bois reliées vers le milieu par une traverse plate et par une autre sur le devant. Pour les grandes pièces de bois, il faut employer deux traîneaux : on attache une extrémité des troncs au traîneau du devant et l’autre au traîneau d’arrière. De cette manière, un seul cheval traîne, en un seul voyage, sur les chemins lisses, jusqu’à 10 ou 12 poutres d’une longueur de 18 pieds. Dans le Nord, on remplace parfois les chevaux par des rennes. Il est, des endroits où l’on ne peut se servir ni des uns ni des autres et il faut recourir à la traction humaine. Enfin, quand la neige est assez épaisse, on fait glisser les troncs, la cime la première le long des pentes escarpées. Quant aux chariots, ils ne sont employés, pour le transport des bois, que sur les bons chemins et, bien entendu, quand il 11’y a pas de neige.
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- Flottage. — Le flottage est le procédé le plus fréquemment employé pour transporter les bois de construction. Il présente, en effet, de nombreux avantages : c’est ainsi qu’il rend les bois plus aisés à traiter et leur donne une couleur égale. Certains prétendent que, par contre, il leur retire de la solidité. Une chose incontestable, c’est que le bois rouge, qui a séjourné dans l’eau pendant quelques mois, n’a plus l’inconvénient de travailler et qu’il y a bien des régions où, s’il n’y avait pas de rivière flottable, il faudrait renoncer à utiliser la production forestière à autre chose qu’aux besoins locaux. Dans l’intéressante étude officielle consacrée à la Suède, son peuple et son industrie, a l’occasion de l’Exposition de 1900, et rédigée sous la direction de M. Gustave Sundbârg, on lit à ce propos : ccNotre position de premier pays sur le marché international des bois tient, en partie, au nombre de nos rivières et à leur application comme routes de flottage Ah» Les cours d’eau, dont le débit n’était pas assez important pour permettre le flottage durant tout l’été, ont été transformés en rigoles de flottage. Quant aux lacs et aux marécages, des digues, dont le prix de revient n’a pas été relativement trop élevé, ont permis d’en faire des réservoirs destinés à alimenter ces rigoles.
- Le flottage commence après la débâcle des glaces. Il importe d’autant plus de ne point perdre de temps, surtout dans les petits cours d’eau que, parfois, un jour inutilisé suffit à rendre obligatoire l’hivernage d’une partie des bois.
- Le flottage a lieu, soit à billes perdues, soit en troncs. Ce dernier mode est employé lorsqu’il faut traverser des eaux peu rapides. Les bois sont-ils placés sur la glace d’un lac ou d’un étang, on les enferme dans des poutres accouplées et le radeau improvisé est remorqué par un bateau à vapeur ou toué au moyen d’un cabestan sur un drome flottant, spécialement construit dans ce but.
- Sciage. — Quand le bois est arrivé à la scierie, on le fait d’abord passer par les barrages de triage, puis, au moyen d’un treuil, les billes sont traînées le long d’un pont incliné ; quand elles sont parve-
- (1) O11 manque jusqu’à l’heure actuelle de données bien complètes sur la longueur du réseau des routes de flottage de la Suède.
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- nues â la scierie même, l’un des bouts du tronc esI fixé sur un chariot, tandis que l’autre repose sur un rouleau, tout près des lames de scie. Celles-ci sont placées dans un fort châssis qui monte et descend dans les rainures de deux montants. Le mouvement est communiqué au châssis au moyen d’un arbre tournant, dont l’un des bouts est fixé au bord inférieur et l’autre à une manivelle, mise en mouvement par la machinerie. Par un système d’engrenage, l’arbre tournant fait aussi avancer le chariot pendant le sciage ; le nombre des scies varie selon la grosseur de la pièce de bois â scier, de sorte qu’elle soit débitée en ne passant qu’une fois par le châssis. Si le bois est d’une grande dimension, il est d’abord taillé des deux cotés extérieurs et l’on ne procède qu’ensuite au sciage proprement dit.
- Les lames de scie sont réglées chaque fois que des troncs d’arbre d’une nouvelle dimension doivent être débités. Les grandes scieries sont en état de débiter simultanément des bois de différentes dimensions; elles évitent ainsi d’avoir à régler leurs scies trop souvent. Les anciennes lames étaient assez épaisses et avaient une chasse considérable, aussi fonctionnaient-elles lentement, et on estime qu’elles ne perdaient pas moins de 1 o p. 1 oo du bois. Par suite des prix élevés de celui-ci, de même qu’on s’est attaché, nous l’avons vu, à couper les arbres au rez du sol, on s’est appliqué à employer des lames excessivement minces, de façon à avoir le moins de déchet possible; en outre, la face produite par le sciage présente ainsi moins d’inégalité. Les pièces une fois débitées, on procède à l’équarrissage à l’aide de deux scies circulaires.
- Planches et madriers sont ensuite rangés suivant leur grandeur et, quelquefois, suivant leur qualité, après quoi, on les transporte en wagons au chantier, pour le séchage. Les bois varient en largeur de o m. 3o à o m. oa5 et, en épaisseur, de o m. îo â o m. 012.
- Les douves sont fabriquées dans des usines particulières avec les déchets du sciage (éclisses et dosses).
- Exportation. — Le bois est réputé de bonne qualité quand il est sain, compact et, autant que possible, sans noeuds. Cette qualité dépend essentiellement de la forme qu’avait l’arbreet de ce qu’il a été
- (1) La forme eu colonne produit le meilleur bois.
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- coupé avant d’avoir perdu sa vigueur végétale. Une teinte bleuâtre à la surface, causée par la fermentation de la sève, des crevasses ou des gerçures provenant d’une dessiccation inégale ou de l’âge trop avancé de l’arbre, des Haches survenant lors du sciage contribuent à diminuer la qualité et, partant, la valeur du bois. Il y a deux classements : le classement français et le classement anglais. Le premier comprend cinq qualités dont la deuxième équivaut à la troisième du classement anglais. Le bois blanc est souvent exporté non classé.
- On trouvera ci-dessous un tableau de l’exportation des bois non ouvrés, par articles. Ce tableau permettra de se rendre un compte exact des divers produits exportés :
- MOYENNES. A QOQ
- 1871-1875. 1876-1880. 1881-1885. 1886-1890. 1891-1895. i ovo.
- A. Ghoupes. Planches et madriers 2,22/1,759 2,61 9,47/1 3,247,987 3,755,209 4,i68,85o 4,7/18,790
- Bouts de planches 20Û, Û90 143,201 217,921 283,36a 352,558 396,488
- PouLrcs et poutrelles 443,334 3 7 4,4 5 7 892,387 281,378 3oo,238 318,541
- Bois rond 152,988 1/19,271 1 89,284 188,1 29 170,998 172,661
- Poteaux de mine 2/i5,838 279,370 376,928 513,74g 74/1,891 793,628
- Autres i3o,65i 145,55g 150,972 182,444 215,9 31 258,363
- Totaux 3,3oa,o68 3,71 i,33a 4,576,479 5,204,271 5,953,466 6,688,871
- B. Spécification. Madriers et baslins ' Planches 2,22/1,759 2,619/17/1 3,2/17,987 • [ 2,5oi,56i 11,060,438 2,541,967 1,362,890 2,667,066 1,629,905
- Planches rabotées Bouts de planches 10/1,498 1 43,201 217,921 [ 193,210 283,362 273, qq3 352,558 451,819 396,488
- Poutres et poutrelles . Grosses dimensions (l) 25 1 ,52(5 21 o,645 202,287 108,279 75,774 67,169
- Petites dimensions 191,808 163,812 190,100 178,099 224,464 251,38a
- Bois rond : Grosses dimensions (!) 135,967 i3a,361 168,820 i55,543 118,445 95,934
- Pelites dimensions 1 7,021 16,910 20,464 32,586 5a,553 76,727
- Poteaux de mine a 4 5,838 279,670 376,928 513,749 744,891 793,628
- Douves 3o,4oo 35,960 89,160 44,4oo 46,822 47,272
- Traverses ( sleepers ) 9>659 7,554 10,476 11,490 h 0,820 60,706
- Bois à brûler 5/1,142 70,166 73,966 93,484 90,1/14 71,223
- Autres 36,/i5o 81,900 27,380 33,070 63,i 45 89,132
- Totaux 3,3o2,o68 3,711,332 4,575,479 5,204,271 5,953,466 6,688,371
- O Du o m. 3o et au-dessus. — De o m. s5 et au-dessus au petit bout.
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- Voici, d’autre part, les lieux de destination des bois exportés :
- P A Y S de DESTINATION. MADRIERS et BASTJNS. PLANCHES (rakotées Y incluses). POUTRES el POUTRELLES. LOIS ROND. POTEAUX de AIINE. AUTRES. TOTAL.
- met. cubes. met. cubes. mèt. cultes. raèt. cubes. met. cubes. met. cubes. met. cubes.
- Norvège 13,4 61 l,/l75 Il 3yi // 3,4o8 1 8,785
- Danemark 46,oo3 82/1,777 1 13/162 35,o3i 3o 1 16,1 60 635,463
- Grande-Bretagne et Irlande 00 678,02/1 29/199 5,54o 776,898 486,835 3,394,76/1
- Pays-Bas 282,52 4 1 56,o(>7 7,533 12.5,891 n io,oo3 532,oi8
- Allemagne i4o,6io 368,525 71,17/1 34o 18 18,780 59/1,647
- France /19 7,3 81 3s3,5o9 33,571 2,58o 4,ooo 8,891 868,932
- Colonie du Cap.. . . 10/1,170 46,789 II 72 n 1,018 151,9 9 9
- Autres 21 4,444 1 82,608 6 4,3 02 2,816 18,087 1/1,751 492,013
- Totaux 2,667,066 00 0 318,541 172,661 798,528 654,851 6,688,371
- Ce tableau ne tient compte que des exportations par mer. La plus grande partie de celles qui ont lieu par terre n’ont pas, en effet, été relevées par la statistique commerciale suédoise. En effet, tandis que celle-ci n’estime l’exportation des bois non ouvrés en Norvège qu’à à00,000 couronnes, la statistique norvégienne l’estime, elle, à 5,5oo,ooo couronnes.
- 157. 1-29. 117. 113. 106. 51 311.
- Fig. 88. — Pays exportateurs de bois non ouvrés.
- (Valeur annuelle, en millions de francs, de l’exportation 1891-1895.)
- Pendant longtemps, on employa les bouts de planches comme combustible ; aujourd’hui, on s’en sert pour faire des caisses.
- Pour les grosses poutres, on prend surtout de vieux arbres trop mûrs; leur nombre va, malheureusement, en diminuant et c’est de l’Amérique du Nord que cet article (de l’espèce appelée pitch-pin) provient surtout aujourd’hui.
- L’exportation des poutrelles, au contraire, se maintient stationnaire. Parmi les pays qui en achètent, il faut signaler l’Egypte, ou les
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- poutrelles de petites dimensions, les chevrons, sont employés comme toitures de cabanes arabes.
- L’exportation des poteaux de mines ou pitpros doit retenir l’attention. En effet, elle engage trop souvent à abattre des jeunes taillis tout entiers.
- Millions de couronnes. Millions de couronnes.
- 175 ---------------------------------------------------------------------175
- En 1871 75 £0 ' 85 DO 95 98
- Fig. 89. — Exportation, de la Suède, de bois non ouvrés en 1891-1898.
- Importation. — Il est à noter que l’importation a une tendance ascendante très constante. Elle provient, pour la plus grande partie, des régions septentrionales de la Finlande, dont les bois sont transportés à travers le golfe de Botnie, en énormes trains remorqués par des bateaux à vapeur spéciaux, jusqu’aux scieries qui environnent Sundswall.
- Enseignement forestier. Institut forestier. — Ce n’est que depuis 1828 que l’Institut forestier (Skogsinstitutetf dont la fondation est due à Israel-Adolf af Strom, est devenu un établissement d’Etat.
- On exige, pour l’admission au cours supérieur de l’Institut forestier, que le candidat ait subi avec succès, soit le baccalauréat moderne, soit le baccalauréat classique, des épreuves spéciales en mathématiques, physique et chimie, comprenant la partie de ces matières exigées à la section moderne. On a décrété en outre que le candidat devrait avoir passé par l’Ecole forestière d’Omberg, où fut fondé, en 1886, un cours d’une année préparatoire a l’Institut forestier. La
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- durée du séjour à l’Institut forestier est de deux années, distribuées en études théoriques et pratiques ; ces dernières embrassent surtout les étés des deux années, soit près de quatre mois par an. Les études théoriques portent sur les branches suivantes de l’économie forestière : gestion des forêts, technologie forestière, création des forêts, géodésie, distribution des forêts, mathématiques forestières, et en partie sur les sciences suivantes qui sont les auxiliaires de l’économie forestière : botanique, maladies des bois, vénerie, géologie et science du sol, zoologie, minéralogie, chimie, physique, météorologie et climatologie, économie et finances, organisation des forêts et des chasses, ainsi que le droit général, l’économie politique, l’agronomie et la tenue des livres.
- Le nombre des élèves du cours supérieur ne dépasse pas 20. Au cours inférieur, on reçoit autant d’élèves que la place le permet. Ils doivent avoir passé par la sixième classe des lycées, et avoir ensuite, pendant deux ans, suivi des exercices pratiques se rapportant à l’économie forestière.
- Le personnel enseignant se compose d’un directeur, de deux professeurs-lecteurs, de quatre autres professeurs et d’un ou de deux adjoints pour les exercices pratiques.
- Enfin, depuis 1893, il existe un cours inférieur destiné à former les gardes forestiers pour le service privé.
- Ecoles forestières. — Des sept écoles forestières de l’Etat, nous venons de voir que Lune se consacre à la préparation des candidats à l’Institut forestier. Les six autres s’occupent de la formation de bons gardes.
- Les études y portent sur l’économie forestière, la botanique, la zoologie, les mathématiques, la cartographie, l’écriture, la comptabilité, la vénerie et la gestion des forêts, ainsi que sur les ordonnances qui concernent le service de surveillance. Les travaux pratiques qu’on y exécute comprennent l’arpentage des forêts et des champs, la sylviculture, l’élaguage, les divers procédés d’exploitation, etc. Le cours ne dure qu’un an. Annuellement, dans chaque école forestière, dix élèves obtiennent le logement gratuit et des subventions qui correspondent aux frais de nourriture. La plupart des élèves des écoles forestières qui
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- sortent diplômés trouvent des places au service de particuliers; en outre, il est arrivé, en plusieurs occasions, que leur intelligence commerciale et leur capacité pratique leur aient permis de prendre, peu à peu, une place estimée parmi le personnel des scieries.
- J. CHASSE ET PÈCHE.
- DIVERS GIlilERS. - PROCEDES DIVERS DE PECHE. - IMPORTANCE DE LA PECHE.
- LA PÈCHE I)U HARENG. - AUTRES PECHES EN MER. - PECHES EN EAU DOUCE.
- Chasse. — Si brève que soit la notice que l’on veuille consacrer a la chasse en Suède, il faut la diviser en deux parties, comme du reste la nature a divisé le pays lui-même : la Suède septentrionale, aux grandes forets et aux montagnes désertes et la Suède méridionale ou les villes sont nombreuses, les villages peuplés, l’industrie florissante et l’agriculture prospère.
- Dans la partie septentrionale, on trouve des fauves : ours, loup, glouton, lynx, aussi bien que du gibier comestible, perdrix blanche notamment.
- Celle-ci se trouve meme en telle quantité qu’elle est devenue, dans ces temps derniers, un objet d’exportation. Des quelques centaines de mille perdrix blanches tuées chaque année, une bonne part, en effet, est expédiée, parla Norvège, en Angleterre.
- Autour des immenses forêts du Nord, s’étendent des plaines désertes; c’est dans ces plaines que l’on rencontre le plus de perdrix; en été, pendant le mois d’août, on les chasse au chien d’arrêt; en hiver, on les prend au piège. Ai-je besoin d’ajouter que le nombre des chasseurs se livrant à cette chasse est très élevé?
- Des fauves, le plus répandu est le glouton. Les Lapons, dont il ravage les troupeaux de rennes, le chassent avec acharnement. Cette chasse se fait de préférence lorsque la neige est profonde et tendre; chaussés de patins de bois, les Lapons poursuivent les ennemis de leurs troupeaux avec une persistance récompensée, puisque le nombre des gloutons tués annuellement est de près de ooo. Les Lapons pratiquent la chasse au loup de la même façon que la chasse au glouton; mais le nombre.des loups est bien inférieur à celui des gloutons, on
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- n’en Lue pas une centaine par an. Plus rares encore que les loups, les lynx ne quittent guère les grandes forêts où on les prend généralement à l’aide de pièges; on les chasse, en outre, au chien.
- Enfin il me reste à parler de l’animal qui mérite, en Suède, le nom de ce roi des fauves» : l’ours. C’est pendant son sommeil hivernal qu’on le chasse. Au préalable, alors que la neige commence seulement à tomber, on a eu soin de suivre ses traces et de s’enquérir du lieu de sa retraite. Quand on se décide ale chasser, on parvient souvent jusqu'à lui sans qu’il soit réveillé par le bruit et il passe, ainsi, du sommeil à la mort. Est-il réveillé qu’il ne saurait du reste échapper davantage. Entouré de toutes parts, il ne tarde pas à succomber sous les coups. Le nombre des ours tués ainsi ne s’élève pas à plus d’une douzaine chaque année.
- Quelques mots maintenant sur les principaux gibiers de la Suède centrale et de la Suède méridionale.
- Le chevreuil est très répandu ; il se chasse surtout dans les contrées boisées, mais rarement avec des chiens. En plaine, on le tire le plus souvent a halle; quelquefois, en battue. Si le chevreuil est abondant, le cerf et le daim sont très rares; on n’en rencontre que sur quelques chasses réservées.
- Des gibiers à plumes, les plus répandus sont le grand et le petit tétras, que l’on chasse soit au chien d’arrêt, soit au chien courant. En ce dernier cas, le chien observe l’arbre sur lequel l’oiseau qu’il a fait lever va se percher; puis, sans le perdre des yeux, il se place au-dessous, appelant le chasseur par ses aboiements. Il faut citer ensuite la perdrix grise, abondante certaines années et la bécassine aussi recherchée qu elle est rare.
- Enfin il faut dire un mot des gibiers que l’on rencontre indifféremment sur tout le territoire de la Suède, notamment de l’élan qui est non seulement le plus beau, mais, alimentairement parlant, le plus utile. Sa chasse, sévèrement réglementée aujourd’hui, n’est plus autorisée que dans la première quinzaine de septembre. Elle se fait surtout au chien courant et le nombre des animaux tués s’élève chaque année à i,5oo environ. Après l’élan, le lièvre a droit à une mention particulière.
- Si nous quittons le poil pour la plume, nous trouvons l'eider com-
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- liâl
- mun le long des côtes et que Ion tire, soit à l’appeau, soit au vol, au moment de ses migrations. C’est également au printemps que se chasse la bécasse; pendant la période de l’accouplement on la tire au vol tandis qu’elle plane au-dessus des bois. Le canard sauvage qui inspira le titre d’une des pièces les plus justement fameuses du répertoire suédois, est lui aussi assez répandu; il se cache assez habilement dans les roseaux, et les chiens parviennent seulement a le faire lever lorsqu’ils sont fort bien dressés.
- Citons, en terminant, les renards, si communs sur tout le territoire de la Suède que l’on n’en tue pas moins, estime, dans une intéressante étude, M. G. Kolthofl^, de 20,000 par an.
- Péciie. — et La périphérie totale de la côte suédoise est évaluée a une longueur de 2,5oo kilomètres, sans toutefois qu’on ait fait entrer dans cette évaluation les contours des nombreuses baies, criques, golfes, îles et promontoires qui forment cette côte. La surface des lacs, on peut bien dire innombrables, répandus dans l’intérieur du pays, est évaluée à 36,281 kilomètres carrés et les cours d’eau sont fort nombreux aussi. Les choses étant ainsi, il est tout naturel que la pêche soit une des ressources alimentaires importantes des habitants de la Suède. La salure de l’eau et les autres circonstances naturelles des mers qui baignent les côtes varient beaucoup. L'eau de la côte ouest ressemble à celle de la mer du Nord, mais devient, dans le Sund, dans la mer Baltique et dans les golfes de Botnie, moins salée, et même presque douce. Il résulte de là que les pêcheries suédoises doivent différer beaucoup entre elles, non seulement en ce qui a trait à l’espèce de poisson, mais aussi en ce qui se rapporte aux méthodes de pèche
- La pêche du hareng. — Sur les côtes de la province de Bobus seules, longtemps on a pris annuellement environ 2 millions d’hectolitres de harengs; il faut ajouter qu’en ces dernières années la pêche a été infiniment moins bonne; elle est tombée au-dessous de 500,000 hectolitres représentant une valeur de 1 million et demi de couronnes.
- (1) M. G. Kor.TiioFK, Catalogue officiel de (2) M. F. Trybom, Catalogue officiel de la la section suédoies. section suédoise.
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- Dans le reste de la Suède, la pêche du hareng donne un revenu annuel de 2 millions de couronnes.
- Le Bohüslan est donc, par excellence, l’approvisionneur en harengs; c’est à partir de la fin de l’automne et en hiver que les grands bancs passent devant ses cotes. Au moyen d’un instrument en bois nomme rèdre, on les enferme dans les haies : leur capture est ensuite des plus aisées. On prend également le hareng — mais en bien moins grande quantité — avec des filets de fond.
- C’est de la même façon que pendant l’été et l’automne on le pêche dans le Sund et la Baltique. Le hareng pris dans cette dernière mer (slrdmming) est bien moins gros que celui qu’on capture sur la cote ouest. Sur les cotes de la Baltique, la pêche à la rèdre est également on usage, même en hiver sous la glace. Enfin il faut citer un autre mode de pèche au hareng, au moyen de filets dormants.
- Du hareng pris, une bonne partie est vendue ou exportée immédiatement; d’autre part, on en sale jusqu’à Aoo,ooo barils; enfin, le reste sert à faire, soit de l’huile, soit de l’engrais.
- Pêches en mer autres que celles du hareng. — Durant l’été, les pêcheurs du Bohüslan ne se contentent pas de pêcher dans les eaux de leur province. Montés, soit sur des cutters, soit sur des navires d’un type ancien du pays, ils poursuivent, jusque dans la mer du Nord et l’Atlantique, la morue, la linque, le llet, etc. Cette pêche, qui se pratique parfois au filet et le plus souvent à la ligne, donne un produit annuel de 600,000 couronnes environ.
- Les pêcheurs des provinces de Halland, de Scanie, de Bleking et de f ile de Gotland emploient des bateaux moins grands que ne le font ceux du Bohüslan; ces bateaux pontés sont, du reste, fort capables de tenir la mer ; plusieurs, qui ont de 1 o à 2 0 tonneaux, sont des bateaux-viviers. Il est à noter que le plus souvent les pêcheurs sont propriétaires de leurs engins de pêche et qu’ils partagent les produits de la pêche commune.
- Voyons rapidement quelles sont les pêches auxquelles ils s’adonnent.
- Dans la Baltique, les poissons plats donnent un revenu fructueux; sur la côte ouest, la pêche du maquereau pratiquée, soit à l’hameçon, soit au filet, rapporte annuellement un demi-million de couronnes. La
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- pèche du homard, qui se fait sur la même côte, donne moitié moins. Dans les parties méridionales de la Baltique, c’est surtout à la pêche de l’anguille que l’on s’adonne. Avec des nasses, on prend plus de 5oo,ooo kilogrammes d’anguilles par an; la plus grande partie de la pêche est exportée vivante en Allemagne; son prix de vente est généralement d’une couronne, le kilogramme.
- La pêche du saumon se pratique en pleine mer, soit au filet de fond, soit a longue ligne; le long des côtes, on se sert de nasses (revenu total, 300,000 couronnes).
- Pêche en eau douce. — Si la pêche du saumon produit en mer un revenu en lui-même très appréciable, ce revenu paraît de peu d’importance, quand on le compare à celui que donne cette pêche dans les cours d’eau : un million de couronnes. Il est regrettable que l’absence de statistique s’oppose à l’évaluation de son produit dans les' grands lacs. La plus grande quantité du saumon capturé se vend à l’état frais dans la glace.
- Je viens dire que l’on manque de statistique pour évaluer la quantité de saumon prise dans les lacs ; cela provient de ce que cette pêche est peu pratiquée par les pêcheurs de profession. Enumérer toutes les méthodes de pêche qui y sont usitées serait fastidieux, citons seulement le filet, la senne, la nasse, les lignes de fond ou dormantes.
- Le poisson d’eau douce forme dans l’intérieur de la Suède l’objet d’un assez important commerce; il est presque entièrement consommé sur place.
- J’emprunte l’énumération des principaux poissons d’eau douce à l’intéressante notice déjà citée de M. F. Tryborn. $ Ce sont, écrit-il, le brochet, la perche, la brème, la lotte, le sandre, le hautin, les corégones (blanchâtres), l’anguille et l’ide. Dans certains lacs, particulièrement dans ceux du Nord, on trouve la salvéline, la truite et l’ombre. Ces deux derniers poissons abondent également dans les cours d’eau du Nord et les sportsmen amateurs en font volontiers l’objet de leur pêche. Dans la moitié méridionale de la Suède, on prend beaucoup d’écrevisses, dont une grande partie est exportée. 7?
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- CHAPITRE XVI.
- NORVÈGE <».
- A. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- SITUATION. — CONFIGURATION. — ETENDUE DES COTES. — PLUIE ET NEIGE. — SUPERFICIE. — POPULATION. - RÉPARTITION DU TERRITOIRE. - PLUS-VALUE I)E LA VALEUR FONCIERE; SES CAUSES.
- Situation et configuration. — Si à la superficie de la Suède on joint celle de la Norvège, on obtient un total d’environ 770,000 kilomètres carrés, qui n’est dépassé en Europe que par la Russie. Tenant à faire connaître la situation de l’agriculture, de l’élevage et de l’industrie forestière dans les pays du Nord, j’ai consacré à la Suède un très long chapitre; je pourrai donc étudier la Norvège de façon succincte. En effet, une grande partie de ce que j’ai écrit au sujet du premier de ces pays s’applique également au second^; je me réserve seulement de traiter plus longuement la pêche, industrie qui a, pour la Norvège, une importance toute particulière, ce qui ne saurait étonner, les grands lacs étant nombreux et le pays étant formé d’une bande étroite^ et allongée au point qu’il n’y a pas moins de 2,760 kilomètres de côtes; si on tient compte de toutes les entailles des fjords et de la circonférence des îles principales, on trouve même 20,000 kilomètres de côtes — la moitié de la circonférence terrestre.
- Pluie et neige.— La quantité de pluie et de neige tombée, chaque année, varie à l’infini en Norvège; souvent même des points très voisins présentent des différences très notables, c’est ainsi qu'à Christiania la précipitation moyenne est de 660 millimètres, tandis qu’à 20 kilomètres plus au nord, à 35o mètres d’altitude, elle atteint 1 mètre de hauteur; le maximum pour tout le pays se trouve aux environs de Grimstad (1,200 millimètres) et le minimum, sur les monts Dovre (3oo millimètres).
- (I) Les clichés illustrant ce chapitre sont extraits de la Norvège, ouvrage officiel publié à l'occasion de l’Exposition de 1900 et édité par l'Imprimerie centrale dé Christiania.
- (2) Les deux pays ont contracté depuis 1815 un acte d’union.
- Sur certains points, il n’y a pas 8 kilomètres entre la fronlicre suédoise et le fond des Ijords.
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- NORVÈGE.
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- Superficie et population. — La superficie de la Norvège est de 322,6o5 kilomètres carres; la population de a, 198,000 habitants, dont un peu moins de 700,000 vivent de l’agriculture.
- Répartition du territoire. — Le tableau suivant donne une idée exacte de la répartition du territoire. été n du iî i>. 100
- en de
- KILOMETRES CAIIIIES. LA SÜRFACE TOTALE.
- Territoires urbains.............................. 2/19 0.1
- Guitares.................................. 2,3 i4 0.7
- Prairies artificielles.......................... 3,766 1.2
- Prairies naturelles....................... 3,138 1.0
- llois......................................... 68,179 21.1
- Territoires incultes, pacages et estivages. . 24,45o 7.6
- M arécages..................................... 12,000 3.7
- Roches stériles........................... 191,067 69.2
- Lacs........................................... 12,^07 3.8
- Neiges et glaces................................ 5,o45 1.6
- Totaux.................... 32 2,6q5 100.0
- Encore que les prairies n’occupent que 3 p. 100, et les champs cultivés, 0,7 p. 100 de la surface totale, on estime que les produits de l’agriculture et de l’élevage entrent pour moitié dans la recette globale du pays; l’autre moitié est représentée par la navigation, la pêche et le commerce des bois.
- Valeur foncière. — Dans presque tous les pays que nous avons étudiés, notamment en Suède, nous avons eu à signaler une baisse sensible dans la valeur des propriétés; il est à noter que la terre en Norvège échappe a cette moins-value générale. M. G. Tandberg écrit à ce sujet : ce Le prix des propriétés s’est maintenu et a même été toujours en croissant chez nous, et cela pour plusieurs raisons îles propriétés sont généralement petites, et quand il y a eu baisse, cela s’est produit surtout sur les grandes propriétés. D’ailleurs, en Norvège, plus que dans la plupart des autres pays, les exploitations agricoles ont pour complément des sources accessoires de revenus, comme la vente des bois et les pêches, et lorsque les temps ont été favorables pour celles-ci, l’économie rurale en a aussi bénéficié. Enfin, la situation financière a été satisfaisante(1). »
- (1) La Norvège.
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- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
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- H. AGRICULTURE ET ELEVAGE.
- REPARTITION DES EJ]HLAVLIRES. — RENDEMENT ET VALEUR DES RECOLTES. — ROTATION DES CULTURES. — CÉRÉALES. — REVENU AORICOLE. — EFFECTIF DU DÉTAIL.-- CHEVAUX. — ROVIDÉS. — LAITERIES COOPÉRATIVES. — MOUTONS. — RENNES. — BATIMENTS AGRICOLES. — BUDGET DE L’AGRICULTURE. — L’ÉCOLE D’AGRICULTURE. — LA SOCIÉTÉ ROYALE POUR LA PROSPÉRITÉ DE LA NORVÈGE. — LE FONDS D’ACHAT DES TERRES. — LE FONDS DE DEFRICHEMENT.
- Agriculture. — Voici, tout d’abord, un tableau (jui donne la superficie totale des emblavures, le rendement et la valeur des principaux produits agricoles :
- SURFACE. RECOLTE. VALEUR.
- lieclü res. hectolitres. kronrr U).
- Avoine fl8,839 3,A 68,876 18,158,707
- Orge 51,780 1,688,276 1 2,223,098
- Blandkorn t 6, 1 9 5 607,926 3,316,917
- Seigle 1 23,7 5 9 3 3 3,9 3 6 2,780,767
- Froment 6,386 92,985 969,838
- Pois 3,666 80,356 835,636
- Pommes de terre 39,122 8,661,6 o3 26,807,136
- Tout de suite, il faut noter l’excellence des rendements ; elle est due, en grande partie, aux soins méticuleux apportés à la culture, à l’abondance et à la qualité des fumures.
- La rotation complète des cultures embrasse généralement une période de sept années : avoine ou blandkorn, la première année; racines ou jachère, la seconde; orge ou seigle, la troisième; prairies, les quatre suivantes.
- Le pays ne se suffit à lui-même qu’en avoine; mais cette céréale n’arrivant à maturité qu’en seize semaines est, dans les altitudes élevées et les latitudes septentrionales, chaque année, de plus en plus, remplacée par l’orge, presque exclusivement l’escourgeon (Horcleum licxa-slichum) qui est principalement consommé par l’homme, en moins grandes quantités cependant que le seigle, lequel est, en Norvège, la principale céréale alimentaire. Le blandkorn est consommé indifférem-
- (1) La kroner (couronne) vaut 1 fr. 889. deux céréales donnent une récolte plus abon-
- (2) rrBlé mêlé», exactement mélange d’orge dante lorsqu’elles sont cultivées en mélange et d’avoine. L’expérience a démontré que ces que lorsqu’elles le sont isolément.
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- NORVEGE,
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- Fig. 91.
- Cheval du Gudbrandsdalen.
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- h 5 h
- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- Fi{j. i)3. — Taureau du Telemarken.
- Fig.yB. — Vaclie du Telemarken,
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- NORVÈGE.
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- ment par l’homme et par le bétail, notamment par les porcs auxquels il convient parfaitement. Plus exigeant quant au sol et au climat, le blé n’est pas très répandu. La pomme de terre, enfin (notamment la jaune et la ronde), qui réussit dans toutes les régions habitées du pays, est un aliment très important; elle est, en outre, utilisée pour la fabrication de l’alcool et de la fécule.
- Valeur des produits de l’agriculture et de l’élevage. — Ces diverses cultures et quelques autres, moins importantes, produisent annuellement 70 millions de kroner; si nous y joignons les produits de l’élevage (1 ùo millions de kroner) nous trouvons un total annuel supérieur à 200 millions de kroner, plus de 280 millions de francs.
- Elevage. — L’effectif du bétail norvégien se monte à plus de i5o,ooo chevaux, plus d’un million de bêtes à cornes et de 120,000 porcs; près de i,5oo,ooo moutons et de 3oo,ooo chèvres.
- Les chevaux sont de deux types. Le cheval des fjords, petit et clair de robe, est généralement doux. Une encolure courte, épaisse et un peu raide, des jarrets souvent tors sont compensés par de la force, de l’endurance et une aptitude à travailler dans les districts des fjords et des montagnes, où les chemins sont rares et mauvais. Le cheval du Gudbrandsdalen est d’une stature plus élevée; l’encolure est, chez lui aussi, quelque peu épaisse; la charpente, excellente. De robe foncée, ce cheval est vif et fort. C’est une excellente bête de travail. Comme en Norvège, tout le monde — en traîneau l’hiver, en carriole l’été — tient à ce <pue les chevaux trottent sans cesse, l’importance des bons trotteurs est grande, aussi chaque ville a-t-elle sa société de courses au trot. Les courses ont lieu, en hiver, sur une rivière, une prairie ou un lac gelé; on y est impitoyable pour les galopeurs qui sont immédiatement mis hors de course.
- Les diverses variétés de bovidés que l’on rencontre en Norvège peuvent se ramener a un seul type. Point de bêtes à viande des bas pays; mais de bonnes laitières de montagne. La race du Telemarken caractérise bien ce type : blanches a flancs roux, les vaches pèsent rarement plus de 300 kilogrammes; mais leur rendement annuel en lait
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- AGRICULTURE.
- Fig. (j'i. — Troupeau de rennes.
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- AGRICULTURE.
- atteint parfois â,ooo litres. Le rendement est presque aussi bon chez les vaches des plaines de l’Est (corps noir, absence de cornes). Sur les côtes, les bovidés sont plus petits encore (200 à 2bo kilogrammes); mais ils savent se contenter de pâturages très médiocres.
- Fijj. y G. — Stabbur.
- Beaucoup plus qu’il ne l’est en Suède, l’élevage du renne est prospère en Norvège. Il y a actuellement plus de 170,000 rennes dans le pays; leur nombre augmente chaque année; il est à noter qu’en Norvège les Lapons ne sont pas seuls à faire l’élevage de cet animal; sur les plateaux du Nord, un certain nombre de paysans norvégiens s’y sont, en effet, adonnés. On estime qu’il est nécessaire à une famille laponne qui veut, avec ses rennes, subvenir à ses besoins, d’avoir de 200 a 300 bêtes; des troupeaux plus nombreux ne sont du reste pas rares. Il y en a de plus de mille têtes.
- Depuis une trentaine d’années le mouvement coopératif a pris une
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- NORVÈGE.
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- grande et heureuse extension dans rindustrie laitière. On compte aujourd’hui, dans le pays, 600 laiteries coopératives, presque toutes fort bien outillées.
- De même que les chevaux et les vaches, les moulons norvégiens sont très petits (poids des adultes : 4o kilogrammes), mais d’une musculature élégante; leur lame est hue.
- Batiments agricoles. — Parmi les divers bâtiments généralement annexés aux fermes norvégiennes, j’en mentionnerai deux dont le type est assez caractéristique :
- i° Le sœter, chalet montagnard, situé à 20, 5o, 80 kilomètres même, de l’installation principale et où, au prix des fatigues d’un voyage de plusieurs jours, à travers des régions parfois presque impraticables, le fermier norvégien s'installe, durant l’été, avec son bétail;
- 20 Le slabbur, grenier où l’on range les provisions telles que le blé, la farine, les salaisons, la galette d’orge et d’avoine, le beurre, le fromage que l’on meta l’abri des rongeurs; le slabbur est, en effet, sur pilotis et exhaussé de 1 mètre a 1 m. 5o au-dessus du sol.
- Institutions. — Au cours de ces trente dernières années, les mesures prises par les pouvoirs publics dans l’intérêt de l’agriculture se sont rapidement et heureusement développées. Au budget, l’agriculture figure maintenant pour une somme de 800,000 kroner dont 100,000 sont versés à Y Ecole d'agriculture, établie sur la grande propriété d'Aas, près de Christiania, où l’on a créé actuellement, outre renseignement pratique, l’enseignement supérieur : des sections de laiterie et de sylviculture ont été jointes à la section d’agriculture.
- U faut citer la Société royale pour la prospérité de la Norvège, qui a pour filiales les sociétés d’agriculture des préfectures dont dépendent, à leur tour, les sociétés cantonales ou communales.
- Il y a enfin différents petits fonds officiels :
- i° Le Fonds d'achat de terres (capital : 500,000 kroner) qui faillies avances aux communes pour l'achat de grandes propriétés à céder au prix coûtant à des paysans indigents, par parcelles ne dépassant pas B hectares, ou qui prête directement de l’argent a des paysans
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- indigents désireux d’acquérir en toute propriété des parcelles de même dimension. Les prêts ne doivent pas dépasser a5,ooo kroner par commune; ils portent un intérêt de 3 3/6 p. o/o, qui peut être élevé à k p. o/o, pour les prêts consentis aux acheteurs des parcelles. Les remboursements doivent avoir lieu en vingt-cinq ans au plus ;
- 9° Le Fonds de défrichement (capital : 1,000,000 de kroner) qui fait des prêts pour les défrichements et pour le drainage, sur le pied de 9 1/9 p. 0/0 par an, avec un délai de remboursement de vingt ans au plus, y compris une période pouvant atteindre cinq ans, pendant laquelle les sommes sont prêtées sans intérêt. Les prêts sont garantis, soit par hypothèques, soit par caution des communes.
- C. FOUETS ET CHASSE.
- V A LE CR DES EXPORTATIONS. — DIMINUTION DU TAUX I)E BOISEMEvT; SES CAUSES. — CARACTERE DES EORETS. — PRINCIPALES ESSENCES : PIN, SAPIN, ROULEAU. — AUTRES ESSENCES. — LEGISLATION FORESTIERE. — ACHATS DE L’ETAT. — ARRIS DES FORESTIERS. — TRANSPORT DES TRONCS. — FLOTTAGE. — FLOTTEURS. - ASSOCIATIONS DE FLOTTAGE. — AMELIORATION DU RÉSEAU I)E FLOTTAGE. — TOURBIERES. — GROS GIRIEIt. — PETIT GIBIER. — OISEAUX DE MER. — ANIMAUX DE PROIE. — FAUCONS DE CIIASSE. — DROIT DE CHASSE.
- Forêts. — La valeur des exportations des produits forestiers et de ceux des industries du bois est supérieure à 60 millions de kroner par an ; l’industrie forestière a donc en Norvège une importance toute particulière; il faut d’autant plus s’arrêter a cette question que ce pays, un des rares qui soient encore exportateurs de bois, ayant demandé à ses forêts plus qu’elles ne pouvaient donner^, il est à craindre que ses exportations ne diminuent avant peu dans d’assez fortes proportions. Du reste, les traditions historiques d’une part, les fouilles (principalement celles qu’011 a faites dans les tour-bièi es) d’antre part, prouvent, d’indiscutable façon, que la Norvège, notamment dans les montagnes et sur les cotes était, il y a 900 ans encore, infiniment plus boisée qu’aujourd’hui.
- (1) Cet appauvrissement a deux causes : i° les trop fortes exportations de bois d'œuvre que facilitait la très importante marine marchande norvégienne; 20 l’extension prise par l’industrie de la pâte de cellulose qui fait sacrifier les jeunes arbres memes, l’àge du bois
- important peu pour la fabrication du papier. Actuellement le taux de boisement n’est plus que de 21 p. 100, trop faible donc pour une région dont les deux tiers sont occupés par des rochers, des marais, des bruyères, des glaciers, etc.
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- NORVEGE.
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- i. Smaalenene.
- . Akershus
- 3. Ilcdemarken.
- 4. Kristians.
- 5. Buskerud
- . Jarlsberg og Larvik. .
- 7. Bratsberg .
- 8. Ncdenœs.
- 9. Lister og Mandai.... îo. Slavanger.
- 11. S. Bcrgenhus. ta. N. Bcrgenh'ûs.
- 13. Berasdal
- 14. S. Trondbjem.
- 15. N. Trondbjem.
- 16. Nordland.
- 17. Tromso.
- 18. Finmarken.
- Norvège (les villes exceptées )
- SDPERFICÏE EN KILOMÈTRES. en w CD ” H <fa S 05 O 0 ri b * w POURCENTAGE de LA SUPERFICIE.
- 4,137 a,5i4 60.9
- 5,3a î 3,35o 63.9
- 27,037 13,470 46.a
- a5,84i 5,5o4 3 1.3
- 14,786 4,960 33.5
- a,3ia i,36o 58.8
- i5,i85 5,673 37.3
- 9,34? 3,467 37.0
- 7,248 1,860 35.7
- 9-l39 1,096 12.0
- i5,6o6 2,01 1 13-9
- i8,5io 3,309 11 -9
- 14,967 3,479 16.6
- 18,587 5,680 3o.6
- #3,763 5,i84 22*7
- 37,966 3,53o 9.3
- a6,a45 2,077 7.8
- 47,380 3,765 5.8
- S29,356 L 68,179 21.1
- ^g- 97
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- AGRICULTURE.
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- Les trois quarts de la superficie forestière sont occupes par des résineux. Les bois norvégiens ont une faculté de reproduction et une force de végétation très grandes, pour un pays de montagnes situé sur le cercle polaire; les arbres y atteignent un développement plus grand et forment des forêts plus au Nord que dans aucun autre pays. Les essences les plus répandues sont tout d’abord le pin (Pinus silvcs-Iris), dont on trouve des forêts assez vastes jusqu’au 70e degré; puis le sapin (Picea eæcclsa), rare au Nord du cercle polaire et dont la limite d’habitat est de 100 mètres moins élevée que celle du sapin; le bouleau (Betula vcrrucosa et Bctula odorala), enfin, qui domine dans cotte région. C’est à M. K.-A. Fauchald, qui a rédigé le chapitre consacré aux forêts dans le livre précité sur,la Norvège, que j’emprunterai quelques détails sur chacune de ces trois essences :
- ffDans le Sud.il faut au pin de 7 B à 100 ans, pour fournir des bois ayant de 7 mètres à 7 111. 5o de longueur, et un diamètre, au sommet, de 24 à 26 centimètres. Quand les circonstances sont favorables, il faut un peu moins de temps au sapin pour pouvoir fournir cfe pareils bois; il peut être bon à abattre en 70 ou 80 ans. Mais, d’une façon générale, il convient de calculer un temps plus long pour la maturation des bois, soit environ i5o ans pour le pin, et de 120 à i5o ans pour le sapin; dans les montagnes et surtout dans le Nord, la période nécessaire pourra atteindre 200 ans et même plus. La hauteur à la cime, rarement supérieure à 3o mètres, est moins grande sur les côtes et dans le Nord; toutefois, dans les forêts de pins les plus septentrionales, par 70 degrés de latitude, elle peut encore atteindre de 18 à 20 mètres. Les années de fructification reviennent pour le pin et le sapin a 3 ou 5 ans d’intervalle, et plus fréquemment dans le Sud que dans le Nord. La faculté germinative des graines est considérable : elle dépasse souvent 90 p. 100. Ce sont essentiellement les arbres résineux qui subviennent aux besoins du pays, en bois de construction, bois à brûler et bois pour clôtures. Le sapin norvégien contient relativement peu de résine et s’emploie, par suite, de plus en plus, pour la fabrication des pâtes de bois, tant mécaniques que chimiques. L’écorce du sapin s’emploie dans la tannerie. Dans beaucoup de localités du pays, on se livre accessoirement à la fabrication du
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- Fig. 98. — Vue d’une forêt. (D’après l’esquisse de M. Hanslcen.
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- EXPOSITION DE 1 90 0. AGRICULTURE.
- goudron, j>our laquelle on se sert des racines du pin. Le bouleau, comme essence forestière, est reprèsenlé par deux, espèces : le bouleau des plaines ou bouleau blanc et le bouleau des montagnes. Ce dernier pousse partout en Norvège et va aussi loin vers le Nord que le pays lui-mème; sa limite supérieure de végétation dépasse de 200 mètres et pins celle du pin. Dans le midi du pays, les deux espèces se trouvent en mélange, associées généralement à d’autres arbres; elles ne forment de peuplements purs que dans les montagnes et plus haut vers le Nord, là où les essences résineuses ne peuvent ni se répandre ni se multiplier. Avec ses frondaisons claires et ses fines girandoles de feuillage, le bouleau occupe une place saillante, même dans la végétation du pays bas. Il illumine, en quelque sorte, l’obscurité des grands bois résineux, et se rassemble en groupes, çà et là, dans les terres cultivées et les pâturages des fermes. Ces bocages de bouleaux fixent souvenl le caractère du paysage, qu’ils animent et qu’ils varient. À l’extrême Nord seulement, le bouleau pleureur est dans tout son éclat. Si le bouleau est un des plus beaux parmi les arbres norvégiens, il en est aussi un des plus utiles. Son bois sert au chaidfage et a, comme bois d’œuvre, de très nombreuses utilisations ; le liber sert aux tanneurs ; l’écorce extérieure, principalement à recouvrir les maisons; les feuilles, à la nourriture du bétail. Il est probable qu’il faut généralement au bouleau de 80 à 100 ans pour acquérir son développement normal : sa cime peut atteindre une hauteur de 28 mètres, et son diamètre, à hauteur d’homme, peut être d’environ 1 m. 5o. Dans les hautes montagnes et dans le Finmarken, le bouleau se rajeunit ou se reproduit généralement par lalles, plus rarement par semences d.
- Outre le bouleau, on trouve dans la partie plate du pays, mais rarement constituant des forêts : le tremble qui sert à la fabrication des allumettes; le frêne, dont 011 fait les skis(1), etc.
- (1) Longues lamelles de bois dont on se chausse pour traverser les neiges, les skis — leur usage commence à se répandre jusque dans les Alpes françaises — rendent d’inappréciables services. Non seulement ils rendent la circulation relativement aisée dans des pays qui seraient impraticables sans eux,
- mais encore ils permettent de parcourir rapidement de grands espaces ; un bon skier n’a presque aucun obstacle à redouter, tant son agilité est grande. Aux concours annuels qui ont lieu en Norvège, les athlètes franchissent couramment, d’un bond, une trentaine de mètres.
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- Législation forkstieue. — Plus do 80 p. 100 des forêts appartiennent à des particuliers qui, malheureusement, les exploitent le plus souvent sans grand souci de l’avenir. Les restrictions apportées à la liberté absolue d’exploitation par la loi du 22 juin 1 863 n’élaient qu’illusoires et la situation devenait chaque jour plus grave. Les lois du 27 juin 1891 et du 20 juillet 1893 suffiront-elles a enrayer le péril? 11 faut le souhaiter. Elles interdisent l’exploitation des bois venant des trois préfectures les plus septentrionales et donnent aux communes le droit de prendre sous leur protection les forêts menacées d’être ruinées par l’incurie de leurs propriétaires. En outre, depuis 1860, l’Etat achète surtout des bois dans les districts pauvres en forêts et constitue ainsi des réserves.
- Exploitation des forêts. — C’est pendant l’automne et pendant l’hiver que l’abatage a lieu. On peut aisément se figurer que, dans les abris (kojer) qu’ils s'élèvent, les forestiers ont une vie très dure. Le froid y est, en effet, mal combattu par le bûcher continuellement entretenu. Quant aux chevaux norvégiens, telle est leur résistance que parfois on ne prend pas la peine de leur faire une écurie, et qu’on les laisse — mais cela devient de plus en plus rare — passer la nuit dehors, sous une seule couverture de laine. Quand le froid devient trop intense, on se décide à continuer les charrois même pendant la nuit.'
- Dès qu’un arbre est abattu, il est décortiqué; puis les troncs, entassés, attendent que la neige plus épaisse et les marécages gelés, permettent de les charrier au bord du cours d’eau le plus proche, où ils sont rangés en piles. C’est là que l’acheteur les prend en charge et qu’ils sont estampillés à sa marque. On ne peut les mettre à l’eau, pour atteindre la rivière principale, qu’au printemps. Le plus souvent, ils flottent à bûches perdues, et on ne forme de trains que dans les cours d’eau canalisés et au passage des lacs. Le métier de flotteur est particulièrement rude; il demande de l’agilité, de la souplesse, de la force, une perpétuelle attention et une grande expérience des eaux des districts où le flotteur travaille. Il lui faut, en effet, régler le lâchage des bois pour que la rivière n’en reçoive pas plus qu elle n’en peut porter et veiller à ce que les pièces ne forment pas de barrage. Un barrage vient-il à se
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- produire, le flotteur saute, de tronc eu tronc, pour dégager à la galle ou couper à la hache les bois formant obstruction. A peine a-t-il réussi, que l’eau retenue emporte les hois avec rapidité ; l’homme a souvent alors peine à regagner la rive. Quand celle-ci est à pic, on a ttache le flotteur à la façon dont sont suspendus chez nous les peintres ravalant les maisons.
- Fig. 99. — Flottage sur un affluent du Glommen.
- Dans les grands districts fluviaux, le flottage est fait à frais communs par les marchands de bois et les propriétaires de forets. Les dépenses sont réparties et les affaires communes gérées par une direction élue. Ces associations de flottage sont d’une grande importance pour l'exploitation des forêts, ainsi que pour les négociants en bois : elles font l’objet d’une mention spéciale dans la loi générale sur les cours d’eau du 1er juillet 1887. A plusieurs égards, on a grand intérêt à ce que les bois parviennent le plus vite possible à destination. Lorsqu’ils passent l’été, ils sont exposés à craquer ou à s’imbiber d’eau, au point
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- de couler a fond. C’est pour cela qu’on a nettoyé les rivières servanl au flottage, qu’on a établi des digues dans les lacs et les étangs, pour emmagasiner l’eau de flottage et qu’on a construit des barrages, des aménagements divers et des chaînes en vue, tant de régulariser le flot tage que d’arrêter les bois au passage et d’en opérer le tri, suivant les marques qu’ils portent. Par des couloirs, creusés à la poudre dans le rocher ou construits en bois, on a cherché à éviter, d’une façon commode et économique, le passage de chutes d’eau où les bois seraient détruits ou endommagés. On a aussi recours à des couloirs secs ou parcourus par de l’eau courante, pour amener les bois a l’eau, du sommet des collines ou de localités peu praticables, et partout, en général, où les charrois seraient trop difficiles ou trop dispendieux.
- ToumuinES. — On trouve des tourbières dans presque toute la Norvège. Celles de l’Ouest et du Nord fournissent depuis longtemps du combustible a la population locale; aujourd’hui, on commence à exploiter également les tourbières de l’intérieur. La tourbe à brûler se rencontre en couches de 1 à 7 mètres. Le découpage commence au printemps, dès que l’on ne redoute plus les gelées matinales.
- Chasse. — Parmi le gros gibier utile chassé en Norvège, il faut citer l’élan (Sud-Est et districts de Trondhjem jusqu’au Helgeland méridional); le renne (hautes montagnes), qui dans le Nord n’existe plus que rarement à l’état sauvage; le cerf, qu’on rencontre surtout dans l’ile de Hiteren. Il est tué annuellement près de 1,000 élans, de 1,000 rennes, de 200 cerfs.
- Si nous quittons le gros gibier pour le petit, nous trouvons le coq de bruyère, le coq des bois, la gélinote, la grive, le lièvre (on tue annuellement, de ces divers gibiers, 260,000 kilogrammes environ) et surtout le lagopède dont il n’est pas abattu moins de 1,100,000 pièces, pesant au total (en viande) ûûo,ooo kilogrammes. Certaines régions, notamment Hadsel dans les îles Vesteraalen sont renommées pour leur abondance en lagopèdes. La variété la plus recherchée est celle des vallées (dalrype), dont l’existence dépend essentiellement des forêts de bouleaux. On prend surtout le lagopède au collet; on le
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- chasse aussi au chien. On capture la loutre clans tout le pays; on y rencontre aussi le blaireau.
- Dans le Nord vivent des colonies de mouettes tridactyles, de macreuses, de pingouins, de grands guillemots ; on y trouve aussi des cormorans. On recueille les œufs de ces divers oiseaux et (soit pour le plumage, soit comme gibier), dans les trous ou ils couvent, on les fait dénicher par des chiens au museau pointu ou on les capture au filet. L’eider a droit à une mention spéciale; il pond de 5 à 8 œufs et construit en partie son nid avec un duvet recherché (chaque nid après épuration en donne à peu près 3o grammes). On recueille environ un demi-million d’œufs et i,5oo kilogrammes d’édredon.
- Des primes sont allouées pour la destruction des animaux de proie : le renard (le plus chassé d’entre eux à cause de sa fourrure et dont il est tué plus de i3,ooo par an), l’ours, le lynx et le glouton (de chacun, de ces animaux on tue généralement moins de 5o par an); le loup qui, atteint probablement d’épidémie, sembla un moment disparaître mais dont il a été à nouveau abattu plus de î a 5 dans ces derniers temps; l’aigle (environ yoo tués par an) ctl’épcrvier (plus de 3,ooo).
- Autrefois on capturait des faucons vivants qu’on expédiait dans le centre de l’Europe pour la chasse au vol; des Hollandais avaient même établi pour cette capture des stations dans les montagnes.
- Longtemps la chasse sans chien fut libre en Norvège ; depuis le icr janvier 1900, elle a été — sauf celle des animaux de proie —-réservée aux propriétaires du sol et les périodes de prohibition ont été rendues plus longues. Pourchasser dans les bois de l’Etat, les étrangers seuls ont a payer une redevance.
- D. PECHE.
- IMPORTANCE DE CA PECHE EN NORVECE. PRINCIPALES PECHERIES. — MORUE : SES MICRATIONS; DIVERSES FAÇONS DQNT ON EA PECHE; NOMBRE DES MORUES PECHEES. — HARENG : SES MOEURS;
- SA PÊCHE. — CHASSE DU PHOQUE. — CHASSE DE LA BALEINE. ------ POISSON CONGELE. — VENTE
- DE LA MORUE PECHEE. — KLIPFISK. — TORFISK. — HUILE DE FOIE DE MORUE. - AUTRES PRODUITS SECONDAIRES DE LA MORUE. — HARENG SALE. — L’INDUSTRIE DES CONSERVES I SES ORIGINES ; SON IMPORTANCE. — FISKBOLLER. — SPRAT FUME. — PISCICULTURE MARINE.
- La pêche et les industries qui lui sont connexes ne rapportent pas, en Norvège, moins de 60 millions de kroner par an, soit le dixième du revenu total du pays. On se pénétrera de l’importance de ce chiffre,
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- si on veut se souvenir que la population norvégienne est à peine supérieure à deux millions d’habitants et si l’on veut bien considérer d’autre part que le revenu des pêches anglaises et des industries annexes n’est que de 80 millions de trôner, pour une population de près de ko millions d’habitants, parmi lesquels les choses de la mer sont fort en honneur. Sur ces 60 millions, plus de 2 5 proviennent de ce qu’on appelle les grandes pêches : 60 millions de morues, valant i2,5oo,ooo trôner; 2 millions d’hectolitres de harengs, valant 7,500,000 trôner;
- 1 million de kilogrammes de saumons et truites de mer, valant 1 million de kroner, etc.
- La mer est beaucoup plus poissonneuse sur la cote nord que sur la côte sud; les quatre cinquièmes du total des grandes pêches ont lieu au nord de Stad. Ces grandes pêches sont périodiques, et certaines espèces nomades qui visitent les côtes de Norvège le font, à ce point régulièrement, que l’on n’a pas souvenir dans plusieurs stations de pêche, celle de Lofoten par exemple, que le poisson ait une seule fois, depuis [> 1 us de mille années, manqué de venir à ses époques coutumières.
- Je m’arrêterai seulement aux deux principales pêches : celle de la morue et celle du hareng, et aux pêches et chasses de l’Océan glacial, très particulières, comme on peut le penser.
- Pêche de la mohue. — Les chiffres cités plus haut ont montré que la pêche de la morue est la plus importante de toutes. Ce poisson, qui séjourne généralement sur de grands fonds, se livre, vers les côtes, à des migrations fixes et cela dans deux buts : de janvier à avril, pour frayer, c’est-à-dire déverser ses œufs qui flottent ensuite à la surface de l’eau, puis, pour poursuivre les bandes de petits poissons, notamment les capelans(1) (lodde, Mallotus villosus) dont il fait sa nourriture.
- La morue que le souci de la reproduction amène sur les côtes est adulte ; elle est dite shrei. Les principales pêcheries de skrei sont situées sur les côtes des préfectures de Romsdalen, de Tromsœ et
- (I) Le capelan, poisson de la famille des sal- vient frayer ; à sa poursuite ne tardent pas à monidés, se présente rarement en masse au arriver des bandes de morues, des cétacés et Sud du 65° degré; mais, en avril et en mai, il des oiseaux de mer qui, tous, se livrent à une pullule le long des côtes du Einmarken où il gigantesque curée.
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- ioo. — Station de pêche en Lofoten. (D’après l’esquisse de Hoimboe.)
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- Fig. loi. — Vue d’un fjord pendant la pêche du skrei.
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- notamment sur celles de la préfecture Norrland — dans l’archipel de Lo-folen, où, pendant les quatre premiers mois de l’année, quarante mille hommes se trouvent rassseinblés pour la pêche. Environ 66 p. îoo des pêcheurs se servent de lignes de fond; 3o p. îoo, de filets; k p. îoo, enfin, de lignes à plomb. La pêcherie de Lofoten comprend une quarantaine de stations de pêche de chacune desquelles, à un signal donné, partent le matin, soit à la voile, soit à l’aviron — quoique tous les bateaux soient munis de voiles — de 3 à ù,ooo hommes. Les champs de pêche sont a une vingtaine de kilomètres au large.
- Les barques les plus grandes (J\mborincer) jaugent y à 8 tonneaux; elles ont cinq paires d’avirons et six hommes d’équipage. Elles se servent de filets formant des chaînes de 6oo à 1,200 mètres de développement; on retire les filets chaque matin, puis on les remet a l’eau avant la tombée de la nuit. 3 à ùoo morues par jour représentent une bonne pêche. Les canots, pour la pêche aux lignes de fond, sont de 3 tonneaux ou de 3 tonneaux 1/2, montés par trois à cinq hommes et munis de quatre paires d’avirons. Les lignes de fond sont composées de baquets portant chacun 200 hameçons et pouvant atteindre une longueur de i,500 à 2,500 mètres, soit, au total, 1,200 à 2,000 hameçons. On les met à l’eau, soit de jour soit de nuit, et on amorce avec des harengs ou des poulpes. 200 morues prises par jour constituent une moyenne satisfaisante, pour un canot de pêche aux lignes de fond. Enfin, la pêche à la ligne ordinaire ou ligne à plomb, est faite par des barquettes de moins d’un tonneau, montées par 2 ou 3 hommes qui rament jusqu’à ce que le poisson morde.
- A côté de cette grande pêche d’hiver, il faut citer celle qui, en avril et en mai, occupe sur les côtes du Finmarken environ 2 0,000 pêcheurs et b,ooo barques.
- Pêcuk du iiAiiutVG. — Comme la morue, le hareng se porte sur la côte en deux saisons : de février en avril, pour le frai, puis d’août en octobre; mais tandis que les migrations de la morue sont très régulières, il semble que celles du hareng soient périodiques, c’est-à-dire que ce poisson ne viendrait aux côtes de Norvège que pendant un certain nombre d’années. Certains observateurs ont même cru pouvoir fixer
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- ces bonnes et ces mauvaises périodesa une durée de trente années. Ce qui viendrait a l’appui de la supposition des périodes, c’est que, lorsque l’on va chercher le poisson très au large — ce qui se fait depuis quelque temps — au lieu de l’attendre, la pêche donne des résultats beaucoup plus égaux.
- Le hareng arrive et repart avec une incomparable rapidité. Au chapitre consacré à la pêche, dans l’ouvrage précité sur la Norvège, M. Johan Hjort écrit pittoresquement à ce sujet : cc Soudainement, comme par un coup de baguette, la mer peut s’emplir de harengs et se retrouver vide au bout d’un certain laps de temps??.
- Un des procédés de pêche les plus en usage consiste à emprisonner le poisson, grâce à une véritable muraille de filets, dans les eaux où il est entré; après cela on n’a plus qu’à le puiser; les Norvégiens appellent ces enceintes où le hareng est pris, des sidelaas (biefs à harengs). Cette pêche demande, du reste, de la part du chef de filet (notebas) des aptitudes spéciales et une longue expérience; il lui faut, en effet, fixer le moment où il y a assez de poissons dans l’anse pour jeter les filets; il se guide, en partie, sur les cétacés et les oiseaux de mer qui suivent les essaims de harengs; il emploie, en outre, une sonde d’un modèle spécial qui donne d’utiles indications.
- Pêches polaires. — crTout à l’Ouest, écrit M. Johan Hjort, sur la banquise occidentale, dans les eaux de Jan Mayen et dans la mer située entre le Groenland et l’Islande, on fait la chasse au phoque groenlandais (Phocagrœnlnndicaj et au phoque à capuchon (Cystopliora crislata). On les tire à coups de fusil ou on les assomme sur la glace, où ils se rassemblent au printemps par troupes nombreuses pour mettre bas. Le reste de l’année, ils sont disséminés dans toute l’étendue de l’Océan Glacial. Leur capture est très dispendieuse et donne lieu à de grands risques. En 1897, la Norvège méridionale arma, à cet effet, i3 navires à vapeur, avec 619 hommes d’équipage. Le produit obtenu fut d’environ 60,000 peaux de phoque,
- (1) Les variations sont très fortes. Dans la duisit 900,000 hectolitres. Dans la période période 18^10-1870, la pèche du hareng1 oc- suivante, elle ne donna presque rien. La bonne cupa certaines années 3o,ooo hommes et pro- période paraît depuis quelques années revenue.
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- I 5,ooo hectolitres clc graisse, 2o3 baleines (Hyperocloon, Diodon^j et
- II ours blancs, représentant une somme totale d'environ 65o,oookr. crEn été, on capture la baleine rostréc (bottlenose), pêche qui, en
- 1897, occupait 65 navires, dont 1 0 à vapeur et environ 1,000 hommes d’équipage.
- crLe nombre des baleines capturées fut de 2,1 51, représentant une valeur brute d’environ 550,000 kroner.
- ccLes villes du nord de la Norvège ont pour champ d’action les mers de l’Est, entre le Spitzberg, la Nouvelle-Zemble, la cote de Murinan et le Fininarken; elles y envoyaient, en 1897, 61 navires. Les animaux capturés furent environ 4o,ooo phoques, plus de ùoo morses (Odobamus rosmarus), environ 500 ours et rennes venant du Spitzberg, et diverses baleines appartenant aux petites espèces. Le but de ces expéditions est de tirer tout le parti possible de la faune si riche des régions arctiques.
- cc Quant à la baleinerie proprement dite, elle a principalement pour objet les grandes espèces appartenant au groupe des baleines à ailerons : la baleine bleue ÇBalaenoplera sibbaldii), la baleine à bosse (Megaplera boops), le rorqual (Balaenoplera muscula) et le rorqual nain (B. rosirala).
- «Pour les poursuivre, on se sert de petits navires à vapeur, ayant une trentaine de mètres de longueur et doués des meilleures qualités nautiques; ils opèrent en général à moins de 60 kilomètres de la côte du Finmarken. L’arme employée est le harpon à balle explosive, javelot en forme de flèche muni d’une longue corde, et qu'011 lance avec un petit canon. La baleine frappée entraîne souvent le navire fort loin, avant de mourir épuisée. O11 la remorque ensuite à terre, où on la dépèce. Cette sorte de pêche n’est pratiquée que depuis 1868. C’est à S vend Foyn qu’il en faut faire honneur. La première année, on ne prit que 3o baleines; mais, en 1897, 2 5 steamers, montés par 5 13 hommes, tuèrent 1,080 baleines, représentant une valeur totale de 1,32 1,000 kroner.
- ccAu début, on n’utilisait que la graisse, dont on faisait de l’huile ; maintenant on fait de.la farine d’os avec les os, de la nourriture pour le bétail et du tangrum avec les chairs. 77
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- Produits de la pêche. — Nous venons de voir Importance des pêcheries norvégiennes; il est intéressant de passer maintenant en revue les diverses utilisations des poissons capturés.
- Congélation. — Le poisson gelé, quand on tenta de l'introduire en France et en Allemagne, n’obtint tout d’abord pas grand succès. Cependant les Norvégiens, qui avaient essayé d’en importer a Hambourg, ne se tinrent pas pour battus. Une société s’était constituée, qui avait.fait construire un vapeur spécial muni de chambres frigorifiques où, grâce â une machine fort bien comprise, une très basse température pouvait être sans cesse maintenue. La première année (1890), le vapeur revint, avec la majeure partie de son chargement d’aiglefins. Mais les importateurs comptaient sur le bon marché auquel ils vendaient le poisson congelé ; leur espoir ne fut pas déçu. Dès 1892, en effet, la société dut faire établir de grands entrepôts frigorifiques. Elle achète les poissons sur place et les congèle; le transport se fait principalement en automne. A Hambourg, il existe aujourd’hui des entrepôts frigorifiques pouvant contenir 33ù,ooo kilogrammes de poissons qui, de ce port, sont expédiés par voie ferrée dans toute l’Allemagne.
- Morue. — Comme on le pense bien, les pêcheries de morue de Lofoten donnent lieu à un commerce considérable. Le poisson est acheté, soit par des industriels ayant sur la côte leurs saleries, soit par des marchands qui remportent de suite leurs achats. La morue se compte au cent. Le prix varie d’une année à l’autre. Le poids de chaque pièce oscille généralement entre à et 9 kilogrammes; cependant, on a vu certain cabillaud pesant plus de ko kilogrammes et mesurant jusqu’à 1 m. 65.
- Le mode de conservation le plus fréquent est le klipfisk, qui, introduit au xviiic siècle par des marchands anglais, s’opère en exposant dans la station même, sur des roches plates, pour la sécher au soleil, la morue préalablement salée. Un cabillaud de 5 kilogrammes fournit, en moyenne, un kilogramme de klipfisk ; en effet, la tête et les entrailles sont enlevées et, tandis que la chair d’une morue vivante contient 70 p. 100 d’eau, le klipfisk n’en contient que 36.82 p. 100, plus i5.5o p. 100 de sel.
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- On estime que le klipfisk fait gagner en valeur à la morue, dans la proportion de 1 oo à 1 k 1.
- Avant que le klipfisk fût connu à Lofoten, le lorjlsk était le seul mode de préparation en usage. Il consiste, le poisson étant paré et les têtes enlevées, à réunir les poissons deux par deux par la queue et à les suspendre à des perches. Les anciennes ordonnances défendaient que les poissons fussent suspendus avant le 12 avril, ni décrochés avant le 12 juin.
- Voici un tableau des pays importateurs de torfisk et de klipfisk :
- TORFISK. kilogrammes. KLIPFISK kilogrammes.
- Suède 9,363,000 Espagne 98,876,080
- Italie et Autriche. . . . 4,980,000 Allemagne 8,858,73o
- Hollande 3,570,000 Grande-Bretagne et
- Allemagne 3,335,ooo Irlande 5,708,5 1 0
- Grande - Bretagne et Italie 1,966,1 90
- Irlande Russie et Finlande. . . Belgique 9,779,000 869,000 171,000 Portugal et Madère.. 9,491,960
- Parmi les produits secondaires de la pêche de la morue, le plus important est l’huile (de foie de morue) dont, on le sait, il est fait, en médecine, comme reconstituant, un très grand usage. Autrefois les pêcheurs procédaient eux-mêmes à la fabrication de l’huile en laissant pourrir les foies ou en les soumettant à la fusion. Les procédés nouveaux, qui permettent d’obtenir depuis l’huile brune jusqu’à l’huile blanche la plus fine, consistent à exposer les foies à un courant de vapeur surchauffée qui détruit les cellules hépatiques et opère la soudure des goutelettes. Gomme autre produit secondaire, il faut citer la rogue qui, salée et envoyée surtout en France, sert d’appât dans la pêche de la sardine. On commence à utiliser également — comme engrais — la tête et les entrailles qui étaient autrefois jetées.
- Hareng. — Autrefois le hareng ne se consommait en Norvège que frais ou séché et ne donnait lieu à aucune exportation. Mais dès que le Hollandais Beukels eut, en 1Û16, trouvé les procédés de salaison de ce poisson, l’exportation naquit; elle représente aujourd’hui une valeur
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- moyenne annuelle de près de 20 millions de kroner. On procède à la salaison, en enlevant tout d’abord les organes où le sang abonde, puis en déposant le poisson, par couches, dans les caques, avec interposition de couches de sel. Dans les magasins, le poisson est trié et remis dans d’autres caques avec de la saumure. Sa qualité dépend du soin avec lequel on procède à ces diverses opérations. La Russie, l’Allemagne et la Suède sont les meilleurs débouchés pour ce produit. Depuis quelques années, on exporte également du hareng frais et du hareng salé.
- Conserves. —Lors de l’exposition de Bergen, en 1865, il n’y avait point encore de conserves hermétiques, parmi les produits norvégiens exposés. Ce fut, en effet, en 1878 seulement que le gouvernement, dont l’attention avait été attirée sur cette industrie intéressante, chargea M. Wallun de visiter l’Exposition universelle de Paris et de faire ensuite un voyage en Bretagne pour étudier l’industrie sardinière. Dans le rapport écrit à son retour, M. Wallun fit notamment remarquer que les pâtes de poisson en usage en Norvège pourraient trouver un débouché en Angleterre, où l’on consommait des pâtes de poissons préparées aux Etats-Unis. A la suite de la publication de ce rapport fut fondée la Société pour l'avancement des pêcheries de Norvège, qui, a son tour, créa à Bergen une station d’essais. L’enseignement de l’école, qui ne tarda pas à être adjointe à cette station, donna un rapide essor ù l’industrie des conserves, dont le centre le plus important est Stavanger. En 1891, l’exportation en conserves de la Norvège était de 892,62/1 kilogrammes, valant 392,600 kroner ; six ans après, elle est de 1,218,089 kilogrammes atteignant une valeur de plus d’un million de francs.
- Les fiskboller (boulettes de poisson) n’ont pas tardé, en effet, à mériter une grande réputation de finesse et ils entrent aujourd’hui, pour plus de moitié, dans les exportations de conserves. On les fabrique avec de l’aiglefin frais que l’on gratte et hache soigneusement et que l’on mélange ensuite avec du lait. Le sprat fumé à l’huile est également très répandu. On essaya tout d’abord de préparer ce poisson, a la façon dont on prépare en France les sardines. Mais son infériorité, comme saveur, en rendait la vente difficile. C’est alors que l’on tenta,
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- AGRICULT U RE.
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- avec succès, de fumer le sprat avant de le mettre à l’huile. Voici comment on procède : les poissons, aussitôt débarqués, sont jetés dans une saumure où on les laisse pendant quatre ou cinq heures, puis suspendus en plein air, où ils sèchent .On les expose ensuite a la fusion, d’abord a une température d’environ Bo degrés, puis en augmentant la chaleur jusqu’à ce que le poisson soit cuit sans que la peau se brise. Les sprats sont ensuite légèrement pressés; on leur enlève la tête et la queue et on les met en boite.
- Pisciculture marine. — Les Norvégiens ont pris une part très importante aux essais de pisciculture marine. J’aurai occasion d’en parler page 5a8, note 1, et dans le tome II, chapitre xxxu (passage consacré à la pisciculture marine).
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- ILES BRITANNIQUES.
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- CHAPITRE XVII.
- ÙÆS BRITANNIQUES.
- . A. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- QUALITÉ DES SOLS DU ROYAUME-UNI. - HUMIDITE DU CLIMAT. - REPARTITION DE LA PROPRIETE. -OUVRIERS AGRICOLES. - SALAIRES. - REGIME DES FERMAGES. - NOMBRE DES FERMIERS. -PETITS PROPRIÉTAIRES. - VALEUR DU SOL. - TAUX DES FERMAGES. - ETENDUE DE LA GRANDE CULTURE. - CAPITAL D’EXPLOITATION. - PRÉDOMINANCE DE L’ELEVAGE. - FORETS.
- Sol. — La diversité des sols est très grande dans le Royaume-Uni; mais la qualité agricole d’un grand nombre d’entre eux laisse fort à désirer. Sur les 1 3 millions cl’hectares de l’Angleterre, 1 o millions à peine sont réellement cultivables; et encore ces 10 millions comprennent-ils les argiles de Surrey ou d’Essex, qui souvent durcissent à ce point que la charrue n’y peut pénétrer; les sables du Norfolk et les calcaires légers du Hertfordshire, qui ne donnent qu’une faible production. En réalité les bonnes terres ne couvrent pas, en Angleterre, 5 millions d’hectares. Si d’autre part, il est donné de voir, en Ecosse, de belles cultures intensives, il ne faut pas oublier que ces cultures ne s’étendent pas sur plus d’un million d’hectares et que la moitié de la région est totalement improductive. Les conditions agricoles sont plus favorables en Irlande ; mais, là encore, la proportion des terres incultivables est assez forte.
- Dans l’étude qu’il a consacré à Y Economie rurale de V Angleterre, Léonce de Lavergne s’est plu à rapprocher des quarante-trois comtés anglais trente-six départements groupés autour de Paris, et il conclut à k la prédominance de notre territoire ». Si, au lieu de s’en tenir à une seule région, on compare l’ensemble des sols anglais et français, la comparaison est plus encore à l’avantage de ces derniers.
- Climat. — L’eau est, on le sait, l’une des conditions les plus essentielles de la fertilité des terres. C’est l’humidité du climat anglais qui contre-balance le plus la médiocrité agricole des sols. En effet, la moyenne des jours pluvieux est de 187 par an, contre îào en France.
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- AGIUGULTimF.. --- I.
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- Quant à la moyenne de la température en degrés centigrades, elle est de 9.2, inférieure de près de deux degrés à la moyenne française.
- Répartition de la propriété. — La Grande-Bretagne est, par excellence, un pays de grands domaines. Dans l’intéressante étude qu’il a consacrée à l’agriculture du Boyaume-Uni, M. Albert Dulac dit justement : crLa propriété se restreint à un petit nombre de privilégiés possédant parfois d’immenses surfaces de sol qui ne se divisent pas(1). r> Les quatre cinquièmes de l’Angleterre sont répartis entre 38,ooo domaines de plus de 5o hectares et l’ensemble du Royaume-Uni est partagé entre 300,000 propriétaires; on se rendra compte à quel point ce chiffre est faible si l’on songe que le nombre des propriétaires français est supérieur à h millions. En Irlande, le rachat des fermes a été récemment facilité aux paysans par la fondation d’une caisse agraire.
- Ouvriers agricoles. — L’ensemble de la population du Royaume-Uni est d’environ ho millions d’habitants; les ouvriers agricoles ne concourent que dans une faible proportion à ce total. Le pourcentage des habitants ruraux, qui était, il y a un siècle, de 53, n’est plus, en effet, aujourd’hui que de 18, si bien que l’on a pu dire cr qu’il ne reste aux champs que ceux que la ville ne peut employer». Encore ces labofirers vivent-ils en dehors de la ferme dans des cottages qu’ils loirent a l’année. Soucieux de leur bien-être plus que de réaliser quelques économies leur permettant de devenir propriétaires — chose très difficile en Angleterre, — vêtus soigneusement, presque élégamment, ils n’ont que peu de ressemblance avec les paysans français. Leurs femmes travaillent rarement aux champs et leurs enfants ne les y accompagnent qu’après avoir achevé leur temps de scolarité.
- La diminution constante du nombre des ouvriers agricoles a pour résultat que les offres de travail sont moins nombreuses que les
- (l) Agriculture et librc-ccliange dans le Royaume-Uni, par Albert Dulac (kjo3).
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- Iles britanniques.
- demandes. Aussi les salaires ont-ils suivi une progression ascendante, ce que montre le tableau suivant :
- SALAIRES RELATIVEMENT À LA RENTE ET AU PROFIT.
- 1875-1881. 1882-1S8S. 1889-1895.
- Profil net (renie, bénéfice du fermier) Proportion de l’ensemble des salaires à ee 100.0 100.0 100.0
- profil net Proportion ( p. 100) des salaires à fa 55.3 72.0 120.2
- somme totale divisée entre le proprié-
- taire (renie), le fermier (profil) et l’ou-
- vrier rural (salaire) 35.6 4i.() 54.6
- Lors de l’enquête de 18q 3,un agriculteur de Norfolk déclara cr qu’il payait autrefois en gage à ses laboarers la moitié du prix de la rente et que c’est le double de la rente que le total représentait maintenantn.
- Fermage. — Les sept huitièmes des terres cultivées en Angleterre sont affermés. Ces fermages sont régis par trois lois de 1875, de 1883 et de 1900, qui ont sans cesse diminué les droits du propriétaire pour accroître ceux du fermier. M. Albert Dulac a résumé ainsi l’œuvre de ces lois :
- cr Le cultivateur a acquis enfin la sécurité de ses capitaux et l’indépendance de son industrie. A n’en pas douter, le but qu’il atteindra tôt ou lard est le droit au titre de fermier (tenant right). Déjà ce droit a été accordé aux agriculteurs irlandais. En Irlande, le fermier est propriétaire d’un titre d’occupation du domaine qu’il cultive. Ce titre, il peut le vendre et le transmettre ; il n’en est pas déchu, même s’il cesse de payer sa rente; dans ce cas, il peut seulement être obligé de le vendre aux enchères. De sorte que le propriétaire du sol est dessaisi de la liberté de choisir son fermier, et peut voir l’exploitation de son domaine passer comme une valeur négociable de mains en mains sans avoir le droit de s’y opposer (c’est la free sale ou vente libre du droit d’occupation). De plus, il ne peut renvoyer son fermier arbitrairement (fixity of tenure) si celui-ci paye régulièrement la rente (fair rent); et cette rente , il n’a aucun pouvoir de la modifier : elle est fixée par une commission gouvernementale (Land commission).
- 3i.
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- /18/1
- ccSans cloute on devra de même aboutir en Angleterre à un état analogue de relations entre bailleur et preneur du fonds rural. Le fermier, après avoir pris une part de plus en plus grande au privilège qui rendait jusqu’ici le proprietaire maître unique du sol, étendra peu a peu sa domination, jusqu’à réduire la rente à une simple indemnité d’entretien du bien foncier, et acquerra enfin un droit permanent et un titre rée! à l’occupation du domaine.
- crEn somme, grâce à ces lois qui ont fixé, généralisé et rendu obligatoires les usages anciens, la tenure at will d’autrefois est devenue un engagement stable que scellent, pour les deux parties, non seulement le lien de mutuelle confiance qu’elles ont le plus souvent l’une en l’autre, mais aussi la sécurité de charges égales et d’obligations réciproques. Les rapports du fermier et du landlord, tels que la législation les a réglés maintenant, sont satisfaisants et équitables. La tenure à l’année, fixée par le système des indemnités au fermier sortant, équivaut à un long bail. r>
- Le nombre des fermiers est d’environ 300,000, notablement supérieur à ce qu’il est en France(l).
- Le métayage est inconnu; quant aux petits propriétaires cultivant leur propre sol (yeomen), ils ont presque entièrement disparu.
- Conditions d’exploitation.''— Nous venons de voir que le fermage est, en Angleterre, presque le seul mode d’exploitation agricole; il est intéressant d’étudier maintenant quel est le taux moyen des fermages et comment exploitent les fermiers. Fixons tout d’abord la valeur du sol. Cette valeur a considérablement diminué dans le dernier quart du xixe siècle. D’après Lord Milner et Sir Robert Golïen on pourrait exprimer cette moins-value par le tableau suivant :
- VALEUR ANNUELLE NOMBRE VALEUR
- [ou reste] du sol des an.ne'es du capital.
- déclarée h l’Income-lax. d’achat.
- livres anglaises. livres anglaises.
- 1875 ................... 66,911,000 3o 2,007,330,000
- 18 9 /1................. 56,212,000 18 1,001,829,000
- (1) D'exactement 84.68 p. 100 en Angle- des exploitations rurales 11'esl en France que terre, la proportion des fermes au nombre de22.i5p. 100.
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- ILES BRITANNIQUES.
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- La diminution est donc de près de 5o p. 100.
- Le taux des fermages est le suivant (par hectare) ^ :
- Termes I en ^onnes Prair^es............................ 98 à 171 francs.
- ( en herbes de pâture........................... AG à 93
- Bonnes terres arables.................................. 78 à 109
- Terres arables de second ordre...................... 31 à 62
- Sous la forme du fermage, partout répandu nous venons de le voir, c’est la grande culture qui domine en Angleterre. Le tableau suivant va en donner du reste une preuve; il a été dressé d’après les résultats de l’enquête faite en 1895.
- NOMBRE ET ETENDUE DES EXPLOITATIONS AGRICOLES EN GRANDE-BRETAGNE (1895).
- EXPLOITATIONS AGRICOLES.
- SÜPERFIC IES. NOMBRE. ÉTENDUE.
- TOTAL. POURCENTAGE. TOTALE. POURCENTAGE.
- De 4o ares à 2 hectares 117,968 p. 100. 25.68 hectares. 146,716 p. 100, i.i3
- 2 à 8 hectares 1/19,818 28.80 667,056 5.12
- 8 à 20 hectares 85,663 16.47 1,145,988 8-79
- 20 à 4 0 hectares 66,62b 12.81 1,954,o8o 15.oo
- ho à 120 hectares 8i,2 45 i5.6e 5,55o,364 42.5g
- 1 20 à 200 hectares 13,568 2.61 2,045,576 15.70
- 200 à 4oo hectares 4,616 0.89 1,200,472 9.21
- Supérieure à 4oo hectares 6o3 0.12 320,740 2.46
- Totaux 320,106 100.00 i3,o3i,ooo 100.00
- Il nous faut maintenant évaluer quel est le capital moyen nécessaire pour une exploitation. C’est encore à une comparaison avec le capital nécessaire en France que nous aurons recours.
- (1) Voici comme point de comparaison le taux des fermages en France :
- Prés et herbages Terres labourables
- ( 1rc et, 2e catégories), (3S à 5e catégories). ( iro et a0 catégories), (3° à 5e catégories).
- 107 à i36 francs, 4 2 à 85 72 à 92 28 à 54
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- CAPITAL I)’EXPLOITATION (CHEPTEL VIVANT ET MORT) EN FRANCE ET DANS LE ROYAUME-UNI.
- HOYAU ME-UNI (1893). FRANCE (1892).
- millions de fr. millions de l'r.
- Animaux de ferme 4,854 5,202
- Matériel d’exploitation 900 i,5oo
- Cheptel total . . . 5,7 5 4 6,702
- Surface cultivée (en hectares) Capital en cheptel, par hectare. . . . 1 9,309,000 297 fr. 31,628,000 212 fr.
- Au cheptel joignons les autres éléments du capital d’exploitation, et nous atteignons un chiffre de ùoo francs par hectare; dans le Norfolk, ce capital est estimé, pour une ferme à culture intensive, devoir s’élever à 600 francs. Il dépasse même 1,000 francs dans les régions où se fait l’élevage d’animaux de race.
- Enfin si nous voulons connaître le capital d’exploitation de l’ensemble des fermes du Royaume-Uni, nous voyons qu’il atteignait, en 1893, 319,01/1,000 livres, se répartissant de la façon suivante :
- Cheptel vivant......... .
- Instruments d’exploitation.
- Cultures en terre.........
- Grains en magasin.........
- Foin et paille............
- Laine et fourrage.........
- g4,i48,ooo livres. 36,ooo,ooo 69,511,000 5,ooo,ooo 8,25o,ooo 6,1 o5,ooo
- Pour terminer cette courte étude des conditions d’exploitation, il faut ajouter que, s’il est vrai que la surface cultivée n’atteint en Angleterre que 6a p. 100 du territoire (contre 83 p. 100 en France), du moins la proportion laissée en jachère nue diminue-t-elle tous les ans. Mais il faut aussi noter que des cultures de première utilité — le blé par exemple — sont chaque année délaissées davantage. Au total, pays d’élevage, l’Angleterre cultive surtout les produits destinés a l’alimentation animale, produits auxquels sont réservés les huit dixièmes de la surface cultivée.
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- ÎLES BRITANNIQUES.
- Forêts. — Le taux de boisement n’est, pour le Royaume-Uni, que de k [>. 100 (i,io3,ooo hectares de bois en Grande-Bretagne et 126,000 hectares en Irlande), ce qui n’équivaut qu’à trois ares de forêt par habitant. C’est là un chiffre infime : aussi l’Angleterre est-elle obligée d’avoir recours à l’importation (en moyenne 12 millions de mètres cubes par an, représentant Ay5 millions de francs).
- B. AGRICULTURE ET ÉLEVAGE.
- PRÉDOMINANCE DES PRAIRIES PERMANENTES. — REPARTITION DES CULTURES. — IMPORTANCE DE LA CULTURE DES NAVETS. — RENDEMENTS. — IMPORTANCE DE L’ELEVAGE. — INTERET QU’Y PORTE LA FAMILLE ROYALE. - ELEVAGE EN PLEIN AIR. — EFFECTIF DU DETAIL; SA RELLE QUALITE.
- --- PRODUCTION EN VIANDE, EN LAIT, EN REURRE, EN FROMAGE. — LAINE. - CHEVAUX
- DE PUR SANG. — HUNTERS. — AUTRES RACES DE CHEVAUX. - VACHES JERSIAISES. — AUTRES RACES DE BÊTES À CORNES. — INDUSTRIE LAITIERE. — LEICESTERS. — SOUTHDOWNS. — AUTRES RACES OVINES. — PORCS. — AVICULTURE.
- Répartition des cultures. — La surface occcupée en Grande-Bretagne par les cultures et les prairies n’est que de 62 p. 100 du territoire (l).
- Une première division doit se faire entre les cultures et les prairies; je place les chiffres de 1870 en regard de ceux de 1900; on peut voir ainsi combien les prairies ont gagné sur les cultures :
- Terres arables ....
- Prairies permanentes
- 1870.
- 1900.
- hectares.
- 7,407,000
- 4,877,000
- hectares.
- 6,345,000
- 6,758,000
- Surface totale en herbes et récoltes. 12,284,000 l3,io4,ooo
- Les cultures dominent dans l’Est, où le climat sec les favorise; l’humidité de l’Ouest convient, au contraire, particulièrement aux prairies.
- En Irlande, les pâturages couvrent près des quatre cinquièmes de la surface cultivée. Ils occupent également la première place dans la région montagneuse qu’est le pays de Galles.
- (1) Contre 83 p. 100 en France.
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- H EPARTITION DES CULTURES DANS LES ILES BRITANNIQUES EN 1000.
- grande-rretagne. Irlande.
- hectares. hectares.
- Superficie totale 92,94o,000 8,365,000
- Etendue cultivée i3,io4,ooo 6,154,ooo
- Blé 745,000 22,000
- Avoine 1,222,000 446.000
- ()l'fie 8o3,ooo 70,000
- Seigle, fève et pois 192,000 6,000
- Pommes de lerre 227,000 266,000
- Navets 681,000 120,000
- Betteraves 167.000 28,000
- Choux, etc 208,000 3i,ooo
- Prairies temporaires 1,913,000 491,000
- Prairies permanentes 6,758,000 5,549,000
- Lin 19,000
- Houblon 21,000 U
- Cultures fruitières 3o,ooo 2,000
- Jachère nue 124,000 3,ooo
- Je ne reviens pas sur la prédominance des cultures dont les produits sont destinés à l’alimentation animale Je tiens seulement à noter que la culture des navets (turnops) si peu répandue en France, constitue en Angleterre la base de tous les assolements et que cette racine est la plante sarclée la plus estimée pour l’alimentation hivernale des bêtes à cornes et surtout des moutons.
- Rendements. — On a vu plus haut combien l’humidité du climat anglais était favorable à la culture. Si d’autre part on tient compte que les récoltes ne sont, dans aucune région, absolument mauvaises; que, s’il est vrai que la maturation est lente, elle est du moins régulière (le blé, par exemple, ne gèle presque jamais): qu’enfin l’emploi des
- (1) Voici quelques chiffres particulièrement typiques; ce sont ceux des surfaces occupées :
- 1° Par le blé ( 1870........................ 1,489,000 hectares.
- (Grande-Bretagne seulement). j 1900...................... 745,000
- 90 Par l’avoine ( 1885........................ 1,730,000
- (dans tout le Royaume-Uni). ( 1900........................ 1,667,000
- 3° Par l’orge ( 1885.......................... 988,500
- (dans tout le Royaume-Uni). | 1900.......................... 874.300
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- ILES BRITANNIQUES.
- m
- engrais s’est depuis longtemps généralisé, on aura les raisons pour lesquelles la moyenne des rendements est si élevée.
- PRODUCTION DU BLlï M.
- ANNÉES SURFACE CULTIVEE. PRODUCTION. RENDEMENT PAR HECTARE.
- (moyennes tiuf.nhales). — — —
- — hectares. hectolitres. hectolitres.
- 1873-1875 . . 1,469,000 34,646,000 23.6
- 1878-1880 1,277,000 28,492,000 22.3
- 1883-1885 . . 1 ,06g,000 29,006,000 27.1
- 1888-1890 . . 1,026.000 27,373,000 26.6
- 1893-1895 . . 718,000 19,920,000 27.7
- 1898-1900 811,000 23,437,000 28.8
- La moyenne des récoltes des dix années 1890-1899 a atteint :
- Angleterre.. . . Pays de Galles
- r
- Ecosse.........
- Irlande........
- hectolitre.
- 27.3 par hect.
- 21.9
- 23.5
- 28.7
- Et pour l’ensemble du Royaume-Uni, le rendement moyen, par hectare, a été de 27 hectol. 3.
- PRODUCTION DE L’AVOINE ET DE L’ORGE.
- ANNÉES (moyennes triennales). AVOINE. ORGE..
- ÉTENDUE CULTIVÉE. PRODUCTION. RENDEMENT PAtl HECTARE. ÉTENDUE CULTIVEE. PRODUCTION. RENDEMENT PAR HECTARE.
- hectares. hectolitres. hectolitres. hectares. hectolitres hectolitres.
- 1886-1888 1,729,000 57,974,000 33.5 924,000 27,823,000 3o.i
- 1889-1891 1,629,000 5g,955.000 36.8 919,000 97’999’000 3o.4
- 1892-1894 O O O UO !>• 61,790,000 35.2 896,000 26,816,000 a9-9
- 1895-1897 1,745,000 6l,353,000 35.i 910,000 26,797,000 29.4
- 1898-1900 i,64S,ooo 61,295.000 37.3 845,000 26,005,000 3o.8
- (1) rtL’Angleterre, écrit M. P. Regnault-Desroziers, vice-président de la chambre syndicale des grains et farines, demande à l’étran-
- ger les quatre cinquièmes de son pain, mais elle fabrique elle-même les quatre cinquièmes de la farine qui lui est nécessaire. «
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- .490
- r
- Elevage. — Le Roi et la famille royale donnent, en Angleterre, l’exemple de l’intérêt à porter à l’élevage. Ecuries de courses et troupeaux parfaitement sélectionnés sont choses dont très justement ils s’enorgueillissent. Qui ne sait, d’une part, que les couleurs de S. M. Edouard YII ont été, et sont, chaque année, victorieusement portées sur tous les champs de courses d’Angleterre : plat et obstacles; qu’il s’est même produit que l’écurie royale fut classée en tête des écuries gagnantes. D’autre part, en 1900, le Daily post de Birmingham offre, à l’occasion d’un concours agricole, une coupe d’argent de 10 livres, et c’est à l’élevage de la feue reine Victoria qu’elle est attribuée(1).
- Je pourrais multiplier de tels exemples(2).
- C’est en plein air que de préférence on laisse vivre les animaux. Ni étables closes, ni bergeries. Mais une nourriture abondante I Le bétail n’a pas à se contenter de la prairie qui lui offre cependant un fourrage de belle qualité; les aliments concentrés lui sont en outre donnés.
- (,) En 1903, les fermes royales ont en plus de succès encore qu’à l’ordinaire; les prix qu’elles ont remportés ont été' nombreux et le Roi, en visitant les expositions, s’en montrait enchanté.
- (2) A ce sujet M. Albert Dulac écrit les lignes suivantes : rr11 résulte de cet entraînement, où le plaisir sportif se mêle aux intérêts d’affaires, des prix remarquablement hauts. Des éleveurs anglais achètent, en 1900, des taureaux shorthorns : 6,095 francs, 5,3oo francs; des vaches de la même race: 9,000 francs, 6,100 francs, 5,95o francs. Mais ce sont les acheteurs étrangers qui payent les plus forts prix : un taureau pour la République Argentine atteint 13,700 francs. A une vente aux enchères, de quarante - quatre chevaux sbires appartenant à Lord Llangattock, les juments poulinières atteignent le maximum de 12,075 francs (onze au prix moyen de 3,960 francs). Le prix moyen de onze pou-
- liches d’un an est 5,120 francs. Un étalon de deux ans atteint 17,000 francs. Le prix moyen pour l’ensemble des animaux est 5,650 francs. Un éleveur anglais de shropshires paye 4,ooo francs un bélier destiné à son troupeau. Les neuf meilleurs béliers de l’année, dans cette même race , sont vendus pour une moyenne de 3,400 francs. A la vente du troupeau de lincolns de M. H. Dudding, en 1 900, un bélier de dix-huit mois atteint 2 6,5 00 francs. Pour cinquante béliers vendus, la moyenne est 1,950 francs; pour quarante-trois brebis, 172 francs. Une brebis southdown atteint 400 francs. Une truie yorkshire 680 francs. Le comte de Carnavon, vendant les produits de sa porcherie de Berkshire, enregistre les prix maxima de 735 francs pour une truie et de 578 francs pour un verrat, l’ensemble de quatre-vingt-dix animaux atteignant une moyenne de 190 francs. »
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- ILES BRITANNIQUES.
- 491
- RELRVK STATISTIQUE DES ANIMAUX DE FERME DU ROYAUME-UNI (JUIN 1900).
- a. NOMBRE TOTAL.
- ESPÈCES
- CHEVALINE. «OVINE ('). OVINB. PORCINE.
- Angleterre. ... 1 ,15o,3oo 4,848,700 15,844,700 2,02 1,4 00
- Pays de Galles. 153,3oo 758,4oo 3,432,5oo 228,100
- Ecosse 194,600 1,198,100 7,3i5,ooo i32,4oo
- Irlande 491,200 4,6o8,6oo 4,386,900 i,268,5oo
- Royaume-Uni.. 2 ,ooo,4oo 1 i,455,ooo 31,054,700 3,663,700
- b. NOMBRE D’ANIMAUX PAR 1,000 HECTARES DE SOL FERTILE. étendue espèces
- FERTILE. — 1 —
- — CIIBVALINK. BOVINE. OVINE. PORvINK
- hecLires. — — — —
- Angleterre .... 9,983,500 11G 490 t,6o3 2o4
- Pays de Galles. 1,1 40,700 i35 671 3,o38 202
- Ecosse i,978,70° 99 612 3,733 67
- Irlande 6,153,900 80 756 719 208
- Royaume-Uni. . 1 9,309,000 1 o4 599 1,624 192
- Si on cherche ce que donnent ces chiffres, proportionnellement à la surface cultivée (prairies ou terres arables), on trouve par 1,000 hectares^.
- ROYAUME-UNI. FRANCE.
- Chevaux, 4nés, mulets to4 109
- Rotes à cornes &99 423
- Moutons 1.624 667 ‘97
- Porcs 192
- (,) L’espèce bovine se décompose ainsi :
- VACHES
- VACHES (pnr 1,000 hectares et génisses, de terre cultivée).
- Angleterre 1,899,623 77
- Pays de Galles. . 287,014 102
- Ecosse 434,264 89
- Grande-Bretagne. 2,620,901 81
- Irlande i,458,og4 95
- Royaume-Uni. .. 4,096,688 83
- rrII faut noter, écrit M. Albert Dulac, que les statistiques sont établies en France au 3i décembre de chaque année, et dans les Iles Britanniques au 4 juin. La période janvier-mai étant précisément celle des naissances, on comprend que le dénombrement anglais est maximum, et le nôtre, minimum. C’est seulement sous le bénéfice de cette importante observation que les deux statistiques peuvent se mettre en parallèle. r>
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- 492
- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- NOMBRE DES ANIMAUX DE FERME DANS LE ROYAUME-UNI (1870-1000).
- ESPÈCES
- CHEVALINE. BOVINB. OVINE (*). PORCINE.
- 1870 1,808,100 9,2.35,ooo 32,786,800 3,65o,700
- 1876-1880. . 1 >913,9°° 0 GO 31,906,200 3,605,700
- 1886-1890. . 1,942,300 10,568,800 29,689,600 3,86o,5oo
- 1896-1900. . 2,0 5 2,000 11,181,900 3i,oo3,6oo 3,894,600
- Il ne suffit pas de constater le grand nombre du bétail anglais; il faut en outre rendre hommage à ses belles qualités qui font que les éleveurs de presque tous les pays choisissent parmi lui bon nombre de leurs reproducteurs^.
- Production en viande, en lait, en laine. — Voici tout d’abord un tableau qui montre l’accroissement de la production de la viande.
- PRODUCTION DE LA VIANDE DE 1868-1870 À 1898-1000 (MOYENNES TRIENNALES)
- EN TONNES DE 1,016 KILOGRAMMES W.
- BOEUF et
- VEAU.
- tonnes.
- 1868-1870 ... 6l 2,000
- 1873-1875 . . . 683,000
- 1878-1880 . . . 661,000
- 1883-1885 . . . 701,000
- 1888-1890 . . . 699,000
- 1893-1895 . . . 731,000
- 1898-1900 . . . 768,000
- Durant la même période de temps, on a constalé dans les grands pays agricoles du continent une diminulion de moitié dans le nombre des moutons.
- (2) tf En 1899 et en 1900, écrit M. Albert Dulac, 2,979 et 2,742 bêtes à cornes étaient achetées par l’étranger pour une valeur moyenne que le Board of Gustoms estimait 993 et 1,079 francs- Le troupeau des moutons exportés comptait, dans ces deux mêmes années, 7,586 et 4,934 têtes, dont les évaluations
- MOUTON et AGNEAU. PORC. TOTAL.
- tonnes. tonnes. tonnes.
- 427,000 2 27,000 1,266,000
- 426,000 243,ooo 1,352,ooo
- 396,000 227,000 1,284,000
- 366,ooo 268,000 i,335,ooo
- 376,000 280,000 1,355,ooo
- 382,000 261,000 1,374,000
- 3 Q 1,000 261,000 0 c 0 0
- moyennes atteignaient 2 5g et 270 francs. Enfin 938 et 435 représentants de l’espèce porcine sortaient aussi d’Angleterre, leur valeur moyenne s’estimant à i4i et 175 francs. Ce n’est donc pas d’animaux communs qu’il s’agit. Les chiffres qui précèdent en font foi. On vient chercher en Angleterre des reproducteurs de grande valeur, des éléments d’amélioration. « (3) Voici l’origine de ces derniers chiffres. En 1872, sir H. M. Thompson publia dans le Journal de la Société royale d’agriculture une
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- ÎLES BRITANNIQUES.
- Nous allons maintenant prendre une moyenne triennale (non l’estimation officielle, mais les chiffres plus modères que M. Turnball a produits, en 1895, à la Commission sur la dépression agricole) :
- PRODUCTION DU ROYAUME-UNI EN VIANDE (MOYENNE TRIENNALE 1891-1893).
- 1 bovine..................................... 629,000 tonnes.
- ovine................................... 36 1,000
- porcine.................................... 267,000
- Total........................ 1,237,000
- Donnons comme
- de comparaison la production de la France :
- PRODUCTION DE LA FRANCE EN VIANDE (ANNEE 1902).
- I bovine................................ 727,000 tonnes.
- ovine.................................. 131,0 00
- porcine................................ 46t,ooo
- Si nous ramenons ces tableaux à l’hectare^, nous trouvons le rapport suivant :
- PRODUCTION COMPARÉE DE LA VIANDE DANS LE ROYAUME-UNI ET EN FRANCE PAR HECTARE DE LA SURFACE EN TERRES LABOURABLES ET PRES NATURELS.
- Espèce
- HOYAUM K-UNI. F n AK CE.
- kilo;ji'. kilojjr.
- bovine 32 8q 26 09
- ovine 17 82 4 34
- porcine i3 96 15 22
- Totaux. . 64 67 43 65
- estimation de la production des viandes de boucherie basée sur ce fait que le pourcentage des animaux sacrifiés annuellement élait de 2 5 p. 100 dans l’espèce bovine, 62 p. 100 dans l’espèce ovine et 116 p. 100 dans l’espèce porcine, des nombres d’existences recensées par les statistiques annuelles, et que les poids moyens de ces animaux, en viande nette, étaient respectivement de 600, 70 et 196 livres (livres anglaises de 453 gr. 59).
- On en a déduit celte règle que la production de viande annuelle devait correspondre, par 1,000 têtes d’animaux recensés, à 67 tonnes (tonnes anglaises de 1,016 kilogrammes) pour les bêtes à cornes, 12 tonnes et demie pour les moutons et 69 tonnes pour les porcs.
- (1) rrJ’ai divisé, dit M. Albert Dulac, à qui nous empruntons ce tableau, la production britannique par 19,118,000 hectares (acreage undcr crop and grass), et la production fran-
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- 494 EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- Occupons-nous maintenant du lait et des produits de l’industrie laitière :
- PRODUCTION ANNUELLE DU LAIT, DU BEURRE ET DU FROMAGE.
- MOYENNES QUINQUENNALES.
- 1886-1890. 1891-1895. 1896-1900.
- Nombre de vaches laitières (en
- juin) 3,909,000 4,023,000 4,o42,ooo
- Nombre de vaches produisant du lait toute l’année 2,932,000 3,o 17,000 3,o31,000
- Quantité de lait produit (en tonnes de 1,016 kilogr.) .... 7,34 1,000 7,215,oo 0 7,462,000
- Production du beurre en tonnes. 83,900 oc US O 85,200
- Production du fromage en tonnes.. 144,200 O O ~CT 14 2,100
- Le dernier tableau se rapporte à la laine :
- PRODUCTION ET CONSOMMATION DE LA LAINE EN MILLIONS DE LIVRES (453,590 KILOGRAMMES).
- IM I’OHTATION ( IlliKXPOKTATIONS
- ilrduitcs). CONSOMMATION.
- 1880.................. 1A9 17 i3a a3<j 371
- 1890............... 138 29 118 3o9 4 2 7
- 1895.................. i35 22 113 397 5io
- Chevaux. — Que de légendes n’a-t-on pas répandues sur l’origine
- des fameux pur sang anglais! Tenons-nous à ce qui parait certain : les trois chefs de famille étaient arabes. Les juments qui leur furent données ont été, sans aucun doute, choisies parmi cette élite sélectionnée par les courses et les chasses à courre déjà fort en honneur en Grande-Bretagne, il y a deux siècles.
- En outre, Catherine de Portugal ayant eu en dot la ville de Tanger, son mari, Charles II, importa des juments orientales; ce sont de ces Royal marcs que l’on fait descendre les étalons les plus marquants
- PRODUCTION.
- TOTALE. EXPOIITKK.
- çaise par 30,174,000 hectares (terres labourables et prés naturels, d’après l’enquête de 1892). Ainsi mon calcul, pour la France, diffère par ses résultats de la statistique officielle qui rapporte les chiffres de la production à 100 hectares en divisant par 319.840 (terres
- labourables, prés et herbages). Mais l’étendue anglaise en «herbe » ne comprenant pas les montagnes et bruyères, et nos «herbages» comprenant les herbages alpestres, il était nécessaire pour la comparaison de rapporter à deux unités d’hectare comparables. »
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- Fi{f. loi. — /'or.
- (Photographie Dellon.)
- (IJn des meilleurs racers anglais, vainqueur du Derby d’Epsom, acheté un million par M. Edmond Blanc et importé en France où il fait la monte;
- ses premiers produits ont donné toute satisfaction.)
- ILES BRITANNIQUES. 495
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- d’aujourd’hui. Non moins que de ses premiers reproducteurs, le pur sang anglais, tel que nous le connaissons, est la résultante d’une sélection raisonnée et sévère et d’un régime méthodique. crCe régime, a écrit M. H. Vallée de Loncey, dans un article du Journal d’agriculture pratique, article qui lui fut inspiré par une visite à la section hippique de l’Exposition de 1900, a pour base l’entraînement avec les nécessités d’alimentation, d’hvgiène, de traitement, ayant pour but un idéal, l’aptitude a fournir, à un moment donné, une somme d’efforts musculaires considérables. C’est à ce régime que le pur sang anglais doit son développement, sa taille et ses longues lignes articulaires qui en font un arabe transformé. r> Et M. Vallée de Loncey ajoute que rr c’est l’application de ce régime qui a fait dire que le pur sang anglais était un produit artificiel ». Que la chose ait été très souvent dite et écrite, le fait est hors de doute; mais on peut se demander si c’est justement, et il faut noter que chaque expérience nouvelle donne une nouvelle preuve de l’extraordinaire résistance du pur sang. Or, si un cheval est tout à la fois vite et résistant, en quoi peut-on lui reprocher d’être artificiel?
- On donne le nom de hunters aux chevaux de chasse1^ (des demi ou des trois-quarts de sang). Le marquis d’Imbleval a fait, dans l’Illustré parisien, entre eux et les racers (chevaux de course) un intéressant parallèle : ccLa jambe du hunter, écrit-il, doit être plus forte, plus large et plus courte que celle du racer ; son paturon moins long et moins oblique, son corps court et compact, afin que son galop n’ait jamais une allure allongée. Le cheval ramassé effleure la terre, tandis que les pieds de l’animal à longs élans s’y enfoncent. Or le hunter est appelé à parcourir non seulement un terrain souvent montueux et haché, mais un terrain boueux et détrempé. Cette remarque donne le secret, dit William Yonatt, d’assortir le cheval de course à la nature du sol où il entre en lutte, et nous explique le mystère apparent d’un petit cheval a courtes allures battant, sur un terrain inégal et sinueux,
- (1) Les Anglais ont, suivant l’usage auquel souplesse et de l'élégance ; les pur sang et les
- ils sont destinés, établi des catégories entre les trois-quarts de sang sont les meilleurs et les
- chevaux de selle — pur sang ou demi-sang plus recherchés; docile et musclé, mais non — : le hack constitue la catégorie la plus nom- sans distinction, le cob est la monture du
- brcuse, c’est le cheval de promenade; il est cavalier lourd, l’Irlande en produit de très
- doux de caractère, ses mouvements ont de la bons.
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- un animal qui lui est de beaucoup supérieur dans une lice droite et nivelée, w Les hunters anglais sont inférieurs aux irlandais; au point que l’Angleterre a, en très grande partie, abandonné à File sœur l’élevage du cheval de chasse. Cette supériorité de l’irlandais, ramassé, ample de coffre, fort en nerfs et bien membré, provient des difficultés de terrain qu’il rencontre dès sa naissance. En effet, le pâturage n’est
- ( Cliché de l'Illustré parisien.)
- Fig. io5. — Hunier primé au concours de Limerick (Irlande.)
- pas, en Irlande, entouré, comme en Angleterre, de simples haies, mais de murs et de fossés; le pays est montueux, coupé de ruisseaux; le sol, souvent glissant. Que de fois n’arrive-t-il pas que, s’amusant à franchir les accidents de terrain, les poulains vont d’un pâturage dans un autre! En Irlande, le cheval de charrette lui-même saute d’instinct. Pour passer un obstacle, l’anglais crs’appuie sur les jarrets et s’élance de telle sorte que déjà il a franchi la moitié de la barrière, lorsque le corps s’est seulement allongé pour prendre son élan complet. Quand il a quitté terre, il porte ses hanches sous lui, comme au galop, descend ensuite sur les jambes de devant, et quand elles touchent le sol,
- agiucultuiu:. — i. 3a
- IMl'ÏUUEHIE NATIONALE»
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- EXPOSITION DE 1900.
- — AGRICULTURE.
- c’est alors seulement qu’il attire à lui ses jambes de derrière, en sorte que l’avant-main est seule à supporter le poids tout entier. Le cheval irlandais, au contraire, part de ses quatre jambes à la fois ; quand il est parvenu à l’extrémité supérieure de l’objet à franchir, ses jambes de derrière sont entièrement retroussées sous lui ; il descend, les quatre jambes se posant sur le sol en meme temps. 77 J’ai tenu à parler avec quelque détail des racers et des h un tors qui sont, sans conteste, les races les plus caractéristiques des chevaux du Royaume-Uni ; je ne ferai que citer les autres races.
- Les Hachneys ou JSor-folks, chevaux de selle et de harnais légers, bons trotteurs, descendant , probablement, de nos normands, s’élèvent particulièrement dans le Yorkshire et le Norfolk. C’est l’un d’eux Hedon Squire (bai, 1 m. 5â; né en 1891), qui fut, en 1900, lauréat du championnat des étalons, entre les races dites de demi-sang françaises et étrangères; nous reproduisons une photographie qui le montre dans son action(l). Les Cleveland bays®, reconnus comme une variété spéciale
- l'ig. 10G. — IIedo)i Squire, étalon bai backney.
- (Hauteur, 1 m. 5a ; né en 1891, par Rnffus et Polly; appartient «à sir Walter Giïbey B,rl, à Essex; lauréat du grand championnat entre les races dites de demi-sang françaises et étrangères, au Concours international de Vincennes, en 1900.)
- (1) crLa race des hackneys, que je n’apprécie pas beaucoup dans son ensemble, fournit parfois des individualités remarquables, surtout par leurs bailles allures relevées et brillantes*. (H. Vali.ee de Loncev, Journal d’agriculture pratique.)
- (2) a Les cleveland bays, a écrit M. La valant, étaient plus nombreux avant les chemins de fer. . . On met en doute, meme en Angleterre, la pureté de la race qui aurait disparu avec les diligences.*
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- ÎLES BRITANNIQUES.
- depuis plus d’un demi-siècle, sont des chevaux de harnais; les Char-fiers, des chevaux d’armes. Colosse, calme et lent, le Shire est un cheval de gros trait, qui, sur une bonne route, peut tirer, comme poids ordinaire, plus de deux tonnes; il pèse de 760 à 1,000 kilogrammes et sa taille varie de 1 m. 70 à 2 mètres; sa valeur, comme étalon, est souvent variable. Le Sujfolh punch excelle surtout aux travaux de la ferme; sa taille n’excède guère 1 m. 60; il est résistant— il a été exporté dans les colonies anglaises et aux Etats-Unis, en assez grande quantité; — il est toujours de robe alezane, tandis que le shire est le plus souvent rouge ou rouge foncé.
- Fréquemment bai foncé, le Clydcsclalc, cheval de ferme de l’Ecosse, tire son origine du sang flamand ; des croisements heureux ont assuré la race; sa valeur est reconnue par bon nombre d’éleveurs étrangers à l’Angleterre , les haras payent dun bon prix les étalons, surtout ceux de taille élevée; bien que corpulent, le clydesdale est généralement plus vite que le shire; sa taille est de 1 m. 65 a 1 m. 70 et son poids de 600 à 700 kilogrammes.
- Enfin il me reste à énumérer les petites races de poneys montagnards et, souvent, à demi sauvages : Exmoor, New Forest, Welsh (1 m. 20); les Highlanders, d’origine norvégienne (0 m. 90), et les Shetlandais, charmants sous leur pelage abondant comme une fourrure et qui, à peine hauts comme un chien de Terre-Neuve, sont le modèle le plus réduit de l’espèce chevaline.
- Bêtes à cornes. — Les variétés développées, pour la production de la viande, sont les Herefords, les Aberdeen-Angus, les Red-Polled et sur-
- 3a.
- (Cliché de {'Illustréparisien. Fig. 107. — Windsor, étalon hackncy.
- (Haut., 1 ni. 64; né dans le Yorkshirc; tait actuellement la monte en France.)
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- tout la race déjà ancienne des Shorthoms ou Durhams, au pelage généralement rouge et blanc mélangés, jamais noir, ce véritables machines productives de viande», ainsi qu’on l’a justement écrit et dont le rendement, quand elles sont bien soignées, atteint 66 p. î oo. On se sert bien aussi de ces dernières comme laitières; mais elles ne sont, sous ce rapport, que de second ordre et point comparables aux
- (Ciiclié du Journal d’agriculture pratique.)
- Fig. 108. — Vatican, taureau Durham (ier prix au Concours de Lincoln, i855).
- Jersiaises, aux Devons, aux Ayrshires. Celles-ci ont été particulièrement recherchées par les éleveurs de divers pays du Nord : Suède, Finlande, etc. La race indigène irlandaise est celle de Kerry, originaire du comté de ce nom, bonne laitière, et qui n’est pas sans ressemblance avec notre race bretonne. Les bovins d’Ecosse sont petits et rustiques; ils s’engraissent facilement et donnent une bonne chair; le lait des vaches de ces variétés est peu abondant, mais d’une réelle qualité butyreuse. Les Jersiaises(1) ont droit à une mention spéciale. En effet, on a pu justement écrire «quelles possèdent des qualités beurrières
- (1) Leur origine n’a jamais pu être exacte- proviennent du croisement des races bretonne meut établie; il est très vraisemblable qu’elles et normande.
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- supérieures à celles de toutes les autres races” ^ et, leur Leurre, dit doré sur tranche, atteint le plus haut prix:.
- La jersiaise est un animal de petite taille; sa robe est d’un jaune fauve, tirant parfois sur le gris souris; les masses musculaires sont peu développées; les saillies, osseuses et prononcées. Elle consomme peu. Les globules butyreux de son lait sont d’une grosseur remarquable (ce qui augmente la quantité du beurre obtenue avec une quantité de lait donnée, sa qualité, et facilite la fabrication). Telles sont, du reste, les qualités de la jersiaise que des éleveurs des Etats-Unis ont payé jusqu’à 3o,ooo francs des taureaux de cette race et 2 5,ooo francs des vachesPour conserver la pureté de la race, le Gouvernement punit, d’une amende de 2 5,ooo francs, l’introduction dans l’île d’un reproducteur étranger.
- Fig. 109. — Vache d’Ayrshire (importée en Finlande).
- —; D’après la statistique la plus récente (1898) — la production laitière annuelle du Royaume-
- llXDLJSTRIE LAITIÈRE.
- — statistique privée
- (l) Chez la jersiaise loul se change en beurre ; en effet, pour oblenir i kilogramme de beurre, il faut : îA à 18 litres de lait d’une jersiaise; 20 à 26, d’une bretonne; 2A à 27, d’une co-tentine; 26080,d’uneschwytz; 28 à 3A, d’une ayrshire; 28 à 4o, d'une mancelle; 3o à ho,
- d’une flamande; 3A à Ao, d’une hollandaise.
- (2) ffLà, ou dans une année, l’Amérique du Nord importe 1,827 têtes du bétail de Jersey et l’Angleterre 632, la France en importe 20 et la Suisse 12.H (D‘ Hector George, Journal d’agriculture pratique. )
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- Uni serait de 7,645,ooo tonnes — soit 1,875 litres par vache — s’utilisant de la façon suivante :
- Alimentation des veaux........................
- Consommation en nature........................
- i) , I beurrière............ 87,870*
- Production , _ • •
- Iromagere............ 150,170
- 1,1/16,000 tonnes. 2,628,000
- 3,976,000
- C’est à la production fromagère qu’on s’adonne de préférence en Angleterre; il suffit de citer le cheddar, le chester, à pâte demi-dure, le slilton, sorte de roquefort. La production beurrière annuelle est inférieure à 4o,ooo tonnes. Le beurre du Dorset est réputé. Le pays de Galles, ou l’industrie laitière est en honneur, s’en tient à la fabrication à la ferme. Quant à l’Irlande, dont la production beurrière atteint 50.000 tonnes, le tableau ci-dessous (statistique générale laitière de 1901) renseigne exactement à son sujet :
- Nombre de laiteries recevant
- Total. .
- lait et crème lait seul crème seule.
- 1 privées.... en société.. coopératives
- Lait reçu (hectolitres)............
- Crème reçue (hectolitres)..........
- Iù main.... à manège.. à vapeur . . à eau.........
- Tôt ai................
- 1 2 531 h
- 5^7
- 99 2 lx 1 207 6,5/10,890 635 3 7
- 968
- i,o5i
- Nombre d’ouvriers employés en permanence.........
- Beurre produit (tonnes)..........................
- i.t 1 j j .x . ( est rendu au producteur.. .
- Nombre de laiteries \ L P \ c
- , , , , , , {est translorme en iromages.
- ou le lait ecreme j . , 1 y
- ( est diversement employé.. .
- Nombre d’écrémeuses employées dans les établissements privés...................................
- 3,776 21,865 51 9
- À
- 5
- 962
- Moutons. —Le Royaume-Uni, qui s’est spécialisé dans la production des moutons de boucherie, possède de fort belles variétés ovines : les Leicesters et les Southdowns, dont je dirai plus bas quelques mots; les Newkent (ancienne race de Romney Marsh, améliorée par Richard Goord) rapides producteurs de viande et qui ressemblent fort aux
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- ILES BRITANNIQUES. 503
- Leicesters; les Lmcolns, dont il n’est pas rare de voir la toison dépasser le poids de 12 kilogrammes; les rustiques Shropshires{1) ; les Oxfords (lovons èt les Hampsldre downs, très avantageux pour la boucherie; les
- * w? ’o
- t!~\: 'V\.' .Vi
- *..
- :s
- (Cliché de la Deutsche Landwirschaftliehe Presse.)
- Fig. 110. — Tête de brebis Schropshire âgée de quinze mois.
- Sujfolks à tête noire; les Cheviots écossais, qui tirent leur nom d’un des points des plus élevés d’une petite chaîne de montagnes du Northumberland (leur toison a de la valeur). C’est à l’éleveur Bak-well que revient l’honneur d’avoir amélioré la race de Leicester ou de Dishley et d’avoir augmenté sa tendance naturelle à la production d’une viande de bonne qualité, mais beaucoup trop grasse^.
- (1) Variété de la race des dunes; toison abondante ; prolificité ; aptitude à l’engraissement; viande pas trop grasse.
- (3) Laine longue, peu ondulée; mais d’une
- bonne (messe et ayant de l’éclat; poids dépassant parfois 100 kilogrammes; rendement en viande, 60 à 65 kilogrammes; résistant à l’humidité de l’atmosphère.
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- EXPOSITION DE 1 900. - AGRICULTURE.
- Homme mystérieux qui, ccn’a ni écrit, ni parlé sur ses méthodes»(1), il commença ses recherches en 1755. L’inspecteur général Lefour note cr qu’à la différence de Bakwell, Elmann ne faisait pas un secret
- (Cliché de la Deutsche Landmirscha.fltic.he Presse.) Fig. ni. — Tête de bélier Schropshire âgé de trois ans et trois mois.
- de ses procédés de perfectionnement»; ce fut le véritable créateur des Southdowns(2) (race des dunes du Sud). Avant lui, on aurait, à la vérité, pu déjà écrire que ccJa viande du southdown engraissé à point est fine, juteuse et d’une succulence incontestable» ; mais les animaux étaient mal conformés ; ils ne pouvaient pas être engraissés avant l’âge de trois ou quatre ans ; leur poids vif ne dépassait pas 3o kilogrammes et leur toison ne pesait pas plus de i,5oo grammes. C’est en 1780, que John Elmann entreprit de créer sur son domaine de Glynde, près de Lewes (Sussex), un troupeau modèle de Southdowns. Il ne tarda
- (1) Sanson. — (2! Laine de moyenne finesse, de douceur et d’élasticité relatives.
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- ÎLES BRITANNIQUES. 505
- pas à acquérir la certitude que les deux seuls moyens de perfectionnement à employer étaient l’amélioration du régime alimentaire et une sélection sérieuse. Les résultats qu’il obtint furent excellents; mais c’est à Jonas Webb qu’il appartenait d’amener les southdowns au point de perfection où ils sont aujourd’hui(1).
- Porcs. — Je citerai les petits Middlesex à pelage blanc, soyeux et peu abondant; les noirs et forts Berkshires, très répandus en Europe aujourd’hui; les rouges Tamworths, de création récente; les précoces et prolifiques Essex et Sussex à robe noire et a soie fine; les blancs Yorhshires. Ces derniers, que M. Gustave Heuzé considère comme rcla plus belle sans contredit de toutes les grandes races anglaises», sont assez précoces; leur conformation est excellente; leur viande est bonne ; leur lard a de la fermeté.
- Aviculture. — C’est seulement comme on l’a dit, dans les exploitations modestes, et encore pas dans toutes, que l’élève de la volaille est en honneur. Là, elle est considérée comme le revenu casuel des femmes. La vente des produits de basse-cour est destinée à couvrir les dépenses personnelles de la fermière et celles de son petit monde. On en cite qui réalisent, de ce chef, jusqu’à 3,ooo fr. par an. On ne saurait donc s’étonner que dans bien des régions de l’Angleterre — pays de grandes fermes — l’aviculture soit peu prospère. Le Sud-Est, ou tout au moins le Sussex, le Surrey, l’Ouest du Kent font cependant exception. L’engraissement de la volaille y occupe un grand nombre de personnes. Les poulets sont astreints à une immobilité absolue, et nourris à l’aide d’une gaveuse mécanique; en trois semaines, ce régime fait augmenter chaque sujet d’une livre et demie à 3 livres. Malheureusement, on ne s’est pas assez préoccupé du choix des races. Mention doit être faite de la race de Dor-Mng9 justement estimée, qui joint, à de grandes qualités pratiques, l’attrait d’un beau plumage. Dans les comtés de Norfolk, de SufFoik,
- (,) Les consommateurs anglais payent', par (lu southdown a également été améliorée; elle
- livre, la viande du southdown, o fr. 20 plus est particulièrement propre à la fabrication de
- cher que celle des autres races ovines. La laine la popeline et de l’alpaga.
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- de Cambridgeshire, on élève l’oie et le dindon. Enfin l’élevage des canetons, longtemps circonscrit à la vallée d’Aylesbury, berceau de la variété de ce nom, s’est répandu aujourd’hui dans le Buckingham et les comtés voisins; en 1898, un fermier de Lancasliire a fait éclore et élever plus de 1 3,ooo canetons.
- C. IMPORTATION DES PRODUITS ALIMENTAIRES.
- COMPARAISON DE L’IMPORTATION ET DE LA PRODUCTION INDIGENE. — AUGMENTATION DES IMPORTATIONS DE l86l À 1C)00. — COURS MOYEN. — BLE. — ORGE. — VIANDE. — LAIT ET PRODUITS DE L’INDUSTRIE LAITIERE. — EXCELLENCE DES BEURRES FRANÇAIS IMPORTES EN ANGLETERRE. — VIN.
- Il convient de consacrer quelques pages à l’importation des produits alimentaires en Grande-Bretagne, où, on vient de le voir, la production est si grandement insuffisante — insuffisante non seule-
- Viand
- de Bœuf. bouton et Porc.
- — Importation
- 30. OOO
- 3.0 0 O
- 25. OOO
- 2.500
- 20. 000
- 2.000
- 45.000
- 1.500
- 10. OOO
- 1.000
- 5. 0 00
- 5 0 0
- Production indigène
- Importation texportation déduite!.
- Fig. 112. — Production et importation du blé (1,000 quarters) et de la viande (1,000 tonnes) dans le Royaume-Uni (1876-1900)(1).
- ment en blé, dont la culture est chaque jour délaissée davantage, mais en tous les produits de consommation, produits animaux aussi bien que produits végétaux.
- Le tableau ci-dessus montre la faible part de la production inté-
- (l) Extrait, ainsi que les diagrammes suivants, d'Agriculture et libre-échange dans le Royaume-Uni, par Albert Du lac.
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- ÎLES britanniques.
- 507
- rieure dans la consommation^. Il se rapporte à la période quin-
- quennale 1896-1898. PROVENANCES. PROPORTION DE LA PRODUCTION britannique dans
- RQYAUMK-UNI . IMPORTATION. TOTAL. la consommation totale.
- Blé (en livres de A53 grains)... 82 273 355 23.1 p.100.
- Viande (en livres) 79 h 8 127 62.2
- Lait (et dérivés) [en gallons |.. . . 36 29 65 55.3
- Pomme de terre (en livres) 282 9 291 96-9
- Les deux tableaux suivants permettront de constater le constant accroissement de l’importation.
- AUGMENTATION DES IMPORTATIONS DE PRODUITS AGRICOLES O) DE 1801 À 1880 (MOYENNES QUINQUENNALES).
- PRODUITS IMPORTÉS. 1861-1865. 18GG-1870. 1871-1875. 187G-1880.
- Céréales (en quintaux) : Blé et farine (exprimée en grains). 1 7,326,000 18,634,000 26,267,000 3i,655,000
- Orge 3,i 80,000 3,687,000 5,525,ooo 6,016,000
- Avoine 2,932,000 6,51 2,000 5,819,000 6,620,000
- Fruits et légumes (valeur en livres
- sterling) U n /i,352,ooo 6,9.3/1,000
- Animaux vivants (nombre) :
- Chevaux 1,5/n 1,785 16,336 26,56 1
- Bêtes à cornes 19/1,9/17 215,990 272,765
- Moutons A 90,719 61 o,3oo 866,516 938,706
- Porcs 58,85o 6/1,827 76,060 66,613
- Viande (en quintaux) :
- Bœuf 1 22,201 11 6,980 126,885 365,i 17
- Mouton (Non compté séparément avant 1882.)
- Porc 660,775 /io7,32o 1,265,723 2,267,173
- Produits de laiterie (valeur en livres sterling) :
- Beurre, margarine, fromage et lait. 7,135,ooo 9,2.3 1,000 11,620,000 16,921,000
- Produits de basse-cour (valeur en livres sterling) :
- Volailles, lapins, œufs, etc 1,619,000 2,00/1,000 3,63i,ooo 6,6 26,000
- Valeur totale, en livres sterling, de l’ensemble des produits alimentaires
- agricoles importés dans le Royaume-Uni 6i,5i3,ooo 76,676,000 107,609,000 136,691,000
- Celte consommation est très forte par tête d’habitant, surtout en viande , en pain, etc. M. Henry Grosjean, inspecteur général de l’agriculture, note que l’Anglais est de type
- du mangeur de viande et de fromage». {Bulletin du Ministère de l’agriculture. )
- (2) D’après les Agricultural rcturns ( Board of Agriculture, îyoi).
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- 508 EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- AUGMENTATION DES IMPORTATIONS DE PRODUITS AGRICOLES O DE 1881 À 1900
- (MOYENNES QUINQUENNALES).
- PRODUITS IMPORTAS. 1881-1885. 1886-1890. 1891-1895. 1896-1900.
- Céréales (en quintaux) : Blé et farine (exprimée en grains) . 38,643,000 38,897,000 /18,293,000 47,978,000
- Orge 7,013,ooo 8,33/4,«oo 1 0,9/16,000 10,01 4,ooo
- Avoine (‘>,5 06,000 7,5/1/1,000 7,676,000 8,602,000
- Fruits et légumes (valeur en livres sterling) 6,352,000 6,722,000 8,61/1,000 1 0,976,000
- Animaux vivants (nombre) : Chevaux 1 1,02 8 03 O"! ce 22,666 45,760
- Bêtes à cornes 387,282 /138,098 4 68,189 5/19,818
- Moutons (>7/1,316 800,599 /107,26e 607,086
- Porcs 2/1,365 19/137 9(>7 91
- Viande (en quintaux) : Bœuf 608,769 671,298 1,355,902 1,96/1,507
- Mouton // 53o,6o5 1,077,172 1,673,293
- Porc • 2,0/17,/i 98 2,818,960 2,620,676 3,912,1/1/1
- Produits de laiterie (valeur en livres sterling) : Beurre, margarine, fromage et lait. 1 G,/i 11,000 17,031,000 22,217,000 26,9/10,000
- Produits de basse-cour (valeur en livres sterling) : Volailles, lapins, œufs, etc 5,i 22,000 5,720,000 7,1 23,000 8,738,000
- Valeur totale, en livres sterling, de l’ensemble des produits alimentaires agricoles importés dans le Boyaume-Uni i39,45i,ooo 126/13/1,000 1/17,1 2 1,000 160,3/17,000
- Il a paru intéressant d’accompagner ces tableaux d’une série de diagrammes (fig. 1 13 à 118), concernant les cours, diagrammes que résume, en quelque sorte, le tableau suivant :
- COURS MOYENS DES PRINCIPAUX PRODUITS AGRICOLES (OCTOBRE 1901).
- Blé, los 100 kilogrammes.. :.....................
- Seigle, idem.....................................
- Orge, idem.......................................
- Avoine, idem.....................................
- Rœuf (ire qualité), le kilogramme de viande nette.. . Mouton, idem.....................................
- LOVlMUiS. PAMS.
- fr. c. fr. c.
- l6 1 0 2 1 00
- 1 2 20 15 00
- 1 2 82 1 G 00
- 1 5 20 20 2 5
- 1 29 1 5/4
- 1 2 0 0
- (1) D’après les Agricultural returns (Board of Agriculture, 1901).
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- ÎLES BRITANNIQUES
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- Fig. 113. — Cours des céréales anglaises.
- Fig. uk — Cours de la viande provenant de l’élevage anglais.
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- IMPOSITION DH 19 0 0
- — Ad IU CO LT U UK.
- A CO Oï O
- nnees ^ ao
- (moyennes ud ^
- rv,
- triennales) <x> co <o
- Mesure de la baisse des cours
- 111)
- Années ®
- (moyennes en triennales) co
- Fig. 11(). —
- Comparaison des prix du blé et de l’avoine en Angleterre et en France
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- ÎLES BRITANNIQUES.
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- 7. — Comparaison des prix de la viande de bœuf (iro et 3° qualités) à Paris et à Londres.
- 8. — Comparaison des prix de la viande de mouton (ire et 3e qualités) à Paris et à Londres.
- De ce que certains prix sont plus bas à Londres qu’à Paris, il ne saurait résulter une compensation à l’insuffisance de la production intérieure , insuffisance qui peut, en certaines circonstances, devenir néfaste.
- Il me reste à donner quelques détails concernant l’importation des principaux produits.
- Grains. Blé. — 61 p. 100 du blé importé proviennent des Etats-Unis; la République Argentine vient ensuite (11.7 p. 100); puis le Canada et les Indes, avec 8 p. 100 pour chacun de ces pays. Les importations d’Europe représentaient, il y a une vingtaine d’années, plus de 20 p. 100 (dont 10 p. 100 venant de Russie); elles n’entrent plus aujourd’hui, dans le total, que pour 5 p. 100.
- Orge. — C’est la Russie qui vient en tête pour Forge, précédant la Turquie et la Roumanie. Les orges d’Autriche, des Pays-Ras, d’Alle-
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- EXPOSITION DE 1900..— AGRICULTURE.
- magne et de France étaient autrefois celles que l’on importait en plus grande quantité; elles sont restées les plus estimées(1); elles sont réservées pour la brasserie; les orges orientales sont généralement destinées à ralimentation du bétail.
- Viande. — ce La viande s’importe sous des formes extrêmement diverses. On reçoit des animaux vivants qui, d’après la loi sanitaire de 1896, doivent être immédiatement sacrifiés dans les ports où on les débarque. On reçoit des quartiers dépecés, congelés dans des chambres frigorifiques, des salaisons, des boîtes de conserve, des extraits. ^
- Autrefois, l’Europe seule importait en Angleterre des bêtes à cornes vivantes^; le Nouveau-Monde l’a supplantée aujourd’hui. 11 est à noter que la proportion des animaux vivants importés a plutôt diminué; c’est la viande congelée dont l’importation augmente le plus. Les Etats-Unis entrent pour les quatre cinquièmes dans cette importation; puis viennent l’Australie et la République Argentine.
- Les moutons vivants proviennent des Etats-Unis, du Canada, de la République Argentine; la viande de mouton congelée vient de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.
- Au cours de notre étude sur le Danemark, on a vu que ce pays exportait en grande quantité, en Angleterre, de la viande de porc; seuls
- (l) Les prix des orges de différentes provenances étaient, en 1890-1894 et en 1895-1899 :
- sh. fl. sh. <1.
- Orges britanniques..................................... a G G aà a
- France, Allemagne, Hollande, Autriche.................... 3i 1 26 0
- Russie, Turquie, Roumanie, etc......................... 23 8 21 2
- (2) Le tableau suivant en est la preuve :
- NOM BI1B de
- BÊTKS À COIINBS
- importées.
- 187G.......................... a5i,r)76
- 1880.......................... 389,72/1
- 1885.............................. 373,078
- 1890............................. G/12,596
- 1895.......................... Zu 5,565
- 1899.......................... 5o3,5o/i
- PA VS D’OUIO INB.
- ETATS-UNIS. CANADA. REPUBLIQUE ARGENTINE. Eunorg.
- — — — —
- p. 100. p. 100. p. 100. p. JOO.
- // 1.0 // 99-°
- ho.o 1 2.0 // 5/i.o
- 37.0 oc © // /j5.o
- G0.0 19.0 // 21.0
- 67.0 23.0 9,0 0.8
- 63.8 OO oc 16.9 o.3
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- Iles britanniques.
- les Etats-Unis se classent avant lui pour cet article; les Pays-Bas prennent la troisième place.
- Voici, d’après les Agricul iural returns (moyenne triennale 1898-1900), les prix des viandes de diverses provenances (par stone de 6 kilogr. 3^7 au marché central de Londres) :
- si), d. si). d.
- Bœuf anglais (ire qualité)....................... 3 8 à 3 10
- Bœuf américain tué à Deptlbrd (prés Londres).. 3 5 3 08
- Bœuf américain congelé........................... 3 o 3 o3
- Mouton anglais (iro qualité)..................... A 2 4 08
- Mouton argentin, lué en Angleterre............... 3 -2 3 06
- Mouton de Nouvelle-Zélande congelé............... a 8 a 08
- Porc anglais (supérieur)......................... 3 ij A 01
- Boit importé..................................... 3 3 5 08
- Lait et produits de l’industrie laitière. — La Grande-Bretagne ne produit que la moitié du lait qu’elle consomme en nature; l’autre moitié lui arrive, à l’état condensé, de France et des Pays-Bas.
- M. Maurice Beau, ingénieur agronome, à la suite d’une mission d’études, a publié, dans les Annales de l'Institut national agronomique (1903), une étude très documentée sur le marché beurrier anglais: c’est à cette étude que nous avons emprunté une carte des importations (fig. 119), d’autant plus intéressante à consulter que «l’approvisionnement externe en beurre a été, à l'heure actuelle, évalué en moyenne, à 180,000 tonnes par an, représentant une valeur de 476,000 millions cle francsa, et que ccl’Angleterre est devenue, à ce point de vue, un marché mondial, puisqu’il y est importé du beurre de toutes les contrées de la terre qui en produisent, depuis la Russie et la Sibérie jusqu’à l’Australie et la Nouvelle-Zélande, en passant par l’Europe et l’Amériquea. Longtemps, ce fut la France qui tint la première place dans cette importation; c’est aujourd’hui le Danemark1 2 (3) (en 1900 : Danemark, 200,740,660 francs; France,'44,637,600 francs; Pays-
- (1) La valeur de l’importation annuelle beurrière a encore augmenté.
- (2) Les importations de l’année 1902 se montent, en effet, à 3,970,000 quintaux, dont 1,700,000 provenant du Danemark; 524,000, des Colonies anglaises; 490,000, de Russie; 42A,ooo, de France.
- AfilUCULTUIlK. - I.
- C3) Pour cent des divers pays : Danemark, 43.99; France, 9-53; Pays-Bas, 8.37; Victoria, 7.88; Russie, 6.20; Suède, 5.80; Nouvelle-Zélande, 4.83; Canada, 4.09; Nouvelle-Galles du Sud, 2.4i; Etats-Unis, 1.66; Allemagne, 1.07; autres pays, 4.18.
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- EXPOSITION DE 1900.
- A (i IU CULTURE.
- ’Aberdeen
- ’undee
- Hartlepool
- IRMIN
- farwich
- Milford
- BRISTOL
- Southampton
- Exeter
- (Cliché ries Annales de VInstitut national agronomique. )
- Fig. ti(j. — Carie des importations de beurre et de margarine.
- (Les diamètres des cercles sont proportionnels aux importations : 1 millimètre de diamètre représente 10,000 quintaux anglais et 1 millimètre do rayon, 1,000 tonnes. Les cercles extérieurs représentent les importations totales : beurre et margarine; les cercles intérieurs teintés de gris correspondent au beurre seul, de manière que les anneaux de cercle non teintés sont relatifs à la margarine.)
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- ÎLES BRITANNIQUES. bl5
- Bas, 35,36i,0 25 francs, etc.). De 1898 à 1900, nous constatons une diminution de 10 millions de francs dans l’importation de la France, et, cependant, notre pays devrait d’autant plus facilement maintenir, tout au moins, sa position que, d’une part, la Normandie est tout proche de l’Angleterre et que, d’autre part, le beurre français est le plus recherché. Voici, à ce sujet, les prix moyens du kilogramme, que j’emprunte à la statistique du Board of Tradc; ils se rapportent à l’année 1900 :
- I français.......................................... 2.73
- danois.......................................... 2.66
- do Victoria. . .................................. 2.61
- russe............................................. 2.3o
- du Canada......................................... 2.28
- Et ces prix ne sont pas seulement justifiés par le goût très tin des beurres français; la Presse agricole de Vienne publiait, il y a deux ans, un relevé des analyses faites par les chimistes anglais sur les échantillons de beurres importés; ce relevé (p. 016) est tout a l’honneur de la production française.
- Produits de la basse-cour. — Les pays qui exportent le plus d’œufs en Grande-Bretagne sont : la Russie (539,060,000 par an), le Danemark (362,3oo,ooo) et la France (2 16,y40,000)(1). Quant aux volailles, c’est de France que les Anglais font venir les plus fines. Le premier concours international de volailles mortes, à Londres, eut lieu en 1896; ce fut un véritable triomphe pour la section française. L’année suivante, il y eut un nouveau concours international et le lendemain de la distribution des prix, un juré, savant émérite et ami de Darwin, écrivait dans le Feathered World: ce Les exposants français avaient incontestablement le plus bel étalage de volailles mortes que l’on eût jamais vu en Angleterre. j> A noter qu’il se fait en Angleterre une consommation considérable de volailles.
- Vtns. — Au commencement du xixe siècle le Portugal occupait le premier rang, dans l’importation des vins en Grande-Bretagne (75 p. 100); venaient ensuite l’Espagne (20 p. 100) et la France (5 p. 100).
- (l) Les œufs français sont particulièrement apprécies.
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- PAYS D’IMPORTATION. NOMBRE D’ ÉCHANTILLONS
- EXAMINÉS. DOUTEUX. FALSIFIÉS POUR 100 EXAMINÉS.
- 1895. 1896. 1897. 1898. TOTAUX. 1895. 1896. 1897. . 1898. TOTAUX. 1S95. 1896. 1897. 1898. TOTAUX.
- Hollande âS'y 3/19 2 31 227 i,o64 67 11 1 2 81 22.1 3.1 0.4 0.9 7.6
- Danemark 2 0 9 89 108 97 496 8 // n u 8 4.0 n n // 1.6
- Allemagne 1 71 ] 72 144 1 1 1 598 43 3a 20 n 95 25.7 18.6 13.8 // 1.5.9
- Suède J19 113 187 141 6lO 2 2 // % n 4 >•7 1.2 // n °-7
- F rance 65 .56 138 115 874 H // // n II // II u u //
- Belgique 18 18 5 8 *9 // // // ii n // II n n II
- Russie 4 7 46 r ;>7 9 9 179 r 0 1 4 n 1 0 10.6 *•9 7.0 11 5.5
- États-Unis 65 54 >79 i64 /l 6 2 // // n n // // // // n n
- Canada 39 33 J 87 111 370 // // n n n n // // n n
- Nouvelle-Zélande SI 8 2 2 14 65 // // n n u u II // n 11
- Australie 57 l6 3? 25 135 n // n u u II U // n u
- Argentine 5 6 26 8 45 H // n u n n U // n u
- Italie // 2 // // 2 n // n n n u U // n n
- Autriche-Hongrie // // // // // u // n n u n n 11 n n
- Espagne // // // // 1 // // n u n n n n n n
- Uruguay // // // 1 1 // // u n n n n n u n
- Cap // // // O 2 // // n n n u n u n n
- Totaux 1 ,066 963 1,271 i,o83 CO 00 ’CÎ 1 25 46 25 Q 193 1 1.7 4.8 2.0 0.9 4.5
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- ÎLES BRITANNIQUES.
- La situation est aujourd’hui tout à fait changée au profit de la France, ainsi que le montre la moyenne annuelle qui est la suivante :
- hectolitres. hectolitres.
- Franco.................... 970,000
- Espagne................... 180,000
- Portugal.................. 170,000
- Italie.............. . 70,000
- Australie................... 3o,ooo
- Autres pays................. 3o,ooo
- Totu............ 7.50,000
- D. INSTITUTIONS.
- LA SOCIÉTÉ ROYALE D’AGRICULTURE. - SOCIÉTÉS D’ÉLEVAGE. - REGISTRES GÉNÉALOGIQUES. - CONCOURS D’ANIMAUX. — COURSES DE CHEVAUX; LEUR HISTORIQUE. — MOUVEMENT SYNDICAL EN IRLANDE. - CAISSES RURALES. - COOPÉRATIVES D’ANGLETERRE ET D’ÉCOSSE. - REGLEMENTS RÉGIONAUX. - IMPORTATION DES ANIMAUX VIVANTS. - ÉTAT SANITAIRE DU BÉTAIL. - LA STATION EXPÉRIMENTALE DE ROTHAMSTED. — ENSEIGNEMENT AGRICOLE.
- Avant de parler des diverses institutions du Royaume-Uni, il convient de rendre hommage à la Société royale d’agriculture; ses efforts éclairés se sont tournés, tant vers l’élevage que vers l’agriculture; d’un coté et de l’autre, ils ont porté de larges fruits.
- Sociétés d’élevage. — L’Angleterre, qui fut le berceau des sociétés d’élevage(1), compte une soixantaine de ces associations. Chacune d’elles porte le plus souvent le nom de la race ou de la variété spéciale qui l’occupe. Voici comment, au Congrès international des syndicats agricoles et associations similaires tenu en 1900, s’exprimait à leur sujet, M. Marcel Vacher, membre de la Société nationale d’agriculture de France :
- ccCes associations, il faut le reconnaître, contribuèrent pour une large mesure au progrès si considérable qui fit, de l’élevage de la Grande-Bretagne, l’élevage modèle, vers lequel pendant longtemps chacun tournait les yeux pour s’inspirer des belles créations dues au génie des Backwell, des Collings, des Webb. Elles confirmèrent encore chez ce peuple, où la tradition est classique, les qualités distinctives de leurs races d’élevage; elles provoquèrent, par une sélection qui ne s’arrête pas, l’amélioration constante des types. »
- n) Le club de Smilhfield est plus cpie centenaire.
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- EXPOSITION DE 1900.
- AG IW ClLT Uli E.
- Ces associations n’ont pas besoin de recourir aux snl)ventions oüi-cielles ; elles sont certaines d’avoir, pour elles, le grand public, peuvent compter sur le dévouement de leurs membres, et jouissent d’une grande considération. Voici un fait qui le prouve. Le roi Edouard Vil, encore prince de Galles, était membre de l’une d’elles; élu.président pour une année, il accepta avec plaisir, manifestant sa crreconnaissance de l’honneur» qu’on lui faisait, et qui réellement lui était cher.
- L’œuvre principale des sociétés d’élevage, c’est la tenue des slud looks, des hevdboohs\, des jloch looks, registres où sont inscrits les reproducteurs; ces recueils permirent d’exercer le contrôle le plus sévère et c’est à eux que revient peut-être la plus large part dans la parfaite sélection des races anglaises, cr II n’est pas, remarque M. Marcel Vacher, jusqu a la minuscule et coquette race de Kerry qui, en 1887, n’ait vu ouvrir, pour elle, un livre généalogique.»
- Ce soin à toujours établir le pedigree de façon certaine 11’est pas le seul que prennent les sociétés anglaises d’élevage. Le but zootechnique ne leur fait pas oublier le côté commercial. Ce sont elles qui organisent les concours d’animaux, dont il y a plus de 2Ôo chaque année en Angleterre; aucun des beaux prix qui y sont offerts n’émane de l’Etat; mais l’initiative privée tient à honneur que tout soit bien organisé et l’intérêt du public pour ces concours la récompense de ses efforts.
- Courses de chevaux. — Aux Stuarts, revient l’honneur d’avoir tenté l’organisation des courses anglaises; c’est ainsi que le premier poids régulier fixé, pour les jockeys, le fut sous leur règneet que ce fut Jacques Ier qui créa le centre de Newmarket. Les prix consistèrent, tout d’abord, en des sonnettes d’argent. La première ville, où les courses devinrent annuelles, est Stamford, où la sonnette traditionnelle fut remplacée par une coupe d’argent valant de 7 à 8 livres. C’est après la restauration de 1660 que commence, pour l’institution des courses, une ère de splendeur qui ne s’est pas ternie depuis. J’ai dit plus
- (1) C’était 10 stones, soit 63 kilogrammes et demi. Le poids a donc été très diminué depuis.
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- [LES BRITANNIQUES.
- haut (j3. âqâ) que la race clés pur sang anglais était issue de croisements entre les meilleurs chevaux: de chasse du pays et des orientaux. Deux de ces derniers, Byerly Tark et Darley Arabian, importés sous le règne de Guillaume III, furent la souche des deux plus importantes familles. C’est de Darley Arabian qu’est issu Flying Childers, qui, né en 1715 , parut sur le turf en î 7 2 1 ^ et ne fut jamais battu, montrant toujours une écrasante supériorité sur ses rivaux. Quant aux temps dans lesquels il aurait couvert, en course, les différentes distances, ils tiennent de la légende. Les courses étaient cependant à cette époque beaucoup plus dures qu’elles ne le sont aujourd’hui. Chacune se disputait en trois épreuves couplées, et, pour qu’un cheval fût proclamé vainqueur, il fallait qu’il triomphât dans deux au moins et que, dans la troisième, il n’eût pas été distancé de plus de 200 mètres par le gagnant. C’est quelques années après l’apparition en public de Flying Childers, exactement en 1727, que John Chemy établit le Racing calendar (calendrier des courses); il n’y avait pas alors moins d’une centaine de réunions par an. Le fameux Eclipse est également issu de Darley Arabian, mais à la troisième génération seulement et, avec l’intermédiaire d’un fils de cet excellent étalon, fils qui ne parut jamais sur le turf. Eclipse naquit en 17 6 U dans le haras du duc de Cumberland ; sa naissance coïncida avec une éclipse de soleil ; c’est l’origine de son nom. Ce fut sous les couleurs du capitaine O’Kelly, qui n’était d’abord son propriétaire que pour une moitié et qui, par la suite, acheta de son copropriétaire l’autre moitié, qu'Eclipse débuta à cinq ans. Il courut dix-huit fois et ces dix-huit courses furent pour lui l’occasion d’autant de faciles victoires. Quand il fut retiré du turf, on demanda — prix énorme pour l’époque — 5o guinées, pour chacune de ses saillies; il eut 354 produits vainqueurs. Il mourut à l’âge de 25 ans; il avait gagné, dans ses courses, 625,000 francs d’argent public et ses montes avaient rapporté à son propriétaire 4oo,ooo francs; ces chiffres n’avaient jamais été atteints encore.
- J’ai tenu à rappeler, avec quelques détails, cet âge héroïque des courses de chevaux. Il ne me reste plus qu’à énumérer rapidement les
- (1) Les chevaux courent aujourd’hui dès l’âge de deux ans; souvent à cinq ans, ils sont déjà au haras.
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- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- principaux événements qui se sont passés depuis. Le Jockey Club date de 1750; Richard Tattersall créa, seize ans après, l’établissement qui porte encore son nom. Puis, de 1776 à 1780, ce sont les fondations du Saint-Leger (à l’instigation du colonel Saint-Leger, qui résidait près de Doncaster), des Oaks (par le douzième comte de Derby), enfin, du Derby (par lord Derby également). Ce (ju’on pourrait appeler les cc répétitions générales * de ces deux grandes épreuves remonte : les Deux mille guinées, à 1809, et les Mille guinées, à 181 h (cette dernière course étant, comme les Oaks, réservée aux pouliches). Le Derby ne fut remporté qu’une fois par un cheval français : en i865, Gladiateur, par Monarque, au comte de Lagrange, triompha aisément. Le populaire accepta fort mal la défaite des représentants nationaux; mais les hautes personnalités, le futur roi Edouard VII notamment, réservèrent a notre compatriote et à ses amis un fort aimable accueil.
- Je ne puis citer toutes les épreuves classiques, mais je tiens a faire exception pour le meeting d’Ascot, toujours un des plus cotés et qui fut créé par le duc de Cumberland, oncle de Georges III. On peut, toute proportion gardée, dire que la Coupe d’or d’Ascot est, pour les chevaux de plus de trois ans, ce qu’est pour ces derniers le Derby; en 1903, Maximum y fit triompher les couleurs d’un de nos compatriotes.
- Le steeple-chasing et les courses de haies n’ont pas pris en Angleterre la grande importance qu’ils ont acquis en France ; la principale épreuve de cette catégorie, le Grand national de Liverpool, est un steeple-chase handicap de 7,200 mètres. On voit donc qu’elle est plus longue que les plus longues épreuves qui se disputent sur le champ de courses d’Auteuil; le caractère en est également différent. Les Anglais demandent aux steeples-chases moins de qualités, mais une plus grande aptitude à galoper sur tous les terrains.
- Mouvement syndical. — C’est à M. Horace Plunkett qu’est du le mouvement syndical qui commence à donner en Irlande de si beaux résultats(1). Dans une intéressante communication faite en 1900 par
- (I) J’emprunte à l’étude précitée de M. Mau- Société d’organisation rurale d’Irlande (Irish rice Beau les lignes suivantes : « Sous les aus- agricultural organisation sociely) qui a son siège pices de M. Horace Plunkett a été fondée la à Dublin et commença à fonctionner au début
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- ÎLES BRITANNIQUES.
- M. Wolf, président de l’Alliance coopérative internationale, je vois qu’il y avait, dès lors, dans la verte Erin, 2 3o laiteries coopératives, 107 comices agricoles, 21 sociétés d’élevage et de vente de volailles, 71 caisses rurales et 36 coopératives diverses et que le nombre total des sociétaires était d’environ 5o,ooo, le chiffre annuel des affaires s’élevant à près de 19 millions. Une société d’achat et de vente en gros centralise les affaires. Ce sont les caisses rurales qui ont le mieux réussi. 3 9 fonctionnent dans des districts à la fois très pauvres et très peuplés, qu’011 appelle les ce districts congestionnés 77. Les prêts consentis ne sont, le plus souvent, que de 5o à 125 francs; mais, accordés pour six à huit mois, à des taux très modérés, ils rendent de grands services.
- Sur le modèle de la Irish agricultnral organisation.Society, s’est constituée, en Grande-Bretagne, une société de propagande. Quant aux
- de 1895. Elle a eu principalement pour but de développer la coopération agricole sous toutes ses formes, afin de mettre un frein à Fémigration considérable des campagnes vers les villes. L’industrie laitière est une des branches où elle a le mieux réussi. Elle a fondé également des Sociétés agricoles ( Agricultural Societies) au nombre de 112 en 1901 pour l’achat des matières premières, notamment des machines, la vente des produits en commun , etc. ; des banques rurales [Rural banJcs), au nombre de 101, dont le but est le crédit coopératif entre fermiers à taux modérés; des sociétés pour l’exploitation delà volaille ( Poultry Societies), au nombre de 16, souvent réunies à une laiterie et s’occupant spécialement de la vente des œufs; des sociétés pour la culture du lin ( Flnx Societies), pour les industries indigènes (Home industries Societies), etc. . . En juin 1902, le nombre tolal de ces sociétés était de 63o, comprenant 65,ooo membres cultivateurs. Ajoutons qu’à son service l’I. A. 0. S. a un inspecteur de laiteries, un expert et un ingénieur pour l’établissement et l’organisation technique des coopératives. En ce qui concerne les laiteries proprement dites, quelques-unes s’élaient déjà fondées avant 1895.
- Leur développement est indiqué par le tableau suivant :
- ANNÉES. LAITE- RIES CENTRALES. AUXI- LIAIRES. TOTAL. NOMBRE de MEMBRES.
- 1898 is3 l3 1.30 16,333
- 1899 1 6o 55 ai5 32,750
- 1900 1ll 05 s36 36,557
- 1901 196 81 a77 33,oOA
- On voit qu’en l’espace de quatre ans le nombre des membres a doublé. En 1901, les ventes de beurre ont atteint plus de 800,000 livres sterling, soit plus de 20 millions de francs. L’ensemble de l’organisation laitière a, somme toute, été en grande partie copiée sur le Danemark; il existe une société laitière irlandaise (Irish dairy association) qui fait des concours de beurre à l’imprévu (surprise lesting), comme le fait se pratique couramment pour les laiteries danoises. Enfin, il s’est fondé, en 1893 une société coopérative de vente de beurres ( Irish cooperative agency Society) fédération de laiteries qui possède des dépôts à Dublin, Belfast et Limerich et qui a des ramifications sur les marchés anglais.
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- A GUI CU LT UH E.
- coopératives pour l’achat en commun d’engrais, de semences, de machines agricoles, il en existe depuis longtemps en Angleterre et en Ecosse.
- o 6 o
- o.
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- Carte cUs L aliénés Coopératives.
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- ------------- I. un tla dr /ray/nu'.f
- 0 rr-:<',i looperj/ïves Cenln/es.
- O ----- ul ------ û/ _ J/iû/irtts-cs:
- S$ Th/irurneu de 3L/rfôri/ia .
- (Clidii' <I<;h Annales de l’Institut national afrranamitiur.)
- Service vétérinaire. — Aidé par sa ceinture de mers, le Royaume-Uni s’est naturellement attaché à empêcher l’entrée du hétail atteint de maladies contagieuses. Les animaux vivants ne peuvent être importés que par un certain nombre de ports, dans lesquels sont aménagés des bâtiments spéciaux où ces animaux sont gardés et où ils doivent être abattus dans les dix jours. Eu pratique, les Etats-Unis et le Canada
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- sont presque seuls à importer du bétail vivant clans les ports anglais. On prohibe aussi, s’il y a lieu, l’importation des pailles et des fourrages. Des mesures si sévères — et que seule la Grande-Bretagne pouvait prendre grâce à sa qualité d’ile — devaient avoir de bons résultats. Il n’y a pas eu un seul cas de peste bovine, depuis 1877. Certaines maladies sévissent encore; c’est ainsi que le rouget cause (1901) des pertes assez graves. O11 comptait 46 cas de péripneumonie, en 1897 (7/11 exécutions), et 1 cas seulement, en 1898 (290 exécutions). Enfin, la fièvre aphteuse n’a fait en Angleterre qu’une courte invasion en 1 899-1895(1).
- Rothamsted. — A 45 kilomètres de Londres, Rothamsted groupe, autour d’un manoir construit en 1470, mais souvent remanié depuis, des terres livrées à la culture des céréales et dont une partie a été, depuis 1843, consacrée par leur éminent propriétaire sir John Bennet Lawes Bet aux essais les plus variés, poursuivis depuis plus d’un demi-siècle dans le but d’élucider des problèmes relatifs aux engrais et aux récoltes. Dans l’étude que nous consacrons aux engrais^, nous aurons l’occasion de revenir sur l’œuvre de l’illustre agronome de Rothamsted, dont l’agriculture et la science déplorent la mort récente. Son collaborateur éminent de la première heure, le Dr H. Gilbert, qui, sans interruption depuis bientôt soixante ans, poursuivait l’œuvre entreprise par Lawes, l’a suivi de près dans la tombe.
- S’il n’y a pas d’autre exemple, dans les annales de la science, d’une collaboration aussi assidue et aussi éclairée, aussi longue et aussi féconde, que celle des deux savants de Rothamsted, Lawes et Gilbert, il n’y en a pas non plus d’une rigueur et d’une ordonnance aussi parfaites, dans la conduite des expériences culturales. L’œuvre de Rothamsted n’est donc pas seulement unique en son genre; elle est et demeure un modèle dont tout agronome doit s’inspirer à l’avenir en vue d’accroître ses récoltes ou d’améliorer son exploitation.
- Les libéralités de Sir John Bennet Lawes ont assuré l’avenir de la station expérimentale qu’il avait fondée.
- (1) D’après le Board of agriculture <]ui centralise les informations sanitaires et publie des bulletins. — w Tome II.
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- Enseignement agricole. — En Irlande, c’est l’initiative gouvernementale qui a institué l’enseignement agricole; mais en Angleterre comme en Ecosse, c’est à l’initiative privée qu’il en faut faire honneur. Cet enseignement ne s’est, du reste, développé qu’assez lentement. Depuis 1889, année ou fut créé, en Angleterre, un Ministère de l’Agriculture analogue au nôtre, les établissements d’instruction agricole sont visités par des inspecteurs, auxquels revient le soin de fixer le montant et la répartition des subventions officielles.
- Plusieurs des écoles anglaises d’agriculture s’occupent avec soin de l’industrie laitière; il existe, en outre, pour l’enseignement laitier seul, des écoles fixes et des écoles volantes. En Irlande, des écoles forment le personnel des laiteries : l’une pour filles à Cork, est une sorte d’école ménagère avec ferme annexe; l’autre pour garçons, à Glasnevin, près Dublin, prépare plus spécialement des directeurs de laiterie. De leur côté, les coopératives donnent, pendant quelques mois, moyennant rétribution, les premiers rudiments d’un enseignement laitier pratique, tant aux filles qu’aux garçons.
- E. CHASSE ET PECHE.
- PRINCIPAUX GIBIERS. - FOX-IIUNTING. — CHASSE DU GROUSE. - CHASSE AU VOL. - RACES ANGLAISES DE CHIENS DE CHASSE. — PRINCIPALES PECHES. — PISCICULTURE MARINE. — INSTITUTIONS EN FAVEUR DE LA PECHE ET DES PECHEURS. - OSTREICULTURE.
- Chasse. — D’une part, la grande passion qu’ont tous les Anglais pour les sports, notamment pour celui de la chasse, d’autre part, les grands domaines, si nombreux dans le pays, ne pouvaient que favoriser la création de beaux et vastes territoires de chasse. Lièvres, faisans, daims y sont nombreux. Les parcs qui s’étendent de Blach Uldunt (Argyll) à Ularr Forest (Aberdeen) renferment plus de 20,000 cerfs. La chasse à courre n’est pratiquée, avec autant d’assiduité, dans aucun autre pays(1); en 1902, il n’y avait pas moins de A00 meutes; en 1903, leur nombre atteint Ai6, dont 21 pour le cerf, 20A pour le renard et 191 pour le lièvre. On estime qu’il est tué par an environ
- (1) Cependant la qualité des veneurs anglais et le principe de ne chasser que l’animal crde semble inférieure à celle des veneurs français, meute « y subit plus d’une atteinte.
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- 20 millions de lapins de garenne. Deux chasses méritent une mention spéciale, celle du renard en Angleterre^, celle du coq de bruyère en Ecosse.
- C’est Melton, dans le Leicestershire, qui est la métropole du fox-hun-ling. Là, à partir de novembre, se presse, durant cinq mois, ce qu’on peut appeler l’élite des chasseurs et des chasseresses d’Angleterre. Etre crjVIeltonien» est un titre recherché; les Meltoniens ont, en effet, leur style : manière de chasser, mise des chevaux et surtout la tenue : redingote rouge, casquette de velours noir, pantalon de peau blanche, et bottes aux revers jaunes qui font, pourrait-on presque dire, partie du chasseur anglais idéal tel que l’on se le représente.
- La chasse du grouse se fait aujourd’hui presque toujours en battue, car on tue de la sorte — les vieux coqs arrivant presque toujours les premiers aux tireurs — moins de jeunes sujets et plus de vieux qui sont toujours en surabondance. Un moor fournissant un millier d’oiseaux peut être chassé une fois par semaine pendant les premiers mois; puis, tous les quinze jours, pendant le reste de la saison; les premières battues donnent de 25o à 3oo pièces; les autres, une centaine environ.
- La chasse au vol n’a jamais cessé d’être très en honneur parmi les chasseurs anglais, souvent excellents fauconniers. Un des côtés les plus intéressants de cette chasse est l’éducation des oiseaux de vol; de caractère sauvage, ceux-ci ne se plient, en effet, que difficilement à ce qu’on leur demande; on ne les mate que par la faim(2).
- Enfin disons quelques mots des chiens de chasse anglais. On peut les diviser en deux groupes : les chiens à poils longs (setters, si habiles à la recherche du gibier en terrain couvert; petits épagneuls; épagneuls d’eau; retrievers) et les chiens à poils ras (pointers, qui, le nez haut, pointent le gibier). On a exagéré les qualités du pointer, ou, plutôt, on a tenté de s’en servir pour des usages auxquels il ne convient qu’imparfaitement. Il se distingue, c’est certain, par une grande finesse de nez, une rare fermeté dans l’arrêt; aussi excelle-t-il dans les landes d’Ecosse ou dans les plaines, quand la récolte n’est pas encore enlevée, en un mot, quand le gibier n’est pas encore effrayé ou quand
- (1) Celte chasse est coùlcuse. — (2) Sur les chasses au vol, voir Tome II, chap. xxxi.
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- il foisonne; mais à l’arrière-saison, surtout en France, sa quête trop large et trop rapide ne donne pas d’excellents résultats. Il ne saurait alors être comparé aux braques purs d’Auvergne et à cette magnifique race Dupuy dont on a justement pu écrire qu’elle était cria gloire des éleveurs poitevins". Je m’empresse d’ajouter que les inconvénients que présente, dans bien des pays de l’Europe occidentale et notamment
- ((îlirlié de l'Illustré parisien.)
- Kiy. iiu. — Chions do Rotsliire (Fox Rounds).
- en France, l’emploi des pointers, a l’arrière-saison, n’existent pas en Angleterre, où, dès que le gibier est un peu effrayé, on ne chasse plus qu’au rabat, en sorte que les chiens n’ont plus qu’à pointer vers les rabatteurs des pièces blessées. Reste la question de dressage. Certains sont d’avis que les chiens anglais sont mieux dressés que les nôtres. Dans YEleveur, M. P. Barreyre réfute justement cette opinion : «Tout provient, écrit-il, de la différence des conditions dans lesquelles se trouvent les dresseurs des deux pays. En Angleterre, le gibier pullule, les champs sont clos de baies, les perdreaux— sans peur comme sans reproche— foisonnent et les chiens voient tant de lièvres qu’ils y sont habitués et qu’ils ne sont plus que bien rarement tentés de leur donner la chasse, ce qui est, chez nous, au contraire, la pierre d’achoppement. C’est par là, exclusivement, que les Anglais nous dominent et c’est ce qui fait qu’il n’y a pas de comparaison à établir entre les peines et les soins qu’ont demandés deux chiens également parfaits, dressés l’un en France, l’autre en Angleterre. «
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- Pêche. — On ne saurait s’étonner que la pêche forme un des appoints les plus importants de l’alimentation d’une nation insulaire (l). N’est-ce pas, en outre, une occupation convenant particulièrement a un peuple de marins, et un entraînement pour la formation cl’une bonne et nombreuse marine de guerre? Aussi compte-t-on dans le Royaume-Uni près de 4o,ooo bateaux de pêche et plus de 125,000 pêcheurs(‘2h Dans la mer du Nord, où sont situées les principales pêcheries anglaises, et dans l’Océan, on pêche surtout le hareng, le lingue, le cabillaud, la morue; dans la Manche et dans la mer d’Irlande, le maquereau et le pilchard. On pêche le maquereau deux fois par an : au printemps et a l’automne. Au printemps notamment, une flotte importante le poursuit; à cette époque, un certain nombre de bateaux français visitent annuellement les côtes d’Irlande. La pêche de la baleine est en décadence. Les pêcheries de saumon d’Irlande et d’Ecosse sont d’un bon rapport. Parmi les autres pêches en eau douce, je citerai celle de la truite(3) et celle de l’anguille. Homards, crabes, crevettes et crustacés constituent également une ressource appréciable.
- (l) Les résultats sont les suivants :
- comparés du produit général des pèches anglaises (années 1888011899)
- 1888. 189!).
- Angleterre cl Pays do Galles
- Ecosse...........................
- Irlande . .'.................
- o i'u;x
- francs. francs.
- io5,5o6,5â5 167,999,300
- 35,282,65o 56,795,^00
- 4,779,650 8,8i3,75o
- iA5,568,825 233,6o8,45o
- {i) rrLes statistiques odicielles, lit-on dans le rapport de la Classe 53 (Engins, instruments et produits de la pêche. Aquiculture), indiquent que, pour l’année 1899, on comptait 7,468 bateaux d’une jauge brute de quinze tonneaux et au-dessus, dont 1,095 vapeurs et 6,373 voiliers. En 1897, le nombre était de 7,86/4 bateaux du même tonnage, desquels 820 seulement étaient des vapeurs. Cet accroissement important du nombre des vapeurs — 270 navires en deux ans -— marque pour le lloyaume-Uni une véritable transformation de méthode, dont l’importance économique mérite l’attention des armateurs français. L’amélioration du matériel des pêches, navires et engins est l’objet d’une préoccupation con-
- stante de la part des pêcheurs anglais. . . Les pêcheurs forment généralement des sociétés d’armement, le transport de la pêche est assuré par des bateaux à vapeur spéciaux qui relient les navires aux ports de vente. Une partie de la flottille à vapeur se livre à la pêche au chalut, principalement dans la mer du Nord; certains bateaux sont munis de viviers destinés à ramener au port le poisson vivant ; ils pratiquent aussi la pêche dans l’Atlantique et l’Océan glacial; la morue et le flétan sont l’objet de leurs recherches. »
- ^ La pêche de la truite n’est guère moins en honneur, parmi la kgentry n anglaise, que la chasse au renard.
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- Enfin, mentionnons le sprat (Chipca spiallm) qui, durant l’hiver, abonde sur les cotes anglaises de la Manche et du Pas de Calais, et qu’on pèche, depuis 1880, pour la vente aux cinq usines de conserves qui
- se sont fondées. Le sprat est un met bien moins fin que la sardine, et sa chair se laisse difficilement pénétrer par l’huile. C’est un article bon marché
- Il existe en Ecosse un excellent établissement de pisciculture marine, celui de Dunbar, à l’embouchure du Firth of Fortli, qui s’occupe de tous les poissons plats, et en a produit, en 1900, pour 72 millions environ^.
- (l) Les principaux poissons et crustacés qui sont le but de la pêche des marins de Ja Grande-Bretagne sont, par ordre d’importance de rendement, pour l’année 1899 :
- livres sterling. francs.
- Merluche (haddock) 1,64 1.787 /il,06/1,700
- Carrelet (plaice) 921,991 23,o/|Ç),8oo
- Hareng (herring) 798,87/1 19,97 i,85o
- Sole (sole) 5(iq,3o7 1 4, 232,700
- Morue (cod) 4i3,o58 10,.826,450
- Maquereau (mackerel) 263,730 6,593,/ioo
- Turbot ( turbot) 209,7/11 6,493,520
- Flétan (halibut) 216,657 5,416,4 20
- —• (hake) 167,4/18 3,g36,2oo
- Coquillages (sliell Jish) 1 45,284 3,632,ioo
- Huîtres (oysters) 1 43,8/i 1 3,696,020
- Crabes et homards (crabs et lobslcrs).. . . 95»1!! 2,377,770
- (2) Au sujet de cet établissement, le rapport de Dunbar est l’œuvre ( l’un marin norvégien,
- lelaClasse 53 s’exprime ainsi : rr L’établissement le capitaine Dannewig; on peut le considérer
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- L’initiative privée s’est, cil Angleterre, depuis longtemps efforcée d’améliorer le sort des marins; je n’entrerai pas ici dans rémunération de ses œuvres, mais il importe de leur rendre hommage. Certaines institutions officielles, si utiles à la pêche, doivent être, en outre, mentionnées*1). Le Fishery board of Scotland, fondé en 1882, publie un remarquable rapport annuel; de son côté, le Fishery departmenl qui, en Angleterre, a été créé, au Board of Tradc, fait paraître des tables statistiques. En Irlande, d’utiles essais ont été faits pour donner un enseignement pratique de la pêche, et des avances ont été consenties aux pêcheurs.
- Ostréiculture. — Pendant longtemps, il y eut en Ecosse de belles et bonnes huîtres; mais une pêche excessive ne tarda pas à ruiner la production naturelle. En Angleterre, on se livre à l’ostréiculture dans l’estuaire de la Fal, en Cornouailles. Le climat est cause que le naissain ne se produit qu’en septembre; il ne peut être séparé des tuiles que vers mai ou juin de l’année suivante.
- Les figures 127, 128 et 129 montrent le travail d’arrangement des tuiles à marée basse et font voiries boîtes de treillage en position; les deux boîtes blanches contiennent des coquilles d’huîtres pour recueillir le naissain; la noire renferme le naissain récolté sur les tuiles vers juin, la figure 180 montre cette boîte ouverte laissant voir le naissain à l’intérieur. La figure 12 5 représente deux boîtes noires et deux blanches. Les premières renferment le naissain (récolte de l’année), les autres des coquilles d’huîtres collectrices. Les figures 12A et 126 montrent une des boîtes ouvertes avec les jeunes huîtres récoltées sur les tuiles.
- comme le type le plus achevé des établissements actuellement existants. Il comprend : i° un vivier pour la conservation des reproducteurs; 20 un bassin de ponte; 3° une machine à vapeur destinée à élever l’eau dans le bassin de ponte; 4° un puits de décharge muni d’un filtre pour recevoir les œufs; 5° une usine d’incubation contenant des boîtes où les œufs sont placés et maintenus, par des moyens spéciaux, dans un état perpétuel d’agitation. L’eau de mer est amenée du vivier dans le bassin de ponte qui est à un niveau plus élevé que les chambres d’incubation; en traversant un sys-
- AGIIICULTURE. - I.
- terne de filtres qui la débarrasse de toute impureté, elle arrive aux chambres d’incubation d’où elle est finalement rejetée à la mer. Une partie de l’eau du bassin de ponte est utilisée aussi pour mettre en mouvement la roue à auge chargée d’actionner le mécanisme qui maintient les œufs en mouvement constant. » (1) rrL’Angleterre, l’Ecosse, l’Irlande ont des commissions de pêche très fortement organisées, richement dotées, qui travaillent méthodiquement et ont publié une longue série de magnifiques volumes remplis de recherches et de documents originaux*. (Edmond Perrier.)
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- NATIONA LU,
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- Culture artificielle de l’huître à Talveru Reach-Rivière Fal (Cornouailles) [août 1900].
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-
- ce
- O
- Fig. i3o.
- Culture artificielle de l’huître à Saint-Mavves Cock, havre de (Clichés du Compte rendu du Congrès international d’aquiculture et
- Falmouth (Cornouailles) [août 1900]. de pèche de îqoo , Augustin Chollamel,
- édil.)
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- EXPOSITION DE J 900.
- A GH I G U LT IJ li E.
- CHAPITRE XVIII.
- PAYS-BAS.
- A. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. - AGRICULTURE.
- SUPERFICIE. - POPULATION. - ALTITUDE. - DIVERSES SORTES DE POLDERS; ETIAGE DES EAUX.
- FORETS. - CULTURES DIVERSES. - ENSEIGNEMENT AGRICOLE.
- Superficie et population. — Les Pays-Bas ont une superficie de 3,253,827 hectares, dont les deux tiers environ sont cultivés, et une population de 5,07/1,623 âmes. C’est le pays d’Europe où le nombre des naissances illégitimes est le plus faible(l).
- Climat. — Le climat est d’une grande régularité. Peu élevée en été, la température n’est pas très basse en hiver. Les violentes perturbations atmosphériques sont rares. La chute d’eau moyenne est suffisante.
- Altitude. — Les terres basses occupent 38 p. 100 du territoire. Sans les dunes et les digues, elles seraient inondées à marée haute.
- Polders. — Les polders sont la partie la plus caractéristique du sol des Pays-Bas. On distingue :
- i° Les polders communiquant avec la mer (zeepolders);
- 20 Les polders intérieurs ordinaires;
- 3° Les dessèchements (droogmakerijm);
- 4° Les polders de tourbe (venvoolders).
- Dans l’introduction au catalogue officiel publié, â l’occasion de l’Exposition de 1900, par la Commission royale néerlandaise, le Dr C.-M. Kan, professeur a l’Université d’Amsterdam, a donné des polders la description suivante :
- crRemarquons avant tout qu’il faut distinguer l’étiage d’été et
- {1) Il y a pour 1,000 femmes célibataires en Norvège; 07.8 en Ecosse; 3y.A en Suède; ou veuves âgées de 20 à 45 ans, 17.3 nais- 42.8 en Italie (y compris les enfants trouvés); sances illégitimes aux Pays-Bas ; 18.1 en Suisse ; 45.2 en Danemark ; 51.2 en Allemagne ; 66.2 26.2 en Grande-Bretagne; 30.9 en France; en Autriche occidentale.
- 31.0 en Belgique; 82.8 en Espagne; 33.8
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- PAYS-BAS.
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- l’étiage d’hiver. Le premier se remonte, pour les prairies, de o m. 3o à o m. 5o, et, pour les terres arables, de o m. 80 à 1 mètre, au-dessous de la surface ou des près a faucher, selon la longueur des racines et la nature des plantes de ces terrains. En hiver, quand il faut s’attendre à des crues subites, l’ètiage doit être placé plus bas ou plus profondément. On définit les polders intérieurs : des pièces de terres entourées de quais ou de digues qui empêchent l’eau extérieure d’y pénétrer et qui permettent le règlement de l’eau intérieure. Que l’eau intérieure superflue, dont il a été question plus haut, ne puisse s’échapper, lors de pluies excessives et par suite de trop faible évaporation, alors, il est aisé de le concevoir, cette couche de terrain qui n’a qu’un mètre ou un mètre et demi de profondeur, étant rapidement saturée, il est nécessaire de l’emprisonner temporairement dans des fossés ou des canaux de dégorgement (occupant fréquemment la vingtième, parfois même la dixième partie de la surface du polder), afin de la pouvoir expulser en temps utile par des moulins à vent ou a vapeur. Ces moulins ou ces pompes à vapeur, situés sur un canal central de décharge dans le voisinage d’une écluse de fuite, conduisent l’eau dans un bassin(1 généralement situé plus haut (boczcm). Quand l’eau du polder est trop basse, on y fait entrer l’eau de ce boezem au moyen de tuyaux émissaires ou de leviers. Cela s’appelle rafraîchir (veroerscken). En un seul été, on a introduit dans le polder du ci-devant lac de Harlem, de i5 à 16 millions de mètres cubes d’eau. Un boezem est ainsi un amas d’eaux séparées des eaux extérieures par des digues, des batardeaux et des écluses; il fait fonction à son tour de réservoir pour l’eau des polders qui vient s’y décharger. Les polders font passer leur eau dans le bassin (slaan er op uii, selon l’expression consacrée). Ces eaux du bassin ou ce réseau se composent de canaux creusés exprès, de canaux de ceinture autour des dessèchements (droogmalterijen), de canaux navigables, d’anciennes rivières canalisées, de lacs et d’étangs. Situées plus haut que les polders, comme nous l’avons dit, ces eaux ont un niveau commun. En plus d’un endroit, elles communiquent avec les eaux extérieures parmi lesquelles on range non seulement
- (1) Ce bassin esl, nommé bcrgboczem quand il pendant l’hiver; voorboezcm quand l’issne vers fait seulement fonction de réservoir provisoire le vrai bassin esl momentanément obstruée.
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- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- la mer, mais aussi les fleuves soumis à la marée, et par conséquent coulants et courants.
- rc On distinguera donc bien de ces derniers, les fleuves clos du boe-zem qui n’ont pas de courant, à moins que ce ne soit un courant obtenu artificiellement, en ouvrant une écluse ou en pratiquant quelque autre ouverture aux extrémités ou sur les côtés.
- rrLes polders intérieurs que je viens de décrire se distinguent de ceux qui sont situés au bord de la mer ou sur des cours d’eau à marée.
- ccCes derniers, par l’ouverture cl’écluses et de tuyaux émissaires, se déchargent naturellement de leurs eaux durant le reflux, parfois même l’écoulement est facilité par un moulin à vapeur. Les digues qui séparaient les anciens bancs de sable et les atterrissements susmentionnés de la mer, sont cause que ces polders sont dits « endigués i (indijkin-gen). Ils se composent le plus souvent d’argile de mer et sont situés plus haut que les polders intérieurs.
- te II faut ensuite nommer les dessèchements (droogmakerijenj nés d’un lac ou d’un étang qui, entourés d’une digue et d’un,canal circulaire faisant fonction de boezem, ont été mis à sec.
- ff Ils diffèrent des polders endigués, en ce que l’argile restée au fond après l’écoulement est de la vieille argile marine; en ce que les digues élevées à l'intérieur sont plus basses que les digues au bord de la mer; enfin, en ce que l’écoulement de l’eau dans les canaux de ceinture ou d’autres bassins doit se faire artificiellement.
- ce Lorsque les étangs desséchés sont des étangs tourbeux et que l’on continue d’extraire la tourbe à l’intérieur des terrains endigués, on a des polders a tourbe (veenpolden>y Ceux-ci sont situés plus haut que les droogmakerijen, et, au-dessous de la tourbe, le sol est généralement formé de sable ou de limon tourbeux, par conséquent peu fertile. Naturellement les quatre sortes de polders se trouvent sinon exclusivement, du moins le plus souvent, dans certaines parties déterminées où les terres sont le plus basses ou alluviales : la première, par exemple, entre l’Y et les grandes rivières ou au nord de l’Y ; les polders maritimes, dans les provinces de Groningue, de Frise, du nord-ouest du Brabant septentrional et de la Zélande; les dessèchements, dans les terrains les plus bas de la Hollande septentrionale, de la méridionale
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- de la Frise. C’est surtout dans cette dernière province que se rencontrent les veenpolders. »
- Répartition du sol. — La répartition du sol est la suivante :
- Terres arables SUPERFICIE. hectares. 8/l7,000 POUR CEI DK LA NL'I’IiKFIClK 18
- Emblavures et pâturages. . . .' l,l67,000 3/.
- Bruyères, tourbières, dunes 597,000 18./.
- Pâturages et vergers 59,000 1.8
- Bois 2 1 8,000 6.7
- Terrains submersibles sis en dehors des digues 29,000 0,9
- Fermes et maisons de campagne .... â3,ooo i.3
- Propriétés non imposables 80.000 2.5
- Propriétés temporairement exemptées d’impôt 87,000 2.7
- Forêts.—LaHollande, dont le nom signifie repays boisén’a plus actuellement qu’un taux de boisementde 6.7. Les forêts les plus vastes se trouvent dans les provinces fluviales de l’Est. On s’occupe aujourd'hui du reboisement de façon très active; 70,000 hectares de la (iueldre ont été plantés de sapins, de hêtres et de chênes. On reboise à mesure que la bruyère disparaît après défrichement. C’est en majeure partie dans le Brabant, que sont situés les bois de l’Etat, qui achète, en outre, chaque année, pour les reboiser, de nouvelles étendues de bruyères.
- Modes d’exploitation et propriété. — rr Dans le royaume entier, il y a 96,a 1 9 propriétaires exploitants, contre 7 i,3q4 fermiers. On n’y rencontre guère la grande propriété, et il est rare que les grands propriétaires exploitent eux-mêmes leurs terres. On ne compte que 1 13 propriétaires et 63 fermiers exploitant des domaines de plus de 100 hectares, tandis qu’011 rencontre 45,2 41 propriétaires et 33,o36 fermiers, à la tête d’exploitations de moins de 5 hectares. Au total, il existe aux Pays-Bas 83,774 propriétaires et 58,571 fermiers dont l’exploitation est inférieure à 20 hectares, contre 12,445 propriétaires et i2,8i3 fermiers cultivant plus de 20 hectares. La petite culture et la moyenne prédominent donc. . . L’emphytéose s’est localisée dans la province
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- de Groningue, où elle est très répandue, tandis que, chose curieuse, ce mode d’exploitation ne s’est implanté nulle part ailleurs, »
- Cultures diverses. — L’ensemble des terres arables des Pays-Bas n’est pas supérieur a 900,000 hectares. Les cultures principales sont celles du froment (production de 1900 : 1,645,600 hectol.), du seigle (4,808,000 hectol.), de l’orge (i,6i5,4oo hectol.), de l’avoine (6,095,200 hectol.), du sarrasin, des pommes de terre, etc.
- Les exportations et les importations ont été, en 1900, les suivantes :
- IM 1> O HT AT ION. K Xl’O 11 T A T10 N.
- Froment................... 13,296,000 hectol. 10,073,000 hectol.
- Seigle..................... 7,069,000 A,639,000
- Orge....................... 6,339,000 3,237,000
- Avoine..................... 8,081,000 6,911,000
- Farine................... 908,172,000 kilogr. 3i,855,000 kilogr.
- Les emblavures en blé diminuent, tandis que la culture du seigle progresse, et la Hollande, le pays classique des moulins à vent, ne produit plus que le quart du froment nécessaire a la consommation de ses habitants. Quant à l'importation du seigle, elle est due à ce fait qu’aux Pays-Bas on l’emploie beaucoup comme fourrage. Le lin, la chicorée, le carvi, la graine de canari sont des cultures relativement prospères, tandis que le tabac, la garance, le chanvre, le houblon voient diminuer les surfaces qui leur sont consacrées. Le rendement va généralement croissant d’année en année.
- Les Hollandais ont baptisé leur patrie <rle jardin potager de l’Europe»; il y a là quelque exagération, mais il faut reconnaître que, depuis longtemps, le pays est, ajuste titre, renommé pour l’abondance et la qualité des fruits qu’il produit. Sauf la Zélande, la Frise, Drcnthe et Overyssel, toutes les provinces sont des centres de culture fruitière*1 2*; l’exportation des fruits est dirigée surtout vers l’Angleterre et vers l’Allemagne^. Les diverses branches de l’horticulture et de la culture
- (1) Généralement on préfère les espèces faciles à cultiver sans beaucoup d’émondages.
- (2) Exportation annuelle moyenne, sur l’Angleterre : 690,000 kilogrammes de pommes,
- 160,000 de prunes, 135,000 de poires, ^10,000 de cerises; sur l'Allemagne, plus de 35o,ooo kilogrammes de fruits divers, donL une quantité considérable de pommes à cidre.
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- des graines sont également prospères. Au total, les jardins et vergers couvrent 100,000 hectares.
- Pâturages. — Les prairies n’occupent pas, aux Pays-Bas, moins de 1,200,000 hectares. Les herbages dominent, en effet, dans les terres d’alluvion. Une moitié environ sert de pâturage; l’autre est réservée pour la confection de foin. Le Greisteck est la contrée la plus riche. L’hectare s’y loue entre 180 et 220 francs. «Ce qui, a écrit M. Emile Laveleye, caractérise surtout les régions vastes de la zone basse, c’est le rôle que l’eau y joue. Elle y est, à la fois, une source de richesse et une cause de périls et de désastres, mais elle ne ressemble en rien à ce qu’elle est dans les pays accidentés. Ce n’est plus cet élément vivant et joyeux, qui court, se précipite, bondit, gazouille, mugit ou tonne, qui anime le paysage du reflet de son écume argentée, de l’écho de sa voix tour à tour bâbillarde ou simple. C’est un liquide encore, mais qui semble l’êlre à peine, tant il est immobile, lourd, opaque, tout chargé de limon ou rempli de plantes aquatiques. C’est pourtant cet élément, d’un aspect si morne, qui est le bienfaiteur de la contrée; tandis que l’eau joyeuse des hauteurs, dormante mais perfide, entraîne les terres et restreint la surface habitable, l’eau des terres basses crée d’abord le sol, puis le revêt d’un épais tapis d’herbages qui donne au cultivateur le bien-être et l’abondance; elle féconde et engraisse ses prairies. 7’
- Enseignement agricole. — Les premiers essais d’enseignement agricole n’ayant pas réussi, le Gouvernement fonda, en 1876, YEcole nationale d’agriculture de Wagueningen, qui comprend quatre sections et où les élèves reçoivent, selon la section à laquelle ils sont inscrits, renseignement secondaire ou supérieur de l’agriculture, de rhorticul-ture ou de la sylviculture. Cette école est particulièrement renommée dans le monde agricole par les beaux travaux de M. Adolph Mayer, professeur et directeur de la Station agronomique rattachée a l’Ecole de Wagueningen. L’Etat a fondé, en outre, des écoles nationales d’agriculture et d’horticulture (enseignement primaire) où les cours n’ont lieu que l’hiver; il subventionne des cours d’hiver d’agriculture cl d’horticulture ; enfin il a institué un brevet de capacité pour l’emeigne-
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- ment de l'agriculture et de l’horticulture. Ces divers enseignements sont donnés sous la direction des professeurs nationaux d’agriculture; h côté d’eux, se placent les experts en produits lactés, à raison d’un par province. Ces experts sont appointés par les sociétés provinciales d’agriculture, en partie grâce aux subventions de FÉLat. Depuis 1821, il existe à Utrecht une importante école vétérinaire.
- B. OIGNONS À FLEURS.
- LA TUL1POMANIE. — LA JAC1NTIIOMANIE. — ETAT ACTUEL DU COMMERCE DES OIGNONS A FLEURS.
- RÉGION DE CULTURE.
- Après avoir rapidement énuméré les principales branches de l’agriculture hollandaise, il faut dire quelques mots d’une industrie horticole qui a pour le pays une importance particulière, et qui est, en quelque sorte, sa caractéristique : celle des oignons à fleurs.
- L’oignon à fleurs le plus répandu est celui de la tulipe. Depuis le commencement du xvne siècle, les générations de ses amateurs se sont succédé nombreuses en Hollande, jalouses des bulbes qu’elles possédaient. Gela devint même, en un temps, une redoutable passion, et la tulipomanie, qui sévit notamment de 1 634 à 1637, amena un krach et ruina les plus riches, comme les plus humbles. Cette véritable folie ne coïncide pas, au demeurant, avec les premières tentatives d’exportation régulièrement organisées, qui eurent lieu seulement vers la fin du xvne siècle, quand la réputation des fleuristes de Haarlem fut solidement assise au delà des frontières du pays.
- À côté des tulipes, bientôt on cultiva les anémones, les renoncules et surtout les jacinthes; un moment, on craignit même que, à un siècle de distance, hxjacinthomanie ne rappelât les tristes jours de la lulipomanie.
- Le commerce de ces divers oignons s’est constamment développé; dans ces dix dernières années notamment, il a subi un sensible accroissement. Il se fait avec presque tous les pays; rares, en effet, sont ceux où le climat empêche l’utilisation des oignons à fleurs. Hélas! ce succès chaque jour plus grand a modifié les genres des cultures; on a tendance aujourd’hui à négliger ces collections étendues, où, grâce à des soins minutieux, toutes les variétés étaient heureusement
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- représentes, et l’on s’en tient le plus souvent à quelques types bien caractérisés et dont, à l’avance, on peut fixer l’emploi.
- Les Pays-Bas n’ont, du reste, pas, sur cet article, de concurrence à craindre. La culture des oignons à fleurs, demandant, en effet, des qualités de sol et de climat rarement réunies, ne saurait être sérieusement tentée que dans fort peu de régions. Par un privilège de la nature, ces qualités résident toutes — et à un haut degré — dans les terrains sablonneux des dunes intérieures de la Hollande. En outre, dans cette étroite partie du pays, entre Alkaar et Leyde, et même la Haye, les cultivateurs se transmettent avec un soin particulier les traditions des soins nécessaires à ces oignons, qui font leur richesse.
- C. ÉLEVAGE ET INDUSTRIE LAITIERE.
- EFFECTIF DU BETAIL. — BETES A CORNES : CARACTERISTIQUES DE LA RACE BATAVE ; DIFFERENTES VARIÉTÉS. — LE LAIT DES HOLLANDAISES; SES CAPACITÉS BUTYREUSES", PRODUCTION, IMPORTATION ET EXPORTATION DU BEURRE ET DU FROMAGE; QUALITÉ DE CE LAIT POUR LA FABRICATION DU FROMAGE; PRINCIPALES ESPÈCES DE FROMAGE; FROMAGES DE BREBIS. — CHEVAUX.
- - AVICULTURE.
- Dans les gras pâturages de la Frise vivent nombreux des chevaux, des bœufs, des vaches laitières, des moutons et des porcs; ce bétail forme la principale richesse des agriculteurs hollandais.
- Au ier décembre iqoo, les chiffres, pour l’ensemble du pays, étaient les suivants :
- Bêles à cornes..... 1,655,700 Moulons............... 770,700
- Chevaux............ 295,000 Porcs................. 7/16,(100
- Bêtes a cornes. — Sanson estime que le type-de la race hatave s’est formé au nord du golfe de Zuyderzée, avant l’envahissement par les eaux du bassin où est aujourd’hui la mer du Nord. Quoi qu’il en soit, l’aire géographique de cette race est actuellement entièrement comprise dans les régions humides formant toute la Hollande, la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, le nord de la France, et, en Angleterre, la vallée du Treth où elle s’est conservée dans toute sa pureté. Les bœufs s'engraissent facilement et les vaches sont très bonnes laitières. La taille varie de 1 m. 90 a 1 m. A B ; la longueur du corps, de
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- 1 m. 70 à 2 mètres. Les membres sont volumineux; le train d’arrière est souvent peu musclé; la queue, attachée très bas; les mamelles sont bien développées. Le pelage est rarement d’une seule couleur.
- Aux Pays-Bas, il y a trois sous-variétés :
- i° La sous-variété des polders, qui habite les provinces de Gronin-gue, de la Frise, de Noord-Holland et de Zwid-Holland, toutes régions de terres fertiles et d’herbages. La taille est élevée. Très forte, la production laitière varie entre 3,200 et A,800 litres par an; la moyenne est supérieure à 3,500 litres. En Noord-Holland, en Zwid-Holland et, plus encore, en Frise et en Groningue, on engraisse, à l’herbage et souvent aussi avec les résidus des distilleries, beaucoup de sujets que l’on envoie ensuite sur le marché de Londres;
- 20 La sous-variété des sables, grande et forte, excessivement rustique, et que l’on rencontre dans la plus grande partie de la Zélande. On la destine surtout à l’engraissement. La production moyenne annuelle du lait est de 3,ooo litres;
- 3° La sous-variété de la Gampine, qui se trouve dans les provinces peu fertiles de Drenthe, d’Overyssel, de Gueldre, d’Utrecht, du Brabant septentrional et du Limbourg. Sa taille est petite. Les bœufs s’engraissent difficilement, mais le lait des vaches (production annuelle moyenne : 2,800 litres) a des qualités butyreuses.
- Outre ces trois sous-variétés, il y a sur le littoral, entre l’Ems et le Weser, les variétés cl’Ostjiedland et d’Oldenbourg, à taille très élevée. Encore que l’on obtienne avec elles des rendements laitiers annuels de 3,ooo a A,000 litres, elles sont surtout destinées à l’engraissement. Les bœufs sont de bons travailleurs. Quant aux vaches, elles sont recherchées en Prusse et en Saxe.
- A l’arrière-saison, on mène en général les troupeaux de vaches dans les pâturages de Greidstreeck.
- Il existe pour le gros bétail quatre stud-books : le stud-book néerlandais embrassant tout le pays, et les stud-books frison, nord-hollandais, groninguais.
- Industrie laitière. — Généralement le lait de la vache hollandaise est â petits globules, c’est-à-dire qu’il manque de qualités butyreuses,
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- puisque c’est sur les gros globules que le barattage agit le plus complètement. En outre, des analyses chimiques faites en 1889 et en 1890 ont montre que ce lait ne contenait que 3.26 à 3.Go p. 100 de matières grasses. Aussi, s’il est vrai que la moyenne laitière obtenue par an soit aussi forte que la moyenne de la meilleure des beurrières françaises, la normande (3,/too litres), il faut considérer que, tandis qu’il suffit pour faire un kilogramme de beurre de 26 à 3o litres de lait d’une normande, il faut pour obtenir la même quantité, plus de 30 litres de lait d’une hollandaise. Dans un intéressant article paru dans le Journal d1 agriculture pratique f M. Henri Guépin, ingénieur agronome, estime que les productions moyennes annuelles de beurre sont les suivantes : cotentine, 100 kilogrammes; hollandaise, 96; danoise, 90.
- La production du beurre aux Pays-Bas a été, en 1900, de 53 millions de kilogrammes(,). L’exportation a atteint cette même année 22,572,000 kilogrammes, tandis que l’importation n’était que de 7/11,000 kilogrammes.
- Pour le fromage, nous trouvons des chiffres plus éloquents encore : production, 75 millions de kilogrammes; exportation, k5,908,000kilogrammes; importation, 263,000 kilogrammes. Du reste, le lait de la hollandaise, à cause de ses petits globules, convient admirablement à la fabrication du fromage.
- Les principales variétés de fromages hollandais sont celles : de Edam, de forme sphérique, dit têle de Maure; de Gouda, de forme aplatie; de Leyde et de la Frise. Ces deux dernières (celle de Leyde étant de qualité supérieure) sont sèches, épicées et aromatisées au cumin; elles se conservent longtemps. Le gouda est à pâte grasse; l’edam, à pâte grasse ou à pâte demi-grasse; il se fait principalement dans la Hollande septentrionale et en Frise. Quant aux trois autres, leurs noms indiquent suffisamment les lieux de fabrication.
- Avec le lait des grosses brebis élevées dans le Greidstreeck, on fait de petits fromages très recherchés en Saxe.
- (1) Les beurres de la Frise (10,000 à râlement payés légèrement plus cher (pie
- 12,000 tonnes sur un total de 5o,ooo ceux des autres provinces,
- pour l’ensemble des Pays-Bas) sont gène-
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- Cnuvaux. — D’après M. K. Lavalard, les chevaux hollandais se repartiraient en six races :
- ce i° La race frisonne, qui est représentée par un cheval de trait, grand robuste, le plus souvent noir. On la rencontre dans les provinces de Frise et de Groningue ;
- ce2° La race gueldroise, plus légère et qui a beaucoup dégénéré par le croisement : allures vives, attaches fines, robe foncée, encolure cambrée, coupe droite, queue haute. Depuis quelques années, on a importé beaucoup de ces chevaux pour les voitures légères. Les provinces de Gueldre et de Hollande méridionale sont celles qui en élèvent le plus ;
- cc3° La race hollandaise, qui est produite dans toutes les autres provinces et qui est souvent le résultat d’un accouplement de races indigènes avec des races étrangères de chevaux légers. Taille moyenne ; forte encolure; robe souvent noire; dos courbé; queue basse; tête forte ; nez enfoncé.
- cc h° La race zéiandaise ou plutôt flamande, qui possède des chevaux forts et larges, la plupart de robe foncée, excellents pour le labour. C’est de cette race que proviennent les clydesdales écossais et les gigantesques chevaux que les Anglais attellent à leurs voitures ;
- cc5° La race du Brabant septentrional, qui présente des chevaux vifs, forts, bien formés bruns ou noirs;
- cc 6° La race ardennaise, qui se rencontre dans une partie du Lim-bourg, région où, il est vrai, les chevaux de trait tendent à diminuer, par suite de l’emploi des bœufs et des vaches aux travaux agricoles.
- ccLes races frisonne et hollandaise fournissent de bons trotteurs. On les trouve surtout dans les deux provinces de la Hollande septentrionale, de la Hollande méridionale et dans une partie de la province d’Utrech.w Quant aux trois dernières races, il est plus juste de les considérer comme des races belges.
- D’autre part, j’emprunte à une publication, faite, il y a quelques années, par le Cercle des journalistes néerlandais, les lignes suivantes : cc L’ancien type du cheval noir hollandais, qu’il y a quelques décades à peine on rencontrait partout dans le pays, n’existe plus à l’état pur qu’au Drenthe et dans une partie de la Frise. Malgré les bonnes
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- qualités de ce type, surtout au point de vue du trot, on ne tarda pas à comprendre qu’il serait avantageux de le modifier en le croisant avec des oldenbourgeois surtout, parfois avec des ardennais. w
- Depuis 1892, est inscrite au budget une somme destinée à l’encouragement de l’élevage du cheval; d’autre part, le Département de la guerre a créé à Berg op Zoom un haras où l’on élève des reproducteurs de race indigène.
- Moutons. — Le défrichement des bruyères et la baisse des prix de la laine ont considérablement fait décliner l’élevage du mouton. Comme races indigènes, il faut citer celle de Frise, très bonne laitière; celles de Gueldrc et de Drentbe.
- Porcs. — C’est, pour une bonne part, en vue de l’exportation que l’on pratique aux Pays-Bas l’élevage des porcs, qui a pris une grande extension, notamment dans les régions sablonneuses. La race indigène a été modifiée par des croisements avec les yorkshire.
- Aviculture. — L’aviculture est prospère. Excellente pondeuse, la poule hollandaise huppée est un charmant volatile. Sa chair est fine. Bien qu’on en ait dit et écrit, cette variété semble originaire du pays.
- D. SOCIÉTÉS COOPÉRATIVES AGRICOLES.
- PROGRÈS DU MOUVEMENT COOPERATIF AUX PAYS-BAS. — SOCIETES D’ACIIAT EN COMMUN. — SOCIETES
- %
- DE VENTE EN COMMUN. — LAITERIES COOPERATIVES. — SOCIETES POUR L’ACHAT ET L’ENTRETIEN I)E REPRODUCTEURS. — ASSURANCES MUTUELLES : CONTRE LA MORTALITE DU BETAIL;
- CONTRE LA GRELE. — SOCIETES DE CREDIT AGRICOLE.
- rcLes nouveaux soins imposés à l’agriculteur, le désir de réduire les dépenses le plus possible et de soustraire la profession agricole aux vicissitudes du sort, tout cela devait nécessairement aboutir, en Hollande comme ailleurs, à l’union des cultivateurs. C’est sous ces influences que se formèrent des sociétés, soit pour l’achat d’engrais, de graines, de fourrage, etc., soit pour l’achat et l’entretien d’animaux mâles 'destinés à faire race; des laiteries coopératives; différentes sociétés d’assurance mutuelle; des institutions de crédit agricole.
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- 5 hk
- «D'un autre côté, le désir de vendre les produits du sol aussi cher que possible fit surgir diverses associations pour la vente. Une lois établies, non sans beaucoup de difficultés au début, ces sociétés coopératives ne tardèrent pas à prendre racine et à se multiplier relativement en peu de temps, tout en gagnant considérablement en importance. r>
- Ainsi s’exprime le baron K.-J.-A.-G. Collot d’Escury, intendant des domaines de la Couronne néerlandaise, dans la brochure qu’il a consacrée, en 1900, aux sociétés coopératives agricoles des Pays-Bas. Il est hors de doute, en effet, que la coopération donne d’excellents résultats en Hollande. Le développement, chaque jour grandissant des diverses coopératives, fait que les chiffres que je donnerai dans cette étude — chiffres empruntés à la brochure précitée, et qui se rapportent à l’année 1898 — sont inférieurs à ce qu’ils doivent être aujourd’hui.
- Sociétés d’achat en commun. — Les sociétés d’achat en commun sont au nombre de celles qui progressèrent très rapidement. En 1891, l’achat en commun est rare; en 1898, i4â sociétés s’y adonnent; en 1898, 54o. Le plus souvent, ces sociétés se bornent à l’achat d’engrais chimiques, de grains et de fourrages; certaines s’en tiennent à l’une de ces opérations, les autres se livrent aux trois concurremment.
- ccLes Ligues de paysans (Boerenbonden'j fondées en 1896, écrit dans sa brochure officielle M. d’Escury, jouèrent un rôle très important dans les provinces du Brabant septentrional, de Gueldre et de Limbourg, qui restèrent longtemps en arrière pour tout ce qui concerne la coopération agricole. Ces ligues, qui, protégées par le clergé catholique, se répandirent bientôt dans tout le pays, s’occupèrent avec succès des assurances et du crédit agricoles et s’appliquèrent avec ardeur à l’achat en commun. Sur les 255 sections que, vers la fin de 1898, formaient les susdites ligues de paysans, plus de 161 achetèrent des graines, du fourrage, etc., à frais communs.n
- C’est aux efforts groupés des ligues, du Comité agricole hollandais et de la Société coopérative qu’est due la création du Bureau central, qui se charge de l’achat en gros de graines, d’engrais, d’instruments aratoires, pour toute la Hollande.
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- PAYS-BAS.
- 545
- Voici le nombre dos sociétés qui ont fait exclusivement les achats des produits ci-après :
- Engrais......................
- Semences.....................
- Fourrages....................
- Engrais et semences..........
- Engrais et fourrages.........
- Semences et fourrages........
- Engrais, semences et fourrages
- rp
- J OTAL..........
- 102
- *7
- 72 5 o
- 179
- î o 110
- 5 6 o
- Le montant total des achat de toutes les sociétés se décompose de la manière suivante :
- Engrais...........
- Semences..........
- Fourrages.........
- rp
- 1 OTAL
- 1,960,683 florins.
- 110,967
- 2,060,968
- 6,122,598
- Le nombre des sociétés ayant fait des achats en commun,en 1898, se répartit de la manière suivante, d’après l’importance du montant de ces achats, en florins ^ :
- Semences.
- Moins de 1,000 68
- De 1,000 à 3,ooo
- De 3,ooo à 5,ooo 81
- De 5,ooo à 10,000
- De 10,000 à 15,ooo 53
- De 15,ooo à 20,000
- Plus de 20,000 ^9
- Total des sociétés........................ 56o
- Engrais.
- I Moins de 3,ooo........
- De 3 ,000 à 5,ooo . .
- J De 5,ooo à 10,000. .
- (De 10,000 à 15,ooo. . De 15,ooo à 20,000. . Plus de 20,000...........
- Total des sociétés
- 266 5 9 68 21 8
- 661
- (l) Le llorin vaut environ 2 fr. 08.
- AGUICULTUIIF.. -- I.
- 1M l'Ut MH Ht F. NATIONALE.
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-
-
- r>/i6
- AG1UCULTU UE.
- EXPOSITION DE 1900. —
- { Moins do 260.........
- I De 2 5o à 5oo........
- . I Do 5oo à 1,000............
- Graines.. . < , _
- De i,ooo a 2,5oo......
- I De 2,5oo à 5,ooo.....
- \ Pins de 5,ooo........
- Total des sociétés .
- 72 51 35 2 3
- / Moins de 3,000 211
- De 3,ooo à 5,ooo 52
- De 5,ooo à 10,000 03
- »«<» U(. 10,000 à 1 5,ooo 1G
- [ De 15,ooo à 20,000 13
- \ Plus de 20,000 1G
- Total des sociétés........................ 371
- Sociétés de vente en commun. — Le développement de la coopération aux Pays-Bas est beaucoup moins rapide, pour la vente, que pour l’achat. Il n’en est pas moins intéressant de donner un tableau des sociétés de vente et d’indiquer leur organisation; les nationaux des pays ou la coopération est encore peu en honneur pourront y trouver d'utiles renseignements.
- SOCIETES D’AGRICULTEURS
- S’OCCUPANT DE LA VENTE DES PRODUITS AGRICOLES ET HORTICOLES.
- NOM DE LA SOCIÉTÉ PRODUITS MONTANT DÉTAILS
- BE LA VENTE SUR LA MANIÈRE DONT LA SOCIÉTÉ OIMORE.
- ET SON SIÈGE. VENDUS. 1898.
- florins.
- PROVINCE DE GRONINGUE.
- Société coopérative d’agriculture de Groningue. Blés el plantes légumineuses, graines de lin, carvi, etc. 45a,289 La vente se fait à frais communs par l'intermédiaire d’un directeur rétribué par le comité. Les membres envoient leurs produits au magasin de Groningue où ils sont taxés et examinés par des commissaires qui prennent préalablement l’avis du directeur. Celte taxation ainsi que le payement se font selon le prix courant du marché. A la fin de l’année, les membres touchent y5 p. 100 du bénéfice net h raison des montants perçus pour la fourniture des produits qu'ils ont livrés pendant l’année. Le restant du bénéfice peut être destiné aux tantièmes que reçoivent ie comité et l’administration , aux fonds de réserve, elc. La société achète des instruments aratoires, des engrais, des semences, etc., pour ses membres.
- Société coopérative de vente de fruits à Loppersum. Groseilles et framboises. Inconnu. L'expédition en Angleterre se fait h frais communs.
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-
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-
- PAYS-BAS.
- 547
- NOM DE LA SOCIÉTÉ
- et son siège.
- PROVINCE DE FRISE.
- Société cooperative d’agriculture de Franekcr.
- Société agricole coopéralive de Leeuwarde.
- PROVINCE D’OVERYSSEL.
- Société coopérative d’agriculture et de commerce, sise à Loneker.
- PROVINCE DE GIÏELDRE.
- Compagnie néerlandaise de vente d’œufs, établie à Zutphen.
- Société coopérative de vente de fruits «Gelrian, à 'fiel.
- Société de la bourse aux pommes de terre, à Herwijnen.
- PROVINCE DE LA HOLLANDE SEPTENTRIONALE.
- Diverses compagnies de vente et les compagnies dites de légumes, établies à Enkliui-zen, Bovenkarspel, Hoorn, Ooslwoud, Saint-Paneras, Nieuwe Niedorp, Hoogkar-spcl, Medemblik et dans quelques communes voisines.
- Société coopérative nommée «Akkerbouwn (Labourage), à Àndijk.
- Les compagnies de fruits et de légumes, à Wijdenes, Ban-gert et Blokker.
- PRODUITS
- VENDUS.
- MONTANT
- DE LA VENTE EN 1898.
- florins.
- DETAILS
- SUR LA MANIÈRE DONT LA SOCIÉTÉ OPÈRE.
- Pommes de terre.
- Inconnu.
- Ln vente se fait à frais communs. La société s’occupe surtout d’achat.
- Fruits et légumes.
- 1,18/1
- L’evpcdition en Angleterre se fait à frais communs. La société achète également des instruments horticoles et des semences de jardin.
- Veaux.
- 11,988
- Les veaux se vendent aux grands marchés par l'intermédiaire du comité. Lu sociétéde Loneker est également une compagnie d’achat de la plus haute importance. Débit, environ 200,000 ilor.
- Œufs.
- Fruits, pommes de terre et légumes
- Pommes de terre.
- 55,octo
- 6a,000
- a3,38G
- La société a été fondée le 6 juillet 1898; à la fin 1899 , elle comptait 20 sections avec environ éoo membres qui expédiaient et vendaient des œuis a frais communs. Les membres demeurent aussi en partie dans les provinces de Drenllic et d’Overyssel.
- La société a été fondée on 1896; en 189g, elle comptait déjà 4g3 membres et i3 sections établies dans différentes villes et villages de la Betuwe (Gueldre). La moitié seulement des membres sont fournisseurs, les autres sont rprotecleursn. Les produits se vendent, après avoir été reconnu.' de bonne qualité, sous une marque de contrôle ; lu société se charge de l’expédition. Pour chaque section, il y a un ou plusieurs controleurs chargés de l’examen des articles. On subvient aux frais par une contribution du produit brut de la vente des articles trafiqués.
- La société, qui n’est pas coopéralive, a pour but de faciliter la vente des pommes de terre cultivées par ses membres.
- Pommes de terre, légumes et fruils.
- 700,000
- Pommes de terre.
- 75,275
- Fruits et légumes.
- 25,000
- en lout.
- Ces différentes sociétés organisent des marchés où les articles, qu’y amènent les membres, se vendent au plus offrant. Elles nomment des placiers chargés de la vente. Dans la plupart des sociétés les membres sont tenus de porter tous leurs produits au marché; ils doivent faire leur déclaration aux placiers quant à la quantité et h la qualité des marchandises amenées. Les données fausses ou inexactes sont punies d’une amende. Le débit aux marchés (en tout 700,000 florins en 1898 ) a clé de 17,000 florins au minimum et de 45o,ooo florins au maximum. La plus grande société comptait A3o membres; la plus petile i5. Pour la plupart, ces sociétés sont libres.
- La vente des pommes de terre cultivées par les membres se fait à frais communs nu marché d’Amsterdam par l’entremise d’un courtier nomme à cet effet. L’administration se charge de l'expédition et surveille soigneusement l’emballage , le poids et l’assortiment.
- Ln veille et l’expédition <1 l’étranger se font par l'intermédiaire du comité.
- 35.
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- 548 EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- NOM DE LA SOCIÉTÉ PRODUITS MONTANT DÉTAILS
- ET SON SIÈGE. VENDUS. DE LA VENTE EN 1898. SUlt LA MANIERE DONT LA SOCIETE OPEIIE.
- florins.
- Société s’occupant, de l'expédition de fruits, à Zwaag. Fruits. n L’expédition sc fait par l'intermédiaire du comité; la vente se fait aux frais personnels des membres.
- Première société commerciale coopérative pour des horticulteurs cultivant des oignons à Heurs, à Harlem. Oignons à (leurs. (L2<)7 Expédition et vente à l’étranger h frais communs.
- PROVINCE DE LA HOLLANDE /
- MÉRIDIONALE.
- .Société ffhet Westland» PROVINCE DU BRABANT l’Yiiils et légumes. // La société se compose de cinq sections et se charge principalement do surveiller la quantité, la qualité et l'emballage des produits cultivés par les membres et d’organiser des ventes publiques.
- SEPTENTRIONAL.
- Section Oorscliot de la Ciguë chrétienne des paysans des Pays-Bas. Veaux et moutons. 10,000 Les ventes publiques de la section de Lier ont rapporté, en 1898, plus de 36,000 florins. La vente des veaux cl des moulons élevés par les membres se fait au marché de Rotterdam par l’intermédiaire du comité.
- Société «Vente do beurre à l'enchère» pour les fabriques coopératives de beurre dans 1 le Brabant septentrional. Beurre fait de crème. 788,o5i La société organise h Eindhoven un marché ou une vente publique, où il ne se vend, au plus offrant, que du beurre des laiteries coopératives 1 du Brabant septentrional. La société compte I maintenant environ 80 laiteries, qui, en 1899, amenèrent du beurre au marché pour une valeur de plus de 1 million de florins. Une prime de 0,01 florin par kilogramme de beurre couvre les frais.
- I Société coopérative «Braban-tia», à Prinsenhage. Légumes et fruits. 5o,ooo (en 1899). La société a été fondée en 1899 à Prisenhage, près de lireda , el compte déjè 3ao membres. Elle se propose de vendre en commun au marché de Londres les légumes el les fruits cultivés par les membres.
- PROVINCE DE LIMBOURG.
- Société d’agriculture et de jardinage, à Venlo. Légumes, pommes de terre. // La société ne se charge que de l’expédition ; la vente se fait aux frais des membres; en 1898, on a expédié plus de 1,790 wagons de pommes de terre et de légumes.
- Section Schinveld de la Ligue chrétienne des paysans des Pays-Bas. Bêles à cornes. Ibis indiqué. La société organise tous les ans des enchères du bétail élevé par les membres.
- Laiterie coopérative pour le sud des Pays-Bas, à Maës-triclit. Beurre fait de crème. O O O O La compagnie compte 98 laiteries.
- Société pour la gallinotrophie et la vente des œufs, établie à Stompray. Volaille et œufs. n La société qni se propose d’encourager la gallinotrophie et la vente des œufs à frais communs n’a été fondée qu’en 1899.
- Laiteries coopéiutives. — Los premières laiteries coopératives lurent fondées en Frise (1886); assez longtemps, on n’en créa pas dans le j’este du pays et c’est depuis trois ou quatre ans seule-
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- PAYS-BAS.
- 549
- ment que le mouvement a pris de l’extension; à la fin de 1 8c)8, on complaît /(-85 laiteries, groupant 9,6,000 membres et utilisant plus de 386 millions de litres de lait.
- Chaque participant est tenu de livrer à la coopération le lait de toutes les vaches dont il s’est déclaré propriétaire, lors de son entrée dans la coopérative. Ce lait se paye d’après le poids, la mesure ou la proportion de beurre qu’il contient. Dans la plupart des laiteries, le payement a lieu par anticipation tous les mois on deux fois par mois, sous forme d’avances. A la fin de l’année, le reliquat est partagé parmi les membres au prorata des quantités de lait qu’ils ont livrées.
- Les coopératives n’ont pas tardé à comprendre l’intérêt qu’elles avaient à se grouper a leur tour en fédérations. Voici les principales de ces fédérations :
- I. La Compagnie de laitage pour la partie méridionale des Pays-Bas réunit des laiteries coopératives en Limbourg, en Gueldre et dans le Brabant septentrionnal ; au nombre de 111 (le icr septembre 1899), ces laiteries ont fourni, dans l’exercice de 1898-1899, environ i,5oo,ooo kilogrammes de beurre. Depuis mars 1896, elle organise, deux fois par semaine, une vente publique de beurre à Maastricht, dans un local spécialement aménagé à cet effet. A cet encan, on vend exclusivement les produits des beurreries affiliées. Cette vente a lieu sous la surveillance du comité de la Compagnie, qui garantit le beurre pure crème, et accorde à chaque marchand le droit de faire analyser le beurre aux frais de la Compagnie, a une des stations agronomiques nationales.
- Chaque beurrerie qui veut se faire affilier doit payer une droit d’entrée, être exclusivement coopérative, et s’engager a livrer, chaque semaine, au moins 5o kilogrammes de beurre à la vente.
- II. La Compagnie de laitage de la province de Frise comptait, en 1898, 43 laiteries ayant utilisé le lait de 44,336 vaches. L’essai du beurre se fait à Leeuwarden, sous la surveillance d’un comité, composé de membres de l’administration et d’un inspecteur spécial (zui-velconsulent) de la province de Frise. Chacune des fabriques unies a le
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- 550
- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- droit de porter la marque de fabrique de la Compagnie, à condition toutefois d’observer les prescriptions imposées par le comité qui, afin de pouvoir contrôler les produits, a toujours le droit de prélever des échantillons de lait ou de beurre.
- III. La Compagnie de laitage de la province de Drenthc, qui comptait, à la fin de 1899, 2 3 laiteries coopératives, et se borne à acheter les articles utiles à une laiterie.
- IV. La Compagnie pour les provinces de Gueldre et d’Ovcryssel, qui compte 26 fabriques de beurre employant à peu près 3o millions de litres de lait. Elle organise, deux fois par semaine, une ventede beurre a Zutphen; en outre, elle prépare des expertises de beurre et l’achat en commun de tous les articles dont on a besoin dans une fabrique.
- LAITERIES COOPÉRATIVES.
- NOMRUE
- des des
- FABRIQUES. MKMBRKS.
- Fabriques à vapeur 1 3/i 11,074
- Fabriques à machines fonctionnant à la main . 351 1 A,3o2
- Totaux A 85 25,376
- clans les fabriques fonctionnant
- à la main............... 273,685,3/10 litres.
- dans les fabriques à vapeur. . 112,693,597
- Total..................... 386,878,937
- Quantité cle lait employé
- LAITERIES COOPÉRATIVES AYANT DES ÉCRIÏMEUSES À VAPEUR.
- Nombre de fabriques ayant employé en 1898
- moins de 5oo,ooo litres . . de 5oo,ooo à 750,000 | de 760,000 à 1,000,000 ] de 1,000,000 (i 1,260,000 ’i de i,25o,ooo à i,5oo,ooo de i,5oo,ooo ci 2,000,000 de 2,000,000 à 2,5oo,ooo de 2,5oo,ooo î'i 3,000,000 plus de 3,ooo,ooo.........
- Total des fabriques
- 18
- 7 1 0
- 7 22 15
- 9
- 3i
- 134
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- PAYS-BAS.
- 551
- LAITERIES COOPÉRATIVES AYANT DES ÉCRIÏMEUSES À MAIN.
- Nombre de fabriques ayant employé en 1898
- moins de 100,000 litres, de 100,000 à 900,000. . de 900,000 à 3oo,ooo. . de 3oo,ooo à 4oo,ooo. . de Aoo,ooo ;\ 5oo,ooo. . de 5oo,ooo à 600,000 . . de 600,000 à 700,000. .
- plus de 700,000.........
- Total des fabriques.
- 70
- 71 51 4 o 38 38
- 351
- Sociétés pour l’achat et l’entretien de reproducteurs. — En 1893, il n’y avait que 55 sociétés, possédant 36 étalons et 67 taureaux; en 1898, nous trouvons 17/1 sociétés avec 91 étalons, 169 taureaux, 7 béliers et 39 verrats. Le progrès est, on le voit, sensible, mais il reste encore beaucoup à faire sous ce rapport.
- Assurances mutuelles. — i° Contre la mortalité du bétail. C’est en partie au zèle infatigable des Ligues de paysans qu’est due l’extension, chaque jour grandissante, des caisses d’assurances mutuelles contre la mortalité du bétail. Celles pour la race bovine sont les plus nombreuses; il n’y en a pas moins de 471. 11 p. 100 du nombre total des caisses sont mixtes.
- L’organisation varie beaucoup. La plupart des caisses restituent, en cas de mortalité un tantième p. 100 de la valeur de 70 à 100 p. 100; d’autres, par contre, donnent une somme fixe pour chaque animal mort (pour une vache, de 5o à 108 florins); d’autres encore achètent à un prix fixe la chair des animaux morts ou tués par nécessité, dont la vente pour la consommation n’a pas été prohibée.
- Voici un tableau des caisses locales : NOMBRE
- de CAISSES. de PABTICIPANTS. ^ANIMAUX assurés.
- ( Chevaux r 01 3,7i3 '8,599
- Caisses 1 assuran t ] Bêtes à cornes .... 4 71 43,593 185,489
- exclusivement , J Moutons et chèvres.. 6 356 575
- ( Porcs 15 837 1,95°
- Caisses mixtes. /l9 36,677 90,407
- rJ 'otaux 699 00 10 233,849 [Voir suite p. 556.]
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-
-
- 552
- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- SOCIETES D’ASSURANCE MUTUELLE
- NOMS ET SIEGES
- DES SOCIETES.
- Société d’assurance mutuelle contre la grêle, à Nieuwe Sclians..........
- province
- Société d’assurance mutuelle contre
- DE GRONINGUE
- s_ ^ la grêle, à Loppersum.
- PROVINCE DE ZELANDE.
- Société d’assurance mutuelle contre la grêle pour Ilunsingo, Westerk-wartier et Tivelingo, établie à Uskiverd.............................
- Société d’assurance mutuelle contre la grêle, à Eenrum..................
- Société d’assurance mutuelle contre la grêle pour Zuid - Beveland, établie à Goes.....................
- Société d’assurance mutuelle contre la grêle dans l’ancien Ac district de la Zélande, établie à Aardenburg..
- Société d’assurance mutuelle contre la grêle dans l’ancien 5'district de la Zélande, établie à Hulst..........
- Totaux.
- DATE
- •le
- FONDATION.
- 1887
- 1 889
- 1 89e
- 1890
- 1891
- i855
- 1891
- NOMBRE
- D’ASSIJIIES.
- '77
- 8G
- 36f
- 89
- 28
- 177
- 879
- i,3oi
- NOMBRE
- D’HECTARES
- 3,253
- 2,7^18
- 1 0,876
- 2,738
- i,Ai5
- 5,055
- 7,015
- 33,199
- PRIME
- PAYEE
- EN 1898.
- Ilorins.
- 3,3oA 00
- 27/1 80
- 1,037 5o
- 173 80
- 308 00
- 2,827 A3
- 3,912 Gi
- PAYS-BAS.
- 553
- CONTRE LA GRELE.
- RESTITUTIONS
- DES DOMMAGES OCCASIONNAS par la grêle, payées jusqu'au
- 3i décembre 1898.
- florins.
- 9,399 AA
- 1,610
- 22
- FONDS DE RÉSERVE au 3i décembre 1898.
- florins.
- 1 o,Goo 00
- 2,778 20
- FRAIS
- D’ADMINISTRATION EN 1898.
- florins.
- 332 Ao
- 80 00
- DETAILS.
- j La prime se calcule d’après la valeur des produits
- et se monte h
- PRIME
- payée d’avance.
- MAXIMUM de la prime supplémentaire.
- p. 100. 1
- p. 100.
- 6 3//.
- Pour le lin..........................
- Pour le sarrasin, les graines oléagineuses, le carvi et les plantes légumineuses ....................... ,/a
- Pour froment, orge, avoine et seigle... 1/3
- Pour la graine de canari et le maïs.. . 1/5
- Pour la luzerne et les pommes de terre. i/i av/ao
- La prime supplémentaire n’a encore jamais été demandée. Il n’est pas nécessaire d assurer tous les produits cultivés, mais il faut assurer tous les hectares du meme produit.
- 3 3/8 a 1 jk
- 1 ?/a 0
- 37/28
- Prime payée d’avance 0 fl. 10 par hectare. Assuré en 1889, 609 hectares; en 1899, 3,697 Déclares. La prime supplémentaire n'a jamais été réclamée.
- 2,881 5 A
- 1 0,535 91
- 2,35o 00
- 1,905 28
- 2 2 5 0 0
- 110 20
- Prime payée d avance o fl. 10 par hectare. La prime supplémentaire n’a jamais «lé réclamée.
- La prime payée d’avance se montait, jusqu’il la fin de i893, h 0 fl. so par hectare, maintenant à 0 fl. 10. En 1891, lorsqu’il fallut faire une restitution de 9,1/iA fl. 61, les membres ont dû payer une contribution de 4 florins par hectare.
- 83o GA
- 1,A1A 89
- 13,029 ^9
- A5,ooo 00
- La, prime d avance est de o fl.25 par hectare. La prime supplémentaire, qui n'a etc îeclamce qu une fois, se montait à 0 11. 3a par hectare. Le maximum est de 2 fl. 5o.
- ( La prime payée d’avance est de o fl. 5o par hectare (autrefois 0 fl. 75). La 333 77 ) penne supplémentaire n’a jamais été réclamée. Le maximum en est de a 11. 5o
- ) par hectare.
- ( Entrée 5 florins par hectare.
- 1 A,3o6 19
- ^G,ooo 00
- A5o 00
- . La prime se calcule d’après la valeur des végétaux cultivés. Chaque fois que l’on l assure pour une valeur de îoo florins, on paye d’avance une prime de :
- ] Pour le colza, le lin, les oignons, le sarrasin, le maïs et ie carvi 0 fl. 45;
- \ Pour la graine de canari, les blés et les plantes légumineuses o fl.3o ;
- j Pour les pommes de terre et ies racines tuberculeuses o fl. ao.
- / Le maximum de la prime supplémentaire est le double de la prime payée d’avance. \ L’entrée est fixée chaque année d’après le fonds de réserve.
- 53,o93 53
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-
-
- 554
- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- Il faut on outre citer : la Société de la Néerlande septentrionale et de la Hollande septentrionale (qui a assuré, en 1898, des chevaux et des bêtes à cornes pour une valeur d’environ un million et demi de florins) ; la première Société dé assurance mutuelle d’Overyssel et de Gueldre, dont le total des assurances était, pour la même année, de 1,269,915 florins; le Fonds 7nutuelpour bétes a cornes et chevaux, a Almelo, qui a assuré, en 1898, du gros bétail pour une somme de 5 millions (ces trois sociétés ayant, au total, assuré, dans l’année, plus de 50,000 têtes de bétail).
- Enfin quelques caisses ont été fondées pour compenser les pertes provenant des prohibitions de vente de la viande des animaux atteints de tuberculose.
- 20 Contre la grêle. Outre les sept compagnies locales d’assurances mutuelles contre la grêle (toutes sept en Groningue ou en Zélande) dont les opérations sont relatées au tableau des pages 552 et 553, il existe à Dordrecht une Société néerlandaise générale d’assurance mutuelle contre la grêle, qui comptait, en 1898, ào5 assurés. Il est à noter que les sociétés de Loppersum, d’Uskwerd et d’Eenrum sont fédérées.
- Sociétés de crédit agricole. — Bien que récente aux Pays-Bas, la coopération en matière de crédit agricole a déjà donné d’excellents résultats. Dans cette branche aussi, les Ligues de paysans ont eu l’occasion de montrer leur action de façon heureuse. En 1896, il n’y avait que deux banques; il y en a quinze, en 1897, et soixante-dix, à la fin de 1899. Ces banques sont fédérées en quelques sociétés de crédits agricoles.
- E. PÊCHE.
- CAUSES DU DÉVELOPPEMENT DE LA PECHE AUX PAYS-BAS. — NOMBRE DES BATEAUX. - STATISTIQUE DES PÊCHES. — PÊCHES DIVERSES DU ZUIDERZEE. — PÊCHE DES ANCHOIS. — PÊCHES DIVERSES DE LA MER DU NORD. — PÊCHE DU HARENG. — NECESSITE D’UNE REGLEMENTATION DE LA PÊCHE. — PÊCHE EN EAU DOUCE. - PÊCHE DE L’ANGUILLE. — PÊCHE DU SAUMON. — OSTREICULTURE.
- Tout favorise aux Pays-Bas le développement de la pêche : l’abondance des eaux intérieures, la longueur des côtes, les bons ports
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-
-
- PAYS-BAS.
- 555
- nombreux, le goût, enfin, des habitants pour ce qui les fait vivre sur l’eau, que ce soit la mer ou les fleuves^.
- Pêche maritime^.—Le Zuiderzée, ce golfe presque fermé doit nous retenir tout d’abord; il est, en effet, dans sa partie méridionale, particulièrement poissonneux. Plus de mille bateaux de s5 à Bo tonneaux montés par deux ou trois hommes y pêchent, toute l’année, le hareng, l’éperlan, le carrelet, l’anguille. Des bandes d’anchois y entrent pour frayer; pendant une dizaine de semaines, la pêche devient alors particulièrement fructueuse. En 1890, elle permit de remplir 200,000 an-
- (1) Il est facile de consacrer quelques pages à la pêche en Hollande, car, sur ce sujet, les documents intéressants ne manquent pas; je citerai notamment l'excellente statistique officielle publiée depuis assez longtemps déjà et les comptes rendus que fait paraître chaque année le Collège des pêches maritimes.
- (2) Le rapport de la Classe 53 donne, sur la situation de la pêche aux Pays-Bas, les tableaux suivants établis au moyen des chiffres indiqués par le Dr P.-P.-C. Hoek, conseil scientifique en matière de pêche, dans une fort intéressante étude que j’ai consulté avec profit :
- I. Les grandes pègiies
- MARITIMES.
- IL La pèche DANS LA MER DU NoRD.
- III. La pêche dans le Zuiderzée.
- DANS LES RRAS DE MER DE LA ZÉLANDE.
- 1889. 1899.
- / Nombre de bateaux. A3g 620
- [ Pêche j Nombre de pêcheurs. 6,ioo c 0 OO
- l du hareng, j Produit en tonnes .. Aio,2A6 275,653
- J I Prix moyen par tonne. 23 Ao
- 1 Pêche ( Nombre de bateaux . 13A 113
- 1 à la ligne] Nombre de pêcheurs. i,9°o i,55o
- ! êe fond. ] Produit en francs.. . i ,720,000 1,287,000
- 1889. 1899.
- ! Nombre clc bateaux 73s 1/169
- ’ A la ligne de fond 46 A3
- 1 Hareng A3 9 620
- \ Pêche au chalut 2/17 806
- 1892. 1899.
- f Nombre de bateaux 2,464 3,229
- ; Nombre de pêcheurs 5,3q2 6,969
- ) Capacité moyenne 19 16
- ^ Produit en francs // A,000,000
- 1889. 1899.
- T] Nombre de bateaux A 75 1,074
- > Capacité totale en tonneaux 8,736 1 2,625
- ) Nombre de pêcheurs i,i3o 2,3 0 2
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-
- 556
- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- hors, petits barils contenant en moyenne 3,ooo anchois; mais je m’empresse d’ajouter que cette année est la plus riche dont on ait le souvenir. 70,000 ankers représentent la moyenne d’une bonne année. Le prix de vente d’une anker dépend, bien entendu, de la quanti lé de poissons pêchés : on peut estimer que, lorsque la pêche a fourni 4o,ooo ankers, chacun d’eux rapporte aux pêcheurs 3o florins. Généralement, on ne peut pas compter sur plus de deux bonnes saisons, en six années.
- Le nombre des bateaux hollandais qui pêchent dans la mer du Nord est très grand. Les petits pêchent au chalut; les grands, durant l’été, poursuivent le hareng; pendant l’hiver, un certain nombre sont désarmés, les autres pêchent à la ligne de fond. Ylaardingen, Sche-veningen, Maassluis tiennent le premier rang pour la pêche du hareng; Middelharices, Pernis, Zwaatewaal pratiquent de préférence la pêche à la ligne de fond; en hiver, on s’efforce d’apporter au marché le poisson vivant; en été, il est tout de suite saigné, lavé, salé et embarillé.
- Il est incontestable que c’est la pêche du hareng qui prime les autres. Les pêcheurs hollandais ont coutume de préparer en mer le hareng salé; ils apportent à cette préparation les plus grands soins. En 1900, 6s3 bateaux (32 3 à quille, 3 à vapeur et 297 bateaux plats) se sont livrés à la pêche du hareng. Le produit, dans l’année, est, en moyenne, supérieur à 5oo,ooo barils', d’une valeur de 11 florins chacun.
- La loi de 1867 a proclamé la liberté absolue de la pêche maritime. On en a malheureusement abusé et beaucoup de bons esprits réclament aujourd’hui une réglementation; ils demandent, en outre, que le Gouvernement protège de façon efficace une industrie qui est si importante pour la Hollande et, à l’appui de leurs demandes, ils font remarquer que les profits de la pêche, notamment de celle au chalut, ont fortement diminué.
- Pêche en eau douce. — Non moins que la pêche en mer, la pêche en eau douce aurait besoin d’être réglementée aux Pays-Bas; le braconnage y est, on peut le dire, élevé à la hauteur d’une institution.
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- PAYS-BAS.
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- Aussi le congrès national de pèche qui s’est tenu à Utrecht, les 9 et 10 novembre 1898, a-t-il demandé que la loi fixe :
- i° Un même temps de frai pour le pays entier(1);
- 20 Des dimensions uniformes pour les mailles des filets;
- 3° La prohibition de certains engins de pêche;
- k° La défense de prendre et de vendre des poissons n’ayant pas atteint une certaine taille;
- 5° Une meilleure protection des œufs;
- 6° L’abolition des licences gratuites;
- 70 Des primes pour la capture des animaux nuisibles à la pêche (héron(2), loutre, etc.);
- 8° Une rigoureuse constatation des délits et des pénalités sérieuses contre les délinquants.
- La prise en considération de ces demandes aurait le meilleur résultat pour le développement de la pêche en eau douce, qui, sauf celle de l’anguille et celle du saumon, ne constitue pas actuellement aux Pays-Bas une véritable industrie.
- On prend annuellement des centaines de mille kilogrammes d’anguilles; une bonne partie est exportée en Belgique et en Grande-Bretagne. En Frise, il existe, pour l’achat des anguilles, trois comptoirs possédant chacun trois grands voiliers munis de viviers. On estime qu’un bateau peut porter, par voyage, 10,000 kilogrammes d’anguilles vivantes; il fait annuellement sept à huit fois le trajet des Pays-Bas à Londres. Sur la Tamise les marchands frisons disposent, pour leurs bateaux, en vertu d’un privilège accordé par la reine Elisabeth, d’un mouillage réservé.
- La pêche du saumon donne lieu, je l’ai dit, à une véritable industrie. Les pêcheries les plus riches sont situées le long de la Nouvelle Meuse, de la Vieille Meuse, et de la Nouvelle Merveede. Elles appartiennent presque toutes à l’Etat et sont louées aux enchères. Le marché est à Kralingen. La pêche se fait :
- i° A la senne. Cette pêche nécessite un matériel si important quelle n’est pratiquée que par des sociétés. A chaque pêcherie il faut,
- (1) Avril et mai seraient tout indique's. héron mange annuellement de 100 à 120 kilo-
- (2) Le professeur Metzger estime qu’un grammes de poissons.
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- en effet, employer simultanément trois sennes; tandis que deux travaillent, la troisième est préparée, pour être mise en œuvre aussitôt que la première est fermée. On pêche pendant le reflux et chaque nouvelle senne est placée en avant de la dernière mise au travail. L’une des extrémités du filet est tenue en main par une dizaine d’hommes; l’autre est fixée à un petit bateau à vapeur qui déploie la senne en gagnant rapidement la rive opposée; le bateau revient ensuite vers le centre de la rivière et finit par ramener à la rive d’où il est parti la corde attachée au bout libre du filet, qui est halée alors par une machine à vapeur. Ainsi la senne se trouve complètement fermée. Le nombre des saumons qu’elle a capturés est très variable, souvent aucun; cinq à six constituent un très joli coup de filet;
- 2° Au sleck, grande nasse placée dans un barrage en clayonnage (le plus parfait spécimen de steck se trouve sur la Nouvelle Meuse, près de Brille);
- 3° Au filet flottant. Cette pêche est en honneur dans le Rhin et dans la Meuse.
- Le rendement de la pêche au saumon est très variable d’une année à l’autre; la normale annuelle, qui était autrefois pour le Rhin hollandais, de 80,000 pièces, est d’à peine 60,000 aujourd’hui; dans certaines années, on a pris plus de 100,000 pièces; en d’autres (notamment 1890 et 1899) les résultats ont été désastreux.
- Les frayères du saumon sont situées dans la région des truites, c’est-à-dire le cours montagnard des eaux : par suite, les soins relatifs à la reproduction échoient aux habitants des régions rapprochées de la source; les riverains profitant de ces soins tout le long du cours d’eau, et les voisins de l’embouchure faisant de beaucoup les pêches les plus fructueuses, il était juste qu’une convention internationale intervînt entre les Etats traversés par le Rhin. Cette convention a été mise en vigueur en 1886; un de ses articles interdit, chaque semaine, la pêche pendant vingt-quatre heures consécutives.
- Ostréiculture. — La Hollande est le pays le plus septentrional où soit pratiquée, en grand, la culture de l’huître artificielle à l’instar de
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- PAYS-BAS.
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- celle d’Arcachon. Pendant fort longtemps dans le bassin de l’Escaut, on avait pêché de belles huîtres; mais leur qualité même excitant davantage encore les pêcheurs et aucune réglementation ne limitant la grosseur des sujets qu’on avait le droit de pêcher, la production naturelle était en partie tarie, quand, en 1870, l’Etat décida de louer les terrains huîtriers de l’Escaut oriental, terrains qui étaient sa propriété; cette location qui ne se fit pas sans difficulté se trouva assurer la prospérité du pays.
- On peut diviser les parcelles louées :
- i° En terrains où le naissain arrive sous l’influence de divers courants et où on n’a qu’à semer de petites écailles marines pour servir de collecteurs, ou à disposer des tuiles;
- 20 En terrains où l’on sème les jeunes huîtres détachées des tuiles ou des collecteurs naturels.
- Il est incontestable que l’industrie ostréicole, un moment très prospère aux Pays-Bas, l’est aujourd’hui beaucoup moins. La qualité des huîtres — et par suite la demande — ont diminué; en outre, la récolte annuelle est tombée, en Zélande, de 5o à 3o millions de pièces. Une des principales causes de cette décadence est le barrage construit pour le chemin de fer de Flessingue, qui, fermant l’Escaut oriental et arrêtant les diverses matières nutritives provenant d’Anvers, crcoupe, suivant l’expression de M. le Dr Pompe van Meerdevoot, les vivres aux huîtres*.
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- 5 GO
- EXPOSITION DE 190 0. — A (Ml Kl U LT U RE.
- CHAPITRE XIX.
- BELGIQUE.
- A. RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX.
- SUPKItKlCIK. - POPULATION. — CLIMAT. — SOL. — ETENDUE DES EXPLOITATIONS AGIUOOLES. —
- REPARTITION ET RENDEMENT «ES CULTURES. — EEEECTIE DU BETAIL. - BETES À CORNES. -
- INDUSTRIE LAITIÈRE. - AVICULTURE.— APICULTURE. — FORETS.
- Superficie, population, climat, sol. — Pour une superficie cle 2,945,589 hectares, la Belgique avait, en 1898, une population de 6,669,782 habitants, soit, en moyenne, 226 habitants par kilomètre carré. La population agricole forme environ un cinquième de la population totale. Le climat est généralement tempéré.
- Le pays peut se diviser en deux zones :
- A. La zone des plaines qui comprend : i° les polders, généralement au-dessous du niveau moyen de la mer (1 i5,ooo hectares environ); 20 les plaines basses (7/10,000 hectares environ); 3° les plateaux qui occupent le centre du pays (1,265,500 hectares environ);
- B. La zone accidentée (825,000 hectares environ).
- r
- Etendue des exploitations agricoles. — Le recensement agricole de i8q5 a permis de constater la répartition suivante :
- EXPLOITATIONS.
- De 60 ares au plus.. 668,120
- De 51 ares à i hectare. 86,921 De 1 à 2 hectares.. . 90,312
- De 2 à 5............ 1 o 1,512
- De 5 à to........... <69,066
- EXPLOITATIONS.
- De 10 à 20 hectares. 28,161
- De 20 à 3o............ 8,162
- De 3o à 60............ 3,187
- De ko à 50......... 1,601
- De plus de 60........... 3,686
- La Belgique est, on le voit, un pays de petite culture(1). Le recense-
- (l) wLa Belgique est un pays de petite culture où le sol est, en général, exploité avec tous les soins désirables par le cultivateur lui-même et par sa famille. Lorsqu’il est nécessaire de recourir à la main-d’œuvre étrangère, on la trouve en abondance et à bon marché. Au surplus, le petit fermier belge, au courant des travaux scientiiiques, pratique la culture
- intensive. A côté du fumier de ferme, mis dans la terre tous les deux ou trois ans, l’engrais chimique est largement employé, et il est fait un usage abondant de l’engrais vert produit en culture dérobée.» (M. JulesHélot,Rapport de la Classe 39 | Produits agricoles alimentaires d’origine végétale |.)
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-
-
- BELGIQUE.
- 5G1
- ment de 1901, dont nous donnons ci-dessous les résultats, montre que le nombre des domaines étendus est encore en diminution :
- N O M1! 15 E. SURFACE
- CAT K fi 01! IMS. —i -——— . ——.—- ——
- ABSOLU. RELATIF 0). ABSOLUE. RELATIVE (2).
- 1 heclare et au-dessous <S,8 1 2 3.17 7,624 0.4 5
- 1 à 2 Iiectares 8o, 16o 28.86 00 6.88
- 2 à 3 4q,o55 17.66 121,372 7.11
- 3 à 4 3o,i 37 1 0.85 1 o4,684 f) . 1 !>
- 4 à 5 a 0,157 7.20 90,73° 5.31
- 5 à 7 . 2(),3Ç)0 9.5 0 1 56,651 9-17
- 7 à 10 22,908 8.20 191,227 1 1.20
- 10 à 15 18,178 9.54 221,188 1 2. q5
- 15 à 20 8,076 2.91 t 89,31 0 8.16
- 20 à 30 6,937 ;>, . 5 0 1 67,431 9.80
- 30 à 40 2,653 0.96 91,487 5.36
- 40 à r>o 1,37(1 0.5 0 61,197 3.58
- 50 à 100 2,354 0.85 161,741 9-A?
- 100 à 150 451 0.16 52,020 3.08
- Plus de 1 50 hectares 1 1 0 0.0 4 2 3,o56 1 .35
- Totaux a77’7r,/| 100.00 0)1,707,696 100.00
- ') Pour cent exploitations, nombre d'exploitations de 1 liée tare et au-dessous, de plus de 1 <1 a hectares, etc.
- (-) Pourcent hectares d’étendue cultivée, nombre d'hectares compris dans des exploitations de 1 hectare et au-dessous, etc. P) Ce total n’est pas absolument identique il celui qu’on obtient en additionnant l’étendue des cultures, les arcs ayant été négligés dans le relevé des exploitations.
- Uépaiitition des cultures. — Sur les 2,966,000 hectares qui constituent, en chiffres ronds, le territoire belge, le domaine agricole en occupe un peu plus de à 2,600,000, dont, environ, 500,000 en bois et 660,000 en terrains incultes.
- Les tableaux suivants montrent quelles variations se sont produites, depuis 1866, dans la répartition des cultures.
- répartition proportionnelle des cultures.
- COLT t! 15 ES. 184(1. 180(3. 1880. 1805.
- Céréales et farineux 33,73 36,3o 34,55 31 ,o5
- Légumineuses 2,64 1,4 2 1 , ;? :ï 1,01
- Plantes industrielles 2,5 2 4,33 3,58 4,o6
- Plantes-racines 5,10 7,5 a 8,7 1 9U5
- Fourrages 19’^7 20,4o 2 1,25 24,46
- Autres cultures 1.92 i,83 2,46 2,60
- Jachères, bois et terrains incultes P) 34,2 2 28,20 28,23 27,67
- Totaux 100,00 100,00 1 00,00 100,00
- O Les bois et les terrains incultes n’ont pas été recensés en i8.’>6.
- AQUICULTURE. --- I. 36
- imprimerie nationale.
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- 5G2
- EXPOSITION DE 1900.
- A(j l’il'C U LT U UE.
- BËiSSËlGNËMKiNTS COMPARATIFS SUH LES PRINCIPALES CULTUliES COMPRISES DANS LE TABLEAU PRECEDENT.
- ÉPOQUES. ÉTENDUE CULTIVÉE. RENDEMENT MOYEN. PRODUCTION TOTALE.
- heobros. kilogrammes. kilogrammes.
- E HOME NT.
- 18 AI» 2.83,452 1 ï 435 338,855,285
- 18r>() 2.67.366 ',<'179 448,999,980
- 1860 28.3,54 2 1 , 418 4 o2,854,o88
- 1880 , 2 75,1)32 * 1 rïat) 431,593,890
- 1895 180,377 1 , 348,252,004
- SlClIi LE.
- 1846 288,3 69 I, 120 335,81 0,501
- 1850 2 9 2,1 02 1 ,476 43o,065,830
- 1800 2,88,960 1,509 453,417,218
- 1880 277,040 1,422 4 10,966,581
- 1895 283,876 1,786 505,926,582
- OREE.
- 1846 89,704 2,00 1 79u'5.r >,64 0
- 1856 44,580 a, 17 ' 96,790,928
- 1866 4 3,018 1,895 82,643,582
- 1880 4 0,182 1, 7 40 77,678.746
- 1895 4o,2 44 2, 49 86,496,816
- AVOINE.
- 1846 202,43 1 1,4 0 4 284,078,1 1 5
- 1856 219,169 1 ,52 2 333,5o5,755
- 1866 229,744 1,004 382,31 G,8o5
- 1880 249,486 1, G14 897,1 24,52.5
- 1895 24 8,694 !>759 437,422,581
- UN.
- FILASSE. CHAINE. FILASSE. GIUIXES.
- kilogr. il' ctol. kilogr. liée toi.
- 1846..... 29,879 583 7i°9 17,4o5,73o 21 1,782
- 1856 32,837 54o 0,i 5 17,720,686 202,OÔO
- 1866 57,o46 416 // 23,710,275 //
- 1880 40,078 532 6,36 22,702,156 227.482
- 1895 3o,6i 5 520 4,54 1 5,860,607 1 38,575
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-
- lŒLGIOÜE.
- 5 G 3
- ÉPOQUES. ÉTENDUE CULTIVÉE. UE N'D EM EN T MOYEN. PRODUCTION TOTALE.
- hectares. kilogrammes. kilogrammes.
- TABAC.
- (I iu feuilles sèches.)
- 1846 666 i,842 i 1,227,948
- 1880 i,577 1 7 ; 0,022,906
- 1895 2,148 2,123 | 4,5 6 0,64 5
- HOUBLON. 4
- ( ( au tes. )
- 1846 2,968 1,172 3,478,73o
- 1866 8,960 1,287 4,898,706
- 1880 4,t 85 1,060 5,4o5,236
- 1895 3,7o5 i,3 16 4,876,871
- CHICORÉE.
- (Marines vertes.)
- 1846 î ,829 17,853 82,62.5,020
- 1866 4,719 1 5,789 7 4,5 06,5 5 4
- 1880 1 1 ,()•>. 5 i7,33o 2.58,67.5,4 5o
- 1895 1 2,7.66 24,71 3 3 1 5,2 4 0,7 7
- LUZERNE.
- (Fourrage vert.) 1
- 1846 1,698 2 i,o33 35,72.3,298
- 1880 13,44 7 26,908 351,918,099
- 1895 16,099 26,088 4 1 g,883,o3o
- CULTURES UERBAGERES.
- (Prairies fauchées, pâturées et vergers.)
- 1846 362,3o7 3,026 0)
- 1856 312,4g? 4,017
- 1866 365,8o5 4,071
- 1880 38y, io3 3,829
- 1895 444,984 3,456
- CULTURES DÉROBÉES.
- A. Carottes. (Racines.)
- 1846 26,892 9,354. 261,558,929
- 1880 16,372 10,1 o5 154,692,698
- 1895 1 6,800 11,485 192,951,024
- O La production totale n’a pu être calculée, les rendements moyens s’appliquant à la production en foin des prairies fauchées.
- 36.
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- 564
- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- 1 ÉPOQUES. ÉTENDUE CULTIVÉE. RENDEMENT MOYEN. PRODUCTION TOTALE.
- hectares. kilogrammes. kilogrammes.
- CULTURES DÉROBÉES. (Suite.)
- li Navets. ( Racines.)
- 1846 1 > V.199 1 0,976 1,229,283,277
- 1880 i.B7,5o8 12,186 2,226,352,22 1
- 1895 186,962 *8,779 3,572,024,387
- C. Spkkgule. (Fourrage vert.)
- 1840 2 8,1 17 2,786 78,34 'l,8 1 7
- 1880 34,147 1 2,862 362,970,339
- 1895 2 6,554 1 2,481 331,43o,9 1 3
- BETTERAVE A SUCRE.
- (Racines.)
- 1840 2,1 26 35,519 75,485,55o
- 1850 7’79/| 39,007 3o/i,oi8,252
- 1860 18,075 30,767 556,i oo,6o3
- 1880 3.2,627 81,676 1,1 2 2,868,613
- 1895 54,i 00 31,700 1,71 4,924,05i
- BETTERAVES POUR L’ALIMENTATION DU BÉTAIL.
- 1846 4,391 29,000 1 27,328,19.3
- 1800 1 7,0o4 29,000 51 o,516,000
- 1880 26,189 32,284 93 o,o35,868
- 1895 5 o,56 2 44,760 i,8i4,3i2,355
- POMMES DE TERRE.
- 1840 1 15,062 1 4,392 1,050,oo4,o48
- 1850 t '19,737 1 2,832 1,931,457,786
- 1800 171,398 1 0,0.37 1,720,817,009
- 1880 199,357 ta, a 35 2,487,347,163
- 1895 184,690 * 1 5,598 3,88o,8o5,333
- TR EKLES.
- (Fourrage verl.)
- 1840 147,92.3 (O 3,322,410,968
- 1866 1 53,217 2,722,683,582
- 1880 1 74,106 3,260,91 2,289
- 1895 157,580 3,028,940,188
- (*) La production des trèfles diffère trop d'une variété à l’autre pour permettre d’établir un rendement moyen.
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-
-
-
- BELGIQUE.
- 5G5
- Voici, d’autre part, quelle était la répartition en 1900 et en
- 1 () o 1 :
- 1' Ii A N T F, S (,[M, Tl V K 1'] S. NOMBUK D k\ tgnt. II K CTA K E 8 RN 190O. P0 U U 1 00 DE L1 ÉTENDl B N MJ0 1. l E G T A 1UÎS Ili RECENSÉE ESI KJOO.
- A. Uui/rriiîKS tmîincipalfs.
- I. CÉRÉALES KT FUI IN Kl Froment 165,781 168,957 9-71 9-98
- Iipeani.ro 2:1,177 28,720 1.36 1.4o
- Méteil 1 3, A 3 e. 13,364 °-79 o-79
- Seigle 2 51,088 2 45,i 64 1 4.70 1 4.48
- Orge d’hiver 33,3g 4 33,962 1.95 2.01
- Orge d’été A,900 4,476 0.29 0.26
- Avoine 249,225 2.53,266 1 4.69 14.96
- Sarrasin 2,863 3,025 0.17 0.18
- Totaux 743,860 745,924 43.56 44.07
- IL Légumineuses cultivées
- pour la production des graines.
- Féveroles 1 2,14o 14,8o8 0.71 0.87
- Pois h) 4.818 6,24o 0.28 0.37
- Totaux i6,958 21 ,o48 °-99 1 .24
- III. Plantes industrielles.
- Lin 20,216 20,21 4 1.18 1.19
- Colza 1,419 1,13 5 0.08 0.07
- Tabac 2,113 2,02.5 0.12 0.12
- Houblou 2,201 2,202 0.13 0.13
- Chicorée à café 7,538 7,882 o.44 0.47
- Betteraves à sucre 61,528 63,515 3.6i 3.75
- Totaux 95,oi5 96,978 5.56 5.73
- IV. Plantes racines.
- Betteraves fourragères 49,843 47,692 2.92 2.82
- Carottes en culture principale 3,022 3,282 0.18 0.19
- Navets et rutabagas en culture principale. . 4,075 4,878 0.24 0.29
- Pommes de terre 144,279 i4 1,062 8.44 8.33
- Totaux 201,219 196,904 11.78 11.63
- t1) Relevé en 1900 sons la rubrique «pois et vesccsn.
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- 566
- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- PLANTES CULTIVÉES. NOMBRE D’ KN 190t. IIK G T A H K S UN I9OO. . POUR 1 00 1 I)li L'ÉTENDU EN 1901. 1ECTARES E RECENSÉE EN 1 900.
- V. Fourrages.
- Trèfle ronge 99>373 100,686 5.82 5.()5
- Trèfle incarnai 13,9.34 8,63q 0.81 0. r> 1
- Autres irèfles, seuls on en mélange 31,551 28,8/1 A i.85 1.70
- Luzerne 10,9/19 1 0,009 0.6/1 0.09
- Sainfoin 1 0,968 10/1/19 0.6 A 0.69
- Prairies fauchée 209, Ai)5 9.09,806 12.97 19.89
- Prairies pàlurées go 1,716 202,287 11.81 11.95
- Vergers G 1,0 98 /i9,o66 3.58 2.9°
- Ray-grass et Kléole 0) 6,885 /f.82 1 0.87 0.28
- Mélanges l'ourragers de légumineuses et (le
- céréales 5,8o8 7,878 0.31 0/1A
- Totaux 65o,7r>7 631,928 38.1 0 87.88
- Total des cultures principales.. . 1,707,819 1,692,779 10 0.0 0 1 00.00
- II. Cultures déroules.
- Navets 1 88,718 1 26,1 o3 7-83 7. A 5
- Carottes i 5,51 5 1 6.892 O.Ç) 1 °-97
- Spergule !>,!>,())) 1 .9.6/153 1.5 9 1.56
- Total des cnil lires dérobées. . . . 1 70,1 6A 168,9/18 1 0.26 9-93
- P) Relevé en 1900 sous la rubrique epois et vcsces».
- Los rendements moyens de ces cultures s'établissent comme suit :
- PLANTES CULTIVÉES. N ATU RE RENDEMENT PAR IIECTAREO
- DE LA RÉCOLTE. IîN KN 1900.
- A. Cultures principales. quintaux. quintaux.
- I. Céréales et farineux.
- Froment d’hiver et froment d’été Grain. 2 3,22 2 2,2 1
- Epeautre Idem. 1 8,2A 1 7,68
- Méteil Idem. 19,85 1 8,80
- Seigle Idem. 21 ,A 3 2 0,57
- Escourgeon ou orge d’hiver Idem. 28.3/1 27,60
- Orge d’été Idem. 22,33 21,87
- Avoine Idem. 23,63 2 2, A 5
- Sarrasin Idem. 1/1,27 1/1,53
- I1' Ces moyennes ont été obtenues de la manière suivante : pour chaque commune, l’étendue des cultures a été multipliée par le rendement moyen indiqué par les administrations communales; la moyenne par canton , par arrondissement, par province et, pour le royaume, a été calculée, ensuite, en divisant la production totale par l’étendue cultivée.
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- BELGIQUE.
- 567
- PLANTES CULTIVÉES. NATURE DE LA RÉCOLTE. RENDEMENT EN MR HECTARE EN 1900.
- quinlaux. quintaux.
- II. Légumineuses POlllt T.A PRODUCTION DUS GRAINES.
- Fé véroles (Irai nés. 90, 08 20,69
- Pois O Idem. 22,93 19,5/1
- III. Plantes industrielles.
- Colza Graines. 2 0,1Ç) 9 0,2/|
- Tabac Feuilles séchées. 2 9.80 23,75
- Houblon Cônes. l8/ll 1 9,5/l
- Chicorée à calé Bacines. 337,38 31 4,38
- Betteraves à sucre Bacines. 359,3o 3/13,27
- IV. Plantes racines.
- Betteraves fourragères Idem. f. 8 0/13 676,89
- Carottes en culture principale Idem. 978,08 291,58
- Navets et rutabagas en culture principale . . Idem. 977,00 280,83
- Pommes de terre Tubercules. .1 90,67 169,6.3
- V. Fourrages.
- Trèfle incarnat l'J) Fourrage vert. 269,00 //
- Trèlle rouge ou ordinaire Foin. 60,99 60,62
- Autres troll es, seuls ou mélangés Idem. 3 A, 31 35,i 1
- Luzerne Idem. 62,60 53,38
- Sainfoin Idem. A 2,2 A A 3,20
- Prairies fauchées (110 coupe) Idem. 3A,00 37,16
- liay-grass et IléokU'ô Idem. A 9,99 A3,76
- B. Cultures dérobées.
- Navels.. . Racines. 2 OA, A2 261,29
- Carottes Idem. 1 6 A, A 0 161,63
- Spergule Fourrage vert. 9 126,19
- O Relevé ni if)oo sous la rubrique «pois cl vcsccs’ . — (2> Non relevé en 1000. — (3) Relevé eu inoo sous la rubrique
- «ray-grass» seulement.
- Froment. — «La Belgique, écrit M. P. Regnault-Desroziers, vice-président de la Chambre syndicale des grains et farines^, ne produit guère que les deux cinquièmes des céréales nécessaires à l’alimentation de ses laborieux habitants.
- (1) Rapport sur les «Produits farineux et leurs dérivés».
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- 5G8
- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- crElle importe donc du blé eide la farine. Ses principaux fournisseurs sont : l’Amérique, la Russie, la Roumanie. Elle a importé en
- 189G pour 291 millions de francs de céréales (grains et farines) et en a réexporté pour 05 millions 5oo,ooo francs. La France ne figure pas, dans le premier chiffre, pour 1 million. y>
- M. Jules Helot écrit d’autre part : rrDepuis quelques années, les cultures industrielles (betterave et chicorée) se développent au détriment de celle des céréales.
- ccAinsi, depuis vingt ans, les ensemencements de blé ont diminué de plus de 3o p. too. Les prairies prennent aussi plus d’extension ainsi que la culture des plantes fourragères. 77
- Détail. — L’effectif du bétail depuis 18A6 est indiqué par les tableaux suivants :
- LÉSION A T I 0 V. 1840. 1850. 1800. 1880. 1805.
- Chevaux 29/1,535 277,311 283,1 63 271,97/t 271,337
- Bêtes à cornes 1,208,891 1,257,6/19 1,2/12,/i/i5 1,382,815 1,/120,97s
- Moutons 063,5o8 583,/i85 658,097 365, Z100 235,722
- Chèvres 1 1 0,0 Oo Nombreinconrm. 197,188 2/18,7.55 257,669
- Porcs /i96,56/i /l58,/ll8 632,3o 1 6/16,375 1,163,i 33
- Si nous cherchons quel est l’effectif du bétail par 100 hectares de terre cultivée, nous trouvons pour 1895 : 1A chevaux, 7A bêtes a cornes, 12 moutons, i3 chèvres et 61 porcs.
- Enfin les tableaux ci-après nous donnent, pour 1900 et 1901. l’effectif détaillé de tous les animaux agricoles.
- (I) Cliché extrait, ainsi que les cliché des tion belge à l’Exposition de 1900, Charles
- ligures 1,82 et 133, du Catalogue de la sec- Bulens, éditeur, à Bruxelles.
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- BELGIQUE.
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- NOMBRE
- K S P ï<; 0 H S E T ('. A T É G 0 lî 11’, S. nuivi nu 3i décembre 1901. MAUX nu 31 décembre 1900. DE PI DUES AUX el aux U( en 1901. ÎRTES MALADIES îcidonls. en 1900. DE NAI en 1901. S SANG ES en ujoo.
- 1. Chevaux employés pour l’agriculture. DK 3 ANS ET PLUS.
- Entiers 9’91 7 2,922 115 14 2 il Il
- Juments 1 07,366 106,339 2,6/12 2,802 // u
- Hongres éi y, 3 3 0 48,470 i*,o38 1,202 il il
- DE MOINS DE 3 ANS À 1 AN.
- Entiers M77 4,589 i58 177 n n
- Juments 27,99/1 26,908 891 8/42 11 n
- Hongres 20,074 !9^9’ 589 635 // //
- DE MOINS DE 1 AN.
- Poulains 16,022 1 6,517 2,573 2,909 n //
- Po ulich es 16,57b 16,317 2,204 2,333 n n
- Totaux 244,762 24i,553 10,210 1 1 ,o42 38,888 38,8g4
- II. Bêtes à cornes. DE 2 ANS ET PLUS.
- Taureaux faisant la monte 10,711 1 o,444 232 189 n fl
- Vaches laitières 834,025 828,445 1 8,867 19,269 11 n
- Bœufs de trait 31,184 31,919 379 38o 11 n
- Bêtes à l’engrais 71,2/15 66,702 7*5 624 n n
- DE MOINS DE 2 ANS À 1 AN.
- ... ( faisant la monte 9>°?4 9,494 i36 127 n u
- ( ne taisant pas la monte. 23,912 9.3,632 537 462 11 n
- Génisses , 252,7,3/1 268,259 3,288 3,370 n u
- Bouvillons 60,72/1 63,386 917 1,027 n n
- DE MOINS DE 1 AN À G MOIS.
- Mâles 63,o52 67,614 2,010 2,1 25 n n
- Femelles 161,095 159,989 3,649 3,83o n //
- DE MOINS DE 6 MOIS. Mâles / 5i ,185 5o,oi5 17,229 16,220 11 n
- Femelles . 87,379 87,595 28,522 28,824 u u
- Totaux i,G46,32o 1,667,49/1 76,011 76,4/17 703,273 695,994
- III. Porcs. DE G MOIS ET PJ.US.
- Verrats 3,585 3,862 i55 i58 n n
- Truies pour la reproduction 123,4i8 122,098 4,7/15 5.329 ti n
- Porcs à l’engrais 383,899 390,284 8,o85 7,634 u n
- De moins de six mois à 2 mois. . . . 278,139 266,844 17,368 i6,3o6 n n
- De moins de 2 mois 226,281 222,413 183,891 168,g5o n //
- Totaux l,0l5,322 i,oo5,5oi 2i4,244 198,377 1,489,703 1,496,573
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- Bêtes a cornes. — À mesure que l’on s’éloigne de la Flandre française, les bêtes à cornes de la variété flamande ont des taches blanches de plus en plus nombreuses, et elles ont, comme teinte dominante, non le ton acajou des bovins de Picardie, mais un blond pâle. La production moyenne en lait est de 3,800 litres par an. Les bœufs s’engraissent facilement, et chez les jeunes, le rendement en viande atteint 62 p. 100. La variété wallonne, très répandue dans le centre de la Belgique, s’engraisse au contraire fort mal, et de plus elle est peu laitière.Grands blancs, et noirs ou blancs et rouge brun, les bœufs sont d’excellents travailleurs.
- Industrie laitière. — Bien qu’une première écrémeuse ait paru, dès 18 81, au Concours de Gand, le grand élan pris en Belgique par l’industrie laitière, 11e date que de i88q; l’iioii-neur en revient à la diffusion de la coopération et de l’enseignement agricole. C’est la coopérative d’Oost-camp, créée par M. le baron Peers au retour d’un voyage en Danemark, qui donna l’exemple. Cet exemple
- Fig. i3a. — Laitière flamande. r . ,.. .
- ne lut pas perdu, puisquil existe aujourd’hui dans le pays plus de 3oo laiteries coopératives, ayant en service plus de 2,500 écrémeuses à bras et de i5o écrémeuses à vapeur. La production du beurre est devenue en Belgique presque égale à la consommation, et les laiteries, en droit d’espérer que l’augmentation de production ne se ralentira pas, se sont groupées en une dizaine de fédérations, dont la mission est d’organiser l’exportation. Parmi les fromages citons le Limbourg.
- Aviculture. — L’aviculture est particulièrement prospère. On élève soigneusement les races étrangères. Parmi les indigènes, je citerai la poule de la Campine, à ce point étonnante comme pondeuse que les
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- BELGIQUE.
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- Anglais l’ont surnommée Evcry day layer (pond tous les jours) et les Allemands : Todtleger (pond à mort). Il y a en outre, en Belgique, une poule de haie, sans queue, très rustique.
- Fig. !33. — La forêt de Soignes.
- Apiculture.—L apiculture belge fut presque toujours prospère. Un moment la disparition de la culture du colza, dont la floraison hâtive favorisait la production précoce du couvain, parut, à la vérité, devoir lui porter un coup dont elle ne se relèverait pas, mais elle fut compensée par l’apparition de nouveaux procédés d’alimentation artificielle
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- et de grands perfectionnements dans les ruches. En 1866, le nombre des ruches était de 160,682 ; en 1880, il n’est plus que de 97,087; en 189B, il remonte à 107,790 (dont 81,689 ^,xes 26,201. à cadres mobiles).
- Forêts. — L’étendue des forêts belges diminue; elle n’atteint plus 20 p. 100 de la superficie exploitée du territoire.
- Les espèces feuillues entrent pour environ 70 p. 100 dans le total des forêts et les espèces résineuses pour 3o p. 100 seulement.
- G6.56 p. 100 des forêts appartiennent à des particuliers; 80.33 p. 100 aux communes; 4.80 p. 100 à l’Etat; 1.33 p. 100, enfin, est la propriété des établissements publics.
- B. REGIONS DE CULTURE.
- FLANDRES SABLONNEUSES. — ARDENNE. — CONDROZ. — PAYS DE HERVE.
- CAMPINE.
- Malgré ses dimensions restreintes, la Belgique présente des régions de culture assez dillerentes les unes des autres; il est intéressant de les passer rapidement en revue.
- Flandres sablonneuses. — La moitié des Flandres est formée par des terres sableuses, très pauvres en éléments fertilisants et où les mauvaises herbes se multiplient avec une rapidité étonnante. Dans les vallées seulement, le long des cours d’eau, on rencontre des terrains d’alluvion souvent argileux et riches en matières organiques; ces terrains qui sont généralement réservés aux cultures herbagères produisent, quand ils sont soumis aux assolements de la grande culture, des récoltes abondantes et variées. Il n’existe plus dans la région de terres incultes.
- Si elle est pauvre, la terre sablonneuse des Flandres présente, par contre, certains avantages : les travaux de fumure y sont faciles, et ceux de labour ne nécessitent que des attelages légers. Aussi les exploitations sont-elles très divisées et s’y livre-1-011 de préférence aux cultures dérobées.
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- BELGIQUE.
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- Il y a une trentaine d’années, le drainage était fort en honneur; on y a, malheureusement, presque renoncé. Quand on draine, les drains sont généralement placés : dans les terres légères et les prairies, de o m. 75 à î mètre de profondeur et à îo mètres d’écartement; dans le limon sableux, de i mètre à î m. 20 de profondeur et a 8 mètres d’écartement; dans les terres fortement argileuses, de t m. 5o à î m. fio de profondeur et à 8 mètres d’écartement, En moyenne, la dépense est légèrement inférieure à 2Ôo francs par hectare.
- L’esprit d’association a peu pé-
- r r . . . . _ 1 Fig. 13/j. — Ancienne ferme flamande(1).
- netre chez les cultivateurs de la
- Elandre sablonneuse et les efforts nombreux, tentés pour leur faire adopter la coopération, n’ont obtenu jusqu’à présent qu’un succès relatif. Le prix élevé de la terre est cause que le nombre des petits propriétaires diminue; le faire valoir direct fait place à la location; quant à l’exploitation en régie et au métayage, ils 11’existent pas dans la région.
- Pommes de terre. — La variété de pommes de terre la plus cultivée est la « Seguin w ou cc Lilloise ». Elle est excellente dans les sols de qualité moyenne. La t Vaetjes», précoce et sensible à la maladie, est d’un très bon rendement dans les terres fortes; elle est tout particulièrement estimée dans les polders De très bonne quali(é et d'un rendement rémunérateur, la « rouge?? demande un sol sablo-limoneux. Seule la ceRykmaken? communément appelée rrGroem» résiste à la maladie et ne nécessite pas l’emploi de bouillie bordelaise; elle est
- (,) Clichés extraits ainsi que les clichés des figures 138 et i3<) du Comice agricole d’ilerzele. J. Vaiulerpoorten, éditeur, à Gand.
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- 57/i
- IMPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- Je qualité inférieure; on l’emploie surtout pour la nourriture du bétail.
- La pomme Je terre se cultive, après le seigle suivi Je navets, ou après l’avoine. On la plante sur fumier Je ferme un peu après l’hiver.
- Seigle. — La culture Ju seigle est très commune dans la région dont les terres légères lui conviennent particulièrement. La variété indigène est la plus répandue. Dans la rotation, en terres légères, le seigle s’accommode de toute place; il vient, le plus souvent, après les pommes de t<*rre.
- Les semailles se font lin septembre ou octobre, presque toujours a la volée.
- Navet. — Aussitôt après la récolte du seigle, on retourne les chaumes et on sème les navets; c’est une culture très importante pour les terres sablonneuses.
- Les navets ronds à collet vert ont une bonne valeur alimentaire; leur rendement est satisfaisant. Les navets longs sont très aqueux, de qualité inférieure, mais d’un rendement très élevé.
- Betterave fourragère. — Elle se rencontre un peu partout dans la région. La jaune longue prédomine; elle est vigoureuse et de bonne production. On fume fortement, d’abord au fumier de ferme qu’on enfouit au printemps à raison de 25,ooo a 3o,ooo kilogrammes à l’hectare, puis au purin et aux engrais chimiques.
- Trèjle rouge. — Le trèfle rouge se cultive beaucoup. La semence préférée est celle de Sokeren.
- C’est l’avoine, parfois le froment, qui sert aujourd’hui le plus souvent de culture protectrice.
- Froment. — Dans les bons sables et surtout dans les terres sablo-argileuses, le froment entre régulièrement dans les assolements. Il vient le plus souvent après la betterave fourragère ouïe trèfle; lorsque ce dernier a bien réussi, on se contente de le retourner après la seconde coupe, et on sème, sans fumer à nouveau. Lorsque le froment succède à une racine, le sol reçoit, par hectare, de 20,000 à 30,000 kilogrammes de fumier, puis, généralement après l’hiver, du purin ou des engrais chimiques.
- Prairies. — Les prairies naturelles occupent une partie considé-
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- BELGIQUE.
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- rable des Flandres sablonneuses. Très basses, ces prairies sont, en hiver, fréquemment sous beau.
- Akdenne. — L’Ardennc forme une large bande de terrain d’une superficie d’environ 4 2 0,000 hectares, allant de la ce baraque Michel», où elle a son point culminant (672 mètres), jusqu’à la frontière française. C’est la région la plus froide et la plus pluvieuse de la Belgique; on compte, en moyenne, de ho à 5o journées de neige par hiver.
- Le sol est ordinairement léger et d’une grande perméabilité; l’humus, qu’il renferme en assez forte proportion, lui donne une certaine consistance. La couche arable est riche en azote, pauvre en chaux et en acide phosphorique; elle renferme de la potasse en telles quantités qu’on 11’est presque jamais amené à recourir à l’emploi des engrais potassiques. Il existe encore de grandes étendues de terres incultes. Les forêts de hêtres, de chênes et de résineux sont nombreuses.
- Le faire valoir direct est très usité. Le nombre des petits propriétaires augmente sans cesse; car l’Ardennais a l’amour de la terre et s’impose pour l’acquérir de durs sacrifices. Bon nombre de cultivateurs exploitant des surfaces trop grandes ne peuvent cultiver qu’extensive-ment.
- Les cultures dominantes sont le seigle, l’avoine, les pommes de terre et les fourrages.
- Seigle. — Les sols légers de la région sont du reste tout particulièrement propices au seigle; sa culture est très répandue; elle le serait davantage encore si l’on n’avait parfois des difficultés à trouver acquéreur pour le grain et si le trop grand froid et les gelées tardives ne détruisaient, dans certaines années, une grande partie des embla-vures. Les variétés les plus cultivées sont le seigle indigène et le seigle de Bussie; ce dernier est productif, mais l’épi s’égrène facilement; il fournit un beau grain; sa paille est abondante; mais dure et cassante. Les champs d’expériences ont introduit le seigle de Schlanstedt, productif dans les bonnes terres (longs épis, beaux grains, paille assez longue). Le seigle de Suède qui produit bien et résiste au froid conviendrait tout particulièrement. Enfin, le Bannett qui a de grandes analogies avec le Schlanstedt et paraît être une variété d’avenir.
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- 57 r»
- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- En i8y5, 1896 et 1897, on s’est livré à tonte une série d’expériences sur les rendements de ces divers variétés; en voici les résultats (par hectare).
- GKAINS. PAII.LKS.
- kilogr. kilogr.
- du pays............................ 2,098 5,5o4
- 1 géant de Russie.................... 2,200 6,945
- Seigle | de Schlanstedl................... 2,4/17 5,886
- I de Suède........................... 2,43o 5,544
- v Bannett............................ 2,600 6,45o
- Le fumier de ferme (3o,ooo à 5o,ooo kilogrammes à l’hectare) et le phosphate tribasique (1,000 à i,5oo kilogrammes à l’hectare) sont surtout employés. On peut remplacer le phosphate naturel par du superphosphate (5oo kilogrammes par hectare). Enfin, parfois on a recours, au printemps, au nitrate de soude (100 à i5o kilogrammes par hectare) et on applique de la chaux aux terres de défrichement.
- Avoine. — L’avoine s’accommode très bien du sol et du climat de l’Ardenne, où sa culture est très rémunératrice. On cultive les avoines indigènes, blanche et noire, la crMerveilleuse de Suède», la crBlanche de Ligovvo » et la crTartarienne noire ». Le rendement moyen, par hectare, est de 2,000 kilogrammes de grains et de 3,000 a 3,5oo kilogrammes de paille. Les variétés indigènes, surtout l’avoine noire, conviennent pour les terres de défrichement; mais leur puissance germinative laisse souvent à désirer.
- En petite culture, l’avoine succède au seigle ou a la pomme de terre; on la sème parfois sur jachères, avec engrais chimique. En grande et en moyenne culture, on laboure comme pour le seigle. On épand du superphosphate avant le semis et parfois, en outre, du nitrate de soude avant le dernier hersage. On sème a la machine, à raison de 100 à 176 kilogrammes de semence à l’hectare. Les semailles se pratiquent du 2 5 mars au icrmai.
- Pommes de terre. — La pomme de terre réussissant bien dans l’Ar-denne, sa culture y est très répandue. Les variétés cultivées sont nombreuses. Le rendement moyen varie de i5,oooa20,ooo kilogrammes
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- BELGIQUE.
- 577
- par hectare; ii atteint et dépasse même 26,000' kilogrammes pour les variétés fourragères. On plante du 20 mars au icl' mai; 011 emploie de 1,800 à 2,000 kilogrammes de plants à l’hectare. La fumure complète est de 4o,ooo à 5o,ooo kilogrammes de fumier à l’hectare; avec une demi-fumure, le sol demande, en outre, 300 à (100 kilogrammes d’engrais composés. Si l’on ne fait pas usage de fumier, il faut, soit de koo à hoo kilogrammes de superphosphate, ou de 800 à 1,000 kilogrammes de phosphate basique, additionnés de 200 à 2ho kilogrammes de nitrate de soude.
- Prairies. —L’Ardenne convient tout particulièrement a la production des plantes herhagères, dont la fréquence et l’abondance des pluies favorisent la naissance et que la rigueur et la longueur de l’hiver n’entravent pas. Malheureusement les cultivateurs ne prenant pas tous les soins voulus pour la culture des herbages, la valeur de ceux-ci laisse souvent à désirer.
- Gondhoz. — De la pointe du Hainaut à la Yesdre, le Condroz, si intéressant au point de vue agricole, forme une bande large de 2 5 kilomètres en moyenne et longue de 12b kilomètres. C’est une région de grande propriété et de grande culture. L’assolement triennal, imposé par presque tous les baux, domine; la rotation est généralement la suivante : jachère, grains d’hiver, grains de printemps.
- Epeaulre. — Moins exigeant que le froment, l’épeautre est surtout répandu dans les parties les moins fertiles (Famenne et Fagne). L’épeautre blanc barbu est le plus communément cultivé. Le rendement moyen est de 1,800 kilogrammes de grain vanné, avec 2,500 kilogrammes de paille. L’épeautre succède à la jachère, aux légumineuses et aux racines. Les semailles commencent dans la seconde quinzaine de septembre. L’engrais généralement employé est le fumier de ferme.
- Froment. — Le froment, dans les bonnes terres, remplace l’épeautre. On donne la préférence au Hallet roux qui a une production très régulière en grain et en paille (en moyenne 2,000 kilogrammes de grain et 3,ooo kilogrammes de paille). Les ensemencements ont lieu, soit à la volée, soit en lignes, à raison de 160
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- à sou kilogrammes par hectare, du e<> septembre au îo octobre. Le froment vient sur une bonne fumure organique (la seconde coupe du trèfle rouge qui le précédé immédiatement dans la rotation est souvent enfouie comme engrais vert); on complète la fumure organique avec du superphosphate (en moyenne ooo kilogrammes à l’hectare ).
- Seigle. — Le seigle est une des cultures les plus répandues dans la région. Il présente, du reste, bien des avantages. Les terres légères, nombreuses dans la contrée, lui conviennent. Précoce et poussant rapidement, les réserves d’eau de l’hiver lui permettent de résister à la sécheresse de l’été. Le trèfle vient bien avec lui et fournit pour l’arrière-saison, quand les aliments verts sont rares, un fourrage précieux. Le seigle indigène est le plus répandu. 11 est semé, à raison de î 5o à î 8o kdogrammes a l’hectare, pendant la première quinzaine de septembre, sur jachère ou après pommes de terre. Outre le fumier, on emploie presque toujours de l’engrais phosphaté (par hectare : 3oo à boo kilogrammes de superphosphate ou 8oo ou 1,000 kilogrammes de phosphate tribasique). Grâce à ces engrais, la production moyenne est aujourd’hui de i,8oo kilogrammes de grain et de â,ooo kilogrammes de paille par hectare.
- Betterave fourragère. — La culture de la betterave fourragère se répand. La plantation a lieu dans la première quinzaine de mai. Grâce à l’emploi, comme engrais, de superphosphate et de nitrate de soude, la production moyenne est de 5o,ooo à 60,000 kilogrammes par hectare; en bonnes années, le rendement a dépassé qo,ooo kilogrammes.
- Trèfle. — Le trèfle rouge occupe un rang très important; la Famenne notamment est réputée pour la production de ses graines de trèfle rouge et blanc. On sème le trèfle dans l’avoine ou dans le seigle à raison de tâ a î 5 kilogrammes par hectare. L’application, pendant l’hiver, du fumier sur les trèfles à faucher, est d’un usage courant.
- Sainfoin. — Les terrains pierreux, difficiles à labourer, sont réservés au sainfoin, celui à une coupe est préféré. Le rendement moyen est de 3,ooo kilogrammes par hectare.
- Luzerne.— La luzerne, notamment la luzerne de Provence à fleurs
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- violettes, est plus répandue encore que le sainfoin. Gomme lui, elle est cultivée hors d’assolement. Elle fournit environ deux ou trois coupes, soit en moyenne 7,000 à 8,000 kilogrammes de fourrage sec par hectare.
- Prairies. — On a créé beaucoup de prairies; les engrais phosphatés ont contribué puissamment à leur réussite.
- Pays de Heuve. — De très faible étendue, le pays de Herve, situé dans la province de Liège, sur la rive droite de la Meuse, au nord de la Vendre, est formé d’une série de plateaux ondulés dont les versants les plus raides sont généralement boisés. La température y est douce, et la quantité d'eau tombée, abondante. Les magnifiques haies vives qui entourent les champs donnent à la région un aspect riant; entretenues avec soin, ces haies sont étêtées de façon qu’il en reste toujours une partie qui puisse abriter le bétail pendant les fortes chaleurs. Au total, le pays de Herve ressemble aux comtés herbagers du centre de l’Angleterre.
- La couche végétale est riche en matière organique, pauvre en calcaire.
- Sobre et laborieux, le cultivateur est très souvent propriétaire du bien qu’il exploite, encore que la valeur foncière des prairies varie de 5,ooo à 10,000 francs l’hectare. Le faire valoir indirect se pratique par fermage (dont le prix est assez élevé). Les sociétés agricoles (comices, syndicats pour l’achat en commun de matières fertilisantes et de denrées alimentaires pour le bétail, assurances contre les accidents du travail et contre la mortalité du bétail) sont prospères et leur nombre s’accroît. Les prairies sont riches; le lait et le beurre, réputés; les fruits se vendent assez bien. La réunion de ces diverses conditions heureuses a donné naissance à l’adage du Hervien : ccII n’y a qu’un Herve au monde, v
- Le pays est divisé entre les prairies et les vergers.
- Les prairies sont alternativement pâturées et fauchées; les regains sont généralement pâturés. La même prairie est fauchée pendant trois années consécutives (4,000 à 6,000 kilogrammes de foin en première coupe, par hectare). Le fumier d’étable est épandu.au furet â mesure
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- A OU I CULTURE.
- de sa production sur les prairies à foin; si la quantité de fumier est su disante, on fume également les prairies pâturées.
- Les arbres fruitiers cultivés sont les pommiers et les poiriers. Les fruits de premier choix, sont exportés en Angleterre. Les plantations se font actuellement de 1 2 en 1 2 mètres environ; le sol, préalablement défoncé, reçoit du terreau ou des déchets de laine. Gomme fumure, 011 emploie généralement du purin, parfois du fumier; on n’a jamais recours, ce qui est un tort, aux engrais chimiques. Les arbres sont protégés par des corsets formés de trois pieux en mélèze entourés de ronces artificielles.
- Gampisne. — La Gampine comprend tout le Nord-Est de la Belgique; le climat y est, en hiver, presque aussi rude que dans l’Ar-denne; il est, en outre, très chaud en été. Une notable partie du pays est couverte de bruyères dont le défrichement se poursuit lentement. Le drainage par rigoles à ciel ouvert est de pratique courante. Enfin les irrigations établies le long du canal de la Gampine ont été installées avec grand soin.
- Pays de petite culture par excellence, la Gampine a vu se fonder, dans ces derniers temps, de nombreuses associations agricoles, auxquelles 011 doit la diffusion de méthodes rationnelles de culture.
- La diversité des sols est cause que les cultures et le système de rotation varient notablement d’un point à l’autre. Seuls, le seigle, la pomme de terre, l’avoine, le navet et la spergule sont communs à toute la région.
- Seigle. — Le seigle est la principale céréale de la Gampine. La variété la plus répandue est celle dite de Campine. Des expériences ont montré quelle l’emportait sur les variétés étrangères, tant pour la production du grain, que pour celle de la paille. On emploie comme engrais du fumier de ferme; 10,000 à i5,ooo kilogrammes par hectare sont suffisants, quand le seigle succède à des trèfles ou à des pommes de terre; 1 5,ooo 026,000 kilogrammes sont nécessaires, quand on le sème deux ans de suite ou après une autre céréale.
- Avoine. — E11 Gampine, c’est l’avoine qui occupe, après le seigle, la place la plus importante dans les assolements; elle est plus exi-
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- géante que lui sons le rapport de la fraîcheur du sol. Les terres à Irofle lui conviennent particulièrement. L’avoine indigène est la variété la plus cultivée; l’avoine de Suède est également assez répandue. L’avoine succède, le plus souvent, à une culture dérobée: navets, spergules, etc. La folle avoine, qui s’accommode mieux que l’avoine du manque de fraîcheur du sol, est une ressource précieuse pour les terres pauvres; dans le Nord de la Gampine limbourgeoise, elle occupe les deux tiers des emblavements.
- Pommes de terre. — On trouve en Gampine des variétés de pommes de terre très différentes. Le fumier d’étable (20,000 à 3o,ooo kilogrammes à l’hectare) est le plus employé.
- La pomme de terre hâtive constitue une culture très rémunératrice, mais qui demande des soins minutieux. Le sol doit être bien labouré. On n’emploie pas moins de A0,000 kilogrammes de fumier de ferme à l’hectare auquel on ajoute du guano, de la colombine, des germes de malt et des engrais chimiques, notamment du nitrate de soude.
- Spergule. — La spergule est, pour la Gampine, une plante fourragère précieuse. Elle agit favorablement sur la sécrétion laitière. Le beurre dit de spergule est pur; son arôme est très prisé.
- La spergule vient dans les terres pauvres; il y en a deux variétés : la spergule ordinaire et la spergule géante; cette dernière est plus exigeante et, partant, beaucoup moins répandue. Dès que le seigle est coupé et que les gerbes sont réunies en dizeaux, on prépare le sol pour la spergule; un labour peu profond et deux hersages (l’un avant, l’autre après les semailles) suffisent. Les semis s’effectuent à la volée, assez drus (à l’hectare : i5 à 20 kilogrammes de grains, pour la spergule ordinaire, et 25 à 3o, pour la spergule géante).
- En outre, presque tous les fermiers ensemencent en avril de petits lopins, dont la récolte est donnée au bétail en juin et juillet; c’est à la même époque que l’on sème la spergule destinée à la production des semences.
- Navets. — Le navet est, en Gampine, durant l’hiver, le seul aliment frais du bétail. Les deux principales variétés sont le navet rond à collet vert et le navet long à collet violet. Dès qu’est faite la coupe du seigle qui précède le navet, on procède au déchaumage ; puis, après
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- AGRICULTURE.
- deux hersages séparés par un labour, on sème a la volée, a raison de 3 à 5 litres de graines a l'hectare.
- Lupin. — Le lupin occupe tous les ans une place de plus en plus importante dans les cultures. On y a recours pour restaurer les terres appauvries des déboisements. On le sème aussi en culture dérobée, après le seigle. Dans les deux cas, il est enfoui en terre, connue engrais vert.
- Pois. — Dans les environs de Malines et de Louvain, la culture des pois hâtifs a pris une grande extension. Le fumier de ferme est préféré. Quand le temps est favorable, on plante les pois hâtifs fin janvier et les «Krombckkew commencement de mars. La récolte commence vers la mi-juin.
- Asperges. — Depuis une dizaine d’années la culture do l’asperge (asperge commune et asperge dite cVArgent\euil) s’est beaucoup développée dans le nord du Brabant.
- Prairies. — Les prairies sont nombreuses en Garupine, où le bétail est la principale source de revenus. La plupart occupent les terres trop humides pour être cultivées. Il y a également de belles prairies irriguées le long du canal de la Campine.
- On trouve, en outre, beaucoup de prairies soumises à la vaine pâture.
- C. LE CHEVAL BELGE.
- GIIEVAL DE GROS TRAIT. — CHEVAL DE TRAIT LEGER. - IMPORTANCE DES TRANSACTIONS.
- La Belgique a deux types de chevaux indigènes : les chevaux de gros trait et les chevaux de trait léger.
- Sous-variétés des flamands, généralement plus courts et plus massifs que nos boulonnais, les divers chevaux belges de gros trait^ sont ceux du Fumambacht, les Hennuyers, les BrabançonsDéjà fort beaux, ces divers modèles qui ont entre eux de grandes ressemblances sont
- (1) C’est l’un deux, le fameux Rêve d’or, véritable colosse alezan, qui, au concours international de Vincennes en 1900, a emporté le grand championnat (étalons) entre les races de trait françaises et étrangères.
- (2) rrLe cheval brabançon, c’est la race naturelle que les cultivateurs du centre de la
- Belgique, et notamment ceux du Brabant, multiplient et élèvent avec tant de succès pendant des siècles. Ce cheval représente le type le plus parfait du puissant moteur à l’allure lente ; c’est un colosse dans l’espèce chevaline. 1 (Ad. Bout, professeur de zootechnie à l’Ecole de médecine vétérinaire de l’Etat, à Cureghem.)
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- BELGIQUE.
- chaque jour encore perfectionnés, grâce à l’émulation qu’a développée, parmi leurs éleveurs, la Société nationale des éleveurs belges. Leur masse et la solidité exceptionnelle de leurs membres les font rechercher dans les divers pays d Europe et aux Etats-Unis et, aux concours annuels, le chiffre des achats auxquels ils donnent lieu s’accroît chaque année. Moins volumineux que le brabançon, le Condrozien est us énergique et peut trotter. Malheureusement cette variété, qui fut très estimée, se perd. LiArdennais belge est une variété de la race française de ce nom. Nous reprodui-
- JL
- d’un ardonnais, Spirou, auquel, est revenu en 1900 le championnat des races françaises de trait. Enfin je veux signaler dans le Hainaut et la province de Na-mur certains chevaux sont cependant pas mauvais comme chevaux de trait.
- Si les encouragements donnés à l’élevage du cheval de gros trait ont produit des fruits, il n’en est pas de même des efforts tentés en faveur de la production du cheval de trait léger. Un règlement, notamment, défend de présenter une jument à un étalon n’ayant pas été, par les commissions d’examen, jugé apte à faire la monte. Malheureusement les petits éleveurs, les cultivateurs ne comprennent pas assez Futilité de cette prohibition et trop souvent l’étalon qui se trouve être le plus voisin de leur ferme leur paraît satisfaisant. C’est ainsi qu’en 1908 la commission chargée des achats pour le service de l’artillerie ne dut pas examiner moins de 800 chevaux avant d’en trouver 200 à sa convenance.
- sons la photographie
- Fig. i36. — Spirou, étalon bai.
- Hauteur, 1 ni. 56; né en 1897; appartient à M. Mathieu, à Bastogne; lauréat du championnat des étalons de races de trait françaises, au Concours international de Vincennes en 1900.)
- lourds, mais à l’arrière moins faible, qui ne
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- On élève des chevaux de trait léger dans toute la Belgique, mais le Sud-Est est le centre de production le plus important. Les principaux types sont le Condrozien, le Brabançon, YArdennais. Ce dernier a joui, pendant longtemps, d’une grande et méritée réputation. D’un modèle un peu restreint, on a pu justement dire de lui que «sa vigueur, sa résistance et sa rusticité étaient légendaires?*. Malheureusement, depuis une trentaine d’années, ce type intéressant a tendance à disparaître. D’une part, les meilleurs reproducteurs ont été exportés; d’autre part, on tenta des croisements. Avec le brabançon ils ont donné un cheval plus grand et plus doux que l’ardennais, mais moins résistant. Pour terminer cette courte étude du cheval belge, voici le relevé des transactions effectuées sur les marchés et les foires de Belgique, en 1898:
- NOM IIRK. PRIX MOYEN.
- Chevaux adultes..................... 63,289 699 francs.
- Poulains............................ 16,70 U A 9 A
- D. INSTITUTIONS UN FAVEUR DE L’AGRICULTURE ET DE L’ÉLEVAGE.
- MINISTÈRE DE L’AGIÎICüETURK. - INSTITUTIONS OFFICIELLES.
- ASSOCIATIONS D'INTERET AGRICOLE. — ASSURANCES AGRICOLES. — CREDIT AGRICOLE.
- ENSEIGNEMENT AGRICOLE.
- Institutions officielles. — Le Ministère de l’Agriculture qui comprend les services de l’agriculture, des eaux et forêts, de la santé, de l’hygiène, de la voirie communale et des ponts et chaussées a un budget de 26 millions environ. Parmi les comités consultatifs qui y ressortissent citons : le Conseil supérieur de Vagriculture, le Conseil supérieur des forêts, le Comité de mariculture, la Commission de pisciculture.
- Les agronomes de l’Etat sont au nombre de 11 ; ils ont, notamment, la direction des champs d’expériences qui sont installés dans chaque province et servent d’intermédiaires entre les cultivateurs et les sept laboratoires agricoles, qui exécutent, d’après un tarif établi par le ministère, toutes les analyses susceptibles d’intéresser l’agriculture. Outre ces laboratoires,l'Etat a créé, à Gembloux, une station agronomique chargée des recherches de chimie et de physiologie végétale et animale qui a pris, depuis quatre ans, le nom d’institut bactériologique.
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- Laiteries coopératives
- ( 31 Décembre 1898.)
- Nombre de laiteries coopératives constituées 258.
- Nombre de laiteries coopératives en activité .. 237
- outillage à la vapeur-85 outillage à bras. ...I 52.
- Nombre de membres des laiteries en activité 24.519. * * n r i i\ FA
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- Nombre do vaches possédées par ces membres 71.443,
- Valeur des produits vendus par les laiteries en 1898.... 12.802.785 francs.
- Légende.
- o Laiteries, outillage à bras .
- X Laiteries, outillage à lavapeur.
- Sociétés mutualistes
- D'ASSURANCE DU BETAIL.
- ( 31 Décembre 1898.)
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- Nombre de mutualités d’assurance / Sociétés reconnues.....4-15
- = 509.
- des bêtes bovines \ _______id___ non reconnues... 94
- des Sociétés reconnues 39.927
- Nombre de membres........4 — 49.578.
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- les Sociétés reconnues. 144.863 Nombre de bêtes bovines assurées par J = 169.859.
- ( __id_non reconnues 24996
- j les Sociétés reconnues. _38.881.M8 I _id_non reconnues.8.477,681
- Capital assuré par 7 — 47.358.799.
- Légende.
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- INSTITUTIONS
- DE CRÉDIT AGRICOLE.
- (31 Décembre 1898.)
- Nombre de Caisses Raiffeisen....199,
- Nombre de prêts consentis en 1898.. 1933.
- Montant des prêts 740.424francs.
- Nombre de Caisses centrales deCrédit agricole.. 6, Nombre de prêts consentis en 1898 23.
- Montant des prêts.40.228 francs .
- Nombre d'ouvertures de crédit cautionnées par elles..42, Montant de ces ouvertures de crédit... 134.776 francs.
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- Nombre de Comptoirs agricoles... 9.
- Nombre de prêts cautionnés par eux en 1898 . 168, Montant des prêts.......1.037,150 francs .
- Nombre de Banques Schulze-Delitzsch.......2 .
- Nombre de prêts consentis par elles en 1898...........144.
- Montant des prêts... 106.808 francs.
- Légende.
- Les Caisses Raiffeisen,
- Les Banques Schulze-Delitzsch.
- Les Caisses centrales de crédit agricole. Les Comptoirs agricoles.
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- BELGIQUE.
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- Associations d’intérêt agricole. — Une intéressante enquête fut faite en Belgique, en 1899, sur les associations d’intérêt agricole; c’est à cette enquête que nous avons emprunté les chiffres que nous reproduisons pages 586 et suivantes.
- Unions professionnelles agricoles. — Une loi du 3i mars 1898 permit aux unions professionnelles d’obtenir la personnalité civile; au 3i décembre 1898, trois unions agricoles avaient profité des dispositions de cette loi; au ier juillet 1899, sur65 unions professionnelles reconnues, on ne compte pas moins de 53 unions agricoles.
- Comices agricoles. — La Belgique est divisée en un certain nombre de circonscriptions agricoles, aux intérêts de chacune desquelles veille un comice. En 1898, les comices étaient au nombre de 5a, comprenant 2 5,7 A 2 membres, soit une moyenne de 169 membres par comice.
- Ligues agricoles. — Les ligues agricoles qui étaient, en 1898, au nombre de 607, comprenant près de 5 0,0 00 membres, sont des groupements libres de cultivateurs, formés pour l’étude et la défense des intérêts agricoles. Leur sphère d’action est très variable. Presque toutes sont affiliées à une organisation centrale. Le Boerenbond dont le siège est a Louvain groupe les ligues des provinces d’Anvers, de Brabant, de Limbourg et quelques ligues disséminées dans les six autres provinces; c’est la plus puissante des fédérations belges. Les ligues de la Flandre occidentale ont YEigenaars en Landbouwersbondvan Brugge; celles de la Flandre orientale, le Landbouwersbondvan Oost-Vlanderen; celles du Hainaut, la Fédération agricole du Hainaul; celles de la province de Liège, la Corporation de Notre-Damc-des-Champs de la province de Liège; celles du Luxembourg, la Ligue agricole Luxembourgeoise; celles de la province de Namur, enfin, le Syndical agricole de Y Enlrc-Sambre-et-Mcuse namur ois.
- Sociétés agricoles. — Le nombre des sociétés agricoles augmente chaque année en Belgique d’assez notable façon : en 1897, 210 sociétés comptent 8,688 membres; en 1898, nous trouvons 227 sociétés et 9,826 membres. Ces sociétés, sauf 20, sont groupées en 8 fédérations.
- Sociétés horticoles. — Le nombre des sociétés horticoles est, contrairement a ce qui a lieu pour les sociétés agricoles, en décroissance.
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- D’autre part, la fédération qui les groupe n’a pas grande puissance. •L’enquête de 1898 a révélé l’existence de i3o sociétés d’horticulture, comptant 17,795 membres.
- Sociétés avicoles. — Sur les 29 sociétés avicoles (2,107 Membres) existant à la fin de 1898, sept sont affiliées à la Fédération nationale des Sociétés d’aviculture de Belgique et quinze à la Ligue ornithologique belge pour la protection des oiseaux utiles et la propagation de la science avicole.
- Syndicats pour l’amélioration de l’espece bovine. — Bien que les premiers syndicats pour l’amélioration de l’espèce bovine ne datent en Belgique que de 1897, on ne comptait pas, à la fin de 1898, moins de 187 syndicats avec 6,69/1 membres. 1/1,792 bêtes a cornes étaient, à cette date, inscrites à ces divers syndicats, dont plus de la moitié sont situés dans la Flandre orientale.
- Syndicats d’achat. — Les syndicats d’achat poursuivent plusieurs buts divers : achat de semences, d’engrais commerciaux, d’aliments pour le bétail, etc. Le tableau suivant donne, pour 1898, le résumé de leurs opérations :
- NOMBRE MONTANT DES ACHATS FAITS EN 1898.
- PROVINCES. de SOCIETES OU SYNDICATS. de MEMRRES. SEMENCES. ENGIiAIS. MATIÈRES ALIMENTAMES. MACHINES . AUTRES ACHATS.
- Anvers 80 7,212 francs. 7,100 francs. 392,010 francs. 495,210 francs. 1,010 francs. 19,080
- Brabant 89 6,813 1 i5,4oo 1,/|01,205 1,41/1,209 1 3,000 5,o5o
- Flandre occidentale. 3i 3,385 25,709 702,51 8 1 96,005 7i5 2,090
- Flandre orientale. . 39 4,oo5 1 5,4oo 416,314 096,002 708 6,095
- Iiainaul 53 3,207 57,60/1 592,107 3oi ,o45 3,48o 2,1 08
- Liège 89 6,220 73,5o8 1,900,690 i,56o,ioo i,55o 4o,6oo
- Limbourg 88 7*295 10,610 670,400 184,410 7,43o 9,080
- Luxembourg 97 8,750 3,o5o 384,680 6o,3o8 1,780 63,817
- Namur 36 1,860 8,3'io 164,410 95,607 5i 1 6,706
- Totaux 602 A 8,7 ^17 316,726 6,624,334 4,604,896 3o,i 84 1 5/i,6o5(1)
- Nota. Au nombre des sociétés ou syndicats, on distingue plusieurs coopératives et sections d’achat de comices :
- SECTIONS D’ACHAT COOPEHAT1VES. DE COMICES.
- Anvers..................... 9
- Brabant.................... fi
- Flandre occidentale.... a
- Flandre orientale...... a
- Hainaut................... i3
- Liège......
- Limbourg. . . Luxembourg. Namur.......
- SECTIONS D'ACHAT COOPÉRATIVES. DE COMICES.
- ifi
- 3 A
- . . a fi "
- Totaux.
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- (1) Ces achats consistent principalement en charbon et en épiceries.
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- BELGIQUE.
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- Il est à noter, d’une part, que les machines acquises par les comices ne figurent pas clans ce tableau, ces machines étant acquises pour le comice lui-même qui les prête seulement à ses membres; d’autre part, qu’il n’a été tenu compte des achats faits par les sections des ligues locales et par les comices qu’autant que ces achats ont été effectués sans l’aide d’une coopérative.
- Fig. 138. — Vue d’ensemble des installations d’une laiterie coopérative.
- Laiteries coopératives. — J’ai déjà eu l’occasion de dire la grande et salutaire impulsion donnée par la coopération à l’industrie laitière belge. Le tableau suivant indique l’exacte situation des laiteries coopératives, à la fin de 1898.
- PROVINCES. NOMBRE MONTANT DES VENTES EN 1 898.
- de I.A1TBHIES consti- tuées au 31 décembre 1898. de LAITERIES en activité au 31 décembre 1898. de MEMBRES des laiteries en activité. de VACHES possédées par les membres. LAIT. BEURRE. AUTRES PRODUITS l1). FROMAGES.
- francs. francs. francs. francs.
- Anvers 1 2 11 59 fi 2,3Gl 70,620 518,13 fi 2,8 1 1 //
- Brabant. :ïo 2 4 i,357 fl,8 fl 3 58,2 17 1,1 44,689 877 43,800
- Flandre occidentale. 5 5 83a fi ,018 // 1,062,778 II //
- Flandre orientale. . 3 7 3 7 i,83ç) 5,316 8,574 1,576,854 4,5o3 6,9.33
- Hainaut 29 21 2,098 6,671 3,355 1,914,862 4,092 90°
- Liège 9 7 66/1 3,6oo 3,578 660,078 12,000 67,449
- Limbourg 80 76 3,2 34 9,358 1 ,o3o 1,376,886 9,1 32 //
- Luxembourg 56 56 17,808 32,gfifi // 3,858,oi 4 19,608 1,663
- Namur 10 1 0 1,09.3 2,fl 32 n fn 5,319 4 2 4 M°7
- Totaux aü8 257 2 /1,51 y 7i,fifi3 125,372 12,507,614 52,947 11 6,862
- (9 Ces produits consistent généralement en lait écrémé.
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-
- 588
- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- Distilleries coopératives agricoles. — Au Bi décembre 1898,43 distilleries coopératives agricoles étaient constituées, comprenant 880 membres, dont chacun exploitait une superficie moyenne de 7 hectares 96 ares. Le montant des parts sociales souscrites était de près d’un million et la valeur des flegmes vendus dans l’année de près de h millions.
- À s su rance du hétatl. — Nombreuses en Belgique, les sociétés d’assurance du bétail se développent, chaque année, de façon notable.
- La Flandre occidentale possède, depuis 1887, un fonds d’agriculture c nsacrant le principe de l’assurance générale et obligatoire des espèces chevaline, bovine, asine et porcine. Il est accordé des indemnités pour les cas d’abatage par ordre de l’autorité et de rejet de viande, comme impropre à la consommation.
- FONDS D’ASSURANCE ORLICATOIRE DU DETAIL DE LA FL \ N DRE OCCIDENTALE.
- Nombre d’animaux assurés :
- i° Chevaux cTun an cl au delà.......................... 31,5^131 oo°
- 2° Rètes bovines de 3 mois et au-dessus.................... 2/19,287 00
- 3° Mulets et bardots d’un an et plus..................... 2,358 00
- k° Anes d’un an et plus........................................ 636 00
- 5° Moutons de 3 mois et au-dessus........................... 19,230 00
- Totai............................. 3o3,oo/i 00
- Produit des taxes :
- Race chevaline, à raison de o fr. 5o par tête d'un an et plus. 1 5,77 l1 5oc
- Race bovine, à raison de o fr. 2 5 par télé de 3 mois et
- au-dessus................................................... 62,292 2b
- Mulets et bardots, à raison de o fr. 3o par lé Le d’un an
- et plus........................................................ 708 00
- Anes, à raison de o Ir. i5 par télé d’un an cl plus................ 9b ào
- Race ovine, à raison de o fr. o3 par tête de 3 mois et au-dessus, avec minimum de o fr. i5 par article de perception.......................................................... 107 82
- Totai................................ 79,570 h 7
- Montant des indemnités accordées : nom bru du ois. total.
- Chevaux (maximum d’indemnité: 60 francs).. . 325 19,2/15' 90e
- Mulets (maximum d’indemnité: 20 francs). ... 10 3oo 00
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-
-
- BELGIQUE.,
- 589
- Anes (maximum d’indemnité : 20 francs)
- Bêtes bovines
- Moutons
- cas ordinaires.................
- tuberculeuses (à titre de supplément d’indemnité)..............
- charbonneuses (à titre de supplément d’indemnité)..............
- m
- iOTAUX
- IiK DK (US. TOTAL.
- 5 951 00'
- 960 86,660 8 9
- 0 00 2 333 71
- 108 2,839 83
- 55 873 87
- 1,696 112,329 25
- Avoir au 10,1 janvier 1899................................. 1,368,373* 26e
- Intérêts en 1898........................................... 68,101 65
- Frais d’administration en 1 898............................ 20,539 ^
- Dans la province d’Anvers un fonds d’assurance des bêtes à cornes fut créé en 1899; tout d’abord obligatoire, l’assurance est devenue facultative depuis 189G et les marchands de bestiaux n’ont plus été admis à assurer. Le fonds accorde des indemnités dans presque tous les cas de mortalité.
- FONDS D’ASSURANCE LIBRE DU BETAIL DE LA PROVINCE D’ANVERS.
- Nombre de détenteurs alïiliés au fonds................... 7,962
- Nombre d’animaux assurés (bêtes bovines ayant au moins
- deux dents)............................................ 2 1,332
- Valeur des animaux assurés.................................7,685,600* 00e
- i-i -, ,, ( de la tuberculose et du
- Monlant des indemnités accordées charbon................. 5.,,836 oo
- pour perles résultant.......... ,, ™ ‘ 0.
- ( dautres allections . . . 06,236 oo
- Total.......................... 1 2 5,066 oo
- Frais d’administration................................... 6,/119 86
- Total général.................. 131,483 86
- Produit des primes........................................... 71,699' 69e
- Subside ( provincial..................................... 26,000 00
- \ du Gouvernement.......................... 8,000 00
- Indemnités payées par le Gouvernement pour des sinistres
- résultant de la tuberculose ou du charbon.................. 67,286 00
- Intérêts des fonds placés........................................ 320 00
- Total.............................. i52,o85 69
- Les sociétés mutualistes locales ont permis à leurs membres de contracter Jes assurances détaillées aux tableaux ci-après.
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-
-
-
- K\POSITION l)K 1900.
- A OU ICI LTl U K.
- .VJO
- SOCIETES MUTUALISTES LOCALES D’ASSIIUNCE
- I’IIOVI NUES.
- NOMBUE DE MEM1JKES PERTES
- NOM Eli K \ U.MB RE VALEUR TOTALE NOMBRE ou lu liamle
- " a été déclarée
- DE SINISTRES
- .1.' ÜMMM A 1 X des totalement
- impropre
- . , EFFECTIFS. HONORAIRES. ,
- SOCIETES. ilsSUI'CS. ANIMAI \ ASSI MES. on i8y8. à la consomma
- tion.
- francs.
- I. Sociétés
- Amers AS A,iA:5 2 64 13,a3o A, /17 A, 8 G 0 A 5g 153
- Brabant 0" 8,463 f\ ï> r> H '771 T" CO 59 5 (5 2 1 23
- Flandre occidentale .... S 91 4 (5(5 5,(ina i,792,5ô5 83 » 7
- Flandre orientale i 54 16,762 8()2 51,07 A 17,oo7,gAo 1,37,5
- Maillant 05 i,:i7a 7' 3,060 979, <58o (il 1A
- Liège >9 1 ,0<)3 9r> A.780 1.528/100 i3a 2 9
- Liinbourg 8o (5.(5.') 3 2 Ao 18,-197 5,5A8,ooo Ai 8 3 00
- Luxembourg î 3 a // ">9 17,82.0 3 //
- Nniutir 2 5o3 0 0 79° 244,998 iA U
- TôtAiv \ l f) 39.937 2,066 11 4,863 38,881,118 3,106 848
- Anvers a 3 3,319 5 A
- Brabant 1 7 1/19.5 :> 1
- Flandre occidentale. . . . 1 15o A
- Flandre orientale :î7 3/10(5 r,9
- Hainaut II II i!
- '•««•r 3 . ‘î 9° 8
- Luxembourg II 1,11)1 // 03 //
- Nanmr II II //
- Totaux g'1 9,651 a 3 < )
- [I. Sociétés
- 7,353 2, A 85,31 A >5 7 53
- 3,i A 9 1,291,160 9a îG
- A19 13 A,o8o 7 3
- 1 o,o(>3 3,360,987 3.4 •>9
- II II II U
- 729 a33,i o5 2 7 A
- 3,2 83 g83,oA5 r,9 1
- II II // il
- II // II //
- 2C99G 8/77,(581 (i5G 156
- Récapi
- Sociétés reconnues 09,927 2,o5(5 114,8(53 00 CO 00 00 3,106
- Sociétés non reconnues.. 9 4 9,651 2.3g 2 A,996 8,477,681 656
- J Totaux généraux.. 5°y CO L"» 2,296 13g,8 5g 47,358,799 3,762
- B EL (ï [QUE.
- ;>91
- CONTRE LA MORTALITE DES BETES BOVINES.
- s PERTES pour lesquelles ' le Couverne- , ment J a aceordé ! des i indemnités. 1 NOMBRE DE SINISTRES résultant du vêlage. MONTANT DES INDEMNITÉS payées par les soriclés, déduction faite, des indemnités allouées par le (iouvernement et du produit de la viande des animaux sinistrés. FRAIS D'ADMINISTRA- TION (les sociétés. MONTANT DES VERSEMENTS perçus à la charge des membres effectifs ( cotisations, droits d’entrée, etc.). TALEüli TOTALE DK LA MANDE reprise par les membres. MONTANT (ies INDEMNITÉS payées par le Gouvernement. ACTIF DES SOCIÉTÉS au 3i décembre 1S98.
- i francs. | francs. francs. francs. francs. francs.
- RECONNUES.
- 1 0 1 1 91 35,385 1,667 35,864 54,420 1 5,1 o4 20,(19.4
- 63 260 82,011 1,73'2 78,30 1 6,379 9,(53o 5(5,283
- 17 lA 5,22 A 619 A/177 // 3,8i 3 4,290
- 1 66 5g3 98,760 5,0 2(5 71,687 2 1 8,869 2 3,100 87/129
- ! 4 33 7,435 463 7,7 6,2(55 A 9 3 1 i,5o3
- i 17 36 23,984 597 23,1 12 // 3,i 14 l(i,l73
- 54 1 68 66,627 1/349 53,385 7,346 7,609 A 7,073
- II // 363 r> 208 l 00 u 358
- // 1 1 3,oAo 7» 3,209 // ti t,5i 8
- A 2 2 1,3o6 312,729 11,809 278,00(5 292,879 62,863 2 45,321
- NON RECONNUES.
- 36 68 6,486 171 6,0 A 4 20,63o 5,110 3,4 16
- 6 ^ 7 13,458 455 1 2,194 2,291 1,126 11,1 53
- 1 928 2 70A U 128 378
- 3? 1'9 8,970 771 6,701 69,206 5,349 12,662
- // // // // II // u //
- A 1 1 0,177 13a 5,32 2 // 3 00 5,451
- 8 3 A 6,67.5 112 6,163 2,649 1,15o 4,9 48
- // // // // // // // II
- U // // // fl // II II
- 9 2 283 41,089 i,643 37,178 84,776 l3,l(Î2 37,3o8
- tulatiox.
- A 2 2 i,3 06 312,729 11,809 278,006 292,879 62,863 «45,321
- 92 283 41,589 i,643 37,178 84,775 12,162 3 7,3 08
- 5i A 1,089 354,318 13,452 3o5,i8 4 377,654 76,020 282,629
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-
-
-
- SOCIETES MUTUALISTES LOCALES D’ASSURANCE CONTRE LA MORTALITE DES CHEVAUX.
- en
- O
- NOMBRE MONTANT
- CZ DATES de VALEUR NOMRRE MONTANT FRAIS des ACTIF
- P—4 O •* SIÈGES NOMS auxquelles M E AI R R E S NOMH R E TOTALE (1 ‘ des INDEMNITÉS D'ADMIXIS- COTISA- TIONS des SOCIÉTÉS 0 l /
- CTï LES SOCIÉTÉS ONT ÉTÉ D'AMMAUX des T RATION perçues
- o es 7T, s K. D KS^SOC 1 ÉTÉS. c_ DES SOCIÉTÉS. RECONNUES par le Gouvernement. eflcc- lifs. hono- raires. assurés. animaux assurés. SIMSTHIÎS juhis. pav. es par les sociétés. des scciélés. ;i charge des* membres elle ‘tifs. au oi décembre 1898.
- francs. francs. francs. Ira ncs. francs.
- 1 Aerscolc (Flandre occidentale). .. . De Yeroenigde Lanbouwers.. . 22 août 1897. h 3 1 1 1 1 90,300 2 3a5 // '<98 1,197
- Lacune (Flandre orienlalc) Helpt U Zclven en de Homel
- znl IJ Helpen 3 novembre 1897. Go II 80 57,82 b 1 50 a 1 5 G 44 352
- o O Calcken (Flandre orientale) Eendraclut maakt Maclit 3i jan\ier 1898. 8 ^ 7 "7 11 /j,55o 1 G73 80 1,020 oc c* T"*
- 4 Heusdcn (Flandre orienlalo) Sint-Eligius 17 avril 1898. 38 3 G. /13,87b 1 Goo 5 *79 GG7
- 5 Wichelen (Flandre orientale) Sint-Marlensgilde 3o mai 1 898. 89 8 5*3 38,1 00 II // 87 G 3 8 840
- 6 Bassiüy (Hainant) L’Alliance des cultivateurs.. . . 3o mai 1 898 II // II a II // II // //
- 7 Berleaore (Flandre orientale) Sint-Martinus 3o juin 1898. 2 1 1 2 l 18,000 n // II 348 705
- 8 Overmcirc (Flandre orientale). . . . De Verbroederinrr 1er août 1898. b 5 1 GG 57/100 n // S? 5 7 3 771
- O O Zelc (Flandre orientale) > Sint-Eligiusgilde 8 décembre 1 898 II II H 11 n // II // //
- Destelbcrgcn (Flandre orientale). . 22 février 1898. II II II u u // n // n
- 11 Sna ( Lié "c ) La Spadoise ^ l\ 2 7 7 ü 3g, 000 h G 83 u 829 G88
- 12 Ath (Hainaut) Société d’assurance de l’Asso-
- ciation des détenteurs d’étalons du Hainauté'1) > II " II u n // n // II
- Totaux 38o a 8 58'1 /i5g,o5o 9 2,8/1 5 2/1/1 5,329 0,71G
- V/, y 1 VI
- O La société n’a commence ses opérations qu’au icr janvier 1899. — W La société n’a commencé ses opérations qu'au icr janvier 1899. — (3) Non reconnue. — 0) Non reconnue; fondée vers la lin de 1898.
- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
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-
-
-
- BELGIQUE.
- 593
- FEDERATIONS MUTUALISTES DE REASSURANCE DES RETES BOVINES.
- DÉSIGNATION UES FÉDÉRATIONS. NOJ de SOCIÉTÉS locales affiliées aux fédéra- tions. IBRE DE IlÊl'ES boviues assurées par ces sociétés. montant des INDEMNITÉS accordées pai- les fédérations. FRAIS D’ADMINIS- TRATION des fédérations. MONTANT des P H IM ES payées par lessociélcs affiliées. SUBS DE LA PROVINCE. DES DU GOUVERNE- MENT. ACTIF DES FÉDÉRATIONS au 3i décembre 1898.
- francs. francs. francs. francs. francs. francs.
- Caisse de réassurance du bétail
- de la Flandre orientale, à
- Gand 1 37 5o,t 98 09,275 2,025 2^999 1 5,000 1 0,000 //
- Caisse de réassurance du bétail
- de la province de Limbourg,
- à Iiasselt Ga 1 y 93 2 1.3,669 660 5,662 5,000 6,000 3,111
- Caisse de réassurance du bétail
- de la province de Brabant,
- à Louvain hl io,i56 9,163 163 6,56o // 6,000 1,3o3
- Totaux 266 75,286 GO O GO 2,828 36,021 20,000 22,000 6,616
- La dernière enquête sur les sociétés anonymes et cooperatives d’assurance du bétail, en Belgique, date de 1895. A ce moment ces sociétés étaient au nombre de 4 (une d’elles ne fonctionne plus, depuis 189G, l’assurance du bétail), ayant alloué, en indemnités, dans l’année, une somme de 31,1 92 francs.
- Assurance contre la grêle. — Il existait en Belgique, en 1895 —date de la dernière enquête sur ce sujet — 8 sociétés d’assurance contre la grêle (3 anonymes, 3 mutualistes et 2 coopératives). Les récoltes assurées par elles, pendant l’année, représentaient près de 6 millions de francs et le montant des indemnités qu’elles avaient payées s’élevait a 85,48o francs.
- Crédit agricole. — Les institutions de crédit agricole existant en Belgique peuvent se ramener à deux types différents : les comptoirs agricoles créés, à la suite de la loi du 18 avril i884, et les sociétés coopératives locales de crédit à responsabilité solidaire et illimitée des membres.
- Les institutions appartenant an premier type ne se sont guère mul-tipl iées. En effet, depuis l’année i884, dix comptoirs seulement ont
- AGRICULTURE. - I. 38
- IMPRIMERIE NATIONALE;
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-
-
- 59/i
- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- été créés, à savoir : à Genappes et à Tliuin, en 1885; à Vieilsalm, en 1886; à Court-Saint-Etienne, en 1889; à Gembloux, à Namur et à Lens, en 1897; à Eloronnes, à la Hulpe et à Louvain, en 1898.
- Le comptoir de Vieilsalm s'est dissous en 1893.
- Les tableaux, statistiques ci-après indiquent que le nombre des prêts en cours, réalisés grâce à l’intervention des comptoirs existants, s’élevait, au 31 décembre 1898, à 697 et le montant de ces prêts à 4,399,329 francs; au 3i décembre 1897, le nombre des prêts en cours était de Go5 et le solde de ces prêts s’élevait à 3,924,935 francs.
- D’après les comptes rendus de la Caisse générale d’épargne, les comptoirs agricoles ont cautionné, dans le courant de 1 898, 1G8 prêts à savoir :
- De moins de 1,000 francs : 9 pour une somme de 5,o3o francs;
- De 1,000 à 10,000 francs : i3o pour 487,020 francs;
- De 10,000 à 5o,ooo franes : 2 8 pour 490,10o francs ;
- De 00,000 francs et plus : 1 de 5o,ooo francs.
- Durant l’année 1897, les comptoirs agricoles étaient intervenus dans 184 prêts se répartissant comme il suit:
- Prêts de moins de 1,000 francs : 10 pour 7,700 francs;
- Prêts de 1,000 à 10,000 francs: i3o pour 039,27b francs;
- Prêts de 10,000 à 5o,ooo francs : 4i pour Goo,ooo francs;
- Prêts de 50,000 francs et plus : 3 pour i7G,ooo francs.
- Les chiffres qui précèdent démontrent l’application restreinte que reçoit la loi du 10 avril 188A, et les montants des prêts prouvent que ce sont particulièrement les grands cultivateurs qui, â la suite de la loi du 1 5 avril 1884, empruntent à la Caisse générale d'épargne par l’intervention des comptoirs, alors que cette loi a surtout pour but de venir en aide à la petite et à la moyenne culture.
- ccNous sommes cent membres qui nous épions les uns les autres», disait un paysan d’une petite commune d’Italie où l’on venait d’établir une association du type Piaiffeisen. La solidarité illimitée entre les membres de la même caisse qui caractérise le type Piaiffeisen incite, en effet, les participants a une attention constante. Ce mode de crédit plaît, en Belgique, aux moyens cultivateurs et aux petits.
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- BELGIQUE.
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- Aussi, afin de favoriser le fonctionnement des Caisses RaifTeisen, une loi (21 juin 189A) a-t-elle autorisé la Caisse générale d’épargne et de retraite à disposer d’une partie de ses fonds disponibles en prêts faits à ces sociétés. Ces prêts sont cautionnés par une société centrale à responsabilité limitée qui remplit, à la fois, le rôle des Caisses centrales et celui des Unions des caisses centrales existant en Allemagne : recueillir les excédents d’encaisse des sociétés locales et consentir des prêts provisoires à celles qui manquent exceptionnellement de fonds, d’une part; surveiller les opérations des organismes locaux, d’autre part.
- COMPTOIRS AGRICOLES.
- SIÈGES UES COMPTOIRS. PRÊTS G EN À L’irr des co Nombre. ONSENTIS 1898 rKBVKNTION imptoii's. Montant. PRÊTS ] 3l DÉCEJ Nombre. EN COURS au IBRE 1898. Montant.
- Thuin // francs. // 35 francs. 66,595
- Gcnappes 79 54/1,700 526 3,597,739
- Court-Saint-Etienne // // 5 9,280
- Gembloux 22 126,900 52 3o4,765
- Namur 21 224,000 3i 266,900
- Lens 2 4 78,300 26 90,800
- Fiorennes 6 22,700 6 22,700
- La Huipe l6 4o,55o 16 4o,55o
- Louvain » H /A u
- Totaux O GO i,o37,i5o 697 4,399,329
- A la fin de 1898,11 existait six caisses centrales: celle de Louvain, fondée en 1896; celle de Liège, instituée en 1896; celles d’Engliien, Arlon et Bruges, fondées dans le courant de 1897, et celle cl’Ermeton-sur-Biert, constituée en 1898.
- Ces deux dernières institutions n’avaient pas encore fait d’opérations au 3 1 décembre.
- 'La loi du 21 juin 1894 n’a pas reçu jusqu’ici une large application. Au 3i décembre 1898, 58 caisses Raiffeisen avaient demandé et obtenu des ouvertures de crédit à la Caisse générale d’épargne; pour 2 G sociétés seulement, le crédit a été réalisé jusqu’à concurrence
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- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- d’une somme de 51,092 francs. Par contre, à la même date, i46 sociétés locales étaient titulaires d’un compte courant de dépôts à la Caisse d’épargne; le solde de leurs dépôts en compte courant s’élevait, au 3i décembre 1898, à 1,492,984 fr. oG. A la môme date de l’année précédente, le solde de ces dépôts n’était que de 763,870 fr. 45. Il résulte des renseignements fournis par les sociétés elles-mêmes que les prêts consentis par elles en 1898 se répartissent comme il suit :
- 1,062 prêts de moins de 260 francs;
- 576 prêts de 260 à 5oo francs;
- 200 prêts de 500 à 1,000 francs;
- 96 prêts de plus de 1,000 francs.
- En 1897, ces prêts se divisaient de la manière suivante:
- 724 prêts de 200 à 5oo francs;
- 1 19 prêts de 000 à 1,000 francs;
- 06 prêts de plus de 1,000 francs.
- Contrairement à ce qui a été constaté pour les comptoirs agricoles, les caisses Raiffeisen prêtent donc surtout aux petits cultivateurs.
- En 1898, 49 de ces prêts étaient garantis par un privilège agricole, 1G par une hypothèque, 27 par un gage, 1,841 par une simple caution. En 1897, 28 de ces prêts étaient garantis par un privilège agricole, 2 4 par une hypothèque, 1 0 par un gage et les i,3oq autres par une caution. Il appert de ces chiffres que ce n’est qu’exceptionnel-lement qu’on fait usage du privilège agricole; sous ce rapport la loi du 10 avril 1884, n’a également reçu qu’une application très restreinte.
- D’après les tableaux statistiques, le montant des dépôts confiés aux sociétés est supérieur à celui des sommes prêtées a leurs membres. On peut prévoir, comme l’a fait la Caisse générale d’épargne dans son rapport pour 189b, que l’intervention de cette institution, a titre de prêteuse aux caisses Raiffeisen, n’est que momentanée.
- Voici un tableau des opérations faites, en 1898, par les Caisses Raiffeisen.
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- SOCIETES COOPÉRATIVES DE CREDIT AGRICOLE DITES CT CAISSES RAIFFEISEN V.
- BELGIQUE. 597
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- 598
- IMPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- Parmi les banques populaires instituées, en Belgique, d’après les principes de Schulze-Delitzch, il en est deux, celles de Goé-Limbourg et d’Argenteau, qui peuvent être considérées comme institutions de crédit agricole, la majeure partie de leurs prêts étant consentie à des cultivateurs.
- SOCIETES COOPÉRATIVES DE CREDIT INSTITUEES D’APRES LES PRINCIPES
- DE SCHULZE-DELITZCH.
- NOMBRE DES PRETS MONTANT DES PRETS CONSENTIS EN 1898. CONSENTIS EN 1898.
- Sièges des Sociétés.
- Goé-Limbourg . . . . Argeuteau........
- Totaux
- 102
- A2
- 1 h h
- francs.
- 5 h, 5 0 o 5a,3o8
- 106,808
- La Banque populaire agricole, qui a fonctionné pendant plusieurs années a Statte-Huy, a été liquidée au commencement de i8q8.
- Enfin, voici le tableau des opérations faites par les caisses centrales de crédit agricole.
- CAISSES CENTRALES DE CREDIT AGRICOLE.
- NOMBRE MONTANT de ces OUVERTURES DE CRÉDIT. NOMBRE MONTANT
- SIÈGES DES SOCIÉTÉS. de CAISSES LOCALES affiliées. D’OUVERTURES DE CREDIT cautionnées par les caisses centrales vis-h-vis de la Caisse d'épargne. DE PRÊTS DIRECTEMENT consentis par les caisses centrales en 1898. de ces PRÊTS. DES SOMMES DÉPOSÉES par les caisses locales aux caisses centrales dans le courant de 1898. DES FONDS DE RÉSERVE au 3i décembre 1898.
- Louvain i35 12 francs. 5o,6oo 21 francs. 38,578 francs. 297,5°3 francs. 1,390
- Liège 5 6 18,600 II // II 7/1
- Enghien 23 l/l h 6,7 76 2 1,65o 3,270 3/ll
- Arion 1 h 9 18,800 II II II 136
- Bruges 10 II II II II II 28
- Ermetons. Biert. II // // II II II II
- Totaux l89 h 2 13/1,776 23 /10.2 2 8 30 0,773 U969
- Enseignement agricole. — L’enseignement agricole, qui date en Belgique de i84(), a été organisé par la loi du i 8 juillet 1860: cette
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- BELGIQUE.
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- loi a été complétée par celle du k avril 1890. La carte cpie nous donnons (p. fioo) indique la répartition des divers établissements d’enseignement, dont le plus élevé est l’Institut agricole de l’État, à Gembloux, auquel sont adjoints une ferme modèle, des jardins et des champs d’expériences. Le programme d’études a été réparti sur trois années, il y a une quatrième année facultative; le nombre des élèves est de cent environ.
- La caractéristique de l’enseignement agricole en Belgique — tant moyen que de premier degré — est son adaptation aux besoins locaux. Le système est celui de l’école libre subventionnée; il a donné d’excellents résultats, malgré la faiblesse des ressources budgétaires consacrées à cet objet.
- L’enseignement agricole moyen est donné par les écoles régionales agricoles, les écoles horticoles, les cours d’agronomie des établissements d’enseignement moyen (35 leçons), les écoles ménagères agricoles, qui s’adressent aux jeunes filles des campagnes et constituent un type qui a trouvé en Belgique son plus complet développement.
- Quant à l’enseignement agricole de premier degré, il est donné par les écoles de laiterie (écoles permanentes pour jeunes gens et écoles temporaires pour jeunes filles), les cours d'agronomie pour adultes (en 1 5 leçons), les cours élémentaires cl’agronomie pour militaires, les cours d’arboriculture fruitière, de culture maraîchère, d’apiculture et de maréchale rie.
- E. PÊCHE.
- PECIIE MARITIME. — OSTREICULTURE. - PECIIE FLUVIALE.
- Pêche maritime. — En suivant la côte belge de la frontière française a la frontière hollandaise, on rencontre successivement les ports de pêche suivants: La Panne, Goxycle, Oostdunkerke, Nieuport, Ostende, Blankenberghe et Heysl. Ces ports doivent en partie leur
- Fig. 139. — Pesée du lait et prise des échantillons à l’école des contremaîtres laitiers de Rorsbeke.
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- ETABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENTACRICOLE ET VETERINAIRE.
- LEGENDE
- Ecoledemédecine vétérinaire de Cureghem ( Bruxelles) Institutagricole de Gembloux.
- Ecole pratique d'ag riculture et d'ho rtic ulture de Ga nd
- .....d°,__________d°___________d°.________Vilvorde
- ______d°.__________d°-._........d°.________Huy
- Ecoles ménagères agricoles subsidiées Ecoles d’agriculture libres subsidiées
- Écoles d’horticultureübres subsidiées ( Mlons,Liège,Tournai,Virton et Carlsbourg ) Cours d'agronomie annexés à des établissements prives
- ® Écoles de l'État
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- Fig. i/io.
- 600 IMPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
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- BELGIQUE.
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- importance, a ce que, l’entrée du poisson en Belgique étant entièrement libre et les bassins de marée étant le plus souvent commodément installés, les nationaux de divers pays débarquent fréquemment leurs pèches dans les ports belges, notamment a Ostende. Aussi les expéditions de poisson, faites de ces divers ports, dépassent-elles annuellement douze millions de kilogrammes, dont huit restent en Belgique, où la consommation de poisson de mer frais augmente chaque année dans de notables proportions.
- Les pêcheurs belges arment environ 600 bateaux dont 3o chalutiers à vapeur.
- OsTiiéicuLTiiHE. — L’engraissement des huîtres se fait à Blanken-berghe, a Nieuport et surtout à Ostende. La crBoyale d’Ostende» est aujourd’hui renommée, et l’Allemagne constitue pour ce produit un bon débouché. Autrefois 011 engraissait de jeunes huîtres de provenance écossaise. Aujourd’hui, ce sont des produits de France et de Zélande. L’engraissement commence quand l’huître a 5 ou 6 centimètres; il dure en moyenne six mois.
- Pêche fluviale. — Un rapport officiel, publié en 1866, constatait que les cours d’eau belge étaient presque totalement dépeuplés. Il était d’autant plus malaisé de les repeupler que, le pays étant essentiellement industriel, on ne pouvait éviter la pollution des eaux. Cependant les lois du 19 janvier 1883 et du 5 juillet 1899 (celle-ci instituant le permis de pêche) ont, en réglementant le droit de pêche, aidé, dans une bonne proportion à la sauvegarde du poisson. On a, déplus, déposé dans les cours d’eau et dans les étangs de grandes quantités d’alevins, notamment de truites et de saumons.
- La consommation du poisson d’eau douce a considérablement augmenté; M. Hasaert, l’ancien chef du service de la minque de Bruxelles, estime que le commerce de cet article est aujourd’hui, en Belgique, vingt fois plus important qu’il ne l’était il y a dix ans.
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- CHAPITRE XX.
- LUXEMBOURG.
- SUPERFICIE. - RÉPARTITION DE LA PROPRIETE. - STATISTIQUES DIVERSES. - CHAMPS D’ESSAIS. — ASSOCIATIONS SYNDICALES. — OEUVRES COOPERATIVES. — ECOLES MÉNAGÈRES.
- Le Jury de la Classe 38 (Agronomie et statistique agricole) a été très frappé, lors de sa visite à l’élégant pavillon du Luxembourg, de la remarquable organisation du service agricole et du développement vraiment extraordinaire des associations syndicales dans le Grand-Duché.
- L’exemple du Luxembourg est d’autant plus intéressant pour les cultivateurs français qu’il s’agit d’un pays dont la superficie est notablement inférieure à celle du plus grand nombre de nos départements. De là résulte que, dans leur ensemble comme dans le détail, les institutions agricoles du Grand-Duché peuvent être données en exemple à tous les départements réunissant les conditions de sol, de nature de produits et de mode d’exploitation qu’on rencontre dans le Luxembourg.
- Superficie du sol et répartition de la propriété. — La superficie du Grand-Duché de Luxembourg est, en nombre rond, de 269,000 hectares, dont 12/1,317 en terres labourables. Sur cette surface, 12 o,5 56 hectares appartiennent à des particuliers ; 2,1 5 3 hectares sont la propriété des communes; les autres propriétaires, y compris S. A. IL le Grand-Duc, les établissements religieux, de bienfaisance, etc., possèdent en tout 1,600 hectares. La propriété est très divisée : on compte plus de 80,000 propriétaires; le lot moyen de chacun d’eux correspondrait à environ 3 hectares; la répartition du sol est la suivante, d’après le relevé de 1889 :
- 76,017
- 2,/loi
- 1,7/13
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- LUXEMBOURG.
- 603
- Le Grand-Duché est donc essentiellement un pays de petite culture.
- Le morcellement du sol va en progressant : on ne compte plus aujourd’hui qu’une seule propriété de plus de 2,000 hectares; une, de plus de i,500 hectares; deux, de plus de 1,000 hectares; douze, de 500 à 1,000 hectares; vingt-six, de 100 à 5oo hectares.
- Statistiques diverses. — Quelques chiffres suffiront à montrer l’importance des réunions de parcelles, de la création de chemins ruraux, des redressements des cours d’eaux, opérations qui forment une des lâches les mieux accomplies par le Service agricole, ainsi qu’il est aisé de s’en rendre compte en jetant un coup d’œil sur les relevés ci-dessous.
- La création des chemins d’exploitations effectuée de 1883 à 1900 embrasse aujourd’hui le quart de la superficie totale du territoire labourable : 3 0,9 44 hectares; ces chemins ont une longueur totale de 1,376 kilomètres; ils ont coûté 2,228,438 francs, dont le tiers est supporté par l’Etat et les deux autres tiers par les intéressés.
- RESUME GÉNÉRAL DE TOUS LES TRAVAUX EXÉCUTÉS SOUS LA DIRECTION DU SERVICE AGRICOLE DEPUIS SA CRÉATION (1883)
- AU 1er JANVIER 1900.
- a. CONSTRUCTION DE CHEMINS D’EXPLOITATION.
- ! Contenance améliorée en hectares. 3o,§kk
- Longueur en mètres.............. 1,376,0 34
- Frais exposés en francs......... 2,298/138
- Subsides alloués en francs...... 74 7,39 5
- Dépenses totales................
- 2,228,438francs.
- (L’étendue des terres labourables du pays est de 124,317 hectares; l’étendue desservie par des chemins d’exploitation établis est de 3o,944 hectares ou du quart du terrain labourable.)
- b. RÉUNION TERRITORIALE.
- I Contenance améliorée en hectares. 16 3
- Longueur en mètres.............. 15,070
- Frais exposés en francs......... 2 4,558
- ^ Subsides alloués en francs...... 9,35o
- Dépenses totales,
- 24,558
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- 004
- EXPOSITION DE 1900.
- AGRTCULTU UE.
- C. AMÉLIORATION DES PRES PAR LES PARTICULIERS.
- 1883 ( Contenance améliorée en hectares. i ,38 t
- à 1900 | Frais exposés en francs............. 297,^53
- Dépenses totales................... 297,763 francs.
- d. TRAVAUX D’IRRIGATION ET D’ASSAINISSEMENT.
- 1883 ( à 1900. j
- Contenance améliorée en hectares.
- Frais exposés en francs..........
- Subsides alloués en francs.......
- Dépenses totales
- 1,268 282,3 1 9 12 7,11 0
- 282,31 9
- e. travaux de drainage.
- [ Contenance améliorée en hectares.
- à 1900 ) * ra,s exPoses en trancs............
- ( Subsides alloués en francs........
- Di CPENSES TOTALES........
- 134 43,982
- 12,367
- 43,98 2
- /. TRAVAUX DE CURAGE ET DE RÉGULARISATION DES COURS D’EAU.
- j Contenance améliorée en hectares. 1,881
- 1883 1 Longueur en mètres.................. 613,690
- à 1900. Frais exposés en francs......... 1,111,762
- ( Subsides alloués en francs......... (169,066
- Dépenses totales................. 1,111,762
- g. CONDUITES D’EAU.
- 1883 j Nombre de projets........................ 82
- à 1900.| Montant du devis en francs...... 610,407
- Dépenses totales................. 610/107
- 11. CANALISATION DES LOCALITÉS.
- Indiqué par la statistique générale de i883 à 1893.............. 76,000
- l. CONSTRUCTION DE HANGARS.
- 1883 ( Nombre de projets.................. 128
- il 1900.| Montant du devis en francs........ 268,126
- Dépenses totales.................. 268,126
- J. CONSTRUCTION DE CITERNES A PURIN.
- [ Nombre de ciiernes................. 4,112
- 1881 \
- h 1900 1 ^ra's const;i’uction en francs . . . 822/100
- ( Subsides alloués en francs......... 162,71/1
- Dépenses totales
- 822/100
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- LUXEMBOURG.
- 005
- h. TOMBEAUX ET BAQUETS A PURIN.
- i Nombre l Grands.................... 5,98/1
- 1884 1 de tonneaux| A pétrole............... 831
- à 1900A , distribués. ( Baquets............... 1,089
- ( Frais exposés en francs............ 108,968
- Dépenses totales.................... 100,968 francs.
- I. ARBRES FRUITIERS AVEC FRAIS DE PLANTATION.
- D’après la statistique générale de 1883 à 1893 ............. 645,100
- m. DIVERS.
- Vente de beurre par le Syndicat général des laiteries (somme
- payée après déduction de tous les frais).............. 1,766,537
- Vente de fruits par le Syndicat général pour la vente de
- fruits....................................................... 69,600
- Machines aratoires des associations locales (valeur des
- instruments et ustensiles fin 1899)................... 611,818
- Travaux de construction et d’aménagement des laiteries
- coopératives au nombre de 54................................ 360,967
- Machines de l’Etat.............................................. 66,669
- Introduction de nouvelles semences pour prés, etc........ 65,600
- Pommes de terre............................................... 3/16,860
- Fourrages et aliments pour le bétail........................... 360,000
- Tabac, lin, culture maraîchère, expositions agricoles.... 100,000
- Dépenses faites par les associations locales pour engrais chimiques................................................... 3,33 1,433
- Total général des dépenses principales. . . . 13,069,066
- L’ensemble des dépenses pour le personnel, imputées pour les années 1896, 1897, 1898 et 1899 sur les différents crédits, s’élève à la somme de 208,988 fr. 3b.
- Les dépenses engagées par l’Etat, du chef de traitements, indemnités, frais de voyages, etc., du personnel, sont indiquées comme suit:
- a. Statistique générale de i883 à i8q3........... 389,109 francs.
- b. ier complément i8g4 et 1896................... io4,646
- c. 3° complément 1896, 1897, 1898 et 1899........ 306,938
- Soit ensemble................. 698,693
- Par rapport aux dépenses totales et principales susdites, ces frais du personnel forment 5.35 p. 100.
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-
-
- 606
- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- Grâce aux chemins ruraux, dont la création se poursuit dans tout le Grand-Duché, les enclaves, ainsi que j’ai pu le constater en parcourant diverses communes, ont disparu sur 30,000 hectares, et, par suite, l’assolement triennal a fait place à une culture^jntensive : la jachère n’existe plus qu’à l’état d’exception.
- Les améliorations foncières, consistant essentiellement en travaux de drainage, d’irrigation, d’assainissement du soi, de régularisation de cours d’eaux, ont porté sur près de 5,ooo hectares. Ces travaux, dont l’étude, les pians et les devis sont faits gratuitement par le service agricole pour tous les intéressés, particuliers ou associations qui les demandent, sont la plupart du temps exécutés sous la direction et la surveillance d’habiles chefs ouvriers, dressés par le service agricole, payés par lui et mis à la disposition des propriétaires qui les logent et les nourrissent, mais n’ont aucun salaire à leur donner.
- TABLEAU PRÉSENTANT LES DIVERSES CATEGORIES DE PROPRIETAIRES DU PAYS SOUS LE RAPPORT DES ANIMAUX DOMESTIQUES.
- I. Nombre total des propriétaires....................
- II. Nombre de propriétaires de bestiaux..............
- dont :
- Si cheval............
- 9 chevaux..........
- 3 chevaux et plus . . Total..........................
- Soit 11 p. 100 du nombre total.
- *1 ' ' Pourcentage.
- 67,999 (1) 98,359
- 9,611 1,819 9,19^ 6,694
- i° Par rapport au nombre total de propriétaires de bestiaux en général :
- iavec un cheval........................ 9 ijk p. 100.
- avec deux chevaux.................... 61/9
- avec trois chevaux et plus............. 7 3/4
- sans cheval. . . ................... 761/9
- (l) D’après la statistique publiée par la Commission d’agriculture, le nombre des propriétaires est de 81,536. On a pris pour ce calcul le nombre de propriétaires inscrits dans les matrices cadastrales. Il y a cependant beaucoup de propriétaires qui ont des propriétés dans différentes communes. D’après
- les données fournies, on peut estimer ce nombre de propriétaires à peu près à 3o p. 100 du nombre total des cotes qui figurent au cadastre, de sorte que l’on peut admettre'que le nombre de propriétaires dupaysestde 57,929, non compris la ville de Luxembourg, avec ses 1,417 cotes.
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-
-
-
- LUXEMBOURG.
- G07
- 3° Par rapport au nombre total de propriétaires de chevaux :
- 6 6a4 ( avec un cheval....................... 3p 1/9 p. 100.
- propriétaires, < avec deux chevaux..................... 371/9
- dont r avec (rojs 0t plus de chevaux ........ 33
- b. Bêtes À cornes.
- 11 béte à cornes. . . 9 bêtes à cornes. . 3 bêtes à cornes. .
- k et plus.........
- Total......................
- Soit 36 p. 100 du nombre total.
- 5,o 5 o 3,o68 iMh
- 9 1,9&0
- 1
- 2
- Pourcentage.
- Par rapport au nombre total des propriétaires de bestiaux en général :
- / avec une bête à cornes................. 90 1/9 p. 100.
- 98,359 \ avec deux bêtes à cornes............. 90
- propriétaires, / avec trois bêtes à cornes............ 11
- dont i avec quatre bêtes à cornes et plus .... 96
- \ sans bêtes à cornes.................... 991/9
- Par rapport au nombre total de propriétaires de bêtes à cornes :
- 31,960
- propriétaires,
- dont
- avec une bête à cornes..........
- avec deux bêtes à cornes........
- avec trois bêtes à cornes.......
- avec quatre bêtes à cornes et plus.
- 97 p. 100. 9 k ik 35
- c. Autres animaux (porcs, chèvres, etc.) : 7,119 propriétaires, soit 19 p. 100 du nombre total.
- 111. Nombre de propriétaires sans bétail Soit 5i p. 100 du nombre total.
- 99,570
- Champs d’essais. — La Commission spéciale instituée par le Gouvernement pour les essais agricoles a continué pendant ces dernières années à introduire des semences nouvelles qui ont été mises à l’essai dans des champs spéciaux, par quelques associations locales agricoles. Elle a de même continué ses essais avec les phosphates de chaux moulus des Ardennes; les résultats obtenus ont été très satisfaisants. De nombreux champs d’expériences d’engrais verts ont été établis dans la partie nord du pays ; ces essais seront continués et selon toutes les prévisions donneront de bons résultats. Des machines agricoles perfectionnées ont été acquises et mises a l’essai dans plusieurs communes où les cultivateurs ont pu se convaincre de leur ellicacité.
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-
-
- 608 EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
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- (Le nombre des traits indique celui dec associations)
- Fîg. 141.
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- LUXEMBOURG.
- 609
- La Commission a encore pour mission la confection des cartes agronomiques. Aujourd’hui, un grand nombre de ces cartes sont achevées et se trouvent entre les mains des communes où les cultivateurs peuvent en prendre connaissance.
- Associations syndicales. — Un autre rote du service agricole, non le moins utile, est la part très active qu’il prend dans l’organisation des
- Fig. 1/12. — Associations syndicales autorisées.
- associations syndicales les plus diverses. Sous l’inspiration si éclairée et
- si ardente au progrès de M. le Ministre d’Etat Eyschen, secondé, on ne saurait mieux, par le regretté chef du Service agricole, Enzweiler, une propagande active, en faveur du principe d’association,a été faite dans les communes, par des conférences, des réunions privées cle cultivateurs, des publications a la portée des paysans. Cette propagande a porté de larges fruits, ainsi que le montre l’état présent des
- AGRICULTURE. --- I.
- °9
- ntl’imiF.im: xattoxalf..
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- 610 EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- associations agricoles. Celles-ci sont de deu\ ordres : les nues libres, autres, en plus grand nombre, dotées, par la loi, de la personne! civile, et prenant le litre de syndicats autorisés.
- les
- ilé
- Fig. 1/1.V— Associations locales agricoles.
- On trouverait difficilement ailleurs, réunies sur un territoire aussi restreint, autant d’associations syndicales et de sociétés coopératives qu’on en rencontre dans le grand-duché de Luxembourg. 358 associations, groupant 27,000 cultivateurs, ont pour but la création de chemins d’exploitation, les améliorations foncières du sol, le drainage et l’irrigation.
- D’une manière générale, l’Etat accorde à ces associations une subvention égale au tiers de la dépense totale qu’entraîne la réalisation du but qu’ont en vue les associés.
- Associations locales. —Il y a en outre 328 associations locales fondées en vue des opérations suivantes': achats d’instruments aratoires et viticoles, achats d’engrais, et construction de locaux pour loger cet outillage, engrais commerciaux, etc.
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- Ces constructions, qui portent le nom de hanoars, comprennent une grange ou sont déposés les outils, instruments aratoires, engrais, etc. Au premier étage du hangar, se trouve une salle de réunion, dont la dimension varie suivant le chiffre de la population du village. Ces bâtiments dont le coût varie de 4,ooo â 10,000 francs, selon leur importance, sont érigés, sur plans et devis gratuitement dressés par le Service agricole, sous la direction des comités agricoles et viticoles officiels qui, généralement, prennent la responsabilité des deux tiers de la dépense qui incombe aux intéressés (l’autre tiers est payé par l’Etat), moyennant le versement annuel d’une modique cotisation des membres de l’association destinée â amortir la dépense de la construction.
- NOMBRE
- Fig. iMi. — Hangars.
- On compte aujourd’hui B28 villages (sur 500 environ existant dans le Grand-Duché), qui possèdent leur syndicat agricole local. Le nombre des associés s’élève actuellement à près de 12,000, et la valeur de l’outillage, qui est la propriété de l’association, atteint
- 39.
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- G12
- EXPOSITION DE 1 900.
- A G II IC U LT UK P.
- A 12,000 Francs. Cet outillage est mis gratuitement à la disposition des associés.
- J’ai visité les hangars de deux petits villages, Wellenstein et Besch, distants à peine l’un de l’autre de Aoo mètres et dont la population est d’environ 5oo habitants. A Wellenstein, le syndicat compte 6 o membres; il en a G (S à Besch.
- FRANCS
- ANNÉES
- Fig. Oi5. — Valeur des entrais achelés par les associations locales agricoles.
- Le dimanche, les associés se réunissent dans la salle du premier étage où ils trouvent un mobilier simple, mais très suffisant, une petite bibliothèque composée de livres élémentaires et de journaux agricoles. L’inlluence morale de ces hangars n’est pas moindre que leur utilité pratique : les associés s’y réunissent au lieu de fréquenter les cabarets.
- L’emploi des engrais commerciaux s’est beaucoup développé parla création des associations syndicales.
- «j
- Les cbilFi •es ci-après, que j ai relevés dans une intéressante publi-
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- LUXEMBOURG.
- (il 3
- cation de feu Enzweiler permettent-de mesurer le progrès réalisé dans la fumure des champs :
- CONSOM MATION
- Superphosphate. Scories Thomas . Nitrate de soude
- Kaïni te.......
- (diaux.........
- Totaux
- 1888. 1899.
- t. ni. t. ni.
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- 7r><.) 8,3 0 0
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- II 81
- II 780
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- FRANCS
- ANNEES
- Fig. i/i6. — Valeur des ustensiles des associations locales agricoles.
- La valeur des engrais achetés par les syndicats, qui était de pp,h()o francs en 1888, s’est élevée à plus de B millions de francs en 1 .899.
- Vingt-six sociétés d’assurances mutuelles contre la mortalité du bétail, affiliées à une association générale, fonctionnent avec succès,
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- fil A
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- malgré la modicité de la primo ( i p. 100 de la valeur assurée) dont les trois quarts, pour la société locale, et un quart pour l’Association générale, en vue de la réassurance. Ces sociétés qui comptent actuellement i,568 membres, ont assuré, en 1900, 3,569 têtes de bétail pour une valeur de 1 million 83,4.oo francs.
- Les associations de laiterie ont aussi largement participé au progrès que nous venons de constater; voici dans quelle mesure : en 18 9 4, ces associations comptaient 537 membres. Six ans après, elles en avaient 3,14 3 , répartis en 54 coopératives locales de laiterie. En deux années, de 1897 à 1899, rimportance de ces coopératives a plus <[ue triplé, ainsi que le montrent les chiffres suivants :
- Lait travaillé. . . 1897. 1899. •a,/ioA,7Ç)S!lR 7,993,42
- Beurre fourni. . 92,492 319,337
- Produit net (tous frais déduits). 930,706* 788,3o9r
- Associations centrales. — Cin-
- quante- (juatre laiteries coopératives, dont l’organisation date de
- Fig. 1/17.—Laiteries coopératives. _
- 1894, ont travaille depuis leur ton-dation jusqu’au iur janvier 1900, près de 19 millions de kilogrammes de lait qui ont fourni 726,000 kilogrammes de beurre, avec un produit net, partagé entre les sociétaires, de 1,766,527 francs. Ces laiteries coopératives, — le nombre de leurs participants dépasse 3,000, — sont fédérées à une association mutuelle dont le siège est a Luxembourg. Cette association concentre la production de beurre de toutes les coopératives dont les produits, qui lui arrivent avec la marque de
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- chacune des laiteries, sont vendus et expédiés par elle : le montant des recettes, frais d’expédition déduits, est ensuite partagé entre les cinquante-quatre coopératives, au prorata de leur production. Des inspectrices, à la solde du gouvernement et choisies par lui, se rendent dans les diverses laiteries coopératives, pour y donner les conseils et, au besoin, pour apporter au traitement du lait les modifications qu’une fabrication défectueuse exigerait.
- Syndica t pour la vente des fruits. — En dehors de cet ensemble d’associations, il en existe quelques autres qui méritent une mention spéciale. Vers la fin de 1899, il s’est constitué dans le Grand-Duché un syndicat spécial pour la vente des fruits. La culture des arbres fruitiers a pris dans le Luxembourg une extension considérable dans les dernières années. L’hiver rigoureux de 1879-1880 avait fait périr la plus grande partie des arbres du Grand-Duché : la perte totale s’élevait à 7 millions de francs. Grâce aux subventions accordées par le gouvernement, la plupart de ces arbres ont été remplacés par de jeunes sujets, aujourd’hui en plein rapport. Sur un grand nombre de routes, le gouvernement et les communes ont substitué des essences fruitières aux frênes et aux peupliers. Le résultat a dépassé toute attente, ce qui a amené la constitution cl’un syndicat spécial pour procurer un débouché à ces productions fruitières. En 1899, les quantités suivantes ont été vendues par les soins de ce syndicat :
- QUANTITÉS. VALEUR.
- Pommes à cidre cultivées sur les routes kllog1' fiancs’
- de l’Etat................... 106,000 i£,5oo
- Poires à cidre et pour la distillerie. . . . 260,000 i6,5oo
- Fruits de choix (Rambour d’hiver). . . . io5,ooo 265000
- Poires pour cuisson.................. 3o,ooo 2,5oo
- Totaux.... £91,000 59,600
- Un syndicat viticole. — Au cours de mon excursion dans le Grand-Duché en 1900, j’ai assisté, dans la petite commune de Ehnen, au début du fonctionnement d’un nouveau syndicat très intéressant.
- Ge syndicat, dont les statuts ont été arrêtés le 23 septembre 1900, a pour but principal les soins à donner, dans un local commun, aux
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- moûts sortant des pressoirs, la surveillance de la vinification et la vente des vins, au mieux des intérêts des associés.
- Beaucoup de petits vignerons auraient intérêt, en France, à recourir, comme nos voisins du Luxembourg, à l’association pour le traitement de leurs produits; aussi me semble-t-il intéressant de faire connaître sommairement l’organisation du syndicat d’Ebnen.
- Les principaux moyens que le syndicat met en œuvre pour atteindre son but consistent :
- i° A procurer à ses membres les appareils et L'outillage nécessaires à la fabrication rationnelle du vin;
- 2° A louer ou à construire les caves nécessaires et éventuellement un bâtiment pour pressoirs.
- Les membres du syndicat s’obligent : à apporter, tant au pressoir qu’à la cave, la totalité de leur production ; à récolter et à traiter leurs raisins avec la plus grande propreté; à pressurer le plus tôt possible après la vendange et à livrer le moût pur, sans aucune addition ni falsification. Toute infraction à ces engagements entraîne l’exclusion du membre qui s’en serait rendu coupable.
- Avant la réception du moût, le clief de la cave en détermine exactement le volume, en litres, et la densité, à la balance de OEscbl. Les résultats sont immédiatement inscrits sur le registre de la cave. Dans les bonnes années, les moûts des divers propriétaires sont réunis, d’après leur titre, dans des vases vinaires spéciaux.
- La vendange terminée, l’assemblée des syndiqués décide si son comité, composé de cinq membres élus par les intéressés, est autorisé à vendre la récolte le plus tôt possible aux meilleures conditions, ou si elle doit être conservée, son amélioration en cave permettant d’en obtenir plus tard un prix plus élevé. Suivant décision de l’assemblée générale, les vins peuvent être vendus en bloc ou par parties isolées.
- Le comité directeur pourvoit aux dépenses nécessaires pour couvrir les frais de la cave, donner des avances ou payer par anticipation le prix du vin aux membres de l’association : ces avances portent intérêt à U p. îoo et tous les membres du syndicat sont solidaires pour leur garantie.
- Après la vendange, le comité établit, d’après les cours moyens du
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- commerce, la valeur vénale des vins. Les avances faites à leurs propriétaires ne peuvent excéder 90 p. 100 de cette valeur. Le comité a la haute main sur toutes les opérations du syndicat; il choisit le personnel, (ixe les salaires, surveille les conventions, etc.
- Le Syndicat d’Ehnen débute avec 97 membres, tous très petits propriétaires : j’ai assisté dans la cave commune à la réception de plusieurs récoltes particulières, l’une était de moins de 60 litres de mont, une seconde de 1 2 51itres,d’autres de quantités supérieures, mais toujours relativement faibles. On conçoit aisément l’avantage qu’il y a pour ces petits vignerons a réunir pour la vinification, les soins et la vente de leurs produits, des quantités de mont dont le traitement isolé est presque impraticable, et qu’ils sont, en l’absence d’une organisation comme celle d’Ehnen, obligés de vendre immédiatement à un prix naturellement inférieur à celui qu’ils en retireront au printemps ou à l’automne suivants.
- Société (Vassurances pour ïabatage du bétail. — Une association de boucliers s’est formée à Luxembourg en vue de préserver le bouclier et l’éleveur (assuré déjà contre la mortalité de son bétail) des dommages qu’ils subissent, si la viande après abatage dans l’abattoir de la ville est reconnue, par le service vétérinaire, non comestible ou de valeur inférieure.
- Chaque membre de cette association, qui est libre, s’engage à assurer tous les animaux conduits à l’abattoir : bœufs, veaux, porcs, etc.
- Le vétérinaire de l’abattoir écarte de l’assurance les animaux visiblement malades à leur arrivée.
- Le boucher en fait autant, en l’absence du vétérinaire, qui statue à son arrivée.
- Le délinquant (qui chercherait, à vendre des bêles malades) est exclu de l’Association.
- PRIMES D’ASSURANCES.
- Bœuf ou taureau........... 31 76°
- Vache..................... 5 00
- Veau (3 5 o kilogr.)...... 2 5o
- Veau (plus de 35o kilogr.). 3r 75e
- Porc ou verrat.............. o 620
- Truie ou hongre............. 2 5o
- L’assurance court du jour de l’entrée à l’abattoir.
- Si l’animal est changé ou sorti de l’abattoir la prime est remboursée;
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- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- 018
- s’il est reconnu incomestible ou de seconde valeur, l'assuré louche le prix plein de l’achat et ranimai appartient à la coopération.
- Ecoles ménagères. — Une autre institution a tout particulièrement attiré mon attention : celle des écoles ménagères, au nombre de dix actuellement dans le Grand-Duché. Leur création remonte à 1891. Leur but est, comme leur titre l’indique, de former les jeunes filles à la direction du ménage, en leur donnant à la fois une instruction théorique et pratique qui les mette à même d’effectuer et de conduire dans la maison, et particulièrement clans une exploitation rurale, tous les travaux du ressort de la femme. Reçues à partir de 1 5 ans, munies du certificat de l’école primaire, les élèves passent chaque semaine, à tour de rôle, par groupe de six, huit ou davantage, suivant leur nombre, par toutes les situations que peut présenter l’administra tien d’un ménage de cultivateur. Soins de propreté de la maison, tenue du jardin, soins du fruitier, laiterie comprenant le traitement du lait, la préparation du beurre et du fromage, la cuisine, la fabrication du pain et des pâtisseries, confitures, etc. Durant la semaine consacrée à la cuisine, les élèves s’exercent à la préparation des menus qu’elles apprennent à dresser suivant les ressources de la saison, dans les conditions les plus avantageuses; les mets sont préparés dans un local spécial, distinct de celui où se fait la cuisine de l’école et les élèves ne consomment d’autres mets que ceux qu’elles ont préparés elles-mêmes.
- Les travaux manuels comprennent, en outre, la coupe et la confection, le raccommodage du linge et des vêtements, et, à ce sujet, il est une remarque très importante a faire : les écoles ménagères 11e font exécuter par les élèves aucun travail d’aiguille pour le compte de particuliers; tout est dirigé vers l’instruction pratique des jeunes filles en vue du ménage et sans aucun esprit de lucre pour l’école.
- Les pensionnats dans lesquels les cultivateurs aisés de notre pays envoient leurs filles sont loin d’offrir les avantages que trouvent les jeunes campagnardes luxembourgeoises dans les écoles ménagères, et, suivant toute apparence, la création d’établissements similaires en France rendrait de réels services à l’agriculture.
- Les dix écoles ménagères comptent actuellement 2 64 élèves qui y
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- LUXEMBOURG.
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- reçoivent, à côté de l'excellente instruction pratique dont je viens de parler, nn enseignement qui porte sur l’hygiène, l’alimentation de l’homme et des animaux de la ferme, les soins à donner au bétail, la langue française, la langue allemande, l’arithmétique et la comptabilité du ménage, les soins à donner aux malades, etc. Ce programme• appliqué avec intelligence donne des résultats que les familles luxembourgeoises s’accordent à considérer comme excellents.
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- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- CHAPITRE XXL
- ALLEMAGNE.
- A. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- SI PEIU’ie.lK. — CLIMAT. — C1IIKFIIK GLOIÎAL DK LA POl'l I-ATION. — l’OPLLATlON ACIÎICOLK ; CAI SKS DK SA I)IMI ACTION. — EXPLOITATIONS AGRICOLES : NOMlillK; KTKNDKK ; NATl'IlK. — l’Il O PIII KTK FONCIERE. — SITUATION A CTI KL LK DK LA PIIOPIIIETE KT I)KS KXPLOITATIONS AC,III-COLKS. — IlÉl’A HTITION KT PlîODCCTION ANNUELLE OU SOI-. IMPORTATIONS KT EXPORTATIONS.
- Superficie et climat. — La superficie totale de l’Allemagne est de 5/10,657 kilomètres carrés, dont 91 p. 100 environ sont utilisés par l’agriculture ou couverts de forets. Le climat est généralemenl froid, et il sullit de peu de degrés, au-dessous de la moyenne des saisons, pour empêcher la réussite des cultures. Les pluies sont le plus souvent assez abondantes; mais elles favorisent très inégalement les différentes régions de l’Empire : les confins de la mer du Nord reçoivent une quantité moyenne d’eau; le Centre et l’Est, peu; les contrées montagneuses du Sud-Ouest sont pluvieuses.
- Population. — Le recensement de i8q5 accusait une population de 53,979,901 habitants(1), dont seulement 35.7/1 lK 100 avai°nf pour occupation l’agriculture; en 1882, le pourcentage était encore de Zi2.5 p. 100.
- «Au mouvement rétrograde de la population vivant de l’agriculture et des forêts et qui se chiffre par environ 700,000 habitants, écrit le D1' prof. Ernest von Halle, de Berlin, contribuent, non les chefs d’exploitation, mais ceux qui les servent et les aident. . . Ce sont, avant tout, la liberté plus grande et les salaires plus élevés des villes et des districts industriels qui ont concouru à la dépopulation des campagnes et au recul des chiffres de la population agricole, -n Et le Dr von Halle cite de ce qu’il avance des chiffres probants : en 1882 , le nombre des chefs d’exploitation est de 8,206,000 ; en 1 895, il est
- n) La population <lc l'Allemagne est estimée aujourd'hui à 66 millions.
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- ALLEMAGNE.
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- légèrement plus élevé : 8,293,000; mais de 10 millions 1/2 celui des parents qu’ils occupent est tombé à 9,834,000 et celui des serviteurs qui était de 425,000 n’est plus que de 375,000. Cette diminution de la population agricole continue.
- Propiuété et mode d'exploitation. — Le nombre des exploitations agricoles est, en Allemagne, de 5,558,3 17 se répartissant ainsi :
- DÉSIGNATION DES EXPLOITATIONS. NO AI 15 RE DES EXPLOITATIONS. S U PEAGES TOTALES. POUR 100 DE LA SURFACE TOTALE mise eu culture.
- p. 100. hectares.
- Très petites exploitations (moins de 2 hectares). 3,236,367 — 58.2 2,415,914 5.58
- Petites cultures rurales ( 1 à 5 hectares) i,oi6,3i8 = i8.3 4,l42,071
- Cultures rurales moyennes (5 à 20 hectares). . . 998,80^1 = 18.0 1 2,537,6()0 28.96
- Grandes cultures rurales (20 à 100 hectares).. . 281,767= 5 t3,l57,201 3o.4o
- Grandes exploitations (100 hectares et plus).. . . in 11 0 0 10 (M 1 i,o31,896 26.49
- Ensemble 5,558,317 = 100 43,284,742 100
- L’Allemagne est donc un pays de petite culture. «Du reste, dans chacun des Etats de l’Empire, la répartition diffère de ce qu’elle est dans l’ensemble. Ainsi, c’est la petite propriété de moins de 5 hectares qui domine dans le grand-duché de Bade, dans le Wurtemberg, le Hollenzollern, l’Alsace-Lorraine et dans les provinces prussiennes de Hesse-Nassau et du Rhin et la surface à elles consacrée atteint parfois plus de la moitié des surfaces cultivées (cercle de Carlsruhe). La moyenne culture de 5 à 20 hectares se rencontre dans la Hesse-Nassau, dans la province du Rhin, la Bavière, le sud du Wurtemberg et les petits Etats de l’Allemagne centrale. Les grandes exploitations de 20 à 100 hectares se trouvent dans les provinces prussiennes du Brandebourg, de la Prusse orientale et de l’occidentale, du Schleswig-Holstein, du Hanovre, de Saxe et de Westphalie, dans l’Oldenbourg, la Saxe-Altenbourg et dans la principauté de Lippe; il y en a aussi quelques-unes en Bavière. Il n’existe enfin de grands domaines que dans les provinces de l’Est et dans les deux duchés de Mecklembourg, où ils couvrent les trois quarts de la surface cultivée. »
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- G2*2
- Ainsi que le montre le tableau suivant, c’est le faire valoir direct qui domine.
- hecUires. p. 100.
- 1 Faire valoir 37,^70,380 8 G. 11
- Fermage 5,3Go,o4i 15.38
- Métayage (parLage des produits). 48,735 0.11
- Modes d’exploitation. Terres données en prestation aux ouvriers domaniaux 9) 15 y,7 7 G 0.37
- Terres dépendant de certaines administrations (maisons forestières, etc.) - a77,7l3 o.64
- ^ Terres communales 168,097 o.3o
- Quelles sont à l’heure actuelle la situation de la propriété foncière et celle de l’exploitation agricole ? Indubitablement mauvaises. crOn se plaint, écrit dans une brochure publiée à l’occasion de l’Exposition de 1900 et offerte en hommage à la Société des Agriculteurs de France par la Deutsche Landwirtschafts-Gesellschaft, le conseiller privé I)1' prof. Werner, de Berlin, que l’agriculture soit hors d’état de donner un bénéfice aussi satisfaisant que celui que rapportent le commerce et l’industrie ; bien plus qu’elle rémunère fort insuffisamment le capital engagé dans les exploitations agricoles ; qu’elle manque de crédit; que ses capitaux d’exploitation soient bien au-dessous de ses besoins; qu’elle soit ainsi arrêtée dans ses progrès, et que les propriétaires soient écrasés par le poids des intérêts des dettes qui pèsent sur eux.n Et plus loin, M. Werner ajoute : ccOn reconnaît, de plus en plus, que les dettes considérables qui grèvent la propriété foncière constituent la plus grave cause du mal... » D’une indication des Thiel’s Landw. jahrbücher, il résulte qu’en Prusse la dette dont est chargée la propriété rurale s’élevait, pour un mark d’impôt foncier : en i883, à 2 3 mks 5 9 et en 18 9 6, a 2 9 mks 2 A. On voit combien, en 1 3 ans, la progression a été importante. Enfin, il existe une autre cause du malaise qui pèse sur l’agriculture allemande, cause que je signalais en traitant de la population agricole, c’est la rareté de la main-d'œuvre, rareté survenue malgré la grande hausse des salaires.
- (1) Les ouvriers domaniaux ont, outre de quelques terres, dont l’ensemble forme le leur salaire, la jouissance d’un logement et Deputland.
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- ALLEMAGNE. 023
- Répartition et production annuelle du sol. — La surface totale de l’Allemagne se partage de la façon suivante :
- ÉTATS. SURFACES TOTALES. SUÏFACES CULTIVÉES. JS OIS et FOUETS. MAISONS, FERMES, TKIIIIES incultes et cours d’eau. SURFACES CULTIVÉES. ROIS et FORÊTS. MAISONS, FERMES, T Kit II ES incultes et cours d'eau.
- B Empire d’Allemagne.. 5è,()/l9 milliers ( 3 5,16 5 TiecUres. i3,g57 M37 p. 1 00 de la surface. 65.06 p. 100 de la surface. 25.82 p. 1 00 de la surface. 9.12
- | Prusse 34,855 23,108 8,193 3,554 66.3o 23.5i 10.19
- | Bavière 7,586 4,635 2,5o8 443 61.10 33.o6 5.84
- Saxe 1/189 1 ,o33 388 68 69.38 26.o5 4.57
- Wurtemberg 1,961 i,2 48 600 1 o3 63.97 3o,75 5.28
- Bade 1,5o8 858 556 84 56.90 37.53 5.57
- Alsace-Lorraine i,45o 980 443 7 2 64.48 3o.55 ^•97
- Sur 100 hectares de chacune des classes de cultures, on compte :
- IMRORTANCE 1 <1<’S EXPLOITATIONS. CULTURES de PLK1N CHAMP. JARDINS. VIGNO- BLES. EN CULTURE. EN BOIS. TERRES INCULTES. SURFACES AUTRES.
- De moins de 2 hectares. 69.26 4.10 1.5o OO L"- 17.10 3.53 4.5a
- De 2 à 5 hectares. . . 77.12 1.22 °-99 79-33 1 3.20 A-97 2.5o
- De 5 à 20 hectares . . 76.61 o.63 o.3o 77.54 14.76 6.1B 1.67
- | De 20 à 100 hectares. 74.62 o.43 0.07 75.02 16.70 6.87 1.41
- 1 De 100 hectares et plus. 70.58 0.39 0.02 7°-99 23.34 2.66 3.oi
- Ensemble CO O r» 0.76 0.29 75.1 3 . . 1 7.62 5.2 1 2.14
- Voici, d’autre part,* le tableau général de la production annuelle de l’agriculture, de l’élevage et des forêts.
- PRODUCTION ANNUELLE DE L’AGRICULTURE, DE L’ELEVAGE ET DES FORÊTS (EN MILLIONS DE MARKS).
- Forêts.................................................. 5 h 5
- Horticulture et viticulture.................................. Ago
- Plantes de commerce..................................... 516
- Froment et seigle pour la boulangerie................... î ,5a5
- Industries secondaires de l’agriculture..............'. . Gao
- Laiterie................................................ 1,62 5
- Volailles.................................,............. A83
- Bétail................................................... 2,182
- 7>986
- Total
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- 624
- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- Importations et exportations. -
- raies par un tableau des importations et des exportations (année
- Complétons ces indications géné-
- 1
- 898) des principaux produits :
- IMPORTATIONS.
- NATlilîK DES OBJETS.
- Céréales et autres produits de l'agriculture. .
- Denrées coloniales, épiceries, articles de pâtisserie, etc................................
- Terres, minerais, métaux précieux, asbestes
- et autres marchandises.... ...............
- Laine et lainages...........................
- Colon et articles de coton..................
- Rois, bois de sculpture et produits qu’on en lubrique.....................................
- EXPORTATIONS.
- NATURE DES OBJETS.
- Denrées coloniales, épiceries et articles de
- pâtisserie................................
- Fers et quincaillerie.......................
- Produits de droguerie et pharmaceutiques,
- couleurs..................................
- Terres, minerais, métaux précieux, etc. . . . Laine et lainages...........................
- R. AGRICULTURE.
- K T A T ACTUEL J) B L’AGRICULTURE ALLEMANDS : DIMINUTION DES
- TITION DES CULTURES. - RENDEMENT; SON AUGMENTAT]
- EXCÉDENT DE LA CONSOMMATION SUR LA PRODUCTION.
- PAR LEUR CULTURE; SITUATION DES PRES AU COURS DU — ORGE. — AVOINE. - POMMES I)E TERRE. - BETTERAVE!:
- OLÉAGINEUSES. — El R REUSES. — CHICORÉE. — TARAC. - VITICULTURE; RÉGIONS VINICOUES; MODE DE FABRICATION; EXPORTATION ET IMPORTATION DU VIN. - A RRO RI CULTURE.
- POIDS. VALKU11.
- millions millions
- ilo <|llillliUlX. do marks.
- 71.6 q 3 2
- l3.7 799
- 6l.5 511
- 2.3 4i 1
- 4.2 377
- 53.o 371
- POIDS. VALKliB.
- millions millions
- de qn'mlaux. de imirks.
- l8 376
- l6.3 363
- 7.4 357
- GO 319
- °’7 3o6
- XPORTATIONS ET AUGMENTATION
- : agricole; ENCRAIS. — RÉPAR-
- AU COURS DU XIXe SIÈCLE. —
- CÉRÉALES : SURFACE OCCUPÉE
- 0 SIÈCLE. — : SEIGLE. — FROMENT.
- - HOUBLON. - LÉGUMINEUSES. —
- Etat actuel de l’agriculture allemande. — rcLe fait que l’Allemagne est devenue, peu avant le commencement du dernier quart du XIXe siècle, importatrice de céréales, d’exportatrice qu’elle était auparavant, a porté à l’agriculture allemande un coup dont elle se relève
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- ALLEMAGNE,
- 625
- lentement. L’exportation des produits agricoles allemands dépassait encore, vers i85o, l’importation, de 12 à i3 millions de thalers et l’agriculture nationale sullisait certainement à cette date à cj5 p. 100 des besoins d’alimentation du pays. Aujourd’hui une part importante des produits agricoles provient des marchés étrangers. En 1898, l’importation de ces produits a dépassé l’exportation de 2 milliards de marks, et cela malgré le grand développement de la technique agricole allemande. » Ainsi s’exprime le D1' prof. Ernest von Halle, de Berlin, dans l’introduction qu’il a écrite pour le catalogue officiel de la Section allemande à l’Exposition de 1900.
- Il est exact cependant que la technique agricole allemande a prospéré : crLa mise en jachère, écrit le Dr Albert, de Halle, que nécessitait autrefois l’ancienne culture à assolement biennal, a, presque partout, fait place à la succession continue de récoltes. Les labours profonds se sont généralisés et, au lieu de fumer le sol sans souci de sa composition, on a recherché les éléments dont il avait besoin et la forme sous laquelle ces aliments lui conviendraient le mieux. C’est ainsi que, outre le fumier d’étable qui est resté cria base fondamentale» des amendements, on emploie comme adjuvants les engrais artificiels. L’Allemagne est le pays dont l’agriculture consomme le plus de potasse : 3 kilogrammes de potasse pure par hectare de terres cultivées. Voici du reste un tableau qui donne, outre la consommation de la potasse, celle de l’acide phosphorique.
- CONSOMMATION DE L’ACIDE PI10SPH0H1QUE ET DE LA POTASSE PAU L’AGRICULTURE ALLEMANDE.
- ACIDE
- l’IlOSI’IIOUini.'K. POTASSE IU.
- millions (le kilogr. millions de kilogr.
- 1893................................. ic)o 61
- 1896................................. *i33 75
- 1899.................................. 3o0 108
- Enfin l’emploi des engrais verts, notamment dans les terres légères, a été, dans ces dernières années, beaucoup plus judicieusement pratiqué et, partant, est devenu bien plus profitable.
- (,) La polasse est surtout employée dans les plaines sablonneuses de T Allemagne du Nord.
- AGRICULTURE. ---
- h 0
- PIU1IEIUE NATIONALE.
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- 6‘26 EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- Répartition des cultuiîes. — Voici un tableau complet de la répartition des cultures :
- CATÉGOU1E DES EH L ITS. SLUFACE 1,000 1878. E\ Cl'LTLUE pour Il IMITANTS. 1893 ou 1897. POLU 100 D ARA OU DK 1878. E LA T Eli UE Il L K JA1ID1N. 1893 ou 1897.
- hectares. hectares.
- Froment 1,819 2 /' 1,920 6 6-97 [ 7-32
- Seigle 5,(),r)0 2 i 5,966 7 22.8A 1 22.7A
- Orge 1,6 2 5 3 1897. < 1,666 0 6.20 1897./ 6.35
- Avoine 3,753 1 1 ;U990 0 1 A.Ao / 19-°9
- Pomme de terre 2,708 1 1 3,067 7 1 0.09 l 1 ] -t>9
- Sarrasin 2A7 3 170 7 0.9 5 o.65
- Pois A68 9 828 0 1.80 1.2 5
- F èves 163 3 163 A o.5i 0.62
- y j pour fourrage vert \ pour la graine 229 0 1A07 128 2 0.88 1 .o3
- f pour l’enfouissement ... . i75 5 18A 5 0.67 0.70 |
- Lupins < pour fourrage 2 3<) 2 A9 9 0.92
- ( pour la graine 129 3 0.68
- Mélange. . . A 3 6 0 6A8 2 0.60 1.22
- Betteraves à sucre i75 8 390 3 0.68 1.51
- Betteraves globe jaune 328 7 A53 A 1.26 1.67
- Autres betteraves 160 1 2 2 0 0.1) 0 1.09
- Colza et navette 179 A io5 8 0.69 0.A0
- Lin i33 9 61 0 o.5i o.;i3
- Tabac 17 9 1 5 2 0.07 0.06
- Houblon Ao 8 A 2 1 0.16 0.16
- Trèfles 1,865 1 117A A 9 7.16 6.65
- Luzerne et esparcettc .... 359 6 31 1 A 0.68 0.7A
- 1 Ornilkopus sritivux 2.0 0 91 A 0.10 0.25
- Semences de gazon et Irèlle des prés. 1 86 7 36o 8 0.71 i.38
- Rendements. suivante :
- La moyenne annuelle des rendements a été la
- Froment et épeautre............... 3o,6io,
- Seigle............................ 0 i,ii 4,
- Avoine............................ 45,3oo,
- Oi-ge..................... ....... 22,300,000
- PRODUCTION MOYENNE TOTALE ANNUELLE 1878-1897. RENDEMENT MOYEN l>ar hectare.
- quintaux. quintaux.
- 3o,610,000 13.46
- G 1,11 /i,ooo 10.4i
- 45,3oo,ooo 11.-72
- 2 2,3oo,ooo 13.31
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- ALLEMAGNE.
- 627
- La production, dans le courant du xixe siècle, a notablement augmenté. Dans un discours sur l’avenir de l’agriculture allemande, discours prononcé à l’occasion du centenaire de l’Ecole supérieure d’agriculture, à Berlin, le recteur de cette école, le Drprof. Delbrück,
- (Clichés de la Deutsche LundmrUchaüiche Presse. )
- Fig. 148 et 14g. — Rendements en foin obtenus sur deux ares de terrain.
- Los las de droite représentent ies rendements obtenus sur sol irrigué, les tas de gauche sur sol non irrigué.
- le constatait en ces termes : cc Si l’on étudie l’histoire de quelques exploitations, on voit qu’indubitablement, dans ces cent ans, la production des céréales, étant donnée la surface, a doublé. Cet accroissement n’est pas attribuable à l’étendue plus grande de la surface en culture, mais bien à l’amélioration du mode de culture. Il est certain qufe la
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- 628
- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- mise en culture clu sol non cultivé jusqu’alors et la fertilisation des terres conquises sur les marais ont leur importance, mais le grand point fut l’amélioration des méthodes mêmes de culture. A l’accroissement de la production des céréales, il faut ajouter la récolte des racines, des- principales tout au moins : pommes de terre et betteraves, dont la culture n’a pris son importance qu’au cours du xixe siècle, et qui, ayant gagné sur les jachères le sol qui lui est attribué, a pu, sans diminuer les emblavures de céréales, couvrir les vastes surfaces qu’elle occupe aujourd’hui. . . Si donc, à la récolte des céréales qui a doublé, on ajoute celle de la pomme de terre, de la rave et du chou, on acquiert la preuve que la production agricole a quadruplé au cours de ce dernier siècle. »
- Cependant cet accroissement de la production est si loin d’avoir été en rapport avec celui delà consommation-1^ qu’ainsi que nous le signalions plus haut, d’exportatrice de produits agricoles, l’Allemagne est, au cours du xixc siècle, devenue importatrice. Voici du reste quelques chiffres a ce sujet : en 1897, il a été récolté 336 kilogrammes de céréales par habitant, tandis qu’il n’en était pas consommé moins de ^19 kilogrammes, c’est-à-dire un excédent de 83 kilogrammes. Le tableau ci-dessous indique quels sont les facteurs qui composent cet excédent; dans ce tableau, j’ai en outre mis en regard des chiffres de 1897 ceux de 18 7 8 ; 011 peut ainsi voir de combien, dans l’espace de vingt ans, la consommation s’est écartée de la production.
- Excédent d’importal ion
- 1878. J 807.
- millions millions
- <lo quint, inctr. de quint, rné
- du froment io.54 l3.8tl
- du seigle ().4a 8.83
- de forge 4.34 10.18
- de l’avoine 3.90 3-79
- du maïs 1.14 5.76
- Total 28.34 42.38
- Céréales. — cr Trois cinquièmes des cultures de plein champ sont consacrés à la production des céréales, dont 55 p. 100 à celle des plus importantes : blé, seigle, orge, avoine, qui sont ainsi la base de
- (1) Par suite, en grande partie, du rapide accroissement de la population.
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-
- ALLEMAGNE.
- 629
- l’agriculture allemande^1). 77 Voici comment se répartissent les surfaces occupées :
- F K 0 M E N T. SEIGLE. O R G E. AVOINE. I
- - -—.
- ETATS.
- 1.000 P OU II 1.000 POUR 1,000 POUR 1,000 POUR
- HECTARES. 100. HECTARES. 100. HECTARES. 100. HECTARES. 100.
- Empire d'Allemagne ïï ,0 A 5 7.8 G,o 17 22.9 1 ,627 <) . 2 3,906 *9-9
- Prusse 1 ,90 1 G.8 û,5G 2 25.9 856 4-9 2,676 1*4.6
- Bavière d2 4 10. G 554 18.1 334 4.6 451 14.7
- Saxe 62 G. 2 227 2G. 7 29 3.5 185 21.8
- Wurtemberg 32 U-* CO 38 4.3 99 ii.3 13 5 15.3
- Bade ht 7 •1 45 7 • 7 3 9 10.2 64 11.1
- Alsace-Lorraine iqh 9 5. h 5o 7.3 5o 7.9 100 14.5
- Ce sont, on le voit, les céréales d’automne (froment et seigle) qui prédominent.
- APERÇU DES PRIX DU FROMENT ET DU SEIGLE EN PRUSSE.
- P É 1! I 0 I) ES. T»P.I\ EX MARKS DE LA TONNE (1,000 KILOGRAMMES).
- FROMENT. SEIGLE.
- COURS le plus élevé. COURS le plus Las. COURS moyen. couns le plus élevé. COURS le plus lias. COURS moyen.
- 1816-1820 2 87 0 i32 4 2o3 6 2 1 4 0 93 7 151 9
- 1821-1830 j 56 7 81 6 119 9 107 7 5i 5 86 7
- 1831-1840 185 1 102 5 i36 5 1 38 2 73 5 100 6
- 1841-1850 269 2 135 0 1 65 5 21 5 2 79 0 122 7
- 1851-1860 280 9 14 8 0 208 6 229 0 127 5 1 65 1
- 1861-1870 9 54 5 i57 1 201 5 197 5 113 7 154 4
- 1871-1880 264 0 196 0 22.3 3 198 0 14 3 0 172 7
- 1881-1890 220 0 157 0 181 8 202 0 125 0 1 52 0
- 1891 r // II 222 0 II u 208 0
- 1892 (0 II II 176 4 II II 176 3
- 1893 (» n II 15i 5 II II 133 6
- 1894 O u 11 1 36 1 II II 117 4
- 1895 0..... n II i43 7 II U 121 0
- 1896 0) n II 15g 0 II 11 120 6
- 1897 « 176 5 166 0 171 0 131 8 12 1 0 1 26 4
- 1898 « 195 0 180 7 t 88 0 1 52 0 1 38 5 145 0
- 0) Cours de lîerlin.
- (2) Livraison selon les usages commerciaux en vigueur h Berlin , en dehors de loute condition le bourse.
- U) Développement de l’agriculture allemande vomique actuelle, par le conseiller intime
- pendant le xix' siècle et son importance éco- D''Traugott Mïi. le a.
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- 630 EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- Le prix des céréales a, au cours du xixe siècle, subi d’importantes fluctuations : de 181601890, grande cherté ; de 1821 a 183o, baisse terrible ; de 1831 à 1875, relèvement des prix, lent cTabord, puis plus accentué ; enfin, après 1885 , baisse, selon l’expression même du conseiller privé DrWerner« hors de toute proportion ». Le tableau précédent des prix du froment et du seigle est, à ce sujet, intéressant e consulter.
- Seigle. — Le seigle est, de toutes les céréales, celle dont, en Allemagne, la superficie de culture (6 millions d’hectares, soit 6 p. 100 de la superficie totale) a subi le moins de changement et sa récolte annuelle (7 millions de tonnes) est plus que double de celles du froment et de l’épeautre ensemble. 6 millions d’hectares, pour 7 millions de tonnes donnent un rendement moyen de 11.6 quintaux a l’hectare. L’importation est assez faible, environ 760,000 tonnes par an. On ne saurait s’étonner de la faveur que rencontre, en Allemagne, la culture du seigle. rcSa résistance aux rigueurs de l’hiver, écrit le professeur Dr Albert, de Halle, le peu de soin qu’il exige pendant sa croissance et enfin la possibilité de faire semaille sur semaille, font qu’il est la plante la mieux appropriée pour l’utilisation d’un sol léger.?: il domine dans la Marche de Brandebourg, dans les provinces orientales de la Prusse et couvre, dans le Hanovre, une superficie plus que quadruple de celle occupée par le blé. On a mieux réussi en améliorant les espèces indigènes, notamment celle de Petkus, qu’en introduisant des seigles étrangers; de ces derniers, seul celui de Zélande s’est assez répandu. La farine de seigle occupe dans l’alimentation allemande la place prépondérante qu’en France nous avons donnée au froment.
- Froment. — Le blé, qui n’occupe en Allemagne qu’une superficie de 6.5 p. 100, est de toutes les plantes celle dont on s’est le plus efforcé, chez nos voisins, d’augmenter les rendements. Malgré ces efforts on n’a jamais pu dépasser une récolte moyenne de i4.3 quintaux à l’hectare. La production annuelle de tout l’Empire s’élève, en moyenne, à 3 millions de tonnes; l’importation oscille entre 1 million et 1 million et demi de tonnes.
- Orge. — En Allemagne, le rapport de la production à la consommation est sensiblement le même pour l’orge que pour le froment. L’orge est du reste, des quatre grandes céréales, celle qui occupe le
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- ALLEMAGNE.
- 631
- moins de superficie : 4.7 p. 100. Les régions où on la cultive le plus sont : la Hesse (où elle occupe 11.8 p. 100), les Etats de Thu-ringe (9.3 p. 100), la Sax.e (8.5 p. 100), le Wurtemberg (8.1 p. 100), la Bavière (7.7 p. 100), le grand-duché de Bade (7.4 p. 100), etc. La culture de l’orge d’hiver que l’on rencontre surtout dans les régions à hivers doux (confins de la mer du Nord et provinces de l’Ouest) n’occupe que i.4 p. 100 de l’ensemble des embla-vures de cette céréale; quant aux surfaces occupées par l’orge de printemps, les deux tiers environ en sont cultivés en orges à deux rangs, le reste en escourgeons ou orges à quatre rangs, généralement plus rustiques. Les expériences de ces dernières années ont eu pour résultat de faire remplacer l’orge chevalier, qui régnait jusque-là en maîtresse, par la Hanna et l’orge impériale du type Goldthorpe, qui se distingue par la grosseur de son grain, sa paille forte et résistante, mais ne convient guère qu’aux sols lourds et riches. La Hanna au contraire donne de bons rendements même sur des sols maigres, pourvu qu’on prenne soin de les amender avec beaucoup de potasse et une quantité suffisante d’acide phosphorique. Voici, d’après le Dr Remy, de Berlin, un tableau de la production, de l’importation, de l’exportation et de la consommation de l’orge :
- Récolte moyenne (période 1894-1898)............. 2,383,606 tonnes.
- Importation......................................... 1,182,295
- Importation de 87,457 tonnes de malt, correspondant à.......................................... 116,010
- Total........................... 3,681,911
- Dont il faut déduire l’exportation en orge et malt.. 52,866
- Reste........................... 3,629,045
- se répartissant ainsi :
- Orge de brasserie.................................. 18 millions de quint.
- Orge de distillerie................................. 1
- Préparation d’orges mondés................ 1 à i.5
- Semence........................................... 2.5
- Reste......................... 12
- utilisés surtout comme fourrage; une faible quantité servant à la fabrication du malt destiné à la préparation du maltose, des succédanés du café et à l’impression du coton.
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- 632
- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- Avoine. — Bien que 1 avoine se contente, moins que Forge, des terrains légers, sa superficie de culture, infiniment plus développée, est de 11. 3 p. îoo. Des expériences ayant, d’autre part, permis d’obtenir une augmentation notable des rendements, — la variété de Probstei a donné jusqu’à 6o quintaux à l’hectare, — l’Allemagne, pour cette céréale, se suffit presque à elle-même; la moyenne des importations de ces dernières années n’a été, en effet, que de A00,000 tonnes; soit seulement 8 p. îoo de la production indigène.
- Racines. Pommes de terre. — L’Allemagne est le pays qui produit le plus de pommes de terre : plus de 22 5 millions de quintaux; aussi l’exportation du produit l'emporte-t-elle le plus souvent sur l’importation. Longtemps ce fut la Dabers qui fut la plus répandue, tant dans les potagers que pour la grande culture. Elle fut ensuite supplantée par la Magnum bonum et la Richters imperator; cette dernière restait en faveur tandis que la Magnum bonum faisait place à la Bruce, qui semble d’une vitalité plus grande, est bonne pour la table et convient à l’exportation. Comme pomme de terre industrielle, c’est la Prof. Maercker cr le meilleur produit de Richter», qui est la plus répandue; cette espèce peut, en outre, être utilement employée pour la cuisine. D’ailleurs, de récents essais ont démontré l’eNcellence d’espèces nouvelles, dont la diffusion aura certainement pour résultat de diminuer les espaces occupés par les variétés en faveur aujourd’hui. Les meilleurs rendements sont obtenus avec, par hectare, Aoo quintaux de fumier, Aoo kilogrammes d’acide phos-phorique soluble à l’eau et 32 0 kilogrammes de nitrate de soude, donnés, moitié peu avant ou au moment de la plantation et moitié après la levée de la pomme de terre.
- Betterave. — L’Allemagne occupe le premier rang, tant sous le rapport de la production du sucre de betterave que sous celui des améliorations progressives de la qualité des grains, élément prépondérant de richesse saccharine de la betterave. Du reste, la culture de cette racine augmente chaque année d’extension : en 1896-1896, 376,669 hectares lui sont consacrés; en 1896-1897, A8A,88i hec-
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- tares; en 1897-1898. 437,174 hectares. Les méthodes de culture se sont également modifiées; il y a vingt-cinq ans, pour biner plus facilement, on espaçait les rangées et, dans chacune, on espaçait beaucoup les plantes les unes des autres. Aujourd’hui les betteraves ne sont plus qu’à 0 m. 3o les unes des autres et les lignes à 0 m. 25 d’écartement. On n’est du reste pas parvenu à élever très sensiblement le rendement en poids de la betterave; et on peut estimer la récolte moyenne comme variant de 300 à 32 5 quintaux: par hectare. Mais si l’on n’a pu augmenter le rendement en quantité, on l’a notablement amélioré en qualité, c’est-à-dire que l’on a élevé la teneur en sucre de la betterave. En 1876-1876, on n’extrayait en moyenne que 8 kilogr. 60 de sucre brut par quintal de betteraves; en 1897— 1898, 100 kilogrammes ont fourni 12 kilogrammes de sucre brut. Il y a donc eu, durant le dernier quart du xixc siècle, un accroissement moyen de 48 p. 100 de la richesse saccharine de la betterave.
- Cultures mvehseS. Houblon. — Le houblon est une des trois grandes cultures industrielles de l’Empire allemand, les deux autres étant la betterave et le tabac; sa grande extension date de 1880. En cbilfi es ronds, il occupe aujourd’hui 42,000 hectares, donnant une récolte moyenne de 250,000 quintaux, dont la valeur peut être estimée à 76 millions de marks (près de 94 millions de francs). Le principal centre est la Bavière (26,226 hectares); là Franconie moyenne fournit, à elle seule, plus du quart delà production totale de l’Allemagne. Dans son rapport sur les cr Produits agricoles non alimentaires», M. Gustave Heuzé, inspecteur général honoraire de l’agriculture, signale à ce propos ccque le commerce allemand prend toutes les mesures nécessaires pour centraliser le commerce du houblon à Nuremberg et faire naître une concurrence à la Bohême??.
- Légumineuses. — Les légumineuses 11’ont qu’une faible importance en Allemagne : une seule fait exception, le lupin. Aussi l’importa-lion des fèves, des pois, des haricots augmente-t-elle chaque année; elle est actuellement de 100,000 tonnes de pois et de fèves, de provenance russe, et de 30,000 tonnes de haricots.
- Planles oléagineuses et fibreuses. — Le colza et la navette n’oc-
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- cupent plus que ioi,3io hectares, presque tous situés en Prusse; encore leur culture y est-elle en diminution. Il en est de meme pour la culture du lin qui ne s’est maintenue que sur les confins de la mer du Nord et de la Baltique et dans quelques régions montagneuses (60,956 hectares). La culture du chanvre (7,921 hectares) est également de celles qui sont en voie de diminution.
- Chicorée. — La chicorée a droit à une mention; répandue surtout dans la province de Saxe, le Wurtemberg et le duché de Bade, elle oocupe au total 10,718 hectares.
- Tabac. — Au cours des vingt-cinq dernières années, la culture du tabac est restée stationnaire. Cependant l’Allemagne occupe encore un rang très important dans la production mondiale de cette plante, ainsi que le montre le tableau suivant :
- Etats-Unis d’Amérique................... .. 3,988,000 quint.
- Autriche et Hongrie.......................... 5AA,ooo
- Allemagne.................................... 3o5,ooo
- France................................... 99/1,000
- Le nombre des hectares plantés en tabac est légèrement supérieur à 21,000 et celui des planteurs d’environ i55,ooo. La région ou cette culture est le plus développée est le duché de Bade (6,o58 hectares).
- Viticulture et vin. — <rLa viticulture de l’Allemagne, écrit M. P. Le Sourd, est la plus septentrionale de la terre, puisque le terme Nord de la zone de la vigne traverse le centre de ce pays. Mais c’est peut-être une bonne fortune pour la production allemande que d’avoir à compter aussi avec ces circonstances de climat peu favorables; car on est forcé de planter des cépages blancs, qui sont, mieux que les rouges, en état de supporter l’humidité automnale du Nord. » C’est également l’humidité et le froid qui ont permis à l’Allemagne de résister jusqu’ici à l’invasion du phylloxéra rien qu’en procédant vigoureusement à l’extinction des foyers phylloxériques.
- 116,800 hectares et 3oo,ooo hectolitres, telles sont, en chiffres ronds, la superficie plantée en vignes dans tout l’Empire et la pro-
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- (ludion vinicole; la valeur de cette dernière est estimée à plus de 13 o millions de marks. C’est l’Alsace-Lorraine qui est la contrée la plus viticole (voir p. 675). Parmi les autres régions, il faut citer tout d’abord le Rheingau crpays classique de la culture du Riesling, mais dont les vins de choix sont tous pareils dans les bonnes années»; le Rheingau, où les domaines sont nombreux, cria viticulture et la vinification exemplaires»; puis, le Wurtemberg, dont la production atteint le chiffre important de 260,000 hectolitres; la Franconie, dont la viticulture, depuis longtemps renommée, fournit environ i25,ooo hectolitres par an; la Nahe, où la culture intensive permet d’atteindre une production de près de 100,000 hectolitres; le Palatinat rhénan, avec ses 450,000 hectolitres; la Hesse rhénane, qui fournit 270,000 hectolitres, et dont certains vins sont très appréciés; la Moselle, la plus ancienne contrée viticole de l’Allemagne, etc.
- ccLe vin blanc est préparé par fermentation du moût sans contact avec les peaux. Ainsi se maintient l’arome précieux du raisin, et le produit garde une originalité toute particulière. En outre, la vigne puise dans le sol allemand les matières inconnues par lesquelles se développent l’arome du raisin et le bouquet du vin. Le Riesling est un des raisins les plus généreux du monde ; il se prête à des choix remarquables, certains des vins qu’on en fait sont payés jusqu’à 35,ooo marks la pièce de 1,200 litres.» Mais il est à remarquer que la qualité des récoltes est très inégale.
- En général, seule la production des bonnes années est exportée. Voici les exportations moyennes annuelles :
- 1836-1840..................... ... presque 66,000 quinl.
- 1856-1860.........................plus de i42,ooo
- 1896-1899.........................presque 223,000
- Enfin, en 1900, nous trouvons une exportation d’environ 24o,000 quintaux, dont 14i,2 20 de vins et moûts en fûts, 20,45o de vins mousseux et 80,760 de vins en bouteilles. Les principaux clients de l’Allemagne sont : les Etats-Unis, la Grande-Rretagne, la Suisse.
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- Dans cette même année 1900, les importations se sont élevées à : vins et moûts en fûts, 628,621 quintaux; vins rouges de coupage, 117,212 quintaux; vins destinés à la préparation de l’eau-de-vie, 12,166 quintaux; vins mousseux, Û2,o83 quintaux; autres vins en bouteilles, 7,882 quintaux. Plus de la moitié de ces importations provenaient de France : vin et moûts en fûts, 306,490 quintaux; vins de coupage, 1 3,186 quintaux; vins destinés à la préparation de l’eau-de-vie, 9,248 quintaux; vins mousseux, 4 1,8/17 quintaux et presque tous les vins en bouteilles.
- Aiuïoiucultuhe.—L’arboriculture s’est, durant ces dernières années, développée, en Allemagne, dans d’assez grandes proportions. Le plus répandu des arbres fruitiers est le pommier qui a son principal centre do culture en Wurtemberg : on y compte 3,5oo,ooo sujets adultes; le pommier n’est pas le seul arbre fruitier de ce pays; d’après les plus récentes statistiques, les arbres donnant des fruits a pépin y sont au nombre de 5,394,628, et les arbres donnant des fruits à noyau, au nombre de 1.908,430.Parmi les autres régions arboricoles de l’Allemagne, je citerai, dans le grand-duché de Bade : la route de Berg, Heidelberg et la contrée de Bühl (prunes hâtives); dans la Hesse-Nassau : le district de Wiesbaden avec 1,525,896 arbres à fruits à pépins et 1,02 5,1 25 arbres â fruits à noyau (ce qui fait une proportion d’arbres de 2.26 par habitant et 4.69 par hectare); dans le grand-duché de Hesse : Friedberg; en Bavière, le Palatinat et la Basse-Franconie; le royaume et la province de Saxe; le Brunswick; le Hanovre; la contrée de Stade, verger de Hambourg, qui envoie en Angleterre des prunes et des cerises; Werder et Gaben, qui fournissent Berlin, en cerises notamment; le Schleswig-Holstein; le Mecklembourg; toute la cote de la Baltique et la Silésie.
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- G37
- C. ELEVAGE, INDUSTRIE LAITIERE ET APICULTURE.
- EFFECTIF I)L DETAIL ALLEMAND; SA REPARTITION DANS L'EIII'IRE. — VALEUR DES PRODUITS ANIMAUX. - IMPORTATION ET EXPORTATION. — CHEVAUX : PRINCIPAUX TYPES; HARAS; COURSES. - Il ETES A CORNES. — INDUSTRIE LAITIERE; LAITERIES COOPERATIVES; IMPORTATION ET EXPORTATION DU BEURRE ET DU FROMAGE. — MOUTONS. — CHEVRES. — PORCS. — AVICULTURE. APICULTURE.
- Effectif du bétail. —Le tableau suivant indique l’effectif du bétail allemand; il montre l’extension prise par l’élevage dans ce pays. crLa création d’unions d’éleveurs, écrivait le Dr Max Marcker, la mise en vigueur d’une réglementation étroite dans le choix des types reproducteurs, l’institution de certificats de filiation ont initié l’agriculteur allemand à la pratique d’un élevage rationnel.:?
- EFFECTIF DU BETAIL ALLEMAND.
- CATÉGORIE D'AMMAl X. 10 JANVIER 1873. 10 JANVIER 1883. 1" DÉCEMBRE 1892. 2 DÉCEMBRE 1897.
- Chevaux 3,352,231 3,022,565 3,836,256 6,0 3 8,6 8 5
- Mulets • 1,626 1,009 383 n
- Anes 11,689 . 8,786 6,3ao //
- Bêles à cornes 1.5,776,702 16,786,766 17,555,696 18,690,772
- Moulons 2/1,999,606 19,189,716 13,589,61 2 0 GO b3
- Porcs 7,126,088 9,206,195 12,176,288 16,276,557
- Clièv. es 2,320,002 2.660,996 0,091,287 6,209,880
- Ce qui donne, par kilomètre carré et, par 100 habitants :
- j CATÉGORIE D’ANIMAUX. PAR KILOMÈTRE CARRÉ. PAR 100 HABITANTS.
- 1873. 1883. 1892. 1897. 1873. 1883. 1892. 1897.
- p. J00. p. 100. p. 100. p. 100. p. 100. p. 100. p. 100. p. 100.
- Chevaux 6.2 6.5 7-1 7.5 8.2 7-7 7.8 7-7
- Mulels el ânes 0.02 0.02 0.01 // o.o3 0.02 0.01 //
- Bêtes à cornes 29.2 29.2 32.5 35.6 38.6 36.5 35.5 35.3
- Moulons 66.2 35.5 25.1 20.1 60.9 62.0 27.5 20.8
- Porcs 1 3.2 17.0 22.5 26.5 17.6 20.1 26.6 27.3
- Chèvres 6.3 6.9 S.? 6.0 5.7 5.8 6.3 6.0
- Valeur des produits animaux. — Le prix des produits animaux — celui de la laine excepté — a, depuis 18&0, suivi une lente mais
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- Fig. i5o. — Cnrîe géométrique de la répartition des chevaux en Allemagne.
- G38 EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
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- Nombre de bêtes à cornes
- par Kit. carré .•
- 17.7 à 27.o
- gg
- éhr
- i 27.1 à 35.0
- 35.1 à 43.o
- 43.1 à 51.o plus de 51.1
- Fig. 151 •— Carte géométrique delà répartition des hôtes h cornes en Allemagne.
- en
- co
- O
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- AGRICULTURE.
- GAO
- constante progression ascendante. Voici, concernant la Prusse seule, un aperçu de ces prix, depuis 1870 :
- APERÇU DES PIUX DES PRODUITS TIRES DES A MM MX , EN PRUSSE.
- ANNÉES. PRIX DE 100 KILOGRAMMES EN MARKS. OEUFS. I SOI X AN- D TAINE i en H PFENNIG. 1
- VIANDE nu BOEUF 1 la ns lo |fram 1 l'oirmiorco. VIANDE DANS LE PETIT COMMEHCE. LA HD FUMÉ du pays. heuhue do TABI.E.
- ROKUF. PORC. VEAU. MOUTON.
- 1875 II 113 126 9 4 1 06 1 84 248 354 I
- 1870 n 113 131 98 1 «7 1 90 245 344
- 1877 11 115 129 100 1 o3 188 235 332
- 1878 n 117 12 3 101 109 1 79 11 r> 320
- 1871) a 115 115 98 108 166 205 O 0l9
- 1880 n 114 122 98 108 171 220 32 2
- 1881 n 114 128 98 109 170 2 27 332
- 1882 11 11G 128 100 1 1 1 182 228 3 2 G
- 188;l n 1 20 128 io3 115 184 23o 33 0
- 1884 n 1 20 120 102 114 i75 22 1 3 2 7
- 1885 n 1t9 120 102 113 171 2 I 2 327
- 188(1 n 117 1 «9 1 01 1 11 169 2 1 0 324 E
- 1887 11 113 1 5 100 108 i64 2O7 3i7
- 1888 n 112 114 99 107 1G0 2 08 3 2 8 |
- 1889 n 1.17 128 1 o5 112 i73 22 1 387
- 1890 n 126 139 117 12 1 188 220 35 2 J
- 1891 n 128 13o 118 ia5 177 2 20 35G
- 1892 n 1 2(5 t3 1 116 1 22 i74 226 35g
- 1893 n 121 1 32 114 118 174 227 873
- 1894 110 12 4 131 118 1 >9 172 217 34 g
- 1895 112 12G 126 1 21 1 2 2 16 4 207 356
- Importation et exportation. — L’importation et l’exportation, en tètes de bétail, sont les suivantes :
- CATÉGORIE NOMBRE DES TÊTES.
- 1878. 1883. 1892. 1897.
- D’ANIMAUX. ————'—-
- IMPUR- kxpor- IMPUR- JSXPOR- IMPOR- KXPon- IMPOR- Expon-
- TATION. TATION. TATION. TATION. TATION. TATION. TATION. TATION.
- Chevaux, poulains 66,21 4 45,42.3 76,737 19,213 82,128 8,924 120,334 9,060
- Mulets, ânes. . . . 48 113 177 12 131 4 U "
- Taureaux, bœufs. n4,i8g 124,994 28,778 70,414 50,770 5,5.07 61,282 3,901 1
- Vaches 93,56i 68,735 8 0,316 60,808 135,487 3,221 73,788 2,838
- Jeune bétail .... 58,762 99,365 78,960 108,110 90,720 8,35i 71,923 4,966
- Porcs 996,i4i 3o8,g54 926,502 4 17,822 8()1,203 4,853 89,826 4,692
- Gorets 206,097 2 4,8i 3 1 80,168 2i,3o8 126,460 2,332 2,o54 2,298
- Moutons 8o/i,315 1,715,169 88,774 1,442,648 13,8 5 2 321,960 1,988 199,295
- Chèvres é 2,110 2,753 2/122 1,082 870 271 fl II
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- i m i» r. 1 ai r. i\ 11: nationale
- r*
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- l plus de 48.
- Fig. i5a. — Carte géométrique de la répartition des moutons en Allemagne.
- ALLEMAONE.
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- Fig. itr>3. — Carte géométrique de la répartition des pores en Allemagne.
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- ALLEMAGNE. (143
- Nous pouvons résumer le tableau de la page 660 comme suit :
- [ - EXCÉDENT D'IMPORTATION ; + EXCÉDENT D’EXPORTATION.
- ANNÉES. — — -—
- CI1EV AUX. MÎTES À COUSES. MOUTONS. PORCS.
- t ,000 marks. 1.000 niiirks. 1,000 'marks. 1,000 marks.
- IS7S — 10,7011 + 1,7/10 4- 27,(100 — AS, 1 90
- 1883 — 88,298 -f- 1 3, 09 1 4- 89,090 — OA,810
- 18 SS — 0:2,1 37 — /i,So3 — 20,963 -11,219
- 18'.)L> - 53,308 — 70,703 — 7,5 oG — 98,982
- 1897 — 7/1,000 — 52,000 — /C700 — 0,700
- Non plus qu’eu produits agricoles, l’Allemagne ne se suffit donc en bétail; et elle est obligée, ici aussi, d’avoir, en d’assez fortes proportions, recours à l’importation. Le tableau ci-dçssous, cpii ne se rapporte qu’aux viandes fraîches ou conservées, en est du reste une preuve :
- IMPORTATION ET EXPORTATION JUS VIANDES.
- E X C ÉI) E N T.
- N AT U R E DES VIANDES. EXPORTATION. III P011TAT10N. "" — —
- IMPORTATION. EXPORTATION.
- quint, métr. quint, met. quint, métr. quint, métr.
- 1 de bœut et de veau.. 11,19/1 AA,990 33,790 //
- Viandes fraîches...! ‘J0 Porc 75 A 11 2,113 1 1 1,359 //
- j de mouton 1,590 805 // Ü t)
- ' Autres viandes 11 82 71 //
- Viande de bœut et de. veau 921 21,700 20,78/1 U
- ( Porc, jambons, lards,
- Viandes j saucisses 23,835 26/1,278 2 Ao,AA3 U
- , C? .• j Autres viandes 13A 1 ,A63 1,829 H
- simple prcparatiun.1
- t Colles de conserve. . 881 3A,5A A 33,603 U
- Ensemrle AA i,AA5 725
- Excédent d’importation 4Ai,AA5 quint métr.
- Excédent d’exportation 725
- Surcroît d’excédent d’imporlalion 4/10,720
- Chevaux. — D’une façon générale on peut dire qu’en Allemagne le cheval léger a son centre d’élevage dans l’Est(l), tandis que le cheval de travail a le sien dans le Centre et dans le Sud.
- (l) C’est la Prusse orientale qui produit le cheval d’armes allemand.
- A 1 .
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- 6 àh
- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- Si nous voulons rechercher les variétés principales, il faut tout d’abord citer le mecklembourgeois, grand carrossier, dont le type s’est quelque peu perdu par suite du grand nombre de poulains du Hanovre, du Ilolstein, du Danemark, qui ccrationnellement nourris se vendent , après leur développement, sous le couvert de mecklembour-geois(1)^. Quittons le Mecklembourg, pour l’Oldenbourg, un des pays
- Fig. i5A. — Jument du Scldeswig suilée de son poulain.
- d’Allemagne où l’élevage est le plus en honneur; nous y trouvons un carrossier, type de coupé, bai foncé ou noir, chez qui la robustesse n’exclut pas l’élégance. En Bavière, je nommerai : une variété de la race norique, les lourds chevaux de Pinzgau; les <r alezans de Rotthal», fortes bêtes de selle qu’on élève dans la vallée du Danube; le type plus léger de Feldmahing, chevaux de selle et de trait. Les hanovrions sont
- (1) L’élevage en Allemagne dans le dernier brochure publiée, en 1900, par les soins de quart dit. xi.ie siècle, par le conseiller privé la Deutsche Lamhrirlschafts-Gcscllschaft.
- Dr prof. Werner, de Berlin. (Extrait d’une
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- ALLEMAGNE.
- (> h 5
- réputés; lo lypo indigène s’est heureusement modifié par des croisements avec des poulinières anglaises de pur sang; on a obtenu ainsi des demi-sang, vendus dès leur jeune âge de Aoo à 800 marks. Enfin, nous arrivons au Schleswig-Holstein,berceau de l’ancienne race germanique : dans le nord du Schleswig, ce sont les lourds chevaux, aj)tes aux travaux agricoles qui dominent; dans la partie basse du llolstein, on rencontre encore ces très grands carrossiers — autrefois si recherchés — utilisés aussi pour porter de pesants cavaliers.
- Les efforts, tant officiels que privés, ont eu pour résultats la création de dépôts d’étalons et de haras; en Prusse on compte 17 haras royaux; le principal est celui de Trakehnen fondé au xvmc siècle par Fr.-Guil-laume Ier en vue de la production des chevaux de selle et des carrossiers, et auquel on doit un type léger le plus souvent de robe noire
- Comme dans presque tous les pays, il y a, en Allemagne, des courses de chevaux; leur organisation est bonne, à l’heure actuelle, et, par une remonte importée d’Angleterre et de France, on s’efforce d’améliorer la race de pur sang. Cependant, il y a très loin encore des raerrs allemands aux français; le grand meeting international de Baden-Baden, ou chaque année les uns et les autres se rencontrent, est pour nos éleveurs l’occasion de faciles et importantes victoires, et il est rare qu’une seule des grandes courses auxquelles nos représentants prennent part leur échappe. Aussi la plupart des sociétés allemandes qui ouvrent certaines de leurs grandes épreuves à tous les chevaux ce du continente?, en excluent-elles les chevaux français.
- Bêtes a couves. — ce A part quelques espèces de plaine ou de mon-lagMie, écrit le D1’ Max Marcker, on s’en tient de préférence aujourd'hui, soit au bétail des terres basses provenant de la Hollande ou de la Prusse orientale ( 54.56 p. 100), soit à la race de montagne tirée du Simmenthal (45.44 p. 100). Parmi les variétés dérivant du Simmen-lliai, il faut citer celle de Pinzgau, bonne comme laitière, comme
- (l) Trakelmcn possède un slud-book qui lui est propre, intitulé : Table généalogique de demi-sang noble de la production du luiras de Tralehntn. (Cette expression de demi-sang
- noble est particulière à l’Allemagne.) Chaque famille de demi-sang noble a une marque particulière qui est appliquée sur la fuisse gauche; à Trakehnen, c’est une double ramure d'élan.
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- Fig. 155. — Taureau de Pinzgau (concours de Mannheim, 190e).
- Fig. 1 56. — Vache de Pinzgau (concours de Mannheim, 190e)
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- viande de boucherie et pour le travail. Le grand bétail tacheté des hautes régions est également à triple rendement. En Bavière, on rencontre le type d’AUgaü, recherché aujourd'hui en Allemagne à cause de ses qualités laitières : les vaches, d’un poids moyen de Aoo à h oo kilogrammes, ont une période de lactation de trois cent quarante jours et donnent annuellement de 2,âoo à 2,800 litres de lait. De
- Fig. î.r>7. — Bétail tacheté du haut duché de Bade (concours de Mannheim, 1909).
- petite taille, les bovidés dits (TAllgaü sont originaires de la région des Alpes d’Allgaü; ils ont généralement une robe de teinte claire dun gris brillant ou jaunâtre. Egalement de petite taille et de robe claire, et originaires des régions hautes du pays, les wurtembergeoises sont moins estimées.
- Industrie laitière. — En même temps que le nombre des bêtes à cornes augmentait en Allemagne, leur rendement moyen s’élevait; en outre, l’utilisation des machines centrifuges permit la fabrication en grand du beurre, et des laiteries se fondèrent. Leur nombre était, en 1900, de 2,8âi, se répartissant en 2,066 sociétés coopéra-
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- tives enregistrées à responsabilité illimitée, 5 12 sociétés coopératives enregistrées à responsabilité illimitée, 21 sociétés a responsabilité limitée, 17 sociétés par actions, enfin 235 sociétés coopératives non enregistrées.
- C’est en Schleswig-Holstein (près de 700 laiteries coopératives en activité) que l’industrie laitière est, de beaucoup, le plus prospère, puis viennent le Hanovre et la province rhénane qui comptent, il est vrai, moins de laiteries que le Wurtemberg, mais dont cependant le poids du lait mis en traitement est plus fort.
- IMPORTATION ET EXPORTATION DU BEURRE ET I)U FROMAGE (1808)9).
- IMPORTATION. EXPORTATION.
- QUANTITES. VALEUR. QUANTITES. VAI.KI.TI.
- lonnes. mil!, do marks. lOlKH'S. niill. i!e mur
- Beurre 10,598 15.o 9,83o 5.5
- Fromage.. . . . ... 14,0/19 17.5 1,15 4 1.1
- On voit que, tant pour le beurre que pour le fromage, l’importation l’emporte de beaucoup sur l’exportation. L’importation provient principalement : celle du beurre, des Pays-Bas, d’Autriche-Hongrie et de Russie; celle du fromage, des Pays-Bas (7 millions de tonnes) et de Suisse (5 millions de tonnes d’Enimentlial); enfin, la France exporte en Allemagne une quantité, chaque année plus grande, de fromages mous (en 1898, 7A6 tonnes, valant i,3oo,ooo marks).
- Moutons. — Le nombre des moutons a diminué en Allemagne, comme il a diminué, du reste, dans presque tous les pays d’Europe.
- (l) M. Maurice Beau donne, concernant l’Allemagne, les chiffres suivants pour les exportations et les importations de beurre :
- EXPOR- I.MPOR- EXPORTATIONS. TATIONS. TATIONS.
- 1870. 17,880 3/uo + : 16/170
- 1880. 13,470 5,ooo + 7/170
- 1890. . . 7,oèo 8,900 — i,8üo
- 1900. 2,5 2 0 15,720 — 1 3,200
- Et M. Beau ajoute : rrD'oÙ il résulte <
- l’Allemagne, pays nettement exportateur jusque
- vers l’année 1888, est devenue, depuis 1897, importateur dans une très large mesure. La principale cause de ce fait réside dans l’augmentation considérable de la consommation allemande, peut-être aussi dans une qualité un peu inférieure de la marchandise exportée. Cette dernière provient surtout du Schleswig-Holstein et le port principal de sortie esL Hambourg.'» (Annales de l'Institut national, agronomique, 1908.)
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- C'est ainsi que. (le 28 millions (il y a 1111e quarantaine d’années), i! est tombé au-dessous de 11 millions. Cette diminution a surtout porté sur les races lainières ainsi que le montre le tableau suivant :
- DIMINUTION DU NOMBRE Dlï MOUTONS.
- MÉRINOS. AUTRES RACES, p. 100. p. ÎOO.
- 33.9 17.0
- 7.r).0 0.9
- Les races indigènes allemandes ont deux qualités : elles sont rustiques et la viande qu’elles produisent est assez bonne.
- 1873-1883.
- 1883-1892.
- Fig. 158. — Moulons croises du Wurtemberg (primés au concours de Mannheim, 190a).
- Chèvres.— Le nombre des chèvres augmente en Allemagne. C’est, en Thuringe qu’elles sont le plus nombreuses (i4. 1 pour 100 habitants), puis en Hesse, dans la Marche de Brandebourg et en Silésie. En Thuringe, la chèvre est même, dans 81,000 exploitations, la seule productrice de lait. C’est de cette région qu’est originaire, du reste,
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- Fig. iTm). — Porc mâle d’on an, do la race de Hanovre-Brunswick,
- Fig. 160. — Truie de deux ans, de la race de Hanovre-Brunswick.
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- la meilleure des races indigènes allemandes : la race blanche sans cornes de Laugensalza. Petites de taille, les variétés du Harz et de l’Erzgebirge sont bonnes laitières.
- Porcs. — L’élevage du porc a notablement progressé en Allemagne; c'est ainsi que, tandis qu’on ne trouvait, en 1873, que 17.4 porcs pour 1 00 habitants, il y en a 20.1, en 1 883 ; 2 k . 6, en 1 892 ; 2 7.3 , en 1897. Aujourd’hui avec ses quatorze millions de porcs, l’Allemagne
- Kijf. 161. — Porcelets de la race de Hanovre-Brunswick.
- occupe en Europe le premier rang. En même temps que la production augmente, l’importation se ralentit. A cette situation satisfaisante, il y a deux causes : d’abord les progrès de l’industrie laitière, qui, on le sait, entraînent le plus souvent, ceux de l’élevage du porc; puis, les croisements avec les races anglaises hâtives, qui ont amélioré les variétés indigènes, généralement quelque peu tardives.
- Les soies d’Allemagne ont de la force et de la longueur; le principal centre de leur commerce est Leipzig.
- Aviculture. — Plusieurs régions de l’Allemagne ont une aviculture prospère; l’élevage des oies, notamment, donne de bons résultats.
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- Apiculture. — Dans son rapport consacré aux ce Insectes utiles et leurs produits», le Dr Félix Henneguy, professeur au Collège (le France et à l’Ecole nationale d’horticulture de Versailles, classe l'Allemagne au nombre des rrpays apicoles par excellence». Le nombre des ruches se maintient légèrement supérieur à dix millions.
- J). INSTITUTIONS.
- CREDIT MUTUEL : SCIIULZE ET RAIFFELSEN ; NOMBRE ACTUEL DES ASSOCIATIONS DE LEUR SYSTEME. — SOCIÉTÉS COOPÉRATIVES : LEUR NOMBRE; LEUR IMPORTANCE. — LA CAISSE CENTRALE COOPÉRATIVE DE PRUSSE. — ASSOCIATIONS DE VIGNERONS. — ASSOCIATIONS POUR LA VENTE. — L’UNION DES AGRICULTEURS. — ASSURANCE OBLIGATOIRE. — ASSURANCE DU BÉTAIL.— ASSURANCE CONTRE LA GRELE. — REPRESENTATION PROFESSIONNELLE. — SOCIÉTÉS D’ÉLEVAGE ; LE STAMMBUCII. — STATIONS AGRONOMIQUES : LEUR HISTORIQUE; LEUR ORGANISATION; LEUR RUT; LE VERBAND; BUDGET DES STATIONS. — ENSEIGNEMENT AGRICOLE.
- CnuDrT mutuel. — cc En Allemagne, depuis un demi-siècle, le crédit agricole s’est développé avec succès et a donné des résultats considérables, à la faveur de l’association mutuelle. Deux hommes ont contribué à fonder, dans ce pays, le crédit personnel, en l’organisant ainsi : ce sont Schulzc et Raiffeisen. Les types imaginés et préconisés
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- par chacun d’eux, pour différents qu’ils soient, ont beaucoup de traits communs. Les associations Sehulze-Delitsch ( Worschussvereine) ont un caractère surtout urbain; les associations RaifFeisen (Darlehnenslmssen) sont exclusivement rurales. Les premières ont un périmètre qui englobe assez fréquemment plusieurs communes; les secondes ont généralement pour limites le territoire d’une commune. Celles-là ont un capital, celles-ci se fondent sans apports des sociétaires.
- ccLa première association de crédit mutuel fut fondée par Schulze dans la petite ville de Delitscb en i85o. En 1896, le nombre des associations de ce type dépassait 3,000. La Société exige de chacun de ses membres le versement mensuel d’une très petite somme, jusqu’à complément d’un chiffre qui représente sa part ou son action; le montant des actions, auquel vient se joindre la réserve, qui se constitue par un prélèvement sur les bénéfices et par un droit d’entrée perçu sur ceux des sociétaires qui sont admis postérieurement à la fondation de la Société forme le capital social; c’est un fonds de garantie plus encore que de roulement, les sommes prêtées par la Société lui étant fournies par des dépôts, dont, sont responsables, non seulement la Société, mais tous les associés solidairement et indéfiniment. Ce principe de la solidarité est fondamental et il est la base de l’institution; c’est à lui qu’est dû l’essor merveilleux de ces petites banques; elles offrent par là toute confiance aux capitalistes; en même temps, les associés surveillent avec soin les admissions des nouveaux membres. C’est une école de moralité et d’honorabilité, en même temps que d’épargne. Les prêts sont faits non seulement aux membres, mais encore à des tiers.
- et Malheureusement ces associations, qui ne sont pas administrées gratuitement, donnent le crédit à un taux un peu plus élevé qu’il ne conviendrait, et n’admettent ni échéance à plus de trois mois, ni libération par acomptes. Aussi sont-elles moins bien appropriées au crédit agricole qu’au crédit à accorder aux artisans et petits commerçants. Le crédit mis à la disposition des cultivateurs ne représente que 18 p. 100 du chiffre de leurs opérations.
- et Les associations RaifFeisen, au nombre de 8,5 7 5 à la fin de 1898, ont rendu plus de services à l'agriculture que les précédentes; celles-ci
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- sont des sociétés de crédit populaire(l), tandis que celles-là sont, avant tout, des sociétés de crédit agricole. Ici, pas d’actions à souscrire, pas de versement préalable à opérer; la Société emprunte tous les capitaux dont elle a besoin et elle donne, comme dans l’association Scbulze-Delilscb, au bailleur de fonds, pour garantie, la solidarité illimitée de chacun de ses membres. L’administration est gratuite. Les avances sont faites aux sociétaires. Si l’on se rappelle que la banque est locale, qu’elle groupe ainsi, autour d’elle, préteurs et emprunteurs, on conçoit que son organisation puisse être aussi simple. Ce n’est pas seulement dans l’admission des cosociétaires que l’on se montre scrupuleux, c’est aussi de leur conduite que l’on se montre surveillant attentif. 7?
- Ainsi s’exprime, dans son rapport^, feu M. Emile Chevalier, député, maître de conférences à l’Institut national agronomique. Si j’ai tenu à reproduire ces lignes et à parler ainsi du crédit agricole, en tête de l’étude consacrée aux institutions agricoles allemandes, c’est que, en cette matière, l’action de l’Allemagne a été presque prépondérante et que des sociétés llaiffeisen existent aujourd’hui dans beaucoup d’autres pays.
- Mouvement coopératif. — Le principe de la solidarité illimitée dont, il y a plus d’un demi-siècle, se réclamaient Schulze et Railfeisen, la plupart des associations allemandes l’ont, selon le mol; de M. IL Saint-Kené-Taillandier, «courageusement adopté». C’est à l’étude précitée du Dr prof. Ernest von Halle, de Berlin que j’emprunterai les lignes suivantes qui résument la situation de la coopération en Allemagne, à la fin du xixe siècle :
- crAujourd’hui les sociétés coopératives d’achat et d’économie, reposant sur le principe de la mutualité, comptent un total de plus de 17,000 associations locales, dont environ 9,000 agricoles avec plus de 1 million de paysans. ià,ooo sociétés coopératives se sont groupées en 29 unions. Parmi ces dernières se distinguent : YUnion générale des sociétés coopératives mutuelles d’achat et d’économie, avec siège àChar-
- (1) C’est à Flammersdorf, dans le but de venir où Schulze créait sa première société d’avances, en aide aux agriculteurs gênés, que Raifïeisen t2) Grande et petite culture. Syndicats agri-
- fonda sa première société, à l’époque même cotes. Crédit agricole.
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- lottenbourg, qui englobe 32 sous-unions et 1,871 sociétés coopératives, b Union générale des sociétés coopératives agricoles, à Offenbach, avec 28 sous-unions et 6,5 o 5 sociétés coopératives, Y Union centrale des associations coopératives, àNeuwied, avec 3,228 sociétés coopératives.
- crLes i,345 sociétés de l’Union coopérative de Gharlottenbourg comptaient, pour l’année 1898, 9/11,000 membres. Leur avoir commercial s’élevait à i33 millions i/4; celui des personnes n’ayant pas qualité de membres, à 55o millions; les réserves, à un tiers de leur propre capital. Les sociétés coopératives ont procuré à leurs membres, en crédit, valeur de matières premières, articles d’usage courant, logement, etc., 2,022 millions de marks. 4,o5o sociétés coopératives de crédit faisaient, en 1897, partie de l’Union générale d’Offenbach : elles accusaient 277,000 membres; en avoir de leurs associés : G millions i/4, 4 millions 3/4 de réserve et un chiffre total d’affaires de 419 millions. En crédit et valeur de matières premières, elles ont avancé à leurs membres 84 millions de marks environ. Les i,865 sociétés coopératives de l’Union de Neuwied qui fournissent un rapport, pour l’année 1896, indiquent un chiffre total d’affaires de 202 millions avec 178,000 membres; tout le mouvement total de la Caisse centrale de prêts de Neuwied, qui réunissait 2,700 sociétés coopératives, a été de 269 millions, en 1897.
- ce Si l’on étudie l’activité des 17,000 sociétés coopératives allemandes, on constate qu’à côté de ces trois gigantesques unions les petites ne sont pas non plus sans avoir leur importance. Au 3 1 mars 1899, 1 0,800 sociétés coopératives de crédit, banques populaires et industrielles, sociétés d’avances, sociétés de caisses d’épargne et de prêts, dispensaient, à l’aide de 4o caisses centrales, le crédit personnel. La plupart des autres s’occupaient principalement de l’achat et de la vente, parfois même, en partie, de la production de marchandises; elles se distribuaient en 876 sociétés coopératives industrielles, dont la moitié se livrait à la production, et 3,900 sociétés coopératives agricoles exploitant, pour la plupart, leur propre production, sous la forme de sociétés coopératives de laiterie, de vignerons, de pomocul-tore, etc. ; 1,2 0 0 environ s’occupaient de l’achat de matières premières ; 100 ou à peu près, de vente; près de 5oo étaient des sociétés coopé-
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- ratives d’ouvriers. Parmi les autres sociétés de cette espèce, les plus importantes sont les 1,373 sociétés de consommation; les 260 sociétés coopératives de la bâtisse et du logement acquièrent, d’autre part, une importance de plus en plus grande. Les sociétés qui ne sont pas soumises â la loi sur les associations sont au nombre de 628 seulement; les autres sociétés figurant sur le registre sont â responsabilité illimiléc pour les trois quarts; 3,G00 d’entre elles seulemenl sont à responsabilité limitée.
- et La Caisse centrale coopérative de Prusse fut fondée, comme source centrale de crédit pour les sociétés coopératives prussiennes, avec un capital de 20 millions de marks qui, depuis, a été élevé â bo millions de marks. En 1897-1898, le chiffre des affaires se montait déjà â 1,900 millions; au 1e1'juillet 1897, plus de 7,000 sociétés coopératives, agricoles pour la plupart, comptant près de 1 million de membres, étaient inscrites chez elle. 57
- D’autre part, le conseiller intime Dr Traugott Millier écrit : cr II y avait, en 1899, en Allemagne, 16,000 coopératives déclarées, dont 12,736 agricoles proprement dites. '7 Et après avoir réparti ces sociétés en 11,162 coopératives â responsabilité illimitée, 1,497 coopératives â responsabilité limitée et 87 coopératives â versements illimités, le D1 T. Müller ajoute : c:La proportion des coopératives agricoles, â l’ensemble des sociétés coopératives existant en Allemagne, était, en 1898, de A,97b sur 8,Aoo, soit 58 p. 100 ; elle était montée, en trois ans, 677 p. 100.77
- Déjà j’ai dit (p. 6A7 et 648) quelques mots des laiteries coopératives; les Winservereine (associations de vignerons) méritent également une mention.
- La première fut créée en 1868, à Mayschoss (Prusse rhénane). Les vignerons s’unirent «pour échapper, écrit M.H. Saint-Hené-Tail-landier, aux dures conditions que leur faisait la spéculation commerciale. Les ressources dont disposaient les fondateurs étaient insignifiantes. Aujourd’hui le Winserverein de Mayschoss a un actif de plus de 600,000 francs, et vingt-cinq autres Winservereine — confédérés — prospèrent autour de lui dans la vallée de l’Ahr. Dans toute la vallée du Rhin et dans le Wurtemberg, les vignerons n’ont, d’autre
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- part, pas tardé à suivre l’exemple que leur donnaient leurs collègues de la Prusse rhénane; leurs Winservereine ont cr des bâtiments presque luxueux, d’élégants restaurants ouverts au public, des caves immenses avec des millions d’hectolitres de vin; des centaines de milliers de marks dans leur fonds de réserve. Ils ont des voyageurs qui parcourent l’Allemagne, des débits au détail à Cologne, à Bonn et dans les villes voisines, toute une vaste clientèle
- On peut encore citer cries associations pour l’achat des matières premières agricoles, les sociétés de travaux agricoles formées pour l’achat et l’emploi en commun des instruments de culture, les sociétés d’élevage et d’amélioration du bétail, les sociétés créées pour la vente des produits, parmi lesquelles ont droit a une mention spéciale celles qui s’occupent de la vente des grains, et les Bauern-vereine ou ligues de paysans
- Au sujet de l’organisation, en Allemagne, de l’association pour la vente, voici, du reste, ce que disait au congrès de 1900, si souvent cité, M. Nicolle, directeur de la Société coopérative agricole de l’Ouest et professeur à la Faculté catholique d’Angers : «La vente en commun a été essayée par de véritables syndicats agricoles que l’on appelle là-bas ce casinos 7?. Ces casinos ont fourni seulement à l’administration militaire; c’est-à-dire à un seul acheteur, et plusieurs paraissent avoir fait des affaires assez importantes, puisqu’un seul d’entre eux a pu livrer à Goblentz pour 2 5,ooo francs d’avoine, et le D1 2'Havenstein, rapporteur au Congrès de l’alliance internationale, ajoutait : Nous pensons pouvoir arriver de la même manière à servir d’autres gros acheteurs. . . Les essais tentés en Bavière et dans l’est de l’Allemagne pourraient avoir un effet plus considérable. Là, on dépose le grain dans de petits entrepôts créés auprès des gares de chemin de fer comme en Bavière, et l’on peut ensuite à l’aide des caisses locales de crédit, facilement warranter ces marchandises. Dans l’est de l’Allemagne, les grands propriétaires comptent, avec l’aide de l’Etat prussien qui a ouvert un
- (1) La coopération en viticulture, par M. Ad. au Congrès international des syndicats agri-
- Bergiît (extrait de la Revue de viticulture, nos de colcs, par son vice-président, M. le comte de
- janvier et février tyoo). Rocquigny.
- (2) Extrait du rapport présenté, en 1900,
- AGRICULTURE. --
- k’i
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- crédit de 3 millions de marcks, établir de vastes entrepôts (Korn-/ttïuser') pour y warranter le grain.))
- Enfin, ce fut en février 1898 que, pour solliciter de l’Etat le secours dont ils estimaient avoir besoin, dans la situation pénible où se trouvait l’agriculture allemande, les agriculteurs fondèrent le Bund der Landœirle ( Union des agriculteurs) ccdestiné, comme le ditle conseiller privé Dr prof. Werner, de Berlin, à les grouper tous, grands et petits, sans distinction d’opinion politique, en un faisceau leur donnant, dans la législation, l’influence qui revient a l’agriculture, et leur assurant, dans les assemblées, une représentation proportionnée a leur importance?’.
- Assurances. — cr L’Allemagne est le pays classique de l’association et elle sait en tirer dans tous les ordres de choses, des résultats si décisifs qu’on chercherait en vain pour quelle raison elle a jugé a propos d’entretenir dans le nouvel Empire la lourde machine de la triple assurance obligatoire, si l’on ne savait que l’idée maîtresse du promoteur des lois d’assurance a été de contrecarrer précisément ces libres associations de prévoyance, nuisibles, croyait-on, à la cohésion du nouvel Empire.?? C’est ainsi que s’exprimait, en 1900, au Congrès international des associations agricoles, M. Edouard de Laage de Meux, président du syndicat des agriculteurs du Loiret. Quoi qu’il en soit de cette critique, que je reproduis sans m’y associer, c’est en 1883 que le Parlement vota la première loi établissant l’assurance contre la maladie; le 6 juin 188k qu’il décida l’assurance contre les accidents du travail et le 22 juin 1889 qu’il compléta son œuvre par l’assurance contre l'invalidité et la vieillesse. Je n’ai pas ici l’espace nécessaire pour étudier, au point de vue agricole, ces diverses assurances, toutes placées sous le contrôle de l’Office impérial. Mais je ne résiste pas au désir de donner, en conclusion, l’avis de M. G. de Saint-Aubert. Celui-ci, qui a fait au Congrès des syndicats agricoles une longue et intéressante communication a ce sujet, estime crque c’est pour les ouvriers agricoles que la loi allemande, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, donne les résultats les plus considérables??. Et il regrette seulement que, malgré le grand intérêt qu’ils y trouveraient, les petits agricul-
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- G 59
- leurs fassent peu usage de l’assurance volontaire» <[ui existe a côté de l’assurance obligatoire(l 5
- • il me reste encore à parler de l’assurance du bétail et de celle contre la grêle, te La première, écrit le Dr prof. Ernest von Halle, s’exerce sous forme d’unions coopératives; plus de 6,000 sociétés d’assurance du bétail sont disséminées sur la surface de l’Empire.» L’assurance privée prend, en outre, une place très importante. Quant à l’assurance contre la grêle, elle est faite par 5 sociétés par actions,
- 11 sociétés mutuelles exerçant leur activité dans tout l’Empire, 8 sociétés crlocales» ou ccexclusives». En 1898, le nombre des polices était de i 3 8, o o 9, groupant ci o o, o o o assurés, avec 706,039,53 o marks de valeurs assurées. Quant au nombre des sinistres, il fut de 16,696 ; la valeur moyenne des pertes dues à'chacun d’eux fut de 445 marks.
- Représentation professionnelle. — La représentation professionnelle agricole se compose de 10 Chambres d'agriculture, au-dessus desquelles est placé le Conseil allemand d’agriculture (Landes Economie Collegium).
- Sociétés d’élevage. — Bien que la première société allemande d’élevage remonte à 185a, ce fut à partir de 1880 seulement que le mouvement commença a se généraliser, fortement encouragé par les gouvernements des divers états : c’est ainsi que, dans ce but, le grand-duché de Bade inscrit à son budget une somme de 275,000 marks, et que la Bavière, suivant cet exemple, lui consacre 5oo,ooo marks. Dès leur constitution, ces sociétés créèrent non seulement des Stud looks et des Hcrd looks, mais encore un livre
- (l) A l’opinion de M. de Lange de Meux, il est intéressant d'opposer celle de M. de Saint-Aubert : «L'Empire allemand est divisé en di régions d’assurance; dans chaque région, il a été fondé un établissement d’assurance géré par les représentants élus, par les ouvriers et les patrons, avec la collaboration de liants fonctionnaires. Ces établissements d'assurance sont des organes autonomes. Il serait inexact de les considérer comme des rouages de l’tëlat. L’autonomie, est un des ca-
- ractères les plus saisissants des caisses régionales d’assurance. Nous avons été nous-méme frappé de voir tant d’indépendance dans leur organisation. Une autorité . centrale, dont le siège est à Berlin, exerce un droit de surveillance sur les actes des établissements d’assurance, mais elle en use sans amoindrir en rien leur personnalité; nous avons cru voir dans cette large liberté laissée aux caisses d’assurance l’explication du succès chaque jour grandissant de l’assurance allemande.»
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- généalogique spécial du nom de Stammhuch, croù l’on inscrit successivement les naissances provenant d’une famille plus particulièrement irréprochable, et où mention spéciale est faite des maladies graves et héréditaires ayant atteint l’un des animaux inscrits. La tenue des livres est confiée, soit au secrétaire de la mairie, soit au vétérinaire sanitaire. Toujours déposés à la mairie, ces livres sont à la disposition des éleveurs, qui peuvent les consulter au sujet des origines et des antécédents des animaux qu’ils désirent acheter^». Bien entendu l’activité des sociétés d’élevage s’exerce également dans les concours et les expositions. Enfin il est intéressant de signaler que beaucoup d’entre elles crprescrivent aux éleveurs d’attacher, d’une manière définitive, au territoire de la société, les animaux reconnus de premier choix??.
- Stations agronomiques. — C’est en Allemagne que les stations de recherches agronomiques, dont le point de départ a été la célèbre installation de réminent agronome français, J.-B. Boussingault, à Becliel-bronn, et celle, non moins connue, de J.-B. Lawes, à Bol hamsied (Angleterre), ont été lout d’abord organisées et se sont multipliées, avec le caractère qu’elles possèdent aujourd’hui chez les principales nations civilisées. La première d’entre elles fut créée a Mœckern (Saxe), en 1802, et confiée a la direction cl’Emile Wolff^. Aujourd’hui ces stations sont au nombre de 69, spécialisées, à raison de une ou deux, pour chaque branche.
- Au début, c'est-à-dire de 1860 à 1870, les ressources des stations allemandes étaient des plus modestes, mais à mesure que les services rendus par elles à l’agriculture démontrèrent de la façon la plus évidente la part prépondérante de la science dans le progrès agricole, les subventions accordées par les pouvoirs publics, et celles
- (1) Extrait d’une communication faite, en 1900 au Congrès international des syndicats agricoles, par M. Marcel Vacher, ancien député.
- (2) Les stations agronomiques, qui ont fêté en 1902 leur cinquantenaire, sont nées à la suite de la critique, par Justus von Liebig, des idées régnantes sur l’alimentation des plantes cultivées ( Die Chemie in ihrer Aniven-
- dung auf AgrikulUtr und Physiologie (la chimie appliquée à l’agriculture et à la physiologie, 18&0). Cette critique suscita l’initiative de ces hommes éminents auxquels on doit les premiers pas dans l’instiLution de recherches expérimentales dans le domaine de l’agriculture: Th. Reuning, de Dresde; Ad. Stôckhardt, de Tharand; W. Crusius. de Salis, etc.
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- ALLEMAGNE.
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- des associations et des syndicats agricoles, vinrent s’ajouter au produit des analyses demandées en nombre croissant, chaque année, par les cultivateurs. Si bien que maintenant, ce sont les stations allemandes qui sont les mieux: dotées, après celles des Etats-Unis(1); leur budget s’élève, traitement des directeurs compris, à près de 3 millions de francs se décomposant comme suit :
- francs. p. 100.
- 1 de l’État 751,875 96.79
- o -, r ] des provinces oubven lions/ 1 73,395 9.61
- j des syndicats et associations agri-( coles 1,1^9,600 &0.69
- Produits des analyses 818,61 9 99.18
- Recettes diverses 19,3 7 5 0.70
- Totaux.................. 9,805,787
- Il n’est pas inutile, prenant pour guide l’éminent directeur de la Station de Tbarand, le Prof. ÎNobbe, d’entrer dans quelques détails concernant l’historique des stations et leur organisation.
- Tout d’abord, dans la Pétition von Pnesner uncl Ëenossen bien connue, rédigée par Ad. Stôckhardt, pour la réunion permanente de Saxe (1 845), il n’est question que ce d’analyses ?? (d’engrais, de plantes, etc.) et de cr chimistes agricoles de district?? tenant officiellement des conférences ambulantes; on ne parle pas d’expériences.
- Ce n’est qu’avec la nomination d’Ad. Stôckhardt, comme professeur de chimie agricole à l’académie de Tharand (18 47) que naquit le projet ce d’approfondir la science par des recherches originales??. La propriété primitivement mise à la disposition de l’Académie, pour des expériences de culture et d’alimentation ne s’étant pas montrée appropriée à cette destination, on décida, sur la proposition de Stôckhardt, a l’occasion du banquet commémoratif de Thaer (Leipzig, i85o), de fonder une Station d’expériences chimiques. La Société économique de Leipzig donna son assentiment à ce projet et offrit sa propriété de Môckern, près
- (1) Si l’on divise respectivement par ie nombre des stations existant aux États-Unis, en Allemagne et en France les budgets de ces établissements dans les trois pays, on constate que les ressources totales de chacune
- d’elles s’élèvent, en nombres ronds, aux
- chiffres suivants :
- États-Unis d’Amérique.. 11 5,ooofrancs.
- Allemagne.............. h 0,000
- France................. i5,ooo
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- AC, R TGIJ LT URE.
- Leipzig; le Dr Crusms offrit, les parcelles de ses propriétés voisines de Saillis et Rüdigsdorf.
- Aux termes de ses statuts, celte rr première Station agronomique», est un établissement ayant pour mission crde contribuer, par des recherches sur les sciences naturelles étroitement liées à des expériences pratiques de toute sorte, à l’approfondissement de la connaissance de l’exploitation de l’agriculture et des industries annexes et de propager ce qui, de cette façon, sera reconnu utile».
- dette mission est complétée par l’indication de l’objet des recherches et expériences :
- i° La croissance des plantes, ses conditions et tout spécialement leur alimentation par les éléments de l’atmosphère, du sol et des engrais qu’on lui ajoute; I mlliieuce du travail du sol; le développement de la végétation; les causes qui l’entravent et ses ennemis;
- 3° Les éléments des plantes et leur action sur l’organisme animal, particulièrement la valeur, la composition et l’utilisation des matières alimentaires données aux animaux;
- 3° Les observations météorologiques;
- 4° La culture des plantes agricoles peu répandues en Allemagne et la détermination de leur valeur;
- 5° La mise à l’épreuve de la puissance et de la solidité des machines et instruments agricoles;
- 6° La réunion des chiffres intéressant toutes les parties de l’exploitation agricole.
- On confia ainsi, loutd’abord, a l'Institution une tache vraiment vaste, dont on ne pouvait pas attendre la solution par un seul établissement, bien qu’il eût été divisé en une section de pratique agricole, dirigée par l’inspecteur Bahr et une section des sciences naturelles, placée sous la direction du chimiste l)r Emile Wolff; on prévit au contraire, tout de suite, la nécessité de répartir ce programme d’une façon rationnelle, entre un grand nombre de stations agronomiques. Les nouvelles fondations ne se firent pas attendre et les devoirs des stations agronomiques s’étendirent et s’approfondirent d’une manière inattendue, au point de vue même de leur activité pratique.
- Le ier janvier i85i, le Dl Emile Wolff entra comme chimiste a
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- Mockern. Deux nus plus tard, la station agronomique de Ghemnilz (Saxe) était fondée; puis vint, en i855, celle de Grosskmehleu (Saxe prussienne); en i. 856, Dahme et Saint-Nicolas, toutes deux en Prusse; en 1807, 4 nouvelles stations agronomiques sont créées (Munich, Weidlilz, Weende-Gottingue et Heidau); en 1808, Inster-burg, en Prusse; en 1859, Karlsruhe et Salzmünde; de 1860 à 1.869, 90 stations; de 1870 à 1879, 44; enfin de 1880 à 1889,7. Quelques-uns de ces établissements ont disparu; d’autres ont été déplacés. An total, il y a actuellement, en Allemagne, 69 stations agronomiques en activité.
- En meme temps que le nombre des stations d’essais augmentait, leur lâche croissait. En effet les progrès à réaliser dans la production végétale ou animale, l’importance, chaque jour plus grande, des industries agricoles — brasserie, distillerie, féculerie, vinaigrerie, laiterie, etc., — la mise en culture des tourbières, les questions d’engrais, obligent le cultivateur à recourir à l’homme de science. Aussi voyons-nous se fonder de nouvelles stations spéciales pour les nouveaux besoins qui se présentent constamment, et des sections spéciales être annexées aux grands établissements déjà existants; ces sections spéciales sont, très souvent, placées sous la direction de directeurs de section spéciaux et responsables. La Station d’essais pour les industries de fermentation de l’Ecole royale supérieure de Berlin ne comprend pas moins de 6 sections, sans compter diverses stations de culture, placées sous la haute direction du conseiller intime de gouvernement Dl Delbrück; la Station agronomique de Halle (conseiller intime de gouvernement, Maercker) en compte 7, plus une ferme expérimentale (Lauchstàdt) comprenant 5o hectares de terres cultivées et 5 hectares de prairies.
- Les expériences en pleins champs — qu’on organise actuellement, après l’étude scientifique au laboratoire des cultures dans l’eau et dans le sable, expériences ayant pour objet de déterminer, par des essais culturaux, les besoins spéciaux d’un sol en engrais — sont très supérieures aux premiers essais empiriques d’engrais en plein champ, qu’il s’agisse de parcelles louées ou de cultures expérimentales sur les terrains dépendant d’une station. Les délicates expériences chimiques
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- et dynamiques, qu’on exécute maintenant sur les animaux domestiques à l’aide d’un outillage perfectionné (appareils de respiration, calorimètres et autres), ne se distinguent pas moins des essais primitifs d’alimentation des premières années.
- Après (jue W. Henneberg, de la station de Wcende, eut donné l’exemple, une série remarquable de travaux de physiologie animale prit naissance à la Kuhthurm de Leipzig (F. Stolimann), à Môckern (G. Kiïliu, Oscar Kellner), a Weende (F. Lehmann), etc. On apporte un précieux concours à l’agriculture pratique par des méthodes rigoureusement scientifiques et des expériences Lien dirigées.
- La bactériologie a fait son entrée dans le domaine des recherches des stations agronomiques, avec l’introduction de la crfumure verte-? dans la pratique agricole et les progrès de l’étude du sol; nul doute que l’on n’ait, avant peu d’années, à enregistrer d’importants résultals.
- La consommation croissante des engrais chimiques, de nature et d’origine très diverses, ainsi que celle des autres matières utiles à l’agriculture offertes par le commerce, a créé une nouvelle tâche aux stations agronomiques. La nécessité s’est impérieusement fait sentir de protéger l’agriculteur contre les fraudes, en instituant dans la sphère d’action des stations agronomiques un cr contrôle r, des engrais, des fourrages et des semences et, plus récemment, des produits alimentaires du commerce. Pour atteindre ce but de contrôle, il fallait tout d’abord établir des méthodes spéciales d’analyses dans les diverses directions et les rendre très précises, en répétant toujours la même épreuve, avec une méthode identique. C’est ainsi qu’a été fondée une branche spéciale de l’analyse chimiqne, dont l’honneur revient indiscutablement aux stations agronomiques allemandes.
- Beaucoup de directeurs et d’employés des stations agronomiques ont obtenu le diplôme d’analyse chimique et technique et d’appréciation des produits alimentaires et des objets de consommation, avec dispense de l’épreuve prévue, pour cette désignation, par la loi.
- L’importance prise par les très nombreuses analyses de contrôle a déjà attiré l’attention d’observateurs attentifs : la tâche principale des stations agronomiques, qui est, avant tout, de servir l’agriculture par leurs recherches, ne pourrait-elle pas en être influencée? Ce danger
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- existe quand, par une appréciation inéquitable, on ne met pas, à la disposition des stations, un personnel suffisant de travailleurs éprouvés et le matériel technique nécessaire. Aujourd'hui quelques stations agronomiques s’occupent exclusivement du contrôle ; mais le plus grand nombre le font outre leurs travaux scientifiques.
- Il y a sans doute, et non pas seulement en Allemagne, un point faible dans le développement des recherches expérimentales; ce point faible, qui menace de détruire la saine organisation du service, je regarde comme un devoir de l’indiquer : c’est que l’on confie souvent à de petites stations, maigrement outillées, la tâche de contrôler à la fois des produits commerciaux de nature très différente, tels que les engrais, les fourrages et les semences, produits qui demandent un examen tantôt chimique, tantôt botanique ou bactériologique et ne supportent pas d’être traités en amateur. Un allègement de la plupart des stations agronomiques sur ce point ou un perfectionnement de leur matériel s’impose. Il faudrait surtout organiser, pour le contrôle, une division rationnelle du travail. Si l’on tenait compte de la direction scientifique prédominante de chaque station, — ce qui éviterait de porter du trouble dans ses travaux — on confierait le contrôle des produits alimentaires du bétail à une station d’essais de physiologie animale, le contrôle des semences à une station de physiologie végétale et le contrôle des engrais à une station s’occupant surtout des questions de sol et d’engrais.
- Les stations agronomiques allemandes sont régulièrement gérées au point de vue des affaires extérieures par un Curatonum, dont les attributions diffèrent, suivant que l’établissement a été créé et qu’il est entretenu par l’État, par des corporations agricoles ou par des syndicats. Le Curatorium reçoit, à l’examen, les rapports et les plans de travail du directeur scientifique qui, de son côté, a d’ordinaire le droit de vote; il se charge, en général, de régler les comptes d’une expérience en cours d’exécution, discute les devis qui lui sont présentés par le directeur et s’occupe surtout de favoriser et de représenter de toutes façons les intérêts de la station, en évitant de porter ombrage à l’initiative et à la satisfaction professionnelle du directeur, indispensables à l’exécution d’un bon travail scientifique. (Voir la suite, p. 668.)
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- RECETTES DES STATIONS AGRONOMIQUES ALLEMANDES.
- (Pour les stations annexées aux établissements d’instruction, les chiffres des tableaux qui suivent doivent être augmentés de la valeur des locaux; en outre, le traitement du directeur n’est pas compris, pour tout ou partie, dans le budget de ces stations.)Cela explique les chiffres globaux indiqués à la page 661.
- STATIONS. ORIGINE DES RECETTES.
- ÉTAT. PROVINCE. SYNDICATS AGRICOLES et autres. DIVERS. PRODUIT des ANALYSES. SOMMES.
- marks. marks. marks. marks. marks. marks.
- a. Stations faisant partie l)U Verband. (Voir p. 668.)
- Insterbourg, on Prusse, station agronomique. 4,5oo 1 ,000 1,2006) H 8,000 1 4,700
- Kônigsberg, en Prusse, station agronomique. 5,ooo 1 ,000 II U 1 9,5oo 2 5,5 00
- KIsinhol’-Tapiau , station do laiterie 7,55o 2,0 5 0 3,3oo II 5,070 >7-97°
- Dantzig, station agronomique et de contrôle
- des semences 8,3oo 4,3oo 1,000 II 6,5oo 20.100
- Berlin, station des industries de f'ermen-
- tnt-ion 17,000 II 783,ooo(2) II II 800,000
- Dalnne, station agronomique i 0,200 1,200 II 60 8,000 19,460
- Berlin, station agronomique de la Société
- d’agriculture d’Allemagne II II 22,0006’) // 5,coo 27,000
- Berlin, station d’essais de meunerie // II 4,000(,‘) II // 4,000
- Kôslin, station agronomique et de contrôle
- des semences 5,200 1,200 i ,5oo 270 12,220 20,390
- Eldena, station de contrôle II II 5oo 3oo O . O 4,5oo
- Posen-Jersilz, station agronomique 1 i,4oo O O LT3 ô,ooo II 32,000 O O OO
- Breslau, station de chimie agricole 7,660 // // 8 36,55o 4 4,200
- Breslau, station de botanique agricole et de
- contrôle des semences II II 1,000 II 8,100 9,100
- Halle-sur-Saale, station de chimie agricole. 13,ooo 3,ooo 1 1 ,000(r’) II 79,000 1 o6,5oo
- Halle-sur-Saale, laboratoire de physiologie
- de l’Institut agricole 1,200 II II II II 1,200
- Halle-sur-Saale, station de protection des
- plantes 3,ioo II 9,800 II li 12,900
- Kiel, station de chimie agricole 3,ooo II II II 24,000 27,000
- Kiel, stalion laitière de chimie et bâclé-
- riologie G,ooo fl II II 4,000 10,000
- Kiel, station de laiterie II II U II 26,900 2.5,900
- Kiel, station de contrôle des semences. . . . II II 3oo H 5,ooo 5,3oo
- Gôttingue, station agronomique 26,000 fl II II II 26,000
- Gôttingue, station de contrôle II II 9°o II 6,000 O O Ca
- Hildesheim, station agronomique 4,5oo 210 II 1,920 27,000 33,63o
- Ebsdorf, station de contrôle // II 13o II 100 230
- Munster, station agronomique 7,3oo O O C 2,4 10 II 33,090 46,800
- (') De la Chambre d'agriculture de Prusse.
- 12) Somme des ressources fournies par les syndicats industriels indiqués dans le texte. Les terrains et les Mtimcnts de l'établissement (6 hectares) appartiennent h l’État et représentent une valeur de 3,3oo,ooo marcs.
- 13) De la Société d’agriculture d’Allemagne.
- P) Du Verhand (union) des meuniers allemands.
- I5) 9,000 de la Chambre d’agriculture, a,ooo de la Société d’agriculture d’Allemagne.
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- ORIGINE DES RECETTES.
- STATIONS. ÉTAT. PROVINCE. SYNDICATS AGRICOLES et autres. DIVERS. PRODUIT des ANALYSES. SOM MES.
- marks. marks. marks. marks. marks. marks.
- Marburg, slation agronomique 1 7/00 3,900 6,5 00 73o 20,l5o 48,680
- Wiesbaden, station agronomique 2/100 fi H il 2,500 4,900
- Geisenbeim, station de physiologie végétale, de viticulture et d’œnologie 1 5,Ç)20 n fl II 1,930 1 7,860
- Bonn, station agronomique 5,000 3,000 // U 4i,ooo 49,000
- Poppelsdorf, institut de physiologie animale de l’Académie C O 00 ce // II II II 3,8oo
- Kempen-sur-le-Rliin, station agronomique. U 3,000 n 2Ô0 29,180 3a,38o
- Munich, station agronomique centrale. . . . 17,000 // n fi 6,000 2,3,000
- Augsbourg, établissement d’analyses agricoles il 1,000 11 n 12,000 13,ooo
- Speyer, slation agronomique du district. . . 2,000 5,000 0,000 u 10,000 21,000
- Wurzbourg, stalion agronomique du district. 2,000 2,000 2 5 0 n 6,000 1 0,200
- Triesdorf, station agronomique II 800 i,3)o u 1,000 3,110
- Weihenstephan, laboratoire de l’Académie . h,000 // // n n 4,000
- Kaiserslautern, station agronomique du district H 15,000 II n // 10,000
- Mockern, station agronomique 46,3oo n 2,5oo(1) 1 ,o5o t 2,500 62,35o
- Pominritz, station agronomique 4,000 0,600 900 3,5oo 11,5oo 24,5oo
- Tharand, station de physiologie végétale et et de contrôle des semences 13,ooo ii 3oo n 3,700 17,000
- Dresde, station d’essais de culture desplanles. 1 2,000 n II a il 1 2,000
- Hohenhcim, station agronomique 2<),l5o u n n n 26,15o
- Hohenheim, station de contrôle des semences. /i,38o // u n i,5oo 5,88o
- Karlsruhe, station de chimie agricole 1 4,000 // n a 7,000 21,000
- Karlsruhe, station de botanique agricole.. . iq,5oo // n n i,5oo 21,000
- Darmstadt, stalion agronomique 20,000 // il u 27,000 47,000
- Brunswick, slation agronomique 9,000 // 600 3,o5o 10/100 a3,o5o
- Rostock, station agronomique 21,5oo // 2,280 1,070 2.3,65o 48,5oo
- Iéna, slation agronomique à l’Université.. . 3,65o fi // // 8,35o 12,000
- Bernbourg, station agronomique 17,000 n 6,5oo 3,ooo fi 26/00
- Colmar, station agronomique 26/100 n n 3 00 7,000 33,700
- Oldenbourg, station d’expériences et de contrôle 3,85o n 2,1 5o n 7,800 1 3,8oo
- Hambourg, stalion de botanique agricole et de contrôle des semences // // 760 n 2,a5o 3,ooo
- Brême, slation d’expériences sur les tourbières 55,85o(2) // hoo H 1 1,100 67,350
- b. Stations ne faisant pas pautik du Veiuund.
- Kônigsberg, laboratoire de laiterie 1,000 u II n // 1,000
- Kônigsberg, laboratoire de physiologie agricole 10,000 11 II // fl 10,000
- Kônigsberg, laboratoire de. chimie agricole. 8,000 n U a n 8,000
- l‘l Fondation Crusius. De l’Etat jirussien.
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- S TAT I 0 N S. ORIGINE DES RECETTES.
- ÉTAT. PROVINCE. SYNDICATS AGRICOLES et autres. DIVERS. PRODUIT des ANALYSES. SOMMES.
- marks. marks. marks. marks. marks. marks.
- Breslau, laboratoire de chimie agricole de
- l’Université 2, G /i 0 U // II // 2,600
- Proskau, station de physiologie végétale.. . 5,000 II II II II 5,000
- Proskau, institut de laiterie 4,900 5,900 II U II 10,800
- Arendsee (1\ station de contrôle des semences. II // II H n II
- Gôttingue, champ d’expériences 12,000 II U II n 1 2,000
- Fulda(2), station de laiterie II // II U 11 //
- Jlameln, station de laiterie 9,000 II 1 ,600 II 2,700 13,3oo
- Munich, laboratoire de physiologie agricole. /i,5oo 11 // II n /i,5oo
- Munich, station de brasserie // n 38oOO II 2.5,000 63,ooo
- Dresde, station de chimie physiologique de
- l’école supérieure vétérinaire 3,000 n II II ti 3,ooo
- Dœbeln, laboratoire de chimie agricole.. . . 600 n U II n 600
- Oflenbach, station de laiterie 2,000 u II U 0 0 0 15,ooo
- Schwerin, laboratoire de laiterie 3,000 1 II II // 3,ooo
- Ilamburg, établissement de contrôle des
- semences 3,8Go // U II u 3,86o
- Hambourg, station de protection des plantes. 2.5,000 9 II // u 25,000
- Totaux 601,5oo 58,660 91/1,080 15,5oo 55/1,890 2,2/|/|,63o
- En centièmes de l’ensemble des recettes.. . 2f,.79 2.61 Ô0.72 C c 29.18 II
- (') Est entretenue par l’école (l’hiver. — (2) Est entretenue par l’école de laiterie.
- En ce qui concerne les ressources pécuniaires, la plupart des stations agronomiques allemandes ont eu des débuts très modestes. Le traitement du premier directeur de Môckern (la plus ancienne des stations agronomiques), le D1 Emile Wollï, s’élevait à 3oo thalers (1,126 fr.) et il ne fut augmenté que de i5o thalers, quand le D1' Wolff fut chargé, en outre, du poste de secrétaire de la Société économique de Leipzig. Les subventions diverses sont, du reste, a part quelques brillantes exceptions, demeurées minimes, comparativement aux subventions accordées aux établissements analogues de certains pays (Etats-Unis, par exemple); aussi beaucoup d’entre les stations allemandes en sont-elles réduites à couvrir, par les honoraires des analyses, une bonne partie — et parfois la plus grosse — de leurs besoins.
- En 1898, fut fondé à Weimar le Verband der landwirlhscbajïlichen Versuchs-Stationen im Deutschen Reiche (Union des stations agrono-
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- Angerburg.
- a. v Oletsko \
- \o ^ N
- .• Pr.Holland ^
- : ♦
- Allenstein Ûsterode
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- ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT AGRICOLE
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- STATIONS AGRONOMIQUES.
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- Ecoles supérieures et Académies Ecoles d'agriculture d'hiver,
- d'agriculture.
- Instituts agricoles, •adjoints aux . 0
- universités et aux écoles polytechniques.
- Ecoles d'agriculture. ©
- Écoles supérieures d'horticulture. E Ecoles supérieures vétérinaires et
- dans les universités.
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- Ecoles de laiterie. ® élémentaires d
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- ^ Écoles de maréchaleri© .
- + Stations agronomiques.
- Écoles d'apprentis forestiers, Chaires d'agrf®dans les universités.
- Fig.163
- __Carte des établissements d'enseignement agricole et stations agronomiques .
- pl.163 - vue 678/767
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- ALLEMAGNE.
- 669
- miques d’Àllemaj>no ), dans laquelle sont représentées le plus grand nombre (08 actuellement) de ces stations, créées dans l’intérêt public ou entretenues par l’Etat, les administrations provinciales et les corporations affiliées à une union centrale ou à une chambre d’agriculture. Le Verband comprend aussi les stations qui existent dans les écoles supérieures et le laboratoire de chimie agricole de la Société d’agriculture d’Allemagne.
- Le but du Verband est de donner une impulsion commune à la tache des stations agronomiques, dans le domaine scientifique et pratique et, spécialement, d’unifier autant que possible les méthodes d’analyse et de contrôle. Dans les questions d’analyses techniques, sont seules obligatoires, pour les membres du Verband, les décisions prises à l’unanimité par l’assemblée générale et présentées en deuxième lecture a la session suivante.
- Le Verband élit tous les trois ans un comité de 7 membres et h commissions permanentes pour l’étude des questions analytiques (engrais, produits alimentaires, semences et analyses du sol). Chaque commission est obligée de se réunir au moins une fois par an, afin, de préparer, pour être discutées devant l’assemblée générale, les questions analytiques de son ressort. L’assemblée générale du Verband, qui a remplacé les anciennes réunions ambulantes des comités des stations agronomiques allemandes, se tient tous les ans, en même temps que la session des naturalistes et médecins allemands, dans une station voisine du lieu de réunion de cette dernière.
- Les tableaux des pages 666 à 668 donnent la liste des stations agronomiques allemandes en activité en 1900.
- Enseignement agüicole. — L’apparition de l’enseignement agricole en Allemagne remonte à 1727, année où Frédéric-Guillaume 1er créa, a l’université de Halle, une chaire d’économie agricole. Je ne suivrai pas le nouvel enseignement dans toutes ses vicissitudes mais je tiens a rappeler le discours prononcé en 1 861 a l’académie de Munich, par Justus von Liebig, discours dans lequel l’illustre savant affirmait que, l’agriculture étant devenue une véritable science, son enseignement devait figurer dans les cadres universitaires. Aujourd’hui le haut ensei-
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- gnement de l’agriculture est donné dans \ h universités ou académies, tandis que «ses rudiments sont enseignés dans 285 écoles d’hiver, moyennes ou agricoles, ces dernières particulièrement fécondes en heureux résultats a. Berlin possède un Institut agronomique.
- E. FORÊTS, CHASSE ET PECHE.
- FOUETS; IMPORTATION ET EXPORTATION DES BOIS D’OEUVRE. - CHASSE. ~ PÈCHE EN MER. — LE SAUMON DU RHIN ; PECHE. - OSTREICULTURE. — INSTITUTIONS EN FAVEUR DES PECHEURS.
- Forêts. — crLes forêts de F Allemagne, écrit le prof, ü1' Louis Wittmach, sont étroitement unies à la vie de son peuple par les liens de la légende, de la poésie et de l’histoire. De tout temps, leur existence fut protégée par des lois et des ordonnances — sévères
- (Cliclié (le la Deutsche Ltnulirirschafllirhe Presse. )
- Fig. i64. — Exploitation forestière à Gartow.
- parfois jusqu’à édicter de dures peines corporelles — et aujourd’hui encore, en raison de leur grande valeur nationale, sont jalousement gardées, non seulement les forêts de l’Etat, mais encore les forêts privées et communales. "
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- ALLEMAGNE.
- 671
- La surface occupée par ces diverses forets est de 13,720,950 hectares^. :r Situées généralement en plaine ou sur des montagnes de moyenne élévation, dit M. À. Mélard, elles sont en grande partie
- (Cliché de la Dcusichs Lantlwirscluijtlichc Prcue.)
- Fig. 165. — Exploitation forestière à Gartow.
- peuplées d’essences résineuses d’un haut rendement.» Cependant l’Allemagne est obligée d’avoir recours à l’importation des bois d’œuvre, ainsi que le montrent les chiffres suivants qui se rapportent
- VALEUll. francs.
- 070,6 1 2,000 27,081,000
- 331,531,000
- .090
- quintaux.
- Importations............... ^17,3 ^19, y 4 8
- Exportations.................... 3,3/11,768
- Excédents d’importations.. 66,088,200
- L’Etat du reste ne ménage pas ses efforts pour boiser les régions du Sud et de l’Est et pour assurer, en Silésie, la régularisation des cours d’eau.
- (l) Les forets de l’Etat et de la Couronne 34.56 p. îoo de la surface boisée de tout reprisent eut un peu plus du fiers, exactement l’Empire.
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- 672 EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- Chasse. — La chasse est productive dans les régions forestières, mais le gibier allemand est généralement de saveur médiocre.
- Pêche. En mer. — La pèche maritime n’est pas pratiquée, en Allemagne, aussi intensivement que cela serait possible; on peut estimer que son revenu ne dépasse pas 20 millions de marks par an. A l’heure actuelle, l’importation du poisson égale le triple de la production. Cependant l’importance de la pêche a décuplé dans ces douze dernières années, ainsi qu’il ressort des publications de la Deutscher Fischrein Verein (société allemande de pêche). Un certain nombre de grandes entreprises se sont récemment créées sur le littoral de la mer du Nord, et la pêche du hareng en haute mer est faite aujourd’hui par des vapeurs(1). Dans la Baltique, la pêche est presque uniquement pratiquée par de petites entreprises.
- Le saumon du Rhin. — De tous les poissons qui peuplent le Rhin, le saumon est le plus gros. Il atteint jusqu’à 1 mètre et même 1 m. 5o de long. C’est durant son séjour en mer qu’il augmente le plus; on cite l’exemple d’un sujet pris au moment où il descendait vers la mer, pesé, marqué, et qui, repris une dizaine de semaines après, alors qu’il était revenu clans le fleuve, fut trouvé pesant 2 1 livres et demie, tandis que, la première fois, la balance n’avait accusé ([lie 10 livres. Le fait de reprendre un même saumon n’a rien qui doive étonner, car le saumon revient toujours à son lieu de naissance; il y revient même aussi rapidement qu’il le peut, ne s’arrêtant pas dans les lacs qu’il rencontre sur son passage. Selon un joli mot que je cueille dans un article paru dans Ylllustré parisien et signé John Fisher, (de saumon est aussi fidèle à son pays que l’hirondelle»; de fait, rrpas un ne change sa demeure; il la retrouve aisément et s’y installe de nouveau comme s’il 11e l’avait pas quittée». Le saumon est, en Allemagne, d’autant plus estimé qu’il est pris plus près de la mer; celui du Rhin est généralement plus recherché que celui de l’Elbe ou du Weser. Dans l’un comme dans les autres de ces cours d’eau, la pêche
- (1) Le premier vapeur de pêche n’a été uti- la plupart aux ports de Geestemuude, lire 111 enlisé qu'en 1885. En 1898, le nombre de ces haven, Hambourg-, Alto 11a et Brême,
- bateaux s’est élevé à i3o, appartenant pour
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- ALLEMAGNE.
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- csl, du resliî, aujourd’hui moins abondante qu elle ne Tétait autrefois; récemment un journal allemand émettait la crainte qu'une pèche trop intensive n’eût amené de fâcheux résultats. En outre, malgré la précaution qu’a la femelle de creuser, à l’aide de ses nageoires et de son museau, un trou de o m. 3o à o m. 5o pour que ses œufs y soient a l’abri du froid, beaucoup d’entre eux sont détruits, et bien des alevins sont décimés par la maladie, avant le moment où la famille regagne la mer, dans laquelle les petits, qui ont alors environ o ni. 3o de longueur, se fortifient.
- Osthkiculture.— Le Gouvernement allemand a fait beaucoup pour accroître la prospérité de l’ostréiculture; il a notamment, dans ce but, accordé d importants subsides aux ostréiculteurs de la Baltique; mais tous les essais faits par eux ont échoué. Ils devaient, du reste, forcément en être ainsi, parce que deux des conditions primordiales de la culture de Tbuitre manquaient : l’eau de la Baltique n’a pas, en été, une température de 1 8 degrés' centigrades et elle est peu salée, elle ne contient que la faible proportion de 3 p. îoo de sels.
- Institutions en faveur des pécheurs. — Les pêcheurs ne profitèrent pas tout d’abord de la loi établissant l’assurance contre les accidenls et ce ne fut qu’en 1895 — soit onze ans après sa promulgation — ([lie les pécheurs montant des vapeurs furent admis a en bénéficier; l’année suivante les pêcheurs montant des bateaux barenguiers (voiliers ayant une capacité d’au moins 100 mètres cubes) purent à leur tour profiter des avantages qu’elle assure.
- Quant aux autres institutions en faveur des pêcheurs, elles sont également de date récente, et n’ont pas autant d’importance que celles de l'Angleterre et de la France. Notons seulement qu’en 1885 fut créée dans la Société allemande des pèches une section des pêches maritimes, devenue autonome en 189Û et que, par ses soins, des cours gratuits de pêche ont été organisés depuis la saison 1889-1890.
- AGRICULTURE. --- I.
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- IMl'lïlMFllIF NATIONALF,
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICÜLTli KE.
- 67/i
- V. ALSACE-LORRAINE.
- SOL. - CLIMAT. - APTITUDE DK LA POPULATION POUR LE TRAVAIL RURAL. - PRINCIPALES CULTURES. — ARBORICULTURE. - VITICULTURE ET VIN. - ASSOCIATIONS VINICOLES. - BETAIL. -ENGRAISSEMENT DES OIES DE STRASBOURG. — APICULTURE. — FORETS : LEUR IMPORTANCE; PRINCIPALES ESSENCES; LES SCI1LITTEURS.
- Considérations générales. —Agriculture. — L'Alsace avec cr la merveilleuse fertilité de son sol, les conditions heureuses de son climat, l'aptitude de sa. population pour le travail rural», est un pays très agricole où pas un terrain n’est laissé à l’état inculte, et qui se fait cr remarquer par le nombre et la variété des plantes qu’on y cultive : froment, orge^, avoine, maïs, pavot, colza, lin, chanvre, tabac, houblon ».
- La meilleure terre arable est entre l'Ill et les Vosges, y compris les coteaux, en grande partie couverts de loess.
- De toutes les parties de l’Empire allemand, bAlsace-Lorraine est celui où la culture du blé a le plus d’importance; elle y couvre i5.ù p. 100 des surfaces cultivées.
- Le houblon n’occupe pas moins de ù,iùù hectares, dont 90 p. 100 en basse Alsace, en particulier dans les districts de Strasbourg, Wolsheim, Hagenau, Wissembourg. Les récoltes sont abondantes, et de louables elforts sont faits pour en améliorer la qualité.
- Parmi les cultures potagères, si estimées, il faut citer celle des fraises qui, dans la région de Metz, a pris une grande extension. C’est ainsi que, dans le seul petit village de Woippy, elle occupe une centaine d’hectares. En 1897, Metz a expédié, par chemin de fer, 2Ù6,55o kilogrammes de fraises; en 1898, 413,6 00 kilogrammes et elle en a traité, dans ses trois principales fabriques de conserves, 110,000 kilogrammes.
- Arboriculture. — Dans le Kochersberg, véritable grenier de l’Alsace, les villages sont réunis par de magnifiques routes bordées d’arbres à fruits. En Lorraine également, les vergers sont nombreux et fort bien soignés : Metz expédie chaque année près de 8,000 quintaux de mirabelles et en traite 4,000 dans ses confiseries.
- (1) Le climat et le sol conviennent à la production d’une orge d’excellente qualité.
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- ALLEMAGNE
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- Ymcuj/runE. — cc L’Alsace-Lorraine, écrit le D1' prof. Albert, de Halle, a, de beaucoup, la part la plus importante dans la production viticole de l'Allemagne^.» La qualité ne le cède du reste pas à la "‘é, et l’Alsace peut réclamer pour elle une bonne part de l’éloge de M. P. Le Sourd : ce Les vins blancs allemands, dans leur genre, sont incomparables.» La production moyenne de l’Alsace est de 700,000 hectolilres : celle de l’Alsace inférieure (jusqu’à Scblestadt) est plus abondante; celle de l’Alsace supérieure, de meilleure qualité. Parmi ces vins de crus, il faut citer tout d’abord ceux de Riesling, puis les Traminer et les Klevner. Quant cran gros de la production il consiste en bons vins de taille nerveux et frais ». Enfin, il ne faut pas oublier le crvin de paille» et le «vin des Rois», tous deux liquoreux à la façon de certains vins de dessert, et qu’en certains endroits de l’Alsace supérieure, on fait avec des raisins séchés sur la paille.
- Les vins de Lorraine diffèrent beaucoup de ceux d’Alsace. Généralement le raisin lorrain convient pour les clairets et la fabrication de vins mousseux. Le «vin gris» mousseux est même particulier au pays; consommé, surtout, surplace, il est fait avec un clairet jeune auquel, après la mise en bouteilles, on ajoute un peu de moût nouveau qui, en fermentant, produit de l’acide carbonique.
- C’est à une communication de M. l’abbé Muller, délégué en îq00 au Congrès des syndicats agricoles, que je demanderai ou eu est, on Alsace, l’intéressante question de l’Association en viticulture : ce Eu Alsace-Lorraine, nous avons pour les Aoo associations locales ou caisses Raiffeisen, dont un très grand nombre sont établies dans des communes rurales du vignoble, une cave centrale, au bureau central de Strasbourg; pour les vignerons d’Alsace, il y a à Colmar une cave centrale, sorte de bourse aux vins. Les vignerons, désireux de vendre leurs produits, y envoient des échantillons. En ce moment (kjoo), il \ a environ 5,000 hectolitres de vin en vente. Parmi les associations vinicoles locales avec caves centrales, il faut signaler, pour la haute Alsace, notamment, celles de viticulteurs de Ribeauvillé, de Sigolsheim, de Giieberschwihr, d’Eguisboim, etc. En outre, on a
- (1) rr l/Alsace-Lorraine, écrit M. l’abbé Muller, avec ses 30,000 hectares de vignes est la
- contrée, en Allemagne, qui produit le plus de vin.»
- 43.
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- G 7 G
- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- cm* dos associations vmicoles départementales dans la haute et dans la basse Alsace. Lu Lorraine, il existe, depuis des années, un groupement de vignerons qui a sa cave et son siège social à Metz.??
- îhh'AiL. — Le man<|ue de fourrage est cause (pie le bétail n est pas très nombreux. Les anciens chevaux de Lorraine et d’Alsace, inélégants peut-être, mais si résistants et d’une grande longévité ont
- presque entièrement dis-
- paru, d’autant que l’on a peut-être abusé des croisements. Pour la plupart de race suisse, les bêtes à cornes sont plus rares qu’il ne conviendrait. Parmi les produits de l’industrie laitière, il faut citer quelques fromages : le Minuter et le Colmar qui sont assez prisés, même loin de 1 eur lieu de production.
- L’élevage
- ^*Lt-£VÂhlô.
- T.è*'' ''
- ((lliclir du Journal d'agriculturejirutiqiie. )
- I-ig. 10(3. — L’engraissement des oies en Alsace.
- Aviculture. -
- des oies grasses, constitue, pour la région strasbourgeoise, une importante et fructueuse industrie (Fabrication de pâtés de foie gras). On place les oies dans des cases d’épmettes, ouvertes sur le devant, de façon à ce que l’animal puisse prendre ce qui est dans l’augette située en face de lui, augette qui contient, tour à tour, une pâtée de farine de maïs ou d’orge cuite avec du lait ou de l’eau pure et propre. crOn emboque, écrit, dans le Journal d'agriculture pratique, le Dr Hector George, les oies deux lois par jour, matin et soir, avec des grains de maïs macérés pendant vingt-quatre heures dans de l’eau salée. Parfois
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- on y ajoute une gousse d’ail pour hâter la digestion. Après chacun des repas, on laisse les animaux en liberté dans la chambre d’engraissement, pendant quelques minutes, avant de les replacer dans Pépinette. Au bout de vingt a vingt-cinq jours de ce régime, on administre, â chacun des deux repas, une demi-cuillerée à bouche d’huile d’œillette. Pour faciliter la trituration des grains dans le gésier, on ajoute, à l’eau de boisson, du gravier et de la grenaille de charbon". L’oie engraisse dès lors rapidement et le développement du foie la met en continuel danger de mort, si bien que, pour éviter l’asphyxie et tuer la bête au bon moment, on est tenu â une surveillance constante.
- Àprcui/ruiui. — L’apiculture est prospère et ses produits ont depuis longtemps acquis une juste réputation.
- Fouets. — <? La région des montagnes, ont écrit MM. Tisserand et Lelébure, est le domaine presque exclusif des forêts; le hêtre y croit à l’altitude la plus grande: 1,000 et 1,100 mètres. Plus bas, c’est le hêtre associé au sapin, puis le pin et diverses espèces feuillues dont se composent ces magnifiques forêts qui couvrent presque sans interruption les cimes et les lianes de la chaîne des Vosges. » La surface boisée représente, en effet, presque le tiers de la surface totale.
- Les sapins entrent pour 34 p. 100 dans la composition totale des forêts; les hêtres, pour 33 p. 100; les pins, pour iq p. 100; les chênes, pour 11 p. 100.
- Les sclililteurs. — Il n’est pas sans intérêt de consacrer quelques lignes aux schliUeurs(l) des Vosges. Ces lignes, je les emprunte en partie â une étude de M. Alfred Michiels et aux Souvenirs (VAlsace de M. Maurice Engelhard.
- Tout d’abord, le schlitteur doit tracer les chemins par lesquels il guidera sa charge; puis commence le schlittage proprement dit qui ne dure que quelques mois, mais combien pénible! La rr roule» est longue, en elfet, et, pour ne pas trop multiplier les voyages, les
- (1) De l'allemand Schlitte (traîneau). Voir la figure 176, p. 708.
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- «78 EXPOSITION DE 1900. — AGRICll ETUDE.
- hommes n’empilent pas, sur leur chariot, moins de 1 corde et demie à 2 cordes de bois(1). Même quand la pente est bonne, diriger un pareil fardeau représente un effort terrible. Mais qu’au détour d'un chemin le traîneau, trop lourdement chargé, ne puisse pas être dirigé et maintenu sur les montants en bois, qu’il déraille, qu’il se renverse, le conducteur n’échappe aux plus grands périls, que si, un grand saut de coté, lui permet de se dégager des brancards, et ce saut de côté n’est pas toujours possible. En elle!, qu’au moment de l’accident le chemin longe un escarpement, l’homme est écrasé sous le poids des bûches; qu’il passe un viaduc , il est entraîné dans le précipice. Survient-il une averse pendant la descente, rralors le glissement du traîneau s’accélère, le schlitteur a beau se raidir de son soulier ferré contre les échelons et s’arc-bouter du dos contre la charge, le mouvement toujours plus rapide de l’énorme pile de bois le presse, et si son genou fléchit, si le pied lui manque, le traîneau lui passe sur le corps, lui laboure les chairs, lui casse les reins, lui arrache un membre. . . N’est-il pas mort sur le coup, il n’en vaut guère mieux. Pas de secours possible, pas de médecin, pas de remède : une affreuse agonie termine une existence misérable-. Misérable, en effet, à tous les points de vue, car le gain d’un schlitteur est minime et fait songer à la phrase de Necker : «Voulez-vous savoir quel principe sert de mesure au salaire? Il ne consiste point dans une proportion réelle entre le travail et la récompense, n
- (l' La corde représente 3 stères.
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- SUTSSK.
- 679
- CHAPITRE XXII.
- SUISSE."1
- A. COASI l)KHATIONS GÉNÉRALES. - AGRICULTURE.
- SUPERFICIE. — AI/riTl l)K. - CLIMAT. — l'OI'Il.lTIOX. — VALEUR AI O Y K A NU DU CAPITAL-TERRE K T DU CAPITAL—BETAIL. — RÉPARTITION MOYENNE DU CAPITAL D’EXPLOITATION. — INTENSITE DES CULTURES. — RENDEMENTS MOYENS. — RENDEMENT TOTAL. — POMMES DE TERRE. — RETTE-RAYES. — EXTENSION DU VICNOBLE. — VIN. — SYSTEME D’EXTINCTION DES FOYERS PHYL-LOXÉRIQUES. — ARBORICULTURE. — CULTURES EN VOIE DE DIMINUTION I TABAC, LIN, CÉRÉALES. — PATURACES : LEUR EXTENSION, AMELIORATION DES RENDEMENTS. — ALPACE J
- SON importance; efforts tentés pour sa défense.
- Superficie, altitude, climat, population. — La superficie de la Suisse est de h i,4ak kilomètres carrés, dont 29,672 sont susceptibles de culture. Les deux tiers du pays (et notamment toute la zone improductive) sont situés dans les Alpes. L’autre tiers forme un plateau d’une altitude moyenne de 5oo mètres et que bordent, d’une part, le Rhin et le Jura et, de l’autre, les Alpes, plateau dont le sol est fertile et qui jouit d’un climat doux. La population était, au dernier recensement (1 900), de 2,902,3 00 habitants, en augmentation de 4 h 1,8 06 depuis 18 G o.
- Valeur foncière et capital d’exploitation. — Pendant l’année 1901-1902, le Secrétariat suisse de paysans fit, avec l’approbation du Département fédéral de l’Agriculture, tenir des comptes dans un assez grand nombre d’exploitations agricoles. Ce sont ces comptes qui ont servi de base tant pour l’établissement des trois tableaux suivants, que pour celui des tableaux de rendements (p. G83 et 684).
- VILElir, MO A EN NE DU CAPITAL—T Eli UE S (SANS LE SOL DES FOUETS).
- HT EN DR IC DES EXPLOITATIONS. PAR HECTARE.
- 1" Petites exploitations (0,1 à 5 hectares)................. 3,902 francs.
- 3" Petites exploitations paysannes (5,i à 10 hectares). 2,910 .‘5° Exploitations paysannes moyennes (10,1 à îBhect.). 2,^97 /i° Grandes exploitations paysannes (15,i à 3o hect.).. 2,17/1
- 5° Grandes exploitations (3o,i à 70 hectares)............... 2,316
- Moyenne arithmétique.................... 2,609
- (l) Les clichés qui illustrent ce chapitre, Payot et Cie, à Lausanne, et A. Franche, à
- sont extraits de La Suisse au xixc siècle, Berne, éditeurs.
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- EXPOSITION DE 1900. — A G RICIL T U R K.
- 080
- VALEUR MOYENNE DU CAITIWL-RETAIL.
- É T E NI) U E • DES EXPLOITATIONS. CANTAL nr iiétail total. p or do L’ACTIF. R 10 0 F H de CAPITAL (lu DOMAINE 1MII1. \ N C 8 de CAPITAL du DOMAINE PUR , sans forcis. PAU IT r do Sli II FACE EY COUTURE. C T A R E de SIIUI'ACE EN- rUI.TUIIK , sans forets.
- francs. IV. C. IV. c. fr. c. fr. c. fr. c.
- 10 Petites exploitations 1,7/11 (i 07 8 7 4 9 3 3 393 4 5 2
- 30 Petites exploitations paysannes . . 3,4M 7 34 12 09 11 19 h 16 484
- 3° Explorations paysannes moyennes. 5,71 r> 8 o3 10 90 11 9 A h 11 /17:
- 4" Grandes exploitations paysannes. !)o“>G7 9 ë A i3 09 iû 7 h Ai 1 4 87
- 5° Grandes exploitations 1 7/109 9 k 3 13 77 i3 56 451 /169
- Moyenne aiutiimktiouk . . . 5, (>7/1 8 00 1 0 91 1 9. 02 4 11 4 7 6
- RÉPARTITION MOYENNE DU C A IM T \ L D’EXPLOITATION (0.
- CAPITAL
- DU DOMAINE. PU FERMIER.
- p. ÎOO. p. 1(10.
- i° Petites exploitations........................ 8o.h 19.G
- 20 Petites exploitations paysannes................. 79.9 20.1
- 3° Exploitations paysannes moyennes............. 78.G 21.4
- h° Grandes exploitations paysannes.............. 78.G 21.h
- 5° Grandes exploitations........................... 78.1 21.9
- Moyenne arithmétique.............. 79-3 20.7
- Intensité de culture^.— rcOn a coutume, en général, de mesurer l'intensité de culture au capital (en particulier au capital d’exploitation) et au travail absorbés par la culture. Mais il y a certains capitaux sur lesquels la grandeur de l’entreprise exerce une telle influence que, si l’on s’en tenait au seul capital d’exploitation, on arriverait à de fausses conclusions.
- crNous avons utilisé les facteurs suivants dans l’appréciation de l’in-
- Nous ne faisons entrer dans le capital (2) J’ai emprunté les lignes suivantes à l’An-
- dn domaine, que ce domaine lui-même, les nuaire agricole suisse (1908), publié par le
- barres et le bois sur pied. Département fédéral de l’Agriculture.
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-
- SUPERFICIE TERRITORIALE DE LA SUISSE ET DENSITE DE LA PO P U LATIO N, PA R CANTONS.
- Schweiz - Suisse
- fm9 km2
- yyyyyyyyyyryyy/yy
- ! ! U iJ ! L
- 2019,0 km2
- Lucorne
- 1500,8 km2
- Solothum.
- 191,6km2
- Glarus
- 691,2 km 2
- 380,9
- Territoire cLe Bâle
- k-24,9 km2
- Obwalden
- k-14-,8 km2
- Ville d e ? Bâle |
- 35,8 km2 («
- 260,6 km2
- Xy'/P/'/'Z/yX Sol productif.
- Habitants par kilomètre carré .
- jII Sol improductif.
- Fig. J 67.
- pl.167 - vue 691/767
-
-
-
- SUISSE.
- 681
- tensité de culture : i° la densité du bétail ; 2° la place donnée à la culture fruitière; 3° l’emploi du capital productif; k° l’emploi des machines; 5° les dépenses faites pour fourrages concentrés et engrais; 6° les frais d’exploitation (travail et autres frais d’exploitation); y° le rendement brut; 8° le rendement brut du bétail.
- crLes chiffres calculés au cours de ce travail nous permettent de déterminer ces différents facteurs :
- NOM MIE PROPORTION
- n*K\I‘rOITATIÜNS. p. 100.
- itres faille............................ 2 i.8
- faible............................... 36 3a.7
- moyenne............................. /12 38.2
- I élevée........................... 2 b 22.7
- Ires élevée........................... 5 h.6
- Totaux............... 110 100.0
- cr Si l’on remplace les valeurs par les chiffres î, a, 3, 4 et 5, et que l’on calcule le degré d’intensité moyen des différentes exploitation on a le classement suivant •
- i° Système herbager........................................... 3.5 points.
- a" Système herbager pur....................................... 3.4
- 3" Système combiné, prairies naturelles et champs, avec
- alternance des cultures ou assolement libre............ 3.2
- 4° Système combiné, champs et prairies naturelles, avec
- alternance de cultures ou assolement libre............. 3.o
- 5° Prairies artificielles à base de trèfle.................. 3.o
- 6” Prairies artificielles à base de trèfle et prairies naturelles ....................................................... 2. ()
- 7” Prairies naturelles et prairies artificielles à base de
- trèfle................................................... 2.7b
- 8° Système combiné, prairies naturelles et champs, avec
- assolement triennal amélioré........................... 2.4
- io° Système avec pâturages..................................... 1.7b
- cr Ce sont, donc les s\sfèmes herbagers qui sont cultivés le plus intensivement en Suisse. Les systèmes à pâturages ont la culture la plus extensive. De tous les autres systèmes, les moins intensifs sont ceux à assolement triennal amélioré.
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- 682 EXPOSITION DE I960. — A OU ICI LT EUE.
- crSi nous classons les exploitations d’après leur grandeur, nous dressons le tableau suivant : cr Le degré d’intensité obtient :
- Petites exploitations...............
- Petites exploitations paysannes . . Exploitations paysannes moyennes Grandes exploitations paysannes . Grandes exploitations...............
- Il.o points.
- 9-9 2.8
- 2.2 5
- ccL’intensité de culture diminue avec l’accroissement en étendue des domaines.
- cc L’influence exercée par le régime parcellaire, sur l’intensité de culture, nous est donnée par les chiffres suivants. ccLe degré d’intensité obtient dans les domaines :
- lléfj'iine
- parcellaire
- très favoraldr favorable . . .
- moyen.......
- médiocre . . .
- mauvais
- 3.2b points.
- 8. i 5
- 2.90 2.7 5 3.06
- cc Plus le régime parcellaire extensive. r>
- aisse a désirer, plus la culture devient
- Rendements. — Le rendement total des exploitations agricoles suisses est d’environ /too millions de francs.
- RENDEMENT NET MOYEN PAR HECTARE DE SURFACE EN PROPRIÉTÉ,
- Y COMPRIS UES FORETS.
- ItliNDEMIÎNT MÎT TOTAI,
- - ~ —— POIIIt 1 00 FRANCS
- 1‘ Alt EXPLOITATION. PAU IIKGTAIIK. D'ACTIF TOT'/
- i° Petites exploitations 15 21 3 3" Z171 82" o1 5 3
- 20 Petites exploitations paysannes. . . 561 /i5 7/1 35 1 0 8
- 3° Exploitations paysannes moyennes. 1/102 36 107 28 1 9 4
- 4° Grandes exploitations paysannes. . 2,33/1 62 101 3 3 3 28
- 5° Grandes exploitations 5,i 4o 10 1/19 60 3 Zi 9
- Moyenne arithmétique .... 1,32.3 5o 90 65 1 64
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- LA POPULATION TOTALE DE CHAQUE CANTON REPARTIE SELON LES CLASSES PROFESSIONNELLES.
- Zurich.
- ÏNuhvalden
- L000 personnes vivant (l une profession connue se répartissent d’après les classes professionnelles.
- Agriculture, élève du bétail,mines, Industrie.
- Commerce. Moyens de communication,transports. Administration,sciences,beaux-arts. Occupations non déterminables.
- 1%. 168.
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- SUISSE.
- 083
- RENDEMENT NET MOYEN (D’APRES LES SYSTEMES DE CULTURE)
- SYSTÈMES DE CULTURE. PAU IIECTAIÎE DE SURFACE eu propriété avec forêts. POlilt 100 FRANCS D'ACTIF TOTAL avec forêts. PAR HECTARE DE SURFACE en propriété avec forêts. POUR 100 FRANCS D'ACTIF TOTAL sans forets.
- fr. r. fr. c. fr. c. fr. c.
- 1° Système lierbager pur 97 Go 0 9b b4 00 0 7 b
- 2° Système lierbager ioi 3o 1 b 1 113 80 1 3b
- 3° Système lierbager combiné à la cul-
- turc fourragère à base de trèfle .... 9 3 3 b 1 9 b 88 Go 1 10
- 4° Système lierbager avec champs :
- a. Avec assolement triennal amélioré. b b /ib 1 ib b 1 90 I 0 0
- h. Avec assolement libre 121 7 b 1 4o 11(.) 9r> 1 2 0
- b" Système lierbager avec culture prédo-
- minante de fourrages à base de trèfle. 12 1 pb a 9 b 1 1 2 7b 2 1 b
- 6° Systèmes où les champs prédominent
- sur les prairies naturelles :
- a. Avec assolement triennal amélioré. 8/1 ho 2 15 91 9° 2 ob
- b. Avec, assolement libre i4b 00 3 4 b 178 ob 3 4 b
- 7" Système avec culture prédominante de
- fourrages à base de trèfle 9 h 2 0 2 1 0 8b 8b 1 9 b
- 8° Système où les pâturages occupent
- une place conséquente 80 7 b 3 10 82 ho 3 ib
- RENDEMENT NET MOYEN (D’APRÈS LES SOURCES DE RECETTES).
- l’AU HECTARE point 1 00 FRANCS PAR HECTARE POUR 1 00 FRANCS
- SOURCES DE RECETTES. DIS SLIKEACh D'ACTIF TOTAL D'ACTIF TOTAL
- en propriété en propriété
- avec forêts. avec forêts. sans forêts. sans forêts.
- l’r. c. fr. c. fr. c. fl*. C.
- i° Exploitations avec 75 p. 100 ou plus
- (les recettes sortant du bétail de
- boucherie 93 b b 1 4 b 88 bo 1 3 0
- 9° Exploitations avec, 5o à 70 p. 100
- des recettes sortant du bétail de
- boucherie 79 1 b b 77 4!> 1 3b
- :v Exploitations avec 5o à 7b p. 100
- des recettes sortant dn bétail de
- vente 7 b 20 a 00 8h Go 1 9 b
- h ' Exploitations avec. 5o à 7b p. ion
- des recettes sortant du lait et des
- produits laitiers 78 ob 1 ho 72 80 1 20
- 5° Exploitations avec 75 p. 100 et plus
- des recettes sortant du bétail bovin
- bétail de boucherie et de vente.. . . 78 40 1 Go 79 kï> 1 bo
- 6e Exploitations avec 5o à 7b p. 100 des
- recettes sortant du bétail bovin
- bétail de boucherie et de vente.. . . 98 80 1 7 b 9b bo 1 Go
- 7 Antres exploitations 1 112 3o ! 2 ob 113 bb 1 90
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- RENDEMENT NKT MOYEN PAH HECTARE DE SURFACE EN PROPRIÉTÉ, NON COMPRIS LES FORETS.
- PA K Il K CT A lî K pont 100 Fl’,J
- ni. suhialiE h ,n ij U L i U il l , sans ibrcHs. sans l'orrls.
- 1° Petites exploitations . 38r 85e o1' 3 ru
- an Petites exploitations paysannes. . . . , . 73 /iT> 0 8 8
- 3° Exploitations paysannes moyennes.. . 101 3 5 1 85
- 4° Grandes exploitations paysannes.. . . . 1 0 3 3 5 3 9 5
- 5° Grandes exploitations . 15 h 5o 3 55
- Moyenne AiimniÉTioui:. . . . . 87 70 1 59
- Cultures diverses. — C’est à la suile do ce Tannée de misère», nom qu’aujourd’hui, encore, on donne en Suisse à Tannée 181G (fue la pomme de terre a commencé a contribuer à l’alimentation de l'homme et même a celle du bétail. Depuis, il ne s’est manifesté qu’un
- J-'i/f. j (if). — Maison do leimo (Viliourjjeoise (d’après une {jravuro do Bicdormann).
- seul instant de ralentissement dans sa culture, lorsque sévit la maladie qui, apparue en 18A3, causa, durant quelques années, de terribles ravages. Ce fut pendant cette épouvantable maladie que Ton commença à s’occuper sérieusement de la culture de.la betterave.
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- SUISSE.
- G85
- Betteraves et pommes de terre, ces dernières surtout, ont donné lieu à une fabrication très importante d’alcool et, pour entraver crl'extension formidable de la production ménagère et de la consommation de l’eau-de-vie de pomme de terre », les autorités fédérales ont eu recours au monopole de l’alcool.
- La surface des vignobles suisses est évaluée à 3o,ooo hectares, ce Ces vignobles, écritM. E. Ghuard(1), sont l’objet d’une culture qui fait l’admiration des étrangers, principalement sur les coteaux du Léman, avec leurs terrasses étagées, supportées par des murs dont le développement est évalué à plus de 1,000 kilomètres.» La production annuelle moyenne est d’un million d’hectolitres — ce qui équivaut environ à la moitié de la consommation. Yoid comment AL Paul Le Sourd apprécie les vins suisses : ccLe canton de Vaud produit des vins dont la saveur est droite, le parfum agréable avec de la légèreté. Ils n’ont toutefois ni grand corps, ni charpente, ni ampleur. Les vins rouges de la région de Schaffhouse sont bons, droits et parfois assez lins. Même note pour ceux de Bâle, de Soleure, de Berne, d’Argovie. La Valteline donne des vins rouges foncés ayant du mérite, quoique manquant de distinction. Les vins rouges de Neuchâtel ont de la couleur, de l’éclat, une saveur agréable, un peu de bouquet, parfois de la finesse. Les blancs sont moins bons que les rouges(2h »
- La Suisse a tout d’abord cru devoir défendre ses vignobles par les traitements d’extinction; mais, suivant l’expression de H. Saint-Bcné-Taillandier rc l’énergie de la défense a été dépassée par la violence de l'invasion», et il a fallu en venir â la méthode française de la reeonsti-tutiondes variétés sur les porte-greffes américains à racines résistantes. Il est intéressant-—Ma Suisse étant restée si longtemps réfractaire à ce système — de relever â ce sujet l’aveu de AL L. de Caudolle, président du Comité de la station viticole de Butb à Genève :
- wLe système de l’extinction n’est avantageux qu’au début même de l’invasion, alors qu’il n’existe dans le vignoble que des attaques très peu nombreuses. A partir du jour où le vignoble est envahi directement par la grande armée, dans sa marche inexorable du Sud au Nord,
- La Suisse au xi\r siècle : l'agriculture, par M. E. Ciiu.uu).
- Rapport <le la Classe GO (Vins et eaux-de-vie de vin).
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- (186
- EXPOSITION J) E I <)()().
- A G II [ 0 L L T U H E.
- les taches deviennent trop nombreuses pour que les chantiers de destruction puissent être organisés et surveillés convenablement; ils sont alors un danger en eux-mêmes et peuvent contribuer à augmenter, par la circulation du personnel nombreux <jue Ton emploie, la dif-lusion de l’insecte. À cela, s'ajoutent d’autres inconvénients plus graves encore. Aussi longtemps que se poursuit l’emploi du système, on néglige l’étude des plants américains. Au premier abord,
- il semble qu’il n’en soit pas nécessairement ainsi ; on peut, en effet, pendant que l’on traite l’ancien vignoble par la méthode d’extinction, établir dans quelques localités des champs d’essai. Mais quelle en est alors la valeur 1 On est obligé de les soumettre au même régime que les anciennes vignes, sans quoi ils deviendraient facilement une cause d’infection pour leurs voisins, et l’on tomberait alors dans des difficultés juridiques et administratives très sérieuses. En outre, il arrive encore qu’aussi longtemps que la reconstitution en [liants américains n’est pas largement aulorisée, aussi longtemps que toutes les vignes sont examinées par les agents
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- du service phylloxérique et exposées à être détruites, sans que l’on puisse les remplacer par des plants résistants, les propriétaires renoncent au renouvellement des vignes qui ont atteint ce qu’on peut appeler leur limite d’âge. Les propriétaires ne méritent aucun reproche de ce fait. Il ne leur servirait de rien de planter des vignes destinées à devenir, sous peu, la proie de l’ennemi; on sait d’ailleurs que les jeunes plants sont ceux qui résistent le moins; leur destruction s’opère par les attaques du phylloxéra, avec la plus grande rapidité; alors il en résulte que les vignes dépérissent par l’âge, et le vignoble tout entier se détériore dans son ensemble par cette cause qui découle indirectement de l’invasion phylloxérique. Pour ces raisons dont le bien fondé est, depuis plusieurs années, évident pour les viticulteurs du canton de Genève, je pense que la lutte par extinction, ingénieuse et utile au début, est devenue assez vite une erreur, et que, pour les intérêts économiques du pays, il aurait mieux valu qu’ou l’abandonnât beaucoup plus vite qu’on ne l’a fait. r>
- L’arboriculture est prospère notamment dans la Suisse orientale et tout particulièrement dans le canton de Thurgovie. Le nombre des arbres fruitiers est d’environ i3,5oo,ooo; la production des fruits est de 3,5oo,ooo quintaux, dont la valeur est estimée à 21 millions de francs.
- Parmi les cultures en voie de diminution, il faut citer la culture du tabac localisée dans les vallées du Rhône, de l’Aar, de la Brosse, du Tessin. La culture du lin, qui est très ancienne en Suisse et dont la disparition serait d’autant plus regrettable pour le pays que l’industrie linière, très prospère dans ce pays, devrait avoir entièrement recours à l’étranger. Enfin, le lin ne craint pas les altitudes assez élevées et donne, outre la fibre et l’huile, des tourteaux, aliment précieux pour le bétail.
- La culture des céréales est également en diminution, et cela de façon très notable, crDéjà, en 1887, écrit M. E. Chu.ard, Stebler estimait que la production du blé en Suisse ne couvrait plus la consommation que pour une durée de 1 57 jours dans l’année; aujourd’hui ce cbilfre est encore descendu notablement, a tel point que, d'après quelques statisticiens, le déficit qui, il y a cinquante ans, portait
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- EXPOSITION I)E 1900. — AGRICULTURE.
- sur 70 à 70 jours seulement, est maintenant presque quadruplé.’? Le rendement annuel est aujourd’hui de 3 millions de quintaux, représentant une valeur de 70 millions de francs.
- Fig, 171. — Changement de pâturage (d’après un tableau d’Eugène 13ur4aud).
- Pàtuhaoes. — Pins de 70 p. 100 du territoire productif de la Suisse, les forêts non comprises, sont occupés par les cultures fourra-
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- SUISSE.
- GSD
- gères. Du reste, ainsi qu’on l’a très justement remarque', ce toutes les circonstances s’y prêtent : sol accidente et de travail plutôt difficile, sauf dans les plaines d’alluvion; climat relativement humide, enfin, existence d’industries nombreuses qui renchérissent la main-d’œuvre et font de la population agricole de la Suisse, actuellement au moins, une minorité».
- Au demeurant, le pays fut de tout temps une contrée de pâturages. Dès 1768 nous trouvons, dans un recueil, mention d’amendement par le plâtre ou le gypse d’une terre livrée à la culture des plantes fourragères de la famille des légumineuses. Ce fut, du reste, à la suite d’un concours ouvert par la Société économique de Berne que l’emploi de cet amendement s’est généralisé en Suisse d’abord, puis dans le reste de l’Europe. A cette époque cependant, et pendant plus d’un demi-siècle encore, bien que le bétail fût beaucoup moins nombreux qu’il ne l’est aujourd’hui, les propriétaires étaient obligés de diminuer leurs effectifs à l’entrée de l’hiver; ils les ramenaient à 600,000 bêtes à cornes, contre 900,000 en été (chiffres de l’année 1829). Ce fut la culture des plantes fourragères dites amélioi'antes : esparcette, trèfle, luzerne qui changea la situation. rcDu développement de la culture fourragère est résultée une amélioration de l’élevage et une augmentation du bétail, influant à son tour, par la production des engrais, sur toute l’économie de l’exploitation agricole, n
- Alpage. — Dans la production totale en fourrages, le pâturage alpestre joue un rôle prépondérant. On estime en effet sa surface à 300,000 paquiers(1); la valeur totale des alpages est évaluée k 'jq millions de francs, et leur rendement, à 11 millions.
- C’est l’alpage qui développe chez le bétail cr des qualités que l’on chercherait vainement à lui faire acquérir sans lui : qualités de force, d’endurance, de robustesse et aussi de formes». Aussi, en Suisse considère-t-on , de plus en plus, l’Alpe comme réservée en quelque sorte au bétail, et cette façon de faire n’améliore pas seulement le bétail: elle améliore le pâturage alpestre lui-même dont, depuis des siècles,
- (1) Étendue de pâturage 'alpin nécessaire à la nourriture d’une vache.
- AGRICULTURE. --- I.
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- EXPOSITION DE 1900. -- AGRICULTURE.
- on avait tiré le plus possible, sans jamais s’inquiéter de l’épuisement de la terre, qui en pourrait résulter.
- Les cris d’alarme qu’avaient poussés au siècle dernier Sprüngli et Steinmüller n’avaient pas été entendus; dans le courant de notre siècle G. Kasthofer et Rod. Schatzmann lurent plus heureux, ce dernier notamment qui fonda en 1 863 la Société misse d'économie alpestre. Voici comment il terminait son Traité populaire d'économie alpestre : ffSi nous voulons conserver et augmenter, autant que cela dépend des forces humaines, le capital national que représentent nos Alpes et nos montagnes, nous devons nous proposer pour l’avenir : i° un meilleur entretien du terrain de nos pâturages alpins : empêcher les ravinements, assainir les terrains humides, nettoyer et extirper les mauvaises herbes, augmenter et mieux employer les engrais naturels, introduire la ration des pâturages; 2° de meilleurs soins au bétail : stabulation et abris convenables, abreuvoirs sullisants, provisions de fourrage; 3° une meilleure administration des alpages : défense de surcharger les pâturages; meilleure organisation des chalets et de leurs installations, aménagement rationnel des forêts, interdiction des coupes imprudentes, dont le résultat peut être la destruction de surfaces importantes du sol productif. Une grande partie de ce programme élaboré, il y a plus d’un demi-siècle, est appliquée aujourd’hui. M. E. Clinard constate, en ces termes, l’excellence des résultats obtenus : «Dans la région des basses Alpes (900-1,400 mètres ) comme dans celle des Alpes moyennes (i,4oo-2;ooo mètres), 011 constate une véritable et heureuse transformation des conditions d’exploitation; quant aux régions supérieures, les hauts alpages (2^000-2,700 mètres) où seuls les moutons vont chercher un fourrage incertain, la nature y règne en maîtresse et y travaille lentement à une œuvre de désagrégation dont les produits, entraînés plus tard dans les basses régions, seront alors seulement soumis à l’action de l’homme. *
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- B. ÉLEVAGE ET INDUSTRIE LAITIERE, APICULTURE, SÉRICICULTURE.
- EFFECTIF DU BÉTAIL. — NOMBRE DES PROPRIETAIRES DE BESTIAUX. — VALEUR DES BESTIAUX. — BETES A CORNES. — RÉPARTITION DE LA POPULATION BOVINE; RACE DE SCHWIZ ; RACE DE SIM-MENTHAL; IMPORTATION ET EXPORTATION. — VALEUR DES PRODUITS DE L’INDUSTRIE LAITIERE AU COMMENCEMENT ET À LA FIN DU DERNIER SIECLE; IMPORTATION ET EXPORTATION; fromage; lait condensé; beurre. - CHÈVRES et moutons. — PORCS. - CHEVAUX, MULETS ET ANES. — APICULTURE. — SÉRICICULTURE.
- Effectif du bétail. — Je viens de dire qu’au commencement du dernier siècle le nombre moyen des bêtes à cornes était de 760,000; c’est, du moins, là le chiffre qui est donné par le premier statisticien véritable qu’ait eu la Suisse, l’ancien conseiller fédéral S. Franscini; le tableau ci-dessous montrera la très forte augmentation qui s’est produite depuis cette époque :
- ESPÈCES D’ANIMAUX. NOMBRE D’ANIMAUX. NOMBRE DE PROPRIÉTAIRES.
- 1876. 1886. 1896. 1876. 1886. 1896.
- Chevaux ; 100,933 98.622 108,969 -
- Mulets 3,i 45 2,7/12 3,125 53,i 63 . 66/199 58,oo4
- Anes 2,1 1 3 2,o46 i,74o
- / bovine .1 ,o35,856 1,212,538 1,306,696 i97’677 219,193 215,2 08
- T 1 porcine Race ( . 334,5o7 566,97/1 121,817 109,682 168,192
- J ovine 367,549 34 i,8o4 371,901 74,358 67,686 5o,i 2 3
- ^ caprine* 396,001 416,323 415,817 13 5,o 18 1 45,760 138,177
- Ruches 177,1 20 207,38/1 2.54,109 41,287 41,136 44,383
- La valeur totale de toutes les espèces d’animaux (non compris les ruches d’abeilles) est évaluée : en 1876, à 33i,54i,6oo francs; en 1886 à 4.48,578,990 francs; en 1896, à 592,398,880 francs.
- Bêtes a cornes. — J’ai donné le chiffre des bêtes à cornes au dernier recensement (1896), soit 1,306,696. Ce total comprenait 216,392 veaux au-dessous de 6 mois, 3 1 9,908 jeunes sujets de plus de 6 mois,taurillons et génisses, 688,052 vaches, 22,270 taureaux reproducteurs et 63,074 bœufs. Presque tous les cantons suisses ont une riche population bovine; dans dix districts, les bêtes à cornes sont mêmes plus nombreuses que les habitants ; et dans le haut Simmenthal, on ne trouve pas moins de i,4oo têtes bovines pour 1,000 habitants.
- /1/1.
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- EXPOSITION DE 1 900.
- A GUI CULTURE.
- La Suisse a deux grandes races bovines. «La plus ancienne est la race brune à pelage uniforme, qui occupe la région centrale de la Suisse : le canton de Schwiz dont elle porte le nom, les vallées aboutissant au lac des Quatre-Cantons, le canton de Lucerne; à l’Est, les cantons de Glaris, de Saint-Gall, des Grisons; au Sud, le Tessin et une partie du Valais. Le couvent d’Einsiedeln a été des premiers à perfectionner cette belle race, admirablement adaptée au sol montagneux de la Suisse, et a lui donner la réputation étendue dont elle jouit maintenant. r>
- Fig. 179. — Taureau de la race de Scliwiz.
- L’autre race est la SimmenihaL qui doit son nom à la région où est son principal centre d’élevage, et que l’on rencontre également dans les cantons de Neuchâtel, Vaud et Fribourg. Elle a paru, en Suisse, après la Schwiz. Elle est de taille plus élevée. Son manteau est blanc avec des taches, le plus souvent fauves ou rougeâtres, notamment dans la sous-race bernoise; la sous-race de Fribourg a généralement un pelage taché de noir. Le sélectionnement et l’amélioration de la
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- SUISSE.
- G93
- Simmenthal ont peut-être été' plus longs que ceux de la race Schwiz, mais ils ont fait, dans ces dernières années, d énormes progrès.
- Kijj. îÿ.'i. — Taureau de la race de Simmenllinl.
- On estime la valeur du bétail suisse de race bovine à environ koo millions. Ce bétail a donné lieu au mouvement d’importations résumé dans le tableau suivant :
- MOYENNES ANNUELLES D’IMPORTATION ET D’EXPORTATION DE DETAIL BOVIN,
- DE 1866 \ 1895 •'>.
- BÉTAIL BOVIN BESTIAUX
- D'UN POIDS SUPERIEUR X 60 KILOGH. PBSÀHT AU PLUS 60 KILOGB.
- Importation. Exportation. Importation. Exportation,
- 1860-1870 .... 8 1,6 /l 6 58,704 3,009 1 0,766
- 1871-187 B 99U98 61,3 4 1 2,229 11,5 31
- 1876-1880 .... 120,297 62,908 1,42 1 11,778
- 1881-188/1 .... Il 8,080 70,398 1 ,oo5 9>758
- 1885-1890 .... 90,962 53,097 4,278 13,844
- 1891-1895 .... 76,230 36,969 3,333 1 o,452
- Industrie laitière. — La valeur annuelle des produits de l’industrie laitière au commencement du dernier siècle est estimée, par
- (1) Avant 188B, la limite de poids était de ho kilogrammes seulemenl.
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- 694
- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- Franscini, à environ 2/1.800,000 francs. Il convient, il est vrai, de majorer ce chiffre d’un dixième, qui représente le lait consommé par les habitants ou par les bestiaux. Cela donne un total annuel de 27 millions. Voici, d’autre part, l’estimation d’un document officiel concernant la consommation actuelle ; ici aussi on pourra constater, en quelques années, d’immenses progrès. rrLa production annuelle, est-il écrit dans ce document, est évaluée à i6,4oo,ooo hectolitres, dont i5,5oo,ooo en lait de vache. La valeur de ce lait représente plus de 200 millions de francs. On estime que 6,900,000 hectolitres ont été employés à la consommation directe; 2,600,000 à l’élevage et à l’engraissement; 600,000 à la fabrication du lait condensé et de la farine lactée, et 5,900,000 à la préparation du fromage et du beurre. *
- D’autre part, l’exportation des produits de l’industrie laitière s’élève :
- QUANTITÉ MOYENNE VALEUR MOYENNE 1892-1898. 1892-1898.
- quintaux. francs.
- Fromage à pâte dure................ 229,740 38,019,000
- Lait condensé...................... i8â,85o i8,o63,ooo
- Farine lactée....................... i2,84o 2,537,000
- Beurre trais......................... 2,610 785,000
- Tout d’abord, la fabrication du beurre l’emportait sur celle du fromage, mais, tandis que l’importation de ce dernier produit restait libre dans la plupart des pays étrangers et qu’il trouvait un placement facile tant en Allemagne qu’en Italie, il n’en était pas de même pour le beurre, dont l’entrée était interdite dans beaucoup de pays. Aussi, dès le milieu du xvme siècle, voit-on, principalement dans le canton de Berne, diminuer la fabrication du beurre et augmenter celle du fromage, industrie qui était restée, en quelque sorte, le monopole des ^alpages et des hautes vallées et qui, à partir de cette époque, occupe également les fermiers des plaines et des plateaux. D’autre part, l’exportation grandit; elle se porte vers l’Italie, laFrance et jusque dans les provinces baltiques. En 1810, elle était de 5,000 à 6,000 quintaux; en 1896, elle atteint 288,691 quintaux, représentant une valeur de plus de 38,5oo,ooo francs, soit les deux tiers environ de l’exportation laitière totale.
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- Le nombre des associations fromagères est de 3,ooo et celui des fromageries de montagne de 2,5oo.
- Le gruyère, qui doit son nom à l’un des villages du canton de Fribourg, est, selon l’expression de M. Claude Ripert président du Syndical général de l'industrie fromagère de l'Esl et rapporteur du Jury de la Classe des ccProduits agricoles alimentaires d’origine animales, l’occasion cc d’une lutte à vie entre la France et la Suisse qui se consacre presque exclusivement à cette unique fabrication, qu’elle pratique, du reste, avec un plein succès et qui obtient, il faut bien le reconnaître, auprès du commerce, une faveur marquée, avec ses beaux types de fromage d’EmmenthaU.
- Après l’industrie fromagère, la plus importai)le des industries laitières suisses vient celle du lait condensé qui donne lieu, nous l’avons vu, a une exportation annuelle de plus de 1 8 millions de francs.
- Par contre, la production beurrière est relativement faible et l’importation du beurre est dix fois plus élevée que l’exportation.
- Fig. 17/1. — Chèvres de Toggenburg.
- Chèvres et moutons. — Le nombre des moutons a diminué ; c’est là un fait constaté dans presque tous les pays de l’Europe. Celui des chèvres a, par contre, augmenté; mais cet accroissement est proportionnellement inférieur à celui de la population; en outre, il y a lieu de noter une diminution nouvelle à partir de 1886 ; une des raisons de cette diminution est la restriction du libre parcours dans les forêts.
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- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- EFFECTIF DES MOUTONS ET DES CHEVRES.
- MOUTONS. CHEVRES.
- 1866................................ 447,001 375,482
- 1876............................... 367,5/19 396,001
- 1886................................ 34i,8o4 4i6,323
- 1896................................ 271,001 416,817
- TABLEAU DE L’IMPORTATION ET DE L’EXPORTATION (MOYENNES ANNUELLES).
- MOUTONS. CHEVRES.
- IM PORTATIOX. EXPORTATION. IMPORTATION. EXPORTATION
- 1866-1870 58,65e 18,634 1 o,346 4,215
- 1871-1875 66,020 14,983 7’579 3,5 0 1
- 1876-1880 77,543 21,884 0,670 3,62/1
- 1881-1881 ,r>7’1 7*’ 1 0,13 8 6,454 3,671
- 1892-1895 7:b‘U>7 2,3 0 2 1,34o 2,866
- La slatisticjue, pour les années 1880 à 1891, n’a pas été élalilie de façon détaillée.
- Po rcs. — Dans les quarante années que les recensements nous permettent d’étudier, le nombre des porcs a presque doublé; il est vrai que la consommation s’est accrue dans une plus forte proportion encore.
- EFFECTIF DES PORCS.
- ANNÉES DES RECENSEMENTS. NOMBRE TOTAL.
- 1866..................................................... 3o4,/i28
- 1876..................................................... 33/1,507
- 1886..................................................... 89/1,917
- 1896.................................................. 566,97/1
- IMPORTATION E T EXPORTATION (MOYENNES ANNUELLES). importation. exportation.
- 1866-1870 56,973 25,676
- 1871-1875 69,390 2 3,23 1
- 1876-1880 83,287 19,005
- 1881-1885 77’359 1 5,15 2
- 1886-1890 79,581 7,70/1
- 1891-1895 86,789 5,298
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- SUISSE.
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- Je relève dans les notices fournies par les Directions de l’agriculture des différents cantons ces quelques lignes empruntées à la notice du canton de Schaffhouse : «Bien que les prix des cochons de lait subissent de grandes variations (de 5 jusqu’à 5o francs la paire), il n’en demeure pas moins que l’entretien de truies en vue du commerce des jeunes porcs constitue une source importante de revenus. 11 est, dès lors, très compréhensible que bon nombre d’habitants, sans être agriculteurs, entretiennent des truies reproductrices. Dans la règle, ceux qui s’adonnent à ce genre d’industrie et de commerce n’ont pas de porcs d’engrais à côté des truies, ils se contentent d’engraisser et de tuer, chaque année, pour les besoins du ménage, la truie devenue impropre à la reproduction de l’espèce.»
- Chevaux, mulets, ânes.— Voici les chiffres de l’effectif aux divers recensements :
- EFFECTIF DES CHEVAUX, DES MULETS ET DES ANES.
- CHEVAUX. MULETS. ANES.
- 1866 ...................... 100,39/1 r>,/i y F)
- 1876 ......................... 100,933 3,1 /j 5 9,11 3
- 1886 ......................... 98,692 2,7/12 9,0/16
- 1896 ......................... 108,969 3,190 1,7/10
- Tout d’abord, il faut noter le faible effectif de mulets et d’ânes, ces derniers étant même en diminution. Les chevaux ont été également en diminution; mais le dernier recensement indique une situation meilleure. Une remarque à leur sujet s’impose, remarque que j’emprunte à une des publications du bureau de statistique du Département fédéral de l’Intérieur: ccOn compte jusqu’à dix cantons qui, aujourd’hui, possèdent moins de chevaux qu’il y a trente ans. Ce sont ceux d’Uri, Schxviz, Unterwald-le-Haut, Claris, Fribourg, Schaffhouse, les deux Appenzell, Vaud et Valais. Une diminution du nombre des chevaux sur un territoire aussi étendu et, en même temps, une augmentation marquée, pour l’ensemble du pays, prouvent que l’emploi des chevaux tend à se concentrer en quelque sorte en certains endroits ».
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- L'importation est plus forte que l’exportation :
- MOYENNES ANNUELLES.
- IMPORTATION. EXPORTATION.
- CHEVAUX. POULAIN" CHKVUJX. POULAINS
- 1866-1870 . . . 3,667 «79 9,972 56?
- 1871-1875 ... 6,102 1,9 A 5 9,7 6 3 A 3 o
- 1876-1880 . . . 5,o86 93A 2,187 Ai 3
- 1881-1885 . . . 5,833 1,106 9,1 8A 31 3
- 1886-1890 6,968 CH 50 00 1.901 197
- 1891-1895 . . . 8,369 1,3 60 ,6)1 A 1 39
- Apiculture. — Le premier recensement des ruches d’abeilles a eu
- lieu en 1876.
- ANNÉES DE RECENSEMENT. NO MR RE TOTAL.
- 1876 ..................................... . . 177,190
- 1886 ............................................... 907.88/1
- 1896 ............................................... 93/1,109
- IMPORTATION ET EXPORTATION (MOYENNES ANNUELLES).
- IMPORTATION. EXPORTATION.
- 3 o 1 ?
- Ai 3 ?
- 1,968 13 3
- 1,997
- 1876-1880
- 1881-1885
- 1886-1890
- 1891-1895
- Il est deux contrées ou agglomération de districts où l’apiculture est très étendue : tout d’abord, le territoire formé par les districts vaudois de Cossonay (351 ruches par 1,000 habitants, le plus riche en abeilles), Aubonne (191), Orbe (181), Echallens (179) et Oron (171); puis le groupe des districts lucernois de Hochdorf (34o), Sursee(a76), Willisau (187), Entlebuch (1 60) et les districts limitrophes de Mûri (164), Affoltern (172) et Zug (1 58).
- Le nombre des apiculteurs qui était de 41,2 3 7 en 1876, s’est élevé à 44,583, vingt ans après.
- Sériciculture. — On pratique l’élevage des vers a soie dans la région méridionale de la Suisse : le canton du Tessin, celui de Valais et une partie de celui des Grisons.
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- SUISSE.
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- C. INSTITUTIONS.
- SOCIÉTÉS AGRICOLES. — FÉDÉRATIONS. — SYNDICATS D’ÉLEVAGE. - IIKRD-ÜOORS. — CONCOURS DE BÉTAIL BOVIN. — FRUITIERES. — ENSEIGNEMENT AGRICOLE. - STATIONS D’ESSAI ET DE CONTROLE.
- Sociétés d'agriculture et d’élevage. — On pourrait consacrer de nombreuses pages aux efforts tentés en Suisse en faveur de l’agriculture et de l’élevage; les corrections de cours d’eaux, notamment, mériteraient une mention toute particulière ; mais traiter un tel sujet m’entraînerait trop loin et ici je ne puis consacrer que quelques lignes aux principales associations.
- ce Les sociétés agricoles sont nombreuses, bien organisées, souvent pourvues d’un journal ou d’un bulletin. La plupart sont nées dans la période i85o-i86o, c’est-à-dire dans la période de calme succédant aux agitations de 18/18. Rares sont celles qui ont leur origine dans le siècle dernier et ont vécu jusqu’aujourd’hui sans éclipse : la Classe d’agriculture de la Société des arts de Genève, fondée en 1776, en est peut-être le seul exemple, la Société économique de Berne ayant été dissoute vers la fin du xvme siècle, et créée, à nouveau, en 1810. Actuellement, il n’est presque pas de canton qui n’ait, sous une forme ou sous une autre, sa société cantonale d’agriculture, jouant un rôle plus ou moins actif dans la vie rurale.»
- Ces sociétés se sont groupées en fédérations : h\ Société suisse d’agriculture compte là sociétés cantonales de la Suisse allemande; elle a plus de 2 5,ooo membres. Dans la Suisse française, il y a la Fédération romande des Sociétés d’agriculture, avec 1 à,00o adhérents. Enfin, la Société tessinoise d’agriculture compte 4,o0o membres, et sa sphère d’action est la Suisse italienne.
- D’autre part, il faut citer la Société suisse d’économie alpestre et la Société suisse d'horticulture.
- Grâce aux efforts du colonel fédéral Jean de Wattenvyli, la Suisse a, depuis 1888, des syndicats d’élevage. Le conseiller d’Etat Viquerat unit ses efforts à ceux du colonel de Wattenvyli et bientôt l’action gouvernementale vint, en adjuvant, à l’initiative individuelle.
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- ce En 1890, écrit M. Marcel Vacher, une commission du Département vaudois de l’Agriculture, élabora 1111 modèle de statuts qui fut généralement adopté par les syndicats. D’autre part, une loi fédérale de 1894 allouait aux syndicats d’élevage un subside annuel de 4oo,ooo francs destiné : i° à améliorer et à augmenter l’effectif des taureaux reproducteurs et des femelles; 20 à contribuer aux frais de création des syndicats d’élevage et à des primes décernées aux familles et aux groupes de bétail reproducteur dont la descendance serait établie par un registre d’élevage régulièrement tenu. Les organes de presque tous les syndicats suisses sont ainsi composés : i° l’assemblée générale; 20 le comité-directeur élu par l’assemblée pour veiller aux affaires et à la bonne administration du syndicat; 3° une commission d’experts chargée d’encourager et de diriger l’élevage, d’admettre le bétail au livre généalogique, de surveiller la tenue de ce livre, etc. Quant aux ressources financières, elles procèdent: i° du subside fédéral de 100 à 3oo francs alloué à la fondation de chaque syndicat; 20 des droits d’entrée versés et qui constitueront, avec le subside fédéral, le fonds de réserve ; 3° d’une cotisation annuelle pour chaque syndiqué; 4° des primes qu’obtiennent les taureaux et d’une part à la prime reçue par le groupe d’animaux collectivement exposés par l’association. Le Herd-book forme la base même de toute association syndicale en Suisse et, à ce sujet, nous voyons les autorités fédérales et cantonales intervenir pour exiger non seulement le registre, mais un formulaire officiel portant : i° le nom du propriétaire et le nom de l’animal avec la date de naissance de ce dernier et sa date d’admission; 2° son signalement; 3° le tableau généalogique de ses ascendants; 4° son mesurage, son pointage, ainsi que son poids vif; 5° les primes qu’il a obtenues; 6° le rendement en lait des vaches; 70 enfin, diverses observations sur l’affouragement, les défauts, les maladies. Mais il manquait aux multiples associations d’éleveurs, disséminées .sur le pays suisse, un lien, une union, pour discuter et défendre les intérêts généraux. C’est pourquoi les fédérations, ce que nous appellerons des unions de syndicats, ne tardèrent pas à se fonder pour chacune des grandes races. C’est par ces fédérations qu’ont été organisés ces grands marchés-concours dont le pre-
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- mier pour la race brune eut lieu à Zug, en 1897, alors qu’en 1898 la race tachetée rouge tenait, avec un grand succès, sa foire-exposition a Berne. 77
- Une question tout particulièrement intéressante est celle des fromageries ou fruitières(1). C’est probablement en Franche-Comté, au xvne siècle qu’ont pris naissance les fruitières. Elles n’ont pas tardé à se développer et c’est à elles que sont dus les rapides et grands progrès de l’industrie laitière, progrès que je signalais plus liant. Ces fromageries sont dirigées par un fromager qui prélève un tant pour cent sur les bénéfices; c’est de son l’habileté professionnelle que dépend la prospérité de la fromagerie.
- Enseignement agricole. — La première école suisse d’agriculture pratique fut fondée, en 180Ù, par Emile de Feiienberg, à Hofwvl ; cette école eut une grande célébrité, mais ne survécut pas à son fondateur, qui mourut en t8ùè. L’enseignement agricole était donc a créer à nouveau.
- Ce fut après les agitations de i848, au moment où naissaient les sociétés d’agriculture, qu’un courant se manifesta en faveur des écoles d'agriculture. Mais les maîtres manquaient pour les nombreux établissements créés; pour en former, on a institué, en 1869, au Polytechnic-um de Zurich, une section agricole. Cette véritable école supérieure d’agriculture ne faillit point à la tâche qui lui était imposée et des maîtres excellents vinrent vivifier l’enseignement donné dans les écoles fondées de 1853 a 18G6 ; un certain nombre d’entre celles-ci ayant fermé leurs portes, de nouveaux établissements les remplacèrent. Des écoles de laiterie, de viticulture, d’arboriculture furent fondées. Les écoles d’hiver, — d’une organisation assez semblable à celle de ces mêmes écoles que nous avons eu l’occasion de citer dans notre étude des Pays-Bas, — vinrent donner des notions théoriques aux fils des agriculteurs auxquelsi ia pratique des choses agricoles est familière. Enfin, des conférences agricoles complétèrent l’œuvre des écoles d’hiver.
- (1) Noms que l’on donne aux laiteries coopératives.
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- EXPOSITION DE 1900. AGRICULTURE.
- Stations d'essai et de contrôle. — Il me reste à parler des stations de contrôle et de recherches agricoles. Par arrêté de 1877, il fut créé, au Polytechnicum, deux stations fédérales destinées à s’occuper l’une, des engrais, l’autre, confiée à la direction du distingué professeur Stebler, des semences. Ces stations sont parmi les premières qui ont pratiqué, en Europe, le contrôle gratuit pour l’acheteur, c’est-à-dire pour le paysan, et payé par le vendeur. A Lausanne, pour la Suisse romande, deux stations analogues à celles de Zurich furent créées ; puis furent fondées, à Berne, une station de contrôle des engrais et une station lailière. De leur côté, les cantons ne ménagèrent pas leurs efforts.
- Sous le nom dInstitut agricole, le canton de Vaud a groupé, à Lausanne, avec son école d’agriculture, une station laitière et une station viticole à laquelle est annexé un laboratoire œnologique. Le canton de Fribourg a créé la station laitière de Perolles ; enfin, les cantons de la Suisse orientale ont rétablissement de Wadensweil oii sont réunis, comme à Lausanne, l’enseignement agricole et les stations de recherches.
- D. FORÊTS, CHASSE ET PECHE.
- IMPORTANCE DES FORETS POUR LA SUISSE. - INTENSITE DE L’EXPLOITATION. - TAXES DE BOISEMENT. - LÉGISLATION FORESTIERE. - IMPORTATION ET EXPORTATION DES ROIS D’OEUVRE. -CHASSE. — PÈCHE.
- Forêts. — rrLa forêt, écrit M. E. Chuard, joue dans le pays accidenté qu’est, la Suisse, un rôle de protection d’une importance trop longtemps méconnue. Dans les régions montagneuses, dans les bassins de réception des torrents, la forêt retient les eaux pluviales, retarde et régularise leur écoulement, et préserve à la fois : de l’érosion, les terrains en pente; de l’inondation, les parties basses. Le boisement des hautes régions a donc une influence décisive sur le régime de nos eaux de montagne et, plus sûrement que les corrections, plus économiquement aussi, il peut préserver les vallées suisses des inondations qui trop souvent les dévastent. *
- L’utilité des forêts est donc plus grande pour la Suisse que pour tout autre pays. Cependant, quand la construction des chemins de fer eut rendu les transports plus faciles, on exploita à distance, d’autant qu’aux demandes du dehors venaient s’adjoindre les besoins d’une
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- industrie nationale à laquelle la cchouille blanche» permettait un vaste et rapide développement. Aujourd’hui, les forêts représentent une valeur de 1 milliard kko millions de francs et couvrent 8,06k kilo-
- Lig. 176. — La descente du bois dans les Alpes bernoises. (D’après un tableau de Baud-Bovy, gravé sur bois par Maurice Baud.)
- mètres carrés, ce qui équivaut à un taux de boisement de près de 17 p. 100 et la loi forestière fédérale de 1876, complétée par la loi du 11 juillet 1897, a assuré la défense des forêts.
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- EXPOSITION DE 1900. — AG H ICE ETUDE.
- J/importation des bois d’œuvre est devenue très intérieure a l’exportation : en 1898, 1,767,082 quintaux contre 332,5ài.
- Chasse. — 11 n’y a plus, à l’heure actuelle, en Suisse, ni cerf ni chevreuil; les bouquetins et les chamois deviennent de plus en plus rares. Pour protéger ces derniers, on a fait des règlements assez sévères : la chasse n’est plus permise que pendant quelques mois et pas sur toutes les montagnes en même temps. On trouve, par contre, le lièvre de montagne, dont le pelage est entièrement blanc en hiver, et la marmotte des Alpes, à pelage épais et grossier, qui se plaît sur les sommets les plus inaccessibles, jusqu’à une altitude de 3,000 mètres. Les oiseaux de passage s’arrêtent généralement quelques jours au pied des Alpes. Parmi les fauves, il faut tout d’abord citer l’ours brun. Le loup ne se rencontre plus que dans le Jura. Si l’aigle et le vautour sont relativement peu nombreux, il n’en est pas de même du faucon, du busard, de l'épervier.
- Pêche. — Situées dans la région des truites, c’est-à-dire dans le cours montagneux des fleuves et des rivières, les frayères de saumon sont, par suite, nombreuses en Suisse. Les lacs ne sont pas, d’autre part, moins poissonneux que les rivières; on y pêche notamment les grands silures.
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- AUTRICHE.
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- CHAPITRE XXIII.
- «i
- AUTRICHE.
- A. COISSIDÉRATIOjNS GÉNÉKALES (0.
- SUPERFICIE. — POPULATION. — DIVISION DU PAYS. — CLIMAT. — FERTILITE. — ASSOLEMENT. — PETITE CULTURE; SITUATION DU PAYSAN. - REPARTITION DU SOL. — RENDEMENTS. — CEREALES. — RETTERAVES. — ORGE; EXPERIENCES LE CONCERNANT. — HOUBLON; QUALITE DE CELUI DE bohème; procédés culturaux. — safran; GÉNÉRALITÉS sur cette épice. — TABAC. — vins; tirs contre la grêle. — BÉTAIL et aviculture. — sériciculture; grainage cellulaire DE PASTEUR. - APICULTURE. — FORETS; TAUX 1)E BOISEMENT; ESSENCES DOMINANTES; PRODUCTION EN BOIS D’OEUVRE; FORETS DOMANIALES; LÉGISLATIONS FORESTIERES; REBOISEMENTS; CORRECTION DES TORRENTS. — PECHE; EPONGES; CORAIL. — SPONGICULTURE. — OSTRÉICULTURE. — CHASSE.
- Composée de régions dont les caractères diffèrent, habitée par des nations de langues et de races diverses, l’Autriche a une superficie d’environ 800,190 kilomètres carrés qui se répartissent de la façon
- suivante :
- ' kilomètres carrés.
- Haute-Autriche Basse- Autriche.
- Duchés
- Trieste
- de Salzhourg. . .
- de Styrie.......
- de Carinthie . . . de Garniole
- Comté princier de Gorilz et Gradisca.
- Margraviat d’Istrie.................
- Dalmatie............................
- Comtés princiers.
- de Tyroi.......
- de Vorarlberg . .
- Boyaume de Bohême. Margraviat de Moravie Duché de Silésie. Boyaume de Galicie.. Duché de Bukovinc. .
- 11,98/1 19,8 2 A 7,15‘2 22,428 10,327
- 9’956
- 95 2,018
- 4,955
- 12,835
- 26,683
- 2,602 51,948 22,222
- 5,147
- 78,696
- io,4Ai
- habitants.
- 785,83l
- 2,661,799
- 173,5lO
- 1,282,708
- 36i,oo8
- *98>9^9
- 157,666
- 220,3o8 317,610 627,626 812,696 116,078 5,843,o94 2,267,870 605,669 6,607,816
- 666,591
- L’agriculture, l’élevage, l’exploitation des forêts, la pêche occupent i3,35i,374 habitants; on voit donc que ces branches de l’activité sont de beaucoup les plus importantes; il est cependant à noter que le pourcentage de 6a.4i, auquel équivaut le chiffre donné plus haut, est inférieur aux pourcentages précédents : 67.18, en 1869.
- (1) Clichés du Catalogue de la Section autrichienne à l’Exposition de 1900.
- AGRICULTURE. - I. 45
- nirniMEiiiL nationale.
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- 7 0 ( j
- K \ POSITION J)K 1 900.
- A O H I C U LT U I! IL
- Le climat varie considérablement d’une région à l’autre. La Dal-matie, le pays le plus chaud, a une moyenne de i3 degrés; laGalicie, le plus froid, une moyenne de 7 degrés 5. La grêle est fréquente dans le Tyrol, la Styrie et la Carniole. Le sol est généralement fertile ; sur 100 hectares, 9/1.29 sont susceplildes de produire. L’assolement le plus répandu est celui de six ans : seigle, orge, avoine, Iroment, racines (pommes de terre ou betteraves), trèfle.
- Petite culture. — 2 1.3 millions d’hectares (c’est-à-dire 7 1 p. 100 du territoire) appartiennent à des petits propriétaires; 8.7 millions
- seulement sont constitués par des domaines^. Sous les auspices du Comité exécutif pour la participation de l’Au-lriche à l’Exposition de 1900, MM. le baron Arthur de Hohenbrück et George Wieninger ont consacré à la Petite culture en Autriche une série de k 7 monographies in-de revenir dans la suite de ce chapitre. Je tiens à donner ici la conclusion de ces auteurs :
- ce II ressort de ces monographies que, chez les propriétaires qui ont fait des études agronomiques, 011 peut facilement constater un progrès dans l’administration de leur bien; que les conditions de la petite culture sont loin d’être florissantes, mais qu’en dépit de celte situation financière, le paysan, qui constitue le principal soutien des états, reste profondément attaché au sol qu’il cultive, et qu’il vit plus heureusement au sein de sa famille que tant d’autres classes de la société."1
- D’autre part, M. H. Hitier, qui a consacré dans le Journal (Tagriculture pratique une étude à ces monographies, résume ainsi son opi-
- Fig. 176. — Modèle de charrue de 1827.
- ( Celle charrue l'ut inventée par un paysan de Bohème du nom de Frantz Yeverka. Bien que sa construction fût contraire à toutes les théories de l'époque, on constata qu'elle divisait à fond, retournait et mélangeait la terre d’un sol iéfçer, bien plus complètement que ne le faisait le versuir ancien.)
- téressantes, sur lesquelles j’aurai l’occasion
- (l) Il est vrai que l’on désigne, en Autriche, sous le nom de petite propriété, tout bien me-
- surant moins de 200 hectares et payant un impôt direct de moins de 1 00 florins.
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- VU TRICHE.
- 707
- nion à leur égard : crLes petits propriétaires savent employer tous les procédés que nous connaissons actuellement pour augmenter les rendements, tout en diminuant les prix de revient. L’industrie agricole semble très répandue; on nous cite de nombreux exemples de remembrements et de réunions territoriales, effectués entre propriétaires pour agglomérer leurs cultures; les engrais du commerce sont d’un usage courant dans maintes provinces, le matériel agricole y est nombreux et perfectionné. En vue de l’amélioration des bovins, c’est tantôt la sélection des races, tantôt le croisement avec le Simmenthal; partout on nous cite pour les porcs des croisements avec les races anglaises, etc. Malgré tout, les bénéfices réalisés semblent bien modestes : les capitaux fonciers et d'exploitation rapportent bien rarement, dans les exemples donnés, 3 p. 100. C’est peu. Mais le propriétaire et sa famille, qui, ordinairement est nombreuse, vivent indépendants sur le domaine qu’ils cultivent. ~
- Répartition du sol. — Voici le détail de la répartition du sol :
- Champs cultivés 1 0,666,872hect. 35.45
- Prairies 3,078,172 1 0.26
- Jardins 672,060 1.24
- Vignobles 2/18,626 o.83
- Pâturages 2,663,908 8.88
- Alpes ....... 1,399,780 4.66
- Forêts Q,777,4l/l 3 2.5 9
- Lacs, marais ii4,i24 o.38
- Totaux............. 28,290,656 94.29
- Terres improductives.............. 1,711,782 0.71
- Rendements. — Les rendements (moyenne décennale
- sont les suivants :
- SURFACE
- 188 5-9 4)
- CILTIVÉES. Il ÉCOUTE RENDEMENT
- PAR MILLE HECTARES. PAR HECTARE, mille hectares. — —
- FromenL....................... 1.1 4i i6,3o4 i4.2liecto'.
- Seigle........................... 1,987 28,177 1 ^1.1
- Orge.......................... 1,129 i9,43i 17.2
- Avoine........................... 1,869 66,090 19.3
- Maïs............................... 363 6,171 16.9
- Légumineuses....................... 272 2,90/4 10.6
- Pommes de terre.................. 1,098 10/1,911 95.5
- Vin................................ 269 3,907 i6.3
- mille quintaux. par quintal.
- Betteraves........................ 2/18 45,398 182.4
- Foin et trèfle................... 2,711 io3,256 27.8
- A 5.
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- EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- Céréales. — D’après le bulletin du Ministère de l’Agriculture d’Autriche (statistique de 1898), l’avoine serait la céréale la plus cultivée: 1,901,170 hectares; puis viendraient le seigle: 1,826.582; la pomme de terre : 1,181,998; l’orge : 1,167,9/1/1; le blé : 1,055,989, etc. Il est à noter que le plus souvent, quand l’exploitation repose sur la culture des céréales, le bénéfice est très faible : dans telle propriété de la Basse-Autriche, où 02 hectares sur 33 sont en champs (le seigle et l’avoine occupant la place la plus importante), le capital ne produirait qu’un intérêt de 0.6 p. 100.
- Betteraves. — L’Autriche donne à ses industries agricoles une grande attention. La plus importante est l’industrie sucrière, qui s’est largement développée durant ces dernières années, et pour laquelle ce pays occupe, dans le monde, le premier rang, après l’Allemagne, rrMalgré son rapide développement, écrit M. G. Bureau, il ne semble pas que l’extension de la production autrichienne touche a son terme. Aussi les emblavements de betteraves augmentent-ils dans une importante proportion : de 1899 à 1900, cette augmentation a atteint h.3 p. 100.
- Orge. — Après la sucrerie, la brasserie est la principale industrie agricole de l’Autriche. La culture de l’orge prend dans le pays une importance chaque jour plus grande. rrDe 1880 à 1896, écrit M. Hermann Schindler, l’augmentation a été de 9.2 p. 100, pour toute l’Autriche. Dans les pays où l’orge est plus spécialement cultivée pour l’exportation, c’est-à-dire en Bohême et en Moravie, la culture a monté de 30.6 p. 100 et de 26.7 p. 100, en vingt ans. En 1896, on comptait en Autriche 1,179,000 hectares plantés en orge; l’exportation de cette céréale (relevée pour tout le territoire austro-hongrois) a oscillé, de 1888 à 1897, entre 3.6 et 5.6 millions de quintaux, représentant une valeur de 33.9 à 51.2 millions de florins. Dans cette période décennale, l’exportation du malt a monté sans interruption de 1.1 million à 1.68 million de quintaux, d’une valeur de 15.6 à 23.5 millions de florins. ^
- Il est juste d’ajouter que les cultivateurs autrichiens ne s’en sont
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- pas simplement remis aux bonnes conditions du climat et du sol et que de nombreux essais ont été faits dans le pays au sujet de l’orge de brasserie.
- Comme espèce, c’est la Hanna qui a paru la meilleure; précoce, crelle se distingue par un grain plus lourd et plus volumineux, par une balle mince, peu de protéine et beaucoup de substances extractives ». Par contre, le rendement en paille de la Hanna est inférieur, infériorité qui ne saurait contre-balancer la grande supériorité de son rendement en grains. Après la Hanna, c’est la Chevalier qui a donné les meilleurs résultats. Je tiens à signaler que c’est à la Société d’en-conragement des essais agronomiques en Autriche que revient, pour la plus grande part, l’honneur de ces diverses expériences qui ont été poursuivies pendant douze années.
- Houblon. — rc Parmi les pays qui cultivent le houblon sur le continent européen, l’Autriche occupe le second rang, au point de vue de l’étendue de la culture, laquelle, en 1896, était de 17,102 hectares; c’est notamment en Bohême que nous rencontrons la proportion considérable de plus de 12,600 hectares. De tous les houblons autrichiens, celui de Bohême est, du reste, cité le plus souvent; il est devenu un produit universellement connu. Les plantations les plus appréciées se trouvent au nord-ouest, dans cette région houblonnière dont la ville de Saaz est le centre. Une seconde région bohème fort étendue est le district de Auscha-Dauba, qui, dans la première moitié du siècle, dépassait en importance la production de Saaz, mais qui, depuis, est resté en arrière. Auscha-Dauba comprend deux zones, l’une où le houblon a tiges rouges est cultivé de préférence, la seconde où l’on trouve principalement du houblon à tiges vertes(1). »
- La qualité des houblons de Bohême est, en effet, tout à fait supérieure, et, dans le rapport qu’il a consacré aux cc Produits agricoles non alimentaires », M. Gustave Heuzé, inspecteur général honoraire de l’agriculture, leur assigne, au point de vue de la qualité, le premier rang. Le relevé des prix moyens des années 1897, 1898 et 1899,
- (1) La Culture du houblon en Autriche, clin- par M. Charles Fruiiwirth, alors docent à
- pitre de la préface du Catalogue autrichien, l’Ecole supérieure d’agriculture à Vienne.
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- qu’il publie dans son travail, indique, du reste que les houblons de Saaz ont valu 160, 170 et 190 francs, tandis que, dans les mêmes années, le houblon dont la valeur était la plus élevée après celui de Saaz, atteignait seulement i5o, i58 et i65 francs.
- Après le houblon de Bohême, viennent ceux de Stvrie et de Gali-cie. Il est à noter que dans ces deux provinces la culture houblonnièro na pris de l’importance qu’assez récemment, tandis qu’elle est très ancienne en Bohême, où elle s’était à ce point cantonnée que, lorsqu’elle commença à s’étendre au dehors, les autorités du pays tentèrent de s’y opposer, en interdisant l’exportation des plants.
- On a tendance, dans la région de Saaz, à abandonner ce qu’on appelait les jardins houblonniers et à remplacer le travail manuel par l’échalassement qui, grâce aux perfectionnements des outils dont on dispose de nos jours, n’implique pas un abaissement de la qualité. En outre, sur bien des points on fait maintenant usage d’engrais artificiel, soit seul, soit additionné de fumier d’étable.
- Enfin la dessiccation a fait d’importants progrès et on emploie aujourd’hui des claies sur lesquelles les cônes sont étalés en couches minces, en sorte qu’il est inutile de les remuer; la dessiccation par la chaleur artificielle compte également un assez grand nombre de partisans.
- Safran. — Je tiens à mentionner le safran, car la qualité autrichienne est la plus estimée. Il est cultivé au nord-est de la ville de Krems sur le Danube. Bemarquable par sa teinte uniforme d’un rouge brun pourpre, ce safran ne contient que des stigmates, sans styles ni autres parties de la fleur.
- Le safran est l’épice la plus chère. Ses fleurs ne durent qu’un jour ou deux après leur épanouissement. Dès qu’elles sont cueillies, on se hâte de les sécher sur des tamis de crin placés au-dessus d’un réchaud de braise.
- Pour obtenir un kilogramme de safran sec, il ne faut pas moins de 70,000 à 80,000 fleurs.
- Tabac. —Depuis i85o, la production du tabac est un monopole
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- de l’Etat. Sa culture occupe 4,5oo hectares environ, et sa récolte est de 69,000 quintaux.
- Vins. — La production moyenne vinicole de l’Autriche est supérieure à 3 millions d’hectolitres; nous verrons, dans l’étude des diverses régions, les qualités de ses vins, que le phylloxéra a commencé d’envahir.
- Tirs contre la grêle. — Il est à noter que c’est dans une province d’Autriche, la Stvrie, qu’ont récemment été remis en honneur les tirs contre la grêle. Les premiers essais — à vrai dire non pour faire crever des nuages de grêle, mais pour obtenir de la pluie — avaient eu lieu clans le Sud-Algérien; ils avaient été tentés par un commandant d’artillerie et certains avaient été couronnés de succès. Ce fut probablement le point de départ des essais faits, en 1896, par M. Albert Stiger, maire de la commune de Windisch-Freistritz (Stvrie), essais dont les résultats semblèrent encourageants, si bien que le nouveau procédé de défense contre la grêle se répandit rapidement clans les communes voisines. crDès la fin de 1897, a clans le rapport qu’il a consacré au cc Matériel et procédés de la viti-cr culture 57, M. H. Saint-René-Taillandier, vice-président de la Société des viticulteurs de France et cfampélographie, on comptait, dans la région, trente-trois stations de tir qui semblent avoir protégé leur périmètre contre la cbute des grêlons. En 1898, les stations de tir se multiplièrent en Styrie et clans le Tyrol; aux simples mortiers, on substitua, sur le conseil du colonel Maudy, des canons spéciaux munis d’un prolongement conique en tôle, sorte de tromblon qui devait accroître les ondes vibratoires et qui, en réalité, devait favoriser, à l’insu de son inventeur, la formation d’un projectile à air comprimé.»
- Bétail et aviculture. — La production du bétail 11e couvre pas encore les besoins, bien qu’elle soit considérable dans certaines régions, notamment dans les Alpes. L'élevage du cheval se fait au Nord et à l’Est : dans les Alpes, de forts chevaux de trait; en Galicie, des bêtes très résistantes. Il existe 9 haras de la Cour impériale,
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- a haras de l’Etat, 5 depots d’étalons. Le gros bétail du Tyrol, de Salz-bourg, de Styrie est célèbre. L’élevage du mouton a diminué, sauf en Dalmatie. On élève des porcs dans les Alpes et les districts les plus industriels.
- On évalue la production en lait à A3 millions d’hectolitres, en beurre, à 626,000 quintaux avec 660,000 quintaux de fromage; 5o,ooo quintaux de laine. La production de la volaille (poulets, pigeons, oies, canards, dindons) est très importante. L’exportation des œufs est considérable. L’apiculture est pratiquée principalement en Carinthie : en 1800, p2o,6Ao ruches donnant 33,000 quintaux de miel, A,000 quintaux de cire. L’élevage des vers à soie se fait au TyrolW.
- Sériciculture. — Ce sont les pays limitrophes de l’Italie : Dalmatie, Istrie, Trieste, Goritz et Tyrol qui s’adonnent à la sériciculture. Vers
- le milieu de ce siècle, quand la maladie des vers à soie sévit d’abord en France, puis en Italie, les sériciculteurs autrichiens réalisèrent pendant quelque temps des bénéfices inespérés. Mais leurs produits furent, à leur tour, atteints par le redoutable fléau. Le Gouvernement autrichien s’alarma alors et réunit, en 1868, à Vienne, un congrès de sériciculteurs. "Au nombre des résolutions prises par ce congrès, écrit M. Jean Bolle, directeur de la Station expérimentale de chimie agricole de Goritz, et strictement exécutées par le Gouvernement, celles qui suivent méritent d’être
- F. Leiter. — L’effectif du bétail au- 8,043,986 : chèvres, 1,035,83a; moutons, trichien est le suivant (1890) : chevaux, 3,186,787; porcs, 3,5/19,700. i,548,i 97 ; ânes et mulets, 67,9,5a ; bovidés,
- Fig. 177. — Harpes avec cocons pour l’éclosion des papillons.
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- particulièrement mentionnées : i° propagation de la culture du mûrier partout où cet arbre peut prospérer, concurremment avec l’éducation des vers à soie; 2° création d’une station d’essais; 3° attribution d’un prix de 5,ooo florins à celui qui découvrira un procédé pour combattre et empêcher l’épidémie sévissant sur les chenilles.?? Dès l’année qui suivit le congrès, la station fut établie à Go-ritz comme institution d’Etat. Quant au concours, le prix en fut décerné à notre illustre compatriote Pasteur dont la méthode a pour objet de séparer les œufs pondus par des parents sains, de ceux provenant de parents infectés. En n’élevant ainsi que les individus sains, on prévient l’apparition du mal.
- L’adoption du grainage cellulaire de Pasteur a eu pour résultat de tripler en Autriche la production des cocons, qui ne se monte pas aujourd’hui à moins de 2 millions de kilogrammes par an.
- rr Parmi les établissements les mieux orga-
- \ , d l’A t ' 1 ' t *79* — Examen au microscope des couples de papillons.
- M. Jean Bolle, il faut citer celui de Trente, créé par le Conseil d’agriculture du Tvrol, qui fournit des graines saines à presque tous les sériciculteurs du pays. ??
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- Hig. 180. — La grande Culture en Autriche; son rapport à la superficie totale et l'étendue de ses bois et forêts (MM. le baron de Hohenbriick et Wieninger).
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- Fig. 181. — La petite Culture en Autriche; son rapport à la superficie totale et l’étendue de ses bois et forêts (MM. le baron de Hohenbrück el Wieninger).
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- Apiculture. — L’apiculture est prospère notamment en Bohême, en Moravie, eu Galicie, en Garinthie, en Carniole, ainsi que dans la haute et la liasse Autriche. Plusieurs des inventions qui ont fait de l’apiculture une véritable industrie agricole sont dues à des Autrichiens.
- Forêts. — Les forêts occupent, en Autriche, une superficie de 9,710,000 hectares, ce qui représente un taux de boisement de 32 p. îoo, soit encore 5o ares par habitant. Ce sont là des chiffres remarquables.
- En outre, les 70 centièmes des forêts d’Autriche étant peuplés de résineux et, d’autre part, la moitié des forêts feuillues étant traitée en futaie, le bois d’œuvre entre pour près de 5o p. 100 dans la production totale; cette proportion est très belle et il est certain qu’avec les 12,900,000 mètres cubes de bois d’œuvre qu’elle produit chaque année, l’Autriche est assurée de pouvoir se passer de l’importation; l’exportation est même pour l’instant assez considérable. Mais se maintiendra-t-elle? «Je ne le pense pas, écrit AL A. Mélard. Les exportations me paraissent être arrivées assez près de leur maximum, à moins que mettant de côté tout souci, au sujet de la conservation des forêts et de leur rendement futur, on n’entame le capital ligneux.» Il est certain, en effet, que l’accroissement de la population autrichienne et les progrès faits par l’industrie, dans le pays, auront pour résultat l’absorption par la consommation intérieure de la production nationale.
- Les forêts domaniales et celles des établissements publics administrées par le Ministère de l’Agriculture ont ensemble 1,519,917 hectares, dont 1,1 29,597 pour le domaine public. Elles sont réparties sur tous les points de l’Autriche, à l’exception de la Moravie et de la Silésie, le plus souvent dans les régions montagneuses. Leur composition est la suivante : épicéas, 51 p. 100; sapins, 18 p. 100; mélèzes, A p. 100; pins, 3 p. 100; chênes et châtaigniers, i.3 p. 100; hêtres et charmes, 2 0.5 p. 100; frênes, érables, ormes, pins d’Alep, 2.2 p. 100. La production brute dépasse i5 millions de francs; le revenu net est de A,364,292 francs. Gela ne fait que 3 fr. 85 à l’hectare,
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- soit un revenu moindre que celui que donnent, en France et en Allemagne, les forêts des domaines.
- Il est à noter que de tout temps la législation s’occupa en Autriche de la question forestière. Mais, ainsi que le remarque M. Antoine Rossignol, conseiller supérieur des forêts au Ministère autrichien de l’Agriculture, ccces anciens règlements dataient de très loin ou n’étaient que des réimpressions qui ne répondaient plus aux besoins de la situation nouvelle.» Aussi, vers le milieu du xixe siècle, intervint une loi forestière générale qui «non seulement part d’autres principes que les règlements antérieurs à cause de sa tendance centralisatrice, mais est aussi pénétrée d’un autre esprit, en ce que l’intervention des autorités dans les forêts des particuliers est réduite a la mesure nécessitée par l’intérêt général, et que cet intérêt général est, en somme, le principe dirigeant, quant à l’ingérence de l’Etat dans les affaires forestières.» Par la suite, les assemblées législatives provinciales votèrent des lois additionnelles destinées, selon les besoins, à remédier aux inconvénients que la pratique faisait découvrir. En outre, en 1878, fut organisé méthodiquement le service de la police forestière.
- Il faut aussi signaler ccque le Gouvernement a pourvu, dans les trente dernières années, au reboisement des terrains de Karst en Dal-matie, sur le littoral et en Garniole; qu’il s’occupa de la restriction des droits de coupe dans les hautes montagnes et dans les régions où se trouvent des torrents de montagne, du règlement du soutirage de la poix et de la térébenthine, de la réduction des pâturages pour les chèvres et les brebis; établit une gestion bien entendue des forêts communales (Bohême); reboisa, enfin, les pentes dénudées dans la région de Becwa (Moravie) et partout où la nécessité de ces mesures se faisait sentir. »
- A la suite du véritable désastre de 1882 (ravages occasionnés par des torrents notamment en Tyrol et en Garinthie), l’Autriche prit le parti de réglementer et de subventionner les travaux destinés à la correction des cours d’eau montagneux; en i883, au retour d’un voyage en France, le Ministre d’agriculture d’Autriche envoya une mission, dans notre pays, pour y étudier nos excellentes méthodes de correction de torrents. En 188Ù, une loi régla définitivement
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- EXPOSITION DE 1900.
- A G LU CULTE HE.
- I organisation du service d’endiguement, ainsi que les bases de la participation financière du Gouvernement; cette participation a couvert, dans certains cas. plus de la moitié des dépenses.
- Pêche. — Le Danube est poissonneux et la qualité des poissons ([ifon y prend est justement réputée. La surface totale des étangs exploités systématiquement n’atteint pas moins de 28,io5 hectares, répartis en q5o exploitations situées principalement en Bohème, 3q6: en Moravie, 929; et en Galicie 107. En 1898, le produit de la pèche
- a atteint 3,062,112 kilogrammes; cette même année, on a élevé 2,982,681 kilogrammes de poissons. A l’Exposition de 1900, les pêcheurs parisiens demeuraient ébaubis devant les carpes, les brochets, les saumons monstrueux, pêchés dans certains étangs de Bohême.
- L’Adriatique a d’importantes pêcheries de thons et d’anchois(1); elle a, en outre, des pêcheries d’éponge dont le rendement annuel est d’environ 20,000 florins.
- cr Leur principal gisement, a écrit M. Paul Gourrel, directeur de l’Ecole professionnelle des pêches maritimes de Marseille, est compris entre Badua et Trieste, sur la côte de la Dalmatie et de l’Istrie, par 3 à 10 brasses de profondeur, et ce sont les pécheurs de Lile de Crapano qui presque exclusivement se livrenl à la récolte des éponges; pendant les belles journées de mars à octobre, 80 à 100 barques, montées chacune par deux hommes, sont employées à ce genre de pêche. L’équine, qui vaut 5 florins le kilogramme, est répandu presque tout le long de la côte; la levantine, d’une valeur double, provient surtout des îles d’Incoronata et des environs de Zara-Vechia; quant à la zimocca, elle vaut à peine 3 florins et se pêche en
- Fig. 18e. — Tenailles utilisées pour la pêche
- des éponges dans l'Adriatique (2).
- (l) La pêche maritime occupe près de 1 h, 0 0 o pêcheurs, disposant d’environ 3,5 0 o bateaux; il est à noter que cette industrie ne semble pas en progrès.
- l2) Cliché extrait, ainsi que celui de la figure 18 4, du Compte rendu du Congrès international d’agriculture et de pêche (Augustin (Thalîamel, éditeur).
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- Istrie. Les spécimens sont arrachés indistinctement par ie harpon ou les tenailles, quelle que soit leur taille, et plus ou moins déchirés par ces engins. Lavés et pressés, parfois blanchis, ils sont pour la plupart expédiés à Trieste; une faible partie est écoulée sur la côte dalmate.
- Malheureusement l’imprévoyance des pêcheurs d’éponges autrichiens est très grande; aucun roulement n’a été établi et, par suite, les mêmes points, sans cesse exploités, sont très appauvris.
- Ce fut également sur la côte dalmate que les Autrichiens pêchaient autrefois le corail; il y avait 8 bateaux, mais, là encore, une pèche excessive amena un désastreux résultat; les bancs furent à ce point dévastés qu’en 1881 l’armement autrichien se réduisit à trois bateaux ; actuellement cette pêche a complètement cessé.
- Spongicultüre. De i863 à 1872, Oscar Schmidt et Buccich ont tenté, dans la baie de Socrolizza, de l’ile de Lyarra sur les côtes de Dalmatie, d’intéressantes expériences; iis recueillirent des éponges qu’ils assujettirent dans des caisses percées à jour pour éviter toute compression et tout choc; puis avec un couteau dentelé en scie, les sectionnèrent en fragment de 1 à 2 pouces cubiques. Ces fragments furent ensuite fixés par des clous de bois à tête sur des châssis, des baguettes, des fils de cuivre recouverts de caoutchouc ou même des pieux, et immergés ensuite. On enfilait, fixés par trois, les morceaux d’éponge sur une tige de bambou où ils étaient maintenus, sépares les uns des autres par des clavettes traversant la tige. On prit tous les soins possibles, durant l’opération, pour éviter la lumière directe du soleil. En un an, la perte ne dépassa pas 1 p. 100. Une plantation de 2,000 spécimens réussit fort bien. Malheureusement les tarets attaquèrent le bois et les pêcheurs se montrèrent hostiles à l’expérience qui leur parut diabolique.
- OsTRÉiciJi/runE. — Tout le long de la côte orientale de l’Adriatique, l’huitre se rencontre abondante. Grâce aux efforts intelligents tentés à partir de 1888 par la Société autrichienne de pêche et de pisciculture maritime, de Trieste, et par son président, M. Rodolphe Allardi, on s’efforça de profiter de cette richesse naturelle. On essaya les systèmes
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- français et italien; ce fut le tarentin qui fut adopté. Mais M. Allardi eut l’idée de recourir, comme collecteurs, à de petites baguettes de
- Fijj. 183. — Perjrolai.se avec des zipoli en terre cuite et des huîtres de huit mois (1).
- terre cuite, longues de 2 5 centimètres environ, trouées par le milieu et réunies par un petit fil de fer zingué, et que, avant l’immersion, on plonge dans un lait de chaux et laisse sécher pour faciliter l’adhérence des larves. La figure i83 montre une pergolaise de ce genre a laquelle sont attachées des huîtres de 8 mois.
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- Chasse. — Le nombre des districts de chasse est (1895) de 1 5,766, dont 2,066 de plus de 1,1 5o hectares. Il est tué par an (1891): 1,295,000 pièces de gibier à plumes, 1,290,000 pièces de gibier à poils, 69,000 fauves et 119,500 oiseaux de proie.
- Pour montrer les richesses des grandes chasses du pays, je citerai un tableau, celui du cercle de Mistelbach (Basse-Autriche); il accuse : 42 cerfs, 565 chevreuils, 29,757 lièvres, 4,189 lapins, 3,415 faisans, 12,363 perdrix, 370 cailles, 48 bécasses des bois, 8 bécasses des prés, 13 oies sauvages, 335 canards sauvages, 68 renards, 180 martres, 42 1 putois, 4o loutres, 19 blaireaux, i,56o autours, faucons et éperviers, 289 hiboux, soit, en tout, plus de 50,000 pièces de gibier.
- Autre exemple, emprunté, celui-ci, aux statistiques de chasse soigneusement dressées en Bohême. La moyenne des 2 5 dernières années donne, par an, dans ce pays : 570,000 perdrix; 500,000 lièvres; 4o,ooo faisans(1); 1 5,000 poules d’eau ; 12 ,000 cailles; 11,000 chevreuils; 4,ooo coqs de bruyère; 3,500 cerfs; 800 sangliers, etc. Le nombre des lapins est relativement faible (2,5oo), tant on détruit avec acharnement ces rongeurs dont on redoute les ravages dans les bois. Et si, au lieü de citer des moyennes, j’avais choisi certaines années favorisées, j’aurais eu à inscrire des chiffres plus étonnants encore. C’est ainsi qu’en 1880 il a été tué plus de 60,000 faisans; les vieux chasseurs du pays prétendent, du reste, qu’il en était autrefois tué jusqu’à 90,000 par an. Une bonne partie de ce gibier est envoyée sur les divers marchés d’Europe; on estime que cette exportation s’élève à 2,000 tonnes, représentant une valeur de 4 millions de francs.
- (l) Les faisans de Bohême s’exportent dans l’Europe entière.
- agiiicultuiu:.
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- EXPOSITION DE 1900.
- AGRICULTURE.
- B. LES DIFFÉRENTES LÉGIONS(l).
- BUKOVINE. — GALICIE. — SILESIE. — MORAVIE. — BOHEME. — HAUTE-AUTRICHE. - BASSE-AUTRICHE. — STYRIE. — SALZBOURO. — TYROL. — VORARLBERG. — CARIATIDE. - CARRIOLE. — GOIUTZ. — TRIESTE. — ISTRIE. — DALMAT1E.
- r
- J’ai dit, que les divers Etats de l’Empire autrichien présentent des différences notables; aussi est-il utile de consacrer quelques lignes à chacun d’entre eux. Je commence par ceux qui sont le plus à l’Est, pour finir par les Etats situés sur la côte sud-ouest.
- Bukovinë — ff Pays merveilleux au point de vue du climat comme du sol w, écritle comte Henry d’Attems, président de l’Association pomo-logique autrichienne, au sujet de la Bukovinë^. Les hivers sont froids;
- Fig. i8i.— En Buktnine (à Rumaniscli-All-Fralanlz).
- les étés, chauds, mais secs. La population mâle est très travailleuse. Les forêts et les prairies couvrent les deux tiers du territoire. La récolte moyenne des céréales est de 2,25o,ooo hectolitres.il y a quelques fruits, peu de vigne et beaucoup de pastèques. L’élève du bétail et l’agriculture sont prospères; il y a environ 270,000 bêtes â cornes, 160,000 moutons et 3o,ooo vaches.
- (1) Clichés de La -petite Culture en Autriche, par le baron Arthur au IIoiienbruck cl George WiENiNGEN. — (2) Ce nom signifie : rrpays de hêtres».
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- Galicie. — Le royaume de Galicie et de Lodomérie avec le grand-duché de Cracovie forme le plus vaste Etat de l’empire autrichien. C’est un pays essentiellement agricole, dont le climat rappelle, par sa rudesse, celui des steppes de la Russie. On cultive surtout les céréales et la pomme de terre; le maïs ne pousse que dans les districts les plus méridionaux; la culture du lin est assez répandue et généralement prospère; le chanvre occupe des surfaces importantes. L’élève du bétail fournit en partie le marché de Vienne : il y a 3 millions de bêtes à cornes. Les chevaux sont au nombre de 1 million. Malgré tout, la pauvreté est générale. La petite propriété est aux mains de gens misérables, qui cultivent presque exclusivement l’orge, l’avoine et le seigle, et obtiennent, par hectare, un produit brut inférieur à 3o florins. Les forêts donnent lieu, par la Vistule, à une importante exportation de bois. Le pays est giboyeux; dans les districts montagneux, les fauves (ours, loups, loups-cerviers) ne sont pas rares. Enfin, les eaux sont poissonneuses.
- Silésie. — La Silésie est un pays très agricole, où l’on trouve les cultures industrielles de la betterave sucrière et de l’orge de brasserie. On récolte, en outre, dans le pays des pommes de terre, du fourrage, de l’avoine, du seigle et du froment en très grandes quantités. 11 n’y a pas moins d’une bête à cornes par trois habitants.
- Moravie. — La Moravie est celui des Etats autrichiens où la densité est la plus forteElle a, écrit le comte H. d’Attems, au Sud, dans ses terres légèrement mamelonnées, un climat propre à la vigne; au Centre, son climat favorise les céréales; au Nord, montagneux en partie, où nous trouvons de pittoresques paysages alpestres, l’air est rude, d La culture betteravière alimente de nombreuses sucreries. La production en vins et en céréales est importante; il y a notamment quelques bons vins rouges. On cherche à élever un nombreux bétail. Les troupeaux donnent des laines de bonne qualité, et sont l’objet d’un très important revenu annuel. La situation financière n’est pas mauvaise, et, dans nombre d’exploitations, après payement des
- ;l) Non compris la Basse-Autriche, qui doit à Vienne, de tenir le premier rang.
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- dépenses du ménage du propriétaire, il reste, par hectare, un bénéfice légèrement supérieur à i o florins.
- Bohême. — «La Bohême, écrit le comte li. d’Atlems, offre un climat et un sol très variés. Pendant que le Sud, avec ses collines et ses vastes plaines, est mieux favorisé sous les deux rapports, le Nord du pays, notamment au pied des Monts-Géants et de l’Erzgebirg, est très rude. 7?
- Fig. 185. — E11 Bohêmo (à Niederbcrzdorf).
- Les cultures industrielles : betteraves à sucre et houblon, dominent. Grâce aux engrais chimiques et à un excellent travail du sol, les rendements sont élevés. Voici un assolement assez répandu dans le pays : i° seigle d’automne, recevant a5o quintaux de fumure et s5o quintaux de compost; 20 betterave à sucre; 3° orge; 4° betterave avec 2 5o quintaux de fumure et i5o kilogrammes de nitrate; 5° orge avec semis de trèfle; 6° trèfle; 70 blé avec 260 quintaux de fumier et i5o kilogrammes de nitrate; 8° pommes de terre ou betterave; 90 orge avec semis de luzerne; io° à i3° luzerne. Le seigle donne 26 quintaux; le froment et l’orge, 3o; l’avoine, 24; la betterave à sucre, 300.
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- Outre d'importants amendements phosphatés ou potassiques, les houblonnières doivent recevoir, annuellement, 600 quintaux de fumier.
- Fig. 18G. — En Bohême (commune de Slatiny).
- Dans telle ferme, que nous donnent en exemple MM. le baron Arthur de Hohenbrück et Georges Wieninger, 011 obtient, par hectare, un produit brut de 2 25 florins, produit dans lequel le bétail n’entre que pour une part relativement faible. L’hectare est estimé, dans la propriété qui nous occupe, à 800 florins et paye un impôt de 12 florins. cc Comme dans les fermes industrielles de la région nord-est de la France, remarque M. Hitier, c’est la main-d’œuvre qui est une des principales sources de dépenses: sur les 5,4o6 florins, qui nous sont indiqués comme dépenses annuelles, la main-d’œuvre absorbe 2,6/17 florins. Cette main-d’œuvre est cependant moins élevée que chez nous, puisqu’on estime, dans ce domaine, le salaire d’un ouvrier, homme non nourri, à 60 kr. l’hiver et à 7 5 kr. l’été ; celui d’une femme de 5o à 60 kr., soit 1 fl. 46 à 1 fl. 85 pour les hommes, 1 11. 23 à 1 fl. 4t pour les femmes, suivant les saisons.n
- La culture fruitière est très ancienne dans le pays et forme l’objet de soins assidus. Aussi récolte-1-on annuellement, en moyenne, 882,000 quintaux de fruits, la plus grande partie (591,000 quin-
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- taux) de fruits à noyau. La prune joue le rôle principal; on en fait du pourdel. Il faut, en outre, citer la pomme rose d’été, la pomme vierge rouge et la Leurrée d’hiver Siegel. Les exportations représentaient, en 1899, 1 million 263,180 couronnes.
- Haute-Autriche. — L’agriculture et les forêts se partagent le territoire de la Haute-Autriche. L’élevage est prospère dans la région. La viticulture a été abandonnée. Les fruits à cidre occupent une place importante; on en fait un cidre de ménage, dont on exporte chaque année de grandes quantités en Suisse et dans le sud de l’Allemagne. crDans les jardins enclos, privés et seigneuriaux(1), on cultive beaucoup de fruits nobles, surtout dans les jardins appartenant aux fondations religieuses où,de tout temps, et aujourd’hui encore, la culture fruitière est très développée. *
- Fi{[. 187. — En ITîîtile—Aulriche (commune d’Ansfelden).
- Basse-Autriciie. — Le sol est limoneux et le climat tempéré. La culture est spécialement intensive. On emploie un matériel agricole perfectionné et on se sert d’engrais autant qu’il est nécessaire. Céréales et plantes fourragères sont intelligemment associées.
- n) Ctc II. d’A Items.
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- Voici, dans la partie orientale de la plaine de Marchfeld, un domaine de 33 hectares dont 3 2 sont en terres labourables soumises à l’assolement triennal : une partie de la jachère est occupée par des plantes fourragères, telles que mélange de vesces et d’avoine, pommes de terre, maïs, etc. Le seigle et l’avoine sont les céréales les plus cultivées. Mais, malgré tous les soins donnés à la terre, les bénéfices sont faibles, alors que les céréales sont la base de l’exploitation. Le bétail est une meilleure source de revenus. Les vins ne sont pas sans qualité : rrLes rouges ordinaires, écrit M. Paul Le Sourd, sont de bonne garde; les blancs, assez moelleux et délicats.?? Enfin la région est la fruiterie naturelle de Vienne.
- S'nmii. — rrMagnifique pays alpestre, la Styrie est, grâce à son climat, à son sol et à l’initiative de beaucoup d’hommes vaillants et zélés qui, pendant de longues années, ont poursuivi leurs efforts, une des plus importantes parties de l’Oberland autrichien. :? Les forêts couvrent la moitié de la région. Les récoltes les plus abondantes sont celles de l’avoine, du maïs, du seigle, du froment. La culture fruitière s’est, depuis une trentaine d’années, considérablement développée, et on a pu justement écrire « que l’exportation annuelle, qui se chiffre par environ 2 millions et demi de florins, est pour le pays un pactole véritable.1? Les vins rappellent les vins italiens. Il n'y a pas moins d’un bovidé par deux habitants. Les chapons sont renommés.
- Salzhouiu;. — Pays de montagne, le duché de Salzbourg a, sur sa superficie totale, 34 p. 100 de pâturages, 32 p. 100 de bois, 9 p. 100 de champs, 9 p. 100 de prairies et de jardins; le reste est stérile. «Le sol calcaire, écrit le comte Henry d’Attems, domine pour plus de la moitié de la superficie; la couche inférieure se compose surtout d’alluvion et de cailloutis diluvien qui retient à peine l’eau, s’échauile facilement en été et, par conséquent se dessèche vite. La couche cultivable ne dépasse pas habituellement 3o à 4o centimètres. Le climat est beaucoup plus rude que la latitude géographique ne le fait supposer. L’altitude, le rempart des montagnes vers le Sud, qui arrête ou refroidit les courants atmosphériques chauds, l’étendue des
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- forêts, des eaux et des glaciers, le pays ouvert au Nord sont les causes principales de ce phénomène. Une grande variabilité dans la température, dans les condensations, dans la direction des vents, puis un état hygrométrique élevé, des pluies fréquentes en sont les caractéristiques. Des hivers de longue durée qui persistent, sept mois dans la montagne, quatre ou cinq dans la plaine, des printemps courts avec accroissement rapide de la température, des étés très pluvieux,
- Fig. 188. — En Salzbourg (commune de Niedernsill).
- des automnes toujours beaux et constants, distinguent cette région.» La production est de 112,000 hectolitres de blé, 181,000 hectolitres de seigle, 220,000 hectolitres d’avoine, 2,107,000 hectolitres de foin, 106,000 hectolitres de trèfle, 36 quintaux de beurre et de fromage, etc. Dans les bonnes années, la culture fruitière permet, en Allemagne et en Hongrie, une exportation assez importante. Le nombre des bêtes à cornes est de iâo,ooo; celui des chevaux, de 1 1,000 (de race norique); celui des moutons, de 5o,ooo; celui des chèvres, de 17,000; celui des porcs, enfin, de iâ,ooo(l).
- Tyrol. — La répartition des terres au Tyrol — contrée très montagneuse — est la suivante : forêts, 39 p. 100; pâturages alpestres,
- (l) Ces divers chiffres sont ceux de l’année i8y5.
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- 26 p. 100; prairies, 10 p. 100; champs et jardins, 6 p. 100; sols rocheux et improductifs, 19 p. 100. Les pâturages alpestres sont situés sur des pentes, abruptes à ce point que les faucheurs n’y peuvent marcher qu’avec des chaussons garnis de crampons. La récolte annuelle moyenne, en y joignant celle du Vorarlberg, est de a3o,ooo hectolitres de blé, 42 0,000 hectolitres de seigle, 170,000 hectolitres d’orge, 160,000 hectolitres d’avoine, 43o,ooo hectolitres de maïs, 1,170,000 hectolitres de pommes de terre, 35,ooo hectolitres de légumineuses, etc. ccLa vallée de l’Adige, de Bozen à Méran, ressemble à un jardin fruitier. Des massifs formidables de montagnes surplombent les versants cultivés pour fruits, et les protègent contre le Nord(1). v On récolte des figues, des oranges, des citrons, des olives, des amandes, des pêches; la production annuelle de châtaignes atteint 12,000 quintaux. L’exportation des fruits frais ou conservés s’élève à sept millions de florins. Les vignobles sont encore indemnes; mais étant donnée la marche du phylloxéra, il est à craindre qu’ils ne le restent plus longtemps. Parmi les vins, certains vematscher rouges ont été parfois recherchés par les négociants français. On ne compte pas moins de 60,000 ruches; dans le Sud, on s’adonne à la sériciculture.
- L’élevage constitue une source importante de revenus ; on exporte du bétail et du fromage. Gomme en Dalmatie, les ânes et les mulets sont renommés; leur nombre est de 6,000 environ. Ilya i5,ooo chevaux, 600,000 bêtes à cornes, 200,000 moutons, 100,000 chèvres, 60,000 porcs, cfDurant l’été, les Tyroliens conduisent d’Alpe en Alpe leurs troupeaux, jusqu’à 6 et 7,000 pieds d’altitude. Parfois, les chalets qu’ils habitent, et ou ils fabriquent leurs fromages, sont bâtis sur une pente si raide, qu’il faut les entourer d’une chaîne et les fixer à un arbre ou une pointe de rocher. r>
- Les bois, composés surtout de conifères, s’étendent sur plus de 1,1 00,000 hectares.
- ccLe bûcheron (holzhacker) du Tyrol est un type tout à fait particulier et les dangers de toutes sortes auxquels l’expose son métier, sans parler du rude climat alpin, exigent une constitution de fer, une tête sûre et un tempérament robuste. De mars à novembre, il vit sur la
- (n Comte II. d’Altems.
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- pente d’une montagne, souvent dans le voisinage de vastes champs de neige, donnant à une altitude supérieure à i,3oo mètres au-dessus du niveau de la mer. Son habitation n’est autre qu’une cabane dont les murs et le toit sont faits de l’écorce mince et poreuse du pin, et, cependant, on ne trouverait pas d’homme plus gai et plus satisfait de son sort. . . L’insouciante audace, qui forme un des traits saillants de son caractère, lui fait dédaigner les précautions les plus élémentaires; on ne peut voyager dans le Tyrol sans être frappé du grand nombre d’images peintes et de tablettes votives qui bordent les routes et les sentiers ; neuf fois sur dix, elles rappellent la mort violente d’un bûcheron ou quelque autre accident fatal. Ces accidents sont dus très souvent à ce que le bûcheron fait tomber, une seconde trop tôt, l’arbre coupé ou à ce qu’il.laisse dévier sa hache acérée du tronc durci par la gelée. Le flottage des bois est, en outre, la source de bien des accidents : on fait descendre à la rivière, en mai ou au commencement de juin, le bois abattu au cours du printemps ou de l’automne, dans les importantes vallées forestières. Le gouvernement a facilité le llottage parla construction d’énormes barrières en bois très solides, érigées à l’extrémité supérieure de la vallée descendante, en travers du torrent. Au-dessus de la barrière, s’ouvre un profond réservoir ou l’on accumule de grandes quantités de bois, dépassant de beaucoup le niveau de l’eau ; quand ce bassin artificiel est rempli de bois et d’eau, on ouvre les portes massives de la barrière; alors, avec un bruit terrible, qui fait trembler le sol aux environs, l’eau et les énormes blocs de bois se précipitent vers leur destination, à A ou B lieues plus bas, près du confluent du torrent et d’une rivière plus grande, où l’on rassemble le bois pour en faire de grandes piles. Si le torrent parcourt des gorges étroites, des défilés resserrés entre des murailles rocheuses, le llottage du bois présente de grandes difficultés. Là, les blocs sont exposés à s’enchevêtrer les uns dans les autres; en quelques minutes, tout le train de bois peut s’accumuler en une masse stationnaire, pardessus laquelle se précipite l’eau dévastatrice. Alors il faut faire descendre au moyen de cordes, jusqu’au fond de l’abîme, les hommes, armés de scies et de longs pieux, munis à leur extrémité de crocheLs de fer; ils s'efforcent de mettre la masse en mouvement, soit en sciant
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- ie bloc qui a produit l’arrêt du train, ou bien, si ce moyen ne réussit point, en attaquant les blocs l’un après l’autre, ce qui donne souvent un travail incessant de plusieurs mois. Ce métier est plein de dangers : si la masse recommence à se mouvoir avant que les hommes, debout sur les blocs, y soient préparés et aient regagné leur corde, ils sont inévitablement broyés entre les pièces de bois et les rochers. On a vu des troupes entières de douze a quinze hommes périr de cette façon. Même ou le torrent couvre une grande surface, ça et la de grands quartiers de rochers ont roulé du haut des montagnes, et il arrive que les trains de bois sont arrêtés au passage; ou bien, si les rives sont basses, un grand bloc ira s’y échouer, poussé par la force inconsciente de ses voisins: alors, les hommes doivent stationner dans l’eau glaciale jusqu’à la ceinture et repousser les blocs l’un après l’autre dans la rivière turbulente; la moindre distraction imprévoyante entraîne des suites fatales O. a
- VoitAiiLBEiiG. — Le Vorarlberg est joint administrativement au Tyrol. 11 atteint une assez grande altitude. Le sol y est argileux: et marneux.
- Fig. 189.— En Vorarlberg (commune de Dornbirn).
- La température varie peu; les gelées sont assez fréquentes au printemps et en automne. Prenons, comme exemple des cultures domi-(lj J. Leclercij, d’après Grobmauii.
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- nantes, une propriété de 25 hectares : 10 sont en prés; 11, en pâturages alpestres, et le reste, en forêts. Sur ce pâturage, on entretient en hiver 17 vaches et en été i3. Cette propriété donne annuellement
- Fig. 190. — E11 Vorarlberg (commune de Egg).
- i,s5o florins de recettes; 788 proviennent de la vente directe du bétail et de ses produits.
- Carintihe. — Justement célèbre pour ses beautés alpestres, la Carinthie a un sol pauvre, dont 9 p. 100 sont improductifs. La chaîne des Tauern forme un rideau qui adoucit la rudesse du climat. Près de 50 p. 100 du territoire sont couverts de forêts. La culture fruitière, celle des pommes notamment, donne lieu à une exportation annuelle de 800 wagons de 100 quintaux. On fabrique des vins de fruits; la production atteint, en certaines années, jusqu’à 1 50,000 hectolitres, et celle de l’eau-de-vie, 2,000 hectolitres. Le bétail est généralement la principale source de revenu des exploitations moyennes. Il y a 260,000 bœufs, 170,000 moutons, 100,000 porcs. Des stations d'élevage ont été établies chez des particuliers et mettent à la disposition des acheteurs des reproducteurs de pure race Simmenthal.
- Carniole. — Une grande partie de la Carniole est couverte de bois qui donnent lieu à une forte exportation; une autre partie importante
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- du pays est inculte. Dans la moitié cultivée, c’est la culture fruitière qui domine. Il n’y a pas moins de 2 millions et demi d’arbres fruitiers à pépins en plein rapport et de 3 millions et demi d’arbres fruitiers à
- Fig. 191. — En Carniolc (à Vizmarje).
- noyau. La production annuelle atteint jusqu’à i5o,ooo quintaux de fruits à pépins, 80,000 quintaux de fruits à noyau et 10,000 quintaux de fruits à coque. La superficie du vignoble est de 1 i,63o hectares, mais 91 p. 100 sont phylloxérés. Dans les champs, ce sont les céréales et les pommes de terre qui dominent. Il y a peu de bétail.
- Goritz. — Goritz est un pays essentiellement fruitier et dont les cerises occupent sur le marché continental la première place. La figue et l’olive y réussissent fort bien. La poire d’hiver, la pêche et la prune y sont savoureuses. H y a des sécheries bien installées et où l’on envoie les fruits des régions voisines. Le vin a généralement un agréable goût sucré.
- Trieste. —Très fertile, avec une végétation méridionale, le petit territoire de Trieste est une sorte de terrasse s’abaissant vers la mer. Sauf quand soufflent le sirocco ou la bora(1), le climat est d’une grande
- (1) Vent d’hiver du nord-nord-est.
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- IMPOSITION DK 100 0. — A GIUC U LT U II K.
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- douceur. La propriété est morcelée. Les vignes couvrent une surface de 1,2/14 hectares. Voici comment M. IL Saint-Uené-Taillandier décrit un vignoble de celte région : rcLes anciens filariou treilles supportées par des arbres, avec cultures intercalaires, ont fait place à des vignes plantées régulièrement en lignes, pour permettre les labours à la charrue. On a adopté la taille à longs bois sur trois rangs de fils de 1er. La plus grande partie des ceps sont francs de pied; mais, bien que le territoire soit encore indemne de phylloxéra, on a commencé à employer les porte-greffes américains : jacquez, solonis, riparia, rupestris du Lot, aramon X, rupestris Ganzin n° 1. Les cépages greffons sont pour les vins blancs : le riesling du Rhin, le welsehries-ling, le sylvaner, le traminer, le pinot blanc, le pinot gris, le sauvi-gnon blanc, le mosellc, le verdoz, le civadin et le ribolla; pour les vins rouges : le cabernet, le pinot noir, le Idanfrankisch, l’alicante, le refosco, le carnivo et Luvagatta. Le titre alcoolique des vins de cette région oscille entre 8 et 1.2 degrés d’alcool. Ils trouvent un écoulement facile dans toute l’Autriche et spécialement à Vienne, à des prix qui varient entre 28 et 80 francs l’hectolitre, suivant les années et les qualités, w
- Les vignes étaient autrefois très productives, mais le phylloxéra en a atteint plus de la moitié, et la production annuelle a diminué de 75 p. 100. Pour combattre le fléau, on a recours aux plants greffés de vignes américaines; la Société agraire de Trieste en a obtenu du gouvernement et les distribue aux viticulteurs pauvres.
- Tstiue. — L’Istrie a un climat chaud et sec, mais la bora cause parfois des dégâts. En outre, dans les parties supérieures, le manque d’eau se fait sentir. Gomme le reste du littoral, l’istric est, par excellence, un pays de petite propriété, mais où l’on obtient les meilleurs rendements de tout l’Empire. Dans une des monographies précitées nous trouvons l’exemple d’une propriété de 3 hecl. 2b, qui donne 2,175 florins de recettes, soit un produit brut de 700 florins à l’hectare; les vignes en occupent la plus grande.partie; entre les rangées, il y a des planches de pois, de fèves, de tomates, etc. Fruits et légumes sont du reste dans les principales productions du pays, et les champs
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- sont hordes de cerisiers, d’abricotiers, de pêchers, de pommiers. Ou fait beaucoup d’huile. Les vignes occupent 43,736 hectares, dont i 8,485 sont phylloxérés; i3,ooo l’étaient, déjà, en i8q5. crCertains vins, écrit M. Paul Le Sourd, provenant de cépages qui ont quelque ressemblance avec notre pinot bourguignon, sont assez remarquables. Us ont du feu et de l’agrément, n L’apiculture est prospère. Il y a d’excellents bois pour les constructions navales, bois qui trouvent leur utilisation dans les chantiers de Lessin, qui sont juslement situés sur la côte du Margraviat.
- Dalmatie. — La Dalmatie est une longue bande coupée par les enclaves de l’Herzégovine et à laquelle sont rattachées une cinquantaine d’iles, dont certaines assez importantes et qui, cri général, ont à peu
- Fi'j. u)!î. — En Dulmalic (commune de Sinj).
- près le même caractère que le littoral. Quelques-unes, comme Arbé, ont une végétation particulièrement riche. La Dalmatie est, de tous les pays de l’Empire austro-hongrois, celui où le climat est le plus doux; en hiver, il est très rare que la température s’abaisse a zéro, et en été, la brise marine tempère la chaleur. Les paysans sont remarquables par leur sobriété. La végétation est variée, mais contrariée par le manque d’eau. L’absence de forêts se fait également sentir; les
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- AGRICULTURE.
- quelques maigres bois que l’on trouve clans le pays ne couvrent, en effet, ([lie 5 p. îoo de la superficie totale. rcLes bois d’oliviers, les myrlhes, les agaves, les citronniers font, de cette région, un paradis méridional. Sur les hauteurs, nous trouvons, à côté des forêts de hêtres, des champs ensemencés, des plaines vertes et, ça et là, de modestes vergers*15. » Les prairies s’étendent sur A 7 p. îoo, aussi la production animale atteint-elle 800,000 moutons et 200,000 chèvres. Les vignobles occupent 6.5 p. 100, et les vergers k p. 100; l’huile et les fruits — notamment les cerises qui servent à la fabrication du marasquin — sont au nombre des principaux produits du pays. Parmi les cultures de la région, il faut citer le chrysanthème de Dalmatie ou pyrèthre, dont les fleurs servent à fabriquer la poudre insecticide <pie chacun connaît. Un hectare compte en moyenne 11 1,100 plants, produisant 2,000 kilogrammes de fleurs sèches, valant ensemble 1,200 florins. Il y a environ 1,780 hectares plantés en chrysanthèmes. La production agricole des îles est de bonne qualité.
- L’ile Selve produit d’excellent raisin précoce qui paraît s'ur les marchés continentaux dès la mi-juillet. crLa Dalmatie, écrit M. P. Le Sourd, occupe le premier rang parmi les pays vinicoles de l’Autriche; les vins dalmates sont utilisés par notre commerce, qui les emploie avec succès dans certains coupages. La surface totale du vignoble serait de 77.799 hectares, et la partie envahie par le phylleoxra de 1 3.q 1 5. Les vignobles détruits auraient été reconstitués sur toute leür étendue à l’aide de cépages américains provenant de la station agricole de Novoglia. L’oïdium et le peronospora ont apparu dans le pays en 1898, ils y sont énergiquement combattus; néanmoins, le peronospora a pris un certain développement.»
- C. INSTITUTIONS.
- REPRÉSENTATION PROFESSIONNEEEE DES AGRICULTEURS. — CREDIT AGRICOLE COOPERATIF. — SOCIÉTÉS COOPÉRATIVES DIVERSES. — CAVES DU TYROE. — ENSEIGNEMENT AGRICOLE ET FORESTIER; PRINCIPAUX ÉTABLISSEMENTS; CARACTÉRISTIQUES DE L’ENSEIGNEMENT AUTRICHIEN.
- Représentation professionnelle des agriculteurs. — Ne s’en tenant pas, en Autriche, aux Sociétés d’agriculture et aux Comices agricoles,
- (1) Comte H. d’Atteins.
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- Ali TRICHE.
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- on a cherché à établir une réelle représentation professionnelle des agriculteurs; c’est dans cet esprit qu’en 1880 furent fondés les Landescidlun'iillip, conseils semi-officiels qui, grâce à des lois provinciales, fonctionnenl aujourd’hui en Bohême, eu Moravie, en Haute-Autriche, en T\rol, en Dalmatie et en I s trie.
- AJ. Maurice Ertl, conseiller aulique au Ministère autrichien de l’Agriculture et, en 1900, délégué de son gouvernement au Congrès international des Sociétés agricoles, écrit à leur sujet: rcCes conseils provinciaux; sont basés sur des syndicats professionnels facultatifs de canton; ils se composent de membres élus par ces s\ndicats et de membres nommés par le gouvernement et par le comité des Etats provinciaux. Par son caractère professionnel, celle organisation est préférable à celle des Sociétés d’agriculture et constitue un progrès dans la question de la représentation. Cependant, pas plus que les sociétés et les comices, les conseils provinciaux et les s\ndicats cantonaux ne représentent d’une manière complète la profession agricole. Ce sont des assemblées facultatives; la masse de la population rurale s’en tient éloignée et le hasard a une part trop grande a leur formation. De même, le Conseil supérieur de l’agriculture, qui existe depuis 1898, n’est qu’une réunion très peu homogène de délégués des sociétés d’agriculture, des conseils provinciaux, des comices, des syndicats et de membres nommés par le gouvernement ; il ne représente pas non plus l’état des agriculteurs, n II est certain que les inconvénients qu’expose M. Ertl ont de l’importance; mais il est, d’autre part, non moins certain — et c’est là un point très important — qu’une telle organisation laisse la part belle à l’initiative individuelle.
- Quoi qu’il en soit, c’est pour remédier à l’abstentionisme trop commun chez les agriculteurs, qu’ont été proposés les Brrujsgenossensehaflen, syndicats professionnels obligatoires, dont au Congrès international de 1900, M. AI. Ertl expliquait l’économie de la façon suivante : ccSeront membres de ces syndicats : obligatoirement, tous les agriculteurs exploitant un fonds rural ou forestier comme propriétaires, usufruitiers ou locataires, et facultativement, les personnes qui s’occupent de l’enseignement agricole, de l’administration des fonds ruraux, etc. Les syndicats seront établis dans chaque commune rurale; des syndicats
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- AGRICULTURE. -- I.
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- EXPOSITION DE 1 900.
- AG I.U CULTURE.
- supérieurs, dans chaque canton;-des s\ndic-ats supérieurs encore, dans chaque province. Les syndicats auront le droit de lever des centimes additionnels, au principal de l’impôt foncier, pour leurs frais d’administration. Us présenteront au gouvernement leurs vues sur toutes les questions qui intéressent l’agriculture. Ils serviront au gouvernement d’organes auxiliaires pour toutes les mesures concernant l’agriculture et auront, par suite, des droits considérables de gouvernement personnel. Ils propageront la création des caisses rurales de crédit ; ils serviront d’intermédiaires pour l’achat collectif des matières premières et de tous produits nécessaires à l’exploitation du sol et pour la vente des produits, soit par eux-mêmes, soit par des sociétés coopératives qu’ils pourront créer dans ce but. Les s\ndicals s’efforceront d’améliorer la situation de leurs membres aussi bien dans l’ordre moral que dans l’ordre matériel. Ils contribueront à organiser l’assurance contre les maladies et les accidents et l’arbitrage du travail; ils auront une part dans la création de bourses de blé et la fixation des cours; ils surveilleront l’enseignement agricole, etc.»
- Mouvement coopkuatie. — Le crédit coopératif agricole s’est organisé en Autriche, il y a une douzaine d’années : c’est en îSqo, (pie furent fondées les premières caisses d’épargne et de prêt; dix ans après, on comptait environ 2,000 institutions du système Baiffeisen, c’est-à-dire à responsabilité illimitée. Ces caisses sont réunies en fédérations centrales de crédit, à responsabilité limitée. La Moravie, la Basse-Autriche et la Bohème, qui sont entrées, les premières, dans le mouvement coopératif de crédit, n’ont pas tardé à être suivies par les autres pays de l’Empire.
- A côté des caisses de crédit, il existe une centaine de laiteries coopératives, autant de sociétés d’achat et des coopératives pour la vente du blé (au nombre de Bo environ), des fruits, de l’avoine, du houblon, ainsi que pour l’élevage des bestiaux. Enfin, les caves coopératives du Tyrol (une vingtaine) ont non seulement aidé à maintenir les prix des vins, mais encore amélioré les procédés de fabrication; elles ont, en outre, ccréveillé le goût public pour le vin du pavs, pour le vin réel ([lie l’on n’appréciait plus à sa valeur». Les caves, encouragées par
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- AUTRICHE
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- des avances gratuites de l’Etat ou de la province, ont généralement de 20 a 60 membres; elles produisent annuellement : les plus petites, entre 3oo et 5oo hectolitres, et les plus grandes, entre 3,ooo et 1 0,000 hectolitres. «Les parts sociales, écrit M. Ertl, sont versées en proportion de la production ou des vignobles des membres. Le crédit, dont les caves coopératives ont besoin pour avancer a leurs, membres le prix de marché pour les produits, est fourni par les caisses rurales locales ou par l’union centrale de crédit, à laquelle les caves coopératives sont associées. Sont membres des caves coopératives les viticulteurs petits, mo\ens et — il faut le dire avec toute franchise — grands, car des raisons de solidarité, de mutualité, de sens commun ont déterminé les grands propriétaires du Tyrol, qui n’ont pas besoin des institutions coopératives pour la vente de leurs vins, à s’affilier quand même à ces institutions pour les encourager et les fortifier.??
- Enseignement agricole et forestier. — Plus de b,ooo élèves fréquentent, en Autriche, les établissements scolaires agricoles et forestiers qui, a la fin du xixe siècle, étaient au nombre de i 59, répartis de la manière suivante : 2 instituts supérieurs agronomiques (ayant rang d’université); 12 écoles d’agriculture de catégorie moyenne; 3 écoles forestières, également de catégorie moyenne; 2 écoles moyennes pour la viticulture, la pomoculture et l’horticulture ; 1 institut supérieur pour l’industrie de la brasserie; ho écoles primaires d’agriculture, c’est-à-dire écoles agricoles avec enseignement annuel; 67 écoles agricoles d’hiver; 7 écoles primaires forestières; i3 écoles de laiterie et d’économie domestique; 18 écoles primaires spéciales pour pomoculture, viticulture, jardinage et culture du houblon; 2 écoles de brasserie, et enfin 2 écoles de distillerie.
- L’enseignement donné dans ces divers établissements, M. le chevalier Frédéric de Zimmerauer, conseiller de section au Ministère autrichien de l’Agriculture et rédacteur en chef du Bulletin d’enseignement agricole et forestier, en définit de la façon suivante le caractère :
- «L’école doit : ou bien rendre ses élèves capables de cultiver et d’exploiter eux-mêmes une petite propriété (domaine rural), à l’exploitation de laquelle le propriétaire ou l’administraleur lui-même
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- EXPOSITION DE 1900. — AGRICULTURE.
- participe par son travail physique ; ou bien les préparer en vue du service administratif agricole et forestier, qui n’exige point la participation manuelle du propriétaire ou de l’administrateur, et n’impose à ce dernier que la direction des travaux; enfin, les études peuvent avoir pour but la plus haute perfection scientifique dans le ressort de l’agriculture et de la sylviculture, tant pour l’état pratique que pour l’enseignement spécial et les recherches scientifiques.
- rcA cette diversité dans le but de l’enseignement des différentes écoles — qui exige naturellement aussi une diversité dans les études préparatoires — se rapporte donc le classement systématique dans les trois catégories : écoles primaires, écoles secondaires, écoles supérieures.
- cfOutre ce premier principe de division fondamentale, nous en trouvons encore un second pour les écoles d’agriculture.
- crEn effet, selon que l’instruction comprend toutes les branches agricoles — en un mode proportionnel et conforme au but d’enseignement de l’école — ou qu’elle ne vise que les diverses spécialités de l’agriculture, telles que : la viticulture, la sylviculture, la pomologie, l’horticulture, la laiterie, l’économie domestique, etc., on distingue des écoles professionnelles générales et spéciales.
- ccPar suite de ces deux points de vue, l’enseignement agricole et forestier, tel qu’il existe actuellement en Autriche, comprend :
- cci° Un enseignement primaire ayant comme écoles professionnelles générales : les écoles pratiques d’agriculture, d’arboriculture et de sylviculture, et les cours agricoles d’hiver; comme établissements spéciaux : les écoles d’horticulture, d’arboriculture, de viticulture, de culture du houblon, de laiterie, d’économie domestique eDde brasserie ;
- 2° Un enseignement secondaire ayant comme établissements généraux : les écoles agricoles dites supérieures et les écoles moyennes agricoles et forestières; comme établissements spéciaux : un institut œnologique et pomologique ; une école supérieure de pomologie et d’horticulture, et une école supérieure de brasserie ;
- 3° Un enseignement supérieur, représenté par l’Institut agronomique à Vienne, ayant le rang d’université, avec trois directions
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- LEGENDE
- Ecole supérieupe , au degpé de I' Université.
- Ecole supérieure ou moyenne.
- Ecole pendant toute l'année.
- Ecole d'hiver.
- Ecoles d’agriculture.
- Ecoles de sylviculture.
- Ecoles d’œnologie et de pomologie, d’horticulture ou pour la culture du lin ou du houblon.
- Ecoles de laiterie etde ménage pour les filles.
- Ecoles de brasserie etde distillerie.
- 1900.
- Fig. 193__Enseignement agricole et forestier en Autriche.
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- AUTRICHE.
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- d’études : l’agriculture, la sylviculture et le génie rural — et par la section d’agriculture annexée à l’université de Cracovie;
- cr L’enseignement agricole primaire exige comme instruction préparatoire les études faites à une école populaire.
- ccPour renseignement agricole secondaire, sont de rigueur des études préparatoires à une école moyenne (à un lycée ou à un collège professionnel), ou tout au moins des études suivies à une école communale.
- te L’enseignement supérieur exige, comme examen de maturité, le diplôme de bachelier acquis à une école moyenne.
- rcCes trois catégories principales d’établissements ne marquent pas encore toute l’étendue de l’enseignement agricole en Autriche; il est, en outre, spécialement représenté par des chaires ou des cours d’agriculture, et partiellement aussi de sylviculture, auprès de toutes les académies impériales et royales polytechniques, ainsi que par une instruction agricole obligatoire, aux écoles normales; enfin par les cours nommés cours agricoles d’adultes, joints aux écoles populaires, et créés spécialement pour l’instruction agricole de la population rurale.
- rr Gomme complément à toutes ces différentes formes d’enseignement agricole et forestier, il faut encore considérer l’instruction donnée par des professeurs nomades si bien appropriée aux besoins de la population, ainsi que de nombreux cours spéciaux d’agriculture et de sylviculture.
- crDans notre système d’institutions pour l’enseignement agricole et forestier se trouve un principe de grande importance, — souvent inaperçu, — à savoir que chacune des trois catégories principales donne à ses élèves, avec l’instruction professionnelle, un ensemble de connaissances tout à fait complet, et, qu’en conséquence, l’enseignement de la catégorie primaire ne peut pas être considéré comme préparatoire pour les catégories plus élevées, chose déjà exclue par ce fait que chacune de ces catégories a ses résultats bien fixés et que chacune exige des études préparatoires spéciales.»
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- TA 15 LE
- DES CARTES. DIAGRAMMES ET FIGURES.
- Figures. Pages.
- 1. Diagramme de l’exportation du froment (Russie et États-Unis)....................... 3ç)
- 2. Carte des principaux sols de la région des terres noires (Russie)........................... Go
- 3. Carte des sols delà Russie d’Europe......................................................... 64
- 4. Carte de la répartition du soi (Russie)........................................... 7<3
- 5. Carte des régions de culture de l’Empire russe.............................................. 80
- 6. Carte des terres labourées (Russie)........................................................ 110
- 7. Carte de la culture du seigle (Russie)........................................ 113
- 8. Carte de la culture de l’avoine (Russie)...................................... 115
- 1). Carte de la culture du froment (Russie)....................................... 117
- 1 0. Carte de la culture de l’orge (Russie)....................................... 119
- 11. Carte de la culture des pommes de terre (Russie)............................. 129
- 12. Lin de Riga............................................................................. i3o
- 13. Brome non épineux................................................................ 131
- 14. Moha de Hongrie................................................................... 131
- 15. Carte de l’effectif du bétail proportionnellement au nombre d’habitants (Russie). ... i38'
- 16. Carte de l’effectif du bétail proportionnellement à la quantité de terre fertile (Russie). 14o
- 17. Dans les steppes du Sud : bétail de l’Ukraine............................................. i4a
- 18. Carte de l’elfectif des moutons (Russie).................................................. i46
- 19. Carte de l’effectif des chevaux (Russie).................................................. i5o
- 20. Vclcr-Bouiny, étalon Orloff............................................................... i5i
- 21. Carte des forêts (Russie)................................................................. 1G8
- 22. Alevin d’esturgeon....................................................................... 173
- 23. Jeune esturgeon........................................................................... 173
- 24. Carte de la culture des céréales (Finlande)............................................... 181
- 25. Diagramme de l’exportation du beurre (Finlande)........................................... 188
- 26. Carte indiquant la situation des établissements d’enseignement agricole, laitier et
- forestier (Finlande)................................................................... ip3
- 27. Serre et vases de cultu re de la Station d’expériences agricoles de Magyar-Ovar ( Hongrie). 2 4 2
- 28. Granges-séchoirs de tabac, systèmes allemand et hollandais............................... 9.45
- 29. Granges-séchoirs de tabac, système hongrois............................................... 245
- 30. Séchoirs de tabac, système macédonien..................................................... 247
- 3 I. Partie du champ d’expériences de la station de physiologie et de pathologie végétales (Hongrie)......................................................................... o.kq
- 32. Carte indiquant la situation des établissements d’enseignement agricole, vétérinaire
- et forestier et des stations agronomiques (Hongrie)........................... 2.02
- 33. Carie politique de la Bosnie et de l’Herzégovine.......................................... 257
- 34. Paysans de Bosnie rôtissant des chèvres et des moutons.................................... 258
- 35. Carte du sol (Bosnie-Herzégovine)........................................................ 9.59
- 36. Graphique des diverses catégories de paysans en Bosnie-Herzégovine........................ 260
- 37. Paysanne de Bosnie........................................................................ 261
- 38. Carte de la culture des céréales (Bosnie-Herzégovine).................................... af>3
- 39. Diagramme indiquant la production agricole (Bosnie-IIerzagovine).......................... a64
- 40. Diagramme indiquant la production des fruits à noyau (Bosnie-Herzégovine)........ 264
- 41. Diagramme indiquant la production des céréales (Bosnie-Herzégovine).............. 265
- 42. Diagramme indiquant la production des fruits non à noyau (Bosnie-Herzégovine). . 266
- 43. Veaux bosniaques.......................................................................... 966
- 44. Graphique de l’effectif du bétail (Bosnie-Herzégovine).................................... 967
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- EXPOSITION DE 1 900.
- AGRICULTURE.
- 7AA
- A5. Carte de l'arboriculture et de la viticulture bosniaques.......................
- AG. Concours de bovidés à Sarajevo.................................................
- A7. Chariot de paysans bosniaques..................................................
- A8. Charrue du type bosniaque......................................................
- A9. Chariot et paysans (Roumanie)..................................................
- 50. Ecole modèle de Rushteni.....................................................
- 51. Graphique indiquant le contenu des froments roumains en gluten humide et en ma-
- tière azotée..............................................................
- 52. Graphique indiquant les résultats de l’analyse chimique des Lies roumains....
- 53. Chemin de fer forestier......................................................
- 5A. Coupe d’un puits prolongé par un tubage........................................
- 55. Coupe d’un puits lubé pourvu d’une pompe élévatoire..........................
- 56. Principe d’un système d’élévation de l’eau par l’air comprimé................
- 57. Etalon syrien.................... ...........................................
- 58. Eponge de Syrie (Levantine)..................................................
- 59. Eponge fine dure dite Zimmoca................................................
- 60. Eponge Kerkennali............................................................
- 61. Eponge de Venise.............................................................
- 62. Eponge Zarzis................................................................
- 63. Eponge dite Oreille d'éléphant...............................................
- 6A. Kamaki grec....................................................................
- 65. Carte de la distribution de la population en Scandinavie.....................
- 66. Paysanne de l’île de Fanoe...................................................
- 67. Paysans de l’ilc d’Anhall....................................................
- 68. Carie indiquant la situation des sociétés d’élevage du bétail subventionnées par
- l’Etat (Danemark) ........................................................
- 69. Carte indiquant la situation des laiteries (Danemark)........................
- 70. Carte indiquant la situation des sociétés ayant pour but le contrôle de la quantité de
- lait et de beurre donnée par chaque vache (Danemark)......................
- 71. Carte indiquant la situation des stations agronomiques (Danemark)............
- 72. Plantation dans les landes jullandaises......................................
- 73. Carte indiquant la division en gouvernements (Suède).........................
- 7A. Carte indiquant la densité île la population dans les campagnes (Suède)........
- 75. Carte indiquant la mortalité (Suède).........................................
- 76. Carte indiquant l’étendue des cultures (Suède)...............................
- 77. Graphiques de la récolte annuelle des céréales (Suède).......................
- 78. Graphiques de la récolte proportionnelle des quatre céréales principales (Suède). . .
- 79. Graphiques des moyennes annuelles de la récolte des pommes de terre (Suède). . . .
- 80. Carte de l'effectif dos chevaux proportionnellement au nombre d’habitants (Suède). .
- 81. Carte de l’effectif des vaches proportionnellement au nombre d’habitants (Suède). . .
- 82. Diagramme de l’exportation du beurre (Suède).................................
- 83. Graphiques de la consommation annuelle, par habitant, de froment et de seigle
- (Suède)....................................................................
- 8A. Graphiques de la consommation annuelle de l’eau-de-vie par habitant (Suède)....
- 85. Graphiques de la consommation de l’alcool par habitant dans un certain nombre de
- pays d’Europe..............................................................
- 86. Graphiques de l’étendue des forets proportionnellement à la population en Suède, en
- France et aux lies Britanniques............................................
- 87. Carte des forêts indiquant la situation des scieries (Suède)...................
- 88. Graphiques indiquant les pays exportateurs de bois non ouvrés..................
- 89. Graphique de l’exportation des bois non ouvrés, de la Suède....................
- 90. Cheval des fjords..............................................................
- 91. Cheval du Gudbrandsdalcu.......................................................
- 368
- 269
- 271
- 271
- 27A
- 277
- 280
- 281 283
- 307
- 308
- 309 3i A
- 315
- 316
- 316
- 317
- 317
- 318
- 325
- 326
- 330
- 331
- 338
- 3Ai
- 356 367 36() 381 383 385 387
- 389
- 390 395
- 3 9 9
- A01
- Ao5
- A 2 5 A 37
- A 27
- A29 A3i AA2 A A3 A53 A53
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-
- TABLE DES CARTES, DIAGRAMMES ET FIGURES. 745
- 92. Taureau du Telemarkeu........................................................ 454
- 93. Vache du Telcmarken.......................................................... 454
- 94. Tronpeau de rennes........................................................... 4 5G
- 95. Soeter....................................................................... 457
- 96. Stabbur...................................................................... 458
- 97. Carte des forêts d’arbres conifères (Norvège)................................ 461
- 98. Vue d’une forêt.............................................................. 463
- 99. Flottage sur un affluent du Giommen.......................................... 466
- 100. Station de pêche en Lofoten................................................. 470
- 101. Vue d’un fjord pendant la pêche du skrei.................................... 471
- 102. Pêche de la haleine......................................................... 474
- 103. Séchage du kliplisk......................................................... 477
- 104. Flying Fox, pur sang anglais................................................ 495
- 105. Hunier primé au concours de Limerick........................................ 497
- 106. Hedon-Squirc, étalon hackney................................................ 498
- 107. Windsor, étalon hackney..................................................... 499
- 108. Vatican, taureau Durham..................................................... 5oo
- 109. Vache d’Ayrshire............................................................ 5oi
- 110. Tête de mouton Schropsliire................................................. 5o3
- 111. Tête de bélier Schropsliire................................................. 5o4
- 112. Graphique de la production et de l’importation du blé et de la viande dans le
- Royaume-Uni.............................................................. 5o6
- 113. Diagramme du cours des céréales anglais..................................... 5oq
- 114. Diagramme du cours de la viande provenant de l’élevage anglais.............. 509
- 115. Diagramme de la baisse des cours (Angleterre)................................... 5io
- 116. Diagramme des prix du blé et de l’avoine en Angleterre et en France......... 510
- 117. Diagramme des prix de la viande de bœuf à Paris et à Londres................ 511
- 118. Diagramme des prix de la viande de mouton à Paris et à Londres.............. 511
- 119. Carte des importations de beurre et de margarine (Grande-Bretagne).......... 514
- 120. Carte indiquant la situation des laiteries coopératives (Irlande)........... 529.
- 121. Chiens de Rolshire (fox-hunds).............................................. 59.6
- 122. Pêcheur ferrant un saumon................................................... 5a8
- 123. 124,125, 126. Culture artificielle de l’huître à Talvern-Reach-Riviere Fal.. 53o
- 127, 128,129,130. Culture artificielle de l’huître à Saint-Mawes-Cock.............. 531
- 131. Moulin à vent................................................................... 568
- 132. Laitière flamande............................................................... 570
- 133. Dans la forêt de Soignes.................................................... 671
- 134. Ancienne ferme flamande......................................................... 673
- 135. Petite culture dans la Flandre orientale........................................ 573
- 136. Spirou, étalon ardennais ....................................................... 583
- 137. Carte indiquant la situation des laiteries coopératives des sociétés mutualistes et des
- institutions de crédit agricole (Belgique)................................... 584
- 138. Vue d’ensemble des installations d’une laiterie coopérative..................... 587
- 139. Pesée du lait et prise des échantillons à l’école des contremaîtres laitiers à Norsbeke. 599
- 140. Carte indiquant la situation des établissements d’enseignement agricole et vétérinaire
- (Belgique)................................................................... 600
- 141. Carte indiquant la situation des laiteries coopératives, des associations locales agri-
- coles, des associations locales autorisées (grand-duché de Luxembourg)... 608
- 142. Graphique de la progression des associations syndicales autorisées (grand-duché de
- Luxembourg). . .............................................................. 609
- 143. Graphique de la progression des associations locales autorisées (grand-duché de
- Luxembourg).................................................................. 610
- 144. Graphique de la progression des hangars (grand-duché de Luxembourg)......... 6n
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- I 45. Graphique de la progression de la valeur totale des engrais employés (grand-duché
- de Luxembourg)............................................................. h 19
- J 46. Graphique de la progression de la valeur totale des ustensiles en usage (grand-
- duché de Luxembourg;)...................................................... (h 3
- 147. Graphique de la progression des laiteries coopératives (grand-duché de Luxembourg). 01 4
- 148. 149. Rendements en loin sur sol irrigué et sur sol non irrigué............... 627
- 150. Carte géométrique indiquant la répartition des chevaux en Allemagne........................ 608
- 151. Carte géométrique indiquant la répartition des bêles à cornes en Allemagne... 63q
- 152. Carte géométrique indiquant la répartition des moulons en Allemagne.......... 641
- 153. Carte géométrique indiquant la répartition des porcs on Allemagne.......................... 64a
- 154. Jument du Scbleswig suilée de son poulain.................................... 644
- 155. Taureau de Pinzgau......................................................................... 646
- 156. \ aclic de Pinzgau......................................................................... 646
- 157. Ilétail tacheté <lu haut-duché de Rade....................................... 647
- 158. Moulons croisés de Wurtemberg................................................ 64q
- 150. Porc de la race de Hanovre-Rrunswick........................................... 65o
- 160. Truie de la race de Hanovre-Rrunswick............................«........... 65o
- 161. Porcelets de la race de Hanovre-Rrunswick.................................... 65 t
- 162. Canards de Pékin (d’une basse-cour près de Rerlin)........................... 65a
- 163. Carte indiquant la situation des établissements d’enseignement .agricole et stations
- agronomiques (Allemagne)................................................... 668
- 164. Exploitation forestière à Garlovv............................................ 670
- 165. Idem..................................................... ................... 671
- 166. Engraissement des oies en Alsace............................................. 676
- 167. Graphiques indiquant la superficie territoriale de la Suisse et la densité de la popu-
- lation par cantons....................................................................... 680
- 168. Graphiques indiquant la répartition professionnelle de la population (Suisse )............. 682
- 160. Maison de ferme fribourgeoise.................................................. 684
- 170. Maison de ferme à Graswyl.................................................................. 686
- 171. Changement de pâturage..................................................................... 688
- 172. Taureau de la race de Schwiz............................................. 699.
- 173. Taureau de la race de Simmenthal.......................................... 6y3
- 1 7 4. Gb èv res de Toggenburg...................................................... 6 9 5
- 175. La descente du bois dans les Alpes bernoises............................................... 7o3
- 176. Modèle de charrue de 1837.................................................................. 706
- 177. Harpes avec cocons pour l’éclosion des papillons........................................... 71a
- 178. Isolement des couples de papillons dans des sacs de tulle................ 713
- 170. Examen au mici’oscopc des couples de papillons................;................ 713
- 180. Graphique indiquant la répartition de la grande culture dans les Etats autrichiens. 714
- 181. Graphique indiquant la répartition de la petite culture dans les Etats autrichiens.. . 71b
- 182. Tenailles utilisées pour la pêche des éponges dans l’Adriatique............................ 718
- 183. Pergolaise avec des zipoli en terre cuite et des huîtres de huit mois...................... 720
- 184. EnRukovine (à Rumi'miscli-Alt-Eratautz).................................................... 722
- 185. En Rohême (à Niederberzdorf)............................................................... 724
- 186. En Rohême (commune de Slatiny)............................................... 725
- 187. En Haute-Autriche (commune d’Ansfelden)...................................... . 726
- 188. En Salzbourg (commune de Niedernsill)...................................................... 728
- 180. En Vorarlberg (commune de Dornbirn)............................................ 731
- 190. En Vorarlberg (commune de Egg)............................................................. 73a
- 191. En Carniole (à Vizmarje)................................................................. 733
- 192. En Dalmatie (commune de Sinj).............................................................. 735
- 103. Carte indiquant la situation des établissements agricoles et forestiers en Autriche.. . 740
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- TABLE DES MATIÈRES
- mi TOME PREMIER.
- Avant-propos
- Pajjes.
- V
- LIVRE PREMIER.
- LA PRODUCTION AGRICOLE DANS LE AI ON DE.
- Chapitre premier. — Considérations générales ............................................. 1
- Superficie et population du globe. - Répartition des terres et de la population entre les six parties du inonde. - Commerce spécial des différentes parties du monde. -Participation des pays étrangers à l’Exposition de 1900.
- Chapitre II. — Statistique agricole comparée.............................................. 8
- Fertilité des divers terriloircs. - Richesse agricole des populations qui les cultivent.
- - IN ombre des animaux de ferme clans les divers pays. - Examen des dernières récoltes. - Pays pour lesquels il n’existe pas de statistique agricole. - Production totale du froment dans le monde.
- Chapitre III. — Production et consommation des céréales dans le monde..................... 18
- A. Développement clés moyens de transport............................................ 18
- Influence du développement des moyens de transport sur l'alimentation. - Chemins de fer. - Marine marchande.
- 11. Commerce des céréales............................................................ a5
- Historique du commerce des céréales. - Son importance. - Consommation annuelle du seigle et du blé.
- C. Ensemble de la production des céréales........................................... 2 G
- Etendue des surfaces cultivées en céréales. - Récolte des céréales alimentaires dans le monde. - Récolte par tète d’habitant du froment, du seigle, de l’orge, de l’avoine et du maïs dans les trente-trois pays producteurs.
- D. Production et consommation du blé dans le monde................................. 114
- Production du blé dans la période quadriennale 1893-1895. - Consommation du blé en Europe. - Pays d’Europe importateurs. - Pays exportateurs. - Répartition de la production et de la consommation du blc en Europe. - Quantité moyenne de froment que l’Europe doit importer annuellement. - Répartition des importations.
- Chapitre IV. — La production agricole en Europe........................................... AG
- Cultures des deux zones de l’Europe. - Consommation du blé et du seigle en Europe. - Rendement des céréales.
- Chapitre V. — Les korkts.................................................................. 55
- Surfaces boisées. - Taux de boisement. - Surconsommation. - Pays importateurs et pays exportateurs. - Gravité de la situation : ses causes; mesures à prendre.
- LIVRE II.
- EUROPE ORIENTALE.
- (Russie, Hongrie, Bosnie-Herzégovine, Roumanie, Bulgarie, Serbie, Turquie, Grèce.)
- Chapitre Vf.— Russie.................................................................... 59
- A. Considérations générales........................................................ 59
- Superficie, configuration, climatologie et population de la Russie. - Les sols de la Russie d’Europe. - Propriété foncière. - Répartition du sol. - Régions de culture. -Importations et exportations. - Développement de l’agriculture. - Situation du paysan.
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- 7/i8 EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- Chapitre Vf. —Russie. (Suite.)
- B. Agriculture.........................................................................
- Importance de l’agriculture en Russie. - Méthodes de culture. - lléparlition des cultures. - Récoltes. - Rendements des céréales. - Seigle. - Avoine. — Blé. — Orge. -Analyse de froment russe. - Commerce des céréales. - Cultures diverses.
- C. Viticulture et vin..................................................................
- Zone de culture. - Etendue du vignoble. - Rondement. - Maladies de la vigne. -Procédés de culture et de vinification. — Vignobles divers. - Raisins secs. - Les principaux vins russes. - Importation de vins.
- D. Elevage............................................................................
- Effectif considérable du bétail. - Amélioration du bétail à cornes. - Industrie laitière. - Mouton. - Porc. - Importance de l’élevage chevalin. - Races diverses de chevaux. — Le trotteur russe. — Haras. — Encouragements donnés à l’élevage. — Aviculture; exportation à laquelle les volailles donnent lieu. - Apiculture et sériciculture. - Service vétérinaire : son organisation et son extension; bons résultats qu’il a donnés. -Police sanitaire. - Maladies du bétail.
- E. Industrie sucrière, alcool.........................................................
- Industrie sucrière : son historique; son état actuel. — Commerce des sucres. -Mélasses. - Alcool. - Bière. - Hydromel.
- F. Forêts.............................................................................
- Superficie. - Importation et exportation. — Principales essences. - Forets domaniales. — Forêts privées. - Sylviculture; boisement des steppes.
- G. Pêche et citasse...................................................................
- Importance de la pêche en Russie. - Consommation du poisson. - Régions de pêche.
- - Accroissement du nombre de pêcheries. - Différentes espèces pêchées. - Modes de préparation du poisson. - Pisciculture. - Chasse.
- II. Finlande...........................................................................
- Superficie. - Climat. - Sol. - Population agricole. - Répartition de la propriété. -Répartition des cultures et importance des récoltes. - Méthodes de culture : cultures par le feu; jachères; mise en culture des marais; cultures rationnelles. - Céréales. -Racines. - Prairies. - Importance du bétail. - Bêtes à cornes. - Chevaux. - Industrie laitière. - Fonctionnaires agricoles. - Sociétés d’encouragement. - Stations d’étalons.
- - Courses de chevaux. - Subventions de l’Etat. - Crédit agricole. - Enseignement agricole. - Forêts. - Pêche : pêche en mer; pêche en eau douce; exportation du poisson. - Méthodes de pisciculture. - La Société de pêcheries de Finlande.
- I. Sibérie.............................................................................
- La Sibérie cultivable. - Mode de culture.,- Céréales : production; cours moyens; transport. - Bétail. - Industrie laitière : son accroissement; exportation; transport. -line concurrence à l’horizon.
- J. Caucase.............................................................................
- Superficie. - Population. - Sol. - Climat. - Blé. - Autres céréales. - Cultures diverses. - Culture potagère. - Culture fruitière. - Viticulture. - Sériciculture. - Apiculture. — Élevage. - Industrie laitière. - Forêts. - Cueillettes. - Pêches.
- K. Turkestan..........................................................................
- Superficie. - Population. - Climat. - Terres cultivables. - Méthodes de culture. -Production agricole. - Céréales. - Luzerne. - Pommes de terre. - Culture maraîchère.
- - Culture fruitière. - Plantes oléagineuses. - Coton. - Sériciculture. - Apiculture. -Importance de l’élevage. - Chevaux. - Anes. - Bêtes à cornes. - Yacks. - Moutons.
- - Chameaux. - Marais. - Forêts. - Cueillettes. - Chasse. - Pêche.
- L. Budget, impôts.....................................................................
- Comparaison des budgets de 1889 et de 1898. - Impôts directs. - Impôts indirects. - Réformes diverses.
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- TABLE DES MATIÈRES DU TOME I.
- 7A9
- 2 32
- Chapitre VIL — Hongrie........................................................................
- Superficie. - Population. - Propriété. - Valeur foncière. - Salaires agricoles. -Répartition des cultures. - Terres incultes. - Récoltes. - Rlé. - Viticulture et vin. -Apiculture. - Sériciculture. - Bétail. - Haras de l’État. - Service vétérinaire. - Stations agronomiques : leur organisation; leur fonctionnement. — Résultats des expériences agricoles; cultures pratiquées en Hongrie. — Crédit rural. - Enseignement agricole. - Forêts. - Législation forestière. - Chasse. - Pèche.
- Chapitre VIH. — Bosnie-Herzégovine.......................................................... 256
- Développement de l’agriculture. - Sol et population. - Zadrougas. - Régime de la propriété rurale et de la culture; métayage. - Agriculture et élevage. - Apiculture. -Enseignement agricole. - Encouragements de l’Etat : croisements, instruments de culture, caisses rurales. - Forêts. - Pèche.
- Chapitre IX. — Roumanie....................................................................... 270
- Superficie, climat et soi. - Propriété foncière; diffusion de l’association; valeur de la terre. - Domaine de l’Etat. - Domaine de la Couronne. - Modes de culture- - Production. - Froment. - Vignes. - Bétail. - Industries agricoles. - Sériciculture. -Forêts. - Pêcheries.
- Chapitre X. — Bulgarie........................................................................... 286
- Superficie et configuration du sol. - Climat. - Population. - Nature du sol. - Propriété foncière. - Mode de culture. - Production : céréales, tabac, essence de rose, fruits, vins, etc. - Rendements. - Assurance contre la grêle. - Bétail. - Sériciculture et apiculture. - Forêts. - Enseignement agricole. - Crédit agricole.
- Chapitre XI. — Serbie............................................................................ 290
- Superficie. - Population. - Propriété foncière et situation du cultivateur. - Sol. -Répartition des cultures. - Prairies et pâturages. - Bétail. - Comparaison avec les autres pays. - Apiculture. - Arbres fruitiers. - Vignes. - Forêts. - Chasses. - Enseignement agricole.
- Chapitre XII. — Turquie.......................................................................... 3o3
- A. Considérations générales; agriculture ; élevage...................................... 3o3
- Superficie et population. - Agriculture et élevage dans les diverses régions de la Turquie d’Europe et de la Turquie d’Asie. - Importations et exportations de l’Empire ottoman.
- B. Le cheval arabe et le syrien......................................................... 311
- Le véritable cheval arabe : son berceau; région où il vit; sa robe; ses traits caractéristiques; les principales familles; attachement des nomades pour les juments de pur sang. - Les arezzi. - Le cheval de trait syrien.
- C. Pèche de l’éponge.................................................................... 31A
- Lieux de pèche et lieux de vente. - Habitat do l’éponge en Méditerranée. -Variétés méditerranéennes. - Pêcheurs. - Procédés de pêche nuisibles. - Difficultés des mesures à prendre. - Ignorance où l’on est quant tà la vie des éponges. - Eponges de Syrie.
- Chapitre XIII. — Grèce........................................................................ 320
- Superlicie. - Population. - Climat. - Proportion des surfaces incultes. - Importation et exportation des produits agricoles. - Répartition de la propriété. - Méthode de culture. - Régions fertiles. - Cultures diverses. - Viticulture. - Vins. - Eaux-de-vie. -Raisins de Corinthe. - Sériciculture. - Apiculture. - Bétail. - Forêt'-'. - Enseignement agricole. - Chasse. - Pêche. - Eponges.
- LIVRE III.
- EUROPE OCCIDENTALE (MOINS LA FRANCE).
- (Danemark, Suède, Norvège, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse, Autriche, Italie, Espagne, Portugal.)
- Chapitre XIV. — Danemark..................................................................
- A. Conditions générales de l'agriculture danoise.....................................
- Evolution agricole du Danemark. - Statistiques diverses. - Superficie et population.
- - Répartition des culiures. - Progression de l’élevage du bétail et des volailles. -Accroissements des industries agricoles. - Concours agricoles. - Chevaux. - Porcs.
- - Apiculture. - Forêts.
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- 750
- EXPOSITION DE 1 00 0.
- AGRICULTURE.
- Chapitre XIV. — Danemark. (Suite.)
- J». Associations coopératives.............................................................
- Leur influence. — Laiteries coopératives; diffusion des méthodes pasteuriennes. — Commerce d’exportation des beurres. - Sociétés pour l’exportation des œufs. - Société coopérative du Jutlnnd pour l’achat des aliments du bétail. - Résultats de la coopération.
- C. Institutions et expériences...........................................................
- Le laboratoire d’expériences agronomiques de l’Institut royal de Copenhague. -Expériences sur l’alimentation des vaches laitières et sur l’alimentation des porcs. -Résultats obtenus par la diffusion des méthodes expérimentales: le bilan d’une petite culLure. - La Société royale d’agriculture. - Ecoles agricoles. - Conseillers agricoles de l’Etat. - Exposition. - Rourses de voyage. - Primes. - Stations diverses. - Mise en culture et boisement des landes.
- D. Crédit rural (législation de 1898 et de 1899I.........................................
- L’exode dans les villes. - Loi du ah mars 1899; ses dispositions; ses effets. - Loi du :?G mars 1898. — Sociélé de prêts à l’agriculture; leur réglementation.’
- Chapitre XV. — Suède..........................................................................
- A. Sol, climat, population ..............................................................
- Caractères du sol. — Comparaison de la température à Paris et dans diverses villes de la Suède. - Longueur des jours. - Durée de l’été et durée de l’hiver. - Moyenne d’eau tombée. - Population : son accroissement; sa densité. - Nombre des décès. -Emigration. - Pourcentage de la population agricole.
- B. Agriculture...........................................................................
- Historique. - Etat actuel. - Ancien morcellement de la propriété; partage par grandes portions. - Nombre actuel des exploitations agricoles. - Fermage. - Valeur de la terre.
- - Répartition des cultures. - Méthodes de culture. - Céréales : total des terres ensemencées; productions; ensemencements; récolle moyenne par hectare; poids par hectolilre de récolte. - Racines. - Plantes fourragères.
- C. Elevage...............................................................................
- Effectif du bétail suédois; sa valeur. - Importation et exportation. - Chevaux : leur nombre; encouragements olliciels; races indigènes. - Bêtes à cornes : leur nombre; encouragements divers; exportation. - Moutons et chèvres. - Porcs. - Rennes.
- D. Industrie laitière....................................................................
- Laiteries : leur historique; leur nombre; leur importance. - Beurre : sa fabrication; mode d’expédition. - Fromage. - Utilisation des sous-produils. - Commerce des produits de la laiterie.
- E. Institutions en faveur de l’agriculture, de l’élevage et de l’industrie laitière......
- L’Académie d’agriculture. - Ingénieurs agronomes. - Stations chimiques. - Amélioration des semences. - Mise en culture des marais. - Haras. - Primes pour l’élevage du cheval. - Concours de bovins. - Service vétérinaire. - Instructeurs de laiterie. - Expositions laitières. - Sociétés d’économie rurale. - Statistique agricole. -Sociétés de cultivateurs. - L’Alliance agraire. - Congrès agricoles.
- E. Crédit agricole........................................................................
- Historique des établissements de crédit agricole. - Associations hypothécaires provinciales. - La Banque royale hypothécaire. - Total des prêts hypothécaires consentis sur des immeubles sis à la campagne. - Prêts consentis par l’Etat pour la mise en culture.
- G. Enseignements agricole, laitier et vétérinaire.........................................
- Historique de Renseignement agricole. - Ecoles d’agriculture. - Ecoles agronomiques. - Instituts agricoles. - Ecoles de maréchalcrie. - Ecoles de laiterie de l’Etat.
- - Ecoles des sociétés d’économie rurale. - L’Ecole vétérinaire de Kara. - L’Institut de Stockholm.
- II. Situation du paysan. ................................................... «............
- Prépondérance politique du paysan. - Accroissement du bien-être. - Consommation annuelle. - Catégories diverses d’ouvriers agricoles; leur situation économique.
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- TABLE DES MATIÈRES DU TOME I.
- 751
- Chapitre XV. — Suède. (Suite.)
- I. Forêts, industrie forestière, enseignement forestier. ................................
- Etendue des forêts. - Forêts de l’Etat. - Forèls placées sous son contrôle direct. -Forêts privées. - Ensemencement et plantage. - Scieries : historique; nombre actuel.
- - Mode d’exploitation des forêts. - Importance des cours d’eau. — Flottage. - Sciage.
- — Exportation : statistique; nature des bois exportés. - Importation. - L’Institut forestier. - Les écoles forestières.
- J. Chasse et pêche................ ......................................................
- Gibiers divers. - Procédés divers de pêche. - Importance de la pêche. - Pêche du hareng. — Autres pêches en mer. - Pêches en eau douce.
- Chapitre XVI. — Norvège..................... ................................ .................
- A. Considérations générales..............................................................
- Situation. — Conliguraliou. - Etendue des côtes. — Pluie et neige. - Superficie. -Population. - Répartition du territoire. - Plus-value de la valeur foncière. - Ses causes.
- B. Agriculture et élevage.....................................................«..........
- Répartition des emblavures. - Rendement et valeur des récoltes. - Rotation des cultures. - Céréales. - Revenu agricole. - Effectif du bétail. - Chevaux. - Bovidés. -Laiteries coopératives. - Moulons. - Rennes. - Bâtiments agricoles. - Budget de l’agriculture. - L’Ecole d’agriculture. - La Société royale pour la prospérité de la Norvège. - Le Fonds d’achat des terres. - Le Fonds de défrichement.
- C. Forêts et citasse.....................................................................
- Valeur des exportations. - Diminution du taux de boisement; ses causes. - Caractère des forêts. - Principales essences : pin, sapin, bouleau. — Autres essences. — Législation forestière. — Achats de l’Etat. - Abris des forestiers. — Transport des troncs. -Flottage. - Flotteur. — Associations de; llotlage. — Amélioration du réseau de Boîtage.
- - Tourbières. - Gros gibier. - Petit gibier. - Oiseaux de mer. - Animaux de proie. -Faucons de chasse. - Droit de chasse.
- J), l’êclic...............................................................................
- Importance de la pèche en Norvège. - Principales pêcheries. - Morue : ses migrations; diverses façons dont on la pêche; nombre des morues pêchées. - Hareng : ses mœurs; sa pêche. - Chasse du phoque. - Chasse de la haleine. - Poisson congelé. -Vente de la morue pêchée. - Klipfisk. - Torfisk.- Huile de foie do. morue. - Autres produits secondaires de la morue. - Hareng salé. - L’industrie des conserves : ses origines; son importance. - Fiskboller. - Sprat fumé. - Pisciculture marine.
- Chapitre XVII. — Iles Britanniques............................................................. A81
- A. Considérations’générales.............................................................. A81
- Qualité des sols du Royaume-Uni. - Humidité du climat. - Répartition de la propriété. - Ouvriers agricoles. - Salaires. - Régime des fermages. - Nombre des fermiers.
- - Petits propriétaires. - Valeur du sol. - Taux des fermages. - Etendue de la grande culture. - Capital d’exploitation. - Prédominance de l’élevage. - Forêts.
- B. Agriculture et élevage................................................................ A87
- Prédominance des prairies permanentes. - Répartition des cultures. - Importance de la culture des navets. - Rendements. - Importance de l’élevage. - Intérêt qu’y porte la famille royale. - Elevage en plein air. - Effectif du bétail; sa belle qualité. - Production en viande, en lait, en beurre, en fromage. - Laine. - Chevaux de pur sang.
- - Hunters. - Autres races de chevaux. - Vaches jersiaises. - Autres races de bêtes à cornes. - Industrie laitière. - Leicesters. - Soulhdowns. - Autres races ovines. -Porcs. - Aviculture.
- C. Importation des produits alimentaires................................................. 5o6
- Comparaison de l’importation et de la production indigène. - Augmentation des importations de 18G1 tà 1900. - Cours moyen. - Blé. - Orge. - Viande. - Lait et produits de l’industrie laitière. - Excellence des beurres français importés en Angleterre. - t in.
- A 9. <
- A A 5
- An o A ho
- A h 9
- A 60
- A(>8
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- 752 EXPOSITION DE 1 900. — AGRICULTURE.
- Chapitre XVII. — Iles Britanniques. (Suite.)
- 1). Institutions.......................................................................
- La Société royale d’agriculture. - Sociétés d’élevage. - Registres généalogiques. -Concours d’animaux. - Courses de chevaux; leur historique. - Mouvement syndical en Irlande. - Caisses rurales. - Coopératives d’Angleterre et d’Ecosse. - Règlements régionaux. - Importation des animaux vivants. - Etat sanitaire du bétail. - La Station expérimentale de Rolhamsted. - Enseignement agricole.
- E. Chasse et pêche.....................................................................
- Principaux gibiers. - Fox-hunting. - Chasse du grouse. - Chasse au vol. - Races anglaises de chiens de chasse. - Principales pêches. - Pisciculture marine. - Institutions on faveur de la pêche et des pêcheurs. - Ostréiculture.
- Chapitre XXIII. — Pavs-Bas..................................................................
- A. Considérations générales; agriculture..............................................
- Superficie. - Population. - Altitude. - Diverses sortes de polders. - Eliage des eaux.
- - Forêts. - Cultures diverses. - Enseignement agricole.
- B. Oignons à fleurs...................................................................
- La tulipomanie. - La jacinthomanie. - État actuel du commerce des oignons à (leurs. - Région de culture.
- C. Elevage et industrie laitière......................................................
- Effectif du bétail. - Bêtes <à cornes : caractéristiques de la racebatnve; différentes variétés. - Le lait des hollandaises; ses capacités butyrines; production, importation et exportation du beurre et du fromage; qualité de ce lait pour la fabrication du fromage; principales espèces de fromage; fromages de brebis. - Chevaux. - Aviculture.
- D. Sociétés coopératives agricoles....................................................
- Progrès du mouvement coopératif aux Pays-Bas. - Sociétés d’achat en commun. -Sociétés de vente en commun. - Laiteries coopératives. - Sociétés pour l’achat, et l’entretien de reproducteurs. - Assurances mutuelles : contre la mortalité du bétail; contre la grêle. - Sociétés de crédit agricole.
- E. Pèche .............................................................................
- Causes du développement de la pèche aux Pays-Bas. - Nombre des bateaux. - Statistique des pêches. - Pèches diverses du Zuiderzéc. - Pêche des anchois. - Pèches diverses de la ruer du Nord. - Pêche du hareng. - Nécessité d’une réglementation de la pèche. - Pèche en eau douce. - Pèche de l’anguille. - Pèche du saumon. -Ostréiculture.
- Chapitre XIX. — Belgique....................................................................
- A. Renseignements généraux............................................................
- Superficie. - Population. •— Climat. - Sol. - Etendue des exploitations agricoles.
- - Répartition et rendement des cultures. - Effectif du bétail. - Bêtes à cornes. -Industrie laitière. - Aviculture. - Apiculture. - Forêts.
- B. Régions de culture.................................................................
- Flandres sablonneuses. - Ardenne. - Condroz. - Pays de llervc. - Campine.
- C. Le cheval belge....................................................................
- Cheval de gros trait. - Cheval de trait léger. - Importance des transactions.
- I). Institutions en faveur de l’agriculture et de l’élevage............................
- Ministère de l’Agriculture. - Institutions officielles. - Associations d’intérêt agricole.
- - Assurances agricoles. - Crédit agricole. - Enseignement agricole.
- E. Pêche ..............................................................................
- Pèche marine. - Ostréiculture. - Pèche fluviale.
- Chapitre XX. — Luxembourg...................................................................
- Superficie. - Répartition de la propriété. - Statistiques diverses. - Champs d’essais.
- - Associations syndicales. - OEuvres coopératives. - Ecoles ménagères.
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- TABLE DES MATIERES DU TOME I.
- 753
- Chapitre XXL — Allemagne...................................................................... (jsto
- A. Considérations générales............................................................ 620
- Superficie. - Climat. - Chiffre global de la population. - Population agricole; causes de sa diminution. - Exploitations agricoles : nombre; étendue; nature. - Propriété foncière. - Situation actuelle de la propriété et des exploitations agricoles.
- - Répartition et production annuelle du sol. - Importations et exportations.
- B. Agriculture......................................................................... 63 4
- Etat actuel de l’agriculture allemande : diminution des exportations et augmentation des importations; progrès accomplis par la technique agricole; engrais. - Répartition des cultures. - Rendement; son augmentation au cours du xix8 siècle. - Excédent de la consommation sur la production. — Céréales : surface occupée par leur culture; situation des prés au cours du xixe siècle. - Seigle. - Froment. - Orge. - Avoine. -Pommes de terre. - Betteraves. - Houblon. - Légumineuses. - Oléagineuses. - Fibreuses. - Chicorée. - Tabac. - Viticulture; régions vinicoles; mode de fabrication; exportation et importation du vin. - Arboriculture.
- C. Elevage, industrie laitière et apiculture................................................
- Effectif du bétail allemand; sa répartition dans l’Empire. - Valeur des produits animaux. - Importation et exportation. - Chevaux : principaux types; haras; courses.
- - Bêtes à cornes. - Industrie laitière ; laiteries coopératives ; importation et exportation du beurre et du fromage. - Moutons. - Chèvres. - Porcs. - Aviculture. - Apiculture.
- I). Institutions.............................................................................
- Crédit mutuel : Schulze et Raitleisen; nombre actuel des associations de leur système. - Sociétés coopératives : leur nombre: leur importance. - La Caisse centrale coopérative de Prusse. - Associations de vignerons. - Associations pour la vente.
- - L’Union des agriculteurs. - Assurance obligatoire. - Assurance du bétail. - Assurance contre la grêle.- Représentation professionnelle. - Sociétés d’élevage; le Stamm-buch. - Stations agronomiques : leur historique; leur organisation; leur but; le Verband; budget des stations. - Enseignement agricole.
- E. Forêts, chasse et pêche..................................................................
- Forêts; importation et exportation des bois d’œuvre. - Chasse. - Pêche en mer. -Le saumon du Rhin; pèche. - Ostréiculture. - Institutions en faveur des pêcheurs.
- F. Alsace-Lorraine..........................................................................
- Sol. - Climat. - Aptitude de la population pour le travail rural. - Principales cultures. - Arboriculture. - Viticulture et vin. - Associations vinicoles. - Bétail. -Engraissement des oies de Strasbourg. - Apiculture. - Forêts : leur importance; principales essences; les schlitteurs.
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- 65-2
- Chapitre XXLI. — Suisse.
- 670
- (>74
- (>79
- A. Considérations générales; agriculture....................................................
- Superficie. - Altitude. - Climat. - Population. - Valeur moyenne du capital-terre et du capital-bétail. - Répartition moyenne du capital d’exploitation. - Intensité des cultures. - Rendements moyens. - Rendement total. - Pommes de terre. - Betteraves.
- - Extension du vignoble. - Vin. - Système d’extinction des foyers pbylloxériques. -Arboriculture. - Cultures en voie de diminution : tabac, lin, céréales. - Pâturages : leur extension; amélioration des rendements. - Alpage : son importance; efforts tentés pour sa défense.
- B. Élevage et industrie laitière, apiculture, sériciculture................................... 691
- Effectif du bétail. - Nombre des propriétaires de bestiaux. - Valeur des bestiaux. -Bêtes à cornes. - Répartition de la population bovine ; race de Schwiz ; rase de Sim-menthal; importation et exportation. - Valeur des produits de l’industrie laitière au commencement et à la tin du dernier siècle; importation et exportation; fromage; lait condensé; beurre, - Chèvres et moutons. - Porcs. - Chevaux, mulets et ânes.
- - Apiculture. - Sériciculture.
- C. Institutions................................................................................. 699
- Sociétés agricoles. - Fédérations. - Syndicats d’élevage. - Herd-books. - Concours de bétail bovin. - Fruitières. - Enseignement agricole. - Stations d’essais et de contrôle.
- AGRICULTURE.
- h 8
- IMPRIMERIE NATIONALE.
- p.753 - vue 766/767
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- EXPOSITION DE J 900.
- AGRICULTURE.
- Chapitre XXII. — Suisse. (Suite.)
- D. Forêts, chasse et pêche...................................................................... 702
- Importance des forêts pour la Suisse. - Intensité de l'exploitation. - Taxes de boisement. - Législation forestière. - Importation et exportation des Lois d’œuvre. -Chasse. - Lèche.
- Chapitre XXIII. — Autriche........................................................................... 700
- A. Considérations générales..................................................................... 706
- Superficie. — Population. — Division du pays. — Climat. — Fertilité. - Assolement. -Petite culture; situation du paysan. — Répartition du sol. — Rendements. — Céréales.
- - Betteraves. - Orge; expériences le concernant. - Houblon; qualité de celui de Bohème; procédés culturaux. - Safran; généralités sur celte épice. - Tabac. - Vins; tirs contre la grêle. - Bétail et aviculture. - Sériciculture; grainage cellulaire de Pasteur. - Apiculture. - Forêts; taux de boisement; essences dominantes; production en bois d’œuvre; forêts domaniales; législations forestières; reboisements; correction des torrents. - Pèche; éponges; corail. — Spongiculturc. - Ostréiculture. - Chasse.
- 11. Les différentes régions................................................................. 722
- Bukovine. - Galicie. - Silésie. - Moravie. - Bohème. - Haute-Autriche. - Basse-Autriche. - Styrie. - Salzbourg. - Tyrol. - Vorarlberg. - Carinlhie. - Carniole. -Gorice. - Trieste. - Islrie. - Dalmatie.
- G. Institutions............................................................................. 73(>
- Représentation professionnelle des agriculteurs. - Crédit agricole coopératif. - Sociétés coopératives diverses. - Caves du Tyrol. - Enseignement agricole et forestier; principaux établissements; caractéristiques de l’enseignement autrichien.
- (Les chapitres consacrés h l’Italie, à l’Espagne cl au Portugal sont dans le tome IL)
- Table des cartes, diagrammes et figures.............................................. 7^3
- Table des matières du tome i......................................................... 7 A7
- — 7092-1904.
- Imprimerie nationale.
- p.754 - vue 767/767
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