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Rapport sur le Groupe 34. Brosserie, Maroquinerie, Tabletterie, Vannerie
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- RAPPORT
- Sur le Groupe 34
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- Exposition de Saint-Louis 1904
- BROSSERIE, MAROQUINERIE, TABLETTERIE, VANNERIE
- Saint-André de Lignereux
- ATTACHÉ A LA DIRECTION DE L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE AU MINISTÈRE DU COMMERCE
- (CHARGÉ DE MISSION AUX ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE)
- PARIS
- XIVEFTIIIÆEIÎ.XE J. van GINDERTAELE
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- Rapport sur le Groupe 34
- BROSSERIE, MAROQUINERIE, TABLETTERIE, VANNERIE
- I
- Admission des Exposants
- /Classification du Groupe. — Bureau. — Classification des Exposantsj
- Classe 196. — Matériel et procédés de la fabrication de la brosserie, maroquinerie, tabletterie et vannerie.
- Classe 197. — Brosserie ; brosserie de toilette dite brosserie fine, brosserie de ménage, brosserie de sellerie, d’écurie, etc., etc., dite grosse brosserie; brosserie pour artistes et bâtiments, dite brosserie à peindre, plumeaux, balayeuses pour tapis.
- Classe 198. — Maroquinerie : trousses de voyage, sacs de voyage ; gainerie, porte-monnaie, portefeuilles, serviettes, carnets, porte-cigares, petits meubles, objets de fantaisie en peau ; fermoirs pour sacs et porte-monnaie. :>
- Classe 199. — Nécessaires et petits meubles de fantaisie, caves à liqueurs, boîtes à gants, coffrets, objets tournés et guillochés, sculptés, gravés ; en bois, en os, en cuivre, en nacre, en écaille, en corne, en celluloïd, etc., etc. Pipes et objets pour fumeurs, tabatières, peignes de toilette et pour tous usages en ivoire, en écaille, en corne, en celluloïd, en bois, etc., etc. Objets divers de laque et petits bronzes.
- Classe 200. — Vannerie. Corbeilles et paniers. Objets de sparterie.
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- Comité d’admission, constitué le 18 Janvier 1903
- Président: M. Charles Pitet.
- M. Georges Vuitton, vice-président, faisant fonction de Président.
- M. Georges Leloir.
- Vice-présidents :
- I M. Nicolas Lucas.
- M. Henry Baudry. M. Léon Porte.
- Secrétaires :
- M. Henry Falconnet.
- Trésorier :
- M. Louis-Achille Genty. Membres :
- M. Arthur Amson.
- M. Emile Dupont.
- M. Eugène Houlet.
- M. G. Sylvain.
- M. Albert Leloir.
- M. Henri Ollivon.
- M. Saint-André de Lignereux.
- M. Georges Amson.
- M. William Hausser.
- M. Emile Joannot.
- M. Latouche.
- M. Maurey-Deschamps. M. E. Proffit.
- M. Adolphe Schloss.
- Par les soins du Comité d’admission, des circulaires furent envoyées et 28 Exposants se rendirent à l’appel des Comités.
- Brosserie..................................... 10
- Maroquinerie................-.............. 7
- Cuir d’art.................................... 1
- Tabletterie..................................... 5
- Ivoires........................................ 2
- Petits bronzes......................' . . 2
- Chambre Consultative des Associations
- ouvrières de productions de Paris ... 1
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- II
- Installation des Expositions
- ('Comité d'installation. — Architectes. — Prix du mètre. — Constitution du Budget. — Surface comparative. — Répartition. — Plans. — Expéditions. — Assurances).
- Comité d’installation constitué le 29 Juin 1903.
- BUREAU :
- M. Vuitton, premier vice-président, faisant fonction de président ;
- M. Lucas, vice-président ;
- M. Leloir, vice-président.
- Les architectes choisis furent M. de Montarnal et M. Bugeon.
- Après réflexions et mûres études entre les architectes et les différents entrepreneurs qui ont soumissionné leurs concours, il fut arrêté d’un commun accord que les bel les vitrines qui servirent pendant l’Exposition universelle de Paris 1900, au groupe 98, seraient reprises; ces vitrines sont d’un joli style Louis XVI modernisé, peintes en couleur acajou avec appliques de bronze dorés, leurs cadres d’acier fermaient hermétiquement à clef; elles offraient de plus l’avantage d’avoir été spécialement dessinées par M. Bugeon, à l’effet de ces quatre industries : (brosserie, maroquinerie, tabletterie, vannerie.) Des traités par adjudication furent signés avec M. Ghevalié qui reçut la mission de fournir les vitrines en location, ainsi que les glaces, de les installer à l’Exposition de Saint-Louis et d’être le représentant du groupe 34.
- C’est alors seulement que le Comité put évaluer les prix probables auxquels s?élèveraient les emplacements.
- (Afin de ne pas faire double emploi, puisque le groupe 34 a exposé conjointement avec le groupe 35, lire dans le rapport de M. Vuitton, rapporteur du groupe 35, les détails relatifs au prix des emplacements, à la disposition du plan et aux répartitions).
- Quant à la comparaison des surfaces des emplacements français vis-à-vis des emplacements d’analogues industries présentées par les autres nations, il est bien difficile d’en faire une évaluation rigoureuse, pour la bonne raison que seule la France s’est astreinte à des classements et groupements strictement exacts.
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- Chaque exposant a expédie isolément ses articles en choisissant parmi les maisons d’expédition dont le Comité avait étudié les prix et reconnu les garanties.
- Plusieurs combinaisons d’assurances, furent examinées parle Comité, qui s’arrêta à une proposition présentée par : La Mutualité Française qui moyennant une prime de 2,60 °/0 et de 5 °/0 (1), assura les risques de transport, vol et incendie.
- Disons en terminant que le groupe 34 a été parmi les premiers qui furent prêts à la date fixée par les règlements. M. Chevalié fils, s’occupa avec le goût, l’expérience et le zèle qui lui sont coutumiers, de l’installation et des moindres détails, surmontant les difficultés d’autant plus imprévues qu’il fallait sans cesse tenir compte des exigences multiples de la douane américaine.
- Je ne veux pas clore ce paragraphe de l’installation sans nommer tout particulièrement M. Dolbec, de la maison A. Dupont et Cie (de Beauvais) qui, par son intelligente initiative, sa connaissance des expositions et une infatigable complaisance rendit au groupe 34 des services signalés pendant la période de début à St-Louis.
- III
- Description de l’Exposition
- Le groupe 34 était situé au centre du Palais des Manufactures. On y accédait à gauche par le groupe 60 (Pelleteries, Gants, Souliers), à droite par les groupes 61 (Lingerie, Chapeaux) et 58 (Dentelles, Broderies).
- L’ensemble était sobre et élégant, grâce aux vitrines Louis XVI en simili acajou et ornements de bronze dorés; à terre un linoléum recouvrait tout le sol, et au centre se trouvait un divan à quatre places.
- La maison A. Dupont et Cie attirait l’attention par une vitrine de milieu avec encadrement sculpté, tendue de cuir vert bronze, et disposée avec beaucoup de goût, sans encombrement, défaut trop fréquent.
- La Maison Amsom frères avait envoyé une belle vitrine de milieu, divisée en quatre faces par une disposition très ingénieuse, garnie de drap gris clair sur lequel ses belles collections faisaient merveille.
- M. Eugène Houlet occupait un des côtés par un très élégant salon blanc et or des plus coquets.
- (1) Pour certains articles.
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- L’impression et le jugement qui se dégageait du groupe 34 (ainsi que de tous les groupes de la section française) était celui qui ressort d’une oeuvre sincère. ' *
- Les différentes industries qui composaient ce groupe, Brosses, Pinceaux, Maroquinerie, Gainerie, Cuirs d’art, Fermoirs, Tabletterie, Miroirs, Peignes, Ivoires, Nacres, — sauf Vannerie, Sparterie et Pipes, qui s’étaient abstenus — ces différèntes industries, dis-je, n’avaient pas visé uniquement à éblouir lesvisiteurs, mais à les instruire et à les renseigner ; aussi, loin de préparer spécialement des œuvres en vue de l’Exposition de Saint-Louis, les exposants ont tenu à n’y apporter que l’habituelle production de leurs maisons, sachant que leur variété, leur solidité et leur fini coutumier ne craignait aucune concurrence et ne demandait aucune superfétation, ce en quoi ils ont été absolument avisés.
- Une exposition étant, non un centre d’amusement, mais en quelque sorte un marché, pour les achats, les ventes, les échanges, les exportations et les importations, il est de toute nécessité que les produits exposés, qui deviennent forcément des échantillons, pour le commerce futur, ne soient point poussés, grossis, maquillés à plaisir; il est non moins nécessaire qu’à côté des articles de luxe, se trouvent des articles courants. La richesse et la force d’une industrie ne consiste pas, comme l’ont pensé à tort certaines nations, à n’ offrir que des seuls articles coûteux, mais à offrir aussi des articles qui à tous les prix, même les plus réduits, atteignent les meilleurs procédés de fabrication; ainsi, à ce sujet, un exemple au hazard : la petite bourse, qui coûte de 0 fr. 50 à 0 fr. 70, la fameuse bourse à treize sous de nos bazars, n’est pas seulement faite en France; avec de légères différences de prix elle se fabrique à peu près partout, mais tandis qu’à l’étranger c’est un objet grossier, au fermoir mal poli, doublée de percale (ou non doublée), soulignée de coutures apparentes, ce qui pourrait s’admettre si elles étaient durables, en un mot une laide camelotte; en France, nos grandes maisons de maroquinerie, toujours soucieuses de la correction, nous vendent à ces prix des bourses légères, nettes et solides. Il en est de même pour un autre article non moins répandu, la brosse à dents de 0 fr. 35 à 0 fr. 90 ; on peut acheter en n’importe quel pays des brosses à ce prix, mais elles auront des manches en buis ou en os jaunâtre, à peine équarri, dotées de malheureuses soies qui se plient ou s’éparpillent au moindre usage, tandis que nos grandes manufactures de l’Oise nous donnent à ces prix réduits des articles aux manches arrondis, de forme commode, d’une solidité à toute épreuve. Si de l’article usuel nous passons à l’article de
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- fantaisie, la disproportion est encore plus marquée, car le goût traditionnel de la race française s’évertuera pour trouver, à défaut de luxe, au moins la grâce et le cachet. Il est souvent difficile de faire riche et beau, car le sentiment de l’art ne s’obtient que par le lent perfectionnement des générations successives, mais il est cent fois plus difficile de faire beau et économique; et pourtant c’est justement là où triomphe l’industrie française, et c’est pourquoi les exposants du groupe 34 ont tenu à honneur de faire figurer à côté de leurs articles coûteux, des articles d’un prix minime, pour prouver que notre production ne se borne pas à quelques spécimens mais à une collection générale.
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- BROSSERIE
- Hors Concours
- MM. DUPONT (A.) et Cie. Fabrique de brosserie, boutonnerie et de tabletterie, à Beauvais (Oise).
- Fondée en 1845, par M. A. Dupont, cette maison a pris, dès 1867, sous la seule direction de M. Emile Dupont, qui a su réunir dans ses manufactures les outillages modernes les meilleurs, une importance considérable.
- L’exposition de M. Emile Dupont fait le plus grand honneur à la Brosserie Française, qu’elle place hors pair, et cela tant par un heureux arrangement des objets eux-mêmes, que par des collections très complètes de brosserie fine pour toilette et nécessaires, en écaille, ivoire, ébène, bois précieux, des plus variées, unies ou sculptées; en métal, en cuir ciselé, etc.; brosses à dents de toutes les formes et tous les différents genres qu’on puisse imaginer; manches de couteaux, tabletterie en ivoire, en nacre, boutons, etc., etc.
- Fabrication de premier ordre, réputée universellement et à juste titre, pour le soin, la solidité et l’élégance de ses articles.
- Mû par un sentiment de solidarité sociale dont on ne saurait trop le louer, M. Emile Dupont s’occupe des moindres détails de la vie de son personnel et de ses ouvriers. Grâce à son concours des plus effectifs, la manufacture de Beauvais a été dotée d’une crèche, d’une société de secours mutuels, d’une caisse de pensions de retraites, d’un économat, de maisons ouvrières et d’une société coopérative.
- La maison A. Dupont et Cie a pris part aux expositions de Paris 1855, Londres 1862, Paris 1867, Philadelphie 1876, Paris 1878, Amsterdam 1888, Barcelone 1888, Paris 1889, Moscou 1892, Chicago 1893, Lyon 1894, Amsterdam 1895, Bruxelles 1897, Paris 1900, Glasgow 1901, Hanoï 1901, obtenant partout les plus hautes sanctions.
- M. Emile Dupont, officier de la Légion d’honneur, a successivement rempli les fonctions de président des Comités d’installations et du jury des récompenses aux Expositions d’Anvers 1885, de Barcelone 1888, de Paris 1889, de Moscou 1891, de Chicago 1893, de Bruxelles 1897, de Paris 1900.
- Sa profonde expérience, son autorité morale et économique le firent
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- à runanimité désigner comme président de l’Exposition de Glasgow 1901 et président de l’Exposition de Saint-Louis 1904.
- Hors Concours
- MM. LELOIR frères. Fabrique de brosserie, à Paris, rue de Com-mines, 14, et à Nogent-sur-Seine (Seine-et-Marne).
- Fondée en 1830, cette manufacture s’est largement développée sous l’impulsion de MM. Georges et Albert Leloir, qui la dirigent depuis vingt-cinq ans, avec une compréhension tr ès intelligente des progrès de l’industrie actuelle, et qui ont transformé l’outillage avec tous les perfectionnements de la mécanique moderne. La maison Leloir frères a présenté, à Saint-Louis, l’assortiment le plus parfait et le plus complet que puisse offrir l’industrie des pinceaux pour bâtiments ou pour artistes, défiant toute concurrence étrangère.
- Grand Prix
- M. BAUDRY fils (Henri). Fabrique de plumeaux, à Paris, boulevard Sébastopol, 97.
- Maison fondée en 1857 et depuis lors sans cesse grandissante; ses plumeaux multicolores nous ont montré une collection d’articles parfaits s’adaptant aux nécessités les plus diverses, depuis les nettoyages d’appartements jusqu’aux vitrines d’objets fragiles.
- Grand Prix
- M. MAUREY-DESGHAMPS (Félix-Armand). Fabrique de brosserie, à Paris, rue Turbigo et à Trie-Château (Oise).
- La vaste vitrine de M. Maurey-Deschamps retient l’attention du public, par la classification claire et ingénieuse de son considérable envoi, qui est représenté de façon à ce que l’on puisse juger rapidement de leurs divers genres. Fabrication réputée pour la solidité et la finesse de ses articles.
- Cette maison, qui date déjà de 1874, a fondé pour son personnel dont elle est très soucieuse et s’occupe beaucoup, une Ecole professionnelle et une Caisse de secours.
- Depuis 1894, M. Maurey-Deschamps est hors concours ; Bruxelles 1897, diplôme d’honneur; Exposition Universelle de Paris, 1889 et 1900, membre du jury. Officier de la Légion d’honneur.
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- Grand Prix
- M. P1TET aîné et Cie. Fabrique de brosserie, à Paris, faubourg Poissonnière, 51.
- Cette maison des plus anciennes, pour la fabrication du pinceau, a été fondée en 1825, par Mme Pitet mère. Sous la direction de feu M. Pitet, la fabrique a pris une très grande extension, car afin de contrebalancer l’importation étrangère en France, M. Pitet s’imposa de transformer complètement l’outillage de ses ateliers ; à cette époque il s’adjoignit la fabrication des manches en bois, des viroles ainsi que la préparation des soies et poils de toutes sortes. Leur exposition de brosses pour peindre et de pinceaux pour artistes, réunissait une grande variété de leurs produits réputés à juste titre.
- Médaille d’or
- M. GENTY (Louis-Achille). Fabrique de brosserie, à Paris, 17, rue du Temple et à Béthizy-Saint-Pierre. *
- Certainement une de nos plus anciennes maisons actuelles de brosserie, puisqu’elle compte 108 années d’existence ; et qu’elle a pris depuis 1876, un grand développement.
- Son exposition nous offre un grand choix d’articles d’excellente qualité, pour les nombreux usages de la brosserie d’écurie, de voitures et d’appartements. A noter aussi des décrottoires d’une forme et d’un usage très pratique.
- Médaille d’or
- M. OLLIVON (Henry). Fabrique de plumeaux, à Paris, 19, rue Turbigo.
- Maison fondée en 1847; spécialité de petits plumeaux ultra-légers; ses plumeaux d’un usage plus courants sont réputés pour leur solidité et l’excellence de leurs matières premières, ainsi que la variété de leurs appropriations.
- Médaille d’or
- MM. RENARD et GÉRARD. Fabrique de brosserie et pinceaux, à Paris, rue Saint-Merri, 9.
- Bonne maison pour la fabrication des brosses et pinceaux. Le soin tout spécial apporté aux matières premières et à leur triage, leur font présenter des articles très appréciés pour leur durée.
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- Médaille d’or
- MM. YAQUIN et SCHWEITZER. Matières premières pour la brosserie, au Havre (Seine-Inférieure).
- Ensemble très complet et très bien présenté de matières premières pour brosses et pinceaux. #
- Médaille d’argent
- M. THOMAS (François-Ernest). Fabrique de brosserie fine, à Bury (Oise).
- M. Thomas, entre un choix de brosses très soignées, nous présente une collection de la grande spécialité de la maison qui est la brosse à barbe, dite « blaireau » avec monture d’os ou de métal. Excellente fabrication.
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- MAROQUINERIE
- Grand Prix
- MM. AMSON frères. Fabrique de maroquinerie, objets de maroquinerie; peausserie, fermoirs de porte-monnaie et de sacs; cadres photographiques, à Paris, rue de la Folie-Méricourt, 68, et à Montdidier (Somme); également pour l’article fin, à Paris, boulevard Voltaire; et pour l’exportation à Moreuil (Somme).
- L’envoi de MM. Amson frères était en rapport avec l’importance de cette maison, datant de 1843, et qui est si intéressante, non seulement par le rôle qu’elle tient dans la maroquinerie française, où elle occupe certainement la première place, mais par l’intelligence du sentiment économique et industriel qui la dirige.
- MM. Amson frères se sont libérés de tous les intermédiaires dont cette industrie est dépendante. Les peaux et les métaux, pris à l’état brut, traversent les préparations nécessaires à leur utilisation dans les multiples ateliers d’estampage, mécanique, nickelure, dorure, galvanoplastie, gainage, etc., etc., offrant par là à leur maroquinerie des matériaux éprouvés d’une rare perfection.
- Le public et le jury ont particulièrement admiré, outre des collections complètes de porte-monnaie, porte-cartes, buvards, cadres, coffrets, nécessaires, etc., etc., des petits meubles en maroquin écrasé, avec ornements de bronze doré, d’une technique merveilleuse et d’un goût impeccable; ainsi qu’une variété de délicieux sacs de dames, coquets et charmants, aux fermoirs délicatement ciselés et enrichis de pierres fines.
- Depuis 1880, cette maison a pris part conme exposant hors concours aux expositions de Melbourne 1888, Barcelone 1888, Paris 1889, Moscou 1892, Chicago 1893, Lyon 1894, Bruxelles 1897, Amsterdam 1895, Paris 1900, Glasgow 1901, Hanoï 1902; MM. Georges et Arthur Amson sont officier et chevalier de la Légion d’honneur.
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- Médaille d’or
- M. BONNET (Claude) (Maison Isakoff). Fabrique de maroquinerie et gaînerie, à Paris, boulevard des Italiens, 6. '
- Spécialement consacrée à l’utilisation du cuir de Russie, cette maison a présenté un ensemble des plus complets d’objets employant cette matière, dont la solidité et l’aspect discret, autant que distingué, compte un très grand nombre d’amateurs. Fabrication de tous points excellente, soutenant et continuant une vieille réputation bien établie.
- Médaille d’or
- M. LUCAS fils. Fabrique de maroquinerie, à Paris, rue du Temple, 83.
- Cette maison, qui date de 1858 et qui chaque jour s’affirme de plus en plus, a envoyé une très belle collection de bourses, blagues et porte-monnaie dans les modèles et les formes les plus variées. A noter une belle série d’articles en veau fauve d’une parfaite exécution comme technique et montages, ainsi qu’un choix de sacs de dame élégants, variés, nouveaux et qui méritent de réels éloges.
- Médaille d’or
- M. PRÉVOST (Lucien). Fabrique de fermoirs, à Paris, 16, rue Alibert.
- Cette maison, supérieurement dirigée par son intelligent propriétaire, possède un outillage mécanique et une organisation si parfaite qu’elle est à même de satisfaire toutes les exigences de la mode, toutes les transformations de l’industrie et toutes les nécessités de la technique. C’est sans aucun doute une des plus importantes fabriques de fermoirs pour porte-monnaie, porte-cigares, petits sacs, bourses, boîtes, blagues, etc., etc. Ses produits exposés étaient solides sans lourdeur, et élégants quoique pratiques.
- Médaille d’or.
- M. PROFFIT (E.). Fabrique de petits meubles et maroquinerie, à Paris, 31, avenue de la République.
- M. E. Proffit s’attache principalement à des fantaisies pimpantes qui tiennent le milieu entre le meuble et le bibelot, fantaisies ordinairement
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- recouvertes d’étoffes Louis XVI ou en petite ébénisterie légère de l’époque Premier-Empire. Ces fantaisies s’adressent spécialement à la clientèle féminine, et ces sortes de reconstitutions ou d’innovations, gracieuses et coquettes, solides et bien conditionnées séduisent beaucoup tant en France qu’à l’étranger.
- Médaille d’or.
- M. ROOLF ET C'e. Fabrique de maroquinerie et petits bronzes, à Paris.
- Très importante exposition d’objets en cuir, en bois, et en métal, et principalement de cadres photographiques. Jolies formes, dénotant un grand souci du goût et de l’ornement, travail soigné, portant bien l’empreinte parisienne.
- Médaille d’argent.
- M. DUGHEMIN (Anatole). Fabrique d’écrins et boîtes pour la bijouterie, à Paris, rue des Archives, 78.
- L’écrin, qui chaque jour prend une place de plus en plus importante, non seulement par la préservation qu’il apporte à l’objet contenu, mais par la mise en valeur de l’objet lui-même, a pris en France un développement sérieux. La maison Duchemin a montré avec quelle variété et quelle ingéniosité cette industrie d’écrins et d’étalages peut se prêter à toutes les exigences multiples du commerce sans jamais perdre sa réputation de bon goût distingué.
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- CUIR D’ART
- Grand Prix.
- M. SAINT-ANDRÉ DE LIGNEREUX, attaché à la direction de l’Enseignement technique du Ministère du Commerce, 22, rue de Tocqueville, à Paris (production d’un artiste isolé et non d’une manufacture).
- Coffrets Moyen-âge et Renaissance, dessinés et exécutés en cuir repoussé et martelé par M. Saint-André de Lignereux; montures en bronze doré, enrichis de pierres précieuses, ivoires, bois sculptés, fer ciselé, faites d’après les compositions de l’artiste; ces œuvres sont originales et uniquement produites à un seul exemplaire (1).
- ( Voir à Beaux-Arts : section d’art décoratif). — Hors concours.
- ( Voir à reliure). — Grands Prix.
- (1) Le Comité trouve que l’extrême réserve du rapporteur au sujet de ses propres œuvres exige quelques mots complémentaires :
- M. Saint-André de Lignereux s’est consacré depuis 1889 au cuir d’art. Par son talent, son exemple et son enseignement, il a rénové cet art en France, où maintenant, grâce à ses efforts, c’est une industrie d’art reconnue, répandue et lucrative. M. Saint-André de Lignereux est Grand Prix à Paris, 1900, et chevalier delà Légion d’Honneur; médaille d’or au Salon des Artistes Français, Directeur Fondateur de l’Ecole professionnelle de la Maroquinerie et Gainerie : il est également directeur des cours de cuirs d’art dans les Ecoles de l’Etat.
- Son envoi présentait une série de pièces d’une rare beauté, comme formes et patines, avec cette pureté et cette vigueur qui l’ont fait nommer le maître du cuir d’art.
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- TABLETTERIE
- Grand Prix.
- M. LATOUGHE jeune (G.). Fabrique de peignes, à Paris, rue Saint-Augustin, 21.
- Une vaste vitrine aménagée avec beaucoup de goût présente une innombrable collection de tous les articles où l’on peut utiliser l’écaille; miroirs, boîtes, tabletterie variée, mais surtout peignes dans tous les styles, depuis les plus simples jusqu’aux plus fantaisistes.. Fabrication excellente comme soigné et délicatesse, solide et pouvant rivaliser avec les meilleures productions.
- Médaille d’or
- ALGÉRIE
- Gouvernement de VAlgérie. — Tabletterie indigène. Exposition très restreinte mais qui intéresse au point de vue de l’avenir; elle prouve que la main d’œuvre algérienne peut se perfectionner et devenir une auxiliaire pour des industries locales naissantes.
- Médaille d’or
- M. JOANNOT fils (Emile). Fabrique de peignes, à Paris, boulevard Sébastopol, 39, et à Ezy (Eure-et-Loir).
- Maison fondée en 1830, pour la fabrication des peignes en écaille, en corne, et à laquelle le développement du celluloïd a donné, sous l’active et intelligente direction de M. Joannot, une grande extension.
- Une large vitrine, bien disposée, remplie de peignes, miroirs, tabletterie et ornements en tous genres, pour cheveux, et collections de peignes à chignon, unis, travaillés, ajourés, avec incrustations de métal ou de pierreries. Produits excellents à tous les points de vue, comme goût et comme forme, ainsi que comme la meilleure imitation qui puisse se faire de l’écaille blonde et brune ou de l’ivoire.
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- Médaille d’argent
- Association coopérative de tabletterie en Nacre, à Paris, passage Alexandrine, 12.
- Il est fâcheux que cette association n’ait pas présenté un plus grand nombre d’objets, car ceux qui figuraient formaient un petit noyau assez intéressant pour désirer son extension.
- La nacre, blanche ou de couleur, est une matière charmante, très décorative, dont on n’a pas encore utilisé toutes les ressources qu’elle peut apporter dans l’objet d’art, le bijou ou la toilette; pourtant quelques joailliers modernes en ont obtenu des effets nouveaux et attirants. Le jour où les tableltiers en nacre auront des modèles artistiques et une impulsion réelle, ils feront des choses imprévues et exquises, car ils possèdent déjà une excellente main-d’œuvre.
- Médaille d’argent
- M. DÉCHALOTTE (Pierre). Fabrique d’articles pour fumeurs, à Paris, rue Bichat, 11.
- Collection, en matières diverses, de tous les articles pour fumeurs. Travail fini, soigné et solide, qui constitue, tout en présentant des produits pratiques, des petits bibelots absolument coquets.
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- IVOIRES
- Hors Concours
- M. SCRLOSS (Adolphe), à Paris, 4, rue Martel.
- Très belle collection d’ivoires anciens, où les modernes fabricants qui travaillent cette charmante matière, peuvent puiser les meilleures inspirations.
- Grand Prix
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- M. ROSENWALD. Fabrique d’objets en ivoire, à Paris, 55, rue de Bretagne.
- Superbe collection d’ivoires sculptés, statuettes, Christs, panneaux, dyptiques, tryptiques, reliquaires, etc., etc., tout à fait hors-ligne et qui a grandement retenu l’admiration des connaisseurs, ainsi que celle du jury.
- Le choix des sujets, la finesse du travail, la beauté de la matière première elle-même, place la Maison Rosenwald au niveau des meilleurs ivoiriers.
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- PETITS BRONZES
- Grand Prix
- M. HOULET (Eugène). Fabrique de petits bronzes, à Paris, Boulevard Saint-Martin, 29, et rue Meslay, 36.
- Dans un très coquet salon blanc et or, une très remarquable exposition des produits de cette maison, a grandement attiré les visiteurs ; vases, jardinières, pendules, miroirs, vide-poches, encriers, coupes, coffrets, etc., etc., en cristal taillé ou uni, avec montures de bronze dorés. Excellente fabrication, réunissant non seulement le fini et le soigné le plus parfait, mais une incroyable variété dans les modèles et les reconstitutions de style, principalement Directoire, Premier Empire et Restauration. Ces produits sont sans comparaison supérieurs comme matériaux et comme goût aux analogues produits de l’étranger.
- Médaille d’argent
- M. BAUM (Henri). Fabrique de petits bronzes, à Paris, 7, rue Béaumur.
- Petits articles de fantaisie, principalement en cristal vert émeraude et montures en cuivre ou zinc, dorés, bronzés ou vernis. Jolies formes et détails soignés, faisant de ces bibelots auxquels l’ingéniosité parisienne donne seule un vrai cachet, des objets fort coquets, très recherchés de la clientèle féminine.
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- BIMBELOTERIE
- Médaille d’or
- M. CARRIÈRE (Ernest). Fabrique d’articles de Paris, 15, Boulevard Richard-Lenoir.
- Maison s’occupant principalement de la petite miroiterie avec cadres en métal, peluche, etc., et du cadre à photographies à prix très réduits et dont la vente est immense.
- Articles très courants mais plus soignés et plus jolis que les analogues produits fabriqués à l’étranger où l’on ne s’efforce jamais de racheter par le goût la simplicité des modèles. *
- Médaille d’argent
- M. LABBÉ & Cie. Petits bronzes et hautes fantaisies, boîtes à houppe. Cité du Petit-Thouars, 12, à Paris.
- Collection de ces multiples petites nouveautés en bronze, telles que boîtes à houppes, porte-parfums, presse-papiers, petits plateaux, en métal doré, argenté, nickelé, etc., etc., dont l’énumération serait interminable grâce à l’esprit si divers et si ingénieux des créateurs de la jolie bimbeloterie française.
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- EXPOSITIONS ÉTRANGÈRES
- Les nations étrangères, y compris les Etats-Unis, ne nous ont guère — sauf deux ou trois — présenté ni des ensembles ni des groupements delà même industrie, ainsi que l’on fait les exposants français.
- Soit que le nombre de leurs exposants d’articles analogues dans chaque groupe fut restreint et parfois unique, soit qu’il leur fut plus commode d’exposer çà et là, elles ont en général suivi leur caprice, poussant même la liberté jusqu’à exposer, ou dans les pavillons des Etats particuliers de l’Union, ou dans ceux des nations étrangères, risquant de passer inaperçues de ceux qui n’avaient que peu de temps à consacrer pour la visite d’une aussi vaste exposition .
- D’ores et déjà, il est donc certain que ces tolérances sont fâcheuses et qu’au point de vue de la présentation des industries, de la facilité de leur étude, et de l’importance de leur examen technique ou comparatif, un classement rigoureux comme ceux de nos expositions françaises est de beaucoup préférable; du reste, nos exposants ont prouvé qu’il était possible de s’y conformer sans rien sacrifier ni de la clarté ni de l’élégance.
- D’autre part, beaucoup d’industriels étrangers, connaissant à fond les termes du système protectionniste des douanes américaines, prévoyant donc que leurs produits ne trouveraient ensuite que peu de débouchés, n’ont pas tenu, pour le platonique honneur de dévoiler leurs articles, à s’engager comme les industriels français, dans des dépenses, des fatigues et des voyages qui ne devaient pas être largement rémunérateurs — commercialement parlant — par pure condescendance de nation à nation. Il en est résulté que l’on a pu noter — et ici, je ne me borne qu’à ce qui touche la brosserie, la maroquinerie, la tabletterie et la vannerie — on a pu noter, dis-je, l’absence de noms connus, de marques célèbres; enfin, des grands industriels et manufacturiers américains eux-mêmes, des maisons fort réputées de Chicago, de New-York, de Boston, etc., etc., pour des motifs ou des raisons spéciales, peut-être l’antagonisme habituel qui existe entre les Etats de l’Union, ou peut-être le sentiment très pratique et très américain de ne pas faire de frais inutiles pour des articles connus auxquels la réclame n’est plus indispensable, se sont aussi dispensés de concourir.
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- En résumé, les nations étrangères n’ont presque pas offert, pour la classe 34 de la brosserie, maroquinerie, tabletterie et vannerie, des centralisations compactes, fournies et consciencieuses. Il se peut que leurs industries dans ces branches soient plus sérieuses, plus considérables et en nombre et en genre aux quelques expositions qui ont été présentées à Saint-Louis, mais force est de les juger par ce qui était sous les yeux.
- Allemagne. — Si l’Allemagne ne nous a pas offert, au moins pour le groupe 34 de la brosserie, maroquinerie, tabletterie et vannerie, suffisamment d’exposants dans chacune de ces industries pour pouvoir les comparer, en revanche, elle a présenté quelques produits de premier ordre.
- La maison Hülbe (Hambourg) a réuni dans un petit salon un très complet assortiment de toutes les utilisations du cuir estampé à la machine ou travaillé à la main : maroquinerie, gainerie, petits meubles et sièges. Excellente fabrication au point de vue de la technique et des montages, très soignés et très finis.
- Weinzierl (Munich) a envoyé deux beaux albums d’un style gothique très pur.
- Les petits bronzes de fantaisie laissent beaucoup à désirer, ils essaient en vain d’égaler nos analogues produits.
- La tabletterie présente des pipes, tabatières et articles pour fumeurs, d’un travail parfait, soigné et consciencieux.
- L’ambre et toutes ses multiples utilisations dans l’art décoratif a également été étudié avec la minutie allemande; certains articles sont jolis, et d’autres se perfectionneront si cette matière charmante, mais délaissée, revient à la mode.
- Les ivoires de Hanau méritent d’être notés : ce sont des statuettes sculptées et décorées à la manière chryséléphantine, d’or, d’argent, de platine, de pierres précieuses, valant de 100 à 2.500 dollars. Excellente exécution comme main-d’œuvre et fini de tous les petits accessoires divers (bijoux, boucliers, cors de chasse, etc., etc.) qui ornent les statuettes; évidemment l’Allemagne se préoccupe de relever l’industrie de l’ivoire qui y est très répandue, mais il semble que ce mouvement s’y fait en dehors des artistes.
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- Autriche. — Abstention presque totale de la plupart des grandes fabriques de maroquinerie connues devienne; cependant les exposants qui ont concouru ont présenté d’assez jolies collections de buvards, portefeuilles, etc., et un petit choix de ces fantaisies connues sous le nom d’articles de Vienne.
- La tabletterie offre d’excellents produits en peignes, pipes et articles de fumeurs.
- En général, tous les articles sont soignés et finis sans atteindre ici toutefois à ce cachet exquis dont Vienne est coutumière.
- Brésil. — Deux expositions de brosserie : l’une, présentée par le Gouvernement est le travail des prisons, assez inférieur; l’autre par une maison de Puerto-Alegre, offre une collection assez complète de brosses d’appartement, d’écurie et de brosses à peindre d’un ordre plus relevé; en somme, c’est une fabrication courante qui essaie d’aborder tous les genres et de satisfaire à toutes les demandes.
- Bulgarie. — L’exposition de la Bulgarie, quoique restreinte, prouve pourtant que cette nation possède et essaie plus d’une industrie. A ce point de vue, il faut noter une petite collection de porte-monnaie, porte-cartes et autres articles de maroquinerie. Fabrication courante, et à ses débuts.
- Chine. — L’Exposition du groupe 34 à la section chinoise ne peut pas être classée par groupements rigoureux, éparpillée qu’elle était en différentes vitrines, mais elle n’en présentait pas moins des articles très intéressants.
- Les petits bronzes, les cuivres, étaient des pièces rares, quelques-unes de toute beauté; quant aux écrins qui contenaient des bibelots rares en jade, en porcelaine ou en toute matière fragile, ils étaient gainés à l’extérieur en soies délicieuses, et à l’intérieur, épousaient la forme de l’objet qu’ils avaient à préserver, avec une précision très rigoureuse, qui prouve une fois de plus à quel degré d’adresse parviennent leurs bons ouvriers.
- La vannerie chinoise avait envoyé comme échantillons de son savoir-faire, une innombrable collection de petits spécimens en vannerie, de toutes les formes de jonques, barques et bateaux chinois,
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- collection très curieuse autant par la variété infinie des modèles que par la souplesse de la main-d’œuvre.
- Etats-Unis d’Amérique. — Pour la brosserie, le nombre des exposants a été des plus restreints. Quelques manufactures de balayeuses automatiques pour appartements ; brosserie de ménage, brosserie d’écurie, les unes et les autres d’une fabrication tout à fait courante et populaire; quant à la brosserie dite de luxe, pour toilette ou nécessaires, que deux ou trois grandes maisons présentent, telles que Gorham, de Providence, Mermod et Jaccard, de Saint-Louis, elle est fine, bien faite, en ivoire, ébène, or, argent, galuchat, mais peut-être un peu lourde dans ses lignes et sans élégance, malgré sa réelle richesse; du reste, ces maisons étant surtout des orfèvres et des sortes de bazars de multiples objets de luxe, il est douteux que la brosserie y soit fabriquée par ces maisons elles-mêmes.
- Ajoutons de suite que la brosse la plus fréquemment répandue dans les Etats-Unis, est une sorte d’époussette en paille de riz. Mais, là encore, peu de concurrents; la plus importante exposition est celle du Lee Broom and Dusxter C° (Davenport-Iowa et Lincoln Nebraska). Cette, maison est très intelligemment dirigée, comme la plupart des manufactures américaines, où les moindres questions sont étudiées, suivies et examinées avec autant de soin que les plus importantes, dès qu’il s’agit de la réalisation du gain ; la réclame y est déjà faite avec soin et on désire l’agrandir encore. (Voir à ce sujet quelques détails à : Conclusions).
- La maroquinerie et la gaînerie américaines, du moins le très petit nombre qui a exposé à Saint-Louis, se divisent : 1° en articles de luxe, soignés, finis et très coûteux, tels que buvards, portefeuilles, porte-monnaie en maroquin écrasé, en cuir d’hippopotame, avec montures de métal précieux, uni, guilloché, et pierres fines, sacs de dames d’un genre riche, en peau de Suède, en velours brodé, en Venise, en canevas avec perles d’une finesse extrême; 2° en articles des plus vulgaires, dans le genre de ceux que nous fabriquons pour nos bazars de province.
- On imite avec fureur la peau de crocodile, donnant à cette imitation des protubérances que jamais crocodile—malgré sa férocité — ne songea à atteindre.
- Un autre produit faisait rage à l’Exposition de Saint-Louis, qui en était absolument inondé, ainsi que le commerce de l’Union; c’est une peau chamoisée, dans le genre de celle qu’on nommait il y a quelques
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- années peau velours, grise, fauve, verte, rouge, grossièrement pyrogravée et enluminée, parfois découpée en lanières, ornée de verroteries, montée de la façon la plus vulgaire; cette peau chamoisée s’utilise en porte-monnaie, sacs, blagues, miroirs de poche, pelotes, portefeuilles, coussins, panneaux pour les murailles, etc., etc. Elle est assez douce au toucher, et peut-être, employée avec goût, donnerait-elle de jolis articles, mais avec la façon hâtive et barbare avec laquelle on la présente, bâclée en Californie, c’est un envahissement déplorable.
- La Californie nous offre encore un vague essai — oh très vague ! — de cuir d’art consistant en un travail de cuir abaissé; l’origine, la technique et les dessins sont évidemment mexicains, puisque cet Etat n’est rentré dans l’Union qu’en 1848, et que d’ailleurs l’analogue travail se retrouve sur la sellerie de luxe mexicaine, mais à un degré plus raffiné. Le genre très archaïque de ce cuir ciselé permettrait d’en faire des reconstitutions sous une direction artistique, mais actuellement, appliqué à des sacs de dame, à des ceintures, à des blagues ou à des garnitures de chapeau d’homme, c’est un mélange disparate.
- La tabletterie n’a rien fait qui puisse permettre de la juger; peu, très peu d’exposants, dans les multiples genres de cette industrie si diverse, tels que pipes, peignes, ivoires, buis, cornes, écaille, et d’un ordre tout à fait rudimentaire.
- Ce que nous appelons la bimbeloterie, ou l’article de Paris, les petites fantaisies, sont encore plus inférieures.
- La vannerie fine, vannerie de bureau, d’appartement, de fantaisie, surtout la petite corbeille, nous a offert des spécimens très curieux. Exposée dans la section d’art décoratif organisée par les soins de M. Ives, c’est un des rares arts autochtones de l’Amérique, car elle est principalement fabriquée par les rares tributs indiennes encore existantes, (principalement en Californie). La forme de ces vanneries aux lignes pures, leurs dessins d’une grande netteté géométrique, tracés à l’aide de différents matériaux, joncs, osiers, tiges, préalablement teints avant de s’en servir (car les corbeilles ne reçoivent aucune addition de coloriage) le symbolisme sacré ou profane que ces dessins représentent, leur variété, leurs sobres ornements en plumes ou en pendeloques d’argent, constituent une des plus belles vanneries que l’on puisse voir, d’un goût et d’une grâce rare, et en tous cas qu’aucune vannerie n’ont dépassé. Car la vannerie siamoise et japonaise qui sont assurément fort belles l’une et l’autre
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- sont en général. monochromes. Du reste, le gouvernement de l’Union protège ouvertement cet art décoratif, non seulement en collectionnant pour ses musées les plus belles de ces vanneries, mais en exigeant que la vannerie soit inscrite au programme des écoles professionnelles, où des professeurs essaient de recueillir les dernières traditions des habiles faiseuses de corbeilles indiennes.
- Grande-Bretagne. — L’Angleterre et l’Ecosse (1) qui, dans les industries de brosserie, tabletterie et maroquinerie, possèdent des manufactures et des marques de premier ordre, s’est presque totalement abstenu dans les productions du groupe 34, soit par manque de place, soit en prévoyance du tarif américain. Seule, une ancienne et célèbre maison de peignes, Alberdeen Comb Work, a envoyé une vitrine murale, renfermant des spécimens de peignes divers, gobelets, couverts, coupe-papiers, etc., etc., encorne blanche ou brune. Fabrication sérieuse et solide, ce qui peut certainement se faire de mieux avec cette matière dans un but de vente courante. *
- Hongrie. — Quelques jolis articles de maroquinerie en cuir de bœuf incisé et teinté, avec des tendances d’art moderne très spécial.
- Italie. — Nombreux articles de tabletterie en écaille, ivoire, ambre, corail, mosaïque, quelques cadres en cuivre genre ancien, en cuir de fantaisie et quelques jolis bibelots tels que coussins, petits écrans, petits paravents en cuir de Venise, plutôt attirants et chatoyants que réellement artistiques ; mais assez soignés et d’une bonne fabrication.
- Japon. — L’Exposition de la section japonaise, très complète dans le choix et la classification de ses industries, nous a présenté, pour le groupe 34, des ensembles on ne peut plus intéressants, non seulement par les produits eux-mêmes, mais par les tendances qu’ils offrent et les enseignements qui en ressortent.
- Collections de pinceaux (principalement pour aquarellistes japonais) et brosses de toilette, de ménage, brosses à dents, balais; en bois et en os pour l’article courant, et en corne, écaille, et en argent pour l’article de luxe ; mais les unes comme les autres cherchant à atteindre le summum du bon marché ou de la richesse, ainsi que de l'élégance. Grâce
- (1) L’Jrlande possédait une vaste exposition à part des emplacements officiels de l’Angleterre
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- à l’indéniable sentiment artistique de cette nation, les fabricants saisissent, même pour des objets d’utilité banale, tels des balais, l’occasion de les rendre moins laids en ornant les manches ; quant aux pinceaux pour les arts, et qui dans leur forme comme dans leurs détails, sont bien spéciaux pour la technique particulière de l’aquarelliste japonais, les manches sont charmants, en laque noire ou rouge avec fleurettes dorées, en bambou incisé et orné ; un protège-pointe préserve les extrémités des pinceaux les plus délicats ; non seulement ce protège-pointe est évidé ce1 qui allait de soi, mais il est ajouré pour que l’air pénètre et laisse sécher le pinceau, mais plus encore, il est ajouré par des dessins en spirales très amusants.
- La brosserie de luxe pour nécessaires et pour toilettes, en écaille, en corne, en argent, en or même, est d’une réelle élégance, fine et soignée; ici, ce sont des produits évidemment copiés sur des modèles européens auxquels l’artisan japonais n’a pas encore imprimé son cachet spécial, ou auxquels il ne veut peut-être pas, et pour cause, l’imprimer, pour le faire accueillir plus rapidement sur les marchés européens.
- Boites d’ongliers en ivoire et écaille, gainées de velours bleu, travail soigné, fabrication fine, qui s’améliorera encore, ce sont également des articles copiés sur les modèles européens. Grand choix d’éventails, couteaux à papier, couverts à salade, porte-cartes, faces à main, tabatières, baguiers, boîtes à poudre, etc., etc., identiquement copiés sur des modèles européens.
- Collection très complète de peignes en tous genres, depuis le peigne à démêler jusqu’à l’ornement pour cheveux, ou le peigne à chignon délicieusement artistique en écaille blonde ou brune, ajouré, repercé; mais d’un art ultra-japonais, représentant par exemple un dragon ou une chimère s’enroulant et se déroulant en replis tortueux, fantaisie difficile à porter; peignes fins, peignes pliants pour la poche, etc., etc., d’une fabrication très soignée, produits également copiés sur des modèles européens ; et au milieu de cette collection, deux peignes en demi-cintre dans l’allure et la tradition de ceux que portent les femmes japonaises, détonnent presque.
- Quelques portes-cartes et portefeuilles en peau de cerf teintée, ou en carton-cuir.
- Innombrable collection d’ivoires sculptés, statuettes, panneaux, bibelots de tout genre, toute dimension et toute valeur, jolis, gracieux
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- ou amusants, très variés, grâce à l’ingéniosité de l’artisan japonais; néanmoins l’aspect général de ces ivoires, quoique la main d’œuvre soit parfaite, est plus industriel qu’artistique.
- La petite vannerie japonaise, pour bouquets, vides-poches, etc., etc., est heureusement restée stationnaire, conservant un style et un cachet très personnel. Monochrome, d’un joli ton brun, elle a présenté une collection ravissante, tant comme forme que comme travail. A noter aussi quelques porcelaines ou faïences clissées, ajoutant un ornement assez pittoresque, par le mélange des couleurs vives de la porcelaine entrevue à travers les jours du clissage.
- Remarquable envoi de sparterie, surtout des nattes, merveilleuses de finesse, avec des dessins et des coloris aussi distingués que nouveaux.
- Quant aux petits bronzes et à ce qu’on peut nommer le petit bibelot japonais, c’est ce que nous connaissons depuis longtemps, vide-poche, cendriers, encriers, couteaux à papier, boîte à timbres, porte-bouquets, brûle-parfums, jardinières, etc., etc., c’est un genre amusant, très séduisant pour la foule du public et auquel on ne peut refuser du goût, de l’ingéniosité, une main-d’œuvre assez gentille et parfois presque du cachet.
- En résumé, le groupe 34 a été représenté au Japon avec succès. Il est certain que tous les objets copiés sur des modèles européens et dont la vente ne serait, malgré leur nouvelle orientation, que très restreinte au Japon, sont destinées à l’exportation et vont prendre ou essayer de prendre une place de plus en plus importante sur nos marchés.
- Mexique. — Quelques travaux en cuir découpé et incisé, assez différents du réel travail de cuir abaissé, lequel est beaucoup plus national et a donné parfois de beaux articles.
- Jolis échantillons de vannerie indienne ; on ne saurait trop dans tous les pays où cette branche décorative a atteint des effets artistiques, encourager la continuation ou la reprise de ce joli travail.
- Russie. — Pipes, cannes, manches d’ombrelles et articles pour fumeurs en bois incrusté d’argent, travail arq^afien et caucasien très gracieux et bien spécial.
- Quelques buvards ou couver^fes de livres en cuir d’art, présentés par des Sociétés d’art décoratif.
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- Siam. —"Vannerie "d’üne grande finesse, d’une variété et d’une extrême recherche, pour toutes les multiples petites utilisations où elle s’emploie, certaines corbeilles en forme de pagode ou de bateaux, sont des véritables objets d’art.
- IV
- JURY DES RÉCOMPENSES
- Le groupe 34 (Brosserie, tabletterie, maroquinerie et vannerie) et le groupe 33 (bronze) ont été réunis et ont fonctionnés simultanément pour le jury des récompenses.
- M. Aele (américain), faisait fonction de président des deux groupes réunis.
- M. Douglas (américain), faisait fonction de secrétaire des deux groupes réunis.
- MM. Dayton (américain), vice-président du groupe 34.
- H. Knopp (américain).
- J. Smith (américain).
- E. Bain (américain).
- Ed. Betz (américain).
- Araki (japonais).
- Dr P. Klebs (allemand).
- Ad. Schloss (français).
- Albert Leloir (français), membre suppléant.
- Le rapporteur regrette de ne pouvoir établir de tableaux comparatifs des exposants et des récompenses de la France avec les nations étrangères, car à 1 heure où ce rapport s’imprime, le rapporteur n’a pas encore reçu toutes les réponses aux demandes officielles qu’il a adressé aux pays qui ont pris part à l’Exposition de Saint-Louis, Amérique, 1904. Dans ces conditions il ne pourrait établir qu’un document incomplet. Il adresse ses remerciements aux nations qui ont répondu à ses demandes et tous ses regrets de n’avoir pu les publier ici.
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- TABLEAU DES RÉCOMPENSES
- NOMBRE
- des
- EXPOSANTS
- France. 30 W
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- BROSSERIE
- MEDAILLES
- Argent
- MAROQUINERIE CUIR D’ART
- MÉDAILLES
- Argent
- MÉDAILLES
- Or
- Argent
- TABLETTERIE
- MÉDAILLES
- Argent
- IVOIRES
- MÉDAILLES
- Argent
- PETITS BRONZES
- MÉDAILLES
- Argent
- (1) La Chambre consultative des Associations Ouvrières de Production de Paris a concouru pour les récompenses au gioupe 13,5 (Méthode de rémunération industrielle). ...
- Les Maisons Carrière (E.) et Labbé et Cie qui avaient exposé au groupe 36 (Bimbelotterie) ont, pour les recompenses, ete réunies au groupe 34.
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- V
- CONCLUSIONS
- Il est difficile d’établir de réelles conclusions économiques, industrielles et commerciales au sujet des diverses industries qui composaient le groupe 34 à l’exposition de Saint-Louis.
- Ainsi qu’il a été dit plus haut, quelques nations s’étaient complètement abstenues d’y participer au point de vue de ces industries; d’autres ne l’ont fait que d’une manière faible, incomplète ou artificielle.
- Parmi les grandes productions, seule la France a montré un ensemble sérieux et sincère d’où puisse découler un jugement, car les autres nations, Allemagne, Angleterre, Autriche, Japon, les Etats-Unis eux-mêmes, auxquels pourtant s’offraient des facilités bien plus engageantes, n’ont point présenté tout ce qu’ils peuvent donner. Reste maintenant à examiner si nos produits, pour parfaits qu’ils soient, cadrent bien exactement avec les habitudes du public américain.
- Notre brosserie, tant pour la bros -erie fine que pour la grosse brosserie est appréciée aux Etats-Unis; même fort souvent, d’après l’usage le plus fréquent, elle est demandée ou vendue sous le nom de son producteur ou sous sa marque spéciale ; car l’acheteur américain demandera, non une brosse, mais telle brosse dont il a retenu le nom. Détail à noter, à cause de l’extrême et âpre concurrence, à cause des frais énormes de la réclame et de la publicité, les objets américains sont rarement anonymes ; c’est pourquoi, le nom ou la marque du fabricant donné en Amérique à tel ou tel article, y semble une question sérieuse, et voici en passant un exemple qui fera mieux comprendre cette réflexion.
- A l’exposition de Saint-Louis, une Compagnie fabriquant de ces sortes de petites brosses à mains ou époussettes en paille de riz, a distribué par milliers un petit bulletin que je traduis en n’omettant que le seul nom de la maison :
- « La marque XXX, consiste en un choix de différents balais, portant ce chacun un nom spécial, par exemple : Little Midget. Nous ajoutons « maintenant un parloor broom (c’est-à-dire une brosse de salon, de « coiffeur) pour laquelle il faut que vous nous trouviez un nom, comme « Oneida) (1).
- « Cinquante dollars (250 fr.) seront donnés à la personne qui indiquera ce nom-là. »
- « Nous voudrions aussi une marque de fabrique, emblème, ou poésie « ou refrain, absolument frappant qui puisse être employé par notre
- (1). Nom d’un biscuit sec, très apprécié en Amérique et pour lequel il a été fait une énorme publicité.
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- « maison pour indiquer les objets que nous manufacturons, par exemple , « Red Raven) (1).
- « Cinquante dollars (250 fr.) seront donnés également à la personne « qui nous indiquera une idée.
- « Les prix seront distribués par notre maison, et le nom du gagnant « publié dans les journaux à la fin du World’s Fair.
- « Toutes ces idées deviendront la propriété de la Cie XXX. »
- (Suivent le nom et l’adresse).
- Ce petit morceau de prose banale, pris au hasard entre cent, prouve donc une fois de plus l’ingéniosité de la réclame américaine, et l’importance attachée aux Etats-Unis, plus qu’ailleurs, à la marque de fabrique, au nom de l’objet, et combien nos exportateurs doivent être soucieux de ces côtés-là.
- Au sujet de l’exportation de la maroquinerie et gainerie, quelques articles spéciaux s’imposent.
- L’Américain emploie surtout la monnaie de papier pour l’échange journalière des moindres transactions.
- Il y a des billets de 1 dollar, 2 dollars, 3 dollars, 4 dollars, 5 dollars, 10 dollars et 20 dollars. Viennent ensuite le cent (5 centimes [français) en cuivre et à peu près de la grandeur d’une pièce de 0 fr. 02 centimes, puis la pièce de 5 cents (0 fr. 25) en nickel, de la grandeur d’une pièce de 0 fr. 50 centimes. Après c’est le quarter argent, c’est-à-dire le quart de dollar (soit 1 fr. 25), le half, c”est-à-dire le demi-dollar (soit 2 fr. 50) et enfin le dollar d’argent, à peu près de la grandeur d’une pièce de 5 francs. Signalons que le gouvernement Américain qui a depuis longtemps adopté le système métrique, ne l’impose pas encore, il ne le sera que dans cinq ans, mais il régit la division monétaire.
- Les Américains n’emploient donc guère que la monnaie de papier; les National Rank ont dû adopter à peu de chose près les mêmes formats pour toutes ces diverses coupures. Cette monnaie de papier n’est guère traitée par le public avec le respect que nous témoignons ici à nos billets de banque; les uns, pressés, impatients et dépensiers ! c’est le plus grand nombre, prennent les dollars et les fourrent à même leur poche, en petits tampons, sans se préoccuper de les chiffonner; les autres, bien rares, les ploient en portefeuille, et pour ces derniers, la maroquinerie a cherché des formes très spéciales; tantôt ces portefeuilles sont munis de petits ressorts qui pincent le haut du billet et permettent de les feuilleter pour choisir la coupure voulue, et ensuite de les rouler ; d’autres portefeuilles ont des compartiments comme des pochettes à timbres-poste, où ils devraient être également classés par valeurs ; mais le portefeuille qui semble être le favori est celui en cuir, dont les deux bords d’en haut
- (1). Red Raven (le Corbeau rouge) est le nom d’une célèbre eau médicinale, dont la marque, un énorme corbeau,se profile avec une persistance inouïe dans les moindres recoins de l’Union.
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- s’entrebâillent afin d’y glisser les dollars papier, étendus dans toute leur grandeur, puis deux boutons les serrent par une pression qui clôt les bords du cuir, et permet de replier ensuite le portefeuille en deux ou trois compartiments.
- Les porte-monnaie affectionnent surtout la forme longue et étroite, dite « américaine », les femmes les gardent à la main, ou les placent dans des petits sacs qu’elles affectionnent autant, si ce n’est plus, que nos européennes. Le sac-aumônière avec fermoir de métal plus ou moins riche, et à crochets permettant de le suspendre à la taille, laissant par conséquent toute liberté aux mains, est très en vogue; également à la mode le sac japonais en cuir ou étoffe japonaise, fermée par une cordelière à noeuds et retenu par un bouton d’ivoire sculpté, le réel sac japonais était très prisé, quoique boursouflé et volumineux.
- La monnaie de cuivre est très rarement employée, sauf pour l’achat des journaux ; quant au quarter, au half(quart de dollar et demi-dollar) ils sont invariablement jetés par les hommes pêle-mêle dans leur poche ; seules les femmes prennent la peine d’ouvrir un porte-monnaie à cet effet ; mais elles refusent tant qu’elles le peuvent le dollar d’argent, que, du reste, on ne vous donne qu’à toute extrémité et avec force excuses. Notons en passant la presque totale absence chez les femmes, de la petite bourse en mailles d’or ou d’argent, la cohue des tramways américains favoriserait par trop l’audace du pick-pocket.
- Il est donc de toute évidence que la Maroquinerie française qui vise la clientèle américaine, devra tenir compte des exigences de la monnaie de papier et de la monnaie de métal et surtout se préoccuper du portefeuille pour le dollar de papier.
- Au sujet des articles de bureau, il faut aussi remarquer que le buvard sous toutes ses formes est moins fréquent qu’en France. D’abord l’usage du crayon remplace, même dans des administrations de l’État, telles que banques, postes, chemins de fer, remplace, dis-je, la plume et l’encre, parce que l’usage en est plus rapide (pas de plumes à mouiller, ni d’écriture à sécher) et parce que le papier dont on se sert pour le crayon est d’un prix moindre que celui qu’exige l’écriture à l’encre; et pourtant on trouve dans presque toutes les poches des hommes la Fountaïn Pen(l). Le classeur à papier est aussi moins fréquent, car le papier est presque toujours (sauf pour le papier à lettre élégant) en blocs compacts d’où on détache les feuilles une à une, d’où impossibilité de les voir traîner ou chiffonner; en tous cas, préférables ou non, ces usages différents des nôtres sur quelques points, modifient l’aspect et les accessoires du bureau au sujet des classeurs, plumiers, porte-plumes, etc.
- Dans la gaînerie, il est un article où nos industriels apportent un vrai raffinement parce que nos femmes le demandent ainsi : c’est le petit
- (1) Plume à réservoir d’encre, s’accrochant debout dans la petite poche du gilet.
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- nécessaire de couture, depuis la corbeille doublée de satin qu’on donne en étrennes à nos petites filles afin qu’elles puissent habiller leurs poupées, jusqu’au petit nécessaire d’ivoire, d’écaille, de galuchat, aux ustensiles ciselés. C’est en vain qu’on cherche cet article dans les magasins ou les bazars de l’Amérique; certes les dés, ciseaux et passe-lacet existent, car il ne faut point croire que l’Américaine ne sache pas tenir une aiguille et, à la rigueur, faire elle-même robes et chapeaux; mais il est évident que le goût et l’usage de la couture est peu répandu. Les vêtements, les chapeaux, la lingerie confectionnée y est en général bon marché, tandis que la couturière, la modiste ou l’ouvrière en journée sont coûteuses. En outre, la machine à coudre de plus en plus perfectionnée, offrant non seulement des points très variés, mais bâtissant, brodant, faisant des « jours », des boutonnières, etc., la machine très bon marché, que l’on donne à l’essai pour un mois, la machine à coudre d’un tout petit volume que l’on emporte en voyage, vrai petit bijou nickelé facile à visser sur le bord de n’importe quelle table, est cent fois préférée par l’Américaine, à l’aiguille, car si l’Américaine coud, c’est ordinairement par utilité, raison ou économie, rarement par plaisir; elle ignore ou à peu près la plupart de ces jolis arts où la main joue le grand rôle, la broderie, le crochet, la dentelle, la tapisserie, ce que nous appelons « ouvrages » et dont nos européennes obtiennent un tel effet avec tant d’art, de goût et de patience pour l’ornementation originale de leurs intérieurs ou de leurs personnes; l’Américaine préfère employer ses loisirs, sauf exception, aux sports, aux lectures, ou aux études ; ces jolis colifichets de nos tables de couture sont donc rarement usités, d’où l’inexistence du nécessaire sous toutes ses formes.
- Il est très fâcheux que nos vanniers français se soient abstenus d’exposer à Saint-Louis, non seulement parce que nous avons dans cette branche des productions gracieuses, mais parce qu’il y aurait pour notre vannerie française grand intérêt à étudier un côté tout spécial de la vannerie américaine et l’importance qu’on y attache.
- A parler net, la vannerie américaine devrait s’appeler la vannerie indienne, car c’est dans les dernières tribus indiennes existantes qu’elle est fabriquée, et c’est de là que le goût s’en est assez répandu pour qu’aujourd’hui les moindres écoles professionnelles en inscrivent l’enseignement à leurs programmes (1).
- La vannerie indienne, cela va de soi, varie suivant les tribus qui la
- (1) Le rapporteur a cru utile, non seulement d’assister aux cours de vannerie dans les « High School », où la mission d’études dont l’avait chargé M. le Ministre du Commerce l’appelait, mais d’aller jusqu’en Californie pour y voir de visu et étudier les techniques particulières des vanneries américaines au sujet desquelles il est prêt à fournir des renseignements spéciaux.
- Voir également à ce sujet le rapport adressé en 1902, à M. le Ministre du Commerce, au sujet de la mission d’études confiée au rapporteur à l’Exposition des Arts décoratifs de Turin et en 1905, à l’Exposition universelle de Saint-Louis (Amérique).
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- pratiquent; la plus belle est la vannerie des tribus californiennes, en jonc et osier. Les formes en sont d’une grande pureté de lignes, les dessins géométriques et ce qui est plus, symboliques, car il existe des paniers sacrés pour quelques rites du culte païen, et dont l’ornement, les couleurs et la silhouette sont immuables depuis nombre de siècles, dénotant un sentiment réel de la nature, de la poésie, autant que d’élévation d’esprit. Ces paniers servent souvent d’ustensiles de ménage, pour garder et transporter les graines, les aliments, l’eau, après avoir été imperméabilisés par des procédés primitifs et ingénieux, enfin, de berceau. Malheureusement, certaines vanneries et leur tradition se perdent déjà, d’abord à cause de la destruction croissante de ces races infortunées, et aussi parce que les plus beaux paniers sont brûlés aux funérailles des indiens en guise d’hommage; de la sorte, nombre de modèles disparaissent; aussi ceux qui ont la direction des réserves où l’on parque les derniers indiens, ont-ils l’ordre d’acheter aux femmes indiennes tous les paniers qu’elles veulent et peuvent faire; certains de ces paniers atteignent 70 et 80 dollars (350 et 400 fr.), et quand leurs dimensions sont vastesî(une ou deux personnes peuvent s’y accroupir), le travail demande jusqu’à treize et quatorze mois; naturellement le travail est exclusivement fait par les femmes, qui seules ont le droit de les vendre, comme tout ce qui est dans la maison, suivant l’usage indien, les hommes ne s’occupant que de guerre ou de sport.
- Aujourd’hui le goût s’en est mêlé, et les collectionneurs se disputent les plus jolis spécimens, dont la variété et les dessins sont infinis, mais voici où la question peut nous toucher au point de vue artistique. Les indiennes n’emploient que le jonc et l’osier ; celui-ci est par elles taillé, effilé et aminci comme un fort fil ; un poinçon en os, des plus primitifs, leur sert d’aiguille; mais les écoles américaines et les amateurs qui s’y adonnent, en un mot, ce qu’on appelle les paniers des « blancs» pour les différencier des paniers de la race rouge, sont faits avec du jonc et du raphia ; et ce raphia provient très souvent de Madagascar. Il y a donc pour nous toute une industrie à créer en France, non pas en imitant avec servilité le genre américain pour joli qu’il soit, mais en favorisant, en enseignant dans nos colonies, où la main-d’œuvre est bon marché, la vannerie, afin de perfectionner celle qui est déjà existante.
- En résumé, au moins autant que faire se peut pour un groupe comme le groupe 34, qui n’a été complètement représenté que par la France et par une ou deux nations, car les autres pays étaient absents ou incomplets, en résumé, notre industrie française est connue et appréciée en Amérique où sa meilleure recommandation est d’être justement française, c'est-à-dire finie et soignée, plus coûteuse sans doute que celle que d’autres producteurs y exportent, mais d’une vente assurée auprès du public choisi qui sait très bien faire la distinction voulue.
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