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Section française. Rapport du Groupe 54 [Fils et tissus de coton]
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- ministère du commerce, DE L’IMDUSTRIE DES POSTES ET TÉLÉGRAPHES
- EXPOSITION INTERNATIONALE
- DE
- SAinT-LOUIS.,*
- SECTIOM FRftMÇfllSE
- RAPPORT
- DU
- GROUPE 54
- Üf ifc *
- Paul PERRIN I Paul ANSEh
- RAPPORTEURS
- PARIS
- COMITÉ PRJlHÇmS DES EXPOSITIONS fl L’ÉTRHNGER Bourse de Commerce, pue da Louvre
- M.
- VERM°c éditeur
- 1905
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- AVANT-PROPOS
- L’étude de la participation des différentes Nations du monde civilisé, à l’Exposition de Saint-Louis, est de celles qui ne sauraient laisser indifférents les esprits tant soit peu avertis de la situation de l’industrie textile dans le monde entier, au commencement du xxe siècle.
- Le développement universel et considérable de cette industrie, en effet, F organisation rationnelle de méthodes de travail nouvelles, le perfectionnement de l’outillage et, par-dessus tout, la concurrence acharnée que se font les peuples entre eux, tout cela donne à cette question un caractère d’actualité qui ne pouvait être mis en évidence mieux qu’à l’occasion d’une Exposition Universelle et Internationale.
- A vrai dire, une Exposition textile n’est pas de celles qui attirent la foule et la retiennent : tout au plus le grand public s arrête-t-il devant une vitrine mieux agencée, aux étalages plus savants que d’autres : toute son admiration, il la réserve aux exhibitions colossales ou curieuses qui frappent violemment son imagination ou la captivent par leur étrangeté.
- U n’en va pas de même chez l’observateur attentif dans l’es-pnt duquel l’examen successif des produits divers de l’activité humaine fait naître des idées générales, sources précieuses de comparaisons fécondes.
- Pour lui, tout est matière à enseignements, et dans le vaste
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- champ ouvert à ses investigations, il sait trouver la mine inépuisable d’où il tirera l’infinie variété des détails comme aussi découvrir le sommet élevé d’où lui apparaîtra la majesté des aperçus d’ensemble.
- Chargés par M. le Commissaire général à l’Exposition de Saint-Louis de la rédaction du rapport concernant les fils et tissus de coton, nous avons voulu être ces observateurs consciencieux : nous avons essayé de donner à chaque chose la place qui répondît à son importance, soit d’actualité, soit de valeur absolue, et c’est le résultat des remarques faites au cours de nos visites, terminées par les opérations du Jury du Groupe 54, que nous avons l’honneur de présenter ici.
- Dans le but de nous conformer aux instructions de M. le rapporteur général, nous diviserons notre travail en cinq chapitres principaux intitulés :
- Chapitre Ier — Admission des exposants.
- » II. — Installation des Expositions. yj
- » III. — Description de l’Exposition.
- » IV. — Jury des récompenses.
- » V. — Conclusions.
- Nous donnerons une importance générale au chapitre III et aux conclusions, nous contentant, pour les deux premiers chapitres, de présenter un résumé succinct des opérations de recrutement et d’installation des exposants.
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- GROUPE 54
- Fils et Tissas de coton
- CHAPITRES I & II
- ADMISSION DES EXPOSANTS. — INSTALLATION DES EXPOSITIONS
- Les opérations de recrutement des exposants du futur Groupe 54 ont commencé le 23 mars 1903.
- Conformément à l’usage, un Comité d’admission avait été créé au préalable qui comprenait les noms suivants :
- MM. Ancel-Seitz (Prosper), à Granges.
- Ancel (Paul), à Granges.
- Badin (Georges), à Barentin.
- Berger (Casimir), à Bouen, 'président.
- Bréchard (Antoine), à Roanne, vice-président. David-Mennet (Arthur), 29, rue du Sentier.
- Jalla (Edourad), 7, rue d’Uzès.
- Lang (Ernest), 33, rue Poissonnière, trésorier.
- Maigret (Henri), 29, rue du Sentier, vice-président. Meyer (Léon), 10, Quai du Mont-Riboudet, à Rouen. Motte (Georges), à Roubaix, vice-président.
- Perrin (Paul), à Cornimont, secrétaire.
- Parae (Gustave), à Paris.
- Schwob (André), à Héricourt. (Hte-Saône). Wibaux-Florin, à Roubaix. (Nord).
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- Diverses réunions des membres du Comité eurent lieu au cours desquelles furent traitées toutes les questions intéressant la participation des industriels des centres textiles français à l’Exposition de Saint-Louis. M. C. Berger, président du Comité d’admission, et M. H. Maigret, vice-président, furent spécialement chargés de la tâche délicate du recrutement des exposants : ils organisèrent des conférences et firent des démarches auprès des différents industriels ou syndicats cotonniers du Nord et de l’Est, de la Normandie et du Centre pour obtenir des adhésions.
- L’importance du Groupe 54comme nombre d’exposants ne s’annonçant pas très grande, il fut décidé, après entente avec les présidents des Groupes 55 et 56, de grouper le coton avec la laine et le lin afin de pouvoir présenter une installation plus complète et plus intéressante.
- Il fut décidé, en outre, qu’on provoquerait dans les centres industriels cotonniers des Expositions d’ensemble qui nécessitent moins de frais.
- MM. Casimir Berger et Maigret s’acquittèrent de leur tâche avec un zèle et un dévouement dignes de tout éloge.
- En juillet 1903, le Comité d’admission se transformait en Comité d’installation.
- L’admission des exposants suivants fut prononcée le 18 novembre 1903 :
- Diste dos Exposants
- MM. P. Ancel-Seitz, à Granges.
- A. Bréchard, à Roanne.
- A. Cocquel, Dauphin et Le Chevalier, à Amiens.
- David et Maigret, à Paris, Epinal, Saint-Quentin, Tarare et Caudry.
- Ed. Jalla, à Paris.
- Manchon, Lemaître et Cie, à Rouen.
- Meyer et Cie, à Rouen.
- Parae frères, (versé dans le Groupe 55).
- Schwob frères, à Héricourt.
- Héritiers de Georges Perrin, à Cornimont.
- F. Keittinger et fils, à Rouen.
- Besselière et fils, à Maromme.
- Syndicat cotonnier de l’Est, à Epinal.
- Syndicat normand de la filature du coton, à Rouen.
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- Syndicat du tissage de coton, à Rouen.
- Syndicat du tissage des teintureries en cotons
- FILÉS DE LA SEINE-INFERIEURE, à DARNETAL.
- Le Comité d’installation fit suite au Comité d’admission avec la même composition et le même bureau.
- Toutefois, selon le désir exprimé par les présidents des Groupes 55 et 56, il fut décidé que les 3 Groupes 54,55 et 56, réuniraient leurs budgets, et M. Maigret fut nommé trésorier général des dits Groupes. Le nouveau Bureau fut constitué comme il suit :
- MM. Berger, président.
- Maigret, trésorier-général ;
- Bernheim, secrétaire.
- auxquels il fut adjoint :
- MM. Martel, Levallois, Lang et Mascré.
- Divers constructeurs de vitrines firent des propositions au bureau. Celles de M. Cheminais, entrepreneur de nombreuses Expositions précédentes, entre autres de celles de 1900 et de Hanoï, furent acceptées : il devait fournir les vitrines, suivant type imposé par M. de Montarnal, architecte du Groupe, au prix de 300 francs le mètre courant sur un mètre de profondeur, rendues montées à l’Exposition.
- Les frais du Groupe ont été les suivants : les 3 Groupes 54, 55 et 56 devaient avoir 210 mètres de façade de vitrine, ce qui, à 300 francs le mètre, représente une dépense de 63.000 francs : la gardiennage devait coûter 3.800 francs, la construction d’une galerie spéciale 45.000 francs (900m2, à 50 francs), la décoration des 3 Groupes 12.000 francs au maximum ; les honoraires de l’architecte devaient se monter à 8.000 francs.
- La dépense totale devait donc être de 131.800 francs, ce qui représente pour 210 mètres : 627 fr. 60 le mètre.
- Le Comité décida de demander à chaque exposant 680 francs par mètre courant de vitrine de 1 mètre de profondeur en comptant les retours à 200 francs.
- Comme d’habitude, les frais d’installation intérieure des vitrines, de transport aller et retour de la marchandise, d’assu-ïances, de représentation et de gardiennage des caisses vides devaient être à la charge des exposants.
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- Les propositions de M. Cheminais ayant convenu, il fut agréé par le Comité pour assurer ce service aux frais des exposants à raison de 220 francs le mètre.
- L’emplacement de la section française des tissus de coton, laine et lin était une galerie spécialement construite dans la cour centrale du Palais des Manufactures : nous en donnerons une description en parlant de la Section française. Sa superficie était de 713 m. 50.
- Quant aux vitrines, façades et retours, elles avaient 77 m. 50 de développement.
- Au point de vue budgétaire, les recettes du Groupe 54 furent de 55.160 francs payés par les exposants.
- L’ensemble des 3 Groupes réunit une somme de 162.512 francs, à laquelle il y a lieu d’ajouter 12.433 frs reçus de M. le Commissaire général pour sa participation à la construction du pavillon.
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- CHAPITRE III
- DESCRIPTION DE L’EXPOSITION
- Le Groupe 54 faisait partie du Département des Manufactures, lequel comprenait 34 Groupes et 231 Classes. Les Classes dépendant du Groupe 54 étaient les Classes 336,337,338,339. Elles avaient pour titres : « Filés et produits fabriqués de coton .— Coton préparé et filé. — Fabriqués de coton pur ou mélangé, ^simple ou avec dessins, non blanchis, blanchis, teints ou imprimés. Velours de coton. — Rubans de coton. — Couvre-pieds »
- Deux palais abritaient les produits de ce groupe : le Palais des Manufactures et le Palais des Industries variées. Situés respectivement à droite et à gauche de l’allée centrale qui conduisait au « Festival Hall », ils étaient les premiers que l’on eût à visiter en pénétrant dans l’enceinte de l’Exposition et de ce fait attiraient les premiers pas du visiteur.
- Les organisateurs ont voulu établir une distinction entre les produits exposés dans l’un et l’autre Palais. Alors que le Palais des Industries variées devait abriter des produits manufacturés plaisant à l’œil, celui des Manufactures ne devait donner asile qu aux seuls objets fabriqués ayant un réel caractère d’utilité. Il ne semble pas que cette distinction ait été rigoureusement suivie, attendu que, dans le Groupe de la soie, par exemple, article éminemment de luxe, plaisir des yeux, tous les exposants étaient logés au Palais des Manufactures.
- Il n’entre pas dans le cadre de cette étude de faire la descrip-
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- tion de ces constructions : qu’il nous suffise de dire que leurs dimensions étaient colossales et leur extérieur magnifique.
- Comme à Chicago, plus qu’à Chicago même, par rivalité, sans doute, les Américains avaient voulu faire grand et ils y avaient réussi.
- L’intérieur des constructions n’était malheureusement pas en harmonie avec l’extérieur : l’apparence d’immortalité donnée par les artistes aux matériaux fragiles, la permanence que semblaient indiquer les formes massives des entrées, tout cela n’existait plus : on sentait la construction de plâtre, le provisoire ; l’aspect disgracieux de l’enchevêtrement des poutres en bois, grossièrement badigeonnées de jaune, achevait de détruire l’illusion : le charme était rompu.
- Beaucoup de sections avaient, à cet effet, installé des vélums, autant pour masquer ce fouillis de charpente, peu élégant, que pour atténuer la chaleur des rayons de soleil.
- Avant d’entreprendre l’examen détaillé des Expositions des différents pays, il nous semble utile de présenter quelques observations en donnant tout d’abord un aperçu de la situation de l’industrie du coton dans le monde entier. Nous nous demanderons ensuite quelle a été, à l’Exposition de Saint-Louis, l’idée maîtresse des organisateurs, pour caractériser et différencier la « Eoire du Monde » de 1904 de celles entreprises jusqu’alors.
- Il est un fait, c’est que l’industrie cotonnière du monde entier a pris un essor considérable pendant ces dix dernières années.
- Le tableau suivant, qui indique le nombre de broches total du monde, est bien fait pour montrer cette augmentation.
- 1892-1893 1903
- Grande-Bretagne.............. 43.270.000
- Europe Continentale............ 26.830.000
- Etats-Unis.................... 15.550.000
- Indes........................... 3.576.000
- 47.500.000
- 34.300.000
- 22.000.000
- 5.007.000
- Total........... 91.246.000
- 108.807.000
- L’accroissement total en dix ans a donc été d’environ 17 millions de broches, soit 19, 24 0 0. Cette augmentation varie d’ailleurs beaucoup avec les différentes régions du Monde.
- Ainsi, tandis que l’Angleterre n’a accru le nombre de ses broches, que de 3, 8/10 %, l’Europe continentale a progressé de 27, 3/4 0 o, les Etats-Unis de 41, % %>, l’Inde de 40 %• A côté
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- de cela, l’on voit que, en Extrême-Orient, l’industrie cotonnière se développe avec une rapidité surprenante.
- C’est ainsi que le Japon qui, en 1889, n’importait que un million de yens de coton brut, en importait, en 1900, pour une valeur de 28.000.000 de yens. (Le yen vaut 2 fr. 58).
- On constate de même que, de 1880 à 1900, la Belgique augmente ses importations de coton brut dans un rapport de 1 à 9, l’Italie dans un rapport de 1 à 10, l’Espagne de 1 à 3. — Pour F Allemagne, les exportations de filés ont augmenté de 19.895.000 marks, en 1890, à 29.134.000 marks, en 1900; tandis que ses exportations de tissus de coton pour les mêmes périodes passaient de 168.077.000 marks à 245.208.000 marks.
- La France ne reste pas en arrière dans ce développement, et le rapport de la Commission des valeurs de douane de 1902 nous en fournit la preuve, en montrant que l’exportation des tissus de coton qui était, en 1890, de 11.664.000 kgs. est montée, en 1901, à 27.004.000 kgs. dont les 3 4 sont destinés à nos colonies.
- Les chiffres que nous venons de citer ont leur éloquence ; malheureusement en face d’eux se dresse l’inquiétant problème de ces dernières années : si l’Industrie, toujours grandissante réclame d’année en année une plus grande quantité de matière première, où trouvera-t-on ce complément, cet excédent qui permettra d’alimenter sans secousses la plus importante industrie manufacturière du monde ?
- Au tableau du nombre de broches donné plus haut, nous joignons ici celui du nombre de balles consommées en 1893 et en 1903.
- CONSOMMATION ANNUELLE DU COTON DANS LE MONDE EN BALLES DE 500 LIVRES
- 1893 1903 Augmentation 0,0
- Grande-Bretagne. .. 2.866.000 3.185.000 319.000 1 1/10
- Europe Continentale. 3.692 000 5.148.000 1 456.000 39 7/16
- Etats-Unis.. 2.422.000 3.890.000 1.468 000 60 3/S
- Inde ..................... 937.000 1.350.000 413.000 44
- Autres pays... 270.000 850.000 580.000 216
- 10.187.000 14.423.000 4 236.000 41 6 0/0
- Ces chiffres montrent que partout, mais surtout dans les pays où l’industrie est neuve, le développement est considérable. Quelle a été maintenant chez les organisateurs de l’Expo-
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- sition de Saint-Louis l’idée maîtresse de laquelle devait résulter une physionomie particulière de la nouvelle « Foire du Monde » ?
- Le premier anniversaire de l’achat à la France par la jeune république des Etats-Unis du territoire de la Louisiane leur en donnant le prétexte, ils ont voulu que leur Exposition se distinguât des autres par un trait caractéristique, une physionomie nouvelle : faire connaître aux visiteurs de la « World’s Fair » les moyens de fabrication des objets manufacturés plutôt que ces objets eux-mêmes, exposer plutôt des procédés que des produits, « Processes rather than products » : telle devait être leur devise.
- C’est la manufacture qu’ils veulent montrer et non le produit manufacturé, la façon de faire et non la chose toute faite. Us veulent éliminer la pyramide monstrueuse, autrefois en honneur, de boîtes de conserves pour montrer à la place comment se fait et se remplit une boîte de conserves.
- Plus d’Exposition de chaussures toutes faites, mais un atelier montrant les hommes et les machines dans la fabrication des chaussures. Idée féconde en vérité, mais dont l’application devait rencontrer bien des difficultés dans la pratique.
- Est-il besoin de dire que, si puissante qu’ait été la volonté des auteurs, dirigée vers ce but bien déterminé, ils n’ont pas réussi à le faire atteindre par la généralité des exposants ?
- A vrai dire, il y avait bien, de-ci de-là, quelques machines, un métier, une tricoteuse, mais l’atelier, le véritable atelier, à deux ou trois sérieuses exceptions près, n’existait pas.
- Sur ce point, l’Exposition de Saint-Louis est restée dans l’ornière : ç’a été de nouveau les pyramides de boîtes de conserves, d’outils, les statues colossales en coton, en beurre, en sucre, en sel, en denrées de toutes sortes. Comme à Chicago, on sentait l’Exposition faite pour la masse des consommateurs: l’intensité de production qui frappait, en 1894, à l’Exposition colombienne étonnait à nouveau à Saint-Louis, en 1904.
- Le Groupe 54 ne faisait pas exception : il eût pourtant été à désirer qu’un véritable atelier de tissage eût fonctionné sous les yeux des visiteurs ; seul un exposant américain avait osé faire battre quelques métiers : il y a lieu de l’en féliciter.
- Ces préliminaires terminés, nous allons aborder l’examen des Expositions des diverses Nations ayant figuré au Groupe 54.
- Le Jury des récompenses de ce Groupe avait à examiner
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- 226 exposants dont la répartition par nationalité est donnée dans le tableau I.
- ALLEMAGNE
- L’empire d’Allemagne a été d’une façon générale très largement représenté à l’Exposition de Saint-Louis. Il a voulu continuer la tradition inaugurée à Chicago, où ses nationaux avaient répondu en masse à l’appel du gouvernement américain.
- Toutefois, sa participation à l’Exposition des tissus de coton de Saint-Louis ne lui vaut pas le rang que l’ordre alphabétique lui assigne dans cette revue : on peut même dire que cette participation était nulle au Groupe 54.
- L’Allemagne n’a envoyé, en effet, qu’un exposant, qui au Palais des Arts libéraux, exposait des couvertures mi-lin, mi-coton, des serviettes et du nappage (1).
- Si donc nous mentionnons cette Nation, c’est que par sa participation des plus larges aux autres Groupes, par le cachet de personnalité et d’originalité qu’elle a su donner à la décoration générale de toutes ses installations, elle pouvait prétendre à passer pour un des principaux exposants de Saint-Louis.
- Il est certes à regretter que les industriels des centres textiles allemands n’aient pas suivi l’exemple de leurs compatriotes et montré aux Américains comment ils traitent ce coton dont ils ont reçu pour plus de 83.500.000 pendant les onze premiers mois de 1903.
- Les relations commerciales entre les Etats-Unis et l’Allemagne sont, d’ailleurs, des plus importantes; c’est, en effet, l’Amérique qui occupe, sur la place de Brême, le premier rang, tant à 1 importation qu’à l’exportation. Cette situation est due précisément au coton, article pour lequel Brême est aujourd’hui le marché le plus important de l’Europe continentale. Ce port a reçu, en 1903, 3.991.309 quintaux métriques de coton dont 3.844.367 provenaient des Etats-Unis. Cette importation est la plus forte que
- 1 c°uvertures en coton sont un article allemand d’écoulement important, > superieur aux couvertures de laine auxquelles elles ressemblent au point de dessi r°m^er' D’Allemagne fournit cet article dans les sortes imprimées en jolis coton18' ^ aVec ^es code™ solides. L’Italie essaie de substituer ses couvertures n a celles de l’Allemagne, et y a réussi pour une partie.
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- cette place ait eu à enregistrer. Exprimée en balles, l’importation totale s’est élevée à :
- 1903................. 1.999.712 b/ valant 485.843.898 1rs
- 1902................. 1.823.001 » 391.804,777 »
- 1901................. 1.763.140 » 396.066.320 »
- 1900 ................ 1.680 443 » 393.140.152 »
- 1899................. 1.519.925 » 258.948.712 »
- On sait que la colonie allemande aux Etats-Unis est des plus importantes : on cite Chicago comme la deuxième ville allemande du monde.
- Ce que l’on sait moins, mais ce que l’on devine, étant donné le caractère de la race, le sens commercial dont elle est douée, la facilité qu’elle a de se déplacer, ce que l’on devine, c’est le soin jaloux que mettent les Allemands à essayer de ne pas se laisser distancer en matière commerciale.
- Leur service consulaire très bien organisé aide d’ailleurs grandement les particuliers dans cette voie de progrès.
- ANGLETERRE
- Les Anglais ont renoncé également à figurer en nombre à l’Exposition de Saint-Louis ; deux exposants seulement présentaient des tissus d’ameublement et du calicot imprimé pour tentures et rideaux.
- Leur Exposition du lin et des vêtements était, par contre, fort soignée. Etablie dans le goût des Salons de lumière de 1900, elle attirait la foule. Ils tenaient aussi une place d’honneur au Palais des Industries variées par l’Exposition de la maison Platt-Brothers et C°, constructeurs de machines de filature. Cette firme était la seule qui exposât un assortiment complet de machines de filature.
- L’Angleterre est le premier pays consommateur de coton du monde entier. Les statistiques les plus récentes enregistrent que sur une valeur totale de coton exporté des Etats-Unis, pen-dans les 11 premiers mois de l’année 1903, et estimée à 306.204.847, le Royaume-Uni vient au premier rang avec : 83.659.020. La France vient derrière avec une consommation de 2/3 en moins que sa voisine d’Outre-Manche.
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- La prospérité de l’industrie cotonnière en Angleterre s’explique tout d’abord par son ancienneté, puis par la richesse du sol en houille, par le développement des colonies britanniques et, enfin, par la facilité avec laquelle la matière première envoyée d’Amérique peut être reçue par les filatures de Lancashire en passant par Liverpool et aussi directement par Manchester à l’aide de son canal.
- La situation de l’industrie cotonnière anglaise, pour 1903, est nettement indiquée dans le tableau suivant :
- Nombre de balles........................... 47.500.000
- Nombre de métiers à tisser................. 710.380
- Consommation moyenne annuelle par broche ... 15 kgs 86
- Consommation annuelle en balles de 500 lbs. 3.185.000 balles
- Consommation en balles par semaine......... 61.250 »
- Il est évident cependant que, par suite de la concurrence acharnée que lui font les pays étrangers, par suite de l’établissement d’industries similaires dans les autres Nations telles que le Japon, les Etats de l’Amérique du Sud, les Indes, les Etats-Unis, jadis ses meilleurs clients, cet accroissement de production diminuera de plus en plus ; il diminue déjà dans une large mesure, l’équilibre entre la production et la consommation est menacé. On peut s’en rendre compte par l’examen du tableau suivant, qui donne pour les tissus et les filés le nombre de yards et de livres exportés pendant les onze mois des trois dernières années :
- Tissus. Filés ..
- 1901 1902 1903
- 4.863.258.400 yards 4.889.282.900 4.738.661.700
- 155.186.100 lbs 153:821.000 135.275.900
- Peut-être doit-on voir là l’explication de l’abstention presque complète des Anglais au Groupe 54 de l’Exposition de Saint-Louis : ^ y a lieu de supposer, en effet, que les Anglais, gens pratiques, ont jugé inutile un effort sans portée ni résultat ; leurs exporta-bons de tissus manufacturés et de filés d’Angleterre en Amérique vont toujours en diminuant : il n’y avait aucun intérêt pour eux a faire figurer à Saint-Louis des produits, dont l’écoulement ne devait pas être assuré pour toujours, es deux seuls exposants étaient :
- MM. Lee Daniel and O, Manchester. — Exposition de
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- tissus d’ameublements, en mélange de coton et soie ou coton pur, teints et imprimés. Quelques dessins sont assez jolis.
- MM. Turnbull et Stockdale lted, Londres. — Exposition pas rencontrée.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- Un seul exposant, la maison Baibieni et Antonini, la plus ancienne usine de Buenos-Ayres, de la République Argentine, peut-être.
- Admirablement adaptée à la culture du coton, la République Argentine n’est encore que très peu développée sous le rapport de cette culture et de l’industrie cotonnière proprement dite.
- Le pays tout entier ne possède pas plus de 1.000 métiers ne tissant que des filés d’importation et n’occupant pas plus de 1.700 ouvriers.
- BELGIQUE
- La filature du coton est une des industries textiles les plus importantes de ce pays. Elle compte, aujourd’hui, 902.000 broches de filature et 256.000 broches de retordage, avec 8.000 ouvriers.
- Cette industrie est répartie parmi 50 maisons ; 10, ne font que les retors, 8, que la filature simple, et 32, la filature et le retordage en même temps. La ville de Gand possède, à elle seule, 20 établissements considérés parmi les plus importants de la région.
- L’industrie cotonnière belge emploie surtout des cotons américains (Louisiane et Texas), des cotons indiens et des cotons égyptiens (Jumel).
- La production des filés de coton en Belgique a été évaluée à 27 millions de kg s., dont les 4/5 sont des filés ordinaires non blanchis, destinés à la manufacture de tissus qui seront blanchis, teints et imprimés dans la suite.
- Pour les fils simples, les numéros ordinaires filés varient entre 1 et 70 (français), la majorité se trouvant entre 14 et 34.
- Une grande variété de fils retors est produite dans les manufactures belges, pour le tissage, les fils à coudre, la fabrication des rubans et broderies.
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- L’industrie belge est armée pour satisfaire aux besoins du pays, elle exporte même une partie de ses produits en Hollande, en Suisse, en Allemagne, en France et en Angleterre, et reçoit de ce dernier pays, en petite quantité, les fils de numéros très fins qui serviront à tisser les étoffes les plus délicates.
- Pour ce qui est du tissage, une grande variété de produits est manufacturée en Belgique ; les principaux articles sont :
- 1° Les calicots, shirtings et tissus blancs de toutes descriptions;
- 2° Les tissus rayés pour chemises, pour stores, toiles à voiles et tissus pour courroies ;
- 3° Flanelle, molleton, moleskines tapis, et tapis de table;
- 4° Cotonnade, tissus armurés, tissus pour confection d’homme;
- 5° Satin et satinette;
- 6° Piqués, damassés, tissus d’ameublement, serviettes de table et nappes;
- 7° Velours de coton;
- 8° Cretonnes, indiennes, et autres tissus imprimés.
- C’est encore à Gland que sont produits la plus grande partie de ces tissus, surtout le blanc et les velours ; tandis que Bruxelles et Stalle se spécialisent dans l’impression. 61 établissements se partagent l’industrie du tissage. Ils emploient 7.921 ouvriers et une force motrice de 4.200 chevaux.
- Le commerce extérieur de la Belgique s’est largement développé dans ces dernières années ; cela est dû, comme le fait remarquer le Consul général d’Angleterre à Anvers, à l’industrie et à l’économie du pays. « Le don d’une étude appliquée et soutenue, dit-il, dans un récent rapport, et l’économie qui est une des caractéristiques de ce peuple, ont fait beaucoup pour l’état de prospérité ou se trouve maintenant ce pays peu étendu, mais éminemment industriel. De plus, les connaissances techniques sont très développées en Belgique et l’on sait s’y plier aux exigences du jour
- dans toutes les questions qui intéressent l’industrie et le commerce. »
- Bar suite de ces qualités qui se sont répandues dans les classes ouvrières, et par suite de leur développement à un plus haut egre que partout ailleurs, les patrons ont pu obtenir le travail à un pnx inférieur à celui payé dans les autres pays, avantage encore augmenté par le nombre moyen plus grand des heures de travail
- Les salaires des ouvriers sont, en effet, peu élevés : à Anvers,
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- la moyenne des salaires est de 3 fr. 75 par jour ; à Bruxelles, de 3 francs et à Louvain de 3 fr. 10.
- Dans la campagne, les salaires sont plus faibles encore, en moyenne de l fr.80 par jour dans la province de Brabant. Dans les Flandres de l'Ouest, le Limbourg et autres districts, la moyenne des salaires des travailleurs varie de 1 fr. 10 à 1 fr. 50 par jour. En somme, le prix de 1 fr. 50 est la moyenne des salaires en dehors des grandes villes.
- Il est juste d’ajouter que le coût de la vie n’est pas élevé en Belgique.
- Ce bon marché permet aux industriels belges de faire encore des exportations de tissus vers l’Amérique. Le total général des exportations de produits belges ou nationalisés vers les Etats-Unis d’Amérique qui, en 1901, n’étaient que de 342.884 tonnes représentant une valeur de 78.451.000 francs est monté, en 1902, à 529.313 tonnes ayant une valeur de 118.000.000 francs.
- Onze exposants avaient répondu à l’appel des Américains:
- MM. Beernaerts, Félix, Gland. — Spécimens de coton écrus, teints et imprimés.
- MM. Centner, R. et fils, Courtrai. — Coutil de lin, enveloppes de voitures.
- MM. de Coster et Rousseau, Gland. — Produits de la filature et du tissage.
- MM. de Porre et Cruyplants, Gand. — Spécimens variés de filés cotons sortant de la préparation et filés.
- MM. Coriandre et Cie, Gand. — Spécimens de filés de coton.
- MM. Lousberg, Fernand et Cie, Gand. — Spécimens divers de filés de coton, coton préparé et filé, pur et mélangé, écru, blanchi, teint, imprimé.
- MM. Parmentier, P. et Cie, Bruxelles. — Spécimens de mélanges de jute et de lin, de jute et de coton.
- Société union Ramlot Robert et Cie, Termonde. — Spécimens variés de châles, de couvertures de coton, de tissus d’ameublement, en coton et soie, de tissus en coton pur ou mélangé, unis ou armurés, écrus, blanchis, teints et iu1-primés.
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- Usines cotonnières, Cie ltd, Bruxelles. — Spécimens variés de coton pur et mélangé, d’articles unis et armurés, écrus, blanchis, teints et imprimés.
- MM. Van Acker van dex Broeck Paul, Gand. — Spécimens de filés de coton ; coton depuis sa préparation jusqu’à sa filature, tissage mécanique et à la main d’articles de coton et de lin.
- MM. Van Dourne, René, Ecloo. — Articles de coton et lin blanchis et teints.
- BRÉSIL
- Le nombre total des usines de coton de toute importance au Brésil est estimé à 140 environ. La moitié de ces usines est établie dans les environs immédiats de Rio-de-Janeiro et produit à elle seule à peu près la moitié de la production de tout le pays.
- L’Exposition des tissus du Brésil était, à Saint-Louis, reléguée, on peut le dire, dans une sorte de pavillon annexe, installé au milieu de l’une des 2 cours intérieures du Palais des Industries variées.
- Le Brésil est un pays producteur de coton. Grâce au développement assez grand des industries manufacturières, une bonne partie de ce coton est utilisée par les filatures sur place, ce qui n’empêche pas l’exportation de se maintenir à 32.137 tonnes, par exemple, en 1902.
- Jusqu’en 1896, toutes les usines de Saô-Paulo, Minas-Geraes, et Rio-de-Janeiro fabriquaient une qualité inférieure d’articles bon marché destinés principalement à la confection des sacs ; aucun effort n’était tenté en vue de produire de la mousseline.
- Aussi longtemps que le Brésil fut un empire, le coton cultivé dans le pays fut exporté en laine, tandis que les articles fabriqués en coton étaient importés des pays producteurs. De 1882 à 1887 1 exportation du coton brut monta à 129.000 tonnes, soit une valeur ^ $ 30.000.000 donnant une moyenne annuelle de S 6.000.000.
- ans la seule année 1886-87, le port de Rio-de-Janeiro seul importa pour $ 5.000.000 de produits manufacturés.
- On voit par là qu’un seul port au Brésil importait cette année-là es arOcles en coton pour une valeur à peu près égale à celle du
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- coton brut exporté par tout le pays. Cet état de choses fut complètement modifié par la loi de douane de 1896.
- Le Brésil possède maintenant un grand nombre d’usines de coton, pourvues de tous les perfectionnements du machinisme moderne ; elles fabriquent à peu près tous les articles courants et de luxe, ce qui en diminue d’année en année l’importation étrangère.
- Tous les ans, l’introduction de marchandises similaires de l’étranger a diminué ; et aujourd’hui, l’industrie nationale alimente la plus grande partie du marché brésilien.
- L’Exposition des tissus du Brésil ne donnait pas une idée favorable de son industrie textile, son effet décoratif était pauvre : une rangée de 12 vitrines très simples peintes en blanc, de 2 m. sur 3, abritait des coupons de tissus présentés sans art et sans aucun souci de l’étalage.
- Aucun nom n’était inscrit : attribuer une récompense à chacun des 24 exposants a été tout un problème.
- Nous avons remarqué les Expositions suivantes :
- MM. àllianca, comp. F. et T. Rio-de-Janeiro. —Exposition de blanc. — La filature y laisse beaucoup à désirer, étant donnée la bonne qualité du coton employé pour la confection de certains articles ; en général le coton y est mal nettoyé. Le blanchiment donne aux tissus un bel aspect, malheureusement l’encollage et l’apprêt sont excessifs. Ces tissus sont destinés à la classe ouvrière par laquelle ils sont très appréciés.
- Brazil industrial comp., Rio-de-Janeiro. — Usine de 30.000 broches, qui expose des calicots écrus et blanchis, de bonne qualité et bien finis.
- Industrial Sabaraense, comp., Minas-Geraes. — Bonne fabrication comme la précédente de calicots et articles à rayures.
- Italo Brazileira comp., Rio-Grande-do-Sul. — Une des maisons les plus importantes de la région. Réunit la filature, le tissage et la teinture. Elle présente une collection très complète d’articles fantaisie pour pantalons, très bien tissés et de très bon goût.
- Tecidos comp. E.-E., Pernambuco. — Tissus très forts pour la classe ouvrière. Fabrication soignée, sans défauts, bonne teinture.
- Uniao pabril comp., Rio-Grande-do-Sul. — Maison très impor-
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- tante de filature et de tissage fournissant l’armée et la marine. La filature s’est fait une spécialité de fils retors et moulinés et le tissage produit des articles pour indigènes bien tissés et finis ; mais les filés employés laissent à désirer ; le coton est mal nettoyé dans les premiers traitements de la filature.
- CHINE
- La Chine installée au Palais des Arts libéraux était représentée par 3 exposants. Le gouvernement impérial en était le principal. Rien de particulier à signaler sur cette Exposition toute simple, présentée dans le cadre d’un vaste bazar.
- ÉTATS-UNIS
- L’industrie cotonnière aux Etats-Unis a pris, pendant ces dernières années, un développement considérable. Â une première période où l’Amérique était surtout un pays agricole et importait de l’Ancien Monde les produits manufacturés dont elle avait besoin, a succédé une seconde phase où l’industrie nationale est arrivée à produire la presque totalité de ces mêmes marchandises. Mais aujourd’hui, les Etats-Unis sont entrés dans une période nouvelle : la période d’invasion du Vieux Monde par leurs produits.
- Depuis 10 ans, les importations sont stationnaires et les exportations sont passées de 4.387 millions, en 1890, à 7.399 millions, en 1900, soit une augmentation de 72,4 %.
- En Amérique, plus que partout ailleurs, la machine se substitue a l’ouvrier ; le tisseur qui, en France, conduit rarement 4 métiers, en conduit 6 et même 8 à Fall River. La différence est plus grande encore avec le métier Northrop, qui semble réservé aux articles nnis de grande consommation et dont le nombre actuellement en marche aux Etats-Unis dépasse 85.000.
- Un bon ouvrier conduit 20 métiers, un ouvrier ordinaire en conduit 16, un apprenti 12.
- La main-d’œuvre étant plus chère qu’en Europe, on la remplace par la machine, que l’on perfectionne sans cesse, que l’on renouvelle, s il le faut, dès qu’un progrès nouveau paraît.
- Ces remarques aident à comprendre cette augmentation sur-
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- prenante du nombre de broches de l’industrie cotonnière américaine : en 10 ans, il augmente de 228 % dans les Etats du sud, et de 12 % dans ceux du nord.
- La consommation de coton brut augmente de 60 % dans la même période : elle était, en 1893, de 2.422.000 balles ; elle est, en 1903, de 3.890.000 balles.
- Pour alimenter cette industrie considérable, la population américaine ne suffisait plus. Les Etats-Unis ont alors déversé autour d’eux le surplus de leur production. Nous n’en donnerons qu’un exemple dans le tableau suivant qui montre l’avenir de ce pays sur le marché de la Chine : il indique les exportations de tissus de coton en 10 ans, de 1893 à 1903, en yards :
- 1893 19.830.058 1899 ... 188.892.650
- 1894 47.085333 1900...... ... 100.968.632
- 1895 31.781.763 1901 ... 167.507.871
- 1896 89.200.827 1902 ... 299.124.195
- 1897 . . 126.675.022 1903 ... 177.337.479
- 1898 ... 131.988.000
- Dans un récent rapport du consul américain à Niou-Chang, on voit que les importations totales de tissus de coton de l’étranger avaient, l’an dernier, une valeur de S 5.562.255 or, parmi lesquels les Etats-Unis entraient pour $ 4.873.960.
- L’Exposition des Etats-Unis était la plus complète des Expositions des Nations étrangères au Groupe 54.
- Située dans le Palais des Manufactures, non loin de la Céramique française, elle occupait une superficie d’environ 800 m. 1/2. Sa décoration générale était lourde mais d’un caractère visant à la grandeur. Les vitrines, toutes très hautes et très larges, affectaient la forme de pavillons isolés autour desquels on pouvait aisément circuler. À l’intérieur, s’entassaient, malheureusement, sans beaucoup de grâce, des montagnes de tissus de toutes sortes.
- Ce déploiement large et sincère avait au moins l’avantage d’offrir un champ d’observations intéressant, et de nature à satisfaire toutes les curiosités.
- Le tableau II donne la liste des exposants américains, avec le nombre de broches et de métiers représentés. On remarquera que sur 25 exposants, 8 sont agents de vente. Ces derniers sont même les plus importants parmi les exposants américains : nous donnerons une attention spéciale à l’examen de leurs vitrines.
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- Amory manufacturing C°, New-York city (Amory and Landgdon Mills : à Manchester, New-Hampshire), — Incorporée en 1880. — Capitaux engagés : S 900.000 — 3.000 métiers. — 62.672 broches continus — 60.708 broches selfactings — 1.450 ouvriers. — Agent de vente : Bausher.
- Belle Exposition de shirtings, sheetings, coutils et satins.
- Amoskeag manufacturing, C°Manchester, New-Hampshire,
- — Maison établie en 1831 — Capital: $ 4.000.000. — 12.700 métiers.— 30.000 broches selfactings. —270.000 broches continus. — 8.000 ouvriers. — Agent de vente : Bausher.
- Cette usine s’est fait une spécialité de tissus imprimés, appelés Guinghams, de flanellettes couleur, de toiles à matelas, à stores ; ces articles sont très finis et très soignés, les dessins sont de bon goût, les nuances bien choisies et remarquables de vivacité. Le tout est malheureusement présenté sans grâce.
- Manchester Mills, Manchester, New-Hampshire. — Incorporée en 1874. —Capital : $2.000.000. — Société importante possédant aussi filature et tissage de laine, 1.152 métiers de coton.
- — 75.000 broches continus. —3.600 ouvriers.— Agent de vente : Bausher. — Rien de spécial à signaler.
- Naumkeag steam cotton C°, Salem, Massachusetts. — Capital : $ 1.500.000—2.800métiers — 80.672 broches continus et 29.952 broches selfactings — 1.700 ouvriers. — Agents de vente : Parker, Wilder et C°.
- Belle Exposition de drills, de coutils et sheetings, ces derniers d’un aspect magnifique.
- Aravana mills (Palmer, propriétaire), Middletown, Connecticut.—190 métiers; — 7.000 broches continus. — 250 ouvriers. — Vend directement. — Spécialité de toiles à moustiquaires et à hamacs.
- Whitmann mills, New-Bedford, Massachusetts. — Incorporée en 1903. — Capital: S 1.500.000. —3.416 métiers larges et étroits. — 98.400 broches continus. — 33.640 broches selfactings.
- — 1.500 ouvriers. — Agents de vente : Harding, Whitman et C°. Boston. — Massachusetts. — Ce sont ces derniers qui exposent dans une très belle vitrine les produits de l’usine dont ils font la vente : tissus de coton et soie mélangée, ou de coton et lin, tissus très légers, faits avec des cotons égyptiens, des Sea-Island,
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- et des longue-soie. La collection d’articles de fantaisie aux dispositions variées et originales et d’une fabrication absolument parfaite place cette maison parmi les pins importantes des Etats-Unis.
- Aberfoyle manufacturing C°, Chester, Pensylvania. — Incorporée en 1889. Capital: S 500.000.—530 métiers—500 ouvriers. Vend directement à New-York.
- Cette maison possède une teinturerie annexée au tissage et une usine pour le mercerisage. Sa spécialité est l’article riche, pour lequel elle emploie du coton jumel mercerisé. Les échantillons présentés dans la vitrine sont magnifiques : Tissus blanchis, jacquards et brillantés dans lesquels entre de la soie bouclée comme trame avec chaîne coton. Au centre de leur Exposition étaient installés quelques métiers, attrait de toute la section. En somme, l’ensemble de cette Exposition est de tous points réussie et ne laisse rien à désirer.
- Arlington mills, Lawrence, Massachusetts. — Importante filature de laine et coton. — Capital : S 3.000.000. — 33.600 broches continus.— 17.000 broches seilfactings. — 825 ouvriers.— Agents de vente : Harding Whitmann et C°, dont ils occupent la vitrine.
- Spécialité de filés de coton peignés, blanchis et de couleur, mercerisés et gazés.
- Manomet mills, New-Bedford — Massachusetts. — Incorporée en 1903. — Capital : S 800.000. — 52.000 broches. — Vendent par Harding, Whitmann et C°.
- Les produits de cette usine sont exposés dans la même vitrine que celle des précédents exposants.
- Rien de particulier à signaler.
- Eddystone manufacturing C°, Eddystone, Pensylvania. — Teinturerie et impression. — Incorporée 1895. — Capital : S 1.000.000. — 16 machines à imprimer. — 1.100 ouvriers.
- Cette maison partage sa vitrine avec les trois précédents exposants. Elle fait un grand nombre de spécialités, tels que : tissus imprimés pour deuil, percales teintes, tissus fantaisie, batiste, linons, satins, damas et draperies artistiques intitulées « Gobelins » bon marché.
- Gleenwoods works, Medford, Massachusetts. — Bureau
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- à Boston. — Incorporée 1901. — Capital : S 40.000. — Articles ordinaires imprimés pour robes, rideaux et draperies à bon marché.
- J.-L. Stifel and sons, Wheeling, Me st Virginia. — Maison s’adonnant exclusivement à la teinture de l’indigo, Exposition peu importante.
- Emden et Wormser, New-York-City. — Présentent des rideaux de dentelles à la machine, appliquées sur de la gaze
- Burton Bros et C°, New-York-City. — Percales, glissade soie, etc.
- Hoffmann Corr manufacturing C°, Philadelphie. — 600 métiers. Tissent le jute et le coton ; Exposition de cordages, de fils, de toiles de tentes et de stores.
- Quant à la Wilkesbarre lace manufacturing C°, Wilkes-barre, Pensylvania, ils exposent dans la vitrine de MM. Cla-rence Whitmann et C°, dont nous parlerons tout à l’heure, de belles dentelles à très bon marché, des rideaux destinés à la classe ouvrière et agricole, mais dont les dessins manquent de goût artistique.
- Nous arrivons maintenant au groupe des. « selling agents », agents pour la vente, dont les vitrines étaient les plus remarquées.
- Bausher, C.-L. et C°,New-York-City. — Agents des maisons: Amory M. f. g. C°, Manchester Mills, Amoskeag M. f. g. C°.
- Maison très ancienne, réputée pour faire un très gros chiffre d’affaires. Son Exposition comprend des crêpes de Chine, des flanelles de coton de couleur, des toiles pour stores, des articles piqués grattés, des guinghams.
- Chase, L.-C. et C°, Boston, Massachusetts. — Exposition sans grand caractère de velours, de couvertures toile cuir, couvertures de cheval, de velours frappé.
- Creighton et Burch, New-York-City. — Agents de: 1° Potomska Mills Corporation, à New-Bedford, Massachusetts. — Etablie en 1871. — Capital : $ 1.200.000. —2.600 métiers. — 42.374 broches continus. — 62.000 broches selfactings. — 1.200 ouvriers. — 2° Scranton Lace Curtain C°, à Scranton, Pensylvania. — Incorporée 1897. — Capital S 160.000. — 300 ouvriers.— 21 métiers de dentelles. — Grande et belle vitrine contenant des rideaux de dentelles.
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- Garner et O, Chicago, New-York, St-Louis. — Grande vitrine de 6 m. de long. Cette société, une des premières maisons de vente d’Amérique, représente sept usines de filature et de tissage. Une des usines consomme à elle seule 30.000 balles par an. Nous n’en reproduisons pas le détail ici : on se reportera au tableau général II.
- L’aspect intérieur de cette Exposition était celui d’un magasin où l’on trouvait de tout : articles fins pour la confection, teints et blanchis, de différentes qualités pour la vente en gros et le détail, percales, tissus légers, croisés, drills, cretonnes, flanellettes de toutes qualités, largeurs, poids et genres ; calicots imprimés, blanchis et teints pour les chemisiers, peignoirs, batistes et linons, oxford, etc., le tout d’exécution plutôt ordinaire et manquant généralement de goût.
- Harding Whitmann et C°, Boston, Massachusetts.—Une des belles vitrines du Groupe. Agents vendeurs de : Arlington Mills ; Eddystone Mfg C° ; Whitmann Mills ; Manomet Mills. Nous ne mentionnons cette maison que parce qu’elle figurait en nom au catalogue général officiel: en réalité son Exposition était celle des usines qu’elle représentait.
- Parker Wilder et C°, Boston, Massachusetts. — Exposition remarquable par la dimension de ses étalages. La société est agent des Monadnock Mills, Claremont, New-Hampshire (Inc. 1845. — S 250.000. — 300 métiers larges et 15.000 broches continus—400 ouvriers) et de Naumkeag Steam Cotton C°,dont il a été parlé plus haut.
- L’Exposition de MM. Parker Wilder et Cû est jolie et intéressante : le bon goût y fait enfin apparition. Ce sont des couvertures damassées, à franges et fond satin de toutes largeurs, avec, au milieu, des écussons, des portraits, des initiales, entourés de dessins floraux d’un fini et d’un bon goût remarquables.
- Ils présentent, en outre, un très bel assortiment de tissus de toilette et de serviettes.
- Poor, J. Harper et C°, New-York. — Cette Exposition de tissus de couleur et spécialement de zéphyrs.
- Clarence Withmann et C5. — New-York-City. — Cette maison est sans contredit la première maison de vente des Etats-Unis; son Exposition était digne de sa réputation. — C’est pro-
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- bablement cette firme contre laquelle nos exportateurs français d’articles fins ont le plus à lutter. Elle avait installé une énorme vitrine formant salon intérieur.
- Les produits étaient présentés en masses compactes, sans grand souci de goût dans l’étalage, du moins les spécimens offerts à la curiosité des visiteurs étaient-ils considérables et parlaient aux yeux par la quantité.
- L’article qui nous a le plus frappé, c’est un tissu léger mercerisé pour costumes d’été pour dames, tout à fait irréprochables au point de vue du fini et des dessins. On voyait, en outre, du « linon d’Amérique » de la batiste perse apprêt soie, du piqué fantaisie, de l’organsin, coton coloré rideaux de dentelle, tafîe-talines, etc.
- La maison Clarence Withmann et C°, fondée en 1878, est, à New-York, l’agent de vente de sept usines dont le détail figure au tableau général II
- Ces usines s’étaient surpassées et avaient constitué une Exposition tout à fait remarquable et digne de justifier nos plus légitimes craintes pour l’avenir.
- Woods-Joseph, W. et Sons, à Boston. — Fait de l’impression sur tissus pour robes, des rideaux et draperies à bon marché, très ordinaires comme fabrication, mais dont les couleurs paraissent excellentes au point de vue de leur inaltérabilité.
- De cet examen il ressort que l’Amérique est en passe de devenir un concurrent redoutable pour les nations de la vieille Europe. Il est, en particulier, une catégorie d’articles pour lesquels il semble qu’il faille renoncer désormais à faire de l’exportation : nous voulons parler des cotons mercerisés. L’Allemagne entre autres faisait de cet article avec les Etats-Unis un grand commerce. Or, la ville de Glauchau, qui exportait, en 1903, pour une valeur de S 5.111.204 de cotons mercerisés, voit cette exportation diminuer de jour en jour.
- Ce fait est dû à la supériorité du traitement et au bas prix de l’article aux Etats-Unis. Le Consul américain de Glauchau constate, dans une revue, que des échantillons de fabrication américaine ayant été envoyés dans cette ville, les industriels allemands déclarèrent appréhender fortement la concurrence crmidable qui allait s’en suivre.
- Oes tissus mercerisés qui ont une apparence si recherchée
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- sont admirablement adaptés au marché américain, dont la clientèle principale est constituée par une population assez homogène au point de vue de la fortune, où les classes se mélangent facilement et qui demande surtout une grande quantité de produits et seulement une qualité moyenne.
- On peut appliquer très justement à l’Amérique ce que disait M. Grangeorge dans son rapport sur l’industrie textile en France. Il constate, dans l’industrie moderne, deux tendances prépondérantes : une augmentation sensible de la production et un amoindrissement de la qualité des produits.
- « Nous en avons trouvé, dit-il, l’origine dans l’état démocratique de nos sociétés modernes où la division de plus en plus grande de la richesse et l’égalisation de plus en plus complète des fortunes, donnent à chaque individu une puissance moyenne de consommation plus forte mais diminuent le nombre de ceux qui sont aptes à acquérir des objets de grande valeur et de goût raffiné. »
- Par tous ces exemples que nous venons de citer, il est facile de constater que le jour est venu où les Etats-Unis, au lieu de grands consommateurs qu’ils ont été jusqu’ici, se sont transformés en des concurrents redoutables pour l’Europe.
- On peut craindre que bientôt les plus fortes maisons américaines n’arrivent à l’aide de leur organisation tout à fait supérieure, de leurs méthodes de travail perfectionnées, de leurs capitaux énormes et des avantages qu’ils trouvent dans les ressources de leurs pays, à pouvoir faire des prix plus bas que les manufacturiers européens sur les marchés étrangers et sur les marchés européens eux-mêmes.
- Pour nous résumer, nous ne pouvons mieux faire que de citer ici un article publié par un journal allemand « la Deutsche export Revue » sur la situation industrielle de l’Amérique.
- Ce journal s’exprime en ces termes : « Aujourd’hui les yeux du monde commercial sont fixement dirigés sur les Etats-Unis et sur tout ce qui s’y passe. Les succès que chaque nation est à même de remporter ne sont pas seulement dûs à sa capacité technique mais aussi et surtout à ses méthodes de traiter les affaires, et principalement aux méthodes qui se rapportent au commerce d’exportation.
- En Amérique, ces méthodes sont constamment discutées en public, on regarde et on étudie chaque question sous tous les
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- différents aspects où elle peut se présenter avec pour but d’améliorer et d’étendre le commerce d’exportation. »
- Nos industriels ne peuvent pas mieux faire que de s’inspirer de ces procédés et suivre ces méthodes américaines.
- FRANCE
- Le nombre de broches que compte l’industrie cotonnière française est d’environ 6.150.000, qui se répartissent presque complètement dans les 3 régions de Normandie, avec 1.750.000 broches ; du Nord, avec 2.200.000 et des Vosges avec 2.100.000 broches.
- La matière première employée par an est d’environ :
- 165.000 tonnes de coton d’Amérique.
- 23.000 » » d’Egypte.
- 17.000 » » des Indes.
- Le nombre des métiers occupés à tisser les filés de coton est évalué à 106.000, parmi lesquels la Normandie en a 27.000, les Vosges, 56.000 et la région du Rhône, 15.000.
- On voit, par les chiffres précédents, l’importance de cette branche de notre industrie nationale. La place qu’elle occupait à Saint-Louis, le nombre des exposants qui avaient répondu à l’appel des Américains et la valeur des récompenses accordées par le Jury étaient bien en harmonie avec cette importance.
- L’Exposition française des fils et tissus de coton à Saint-Louis occupait en commun avec les Expositions des laines, lins et chanvres, une vaste galerie au centre du Palais des Manufactures.
- Installée dans une cour faisant communiquer deux ailes du Palais, cette galerie avait une superficie de 713 m. 46 (longueur 50 m. 60, largeur 14 m. 10). La disposition générale ainsi que 1 ornementation décorative d’ensemble rappelait celle , de 1900. De belles et hautes vitrines, d’un style sobre et uniforme, couraient le long des parois de la galerie ; une autre rangée s’élevait au milieu séparant les deux allées ainsi formées. — Au mur, des cartouches peints rappelaient les noms des principaux centres textiles de
- ^ance; au plafond, un vélum tendu avec goût tamisait la lumière.
- En pénétrant dans cette section on avait la sensation que
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- notre pays était dignement représenté, que l’ensemble du Groupe était véritablement digne de lui-même, digne du passé, et des succès constamment obtenus, digne des maisons de premier ordre qui avaient répondu à l’appel du gouvernement, digne enfin de la réputation de bon goût et de sens artistique que les Américains nous reconnaissent sans conteste.
- De fait, l’ingénieux arrangement de l’intérieur des vitrines, leur disposition bien comprise, le bon goût des installations, fruit de l’intelligente activité de l’entrepreneur général, M. Cheminais, la plaçaient comme une des plus belles et des plus intéressantes à visiter parmi les Expositions similaires des étrangers.
- La France avait pourtant les mêmes raisons de s’abstenir que l’Angleterre, que l’Allemagne : nos exportations d’articles courants, nos grosses ventes n’existent plus vers l’Amérique. Malgré le sentiment de la difficulté dans laquelle se trouvent nos industriels de pouvoir pénétrer avec leur production en Amérique, ils y sont allés, ont voulu montrer 1’ « industrie française en pleine possession de ses ressources et de ses moyens d’action. »
- Il y a lieu de les en féliciter : ayant à faire à forte partie, ils n’avaient que plus de mérite à affronter la lutte ; aussi ne ménageons-nous pas les éloges à ceux de nos compatriotes qui ont su s’imposer les sacrifices d’argent et de temps nécessaires pour représenter dignement la France à l’Exposition de Saint-Louis.
- La France mettait en ligne 21 exposants, dont 5 étaient des collectivités comprenant ensemble 127 exposants, soit en tout 143 exposants.
- Nous adopterons, pour la France, l’ordre de mérite suivant les récompenses qui ont été décernées par le Jury.
- Membres dü Ddry l^ors coqcoürs
- MM. LES HÉRITIERS DE GEORGES PERRIN, A CORNIMONT (VoS-ges). — Maison fondée en 1838, comprenant 7 usines à Cornimont, un tissage important à Fochesson et une filature considérable à Charmes, créée en 1894, doublée en 1900 et munie de tous les perfectionnements les plus récents. La maison dans son ensemble comprend 1.800 métiers à tisser et 140.000 broches ; les filatures produisent par an environ 3.600.000 kgs. de filés, et les tissages 200.000 pièces de toutes largeurs et de toutes sortes. Le personnel
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- comprend au total 1.950 ouvriers des 2 sexes. Une caisse de secours avec médecins et médicaments est organisée à Cornimont.
- Cette maison avait remporté 2 médailles d’or en 1900.
- Grands Prix
- MM. Besselière, fils et C'e, à Rouen (S'eine-Inférieure). — Maison fondée en 1823 employant un personnel de 474 ouvriers et employés.
- Cette maison a remporté un grand nombre de récompenses dans toutes les Expositions précédentes.
- Elle se spécialise dans l’impression sur tissus, et les articles imprimés pour ameublements et robes qu’elle envoie à l’Exposition de Saint-Louis, d’une perfection absolument remarquable, ont été très appréciés et spécialement notés par le Jury. ^
- La blanchisserie et teinturerie de Thaon (Vosges). — Maison fondée en 1872, faisant le blanchiment, la teinture, l’impression et l’apprêtage de tous tissus de coton.
- Elle emploie 3.000 ouvriers et possède toutes les institutions de prévoyance et de secours médicaux, des caisses de retraites et d’indemnité de chômage aux malades.
- Son Exposition de tissus de coton apprêtés, blanchis, teints et imprimés a été fort remarquée par le Jury pour la bonne qualité des blancs, la supériorité de leurs apprêts et la solidité et la beauté de leurs nuances.
- Cette maison hors concours, en 1900, a déjà remporté de nombreuses récompenses.
- MM. Boeringer, Guth et C‘e, a Epinal (Vosges). — Manufacture de tissus imprimés, fondée en Alsace, en 1870, établie en France depuis 1881. — Est avec la précédente une des plus importantes de France, occupant près de 700 ouvriers pour lesquels elle a créé un service de secours et de soins gratuits.
- Elle se spécialise surtout dans les articles pour chemises, blouses, robes, et ameublements.
- Un Grand prix lui avait été décerné, en 1889, et elle était hors concours, en 1900.
- MM. Bréchard, Antoine, a Roanne (Loire). — Très ancienne maison française ayant débuté en 1814 par le tissage à la main
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- et ayant fondé, en 1876, son usine de tissage mécanique de cotonnade avec ses teintures et ses apprêts.
- Cette maison qui occupe 1.100 ouvriers et 65 employés, sous la direction de M. A. Bréchard, avait envoyé à Saint-Louis une collection remarquable de cotonnades classiques, de nouveautés tissées sur jacquards et métiers à broder, qui représentaient dignement cette branche si importante de l’industrie du tissu en France, connue sous le nom de Roannerie.
- Collectivité du Syndicat cotonnier de l’Est. — Le Syndicat cotonnier de l’Est qui a été fondé en 1875, et qui représente 1.750.000 broches et 40.000 métiers à tisser, soit les 3/4 de l’industrie cotonnière de l’Est avec 50.000 ouvriers, occupait en commun avec la blanchisserie de Thaon et la maison Boeringer Guth et Cie une grande vitrine magnifiquement disposée contenant les plus beaux échantillons des articles courants des Vosges.
- Syndicat normand de la filature du coton. — Ce Syndicat fondé en 1898 représente 57 filatures avec 1.150.000 broches et 11.000 ouvriers.
- Ces chiffres disent toute l’importance de cette Société et l’Exposition qu’elle avait à Saint-Louis, sous forme de produits divers très soignés et très appréciés, méritait bien le Grand prix qui lui a été décerné.
- Collectivité du Syndicat normand du tissage de coton, a Rouen (Seine-Inférieure). — Fondée en 1900. — Magnifique Exposition de tous les genres tissés en Normandie.
- MM. David et Maigret, a Paris. — Maison très ancienne fondée en 1790, comprenant 44.480 broches de filatures, 1.376 métiers mécaniques, 1.000 métiers à bras, 250 machines à broder et 20 grands métiers guipure et à broder mécaniques, et faisant travailler 2.666 ouvriers et employés.
- Cette maison occupait, au centre de l’Exposition textile française, une admirable vitrine, dont les dimensions majestueuses bien faites pour frapper les esprits américains, attiraient tous les regards. Véritable manifestation de l’art, cette vitrine, se recommandait par l’heureux choix, la richesse et la disposition des produits exposés : aussi le Jury, à l’unanimité, décida-t-il de récompenser cette Exposition hors de pair par l’attribution d’un Grand prix avec félicitations spéciales.
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- Parmi les articles exposés, nous avons noté des rideaux, des stores, en guipure de toute beauté, des tulles avec applications de mousseline brodée et brochée, des façonnés coton et soie, des gazes fantaisie pour robes, des piqués blancs et des piqués fins pour lingerie et beaucoup d’autres variétés de tissus d’une fabrication irréprochable.
- Cette maison avait déjà remporté deux Grands prix, en 1900.
- MM. Kahn (A. et N.) Lang et Cie, a Paris.— Maison fondée en 1870 occupant 2.500 ouvriers et employés au tissage et à la filature du coton. Des caisses de secours et de retraites fonctionnent pour le personnel.
- Cette maison connue pour la régularité de sa fabrication exposait à côté d’un cadre contenant des types de coton jumel et de coton louisiane, des pièces de cretonnes, de percales rayées, de shirtings et de batistes de qualités tout à fait supérieures.
- MM. F. Keittinger et fils, a Rouen (Seine-Inférieure). — Maison fondée en 1791 pour l’impression sur tissus de coton et de laine.
- Elle occupe 400 ouvriers et fait un très gros chiffre d’affaires.
- Des Sociétés de secours et de retraites y ont été fondées en 1851.
- Les principaux articles exposés consistaient en mousselines de laine, imprimées et en tissus de coton pour ameublement, robes et chemises.
- Plusieurs récompenses ont été accordées à cette maison dans les Expositions précédentes.
- MM. Manchon, Lemaître et Cie, a Bolbec (Seine-Inférieure).
- Maison fondée en 1816 pour la filature et le tissage de coton, comprenant 30.000 broches et 510 métiers, dont 250 en jacquards. Elle fait un gros chiffre d’affaires surtout pour l’exportation.
- Elle a institué pour ses ouvriers des caisses de secours et de retraites et a obtenu de nombreuses récompenses dans les Expositions précédentes.
- Les produits dont elle envoyait de magnifiques échantillons à amt-Louis, et dont elle a fait sa spécialité, consistaient en tissus antaisie simili-soie et Jacquard, cretonnes, gros fils, molletons ^ finettes, simili-soie et tissus simili-soie pour ameublement.
- e te maison qui jouit d’une grande réputation pour ses articles, mentait bien le Grand prix qui lui a été donné. L’un des associés,
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- M. Gaston Manchon, véritable artiste, passionné des choses d’art, a appliqué ses connaissances spéciales à son genre d’industrie et surtout à la confection des collections Jacquard. C’est ainsi que sa maison a pu, depuis une dizaine d’années, entretenir 250 métiers Jacquard en tissus fantaisie, et traverser les nombreuses crises industrielles sans aucun chômage. Il n’était pas sans intérêt de signaler en passant la part prépondérante qu’il a pris dans les succès de sa maison.
- MM. Meyer et Cie, a Rouen (Seine-Inférieure). — Etablissements .fondés en 1826 (ancienne maison Ed. Yaucher et Cie), pour la filature et le tissage de coton, occupant 7.500 ouvriers et faisant des affaires très importantes avec la France, ses colonies et l’étranger. Envoie à Saint-Louis une jolie Exposition de tissus écrus, blanchis, teints et tissés couleur, faits sur métiers ordinaires, armures et Jacquard. Un Grand prix avait été décerné à cette maison à l’Exposition de 1900.
- MM. Wibaux, Florin a Roubaix (Nord). — Maison fondée en 1810, pour la filature, la teinture, la retorderie et le tissage du coton, et possédant 40.000 broches de filature, 5.000 de retordage et 600 métiers à tisser ; c’est une des premières maisons qui ait créé des caisses de secours en France.
- Son Exposition, à Saint-Louis, consistait principalement en filés de coton écrus, teints et retors, ainsi qu’en tissus de coton fantaisie, articles très appréciés par le Jury.
- Médailles d'or
- M. P. Ancel-Seitz, a Granges (Vosges). — Importante maison, fondée en 1856, pour la filature et le tissage de coton. La maison comprend 51.068 broches de filature, et 1.360 métiers ; elle occupe 1.200 ouvriers.
- Ce qui caractérise l’Exposition de cette maison, c’est la présentation de tissus en coton des colonies françaises.
- Il y avait dans sa vitrine une très intéressante collection de pièces écrues et manutentionnées en coton du Dahomey et du Cambodge. Dérogeant aux habitudes prises jusqu’alors aux Expositions, elle avait voulu faire du nouveau et montrer aux Américains ce qu’il était possible de tirer des fibres de nos posses-sions d’outre-mer. Deux albums contenant des échantillons
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- alternés de tissus en coton d’Amérique et en coton colonial complétaient cette Exposition. Le Jury américain a été très intéressé par cette exhibition d’un nouveau genre.
- MM. Cocquel (A.), Dauphin et Le chevallier . a Amiens [Sommé). — Maison fondée en 1838 qui s’est fait une spécialité des velours de coton ; elle occupe 550 ouvriers et 500 coupeurs.
- L’intéressante vitrine de cette maison était comme un résumé de l’histoire de la manutention du velours.
- On y voyait, logiquement groupés, des échantillons de velours montrant toutes les phases de la fabrication depuis la coupe jusqu’à la teinture en passant par les diverses opérations du demi-blanc (grattage, coupage, débouillassage, grillage) ; on y voyait aussi différentes séries d’unis et de côtes allant du cannelé ou milleraies au câblé et des tissus dits « peau de diable et peau de taupe. » L’article fantaisie de cette Exposition était représenté par une collection de ces mêmes velours imprimés dont les dessins étaient inspirés des dispositions de draperies à la mode.
- MM. Motte-Bo s sut fils, a Roubaix {Nord). — Fondés en 1839, ces Etablissements qui comprenaient des filatures de coton et de laine, un tissage de coton et une usine pour l’apprêt de la teinture du velours ont envoyé à Saint-Louis une collection de filés de coton et de laine ; de tissus de coton, velours croisés, cretonnes et tissus pour ameublement.
- Le Syndicat des teinturiers en cotons et filés de la Seine-Inférieure a Darnetal. — Représente 1.500 ouvriers environ.
- Expose des écheveaux de coton teints et des bobines de coton cardé ainsi que des fils de grand teint, chinés et mercerisés.
- MM. Godde, Bedin et Cie, a Tarare [Rhône). — Important etablissement pour la fabrication et le commerce des mousselines de coton, mousselines de soie, tissus mélangés et façonnés, en tous genres, tissés soit à la main, soit mécaniquement.
- MM. Jalla, Edouard, a Paris. — Usines de tissage de blan-c Huent, de teinture, ateliers de broderies.
- a ®fPosüi°n. de serviettes, tissus et peignoirs-éponges ; mules e hains, et tissus pour tentures.
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- Médailles d’argent
- Le Jury a décerné, pour la France, trois médailles d’argent à MM. Schwob, frères, à Héricourt (Haute-Saône). MM. Schwob, frères ont également obtenu une médaille d’or, présentant une Exposition de cretonnes écrues, flanelles de coton, tissus pour l’armée, zéphyrs, tennis.
- à MM. les fils d’Alfred Motte,
- et à MM. Motte, Etienne et Cie.
- ITALIE
- Le cadre relativement restreint dans lequel il nous a été recommandé de rester ne nous permet pas de nous étendre bien longuement sur chaque pays. Nous devons cependant faire une exception en faveur de l’Italie, dont l’Exposition textile présentée dans une vitrine unique, faisait ressortir très heureusement les récents progrès industriels accomplis.
- Cette vitrine en fer forgé et bronze d’un style riche et élégant avait un cachet artistique indéniable ; elle était le digne pendant de l’Exposition des marbres installée tout à côté.
- Dans un espace de 60 mètres carrés, l’Italie avait groupé les produits les plus intéressants comme les plus riches de son industrie textile ; la disposition en était ingénieuse et d’un goût parfait.
- De plus, devant chaque étalage, pendait, accroché au plafond de la vitrine, une élégante plaque de verre sur laquelle étaient inscrits les principaux renseignements relatifs à l’usine qui envoyait ses produits : nombre de broches, de métiers, d’ouvriers, etc...
- Le Jury a eu à examiner 12 exposants. Nous allons, en les passant en revue, dire un mot de chacun d’eux.
- M. Benigno, Crespi, de Milan. — 50.000 broches de filature et de retordage ; 1.200 métiers ; 2.500 ouvriers.
- Cette importante maison à laquelle l’Exposition de Paris, en 1900, attribua un Grand prix et dont un des chefs reçut la croix de la Légion d’honneur, produit 2.500.000 kgs. de fil par an et soumet au traitement du mercerissage 6.000,000 de
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- mètres par an. Elle est spécialement outillée pour ce procédé spécial, la teinture et le blanchiment.
- Elle occupait à elle seule une grande partie de la vitrine et son Exposition de tissus tout coton, à l’aspect de soie, était des plus réussie.
- Cotonificio, Muggiani C°, à Intra (Novara). — 70.000 broches, dont 20.000 de retordage. — 500 métiers. —1.300 ouvriers — Produit annuellement 1.800.000 kgs. de fil et 4.500.000 mètres de tissus. — Belle Exposition de filés simples et retors sur bobines cannettes et écheveaux.
- On remarque aussi des tissus de cotonnades, des cretonnes.
- Cotonificio, Bergama sco, Ponte di No s s a.—30.000 broches— 800 métiers. — 9 machines à imprimer, teinture et blanchiment. — 1.500 ouvriers. — Produit annuellement 1.500.000 mètres de tissus divers.
- Cette maison présentait des pièces en couleur et blanchies de toute beauté, du madapolam, de la triplure pour confection, des tissus imprimés.
- MM. Pellegrino, Pontecorvo et C°, Pisa. — Usine de retordage, tissage et teinture, 800 métiers, 1.300 ouvriers. — Production annuelle 500.000 mètres. — Magnifique Exposition de torsades, d’écheveaux de fils de coton, pièces teintes et imprimées de couleurs claires et chatoyantes, le tout présenté avec art.
- MM. Bernardo, Caprotti gippe, Ponte Albiate {Milan). — 12.000 broches, 750 métiers, 700 ouvriers. — Blanchiment, téin-ture. — Production annuelle 700.000 mètres. Cette firme cultive les tons grisâtres, genre coutil, et y réussit parfaitement.
- SoCIETA IT ALI AN A PER L’iNDUSTRIA DEI TESSUTI STAMPATI [Milan). — Il y a dans cette vitrine, la plus jolie collection qu’on puisse imaginer d’étoffes imprimées pour tentures, rideaux, meubles ; tons chauds et inattendus, dessins nouveaux, d’une originalité saisissante, rien ne manque à cet assortiment bien mis en lumière, nul doute que l’Américain, ami de la décoration du « home », n’ait trouvé là matière à se renseigner.
- MM. Leghler, Hefti et C°, ponte san pietro, Bergamo. — 27.000 broches, 1.000 métiers. — Blanchiment, teinture et merceris-1.400 ouvriers.—Production annuelle, 700.000 mètres.— issus légers, mousseline, créponne, articles classiques.
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- M. Leumann, Turin. — 1.500 métiers, 1.800 ouvriers, production annuelle 2.000.000 mètres. — Intéressante Exposition de tous articles, doublures, teintes sombres pour confection. — Spécialité de doublures riches pour vêtements.
- Fratelli basano, à Chieri (Turin). — 570 métiers, 750 ouvriers. — Production annuelle 1.800.000 mètres. L’Exposition de couvertures que présente cette maison n’est pas sans valeur ; les dessins faits à la mécanique Jacquard sont beaux et d’un goût parfait. Ses articles sont destinés à l’exportation vers l’Amérique du Sud.
- MM. Gtanoli et Bros, à Vigevano. — Maison traitant surtout les cotons courts et déchets, et arrivant à produire à l’aide de cette matière première de mauvaise qualité, des articles très forts, très bien tissés, et des filés très réguliers.
- L’industrie cotonnière en Italie a pris depuis les dernières années un développement considérable dû en grande partie à l’utilisation des chutes d’eau alimentées par la fonte des glaciers des Alpes et à la main-d’œuvre bon marché.
- A ces causes de succès, il faut ajouter l’accroissement de la prospérité nationale, l’amélioration des conditions financières du pays, et en même temps l’utilisation des qualités caractéristiques de la population qui sont : l’économie, la simplicité de vie, l’ingéniosité.
- C’est par suite de ces qualités que l’industrie cotonnière peut se développer et arriver à concurrencer avec succès les industries allemandes et anglaises sur les marchés du Monde.
- Il ne faut pas oublier que l’Italie doit à l’étranger les matières premières, les machines, les matières colorantes même. Des diminutions dans les tarifs de douane ont aidé à ces importations, mais les succès industriels de l’Italie, succès que l’on comprenait facilement en visitant les superbes vitrines des exposants italiens du Croupe 54 à Saint-Louis, doivent être attribués surtout à l’ingéniosité de l’ouvrier italien. Il s’adapte rapidement, presque inconsciemment, aux méthodes nouvelles de production ; il arrive à surmonter aisément les difficultés techniques, à améliorer et à perfectionner les procédés ordinaires. Cette ingéniosité qui se découvre aussi bien chez les ouvriers que chez les directeurs, contribue beaucoup à diminuer le prix de revient et à
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- augmenter la qualité des produits. Ce fait, combiné au bon marché de la main-d’œuvre et au développement continu de la prospérité financière, fera d’ici peu de l’Italie un grand pays industriel, surtout dans l’industrie textile déjà si avancée aujourd’hui.
- Il y a douze ans, il n’y avait pas à proprement parler d’article en coton fait en Italie. Une statistique datant de 2 ans mentionnait 2.111.170 broches et 78.306 métiers dans les usines d’Italie, employant 135.188 ouvriers ainsi décomposés :
- Hommes...... ............................... 34.738
- Femmes..................................... 82.922
- Enfants au-dessous de 15 ans............... 17.528
- 12. 3 % du nombre total des ouvriers étaient donc des enfants au-dessous de 15 ans. (Sous ce rapport la proportion en Amérique est la suivante : 7 3/4 % des ouvriers sont des enfants dans les usines du nord ; 25 %, mais au-dessous de 16 ans seulement, dans celles du sud).
- Voici, au reste, d’après un rapport du Consul anglais à Milan (février 1904) la progression de l’industrie du coton en Italie.
- Années
- 1897................
- 1899 ...............
- 1901................
- 1903 (au 30 janvier)
- Broclies Métiers
- 2.092.730 70.000
- 2.340.000 100.000
- 2.440.000
- 2.700.000 1300.000
- Ce qui fait une augmentation de près de 30 0/0 dans le nombre des broches, depuis 1897, et de 86 0/0 dans celui des métiers.
- Il semble que l’Amérique appréhende un peu ce développement rapide de l’industrie en Italie. Une revue de Boston « Le textile World record » se faisait récemment, en ces termes, 1 écho de ces plaintes : « Les embarras actuels de l’industrie coton-mer e a travers le monde entier, montrent que ce développement des ressources italiennes fut mal dirigé; que ce que le monde demandait, ce n’était pas davantage de fileurs et de tisseurs, mais pins de planteurs de coton: que les 135.000 Italiens, sobres, industrieux et pauvrement payés, qui sont entrés dans les usines e coton d’Italie pendant les 12 dernières années auraient été len Plus dans l’aisance actuellement, et auraient contribué plus à a S0Iïime de bonheur humain, s’ils avaient tourné le dos aux
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- usines de leurs pays et s’étaient engagés dans la culture du coton en Amérique. Il aurait été impossible de convaincre de cela quiconque d’entre eux pendant les 12 dernières années. Ils avaient besoin de travail et le trouvaient à leur porte. C’est seulement la logique des événements qui pourra changer une pareille fausse direction de l’énergie. »
- JAPON
- Le Japon devient un pays industriel de premier ordre appelé à faire au reste du Monde une concurrence acharnée sur les marchés d’Extrême-Orient. Avant d’en décrire l’Exposition, nous pensons qu’il est intéressant de donner quelques renseignements sur l’industrie cotonnière du pays.
- D’après des recensements dignes de foi, on comptait, en août 1903, dans les 74 filatures japonaises 1.292.334 broches. La consommation de coton dans ces filatures était en balles de 230 kilogrammes :
- Pour une période de 12 mois finissant au 30 juin :
- 1903 1902 1901 1900
- Coton des Indes................. » » 230.003 348.406
- Coton d’Amérique................ » » 225.007 178.725
- Coton de Chine.................. » » 81.178 79.233
- Totaux........... 783.992 743.228 ^536.188 706.364
- Les salaires moyens par jour sont pour les ouvriers environ 32 sen, ou 0 fr. 80 ; pour les femmes 21 sen, ou 0 fr. 55 et pour les contre-maîtres 2 fr. 50.
- Les enfants, dont la plupart n’ont pas plus de 7 à 8 ans, reçoivent de 0 fr. 15 à 0 fr. 20 par jour.
- Les filatures marchent pendant 22 heures par jour avec deux équipes d’ouvriers. Il n’y a pas, au Japon, de lois relatives aux heures de travail ou à l’âge auquel les enfants peuvent commencer à travailler.
- Suivant le « résumé statistique de l’Empire du Japon », l’industrie du tissage y était divisée, en 1899, parmi 391.517 établissements contenant un total de 740.698 métiers.
- On y employait 38.935 ouvriers et 780.686 ouvrières. Fai-
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- sons remarquer que la plupart de ces métiers sont des métiers à main faits an Japon, coûtant environ 12 fr. 50 pièce et occupant très peu de place ; c’est surtout dans les maisons d’habitation qu’ils se trouvent. On y tisse le coton, la soie et des mélanges de ces deux matières premières.
- Peu de coton brut est produit au Japon : 60.000 balles seulement et la qualité en est inférieure, la fibre est courte et grossière. Sa culture diminue du reste à mesure que les usines équipées avec des machines de construction récente remplacent les métiers à main et nécessitent des cotons supérieurs.
- Pour les gros numéros jusqu’à 20, les Japonais sont les maîtres de leur marché et du marché chinois.
- Ils éloignent de plus en plus l’Angleterre de ces marchés.
- Il est certain que les exportations du Japon ne feront qu’augmenter : le bon marché de la main-d’œuvre au Japon donnera certainement un grand avantage à ce pays pour produire des filés plus fins ; certaines filatures commencent déjà à les produire et vont jusqu’à filer du 80.
- Voici quelles ont été, pendant les 5 dernières années, les exportations du Japon annuelles de filés.
- 1898 42.500 000 kgs 1901 40.000 000 kgs
- 1899 ... 63.000.000 » 1902 ... 37.000.000 »
- 1900 ... 39.000.000 »
- Les exportations de tissus avaient doublé de valeur de 1898 à 1902. Dans un rapport publié par un représentant du gouvernement anglais à Tokio, en 1903, on trouve que, de 1901 à 1903, les importations de filés de coton anglais ont diminué de 1/3 ; de 1902 a 1903, elles diminuent de plus de la moitié et n’atteignent plus qu’une valeur de 1.965.625 francs au lieu de 4.460.725, en 1902. Cette diminution n’est pas due à une concurrence étrangère, mais à l’augmentation de la production japonaise.
- On peut, du reste, se rendre encore bien mieux compte du développement de cette industrie au Japon en notant qu’en 1894, les importations de filés de coton se montaient à une valeur de S 873.493 et les exportations à S 100.531, tandis qu’en 1903, les chiffres étaient : pour l’importation S 78.225 et pour l’exportation s 3.205.233.
- Pour les tissus, même accroissement. Voici pour les 5 dernières
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- années, le montant de la valeur des exportations des tissus de coton japonais à l’étranger.
- 1898 ............................. S 280.000
- 1899 ............................. » 423.000
- 1900 ........................... » 608.000
- 1901 ............................. » 585.000
- 1902 ........................... » 667.000
- 1903 ............................. » 823.000
- Ce sont toujours les shirtings gris qui prédominent; ils atteignent, pour la dernière année, une valeur de 248.000.
- Exprimée en ens, l’exportation des principaux produits de l’industrie cotonnière du Japon au cours des 4 dernières années donne les chiffres suivants :
- 1900 1901 1902 1903
- Filés............. 20.589 263 21.465.573 19.901.522 31.418 614
- Couvertures ........... 235.241 265 754 225 392 404.188
- Flanelles.............. 602.041 512.448 548.787 877.478
- Chyimin................ 370.774 380.005 351.806 471.454
- Calicot bl........... 1.778.532 1.357.588 1.079.908 448.572
- Shirtings............ 1.754.411 1.347.605 1.523 061 2.424.453
- Tissus fins, nappes. 477.914 823.900 1.134.507 1.060.815
- Totaux.... 25.808.176 26.152.873 24.764.983 37.105574
- Comme on le voit, l’exportation de ces produits et en particulier des filés de coton a fait un pas décisif en avant.
- Cette industrie est une de celles où le Japon est le plus en progrès. Le principal débouché est la Chine.
- A l’importation, les Etats-Unis occupaient à l’entrée, au Japon, en 1903, le troisième rang qu’ils disputent de près à la Chine, venant après l’Inde anglaise et l’Angleterre.
- En 1903, l’importation des principaux produits de l’industrie cotonnière donnaient les chiffres suivants :
- Coton égrené............................ 68-206.725
- Coton non égrené...................... 1.311.325
- Filés..................................... 766.287
- Indiennes............................. 1.975.376
- Satin trame coton.................... 1.140.858
- Velours.........'..................... 759.709
- Shirting écru......................... 3.605.876
- Shirting blanc........................ 648.492
- Toiles pour parapluies...................... 560.889
- Soit au total
- 78.975.537 yens.
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- SECTION FRANÇAISE. --- RAPPORT DU GROUPE 54 45
- Contre 94.214.042, en 1902. Si le coton égréné se maintient à un chiffre qui, bien qu’inférieur à celui de l’année 1902 (qui avait été exceptionnel) est néanmoins supérieur à toutes les années précédentes, par contre, les produits manufacturés sont tous en baisse et dans des proportions qui sont faites pour étonner. C’est ainsi que les filés ont subi la diminution progressive suivante :
- 1900 1901 1902 1903
- 7.043.046 4.873.738 1.747.875 766.287
- Il suffit de jeter un coup d’œil sur les statistiques de l’exportation des mêmes produits pour se rendre compte de la cause de ce fait : le Japon accomplit journellement de très grands progrès dans cette industrie,
- C’est l’Angleterre qui est le principal fournisseur d’articles manufacturés du Japon. Elle envoie des indiennes pour 1.885.806 yens, du satin pour 1.135.002, du shirting écru pour 3.604.435. Elle seule importe de la toile de coton pour parapluies pour plus d’un demi-million.
- Le rôle inverse est tenu par les Etats-Unis, qui depuis de longues années ont passé au premier rang des acheteurs du Japon. La valeur de ce commerce dépasse actuellement 85.000.000 de yens.
- La soie seule entre dans ce total pour 60.000.000 de yens ; les 25 autres millions sont représentés par le thé (9.000.000 de yens) et les nattes pour planchers (6.000.000 de yens).
- Cinquante-cinq exposants se sont réunis à Saint-Louis, pour représenter l’industrie cotonnière japonaise.
- Leurs produits s’entassaient, c’est presque l’expression, dans des vitrines de dimensions restreintes : le peu de profondeur et de hauteur de ces montres ne permettait pas d’ailleurs de faire de beaux étalages.
- L’aspect extérieur en était pourtant couleur locale, vitrine en bois nature poli, sans aucune peinture avec, au fronton, un motif de menuiserie imitant les petites fenêtres aux carreaux de papier si répandues au Japon.
- L’ornementation générale pour cette partie de l’Exposition, aissait aussi à désirer : l’absence de vélum n’était pas à regretter toutefois, car cet emplacement était particulièrement sombre.
- Par contre, cette section était favorisée sous le rapport des
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE SAINT-LOUIS
- voies d’accès. Elle était placée dans l’axe d’nne grande ouverture donnant sur l’allée de la Louisiane (Allée centrale conduisant an Festival Hall), on y accédait sans effort et tout naturellement.
- Toute l’Exposition des tissus tenait dans deux vitrines de 10 mètres de longueur chacune. Selon l’habitude japonaise, aucun nom d’exposant au-dessus de la corniche ; chacun fait figurer, il est vrai, sa marchandise sous son nom et celui de la région indiqué sur le tissu même. Ces renseignements sont complétés par le prix de l’étoffe, ses dimensions, le tout en anglais, et en langue nationale.
- Il ne nous appartient pas de décider si les prix notés sur telle pièce de flanelle étaient bien réels ; en tout cas le souci de renseigner était constant chez les exposants japonais.
- Il s’en suivait que, soit désir des acheteurs de se renseigner eux-mêmes, soit réel besoin de leur part, les tissus ou confections japonaises dans les vitrines du Groupe 54 portaient, pour la plupart, l’étiquette « vendu ».
- Nous n’avons pas l’intention de passer en revue chacun des 55 exposants du Japon : disons simplement qu’ils présentaient tout ce qu’il est possible de fabriquer au Japon en coton et cotonnades, écrus et teints, serviettes éponges, crépons, créponnes, toiles rayées pour chemises, pilous croisés, doublures, tissus imprimés, ces derniers manutentionnés d’un côté seulement.
- Il n’est pas sans intérêt de faire remarquer en passant que le coton qui entre dans la composition des crêpons fabriqués au Japon provient en grande partie de notre colonie du Cambodge. Le port de Kobé (Japon) en est le principal entrepositaire.
- Les crêpons dont il existe deux sortes, Tune molle, l’autre dure, sont employés dans le pays pour la confection des vêtements ordinaires et la fabrication des chemises : la plus grande partie sont blancs.
- Les pièces sont de 22 mètres de longueur sur 0m65 de large. Plusieurs pièces étaient à l’Exposition imperméabilisées, traitement très recherché, paraît-il, dans le pays.
- MEXIQUE
- Au premier juillet 1903, on comptait au Mexique 152 usines de coton, dont 128 marchant en plein, et 24 fermées ou marchant par intermittence, soit environ 554.880 broches et 17.725 métiers.
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- SECTION FRANÇAISE. -- RAPPORT DU GROUPE 54
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- La consommation totale de tontes les usines pour les premiers six mois de l’année fiscale 1902-1903 fut de 13.204.957 kgs., soit une diminution de 41.872 kilos sur la même période de l’année précédente.
- Le Mexique consomme annuellement environ 120.000 balles de coton dont la moitié est produite sur le sol même et le reste importé d’Amérique (14.600 tonnes d’une valeur de 13 millions de francs). Avant l’apparition du « boll weevil » au Mexique, en 1898, la production était d’environ 35.000 tonnes de coton d’une valeur de 31.800.000 francs. La production de l’année dernière n’était plus que de 53.000 balles représentant 12.500 tonnes.
- Durant les six premiers mois de 1902-1903, 9.371.039 kgs. de coton furent importés et environ 4.000.000 de kgs. furent produits au Mexique. Pendant la même période le nombre total de pièces d’articles tissés produits par ces établissements fut de 5.130.055, soit une augmentation sur la période correspondante de l’année précédente de 293.309.
- Cette augmentation doit être attribuée en grande partie à la diminution du déchet due à l’introduction de machines perfectionnées.
- A Zalizco, état de Zalizco, l’un des centres de l’industrie textile, une Exposition permanente a été établie pour l’étalage des produits manufacturés domestiques et étrangers et des machines.
- Sur le chiffre total des importations (marchandises de toutes sortes) pendant l’année fiscale 1903, soit un total de S 68.966.000, 38 % venaient des Etats-Unis, 13 % de la Grande-Bretagne, 10% de la France et 10% d’Allemagne.
- Les importations d’Europe montrèrent une diminution considérable sur celles de l’année précédente et les importations des Etats-Unis une augmentation considérable, mais non correspondante.
- La diminution des importations d’articles tissés d’Europe est due en partie à la qualité améliorée des produits domestiques surtout des laines qui sont maintenant fabriquées par les usines ruexicaines, dans des qualités différentes suffisamment bonnes
- pour faire cesser, au fur et à mesure, la nécessité de l’importation.
- ,Le gouvernement mexicain est en train de faire des efforts spéciaux pour trouver un marché pour ses produits textiles et
- res dans les républiques Sud-Américaines. A cet effet, il a
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- établi une commission composée de deux négociants et un expert des douanes qui doivent visiter les principales villes du Sud.
- Il est assez intéressant de constater que le gouvernement a voté récemment une loi par laquelle on supprime toute taxe intérieure prélevée auparavant sur les marchandises de coton destinées à l’exportation et par lesquelles on paye même au producteur une somme de 8 cents mexicains, c’est-à-dire environ 0 fr. 20 par kgr. de marchandises fabriquées et exportées pour les dédommager des droits de douane qui sont prélevés lors de l’importation des matières premières.
- Les principales usines de la république du Mexique se trouvent dans les états de Orizaba et de San-Ildefonso ; elles appartiennent en majorité à des capitalistes français et suisses. Elles possèdent les machines les plus perfectionnées et les plus modernes mues souvent par l’électricité produites par des chutes d’eau. Les meilleurs tissages y fabriquent maintenant de belles qualités de percales, de shirtings, de guinghans et de linge de toilette et les filatures ont beaucoup amélioré dans ces dernières années la qualité de leurs filés.
- Le Mexique a diminué déjà ses importations de tissus (calicots et tissus imprimés) venant des Etats-Unis.
- Ces importations qui étaient de 2.847.803 mètres, en 1902, sont tombées à 2.319.489 mètres, en 1903.
- Dans le développement général industriel du Mexique, les Etats-Unis ont pris une part importante et en augmentation pour ce qui regarde la fourniture des machines, le matériel et les fournitures générales.
- Plus de 40 % des exportations totales des Etats-Unis aux Républiques latines américaines vont au Mexique. Les facilités supérieures pour le commerce entre les deux pays pouvaient aussi rendre possibles une très grande augmentation dans l’achat des machines textiles, et des fournitures dans les Etats-Unis.
- Le Mexique avait 49 exposants dans le Groupe 54, beaucoup du reste, ayant une production insignifiante. Cependant, nous y notons des maisons de première importance, telles que :
- Compania industrial de Orizaba, qui est une société anonyme dirigée par des Français, pour la filature et le tissage du coton. Elle compte 5.000 métiers à tisser, 9 machines à imprimer et produisait l’an dernier 2 millions de kgs. de filés. Les im-
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- SECTION FRANÇAISE. — RAPPORT DU GROUPE 54 49
- pressions sont de très bon goût ; elle fabrique aussi des tissus très forts pour F armée. Les cotons employés proviennent de semences égyptiennes plantées au Mexique dans l’état de Durango.
- CoMPANIA INDUSTRIAL VERACRUZANA, SANTA RoSA. — Maison occupant 2.000 ouvriers pour la filature et le tissage du coton. Elle est renommée pour le bon marché de ses produits qui consistent en mouchoirs et en articles imprimés en calicots blancs et teints. Ces articles vont surtout à la classe ouvrière.
- MM. Rivero, V. Suer, Monterey, N. L., emploie 300 ouvriers. Très bon travail, couvertures en coton, filés et retors pour la broderie ; tissus de peignoirs, articles de toilette, serviettes-éponges : telles sont les spécialités qu’elle fabrique d’une façon très soignée. Mentionnons aussi la renommée de sa teinturerie pour la vivacité de ses nuances noires.
- CoMPANIA INDUSTRIAL MANUFACTURERA, MEXICO, qui marche à l’eau et occupe 1.000 ouvriers, fait des calicots de couleur tissés, et des articles de fantaisie pour la confection.
- NICARAGUA
- La République du Nicaragua a tenu à faire acte de présence et a déposé plus qu’une carte de visite : 4 exposants avaient pris part à l’Exposition.
- Remarqués :
- MM. Borjas Emeterio, Leon. — Petite usine de 30 ouvriers faisant, avec des métiers à bras, des cotonnades et des serviettes. Tissus grossiers mais sans défauts.
- MM. Gueward, Manuel, M. Chimandega. — Exposition Peu importante.
- PÉROU
- Le Pérou n’avait pas à proprement parler, à l’Exposition de aint-Louis, d’installation spéciale pour les tissus de ses usines. s e^a]T contenté d’étaler dans une vitrine logée au Palais de
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- l’Agriculture à côté de son Exposition du coton en laine, quelques tissus écrus en pièces, d’ailleurs bien travaillés.
- On sait que le Pérou produit une sorte de coton couleur rouge foncé ou gris roux de soie longue et nerveuse mais plutôt dure et souple.
- La quantité des cotons péruviens exportés pendant l’année 1902 a été de 8.010.944 kgs., dirigés en grande partie sur l’Angleterre.
- Quant aux tissus qui trouvent un certain débit dans le pays, leur production est assez limitée.
- Néanmoins la consommation domestique est suffisamment restreinte pour en permettre un petit écoulement dans les pays voisins qui en ont acheté 367.377 kilogr. en 1901.
- Cinq exposants avaient pris part à l’Exposition dont les tissus nous ont semblé bien faits, quoique d’une qualité ne sortant pas de l’ordinaire.
- Le royaume de Siam et la république de Porto-Rico avaient également exposé au Groupe 54 ; rien de particulier à signaler.
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- CHAPITRE IV
- JURY DES RÉCOMPENSES
- Nous donnons ci-dessous le tableau des membres du Jury international de la Classe 7 qui avaient à examiner les produits du Groupe 54.
- Pour nous conformer aux instructions de M. le rapporteur général nous présentons dans les tableaux III A la liste des récompenses obtenues par chaque nationalité à l’Exposition de Saint-Louis, et pour comparaison dans le tableau III B les récompenses obtenues par nationalité à l’Exposition de 1900.
- COMPOSITION DU JURY INTERNATIONAL
- Bureau du Jury de la classe 7 :
- MM. Robert Mc Jones, 'président Etats-Unis
- Herbert E. Walmsley, vice-président (Gr. 54) »
- J.-H. Leydard, secrétaire (Gr. 54) »
- J.-E. Frank, rapporteur. »
- Jurés titulaires :
- MM. H.-M. Dix Etats-Unis
- E.-W. France, direct, de l’Ecole de fila-
- ture de Philadelphie. »
- T.-J. Byrne »
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- 52 EXPOSITION INTERNATIONALE DE SAINT-LOUIS
- Grenvilb M. Black, éditeur d’un Journal Etats-Unis
- textile. »
- James A. Mc Meekin, industriel à St-Louis. »
- James R. Maccoll »
- Paul Perrin, industriel à Cornimont. France
- E. Mascré, industriel à Paris. »
- Francisque Bonnier, industriel. »
- Jacques van ex. industriel, juge au Tribunal de commerce de Louvain. Belgique
- Pierre Mali »
- J. M. Campbell Gde Bretag]
- J. Nishimura, président de la Chambre de commerce de Tokio. Japon
- Youno lim fono Chine
- J. M. Nuncio, fonctionnaire du Gouvernement. Mexique
- Mme A. Jacob sen, industrielle. Brésil
- Rapporteurs : MM. Paul Perrin, industriel à Cornimont. France
- Paul Ancel, industriel à Granges. »
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- CONCLUSIONS
- On a dit que les Expositions Universelles et Internationales étaient devenues pour les peuples civilisés une nécessité commerciale correspondant à une des formes les plus parfaites de la publicité. *
- Jules Roche, dans son rapport précédant le décret du 13 juillet 1902, les définit : « de majestueuses et utiles solennités, des manifestations nécessaires de l’existence d’une nation laborieuse animée d’un irrésistible besoin d’expansion ; des entreprises se recommandant moins par les bénéfices matériels de tout ordre qui en sont la conséquence que par l’impulsion vigoureuse donnée à l’esprit humain. »
- Rien n’est plus exact : les Expositions sont une mine précieuse d’informations où l’on trouve facilement dans un ordre confortable une foule de notions et de renseignements dégagés et groupés dune façon précise et ordonnée, partout ailleurs confus et disperses. Les Expositions sont aussi un résumé. Tout ne peut être dans un résumé, du moins l’essentiel y est, les grandes lignes sont tracées, les produits les plus intéressants exposés, décrits, offerts a la curiosité de milliers de visiteurs.
- La publicité énorme ainsi faite à ces produits crée un mouvement d’attention en leur faveur, point de départ de relations nouvelles.
- Les Expositions, enfin « ne sont pas seulement des jours de
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- EXPOSITION INTERNATIONALE DE SAINT-LOUIS
- repos et de joie dans le labeur des peuples»; elles apparaissent, de loin en loin, comme des sommets d’où nous mesurons le chemin parcouru.
- L’homme en sort réconforté, plein de vaillance et animé d’une foi profonde dans l’avenir. Cette foi, apanage exclusif de quelques nobles esprits au siècle dernier, se répand aujourd’hui de plus en plus: « elle est la religion générale des temps modernes. »
- Arrivés à ce terme de notre rapport, parvenus en quelque sorte à ce sommet dont parle Jules Roche dans les lignes qui précèdent, nous voudrions essayer de « résumer le chemin parcouru », nous demander quels enseignements ressortent de l’examen auquel nous nous sommes livrés.
- Que devons-nous attendre de l’avenir pour le développement de nos affaires aux Etats-Unis ?
- Notre pénétration économique a-t-elle chance de se continuer encore ? Pouvons-nous, en un mot, espérer encore exporter des tissus de coton aux Etats-Unis ?
- Il faut l’avouer, le jour sous lequel s’est présentée l’Exposition américaine des tissus de coton à l’Exposition de la Louisiane a été des plus favorables.
- Ainsi que nous l’avons fait remarquer en parcourant la Section des Etats-Unis, les tissus américains nous ont semblé d’une exécution parfaite dans leur ensemble aussi bien que dans les détails.
- Le tissage aborde, actuellement, en Amérique, les articles les plus fins où le bon goût commence à se faire sentir, et il ne semble pas que nos articles similaires aient peine à être égalés.
- Nous avons signalé, entre autres, la perfection à laquelle sont arrivés les industriels américains dans le traitement du fil et des tissus soumis aux mercerissage.
- Forts de leur supériorité dans ce procédé, les Américains s’y sont adonnés largement. Le dernier rapport du census mentionne que le total du fil mercerisé dans les usines de coton, pendant l’année 1901, a été de 819.468 livres.
- Dans les établissements de teinture et de finissage, on soumit au mercerissage 868.851 livres de fil et 7.973.506 yards tarés de tissus, le tout représentant une valeur de 679.498.
- Il y a lieu de remarquer à ce sujet que le traitement n’a pas été appliqué avec succès au coton ordinaire « upland », mais seulement au coton d’Egypte ou au coton « sea Island. » Ces
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- SECTION FRANÇAISE. -- RAPPORT DU GROUPE 54 55
- cotons de fibre longue et soyeuse sont employés dans la fabrication des articles de bonneterie, tricots et pour la confection de linge fin.
- De cet état de choses, il faut conclure que la France ne doit songer à importer dans le Nouveau-Monde que les produits qui dépassent la qualité de sa fabrication courante.
- L’état d’avancement rapide des méthodes de fabrication en Amérique, la perfection de l’outillage, le développement du goût artistique chez les Américains, et, enfin, la stricte application des tarifs protecteurs ont affermi, en effet, sur le sol national le maintien des usines de la première heure, productives d’articles ordinaires et amené la création à côté de toutes les industries de finissage qui leur manquaient et dans lesquelles ils sont en passe de devenir nos maîtres.
- Loin de nous, toutefois, l’idée de prétendre que c’en est fini de l’exportation française d’articles en coton aux Etats-Unis : les statistiques montrent, au contraire, une tendance à progresser, mais ce qui est intéressant à constater, c’est que si le total général augmente, la valeur partielle de certains articles va au contraire en diminuant.
- Il y a lieu de faire un départ entre les articles ordinaires et les spécialités fines ; il faudra renoncer à importer en Amérique les premières, tandis qu’on peut encore espérer faire de l’exportation des secondes.
- Le tableau IV, extrait des rapports annuels du commerce et de la navigation publiés par le département du Trésor, indique pour les périodes décennales de 1821 à 1900, la valeur des importations en Amérique des articles étrangers.
- Cette table montre que de 1821 à 1855 la valeur des tissus simples non colorés de coton importés excédait s 4.000.000 dans nne seule année : l’année 1831, et que la valeur moyenne de ces produits importés déclina S de 2.930.079 dans la décade 1821-1830à s 2.106.502 dans la décade 1831-1840 et à S 1.767.429 dans la décade 1841-1580. Excepté pendant les trois années 1855-1857, l’importation ne fut pas matériellement plus grande pendant la décade suivante et malgré les grands progrès du pays en population et richesse, la valeur moyenne annuelle de la même catégorie de marchandises dans les années 1891-1900 fut seulement de 183-142.
- Cette catégorie de marchandises consiste en fabriqués qui sont reportés par le census comme tissus simples pour impression et conversion, sheetings et shirtings duck, etc., dont la valeur
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- de la production domestique est si grande que l’importation étrangère va toujours en diminuant. La même table montre que la valeur moyenne des tissus importés par yard carcé est beaucoup au-dessus de la valeur domestique. Cela tient à ce que l’importation est limitée à peu près exclusivement aux marchandises riches que les industriels américains ont seulement commencé tard à produire.
- En effet, on remarque une tendance à l’augmentation dans les articles imprimés peints et colorés et surtout dans les broderies.
- Certains acheteurs américains ont voué une telle préférence aux articles étrangers qu’ils n’achèteront pas les produits américains. Ainsi la ville de Chicago qui possède une des plus grandes maisons de vente du monde entier, la maison Marshall field et Cie, a reçu, en 1903, pour ne citer qu’un exemple, pour S 669.879 de coton manufacturé se décomposant comme suit :
- Tissus blanchis teints.................. S 62.652
- Vêtements de coton...................... » 21.589
- Tricots de coton........................ » 94.349
- Dentelles et broderies................. » 458.384
- Autres manufacturés de coton. ... •..... » 33.015
- Ces chiffres étaient eux-mêmes en augmentation sur 1903 sauf pour les tricots où l’on constatait au contraire une diminution de S 151.835 à S 94.349.
- On le voit, les plus importantes parmi ces importations sont les suivantes : articles de fantaisie classés comme broderie, dentelles, garnitures, cordes, guimpes, qui, avec les articles tricotés constituent plus de la moitié de la valeur totale de tous les articles de coton importés.
- En un mot, ce commerce consiste spécialement dans la catégorie des marchandises qui ne sont pas faites jusqu’à présent en grand aux Etats-Unis ou dans les articles que les coutumes ou habitudes des acheteurs les poussent à payer sans faire attention au prix.
- Par contre, le tableau Y des exportations annuelles des produits manufacturés de coton aux Etats-Unis de 1826 à 1900, montre, par période de 10 ans, l’accroissement rapide et considérable de l’exportation de ces articles.
- Après cela, il pourrait sembler que toutes les voies fussent comblées et qu’il ne restât bientôt plus qu’à garder le souvenir
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- SECTION FRANÇAISE. --- RAPPORT DU GROUPE 54 57
- I
- d’une pénétration économique de l’industrie française jadis florissante.
- Non, nous pensons qu’il y a pour l’industriel français mieux à entreprendre encore : après avoir étudié les méthodes et les produits américains, suivi l’évolution des hommes et des choses dans le passé et dans le présent, comparé les progrès réalisés, il lui reste à affirmer qu’il demeure toujours le champion du goût et de l’art.
- Que, si par l’étude constante et l’analyse assidue du prix de revient, un effort incessant pour en diminuer chaque élément, il lui est impossible de soutenir victorieusement la lutte pour les produits ordinaires, que du moins, dans le domaine des articles de luxe, il donne à l’art et au bon goût la place prépondérante ; qu’il demeure artiste et soit par conséquent créateur, qu’il invente de nouveaux articles plus fins, plus soignés.
- L’Américain, de son côté, progressera, sans s’attacher à la routine de ce qui existe, ou sans regarder à une dépense nouvelle qu’un calcul attentif lui a montré devoir être avantageux, il créera aussi des articles nouveaux.
- Pour cela, il mettra au service de sa volonté son intelligence entraînée, son indépendance complète des entraves de la tradition et une certaine humeur aventureuse et hardie quoique calculatrice.
- Ce sera donc une bataille au plus fin : la victoire appartiendra à celle des deux nations qui aura montré le plus de diligence et d’ingéniosité et qui, par le plus noble usage que puisse faire l’humanité de ses facultés de conception et d’invention, se sera assuré, par l’excellence de ses produits, la suprématie artistique dans le domaine des échanges, seul terrain désormais de la lutte économique entre les peuples.
- Paris, 7 décembre 1904.
- Les Rapporteurs :
- Paul Perrin,
- Paul Ancel.
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- TABLE DES MATIÈRES
- Pages
- Avant-propos................................................ 5
- CHAPITRES I et II
- Admission des exposants. — Installation des Expositions . . 7
- CHAPITRE III
- Description de l’Exposition............................. 11
- Allemagne............................................ 15
- Angleterre......................................... 16
- République Argentine....................*......... 18
- Belgique............................................ 18
- Brésil............................................... 21
- Chine................................................ 23
- Etats-Unis .......................................... 23
- France............................................... 31
- Italie............................................... 38
- Japon................................................ 42
- Mexique.............................................. 46
- Nicaragua............................................ 49
- Pérou................................................ 49
- CHAPITRE IV
- Jury des récompenses....................................... 51
- Conclusions............................................... 53
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- SUPPLÉMENT
- a. xi K apport cl tt Groupe 5 4
- LISTE DES RÉCOMPENSES
- Hors Concours
- Perrin (Paul), à Cornimont (Vosges).
- Grands Prix
- Besselièvre fils, 37, rue de Fontenelle, Rouen (Seine-Inférieure). Blanchisserie et Teinturerie de Thaon, Thaon (Vosges). Bceringer, Guth et Cie, à Epinal (Vosges).
- Bréchard (Antoine), 16, rue Brisson, Roanne (Loire).
- David et Maigret, 29, rue du Sentier, Paris.
- Kahn (A. et N.), Lang et Cie, 33, rue Poissonnière, Paris. Keittinger (F.) et fils, 36, rue du Renard, Rouen (Seine-Inférieure). Manchon, Lemaître et Cie, 68, rue de Crosne, Rouen (Seine-Inférieure. Meyer et Cie, 10, quai du Mont-Riboudet, Rouen (Seine-Inférieure). Perrin (les héritiers de Georges), Cornimont (Vosges).
- Paraf frères, 8, rue des Jeûneurs, Paris.
- Syndicat cotonnier de l’Est, à Epinal (Vosges).
- Wibaux, Florin, à Roubaix (Nord).
- Grands Prix en Collectivité
- Collectivité du Syndicat cotonnier de l’Est
- t
- à Epinal (Vosges)
- Participants :
- André (Henri), La Bresse (Vosges).
- Blanchisserie et Teinturerie de Thaon (Vosges). œringer, Guth et Cie, Epinal (Vosges). oucher, Mura et Cie, Ronchamp (Haute-Saône). laude (Alphonse), Gérardmer (Vosges). ourant, Sahler et Cie, Montbéliard (Doubs). olfus (Georges), Remiremont (Vosges).
- jEurot (J. et E.), Val d’Ajol (Vosges). __
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- II
- Géliot (N.) ET FILS, Plainfaing (Vosges).
- Germain, Willig et Cie, Thaon-les-Vosges (Vosges).
- Juillard et Mégnïn, Epinal (Vosges).
- Kiener (Christian Fils), Eloyes, canton de Remiremont (Vosges). Laederich (Ch.) et Cie, Epinal (Vosges).
- Marchal (Alfred), Lunéville (Meurthe-et-Moselle).
- Marchal (Napoléon), Saint-Amé (Vosges).
- Mougel-Humbert (Claude), La Bresse (Vosges).
- Pinot (Edouard), Rupt-sur-Moselle (Vosges).
- Sahler (Léon), Audincourt (Doubs).
- Société Anonyme des Etablissements « Kullmann », Epinal. (Vosges).
- Société anonyme des Tissus de laine des Vosges Le Thillot (Vosges).
- Société cotonnière « H. Géliot », Saint-Etienne-lès-Remiremont (Vosges).
- Vélin (Charles), Saulxures-sur-Moselotte (Vosges).
- Walter-Seitz (D.) et Cie, Granges (Vosges).
- Weill (Guillaume), Epinal (Vosges).
- Witz et Feltz, Epinal (Vosges).
- Ziegler et Cie, Epinal (Vosges).
- Grand Prix en Collectivité
- Collectivité du Syndicat Normand de la Filature de Coton
- 19, Quai de la Bourse, Rouen (Seine-Inférieure).
- Participants :
- Ammann (Georges), Condé-sur-Noireau (Calvados).
- Avice (A.) et Cie, 24, boulevard Cauchoise, Rouen (Seine-Inférieure). Badin (A.) et fils, Barentin (Seine-Inférieure).
- Bazin (Philippe), Condé-sur-Noireau (Calvados).
- Berger (C.) et Cie, 82, rue d’Elbeuf, Rouen (Seine-Inférieure). Cabrol (Jean), Saint-Pierre de Varengeville (Seine-Inférieure). Cléris (D.)ETCie, Torcy-le-Petit, parTorcy-le-Grand(Seine-Inférieure). Cléris père, Houzard et Cie, Corneville-sur-Risle (Eure). Damilaville (Charles) Fils, Barentin (Seine-Inférieure).
- Dantan (Emile), Monville (Seine-Inférieure).
- Dantan (Gustave), Oissel (Seine-Inférieure).
- Défontaine (A.) et Piron (H.), Pavilly (Seine-Inférieure). Delaporte (Charles), Maromme (Seine-Inférieure).
- Delaporte (Charles) et fils, Maromme (Seine-Inférieure). Delaporte (Edouard) et Cie, Le Paulu, par Duclair (Seine-Inférieure). Duboc-Lafosse et Cie, Déville-lès-Rouen (Seine-Inférieure).
- Duret (Maximilien) et fils, Brienne (Eure).
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-
- III
- FaüQUET (Armand) et Cie, Les Câbles-Perruel, par Perriers-sur-Andelle (Eure).
- Gresland et fils, 2, place d’Aligre, Paris.
- Guillemin (Félix), Nassandre, par Serquigny (Eure).
- Halle (J.), Mortain (Manche).
- Harel (Victor), Le Houlme (Seine-Inférieure).
- Hélot (Charles), Menneval, près Bernay (Eure).
- Lavoisier (Eugène), Saint-Léger du Bourg-Denis, par Darnetal (Seine-Inférieure).
- Le Carpentier et Cie, Barentin (Seine-Inférieure).
- Lecarpentier (H.) et Cie, Sotteville-lès-Rouen (Seine-Inférieure). Le Cottier (G.), Saint-Saëns (Seine-Inférieure).
- Lehujeur frères, Condé-sur-Noireau (Calvados).
- Lemarchand jeune, 83, boulevard Cauchoise, Rouen (Seine-Infér.) Lemarchand (Edmond), Le Houlme (Seine-Inférieure).
- Le Moine (L.-A.), Ouville-la-Rivière (Seine-Inférieure).
- Lepicard (Georges), Monville (Seine-Inférieure).
- Loÿs (Veuve F. de), 35, avenue de Caen, Rouen (Seine-Inférieure). Mabire (A.), 12, rue Méridienne, Rouen (Seine-Inférieure).
- Marquet et Cie, La Chartre-sur-le-Loir (Sarthe).
- Monfray frères, Déville-lès-Rouen (Seine-Inférieure).
- Mortreuil (Raymond), Oissel (Seine-Inférieure).
- Mouchard (A.), Monville (Seine-Inférieure).
- Pariset (Georges), Fontaine-le-Bourg (Seine-Inférieure).
- Plantrou fils (Clovis), Oissel (Seine-Inférieure).
- Plantrou (Eugène), Oissel (Seine-Inférieure). * '
- Potel (Alexandre), Oissel (Seine-Inférieure).
- Prévost, Grenier frères et Cie, Sotteville-lès-Rouen (Seine-Inf.). Richard frères, Cholet (Maine-et-Loire).
- Saint frères, 70, rue de la Vicomté, Rouen (Seine-Inférieure). Société cotonnière de Saint-Etienne-du-Rouvray (La), 88, rue Cauchoise, Rouen (Seine-Inférieure).
- Société des Etablissements de Fleury-sur-Andelle (La), 13, place Saint-Eloi, Rouen (Seine-Inférieure).
- Société de la Filature James-Levavasseur (La), 9, rue Saint-Maur, Rouen (Seine-Inférieure).
- Société de la Filature de la Martinique (La), Condé-sur-Noireau (Calvados).
- Société de la Filature d’Oissel (La), Oissel (Seine-Inférieure). Société de la Filature Rouennaise (La), 43, rue Méridienne, Rouen (Seine-Inférieure).
- Société de la Filature de Saint-Paul (La), place Saint-Paul, o , Rouen (Seine-Inférieure).
- ociété des Filatures et Tissages Henry Offroy (La), à Malau-nay (Seine-Inférieure).
- ocieté des Filatures et Tissages Pouyer-Quertier (La), rue de Fontenelle, 35, Rouen (Seine-Inférieure).
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- Société du Rocqueret (La), Condé-sur-Noireau (Calvados). Waddington Fils et Cie, rue des Charrettes, 173, Rouen (Seine-Inf.)
- Collectivité du Syndicat Normand du Tissage de Coton
- 19, Quai de la Bourse, Rouen (Seine-Inférieure).
- Participants :
- Baillard (V.) et Lendormy (F.), rue de Buffon, 52, Rouen (Seine-Inférieure).
- Bertel frères, rue Lenôtre, 39, Rouen (Seine-Inférieure). Boulanger (Veuve), Perriers-sur-Andelle (Eure).
- Casablanca (de), Le Plessis-Ofïranville (Seine-Inférieure).
- Daniel (F.), Bolbec (Seine-Inférieure).
- Desgenétais frères, Bolbec (Seine-Inférieure).
- Desgenétais frères, Bolbec (Seine-Inférieure).
- Dieusy (René-Armand), boulevard Cauchoise, 49, Rouen (Seine-Inf.) Fattr et Deglatigny, rue de la Mare-du-Parc, Rouen (Seine-Inf.) Fauquet-Lemaitre, Bolbec (Seine-Inférieure). Forthomme-Alleaume et Fils, Bolbec (Seine-Inférieure). Forthomme et Cie, Bolbec (Seine-Inférieure).
- Gailliard et Cie, Barentin (Seine-Inférieure).
- Harel Frères, Perriers-sur-Andelle (Eure).
- Hazard (E.) et Cie, rue du Val d’Eauplet, 63, Rouen (Seine-Inf.) Lemaistre frères, Lillebonne (Seine-Inférieure).
- Lemarchand jeune, boulevard Cauchoise, 83, Rouen (Seine-Inf.) Lepicard (Georges), Monville (Seine-Inférieure).
- Lepicard jeune, rue de Crosne, 45, Rouen (Seine-Inférieure). Leroux-Eude, rue du Renard, 19, Rouen (Seine-Inférieure).
- Loÿs (Veuve E. de), avenue de Caen, 35, Rouen (Seine-Inférieure). Manchon (Ernest) et frères, boulevard Cauchoise, 34, Rouen (Seine-Inférieure).
- Quesnel (V. et J.) jeune, rue du Renard, 23, Rouen (Seine-Infér.) Roy Frères, rue Duguay-Trouin, 35, Rouen (Seine-Inférieure). Société Cotonnière de Saint-Etienne-du-Rouvray, rue Cauchoise, 88, Rouen (Seine-Inférieure).
- Société des Etablissements de Fleury-sur-Andelle, place Saint-Eloi, 13, Rouen (Seine-Inférieure).
- Société des Filatures et Tissages Henry Offroy (La), Ma-launay (Seine-Inférieure).
- Société des Filatures et Tissages de Graville (La), rue Demi-dofï, Le Havre (Seine-Inférieure).
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- V
- Société des Filatures et Tissages Pouyer-Quertier (La), rue de Fontenelle 35, Rouen (Seine-Inférieure).
- Société du Tissage Mécanique de Lanquetot (La), Lanquetot, par Bolbec (Seine-Inférieure).
- Société des Tissage et Impression de Malaunay (La), Malau-nay (Seine-Inférieure).
- Waddington fils et Cie, rue des Charrettes, 173 bis, Rouen (Seine-Inférieure).
- Westphalen-Lemaitre et Cie, Lillebonne (Seine-Inférieure).
- Médailles d’Or
- Ancel-Seitz (Prosper), à Granges (Vosges).
- Cocquel (A.), Dauphin et Le Chevalier, 40, rue des Sergents, Amiens (Somme).
- Godde (Albert), Bédin et Cie, Tarare (Rhône).
- Jalla (Edouard), 7, rue d’Uzès, Paris.
- Motte (Georges-Edouard).
- Schwob frères, Héricourt (Haute-Saône).
- Médaille d’Or eu Collectivité
- Collectivité du Syndicat des Teinturiers en Cotons filés de la Seine-Inférieure, à Darnetal (Seine-Inférieure).
- Participants :
- Blanchet (Léon), Rouen (Seine-Inférieure).
- Blondel (Emile), Saint-Léger-du-Bourg-Danis (Seine-Inférieure). Caron (H.) fils, Rouen (Seine-Inférieure).
- Coppe (Henri), Roncherolles (Seine-Inférieure).
- Fauquet (D.), Rouen (Seine-Inférieure).
- Forthomme (Maurice), Gruchet-le-Valasse (Seine-Inférieure). Lecœur frères, Bapaume-lès-Rouen (Seine-Inférieure).
- Mira y (Paul), Darnetal ( Seine-Inférieure).
- Rouen (A.) fils, Rouen (Seine-Inférieure).
- Médailles d’Argent
- Lotte (Etienne) et Cie, Roubaix (Nord). es fils d’Alfred Motte, à Roubaix (Nord).
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- 1826 à, 1900.
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- 1831 /oo 18Uo 25.208.681 20. 626.289 3. ojg. 661 1. 59 J. J31
- 1841 5 185o 3$. 55J. 256 31. J9J. 561 k.181. 8ky 3.5JJ958
- 1851 S 1860 J3. 059 .95$ 3J. 516.125 18.268.353 1J. 3JSM8
- 1861 Su 1 8J0 39. 839.3tô 28. 5JJ. 555 G. J1% 606 12.912.363 6.58J. 918 26. 638. 819 .
- 1871 ^ 1880 66. 210. 595 555.869.911 S9.6j2.105 190. 562.398 16. 555.151 90. oSk-. 320
- 1881 S1890 12J. 5$1. 518 1.062.022.155 JJ. S8J. 258 556. 655. 09J 31. 215. 625 5.265.508 15. 623.23J
- 1891 - 1900 16$. 250. 352 4.y 8k-. 369.30^ SJ. M. 91Z 661. 332.5J5 3 J. 566. %J5 J. 558. 516 2J. 003.659
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