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Section française. Rapport du Groupe 16 [Photographie]
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- EXPOSITION DE SAINT-LOUIS
- 1904
- GROUPE 16
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- mmSTÈRE DU COMMERCE, DE L’IWDUSTRIE DES POSTES ET TÉLÉGRAPHES
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- M. VERMOT, édîteuR
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- GROUPE XVI
- CLASSES 54 ET 55
- PHOTOGRAPHIE
- CHAPITRE PREMIER
- INDICATIONS GÉNÉRALES
- Classification
- D’après la classification américaine, le Groupe XVI était formé de deux Classes, les Classes 54 et 55.
- Classe 54 : Matériel, instruments et appareils de Photographie, Accessoires d’ateliers, Stéréoscopes, Mutoscopes;
- Classe 55 : Pellicules, Epreuves négatives sur verre, papier, bois, étoffes;
- Emaux ;
- Photogravure en creux et en relief; Photocollographie ;
- Photolithographie ;
- Epreuves stéréoscopiques ;
- Agrandissements ;
- Epreuves photomicrographiques ;
- Epreuves en impressions trichromes;
- Applications scientifiques de la Photographie ; Photographie artistique, portraits, paysages, etc.
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- 6 EXPOSITION INTERNATIONALE DE SAINT-LOUIS
- Comme on le voit par cette énumération, les Américains séparent complètement les fabricants des opérateurs, qu’ils soient professionnels, amateurs ou savants, alors que dans nos Expositions Universelles, les différentes branches de la Photographie ont toujotirs été groupées en une seule Classe,
- Comités d’Admission et d’installation
- Le Comité français du Groupe XVI était composé de :
- Belliéni. MM. Guilleminot.
- Boyer. JoüGLA.
- Mathieu-Deroche . Jarret,
- Braun. Antoine Lumière.
- Paul Bourgeois. Louis Lumière.
- Balagny. Auguste Lumière.
- Bucquet. Charles Mendel.
- Boepselug. P. Mercier.
- Bergeret. Mercier.
- Henri Demaria. Nadar.
- Jules Demaria. PüYO.
- Dubouloz. Otto.
- Dujardin. Turillon.
- Robert Demachy. Richard.
- Gaumont. Gerschell. Wallon.
- Lors de la première réunion du Comité d’admission, le Bureau du Groupe fut constitué comme suit :
- Président : MM. Gaumont ;
- Vice-présidents: Bucquet, Otto;
- Secrétaire : Jules Demaria ;
- Trésorier : Boepsflug.
- Plus tard le Comité d’admission fut transformé en Comité
- d’installation, avec le même Bureau.
- Les réunions des Comités eurent lieu au Siège Social de la Chambre syndicale des fabricants et négociants de la Photographie, et après une active propagande, le Comité vit ses efforts couronnés de succès, puisque, tour à tour, les maisons les
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- plus importantes lui adressèrent leur adhésion, pour former le groupement photographique le plus important et le plus complet de l’Exposition.
- Après avoir convoqué un certain nombre d’entrepreneurs, examiné différentes propositions, le choix du Comité s’arrêta sur MM. Kaleski et Dubruel.
- Les prix demandés aux exposants étaient les suivants :
- Vitrines : Par mètre courant pour une seule façade... 600 fr.
- » Retours en façade, en plus par mètre....... 500 fr.
- Surfaces murales : le mètre linéaire............ 250 fr.
- Installations isolées : le mètre................ 1000 fr.
- Afin de ne pas nuire à l’ensemble de la Classe, le Comité avait décidé de ne pas accepter les demandes d’emplacement de moins d’un mètre, mais les Expositions collectives étaient admises, telles celles de la Chambre Syndicale des Photographes professionnels et du « photo-club » de Paris.
- La limite de réception des colis était fixée au 30 avril 1904, et notre Section fut prête à l’ouverture.
- Sa superficie était d’environ 300 mètres carrés et si, malgré l’ensemble de la décoration, l’heureuse disposition des vitrines et des Expositions murales adoptées par M. de Montarnal, l’habile architecte de notre Classe, nos Expositions n’ont pas produit tout l’effet auquel les sacrifices faits nous mettaient en droit d’attendre, c’est que l’emplacement qu’on nous avait assigné était par trop sombre et mal situé.
- L’ensemble des dépenses effectuées dans notre Groupe peut être évalué à une quarantaine de mille francs, se répartissant de la façon suivante :
- Emplacements......................... 6.000 fr. environ
- Installations..................... 25.000 fr. »
- Décoration générale ................. 5.000 fr. »
- Electricité ........................ 2.000 fr. »
- Frais divers ........................ 2.000 fr. »
- Jury des Récompenses
- Le Jury international des récompenses du Groupe XVI était composé comme suit :
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- Président : MM. Charles Kurz......... Etats-Unis
- Vice-président: Julio Poulat......... Mexique
- Secrétaire : Lazarnick........... Etats-Unis
- Membres :
- MM. Dundas Toddy........................... Etats-Unis
- Walter Zimmerman.............................. »
- S. L. Stein................................... »
- Curtis Bell................................... »
- Miss Frances B. Johnston.......................... »
- Mme Charles Ladd (suppléant)............... »
- MM. Russell Stanhope........................... Ceylan
- Paul Boyer................................. France
- Gaumont....................................... »
- Antoine Lumière............................... »
- Von Reden................................. Allemagne
- J. Craig Annan........................... Angleterre
- Général Waterhouse............................ »
- Takao Noma.................................. Japon
- Le Jury était donc presque entièrement composé d’amateurs et de professionnels, seule la France avait fourni un juré constructeur et un juré fabricant de produits photographiques.
- Pour mémoire, nous rappellerons que parmi les jurés étrangers, M. Julio Poulat représentait déjà son pays à notre Exposition de 1900, dans la Classe XII, et que Miss Frances B. Johnston avait fait partie du Congrès photographique tenu à Paris à la même époque.
- Après une série de visites à travers les galeries du Palais des Arts libéraux et dans les autres Palais, où étaient répartis certains exposants, visites souvent fort pénibles à cause de la chaleur torride, le Jury a décerné les récompenses dont nous donnons une liste aussi fidèle que possible, divers documents nous ayant fait totalement défaut.
- Nous devons dire que la façon dont était rédigé le Catalogue mis à notre disposition par l’Administration américaine, est loin d’avoir facilité notre tâche, car il était, pour bien des Sections, erronné et incomplet.
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- Récompenses décernées par Nationalité
- ( 10 Grands prix ;
- Allemagne . . . . . . .15 médailles d’or ;
- ( 17 médailles d’argent.
- Alaska S 1 médaille d’or ;
- l 2 médailles de bronze.
- République argentine . | 2 médailles d’or.
- Autriche.................j 1 Grand prix ;
- ( 2 médaillés de bronze.
- Belgique.................S 1 Grand prix ;
- I 1 médaillé d or ;
- ( 1 médaille d’or ;
- Brésil............. . . . I 6 médailles d’argent ;
- ( 6 médailles de bronze.
- Ceylan. .................! 3 médailles d’argent ;
- .................. ( 3 médailles de bronze.
- Chine....................| 1 médaille de bronze.
- Costa-Rica ..............| 2 médailles d’argent.
- 17 Grands prix ;
- 8 médailles d’or;
- 11 médailles d’argent;
- 21 médailles de bronze.
- / 11 Grands prix;
- ) 12 médailles d’or;
- ................j 1 médaille d’argent;
- \ 3 médailles de bronze.
- Indes anglaises......... | 1 Grand prix.
- ( 1 Grand prix ;
- Italie...................... 2 médailles d’or ;
- ( 1 médaille d’argent.
- Î2 médailles d’or ;
- 3 médailles d’argent ;
- 6 médailles de bronze.
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- Mexique ..............|
- Nouvelle-Zélande......|
- Nicaragua.............|
- Portugal..............J
- Porto-Rico............|
- Suisse ...............|
- Siam..................j
- Soit un total général de :
- 2 Grands prix ;
- 2 médailles d’or ;
- 5 médailles d’argent ;
- 6 médailles de bronze.
- 1 médaille d’argent ;
- 1 médaille de bronze.
- 1 médaille de bronze.
- 1 médaille d’or ;
- 1 médaille d’argent ;
- 1 médaille de bronze.
- 2 médailles de bronze.
- 1 médaille d’or.
- 2 médailles de bronze :
- 1 médaille d’argent ;
- , 41 Grands prix ;
- J 47 médailles d’or ;
- I 73 médailles d’argent;
- \ 80 médailles de bronze.
- Nous donnons ces chiffres à titre d’indication, car il est probable que, pour quelques-uns d’entre eux, le classement définitif fait par le Jury supérieur, a pu y apporter quelques modifications.
- Parmi les Nations qui ont pris part à l’Exposition, mais qui n’ont pas exposé au Groupe XYI, il faut citer :
- La Hollande, la Suède, l’Espagne, la Hongrie, la Bulgarie; puis le Maroc, l’Egypte, le Canada, le Guatemala, Haïti et le Venezuela.
- Parmi ces dernières, l’abstention du Canada, si proche voisin des Etats-Unis, était d’autant plus regrettable, qu’il y a dans ce pays un grand nombre de photographes et d’amateurs de talent.
- Si l’on examine la liste des Nations qui, à l’Exposition Universelle de 1900, avaient exposé dans la Classe de la Photographie, on voit que celles dont les noms suivent se sont totalement abstenues :
- La Grèce, la Turquie, la Bosnie, la Serbie, la Roumanie, la principauté de Monaco, la Norwège, le Luxembourg, la République de Saint-Marin et la Perse.
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- CHAPITRE II
- LA PHOTOGRAPHIE A L’EXPOSITION DE SAINT-LOUIS
- Emplacement des Sections Photographiques
- Ces Sections étaient réunies, en grande partie, dans le Palais des Arts libéraux : « Palace oe liberal Arts », un des huit Palais principaux de l’Exposition, mais on peut dire que la Photographie régnait de tous côtés, car jamais on ne la vit concourir dans une aussi large mesure à la présentation des objets exposés et à l’embellissement des surfaces murales, pour le plus grand plaisir des yeux.
- En effet, dans les Sections industrielles, minières, agricoles, dans celles des Beaux-Arts, dans les Expositions des gouvernements, des écoles, des administrations, on ne voyait de tous côtés que des épreuves photographiques, soit directes ou bien
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- agrandies dans des formats parfois considérables; cette profusion d’épreuves souvent très réussies, toujours intéressantes, nous a un peu consolé de l’abandon par trop complet dans lequel les Américains ont laissé la Photographie dans leur Exposition.
- Situé à proximité du Palais des Manufactures et de celui des Mines et de la Métallurgie, au milieu de jolis jardins aux parterres multicolores, le Palais des Arts libéraux avec ses proportions gigantesques, ses portes monumentales, ses magnifiques colonnades, ses statues, ses innombrables motifs d’architecture, offrait un aspect vraiment grandiose et si son aménagement intérieur avait répondu à la magnificence de l’extérieur, il eût constitué un ensemblejvraiment unique.
- Malheureusement, d’énormes poutres en bois formaient dans l’intérieur un enchevêtrement des plus disgracieux et, sans doute dans le but d’atténuer les ardeurs du soleil, les ouvertures y étaient fort rares, le rendant ainsi assez sombre par endroit.
- Quant aux Expositions photographiques qui ne se trouvaient pas dans ce Palais, elles figuraient, en général, dans le pavillon officiel de leur nation.
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- LA PHOTOGRAPHIE DANS LES ÉTATS DE L’EUROPE & DE L’AMÉRIQUE DU NORD
- FRANCE
- Un grand nombre d’exposants avaient répondu à l’invitation de l’Amérique ; ce n’était du reste pas la première fois que des Maisons françaises de Photographie envoyaient leurs produits dans une Exposition au-delà de l’Atlantique, puisqu’à celles de Philadelphie, Atlanta et Chicago, plusieurs d’entre elles y avaient pris part, avec succès. Quant à l’importance de la participation des autres Nations européennes et de l’Amérique elle-même à ces Expositions, il ne nous a pas été possible de nous en rendre compte.
- Notre Section était située près de celles des Instruments de précision, de la Musique et de la Librairie, et dès son arrivée, M. Picard, Délégué du Gouvernement français, accompagné de
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- M. Gérald, Commissaire général adjoint, et des délégués du Comité français F honora de sa visite.
- Nous avons déjà dit ce qu’était notre Section, et malgré que son emplacement et l’éclairage fussent loin d’être favorables, le Jury international a hautement reconnu les efforts et les mérites de nos exposants et les récompenses accordées constituent pour notre Groupe un véritable succès.
- Si l’on considère que sur 26 Expositions individuelles et 2 en collectivité, soit en tout 28 exposants qui concouraient, la France a remporté :
- 11 Grands prix et 12 médailles d’or.
- Alors que :
- 7 Grands prix et 12 médailles d’or ont été décernés aux 47 exposants américains ;
- 10 Grands prix et 15 médailles d’or aux 63 exposants allemands ;
- 7 Grands prix et 26 médailles d’or aux 87 exposants anglais, on voit que, proportionnellement au nombre des exposants, nos compatriotes ont obtenu deux à trois fois plus de hautes récompenses que les représentants des autres nations.
- C’est là un succès dont nous devons nous réjouir et qui peut aussi servir d’enseignement à un moment où, dans le domaine industriel, il semble que la production étrangère, qui est plus importante que la nôtre, tend de tous côtés à remplacer la qualité par le bon marché.
- Récompenses décernées dans notre Section
- Exposants hors concours comme membres du Jury :
- MM. Paul Boyer ;
- L. Gaumont ;
- A. Lumière père.
- Grands prix :
- MM. Belliéni, constructeur ;
- Braun, Clément et Cie, professionnels ;
- Demaria frères, constructeurs ;
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- Société Jougla, plaques et papiers ;
- Guilleminot, Boepsflug et Cie, plaques et papiers ; Mathieu-Deroche, professionnel ;
- Otto, professionnel ;
- Photo-Club, amateurs ;
- Prieur Dubois et Cie, professionnels ;
- Jules Richard, constructeur.
- Médailles d’or :
- MM. G. Balagny, amateur ;
- Dubouloz, autocopiste ;
- Gerschel, professionnel ;
- Infroit, radiographie ;
- Jarret, constructeur ;
- P. Mercier, produits ;
- M. Manuel, professionnel ;
- Pirou, professionnel ;
- Turillon, constructeur ;
- Société Industrielle a Rueil, papiers photographiques ;
- Société des appareils a rendement maximum, constructeurs ;
- Chambre syndicale de la Photographie professionnelle :
- Association ouvrière photographique;
- Médailles d’argent :
- MM. Clément et Gilmer, constructeurs.
- Médailles de bronze : *
- MM. Bioletto, papiers ;
- de Barry, professionnel.
- L’article 28 du règlement concernant l’organisation du Jury et l’attribution des récompenses, prévoyait la remise d’une médaille commémorative aux fonctionnaires de l’Exposition et aux membres du Jury, jugés dignes d’une distinction spéciale.
- C’est avec le plus grand plaisir que nous avons vu décerner à M. Antoine Lumière cette haute distinction si méritée, en récompense des services signalés que sa maison a rendus depuis si longtemps à la Photographie. r
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- La Photographie professionnelle
- La Photographie professionnelle était représentée par la collectivité de la Chambre syndicale des Photographes professionnels et par les Expositions particulières des premières maisons de Paris et de la Province.
- Chambre syndicale de la photographie professionnelle et de ses applications.— Sous la direction de son actif Président, M. Yallois, cette association avait organisé une Exposition fort bien présentée et, malgré la hâte apportée à sa préparation, son ensemble avait une réelle valeur et comprenait des spécimens de tous les procédés photographiques modernes.
- Parmi les exposants parisiens, citons, par ordre alphabétique:
- MM. Bénart, Maxime, qui exposait une jolie mosaïque de
- portraits d’enfants;
- Brézinski Emile ;
- Chevojc-n et Dufour, une belle série de documents industriels et d’architecture ;
- David, Jules, qui a la spécialité des groupes d’écoles, casernes, usines, etc., exposait 4 belles épreuves 30 x 40 ;
- Desbois, Léon, nous montrait un agrandissement au charbon fort bien traité ;
- Fernique, Louis, de beaux travaux de photogravure ; Garnier, Albert ;
- Giraudon, Adolphe, éditeur, exposait une série d’épreuves sur l’histoire de l’art, tirées sur papier au platine et virées en différents tons ;
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- Le Deley, une des maisons les plus importantes pour les impressions pliotoeollograpliiques, exposait de jolis spécimens de ses travaux, principalement en cartes postales;
- Luzzatto, Joseph, présentait dans un tableau des dépêches pelliculaires microscopiques expédiées, en 1870, par pigeons voyageurs, pendant le siège de Paris. Ce procédé, inventé par Dagron, rendit à cette époque de grands services à la défense nationale, mais ces épreuves qui datent de 35 ans n’ont plus maintenant qu’un intérêt historique ; nous pensons donc qu’il eût été préférable de les présenter dans une Section rétrospective; 1
- Moreau frères, spécialistes pour les reproductions industrielles et artistiques, présentaient une collection d’épreuves au charbon en différents tons, parmi lesquelles une fort belle reproduction de ton sanguine ;
- Pirou, Eugène, exposait quelques portraits de célébrités;
- Savezac de forge, successeur de Liébert, une des plus anciennes maisons de Paris, exposait un remarquable portrait au charbon, grandeur nature, de M. Janssen, directeur de l’Observatoire de Meudon;
- Nadar, Paul, dont l’atelier est universellement connu, méritait une mention tout à fait spéciale, autant par le choix et la variété des œuvres présentées, que par leur exécution artistique. Cette Exposition, parmi celles de la collectivité syndicale, était certainement la plus digne d’éloges;
- Vallois, exposait un beau portrait direct, grandeur nature, tiré au charbon, dont l’exécution ne laissait rien à désirer;
- Citons, par ordre alphabétique, les maisons de province.
- Arloing, Georges, de Vichy, qui exposait un agrandissement au charbon ton bleu d’un bel effet;
- Boineau, Joseph, d’Orléans, 4 grands agrandissements, 40 x 50, d’après des clichés 9 x 12, reproduisant des objets d’art du musée d’Orléans et des vues instantanées de la fête de Jeanne d’Arc ;
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- Chéri-Rousseau, de Saint-Etienne, une des plus anciennes maisons de province, dont la réputation artistique n’est pins à faire, exposait une série d’études tirées au charbon, qui ont fait l’admiration des connaisseurs;
- De Rozicki, de Senlis;
- Fontaine, Jules, de Rouen, exposait un grand groupe fort remarqué de fillettes en buste;
- Gendrand, Alfred, de Clermont-Ferrand, un beau portrait tiré au charbon d’après un négatif de grand format, obtenu à la lumière artificielle ;
- Lazon, Lucien, de Cambrai.
- A côté des œuvres de la collectivité syndicale, on remarquait les Expositions particulières de :
- MM. Boyer, avec quelques portraits et paysages d’une exécution parfaite ; quelques-uns d’entre eux provenaient de clichés obtenus à l’aide du magnésium, une des spécialités dans laquelle cette maison excelle ;
- Braun, Clément et Cie, avec leurs admirables reproductions artistiques au charbon, ont contribué pour une large part au succès de notre Section ; les travaux de cette maison sont, du reste, fort goûtés du public américain, qui les apprécie à leur juste Yaleur ;
- De Bar y, de Reims, exposait une série d’épreuves en photocollographie, tirées sur papier et sur soie, d’une exécution irréprochable;
- Mathieu-Deroche, dont les émaux, d’une exécution parfaite, attiraient l’attention des visiteurs;
- Dujardin, la plus ancienne maison d’héliogravure d’Europe, si renommée pour la perfection de tout ce qui sort de ses ateliers, exposait quelques fort beaux spécimens de ses travaux;
- Manuel débutait dans une Exposition Universelle par l’envoi de portraits habilement exécutés;
- Otto, avec ses ravissantes épreuves, si bien présentées, de jolies femmes et d’enfants en des attitudes
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- toujours originales, a conquis les suffrages de tous les gens de goût ;
- GtErschel, un de nos plus habiles opérateurs, avait réuni une série de belles études, têtes, paysages, etc.; l’une d’elles représentant un campement de Bohémiens sur le bord d’une route était particulièrement appréciée;
- Prieur, Dubois et Cie, cette maison méritait une mention spéciale pour ses tirages en trois couleurs d’après les procédés photomécaniques modernes ; les travaux exposés, dont plusieurs sujets de plein air, étaient d’une exécution parfaite et n’avaient de comparables que ceux de la Section allemande ;
- La Société ouvrière anonyme « La Photographie » exposait une série de vues de l’intérieur du Palais de l’Elysée, d’une exécution très consciencieuse.
- La Photographie scientifique
- La Radiographie qui a fait dans nos hôpitaux parisiens en particulier, des progrès sensibles depuis ces dernières années, était représentée par les belles épreuves de M. Charles Infroit, chef du service de la Radiographie, à la Salpêtrière.
- Alors qu’il y a en France pour toutes les applications scientifiques de la Photographie des collections merveilleuses, il est fort regrettable qu’aucune administration de l’Etat, Observatoire, etc., n’ait pas cru devoir envoyer à Saint-Louis quelques épreuves comme spécimen ; elles auraient rehaussé l’éclat de notre Section et auraient montré aux Américains quel parti les savants français ont su tirer de la Photographie pour tous leurs travaux.
- Les Amateurs photographes
- Le « Photo Club », de Paris, auquel on doit la création d’un mouvement artistique qui a eu chez nous un si grand retentissement représentait les amateurs français.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE SAINT-LOUIS
- Organisée avec nn soin méticuleux par MM. Bucquet et Bourgeois, les dévoués président et secrétaire du «Club», cette Exposition, qui comprenait les œuvres de ses membres les plus qualifiés, a consacré sa réputation au-delà de l’Atlantique et l’a classée au premier rang parmi les Sociétés photographiques du monde entier ; souhaitons que le succès qu’elle a obtenu encourage ses membres à persévérer dans la voie qu’ils ont si largement tracée pour le développement de l’art photographique.
- Voici du reste, par ordre alphabétique, les noms des participants à cette Exposition ; ce sont ceux de l’élite des amateurs français, ce qui nous dispense de tout commentaire.
- MM. P. Bergon, G. Berteaux, Mme Binder-Mestro, M. P. Bourgeois, M. Bremard, Cte G. Brunetta d’Ussaux, Mlle A. Bucquet, MM. Bucquet, F. Coste, A. de Cunha, L. Dardonville, Demachy, Robert, P. Dubreuil, G. Ecalle, Fauchier - Magnan, G. Fcrrand, G. Grimpel, H. Guérin, A. Hachette, Mme A. Huguet, M. H, Krafft, Mlle C. Laguarde, MM. R. Ledard, A. Lehideux - Vernimmen, L. Marquet, E. Mathieu, Comte G. de Montgermont, A. Mortureux, P. Naudot, C. Petit, C. Puyo, Cte R. de Rochambeau, G. Roy, A. H. Stoiber, A. Toutain, Cte B. Tyszkiewicz.
- M. Balagny, un des plus anciens et des plus ardents adeptes de la Photographie, exposait quelques beaux spécimens des procédés de reproduction pour lesquels il s’est acquis depuis longtemps une réputation incontestée.
- Librairie photographique
- Cette branche était représentée par les nombreuses éditions de la maison Charles Mendel, lesquelles sont entre les mains de tous ceux qui s’occupent de Photographie.
- Les Appareils et l’Optique photographiques
- On peut dire que la plupart des appareils exposés ont excité au plus haut degré la curiosité des amateurs américains, car nos modèles diffèrent totalement des leurs. Les jumelles, entre
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- autres, dont la forme est presque inconnue aux Etats-Unis, les intriguaient beaucoup et bien des fois, au cours de notre voyage, on nous a abordé en nous demandant ce qu’était l’instrument avec lequel nous opérions.
- La qualité de notre construction, qui repose bien plus sur des données scientifiques et sur une exécution précise que sur une production intensive, a fait aussi l’admiration des connaisseurs.
- Citons, dans l’ordre alphabétique, les maisons de premier ordre qui avaient tenu à honneur de faire figurer leurs produits dans ce vaste tournoi :
- MM. Belliéni, de Nancy, exposait ses différents modèles et formats de jumelles simples et stéréoscopiques dont la réputation n’est plus à faire;
- Clément et Gtlmer, à côté de leurs séries d’objectifs à portraits et anastigmats, présentaient quelques beaux modèles de lanternes à projection ;
- Demaria frères exposaient leurs nouvelles jumelles « cap sa » stéréoscopiques à double décentrement panoramique et vertical, munies, à l’exclusion de tous autres objectifs, d’anastigmats construits dans leurs ateliers.
- Cette maison exposait, en outre, la collection complète de ses deux séries d’anastigmats et ses derniers modèles d’appareils d’agrandissement;
- Dubouloz, avec l’Autocopiste photographique qui permet la reproduction facile des épreuves en pho-tocollographie, a obtenu un succès mérité, et le Jury s’est vivement intéressé aux explications qui lui ont été fournies sur ce procédé;
- Gaumont exposait une série des jumelles « Spidos » simples et stéréoscopiques et divers appareils spéciaux d’une construction qui n’a pas encore été surpassée. Un nouvel appareil cinématographique doublé d’un phonographe, le tout fonctionnant avec un synchronisme parfait complétait cette belle exposition ;
- Jarret, qui s’est spécialisé dans l’optique, exposait différents types d’objectifs et en particulier les anastig-
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- mats de la marque « Gallos » ainsi que des prismes et des plans d’une exécution parfaite ;
- Richard, Jules, dont l’Exposition principale réunissait tous les instruments de précision de sa fabrication et se trouvait dans une classe voisine, n’avait réservé à la nôtre que quelques beaux agrandissements obtenus d’après des clichés du « Véras-cope » ;
- Turillon, un des opticiens français dont le nom est très répandu aux Etats-Unis, avait groupé dans sa vitrine tous ses types d’objectifs : objectifs à portraits, rectilignes et anastigmats ;
- La Société des appareils à rendement maximum, qui ne construit que l’appareil « Sigriste » montrait au public des épreuves instantanées vraiment remarquables, obtenues avec des vitesses qui n’ont pas encore été atteintes dans aucun autre appareil d’amateur.
- Plaques, Pellicules, Papiers et Produits photographiques
- MM. Bioletto, de Lyon, qui, à côté de ses ateliers de Photographie, s’occupe de la fabrication du papier au gélatino-bromure exposait des agrandissements de grands formats, entre autres un fort beau panorama des Alpes;
- Guilleminot, Boepselug et Cie exposaient les différents produits de leurs usines de Chantilly ; des boîtes représentant la série de leurs émulsions s’étageaient en pyramides, alors que de magnifiques épreuves sur papier et des positifs sur verre montraient les qualités de leurs papiers au gélatino et leurs plaques positives au lactate;
- La Société Jougla, à côté des remarquables spécimens obtenus avec les plaques et les papiers de toutes sortes fabriqués dans ses usines de Joinville,
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- exposait plusieurs modèles de son nouvel appareil le « Sinnox » qui se charge en plein jour avec la boîte de plaques elle-même.
- Si l’on considère les progrès considérables réalisés depuis plusieurs années par nos fabricants de plaques, on ne pourra qu’applaudir à la haute récompense accordée par le Jury à chacune de ces maisons.
- MM. Mercier, Pierre, avec la variété de ses produits consistant principalement en révélateurs et virages, exposait des échantillons des plaques 1’ « Intensive » fabriquées par la Société Jougla, dont l’émulsion permet de corriger, au développement, des écarts considérables du temps de pose.
- La Société Industrielle de Photographie, de Rueil, présentait une superbe collection d’épreuves obtenues à l’aide du tirage rotatif qu’elle a, la première, installé en France. La beauté de ces épreuves montrait non seulement la qualité de leurs papiers, mais aussi la perfection du procédé de tirage employé pour les produire.
- Quant à la maison Lumière, de Lyon, son salon, d’un aménagement fort luxueux, était placé au centre de notre Section, dont il était le plus bel ornement.
- Tous les produits des vastes usines de Monplaisir étaient représentés : des plaques, des bobines de pellicules, des pochettes multicolores pour les papiers, des flacons de produits chimiques et de magnifiques épreuves complétaient cet ensemble si remarquable.
- Avant de passer en revue les Sections étrangères, nous croyons bon de faire remarquer que par l’importance des Expositions et surtout par la nature et la qualité des œuvres et des produits présentés au public, les exposants de notre Classe ont dignement représenté notre production nationale, et si la plupart d’entre-eux ont remporté de hautes récompenses, elles n’ont été que le juste tribut dû à leurs mérites.
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- ÉTATS-UNIS
- Il nous sera permis de dire, avant de commencer la description de la Section américaine, que nous avons éprouvé une grande déception quand nous avons constaté combien son importance était dérisoire.
- En arrivant à Saint-Louis, nous nous figurions y trouver de nombreux envois de professionnels, d’amateurs de tous les Etats de cet immense pays, des vitrines renfermant tous les produits de l’industrie photographique. Malheureusement il n’en était rien, et au bout de quelques minutes, nous étions fixé et complètement navré.
- Sans vouloir rechercher les raisons de cet état de choses si fâcheux, ce qui nous obligerait à sortir de notre cadre, nous dirons qu’il est vraiment regrettable que dans une manifestation aussi grandiose que l’était cette « Eoire du Monde», la Photographie, qui tient actuellement dans les Arts, dans les Sciences, et dans l’Industrie une place si considérable, n’y ait figuré que d’une façon aussi mesquine.
- Alors qu’il y a, aux Etats-Unis, des professionnels et des amateurs dont les œuvres sont hors de pair, de nombreuses fabriques de tous les produits photographiques, nous nous demandons pourquoi l’administration n’a pas cherché à organiser un ensemble sinon complet, au moins présentable ?
- Nos Sections photographiques françaises ont souvent été chez nous l’objet de vives critiques, aussi nous ne manquerons pas de rappeler ce qu’elles furent lors de nos dernières Expositions et l’on verra combien ces critiques furent peu justifiées, si on les compare à ce que nous avons trouvé cinq années plus tard à Saint-Louis.
- En 1878, les exposants de la Classe XII qui étaient déjà près de 500, dépassaient ce chiffre en 1889, et, en 1900, sur 1000 expo-
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- sants, la France donnant l’exemple en fournissait, à elle seule, plus du tiers.
- Dans les galeries des Arts libéraux mises, en 1900, à la disposition de la Classe XII, toutes les manifestations de la Photographie furent représentées au grand complet.
- Les cadres des professionnels et des amateurs étaient remplis d’épreuves obtenues par tous les procédés connus ; les collections scientifiques ou rétrospectives, prêtées par nos savants et par nos Sociétés photographiques étaient fort nombreuses et, après avoir parcouru les stands et les vitrines des fabricants, les visiteurs ne pouvaient manquer d’emporter de cet ensemble si complet et si instructif une impression pleine de charme.
- D’ailleurs, ce n’est pas exclusivement à Paris qu’il en a été ainsi avec nos Sections photographiques, puisque dans d’autres Expositions de moindre importance, témoins celles de Moscou, ' d’Amsterdam, d’Anvers, de Barcelone, d’Inspruck et de Bruxelles, avant 1900, et depuis dans celles de Glasgow et d’Hanoï, elles ont toujours été fort remarquées.
- De nombreux congrès avaient été annoncés à Saint-Louis ; un grand nombre d’entre eux n’ont jamais été tenus ; celui organisé, en 1900, pour la Photographie a su réunir plus de 400 membres qui, sous la direction des hommes les plus compétents de France et de l’étranger, s’appliquèrent avec zèle et méthode à résoudre les diverses questions portées à l’ordre du jour. Ce fut certainement un regret pour nous de ne point avoir trouvé là-bas une semblable réunion.
- Les Photographes professionnels et amateurs
- Dans cette catégorie où, sans aucun signe distinctif, les professionnels et les amateurs étaient confondus, il faut citer en première ligne les Expositions de MM. Strauss, de Saint-Louis, Mac Donald, de New-York, et de Mme Jennie Bennett, de Baltimore, qui ne contiennent, à tous points de vue, que des œuvres réellement remarquables. Toutes les qualités se trouvent réunies chez ces trois exposants : originalité, composition, exécution technique et présentation ; aussi c’est de toute justice que le Jury a décerné à chacun d’eux un Grand prix.
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- M. Strauss qui dispute à M. Mac Donald, de New-York, la gloire d’être le premier portraitiste du Nouveau-Monde, a installé sur une des principales artères de Saint-Louis, à deux pas de Grand’Avenue, dans un hôtel particulier d’une architecture et d’un aménagement tout à fait originaux, sa galerie de
- pose, ses salles d’exposition, ses laboratoires, ses terrasses pour le tirage, et cela avec un tel luxe et un tel sens pratique qu’il en a fait non seulement un atelier unique aux Etats-Unis, mais qui n’a probablement pas son pareil en | Europe.
- Connaissant admirablement toutes les ressources que peuvent lui fournir les systèmes d’éclairage mis en pratique dans sa galerie et aussi l’art de faire poser le modèle, M. Strauss est arrivé, à force d’étude, à produire des portraits et des scènes devant lesquelles on éprouve certainement la même émotion et le même sentiment d’admiration que lorsqu’on contemple, dans nos musées, les toiles des grands maîtres de la peinture.
- Quelques amateurs d’élite ont déjà envoyé leurs œuvres en Europe, dans les salons organisés par différentes sociétés, mais un envoi bien complet, montrant leur manière
- de faire, obtiendrait les suffrages du public, qui 'souhaitent de voir la photographie s’élever,
- et tous ceux par l’abandon
- de la banalité et la recherche unique du beau, vers les régions du grand art, applaudiraient à une telle exhibition.
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- Citons ensuite, par ordre de mérite :
- MM. Eickmeyer, Rudolf, de New-York, dont les sujets intitulés « When Day-liglit » et le « Sunset after Rain » sont aussi très remarquables;
- El son et Cie, de Boston, qui exposent deux charbons coloriés avec beaucoup de goût représentant Washington et celle qui fut la compagne de sa vie. Ces épreuves sont la reproduction de deux portraits célèbres qui rendent d’une façon admirable toute la noble simplicité et toute la beauté de ses deux figures impérissables dans la mémoire des Américains ;
- Knaffl brothers, de Knoxville, avec leur petit tableau « Fleur de lys ».
- Goldinsky, Elias, de Philadelphie, avec deux têtes de vieillard d’un très bel effet ;
- Sarrot, de Ft. Wayne, une petite ville de l’Indianapolis, avec un joli sujet « Sharing pleasure » ;
- Dobbs, de Nome, la capitale du Klondyke, nous transporte au pays des mines d’or, par une série de magnifiques épreuves directes ou agrandies, représentant des types d’Esquimaux vraiment curieux.
- Si l’on considère les difficultés matérielles auxquelles ont donné lieu l’obtention de telles épreuves, dans un pays tout à fait primitif où règne pendant presque toute l’année une température si rigoureuse, on ne peut que féliciter encore plus l’opérateur pour son talent et son habileté de praticien.
- MM. Brenner, de Cincinnati ;
- Baker, de Columbus, une petite ville de l’Ohio;
- Homenier et Clark, de Richmond;
- Koch, de la Porte, encore une petite ville de l’Indiana-polis;
- LATiMER,^de Boston;
- Biron, de New-York;
- Pari SH, de Saint-Louis;
- Hall, de Buffalo;
- Hitchler, dè la Nouvelle-Orléans, où la manipulation des plaques est rendue fort difficile par la chaleur
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- humide qui règne presque continuellement dans cette ville, nous présente quelques belles épreuves; Petzold, de Philadelphie;
- Proctor, de Huntington;
- Wilhite et Holloway, d’Indianapolis;
- Bowman, de Sprinfield, où se trouvent les célèbres sources d’eaux sulfureuses;
- Dikson, de Saint-Louis;
- Fox, Arthur, de Brooklyn;
- Gieein, de Wheeling;
- Hoyle, de Boston;
- Muers, Horace, de Idaho;
- The Photo eabrio et C°, de Lyndonville, qui expose des épreuves sur étoffe;
- Pire, d’Indianapolis;
- Sheervee, de Worcester, dans le Massachusetts.
- Cette courte énumération montre bien que les exposants
- étaient fort peu nombreux ; malgré cela, en raison de la rédaction défectueuse du Catalogue officiel* qui fourmillait d’inexactitudes, il nous a été plus d’une fois difficile de nous y retrouver.
- De plus, si nous avons eu des éloges individuels à décerner à des exposants, il n’en est pas de même à l’égard de ceux dont la mission était d’organiser cette Section.
- En effet, les cadres étaient pêle-mêle, c’est-à-dire que les épreuves de chaque exposant étaient éparpillées dans plusieurs salons, ce qui rendait les recherches impossibles et'empêchait de se rendre compte de l’ensemble des œuvres exposées par un même artiste.
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- Nous ne pensons pas que jamais pareil reproche ait pn être fait chez nous, même dans des Expositions secondaires.
- Beaucoup d’épreuves étaient encadrées sous de simples verres à vitres ; cela est d’un effet désastreux à cause du miroitement et de la déformation des images produits par le verre qui manque de planitude et est plus ou moins rempli de bulles ; à défaut de glace, il est préférable d’exposer les épreuves à nu, si l’on veut éviter ces inconvénients qui déparent complètement une belle image.
- La Photographie scientifique
- C’est surtout par des épreuves astronomiques que cette branche, chaque jour plus importante de la Photographie, était représentée.
- La plupart des Stations météorologiques et Observatoires de l’Union avaient envoyé les épreuves les plus extraordinaires de leurs collections qui, si elles intéressent les spécialistes, plongent toujours les profanes dans l’étonnement le plus profond.
- Les plus remarquées étaient certainement celles fournies par l’Observatoire astronomique du Collège de Harward, la célèbre Université américaine.
- La Photomicrographie n’était guère rappelée que par un petit envoi assez intéressant de M. Booth.
- Avant de quitter ce chapitre, nous ferons remarquer que pas un spécimen de photographie stéréoscopique sur papier ou sur verre, ni de vues de projection ne figuraient dans cette section ; aucune des branches de la photographie industrielle : Photo-collographie, Photogravure, procédé aux trois couleurs, papiers industriels, etc., etc., n’était représentée.
- Les cartes postales illustrées par la Photographie, qui sont cependant à l’ordre du jour dans le monde entier, brillaient par leur absence.
- La Photographie au Pavillon du Gouvernement
- Américain
- Dans le Pavillon national américain où se trouvaient réunies les Expositions des grandes administrations de l’Etat, une place
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- assez importante avait été réservée à des applications photographiques, mais c’était plutôt à titre d’attraction : le cinématographe et les mutoscopes en faisaient tous les frais.
- A l’aide de cinématographes qui nous ont paru très perfectionnés, le Ministère des postes faisait défiler des scènes ayant trait à différents services ; quelques-unes étaient fort amusantes.
- Le Ministère de la marine initiait les visiteurs à des manœuvres prises à bord des navires de guerre, et le tir au canon, le lancement des torpilles, les exercices à feu, etc., provoquaient un vif enthousiasme dans la foule, pour laquelle les choses de la guerre ont pris tout à coup dans ce pays un si grand attrait.
- Quant aux mutoscopes, ils étaient à marche continue, de sorte que les spectateurs se succédaient sans interruption devant les scènes reproduites ; inutile de dire que ces deux attractions avaient énormément de succès.
- Dans une des salles réservées aux envois du Bureau des Patentes de Washington, qui est une administration considérable, se trouvaient exposées, sous le nom de : « Parallax stereogram », des épreuves stéréoscopiques d’un genre tout nouveau.
- Cette invention récente, due aux recherches de M. Yves, de New-York, était de beaucoup la nouveauté photographique la plus intéressante que nous ayions rencontrée dans notre voyage.
- Tous les journaux photographiques du monde entier en ont donné une description détaillée à laquelle on pourra se reporter ; aussi ne le faisons-nous que très succinctement.
- Disons d’abord que les épreuves stéréoscopiques obtenues par le procédé si remarquable de M. Yves donnent la sensation absolue du relief, sans qu’il soit nécessaire d’interposer entre l’image et l’œil le moindre accessoire.
- Ces stéréogrammes d’un nouveau genre sont obtenus de la façon suivante :
- Dans la chambre noire ou dans le châssis négatif, on place, à environ un ou deux millimètres de la plaque sensible, une trame spéciale formée par des lignes verticales opaques, dans le genre de celles qui servent pour l’obtention des clichés de simili-gravure ;
- Ces lignes sont au nombre de 5 par millimètre ; sur la même plaque on fait deux poses superposées en ayant soin d’opérer un léger déplacement de la plaque entre les deux opérations.
- A l’aide du négatif ainsi obtenu, on tire par contact un positif sur verre que Ton recouvre d’une trame analogue à celle qui a servi
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- à faire le cliché initial, et, si l’on place à environ 30 on 40 c m de distance de l’œil l’épreuve ainsi préparée, on a immédiatement la sensation complète, absolue, du relief stéréoscopique.
- Ainsi que nous l’avons dit, il n’est nullement besoin de se servir d’un accessoire quelconque, ni d’imposer à la vue la fatigue d’un mouvement convergent.
- Parmi les épreuves exposées, quelques-unes étaient réellement sensationnelles et il est à souhaiter que ce procédé original puisse bientôt être répété avec succès par tous les amateurs.
- Nous signalerons aussi, dans le Palais du territoire de l’Alaska, les remarquables épreuves exposées par l’administration.
- Cette collection, qui formait une série complète des types de cette contrée rendue célèbre par les gisements aurifères, était un véritable monument ethnographique prouvant une fois de plus les services, pour ainsi dire sans limite, que peut rendre la Photographie.
- Constructeurs
- Les fabricants d’appareils pour touristes, ceux qui construisent plus spécialement le matériel d’atelier, les opticiens, les fabricants d’accessoires, de fonds, etc., faisaient totalement défaut.
- Une maison universellement connue, au lieu d’exposer ses produits, avait édifié dans l’enceinte de l’Exposition, près de l’entrée principale, un grand pavillon destiné à la vente, trouvant ainsi plus avantageux de présenter ses articles au public sur des comptoirs de vente, que sur les gradins d’une vitrine d’Exposition.
- Dans un pays où tout n’est qu’affaires, cette façon de procéder a dû en être une excellente, puisqu’on pouvait, dans ce pavillon, se procurer des appareils et des bobines et aussi les faire développer et tirer ; mais nous pensons que les comptoirs de vente n’auraient pas dû empêcher l’Exposition proprement dite, qui, avec les éléments dont dispose cette maison, aurait été certainement le clou de la Section américaine.
- La succursale de New-York de la maison Goerz, de Berlin, représentait donc à elle seule les constructeurs d’appareils, dans la Section américaine.
- Dans un stand assez vaste, elle avait installé quelques tours £ ébaucher et à polir sur lesquels des ouvriers travaillaient, ini-
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- tiant ainsi succinctement les visiteurs aux différentes phases de la confection des lentilles d’objectifs.
- A côté des séries d’anastigmats de cette importante maison, figuraient des appareils avec obturateur de plaque, système Anschutz et des jumelles prismatiques d’une construction irréprochable.
- Les Fabricants de plaques
- Seule, la maison Cramer, de Saint-Louis, « The Cramer dry plates C° » représentait cette industrie, qui est très importante aux Etats-Unis, et sur laquelle nous reviendrons plus loin.
- Dans un vaste salon fort bien aménagé, on pouvait admirer entre les piles classiques de boîtes vides rangées en pyramides, une belle série de grands portraits, provenant des ateliers de MM. Curtis, Bell, de New-York, Stein, de Milwaukee.
- Des négatifs d’une exécution parfaite, ainsi que des positifs disposés pour être vus par transparence, montraient les qualités des différentes émulsions de cette maison, qui répondent à tous les besoins actuels.
- On remarquait encore quatre positifs sur verre de dimensions inusitées, puisqu’ils mesuraient environ 1 m. 50 de longueur sur 50 c m de largeur. Ces positifs, qui représentaient de jolis paysages étaient, malheureusement, gâtés par un coloris inhabile qui détruisait une partie de leur beauté.
- Il y a environ 25 ans que M. Cramer père a entrepris la fabrication des plaques, et si l’on songe que Saint-Louis est situé dans une région qui connaît pendant l’été les chaleurs humides des tropiques, et l’hiver les froids sibériens, on se fera une idée des difficultés qu’il lui a fallu vaincre pour arriver à organiser une fabrique livrant des produits aussi irréprochables.
- Au cours d’une visite que nous avons faite à cette usine, il nous a été donné de voir que ces produits peuvent rivaliser avec ce qui se fait de mieux en Europe, et d’après les renseignements que nous avons recueillis, nous pouvons dire que les plaques de cette marque sont celles qui, aux Etats-Unis, jouissent de la plus grande réputation. Cette maison a créé des dépôts dans plusieurs grandes villes, telles que New-York, Chicago, San-Francisco,
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- et elle fait beaucoup d’exportation dans les pays limitrophes ; contrairement à la plupart des usines de cette industrie, elle ne fabrique pas de papiers sensibles, mais seulement des plaques.
- Les plaques sont fournies en 4 séries :
- Deux émulsions de rapidité différente ;
- Une émulsion isochromatique ;
- Une spéciale pour positifs.
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- GRAN DE-BRETAGNE
- Si la France a en la Section la plus complète et l’Allemagne la plus belle Exposition au point de vue de la Photogravure et de la Photographie trichrome, ce sont les Anglais qui ont mis sous les yeux des visiteurs le plus grand nombre d’épreuves se répartis-sant dans tous les genres : portraits, groupes, paysages, scènes historiques et de genre, documents, sujets scientifiques, etc.
- Elles n’avaient peut-être pas toutes une valeur considérable, mais elles n’en constituaient pas moins un ensemble digne d’intérêt.
- Nous ferons à cette Section le même reproche qu’à celle des Américains, à cause du manque absolu de méthode dans la présentation des épreuves, qui étaient, comme chez eux, pour un même exposant, éparpillées dans tous les coins.
- A côté de la partie artistique, où figuraient un grand nombre de professionnels des plus réputés et les chefs de file des premières Sociétés photographiques, plusieurs grands Observatoires avaient envoyé des épreuves réellement merveilleuses.
- On remarquait aussi de belles collections de positifs scientifiques sur verre, dont la Photomicrographie faisait tous les frais.
- Citons, à titre de renseignement, que toutes les épreuves de la Section anglaise étaient à vendre après la clôture de l’Exposition.
- Dans un grand salon désigné sous le nom de « Section historique », M. Benjamin Stone, de Birmingham, avait exposé une véritable galerie de documents du plus haut intérêt au point de vue de l’histoire contemporaine de l’Angleterre.
- Les Professionnels et les Amateurs
- Cette partie de l’Exposition anglaise avait été spécialement organisée par un comité composé de :
- MM. le capitaine Abney, président, Bartlett, Reginald
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- Craigie, Davison, Horsley Hinton, Benjamin Stone, qui occupent tous une situation en vue dans le monde photographique anglais.
- Parmi les exposants dont les œuvres ont été les plus remarquées, citons :
- M. J. Craig, de Glasgow, qui faisait partie du Jury et était par conséquent hors concours, exposait une douzaine d’épreuves de genres tout à fait différents, dont les plus remarquables étaient un portrait d’homme et deux sujets intitulés « The dark mountains » et « The teling printer » ;
- MM. Beminghton-Walter, de Londres;
- Hinton-Horsley, de Londres, exposait aussi une douzaine d’épreuves, parmi lesquelles nous avons remarqué : « Under the willows », « Silent glades » et « Weed and rushes »;
- A. Keighley dans les œuvres duquel on remarquait : « A breton fischer lad », « The White sail » et « The moving flock » ;
- Ashton,
- Cabdy Carine,
- CoCHRANE ArCHIBALD.
- Craigie Réginald,
- Davison, Georges,
- Greatbatch,
- Greger,
- Job, Charles,
- Baker Harold,
- Miss Ellis,
- MM. John Gear,
- Grindrod,
- The viscount Maitland,
- Mortimer,
- Mummery,
- Ralph. Robinson,
- Sutcliffe,
- Thomas,
- Wright.
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- La Photographie historique
- Cette partie de la Section anglaise était entièrement occupée par la collection de M. Benjamin Stone, qui se composait de 300 épreuves, dont quelques-unes, en raison des difficultés en présence desquelles se trouvait l’opérateur, pouvaient être considérées comme de véritables tours de force.
- Dans les cérémonies officielles représentées, on remarquait les membres de la famille royale, ainsi que les grands dignitaires de l’Etat, que l’objectif avait saisis sur le vif dans des attitudes souvent des moins esthétiques.
- Parmi les sujets les plus intéressants de cette collection unique, citons :
- « May-Day festival », représentant une procession d’enfants ;
- « The Guy Fawyes», «Seatch party on the opening of Parlia-ment », dont la scène se passe à Londres, sur la terrasse de la Chambre des Communes, qui borde la Tamise ;
- Une série de scènes prises dans l’intérieur de la tour de Londres avec les fameux gardes en costumes, comme personnages ;
- L’équipage et la livrée du Lord Maire de Londres ;
- Une série d’épreuves représentant les tombeaux célèbres de l’Abbaye de Westminster.
- La Photographie scientifique
- Les applications de la Photographie à la science étaient représentées par des épreuves du domaine de l’Astronomie, de la Physique, de la Cristallographie, de la Géologie, etc., etc.
- Après les merveilleuses épreuves de la carte céleste de T Observatoire de Greenwich, citons :
- celles de I’Observatoire de South Kensington, à Londres;
- celles du capitaine Abney ;
- puis celles de :
- MM. Banfield, de Londres,
- Lodge, de Londres,
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- MM. Senior, Edgar,
- Copehand, de l’Observatoire d’Edimbourg,
- Norman, Albert,
- Staed,
- S. Lindsay,
- Spitte,
- Docteur Rose,
- Newton, directeur de l’Ecole de Photogravure et Lithographie de Londres, avec une série de spécimens de reproductions obtenues par tous les procédés photographiques modernes : Zincographie, Héliogravure, Photolithographie, Photocollographie et procédés aux trois couleurs.
- La maison Newton et Cie, les opticiens bien connus de Londres, exposait une belle collection de 200 positifs sur verre, relatifs à la Bactériologie, l’Astronomie, l’Histologie.
- Les Constructeurs
- Il ne manque pas, en Angleterre, de constructeurs d’appareils, d’opticiens et de fabricants de produits photographiques ; c’est même une industrie qui, en raison des débouchés considérables de ce pays, y a pris une très grande extension. Si aucun de ces fabricants, dont les produits jouissent pour la plupart d’une certaine réputation, n’a cru devoir participer à l’Exposition, c’est que tous ont pensé qu’il était inutile de faire des frais, puisque les droits d’entrée sont tellement exorbitants, qu’ils constituent, vis-à-vis de l’exportation, une véritable prohibition.
- Nous serons, d’ailleurs, obligés de revenir sur ce point, car c’est là une des causes de la situation actuelle de l’industrie photographique en France.
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- ALLEMAGNE
- Les exposants allemands de notre Groupe étaient répartis dans trois Palais ; les uns, dans le Palais des Arts libéraux, non loin de notre Section; les autres, dans le Palais de l’Enseignement, étalaient leurs collections scientifiques ; enfin, le Pavillon du gouvernement avait donné dans une de ses salles, un asile luxueux aux spécimens de la Photographie trichrome, aujourd’hui si fort en honneur en Allemagne.
- Ces épreuves qui étaient, en général, de véritables chefs-d’œuvre, ne juraient nullement à côté des œuvres de la palette et du pinceau, qui ornaient les salles voisines; et devant les résultats merveilleux obtenus depuis ces dernières années, en Allemagne, avec ce procédé d’origine française, on ne peut que féliciter ceux de nos compatriotes qui, dans le but de créer chez nous une émulation et un mouvement semblables, organisaient l’an passé, au Petit Palais, la première Exposition des procédés trichromes.
- Les photographes professionnels et les amateurs étaient assez nombreux ; quant aux fabricants allemands, qui sont d’habitude si entreprenants, ils faisaient totalement défaut.
- Dans un pays où le nombre de leurs compatriotes augmente chaque jour dans une énorme proportion, leurs produits avaient leur place toute marquée, et Saint-Louis, qui malgré son origine française est aujour-
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- d’hui la capitale d’une véritable colonie germanique, puisque les habitants originaires de l’Allemagne s’y comptent par centaines de mille, semblait être la ville la mieux placée de l’Union pour un vaste débouché de leurs usines.
- C’est donc à la prohibition établie par le système douanier américain, qu’il faut attribuer le motif de l’abstention systématique des fabricants allemands en ce qui touche notre industrie et, en cela, ils ont agi comme leurs confrères anglais.
- La Photographie professionnelle et les amateurs
- Au Palais des Arts libéraux, dans de petits salons d’une décoration sobre, l’installation des professionnels et des amateurs était tout à fait bien comprise, et cette organisation si méthodique offrait un contraste frappant avec le manque d’ordre de la Section américaine.
- La plupart des œuvres exposées étaient d’une exécution irréprochable, et l’on peut ajouter que cette Section était celle où les envois avaient été sélectionnés, au départ, avec le plus de rigueur.
- C’est là une excellente mesure, que nous devrions bien adopter chez nous pour les Expositions futures ; cela éviterait des comparaisons fâcheuses au moment de l’attribution des récompenses.
- Nous pensons que, dans l’intérêt général, chacun se soumettrait volontiers à une semblable règle, qui n’aurait d’autre but que de sauvegarder la réputation de notre production nationale et de rehausser l’éclat de nos Expositions. L’exemple de l’Allemagne méritait d’être signalé, et c’est pourquoi nous n’avons pas cru devoir manquer de le faire.
- Quand nous aurons aj outé que tous les envois étaient fort bien présentés, que les cadres étaient disposés avec beaucoup de goût, que l’éclairage de cette partie du Palais était bien plus favorable que le nôtre, nous aurons donné les raisons qui ont fait le succès de cette Section qui, cependant, était loin d’être aussi complète que la Section française.
- Parmi les Expositions les plus remarquables, citons :
- La Société de l’aristophot, de Leipzig, « Ahtien gesells-chaft Aristofhot », qui exposait des épreuves obtenues à l’aide des procédés photomécaniques ;
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- MM. Bruckmann, de Heilbron ;
- Bruid de Chemigraphischen Anstalten Deutsch lauss, de Berlin, avec de remarquables épreuves en trois couleurs ;
- Duerkoope, de Hambourg, avec des scènes de genre en photogravure ;
- Gottheil, de Konigsberg, une marine ;
- Hildebrand, de Stuttgart, un des premiers amateurs de l’Allemagne, avec deux magnifiques scènes d’animaux.
- Meissner et Ruch, de Leipzig, universellement connus, avec leurs magnifiques épreuves en trois couleurs, avaient la plus belle Exposition de cette section ;
- Wastmuth, Ernst, de Berlin, avec ses remarquables publications architecturales.
- Toutes les maisons qui précèdent se sont vu décerner un Grand prix auquel il n’est que juste d’applaudir.
- Citons ensuite, qui tous ont obtenu une médaille d’or :
- MM. Ette, de Eisleben ;
- Felsing, de Berlin, avec ses planches de simili-gravure ;
- Raab, de Brannscheig ;
- Ruf, de Fribourg en Brisgau ;
- Selke, de Berlin ;
- Sincle et C°, avec des phototypies en noir et en couleurs ;
- Vereinigung de Kunstfrennde, de Berlin, aussi avec des phototypies en couleurs, font penser que ce procédé peu employé en France tend à se généraliser en Allemagne ;
- Werner, Gustave, de Leipzig ;
- Winkelman, de Berlin, un amateur des plus distingués,
- Puis les exposants qui suivent à qui le Jury a décerné des médailles d’argent :
- M. Duchven, de Berlin ;
- La Société électro-photochimique, de Berlin ;
- « Elektrophotochemische Industrie » avec ses épreuves sur bois et sur cuir d’un assez bel effet;
- MM. Erhardt, de Coswig-Dresden ;
- Glner, de Oppeln;
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- MM. Knoppe, de Halle ;
- Lusche, de Hof ;
- Niclon, Johann, de Chemnitz ;
- Rauppe, Erwin, de Wiesbaden ;
- Saupe, de Berlin ;
- Weimre, de Darmstadt ;
- Wolleschak, de Naumbourg.
- Dans le pavillon de T Agriculture nous avons remarqué les épreuves de MM. Vincenti, de Daressalam, à qui le Jury a décerné une médaille d’argent.
- Des médailles de bronze ont été accordées à un certain nombre d’exposants professionnels et amateurs. Leurs envois étaient certainement supérieurs à ceux d’autres isections plus largement récompensées; mais c’est là une chose courante dans les Expositions et qu’il ne sera jamais possible d’éviter.
- Une belle série de vues de projection délicatement coloriées figuraient dans le pavillon national.
- La Photographie scientifique
- Comme pour appuyer sa réputation scientifique, qui est déjà si grande aux Etats-Unis, les savants allemands, à l’encontre de nos établissements de même genre, avaient fait de très importants envois d’épreuves ayant plus spécialement trait aux sciences médicales.
- Parmi les envois des hôpitaux allemands, nous avons remarqué un appareil fort ingénieux destiné à prendre des vues de l’intérieur de l’œil; à côté de cet appareil, en usage à la clinique des maladies des yeux de l’hôpital de la Charité, de Berlin, on voyait les épreuves obtenues, qui étaient réellement curieuses ; le Jury a décerné à cet établissement un Grand prix bien mérité.
- D’autres établissements de ce genre ont aussi obtenu pour leurs travaux de hautes récompenses, tels :
- L’Institut des maladies infectieuses, de Berlin ;
- Celui de chirurgie, de Breslau ;
- La clinique de chirurgie de l’Institut de Berlin.
- La Radiographie était représentée d’une façon réellement
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- remarquable par les épreuves de l’Institut royal des rayons X, de Berlin, et surtout par celles du Docteur Albert Schweimberg, de Hambourg, qui a obtenu un Grand prix.
- Dans une salle du pavillon de l’Enseignement, spécialement aménagée, la maison Goerz, de Berlin, avait exposé une lanterne pour la projection de positifs obtenus avec le procédé trichrome et destinés à produire une projection en couleurs.
- Nous devons dire que les expériences faites devant nous au moment du passage du Jury furent loin d’être concluantes ; mais cela tenait peut-être à un défaut de réglage de l’appareil ou à une sélection inexacte des couleurs des positifs projetés.
- Cet appareil construit d’après les données du professeur Miethe, de Berlin, universellement connu pour ses nombreux travaux scientifiques sur la Photographie, a été décrit dans les principales revues photographiques françaises, nous n’entrerons donc pas dans les détails de sa construction.
- Dans le Pavillon des Forêts, 1’Académie des bois et forêts s’est vu décerner la médaille d’or pour sa belle Exposition d’épreuves ayant trait à des sujets forestiers.
- Le Gouvernement allemand pour donner à la participation de ses nationaux un éclat extraordinaire, avait fourni une très forte subvention; il faut reconnaître que cet argent a été bien employé, car dans les choses qui nous intéressaient, nous avons partout constaté les efforts faits pour présenter au public les objets dans un cadre digne d’eux.
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- AUTRES ÉTATS DE L’EUROPE
- AUTRICHE-HONGRIE
- rière notre « Trianon », était n’y remarquait que les belles épreuves en trois couleurs de la Maison Malvaux, de Bruxelles, laquelle a obtenu un Grand prix.
- A signaler aussi deux beaux agrandissements, grandeur nature, sur papier au charbon de la Maison Monckhoven, de Gand, représentant Sarah < Bernhardt et Coquelin, d’après des clichés Nadar.
- Un fabricant bruxellois, M. Belot, exposait dans une minuscule vitrine quelques ancien.
- Installée dans le Pavillon national, lequel se trouvait à peu de distance du Pavillon français, la Section photographique n’avait aucune importance et rien dans les œuvres exposées ne méritait d’être signalé.
- BELGIQUE
- La Section belge, installée dans le Pavillon national der-aussi fort peu importante ; on
- obturateurs d’un modèle déjà
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE SAINT-LOUIS
- DANEMARK
- Un seul exposant, M. A. W. Rahmm, de Copenhague, qui présentait une série réellement remarquable de portraits et d’études prises dans des intérieurs ; ces épreuves, obtenues à la gomme bichromatée, étaient encadrées avec beaucoup de goût.
- ITALIE
- L’édition photographique, qui tient une si grande place dans le commerce de ce pays, était représentée par les deux plus importantes maisons italiennes de ce genre : MM. Alinari et Brogi, de Florence.
- Le premier exposait une belle collection d’épreuves au charbon de grands formats, de tons variés, de ces superbes vues classiques qu’on ne voit qu’en Italie.
- A côté de reproductions d’œuvres d’art connues, la Maison Brogi exposait une épreuve d’environ deux mètres représentant
- la fameuse place de laSignoria*
- de Florence.
- Dans une petite vitrine, la Maison Murer, de Milan, présentait quelques modèles fort bien construits de ces appareils à escamoter dits « détectives» dont la vogue commence heureusement à décliner, pour le plus grand bien de la Photographie, à laquelle ils n’ont pas rendu de grands services.
- Pour finir, disons que le
- Jury a décerné un Grand prix à M« Marchi, de Lodi.
- PORTUGAL
- Section peu importante et parmi les épreuves exposées par différents photographes professionnels de Lisbonne, il n’y avait rien d’intéressant à signaler.
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- SUISSE
- La Compagnie du « Photo-Glob » de Zurich, dont les belles reproductions en couleurs sont exposées en Suisse à toutes les devantures des marchands de photographies et des libraires, présentait une série des éditions qui sont exécutées dans ses ateliers.
- La maison Smith, de Zurich, qui fabrique des plaques au gélatino-bromure et des papiers pour l’agrandissement, exposait une gigantesque épreuve agrandie, d’environ 24 mètres de longueur.
- Cette épreuve représentait le merveilleux panorama de la chaîne des Alpes bernoises dont les sommets neigeux et les flancs arides étaient reproduits d’une façon saisissante.
- Les clichés qui ont servi à l’obtention de ce travail peu banal ont été pris par MM. Wehrli frères, photographes à Zurich ; ils font le plus grand honneur à leur talent d’opérateurs.
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- LA PHOTOGRAPHIE DANS LES ÉTATS
- DU CENTRE DU SUD DE L’AMÉRIQUE
- En général, tous ces pays avaient fait des envois peu importants, ce qui ne nous a pas permis de nous rendre compte, autant que nous l’aurions voulu, de l’état actuel de la photographie chez eux.
- A part quelques exceptions, les résultats exposés étaient plutôt inférieurs, mais il y a lieu de tenir compte dans bien des cas et aussi dans une large mesure, des difficultés que rencontre l’opérateur dans ces contrées; autant pour la prise des* clichés au dehors ou à l’atelier, que pour la conservation et la manipulation des divers produits employés.
- Presque toujours le Jury s’est montré assez indulgent ; il a eu raison et ce n’est pas nous qui l’en blâmerons.
- Quant aux acheteurs s’intéressant à nos articles, qui sont venus de ces différents pays, nous croyons savoir que leur nombre a été insignifiant, alors que chez nous, lors de nos Expositions Universelles, un grand nombre d’entre eux en ont profité pour faire des achats.
- C’est une clientèle sur laquelle les exposants industriels de notre Groupe pouvaient fonder quelque espoir et qui, finalement, leur a fait défaut.
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- MEXIQUE
- Située dans le Palais des Arts libéraux, la Section photographique mexicaine était, sans contredit, la meilleure de tous les Etats américains et quelques-unes de ses Expositions contenaient des épreuves réellement bonnes.
- Les portraits au gélatino-bromure des ateliers Lupercio, de Guadalajara, Gomez et Gallardo, de la même ville, étaient excellents sous tous les rapports, ainsi que les charbons de M. Valletto, de Mexico ; les récompenses décernées à ces différentes maisons ont été certainement très méritées.
- Tout comme à Paris en 1900, nous avons vu M. Julio Poulat, le distingué juré mexicain, défendre avec beaucoup de conviction les intérêts de ses concitoyens, et nous ne désespérons pas de le revoir à Paris, lors d’une Exposition future, pour y remplir encore les mêmes fonctions, dont il s’est toujours acquitté avec tant d’urbanité et de conscience.
- Le Mexique a été pendant longtemps un excellent client pour les fabricants européens d’articles photographiques et, pour leur part, les industriels français y ont fait d’excellentes affaires.
- Malgré le développement qu’y prend chaque jour la Photographie, aussi bien chez les professionnels que chez les amateurs, ces affaires sont loin d’avoir augmenté car les relations de plus en plus étroites, qui s’établissent journellement entre ce pays et son puissant voisin du Nord, font, au contraire, prévoir l’époque, malheureusement rapprochée où, pour les plaques, les pellicules, les papiers et les produits chimiques, les Mexicains se fourniront presque exclusivement aux Etats-Unis.
- Alors qu’il faut aux marchandises plusieurs semaines pour aller de Paris, de Londres ou de Hambourg à Mexico, il faut maintenant à peine une semaine pour aller de New-York à la même capitale, et il est certain que pour les articles sujets à se détériorer pendant les longs voyages d’outre-mer, l’intérêt des acheteurs est de se les procurer dans les fabriques les plus rapprochées.
- L’exportation des produits européens deviendra donc insignifiante à bref délai, et nos fabricants devront reporter leur activité sur d’autres contrées.
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- NICARAGUA
- Un professionnel de Managua exposait quelques photographies sans aucun intérêt.
- En raison de son peu d’importance, ce pays n’a jamais offert qu’un débouché insignifiant aux produits photographiques et les Américains y deviendront sûrement les uniques fournisseurs de la clientèle présente et future.
- COSTA-RICA
- A côté de deux photographes professionnels qui exposaient quelques portraits, il y a lieu de citer, pour mémoire, la collection des vues de cette République, présentée par le Gouvernement.
- De même que pour les autres Républiques de l’Amérique centrale et pour toutes les Antilles, les Américains sont appelés, à bref délai, à être les seuls fournisseurs en articles photographiquas.
- CUBA
- Plusieurs photographes professionnels de la Havane avaient exposé des portraits, mais ils n’offraient, à vrai dire, rien de remarquable.
- Il est à supposer que sous l’impulsion donnée par les Américains à ce merveilleux pays, la Photographie profitera largement du nouvel état de choses.
- Malheureusement pour l’Europe, et pour la France en particulier, qui avait dans ce pays de vieilles relations d’affaires, beaucoup plus que l’Espagne même, le protectorat américain en marquera bientôt la fin.
- De plus en plus, devant les propositions réitérées des fabricants de Rochester, de Saint-Louis, de New-York et de Chicago, dont ils ne sont pas aussi éloignés que de nous, les professionnels, les amateurs et les revendeurs de ce pays deviendront leurs clients fidèles, et les fabricants français, surtout en ce qui concerne les plaques, les papiers et les produits, perdront d’une façon irrémédiable un débouché appelé à décupler dans un avenir prochain.
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- PORTO-RICO
- Rien à signaler au point de vue Exposition ; mais ce que nous venons de dire pour Cuba s’applique à cette autre perle des Antilles, comme elle, si proche des Etats-Unis.
- BRÉSIL
- La Section brésilienne se trouvait dans le Palais des Arts libéraux.
- La plus belle Exposition était celle de M. Marc Ferrez, établi depuis longtemps à Rio-de-Janeiro, où il s’est fait une spécialité des vues et des monuments du pays.
- Les agrandissements exposés, représentant les intérieurs d’un hôpital de Rio, étaient fort bien exécutés et le Jury lui a décerné à juste titre une médaille d’or.
- Parmi les autres exposants brésiliens, il faut citer :
- MM. Azevedo, de Saint-Paul ;
- Calegaria, de Rio Grande do Sul ;
- Pacheco, de Rio-de-Janeiro ;
- La direction de l’agriculture, de Bahia, avait une Exposition assez intéressante à laquelle le Jury a décerné une médaille d’argent.
- Dans ce pays, où depuis plusieurs années toutes les branches
- des arts et de l’industrie ont pris une si grande extension, la Photographie a aussi beaucoup progressé ; malheureusement son développement est entravé par les droits excessifs dont sont frappés à l’entrée la plupart des articles employés.
- Quelques-uns d’entre eux paient 4 fois leur valeur et l’on se demande, en examinant le tarif brésilien, quel motif a pu faire décréter de telles énormités.
- Le jour où des droits plus équitables seront appliqués, on verra en même temps que le commerce, l’art photographique
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- prendre nn essor nouveau, car les consommateurs ne seront plus obligés, comme c’est le cas actuellement, de se priver des objets les plus indispensables, sous peine de les payer, en y ajoutant les fluctuations du change, un prix inabordable.
- Nous savons que des démarches nombreuses ont déjà été faites, aussi bien en France qu’au Brésil, pour tacher d’améliorer cet état de choses, mais jusqu’à présent, elles n’ont pas été couronnées de succès.
- PÉROU
- L’Exposition péruvienne ne méritait aucune mention. La difficulté qu’il y a dans ce pays pour s’approvisionner des articles nécessaires, a pour beaucoup contribué à empêcher la Photographie de s’y développer.
- Lorsque, sous peu, le percement de l’isthme de Panama sera un fait accompli,, les Américains ne tarderont pas à profiter des avantages considérables que cela leur procurera et l’article photographique sera pour eux, dans ce pays, l’objet d’un débouché incontesté. *
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- Les Expositions les plus intéressantes étaient celles de la municipalité de Buenos-Ayres, qui présentait une collection de vues du port, des promenades et des principaux monuments de cette ville, et celle de la Société photographique, de Buenos-Ayres.
- Dans cette dernière, quelques bonnes épreuves stéréoscopiques sur verre ; néanmoins, il est regrettable que cette puissante association, qui compte dans son sein tant d’amateurs distingués, n’ait pas cru devoir faire une Exposition plus digne d’elle.
- Les autres Expositions, parmi lesquelles figuraient un envoi du Ministère de l’agriculture et des vues panoramiques
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- dues à M. Moody, Henri, de Buenos-Avres, offraient peu d’intérêt.
- La Photographie s’est développée très rapidement dans ce pays et, dans les villes principales, il se crée tous les j ours de grands ateliers de photographie pour le portrait, ainsi que des maisons bien outillées pour toutes les reproductions photomécaniques.
- Le nombre des amateurs est, actuellement, très considérable ; ils se fournissent dans d’importantes maisons très bien assorties, qui tiennent un stock varié d’articles européens et américains.
- Jusqu’à ces temps derniers, presque tous les appareils, plaques, produits, accessoires vendus dans ce pays, étaient importés des Etats-Unis ou d’Europe pour la plus grande partie.
- Depuis peu, des maisons se sont installées pour la fabrication des cartons, des accessoires et des appareils bon marché et il est à supposer que dans un délai plus ou moins éloigné, ce pays pourra, pour bien des articles, se suffire à lui-même.
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- LA PHOTOGRAPHIE DANS LES ETATS DE L’ASIE ET DE L’OCÉANIE
- CEYLAN
- Plusieurs professionnels de Colombo, la capitale de cette île, avaient fait de fort beaux envois.
- Il faut citer, en première ligne :
- MM. Skeen et C°, avec leurs remarquables épreuves où des palmiers géants, des cocotiers, des lataniers s’élancent vers le ciel au milieu d’une flore luxuriante et où des éléphants richement harnachés, des types d’indigènes si curieux, nous transportaient en plein cœur de cette merveilleuse contrée.
- D’autres Expositions de moindre importance étaient réparties dans le Pavillon de Ceylan et dans le Palais de l’Agriculture ; la presque totalité des épreuves exposées représentait des scènes locales ou des paysages.
- La Photographie est assez développée dans ce pays et Colombo, qui est un port de relâche très fréquenté, fait un commerce très important de photographies, plaques, pellicules, papiers pour les touristes, qui s’y approvisionnent en passant. Ce commerce est presque uniquement alimenté par des produits anglais, provenant des maisons de gros de Londres.
- CHINE
- Malgré que la Photographie devienne de plus en plus en honneur dans ce pays, l’Exposition photographique chinoise était très peu importante et sans aucune valeur, ni intérêt.
- Tous ceux qui ont visité les grandes villes du littoral de la Chine, même celles de l’intérieur, s’accordent à dire que les Chinois montrent non seulement beaucoup de goût pour la Photographie, mais qu’ils ont aussi de grandes aptitudes comme opérateurs.
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- Espérons que par la suite notre art y fera encore des progrès en même temps que de nouveaux adeptes et cela pour le développement des affaires de nos fabricants d’appareils et de plaques.
- Les formats anglais y sont presque exclusivement adoptés, ce qui, malheureusement, donnera encore plus de facilités aux Américains pour réussir dans la conquête qu’ils sont déjà en train de faire de ce marché immense, à peine créé.
- INDES ANGLAISES
- MM. Bourne et Shepherd, de Calcutta, étaient les seuls exposants de cette Section.
- Cette importante maison, qui a des succursales à Bombay et à Simla, présentait une série de portraits et de paysages de toute beauté ; le Jury s’est empressé de lui décerner un Grand prix, bien mérité.
- Cette vaste contrée offre pour les articles photographiques un débouché considérable qui augmente journellement.
- Malheureusement, il n’y a rien à faire pour les industriels français, car toutes les demandes sont faites en formats anglais.
- Comme nous ne fabriquons pour ainsi dire rien en dehors de nos formats classiques, nous sommes forcément très mal placés pour tenter quoi que soit dans ce pays.
- Le commerce d’exportation y est donc presque entièrement entre les mains des maisons de Londres et celles de Rochester pour tout ce qui touche aux pellicules.
- JAPON
- On peut dire en toute sincérité que les Sections japonaises étaient, dans beaucoup de Groupes, parmi les plus importantes et les mieux présentées.
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- En Photographie, une douzaine de professionnels de Tokio, de Kobé, de Yokohama et d’Osaka, présentaient leurs épreuves encadrées dans des bambous ou des cadres en bois sculpté et peint.
- Bien que la Photographie soit très en vogue au Japon et que les professionnels y soient très nombreux, les résultats exposés étaient, en général, loin d’être parfaits.
- La plupart des épreuves étaient des agrandissements au gélatino-bromure d’une exécution ordinaire, et qu’un coloris naïf enlaidissait encore.
- Néanmoins, il faut mettre hors de pair la remarquable collection de photographies avec lesquelles la Chambre de Commerce d’Osaka avait garni son vaste stand.
- Ces photographies, au nombre d’une centaine, étaient des agrandissements pour la plupart de 50 x 60 ; quelques-unes mesuraient même plus d’un mètre et, en faisant le tour des murs sur lesquelles elles étaient placées, c’était un véritable voyage à travers les temples, les forêts aux arbres de formes bizarres et les paysages si caractéristiques de cet extraordinaire pays.
- Tous les types japonais, les métiers, les constructions modernes étaient représentés et, pour nous résumer, nous dirons que cette exhibition était certainement une des choses les plus intéressantes de la Photographie à l’Exposition de Saint-Louis.
- Avec l’esprit d’initiative qui caractérise les Japonais, le désir ardent de suivre pas à pas les progrès faits dans toutes les sciences par les nations occidentales, la construction des appareils photographiques devait forcément les tenter et une maison de Tokio est, à l’heure actuelle, en train d’installer aussi une fabrique de plaques.
- Comme on le voit, en Photographie, rien ne les a arrêtés, si ce n’est l’Optique.
- Après n’avoir fait pendant longtemps que l’importation de nos articles, la maison Asanuma, de Tokio, a, commencé il y a quelques années déjà, la construction des appareils, principalement celle des modèles où l’ébénisterie entre pour la plus grande partie, tels les chambres d’ateliers, de touristes, les pieds, etc.
- Si les types exposés par cette maison n’étaient qu’une copie plutôt lourde des modèles classiques français, anglais et allemands, de ces derniers de préférence, il faut lui rendre cette justice qu’elle a été la première maison de construction d’Extrême-Orient.
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- SECTION FRANÇAISE. — RAPPORT DU GROUPE 16 55
- Son ébénisterie est d’une exécution très consciencieuse, dans laquelle on reconnaît l’habileté des ouvriers de ce pays pour tous ces travaux, mais nous n’avons constaté aucun progrès sur ce que nous avions vu à Paris, en 1900, dans le stand de cette même maison.
- Malgré cela, il y a beaucoup de chances pour que les Japonais ne soient plus d’ici peu de temps tributaires de nos fabricants ; ils ne créeront probablement pas de modèles* mais ils se passeront amplement de nous pour tout ce qui est du courant.
- Jusqu’à présent ils n’ont pas essayé la construction des appareils de précision : jumelles, obturateurs, cinématographes, etc., ni celle de l’optique et rien dans l’état actuel de leurs connaissances et des aptitudes de leurs ouvriers ne fait prévoir le moment où ils seront à même de nous supplanter.
- C’est donc seulement vers la vente de ces articles que nos constructeurs doivent porter leurs efforts.
- Nous avons dit que pour les plaques une usine était en construction ; nous ignorons les résultats obtenus, mais il est à supposer que si cette affaire réussit, elle sera probablement le point de départ de la création de plusieurs autres usines de ce genre.
- Dans ces conditions nos fabricants, dont quelques-uns ont déjà eu à lutter dans ce pays contre la contrefaçon de leurs marques, par l’apposition d’étiquettes copiées sur les leurs, verront ce marché, qui est à la veille de devenir important, leur échapper pour toujours.
- SIAM
- MM. Lenz et C° et M. Antonio, de Bangkok, exposaient quelques portraits sans aucun intérêt.
- Il est vraiment regrettable que les photographes professionnels de la plupart des pays exotiques ne s’attachent pas plus à présenter sinon exclusivement, tout au moins en plus grande quantité, des types ou des scènes indigènes.
- Ce genre de suj ets serait très apprécié du public et lui offrirait un attrait autrement puissant que les portraits plus ou moins gauches d’Européens, qu’ils s’acharnent toujours à nous montrer.
- Dans ce pays, naguère si fermé aux choses de l’Occident ?
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- la Photographie commence à s’implanter, et pour cela, elle a en la chance d’être mise à la mode par le souverain lui-même.
- En effet, dans le palais de Bangkok, la famille royale a fait de la Photographie un de ses passe-temps favoris ; il faut donc espérer que cet exemple parti d’en haut activera l’essor donné à notre art, et que le nombre des adeptes siamois augmentant progressivement, nos fabricants, dont les modèles ont actuellement les préférences de la petite élite d’amateurs de ce pays, sauront profiter du nouveau débouché qui s’ouvre ainsi devant eux.
- AUSTRALIE — NOUVELLE-ZÉLANDE
- L’Australie et les colonies anglaises de cette partie du globe ou la Photographie compte depuis longtemps d’habiles professionnels n’étaient représentés que par un seul pays :1a Nouvelle-Zélande. Les envois faits par deux exposants d’Aukland, la capitale de cette colonie, n’offraient rien de bien intéressant.
- Le Jury a décerné une médaille d’or à M. Bartlett et une médaille de bronze à MM. Schmidt et CP.
- Dans toutes les villes des colonies anglaises et de l’Australie : Sydney, Melbourne, Adélaïde, Hobart-Town, Brisbane, Botany-Bay, Aukland, etc., il existe des maisons très importantes d’articles photographiques, mais elles sont en grande partie tributaires des fabricants de la métropole.
- Par suite de l’adoption exclusive des formats anglais, il y a peu de chance pour nos fabricants d’y traiter des affaires.
- Par contre les Américains, avec leurs appareils et leurs pellicules, se sont créé, dans toutes ces villes, un débouché dont l’importance augmente sans cesse.
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- LA PHOTOGRAPHIE DANS L’INTÉRIEUR DE L’EXPOSITION
- L’administration avait concédé à une compagnie le monopole de la prise des clichés dans l’enceinte de l’Exposition et tous les photographes qui désiraient travailler pour leur compte devaient payer une redevance à cette compagnie.
- Quant aux amateurs on laissait entrer leurs appareils sans aucune difficulté, mais à la con-
- dition qu’ils soient exclusivement tenus à la main.
- Beaucoup de visiteurs étaient porteurs de ces appareils à main dont les modèles à pellicules formaient la presque totalité.
- Ces derniers appareils sont, sans contredit, les seuls pratiques pour le voyage aux Etats-Unis; dans ce pays où la bousculade est perpétuelle, où il est difficile de circuler avec des bagages un tant soit peu fragiles, le touriste est fatalement amené, malgré les inconvénients de la pellicule, à préférer les modèles de ce genre à ceux utilisant des plaques.
- Nous avons cru remarquer que l’élément féminin entrait bien pour les deux tiers dans le nombre des amateurs, proportion qui n’est certainement pas la même chez nous ; peut-être est-ce un
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- peu à cause de cela qu’il faut aussi attribuer dans ce pays le succès de la pellicule.
- On peut ajouter que jamais il ne fut donné de trouver réunis dans un même endroit une plus grande quantité de sujets à instantanés ; aussi les bobines se succédaient-elles sans interruption dans les appareils pour fixer sur la pellicule, la silhouette des Palais majestueux, entourés d’un véritable peuple de statues pédestres et équestres; celle des Pavillons des Nations, ou pour croquer les indigènes des villages philippins et indiens, ou bien encore dans le «Pire » avec ses constructions toutes plus bizarres les unes que les autres, les danseuses sur leurs estrades, ou les pitres en train de débiter leurs boniments à la foule des visiteurs.
- Dans cette foule cosmopolite, qui se pressait de toutes parts, que de types curieux ou de scènes à saisir au vol, avec l’objectif: des planteurs du Sud avec leurs larges chapeaux, des fermiers de l’Ouest à la carrure massive, des nègres avec leur famille, toujours prêts à rire, des Chinois se promenant en bande, les yeux écarquillés ; des congressistes de tous pays avec leurs médailles enrubannées, de proportions inusitées ; des sociétés de toutes sortes, des miliciens, des musiciens, des enfants des écoles agitant le drapeau étoilé de l’Union et, à travers tout cela, des bandes de jeunes femmes et de jeunes filles, aux claires toilettes jetant, avec leur liberté d’allures, une note gaie vraiment charmante.
- Les sujets ne manquaient donc pas pour les amateurs qui, favorisés par un ciel presque toujours sans nuages, ont eu là l’occasion de clichés uniques ; malheureusement, la plupart des opérateurs nous ont paru tellement peu au courant des notions les plus élémentaires de la Photographie que nous doutons fort que la moisson ait été en rapport avec le nombre des pellicules employées.
- Quant aux professionnels, il y en avait un peu partout ; les uns campés en plein air, les autres dans des ateliers assez bien
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- installés où ils livraient en grande quantité des ferrotypies ou des épreuves tirées sur carton on sur cartes postales an gélatino-bromure.
- Le prix des ferrotypies variait de 2 à 5 cents, c’est-à-dire 10 à 25 centimes ; celui des cartes postales était de 25 cents, soit 1 fr. 25.
- On y voyait aussi, installé de distance en distance sur la lisière des plates-bandes, un appareil appelé «Photoscope», lequel fonctionne actuellement de tous côtés aux Etats-Unis.
- Cet appareil est automatique, il livre, sans le concours d’aucun opérateur, une épreuve sur tôle vernie entourée d’un joli cadre ; on place une pièce de monnaie dans une ouverture pratiquée dans l’appareil, on tire un bouton, on s’assied sur un siège situé en face de l’objectif et au bout de deux à trois minutes l’épreuve ferrotype sort toute terminée. De temps en temps, un employé passe pour recharger l’appareil et emporter la recette qui, dans l’Exposition, était, paraît-il, très fructueuse.
- C’est, en somme, un appareil dans le genre de celui construit en France, il y a une vingtaine d’années par Enjalbert, avec, néanmoins, quelques modifications et perfectionnements.
- Comme dans toutes les Expositions, il y avait une quantité de kiosques et d’étalages de marchands de photographies et de cartes postales. Il faut dire que ces articles, vendus fort cher, étaient, en général, d’une exécution déplorable et que les belles éditions parues en France à chacune de nos Expositions Universelles laissaient loin derrière elles.
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- CHAPITRE III
- LA PHOTOGRAPHIE AUX ÉTATS-UNIS
- Devant l’insuffisance de la Section américaine, c’est en dehors de l’enceinte de l’Exposition, dans les ateliers des professionnels et des amateurs, dans les usines des fabricants que nous avons cherché à nous instruire ; cela nous a mis en relation, de tous côtés, avec des gens vraiment remarquables, dont la courtoisie et l’intelligence nous ont vite fait oublier la mauvaise impression éprouvée à Saint-Louis.
- Dans cette partie de notre rapport nous avons réuni les notes recueillies au cours de nos visites et, de même que pour les chapitres précédents, nous les reproduisons sans autre souci que celui de chercher à décrire les choses telles que nous les avons vues et en y ajoutant les réflexions qu’elles nous ont suggérées.
- La Photographie professionnelle
- La Photographie professionnelle a pris aux Etats-Unis un développement très grand, et l’on peut dire, après avoir consulté les annuaires spéciaux, que par rapport à la population, les professionnels y. sont au moins aussi nombreux qu’en Europe et en France, en particulier ; il n’est pas une petite ville de ce pays ou il n’y ait un photographe ; la concurrence y est donc au moins aussi active que chez nous.
- Les installations des professionnels sont, en général, plus complètes qu’en France, tant au point de vue du luxe du mobilier que de l’aménagement propre à la profession.
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- Leurs ateliers ne sont pas tout à fait construits de la même façon que les nôtres ; ils ressemblent plutôt à des ateliers d’ar-
- tistes et, chez un certain nombre d’entre eux, si on retirait la chambre noire, on ne se croirait jamais chez un photographe.
- Cherchant à faire le plus possible œuvre personnelle, les patrons opèrent presque toujours eux-mêmes.
- D’après ce que nous avons pu constater, ils sont bien secondés, car leur personnel paraît être plus instruit que le nôtre en ce qui concerne leur travail.
- Les salaires des différentes catégories d’employés : opérateurs, retoucheurs, tireurs, agrandisseurs, etc., sont beaucoup plus
- élevés qu’en France ; mais la vie étant beaucoup plus chère, il ne semble pas qu’un employé photographe, en admettant qu’il trouve un bel emploi, ait intérêt à s’expatrier dans l’espoir d’un gain plus rémunérateur.
- Cela peut être vrai dans d’autres professions, mais pas dans celle qui nous occupe.
- La carte de visite est un format très peu usité;
- les grandes maisons ne livrent guère que des formats au moins égaux à la carte album, et certaines d’entre elles ne livrent même que des cartes genre salon.
- A part quelques exceptions, les prix de vente sont beaucoup plus élevés que ceux de nos meilleures maisons, et d’après ce qu’il
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- nous a été donné de voir dans bien des cas, le travail livré est presque toujours irréprochable comme exécution et comme montage.
- Les papiers brillants sont relativement peu employés; au contraire, les papiers mats, genre platine, charbon, bromure de toutes sortes, sont les plus en faveur.
- Grâce au système d’éclairage de leurs ateliers, à la confection de leurs fonds et à leur façon de faire poser le modèle, des épreuves réellement artistiques sont le travail courant de beaucoup de maisons.
- Les agrandissements sont très en vogue et les Américains excellent à les produire.
- Il n’est pas rare de voir à la montre d’un photographe ou d’un marchand de photographies des épreuves de grandes dimensions qui arrêtent les passants en suscitant leur admiration. Contrairement à ce qui se passe chez nous, nous ne pensons pas que les photographes aient été assez naïfs, pour tuer cette branche si intéressante pour eux, à tous les points de vue, en donnant en prime des agrandissements pour avoir la commande d’une douzaine de cartes, souvent vendues à un prix tel qu’ils ne peuvent non seulement plus tenter la plus petite recherche artistique dans leur travail, mais même fournir l’exécution la plus ordinaire.
- En agissant ainsi, nos photographes ont, à coup sûr, perdu une source énorme de profits et ils ont déconsidéré une application de leur art, avec laquelle ils auraient toujours pu exercer sur le public une influence considérable.
- Là-bas la Photographie n’a pas encore émigré de sa véritable sphère ; en un mot, c’est encore chez les photographes qu’on se fait photographier, quoiqu’il y ait depuis peu à New-York, probablement pour suivre notre exemple, de grands magasins, tels que celui de Siegler Cooper, dans la 7e avenue, qui utilisent la Photographie comme réclame.
- Nous nous sommes rendu dans l’atelier de cette maison, lequel est situé au sommet de son immense immeuble, entre le rayon de l’horticulture où l’on vend les plantes et les fleurs les plus rares et celui des oiseaux, où le bruit est tel que l’on se croirait dans certains pavillons de notre Jardin d’Acclimatation.
- Voilà les accès peu banals de cet atelier où nous avons remarqué, dans le salon d’attente, des centaines d’épreuves de nos pho-
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- tographes parisiens, Nadar et Reutlinger, et qui représentent nos plus jolies actrices et nos mondaines les plus connues.
- Dans plusieurs ateliers, nous avons vu une nouvelle lampe électrique destinée à l’obtention de portraits instantanés.
- Ce nouvel éclairage est produit par le passage d’un courant électrique dans un tube de verre d’environ 60 à 80 c/m de longueur, sur 6 à 8c m de diamètre, rempli de vapeurs mercurielles; la consommation du courant est bien plus faible qu’avec une lampe à arc ordinaire. Si la lumière produite, qui a une couleur verdâtre, a le désagrément d’enlaidir le sujet pendant la pose, elle n’a aucun effet fâcheux sur le résultat final; elle a, au contraire, le grand avantage d’être très actinique et de ne pas l’éblouir.
- Ce système qui n’a pas encore été appliqué en France, nous a paru avoir de grands avantages et nous ne pouvons qu’en recommander l’emploi à ceux qui s’intéressent à la production de la lumière artificielle.
- Avant de quitter les portraitistes, nous dirons que nous avons constaté avec plaisir, dans un certain nombre d’ateliers, l’emploi d’objectifs du type Petzval, de marques françaises, principalement Darlot et Derogy ; l’achat de ces objectifs remonte à une époque antérieure aux nouveaux droits, mais cela prouve que, grâce à la qualité de leurs produits, nos fabricants trouveraient un champ immense d’action, si leur initiative n’était pas entravée par un tarif douanier prohibitif.
- Tous les procédés d’impressions photomécaniques sont fort en honneur aux Etats-Unis, et quelques maisons, surtout dans la simili-gravure, sont arrivées à des résultats de toute beauté.
- C’est certainement dans ce pays que ce procédé s’est vulgarisé le plus rapidement et il a été adopté depuis longtemps pour l’illustration des travaux courants, catalogues, journaux, etc., alors que chez nous il commence seulement à être employé un peu plus couramment, en dehors des illustrations d’ouvrages ou de périodiques de luxe.
- A propos de ce procédé, nous devons rappeler que c’est une maison américaine, la maison Max Lévy, de Philadelphie, qui a livré à la consommation les premières trames lignées, gravées, indispensables pour l’exécution de ce procédé. Ces trames sont d’une fabrication excessivement délicate, leur perfection est pour
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- ainsi dire absolue et elles n’ont pas encore été égalées, à beaucoup près, par celles fabriquées depuis en Allemagne.
- La fabrication de ces trames nécessite un outillage de précision tout à fait spécial et un emplacement isolé de toute trépidation ; les difficultés sont telles qu’après plusieurs essais tentés en France pour en fabriquer, on a dû y renoncer.
- Pour le procédé aux trois couleurs, les Américains ont été les premiers à livrer des écrans assez exacts et ceux de la maison Carbutt, de Philadelphie, ont une certaine réputation.
- Dans le domaine de l’édition photographique, il y a de grandes maisons dont les travaux sont très remarquables, mais leurs épreuves n’égalent pas les reproductions de la maison Braun et Clément, de Paris, dont nous avons vu dans des magasins de la 7e avenue, à New-York, des salles entières garnies des sujets les plus demandés de leur merveilleuse collection. Malheureusement, les droits de douane en font majorer les prix d’une façon anormale.
- La vue de ces reproductions artistiques, encadrées avec un goût exquis, nous a consolé de l’exhibition de certaines toiles exécutées à Paris par des industriels en peinture à l’huile, et exposées à grand renfort de réclame comme venant de France.
- Grâce au manque absolu de sens artistique et de goût d’une grande partie de la population américaine, ces productions, si peu flatteuses pour notre amour-propre national, se vendent énormément et le commerçant qui les débite y a tout intérêt puisqu’il vend de 80 à 100 dollars des tableaux qui, chez nous, ne valent certainement pas plus de 25 à 50 francs.
- C’est à Chicago que le commerce de ces toiles d’exportation nous a semblé être le plus florissant.
- La carte postale illustrée, qui fait actuellement fureur un peu partout, est fort mal représentée aux Etats-Unis où l’on ne trouve dans chaque ville aucune collection complète.
- Pour différentes raisons, nous n’avons pas toujours compris l’engouement du public pour ce petit carton illustré, mais nous avouerons que lorsqu’au cours de notre voyage nous sommes passé devant des sites intéressants que nous ne reverrions probablement plus jamais, que nous avons rencontré des types ou des monuments curieux que nous ne pouvions saisir au passage
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- avec notre appareil, nous avons alors regretté de ne pouvoir acheter moyennant 1 ou 2 francs une douzaine de ces jolies cartes illustrées photographiquement dans le genre de celles que nos éditeurs ont répandues à profusion de tous côtés.
- Malgré leur exécution déplorable, le prix des cartes postales américaines est très élevé et nous pensons qu’une maison qui étudierait la question à fond trouverait sûrement le moyen de se créer là-bas un débouché considérable et de réaliser avec cet article si mal exploité de bons bénéfices.
- Il y a un certain nombre de cartes qui viennent d’Allemagne, mais elles ne sortent que de maisons secondaires ; à part quelques séries de chromolithographies qui sont assez jolies, il n’y a rien de bon en photocollographie et en bromure ; tout est donc à créer, soit en s’arrangeant pour faire de l’importation en grand des sujets innombrables de ce pays ou bien en installant sur place une maison comme celles qui fonctionnent ici.
- Il y a aussi des maisons importantes qui éditent des vues destinées au reportage et qui ont des agences de tous côtés ; d’autres qui sont spécialisées dans l’édition des vues de projection ; mais les vues sur verre sont loin d’égaler la perfection de celles livrées par certaines maisons anglaises et par nos éditeurs parisiens Lévy et Lachenal.
- S’il y a dans toutes les villes, même les plus petites, des photographes professionnels établis à demeure, il y a aussi une très grande quantité de photographes ambulants qui, d’un bout de l’année à l’autre, parcourent à tour de rôle toutes les régions agricoles, industrielles ou minières un peu écartées de cet immense pays.
- Avec un matériel de campagne, les uns font de la Photographie courante, mais la plupart font de la ferrotypie ou livrent instantanément des épreuves tirées sur papier au bromure.
- Ces industriels sont très nombreux et il nous a été dit que si leur métier est parfois un peu rude, ils gagnaient très largement leur vie.
- Les Associations syndicales professionnelles des photographes sont plus nombreuses que chez nous ; la plus importante est celle qui porte le nom de : « The Photographer’s Association op America », dont le siège est à Saint-Louis. Elle a été fondée en 1878 et elle réunit la plus grande partie des portraitistes des Etats-Unis ; c’est elle qui a pris l’initiative d’une souscription pour ériger un monument à Daguerre.
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- Parmi les antres Associations on peut citer : The photogra-pher’s Association of Iowa » fondée en 1889, et « The Photo-grapher’s Association of Ohio ».
- Avant de passer à un autre sujet, qu’il nous soit permis de signaler l’hommage grandiose autant que touchant que les photographes américains ont rendu à Daguerre.
- C’est dans le plus beau parc de Washington, au centre de la ville, à quelques centaines de mètres du Capitole, le palais des congrès américains, que se trouve le monument érigé en l’honneur de notre compatriote, probablement le seul inventeur français jouissant d’un tel privilège dans une capitale étrangère.
- Son inauguration aFeu heuumvmois*d’août 1890 pour célébrer
- le cinquantenaire deflafPhotographie ; il est l’œuvre du sculpteur américain Hartley ; il a coûté 50.000 francs, lesquels ont été produits par une souscription entre tous les professionnels des Etats-Unis.
- Situé au milieu d’une pelouse entourée d’arbres, il est en granit gris et rosé et il mesure environ 5 mètres de hauteur.
- Au-dessus d’un socle repose une énorme sphère de granit poli représentant le globe terrestre ; tout le reste est en granit brut.
- Une jeune femme, en bronze, la Gloire ou la Renommée, tient
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- les deux extrémités d’une guirlande de lauriers qui, après avoir fait le tour du globe vient s’enrouler autour du cartouche où Daguerre est représenté.
- Sur l’un des côtés du soubassement on lit cette inscription ; gravée en anglais :
- « To commemorate this first half century in Photography 1839-1889. Erected by the Photographer’s Association of Amé-rica 1890. »
- et sur l’autre :
- « Photography, the electric telegraph and the steam engine are the three great discoveries of the âge. No five centuries in human progress can show such strides as these », ce qui signifie :
- « Pour commémorer le premier cinquantenaire de la Photographie 1839-1889. Erigé par VAssociation des Photographes Américains, 1890. »
- « La Photographie, le télégraphe électrique et la navigation à vapeur sont les trois grandes découvertes de notre époque. On ne peut en cinq siècles de Vhumanité, montrer des progrès tels que ceux-ci. »
- L’ensemble du monument est d’un fort bel effet et constitue certainement l’hommage le plus imposant et le plus artistique qui, jusqu’à présent, ait été rendu à la mémoire de l’immortel inventeur de la photographie ; nous nous sommes fait un devoir, lors de notre séjour à Washington, de nous y rendre et nous avons cru qu’il n’était que juste d’en donner dans ce rapport une description détaillée.
- Les Amateurs photographes
- En dehors des Associations de professionnels, il y a, aux Etats-Unis, un grand nombre de Sociétés photographiques d’amateurs dont les plus renommées sont :
- The caméra club of New-York, qui a pour président M. Yves, et malgré qu’il soit de création récente, il compte parmi ses membres les personnalités les plus considérables de la Photographie aux Etats-Unis ;
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- The American institute, de New-York, qui date de 1859;
- The capital de Washington, présidé par M. Herbst;
- The photo sécession;
- The Chicago caméra club;
- The photographic society of Philadelphia;
- Saint-Louis photographic club;
- The photographic club of Baltimore city;
- The Pittsburg amateur photographer’s society;
- The Louisville caméra club;
- The Mineapolis caméra club;
- The New-Qrleans caméra club;
- The Colombia caméra club, fondé en 1884;
- The Hartford scientific society;
- The Colombia photographic society;
- The Colorado caméra club;
- The Cleveland caméra club ;
- The CAMERA CLUB OF UNIVERSITY OF PeNSYLVANIA;
- The Boston caméra club, qui date de 1881;
- The St-Paul caméra club;
- The Buffalo caméra club;
- The Californie club, etc., et plus de cent autres, réparties dans toutes les villes de l’Union.
- Ces sociétés sont généralement importantes, tant par le nombre de leurs adhérents que par leur budget ; en dehors de leurs réunions ordinaires et de leurs séances de proj ections, qui sont fort suivies, elles organisent des Salons qui entretiennent une émulation salutaire entre leurs membres et ceux des sociétés voisines.
- Il y a parmi les amateurs américains une pléiade d’artistes, dont quelques-uns ont été de véritables novateurs, et leurs œuvres, que nous avons admirées de différents côtés, sont dignes de figurer en bonne place à côté de celles des meilleurs opérateurs du monde entier.
- Néanmoins, et cela est triste à constater, la masse de ceux qu’on est convenu d’appeler les amateurs n’est pas plus instruite en la matière qu’en France ; à notre avis, elle l’est plutôt moins.
- Malgré les simplifications considérables apportées depuis ces dernières années dans les procédés et dans les appareils, il ne suffit pas, pour devenir « photographiste » d’acheter un appareil
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- et de faire ensuite une ou deux opérations purement mécaniques, pour obtenir un résultat parfait ; cela n’existe que dans certaines réclames américaines ou de marchands à tempérament lesquels, soit dit en passant, majorent ordinairement leurs prix dans des proportions très fortes à cause de la réclame effrénée qu’ils sont obligés de faire pour attirer les clients.
- Si l’invention du gélatino-bromure a rendu accessible à tous la possibilité de faire de la photographie avec une grande facilité, il ne s’ensuit pas qu’il n’y ait plus, pour obtenir une belle épreuve, qu’à presser un déclanchement ; c’est, à notre avis, à cette formule que sont dûs, en grande partie, l’ignorance et les déboires de tous ceux, et ils sont légion, qui l’ont prise par trop à la lettre.
- Dans notre visite aux revendeurs de New-York, Saint-Louis, Chicago, etc., enfin de toutes les villes que nous avons traversées, il se dégage ce fait que sur 100 bobines remises pour être développées chez le marchand, car ici, comme nous l’avons dit plus haut, plus que partout ailleurs, la pellicule est maîtresse souveraine, 25 à peine donnent des résultats, le restant ayant été pris en dehors de toutes les règles permises, et ce que nous signalons là est malheureusement aussi courant chez nous.
- Laissant de côté les défauts qui peuvent provenir des appareils et surtout de l’optique, on peut dire que ces résultats déplorables sont dûs surtout au manque de savoir des amateurs ; c’est de là que vient tout le mal, et cette constatation a une importance considérable, à une époque où, de tous côtés, nous entendons chanter le « De Profundis » de la Photographie.
- Il est indéniable qu’en présence de mauvais résultats, l’amateur qui sur une bobine de 12 poses, ou bien sur une douzaine de plaquer exposées n’obtient que deux ou trois clichés, se dégoûte vite, ne voulant pas continuer plus longtemps à dépenser de l’argent en pure perte, et il délaisse alors son appareil, uniquement parce que, dans bien des cas, il n’a pu savoir la cause de son insuccès.
- Malheureusement, le vendeur qui souvent n’en connaît pas plus long que son client, alors qu’il devrait être là pour le guider, ne peut lui être d’aucun secours et, à un moment donné, tous deux font chorus pour dire que c’est l’appareil qui ne marche pas ou les plaques ou les pellicules qui sont mauvaises.
- Ce raisonnement est celui de bien des revendeurs à bout
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- d’arguments devant des résultats qu’ils sont incapables de modifier par un bon conseil.
- De son côté le fabricant ne doit à aucun prix laisser croire à un amateur qu’il peut se servir de son appareil en toutes circonstances et sans un peu d’étude préalable ; au contraire, il doit s’attacher à le mettre en garde contre tout ce qu’il ne faut pas faire ; certaines réclames sur la rapidité fantastique des objectifs ont, à notre avis, causé beaucoup d’insuccès car elles promettent plus qu’un objectif ne peut donner réellement, et elles induisent ainsi l’opérateur en erreur.
- Le commerce des appareils photographiques nécessite, au moins autant que tout autre, des connaissances spéciales, indispensables ; dans son propre intérêt, l’amateur ne doit donc se diriger que chez des négociants reconnus pour les posséder, et éviter surtout ceux qui se croiraient déshonorés de savoir faire un cliché, comme cela se rencontre trop souvent dans cette profession. D’un autre côté, comme toute chose se paie, il ne doit pas regarder à quelques centimes près et n’aller que chez ceux qui n’ont d’autre qualité que de vendre meilleur marché que leur voisin ; il est de beaucoup préférable d’aller chez le mieux renseigné, cela lui procurera au bout du compte des économies sérieuses et la satisfaction que la photographie doit lui donner.
- Nous disions tout à l’heure que l’usage des pellicules était presque général aux Etats-Unis, cela exclut donc complètement pour le touriste l’emploi du laboratoire, et c’est pourquoi dans ces hôtels somptueux comme on n’en rencontre que dans ce pays, le laboratoire photographique est une chose inconnue, dont la demande provoque toujours un sourire ironique sur les lèvres du « manager », sûr d’avoir tout prévu dans son établissement.
- Ce n’est donc que chez les professionnels ou en calfeutrant sa chambre ou son cabinet de toilette, que le touriste qui voyage aux Etats-Unis avec des plaques peut arriver à charger son appareil.
- Puisque nous parlons des laboratoires, disons en passant que ceux que l’on trouve en France dans nos villes de province ne sont, à part quelques exceptions, que des réduits indignes de ce nom, où la promiscuité des balais, torchons, boîtes vides, sans compter la poussière et les traces de produits, y est vraiment par trop grande.
- Dans ces soi-disant laboratoires, qui ne remplissent presque
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- ? jamais les conditions d’obscurité voulues, l’amateur après avoir péniblement chargé son appareil, part eu suite avec des plaques voilées ; dans ces conditions, le résultat final est facile à prévoir.
- En organisant convenablement leurs laboratoires, les revendeurs retiendront leur clientèle ; en diminuant les causes d’insuccès, ils verront grossir le nombre des amateurs et, avec eux, celui de leurs ventes.
- Avant d’aborder un autre chapitre, nous tiendrons, ici, à rendre hommage aux Sociétés photographiques françaises qui, n’ayant uniquement en perspective que les progrès de la photographie, lui ont rendu des services considérables en organisant des séances de manipulations et de projections, des cours ou des conférences pour la partie technique et des salons pour ce qui touche aux questions artistiques. Elles ont constitué ainsi des centres d’instruction technique et d’éducation artistique où les savants et les artistes sont souvent devenus les véritables maîtres des débutants, pour le plus grand bien de notre art.
- La Construction des Appareils photographiques
- Les Etats-Unis sont, certainement, à l’heure actuelle, le plus grand centre de production de l’industrie photographique du monde entier, aussi les articles américains envahissent-ils de plus en plus tous les marchés.
- Alors qu’une Exposition de leurs produits si variés aurait dû être le clou de la Section de Photographie, aucun constructeur américain n’avait exposé, et c’est pourquoi, dans le but de compléter notre rapport, nous nous sommes rendu spécialement dans plusieurs villes, entre autre à Rochester où le nombre des établissements et des ouvriers employés pour les industries photographiques lui a valu le surnom de : « Ville de la Photographie et de l’Optique ».
- Bâtie dans une situation charmante, à environ 450 kilomètres de New-York, dans l’Etat du même nom, non loin du lac Ontario et de la florissante cité de Buffalo, cette ville est traversée dans toute sa longueur par la rivière Genesee dont les eaux, après avoir actionné les turbines d’un grand nombre d’établissements industriels, s’écoulent paisiblement entre des rives escarpées, non sans avoir, auparavant, franchi plusieurs vastes chutes splendides.
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- Les rues sont propres, sillonnéesjde tramways électriques, et malgré qu’il y ait beaucoup d’usines à ïtochester, cette veill n’a rien de l’aspect si triste des cités industrielles de l’Est.
- Accueilli avec beaucoup de courtoisie par M. Georges Eastman qui a bien voulu nous autoriser à visiter une partie de ses usines, nous dirons qu’elles occupent plus de 2.000 ouvriers et que leur outillage spécial, leur aménagement intérieur sont des plus intéressants.
- En bordure sur une des voies principales de la ville, se trouvent les bâtiments de l’administration, les bureaux où, au bruit saccadé des machines à écrire, une véritable armée d’employés des deux sexes travaillent à la confection des factures et à la rédaction du courrier, les magasins d’expédition d’où partent, dans toutes les directions, les produits de la « Eastman-Kodak Company », et enfin les usines pour la construction des appareils.
- A quelques milles de là, au milieu d’un immense jardin dénommé à juste titre « Kodak Park»,se trouvent les usines pour la fabrication des pellicules, des papiers, des plaques, des produits, etc., et en faisant abstraction du « bluff » américain qui veut que
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- dans ce pays tout soit toujours « The largest in the world », le plus grand du monde, on peut dire que cette phrase si courante aux Etats-Unis est, dans le cas présent, tout à fait justifiée.
- Il y a peu de temps, il y avait encore à Rochester d’autres fabriques d’appareils, mais elles ont, à tour de rôle, été rachetées par la Compagnie Eatsman et à l’heure actuelle il n’en reste plus que deux ou trois dont la « Seneca C° » mérite seule d’être citée.
- En dehors des appareils d’amateurs, à pellicules et à plaques, construits par la Compagnie Eastman, sous le nom de « Kodak », il faut citer les « Premo », les « Century », les « Pecto », les « Hawk-Eye» et les «Weno» de la Compagnie Blair; les «Wizard», les « Monroë », les « Ansco » et les « Solograph » d’Antony et Scowill, de New-York ; puis les appareils panoramiques « Al Yista » inspirés par le modèle du colonel Moessard, qui a servi de type pour la construction de tous ceux de ce genre.
- Les appareils à plaques du genre dit : « Détective » qui ont été si à la mode en Europe pendant ces dernières années ne sont pas employés aux Etats-Unis, de même tous ceux affectant la forme jumelle.
- Parmi les appareils européens, seuls ceux avec obturateur de plaque ont été l’objet d’un peu de vente ; nous avons aussi constaté que ce genre d’obturateur était très peu employé et nous n’avons vu aucun appareil américain construit avec ce dispositif intéressant et si indispensable dans tant de cas.
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- A New-York principalement, il y a des maisons qui se sont fait une spécialité du matériel pour professionnels, chambres,
- châssis, multiplicateurs, pieds, etc., mais l’importance de ces maisons est loin d’atteindre celle des usines qui construisent exclusivement les appareils d’amateurs.
- Nous avons entendu vanter, en France, à plusieurs reprises les chambres d’atelier américaines, nous devons dire que nous ne trouvons pas cette assertion très justifiée.
- Dans la plupart des cas, ces chambres sont construites plutôt grossièrement, sans aucun fini ; elles sont loin d’avoir les qualités de celles qui sortent des ateliers d’ébénisterie de France, d’Angleterre ou d’Allemagne, et leurs différents modèles n’offrent rien qui soit
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- bien intéressant ou bien pratique. Chez les grands professionnels, nous avons constaté que les chambres étaient presque toutes du type classique à deux ou trois corps, qui est employé couramment en France.
- Seuls les modèles pour la ferrotypie, procédé qui est très en faveur dans ce pays, nous ont paru comporter des dispositifs simples fort bien compris.
- Les formats les plus courants d’appareils sont sensiblement les mêmes que ceux employés en Angleterre, c’est-à-dire pour les amateurs :
- 3 y2 x 3 i/2, 3 1 4 x 4 1 4, (14 de plaque), 4x5 qui est plus employé que le précédent, 5x7, 6 14 x 8 y2,
- (plaque entière).
- Le format 6 y2 x 4 3 4 (14 plaque) qui est si répandu en Angleterre chez les amateurs et dans plusieurs pays d’Europe chez les professionnels, pour faire deux cartes de visite ou une carte album, n’est pas employé, il est remplacé par le 5 x 7 qui est presque notre 13 x 18.
- Les dimensions supérieures les plus couramment employées sont les 8 x10, 11x14, 10x12, 14x17, 17 x20, 18 x22,20 x24.
- Toutes ces mesures sont en pouces anglais bien entendu.
- Pour les industries de l’optique, la maison Bausch et Lomb, de Rochester, se trouve au premier rang et il faut aller en Allemagne et en Angleterre pour rencontrer des usines pouvant être mises en parallèle.
- Dans des bâtiments magnifiques dont le nombre augmente journellement, les différents genres de fabrication de cette usine modèle, sont installés séparément : fabrication des objectifs, des condensateurs, des loupes, verres de lunettes, puis celle des obturateurs, des microscopes, etc.
- Un certain nombre d’articles de cette maison, tel l’obturateur « Unicum » ont acquis, depuis longtemps en Europe, une grande renommée, très méritée, mais en ce qui concerne l’optique photo-
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- graphique, sa production n’est pas encore aussi parfaite que celle des maisons françaises, anglaises ou allemandes.
- C’est un fait reconnu de tous que l’optique dont sontmunis les appareils américains est loin de répondre à leurs autres qualités et cela tient à ce que chez eux, cette partie si délicate est traitée comme une fabrication par trop courante.
- C’est avec plaisir que nous avons constaté que la plus grande partie des matières premières servant à la construction des lentilles photographiques provenaient de la verrerie parisienne Parra-Mantois, si justement célèbre ; les Américains, en gens pratiques, ont frappé de droits insignifiants la matière brute, alors que les objectifs provenant d’Europe sont, comme tous les autres articles photographiques, l’objet d’un droit qui équivaut à la prohibition la plus absolue. Du reste si l’on regarde les prix portés sur les catalogues américains pour les quelques marques allemandes ou anglaises qui ont réussi à se créer un débouché, on verra que les prix originaux y sont majorés dans une proportion considérable.
- n y a aussi à Eochester la maison Wollensak qui s’est spécialisée dans la fabrication des obturateurs qu’elle produit d’une façon parfaite et à des prix étonnants de bon marché.
- L’outillage tout à fait moderne de cette maison a, paraît-il, coûté plus de 150.000 francs ; c’est une dépense énorme si l’on considère qu’il ne s’agit que de la fabrication d’un seul article ; elle occupe une centaine d’ouvriers pour les obturateurs et la construction des objectifs, qu’elle vient d’installer récemment.
- Dans toutes ces usines sans exception, nous avons constaté que ce qui fait leur force c’est, à côté des capitaux considérables engagés, l’intelligence avec laquelle elles sont dirigées, le sens pratique qui a présidé à leur organisation, et enfin, leur outillage réellement merveilleux.
- En ce qui touche la main-d’œuvre, partout où elle a pu être remplacée par une machine, cela n’a pas été négligé ; aussi ce développement si grand du machinisme a-t-il forcément amené la spécialisation du travail.
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- Dans un atelier où le même ouvrier fait presque toujours les mêmes pièces ou le même montage, il devient de plus en plus habile et il en résulte un grand avantage au point de vue du rendement et de la qualité du travail.
- Les salaires sont plus élevés que dans nos ateliers d’Europe, surtout ceux d’Allemagne, pour un travail correspondant et, dans bien des cas, ils atteignent des taux réellement considérables.
- Dans l’Optique et la Mécanique, les bons ouvriers arrivent facilement à gagner de 20 à 25 francs par jour.
- Si à ces salaires élevés on ajoute les frais généraux qui, aux Etats-Unis sont plus grands que dans nos maisons, on conçoit que les prix de revient augmentent dans d’assez fortes proportions ; mais le machinisme, la production énorme et aussi l’habileté et la conscience des ouvriers arrivent à rétablir avantageusement l’équilibre.
- Sans vouloir médire de nos ouvriers parisiens en particulier, dont les qualités sont suffisamment nombreuses pour que nous puissions en toute franchise parler de celles de leurs collègues américains, nous dirons que, pour le visiteur qui parcourt là-bas des ateliers, ces derniers paraissent plus attentifs et plus absorbés par leur travail et que chaque place semble moins encombrée que chez nous par une infinité d’outils plus ou moins utiles ; un ordre parfait règne, non seulement dans toutes les différentes parties des ateliers, mais aussi dans les articles en cours de fabrication et on ne voit pas de ces allées et venues qui font perdre un temps si précieux dans les ateliers parisiens.
- L’ouvrier est moins routinier et plus avide de progrès que dans tout autre pays et, loin d’être rebelle aux innovations qui, dans l’industrie moderne, tournent toujours au profit de la sécurité ou de l’économie des forces des travailleurs, ils en sont souvent les promoteurs.
- Le travail est presque entièrement donné aux pièces, la seule façon réellement possible pour le patron d’arriver à établir un prix de revient exact, et l’ouvrier qui n’a qu’un désir, faire la plus forte journée possible, s’inquiète peu du visiteur que l’on pilote avec grand renfort d’explications et de tout ce qui se passe autour de lui.
- Nous devons maintenant ajouter qu’en général, tous les ateliers que nous avons visités sont construits d’une façon plus confortable que les nôtres, ceux de Paris surtout où bien souvent, par
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- suite de la cherté et de T exiguïté des locaux, tout se trouve à l’étroit.
- Rien dans ces usines n’a été négligé pour augmenter le bien-être et l’hygiène de l’ouvrier ; des ascenseurs desservent les diffé-
- rents étages afin de leur éviter en même temps qu’une fatigue inutile, des pertes de temps ; de larges baies percées de tous côtés y font, avec le soleil, pénétrer la lumière et la santé.
- Nous aurons longtemps présent à la mémoire le spectacle merveilleux qui se déroulait devant les fenêtres du sixième ou septième étage d’un vaste immeuble industriel, dans un atelier où l’on construisait des obturateurs.
- Cet atelier était composé d’une pièce unique, immense, dans laquelle les machines et tout l’outillage étaient placés au centre ; sur les quatre côtés, devant les fenêtres, étaient disposées les tables sur lesquelles des ouvriers des deux sexes effectuaient le montage et la « finition » des diverses pièces.
- Si, de temps en temps, ils levaient la tête, c’était pour reposer leurs yeux sur le ravissant tableau formé par les allées d’arbres qui se dirigeaient en tous sens à travers la ville, séparant des usines aux puissantes cheminées ou des habitations sans clôture, entourées de verdure ; leur regard pouvait aussi suivre les eaux tantôt calmes, tantôt écumantes de la rivière Genesee qui, dans la direction de cette mer immense qu’est le lac Ontario, vont se perdre dans l’azur d’un ciel sans limites.
- Pendant quelques minutes, la beauté du spectacle nous retint
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- et après avoir jeté un dernier regard sur cet atelier unique, c’est avec regret que nous reprîmes l’ascenseur qui, en quelques secondes, nous ramena à terre.
- Chaque ouvrier a son petit vestiaire indépendant, formé par une sorte d’armoire fermant à clef dont la porte ne descend qu’à environ 25 % du sol et où il peut ranger ses vêtements avec soin et à l’abri de la poussière ; un garage permet aussi de remiser les bicyclettes dont beaucoup d’ouvriers se servent comme moyen de locomotion.
- Les lavabos, les water-closets sont admirablement installés ; les avertisseurs et engins contre les incendies, si fréquents aux Etats-Unis, sont en évidence de tous côtés; comme moyen d’éclairage l’électricité, et pour le chauffage, des systèmes à eau chaude ou à vapeur sont les seuls employés.
- Nous avons vu, dans plusieurs usines, des réfectoires dont la loi autorise ici la création pour le plus grand bien de l’ouvrier.
- Dans l’un de ces réfectoires servant aussi de salle de récréation et de bibliothèque, nous nous souvenons d’avoir vu accroché sur les murs, comme un emblème national, à côté des vues de l’usine, un exemplaire illustré de l’acte d’indépendance des Etats-Unis tel qu’il fût rédigé lors de sa proclamation à Philadelphie ; en face, à la place d’honneur, le portrait de Washington, puis tout autour ceux des anciens présidents de l’Union: Jefferson, Abraham Lincoln, Garfield, Mac Kinley, celui du président Roosevelt naturellement; des gravures représentant des scènes patriotiques, mais pas de dessins de modes, de sujets grivois, ou d’illustrations de mauvais goût.
- Nous oublions de dire que ce réfectoire était divisé en deux parties ; un côté était réservé aux hommes et l’autre aux femmes.
- Le pointage de l’entrée à l’usine se fait non pas par un employé, mais à l’aide d’une machine très ingénieuse; chaque ouvrier, à tour de rôle, présente dans une ouverture spéciale pratiquée dans l’appareil un petit ticket sur lequel se trouve inscrit automatiquement l’heure exacte de son arrivée ; il fait la même opération à la rentrée suivante et le soir ces tickets, collationnés, indiquent d’une façon précise les heures d’entrée de chacun à l’atelier ; cela supprime toute discussion avec un pointeur et aussi tout sujet d’erreur.
- Pendant les journées si chaudes de l’été, des filtres distribuant de l’eau pure glacée, dont il est fait ici une très grande consommation à l’exclusion de toute autre boisson, sont disposés dans
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- chaque atelier, ce qui permet aux ouvriers de se rafraîchir.
- Dans les bureaux, les comptables, dessinateurs, etc., se mettent tous en bras de chemise et travaillent entre le téléphone et les machines à écrire.
- A l’heure du départ, la cloche sonne, les plis faits au bas du pantalon à l’arrivée à l’atelier s’abaissent, les faux-cols et les cravates se rajustent, la longue blouse blanche est remplacée par un vêtement convenable et l’ouvrier de tout à l’heure se transforme en un véritable gentleman, les ascenseurs se remplissent joyeusement, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre, et en quelques minutes, les uns sur leurs bicyclettes, les autres à l’aide des cars électriques qui desservent toute la ville, rejoignent leur logis à toute vitesse. Pas de cabarets aux portes des usines, donc pas de tentation néfaste ; et à l’heure de la rentrée tout le monde reprend son poste.
- Les journées sont d’environ 8 à 10 heures, suivant les besoins de la production, et le samedi à midi ou à deux heures au plus tard, suivant la mode anglaise, le travail cesse pour reprendre le lundi matin. A part quelques Allemands, tous les ouvriers employés dans ces usines sont Américains ; le nombre des Français et des autres étrangers est tout à fait insignifiant.
- Voilà ce que nous avons vu dans ces usines si intéressantes de l’industrie photographique et optique à Rochester et nous serons heureux si nous avons réussi à en donner une idée approximative.
- La Cinématographie,
- La Projection et l’Agrandissement
- Ces trois applications qui découlent si étroitement de la Photographie ont aussi, aux Etats-Unis, une très grande vogue.
- Le Cinématographe surtout est devenu très populaire, et il n’est pas un music-hall de la plus petite ville qui n’ait donné à ses spectateurs des représentations avec projections animées.
- On doit reconnaître que les Américains ont produit des bandes cinématographiques sensationnelles, aussi bien par la nature des sujets pris sur le vif que par l’originalité des scènes composées, reproduisant, à s’y méprendre, des événements vécus.
- Tout le monde sait que l’Amérique est le pays des faits divers
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- extraordinaires : vols à main armée, cambriolage à la dynamite, lynchage des nègres, incendies gigantesques, rupture des ponts, déraillement et pillage des trains, etc. ; tons ces événements palpitants, la Cinématographie les a reproduits avec une fidélité merveilleuse et jamais nous n’oublierons certains tableaux vus dans un établissement de Chicago, entre autres le pillage d’un train par des malfaiteurs masqués, leur poursuite à cheval à travers les forêts et leur lutte avec les policemen.
- Du reste ceux qui, à Paris ou à Londres, ont vu les projections géantes du « Biograph » peuvent se faire une idée de la manière dont les Américains ont tiré parti du Cinématographe.
- Il y avait bien dans l’Exposition de Saint-Louis des séances de cinématographie, mais aucun fabricant américain n’avait exposé d’appareils de ce genre ; seule, dans toute l’Exposition, la Maison Gaumont, de Paris, présentait quelques beaux types parmi lesquels, comme nous l’avons déjà dit, on remarquait un nouveau modèle donnant un synchronisme parfait entre la projection et le phonographe. Cet appareil, qui a eu à Paris le plus vif succès lors de sa présentation, a trouvé là-bas le même accueil.
- Citons encore, dans le genre cinématographique, les appareils dits « Mutoscopes » à déclanchement monétaire, qui sont actuellement très en vogue aux Etats-Unis.
- Dans les grandes villes, on rencontre à chaque pas des locaux dans lesquels sont installés un certain nombre d’appareils de ce genre et les titres grivois affichés au-dessus de chacun d’eux ont, comme partout ailleurs, le don d’attirer les badauds.
- La projection fixe a depuis longtemps joué un grand rôle aux Etats-Unis aussi bien dans le domaine de l’enseignement que dans celui de la récréation.
- Après avoir été pendant de longues années tributaires des fabricants anglais et français, non seulement pour les objectifs spéciaux et les condensateurs , mais pour toute la tôlerie et les lampes à pétrole, il y a maintenant à Chicago, à Philadelphie et dans d’autres villes des maisons qui fabriquent des modèles bien compris et dans ces conditions, il n’y a plus rien à faire dans cette partie pour les maisons européennes.
- La maison Clément et Gilmer, de Paris, dont les relations avec les Etats-Unis étaient, avant les nouveaux tarifs, d’une grande importance, exposait seule des appareils de projection.
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- En ce qui concerne l’agrandissement, aucun appareil américain n’était exposé. Dans le pays par excellence des papiers au bromure, cette branche de la Photographie est arrivée à un très haut degré de perfection; en général,les professionnels se servent, pour faire leurs agrandissements, de lanternes avec éclairage artificiel dans le genre de celles employées par leurs confrères d’Europe ; quant aux amateurs, ils emploient plutôt des appareils pliants, sortes de chambres noires, aménagées spécialement.
- Les cônes agrandisseurs, si répandus chez nous, y sont presque inconnus.
- La maison Demaria Frères, de Paris, exposait des lanternes d’agrandissement et des agrandisseurs automatiques à la lumière du jour qui étaient les seuls appareils de ce genre dans l’Exposition.
- Plaques, pellicules et papiers
- La fabrication de ces divers produits n’est pas une des moins importante de l’industrie photographique américaine, au contraire. En raison des droits d’entrée qui font que toutes les plaques consommées dans ce pays sont de fabrication nationale et que le cercle des débouchés au-delà des frontières augmente tous les jours, tout fait supposer qu’elle est appelée à prendre dans l’avenir une extension considérable.
- Nous avons dit que, seule, la maison Cramer, de Saint-Louis, représentait les fabricants américains de plaques sensibles, parmi lesquels il faut citer Seed et C°, aussi à Saint-Louis, Hammer et C° et la Cie Eastman Kodak. Enfin, sous le nom de « Lumière north America», une société anglaise a installé, à Burlington, dans l’Etat de Yermont, de vastes usines pour la fabrication des plaques d’après les procédés de la maison Lumière, de Lyon.
- En dehors de la consommation nationale, les plaques américaines sont demandées sur les marchés environnants, tels que le Canada, le Mexique, les Etats du Centre et du Sud, le Japon, les Philippines, les Indes Néerlandaises, la Chine et l’Australie, où elles ne tarderont pas, peu à peu, à supplanter les marques européennes.
- En raison de ce que tout le verre et la gélatine employés pour cette fabrication sont importés, que les salaires des ouvriers sont
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- plus élevés qu’en Europe, leurs plaques sont sensiblement plus chères que les nôtres; mais pour les pays ci-dessus, la proximité du lieu d’approvisionnement est un avantage considérable qui entre sérieusement en ligne de compte.
- Les fabricants américains livrent généralement trois qualités : une de rapidité moyenne, une extra-rapide et une série isochromatique ; cette dernière est très demandée. Il y a aussi de bonnes émulsions pour les positifs sur verre.
- L’empaquetage américain nous a paru moins sérieux que celui de nos fabricants ; la vente par les fabriques se fait uniquement en caissettes ne contenant qu’un seul format de boîtes dont le nombre varie suivant la dimension.
- Ce système offre un avantage précieux pour le fabricant qui n’a pas besoin de faire d’emballages spéciaux lors de la réception des commandes, les caissettes étant prêtes d’avance ; de plus, cela supprime tout un détail dont nos fabricants français doivent bien souffrir.
- Par suite d’une entente entre les fabricants et les revendeurs, les prix originaux sont rigoureusement maintenus ; la moyenne des remises est de 25 à 30 % et seuls les revendeurs en profitent.
- Ces derniers revendent aux professionnels avec une remise allant au maximum aux 2 3 de celle consentie par le fabricant, mais uniquement pour des ordres importants, c’est-à-dire sans détailler le contenu des caissettes.
- Dans tous les cas, les prix faits aux amateurs sont strictement nets et une maison qui enfreindrait cette règle se verrait refuser la livraison par les fabricants.
- Nous avons indiqué précédemment quels étaient les formats d’appareils les plus usités aux Etats-Unis ; en dehors de ces dimensions, les maisons américaines livrent maintenant des plaques, pellicules et papiers, aux formats en centimètres, dits formats français, ce qui leur permet de faire plus facilement pénétrer leurs modèles sur les marchés où, autrefois, les maisons françaises et allemandes avaient seules accès.
- Nous avons visité plusieurs fabriques de plaques, et nous devons dire que le matériel et les procédés employés sont loin d’égaler ceux de nos maisons françaises.
- Les machines à couler l’émulsion, celles à laver et nettoyer les plaques, les séchoirs, tout cela nous a paru assez rudimentaire
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- et peu en rapport avec l’ingéniosité reconnue de tout le machinisme américain.
- Le salaire des ouvriers employés dans les fabriques de plaques, de Saint-Louis entre autres, est d’environ 12 dollars par semaine pour les hommes et 6 dollars pour les femmes; la journée de travail étant de 10 heures pour les 5 premiers jours de la semaine et de 5 heures seulement pour le samedi, les usines fermant ce jour-là à midi pour reprendre le lundi matin.
- Ce prix de 1 fr. 15 environ l’heure, pour les hommes, est un salaire très peu élevé pour les Etats-Unis, ce qui indique que dans ces usines, les ouvriers employés ne sont guère considérés que comme des manœuvres.
- Nous avons dit que la plupart des matières employées dans cette fabrication étaient importées, et au cours de nos visites nous avons été amené à constater ce qui suit :
- 1° Ces usines emploient chaque année d’une façon régulière, pour plusieurs millions de francs de verre destinés à la fabrication de leurs plaques ;
- Quoique nous ayions entendu parler de la création prochaine de verreries pour la production du verre photographique, tous les verres utilisés actuellement proviennent uniquement de Belgique et d’Angleterre ; pas un seul n’est acheté en France.
- Les verres belges sont fournis en majeure partie par des commissionnaires de Jumet qui les achètent dans les verreries du bassin de Charleroi, et ils sont livrés dans les dimensions suivantes :
- 7 x 10, 6 x 8, 10 x 12; ces mesures sont en pouces anglais et elles sont destinées à être employées entières ou bien découpées en plus petits formats.
- Les verres anglais proviennent presque tous de la maison Pil-kington, brothers and C°, de Sunderland, la plus grande verrerie d’Angleterre.
- Us sont, généralement, beaucoup plus réguliers d’épaisseur c’est-à-dire plus plats que les verres belges et sont surtout employés dans la fabrication des plaques de grands formats, c’est-à-dire : 10 x 12, 10 x 14, et 14 x 17, pouces anglais.
- La qualité de ces verres équivaut à un choix intermédiaire entre le deuxième choix et le troisième choix français ; ils doivent être bien plats, bien conformes aux dimensions et coupés rigoureusement d’équerre ; être aussi exempts que possible de
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- bulles, stries et fumées blanchâtres produites par le four au moment de l’étendage.
- L’emballage est fait dans de petites caisses contenant chacune un certain nombre de feuilles variant suivant le format.
- 2° Ces mêmes fabriques font aussi une très grande consommation de gélatine en feuilles et de bromure d’ammonium.
- Ces deux produits proviennent actuellement d’usines allemandes.
- La gélatine doit être de qualité spéciale, genres Winterthur, Heinrich ou Nelson.
- Quant au bromure d’ammonium, il doit être de bonne qualité.
- Nous pensons que ces renseignements pourront servir à ceux de nos industriels qui sont à même de livrer les articles ci-dessus et, dans cette intention, nous avons donné communication [à l’Office National du Commerce extérieur de la France, de cette partie de notre rapport.
- La fabrication des papiers sensibles est encore bien plus importante que celle des plaques.
- C’est une industrie dans laquelle les Américains, avec leurs préparations à base de collodion ou de gélatine, sont passés maîtres depuis longtemps.
- Nous n’insisterons pas sur l’énumération de leurs nombreuses variétés de papiers qui sont toutes connues en Europe ; disons seulement que les papiers bromure à émulsion lente, pouvant se développer à la lumière du gaz, sont de plus en plus en faveur auprès des consommateurs.
- Jusqu’en ces dernières années, la matière première principale de cette fabrication, c’est-à-dire le papier brut, provenait presque entièrement des célèbres usines de MM. Blanchet Frères et Kléber, de Rives, dans l’Isère, dont les produits sont universellement réputés comme hors de pair. Malheureusement, le papier de fabrication nationale est de plus en plus employé et le barytage se fait aussi sur place, de sorte que dans un avenir peu éloigné ce débouché, dont le chiffre atteignait plusieurs millions, sera complètement perdu pour nous.
- Les papiers au charbon, ceux au ferro-prussiate se fabriquent aussi sur place. Pour ce dernier, il est l’objet d’une énorme consommation, car il est employé comme en Europe par toutes
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- les Compagnies de chemins de fer, les constrnctenrs, ingénieurs, architectes, etc.
- La pellicule ou film est le produit photographique américain par excellence ; quoique la paternité de l’invention ne soit pas encore établie en Amérique d’une façon indiscutable, c’est incontestablement à la Compagnie Eastman que revient l’honneur de l’avoir lancée. Bien qu’en Angleterre, en Allemagne et aussi en France, on fabrique depuis un certain temps des pellicules en bobines dont la vente augmente journellement, c’est encore cette marque qui est la plus répandue.
- La fabrication des pellicules est une de celles qui, dans l’industrie chimique, ont nécessité le plus de recherches et en raison des difficultés sans nombre qu’il a fallu surmonter, des sommes considérables ont dû. être sacrifiées de tous côtés pour arriver au résultat actuel.
- Quoiqu’il y ait aux Etats-Unis plusieurs fabriques de pellicules, c’est, la Compagnie Eastman qui, avec ses usines de « Kodak Park » fournit la presque totalité de la production américaine.
- Cette fabrication qui est excessivement délicate et exige des soins infinis, est répartie dans plusieurs bâtiments, aménagés suivant les besoins spéciaux.
- Les laboratoires pour la préparation du support et des matières sensibles, les ateliers pour le coulage des émulsions, les séchoirs, la fabrication des bandes protectrices de papier, l’impression des numéros et des points de repère, la mise en bobines, tout cela est installé d’une façon parfaite, et la marche et le rendement de toutes les machines si ingénieuses de res ateliers sont vraiment extraordinaires.
- Pendant longtemps les constructeurs français n’ont pas cherché à fabriquer des appareils à pellicules, pour la bonne raison qu’ils auraient été obligés d’employer des bobines américaines pour les alimenter ; depuis que la maison Lumière, de Lyon, en livre d’excellentes,plusieurs modèles ont été établis, de sorbe que nous pouvons songer à créer une concurrence complète aux produits américains.
- Nous avions emporté dans notre voyage un appareil français à pellicules ainsi que des bobines Lumière; nous sommes heureux de dire que celles que nous avons fait développer sur place ont excité l’admiration des spécialistes, tant par la qualité du support
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- et de l’émulsion que par la finesse des négatifs, cette dernière condition étant rarement remplie dans les appareils américains, dont l’optique est, nous l’avons déjà dit, de construction secondaire. A propos des pellicules nous avons constaté que dans certains
- cas, elles s’étaient mieux comportées que les plaques au point de vue de la conservation. |
- Ainsi toutes les plaques que nous avons impressionnées à la Nouvelle-Orléans où la chaleur était d’environ 38 à 40 ’ et où règne une très grande humidité, ont donné des clichés gris, remplis de taches rondes et de marbrures, alors que nos bobines de pellicules, comme elles développées au retour, n’ont nullement été détériorées.
- Cette remarque ne nous est pas absolument personnelle puisque, en ce qui concerne les plaques, plusieurs collègues ont éprouvé exactement les mêmes inconvénients ; quant aux pellicules Lumière, nous attribuons la bonne conservation de la couche sensible au papier protecteur émaillé dont les bobines sont garnies.
- Les Produits chimiques
- Depuis longtemps déjà l’industrie chimique a pris aux Etats-Unis une extension considérable et des usines colossales, réparties dans les centres industriels, fabriquent tous les produits de grande consommation.
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- En ce qui concerne les produits employés spécialement en Photographie, les Américains sont encore, pour beaucoup d’entre eux, tributaires de l’Europe et de l’Allemagne en particulier, et la fabrication des plaques et des papiers, dont il est fait une consommation énorme, est pour ce dernier pays un débouché intéressant.
- Quoique les Etats-Unis fabriquent plus de gélatine que tous les pays d’Europe réunis, leurs usines ne sont pas encore arrivées à produire une qualité pouvant servir à la préparation des émulsions, et celle employée dans la fabrication des plaques et des papiers vient, comme nous l’avons déjà dit, en grande partie d’Allemagne.
- Il en est de même pour les bromures ; quant aux sels d’argent et d’or ils sont fabriqués sur place.
- La plupart des révélateurs alcalins viennent aussi d’Allemagne ; l’hyposulfite de qualité ordinaire est importé, mais on fabrique sur place une sorte granulée qui, de même que le sulfite et le carbonate de soude, est d’une qualité supérieure.
- Un certain nombre de fabricants livrent au public, sous des noms de fantaisie, et sous forme de liquides, de pastilles, ou de poudres, des produits tout préparés pour développer, virer fixer, renforcer, etc. *
- Ces préparations genre Cristallos, Mercier, Keeb, sont généralement bien présentées et de fabrication raisonnée.
- Elles font l’objet d’un commerce important et les prix fixés par les fabricants pour la vente au détail sont strictement appliqués.
- Les Accessoires
- Ce que l’on est convenu de désigner sous le terme général d’accessoires entre pour un gros chiffre dans le commerce photographique ; mais ce chiffre n’a pas, aux Etats-Unis, la même importance qu’en Europe et cela tient à ce que l’assortiment présenté aux consommateurs est réduit au plus strict minimum.
- Si nous entrons chez un revendeur ou si nous consultons un catalogue américain, nous voyons que pour les cuvettes, les châssis-presse, les lanternes, les laveurs, la verrerie, etc., en un mot tout ce qui constitue le matériel courant d’un laboratoire,
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- l’assortiment est loin d’être comparable à celui des maisons européennes qui, par contre, tombent dans l’excès contraire, et que le stock pour chaque article se compose uniquement de deux ou trois modèles en matière différente ou bien de trois ou quatre formats.
- A notre avis, ce système a du bon pour le fabricant, comme pour le revendeur, car le stock est moins compliqué, plus facilement renouvelable et laisse moins de non-valeur en fin d’année.
- La clientèle française, qui sous ce rapport est bien plus gâtée que la clientèle américaine, devrait bien en tenir compte et s’habituer à se contenter de ce qui se trouve tout fait, sans exiger à chaque instant des modèles spéciaux ou des modifications aux types établis pour tous ; cela dérange considérablement le fabricant dans son travail courant, et le laisse presque toujours en perte.
- En général, la qualité des accessoires américains est assez ordinaire et peu en rapport avec leurs prix souvent élevés.
- Il faut cependant faire une exception en faveur des fonds d’atelier de professionnels, pour lesquels plusieurs maisons sont arrivées à un certain degré de perfection.
- Les châssis-presse, lanternes, cuvettes, etc., sont exclusivement de fabrication américaine; on fabrique,à Chicago, des presses à satiner d’une construction très soignée ; pour les obturateurs, les modèles métalliques placés au centre des lentilles sont pour ainsi dire les seuls employés : le modèle en bois à rideau avec planchette mobile du type « Thornton Pickard », qui a de si grandes qualités et qui est répandu partout en Europe, ne figure là-bas sur aucun appareil.
- Parmi la série considérable d’accessoires dont la France s’est fait une spécialité, nous ne voyons guère que les pieds métalliques qui peuvent faire avec les Etats-Unis l’objet d’un trafic, car jusqu’à présent leurs usines n’ont pas encore abordé ce genre de fabrication si délicate, dans laquelle plusieurs de nos maisons parisiennes et lyonnaises sont sans rivales.
- Nous avons dit que certains articles étaient vendus là-bas un prix très élevé ; parmi ceux-ci nous citerons les condensateurs dont les prix atteignent trois à quatre fois les nôtres.
- Pour certains articles américains, exportés en Europe, nous avons remarqué que leurs prix de vente étaient, dans leur propre pays, de beaucoup supérieurs à ceux appliqués chez nous ; cela tient aux raisons dont nous donnons plus loin l’explication.
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- Les Revues et la Librairie photographiques
- Il y a aux Etats-Unis d’importants journaux, revues, bulletins édités par des Sociétés photographiques ou par des maisons spéciales ; mais aucun exemplaire de ces publications ne figurait à l’Exposition de Saint-Louis, où seul l’éditeur parisien, Charles Mendel, avait envoyé un spécimen de ses ouvrages bien connus de tous les amateurs.
- Parmi les périodiques photographiques américains les plus importants, il faut citer :
- « The american amateur Photo grapher »,
- « The photographie times »,
- « The Photo-american »,
- « The Anthony'1 s Photographie Bulletin »,
- « The Wilsoris Photographie magazine », qui sont édités tous les cinq à New-York, puis :
- « The Saint-Louis and Canadian Photographer », édité à St-Louis. « The Photo Beacon », édité à Chicago,
- « Le bulletin de la Société, de San-Francisco, » etc.
- La plupart de ces revues sont rédigées avec beaucoup de soin par les savants, les amateurs, ou les professionnels les plus en renom de ce pays et les illustrations qui les accompagnent sont souvent, au point de vue artistique et technique, de véritables chefs-d’œuvre.
- Un grand nombre d’ouvrages traitant toutes les branches de la photographie sont édités chaque année aux Etats-Unis et les auteurs les plus appréciés sont : . . .
- MM. Dundas, Todd,
- Lincoln, Adams,
- Burton,
- Henry Abbett, ...
- Ed. Wilson.
- J. Wall,
- Walter E. Woodbury,
- J. Harrison,
- Baden Dutchard,
- Docteur Emerson,
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- l MM. John Burnet,
- Duchochois,
- Geo. Mellen,
- W.-F. Cuevin, etc.,
- dont certains ouvrages ont atteint un grand nombre d’éditions.
- En raison de la communauté de langue, les auteurs anglais sont beaucoup lus aux Etats-Unis, et parmi ceux dont les ouvrages sont les plus répandus, citons :
- MM. Abney,
- Major Général Waterhouse,
- Clément J. Leapper,
- Chapman Jones.
- C. Lambert,
- W.-A. Watts,
- John Hodges,
- To wn sent,
- Richard Hatton,
- Robinson,
- Horsley Hinton,
- C.-W. Gamble,
- Robert Johnson,
- Lyonel Clark,
- Hector Maclean,
- Child Bayley,
- C. Holland, etc.
- Peu d’ouvrages français ont été traduits en anglais, aussi nos auteurs sont-ils fort peu répandus dans le public. Nous n’avons vu là-bas en langue anglaise que le livre de M. Robert Demachy, sur le procédé à la gomme bichromatée, celui de Piquepé sur la retouche et celui de Drouin sur la stéréoscopie.
- A part le Docteur Eder, dont les ouvrages ont été traduits en anglais, nous n’avons vu aucune édition anglaise d’écrivain de langue allemande.
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- Causes du développement de l’industrie photographique aux États-Unis
- Examinons maintenant les causes du développement si considérable donné, aux Etats-Unis, à l’industrie photographique et disons qu’il est dû bien plus aux conditions économiques dans lesquelles se trouve ce pays, qu’aux qualités des produits fabriqués, dont on rencontre facilement l’équivalent dans les pays producteurs de l’Europe.
- C’est au fameux Bill Mac Kinley, que les Américains doivent, en grande partie, leur extraordinaire prospérité industrielle actuelle. Dès sa mise en vigueur, profitant des droits élevés qui écartaient du marché la concurrence étrangère, un grand nombre d’industries, fortes de cette; prohibition, se sont développées sur place, sans autre souci que la concurrence locale, avec laquelle il est toujours plus facile de s’entendre qu’avec celle du dehors ; en quelques années, grâce à ce régime, elles se sont outillées merveilleusement, et se sont trouvées ensuite armées pour la lutte d’une façon pour ainsi dire invincible.
- La Photographie a été du nombre de~ ces industries privilégiées, et c’est pourquoi, n’ayant pas à craindre l’importation étrangère, ses industriels ont pu employer toutes leurs forces à exporter leurs produits. Plus que tous les autres pays de l’Europe, la France, où, par une anomalie inexplicable, les appareils photographiques entrent en franchise, a été envahie par les produits américains avec une impétuosité telle, qu’il a fallu un certain temps à nos constructeurs pour se remettre du choc et s’apprêter à y répondre.
- Au cours de notre voyage, il ne nous a pas été donné de voir une seule fois un appareil européen chez des revendeurs ou bien entre les mains d’amateurs américains, et nos modèles français, nos jumelles entre autres, y sont comme nous l’avons déjà dit, totalement inconnues.
- Il est donc évident que si les fabricants américains, non protégés par leurs tarifs, avaient eu à se défendre contre la concurrence européenne, ils n’auraient jamais pu prospérer comme ils l’ont fait et venir ensuite, en inondant notre marché, porter un trouble dans notre industrie.
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- Dans des publications françaises nous avons vu, à des époques régulières, des critiques chanter les louanges de la façon de faire des Américains et tomber à bras raccourcis sur nos malheureux fabricants : les auteurs de ces articles savent-ils qu’un appareil français paie 45 % de sa valeur pour entrer aux Etats-Unis, ce qui veut dire qu’un appareil de 200 francs revient là-bas à 290 francs, sans compter les frais de port, d’assurance et d’emballage ; et si l’on ajoute à cela le bénéfice normal d’un revendeur, on voit qu’un appareil valant 200 francs à Paris ne peut pas être vendu moins de 400 francs aux Etats-Unis, c’est-à-dire le double.
- La différence entre ces deux chiffres justifie bien des choses et nous n’y ajouterons aucun commentaire.
- Alors que des articles, tels que les bicyclettes, les phonographes, les téléphones, l’horlogerie, les jouets, etc., sont frappés d’un droit à l’entrée en France, il est incompréhensible qu’un appareil photographique, qui peut leur être comparé, ne soit pas également protégé.
- Sans demander des droits aussi ridicules que ceux appliqués par les Américains, une protection normale, en arrêtant un peu leur invasion et celle des Allemands et des Italiens, eût permis à nos constructeurs d’aller plus librement de l’avant et nous n’aurions pas vu, comme cela s’est malheureusement produit, tous ces temps derniers, autant de patrons fermer leurs ateliers, autant d’ouvriers sans travail, obligés de chercher dans d’autres professions, moins rémunératrices, un refuge contre le chômage.
- Pour notre part, nous avons signalé, les premiers et depuis longtemps, les périls de la situation, nos réclamations aux pouvoirs compétents ont été non seulement admises mais approuvées ; malheureusement pour notre corporation, elles n’ont pas, jusqu’à ce jour, été prises en considération ; espérons qu’elles recevront bientôt une sanction favorable.
- Partant d’un principe publié antérieurement en France par deux inventeurs différents, les Américains ont eu le mérite de lancer l’appareil à pellicules se chargeant en plein jour, et cela a été sans contredit une révolution dans la Photographie, mais ce genre d’appareil, de par la nature du procédé et du support employés pour l’obtention du négatif, est loin d’avoir, à beaucoup près, les qualités des appareils à plaques.
- Le marché américain étant hermétiquement fermé aux produits européens et les fabriques de ce pays étant presque toutes réunies
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- sous une même direction, il s’ensuit qu’il n’y a plus guère, aux Etats-Unis, qu’un seul fournisseur d’appareils d’amateurs, la Compagnie Eastman et que le nom de « Kodak » est devenu synonyme d’appareil photographique.
- De ce qui précède, on peut donc déduire que tous les revendeurs éparpillés dans toutes les villes de l’Union, dont quelques-uns s’intitulent experts en « Kodakery », ne sont, en réalité, que de véritables dépositaires de la puissante Compagnie.
- Si un tel état de choses donne des résultats excellents au fabricant qui, étant sans concurrents, vend ainsi le prix qui lui convient, et au revendeur, qui revend ensuite à des prix rémunérateurs dont il ne peut s’écarter, nous trouvons que ce système est désastreux au point de vue du progrès.
- Devant un tel trust enserrant une industrie dans une telle exclusivité comment espérer que des innovations puissent être acceptées facilement, des procédés nouveaux appliqués.
- Alors qu’en France, en Allemagne, en Angleterre, en Italie même, nous voyons journellement paraître des nouveautés, il est facile de constater que depuis longtemps les maisons de Roches-ter n’ont rien produit d’autre que des changements sans grande importance dans leurs appareils, ou bien se sont contentées de créer des formats nouveaux, venant encore compliquer ce qui existe. Qu’on songe un instant ce qu’à Paris seulement l’imagination des constructeurs a fait surgir de modèles depuis ces dernières années, et si tous n’ont pas eu les suffrages du public, beaucoup ont satisfait les plus exigeants et c’est encore avec eux que les amateurs ont obtenu les résultats les plus réguliers et les plus parfaits.
- Pour ces raisons, nous pensons donc que les trusts sont nuisibles à la marche du progrès et aussi aux intérêts des consommateurs et que le jour où la Photographie serait entre les mains d’une seule maison, ce jour-là marquerait un arrêt immédiat dans sa marche en avant.
- Nous ne sommes pas les seuls à penser ainsi, et ce qui s’est passé en Angleterre, il y a peu de temps, confirme pleinement notre assertion.
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- Le Commerce des Appareils et des Fournitures photographiques aux Etats-Unis
- La vente des appareils et fournitures se fait aux consommateurs par T intermédiaire de deux catégories de négociants ; l’une, que nous appellerons les spécialistes, lesquels ne tiennent absolument que l’article photographique ; l’autre, qui est formée de négociants de diverses professions souvent très éloignées de la Photographie et qui ne s’en occupent que dans le but d’augmenter le chiffre d’affaires de leur commerce principal.
- Aux Etats-Unis, cette dernière catégorie est au moins aussi nombreuse qu’en France, et c’est certainement celle que le touriste rencontre le plus facilement sur sa route.
- A l’appui de ce que nous signalons plus haut relativement à la grande quantité de négociants s’occupant de la Photographie, nous dirons qu’il y a des villes où il n’est pas rare de trouver, dans la même rue, jusqu’à quatre boutiques se touchant et qui vendent toutes les quatre l’article photographique sans la moindre trace apparente de jalousie ; la première, par exemple, tient la librairie ; la seconde, la droguerie; la troisième, l’optique, la bijouterie, l’horlogerie, et, enfin, la quatrième à l’instar de nos grands magasins, vend de tout.
- Parmi ces revendeurs, ce sont presque toujours les pharmaciens-droguistes « The drugs store » qui ont l’assortiment le plus complet et cette branche de leur commerce, déjà si varié, est annoncée par la mise en montre de trois ou quatre appareils, cuvettes, bobines de pellicules, flacons de produits, quelques tableaux-réclame ou épreuves sensationnelles.
- A coté du rayon de droguerie où se débitent les produits pharmaceutiques et chimiques usuels, on voit encore, dans ces boutiques qui sont généralement très vastes, celui des ordonnances « Prescription department », relégué dans un coin du local, celui des instruments d’orthopédie et de chirurgie ; la parfumerie, avec ses jolis flacons aux étiquettes multicolores, y tient aussi une large place ; le rayon du tabac avec ses piles de cigares, cigarettes, et tout ce qui en découle : porte-cigares, pipes, etc. ; enfin celui des cartes postales illustrées où se délivrent les timbres-poste.
- Si on ajoute à tout cela le comptoir, où dans un va-et-vient
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- continuel, des consommateurs des deux sexes dégustent avec de longues pailles, des sodas, des cocktails et tout l’assortiment des boissons nationales, on aura une idée assez exacte d’un type de boutique très répandu aux Etats-Unis.
- L’article photographique n’est qu’un accessoire dans cette sorte de bazar, qui tient tout à la fois du pharmacien, du parfumeur, de l’herboriste, de l’épicier, du marchand de tabac, surtout du bar, et cela n’a pas été un de nos moindres étonnements de voir des appareils, des plaques et des révélateurs en vente au milieu de tout cela.
- Il est inutile de dire que ce n’est pas dans ces maisons-là que l’amateur peut se renseigner avec fruit quand cela lui est nécessaire.
- Toutes ces maisons s’occupent des travaux photographiques qu’elles exécutent la plupart du temps dans des conditions plutôt déplorables, quoique les prix demandés soient généralement exorbitants.
- Quant aux négociants spécialistes, ilsUie sont pas dans une proportion plus grande qu’en France ; ils possèdent un certain stock et ils éditent des catalogues assez complets, quoique ceux d’un grand nombre de maisons européennes les surpassent de beaucoup.
- En dehors des amateurs, la majeure partie de leur clientèle est formée par les professionnels, qui, là-bas, ne s’occupent pas de la vente aux amateurs, et à qui elles font profiter d’une partie de la remise consentie par les fabricants ; ce sont elles qui alimentent les revendeurs des petites villes ; elles font aussi de l’exportation sur les marchés extérieurs où le commerce américain s’étend de jour en jour.
- Dans plusieurs grandes villes, nous avons eu l’occasion de visiter quelques-unes de ces maisons ; nous devons dire que leur installation est loin de réaliser l’idéal et, sous ce rapport, l’avantage nous reste.
- Alors que dans tous les pays d’Europe, surtout chez nous, les revendeurs, uniquement par manque d’entente, arrivent juste à joindre les deux bouts, et qu’un commerce qui exige des capitaux et des connaissances spéciales fait à peine vivre ceux qui l’exercent, il nous a semblé que sur ce point, tout à fait capital, les Américains nous étaient de beaucoup supérieurs.
- En effet, par suite d’une entente rigoureuse, les prix fixés par
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- les fabricants pour la vente au détail sont scrupuleusement respectés par tous les revendeurs et ce n’est pas dans ce pays où, comme nous l’avons vu dans une boutique de Broadway, à New-York, on peut lire l’inscription suivante : « Nous ne sommes pas ici pour notre plaisir, mais pour gagner de l’argent», que l’on trouve des négociants assez naïfs pour vendre à perte des plaques ou autres articles. y
- Pour le plus grand bien de tous, ces négociants-là n’existent pas là-bas, et s’il s’en trouvait, nous ne croyons pas qu’ils pourraient continuer longtemps à pratiquer un tel système.
- Tant que, dans notre partie, après avoir pressuré les fabricants, les revendeurs s’ingénieront ensuite à baisser les prix à plaisir, s’appuyant pour cela sur des théories néfastes, il n’y aura rien à espérer pour le relèvement de notre commerce qui ne fera que péricliter parce que ceux qui l’exercent ne pourront plus en vivre.
- En cela, la Cie Eastman a donné l’exemple en exigeant des revendeurs le maintien des prix, elle a ainsi montré ce que doit être le commerce, une source de gain et non de perte, et en disant cela, nous nous plaisons à rendre hommage à sa méthode commerciale qui devrait être la règle dans notre partie.
- En ce qui concerne les transactions commerciales avec l’étranger, les fabricants américains ont un système qui est aussi, sans contredit, le meilleur.
- A l’encontre de ce que font beaucoup de fabricants européens, et en particulier les Allemands, ils n’accordent jamais à leur clientèle de ces délais de paiement ridiculement longs qui immobilisent les capitaux et augmentent les risques de perte; ils ont, de plus, presque toujours sur. place des agents intelligents pour les représenter.
- Alors que dans son remarquable rapport sur la classe XII, à l’Exposition de 1900, lequel était une véritable encyclopédie des procédés photographiques à l’aurore du xxe siècle, M. Léon Vidal a fixé à 100 millions le chiffre global du commerce photographique en France; nous dirons d’après les données que nous avons pu recueillir et d’après l’avis de personnes compétentes, qu’aux Etats-Unis il n’est pas inférieur à 4 à 500 millions de francs.
- Ce chiffre colossal est d’une éloquence telle qu’il résume tout ce que nous avons pu dire sur l’importance de la Photographie dans ce pays, où plus de 25.000 personnes sont employées dans ses diverses branches.
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- CONCLUSIONS
- Si nous nous reportons à l’année 1900, où tout ce qui touche à la Photographie a été réuni d’une façon parfaite dans la classe XII de notre Exposition Universelle, on peut dire qu’il n’y a pas eu depuis cette époque de découvertes ou d’applications sensationnelles ; les procédés, les appareils et les produits se sont néanmoins modifiés, perfectionnés sans interruption, mais sans cependant apporter en fin de compte quelque chose de tout à fait saillant.-
- Devant tous les résultats acquis, il y a forcément un temps d’arrêt dans la marche en avant et, délaissant les sentiers battus, les espoirs se portent vers les horizons, hélas peut-être encore lointains, où la solution du problème de la Photographie des couleurs sera devenue une réalité.
- Pas plus que chez nous, rien de ce que nous avons vu aux Etats-Unis, ne nous a révélé quelque chose de réellement nouveau de ce côté ; il n’y a donc qu’à attendre patiemment et, sans se lasser, chercher à perfectionner tout ce qui existe ; la tâche est plus considérable qu’on ne pourrait le croire.
- C’est donc en formulant quelques vœux dont la prompte réalisation serait à souhaiter que nous terminerons notre rapport qui,
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- à notre avis, ne serait pas complet si après avoir passé en revue aussi exactement que possible les différentes branches de la Photographie en Amérique et en Europe, nous n’en tirions pas les déductions que cette étude nous a suggérées.
- Nous n’étonnerons personne en déclarant qu’en ce qui touche la Photographie professionnelle, la création en France d’une école donnant à la fois un enseignement artistique, scientifique et industriel, s’impose absolument si nous ne voulons pas nous laisser dépasser, dans toutes les applications de la Photographie, par ce qui se fait à l’étranger ; c’est un fait reconnu de tous et nous ne nous attarderons pas à vouloir en faire la preuve.
- Cette école de la Photographie, tant de fois réclamée en France par tous ceux qui s’intéressent à son avenir et à ses progrès, existe depuis de longues années en Autriche, aux Etats-Unis, en Suisse, en Allemagne, et celle que dirige à Vienne l’éminent Docteur Eder, avec ses installations modèles, ses cours bien compris donne des résultats tellement appréciés qu’il est impossible de ne pas les envier.
- Nous ne voulons point entrer ici dans le détail de ce que doit être cette école, ni avoir la prétention d’élaborer un programme d’études ; nous dirons seulement qu’il faut que celui qui se destine à la profession de portraitiste, par exemple, puisse, sans avoir besoin d’aller à l’étranger, trouver ici l’enseignement nécessaire pour devenir un opérateur doté de connaissances sérieuses, dépourvues d’empirisme. Cet enseignement, à la fois artistique et technique, doit comprendre l’étude raisonnée de l’éclairage, de la pose du modèle, celle de tous les procédés de tirage, de la retouche, etc.
- Il faut pour les procédés d’impressions photomécaniques agrandir le cadre et les moyens de l’école Estienne afin de pouvoir fournir à ces industries, dont l’avenir est si plein de promesses, un personnel d’élite.
- Le succès de toutes les publications modernes, artistiques, mondaines, scientifiques, etc., est dû en majeure partie aux illustrations obtenues par la Photographie ; il est donc inadmissible que les lithographes, les typographes et les graveurs bénéficient seuls d’un enseignement officiel, complet, alors que la collaboration de l’ouvrier photographe dans l’œuvre commune entre pour une part au moins égale à la leur.
- Comme on le voit, c’est une question de la plus haute impor-
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- tance qui intéresse tout autant les artistes que les industriels.
- Nous plaçant maintenant à un autre point de vue, si l’on considère la Photographie, uniquement comme un complément des Arts graphiques, nous ne voyons pas pourquoi elle n’aurait pas, dans le programme de nos écoles, une place un peu plus large que les quelques brèves explications qui lui sont réservées chaque année dans le cours de physique.
- A l’aide de notions plus complètes, l’élève pourrait ainsi reproduire avec chance de succès tout ce qui l’entoure, les sites pittoresques et les monuments de notre pays, qu’il apprendrait ainsi à connaître et à aimer encore mieux ; on lui donnerait des idées de goût et d’observation qui ne lui seraient pas inutiles et sans vouloir entrer plus loin dans cet ordre d’idées nous arrêterons ici notre plaidoyer.
- Par des dispositions nouvelles, rendues chaque jour plus urgentes, les pouvoirs compétents doivent protéger la propriété photographique, afin de mettre un terme aux abus permis par la législation actuelle, lesquels constituent souvent un véritable pillage.
- Parmi les nations chez lesquelles il serait intéressant que cette réglementation ne demeurât pas un vain mot, mais fût au contraire appliquée aussi rigoureusement que, possible, il faut placer en première ligne les Etats-Unis, où les œuvres de nos éditeurs photographes sont souvent reproduites sans bourse délier.
- Dans le domaine industriel, nous avons dit la concurrence formidable dont nos constructeurs sont l’objet de la part des Américains ; celle que leur font les Italiens et surtout les Allemands est au moins aussi terrible.
- Nous avons montré par quels procédés les Américains étaient arrivés à donner à leur industrie l’essor actuel, nous avons parlé de leurs droits prohibitifs ; en ce qui concerne les Allemands et les Italiens, nous dirons que, malgré tous les sacrifices faits chez nous, pour l’outülage entre autre, les prix de leur main-d’œuvre sont tellement au-dessous de ceux payés à nos ouvriers que, chaque jour, la lutte devient ici de plus en plus difficile.
- Dans ces conditions, si l’on ne veut pas que nos constructeurs, qui ont été les créateurs de tant d’innovations, qui en optique ont réalisé de tels progrès que leurs produits rivalisent hautement avec ceux de l’Allemagne, soient peu à peu obligés de congédier leur personnel si intéressant à tous égards et de fermer leurs
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- usines, il faut que par une modification raisonnée de notre tarif douanier, lequel les met actuellement à la merci des producteurs étrangers, on vienne rétablir un juste équilibre entre leurs moyens et ceux de leurs concurrents.
- Nos constructeurs ont toujours fait preuve de beaucoup de qualités et d’initiative ; l’Exposition de Saint-Louis, pour ne parler que de celle-là, en est la preuve ; il est grandement temps que l’on pense un peu à eux et qu’on ne laisse pas, de gaieté de cœur, périr une industrie née d’une découverte qui, par ses applications à travers les sciences, les arts et l’industrie a honoré d’une façon aussi magnifique le génie français.
- Paris, 31 décembre 1904.
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- TABLE DES MATIERES
- CHAPITRE PREMIER
- Pages
- Indications générales
- 5
- Classification..............................
- Comités d’admission et d’installation .
- Jury des récompenses...................
- Récompenses décernées par nationalité
- 6
- 7
- 9
- CHAPITRE II
- LA PHOTOGRAPHIE A L’EXPOSITION DE SAINT-LOUIS.............................. 11
- Emplacement des sections photographiques.............................. 11
- La photographie dans les Etats de l’Europe et de l’Amérique du Nord 13
- France......................................................................13
- Récompenses décernées dans notre section............................. 14
- La photographie professionnelle....................................... 16
- — scientifique.............................................19
- Les amateurs photographes............................................. 19
- Librairie photographique...............................................20
- Les appareils et l’optique photographiques.............................20
- Plaques, pellicules, papiers et produits photographiques...............22
- Etats-Unis..................................................................25
- Les photographes professionnels et amateurs ....................25
- La photographie scientifique...........................................29
- La photographie au Pavillon du gouvernement Américain..................29
- Constructeurs ........................................................ 31
- Les fabricants de plaques..............................................32
- Grande-Bretagne.......................................................... . 34
- Les professionnels et les amateurs.....................................34
- La photographie historique.............................................36
- — scientifique .......................................... 36
- Les constructeurs......................................................37
- Allemagne...................................................................38
- La photographie professionnelle et les amateurs........................39
- La photographie scientifique...........................................41
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE SAINT-LOUIS
- Pages
- Autres Etats de l’Europe...........................................43
- Autriche-Hongrie.................................................43
- Belgique.........................................................43
- Danemark.........................................................44
- Italie.......................................................... 44
- Portugal.........................................................44
- Suisse......................................................... 45
- La photographie dans les Etats du Centre et dluSud de l’Amérique . . 46
- Mexique...................................................... • • 47
- Nicaragua........................................................48
- Costa-Rica...................................................... 48
- Cuba...........................................................48
- Porto-Rico.......................................................49
- Brésil...........................................................49
- Pérou............................................................50
- République Argentine............................................ 50
- La photographie dans les Etats de l’Asie et de l’Océanie.............52
- Ceylan...........................................................52
- Chine............................................................52
- Indes Anglaises................................................53
- Japon............................................................53
- Siam.........,.................................................55
- Australie — Nouvelle-Zélande ....................................56
- La photographie dans l’intérieur de l’Exposition.....................58
- CHAPITRE III
- La photographie aux Etats-Unis.......................................... 63
- La photographie professionnelle.......................................... 63
- Les amateurs photographes.............................................. 70
- La construction des appareils photographiques. ...... ‘...................74
- La Cinématographie, la Projection et l’Agrandissement.........*. . . . 83
- Plaques, pellicules et papiers................................: . . . 85
- Les Produits chimiques . ................................................ 90
- Les accessoires ..........................................................91
- Les revues et la librairie photographiques.............................. 93
- Causes du développement de l’industrie photographique aux Etats-Unis. 95 Le Commerce des appareils et fournitures photographiques aux Etats-Unis 98
- Conclusions...................................................................101
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- TABLE DES GRAVURES
- Pages
- Les Palais des Arts Libéraux. — Façade en regard du Palais de la métallurgie. 11
- Vue intérieure prise dans le Palais des Arts Libéraux..........................12
- Pavillon national de la France. — Reproduction du Grand Trianon à Versailles. 13
- Un coin de l’Exposition de la Chambre Syndicale des professionnels français . 16
- Salon d’attente de la photographie Strauss, à Saint-Louis......................26
- Vestibule — — — ....................26
- Reproduction d’une affiche satirique de Mac-Donald, Photographe pour
- hommes seulement.............................................................28
- Pavillon national de l’Allemagne. — Reproduction du Château de Charlotenbourg . 38
- Pavillon national de l’Autriche-Hongrie...........................................43
- — — de la Belgique.............................................. 43
- -— — de l’Italie . .......................^...........................44
- -— — du Brésil....................................................49
- — — de la République Argentine...................................50
- — des Indes Anglaises......................1.......................53
- Le Festival-Hall et la colonnade. — Aspect des illuminations de chaque soir . . 46
- Pavillon des Arts Libéraux........................................................57
- Devant le pavillon des Arts libéraux..............................................57
- Un coin du village philippin......................................................58
- Visiteurs nègres................................................................. 58
- Statue d’indien Sioux...........*..............................................58
- Un groupe de Chinois..............................................................58
- Indiens Sioux. — L'un d'eux tient à la main un miroir lui servant à refléter le soleil dans l'objectif des appareils des amateurs pour empêcher qu'on ne le photographie .....'................................................................58
- Perspective du Palais des Arts Libéraux et des jardins............................58
- Visiteuses américaines............................................................59
- Infanterie américaine.............................................................59
- — philippine.................................................................59
- Un photographe en plein air.......................................................59
- Le « photoscope ».................................................................59
- Défilé d’une société musicale.....................................................59
- Visiteuses américaines............................................................60
- Un coin de l’atelier de la photographie Strauss, à Saint-Louis....................64
- Un salon d’attente — — — ................64
- Monument de Daguerre, à Washington................................................69
- «
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE SAINT-LOUIS
- Pages
- Pavillon de l’Administration et un bâtiment de l’Eastman Kodak Company . . 75
- Intérieur des bureaux de l’Eastman Kodak Company................................75
- Machines-outils servant à la fabrication des appareils..........................76
- Une vue d’intérieur d’atelier de l’Eastman Kodak Company...........................77
- Une chute de la rivière Genesée....................................................77
- Une chute de la rivière Genesée au milieu de la ville de Rochester.................78
- Vue de la rivière Genesée avec les usines Bausch et Lomb...........................79
- Une vue de ; ateliers Wollensak, à Rochester ... ?.................................81
- Vue extérieure des usines dites « Kodak Park ».................................... 90
- M. le Président Picard et M. Gérald, commissaire général-adjoint, entourés de
- membres du Parlement Français..............................................101
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