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Exposition internationale de Milan, 1906 : section française, Groupe 42, classe 20 (classe 86 de 1900)
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- Ministère du Commerce de l Industrie & du Travail
- Section Française
- Groupe 42
- Classe 20
- CLASSE 86 DE j9oo
- RAPPORT
- Georges DEH ESDI N
- Membre de la Commission permanente des valeurs de Douane ~ Président de la Chambre syndicale de la Chemiserie ?== et Lingerie en gros pour hommes = Vice-Président
- de l'Association générale du Commerce et de l’Industrie, = des Tissus et Matières textiles
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- COMITE FRANÇAIS
- DES EXPOSITIONS A L’ETRANGER Bourse du Commerce Rue du Louvre Paris 1908
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- Ministère du Commerce de l’Industrie & du Travail
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- Section Française
- Groupe 42 -
- CLASSE 86 DE 1900
- Classe 20
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- Membre de la Commission permanente des valeurs de Douane
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- AVANT=PROPOS
- Nos collègues, xMembres du Jury à l’Exposition internationale de Milan, ont bien voulu nous désigner à M. le Commissaire général du Gouvernement de la République pour remplir les fonctions de Rapporteur du Groupe 61 de la Classe 86.
- Nous ne saurions trop les remercier d'une marque de confiance qui nous honore grandement et nous avons conscience d’avoir fait tout ce qu’il dépendait de nous pour leur présenter un travail qui, par sa forme et sa documentation, se rapproche le plus de celui qu’ils pouvaient espérer.
- Les remarquables travaux de nos prédécesseurs ont été pour nous de précieux grnides, et sans avoir la prétention d’apporter plus de soins qu’eux à notre rapport, nous avons voulu, au contraire, produire une œuvre qui soit également digne de la réputation méritée que nos devanciers ont acquise à ces sortes de travaux.
- Nous avons été à même de constater, depuis longtemps, les qualités que nos Collègues mettent en valeur lorsqu'ils sont
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- AVANT-PROPOS
- chargés d’un travail intéressant l’industrie et l’expansion commerciale de la France, nous avons été heureux qu’une occasion se présentât à nous pour nous permettre de les en
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- remercier.
- Notre gratitude est la seule récompense que nous puissions leur offrir et ils la méritent bien, car si le fait d’être chargé de la rédaction d’un rapport est une désigmation très flatteuse et dont aucun de nous ne saurait méconnaître la valeur, le soin que l’on doit y apporter occasionne un travail considérable, dont le bénéfice n’est pas purement personnel.
- Ceux qui, en dehors de leurs occupations propres, s’occupent de défendre et de griider des intérêts globaux, ont d’autant plus de mérite à le faire, que nous n’ignorons pas qu’ils prennent le temps nécessaire à l’accomplissement de ce travail sur celui qu’ils se réservent d’ordinaire pour le repos et les satisfactions de là famille.
- Le souci que nous avons tous de la prospérité de notre patrie, le désir que nous avons de maintenir sa bonne réputation à l’étranger,' la préoccupation que nous avons tous de ne pas nous laisser devancer par nos rivaux et d’affermir, au contraire, notre situation, l’emportent sur toutes autres considérations et les satisfactions d’une victoire nous dédommagent des quelques sacrifices de temps et de jouissances égoïstes qu’elle nous a imposés.
- Mais si futilité et la valeur de ces travaux ne sont pas contestables, il est permis de se demander si leurs auteurs ont été récompensés comme ils le méritent, de la peine qu’ils se sont donnée.
- Un trop grand nombre de nos Collègues ne nous en voudront pas de leur dire qu’ils méconnaissent leurs intérêts en négligeant trop ces lectures et leur étude ; nous savons bien que le temps leur fait souvent défaut, mais de même qu'ils trouvent indis-
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- AVANT-PROPOS
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- pensable défaire, au moins une fois, le voyage de l’Exposition, ils doivent se pénétrer des indications que contient le rapport, dont un des motifs est de contribuer à les renseigner utilement sur l’état de prospérité des industries et du commerce de la nation qui a pris l’initiative de l’Exposition et y a invité les puissances étrangères.
- Sans doute, le travail que nous leur présentons n’est pas toujours une récréation, mais il est du domaine de notre vie commerciale et non de celui de nos instants récréatifs.
- L’étude de l’industrie et du commerce comporte nécessairement des détails techniques, des exposés arides dont on ne peut se dispenser, car ils sont les pièces fondamentales de toutes les entreprises industrielles ou commerciales.
- bidèle à la tradition, nous nous sommes appliqué à donner à nos Collègues un « instrument de travail » dont ils pourront surtout apprécier le concours dans leurs relations avec l'Italie.
- Non seulement nous avons cherché à les renseigner d'une façon complète, mais nous avons pensé que c’était rendre un réel service à nos industries que de réunir en un seul document les constatations les plus importantes faites à leur sujet, par nos Collègues qui nous ont devancé dans les fonctions de Rapporteur.
- Nous n’avons pas cru que nous deAÛons nous laisser distraire du plan de ce travail par la crainte de redire ce que d’autres, avant nous, avaient déjà dit.
- Nous avons jugé que nous ne devions pas renvoyer nos Col-lèguesà des ouvrages nombreux, difficiles même à se procurer; et que notre œuvre devait être complète par elle-même.
- Aussi, sans porter aucune main téméraire sur les travaux de nos prédécesseurs, et notamment de nos Collègues, J, Hayem, Mortier, Leduc, Mermilliod et E. Chevreau, nous leur avons
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- AVANT-PROPOS
- emprunté les citations que nous avons jugé nécessaire de mettre sous les yeux de nos lecteurs. %
- Gomme notre rôle n’était pas de nous borner à constater .qu’il y avait eu une Exposition à Milan et que des récompenses avaient été accordées aux exposants, pour dépeindre avec autant d’exactitude que possible la véritable situation des industries dont nous avons eu à nous occuper, il a été de toute nécessité que nous expliquions comment elles ont pris naissance* comment elles se sont développées, pourquoi elles sont en progrès.
- Milan étant situé en Italie, nous avons été tout naturellement amené à nous occuper de la situation industrielle et commerciale de cette nation.
- Si nous voulons caractériser l’impression générale qui se dégage de l’Exposition de Milan, nous pouvons dire que cette manifestation de l’activité humaine aura de bonnes et profitables conséquences ; l’industrie française y a fait une ample provision de trophées qui faciliteront singulièrement les nouvelles victoires à venir.
- Mais notre vue ne doit pas se trouver limitée au seul examen de l’activité française, et, quoique les industries de luxe, et surtout celle du vêtement, aient été, à part la Section française, peu ou pas représentées à l’Exposition de Milan, nous devons un sincère hommage d’admiration à celte puissance d’activité qui, sur la surface entière du globe, anime les hommes, plus que jamais pressés de s’affranchir du joug des éléments, jaloux de les acclimater et de les réduire à une obéissance passive.
- L’étude des industries composant notre Groupe, nous a également permis de faire la constatation réconfortante que les œuvres de mutualité et de prévoyance, auxquelles nous apportons notre concours se développent dans des proportions très satisfaisantes.
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- AVANT-PROPOS
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- Secondées par des collaborateurs éclairés, elles gagnent en importance, et c’est à leur abri que naissent et progressent la plupart des œuvres qui doivent fournira nos industries de luxe les ouvriers habiles et instruits qu'elles réclament.
- La préparation de ces collaborateurs modestes, mais dont le concours est à nos fabricants d’articles de mode, en particulier, si précieux, est une des principales préoccupations d’un grand nombre de nos collègues, et nous avons pu constater que leurs efforts engendrent des résultats qui permettent d’envisager l’avenir avec confiance.
- Le Gouvernement de la République, lui-même, n’a pas cru qu’il devait se désintéresser d’une question aussi importante que celle de l’enseignement professionnel, et nous sommes per- , suadé que secondé par des concours dévoués, éclairés et qui ne lui seront pas marchandés, il saura apporter à une crise, dont les conséquences peuvent être des plus graves, des remèdes qui vivifieront des industries auxquelles la France doit une bonne part de sa réputation.
- Nous avons scrupuleusement consigmé au cours de notre travail tout ce qui nous a paru devoir présenter quelque intérêt pour ceux de nos Collègues qui seront appelés à le consulter.
- En les remerciant de l'empressement qu’ils ont mis à nous seconder dans l’accomplissement de notre tâche, nous les laissons libres de juger si nous étions digne de leur confiance.
- Nous affrontons sans crainte leur jugement, parce que notre œuvre n’est, en réalité, qu’un éloge du travail, cette seule source inépuisable du bonheur universel.
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- PREMIÈRE PARTIE
- Historique
- CHAPITRE PREMIER
- LES EXPOSITIONS INTERNATIONALES SONT UN STIMULANT EXCEPTIONNEL POUR LE COMMERCE ET L’INDUSTRIE. —LA FRANCE A PRIS UNE PART ACTIVE AUX EXPOSITIONS QUI ONT EU LIEU EN CES DERNIÈRES ANNÉES A L’ÉTRANGER.
- es plus grandes manifestations du génie et de l’activité des hommes ont marqué le xxe siècle, à son aurore, d’une gloire impérissable.
- Une conception nouvelle a triomphé des luttes homicides.
- Si le xixe siècle a vu, à sa naissance, s’abaisser tous les drapeaux du monde devant la puissance militaire, le xxe siècle a pénétré dans l’histoire salué par une délégation incomparable des nations qui composent l’univers, toutes unies dans la commune pensée de faire valoir la richesse de leur domaine économique, scientifique et artistique.
- Sous l’heureuse influence d’un état de paix générale, et qu’aucun conflit, espérons-le, ne viendra plus troubler, les nations ont trouvé dans les Expositions Internationales, dont le retentissement tient le monde entier en éveil, un stimulant exceptionnel pour leur activité industrielle et commerciale.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Il ne faut donc pas s’étonner si, après les prodigieux efforts de ceux qui assumèrent la lourde responsabilité d’organiser l’Exposition Universelle de 1900, de ceux qui aidèrent au succès de cette entreprise de géants, les commerçants et les industriels qui y participèrent ont jugé qu’il n’était pas de leur intérêt de se reposer, même pour peu de temps, sur les lauriers qu’ils venaient de conquérir.
- La concurrence mondiale, sans cesse stimulée dans son activité par le progrès universel, ne permet aucun répit aux nations jalouses de la suprématie industrielle.
- Aussi, le rideau était à peine tombé sur l’apothéose de cette féérique manifestation de la puissance humaine que fut l’Exposition Universelle de 1900, que déjà les nations pressées de tirer avantage des efforts nouveaux, se mettaient d’accord pour transporter sur d’autres points du globe le théâtre de leur rivalité économique.
- En 1901, c’est l’Angleterre qui prend l’initiative d’organiser une Exposition Internationale à Glasgow; en 1904, c’est l’Amérique à Saint-Louis; en 1905, c’est la Belgique, à Liège.
- La participation du Commerce français aux Expositions Internationales a une importance considérable.
- Ces manifestations de la science et de l’art industriels sont, pour nous, de merveilleux agents de publicité; elles mettent sous les yeux d’un public avisé le perfectionnement de nos procédés de fabrication; elles font valoir les qualités de goût, d’élégance et de confortable de notre production; elles mettent en lumière la supériorité de nos produits; elles créent, enfin, entre la France et les autres nations, des relations amicales qui ont une heureuse répercussion sur l’activité de nos transactions commerciales.
- Sans doute, des résultats aussi satisfaisants ne pouvaient être que la conséquence d’efforts persévérants.
- Il eût donc été infiniment regrettable que les entraves apportées par l’ensemble presque général des nations à l’activité des échanges aient été, dès la première heure, pour les commerçants et les industriels français une cause déterminante de leur abstention dans les Expositions Internationales organisées à l’étranger.
- C’est pour nous, après tant d’autres, une grande satisfaction de constater, à notre tour, que ces craintes furent vaines et que le commerce français sut comprendre la,grandeur et le véritable sens de la tâche qui lui incombait.
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- PREMIÈRE PARTIE. -- HISTORIQUE
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- L’intérêt supérieur de la réputation de la France triompha, sans discussion et par avance, des conflits qu’auraient pu soulever les questions d’intérêts particuliers.
- Dans cette circonstance, tous nos remerciements ne sauraient mieux s’adresser qu’au Comité français des Expositions à l’étranger.
- Nous ne pouvons oublier que c’est au dévouement, à la clairvoyance, à l’organisation supérieure de cette puissante Association que revient l’honneur du succès remporté par le commerce français dans les Expositions étrangères.
- A Glasgow, à Saint-Louis, à Liège la participation de la France fut digne de la grandeur de notre patrie. Partout notre Section souleva l’enthousiasme général et fût considérée comme une des plus remarquables de l’Exposition.
- Les récompenses qui furent décernées aux exposants français par le Jury international suffisent à justifier le succès de nos industries.
- D’autres que nous ont fait en leur temps l’éloge des efforts accomplis dans ces Expositions par les commerçants et les industriels français. Ces travaux, d’une rare compétence, forment un merveilleux monument élevé à la gloire commerciale de la France. Ce serait donc sortir de notre sujet que de nous étendre plus longuement sur ces manifestations qui appartiennent déjà au passé.
- Nous avons voulu, en les rappelant, montrer le zèle et la persévérance dont firent preuve leurs organisateurs et ceux qui y participèrent, nous avons voulu nous souvenir qu’ils surent défendre, à l’étranger, d’une façon particulièrement brillante, le bon renom du commerce et de l’industrie de la France.
- Nous qui, à Milan, fûmes guidés et conseillés par leur exemple, nous leur devions ce juste et loyal hommage de reconnaissance.
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- CHAPITRE II
- HISTORIQUE DE L’EXPOSITION INTERNATIONALE DE MILAN. -
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LE RAPPROCHEMENT FRANCO-ITALIEN. — LA SITUATION COMMERCIALE DE L’ITALIE. —- LES RAISONS D’UNE EXPOSITION DES TRANSPORTS. - MILAN.
- 'Exposition Internationale de Milan fut, pour la France et l’Italie, la consécration de ce que l’on a appelé « le rapprochement franco-italien ».
- Si elle se présentait dans des conditions assez favorables pour le succès général, elle réclamait, de la part de la France, un effort considérable.
- Le pacte d’amitié conclu quelques mois auparavant entre la France et l’Italie, l’enthousiasme avec lequel cet heureux événement avait été accueilli par le peuple français et le peuple italien, les espérances que l’accord commercial avait fait naître, commandaient aux industriels et aux commerçants français de faire des efforts encore supérieurs à ceux dont ils avaient fait preuve dans les manifestations économiques du même ordre, auxquelles la France avait déjà apporté une part de collaboration active.
- Pouvions-nous oublier que si l’Italie était devenue à nouveau l’amie de la France, elle demeurait liée à l’Allemagne et que la mésintelligence qui a divisé trop longtemps les deux soeurs latines, avait surtout profité au commerce allemand, qui jouit, en Italie, du régime de la nation la plus favorisée.
- Sans nous immiscer dans des questions qui ne sont pas de notre compétence, il nous sera permis de dire que le commerce allemand ne pouvait pas envisager sans crainte le nouvel accord franco-
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- PREMIÈRE PARTIE. -- HISTORIQUE
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- italien, et qu’il eût été singulièrement naïf de notre part de croire que toutes les rivalités ne seraient pas mises en action pour empêcher le commerce français de reconquérir en Italie une situation prédominante.
- La perspective de la lutte, très vive, que nous allions avoir à soutenir à Milan, la portée considérable d’une victoire commerciale de la France en Italie, devaient assurer à notre Section une participation de nombreux exposants, elles faisaient un devoir patriotique aux commerçants et aux industriels français de ne négliger .aucun effort pour que notre industrie et notre commerce sortent fortifiés et triomphants, de cette rivalité économique.
- II
- La première idée d’une Exposition Internationale à Milan remonte à 1901.
- L’Italie avait remporté, à l’Exposition Universelle de Paris, en 1900, un succès éclatant et mérité. Sa prospérité générale avait pris, depuis quelque temps, un essor considérable et le réveil de son activité économique ne pouvait être mieux consacré que par une Exposition Internationale.
- Son commerce général (importation, exporta tion et transit réunis) qui étaient, en 1898, de 2.767.849.992 lires avait atteint, en 1901, le chiffre de 3.146.546.063 lires; en 1905, à la veille de l’inauguration officielle de l’Exposition Internationale de Milan, il était de 4,021,041,333 lires.
- Cette progression constante de l’activité commerciale de l’Italie ne devait pas nous laisser indifférent et contribue à démontrer l’intérêt que présentait une victoire du commerce français à Milan.
- Le projet de l’Exposition était dû à l’initiative privée de quelques Associations économiques de cette ville, et devait être, tout d’abord, limitée à l’industrie des transports.
- L’Italie s’apprêtait alors à fêter le succès d’une des œuvres les plus colossales qu’aient entreprises l’audace et le génie de l’homme.
- On prévoyait que le percement du tunnel du Simplon touchait à sa fin et que son inauguration pourrait avoir lieu dans les premiers mois de l’année 1904.
- Il est donc très facile de comprendre que les promoteurs de
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- l’Exposition aient, tout d’abord, jugé à propos de consacrer son principal objet à l’industrie des transports, et le désir de faire coïncider son inauguration avec l’époque qui semblait devoir être celle du tunnel du Simplon.
- III
- Le Comité exécutif de l’Exposition fut donc nommé au commencement de l’année 1901. Il désigna le maire de Milan comme président honoraire et confia au président de la Chambre de commerce de cette ville la lourde et délicate mission de présider à l’organisation et au succès de la grande œuvre qu’il voulait accomplir.
- Le gouvernement italien, de son côté, encourageait les efforts des organisateurs et, soucieux de donner à l’entreprise une importance digne des motifs qui l’avaient inspirée, il accordait son appui au Comité exécutif et sollicitait S. M. le Roi de bien vouloir lui faire l’honneur de son haut patronage.
- La bienveillance avec laquelle cette demande fut accueillie, le précieux appui donné par le gouvernement, l’autorité et la compétence dont jouissaient les présidents et les membres du Comité exécutif permettaient à l’Italie d’envisager avec confiance le succès de l’Exposition projetée.
- IV
- Le choix de Milan, comme siège de cette entreprise, n’était-il pas lui-même des plus heureux? Quelle autre ville de la grande sœur latine, si abondante en merveilles, pouvait mieux se prêter à une manifestation de ce genre?
- Admirablement située sur les bords de l’Olona, au milieu d’une des plaines les plus fertiles du royaume, la capitale de la Lombardie, à laquelle nous attachent plus spécialement des souvenirs historiques, est le centre de l’Italie du nord. C’est une des agglomérations les plus prospères de la péninsule. L’industrie de la soie y a pris un développement considérable et les transactions commerciales sont
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- PREMIÈRE PARTIE.
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- facilitées par le nœud important de chemins de fer qui relie directement Milan, non seulement à tous les points du territoire italien, mais aussi, et désormais par les voies les plus rapides, à la Suisse, à la France, à l’Autriche, à l’Allemagne, par conséquent à tous les pays d’Europe.
- Quant au soin qui devait être apporté à la décoration des édifices, il était garanti d’avance par la réputation des Milanais, dont la science et le goût artistiques sont consacrés, à juste titre, depuis des siècles.
- Enfin, le nouveau parc et la place d’Armes formaient un cadre tout à fait approprié à la future Exposition.
- Une première partie du travail d’organisation était achevée. La question de la participation des nations étrangères se trouvait posée.
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- CHAPITRE III
- LA PARTICIPATION DE LA FRANCE. - LE COMITÉ FRANÇAIS DES
- expositions a l’étranger. — les négociations avec le
- COMITÉ ITALIEN. - LE PROGRAMME PRIMITIF EST ÉTENDU. --
- TOUTES LES BRANCHES DU COMMERCE ET DE L’iNDUSTRIE SERONT REPRÉSENTÉES A MILAN.
- ^^u mois de février 1901, le bureau du Comité français des Expositions à l’étranger, d’accord avec la Chambre de commerce française de Milan et son distingué président, M. F. Gondrand, se mettait en rapport avec le Comité exécutif italien.
- La participation française était aussitôt mise à l’étude et une Commission provisoire était nommée et chargée de poursuivre les négociations.
- La tâche de nos négociateurs était des plus délicates, car la participation française elle-même, se trouvait subordonnée à l’accueil qui serait fait à nos revendications.
- Nous avions, en effet, pris l’initiative de demander au Comité italien d’admettre à l’Exposition tous les produits du commerce et de l’industrie. Nous réclamions, en outre, pour la Section française, un emplacement infiniment plus considérable que celui qui nous avait été réservé tout d’abord.
- Les Italiens hésitaient à s’engager dans une voie que la plupart d’entre eux croyaient, à tort, être trop vaste pour les moyens dont ils disposaient.
- C’est grâce à l’énergie sympathique et au talent persuasif des
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- PREMIÈRE PARTIE.
- HISTORIQUE
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- délégués du Comité français des Expositions à l’étranger, que nos amis d’Italie, convaincus de l’importance des arguments que nous faisions valoir, décidèrent de modifier la liste des produits admis à l’Exposition, et nous donnèrent satisfaction pour l’emplacement de notre Section.
- Aux termes de cette entente, l’industrie des moyens de transports demeurait le principal objet de l’Exposition, mais tous les produits du commerce et de l’industrie pouvaient également y être représentés et devaient être soumis à l’examen d’un Jury international.
- Dans ces conditions, notre Commission provisoire signait, le 25 novembre 1903, un engagement ferme pour la participation française à l’Exposition de Milan.
- L’exemple donné par la France fut immédiatement suivi par la plupart des autres nations.
- L’accord signé entre le Comité italien et le Comité français des Expositions à l’étranger n’était que le premier acte, nécessaire à la préparation de la participation française.
- Aussi, dès le 25 novembre 1903, la Commission provisoire française, sous la direction de son dévoué président, M. A. Maguin, multiplia les efforts pour en réunir les éléments et l’organiser dans les conditions les plus brillantes.
- La cordialité toujours croissante de nos relations avec l’Italie contribuait, de ce côté, à démontrer l’impérieuse nécessité de donner à la participation française un éclat supérieur.
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- CHAPITRE IV
- LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS ACCEPTE L’iNVITATION DU GOUVERNEMENT ITALIEN. ---- LES DÉCRETS OFFICIELS. — LA NOMINATION
- DE M. JOZON, COMMISSAIRE GÉNÉRAL, ET DE M. RONSSIN, COMMISSAIRE GÉNÉRAL-ADJOINT.
- Qt>c) 'Exposition Internationale de Milan avait obtenu le haut patronage de S. M. le Roi; le gouvernement italien et $ièj£è la municipalité milanaise lui avaient également prêté leur appui. Elle avait donc perdu son caractère d’entreprise privée et était devenue une véritable manifestation organisée officiellement par la nation italienne.
- Ce caractère nouveau imposait à S. M. Le Roi, au gouvernement italien et à la municipalité de Milan, le soin d’inviter les puissances étrangères à apporter leur part de collaboration à la future Exposition, dont l’inauguration était fixée aux premiers mois de l’année 1906.
- La participation des nations invitées revêtait donc, nécessairement, le caractère officiel, puisqu’elle était autorisée et patronnée par chacun des pays ayant accepté l’invitation du gouvernement italien.
- Dès qu’il fût pressenti, le gouvernement français témoignait son désir de contribuer au succès de cette œuvre de paix, et acceptait de participer officiellement à la future Exposition.
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- PREMIÈRE PARTIE. --- HISTORIQUE
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- Le 7 juin 1905, paraissaient au Journal Officiel de la République française les deux décrets suivants :
- MINISTÈRE DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE, DES POSTES ET TÉLÉGRAPHES
- Le Président de la République française, sur le rapport du Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes,
- Décrété :
- Article premier. — Les fonctions du Commissaire général du Gouvernement français à l’Exposition internationale de Milan sont compatibles avec des fonctions publiques.
- Art. 2. — Le Commissaire général est chargé, sous la haute autorité du Ministre du Commerce, des rapports avec le Gouvernement français et le Gouvernement italien, en ce qui concerne l’Exposition de Milan ; il a la direction de tous les services et prend toutes les mesures administratives nécessaires pour l’organisation de la participation française.
- Art. 3. — Le Comité français des Expositions à l’étranger est chargé, dans toutes les Sections, de recruter, d’admettre et d’installer les exposants sous le contrôle du Commissaire général.
- Art. 4. — Les Comités d’admission et d’installation sont composés de Membres nommés par le Commissaire général, sur la présentation du Comité français des Expositions à l’étranger.
- Les membres du Jury de ces Groupes sont nommés dans les mêmes conditions sur une liste établie par le Comité français des Expositions à l’étranger et comprenant un nombre de présentations double des jurés à nommer.
- Les membres des Comités d’admission et d’installation et ceux qui seront appelés à composer le Jury ne pourront être choisis que parmi les exposants.
- Art. 5. — La correspondance relative au service de l’Exposition de Milan bénéficiera des dispositions des décrets des 24 octobre 1893 et 20 avril 1899, concernant la circulation en franchise de la correspondance de l’Exposition 1900.
- Art. 6. — Le Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes, est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal Officiel et inséré au Bulletin des Lois.
- Fait à Paris, le 23 niai 1905.
- Pour le Président de la République:
- Le Ministre du Commerce, des Postes et des Télégraphes,
- < F. DUBIEF.
- Le Président de la République française, sur le rapport du Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes,
- Décrète :
- Article premier. — M. Jozon (Marcel), ancien directeur de la Navigation
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- EXPOSITION DE MILAN
- au Ministère des Travaux publics, inspecteur général des Ponts et Chaussées, vice-président du Conseil général des Ponts et Chaussées, est nommé Commissaire général du Gouvernement français à l’Exposition Internationale des transports et des arts décoratifs de Milan.
- Art. 2. — Le Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal Officiel et inséré au Bulletin des Lois.
- Fait à la Begude de Mazenc, le 6 mai 1905.
- Signé : Emile LOUBET.
- Par le Président de la République,
- Le Ministre du Commerce et de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes,
- Signé : F. DUBIEF.
- Le 8 juin 1905, le Journal Officiel publiait également le décret ci-après, concernant la nomination du Commissaire général adjoint à l’Exposition Internationale de Milan :
- MINISTÈRE DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE, DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES
- Le Président de la République française,
- Vu le décret du 6 mai 1905 portant nomination du Commissaire général du Gouvernement français à l’Exposition Internationale de Milan.
- Sur le rapport du Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes,
- Décrète :
- Article premier. — M. Ronssin, consul de France à Milan, est nommé Commissaire général-adjoint du Gouvernement français à l’Exposition Internationale des transports et des arts décoratifs, qui doit s’ouvrir dans cette ville en 1906.
- Art. 2. — Le Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes est chargé de l’exécution du présent décret qui sera publié au Journal Officiel et inséré au Bulletin des Lois.
- Fait à Paris, le 7 juin 1905.
- Signé : Emile LOUBET.
- Par le Président de la République,
- Le Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes,
- Signé : F. DUBIEF.
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- II
- La participation de la France était donc officiellement consacrée. C’est avec une satisfaction légitime et bien compréhensible que le Comité provisoire de la Section française voyait couronner par le succès des efforts dont le commerce et l’industrie de notre pays allaient tirer de nombreux avantages.
- Tous ceux d’entre nous qui avaient approuvé, dès la première heure, l’initiative du Comité français des Expositions à l’étranger, tous ceux qui s’étaient intéressés aux démarches entreprises, furent également heureux d’apprendre que toutes les difficultés étaient vaincues et que l’Exposition Internationale de Milan se présentait à eux sous les heureux auspices du patronage officiel des gouvernements italiens et français.
- Personne ne saurait nous en vouloir de notre sincérité de dire que M. Jozon, le Commissaire général de la Section française, désigné par le gouvernement était, à cette époque, inconnu de la plupart des organisateurs et des futurs exposants de la Section.
- Mais nous apprenions bien vite à le connaître et à l’estimer. Sa haute personnalité, son passé étaient pour nous les plus sûres garanties du soin, de l’énergie et de la bonne volonté qu'il mettrait à défendre et à sauvegarder nos intérêts.
- Quant à M. Ronssin, il nous apparaissait que ses fonctions de consul de France à Milan, le désignaient tout naturellement au choix du gouvernement pour suppléer le Commissaire général dans ses hautes fonctions.
- La question de l’organisation des cadres de la participation française avait été naturellement réservée et demeurait subordonnée à la publication des décrets officiels.
- Elle constituait une de nos préoccupations les plus urgentes.
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- CHAPITRE V
- LE COMITÉ D’ORGANISATION DE LA SECTION FRANÇAISE
- Le Comité français des Expositions à l’étranger constituait son
- état-major à Milan par le Comité suivant :
- Président :
- M. Maguin (Alfred), ingénieur civil des Mines; conseiller général de l’Aisne; membre de la Chambre de commerce de Saint-Quentin et de l’Aisne; président de la Commission des fêtes et réceptions du Comité français des Expositions à l’étranger; membre des Comités et du Jury, Paris 1900; président du Comité central officiel d’organisation de l’Exposition de Hanoï 1902-1903; Grand prix, Liège 1905.
- Vice-président :
- M. Bellan (Léopold), syndic du Conseil municipal de Paris; membre du Conseil supérieur de l’enseignement technique; membre del a Commission supérieure des Expositions; vice-président du Comité français des Expositions à l’étranger; membre de la Commission supérieure des Comités et du Jury, Paris 1900, Grand prix, Liège 1905.
- Secrétaires généraux :
- MM. Manaut (Frédéric), ingénieur des Arts et Manufactures; conseiller général des Pyrénées-Orientales; conseiller du
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- commerce extérieur; secrétaire du Conseil de direction du Comité français des Expositions à l’étranger; secrétaire du Jury, Paris 1900.
- Lamaille (Géo), vice-président de la Chambre syndicale des négociants-commissionnaires et du commerce extérieur; vice-président de la Société d’économie industrielle et commerciale; membre du Conseil de direction du Comité français des Expositions à l’étranger; membre des Comités, Paris 1900.
- Rapporteur général :
- M. Gervais (Auguste), député de la Seine.-
- Rapporteur général-adjoint :
- M. Dreyfus-Bing (Paul), économiste; conseiller du commerce extérieur; bibliothécaire du Comité français des Expositions à l’étranger; membre des Comités, Paris 1900; membre du Jury, Liège 1905.
- Secrétaires :
- MM. Brach (Achille), président de la Chambre syndicale de l’industrie et du commerce parisien des soieries; conseiller du commerce extérieur; membre des Comités, Hanoï, 1902-1903;membre des Comités, Liège 1905.
- Masure (Auguste), secrétaire du Conseil d’administration de la Compagnie des Chemins de fer P.-L.-M; chef de service à la direction générale de la Section française, Paris 1900.
- Trésorier :
- M. Hollande (Jean), négociant; importateur de bois exotiques; membre du Conseil de direction du Comité français des Expositions à l’étranger; secrétaire du Comité central officiel d’organisation de l’Exposition de Hanoï 1902-1903; secrétaire du Comité supérieur et Grand prix, Saint-Louis 1904; Grand prix,- Liège 1905.
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- Membres :
- MM. Ancelot (Alfred), président du Comité français des Expositions à F étranger; membre de la Chambre de commerce de Paris; membre de la Commission supérieure des Expositions; président des Comités et du Jury, Paris 1900.
- Sandoz (G.-Roger), secrétaire général du Comité français des Expositions à l’étranger; secrétaire général de la Société d’encouragement à l’art et à l’industrie; vice-président de la Société d’économie industrielle et commerciale. Hors concours, Paris 1889. Membre des Comités, du Jury et de la Commission supérieure des Congrès (Beaux-Arts); rapporteur de l’Exposition centenale, Paris 1900; vice-président du Comité supérieur, Glasgow 1901; Grand prix.
- Rester (Gustave), trésorier du Comité français des Expositions à l’étranger; secrétaire de la Chambre de commerce de Paris; président honoraire de la Chambre syndicale des vins et spiritueux en gros de Paris et de la Seine. Président des Comités et du Jury, Paris 1900.
- Astier (Placide), député de l’Ardèche; membre du Jury, Paris 1900; président du Groupe 23, Saint-Louis 1904; président de la Classe 87, Liège 1905.
- Aucoc (Louis fils), membre du Conseil de direction du Comité français des Expositions à l’étranger; président de la Chambre syndicale de la bijouterie, de la joaillerie, et de l’orfèvrerie; président du Comité de l’Exposition de bijouterie de Saint-Pétersbourg 1901-1902; président des Comités, Saint-Louis 1904, Liège 1905.
- Belin (Henry), ancien président du Cercle de la librairie; membre de la Chambre de commerce de Paris; président des Comités et du Jury, Paris 1900.
- Béquet (Henri), président de la Chambre syndicale des dentelles et broderies; président du Groupe 58, Saint-Louis 1904.
- Blin (Eugène), manufacturier; membre des Comités et du Jury, Paris 1900; membre du Jury, Liège 1905.
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- MM. Bourgeois (Paul), secrétaire du Comité français des Expositions à l’étranger; secrétaire général du Photo-Club de Paris; secrétaire général de la Section française de l’Exposition de Sain t-Louis 1904; membre des Comités et du Jury, Paris 1900; secrétaire général du Comité central officiel, Hanoï 1902-1903.
- Brally, directeur de la Compagnie française de navigation à vapeur « Chargeurs réunis ». Grand prix, Paris 1900.
- Chatenay (Abel), secrétaire général de la Société nationale d’horticulture de France et du Comité agricole et horticole français des Expositions Internationales; membre des Comités et du Jury, Paris 1900.
- Cheysson, inspecteur général des ponts et chaussées, membre de l’Institut; président du Groupe de la prévoyance à l’Exposition de Milan 1906.
- Debain (Alphonse), membre du Conseil de direction du Comité français des Expositions à l’étranger; président du syndicat d’Orfèvrerie argent; secrétaire des Comités et du Jury, Paris 1900.
- Dehaitre (Fernand), membre du Conseil de direction du Comité français des Expositions à l’étranger; président honoraire de la Chambre syndicale des mécaniciens, chaudronniers et fondeurs; vice-président des Comités et membre du Jury, Paris 1900.
- Demaria (Jules), constructeur d’appareils photographiques, président de la Chambre syndicale des appareils photographiques; membre du Jury, Paris 1900; Grand prix et rapporteur du Jury, Saint-Louis 1904; secrétaire du Groupe 20 à l’Exposition Internationale de Milan 1906.
- Despret (Georges), ingénieur; administrateur délégué de la Compagnie des glaces et verres spéciaux du Nord; vice-président de la Chambre syndicale des maîtres de verrerie de France; membre des Comités et du Jury, Paris 1889 et 1900.
- Domange (Henri), fabricant de cuirs et courroies pour transmissions. Hors concours, Paris 1900.
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- MM. Dupont (Emile), sénateur; vice-président du Comité français des Expositions à l’étranger; président du Comité de la Section française à l’Exposition de Glasgow 1902; président de la Section française de l’Exposition de Saint-Louis 1904; président honoraire de l’Union des fabricants; président d’honneur de la Chambre syndicale de la brosserie; président des Comités et du Jury, Paris 1889 et 1900.
- Durand y, attaché au ministère de la Marine; secrétaire du Groupe de la pisciculture à l’Exposition de Milan 1906.
- Faure (J.-A.), docteur en pharmacie; secrétaire de la Classe 54, Liège 1905.
- Frièse (Paul), architecte-ingénieur; médaille d’or, Paris 1900 et Saint-Louis 1904; secrétaire-adjoint du Groupe des arts décoratifs à l’Exposition Internationale de Milan 1906.
- Ganne (Jean-Maurice), ingénieur des arts et manufactures; directeur de la maison Henry Hamelle; répétiteur à l’école centrale; membre du Jury, Paris 1900; secrétaire des Comités et rapporteur général adjoint, Saint-Louis 1904.
- Grièges (Henry de), ingénieur, secrétaire général de l’Exploitation du Métropolitain de Paris. Hors concours, Paris 1900. Hors concours, Saint-Louis 1904; secrétaire adjoint du Groupe des transports par terre à l’Exposition de Milan 1906.
- Hachette (Louis), membre du Cercle de la librairie; hors concours, Paris 1900.
- Hamelle (Henri), industriel; membre des Comités et du Jury, Paris 1900; membre du Jury et rapporteur général de la Section française, Saint-Louis 1904.
- Harant (Louis), décorateur, céramiste-verrier; président d’honneur de la Chambre syndicale de la céramique et de la verrerie; membre de la Commission permanente des valeurs de douane; membre du Jury supérieur, Paris 1900; secrétaire du Groupe des industries de l’ameublement à l’Exposition de Milan 1906.
- Hetzel (Jules), vice-président du Comité français des Expositions à F étranger ; ancien président du Cercle de la librairie et de l’imprimerie; ancien secrétaire de la Réunion
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- des Jurys et Comités des Expositions Universelles; trésorier du Syndicat de la Presse périodique; membre des Comités et du Jury, Paris 1900.
- MM. Holzschuch (Jacques), ingénieur; inspecteur des services techniques de l’exploitation de la Compagnie des Chemins de fer du Nord; membre du Jury et rapporteur, Saint-Louis 1904.
- Jabœuf (Robert-Albert), président de la Chambre syndicale des fondeurs en cuivre et en bronze d’art; vice-président honoraire de la Réunion des fabricants de bronze; membre des Comités, Paris 1900; Grand prix, Saint-Louis 1904.
- Jeantaud (Charles), secrétaire du Comité français des Expositions à l’étranger; vice-président de la Chambre syndicale de l’automobile; Grands prix, Paris 1889 et 1900.
- Jouanny (Georges), membre de la Chambre de commerce de Paris; vice-président du Comité central des Chambres syndicales; membre des Comités, Paris 1900.
- Jourdain (Frantz), architecte et homme de lettres; président du Syndicat de la Presse artistique; président du Salon d’automne; membre du Conseil de direction du Comité français des Expositions à l’étranger; président des Comités et du Jury, Paris 1900.
- Layus (Lucien), directeur de l’annuaire Didot-Rottin; président de la Commission d’initiative et d’enquête du Comité français des Expositions à l’étranger; premier vice-président de la Société d’encouragement à l’art et à l’industrie; vice-président de l’Association littéraire et artistique internationale; premier vice-président de la Section française de l’Exposition de Liège; membre des Comités et du Jury supérieur, Paris 1900.
- Lefebvre (Georges), trésorier de la Chambre de commerce de Paris; membre du Conseil de direction du Comité français des Expositions à l’étranger; secrétaire des Comités et du Jury, Paris 1900.
- Leprince (Dr Maurice), président de la Société centrale de pisciculture et de pêche, Membre des Comités et du Jury,
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- Paris 1900. Grand prix, Saint-Louis 1904; vice-président des Comités, Liège 1905.
- MM. Lesueur (Félix), directeur du « Conservateur » Compagnie d’assurances mutuelles sur la vie; membre du Conseil supérieur des Colonies; secrétaire général de la Société d’économie industrielle et commerciale; membre des Comités, Paris 1900.
- Loreau (Alfred), ingénieur; manufacturier; régent de la Banque de France; président de la Commission des comptes et publications du Comité français des Expositions à l’étranger; président des Classes 30 et 31 à l’Exposition de Liège 1905; membre du Jury, Paris 1900.
- Mascuraud (Alfred), sénateur; président du Comité républicain du commerce et de l’industrie; membre du Conseil de direction du Comité français des Expositions à l’étranger; membre du Conseil supérieur de renseignement technique; membre du Comité consultatif des chemins de fer; président honoraire de la Chambre syndicale de la bijouterie fantaisie en tous genres; membre de la Commission supérieure des Expositions; président des Comités et du Jury, Paris 1900.
- Mercier (Henri), ébéniste-tapissier; médaille d’or, Saint-Louis 1904; président du Groupe des industries de F ameublement à l’Exposition de Milan 1906.
- Perdoux (Léon), membre du Conseil de direction du Comité français des Expositions à l’étranger; membre de la Chambre de commerce de Paris; président honoraire de la Chambre syndicale de la confection et de la couture pour dames et enfants; membre des Comités et du Jury, Paris 1900; président de Groupe et vice-président du Jury international, Saint-Louis 1904.
- Pilliard, secrétaire du Conseil d’administration de la Compagnie des « Messageries maritimes »; secrétaire des transports maritimes et fluviaux; Grand prix, Paris 1900.
- Pinard (Alphonse), vice-président du Comité français des Expositions à l’étranger; président de la Section française à l’Exposition de Liège 1905; président de l’Alliance syndicale du commerce et de l’industrie; président du Syndicat
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- général des fondeurs de fer en France et de la Chambre syndicale du chauffage; président de la Société d’économie industrielle et commerciale; vice-président de l’Union métallurgique et minière; président des Comités et du Jury, Paris 1900.
- MM. Pirel (Louis), secrétaire du Syndicat des chemins de fer de ceinture; hors concours, Paris 1900; secrétaire adjoint du Groupe des transports par terre à l’Expositionde Milan 1906.
- Plumet (Charles), architecte; secrétaire du Groupe des arts décoratifs à l’Exposition de Milan 1906. Grand prix, Paris 1900.
- Plassard (Louis), parfumeur; membre des Comités; médaille d’or, Paris 1900; secrétaire du Groupe 20 à l’Exposition de Milan 1906.
- Raingo (Georges), fabricant de bronzes; vice-président de la Chambre syndicale des fabricants de bronzes; membre des Comités et Grand prix, Paris 1900 et Saint-Louis 1904; secrétaire du Groupe des industries du métal à l’Exposition de Milan 1906.
- Rives (Gustave), président des Comités d’organisation des Expositions d’automobiles, de cycles et de sport; commissaire général du gouvernement français à l’Exposition de Vienne (Autriche) 1904; membre du Conseil de direction du Comité français des Expositions à l’étranger; membre des Comités et du Jury, Paris 1900.
- Sartiaux (Eugène), président du Syndicat professionnel des industries électriques et de l’Association des ingénieurs électriciens; membre du Conseil de direction du Comité français des Expositions à l’étranger; membre des Comités et du Jury, Paris 1900.
- Sauvan, sénateur; président du Groupe de la pisciculture à l’Exposition de Milan 1906.
- Turpin (Henry), président honoraire du syndicat national du commerce en gros des vins et spiritueux et liqueurs de France; vice-président du Conseil de direction du Comité français des Expositions à l’étranger; membre des Comités, Paris 1900; Grand prix, St-Louis 1904.
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- MM. Vacher (Marcel), membre de la Société nationale d’agriculture de France et du Conseil supérieur de l’agriculture (Section permanente) ; 2e secrétaire général du Comité agricole et horticole français des Expositions internationales; membre des Comités et médailles d’or, Paris 1900.
- Vauzelle (Emile), ingénieur-constructeur; secrétaire de la Chambre syndicale du cycle et de l’automobile; vice-président du syndicat des commissionnaires en cycles et automobiles. Médailles d’or, Paris 1900 et Saint-Louis 1904.
- Viger (Albert), sénateur, ancien ministre de l’agriculture; membre d’honneur du Comité français des Expositions à l’étranger; président du Comité agricole et horticole français des Expositions internationales, président de la Section française de l’Exposition internationale de l’alcool à Vienne 1904.
- Villeminot (Lucien), manufacturier; membre de la Commission de contrôle de l’Association des tissus. Grand prix, Paris 1900, Saint-Louis 1904.
- Architecte en chef :
- M. Montarnal (Eugène, Charles de), architecte diplômé du gouvernement; architecte de la Section française aux Expositions d’Amsterdam 1895, de Glasgow 1901, d’Hanoi 1902, de Saint-Louis 1904, de Liège 1905. Médaille d’or, Paris 1900, Grand prix, Liège 1905.
- Administration :
- MM. Estieu (Maurice), chef des services administratifs de la Section française de l’Exposition de Milan 1906;
- Brevans (Edmond de), secrétaire administratif du Comité français des Expositions à l’étranger.
- Une Direction composée de personnalités aussi compétentes, chacune dans leur spécialité, ne pouvait contribuer qu’au succès de l’Exposition.
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- CHAPITRE VI
- RÈGLEMENT OFFICIEL DE LA SECTION FRANÇAISE. CLASSIFICATION GÉNÉRALE.
- Le 30 septembre, M. Jozon, Commissaire général, faisait paraître le Règlement suivant:
- République Française
- MINISTÈRE DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE, DES POSTES ET TÉLÉGRAPHES
- Exposition internationale de Milan 1906 Règlement applicable aux exposants de la Section Française
- Titre premier. — Dispositions générales.
- Article premier. — L’Exposition comprendra pour la France les Sections et Groupes suivants :
- a) Transports par terre, aéronautique, métrologie ;
- b) Transports maritimes et fluviaux ;
- c) Prévoyance ;
- d) Arts décoratifs ;
- e) Galerie du travail pour les arts industriels ;
- /) Exposition rétrospective des transports ;
- g) Pisciculture ;
- h) Agriculture ;
- i) Hygiène publique, hygiène et assistance sanitaire dans l’industrie des
- transports ;
- k) Produits chimiques et pharmaceutiques, alimentation, photographie, instruments de musique, armes, parfumerie, bimbeloterie.
- Elle comprendra, en outre, mais pour l’Italie seulement, une Section des Beaux-Arts.
- Art. 2. — L’Exposition sera située sur les emplacements du Parc, du Champ de Mars et de la Place d’Armes.
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- Elle s’ouvrira en avril et sera close en novembre, mais la durée d’Exposi-tion ne sera pas la même pour tous les objets exposés.
- Pour la première série comprenant les Sections suivantes : a) sauf les cycles, automobiles et industries qui s’y rattachent b, c, d, e, f, g, h, i, l’Exposition sera permanente, c’est-à-dire qu’elle commencera avec l’ouverture et finira avec la clôture de l’Exposition.
- Pour la deuxième série, comprenant dans la Section a, les Classes spéciales aux cycles, automobiles et industries qui s’y rattachent, l’Exposition aura lieu depuis l’inauguration de l’Exposition générale jusque vers la fin mai et au minimum pendant quarante jours.
- Enfin, pour la troisième série qui comprendra la Section k, et qui sera nstallée vingt jours environ après la fermeture de la Section d’automobiles, dans les locaux ayant servi d’abord à cette Section, l’Exposition aura une durée d’environ quatre à cinq mois, commençant après la fermeture de la Section de l’automobilisme et s’étendant jusqu’à la clôture de l’Exposition générale.
- Le Comité italien se réserve la faculté de changer les dates d’ouverture et de clôture.
- Les machines de toute nature seront mises autant que possible en action sous les yeux du public.
- Deux Expositions spéciales, des congrès, des fêtes, des concours, etc... seront organisés pendant la durée de l’Exposition.
- Art. 3. — Il est mis, dès maintenant, à la disposition de la Section française, une surface totale de 24.500 mètres carrés, situés tant dans les bâtiments généraux de l’Exposition, que dans le pavillon spécial réservé à la Section française.
- Art. 4. — Conformément au décret du 23 mai 1905, l’organisation de l’Exposition française est placée sous l’autorité du Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, et dirigée par le Commissaire général du Gouvernement français.
- Le Comité français des Expositions à l’Etranger est chargé de recruter, d’admettre et d’installer les exposants sous le contrôle du Commissaire général.
- Art. 5. — En vue d’effectuer ces opérations, le Comité français des Expositions à l’étranger a délégué ses pouvoirs à un Comité spécial dénommé : Comité d’Organisation de la Section française de l’Exposition de Milan 1906.
- Art. 6. — Les objets exposés seront répartis suivantla classification établie par le Comité français, d’accord avec le Comité italien, telle qu’elle figure à la suite du présent règlement.
- Toutefois, la classification italienne sera appliquée uniquement pour les opérations du Jury international des récompenses.
- Titre IL — Admission. — Droit de Vente.
- Art. 7. — Les demandes d’admission, aiirsi que leur duplicata qui ne doit pas en être détaché, ces deux pièces remplies et signées par les exposants, seront adressées affranchies au président du Comité d’organisation de la Section française, Bourse de Commerce, rue du Louvre, à Paris.
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- Art. 8. — Chaque demande n’aura de valeur que pour un seul Groupe.
- Art. 9. — Les demandes d’admission devront parvenir au plus tard le 15 décembre 1905.
- Art. 10. — Les demandes d’admission seront soumises, par Classe, à l’examen des Comités d’admission et d’installation, nommés conformément à l’art. 4 du décret du 23 mai 1905, et dans lesquels un seul membre par raison sociale aura voix délibérative.
- Art. 11. — Les Expositions collectives sont autorisées.
- Art. 12. — Aucun produit de fabrication étrangère ne pourra être exposé dans la Section française ou ses annexes ; aucun produit français ne pourra être exposé en dehors de la Section française ou de ses annexes.
- Art. 13. — Nul ne sera admis à exposer, s’il n’est en possession d’un certificat d’admission régulier délivré par le Président du Comité d’organisation de la Section française.
- Art. 14. — Les exposants sont tenus d’exposer leurs produits sous leur nom ou leur raison sociale. Ils sont autorisés à inscrire à la suite de leur nom ou de leur raison sociale, les noms des collaborateurs qui ont contribué à donner aux objets leur mérite et leur valeur.
- Art. 15. — Nul ne peut exposer sous son nom des produits dont il n’est pas producteur ou éditeur.
- Toute Exposition de produits sous le nom d’un agent ou représentant est rigoureusement interdite.
- Art. 16. — Sont exclues les matières explosives, détonantes, fulminantes et, en général, toutes matières dangereuses ou nuisibles.
- Ne seront reçus que dans des vases solides, appropriés et de dimensions restreintes, les alcools ou esprits, les huiles et essences, les matières corrosives et, généralement, les corps qui peuvent altérer les autres produits ou incommoder le public.
- Les amorces, pièces d’artifices, les allumettes chimiques et autres objets analogues ne pourront être admis qu’à l’état d’imitation, sans aucune addition de matières inflammables.
- Les exposants de produits incommodes ou insalubres devront se conformer en tout temps aux mesures de sûreté qui leur seront prescrites.
- Art. 17. — Le Commissaire général se réserve le droit absolu de faire retirer les produits qui lui paraîtront dangereux ou incompatibles avec la sécurité, la salubrité ou le bon ordre de l’Exposition.
- Art. 18. - Les demandes pour autorisation du droit de vente devront être adressées séparément, sous forme de lettre, au Président du Comité d’organisation de la Section française, Bourse de Commerce, rue du Louvre à Paris.
- Art. 19. — L’érection de kiosques, de chalets, de comptoirs de vente, etc. pourra être autorisée en certains points particuliers ; les plans et dessins de ces édifices devront toujours être approuvés par le Comité d’organisation de la Section française.
- Art. 20. — La vente avec livraison immédiate des objets exposés ne pourra avoir lieu qu’avec l’autorisation écrite du Commissaire général, après avis du Président du Comité d’organisation de la Section française. Cette
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- autorisation pourra être retirée à l’exposant, même sans préavis, et sans qu’il soit besoin de faire connaître les motifs de ce retrait.
- Art. 21. — Le retrait sera prononcé sur le champ si les vendeurs ou vendeuses se livrent à des manifestations ou appels au public de nature à compromettre la bonne tenue de la Section, ou s’ils vendent soit des objets de fabrication étrangère, soit des objets de fabrication française autres que les produits de l’exposant titulaire du certificat d’admission.
- Art. 22. — Les exposants devront toujours être en mesure de prouver que les objets vendus sont réellement des produits de leur propre fabrication. En tous cas, les objets vendus devront être remplacés, avant leur enlèvement, par des produits similaires.
- Art. 23. — Les exposants sont invités à indiquer le prix marchand des objets exposés.
- Titre III. — Cartes d’entrée.
- Art. 24. — Il sera mis à la disposition de chaque exposant ou de chaque représentant d’un exposant de la Section française, une carte d’entrée gratuite permanente, revêtue de la photographie du titulaire, ainsi que des jetons de service, dans les conditions fixées par le règlement spécial italien sur le service des entrées.
- Art. 25. -- Toute personne qui représentera plus d’un exposant ne pourra prétendre, pour cela, à plus d’une carte d’entrée.
- Titre IV. —1 Transport, consignation, réception, installation et enlèvement
- des objets exposés.
- Art. 26. — Les produits destinés à l’Exposition bénifîcieront des tarifs réduits qui seront obtenus des chemins de fer français et italiens et des Compagnies de navigation.
- Art. 27. —Le Comité général italien se charge gratuitement, à l’intérieur de l’Exposition, de la manutention de tous les colis de dimensions normales, dont le poids n’excédera pas 1.500 kg. et qui seront parvenus avant le 15 décembre 1905.
- Art. 28. — Les autres objets admis à l’Exposition devront être consignés dans son enceinte, du 15 décembre 1905 au Ie1' février 1906.
- Art. 29. — La manutention des colis comprend :
- • a) La réception dans l’enceinte de l’Exposition ;
- b) La mise à pied d’œuvre ;
- c) L’enlèvement des caisses vides et emballages ;
- d) La mise à pied d’œuvre des caisses vides et emballages ;
- e) L’enlèvement des colis réemballés.
- Art. 30. — Pour les colis arrivés en retard, si les exposants, au lieu d’en faire la manutention eux-mêmes et sous leur propre responsabilité, recourent au Comité d’organisation, il sera payé une taxe fixée de gré à gré.
- Il sera acquitté une taxe fixée dans les mêmes conditions pour les colis encombrants ou dépassant 1.500 kg. Au surplus, pour ces derniers colis, il pourra être exigé que la manutention soit effectuée avec le concours ou par les soins exclusifs des exposants.
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- Art. 31. - - 11 sera établi pour l’emmagasinage des caisses vides et emballages une taxe qui ne pourra être supérieure à 2 fr. 50 le mètre carré d’assise de colis ou par mètre cube de volume, avec minimum de perception de 2 fr. 50 pour tout emballage qui ne comportera pas un mètre carré d’assise ou un mètre cube de volume.
- La taxe d’emmagasinage ainsi que la gratuité de la manutention sera appliquée aux caisses contenant des vitrines ou du matériel d’installation, aussi bien qu’à celles contenant des produits destinés à être exposés.
- Le ; exposants resteront libres d’assurer‘à leurs frais, risques et périls, l’emmagasinage de leurs caisses à charge de se conformer aux instructions données par le Comité général italien de l’Exposition.
- Art. 32. — Chaque exposant ou son délégué pourvoit à la réception de ses colis, ainsi qu’à la reconnaissance de leur contenu. Si les exposants ou leurs agents ne sont pas présents pour recevoir leurs colis dans l’enceinte de l’Exposition, le Comité d’organisation pourra faire réexpédier ceux-ci ou les déballer d’office aux frais, risques et périls des intéressés.
- Tonte introduction de matériaux destinés aux installations est subordonnée à l’autorisation du Président du Comité d’organisation de la Section française.
- Art. 33. — Chaque colis devra porter deux adresses l’une sur le couvercle et l’autre sur l’un des côtés de la caisse, sur des étiquettes tricolores fournies par la Section française.
- Ces adresses devront contenir les indications du Groupe, de la Classe et le numéro du certificat d’admission.
- Art. 34. — Le matériel d’emballage, caisses et autres, devra être enlevé une semaine au moins avant l’ouverture de l’Exposition.
- Art. 35. — Les plans d’installation et de décoration des exposants dans chacune des Classes sont soumis par les Comités d’installation au Comité d’organisation qui statue, sous le contrôle du Commissaire général.
- Le Comité d’organisation assure la décoration générale de la Section française, et supporte les frais de gardiennage correspondant à la surveillance générale de cette Section.
- Les cotisations à payer par chaque exposant comprennent le loyer de l’emplacement, la quote-part dans les frais de décoration, de gardiennage et d’installation spéciaux à chaque Classe et sont recouvrées par les Comités d’installation.
- Si des exposants désirent un complément à la décoration d’une Classe, les frais supplémentaires en résultant sont entièrement à leur charge. l)e même, ils supportent les frais de leur installation particulière, de l’emballage, du transport, à l’aller et au retour, du déballage, de l’étalage et du réemballage de leurs produits, ainsi que les taxes établies par les autorités italiennes sur les objets mis en consommation.
- Art. 36. — Les exposants sont responsables des dommages que leurs installations apporteraient aux planches, cloisons, etc., ainsi que des dégradations provenant d’un usage abusif.
- Aucun exposant ne pourra disposer son installation de manière à priver de lumière, à incommoder ou frapper d’un préjudice quelconque l’installation d’un autre exposant.
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- Art. 37. — L’installation des machines et appareils qui ne peuvent être mis en place ou montés qu’en empruntant l’emplacement des autres exposants, ainsi que tous les travaux de fondation de machines, devront être exécutés d’urgence et terminés dans les délais qui seront fixés par le Comité exécutif italien.
- L’exposant qui n’aura pas observé ces délais, perdra, par le fait même, tout droit à son emplacement, son certificat d’admission sera considéré comme non avenu et les taxes d’emplacement perçues resteront acquises ; le tout sans aucune formalité judiciaire ou extra-judiciaire. Dans ce cas, les installations non terminées seront enlevées ou achevées d’office aux frais, risques et périls de l’exposant.
- Art. 38. — Aucun produit exposé dans la Section française ne pourra être retiré avant la clôture de l’Exposition, sauf l’autorisation écrite du Commissaire général, après avis du président du Comité d’organisation de la Section française.
- Un mois après la clôture de l’Exposition, les produits non emballés ou non démontés, et les caisses pleines ou vides non réexpédiées, pourront être enlevés d’office aux frais, risques et périls des exposants.
- Ces produits ou caisses pourront être, à l’expiration d’un délai de six mois, vendus aux enchères à la requête du Comité général italien de l’Exposition. Néanmoins, la vente ne pourra avoir lieu qu’un mois après que l’intéressé aura été mis en demeure par un acte judiciaire, signifié également au président du Comité français.
- Le produit de la vente, déduction faite de frais judiciaires et autres, sera tenu à la disposition de l’intéressé ou déposé à la Caisse des Dépôts et Consignations.
- Titre V. — Douanes.
- Art. 39. — L’Exposition sera constituée en entrepôt réel de douane et d’octroi. Les produits français y seront introduits en franchise provisoire, à condition d’être réexportés après la clôture de l’Exposition.
- Titre VI. — Catalogne.
- Art. 40. — En dehors du Catalogue général officiel italien, contenant le nom des exposants, le genre d’industrie et le lieu de production, il pourra être publié, par les soins du Comité d’organisation et après approbation du Commissaire général, un catalogue spécial de la Section française.
- Les renseignements nécessaires pour la rédaction de l’un ou l’autre de ces catalogues seront fournis par les exposants, sous leur responsabilité.
- Titre VII. — Services techniques, énergie, éclairage, etc.
- Art. 4L — Le Comité italien, fournira aux exposants qui en feront la demande et aux conditions fixées par le règlement général italien (art. 36 à 40) l’énergie nécessaire pour actionner les moteurs et appareils qui devront fonctionner à 1’Exposition.
- Art. 4L — Toutes les parties de machines qui présenteraient des dangers
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- PREMIÈRE PARTIE.
- HISTORIQUE
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- pour ceux qui les approcheraient, seront munies des appareils de garde nécessaires, ce qui n’exonérera pas les exposants des responsabilités qui leur incombent.
- Art. 43. — Les suspensions éventuelles de l’énergie n’autoriseront aucune demande d’indemnité de la part des exposants.
- Titre VIII. — Garde et responsabilités.
- Art. 44. — La Section italienne de l’Exposition prend à sa charge la surveillance générale de jour et de nuit, le service de la police et celui d’incendie dans l’enceinte de toute l’Exposition.
- Elle prendra toutes les précautions nécessaires pour éviter les vols, détournements, dégradations, incendies, explosions, inondations, etc., sans que sa responsabilité soit engagée de ce fait.
- Elle ne sera responsable que des dégâts occasionnés par suite du manque de solidité, du mauvais état des bâtiments, de leurs couvertures ou de leurs vitrages.
- Art. 45. — Bien que repoussant toute responsabilité pour les vols et détournements qui pourraient être commis, le Comité d’organisation de la Section française instituera une surveillance générale destinée à prévenir ces délits. En dehors de cette surveillance générale, les Comités d’installation auront à pourvoir au gardiennage spécial de leurs Classes.
- Art. 46. — Les exposants ont la faculté de faire assurer leurs produits et leurs emballages, directement et à leurs frais.
- Art. 47. — Il sera rigoureusement interdit de dessiner, copier, mesurer, photographier, de reproduire par modelage ou moulage, etc., les objets exposés dans la Section française ou ses annexes, sans l’autorisation écrite de l’exposant.
- Toutefois, le Commissaire général se réserve le droit, après avis du président du Comité d’organisation, d’autoriser la reproduction et la vente des vues d’ensemble, sans que les exposants puissent s’opposer â ces reproductions.
- Titre IX. — Jury international des récompenses.
- Art. 48. — Les exposants français seront représentés dans le Jury international des récompenses (Jury de Classes, de Groupes, Supérieur) dans une proportion identique â celle qui sera fixée par le Comité général italien pour les exposants appartenant à l’Italie ou â la nation la plus favorisée.
- On observera la même proportion pour les Commissions et les Jurys internationaux dans leurs autres attributions. • •
- Art. 49. — Les membres du Jury français seront choisis exclusivement parmi les exposants de la Section française, et nommés par le Commissaire général sur la proposition du Comité français des Expositions à l’étranger.
- Titre X. — Dispositions diverses.
- Art. 50. — Les établissements divers, théâtres, spectacles, attractions, concerts, restaurants, cafés, bars, etc,, installés dans l’Exposition ou ses
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- EXPOSITION DE MILAN
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- annexes, ne pourront faire figurer dans leurs titres, annonces ou enseignes, ou désignation de produits, les mots : « France » ou « Français » ou un substantif ou un adjectif se rapportant à une ville ou région de France, sans l’autorisation écrite du Commissaire général, après avis du président du Comité d’organisation de la Section française.
- Art. 51. — Toutes les annonces ou pièces imprimées émanant d’exposants français et destinées à être affichées ou distribuées dans l’enceinte de l’Exposition devront, au préalable, être approuvées par le Commissaire général, après avis du président du Comité d’organisation de la Section française.
- Art. 52. — La qualité d’exposant comporte soumission aux dispositions du règlement général et des règlements spéciaux, ainsi qu’aux mesures d’ordre et de police qui seront prescrites tant par les autorités italiennes, que par le Commissaire général du Gouvernement français.
- Paris, le 30 septembre 1905.
- Vu et approuvé :
- Le Commissaire général,
- Signé : M. JOZON,
- A la suite de cet important et complet document était annexée la classification générale suivante :
- Classification générale.
- PREMIÈRE SÉRIE
- Classes correspondantes en tout ou
- Section Groupes en partie de 1900.
- A. 1. — Transports par terre (chemins
- de fer)................... 32.
- 2. — Transports par terre (charrois
- et tramways)................... 28-29-30-31-32; 63-99-116.
- 3. — Aéronautique................ 34.
- 4. — Métrologie.................. 15-23 ; 25-26-27 ; 96.
- R. 5. — Transports maritimes et fluviaux............................... 29 ; 33 ; ll8.
- C. 6. — Prévoyance........................ 101-102-103; 104-105-106.
- 7. — Habitations à bon marché , . 107-107-109-110.
- D. 8. — Arts décoratifs..............
- 9. — Industries de l’ameublement (céramique, verrerie, tissus d’ameublement, tapisseries, meubles, papiers peints) . .
- 10; 66.
- 67-68 ; 69 ; 70-71 ; 72-73 ; 74-75 ; 80.
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- PREMIÈRE PARTIE. -- HISTORIQUE
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- 10. 11. 12. — Industries artistiques du métal (orfèvrerie, bijouterie, joaillerie, bronzes, coutellerie, monnaies et médailles) . . . — Industries graphiques (impri- merie, librairie, reliure, publications périodiques). . . — Industries du costume (tissus, vêtements et accessoires du vêtement) ......... 15; 93; 94-95; 96; 97. 8; 11 ; 13; 14; 92. 76-77-78-79 ; 80-81 ; 82 ; 83 ; 84 ; 85 ; 86 ; 98.
- E. 13. — Galerie des machines et du
- travail (machinesen action). 19-20-21-22-55; 76-77-78-79; 88.
- F. 14. — Exposition rétrospective des
- transports
- G. 15. — Pisciculture 53.
- H. 16. — Agriculture et horticulture . . 35-36-37-38-39 ; 40-41-42-43-44 ;
- 45-46-47-48-49 ; 50-54.
- I. 17. — Hygiène publique (hygiène et
- assistance sanitaire dans l’in-
- dustrie des transports) . . . 111-112.
- DEUXIÈME SÉRIE
- A. 18. — Cycles, automobiles et indus-
- tries qui s’y rattachent . . . 30.
- TROISIÈME SÉRIE
- K. 19. — Produits chimiques et phar-
- maecutiques 87.
- 20. — Alimentation , photographie ,
- instruments de musique, \ ...
- “ armes, parfumerie, bimbe-
- loterie 55-56-57-58-59; 60; 61-62; 12;
- 17 ; 51 ; 90 ; 100.
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- CHAPITRE VII
- LE COMITÉ DE LA CLASSE 20 (INDUSTRIES DIVERSES DU VETEMENT). — LA NOMINATION DE M. DONCKÈLE A LA PRÉSIDENCE DU COMITÉ. ---- LA PERSONNALITÉ ET L’ŒUVRE DE M. DONCKÈLE.
- QtT' e 4 octobre, les différentes Classes étaient convoquées suc-
- ' 11c cessiyement à la Bourse de commerce pour la nomina-tion de leurs Bureaux:
- Notre Comité était composé de :
- Membres :
- MM. Anglade MM. Daniel MM. Liez
- Barreiros
- Benoiston
- Bertout
- Blum
- Boileau
- Boisselier
- Bonnet
- Bouchard
- Bounaix
- Brossard
- Brun fils
- Cadolle (Vve)
- Chabanne
- Chandelet
- Chevreau
- Coanet
- COLLOT
- Croizier
- Dehesdin
- Delmotte
- Denis
- Dheilly
- Donckèle
- Dressoir
- Duboc
- Famchon
- Guionvar
- Hellstern
- Imans
- DE LaNGENPIAGEN Lavanoux Latouche Léon
- Leprince (D-) Leprince (H.) Liaud
- Lucet
- Lolliot
- Marchand-Hébert
- Mayer
- Nisseron
- Peyrache
- Picard
- Picard (H.)
- Plantevignes
- Rey
- SCHORESTÈNE
- SCHULMANN
- SCHWOB
- Veil
- VlLLEMINOT
- VlMONT
- VlTOUX
- VOLLANT
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- Nous nous réservons le soin de dire, plus en détails, toute la sympathie que nous inspirent ces personnalités, qui tiennent toutes une place notoire dans le monde des affaires, en France et à l’étranger.
- Nous tenons à montrer, dans toute sa valeur, la part de collaboration active et désintéressée que chacune d’elles a apportée au succès de l’œuvre commune.
- Ce sera la matière du chapitre que nous consacrons au Comité d’admission.
- II
- Il nous faut, dès maintenant, signaler que ce Comité, réuni lé 18 octobre à la Bourse de commerce, nommait, par acclamation, M. Donckèle, à la présidence. *
- Ce choix unanime prouve la haute estime qu’ont pour notre ami M. Donckèle, tous ceux en situation d’apprécier l’homme et ses qualités.
- Celui que nous venions d’appeler à présider et à diriger nos travaux, avait eu déjà l’occasion de défendre nos intérêts et nous n’avions pas oublié qu’il s’était acquitté de ce soin avec un rare mérite de compétence et d’impartialité.
- A l’Exposition de Liège, M. Donckèle avait déjà été à même de mettre en valeur ses qualités d’homme pratique, d’administrateur remarquable, et d’organisateur supérieur.
- Le passé nous était donc un sûr garant de l’avenir et la confiance que venait à nouveau de lui témoigner ses collègues devait trouver sa plus haute confirmation dans le succès éclatant de notre Section tout entière.
- M. Donckèle a été, à Milan, un chef des plus habiles, un président idéal.
- Il a su, par sa fermeté de direction, par son autorité bienveillante, par son activité infatigable, éviter qu’aucun dissentiment ne s’élevât entre les exposants pourtant nombreux, de notre Classe, composée d’industries si diverses et dans laquelle se rencontrent, en voisins, des intérêts en constante rivalité.
- Il a su grouper, sous sa direction, toutes les bonnes volontés qui, certes, ne faisaient pas défaut, mais qui avaient besoin d’un chef autorisé pour les conseiller et leur montrer le chemin de la victoire.
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- Grâce à son esprit d’initiative, à son exquise urbanité, toutes les difficultés qui se dressent nécessairement sur la route des audacieux ont été facilement surmontées.
- Nous avons compris, avec lui, que la réputation dont jouissent nos industries dans le monde entier, ne nous permettait pas de nous contenter d’une manifestation honorable.
- L’intérêt qu’il porte à la prépondérance universelle de la production française, et surtout à la prédominance incontestable des industries parisiennes, à la mode, ont été ses seuls guides dans la direction qu’il a donnée à l’organisation de notre Section.
- Il nous avait indiqué le chemin de la victoire..., et il a su nous y conduire.
- Qu’il nous permette de nous faire ici, l’interprète sincère de tous ceux qui ont pu apprécier la sagesse et l’autorité de ses conseils, pour lui adresser publiquement l’hommage de notre plus profonde reconnaissance.
- Le Comité d’admission avait le plus vif désir de se mettre activement au travail. Le règlement que venait de publier M. le Commissaire général lui fournissait, sans doute, les premiers éléments nécessaires à sa tâche, mais il se trouvait entravé par une grosse difficulté qui a paralysé, pendant un temps précieux, l’action des organisateurs de.la Section française.
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- CHAPITRE VIII
- LES CRÉDITS OFFICIELS.-PROJET DE LOI DEPOSE PAR LE GOUVERNEMENT A LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS ET AU SÉNAT. ------ FAIBLESSE
- EXCEPTIONNELLE DES CRÉDITS FRANÇAIS.-LES SUBVENTIONS DES
- PUISSANCES ÉTRANGÈRES PARTICIPANT OFFICIELLEMENT A LEX-POSITION.
- es crédits demandés au Parlement pour aider la participation de la France n’étaient pas encore accordés par les Chambres au gouvernement, qui les avait demandés seulement à la veille des vacances parlementaires.
- En effet, ce n’est que le 5 juillet 1905 que le projet de loi suivant avait été déposé sur le bureau de la Chambre des députés :
- PROJET DE LOI
- AUTORISANT L’ENGAGEMENT D’UNE DÉPENSE DE 450.000 FRANCS POUR PARTICIPATION DE LA FRANCE A L’EXPOSITION INTERNATIONALE DE MILAN.
- (Renvoyé à la Commission du budget).
- Présenté au nom de M. Emile Loubet, Président de la République.
- Par M. Dubief, ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes,
- Par M. Ruau, ministre de l’Agriculture,
- Par M. Thomson, ministre de la Mariné.
- Par M. Merlou, ministre des Finances.
- Exposé des motifs :
- Messieurs,
- Une Exposition* internationale doit s’ouvrir à Milan en 1906 et lTtalie a invité le Gouvernement français à y participer officiellement. Cette Expo-
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- sition, placée sous le haut patronage de S. M. le Roi d’Italie, devait, à lrorigine, être limitée à l’industrie des transports, à la prévoyance sociale et à l’art décoratif. Depuis lors, ses organisateurs ont décidé d’y adjoindre une section d’agriculture et une section de marine.
- Il a paru au Gouvernement français qu’il ne pouvait décliner l’invitation qui lui était adressée avec insistance et sa décision a été plus particulièrement dictée par le désir d’affirmer la cordialité de ses relations avec l’Italie et de développer davantage encore l’importance des échanges entre les deux pays.
- Notre commerce avec l’Italie s’est élevé, en 1904, à la somme de 353 millions. Si l’on compare ces chiffres avec ceux de l’année 1897 (282 millions), on constate (pie, pendant cette période, nos échanges ont progressé de plus de 25 0/0.
- Ces résultats seuls, à défaut de toutes autres considérations, seraient de nature à nous engager à accueillir favorablement l’invitation de l’Italie. Non seulement, en effet, il importe de conserver les positions acquises par nos commerçants et nos industriels en ne laissant pas le champ libre à nos concurrents, mais encore nous devons nous efforcer d’étendre nos débouchés et de développer de ce côté nos moyens d’action.
- Le Gouvernement vient donc vous demander, Messieurs, les moyens d’assurer la participation de la République à l’Exposition de Milan.
- Pour les Expositions de St-Louis et de Liège, le soin d’organiser la Section française a été confié au Comité français des Expositions à l’étranger qui a pris à sa charge la plus grande partie des dépenses de la Section industrielle.
- Afin de réduire autant que possible les charges du budget de l’Etat, il paraît y avoir lieu de procéder de même pour l’Exposition de Milan.
- L’Exposition comporte un certain nombre de groupes qui intéressent les Ministères du Commerce et de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, de l’Agriculture, des Travaux publics et de la Marine.
- Pour le Ministère du Commerce ce sont ceux de l’automobilisme et de l’aéronautique, du cyclisme, de la métrologie, de l’ameublement, des industries artistiques, du métal, des industries graphiques, du costume, de la galerie du travail, de l’économie sociale, etc.
- Pour le Ministère de l’Agriculture, les Groupes de l’agriculture et de l’horticulture, de la pisciculture.
- Pour le Ministère des Travaux publics, les divers groupements des transports par terre et par eau.
- Et pour le Ministère de la Marine, les pêches maritimes.
- Les crédits nécessaires pour ces différents Groupes peuvent être évalués à la somme de 450.000 francs ainsi répartis :
- Ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et
- des Télégraphes...................................... 350.000 fr.
- Pour le Ministère de l’Agriculture. . . .............. 50.000 —
- Pour le Ministère des Travaux publics................. 35.000 —
- Pour le Ministère de la Marine........................ 15.000 —
- Total égal................ 450.000 fr.
- Cette somme de 450.000 francs, et sans qu’il puisse être question d’une
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- PREMIÈRE PARTIE. -- HISTORIQUE
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- nouvelle demande de crédits, sera suffisante pour assurer, dans des conditions dignes de la France, notre participation à cette manifestation économique.
- Nous avons, en conséquence, l’honneur de soumettre à vos délibérations un projet de loi ayant pour but d’autoriser, en principe, une dépense de 450.000 francs pour couvrir les frais de la participation de la France à l’Exposition de Milan.
- PROJET DE LOI
- Le Président de la République française,
- Décrète :
- Le projet de loi dont la teneur suit sera présenté à la Chambre des Députés par le Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, par le Ministre de l’Agriculture, par le Ministre des Travaux publics, par le Ministre de la Marine et par le Ministre des Finances cpii sont chargés d’en exposer les motifs et d’en soutenir la discussion.
- Article unique
- Les Ministres sont autorisés à engager, pour la participation de la France à l’Exposition Internationale de Milan, des dépenses qui ne pourront excéder la somme de 450.000 francs ainsi répartie :
- Ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et
- des Télégraphes..................................... 350.000 fr.
- Ministère de l’Agriculture............................. 50.000 —
- Ministère des Travaux publics.......................... 35,000 —
- Ministère de la Marine.................................. 15.000 —
- Total égal.................. 450.000 fr.
- Les crédits nécessaires seront ouverts en temps opportun et feront l’objet de chapitres spéciaux intitulés : « Exposition internationale de Milan ».
- Fait à Paris, le 5 juillet 1905.
- Par le Président de la République,
- Le Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes,
- Signé : F. DUBIEF.
- Le Ministre des Travaux publics,
- Signé : GAUTHIER.
- Signé : Emile LOUBET.
- Le Ministre de l’Agriculture, Signé : RU AU.
- Le Ministre de la Marine, Signé : G. THOMSON.
- Le Ministre des Finances, Signé : MERLOU.
- Cette somme de 450.000 francs jugée suffisante par le gouvernement pour assurer, dans des conditions « dignes de la France » notre participation à l’Exposition Internationale de Milan, était pourtant bien modeste, en comparaison des subventions accordées
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- antérieurement pour les Expositions organisées à l’étranger, et dans des pays moins éloignés de nous que l’Italie.
- En effet, en 1883, les crédits consentis à la Section française pour sa participation à l’Exposition d’Amsterdam étaient de 585.000 francs. Ceux alloués pour l’Exposition d’Anvers, en 1885, de 640.000 francs.
- A Bruxelles, en 1897, la subvention de la France s’élevait à 549.650 francs; enfin à Liège, en 1905, où cependant les commodités et la rapidité des transports étaient une source d’économies appréciables, 549.000 francs avaient été reconnus indispensables pour« assurer dans des conditions dignes de la France >' notre participation à l’Exposition.
- On a répandu, au sujet de la faiblesse des crédits demandés aux Chambres par le gouvernement, pour aider à l’organisation de la Section française à l’Exposition de Milan, des bruits dont il ne nous plaît pas de nous faire le confident.
- Nous sommes de ceux qui se refusent à croire que les doctrines politiqués doivent influencer en bien ou en mal, les sentiments des personnalités que les événements de la vie parlementaire placent, pour un moment, à la tête de la haute direction de notre commerce et de notre industrie.' '
- Nous voulons croire que, respectueuses de nos convictions intimes et de notre liberté individuelle, elles se préoccupent seulement de la part active apportée par toùs à la prospérité générale de la France et n’est le guide de leurs actes que le souci supérieur de nous aider dans cette tâche si aride et si délicate.
- Sans prendre la responsabilité de critiques, que l’on ne peut appuyer sur des preuves matérielles, nous devons cependant constater que les crédits officiels de l’Exposition de Milan étaient inférieurs à ceux accordés habituellement pour ces manifestations. Ils ne correspondaient pas aux largesses des autres puissances et étaient peu en rapport avec le rang que la France avait à tenir en Italie.
- Sans doute la participation de la France fut des plus brillantes; mais on ne peut soutenir que les crédits nécessaires aux dépenses officielles pouvaient être considérées comme un témoignage d’encouragement donné à l’initiative privée?
- Jusqu’à cette Exposition, le gouvernement avait habitué les exposants à des dépenses considérables pour sa participation. Les économies qu’il réalisait à l’occasion de cette entreprise qui, de
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- PREMIÈRE PARTIE. -- HISTORIQUE
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- l’avis général, demandait un effort considérable, pouvaient autoriser des défaillances nombreuses et préjudiciables à notre action en Italie.
- Les commerçants et les industriels dont on sollicitait l’adhésion, n’allaient-ils pas se trouver en droit de suivre l’exemple donné par le gouvernement ? Ne considéreraient-ils pas qu’ils pouvaient aussi réduire les dépenses très lourdes auxquelles les obligent les Expositions Internationales.
- Quelle signification pouvait-on donner à cette diminution des crédits officiels ; sinon que l’Exposition Internationale de Milan présentait un intérêt secondaire, où on pouvait se contenter d’une installation moins coûteuse ; au besoin même cela voulait dire aussi la possibilité de s’en désintéresser !
- Au lendemain de cette manifestation, qui fit tant d’honneur à la participation de tous, on répondra que les exposants n’eurent pas à souffrir de cette mesure. Mais son succès est dû à la sagesse, à la bonne volonté, à l’énergie des commerçants et des industriels. Ils estimèrent, avec raison, que l’heure était mal choisie pour réduire l’importance des sommes qu’ils consacrent à notre expansion commerciale. Les circonstances leur faisaient un devoir de ne pas fuir une lutte dans laquelle ils avaient travaillé à faire étendre le programme et dont le résultat ne dépendait pas uniquement de la collaboration active du gouvernement. Ils étaient persuadés, avec raison, que la bonne volonté, l’ingéniosité et la discipline des exposants français constitueraient les meilleurs éléments de la victoire espérée.
- L’Exposition Internationale de Milan était la première manifestation organisée par l’Italie dont nous avons déjà montré le développement commercial, industriel et économique.
- Les autres nations participant officiellement à l’Exposition de
- Milan avaient accordé les crédits suivants :
- L’Angleterre .............................. 10.000 livres.
- L’Autriche ............................... 200.000 couronnes.
- La Ville de Vienne.................. 150.000 couronnes.
- La Hongrie............................... 300.000 couronnes.
- L’Allemagne .............................. 370.000 marks.
- La Belgique......................... 1.000.000 francs.
- La Hollande ......................... 15.000 Florins.
- La République Argentine............. 600.000 francs.
- La Suisse allouait un premier crédit de . 35.000 francs.
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- se réservant de demander au parlement helvétique les fonds nécessaires à la subvention fédérale.
- D’après ces chiffres, il était facile de se rendre compte que l’Au-triche-Hongrie, réunissant au total, avec la Ville de Vienne, 650.000 couronnes, soit plus de 650.000 francs, entendaient disputer chaudement la place prépondérante convoitée en raison de sa double qualité de proche voisine de l’Italie.
- Quant à la Belgique, son million accordé indiquait nettement qu’elle entendait voir ses nationaux faire un effort considérable et ne pas se contenter d’une participation honorable.
- En ce qui nous concerne plus particulièrement, l’heureux rapprochement d’une sympathie réciproque, d’une affinité de race, d’intérêts, dont la communauté est incontestable, devait nous inciter à faire pénétrer en grand nombre, chez nos voisins amis, nos principales et meilleures productions, afin de les faire apprécier et d’étendre notre influence, qui ne pouvait être mieux secondée que par l’augmentation de nos affaires en Italie.
- C’était le but que le Comité français des Expositions à l’étranger avait poursuivi en prenant l’initiative de conseiller aux Italiens d’étendre à toutes les branches de l’activité humaine, l’Exposition internationale de Milan.
- La lutte pacifique et courtoise ainsi engagée sur le terrain de la concurrence ne nous effrayait certes point, mais il nous eût été agréable de constater que notre gouvernement avait secondé d’une manière plus large, les efforts tentés dans la circonstance par le Comité français des Expositions à l’étranger.
- Le projet de loi déposé sur le bureau de la Chambre des députés, le 5 juillet 1905, prévoyait donc, comme nous l’avons exposé, un crédit de 450.000 francs. Renvoyé à la Commission du budget, celle-ci le réduisit à 400.000 francs et la Chambre ratifia la réduction en votant sans discussion, dans la séance du 12 juillet, ce dernier chiffre.
- Le projet ainsi adopté, fut ensuite porté devant la haute Assemblée qui le vota définitivement le 30 novembre, après lecture du rapport présenté au nom de la Commission des finances par M. Albert Gérard, sénateur.
- Quoique ce document ait été naturellement connu, dès sa publication, par les organisateurs de la Section française et tous ceux qui ont suivi les travaux parlementaires qui devaient aboutir au vote des crédits demandés, nous avons estimé qu’il a sa place marquée
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- dans notre rapport. Sa composition ne comporte-t-elle pas, en effet, tous les éléments nécessaires à faire apprécier, sans complaisance, mais aussi sans injustice, les efforts des personnalités qui ont eu à s’occuper de la participation française à Milan, ainsi que les résultats qui ont été obtenus.
- C’est pour répondre à cette préoccupation supérieure que nous reproduisons cet important document, sauf les premiers paragraphes déjà mentionnés dans l’exposé des motifs du projet de loi adopté par la Chambre des députés que nous publions d’autre part.
- RAPPORT DE M. ALBERT GÉRARD, SÉNATEUR
- Le Gouvernement a donc déposé, le 5 juillet dernier, sur le Bureau de la Chambre des Députés, un projet de loi autorisant rengagement d’une dépense de 450.000 francs pour la participation de la France à l’Exposition internationale de Milan.
- La Commission du Budget, chargée d’examiner ce projet, réduisit à 400.000 francs le chiffre du crédit en question, qui fut ensuite voté sans discussion par la Chambre, dans sa séance du 12 juillet 1905.
- Le chiffre de 450.000 francs peut paraître peu élevé si on le compare aux chiffres des crédits votés pour les différentes Expositions étrangères précédentes.
- Même si l’on remonte aux Expositions organisées en 1883 à Amsterdam, eh 1885 à Anvers et en 1897 à Bruxelles, on constate que les crédits consentis ont atteint respectivement585.000 francs, 640.000 francs et549.65Ô francs alors (pie le nombre des exposants était relativement restreint et que, par conséquent, l’importance de la participation française ne pouvait être comparée à celle qu’elle a prise par la suite.
- Depuis, les Expositions à l’étranger ont rencontré chez nos commerçants et chez nos industriels une faveur sans cesse grandissante. Ils y voient, évidemment, un moyen non seulement de conserver les positions acquises en ne laissant pas le champ libre à la concurrence, mais encore d’élargir leurs débouchés et d’accroître leurs sphères d’action. Le nombre des exposants a augmenté à chaque Exposition et, cependant, grâce au concours apporté par le Comité français des Expositions à l’étranger, les frais de participation de l’Etat n’ont pas suivi cette progression.
- Alors ([lie 4.079.700 francs ont été nécessaires à Chicago, 1.450.000 francs (dont 600.000 pour la Section industrielle et commerciale) ont été sullisants a Saint-Louis et 592.000 seulement à Liège.
- L’expérience acquise, en ces occasions récentes, a permis d’établir, avec une certaine approximation, la prévision des dépenses qu’entraînerait, dans des conditions analogues, la participation officielle de la France à l’Exposition de Milan.
- L’Exposition de Saint-Louis fournissait déjà des éléments d’appréciation, mais en raison surtout des conditions exceptionnelles d’une entreprise aussi
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- lointaine, on comprendra que c’est nécessairement l’Exposition de Liège qui peut constituer un précédent tout à fait probant.
- Il faut noter, en effet, que si, à l’origine, l’Exposition de Milan devait se limiter à une Exposition Internationale de transports, des modifications successives en ont fait dès maintenant une Exposition qui s’étend à presque toutes les branches de l’activité humaine.
- La Classification est ainsi établie à l’heure actuelle :
- 1. — Transports par terre (Chemins de fer) ;
- 2. — Transports par terre (Charrois et tramways) ;
- 3. — Aéronautique ;
- 4. — Métrologie ;
- 5. — Transports maritimes et fluviaux ;
- 6. — Prévoyance ;
- 7. — Habitations à bon marché ;
- 8i — Arts décoratifs';
- 9. — Industries de l’ameublement (céramique, verrerie, tissus d’ameublement, tapisseries, meubles, papiers peints);
- 10. — Industries artistiques du métal (orfèvrerie, bijouterie, joaillerie, bronzes, monnaies et médailles) ;
- 11. — Industries graphiques (imprimerie, librairie, reliure, publications périodiques);
- 12. —Industries du costume (tissus, vêtements et accessoires du vêtement);
- 13. — Galerie des machines et du travail (machines en action) ;
- 14. — Exposition rétrospective des transports ;
- 15. — Pisciculture ;
- 16. — Agriculture et horticulture ;
- 17. — Hygiène publique (hygiène et assistance sanitaire dans l’industrie des transports) ;
- 18. — Cycles, automobiles et industries qui s’y rattachent ;
- 19. — Produits chimiques et pharmaceutiques ;
- 20. — Alimentation, photographie, instruments de musique, armes, parfumerie, bimbeloterie.
- Il est possible qu’elle subisse encore quelques modifications mais toutes auraient certainement pour but d’étendre davantage le champ de notre participation.
- Toutefois, en l’état, ces différents groupes intéressent les Ministères du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, de l’Agriculture, des Travaux publics et de la Marine.
- Le tableau suivant fait ressortir par départements ministériels les crédits demandés primitivement par le Gouvernement et ceux votés par la
- Chambre :
- Ministères Chiffres du Gouvernement Chiffres votés par la Chambre
- Commerce..................... 350.000 francs 310.000 francs
- Agriculture................... 50.000 — 46.000 —
- Travaux publics.......... 35.000 — 31.000 —
- Marine........................ 15.000 — 12.500 —
- Totaux................ 450.000 francs 400.000 francs
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- Ainsi que nous l’avons dit plus haut, ces chiffres ont été établis d’après les indications fournies par la pratique des Expositions précédentes, et sur des bases dont il est aisé par conséquent de fournir une indication . assez précise.
- I. Commerce. — La plus grande part des crédits revient naturellement au Ministère du Commerce à cpii incombe l’organisation du Commissariat, les frais de représentation, de police, des douanes, ainsi que toutes les dépenses générales.
- Le tableau ci-dessous fournit le tableau de l’emploi du crédit tel qu’il a été réduit par la Chambre des Députés.
- 1. Commissariat général (personnel du Commissariat) : un Commissaire général, un Commissaire général-adjoint, et cinq attachés, soit en tout sept personnes pendant 15 mois, et supplément pour frais de séjour en
- Italie, pendant 8 mois environ...................... 63.000 bancs
- 2. Loyer et frais de maison (entretien domestique du Com-
- missariat général à Milan)............................. 15.000 —
- 3. Impressions et divers .................................. 7.000
- 4. Frais de représentation................................ 15.000
- 5. Décoration générale (la surface de la Section française
- est de 24.500 mètres). Aménagement du Salon dit « de
- France ». Douane et police............................ 120.000 —
- 6. Gardiennage et publicité.............................. 20.000
- 7. Subvention aux groupes non commerciaux: rétrospec-
- tive des transports, économie sociale, associations ouvrières, etc... envoi de délégués ouvriers............. 70.000
- Total............... 310.000 francs
- Il est nécessaire toutefois d’appeler l’attention sur ce fait que les eilorts devront porter, à Milan, d’une façon toute spéciale sur la décoration du salon dit « de France » puisque, par une délicate attention de l’Administration italienne, cette pièce, qui devra constituer comme un centre de l’Exposition, servira de grand salon de réception pour toutes les fêtes officielles.
- Il convient, en outre, de remarquer, pour terminer cet examen des prévisions de dépenses du Commissariat général, qu’une différence très nette doit être établie ici avec Liège pour tous les frais généraux. En effet, Liège est à quelques heures de Paris et les dépenses de chemin de fer sont insignifiantes. A Milan, au contraire, les frais de voyage vont, en toutes circonstances, s’augmenter d’une façon considérable, en raison de la distance presque quadruple et aussi à cause des tarifs de transports.
- Il est indispensable, en outre, pour les mêmes causes, d’avoir a Milan un Commissaire général-adjoint et des attachés qui demeureront sur place.
- On peut, en effet, aller à Liège et en revenir dans la même journée, sans que de tels déplacements, même très fréquents, entraînent des dépenses considérables ; mais il est impossible, on le comprendra aisément, de songer à agir de semblable façon à Milan où une permanence est d’une absolue nécessité.
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- Toutes ccs raisons semblent donc justifier la demande d’un crédit de 1110.000 francs. Le Gouvernement n’a, d’ailleurs, pas voulu préjuger en aucune façon de la décision des Chambres et il lui a fallu en conséquence se tenir sur une grande réserve en ce qui concerne non seulement l’importance, mais encore le principe même de la participation ofliciellc de la France.
- Ce n’est donc que lorsque le Gouvernement sera fixe sur ce point, ainsi que sur le chiffre du crédit mis à sa disposition, qu’il lui sera possible de prendre des engagements fermes et de délimiter (le façon précise l’étendue de sa participation.
- II. Agriculture. — Le crédit réservé à l’Agriculture et ramené par la Chambre de 50.000 à 46.000 francs, peut sembler réduit si on le compare au crédit de 90.000 francs accordé à Liège pour le même département et surtout si l’on songe à l’importance que peut avoir cette branche d’Exposition dans un pays tel que l’Italie.
- Le Gouvernement insiste de la façon la plus vive pour que le crédit en qpestion ne subisse aucune nouvelle réduction.
- III. Travaux publics. — Le crédit de 35.000 francs demandé pour la participation des Travaux publics a été réduit par la Chambre à 31.500 francs.
- A Liège, on avait pu, il est vrai, se contenter de 28.500 francs, mais il rie faut pas oublier que l’Exposition de Milan est avant tout une Exposition de moyens de transports' et que cette légère différence de 2.500 francs se trouve justifiée par cette seule raison.
- A Liège, le ministère avait fait exposer:
- L’Ecole des Ponts et Chaussées;
- L’Ecole des Mines ;
- Le Service de la carte.géologique :
- Le service central des phares ;
- Les services maritimes et de navigation ;
- Le service de construction des chemins de fer ;
- Le Service delà statistique au Ministère des Travaux publics.
- Le crédit demandé permettrait à la participation française à Milan un développement analogue et d’y ajouter quelques projets du programme de travaux voté en 1903 et déjà entré dans la voie d’exécution.
- IV. Marine. — Un crédit de 15.000 francs avait été demandé pour assurer la participation de la Marine, la Chambre des Députés l’a réduit à 12.500 francs.
- C’est du reste l’industrie qui constituera la part principale de l’Exposition et il semble difficile de réduire encore le chiffre de la contribution de l’Etat en ce qui concerne ce Département. Les pêches maritimes doivent avoir, en effet, une place considérable à l’Exposition de Milan et le crédit est nécessaire pour assurer la participation française.
- Pour ces raisons, nous avons l’honneur de proposer au Sénat d’adopter le projet de loi suivant:
- PROJET DE LOI Article unique
- Les ministres sont autorisés à engager, pour la participation de la France
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- i l’Exposition internationale de Milan, des dépenses qui ne pourront excéder a somme de 400.000 francs ainsi répartie à :
- Ministère du Commerce, de l’Industrie
- des Postes et des Télégraphes.................. 310.000 francs
- Ministère de l’Agriculture.......................... 46.000
- Ministère des Travaux publics....................... 31.500 —
- Ministère de la Marine.............................. 12.500 —
- Total éual............................. 400.000 franc
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- CHAPITRE IX
- VOYAGE DE M. DONCKÈLE ET û’UN GRAND NOMBRE DE COMMERÇANTS
- ET D’INDUSTRIELS SUR LES LIEUX DE L’EXPOSITION. -----------
- BEAUTÉ MAJESTUEUSE DU VOYAGE. ------- IMPRESSIONS PERSONNELLES. -----------------------------ASPECT DE LA FUTURE EXPOSITION. - RETARD DANS
- LES TRAVAUX. -- ACTIVITÉ DU COMITÉ D’iNSTALLATION.
- §;TtA^ès le début de 1906, le sympathique président de notre I Comité d’admission, M. Donckèle, se rendait à Milan, et commençait activement les préparatifs d’installation de la Section française.
- La plupart des commerçants et des industriels qui préparaient les éléments de leur collaboration particulière effectuèrent également, vers cette époque, un premier voyage sur les lieux de-l’Exposition, afin de se rendre compte par avance des dispositions générales de la Section et de juger les ressources décoratives qu’offraient, par leur situation, les emplacements qui devaient leur être réservés.
- Nous avons la conviction que ceux de nos collègues qui ont eu le temps et la liberté de faire le voyage de Milan, ont conservé, malgré la longueur du trajet et sa fatigue, une impression agréable de la majestueuse beauté du panorama qui se déroule sous les yeux, soit qu’on passe par la ligne du Mont-Cenis, ou par celle du Saint-Gothard.
- On sait que l’inauguration du Tunnel du Simplon n’eut lieu que le 21 mai 1906.
- Quant à nous, au risque même de sortir des limites prévues de ce rapport, nous ne pouvons résister à la tentation de décrire le paysage qui s’est offert à notre vue, en mars 1906, lors d’un de nos voyages
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- et dont le trajet empruntait la ligne qui passe par le tunnel des Alpes helvétiques.
- La traversée de la Suisse, entre Bâle et Lucerne, offre toujours au voyageur un agréable et nouvel attrait. Mais c’est surtout lorsqu’on a laissé Lucerne derrière soi, que le spectacle devient véritablement magique.
- Après avoir contourné le lac de Zug, bien connu de ceux qui ont roulé sur la voie en crémaillère du Riglii, la ligne du Saint-Gothard se dirige vers Schwyz passant à travers le gigantesque éboulement qui ensevelit, au commencement du siècle dernier, le bourg de Goldau. Nous longeons le joli lac de Lowerz que nous laissons à droite, nous traversons la ville de Schwyz, rejoignons le lac des Quatre-Cantons à Brunnen et le suivons jusqu’à Altorf.
- Pendant cette partie du parcours, on ne sait ce qu’il convient le plus d’admirer de cette pittoresque région où se déroula la légendaire épopée de Guillaume Tell.
- La ligne côtoyant les rives charmantes des lacs laisse voir, àgauche, une partie du versant nord des Alpes; abrupt ici, formant plus loin des ondulations semblables à des vagues énormes, toutes blanches, mais piquées ça et là de taches noires, que dessinent les forêts de sapins débarrassées par le vent de leurs manteaux de neige. Altorf est au bas de la sauvage vallée de la Reuss, au-delà de laquelle le spectacle est d’une beauté qu’une plume plus autorisée que la nôtre pourrait seule décrire. Devant nous le chemin de fer grimpe doucement, déroulant ses lacets comme un long et gros serpent, frôlant des escarpements et surplombé, par endroits, de pans de rochers.
- Plus nous avançons, et plus la vallée se resserre; les accidents de la voie se font plus rapprochés et plus imprévus.
- Au fond de gorges rocheuses, la Reuss se tord, furieuse, écumante, roulant des blocs énormes, se brisant, avec un bruit d’enfer, contre les roches qui semblent avoir été placées là pour se rire de l’impétuosité bien vaine du torrent.
- Voici franchi le pont du Diable, dont le nom évoque les fantastiques légendes; un autre pont jeté sur une étroite et sombre fissure, rappelle la naïve aventure de ce moine trop galant, qui, poursuivi par les. habitants de la vallée et voulant échapper à leur colère, exécuta sain et sauf le saut désespéré d’une rive à l’autre du torrent.
- Mais le grand tunnel, dans lequel le train s’engouffre avec fracas,
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- vient subitement briser la contemplation de ce panorama, si riche en décors, dont la gamme des couleurs est variée à l’infini et sur lequel l’œil se pose avec un ravissement incomparable.
- Vingt minutes se sont à peine écoulées et de nouveau la lumière du jour paraît, le train stoppe à Airolo et le spectacle un instant interrompu, reprend dans toute sa splendeur.
- Derrière nous, maintenant, des masses énormes se dressent; elles semblent être des barrières inviolables, gardiennes géantes de la volonté de la nature contre l’audace des hommes... un petit trou, percé aux lianes des monts, et dont aucun signe ne révélera bientôt plus l’existence au voyageur qui s’enfuit, atteste pourtant que là, comme partout ailleurs, la volonté humaine a triomphé des obstacles.
- Au-dessous de nous s’étend la vallée du Tessin, sœur jumelle de la vallée de la Reuss. Le chemin de fer y accède par une voie qui court en serpentant à travers des roches d’aspect redoutable, suspendues au-dessus de gorges rapides et profondes.
- Partout les travaux d’art abondent : les ponts du Tessin, du Bréano, du Dazio, de Polimengo, ceux de Giornico et bien d’autres encore nous enthousiasment et nous confondent par l’effortwde difficultueux et patient travail qu’ils représentent.
- Nous nous dirigeons maintenant sur Luganoet leLacMajeur; nous entrons en territoire italien, nous apercevons Côme et son joli lac qui est le plus attrayant des lacs d’Italie.
- Mais la partie captivante du voyage était terminée; nous arrivions dans la belle et fertile campagne lombarde qui commençait à verdoyer, et bientôt après à Milan.
- Nous ne parlerons que du Parc et de la Place d’Armes, qui formaient remplacement de l’Exposition. Sans doute, ils présentaient l’aspect d’un vaste chantier, grouillant d’activité, mais les palais et les édifices qui devaient abriter les installations des exposants étaient très en retard et il était manifeste qu’ils seraient à peine achevés pour le jour de l’inauguration de l’Exposition.
- Cependant le Comité d’installation ne négligeait aucun effort pour se montrer à la hauteur de sa tâche et pour éviter que la négligence des exposants ne soit cause de nouveaux retards, infiniment préjudiciables aux intérêts du commerce français.
- Il commandait les vitrines, désignait les places réservées à chacun des exposants, leur adressait avec leur certificat d’admission, toutes les instructions relatives à l’expédition de leurs envois.
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- CHAPITRE X
- QUESTIONS DE TRANSPORTS. — LES VOYAGEURS. ------- LES COLIS.
- CIRCULAIRES ADMINISTRATIVES.
- S-(E son cote, M. le Commissaire général envoyait, le 29 mars,, à tous les présidents de Classes, la circulaire suivante des-tinée, elle aussi, à activer l’envoi des caisses.
- Paris, le 29 mars 1906.
- Le Commissaire Général du Gouvernement français à M..................... Exposant,
- TRES URGENT
- Je suis avisé officiellement que l’Exposition internationale de Milan s’ouvrira exactement le 21 avril prochain et que L. M. le Roi et la Reine d’Italie se proposent, dès le premier jour, de visiter les Sections étrangères.
- Des renseignements spéciaux qui me parviennent, en outre, il résulte que Leurs Majestés commenceront leur visite de l’Exposition de Milan par le Palais des Arts décoratifs français, qu’Elles la continueront par la Section de 1 automobile et parcourront successivement les divers Palais.
- Il est donc essentiel que vous preniez, d’urgence, toutes les mesures, nécessaires pour expédier vos produits à l’Exposition de Milan ; vous voudrez bien ne pas perdre de vue que les Compagnies de transports ne peuvent s’engager à livrer les produits dans l’enceinte de l’Exposition de Milan en moins de 18 jours pour la petite vitesse et de 10 jours pour la grande vitesse.
- Si vous ajoutez à ces délais le temps nécessaire pour l’installation de vos objets, vous reconnaîtrez avec moi qu’il n’y a plus un instant à perdre ; vous trouverez d’ailleurs, auprès de votre président de Classe, toutes les indications nécessaires pour effectuer vos envois.
- Je dois préparer dans la journée du 10 avril l’itinéraire qui sera proposé pour la visite royale du lendemain et je me trouverai dans l’obligation de fixer des itinéraires suivant l’état d’achèvement des diverses installations.
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- Il y a donc un grand intérêt à ce que la Classe à laquelle vous appartenez soit prête à la date du 20 avril pour qu’elle puisse être comprise dans le parcours que j’arrêterai.
- Le Commissaire général,
- Signé: Marcel Jozon.
- Nous devons reconnaître que les exposants pressaient autant que possible dès ce moment leurs expéditions, mais les transports s’effectuaient avec une lenteur désespérante. Les délais fixés par les compagnies étrangères, pour la grande ou petite vitesse, étaient constamment dépassés, les colis arrivaient pêle-mêle à destination et certains même en mauvais état.
- D’autre part, les exposants, tenus d’effectuer de nombreuses allées et venues de Paris à Milan pour la surveillance de leurs installations, avaient espéré obtenir pour eux-mêmes des Compagnies de chemins de fer français, une réduction importante sur les tarifs ordinaires. Ils y comptaient d’autant plus qu’aux précédentes Expositions d’Anvers, de Bruxelles et de Liège, la Compagnie des chemins de fer du Nord avait manifesté en semblable occurrence une bonne volonté et une courtoisie auxquelles il nous est encore agréable de rendre hommage.
- Le Comité français des Expositions à l’étranger fit les démarches nécessaires auprès des Compagnies de l’Est, du P.-L.-M., mais celles-ci restèrent à peu près sourdes à cet appel. C’est à peine si l’une d’elles consentit à accorder des billets d’aller et retour, jusqu’aux gares frontières, valables pendant 30 jours. Cette mesure ne procurait aucun avantage aux exposants puisque la plupart d’entre eux étaient tenus, par leurs affaires, de rentrer à Paris avant l’expiration du délai indiqué sur leur coupon de retour.
- Pour les ouvriers, on obtint cependant les quelques avantages consignés dans la circulaire ci-après, adressée le 4 avril à tous les exposants par M. Maguin, président du Comité d’organisation de la Section française.
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- R HP UBLI QUE F R AN Ç AI SE
- Ministère du Commerce Paris, le 4 avril 1906.
- TRANSPORT DES VOYAGEURS
- Le Président du Comité d'organisation de la Section française à M...........................Exposant,
- Nous avons l’honneur de vous faire connaître les conditions qu’il a été possible d’obtenir, tant en France qu’en Italie, pour le transport des expo* sants ou ouvriers.
- I. Exposants. —En France: La Compagnie P.-L.-M. ne concède d’autre avantage aux exposants que de leur délivrer des billets d’aller et retour valable pendant 30 jours, jusqu’aux gares frontières de Modane ou de Yinti-mille, pour la période comprise entre le 13 avril et le 15 novembre.
- En Italie: Les chemins de fer italiens accordent des bons de réduction de Modane ou de Vintimille à Milan et retour sous les conditions suivantes :
- L’exposant fera la demande écrite 3 jours au moins à l’avance au bureau de la Section française, à la Bourse de Commerce, rue du Louvre, en indiquant le numéro de son certificat d’admission: il lui sera retourné en échange un bon de réduction et une carte de reconnaissance, tessera perso-nale di riconoscimento, qui lui serviront, au passage des gares frontières, ou à la gare de Milan pour le retour, à obtenir le billet à prix réduit; les exposants sont priés de désigner la classe dans laquelle ils veulent voyager.
- IL Ouvriers. — En France : La Compagnie P.-L.-M. accorde pour les ouvriers ou employés à destination de l’Exposition de Milan, des bons de réduction de demi-place aller et retour jusqu’aux gares frontières Modane ou Vinti-niille, valables en 2mc classe ou en 3mo classe.
- En Italie: Les chemins de fer italiens accordent également des réductions équivalentes pour les ouvriers et employés.
- Pour obtenir ces bons de réduction, il est nécessaire d’adresser au Bureau de la Section française, Bourse de Commerce, une demande écrite et signée donnant l’état nominatif des ouvriers ou employés pour lesquels il sera établi :
- 1. Pour voyager sur le P.-L.-M., une autorisation en vue d’obtenir un bon de réduction que les intéressés auront à retirer au Bureau des Permis, 80, rue Saint-Lazare.
- 2. Pour voyager sur les chemins de fer italiens, un bon italien auquel sera joint un certificat constatant que le titulaire du bon est ouvrier de la Section française.
- Ces deux dernières pièces devront être présentées par l’intéressé à la gare frontière, à l’aller, ou à la gare de Milan, au retour, en vue d’obtenir les réductions annoncées.
- Il est nécessaire de bien spécifier sur la demande en quelle classe doivent voyager les ouvriers.
- Le Président du Comité d'organisation de la Section française,
- A. MAC U IN.
- Le Secrétaire général, Signé: Géo. LAMAILLE.
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- Quant aux chemins de fer italiens, ils accordaient bien des réductions appréciables, ainsi qu’il est spécifié dans la circulaire que nous venons de reproduire, mais la plupart de ceux qui pouvaient en bénéficier y renoncèrent devant l’ennui des nombreuses et peu pratiques formalités qu’ils avaient à accomplir.
- Le premier trimestre de 1906 fut donc marqué par des désagréments et des tracas divers bien difficiles à éviter; on en trouvait heureusement la compensation au cours des voyages même, dans la contemplation des sites admirables qu’il était presque regrettable de traverser aussi vite.
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- CHAPITRE XI
- L INAUGURATION DE L EXPOSITION EST RETARDEE.-L'ÉRUPTION DU
- VÉSUVE. -- PREMIÈRE VISITE DE LL. MM. LE ROI ET LA REINE
- D’ITALIE. LA PLUIE VIENT AU SECOURS DES EXPOSANTS. —
- HISTOIRE D’UNE CORBEILLE DE FLEURS. L’iNAUGURATION
- OFFICIELLE.--LL. MM. INAUGURENT OFFICIELLEMENT LA SECTION
- FRANÇAISE. - DISCOURS DE M. JOZON.
- rc) a date de l’inauguration de l’Exposition avait été fixée au 21 avril.
- èkÊJfrà Si les organisateurs avaient dû renoncer à l’idée que les constructions et les aménagements fussent achevés pour cette époque, ils avaient, du moins, le très légitime désir que cette importante cérémonie ne fût troublée par aucune complication de la dernière heure.
- Aussi, dès le commencement du mois, les préparatifs de l’inauguration étaient poussés avec la plus grande activité.
- D’un autre côté, l’approche du séjour que LL. MM. le Roi et la Reine d’Italie devaient faire à Milan, contribuait à donner une agitation exceptionnelle à la ville.
- Les Milanais, désireux de ne rien négliger pour recevoir dignement leurs hôtes royaux et les visiteurs qui devaient accourir en foule, faisaient la toilette de leur ville et s’ingéniaient à augmenter encore son cachet artistique.
- Les peuples s’apprêtaient donc à manifester, dans la paix et dans la joie, l’évolution nouvelle de leur infatigable activité, lorsqu une catastrophe, que ne pouvaient éviter tous les efiorts du progrès, semait le deuil et la désolation dans une partie de l’Italie.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Le Vésuve, endormi depuis des siècles, s’était réveillé subitement et avait englouti sous une pluie de lave et de cendres, la région que baigne le golfe de Naples.
- Dans ces tristes circonstances, l’Italie devait trouver le réconfort des sympathies émues du monde civilisé.
- La nature venait de montrer que ses droits demeurent imprescriptibles et qu’elle peut, en une seconde, anéantir l’œuvre enfantée par le génie de l’homme.
- Mais les sentiments peuvent, au nom de la solidarité universelle, adoucir les plus grandes misères.
- Les conséquences de la catastrophe du Vésuve étaient à peine connues que, dans le monde entier, s’organisaient des souscriptions publiques pour venir en aide à ses victimes.
- Ainsi se trouvait scellée, sur le territoire italien, l’entente commune des peuples, unis pour poursuivre leur marche vers le progrès et pour prendre leur part des deuils et des misères que les éléments indomptables sèment sur la terre.
- A Milan, on ne parlait que de ces tristes événements, auxquels les journaux consacraient la plus large place de leurs rubriques.
- Cependant, vers le milieu d’avril, les nouvelles devenaient plus rassurantes; l’éruption de lave s’apaisait, la confiance renaissait, on pouvait espérer que de nouvelles ruines ne viendraient plus augmenter la tragique horreur de la catastrophe. Naples la Tranquille, sauvée du lléau dévastateur, ne devait pas voir son nom couché dans les annales des villes mortes, à côté de celui de Pompéi.
- II
- Les Milanais reprirent donc les préparatifs interrompus par ces douloureux événements.
- Mais, en raison du deuil national et de l’absence des souverains qui avaient tenu à porter aux populations miraculeusement sauvées, leurs encouragements personnels, la date de l’inauguration de l’Exposition fut reportée au 28 avril.
- I* De nombreux exposants ignoraient cette décision et s’étaient rendus à Milan, dans la pensée que cette solennité aurait lieu le 21 avril.
- Il ne purent, malheureusement, s’astreindre à demeurer huit jours absents de Paris. Ils y étaient rappelés, non seulement par
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- leurs affaires, mais encore par la crainte des troubles graves, dont on nous prétendait menacés pour le premier mai.
- III
- Le 28 avril, de bonne heure, Milan présentait une animation extraordinaire. La ville était pavoisée de drapeaux de tous les pays, claquant au vent, les avenues conduisant du Palais Royal au « Parc », agréablement décorées, étaient sillonnées, dès huit heures, d’une foule joyeuse aux costumes pittoresques.
- Les Souverains et leur suite quittaient le Palais-Royal à 9 h. 20 pour se rendre à l’Exposition. La foule massée sur le parcours, derrière la haie de troupes, les acclamait chaleureusement.
- A l’entrée du parc, le Roi et la Reine furent reçus par le comte Guicciardini, ministre des Affaires étrangères; M. Pantano, ministre de l’Agriculture; M. Carminé, ministre des Travaux publics; l’amiral Mirobello, ministre de la Marine; M. Sacchi,ministre de la Justice; les présidents du Sénat et de la Chambre, de nombreux sénateurs et députés, le Comité exécutif de l’Exposition, l’honorable sénateur Mangili, le syndic de Milan, sénateur Ponti, et toutes les autorités de la Ville.
- Leurs Majestés furent aussitôt introduites dans le Pavillon de l’Exposition où se trouvait le Salon du Corps diplomatique.
- Les ambassadeurs et les représentants de toutes les nations participant à l’Exposition y étaient déjà réunis ainsi que les Commissaires généraux des Sections étrangères.
- La France était représentée par :
- MM. Rarrère, ambassadeur de France à Rome;
- Jozon, commissaire général du Gouvernement français;
- Ronssin, consul de France, commissaire général-adjoint;
- Maguin, président de la Section française;
- F. Manaut et G. Lamaille, secrétaires généraux de la Section française;
- Gondrand, président de la Chambre de commerce française à Milan.
- Après quelques mots de remerciements adressés aux Souverains par le président de l’Exposition, les présentations eurent lieu et M. Man-gili invita leurs Majestés à entrer dans l’Exposition par le Pavillon
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- du Simplon. La Reine dénoua alors gracieusement les rubans d’une porte symbolique, l’Exposition fut déclarée officiellement ouverte. Leurs Majestés et leur suite traversèrent alors la galerie du Simplon et pénétrèrent dans la grande salle des Fêtes.
- L’aspect de cette salle étaient vraiment féerique. Les balustrades, ornées de Heurs et de plantes vertes, des drapeaux groupés en faisceaux étaient, suspendus à des colonnades drapées d’immenses oriflammes. Dans les loges, les plus jolies Milanaises, portant d’élégantes toilettes claires; au foyer, les uniformes des officiers mêlaient leurs couleurs éclatantes à l’or brillant des diplomates et à l’originalité des représentants chinois et turcs.
- I rois fauteuils avaient été disposés pour recevoir les augustes visiteurs. Seules S. M. la Reine et la princesse Lœtitia y prirent place, S. M. le Roi ayant écouté, debout, les paroles de bienvenue qui leur étaient adressées.
- Le syndic, M. Ponti, le ministre de l’Agriculture, M. Pantano, prirent successivement la parole.
- Le Roi remercia les orateurs et félicita M. Mangili du succès de son initiative.
- La visite des souverains à travers les différentes Sections de l’Exposition constituait la seconde partie du programme. Là aussi commençaient les difficultés, car, ainsi que nous l’avions prévu, la construction des pavillons était à peu près achevée, mais si l’on pénétrait dans l’un d’eux, choisi au hasard, on se heurtait à des échafaudages et l’on ne pouvait admirer que la belle ordonnance des vitrines vides.
- On conçoit donc que l’honorable M. Mangili eût été très embar-
- rassé pour diriger, malgré son habileté, les pas de ces hôtes royaux
- IV
- Le Ciel se chargea de sauver la situation. Une pluie diluvienne et très irrespectueuse de la pompe officielle, vint juste à point pour tirer d’embarras les guides du cortège royal.
- En un instant, l’Exposition fut transformée en un vaste marécage. Leurs Majestés, suivies de leur cortège, quittèrent donc le « Parc » pour remonter dans leurs voitures. Elles furent accompagnées, jusqu’au Palais Royal, par les vivats d’une foule stoïque s pluie qui ne cessait de tomber.
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- V
- Les circonstances qui obligeaient d’interrompre la visite royale, causèrent néanmoins un léger désappointement parmi les Français qui avaient tenu à entourer, pendant cette cérémonie, la personne de notre Commissaire général M. Jozon.
- Par une attention délicate, à l’intention de S. M. la Reine, notre Commissaire général avait fait venir tout exprès de Paris, une corbeille de fleurs que devait offrir Mlle Jozon, dès que le cortège royal aurait franchi le seuil de notre Section.
- Le contre-temps qui retardait l’inauguration de la Section empêcha l’exécution de ce dernier projet.
- Les Heurs n’aimant pas attendre, M. Jozon et les différentes personnalités qui l’entouraient étaient fort perplexes.
- Que fallait-il faire de la corbeille destinée à la Reine? il était impossible de penser que des fleurs, ayant déjà fait le voyage, même très rapidement de Paris à Milan, pourraient conserver encore pendant quarante-huit heures la fraîcheur et l’éclat admirables de leurs couleurs.
- M. Jozon s’informa alors des moyens que l’on pouvait employer pour faire parvenir aussitôt la corbeille à S. M. la Reine.
- Quelques jours après, le Préfet du Palais confirmait officiellement à M. Jozon le vif plaisir que Sa Majesté avait éprouvé à la réception de ces Heurs de France.
- VI
- La cérémonie officielle de l’inauguration de l’Exposition avait donc été reportée au lendemain 29 avril, à deux heures de l’après-midi.
- Les exposants ne se montraient pas les moins satisfaits de cet ajournement et ils voulaient en profiter pour activer l’aménagement de leurs stands dont l’aspect était peu présentable.
- Cependant, dès neuf heures du matin, LL. MM. faisaient annoncer qu’Elles allaient se rendre au Parc et priaient qu’on voulût bien conserver à cette visite, son caractère privé.
- Le travail considérable que nous devions accomplir pendant les
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- quelques heures que le Ciel nous avait si généreusement accordées, se trouvait singulièrement compromis, les exposants étaient, semblait-il, voués à l’humiliation et à la déception.
- La clairvoyante obligeance de M. Mangili devait donner la paix à notre conscience.
- Le président du Comité conduisit, en effet, le Roi, dès son arrivée, au pavillon de l’Exposition rétrospective des transports et la matinée fut exclusivement consacrée à cette visite.
- Dès l’entrée, l’attention du Roi se portait sur le bas-relief qui la décorait, et qui, inspiré par un monument archéologique de Louqsor, représentait un char attelé de chevaux ailés.
- Ayant pénétré à l’intérieur de la galerie, le souverain y demeura longuement.
- Là se trouvait groupée une Exposition qui présentait, en effet, un intérêt bien compréhensible pour le royal visiteur. Elle comprenait la reproduction du nouveau tunnel et de la zone environnante, réduite au 1/50.000e, et la réunion de tous les outils, perforatrices et autres, qui avaient servi au percement du Simplon.
- Est-il nécessaire d’écrire que le Roi se montra très satisfait de cette visite, qu’il examina avec une attention réelle les objets exposés et qu’il fut le premier à réclamer des explications techniques que lui fournirent avec empressement les personnalités compétentes.
- Ainsi que M. Mangili l’avait prévu, l’attrait tout spécial offert par cette galerie accapara pendant la matinée l’attention de son hôte, et les exposants lui surent gré d’avoir ainsi retardé au moins de quelques heures une visite qui les honorait infiniment, mais qu’ils auraient voulu plus tardive.
- Lorsque le Roi abandonnait son inspection matinale, une heure était déjà sonnée, et dans peu d’instants la cérémonie officielle allait se dérouler avec une pompe éclatante, au milieu d’une as: tance des plus brillantes.
- VII
- 1 Une foule heureuse et qui, certes, ne cherchait pas à dissimule! joie, envahissait, dès deux heures de l’après-midi, les larges aven
- du Parc. Elle était maintenue, sur tout le parcours que devait sui
- le cortège royal par un double cordon de bersaglieri, de carabini et d’agents.
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- L’entrée de l’Exposition avait reçu une décoration particulièrement artistique. De riches étoffes, de couleur verte, avaient été employées pour l’aménagement d’un dais monumental, sur lequel se détachaient les armes royales, et pour l’ornement des portiques.
- Sur le sol, recouvert de tapis épais, douze fauteuils artistement brodés, offerts par la fabrique italienne du mobilier, avaient été disposés, en demi-cercle, à l’intention des hôtes royaux.
- Le Comité exécutif, ayant à sa tête le sénateur Mangili, attendait à l’entrée de l’Exposition les souverains, dont l’arrivée était bientôt signalée par l’écho des bruyantes acclamations populaires.
- Le Roi était en petite tenue de général, la Reine portait une toilette délicieuse, couleur violette de Parme.
- Les présidents du Sénat et de la Chambre accompagnaient les Souverains.
- Dès qu’Elles eurent mis pied à terre, LL. MM. furent conduites aux fauteuils qui leur avaient été réservés, mais elle écoutèrent, debout, les paroles que leur adressait M. Mangili.
- Cette première partie de la cérémonie achevée, le Roi et la Reine accompagnés des personnages de leur suite, traversèrent la place et le Palais des Beaux-Arts pour se rendre à la Section suisse.
- LL. MM. y furent reçues par M. Simon, membre du Conseil de la Confédération helvétique et Commissaire général du gouvernement, entouré des membres du Comité qui avait présidé à l’organisation de la Section.
- M. Simon prononça, suivant l’usage, les paroles de bienvenue et offrit à la Reine une très belle gerbe de fleurs naturelles.
- La visite du Pavillon, s’organisa aussitôt.
- Les Souverains félicitèrent le Commissaire général et les organisateurs de la participation helvétique du succès de leur œuvre, et témoignaient la satisfaction qu’ils éprouvaient de la réception qui leur était faite.
- A l’issue de cette visite, LL. MM. remerciaient les personnalités qui les avaient guidées lorsqu’elles se rencontrèrent avec S. M. le Roi des Belges, qui visitait, sans aucun apparat officiel, ce que l’on pouvait voir de l’Exposition.
- Les deux souverains se serraient cordialement la main, le Roi des Belges baisait la main de la Reine et une conversation très amicale s’engageait en langue française.
- Ce spectacle d’une si charmante simplicité produisit le meilleur
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- effet sur la foule des spectateurs et c’est pour cette raison que nous avons jugé à propos de le rappeler ici.
- Le Roi des Belges ayant manifesté toute son admiration pour le bel ordonnancement de l’Exposition, prenait congé des souverains italiens et continuait sa promenade, tandis que ceux-ci se rendaient au pavillon de la radiotélégraphie.
- Ils y trouvaient une réception des plus enthousiastes. Après la cérémonie des souhaits de bienvenue et les présentations, LL. MM. assistaient à des expériences du plus haut intérêt et, en leur présence, on procédait à la transmission d’une dépêche adressée parle poste du pavillon radiotélégraphique au commandant de la place maritime de Venise.
- Ces instants consacrés à la science ne furent pas, à ce que l’on a dit, les moins agréables de la journée de la Reine Hélène.
- Les augustes visiteurs prolongèrent leur visite dans cette Section et 11e la quittaient que pour rentrer au Palais royal.
- La foule joyeuse et respectueuse, toujours compacte, saluait à nouveau par de vives acclamations les souverains, qui, malgré la fatigue que devait leur causer cette première journée à l’Exposition, n’en paraissaient pas moins fort dispos et très satisfaits.
- L’INAUGURATION DE LA SECTION FRANÇAISE
- Le 30 avril, fut la grande journée française.
- Il était, en effet, tout indiqué que la visite officielle des souverains italiens à la Section française fût une nouvelle et heureuse occasion de montrer combien la nation italienne approuvait l’œuvre des hommes éminents qui furent les auteurs de la réconciliation avec la France.
- L’empressement et la grâce que les Milanais apportèrent à donner à cette journée tout l’éclat d’une grande fête nationale, furent infiniment sensibles non seulement aux exposants français, mais encore à tous ceux qui, en France, avaient contribué par la sagesse et la perspicacité de leurs conseils, à rendre possible cette manifestation de l’amitié qui unit maintenant les deux grandes nations latines.
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- PREMIÈRE PARTIE. ----- HISTORIQUE 01
- Tous ceux de nos compatriotes qui eurent la bonne fortune d être à Milan ce jour-là, ne pourront oublier l’enthousiasme que toutes les classes delà société, depuis la plus haute aristocratie jusqu’aux modestes artisans, apportèrent à fêter la France.
- Sur le parcours que devait suivre le cortège royal pour se rendre à l’Exposition, les maisons avaient reçu une décoration particulière, dont la richesse variait suivant les quartiers traversés; d’innombrables drapeaux, aux couleurs françaises et italiennes, formaient aux rues et aux avenues des voûtes multicolores.
- Partout on voyait la joie et l’animation.
- Une foule composée d’éléments très divers, dont les variations infinies se retrouvaient dans la couleur, la forme et la coupe des costumes et des coiffures, parcourait les rues en toute liberté.
- Pourtant ce singulier assemblage ne déplaisait pas à la vue, bien au contraire, il formait un spectacle très attrayant.
- Le temps même semblait avoir voulu rehausser l’éclat de cette journée; à la tristesse des derniers jours, avait succédé une atmosphère vraiment printanière.
- Milan devenait une cité merveilleuse, bien digne d’être le cadre d’une grande fête de la paix.
- Dans le Parc, l’affluence était considérable; on y remarquait les principaux personnages de l’aristocratie milanaise, des diplomates, des officiers en grand uniforme, et de nombreuses dames d’une somptueuse élégance.
- Le service d’ordre était assuré par des soldats d’infanterie, des carabiniers et des valets municipaux, dont la livrée blanche attirait l’attention des étrangers.
- Malheureusement, toute cette pompe, si généreusement dépensée, devait surtout servir à l’inauguration de vitrines, vides des produits de nos exposants.
- Cependant, l’ingéniosité de M. Marcel Jozon avait aidé à masquer, pour quelques instants, le véritable état de la Section française, et on fit admirer ce jour-là aux souverains la beauté des objets précieux prêtés par notre garde-meuble pour orner le salon d’honneur.
- L’arrivée du Roi et de la Reine fut saluée par les acclamations d une foule enthousiaste.
- LL. MM. furent reçues, à leur descente de voiture par le sénateur Mangili et les membres du Comité exécutif, qui les accompagnèrent à la Section française.
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- Dans le cortège royal, la présence de notre ambassadeur Ivl. Bar-rère était fort remarquée et des manifestations sympathiques le saluaient au passage.
- MM. Marcel Jozon, commissaire général;
- Ronssin, commissaire général-adjoint;
- Maguin, président du Comité de la Section française;
- Gondrand, président de la Chambre de commerce française de Milan;
- F. Manault et G. Lamaille, secrétaires généraux, ainsi que la plupart des membres du Comité d’organisation de la Section française, attendaient les souverains à l’entrée du Palais des Arts décoratifs français.
- Dès que ceux-ci arrivèrent, ils furent conduits avec leur suite dans le grand Salon de « France » où se trouvaient déjà réunis les membres de la mission française.
- M, Marcel Jozon, prononçait alors les paroles suivantes :
- Sire,
- C’est un grand honneur pour moi, comme Commissaire général de la République française, de saluer respectueusement Votre Majesté et Sa Gracieuse Majesté la Reine, qui a bien voulu rehausser par sa présence cette première visite, et de vous présenter les exposants qui ont envoyé à Milan les produits les plus précieux de leurs industries.
- Parmi ces produits, les uns répondent aux besoins matériels de l’humanité ; ils nous permettent de braver les intempéries, de parcourir la terre et les mers, et d’exploiter le monde entier, connue un riche patrimoine cpii nous est dévolu ; d’autres s’adrescnt à des besoins d’un ordre plus élevé, à la satisfaction que nous donnent les belles choses ; et c’est précisément dans le Palais des Arts décoratifs français, au milieu d’un riche mobilier, de tapisseries artistiques, de porcelaines et de bronzes qui comptent parmi les joyaux de l’industrie française que nous avons l’honneur de vous recevoir. Enfin, il y a une partie de l’Exposition d’une portée encore plus haute, celle qui constate le constant développement des œuvres de prévoyance et de solidarité sociale, œuvres qui marquent la marche progressive de l’humanité vers le bien, et nous consolent des restes d’égoïsme et de barbarie dont nous avons encore à nous débarrasser.
- C’est pour célébrer l’inauguration du tunnel du Simplon que la nation italienne a convoqué toutes les nations civilisées à l’Exposition de Milan. Elle voyait dans cette grande œuvre du percement des Alpes le symbole du rapprochement des peuples. Elle les invitait à se mieux connaître, à s’apprécier à leur juste valeur, à se communiquer les uns aux autres, les progrès qu’ils ont déjà réalisés et les espérances dont ils ornent l’avenir. Elle les engageait à s’instruire et à s’améliorer.
- Au milieu des compétitions que soulèvent fatalement les aspirations hu-
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- maines, des nuages menaçants s’étaient amoncelés à l’horizon. Toute chance de conflit a heureusement disparu, et c’est au milieu de la paix et de la bonne volonté universelle que le Roi d’Italie et la Nation italienne,
- PREMIÈRE PARTIE. — HISTORIQUE
- des nuages menaçants s’étaient amoncelés à l’horizon. Toute
- comme autrefois Rome et l’empereur Auguste, après avoir fermé le temple de la guerre, peuvent recevoir les délégués de tous les peuples de l’univers et leur offrir le spectacle magnifique de la prospérité italienne et de la prospérité mondiale qui éclatent brillamment en chacune des parties matérielles ou morales de l’Exposition.
- Au nom de la République française, au nom de tous les Français qui m’entourent ici, j’apporte à sa Majesté la Reine, j’apporte à la nation italienne, nos souhaits respectueux pour le bonheur des Souverains, pour la prospérité et la grandeur de l’Italie et les vœux que nous formons pour le développement des rapports toujours plus cordiaux entre la France et l’Italie, les deux peuples frères qui se donnent la main au travers des Alpes.
- . .
- Le Roi ayant répondu par des paroles empreintes de la plus grande bienveillance aux souhaits du gouvernement français, une conversation très intime s’engageait entre LL. MM., M. Barrère, et M. Jozon.
- Les collaborateurs du Commissaire général et les membres du Comité d’organisation étaient ensuite présentés au Roi et à la Reine.
- A cet instant, M. Maguin, président du Comité d’organisation, remit au Roi la grande plaquette en or du Comité français des Expositions à l’étranger et lui offrit, pour son cabinet des médailles, la reproduction en petit module de cette plaquette.
- Le Souverain parut vivement touché de cette délicate attention et remercia chaleureusement M. Maguin. Il exprima également à M. Jozon toute la sympathie que la France « toujours à F avant-garde du progrès et de l’activité» inspirait à la Reine et à lui-même, et 1 admiration qu’ils éprouvaient pour la brillante participation des commerçants et industriels français.
- Le cortège royal parcourut alors les salons de la Section française,
- Connaissant par avance, le trajet que suivraient les visiteurs royaux, M. Jozon avait préparé avec un soin tout particulier les stands qui se trouvaient sur leur passage et nous devons convenir qu’ils offraient un aspect très satisfaisant.
- On avait hâtivement groupé les plus beaux éléments de la participation officielle, meubles anciens, tapisseries et porcelaines des manufactures nationales, tout cela constituait un ensemble d’une grande richesse qui obtint un réel succès.
- Mais il n’aurait pas fallu franchir les limites de cette voie mer-
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- veilleuse, car on serait tombé dans un horrible désordre de caisses d’emballage, d’échelles et de seaux de peinture.
- Personne n’eut cette indiscrète pensée. Le Roi et la Reine emportèrent une excellente impression de leur visite.
- M. Jozon avait sauvé l’honneur des exposants. Le succès avait été grand, mais l’impression eut été infiniment plus retentissante, si la Section française avait été véritablement prête à recevoir ses illustres visiteurs.
- VIII
- A l’occasion de l’inauguration de l’Exposition, plusieurs fêtes furent organisées.
- Le Roi offrit un grand dîner et il y eut bal à la cour.
- M. le sénateur Ponti, syndic de Milan, donna une réception à laquelle furent invités les organisateurs des Sections et les principaux exposants étrangers.
- M. le Commissaire général Jozon offrit à l’hôtel Régina un déjeuner en l’honneur des notabilités de l’Exposition et des principaux collaborateurs. M. Maguin, président de la Section française, donna un dîner au restaurant Cova.
- Les invitations furent naturellement très recherchées et la parfaite courtoisie des organisateurs s’appliqua surtout à satisfaire le plus grand nombre possible de nos compatriotes.
- Partout la France fut fêtée et les Français furent l’objet des plus flatteuses attentions.
- Nous ne devions pas l’oublier
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- ci°4oti°^434ooi34i4o^4o^j^?45o43434î43£è3£4345£l3454343
- CHAPITRE XII
- LA CLIENTÈLE DES INAUGURATIONS OFFICIELLES - LES TRAVAUX
- d’installation SE POURSUIVENT AVEC UNE LENTEUR DÉSESPÉRANTE. - LES CHEMINS DE FER ITALIENS N’ONT PAS DE LOCOMO-
- TIVES. — UN COLLABORATEUR DÉVOUÉ, M. BROSSARD.
- 'Exposition était officiellement inaugurée, mais les exposants, pourtant, n’étaient guère avancés clans leurs travaux d’installation.
- Le nécessaire avait été fait pour montrer quelque chose aux souverains et ne pas les conduire devant les murs nus.
- Partout, dans cette petite opération de maquillage, les commissaires généraux avaient montré une habileté remarquable et l’honneur avait été satisfait.
- Nous ne saurions trop, cependant, nous élever contre de telles habitudes qui sont devenues courantes dans les Expositions.
- Il nous apparaît que les exposants commettent une lourde faute, en ne faisant pas tout leur possible pour avoir terminé 1 aménagement des stands pour le jour de l’inauguration officielle.
- Puisqu’en réalité les Expositions sont des agents de publicité, il est maladroit de perdre bénévolement les bénéfices que peuvent procurer les premières journées consacrées aux solennités officielles qui attirent une clientèle très spéciale.
- Certaines personnalités, et non des moins importantes, ne visitent les Expositions que les jours de cérémonies officielles et il serait nécessaire qu’à l’avenir, les organisateurs et les exposants prennent leurs dispositions pour donner à ces visiteurs de marque, le spectacle agréable de constructions achevées et d’installations terminées.
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- EXPOSITION DE MILAN
- L’intérêt des visites officielles en sera singulièrement accru, et tout le monde y trouvera son bénéfice.
- II
- Les ouvriers, un instant éloignés par les visites royales, revinrent sur les chantiers.
- Le Parc avait repris un aspect peu agréable : certaines parties du jardin étaient de véritables fondrières, des équipes d’ouvriers, travaillaient à l’achèvement définitif des palais dont la maçonnerie seule était terminée.
- Cependant les visiteurs affluaient et ils éprouvaient un désappointement bien compréhensible en trouvant devant la plupart des pavillons une pancarte qui répétait lamentablement ces mots: « Vietato » Défense d’entrer.
- Les exposants étaient eux-mêmes retardés dans leurs travaux d’installation par le manque d’organisation des chemins de fer italiens.
- Venus à Milan dans l’idée d’y demeurer seulement quelques jours, il leur fallait perdre un temps précieux à courir après leurs colis.
- Des caisses qui avaient été expédiées très à l’avance et qui auraient dû être livrées bien avant l’ouverture de l’Exposition, s’accumulaient au hasard des entrepôts italiens, sans qu’on puisse recueillir la moindre indication précise sur le jour et l’heure de livraison.
- Il en résultait, chez la plupart des exposants, un énervement bien difficile à calmer et qu’augmentait encore le manque d’obligeance des employés des chemins de fer.
- Les Compagnies italiennes ne pouvaient pas ignorer qu’en mars et avril se produirait une augmentation considérable du trafic et il semble qu’elles auraient dû organiser le service de façon à assurer au moins dans les délais réglementaires, la livraison des marchandises.
- Les administrateurs trouvèrent plus commode de ne pas contrarier leur esprit de routine. Il leur importait peu d’expédier les colis destinés à l’Exposition.
- N’ayant point de locomotives, ils parquèrent tout simplement à Modane les trains de marchandises qu’amenait journellement le P.-L.-M., et qui auraient dû être dirigés sans retard sur Milan.
- Ces procédés se passent de tout commentaire.
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- PREMIÈRE PARTIE.
- HISTORIQUE
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- III
- La Section française était néanmoins la plus avancée de toutes les Sections étrangères. Grâce au zèle infatigable de notre dévoué collègue, M. Brossard, les vitrines se montaient rapidement et l’installation des dioramas, qui devaient soulever un enthousiasme indescriptible et populariser la Section, se poursuivait avec toute l’attention et la délicatesse que nécessite un travail aussi minutieux.
- Nous tenons à adresser ici à M. Brossard tous nos remerciements pour la contribution importante qu’il a apportée à la réussite de l’œuvre commune.
- Après la lourde tâche qu’il avait assumée à l’Exposition de Liège, et dont il s’était acquitté avec un goût et un talent universellement appréciés, il aurait pu aspirer à un repos bien gagné.
- Mais le dévouement de M. Brossard est sans bornes, et, avec la bonne grâce qui lui est coutumière, il accepta, à nouveau de se charger de l’organisation de nos dioramas à l’Exposition de Milan.
- Nous pouvons dire sans crainte qu’il s’est une fois de plus surpassé ; il a su vaincre avec un rare bonheur les difficultés qui se présentèrent dès la première heure dans l’installation. Il a su plier, à sa volonté d’artiste, la lumière électrique, toujours capricieuse et très experte dans l’art du jeu de cache-cache.
- Mais nous ne saurions oublier M. Crucifix, collaborateur de M. Brossard, dont nous avons pu apprécier le dévouement, l’ayant vu à l’œuvre. Malgré la température suffocante dans l’intérieur des vitrines, mal éclairées les premiers jours, il n’hésitait pas à y demeurer des journées entières, pour disposer les fleurs, les plumes et les oiseaux qui devaient former un ensemble du plus gracieux effet, et dont nous aurons l'occasion de parler plus longuement.
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- CHAPITRE XIII
- LA RETRAITE DE M. ANCELOT, PRÉSIDENT DU COMITÉ FRANÇAIS DES
- expositions a l’étranger. — la démission de m. ancelot. —•
- UNE CARRIÈRE BIEN REMPLIE. --- UNE LETTRE DE M. ANCELOT.--
- UNE CIRCULAIRE DU CONSEIL DE DIRECTION. — L’ÉLECTION DE M. DUPONT. -- LE NOUVEAU PRÉSIDENT.
- ^^^ans les premiers jours du mois de mai, tandis que se poursuivaient avec activité les travaux d’installation de la
- Section française, un bruit commençait à circuler parmi
- les exposants.
- On annonçait comme très prochaine la retraite de M. Ancelot, président du Comité français des Expositions à l’étranger.
- Tout d’abord cette nouvelle rencontrait un grand nombre d’incrédules, mais il fallait bientôt se rendre à l’évidence.
- Le 10 mai, M. Ancelot adressait en effet au Comité français des Expositions à l’étranger, la lettre suivante :
- Paris, le 10 mai 1006.
- Messieurs et chers Collègues,
- J’ai l’honneur de vous informer que j’ai remis ce jour au Conseil de Direction ma démission de Président du Comité français des Expositions à l’étranger.
- Avant de prendre cette grave décision, j’ai voulu tout d’abord attendre l’ouverture officielle de l’Exposition de Milan, et profiter, en outre, de la proximité de l’assemblée générale pour faciliter la transmission régulière des pouvoirs du Président.
- Ce n’est pas sans une grande hésitation que j’ai consenti à prendre cette résolution ; mais un exemple tout récent dont j’ai été profondément affligé m’a fait comprendre que je devais enfin me rendre aux conseils réitérés de
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- PREMIÈRE PARTIE. -- HISTORIQUE
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- ma famille et de mes amis, et me décider à diminuer mes fatigues en restreignant mes occupations.
- C’est avec une profonde émotion que je me décide à quitter la Direction du Comité français des Expositions à l’étranger auquel j’avais donné tout mon cœur, mais je prie instamment tous mes collègues de reporter sur mon successeur toute l’amitié, toute la sympathie qu’ils n’ont cessé de me témoigner pendant ma présidence et dont je conserverai toujours un souvenir ému et reconnaissant.
- Sur ma proposition, votre Conseil de Direction a désigné pour me succéder mon excellent collègue et ami, M. Emile Dupont, notre premier vice-président. Il a pourvu également au remplacement de M. Emile Dupont à la vice-présidence, en choisissant M. Maguin, président du Comité d’organisation de la Section française de l’Exposition de Milan ; enfin, pour compléter conformément aux statuts le nombre des Membres du Conseil, notre collègue M. Blondel étant démissionnaire, son choix s’est porté sur M. Barbier, membre de la Commission de contrôle, président du Conseil général de la Seine, et sur notre collègue et ami M. Harant, président d’honneur de la Chambre syndicale de la céramique et de la verrerie.
- Ce sera pour moi une dernière satisfaction que j’emporterai dans ma retraite si, à l’Assemblée générale à laquelle vous serez incessamment convoqués, vous voulez bien tous ratifier ces choix par vos votes.
- Recevez, une fois de plus encore, chers collègues et amis, l’assurance de toute ma sympathie et de mon inaltérable dévouement.
- Signé: ANCELOT.
- Les termes de cette lettre causèrent une vive émotion aux commerçants et aux industriels habitués à collaborer d’une façon active, à la participation française dans les Expositions internationales.
- Tout le monde était d’accord pour regretter sincèrement les événements qui obligeaient M. Ancelot à se séparer d’une œuvre dont il avait guidé les premiers pas et qu’il avait su conduire à un succès éclatant.
- Ceux qui ont été ses collaborateurs directs, comme ceux qui ont pu l’apprécier dans son travail, savent que le président Ancelot a rendu à l’industrie et au commerce français d’incalculables services.
- Sous son habile direction, de 1895 à 1906, le Comité français des Expositions à l’étranger a suivi une marche continuelle dans sa prospérité et a connu les plus belles victoires.
- L’activité et le dévouement qu’il a apportés dans l’accomplissement de ses fonctions de président lui sont des titres suffisants à notre reconnaissance.
- Les sentiments de sympathie des membres du Comité français
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- des Expositions à l’étranger se manifestaient du reste dans la lettre suivante du Conseil de direction :
- On remarquera que cette lettre portait la signature du nouveau président, M. Dupont.
- Paris, le 10 mai 1906.
- Messieurs et chers Collègues,
- Votre Conseil de Direction a du s’incliner avec un très profond regret devant la décision irrévocable de son président, M. Ancelot, qui vient de résigner ses fonctions entre ses mains.
- Depuis onze ans, M. Ancelot n’a cessé d’être sur la brèche ; il a consacré, sans trêve ni repos, tout son temps, toute son activité, toute son énergie et toute son intelligence au développement et à la grandeur croissante de notre association.
- Vous savez combien de succès le Comité français des Expositions à l’étranger a remportés sous sa direction depuis 1895, notamment à Amsterdam, à Bruxelles, à Saint-Pétersbourg, à Glasgow, à Hanoï, à Saint-Louis, à Liège et enfin à Milan. M. Ancelot a tenu, avant de se retirer, à voir s’affirmer la réussite de la Section française à cette dernière Exposition.
- Nous vous demandons, messieurs et chers collègues, de vous joindre à votre Conseil pour exprimer à M. Ancelot notre profonde gratitude pour les éminents services qu’il a rendus à notre cher Comité au cours des onze dernières années, pour lui dire aussi combien nous regrettons tous la résolution qu’il a cru devoir prendre.
- Nous n’avons pas besoin d’ajouter ([lie nous suivrons dans l’avenir la même ligne de conduite ([lie celle qu’il nous avait tracée; nous sommes >donc certains ([lie vous nous continuerez votre confiance ainsi que le précieux concours (pie vous nous avez toujours donné.
- Veuillez croire, chers collègues et amis, à nos sentiments les plus dévoués.
- Le Président : E. DUPONT. Les Vice-présidents :
- L. BELLAN, J. HETZEL, A. PINARD,
- Le Secrétaire général :
- G. ROGER-SANDOZ.
- A. MAGUIN.
- Le Trésorier : G. RESTER.
- Les Secrétaires :
- P. BOURGEOIS, F. MOREL,
- C. JEANTAUD, F. MANAUT.
- Les Membres du Conseil de Direction :
- Ch. Legrand, L. Layus, G. Amson, L. Aucoc, E. Barbier, A. Bouilhat, Damon, Debain, Dehaître, Harant, H. Hénon, J. Hollande, Frantz-Jourdain, G. Lamaille, G. Lefebvre, A. Mascuraud, L. Perdoux, Poullain, G. Rives, Rousselot, E. Sartiaux, Soleau, H. Turpin.
- II
- La haute personnalité que, suivant le désir exprimé par M. Ancelot, le Comité français des Expositions à l’étranger venait d’appeler
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- à sa présidence n’était inconnue d’aucun des membres du Comité.
- Conseiller général et sénateur du département de l’Oise, M. Emile Dupont est un des plus importants industriels français; il avait été promu au grade d’Officier de la Légion d’honneur, le 6 juin 1901, par M. Millerand, ministre du commerce, au titre de président du Comité de la Section française à l’Exposition Universelle Internationale de Glasgow en 1901.
- Mais pour présenter à nos lecteurs la personnalité de M. Emile Dupont, nous ne pouvons mieux faire que de reproduire ici les paroles que lui adressait M. Ancelot, au banquet qui eut lieu le 12 juillet 1901, à l’Hôtel Continental, pour fêter le succès de la Section française à l’Exposition de Glasgow.
- M. Ancelot s’exprimait ainsi :
- « Votre nom, mon cher Dupont, est inséparable de toutes les organisations d’Expositions, soit à l’étranger, soit en France, et vous avez très largement, par vos constants efforts, payé le tribut d’énergie que doivent à
- l’intérêt du pays, les hommes de votre mérite.......................
- l’on vous retrouve toujours et partout, sachant distraire des préoccupations d’une importante industrie, le temps précieux que vous avez bien voulu nous consacrer, et avec quelle urbanité et quel dévouement, à toutes cés œuvres si éminemment utiles auxquelles votre haute compétence vous désignait tout naturellement. Il faut avoir en soi-même la charge de quelques-unes de ces organisations, quelquefois si difficiles et toujours délicates, pour se rendre compte de la somme d’activité et de travail que vous avez ainsi si fructueusement sacrifiée au bien de tous.
- Ces paroles prouvent la parfaite communion d’idées et de sentiments qui existait entre le président démissionnaire et son successeur.
- Le départ de M. Ancelot ne devait avoir pour conséquence aucune modification dans l’organisation et l’administration du Comité français des Expositions à l’étranger. En désignant M. Emile Dupont pour lui succéder, il donnait la meilleure garantie à l’action future du Comité.
- Nous devons, en outre, constater qu’à l’assemblée générale qui eut lieu le 22 juin suivant, l’unanimité des suffrages ratifia la nomination de M. Emile Dupont, ainsi que les autres propositions du Conseil de direction.
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- CHAPITRE XIV
- M. MANGILI, COMMISSAIRE GÉNÉRAL DE L’EXPOSITION DE MILAN, VISITE LA SECTION FRANÇAISE.
- Malgré toutes les difficultés qu’il avait fallu surmonter, les travaux d’aménagement de la Section française tou-chaient à leur fin et l’on pouvait enfin ouvrir les portes et satisfaire la curiosité publique, mise depuis plus d’un mois à une singulière épreuve.
- Néanmoins, avant d’admettre le public, le Comité d’installation désirait être honoré de la visite du Commissaire général de l’Exposition et avait adressé une invitation à M. Mangili qui avait fixé au vendredi 18 mai, à 4 heures de l’après-midi, cette cérémonie toute intime.
- i Au jour convenu, M. Mangili se présentait à la Section française.
- I Le Commissaire général du gouvernement italien était accompagné de :
- MM. Besana, Bertarelli, du Comte Crivelli, du professeur Anona, du sénateur Vigoni et de MM. Facherio, Giacchi.
- Ces Messieurs sont reçus par M. le Commissaire général Jozonqui, avec sa bonne grâce habituelle, fait les honneurs de notre Classe, aidé par M. Estieu.
- Quelques dames et exposants français sont également présents :
- Mme Barreiros, MM. Brossard, Blumenfeld, Bianchi, Crucifix, Dehesdin, Mme Imans, MM. Guyot, Guionvar, Laguionie fils, Plantevignes, Schmit, Virlouvet.
- La satisfaction peinte sur les visages de nos distingués visiteurs indiquait qu’ils appréciaient les efforts faits dans la circonstance par la participation française.
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- M. Mangili exprima à plusieurs reprises son admiration; il félicita M. Jozon, ses collaborateurs et les exposants présents, et nous donna l'assurance que le Pavillon de la France constituerait certainement une des plus belles attractions de l’Exposition.
- Dès le lendemain, d’ailleurs, les journaux milanais commençaient à parler de notre Section :
- Le Çorriere clella serra disait :
- On ne peut pas encore préciser le jour où le public sera admis à visiter l’un des plus importants édifices de la place d’Armes, le Palais des Arts décoratifs français.
- Si l’on veut bien penser que cette superbe manifestation du travail a été organisée avec le concours des plus importantes maisons de Paris, on comprendra qu’elle exercera une attraction exceptionnelle sur le public.
- La Section française est divisée en de nombreuses Classes : Vêtements, joaillerie, bijouterie, argenterie, bronzes, céramiques, pelleteries, objets de toilette, ameublements, photographies, cristallerie, verrerie, etc., les exposants de la galerie des Arts décoratifs français sont environ 2.000 et représentent les principales villes de France.
- Le directeur administratif de la Section est M. Estieu.
- Le Secolo s’étant adressé plusieurs fois au Commissaire général pour connaître la date d’ouverture au public, annonçait :
- M. le Commissaire général, auquel nous avons eu souvent recours pour a\oir des renseignements sur la Section française, a bien voulu nous donner des indications précises sur le jour d’ouverture.
- Pour montrer sa déférence au public, il l’autorisera à visiter dès aujour-d hui la Section, mais quant aux travaux, ils ne seront achevés définitivement que dans quelques jours.
- Nous ne voulons pas dépasser les limites d’une courtoise discrétion, mais nous pouvons dire dès maintenant que la Section française, par la richesse cl le luxe des objets exposés, offre un intérêt remarquable. On y rencontre un giand nombre de vitrines qui contiennent les produits les plus divers et le s plus riches de l’industrie parisienne.
- La Section de la Mode sera certainement une des plus fréquentées et exer-c cm a un attrait sur le public, par son élégance et sa richesse.
- l es vitrines de la coiffure et de la chapellerie sont aussi fort remarquables.
- Les dioramas de la fleuret de la plume constitueront une réelle attraction cl une surprise pour le public.
- Le numéro du 29 mai du Çorriere délia serra complétait ainsi les î enseignements qu’il avait publiés la veille et que nous avons reproduits plus haut.
- Et dans la Section des fleurs artificielles cpie de grâce, quelle finesse de
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- goût ne trouve-t-on pas? Une vitrine représente un petit jardin, une autre une gracieuse reproduction du marché aux Heurs de Paris.
- Mais ce qui surprend davantage, lorsqu’on s’arrête devant ces deux vitrines, c’est la perfection obtenue par les exposants dans l’imitation, soit qu’il s’agisse des couleurs ou de la forme des fleurs naturelles.
- beaucoup de visiteurs ne croient pas que ces Ileurs sont la création de l’homme et non de la nature, et quand ils abandonnent la vitrine, le doute n’est pas disparu.
- Et cette Exposition a pour but de démontrer les résultats que l’on peut obtenir dans une industrie aussi délicate et surtout parisienne, l’imitation parfaite en résumé de la fleur artificielle.
- A côté des Heurs, dans la même Section, deux autres vitrines contiennent des échantillons embaumés d’oiseaux les plus rares et les plus coûteux, dont les plumes servent à garnir les chapeaux de dames.
- Une autre vitrine contient des plumes déjà confectionnées.
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- CHAPITRE XV
- LA SECTION FRANÇAISE EST OUVERTE AU PUBLIC.--LA FOULE DEVANT
- LES DIORAMAS DE LA CLASSE DU VETEMENT. ---LES ÉLOGES DE LA
- PRESSE MILANAISE. -- UN PÉNIBLE INCIDENT. -- LES EXPOSANTS
- OFFRENT UN BANQUET A M. DONCKÈLE.
- : 20 mai les portes de la Section française étaient enfin ouvertes au public.
- C’était un dimanche et dès la première heure de 1 après-midi, f affluence fut si considérable, qu’il était nécessaire d organiser un service d’ordre pour faciliter la circulation et éviter de regrettables accidents.
- La foule se portait surtout devant les vitrines des dioramas, dont la presse faisait, depuis plusieurs jours, le plus grand éloge.
- Par sa nouveauté, la grâce, le goût et le luxe des sujets, le spectacle exerçait une attraction exceptionnelle sur cette foule, composée en majeure partie de dames et de jeunes filles qui ne pouvaient contenir leurs sentiments d’admiration.
- Aussi, ce fut jusqu’à l’heure de la fermeture un défilé compact et ininterrompu devant les vitrines de notre Section; au fur et à mesure que des spectateurs nouveaux pouvaient approcher, les mêmes ciis enthousiastes, les mêmes exclamations flatteuses se répercutaient d un bout à l’autre du Pavillon.
- Notre président, M. Donckèle, arrivé à quatre heures, a\ ait la satisfaction de contempler dès le premier jour son œu\ re, unanimement appréciée du public, et recevait les félicitations de aI. le Commissaire général du gouvernement français, dont la bienveillante autorité avait eu de trop nombreuses occasions de s exei-cer pendant les travaux d’installation.
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- Cette journée compte incontestablement parmi celles qui nous ont laissé les meilleurs souvenirs.
- Après le temps perdu, les énervements des longues attentes, les tâtonnements agaçants, chacun éprouvait un orgueil et une joie bien légitimes en contemplant l’œuvre enfin achevée.
- Les compliments que l’on s’adressait réciproquement au sujet du bel aspect des vitrines, étaient inspirés par des sentiments où se lisaient à la fois la franchise et la plus saine des satisfactions.
- En cette minute, il n’y avait que des Français satisfaits d’avoir eu l’occasion d’apporter leur part, de contribution à la grandeur et à la renommée de la France.
- II
- Pour fêter l’heureux événement et le brillant succès de la participation française, les exposants de notre Section se réunissaient le soir même dans un banquet offert en l’honneur de notre président et ami, M. Donckèle.
- La plus franche gaieté ne cessait d’y régner et la cordialité des sentiments qui unissait les exposants français eut une nouvelle occasion de s’affirmer dans toute sa simplicité et son désintéressement.
- III
- La suprématie de notre Classe était enregistrée le 21 mai, au lendemain de l’ouverture de la Section, par tous les journaux milanais.
- Le Corriere délia serra s’exprimait ainsi :
- La principale nouveauté de la journée a été l’ouverture au public de la galerie des Arts décoratifs français. Les daines faisaient foule et ne pouvaient que difficilement approcher des vitrines, dans lesquelles sont exposés les vêtements pour dames. Le luxe est la note dominante de cette section.
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- On ne peut avoir la prétention d’atteindre sans recherches à la perfection. Souvent les détails qui ont échappé à l’attention n’apparaissent que plusieurs jours après l’achèvement de l’œuvre.
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- Il suffit même d’une remarque d’un visiteur pour qu’un exposant se rende compte des modifications qu’il doit apporter à son installation.
- La foule n’est pas toujours juste dans ses appréciations, mais elle peut fournir d’utiles leçons.
- La journée du dimanche devait donc permettre à tous nos collègues de juger l’effet d’ensemble de notre Classe, et de saisir les imperfections de leurs vitrines.
- Des observations que nous avions faites, il en était une d’une réelle importance. Tout le monde, en effet était tombé d’accord pour reconnaître que l’éclairage de nos dioramas présentait des défectuosités auxquelles il était nécessaire de remédier sans retard.
- On avait utilisé des ampoules de dix bougies seulement pour ceux qui réclamaient une grande intensité de lumière et, par contre, le joli décor de la forêt vierge, qui devait être plutôt sombre, perdait de son charme par suite d’une clarté trop éclatante.
- L’erreur en apparence était facile à réparer. Il s’agissait tout simplement de changer les lampes et de les remplacer par d’autres, plus appropriées à l’effet recherché.
- Mais, dans la réalité, F opération devint beaucoup plus compliquée, car il fut impossible de trouver, à Milan, les lampes dont nous avions besoin.
- Fort heureusement, l’esprit de décision a toujours été le trait dominant du caractère de notre président. Il fit appel à la bonne volonté de chacun des exposants, et chacun s’ingénia avec le
- plus louable empressement, à résoudre cette difficile question d’éclairage.
- Il est inutile de dire que, dans ces conditions, tout fut rapidement mis au point.
- V
- Mais cette journée devait être fatale pour les dioramas. A peine la question de l’éclairage était-elle résolue qu’un déplorable accident survenait au diorama du Marché aux Fleurs.
- Dans ce coin délicieux, un jardinier en cire semblait anoseï consciencieusement un parterre de jolies fleurs, dont il admiiait les teintes variées.
- Cette véritable œuvre d’art, exécutée par la maison Imans, a’sait foutes les apparences de la vie; les fleurs elles-mêmes étaient d une
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- ravissante réalité et témoignaient du souci cle perfection qui anime l’artiste qui les. crée. Aussi, une foule considérable se pressait-elle sans interruption devant les vitrines.
- Sous ce poids, très lourd, il se produisit, sans doute, un affaissement du plancher qui entraîna la chute irrémédiable du malheureux jardinier.
- Ni la science, ni l'art ne pouvaient permettre la réparation de cette merveilleuse pièce. Mme Imans, consultée aussitôt sur les remèdes à employer, déclara, en effet, avec toute l’autorité de sa compétence, que le malheur était irréparable, la trop grande multiplicité des fractures ne permettant aucune soudure.
- Malgré cet accident, infiniment regrettable, ce joli coin de notre Section restait digne d’exciter la curiosité de la foule et, même privé de son jardinier, le diorama du quai aux fleurs fut très admiré pendant toute la durée de l’Exposition.
- La presse milanaise ne s’était pas trompée dans ses aimables prévisions; la Section française et plus particulièrement notre Classe, avec ses dioramas, exerçaient une réelle attraction sur le public.
- Malgré toùte la satisfaction que nous éprouvions de ce succès, et notre désir de satisfaire la curiosité du plus grand nombre possible de visiteurs, des raisons majeures nous avaient obligé de réglementer les heures d’éclairage des dioramas.
- Ne pouvant les laisser éclairés pendant la journée entière, il avait été décidé qu’on allumerait deux heures dans la matinée, et deux heures dans l’après-midi.
- Un avis dans ce sens avait été placardé à l’entrée de la Classe et le public, dont les exigences sont parfois excessives, ne se montra qu’assez peu satisfait de cette mesure.
- VI
- Cette journée encore très mouvementée fut, elle aussi, couronnée par un nouveau banquet.
- Notre président M. Donckèle avait eu la courtoisie et l’amabilité de convier au restaurant Cova, le plus réputé de tous les restaurants milanais, les exposants de notre Classe.
- Cette fête fut somptueuse mais, néanmoins, conserva son caractère d’une véritable réunion de famille.
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- Le menu comportait :
- POTAGE A LA MILANAISE TRUITE MEUNIÈRE
- FILET DE BŒUF SAUCE BOUQUETIÈRE MOUSSE DE JAMBON AU XÉRÈS PETITS POIS A LA FRANÇAISE CAILLES SUR CANAPÉ SALADE MIGNONNE SAVARIN A LA CRÈME AU MOKA
- Autour de la table, merveilleusement décorée, la plus franche gaîté régna pendant tout le repas; au dessert M. Donckèle, en réponse aux paroles prononcées par M. Mirtyl Mayer, retraçait en quelcpies mots vibrants du plus pur patriotisme et avec une émotion contenue, mais communicative, l’histoire de ce beau pays de Lombardie, si étroitement uni à notre histoire nationale.
- Nous regrettons de ne pouvoir publier ici ce remarquable discours. Nous aurions dû le sténographier afin d’en donner connaissance à ceux qui n’ont pas eu la bonne fortune de l’entendre.
- M. Donckèle improvisant ses discours, nous n’avons même pas eu la ressource de lui demander communication de son texte.
- 1 out en nous excusant d’être si brefs, nous tenons à signaler les toasts qui furent portés par M. Donckèle à la France, à nos collègues absents, à l’assistance entière et enlin aux êtres chers que chacun de nous avait laissés à Paris, bette fête se termina par un bal des plus animés
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- CHAPITRE XVI
- L INAUGURATION OFFICIELLE DU TUNNEL DU SIMPLON
- 9 e 19 mai se produisit un événement considérable que nous ne saurions passer sous silence, car il se rattache par les liens les plus étroits à l’Exposition internationale de Milan et marque, en outre, une date mémorable dans l’histoire déjà si riche du génie.
- Le tunnel du Simplon avait été solennellement inauguré par le Roi d’Italie et par le Président de la Confédération helvétique, M. Forrer.
- Mais il convient, avant de parler de la cérémonie d’inauguration, de dire au moins quelques mots des efforts gigantesques qui ont été nécessaires pour achever avec succès l’œuvre qui unit aujourd’hui l’Italie et la Suisse, et dont l’Exposition internationale de Milan a été la glorification.
- II
- L’idée de percer le massif du Simplon semble avoir été émise pour la première fois en 1853, c’est-à-dire il y a plus de cinquante ans.
- Mais avant que l’audace de l’homme ait eu la pensée de percer une route à travers le flanc des Alpes, on avait reconnu de longue date l’intérêt d’une voie de communication par le Simplon.
- Il suffit à l’appui de notre affirmation, de rappeler la route que l’empereur Napoléon Ier fit construire à flanc de montagne et à laquelle les Italiens ont conservé le nom de « strada napo-léonica ».
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- Cette voie, digne des Césars romains, presqu aussi ^ remarquable dans son genre que le tunnel du Simplon, a coûte sep millions de francs. Cinq mille ouvriers y travaillèrent pendant cinq ans et il fallut 250.000 kilogrammes de poudre pour faire sauter le roc.
- L’idée première du percement du Simplon fut abandonnée, puis reprise à diverses époques, mais sans succès et ce n est qu en » c’est-à-dire quarante ans après le premier projet, que la solution du problème fut enfin pratiquement trouvée.
- Le 20 septembre 1893 étaient signées les conventions qui confiaient aux entrepreneurs Brandt, Brandeau et Cie 1 exécution tes travaux de percement. ,
- C’est seulement le 13 août 1898 que le premier coup de pioc îe u donné.
- On espérait que le percement pourrait être achevé \eis e mois de mars 1904. Mais les ingénieurs ont eu à surmontei de nom Reuses difficultés qui n’avaient pas été tout d’abord prévues, et les circons tances ont retardé de deux années l’achèvement des tia\aux.
- Ce fut, du côté sud, la trouée périlleuse des fameuses « roches plastiques » qui de leur poids formidable tordaient les aima uies d’acier dressées pour les maintenir, écrasaient tout sous leui poussée victorieuse, et obligèrent à édifier des voûtes cyclopéennes, es ouvriers se trouvèrent exposés à des élévations de températuie o a lement imprévues; on avait, en effet, compté que veis le sep îeme kilomètre on travaillerait dans une atmosphère de 36 a 3/ egies, or, à cet endroit, le thermomètre marquait 45 à 46 degres et cinq cents mètres plus loin montait à 53.
- La ventilation fut vainement activée et pour triompher de ce redoutable obstacle, les ingénieurs eurent recours a des mac unes frigorifiques puissantes qui rendirent la températuie suppoi a ) e.
- On se trouva alors aux prises avec des difficultés d une au re n ture. Des sources jaillissaient en cascades des entiailles eu io . eaux tour à tour bouillantes et glaciales se répandaient en trombes, transformant les galeries en torrents menaçant la vie ( es o .
- L’une de ces inondations interrompit complètemen es ia vaux des ouvriers suisses. Cet arrêt se pioduisit au î même où cette équipe avait pris une réelle avance, puisque } dépassé le palier médian, où aboutissent les deux ïampes Brigue et d’Iselle, elle commençait à redescendre sur e vei « Italien ; force fut d’emprisonner l’énorme masse lupin e
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- robustes portes d’acier en attendant que les mineurs piémontais vinssent la délivrer.
- Enfin, le 24 février 1905, tombait la dernière cloison rocheuse qui séparait les deux sections de la galerie.
- Le gros oeuvre était pourtant encore loin d’être achevé. Il fallait procéder à l’évacuation des eaux emprisonnées derrière les portes d’acier, cette opération dangereuse devait malheureusement coûter la vie à deux ingénieurs qui périrent asphyxiés par l’air fétide que ces eaux stagnantes avaient répandu dans cette partie de la galerie. La vie des travailleurs elle-même était journellement menacée par les blocs qui se détachaient à chaque instant de la voûte, ébranlée par la formidable détonation qui avait déterminé la trouée finale.
- Quinze mois ont passé. On a agrandi la galerie à ses véritables dimensions. On a doublé de fortes maçonneries les parois et la voûte du tunnel; des revêtements de moellons réguliers, proprets dissimulent aux yeux du voyageur les éclats du rocher, les traces des égratignures du pic, les morsures des perforatrices.
- Actuellement le tunnel du Simplon est le plus long du monde : il mesure 19.729 mètres; le Mont-Cenis, le doyen des grands tunnels n’a que 12.849 mètres; le Saint-Gothard, 14.984 mètres; l’Arlberg 10.240 mètres.
- Il est à double pente, dont l’une monte de Brigue et l’autre
- d’Iselle, vers la gare centrale, établie sur un palier de 500 mètres de long, et sous un massif rocheux de 2.000 mètres de haut.
- Quand il sera complètement achevé, il aura deux voies, chacune dans une galerie distincte. Pour le moment une seule de ces galeries jumelles écartées de 17 mètres d’axe en axe est terminée. Les trains montants et descendants doivent donc emprunter la même voie et se croisent à la station médiane.
- Une seconde galerie a été ouverte parallèlement, elle a 2 m.50 de haut sur 3 m. 50 de large et est utilisée pour l’aération.
- On estime qu’il faudra encore quatre années de travail pour que les trains puissent circuler dans la seconde galerie.
- On emploie la traction électrique que l’existence de forces hydrauliques inépuisables indiquait tout naturellement.
- Comme le laps de temps jusqu’à la mise à l’exploitation du tunnel était des plus restreints, on a dû se servir du matériel déjà existant et les deux stations hydrauliques de Brigue et d’Iselle qui fournissaient la force aux nombreuses machines employées au percement du tunnel purent, moyennant quelques modifications, être trans-
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- formées en stations provisoires génératrices de l’énergie électrique nécessaire à la traction. On a prévu pour plus tard une grande station centrale qui remplacera ces deux usines déjà anciennes et dont le fonctionnement pourrait ne pas être aussi sûr que cela serait désirable.
- Les voyageurs habitués à F atmosphère empestée de fumée qui, malgré toutes les précautions, envahit les compartiments au passage des longs souterrains parcourus par des locomotives à vapeur, apprécieront F agrément de respirer un air pur et ne seront pas moins sensibles au confortable du roulement doux et silencieux des wagons.
- III
- Voici décrites dans ses grandes lignes l'œuvre qui après avoir coûté de nombreuses années de travail, d’études, d anxiété et d’efforts gigantesques, était solennellement inaugurée par S. M. le Roi Victor-Emmanuel et le Président de la Confédération helvétique.
- Ainsi que nous l’avons dit, dès le début de ce chapitre, cet événement mémorable eut lieu le 19 mai.
- Ce fut par un temps froid et pluvieux que fut ouverte le matin, a Brigue, la fameuse journée du Simplon. L’enthousiasme populaiie des jours qui avaient précédé cette fête avait été fortement îalenti par la nouvelle que le Roi resterait dans la gare pendant son court séjour sur le territoire suisse.
- A onze heures et demie, le train royal, remorqué par deux locomotives portant des trophées de drapeaux italiens et suisses, entrait en gare.
- Le roi Victor-Emmanuel portait la petite tenue de généial et était accompagné de M. Sonnino, de M. Carminé, ministie des Travaux publics, du comte Ponzio, ministre de la maison royale et de divers officiers appartenant à la maison militaire.
- S. M. était reçue dans le salon d’attente par M. Forrer, piésident de la Confédération helvétique, entouré de MM. Mullei, Zamp, Comtesse et Brenner, conseillers fédéraux, de MM. bazy, Bioley, Decopper, et d’officiers et de fonctionnaires supérieurs suisses.
- Le Président souhaitait la bienvenue au roi Victor-Emmanuel Qui remerciait celui-ci de son aimable accueil.
- A trois heures et demie, le roi Victor-Emmanuel prenait congé
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- des personnalités suisses et regagnait la gare de Domo-d’Ossola, située sur le territoire italien, ou, Quelques instants apiès, anixait le train amenant le Président de la Confédération helvétique et les personnages de sa suite. M. Forrer était reçu par le Roi avec le même cérémonial que celui qui avait présidé aux îéceptions de la matinée.
- Le soir, un grand dîner réunissait les personnages italiens et suisses qui avaient assisté à cette double inauguration.
- Au dessert, le Roi prononçait les paroles suivantes :
- Il m’est très agréable de saluer sur le territoire italien, le magistrat suprême de la forte Suisse dans cette occasion vraiment heureuse, parce que la date de l’inauguration dü tunnel du Simplon restera éternellement mémorable dans l’histoire des hardiesses humaines les plus audacieuses.
- Je suis heureux que la célébration de cette victoire de la science et du travail ait trouvé unis dans leurs efforts et dans leur but, deux peuples chez lesquels l’émulation dans la voie du progrès rend toujours plus solide et plus rigoureuse la confiance mutuelle.
- Lorsque le génie des peuples se consacre aux arts de la paix et produit des œuvres comme celles-ci, notre âme s ouvre aux plus réconloi tantes espérances pour un avenir plus civilisé et plus heureux de la race humaine.
- Je vous invite à boire, Monsieur le Président, Messieurs les Conseillers, à l’amitié perpétuelle de la Suisse et de l’Italie.
- Le Président de la Confédération helvétique répondait en ces termes :
- Sire,
- Au nom du Conseil fédéral, je remercie du plus profond de mon cœur Votre Majesté, pour l’accueil si cordial que nous avons trouvé sur le territoire italien. Nous, Suisses, nous conserverons toujours un souvenir agréable de ce beau jour, et nous n’oublierons pas les paroles que Votre Majesté a eu la bonté de nous adresser.
- Elles viennent du cœur et vont au cœur. Elles sont pour nous un gage précieux de l’amitié liant les deux nations et que nous souhaitons voir durer éternellement. Puissent-elles être une semence pour un fécond avenir et se réaliser dans nos nombreux rapports, surtout en ce qui concerne une réciproque protection du travail.
- Le moment de nous séparer est arrivé, je prie Votre Majesté de vouloir boire avec moi et mes collègues au jour qui nous trouvera unis de nouveau pour d’autres œuvres de paix, d amitié et de progiès.
- Les paroles échangées au cours de cette journée et les manifestations qui se sont produites des deux côtés de la frontière ont laisse à tous une heureuse impression.
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- Nous ne pouvons que nous réjouir de l’ouverture d’une nouvelle voie qui facilitera nos échanges commerciaux avec l’Italie et contribuera à affermir les relations amicales si heureusement rétablies entre les deux grandes nations latines.
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- CHAPITRE XVII
- LE COMITE DE LA SECTION FRANÇAISE ORGANISE UNE GARDEN PARTY EN L’HONNEUR DE LA SOCIÉTÉ MILANAISE.
- -|Ésireux de donner une nouvelle marque de sa bienveil-. H lance aux commerçants et aux industriels qui participaient à l’Exposition, le gouvernement français avait accepté de déléguer à Milan un de ses membres, pour présider à l’inauguration officielle de notre Section.
- Cette cérémonie avait été fixée tout d’abord au 7 juin; il avait été décidé que le même jour, et à cette occasion, une garden party serait offerte par le Comité d’organisation de la Section française à la société milanaise, qui avait accueilli les membres du Comité durant leur séjour à Milan et contribué, par ses visites répétées, au succès du Palais des Arts décoratifs français.
- Dès le mercredi 23 mai, M. Jozon, commissaire général, M. Maguin, président du Comité de la Section française, accompagnés du secrétaire général M. Lamaille et d’un grand nombre d’exposants, s’étaient rendus à Milan.
- Le 26 mai, M. Maguin offrait un banquet aux membres de la presse française et italienne. Dans l’assistance, on remarquait les correspondants des journaux français le Temps et le Figaro et la plupart des délégués des grands journaux italiens.
- A cette réunion assistaient également M. Ronssin, consul de France à Milan et commissaire général adjoint, MM. Lamaille et Manaut, secrétaires généraux, Estieu, chef des services administratifs et Gondrand, président de la Chambre de commerce française de Milan.
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- II
- . Mais des circonstances indépendantes de la volonté du gouvernement français devaient contrarier les projets du Comité d’organisation.
- M. Ruau, ministre de l’agriculture, désigné par le gouvernement pour le représenter à la cérémonie officielle d’inauguration, fut empêché de se rendre à Milan le jour qui avait été primitivement fixé pour son arrivée.
- Le 6 juin, une note parue, dans les journaux, faisait connaître que le voyage du ministre était reculé de huit jours et la date d’inauguration officielle reportée au 18 juin.
- Prévenus aussi tardivement, les organisateurs de la fête ne pouvaient plus la reculer et annuler brusquement les invitations lancées. Les préparatifs étaient terminés, les membres du Comité et les exposants étaient venus exprès de Paris.
- Le ministre consulté demanda que cette fête eût lieu à la date primitivement fixée.
- III
- Malgré ses vastes proportions, le Palais des Arts décoratifs devait se trouver trop étroit pour contenir toutes les notabilités italiennes et françaises qui avaient répondu à l’invitation du Comité d organisation.
- Celui-ci, pour cette fête particulière, avait eu l’idée, immédiatement acceptée très gracieusement, de prier quelques dames de la société milanaise de lui prêter leur concours pour distribuer les invitations.
- Ce Comité était composé en majeure partie des dames des membres du Comité exécutif italien. On y remarquait :
- La marquise Ponti,
- La comtesse Cricelli-Serbelloni,
- La comtesse Jacini,
- La princesse Belgiojoso d’Este,
- La marquise Soragna.
- Dans le Salon d’honneur Mme Maguin, entourée des dames françaises, recevait les invités avec une grâce charmante; M. Ronssin, qui connaissait la société milanaise faisait les présentations.
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- De jeunes commissaires français et italiens offraient, à l’entrée, aux dames et aux jeunes filles, des bouquets et des éventails noués par des rubans aux couleurs françaises, et les accompagnaient à un élégant buffet, à proximité duquel la musique municipale et celle des dragons de la garde royale exécutaient leurs meilleurs morceaux.
- Toute l’aristocratie et la haute société de Milan, l’armée, la magistrature, etc..., défilèrent ainsi devant les stands de notre Section, manifestant partout des marques de la plus complète satisfaction.
- Mais le plus grand succès fut certainement pour les dioramas et les vitrines de notre Classe dont les merveilles provoquaient des cris de surprise et d’admiration.
- A cinq heures, S. A. R. la princesse Lœtitia Bonaparte, duchesse d’Aoste, qui avait accepté l’invitation spéciale du Comité, honorait la fête de sa présence.
- Reçue à son arrivée par M. Maguin, elle était conduite au Salon d’honneur où Mme Maguin et les autres dames françaises lui étaient présentées; après une visite aux principales attractions, elle se retirait en remerciant le Comité et son président de leur aimable invitation et en adressant aux représentants de la France de chaleureuses félicitations.
- IV
- Le lendemain, 8 juin, le président Maguin offrait, au restaurant Cova, un dîner auquel étaient conviés, en dehors des principaux membres de la Colonie française, tous les membres des Comités de la Section française de passage à Milan.
- M. Barrère, ambassadeur de France à Rome y assistait et prononçait au dessert quelques paroles aimables, qui produisirent la meilleure impression sur l’auditoire.
- V
- Voici en quels termes, le Cornere délia serra donnait dans son numéro du 8 juin le compte rendu de cette fête.
- Pour organiser la réception qui a eu lieu clans l’après-midi d’hier à la
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- galerie de l’Art décoratif français, à la place d’Armes, le Comité français s’était fait aider de quatre dames, la marquise Soragna, la comtesse Jacini, la comtesse Serbelloni et la princesse Belgiojoso. Ces quatre nobles dames peuvent dire qu’elles ont rempli leur mission avec zèle et conscience puisque toute l’aristocratie s’était donné rendez-vous hier dans le Pavillon français.
- C’était aussi, peut-être bien, un désir légitime de coquetterie témininc cpii a réuni un si grand nombre de dames à la réception donnée par le Comité français : le désir de mettre leurs toilettes en contact avec celles que 1 art parisien a exposé dans ses vastes vitrines.
- En effet, la cérémonie d’hier a été un tournoi d’élégance et de bon goût et les champions de l’un et de l’autre camp étaient bien dignes de se trouver de iront.
- Une seule différence, et celle-ci entièrement en faveur de nos dames : dans les vitrines, nous admirions, il est vrai une fois encore, la grande habileté du tailleur parisien, mais ces toilettes splendides ne couvraient ([lie des mannequins muets et immobiles... tandis que les dames qui n’étaient pas dans les vitrines, remplissaient les salles de la vaste galerie d une animation pleine de grâce et de gaieté.
- Les invités commencèrent à arriver vers 3 heures de 1 après-midi. Paimi eux, on remarquait la marquise Ponti et plusieurs autres grandes dames . les sénateurs Mangiïi et Mangiagalli, le député Carnaggia et M. Gondrand ; plusieurs membres du Comité de l’Exposition,le consul de France, M. Rons-sin, les consuls marocains à l’Exposition, l’architecte Bongi, auteur des plans de la galerie et un grand nombre d’autres personnalités.
- Al intérieur du Pavillon, la musique municipale et celle du 19e cavaleiie Nizza exécutèrent des morceaux français et italiens.
- Quand vers 4 heures 30 la princesse Lœtitia fit son entrée dans le Pavillon lrançais, accompagnée par le comte Fossati et la marquise de Sambuy, la musique joua la marche royale et la « Marseillaise ».
- Un thé fut offert à la princesse Lœtitia et après, guidée par M. Estieu, elle visita presque tous les stands en s’arrêtant de préférence aux Sections de la mode et des fleurs.
- La princesse Lœtitia portait une très riche toilette de mousseline mauve et un mantelet soutaché de fleurs de soie.
- Elle était coiffée d’un chapeau blanc garni de plumes blanches et de grosses roses.
- Les invités ne commencèrent à quitter le Pavillon français qu a six heures seulement. A tous ont été offerts de très jolis souvenirs de cette cérémonie si bien réussie.
- Le 18, aura lieu l’inauguration officielle, en présence de M. Ruau, ministre (U‘ 1 Agriculture de France.
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- CHAPITRE XVIII
- M. G. DOUMERGUE, MINISTRE DU COMMERCE ET DE L’iNDUSTRIE, SOUMET AU PARLEMENT UN PROJET DE LOI AYANT POUR BUT DE PROTÉGER TEMPORAIREMENT LA PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE DANS LES EXPOSITIONS.
- e 8 juin, M. Doumergue, ministre du Commerce, avait déposé sur le bureau de la Chambre des députés, un projet
- de loi que nous croyons devoir insérer dans cet historique, car il a trait à la protection temporaire de la propriété industrielle dans les Expositions et devait s’appliquer, pour la première fois, à celle de Milan.
- Voici ce document :
- CHAMBRE DES DÉPUTÉS
- Projet de loi
- relatif à la protection temporaire de la propriété industrielle dans les Expositions internationales étrangères officielles, ou officiellement reconnues. (Renvoyé à la Commission du Commerce et de f Industrie).
- Présenté au nom de M. Armand Fallières, Président de la République française, par M. Gaston Doumergue, ministre du Commerce, de l'Industrie et du Travail.
- EXPOSÉ DES MOTIFS
- Messieurs,
- Le Gouvernement avait déposé sur le bureau de la Chambre des Députés, le 3 avril 1906, un projet de loi relatif à la protection temporaire de la propriété industrielle dans les Expositions internationales étrangères officielles ou officiellement reconnues.
- Ce projet n’a pu venir en discussion avant la fin de la huitième législature et, par suite, est devenu caduc ; nous avons, en conséquence, l’honneur de le soumettre à nouveau à vos délibérations.
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- L’article II de la Convention internationale du 20 mars 1880 pour la protection de la propriété industrielle s’exprimait ainsi :
- « Les hautes parties contractantes s’engagent à accorder une protection temporaire aux inventions brevetables, aux dessins ou modèles industriels, ainsi qu’aux marques de fabrique ou de commerce pour les produits qui figureront aux Expositions internationales officielles ou officiellement reconnues ».
- Cette disposition un peu vague a été modifiée par l’acte additionnel de Bruxelles du 14 décembre 1900 qui lui a donné la teneur suivante:
- « Les hautes parties contractantes accorderont, conformément à la législation de chaque pays, une protection temporaire aux inventions brevetables, aux dessins ou modèles industriels, ainsi qu’aux marques de fabrique ou de commerce, pour les produits qui figureront aux Expositions internationales officielles ou officiellement reconnues, organisées sur le territoire de chacune d’elles».
- Cette disposition est impérative.
- Elle oblige chacun des pays contractants à accorder une protection temporaire à la propriété industrielle pour les produits qui figureront aux Expositions internationales officielles ou officiellement reconnues, oiga-nisées sur le territoire de tous les pays unionistes.
- Certains pays s’y sont déjà conformés, comme l’Allemagne, par sa loi du 18 mars 1904, et l’Italie par sa loi du 16 juillet 1905.
- Cette dernière loi s’applique pour la première fois à 1 Exposition ouverte actuellement à Milan. Or, comme nous participons officiellement a cette Exposition internationale, il est de toute nécessité d’assurer en France une protection provisoire aux inventions, marques, dessins et modèles qui > figureront. En effet, si notre loi du 23 mai 1868 protège temporairement les inventions brevetables et les dessins de fabrique admis aux Expositions publiques autorisées par l’Administration, d’une part, elle est muette en ce qui concerne les marques de fabrique ou de commerce; d autre paît et surtout, elle n’a trait qu’aux Expositions organisées sur le territoire français.
- L où le projet de loi, dont il est superflu de signaler l'extrême urgence.
- Ce projet comporte trois articles.
- Nous allons en énumérer succinctement l’économie.
- Le premier alinéa fians les ter
- Article premier, pose d’abord le principe de la protection temporaire
- 'lu 20
- mes mêmes du nouvel article II prérappelé, de la Comention mars 1883.
- Il est ainsi conçu :
- « Une protection temporaire est accordée aux inventions brevetables, ux dessins et modèles industriels ainsi qu’aux marques de fabrique ou de ommerce pour les produits qui sont régulièrement admis aux Expositions trangères internationales officielles ou officiellement reconnues ».
- Le deuxième alinéa détermine tout à la fois la durée et la poitcc txac c Protection provisoire.
- U s’exprime ainsi :
- « Cette protection, dont la durée est fixée à douze mois, à dater de 1 ou-
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- verture officielle de l’Exposition, aura pour effet de conserver aux exposants ou à leurs ajmnts cause, sous les conditions ci-après, le droit de réclamer, pendant ce délai, la protection dont leurs découvertes, dessins, modèles ou marques seraient légalement susceptibles».
- En somme, la protection provisoire conférera aux exposants ou à leurs ayants cause un droit de priorité. Rien de plus, rien de moins. Mais un droit analogue a déjà été institué par la Convention précitée du 28 mars 1883 pour les inventions brevetables, dessins ou modèles industriels, marques de fabrique ou de commerce, et par notre loi du 7 avril 1902, modifiant la loi organique du 5 juillet 1844, pour les inventions brevetables. Tout le monde est d’accord qu’il convient, dans l’intérêt général, que ces divers droits ne puissent être annulés. C’est ce que spécifie le troisième alinéa dans les termes suivants :
- « La durée de la protection temporaire ne sera augmentée ni des délais de priorité prévus par l’article 4 de la Convention internationale du 20 mars 1883, modifié par l’article additionnel de Bruxelles du 14 décembre 1900, ni de ceux fixés par l’article II de la loi du 5 juillet 1844, modifiée par celle du 7 avril 1902 ».
- Article 2.
- L’article 2 détermine les conditions à remplir pour obtenir la protection provisoire.
- Emprunté à la loi du 23 mai 1868, il a pour objet notamment de sauvegarder les droits des tiers, en assurant l’idendité de l’objet à garantir.
- Il s’exprime ainsi :
- « Les exposants qui voudront jouir de la protection temporaire devront se faire délivrer par l’autorité chargée de représenter officiellement la France à l’Exposition, un certificat de garantie qui constatera que l’objet pour lequel la protection est demandée est réellement exposé.
- « La demande dudit certificat devra être faite au cours de l’Exposition, et au plus tard dans les trois premiers mois de l’ouverture officielle de l’Exposition; elle sera accompagnée d’une description exacte de l’objet à garantir et, s’il y a lieu, de dessins dudit objet.
- « Les demandes seront inscrites sur un registre spécial qui sera transmis avec lesdites demandes et les pièces jointes au Ministère du Commerce et de l’Industrie, aussitôt après la clôture officielle de l’Exposition et communiqué sans frais, à toute réquisition, par les soins de l’Office national de la propriété industrielle ».
- Ces diverses dispositions s’expliquent d’elles-mêmes et se passent de commentaires.
- Article 3.
- Les points de détail, variables suivant les pays et les Expositions, ne sauraient être réglés une fois pour toutes par la loi elle-même. Le plus simple est d’en faire l’objet d’un décret pour chaque Exposition. D’où l’article 3 et dernier ainsi conçu :
- « Un décret déterminera, à l’occasion de chaque Exposition présentant les caractères visés à l’article premier, les mesures nécessaires pour l’application de la présente loi ».
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- PROJET DE LOI
- Le Président de la République décrète :
- Le projet de loi dont la teneur suit sera présenté à la Chambre des Députés par le Ministre du Commerce, de l’Industrie et du Travail, qui est chargé d’en exposer les motifs et d’en soutenir la discussion.
- Article premier.
- Une protection temporaire est accordée aux inventions brevetables, aux dessins et modèles industriels, ainsi qu’aux marques de fabrique ou de commerce pour les produits qui seront régulièrement admis aux Expositions étrangères internationales officielles ou officiellement reconnues.
- Cette protection, dont la durée est fixée à douze mois à dater de l’ouverture officielle de l’Exposition, aura pour effet de conserver aux exposants ou à leurs ayants cause, sous les conditions ci-après, le droit de réclamer, pendant ce délai, la protection dont leurs découvertes, dessins, modèles ou marques seraient légalement susceptibles.
- La durée de la protection temporaire ne sera augmentée ni des délais de priorité prévus par l’article 4 de la Convention internationale du 20 mars 1883, modifiée par l’acte additionnel de Bruxelles du 14 décembre 1900, ni de ceux fixés par l’article II de la loi du 5 juillet 1844, modifiée par celle du 7 avril 1902.
- Article 2.
- Les exposants qui voudront jouir de la protection temporaire devront se faire délivrer, par l’autorité chargée de représenter officiellement la France a 1 Exposition, un certificat de garantie qui constatera que l’objet pour lequel la protection est demandée est réellement exposé.
- La demande dudit certificat devra être faite au cours de 1 Exposition et, au plus tard, dans les trois premiers mois de l’ouverture officielle de 1 Exposition ; elle sera accompagnée d’une description exacte de l’objet a garantir (d, s il y a lieu, de dessins dudit objet.
- Ees demandes seront inscrites sur un registre spécial qui sera transmis avec lesdites demandes et les pièces jointes au Ministère du Commerce et de l’Industrie aussitôt après la clôture officielle de l’Exposition et communiqué sans frais, à toute réquisition, par les soins de l’Office national de.la propriété industrielle.
- Article 3
- Un décret déterminera, à l’occasion (le chaque Exposition présentant les caractères visés à l’article premier, les mesures nécessaires poui 1 application de la présente loi :
- l'ait à Paris, le 7 juin 1908.
- Signé : Armand FALLIÈRES. , , „. ...
- Par le Président de la République,
- Le Ministre du Commerce, de l’Industrie et du Travail,
- Signé : Gaston DOUMERGUE.
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- CHAPITRE XIX
- M. RUAU, MINISTRE DE L’AGRICULTURE, INAUGURE OFFICIELLEMENT LA SECTION FRANÇAISE. LA CLASSE DU VÊTEMENT REÇOIT LA VISITE DES PERSONNALITÉS LES PLUS MARQUANTES DE LITALIE
- et de l’étranger. — les éloges de la presse italienne. —
- M. RUAU A MILAN ---- LES FETES DE L’INAUGURATION.
- ^rg^ANS la semaine qui suivit la fête donnée le 7 juin, la Sec-
- |ÇyJ tion française recevait la visite des membres de l’aristo-cratie italienne et étrangère.
- La Classe du vêtement exerçait réellement une attraction sur ces visiteurs et les plus grandes dames mêmes ne cherchaient point à dissimuler 1 admiration que leur inspiraient les merveilles de goût et d’élégance exposées dans cette partie de la Section.
- La presse italienne continuait à prodiguer les éloges à notre Exposition et enregistrait chaque jour, le nom des hautes personnalités qui la visitaient.
- Le 14 juin, le Corriere clella serra, dans un article intitulé : « La journée d’Hier » et qui portait en sous-titre: « La mission chinoise, le duc d’Aoste et la princesse Lœtitia à la Section française » s’exprimait ainsi :
- « L’après-midi a été employée par les Chinois à visiter l’Exposition de la place d’Armes. Ils se sont longuement arrêtés dans la galerie de l’Art décoratif français ».
- Dans la matinée, la princesse Lœtitia a de nouveau visité l’Exposition. En compagnie de sa dame d’honneur et d’un gentilhomme de la Cour, elle s’arrêta longuement dans la galerie de l’Art décoratif français et surtout dans la Section des Modes.
- Le duc d’Aoste, dans un incognito si bien gardé que personne n’a soupçonné la présence d’un si auguste visiteur, s’est rendu hier à l’Exposition et s’est arrêté devant diverses vitrines du Palais français.
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- II
- L’inauguration officielle de la Section française avait été définitivement fixée au 18 juin.
- Le ministre de l’agriculture, M. Ruau, qui avait été désigné pour représenter le gouvernement de la République, et pour présider à cette cérémonie, était arrivé le 17 à Milan.
- L’accueil le plus flatteur et le plus empressé lui était réservé par les autorités italiennes et par les représentants officiels des gouvernements étrangers.
- La ville, parée pour la circonstance, avait repris le même air de fête que pour la réception des souverains italiens. Le Pavillon français était splendidement décoré et la presse italienne commentait cette visite dans des termes aussi flatteurs pour notre pays que pour le ministre lui-même.
- Dans un article intitulé : « M. Ruau, ministre du gouvernement français, vient à Milan pour l’inauguration officielle de la Section française », le Secolo s’exprimait ainsi :
- Le Gouvernement français a envoyé le Ministre de fAgriculture, M. Joseph Ruau, pour le représenter à l’inauguration solennelle du Pavillon des Arts Décoratifs.
- A la veille de cet événement exceptionnel qui a certainement une importance remarquable pour les rapports des deux nations soeurs, il faut expliquer les idées et le but de la formation de cette Section, pour laquelle le Gouvernement a envoyé un représentant si élevé à la cérémonie d’inauguration.
- Quand, au commencement de l’année dernière, le roi Victor-Emmanuel eut l’idée de fonder l’institut international d’Agriculture, et convoqua a Rome dans une conférence les représentants des nations, la Lrance par scs délégués a chaudement répondu à cette heureuse proposition destinée a Lire fraterniser les peuples sur la base de leurs intérêts les plus pressants et les plus vitaux.
- Faisant face aux mille difficultés présentées par les délégués d autres puissances moins solidaires avec l’Italie, et moins amies de son initiative, M* Joseph Ruau, non seulement donna à ses représentants à Rome, des instructions précises pour assurer le succès de la conférence réunie par le r°i d’Italie, mais encore il vint en personne à Rome, pour donner par la force de sa présence officielle, l’opinion du Gouvernement français, et aussi pour donner une preuve nouvelle de la vive sympathie que professe a noti e ogard le pays séparé de nous par les Alpes.
- Aujourd’hui, la France nous envoie encore M. Ruau, pour inaugurer sa
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- Section à Milan et la signification de cette visite est une démonstration des plus sympathiques et dont l’Italie se trouve fort honorée.
- Le Ministre français de l’Agriculture est un des hommes les plus en vue du parti républicain.
- M. Ruau est un ami sincère de l’Italie, et la France qui l’envoie chez nous pour sanctionner le magnifique effort accompli par Milan, se révèle encore une fois comme une amie sincère.
- Si la Section de l’Art décoratif français est déjà connue du public, dont elle a rencontré la faveur, l’arrivée du Ministre de l’Agriculture appellera désormais l’attention sur la Section française d’agriculture.
- Dans une autre édition, le « Secolo » reproduisait les photographies de MM. Ruau, Jozon et Maguin, qu’il faisait suivre des lignes suivantes :
- Réunis par la photographie faite à l’Exposition par Varischi et Artico, nous présentons aux lecteurs trois hôtes illustres, amis de l’Italie.
- Au milieu, il y a le Ministre Joseph Ruau, éloquent et sympathique orateur, venu à l’Exposition de Milan comme représentant de la République Française. Pendant les trois jours qu’il passa parmi nous, il s’attira les sympathies de tous par la cordialité avec laquelle il exprimait ses sentiments sur l’Italie, et par la courtoisie exquise avec laquelle il évoquait ses souvenirs. Nous sommes persuadés qu’il rapportera en France, la meilleure impression des manifestations de profonde amitié qui lui furent prodiguées.
- A côté de lui sont M. Alfred Maguin, Président du Comité d’organisation de la Section française à notre Exposition, lequel parvint à réunir quatre mille industriels et artistes, dont les produits admirés sont l’ornement de notre Exposition, et M. Jozon, Commissaire général de l’Exposition pour la France.
- III
- Le 18, à 3 heures de l’après-midi, avait lieu l’inauguration officielle de la Section française par M. le Ministre de l’Agriculture.
- Dans la matinée, pendant que dans les différentes Classes on procédait à la dernière toilette, M. Ruau visitait l’importante Section de l’agriculture organisée par son chef de cabinet, M. Louis Dop.
- Après avoir parcouru tous les stands de cette intéressante Exposition, M. le Ministre félicita chaudement M. L. Dop et les exposants de ce Groupe puis se rendit chez M. le sénateur Ponti, syndic de Milan, qui offrait un déjeuner en son honneur.
- A trois heures exactement, M. Ruau arrivait au Palais des Arts décoratifs, suivi des personnages officiels. Il était reçu par MM. Jozon, commissaire général, Maguin, président du Comité français,
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- Délia Porta, vice-syndic, le Consul, le président de l’Exposition et les autres autorités.
- Quand le cortège eut pénétré dans le grand Salon d’honneur, M. Jozon, remercia le ministre de sa visite et fit des vœux en faveur de la prospérité de l’Italie, de la Maison Royale, et de la fraternité des peuples.
- M. Ruau, après avoir remercié le Comité et les exposants de leur réception, témoigna à la municipalité sa gratitude pour la cordialité que les Milanais manifestaient à son égard. Rappelant sa précédente visite à Rome, le ministre exprima sa satisfaction de pouvoir redire à Milan toute la sympathie qu’il ressentait pour l’Italie.
- Après avoir salué les dames présentes, dans la personne de la marquise Ponti, M. Ruau lui offrit le bras pour visiter la Section. Les invités suivaient formant cortège. Dans toutes les Classes, le ministre fut accueilli avec des marques de la plus respectueuse déférence.
- La visite se terminait à la salle des Conférences du Pavillon français, où un buffet avait été préparé.
- M. Ruau reconduisit alors Mme la marquise Ponti jusqu’à sa voiture, et retourna au Commissariat général français, où il était descendu.
- A l’occasion de l’inauguration officielle de notre Section, M. Jozon offrait, le même jour, au Pavillon des Arts décoratifs, une fête splendide, très réussie, et qui avait attiré un grand nombre de dames de la société milanaise.
- Le soir, le ministre invitait à un grand banquet, au restaurant Lova, les principales personnalités de l’Exposition.
- Le dîner, servi avec un luxe incomparable, fut des plus gais, àl. Ruau y prononça, avec son éloquence persuasive, d’excellentes paroles qui furent très applaudies.
- Le lendemain, le Secolo donnait sur la cérémonie d’inauguration, un compte rendu dont nous extrayons les passages suivants :
- L’article portait comme titre : « L’inauguration officielle de la Décorative française ».
- ttic autre cérémonie officielle eut lieu dans l’après-midi d hier : 1 inaugu-1 ation de la galerie des Arts décoratifs français qui, depuis un mois, cons-fitue une des plus grandes attractions de l’Exposition ; elle a ouvert ses portes au public le 19 mai. A la cérémonie d’inauguration d’hier, qui eut heu a 3 heures, assistaient le Ministre Ruau et toutes les autorités françaises
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- qui étaient déjà le matin à l’inauguration de la Section agricole. Le Conseiller municipal Délia Porta représentait le Maire. Etaient également présents les Conseillers municipaux Mojana, Candrani et Grabba, le Conseiller communal Agrati, le Député Romussi, les Consuls et les Commissaires des divers Etats et plusieurs officiers en grande tenue. Parmi les dames très nombreuses et portant de splendides toilettes, notons la marquise Remigia Ponti. Le Comité de l’Exposition était représenté par le Sénateur Mangili et par plusieurs autres membres. Quand le Ministre arriva, accompagné du Commissaire général français, M. Jozon, et par le représentant de la Municipalité de Paris, M. Bellan, la foule des invités le salua par un chaleureux applaudissement et la musique municipale entonna la Marseillaise. La cérémonie s’accomplit rapidement dans le pavillon qui se trouve au centre de la grande galerie.
- M. Jozon, le premier à parler, remercie chaudement le Ministre pour sa participation à l’inauguration de la Section, M. Jozon, après avoir constaté que les liens de fraternité vont se consolidant chaque jour entre les nations civiles qui ont un but commun de paix et de progrès, termina son court et applaudi discours, en saluant les souverains d’Italie, et souhaitant la prospérité à notre pays et le succès de l’Exposition.
- Le Ministre Ruau, orateur à la diction finement élégante, associée à une hauteur de pensée vraiment admirable, prononça un discours interrompu fréquemment par de chaleureux applaudissements. Il commença par remercier le Commissaire pour les expressions déférantes que celui-ci un peu avant avait prononcées à son égard. Il eut ensuite des paroles d’éloges sincères pour le Commissaire, pour ses collaborateurs dans l’organisation de l’Exposition, pour les exposants qui avec un admirable élan ont répondu à l’appel du Gouvernement français.
- La cérémonie terminée, le Ministre donnant le bras à la marquise Ponti et suivi par tous les invités visita toutes les Sections de l’Exposition.
- Le lendemain, M. Mangili, offrait au ministre et aux exposants français un déjeuner sur le lac Majeur, suivi d’une promenade sur le lac et de la visite des îles Borromées.
- Le soir, à Milan, une fête de nuit était donnée à l’Exposition, avec feu d’artifice aux arènes.
- Ainsi se terminait la série des manifestations organisées à l’occasion de la visite de M. Ruau. Il a certainement dû conserver de son passage à Milan un agréable souvenir, mais s’il nous est permis d’accentuer encore l’agrément qu’il éprouve à se rappeler les marques de sympathie dont il fut entouré, nous dirons que sa visite resserra plus étroitement les liens d’amitié qui unissaient déjà Français et Italiens et compléta définitivement le succès de notre participation à l’Exposition de Milan.
- Nous croyons être l’interprète de tous les exposants en adressant ici à M. Ruau, l’hommage de notre reconnaissance.
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- Pendant les derniers jours du mois de juin, une foule d’étrangers de marque et la ville de Milan tout entière, défilèrent devant nos vitrines qui offraient, au dire de tous, le spectacle le plus attrayant de l’Exposition.
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- CHAPITRE XX
- LA CHALEUR A MILAN. -- LA HAUTE SOCIÉTÉ MILANAISE, LES ÉTRAN-
- GERS ET LES EXPOSANTS EUX-MÊMES DÉSERTENT L’EXPOSITION.
- -- PROMENADES DANS MILAN ET SES ENVIRONS. ----- QUELQUES
- MOTS D’HISTOIRE.
- I
- u mois de juillet, l’Europe, habituée à un climat tempéré, eut à souffrir d’une température particulièrement élevée. A Milan, un soleil de plomb, dardant toute la journée sur les toitures, peu préservatrices, des édifices du Parc et de la place d’Armes, transformait ceux-ci en véritables serres chaudes, d’un séjour peu agréable.
- Les visiteurs montrèrent donc moins d’empressement à parcourir nos galeries et l’Exposition.
- Les dames milanaises restaient dans leurs demeures, naturellement mieux conçues que les bâtiments en planches et en zinc de l’Exposition, pour offrir quelque fraîcheur.
- Quant aux étrangers, ils consacraient les heures les plus chaudes à visiter les monuments et les musées de la ville. Ils n’avaient pas été les seuls d’ailleurs à constater que la température y était infiniment plus supportable qu’au Parc ou à la place d’Armes, car les exposants eux-mêmes suivaient l’exemple et désertaient les inhospitaliers locaux de l’Exposition.
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- HISTORIQUE
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- II
- Milan est d’origine gauloise. Tite-Live nous enseigne, en effet, qu’elle fut fondée en 603 avant J.-C. par le chef gaulois Bellovèse, mais, au cours des siècles, elle eut à subir la domination de peuples très divers.
- Ses monuments ont conservé la trace des servitudes successives auxquelles elle fut asservie et dont l’influence s’est manifestée jusque dans ses conceptions artistiques, car, malgré les guerres, les troubles, les sièges qui ont à diverses reprises ruiné la grande cité lombarde, elle a conservé des pièces archéologiques des plus curieuses et des richesses artistiques innombrables, témoins des bouleversements de son histoire.
- Milan possède de nombreuses églises pour la plupart fort remarquables. Nos collègues ont certainement eu l’occasion de visiter la cathédrale « Il Duomo » que les Milanais appellent : la « Huitième merveille du Monde ».
- Commencée en 1386, à l’époque de la domination des Visconti et sous le règne de Jean Galéas, cette cathédrale a été construite avec le marbre blanc des carrières de Candoglia.
- hdle devait pouvoir rivaliser avec les temples les plus fameux d Italie et des contrées situées au delà des Alpes.
- La construction fut d’abord poursuivie avec une prodigieuse activité, malgré les discussions, les querelles et les luttes mêmes qui ne manquaient point d’éclater chaque fois que les travaux entraient dans une phase nouvelle.
- La plupart des dissensions se manifestaient particulièrement entre les artisans italiens et les artistes français et allemands que Jean Galéas avait appelés pour la circonstance à Milan.
- Jusqu’à la première moitié du xvie siècle, la construction complète de la cathédrale conformément à la planimétrie originaiie, s était trouvée entravée par le fait qu’il eût été nécessaiie de ic-prendre une partie de l’emplacement de l’antique palais Aiengo, transformé aujourd’hui en résidence royale.
- Ce ne fut qu’à la chute des Sforza que cette opération put avoir lieu.
- Les études et les discussions pour l’achèvement de la façade se
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- rallumèrent sur la fin du xvme siècle. Napoléon Ier hâta une solution qui n’était point encore mûre, et à l’heure actuelle, plus de 500 ans après son érection, l’opinion publique se passionne encore, à Milan, pour savoir si l’on doit apporter des modifications à la façade de l’édifice et transformer son aspect esthétique.
- La cathédrale est ornée à l’extérieur de deux mille statues en marbre blanc et d’une centaine de tourelles gothiques dont la plus haute mesure 108 mètres. L’ensemble, malgré le manque d’harmonie dans le style, produit sur le visiteur une impression de majestueuse grandeur.
- A l’intérieur, elle renferme un trésor d’une valeur considérable. Outre les archives, où l’on conserve les registres de la fabrique et qui contiennent les indications les plus minutieuses sur la marche des travaux, le détail des dépenses, les matériaux employés et le nom des artisans qui travaillèrent à sa construction, elle possède une remarquable collection d’ivoires du moyen âge, de nombreuses peintures des xive et xve siècles, etc., etc,
- A l’occasion de l’Exposition, la fabrique de « Il Duomo » avait pourvu à l’installation d’un local contigu au Pavillon des Beaux-Arts, dans le Parc, pour y exposer les études et les travaux actuellement en cours pour la restauration.
- A côté de cet édifice, dont la réputation est universelle, nous mentionnerons l’église Santa Maria delle Grazie, où les fervents admirateurs des grands maîtres vont contempler les vestiges, hélas bien abîmés, de la célèbre « Cene » de Léonard de Vinci.
- En dehors des églises, Milan possède également des édifices et des monuments que l’on visite avec intérêt. Ses palais, aux murs épais, que ne pénètre point la chaleur du soleil, nous offraient un abri dont nous appréciions la fraîcheur.
- Les Milanais y ont réuni, avec un soin dont ils sont justement fiers, les plus remarquables collections. On peut y suivre pas à pas l’histoire de leur merveilleux génie artistique qui se confond avec l’histoire de l’art universel.
- Quel est celui d’entre nous qui n’a pas eu la curiosité de franchir le seuil du palais Bréra, du château Sforza, du musée Pezzoli, du palais des Sciences et des Arts, de la Bibliothèque Ambroisenne?
- Ce sont là les plus attrayantes promenades que ne peuvent manquer de faire ceux qui visitent Milan, ville d’apparence si moderne, mais, en réalité, respectueuse des traditions et orgueilleuse du patrimoine merveilleux que lui ont légué ses premiers citoyens.
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- Enfin, pour ceux que n’effrayait pas le soleil brûlant, des excursions aux environs de Milan offraient un agréable attrait par les beautés naturelles qu’on y rencontre et par les merveilles de l’art qu’on y peut admirer.
- Monza, par exemple, l’ancienne capitale des Lombards, conserve de précieux monuments historiques et artistiques, entre autres le vieux Palais de la Commune appelé « Arengario », avec son balcon ou « Parlera » d’où l’on publiait les bans de la Commune, et sa tour pointue qui s’élève avec hardiesse à l’un des angles du Palais, constituant ainsi un remarquable modèle de l’architecture civile médiévale.
- Pour les amateurs de peintures lombardes, une visite au sanctuaire de Saronno était particulièrement intéressante; les diverses peintures des nefs sont des œuvres hors pair de Bernardin Luini, ainsi que la grandiose décoration de la coupole, due à Gaudenzio Ferrari, représentant un concert d’anges jouant des instruments les plus variés.
- La conception magistrale de cette dernière œuvre, l’attitude des personnages, l’ensemble harmonieux et idéalisé vous frappent et vous émeuvent.
- Un peu plus au Nord, se trouve Castiglione-Olona, grosse bourgade ha lie sur un des premiers accidents de terrain qui limitent la plaine lombarde. Elle conserve encore sa physionomie médiévale, avec ses edifices des xive et xve siècles formant une digne couronne à ses deux eglises dont l'une est surtout remarquable par les restes de sculp-tures qu’elle renferme et par son architecture rappelant le style de runelleschi. On retrouve à Castiglione-Olona une autre trace de 1 influence de l’art florentin en Lombardie, dans les précieuses resques de Masolino da Panicale qui décorent l’intérieur du baptisai e attenant à l’église paroissiale.
- A quelques minutes de Castiglione-Olona est Varese, point termi-llus de la ligne de chemin de fer économique qui relie cette petite ^dle à Milan; le paysage est des plus variés et agréables; c’est le Panorama du lac limité par le Mont Rose; un peu plus près les premiers contreforts des Alpes, dominant la plaine lombarde et, sur
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- l’un d’eux, la série des chapelles consacrées à l’illustration d’épisodes religieux, décorées de peintures à fresques et ornées de statues en terre cuite coloriées, comme aux Monts Sacrés de Varallo et d’Orta.
- L’imposant spectacle que présente cette région des lacs a eu de tout temps une influence incontestable sur les sentiments des populations environnantes, et contribué à développer leur goût artistique et leur amour du beau.
- D’un autre côté, l’abondance des matériaux de construction qu’elles ont sous la main leur permit de s’adonner facilement à leur art favori : l’architecture.
- C’est ainsi que se sont formées ces merveilleuses pléiades d’artistes, dont l’habileté a laissé des traces non seulement en Italie, mais encore dans les pays situés bien au delà des Alpes.
- La zone comprise entre le lac Majeur et les lacs de Varese, de Lugano et de Côme est parsemée de monuments intéressants. Nous eûmes également le loisir de visiter Côme que nous n’avions fait qu’apercevoir en passant en chemin de fer. Outre sa magnifique situation sur les bords du lac et les paysages qui l’entourent, Côme renferme des reliques d’histoire et d’art dont la description nous obligerait à sortir des limites de cet ouvrage.
- Les tours datant du moyen âge, la cathédrale, en marbre comme celle de Milan, le « Broletto » ou portique, le musée civique, les villas et les palais qui couronnent le lac sont autant de merveilles qu’on ne se lasse point d’admirer.
- Enfin, une excursion que nous ne pouvions manquer de faire était celle de Pavie, à 28 kilomètres de Milan et où l’on se rend, soit en empruntant la ligne de chemin de fer Milan-Gênes, soit par le tramway Milan-Pavie.
- De toutes les villes lombardes, Pavie est, en effet, celle qui présente le plus d’attraits au touriste français, tant par les richesses artistiques qu’il y rencontre, que par l’intérêt qu’évoque en son souvenir le passé mouvementé de cette cité et les luttes que l’armée française y a soutenues au cours de plusieurs siècles.
- A travers notre histoire, si fertile en glorieux faits d’armes, il en est un qui nous vient de suite à l’esprit, rappelé naguère éloquemment dans un de ses discours par notre président, M. Donckèle; c’est la fameuse bataille du 24 février 1525 qui fut le Waterloo de la France en Italie au seizième siècle. 10.000 des nô tres, sur 26.000, avaient été tués ou pris, et, parmi les morts, le célèbre maréchal
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- de la Palisse et ses meilleurs capitaines : la Trémoille, le comte de Tournon, Bonnivet, le comte de Tonnerre, Louis d’Ars, le baron de Trans et son jeune fils, Fleuranges, Laroche du Maine, Diesbacli, Chaumont d’Amboise, Hector de Bourbon, le comte de Lambesc, le Maréchal de Foix et tant d’autres vaillants dont les restes reposent toujours dans cette merveilleuse plaine qui entoure Pavie. Notre histoire n’a conservé de cette journée mémorable que le souvenir d’un grand désastre et elle nous a légué la fameuse phrase que François Ier, blessé, écrivait le soir même de la bataille, à la reine-mère Louise de Savoie : « de toute chose ne m’est demeuré que l’honneur et la vie qui est sauve » phrase à laquelle la tradition a prêté cette forme plus concise : « Tout est perdu, fors l’honneur ».
- Un vestige de cette époque lointaine subsiste encore à Pavie; c’est le palais « Castello » commencé en 1360 par Galéas II Visconti, lequel porte toujours les traces du dommage que lui causa l’artillerie française, lors de la mise à sac de la ville par Lautrec en 1527, deux ans après la célèbre bataille que nous venons de citer.
- On sait que Français et Autrichiens se disputèrent Pavie pendant toute la première moitié du xvme siècle et que ces derniers la gardèrent jusqu’en 1796, époque où Bonaparte y fit son entrée. En 1814, elle retomba sous le joug de l’Autriche, pour y rester jusqu’en 1859; mais malgré la longue domination de cette puissance, il semble que les habitants aient plutôt conservé des traces de l’inlluence française, ce qui s’explique aisément par une affinité de race plus complète entre Français et Italiens, qu’entre ces derniers et les sujets de l’Autriche.
- Des monuments de la ville, les églises surtout sont intéressantes . lu cathédrale « Il Duomo », commencée en 1488 et où 1 on conseive, dit-on, les restes de Saint-Augustin; l’église « Del Carminé » (1373), 1 église « Saint-Théodore » avec une crypte lombarde tout à fait î eniai-quable; la basilique lombarde de « Saint-Michel », qui fui reconsti uite au xie siècle et, enfin, dans les environs, la fameuse chartreuse de
- Pavie.
- Il est difficile de rencontrer un ensemble monumental et une abondance d’œuvres d’art semblable à ce qu’on trouve au monastère cIe Pavie, fondé à la fin du xive siècle par Galéas Visconti, cluc de Milan. L’historique de ce monument unique, la description des ïichesses de toutes sortes qu’il contient nécessiteiaient de nom breuses pages qui n’ont pas leur place ici.
- Qu’il nous suffise de dire que de toutes les merveilles arlis-
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- tiques que nous avons visitées autour de Milan, la Chartreuse de Pavie est celle qui nous a laissé la plus vive impression et nous a paru présenter un document particulièrement précieux pour tous ceux qui s’intéressent à l’évolution de l’art.
- Nous aurions bien d’autres excursions intéressantes à relater, mais nous estimons que nous nous sommes déjà trop écartés de notre sujet, c’est-à-dire de l’Exposition, et nous allons y ramener le lecteur, puisque, au surplus, les visiteurs éloignés, un instant à cause de la grande chaleur de juillet, y sont eux-mêmes revenus.
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- CHAPITRE XXI
- LE FEU ET L’EAU CAUSENT DE GRAVES DÉSASTRES A L’EXPOSITION. -
- LE PUBLIC TÉMOIGNE TOUJOURS SES FAVEURS A LA SECTION
- FRANÇAISE. - UN INCENDIE DÉTRUIT UNE PARTIE DE L’EXPOSI-
- TION. LA SECTION FRANÇAISE EST SAUVE. - UN ORAGE CAUSE DE
- GRAVES DÉSASTRES AU PALAIS DES ARTS DÉCORATIFS FRANÇAIS. -- LA MUSIQUE DE LA GARDE RÉPUBLICAINE A MILAN.
- I
- es vitrines de notre Classe avaient enfin retrouvé leur popu-. I ^ larité. Le public éloigné, ainsi que nous l’avons dit, par les lourdes chaleurs de juillet, avait repris avec empressement le chemin de l’Exposition et celui de la Section française, qui continuait à soulever l’admiration de tous les visiteurs.
- La presse italienne n’avait pas tari la source de ses compliments et dans son numéro du 2 août le « Corriere délia serra » s exprimait ainsi :
- t>e cette façon, le Paradis des Dames, comme Ferdinand Martini, il y a vingt-cincj ans, traduisit le titre du grand roman de Zola, demeure en trance, et principalement dans le Pavillon de l’Art décoratit fiançais.
- Dans une galerie fermée aux rayons du soleil, illuminée pai une Puisse lumière de théâtre, s’ouvre à l’avide curiosité des dames et à l’épouvante des hommes, la grotte des fées.
- D abord, dans deux ou trois vitrines disposées avec une habile mise en soène, se réunissent en une forêt vierge quantité de faisans, de perroques, d’oiseaux mouches, d’oiseaux de paradis, et dans un poulailler champêtre, quantité d’oiseaux domestiques depuis les dindes jusqu aux pigeons, u son
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- les martyrs de la mode, leurs ailes, leurs queues, leurs panaches, souvent leurs cadavres empaillés vont orner les chapeaux sur les tètes ou former les boas autour du cou de nos élégantes.
- II
- Malheureusement une nouvelle catastrophe, aussi effroyable qu’imprévue, venait attrister encore nos amis d’Italie déjà tant éprouvés et jeter pour quelque temps un certain désarroi dans l’enceinte de l’Exposition.
- Dans la nuit du 2 au 3 août, vers quatre heures et demie du matin, des gardiens de nuit découvraient, à l’angle du Pavillon circulaire des Beaux-Arts, un incendie qui avait déjà pris d’assez inquiétantes proportions. Ils donnèrent l’alarme et tout le service de secours installé dans l’Exposition se mit à l’œuvre avec énergie et promptitude. Les divers postes de pompiers de la ville arrivaient rapidement, mais malgré leurs efforts et ceux des gardiens, sous la direction du commandant Goldini, l’incendie fit bientôt des progrès effrayants. Il ne fallut plus songer qu’à protéger les Sections voisines et particulièrement le Palais le plus proche affecté à la Prévoyance et à l’Économie sociale.
- L’incendie put être localisé dans le Palais des Arts décoratifs italiens, mais détruisit complètement les deux Sections italienne et hongroise, ainsi qu’une partie de la Section d’Architecture.
- L’aspect de ce brasier éclairant la ville entière était terrifiant.
- L’édifice détruit par l'incendie était composé, comme toutes les constructions éphémères élevées pour la durée d’une Exposition, de simples charpentes de bois jointes par des poutres en fer revêtues d’une couche de staff, dont les moulures décoratives et les reliefs ornementaux étaient couverts d’un épais vernis. Il avait la forme d’un fer à cheval et était divisé en plusieurs galeries. Tout autour du rez-de-chaussée régnait une colonnade qui réservait ainsi une vaste salle intérieure ouverte de toute part à l’arrivée de l’air. Cette disposition contribuait à activer la'violence du feu sur ces matières déjà essentiellement inflammables et, en peu de temps, le Palais des Arts décoratifs était entièrement détruit.
- La construction était élevée dans le Parc de Milan, c’est-à-dire dans la seconde enceinte de l’Exposition internationale, qui formait un groupe couvrant une superficie de 15.000 mètres carrés et où près de
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- 4.000 exposants avaient apporté un choix merveilleux de modèles artistiques se rapportant aux industries du meuble et du vêtement. Elle comprenait outre le Palais détruit, la salle des Fêtes, l’arène, l’Exposition particulière du Simplon, le Palais de la Pisciculture, l’Exposition rétrospective des Transports, la Section d’orfèvrerie et, enfin, les palais réservés à la Peinture et à la Sculpture italiennes, placés tout à côté du pavillon des Arts décoratifs.
- C’était particulièrement dans la Section hongroise, où le feu avait pris naissance, que les dégâts étaient considérables, car on y avait exposé des objets d’art de la plus grande valeur.
- Dans la Section italienne, il y avait également des documents uniques, entre autres des plans et des maquettes de la cathédrale de Milan et tous les documents anciens s’y rapportant. Dans les Sections voisines,'que nous avons énumérées et qu’on put heureusement préserver, il y eut cependant des dommages à déplorer, les pompiers ayant dû décrocher en hâte et jeter pêle-mêle beaucoup d’objets précieux. Les pertes s’élevaient à une quinzaine de millions, dont plus de la moitié pour la Section hongroise. C’était un désastre irréparable, la plupart des objets détruits étant des œuvres uniques.
- La Section française n’exposant pas dans le Pavillon commun des Arts décoratifs, n’eut pas à souffrir du sinistre, pas plus que les Sections de la Grande-Bretagne, de la Suisse, du Japon, des Pays-Las, de la Perse, de l’Allemagne, de la Turquie et de la Chine.
- C était néanmoins un grand malheur frappant encore injustement nos amis italiens, et les exposants français ne manquèrent pas de leur témoigner, à cette occasion, toutes leurs sympathiques condoléances.
- A la première nouvelle du désastre, M. Jozon, commissaire général du gouvernement français, qui se trouvait à Paris, avait adressé la dépêche suivante au ministre du commerce d’Italie : « Frappé de stupeur par la nouvelle du sinistre, et bien qu’il n’atteigne pas les Sections françaises de l’Exposition, nous nous considérons comme personnellement frappés et nous vous adressons 1 expression de notre profonde et douloureuse sympathie ».
- Ce télégramme traduisait sous une forme parfaite les sentiments de toute la France et la presse française, sans exception, tint aussi à s’associer au malheur qui atteignait à nouveau nos amis et voisins.
- Pendant quelques jours, les pompiers s’appliquèrent a noyer les décombres du palais incendié, qui ne présentait plus qu un amas informe de matériaux fumants, l’armature en fer restait seule debout.
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- Les ruines du Pavillon de l’Architecture avaient également un aspect lamentable, quoique les deux colonnades et les pilastres de la façade eussent résisté à l’intensité des flammes. Celles-ci se dressaient calcinées au milieu d’un enchevêtrement de ferrailles, mais dégarnies des motifs architecturaux qu’elles soutenaient gracieusement quelques jours auparavant.
- Il s’agissait de réparer au plus tôt ce qui était réparable, c’est-à-dire les édifices. Avec un admirable courage, tout le monde se mit à l’œuvre et si les trésors que renfermait surtout la Section hongroise ne pouvaient être remplacés, on devait, au moins, reconstruire rapidement les pavillons détruits et réparer ceux qui étaient seulement endommagés.
- III
- La fatalité s’acharnait véritablement sur Milan et sur l’Exposition. En effet, à peine était-on revenu de l’émotion causée par le terrible incendie du 3 août qu’un orage épouvantable éclatait le 9 à 8 h. 1/2 du matin, en même temps qu’une trombe d’eau s’abattait sur la ville. Un grand nombre de sous-sols et de rez-de-chaussées dans la partie basse de la ville furent inondés et les pompiers durent se rendre sur plusieurs points pour apporter des secours et effectuer des sauvetages. Au palais Marino, résidence de la municipalité, la grande pierre commémorative sur laquelle étaient gravés les noms des Italiens morts en Afrique se détacha et roula avec fracas sur le sol.
- A l’Exposition, dans la Section située sur la Place d’Armes, les dégâts furent considérables. Le Pavillon des Arts décoratifs français, notamment, subit de sérieux dommages qui nécessitèrent sa fermeture pendant plusieurs jours. La violence de l’ouragan avait renversé les portails d’entrée, cassé plusieurs vitrines, et abîmé nombre de très riches toilettes exposées.
- Le Pavillon belge fut aussi fortement éprouvé.
- On eut également à déplorer quelques accidents de personnes mais heureusement peu graves. La foudre ayant atteint la conduite électrique du chemin de fer aérien qui mettait en communication la Place d’Armes avec le Parc, on dut momentanément interrompre le service.
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- La première quinzaine d’août fut donc marquée par une série de désastres qui provoquèrent un désarroi bien compréhensible d’ailleurs, dans l’enceinte de l’Exposition.
- Mais on se ressaisit bien vite. Grâce au zèle éclairé de notre architecte, M. de Montarnal, le Pavillon français des Arts décoratifs reprenait bien vite son allure magistrale, en même temps qu’il retrouvait une faveur encore plus grande de la part du public.
- Avec une prestesse et une habileté tout à l’éloge des architectes et des ouvriers, les Palais incendiés se réédifiaient aussi très rapidement, si bien qu’à la fin de ce mois malheureux, l’Exposition de Milan avait repris l’aspect superbe qu’elle avait le jour de son inauguration. La foule des visiteurs ne pouvait plus se douter qu’une main criminelle ou un hasard malencontreux avait failli anéantir l’œuvre si belle, si intéressante qu’elle admirait, les Palais contenant encore tant de richesses artistiques.
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- Si ce mois d’août nous laissait de tristes souvenirs, il nous réservait cependant sur ses derniers jours une agréable surprise, qui fournit aux Milanais une nouvelle occasion de manifester leurs senti mentsd’amitié à nos compatriotes.
- En effet, le 30, la musique de la Garde Républicaine, sous la diiec-fion de son chef, M. Parés, arrivait cà Milan et provoquait d’enthousiastes manifestations. Une foule immense se pressait à la Station centrale, de même que dans les rues que devaient suivre les musiciens français pour se rendre au Palais de 1 Exposition d Ait peignent en vue de la réception officielle, lout le long du paicouis, nos vaillants artistes furent l’objet des plus chaleureuses acclamations.
- Dans le grand salon des fêtes du Pavillon, le Maire, le maïquis f onti, entouré de ses trois adjoints, souhaita la bienvenue a M. 1 a-rès, serra la main à tous les musiciens individuellement, puis, dans un toast éloquent, il évoqua le passé de gloire et de communes batailles qui liait l’Italie et la France.
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- La presse tout entière saluait de la façon la plus cordiale l’arrivée des hôtes français.
- Le lendemain, dans la matinée, tous les musiciens de la Garde Républicaine, avec leur chef M. Parés, allaient visiter le tombeau du grand compositeur Verdi.
- L’après-midi un lunch leur était offert au restaurant Cova par M. le sénateur Mangili et M. Gondrand, président de la Chambre de Commerce française à Milan. Assistaient également à ce lunch, les membres de la Commission d’organisation du Concours musical, le prétexte de la venue à Milan de nos brillants artistes.
- Le 1er septembre, avait lieu, dans le grand salon des fêtes la première audition de la Garde Républicaine qui exécuta magistralement plusieurs morceaux, entre autres la célèbre symphonie fantastique de Rerlioz.
- Cette œuvre difficile, mais si grandiose et si harmonieuse dans son ensemble, fut jouée avec un art et une perfection qui transporta d’enthousiasme les dilettanti dont se composait en majeure partie l’auditoire. Des bravos répétés, des applaudissements frénétiques saluèrent la finale, pendant que les dames jetaient des fleurs aux artistes ravis du succès qu’ils venaient de remporter. Le 2 septembre, nouvelle audition et nouveau triomphe, notamment dans l’accompagnement de Y Enlèvement des Sabines, chanté par la Société chorale de Tourcoing sous la direction de l’auteur, le maestro F. Ritz. Les choristes eurent également leur part d’un succès qu’ils avaient bien mérité aussi.
- Le 3, la musique de la Garde Républicaine donnait un concert dans la galerie des Arts décoratifs français. Elle y remportait un succès triomphal et nous nous refusons à dépeindre l’enthousiasme des assistants lorsque nos musiciens jouèrent, comme clôturera Marseillaise et YIhjnme royal italien.
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- CHAPITRE XXII
- LA RÉUNION DES MEMBRES DU JURY.-LES MEMBRES DU JURY SONT
- CONVOQUÉS A MILAN. -- UN SÉJOUR FORCÉ A DIJON, QUI N’EST
- POINT MILAN. -— COMMENT CERTAINS DE NOS COLLÈGUES PARTIS TRÈS EN AVANCE, ARRIVÈRENT TRÈS EN RETARD. >-LA PREMIÈRE
- Réunion du jury français. — une réception offerte par
- M.JOZON.
- Sgm fallait néanmoins songer au classement des exposants pour l’attribution des récompenses.
- Dans ce but, les membres du Jury proposés pour notre Classe par M. le Commissaire général, recevaient le 26 septembre la lettre suivante :
- Ministère du Commerce RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
- Exposition Internationale de Milan
- Commissariat général du Gouvernement
- français
- 101, rue de Grenelle Paris.
- Paris, le 25 septembre 1906.
- chain, et les Jurés devront être à Milan pendant cette période.
- Je vous prie de me faire connaître, par retour du courrier, si vous pouvez
- Monsieur,
- J’ai l’honneur de vous informer que vous êtes proposé comme Membre du
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- u 4 au 12 octobre pro-
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- EXPOSITION DE MILAN
- accepter les fonctions de Juré, dans les conditions que je vous indique.
- En cas de réponse affirmative, et sans autre avis de ma part, vous voudrez bien retirer votre nomination au Bureau du Commissariat général, 37, via Boccaecio, à Milan, où elle serait à votre disposition à partir du Ie' octobre. Agréez, Monsieur, l’assurance de ma considération très distinguée.
- Pour le Commissaire général du Gouvernement français :
- Le Secrétaire général du Commissariat du Gouvernement français.
- De Son côté, notre Président, M. Donckèle, adressait à chacun des exposants du Groupe 42 et de la Classe 86, la communication suivante :
- Ministère du Commerce RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
- Exposition Internationale de Milan 1906
- •• — J . - Paris, le 26 septembre 1906.
- section française
- — Bourse de Commerce, rue du Louvre.
- . Comité it admission
- Groupe 42 Classe 86
- Monsieur et cher Collègue,
- Je suis avisé que le Jury de la Classe 86, Groupe 42, dans laquelle vous exposez, se réunira à Milan le 4 octobre pour procéder à l’attribution des récompenses.
- Je. crois devoir vous en informer dans le cas où vous tiendriez à présenter vous-même vos produits.
- Veuillez agréer, Monsieur et cher- Collègue, l’assurance de mes meilleurs sentiments.
- Le Président de la Classe 86,
- G. DONCKÈLE.
- II
- Touchés par la première invitation, les membres du Jury présents à Paris faisaient aussitôt leurs préparatifs de départ. Un avis ultérieur leur annonçait que la première réunion aurait lieu le 4 octobre à 10 heures du matin au « Parc », salle de la Prévoyance. Il était par suite indispensable d’arriver à Milan le 3 octobre.
- D’ailleurs, une convocation du président de la Section fran-
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- PREMIÈRE PARTIE. -- HISTORIQUE
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- çaise nous était également parvenue, nous invitant à nous trouver ce même jour 3 octobre à 6 heures du soir dans une des salles du restaurant Cova, pour connaître les dispositions prises d’accord avec le Comité exécutif italien au sujet des opérations du Jury. A l’issue de cette réunion, tous les Jurés français étaient conviés à un banquet offert par M. le Commissaire général.
- Depuis l’ouverture du tunnel du Simplon, les trains préférés de nos compatriotes étaient, sur cette ligne, ceux partant de Paris, gare de Lyon, à 10 h. 30 du soir, et arrivant à Milan le lendemain à 4 h. 10 de l’après-midi. Pour les Français qui désiraient refaire le merveilleux trajet par Bâle-Lucerne et le Saint-Gothard, le départ s’effectuait par la gare de l’Est à peu près à la même heure.
- Le mardi 2, au soir, la plupart des membres du Jury se retrouvaient à la gare de Lyon, assez avant l’heure fixée pour le départ du train, en vue de se réunir par groupes sympathiques dans les mêmes compartiments. Certains de nos collègues, qui savaient que les hôtels de Milan regorgeaient de monde, avaient cru utile de partir le matin pour arriver de bonne heure.
- Un léger incident, qu’ils ne nous feront certainement pas grief de rapporter puisqu’il émanait de leur fait, fit regretter à quelques-uns d’entre eux d’avoir supputé les avantages d’arriver les premiers à Milan et nous permit, en les raillant amicalement, d’adoucir ces regrets dans la mesure de nos moyens : ces aimables collègues, en effet, avaient profité de l’arrêt de Dijon pour déjeuner au buffet; mais trop préoccupés sans doute des soins de leur estomac, ou absorbés par une conversation intéressante, ils avaient oublié 1 heure et eurent la désagréable surprise, revenant sur le quai, de voir le train filer devant eux.
- Nous les avons retrouvés un peu navrés, car en leur brûlant U politesse, le train avait aussi emporté leurs bagages à main fiu ils ne reverraient peut-être plus, et nous nous serrâmes pour leur réserver des places dans nos compartiments. La fraîcheur d oc-tobre, étant particulièrement sensible en chemin de fer et en pays de montagne, chacun de nous, moderne Saint-Martin, eut à cœur d offrir à nos malheureux amis un bout de manteau et un coin de couverture. A cette occasion, notre vieille gaieté française n eut •Imite de s’exercer agréablement jusqu’à destination.
- Le train du Saint-Gothard, par extraordinaire, arrivait à l’heure. Quant au nôtre, il avait 2 h. 1/2 de retard, ce qui nous mit dans l’impossibilité d’être exacts au rendez-vous fixé à 6 heuies chez Cova.
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- III
- Les retardataires malgré eux firent cependant diligence et, à 7 h. 1/2, tous les jurés étaient groupés, en tenue de soirée, autour de M. Maguin qui devait présider la séance à laquelle M. Jozon nous faisait l’honneur d’assister. Près de notre président de Section étaient également assis MM. Lamaille, Sandoz et Estieu. M. Maguin déclarait la séance ouverte; il souhaitait en quelques mots aimables la bienvenue à tous les Jurés, puis donnait des explications techniques sur la réglementation de leurs travaux après l’entente préalable avec le Comité exécutif italien.
- Nous ne croyons pas devoir relater les instructions théoriques fournies par le président de la Section française, puisqu’elles ont leur place marquée dans le chapitre que nous consacrons plus loin à l’examen du Jury.
- M. Lamaille, secrétaire général de la Section, donnait ensuite lecture de trois imprimés qui furent, au surplus, remis à chacun de nous. A ce sujet, plusieurs Jurés demandèrent quelques renseignements complémentaires et une discussion s’engagea à propos du secret des délibérations.
- M. le Commissaire général intervint alors et, avec l’autorité bienveillante et la bonne grâce que nous avions déjà si souvent appréciées depuis l’ouverture de l’Exposition, il donna à son tour d’excellents conseils qui eurent l’approbation unanime de l’Assemblée. La séance fut alors levée, et les assistants conviés à passer dans une pièce voisine où devait avoir lieu le banquet offert par M. Jozon.
- IV
- La salle, artistiquement décorée de drapeaux français et italiens et de plantes vertes, était étincelante de lumière. Sur les tables une profusion de fleurs rares agrémentaient de riches surtouts d’orfèvrerie. Devant chaque invité était placé un superbe menu attaché par un ruban à nos trois couleurs nationales et portant sur la couverture un trophée de drapeaux français et italiens avec au
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- milieu, le coq gaulois chantant fièrement cependant qu’un soleil d’or se lève derrière lui. Les gardiens de Classes, en grande tenue, faisaient le service d’honneur et indiquaient à chacun des convives la place qui lui était réservée, ceux-ci, du reste, groupés par industrie.
- Voici quelle était la composition du menu :
- BISQUE D’ÉCREVISSES TRUITE DU GARDA SAUCE VÉNITIENNE SELLE DE PRÉ-SALÉ MONTGOLFIER CASSAOELA AMBROSIANA TIMBALE « PIÉMONTAISE »
- CHOUX-FLEURS A LA POLONAISE BÉCASSINES SUR CROUTONS SALADE
- POUDDING DIPLOMATIQUE SAUCE FRAMBOISE LATTEMIELE E CANNONI FRUITS DESSERTS
- Quant aux vins, inutile de dire qu’ils étaient des crus les plus réputés.
- Pendant tout le repas, la gaieté ne cessa de régner, de même que les saillies spirituelles de certains de nos collègues, spécialement doués à cet effet, trouvaient matière à s’exercer dans la chaleur communicative de ce banquet amical, où des hommes d un même milieu laborieux avaient plaisir à se trouver réunis.
- Il nous est particulièrement agréable de remarquer à ce sujet, combien les Expositions à l’étranger servent non seulement à îes-serrer les liens d’amitié entre les peuples, mais aussi à apprendie aux industriels et aux commerçants d’un même pays à se bien connaître et à s’apprécier.
- A Paris, et dans les grandes villes de France, le labeur quotidien laisse peu de temps aux fréquentations et la plupart des confiées d une même industrie — à part ceux qui sont en relations peison-nelles — songent le plus souvent à se jalouser.
- Réunis dans une enceinte d’Exposition, loin de leur centie d’affaires, travaillant côte à côte vers le même but, ils comprennent enfin que « l’Union fait la force » et que leurs efforts assemblés serviront mieux la cause commune.
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- Au dessert, M. le Commissaire général prit la parole et prononça l’allocution que nous sommes heureux de reproduire :
- Messieurs,
- Je suis heureux de vous souhaiter la bienvenue à votre arrivée à Milan et je vous remercie d’avoir répondu si nombreux à mon appel. Il y a bientôt six mois (pie je suis installé à Milan et pour moi, comme pour tous ceux (pii ont été mes compagnons de travail, il n’y a pas de plus grand plaisir que de parler de la France et de pouvoir passer une soirée avec des compatriotes. Certes nous avons reçu ici un charmant accueil, l’Exposition est superbe, et le ciel toujours bleu ; mais ce ne sont ni les gens, ni les choses, ni le ciel de notre pays, et les Italiens ne pourront m’en vouloir du plaisir ([lie j’éprouve en ce moment à me trouver au milieu de vous.
- Messieurs, c’est en qualité de Commissaire général que j’ai l’honneur de vous recevoir aujourd’hui ; vous êtes vous-mêmes pour la plupart des Jurés des Arts décoratifs, et vous avez une tâche délicate à remplir. Per-mettez-moi donc sans plus ample préambule, de vous parler de l’Exposition et d’en faire passer rapidement l’histoire sous vos yeux.
- C’est au lendemain de notre grande Exposition de 1900 (pie des commerçants italiens eurent l’idée d’organiser à Milan, une Exposition de Transports pour célébrer l’achèvement du tunnel du Simplon. Ils pensaient qu’il serait ouvert en 1904 et ils voulaient faire une Exposition restreinte célébrant la grandeur de l’œuvre, et montrant les avantages qu’on pouvait en retirer.
- Les adhésions se faisaient attendre, quand le Comité français des Expositions, voyant là un nouveau champ fécond offert à son activité, se décida à venir à Milan en demandant aux Italiens d’élargir leur programme et de reculer la date de leur convocation. Les travaux du Simplon avançaient, du reste, moins vite qu’on avait espéré ; finalement la date de l’Exposition fut lixée en 1906, et son programme fut étendu d’abord à toutes les industries se rapportant aux Transports, aux Arts décoratifs, puis enfin à l’Agriculture et à l’Économie sociale. L’Exposition devenait ainsi presque universelle. Le Gouvernement français avait manifesté dès l’origine son intention de participer officiellement à l’Exposition. Il y voyait non seulement des avantages commerciaux, mais plus encore l’intérêt considérable qui s’attachait à dissiper le malentendu (pii avait existé entre la France et l’Italie, et à améliorer les relations de deux peuples ayant même origine, mêmes aspirations, et qui avaient cent raisons de s’aimer et pas une raison sérieuse de se haïr.
- Un décret du 23 mai 1905 institua le Commissariat général de Milan, et chargea le Comité français de recruter les exposants et d’organiser la Section française. C’était en avril 1906, onze mois plus tard, ([lie l’Exposition devait s’ouvrir. Heureusement le terrain état déjà préparé et chacun se mit à l’œuvre et redoubla d’efforts pour être prêt à la date fixée.
- Les Italiens se chargeaient de construire les bâtiments, mais il fallait leur dire combien on prendrait de surface et on ne savait pas encore le nombre des exposants. Le Comité français paya d’audace, choisit des emplacements favorables, et finalement retint près de 30.000 mq, 10.000 dans le Pavillon à construire spécialement pour les Arts décoratifs français, et le reste dans
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- dix autres Palais communs à plusieurs nations. Il répartit ces surfaces entre les exposants qui se présentaient et qui, bientôt, dans presque toutes les Sections, demandèrent plus d’espace qu’on en pouvait accorder.
- Dès l’automne de 1905, nous étions sûrs que la Section française serait digne de notre pays et pourrait se mesurer sans crainte avec n’importe quelle autre Section étrangère.
- C’est alors que les difficultés d’installation commencèrent et ceux qui ne sont pas venus à Milan au commencement de 1906 ne peuvent Se faire une idée des obstacles qu’il a fallu surmonter.
- L’Exposition avait pris une extension que personne n’avait prévue et qui dépassait de beaucoup les dispositions arrêtées par les Italiens. Les constructions qu’on aurait dû livrer en décembre n’étaient pas achevées au mois de mars suivant. Tous les moyens d’installation étaient insuffisants, les wagons étaient en trop petit nombre, et ceux qui étaient chargés s’accumulaient dans les gares trop petitement aménagées ; les routes récemment construites pour conduire à l’Exposition étaient défoncées ; les grues trop faibles pour décharger les gros colis. Il pleuvait sans discontinuer et pendant près de trois mois, il fallut travailler dans les conditions les plus déplorables. .- • '
- L’ouverture de l’Exposition d’abord fixée au 18, avait été reportée au 28 avril. Rien n’était encore achevé et certaines Sections étrangères n’étaient même pas commencées. La Section française était parmi les plus avancées, et lors de la visite du Roi et de la Reine d’Italie, notre salon d’honneur était achevé, garni de meubles précieux, et deux belles rangées de vitrines bordaient le chemin suivi par le cortège royal.
- Cette inauguration officielle terminée, on se remit au travail, souvent de mauvaise humeur, mais avec la volonté d’en finir.
- Le temps devenait meilleur, l’encombrement et le désordre des premiers temps diminuaient, on voyait chaque jour de nouvelles vitrines se.garnir, eL le 18 juin, lorsque M. Ruau vint inaugurer officiellement la Section française, la plupart de nos Classes étaient installées et commençaient a attirer les visiteurs.
- La réception faite à M. Ruau fut véritablement triomphale, et ceux qui y ont assisté se rappellent certainement encore avec fierté combien les Italiens sont accourus en foule à la tête que nous avons donnée a notre Pavillon ; comment ensuite, ils nous ont offert à la salle desbêtes et aux arènes, des réceptions magnifiques,‘où la France a été acclamée.
- Depuis cette belle manifestation, le succès de notre Section ne s’est jamais démenti, et le Pavillon des Arts décoratifs, avec ses objets d’art, son orfèvrerie, ses meubles, sa céramique, ses tapisseries, ses étoiles, ses bio-deries, ses robes, ses panoramas de la couture, des fleurs et des plumes, n a cessé d’être le point le plus fréquenté de l’Exposition.
- L Exposition était en plein développement, quand, au commencement d août, le Pavillon des Arts décoratifs italien et hongrois tut détruit en quelques heures par un incendie. Ce désastre qui paraissait iuémédiable, ne rd qu’accroître le courage de ceux qui avaient été frappés. Ils décidèrent de reconstruire le palais. En quelques heures de nouveaux plans fuient dressés. Quelques jours après le sinistre, les décombres étaient enle-
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- vés, et des centaines d’ouvriers travaillèrent à la reconstruction d’un nouvel édifice ; enfin au milieu de septembre, trois semaines après l’incendie, le Roi et la Reine inauguraient le nouveau Palais des Arts décoratifs italien et hongrois, sorti de ses ennuis comme par enchantement. Nous avons là le spectacle magnifique de ce que peuvent la volonté et la décision pour triompher de ces malheurs qui paraissaient irréparables.
- Je viens de vous dire où nous en sommes et c’est à vous, Messieurs les Jurés de l’Art décoratif, qu’il appartient maintenant d’achever l’œuvre (pie nous avons déjà commencée et que nous vous laissons, je crois pouvoir le dire, en bonne voie. C’est vous qui avez maintenant mission de couronner l’édifice.
- Dans les Expositions, comme dans toutes les grandes entreprises, il est bon de bien commencer, mais il faut surtout bien finir.
- Quelques-uns d'entre vous se rappellent sans doute une chanson d’autrefois, où un vétéran du Ier Empire, invalide, berçant les enfants de sa fille chérie, comme on disait alors, se rappelle ses glorieux combats et ses marches triomphales à travers le monde ; mais il est obsédé par le souvenir des dernières défaites, et à la fin de chaque couplet, il répète tristement : Ce n’est pas tout de vivre, que Dieu, mes enfants, vous donne un beau trépas.
- Heureusement, Messieurs, il ne s’agit ici de mort pour personne, mais il ne suffit pas que la Section française ait été depuis l’ouverture de l’Exposition, l’une des plus belles et des plus admirées, il faut encore, pour les exposants aussi bien que pour la France, qu’elle occupe à la distribution des récompenses, la place qu’elle mérite par le nombre et plus encore par la qualité des objets qu’elle a exposés.
- Messieurs, je lève mon verre en l’honneur des Jurés français des Arts décoratifs, je bois aux justes récompenses qu’ils feront obtenir aux exposants français.
- Cette belle péroraison fut chaleureusement applaudie.
- M. Maguin prenait ensuite la parole, et déclarait qu’il n’avait rien à ajouter au magnifique discours deM. le Commissaire général. Il remerciait M. Jozon, au nom de tous les convives, d’avoir bien voulu les réunir à cette table amicale et demandait seulement à retenir une seule chose : l’union parfaite qui s’était établie entre le Comité français et l’élément officiel.
- Puis M. Maguin, levait son verre à la consécration des succès de l’œuvre commune et, en terminant, annonçait que les récompenses attribuées jusqu’à ce jour étaient :
- Grands prix Dipl. d’hon. Méd. d’or
- France ..................... 441 298 354
- Italie ..................... 332 396 553
- Les conversations particulières reprenaient alors animées et cordiales, on se concertait sur le programme du lendemain, et très . tard, on se séparait.
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- CHAPITRE XXIII
- LA PRÉSENCE A MILAN DES JURÉS EST L’OCCASION DE NOMBREUSES
- FÊTES.
- çp)E 4 octobre, au matin, tous les Jurés arrivés la veille allaient retirer leurs insignes au Bureau du Commissariat général, 37, Via Boccaccio, et se réunissaient, à 10 heures, salle de la Prévoyance, ainsi qu’ils y avaient été conviés. C’était le commencement des travaux des Jurés de notre Groupe, dont nous rendons compte plus loin dans le chapitre que nous avons cru devoir lui réserver.
- La présence des Jurés à Milan devait fournir prétexte à de nombreux banquets, dont celui offert par M. le Commissaire général avait été l’agréable prélude.
- Ces fêtes nous ont laissé le meilleur des souvenirs, mais elles ne furent pas seulement des réunions amicales, elles furent aussi le prétexte à des manifestations dont on ne saurait méconnaîtie 1 importance.
- Les paroles qui ont été dites aucoursde ces réceptions méiitent de retenir l’attention, elles seront pour beaucoup un enseignement précieux et, dans tous les cas, elles sont la constatation vivante des sentiments amicaux qui existent désormais entre l’Italie et la Fi anee.
- C’est pour ces diverses raisons que nous avons cru nécessaiie de consacrer à ces manifestations la place à laquelle elles ont dioit.
- Donc, le 5 octobre, M. le président Maguin et le bureau du Comité ^organisation de la Section française offraient chez Cova un dîner aux membres du Jury. La salle était décorée comme l’avant-veille; L's tables également ornées de fleurs, et les gardiens de Classes faisaient le même service. A la table d’honneur se trouvaient
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- MM. Jozon, commissaire général; Ronssin, commissaire général adjoint; Gondrand, président de la Chambre de commerce française de Milan; Sandoz.
- Le menu comportait :
- FAUSSE TORTUE
- FILETS DE SOLES d’OSTENDE « MESSALINE » SELLE DE PRÉ-SALÉ « HUSSARD » SUPRÊME DE FOIE GRAS EN CAISSE SORBETS AU KIRSCH CHOUX-FLEURS « POLONAISE » PERDREAU A LA FINE CHAMPAGNE EN COCOTTE SALADE
- CROUTE DE PANNETONE A L’ANANAS GLACE MARGUERITE FEUILLANTINE FRUITS
- TISANE DE FINE CHAMPAGNE
- LESSONA 1889
- SAINT-MARCEAUX (BRUT EXTRA) CAFÉ. ------ LIQUEURS
- A la fin du repas, qui fut très cordial, M. Maguin commença la série des discours en saluant, en termes des plus aimables, les jurés. Puis, aux applaudissements de tous, il termina ainsi :
- L’Exposition de Milan est une grandiose manifestation ; la Section française est belle et le clou de l’Exposition est le Pavillon des Arts décoratifs français.
- Je vous rappellerai les témoignages d’admiration (pii nous ont été donnés par S. M. le Roi et par M. Ruau, ministre de l’Agriculture française, Une autre manifestation est celle des visiteurs qui permet d’espérer que l’effort fait à Milan ne sera pas perdu et que les liens si communs,, qui rapprochent l’Italie delà France, seront encore resserrés. La vue du drapeau italien me crée l’agréable obligation de saluer ici ce grand peuple qui nous a donné l’hospitalité de son sol.
- Je remercie M. le Commissaire général, M. Ronssin, M. Gondrand. Malheureusement l’exigüité de la salle ne nous a pas permis de recevoir à cette table, tous les exposants français présents à Milan, pour leur transmettre, à eux aussi, mes sincères remerciements.
- Je lève mon verre à la ville de Paris, à la France, à l’élégance et au bon goût.
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- M. le Commissaire général Jozon répondait à M. Maguin et rappelait combien le Comité d’organisation de la Section française avait rendu de services à l’Exposition. Il ajoutait :
- Si vous trouvez que notre besogne a été satisfaisante cela tient à ce que, depuis l’ouverture de l’Exposition, M. Maguin et moi, nous avons toujours marché d’accord dans l’intérêt général.
- Vous ferez comme nous, n’ayant en vue que le succès du Groupe que vous représentez, et dans votre Section, comme cela a déjà eu lieu dans les autres, la France couronnera dignement l’œuvre commune que nous avons entreprise.
- Hier, à un banquet, on adressait un reproche sévère aux Jurés étrangers qui n’avaient pas cru devoir se présenter. J’ai la satisfaction de constater que pas un des Jurés français n’a manqué à ses devoirs. Vous avez voulu montrer ainsi, Messieurs, tout le soin que vous attachez à la noble tâche que vous ayez à remplir et je vous en félicite,
- Malgré la journée bien remplie, on se quittait vers minuit, ce qui paraissait tôt dans une ville comme Milan, où, à cette heure, on rencontre la même animation de voitures et de tramways que pendant le jour. Comme d’autre part, les habitants sont déjà en mouvement dès l’aurore, on serait tenté de croire que les Milanais se passent de sommeil.
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- Le soir du 6 octobre, le président de notre Classe, M. Donckèle, et les membres du Jury de Groupe 42 recevaient à dîner, au îes-taurant Cova, les Jurés des autres nations.
- Notre collègue, M. Brossard, avait été chargé de l’organisation de ee banquet, ce qui nous dispense de dire combien il fut réussi en tous points. Tous ceux qui le connaissent savent, en effet, qu il est passé maître dans l’art d’organiser une fête et qu il y appoite toujours le goût le plus fin et le talent le plus sûr.
- Cette manifestation amicale devait terminer la série de celles dont notre Groupe avait été le prétexte à Milan, en attendant notie retour à Paris, où d’autres réunions de même genre nous attendaient
- certainement.
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- Voici quel fut le menu de ce dîner auquel M. Jozon nous faisait l’honneur d’assister.
- TORTELLINI AU CONSOMMÉ LANGOUSTE SUR SOCLE, SAUCE MAYONNAISE SELLE DE PRÉ-SALÉ A LA NIÇOISE POULARDE DE LA BRESSE « PIÉMONTAISE » CÉLERIS-NAVETS SAUCE CREME PERDREAUX FLANQUÉS DE BÉCASSINES SUR CROUTONS SALADE TOURANGELLE BOMBE AUX FRUITS FEUILLANTINES DESSERT
- A la fin du repas, M. Donckèle prenait le premier la parole et, avec l’à-propos dont il sait user, faisait tour à tour l’éloge de chacun des pays représentés.
- Il remerciait M. Jozon d’avoir bien voulu honorer de sa présence cette réunion fraternelle, puis adressait à M. Perdoux, président du Groupe 42, président d’honneur du Jury, en même temps que ses vives félicitations, le témoignage de sa sincère amitié. « Monsieur Perdoux, ajoutait M. Donckèle, a volontairement laissé la place active dans la direction des travaux du Jury du Groupe 42, mais ce Groupe tout entier a été heureux de le proclamer président d’honneur, affirmant ainsi la haute estime dans laquelle est tenu notre sympathique ami ».
- En termes émus, M. Perdoux remerciait M. Donckèle des élogieuses paroles qu’il venait de lui adresser.
- M. de Vecchi, remplaçant M. de Clérici, vice-président de notre Groupe, qui n’avait pu accepter l’invitation à dîner, prononçait quelques mots aimables et portait un toast à la France et à la santé des Jurés français.
- Enfin, M. le Commissaire général, après avoir à son tour remercié notre président, M. Donckèle, levait son verre à la santé du roi Victor Emmanuel. Il expliquait qu’il avait eu l’honneur et le plaisir de voir trois fois Sa Majesté : la première fois c’était à Venise qu’il le vit passer dans une gondole avec un brillant cortège, la seconde à un congrès de Milan où le roi et la reine apparurent au milieu des discussions scientifiques, Sa Majesté prouvant ainsi combien elle s’intéressait à tous les travaux dans son pays qui a produit tant
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- d’hommes illustres; la troisième fois c’était à l’Exposition de Milan; les palais n’étaient pas achevés, mais, malgré cela, le roi vint à la salle des Fêtes attester par sa présence tout le bienveillant intérêt qu’il portait à la grande œuvre entreprise.
- M. Jozon terminait son toast en souhaitant à LL.MM. le Roi et la Reine et à l’Italie tout entière, grandeur et prospérité.
- IV
- A la lin de la soirée, une triste nouvelle nous était communiquée : M. Raudnitz, le grand couturier parisien, un de nos collègues Jurés, venait de mourir presque subitement, à l’Hôtel Palace à Milan.
- Bien que M. Raudnitz ne fît pas partie de notre Classe, nous avions eu maintes fois l’occasion de nous rencontrer avec lui et d’apprécier les services éminents que sa haute compétence, dans la spécialité de la couture, avait rendus à la participation française à l’Exposition de Milan.
- Les conditions mêmes dans lesquelles se produisait le décès de notre regretté collègue, augmentaient encore, chez les exposants présents à Milan, la douloureuse émotion que l’on éprouve dans ces pénibles circonstances.
- M. Raudnitz mourait, pour ainsi dire, au champ d’honneur. Son souci des intérêts du commerce français l’avait obligé à accepter les fonctions de Juré. C’est dans l’accomplissement de cette tâche si délicate que notre collègue tombait, privé de la présence des siens, éloigné de sa Patrie, sans le secours des êtres qui lui étaient le plus cher.
- Nous nous faisons un devoir de renouveler ici à sa famille 1 expression émue de nos vives condoléances.
- Le lendemain, qui était un dimanche, tous les Français présents â Milan allaient déposer leur carte à l’Hôtel, pendant que MM. Rons-sin et Perdoux, accomplissaient les formalités en vue du retour en France du corps de notre malheureux compatriote.
- V
- Le temps était magnifique, aussi l’affluence à l’Exposition fut-elle considérable en cette journée. Notre Classe, en particulier, fut littéralement envahie et surtout les dioramas, dont les merveilles faisaient de plus en plus l’admiration de tous les visiteurs.
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- Quelques-uns de nos collègues, profitant du repos dominical qui interrompait les travaux du Jury, allaient en excursion vers les lacs des environs, si beaux à cette époque de l’année, où les teintes vert foncé des paysages qui se mirent dans leurs eaux tranquilles, prennent des tons changeants d'une douceur et d’un charme infinis.
- VI
- Le lundi 8, les Jurés se remettaient résolument à la besogne.. Les examens pour l’attribution des récompenses étaient terminés, mais il fallait collationner, pointer, totaliser, et, dans un Groupe aussi nombreux la tâche était laborieuse. Chacun y apporta le meilleur de sa volonté et l’accord se fit très rapidement.
- Pour clôturer les travaux du Jury, le Comité exécutif italien conviait le soir les Jurés de toutes les nations à un grand banquet au théâtre de l’Eden.
- La salle, très grande, était heureusement disposée : au fond parallèlement à la scène, se trouvait placée la table d’honneur, entre celle-ci et la scène de nombreuses tables étaient installées perpendiculairement dans toute la longueur de la salle; partout une profusion de drapeaux et de plantes vertes.
- M. le sénateur Mangili présidait, ayant à sa droite Son Excellence l’Ambassadeur de Chine à Rome, et à sa gauche M. le Commissaire général Jozon.
- Tous les Commissaires généraux étaient placés à la table d’honneur, ainsi que les présidents du Jury de Groupes.
- Le menu comportait ^
- CONSOMMÉ PURÉE PETITS POIS TURBOT BOUILLI SAUCE MOUSSELINE ET CREVETTES FILET DE BŒUF FLANQUÉ DE MÉDAILLONS DE RIZ AUX TRUFFES VOL AU VENT A LA FINANCIÈRE PUNCH A LA ROMAINE DÉLICE DE GRIVES EN BELLEVUE FAISANS EN CANAPÉ AU CRESSON, SALADE DE SAISON BOUQUET DE LÉGUMES AUX CROUTONS CHARLOTTE DE FRUITS AU MARASQUIN PATISSERIE DESSERT
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- Malgré le grand nombre de convives, le repas fut admirablement servi.
- Au dessert, M. Mangili se levait pour adresser des remerciements à tous ceux qui participaient au succès de l’Exposition.
- Les conversations animées, qui jetaient comme un bourdonnement de ruche dans cette vaste salle, cessaient aussitôt.
- Après avoir exprimé ses regrets de l’absence du président du Jury et adressé un salut cordial à tous, M. Mangili disait : Il faudrait avoir une parole animée d’une puissante inspiration pour vous remercier des services rendus. Nous attendons le résultat de vos opérations.
- Ensuite, il évoquait les divers accidents survenus depuis l’ouverture de l’Exposition, notamment le terrible incendie du 3 août, si cruel pour l’Italie et la Hongrie. Puis il terminait ainsi :
- Je ne me crois pas compétent pour parler de tout, mais le germe du sentiment du beau est dans l’âme de riuunanité, de même que le sentiment du bien.
- Je lève mon verre à l’alliance du beau avec le bien, et tâchons d’être les apôtres de cette alliance.
- Je bois au bonheur de ce que vous cherchez.
- M. Jozon se levait alors et, au nom de tous les Commissaires généraux présents, prononçait les paroles suivantes que nous avons la bonne fortune de pouvoir reproduire ici.
- Messieurs,
- C’est la seconde fois que j’ai le grand honneur, dont je sens a la lois tout E prix et tout le danger, de parler en une séance solennelle au nom des Commissaires généraux étrangers, et je souhaite que les paroles (pic je "sais prononcer soient dignes de ceux que je représente.
- Je commencerai par m’acquitter d’un double devoir, bien agréable a •emplir, le premier, de remercier le Comité exécutit italien et la \illc de Milan de la gracieuse hospitalité qu’ils nous offrent depuis plusieuis mois, le second de porter la santé de Leurs Majestés le Roi et la Reine d Italie, (Ille nous Confondons dans nos souhaits de prospérité et de bonheui a\cc L nation italienne tout entière.
- Messieurs, nous avons vit l’Exposition de Milan se .développer lentement ai1 milieu de circonstances difficiles, mais le Comité exécutit a lait pleine (l’unc énergie et d’une volonté que rien n’a pu décourager; et il a vaillamment continué son œuvre, ayant confiance en lui-même et donnant confiance aux autres.
- I eu a peu toutes les nations, entraînées par son exemple, ont été piises (1 une noble émulation, elles ont triomphé de tous les obstacles, et dès les
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- premiers jours de mai, les étrangers venus à Milan pouvaient admirer les produits exposés par l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la France, la Hongrie, la Suisse, etc... l’élan était donné, les peuples qui s’étaient laissé distancer redoublaient d’efforts et venaient compléter l’œuvre commencée en apportant leur tribut de tous les points du globe, de l’Angleterre et de la Russie, de la Bulgarie et de la Hollande, de la Chine et du Japon, du Canada et de l’Amérique du Sud ; un royal exposant voulut même participer à cette tête du travail et envoya la collection de poissons unique en son genre, qui figure dans la Section du Portugal. Toutes les nations civilisées avaient répondu à l’appel du Comité exécutif.
- Les Italiens ont le droit d’être tiers du succès qu’ils ont remporté. Nous avons été, Messieurs, leurs collaborateurs, nous pouvons nous réjouir avec eux, et leur tendre la main.
- Nous voici au terme de nos travaux. Ce banquet est donné en l’honneur des derniers Jurés. Ils ont accompli leur tâche au milieu d’une satisfaction générale. Toutes les difficultés ont disparu, tous les ennuis sont oubliés. L’incendie lui-même du Palais des Arts décoratifs italien et hongrois ne nous rappelle plus que le sang-froid avec lequel ces deux nations ont envisagé le désastre, l’énergie qu’elles ont mise à le réparer et l’admiration avec laquelle nous avons vu sortir de terre, comme par enchantement, un nouveau Palais aussi beau que celui que les flammes avaient dévoré.
- L’Exposition va se clore en plein triomphe, au milieu d’une affluence chaque jour croissante de visiteurs, dans un contentement universel, dans un calme plein de grandeur :
- « Bien ne trouble sa fin, c’est le soir d’un beau jour », l’un de ces beaux soirs où le moissonneur après avoir fait une ample récolte, se repose un instant avant de regagner sa demeure, et regarde le disque éclatant du soleil descendre lentement vers l’horizon. L’astre radieux est entouré comme d’une couronne par des rayons d’or. Il éclaire encore la plaine, puis seulement les collines, et il disparaît bientôt derrière le sommet des montagnes; mais il envoie encore dans les airs des traînées lumineuses qui éclairent la terre, et qui rappellent aux hommes la chaleur féconde et la clarté bienfaisante du jour qui vient de finir.
- Nous aussi, Messieurs, nous sommes des moissonneurs, nous aurons bientôt fini notre journée et, lorsque nous serons rentrés chez nous, chargés des récompenses bien gagnées, nous regarderons en arrière et nous nous rappellerons le beau spectacle que nous avons eu sous les yeux. Nous verrons passer, comme dans un rêve, les Palais remplis d’objets précieux, les produits magnifiques, la grande ville animée et bourdonnante comme une ruche d’abeilles que nous avons admirés. Nous nous rappellerons surtout, avec une légitime fierté, les hommes de haute valeur que nous avons eu l’occasion de connaître, avec qui nous avons échangé des idées de justice et de liberté, au contact desquels nous nous sommes sentis devenir meilleurs et dont plusieurs sont devenus nos amis.
- Messieurs, au nom des Commissaires généraux étrangers, je lève mon verre en l’honneur du Comité exécutif italien et de tous ceux qui ont pris part à l’Exposition de Milan, elle touche à sa fin et ne laissera que des regrets. Elle aura vécu ce que vivent les roses, mais longtemps encore
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- après que les démollisseurs en auront enlevé la dernière pierre, nous en garderons le souvenir, tout empreint du charme mélancolique qui s’attache aux choses d’un temps passé, qu’on a aimé, qu’on voudrait voir revenir, mais qui a disparu pour jamais.
- De frénétiques applaudissements en salves prolongées saluèrent le magnifique discours de notre Commissaire général puis, comme touchée par une baguette de fée, la scène s’éclaira subitement, une musique délicieuse se faisait aussitôt entendre, pendant que la toile se levait sur une représentation théâtrale que chaque convive pouvait suivre de sa place.
- Cette partie de la fête eut un franc succès, mais notre rôle de rapporteur ne nous permet pas, croyons-nous, de la détailler. Disons seulement que le programme était des mieux choisis et que les artistes firent preuve de beaucoup de talent.
- VII
- Le banquet auquel nous venions d’assister clôturait brillamment la grande semaine du Jury, semaine désormais historique en raison des marques répétées de franche et cordiale amitié qui furent prodiguées à tout l’élément français de l’Exposition de Milan.
- Mais il n’est pas de meilleures choses qui n’aient leur fin; l’heure de la retraite allait sonner puisque la fermeture de l’Exposition était annoncée pour le 1er novembre, et beaucoup de nos compatriotes s’apprêtaient à quitter Milan.
- Le 10 octobre déjà, de nombreux vides étaient signalés dans les rangs des exposants français, la plupart, d’ailleurs, désirant se trouver à Paris au moment où paraîtraient les distinctions honorifiques accordées à l’occasion des Expositions de Saint-Louis et de Liège.
- Notre président et ami, M. Donckèle, dont nous attendions la nomination au grade d’officier de la Légion d’honneur, était tenu de rester encore à Milan pour les opérations du Jury supérieur qui devait se réunir le 15.
- Enfin, le 13 octobre, le Journal officiel publiait le décret tant attendu et nous eûmes la satisfaction de constater que le gouvernement français avait su reconnaître les réels mérites de M. Donckèle.
- Nous ne croyons pas devoir donner ici la liste intégrale des personnalités marquantes qui recevaient une récompense bien méritée,
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- mais qu’il nous soit permis de citer pourtant les noms de quelques-uns de nos plus sympathiques collègues, en leur adressant encore l’expression de nos félicitations bien sincères :
- MM. Donckèle, Fillot, Laguionie.
- MM. Gandriau, Benoiston, Hunebelle, Libron,
- Mirtil Mayer, Plantevignes,
- Officiers :
- MM. Anglade,
- Goguenheim,
- Perdoux.
- Chevaliers :
- MM. Savouré. Daniel, Mermilliod, Mauchauffée, Blum,
- Taffonneau.
- A cette énumération trop courte, il nous eut été particulièrement agréable d’ajouter notre aimable trésorier M. Vimont, qui était, hélas ! parmi les méritants oubliés; d’autant plus, que par une nouvelle injustice du sort, notre collègue devait être, le lendemain, victime d’un accident épouvantable.
- Le dimanche 14, en effet, M. Vimont, après une journée passée chez son père, rentrait à Paris avec Madame Vimont et leurs trois enfants, lorsqu’ils furent pris dans la catastrophe d’Epernon. Le wagon qu’ils occupaient fut broyé et on les retira des décombres, tous les cinq très grièvement blessés.
- Nous renouvelons ici à M. Vimont, si tristement éprouvé, ainsi qu’à sa famille, l’expression de nos sentiments de vive et bien sincère sympathie.
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- CHAPITRE XXIV
- l’apothéose DE l’exposition DE MILAN. -—- LE ROI ET LA REINE d’italie font une dernière visite a l’exposition. —- LES
- SOUVERAINS VEULENT REVOIR LA SECTION FRANÇAISE. -------- UNE
- HEUREUSE SURPRISE. ---- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- «Cependant à Milan, l’Exposition s’achevait dans une brillante apothéose.
- Les Jurés avaient terminé leurs travaux, mais l’annonce de la fermeture prochaine et le temps splendide attiraient toujours un public énorme.
- Le 18, Leurs Majestés le Roi et la Reine, faisaient une nouvelle visite «au Parc», à la Section française particulièrement, et favorisaient encore d’une façon toute spéciale les dioramas de notre Classe, déjà admirée par Leurs Majestés lors de leurs précédentes visites.
- Devant l’aflluence persistante et la faveur d’un magnifique soleil d’automne tiède et brillant, dans le plus bel azur, le Comité exécutif italien de l’Exposition de Milan décida de reculer la date de clôture, précédemment fixée au 1er novembre. Jusqu à cette période de prolongation, la température resta douce et le ciel pui, les derniers jours d’octobre, aussi bien que les premiers jouis de novembre amenèrent au Parc et à la Place d’Armes un public plus nombreux peut-être et encore plus enthousiaste que celui des pie-niiers jours.
- A- l’heure même où l’Exposition fermait ses portes, notre président ^I- Donckèle, dont l’amabilité toujours en éveil sait si bien saisii toutes les occasions favorables, faisait remettre à chacun des expo-
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- sants de la Classe 86 une première ristourne de 30 % sur les sommes consignées par eux au début de l’Exposition.
- Ainsi se terminait à Milan, cette grandiose manifestation du travail, inspirée en grande partie par le Comité français des Expositions à l’étranger, et grâce auquel la France a pris une large et très brillante part.
- La haute courtoisie, le zèle éclairé de M. Jozon, Commissaire général du gouvernement, de M. Maguin, président du Comité d organisation de la Section française, de tous leurs collaborateurs, petits et grands, ont attiré à notre pays, à notre commerce, à notre industrie, les sympathies unanimes en même temps que des témoignages répétés de la plus flatteuse attention. Un succès sans précédent a couronné l’œuvre commune et les liens qui unissaient auparavant l’Italie et la France n’ont fait que se resserrer davantage, pour le plus grand bien des deux peuples et la paix du monde.
- L’Exposition de Milan laissera donc à tous les Français qui y ont participé un souvenir impérissable, et il ne nous semble pas exagéré de dire que ceux qui ont contribué, à quelque titre que ce soit, à assurer un résultat aussi complet ont bien mérité de notre pays.
- BANQUET DE CLOTURE
- Puisqu’une part importante des lauriers remportés à Milan revenait à notre Classe, il nous semblait que, rentrés à Paris, nous avions encore un devoir à remplir : fêter dignement notre sympathique président qui nous avait conduits à la victoire, les personnages éminents qui avaient su assurer le prestige de la participation française, et nos collègues ayant reçu une distinction honorifique dans la promotion du 13 octobre 1906.
- Il fut donc convenu de les réunir le 10 décembre au palais d’Orsay dans un grand banquet auquel seraient conviés tous les exposants, ainsi que les membres des Chambres syndicales qui avaient eu un de leurs collègues nommé dans l’ordre national delà Légion d’honneur.
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- Au surplus, la convocation suivante fut adressée à chacun des intéressés :
- Exposition de Milan
- Classe 86 Paris, le 10 novembre, 1906.
- Industries diverses du Vêtement
- Monsieur et cher Collègue,
- Les Membres du Comité de la Classe 86 de l’Exposition internationale de Milan ont décidé d’organiser un grand banquet sous la présidence de
- M. M. JOZON
- Commissaire général du Gouvernement de la République française en son honneur et en celui de
- et de
- M. A. MAGUIN
- Président du Comité d'organisation de la Section française
- M. G. DONCKÈLE
- Président de notre Classe et Président du Jury international du Groupe 42.
- Ils désirent honorer également dans cette fête tous leurs collègues exposants de la Classe 86 à Milan, qui ont reçu une distinction honorifique dans les dernières promotions.
- A cet effet, ils convient à y assister, non seulement les exposants de Milan, mais encore tous les Membres des Chambres syndicales intéressées, qui ont vu un des leurs nommé dans l’ordre national de la Légion d’honneur.
- Ils ont décidé, en outre, de provoquer, mais parmi les exposants seulement, une souscription pour offrir à notre si dévoué Président, M. G. Donckèle, un souvenir en témoignage de notre vive gratitude pour le dévouement apporté par lui à la défense de nos intérêts.
- Convaincus que vous voudrez bien participer à cette démonstration de sympathie, nous vous prions, Monsieur et cher Collègue, de faire parvenir votre adhésion et celles de vos amis, avant le 28 novembre, à M. G. Brossard, 49, faubourg Saint-Martin.
- Le banquet aura lieu le lundi 10 décembre prochain, à 7 h. 1/2, au Palais d’Orsay.
- Veuillez agréer, Monsieur et cher Collègue, l’assurance de nos meilleurs sentiments.
- Signé : les Vice-Présidents,
- L. BLUM, DENIS, G. HELLSTERN, I). LEPRINCE, H. LEPRINCE,
- E. LIAUD, MYRTIL MAYER, H. PËYRACHE, L. VITOUX.
- Les Secrétaires :
- BOILEAU, A. BOISSELIER, J. BONNET, G. BOUCHARD, G. BROSSARD,
- CHEVREAU, J.-B. DANIEL, LAVANOUX, H. PICARD, SCHORESTENE.
- Le Secrétaire-Rapporteur, Le Trésorier,
- G. DEHESDIN. L- VIMONT.
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- EXPOSITION DE MILAN
- M. Jozon, pressenti le premier, voulut bien accepter la présidence de ce banquet, et M. Maguin nous fit également l’honneur d’acquiescer à notre invitation.
- Les adhésions vinrent aussi très nombreuses, si bien qu’au jour fixé pour cette réunion amicale, l’immense majorité des exposants se trouvait réunie au palais d’Orsay.
- Dans la matinée du 10 décembre, le Comité d’initiative du banquet avait cru devoir faire présenter, en même temps que quelques fleurs, ses hommages respectueux et reconnaissants à Mlle Jozon, à Mme Maguin et à Mme Donckèleen souvenir de la grâce et de la distinction avec lesquelles elles avaient représenté l’élément féminin français à l’Exposition de Milan.
- M. Brossard, notre dévoué collègue, l’actif et incomparable dispensateur de toutes nos fêtes, s’était encore chargé de l’organisation de celle-ci, et nous pouvons affirmer qu’il atteignit la perfection.
- La jolie salle du palais d’Orsay où étaient dressées les tables du banquet, avait reçu une décoration du meilleur goût. Par ses soins, outre les menus classiques, les convives recevaient de superbes fascicules artistiques édités par M. Weill et reproduisant en de délicieuses gravures, quelques-uns de nos plus jolis stands à l’Exposition de Milan.
- Un salon de la Mode au xvme siècle, avec costumes et coiffures de l’époque; une ferme française, un jardin au xvme siècle reconstitué d’après les documents authentiques de notre collègue M. E. Liez, le diorama du Pont-Neuf, l’ancien marché aux fleurs des Innocents, et enfin, un des coins les plus originaux de notre Classe : l’élevage de l’autruche où figuraient plusieurs de ces précieux échassiers, entourés de leurs petits, dans un cadre approprié : paillotte, plantes et fleurs exotiques.
- Sur la couverture de ces menus spéciaux au-dessous du « Salon de la Mode au xvmc siècle, en lettres d’or, en relief, on lisait :
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- Exposition Internationale de Milan 1906
- DINER OFFERT PAR LES MEMRRES DU COMITÉ ET LES EXPOSANTS DE LA CLASSE 86
- Industries diverses du Vêtement.
- Sous la Présidence de M. JOZON, Commissaire général du gouvernement de la République Française.
- 10 décembre 1906
- Puis, d’autre part, l’énumération des mets et vins délicats que le goût si fin de M. Rrossard avait su choisir :
- POTAGES
- BISQUE D’ÉCREVISSES. - CONSOMMÉ A LA MILANAISE
- HORS D'ŒUVRE CHAUD PETITE FEUILLETÉE A LA PARISIENNE RELEVÉ
- BARBUE AU VIN DE CHABLIS ENTRÉES
- SELLE DE CHEVREUIL A LA FORESTIÈRE GARNIE AUX CROQUETTES DAUPHINOISES RIS DE VEAU A LA ROYALE-SPOOM AU CHAMPAGNE
- ROT
- CHAPON DE LA FLÈCHE A LA BROCHE PÂTÉ DE FOIE GRAS AUX TRUFFES. -- SALADE PIÉMONTAISE
- ENTREMETS
- POINTES D’ASPERGES A LA CREME
- GATEAU PALAIS D’ORSAY. - GLACE BOMBE NAPOLITAINE
- DESSERTS ASSORTIS
- VINS
- MÉDOC EN CARAFES. --- GRAVES. --- SAUTERNES, SAINT-JULIEN
- POMMARD 1895. -- CHAMPAGNE SAINT-MARCEAUX
- CAFÉ ET LIQUEURS
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- A la table d’honneur, M. le Commissaire général Jozon présidait, ayant à ses côtés MM. Maguin et Donckèle.
- MM. Toubeau et Caille, secrétaires de M. le Commissaire général étaient également placés à la table d’honneur.
- Les gardiens de la Classe 86, rentrés de Milan, se tenaient en grande tenue aux portes des salles.
- Malgré le nombre important de convives, le service ne laissa rien à désirer et la partie musicale dirigée par M. Repossy fût fort goûtée de l’auditoire.
- Le moment des toasts venu, M. Mirtil Mayer, au nom du bureau, prenait le premier la parole dans les termes suivants :
- Monsieur le Commissaire général,
- Monsieur le Président de la Section française,
- Monsieur le Président de la Classe 86,
- Le Bureau delà Classe 86, de l’Exposition de Milan, m’a donné la mission d’être ce Soir, son interprète auprès de vous.
- Je craindrais que cette tâche, à coup sûr fort honorable, ne fût pour moi bien difficile à remplir, si l’empressement de tous à venir vous fêter ne manifestait, mieux que tout ce que je puis dire, les sentiments d’affection respectueuse et de sincère reconnaissance qui animent envers vous, Messieurs, mes Collègues et tous les exposants de la Classe 86.
- C’est une entreprise singulièrement difficile et délicate que l’organisation d’une Exposition à l’étranger. Grouper toutes les bonnes volontés, et au besoin les susciter, obtenir du gouvernement étranger près duquel on est accrédité la place à laquelle on croit avoir droit, édifier sur cette place des Palais dont l’aspect extérieur et l’aménagement intérieur doivent répondre au but qu’on s’est proposé d’atteindre, faire une répartition équitable entre les diverses industries représentées, et dans chaque industrie donner à chacun le rang qui convient, obtenir que les intérêts personnels, souvent divergents, se fondent par moments pour obtenir un succès de la Classe, du Groupe, de la Nation, c’est ce qui paraît être bien simple, quand on l’énonce mais ce qui, dans la réalité, demande aux hommes qui veulent bien se charger de cette tâche ingrate, une puissance de travail considérable, une réserve inépuisable de bonne humeur et de bonne volonté, des qualités de souplesse et de fermeté, des prodiges de diplomatie.
- C’est pourquoi lorsque, comme c’est le cas à Milan, le succès couronne de tels efforts, il est juste que les industriels, que les exposants sur qui rejaillit ce succès en reportent tout l’honneur à ceux qui, comme vous, Messieurs, en ont été les bons ouvriers.
- C’était pour notre sœur latine une épreuve délicate que d’inviter le monde entier â comparer ses produits à ceux des autres nations. Depuis qu’elle a réuni ses membres épars, qu’elle a retrempé son âme et reforgé son épée, l’Italie toute rajeunie et pleine d’un enthousiasme nouveau a marché â grands pas dans la voie du progrès.
- L’Exposition de Milan nous a montré quels efforts considérables elle a
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- faits clans le domaine industriel et précisément dans quelques-unes de ces industries de luxe qui sont, à la fois, la parure et la richesse de la France, et qui lui ont jusqu’ici assuré dans le monde une primauté incontestable.
- Pour beaucoup d’entre nous, l’Exposition italienne aura été un utile avertissement. Mais nous devons le dire, sans fausse modestie, la comparaison n’a pas été pour nous désavantageuse. A Milan, comme à Liège, comme à Saint-Louis, notre Exposition des Arts décoratifs a encore été une victoire.
- Lorsque les visiteurs, les yeux encore tout pleins des lourds canons, des machines enchevêtrées, les oreilles encore assourdies de tout le bruit que fait, en peinant, tout l’outillage moderne, pénétrait dans notre Section, il respirait, il était en France.
- Et tout ce qu’un luxe discret, une ornementation mesurée peut donner de quiétude et de délicate tranquillité, tout ce qu’une classification rationnelle des produits peut donner de commodité à l’esprit, tout ce qu’une présentation ingénieuse peut donner de récréation aux sens, s’ajoutaient à l’attrait des choses mêmes qui étaient exposées dans la Section française.
- Ni tapageuse, ni voyante, mais si j’ose dire, doucement persuasive, notre Exposition ne tendait pas à imposer brutalement au visiteur notre supériorité, mais à lui en insinuer délicatement et invinciblement l’idée.
- C’est vous, Messieurs, qui avez présidé à cette belle œuvre de notre génie français.
- Daignez recevoir ici tout notre remerciement, Monsieur le Président de la Classe 86. C’est avec vous que nous avons été le plus souvent, le plus directement en contact. Nous avons vécu ensemble les difficultés, les labeurs, les joies aussi, de l’organisation de notre Classe. Et nous avons pu apprécier ce que vaut, dans une pareille entreprise, un chef pour qui un travail matériel écrasant semble un délassement et un plaisir ; un chef qui sait communiquer à ses collaborateurs l’ardeur dont il est animé, effacer d’un geste les découragements, récompenser d’un sourire les bonnes volontés et les susceptibilités légitimes, qui sait mettre chacun à la place à laquelle il a droit et de telle manière que nul ne peut dire qu’il a été lésé.
- Pôle difficile à tenir et qui, pourtant, vous paraît simple, mon cher Monsieur Donkèle, parce qu’en votre conscience, vous n’avez d’autres soucis que ceux du devoir à accomplir et de la justice à rendre à tous et à chacun.
- Votre devoir à Milan était d’assurer le succès de 23 industries, que la Liasse 86 groupe dans son sein, et qui ne représentent pas moins de deux milliards et demi de production.
- Tâche lourde dont nous, vos collaborateurs, avons pu apprécier tout le poids.
- Si la foule des visiteurs s’est empressée dans notre Classe, c’est que vous avez su lui donner, mon cher Président, un éclat qui n’a été, je puis le dire, surpassé par aucune autre. Parlerai-je de la manière vivante, intéressante, dont vous avez su présenter nos produits divers, de ces dispositifs ingénieux, grâce auxquels l’instruction du passant devenait pour lui un plaisir. Dirais-je quel succès ont obtenu ces dioramas où les industries de la fleur, ôe la plume, de la mode, le disputaient à la nature même, en variété, en
- sincérité.
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- A vous, cher Président Donckèle, qui avez si bien soutenu nos intérêts moraux et matériels, c’est pour nous un devoir de vous apporter le témoignage public de notre reconnaissance.
- Monsieur le Commissaire général,
- Monsieur le Président de la Section française,
- Vous avez beaucoup fait pour la Classe 86. Elle a constamment trouvé en vous un appui. Votre bienveillance ne lui a jamais fait défaut et ce n’est jamais sans profit qu’elle a fait appel à votre sagesse et à votre haute expérience.
- Permettez-moi de croire qu’elle n’a pas été indigne de la sollicitude que vous lui avez témoignée.
- Ce n’est pas un vain désir de se mettre en avant qui la pousse à réclamer un rang toujours plus élevé dans nos Expositions. Elle représente des intérêts matériels considérables, elle représente quelque chose de plus encore : l’une des formes les plus caractéristiques, les plus particulières du génie français.
- Quand on parle des industries de luxe, des industries de la mode, on est tenté de les traiter avec la légèreté que leur objet semble comporter. Mais considérez, Messieurs, que grâce à elles, le monde entier vient nous payer tribut.
- Quelle que soit l’issue de la lutte industrielle engagée par la France avec ses rivales étrangères sur le terrain des industries classiques, je dis qu’alors même que, sur ce terrain la fortune nous serait défavorable, il ne faudrait pas désespérer tant que nous garderons notre primauté dans les industries de mode et de luxe, tant que nous conserverons notre supériorité dans les actes sociaux.
- Chaque nation qui s’enrichit devient, en ces matières, une nouvelle cliente pour la France.
- C’est nous (pii créons ces mille riens raffinés qui sont les enjolivements de la vie, et que l’étranger ravi et conquis nous achète à prix d’or. C’est nous qui les produisons et les propageons à travers le monde.
- Messieurs, dans aucune industrie la part personnelle des chefs de maisons n’est aussi grande (pie dans les industries de luxe.
- Se renouveler sans cesse, inventer toujours, créer la mode, c’est-à-dire garder une telle souplesse d’imagination que chaque saison voit naître avec elle une nouveauté, telle est la tâche que doivent s’imposer les industriels d’articles de luxe, s’ils ne veulent pas succomber sous le poids de la concurrence. On les plagie, vite ils créent des modèles inédits. C’est par un labeur incessant qu’ils distancent leurs rivaux et gardent à la France le premier rang.
- Vous ne l’ignorez pas, Messieurs, et c’est la raison pour laquelle vous n’avez cessé de leur prodiguer tous vos encouragements et de leur témoigner toute votre bienveillance.
- Mes chers Collègues,
- Nous sommes réunis pour fêter ce soir les premiers et grands artisans des beaux succès que nous avons remportés à Milan.
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- Je vous invite à lever vos verres en l’honneur de M. le Commissaire général Jozon et de ses collaborateurs, MM. Caille et Toubeau ;
- En l’honneur de M. Maguin, président de la Section française;
- En l’honneur de M. Donclcèle, président de la Classe 8(5 ;
- Que vos acclamations leur disent toute votre reconnaissance.
- DISCOURS DE M. DONCKÈLE
- M. Donckèle prononçait ensuite le beau discours suivant :
- Messieurs,
- J’ai été profondément ému en recevant le souvenir que vous avez tenu à m’adresser pour rappeler notre collaboration si affectueuse et si cordiale de toute une année.
- 11 vous a plu, par un sentiment de discrétion qui en augmente le prix, de le faire remettre à mon foyer pour y mieux associer ma famille.
- Je vous en exprime ma sincère reconnaissance.
- Messieurs,
- Je suis très touché, mais surtout confus des paroles trop élogieuses que vient de m’adresser notre ami Mirtil Mayer. Son affection exagère les quelques qualités que j’ai montrées et qui n’ont pu se produire que grâce au dévouement, à l’abnégation, â la discipline de tous les exposants de la Classe 86.
- Mais si je décline ce qui est excessif dans son éloge, relativement à ma personne, je veux retenir, pour y ajouter encore, tout le bien qu’il dit de M. le Commissaire général de la République française et de M. le Président (le la Section française.
- Nous ne pouvons oublier, en effet, que c’est grâce â eux, grâce â la confiance qu’ils nous ont témoignée, que nous avons dû de pouvoir mettre a exécution nos projets de dioramas.
- Certes, nous avions la pensée d’une réussite, mais nous ne pouvions engager une dépense atteignant près de 100.000 francs sans trouver près du Comité français, près du Commissaire général, une participation plus morale encore que financière, pour nous permettre de tenter la démonstia-tion d’une forme nouvelle pour les Expositions futures.
- Il nous est doux de rappeler que c’est grâce à M. Jozon, dont 1 esprit est tout de bonté et de conciliation, que c’est grâce a M. Maguin que nous avons pu vaincre des résistances légitimes peut-être, mais qui, si elles avaient prévalu, nous eussent contraints â renoncer a notre projet.
- II m’est difficile de porter moi-même un jugement sur notre œuvie, mais j ai le secret espoir de supposer que nous n’avons pas trahi la confiance témoignée et que nous laisserons dans la pensée de ces deux espiits, 1 idée. (IUe nous avions raison d’insister.
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- Messieurs,
- J’ai le devoir de remercier publiquement en votre nom M. le président de la Section française d’avoir interprété si hautement le mandat qui lui avait été confié.
- Bien qu’éloigné des travaux du Comité directeur à Milan, nous n’avions pu manquer de remarquer à un certain moment une sorte de fléchissement dans l’unité directrice de la Section. Un certain llottement, dû peut-être à quelque suffisance ou à quelque indiscipline, faisait sentir son action déprimante.
- C’est à ce moment, mon cher monsieur Maguin, que vous êtes descendu franchement dans l’arène ; vous avez entendu reprendre la direction du char et rester le directeur effectif de la Section. Vous n’avez pas hésité à sacrifier les joies du foyer, vos intérêts propres, pour vous donner tout entier à la grande œuvre entreprise.
- Témoins de votre dévouement, nous avons le devoir de proclamer hautement les sentiments de reconnaissance et de gratitude que nous entendons vous garder.
- Il semble, Messieurs, que notre mentalité française, lorsqu’elle encense ou loue, a pour but, moins de rendre hommage que de décrier ce qu’elle
- met en parallèle.
- Nous en voyons un exemple dans la comparaison que quelques esprits voudraient établir entre Liège et Milan. Certes, je suis le premier à louer Liège, à célébrer son triomphe éclatant, mais je réclame quand on veut dénier à Milan son succès incontestable et je prétends que Milan a été pour la France une œuvre d’autant plus méritoire que les difficultés étaient plus grandes.
- A Liège, nous étions en France ; la similitude de langue, les affinités de caractères, les liens d’amitié constante qui nous unissent à la Belgique, la proximité de Paris, qui permit à tant de législateurs et de ministres de visiter l’Exposition, créèrent en sa faveur un courant de sympathie très profond et trè justifié.
- Mais à Milan, les conditions étaient tout autres : placée à 18 heures de Paris, dans un pays de langue différente, où le courant sympathique ne semble que renaître, dans une ville où l’influence allemande a porté son plus grand effort, où les banques, les établissements de crédit, où les fondations industrielles sont alimentés par des capitaux allemands, où l’éducation même et l’instruction ont emprunté aux écoles techniques de Créfeld, pour ne parler que de l’industrie de la soie, la précision mathématique de la méthode allemande, nous ne pouvions espérer cette expansion de caractère qui met en confiance et facilite les rapports.
- Nous étions aussi en présence d’une nation dont l’effort considérable tend à développer à l’extrême la fierté nationale, où la sensibilité s’accommode mal d’une supériorité qui voudrait s’imposer ou d’un souvenir trop répété d’anciens services rendus.
- Il fallait pour représenter dignement et heureusement la France un homme de tact et de bonté, dont la simplicité fut la parure d’une valeur qui voulait
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- PREMIÈRE PARTIE. -- HISTORIQUE
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- s’ignorer, et dont l’accueil bienveillant ouvrait la porte des cœurs par sa franchise et sa loyauté.
- Au nom des exposants de la Classe 86, permettez-moi de vous dire, Monsieur le Commissaire général, que vous avez été cet homme nécessaire.
- Malgré toutes leurs préventions, vous avez désarmé les Italiens ; vous les avez conquis par la douceur de votre personne, par la courtoisie de votre abord, et par le charme d’une parole élégante où se trouve l’image poétique propre à séduire l’âme d’un Latin.
- C’est pourquoi il est bon de dire, et de répéter, parce que là est la vérité, que Milan fut un grand succès, succès considérable par sa portée politique et que les deux artisans de cette grande œuvre ont bien mérité de notre pays.
- J’en porte publiquement le témoignage puisque telle était l’opinion de tous mes collègues italiens du Jury du Groupe 42 et du Jury de Section.
- Laissez-moi vous dire, Monsieur le Commissaire général, et vous, M. le Président de la Section française, que nous gardons quelque fierté de ces jugements étrangers et permettez-moi d’exprimer le vœu que le Gouvernement de la République Française sache reconnaître hautement les inappréciables services que vous avez su rendre.
- Monsieur le Commissaire général,
- Voulez-vous me permettre maintenant de vous dire quelques mots de notre Classe et surtout de nos exposants ?
- Vous le savez déjà, mais je dois le répéter, la Classe 86 comprend 23 grandes industries, représentant un chiffre global d’affaires de plus de deux milliards.
- Elle comprend tout un monde..., tous les accessoires du vêtement ; mais par une particularité bizarre, tous les chefs d’industrie et de négoce qui la composent sont presque tous fils de leurs œuvres ; c’est à peine si nous trouvons chez quelques-uns une ou deux générations se succédant de père en fds.
- Malgré la fortune acquise, très proche encore de leur origine, ils ont conservé toutes leurs qualités primitives. Mieux que personne, ils ont le juste sentiment de la valeur du travail, qu’ils savent honorer.
- I ravaillant eux-mêmes, ils ont, avec leurs collaborateurs, qu’ils aiment, un contact constant, affectueux et paternel.
- II n’est pas de Classe réunissant autant de fondations mutualistes, d écoles 4apprentissage, d’écoles professionnelles, d’œuvres desolidarité, de caisses de retraites alimentées par les patrons, où partout se retrouve le dévouement des chefs d’industrie, leur appui pécuniaire et ce large sentiment de solidarité qui doit nous faire l’humanité meilleure.
- Je vous surprendrai peut-être, M. le Commissaire général, en vous disant hu il est parmi ces exposants des hommes dont la fortune est tiès ele\ée, hui n hésitent pas à consacrer, non seulement leurs heures de loisir, mais encore les soirées qu’ils doivent à leur famille, pour se dévouer a 1 ensei-goenient professionnel, se rappeler la modestie de leur origine, pour së faire les éducateurs des humbles et des déshérités.
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- C’est pour cette raison, que les pouvoirs publics ont toujours accordé à cette Classe 86 un nombre respectable de distinctions.
- A Saint-Louis, elle obtenait deux Croix d’officiers accordées à :
- MM. GOGUENHEIM, maire de Chaumont, président de la Chambre de Commerce.
- ANGLADE, industriel, fournisseur militaire.
- 5 Croix de Chevaliers :
- MM. L. BLUM, membre du Jury.
- MERMILLIOD, rapporteur dont le rapport remarquable peut servir de modèle.
- MAUCHAUFFÉE, le grand industriel de Troves.
- BENOISTON.
- TAFFONNEAU.
- A Liège, une Croix d'Officier au Président du Jury;
- 7 Croix de Chevaliers :
- MM. MAYER (Mirtil), MM. DANIEL,
- LIBRON, PLANTE VIGNES,
- HUNEBELLE, SAVOURÉ.
- GANDRIAU,
- Ces distinctions furent pourtant loin d’être suffisantes pour récompenser tous les mérites véritables, et notre joie s’est trouvée diminuée par la tristesse que nous éprouvions de l’échec de nos meilleurs amis.
- Je voudrais les citer tous, mais je me bornerai à deux noms parce qu’ils manquent ce soir à cette fête.
- Le premier, celui de M, Emile Dehesdin, président à Saint-Louis et à Liège, pour lequel nous avions plus que des espérances et dont l’échec nous a été d’autant plus sensible, que notre affection pour lui est faite de vénération.
- Le second, M. Vimont, trésorier à Saint-Louis, à Liège et à Milan.
- Là encore des amitiés précieuses nous avaient permis d’espérer une récompense justifiée ; aussi notre déception a été d’autant plus cruelle qu’au lendemain de la promotion notre excellent ami et toute sa famille composée de cinq personnes, étaient gravement blessés dansl’horrible accident d’Epernon.
- J’ai cité ces deux noms, Monsieur le Commissaire général, parce qu’ils me permettront de relever encore, tout à l’honneur des exposants de notre Classe, leur grandeur morale.
- Malgré leur déception, aucune pensée d’envie ne s’est glissée dans leur cœur. Le premier moment de tristesse personnelle passé, ils n’ont songé qu’à la joie des favorisés.
- Ils n’ont même gardé aucune amertume à leur Président de n’avoir pu réussir, ils pensent, et en cela ils ont raison, qu’il a apporté à leur défense toute son âme et toute son ardeur, et ils lui feront confiance pour de nouveaux combats.
- J’en veux pour témoignage ce cri de notre ami Vimont, au lendemain de
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- la catastrophe : « Dites à Donckèle qu’il ne s’attriste pas de mon échec, dites lui surtout qu’il ne doit penser qu’à la joie de ceux qui ont triomphé. »
- Voulez-vous me permettre un autre exemple, Monsieur le Commissaire général. Alors que je demandais à l’un de nos meilleurs exposants de la Plume, à Milan, de me donner la liste de ses titres en vue d’une proposition possible, il me répondit: Je ne mérite rien tant que mon collègue M. X... qui fut un novateur, n’aura pas obtenu la récompense qu’il mérite depuis si longtemps.
- Voilà, Messieurs, les sentiments unanimes de cette belle phalange de la Classe 86; c’est ce qui justifie toute ma fierté d’avoir été appelé à l’honneur de la présider.
- C’est pourquoi, je suis convaincu, Monsieur le Commissaire général, (pie le gros effort accompli par la Classe 86 retiendra votre attention ; j’espère pour nos exposants en votre sympathique bienveillance.
- M. Donckèle demandait ensuite à profiter de cette charmante soirée pour remettre à ceux qui l’avaient choisi comme parrain dans la Légion d’honneur, les décorations qu’ils avaient obtenues.
- Il présentait alors la Croix à M. Daniel, à M. Plantevignes, à M. Savouré et leur donnait successivement l’accolade, pendant que les applaudissements de tous les assistants ouvraient et fermaient alternativement le ban.
- Après cette cérémonie qui, bien que très simple, fut très émouvante en raison des paroles si sincèrement pleines de cœur que M- Donckèle adressa à chacun des décorés, il restait à remettre à notre collègue, M. Brossard, la Croix de l’ordre de Léopold qu’il avait également obtenue.
- M. le président Donckèle demanda à M. le Commissaire général de bien vouloir servir de parrain à notre sympathique ami.
- Avec sa bonne grâce habituelle, Tvl. Jozon accepta et, remettant la croix à M. Brossard, il lui dit :
- •1 accepte bien volontiers, Monsieur, la tâche qui m’est offerte. Je dirai que, dans les circonstances présentes, je me sens particulièrement honoré en •émettant à M. Brossard une distinction qui, si j’ai bien compris tout a 1 heure les applaudissements qui ont éclaté de toutes parts et la (Election suivie par les yeux de tous les assistants à ce banquet, aurait dû être encoie d un ordre plus élevé, et que vous n’avez pas obtenue, parce que i ous a\ez montré que vous êtes encore plus modeste que capable, et que peut-êtie te sont toujours les hommes qui méritent le mieux les récompenses qui sont f's moins avides de les obtenir. (Approbation).
- keut-être aurai-je quelque action sur les croix qui serontsansdoute données ^occasion de l’Exposition de Milan. Je n’oublierai certainement pas ce que j’ai vu à cette soirée et je souhaite, Messieurs, que l’accolade que je vais
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- donner à M. Brossard puisse se renouveler plus tard. Je lui remets volontiers la croix que M. Donckèle a déposée entre mes mains.
- Je vous nomme, mon cher exposant, Chevalier de l’ordre de Léopold.
- Les chaleureux applaudissements qui accueillirent cette heureuse improvisation montrèrent que toute l’assistance partageait l’opinion émise par M. Jozon, et combien était grande l’estime dans laquelle était tenu notre dévoué collègue.
- DISCOURS DE M. MAGUIN
- M. Maguin se levait ensuite et s’exprimait ainsi :
- Messieurs,
- Après les bonnes et belles paroles que vous venez d’entendre et qui ont été exprimées avec autant de cœur que de délicatesse, ma tâche m’apparaît bien difficile, étant donné mon peu d’éloquence, pour vous dire tout le plaisir que je ressens de l’accueil si aimable, si flatteur, que vous faites ce soir à Monsieur le Commissaire général et à moi-même. Sans doute, M. Jozon est mieux à même (pie moi d’apprécier l’œuvre commune, il vous dira tout à l’heure tout le bien qu’il en pense et vous fera connaître ses résultats. Quant à moi, je me bornerai simplement et brièvement à constater la grosse part que vous avez prise au succès de cette œuvre.
- Il est de toute justice de dire (pie le succès de la Section française à l’Exposition de Milan revient en grande partie à cette magnifique Section des Arts décoratifs qui a fait l’admiration de tous les visiteurs. C’est également rendre hommage à la vérité de dire (pie le succès de cette Section des Arts décoratifs est du en grande partie aussi à la Classe 86, qui a su à Milan, comme partout ailleurs, faire triompher le bon goût français. Ces résultats, Messieurs, sont dus aux exposants qui ont montré à Milan, comme ailleurs, le plus grand désintéressement et qui ont su s’entourer d’hommes extrêmement compétents et mettre à leur tète des hommes de valeur tels que ceux du Bureau de la Classe, et tels que son distingué président, M. Donckèle, que j’ai eu le plaisir de voir à l’œuvre. J’ai constaté avec quelle énergie, avec quel attrait et quelle bonne volonté il menait les gens à la victoire. Je vous ai vu à l’œuvre, mon cher ami Donckèle, et je suis très heureux d’adresser mes compliments les plus sincères devant toutes vos troupes, à vous qui en êtes le si digne chef (Applaudissements).
- C’est tout à votre honneur, car tant vaut l’homme, tant vaut l’œuvre ; et si moi-même, j’ai eu quelque succès à l’Exposition de Milan, c’est grâce à ce ([lie j’ai eu à mes côtés aussi des hommes de valeur qui ont su seconder mes efforts largement et vous étiez l’un des premiers.
- Je veux également rendre hommage et justice à certains de mes collaborateurs du Comité français des Expositions à l’étranger, notamment et par-
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- ticulièrement à mon chef direct : mon Président, M. Émile Dupont qui m’a si bien secondé, qui m’a donné tant d’autorité dès qu’il est arrivé au Comité français. (Vive approbation).
- Il est un hommage tout particulier que je veux rendre aussi, et je me plais à le faire du fond du cœur, à M. le Commissaire général qui en toutes circonstances a su seconder dans toute la mesure du possible les efforts du Comité français. Au nom du Comité français, Monsieur le Commissaire général, je vous adresse mes bien sincères remerciements.
- Quant à moi, je n’ai rien fait cpie mon devoir en essayant de mener à bien la lourde tâche qui m’était confiée. Je ne sais si j’y ai réussi, mais, en tous cas, la satisfaction que vous me montrez ce soir et l’accueil que vous me faites me suffisent pour large récompense, et sans vouloir allonger cette allocution, je lève mon verre de suite, pour ne pas retenir plus longtemps votre attention, à la Classe 86, à son Bureau, à son distingué Président, dont je suis heureux de saluer la nomination dans l’ordre de la Légion d’honneur au grade d’officier. (Applaudissements).
- M. Jozon. — La croix a déjà été remise à M. Donckèle mais pas devant vous, Messieurs. Voulez-vous me permettre de lui donner en qualité d’officier de la Légion d’honneur, l’accolade? (Approbations).
- M. Maguin. — Vous m’avez ravi de plaisir, mais cela ne m’empêche pas de recommencer. (Rires).
- Je termine, Messieurs en disant que le Gouvernement de la République s’est honoré lui-même en honorant votre Président. (Applaudissements).
- M. Maguin. — Messieurs, les applaudissements enthousiastes que vous venez de donner et qui sont bien mérités m’ont empêché de remplir un devoir que je m’empresse de remplir maintenant; c’est celui de vous remercier, comme M. le Commissaire général l’a fait tout à l’heure, du magnifique souvenir-album que vous m’avez également adressé, ainsi que (lu vase superbe que vous avez envoyé à ma femme qui, auprès de Mlle Jozon, à Milan, essayait de bien garder la place de la FRANCE, en ce qui regardait l’élément féminin. Ce souvenir sera d’autant plus précieux, qu’elle quittera demain une maison dont elle gardera un bien triste souvenir, pour le porter chez elle, dans son habitation, et le garder précieusement. (Applaudissements).
- Enfin, M. le Commissaire général, qui nous avait déjà charmés plusieurs fois à Milan par l’élégance de sa parole autorisée, termi-hait la série des discours de la façon suivante :
- DISCOURS DE M. JOZON
- Messieurs,
- Les membres du Comité et du Jury ,1e lu Classe 86 mW donnémm précieux témoignage d’estime en m’associant à MM. Maguin et Donckele » » 10
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- pour présider ce banquet, et les éloges qui m’ont été adressés m’ont causé à la fois du plaisir et quelque embarras; un vif plaisir parce que la plus belle récompense que puisse souhaiter un Commissaire général, c’est l’assurance que ceux qu’il a menés au combat, avec qui, pendant près d’une année, il a partagé les bons et mauvais jours, gardent un bon souvenir de sa collaboration et un peu d’embarras parce que vous me faites !a part trop belle, que le rôle de Commissaire général consiste seulement à déblayer le terrain et qu’en admettant même cpie vous m’ayez considéré comme votre chef, j’avais des troupes si vaillantes, si disciplinées, si bien préparées à la lutte, que ce sont elles, bien plus que moi, qui ont remporté la victoire.
- Et cette victoire, Messieurs, il n’est peut-être pas mauvais d’en rappeler l’importance, non pas seulement pour la Classe 86, où certaines Sections étrangères n’ont pas osé affronter la lutte, mais pour l’ensemble de l’Exposition.
- La surface des Palais élevés tant au Parc qu’à la Place d’Armes était en chiffres ronds de 300.000 mètres carrés, et la France en occupait près de 30.000, soit sensiblement le dixième. Son effort avait été considérable ; mais parmi les quinze nations principales qui étaient représentées à Milan, d’autres aussi avaient voulu montrer ce dont elles étaient capables, et, sans parler des Italiens, qui partout avaient des emplacements plus considérables ([lie ceux de la France, vous vous rappelez certainement combien l'Allemagne et l’Angleterre avaient dans le Palais de la Marine, des Expositions superbes qui excitaient, ajuste titre, l’admiration des visiteurs. Vous vous souvenez aussi du Pavillon de la Belgique élevé en quelques semaines, et qui, par son architecture flamande, lourde, solide, et cependant pleine d’élégance, contrastait avec les constructions légères, un peu voyantes et superficielles des architectes italiens. Puis, plus loin, s’étendaient sur toute la dernière partie de la Place d’Armes, du côté de l’avenue du. Mont-Rose, les puissantes locomotives et les wagons luxueux envoyés par toutes les grandes puissances, et ce n’était pas un petit sujet d’étonnement et de réflexion pour les ingénieurs que de constater l’égalité pour ainsi dire absolue de tous les peuples d’Europe dans cette grande industrie des Transports que devait surtout célébrer l’Exposition de Milan.
- Dans l’agriculture, l’hygiène, la prévoyance et d’autres branches de l’activité humaine, la France occupait certainement un rang honorable ; mais c’est dans la Section des Arts décoratifs que sasupériorité s’est affirmée sans doute possible, et c’est le Pavillon français où ils étaient exposés, qui du jour de son ouverture, jusqu’au jour de la fermeture, a été le joyau de l’Exposition, le Palais où la foule sans jamais se lasser, est venue admirer la variété, l’élégance, la richesse, le bon goût, la haute valeur artistique des bronzes, des bijoux, des porcelaines, des verreries, des meubles, des tapisseries et plus spécialement encore des robes, des fourrures, de tous les accessoires du vêtement, des soieries, dentelles, broderies, plumes et fleurs, présentés isolément, ou dans les panoramas qui donnaient l’illusion de jardins féeriques, de forêts vierges aux oiseaux merveilleux, d’un coin de Paris, ou simplement d’un Salon d’essayage avec des. figures de cire, ù qui on ne pouvait reprocher que d’être plus belles que nature et de porter
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- des parures qui n’existent que dans les contes de fées et qui, comme la robe de Cendrillon, couleur du soleil, devaient disparaître en pleine fête au coup de minuit, c’est-à-dire pour nous, à la clôture de l’Exposition.
- Par une gracieuse attention, vous m’avez adressé, dans un magnifique album les photographies des panoramas, et vous y avez joint pour ma fille, qui, elle aussi, a représenté les dames françaises dans les cérémonies officielles où la première place avilit été donnée à notre pays, un superbe bouquet dans un vase qui est lui-même un objet d’art. Le vase et le bouquet ornent et embaument mon salon. Quant à l’album, il esta une place d’honneur dans ma bibliothèque, et il me rappellera les relations cordiales que j’ai entretenues avec les exposants de la Classe 86, et qui me récompensent aujourd’hui et au-delà de ce que j’ai pu faire pour eux.
- Je disais que la Section française était celle qui avait eu le plus de succès à Milan: permettez-moi de citer quelques chiffres qui montrent que les Jurys ont bien été de cet avis.
- Nous occupions la dixième place dans les palais de l’Exposition, et pour ne parler que des plus hautes récompenses, nous avons obtenu 396 Diplômes de hors concours et 753 Grands prix, en tout 1.349 Mentions du rang le plus élevé, soit 35 0/o, c’est-à-dire plus du tiers du nombre total 3.865 de ces récompenses, L’Italie arrive seconde avec 547 Hors concours et 523 Grands prix, en tout 1.U86 mentions, soit les quatre cinquièmes des récompenses de la France. La Belgique est troisième avec 443 Mentions, et l’Allemagne quatrième avec 124 Hors concours, 189 Grands prix, en tout 323 Mentions, soit moins du tiers des Grands Prix et moins du quart des Mentions obtenues par la France; nous ne pouvions pas vraiment espérer un succès plus éclatant. Puis viennent la Suisse, l’Angleterre, l’Autriche, la Hongrie, avec 166, 150, 128, et 104 Mentions. Les autres nations n’arrivent pas à 60.
- Dans la Classe 86, le succès des exposants français a été particulièrement remarquable, il y avait 122 exposants (en comptant pour une chaque collectivité). Tous (118 sur 122) ont obtenu des récompenses, dont 55 Grands prix qui, ajoutés à 16 Hors concours, portent à 71, soit a 60 °/0 le nombre des exposants ayant obtenu la plus haute récompense. C’est assurément 1 une des plus fortes proportions qui aient été atteintes et permettez-moi de dire que si elle est due à la supériorité des produits exposés, c est aussi aux Jurés français et en particulier à l’autorité qu’a su conquérir M. Donkèle sur tous les jurés étrangers que cette suprématie a pu être proclamée pui t°us, comme un juste hommage rendu à l’ensemble des Exposants de la liasse 86.
- Messieurs, l’Exposition de Milan a clos scs portes le 11 riovembic, il \ a un mois, et je viens de dire quels efforts vous avez laits poui soutenu dignement l’honneur du drapeau français dont la garde vous était confiée. J ai indiqué les récompenses que vous aviez obtenues, permettez-moi de vous citer quelques chiffres et de vous faire part de quelques réflexions qui me viennent à l’esprit.
- Je me rappelle que dans mes premières entrevues avec les commeiçants fiançais, j’entendais parler de lassitude et d indifférence. On me disait que fus Expositions se renouvelaient trop souvent, qu il y en avait eu tous les
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- ans depuis 1900, que l’Exposition de Liège avait été un triomphe pom a France et qu’il serait sage de s’en tenir là, que sais-je encore, que 1 Italie n’avait pas grand commerce, qu’elle ne faisait que copier les autres et quil
- n’v avait rien à gagner à aller chez elle.
- Mais peu à peu, un courant contraire prévalut. A ceux qui trouvaient les Expositions trop fréquentes on répondait quelles étaient un des stimulants les plus féconds de l’industrie moderne, que c’étaient des champs clos ou chaque pays venait montrer ses plus belles productions, que dans cette lutte commerciale, comme à la guerre, comme en politique ceux qui ne se tenaient pas au courant des progrès des autres et qui refusaient de se mesurer avec eux étaient considérés comme incapables, battus d avance, et subissaient toutes les conséquences de la défaite, que non seulement ils ne conservaient pas leur situation commerciale, mais qu’ils laissaient échapper
- les nouveaux débouchés et qu’ils abandonnaient à leurs rivaux des places
- qu’ils auraient pu leur disputer. Au moment où l’on se plaignait de la fréquence des Expositions, Tourcoing et Marseille en organisaient et montraien qu’au nord comme au midi de la France on ne voulait pas se laisser distancer par l'Italie, et ces deux Expositions ont aussi bien réussi que celle de Milan; et déjà on s’occupe de l’Exposition de Londres et de celle de Bruxelles auxquelles d’autres succéderont tant il est vrai qu’elles sont un c es facteurs les plus puissants de l’activité industrielle et commerciale des peuples modernes. Ce serait un anachronisme que de rester chez soi lorsqu en quelques heures la vapeur et l’électricité vous mènent de Paris a Milan, lorsqu’en quelques jours l’on peut faire le tour du monde.
- Messieurs, vous n’avez pas écouté les opposants, vous etes ailes a Milan, et vous y avez eu des succès qui ont continué la série des glorieuses victoires remportées par la France aux Expositions précédentes.
- Au point de vue de notre réputation industrielle, la cause est gagnée, e c’est déjà beaucoup. Qu’en résultera-t-il au point de vue matériel, il es dit-licile de le dire, mais au risque de paraître optimiste, je pense que de co
- côté encore vous n’aurez rien a regretter. >
- En 1894 au moment où sous l’intluence du ministre Crispi, 1 ancien hôte de ha France devenu son ennemi, l’Italie faisait le jeu de l’Allemagne contre nous et frappait nos produits de droits prohibitifs, notre commerce annuel avec l’Italie était descendu à 228 millions de francs. Depuis, nos relations sont devenues meilleures, des tarifs plus raisonnables nous ont etc appliqués en 1898, le chiffre de nos échanges s’est relevé chaque annee, et i est arrivé, en 1905, à 366 millions. C’est là déjà un chiffre considérable, il é<>-ale presque le montant du commerce de la France avec toutes ses colonies sauf l’Algérie et la Tunisie (393 millions) et je n’ai pas besoin de dire que l’Italie ne coûte ni soldats, ni marins, ni subventions, tandis qu’il n en est malheureusement pas ainsi de nos colonies.
- Notre commerce avec l’Italie est donc déjà très important, mais il peut le devenir bien davantage, car il ne représente que le dixième du commerce total de l’Italie, et vous savez combien ce commerce est prospéré, il ^ a chaque année grandissant. On peut donc espérer que le chiffre déjà acquis de 366 millions sera bientôt largement dépassé (il s est élevé a 429 millions en 1906), et que l’Exposition de Milan aura contribué pour une bonne part a
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- l’augmentation de nos échanges; vous avez donc eu raison comme commerçants d’aller à Milan.
- Mais, Messieurs, vous n’êtes pas seulement commerçants, vous ôtes citoyens d’un grand pays qui ne s’est pas encore remis de la situation abaissée où l’ont placé les désastres de 1870 et qui a besoin pour sa sécurité de nouer des relations avec les uns et de détruire chez les autres, les préjugés qui peuvent encore exister contre lui. A tous points de vue, nous avons intérêt à vivre en bons termes avec l’Italie, alors qu’elle nous tendait la main pour nous amener à Milan, nous aurions été coupables de ne pas répondre à ses avances.
- Nous avons été, du reste, largement récompensés des services que nous avons pu lui rendre pour l’Expositiou de Milan par l’appui qu’elle nous a prêté dans nos démêlés avec l’Allemagne, car vous n’ignorez pas que si nous avons pu éviter la guerre et nous tirer avec honneur de la conférence d’Al-gésiras, nous le devons non seulement à nos alliés les Anglais et les Russes qui là, comme à Milan, ont pris fait et cause pour nous, mais aussi à l’attitude du plénipotentiaire italien qui, bien qu’appartenant à la Triplice, n’a pas hésité à reconnaître les droits de la France et à faire pencher la balance de son côté. Certes, je ne prétends pas que l’Exposition de Milan puisse revendiquer le mérite de ce beau résultat, mais il n’y a pas de choses indifférentes dans la vie des peuples et l’on peut dire que pour l’Italie, comme pour l’Angleterre, ce sont les relations commerciales qui ont préparé l’amélioration des relations politiques. Vous pouvez dire avec quelque fierté qu’à Milan, par l’éclat ([lie vous avez donné à l’Exposition, par les rapports amicaux que vous avez eus avec les Italiens, vous avez contribué dans une mesure appréciable à ces heureux résultats. Messieurs, mes fonctions de Commissaire général touchent à leur fin ; l’Exposition n’existe plus, et nous ic retournerons pas à Milan, mais je garderai le souvenir des six mois que j y ai passés ; longtemps après qu’il ne restera plus rien de ce que nous y avons admiré, je me rappellerai le parc et la place d’Armes avec leurs beaux arbres, leurs jardins aux fleurs variées, leurs palais s’élevant de toutes parts dans un cadre harmonieux, le ciel toujours bleu avec un soleil parfois trop chaud, les Italiens toujours aimables même lorsqu’ils nous refusaient ce que nous demandions, les rues bruyantes de la ville, sans cesse parcourues parles piétons et les tramways, et au milieu de tout ce décor étranger, la fierté que j’éprouvais à parcourir notre pavillon des Arts décoratifs, a voir lu toule s’y presser et proclamer que la France était la première dans les productions artistiques.
- Ce sont là des souvenirs qui ne s’effaceront pas et qui consolent de la pensée que les belles choses que nous avons vues ont pour toujours disparu.
- Messieurs, je lève mon verre en l’honneur des exposants de la (.lasse 86, ei je les remercie de leur accueil cordial. Je les télicite des succès (pi ils °nt remportés à Milan et je bois à ceux plus brillants encore, s’il est pos-sible, qu’ils remporteront dans les Expositions a venir.
- Lorsque les applaudissements prolongés qui saluèrent ce magni-lique discours eurent cessé, des conversations amicales s enga-
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- geaient à toutes les tables, notre président M. Donckèle, M. Maguin et les nouveaux décorés, très entourés, étaient chaudement félicités. La soirée, superbe de tous points et gaie à souhait, se terminait ainsi fort tard.
- Ce devait être, au moins pour 1906, la dernière réunion des exposants de Milan. Chacun avait déjà repris, d’ailleurs, le cours de ses occupations avec un objectif nouveau : celui de poursuivre les résultats pratiques du brillant succès remporté chez nos voisins italiens, en attendant la préparation d’une manifestation du même genre dans un autre pays.
- Puis l’hiver approchait, période de grande intensité des affaires à Paris; l’Exposition de Milan allait, comme ses aînées, passer à l’état de souvenir, mais de souvenir durable car, ainsi que l’avait dit M. le Commissaire général, les exposants n’oublieront pas le Parc, la Place d’Armes avec leurs beaux arbres, les jardins garnis de fleurs, les Palais construits çà et là avec une diversité charmante, dans un cadre harmonieux, le soleil parfois ardent, mais dans un ciel bleu si pur, des Italiens toujours aimables. Ils se rappelleront surtout avec fierté le Pavillon des Arts décoratifs où la foule joyeuse se pressait et reconnaissait la supériorité des produits artistiques de la France.
- Ils se souviendront également des richesses archéologiques, des œuvres d’art de toutes sortes qu’ils furent à même de contempler à Milan ou dans les villes environnantes, des paysages merveilleux et des lacs enchanteurs de la Lombardie dont les plaines fertiles ont été à maintes reprises fécondées du sang français.
- Les derniers faits se rattachant à l’Exposition de Milan furent pour cette année 1906, l’hommage à M. Ruau et à M. Doumergue d’un album représentant les vues panoramiques des stands tant admirés de notre Classe.
- C’est le 17 décembre que notre président M. Donckèle et quelques délégués de la Classe 86, que M. Maguin voulut bien accompagner, présentèrent à M. Ruau ce modeste présent qui devait lui rappeler sa visite à Milan.
- M. le Ministre de l’agriculture fit à la délégation un accueil des plus aimables et se montra très touché de la démarche dont il était l’objet.
- Le 19 décembre, la même délégation était reçue par M. Doumergue et lui offrait un album semblable à celui présenté deux jours auparavant à M. Ruau.
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- M. le Ministre du commerce remercia vivement M. Maguin, ainsi que notre président et les délégués des exposants de la Classe 86 qui avaient eu la pensée de lui apporter ce souvenir, précieux à ses yeux; puis il les félicita chaleureusement pour le très remaiquable succès remporté à Milan par la Section française, et, en particulier, par la Classe 86.
- Et maintenant nous en avons fini avec ce long historique. Nous nous excusons encore une fois d’avoir fait de trop fréquentes diversions à côté du sujet même de l’Exposition, mais nous avons pensé que dans un résumé de ce genre, un rapporteur pouvait, de temps à autre, rapporter les impressions qu’il a le plus vivement îessen-ties, tout en s’efforçant de son mieux à ne rien oublier des détails de sa charge.
- On estimera peut-être que notre principal tort est de n avoir pas su exprimer ces impressions d’une façon suffisamment littéiaiie? A cela, en effet, nous n’avons aucune prétention.
- Puissent donc ceux qui nous feront 1 honneur de nous liie se montrer indulgents, et s’ils nous permettent, en terminant, de foi-muler un désir, c’est qu’ils veuillent bien nous reconnaîtie le mérite de la sincérité.
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- Deuxième Partie
- Comités d’fldmission & d’installation. Jury des Récompenses.
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- DEUXIÈME PARTIE
- Comités d’Admission et d’installation
- Jury des Récompenses
- CHAPITRE PREMIER
- FORMATION DES COMITÉS
- Ee 18 octobre 1905, le Comité français des Expositions à l’étranger, chargé par décret du 23 mai de la même année de recruter, d’admettre et d’installer dans toutes les Sections les exposants français à Milan, convoquait à la Bourse de Commerce, à trois heures de l’après-midi, ceux qui devaient composer la Classe 86, à l’effet d’élire leur bureau.
- La réunion était présidée par M. Maguin, président de la Commission de direction de la Section française assisté de M. Perdoux, président du Groupe 42, de M. Villeminot, secrétaire, de M. Estieu, chef des services administratifs de la Section française et de M- de Brévans, secrétaire administratif.
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- EXPOSITION DE MILAN
- En ouvrant la séance, M. Maguin félicitait d’abord M. Perdoux d’avoir bien voulu accepter de prendre la direction du Groupe, direction à laquelle l’avaient désigné non seulement la confiance de ses collègues, mais aussi le choix du gouvernement.
- La haute compétence de M. Perdoux, ainsi que la bienveillante autorité qu’il a toujours su exercer sont bien connues de tous, disait M. Maguin, puisque nous avons eu l’occasion de les apprécier depuis fort longtemps et notamment aux Expositions de Saint-Louis et de Liège, où il a fait preuve des plus éminentes qualités. A Milan, encore, avec un président aussi éclairé, nous sommes certains du succès.
- Cette opinion était partagée par toute l’assistance, qui avait la plus grande estime pour M. Perdoux.
- M. Maguin indiquait ensuite, au sujet des votes à émettre pour la composition du Comité, de quelle manière devaient s’exprimer les suffrages : ainsi par exemple, si deux associés de la même maison étaient présents, un seul avait le droit de voter.
- Puis, le président invitait chacun des futurs exposants à souscrire une garantie de 1.000 francs conformément aux usages établis pour les Expositions précédentes. Cette garantie était de pure forme, étant donné que l’on ne faisait jamais appel au versement, mais c’était une précaution d’ordre général à laquelle chaque exposant devait se soumettre de bonne grâce.
- Il n’y eut, bien entendu, aucune protestation à cet égard, et les bulletins de souscription distribués aux membres présents furent immédiatement signés.
- M. Perdoux se levait alors et remerciait chaleureusement M. Maguin pour les paroles élogieuses qu’il lui avait adressées. Il ne se dissimulait pas que la présidence du Groupe 42 à l’Exposition de Milan était une tâche que l’importance de cette Exposition rendait singulièrement lourde, mais il s’efforcerait de se rendre digne de la confiance qu’on lui témoignait et on pouvait compter sur tout son dévouement.
- M. Perdoux terminait son allocution en souhaitant que toutes les industries spéciales à la Classe 86 fussent représentées dans le bureau.
- Il importe, ajoutait-il, que le Comité de cette Classe ait un nombreux état-major, car, à l’inverse des minuscules armées de certains pays lointains, où l’on voit presque autant de généraux que de soldats, nous savons que la pacifique armée des exposants français
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- DEUXIÈME PARTIE.
- COMITÉS ET JURY
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- a une tendance à grossir en raison du nombre et de la qualité de ses chefs.
- Avec des industries comprenant toutes les variétés de lleuis, plumes, cravates, corsets, chapeaux, chaussures, lingerie, bonneterie, boutons, etc..., il semblait qu’il fût difficile de contentei tout le inonde, surtout que les compétitions étaient vives, dans la chapellerie principalement, qui comporte tant de genres divers.
- Cependant une entente était intervenue assez rapidement axant la réunion, grâce aux bons offices de M. Donckèle.
- En ce qui concernait la désignation du président de la Classe 86, nous étions tous d’accord pour choisir M. Donckèle. Nous 1 avions vu à l’œuvre en 1900 à Paris, à Liège en 1905, et savions quelle énergie, quelle science consommée il savait employer dans la défense de son Comité et des intérêts des exposants.
- Puis, M. Donckèle joignait à tant d autres qualités natives ou professionnelles, celle de bien parler. Doué, en elïet, d une grande facilité d’élocution, à la fois souple, élégante, et d’une perfection absolue, il charme et il persuade. Trouvant toujours le mot juste, il entraîne les hésitants, convainc les récalcitrants, enhaidit les timides. Sûr de lui-même, il marche droit vers le but à atteindre, sans hésitation ni défaillance, et la vivacité de son caractère ferme, mais si droit et si loyal, est elle-même corrigée par une mneffable bonté, que tous ceux qui vont frapper à sa porte — et ils sont nombreux — connaissent bien.
- Donc, l’entente préalable était déjà faite sur la désignation du président de notre Classe et M. Donckèle, sur 1 autorité de qui on comptait pour ne favoriser que les ambitions légitimes, en donna une preuve incontestable, en dressant avant la séance la composition de son état-major, où toutes les industries présentes avaient la
- place qui leur convenait. _ . ,
- L’élection de M. Donckèle, mise aux voix, fut ratifiée à T unanimité. Le président de la Classe 86 se levait aussitôt pour remercier ses collègues, et il proposait, puisqu’un accord était intervenu à ce sujet, de nommer les autres membres du bureau au scrutin de liste.
- La proposition fut acceptée d’enthousiasme et, également a
- l’unanimité.
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- 158 EXPOSITION DE MILAN
- Le Comité fut constitué de la manière suivante :
- BUREAU
- Président :
- MM. Donckèle (Georges), président de l’Association des tissus et matières textiles. Membre du Jury, Paris 1900, Liège 1905.
- Vice-présidents :
- MM. Leprince (D.). Boutons. Membre du Jury, Paris 1900, Grand prix, Saint-Louis 1904, Liège 1905.
- Blum (L.). Lingerie de femme. Vice-président de la Chambre syndicale des fabricants de lingerie. Médaille d’or, Paris 1900, Grand prix, Liège 1905.
- Chabanne (C.). Cheveux. Membre du Jury, Paris 1900, Liège 1905.
- Hellstern (C.). Chaussures. Président de la Chambre syndicale des chaussures. Membre du Jury, Paris 1900.
- Liaud (Emile). Chapeaux de paille. Hors concours, Paris 1900, Liège 1905.
- Leprince (IJ.), président de la Chambre syndicale des corsets. Médaille d’or, Paris 1900, membre du Jury, Liège 1905.
- Mayer (Mirtil), président de la Chambre syndicale des fabricants de plumes. Médaille d’or, Paris 1900, membre du Jury, Liège 1905.
- Vitoux (Léon), Bonneterie, à Troyes. Diplôme d’honneur, Liège 1905.
- Secrétaires ;
- MM. Boisselier (A). Chaussures. Vice-président de la Chambre syndicale des fabricants de chaussures de France. Médaille d’or, Paris 1900.
- Bonnet. Lingerie. Secrétaire de la Chambre syndicale de la lingerie. Diplôme d’honneur, Liège 1905.
- Bouchard (G.). Boutons. Médaille d’or, Paris 1900; Grand prix, Liège 1905.
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- DEUXIÈME PARTIE. - COMITÉS ET JURY
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- MM. Brossard (G.), président du syndicat des teinturiers en plumes pour parures. Médaille d’or, Paris 1900; Hors concours, Liège 1905.
- Boileau (Th.), vice-président de la Chambre syndicale de la bonneterie de Paris. Diplôme d’honneur, Liège 1905.
- Chevreau (L.). Tissus élastiques. Hors concours, Paris 1900, Saint-Louis 1904, Liège 1905.
- Daniel (J.-B.), président de la Chambre syndicale des chapeaux de paille et de feutre pour dames. Hors concours, Liège 1905.
- Lavanoux (E.), vice-président de la Chambre syndicale des fleurs et plumes.
- Picard (Hubert), vice-président de la Chambre syndicale des corsets et fournitures. Grand prix, Liège 1905.
- Rapporteur :
- M. Dehesdin (G.). Lingerie en gros. Grand prix, Paris 1900, Hors concours, Liège 1905.
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- Trésorier :
- M. Vimont (L.). Flanelle confectionnée. Secrétaire de l’Association générale des tissus et matières textiles. Médaille d oi, Paris 1900. Grand prix, Saint-Louis 1904, Liège 1905.
- Membres :
- M. Anglade. Boutons. Grand prix, Paris 1900.
- Mme Barreiros. Corsets. Médaille d’or, Saint-Louis 1904, Liège
- 19°5.
- MM. Benoiston. Fournitures pour modes. Diplôme d honneui, Liège 1905.
- Bertout. Bonneterie. Diplôme d’honneur, Liège 1905. Bounaix. Casquettes. Médaille d or, Paiis 1900, diplôme d’honneur, Liège 1905.
- Brun fils. Bonneterie. Médaille d’or, Paris 1900, Giain pnx, Liège 1905.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Mme Cadolle et fils. Corsets. Diplôme d’honneur, Liège 1905.
- MM. Chandelet (Emile), président de la Chambre syndicale des Heurs et plumes. Médaille d’or, Bruxelles 1897, Saint-Louis
- 1904.
- Coanet. Chapeaux de paille. Grand prix, Saint-Louis 1904, Liège 1905.
- Collot. Chaussures. Médaille d’or, Liège 1905.
- Croizier. Cheveux. Médaille d’or, Liège 1905.
- Delmotte. Secrétaire de la Chambre syndicale des corsets. Médaille d’or, Liège 1905.
- Denis. Paillettes. Grand prix, Saint-Louis 1904, Liège 1905. Dheilly. Bonneterie. Diplôme d’honneur, Liège 1905. Dressoir. Chaussures. Président du syndicat général de la chaussure de France. Grand prix, 1900.
- Duboc. Ancienne maison Stockmann. Grand prix, Liège 1905. Famchon. Fournitures pour chapellerie. Membre du Jury, Paris 1900.
- Guionvar, Président de la Chambre syndicale des fabricants de faux-cols. Diplôme d’honneur, Liège 1905.
- Imans. Sculpture et moulage en cire. Diplôme d’honneur, Liège 1905.
- De Langenhagen. Chapeaux de Panama. Grand prix, Paris 1900.
- Latouche. Cheveux. Médaille d’or, Paris 1900.
- Léon. Chapeaux. Médaille d’or, Saint-Louis 1904, Liège 1905. Lucet. Lingerie. Directeur du Bon Marché. Grand prix, Paris 1900; Hors concours, Liège 1905.
- Liez. Chapeaux pour dames. Grand prix collectif, Liège 1905. Lolliot. Plumes pour parures. Grand prix, Hanoï 1902, Saint-Louis 1904, Liège 1905.
- Marchand-Hébert, président de la Chambre syndicale des fabricants de boutons de nacre de l’Oise. Grand prix, Liège 1905.
- Nisseron, vice-président de la Chambre syndicale des fabricants de faux-cols. Médaille d’or, Liège 1905.
- Picard. Chapeaux pour dames. Grand prix collectif, Liège
- 1905.
- Peyrache, président de la Chambre syndicale de la chapellerie. Médaille d’or, Paris 1900, diplôme d’honneur, Liège 1905.
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- DEUXIÈME PARTIE. - COMITÉS ET JURY
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- MM. Plantevignes, président de la Chambre syndicale des fabricants de cravates. Médaille d’or, Paris 1900, diplôme d’honneur, Liège 1905.
- Rey (Fernand). Chapeaux. Diplôme d’honneur, Liège 1905.
- Schorestene. Matières premières pour chapellerie. Médaille d’or, Paris 1900, Grand prix, Saint-Louis 1904.
- Schwob. Chemises et lingerie. Médaille d’or, Paris 1900, Grand prix, Liège 1905.
- Schulmann. Lingerie de femme. Médaille d’or, Liège 1905.
- Veil (E.), vice-président de la Chambre syndicale de la chapellerie. Médaille d’or, Paris 1900, Hors concours, Liège 1905.
- Villeminot. Bonneterie. Secrétaire du Comité d’organisation du Groupe 12. Grand prix, Paris 1900.
- Vollant. Fabricant de guêtres. Président du syndicat du vêtement et de l’équipement sportif. Médaille d’or, Hanoï 1902.
- Pendant l’exercice de ses fonctions, certaines modifications, dont nous parlerons plus loin, sont survenues dans la liste que nous venons de reproduire, mais en ce qui concerne ces changements, aussi bien qu’en toutes circonstances, le Comité tout entier s’est toujours solidarisé avec son président.
- Nous ne saurions même trop insister sur ce fait que la confiance témoignée à M. Donckèle, au moment de la formation du Comité, ne s’est pas départie un seul instant jusqu’à la fin de l’Exposition; que la plus franche cordialité n’a cessé de régner entre tous les membres et que grâce à l’habileté, à l’amabilité constante de ce président idéal, une intimité s’est vite formée entre tous ses collaborateurs pour le plus grand bien des intérêts communs.
- Le Comité étant régulièrement constitué, nous allons maintenant enregistrer ses travaux, les petites difficultés qu’il réussit à aplanir, les différents ennuis qu’il eut à subir et, enfin, le triomphe compensateur remporté à Milan par cette Classe 86 qui devait être le clou de l’Exposition.
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- CHAPITRE II
- COMITÉ D’ADMISSION
- a première réunion eut lieu le 20 octobre, sous la présidence de M. Donckèle, et fut consacrée à l’organisation d’un plan
- de travail.
- Il fut convenu d’abord que toutes les séances se tiendraient 6, rue d’Aboukir, au siège de l’Association générale des tissus et matières textiles, le jeudi de chaque semaine à 10 heures. A ce sujet, M. le Président recommanda la plus rigoureuse exactitude, car le temps de chacun étant précieux, il convenait de commencer les réunions juste à l’heure fixée et pour cela, il fallait que tous fussent présents.
- Ivl. Barat, secrétaire général de l’Association des tissus, était ensuite nommé secrétaire général de notre Classe, avec mission de centraliser toute l’administration rue d’Aboukir.
- Puis, le Comité ordonnait l’envoi de la circulaire ci-après :
- Ministère du Commerce RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
- Exposition Internationale de Milan
- Paris, le 25 octobie 1906
- COMITÉ DE LA SECTION FRANÇAISE
- Bourse de Commerce, rue du Louvre
- SECTION D. GROUPE XII
- Classe 86. Comité d admission
- M.
- Nous avons l’honneur de vous remettre une formule de demande d’admission à l’Exposition Universelle et Internationale de Milan, qui doit s’ou* yi'ir le 1er avril 1906.
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- DEUXIÈME PARTIE. - COMITÉS ET JURY
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- Industries accessoires du vêtement
- La Classe 86, Section D dont votre industrie fait partie comprendra :
- Chapellerie: chapeaux de feutre, chapeaux de laine, chapeaux de paille, chapeaux de soie; casquettes, fournitures pour chapellerie.
- Fleurs artificielles pour la coiffure, pour la toilette et pour tous autres usages. Plumes. Perles et paillettes. Modes. Coiffures. Postiches.
- Chemiserie et lingerie pour hommes, pour femmes et pour enfants. Bonneterie de coton, de laine, de soie et de bourre de soie, etc... bonneterie tricotée. Cravates et cols-cravates.
- Corsets et fournitures pour corsets.
- Tissus élastiques, bretelles, jarretières et ceintures.
- Ganterie.
- Chaussures pour hommes, pour femmes et pour enfants : bottes, bottines, souliers, pantoufles, chaussons, galoches, semelles, accessoires, etc... guêtres. Cordonnerie navale et militaire.
- Cannes, fouets, cravaches, ombrelles, parasols, parapluies.
- Boutons : boutons céramiques, boutons en métal, boutons de passementerie, boutons de nacre et coquillages divers, boutons en corozo, boutons en corne et en os, boutons en papier mâché, etc., boucles, œillets.
- Eventails ; écrans à main.
- L’Exposition universelle et internationale de Milan, à laquelle le Gouvernement français participe officiellement, aura une importance considérable.
- Elle intéressera d’une façon particulière les industries diverses du vêtement. Par sa situation géographique, la ville de Milan recevra la visite de tous les acheteurs du monde entier.
- En raison du développement commercial et industriel de l’Italie depuis quelques années, développement qui fait de ce pays un concurrent des plus sérieux pour certaines de nos industries, nos fabricants se feront un devoir de saisir avec empressement l’occasion qui leur est offerte d’affirmer une fois de plus, devant un Jury international, leur esprit d’initiative pour la création de la mode, leur goût d’invention et de constante recherche pour la perfection de nos produits et leur production économique.
- Nous sommes convaincus que notre Classe occupera une place prépondérante parmi nos grandes industries nationales et qu’elle sera des plus visitées.
- Si vous avez l’intention d’exposer, il est urgent d’adresser votre demande à M. le Président du Comité de la Section française, en indiquant l’espace dont vous avez besoin, car l’Administration supérieure désire connaître dans le plus bref délai la surface approximative nécessaire à l’organisation de notre Classe.,
- il demeure entendu que l’envoi de la présente circulaire ne saurait préjuger la décision qui sera prise par le Comité au sujet de 1 admission.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Dans l’attente de votre prompte réponse, nous vous pr ons d’agréer M. , l’expression de nos sentiments les plus distingués.
- Le Président :
- G. DONCKÈLE Les Vice-présidents,
- L. BLUM, C. CHABANNE, C. HELLSTERN, D. LEPRINCE, H. LE PRINCE, E. LIAUD, MIRTIL MAYER, LÉON VITOUX.
- Les Secrétaires:
- BOISSELIER, BONNET, BOUCHARD,
- BOILEAU BROSSARD, CHEVREAU DANIEL, LAVANOUX, PICARD.
- Le Rapporteur,
- G. DEHESDIN.
- La demande et son duplicata doivent être remplis, signés et renvoyés en même temps.
- MINISTÈRE DU COMMERCE DE l’industrie DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES Section Groupe
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE MILAN 1906
- COMITÉ FRANÇAIS DES EXPOSITIONS A L’ÉTRANGER DEMANDE D’ADMISSION
- COMITÉ D’ORGANISATION DE LA SECTION FRANÇAISE
- Bourse de Commerce RUE DU LOUVRE, A PARIS Je soussigné (1) demeurant à (2) à exposer les produits ci-dessous demande désignés (3)
- Le Trésorier, L. VIMONT.
- (1) Nom, prénoms, raison sociale.
- (2) Indiquer le domicile spécial dans les villes ; spécifier soigneusement la commune, le canton, l’arrondissement dont dépendent les usines ou établissements isolés.
- (3) Donner la nature etle détail aussi complet que possible des produits exposés. Indiquer si l’on veut exposer des machines ou autres objets exigeant des fondations, des constructions spéciales et fournir autant que possible un croquis de ces fondations ou constructions avec leurs cotes. Dans le cas où l’on voudrait exposer des appareils exigeant l’emploi de l’eau, du gaz, de la vapeur ou de l’électricité, on est prié d’indiquer la quantité nécessaire. Si l’on veut mettre des machines en mouvement, il est essentiel de savoir quelle sera la vitesse propre de chacune d’elles et la force motrice dont elle aura besoin. Indiquer autant que possible la charge par mètre carré de l’installation.
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- DEUXIÈME PARTIE. --------- COMITÉS ET JURY 165
- pour l’installation desquels j’aurai besoin d’un emplacement correspondant aux dimensions suivantes (1):
- Surface en vitrine :
- Surface sur sol :
- Surface murale (2) :
- Je me soumets aux décisions des Comités et des Jurys ainsi qu’aux dispositions du règlement général et à celles des règlements spéciaux et de police qui pourraient être ultérieurement promulgués.
- Signature :
- Conformément au décret du 23 mai 1905, l’organisation de la Section française est spécialement placée sous l’autorité du Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes et dirigée par le Commissaire général du Gouvernement français.
- Le Comité français des Expositions à l’étranger est chargé de recruter, d’admettre et d’installer les exposants, sous le contrôle du Commissaire général.
- En vue d’effectuer ces opérations, le Comité Français des Expositions à 1 étranger a délégué ses pouvoirs à un Comité spécial dénommé Comité d’organisation de la Section française à l’Exposition de Milan.
- Les demandes d’admission sont soumises, par Classe, à l’examen des Comités d’admission nommés par le Commissaire général, sur la présentation du Comité français des Expositions à l’étranger.
- Ces demandes doivent en conséquence être envoyées d’extrême urgence et affranchies à M. le Président du Comité d’organisation de la Section française à l’Exposition de Milan, Bourse de Commerce, rue du Louvre, à Paris.
- Pour chaque Groupe, les présidents réunis des Comités de Classe forment Un Comité de Groupe sous la présidence du Président de ce Groupe. Le Comité de Groupe connaît des questions communes aux différentes Classes du Croupe et notamment des difficultés concernant la répartition des espaces 011 l’attribution des objets à exposer.
- Le bureau du Comité d’organisation de la Section française tranche les difficultés entre les Groupes et est, en outre, chargé de dresser, sous le contrôle du Commissaire général, la liste définitive des exposants admis.
- H est institué pour chaque Classe un Comité d’intallation chargé :
- 1° De répartir les espaces entre les exposants ;
- 2° De dresser et de soumettre au bureau du Comité d’organisation de la Section française les plans d’installation et de décoration de la (.lasse ;
- 3° D’en assurer l’exécution et de pourvoir à l’entretien du gardiennage ;
- 4° De répartir les dépenses entre les intéressés et de percevoir les cotisations, sans aucune intervention ni du Commissariat général, ni du Comité d organisation de la Section française.
- (1) Ces dimensions doivent comprendre celles des vitrines, meubles ou plates-formes nécessaires à l’installation des produits.
- Largeur: Hauteur: Profondeur:
- {-) Effacer la nature de surface qui n’est pas demandée.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Conformément au règlement, les demandes d’admission doivent, en conséquence, être envoyées, d’extrême urgence, affranchies, à M. le Président du Comité d’organisation de la Section française à l’Exposition de Milan, Bourse de Commerce, rue du Louvre, Paris.
- Vingt séances devaient être indispensables pour mener à bien la besogne considérable que le Comité avait à accomplir avant l’ouverture de l’Exposition.
- Mais M. le président Donckèle avait de suite compris, avec son habituelle sûreté de jugement, que pour arriver à un résultat rapide et brillant, il fallait diviser le travail en faisant appel à toutes les initiatives.
- Il fut donc décidé que des sous-commissions correspondant aux différentes industries représentées dans le Comité, s’occuperaient chacune séparément de recruter, de classer les exposants de leur catégorie. Ces sous-commissions, présenteraient ensuite leur classement au Comité qui n’aurait plus qu’à leur donner la sanction définitive. De cette manière, la besogne matérielle se trouverait simplifiée et il se produirait une certaine émulation entre ces groupements, qui auraient à cœur de réunir le plus grand nombre d’exposants.
- Voici quelle fut la composition de ces sous-commissions :
- Bonneterie.
- Président : M. Vitoux. | Secrétaire : M. Boileau.
- Membres :
- MM. Bertout. Brun.
- MM. Dheilly.
- VlLLEMINOT.
- Boutons et caoutchouc.
- Président : M. D. Leprince. i Secrétaire : M. Bouchard.
- Membres :
- MM. Anglade. Chevreau.
- MM. Marchand-Hébert.
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- DEUXIÈME PARTIE.
- COMITÉS ET JURY
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- Chapeaux.
- Président : M. Liaud. | Secrétaire : M. Daniel.
- Membres :
- MM. Bounaix.
- ScHORESTENE.
- COANET.
- Famchon.
- De Langenhagen.
- MM. Léon, Liez.
- Peyrache.
- Rey.
- Yeil.
- Chaussures.
- Président : M. LIellstern. | Secrétaire : M. Boisselier.
- Membres :
- MM. COLLOT. I M. VOLLANT.
- Dressoir.
- Chevaux.
- Président : M. Chabanne. | Secrétaire : M. Denis.
- Membres :
- MM. Croizier. Dupont.
- MM. Latouche.
- Corsets
- Président : M. H. Leprince. I Secrétaire’. M. Picard.
- Mmc Barreiros. MM. Cadolle. Delmotte.
- Membres :
- MM. Duboc. Imans.
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- EXPOSITION DE MILAN
- M. Brossard.
- MM. Benoiston. Chandelet.
- Fleurs et plumes.
- Président : M. Mirtil Mayer . Secrétaires :
- M. Lavanoux.
- Membres :
- M. Lolliot.
- Lingerie, faux-cols, cravates.
- Président: M. Blum. I Secrétaire : M. Bonnet.
- Membres :
- MM. Dehesdin. Guionvar. Lucet. Nisseron. Plantevignes.
- MM. ScHULMANN. SCHWOB. VlMONT. Yirlouvet.
- La chapellerie, qui avait déjà montré, comme nous l’avons dit, une certaine exigence avant l’élection du Comité, exigence très heureusement dissipée par l’autorité de M. Donckèle, ne se trouvait pas encore satisfaite de la composition de sa sous-commission respective, bien que celle-ci eût un effectif de membres supérieur aux autres.
- Il est vrai que cette intéressante industrie, dont nous nous plaisons à reconnaître l’importance, avait eu une prédominance marquée à de précédentes Expositions, et elle entendait, sans doute, conserve' le prestige acquis.
- A ce sujet, et sans vouloir exercer une critique qui dépasserait nos attributions, nous nous permettrons seulement de faire remarquer que la suprématie que semblent bien vouloir s’octroyer les fabricants de chapeaux n’est pas entièrement justifiée, car beaucoup d’autres
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- DEUXIÈME PARTIE. ----- COMITÉS ET JURY 169
- catégories du vêtement tiennent dans le commerce français une place tout aussi prépondérante.
- Les desiderata formulés cette fois, à propos de la sous-commission de la chapellerie, étaient, faciles à satisfaire puisqu’ils portaient principalement sur l’adjonction à son bureau d’un vice-président et d’un autre secrétaire.
- M. Donckèle invita les membres de cette Commission à se mettre rapidement d’accord en vue de désigner les titulaires des nouvelles fonctions sollicitées.
- M. Peyrache fut choisi en qualité de vice-président et M. Schores-tene comme deuxième secrétaire.
- Il fut ensuite décidé qu’on demanderait au Comité français des Expositions à l’étranger de ratifier ces deux adjonctions qui devaient être suivies, d’ailleurs, par plusieurs autres.
- En effet, au cours d's travaux des sous-commissions, quelques nouveaux collègues désignés par le Comité français des Expositions à l’étranger vinrent grossir la liste que nous avons publiée.
- Une modification plus importante se produisit dans le Comité même : M. Chabanne, vice-président, que nous avions eu la bonne fortune d’avoir avec nous à Saint-Louis et à Liège, avait prié M. Donckèle d’accepter sa démission. Cette nouvelle imprévue, provoqua dans tout le Comité des regrets unanimes, car M. Chabanne était universellement estimé. Nous l’aimions tous, non seulement pour les avis précieux qu’il savait donner toujours à propos, pour sa grande expérience des affaires et des hommes, mais aussi pour sa franche gaieté qui égayait si spirituellement nosréunions.
- Malgré nos plus pressantes sollicitations, M. Chabanne ne voulut pas revenir sur sa décision, et il fut convenu de pourvoir à son remplacement.
- Par acclamation, tous les suffrages se portèrent sur M. Denis, un de nos plus aimables collègues que nous avions eu également avec nous à Saint-Louis et à Liège, et les longs applaudissements qui saluèrent son élection attestaient la grande sympathie dans laquelle était tenu le nouveau vice-président, dont nous connaissions tous la parfaite courtoisie, ainsi que les éminentes capacités que, par modestie, il cherchait pourtant à dissimuler.
- Après l’organisation de la méthode de travail que nous a\ ons indiquée, le Comité, débarrassé de tous les détails de recrutement des exposants, pouvait se consacrer aux grandes lignes de l’entre-prise et préparer l’œuvre du Comité d’installation.
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- Une des premières préoccupations, mais aussi une des plus courtes, fut le choix de l’architecte de notre Classe. L’avis de tous était en effet de désigner M. de Montarnal dont le talent très apprécié s’exerçait depuis fort longtemps dans les Expositions. C’est donc à l’unanimité qu’il fut nommé architecte de la Classe 86 de l’Exposition de Milan.
- La question du taux de la contribution à exiger de chaque exposant devait soulever une plus longue discussion : la majorité du Comité était d’avis de maintenir le chiffre de 600 francs adopté pour de précédentes Expositions et en dernier lieu à Liège; certains collègues, au contraire, faisaient observer qu’à la clôture de cette dernière Exposition, il y avait eu d’importantes ristournes, et que, dans ces conditions, il convenait de diminuer d’autant le montant fixé auparavant afin d’obtenir des adhésions en plus grand nombre.
- Pour combattre cet argument qui avait, certes, sa valeur, les partisans de la somme de 600 francs opposaient qu’on ne pouvait établir aucune comparaison entre Liège et Milan, car la première de ces villes était à une distance relativement rapprochée de Paris, tandis qu’au contraire une énorme distance nous séparait de la seconde. Nous rencontrerions en outre, à Milan, plus de difficultés qu’à Liège, où les rapports commerciaux aussi anciens qu’importants sont facilités par l’usage d’une même langue. Il était donc nécessaire de prendre des dispositions pour parer aux imprévus, et indispensable de consentir à quelques sacrifices, afin de figurer dans le meilleur rang à la première grande manifestation internationale organisée par les Italiens. Cette opinion prévalut, et il fut décidé de maintenir la contribution à 600 francs.
- Quelques collègues crurent devoir rouvrir la discussion à ce sujet dans les séances suivantes, mais malgré leur insistance, le vote resta définitivement acquis.
- Une autre question intéressante, qui se rapportait à la hauteur des soubassements, et qui avait déjà fait l’objet de longues délibérations lors des précédentes Expositions, était ensuite examinée.
- Généralement, les différents Groupes qui participent à une Exposition, sont tenus d’adopter à peu près le même genre d’assises pour leurs installations parce que les produits exposés dans chacun d’eux, respectivement, sont presque toujours de même type. Seule, peut-être, notre Classe comprend, au contraire, une foule d’industries très distinctes les unes des autres et ayant, par suite, des besoins
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- spéciaux, que les intéressés défendent à juste titre avec la plus grande ténacité.
- Il fut donc impossible de faire admettre une hauteur uniforme de soubassement et, après bien des échanges de vues, le Comité décida qu’il serait tenu compte de tous les desiderata formulés à cet égaid, sous réserve de la stricte observation dune paifaite hannonie de coup d’œil sur l’ensemble de la Classe.
- Les réunions des 4 et 11 janvier furent consacrées à l’examen des propositions présentées par les sous-commissions sur le recrutement des exposants.
- Puis, notre Président devant effectuer en compagnie de MM. de Montarnal et Estieu un voyage à Milan, pour se rendre compte de l’emplacement réservé à nos stands, il n y eût pas de séance olïi
- cielle du Comité avant le 8 février.
- Dès son retour, M. Donckèle, qui défendait nos intérêts avec une énergie sans égale, fit d’actives démarches auprès du Comité français des Expositions à l’étranger, en vue d obtenir quelques avan tages pour notre Classe. Il indiquait surtout a 1 appui de scs lécla mations, l’importance des dépenses que nous allions assumer pour installer nos dioramas et il insistait de la façon la plus pressante sur la nécessité d’avoir un emplacement digne de ces sacrifices. _
- Après de nombreux pourparlers, il fut fait des concessions réciproques et bien que nous n’ayons pas eu la place que nous étions en droit d’exiger pour donner satisfaction à toutes nos industries, le Comité n’en remercia pas moins notre Président des elïoits tentés dans la circonstance et se remit courageusement au Lia’sail.
- Le 8 février, il fut procédé à l’examen des projets d’adjudication
- des vitrines. ,
- Entre temps, M. Donckèle avait établi un cahier des charges très complet qui avait été adressé, ainsi qu’une série de plans, à tous es entrepreneurs ayant manifesté le désir de soumissionnei.
- Les plans avaient été dessinés par M. Doll, dont la collaboia ion aussi discrète que dévouée fut très précieuse, cai ce n est qu. ai des modifications nombreuses auxquelles son talent se pie a ce bonne grâce — 22 plans avaient été successivement dessinés —que e Comité se mit d’accord sur le choix des modèles en\ oyés aux u adjudicataires. Nous ne saurions trop remercie! M. Do poui concours éclairé qu’il a bien voulu nous apporter à cette occasion.
- Parmi toutes les soumissions présentées quatre seulemen uien
- retenues.
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- M. le Président en donna lecture dans l’ordre suivant, en même temps qu’il faisait circuler les photographies ou maquettes des vitrines proposées par les concurrents restant en ligne :
- 1. — Proposition Cheminais :
- « M. Cheminais propose une vitrine blanche à 180francs le mètre, un modèle acajou à 215 francs, il demande une augmentation pour certaines grandes glaces ; suppression des fonds 10.50 le mètre de façade. »
- 2. — Proposition Chevalié fils :
- « M. Chevalié fils propose une vitrine empire acajou et bronze à 170 francs, une autre acajou à 175 francs, une autre même genre à 160 francs, suppression des fonds 2 francs le mètre de façade. Ces vitrines sont anciennes.»
- 3. — Proposition Derudder :
- « M. Derudder propose un modèle de vitrine acajou à 180 francs le mètre,
- suppression des fonds, les vitrines sont neuves. »
- - '
- .
- 4. — Proposition Lucas et Maugery :
- « MM. Lucas et Maugery proposent des vitrines neuves modèle blanc à 135 francs, un modèle acajou et bronze à 175 francs, les glaces suivant les demandes sans augmentation pour celles de grande dimension : suppression des fonds 10francs par mètre de façade. »
- Après examen des photographies et des prix, le Comité, à l’unanimité, déclara MM. Lucas et Maugery adjudicataires de la fourniture des vitrines.
- A la réunion suivante, notre président, par une délicate attention, avait fait placer une vitrine dans la salle des séances afin que chacun de nous put juger de l’effet en toute connaissance de cause. Ce fut une surprise d’autant plus agréable que M. Donckèle nous annonçait qu’il avait obtenu quelques nouvelles concessions des entrepreneurs, en leur remettant la commande ferme de notre Classe. Il était entendu parexemple que le prix serait de 170 fr. au lieu de 175, et que les vitrines seraient munies de glaces fixes jusqu’à 4 m. 50 et de glaces mobiles jusqu’à 2 m. 50. En outre, les exposants auraient le choix d’adopter un toit vitré ou une couverture imperméable.
- Ces deux avantages avaient une très réelle importance, surtout le dernier, bien que les précautions prises à cet égard aient été insuffisantes, hélas ! pour protéger toutes nos vitrines contre les ouragans, les cyclones qui se sont abattus plusieurs fois sur le palais des
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- Arts décoratifs français à Milan. Quelques-unes, en effet, ont été fortement détériorées, ainsi que les marchandises qu’elles contenaient.
- Les commandes étant effectuées, MM. Lucas et Maugery se mettaient immédiatement à l’œuvre, car il n’y avait pas de temps à perdre. Nous fûmes heureux de constater l’empressement des entrepreneurs, de même que la parfaite exécution de leur travail dont la perfection contribua beaucoup à donner à nos stands le cachet artistique tant admiré.
- La répartition des vitrines était une des besognes les plus longues et les plus laborieuses. Aidé par M. Doll, M. Donckèle, qui ne reculait devant aucune tâche, quelque difficultueuse ou absorbante qu’elle fût, se chargea de cette répartition.
- Ainsi que nous l’avons exposé, nous n’avions point, pour notre Classe, 1’emplacement sur lequel nous étions en droit de compter. Afin de donner un grand développement à nos dioramas, nous avions demandé 1.500 mètres, on nous en accorda 1.450.
- Il fallut donc restreindre la surface réclamée par chaque exposant et faire des salons plus petits, ce qui devait nuire un peu, par la suite, à l’effet que nous attendions des dioramas. C’était surtout la profondeur qui faisait défaut, car on avait été obligé de faire de larges passages réservés au public. Cette question fit l’objet de nombreux pourparlers entre le Comité français des Expositions à l’étranger, notre architecte, M. de Montarnal, et notre Comité.
- Enfin, un plan fut arrêté d’un commun accord, puis définitivement adopté en séance du Comité le 22 février. Chaque industrie recevait satisfaction dans la mesure du possible, et voici quel était i espace réservé à chacune d’elles :
- Bonneterie de coton, laine, soie. — Bonneterie tricotée, eie.„
- Vitoux Derrey ........ 5,50
- Boileau .............. 3,50
- Villeminot et Cie .... 4,40
- Bertout et Got ....... 2,40
- Dheilly .............. 2,40
- Brun fils ............ 3,50
- Savouré .............. 4,50
- Bourdon et Rasse .. . 1,00
- Courtois ............... 1,50
- Veuve Tonnet et Cie . 1,50
- Fournier ............... 1,00
- Philippe Viallar et Cie. 3,80
- Société générale de Bonneterie ......... 1,00
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- Boutons, boucles, agrafes:
- Leprince et Baron . .. 1,50 Gerente Dalbignat et
- Parent et Bouchard . . 3,00 Cie 2,50
- Anglade et Debauge . . 3,00 Vallée et Marion 1,50
- Marchand Hébert . . . . 2,00 Marquis 3,00
- A. Raymond . . 3,25
- Cannes, parapluies :
- Biron .. 1,50 Falcimaigne 2,00
- Tissus élastiques :
- Voilant ............... 1,50
- Société du Caoutchouc
- . Hermier 1,00 manufacturé
- Chapellerie et fournitures pour chapellerie :
- Liaud frères 3,375 Peyrache frères ....
- Crm ri et 3,35 3,50 Hirsch et Veil
- De Clermont Bounaix Jeune ....
- De Langenhagen .... 4,375 Quesney, Ch
- Léon frères 4,375 Les fils de Pinay ....
- Schorestène frères .. . 2,50 E. Mermilliod
- E. Rey Cousin et Cie . 5,375 Magnenan
- ollectivité de la Chambre syndicale des fabricants de
- de paille et feutre pour daines :
- Bailly 10,00 Les fils de L. Picard .
- nrré » Moors
- Chaumonot et Cie .... » Stoffel
- Daniel » Atrux
- Liez et Cie »
- 2,00
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- Dior amas :
- Liez et Cie .......... » \ Bailly
- Daniel ............... »
- Chaussures :
- Collectivité Hellstern et Dressoir, Prémartin,
- sons . .............. 5,00 Pulm.................. 3.80
- Boisselier ................ 2,00
- Cordonnerie navale et militaire. — Ganterie :
- Collot ............... 1,50
- Thierry frères ....... 2,75
- Tréfousse,Goguenheim 2,75 Hunebelle ............ 4,00
- Ferlin-Maubon ...... 2,00
- Brehaye .............. 2,00
- Cordier et fils ...... 2,00
- Coquillot ............ 1,50
- Cheveux, Coiffures, Postiches :
- Latouche jeune Croizier .....
- 4,00
- 1,25
- Chabanne
- 1,25
- Cravates :
- Donckèle Doll et Cie . 15,50 I Plantevignes ......... 4,50
- Corsets, Fournitures pour Corsets, Bustes en cire, Mannequins :
- H. Leprince».......... 1,50
- Picard et Minier..... 1,50
- B. Barreiros ____... 3,125
- Veuve Cadolle et fils . * 3,125
- D’Ennetières ...... 3,15
- Lemeunier et Cie ... 3,50
- Imans ................ 4,40
- Duboc et Cie.......... 4,00
- C. Charles........... 0,50
- Despréaux et fils .... 2,00
- Clapin ........... 1,50
- Bignon _____________ 1,50
- Torchebœuf et Cie . . . 1,50
- Delmotte ____________ . 3,50
- Ducarin ....._________ 2,50
- Société « le Buse »... 1,50
- Dutoict, Marlin et Cie. 3,125
- Aug. Thomas ........ 3,125
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- Fleurs, Paillettes :
- Denis et fils 2,00 | Averseng 1,50
- Collectivité de la Chambre syndicale des fabricants de Fleurs ai lificielles
- de Paris. - — Diorama :
- Bacquet » Pinel »
- Ancamiis » V ailier »
- Richcl hp.roer )) Dourlet »
- Blanc, » Feissel »
- Jolibois et Pansard . . » Germain »
- E. et L. Lehoucke ... » Girardet »
- Nicolas » Javet et Cie »
- Marion » Lafon »
- Lingerie, Chemiserie, Faux-cols, Manchettes, etc... etc. . :
- L. Blum 6,25 Schwob 5,50
- J. Bonnet 5,60 « Galeries Lafayette ». 4,50
- Dehesdin et fils 4,00 Oudineau 5,62
- Vimont et Linzeler ... 5,55 Rousseau 4,50
- Guionvar et Cie 4,50 Marg. Alexandre . . . . 4,75
- Fillot, Ricois, Lucet Nisseron 4,40
- et Cie 17,50 Schmitt frères 3,70
- Schulmann r° b o Berthelot 4,50
- Bessan, Stasse et Cie . 6,25 Laguionie et Cie 15,50
- Virlouvet 5,625 Cloche fils 1,50
- Diorama ; Bessan, Stasse et Cie... »
- P Plumes :
- Dusauchoy 1,00 Brossard jeune 3,50
- M. Mayer et frère .... 4,00 H. et G. Picard 3,00
- Démaret 3,00 Boisson 2,00
- Gérard 0,50 Deschampes 1,00
- Eolliot 4,00 Grillet 1,00
- Macdonald 1,00 Plicque 0,50
- Benoiston .5,00 Duflot et Cie 4,00
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- Collectivité de la Chambre syndicale des Fleurs et Plumes
- Diorama :
- E. Chandelel .... .. » Jacquet
- Bloch ... » Jérôme
- Dechastelus ... » Lavanoux
- Duchosal ... » Plicque .
- Feis ... » Privât . .
- Javey et Cie ... »
- Plumes :
- P. Cambier ...... 0,50 | Wallach et Lévy....... 0,50 i
- Diorama :
- s
- Sciama et Cie...... »
- Salaman et Cie..... »
- Mantou et Cie ....... »
- Maier et Pfeiffer.... »
- Collectivité de la Chambre syndicale des fabricants de Plumes fantaisie
- pour Modes
- Bordeau et Cie....... 2,00
- Jacquet ................ «
- Lorot et Cie ........... »
- Million ................ »
- Milliot ................ »
- Palla-Marchette ..... »
- Piclion et Cie ...... »
- Sclimitt et Sœurs .... »
- Weil ................. »
- Afin d’éviter tout malentendu un tableau fut remis aux vice-présidents et aux secrétaires des sous-commissions.
- Au surplus, le lendemain 23 février, notre président adressait aux exposants de la Classe 86 un plan indiquant la place attribuée h chacun d’eux, ainsi qu’un dessin, de profil et de face, mentionnant, à l’échelle de 0 m. 05 par mètre, les dimensions de la vitrine adoptée.. Les dimensions d’ouverture étaient également tracées. il I
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- Cet envoi était accompagné de la lettre suivante :
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- Ministère du Commerce
- REPUBLIQUE FRANÇAISE
- Exposition Internationale de Milan
- 1906
- Paris, le 23 février 1906
- SECTION FRANÇAISE
- Bourse de Commerce, rue du Louvre
- GROUPE XII CLASSE 86 Comité d’admission
- Monsieur et cher collègue,
- J’ai l’avantage de vous remettre ci-joint les dessinsetplan de votre vitrine à l’Exposition de Milan.
- Le type adopté par le Comité a été exécuté sous les ordres de M. de Mon-tarnal, architecte, il est de style Louis XVI, acajou doré et cuivre doré.
- Nous indiquons sur le croquis notre intention pour l’ouverture des glaces.
- Votre vitrine sera couverte en verre.
- Si vous avez quelques modifications à demander sur notre projet d’ouverture des glaces, veuillez nous en aviser dans un délai de 48 heures; passé cette limite, notre projet deviendra définitif.
- Les adjudicataires des travaux de vitrines, sont MM. Lucas et Cl0, 41, rue delà Roquette, qui sont à votre disposition dans le cas où vous croiriez de-voirrecourir à leurs services pour l’installation intérieure de votre meuble.
- Ces Messieurs sont à votre disposition pour tous les renseignements dont vous auriez besoin.
- Veuillez agréer, Monsieur et cher collègue, l’assurance de mes meilleurs sentiments.
- Le Président de la Classe 86,
- Géo. DONCKÈLE.
- Cette façon de procéder fut très appréciée par les intéressés qui pouvaient ainsi prendre leurs dispositions à l’avance en vue de leur installation à Milan.
- A la réunion du 1er mars, le Comité eut à procéder à l’adjudication du linoléum. Les prix proposés par les soumissionnaires étaient établis comme suit ;
- M. Cheminais : linoléum avec thibaude....... 5 fr. 25 le mètre.
- M. Cheminais: linoléum avec carton.......... 5 » —
- M. Derudder : linoléum avec thibaude :
- lre épaisseur 2e épaisseur 3e épaisseur
- 4 fr. 65 le mètre
- 4 25
- 3 65
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- MM. Lucas et Maugery : linoléum avec thibaude :
- lre épaisseur 2e épaisseur 3e épaisseur
- 4 fr. 50 le mètre. 4 »
- 3 50 —
- Après une courte discussion, le Comité, à l’unanimité, adopta la troisième épaisseur à 3 fr. 50 le mètre proposée par MM. Lucas et Maugery et déclara ces entrepreneurs adjudicataires de la fourniture.
- Malgré le bon marché de la marchandise choisie, nous devons reconnaître qu’elle s’est maintenue en très bon état jusqu’à la fin de l’Exposition, quoi qu’elle ait été foulée par des millions de visiteurs.
- Posé par MM. Lucas et Maugery avec tout le soin désirable, ce linoléum devait être nettoyé chaque matin par une maison de Milan, qui devait ensuite passer un enduit spécial destiné à le rendre brillant. Ceci résultait d’une convention intervenue entre notre président et ladite maison, mais nous sommes obligé de signaler que, par suite de la grande difficulté de surveillance à une aussi grande distance de Paris, le travail ne fut pas toujours régulièrement exécuté. .
- Pour compléter la décoration de notre Classe, il convenait de commander également les frises. Grâce encore à l’intervention de M. Donckèle, le Comité put traiter à raison de 5 francs le mètre, au lieu de 14 francs payés à Liège.
- Les ordres pour la confection des vitrines et des accessoires étant alors donnés, il fallait songer au prochain paiement des factures. A cet effet, notre trésorier M. Vimont, proposait d’adresser, ù chaque exposant de la Classe 86, une demande de versement fractionné comme suit : 2/3 du montant total incombant à chacun d eux, le 28 février, et le solde le 15 mars. Sans discussion, il en fut ainsi décidé.
- REPRÉSENTANTS DES EXPOSANTS A L’EXPOSITION
- f-a plupart des membres du Comité, qui avaient pu constater aux Pïecédentes manifestations internationales à l’étranger le peu d’im-P01 tance des résultats pratiques obtenus par nos exposants, pen-Saient que la cause principale provenait de ce que ceux-ci n’avaient
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- pas eu le soin de se pourvoir d’un représentant qualifié en permanence dans l’enceinte même de l’Exposition.
- Aussi, pour Milan, le Comité, et notre président en particulier, émettaient l’avis qu’il y avait lieu de désigner des agents connaissant bien la langue et les usages italiens, lesquels se tiendraient, pendant la durée de l’Exposition, et toute la journée, à la disposition des visiteurs qui manifesteraient l’intention de devenir des clients. Cette opinion étant admise à l’unanimité, il s’agissait de choisir les titulaires et de déterminer leur rétribution.
- L’entente sur le premier point était difficile, les candidats étant nombreux et tous chaudement recommandés. Après plusieurs séances au cours desquelles on ne parvint pas à se mettre complètement d’accord, MM. Cheminais, Kaleski et Kintzelé étaient cependant choisis par différentesindustrieset leComitédécidadelaisser àchacunr des exposants la faculté de désigner son représentant particulier.
- En ce qui concernait l’ensemble de notre Classe, M. Donckèle proposait de nommer deux employés spéciaux qui seraient mis gratuitement à la disposition de nos collègues exposants et auraient également pour mission d’exercer une surveillance active sur les gardiens. Cette création resterait indépendante du représentant que chacun de nous aurait cru devoir choisir, mais pourrait néanmoins rendre de grands services à tous.
- Les membres intéressés du Comité approuvèrent sans restriction cette excellente idée, et il fut convenu de prendre un français, M. Colombier, et un milanais, M. Businari.
- La question des représentants à l’Exposition de Milan se trouvant alors définitivement solutionnée, notre président adressa à tous les exposants de la Classe 86 la lettre ci-après :
- RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
- Paris, le 15 mars 1906-Bourse de Commerce, rue du Louvre
- Monsieur et cher collègue,
- Dans toutes les Expositions antérieures, nous avons du constater, avec un profond regret, que les résultats pratiques qui consistent à conquérir de nouveaux clients et à augmenter notre chiffre d’affaires, nous échappaient. Nous faisons tous de grands efforts, dépensons beaucoup, mais ne tirons des Expositions d’autre profit qu’une satisfaction d’amour-propre national.
- Ministère du Commerce
- Exposition Internationale de Milan 1906
- SECTION FRANÇAISE
- Classe 86
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- Votre Comité a pensé qu’un essai devrait être tenté pour remédier à ce grave défaut.
- Dans ce but, il a fait choix de deux employés :
- M. Colombier, fils d’un industriel de Saint-Quentin ;
- M. Businari, milanais, sur lequel nous avons eu les meilleurs renseignements.
- Ces Messieurs devront se tenir, en permanence, à l’Exposition, dans notre Classe, ils seront au service de tous les exposants, sans exception, qui en manifesteront le désir.
- Ils devront fournir à tous les visiteurs les renseignements demandés, faire les offres de services, remettre les cartes et tarifs des exposants, solliciter la visite des acheteurs milanais ou d’autres villes, informer les exposants des noms des questionneurs.
- Ils auront pour mission de prendre des commissions, de les transmettre aux intéressés, mais, bien qu’il leur soit recommandé de s’entourer de tous les renseignements désirables sur la solvabilité des acheteurs, le Comité entend dégager sa responsabilité, et invite tous les exposants à prendre eux-mêmes des renseignements confirmatifs.
- En outre, ces Messieurs seront à la disposition des exposants pour leur retenir des chambres à l’hôtel, et leur donner toutes les indications utiles durant leur séjour à Milan, sans pouvoir être employés comme ciceroni.
- Pour tous ces services, les exposants ne devront absolument rien à ces Messieurs, sauf dans le cas de commission transmise et acceptée par l’exposant ; il leur est dû alors une commission de 5 °/0 en tout, répartie entre eux.
- Il sera toujours loisible aux exposants, au moment de la clôture de l’Exposition, de reconnaître leurs services, par une gratification absolument volontaire.
- Comme cette création est indépendante du représentant que vous pouvez avoir choisi, qu’elle ne doit leur faire aucune concurrence, et afin d’éviter tout conflit, vous êtes invité, dans le cas où vous accepteriez les services .gratuits de MM. Colombier et Businari, à m’en aviser par lettre.
- Ces Messieurs ne peuvent se charger de l’installation intérieure des vitrines.
- MM. Colombier et Businari quitteront Paris le 25 courant; dès leur arrivée a Milan, ils nous feront connaître le lieu de leur domicile.
- Recevez, Monsieur et cher collègue, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
- Le président de la Classe 86,
- Géo DONCKÈLE
- 1 -N. B. — Les frais de dépêche sont à la charge des exposants.
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- ASSURANCES
- Les diverses discussions dont nous venons de rendre compte n’avaient point absorbé entièrement nos réunions du mois de février, puisque nous avions pu nous préoccuper en même temps de la question relative aux assurances. En tout premier lieu, et pour sauvegarder la responsabilité du Comité, nous avions contracté une assurance de 100.000 francs sur notre Classe entière. Puis, notre président, toujours soucieux des intérêts des exposants, avait passé avec la « Mutualité Française » un traité à forfait par lequel toutes les marchandises expédiées à l’Exposition de Milan pourraient être assurées collectivement, contre tous les risques de toute nature, moyennant une prime de 11 fr. 50 pour mille.
- Dès le 1er mars, les intéressés en étaient avisés comme suit :
- Ministère du Commerce RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
- Exposition Internationale de Milan 1906
- — Paris, 1er mars 1906
- SECTION FRANÇAISE
- — Bourse de Commerce, rue du Louvre
- Groupe XII Classe 86
- Comité d’admission
- Monsieur et cher collègue,
- Le Comité déclinant toute responsabilité en cas de vol en cours de route, et à l’Exposition, en cas d’incendie ou de dégâts causés par l’inondation ou cyclone, estime devoir vous recommander de la façon la plus pressante d’assurer toutes vos marchandises contre ces divers risques.
- Il a traité à forfait avec la Mutualité Française, 8, rue Drouot, au taux de 11 fr. 50 pour mille pour les assurances faites collectivement.
- Je vous prie de me faire savoir par retour si vous entendez bénéficier de ce taux de faveur et m’indiquer dans ce cas le montant approximatif des sommes à assurer.
- Mon intention est de grouper tous les noms des assurés en une seule police collective qui économiserait, pour chacun de nos exposants, le prix de la police et les frais accessoires d’enregistrement et de timbre représentant une dépense de 5 francs pour chaque assuré.
- Il sera toujours facile de modifier ultérieurement et en plus le montant des sommes à assurer dans le cas où vos prévisions actuelles seraient infé-
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- Heures à la réalité, au moment de l’expédition de vos produits et des installations de vitrines.
- Le représentant de la Mutualité Française est M. Boulet, au siège de la société, si vous préférez traiter directement avec lui.
- Recevez, Monsieur et cher collègue, l’assurance de mes meilleurs sentiments.
- Le président de la Classe 86,
- G. DONCKÈLE.
- Ce taux avantageux fut très apprécié des exposants qui s’empressèrent d’en bénéficier, puisque l’ensemble des assurances pour notre Classe s’est élevé à plus de 500.000 francs.
- On a vu dans l’historique que la précaution prise dans la circonstance faillit ne pas être inutile car le terrible incendie qui dévasta une partie de l’Exposition aurait pu s’attaquer aussi bien à la Classe 86. D’ailleurs si le feu nous a presque complètement épargnés, par contre nous avons eu à souffrir des cyclones, des pluies torrentielles qui ont à plusieurs reprises endommagé quelques-unes de nos vitrines.
- A ce sujet, nous devions même avoir une difficulté avec la compagnie d’assurances et bien que l’incident se soit produit en juillet 1906, nous croyons devoir le signaler immédiatement, sa place étant indiquée dans ce chapitre spécial.
- Après l’un des ouragans que nous venons de rappeler, des marchandises avaient été très sérieusement détériorées, et ceux de nos collègues atteints s’étaient adressés à la «Mutualité Française» pour obtenir le remboursement du dommage.
- La Compagnie fit procéder à une enquête comme c’était son droit, mais elle crut devoir adresser, également, à tous les assurés de la Classe 86 et sous pli recommandé, la circulaire suivante :
- « LA MUTUALITÉ FRANÇAISE »
- Société générale d'assurances mutuelles contre le « roi » et autres risques « Accidents — Incendie — Invalidité. »
- Siège social :
- 23, rue Le Peletier.
- Paris, le 19 juillet 1906.
- Monsieur,
- No|re Directeur-adjoint revient de Milan, où il avait été solutionnei di-^erses questions concernant des sinistres survenus à 1 Exposition. Il a consolé, à cette occasion, l’état lamentable des constructions, et 1 absence des précautions les plus élémentaires pour empêcher les produits expo-
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- vsés d’être entièrement détériorés par les eaux des fréquents orages delà région.
- Nous croyons de notre devoir de vous rappeler que cette situation, qui dépasse évidemment, en raison delà négligence extrême des organisateurs, tout ce que nous étions normalement autorisés à prévoir, constitue une aggravation considérable des risques. D’autre part, il est de principe en matière d’assurance que l’assuré doit prendre pour la sauvegarde des objets garantis, les mêmes précautions que s’il n’était pas assuré. Nous vous invitons en conséquence, à donner, par extrême urgence, des instructions à vos représentants, pour que les objets exposés, toutes les fois qu’ils seront susceptibles d’être détériorés par les nombreuses infiltrations d’eau qui se produisent à chaque instant sur la plupart des vitrines, soient protégés toutes les nuits, et même pendant le jour, durant la chute des pluies, par des toiles cirées ou autres tissus imperméables suffisants pour prévenir toute dégradation. Faute de ce faire, nous déclinerions désormais toute responsabilité pour les dégâts d’eau, attendu que nous avons pu accepter la garantie des incidents de force majeure qui pourraient se produire, mais qu’il n’est jamais entré dans notre pensée, ni dans la vôtre, que le contenu des vitrines soit laissé sans aucune protection à la merci des moindres pluies.
- Veuillez bien nous accuser réception de la présente, et nous dire quelles mesures vous comptez prendre pour donner satisfaction à la demande qui y est exprimée.
- Agréez, Monsieur, l’expression de nos sentiments dévoués.
- Le président du Conseil d’administration, Le directeur,
- L. AUCOC. A. WILHELM.
- Cette communication menaçante produisit une certaine surprise parmi nous, car il nous semblait très bizarre qu’un traité passé en bonne et due forme pût, au gré d’une des parties contractantes, être aussi facilement résilié sur des griefs sans aucun fondement. Toutes nos vitrines, en effet, étaient recouvertes, ainsi que nous l’avons précédemment indiqué, de vitres mastiquées ou de toile imperméable et les précautions les plus minutieuses avaient été prises, dans l’enceinte de l’Exposition, pour protéger des marchandises qui constituaient des modèles spécialement soignés, que la plupart d’entre nous n’auraient pu facilement remplacer en cas d’avaries graves.
- Notre président prit donc nettement parti en faveur de nos droits si inopportunément menacés et tous les assurés de la Classe 86 étaient avisés comme suit de la réponse énergique qu’il fit à la Compagnie :
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- DEUXIÈME PARTIE.
- COMITÉS ET JURY
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- Ministère du Commerce RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
- Exposition Internationale de Milan 1906
- — Paris, 27 juillet 1906
- SECTION FRANÇAISE
- Bourse de Commerce, rue du Louvre
- Groupe XII Classe 86
- Comité d'admission
- Monsieur et cher collègue,
- Vous avez dû recevoir,datée du 19 courant, une circulaire delà Mutualité française qui entend décliner toute responsabilité pour les dégâts d’eau qui surviendraient à l’Exposition de Milan.
- J’ai cru devoir prier M. Doucerain, directeur des services d’assurances de l’Association générale des tissus et matières textiles, d’examiner la valeur de cette circulaire.
- Son opinion est formelle sur le point que la Compagnie ne peut se dérober aux engagements qu’elle a contractés vis-à-vis de nous.
- En conséquence, j’adresse ce jour à M. Wilhelm, directeur de la Mutualité française, la lettre ci-dessous :
- « Monsieur le Directeur,
- » J’ai l’honneur de vous accuser réception de votre circulaire en date du 19 courant adressée aux exposants de la Classe 86, pour lesquels j’ai contracté une assurance collective en tant que Président delà dite Classe.
- » J’ai lieu de m’étonner (pie vous ayez cru devoir faire cet envoi sans m’en référer, car je ne puis admettre qu’il vous soit loisible de dire : le contenu <Ies vitrines est laissé sans aucune protection à la merci des pluies.
- » Les vitrines de la Classe 86 sont toutes couvertes en vitres mastiquées, 011 en toile imperméable, comme dans toutes les Expositions précédentes.
- “Au nom des exposants, je conteste donc votre prétention et déclare tenir pour milles et non avenues les menaces qu’elle renferme.
- “ J’ai l’honneur de vous informer (pie j’adresse ce jour à tous les assurés (lc la Classe 86 :
- “ 1° Copie de cette lettre,
- 2° Copie de la dérogation manuscrite portée sur ma police collective ainsi conçue :
- “ Par dérogation au paragraphe 6 de l’article 6,1a garantie du présent con-“ trat s’étend aux dégâts des eaux dans l’Exposition, par suite de pluie,
- “ inondation ou cyclone.
- » Veuillez agréer, etc.. »
- Vous pouvez être rassuré sur vos droits qui restent entiers et intangibles.
- ^ euillez agréer, Monsieur et cher collègue, 1 assurance de mes meilleurs
- sentiments.
- Le président de la Classe 86,
- G. DONCKÈLE.
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- 186 EXPOSITION DE MILAN
- Nous croyons devoir ajouter que cet incident, réglé du reste à l’entière satisfaction des intéressés, fut le seul véritablement sérieux soulevé à propos des assurances, et notre devoir est de reconnaître que toutes les réclamations légitimes formulées par la suite à la « Mutualité Française » ont été favorablement solutionnées.
- CATALOGUES
- De même que pour Saint-Louis et Liège, la Section française à l’Exposition de Milan devait avoir son Catalogue officiel. Dans cet ouvrage, trois lignes étaient mises gratuitement à la disposition de chacun des exposants français et ceux de la Classe 86 en étaient prévenus par la lettre ci-après :
- Ministère du Commerce RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
- Exposition Internationale de Milan 1906
- — Paris, le 23 Mars 1906
- SECTION FRANÇAISE
- — Bourse de Commerce, rue du Louvre
- - Groupe XII
- Classe 86
- Monsieur et cher collègue,
- Il est alloué à chaque exposant dans le catalogue officiel trois lignes à titre gratuit, sans aucune ligne supplémentaire payante.
- En raison d’une grève probable des imprimeurs, il y a urgence à me faire connaître, par retour, soit dans les 24 heures, la rédaction de ces trois lignes.
- Passé ce délai, votre nom figurera au catalogue avec une inscription qui résumera succinctement le libellé de votre demande d’admission.
- Recevez, Monsieur et cher collègue, l’assurance de mes sentiments dévoués.
- Le président de la Classe 86,
- Géo DONCKÈLE.
- Le Comité exécutif italien formait, de son côté, le projet de faire éditer un Catalogue général dans lequel tous les participants à F Exposition de Milan auraient également droit à trois lignes gratuites pour leur raison sociale. De plus, ceux qui désireraient voir accompagner ces trois lignes d’une annonce supplémentaire devaient
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- se mettre en rapport avec la maison Franck, de Milan, ou avec son représentant à Paris pour en fixer la composition et le prix.
- Voici d’ailleurs la circulaire qui nous fut adressée à ce sujet par les soins du Comité d’organisation de la Section française :
- Ministère du Commerce
- Exposition internationale de Milan 1906
- SECTION FRANÇAISE
- Comité d’organisation
- Adresse télégraphique : Comitexpo-Paris
- RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
- Paris, le 2 avril 1906 Bourse de Commerce, rue du Louvre
- Le Président du Comité d’organisation de la Section française de l’Exposition
- ii M , exposant.
- Nous avons l’honneur de porter à votre connaissance la communication suivante du concessionnaire du catalogue international italien du Comité exécutif de l’Exposition de Milan :
- « Monsieur,
- » Nous avons le plaisir de vous informer que le Comité exécutif de l’Exposition de Milan 1906, a chargé la maison Max Frank et C°, à Milan, de la compilation des catalogues italiens.
- » Il est donc urgent que vous vous mettiez directement en rapport avec cette maison pour les lignes supplémentaires et pour les insertions que vous avez intérêt de publier dans les catalogues italiens.
- » Veuillez agréer, Monsieur, nos salutations empressées. »
- » Important. — Les exposants ont droit gratuitement à trois lignes pour indiquer leur nom, leur adresse et le genre de commerce. Les lignes en plus et les insertions sont à payement ».
- Ainsi que vous le voyez dans le texte ci-dessus, chaque exposant a droit a trois lignes absolument gratuites pour indiquer sa raison sociale, son adresse et la désignation sommaire de ses produits, mais les lignes supplémentaires ou les insertions de publicité sont à titre onéreux, et il vous appartient de vous adresser vous-même au concessionnaire italien pour cette publicité supplémentaire et payante dans laquelle notre Comité n a à s immiscer en aucune manière, n’assumant de ce chet aucune responsabilité.
- Le Secrétaire général, Le Président du Comité d organisation
- Géo LAMAILLE. de la Section française,
- A. MAGUIN.
- P- S. — Il a été décidé que les catalogues spéciaux français ne contiendraient aucune publicité.
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- EXPOSITION DE MILAN
- La maison Frank nous faisait parvenir, presque en même temps, les deux avis ci-après :
- INAUGURAZIONE DEL NUOVO VALICO DEL SEMPIONE
- Esposizione di Milano 1906
- Sotto l’Alto Patronato di S. M. Il Re d’Italia.
- MAX FRANK et C°, concessionari esclusivi per la publicita nell’interno dell’Esposizione Milano, piazza Risorgimento, 8, Milano.
- Milan, date du timbre postal.
- Monsieur,
- Comme suite à la circulaire que vous avez déjà reçue du Comité français de l’Exposition de Milan 1906, et dans laquelle ce Comité vous a annoncé que dans les catalogues français il n’y aurait aucune réclame, et que pour toute publicité dans les catalogues généraux italiens (lignes supplémentaires, insertions, etc., etc.), il faut s’adresser à notre maison, concessionnaire exclusive de toute la publicité dans l’Exposition, nous vous informons que nous avons confié notre représentation à
- MM. Géo Lange et Louis Giiesse
- auxquels nous vous prions de vous adresser pour la transmission de vos ordres.
- Dans le catalogue italien, (pii servira au Jury pour l’attribution des récompenses, l’exposant a droit gratuitement à trois lignes pour sa raison sociale, son adresse, son genre de commerce. Tout ce qu’il désire y ajouter pour indiquer l’importance de sa maison, (comme nombre d’ouvriers, années d’existence, médailles obtenues, etc., etc., voir le spécimen au dos de la présente), est à payement aux prix et conditions indiqués ci-dessous.
- Nous ne croyons pas qu’il soit nécessaire de rappeler tout spécialement votre attention sur la grande importance et la nécessité absolue de cette publicité, surtout pour l’exposant étranger qui envoie ses produits en Italie pour se créer de nouvelles relations d’affaires.
- Nous nous permettrons de recommander aussi les autres formes de publicité que nous présentons (réclame dans le Guide officiel, affichage, réclame ^»ur le dos des billets d’entrée, etc., etc.), et pour lesquels nos agents se met-
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- tent entièrement à votre disposition pour vous fournir toutes les explications que vous pouvez désirer.
- En vous remerciant d’avance du bon accueil que vous voudrez bien leur réserver, nous vous prions d’agréer, Monsieur, nos salutations empressées.
- MAX FRANK et O.
- Lignes supplémentaires . . . . 12 fr. la ligne ; minimum: 5 lignes.
- Insertions de. . ............ 1 page 1/2 page 1/4 de page
- 250 ii” 150 fr. 100 fr.
- Net sans escompte.
- INAUGURATION DU PERCEMENT DU SIMPLON
- Exposition de Milan 1906
- Sous le Haut Patronage de S. M. le Roi d’Italie.
- MAX FRANK et C°. Concessionnaires exclusifs de la Publicité dans l’Exposition. — Représentants pour la France : Géo LANGE et L. GRESSE, 20, rue de la Michodière.
- Téléphone : 307-17.
- Paris, date du timbre postal.
- Monsieur,
- En nous référant à la circulaire ci-contre, et vu la grande urgence à réunir les ordres pour les catalogues et pour le Guide officiel, nous avons l’honneur de vous demander de bien vouloir nous faire savoir le plus tôt possible, ce que vous désirez retenir de lignes. Dans le cas où vous auriez besoin de renseignements complémentaires,si d’autres formes de publicité vous intéressent, nous vous prions de vouloir bien nous en informer par lettre, et nous ne manquerons pas de passer immédiatement chez vous.
- Dans l’attente de vos ordres, veuillez agréer, Monsieur, nos salutations distinguées.
- Géo LANGE et Louis GRESSE.
- Les catalogues spéciaux français ne devant contenir aucune publicité en dehors des trois lignes dont nous parlons au début de ce chapitre, certains de nos collègues de la Classe 86 s’entendaient avec la maison Frank pour une insertion complémentaire dans le catalogue officiel italien, mais nous ne pensons pas qu’ils aient eu à s’en féliciter, car cet ouvrage n’était pas encore imprimé au mois
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- d’octobre suivant, c’est-à-dire peu avant la clôture de l’Exposition.
- C’est, en effet, le 15 septembre 1906 seulement, que nous recevions la nouvelle circulaire suivante ainsi que l’épreuve pour bon à tirer :
- INAUGURAZIONE DEL NUOYO VALICO DEL SEMPIONE
- Esposizione di Milano 1906
- 1 , .
- Sotto l’Alto Patronato di S. M. Il lie d’Italia.
- MAX FRANK et C0., concessionari esclusivi per la Publicita nelFinterno
- dell’Espdsizione.
- Piazza Risorgimento, 8 MILANO Via T. Grossi I ang. S. Pellico
- Telefono 16-07 Telefono 32-49
- Milano, 15 septembre 1906.
- Messieurs,
- Nous avons l’avantage de vous remettre ci-inclus une épreuve d’imprimerie relative à votre maison telle qu’elle sera insérée dans le Catalogo sezione : « Arte Decorativa », selon les indications que le Comité exécutif de l’Exposition nous a remis.
- Dans le cas où vous auriez à nous proposer des modifications que nous exécuterons si possible, nous vous prions de nous le faire savoir par retour du courrier, le catalogue étant sous presse.
- Nous nous permettons de vous rappeler que par disposition du Comité même, chaque exposant a droit gratuitement aux indications suivantes :
- 1. Raison sociale
- 2. Adresse
- 3. Industrie
- pourvu que ces indications ne dépassent pas les trois lignes imprimées, selon la fiche collée ci-haut.
- Chaque ligne supplémentaire que vous désireriez y ajouter pour indiquer les objets exposés, les récompenses obtenues dans d’autres Expositions, le nombre des ouvriers et employés, marque de fabrique, force motrice, spécialités, exportation, production, capital, surface des établissements, adresse télégraphique, etc., etc., ainsi que les insertions d’autre genre, sont à payement aux prix indiqués ci-bas.
- En attendant vos nouvelles, veuillez agréer, Messieurs, nos salutations empressées.
- MAX FRANK et C°, éditeurs.
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- Tarif pour insertions clans le Catalogue
- Caractère spécial pour la raison sociale.........
- Lignes supplémentaires après les trois lignes. . . .
- Bas de page dans le texte 20 m/m de hauteur. . . .
- 1 page 1/2 page
- après Îî texte............ 150 Ir. 90 fr.
- intercalé dans le texte . . . 250 lr. 150 fr.
- Dimensions du Catalogue 20x14 centimètres environ.
- Nous ignorons si le catalogue dont il s agit a vu le joui, puisque nous n’avons pas réussi à nous en procurer un exemplaire; mais s il a paru, ce ne peut être que vers la tin du mois d octobie, et on conviendra que, à cette époque, il n avait plus aucune utilité poui les exposants.
- Comme rapporteur, nous avons le devoir d exprimei le îegiet qu’un document de cette importance n ait pu servir qu à emichii les archives italienne
- EXPÉDITION DES MARCHANDISES
- En même temps que le certificat d’admission définitive reproduit ci-après, les exposants avaient reçu le 20 mars, une longue ciiculaiie ainsi que divers autres documents relatifs à 1 expédition de leuis marchandises à Milan.
- A titre documentaire, nous croyons devoir insérer également cette circulai.
- Ministère du Commerce de l’Industrie
- des Postes et des Télégraphes
- Exposition internationale de Milan 1906
- Commissariat général
- du Gouvernement français.
- Le Commissaire général du Gouvernement français pour l’Exposition de Milan, à M , exposant.
- J’ai l’honneur de vous informer que vous avez été admis à prendre part, comme exposant, à l’Exposition de Milan 1906 pour les produits portes sur le certificat d’admission ci-après.
- REPUBLIQUE française
- Paris, le 20 mars 190G.
- 25 francs 10 fr. la ligne. 40 -
- 1/4 de page
- 60 fr.
- 100 fr.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Pièce n“ 1.
- REPUBLIQUE FRANÇAISE
- MINISTÈRE DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE, DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE MILAN 1906
- 0 «
- SECTION FRANÇAISE
- CERTIFICAT D'ADMISSION DÉFINITIVE N°
- ' Série f s(
- 1 Section / |l
- j Groupe s-s I
- [ Classe (de 1900) si
- Catégorie Cl. Groupe
- M
- demeurant à
- produits ci-après désignés :
- , ont été admis à exposer les
- m u
- .2 u
- ( Largeur . sur sol..........\ Hauteur .
- Espace accordé •! ( Profondeur
- V sur paroi verticale.j ;
- m. façade.
- Paris, le 20 mars 1906.
- Par délégation du Commissaire général du Gouvernement Français en Italie pour l’Exposition de Milan :
- Le Président du Comité d’organisation de la Section Française :
- A. MAGU1N.
- jq. B. — Le Comité exécutif italien a obtenu du Gouvernement italien que les objets acceptés pour être exposés à l’Exposition de Milan jouiront de l’exemption des droits de douane, comme importations temporaires. Le Comité a pris vis-à-vis de l’Administration des Douanes la responsabilité de veiller à la stricte observation des conditions qui régissent les importations temporaires ; mais tout exposant conserve la responsabilité pleine et entière en ce qui le concerne et constitue en gage entre les mains du Comité jusqu’à concurrence du montant des droits de douane, amendes, etc. qui pourraient être dus ou encourus par son fait, les marchandises ou produits exposés.
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- Je vous remets ci-inclus :
- 1. Le certificat d’admission définitive (pièce n° 1) que vous devez présenter à la gare d’expédition, mais sans vous en dessaisir, afin de bénéficier des réductions de prix consenties parles Compagnies de chemins de fer;
- 2. Une déclaration d’expédition (pièce n° 2) qui devra rester entre les mains du chef de la gare expéditrice ;
- 3. Un bon de transport sur les chemins de fer italiens, à joindre à la déclaration d’expédition ci-dessus et à remettre en même temps qu’elle à la gare de départ ;
- 4. Trois exemplaires de déclaration pour la douane italienne ;
- 5. Deux étiquettes tricolores et deux étiquettes de forme ovale destinées à être collées sur votre colis.
- Il y a lieu de se conformer strictement aux conditions et formalités à remplir pour l’envoi, le transport, la réception et la réexpédition des colis des tinés à l’Exposition, qui sont énumérées ci-dessous.
- Délai (Venvoi des colis. — Les colis seront admis du 1er mars au 15 avril 1906 dans l’enceinte de l’Exposition.
- Pour les matériaux destinés aux constructions formant elles-mêmes objets d’exposition, ainsi que pour les machines et appareils démontés, les objets lourds et encombrants, pour ceux qui exigent des massifs ou fondations spéciales, l’époque de leur admission est déterminée dans chaque cas particulier.
- Les exposants, avant de procéder à l’expédition de leurs colis, devront être munis de leur certificat d’admission.
- Marques et étiquettes. — Les colis seront adressés au Comité exécutif de l’Exposition de Milan 1906, bureau de réception, en gare et port payé. A cet effet, les exposants colleront sur deux faces extérieures (non opposées autant que possible) des colis, les étiquettes tricolores ci-jointes, indépendamment de deux des étiquettes ovales également jointes à placer de la même façon (1).
- Indépendamment de ces étiquettes, les colis devront porter intérieurement et extérieurement, sur deux faces, à l’encre grasse, en gros caractères, les indications suivantes :
- 1. Le nom de l’exposant ;
- 2. Les numéros du Groupe de la Classe (classification française), et du certificat d’admission (2).
- Les exposants qui auraient plus d’un colis à expédier, ou plusieurs expéditions à faire, trouveront au siège de la Section française, Bourse de Commerce, rue du Louvre, les imprimés nécessaires.
- (1) Il est recommandé de passer une couche de vernis sur les étiquettes après les avoir collées pour éviter l’humidité.
- (2) Cette mesure est nécessaire pour que l’on puisse retrouver plus facilement les caisses à la clôture de l’Exposition.
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- Régime des chemins de fer.
- Chemins de fer français: Marchandises. — Les produits français seront transportés à tarifs réduits, par les Compagnies françaises de chemins de fer. Les vitrines seront traitées comme les objets exposés qu’elles doivent contenir.
- Les Compagnies françaises feront l’application des tarifs spéciaux P. V. n° 29 et G. V. n° 19 qui comportent la perception à l’aller de la taxe intégrale des tarifs applicables, et le transport gratuit au retour.
- A l’aller, les exposants, pour jouir de ces tarifs de faveur, devront présenter leur certificat d’admission à la gare d’expédition.
- Au retour, la gratuité du transport des produits sur les chemins de fer français sera accordée sur la présentation :
- 1. Du récépissé constatant qu’ils ont payé à l’aller le tarif plein.
- 2. D’un certificat délivré par M. le Commissaire général du Gouvernement français, ou son délégué à cet effet, le chef de service de la Douane française, constatant que les produits réexpédiés proviennent de l’Exposition de Milan.
- Chemins de fer italiens.: Marchandises. — Les chemins de fer italiens accordent, à titre exceptionnel, aux expéditions à destination de l’Exposition, une réduction de 50 0/0 à l’aller et de 50 0/0 au retour sur les prix de leurs tarifs ordinaires.
- Cette réduction sera obtenue, à l’aller, par la remise à la gare de départ du bon de réduction italien ci-inclus et dûment rempli par l’exposant; au retour, par la production des pièces ci-dessus indiquées pour les chemins de fer français.
- Conformément aux règles générales d’application des tarifs spéciaux, les Compagnies sont exonérées de toute responsabilité au sujet des retards, pertes, avaries et accidents en cours de route, chargement et déchargement.
- Réception des colis. — Les exposants ou leurs représentants pourvoient à la réception de leurs colis, ainsi qu’à la reconnaissance de leur contenu. S’ils ne sont pas présents, pour recevoir leurs colis dans l’enceinte de l’Exposition, le Comité d’organisation de la Section française pourra faire réexpédier ceux-ci ou les déballer d’office aux frais, risques et périls des intéressés.
- Manutention des colis. — La manutention des colis comprend :
- a) La réception dans l’enceinte de l’Exposition;
- b) La mise à pied d’œuvre ;
- c) L’enlèvement des caisses vides et emballages ;
- d) La remise à pied d’œuvre des caisses vides et emballages ;
- e) L’enlèvement des colis réemballés.
- Cette manutention est gratuite pour tous les colis de dimensions normales
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- dont le poids n’excédera pas 1.500 kilos et qui seront parvenus en gare de Milan-Exposition le 15 avril 1906 au plus tard.
- Pour les colis arrivés en retard, si les exposants, au lieu d’en faire la manutention eux-mêmes et sous leur propre responsabilité, recourent au Comité exécutif italien, il sera payé une taxe de gré à gré.
- Il sera acquitté une taxe fixe dans les mêmes conditions pour les colis ‘ encombrants ou dépassant 1.500 kilos. Au surplus pour ces derniers colis, il pourra être exigé que la manutention soit effectuée avec le concours ou par les soins exclusifs des exposants.
- Régime de douane
- Douanes italiennes. — L’Exposition est constituée en entrepôt réel des douanes et d’octroi.
- Les produits français y seront introduits en franchise des droits d’entrée, à charge de réexportation et sous condition de se conformer au règlement italien dont les principales dispositions sont énumérées ci-après.
- Déclarations. — Pour bénéficier de ce régime, chaque exposant devra remplir pour chaque expédition, en trois exemplaires, la déclaration ci-jointe; dans le cas où la déclaration ne serait pas régulièrement établie, il pourra être sursis au déballage des produits jusqu’à ce qu’elle le soit.
- Ces pièces seront adressées le jour même de l’expédition à M. Vuillaume, chef du service de la douane française, au bureau de la douane française, à l’Exposition de Milan.
- En outre, pour faciliter la reconnaissance des objets, il devra être mis dans chaque caisse la liste des objets qui y sont contenus.
- Les produits admis en franchise temporaire pourront être déclarés en consommation par renonciation au retour et moyennant payement des droits, mais seulement lors de la clôture de l’Exposition.
- La renonciation au retour pourra être faite pour la totalité ou pour une partie des objets appartenant à un même exposant.
- Les vitrines et les autres objets devant servir à l’installation des produits exposés seront admis au même régime d’importation temporaire que ces derniers.
- Le bénéfice des dispositions qui précèdent ne s’appliquera pas aux objets importés dans un but de spéculation commerciale tel que l’exploitation d’un restaurant, d’un café, etc., ni aux objets et denrées destinés à être consommés, débités, ou délivrés au public à titre d’échantillon ou autrement, pendant la durée de l’Exposition.
- Ces objets et denrées devront, au moment du déballage, être déclarés en consommation aux agents de la douane et soumis immédiatement au payement des droits, sauf, toutefois, en ce qui concerne les liquides destinés à la dégustation par les membres du Jury, pour lesquels la déclaration en consommation et le payement des droits pourront être différés jusqu’au moment où les intéressés seront à même d’établir le décompte des quantités employées de cette manière et de celles qui devront être réexportées.
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- Ces exposants de liquides devront installer les produits destinés au Jury de manière à éviter toute confusion entre ces produits et les produits similaires admis en franchise temporaire des droits et destinés seulement à figurer dans leur stand; ils devront observer à cet égard les mesures qui leur seront prescrites par les agents de la douane. L’exposant est responsable des droits pour les cas de vol, fraudes ou enlèvement irrégulier des marchandises.
- Douanes françaises. — Les colis seront dispensés de toute vérification au moment de leur sortie de France. A leur arrivée à l’Exposition, le service français des Douanes, qui y sera détaché à partir du 1er mars, les reconnaîtra et établira le compte courant de chaque exposant au moyen de la déclaration faite pour le service des deux douanes française et italienne.
- Après la clôture de l’Exposition, les exposants ou leurs représentants produiront une note de détail indiquant la marque, le poids brut, le poids net, et l’espèce du contenu pour chaque colis à réexpédier en France. Cette note, établie en double exemplaire, servira de déclaration pour la vérification des marchandises; l’opération effectuée, les colis seront plombés et le service délivrera un passavant destiné à assurer la libre réadmission du contenu. A ce passavant sera annexé un exemplaire de la note de détail.
- Enlèvement des produits. — Réexpédition. — Un mois après la clôture de l’Exposition, les produits non emballés, ou non démontés et les caisses pleines ou vides non réexpédiées seront enlevées et emmagasinées d’office aux frais, risques et périls des exposants.
- Les caisses ou produits non retirés à l’expiration de six mois seront vendus aux enchères, à la requête du Comité général italien de l’Exposition ou du Comité de la Section française. Néanmoins, la vente ne pourra avoir lieu qu’un mois après que l’intéressé aura été mis en demeure par un acte judiciaire signifié également au président du Comité français. Le produit de la vente, déduction faite des frais de justice et autres, sera tenu à la disposition de l’intéressé, ou déposé à Paris, à la Caisse des Dépôts et Consignations.
- Le Commissaire général, Marcel JOZON.
- D’autre part, M. le Commissaire général ayant insisté d’une façon très pressante pour que la Classe 86 fût prête lors de la visite du Roi d’Italie à l’Exposition, le 21 avril, notre président convoquait spécialement le Comité pour le jeudi 5 avril afin d’examiner les mesures à prendre pour hâter l’envoi de nos produits. M. Donc-kèle nous annonçait en même temps qu’il se rendrait à Milan, dès le jeudi 6 pour activer les travaux d’installation.
- Des instructions complémentaires furent donc communiquées à nos collègues exposants en vue d’expédier sans retard les marchan-
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- dises destinées à figurer dans nos stands et nous devons reconnaître que chacun des intéressés mit le plus louable empressement à se conformer à ces instructions. Mais il ne s’agissait pas seulement d’assurer les envois : fallait-il encore pouvoir compter sur les Compagnies de chemins de fer pour effectuer rapidement le transport. Or, à ce sujet, nous eûmes bien des déboires, dont nous avons déjà parlé dans notre partie « historique ».
- Si notre rôle de rapporteur ne nous forçait pas à signaler ce désarroi peu flatteur pour nos amis italiens, nous n’en aurions point parlé par crainte de les désobliger, mais nous sommes tenus à la plus scrupuleuse vérité et nous savons aussi qu’ils sont les premiers à reconnaître le manque d’organisation de leurs Compagnies pendant la période qui a précédé l’ouverture de l’Exposition de Milan. Notre impartialité nous fait, du reste, un devoir de déclarer que la leçon a profité, car la réexpédition de nos colis après la clôture de cette belle manifestation internationale s’est opérée dans de meilleures conditions.
- Le transport des voyageurs ne s’effectua pas non plus sans encombre surtout au début. Nous avons reproduit dans l’historique la circulaire relative aux réductions consenties par les Compagnies françaises et italiennes et nous avons indiqué combien les formalités à remplir étaient longues et ennuyeuses. Il nous semble donc préférable de ne pas insister à nouveau ici.
- Disons encore, toutefois, que ces puissantes sociétés auraient pu, à notre avis, faire montre d’un peu plus de bonne volonté, et si, au lieu d’empiler les voyageurs dans des trains toujours complets, elles eussent organisé un service pratique et agréable, nul doute qu’elles y auraient trouvé profit et satisfaction.
- CARTES D’ENTRÉE
- Il était indispensable que les exposants et leur personnel, qui allaient se rendre à Milan pour l’installation de leurs vitrines, fussent pourvus, en temps utile, de cartes d’entrée et de service. Les conditions nécessaires à l’obtention de ces cartes étaient déterminées dans la circulaire suivante du 4 avril.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Ministère du. Commerce
- REPUBLIQUE FRANÇAISE
- Exposition Internationale de Milan 1906
- Paris, le 4 avril 1906
- SECTION FRANÇAISE Comité d:organisation
- Bourse de Commerce, rue du Louvre
- Adresse télégraphique :
- COMITEXPO-PARIS
- Cartes d’entrée
- Le Président du.Comité d’organisation de la Section française à l'Exposition de Milan, à M , exposant.
- Nous avons l’honneur de porter à votre connaissance les règles établies par le Comité exécutif italien pour délivrer les cartes d’entrée aux exposants et les cartes de service aux personnes employées par eux.
- 1. Cartes d’exposants. — Les exposants n’ont droit qu’à une seule carte permanente gratuite, quel que soit le nombre de personnes qui composent la firme. Ils peuvent céder ce droit à un représentant agréé par le Commissaire général du Gouvernement français.
- Pour obtenir la carte permanente d’exposant, il est nécessaire d’adresser directement à M. Maurice Estieu, chef des Services administratifs de la Section française, 39 via Boccaccio, à Milan, une photographie de dimensions 5 1/2 sur 7 1/2, non collée sur carte: au dos du portrait sera inscrit le nom de l’exposant et le numéro de son certificat d’admission.
- Par les soins de M. Maurice Estieu, les démarches nécessaires seront faites auprès du Comité exécutif et, en arrivant à Milan, les exposants trouveront leur carte à l’adresse précitée 39, via Boccaccio.
- 2. — Cartes de service. — Des cartes de service seront délivrées aux personnes employées par les exposants ou les concessionnaires, pour transport, approvisionnement, nettoyage, etc..., etc... Pour ces cartes, la demande devra en être faite directement à M. Maurice Estieu, 39, via Boccaccio, à Milan, en fournissant l’état nominatif des employés.
- Le Secrétaire général, Géo. LAMAILLE.
- Le Président du Comité d’organisation de la Section française,
- A. MAGUIN.
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- DEUXIEME PARTIE.
- COMITES ET JURY
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- La plupart de nos collègues avaient déjà rempli les formalités sus-indiquées, lorsque le second avis ci-après leur était adressé :
- Ministère du Commerce
- Exposition Internationale de Milan 1906
- SECTION FRANÇAISE Comité d'organisation
- REPUBLIQUE FRANÇAISE
- Paris, le 14 avril 1906 Bourse de Commerce, rue du Louvre Modifications à la Circulaire du 4 avril
- Cartes d’entrée
- Le Président clu Comité d’organisation de la Section française à f Exposition de Milan, à A/ , exposant.
- Nous avons l’honneur de vous faire connaître les règles nouvellement établies par le Comité exécutif italien tant pour les cartes d’exposants que pour les cartes d’employés, vendeurs et commis ou pour les cartes d’ouvriers, gardiens, etc...
- La présente circulaire annule entièrement la précédente datée du 4’ a vril-
- 1. Cartes d'exposants. — Les exposants ont droit à une seule carte par firme.
- Pour l’obtenir, ils doivent adresser directement à M. Maurice Estieu, chef
- des services administratifs de la Section française, 39, via Boccaccio, à Milan, leur photographie, non collée (épreuve photographique) rigoureusement coupée aux dimensions suivantes : sept centimètres et demi (7 1/2) de haut sur cinq centimètres et demi (5 1/2) de large.
- Cette épreuve photographique sera signée lisiblement par l’exposant suite jporlrait lui-même et non au dos, avec indication du numéro du certificat d’admission et des produits exposés (exemple : Duval, n° 4.721, tissus, Section française).
- En arrivant à Milan, les exposants devront retirer leur carte à l’adresse ci-dessus indiquée, 39, via Boccaccio.
- 2. Cartes de représentants, d’agents, employés ou commis. — Ces cartes sont destinées aux employés techniques, employés vendeurs ou commis des exposants.
- Elles sont délivrées contre un versement de dix francs.
- Pour les obtenir, les exposants devront adresser, au nom et à l’adresse ci-dessus indiqués, la photographie de leurs agents, non collée, coupée aux dimensions rigoureusement exactes de 7 1/2 sur 5 1\2.
- Ces photographies, devront porter sur le portrait lui-même, et non au dos, le nom du titulaire, le nom do l’exposant qui l’emploie et l’indication de la Section où la maison expose (exemple : Durand, vendeur de Bertrand, carrosserie, Section française).
- 3. Cartes des ouvriers et du personnel de gardiennage et de nettoyage. — Pes cartes sont établies au prix de cinq francs ; dès maintenant, elles sont seules en usage, les jetons de service étant supprimés.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Pour les obtenir, les exposants doivent remplir exactement les mêmes formalités que celles qui sont stipulées au paragraphe précédent pour les cartes d’employés.
- Le Secrétaire général, Le Président du Comité d’organisation
- Géo. LAMAILLE. de la Section française,
- A. MAGUIN.
- Comme on vient de le voir, le Comité exécutif italien modifiait sensiblement, à notre désavantage malheureusement, ses premières dispositions.
- C’était aussi une perte de temps puisqu’il fallait envoyer de nouvelles photographies, les premières ayant été coupées à 51/2 sur 71/2 Néanmoins grâce au zèle de M. Maurice Estieu, auquel nous sommes heureux de rendre hommage, les exposants n’eurent à souffrir d’aucun retard en ce qui concerne la délivrance des cartes.
- Le rôle du Comité d’admission, devenu par tacite reconduction Comité d’installation, était presque terminé à Paris. Mais sa tâche allait commencer à Milan où un gros effort était nécessaire pour préparer rapidement notre Classe en vue de la visite du roi Emmanuel, le 21 avril.
- Outre son voyage du 6, notre président allait plusieurs fois à Milan pendant la première quinzaine de ce mois, et prenait lui-même la direction des travaux.
- Notre collègue M. Brossard, ainsi que son fidèle collaborateur, M. Crucifix, passaient également de longues semaines à organiser nos dioramas. Nous avons relaté dans l’historique, qui forme la première partie de ce rapport, les difficultés qu’ils ont eues à surmonter, nous ne voulons donc pas y revenir.
- PHOTOGRAPHIES
- Nous sommes maintenant au mois de juin : l’Exposition est ouverte, l’installation de notre Classe est depuis longtemps terminée, et son succès s’affirme de plus en plus.
- Le Comité se préoccupe de faire obtenir aux exposants des conditions avantageuses pour faire photographier leurs vitrines, dont nous aurons le plaisir de reproduire plus loin les clichés.
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- DEUXIÈME PARTIE. -------- COMITÉS ET JURY 201
- A cet effet, la lettre suivante leur est adressée :
- Ministère du Commerce RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
- Exposition Internationale de Milan 1906
- — Paris, le 14 juin 1906
- SECTION FRANÇAISE
- — Bourse de Commerce, rue du Louvre
- Comité d Admission.
- Groupe XII Classe 86
- Monsieur et cher Collègue,
- Le Comité ayant l’intention de faire tirer un certain nombre de clichés des vitrines de nos exposants, pour insérer dans le rapport officiel qui sera publié à l’issue de l’Exposition, il lui a paru utile à vos intérêts de vous faire profiter des conditions avantageuses obtenues par lui.
- Il pourra être fourni une épreuve cartonnée d’un cliché de 24x30, pour le prix de 16 francs.
- Les épreuves supplémentaires coûteraient 3 francs.
- Veuillez me faire savoir, par retour, si vous désirez recevoir une photographie de votre vitrine, et le nombre d’exemplaires supplémentaires dont vous avez besoin.
- Passé la date du 20 juin, il ne nous sera plus possible d’accepter de demandes et de vous faire bénéficier de cet avantage.
- Veuillez agréer, Monsieur et cher collègue, l’assurance de mes meilleurs sentiments.
- Le Président de la Classe 86, G. DONCKÈLE.
- P-S.— Les clichés sont la propriété delà Classe.
- Mais, ce qui est déjà le triomphe de la Classe 86, le clou de l’Exposition, ce sont nos dioramas.
- Le Comité a aussi l’intention de les faire photographier afin de les voir insérer dans le Rapport officiel et il pense que la plupart d’entre nous désireront en recevoir une ou plusieurs épreuves pour conserver un témoignage de la participation de nos industries à cette grande manifestation.
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- EXPOSITION DE MILAN
- La circulaire ci-après, envoyée le 14 juin comme la précédente, fixait les prix de chaque exemplaire :
- Ministère du Commerce RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
- Exposition Internationale de Milan 1906
- Paris, le 14 juin 1907.
- SECTION FRANÇAISE -
- Bourse de Commerce, rue du Louvre
- Comité d'admission.
- Groupe XII Classe 86
- Monsieur et cher Collègue,
- Le Comité ayant l’intention de faire photographier les Dioramas de la Plume, des Fleurs artificielles et de la Mode qui obtiennent à Milan un succès si considérable, afin de les insérer dans le rapport officiel qui sera publié à l’issue de l’Exposition, il lui a paru nécessaire de vous en aviser et de vous demander s’il vous convient de recevoir une ou plusieurs épreuves cartonnées d’un cliché de 24x30.
- Vous trouverez dans ces reproductions un témoignage delà participation brillante fournie par vous et votre industrie à cette grande manifestation.
- Le prix de chaque épreuve est de cinq francs (5).
- Le Diorama du Jardin Louis XV......................coûterait 5 francs.
- — du Marché des Innocents................... — 5 —
- — de la Mode....................... — 5 __
- — de la Ferme Française. ................... — 5 —
- — du Pont-Neuf et du Marché aux Fleurs
- comprenant 3 clichés.............. —15 _
- — de.la Garzera (Haut Orénoque) Crosses
- et Aigrettes............................ _ 5 _
- de l’Elevage de l’autruche.......... — 5 __
- — Coupage des plumes........................ _ 5 _
- — Arrachage des plumes....................... . _ 5
- La dépense occasionnée par les clichés de ces dioramas sera supportée par les Chambres syndicales intéressées, ce qui permet de donner chaque épreuve au prix de 5- francs au lieu de 16 pour les vitrines particulières.
- Il ne nous sera plus possible de recevoir d’ordre passé le 20 et je vous prie donc de me faire connaître par retour, le nombre d’exemplaires que vous désirez.
- Veuillez agréer, Monsieur et cher Collègue, l’assurance de mes meilleurs sentiments.
- Le Président de la Classe 86,
- G. DONCKÈLE.
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- En juillet, le Comité eut encore à s’occuper, à Paris, d’une question qu’il convenait d’examiner avec la plus grande, attention : il s’agissait en effet de réunir d’avance tous les éléments d’information susceptibles de faciliter la tâche des Jurés français qui allaient être désignés pour défendre nos intérêts lors de l’attribution des récompenses.
- Dans ce but, le président et le secrétaire général du Comité d’organisation de la Section française faisaient parvenir le 7 juillet, à tous les exposants, la circulaire suivante, à laquelle était joint un questionnaire spécial, établi d’une façon aussi claire que précise, et l’attention des exposants était particulièrement attirée sur le paragraphe afférent aux récompenses individuelles à demander pour ceux de leurs collaborateurs ayant participé à la production des objets exposés.
- Ministère du Commerce REPUBLIQUE FRANÇAISE
- Exposition Internationale de Milan 1906
- Paris, lê 7 juillet 1906.
- SECTION FRANÇAISE
- Comité d’organisation Bourse de Commerce, rue du Louvre.
- Adresse télégraphique :
- COMITEXPO-PARIS
- Monsieur, <
- Nous avons l’honneur de vous adresser ci-joint, en quatre exemplaires, un questionnaire spécial qui est destiné à être remis par nos soins, aux jurés français chargés de défendre les intérêts de leurs compatriotes à l’Exposition de Milan.
- Quels que soient les documents que vous ayez pu recevoir d’autre part, les pièces que nous vous envoyons ne sauraient faire double emploi avec eux, et nous insistons auprès de vous de la manière la plus pressante, pour que vous nous fournissiez aussi rigoureusement que possible, tous les éléments d’information capables de faciliter la tâche de nos jurés français afin d’éviter des erreurs et de nous permettre à nous-mêmes de défendre vos propres intérêts devant les différentes juridictions du Jury.
- Nous attirons tout spécialement votre attention sur la question des récompenses demandées pour les collaborateurs, lesquelles doivent être réservées plus spécialement aux ingénieurs, intéressés, contremaîtres, employés et ouvriers participant à la production des objets fabriqués par l’exposant.
- Il appartient à l’exposant d’indiquer le degré de la récompense qu’il sollicite pour chacun de ses collaborateurs.
- Nous vous engageons donc, en conséquence, à faire vos propositions de
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- récompenses de collaborateurs en vous inspirant des observations qui précèdent.
- Veuillez remplir et signer les exemplaires (deux sur papier blanc et deux sur papier bulle) du questionnaire destinés au Jury, que vous trouverez sous ce pli, et nous les retourner directement par courrier, au siège du Comité d’organisation de la Section française, à la Bourse de Commerce, rue du Louvre, où ils seront centralisés par nos soins.
- Il est indispensable que ce document soit établi en quadruple exemplaire, par vous-même, afin de constituer quatre dossiers distincts qui seront remis en quatre mains différentes, en vue de sauvegarder vos intérêts.
- Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de nos sentiments les plus distingués.
- Le Secrétaire général, Le Président,
- Géo. LAMAILLE. A. MAGUIN.
- Le Jury a pris en sérieuse considération les enseignements contenus dans ces questionnaires et l’on verra, à la lecture du palmarès, que les collaborateurs n’ont pas été oubliés.
- Le Comité de la Section française Offre un souvenir à son président M. DONCKÈLE En témoignage de sa reconnaissance.
- Les travaux du Comité étaient dès lors à peu près terminés à Paris, jusqu’à la clôture de l’Exposition. A part quelques réunions relatives à la composition du Jury, qui fait l’objet du chapitre suivant, il y eut peu de séances en juillet et en août; puis, l’époque des vacances étant venue, il fut convenu de prendre quelques semaines de repos.
- A la rentrée, au commencement de novembre, le Comité avait à examiner les mesures à prendre pour la réexpédition de nos produits après la fermeture de l’Exposition fixée définitivement au 9 de ce mois. Encore une fois, nous faisions appel à la bonne volonté de M. Brossard qui voulut bien se charger des dioramas. Il déléguait aussitôt son fidèle collaborateur, M. Crucifix, lequel partaitpour Milan et y restait près de 15 jours à surveiller l’emballage de toutes les
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- LES V IOLETTES <DE LARCHÉ) Marbre offert à M. Donckèle par la Classe 86.
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- merveilles que M. Brossard et lui avaient si bien su mettre en relief.
- Le 9 novembre, les exposants de la Classe 86 avaient une agréable surprise : notre trésorier faisait, en effet, parvenir à chacun de nous un chèque représentant une première ristourne de 30 0/0 sur le montant des sommes payées pour nos vitrines respectives.
- La remise de cette ristourne, le jour même de la clôture de l’Exposition, n’était certainement pas une simple coïncidence de date : nous retrouvions là encore une nouvelle marque de délicate attention de la part de notre président, qui avait voulu nous procurer une satisfaction pécuniaire au moment où s’éteignaient, à Milan, les derniers échos du triomphe de notre Classe.
- Le retour à Paris, la joie de nous retrouver en France après la lutte furent le prétexte à plusieurs banquets qui nous fournissaient également l’occasion de manifester notre vive gratitude aux principaux artisans du succès de la Classe 86.
- Désirant offrir à notre cher président un souvenir durable de l’éclatante victoire à laquelle il nous avait conduits, nous convenions d’ouvrir une souscription à cet effet. Mais on dut en limiter le chiffre car, si l’évaluation de ce chiffre avait été fixée d’après les sympathies dont M. Donckèle était entouré, nous aurions pu recueillir une somme considérable.
- Nous reproduisons ci-contre la photographie du souvenir en question que nous eûmes le plaisir d’envoyer à notre président, le 10 décembre, jour du dernier banquet dont nous avons rendu compte dans l’historique.
- Il ne nous semble pas utile de revenir sur la splendide fête du 10 décembre puisque nous avons enregistré le bel élan de reconnaissance témoignée à cette occasion à tous les organisateurs de notre oeuvre.
- Cependant, nous ne pouvons nous lasser de répéter que la plus grande part d’éloges revient à M. Donckèle dont l’intelligence, l’activité, le bon sens pratique, la fermeté unie à la bonté se sont dépensés sans compter dans la poursuite de l’idéal commun : la réussite de la participation française à l’Exposition de Milan.
- Le but ayant été atteint au delà même de nos espérances, nous savons que notre président attache surtout un grand prix à la satisfaction que nous avons éprouvée. Puisse le modeste présent que nous lui avons offert être une attestation perpétuelle de la grande estime que nous professons pour le chef éminent qui a le plus contribué à
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- maintenir très haut, dans des circonstances particulièrement difficiles, le bon renom de l’industrie et du commerce français.
- Le Comité s’était réuni plusieurs fois, dans les premiers jours de décembre, pour liquider les comptes de l’Exposition. Notre trésorier, qui avait été blessé le 14 octobre dans l’épouvantable accident dont nous avons parlé dans l’historique, n’assistait malheureusement pas aux séances. Mais sa comptabilité était si bien tenue que nous n’avions nulle peine à approuver des comptes aussi clairement présentés.
- Que M. Vimont nous permette de le remercier très sincèrement du concours précieux qu’il a, lui aussi, apporté à la réussite de l’œuvre commune.
- Enfin, le jeudi 13 décembre, se tenait la dernière réunion du Comité. Nous avons dit combien les rapports entre tous ses membres ont été cordiaux du commencement jusqu’à la fin des travaux : si des discussions se sont élevées parfois, ce qui est très compréhensible étant donné la diversité des industries représentées, elles ont constamment revêtu la forme la plus courtoise et une entente complète est toujours intervenue.
- En un mot, sans perdre de vue les intérêts particuliers qu’ils avaient le devoir de défendre, les membres du Comité se sont toujours groupés avec un admirable ensemble autour de notre président, et cette parfaite harmonie de sentiments a été, sans doute, une des causes déterminantes du succès de la Classe 86.
- Au cours de cette dernière séance, nous avions un agréable devoir à remplir : remercier MM. Brossard et Crucifix, qui avaient été spécialement convoqués à cet effet, de leur grand dévouement, en
- offrant à chacun un souvenir en témoignage de notre reconnais-
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- sance.
- La discussion sur les comptes de l’Exposition étant close, M. Donc-kèle faisait découvrir le bronze que le Comité offrait à M. Brossard et rappelait, en quelques mots vibrants de sincérité affectueuse, tous les services que ce précieux collaborateur avait rendus à la Classe 86.
- Nous avons dit nous-même d’autre part, avec quel talent d’artiste délicat M. Brossard avait organisé nos dioramas à Milan, ainsi que toutes nos fêtes, et combien de difficultés il avait rencontrées dans l’accomplissement de sa tâche. Nous n’énumérerons donc pas à nouveau ses éminentes qualités.
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- Très ému, M. Brossard remerciait en ces termes :
- Mon cher Président,
- Mes chers Collègues,
- Je suis vraiment très touché, mon cher Président, des bonnes et si affectueuses paroles que vous venez de m’adresser.
- Je ne sais comment vous remercier, ainsi que tous mes chers Collègues, des marques d’estime et de sympathie que vous me témoignez en cette cir-
- -•*!**"
- La Gloire, par Carlès (Bronze offert à M. Brossard).
- constance oit vous voulez bien reconnaître les services que j’ai pu rendre dans l’organisation de notre Classe à Milan.
- A ce sujet, mon cher Président, je n’ai fait que suivre le bon exemple (lue sans cesse vous nous avez montré, vous nous avez si bien tracé la route et donné de si utiles conseils, (pie nous devions arriver aux bons résultats que nous avons obtenus.
- Vous avez été pour nous plus qu’un président, je dirai un éducateur, et si nous avons eu tous les succès à Milan, c’est grâce à votre méthode si précise et à votre haute direction.
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- Je ne relaterai pas ici tous vos mérites, car vous êtes de ceux dont les qualités supérieures s’imposent à l’admiration de tous.
- Je tiens seulement à vous dire toute ma bien vive reconnaissance et ma profonde amitié pour toute la bienveillance que vous m’avez toujours montrée.
- Je vous adresse, ainsi qu’à tous mes chers Collègues, mes plus sincères remerciements pour l’œuvre d’art magnifique que vous voulez bien m’offrir et qui sera pour moi un des meilleurs souvenirs de l’Exposition de Milan.
- Mon émotion est si intense que je ne puis vous exprimer complètement tout ce que je ressens pour l’honneur que vous me faites, mais soyez certains que je conserverai un inoubliable souvenir de cette charmante manifestation à laquelle vous avez eu la bonne pensée d’associer mon ami et dévoué collaborateur, Henri Crucifix.
- C’est une joie de plus pour moi dont je vous suis encore redevable,.
- Croyez, mon cher Président, à toute ma vive reconnaissance et à vous tous, mes chers Collègues, je dis encore merci de tout cœur.
- Cette allocution fut très applaudie.
- Notre président adressait ensuite de vives félicitations à M. Crucifix, en même temps que tombait le voile recouvrant le bronze qui lui était destiné.
- M. Crucifix prononçait alors les paroles suivantes :
- Monsieur le Président,
- Messieurs,
- Permettez-moi de vous adresser mes remerciements bien sincères, pour l’honneur que vous me faites en m’offrant ce superbe bronze, et laissez-moi vous dire toute ma reconnaissance, monsieur le Président, pour les si aimables paroles que vous venez de m’adresser.
- Je suis vraiment confus que mon modeste concours soit si hautement apprécié et si largement récompensé.
- Le peu que j’ai fait, c’est avec grand plaisir que je l’ai fait, heureux que j’étais de suivre un homme d’initiative, un homme d’action comme vous, Monsieur le Président ; bien content aussi de pouvoir seconder votre bon ami Brossard dans ses nombreuses tâches.
- Merci de tout cœur, Messieurs !
- Le beau souvenir que vous m’offrez sera aussi un bon souvenir pour moi, car s’il me rappelle quelques heures de labeur, il me rappellera surtout les braves gens qui me l’ont offert.
- Après cette manifestation empreinte de la plus touchante cordialité, et avant de lever la séance, M. le Président retraçait les travaux accomplis depuis le 18 octobre 1905, il remerciait le Comité pour son zèle et son dévouement et, dans une chaleureuse impro-
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- visation démontrait que le succès sans précédent obtenu par notre Classe à Milan, était dû surtout à l’accord absolu, à la discipline parfaite observés à cette occasion.
- Au moment de clore ce chapitre, puisque le rôle du Comité est
- « Vainqueur » par Marioton. (Bronze offert à M. Crucifix).
- terminé, nous devons déclarer encore que la laborieuse tâche de ce dernier a été grandement facilitée par la méthode précise et la savante impulsion que M. Donckèle a si bien su lui donner. Et c’est grâce à son intelligente intervention que nous avons pu aplanir les nombreuses difficultés auxquelles nous avons eu à faire face pendant plus d’une année d’un labeur presque incessant,
- La question budgétaire elle-même, qui ne se présentait pas au dés but sous de très heureux auspices, a été résolue au mieux des intérêt-de tous, sous l’habile direction de notre président et aussi grâce à 1 admirable gestion de notre trésorier, M. Vimont.
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- On sait, en effet, que nous ne pouvions guère compter sur un appui financier officiel, la subvention accordée par le gouvernement à la participation française étant faible, en comparaison surtout des sommes allouées par les autres nations à leurs exposants.
- Il nous semble inutile de récriminer à nouveau ici sur un état de choses qui eût pu nous mettre en état d’infériorité, mais nous tenons à faire remarquer que nous avons eu à cœur, une fois de plus, de montrer aux étrangers que nous savons nous imposer des sacrifices personnels lorsqu’il s’agit de maintenir le prestige de l’industrie et du commerce de notre pays.
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- u&è<* 4 J û% t s> ;d 1. 4i s> Ait 4 4> J ü 4 4; J Ait % O.V Ait 4 4»
- CHAPITRE III
- JURY DES RÉCOMPENSES
- ^rvc) ’ aréopage international appelé à examiner les produits expo-1 N? sés à Milan, pour l’attribution des récompenses, comportait trois degrés de juridiction.
- 1. Jury de Groupe,
- 2. Jury de Section,
- 3. Jury supérieur.
- Les opérations du premier degré devaient commencer en août, niais, par suite du terrible incendie du 3 de ce mois et des incidents gui suivirent, elles furent un peu reculées. Toutefois, les Jurys officiellement investis entraient en fonctions dans les premiers jours de septembre. Notre Groupe ne devait commencer ses opérations qu’en octobre. C’est, en effet, le 25 septembre seulement que la liste définitive des Jurés français fut publiée et le 4 octobre, qu’eût lieu, à Milan, leur première réunion d’examen. Celui-ci, d ailleurs, devait être rapidement achevé, car arrivant les derniers, la plupart des vitrines que nous avions à visiter avaient déjà été passées en revue par d’autres Jurys, plus ou moins qualifiés à cet effet.
- Nous ne voulons pas insister sur cette anomalie regrettable. A
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- EXPOSITION DE MILAN
- titre documentaire, voici quel était le règlement d’organisation du Jury international :
- REGLEMENT D’ORGANISATION DU JURY INTERNATIONAL
- TITRE PREMIER
- Constitution du Jury
- Article premier.
- Il est institué un Jury international de l’Exposition de Milan 1906, chargé de donner son appréciation après examen, sur les produits exposés ainsi que de décerner les récompenses.
- La nomination et le fonctionnement du Jury sont réglés par les conditions du règlement que voici :
- Article 2.
- Le Jury comporte trois degrés de juridiction:
- 1. Jury de Groupe ;
- 2. Jury de Section;
- 3. Jury supérieur.
- Article 3.
- Le programme de chaque Section a été divisé dans le moindre nombre possible de Groupes, en réunissant dans chaque Groupe les produits semblables qui peuvent être appréciés et jugés par les mêmes compétences personnelles. On nommera un Jury pour chaque Groupe. Les programmes des Jurys de Groupe sont prévus à la fin de ce Règlement, dont ils font partie intégrante.
- Article 4.
- Le nombre des Jurés de chaque Groupe est déterminé par le Comité exécutif et ne sera pas inférieur à cinq; il est choisi sur la base d’un titulaire pour un nombre de quarante exposants au plus. Il est tenu compte dans la répartition des Jurés de Groupe, de toutes les nations participantes, tant officiellement que d’une façon privée. La répartition sera effectuée de telle sorte que chaque nation soit représentée proportionnellement à la surface occupée, ainsi qu’au nombre de ses exposants et à l’importance de l’Exposition effectuée par ceux-ci dans le Groupe. Les conditions de proportion ci-dessus seront appliquées de la même façon à toutes les nations y compris l’Italie.
- Article 5.
- Les Jurés italiens de Groupe sont nommés par le Comité exécutif,
- Les Jurés étrangers de Groupe sont nommés par le Commissaire général de leur nation.
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- DEUXIÈME PARTIE. - COMITÉS ET JURY
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- Les Jurés des nations non officiellement représentées sont nommés par les Gouvernements respectifs, oupar le Comité exécutif, sur proposition des Comités locaux agissant dans les dites nations.
- Article 6.
- Si le Comité le juge nécessaire, il pourra être nommé des membres suppléants des Jurys de Groupe, désignés et répartis suivant le mode ci-dessus ; leur nombre total ne pourra pas être supérieur à la moitié de celui des jurés titulaires.
- Article 7.
- Chaque Jury de Groupe nomme dans son sein un président, un vice-président, et un secrétaire-rapporteur, constituant le bureau. Pour certaines questions chaque Jury pourra appeler dans son sein des « experts » qui auront voix simplement consultative.
- Article 8.
- Les bureaux des Jurys de Groupe formentle Jury de Section. Il est nommé pour chaque Jury de Section, un président, un vice-président, et un secrétaire-rapporteur pris dans le sein de ce Jury et constituant le bureau du Jury de Section. Le président et le vice-président seront choisis dans deux nationalités différentes. Le secrétaire-rapporteur sera de nationalité italienne.
- Article 9.
- Le Jury supérieur comprend vingt-deux membres choisis en dehors des Jurys de Groupe. Le Comité exécutif assignera à chaque nation un nombre de représentants proportionné au nombre des exposants en tenant compte de l’importance de leur Exposition ; pour la nomination on adoptera la même proportion pour toutes les nations.
- Lesmembres du Jury supérieur de nationalité italienne sont nommés par le Comité exécutif.
- Les membres du Jury supérieur de nationalité étrangère dans le nombre fixé par le Comité exécutif, sont nommés par le Commissaire général respectif, ou par les Gouvernements des nations qui ne sont pas officiellement représentées.
- Article 10.
- Le Jury supérieur aura comme Président honoraire S. E. le Ministre de l’Agriculture, du Commerce et de l’Industrie.
- Le Président et le Secrétaire général sont nommés par le Comité exécutif. Le Jury supérieur choisira dans son sein autant de vice-présidents qu’il estimera nécessaire.
- Le président du Comité exécutif ainsi qu’un représentant oiliciel du Gouvernement italien font partie de droit du Jury supérieur.
- Dans le nombre des vingt-deux membres sont compris le Président, les Vice-présidents, et le Secrétaire général.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Une délégation composée de cinq membres du Comité exécutif aura voix consultative aux délibérations du Jury supérieur.
- Article 11
- Les Jurys seront nommés autant que possible avant l’ouverture de l’Exposition.
- Les fonctions de juré et d’expert sont remplies à titre gratuit.
- Les Jurés s’engagent à tenir le secret le plus rigoureux sur les travaux des Jurys, de sorte que rien ne soit ébruité avant que, grâce aux soins du Comité exécutif, la liste officielle des récompenses ne soit parue.
- Par le fait même de l’acceptation de sa charge, le Juré déclare connaître et se soumettre aux dispositions du présent Règlement.
- Article 12.
- Les Jurys de Groupe et de Section ont leur siège là où ils exercent leurs fonctions.
- Un siège et des bureaux spéciaux seront affectés au Jury supérieur par le Comité exécutif.
- TITRE DEUXIÈME
- Récompenses.
- Article 13.
- Le Jury international est chargé d’attribuer toutes les récompenses du Comité exécutif, dont la liste suit :
- Diplômes de Grand prix ;
- — d’honneur;
- — de médaille d’or ;
- — de médaille d’argent;
- — de médaille de bronze;
- — de mention honorable ;
- — de bon mérite et de collaboration.
- Ainsi que tout prix et toute récompense que le Comité chargera le Jury d’attribuer.
- Les prix royaux des concours ainsi que les autres prix spéciaux institués par des Administrations publiques ou par des privés, ne tombent pas sous les compétences attribuées aux Jurys.
- Le Comité exécutif pourvoit selon les cas à l’attribution de ces prix.
- En règle générale, les collaborateurs ne doivent recevoir qu’une récompense d’un degré inférieur à celui de là récompense obtenue par le respectif exposant officiel.
- Le plus haut degré des diplômes de collaborateur sera par conséquent Je diplôme d’honneur.
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- DEUXIÈME PARTIE. — COMITÉS ET JURY 215
- Article 14.
- Les diplômes de Grand prix, d’honneur, de médailles et de mention sont décernés, au mérite industriel, commercial, scientifique, ou philantropique des exposants.
- Les diplômes de bon mérite sont décernés aux personnes ou collectivités ayant contribué parleur coopération au succès de l’Exposition.
- Les diplômes de collaborateur seront décernés aux personnes ayant coopéré à la production d’objets auxquels le Jury aura attribué une récompense.
- Article 15.
- On mettra hors concours pour les récompenses :
- 1. Tout exposant qui en aura fait demande par écrit au Comité avant le 1er mars 1906, et qui ait été hors concours dans une Exposition officielle internationale, ou qui y ait obtenu la plus haute récompense.
- 2. Tous les Jurés ;
- 3. Toute société privée dont un administrateur ou fonctionnaire remplira les fonctions de Juré dans la Section dans laquelle la Société expose. Toutefois cette règle ne s’applique pas aux administrations et aux Sociétés et institutions reconnues d’utilité publique.
- Article 16.
- Les exposants appelés à titre d’experts sont mis hors concours seulement pour le Groupe dans le Jury duquel ils doivent remplir leurs fonctions.
- Article 17.
- Les producteurs exposant dans plusieurs Groupes ne pourront recevoir qu’une récompense dans chacun de ces Groupes, la pluralité des récompenses étant interdite dans un même Groupe.
- Article 18.
- Il n’est attribué qu’une seule récompense aux Expositions collectives lorsque la collectivité participe comme seule exposante, sous une raison sociale impersonnelle.
- Toutefois, si la collectivité est le fait d’un groupement d’installation, auquel participent plusieurs firmes, celles-ci seront mentionnées sur le diplôme collectif, et chacune recevra une copie dudit diplôme dûment signé.
- Article 19,
- Lorsque les firmes participant à une collectivité seront régulièrement inscrites comme exposantes, en ayant payé la taxe d’admission, elles pourront être personnellement récompensées sans préjudice de la récompense fiui peut être décernée à la collectivité.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Article 20.
- L’exposant qui aura réuni dans une Section ou dans un Pavillon spécial des produits afférents à plusieurs Sections, pourra soumettre chaque produit à l’appréciation du Jury de Groupe compétent, et à ce but il devra s’inscrire comme exposant dans la Section à laquelle le produit est assigné, selon les conditions des programmes ; il sera donc tenu au payement d’une taxe d’admission pour chaque Section à laquelle il sera inscrit aux effets du Jury. Cette inscription devra être effectuée avant la fin du mois de mars 1906.
- Article 21.
- Chaque objet sera soumis à l’appréciation d’un seul Jury de Groupe.
- Article 22.
- Les diplômes décernés seront munis des signatures du Président et du Secrétaire général du Comité exécutif, ainsi que des signatures du Président et du Secrétaire général du Jury supérieur.
- TITRE TROISIEME
- Disposition concernant les travaux du Jury-
- Article 23.
- Chaque Jury de Groupe procède à l’appréciation des produits, œuvres ou travaux exposés.
- Les Jurys nantiront préalablement les exposants de leur visite.
- Article 24.
- Les exposants devront fournir aux jurés tout renseignement qui leur serait demandé concernant la quantité, la qualité, la production et le commerce des produits exposés.
- Ils devront prêter leur concours nécessaire aux jurés pour les dégustations et analyses éventuelles, ainsi que faciliter la visite aux usines et ateliers lorsque celle-ci serait nécessaire pour éclairer le plus complètement possible le Jury sur la délibération à prendre.
- Article 25.
- Ces engagements des exposants seront imprimés au bas de l’avis d’examen du Jury.
- Article 26.
- Une fois ses travaux achevés, chaque Jury de Groupe remettra au Président du Jury de Section, ses propositions formulées ainsi qu’il suit:
- 1. Liste des exposants mis hors concours, aux termes du Règlement.
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- DEUXIÈME PARTIE. ------- COMITÉS ET JURY
- 2. Liste des récompenses classées selon l’ordre de mérite et divisées par nationalité.
- 3. Liste des personnes et des collectivités proposées pour l’attribution des diplômes de bon mérite et de collaboration.
- Toutes les propositions doivent être clairement motivées.
- Article 27.
- Les délibérations des Jurys doivent être prises à la majorité des voix. A voix égales la voix du Président est celle qui tranche la délibération.
- Les Jurés suppléants peuvent assister à toutes les opérations des Jurys de Groupe auquel ils appartiennent, mais ils n’ont voix délibérative que lorsqu’ils occupent la place des Jurés titulaires absents.
- Article 28.
- Le Jury de Section tranchera les conflits d’attribution surgissant entre les Jurys des Groupes appartenant à la Section. Les travaux des Jurys de Groupe sont dirigés et surveillés par le Jury de Section.
- Article 29.
- Les propositions des Jurys des Groupes doivent être remises au Jury de la Section respective.
- Le Jury de Section soumet ces propositions à un examen, il les classe de manière à s’assurer que dans tous les Groupes les travaux des Jurys ont procédé par les mêmes conditions rigoureuses et que la répartition totale des récompenses de la Section a été faite avec une certaine uniformité. Il dresse ensuite la liste totale des récompenses de Section pour la soumettre au Jury supérieur, auquel il devra remettre :
- 1. La liste des exposants mis hors concours, aux termes du Règlement.
- 2. La liste des récompenses, classées selon l’ordre de mérite, divisées par nationalité et par Groupe.
- 3. La liste des personnes et des collectivités proposées pour l’attribution des diplômes de bon mérite et de collaboration.
- 4. Un rapport examen général des produits et travaux exposés dans la Section.
- Toutes les récompenses proposées doivent être clairement motivées.
- Article 30.
- Le Jury supérieur dirige et surveille les travaux des Jurys. C’est au Jury supérieur qu’on devra adresser les réclamations auxquelles les opérations des Jurys peuvent donner lieu, telles que inobservance du Règlement ou tout autre vice de forme.
- Article 31.
- Les rapports ainsi que les résultats des opérations des Jurys de Section
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- EXPOSITION DE MILAN
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- seront remis au Jury supérieur qui devra les classer, et s’assurer que dans toutes les Sections les travaux ont procédé avec les mêmes conditions rigoureuses et que la répartition totale de toutes les récompenses de l’Exposition a été faite avec une certaine uniformité.
- Le Jury supérieur pourra convoquer à ses séances les bureaux de présidence des Jurys de Section pour avoir des éclaircissements et leur renvoyer pour un nouvel examen les décisions pour lesquelles il le jugera nécessaire.
- Article 32.
- Les Jurys de Section, et à leur place les Jurys de Groupe doivent fournir au Jury supérieur tous les renseignements que celui-ci estimera nécessaire de leur demander ils seront tenus eii outre à reprendre en examen les propositions que le Jury supérieur leur renverra et d’en référer à nouveau.
- Les délibérations du Jury supérieur sont sans appel.
- Article 33.
- Le Jury supérieur remet au Président du Comité exécutif la liste défini* tive des récompenses décernées, et accompagne la liste des documents que voici :
- 1. Un rapport examen général de tous les produits et travaux exposés, divisés par rapports examens spéciaux pour chaque Section.
- 2. Les listes complètes motivées du classement par ordre de mérite de récompenses définitivement décernées, divisées par nationalité et par Section.
- 3. Les listes complètes motivées des diplômes de bon mérite et de collaboration.
- Article 34.
- Le rapport du Jury supérieur sera publié aux soins et aux frais du Cortiité exécutif; le rapport sera complété par tous les documents que de l’avis du Comité il sera utile d’annexer.
- Article 35.
- Les travaux des Jurys de Groupe devront commencer le 1er juillet 1906 au plus tard ; les rapports des opérations seront remis au Jury de la Section respective pour le 20 juillet 1906 au plus tard.
- Les rapports des opérations des Jurys de Section devront être remis au Jury supérieur pour le 5 août 1906 au plus tard.
- Le Jury supérieur remettra la liste complète et définitive des récompenses au Président du Comité exécutif pour la fin d’août 1906 au plus tard.
- Article 36.
- Le Comité exécutif fera paraître la liste officielle des récompenses décernée s pour le 15 septembre 1906.
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- DEUXIÈME PARTIE. COMITÉS ET JURY
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- La proclamation officielle des récompenses aura lieu avant la clôture de l’Exposition, dans le Palais des Fêtes.
- Les diplômes seront remis après dans les délais et par les modalités qui seront fixés par le Comité.
- Article 37.
- Dans les huit jours qui suivront la publication de la liste officielle des récompenses, les exposants auront le droit de présenter au Président du Comité exécutif leurs réclamations au sujet de faits prouvés et de telle nature d’avoir pu Influencer les délibérations du Jury supérieur.
- Le Président du Comité exécutif après avoir reconnu la gravité et l’authenticité de ces faits, pourra transmettre les réclamations au Président du Jury supérieur pour donner ainsi lieu aux délibérations exigées en pareil cas._
- Article 38.
- Les Jurys prendront toutes les précautions nécessaires pour maintenir le secret dp leurs opérations ; ils ont le droit d’écarter du concours tout exposant qui se refuserait de fournir les renseignements demandés ou qui tenterait de surprendre leur bonne foi. Pour ce cas le Jury dressera un rapport spécial à remettre au Président du Jury supérieur.
- TITRE QUATRIÈME
- Dispositions spéciales afférentes aux Sections
- Article 39.
- Pour tout ce qui regarde le Jury, la Section des transports par terre sera considérée comme divisée dans les quatre Sections suivantes :
- 1. Rues ordinaires et services relatifs :
- Groupes 1-2-3-4-5-6-7-28.
- 2. Chemins de fer :
- Groupes 8-9-10-11-12-13-14-15-16-17-18.
- 3. Aéronautique :
- Groupes 21-22-23-24.
- 4. Postes, télégraphes et appareils de mesuré :
- Groupes 19-20-25-26-27.
- . Chaque Section aura son Jury de Section désigné et fonctionnant comme il est prévu par les articles précédents.
- Article 40.
- . Aucun Jury ne fonctionnera pour les Expositions rétrospectives. Les exposants dans ces Sections concourront à l’attribution de diplômes de mérite spécial, décernés par le Jury supérieur sur les propositions des bureaux de présidence des Sections.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Article 41.
- Pour la Section nationale des Beaux-Arts on instituera un Jury national, de même que pour les parties nationales des Expositions de Prévoyance et de l’Agriculture.
- Article 42.
- Dans la nomination des Jurys de Groupes pour la Section des Arts décoratifs, on tiendra compte aussi bien de la tendance artistique que de l’industrielle, les Arts décoratifs n’étant que le résultat d’une heureuse fusion des deux tendances.
- Article 43.
- Les Expositions temporaires internationales spéciales auront leur Jury constitué de la même manière que les autres Sections. Pour ces Expositions on dérogera aux délais prévus à l’article 35; toutefois par les soins du Jury supérieur il sera fait de sorte que les récompenses attribuées aux exposants des Expositions temporaires soient décernées dans le délai prévu à l’article 36.
- Article 44.
- Pour les Expositions à court délai concernant les fleurs, les fruits, l’horticulture, les animaux, etc., le Comité exécutif nommera chaque fois les Jurys spéciaux dont le nombre et les dispositions particulières seront réglés pour chaque Exposition.
- Le Comité aura la faculté dans certains cas exceptionnels de déroger aux conditions du présent Règlement, sauf pour la répartition des Jurés des nationalités diverses, pour laquelle il sera toujours appliqué la même proportionnalité prévue à l’article 4.
- Munis du document ci-dessus, les membres français du Jury du Groupe 42 (Section des Arts décoratifs), se trouvaient réunis à Milan, le 3 octobre, à six heures du soir, dans une des salles du restaurant Cova, suivant l’invitation que leur avait adressée le président de la Section française.
- Cette séance préparatoire, qui avait pour but d’arrêter une ligne de conduite pour la bonne marche des opérations, était présidée par M. Maguin, et M. le Commissaire général Jozon nous faisait l’honneur d’y assister.
- Après avoir souhaité la bienvenue aux Jurés, M. le Président indiquait brièvement l’ordre de marche des travaux du Jury, puis il priait le sympathique secrétaire général, M. Géo Lamaille, de donner lecture d’une note d’observations de détail dont un exemplaire était en outre remis à chacun des intéressés.
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- DEUXIÈME PARTIE. — COMITÉS ET JURY
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- Cette note était ainsi conçue :
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- Jury
- Observations de détail.
- La juridiction appelée à statuer sur les récompenses à l’Exposition de Milan est, suivant l’usage consacré, une juridiction à trois degrés: Jury de Groupe, Jury de Section, Jury supérieur. Le Jury de Groupe correspond à notre Jury de Classe en 1889 et en 1900.
- Le Jury de Groupe se compose de Jurés titulaires et de Jurés suppléants.
- Constitution du Jury de chaque Groupe. — Pour toutes les nations y compris l’Italie, la répartition du nombre des Jurés a été faite sur la base de 1 titulaire par 40 exposants au plus, cette proportionnalité étant abaissée notablement dans certains Groupes, en tenant compte de la surface occupée, du nombre total des exposants et de l’importance des Expositions.
- Jurés suppléants. — Le nombre total des Jurés suppléants d’un Groupe ne pourra être supérieur à la moitié de celui des Jurés titulaires. Ces suppléants peuvent assister à toutes les opérations du Jury de Groupe auquel ils appartiennent, mais ils n’ont voix délibérative que lorsqu’ils remplacent l’un des Jurés titulaires absent.
- Bureaux de Jury de Groupe. — Chaque Jury de Groupe élit son bureau composé d’un Président, d’un Vice-président et d’un Secrétaire-rapporteur. Il sera appliqué à la formation des bureaux de Jurys de Groupe les règles formulées pour le Jury de Section, à savoir que le Président et le Vice-président seront de nationalités différentes, le Secrétaire-rapporteur étant toujours de nationalité italienne.
- Il a été prévu pour la France la présidence dans 5 Groupes et la vice-présidence dans 12 Groupes.
- Experts. — Le règlement du Jury prévoit que chaque Jury de Groupe pourra demander que des experts lui soient adjoints avec voix simplement délibérative.
- Jury de Section. — Les bureaux de Jurys de Groupe forment le Jury de Section (2e degré de juridiction).
- Les Jurés français qui feront partie des bureaux des Jurys de Groupe seront donc appelés à faire partie du Jury de Section.
- Jury supérieur. — Ce 3e degré de juridiction sera composé de 22 membres choisis en dehors des Jurys de Groupe: la France y sera représentée par 4 membres.
- Opérations du Jury. — Les opérations du Jury auront comme conclusion l’établissement de 4 listes :
- 1. Liste des exposants «Hors concours ».
- 2. Liste des exposants récompensés.
- 3. Liste des personnes et collectivités auxquelles sont attribués des « Diplômes de bon mérite ».
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- EXPOSITION DE MILAN
- 4. Liste des collaborateurs auxquels, seraient également décernées des récompenses.
- Récompenses. — L’échelle des récompenses est la suivante :
- Diplôme de Grand prix;
- Diplôme d’honneur ;
- Diplôme de médaille d’or;
- Diplôme de médaille d’argent;
- Diplôme de médaille de bronze ;
- Diplôme de mention honorable.
- Diplômes de Don Mérite. — Les diplômes de « Bon Mérite » pourront être décernés aux personnes ou collectivités ayant contribué par leur coopération au succès de l’Exposition.
- Diplômes de Collaborateurs. — Des diplômes de Collaborateurs pourront être accordés aux personnes ayant coopéré à la production d’objets récompensés par le Jury.
- L’attention des Jurés français est tout spécialement attirée sur la nécessité de faire régulièrement attribuer les récompenses décernées aux collaborateurs. La valeur et le nombre de ces récompenses par maison devront faire l’objet de l’examen de chaque Jury de Groupe : pour la France, les éléments en sont fournis par les questionnaires des exposants.
- Hors Concours. — Sont mis « Hors concours » :
- 1. Tous les Jurés et Experts, lorsque ceux-ci remplissent des fonctions dans le Groupe où ils exposent;
- 2. Tous les exposants qui, ayant formulé une demande écrite à cet effet, auraient été mis « hors concours » dans une Exposition officielle internationale, ou y auraient obtenu la plus haute récompense.
- Il serait indispensable de contrôler scrupuleusement l’exactitude des récompenses sur lesquelles les candidats se baseraient pour l’application de cet article du Règlement.
- Collectivités. — Une récompense unique est accordée aux Collectivités lorsqu’elles concourent sous une raison sociale impersonnelle, et il leur sera attribué un seul diplôme ; mais si la Collectivité est le fait d’un groupement de maisons, celles-ci seront mentionnées sur le diplôme collectif et chacune d’elles recevra une copie dûment signée dudit diplôme.
- En outre, les maisons participant à une Collectivité et régulièrement inscrites comme exposantes, pourront être individuellement récompensées.
- Exposants relevant de plusieurs Groupes. — Un exposant ne peut avoir qu’une seule récompense dans un Groupe, mais si ses produits relèvent de plusieurs Groupes différents de la classification, alors même qu’ils auraient été groupés dans un seul stand, il pourra lui être attribué autant de récompenses qu’il y a de Groupes dont il relève.
- Secret des délibérations. — Le secret des opérations du Jury est strictement recommandé.
- Exposants hors programme. — Enfin, il résulte des correspondances échangées avec le Comité exécutif italien que cette administration prétend éli-
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- DEUXIÈME PARTIE. — COMITÉS ET JURY
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- miner du concours un certain nombre d’exposants dont les produits ne rentreraient pas, à son dire, dans la Classification.
- Cette question n’étant pas prévue dans le Règlement du Jury, les cas d’espèces devront être examinés et signalés immédiatement.
- Plusieurs explications étaient demandées sur certains passages du bulletin reproduit ci-dessus et notamment par M. Donckèle qui faisait remarquer, à très juste titre, qu’on avait omis d’indiquer clairement ce qu’était le diplôme de « Bon Mérite ».
- Tous les renseignements utiles furent fournis à ce sujet par M. Maguin.
- Ensuite une discussion s’engageait sur le secret des délibérations, dont on arrêta d’un commun accord le principe.
- Une autre note « confidentielle » distribuée à tous les Jurés ne souleva aucune observation.
- Comme elle n’avait, en somme, de confidentiel que le titre, et maintenant que l’Exposition est terminée, nous ne pensons pas commettre une bien grave indiscrétion en en indiquant ci-après les termes principaux :
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE MILAN 1906 SECTION FRANÇAISE
- Jury
- Note confidentielle
- MM. les Jurés français sont priés de vouloir bien accorder leur plus extrême attention aux observations suivantes :
- 1. Ne pas manquer de retirer, au Bureau de la Section française, la liste exacte des exposants français rentrant dans le Groupe de la Classification italienne auquel ils appartiennent.
- 2. D’y retirer également la liste des demandes formulées par les exposants français pour mise « Hors concours » par l’application de l’article 15 du Règlement du Jury.
- 3. De s’entendre avec leurs collègues étrangers pour obtenir que le Rapporteur français, qui n’est pas toujours membre du Jury de Groupe, soit admis cependant à suivre les opérations du Jury, sans avoir ni voix consultative ni délibérative.
- 4. S’entendre avec leurs ‘collègues étrangers pour assurer aux Français, lors de la nomination des bureaux des Jurys de Groupes, les présidences et vice-présidences prévues.
- . 5. Retirer leurs insignes de Jurés au Bureau de la Section française.
- 6. Faire admettre, dès la première séance, le principe absolu que les récompenses déjà obtenues dans les grandes Expositions antérieures ne pourront être abaissées (en cas de besoin, si le questionnaire de l’exposant
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- EXPOSITION DE MILAN
- manquait ou n’indiquait pas les récompenses, les jurés français pourront se renseigner au Bureau de la Section).
- 7. Signaler immédiatement au Bureau de la Section française toute difficulté qui "pourrait surgir au cours des séances du Jury.
- 8. Signaler immédiatement au Bureau de la Section française tout exposant que le Jury de Groupe voudrait considérer comme « hors programme » et comme ne rentrant pas dans la classification.
- 9. Ne pas manquer de donner leur adresse à Milan, au Bureau de la Section française, dès leur arrivée.
- 10. Ne pas quitter Milan sans remettre au Président de la Section française la liste des récompenses par chaque Jury (exposants et collaborateurs).
- Il était conseillé aux Jurés français de passer autant que possible, chaque jour, au Bureau de la Section française, pour le cas où des indications particulières ou générales devaient leur être données.
- Enfin, une troisième note, concernant l’établissement du rapport du Juré français choisi comme chef de file par ses collègues, était également lue et distribuée.
- Voici à titre documentaire, quel était son contenu :
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE MILAN 1906 SECTION FRANÇAISE
- Jury
- Note concernant Vétablissement du Rapport (/) du Juré français choisi comme chef de file par ses collègues.
- Ce rapport très sommaire mais complet doit contenir :
- 1. La composition du Bureau du Jury international ;
- 2. Les noms des Jurés français présents;
- 3. Les noms ou au moins le nombre des Jurés de chaque nation ;
- 4. Un récit très bref et une appréciation des opérations (faciles, difficiles, courtoises, etc.).
- 5. La liste des hors concours ;
- 6. Un tableau récapitulatif du nombre des récompenses françaises et étrangères accordées, établi sur l’imprimé fourni par le Comité italien ;
- 7. Le nombre des exposants des deux ou trois nations les plus intéressantes (France, Italie, Allemagne), pour faire des comparaisons ;
- 8. Une note spéciale des réclamations pour présenter au Jury de Section;
- 9. La liste des récompenses des collaborateurs.
- Après la lecture de cette dernière note, quelques explications complémentaires étaient encore fournies par M. Maguin et la réu-
- (1) Ce rapport sommaire devra être déposé au Bureau de la Section française à Milan, aussitôt après la clôture des opérations du Jury et avant de quitter cette ville.
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- nion allait prendre fin, lorsque M. le Président de la Classe 86 demandait la parole et me proposait comme rapporteur officiel de cette Classe.
- Le Comité ayant bien voulu ratifier la proposition, je saisis cette occasion pour lui renouveler ici, ainsi qu’à M. Donckèle, le témoi-gnag3 de ma gratitude.
- Il ne lestait cju à essayer de me rendre digne de la confiance qui venait de m’être accordée. J’ai exercé tous mes efforts dans ce sens, et je dois déclarer que les bonnes volontés ne m’ont pas fait défaut pour mener à bien cette œuvre délicate, j’ai frappé à toutes les poi Les où je pouvais recueillir des renseignements utiles à mon 1 apport, partout j ai rencontré un concours absolu et empressé.
- J adicsse donc à nouveau mes très sincères remerciements à tous ceux qui ont bien voulu m’apporter l’appui de leur savoir et de leur expérience.
- Le jeudi 4 octobre de bonne heure, les Jurés français se rendaient, suivant les indications reçues de la veille, à la via Boccaccio, où un bie\et officiel de nomination, dont nous reproduisons ci-après le texte, était remis à chacun d’eux.
- Ministère du Commerce RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
- Exposition internationale de Milan
- COMMISSARIAT GÉNÉRAL DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS
- Le Commissaire général du Gouvernement français à l’Exposition
- V u 1 aiticle 4 du décret du 23 mai 1905, portant organisation de la Section uançaise, notamment en ce qui regarde la nomination des membres des Jurys ;
- V u la liste de présentation établie par le Comité français des Expositions a 1 étranger.
- ARRÊTE
- M. •
- est nommé membre du Jury du Groupe ... (Section ...), à titre de... de -xpoMtion ùRernationale de Milan, pour la Section française.
- Milan, le Ie*' octobre 190G.
- Signé: M. JOZON.
- 11 est également donné à tous les Jurés un insigne qui, porté a boutonnière, permettait au titulaire de circuler dans toute
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- EXPOSITION DE MILAN
- l’Exposition, de tout voir, d’interroger, en un mot de se renseigner partout où besoin était, pour l’accomplissement des fonctions dont i] était investi.
- La notice suivante complétait la série des documents officiels particuliers, utiles aux membres du Jury du Groupe de l’Art décoratif.
- Jury International.
- Sièges des Jurys de Groupe de l’Art décoratif.
- Groupe Siège Nombre des Jurés titulaires Présidence Vice- Présidence Convocation
- 41 Salon du Palais delaPrévoyance, au Parc. 58 ITALIE FRANCE Les Jurés du Groupe de l’Art décoratil sont convoqués tous, jeudi 4 octobre, à 10 h. du matin, dans le salon de la Prévoyance, au Parc, pour des communications d’ordre général. Les Jurys de Groupe sont convoqués jeudi, chacun à son siège.
- 42 Pavillon de l’Art décoratif français, place d’Armes. 66 FRANCE ITALIE
- 43 Bureau de la Commission italienne pour l’Art décoratif, auParc 28 HONGRIE HOLLANDE
- 44 Siège du Comité, au Parc. 30 BELGIQUE BULGARIE
- 45 Salon au siège du Comité, à la place d’Armes. 21 ITALIE AUTRICHE
- Notice pour Messieurs les Jurés
- Dans les Palais de la Belgique et de l’Autriche et au siège du Comité, à la place d’Armes, des salles seront mises à la disposition des Jurys de Groupe de l’Art décoratif, qui, ayant leur siège au Parc, auront besoin de tenir des séances à la place d’Armes.
- Dans la première séance, le Juré italien le plus âgé assumera provisoire-
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- DEUXIÈME PARTIE. ------ COMITÉS ET JURY
- ment la présidence et priera le Jury de constituer son Bureau en nommant un président, un vice-président et un secrétaire-rapporteur. Selon l’article 8 du Règlement général du Jury, le président et le vice-président doivent être de nationalité différente. Le secrétaire doit être Italien.
- Chaque Jury de Groupe trouvera à son siège son dossier, contenant les listes des exposants qu’il doit juger, les questionnaires relatifs et les imprimés dont Messieurs les secrétaires sont priés de se servir exclusivement.
- MM. les secrétaires sont instamment priés de communiquer de suite à l'office central du Jury la constitution des Bureaux et l’adresse à Milan des membres de leur Groupe. Ils sont aussi priés de remettre au Bureau central du Jury (le plus tôt possible après la clôture des travaux) un rapport sur l’importance et sur les caractères de l’Exposition de leur Groupe. Ces rapports seront publiés dans le Rapport général du Jury.
- Les rapports des Jurys de Groupe doivent être remis au Bureau central du Jury avant le 12 octobre.
- Pour tous renseignements, s’adresser au Bureau central du Jury, au siège dii Comité, à la place d’Armcs.
- A dix heures, avait lieu, dans les salons de la Prévoyance, au Parc, la première réunion effective, sous la présidence de M. le sénateur Mangili. Tous les commissaires généraux étaient présents.
- Pn ouvrant la séance, M. le Président prononçait une courte allocution dans laquelle il rappelait le désastre occasionné par l’incendie du 3 août. Depuis lors, on avait essayé de réparer les dégâts clans la mesure du possible, mais de nombreuses collections, et des plus belles, n’avaient pu être remplacées, et il demandait aux Jurés de vouloir bien tenir compte, dans leur appréciation, des efforts faits par les exposants, surtout avant le sinistre. Une collection de photographies des vitrines détruites serait mise à la disposition du Jury.
- ()n distribuait ensuite à la plupart d’entre nous une longue liste où étaient inscrits les noms des exposants du Groupe 42. Cette nomenclature était si disparate (en ce qui concernait les exposants italiens) qu’il était très difficile de s’y reconnaître. Les Jurés avaient des espaces considérables à parcourir, l’Exposition étant malheu-leusement mal organisée sous le rapport du groupement des produits. Ainsi nous avons vu par exemple, des chaussures italiennes, dans la Galerie du travail, dans la Section des sports, dans celle des Italiens établis à l’étranger, dans les Arts temporaires, dans les Arts décoratifs italiens, etc...
- Nous signalons ces anomalies pour montrer combien l’examen otait difficile; en outre, notre Jury fonctionnant le dernier, toutes ces mdustries avaient déjà été jugées : nous le regrettons d’autant plus
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- EXPOSITION DE MILAN
- que presque toutes étaient tout à fait intéressantes à connaître.
- Malgré ces difficultés, peu graves d’ailleurs, les opérations devaient être rapidement menées.
- Nous savions que la présidence du Groupe 42 revenait à la France; mais il convenait de s’entendre sur le choix des titulaires avant la grande réunion officielle qui devait avoir lieu ce même j our à 2 heures et au cours de laquelle il serait procédé à l’élection définitive.
- Dans ce but, tous nos collègues français étaient convoqués à 1 h. 1/2, à une séance privée.
- D’un commun accord, M. Donckèle fut désigné comme président et voulut bien assumer la lourde tâche et la grande responsabilité de défendre nos intérêts dans toutes les branches de nos industries.
- A deux heures, ainsi que nous l’avons dit, tous les membres du Jury du Groupe 42 étaient invités à se trouver dans le salon de la Ville de Paris, au Pavillon des Arts décoratifs français.
- Voici quelle était la composition de ce Jury :
- JURY INTERNATIONAL DU GROUPE 42
- Italie
- Jurés titulaires :
- 1. Achille Beltrame.
- 2. Angelo Capredoni.
- 3. Chillein-Guanziroci.
- 4. Alberto Clerici.
- 5. Enrichetta Dell’acqua.
- 6. Cav. Massimo De Vecchï.
- 7. Gerolamo Dolci.
- 8. Riccardo Galli.
- 9. Pio Gavazzi.
- 10. Comte Emilio Gola.
- 11. M. Jesurum.
- 12. Matteo Jona.
- 13. Mezzacapo March.
- 14. Arturo Mosterts,
- 15. Mario Orlandi.
- 16. Cav. Pietro Tanfani.
- 17. Comte Giuseppe Visconti
- di Modrone.
- Jurés suppléants :
- 1. Mina Brianzi.
- 2. Edgardo Calore
- 3. Frederico Casanova.
- 4. R. ClNOTTI.
- 5. Vincenzo Diatte
- 6. M. A. Gerosa.
- 7. Mariani prof. Pompeo.
- 8. Cav. Antonio Rovescalli.
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- DEUXIÈME PARTIE, — COMITÉS ET JURY
- France
- Jurés titulaires :
- 1. Bequet,
- 2. Bernheim (Gustave),
- 3. Berraud,
- 4. Brach.
- 5. G. Donckèle,
- 6. Hellstern (C.)
- 7. De Langenhagen.
- 8. Mascré.
- 9. Mayer (Mirtil).
- 10. Perdoux.
- 11. Peyraci-ie,
- 12. Raymond (Albert),
- 13. Raudnitz.
- 14. Raymond (M.).
- 15. Rey (Fernand).
- 16. Storck (Léon);
- 17. Vinson.
- 6. Picard (H.).
- 7. Sins.
- 8. Thierry
- 9. Hubert de Vautier.
- Jurés suppléants :
- 1. Anfrie.
- 2. G. Brossard.
- 3. Daniel.
- 4. Dehesdin (G.).
- 5. Leprince (D.).
- Angleterre
- Juré titulaire : 1. Frédérich King.
- Belgique
- Jurés titulaires :
- 1. Paul Van Acker.
- 2. Eugène Choque.
- 3. Crespin.
- 4. Gustave Day.
- 5. Ferdinand Feyrick.
- 6. Lava.
- 7. Lefebvre.
- 8. Gérard Neyrinck.
- Jurés suppléants :
- 1. Léonard Dekien, remplaçant M. Neyrick.
- 2. Houget;
- Autriche
- Jurés titulaires :
- 3. Dr. F. Minkus.
- L Emmanuel Grab. 2. Cav. Hermann.
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- 230
- EXPOSITION DE MILAN
- Hongrie
- Jurés titulaires
- 1. Rodolf Jacobovits. 2. Francesco Knoote. 3. Rodolfo Marffy. 4. Albert Vig.
- Hollande
- Jurés titulaires
- 1. O.-W.-G.-Rriegleb. 2. Von Kolkow. 3. Warbourg.
- Russie
- Juré titulaire : 1. Stolzenbourg
- Bulgarie
- Jurés titulaires
- 1. Tiiiry. 2. Pastore.
- • Japon
- Juré titulaire : 1. Kataro Tsutsiu.
- Juré titulaire : 1. Fong-Hong-Pow. Chine Juré suppléant : 1. Liu-Schi-Chang.
- Perse
- Jurés titulaires
- 1. Achille Majnoni d’Antignano. 2. Prof. Poliaghi. 3. Ugo Ceruti.
- Juré suppléant : 1. Ing. A. Castaldi.
- Tvl. Jesurum, doyen d’âge, un Vénitien artiste et érudit, ouvrait la séance et prononçait une charmante allocution.
- Ici, nous demandons la permission d’ouvrir une parenthèse pour dire combien nous regrettons de n’avoir pu profiter de la gracieuse invitation de cet aimable collègue d’aller visiter les merveilles qu’il
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- DEUXIÈME PARTIE.
- COMITÉS ET JURY
- 231
- a précieusement accumulées à Venise. Nous avons toutefois la satisfaction de penser que certains d’entre nous, plus heureux, après avoir apprécié à Milan l’agrément des relations avec M. Jesurum, ont eu encore l’avantage d’être ses hôtes à Venise.
- Son allocution terminée, le doyen président procédait à l’appel nominal des Jurés.
- Sur 82 titulaires et suppléants inscrits, 64 seulement étaient présents.
- Au surplus, en voici la liste, telle qu’elle procès-verbal de cette importante réunion fut établie pour le
- Pays JURÉS TITULAIRES JURÉS SUPPLÉANTS Total
- Présents Absents Inscrits Présents Absents Inscrits DES PRÉSENCES
- 1. Angleterre ... 1 )) 1 » » » 1
- 2. Autriche .... 3 )) 3 » » » 3
- 3. Belgique .... 8 )) 8 1 » 1 9
- 4. Bulgarie 2 )) 2 » » » 2
- 5. Chine 1 )) 1 » 1 1 1
- 6. France 17 )) 17 8 1 9 25
- 7. Hollande .... 2 1 3 » » » 2
- 8. Hongrie „ . . . . 3 1 4 » » » 3
- 9. Italie 11 6 17 5 3 8 16
- 10. Japon 1 » 1 » » » 1
- 11. Perse » 4 4 » 1 1 )>
- 12. Russie ...... 1 » 1 » » » 1
- — — — — — — —
- 50 12 62 14 6 20 64^
- Après avoir constaté la présence des 64 membres du Jury, M. Jesurum annonçait qu’il allait être procédé à l’élection du Président, lequel devait être choisi parmi les Jurés français.
- M. Perdoux se Jevait aussitôt et proposait la candidature de M. Donckèle. Il n’y eut pas la moindre objection et, à l’unanimité, par acclamation, M. Donckèle était élu président du Jury du Groupe 42. On nommait, aussi par acclamation, M. de Vecchi, vice-président, et M. de Moster, secrétaire.
- Sur l’invitation de M. Jesurum, M. Donckèle prenait alors possession du fauteuil de la présidence et remerciait avec son éloquence habituelle, ses collègues de l’avoir appelé au grand honneur de diriger leurs travaux. Il proposait à son tour M. Perdoux, comme
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- 232
- EXPOSITION DE MILAN
- président d’honneur. A l’unanimité, et toujours par acclamation, M. Perdoux était élu et il était convenu qu’on demanderait la ratification de ce dernier vote au Comité exécutif italien.
- M. le Président demandait, ensuite, à ce qu’il fût adjoint au Jury des experts choisis dans diverses industries, lesquels pourraient être d’une très grande utilité dans la discussion de questions théoriques spéciales.
- MM. David, Halimbourg, Lolliot, Schwob, Vitoux lui paraissaient fournir à cet égard toutes les qualités requises.
- A l’unanimité, ces messieurs furent nommés experts attachés au Jury.
- Celui-ci définitivement composé de 64 membres présents et de 5 experts, M. Donckèle proposait que les Jurés suppléants fussent appelés à exercer leurs fonctions au même titre que les Jurés titulaires. Sans discussion, la proposition fut adoptée.
- Enfin, une dernière motion était présentée par M. le Président et tendait à la nomination de sous-conunissions qui opéreraient séparément, chacune dans un Groupe déterminé. Cet sous-commissions classeraient d’une façon définitive, sauf en cas de discussion où le Jury tout entier aurait alors à intervenir et à juger en dernier ressort.
- L’idée était excellente et devait permettre de faciliter singulièrement le travail. Elle fut donc adoptée d’enthousiasme, et, avant de lever la séance, il fut décidé que les différents Groupes se réuniraient tous les jours à 5 heures.
- Leur composition, qui correspondait à la classification française, était la suivante :
- SOUS-COMMISSION I: Coton, Lin, Chanvre, Laine, Corderie, Tapis.
- France
- Angleterre
- Frédérich King.
- G. Bernheim.
- Belgique
- Léonard Dekien, remplaçant
- Houget. Van Acker.
- M. Ferdinand Neyricii.
- Autriche
- Hongrie
- Emmanuel Grab.
- Jacobovitz.
- Russie
- Damiloff, remplaçant M. Stolzembourg.
- o -
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-
- Pastore.
- Katavo,
- DEUXIÈME PARTIE.
- Bulgarie
- Japon
- COMITÉS ET JURY
- Chine
- Hong-Kong-Pow.
- Italie
- Casanova,
- SOUS-COMMISSION 2: Soie,
- Alberto Clerici, Gava z zi. Gerosa.
- Anfrie.
- Brach.
- Katavo.
- Italie
- PlETRO.
- Cav. de Vecchi.
- France
- Raymond.
- Vinson.
- Japon
- 233
- SOUS-COMMISSION 3 : Dentelles, Passementerie, Broderies
- Italie
- Enriehetta Dell’Acqua. Le Comte Ernilio Goll.
- Gersamo Dolci. Jesurum.
- France
- Bequet. Sins.
- Berraud. Expert : M. David.
- Belgique
- Crespin. Lava. Neyringk.
- Autriche
- Cv. Hermann. Minkus.
- Hongrie
- Bodolfo Marffy. Alberto Vig.
- Hollande
- Brieglef. Warburg.
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- EXPOSITION DE MILAN
- SOUS-COMMISSION 4 : Confections, Couture, Équipements militaires.
- Italie
- Edgardo Calori. Angelo Capredoni. ClNOTTI.
- Marianni. Riccardo Galli.
- Perdoux.
- Raudnitz.
- Choque.
- France
- Storgk.
- H. de Vauthier. Expert : M. Halimrourg.
- Belgique
- SOUS-COMMISSION 5 : Industries diverses du vêtement.
- ?
- Italie
- Mosterts.
- France
- Brossard.
- Daniel.
- Dehesdin.
- De Langenhagen.
- Donckèle.
- Hellstern.
- Leprince.
- Experts : MM. Lolliot, Yitoux et Schwor.
- Mirtil Mayer.
- Peyrache.
- Picard.
- Raymond.
- Rey.
- Thierry.
- Belgique
- Bulgarie
- Day.
- Lefebvre.
- Thiry.
- La Sous-Commission n° 5 correspondait donc à la Classe 86 de la classification française. Rapporteur de cette dernière Classe, nous n’avons par suite à nous occuper que de la subdivision n° 5 afin de ne pas nous exposer à répéter ce que nos collègues auront déjà dit.
- Nous pouvons cependant déclarer que la plus grande cordialité n’a cessé de régner dans chacun des 5 Groupes et il nous est parti-
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- DEUXIÈME PARTIE. - COMITÉS ET JURY
- 235
- culièrement agréable de citer l’exquise courtoisie de nos collègues étrangers dont la plupart d’entre nous avaient pu d’ailleurs apprécier l’amabilité au cours des Expositions précédentes.
- Le 7 octobre, l’attribution des récompenses était déterminée dans chaque Sous-Commission et une réunion plénière de tous les Jurés ratifiait sans discussion les classements présentés. Trois jours avaient donc suffi, grâce à l’excellente méthode préconisée par M. Donckèle, pour achever un travail relativement important.
- Mais, si le rôle des membres du Jury du Groupe 42 était à peu près terminé, celui de notre président commençait à peine. Il avait à rassembler tous les classements de notre Groupe, puis aussi, ceux d’autres Classes qu’il devait également présenter devant les Jurys de Section et supérieur.
- Pendant que la plupart de nos collègues français du Jury, leur mission terminée, rentraient en France ou s’éparpillaient vers les lacs d’Italie si beaux à cette époque de l’année, M. Donckèle restait donc à Milan pour défendre jusqu’à la fin les intérêts dont il avait pris la charge. On sait le dévouement inlassable et l’énergie que notre président a exercés au cours de l’Exposition, puis devant le Jury supérieur il devait acquérir un nouveau titre à notre reconnaissance.
- Le Jury supérieur ratifia, en effet, toutes les récompenses attribuées par les Jurys de Groupe et de Section, et la Classe 86 était particulièrement favorisée.
- Notre Classe comprenait :
- France ....................
- Italie ....................
- Belgique ..................
- Bulgarie ..................
- Chine .....................
- Amérique Latine............
- Japon .....................
- Suisse ....................
- 178 exposants. 53 7
- 10
- 5
- 11
- 1
- 3
- Soit un total de................ 268 exposants.
- Sur ces 268 exposants il y a eu : Amérique latine 7, Italie 42, soit 49 exposants qui se sont réclamés d’autres Jurys (Sports ou autres) et que nous avons eu le regret de ne pas pouvoir examiner. Nous en parlerons du reste plus loin.
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- 236
- EXPOSITION DE MILAN
- Pour les 219 exposants sur lesquels le Jury a eu à statuer, voici quelles ont été les classifications :
- Hors concours, comme membres du Jury ou experts. ..... 19
- — en vertu de l’article 15............. I
- Grand Dipl. Prix d’hon(
- France t.......
- Italie .........
- Belgique .......
- Bulgarie .......
- Chine .........
- Amérique Latine
- Japon ..........
- Suisse .........
- 55
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- 2
- 1
- 24
- 3
- 2
- 1
- »
- »
- 1
- Méd.
- d’or
- 22
- 6
- »
- 2
- 1
- Méd.
- d’arg.
- 3
- 1
- 1
- 2
- Méd. Ment, de br.! hon.
- Parmi les collaborateurs le Jury a décerné : j
- Diplôme d’honneur ........................ 10
- Médailles d’or ............................ 65
- Médailles d’argent......................... 144
- Médailles de bronze......................... 88
- Mentions honorables.......... .........'.. 8
- Voici d’ailleurs la liste des récompenses décernées à là Classé 86.
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- Liste des Récompenses
- I. EXPOSANTS
- Hors Concours
- Exposant mis HORS CONCOURS en vertu de l’Art. 15 ^ 1 :
- WOLLANT.
- Exposants mis HORS CONCOURS en leur qualité d’experts-jurés, art. 16, § Lolliot, Schwob, Vitoux.
- Exposants mis HORS CONCOURS en
- Brossard.
- J--B. Daniel.
- Dehesdin et fils.
- De Langenhagen. Donckèle, Doll et Cie. Hellstern.
- D. Leprince.
- leur qualité de Jurés; art. 15, § II :
- Mirtil Mayer. Peyrache Frères.
- H. Picard.
- Raymond.
- Rey Cousins et Cie.
- Fr. Thierry.
- Diplômes de Grand Prix
- Chine
- Cie Chinesse Tonying. | Sou-Lien-Chi.
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- 238 EXPOSITION DE MILAN
- Belgique
- Fr. Crutzen. | Richard De Rooster.
- France
- Anglade et Debauge. Benoiston.
- Berthelot.
- « Belle Jardinière ».
- Biron.
- Blum.
- Boileau.
- Boisselier.
- « Bon Marché ».
- Bonnet.
- Bounaix.
- L. Brun.
- Clapin.
- Coanet.
- Collectivité Daniel. Collectivité des Fleurs artificielles.
- Collectivité des Fleurs et Plumes.
- Collectivité des Plumes fantaisies.
- Collectivité des Chaussures. De Clermont.
- Denis et fils.
- D’Ennetières.
- Dressoir, Pémartin, Pulm et Cie.
- Ducarin.
- Duboc.
- Duflot et Cie.
- Dutoict, Marlin et Cie.
- Falcimaigne.
- Guionvar.
- Hirsch et Veil.
- Hunebelle.
- Imans.
- H. Leprince.
- Fr. Liaud.
- Macdonald.
- Marchand-F[ébert.
- Hébert Marchand. Mermilliod.
- OUDINEAU.
- Parent fils et Bouchard. Pinay Leduc.
- Plantevignes.
- « Le Printemps ».
- Rousseau.
- Salaman et Cie.
- Savouré.
- Fr. SCHORESTÈNE.
- Sciama et Cie.
- Société générale de bonneterie de Troyes.
- Société « le Buse »
- Société du Caoutchouc Manufacturé.
- Veuve Tonnel et fils. Tréfousse, Goguenheim et Cie. Villeminot et Cie.
- Vimont et Linzeler.
- VlRLOUVET.
- Équateur
- Governo dell’Equatore.
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-
- DEUXIÈME PARTIE. - COMITÉS ET JURY
- 239
- Diplômes d’honneur
- Sekules, M. e Fillo. Roccatagliata Rosa.
- Kyoto Sensu Shokwai.
- Italie
- Rosenthal Heischen e Cie.
- Japon
- Borremans.
- Belgique
- I Henri Bossut.
- Bulgarie
- Antonio Arnaoudoff Chineff Sofia.
- France
- Barreiros (Mme). Bertout et Got.
- Veuve Cadolle et fils. Cambier.
- CoLLOT.
- COQUILLOT.
- CORDIER et fils.
- Démaret.
- Delmotte.
- Despréaux jeune et fils. Dheilly.
- Dusauchoy.
- « Galeries Lafayette ».
- Gérente Dalbignat et Cie. Grillet.
- Latouche jeune.
- Léon frères.
- Marquis.
- Nisseron.
- H. et G. Picard.
- Quesney.
- Schmit.
- J.-L. SCHULMANN. Torchebœuf et Cle.
- Vallée et Marion.
- Diplômes de médaille d’or
- Blancardi Italico. Billemiller et Cie.
- fECHl CATTANEO.
- E- Welti.
- Italie
- N. Fogl.
- Morandi Matteo.
- POLTRONIERI.
- Suisse
- Bulgarie
- io TIO V. Daaloff Stara Zagora.
- École Professionnelle d’Etat.
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- 240
- EXPOSITION DE MILAN
- France
- Alexandre.
- Atrux.
- Averseng.
- Bignon.
- Boisson et Cie. Boudron et Basse. Brihaye.
- Cloche et fils. Courtois.
- Croizier.
- Deschampes.
- Ferlin-Maubon,
- Fournier.
- L. Gérard.
- Lemeunier et Cie. Magnenant.
- Maier et Pfeiffer. Mantou et Cie.
- Philippe, Yiallar et Cie Plique.
- Thomas.
- Wallach et Lévy.
- Diplômes de médaille d’argent
- Italie Belgique
- Pozzi Erminia.
- George, Eugène.
- ScHLUMPF, A.
- Kousseff, G. Chr.
- !
- Camille Charles,
- Suisse
- | RÉALINI.
- Bulgarie
- | Stoil Martinoff Kazanlik.
- Franoe
- I Lalanne.
- Diplômes de médaille de bronze
- Italie
- ClVALLERIE, M.
- Bulgarie
- Gheorghi S. Angheloff ! Plovdio.
- Nicolas Draganoff.
- Dyouroff Geselkoff-Roussé. Salaman Havilioff Roussé.
- France
- Hermier.
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-
-
- DEUXIÈME PARTIE.
- COMITÉS ET JURY
- 241
- Parodi, Giovanni. Pillois, Luigi.
- Équateur
- Rendon Dott, V.-M.
- Diplômes de mention honorable
- Chine
- Cha-Vei-Fang.
- II. COLLABORATEURS
- Diplômes d’honneur
- MM. Berard, Léon (Donckèle, Doll et Cie.).
- Borel, Paul (Mirtil Mayer).
- Mnie Coltman, Pauline (Vimont et Linzeler). MM. Coltman (Vimont et Linzeler).
- Delhaye, Emile (Vimont et Linzeler). Dumontet, François (Bon Marché). Fesser, Adolphe (Liaud Fr.).
- Foulon, Léon (Dehesdin et fils).
- Gachot, Georges (de Langenhagen). Murer, Eugène (de Langenhagen).
- Cie Ying L. Fang. Chu-Shin-Pei.
- Diplômes de médaille d’or
- MM. Alers (Dressoir, Pémartin, Pulm et Cie.).
- Amand, Félix (Belle Jardinière).
- Anckaert, Jules (Ducarin).
- Auroux, Marius (Thierry Fr.).
- Beauvais, Fernand (Hunebelle).
- Mlle Binoer, Marie (Bon Marché).
- M. Blard, François (Dehesdin et fils).
- Mlle Bloch (Blum).
- MM. Boutillier, Henri (Boileau).
- 1(>
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-
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- 242 EXPOSITION DE MILAN
- MM. Boudin, Jules (Despréaux jeune et fils Mme Brunschweig (Blum).
- MM. Brunet, Georges (Rey cousins et Cie.).
- Bruche, Louis (Goguenheim).
- Bruyere, Mathieu (Liaud).
- Buchon, Alfred (Raymond).
- Chateau, Emile (Anglade et Debauge),
- Clement, Aristide (Boileau).
- Mlle Comte, Emma (Leprince).
- MM. Coulon (Vitoux-Derrey).
- Daboval, Ernest (Boileau).
- Dautremer, (Rousseau).
- Debunne, Paul (d’Ennetières).
- Desnoyers, Albert (de Clermont).
- Depardon, Victor (Dressoir, Pémart Pulm et Cie.). Mme Dijon, Joséphine (Bonnet).
- M. Diletti (Cordier).
- Mme Dolisy, Juliette (Denin et fils).
- MM. Eillieron, Eugène (Mirtil Mayer et Cie.)..
- Garfunkel, Salomon (Dressoir, Pémartin, Pulm it Cie.). Garnier, Emile (Boisselier).
- Girard, Emile (Duboc et Cie.).
- Guillaumont, Paul (Dehesdin et fils).
- Hauboldt, Ignace (Société du Caoutchouc).
- Heuzard, Raoul (Hellstern).
- Houchard, Jules (Hunebelle).,
- Mlle Kruze (Lolliot).
- Mme Lacaze (Lolliot).
- Lafauris, Octave (Anglade et Debauge).
- Mlles Lalongirdt, Marguerite (Oudineau).
- Lalongirdt, Pauline (Oudineau).
- MM. Lavaud, J.-B. (Benoiston).
- Lecomte, Alexandre (Marchand, Hébert et C e ).
- Lecoq, Ernest (Dehesdin et fils).
- Lecouve, Frédéric (Boileau).
- Lefevre, Edmond (Benoiston).
- L’Huillier (Coanet).
- Mme Limousin, Maria (Rey cousins et Cie.).
- M. Mary, Bernard (Dehesdin et fils).
- Mme Moulinier, (Bonnet).
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-
- DEUXIÈME PARTIE. - COMITÉS ET JURY
- 243
- MM. Nehlis, Chrétien (Hellstern).
- Paton, Alfred (Vitoux-Derey).
- Pichat, Charles (Mirtil Mayer),
- Plot, Emile (Benoiston).
- Proisy, Ernest (Leprince).
- Rey, Henry (Rey cousins et Cie.).
- Ribert, Louis (Société du Caoutchouc).
- Santurini, Louis (Dressoir, Pémartin, Pulm et Cie.). Saquet (Hellstern).
- Sapet, Félix (Donckèle, Doll et Cie.).
- Septier, Paul (Vitoux Derrey).
- Soulié, Jean (Dressoir, Pémartin, Pulm et Cie).
- Mme Tasset, Joséphine (Benoiston).
- MM. Tessard, Albert (Leprince et Baron).
- Tournier, Louis (Bertout et Cie.).
- Wurtz, Paul (de Langenhagen).
- Diplômes de médaille d’argent
- M. Ansard, Auguste (Vitoux-Derrey).
- Mmes Arbenz, Félicie (Plicque).
- Athanée, Louise (Grillet).
- Augendre, Louise (Rey cousins et Cie.).
- M. Ball, Joseph (Les fils de L. Picard).
- Mraes Barthélémy (Plicque).
- Baste, Caroline (Schulmann).
- MM. Bell, Louis (Blum).
- Beffrieux, Alphonse (Rey cousins et Cie.).
- Mlle Benoist, Victoire (Vimont et Linzeler). .
- M. Bergognon, Georges (Dehesdin et fils).
- Mme Berthemet, Marie (Bon Marché).
- M. Bertrand (Oudineau).
- Mlle Bloch (Schmit).
- MM. Bourdon, Victor (Schulmann).
- Bourdon, Paul (de Clermont).
- Bouveret, Ambroise (Tréfousse, Goguenheim et Cie). Braure (Marchand Hébert).
- Mmes Bresson (Dehesdin et fils).
- Brerard, Clémence (Barré).
- M Bruche, Charles (Tréfousse, Goguenheim et Cie).
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-
- 244
- EXPOSITION DE MILAN
- MM. Bruner, Aloise (de Langenhagen).
- Brunissen, Eugène (BoisselierV Carquillat, Joseph (Atrux).
- Castelain, Orner (Ducoict, Marlin et Cie.)
- Mme Cayla (Oudineau).
- MM. Charnavel, Joseph (Guionvar et Cie.). Chevallier, Eugène (Vitoux-Derrey).
- Clément, Gustave (Boileau).
- Colson, Adolphe (Vitoux-Derrey).
- Comtesse, Vital (Brihaye).
- Mlle Condé, Augustine (Rousseau).
- M. Coromat, Louis (Société de Bonneterie).
- Mmes Couronne (Dehesdin et fils).
- Dayet, Marie (Guionvar et Cie.).
- Mlle Debuisson (Galeries Lafayette).
- MM. Deffault, Eugène (Ferlin Maubon).
- Déjean, Léon (Rey cousins et Cie.).
- Delterme, Charles (Lagel).
- Deschamps (Boileau).
- Despriet (Monquignon).
- Devron, Ernest (Donckèle Doll et Cie.).
- Dodin, Edouard (Tréfousse, Goguenheim et Cie). Dourlet (Torchebœuf).
- Mme Doit (Bacquet).
- Mme Dubreuil, Aimée.(Plantevignes).
- MM. Ducoudray, Henri (Donckèle, Doll et Cie.).
- Dubare, Louis (Anglade et Debauge).
- Mmes Dubois, Marie (Bon Marché).
- Dupuis, Marie (Vimont et Linzeler).
- Eillieron, Elisa (Mirtil Mayer et Cie.).
- Escribe, Clémence (Liaud frères).
- MM. Falempin, Joseph (Hunebelle).
- Favier, Auguste (Tréfousse, Goguenheim et Cie). Ferapia, Edmond (de Langenhagen).
- Mme Ferrand, Isabelle (Averseng).
- MM. Gallois, Alexandre (Guionvar).
- Gascard, Léon (Rousseau).
- Gattefosse, Louis (Vitoux-Derrey .
- Mme Gérard (Benoiston).
- M. Geoffroy, Victor (de Langenhagen).
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- DEUXIÈME PARTIE. ---- COMITÉS ET JURY 245
- Mme Germain-Bailly (Germain Bailly).
- MM. Gexer, Armand (Les fils de L. Picard).
- Gibre, Maurice (Bacquet).
- Gobier, Pierre (Barré).
- Goubault, Ernest (Vitoux-Derrey),
- Guerdet, Eugène (Plicque).
- Guenin, Camille (Vitoux-Derrey)
- Guibon, Jules (Thierry frères).
- Guillemont, Clovis (Boisselier).
- Mmes Grisouard (Magnenant).
- Grillet, Marie-Louise (Société du Caoutchouc).
- MM. Haderer, J.-B. (Nisseron).
- Haunaire, Paul (Société de Bonneterie)
- Hecquet, Philippe (Duboc et Cie.).
- Mme Hubin, Pauline (Dusauchoy).
- MM. Houssiaux (Mirtil Mayer).
- Hugo (Schmit).
- Humblot, Art. (Tréfousse, Goguenheim et Cie).
- Jodin, Pierre (Anglade et Debauge).
- Jodeau, Prosper (Léon).
- Jourdain, Georges (Hunebelle).
- Kloze, Robert (Villeminot).
- Lablanche, Joseph (de Langenhagen)
- Laffray, Victor (Latouche Lang, J.-B. (Plantevignes).
- Lagoutte (Thomas).
- Larcheveque, Marcel (Germain Bailly).
- Lecomte, Victor (d’Ennetières).
- Lecuillier, Philippe (Tréfousse, Goguenheim et Cie)* Legeay (Deshedin et fils).
- Mlle Le Rolland, Maria (Barré).
- MM. Levasseur, Edouard (Picard et Minier).
- Lhote, Gilles (Moors).
- Lindinier (Les fils de L. Picard).
- Maguestiaux, Emmanuel (Brihaye).
- Marchand, Louise (Dutoict Marlin et Cie.).
- Marion, Palmyre (Donckèle Doll et Cie.).
- MM. Martin (Marquis).
- Masson, Michel (Peyrache frères).
- Mme Mauget, Hermance (Boisselier).
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- EXPOSITION DE MILAN
- Mlle Math, Eugénie (Les fils de Picard).
- M. Mathieu, Louis (Nisseron).
- Mmes Mathieu, Hermance (Nisseron).
- Mignot, Angélina (Boileau).
- MM. Moigeon, Albert (Croizier).
- Moriau, Claude (Raymond).
- Moura, Joseph (Raymond).
- Naudin, Jean (Denis et fils).
- Paire, Louis (Rey cousins et Cie.).
- Papigny, Auguste (Voilant).
- Mmes Pernot (Chandelet).
- Peron, Jeanne (Torchebœuf).
- Mlle Perrin, Augustine (Picard et Minier).
- Mme Perrot, Clémence (Raymond).
- M. Pierre, François (Collot).
- Mme Pinot (Société du Caoutchouc).
- MM. Pianiguier, (Leprince et Baron).
- Predos, Gustave (Monquignon).
- Mlle Provost, Jeanne (Vimont et Linzeler).
- MM. Pont, François (Guionvar).
- Raffy, Victor (Cyr Robert).
- Rastrelli, Pierre (Rey cousins et Cie.). Roudolff, Nicolas (Anglade et Debauge). Royer, Emile (Tréfousse, Goguenheim et Cie.). Saintot, François (Ferlin Maubon).
- Schmitt, Aloise (de Langenhagen).
- Simon, Léon (Ferlin Maubon).
- Mme Stahl, Marie (H. et G. Picard.).
- Mlle Sylvestre, Marthe (Démaret).
- MM. Terral, Paul (Plantevignes).
- Thomas (Tréfousse, Goguenheim et Cie.).
- Mme Thuillier (Dehesdin et fils).
- MM. Varlet (Lavanoue).
- Ven da Ville (Benoiston).
- Venot, Albert (Brossard).
- Vens, Charles (Ducarin).
- Vermande (Ferlin Maubon).
- Vigneron, Jacques (Boisselier).
- Mme Vivier (Villeminot).
- M. Wurtz, Jean (de Langenhagen).
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- DEUXIÈME PARTIE. - COMITÉS ET JURY
- MM. Watrin, Mathieu (Bailly).
- Yung, Martin (Leprince).
- Mme Zimmer, Sidonie (Grillet)-
- Diplômes de médaille de bronze
- MM. Belloir, Joseph (Berthelot).
- Berthe, Albert (Société du Caoutchouc).
- Bigot, Paul (Belle Jardinière).
- Mlles Bigot (Schmit).
- Blotière, (Magnenant).
- Mme Bodesache (Grillet).
- MM. Bois, Joseph (Raymond).
- Boisset (Atrux).
- Mme Boutinon, Lucie (Barreiros).
- M. Boucher, Emile (Hunebelle).
- Mme Bordot, Hermance (Donckèle Doll et Cie.).
- Mlle Capiez, Jeanne (Barreiros).
- Mme Caron (Dehesdin et fils).
- MM. Callard, Emile (Leprince).
- Champion (Pierre).
- Mme Charles (Dehesdin et fils).
- MM. Charnavel, Félix (Guionvar).
- Ciappi, César (Mermilliod).
- Mme Coquiau, Julie (Alexandre).
- MM. Corius (Coanet).
- Crognier (Société du Caoutchouc).
- Deloras, Antoine (Dressoir, Pémartin, Pulm et Cie.) Derogy, Société du Caoutchouc.
- Mlle Desmadrille, Célina (Dutoict Marlin.et Cie.).
- M. Dillon (Schmit).
- Mmes Domaine (Denis et fils).
- Doute (Coanet).
- Dujardin-Duhem (Dutoict Marlin et Cie.).
- Duclos (Rey cousins et Cie.).
- M. Dussel (Coblot).
- Mmes Fournier (Schmit).
- Ganda (Lagel).
- M. Gantiez, P. (Torchebœuf).
- Mlle Gantiez, P. (Torchebœuf).
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- EXPOSITION DE MILAN
- MM. Gaymard, Eugène (Magnenant).
- Gérard, Jules (Hunebelle).
- Girard. Eugène (Ducob et Cie.).
- Girard, Th. (Guionvar).
- Giraud (Dressoir, Pémartin, Pulm et Cie.).
- Mme Gry (Coanet).
- MM. Guillot, Alfred (Raymond).
- Henrich (Coanet).
- Henry (Coanet).
- Herbin, Léon (Lalaenn).
- Herpin (Magnenant).
- Mlles Jouinot, Charlotte (Barreiros).
- Kero (Lagel).
- MM. Lebroc, Charles (Benoiston).
- Lecante (Schmit).
- Legras (Nisseron).
- Mlles Legros, Gabrielle (Torchebœuf).
- Lemay, Marguerite (Latouche).
- Lillet, Marthe (Barreiros).
- Mme Locheron (Coanet).
- MM. Maene, Jean (Dressoir, Pémartin, Pulm et Cie.). Maillard, Louis (Cordier et fils).
- Marcoup, Gustave (Cordier et fils).
- Mart (Magnenant).
- Magnoux, J. (Raymond)
- Marbach (Coanet).
- Martin, Ernest (Marquis).
- Marquini (Coanet).
- Martinel, Frédéric (Vanier).
- Mathis (Coanet).
- Mme Michau, Caroline (Grillet).
- Mlles Moupeyrat, Jeanne (Plicque).
- MM. Molinard, Louis (Raymond).
- Moncollin (Coanet).
- Mme Moutier, Emilie (Hermier).
- Mauchbaur, Joséphine (Coanet).
- MM. Palliet (Dehesdin et fils).
- Mlle Pauchet (Alexandre).
- Mme Peulie (Dehesdin et fils).
- M. Perret (Raymond).
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- DEUXIÈME PARTIE. ----- COMITÉS ET JURY
- Mme Quebert (Villeminot).
- MM. Reffier, Prudent (Duboc et Cie.).
- Robert, Léon (Ferlin Maubon).
- Saguez (Mermilliod).
- Santo, Grégoire (Dressoir, Pémartin, Pulm et Cie.). Mme Scherrier (Coanet).
- MM. Sorrel, Charles (Raymond).
- Thimes (Coanet).
- Thierry, Léon (Belle Jardinière).
- Vazelle, Paul (Dressoir, Pémartin, Pulm et Cie.). Mlle Viel, Christiane (Donckèle Doll et Cie.).
- M. Verdan, Frédéric (Latouche).
- Mlle Vieillesaczes, Célina (Barreiros).
- M. Vindran (Croirier).
- Diplômes de mention honorable
- MM. Albi, Henri (Coanet).
- Feuillard, André (Société du Caoutchouc).
- Mme Forestier (Société du Caoutchouc).
- Mlle Paees, Marie (Société du Caoutchouc).
- M. Poirot, Ludovic (Lemeunier).
- Mme ScHAUFFELBERGER (Grillet).
- Mlle Thuault (Barreiros).
- M. Vian (Raymond).
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- Rapport de M. le Commissaire général
- Nous sommes très heureux de pouvoir publier ici le rapport de M. Jozon, qui a paru au moment où le nôtre était à l’impression, et nous croyons que ce document précieux sera le plus intéressant de tous ceux que nous avons eu la bonne fortune de nous procurer :
- MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE Exposition Inteiinationale de Milan
- RAPPORT
- Adressé par le Commissaire général du Gouvernement français au Ministre du Commerce et de l’Industrie
- L’Exposition internationale de Milan a été inaugurée solennellement par le Roi et la Reine d’Italie le 28 avril 1906. Elle occupait une superficie de plus de 100 hectares dont le tiers environ couvert de constructions; elle a reçu jusqu’à la fin d’octobre plus de 9 millions de visiteurs et a été close le 11 novembre 1906.
- Cette Exposition, bien qu’embrassant un grand nombre d’industries et présentant une importance considérable, ne s’étendait pas à toutes les branches de l’activité humaine : elle comprenait seulement les Sections suivantes :
- Transports par terre. Aéronautique. Métrologie.
- Transports maritimes et fluviaux.
- Prévoyance.
- Arts décoratifs.
- Galerie du travail pour les arts industriels.
- Pisciculture.
- Agriculture.
- Hygiène.
- Et Expositions temporaires spéciales, produits farineux, conserves,
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- vins et eaux-de-vie, sirops, boissons diverses, produits chimiques, parfumerie, armes de chasse, photographie, instruments de musique,- et bimbeloterie.
- Elle a organisé en outre de nombreux concours agricoles.
- 15 nations comprenant toute l’Europe, une partie des deux Amériques, la Chine et le Japon étaient représentées.
- Les exposants français, au nombre de 3.900 formaient environ le septième du nombre total des exposants. Le tableau fourni plus loin montre qu’ils ont obtenu plus du tiers des Grands prix (753 sur 2.192) et que, comme nombre total des récompenses (2641), ils ne sont dépassés que parles Italiens qui étaient chez eux et avaient un bien plus grand nombre d’exposants.
- Si l’on ne considère que les nations étrangères, on voit que la France arrive en tète avec trois fois plus de récompenses que la Belgique, quatre fois plus que l’Allemagne et que la Suisse, sept fois plus que l’Angleterre, qui était peu représentée, et qu’elle laisse plus loin encore les autres nations.
- Les exposants français ont donc brillamment continué la série des succès qu’ils avaient remportés dans les Expositions précédentes et récemment encore à Saint-Louis en 1904 et à Liège en 1905.
- Je joins à ce rapport les listes détaillées des récompenses obtenues par la France, et un tableau donnant les chiffres totaux pour les autres nations. Ces récompenses ne concernant que les exposants proprement dits.
- Les récompenses destinées aux collaborateurs seront publiées un peu plus tard.
- En tête des listes des récompenses, figure la liste des jurés qui, aux termes de l’article 15 du règlement, sont classés hors concours et assimilés aux exposants ayant obtenu des Grands prix.
- Paris le 7 mai 1907.
- Le Commissaire général du Gouvernement français.
- M. JOZON.
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- I
- Tableau récapitulatif des Récompenses décernées aux Exposants français
- INDICATION DES SECTIONS Nombre d’exposants Exposants hors concours Art. 15 du règlement Jurés, etc... RÉCOMPENSES Total des Récompenses
- 1 Grands Prix Dipl. d’Honneur j Médailles d’or Médailles d’argent! Médailles bronze | Mentions honor. | Diplômes de Bon Mérité | Médailles diverses
- ! Individuels | Collectifs ^
- Transports par terre 345 33 98 114 53 51 38 8 2 )) )) 266
- Transports maritimes et fluviaux 49 )) 13 11 4 4 5 » 1 » » 25
- Prévoyance 391 34 38 102 75 98 64 24 6 )> » 369
- Arts décoratifs 592 430 114 235 121 97 40 18 16 » » 527
- Galerie du Travail 28 » 9 8 1 6 » 1 » » 0 16
- Pisciculture 26 » 7 4 4 5 1 2 » » )) 14
- Agriculture 247 334 39 95 55 70 56 4 2 » 5 287
- Hygiène 138 91 9 13 11 13 12 3 1 70 » 123
- Expositions temporaires spéciales .... 471 642 69 171 117 139 127 45 19 )) » 618
- Rétrospective des Transports 50 (a) (a) (a) («) [a) [a) (a) (a {a) (a) («)
- Totaux . 2.337 1.564 396 753 441 481 343 105 47 70 5 2.245
- 3.901
- (a) Cette Section ne concourait pas pour les Récompenses.
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- II
- Tableau récapitulatif des Récompenses décernées aux Nations participantes
- NATIONS Hors Concours Grand Prix Diplôme d’Honneur Médaille d’or Médaillé d'argent Médaille DE BRONZE Mention HONORABLE Totaux par Nations Y COMPRIS LES II. C.
- France * 396 753 441 481 343 * 105 122 2.641
- Italie 547 523 520 1.236 1.077 589 300 4.792
- Belgique 202 241 151 150 111 38 8 901
- Allemagne 124 199 102 125 63 34 23 670
- Suisse 83 77 77 158 130 59 19 603
- Angleterre 53 97 54 98 53 20 8 383
- Hongrie 49 55 36 74 48 10 17 289
- Autriche 68 60 29 45 20 10 3 235
- Bulgarie 19 16 30 53 63 25 3 209
- Russie 24 42 13 52 40 12 4 187
- Amérique Latine 5 27 22 50 16 11 5 136
- Etats-Unis 7 29 27 34 15 11 1 124
- Japon 10 11 12 22 16 1 )) 72
- Hollande 20 17 14 3 13 2 2 71
- Chine 11 13 5 20 7 )) 3 59
- Autres Nations 9 32 21 47 21 3 7 140
- Totaux 1.627 2.192 1.554 2.648 2.036 930 525 11.512
- "v .
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- Troisième Partie
- lia situation eommereiale
- de la Franee en 1906 lies industries de la Classe du Vêtement à l’Exposition de IVIilan Les vitrines des exposants.
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- TROISIÈME PARTIE
- La situation commerciale de la France en 1906 Les industries de la Classe du Vêtement à l’Exposition de Milan Les vitrines des exposants.
- Bans la première et la seconde partie de ce rapport, nous nous sommes appliqué à mettre le lecteur au courant des principaux faits qui se manifestèrent à l’occasion de l’Exposition internationale de Milan, depuis le jour où fut décidée la participation de la France jusqu’à l’heure où s’éteignit la dernière lumière de la fête offerte à notre président M. Donckèle, en reconnaissance des éminents services qu’il avait rendus à notre Classe.
- Il nous faut maintenant, pénétrer dans la partie technique de notre travail. Ce n’est plus un récit qu’il nous faut faire, en nous laissant guider par le souci d’intéresser le lecteur, il faut que nous examinions la situation commerciale de la France, que nous la comparions avec celle des autres nations pour l’année 1906.
- Ce sera là le premier chapitre de notre troisième partie. Après ce travail, nous examinerons chacune des industries qui étaient représentées à notre Classe. Nous nous efforcerons, dans la mesure de nos forces, de compléter l’œuvre de ceux qui nous précédèrent comme
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- I
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- EXPOSITION DE MILAN
- rapporteurs et dont les travaux remarquables nous ont été d’un précieux concours.
- Afin de donner la plus grande clarté possible à notre œuvre, nous avons examiné dans un chapitre spécial toutes les questions historiques, économiques et sociales qui intéressent, en particulier, une industrie déterminée.
- Ainsi, le chapitre consacré à la bonneterie comprend l’historique de l’industrie, la fabrication, la situation actuelle du commerce, les exposants, la situation des patrons et des ouvriers.
- Nous avons pensé, en adoptant cette classification, rendre plus faciles les recherches de nos collègues, lorsqu’ils auront le désir de se rendre compte de la situation générale de leur industrie.
- Dans un même chapitre, ils trouveront réunis tous les renseignements de nature à les intéresser.
- Enfin dans un chapitre spécial nous nous sommes réservé le soin d’étudier les questions qui sont communes à toutes les industries de notre Classe.
- Les principaux soucis qui nous ont guidé au cours de ce travail sont le désir d’être sincère, de renseigner fidèlement le lecteur et de mettre assez de netteté dans notre rédaction pour qu'il ne soit point nécessaire d’efforts pour se rendre compte du véritable sens de notre jugement.
- Nous espérons que nous avons atteint ce résultat et qu’en tous cas, il nous sera tenu compte de notre bonne volonté.
- LA SITUATION COMMERCIALE EN 1906
- I
- En 1906, le commerce extérieur de la France a porté sur une valeur totale de 10 milliards 893 millions; celui de l’Angleterre, 26 milliards 950 millions; celui de l’Allemagne, 17 milliards 760 millions; celui des États-Unis, 15 milliards 184 millions ; celui de T Italie, 4 milliards 790 millions.
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- TROISIÈME PARTIE. ---- INDUSTRIE DE LA BONNETERIE 259
- - L’année 1906 datera dans les annales commerciales du monde entier. Non seulement le chiffre d’affaires de tous les pays s’est accru dans de grandes proportions, mais toutes les industries ont été surchargées de commandes à des conditions très rémunératrices.
- Si l’on compare les chiffres de l’année 1906 à ceux de l’année précédente on constate, en chiffres ronds, une augmentation de 2 milliards pour l’Angleterre, de 1 milliard et demi pour l’Allemagne, de
- I milliard 700 millions pour les États-Unis, de 627 millions pour la France et de 457 millions pour l’Italie.
- • Si l’on envisage la période décennale qui s’achève, on constate que de 1897 à 1906 le commerce extérieur total s’est développé dans tous les pays, sauf en Espagne.
- Le progrès des exportations a été supérieur à celui des importations aux États-Unis, aux Indes-Anglaises, au Japon, en Angleterre, en Autriche. Un fait inverse s’est produit en Allemagne, en Chine, en Italie, au Canada, en Egypte, en Suisse et en France.
- La réduction en Espagne a été plus forte sur les exportations que sur les importations.
- Au point de vue spécial de la situation de la France, si notre activité commerciale a progressé, en tant que valeur intrinsèque, elle a au contraire diminué relativement aux autres grands pays.
- Nous occupions naguère le second rang dans l’importance des affaires extérieures, l’Angleterre seule nous dépassait; aujourd’hui 1-Allemagne et les États-Unis nous devancent, nous n’occupons plus que le quatrième rang.
- De 1897 à 1906 notre commerce d’exportation a progressé vers la Belgique, l’Allemagne, l’Angleterre, les États-Unis, l’Algérie, la Suisse, l’Italie, la République-Argentine, la Tunisie, la Russie, ^Égypte, l’Espagne, l’Indo-Chine, La Turquie et les Pays-Bas.
- II a diminué avec le Brésil
- Parmi les nations qui, actuellement, nous prennent plus de marchandises qu’elles ne nous en envoient, il faut citer, l’Angleterre, la Belgique, la Suisse, l’Algérie, l’Italie, l’Allemagne, Madagascar, le Portugal, la Tunisie, le Danemark, le Mexique, la Colombie, la Grèce, la Guyane française.
- Comme le fait remarquer justement M. Picard, le distingué président de la Commission permanente des valeurs de douane, au contraire, nous achetons plus que nous ne vendons aux Indes Anglaises, à la Russie, aux États-Unis, à la République Argentine, à la Chine, à la Confédération Australienne, au Japon, à la Suède, au Brésil, au
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- EXPOSITION DE MILAN
- Chili, à la Turquie, aux Indes Néerlandaises, à l’Espagne, à F Autriche-Hongrie, à la Norvège, à l’Uruguay, à la Roumanie, à Haïti, à la République Dominicaine, à Saint-Pierre et Miquelon, aux Pays-Bas, ou Philippines, aux Établissements français de l’Inde, aux colonies anglaises de l’Amérique, au Yénézuéla, aux possessions anglaises d’Afrique, au Congo, au Sénégal et aux autres Établissements français de la côte occidentale d’Afrique, au Pérou, à la Régence de Tripoli, au Maroc, à la Guadeloupe.
- Considérée dans ses résultats d’ensemble, l’année 1906 a été, comme nous le disions plus haut, favorable au commerce et à l’industrie de la France.
- Nos échanges sont passés de 9.646 millions en 1905, à 10.893 millions en 1906, bénéficiant ainsi d’une plus-value de 1.247 millions.
- Cette plus-value s’est inégalement répartie entre les importations et les exportations : en même temps que les premières augmentaient de 848 millions, les secondes s’élevaient de 398 millions.
- L’accroissement de nos achats a d’ailleurs porté pour la plus large part sur les matières nécessaires à l’industrie et celui de nos ventes sur les objets fabriqués.
- Nous ne saurions nous dissimuler les difficultés redoutables avec lesquelles la France est aux prises et qui tendent à enrayer son expansion commerciale.
- La lutte commerciale entre les nations vieilles ou jeunes prend chaque jour une âpreté croissante, et désormais la puissance mondiale se disputera beaucoup plus sur les marchés internationaux que sur les champs de bataille.
- Faut-il citer, comme une des principales difficultés avec lesquelles nous devons nous habituer à lutter, F avènement des peuples jeunes, autrefois tributaires de quelques nations particulièrement avancées, aujourd’hui producteurs eux-mêmes, employant un outillage perfectionné, mettant à profit l’expérience de leurs devanciers, bénéficiant presque toujours d’une main-d’œuvre économique, secouant la tutelle séculaire de l’étranger, marchant à la conquête de leur émancipation industrielle, cherchant d’abord à se suffire à eux-mêmes et bientôt débordant au delà de leurs frontières, mettant toute leur activité à accaparer, à leur tour, les marchés extérieurs ?
- Est-il nécessaire également de parler du régime de protection inauguré ou consolidé par la plupart des gouvernements? Les États se sont à F envi entourés de murailles douanières, afin de réserver le
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- marché intérieur aux produits indigènes et de faciliter l’éclosion d’industries nouvelles.
- Une telle politique devait nécessairement être préjudiciable aux nations exportatrices, fermer des débouchés antérieurement ouverts à leur commerce, leur susciter même dans l’avenir des concurrences extérieures préparées à l’abri des ceintures de défense.
- Nous devons citer encore le fardeau de la défense nationale, absorbant tant de capitaux et enlevant tant de bras aux travaux féconds de la paix.
- Le seul énoncé des chiffres que nous avons publiés suffît à attester l’étendue des efforts des producteurs et des négociants français, à témoigner de leur énergie, de leur ténacité, de leur initiative et de leur habileté.
- La leçon qui se dégage des Expositions internationales auxquelles la France a participé en ces dernières années, c’est l’incontestable supériorité de la fabrication française.
- A l’Exposition internationale de Milan, particulièrement, cette supériorité s’est affirmée avec un éclat sans précédent.
- Aussi, notre meilleur champ d’activité demeure la production de tous les articles dans la confection desquels il entre de l’art ou du goût (1). Notre rôle dans le commerce international est donc tout indiqué; nous devons donner nos meilleurs soins au développe nient des industries grandes et petites, qui exigent ou même seule ment comportent une part ou une parcelle d’art ou du cachet de la mode.
- C’est à la France qu’on s’adresse lorsque l’on veut des objets de première qualité.
- On a écrit que nous étions les banquiers du monde, on aurait pu également dire que nous sommes les fournisseurs attitrés de toute la riche clientèle internationale.
- Nos articles de modes, nos fleurs artificielles, nos confections pour dames, notre lingerie, nos articles de bonneterie et de ganterie, partout sont recherchés par la clientèle qui n’a pas besoin d’économiser et qui tient à la belle qualité des produits.
- Pour le développement de toutes ces industries de luxe, qui semblent plus particulièrement adaptées aux qualités de notre race, nous sommes admirablement secondés par notre climat tempéré
- (1) Voir un remarquable article de M. J. Siegfried, Revue des Deux-Mondes, 1906. « L’expansion commerciale de la France. »
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- et par l’attrait incomparable que notre pays exerce sur tous les étrangers.
- Deux questions ont été posées. Devons-nous diriger notre production du côté des acheteurs riches, qui consomment moins mais qui payent bien, ou bien devons-nous l’orienter vers la grosse consommation, qui achète plus mais paye bon marché ?
- Il apparaît tout d’abord que loin de chercher à diminuer la valeur de notre production, nous devons au contraire profiter du grand développement de richesses qui se fait dans le monde entier.
- Ceux qui parviennent à la fortune sont naturellement tentés par les objets luxueux, ayant un réel cachet artistique.
- Mais, tout en favorisant principalement notre commerce de luxe, nous pouvons également tenter de nous créer des débouchés nouveaux pour une fabrication courante.
- La faveur du public s’oriente chaque jour davantage vers des articles moins chers et plus facilement renouvelables. Les temps sont passés où l’on se transmettait, de générations en générations, les mêmes vêtements.
- La femme, de condition même très modeste, exige d’avoir plusieurs robes dans le cours de la même année. Peu lui importe la qualité et la durée, ce qu’elle estime surtout, c’est la quantité. Elle compte sur son ingéniosité, ses qualités natives d’élégance, surtout à Paris, pour donner du « chic » à ses vêtements.
- La femme moderne possède l’art du « trucage»; avec un bout de ruban, un article de lingerie, elle transforme souvent d’agréable façon, un objet, n’ayant en réalité aucune valeur, mais auquel elle sait donner de l’apparence.
- Nous avons l’amour du goût, c’est une qualité de notre race, et la société moderne a inventé le goût à bon marché. Il est rare de rencontrer dans nos rues une personne dont le costume forme un assemblage disparate. On la remarque et elle est obligée de subir les réflexions désobligeantes de la foule amusée.
- Nous ne devons donc pas nous désintéresser de cette multitude de clients qui feraient le meilleur accueil à nos produits, s’ils pouvaient devenir accessibles à toutes les bourses.
- Malheureusement, il faut convenir que nous sommes dans d’assez mauvaises conditions pour entreprendre la fabrication d’articles à bon marché : le taux des salaires, le prix élevé de la vie, en France, certaines mesures législatives mêmes sont des obstacles assez difficiles à surmonter.
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- II
- Si, laissant de côté les considérations générales sur la situation commerciale en 1906, nous abordons l’examen spécial des industries du vêtement, nous sommes amenés à faire les constatations suivantes.
- L’industrie du vêtement a donné lieu, en 1906, à une importation de 67.519.700 francs, contre 60.054.500 francs en 1905, soit un boni pour 1906 de 12 %.
- L’exportation nous fournit les chiffres suivants pour 1906, 340.365.100 francs, contre 298.886.400 francs en 1905, soit en faveur de 1906 une augmentation de 14 %.
- En 1905, les exportations et importations réunies formaient un total de 358.940.900 francs.
- En 1906, elles atteignaient 407.884.800 francs.
- Les industries de la bonneterie, passementerie, tulles, dentelles, broderie, ont été particulièrement favorisées. L’importation qui était en 1905 de 52.030.800 francs, en 1904, de 46.594.500 francs, a atteint en 1906, 58.354.500 francs.
- L’exportation s’est élevée bien plus encore, passant de 151.084.400 francs en 1905, de 129.708.700 francs en 1904, à 197.971.000 francs en 1906.
- L’industrie de la confection proprement dite, c’est-à-dire la confection pour homme et pour femme, la lingerie, la cravate confectionnée, les corsets, les articles confectionnés, a été moins favorisée que la branche dont nous venons de parler.
- L’importation passe de 8.023.700 francs en 1905, à 9.165.200 francs en 1906, soit un boni de 41 %.
- A l’exportation, nous constatons un recul. Nous avons 142.393.200 francs en 1906, au lieu de 147.802.000 francs en 1905. Mais il est bon de remarquer que le chiffre de ces exportations en 1906 est supérieur à celui de 1904, qui s’élevait à 122.785.000 francs.
- Les chapitres spéciaux que nous avons consacrés à chacune des industries qui rentraient dans le cadre de notre Classe, contiennent, ainsi que le lecteur pourra en juger, tous les éléments de renseignements nécessaires à établir leur situation véritable.
- La Classe 20, dans le groupe des industries diverses du Vêtement,
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- comprenait les articles suivants : Agrafes, Bonneterie (de coton, de lin, de laine et de soie), Boutons, Buses, Chapeaux, Chaussures, Cheveux, Corsets, Cravates, Éventails, Fleurs artificielles, Gants de peau, Lingerie (objets fabriqués), Parapluies, Plumes de parure, Tissus élastiques, Tresses de paille, Vêtements en tissus élastiques.
- Ce sont donc ces diverses branches industrielles que nous allons maintenant étudier.
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- L’Industrie de la Bonneterie
- HISTORIQUE
- FABRICATION. — MAIN-D’OEUVRE. — COMMERCE
- est impossible de parler de l’industrie de la bonneterie, sans citer les remarquables rapports présentés par M. Mor-tier, au Ministère du Commerce, à l’occasion des Expositions universelles de Paris 1889 et 1900.
- Les travaux de l’honorable président de la Chambre de Commerce de Troyes présentent le double intérêt d’avoir été écrits par un industriel compétent et par un érudit.
- Non seulement les recherches et les connaissances pratiques de M. Mortier nous ont été d’un précieux concours pour la rédaction de cette partie de notre rapport, mais nous ne saurions trop remei-cier notre savant collègue pour l’empressement et la bienveillance qu’il a mis à nous communiquer des notes complémentaii es qui nous ont permis de présenter aux lecteurs un travail complet sm l’industrie de la bonneterie.
- Nous tenons également à remercier MM. Vitoux-Derrey, Savoure et Villeminot de la part de collaboration qu ils ont bien voulu pien dre à ce travail.
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- II
- Quand un objet est reconnu aujourd’hui comme étant de première nécessité, qu’il est universellement adopté par tous les peuples civilisés du globe, on a peine à croire que son origine ne se perde pas dans la nuit des temps.
- Si l’on considère, en effet, le merveilleux perfectionnement de l’outillage des industries de la bonneterie, il ne semble pas que l’invention du métier mécanique remonte tout au plus à trois cents ans.
- Dès la plus haute antiquité, le tricot était connu. Le musée du Louvre possède des chaussons tricotés découverts en Égypte, lors des fouilles de Champollion.
- En France, les premiers documents écrits que nous possédons, révélant l’existence du tricot, remontent au xvme siècle.
- Le tissu tricoté est produit par l’enchevêtrement de boucles ou mailles qui peuvent glisser les unes sur les autres, et à la formation desquelles un seul fil suffit : cette mobilité relative des mailles donne au tissu sa souplesse et son élasticité.
- Jusqu’aux dernières années du xvie siècle, le bonnetier travaillait exclusivement à la main : quatre aiguilles en os, en fer, en acier ou en bois constituaient tout son outillage.
- La France, l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne, la Suisse et l’Allemagne produisaient des articles tricotés. A leur industrie première du bonnet, du gant, des mitaines et autres appartenances, les bonnetiers avaient joint vers le milieu du xvie siècle celle des bas tricotés, objets de luxe plutôt que de nécessité.
- C’est exactement en 1564 que l’Anglais William Rider fit tricoter à Y aiguille la première paire de bas, en Angleterre.
- III
- L’apparition du métier mécanique devait inspirer les plus vives craintes aux travailleurs manuels. Ceux-ci se voyaient déjà dépos-
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- sédés d’un état qui les faisait vivre, et leurs alarmes d’une part, l’indifférence des patrons de l’autre, devaient imposer les pires épreuves à l’auteur de cette admirable découverte, car on s’accorde à le faire mourir dans la misère.
- Ce n’est malheureusement pas un cas isolé, la plupart (pour ne pas dire tous) des hommes de génie qui furent les véritables auteurs des révolutions que la mécanique devait faire subir à l’industrie, au commerce et à l’agriculture, moururent victimes de la sottise des ignorants.
- De nos jours, plus d’un quart de siècle après l’application de la loi sur renseignement obligatoire, à une époque même où la science mécanique est maîtresse absolue de la production, nous voyons encore un grand nombre de travailleurs manuels prétendre interdire aux patrons l’emploi de machines, sous prétexte qu’elles leur font une concurrence redoutable.
- Les moins exigeants des « défenseurs-nés » des droits de l’ouvrier ont la simple prétention de réglementer par une « bonne! » loi, bien entendu, l’usage des machines dans les ateliers.
- Si, à une époque où onze heures suffisent pour franchir les huit cent soixante-deux kilomètres qui séparent Paris de Marseille, de tels raisonnements ont encore des partisans nombreux dans le monde des travailleurs, on conçoit facilement que des ouvriers du xvie siècle aient peu favorisé le développement des métiers à tricoter.
- L’inventeur du métier mécanique à bas fut des plus mal servi par les événements, car l’Histoire, cette grande réparatrice des injustices du Passé, voulant le venger de l’ingratitude de ses contemporains, ne sait encore à qui distribuer la gloire de cette merveilleuse invention.
- L’Angleterre et la France ont chacune leur inventeur et réclament la honte d’avoir méconnu le génie d’un de leurs enfants et le droit de s’enorgueillir de son invention.
- Le martyr anglais serait un certain révérend William Lee, du comté de Nottingham, qui en 1589 aurait inventé le métier mécanique à bas; découragé par l’indifférence de ses concitoyens, il aurait accepté les propositions du grand ministre français Sully, serait venu s’établir à Rouen, où il aurait fondé une manufacture, mais après des alternatives de succès et de déboires, il serait mort dans la misère vers 1620.
- Quant à la France, elle ne connaît même pas le nom de sa victime.
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- On s’accorde généralement à dire que c’était un serrurier, ou plutôt un mécanicien bas-normand, et que ce grand homme mourut à l’Hôtel-Dieu de Paris, vers la fin de l’année 1690.
- IV
- Dans ses remarquables rapports sur la Bonneterie aux Expositions universelles de 1900, M. A. Mortier a étudié avec un soin tout particulier les titres du candidat français et de son concurrent.
- La conclusion qu’il a pu extraire des documents historiques qu’il a consultés à la Bibliothèque nationale et aux Archives lui a permis d’avoir la certitude que l’honneur de l’invention revient bien à l’Angleterre.
- William Lee, pasteur à Woodborough serait donc le réel inventeur du métier mécanique à bas. Après sa mort, les ouvriers de sa manufacture de Rouen seraient retournés en Angleterre et auraient contribué à faire de Londres un grand centre de production mécanique de la bonneterie.
- Appréciant mieux la valeur du nouveau métier, l’Angleterre en aurait interdit l’exportation sous peine de mort.
- D’après notre collègue, M. Mortier, il y a lieu d’ajouter toute créance à l’assertion de Voltaire écrivant, dans le Siècle de Louis XIV, que le ministère acheta en Angleterre le secret de cette machine ingénieuse qui fait le bas dix fois plus promptement qu’à l’aiguille.
- Dans son rapport de 1889, notre collègue n’avait pu accepter l’affirmation de Voltaire « qui tombe, disait-il aussi, devant l’examen des dates ».
- L’honorable rapporteur de 1900 suppose que le secret du métier mécanique a été rapporté en France par un de nos compatriotes, le bonnetier Hindret, qui connaissait les produits de la fabrication anglaise et pouvait apprécier, mieux que personne, les services que celle-ci pouvait rendre.
- « Hindret, écrit-il, a été l’agent du ministère, de Colbert très probablement, pour aller acheter en Angleterre les dessins du métier à bas. Il les a rapportés, non sans courir des risques, sous forme de croquis, puis ils ont été réunis, remis au net, pour ainsi dire, parfaits cette fois d’exécution, pour être soumis au Conseil du Roi.»
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- M. Mortier croit même avoir retrouvé l’album kdes dessins présentés à Louis XIV, et qui auraient pour auteur l’abbé Michel de Marolles.
- Telles seraient les origines de l’industrie de la bonneterie en France.
- V
- Certes, nous avons le plus grand respect pour l’érudition de notre savant collègue, M. A. Mortier, mais nous ne saurions dissimuler que les recherches auxquelles nous nous sommes livré ne nous permettent pas d’être aussi affirmatif que le rapporteur de l’Exposition de 1900.
- Tandis qu’on possède des renseignements précis sur le nombre des métiersà bas quifonctionnèrent en France, dèsquecette invention y fut admise, il est assez singulier qu’on ne puisse retrouver aucune preuve évidente de l’époque à laquelle vivait l’inventeur.
- On a mis en circulation, sur la personnalité de celui-ci, un nombre tellement considérable de légendes qu’il devient bien difficile de savoir y reconnaître son sujet.
- De la confusion des hommes et des faits, le mystère actuel n’est-il pas fait ?
- Certains historiens n’ont-ils pas confondu la fabrication du bas à l’aiguille avec la fabrication du bas au métier ?
- Les arguments de leur dissertation ont-ils réellement la valeur de documents pouvant servir à écrire l’histoire... même celle du bas?
- Sans nous enfermer ou emprisonner le lecteur dans une conclusion étroite, nous allons exposer ici les faits tels qu’ils se présentent si l’on veut tenir compte de leur ordre chronologique et historique^
- VI
- En 1564, l’Anglais William Rider, fit tricoter à l’aiguille la première paire de bas de soie en Angleterre.
- Donc, il faut présumer qu’à cette époque le « métier à bas » n’était pas connu.
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- Or, en 1564, Charles IX règne en France et la reine Élisabeth est sur le trône d’Angleterre.
- Ces dates sont nécessaires pour suivre les événements.
- Les historiens qui admettent la thèse de l’invention du métier à bas par William Lée placent cet important événement en 1569.
- Il faudrait donc admettre, qu’un court espace de cinq années, s’est écoulé entre l’innovation de William Rider, faisant tricoter les bas à l’aiguille, et l’invention de William Lee les faisant tricoter au « métier ».
- Les mêmes historiens prétendent que William Lée aurait importé sa nouvelle découverte en France, parce que la reine Élisabeth lui aurait refusé le monopole de la fabrication.
- Cette raison est au moins singulière, car à cette époque les monopoles étaient très florissants en Angleterre.
- Le 6 novembre 1601, c’est-à-dire plus de douze ans après la date indiquée par M. Mortier (1589), et plus de trente ans après la date indiquée généralement par les historiens (1569), les Pairs et les Députés du royaume d’Angleterre, délibérèrent ensemble sur la multitude des monopoles qui vexaient depuis longtemps le peuple.
- Cette délibération, écrit un historien, était d’autant plus essentielle, que les vexations exercées avaient été vraiment autorisées par le Parlement, qui avait permis à la Reine d’accorder à ses officiers et à tous cemy qui voudraient bien les payer, des lettres patentes par lesquelles (1 serait défendu à tout autre citoyen que celui qui en aurait été mupi, de faire ou de vendre les marchandises que ces lettres spécifiaient.
- Le marchand autorisé n’avait d’ailleurs point de prix fixe, il pouvait mettre à chaque chose celui que bon lui semblait, et cependant il était sûr de vendre, parce qu’un autre marchand n’eût pas pu, sans contrevenir aux règlements reçus, embrasser la même branche de commerce.
- On vit alors le boisseau de sel, qui valait communément 14 sols, se vendre 14 shillings.
- Le Parlement se proposait de révoquer toutes ces lettres patentes, mais la reine Élisabeth prévint les intentions des Députés et fit publier un Édit par lequel « furent révoquées toutes les patentes qui avaient été précédemment accordées à plusieurs de ses sujets ».
- Le Parlement, charmé de l’exactitude de la Reine, alla en corps lui faire ses remerciements au nom de tout le peuple.
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- Élisabeth déclara par sa réponse aux deux Chambres : « Lorsque j’accordai ces lettres patentes, je n’en prévis pas toutes les suites fâcheuses, je ne voulais que le bonheur des Anglais, il m’est échappé par malheur; je remercie ceux à qui je dois la découverte de mon erreur ».
- Ces quelques lignes nous semblent devoir détruire la légende du monopole refusé à William Lee. On ne saurait, en effet, admettre qu’on ait refusé des lettres patentes à l’inventeur du « bas au métier », alors qu’on les accordait très facilement, trop facilement même, au premier épicier qui consentait à les payer, convaincu par avance de pouvoir ruiner tous ses confrères !
- Si véritablement William Lee importa en France la « machine à bas » parce qu’on lui refusait un monopole en Angleterre, il n’aurait pu le faire qu’après 1601.
- Il se pourrait alors que le roi Henri IV et son ministre Sully lui aient fait bon accueil et qu’ils aient encouragé son invention.
- Mais la fameuse fabrique de Rouen, que la plupart des historiens citent comme ayant été la manufacture en France de William Lee, nous paraît, à nous, très problématique.
- Dans son remarquable travail sur l’industrie en France sous Henri IV, de 1589 à 1610, M. G. Fagniez, cite des documents d’une authenticité incontestable et qui démontrent que déjà, à cette époque, le bas de laine était connu.
- Les centres de fabrication qu’il cite ne sont pas dans la région rouennaise.
- Dans un document intitulé : « Nouveau règlement général sur toutes sortes de marchandises et manufactures qui sont utiles et nécessaires dans ce royaume, représenté au roy pour le grand bien et profit des villes et autres lieux de la France, par M. le marquis de H Gomberdière », et édité en 1634, on ht :
- -— « Le duché d’Estanrpes et pays de Dourdan est remply d’un nombre infini de personnes qui s’occupent... de mieux en mieux à travailler au bas de soye et d’estame. »
- M. G. Fagniez cite également un autre document dont la date 1608 nous rapproche de la période qui nous intéresse.
- Les statuts des Bonnetiers de Paris (1608) disent :
- — « Et d’autant que les bas d’estames que l’on appelle commun..., se fabriquent à Dourdan et lieux circonvoisins de Beausse... » (1).
- (1) M. Fagniez, membre de l’Institut et fondateur de la Revue Historique.
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- L’industrie du bas de soie et du bas de laine aurait été introduite à Dourdan dans les dix dernières années du xvie siècle, soit vers 1590.
- Or, que doit-on dire de cette fabrique installée vers la même époque, entre 1601 et 1620, à Rouen par William Lee, et qui n’a laissé aucune trace de son existence?
- Que penser d’une telle manufacture occupant une dizaine d’ouvriers, possédant des métiers, ce qui, pour l’époque, constitue un événement considérable, d’autant plus considérable que ces métiers doivent être cause d’une révolution dans une branche importante de l’industrie, et qui disparaît sans qu’on soit seulement fixé sur la véritable identité de son fondateur, et sans qu’on puisse savoir exactement et avec certitude ce qu’elle est devenue ?
- Combien est étrange cette aventure de métiers qui, de 1569 à 1656, vagabondent entre l’Angleterre et la France, la France et l’Angleterre.
- Mais si la manufacture de William Lee est une manufacture « ambulante » que peut-on dire de sa personne.
- Les érudits qui se sont occupés de la question n’ont pu se mettre d’accord sur sa personnalité. La thèse généralement admise est celle que notre collègue, M. A. Mortier, a épousée dans ses rapports sur les Expositions de 1889 et surtout de 1900.
- William Lee était un pasteur du comté de Nottingham; il aurait vécu à Woodborough, se serait marié avec une jeune fille qui fabriquait des bas à l’aiguille, et c’est en la voyant continuellement tricoter qu’il aurait eu l’ingénieuse idée de fabriquer une « machine à tricoter les bas. »
- Les uns prétendent qu’il mourut en France, d’autres le font mourir en Angleterre, mais les uns comme les autres s’accordent pour lui faire traverser la Manche et le faire mourir pauvre !
- Ici encore nous sommes obligés de faire des réserves, car à côté de cette personnalité assez confuse, il en existe une autre, qui présente des aspects plus réels.
- La chronologie anglaise a, en effet, conservé le souvenir d’un certain Edouard Lee, pasteur anglais né à Lee-Magna, dans le comté de Kent, en 1482, et qui mourut en 1544.
- Ce pasteur n’a nullement la réputation d’un ingénieur mécanicien, car il fit ses études à Oxford et passa ensuite dans l’Universite de Cambridge.
- Ce sont les seuls titres que nous ayons pu lui découvrir et nous
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- sommes le premier à convenir qu’ils ne lui faisaient guère de droit à passer à la postérité.
- Il nous a paru néanmoins qu’il pouvait être intéressant de signaler son existence.
- Les partisans de William Lee le font mourir en 1620 et soutiennent qu’à sa mort son frère revint en Angleterre avec les ouvriers qu’il avait formés.
- Ceux-ci se fixèrent alors à Londres, qui devint et resta longtemps le siège principal de la fabrication de la Bonneterie.
- L’exportation du métier à bas aurait été défendue sous peine de mort.
- Les faits que nous avons exposés nous dispensent de nous attarder à discuter la possibilité de cette « fin » de la manufacture de William Lee.
- Nous tenons néanmoins à constater qu’il nous a été impossible de découvrir l’arrêt du Parlement anglais punissant de mort quiconque exporterait la machine à bas.
- Nous avons bien trouvé des arrêts interdisant l’exportation de la laine, mais nous n’avons pu rencontrer celui qui avait, cependant, une importance capitale.
- VII
- Si, abordant maintenant la « résurrection » en France de l’industrie de la Bonneterie, nous examinons avec, une égale impartialité es conclusions présentées par les divers érudits, nous sommes obligés de convenir qu’elles ne peuvent donner satisfaction et qu’elles font une trop large place à l’incertitude.
- Ainsi que nous l’avons dit, il nous paraît assez surprenant que malgré les déboires de l’Anglais William Lee, il ne soit resté aucune trace de son passage sur le sol français.
- Nous avons peine à croire que tous les ouvriers de la manufacture de Rouen soient retournés en Angleterre, et qu’en outre les métiers installés dans l’usine n’aient éveillé, à cette époque surtout, aucune curiosité et qu’ils aient pu reprendre eux aussi le chemin de 1 Angleterre, sans avoir dénoncé le moindre de leurs secrets.
- William Lee serait venu en France sur l’invitation pressante
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- de Sully; Henri IV, suivant certains historiens, aurait fort bien accueilli l’inventeur et l’aurait aidé à fonder sa manufacture.
- Il faut donc penser que l’inventeur du métier mécanique avait tout au moins confié, au Ministre et au Roi, le secret de son procédé de fabrication et même les dessins de son invention.
- M. Mortier suppose que ces dessins furent rapportés en France, à l’instigation de Colbert, par le bonnetier Hindret.
- La participation de Colbert à cette « trahison économique » nous paraît, pour le moins, assez douteuse, car nous n’avons pu en trouver trace.
- Dans un ouvrage intitulé : « Testament politique de messire Jean Colbert, ministre et secrétaire d’État, où l’on voit tout ce qui s’est passé sous le règne de Louis le Grand jusqu’en l’année 1684 », Colbert lui-même écrit : « Beaucoup de gens m’ont blâmé et me blâment encore tous les jours de ce que je l’ai portée (Votre Majesté) à établir des manufactures, et l’envie qu’ils auraient d’attirer les autres dans leur sentiment fait qu’il les méprise tout haut, comme s’il ne s’y faisait rien qui approche de ce qui nous venait des Étrangers ».
- Colbert cite les glaces qui se font à Paris, dont la grandeur a tellement surpris l’ambassadeur de la République de Venise «qu’il n’y a jamais voulu ajouter foi, qu’il ne l’ait vu ».
- Le célèbre ministre parle également des tapisseries de Beauvais et des Gobelins, de nos draps... et de nos autres manufactures.
- Chose singulière, il ne fait aucune allusion à la manufacture d’Hin-dret, qui avait été installée en 1656, au château de Madrid (bois de Boulogne), spécialement consacrée à la fabrication des bas et pourvue de métiers mécaniques sur lesquels on ne devait fabriquer que des articles de soie.
- Il n’est point douteux que Colbert ait protégé cette industrie, comme beaucoup d’autres, mais ce qui nous paraît moins certain, c’est le rôle qu’on lui prête dans l’acquisition de l’invention du métier à bas.
- L’origine anglaise de cette mécanique ne nous paraît pas du tout démontrée.
- Dans l’Encyclopédie des Manufactures, Arts et Métiers, publiée en 1785, sous la direction de Roland de la Platière (1), il est écrit :
- « Gavary dit que les Anglais se vantent en vain d’être les inventeurs du métier à bas et que c’est inutilement qu’ils en veulent ravir
- 1) Le seul historien qui, avant 1789, ait écrit sur les tissus.
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- la gloire à la France. Tout le monde sait maintenant qu’un Français ayant trouvé ce métier si utile et si surprenant, et rencontrant des difficultés à obtenir un privilège exclusif qu’il demandait pour s’établir à Paris, passa en Angleterre, où la machine fut admirée et l’ouvrier récompensé ».
- La contradiction qui existe dans tous ces récits peut provenir d’une confusion, malheureusement bien difficile à éclaircir.
- Mais il ne serait point impossible que tout le monde ait raison. On pourrait admettre cette thèse : l’origine de la bonneterie mécanique est française en Angleterre, et anglaise en France.
- Que l’on ne voit point là une élégante façon de résoudre les difficultés de la question.
- Il est dans notre tempérament de méconnaître les novateurs. Le peuple français était et est demeuré routinier. Il est parfaitement admissible que l’entourage du Roi, surtout préoccupé de « faire la guerre », ait refusé à l’inventeur du métier mécanique les avantages qu’il réclamait pour pouvoir exploiter son invention.
- Ce Français découragé... et sur lequel on ne peut trouver que des légendes très sujettes à caution, peut parfaitement avoir pris la résolution d’offrir son « métier » à l’Angleterre, dont le caractère commercial et les sentiments pratiques ont toujours été donnés en exemple. Cette nation peut avoir donné à l’inventeur français les privilèges qu’il réclamait et l’avoir aidé à favoriser l’industrie de la bonneterie mécanique à Londres et dans les principaux centres anglais.
- On pourrait également admettre que l’invention qu’elle avait laissé échapper et dont on pouvait contester, tous les jours, les grands avantages, fut rapportée en France.
- Il est certain qu’à l’époque où fut introduite l’industrie mécanique des bas en France, cette industrie était déjà en pleine prospérité en Angleterre, et que sa fabrication était assez connue des patrons bonnetiers pour qu’ils n’aient aucune raison d’entraver son développement en France.
- Mais nous ne voulons et ne pouvons nous enfermer dans une conclusion.
- Nous avons tenu à reproduire les diverses légendes qui ont été accréditées sur ce sujet.
- Tout en rendant hommage à la bonne volonté et aux connaissances de nos collègues, et plus particulièrement de M .A. Mortier, nous avons cherché, sans autre prétention que celle d’apporter notre
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- EXPOSITION DE MILAN
- contribution, modeste, à un travail intéressant, à jeter un peu de lumière sur un point obscur de notre grande Histoire industrielle.
- Aussi, nous ne voudrions pas passer sous silence les historiens qui font remonter à 1600 l’invention de William Lee, et ceux qui représentent Jean Hindret comme un bonnetier hollandais appelé par Colbert pour « faire revivre l’industrie du bas à métier ».
- Nous signalerons également, plus près de nous, un industriel et mécanicien anglais nommé Georges-Auguste Lee, qui vécut de 1761 à 1826. Il dirigeait à Manchester une importante manufacture de coton, et nos collègues nous sauront peut-être gré de dire que c’est lui qui le premier employa la vapeur pour le fonctionnement de ses métiers, et que c’est également lui qui eut l’idée de recourir à la circulation de l’eau chaude comme moyen de chauffage dans ses ateliers.
- Le sujet du « métier à bas » est intéressant. Il serait désirable qu’un historien, bien intentionné, ait l’idée de traiter cette question avec toute la compétence qu’elle réclame.
- Nous pensions que les rapports de M. A. Mortier avaient éveillé la curiosité de quelques savants érudits et que la question avait déjà trouvé sa solution.
- Nous nous sommes trompé et, à part l’article de M. G. Fagniez dans la Revue Historique, nous n’avons trouvé aucun travail récent sur ce sujet.
- L’avenir réserve, sans doute, à un de nos collègues plus heureux la satisfaction d’apporter cette contribution éclatante à notre grande Histoire industrielle.
- LA BONNETERIE EN FRANCE DE 1902 A 1906
- La Bonneterie, dont le chiffre de production annuelle atteint maintenant deux cents millions, est une industrie dont la prospérité s’accroît tous les jours.
- Pour le département de l’Aube seulement, la production, dont une grande partie est destinée à l’exportation, atteint cent millions.
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- TROISIÈME PARTIE. ---- INDUSTRIE DE LA BONNETERIE 277
- Les principaux centres de fabrication sont, à part le département de l’Aube, dans l’Ouest, où elle trouve.le coton et la laine, dans le Nord, où elle a également la laine, dans le Midi enfin, pays de soie.
- C’est une grande et belle industrie qui a fait, en ces dernières années, des progrès considérables au point de vue de la fabrication, de l’outillage et de la division du travail. Elle a subi, dans ses allures, des modifications assez profondes : à la fabrication sur commande s’est substituée la fabrication par avances avec stocks à l’usine : les grands magasins se sont imposés comme des intermédiaires avec lesquels il a fallu compter, facilitant l’écoulement des produits, mais faisant aussi la loi pour le prix de vente. En suivant constamment les progrès mécaniques, elle a pu arriver à soutenir la lutte avec son concurrent le plus redoutable, l’Allemagne, dont l’outillage a sensiblement la même valeur que le nôtre, mais qui tire son avantage du bas prix de la main-d’œuvre et de son « habileté commerçante. »
- Les sacrifices que se sont imposé, en cette circonstance, les fabricants français de Bonneterie méritent tous nos éloges.
- Les deux tableaux suivants démontreront mieux qu’aucun autre argument, l’activité de l’industrie de la Bonneterie française en ces dernières années.
- Dans les chiffres que nous publions ci-dessous, d’après les tableaux statistiques de la Direction des Douanes, nous avons groupé, seulement les objets de vêtement et de ganterie.
- Exportations françaises des objets de Bonneterie [Commerce spécial)
- VALEUR EN FRANCS
- Bonneterie 1902 1903 1904 1905 1906
- de coton. 12.347.644 12.833.595 16.124.189 19.114.607 24.142.098
- de lin. . . 93.347 37.757 36.139 44.177 119.504
- de laine . 4.371.336 3.126.614 4.002.232 3.258.094 4.116.578
- de soie . . 452.490 714.210 586.080 783.090 2.014.490
- Importations françaises des objets de Bonneterie ( Commerce spécial)
- VALEUR EN FRANCS
- Bonneterie 1902 1903 1904 1905 1906
- de coton. 2.079.960 2.209.029 2.249.345 2.596.594 4.417.787
- de laine. . 1.806.312 1.836.408 1.533.888 1.696.753 1.695:362
- de lin. . 1.617 3.944 2.171 12.852 10.940
- de soie. . 541.145 567.190 469.555 576 225 846.125
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- EXPOSITION DE MILAN
- L’année 1905 avait présenté une amélioration très sensible des affaires en 1904, aussi bien à l’exportation qu’à l’importation. En 1906, nous constatons, d’après les rapports spéciaux, toujours si documentés, si précis, si intéressants de notre collègue, M. A Mortier, une augmentation nouvelle, mais plus faible.
- L’importation a passé, de 364.700 kilogrammes en 1904, et de 435.700 kilogrammes en 1905, à 498.800 kilogrammes en 1906.
- L’exportation s’est élevée, de 2.105.000 kilogrammes en 1904, et de 2.416.200 kilogrammes en 1905, à 2.609.800 kilogrammes en 1906.
- C’est la preuve de l’activité très grande qui a régné, pendant l’année 1906, dans l’ensemble de l’industrie de la bonneterie.
- Mais toutes les branches de cette industrie n’ont pas été également favorisées, comme nous le verrons en les considérant à part.
- BONNETERIE DE LIN
- La bonneterie de lin n’est autre chose que de la bonneterie de coton, fabriquée avec des fils retors gazés fins, improprement dénommés fils d’Irlande, parce que leur toucher et leur aspect rappellent ceux des fils de lin fins, auxquels on les a depuis longtemps substitués.
- Les chiffres de l’importation étaient, en 1904, de 2.171 francs; de 12.852 francs en 1905 et retombent à 10.940 francs en 1906.
- Ceux de l’exportation accusent au contraire, 36.139 francs pour 1904, 44.177 francs en 1905 et 119.504 francs en 1906.
- BONNETERIE DE COTON
- Avant de dire quel a été le sort de l’industrie de la bonneterie de coton en 1906, il convient de rappeler que l’année 1905 avait été pour cette industrie une période de très grande activité, sinon de prospérité.
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- TROISIÈME PARTIE. ---- INDUSTRIE DE LA BONNETERIE 279
- Les fabricants avaient en effet, pour la plupart, pris des ordres importants, sans se couvrir par des achats correspondants de matière première. Ils escomptaient à tort une baisse du coton, alors qu’une hausse considérable devait se produire.
- Mais si les résultats commerciaux avaient été mauvais en 1905, l’activité industrielle avait été constamment très grande.
- Cette situation se maintint et même s’accrut pendant toute l’année 1906.
- Cette fois les résultats commerciaux furent aussi satisfaisants que les résultats industriels.
- L’année 1906 peut être mise au rang des années prospères.
- Il est remarquable que la demande fut aussi grande à l’exportation qu’à l’intérieur et cela se reflète dans les relevés douaniers qui présentent un boni aussi bien à l’importation qu’à l’exportation.
- Pour la période des trois dernières années nous trouvons les chiffres suivants
- Exportations
- COMMERCE SPÉCIAL. — VALEUR EN FRANCS
- 1904 1905 1906
- 16.124.189 19.114.607 24.142.098
- Importations
- COMMERCE SPÉCIAL. — VALEUR EN FRANCS
- 1904 1905 1906
- 2.249.345 2.596.594 4.417.797
- La Ganterie. — En examinant la situation respective des principaux articles qu’elle produit, nous voyons, en ce qui concerne la ganterie, que nous avons importé 73.000 kilogrammes de gants en 1906. En 1905, cet article avait fourni à l’importation 55.900 kilogrammes.
- L’Allemagne reste notre gros fournisseur. La cause primordiale de l’augmentation considérable de cette importation est
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- EXPOSITION DE MILAN
- qu’elle a porté en grande partie sur le gant long, qui pèse beaucoup plus que le gant court.
- Il faut donc voir ici l’effet d’un changement de la mode, plutôt qu’une augmentation de la consommation des gants.
- L’exportation, bien que toujours faible, est en progrès continu depuis 1904.
- Elle était alors de 1.500 kilogrammes, elle s’est élevée à 3.800 kilogrammes en 1905, et à 5.600 kilogrammes en 1906.
- Le chiffre de cette dernière année a été, comme celui de l’importation, influencé par la mode du gant long.
- Les Vêtements. — L’importation des objets du vêtement, catalogué à la statistique douanière sous cette rubrique: « Tous autres objets y compris les vêtements », s’est élevée, pour 1906, à 104.000 kilogrammes, contre 95.900 kilogrammes en 1905, et 80.200 kilogrammes en 1904.
- L’exportation a été de 2.275.000 kilogrammes en 1906, contre 2.106.500 kilogrammes en 1905, et 1.701.000 kilogrammes en 1904.
- La plus-value est toute au compte de l’Allemagne qui nous envoie des bas de maille fine et surtout des bas à jours, et à celui de la zone franche, où nous achetons l’article chemisette et la chaussette à grosses mailles du genre tricot.
- Nous n’avions pas à nous occuper dans ce travail des tissus en pièces, ni des autres articles que produit la bonneterie.
- En résumé, l’année 1906 a été très bonne pour l’industrie de la bonneterie de coton. Cette situation est d’autant plus méritée que cette industrie est parfaitement bien organisée et outillée et que ses fabricants ne cessent de faire preuve d’initiative et d’énergie.
- LA BONNETERIE DE LAINE
- La bonneterie de laine n’est pas en France une industrie spéciale, elle se confond avec la bonneterie de coton, et elle est aux mains des mêmes fabricants.
- Bien qu’elle ait pris un développement moins important que la bonneterie de coton, elle a employé les mêmes moyens; elle a cherché
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- TROISIÈME PARTIE. --- INDUSTRIE DE LA BONNETERIE 281
- à lutter avec l’Allemagne en lui empruntant sa matière première, ses tissus pour les confectionner et ses procédés de fabrication. Sur ce dernier point, elle est encore dans la période des essais.
- Au point de vue des résultats commerciaux, l’année 1906 a été bonne pour la bonneterie de laine.
- Par comparaison aux années antérieures, la situation était la suivante :
- Exportations
- COMMERCE SPÉCIAL. -- VALEURS EN FRANCS
- 1904 1905 1906
- 4.002.232 3.258.094 4.116.578
- Importations
- COMMERCE SPÉCIAL. -- VALEURS EN FRANCS
- 1904
- 1.533.888
- L’importation reste assez fixe depuis trois ans, elle représente en moyenne 110.000 kilogrammes.
- L’exportation s’est élevée en 1906 à 290.100 kilogrammes, c’est à peu près le chiffre de 1904; mais elle est en augmentation de 17 % sur celle de 1905.
- Il convient de faire observer pour celui qui voudrait établir une comparaison entre ces quantités et les chiffres d’affaires que nous avons publiés plus haut, que dans notre tableau des exportations et importations nous n’avons tenu compte que de la ganterie et des objets de vêtements.
- Si l’on examine les chiffres de ces deux catégories, qui seules doivent nous préoccuper dans ce travail, on peut faire les constatations suivantes.
- Ganterie. — La ganterie est en diminution à l’importation. Les articles importés sont des gants de sortes courantes, du genre tricot
- 1905
- 1906
- 1.696.733
- 1.695.362
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- EXPOSITION DE MILAN
- et de sport. Sur 32.900 kilogrammes, 29.300 kilogrammes viennent d’Allemagne, et le reste d’Angleterre.
- L’exportation est sans importance, nos fabricants ne pouvant lutter à l’étranger contre la concurrence allemande.
- Pour 1906, les chiffres à l’importation sont de 854.464 francs et à l’exportation de 12.087 francs. La République Argentine a seule ouvert quelques débouchés à notre fabrication.
- Vêtements. — L’importation des objets fabriqués est en progrès lent, mais constant, depuis trois ans. De 57.300 kilogrammes en 1904, elle a passé successivement à 62.200 kilogrammes en 1905, et à 63.400 kilogrammes en 1906.
- C’est au développement des sports en France qu’on doit attribuer ce mouvement.
- L’exportation, de 282.200 kilogrammes en 1906, a regagné une partie du terrain perdu depuis 1904, où nous trouvions le chiffre de 300.500 kilogrammes.
- BONNETERIE DE SOIE.
- Comme toutes les industries de luxe, celle-ci a bénéficié, et bénéficiera encore longtemps, du mouvement qui répand les besoins du bien-être dans des milieux de plus en plus étendus. L’activité de cette branche de notre industrie se reflète dans les chiffres de notre commerce avec l’extérieur.
- Le tableau du commerce de la France nous donne les suivants :
- Importations
- COMMERCE SPÉCIAL. — VALEUR EN FRANCS
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- Exportations
- COMMERCE SPÉCIAL. — VALEUR EN FRANCS
- 1904 1905 1906
- 586.080 783.090 2.014.490
- Si l’on considère le commerce de la bonneterie au point de vue des quantités et des produits spéciaux de cette industrie, on trouve, comparativement à l’année 1905, la situation suivante :
- Importations
- 1905
- Ganterie....... 2.000 kilogr.
- Vêtements. . . . 9.400 —
- Exportations.
- 1905
- Ganterie. . . . 300 kilogr.
- Vêtements. . . 6.300 — 14.800 —
- L’importation a augmenté de 37 % et l’exportation de 122 %, en 1906, par rapport à l’année 1905 qui, ainsi que nous l’avons déjà signalé, était elle-même en avance notable sur l’année 1904.
- Telle était, pour la France, la situation de cette importante branche industrielle qui, ainsi que le démontre le chapitre suivant, est également très développée en Italie.
- 1906
- 3.000 kilogr. 11.000 —
- 1906
- 200 kilogr.
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- FRANCE. — GANTERIE de coton. — Statistiques françaises. — Commerce spécial
- PAYS DE PROVENANCE 1903 1903 1904 1905 1906
- ET DE DESTINATION IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos
- Allemagne 55.012 1.017 59.003 531 52.643 94 55.318 )) 72.215 »
- Espagne )) 95 )) 97 )) )) )) 8 )) 160
- États-Unis » 147 )) 603 )) 510 )) 889 » 614
- Colombie »> )) )) )) » )) )) 321 )) 771
- République Argentine . )) » )) )) )) )) )) 624 )) 165
- Haïti )) )) )) )) )) )) )) )) )) 1.225
- Angleterre » )) )) 1.555 )) 35 )) )) » ))
- Chili )) )) )) 2.153 )) )) )) )) )) ))
- Mexique » 36 )) )) )) )) )) )) » ))
- Autres Pays étrangers.. 971 217 1.082 792 1.481 177 519 1.058 731 878
- Indo-Chine )) )) )) » )) )) )) 667 )) 1.281
- Madagascar et dépend. )) )) » )) )) 202 )) 235 )) ))
- Algérie )) 431 )) 389 )) 443 )) )) )) ))
- Autres Colonies et Pays de protectorat )) 158 )) )) )) 60 » )) )) 511
- Quantités totales . . 55.983 2.101 60.085 6.120 54.124 1.521 55.837 3.802 72.946 5.605
- Valeurs totales ; fr.. 1.399.575 84.040 1.502.125 244.800 1.407.224 62.361 1.493.640 155.882 2.443.691 252.225
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- FRANCE. — GANTERIE de laine
- Statistiques françaises. — Commerce spécial
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1903 1903 1904 1905 1906
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos
- Grande-Bretagne 3.999 » 6.193 623 3.434 )) 3.838 » 3.201 ))
- Allemagne 42.912 2.613 41.960 490 30.776 965 36.436 » 29.286 ))
- Autriche-Hongrie .... )) )) )) )) )) )) )) )) 345 ))
- République Argentine . )) )) )) )) )) )) )) )) )) 88
- Espagne •)) )) )) )) )) )) )) 31 )) ))
- Autres Pays étrangers.. 973 225 1.094 461 7 378 342 650 32 538
- Saint-Pierre et pêche . . )) I )) | )) 14 )) 83 )) 85
- Indo-Chine )) / 9.951 )) 363 )) )) )) )) )) »
- Autres Colonies et Pays l
- de protectorat )) 1 )) 1 )) )) )) )) )) ))
- Quantités totales . . 47.884 12.789 49.247 1.937 35.247 1.357 40.616 764 32.864 711
- Valeurs totales, fr.. 1.149.216 191.835 1.181.928 29.055 845.928 20.355 974.789 11.460 854.464 12.087
- J
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- FRANCE. — GANTERIE de soie
- Statistiques françaises. — Commerce spécial
- PAYS DE PROVENANCE 1903 1903 1904 1905 1906
- ET DE DESTINATION IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quant ités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos
- Grande-Bretagne )) )) )) )) )) )) )) )) 997 7
- Allemagne 1.828 » 1.991 )) 1.439 )) 1.595 )) 1.912 »
- États-Unis )) )) )) )) » )) )) )) )) 110
- Brésil » » » )) )) )) )) 50 )) 100
- Chili )) )) )) )) » )) » 246 )> ))
- Espagne )) )) )) » » 10 )) » » »
- République Argentine . )) )) )) 230 )) )> )) )) )) »
- Italie )) 25 » )) )) )) )) » )) ))
- Autres Pays étrangers . 279 5 210 90 188 72 358 5 114 »
- Tunisie )) )) )) )) » )) )) )) )) ))
- Autres Colonies et Pays de protectorat )) )) )) » » 17 )) » )) »
- Quantités totales . . 2.107 30 2.201 320 1.627 99 1.953 301 3.023 227
- Valeurs totales fr.. . 136.955 2.700 143.065 28.800 105.755 8.910 126.945 27.090 241.840 22.700
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- TROISIÈME PARTIE. - INDUSTRIE DE LA BONNETERIE 287
- LA SITUATION DE LA BONNETERIE EN ITALIE
- Les lenteurs apportées par le Gouvernement italien dans la publication de ses statistiques annuelles ne nous ont pas permis d’utiliser pour la rédaction de ce travail des documents postérieurs à 1905.
- On ne connaît encore que très imparfaitement la situation commerciale de l’Italie pour 1906, et les chiffres qui ont été publiés ne pouvaient nous être d’aucune utilité, car ils touchent le commerce global et non les spécialités commerciales.
- Si l’on examine la situation industrielle de la bonneterie en Italie, pendant les années 1901 à 1905, on constate qu’au cours de ces cinq dernières années, le commerce de la bonneterie en Italie a atteint : 10.034.150 lires, dont 6.077.360 à F exportation et 3.956,190 lires à l’importation.
- Dans ces chiffres la part de la France est de 622.330 lires, dont 548.710 à l’importation et 73.620 à l’exportation.
- Le commerce avec l’Allemagne est beaucoup plus considérable, il atteint 2.956.300 lires, dont 2.938.510 à l’importation et seulement 17.790 à l’exportation.
- Quant à F Autriche-Hongrie, son commerce de bonneterie avec l’Italie se répartit de la façon suivante : importations 81.975; exportations : 486.854. Total global : 568.820.
- Les exportations de bonneterie italienne dans la République Argentine ont atteint 1.377.495 lires.
- En dehors de ces quelques nations dont nous publions la situation afin d’établir les positions du commerce de la bonneterie en Italie, les principaux clients des fabricants italiens sont : la lurquie d’Europe, le Portugal, Malte, la Roumanie, les Indes Anglaises F Uruguay, la Suisse, l’Égypte, etc., etc.
- De 1901 à 1905, l’industrie de la bonneterie en Italie a suivi constamment une marche progressive.
- En 1901 les importations atteignaient 636.445 lires, en 1905 elles montaient à 884.410 lires.
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- Mais ce sont surtout les exportations qui se sont développées; de 653.315 lires en 1901, elles passent en 1905 à 2.165.220 lires.
- L’augmentation est considérable. L’Italie s’est créé de nouveaux débouchés en Turquie et a surtout développé son commerce extérieur avec l’Amérique du Sud, la Roumanie, la Grèce, la Turquie, etc., etc.
- Les tableaux que nous publions donnent exactement la situation de l’industrie de la bonneterie en Italie.
- En 1901, cette industrie atteignait le chiffre de 1.289.750 lires, en 1905 elle faisait 3.049.630 lires d’affaires.
- Les principales nations importatrices sont : l’Allemagne, la France, l’Angleterre, l’Autriche-Hongrie, la Suisse.
- Comme dans la plupart des branches industrielles, la domination allemande est écrasante. On la retrouve dans tous les genres de la bonneterie, depuis la bonneterie de coton jusqu’à la fine bonneterie de soie.
- Les importations françaises portent également sur tous les genres de bonneterie, mais surtout dans les articles riches ; notre commerce avec l’Italie se chiffre, en effet, par 140.980 lires à l’importation dans l’article de la bonneterie de soie molletonnée, et il atteint 52.960 lires (importations et exportations réunies), dans l’article bon marché de la bonneterie de coton.
- Nous devons néanmoins signaler que nos importations de bonneterie de soie qui, en 1901, atteignaient 53.580 lires, ne représentent plus en 1905 que 4.940 lires.
- La statistique italienne montre, il est vrai, des alternances d’années bonnes avec de mauvaises, mais nous remarquons que le chiffre de 1905 est sensiblement inférieur aux plus mauvais de la série.
- Les importations anglaises portent plus particulièrement sur la bonneterie de laine molletonnée.
- Les exportations italiennes en Angleterre, au contraire, concernent plus particulièrement la bonneterie de coton simple et molletonné.
- La situation de 1901 à 1905 est restée à peu près stationnaire.
- Les tableaux que nous publions donnent exactement la situation de l’industrie de la bonneterie en Italie.
- Ils ont été établis d’après les documents publiés par le Gouvernement italien et méritent par conséquent la confiance de ceux qui les consulteront.
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- ITALIE
- Tableau du Commerce de la bonneterie de laine (tricot simple) pour les années 1901 à 1905
- Commerce spécial, valeur en lires.
- PAYS DE PROVENANCE OU DE DESTINATION 1901 1903 1903 1904 1905
- Impor- tations Expor- tations Impor- tations Expor- tations Impor- tations Expor- tations Impor- tations Expor- tations Impor- tations Expor- tations
- Autriche-Hongrie 900 3.600 900 930 2.790 960 960
- France 16.200 1.800 18.900 16.740 47.430 26 880 2 880
- Allemagne 36.900 47.700 19.530 39.990 1.860 31 680 3 840
- Angleterre 10.800 1.800 6.510 10.230 2.880
- Malte 9 600
- Suisse 1.800 2.700 900 1.860 8 370 960 11 520
- Turquie d’Europe 44.100 4.500 25.110 147.870 170.880
- Turquie d’Asie 1.800
- Indes anglaises et Ceylan . . . 2.790 15 360
- Egypte 2.700 1.800 40.920 167 040
- Etats-Unis 3.720 930 1.920 4 800
- Brésil . 1.800 1.860 4.650 4.800
- Pérou 1.800 1.920
- Chili 7.200 10.230
- Uruguay 1.860
- République Argentine 9.000 28.830 3.720 40 320
- Portugal 1.800
- Grèce 1.800
- Roumanie 1.800
- Gibraltar 9.300
- Totaux 64.800 61.200 71.100 27.900 45.570 75.330 98.580 2.18.550 65.280 433.920
- Importations . . .
- Exportations .. .
- IMPORTATIONS ET EXPORTATIONS RÉUNIES
- 11 040 Lires
- CO O 830 —
- 181 500 —
- 32 220 —
- 9 600 —
- 28 110 —
- 392 460 —
- 1 800 —
- 18 150 —
- 212 460 —
- 11 370 —
- 13 110 —
- 3 720 —
- 17 430 —
- 1 860 —
- 81 870 —
- 1 800 —
- 1 800 —
- 1 800 —:
- 9 300 —
- 1.162 345 816 230 Lires 330 — 900 —
- p.289 - vue 310/993
-
-
-
- ITALIE
- Tableau du Commerce de la bonneterie de laine (tricot molletonné) pour les années 1901 à 1905.
- Commerce spécial, valeur en lires
- PAYS DE PROVENANCE
- OU DE DESTINATION
- Autriche-Hongrie ........
- France ..................
- Allemagne ...............
- Angleterre ..............
- Grèce ...................
- Malte ...................
- Suisse...................
- Turquie d’Europe ........
- Turquie d’Asie ..........
- Egypte ..................
- Etats-Unis ..............
- Autres Etats de l’Amérique
- Pérou ...................
- République Argentine ....
- Chili ...................
- Mexique .................
- Uruguay .................
- Candie ......... . . *...
- Indes anglaises..........
- Portugal ................
- Erythrée ................
- 1901
- Impor- Exportations tâtions
- 22.800
- 87.600
- 81.200
- 12.000
- Total
- 2.400
- 3.600
- 9.600
- 4.800
- 9.600
- 19.200
- 9.600
- 1.200
- 1.200
- 2.400
- 147.600
- 69.600
- 1903
- Impor- Exportations tâtions
- 25.200
- 93.600
- 27.600
- 1.200
- 1.200
- 3.600
- 12.000 1.200
- 1.200
- 1.200
- 4.800
- 4.800
- 00..... 12.000
- 148.800
- 3.600
- 44.400
- 1903
- Impor-
- tations
- 1.250
- 28.750
- 100.000
- 35.000
- Expor-
- tations
- 1.250
- 8.750
- 1904
- Impor-
- tations
- 17.500
- 3.750 16.250 16.250
- 1.250
- 6.250
- 1.250
- 10.000
- 7.500
- 40.000
- 21.250
- 170.000 146.250
- 1.250
- 17.500
- 141.250
- 33.750
- Expor-
- tations
- 2.500
- 2.500
- 2.500
- 1.250
- 23.750 7.500
- 83.750
- 2.500
- 2.500
- 26.250
- 1.250
- 2.500
- 1.250
- 198.750 155.000
- 1905
- Impor-
- tations
- 1.300
- 31.200
- 154.700
- 27.300
- 16.900
- 3.900
- Expor-
- tations
- 10.400
- 1.300
- 5.200
- 13.000
- 32.500 22.100
- 309.400 40.300
- 84.500
- 6.500
- 2.600
- 2.600
- 10.400
- 2.600
- 235.300 543.400 Importation. .. . Exportation. . . .
- IMPORTATIONS
- ET
- EXPORTATIONS
- RÉUNIES
- 27.450 Lires
- 141.600 -
- 583.600 -
- 163.450 -30.500 -
- 56.250 -89.400 -
- 420.200 -40.300 -88.200 -16.150 -17.550 -21.800 -
- 43.250 -14.100 -
- 2.500 -23.200 -2.600 -9.900 -44.850 -
- 21.250 -
- , 859.100 Lires 900.450 — 958.650 —
- 290 EXPOSITION DE MILAN
- p.290 - vue 311/993
-
-
-
- Imp. 201.SU) lires ITALIE Commerce spécial
- Exp.2 SU. iso lires Tableau du Commerce de la Bonneterie de Coton (tricot simple) de 1901 à 1905. valeur en lires.
- (pays de provenance 1901 1902 1903 1904 1903 IMPORTATIONS ET
- OU DE DESTINATION Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations . EXPORTATIONS RÉUNIES
- A nirîoliO-TTh'n O'TU U. 3 600 85.125 16.200 19.500 4.140 16.720 27.200 4.800 1.200 178.485 Lires
- xxLibi iLiit; Fran<^ 2.250 2.250 10.500 2.760 7.600 9.120 4.000 5.280 9.200 52.960 —
- Ail PTTi p o*n a 24.300 22.950 51.980 56.640 800 72.000 228.670 —
- A r»ori rl OR A 10.500 3.000 3.220 7.220 2.880 960 27.780 —
- 9.000 1.500 5.320 40.400 56.220 —
- 2.625 1.125 6.460 2.000 4.400 16.610 —
- 2.625 99.000 71.820 92.800 64.000 330.245 —
- 1.875 3.375 4.940 5.200 12.400 27.790 —
- TiirmiiP n * rinrOTIA 37.500 38.625 20.140 49.200 78.400 223.865 —
- JL U.1 U Lllc LL JCjU.1L»JJC> 1.875 7.600 4.000 13.475 —
- 10.500 17.625 1.900 800 118.000 148.825 —
- 10.875 22.500 14.060 2.000 38.400 87.835 —
- ^gyp™ 3.750 5.625 1.900 800 12.075 —
- Tp-fo-fcj TTma 900 1.350 1.875 960 2.000 1.920 9.005 —
- An-f nnC T?f niû rl O l 5 A TYT ATI f*i 11A 1.875 2.660 4.535 —
- ALlllOb Utdilb Ut/ 1 /llilOI ILJ^Uü . . 1.350 1.500 3.420 2.000 16.800 25.070 —
- 1.875 5.250 72.960 108.000 6.400 194.485 —
- PûruiWimiP A r* O" ATT 11 VI A 59.625 253.500 404.320 114.000 332.400 1.163.845 —
- 26.625 94.875 62.320 2.400 18.000 204.220 — j
- 10.125 3.040 13.165 —
- Chili 11.250 25.840 6.400 21.200 64.690 —
- r.GnporTIA 2.250 2.250 —
- Portugal 1.125 3.600 4.725 —
- T^aI 0*1 AU A 2.250 1.200 3.450 —
- | rihine 2.250 5.250 —
- B Possessions anglaises Afrique. 1 Autres contrées n/fricfiines 1.125 1.125 —
- 3.000 1.140 6.000 1.200 11.340 —
- i Tripolitame 2.250 2.250 —
- | Possessions anglaises en Asie . 9.200 9.200 —
- 1.200 1.200 —
- l'nvrirA 9.750 9.750 —
- 1.600 1.600 —
- Total 32.400 283.875 42.750 610.125 62.100 741.380 69.600 425.600 84.960 783.200 3.135.990 Lires
- TROISIÈME PARTIE. ---- INDUSTRIE DE LA BONNETERIE 291
- p.291 - vue 312/993
-
-
-
- Imp. 1.583.780 lires ITALIE Commerce spécial
- Exp. J .303.100 lires Tableau du commerce de la Bonneterie de Coton (tricot molletonné) de 1901 à 1905 valeur en : lires.
- PAYS DE PROVENANCE
- Impor- Expor
- [Expor
- tâtions
- Importations .
- Importations .
- Expor
- tâtions
- Importations .
- Expor
- tâtions
- Importations .
- Expor
- tâtions
- OU DE DESTINATION
- tâtions. Itâtions
- Autriche-Hongrie France Allemagne Angleterre Grèce Malte Portugal Roumanie Espagne Suisse
- Turquie d’Europe Turquie d Asie Indes Anglaises Possessions anglaises Afrique. Égypte Tunisie
- Autres contrées africaines États-Unis Mexique Brésil
- 9.500 13.500 187.000 11.000
- 118.080
- 1.680
- 7.500
- 16.500
- 250.000
- 7.500
- 57.540 6.720
- 7.800
- 16.120
- 274.040
- 13.000
- 58.910
- 4.730
- 9.540
- 18.550
- 337.610
- 10.600
- 51.040
- 6.160
- 3.960
- 3.080
- 349.610 Lires 104.710 372.550 66.970 4.320 40.530 46.310 83.840 3.960 43.070
- 136.410 58.950 22.420
- 2.520
- 194.410 49.620 15.110 16.480
- 10.070
- 18.550
- 319.060
- 11.660
- 19.630 2.200 880
- 7.980
- 2.150
- 1.680
- 7.560
- 10.920
- 55.860
- 2.640
- 12.760
- 12.320
- 6.450
- 8.170
- 20.640
- 6.720
- 1.260
- 2.940
- 7.040
- 13.640
- 4.400
- 3.960 3520 26.400 12.320 10.120
- 1.000
- 1.680 41.580 12.180 2.940 2.520 42.420 10.080
- 3.120
- 2.150
- 23.650
- 17.630
- 5.160
- 12.190
- 11.880
- 24.200
- 9.680
- 20.580
- 7.140
- 4.200
- 43.430 7.740 4.730
- 30.360
- 11.440
- 5.280
- 57.200
- 13.640
- 1.320
- 21.000
- 6.720
- 3.780
- 7.140
- 3.000
- 1.040
- 3.180
- 2.120
- Pérou
- République argentine Uruguay Chili
- Tripolitaine Erythrée
- Autres contrées de l’Amérique Bulgarie Algérie
- Colonie du Cap Candie Zanzibar “
- 1.500
- 2.520
- 13.440
- 37.380
- 1.320 17.160 7.040 3.080 880
- 7.860
- 131.280
- 88.730
- 7.780
- 6.940 1.260
- 10.260 4.400 3.520 8.360 880
- 2.940 880
- 2.520
- 21.420
- 16.340
- 24.510
- 62.920
- 19.800
- 1.760
- 3.080
- 2.940
- 1.720
- 1.260
- 1.260
- 6.300
- 3.960
- 3.520
- 1.760
- 880
- 1.760
- 8.360
- 880
- 2.940
- Total
- 232.500 239.0401282.500 315.840
- 315.120 248.110
- 391.670 223.520
- 361.990 276.590
- 886.880 Lires
- 292 EXPOSITION DE MILAN
- p.292 - vue 313/993
-
-
-
- ITALIE
- Tableaux du commerce de la bonneterie (tricot de soie simple et de soie molletonnée) ainsi que de la bonneterie
- de lin pour les années 1901 à 1905.
- Commerce spécial, valeur en lires.
- BONNETERIE DE SOIE
- PAYS DE PROVENANCE ou de DESTINATION 1901 1903 1903 1904 1905 IMPORTATIONS et EXPORTATIONS RÉUNIES
- Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations .
- France 13.600 28.960 3.440 13.200 61.600 12.880 122.880 1.520 113.920 10.320 71.600 51.520 Lires 398.960 — 3.440 — 11.040 — 55.760 — 57.520 —
- Allemagne
- SvrisRA
- | Anglfitfirrfl .... 11.040 14.240
- hlfnmtfi .... 41.520 57.520
- RépuVtliqne Argentine ....
- I Total
- 46.000 74.800 135.760 25.280 115.440 | 81.920 99.040 Importations . . Exportations . . 578.240 Lires 453.920 — 124.320 —
- TROISIÈME PARTIE. --- INDUSTRIE DE LA BONNETERIE 293
- p.293 - vue 314/993
-
-
-
- BONNETERIE DE SOIE MOLLETONNÉE
- PAYS DE PROVENANCE 1901 1902 1903 1904 1905 IMPORTATIONS et EXPORTATIONS RÉUNIES
- ou de DESTINATION Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations .
- France 53.580 21.850 29.165 31.445 4.940 140.980 Lires
- Allemagne 35.815 35.340 30.875 35.150 27.740 164.920
- Angleterre 8.550 4.655 4.750 4.560 4.180 26.695
- Suisse 15.200 2.185 1.140 1.140 19.665
- Aiitriche-TTonPTÎe 1.235 1.235
- Belgique 1.045 1.045
- Indes Anglaises 11.495 11.495
- Ep'vnte 17.575 17.575 '
- Total 113.145 62.890 68.210 72.295 1.140 36.860 29.070 383.610 Lires
- Importations . . Exportations . . 353.400 30.210 —
- BONNETERIE DE LIN (TRICOT SIMPLE ET MOLLETONNÉ)
- PAYS DE PROVENANCE ou de DESTINATION 1901 1902 1903 1904 1905 IMPORTATIONS et EXPORTATIONS RÉUNIES
- Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations .
- Allemagne! BonneteriesimPle ( — molletonnée 9.000 9.000 Lires 17.100 — 1.000 — 1.000 —
- 17.100 1.000
- 1.000
- Total
- 10.000 18.100 Import Export 28.100 Lires 28.100 —
- ations . . ations . .
- 294 EXPOSITION DE MILAN
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-
-
-
- TROISIÈME PARTIE. —- INDUSTRIE DE LA BONNETERIE 295
- LA FABRICATION DE LA BONNETERIE
- Notre obligeant et distingué collègue, M. Vitoux-Derey, a bien voulu nous communiquer les renseignements suivants sur la fabrication de la bonneterie.
- La bonneterie se divise en trois grandes branches de production:
- 1° La bonneterie proportionnée.
- 2° La bonneterie circulaire.
- 3° La bonneterie de fantaisie.
- 4
- 1° Bonneterie proportionnée. — La bonneterie proportionnée comprend toute la fabrication des bas, chaussettes, pantalons et gilets dits proportionnés.
- Les principaux centres de production de ces articles sont dans le département de l’Aube : Troyes, qui possède des usines très importantes, Romilly-sur-Seine, Arcis-sur-Aube.
- Paris fabrique exclusivement la bonneterie riche dite bonneterie de Paris, Villers-Bretonneux, Granges, Tourcoing, etc.
- Matériel. — Le matériel qui sert à la fabrication se compose maintenant presque uniquement de métiers mécaniques. La principale machine employée est le métier Cotton de 6 à 24 têtes. Ce métier est arrivé à un très grand degré de perfectionnement, aussi bien pour la qualité de fabrication que pour la quantité de production. Une machine 18 têtes peut produire jusqu’à 60 douzaines de semelles de chaussettes par jour.
- A côté de ce matériel il y a aussi les métiers Paget dits « Hollandais » qui sont utilisés surtout pour les articles de moins grande production.
- En dehors des grandes usines, il y a une quantité considérable de petits ateliers qui possèdent des métiers Cotton ou Hollandais, maintenant mus par des moteurs : les ouvriers travaillant à bras disparaissant tous les jours.
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-
-
-
- 296
- EXPOSITION DE MILAN
- Personnel. — Le personnel employé dans ce genre de fabrication se compose d’hommes, femmes et enfants. Les ouvriers et jeunes gens travaillent ensemble sur la même machine et doivent donner une somme de travail assez considérable par leur habileté et leur intelligence, ce qui constitue la supériorité des ouvriers français. Ils arrivent à une très grande production.
- Les femmes sont occupées à la préparation des matières ainsi qu’à la couture des articles.
- La bonneterie proportionnée emploie en outre beaucoup d’ouvrières chez elles, soit pour la couture, la broderie, etc.
- 2° Bonneterie circulaire. — La bonneterie circulaire se compose d’articles confectionnés, d’abord les vêtements dits de dessous, tels que gilets, pantalons, cache-corsets. Cette fabrication, dont le centre est surtout à Troyes, a pris depuis vingt ans un très grand développement. Aussi l’exportation dans ces articles atteint un chiffre considérable.
- En dehors des vêtements de dessous, il y a aussi les tissus jerseys qui servent à la confection des vêtements du meilleur goût. Ces articles se fabriquent principalement à Paris et dans la Somme.
- Matériel. — Le matériel pour la fabrication du tissu se compose exclusivement de métiers dits circulaires des plus perfectionnés.
- Pour la confection, les machines à coudre, à festonner, à boutonnières, etc., sont également la cheville ouvrière de cette industrie.
- Personnel. — En raison inverse de la bonneterie proportionnée, le personnel est surtout composé de femmes qui ont une habileté très grande, car dans cette branche de la bonneterie, la confection joue le plus grand rôle.
- 3° Bonneterie fantaisie. — La bonneterie fantaisie comprend tous les articles confectionnés en tissus des Pyrénées, ainsi que tous les fichus, châles, capelines, faits à la main et sur divers métiers.
- Les principaux centres de production de ces articles sont : Paris, Roanne, Bagnères-de-Bigorre, etc...
- Cette bonneterie a pris une très grande extension, car les vêtements faits avec le tissu des Pyrénées sont pratiques, chauds, légers et élégants.
- Matériel. — Le matériel pour la fabrication de la bonneterie fantaisie se compose de métiers Rachel et circulaires.
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-
-
-
- TROISIÈME PARTIE. ---- INDUSTRIE DE LA BONNETERIE 297
- Personnel. —La bonneterie fantaisie emploie surtout des ouvrières dont le goût recherché leur donne une supériorité dans ce genre de fabrication.
- Nous ne devons pas oublier la fabrication des articles de Picardie, des gilets de chasse dont la renommée et le bon goût font l’éloge de nos fabricants de la Somme.
- Matières employées. — Les matières premières sont toujours pour les trois branches, le coton, la laine et la soie. Presque exclusivement ces matières proviennent des filatures françaises.
- Ces trois grandes divisions de l'industrie de la bonneterie étaient représentées à l’Exposition de Milan, où elles occupaient un emplacement considérable.
- LA BONNETERIE ET SES OUVRIERS
- L’industrie de la bonneterie occupe en France, en chiffres ronds, cinquante mille ouvriers.
- Le recensement général du 29 mars 1896, publié en 1901, donnait les chiffres suivants :
- \ Industrie de la bonneterie.
- Population ouvrière totale : 49.825 personnes. Soit :
- Hommes ..........
- Femmes ...........
- 20.880
- 28.945
- comprenant :
- Personnes au-dessous de 18 ans :
- Jeunes gens .................
- Jeunes filles................
- 2.112
- 3.780
- Personnes de 18 à 65 ans :
- Hommes
- Femmes
- 16.726
- 23,325
- A reporter. . . .
- 45.943
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-
-
-
- 298
- EXPOSITION DE MILAN
- Report......... 45.943
- Personnes au-dessus de 65 ans :
- Hommes..................* 1.457
- Femmes s................... 1.280
- Age inconnu :
- Hommes ................. 585
- Femmes ....................... 560
- Ensemble ................ 49.825
- L’industrie de la bonneterie, ainsi que le prouve le tableau ci-dessus, peut fournir du travail à toute une famille; aux aïeuls, aux parents et aux enfants adultes.
- Salaires. — Comme dans toutes les industries, la question des salaires a une importance considérable dans l’industrie de la bonneterie.
- Comme partout ailleurs, il est impossible d’établir des salaires uniformes pour tous les ouvriers.
- Les allégations récemment formulées au sujet de la situation matérielle des ouvriers sont de nature à induire le public en erreur.
- En général, les salaires ont plutôt subi une hausse.
- Presque tout le travail est payé aux pièces, les hommes gagnent 6 à 12 francs par jour, les femmes de 3 à 5 francs et les enfants de 2 à 4 francs.
- Des moyennes établies avec soin par la Chambre syndicale des fabricants de bonneterie fixent comme suit les salaires payés en 1903 sur la place de Troyes, aux ouvriers bonnetiers.
- Salaires pour journée de travail de 10 h. y2.
- Hommes.
- Ouvriers sur métiers rectilignes..................... 6 fr. 45,5
- — Cotton.......................... . 6 28,1
- — Onion.............................. 6 45,5
- — Hollandais.......................... 5 76,7
- — Circulaires......................... 6 67,8
- — Tailbouis........................... 7 48,3
- Ouvriers formeurs.................................... 5 68,8
- — plieurs. . . ................................. 6 18,3
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- TROISIÈME PARTIE.
- INDUSTRIE DE LA BONNETERIE 299
- Jeunes gens.
- Commis Cotto.n................................ 3 fr. 17,4
- Rebrousseurs......................................... 2 94,9
- Femmes et jeunes filles.
- Bobineuses........................................... 3 fr. 68,5
- Remmailleuses...................................... 3 41,2
- Défileuses.......................................... 1 38,9
- Couseuses........................................... 3 81,0
- Couseuses grecques.................................. 3 52,1
- Raccoutreuses........................................ 3 40,3
- Visiteuses........................................... 3 31,3
- Appaireuses ....................................... 3 63,4
- Coupeuses .......................................... 3 87,4
- Confectionneuses piqueuses ,......................... 3 38,0
- — boutonnières.............................. 3 53,0
- Repasseuses.......................................... 3 91,9
- Ces salaires comportent une augmentation cle 10 à 15 % sur ceux des deux décades antérieures à 1900.
- L’industrie de la bonneterie est une de celles qui rémunèrent le mieux l’ouvrier, puisqu’une famille travaillant en usine peut arriver à un salaire moyen de quinze francs par jour, pour le père, la mère et un enfant.
- Le mode de payement le plus généralement pratiqué est celui de la paye à la quinzaine.
- Le système des avances, en usage autrefois, a été progressivement abandonné, on peut dire même qu’il a cessé presque complètement, et. sa disparition doit témoigner d’une plus grande aisance chez les ouvriers. De toute façon, ceux-ci n’ont jamais soulevé de difficultés sur ces points : modes de payement ou suppression des avances.
- Œuvres de prévoyance et de mutualité. — Les ouvriers sont partout l’objet des sollicitudes patronales. De nombreuses maisons ont des institutions de secours et de prévoyance pour leur personnel.
- Nous citerons plus particulièrement celles des établissements Vitoux-Derrey à Troyes, dans l’Aube, et celles de M. Lucien Ville-minot, à Corbie, dans la Somme.
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- M. Vitoux-Derrey a installé dans ses usines une petite garderie nourricière, pour permettre la garde des enfants et donner la possibilité aux ouvrières qui allaitent de pouvoir le faire pendant les heures de travail. Ces ouvrières touchent des primes. En hiver, les enfants sont amenés à l’usine et ramenés à domicile par une voiture faisant le service de l’usine.
- Dans la plupart des usines, il existe une caisse de secours en cas de maladie. Cette caisse est alimentée par les amendes, les co tisations et les dons patronaux. Les ouvriers la gèrent eux-mêmes.
- Rapports entre patrons et ouvriers. — Les rapports entre patrons et ouvriers sont bons, individuellement pris, mais il n’en est pas toujours de même collectivement.
- Nous nous contenterons de signaler ici les deux Associations patronales existantes :
- 1° La Chambre syndicale des fabricants de bonneterie de l’Aube, dont le siège est à Troyes. Ce syndicat comprend 120 membres.
- 2° La Chambre syndicale des fabricants et négociants en gros de bonneterie de Paris, dont le siège est place du Théâtre-Français, à Paris.
- Il existe également à Troyes des syndicats ouvriers :
- 1° La Chambre syndicale des ouvriers de Troyes.
- 2° L’Association syndicale des ouvriers et ouvrières de toutes les professions se rattachant à la bonneterie.
- 3° L’Association syndicale des ouvriers et ouvrières de toutes les professions se rattachant à la filature de Troyes.
- 4° L’Association syndicale des ouvriers façonniers de Romilly et de ses environs.
- 5° Le Syndicat des rebrousseurs, etc., etc.
- Ces Associations ne recueillent qu’un assez petit nombre d’adhérents, comparativement à la population ouvrière qu’emploie l’industrie de la bonneterie.
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- LA BONNETERIE A L’EXPOSITION DE MILAN
- L’Exposition internationale de Liège avait classé douze exposants français de bonneterie et une seule Maison étrangère qui exposait dans la Section belge.
- A Milan on comptait treize Maisons françaises et une seule étrangère qui exposait dans la Section italienne.
- Le Jury international avait décerné aux douze exposants français à Liège, les récompenses suivantes :
- 1 Hors concours.
- 4 Grands prix.
- 4 Diplômes d’honneur.
- 2 Médailles d’or.
- 1 Médaille d’argent.
- La Maison belge avait obtenu un Grand prix.
- Les exposants français obtinrent à Milan :
- 1 Hors concours.
- 6 Grands prix.
- 2 Diplômes d’honneur.
- 4 Médailles d’or.
- II
- Il est regrettable que les nations concurrentes de la nôtre, dans cette branche industrielle, aient jugé à propos de s’abstenir de participer à cette Classe de l’Exposition. Nous regrettons leur absence,
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- car il eût été intéressant de pouvoir juger l’ingéniosité des fabricants et de comparer la valeur de la production des grands centres internationaux de la bonneterie.
- Nous regretterons surtout l’absence des Allemands, dont on ne s’explique guère le désintéressement, car ils occupent dans l’industrie de la bonneterie une des premières places sur le marché international.
- L’Exposition de Milan a permis de constater que nos fabricants français continuent à faire tous leurs efforts pour maintenir la bonne réputation de notre production. Ils occupent incontestablement la première place par le goût et la qualité de leur fabrication. Les progrès qu’ils ont réalisés dans la science de l’étalage, dans la présentation de leurs articles, le souci qu’ils ont d’intéresser le public et de retenir son attention, sont les meilleures preuves des sentiments qui les guident dans la grande lutte pour la conquête des marchés internationaux.
- La bonneterie française occupait à Milan un emplacement considérable.
- Les récompenses obtenues par les 13 Maisons exposantes disent assez, par elles-mêmes, la prépondérance dont jouissent ces Maisons dans leur industrie.
- Avant de parler des exposants, ou nous permettra de jeter un coup d’œil d’ensemble sur l’aspect des vitrines.
- III
- La plus grande vitrine qui attirait l’attention des visiteurs était celle d’une des plus importantes Maisons de Troyes, mise hors concours et dont le directeur était membre du Jury.
- Elle renfermait un métier très compliqué pour la fabrication des chaussettes hautes nouveautés.
- Cette démonstration de tissage mécanique a eu beaucoup de succès. L’ensemble de la vitrine était parfait.
- Nous pouvons ajouter que cette usine possède les métiers les plus perfectionnés existant à ce jour.
- Une superbe vue d’un atelier renfermant deux cents femmes,
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- séparées chacune par de petits casiers, démontrait la réduction du travail à 8 h. y2 par jour, avec le même salaire que précédemment.
- Dans une grande et belle vitrine, la plus ancienne Maison de Paris comme bonneterie de luxe avait fait une démonstration magnifique digne de sa réputation universelle. Les modèles les plus riches, de véritables chefs-d’œuvre en bas et chaussettes de soie et de fil, brodés et à jour, formaient un ensemble admirable.
- Le Jury lui décerna un Grand Prix.
- — Un Grand Prix fut aussi attribué à une autre Maison de bonneterie de luxe de Paris qui avait su disposer de façon ingénieuse différents modèles de chaussettes de fil et soie, articles très fins dont le goût et la fabrication sont irréprochables.
- — Dans une vitrine disposée avec beaucoup de goût, une Maison du Midi dont la spécialité est la fabrication de bas fins, en soie et en fil, avait réuni de nombreux et jolis modèles de sa production ; aussi, ses efforts constants ont-ils été récompensés par un Grand Prix.
- — La plus ancienne et en même temps, la plus importante Maison de Picardie pour la fabrication des bas et chaussettes de laine, montrait dans une belle vitrine le fond de sa fabrication dont la renommée est au-dessus de tous les éloges. Elle reçut un Grand Prix.
- — Dans l’industrie du Jersey et des tissus dits «des Pyrénées», une grande Maison de Paris dont la réputation n’est plus à faire montrait dans une vitrine fort bien disposée, de très jolis modèles de vêtements confectionés en tissus des Pyrénées.
- Cette Maison qui possède en province une usine très importante a vu ses efforts justement récompensés par un Grand Prix.
- — L’industrie si universellement connue des vêtements de dessous en tissu de coton, de fil, de laine, était représentée par une très importante société de Troyes dont les articles sont connus dans le monde entier. Cette Maison fait un chiffre élevé à l’exportation. Le Jury lui décerna un Grand Prix.
- — Également une importante Maison de Paris, spécialiste dans l’industrie des tissus jerseys, avait fait une remarquable Exposition de gilets du meilleur goût. Ces articles se faisaient surtout remarquer par les soins apportés dans leur confection qui nous a paru irréprochable. Le Jury lui décerna un Diplôme d’honneur.
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- — Une autre maison de Picardie, spécialiste en gilets de chasse, a su par ses créations constantes et le fini de sa fabrication conquérir la place la plus importante dans son industrie. Elle présentait d’ailleurs dans une vitrine très bien disposée des modèles d’un cachet indéniable. Le bien-fini est d’ailleurs la caractéristique de cette Maison à laquelle le Jury accorda un Diplôme d’honneur.^| J
- — Trois Maisons de Paris, spécialistes en bonneterie fantaisie, avaient réuni dans de ravissantes vitrines, véritable symphonie de blanc, ciel et rose, de jolies créations d’articles tricotés pour femmes et enfants. Leurs efforts furent récompensés par chacune une Médaille d’or.
- — Les gants de tissus, dont une importante Maison de Paris s’est fait une spécialité, formaient une vitrine du plus gracieux effet; mais nous insisterons tout particulièrement sur les progrès et les efforts constants de cette Maison laquelle, malgré la concurrence énorme de l’Allemagne dans ces articles, a su faire dominer l’article français par les soins et le fini de la fabrication. Le Jury lui décerna une Médaille d’or.
- IY
- Les Maisons françaises debonneterie qui exposaient à Milan étaient, ainsi que nous l’avons dit précédemment, au nombre de treize.
- Voici, dans leur ordre alphabétique, le nom de ces exposants : MM. Bertout et Got, Boileau, Bourdon et Rasse, Brun fils, Courtois, Dheilly, Fournier, Savouré, Société générale de Bonneterie, V. Tonnel et Cie, Ph. Viallard et Cie, Vitoux-Derrez, Villeminot et Cie.
- Nous avons pensé qu’une simple nomenclature ne fournirait pas des renseignements suffisants sur ces Maisons et nous avons estimé que, non seulement nous devions nous occuper de leur situation à Milan, mais encore rappeler les efforts qu’elles ont fait précédemment pour défendre notre grande industrie de la bonneterie.
- C’est dans ce but que nous publions sur chacune d’elles une courte notice.
- Nous avons dû nous incliner devant les nécessités de la mise en pages, qui ne nous ont pas permis d’observer, comme nous l’aurions voulu, l'ordre alphabétique.
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- BERTOUT et GOT, rue des Bourdonnais, Paris.
- Cette maison a été constituée en mars 1899, par la réunion des maisons A. Bertout et H. Got.
- La spécialité de l’ancienne maison A. Bertout consistait dans la fabrication de tissus jersey et celle de la maison H. Got, dans la confection de vêtements faits avec ces tissus.
- Dès sa fondation cette maison s’est appliquée à la production de beaux articles, s’adressant aux premières Maisons de Paris, de la province et de l’étranger.
- Les soins les plus vigilants sont apportés dans sa fabrication et elle n’emploie que des matières de qualité supérieure.
- Elle a obtenu les récompenses suivantes :
- Médailles de bronze : Paris 1889, Médailles d’argent : Paris, Exposition universelle de 1900; Médaille d’or : Saint-Louis; Diplôme d’honneur : Liège. Milan 1906.
- TH. BOILEAU, 67, rue de Rivoli, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1820 par le grand-père du titulaire actuel. Le fondateur employait pour sa fabrication des ouvriers bonnetiers formés par l’industrie rouennaise, qui aux siècles précédents était, le principal centre de la corporation.
- La maison prit une grande importance après l’Exposition de 1855, i où elle obtint une Médaille de bronze.
- Aux Expositions de 1867, de 1878 et 1889,1e jury lui accordait une Médaille d’argent.
- Après l’installation d’une usine modèle à Marseille-le-Petit, à 22 kilomètres de Beauvais, et à mi-chemin entre Amiens et Rouen, la fabrication de cette maison prit un nouvel essor qui la mena rapidement au succès.
- Une Médaille d’or lui était décernée à l’Exposition universelle de Paris, en 1900. Elle obtenait en 1904 à Saint-Louis, une nouvelle Médaille d’or, puis un Diplôme d’honneur à Liège, en 1905, en enfin ün Diplôme de grand prix à Milan en 1906.
- Cette maison produit surtout des articles de fil d’Écosse haute nouveauté et très fins. Une grande partie de sa production s’écoule
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- dans les pays étrangers, où l’on se préoccupe surtout de produire des articles classiques et bon marché, laissant à l’industrie française la spécialité des articles de luxe.
- BOURDON et RASSE, 132, rue de Rivoli, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1867. Elle se consacre exclusivement
- à la fabrication de la ganterie de tissus. Elle possède 22 ateliers en province, et deux usines actionnées par la force motrice.
- Elle emploie un nombreux personnel et rivalise avec les maisons allemandes qui détenaient jusqu’à ce jour, le monopole de cette fabrication en France.
- Elle traite un gros chiffre d’affaires avec les principales maisons de Paris et de province, ainsi qu’avec l’exportation.
- Elle fabrique les gants de tissu en tous genres, aussi bien les articles les plus courants que les articles fantaisie.
- Elle a obtenu les récompenses suivantes depuis 1902 :
- Médailles d’or: Liège 1905,
- Milan 1906.
- Louis BRUN FILS, à Arre (Gard).
- Cette maison qui possède d’importantes manufactures dans le département du Gard, fabrique la bonneterie de soie, de fil d’Ecosse et de coton.
- Elle a obtenu les récompenses suivantes :
- Médaille d’or : Paris 1889; Médaille d’or : Paris 1900; Grands prix : Liège 1905, Milan 1906.
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- Depuis quelques années, cette maison a pris un essor considérable, elle s’est trouvée dans la nécessité d’augmenter considérablement son matériel pour satisfaire aux commandes qui lui viennent de Paris, des grandes villes de France, des Amériques, de Londres et de Berlin.
- Elle a bénéficié, depuis 1906 des bonnes relations que la France entretient avec l’Italie et des nouveaux tarifs de douane, qui ont permis d’augmenter considérablement son chiffre d’affaires.
- Depuis 1904, elle recueille dans un orphelinat les enfants malheureux de la contrée.
- A. COURTOIS, 14, rue Bertin-Poirée, Paris.
- fOURTCMS
- Cette maison a été fondée en 1897 par M. Courtois qui appartient à l’industrie de la bonneterie depuis 1882.
- Sa spécialité est l’article en lainages.
- Elle a obtenu les récompenses suivantes :
- Médailles d’ or : Saint-Louis 1904;
- Liège 1905;
- Milan 1906.
- Elle possède plusieurs ateliers en province, où l’on fabrique des articles tricotés à la main, nécessitant des soins méticuleux.
- A Liège et à Milan, M. Courtois exposait un châle rond fantaisie deux tons, qu’il a créé et que les principales maisons de nouveautés de Paris, ont appelé « neigeux ».
- Ces articles, qui demandent beaucoup de goût, sont d’une vente facile, en Italie, dans l’Amé-
- rique du Nord et du Sud, où ce genre se fabrique très peu.
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- Emile DHEILLY, Villiers-Bretonneux (Somme).
- Cette maison a été fondée en 1863 par M. Doublet-Dheilly qui fut pendant trente ans, directeur de la fabrication à l’usine de MM. Lavallart frères. En 1873, M. Dheilly-Hordé succéda à son oncle et ce n’est qu’en 1894 que M. Emile Dheilly, le propriétaire actuel eut la direction des affaires de la maison.
- Depuis sa fondation, la maison Emile Dheilly s’est toujours adonnée à la fabrication très soignée des articles de bonneterie, dans lesquels sa spécialité est le gilet de chasse. Aux Expositions elle a obtenu les plus hautes récompenses :
- Aux Expositions universelles de Paris 1889 et 1900, le jury lui décerna une Médaille d’argent, en 1904, à Saint-Louis, elle obtint une médaille d’or; à Liège en 1905 et à Milan 1906, le jury des récompenses lui a accordé le Diplôme d’honneur.
- . J
- E. FOURNIER, 140, rue de Rivoli, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1872, le propriétaire actuel la dirige depuis 1880.
- Elle a obtenu les récompenses suivantes :
- [}* Médaille de bronze : Paris 1889; Médailles d’or: Saint-Louis 1904, Milan 1906.
- Elle possède une importante fabrique, à Lamotte en Santerre dans la Somme.
- Pendant de longues années, elle était seule à fabriquer les articles de fantaisie pour dames, tels que frileuses et châles au petit métier. Aujourd’hui, il existe plusieurs fabriques de cet article, mais les genres sont assez différents les uns des autres.
- La spécialité de cette maison est demeurée, le châle, la pèlerine au métier, la frileuse; elle a ajouté à ces fabrications le chandail, et des articles de sports de vente très répandue.
- Son commerce d’exportation se fait principalement avec l’Espagne, la Suisse, la Belgique, les Etats-Unis, où elle écoule des articles de fantaisie.
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- PHILIPPE, VIALLARD et G10 (ancienne maison Blazy frères).
- 21, rue Etienne-Ms rcel, Paris
- C’est en 1900 que MM. Philippe, Viallar et Cie, ont pris la suite de la maison Blazy et Cie (ancienne maison Blazy frères).
- Cette maison possède une importante filature de laine et des ateliers de teinturerie, de blanchiment, de tissage de canevas de coton et de lainage. Ses usines sont à Yerres (Seine-et-Oise), et comportent d ’ importantes cités ouvrières pour le personnel. Les ateliers de manutention sont à Paris, 10, passage Turquetil.
- Elle a monté très grandement la manufacture de la bonneterie de fantaisie, et la fabrication des articles de haute nouveauté.
- La création de ce département a contribué dans une large mesure au développement des affaires de la maison ces dernières années.
- MM. Philippe, Viallar et Cie, qui exposaient à Milan pour la première fois sous leur nouvelle raison sociale, ont obtenu une Médaille d’or.
- Le chiffre de leurs affaires traitées à l’étranger est considérable, notamment avec l’Italie où leurs articles sont exportés en grande quantité, malgré les droits de douane très élevés, mais ils luttent cependant avec avantage contre la fabrication indigène et la concurrence allemande, grâce au bon goût, à l’élégance et au cachet bien parisien de leurs modèles.
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- SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DE BONNETERIE A TROYES.
- Cette maison a été fondée en 1846. Elle a beaucoup contribué au développement de l’industrie de la bonneterie en France, et notamment par son atelier de construction de métiers Cotton et autres.
- Aujourd’hui elle occupe le premier rang parmi les constructeurs français de machines à bonneterie, et sa fabrication est appréciée sur tous les marchés du monde.
- Outre son atelier de construction, elle possède deux usines de fabrication de bonneterie, produisant des bas, des chaussettes, des gilets et caleçons en maille unie.
- Elle exporte environ un tiers de sa production textile, pour une très faible partie"’en Europe, où les fabricants allemands réussissent mieux que les fabricants français à cause du lion marché de leurs produits. Elle ne fait que peu d’affaires en Italie. Elle a obtenu les récompenses suivantes :
- Médailles d’or : Paris 1867, 1878, 1889; Diplôme d’honneur : Amsterdam 1883; Grand prix collectifs : Saint-Louis 1904; Grand prix : Milan 1906; Elors Concours, Membre du Jury : Paris 1900.
- SAVOURÉ, 120, rue de Rivoli, Paris.
- Cette importante maison a été fondée en 1844.
- Elle a obtenu les récompenses suivantes :
- Médailles de bronze : Paris 1849 et 1855; Médailles d’argent : Paris 1867 et 1878; Médaille d’or : Paris 1900; Grands prix : Saint-Louis 1904, Liège 1905; Milan 1906.
- Elle s’occupe spécialement de l’article de luxe qu’elle fabrique dans sa manufacture d’Arcis-sur-Aube, ou dans son usine, sorte d’école, où les ouvriers ne séjournent que le temps nécessaire pour apprendre le métier, et pour pouvoir former, ensuite de petits ateliers répartis dans les campagnes environnantes.
- Ces ateliers sont pourvus, par les soins de la maison des métiers les plus perfectionnés, actionnés par des moteurs à pétrole.
- M. Savouré trouve à ce mode de fabrication de multiples avantages, entre autres celui d’avoir une importante production avec un minimum de frais généraux, et il permet en outre, de payer un salaire relativement élevé, sans augmenter les prix de revient.
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- D’après le Directeur de cette importante maison, la bonneterie
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- française traverse une période de transformations elle lutte avec avantage contre ses concurrents dans l’article de luxe, elle se défend
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- honorablement, dans l’article courant, elle rencontre de plus grandes difficultés dans l’article à bas prix.
- V. TONNEL et Cie, bonneterie de Picardie, 130, rue de Rivoli, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1797, pour la fabrication des bas et chaussettes de laine, mérinos et cachemires.
- Elle possède une importante manufacture à Marcelcave dans la Somme.
- Elle a obtenu les récompenses suivantes :
- Médailles d’argent : Paris 1855, 1867, 1878; Médailles d’or : Paris 1889, 1900, Saint-Louis 1904; Grands prix : Liège 1905, Milan 1906.
- Elle ne fait pas de commerce avec l’extérieur, sa production étant absorbée en France.
- Lucien VILLEMINOT et Gio,50, rue Croix-des-Petits-Champs.
- Cette maison a été fondée en 1882, par M. Blais Mousseron, et possède une importante usine à vapeur à Corbie, dans la Somme.
- Elle s’occupe plus spécialement du tissage et de la fabrication de la bonneterie : tissus jersey, tissus dits des Pyrénées et tous articles confectionnés dans ces tissus.
- Elle est la seule maison cpii fabrique, en France les tissus satin laine pour ganterie. Jusqu’à ces derniers temps ce genre de tissus venait d’Allemagne.
- L’installation de son usine, transportée de Paris à Corbie, il y a sept ans, en pleine crise industrielle de l’article de Picardie, fut, par le montant des façons et le taux des salaires, un véritable bienfait pour le pays.
- Cette maison a progressé depuis sa fondation d’une façon constante, et régulière.
- Elle a obtenu les récompenses suivantes :
- Deux médailles d’argent : Anvers 1885, Paris 1889; une Médaille d’argent et une Médaille d’or : Bruxelles 1891; Grand prix : Paris 1900, Milan 1906; Hors concours : Glasgow 1901; deux Grands prix (dont un dans la Classe d’Économie sociale) : Saint-Louis 1904; Hors concours, expert du Jury : Liège 1905.
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- M. Villeminot était, à l’Exposition de Milan, secrétaire dit Comité d’organisation de la section française (Groupe 12).
- WIPFiïL
- Plusieurs institutions de prévoyance ont été créées dans la mais on et lui ont mérité de nombreuses récompenses aux diverses Expositions.
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- VITOUX-DERREY, à Troyes (Aube
- Cette maison est une des plus importantes de la région de l’Est et même de la France.
- Elle occupe, dans ses usines modèles, un grand nombre d’ouvriers, ayant à leur disposition un matériel des plus modernes pour la fabrication presque exclusive des bas et chaussettes haute nouveauté.
- Fondée en 1889 elle n’a pas tardé à conquérir une clientèle sérieuse et a contribué à maintenir sur tous les marchés la supériorité de notre fabrication.
- M. Vitoux-Derrey est non seulement un homme d’initiative mais un novateur hardi, si nous en jugeons par la rapidité avec laquelle il est parvenu à une situation industrielle et commerciale considérable.
- Ses produits ont figuré depuis dix ans aux principales Expositions et ont obtenu les récompenses suivantes; Grand prix : Saint-Louis 1904 ; Diplôme d’honneur: Liège 1905; Hors concours, membre du Jury : Milan 1906.
- M. Vitoux-Derrey, a non seulement consenti à des sacrifices considérables pour maintenir la réputation de l’article français, mais il s’est encore préoccupé d’établir dans ses ateliers une division du travail, qui permet la journée de 8 h. y2 aux ouvrières, et de nombreuses œuvres de prévoyance et d’encouragement. Nous citerons plus particulièrement la crèche qu’il a installée à côté de l’usine et qui permet l’allaitement des enfants pendant le travail.
- M. Vitoux-Derrey est d’accord avec ses autres collègues pour reconnaître la supériorité de l’article français et la situation avantageuse qui lui est faite sur le marché international.
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- L’Industrie des Boutons
- SES ORIGINES
- DU BOUTON PRIMITIF AU BOUTON MODERNE
- I
- WP es remarquables rapports que notre collègue, M. Julien Jjljv, Hayem, a présenté au Ministère du Commerce, à l’occasion des Expositions Universelles de Paris 1889 et 1900, ont apporté une précieuse collaboration à l’histôire de l'industrie des boutons.
- Les travaux de MM. G. Fagniez et Germain-Martin, ainsi que ceux de plusieurs autres éminents érudits, ont contribué à faciliter la tâche de ceux qui veulent s’instruire sur les origines de nos grandes industries françaises.
- Ceux de nos collègues qui, avant nous, eurent l’honneur d’être désignés comme rapporteurs de notre Classe, ont déjà rendu un juste hommage au talent et au mérite de ces historiens.
- Nous sommes heureux de leur apporter à notre tour nos félicitations pour le soin qu’ils ont mis à faire connaître aux générations nouvelles, les résultats obtenus par l’initiative et l’énergie des hommes qui nous ont précédé dans la grande carrière industrielle.
- Les origines de la « boutonnerie » sont connues. Ainsi que nous
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- 316
- EXPOSITION DE MILAN
- l’avons dit, ce sujet a fait l’objet d’études historiques et techniques fort remarquables, mais, comme il est très difficile de renvoyer le lecteur à ces multiples ouvrages, nous avons jugé préférable de dire, en résumé, quels furent les débuts de cette industrie aujourd’hui si prospère.
- II
- Le bouton est l'accessoire presque nécessaire des vêtements ajustés; l’ampleur des vêtements que portaient les anciens le rendait inutile. Aussi à peine trouverait-on dans l’antiquité quelque chose qui ressemble à un bouton, pour retenir, sur l’épaule, les deux coins de la tunique ou de la toge chez les Romains, du pallium chez les Grecs.
- Quant aux prétendus boutons qui servent à distinguer les divers ordres des dignitaires chinois, ils rappellent plutôt les bulles des enfants romains que nos boutons modernes.
- « Le bouton primitif, dit M. Julien IJayem, dans son rapport sur l'Exposition universelle de 1900, fut sûrement une lanière nouée et formant boule, qu’on passait ensuite dans un nœud de cuir en boucle comme boutonnière. C’est encore le bouton de certaines bourses naïves et de guêtres; ce fut celui des conquérants de l’Angleterre au temps de Guillaume. Puis, ce bouton primitif reçut des améliorations, on le roula avec plus de soin, on le fit sur une forma de bois ou de fer qui lui donnait une consistance; bref, on le tressa, on le décora; ce fut celui des enfants de Saint-Louis et des Valois, celui que le duc de Bourbon ajoutait à des létices de fourrures, sur son habit civil, à la fin du xive siècle. »
- A une époque déjà reculée dans f histoire du costume, le bouton ne se contente pas d’être un objet utile, il devient un ornement.
- Ainsi, dès le xne siècle, quand, au faste proverbial des habits, s’ajoutecelui desbijoux, on voit se substituer aux agrafes, desboutons d’argent, d’or et de pierres précieuses.
- Cependant l’usage ne s’en est pas répandu très promptement, car sous le règne de Saint Louis, les femmes et même les hommes portaient encore des manches cousues, qu’il fallait bâtir le matin et découdre le soir.
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- Les manches du surcot sont presque sans aucune utilité, garnies de nombreux et riches boutons.
- Dès cette époque, vers 1260, le métier de boutonnier est assez important pour fournir un chapitre spécial dans les registres des métiers et marchandises de Paris du prévôt Etienne Boileau.
- La fabrication des boutons se confond alors avec celle des dés, et le titre LXXII des registres de Boileau s’applique aux deux bouton-niers et deyciers d’archal, de quoivre (cuivre) et de laiton.
- Les dispositions principales de ce document disent que : Quiconque veut être boutonnier d’archal et de laiton et de cuivre, neuf ou vieux, doit être « prud’homme et loyal ». Nul boutonnier ne peut avoir qu’un seul apprenti, en plus de son enfant légitime. En cas de contravention, le coupable est condamné à payer au roi une amende de dix sols et son apprenti est supprimé.
- L’apprenti doit rester huit ans et payer onze sols d’argent, ou dix ans, sans argent.
- L’apprenti engagé à « argent ou sans argent » doit cinq sols à la confrérie des boutonniers ou à ses maîtres.
- S’il ne remplit pas son engagement, il doit payer dix sols d’amende au Roi.
- Nul boutonnier ne peut faire de boutons dont une moitié soit plus grande que l’autre; s’il fait des boutons appelés « ersioz » il est condamné à cinq sols d’amende et à la perte des boutons.
- Sous les règnes des premiers Valois, les pourpoints des seigneurs sont ouverts sur le devant et garnis de trente-huit boutons destinés à les fermer; les boutonnières sont cousues avec de la soie de couleur.
- Au commencement du xvie siècle, les boutons ne servent plus seulement à attacher les pourpoints, mais constituent le principal ornement des bonnets.
- Une ordonnance somptuaire de 1549 dit que : « Les garnitures d’or et d’argent n’étaient permises que pour les boutons et les fers des lacets; la soie seule pouvait servir à faire les passements et broderies, et tout cela, boutons, ferrements, passements, bro-deaies, avait sa place assignée le long des ouvertures du vêtement, sans en pouvoir envahir les pans ni les faces ».
- — « Loin de décroître après Henri III, dit M. Julien Hayem, la passion du bouton grandit davantage. Si l’on n’a pas d’ouverture au justaucorps comportant la boutonnière et le bouton, on imagine de fausses garnitures aux épaules, aux manches et jusqu’au haut des chausses. L’industrie du boutonnier est, dans ce temps, aussi
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- prospère que peut l’être celle des fabricants de ferrets. Le nœud de ganse, terminé par deux ferrets d’or ou de diamants montés sur argent, est la décoration à la mode pour l’habit d’homme, ceci dès la fin du règne d’blenri IY, mais les boutons ne sont point oubliés. »
- Sous le règne du Roi galant, en effet, les boutons prennent dans le costume une place dont l’importance n’avait jamais été atteinte ; non seulement le corsage, les manches, les épaulettes, sont ornés de boutons, mais aussi les robes elles-mêmes.
- Sous Louis XIII, le bouton subit une éclipse, mais relative et très momentanée.
- Les pourpoints sont indifféremment garnis ou dépourvus de boutons, et les passementeries tendent à les remplacer.
- Les boutons bannis du costume se réfugient dans les chausses, où des passements joints à une garniture bordent de chaque côté la fente ménagée au-dessus des jarretières.
- A l’époque où Richelieu dirigeait les affaires du royaume, de nouveaux changements furent apportés dans la mode des boutons; leurs garnitures furent remplacées par des flots de rubans. Le pourpoint ressemble à une veste ajustée sur le haut du buste et boutonnée depuis le haut du cou jusqu’aux hanches : les manches du pourpoint, quoique fendues, restent en partie boutonnées.
- En 1677, le Mercure galant signale la simplicité introduite dans la mode des hommes, et décrivant le costume adopté, indique que les vestes n’ont conservé qu’une grosse touffe de rubans sur l’épaule droite et quelques agréments autour des boutonnières; que les garnitures de boutons sont de soie jaune, aurore ou blanche, pour imiter l’or et l’argent, enfin que les boutonnières sont ornées de même. Les boutons ne sont pas uniformes, ils sont en toutes espèces de métaux, et les femmes qui n’ont pas de diamants ou de pierreries se parent de boutons de jais.
- En 1682, dit M. Germain Martin, il existait à Rouen et à Caen d’importantes fabriques de boutons.
- Sous le règne de Louis XIV, l’industrie des boutons prit, en effet, un développement considérable.
- Les boutons, dès cette époque, se composaient d’un morceau de bois en forme de macaron plat en dessous, rond en dessus, sur lequel on ajoutait une couverture de cuivre, d’argent, d’or, de soie ou de poils.
- Rien de plus complexe, dit M. J. Hayem, comme dessin et comme ornementation, lorsqu’on a affaire aux boutons façonnés de poils ou de soie.
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- On y brode mille motifs décoratifs, qui font d’un artisan imaginatif et sachant varier ses thèmes, un ouvrier hors ligne et fort recherché dans la corporation. Il y a dans ce genre ce qu’on nomme les boutons à épi, à amande, construits avec le bouillon, du luisant, les cordes à pui ou du falbala. Le bouton d’or se fabrique à deux épaisseurs de soie; l’une formant dessous; l’autre, très belle, provenant du Piémont dès le xvme siècle, fournit un éclat d’or très rapproché de celui de l’or vrai. Quant au bouton d’or et d’argent à figures ou à ornements, il se pousse dans un moule appelé un tas.
- Sous l’habile direction de Colbert, l’industrie des boutons, comme tant d’autres, prit en France un grand développement. L’Angleterre, l’Allemagne, l’Europe nous achetaient au xviii® siècle leurs boutons.
- La confection des boutons d’étoffes était exclusivement réservée aux maîtres passementiers.
- On tenait à conserver ces artisans qui tissaient et brodaient avec art.
- De crainte qu’ils ne disparussent, les édits du 25 décembre 1694, 3 octobre 1706 et 21 mars 1707 défendirent de porter des boutons de drap et autres matières et faits au métier, sous peine de 300 et 500 livres d’amende au tailleur qui en posséderait.
- Amelot recommandait aux surintendants de veiller à ce qu’aucun abus ne fût commis à ce sujet (1).
- Cette mesure ne fut pas spéciale à la France, car en 1699, Guillaume III, roi d’Angleterre « donna son agrément royal » à un acte du Parlement, en vertu duquel « furent prohibés les boutons de drap, de serge, de droguet et de toute autre étoffe ».
- Sous Louis XIY, le luxe des boutons s’était avancé dans des proportions peu croyables. Dans son testament politique, Colbert, parlant de la magnificence de ce règne, écrit : « Vous (Louis XIV) fîtes faire un justaucorps seul d’un prix inestimable, et qui ne vous servait que pour recevoir les ambassadeurs : les diamants qu’il y avait dessus et à votre chapeau étaient de la valeur de plus de seize millions ».
- Colbert, parlant des impôts, écrit également : « Cependantily en a un (impôt) qui n’a point encore été mis, que je trouve juste et qui, bien loin de faire du mal, ne ferait que du bien. Toute la France est défigurée depuis quelque temps, et le luxe et la vanité régnent telle-
- (1) Germain Martin, la Grande Industrie sous Louis XIV.
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- ment parmi tout le monde, qu’il est impossible de distinguer le gentilhomme d’avec le roturier, le bourgeois d’avec le magistrat, et ceux de la lie du peuple d’avec la bonne bourgeoisie. Les femmes surtout se méconnaissent si fort qu’elles portent un état tout à fait au-dessus de leur condition ».
- Comme remède à cette situation, le célèbre ministre propose au Roi de « mettre un impôt sur ceux qui voudront s’émanciper au delà de leur condition ».
- — « Votre Majesté peut, par un règlement, ordonner ceux qui auront droit de porter de l’or et de l’argent; ceux qui porteront des étoffes de soie, et ainsi de tout le reste, et que ceux qui n’en devront pas porter et qui ne laisseront pas de le faire, payeront tant pour l’or et pour l’argent, tant pour les étoffes de soie et ainsi des autres choses défendues. Or cet impôt fera rentrer chacun en lui-même, ou il produira à Votre Majesté un gros revenu. Car si elle met seulement un écu ou deux pour l’or et pour l’argent, autant pour les étoffes de soye, autant pour les dentelles et ainsi du reste, combien de gens qui n’en pourront porter par le règlement aimeront mieux donner de l’argent que de ne pas être comme les autres. Cependant cet impôt ne fera crier personne, puisqu’il sera volontaire et qu’il ne tiendra qu’à soi de ne pas le payer. »
- Sous Louis XV, l’industrie du bouton subitune nouvelle évolution. Dans les premières années de ce règne, le commerce des boutons est un des rares qui se maintiennent. L’industrie des boutons de soie pour habit est plus particulièrement soignée et l’Étranger fait luire aux yeux de nos ouvriers les plus alléchantes promesses pour les déterminer à déserter les fabriques installées à Paris, à Rouen, à Clermont-Ferrand et dans beaucoup d’autres endroits.
- Le pur bouton de soie remplace dans la mode celui de Louis XIV, autrement historié et important; le bouton d’or estampé devient aussi fort employé dans l’armée, dans les habits de chasse. Les boutons de crin pour la ganse du chapeau se fabriquent à Beauvais ou à Paris; dans cette dernière ville, ce sont des ouvriers suisses qui ont accaparé ce genre peu lucratif. Ils se payent environ 28 sous la grosse. Les boutons d’or et d’argent, également réservés aux chapeaux, varient de valeur, suivant la fabrication soignée, très soignée ou supérieure (1).
- Les gondoliers de Versailles, ceux que Louis XIV entretenait pour
- (1) Renseignements dus à l’abbé Nollet, et cités par M. Julien Hayem.
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- son service personnel, portaient des boutons d’or et dont une seule fourniture, faite par Delaleu, marchand mercier parisien, atteignait le chiffre respectable de 2.415 livres. Sous Louis XV, l’Inspecteur des Suisses reçoit de gros boutons « d’or trait » cotés 5 livres la douzaine. Leur fabrication était pourtant soignée et ils valaient ceux de nos équipements d’officiers subalternes.
- La comparaison était intéressante à faire. Vers 1775 naissent les boutons miniature dont le succès fut considérable; concurremment naissaient les boutons en acier taillé à facettes, dont le jeu était de feindre les diamants.
- Avec l’Empire, l’industrie du bouton militaire prit les plus grandes proportions; on en fabriquait dans toutes les villes de France. Les élégants avaient délaissé le bouton de métal et l’on ne portait guère que le bouton d’étoffes.
- Ce bouton, qui est demeuré dans nos mœurs, fut longtemps surnommé « boutons en pareils ». On coupait dans les rognures du vêtement qu’on venait de confectionner, de petits ronds de drap, de mérinos, de toile ou de soierie, on plaçait dans le milieu un petit moule en bois, percé d’un seul trou au centre, on passait à l’aiguille un fil tout autour du petit rond d’étoffe, on serrait, on cousait sur le vêtement et le bouton était confectionné.
- Ce bouton a été remplacé par le bouton à queue solide, queue de fil inventée en 1844 par M. Parent.
- L’industrie des boutons est aujourd’hui parmi les plus florissantes et la fabrication française occupa une place, prépondérante sur les grands marchés internationaux.
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- Matières premières. — L’industrie des boutons utilise pour la confection de ses produits une prodigieuse variété de matières empruntées, par un privilège peut-être unique, aux trois règnes de la nature : aux minéraux, elle doit l’or, l’argent, le cuivre, le nickel, 1 aluminium, le zinc, tous les métaux fusibles ou malléables, les pierres précieuses, le diamant, le kaolin, le feldspath, toutes les
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- matières vitrifiables et pouvant fournir tous les types de verre, de cristal, de porcelaine, etc.
- Le règne végétal lui fournit la série des bois durs, les noix de corrozo, dit ivoire végétal, les noix de coco, le caoutchouc.
- Au règne animal, elle emprunte, l’os, l’ivoire, la corne, le cuir, les crins, la nacre du burgau et de diverses espèces de mollusques, etc.
- Elle emploie aussi, en très grande quantité, le papier mâché, tous les tissus de soie, de laine, de laine et de soie, de fil, de coton, etc.
- L’industrie des boutons utilise également des déchets de toutes matières. Les industries de la confection trouvent à revendre les rognures aux fabricants de boutons, qui sont ainsi à même de faire de trèslbons boutons en étoffe, à des prix très bas.
- La France fabrique une grande quantité des étoffes spécialement destinées à la fabrication des boutons, et Milan, principalement, fabrique avec notre grande cité lyonnaise les étoffes de soie employées dans cette industrie.
- L'outillage et la fabrication. — L’outillage nécessaire à la fabrication des boutons est très important et très varié. Certains industriels ont annexé des ateliers de construction mécanique à leurs fabriques de boutons. Grâce à ces ateliers, le fabricant peut exécuter immédiatement dans son outillage les modifications dont l’expérience ou les nécessités de la mode lui ont démontré l’utilité.
- Là comme ailleurs, les machines à fabriquer ont opéré leur révolution dans la confection des produits. Il est pourtant certains genres de boutons qui demeurent du domaine du travail manuel, mais la plus grande partie de la production se fait mécaniquement. Les ouvriers ne se sont point trouvés atteints par la transformation de l’industrie, au contraire, leur nombre a augmenté en des proportions considérables, suivant le développement de l’industrie elle-même.
- L’industrie des boutons comporte une variété infinie de produits qui nécessitent des modes divers de fabrication.
- Fabrication. — Les divers genres de boutons que l’on fabrique aujourd’hui sont : le bouton d’os, le bouton d’étoffe, le bouton de passementerie, le bouton pour tailleur, le bouton de corne, le bouton de nacre, le bouton de bois, le bouton de corrozo, le bouton de verre, le bouton en papier, le bouton en pâte céramique, le bouton de métal.
- Pour examiner chacun de ces genres, il faudrait un développe-
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- ment que les limites prévues pour ce chapitre ne nous permettent pas. Nous nous contenterons donc d’un examen rapide et de faire les remarques les plus importantes.
- Boutons clos. — Ce bouton, dont le prix de revient est très bas, est d’un usage très répandu, il se fabrique mécaniquement au moyen de machines appelées : « machine anglaise et tour français ». Les fabriques les plus importantes sont dans le département de l’Oise, à Méru.
- Les ouvriers gagnent en moyenne les salaires suivants et qui varient selon le genre de travail, de 1 franc à 2 fr. 50 par jour. En général, les scieurs ou débiteurs gagnent 7 francs; les traceurs 6 francs; les détacheurs 4 francs, les perceurs ou perceuses, 2 fr. 50; les encarteuses, 2 fr. 50.
- Boutons d'étoffe. — Avant 1844, ce bouton était composé d’une étoffe faite au métier à tisser et d’un moule en bois portant les trous qui permettaient le passage du fil nécessaire à l’attacher au vêtement.
- En 1844, M. Parent inventa le bouton à queue solide, queue de fil, et qui remplaça avantageusement l’ancien procédé; il est aujourd’hui universellement adopté.
- La fabrication en est très simple et réalise un produit solide, facile à coudre, et permet d’assortir le dessus du bouton à l’étoffe du vêtement. Les machines permettent d’atteindre une production considérable; elles ne sont conduites que par des femmes, dont les salaires varient entre 2 fr. 50 et 3 francs par jour.
- Boutons de passementerie.— Ce bouton est dit à l’aiguille; il se confectionne à la main et, suivant la mode et les caprices du jour, se couvre tantôt de jais ou de perles, tantôt d’acier ou de nacre, tantôt de broderies faites au crochet ou à la main. Il est très usité dans la confection pour dames. La France était sans rivale dans cette spécialité, et encore aujourd’hui, malgré la concurrence étrangère, elle l’emporte toujours pour le soin de sa fabrication, l’emploi de matières de qualité supérieure et l’originalité de ses modèles.
- Le bouton monté sur moule en bois est encore très usité dans la confection pour dames, où l’on recherche à assortir les boutons avec l’étoffe des costumes; c’est ce qu’on appelle le « bouton en pareil ». Ils s’obtiennent en recouvrant les moules de bois de l’étoffe du costume; ils sont économiques, car les moules de bois valent en général de 15 à 20 centimes les douze douzaines.
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- Boulons pour tailleur. — Ce bouton se fabrique à peu près de la iiiême manière que le bouton d’étoffe, toutefois la queue est formée d’une étoffe de toile. Les étoffes recouvrant les boutons sont de tous les genres : tissus de drap, de mérinos, cachemire, calicot, toile, soie, sergé, velours; elles sont tissées spécialement pour cet usage quand il s’agit de tissus spéciaux brochés ou de fantaisie, ou puisées dans l’assortiment des étoffes unies ou de fantaisie, vendues par les fabriques françaises, anglaises, italiennes, etc., etc.
- Si l’étoffe de fantaisie est fabriquée en vue de la confection des boutons, elle présente l’aspect d’un damier dont chaque case est destinée à recouvrir un bouton; on emploie également les déchets des couturiers.
- Boutons de corne. — La matière employée pour le bouton de corne provient en général des ergots des boeufs et des vaches, des sabots de chevaux et également de la corne du buffle, qui nous est expédiée de l’Amérique du Sud. On se sert pour sa fabrication du tour français ou de la machine anglaise. Ces boutons, grâce à la teinture, peuvent se présenter avec les couleurs les plus variées, on peut les assortir aux couleurs des étoffes employées pour les costumes.
- Boulons de nacre. — La fabrication de ce bouton constitue une branche très importante dans l’industrie des boutons. La France, l’Amérique, l’Italie, etc., etc., en fabriquent de grandes quantités. Dans son remarquable rapport, M. Mermilliod, nous a donné les détails les plus intéressants sur le développement de cette branche industrielle aux États-Unis.
- En France, le principal centre de fabrication est dans le département de l’Oise. C’est également le plus important centre de fabrication du monde entier.
- La fabrication du bouton utilise, dit M. Mermilliod une très grande variété de nacres de toutes provenances. Ce sont d’abord les coquilles acéphales, connues sous le nom de « nacres franches », qui proviennent des îles de la Sonde, de l’Australie septentrionale et des Philippines. On commence par prendre, généralement dans la partie épaisse de ces coquilles des articles de tabletterie et on découpe les boutons dans la partie mince.
- Ce sont ensuite les nacres noires provenant de Gambier, Tuamoto, Banda, Fiji, et les nacres dites bâtardes venant d’Egypte, de Bombay, de Panama, de Puntas-Arenas, etc.
- Les petits coquillages légers connus sous le nom de Lingas
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- viennent de Ceylan et de Venezuela. Enfin, le Japon envoie des Gold-fish et un coquillage de forme conique appelé « Trocas » qui a été importé en quantités considérables ces dernières années et qui a été très en faveur auprès des fabricants de boutons en raison de son prix relativement peu élevé.
- Les ouvriers employés à la fabrication des boutons de nacre gagnent des salaires variant de 2 fr. 50 à 5 francs par jour.
- Les découpeurs gagnent 5 francs par jour, les tourneurs touchent de 3 à 4 fr. 50; les perceurs ou perceuses ont un salaire moyen de 2 fr. 50, les encarteuses ont un gain minimum de 2 fr. 50.
- Boutons de bois. — Les bois qui servent principalement à la fabrication des boutons sont : le cornouiller, le buis, l’ébène, la violette, le bois de rose et le bois durci. Le matériel employé est la machine anglaise et le tour.
- Boutons de corrozo.—La noix de corrozo est couramment employée dans la fabrication des boutons. Les noix dont on se sert proviennent de la République Argentine ou de Colombie. On les fabrique à Paris, dans les départements de l’Oise et du Nord.
- Le salaire des ouvriers varie entre 2 fr. 50 et 6 francs par jour.
- Boutons de verre. — La fabrication des boutons de verre est le monopole de l’Autriche. C’est en Bohême que sont établies les principales fabriques. Ces boutons rappellent souvent la couleur des pierres précieuses. On leur donne un plus joli aspect en les dorant ou en les lustrant au pinceau.
- Boutons en papier.—La fabrication du bouton de papier ne présente pas de difficulté. On les emploie pour la chaussure, la carrosserie et les vêtements de toile. Les boutons de papier se fabriquent à Paris et dans le département de Meurthe-et-Moselle.
- Les salaires des ouvriers et ouvrières varient entre 6 à 7 francs par jour et 2 fr. 25. Les enfants gagnent de 1 franc à 1 fr. 25. Les femmes à la journée gagnent de 3 à 4 francs et celles du dehors, payées aux pièces, se font un gain moyen de 5 à 10 francs par semaine.
- Boutons en pâte céramique. — La matière première employée pour fabriquer ces boutons est une pâte céramique dont la composition est analogue à celle de la pâte de porcelaine. Pendant de longues années la fabrication de ces boutons fut le monopole des usines françaises de Creil, Montereau et Briare. Aujourd’hui,
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- l’Allemagne, l’Italie, les États-Unis, fabriquent des boutons en pâte céramique.
- Les boutons ainsi fabriqués peuvent imiter presque toutes les matières et quelques-uns des métaux en usage dans cette industrie.
- Les usines de Briare, fondées par M. Bapterosse, produisent, au moyen d’un outillage merveilleux inventé par le fondateur de l’usine, 800.000 à 1 million de boutons par jour.
- Boutons métalliques. — L’industrie du bouton de métal est une industrie parisienne. On en fabrique également à Lyon.
- C’est le doyen des boutons. Il est le plus souvent composé de deux parties, l’une appelée culot, recevant la tige de queue qui sert à le fixer au vêtement, l’autre formant la partie supérieure. C’est cette face du bouton qui reçoit les gravures et les ornements.
- La production des boutons de métal est considérable. L’armée en consomme de grandes quantités, et il est aussi employé pour les livrées et certains vêtements spéciaux.
- Des progrès considérables ont été apportés dans la fabrication des boutons. L’article français domine par sa qualité et son goût, et avant d’indiquer quelle était en 1906 la situation du commerce des boutons, on nous permettra de citer quelques lignes d’un ouvrage publié au lendemain de l’Exposition de 1867 et qui donnent d’utiles renseignements sur cette industrie, il y a quarante ans.
- Parmi ces accessoires, écrit M. A. Luchet (1), citons premièrement les boutons, qui sont bien aussi souvent un ornement qu’une utilité. Nous en fabriquons pour quarante-cinq millions par an, dont les trois quarts nous sont tributairement payés par l’étranger. Il y entre 2.500.000 kilogrammes de métaux divers, or, argent, aluminium, maillechort, cuivre, étain, zinc, fer, acier, puis de la soie, de la laine, du fil, du coton, du velours, la porcelaine, l’émail, le verre, les mosaïques, les pierres et les perles fausses, quelquefois même les vraies. L’Oise, patrie du bouton de soie, en fait aussi de coquillages, de corrozo, d’os, d’ivoire, de nacre, de tout. Ailleurs on n’y emploie que la corne et les sabots, tête et pieds de la bête. Ceux de porcelaine, fabrication nouvelle et innombrable, occupent une usine entière à Briare et tiennent leur grande place dans les deux faïenceries célèbres de Creil et de Montereau. Tous ces boutons sont faits mécaniquement, à l’exception du bouton en soie à l’aiguille, qui est travail de passementerie ou de broderie à la main. Vingt-
- (1) A. Luchet, l’Art industriel à VExposition de 1861.
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- deux mille ouvriers en vivent, dont huit mille hommes à quatre francs, ou à peu près, dix mille femmes à 1 fr. 50 ou 1 fr. 75, et quatre mille enfants à 1 franc.
- Il y a cinquante ans, cette industrie si complexe était plus simple. Du métal seulement et de la soie, ou des moules recouverts par le tailleur avec l’étoffe même de l’habit.
- SITUATION DE L’INDUSTRIE DES BOUTONS EN FRANCE
- I
- Si l’on examine la situation actuelle de l’industrie des boutons, en France, on ne peut que se réjouir des résultats obtenus.
- De 1902 à 1906, notre commerce d’exportation s’est constamment développé dans des proportions qui font honneur à l’industrie française. En 1902, nous avions exporté pour 7.989.696 francs de boutons, et en 1906, ce même commerce a atteint le chiffre de 10.739.529 fr., soit en cinq ans une augmentation de 2.749.833 francs.
- Si l’on compare l’importance de ces chiffres avec ceux du commerce d’importation, on constate qu’au contraire de ce qui s’est passé avec nos exportations, les importations, en France, de boutons fabriqués à l’Étranger sont demeurées à peu près stationnaires.
- En 1902, l’étranger importait chez nous pour 551.297 francs de boutons, et en 1906 ce commerce atteignait 682.200 francs, soit une augmentation de 130.903 francs. Nous devons également constater qu’en 1904 les importations de boutons en France étaient tombées à 492.026 francs.
- Certes, la comparaison entre notre commerce d’exportation et les importations est toute à notre avantage; mais si l’industrie des boutons marque le désir de sortir de l’état précaire dans lequel elle demeurait depuis quelques années, nous sommes encore loin de la fameuse année 1878, où l’exportation atteignit le chiffre de 16.774.847 francs.
- On pouvait redouter que l’application des nouveaux tarifs douaniers à l’Étranger, et surtout en Allemagne, ne soit la cause
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- d’un ralentissement de nos affaires avec l’extérieur. Il n’en a rien été et on a même noté, en 1906, une légère avance à l’exportation comme d’ailleurs à l’importation. En 1905, on comptait 9.284.912 francs à l’exportation, et 545,319 francs à l’importation; or en 1906 nous avons atteint 10.739.529 francs à l’exportation et les importations se sont chiffrées par 686.200 francs.
- Il n’en faudrait pourtant pas conclure que les nouvelles dispositions douanières, qui tendent encore à restreindre la liberté du commerce, ont été favorables à son développement.
- II
- Si l’on veut suivre pas à pas le développement de l’industrie des boutons en France, on est amené à faire les constatations suivantes.
- De 1902 à 1906, l’Angleterre a importé en France 34.050 kilos de boutons, et la France en a exporté en Angleterre 885,348 kilos.
- Ces chiffres se décomposent de la manière suivante.
- Importations anglaises en France
- Années : 1902
- 1903
- 1904
- 1905
- 1906
- 2.847 kilos 13.767 — 6.173 — 6.488 — 4.775 —
- Total
- 34.050 kilos.
- Exportations françaises en Angleterre
- Années : 1902
- 1903
- 1904
- 1905 — 1906
- 135.531 kilos 227.490 — 174.685 — 143.069 — 204.573 —
- Total
- 885.348 kilos.
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- Différence en plus à l’exportation, 851.298 kilos. Il est en outre à considérer que la valeur du kilogramme était estimée 5 fr. 40 cen-timeset 5 fr. 90 à l’importation, tandis qu’elle atteignait 8 francs et 8 fr. 80 à l’exportation.
- Cette remarque ne s’adresse pas exclusivement à l’Angleterre, mais à toutes les nations qui nous vendent des boutons. Cette différence dans la valeur des évaluations en douane est une preuve indiscutable de la supériorité de la production française.
- Non seulement nous exportons en plus grande quantité que nos concurrents, mais encore la valeur de nos marchandises est d’un tiers supérieure à la fabrication étrangère.
- Pour l’Allemagne, notre principale concurrente, la situation de 1902 à 1906 a été la suivante.
- Importations allemandes en France.
- Années: 1902 ............ 78.144 kilos.
- 1903 ............ 72.424 —
- 1904 ............ 60.675 —
- 1905 ............ 66.274 —
- 1906 ............ 88.823 —
- Total................. 362.340 kilos.
- Exportations françaises en Allemagne.
- 135.531 kilos 68.612 — 65.053 —
- 87.005 —
- 124.068 —
- Total.................. 480.269 kilos.
- On peut constater que nos exportations, qui avaient considérablement fléchi en 1903 et 1904, ont une heureuse tendance à se relever et que les chiffres de 1902 et 1906 présentent une différence moindre que si l’on compare l’année 1902 avec l’année 1903.
- Années: 1902
- 1903
- 1904
- 1905
- 1906
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- EXPOSITION DE MILAN
- Différence en plus à l’exportation, 117.929 kilos.
- Quant aux États-Unis, ils demeurent un client intéressant, pour nous. Les statistiques de la même période, c’est-à-dire de 1902 à 1906, témoignent qu’ils n’importent pas de boutons chez nous et qu’au contraire nous leur en vendons en grande quantité.
- En 1905 seulement, nous constatons une importation de 7.885 kilogrammes.
- Voici, du reste, quelle est exactement la situation de notre commerce avec cet État.
- Importations américaines en France
- Années : 1902 ..............
- 1903 ............ —
- 1904 ............ —
- 1905 ............ 7.885 kilos.
- — 1906 ............. —
- Total..................... 7.885 kilos.
- Exportations françaises aux États-Unis.
- Années : 1902 .............. 98.512 kilos.
- 1903 ............. 243.148 — '
- 1904 ............. 215.714 —
- 1905 ............. 256.899 —
- 1906 ............. 262.166 —
- Total.................... 1.076.439 kilos.
- Différence en plus aux exportations, 1.068.554 kilos.
- Si nous prenons maintenant la situation avec l’Italie, nous voyons que l’industrie des boutons est du reste très florissante en Italie, ainsi que le démontre le chapitre que nous avons spécialement consacré à cette industrie en Italie.
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- TROISIÈME PARTIE. -- INDUSTRIE DES BOUTONS
- 331
- A Milan, particulièrement, depuis quelques années, il s’est créé de nombreuses fabriques.
- Voici la situation avec la France.
- Importations italiennes en France.
- Années: 1902 ................. 6.657 kilos
- 1903 ............. 8.286 —
- — 1904 12.476 —
- — 1905 5.778 —
- — 1906 7.125 —
- Total............... 40.322 kilos.
- Exportations françaises en Italie.
- Années : 1902 .............. —:
- 1903 ............... —
- — 1904 ............... —
- 1905 .................. —
- — 1906 ............... —
- Différence en plus aux importations, 40.322 kilos. On remarque que notre commerce reste à peu près stationnaire, seule l’année 1904 présente une augmentation, qui ne s’est point maintenue et qui se trouve balancée par la faiblesse des affaires en 1905. Les années 1902 et 1903 réunies forment un total de 14.943 kilos, 1904 et
- 1905 atteignent le chiffre de 18.254 kilos.
- Quant à la Belgique, avec laquelle nous faisons également un gros chiffre d’affaires, nous pouvons constater que la situation,de 1902 à 1906, ne s’est guère modifiée aux exportations. On ne peut pas en dire de même pour les importations.
- En 1902, la Belgique nous vendait 1.039 kilos de boutons, en
- 1906 elle nous en a vendu 4.411 kilos.
- Les exportations n’ont pourtant pas faibli, elles ont au contraire subi une augmentation; elles atteignaient 136.508 kilos en 1902, et en 1906 elles étaient de 144.576 kilos.
- Il convient de noter particulièrement l’année 1904, où notre com-
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- 332
- EXPOSITION DE MILAN
- merce d’exportation avec la Belgique atteignit le chiffre de 193.869 kilos de boutons.
- Cette augmentation quoique exceptionnelle n’eut pas pour conséquence un ralentissement des affaires en 1905, puisque notre chiffre à l’exportation atteint encore 160.412 kilos, soit une augmentation de 28.000 kilos sur l’année 1902.
- Le tableau suivant donne l’état exact de notre situation.
- Importations belges en France.
- Années: 1902
- 1903
- 1904
- 1905
- 1906
- 1.039 kilos néant.
- 596 —
- 1.928 —
- 4.411 —
- Total............................. 7.974 kilos.
- Exportations françaises en Belgique.
- Années: 1902 ............. 136.508 kilos.
- 1903 ............. 132.435 —
- — 1904 .............. 193.869 —
- 1905 ............. 160.412 —
- 1906 ............. 144.576
- Total..................... 767.800 kilos.
- Différence en plus aux exportations, 759.826 kilos.
- Notre commerce de boutons, de 1902 à 1906, a conservé à peu près les mêmes clients. Il s’est développé avec le Mexique, la Grèce, la Turquie, l’Égypte (40.907 kilos en 1902 et 72.732 kilos en 1906).
- Les importations se sont surtout développées avec l’Autriche-Hongrie qui, en 1906, nous a vendu 12.593 kilos, contre 6.919 en 1902. Nous avons fait quelques affaires avec le Japon, qui nous vend mais ne nous achète pas de boutons.
- Les tableaux que nous publions d’autre part donnent, année par année, la marche de notre commerce de boutons avec l’étranger.
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- TROISIÈME PARTIE. INDUSTRIE DES BOUTONS 333
- La situation actuelle est bonne; avec ses 10.739.529 francs d’affaires à l’exportation, cette industrie tient une place importante dans les statistiques internationales.
- Pourtant, méfions-nous d’être trop satisfaits de nous-mêmes.
- L’énergie, l’initiative et les qualités des fabricants français leur ont permis de regagner une partie du terrain perdu depuis 1882, année où notre commerce d’exportation enregistra, pour l’industrie des boutons, le chiffre de 17.060.000 francs.
- Nous sommes persuadés qu’ils ne négligent aucun effort capable d’augmenter encore la prospérité de cette industrie.
- Les résultats obtenus aujourd’hui, comparés avec ceux de la période de 1837 à 1860, démontrent suffisamment quelle place importante la fabrication des boutons occupe aujourd’hui dans l’industrie française.
- Nos collègues se souviendront qu’en 1837, la France n’exportait que pour 138.000 francs de boutons.
- A cette époque, les fabricants de boutons étaient en état de révolte contre les lois du pays.
- La loi de 1836 était la cause des plus véhémentes protestations. La prohibition des boutons anglais avait été abolie et un droit de 25 % ad valorem l’avait remplacée. Les fabricants français jetèrent alors les hauts cris et plusieurs fermèrent brutalement leurs établissements.
- Cette mesure pourtant ne devait pas être défavorable à l’industrie des boutons en France.
- Si l’on veut suivre la marche des affaires d’après les statistiques, on voit qu’en 1845, c’est-à-dire neuf ans après ces événements, la France exportait pour 1.950.000 francs de boutons et qu’en 1856 ses exportations s’élevaient à 4.784.000 francs.
- La même année la France recevait d’Angleterre 7.782 kilos de boutons et lui en expédiait 47.773 kilos.
- Si nous devions tirer une conclusion de ces faits, nous écririons que les meilleures lois ne sont pas toujours celles que l’on qualifie de protectionnistes.
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- Tableau du commerce des boutons en France
- Commerce spécial
- FRANCE FRANCE
- (Importations et Exportations de 1902 à 1906.)
- Inité kilogramme, valeur en francs.
- PAYS DE PROVENANCE ou de DESTINATION 1902 1903 In
- Importa- tions Exporta- tions Importa- tions Exporta- tions
- Angleterre 2.847 135.531 13.767 227.490
- Allemagne 78.144 71.758 72.424 68.612
- Autriche-Hongrie 6.919 9.046
- Belgique 1.039 136.508 132.435
- Brésil 35.841 39.600
- Egypte 40.907 49.573
- Espagne 39.734 23.757
- Etats -Unis 98.512 243.148
- Grèce
- Italie 6.657 8.286
- J apon 3.589
- Mexique
- Pays-Bas 126.750 28.616
- Portugal
- République Argentine 25.856 18.505
- Suisse 3.824 387
- Tripoli (Régence de) 28.872
- Possessions anglaises dans l’Afri-
- Autres pays , 2.475 194.239 1.774 188.802
- Colonies.
- Algérie X 15.412 \ 24.050 j
- Madagascar 1 10.504 1
- Iles de la Réunion ' 167 15.334 V 241 17.799 l
- Indo-Chine \ 10.671 l 10.663 I
- Autres colonies. Protectorats .... I 12.253 ! 27.379
- Quantité 102.072 998.682 109.514 1.100.429
- ———
- Valeur en francs 551.297 7.989.696 591.376 8.803 432 4
- . —-
- 1904
- tions
- 6.173
- 60.675
- 10.138
- 596
- 2.476
- 233
- 824
- 1904
- Exporta-
- tions
- 174.685 65.053
- 193.869
- 41.619
- 46.102
- 19.652
- 215.714
- 91.116 .026
- 20.656
- 22.934
- 160.211
- 18-499
- 16.296
- 9.712
- 18.091
- 1 °23.093
- 8-124.744~
- 1905 1906 IMPORTATIONS et EXPORTATIONS RÉUNIES
- Importa- tions Exporta- tions Importa- tions Exporta- tions
- 6.488 143.069 4.775 204.573 919.398
- 66.274 87.005 84.823 124.068 778.836
- 10.886 12.583 49.572
- 1.928 160.412 4.411 144.576 775.774
- 37.175 34.494 188.729
- 94.021 72.732 303.335
- 29.449 39.810 • 152.402
- 7.885 256.899 262.166 1.084.324
- 21.830 21.330
- 5.778 7.125 40.322
- 1.079 1.453 6.121
- 19.240 19.240
- 155.366
- 64.894 64.894
- 29.142 73.503
- 423 768 5.635
- 28.872
- 31.438 32.243 84.337
- 22 934
- 138 179.463 367 151.271 879.564
- j 20.088 36.621 114.670
- j 10.504 J
- J 106 18.985 68.414 '515;
- 12.819 43.865 i
- 24.897 47.635 130.255 J
- 100.985 1.160.614 116.305 1.220.401 6.023 211 kilos
- 545.319 9.284.912 686.200 10.739.529 47.808.531 francs
- Part des ] mportations. 2.866.531 francs
- Part des Exportations. 44.942.313 —
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- EXPOSITION DE MILAN
- LE COMMERCE DES BOUTONS EN ITALIE DE 1901 à 1906
- I
- Le commerce des boutons en Italie est des plus actifs. Les statistiques publiées par le Gouvernement italien accusent pour l’année 1905 une augmentation sensible dans le chiffre d’affaires, tout aussi bien à l’importation qu’à l’exportation.
- L’année 1901 avait fourni les résultats suivants : importation, 3.339.098 lires (1) et 1.518.839 lires à l’exportation.
- En 1905 nous trouvons 3.762.393 lires à l’importation et 2.611.000 lires à l’exportation.
- Les nations qui importent les plus grandes quantités de boutons sont, par rang d’importance, IAutriche-Hongrie, l’Allemagne, la France, la Suisse et la Belgique.
- L’Autriche-Hongrie importe surtout des boutons de nacre.
- L’Allemagne importe des boutons de carton, de soie et de nacre.
- La France importe surtout des articles soignés, des boutons de nacre, de soie, de carton et des boutons d’os dont l’industrie est pourtant très développée en Italie.
- Quant à la Suisse, ses importations portent surtout sur les boutons de carton, de soie et de nacre.
- II
- L’Italie exporte des boutons d’os et de corne. Ses principaux clients en Europe sont Y Autriche-Hongrie, l’Allemagne, la Suisse, la Turquie d’Europe.
- (1) La lire, monnaie italienne, correspond comme valeur à la pièce française de 1 franc.
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- TROISIÈME PARTIE. -- INDUSTRIE DES BOUTONS 337
- Son commerce d’exportation se fait également avec l’Amérique du Sud, l’Égypte, les Indes Anglaises, la Chine, le Japon, la Turquie d’Asie, l’Australie, etc., etc.
- Si l’on examine la situation de chacune des branches de l’industrie
- des boutons, en Italie, on peut faire les constatations suivantes.
- IMPORTATIONS
- Nous avons déjà regretté que les statistiques italiennes pour 1906 n’aient pas encore été publiées; ce retard est d’autant plus regrettable que l’année 1906 a été infiniment prospère pour l’ensemble des nations et pour la grande majorité des industries.
- Il est donc plus que probable que l’augmentation signalée sur la plupart des objets importés s’est également produite sur les boutons.
- Dans l’impossibilité où nous avons été de trouver des chiffres exacts et définitifs pour 1906, nous avons dû limiter notre travail à l’année 1905.
- Dans les estimations pour 1906, il faut donc compter plutôt une plus-value qu’une diminution sur le chiffre d’affaires de 1905.
- Cette remarque s’adresse aussi bien au commerce d’importation qu’aux exportations.
- Néanmoins, nous tenons à signaler qu’en ces derniers temps, il s’est créé à Milan, notamment, de nombreuses fabriques de boutons d’étoffes, et on peut présumer que cette augmentation de la fabrication indigène a été défavorable au commerce d’importation, à moins qu’elle n’ait favorisé le développement du commerce d’exportation.
- III
- Nous avons dit que les principaux genres de boutons importés en Italie étaient les boutons de carton, de soie et de nacre.
- Nous allons étudier en particulier chacune de ces branches, en faisant porter l’ensemble de notre travail sur la période de 1901 à 1905 inclusivement.
- 22
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- 338
- EXPOSITION DE MILAN
- BOUTONS DE CARTON
- En 1901 le commerce spécial des boutons de carton atteignit, à l’importation, 141.300 lires, fournis par les produits allemands, suisses et français.
- Sur ces 141.300 lires* la part de l’Allemagne était de 80.700 lires, celle de la Suisse de 56.700 lires et enfin celle de la France de 3.900 lires.
- En 1905, ce même commerce atteignait 188.100 lires.
- Les importations allemandes sont dépassées par la Suisse, qui occupe la première place avec un chiffre d’affaires de 96.600 lires; l’Allemagne vient en second avec 80.100 lires; le commerce français qui, en 1903, avait atteint 10.200 lires, est retombé à 3.900 lires.
- Le tableau suivant donne sur la marche de cette branche industrielle les renseignements les plus précis.
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- ITALIE
- Commerce des boutons de carton et matières similaires.
- PAYS DE PROVENANCE OU DE DESTINATION 1901 1902 1903 1904 1905
- Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations .
- Autriche-Hongrie 2.400 1 200
- Allemagne 80.700 71.100 47.200 108.000 80 100
- Belgique 2 100 600
- Franco 3.900 9.000 10 200 4.800 3 000
- Grande-Bretagne 1 800
- Hollande 2.100 3.900
- République Argentine 900
- Suisse 56.700 1.200 83.100 6.900 61 800 38.700 96.600 2.100
- États -Unis 9.000 20.400 600
- Total 141.300 1.200 172.200 6.900 142.000 600 155.700 188.100 3.000
- Total par année .... 142 .500 179 .100 142 .600 155 .700 191 .100
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- 340
- EXPOSITION DE MILAN
- BOUTONS DE NACRE
- L’importation des boutons de nacre en Italie est la plus importante de cette industrie.
- En 1901, ce commerce atteignait 3.124.992 lires; les principaux pays importateurs étaient : l’Autriche-Hongrie, l’Allemagne, la France, la Suisse, la Chine, l’Égypte et l’Angleterre.
- En 1902 et en 1903, on constate de faibles importations des États-Unis, mais le nom de cette nation disparaît en 1904 des tableaux du commerce italien.
- Les importations de F Autriche-Hongrie et de l’Allemagne étaient les plus importantes : 2.218.896 lires pour F Autriche-Hongrie et 725.280 lires pour l’Allemagne. La France occupait le troisième rang avec un commerce de 88.896 lires.
- Si l’on compare cette situation avec celle de 1905 on constate que les importations ont augmenté de 361.808 lires.
- Les principales nations importatrices demeurent : F Autriche-Hongrie, l’Allemagne, la Suisse et la France.
- Les importations autrichiennes directement concurrencées par l’Allemagne ont varié de 1.702.100 lires en 1903, à 2.094.450 lires en 1905.
- Tandis qu’on constate une baisse sur le commerce de F Autriche-Hongrie, on enregistre, au contraire, une hausse sur les importations allemandes qui ont atteint 1.313.950 lires en 1903 et qui, en 1905, retombent à 994.250 lires.
- Les importations françaises ont subi au cours de ces cinq dernières années une hausse considérable de 88.896 lires en 1901; elles ont passé en 1905 à 252.400 lires.
- On constate également, en 1905, une augmentation des importations de la Suisse, mais il faut considérer que le chiffre de 1905 est sensiblement inférieur lui-même à celui de 1902, et surtout à celui de 1903; cette année-là, les importations de la Suisse atteignirent 375.075 lires.
- Le tableau suivant, établi d’après la statistique officielle du gou-
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- TROISIÈME PARTIE. -- INDUSTRIE DES BOUTONS 341
- vernement italien, donne, année par année, la situation de l’industrie des boutons de nacre en Italie.
- ITALIE
- Tableau du commerce d’importation des boutons de nacre en Italie
- PAYS DE PROVENANCE 1901 1902 1903 1904 1905 :
- Autriche-Hongrie ... 2.218.896 2.338.500 1.702.100 1.775.400 2.094.450
- Allemagne 725.280 954.100 1.313.950 1.227.600 994.250
- Angleterre 3.312 2.950 15.400 37.200 12.200
- Chine 12.432 )) )) » ))
- Égypte 4.848 1.100 )) )) »
- France 88.896 259.500 167.800 224.550 252.400
- Suisse 71.328 86.350 202.500 375.050 130.200
- Japon )) 3.900 )) 1.800 ))
- États-Unis )) 1.400 7.200 )) ))
- Turquie d’Asie )) » 1.000 1.000 ))
- Belgique )) )) » )) 3.300
- Total 3.124.992 3.647.800 3.409.950 3.642.600 3.486.800
- BOUTONS DE COTON, DE LAINE, DE SOIE ET DE CRIN
- Les importations dans ces diverses branches de l’industrie des boutons ne sont pas d’une importance bien considérable.
- L’Allemagne importe des boutons de coton en faibles quantités et a des époques irrégulières.
- De 1901 à 1905, nous constatons une seule importation de boutons de coton venant d’Allemagne et représentant 1.600 lires.
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- 342
- EXPOSITION DE MILAN
- Le commerce des boutons de laine est plus actif; la France et l’Allemagne sont les deux nations qui se partagent le marché.
- En 1901, les importations atteignaient 10.020 lires dont 6.680 pour la France et 3.340 pour l’Allemagne; en 1905, les statistiques fournissent les chiffres suivants, au total, 30.815 lires, dont 25.805 pour l’Allemagne et 5.010 pour la France.
- Le commerce allemand s’est donc développé, pendant que le nôtre, au contraire, diminuait. Néanmoins, il convient de constater que la supériorité de notre production est des plus estimées, et que ce qui fait rechercher de préférence l’article allemand, c’est d’abord le bas prix de l’article et l’habileté des voyageurs, qui traitent les affaires en laissant aux clients de grandes facilités de payement.
- Quant aux boutons de soie, la France et l’Allemagne se disputent également la clientèle italienne, et nous devons constater que dans cette lutte, l’Allemagne a encore la première place, et que ses importations font des progrès constants, tandis que les nôtres ne progressent que lentement.
- En 1902, la France importait pour 5.376 lires de boutons de soie, et le commerce allemand n’atteignait que 2.724 lires.
- Or en 1905, le commerce allemand atteint 21.132 lires, celui de la France 7.698 lires.
- Quant aux boutons de crin, nous citerons, pour ne point les passer sous silence, une seule importation de 800 lires et représentée par l’industrie anglaise.
- Ainsi que nous l’avons fait pour les autres genres de boutons nous croyons devoir compléter ce travail par la publication des tableaux statistiques.
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- ITALIE
- Tableau du commerce des boutons de coton, de laine, de soie et de crin en Italie, de 1901 à 1905.
- Commerce spécial, valeur en lires.
- BOUTONS DE LAINE
- PAYS DE PROVENANCE ou de DESTINATION 1901 1908 1903 1904 1905
- Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations .
- 6.680 3.340 835 3.340 9.185 3.340 18.370 2.505 20.040 5.010 25.805
- Allemagne
- Turquie d’Asie 835
- Total
- 10.020 835 12.525 21.710 22.545 835 30.815
- BOUTONS DE SOIE
- PAYS DE PROVENANCE ou de DESTINATION 1901 1908 1903 1904 1905
- Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations .
- Allemagne 4.512 2.064 2.724 15.600 18.732 21.132
- Angleterre
- Portugal 624
- ran ee 5.376 4.476 8.124 7.698 948
- Suisse 4.764
- Total
- 6.576 624 8.100 20.076 4.764 26.856 29.778
- Importations. — Boutons de coton, Allemagne, année 1903 : 1600 lires.
- Exportations.— - — Autriche-Hongrie, Turquie d'Europe, année 1904 : 18.900 lires. CO
- Importations. — Boutons__de crin. Grande-Bretagne, année 1905 : 800 lires. ^
- TROISIEME PARTIE. --- INDUSTRIE DES BOUTONS
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- 344
- EXPOSITION DE MILAN
- EXPORTATIONS
- Le commerce d’exportation dans l’industrie italienne des boutons est à peu près limité aux boutons de corne et d’os.
- Sans doute, on constate également des exportations italiennes de boutons de nacre, mais on ne saurait établir une comparaison quelconque entre les premiers genres signalés et ce dernier.
- En 1901, les exportations de boutons italiens se montaient à 1.518.839 lires; en 1905, elles atteignaient 2.611.000 lires, soit une augmentation de 1.092.161 lires, représentant une proportion d’environ 50 %.
- Le commerce d’exportation s’est surtout développé avec F Autriche-Hongrie (282,700 lires en 1905, contre 142.864 en 1901); la France (78.100 lires en 1905, contre 17.635 en 1901); l’Allemagne (170.000 lires en 1905, contre 137.096 en 1901); la Suisse, les Indes Anglaises, les États-Unis, etc., etc.
- Si l’on examine la situation au point de vue particulier à chacun des genres sur lesquels ont porté les transactions commerciales, nous pouvons faire les constatations suivantes :
- BOUTONS D’OS
- Les boutons d’os donnent lieu à un commerce d’exportation qui, en Italie, atteint, en moyenne, un million et demi de lires par an.
- Les principaux clients de l’Italie sont : la Suisse, F Au triche-Hongrie, l’Allemagne, la Turquie d’Europe, les Indes Anglaises, les États-Unis et les États de l’Amérique du Sud.
- Ce sont là les principaux débouchés qui s’offrent aux boutons fabriqués en Italie.
- Le tableau suivant donne, sur la marche des exportations de 1901 à 1905, les renseignements les plus détaillés.
- Quant aux importations de boutons d’os en Italie, elles varient entre 50.000 lires et 20 lires.
- La part principale appartient au commerce français, l’Angleterre et l’Allemagne réunies important en moyenne 4 à 5.000 lires de boutons d’os.
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- ITALIE. — Tableau du commerce des boutons d’os pour les années 1901 à 1905. — (Commerce spécial, valeur en lires).
- 1 PAYS DE PROVENANCE OU DE DESTINATION 1901 1903 1903 1904 1905
- Impor- tations Exporta- tions Impor- tation Exporta- tions Impor- tations Exporta- tions Impor- tations Exporta- tions Impor- tations Exporta- tions
- An fn d}iû_ TT An rrm" a o 300 135.900 61.200 55.800 153.000 261.000
- France 7.210 8.100 18.900 10.800 23.400 17.100 28.800 21.600 47.700
- Allemagne 35.100 104.400 2.700 57.600 6.300 76.500 5.400’ 70.200 2.700 1.800
- A n gl pierre 2.700 25 200 7.200 14.400 6.300 1.800
- 9.000 8.100 2.700 1.800 ...11.700
- 9 700
- 9 900
- E s p agne 9 000 1.800 11.700 13.500
- Suisse 441.900 269.100 165.600 201.600 109.800
- Turquie HTnyQpp 128 700 132.300 84.600 134.100 46.800
- ( ,|T\mT,P 1 800 1.800 900
- Xnrles anglaises 32 400 170.100 108.900 275.400 135.900
- Chine 70 500 35.100 60.300 5.400 I
- •TÇK TT on 7 200 9.000 900 1.800
- fi 300 .... 900
- EP’VTVte 20.700 54.000 26.100 15.300 111.600
- Etat,R-TTrn‘s 1.800 9.900 425.700 369.900 1.411.200
- A n 1,111 pc 11 700
- 2 700 9.900 ...0... 1.800
- Autres Etats de 1 Amérique Brésil 8 100 1.800 3.600 10.800
- K.P.TMinlimift Arrrpnfmfi 20 700 20.700 3.600 20.700 9.900
- Chili 18 900 3.600 12.600 22.500 15.300
- Ànal.vpli a 2.700 2.700 900 6.300
- Roumanie 7.200 2.700 9.000
- Turquie» H’Asi^*' 85.500 36.000 82.800 12.600
- 1.800 12.600 4.500
- g] q-^0 1.800
- 5.400 8.100
- 12.600 3.600
- 1.800
- 15.300
- 4.500
- 1.800 2.700
- 10.800
- 5.400
- Total 51.310 1.078.200 10.800 967.500 18.900 1.124.100 22.500 1.467.000 26.100 2.223.900
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- 346
- EXPOSITION DE MILAN
- BOUTONS DE CORNE
- Le commerce d’exportation des boutons de corne est également un des plus importants, en Italie, dans l’industrie des boutons.
- Son chiffre d’affaires varie entre 578.200 lires et 308.000 lires.
- Les débouchés qui sont ouverts à cette branche industrielle de l’Italie sont à peu près les mêmes pour les boutons de corne et les boutons d’os : la Suisse, l’Allemagne, la France, l’Angleterre, les Indes Anglaises la Chine et les principaux États de l’Amérique du Sud.
- Le tableau suivant est un témoignage de l’activité de cette industrie en Italie.
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- ITALIE. — Boutons de corne (Commerce spécial.) Valeurs en lires
- PAYS DE PROVENANCE OU DE DESTINATION 1901 1902 1903 1904 1905
- Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations .
- Autriche-Hongrie 4.200 7.700 16.800 18.200 4.900 6.300 179.200 89.600 3.500 35.000 14.700 6.300 7.700 3.500 3.500 7.000 11.200 2.100 13.300 56.000 99.400 2.100 2.800 15.400 114.100 14.000
- Belgique 1.400 26.600 70.700 4.200 15.400 291.200 42.700
- France 1.400 3.500 1.400 28.700 128.800 1.400
- Allemagne
- Grèce
- Espagne 4.200 244.300 52.500
- Suisse 3.500 144.200 65.100
- Turquie d’Europe 20.300
- Turquie d’Asie
- Indes anglaises 5.600 10.500 2.800 22.400 17.500 8.400 14.000 2.100 4.200 7.700 12.600 39.200 7.700 8.400 4.200 55.300 4.900 34.300
- Chine
- Eevüte
- Etats-Unis
- Autres Etats de l’Amérique . Brésil
- 2.800 2.800 8.400 51.100 3.500 3.500 6.300 2.100 2.800 9.100 18.900 2.100 4.200 2.100 3.500
- République Argentine
- Chili . . "
- Angleterre
- Malte
- Hollande 5.600 2.800
- Pérou 9.800 1.400
- Uruguay
- Australie 4.200 5.600
- Autres contrées océaniques . 1.400
- Tunisie 2.800 1.400 1.400 3.500
- Japon 2.100
- Maroc
- Mexique
- Bulgarie 7.700
- Serbie 1.400
- Total 1
- 4.900'420.700 3.500 554.400 1.400 578.200 455.000 308.000
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- italiè! Italie
- Tableau du commerce des boutons en Italie1 pendant les années 1901 à 1906 exclusivement
- Commerce spécial^aleur en lires.
- 1901 1902 1903
- PAYS DE PROVENANCE = 1
- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA- importa- h
- OU DE PESTINATION II
- TIONS. TIONS. TIONS. TIONS. TIONS.
- Autriche-Hongrie 2.225.196 142.884 2.338.500 67.750 1.704.500
- France 108.086 17.635 288.816 56.200 198.010
- Allemagne 848.932 137.096 1.039.809 138.900 1.403.020
- Grande-Bretagne 8.076 25.200 2.950 58.300 15.400
- Suisse Grèce 131.528 622.300 13 opr» 169.450 576.900 12.300 264.300
- Espagne 15.300 624 17.200 ...•
- Turquie d’Europe 218 300 175.000
- Turquie d’Asie 3.500 85.500 1.000
- Hollande 3.500
- Possessions hollandaises 6.300
- Indes anglaises 67.400 175.700
- Chine 12.432 91.200 45.600
- Japon 7.200 3.900 9.000
- Russie 9.900
- Bulgarie
- Belgique 7.700 1.400 1.800
- Egypte 4.848 27.000 1.100 56.800
- Tunisie
- Roumanie 7.200
- Etats-Unis 9.500 10.400 9.900 27.600
- Mexique
- Pérou 6.300
- Brésil 11.600 4.600
- République Argentine 27.700 23.500
- Chili 30.100 12.000
- Cuba et Porto-Rico 8. 100
- Antilles 3.600
- Autres États de l’Amérique 6.200 9.900
- Chypre 1.800 1.800
- Malte 2.700 3.500
- Candie "
- Uruguay 2.100 • * *
- Erythrée 15.400
- Australie 2.700 5.500
- Autres contrées océaniques 1.400
- Autres contrées asiatiques • • •
- Total 3.339.098 1.518.839 3.854.925 1.581.750 3.615-636
- Total par années 4.857.937 5.436.675
- IMPORTATIONS et
- EXPORTATIONS RÉUNIES
- EXPORTA-] TIONS
- IMPORTA
- EXPORTA-
- EXPORTA
- IMPORTA-
- TIONS.
- TIONS.
- TIONS.
- TIONS.
- 10.878.600 1.420.990 6.622.016 184.426 3.296.340 43.800 61.900 5.124 797.780 223.235
- 30.400
- 7.200 880.200 245.032
- 28.100 9.900
- 23.900
- 12.200 50.100
- 293.848 8.200
- 1.400
- 18.900
- 282.400 000
- 33.800 48.700
- 115.700
- 110.700 8.100 3.600
- 20.000 4.500 14.800 1.800 2.100
- 15.400 25.200
- 1.400 1.800
- 282.700
- 78.100
- 170.000
- 2.095
- 177.170
- 44.200
- 193.350
- 6.300 345.800
- 1.800 11.700 4.500 200.280 83.635
- 15.300
- 68.850
- 82.250
- 185.150
- 14.400
- 414.664
- 2.700
- 4.200
- 1.775.400 257.079 1.379.772 37.200 413.750
- 1.123
- 129.900
- 13.100
- 13.500
- 67.100
- 12.600
- 137.100
- 36.000
- 5.600
- 2.100
- 900 191.200
- 4.900
- 3.900
- 314.600
- 13.100
- 131.300
- 77.800
- 2.300
- 1.800
- 20.300
- 12.200
- 7.300
- 23.700
- 25.900
- 34.500
- 2.800
- 1.400 2.700
- 439.700
- 3.500
- 8.200
- 8.400 11.300 25.200
- 2.100
- 145.900
- 5.400
- 9.000 374.100 1.800 9.800 19.900
- 39.600
- 24.600
- 1.411.200 2.700 9.500 4.200 13.600 18.800
- 1.800
- 8.600
- 1.800
- 5.600
- 10.500
- 27.841.591
- 2.611.000
- ( i M30.714
- 1.957.035 3.762.393
- 3.870.201
- -, ^ t 4 Ct OK O
- ta J T wA-rvnrt
- 6.373.393
- 827.236
- °«346.350
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- EXPOSITION DE MILAN
- Nous avons donné pour chaque spécialité de boutons, sur l’industrie et le commerce, des renseignements que nous pensons être très complets.
- Nous nous sommes surtout préoccupés de faire un exposé de la situation de l’industrie des boutons, en France et en Italie.
- Les tableaux spéciaux que nous avons spécialement établis pour définir le plus exactement possible la situation de la France et de l’Italie vis-à-vis de leurs clients nous donnent les résultats suivants.
- Pour la France, le commerce d’exportation est infiniment supé-
- rieur au commerce d’importation.
- En 1901 les exportations étaient de........... 7.989.696 fr.
- — les importations — .......... 551.297 —
- Si nous comparons ces chiffres avec ceux du commerce italien, nous voyons :
- Qu’en 1901, les exportations étaient de ... . 1.518.839 fr.
- — les importations — .... 3.339.098 —
- Si nous nous reportons maintenant à l’année 1905, date des dernières statistiques italiennes, nous constatons que :
- Les exportations françaises accusent......... 10.739.529 fr.
- Les importations — — 686.200 —•
- Tandis que les chiffres italiens continuent à accuser une plus-value importante à l’importation :
- Exportations italiennes en 1905 ............. 2.611.000 fr.
- Importations — — ............. 3.762.393 —
- Le tableau des pages 348 et 349 donne, pour la période de 1901 à 1906 exclusivement, la marche du commerce des boutons en Italie.
- Ainsi que nous l’avons fait pour la France, nous publions ce tableau, dans l’espoir qu’il pourra fournir d’utiles indications à nos collègues.
- Les documents qui nous ont servi pour l’établir sont les tableaux officiels du commerce, publiés tous les ans par le Gouvernement italien et que M. Gondran, le dévoué président de la Chambre de commerce française à Milan, a bien voulu nous communiquer.
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- TROISIÈME PARTIE.
- INDUSTRIE DES ROUTONS
- 351
- LES BOUTONS A L’EXPOSITION DE MILAN
- A l’Exposition de Milan, l’industrie des boutons, boucles et agrafes était brillamment représentée.
- Dans notre Section on comptait huit des principales Maisons françaises qui avaient organisé des Expositions particulières et une collectivité, composée des fabricants de bouderie pour bretelles, jarretières et jarretelles.
- Les récompenses qui furent décernées aux exposants français démontrent en quelle estime les industriels de tous les pays tiennent la fabrication française.
- Dans cette branche industrielle, comme dans toutes les autres, nous devions remporter à Milan une victoire éclatante.
- A Liège déjà, l’année auparavant, les fabricants français avaient eu un beau succès.
- Cinq Grands Prix, un Diplôme d’honneur, trois Médailles d’or avaient récompensé les efforts qu’ils ne cessent de faire pour améliorer et activer la prospérité de leur industrie.
- La supériorité de la France s’était, non seulement manifestée par le nombre des exposants, mais encore par la qualité des produits exposés.
- Dans la Section belge, on ne comptait qu’un seul exposant,'qui obtint une Médaille d’or, et dans les autres Sections, à part le Japon et la Norvège, on ne voyait aucune trace de l’industrie des boutons et de ses accessoires.
- L’exposant japonais eut les honneurs d’une Médaille d’or; quant à celui de la Norvège, il n’eut qu’une Médaille de bronze.
- Ainsi qu’on peut le constater, cette industrie était surtout représentée par la France.
- Le même fait devait se reproduire à Milan et nous avons le devoir de remarquer qu’à cette Exposition les fabricants des autres nations brillèrent surtout par une regrettable absence.
- Nos collègues de la boutonnerie n’ignorent pourtant point qu’ils
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- EXPOSITION DE MILAN
- ont des concurrents à l’étranger et ils ne sauraient prendre aucun ombrage de leur participation aux Expositions internationales.
- Pourquoi donc ceux-ci se refusent-ils systématiquement à étaler leurs produits à côté des nôtres, devant les yeux de ce grand juge qu’on appelle le public ?
- A Milan, en effet, il n’y avait comme fabricants de boutons que les exposants français !
- Le Jury de notre Classe décerna à nos collègues les récompenses suivantes :
- 3 Grands Prix,
- 3 Diplômes d’honneur,
- M. A. Raymond et MM. Leprince et Baron, qui étaient membres du Jury, étaient mis hors concours.
- De telles récompenses, et les éloges flatteurs des membres du Jury, doivent être de précieux encouragements pour les fabricants de boutons.
- La France occupe dans cette industrie une place importante; nos fabricants ne négligent aucun effort pour gagner chaque jour de nouveaux clients et augmenter le nombre des débouchés ouverts à nos articles. Nous devons les encourager dans cette voie et les féliciter des résultats si brillants qu’ils ont déjà obtenus.
- Suivant la méthode de travail que nous nous sommes imposée et afin de suivre les grandes divisions de ce rapport, nous terminons ce chapitre par une courte notice sur chacune des Maisons qui exposaient à Milan.
- Nous avons dit que la fabrication française était représentée par huit de nos plus importantes Maisons; voici quelles étaient ces Maisons.
- ANGLADE et DEBAUGE, 5, rue de la Feuillade.
- Cette maison fondée de 1855, a depuis plus de quarante ans la fourniture des modèles types aux ministères français de la guerre et de la marine.
- MM. Anglade et Debauge sont les fournisseurs des corps d’armée et de nombreuses administrations. Les produits de leurs manufactures sont très appréciés à l’étranger par les soins qu’ils appor-
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- TROISIÈME PARTIE. -- INDUSTRIE DES BOUTONS
- 353
- tent dans leur fabrication. Ils ont une nombreuse clientèle clans presque tous les pays d’Europe, notamment en Belgique (où ils ont installé à Bruxelles un dépôt de leurs marchandises) en Hollande, Suisse, Italie, Espagne, Portugal, Russie, etc., où ils fournissent les premières maisons civiles et militaires.
- L’extension constante de leurs affaires avec l’Amérique du Sud leur a nécessité l’ouverture de deux comptoirs, l’un à Buenos-Aires, l’autre à Santiago (Chili).
- Cette maison a participé depuis 1867 à un grand nombre d’Expositions où elle a obtenu des récompenses qui la classent parmi les premières maisons françaises. A .l’Exposition universelle de Paris, en 1867, le Jury lui décernait une Médaille de bronze; à l’Exposition universelle de Paris en 1878 elle obtenait une Médaille d’argent, et à celle de 1889 une Médaille d’or. Membre du Jury et Hors concours à Anvers en 1894, elle se voyait récompenser par un Diplôme d’honneur à Amsterdam en 1895, et depuis cette époque, elle devait recevoir cinq Grands prix, à Bruxelles en 1897, à Paris, l’Exposition universelle de 1900, à Saint-Louis en 1902, à Liège 1905 et enfin à Milan en 1906. Cette maison possède une importante usine à Paris, où elle occupe un nombreux personnel d’employés et d’ouvriers.
- D. LEPRINCE et G. BARON, 4, rue de Gléry, Paris.
- Cette maison fondée en 1879 ne tarda pas à devenir une des plus importantes de la place. Aux Expositions universelles de Paris 1900, d’Hanoï 1903, M. D. Leprince fut Membre du Jury.
- A Saint-Louis 1904, à Liège 1905 et à Milan 1906, le Jury des récompenses lui décerna le Grand prix. Elle possède à Andeville, dans l’Oise, une importante fabrique de boutons de nacre, et a
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- EXPOSITION DE MILAN
- installé dans les Vosges, de nombreux ateliers, pour la fabrication du bouton au crochet.
- Cette maison s’est spécialisée dans la vente des boutons haute nouveauté en tous genres, destinés aux vêtements de dames.
- GERENTE DALBIGNAT et G'o, 83, rue Richelieu.
- Cette maison a été fondée en 1802, 14, cloître Saint-Honoré par MM. Gourdin et Cie, et ne comprenait que la fabrique de boutons.
- La famille du fondateur a gardé la maison jusqu’au 1er juillet 1894, époque à laquelle elle a été cédée à MM. Gérente Dalbignat et Cie.
- Cette maison fait travailler l’étranger par des voyageurs et représentants, elle a des succursales à I^yon, Marseille, et Bruxelles. A Liège en 1905, elle a obtenu une Médaille d’or et à Milan 1906, le Jury lui a accordé un Diplôme d’honneur.
- A la fabrication des boutons, elle a adjoint les soieries, gilets, doublures, mercerie et fournitures pour tailleurs.
- MARCHAND-HEBERT, Andeville (Oise).
- La fabrication des boutons de nacre est une industrie complexe qui, pour la production d’objets d’apparence et de prix insignifiants exige un outillage très important et une main-d’œuvre considérable.
- La manufacture fondée en 1873 par M. Marchancl-LIébert a été particulièrement aménagée pour la fabrication des boutons de nacre. L’outillage perfectionné qu’il possède, lui a permis de faire des articles très bon marché, ce qui a accru dans d’énormes proportions la consommation des boutons de nacre. Cet outillage a également permis à la manufacture de M. Marchand-Hébert de travailler des coquillages nouveaux, comme le « Trocas » qui produisent des articles dont cette maison s’est fait une spécialité. Ces articles que les concurrents étrangers ne sont pas encore arrivés à fabriquer ont permis d’augmenter le chiffre déjà considérable de notre commerce d’exportation. La manufacture de M. Marchand-Hébert et les suc-
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- cursales qu’il a construites à Hermies dans le Pas-de-Calais, et à Hénonville dans l’Oise, produisent des boutons qui sont exportés dans tous les pays du monde.
- Depuis l’Exposition cette maison a trouvé en Italie, où elle ne faisait que peu d’affaires, de nouveaux débouchés.
- Depuis l’Exposition universelle de Paris, en 1900,
- M. Marchand-Hébert a apporté sa collaboration régulière aux grandes Expositions internationales où il a obtenu les récompenses suivantes :
- Médailles d’or:
- Paris 1900;
- Saint-Louis 1904 ;
- Grands prix :
- Liège 1905;
- Milan 1906.
- Les manufactures de M.
- Marchand-Hébert procurent un travail régulier à une part importante de la population ouvrière du département de l’Oise, elle emploie un grand nombre de femmes et d’enfants.
- PARENT FILS et BOUCHARD, 103, rue Réaumur.
- La maison Parent est une des plus anciennes de la place de Paris. Fondée en 1825, elle a toujours compté depuis cette époque, dans ses diverses raisons sociales un ou plusieurs membres de la famille Parent.
- Les titulaires actuels MM. A. Parent fils et Bouchard conservent à cette maison les traditions d’une fabrication supérieure et d’un goût éclairé. Les succès dans les différentes Expositions auxquelles la maison Parent a pris part depuis plus d’un demi-siècle, témoignent des efforts qu’elle s’est toujours imposés, et de la suprématie qu’elle
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- a su conserver clans son industrie. Le rôle de la maison Parent dans
- l’industrie des boutons est des plus importants. Elle a été titulaire d’un certain nombre de brevets et d’inventions qui ont permis d’améliorer la fabrication et ont contribué à faire apprécier nos produits des acheteurs étrangers.
- Elle possède une usine à vapeur, 7, rue Pierre-Levée à Paris, où est centralisée la plus grande partie de sa production; elle fait fabriquer également en province des articles à la main.
- Dès 1849, on trouve la maison Parent parmi les commerçants qui participent aux Expositions et les différents chefs qui se sont succédé à sa tête en ont également conservé la tradition.
- A l’heure actuelle cette maison compte un très grand nombre de récompenses obtenues dans les Expositions universelles ou internationales.
- En 1889, M. Parent était membre du Jury. A Bruxelles en 1897, la maison reçoit un Diplôme d’honneur, en 1900, à Paris, le jury décerne aux titulaires une Médaille d’or. En 1901, à Glasgow un Diplôme, et enfin à Liège en 1905 et à Milan 1906, le jury international lui accorde le Grand prix.
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- Eugène MARQUIS, 92, boulevard Sébastopol.
- Cette maison a été fondée en 1894, M. Eugène Marquis avant cette époque avait été l’associé de M. Parent avec lequel il avait collaboré pendant 23 ans. Les produits fabriqués dans les ateliers de M. Marquis sont les boutons, les boucles et les agrafes en bijouterie, émaux, nacre décorée, gravée, et en acier gravé et rivé. M. Eugène Marquis s’est préoccupé de développer nos relations commerciales avec l’Europe centrale, la grande Bretagne, l’Amérique et de faire pénétrer dans ces importantes régions les produits de l’industrie française des boutons. Les genres d’articles produits par les ateliers de M. Eugène Marquis ne se fabriquent point en Italie et c’est l’industrie parisienne qui alimente de beaux articles les maisons italiennes. Depuis 1900, M. Eugène Marquis a pris une pai t active à plusieurs Expositions et les récompenses obtenues placent sa maison dans un des meilleurs rangs parmi les grandes maisons françaises. A Paris, en 1900, il obtint une Médaille de bronze; en 1901 à Glasgow, il se voit attribuer un Diplôme; à Saint-Louis 1904 une Médaille d’argent, une Médaille d’or à Liège en 1905, et enfin un Diplôme d’honneur à Milan en 1906.
- A. RAYMOND, Grenoble (Isère).
- Cette maison a été fondée en 1865 par son chef actuel M. Albei t Raymond, qui débuta comme simple ouvrier dans une modeste fabrique d’agrafes. M. Raymond est l’inventeur de plusieurs genres de boutons; en 1872, l’industrie lui doit le bouton rivé à hélice el la machine destinée à l’appliquer. En 1886 M. Raymond inventait le bouton fermoir, qui d’abord limité aux gants est aujourd hui couramment utilisé dans la chaussure, la casquette, le vêtement, le corset et la ceinture. M. Raymond prit successivement d’autres brevets et c’est ainsi qu’apparurent le fermoir à ressort triangulaiie, les ingénieux systèmes dénommés moderne et radium,,dans lesquels le gant lui-même concourt à la formation du bouton, le feimoir crochet, qui donne une grande sécurité à la fermeture et nombre de modifications et perfectionnements intéressants. Mais ce qui cons
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- titue au point de vue technique la branche la plus intéressante de cette fabrication c’est assurément celle de l’outillage qui sert à la
- production de ces différents articles. Cette maison a de nombreux clients à l’étranger et particulièrement en Allemagne,1 en Angle-
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- terre, en Italie, aux Etats-Unis. Les nécessités de la concurrence l’ont amené à créer en 1889 une succursale en Allemagne, à Lœr-rach (Duché de Bade).
- Jusqu’en 1900, la maison Raymond n’avait exposé que collectivement, avec les fabricants gantiers de Grenoble. En 1900, la maison Raymond obtenait à l’Exposition de Paris, un Grand prix pour son exposition individuelle. En 1906, à Milan, M. Raymond était Membre du Jury et par conséquent sa maison fut mise Hors concours.
- VALLÉE et MARION, 37, rue des Trois-Bornes.
- Cette maison, la plus ancienne dans son genre, a été fondée en 1855 par M. Dumont père auquel succéda M. Georges Dumont et dont les titulaires actuels sont les successeurs directs. Elle possède à son actif un certain nombre d’inventions qui ont apporté d’heureuses améliorations dans la branche si importante des boucles et agrafes C’est à la maison Vallée et Marion que l’on doit, notamment, la création en France, des boucles dites à pression, qui dans les bretelles ont remplacé complètement les antiques boucles à ardillons, et des pièces métalliques universellement en usage pour les jarretelles de dames et hommes. Autrefois l’Allemagne occupait un rang prépondérant dans l’importation en Italie, mais depuis plusieurs années, la maison Vallée et Marion a réussi à implanter dans ce pays, la fabrication française, et actuellement surtout à Milan, elle fournit la
- majorité des articles métalliques employés tant pour les bretelles que pour les jarretelles. Cette maison a apporté sa part de collaboration aux diverses Expositions internationales qui ont été organisées en France, et à l’étranger depuis 1889. A Paris, en 1889, à 1 Ex-
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- position universelle elle obtenait une Médaille de bronze; à Bruxelles, en 1897, une Médaille d’argent; à Paris, en 1900, le Jury international lui décernait encore une Médaille d’argent; enfin, à Liège 1905, elle se voyait attribuer une Médaille d’or, et un Diplôme d’honneur à Milan en 1906
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- La Chapellerie
- HISTORIQUE
- LES CHANGEMENTS DE LA MODE
- I
- ^^âns l’Encyclopédie méthodique, M. Roland de la Platière, qui fut ministre de T Intérieur, a écrit l’article « Chapeau »,
- et c’est à ce travail que nous avons jugé à propos d’emprunter les premières lignes de ce chapitre.
- — « Tous les peuples du monde parmi lesquels régnaient l’innocence et la paix portèrent la tête découverte et les cheveux flottants. Cet abri suffisait contre les injures del’airëtrintempérie dessaisons... Mais l’homme voulut se rendre redoutable; dès lors il eut des ennemis, et la crainte s’empara de son âme. Tous les avantages de la nature se trouvèrent sacrifiés à l’ambition de dominer, ou à la nécessité de se défendre, et le premier chapeau fut une arme contre 1 attaque. Longtemps la coiffure n’eut lieu qu’en guerre; longtemps elle fut un vêtement purement militaire. Ensuite le besoin de\int égal de se prémunir contre sa propre faiblesse, et de se garantii de son semblable... Les charmes de la nature voilée, la dignité de l’homme obscurcie, la noblesse de son caractère étouffée sous cette aime
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- défensive, devenue un vêtement, il poussa la dépravation jusqu’à en faire l’enseigne de la liberté, d’où le proverbe des Latins :« Vocare servum ad pilum (appeler un esclave au chapeau) », d’oùle bonnet des maîtres ès arts et des docteurs, en signe d’affranchissement de la férule des maîtres.
- «Peu importe le nom,la matière et la forme; casques, chapeaux, pétases, bonnets ou autres, ils ne diffèrent en rien pour l’usage; les premiers furent faits de la peau, de la tête même de quelques animaux ; à leur dureté pour parer l’effort des coups, on joignit la ressemblance de ces animaux pour inspirer de l’effroi à l’ennemi. Puis on les fit de nerfs tissés, de bois, de fer, d’airain, de fourrures, d’étoffes, de feutre enfin; on les surmonta de cornes de bœuf, de crinières d’animaux, de figures fantasques, effroyables, de celle de la mort même; les Grecs et les Romains les ornèrent de diverses aigrettes et de plusieurs rangs de panaches. Ceux-ci les tinrent ouverts, toujours ils montrèrent le visage dans les combats. Les Grecs, comme les peuples du moyen âge et les Croisés, les avaient fermés et à visières allongées sur le cou et les épaules... Tous les chapeaux qu’ont portés alternativement les paysans et les rois, qui furent une distinction pour les affranchis et qui en devinrent une pour les évêques, les patriarches,les cardinaux; qu’on défendit aux prêtres, dont le bonnet était jaune au temps de Pasquier; qu’on prescrivit aux Juifs de cette même couleur jaune, en signe d’opprobre; qu’on détermina, pour les banqueroutiers, de couleur verte, en signe d’infamie, couleur que les évêques adoptèrent pour la leur; ces chapeaux que le peuple porte partout sur la tête, et que le beau monde, parmi nous, met sous le bras; qu’on retape tantôt d’une façon, tantôt d’une autre; qu’on orne d’un bord ou d’un plumet, ne sont que la continuation ou le renouvellement des formes antiques; le capuce ou capuchon, le chaperon, la toque et le mortier, les bonnets ronds ou carrés, sans corne ou à plusieurs cornes, sont des modifications de ces diverses «coiffures». Les premiers succédèrent au pan de la robe ou du manteau et donnèrent naissance aux bonnets; les autres, comme les chapeaux, et avec les chapeaux, succédèrent aux casques; des ordres, des dignités ont changé ou varié les uns et affecté les autres. »
- Nul préambule ne nous a paru devoir être meilleur pour présenter à nos collègues, qui pourraient être désireux de les connaître, les origines du chapeau, mais il nous a paru nécessaire de développer, par le détail, les indications aussi légères que rapides de cette pré-
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- face, et c’est le résultat de ce travail que nous présentons dans les paragraphes suivants.
- II
- Le chapeau n’est pas moderne. Les peuples de l’antiquité avaient l’habitude de se couvrir la tête.
- Denys d’Halicarnasse raconte que lorsque les députés et les sénateurs allèrent chercher Cincinnatus, ils le trouvèrent conduisant sa charrue et la tête couverte d’un chapeau. Suétone, un autre historien latin, a rapporté qu’Auguste ne sortait jamais sans chapeau, tandis qu’au contraire César allait toujours nu tête.
- Le chapeau le plus généralement porté par les anciens était le causia, qui des Grecs avait passé aux Romains. C’était un chapeau de feutre, à hauteforme, à larges bords légèrement relevés. Ils avaient été inventés par les Macédoniens et, dans plusieurs médailles on le voit sur la tête d’Alexandre.
- A côté des coiffures permises à tous, il y en avait de particulières à certaines fonctions; tel était, par exemple, Yalba galerus, bonnet de fourrure porté par le flamen dialis. Il était fait de la peau d’une victime blanche sacrifiée à Jupiter, et avait à son sommet une pointe saillante de bois d’olivier. Sauf cette pointe de bois, c’est tout à fait la tiare papale, dont il ne serait pas impossible qu’il fût le modèle.
- Le voile était la principale coiffure des femmes et il était semblable à celui dont se servent encore aujourd’hui les femmes turques. Il y avait aussi le caliendrum, sorte de bonnet élevé, à l’usage des dames romaines, et le réticulum, ou filet de tête, semblables à ceux que les femmes emploient de nos jours, avec cette seule différence que les anciens y déployaient un luxe bien supérieur au nôtre. Cependant les femmes se couvraient la tête d’une manière plus efficace avec le theristrum, morceau d’étoffe carrée, de toile en été, de laine en hiver, qui les protégeait contre le soleil ou le froid. Cet usage subsiste encore dans certaines parties de l’Italie.
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- III
- Les historiens ne sont pas d’accord sur l’époque qu’il convient de retenir comme étant celle où on commença de porter le chapeau.
- Bachelet, prétend que les chapeaux pour les hommes datent au moins de Jean le Bon, et qu’ils remplacèrent les bonnets, aumusses, chaperons et mortiers.
- Sans nous inscrire en faux contre cette prétention au moins hardie, on nous permettra de citer ici une phrase d’un historien de cette époque, affirmant au sujet de la Jacquerie (1358) que« les Parisiens, ayant Étienne Marcel, prévôt des marchands, à leur tête, se révoltèrent contre le Dauphin-régent; Marcel massacre Robert de Clermont, maréchal de Normandie, et Jean de Conflans, maréchal de Champagne, en présence et dans la chambre même du Dauphin, et donne à ce prince son chaperon• pour sauvegarde ».
- En fait, les hommes de cette époque sont toujours représentés coiffés d’un chaperon, et il est manifeste qu’à cette époque cette coiffure était très courante.
- Le chaperon fut un ancêtre du chapeau ; de même qu’on peut voir une origine du chapeau dans le capuchon qui accompagnait la chape et servait à couvrir la tête, c’était une simple calotte de velours, de drap ou de feutre, qui s’attachait sous le menton par deux cordons. Tantôt elle était unie, et tantôt ornée de fourrures, de broderies ou de pierreries, selon les fortunes et les conditions.
- Ceux qui pensent que les chapeaux de feutre n’ont commencé à être portés que vers l’époque de Charles VI, au xivesiècle, sont certainement les plus près de la vérité historique.
- Le passage suivant d’un règlement de compte, qui remonte à la moitié du xive siècle, suffit à démontrer le luxe et la richesse de la coiffure, qui n’est pas encore le chapeau et que l’on qualifie de « cha-pel. »
- — « Baillez à Karthelot, la chapelière, pour un cliapel de bièvre » (castor) fourré d’armines, couvert dessus d’un roisier dont la tige » estoit guippée d’or de Chippre, de grosses perles de compte et de » grenats, et les roses faites et ouvrées de grosses perles; et par les
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- » costés avaient deux grandes quintefeuilles d’or soudé, semées de » grosses perles, de grenats, de pierres esmaillées, et par-dessus le » chapel, en haut avait un dauphin fait d’or, tournant à vis sur un » tuyau d’argent; lequel chapel garni de boutons, de perles rondètes » et menues, et orfroiriées de bisète d’or, de plites et de grosses perles, » mons. le Dauphin commanda à l’argentier, et en chargea faire tel » et d’icelle devise, pour donner à maître Jehan, le fol du roy. »
- A l’époque du règne de Charles VI, ce furent presque exclusivement les gens de la campagne qui firent usage du chapeau de feutre, mais sous Charles YII la mode s’en répandit dans les villes.
- Le Dictionnaire de Trévoux mentionne, à l’article chapeau, que « quand Charles YII fit son entrée dans Rouen, le 10 novembre 1449, il avait un chapeau de castor, doublé de velours rouge, surmonté d’une houppe de fil d’or. C’est dans cette entrée, oudumoins sous ce règne, qu’on commença à voir en France l’usage des chapeaux et des bonnets qui s’introduisit, depuis, peu à peu, à la place des chaperons desquels on s’était servi de tout temps. On regardait comme un très grand désordre, en 1495, que les ecclésiastiques commençassent, à la manière des séculiers, de porter des chapeaux sans cornette : il fut ordonné qu’ils auraient des chaperons de drap noir avec des cornettes honnêtes; et que, s’ils étaient pauvres, ils auraient du moins des cornettes attachées à leurs chapeaux, et cela sous peine de suspension, d’excommunication et de payer cent sols d’amende. L’usage des chapeaux était plus ancien en Bretagne de plus de deux cents ans, parmi les ecclésiastiques,principalement parmi les chanoines; mais ces chapeaux étaient comme des bonnets, et c’est d’où sont venus les bonnets quarrés des ecclésiastiques. Un évêque de Dol du xne siècle permit aux chanoines seulement de porter de ces sortes de chapeaux, et voulut que si d’autres en portaient dans l’église, l’office divin cessât aussitôt. »
- Sous Louis XI, les calottes de velours qui recouvraient le sommet de la tête, les bonnets et les mortiers qui existaient en petit nombre, disparurent tout à fait pour faire place à un chapeau qui ressemblait assez à nos chapeaux mous.
- On fit de hauts chapeaux pointus, à l'imitation des bonnets; d’autres devant lesquels se relevait un large rebord, comme un chapeau de polichinelle, et ce rebord était garni de fourrure.
- Pourtant Jacques Duclerc écrit : « par dessus leurs longs cheveux, ils avaient bonnet de drap, d’un quart et demi de haut.
- Le chapeau de Louis XI, à bonne Vierge de plomb, est légendaire.
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- Avec Louis XII, la forme du chapeau change, elle tient à la fois du mortier et de celle du chapel, les galons et les plumes l’ornent toujours.
- François Ier adoptant la coiffure espagnole, mit a la mode les chapeaux à larges bords et à plume.
- Pourtant les premiers chapeaux de feutre avaient la forme d’une petite calotte, ornée d’une plume; on les retrouve ainsi dans certains portraits de François Ier, de Charles-Quint et des personnages de cette époque.
- Sous Henri II, les chapeaux à grands bords ont disparu et les hommes portent tous un chapeau petit, plat et orné d’une plume.
- Pendant le règne de Henri III, on abandonna le chapeau à plume pour la toque en velours que le chapeau des ligueurs fit à son tour disparaître.
- Avec Henri IV la mode avait mis en honneur les chaperons à ailes horizontales, relevés par une ganse et ornés d’un panache sur le côté qui dominait le front.
- Ce chapeau, dont la forme fut un peu modifiée, sous LouisXIII devient d’une grande richesse; il était garni de plumes de prix qui en faisaient une coiffure somptueuse.
- Sous Louis XIV, le chapeau à grands bords garni de plumes flottantes gagna encore en élégance, mais la mode des perruques étant survenue, le chapeau devint un simple accessoire de toilette que l’on ne porta plus que sous le bras.
- Dans son rapport sur l'Exposition universelle de 1900, notre collègue, M. A. Mortier, a donné les détails suivants sur les chapeaux de Louis XIV.
- — « Le roi de 1660 a trouvé mieux. S’est-il inspiré du chapeau du roi François Ier, qu’un tableau célèbre du Titien lui a mis sous les yeux? lui a-t-il emprunté l’idée du gâteau plat dont il s’affuble? Mais c’est ce chapeau qu’il porte à l’ouverture du Parlement, c’est le couvre-chef de l’« État, c’est moi », le comble de l’élégance, du genre, du raffinement, celui du don Juan de Molière. Au fond, c’est toujours une coiffe ornée d’ailes; mais la coiffe s’est faite petite, humble, modeste; les bords, au contraire, ont grandi, ils sont ornés d’une ganse d’or, avec une petite forêt de plumes de casoar qui fri-sonnent...
- » ...Désormais, la mode du chapeau d’homme consistera à imposer à ce feutre castor (car les grands maintenant ne portent que le castor pur), les formes les plus singulières. Louis XIV a, vers 1660,
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- le chapeau à bords plats et larges ; en 1678, les bords se sont resserrés, puis relevés sur le front en auréole. Le tour de plumes, que les plu-massiers apprêtent, mais que les garnisseurs chapeliers mettent en place, devient l’objet de luxe indispensable; on n’en saurait trop mettre, on ajoute encore une grande plume d’autruche enroulée avec flots de rubans. On a d’ailleurs son chapeau de soleil et son chapeau de pluie, celui-ci plus simple, sans or ni plumes, qu’on coiffe en l’absence de parapluie et dont les bords sont retroussés en gouttières chargées de renvoyer l’eau à gauche et à droite. »
- Sous Louis XY, on réduisit le chapeau à ses dimensions les plus exiguës et ce ne fut plus qu’un tout petit tricorne. Les ailes avaient été relevées d’abord sur un seul, puis sur deux, et enfin sur trois côtés.
- — « On touche alors, dit M. Mortier, aux sottises de l’anglomanie, à ces chapeaux à bords plats à la jockey, presque déjà des hauts de forme, ornés d’un galon et de la grosse boucle que Moreau le Jeune met à ses cavaliers de l’Histoire du Costume. »
- Par ordre du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre sous Louis XYI, les soldats inaugurèrent une nouvelle espèce de chapeau qui avait quatre cornes; cette mode ne prit pas et on revint aux tricornes.
- — « C’est au commencement du règne de Louis XYI, écrit le rapporteur de l’Exposition de 1900, une débauche de chapeaux, de bonnets de poste, de courriers, de casques, tous de mode anglaise ou l’invoquant, presque toujours blancs ou crème, dans les tons naturels du feutre sans teinture. Le grand genre, en 1776, pour un homme du monde, est de ressembler à un palefrenier anglais, et le chapeau, aux formes les plus extravagantes, est le meilleur moyen d’y parvenir. »
- Jusqu’à la fin du xvme siècle, le tricorne sera d’un usage courant. Puis nous aurons le légendaire chapeau qu’affectionnait Napoléon.
- Mais on ne saurait passer sous silence le bonnet phrygien, la coiffure populaire de l’époque révolutionnaire, et qui fut pour la chapellerie une source de production considérable.
- Enfin nous voyons apparaître notre moderne haut de forme, qui régnera en maître pendant le xixe siècle et qui, aujourd’hui, est concurrencé par la chapellerie de fantaisie.
- Voici, esquissée à grands traits, taillée si l’on veut à coups de sabre, l’histoire de la mode du chapeau pour hommes.
- Ces renseignements étaient nécessaires au complet de notre étude, mais nous devions forcément en limiter les détails.
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- Avant de faire la comparaison entre la fabrication ancienne et la fabrication moderne, il nous faut dire quelques mots de Fhistoire du chapeau de dames.
- François Ier considérait comme une monstruosité une femme coiffée d’un chapeau d’homme, et cependant il est tout naturel qu’à l’époque où le chapeau est devenu un objet gracieux, se prêtant au luxe, il ait tenté la femme.
- Aussi, en France, les femmes de la haute aristocratie suivirent l’exemple de la reine Catherine qui adopta, pour monter à cheval, le pimpant toquet d’Henri II.
- On le vit à Diane de Poitiers, à la jolie Marie de Lewiston, mère du bâtard d’Angoulême (1).
- A l’époque du règne d’Henri III la confusion existe entre les coiffures des deux sexes et l’Église s’en émeut. Catherine de Médicis, quelques années plus tard, trouva commode pour ses longues chevauchées à travers les campagnes de se coiffer d’un chapeau qui a beaucoup de ressemblance avec celui des gens d’armes de l’époque,
- Anne d’Autriche mettra à la mode les fichus d’Angleterre, mais sous Louis XV les femmes adopteront le petit tricorne avec le costume de cheval, pour la chasse, etc.
- - Nous aurons le bonnet, avec la reine Marie-Antoinette et, pendant les dernières années qui précédèrent la Révolution, les femmes abandonnent la coiffure en cheveux pour prendre le chapeau.
- En 1784, la mode des chapeaux de paille étant venue d’Italie, toutes les dames voulurent en porter, et le bonnet en lingerie fut abandonné aux femmes du peuple. On vit alors des formes diverses, des ornements variés, souvent bizarres même.
- L’ingéniosité des modistes avait libre carrière, et, à côté de productions trop souvent contraires au bon goût et à l’élégance, il y eut de véritables merveilles créées par l’industrie toute naissante de la chapellerie pour dames.
- Aujourd’hui encore les modes sont inspirées de ces créations et nous voyons sur la tête des élégantes des chapeaux, qui furent des « créations » il y a plus d’un siècle.
- Tantôt les chapeaux de femmes se présentaient avec un fond vertical comme « nos tuyaux de poêle » et perdus dans des flots de rubans; tantôt une passe énorme roulée en entonnoir et surchargée de fleurs et de plumes.
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- Dans le court espace de deux années, les chapeaux changèrent dix-sept fois de forme;la dernière se nommait chapeaux à la Caisse d’escompte; ils n’avaient point de fond et portaient le nom d’une entreprise financière en déconfiture.
- Aux chapeaux de paille succédèrent, peu de temps avant la Révolution, les petits chapeaux de soie ornés de plumes et de fleurs et coquettement inclinés sur le côté de la tête.
- Mais cette forme ne devait pas être longtemps à la mode et les chapeaux de dimensions énormes revinrent bientôt couvrir la tête des femmes à prétentions élégantes.
- Le xixe siècle verra l’industrie du chapeau de dames se transformer et après des créations très discrètes, l’élégance fera valoir ses multiples grâces par les mains d’ouvrières qu’avec raison on a surnommées de « petites fées » et qui produiront les plus admirables chefs-d’œuvre que la mode ait jamais enfantés.
- Les modes, à l’heure actuelle, s’inspirent des créations de l’époque de Louis XVI et de la Révolution, mais nous apportons dans la confection des chapeaux et dans l’art de les garnir une science et un soin qui ont demandé plus d’un siècle d’apprentissage.
- Paris est le grand centre de cette industrie artistique, et, grâce à l’ingéniosité, au talent et aux qualités si méritantes de nos modistes, la réputation des modes de Paris rayonne'sur le monde avec un éclat incomparable.
- L’art de la confection des chapeaux de femmes est essentiellement français; le goût de nos modistes est universellement reconnu et ce sont les grandes maisons de modes de Paris qui donnent actuellement le ton au monde entier.
- Déjà, sous le nom de dorlottières, les modistes existaient au xviie siècle; mais ce n’est guère que sous l’influence de Marie-Antoinette, vers la fin du xvme siècle, que la coiffure devint un objet de soins particuliers pour les dames et que l’on vit s’établir définitivement à Paris les « faiseuses de modes »; elles avaient le privilège « d’entreprendre, façonner, garnir, enjoliver et vendre les bonnets de femmes et les chapeaux de toutes sortes ».
- Dès le début, ces faiseuses de modes imaginèrent des formes d’une originalité remarquable et l’on vit les dames coiffées de chapeaux gigantesques représentant un navire tout entier, comme les coiffures dites à « la belle Poule ».
- Puis une réaction assez sensible se manifesta contre le développement exagéré de la coiffure; sous l’Empire et la Restauration, on
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- revint au genre grec ou aux loques maintenues par de longs peignes, et le rôle de la modiste consistait seulement à entremêler avec art la soie et le velours, les rubans et les fleurs, et ce n est que sous le règne de Louis-Philippe, grâce à l’influence de la célèbre Madame Beaudrant, que la forme moderne des chapeaux de femmes commença à se dessiner.
- LES ANCIENNES CORPORATIONS ET LES/ANCIENS PROCÉDÉS DÉ FABRICATION.
- Le livre des métiers de Boileau nous donne, sur les anciens cha-peliers, des renseignements du plus haut intérêt.
- On ne compte pas moins d’une demi-douzaine de corporations d’artisans employées à la chapellerie et à la coiffure. On pouira s é-tonner qu’au xme siècle cette branche d industrie soit aussi développée, surtout à une époque où la vie était encore si simple et les besoins de luxe si restreints; mais la lecture des statuts prouve que c’est improprement que le nom de chapeliers a été donné à quelques-unes de ces corporations qui, d’ailleurs, ne devaient occupei que peu d’ouvriers.
- La première corporation est celle des chapeliers de fleurs, c est-à-dire des fleuristes qui, dans la belle saison, tressaient les couronnes dont on se coiffait dans les classes élevées, comme on sait par les romans en vers du moyen âge, où il est souvent question de ce genre de parure coquette.
- La deuxième est celle des chapeliers de feutre de Paris; la troisième, celle des chapeliers de coton de Paris; puis viennent les chapeliers de paon de Paris, qui, selon toute vraisemblance, étaient les plumassiers de ce temps-là; ensuite les fourreurs de chapeaux à Paris, qui, en l’an 1324, fusionnèrent avec les chapeliers de feutre; et enfin les «feserresses de chapiaux d’orfrois. »
- Il s’agit ici d’une corporation de femmes qui faisaient, pour les dames riches, des chapeaux ou coiffures brodées en 01 et en pelles .
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- cette broderie brillante s’appelait orfreis. Les feserresses de chapiaux étaient en réalité les marchandes de modes.
- « Quiconques veut estre chapeliers de feutre à Paris, estre le puet franchement.
- » Nus chapelier de feutre ne puet ouvrer devant que la gueite ait corné le jour, ne ouvrer de nuitz : et s’il le feit, il est à V. S. d’amende à paier au prévost de Paris.
- » Nus chapelier de feutre ne doit retaindre nus chapiaus viez de feutre; et se il le fait, il est à V. S. d’amende à poier au Roy, et le chapel doit être ars.
- »Nus chapeliers de feutre ne doit faire chapiaus de feutre fors que d’aignelins purs sans bourre; et se il le fait, li chapel doivent estre ars, et si doit Y. S. d’amende à paier au Roy.
- »Nus chapelier ne doit mètre empoise en ses chapiaus; et se il le fet, il doit V. S. d’amende, et li chapel doivent estre ars. »
- Ajoutons à ces dispositions que « nus chapeliers ne doit vendre au diemenche, fors à son tour; et qui, 1 vent, il doit V. S. d’amende au prévost de Paris », et nous connaitrons les principales conditions dans lesquelles s’exerçait au xme siècle le métier de « chapelier de feutre. »
- Quant à la défense de mettre « empoise en ses chapiaus », une ordonnance de 1323 réglementa plus en détail la confection des chapeaux de feutre.
- Cette ordonnance contient, entre autres, les dispositions suivantes.
- Ordonnance de 1323.
- -—« Il est ordené et accordé pour tout le commun du mestier... que pour ce que chacun demande nouvelleté et novias chapias de plu-seurs diverses guises, et l’en ne les puet faire sans apparoil suffisanz que les chapelliers de Paris peuent mettre en leur chapias autres que noirs, de quelque colour qu’il soit, soit camelins blanz, pz bièvre (castor d’Europe), ou demie bièvre, et tous autres, exceptez les noirs chapiaus, apparoil raisonnable, nécessaire et soufïisant, et tèle quantité comme il y doit et puet appartenir selon mesure, et quiouetre mesure en y mettra autrement que dit est, il paiera l’amende dessus dite, et les chapeaus seront ars.
- » Item, les chapiaus noirs d’aignelins auront leur apparoil suffisant, c’est à savoir, a demi cent de chapias noirs, aura un quart de fleur
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- tant seulement, et du plus plus, et du moins moins. Item, que nus chapelliers ne puisse achater chapias de bièvre ne de feutre faiz, hors de Paris, ne ne les reçoive devant qu’ils soient veuz par les maistres priséz du mestier... Item, que nus ne nulle ne puisse fourrer chapiaus, quiex qu’il soit, que la fourreure soit d’autel drap dedans comme par dehors, et le facent de tant de colors et de pièce comme il lui plaira... »
- Notre collègue, M. A. Mortier, a rapporté dans son travail de 1900 le fait suivant qu’il n’est pas inutile de signaler à ceux qui n’ont pas eu l’occaison de lire cet ouvrage très intéressant et d’une documentation précieuse.
- — « Sur la fin du xvne siècle, la confrérie des compagnons chapeliers appelle l’attention sur elle. Ses membres se réunissent, mettent en commun leurs doléances, en un mot forment de véritables syndicats contre les patrons qu’ils obligent, sous menace de grèves, à accepter leurs conditions. Les maîtres s’émeuvent et portent plainte au conseil du roi qui dissout, en 1704, la confrérie des compagnons chapeliers. Quarante-cinq ans plus tard, les mêmes faits se reproduisent sous une forme plus vive, avec les procédés modernes du boycottage, de la mise en interdit et des grèves partielles. Mais un arrêt de 1749 confirme celui de 1704; il interdit en plus aux compagnons ou apprentis de quitter à l’avenir l’atelier sans avoir terminé l’ouvrage entrepris; chose plus grave, il les frappe d’une amende de 100 livres « s’ils cabalent entre eux et s’arrangent pour empêcher un maître de prendre les ouvriers de son choix, français ou étrangers ».
- Nous pouvons ici reprendre, sous forme de conclusion, la constatation que nous faisions au sujet des modes et dire que les grèves d’aujourd’hui furent des « créations » il y a cent cinquante ans.
- La grève aussi, aujourd’hui, est une mode, la plus malheureuse même des modes, et notre grande industrie, comme ses sœurs de moindre importance, n’a que trop souvent l’occasion de déplorer les funestes conséquences de ces « entreprises » qui, avec le temps, se sont très perfectionnées... beaucoup trop perfectionnées même!
- L’industrie des chapeaux fut très florissante en France jusqu’à la révocation de l’Édit de Nantes.
- Elle fut considérablement diminuée par cet acte d’intolérance très impolitique qui eut pour conséquence d’obliger un grand nombre d’ouvriers à émigrer.
- Comme d’autres industries monopolisées en France, la chapellerie fut atteinte, car les nations qui étaient tributaires de nos fabri-
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- cants profitèrent de l’occasion qui se présentait de créer ces industries chez elles, en faisant un accueil favorable aux Français qui fuyaient la mère-patrie pour échapper à la persécution religieuse.
- C’est ainsi que la plupart des ouvriers en chapeaux se retirèrent dans le Brandebourg, où le roi Frédéric-Guillaume les appela.
- En 1670, Nîmes compte de nombreux chapeliers; Grenoble, Sassenage, Moirans en Dauphiné, Marseille avec ses vingt manufactures, sont des centres considérables qui fournissent la France, tandis que Issoudun confectionne les beaux feutres destinés aux gens d’armes.
- Dans les campagnes du Gévaudan et duVelay, beaucoup de paysans occupent leurs longues soirées d’hiver à fouler les poils pour faire des chapeaux.
- En 1692, M. H. de Guénégaud, qui fut sous-secrétaire d’Etat sous Louis XIII, fit une conférence sur les chapeaux et nous en extrayons ce spirituel exposé de la situation de cette industrie :
- — « Les peaux de Castor dont on fait les chapeaux viennent du Canada en France, et passent en Moscovie, où on leur ôte tous les poils inutiles et qui gâteraient les bons. Elles viennent à la Rochelle; on en fait des chapeaux doux, luisants et à poils; puis après avoir été portés par les Français, maîtres et valets, ils retournent à la Rochelle, où on les remplit de gomme pour les porter aux Espagnols qui les demandent durs, ras et sans poils. Après avoir rodé l’Espagne et le Portugal, ils reviennent à la Rochelle, où on y redonne une petite façon, ou les revoiture à Lisbonne et de là au Brésil, où ils sont fort bien reçus, pourvu qu’ils soient mollasses et claque-bords ; et lorsqu’à force de servir ils sont pleins de trous, les Portugais les mènent en Guinée, tout le long des côtes d’Afrique, les galants du Monomotapa y passent des plumes, et enfin les pauvres chapeaux que nous avons sur nos têtes vont mourir à Sofia où à Mozambique. »
- A l’époque de Louis XV, c’est-à-dire vers 1740, la chapellerie est répandue à Paris, Caudebec, Falaise, Dieppe; Clermont de Lodève possède 14 ateliers. A Nîmes cette industrie, qui fut très prospère du temps de Colbert, mais y disparut lors de la révocation de l’Édit de Nantes, reprend quelque vigueur.
- Dans le Forez, Chazelles sur Lyon, Chevrières, Estivareilles, Fleurs, Saint-Galmier, Viricelles en Velay, Goudet, Le Monastier, Saugues, comptent de nombreux chapeliers disséminés dans la campagne.
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- Mais, néanmoins, nous ne sommes plus seuls à fabriquer le chapeau, et en 1701 les députés du commerce constatent que l’état de cette industrie « était misérable en France ».
- Nous sommes déjà loin de Colbert et on risque fort d’avoir bien compromis la prospérité de cetle industrie qui approvisionnait, il y a encore peu d’années, l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne.
- L’expression des députés du commerce ne manque pas de sincérité; en 1701 l’industrie de la chapellerie est«dans un état voisin de la misère. »
- Le patron se débat contre des difficultés de toutes sortes; aux déboires que lui occasionne le manque de connaissances industrielles, viennent s’ajouter les tracasseries d’un gouvernement à court d’argent et réduit aux expédients financiers.
- En 1708, le contrôleur général des finances s’avise de faire tomber de l’or dans les caisses en renouvelant les statuts des arts et métiers, et de prélever, à cette occasion, de nombreux droits.
- Il consulte des intendants, à l’effet de savoir quelles ressources on peut attendre de ce procédé et il s’attire cette réponse, qui se passe de commentaires : « Les gouverneurs de province jugent ce procédé hors de saison, car les artisans ont déjà beaucoup de peine à gagner leur vie ».
- Et cette mauvaise situation est la conséquence de l’intervention constante et irraisonnée de l’État qui intervient dans tout, réglemente tout et s’imagine qu’il « protège le fabricant ».
- Notre collègue, M. A. Mortier, que nous avons toujours plaisir à citer, a fait de ces tracasseries un tableau saisissant et qui montre les conséquences malheureuses de cette intervention injustifiable.
- A l’heure actuelle, et dans les'circonstances présentes, il ne peut être mauvais de le metttre sous les yeux de ceux qui « continuent » à réclamer l’intervention et la protection de l’État.
- — « L’Édit de 1690, publié en avril, soumettait tous les chapeaux fabriqués en France à un droit de marque, laquelle devait être apposée par des commis spéciaux nommés commis à la marque des chapeaux. En réalité, constate M. Mortier, il s’agissait moins, dans l’espèce, d’astreindre les chapeliers au payement d’un droit que de les soumettre à un contrôle direct et permanent en vue de prévenir l’introduction de marchandises de contrebande. L’Étranger, où la main-d’œuvre était moins chère qu’en France, produisait à meilleur compte, mais il produisait aussi de moindre qualité, parce que la fabrication y était plus libre et moins surveillée; ses produits intro-
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- duits en fraude en France causaient ainsi de notables préjudices à l’État et aux fabricants consciencieux.
- » On avait édicté alors que tout produit venant de l’Étranger serait taxé au quadruple du droit de marque pratiqué sur son similaire en France : c’est ainsi que le chapeau de castor, qui payait 10 sols, était frappé à la douane d’un droit de 2 livres. Plus tard le droit sera porté à la somme invraisemblable de 20 livres. L’application de ces règlements forçait aux mesures les plus sévères, se rapprochant de celles qui visent aujourd’hui la circulation des spiritueux. Aux portes des villes se tenaient les commis préposés à la marque, vérifiant les bagages des coches et le chargement des voituriers. La déclaration était obligée sous peine de saisie, et celle-ci, une fois faite, les commis avaient le droit de se faire représenter la marque, fût-elle sous la coiffe. Dans ce cas, la coiffe était décousue aux frais du chapelier expéditeur ou du détenteur de la marchandise.
- » Il y avait des mesures plus vexatoires encore : les foires étaient alors un des principaux, un des meilleurs moyens d’écoulement. Un marchand quittait-il Paris pour se rendre avec son stock de chapeaux à telle foire qu’il pensait, il devait déclarer son chargement, le faire visiter par un commis, et celui-ci, pour s’assurer que rien ne serait ajouté à la pacotille en cours de route, l’enfermait dans une caisse qu’il scellait en mettant un cachet de cire sur le nœud d’une ficelle unique fermant la bannette, comme on fait aujourd’hui pour un paquet recommandé.
- » Ces prohibitions ne visent que la vente et le trafic, mais la fabrication souffre pareillement d’entraves et de persécutions. Les commis ont droit de visites dans les officeries des chapeliers; ils peuvent saisir au cardage ou à l’arçon les matières qu’on refuse de leur présenter; ils peuvent saisir aussi les chapeaux insuffisamment déclarés comme vieux pour neufs, laine pour castor. Toute fausse déclaration comporte la confiscation, et toute confiscation est suivie d’une mende.
- » Mieux encore, les chapeliers ne peuvent travailler dans d’autres endroits que ceux déclarés par eux, ne peuvent avoir plus d’ouvrage que le nombre avoué. Ils doivent annoncer d’avance les pièces qu’ils ont à teindre, s’abstenir de mêler les chapeaux non marqués à ceux qui le sont, et surtout déclarer le jour même le chapeau qu’ils viennent de terminer dans toutes ses parties, sous peine de procès-verbal et de confiscation. »
- Ces mesures de police, autorisées par le roi, sanctionnées de mille
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- façons, s’exercent pour le compte d’un traitant, d’un fermier qui, moyennant finances, a acquis le droit de vérifier, de contrôler et de poursuivre impitoyablement.
- Mais ce ne sont pas les seuls exemples d’une tutelle vexatoire. En 1740 nous verrons interdire aux chapeliers d’employer des poils de chèvre.
- Cet état d’esprit particulier, les fabricants l’ont aussi; ils se plaignent d’une intervention gênante, mais on les voit « cabaler pour qu’on force la Compagnie des Indes à fournir désormais le castor à meilleur marché qu’auparavant et pour qu’on n’en délivre qu’à certains d’entre eux ».
- On ne doit donc plus s’étonner de l’état misérable de cette industrie. Avec de telles réglementations de l’Etat et un tel état d’esprit des fabricants il eût été singulièrement osé de prétendre à sa prospérité.
- Mais si nous voulons connaître l’état de cette industrie au commencement du xixe siècle et à la fin du xvme, il nous faut suivre pas à pas l’intéressante communication que fit à l’Académie des sciences M. Guichardière.
- M. Guichardière, à Paris, rue Porte-Saint-Jacques, 178, indiqua de nouvelles natures de poils à mettre en œuvre, une meilleure préparation mécanique de ces substances, et enfin une théorie plus certaine du sécrétage et de la foule. Les procédés étaient imités de ceux des Italiens, dont la chapellerie jouissait d’une grande réputation.
- Avant lui la chapellerie française, quoique supérieure à celle de plusieurs autres pays, a été longtemps sous le joug de l’habitude et de la routine. On n’y employait que les poils d’un petit nombre d’animaux et l’on faisait peu d’essais pour rechercher si d’autres n’y étaient pas également propres. Le feutrage n’avait pas été suffisamment étudié, on n’en connaissait qu’imparfaitement les effets et l’on ignorait presque la manière d’agir des divers agents avec lesquels on le produit.
- M. Guichardière fit des expériences intéressantes; il fit connaître que le poil arraché de la peau était supérieur au poil coupé, en ce qu’il est privé de jarre, et que la racine qu’il conserve donne au feutre plus de force et d’élasticité; il a rendu le sécrétage plus actif en ajoutant à la dissolution nitrique de mercure dont on se sert communément une décoction de plantes astringentes et mucilagigeuses, il a donné une action plus énergique au bain de lie de vin dans lequel
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- on opère le feutrage en y mêlant une lessive d’écorce de chêne; enfin il a trouvé le moyen de remplacer, pour la chapellerie fine, le poil de castor par celui de la loutre marine ou de la loutre indigène.
- « Le duvet de nos chèvres anglaises, mélangé convenablement avec le poil de lapin, a produit des résultats très satisfaisants : l’emploi de cette matière dans la chapellerie tournerait au profit des pays montagneux, où les chevriers sont fort multipliés, et l’on doit désirer qu’elle soit un jour récoltée avec assez d’abondance pour donner lieu à une fabrication suivie. »
- C’est ainsi que le rapporteur de l’Exposition de 1823 présentait M. Guichardière, et si les travaux de cet industriel eurent d’heureuses conséquences pour la fabrication des chapeaux, nous aurons l’occasion de voir par la suite que l’industrie moderne de la chapellerie n’a pas admis plusieurs des procédés indiqués et conseillés par M. Guichardière, qui fut inspecteur des manufactures et auquel on s’est habitué à reconnaître une compétence qu’il ne nous appartient pas de juger.
- M. Guichardière, non seulement s’appliqua à améliorer l’industrie du chapeau, mais était obligé de connaître, par sa profession, les procédés en usage dans les manufactures de cet article.
- Le 24 juin 1824, il fit à l’Académie des sciences de l’Institut de France une communication sur les perfectionnements apportés à la chapellerie depuis 30 ans.
- Nous avons eu la bonne fortune d’avoir communication de ce mémoire et il nous fournit les plus précieuses indications sur les anciens procédés de cette industrie.
- L’auteur donne d’abord une courte notice sur la chapellerie.
- — « Ce fut, écrit-il, à peu près en 1730 qu’un nommé Mathieu importa d’Angleterre en France l’art de sécréter les poils propres à la chapellerie parle moyen du nitrate de mercure. Avant cette importation il n’était pas possible d’employer le poil de lièvre au feutrage.
- A cette époque une peau de lièvre valait 10 centimes, et celle du lapin de garenne se payait jusqu’à 1 franc. On doit même avouer avec vérité qu’on ne fabrique de bons chapeaux que depuis que cette découverte précieuse a été généralement répandue.
- « Vers l’an 1750, on substitua dans la préparation du bain de la foule la lie de vin pressée, à l’acide sulfurique qui avait été jusque-là employé pour préparer ce bain. Cette lie de vin produisit de très bons effets, mais le bain de la foule préparé par la lie de vin sans
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- addition a le grave inconvénient de ne se conserver sain que deux ou trois jours. »
- En 1816, M. Guichardière parvint à empêcher l’altération du bain en ajoutant à la dissolution de la lie de vin la décoction de quelques plantes astringentes, telles que l’écorce de chêne.
- En 1818, il substitua avec avantage la colle gélatine à la colle ordinaire; elle est plus forte, plus élastique, moins soluble et beaucoup moins hygrométrique que la colle ordinaire, et s’introduit plus facilement dans les pores du feutre.
- L’auteur nous dit que les chapeaux préparés avec cette colle, même portés à la pluie, restent toujours propres et noirs.
- Puis il expose de la manière suivante la série des diverses opérations nécessaires à la fabrication du chapeau.
- 1° On ébarbe le lièvre et on arrache le lapin, comme on le faisait il y a environ 35 ans.
- 2° On sécrète les poils comme on les sécrétait à cette époque. (L’auteur revient ici sur son procédé qui consiste, comme il nous l’a déjà dit, à additionner le bain de lie de vin d’une décoction de plantes mucilagineuses et astringentes.) Cette décoction, nous dit-il, a l’avantage de donner au feutre de la douceur et du brillant, une action feutrante et rentrante plus énergique, et de le disposer à s’imprégner plus facilement de la couleur.
- On a substitué la coupe flamande à la coupe française. Pour cet effet, on dégale les peaux avant de les ébarber, en les grattant avec un carrelet et en les baguettant jusqu’à ce que le duvet et la jarre soient extrêmement libres; ce qui donne plus de facilité à ébarber, à secréter, à couper, attendu que les poils sont dégagés de toutes les ordures (sic) ou corps étrangers qui produisent des chapeaux rebuts. Ce nouveau système de coupe consiste à relever le poil avec une plaque de fer-blanc que l’on tient à la main gauche, à mesure que le couteau, que l’on tient à la main droite, les coupe le plus près possible de la racine, en traversant la peau dans toute sa largeur, par un mouvement bien réglé. Par le système ordinaire on coupe sans plaque, et on se sert de ses doigts pour relever les poils à mesure qu’on les coupe; de cette manière, ils sont souvent coupés en deux ou trois parties, ce qui occasionne un déchet considérable.
- 3° Les poils de castor et les poils de lapin ne sont nullement propres à la fabrication des chapeaux velus foulés à la brosse.
- 4° L’opération du cardage est presque supprimée; elle n’a plus lieu que lorsqu’il se trouve un paquet de mélange, pour des chapeaux
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- communs ou fonds de poils et oursons; les poils propres à la fabrication des chapeaux façon flamande sont seulement passés au violon, afin de les mélanger de manière à ce que la qualité soit bien égale.
- 5° A l’opération de l’arçon, on ne fait plus quatre pièces pour les chapeaux jockeys; il est même plus commode de n’en faire que deux, c’est une imitation flamande. Mais lorsqu’on fabrique des chapeaux à cornes, il est plus commode et même nécessaire de faire quatre pièces, à cause de la grande quantité de matière et de la petitesse de la table de l’arçon.
- 6° L’opération du bassin se fait comme autrefois; il n’en est pas de même de l’opération de la foule; anciennement on étoupait, on garantissait les places inégales, mais aujourd’hui cela n’a plus lieu; il en est de même du roulet, dont on ne se sert plus à présent que pour presser le feutre, afin d’en extraire l’eau.
- 7° Les chapeaux que nous nommons velus (façon flamande) ne se foulent presque plus au roulement clos. On emploie seulement la pression de la brosse, surtout lorsque les poils sont arrachés; le chapeau en est plus beau, plus solide et plus soyeux. Anciennement lorsqu’on foulait des poils et des oursons, on foulait à chaud dans un chapeau commun; mais àprésenton se sert de bâche, espèce d’emballage dans lequel vient le coton du Levant.
- Lorsque l’ouvrier dresse son chapeau et qu’il est sec, il se munit de pierre ponce; il la passe sur son chapeau jusqu’à ce que tout le velu soit coupé et que le feutre soit bien uni; ensuite il s’empare de la robe (morceau de peau de chien de mer), et la passe légèrement sur le - chapeau. Cette opération sert à produire un velu fin convenable au chapeau ras; mais aujobrd’hui on a substitué à la pierre ponce et à la robe le carrelet qui sert à développer le duvet qui convient aux chapeaux velus; ce velu s'est déjà développé en foulant, par la pression de la brosse.
- 8° Si les opérations précédentes ont fait peu de progrès, la teinture en a encore moins fait. On trouvera plus loin les procédés préconisés par M. Guichardière et qui ont fait de sa part l’objet d’une étude à part.
- 9°tL’apprêt doit être introduit bien également dans l’intérieur du feutre, soit en tête, soit en bord. La colle gélatine est préférable à la colle ordinaire, attendu qu’elle a un principe plus élastique; qu’elle est plus forte, moins insoluble, moins hygrométrique. Autrefois on se servait d’un bassin à vapeur pour faire rentrer l’apprêt et pour éviter le relavage, mais aujourd’hui il est presque entièrement
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- supprimé. Cependant, si la mode des chapeaux à cornes revenait, il serait encore utile de s’en servir.
- 10° L’opération du relavage ne date que depuis la suppression des chapeaux ras, que l’on apprêtait au moyen d’une simple dissolution de gomme; mais pour la fabrication des chapeaux façon flamande, le feutre étant plus poreux, on a combiné l’eau gommée et l’eau collée. Lorsque le chapeau est apprêté, il reste à la surface un excès d’apprêt qui forme une espèce de croûte.
- Pour le détruire, on fait d’abord chauffer de l’eau à l’ébullition, dans laquelle on fait dissoudre du savon noir, on y plonge les bords du chapeau jusqu’au milieu de la tête environ, et on l’y laisse jusqu’à ce que tout cet excès d’apprêt soit dissous. Alors on le retire et on le secoue jusqu’à ce qu’il n’ait plus d’eau. On le brosse à moitié sec et on le tire au carrelet, pour en développer le velu.
- 11° Le dressage (l’action de mettre le chapeau sur la forme) est une opération pénible et difficile en même temps, attendu que les formes sont brisées en cinq ou sept morceaux, pour pouvoir les introduire dans l’intérieur du chapeau, pièce par pièce. Elles doivent avoir deux pouces et demi, et plus dans le haut que le diamètre de l’entrée de la tête, ce qui forme un cône renversé. Mais lorsque la forme est cylindrique ou conique, le dressage se fait avec beaucoup plus de facilité; le chapeau une fois dressé, on le regarnit, c’est-à-dire on le réapprête en tête.
- 12° Le passage du dressage ne sert qu’à affaisser le duvet et à faire relever les jarres, afin que l’éjarreuse puisse plus facilement les saisir avec ses pinces et les extraire sans les casser, du moins autant que possible; pour que cette opération se fît avec facilité, il faudrait ne réapprêter la tête qu’après l’éjarrage. Le réapprêtage de tête consolide les jarres, et on les casse en voulant les extraire. Lorsque les chapeaux sont restés quelque temps en magasin, les jarres repoussent à la surface et détruisent la douceur du chapeau. Avant la fabrication des chapeaux velus, poil, ourson et façon flamande, on se servait rarement de pinces, mais bien de la pierre ponce et du rasoir.
- 13° Le cartonnage consiste à coller au fond du chapeau un fort papier, et un plus léger en flanc de forme. Cette opération est nécessaire surtout lorsque les formes sont d’un grand diamètre.
- 14° Passage du second. — On fait dilater le feutre à la fraîcheur de la cave, et on le remet ensuite sur sa forme assez adroitement sans déchirer le papier, ce qui n’est pas toujours facile, attendu que le
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- cartonnage fait retirer plus ou moins le feutre. On doit employer deux chaleurs de fer pour la tête et une, au moins, pour le bord, en ayant soin de mouiller souvent le chapeau avec la brosse lustre. Sans cette précaution le feutre serait creux ou terne, tandis qu’au contraire, il faut qu’il soit serré et éclatant en même temps. Il est également nécessaire de les faire éjarrer à nouveau.
- 15° Garniture et mise en tournure. — Cette opération, qui n’est pas la 12e partie de l’art, est une de celles qui ont le plus subi d’améliorations qui ont pris leur source en Angleterre. Anciennement, pour coudre le cuir, on traversait le feutre. Pour peu que le chapeau eût été atteint en teinture, et que le poil fût dur ou non, il périssait tojours par cette couture, attendu que le point coupait le feutre de deux tiers de sa circonférence.
- Mais à présent on fait un petit bâti, sur lequel on coud le cuir. Les Anglais ont inventé un couteau qui coupe le cuir et trace les points de l’aiguille.
- TEINTURE
- Il faut, selon M. Guichardière, avoir soin que les sels employés à la teinture ne soient pas avec excès de fer, l’excès de fer nuisant à la beauté de la couleur, ce qui n’a pas lieu par un excès d’acide. Il faut, pour tourner le bain, une température douce et donner huit à dix feux. Sans cette précaution on altérerait la 2e qualité et on brûlerait la 3e. Il faut avoir de l’eau bouillante pour dégorger les chapeaux; sans cette précaution les chapeaux sont ternes et pleins de couleur. Il faut les faire sécher au moyen d’une chaleur douce dans une étuve, oû l’on ne place les chapeaux qu’après la combustion.
- Pour obtenir un beau noir intense et solide, il faut, d’après M. Guichardière, composer un bain riche en couleur, et ne jamais se servir, comme le font presque tous les teinturiers, du vieux bain épuisé pour l’engallage des feutres.
- Le bain neuf et limpide rend le duvet brillant, tandis que le vieux bain est toujours boueux et le rend terne.
- La température la plus haute est celle qui fixe le mieux la couleur.
- Après chaque opération, il est indispensable de bien dégorger les
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- chapeaux dans un bain d’eau en ébullition, et ensuite de bien les égoutter à la pièce (outil de cuivre fabriqué pour cet usage), afin de chasser tous les corps étrangers.
- Depuis deux ou trois ans, écrit M. Guichardière, la teinture a fait quelques progrès, et plusieurs fabriques fournissent des noirs assez beaux; aussi leurs produits sont très recherchés, tant il est vrai que « c’est l’intensité de la couleur plutôt que la bonté du feutre qui fait vendre les chapeaux. »
- Nous voici donc complètement renseignés sur les modes de fabrication du chapeau au commencement du xixe siècle.
- On sait qu’au cours de ce siècle, une révolution a transformé les moyens de produire. La chapellerie, comme les autres industries, fut perfectionnée par l’invention de machines spéciales qui allégèrent la main-d’œuvre en la déchargeant des opérations les moins saines et les plus fatigantes.
- Les travaux des différents rapporteurs qui ont eu la mission de décrire les produits qui ont figuré aux Expositions internationales vont nous aider à suivre l’industrie de la chapellerie dans toutes les phases de sa transformation.
- Mais nous citerons plus particulièrement les rapports de l’Exposition universelle de 1855 et ceux de nos collègues, A. Leduc (1889), A. Mortier (1900), et Eug. Mermilliod (1904).
- Nous tenons à faire également une mention toute spéciale au « Bilan d’un siècle » l’ouvrage si remarquable, si documenté de M. Alfred Picard.
- SITUATION DE LTNBUSTRIE DES CHAPEAUX DE 1902 A 1906.
- I
- Nous avons trouvé la plus précieuse des collaborations pour la rédaction de cette, partie de notre travail sur l’industrie de la chapellerie en France de 1902 à 1906, dans les rapports très précis et très détaillés que notre collègue, M. G. de Langenhagen, adresse tous les ans à la Commission permanente des valeurs en douane.
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-
-
-
- TROISIÈME PARTIE.
- LA CHAPELLERIE
- 383
- Nous tenons à réserver à notre collaborateur la part de mérite qui lui revient et nous ne saurions également oublier de remercier nos collègues de l’industrie des chapeaux, du soin et de l’empressement qu’ils ont mis à nous documenter pour ce travail qui ne souffre aucune incertitude et que nous tenions à faire aussi complet que possible.
- *
- * *
- Au cours de la période comprise entre les années 1902 et 1906, l’importation des chapeaux en France a subi les variations suivantes :
- IMPORTATION (Valeur en francs).
- ANNÉES 1903 1903 1904 1905 1900
- Chapeaux : d’écorce 3.908.463 5.802.580 5.603.813 7.360.805 10.562.873
- de paille ........ 1.218.864 1.554.528 1.348.032 1.631.832 1.720.728
- de feutre 1.726.039 1.862.133 1.958.934 1.930.700 1.975.358
- de feutre de laine . 398.993 392.544 318.938 305.829 283.410
- de soie 11.890 9.613 7.434 7.420 8.638
- de drap et divers . 104.455 110.660 72.362 87.785 112.064
- Total 7.368.704 9.732.058 9.309.513 11.324.371 14.663.071
- A ugmentation à l’importa tion. 50 p. i 00.
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-
-
-
- 384
- EXPOSITION DE MILAN
- La situation à l’exportation a été la suivante :
- EXPORTATION (Valeur en francs).
- ANNÉES 1903 1903 1904 1905 1906
- Chapeaux : d’écorce 509.020 566.560 741.738 1.037.295 536.063
- de paille 7.045.017 7.077.357 6.926.052 8.467.452 8.378.895
- de feutre 511.214 598.298 807.917 1.189.080 1.186.565
- de feutre de laine . 750.969 663.084 940.144 608.711 694.595
- de soie 61.043 68.929 76.181 45.136 34.313
- de drap et divers . 194.538 274.911 245.317 253.746 291.614
- Total 9.071.801 9.249.139 9.737.349 11.601.420 11.122.045
- Augm entation à 1 exportation. 23 p. 100 e nviron.
- Si nous examinons en détail la situation particulière à chacun de ces genres de chapeaux, nous sommes amenés à faire les constatations suivantes.
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-
-
-
- FRANCE. — Chapeaux de soie.
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1902 1903 1904 1905 1906
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA - TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA - TIONS
- quantités quantités quantités quantités quantités quantités quantités quantités quantités quantité.:»
- PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE
- Grande-Bretagne 715 )) 580 2.717 480 1.481 472 756 574 547
- Belgique 46 1.078 53 >) )) 2.792 30 465 » 426
- Chili )) )) )) 2.096 )) 1.140 * 1.664 )) 832
- Allemagne )) 1.584 )) >) 21 )) » » )) ))
- Italie )) )) )) » 27 )) >; » )) !)
- États-Unis )) 622 » 399 )) )) )) » ))
- Autres Pays étrangers . 59 1.317 29 732 3 1.104 28 917 43 1.245
- Guadeloupe )) 576 1 )) )) )) )) )) )) ))
- Autres Colonies et Pays de Protectorat .... )) 249 )) 129 )) 195 » 210 )) »
- Quantités totales 820 5.426 663 6.073 531 6.712 530 4.012 617 3.050
- Valeurs totales ...... * 11.890 61.043 9.613 68.929 7.434 76.181 7.420 45.136 8.638 34.313
- TROISIEME PARTIE. -- LA CHAPELLERIE
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-
-
-
- FRANCE. •— Chapeaux de feutre de poils. — Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1902 1903 1904 1905 1906
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités (Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE
- Grande-Bretagne 382.022 10.937 407.479 11.974 436.129 19.572 428.761 48.116 483.454 17.289
- Allemagne 25.478 )) 23.826 )) 19.593 6.093 20.044 )) 16.405 ))
- Suisse 1.235 1.915 2.041 595 3.814 )) 3.980 )) 4.861 ))
- Autriche-Hongrie .... 13.295 )) 14.360 )) 23.677 )) 19.106 )) 17.305 ))
- Italie 8.508 )) 16.907 » 20.400 )) 20.446 » 17.059 ))
- Espagne )) 510 )) 1.897 )) 1.406 )) 335 )) 699
- Égypte )) 10.349 )) 11.447 )) 10.558 )) 14.708 )) 17.214
- Japon )) )) )) )) )) )) )) 850 )) ))
- Colombie )) )) )) )) )) 1.200 )) )) )) 4.520
- Brésil )) 348 )) )) )) )) )) )) )) ))
- Haïti » )) )î )) )) )) )) 20.623 )) 65.556
- Belgique . 10.969 5.872 12.353 3.461 10.562 8.347 5.124 )) )) ))
- République Argentine . )) )) )) 3.944 )) )) )) )) )) ))
- Autres Pays étrangers . 1.067 22.699 504 14.269 1.207 15.630 606 37.552 2.074 54.361
- Ile de la Réunion )) » )) 7.122 \ 6.094 )) 11.876 )) î)
- Tunisie )) )) )) )) )) 12 )) 36 ))
- Algérie )) 15.900 )) 33.675 1 46.524 )) 61.143 )) 47.157
- Madagascar et dépend. )> )) » » 8.199 )) 20.845 )) 9.629
- Sénégal )) 3.827 )) )) > 127 )) )) )) )) ))
- Indo-Chine )) 13.941 )) 23.328 l 24.847 )) 15.768 )) 15.171
- Guadeloupe » 6.918 )) 5.640 » » » » 10.102
- Autres Colonies et Pays
- de Protectorat .... )) 20.387 )) 16.603 1 31.067 )) 32.424 )) 21.983
- Quantités totales 442.574 113.603 477.470 132.955 515.509 179.537 508.079 264.240 541.194 263.681
- Valeurs totales 1.726.039 511.214 1.862.133 598.298 1.958.934 807.917 1.930.700 1.189.080 1.975.358 1.186.565
- 386 EXPOSITION DE MILAN
- p.386 - vue 407/993
-
-
-
- FRANCE. — Chapeaux de feutre de laine. — Statistiques françaises. — Commerce spècial.
- PAYS
- DE PROVENANCE ET DE DESTINATION
- Grande-Bretagne.......
- Allemagne ............
- Belgique . ...........
- Suisse ...............
- Autriche-Hongrie ....
- Italie................
- Espagne ..............
- Égypte ...............
- Mexique ..............
- Brésil .................
- République Argentine .
- Chili ................
- Colombie .............
- Cuba .................
- Possessions angl. d’A -frique (Part. Orien.)
- Zone franche .........
- Autres Pays étrangers .
- Sénégal ..............
- Tunisie ..............
- Indo-Chine ...........
- Algérie ......'.......
- Autres établis, franç. de la côte occ. d’Afriq. Madagascar et dépend. Ile de la Réunion . Autres Colonies et de protectorat
- Quantités totales . Valeurs totales . .
- 1903 1903
- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA-
- TIONS TIONS TIONS TIONS
- quantités quantités quantités quantités
- PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE
- 23.749 80.342 29.730 44.955
- 129.647 22.291 107.050 16.549
- 3.585 21.282 3.412 10.400
- 1.056 )) 775 ))
- 5.311 )) 2.390 ))
- 70.602 6.441 74.109 2.981
- )) 6.061 )) »
- )) )) )) ))
- )) 22.827 )) 43.736
- )) 7.464 » 9.995
- )) )) )) 19.986
- )) 13.356 )) 12.789
- )) 1.275 )) 802
- )) » )) »
- )) 791 )) ))
- » » » 7.717
- 150 65.397 74 46.526
- i )) ))
- » 1 ))
- J 21.221 i 8.014
- J 60.468 i 60.321
- l 602 3.130 \ 540 4.018
- l )) ))
- \ )) 1 ! 30.140
- 73.583 J 39.495
- 234.702 405.929 218.080 358.424
- 398.993 750.969 392.544 663.084
- 1904 1905 1906
- IMPORTA- EXPORTA - IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA-
- TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS
- quantités quantités quantités quantités quantités quantités
- PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE
- 13.230 123.422 13.502 47.314 12.199 35.359
- 62.848 12.991 57.924 )) 49.401 12.536
- 3.253 17.221 11.163 13.069 8.674 29.451
- 1.687 )) 1.062 4.918 1.027 ))
- 2.538 )) 6.838 )) 11.127 ))
- 67.804 )) 51.602 804 59.140 3.668
- » 4.528 )) 3.232 )) 4.788
- )) )) )> )) )) 606
- )) 57.295 )) 49.749 )) 28.855
- }) 8.132 )) )) )) 14.216
- )) 55.164 )) 27.351 )) 39.500
- » 36.767 )) 28.319 )) 40.499
- )) 3.458 » 2.022 )) ))
- » » )) 12.750 )) ))
- » 1.650 » )) » ))
- )) )> » » )) »
- 67 47.383 100 50.897 136 62.624
- V )) 4.258 )) ))
- 1 11.887 )) 1 ))
- J )) )) )) ))
- 1 66.155 1 23.038 )) 26.310
- l 448 4.401 ) 55 2.378 » 2.781
- 1 )) l )) )) 16.406
- 1 11.660 14.427 )) 19.439
- i. 46.072 J 44.507 )) 38.419
- 151.875 508.186 142.246 329.033 141.705 375.457
- 318.938 940.144 305 829 608.711 283.410 694.595
- TROISIEME PARTIE. --- LA CHAPELLERIE
- p.387 - vue 408/993
-
-
-
- FRANCE. — CHAPEAUX de paille ou de toute autre matière, cousus, remmaillés, engrenés ou noués.
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS 1902 1903 1904 1905 1906
- DE PROVENANCE ET DE DESTINATION IMPORTA- TIONS. EXPORTA- TIONS. IMPORTA- TIONS. EXPORTA- TIONS. IMPORTA- TIONS. EXPORTA- TIONS. IMPORTA- TIONS. EXPORTATIONS . IMPORTA- TIONS. EXPORTA- TIONS.
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kil. kil. kil. kil. kil. kil. kü. kil. kil. kil.
- Grande-Bretagne 8.601 87.929 10.330 61.840 7.565 55.257 7.007 54.470 8.117 58.112
- Suisse 13.920 )) 18.964 )) 18.337 8.548 26.376 14.193 27.451 »
- Italie 25.650 )) 30.687 )) 28.361 )) 31.803 33.350 ))
- Allemagne )) )) )) )) » )) „ 14.531 )) 10.609
- Belgique )) 11.398 )) 11.875 )) 13.908 )) 19.822 )) 19.160
- États-Lnis )) 5.878 )) 2.633 )) 3.927 )) 5.710 )) 13.923
- Espagne » )) )) 4.924 )) » » )) )) ))
- Mexique )) 16.809 )) 18.316 » 22.472 )) 19.148 )) 23.231
- Brésil )) 18.488 )) 21.283 )) 20.587 )) 23.658 )) 26.135
- Égypte )) 7.787 » » )) » » » )) »
- République Argentine )) 6.262 » 6.469 )) 7.006 » 12.077 )) 14.883
- Chili )) 13.775 )) 22.756 )) 18.215 )) 38.115 )) 28.780
- Turquie )) 7.156 )) 5.201 )) » )) » )) »
- Haïti )> )) » )) )) )) » 13.199 )) 12.758
- Cuba )) )) )) )) )} )) )) 8.060 )) ))
- Pérou )) )) » )) î) 7.711 )) î) )) ))
- Colombie )) 3.731 )) 8.091 )) 8.425 )) » » ))
- Autres Pays étrangers . 1.026 29.811 932 36.677 768 44.271 684 47.801 672 66.296
- Zones franches » 6.873 » 6.786 » 6.723 » P » » ;
- Algérie » 38.511 » 37.794 » 34.968 )) 54.447 » 48.293
- Madagascar et dépend. » 13.348 » 17.041 )) 19.973 )) 10.999 ». 13.158
- Indo-Chine » 10.021 » 11.913 )) 9.173 )) 8.361 » 8.809
- Martinique 1.589 14.029 3.859 15.350 1.137 » 2.123 17.274 2.107 17.463
- Guadeloupe )) » )) )) 6.410 )) 10.079 )) 9.143
- Ile de la Réunion » 11.606 15.673 1 8 >» »» î)
- Autres Colonies et Pays de Protectorat .... . 32.065 » 32.395 ' )) 42.238 . 31.268 » 28.242
- Quantités totales 50.786 335.477 64.772 337.017 56.168 329.812 67.993 403.212 71.697 398.995
- Valeurs totales 1.218.864 |7.045.017 1.554.528 7.077.357 1.348.032 6.926.052 i 1.631.832 8.467.452 1.720.728 8.378.895
- 388 EXPOSITION DE MILAN
- p.388 - vue 409/993
-
-
-
- FRANCE. — Chapeaux d’écoree, de sparte, de fibres de palmier ou de toute autre matière, tressés d’une seule pièce. — Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1902 1903 1904 1905 1906
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA-, TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil.
- Grande Bretagne » 71 )) 1.219 )) 4.763 )) 4.270 25.046 929
- Allemagne 76.922 )) 78.501 5.747 57.389 14.318 62.331 4.752 89.038 5.127
- Indes anglaises ..... . . 24.059 )) 29.104 )) 6.635 )) 15.409 )) 28.518 »
- Indes néerlandaises . . . 111.784 )) 158.255 )) 227.759 )) 226.992 )) 308.411 ))
- Chine 132.488 )) 163.570 )) 181.687 )) 129.391 )) 203.531 »
- Belgique )) 8.427 )) )) )) 5.658 )) 23.262 )) 7.205
- Etats-Unis . . )) 1.355 )) 12.359 )) 4.619 )) )) » 3.982
- Zones franches )) )) )) )) )) » )) 9.506 )) ))
- Philippines )) )) 14.335 )) )) )) )) )) » ))
- Autres Pays étrangers . 14.955 7.113 14.565 6.050 19.518 7.282 51.899 5.400 39.442 7.190
- Algérie 1 2.034 \ ')) » 3.486 )> 936 » 636
- Autres étab. franç. de la J
- Côte occid. d’Afr. )) f » » » J) » )) ))
- Ile de Madagascar .... 19 )) ) 372 965 740 )) 3.068 )) )) ))
- Indo-Chine 2.068 l 911 )) 1.196 )) 524 )) »
- Autres Colonies et Pays 1
- de protectorat .... 1 4.383 ’ 1.077 » 1.063 )) 279 5.542 217
- Quantités totales 360.227 25.451 458.702 28.328 493.728 42.385 489.090 48.920 699.528 25.286
- Valeurs totales 3.908.463 509.020 5.802.580 566.560 5.603.813 741.738 7.360.805 1.037.295 10.562.873 536.063j
- TROISIÈME PARTIE. --- LA CHAPELLERIE 389
- p.389 - vue 410/993
-
-
-
- FRANCE. — Chapeaux, casquettes et bonnets de drap, de crin ou autres tissus, et de fourrure.
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS 1903 1903 1904 1905 1906
- DE PROVENANCE ET DE IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA-
- DESTINATION TIONS. TIONS. TIONS. TIONS. TIONS. TIONS. TIONS . TIONS. TIONS. TIONS.
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE PIÈCE
- Grande-Bretagne 52.491 6.584 53.271 55.589 33.531 16.476 38.677 21.303 48.665 8.571
- Allemagne )) 13.637 678 12.687 1.239 12.717 )) 15.442 2.697 10.123
- Suisse )) 5.317 3.395 8.075 2.090 4.344 5.561 5.505 6.195 4.612
- Italie 4.472 )) 6.153 )) 4.449 )) 5.056 )) 6.344 ))
- Poss. anglaises d’Af.
- (Partie occidentale). » )) )) )) )) 3.066 )) )) )) 9.202
- Chine )) 4.003 )) )) )) )) )) )) )) »
- Chili )) » » 3.000 )) )) )) )) )) 4.462
- Autriche-Hongrie .... 605 )) )) )) )) )) )) )) )) ))
- Turquie )) )) )) )) )) )) » 2.188 )) ))
- Indes anglaises )) )) )) 2.938 )) 2.629 )) )) )) ))
- Egypte )) 3.793 )) )) )) )) )) )) )) ))
- Belgique 866 )) )) )) )) )) » )) » ))
- Autres Pays étrangers 2.362 17.931 1.117 15.280 787 13.064 2.239 15.700 1.817 19.632
- Zones franches )) )) )) » )) » )) 3.294 )) 4.426
- Algérie 640 31.974 480 23.005 460 17.360 )) 27.223 )) 36.084
- Tunisie 8 )) )) )) » 10 )) )) » )) ))
- Sénégal » 10.549 » 24.920 )) 39.994 20.581 \ 21.143
- Autres établis, franç. de 1 1
- la côte oc. d’Afrique. )) )) )) )) )) 31.206 105 22.018 202 43.891
- Autres Colonies et Pays \
- de Protectorat .. . )) 24.114 )) 21.119 )) 7.821 20.619 J 14.590
- Quantités totales 61.444 117.902 65.094 166.613 42.566 148.677 51.638 153.785 65.920 176.736
- Valeurs totales 104.455 194.538 110.660 274.911 72.362 245.317 87.785 253.746 112.064 291.614
- 390 EXPOSITION DE MILAN
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- FRANCE
- Tresses de paille, d’écorce et de bois blanc pour l’usage de la Chapellerie, et autres de toute espèce.
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1902 1903 1904 1905 1906
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil.
- Angleterre 526.691 11.050 581.408 25.844 588.299 11.269 503.920 12.993 403.489 9.310
- Allemagne 22.550 » 40.404 ,, 34.240 » 31.965 » 22.967 »
- Belgique 7.399 » 10.932 20.533 4.458 10.652 2.310 10.085 4.512
- Suisse 92.857 3.709 69.222 3.802 73.398 7.955 59.652 6.300 62.131 5.790
- Italie 204.935 10.054 234.411 5.484 269.558 » 251.820 9.070 168.070 15.322
- Chine 454.661 » 532.425 » 455.775 » 659.002 » 700.328 »
- Japon 89.565 » 81.873 » 135.815 » 214.473 )) 367.868 »
- États-Unis » 2.922 )) 2.359 » 5.957 5.660 » 4.984
- Indes anglaises » » » )) » 8.657 » » »
- Grèce » 272 » 138 » » )) » ))
- Autres Pays étrangers. 3.729 23.460 7.667 29.766 5.408 32.151 2.194 27.613 17.282 43.821
- Algérie » ) » 1 \ 206 . 2.992 \ J 1.581
- Ile de Madagascar )) j) 1 „ ) 595 8
- > 847 \ 926 } 1.634 > 538 188
- Autres Colonies et Pays l i \
- de Protectorat 1 ) » 1 ' 750 1 • 319 ) 841
- Quantités totales ..... 1.402.388 52.314 1.558.342 68.319 ' 1.584.660 62.746 1.742.873 67.852 1.752.408 86.169
- Valeurs totales 12.270.895 1.569.420 12.700.487 1.639.656 12.043.416 1.201.586 13.245.835 1.299.366 12.442.097 1.31S.3S6
- TROISIÈME PARTIE. — LA CHAPELLERIE 391
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- EXPOSITION DE MILAN
- LE CHAPEAU DE FEUTRE
- LA FABRICATION. — HISTORIQUE
- — « La fabrication dn chapeau de feutre était très limitée au début du siècle : par suite du prix élevé de cette coiffure, la plupart des consommateurs lui préféraient le chapeau en laine et poil de chèvre mélangés, ainsi que les bonnets et casquettes en étoffe.
- Vers 1840, la production commença à se développer; en 1850, elle avait acquis une réelle importance. A cette époque, le travail était encore manuel et l’outillage des plus rudimentaires : toutes les manipulations restaient concentrées entre les mains d’un seul ouvrier qui arrivait à confectionner, en moyenne, deux chapeaux par jour : la profession exigeait un apprentissage prolongé.
- » Bientôt les procédés se transformèrent par l’introduction progressive des machines. Grâce à ce changement et aux traités de 1866, l’industrie du chapeau de feutre prit beaucoup d’extension pendant la période de 1855 à 1867. Jusqu’en 1864, Paris constituait un vaste entrepôt où venaient se réunir et se finir les articles fabriqués en province; les approvisionnements y présentaient une extrême variété. Nous exportions en Europe, aux États-Unis, dans toute l’Amérique du Sud et quelque peu dans les pays d’Orient. L’Exposition de 1867 trouva la fabrique française en pleine prospérité : un mouvement de décentralisation commençait, du reste, à se dessiner. Malheureusement la guerre de 1870 nous suscita de vives concurrences; après une courte reprise, ces concurrences, la surproduction qui en résultait, enfin la création de manufactures dans des régions autrefois tributaires de la France, provoquèrent un malaise persistant. Le chapeau de feutre allait, en outre, avoir à supporter une lutte difficile contre le chapeau de laine, dont la fabrication avait fait de remarquables progrès.
- » Néanmoins nos industriels se défendirent courageusement, ne reculèrent devant aucun sacrifice pour l’amélioration de leur outillage et tinrent une place très honorable aux Expositions de 1878 et de 1889.
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- TROISIÈME PARTIE. ---- LA CHAPELLERIE 393
- «L’Exposition universelle de’1900 a montré le degré de perfection et de bon marché auquel est parvenue la production nationale. Nos fabricants ont le matériel le plus complet et le meilleur, sont des teinturiers émérites et cependant résistent avec peine aux assauts de la concurrence qui les enserre. «
- Ces lignes, écrites en 1900 par M. A. Picard, l’auteur du Bilan d’un Siècle, sont encore aujourd’hui de pleine actualité et sont ici parfaitement à leur place.
- II serait pourtant faux de croire que nous ayons la pensée de mettre en doute l’ardeur zélée et les qualités supérieures de nos fabricants français.
- Nous sommes heureux de leur rendre un juste hommage de reconnaissance. Nous savons quels efforts persévérants ils font pour lutter contre la concurrence étrangère, et il serait contraire à tout sentiment de justice et d’équité de les rendre responsables des progrès faits par les nations civilisées dans les arts de l’industrie.
- A Milan, l’exposition de nos collègues fabricants de chapeaux a exercé un très puissant attrait sur la foule des visiteurs qui accouraient de toutes parts et qui demeuraient émerveillés devant la splendeur de nos vitrines.
- Dans notre paragraphe spécialement consacré à la chapellerie à l’Exposition de Milan, nous aurons l’occasion de nous étendre plus longuement sur ce sujet, mais nous avons tenu, tout d’abord, à ne pas laisser la pensée s’égarer sur une équivoque inadmissible pour notre franchise et notre sincérité.
- LES OPÉRATIONS DE LA FABRICATION
- II
- On emploie dans le chapeau de feutre de poils, de qualité de luxe, les poils de castor, de loutre, de raton musqué, de rat grondin : pour les qualités moyennes, ceux de lièvres d’Europe et d’Asie, ceux des lapins des mêmes régions et d’Australie.
- En dehors de la provenance, on fait une différence entre les poils de ventre et ceux de dos, ces derniers ayant plus de valeur.
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- 394 EXPOSITION DE MILAN
- Chaque fabricant a ses mélanges appropriés aux besoins et à l’objet de sa fabrication.
- Avant d’être livré au commerce, un chapeau se crée méthodiquement par un certain nombre d’opérations que nous allons décrire très sommairement, afin d’établir les progrès de la chapellerie de feutre, depuis l’époque (1824) où M. Guichardière faisait, à l’Académie des sciences de l’Institut, la communication que nous avons publiée d’autre part.
- Toutes les opérations se font aujourd’hui à la mécanique.
- 1° Les poils sont coupés à la coupeuse, et sont épurés et triés à la souffleuse.
- 2° Le bastissage ou bâtissage, opération qui consiste à disposer le poil en une cloche conique, semblable à un grand filtre, s’effectue à la bastisseuse.
- Le semoussage et le caillottage se font également avec des machines spéciales, de même que le foulage, une des principales opérations, qui se fait avec la fouleuse.
- 3° Les bastissages, une fois semoussés, caillottés, foulés, portent le nom de cloches.
- C’est à ce moment qu’ils reçoivent une première forme qui est l’ébauche de la forme définitive qu’aura le chapeau une fois terminé.
- 4° Pour ce travail, trois opérations sont nécessaires; elles se font chacune avec une machine spéciale.
- a) La cloche est mise d’abord sur la tirante à triple effet, qui a pour but de faire le fond du chapeau ou rosette.
- b) Le chapeau passe à une seconde machine qui termine la tension du fond.
- c) Il est, en troisième lieu, soumis à la machine à abattre les bords,
- 5° A la sortie du dressage le feutre a conservé l’empreinte des
- branches des différents outils employés; la machine à presser lui enlève ces défauts, presse le fond et les bords, tend les flancs et coupe le lien, sous l’influence du piston de la presse, présentant en relief la forme du chapeau, tandis que la matrice la présente en creux.
- Après cette opération, le chapeau est d’une égale épaisseur partout.
- 6° Vient ensuite l’opération du ponçage, elle a pour but d’enlever les poils qui ressortent à la surface du feutre, et s’exécute à la pon-çeuse.
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- TROISIÈME PARTIE. - LA CHAPELLERIE
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- Le ponçage terminé, les chapeaux se divisent en deux classes :
- Les feutres souples;
- Les feutres impers ou durs.
- Si les feutres doivent être impers, ils sont apprêtés dans un bain de gomme de laque, si, au contraire, ils doivent être souples, ils le sont avec de la gomme de cerisier ou avec des gélatines.
- Le chapeau une fois imbibé du liquide est soumis à la compression dans une presse spéciale, afin que la gomme s’y incorpore bien également.
- Le dressage, l’appropriage, le repassage, se font également avec des machines spécialement construites pour ces opérations.
- Pour les belles qualités, on fait le dressage à la main sur des formes en bois; quant au tournurage, il se fait avec des machines appelées cambreuses et tournureuses.
- Cette opération consiste à donner au chapeau une tournure caractéristique et qui s’harmonise avec les nécessités de la mode en vogue.
- La teinture peut aussi bien se faire avant la mise en œuvre du chapeau que lorsque les cloches sont faites.
- Voici, résumées, les diverses opérations qui convertissent mécaniquement « un lièvre en couvre-chef ».
- Notre collègue, M. A. Leduc, nous a fait, dans son rapport de l’Exposition de 1889, un historique très complet de cette transformation. Nous le reproduisons ici, certains d’être utiles à ceux de nos collègues qui n’ont pas en leur possession cet ouvrage, que vingt années ont suffi à rendre « rare ».
- « L’Exposition de 1855 est le point de départ de la transformation de la fabrication. Les procédés mécaniques dès lors remplacent progressivement le travail à la main. C’est à cette Exposition que nous voyons les premières machines utilisées pourla fabrication du chapeau de feutre, jusqu’alors entièrement manuelle.
- » Le bâtissage ou « bastissage» du chapeau (disposition du poil du chapeau en une cloche de forme conique, ressemblant à un filtre de grande dimension) se faisait avec un outil de grande simplicité appelé arçon. L’ouvrier, au moyen d’une corde à violon tendue sur un archet, lançait le poil sur une table, suivant un patron déterminé.
- » La bastisseuse, dont le principe repose sur l’aspiration du poil projeté par un soufflet sur un cône percé de trous, modifia complètement cette première partie de la fabrication; elle est d’origine
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- EXPOSITION DE MILAN
- américaine. Le premier brevet (Burr et Taylor) a été pris en France, le 26 février 1850. La première bastisseuse a été introduite en 1852 par la maison de Clermont et fut, dans le principe, exploitée avec privilège par M. Laville, fabricant de chapeaux. Mais cette machine, inventée par des gens qui n’étaient pas du métier, laissait beaucoup à désirer dans la pratique. M. Laville, un de nos fabricants qui a le plus contribué au progrès de la chapellerie, la modifia dans ses principaux organes et prit à cet effet un brevet de perfectionnement en 1853.
- » Il présenta la bastisseuse perfectionnée à l’Exposition de 1855 et c’est à partir de cette époque que l’emploi s’en généralisa.
- » Comme la bastisseuse, la fouleuse est d’invention américaine. Elle a été introduite aussi en France, en 1852, par M. de Clermont; mais elle était tellement défectueuse qu’elle a été mise de côté. Toutefois elle a inspiré les essais de M. Laville, qui a exposé, en 1855, une fouleuse encore imparfaite.
- » Le complément indispensable à la bastisseuse a été apporté quel-ques années plus tard par l’injecteur. Plusieurs essais avaient été faits sans résultats appréciables jusqu’en 1861.
- » L’injecteur partout employé aujourd’hui est dû à l’invention d’un Belge, M. Rochet; son brevet, du 2 mai 1863, a été exploité par une maison de Paris.
- «L’injecteur a permis de supprimer une opération qui consistait à plonger dans de l’eau chaude le bastissage terminé, car le mouillage est en effet indispensable à la manipulation.
- » Il ne faut pas oublier la machine à coudre. Aussitôt après 1855,1e brevet de cette machine a été aussi exploité pour la chapellerie par la même maison de Paris, qui s’était déjà réservé le monopole de l’injecteur.
- » Elle sert à coudre les galons ou étoffes qui bordent le chapeau, à en piquer les bords, à piquer et orner les étoffes de coton ou de soie (coiffes) qui en garnissent l’intérieur; beaucoup plus tard, on l’employa à la fabrication des chapeaux de paille cousue.
- » Malgré sa modeste apparence, elle rend d’aussi grands services pour le finissage et le garnissage que les autres machines pour la fabrication du chapeau.
- «A côté de la bastisseuse, qui n’était employableque dans les établissements ayant un outillage mécanique complet, l’année 1856 vit paraître une nouvelle machine inventée en France (brevet Cail-let, de Séez, Orne), l’arçonneuse, qui fait le bastissage mécanique^-
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- TROISIÈME PARTIE.
- LA CHAPELLERIE
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- ment et peut être mise en mouvement soit à la main, soit à la vapeur.
- » De 1859 à 1868, différents brevets de fouleuse ont été pris par :
- MM. Pedroni et Besson frères, en 1859;
- Mossant et fils aîné, en 1864 et 1866;
- Rouchon, en 1865 et 1866;
- Vimenet (J.) fils, en 1866;
- Figuière et Poncet, en 1866;
- Taillaume, en 1868.
- » Ce ne sera qu’en 1876 que paraîtra à Bruxelles la première fouleuse pratique, construite par M. Vimenet, qui a repris et modifié les essais de MM. Laville et Mossant.
- » Quant aux différents systèmes de foulons pour les chapeaux, ils ont été inventés de 1839 à 1868 par :
- MM. Benoist frères et Vergues, en 1839;
- Salvan, en 1860;
- Coppo et Duval, en 1861;
- Sommers, en 1866;
- Vimenet (J.) et fils, en 1867;
- Laville, Petit et Crespin, en 1867;
- Poujal, en 1868, etc.
- » On emploie également dans la chapellerie la ponçeuse, inventée en 1864, et la dresseuse, qui date de la même époque. »
- SITUATION DE L’INDUSTRIE DES CHAPEAUX DE FEUTRE DE POILS DE 1902 A 1906
- L’importation des chapeaux de feutre de poils, qui avait toujours été en augmentant jusqu’en 1899, a rencontré en 1901 un temps d’arrêt, mais, dès 1903, nous avons regagné le terrain perdu, et l’année 1906 présente une augmentation du chiffre d’affaires sur celui de 1901.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Importation. — Chapeaux de feutre de poils.
- 1902 ..... 446.574 pièces : 1.726.039 fr.
- 1903 ..... 477.470 — 1.862.133 —
- 1904 ..... 515.509 — 1.958.934 —
- 1905 ..... 508.079 — 1.930.700 —
- 1906 ..... 541.194 — 1.975.358 —
- Les importations, depuisl904, n’ont fait que de suivre une marche ascendante; les provenances se sont quelque peu modifiées au bénéfice de l'Autriche et de l’Italie et au détriment de l’Allemagne.
- Notre plus grand fournisseur reste toujours :
- L’Angleterre, 483.454 pièces en 1906, contre 382.022 pièces en 1902.
- Viennent ensuite :
- 190fi iyo2
- L’Autriche-Hongrie . ... 17.505 pièces 13.295 fr.
- L’Italie .... 17.059 — 8.508 —
- L’Allemagne .... 16.405 — 25.478 —
- Chaque année, il rentre environ 400.000 pièces, à l’état de chapeaux non achevés, ce qui est un bien pour la main-d’œuvre nationale et les produits qui servent à leur finissage, tels que rubans, coiffes et cuirs.
- Exportation. — Chapeaux de feutre de poils.
- 1902 ...... 113.603 pièces. 511.214 fr.
- 1903 ...... 132.955 — 598.298 —
- 1904 ...... 179.537 — 807.917 —
- 1905 ...:. 264.240 — 1.189.080 —
- 1906 ...... 263.681 — 1.186.565 —
- L’augmentation est considérable et représente environ 70 p. 100.
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- TROISIÈME PARTIE. - LA CHAPELLERIE
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- Nos principaux débouchés sont :
- Haïti 65. 556 pièces
- Algérie 47. 157 —
- Angleterre 17. ,289 —
- Egypte 17. .214 —
- Indo-Chine 15, .171 —
- Amérique anglaise IL .794 —
- Guadeloupe 10 .102 —
- Le tableau que nous avons publié page 386 donne, pour les importations et les exportations, la situation de cette industrie.
- LE CHAPEAU DE FEUTRE DE LAINE
- Nous ne nous attarderons pas à décrire les procédés de fabrication de ce genre de chapeau, parce qu’ils sont sensiblement les mêmes que ceux employés pour le chapeau de feutre de poils.
- Comme son nom l’indique, cette industrie emploie presque uniquement des laines d’agneau ou des déchets provenant des peignages de laine.
- Les laines employées dans la chapellerie viennent, pour une partie, de France et le surplus d’Australie, du Cap, de Buenos-Ayres, de Montevideo, un peu de Russie, de Hongrie et de Saxe. Les laines de ces derniers pays étant d’un prix fort élevé, ne sont presque plus employées.
- OUTILLAGE
- L’outillage mécanique pour la production du chapeau de laine est complet et se divise en trois catégories :
- a) Les machines qui ne sont pas indispensables à la fabrication
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- EXPOSITION DE MILAN
- sont celles servant à la préparation de la matière première, telles que :
- La machine à laver la laine;
- La machine à sécher la laine;
- La machine à carboniser les matières végétales;
- La machine à égratonner, qui fait le même travail que la machine à carboniser, mais qui extrait les matières végétales au lieu de les carboniser par des procédés chimiques.
- b) Les machines indispensables sont :
- Le loup qui ouvre la laine lavée pour la préparer au cardage;
- La première carde pour commencer à mettre les fils parallèles;
- La deuxième carde pour finir le cardage et disposer la laine cardée sur un double cône, lequel double cône forme deux chapeaux qu’on sépare après le cardage; cette machine est, pour le chapeau de laine, ce qu’est la bastisseuse pour le chapeau de poil.
- La machine à feutrer les cônes cardés;
- La machine à fouler;
- La dresseuse de foule.
- c) Les machines qui servent à la fabrication du chapeau de feutre de laine et à celle du chapeau de feutre de poils, sont les presses hydrauliques, dresseuses, cambreuses, tournurières, passeuses, machines à coudre, etc.
- INDUSTRIE
- L’industrie du chapeau de feutre de laine s’est développée graduellement de 1865 à 1880.
- La fabrication des chapeaux de laine a ses principaux centres en province : en Vendée; à Fontenay-le-Comte, à Vienne, dans l’Isère, à Nogent-le-Rotrou, à Moulins, à Esperazza, dans la Corrèze, la Loire et la Drôme.
- La plupart des fabricants de chapeaux de dames, surtout à Paris, ne foulent pas la laine chez eux; ils achètent des cloches foulées et teintes aux usines de province, principalement à Roubaix, Lou-viers, Bort, Vienne, et ils se contentent de les former.
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- TROISIÈME PARTIE. —- LA CHAPELLERIE 40l
- La fabrication du chapeau de laine est arrivée en France à un très haut point de perfection (1).
- COMMERCE
- La fabrication française gagne tous les jours du terrain, aussi voyons-nous diminuer l’importance du commerce d’importation.
- Importation cle chapeaux de feutre de laine.
- 1902.......... 234.702 pièces. 398.993 fr
- 1903 ........ 218.080 — 392.544 —
- 1904 ....... 151.875 — 318.938 —
- 1905 ....... 142.246 — 305.829 —
- 1906 ....... 141.705 — 283.410 —
- Nos principaux fournisseurs sont :
- 1906 1902
- L’Italie..................... 59.140 pièces contre 70.602
- L’Allemagne.................. 49.401 — — 129.647
- L’Angleterre................. 12.199 — —• 23.749
- L’Autriche................... 11.127 — — 5.311
- La Belgique.................... 8.647 — — 3.585
- Notre collègue, M. Mermilliod, constatera avec satisfaction que ses vœux ont été écoutés et que nous sommes dans la voie qui doit nous libérer « des importations allemandes, italiennes ou autrichiennes ».
- Exportation des chapeaux de feutre de laine.
- Depuis l’année 1904, nos exportations de chapeaux de laine semblent devoir subir un temps d’arrêt
- (1) Eug. Mermilliod, rapport de l’Exposition de Saint-Louis, 1904.
- 26
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- 402 EXPOSITION DE MILAN
- 1902 1906
- Pièces Pièces
- Exportations 405.929 375.457
- Nos principaux débouchés sont : Chili 40.499 13.356
- République Argentine 39.500 »
- Angleterre 35.359 80.342
- Belgique 29.451 21.282
- Mexique 28.855 22.827
- Algérie 26.310 60.468
- Réunion 19.439 »
- Voici maintenant, pour les années 1902 à 1906, la marche de notre
- commerce d’exportation :
- 1902 405.929 pièces. 750.969 fr.
- 1903 ... 358.424 663.084 —
- 1904 , .. 508.186 940.144 —
- 1905 .. 329.033 608.711 —
- 1906 ... 375.457 694.595 —
- Comme on le voit, il y a une légère diminution qui 11e saurait trop inquiéter nos fabricants français.
- CHAPEAUX DE PAILLE
- Cette branche de la chapellerie se subdivise elle-même en deux branches bien distinctes :
- 1° Les chapeaux tressés d’une seule pièce;
- 2° Les chapeaux cousus.
- La fabrication des chapeaux d’écorce tressés d’une seule pièce a pour siège l’Est de la France, dans les trois villes de Nancy, Luné-» ville et Epinal.
- — « C’est en 1840 que naquit en Lorraine, qui était alors terre française, la fabrication des chapeaux en palmier ou en latanier. Les premiers types étaient venus des Antilles et avaient beaucoup plu
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- TROISIÈME PARTIE. -- LA CHAPELLERIE 403
- parleur légèreté, leur blancheur et leur finesse. Des industriels avisés importèrent la matière première et formèrent des mains pour le tressage de ces chapeaux qui sont composés d’une quantité de tiges tressées ensemble du centre à la périphérie. En 1862, la fabrication du chapeau dit « Panama » a été adjointe à celle du Palmier. Depuis cette époque, ces deux productions se sont développées progressivement, tout en restant localisées dans les villages où elles avaient été introduites (1). »
- Sur la situation générale de cette industrie, notre collègue et ami, M. de Langenhagen, a bien voulu nous adresser les renseignements suivants, dont nous tenons à lui laisser tout l’honneur.
- CHAPEAUX PALMIERS ET PANAMAS
- « Les matières premières pour l’industrie des chapeaux palmiers ou lataniers sont importés de l’île de Cuba. Le palmier (genre latania bombonaxa) est coupé à cette époque de l’année choisie en dehors de la saison des pluies. Par suite du séchage, la feuille jaunit et se resserre. Dans cet état, elle est ficelée par des liens en un paquet plat composé de 100 tiges. Deux paquets forment ce que les Cubains appellent « un esteras ». Le port d’embarquement est Manzanillo et c’est le .Havre qui détenait jusqu’à ces dernières années le commerce complet de ce produit. Mais, depuis quelques années, les steamers allemands qui amenaient jusqu’alors cette marchandise au Havre ne s’y arrêtent pas toujours, de sorte que c’est de Brême que des offres nous arrivent aujourd’hui. Le prix moyen du palmier est de 35 à 40 francs les 100 kilos. Pendant la guerre de Cuba, le prix monta à 100 et 150 francs. La consommation annuelle varie de 5 à 600.000 kilos. Je ne parle que de l’emploi de ce produit pour le tressage des chapeaux, caries fabricants de vannerie en France et en Allemagne en usent également de fortes quantités.
- La matière première pour le tressage des chapeaux panamas nous
- (l)-Eug.-Mermilliod, ouvrage déjà cité.
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- vient de l’Equateur. Elle nous arrive à l’état de feuilles roulées, séchées, mises en bottes de 100 tiges dénommées « mazzos ». Ces « mazzos » sont réunis en balles de 60 à 100 kilos. Cette paille est produite dans l’intérieur du pays, à Babnita, transportée sur canots jusqu’à Guayaquil, où a lieu rembarquement.
- Le Gouvernement de l’Equateur a depuis plusieurs années mis un droit de sortie sur cette marchandise, et, en 1901, sous l’instigation de certains marchands de panamas exotiques produits dans le pays même, en( a même défendu l’exportation. La paille, qui valait 5 francs en moyenne le kilo, a atteint à ce moment le prix de 10 fr. le kilo.
- Notre industrie a été la première à employer au tressage le cuba bast et le loëlop qui sont tous deux l’intérieur de l’écorce d’arbre et qui ont fait plusieurs campagnes pour chapeaux de dames.
- Comme son nom l’indique, le cuba’bast vient de Cuba et le loëlop de Java. Ces deux produits arrivent par balles et sont importés par parties de 2 à 3.000 kilos dans les divers ports du Havre, Anvers, Brême et Gènes. Ce sont les Italiens qui, grâce à leur bon marché dans le tressage, nous ont enlevé la vente de ces produits; grâce au système du remaillage, ne tressant que des bandes réunies ensemble pour faire une cloche, ils ont pu beaucoup plus varier les dessins et fantaisies, sans parler des bas prix de vente : le prix est de 2 fr. 50 le kilo. Nous recevons également comme matières premières des cloches faites à Java, Chine, Madagascar (nouveauproduit intéressant), et pour lesquelles nous payons un droit d’entrée de 15 francs les 100 kilos, de même que pour les palmiers et panamas, et autres cloches que produisent les usines des diverses maisons lorraines installées également en Alsace-Lorraine. » *
- La main-d’œuvre de notre industrie se divise en deux classes : les tresseuses ou tresseurs, et les ouvriers d’usine.
- Les premiers reçoivent la matière première et, habitant leur village, tressent les cloches suivant les dimensions voulues et aux prix fixés par les chefs de maisons pour lesquelles ils travaillent. Cette main-d’œuvre se recrute tout naturellement, les enfants apprenant le tressage par l’exemple des parents.
- Pour la seconde catégorie d’ouvriers et ouvrières d’usine, notre industrie n’a pas de difficultés à recruter une main-d’œuvre suffisante et bonne.
- Après la guerre de 1870 qui a amené les trois principales^maisons à venir s’installer en France, une grande quantité de leur personnel
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- alsacien les accompagna, et c’est clans les enfants de cette génération que nous trouvons les nouveaux éléments.
- Quelques maisons de Nancy, faisant les chapeaux de paille cousue, reçoivent en hiver quelques ouvriers belges, mais c’est une quantité négligeable.
- Il est très difficile de donner des chiffres exacts pour la proportion d’hommes, femmes et enfants employés dans notre industrie, vu que la situation change, suivant que vous ne fassiez cpie le chapeau tressé et que l’on vende aux maisons de gros ou fabricants de paille cousue, ce qu’ont fait tous nos confrères. Par suite de cette addition, il leur a fallu un personnel de couseuses et garnisseuses.
- Les salaires des ouvriers d’usine sont restés en moyenne ce qu’ils étaient en 1900, tandis que les salaires des tresseuses avaient atteint des prix inusités, grâce à la demande folle de panamas. La morte-saison complète est en juillet, août et septembre, en général.
- Dans ce genre d’articles, car nous ne pouvons en déduire une généralité, la mode jouant le rôle principal, il arrive que ces articles ont un débouché considérable pendant 3 ou 4 années, à la suite desquelles il n’y a plus aucune demande. Nous nous trouvons dans cette période.
- Evidemment, on a fait des progrès dans l’ensemble de cette industrie sur le rapport des machines, qui ont pu s’acheter partie en France, partie à l’Etranger.
- Le Syndicat ouvrier chapelier existe à Nancy. fegj
- D’une façon générale, cette industrie a eu, depuis 1900,1a plus belle période qu’elle ait jamais eue et qu’elle n’aura peut-être plus jamais.
- C’est la vogue du panama qui amena cette recrudescence extraordinaire dans la demande tant des panamas que des palmiers, qui est le panama bon marché et que beaucoup ont acheté croyant avoir un vrai panama. La vogue se serait certainement maintenue, car la production de panamas français ne dépassant pas 5 à 6.000 douzaines dans notre contrée et la main-d’œuvre ayant monté, l’article aurait toujours conservé la faveur de la clientèle riche, si les Américains du Sud n’avaient pas inondé les marchés de New-York, de Londres, de Paris et de partout, par l’intermédiaire des commissionnaires, de toute leur fabrication, bonne ou mauvaise, de panamas exotiques.il en résulta une dépréciation, et les marchandises restaient sur les marchés, finissant par lasser toutes les classes.
- On vit, néanmoins, ce fait, qu’au moment où le panama exotique
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- déplut, le panama français, par suite du fini de sa fabrication, son blanchiment et ses dimensions surtout appropriées aux formes, reprit tranquillement sa place, qu’il espère conserver.
- Les exportations se font pour tous pays, et c’est là surtout, j’en ai la conviction, ferme, par les dépenses consenties, les déboires mêmes, enfin par les sacrifices consentis par les industriels de notre fabrication, que le bon renom du chapeau palmier et du panama français continue à survivre et à procurer satisfaction aux patrons et une existence largement assurée au personnel
- A) CHAPEAUX D’ÈCORCE, DE SPARTE, DE FIBRES DE PALMIERS, ETC., TRESSÉS D UNE SEULE PIÈCE.
- Importation.
- En 1902 on relevait, comparativement à la situation de 1901, une réduction considérable à l’importation (56 % environ), et portant plus spécialement sur les provenances de Chine et des Indes hollandaises qui passaient respectivement, de 433.440 kilos et de 256.600 kilos en 1901, à 132.488 et 111.784 kilos en 1902.
- En tenant compte des quantités et valeurs des articles importés des différents centres de production, c’est-à-dire de Chine, de Java, d’Allemagne et des Philippines, la valeur moyenne s’est élevée de 5 fr. 90 à 10 fr. 85, l’importation ayant généralement porté sur des quantités fines.
- En 1903, la diminution de 56 % qui existait en 1902 sur l’importation de 1901, a été moins sensible; elle n’est plus que de 43 % par rapport à 1901 et en augmentation d’environ 27 % sur 1902, ce qui est le fait des importations de Chine, qui de 132.488 kilos ont monté à 163.500 kilos, et des Indes hollandaises qui, de 111.700 kilos, passent à 158.200.
- Les demandes en chapeaux lataniers et panamas d’Alsace sont à peu près restées constantes.
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- Les importations se répartissent comme suit :
- 36 % environ de Chine, valeur 1 fr. 30.........
- 34 % environ des Indes hollandaises, valeur 8 fr. 50. . 18 % environ d’Allemagne, valeur 24 francs.
- 9 % environ des Indes anglaises et Philippines,
- valeur 22 francs........................
- 3 % environ, autres pays, valeur 100 francs.......
- Total
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- 46 80 289 »
- 432 »
- 198 »
- 300 »
- 1.265 80
- soit une valeur moyenne de 12 fr. 65 le kilo. ^
- En 1904, la situation à l’importation continue à s’améliorer, .a progression de 1903 a fait plus que se maintenir et a atteint 493 nulle
- 728 kilos. . , i
- La différence est toute au profit des Indes hollandaises et de la
- Chine et au désavantage des chapeaux lataniers ou palmiers e
- panamas d’Alsace, sous la rubrique Allemagne.
- 46 % proviennent des Indes hollandaises, dont la
- valeur est de 11 francs au kilo.....................
- 37 % proviennent de Chine, dont la valeur est de ^
- 2 francs le kilo.............................. ’ i
- 13 % proviennent d’Alsace, dont la valeur est de ^
- 24 francs le kilo ............................; ; * * ‘ '
- 3 % proviennent des Indes anglaises et Philippines, ^
- dont la valeur est de 22 francs le kilo.............
- 2 % proviennnent d’Angleterre, Belgique, Italie,
- États-Unis, Amérique et autres, dont la valeur est ce ^ »
- 100 francs le kilo................................................
- Total............ 1 •134 ”
- ou 11 fr. 35 le kilo. . % , . *tA iP
- L’article, de grande vogue pendant cette dermerepériode a ete e
- panama Curaçao ou Gonaïve de l’Amérique hollandaise,
- valeur a haussé. „ , - _nlir
- Nous ne saurions également passer sous si ence e c l’introduction de certaines catégories de chapeaux Mada escai d’écorce ou de paille, formant un ensemble de 1.340kilosa 30
- . Pour l’année 1905, la situation a été la suivante : legere dimmu-tion sur les chiffres de 1904, soit 489.090 kilos.
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- Les Indes hollandaises ont maintenu l’importance de leurs envois, mais la Chine a vu diminuer les siens dans une forte proportion. Nous avons reçu environ :
- 46 % de chapeaux des Indes hollandaises taxés à
- 15 %, dont la valeur est de 13 fr. 50 le kilo........ 521 »
- 26 % proviennent de Chine, taxés à 15 %, dont la
- valeur est de 4 fr. 25 le kilo....................... 110 50
- 13 % proviennent d’Alsace, taxés à 10 %, dont la
- valeur est de 24 francs le kilo...................... 312 »
- 12 % de provenances diverses, taxés à 15 %, dont la
- valeur est de 22 francs le kilo...................... 264 »
- 3 % proviennent des États-Unis et autres, taxés à 15 %, dont la valeur est de 100 francs lé kilo....... 300 »
- Total............. 1.507 50
- Soit une valeur moyenne de 15 fr. 05 le kilo.
- La grande consommation des articles des Indes hollandaises, tant pour chapeaux d’hommes que pour capelines de femmes, a fait maintenir des prix élevés.
- Dans l’exercice 1904, nous avions vu l’importation des « chapeaux de Madagascar » s’affirmer par 1.045 kilos. Dans l’exercice 1905 ces articles ont triplé à l’entrée avec 3.068 kilos; leur valeur est d’environ 30 francs leddlo.
- Exportations.
- 1902.. .... 25.451 kilos. 509.020 francs.
- 1903 ..... 28.328 — 566.560 —
- 1904 ...... 42.385 — 741.738 —
- 1905 ...... 48.920 — 1.037.295 —
- 1906 ...... 25.286 — 536.063 —
- L’augmentation constatée en 1904 et 1905 ne s’est pas maintenue. L’exportation se portant principalement sur les produits des Indes hollandaises, de Chine, et les pays étrangers s’organisant pour la préparation et le finissage de ces mêmes articles, au détriment de la main-d’œuvre nationale, les maisons françaises ont dû s’organiser et
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- expédier des caisses directement des pays d’origine à Anvers, Hambourg, Liverpool, Gênes, etc.
- Nos principaux débouchés sont :
- 1902 1906
- kilos kilos
- La Belgique............................... 8.427 7.205
- L’Allemagne................................... — 5.127
- États-Unis ............................... 1.355 3.982
- La Turquie.................................... — 1.900
- L’Égypte...................................... — 1.500
- L’Italie ..................................... — 1.400
- L’Angleterre................................. 71 929
- L’année 1905 avait été exceptionnellement brillante, mais l’augmentation ne s’est pas maintenue et, en 1906, nous constatons une situation équivalente à celle de 1903.
- 1903 1906
- kilos kilos
- Exportation......................... 28.328 25.286
- Valeur en francs.................... 566.560 536.063
- CHAPEAUX DE PAILLE COUSUS ET REMMAILLÉS.
- Dans ce genre de fabrication, la matière première est la paille proprement dite, les copeaux de bois, le chanvre de manille, le crin, la soie, etc.
- Ces matières servent à former la tresse, c’est-à-dire que les brins sont entrelacés côte à côte et vont dans le même sens.
- Cette tresse en forme de ruban est enroulée autour d’une forme et cousue mécaniquement à l’aide de machines marchant à grande vitesse.
- Dans le cousu, la couture est visible, dans le remmaillé, elle est remplacée par l’engrenage des bords de la tresse formant un rang; dans les bords du rang déjà en place, on fait courir un fil léger, sous les brins de paille, le long de la ligne d’engrenage, si bien que la couture est rendue invisible.
- Les chapeaux de paille d’Italie sont remmaillés. La fabrication du chapeau cousu est la plus considérable en France,
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- De façon générale, le chapeau de paille est merveilleusement traité en France.
- COMMERCE
- Chapeaux de paille cousus, remmaillés, engrenés ou noués
- Importations
- 1902 ....... 50.786 kilos. 1.218.864 francs.
- 1903 ....... 64.772 — 1.554.528 —
- 1904 ....... 56.168 — 1.348.032 —
- 1905 ....... 67.993 — 1.631.832 —
- 1906 ....... 71.697 — 1.720.728 —
- Une augmentation d’environ 6 % s’est produite à l’importation. C’est l’Italie qui continue à être le plus grand fournisseur par ses capelines fantaisies ou plateaux pour modes, avec un chiffre de 33.350 kilos au lieu de 25.650 kilos en 1902.
- Viennent ensuite : 1902 1900
- kilos kilos
- La Suisse . 13.920 27.451
- L’Angleterre . 8.601 8.117
- L’Algérie Exportations 1.085
- 1902 335.477 kilos. 7.045.017 francs.
- 1903 337.017 7.077.357 —
- 1904 329.812 6.926.052 —
- 1905 403.212 8.467.452 —
- 1906 398.995 8.378.895 —
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- L’avance constatée en 1905, sur 1902, s’est maintenue. Elle prouve que le chapeau cousu reprend sa vogue. Cette fabrication demande ses matières premières en Chine, au Japon et en Italie.
- Les principaux clients sont :
- 1902 1906
- kilos kilos
- L’Angleterre 87.929 58.112
- L’Algérie 38.511 48.293
- Le Chili 13.775 28.780
- Le Brésil 18.488 26.135
- Le Mexique 16.809 23 231
- La Belgique 11.398 19.160
- La Martinique 14.029 17.463
- Madagascar 13.348 13.158
- La Tunisie » .368
- L’Allemagne » 10.609
- CHAPEAUX DE SOIE, CASQUETTES, BONNETS
- De 1902 à 1906, on constate une amélioration dans le commerce du chapeau de soie.
- 1902
- 1906
- Nombre de pièces................. 556.177 804.875
- Valeur en francs................. 2.237.253 3.161.723
- Importation.
- 1902
- 1906
- Nombre de pièces Valeur en francs.
- 442.574
- 1.726.039
- 541.194
- 1.975.358
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- Exportation.
- 1902 1906
- Nombre de pièces...................... 113.603 263.681
- Valeur en francs...................... 511.214 1.186.565
- A l’importation, notre plus gros client est la Grande-Bretagne (382.022 pièces en 1902; 483.454 pièces en 1906).
- A l’exportation, nos principaux acheteurs sont :
- Haïti (65.556 pièces en 1906), la Grande-Bretagne (17.289 pièces en 1906, contre 10.937 en 1902); l’Égypte (17.214 pièces en 1906, contre 10.349 en 1902); l’Algérie (47.157 pièces en 1906, contre 15.900 en 1902).
- *
- *
- | Le chapeau de soie a connu de beaux jours après 1870. A la veille de l’Exposition universelle de 1889, il atteignit son apogée. Au lendemain de cette manifestation retentissante, il tomba en décadence. Les médailles d’or qui glorifièrent ses plus beaux échantillons devaient aussi marquer le point de départ d’une crise passagère. Quoi qu’on en dise, 1889 n’aura pas été à la fois, pour le chapeau de haute forme, Austerlitz et Waterloo !
- CASQUETTES ET BONNETS
- Jr'our la période de 1902 à 1906, l’industrie des casquettes et des bonnets a donné lieu aux transactions suivantes.
- Importation.
- 1902 .... nombre de pièces: 61.444
- 1903 ........ — — 65.094
- 1904 ........ — — 42.566
- 1905 ........ — — 51.638
- 1906 ........ — — 65.920
- 117.902
- 110.660
- 72.362
- 87.785
- 112.064
- val. en fr.
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- Exportation
- 1902 .... nombre de pièces : 117.902 val. enfr. 194.538
- 1903 — — 166.613 — 274.911
- 1904 __ _ 148.677 — 245.317
- 1905 — — 153.785 253.746
- 1906 — — 176.736 — 291.614
- Comme on peut le voir, les exportations sont très supérieures aux importations (135 %).
- L’Angleterre, Y Italie et la Suisse sont les trois nations qui importent en France les plus grandes quantités de casquettes, bonnets, etc.
- Quant à la France, elle exporte surtout dans nos possessions de la Côte occidentale d’Afrique, au Sénégal, en Algérie, en Suisse et dans les possessions anglaises d’Afrique (partie occidentale).
- LES FABRICANTS DE CHAPEAUX ET LEURS OUVRIERS
- La fabrication des chapeaux de feutre, de drap, de soie, occupe en France 19.240 personnes.
- La fabrication des chapeaux de paille, 5.226 personnes.
- La garniture des chapeaux, 50.194 personnes.
- Les hommes sont en majorité dans les fabriques de chapeaux de feutre, 10.872 contre 8.368 femmes.
- Ces dernières, au contraire, sont plus nombreuses dans les fabriques de chapeaux de paille, 2.841 contre 2.835 hommes.
- Ce sont également les femmes qui sont en majorité dans l’industrie de la garniture des chapeaux, 49.254 femmes contre 940 hommes.
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- EXPOSITION DE MILAN
- CHAPEAUX DE FEUTRE ET DIVERS
- Nombre d’établissements : 1.291, sur lesquels on en compte :
- 749 employant de là 4 personnes,
- 169 — de 5 à 10 —
- 147 — 0 —•
- 91 ,,—• de 11 à 20
- 1» 74 —» de 21 à 50
- 34 — de 51 à 100 —
- 22 , — plus de 100 —
- CHAPEAUX DE PAILLE
- Nombre d’établissements : 245, dont :
- 74 emploient de 1 à 4 ouvriers.
- 45 — de 11 à 20 —
- 39 — de 5 à 10 —
- 35 — de 21 à 50
- 28 — 0 —•
- 14 — de 51 à 100
- 10 — plus de 100 —-
- MODISTES ET GARNITURES POUR CHAPEAUX
- Nombre d’établissements : 6.747, dont :
- 5.705 occupent de 1 à
- 440 — 0
- 436 de 5 à
- 4 personnes.
- 10
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- TROISIÈME PARTIE. - LA CHAPELLERIE
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- 125 occupent
- de 11 à 20 personnes
- 36
- 5
- 0
- de 21 à 50 de 51 à 100 plus de 100
- SALAIRES
- Dans le chapeau de feutre, les hommes gagnent en moyenne 5 francs par jour, et les femmes 2 fr. 50.
- Les façons sont, en général, payées à la pièce.
- Le salaire moyen, dans l’industrie du chapeau de laine, est de 4 francs environ pour les hommes et de 2 francs pour les femmes.
- Tout le travail se faisant mécaniquement, le salaire est proportionné plutôt à l’activité qu’à l’habileté de l’ouvrier.
- La situation des ouvriers employés dans la fabrication des chapeaux de paille dépend de la nature de leur travail.
- Les salaires sont très variables; on pourrait, dans certaines industries, indiquer de 5 à 10 francs pour les hommes, quand dans d’autres, suivant les régions, il faudrait dire de 2 fr. 50 à 5 francs. C’est affaire de localité et de genre.
- Quant aux modistes, leur gain varie suivant leurs qualités professionnelles. Les premières ont des traitements très élevés ; les ouvrières gagnent de 1 fr. 75 à 6 francs par jour, en moyenne.
- SYNDICATS
- Il existe plusieurs Chambres syndicales qui groupent les patrons fabricants de chapeaux.
- 1° Le Syndicat général de la chapellerie française;
- 2° La Chambre syndicale de la chapellerie;
- 3° La Chambre syndicale des fabricants de chapeaux de feutre et de paille pour dames.
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- ÈXPOSITION DE MILAN
- Les ouvriers ont également leurs associations syndicales et ont créé deux Sociétés de secours mutuels : la Grande Bourse et la Société générale.
- Ces deux associations sont toujours en rivalité et les membres adhérents à l’une ou l’autre de ces associations refusent de travailler ensemble dans le même atelier.
- Il existe également une Société de secours mutuels des ouvriers en chapellerie pour dames, subventionnée et encouragée par les Directeurs de maisons de chapeaux pour dames.
- L’INDUSTRIE DES CHAPEAUX EN ITALIE
- Le chapeau italien se trouve sur tous les marchés du monde.
- Les principaux genres fabriqués en Italie sont le chapeau de paille, le chapeau de laine et le chapeau de poil.
- Depuis 1902, les statistiques italiennes établissent une division entre le chapeau de laine et celui de poil qu’elles confondaient autrefois sous la même rubrique. Cette intéressante division nous permet de juger l’état de prospérité de ces deux industries.
- CHAPEAUX DE FEUTRE, DE LAINE ET DE POIL
- Historique.
- « La fabrication du chapeau de feutre en Italie remonte à une époque assez éloignée. Les premiers chapeliers italiens s’établirent, vers le milieu du xvme siècle, sur le territoire de Pise en Toscane, en Piémont dans les environs de Biella, et sur le territoire de Milan à Monza. Ils employaient alors comme matières premières la laine mélangée de poils de chameau.
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- TROISIÈME PARTIE. ----- LA CHAPELLERIE 4l7
- »Dans la première partie du xixe siècle, la fabrication fit quelques progrès, et de petites fabriques occupant plusieurs ouvrières se montèrent en Lombardie et en Piémont, principalement à Intra, devenu aujourd’hui un centre important.
- » Intra s’adonna spécialement à la fabrication des chapeaux de feutre de poil, et Biella à celle des chapeaux de laine.
- «Comme partout ailleurs, la fabrication était manuelle; c’est seulement à partir de 1860 que l’industrie commença à se développer par l’introduction des premières machines qui vinrent se substituer au travail à la main.
- «De nouvelles fabriques s’installèrent alors à Alexandrie, à Monza, quelques-unes produisant des chapeaux de feutre de poil très ordinaires pour la consommation de la campagne, mais la plus grande partie s’adonnant de-préférence à la fabrication du chapeau de laine.
- «Les vingt années écoulées entre 1860 et 1880 marquent la période la plus prospère pour l’industrie de ce genre de chapeaux en Italie. L’exportation entra d’abord pour bien peu dans les affaires des fabricants.
- «La consommation était toute intérieure, et, malgré sa production, l’Italie importait en certaines quantités des chapeaux de France, d’Angleterre et d’Allemagne.
- «L’outillage mécanique était encore incomplet pour la fabrication des chapeaux de laine. C’est seulement après 1880 qu’une transformation considérable s’est opérée. De grandes usines parfaitement outillées se sont installées à Monza pour une très importante production journalière, et ont amené une véritable révolution dans la chapellerie italienne. La production, devenue vite supérieure à la consommation intérieure, versa sur le marché des quantités énormes de chapeaux, à des prix jusqu’alors inconnus, et fut bientôt obligée de chercher un écoulement au dehors (1). »
- « De tous les pays producteurs de chapeaux, l’Italie est celui qui fait le mieux et le plus l’article bon marché. Entrée une des dernières dans ce genre de fabrication, elle a profité de l’expérience des autres, elle a monté de suite et d’ensemble les meilleures machines, elle a mis surtout à profit les qualités de l’ouvrier piémontais, sa résistance au travail, la modicité de ses prétentions en matière de salaires. Monza est aujourd’hui un centre considérable de fabrication. (2) »
- (1) A. Leduc, ouvrage déjà cité,
- (2) A. Mortier, ouvrage déjà cité.
- 29
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- 418
- EXPOSITION DE MILAN
- Ces lignes, écrites à dix ans de distance, démontrent la prospérité constante de l’industrie des chapeaux en Italie.
- Non seulement les genres fabriqués à l’origine de cette industrie sont encore aujourd’hui en pleine prospérité, mais nous pouvons constater que la fabrication du chapeau de feutre de poil, qui avait une importance moindre que celle des autres spécialités, se développe et donne lieu à un commerce important.
- CENTRES DE FABRICATION
- Les grands centres de production du chapeau de feutre de poil sont : Intra, petite ville industrielle, sur le lac Majeur, Chiffa, ville située à trois kilomètres d’Intra.
- Un autre centre très important est le Biellese, dont la production prépondérante est le chapeau souple de qualité moyenne.
- La fabrication des chapeaux de laine est presque exclusivement faite à Monza, petite ville près de Milan.
- D’autres localités pour la production des chapeaux souples de feutre sont : Sampierdarena, Montevarchi, près de Florence, Voghe-ra, près d’Alexandria, Cremona.
- Le chapeau léger de poils se fabrique à : Alzona Maggiore, près de Bergamo, Ornavano, Pavia, Acquaseria, près du lac de Côme, et Torino.
- SITUATION DU COMMERCE DES CHAPEAUX DE FEUTRE DE POIL, DE 1902 A 1905.
- Importation.
- 1902 .......................... 95.500 lires.
- 1903 .......................... 111.500 —
- 1904 .......................... 156.500 —
- 1905 .......................... 141.000 —
- En plus, à l’importation, 25 % environ.
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- TROISIÈME PARTIE.
- LA CHAPELLERIE
- 419
- Exportation.
- 1902 ...................... 3.445.875 lires.
- 1903 ...................... 4.144.500 —
- 1904 ...................... 5.142.750 —
- 1905 ...................... 6.135.750 —
- En plus, à l’exportation, 50 % environ.
- Les principaux clients à l’importation sont :
- l‘J05 1902
- Valeur en lires Valeur en lir
- Grande-Bretagne 77.500 53.000
- France 29.000 25.000
- Allemagne 21.000 13.000
- Autriche-Hongrie 12.500 2.000
- Les principaux clients à l’exportation sont :
- 1905 1902
- Valeur en lires Valeur en lires
- Autriche-Hongrie.. .., 2.186.250 1.261.500
- Allemagne 5.250 331.125
- France 793.875 300.000
- Grande-Bretagne 146.250 265.125
- Turquie d’Europe 843.000 254.250
- Chine 78.750 142.875
- États-Unis 691.875 248.625
- Amérique centrale . .. , 250.125 36.750
- République Argentine. 282.750 104.625
- CHAPEAUX DE FEUTRE DE LAINE
- Importation.
- 1902 ......................... 16.050 lires.
- 1903 ........................ 20.850 —
- 1904 ........................ 28.200 —
- 1905 ......................... 15.655 —
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-
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-
- 420
- ÈXPOSITION de milan
- Exportation.
- 1902......................... 2.323.200 lires.
- 1903....................... 2.393.700 —
- 1904 ..................... 2.594.250 —
- 1905 ....................... 3.923.205 —
- Augmentation de 45 % environ.
- Clients à l’importation : Grande-Bretagne, Allemagne, France et Autriche-Hongrie.
- Principaux clients à l’exportation :
- 1905 1902
- Valeur en lires Valeurs en lires
- Autriche-Hongrie 657.975 694.350
- Suisse 700.815 151.200
- États-Unis 331.855 82.950
- Allemagne 217.775 85.650
- République Argentine 214.055 136.050
- Amérique Centrale 132.215 86.250
- Chine 56.730 216.750
- CHAPEAUX DE PAILLE
- Dans la production des chapeaux de paille, la première place appartient à Florence et sa province.
- On en fabrique également à : Naples, Milan, Torino, Intra, Ma-rostica, près de Vicenza.
- La production des pailles de riz et des fantaisies se fait à Carpi, près de Bologne.
- Quant aux tresses et chapeaux de paille de qualité moyenne, ils se fabriquent dans les pays des environs d’Ancona et, parmi eux, le plus important est Montappone.
- L’industrie des chapeaux de paille est très florissante en Italie et donne lieu à un commerce très actif.
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-
-
-
- TROISIÈME PARTIE. —- LA CHAPELLERIE
- 421
- CHAPEAUX DE PAILLE, EXCEPTÉ CEUX GARNIS POUR DAMES
- Importation.
- 1901 ......................... 141.840 lires,
- 1902 ......................... 145.440
- 1903 ......................... 333.480 —
- 1904 ......................... 237.480 —
- 1905 ......................... 229.368 —
- Augmentation, 43 % environ. Principaux débouchés :
- 1901 1905
- Valeur en lires Valeur on lires
- France 79.650 60.192
- Allemagne 11.160 26.562
- Grande - Bretagne 6.300 24.396
- Hollande 2.250 23.370
- Possessions hollandaises 21.780 21.888
- Indes anglaises 20.976
- Exportation.
- 1901
- 1902
- 1903
- 1904
- 1905
- 9.862.900 lires. 10.920.970 12.554.840 —
- 10.851.270 —
- 10.353.680 —
- Augmentation, 16 % environ. Principaux clients :
- 1005 1901
- Valeur en lires
- Valeur en lires
- Grande - Bretagne
- États-Unis .....
- Allemagne.......
- 2.388.500 1.616.360
- 1.606.500
- 2.118.880
- 3.598.790
- 510.150
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-
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-
- 422
- EXPOSITION DE MILAN
- 1905
- 1901
- Suisse .........
- Autriche-Hongrie France .........
- Valeur en lires
- 1.015.920
- 1.064.030
- 772.650
- Valeur en lires
- 457.520
- 890.910
- 644.670
- CHAPEAUX D’ECORCE ET DE SPARTE
- Importation.
- 1901
- 1902
- 1903
- 1904
- 1905
- En plus, 25 % environ.
- Principaux débouchés : France, Allemagne, Grande-Bretagne, Amérique centrale.
- 49.125 lires.
- 77.625 —
- 51.375 —
- 80.625 —
- 61.875 —
- Exportation.
- 1901 ..................... 1.695.750 lires.
- 1902 ....................... 900.000 —
- 1903 ....................... 486.375 —
- 1904 ....................... 693.375 -—
- 1905 ........................ 739.500 —
- En moins, 60 % environ. Principaux clients :
- Grande-Bretagne ....
- France..............
- Bépublique Argentine
- Chili.............
- Pérou...............
- 1905
- Valeur en lires.
- 14.250
- 160.875
- 97.125
- »
- »
- 1901
- Valeur en lires.
- 335.250
- 310.500
- 237.750
- 222.375
- 106.875
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-
-
-
- TROISIÈME PARTIE. - LA CHAPELLERIE
- 423
- CHAPEAUX DE SOIE
- L’industrie du chapeau de soie, qui est d’origine vénitienne, est aujourd’hui très peu importante en Italie.
- Importation.
- 1902 1905
- 12.100 lires. 8.800 lires.
- Exportation.
- 1902 1905
- 1.100 lires. 3.300 lires.
- CONCLUSION
- L’industrie des chapeaux, en Italie, pour l’année 1905 (derniers chiffres connus), a engendré un commerce de 21.927.133 lires (ou fr.).
- La part des importations a été de............... 715.898 lires.
- Celle des exportations de................... 21.211.235 —
- Total............ 21.927.133 lires-.
- Cette situation est l’indice d’une industrie très active et très prospère.
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-
-
-
- ITALIE. — CHAPEAUX de feutre de poils, garnis ou non, pour hommes ou garçonnnets
- (excepté les chapeaux pour paysans).
- Statistiques italiennes. — Commerce spécial.
- PAYS 1901 1902 1903 1904 1905
- DE PROVENANCE ET DE DESTINATION IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- LIRES LIRES LIRES LIRES LIRES LIRES LIRES LIRES LIRES LIRES
- Autriche-Hongrie . 5.000 2.396.250 2.000 1.261.500 1.500 679.500 17.500 773.250 12.500 2.186.250
- Belgique » )) » )) 2.500 6.375 )) 3.750 » 1.500
- France 22.500 162.750 25.000 300.000 39.000 129.750 32.000 900.000 29.000 793.875
- . Allemagne 7.000 456.000 13.000 331.125 17.500 541.500 30.500 321.750 21.000 5.250
- Grande-Bretagne . . 103.000 201.750 53.000 265.125 45.000 )) 61.500 435.000 77.500 146.250
- Grèce » 43.500 )) )) )) )) )) 7.500 )) 750
- Malte » 51.000 )) 35.250 » 34.500 ï » 1.000 31.125'
- Hollande )) 2.625 )) )) » » )) » » 1.8751
- Portugal » 22.875 )) )) )) 21.750 )) 38.625 » 37.125'
- Bussie )) 9.000 )) )) )) 6.000 )) 15.375 » 4.125
- Espagne )) 76.125 » 38.625 )) 98.625 )) 40.125 » 126.000
- Suisse 7.000 332.625 2.500 254.250 6.000 424.500 3.500 947.250 » 843.000
- Turquie d’Europe . » 254.250 )) 51.750 )) 97.125 )) 55.875 » 67.875
- Turquie d’Asie .... Indes britanniques * 7.500 8 1.875 8 8 8 8 8 15.000
- et Geylan )) 25.875 )> 36.375 )) 64.875 )) 79.875 » 29.625
- Chine )) 57.375 » 142.875 )) 255.000 )) 98.250 )) 78.750
- Japon » 28.875 » )) )) 5.250 )) 1.125 » 3.750
- Fosses, hollandaises. )) )) )) )) )) 16.500 )) 19.875 » 15.000
- Égypte » 106.875 » 15.000 )) 35.250 )) 42.000 » 27.000
- Tunisie )) 33.000 » 23.625 )) )) )) 11.250 » 10.125'
- Autres pays africains )) 23.625 )) )) )) 1.125 )) 5.625 » 45.000
- Etats-Unis 1.000 718.875 » 248.625 )) 262.875 1.000 328.875 » 691.875
- Mexique » 11.625 » 30.750 )) 83.250 )) 28.500 » 51.000
- Amérique centrale . 1.500 80.625 )) 36.750 )) 195.375 )) 174.750 )) 250.125
- Brésil 10.000 120.750 )) 32.250 )) 55.500 » 10.125 » 25.125
- Pérou )) 64.875 )) 73.500 )) 261.375 » 153.750 » 137.250
- Argentine 4.000 333.375 )> 104.625 » 346.500 » 225.000 » 282.750J
- Paraguay )) )) » )) )) )) » )) » 1.875
- Uruguay » 5.250 )) 12.375 )) 37.500 » 6.375 » 7.500!
- Chili Autres Pays de l’A- ” 354.750 ” 116.250 8 255.000 8 219.750 8 127.125
- mérique du Sud . » )) )) )) » 32.625 )) 4.500 » 6.750
- Australie )) 580.125 )) 24.750 » 188.625 » 180.750 » 85.125
- Autres Pays Chapeaua de poils et laine, non si les statist liennes de 25.125 de feutre le feutre de îparés dans iques ita-1901. 6.375 8.250 (1) 10.500 13.875
- Totaux ^ (V) Roumanie. ( 164.000 6.587.250 \ | 95.500 3.445.875 111.500 4.144.500 156.500 5.142.750 141.000 6.135.750
- 424 EXPOSITION DE MILAN
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-
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-
- ITALIE. — CHAPEAUX de feutre de 1 aine, garnis ou non, pour hommes ou garçonnets
- , (excepté les chapeaux pour paysans).
- Statistiques italiennes. — Commerce spécial
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1901 1902 1903 1904 1905
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- lires lires lires lires lires lires lires lires lires lires
- Autriche-Hongrie . 5.250 694.350 2.250 582.750 1.650 298.650 620 657.975
- Belgique )) 4.800 » 3.900 » 15.750 )) 15.035
- Bulgarie » » » )) » 1.500 » 930
- France )) 50.250 5.400 130.950 12.000 63.150 2.325 29.450
- Allemagne 3.900 85.650 6.600 164.850 2.250 48.600 3.410 217.775
- Grande-Bretagne . . 6.900 20.700 6.600 52.950 7.350 24.600 9.300 3.720
- Grèce )) 13.800 )> 2.400 » 3.150 )) 1.395
- Malte » 1.350 » 4.800 )> 11.550 )) 2.325
- Hollande Confondus D D )) 1.200 )) » )) 1.860
- Portugal n » n » » 4.650 J) 19.065
- Russie avec » 900 » 2.400 )> 1.350 » 1.085
- Espagne » • 40.500 » 21.750 )) 90.450 » 15.345
- Suisse les » 151.200 » 240.300 1.800 193.800 )) 700.815
- Turquie d’Europe . n 117.150 » 83.550 1.050 119.100 )) 53.165
- Turquie d’Asie .... chapeaux » 4.950 » 29.100 » 25.650 » 15.810
- Indes britanniques
- et Ceylan de » 52.350 » 95.250 2.100 109.950 » 81.065
- Autres possessions
- anglaises en Asie. feutre » J) » » )) » » 9.145
- Chine » 216.750 » 135.900 )) 139.500 » 56.730
- Japon de n 1.200 » 4.650 » 25.500 » 775
- Possessions liollan-
- daises poils » 900 » 1.950 )) 11.700 )) 3.875
- Egypte » 48.000 » 46.500 » 54.000 » 21.700
- Tunisie » 15.600 » 21.600 )) . 15.300 )) 9.765
- Zanzibar Voir tableau précédent » )) » )) » )) )) 930
- Le Cap » )) » 3.000 )) 1.350 » 1.395
- Etats-Unis » 82.950 » 87.600 )) 73.500 )) 331.855
- Mexique )) 40.800 » 66.600 )> 129.600 )) 31.620
- Amérique Centrale . » 86.250 n 74.700 )) 113.100 )) 132.215
- ' Brésil » 24.600 » 13.500 )) 7.350 )) 8.215
- Pérou » 125.100 » 107.700 )) 360.600 )) 139.655
- Argentine » 136.050 » 144.450 » 245.400 »» 214.055
- Uruguay » 34.500 )> 20.550 )) 16.500 )) 23.250
- Chili n 178.950 » 170.250 » 265.050 )) 95.325
- Australie » 75.600 » 45.900 » 105.450 )) 25.885
- Roumanie » 12.000 » 1.200 )) )) )) »
- Autres pays » 4.950 » 28.950 (1) » 9.900 ” *
- Totaux 16.050 2.323.200 20.850 2.393.700 28.200 2.594.250 15.655 3.923.205
- (1) Dont : 24.000 pour « Autres Pays de l’Amérique du Sud ».
- (2) Dont : 8.550 pour « Autres Pays d Afrique ».
- TROISIÈME PARTIE. --- LA CHAPELLERIE 425
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-
-
-
- ITALIE. — CHAPEAUX DE PAILLE, excepté ceux garnis pour dames.
- Statistiques italiennes. — Commerce spécial.
- PAYS 1901 1903 1903 1904 1905
- DE PROVENANCE ET DE DESTINATION IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- lires lires lires lires lires lires lires lires lires lires
- Autriche-Hongrie . . 2.700 890.910 3.240 891.480 1.800 1.119.960 1.560 1.302.540 2.166 1.064.030
- Belgique » 2.090 » 36.720 2.520 142.460 1.560 155.550 3.648 74.800
- Bulgarie )) 8.740 )) » » » )) 3.570 )) 6.290
- France 79.650 644.670 94.800 1.496.850 190.680 1.041.590 123.360 1.007.250 60.192 772.650
- Allemagne 11.160 510.150 12.960 571.710 32.040 1.040.230 21.000 1.700.680 26.562 1.606.500
- Grande-Bretagne . 6.300 2.118.880 5.520 2.710.310 32.640 3.341.010 9.600 2.954.770 24.396 2.388.5001
- Grèce » 34.200 )) 72.590 » 65.620 )) 44.540 )) 70.720!
- Malte )) 12.730 )) 13.090 )) 11.730 )) 9.520 » 21.250
- Hollande 2.250 3.420 )) )) )) 1.870 2.640 35.190 23.370 217.430
- Portugal » » » 2.890 )) » )) 5.270 )) 680
- Boumanie » » )) 3.570 » 1.700 )) 6.800 )) 20.230
- Espagne » 12.350 )) 28.730 )) 45.730 )) 55.930 )) 32.810,
- Suisse 10.800 457.520 5.880 248.540 6.720 781.150 8.400 537.200 4.902 1.015.920
- Turquie d’Europe . » 93.860 » 119.000 )> 290.870 )> 93.330 )) 100.300:
- Turquie d’Asie .... » 12.730 » 5.440 )) 28.390 )) 18.020 )) 21.930
- Indes brit. et Ceylan. Autres possessions 13.490 35.190 8.520 6.970 ” 15.130 5.472 42.840
- anglaises en Asie. » )) » )) » 1.360 )) 1.020 20.976 3.230
- Chine 1 .080 4.750 » 40.460 7.920 23.970 10.320 21.590 9.462 24.820!
- Japon 6.120 » 9.960 1.020 5.400 )) 20.760 » 7.182 »
- Posses. hollandaises. 21.780 )) 960 1.870 24.600 1.700 28.560 2.890 21.888 17.000
- Philippines » » 6.600 » 5.880 » )) )) 2.850 1.870'
- Egypte * )) 22.040 )) 40.630 » 40.630 )) 26.690 )) 44.030
- Tunisie .» 17.290 » 83.130 )) 17.680 )) 19.040 )) 36.210
- Tripolitaine )) 1.900 » )) )) )) » 1.020 )) 1.870!
- Algérie » » )) )) » » )) 1.020 )) 1.530'
- Le Cap » » » » » 1.190 » » )) 2.040;
- Etats-Unis )) 3.598.790 » 3.413.600 5.040 3.127.150 6.720 1.710.200 5.244 1.616.360
- Canada » » )) )) » )) )) ' » )) 2.720
- Mexique )) 6.270 » 14.450 » 49.980 » 15.980 )) 12.580
- Cuba et Porto-Bico. )) » .» 7.310 2.040 )) )) )) » 1.530
- Amérique centrale . )) 233.890 )) 153.340 » 186.830 3.000 138.040 7.068 205.190
- Brésil )) 283.860 )) 266.390 » 357.000 )) 92.650 )) 140.420
- Pérou » 129.200 1.680 98.600 4.320 150.620 » 151.810 2.850 167.110
- Argentine )> 532.760 )) 304.470 )) 444.890 )) 524.960 » 459.510
- Uruguay )) 4.180 )) 6.630 » 7.310 )) 1.190 )) 6.970
- Chili Autres pays de l’A- ” 181.070 3.840 200.770 ” 163.370 ” 150.960 1.140 127.840
- mérique du Sud. . )) 9.690 )) 1.530 3.360 1.530 )) )) » 11.900
- Australie » 20.330 » 27.710 » 29.580 )) 30.430 » 12.070
- Danemark )) )) )) 2.380 » » » )) » ))
- Bussie » )) » 2.890 » 16.490 » )) » »
- Suède et Norvège . . .)) » » 7.310 » )) » )) » ))
- Autres pays ” 1.140 » 10.470 » 14.280 » 16.490 » »
- Totaux .... 141.840 9.862.900 145.440 10.920.970 333.480 12.554.840 237.480 10.851.270 229.368 10.353.680
- EXPOSITION DE
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-
-
-
- ITALIE. — CHAPEAUX de n'importe quelle autre matière, à l'exclusion de la paille et excepté ceux garnis
- pour Dames
- Statistiques italiennes. — Commerce spécial
- PAYS 1901 1903 1903 1904 1905
- DE PROVENANCE ET DE DESTINATION IMPORTA- TION EXPORTA- TION IMPORTA- TION EXPORTA- TION IMPORTA- TION EXPORTA- TION IMPORTA- TION EXPORTA- TION IMPORTA- TION EXPORTA- TION
- lires lires lires lires lires lires lires lires . lires lires
- Autriche-Hongrie .... 2.625 3.750 )> 1.125 )) 237.000 1.125 494.625 1.125 340.875
- France 23.250 310.500 49.875 219.375 29.625 25.500 43.500 )> 30.375 160.875
- Allemagne 7.125 3.375 7.500 3.750 16.125 9.375 24.375 )) 26.625 »
- Grande Bretagne 9.375 335.250 4.125 74.250 5.625 130.875 7.125 1.125 3.750 14.250
- Portugal )) )) )) )) )) )) )) )) )) 4.875
- Grèce )) » )) )) )) )) )) 18.750 )) ))
- Suisse 750 )> )) 1.500 )) )) )) )) )) 5.250
- Turquie d’Europe .... )) 34.875 )) 25.500 » 13.125 )) )) )) 6.750
- Turquie d’Asie )) 4.875 » 39.375 )) )) )) 19.500 )) 1.875
- Indes britanniques et Ceylan )) 34.125 îî 109.125 )) )) )) 91.125 )) 81.000
- Egypte )) 7.500 » » )) )) » )) )) 16.875
- Tunisie )) 22.500 )) 13.500 )) 6.000 )) )) )) 6.750
- Amérique centrale .. . 6.000 69.000 )) 25.875 )) 18.750 )> )) )) 2.250
- Argentine )) 237.750 14.250 51.750 )) 7.500 4.500 13.500 » 97.125
- Uruguay )) 14.250 )) 1.875 )) )) )) )) . )) 750
- Malte )) 1.500 )) 3.375 )) )) )) )) . )) ))
- Espagne )) 28.875 )) 59.625 )) 1.125 )) 11.250 )) ))
- Chine )) 57.750 )) 44.625 » 15.375 )) )) )) ))
- Etats-Unis )) 63.000 )) 90.750 .)) 2.250 )) 6.750 )) » •
- Mexique )) 38.250 )) 7.500 )) )) )) )î )) »
- Antilles )) 12.000 )) 19.125 )) )) )) )) )) ))
- Brésil )) 18.375 )) 4.500 )) 5.625 )) 1.125 )) ))
- Pérou )) 106.875 )) 14.250 » 1.500 » 1.500 » »
- Chili )) 222.375 )) 48.750 )) 10.125 )) )) )) »
- Australie )) 69.000 )) 11.250 )) )) )) 34.125 )) ))
- Algérie » )) 1.875 3.000 )) )) )) )) )) ))
- Tripolitaine )) )) )) 18.750 )) )) )) » )) ))
- Autres pays ». )) ' )) 7.500 )) 2.250 )) )) )) ))
- Totaux 49.125 1.695.750 77.625 900.000 51.375 486.375 80.625 693.375 61.875 739.500
- TROISIEME PARTIE. --- LA CHAPELLERIE
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-
-
-
- ITALIE. — CHAPEAUX de n’importe quelle qualité, garnis pour Dames
- Statistiques italiennes. — Commerce spécial
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1901 1902 1903 1904 1905
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- lires lires lires lires lires lires lires lires lires lires
- Autriche-Hongrie 3.600 )) 5.400 » 3.600 » 3.600 » 3.600 »
- France 149.400 » 172.800 » 190.800 1.800 198.000 )) 225.000 1.800
- Allemagne 21.600 »' 25.200 » 18.000 » 25.200 )) 19.800 »
- Grande-Bretagne )) )) » » 1.800 » 7.200 )) 3.600 » ,
- Grèce )> » » » » » » )) » 3.600
- Malte )) )) » 1.800 » » » » » 3.600
- Espagne )) » » » » » » » )) 5.400
- Suisse )) » 3.600 » 1.800 » 10.800 )) 7.200 »
- Egypte )) » » 3.600 )) 1.800 » 1.800 )) 3.600
- Tunisie )) 3.600 5.400 » 1.800 1.800 » 3.600 » 7.200
- Pérou )) 1.800 » 5.400 » 7.200 » 18.000 » 1.800
- Chili . . . . )) . » » » » » » 3.600 » »
- Argentine )) 1.800 » » » » )) 1.800 » 25.200
- Brésil )) » » » » 1.800 » » » ))
- Uruguay » » ! » » » » » » » 1.800
- Autres pays de l’Amé-
- rique du Sud » » » » » » » » » 1.800
- Hollande » 1.800 » » » » » » » »
- Etats-Unis )) )) » 1.800 » )) » » » »
- Amérique centrale .... » )). )) 1.800 » » » » » »
- Australie )) )) » » » 5.400 » » * ”
- Totaux 174.600 9.000 212.400 14.400 217.800 19.800 244.800 28.800 259.200 55.800
- EXPOSITION DE MILAN
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-
-
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- ITALIE. — Tresses de pailles, POUR CHAPEAUX. — Statistiques italiennes. — Commerce spécial
- PAYS DE PROVENANCE et de DESTINATION 1901 1902 1903 1904 1905
- Importa- tions Exporta- tions Importa- tions Exporta- tions Importa- tions Exporta- tions Importa- tions Exporta- tions Importa- tions Exporta- tions
- lires lires lires lires lires lires lires lires lires lires
- Autriche-Hongrie 2.860 1.192.100 6.000 1.406.920 6.750 1.231.480 3.000 1.007.420 20.500 1.230.460
- Belgique )) 14.000 1.750 30.260 2.750 107.780 3.250 357.340 » 252.280
- France 67.320 905.450 75.250 440.640 49.500 442.000 61.000 469.880 8.750 555.220
- Allemagne 144.760 •669.200 147.500 597.040 132.500 1.149.200 242.750 1.838.720 242.000 1.462.680
- Grande-Bretagne .... 60.060 1.623.300 64.000 1.685.720 65.750 2.211.360 37.750 2.463.980 96.000 2.145.400
- Grèce )) 6.300 )) 8.840 )) 7.820 )) 22.100 » 14.620
- Pays-Bas )) )) )) 57.120 » 65.620 )) 104.720 )) 60.520
- Portugal )) 1.400 » )) )) )) )) 1". 360 )) 1.700
- Espagne )) 18.900 )) 37.740 )) 11.560 )) 11.220 » 8.840
- Suisse 87.120 702.100 81.750 685.780 91.750 1.111.460 107.750 1.249.500 206.250 1.334.160
- Turquie d’Europe .... )) 2.100 )) 4.420 )) 11.560 )) 7.140 )) 5.780
- Turquie d’Asie )) )) )) )) )) )) )) 1.700 » ))
- Indes britanniques et Ceylan )) 2.450 )) 4.760 12.000 4.080 1.500 3.060 70.500 5.100
- Autres possessions anglaises d’Asie )) )) )) )) )) )) )) )) 25.500 ))
- Chine 2.420 8.400 34.500 1.360 10.250 4.080 53.500 2.380 63.000 5.100
- J apon 42.680 )) 60.750 )) 43.250 )) 56.000 1.020 148.500 »
- Philippines )) )) )) )) )) )) )) )) 750 ))
- Maroc » 2.100 )) )) )) » » )) )) ))
- Egypte )) 1.400 )) )) » 2.380 )) 4.420 » 8.840
- Etats-Unis 1.100 882.350 7.250 901.000 7.750 1.183.540 1.750 1.190.000 1.250 1.460.300
- Mexique )) )) )) 10.540 )) 32.980 )) 2.040 )) 680
- Amérique centrale . .. )) 18.900 )) 31.960 )) 19.720 )) 10.540 750 21.420
- Brésil » 32.900 )) 111.520 )) 43.860 )) 36.720 )) 23.460
- Pérou )) 6.650 )) 25.840 )) 17.000 )) 13.260 » 19.380
- Argentine )) 85.050 )) 85.000 » 245.820 )) 381.820 )) 93.840
- Uruguay » 3.850 )) 3.060 )) 9.520 )) 5.100 )) 6.460
- Chili )) 32.900 )) 21.760 )) 58.480 )) 53.040 )) 92.140
- Australie )) 3.850 )) 8.500 )) ' 18.020 )) 21.080 5.000 36.380
- Autres pays )) 1.400 1.500 6.120 )) 4.080 )) 6.120 )) ))
- w r y - u Totaux 408.320 6.217.050 480.250 6.165.900 422.250 7.993.400 568.250 9.265.680 961.750 8.844.760
- TROISIÈME PARTIE. -- LA CHAPELLERIE
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-
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- ITALIE
- . — Tresses d’écorce, de sparte, etc., POUR CHAPEAUX ^
- Statistiques italiennes. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE et de DESTINATION 1908 1903 1904 1905 1906
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS ( EXPORTA- TIONS
- lires lires lires lires lires lires lires lires lires lires
- Autriche-Hongrie )) )) )) )) 65.100 » » 3.900 )) 29.575
- Allemagne )) 52.400 62.800 31.600 37.500 6.300 18.300 )) 17.875 ))
- Portugal î) 1.200 )) 1.200 )) 1.200 )) 1.500 )) 650
- Etats-Unis )) 54.400 )) 57.200 » 5.700 )) 11.100 )) 70.850
- Brésil )) 4.000 )) )) )) 1.200 )) )) )) 650
- Argentine » 4.000 )) 4.800 )) 4.200 )) 11.100 )) 4.875
- Chili )) )) )) » )) )) )) » )) 975
- France 1.200 )) 2.000 4.800 )> )) 4.200 )) )) ))
- Belgique » 3.200 )) )) )) 21.000 )) » )) ‘ »
- Angleterre . )) 148.400 7.200 193.600 » 229.500 8.400 6.600 )) ))
- Suisse )) 86.400 1.600 82.800 9.000 55.500 7.200 24.900 )) ))
- Chine )) )) 6.000 )) 8.100 )) 2.700 )) » ))
- Japon )) )) 4.800 )) 3.600 )) 6.000 )) )) ))
- Pérou )) )) )) 2.000 )) 3.300 » » )) ))
- Australie )) )) )) 6.000 )) )) )) )) )) ))
- Possessions anglaises d’Asie (non dénomm.). » )) )) )) )) )) 44.400 )) )> ))
- Afrique (contr. diverses) » » )) )) )) )) 4.200 )) )) ))
- Amérique centrale .... » )) )) » )) )> )) 4.200 )) »
- Totaux 1.200 354.000 84.400 384.000 123.300 327.900 95.400 63.300 17.875 107.575
- EXPOSITION DE MILAN
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- TROISIÈME PARTIE.
- LA CHAPELLERIE
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- LA CHAPELLERIE A L’EXPOSITION DE MILAN
- L’industrie de la chapellerie était brillamment représentée à Milan, non seulement par quatorze exposants individuels, mais aussi par une collectivité des membres de la Chambre syndicale des fabricants de chapeaux de paille et feutre pour dames, et qui avait groupé neuf des plus importantes maisons de la place de Paris.
- Dans notre chapitre sur les Dioramas, nous aurons l’occasion de signaler le Diorama de la Mode, organisé avec des modèles extraits de la collection de notre collègue, M. Émile Liez, et auquel avaient participé trois maisons, celles de MM. Émile Liez, J.-B. Daniel et Bailly.
- La collectivité des fabricants de chapeaux de dames, avait une exposition digne de la réputation de nos grands fabricants et on y remarquait les plus beaux genres de notre production française.
- Elle comprenait neuf exposants : MM. Atrux, Bailly, Barré, Chaumonot et Cie, J.-B. Daniel, Liez, Moors, les fils de L. Picard et Stoffel.
- Le désir d’impartialité qui nous a animé au cours de cet ouvrage, nous demandait de publier sur chacune de ces maisons, une courte notice, comme celles que nous avons rédigées pour les exposants individuels; malheureusement, malgré notre désir, nous nous sommes trouvés arrêtés dans la réalisation de ce projet, par des scrupules et aussi le manque de place.
- Pouvions-nous parler individuellement d’exposants qui, dès la première heure, s’étaient unis pour affronter les risques de la lutte?
- Devions-nous disséquer cette collectivité? Etait-il possible de ne consacrer que quelques lignes à des maisons, dont certaines ont un passé, vieux de près d’un siècle et qui, toutes, les anciennes comme les jeunes, font preuve d’une égale ardeur à défendre la réputation de l’industrie de la chapellerie française.
- Nous avons estimé que nous ne devions pas diviser ceux qui s’étaient unis, et que nous devions adresser à cette collectivité, des éloges collectifs.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Le Jury lui-même avait été de cet avis, puisque, selon l’usage, il avait jugé la Collectivité et lui avait décerné un Grand prix.
- Quant aux exposants individuels, les notices que nous publions sur leur maison, aideront à reconnaître les efforts qu’ils ne cessent de faire pour le plus grand bien de notre renommée, et les résultats qu’ils obtiennent sont si satisfaisants que dans cette seule Section le Jury a décerné :
- 7 Grands prix individuels ; 1 Grand prix en collectivité ; 3 Diplômes d’honneur; 1 Médaille d’or.
- La récolte, comme on le voit, fut merveilleuse et fait le plus grand honneur aux industriels qui se préoccupent de la prospérité de l’industrie française et parisienne de la chapellerie.
- Tous les genres de cette industrie étaient représentés, le chapeau de feutre, le chapeau de laine, celui de soie, les chapeaux de paille, cousus ou tressés, la casquette et le chapeau de drap.
- Nous avons examiné, en particulier, chacun de ces genres de fabrication, nous n’avons donc pas à y revenir, et les notices suivantes disent mieux que n’importe quel commentaire, la part qui revient à chacun dans la prospérité générale de cette industrie.
- COLLECTIVITÉ DE LA CHAMBRE SYNDICALE DES FABRICANTS DE CHAPEAUX DE PAILLE ET DE FEUTRE
- POUR DAMES
- Atrux, 115, rue d’Aboukir. — Fabricant de laitons-barrettes en tous genres, tresses, crins, chenilles pour modes. Usine à. vapeur.
- Bailly, ancienne maison Delbrouck, 21, rue de Choiseul. — Chapeaux de paille, feutre pour dames.
- Barre (Alexandre), 7, rue de Tracy. — Fabrique de chapeaux de paille, feutre pour dames, haute nouveauté.
- Chaumonot et Cie, 138, rue Montmartre. — Fabrique de chapeaux de paille, feutre pour dames, haute nouveauté.
- Daniel (J.-B.), 73, rue Sainte-Anne. — Fabrique de chapeaux de paille, feutre pour dames, haute nouveauté.
- Liez (E.) et Cle, 83, rue des Petits-Champs. — Fabrique de chapeaux de paille, feutre pour dames, haute nouveauté.
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-
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- TROISIÈME PARTIE. ----- LA CHAPELLERIE 433
- Moors (D.), 7, rue de la Michodière. — Fabrique de chapeaux de paille, feutre pour dames, haute nouveauté.
- Les fils de L. Picard, 45, rue d’Aboukir. — Fabrique de chapeaux de paille, feutre pour dames, haute nouveauté.
- Stoffel jeune, 8, rue de la Michodière. — Fabrique de chapeaux de paille, feutre pour dames, haute nouveauté.
- BOUNAIX. 159, rue du Temple, Paris.
- Cette maison s’occupe plus particulièrement de la fabrication de chapeaux et casquettes en étoffes indéformables pour voyage.
- Les articles s’adressent aux hommes et aux dames. Dans ce genre d’industrie, la maison Bounaix occupe une place prépondérante et,. depuis longtemps déjà, les Jurys ont eu l’occasion d’apprécier le soin, le goût et la qualité de ses produits.
- Aux Expositions de 1867, 1878 et 1889, à Paris, et de Chicago en 1893, elle fut mise Hors concours. En 1900 à Paris, et à Saint-Louis en 1904, elle reçut une Médaille d’or; à Milan en 1906, elle a obtenu le Diplôme d’honneur.
- DE CLERMONT et Cie., 17, rue Barbette, Paris.
- Cette importante maison a été fondée en 1824 et a toujours conservé, depuis cette date, la même raison sociale.
- Elle possède plusieurs usines à Elbeuf, dans la Seine-Inférieure, à Bruxelles, et à Brooklyn aux États-Unis.
- Ses chefs actuels sont MM. H. de Clermont et R. Famchon. Elle s’est toujours occupée plus particulièrement des matières premières et des fournitures pour chapellerie, ainsi que de la chapellerie proprement dite, et s’est fait une spécialité de la coupe des poils pour la chapellerie. Elle vient d’y ajouter la fabrication des peaux de mouton pour cuirs à chapeaux.
- Son attention s’est toujours portée sur la fabrication des chapeaux de feutre. C’est ainsi que M. Othon de Clermont, a introduit en France en 1852, la première bastisseuse anglaise et la première fouleuse américaine pour la fabrication des chapeaux de feutre, en même
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- EXPOSITION DE MILAN
- r
- temps qu'il travaillait à l’extérieur, clans les pays qui n’avaient encore que des organisations sommaires pour la fabrication de ces chapeaux, à la vulgarisation de la machine à arçonner, inventée par une maison française. En récompense, la maison de Clermont et Cie, recevait en 1867, une Médaille d’or de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale. Dès sa fondation, cette maison a
- vendu ses produits non seulement en France, mais encore dans tous les pays d’Europe et d’outre-mer, susceptibles de les employer.
- Aujourd’hui, ses principaux débouchés sont, en Europe : l’Angleterre, la Belgique, l’Allemagne, F Autriche, l’Italie, l’Espagne et le Portugal; en Amérique: les États-Unis, le Mexique, le Brésil et la République Argentine.
- La maison de Clermont et Cie a pris part à plusieurs Expositions universelles et internationales. A l’Exposition universelle de 1867, elle a obtenu une Médaille d’or.
- M. de Clermont a été Membre des Comités et du Jury de l’Exposition universelle de 1878. M. H. de Clermont a été Membre du Jury et rapporteur du Jury de la Classe 43 de l’Exposition universelle de 1889.
- A l'Exposition universelle de 1900, M. II. de Clermont a été Membre du Jury de la Classe 59, et M. R.Famchon a été Secrétaire des Comités et Membre du Jury de la Classe 86.
- En outre de ces diverses Expositions, cette maison a encore participé à celles de Sydney en 1879, de Melbourne en 1881 et de Chicago en 1893 où elle a obtenu les premières récompenses.
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- HIRSCH ET VEIL, 41, rue des Francs-Bourgeois, Paris.
- 'iras?
- Cette maison existe à Paris depuis plus de cinquante ans et il y en a quarante qu’elle est installée dans ses locaux actuels. Elle s’occupe plus spécialement et presque exclusivement de la fabrication de chapellerie de fantaisie et ne produit que des articles de luxe pour hommes, dames et enfants.
- Les produits de sa fabrication sont utilisés pour les sports, la chasse, le voyage, l’automobile et la grande livrée. Aux diverses Expositions auxquelles elle a pris une part active, la maison Hirsch et Veil a obtenu les récompenses suivantes :
- Médaille de bronze : Paris 1878;
- Médaille d’argent: Paris 1889; Médaille d’or : Paris 1900; Grand prix : Milan 1906.
- A l’Exposition universelle de Liège en 1905, le chef de cette importante maison avait été nommé Membre du Jury et la maison elle-même avait été placée Hors concours.
- Dans leur genre d’industrie, MM.
- Hirsch et Veil sont parmi les plus importants fabricants français et leurs articles sont aussi bien recherchés de la riche clientèle française que par celle de 1 étiangei.
- SOCIÉTÉ ANONYME DES ANCIENS ÉTABLISSEMENTS COANET A NANCY (M. et M.).
- La maison Coanet a été fondée en 1819, elle est donc une des doyennes de l’industrie des chapeaux de paille en France. Elle possède quatre usines situées à Nancy, Sarralbe, Saar Union, Pont d’Essey. Elle a des comptoirs à Batavia, Manille, Shangaï, Guaya-quil, Tananarive, Bogota, Curaçao, Kobé; ses dépôts sont situés à
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- AGENCES
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- Paris, 44, rue du Temple; à Lyon, 11, rue Mercière;à Londres 16, Jewin Crescent : elle a en outre, des agences à New-York, Florence,
- Berlin, Hambourg, Vienne, Dresde, Francfort, Bruxelles et Madrid. Sa production peut dépasser 12.000 chapeaux par jour, et elle exporte dans tous les pays du monde.
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- L’usine de Nancy comprend des ateliers de fabrication et des magasins, celle du Pont d’Essey occupe une superficie de 12.000 mètres carrés dont 1.400 couverts, le reste est disposé en séchoirs à air, pour la paille et les chapeaux; celle de Saar-Union occupe une superficie de 15.000 mètres, comprend des ateliers, des magasins et des séchoirs à air, pour les feuilles de palmier et les chapeaux, enfin, l’usine de Sarralbe comporte également des ateliers et des séchoirs mais cpii sont réservés au blanchiment des feuilles de panama et de palmier. La spécialité de ces établissements étant la fabrication du chapeau de paille, ils employent en Alsace-Lorraine et à Java, plus de 15.000 tresseurs et tresseuses, travaillant à domicile sous la direction de 140 contremaîtres de tressage.
- Les séchoirs chauffés par vapeur et ventilateurs peuvent contenir à la fois 50.000 chapeaux. Aux Expositions auxquelles ils ont participé, les établissements Coanet ont obtenu les plus hautes récompenses :
- Médaille d’or : Paris, 1900; et Grands prix : Saint-Louis 1904, Liège 1905, Milan 1906.
- LANGENHAGEN (Ocatave de), à Lunéville (M.-et-M.).
- La fabrication des chapeaux palmiers ou lataniers et panamas a été créée vers 1840, à Saar-Union (Alsace), par MM. de Langen-hagen frères.
- En 1865, M. Octave de Langenhagen se sépara de ses autres parents et créa l’une des usines de Saar-Union et, en 1872, vint en France, à Lunéville, où il fonda une succursale.
- Son fils, M. Ferdinand-LIenry-Octave de Langenliagen se trouve à la tête de ces deux établissements depuis 1882, il donna un grand développement à son industrie par les recherches et améliorations successives apportées à toutes les transformations subies par la matière première, tressage, blanchiments, teintures et finissages, et par lesquelles il se plaça au premier rang.
- Après avoir, en 1855, obtenu une Médaille d’argent à l’Exposition de Paris, la maison conquit les différentes récompenses suivantes :
- Médaille de Progrès, à Vienne en 1873; Second Award, à Sydney 1879; Médailles d’argent, Anvers et Amsterdam 1883 et 1885; First Order of Merit, à Melbourne en 1888; Médaille d’or, Paris 1889
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- exclusivement par le chef de la maison. Cette caisse paie tous les frais de maladie, y compris des journées dites de maladies, basées sur le salaire de l’ouvrier.
- Grands prix : Paris 1900, Saint-Louis 1904, Liège 1905; Hors concours, Membre du Jury : Milan 1906.
- Comme institution de prévoyance, il a été créé à l’usine de Lunéville une caisse « dite de Secours » alimentée
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- LÉON FRÈRES, 21, rue de Daunou, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1854 par M. Léon père, elle a donc cinquante-trois ans d’existence et est demeurée depuis cette époque au même endroit. Les propriétaires lui ont fait subir, à diverses repri-
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- ses clés transformations et des agrandissements mais ils ont toujours conservé le même siège social. En 1901, les propriétaires actuels succédèrent à leur père et ont continué à travailler au développement de la maison qui est une des plus importantes pour les chapeaux d’hommes.
- Elle s’est surtout fait une spécialité des chapeaux légers, et a favorisé l’usage des chapeaux montés sur liège. MM. Léon ont obtenu pour leurs produits les plus flatteuses récompenses aux Expositions auxquelles ils ont prticipé.
- Notamment :
- Une Médaille d’argent, Paris 1900 (Pour chapeaux d’hommes);
- Une Médaille d’argent, Paris 1900 (Pour chapeaux de dames).
- Une Médaille d’or, à Saint-Louis;
- — — à Liège;
- Un Diplôme d’honneur, Milan 1906.
- Cette maison possède deux succursales à Paris, et trois en province et de nombreux dépôts à l’étranger.
- LIAUD FRÈRES, 6, rue Sainte-Anne, Paris.
- Cette maison a été fondée à Paris en 1858. Elle s’est toujours occupée delà fabrication de chapeaux de paille pour hommes, femmes et enfants, et chapeaux de feutre pour femmes. Depuis sa fondation, elle a fait en France une importation considérable de chapeaux et tresses d’Italie, de chapeaux de panama de l’Equateur, de chapeaux des Iles Philippines, de l’île de Java, de Chine et du Japon, de l’île de Madagascar; elle a du reste contribué au développement de l’industrie des chapeaux dans cette dernière. La maison Liaud frères a pris une part active aux diverses Exposition internationales en Europe et en Amérique, et elle y a obtenu les plus hautes récompenses.
- A l’Exposition de Chicago en 1893, elle était mise Hors concours; en 1894 à celle d’Anvers, elle était l’objet d’une mesure aussi élo-gieuse; à Amsterdam, en 1895, elle recevait un Diplôme d’honneur; à Bruxelles, en 1897, le Jury lui accordait un Grand prix, et à l’Exposition universelle de Paris 1900, M. Liaud était nommé Membre du Jury; et sa maison placée Hors concours. Depuis cette époque,
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- la maison Liaucl a successivement participé aux Expositions de Saint-Louis 1904, où elle a obtenu le Grand prix, de Liège 1905,
- de Marseille en 1905 et de Milan en 1906, où le Grand prix lui fut également attribué.
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- MAGNENANT, 14, rue des Rosiers, Paris.
- La spécialité de la maison B. Magnenant est la fabrication des képis et casquettes civiles et militaires. Cette fabrication ne permet pas de grande description, car dans le képi tout le travail se fait à la main sans le secours d’aucune machine. Afin d’intéresser ses ouvriers au progrès de la maison, M. B. Magnenant leur distribue, en fin d’année, 5 % du total de leur travail annuel.
- Il a recueilli les meilleurs résultats avec ce procédé qui contribue au bien-être des ouvrières employées dans ses ateliers. Cette maison avait reçu à Saint-Louis une Médaille d’argent, en 1906; à Milan, le Jury des récompenses lui a accordé une Médaille d’or.
- M. Magnenant a pris un brevet pour un képi mécanique qui figurait pour la première fois à T Exposition de Milan.
- MERMILLIOD (Eugène), 52, rue Montmartre, Paris (IIe).
- La manufacture de chapellerie pour dames dirigée actuellement et depuis 1901, par M. Eugène Mermilliod est une des plus anciennes maisons de la place.
- Fondée vers 1850 par M. Rasse, elle a successivement porté plusieurs raisons sociales : Rasse et Masson, Masson et Larousse, Larousse et Mermilliod, mais son exploitation a toujours eu pour but la fabrication et la vente des chapeaux de paille et feutre pour dames.
- En 1889 l’installation de l’usine électrique de la rue des Vignoles donna un nouvel essor à sa fabrication, en même temps qu elle permettait à la maison de s’affranchir complètement de la fabrique étrangère et particulièrement de la fabrique anglaise qui 1 avait alimentée pour une large part jusque-là.
- La caractéristique de cette maison est la variété très grande de ses produits. S’adressant à plusieurs genres de clientèles, cette maison a toujours un choix très important de modèles qui s’échelonnent dans une série de prix très étendue, partant du meilleur marché pour atteindre aux articles de haute nouveauté, qu’elle fabrique avec le même soin et le même succès que les articles moyens de grosse consommation. En outre, tous ces articles étant fabriques dans la même usine bien que dans des ateliers différents, il en résulte
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- que les articles ordinaires bénéficient du voisinage des articles de luxe et que l’ensemble des produits fabriqués participe au prestige de la bonne fabrication parisienne et au goût parfait qui l’inspire.
- Les plus hautes récompenses ont sanctionné ces heureux résultats, fruit d’efforts persévérants.
- La maison exposait déjà en 1867 et 1878, où elle remportait la Médaille d’argent : Paris 1900; Médaille d’or : Saint-Louis 1904; Hors concours : Liège 1906; enfin à Milan, le Jury lui a décerné le Grand prix.
- PINAY ET LEDUC, 5 et 7, rue du Faubourg-Poissonnière, Paris.
- La maison, les fils de Pinay jeune, s’est adjoint en 1894 la maison Leduc, pour former la raison sociale Pinay et Leduc.
- La maison Pinay et la maison Leduc avaient été l’une et l’aulre fondées à la même époque et comptent chacune cinquante années d’existence.
- Elle a une usine à Saint-Symphorien-sur-Coise, dans le département du Rhône, et la maison de vente est située à Paris, 5 et 7, Faubourg-Poissonnière.
- Elle a pris une part active à la transformation de l’industrie du chapeau de paille, dont elle a contribué à répandre l’usage en le fabricant mécaniquement; ce qui lui a permis de produire en plus grandes quantités et à meilleur marché, et de faire concurrence aux fabricants italiens et anglais qui, jusqu’alors, inondaient le marché français.
- La maison Pinay et Leduc a été également parmi les premières qui ont vulgarisé en France le chapeau exotique et surtout le chapeau de panama, dont elle fait des achats en grande quantité, soit à Guayaquil, en Colombie et au Pérou, etc.
- La maison Leduc avait obtenu en 1878 le Grand prix, et en 1889 avait été mise Hors concours.
- M. A Leduc fut, à cette occasion, rapporteur du Jury de la Classe du vêtement et son ouvrage fait autorité parmi les publications commerciales.
- La maison Pinay et Leduc a participé, depuis cette époque, à toutes les Expositions universelles ou internationales et y avait obtenu la Médaille cl’or, le Jury de l’Exposition de Milan lui a décerné un Grand prix.
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- PEYRACHE FRÈRES, 31, rue du Temple.
- Cette maison a été fondée en 1871 par MM. Henry et Jules Pey-
- rache. Elle a son siège social à
- navettes superposées et tissant
- Saint - Didier - le - Seauve (Haute -Loire), c’est également là que se trouve son usine principale. La spécialité de fabrication de MM. Pey-rache est le galon pour chapellerie. Leurs usines sont agencées avec les derniers perfectionnements delà science industrielle.
- Celle de Saint-Didier - le - Seauve comprend le dévidage, l’ourdissage, le tissage, le gazage, le pliage et l’emballage des marchandises. Toutes les machines et métiers construits sur les plans de MM. Pey-rache sont actionnés par l’électricité.
- L’usine de Jon-zieux, dans le ) département de la Loire, comprend des métiers spéciaux avec battants à simultanément. Les propriétaires
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- actuels de l’usine ont été les premiers à employer ces types de métiers qui sont mus par la force hydraulique.
- La maison de vente est située à Paris, 31, rue du Temple.
- MM. Peyrache ont fait figurer leurs produits à un grand nombre d’Expositions et ils y ont obtenu les récompenses les plus élogieuses.
- A l’Exposition universelle de 1878, le Jury leur décernait une Médaille de bronze en 1889, à F Exposition universelle de Paris, ils obtenaient une Médaille d’argent, puis successivement, un Grand prix collectif à Anvers 1894, et à Bruxelles en 1897; une Médaille d’or à l’Exposition universelle de Paris en 1900 et de Saint-Louis en 1904; un Diplôme d’honneur à Liège en 1905, et enfin à Milan en 1906, M. Henry Peyrache était nommé Membre du Jury, et sa maison placée Hors concours.
- A l’Exposition de Chicago en 1893, déjà cette maison avait été mise Hors concours.
- ÉTABLISSEMENT REY COUSINS ET Cie, Caussade et Septfonds
- iTarn-et-Garonne).
- Cette maison, une des plus importantes fabriques de chapeaux de paille et de rotins, a été fondée en 1835 à Septfonds, dans le département de Tarn-et-Garonne, par M. André Rey père.
- Elle fut transportée à Caussade dans le même département.
- M. Didier Rey fils, actuellement administrateur des établissements Rey cousins et Cie fut le véritable créateur de l’intéressante et importante industrie du chapeau de paille cousu, dans cette ville.
- Depuis cette époque, grâce à un labeur incessant et aux progrès accomplis dans l’outillage, la fabrication de cet article a pris auprès de la clientèle française et étrangère, autrefois tributaire de la fabrication anglaise, suisse et italienne, une extension beaucoup plus considérable.
- Les ateliers des établissements Rey cousins et Cle sont outillés de telle façon qu’ils produisent en saison environ 10.000 chapeaux de paille par jour. Les six usines que cette maison possède à Caussade, Septfonds et Réalville, arrivent à peine à suffire aux demandes et
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- aux besoins de sa nombreuse clientèle française et d’exportation. Les grandes Expositions internationales furent l’occasion de nom-
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- breux succès pour la marque Rey cousins et Cie qui a obtenu jusqu’à ce jour :
- Une Médaille de bronze : Paris 1867;
- Une Médaille d’or : Paris 1900;
- — — : Saint-Louis 1904;
- Un Diplôme d’honneur : Liège 1905.
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- Enfin à Milan, en 1906, cette maison a été mise Hors concours, par suite de la désignation de M. Fernand Rey fils, comme Membre du Jury de la Classe 86.
- QUESNEL (Charles), Charleval (Eure).
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- Cette maison est une des plus importantes dans la spécialité de la fabrication des casquettes.
- Elle possède à Charleval, dans l’Eure, une usine à vapeur dont Y installation mécanique est des plus perfectionnées et permet de produire en grande quantité à des prix très réduits.
- Cette maison exporte un tiers de sa production en Belgique, Hollande, Allemagne,
- Suisse.
- Aux Expositions universelles de Paris 1889 et de Paris 1900, de Saint-Louis 1904, cette maison a obtenu la Médaille d’or; à Milan 1906, ses efforts ont été récompensés par un Diplôme d’honneur.
- SCHORESTÈNE, FRÈRES, 168, rue Saint-Maur.
- Cette maison a été fondée en 1871. Elle s’est fait une spécialité des matières premières nécessaires à 1 industrie de la chapellerie et des fournitures couramment employées par les fabricants de
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- chapeaux, telles que galons, coiffes, soieries, etc... Elle comprend
- une couperie de poils à Stains, dans le département de la Seine, une fabrique de cuirs, 168, rue Saint-Maur, à Paris, ainsi que des ateliers pour la manipulation des fournitures pour la garniture des chapeaux.
- Elle possède des succursales à New-York, aux États-Unis, et à Stockport, en Angleterre. MM. Scho-restène frères ont contribué par la qualité de leurs produits à favoriser à l’étranger l’emploi des matières d’origine française. Leur maison a obtenu aux Expositions les récompenses les plus hautes et qui suffisent à son éloge.
- Nous citerons un Diplôme d’honneur : Boston 1883; une Médaille d’argent: Paris 1889; un Grand prix en collectivité : Anvers 1894; et la Médaille d’or : Amsterdam 1895, Bruxelles 1897, et Paris 1900; enfin des Grands prix’à Saint-Louis 1904 et Milan 1906. En 1893, à l’Exposition internationale de Chicago, M. Schorestène avait été désigné pour remplir les fonctions de Membre du Jury et la maison avait été mise Hors concours.
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- La Chaussure
- HISTORIQUE
- DE I/ANTIQUITÉ AU XIXe SIÈCLE
- I
- M. Picard, commentant le rapport de notre i!.f|xy collègue, M. A. Leduc, écrivait, au sujet de l’ancienneté de la chaussure, ces mots : « En refusant les cadeaux du r°i de Sodome, Abraham déclara qu’il « n’accepterait ni la trame du tissu, ni le « cordon du soulier. » On en conclut que la chaussure était connue du vivant de ce patriarche. »
- Mais ce n’est pas la seule circonstance dans laquelle les Ecritures, font mention de « soulier » et, sans citer tous les textes, ce qui serait long et nous entraînerait loin de ce sujet, on nous permettra de rappeler les lignes suivantes, extraites du Deutéronome, ce qui revient à dire qu’elles ont été écrites quinze siècles avant l’ère chrétienne.
- (( Que s’il ne veut pas épouser la femme de son frère qui lui est due selon la loi, cette femme ira à la porte de la ville, elle s’adressera aux anciens et leur dira : le frère de mon mari, ne veut pas perpétuer dans Israël le nom de son frère, ni me prendre pour sa femme. —
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- Aussitôt ils le feront appeler et l’interrogeront, et s’il répond : je ne veux point épouser cette femme. — La femme s’approchera de lui devant les anciens, lui ôtera son « soulier » du pied et lui crachera au visage en disant : c’est ainsi que sera traité celui qui ne veut pas établir la maison de son frère. Et la maison sera appelée dans Israël, la maison du Déchaussé. »
- Que nos collègues se rassurent ! nous n’avons pas la prétention d’écrire ici l’histoire du monde ni même celle de la chaussure, nous nous ne dirons pas depuis le père Adam, car c’est le seul homme qu’on nous ait toujours représenté comme « paré des seuls dons de la nature», ni même depuis que par son manque d’énergie il a mis l’humanité dans l’obligation de se défendre contre les intempéries des saisons et les obstacles de la nature.
- Laissant de côté un passé dont nous sommes les héritiers parce que nous en subissons encore les conséquences, nous franchirons rapidement les étapes qui séparent l’ancien monde de la société moderne.
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- Les Grecs et les Romains ont eu des chaussures de cuir; les Egyptiens, de papirus; les Espagnols, de genêt tissé; les Indiens, les Chinois, et d’autres peuples, de jonc, de soie, de lin, de bois, d’écorce d’arbres, de fer, d’airain, d’or, d’argent; le luxe les a quelquefois couvertes de pierreries.
- Les formes et les noms des chaussures anciennes nous ont été conservées, les unes dans les antiques, les autres dans les auteurs ; mais il est très difficile d’appliquer à chaque forme son nom propre.
- Les Grecs avaient les diàbatres à l’usage des hommes et des femmes; les sandales, qui n’étaient portées qüe par les femmes de qualité; les lantia dont on n’usait que dans la maison; les campedes, chaussures basses et légères; les peribarides, qu’il n’était permis de porter qu’aux femmes nobles et libres; les crepides, qu’on croit n’avoir été que la chaussure des soldats; les abulées, chaussures des pauvres; les persiques, chaussures blanches à l’usage des courtisanes; les laconiques ou amuclèdes, chaussures rouges particulières aux Lacédémoniens; les garbatines, souliers de paysans; les embates, pour la comédie, les cothurnes, pour la tragédie; les enemides, que les Latins
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- TROISIÈME PARTIE. -- LA CHAUSSURE
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- nommaient ocrœ et qui étaient l’équivalent de nos bottines; toutes ces chaussures s’attachaient sur les pieds avec des courroies, imantes.
- Chez les Lacédémoniens, les jeunes gens ne portaient de chaussures qu’à l’âge où ils prenaient les armes, soit pour la guerre, soit pour la chasse. Les Philosophes n’avaient que des semelles. Pythagore avait ordonné à ses disciples de les faire d’écorce d’arbres; on dit que celles d’Empédocle étaient de cuivre.
- La chaussure des Romains différait peu de celle des Grecs; celle des hommes était noire, celle des femmes blanche : il était déshonnête pour les hommes de la porter blanche ou rouge; il y en avait qui allaient jusqu’à demi-jambe, et on les appelait calcei unicitani; elles étaient seulement à l’usage des personnes de qualité; on pouvait les distribuer en deux sortes, celles qui couvraient entièrement le pied, comme le calceus, le mulleus, le pero et le phœcasium; celles dont la semelle simple ou double se fixait sous le pied par des bandes ou courroies qui s’attachaient dessus, et qui laissaient une partie de dessus le pied découverte, comme 1 e caliga, le solea, le crepida, le bacca et le sandalium.
- Le calceus et le mulleus ne différaient du pero qu’en ce que ce dernier était fait de peaux de bêtes non tannées, et que les deux autres étaient de peaux préparées. La chaussure de cuir non préparé passe pour avoir été commune à toutes les conditions; le mulleus, qui était de cuir aluné et rouge, était une chaussure à lunle. Dans les temps de simplicité, il n’était guère porté que par les patriciens, les sénateurs, les édiles. On dit que cette chaussure avait passé des rois d’Albe à ceux de Rome, et de ceux-ci aux principaux magistrats, de la République, qui ne s’en servaient que dans les jours de cérémonies, comme triomphes, jeux publics, etc.
- 11 y avait telle chaussure qu’on pardonnait à la jeunesse, mais qu’on quittait dans un âge plus avancé. On reprochait à César de porter sur le retour de l’âge une chaussure haute et rouge.
- Le calceus et le mulleus couvraient tout le pied et montaient au-dessus de la jambe.
- Les Romains poussèrent très loin le luxe dans cette partie du vêtement et y employèrent l’or, l’argent et les pierreries. Ceux qui se piquaient de galanterie, veillaient à ce que la chaussure prît bien la forme du pied. On la garnissait d’étoffe molle, on la serrait fortement avec des courroies appelées anses.
- Le pero était de peaux de bêtes non péparées; c’était une chaussure rustique, elle allait jusqu’à la moitié du genou. Le phœcasium
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- EXPOSITION DE MILAN
- était de cuir blanc et léger; cette chaussure convenait à des pieds délicats; les prêtres d’Athènes et d’Alexandrie la portaient dans les sacrifices. Le caliga était la chaussure des gens de guerre; c’était une grosse semelle d’où partaient des bandes de cuir qui se croisaient sur le coup de pied, et qui faisaient plusieurs fois le tour de la cheville. Il y avait quelquefois de ces courroies qui passaient entre le gros orteil et le suivant, et allaient s’assembler avec les autres. Le campagus différait peu du caliga, c’était la chaussure de l’Empereur et des principaux de l’armée; les courroies étaient plus légères qu’au caliga et formaient un réseau sur la jambe.
- Les solea, crepida, sandalium, gallica, étaient des semelles retenues sous la plante du pied. Le solea et le gallica n’allaient point avec la toge, à moins qu’on ne fût à la campagne, mais on les portait avec le pénule. Les femmes se servaient de ces deux chaussures, soit à la ville, soit à la campagne.
- Le crepida différait peu du solea, et ne couvrait le pied que par intervalles ; le bacca est une chaussures de philosophe, elle était légère et il y en avait même en feuilles de palmier.
- Les ocreœ, qui étaient en usage dès la guerre de Troyes, étaient quelquefois d’étain, de cuivre, de fer
- Les Juifs avaient aussi leurs chaussures, cependant, ils allaient souvent pieds nus, ils y étaient obligés dans le deuil, par respect et quelquefois par pauvreté. Leurs prêtres entraient dans le temple pieds nus, ils ôtaient leurs sandales en se mettant à table, excepté à la célébration de l’agneau pascal.
- Oter sa chaussure et la donner, était le signe du transport de la propriété d’un objet.
- Les anciens Germains et surtout les Goths, avaient une chaussure de cuir très fort, qui allait jusqu’à la cheville du pied; les gens distingués la portaient de peau. Ils avaient aussi l’usage d’en faire de jonc et d’écorce d’arbres.
- LE SOULIER DES ANCIENS
- Il paraît qu’en général chez les anciens, la matière la plus ordinaire des souliers était le cuir apprêté. Martial se moquait d’un
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- TROISIÈME PARTIE.
- LA CHAUSSURE
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- homme qui portait une calotte de maroquin; « celui-là, disait-il, vous a plaisamment raillé, qui a parlé de votre calotte, comme de la chaussure de votre tête. »
- On utilisait aussi l’écorce d’arbres, ou du moins les membranes, comme celles du papyrus; selon Pline, les bergers espagnols portaient des souliers de sparte et de genêt tressés.
- On utilisait pour les couvrir, la laine, le lin, la soie et l’or; non seulement les souliers furent chargés de feuilles d’or, mais il y en avait même, dont les semelles étaient d’or massif, et le luxe n’en demeura point là.
- Le soulier romain s’élevait jusqu’à mi-jambe, il était ouvert par devant, depuis le coup-de-pied, et se fermait avec une espèce de rubans ou de lacets. Pour être bien chaussé, il fallait que le soulier fût très fortement serré à la jambe.
- La forme était la même pour les hommes et les femmes, la pointe en était recourbée.
- A côté de cette sorte, il y en avait d’autres, principalement les péronés. C’étaient de gros souliers faits exprès pour résister aux boues et aux pluies, et dont les paysans se servaient en travaillant la terre; ils étaient aussi portés par les gardes préposés à veiller pendant la nuit aux incendies.
- Il y avait enfin, les souliers que les Romains appelaient soleæ et qui consistaient dans une simple pièce de bois ou de cuir que l’on plaçait sous le pied, et que l’on attachait par des bandelettes de toile ou d’étoffe, passées et repassées sur le pied, et entre les doigts du pied et autour de la jambe .
- Cette sandale était plus particulièrement la chaussure de la femme.
- Les hommes se chaussaient de sandales lorsqu’ils allaient au festin. Quant aux souliers dont les soldats se servaient à la guerre, on les appelait caligæ militum.
- Il y avait encore deux autres chaussures en usage, mais dont on ne se servait que sur le théâtre; c’étaient le brodequin et le cothurne.
- Les souliers des femmes étaient blancs, ceux des sénateurs étaient de peau noire et quelquefois blanche, mais les magistrats curules les portaient de couleur rouge.
- Aurélien permit aux femmes l’usage des souliers rouges et les interdit aux hommes. L’ordonnance de ce prince fut d’autant plus gracieuse pour les dames, que lui et ses successeurs se réservèrent cette couleur, à l’exemple des anciens rois d’Italie.
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- Les esclaves ne portaient point de souliers et marchaient pieds nus on les appelait les pieds poudreux.
- III
- La forme de la chaussure n’a pas moins varié au moyen âge que dans l’antiquité. Selon le moine de Saint-Gall, les premiers Français avaient des chaussures dorées par dehors et ornées de courroies et de lannières longues de trois coudées, et Jean-Pierre Puricelli, en parlant de Bernard, fils de Pépin, dit : « Ses souliers étaient encore entiers, ils étaient de cuir rouge, et la semelle était de bois; ils étaient si justes, si bien faits à chaque pied et aux doigts de chaque pied, que le soulier gauche ne pouvait servir au pied droit, ni le droit au pied gauche, finissant en pointe du côté du gros doigt. »
- Au ixe siècle, on portait communément des chaussures analogues aux espadrilles qui sont encore portées dans les Pyrénées et dans le nord de l’Espagne. Dans la bible de Charles le Chauve, conservée à la Bibliothèque nationale, on voit la représentation de la chaussure des hommes nobles de cette époque. Elle était presque entièrement couverte et était fixée au pied par un lacet passé dans les pattes à coulisse qui terminaient le quartier.
- La chaussure de cette époque était souvent très riche et le plus beau spécimen qu’on en a conservé est au trésor impérial de Vienne.
- Cependant, en France, dès le vne et le vme siècle, la chaussure avait la forme d’un soulier à quartier relevé sur les talons, et entièrement découvert sur le dessus du pied. Cette forme de chaussure fut longtemps en usage, et les modifications qui y furent apportées ne concernaient guère que l’ornementation.
- Vers la fin du xe siècle on voit apparaître la mode de ces souliers démesurément longs et pointus qu’on a nommés « souliers à la poulaine ».
- On a établi toute une légende sur l’origine de ce genre de chaussures, et Orderic Vital est le premier qui en ait attribué l’invention à Foulques le Bechin, comte d’Anjou; il prétendait que ce prince avait le pied déformé par une excroissance de chair qui lui rendait impossible l’usage des chaussures de son époque, et pour cacher cette infirmité, il avait imaginé de se faire faire des souliers d’une Ion-
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- gueur extrême et augmentés d’une pointe à leur extrémité. De là, la mode se serait plu à imiter cette forme étrange, qui se serait généralisée non seulement à la cour des comtes d’Anjou, mais encore dans toute la France et en Angleterre.
- M. Quicherat, l’auteur de l’histoire du costume en France, a jugé bien peu vraisemblable cette explication, et assigne à la création des souliers à la poulaine, la date que nous indiquons, c’est-à-dire, le xe siècle et non le xme siècle, comme le voudrait la légende de l’infirmité du comte d’Anjou.
- D’autant plus qu’on voit au musée de Berne une statuette en bronze de la plus belle époque romaine où le personnage est chaussé d’un soulier à pointe recourbée.
- On peut donc conclure avec M. Quicherat que Foulques le Rechin fut le restaurateur et non l’inventeur d’une mode dont, à cette époque, l’origine était déjà lointaine.
- Ce qui est certain, c’est que la mode des souliers à la poulaine fit fureur, et ils vécurent pendant plusieurs siècles. La longueur des pointes devint de plus en plus exagérée, et Philippe IV eut à intervenir pour la réglementer. La pointe du soulier était de deux pieds pour les princes et les grands seigneurs, d’un pied pour les nobles et les riches, et enfin d’un demi-pied pour la bourgeoisie. La qualité des gens était donc représentée par la longueur de leur poulaine qui venait, en se recourbant, s’attacher au genou par une chaîne de métal.
- Ces souliers portaient en Angleterre le nom de cracowes.
- Les femmes qui portaient des pantoufles de soie ou de brocart adaptées à la forme de chaque pied, ou de petites bottes montant au-dessus de la cheville, adoptèrent aussi, vers le xne siècle, les souliers à pointe très allongée.
- Le soulier à la poulaine, généralement de couleur noire, était universellement porté au xive siècle : les conciles tâchèrent de réagir contre cet engouement, et, en 1365, nous voyons le concile d’Angers les interdire; à son tour la royauté voulut s’opposer à ce qu’on en fît usage et, en 1386, Charles V défendit de les porter sous peine d’une amende de cinq florins; mais ces tentatives échouèrent et la mode n’en fut pas enrayée, au contraire.
- Charles VI, au quinzième siècle, édicta des peines sévères contre ceux qui fabriqueraient et mettraient en vente les souliers à la poulaine, et, vers la fin de son règne, on continuait pourtant à le porter; il avait subi une légère modification, car on avait pratiqué une petite entaille dans le haut.
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- En Angleterre également, la vogue de ces chaussures n’était pas moins grande, et Édouard s’occupa de fixer leur maximum de longueur à deux pouces.
- Sous le règne de Louis XI, la mode des souliers à la poulaine fit de nouveau fureur, non seulement ils étaient très allongés du bout, mais ils étaient encore armés d’une pointe de fer d’un pied de long.
- Jusqu’en 1483 ces chaussures restèrent à la mode, mais à la fin du xve siècle, on se mit à faire une forme absolument opposée; le soulier fut large et le bout se terminait en forme de raquette;les historiens les ont appelés « souliers à bec de renard ».
- Les prêtres portaient une sorte de pantoufle fermée par un ruban brodé, partant du milieu du pied et croisé avec deux autres rubans de même façon fixés aux deux côtés; le pape portait une croix brodée.
- En Allemagne, malgré toutes les défenses, les souliers à pointes protégés par une forte semelle à clous se maintinrent jusqu’en 1490; ils furent remplacés par de larges souliers où le pied s’étalait à l’aise.
- En Italie, au contraire, la mode des souliers à poulaine, ne se répandit pas. On portait, en général, des souliers fermés, ou des souliers à revers de couleur retombant sur la cheville. Puis, on prit le goût des bottes montantes.
- En Espagne, tandis que les hommes avaient adopté les souliers à la poulaine, les femmes portaient des chaussures à hauts talons, ce qui donnaient plus de majesté à la démarche.
- En 1500, les hommes adoptèrent les souliers ronds du bout, à fortes semelles; mais dès la fin du règne de Ferdinand le Catholique, on était revenu aux chaussures à pointes.
- Les souliers prirent alors très exactement la forme du pied : ils étaient de soie ou de velours de diverses couleurs, rarement en cuir, avec des crevés, des bouffettes et des garnitures, à semelle plate et sans talons. La botte haute était en usage pour le cheval et la chasse et les femmes ayant abandonné les souliers àéchasse portaient des chaussures à talons un peu élevés, mais raisonnables.
- Sous le règne de François Ier la chaussure était d’étoffe, tailladée avec des crevés, des bouffettes et des rubans. Vers 1570 on porta le brodequin lacé ou à boutons; le rebord et le cou-de-pied étaient ornés de rubans et de rosettes.
- Les femmes portaient, selon leur taille, l’escarpin ou le patin, et Brantôme écrira à ce sujet : « Et puis faut accompagner le pied d’un bel escarpin blanc et d’une mule de velours noir ou d’autre
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- couleur, ou bien d’un beau petit patin, tant bien fait que rien plus, mais ces petits escarpins sont pour les grandes et hautes femmes, car ils ne sont propres pour les courtaudes et nabottes qui ont leurs grands chevaux et patins lièges de deux pieds. »
- Parmi les formes de chaussures, usitées à cette époque, il faut faire une mention spéciale aux « mules de Venise ».
- Sous le règne d’Henri IV, nous trouvons pour les femmes une forme toute nouvelle appelée « soulier à pont ». Ils avaient des oreilles, de très larges ouvertures des deux côtés et une pièce qui remontait sur le cou-de-pied; ils étaient exhaussés sur un fort talon, ce qui ne s’était encore jamais fait en France.
- En 1520, on remplaça en Allemagne, les souliers à « bec de canard » par des chaussures appelées « griffes d’ours » ou « mufle de vache».
- Vers le milieu du xvie, siècle, les chaussures d’homme devinrent moins larges et furent coupées, tailladées, à crevés, ornées de bouf-fettes de rubans, confectionnées en soie ou en satin, avec des ornements d’argent.
- La mode adopta également les pantoufles sans quartiers portées sous les chaussures qui, selon le chroniqueur « clacquaient et trai-naient » en marchant.
- Le xviie siècle est pour la chaussure une époque d’innovations élégantes; le bottier confectionnait une grande variété de chaussures; on avait alors des bottes fortes et des bottes molles, des bottes pour la pêche; des bottes pour la chasse, pour la ville, pour la campagne; des bottes noires et des bottes blanches. Deux modèles de bottes suffiront pour donner une idée de la richesse de la botterie d’alors : la botte à entonnoir et la botte à retroussis; la botte à entonnoir, botte de cavalier revêtue de son éperon d’or à molette d’argent, en cuir mou et problablement chamoiré, mais doublé à l’entonnoir, de façon à ce que le cuir ait la consistance nécessaire pour former l’évasement du bonnet de la tige.
- La botte à retroussis, botte de seigneur de la cour d’Anne d’Autriche, est d’un goût et d’une exécution très remarquables.
- Pendant que la botte de cour se parait d’ornements en cuir et de précieuses dentelles, la botte militaire prenait un caractère plus solide et plus sérieux : faite en cuir de bœuf pour la semelle, de forte vache pour la tige, elle est en cuir très ferme et se noircit à la cire.
- Vers le milieu du siècle, les bottes furent remplacées par des
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- souliers très élégants, exhaussés sur des talons rouges de trois à quatre pouces de haut, et Molière écrira : « Ils ont itou de petits rabats au bout des bras et de grands entonnoirs de passement aux jambes, et parmi tout ça tant de rubans que c’est une vraie pitié. N’y a pas jusqu’aux souliers qui n’en soient tout farcis depuis un bout jusqu’à l’autre et ils sont faits d’une façon que je me rompis le cou avec ».
- Le xvme siècle apportera dans l’art de la chaussure la délicatesse qu’il sut répandre sur toutes choses, dans son étude sur le musée centennal à l’Exposition de 1900, notre collègue, A. Mortier, rapporteur de l’industrie de la chaussure, a écrit :
- « D’une manière générale, le soulier d’homme reste sensiblement au xvme siècle ce qu’il avait été au xvne; ses formes cependant varient quelque peu : les bouts autrefois carrés chez les contemporains de Colbert, se sont amincis et effilés; les cuirs sont plus fins; la boucle a définitivement remplacé le nœud de ruban qu’on arrangeait, en 1860, sur son pied comme à sa cravate. Mais le soulier de femme s’affine davantage, et le grand portrait de Mme de Pom-padour au Louvre le montre dans toute son élégance : il est à talon blanc, à pointe arrondie, un peu relevé à la chinoise. Si la peau est blanche, on la brode de semis de fleurs en tons polychromes. Le musée de Cluny possède une paire de ces souliers où les feuilles vertes sont mêlées à des ornements rocaille en argent; les talons sont décorés dans le même style; la boucle est restée en cailloux du Rhin, montés en argent. Et ce sera presque sans transition le soulier de Louis XVI, car les formes changeront peu de 1750 à 1780, mais on emploiera moins la peau blanche. La soie mouchetée sera en faveur. On usera aussi du satin de couleur, foncé, ou rose, ou feuille morte. Les talons seront roses autant que blancs. »
- Nous touchons à la période révolutionnaire, où mœurs et modes vont profondément changer.
- En 1789, la boucle disparaît, le rose est la couleur dominante; le talon abaissé, diminué, est rose; l’empeigne en peau, en satin, en soie, en damas est le plus souvent rose; la garniture est également rose; cependant il est d’usage pour le bal d’avoir des talons blancs.
- Le plus souvent la chaussure révolutionnaire est noire pour les hommes comme pour les femmes.
- « La Révolution, écrit M. A. Mortier, a sa place marquée dans l’histoire de la chaussure; elle à tué le talon. A tort ou à raison il rappelait les menuets de la reine, les marquises, les femmes du
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- procès du collier; la proscription l’atteignit comme ceux qui l’avaient porté. Aussi, en 1798, le soulier de femme est plat, avec l’empeigne double et dentelée; on n’y met ni paillettes, ni boucles; on revient presque au cothurne romain. C’est avec des souliers de ce genre que les futures maréchales iront assister à la grande fête de Berthier. Les uns y seront de maroquin rouge, les autres de peau blanche, tous noués d’un cordonnet par de petits glands d’or. La pointe reste plutôt exagérée. Chez les hommes, elle est signe de bon ton; ceux-ci ont leurs souliers en cuir léger, en galuchat le plus souvent. »
- Enfin la mode des bottes commence; elle est extrêmement pointue, mais le bout n’est plus relevé comme sous Louis XYÏ.
- Sous Napoléon Ier, la légèreté de la chaussure, était considérée comme une qualité dont la valeur primait les autres, et il ne sera pas question à la cour de l’empereur de chaussures à talon. « Joséphine, raconte M. Frédéric Masson, l’historien de Napoléon et de sa famille, a cinq cents paires de souliers et n’en use pas moins de deux cents cinquante paires». Notre collègue, M. A. Mortier, qui cite cet auteur, dit que « ces objets sont faits de rien, incroyable ment légers, véritables bijoux d’étagère, avec lesquels on ne pouvait ni ne devait marcher. » Le mot de Coppée, ajoute notre collègue, à une dame qui se plaignait d’une chaussure éclatée « Madame aura marché », était moins qu’une malice l’expression de la vérité.
- IV
- C’est également sur ce mot que nous terminerons ce rapide exposé de l’histoire de la chaussure; dans les pages suivantes, nous allons suivre le développement de cette industrie, depuis le commencement du xixe siècle, jusqu’à nos jours, et ainsi que nous l’avons fait pour les autres objets dont nous avons eu à nous occuper, nous puiserons dans les rapports des Expositions qui ont été organisées, à diverses époques, au xixe siècle, les éléments nécessaires d’une documentation dont toute la valeur réside dans sa parfaite exactitude.
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- LA CHAUSSURE A TRAVERS LE XIXe SIÈCLE ET JUSQU’EN 1906.
- Sous le Directoire et l’Empire, les hommes portèrent des bottes rigides et collantes à talons bas et larges, les femmes des bottines basses lacées au dedans ou à boutons de côté. Ces modèles se voyaient encore à l’Exposition de 1855; on y trouvait aussi des chaussures rappelant, au moins pour les talons, le règne de Louis XV ; enfin les bottines avec élastiques faisaient leur entrée dans le monde.
- Mais le xixe siècle et les premières années du xxe ont surtout été marquées par les révolutions profondes que la mécanique devait apporter dans l’industrie de la chaussure.
- Surtout l’article à bon marché a fait des progrès considérables.
- La chaussure sur mesure, sans doute, occupe encore une place importante, mais ce que nous devons surtout signaler ce sont le goût, l’élégance, le confortable de la chaussure toute faite.
- Cette industrie, relativement jeune, a pris en ces dernières années une importance dont on ne saurait méconnaître les heureux effets.
- Il est rare, à notre époque, de voir quelqu’un mal chaussé; nos fabricants produisent à des prix extraordinaires de bon marché des articles qui, par leur forme, la qualité de la marchandise, et l’exécution soignée, sont en état de rivaliser avec les meilleures chaussures.
- Ces transformations sont le résultat des améliorations qui ont été apportées dans les méthodes de travail et dans la fabrication industrielle.
- «Jadis, écrit M. A. Picard, dans son ouvrage intitulé le« Bilan d’un siècle » la fabrication industrielle n’existait pas. Les chaussures étaient généralement faites sur mesure, dans de modestes ateliers ne comprenant que le patron, la femme et un apprenti, auxquels s’ajoutaient parfois quelques compagnons : ces ateliers, dont le bon La Fontaine chanta la gaieté proverbiale, ont été popularisés par la gravure. Quant au commerce peu important de la
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- chaussure confectionnée par avance, il était exercé par des marchands, pour lesquels travaillaient soit les maîtres cordonniers pendant les mortes-saisons, soit des fournisseurs spéciaux. »
- Dans son rapport sur T Exposition de 1889, notre collègue, M. A. Leduc, nous a introduits dans un des ateliers de cette époque et nos lecteurs nous sauront gré de reproduire ici, ces lignes .
- « Quiconque, écrit M. A. Leduc, a vu le modeste cordonnier d’autrefois, travaillant sur son tabouret, sa femme et un apprenti à ses côtés, a pu se rendre compte des soins que nécessite la confection d’une bonne chaussure.
- «Après avoir tracé les contours du pied avec une feuille de papier, il en prenait la longueur avec un compas, divisé en douze pouces de quatre points chacun, qui, dit-on, représentait la longueur du pied de Charlemagne, et était pour cette raison appelé pied de roi. Cette mesure équivalait à 0 m. 35. On s’en sert encore de nos jours, mais le système métrique tend à la remplacer.
- » Ensuite, il prenait les épaisseurs du pied et de la jambe au moyen d’une bande de papier qu’il écornait à chaque mesure, et qui devait lui servir à dresser la forme et les patrons sur lesquels il coupait la semelle et les dessus.
- «La femme piquait ces dessus à l’alène ou à l’aiguille,le maître préparait son cuir pour les diverses parties du semelage, le battait de façon à l’égaliser et le rendre imperméable, tandis que l’apprenti, appelé bœuf dans le métier, faisait les fils, les poissait et y ajustait une soie de porc ou de sanglier.
- «Un jour venait où le patron mettait une alêne entre les mains de son apprenti; c’était le grand jour, car alors commençait l’initiation à tous les détails du métier. Cette initiation durait cinq ou six années, avant que l’apprenti devenu ouvrier pût songer à partir pour le Tour de France.
- D’abord aspirant compagnon, il travaillait dans la chambrée avec les compagnons. Dans cette chambrée, d’habitude égayée par la présence d’une pie ou d’un corbeau, le travail se faisait le soir autour d’une mauvaise lampe, dont la lumière était augmentée pour chaque ouvrier, par un globe rempli d’eau. Il régnait là une camaraderie dont se souviennent avec plaisir tous les anciens compagnons et qui durait toute la vie.
- » Nantes, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Lyon, etc., étaient les principales stations des cordonniers qui faisaient leur tour de France. Le nombre des compagnons a diminué considérablement
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- aujourd’hui, et on doit le regretter, car ils étaient tous de très bons ouvriers. On a pu en juger à l’Exposition de 1889, où ils se montraient collectivement pour la première fois.
- » Ils aimaient leur métier et se considéraient un peu comme des artistes. La fable de La Fontaine les peint bien; ils étaient gais et chantaient presque toujours en frappant sur le cuir.
- » Quelques-uns s’établissaient; on les appelait alors maîtres cordonniers. Ils occupaient d’anciens camarades et ne travaillaient que sur mesures, excepté dans les mortes-saisons où ils faisaient à l’avance quelques paires de chaussures qui, n’étant pas toujours vendues dans la saison à laquelle elles étaient destinées, se soldaient aux marchands de l’époque.
- «D’autres qu’on appelait fournisseurs, occupant les ouvriers inférieurs, fabriquaient à bon marché pour ces marchands, dont la plupart étaient établis à Paris dans la rue Saint-Denis et principalement rue Guérin-Boisseau. »
- Voici le tableau tracé par M. Aristide Appert, et que notre collègue, M. A. Leduc, a eu l’heureuse idée de joindre à son travail de 1889.
- Jusqu’en 1820, il en fut ainsi dans le métier de cordonnier; mais sans transitions, franchissons d’un seul élan les quatre-vingt-huit ans qui nous séparent de cette époque, et pénétrons à notre tour dans une grande manufacture moderne de chaussures.
- Tout le travail se fait mécaniquement. Sa force motrice comprend deux machines à vapeur, l’une de 250 chevaux et l’autre de 200; une génératrice à courant continu de 180 kilowatts et une autre de 60, destinées à la lumière et à des transports de force.
- Tout l’outillage mécanique est surveillé et entretenu par un Ingénieur des arts et manufactures.
- Il comprend pour le cousu trépointe, seulement :
- 1° Machine à graver la semelle première;
- 2° Machine à relever la gravure de cette semelle;
- 3° Machine à entoiler la même semelle, en collant de la toile, sauf au droit du talon, à l’aide d’une composition caoutchoutée;
- 4° Machine opérant le montage de la chaussure après fixation de la première semelle et de la tige sur la forme. (L’organeprincipal est une pince tirant les différentes parties de la tige comme le ferait un ouvrier avec une pince à main; un semenceur automatique fixe la tige par des pointes sur le pourtour de la première semelle; à l’endroit du talon, on ne se sert pas de la pince, mais une petite
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- plaque tend et rabat la tige, que le semenceur fixe au moyen de petites semences; à la pointe, la semence est remplacée par un fil de fer, dont l’emploi supprime le faufilage.)
- 5° Machine à coudre, au point de chaînette, la trépointe sur la chaussure et à l’assembler, en même temps que la tige, sur la lèvre relevée de la première semelle (le fil se poisse sur la machine même);
- 6° Machine enlevant, par un couteau circulaire à tranchant dentelé, les parties de tige et de trépointe qui dépassent le point;
- 7° Machine martelant la couture, l'aplatissant et relevant la trépointe;
- 8° Presse pour le collage de la seconde semelle sur la première; dont la partie creuse, à l’intérieur du bourrelet formé par la couture, a été préalablement garnie au moyen de cuir ou de liège et de colle;
- 9° Machine à semenceur automatique, enfonçant des clous sur le pourtour de l’emplacement du talon;
- 10° Machine pour couper régulièrement le bord de la semelle et de la trépointe, à l’aide d’une lame oscillante, et pour graver la semelle, à l’aide d’un couteau oscillant, sur l’emplacement où sera pratiquée la couture;
- 11° Machine pourvue d’une hélice à rotation rapide, amincissant la cambrure et ouvrant la gravure de la semelle;
- 12° Machine à alêne, aiguille et navette circulaires, effectuant la couture, au fil poissé, de la semelle sur la trépointe;
- 13° Machine à disque rotatif pour rabattre la gravure par-dessus la couture;
- 14° Machine à porte-ouvrage oscillant et à rouleau animé d’un mouvement de va et vient, en même temps qu’il tourne et s’incline, pour faire disparaître toutes les irrégularités qui existent sur la surface extérieure de la semelle;
- 15° Machine rainant la trépointe aux endroits où elle est traversée par la couture ;
- 16° Machine pour fixer le talon sur la chaussure, au moyen de clous qui se rivent d’eux-mêmes à l’intérieur, et pour y adapter le bon bout;
- 17° Machine à cheviller le bon bout;
- 18° Machines à fraiser et à gouger les talons;
- 19° Machine à fraiser les lisses, c’est-à-dire les bords de la semelle;
- 20° Machine à gratter les talons;
- 21° Machine à petits fers oscillants, chauffés par le gaz, le pétrole ou l’alcool, pour faire briller les bords de la semelle, passés au noir;
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- 22° Machine à papier de verre et meule d’émeri pour gratter le dessous de la semelle, les cambrures et le bon bout;
- 23° Machine analogue, terminant le ponçage dans les parties d?accès difficile;
- 24° Machine à brosses en crin et en étoile, déformant à froid la semelle et le talon;
- 25° Machine à brosse et tampons, pour nettoyer la tige et les cambrures ;
- 26° Machine imprimant la marque de fabrique.
- Si l’on considère que la fabrication de la chaussure peut se diviser en cinq classes :
- 1° Le cousu-machine ;
- 2° Le cloué;
- 3° Le cousu chausson, ou le cousu retourné,
- 4° Le cousu façon main ;
- 5° Le cousu main;
- On peut aisément se rendre compte de l’importance du matériel et du nombre d’ouvriers qui sont nécessaires dans les entreprises fabriquant tous ces genres.
- LA DIVISION DU TRAVAIL
- L’industrie de la chaussure est peut-être la seule parmi toutes les industries, qui puisse arriver à une aussi grande divisibilité de la main-d’œuvre.
- Pour se rendre compte de l’importance que les industriels français attachent à la division du travail, il nous suffira de dire qu’une paire de chaussures, en cousu machine, passe par 94 mains différentes après avoir été soumise aux diverses phases suivantes : broche du cuir, coupe de la peausserie, sciage des étoffes, compostage, piquage de la tige, préparation, montage, couture de la semelle, rabattage des gravures, fabrication du talon, pose, fraisage et verrage du talon; fraisage et finissage des lisses, déforme puis nettoyage, maillochage, emballage, réception et expédition. j$. Chacune de ces phases correspond à un service distinct dirigé par un contremaître spécialiste.
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- C’est avec une pareille organisation que l’industrie de la chaussure se présente à notre époque de grosse production et de concurrence à outrance.
- CENTRES DE PRODUCTION
- Presque partout, en France, on fabrique la chaussure, mais les centres de production les plus importants sont : i
- Paris, qui compte un grand nombre de maisons importantes, dont la plupart font fabriquer surplace des articles spéciaux, mais qui possèdent en province des usines qui complètent leur fabrication.
- Lyon, qui fabrique de la belle chaussure; Nancy, qui fabrique plutôt des articles à bon marché.
- Fougères, qui fabrique en grande quantité tous les articles en feutre, en étoffe et en cuir.
- Malheureusement des grèves récentes ont entravé la prospérité de cette industrie, et les relèvements de salaire ont rendu la lutte impossible pour plusieurs manufacturiers qui ont été obligés de fermer leurs usines ou de les transporter ailleurs.
- Nous pouvons également citer , Blois, Romans et ses environs, Limoges, Lillers, Liancourt-sur-Oise, les départements du Lot-et-Garonne, de la Dordogne, de Seine-et-Oise, du Nord, du Pas-de-Calais, de l’Orne, etc., etc.
- LES TRANSFORMATIONS DANS L’INDUSTRIE DE LA CHAUSSURE
- DE 1820 A 1906
- Mais comment s’est opérée cette transformation ou plutôt cette l'évolution dans l’industrie de la chaussure?
- Un seul coup d’une baguette magique n’a pas suffi pour changer 1 échoppe de l’ancien cordonnier en une de ces merveilleuses usines
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- modernes, dont nous venons d’esquisser à grands traits les principaux caractères.
- Vers 1820, les allures de la profession commencèrent à se modifier.
- MM. Albert Leduc, A. Picard, A. Mortier, dans leurs travaux nous ont dit les phases de ces diverses modifications qui devaient aboutir aux procédés de fabrication actuellement employés.
- C’est à l’honorable M. Alfred Picard que nous empruntons le récit de ces périodes, car il est lui-même le résumé de plusieurs autres travaux et contient les plus nombreux renseignements.
- « Vers 1820, en effet, plusieurs maîtres entreprirent d’expédier des chaussures dans l’Amérique du Sud, à la Réunion, à Bourbon, puis aux Antilles. Le principe de la division du travail reçut bientôt ses premières applications, qui ne tardèrent pas à se développer avec les procédés mécaniques.
- L’instrument par excellence est la machine à coudre : les premiers essais de couture mécanique pour la chaussure remontent à 1854 et ont été tentés avec la machine Grower et Baker, qui fournissait un point de chaînette d’une solidité insuffisante; depuis, l’industrie a été dotée de machines plus parfaites, telles que celles des Howe, de Whecler et Wilson, etc., la célèbre machine Blake destinée à coudre les semelles en travers, la machine analogue de M. Keats. Dès 1838, Simon avait inventé une machine à coudre très pratique. En 1844, Dumeny vulgarisait les chaussures vissées; Sellier, Lemercier et Goddu imaginaient ou perfectionnaient des machines affectées à cette fabrication. Vers 1855, Mollière de Lyon prenait un brevet pour un appareil à dresser et polir les lisses et les talons : il ouvrait ainsi la voie aux spécialistes américains et français, qui allaient améliorer son œuvre.
- Ajoutons les découpoirs à vapeur, les machines à monter, etc.
- L’Exposition de 1867 marqua un progrès considérable : la^chaus-sure sur mesure se distinguait par une main-d’œuvre des plus soignées : grâce à l’outillage nouveau et aux traités de 1860, la fabrication en gros avait pris un grand essor; toutes les tiges, excepté celles des bottes, étaient piquées mécaniquement; l’une des vitrines contenait des chaussures complètement faites à la machine. Notre commerce d’exportation était des plus prospères; nos produits en cousu main en cousu machine, en cloué ou en vissé s’expédiaient dans le monde entier.
- Lors de l’Exposition de 1878, on put constater une nouvelle
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- TROISIÈME PARTIE.---LA CHAUSSURE
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- étape franchie clans la voie clu travail mécanique; beaucoup cle fabricants exposaient des chaussures confectionnées, soit en partie, soit en totalité à la machine.
- Mais il était réservé à l’Exposition de 1889 de montrer des chaussures parfaites de confection et de qualité, entièrement obtenues par l’emploi des machines.
- En 1900, la France s’est montrée incontestablement digne du premier rang pour les articles dits à la main. Sans posséder encore la maîtrise des Etats-Unis dans le maniement des procédés mécaniques, elle y a cependant fait preuve de progrès rapides et d’une véritable habileté.
- La’’fabrication mécanique subit encore des améliorations constantes et elle doit subir les perfectionnements apportés aux machines déjà existantes.
- Ces quelques lignes, sont croyons-nous suffisantes pour édifier nos collègues sur les transformations de l’industrie de la chaussure : nous allons maintenant examiner quelle a été de 1902 à 1906, la situation commerciale de cette importante branche industrielle.
- SITUATION COMMERCIALE DE L’INDUSTRIE DES CHAUSSURES EN FRANCE DE 1902 à 1906.
- La fabrication .de la chaussure a été autrefois une de nos grandes industries d’exportation qui atteignait près de 100 millions.
- Les chiffres exacts ont été de 99 millions en 1880 et 98 millions en 1881. La valeur annuelle de nos exportations est retombée à des chiffres variant entre 70 et 80 millions pendant la période écoulée en 1881 et 1888; ces chiffres se sont réduits à 63 et 62 millions en 1889, 1890 et 1891; puis successivement à 38 millions en 1892, 31 millions en 1893, 21 millions en 1894, 19 millions en 1898, 17 miL lions en 1901 et enfin 13 millions en 1905.
- Jusqu’en 1889, la consommation de nos colonies n’absorbait qu une très petite proportion de nos exportations en chaussures; en 1896, elle représente déjà près de la moitié du chiffre total, pour dépasser en 1905, 63 %.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Pays étrangers y compris les zones franche......... 5.404.365
- 7.903.185
- Colonies et pays de protectorat
- 13.307.550
- Total
- Importations,
- Nos importations ont suivi une marche inverse, mais beaucoup moins rapide :
- 854.000 francs en 1896, 5.727.000 francs en 1905 et 8.819.000 fr. en 1906.
- Nos concurrents étrangers livrent à la consommation des marchandises d’une valeur de plus en plus grande.
- En ce qui concerne plus spécialement la situation aux importations, de 1902 à 1906, on peut faire les constatations suivantes. En 1902, nos principaux fournisseurs étaient :
- La Grande-Bretagne.......................... 72.710 paires
- Les États-Unis................................ 30.100 —
- La Belgique................................. 42.542 —
- La Suisse..................................... 27.764 —
- L’Espagne..................................... 21.587 —
- En 1906, les importations ont augmenté, en ce qui concerne :
- La Grande-Bretagne.......................... 261.769 paires
- La Suisse................................... 97.952 —
- La Belgique................................... 65.851 —*
- Les États-Unis............................. 61.571 —
- Elles ont diminué avec l’Espagne, qui ne nous a expédié que, 20.485 paires de chaussures.
- En dehors de ces nations, il convient de mentionner d’une façon plus spéciale le progrès des importations allemandes qui, de 10.702 paires en 1902, nous a expédié, en 1906, 55.205 paires de chaussures.
- On peut attribuer la hausse des importations anglaises, au succès qu’ont eu dans le public les larges formes de chaussures fabriquées par nos voisins d’Outre-Manche.
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- TROISIÈME PARTIE. :—* LA CHAUSSURE
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- Ces formes paraissent plus commodes aux pieds et moins fatigantes pour la marche, que celles de nos fabricants français auxquels on a souvent reproché de trop sacrifier le bien-être du pied à son élégance.
- Le vieux proverbe « Il faut savoir souffrir pour être beaux », ne doit plus avoir de force aujourd’hui et nous sommes heureux de constater que dans la chaussure fabriquée, nos cordonniers français, s’appliquent de plus en plus à produire des chaussures construites en conformité de l’anatomie du pied, et non pour flatter les yeux !
- Ils redoutent les conséquences de la hausse constante des importations de chaussures étrangères en France, et font les efforts les plus louables pour l’enrayer; quant à nous, nous ne croyons pas à l’avenir de ces sociétés étrangères qui encombrent notre propre marché.
- Nous pouvons, sans doute, admirer le soin et le talent qu’elles apportent à « faire leur montre » très attrayante pour le public, mais chacun sait qu’il est toujours très difficile d’obtenir des vendeurs un article exactement semblable de formes, sans parler de la qualité, à ceux qui constituent la réclame principale de la maison.
- Notre grande clientèle française n’aime point qu’on lui force la main en l’obligeant à prendre un article plus cher que celui qu’elle demande et elle n’accorde qu’une confiance très passagère aux maisons dans lesquelles « on ne trouve jamais ce qu’on veut ».
- Exportation.
- En 1902, nos exportations de chaussures en cuir, atteignaient 16.804. 656 francs; en l’espace de quatre années, elles ont baissé de 3.497.106 francs; et ne sont plus que de 13.307.550 francs en 1906.
- Nos principaux acheteurs étaient en 1902 : La Grande-Bretagne 85.176 kilogrammes.
- La Belgique 68.759
- La Suisse 49.208
- Zones franches 42.211
- Algérie 373.881
- Madagascar 45.028
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- EXPOSITION DE MILAN
- Si nous comparons cette situation avec celle de 1906, nous constatons que notre commerce d’exportation s’est développé avec :
- L’Allemagne, la Belgique, l’Égypte, la République Argentine et l’ensemble des autres pays étrangers; sauf avec :
- La Grande-Bretagne et la Suisse, qui nous ont acheté en moins grande quantité qu’en 1906.
- Nos colonies, dont l’état de civilisation se développe au fur et à mesure que notre influence civilisatrice s’y fait sentir, offrent des débouchés de plus en plus importants aux fabricants de la métropole.
- Nos exportations de chaussures se sont développées avec la Tunisie, la Martinique, la Guadeloupe, et l’ensemble des autres pays de protectorat ou colonies.
- Néanmoins elles ont une tendance à faiblir, en Algérie, à Madagascar, en Indo-Chine et à la Guyane.
- Espérons que ces symptômes ne sont point inquiétants et que notre commerce d’exportation aux colonies permettra aux fabricants de réparer, en partie, les pertes qui [leur sont imposées par le développement de l’industrie à l’étranger.
- Paris a des chausseurs incomparables, qui sont les instigateurs de la mode et resteront les fournisseurs attitrés de la riche clientèle étrangère, et qui se trouvent à l’abri des effets de la concurrence étrangère.
- Notre commerce d’exportation atteint encore un chiffie ties élevé et on doit savoir reconnaître les efforts de nos fabricants français qui, autrefois maîtres du marché, sont obligés de lutter cà la fois contre le développement de la production locale, dans les pays qui étaient tributaires de la France et les droits prohibitifs contre lesquels se heurtent nos produits
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- CHAUSSURES EN CUIR
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS 1901 190:2 1903 1904 1905
- DE PROVENANCE ET DE IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA-
- DESTINATION TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- paires kilos paires kilos paires kilos paires kilos paires kilos
- Grande-Bretagne . . 72.710 85.176 84.836 88.380 120.264 81.437 188.153 79.516 261.769 73.523
- Allemagne Belgique 10.702 22.438 16.653 24.883 34.952 27.674 41.939 22.769 55.205 24.143
- 42.542 68.759 65.923 92.056 64.690 121.004 64.194 104.059 65.851 99.615
- Suisse 27.764 49.208 55.337 44.033 56.312 42.974 97.501 42.439 97.952 34.962
- Espagne 21.5S7 » 19.828 )) 17.840 )) 25.404 » 20.485 »
- Autriche-Hongrie . 4.575 )) 10.805 )) 12.857 )) 13.018 )) 12.838 »
- Maroc 49 )) 23 )) 108 )) 194 )) 197 »
- Etats-Unis 90.100 » 28.860 )) 28.447 )) 32.924 » 61.571 14.013
- Egypte )) 4.137 )) 6.200 )) 8.324 )) 20.693 »
- République Argentine )) 4.102 }) » „ 3.907 4.656 „ 7.880
- Zones franches .... )) 42.211 )) 38.652 » 35.516 » 45.087 » 42.856
- Brésil )) 6.408 )) 6.044 » » » )) » ))
- Chili I) )) )) » » 5.305 » 4.387 » »
- Colombie » » )) 7.658 » » » » » » ^
- Italie •7.657 )) 9.633 )) » )) » » » »
- Autres pays étrang. 2.464 45.515 1.544 32.1S6 5.860 46.141 5.472 47.302 6.201. 63.299
- Établissements fran çais de la côte occidentale d’Afrique. )) )) 11.727 »
- Tunisie )) )) )) 21.282 )) 17.728 » 19.942 )) 30.108
- Nouvelle Calédonie. )) 26.160 )) 21.302 » 22.740 )) )) » »
- Sénégal Algérie » 21.759 )) )) » » )) 18.962 » 14.235
- 4.691 373.881 6.360 383.422 12.258 385.574 8.268 326.847 5.438 340.746
- Madagascar et dép. )) 45.028 30.026 » 20.294 )) 22.424 )) 22.479
- Indo-Chine )) 25.501 )) 26.969 )) 32.330 16 36.663 » 20.576
- Guyane française . . » 27.29; » 28.072 )) 23.722 » 24.404 )) 24.164'
- Martinique )) L » )) 20.769 » » )) 21.491 )) 15.879
- Guadeloupe ...... » » » )) » )) » » )) 20.400
- Autres Colonies et Pays de protecto. 86.097 213 56.629 284 61.675 162 52.308 395 ! 38.292
- Quantités totales . . 222.100 933.592 300.015 928.623 353.874 948.072 477.245 893.949 587.902 887.170'
- Valeurs totales, fr. . 2.221.000 16.804.656 3.000.150 16.715.214 3.538.740 17.065.296 5.726.940 13.409.235 8.818.530 13.307.550
- TROISIÈME PARTIE. -- LA CHAUSSURE
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- FRANCE. — Chaussures en caoutchouc
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE et de DESTINATION 1903 1903 1904 1905 1906
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIOFS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- quantités quantités quantités quantités quantités quantités quantités quantités quantités quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos
- Russie 14.337 )) 16.572 )) 37.095 )) 24.948 » 9.543 »
- Suède )) )) 36.838 » 46.992 )) 53.848 )) 41.009 »
- Grande-Bretagne 242.838 45.864 275.885 16.941 125.508 54.006 120.951 88.324 268.888 40.542
- Allemagne 31.805 )) 31.284 )) 11.872 » 14.967 29.538 »
- Belgique 7.129 23.279 27.433 18.461 160.362 9.286 84.451 5.380 17.141 15.207
- Autriche-Hongrie 76.458 ))• 91.328 )) 56.869 )) 56.644 » 30.916 »
- Espagne )) 14.391 )) 11.115 )) 17.020 )) 8.688 )) 4.536
- Brésil )) » )) )) )) 2.192 ». )) » 2.897
- République-Argentine . )) )) )) )) )) Ai )) » » »! 3.334
- Chili )) 5.883 )) )) )) )) )) 4.305 » 5.868
- Turquie )) )) » 13.805 )> )) » )) » » .
- Etats-Unis 23.803 » » )) )) )) » )) » ' »
- Autres Pays étrangers . 4.725 16.207 5.494 11.040 16.161 8.597 8.082 17.856 3.070 10.435
- Guyane française )) 4.195 )) 3.482 )) 2.605 i 3.333 J 8.034
- Indo-Chine )) 2.943 )) 3.454 )) 2.167 1.485 »
- Saint-Pierre et Pêche . . 7 )) 1 )) » )) f )) ( »
- | 49 3
- Autres Colonies et Pays
- de Protectorat » 4.975 )) 3.288 » . 1.910 1 1.123 1 4.112
- Quantités totales .... 401.102 117.737 484.835 81.586 454.859 97.783 363.940 130.494 400.108 94.965
- Valeurs totales 2.807.714 941.896 3.393.845 652.688 3.638.872 880.047 2.911.520 1.174.446 3.200.864 854.685
- 472 EXPOSITION DE MILAN
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- TROISIÈME PARTIE. —- LA CHAUSSURE
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- LES PATRONS CORDONNIERS ET LEURS OUVRIERS
- SPÉCIALITÉ DES FABRICANTS
- L’industrie de la chaussure comprend :
- Les chausseurs ou cordonniers sur mesures;
- Les soyeux, fabriquant spécialement la chaussure en soie ;
- Les fabricants en gros de cousu main soigné;
- Les fabricants (grands et petits) traitant tous les genres;
- Ceux qui travaillent pour vendre eux-mêmes au détail;
- Ceux qui fabriquent spécialement pour la chasse et la pêche;
- Les fabricants de chaussures pour enfants;
- Les fabricants de pantoufles, chaussons et semelles intérieuies, Les fabricants d’accessoires;
- Ls galochiers.
- PERSONNEL
- Lors du dernier recensement, la population active totale s occupant de la cordonnerie, bottes, bottines, galoches de cuii et de bois, était de 217.737 personnes, dont 189.062 hommes et 28.675 femmes.
- La fabrication des chaussures de feutre, chaussons, pantoufles, espadrilles, sandales, occupait 12.643 personnes, dont .6461 hommes
- et 6.182 femmes,
- On comptait 27.255 établissements où se fabriquent la botte, la bottine, la galoche; sur ce nombre ;
- 22.310 employaient de 1 à 4 personnes
- 3.159 — 0
- 1.024 — de 5 à
- 10
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- 474
- EXPOSITION DE MILAN
- 308 employaient de 11 à 30 personnes
- 230 — de 21 à 50 —
- 101 — de 51 à 100 —
- 87 — plus de 100 —
- Cette profession était exercée par 100.978 travailleurs isolés, dont 94.831 hommes et 6.147 femmes.
- Il y avait également 31.825 chefs d’établissements, dont 27.108 hommes et 4.717 femmes.
- Au contraire, 1.356 établissements fabriquaient la chaussure de feutre et l’espadrille.
- Sur ce nombre :
- 156 procuraient du travail à 1 à 4 personnes; 430 n’employaient personne;
- 59 avaient un personnel de 5 à 10 personnes; 43 — — de 11 à 20
- 36 — — de 21 à 50 —
- 14 — — de 51 à 100
- 15 — — de plus de 100 —
- 2.838 travailleurs isolés dont 1.133 hommes et 1.705 femmes, étaient employés à cette fabrication; 2.025 personnes occupaient les fonctions de directeurs d’établissements : sur ce nombre on comptait 1.042 hommes et 983 femmes.
- SALAIRES
- Dans l’industrie de la chaussure, les salaires sont assez variables; les ouvriers à la journée et ceux aux pièces, les conducteurs de machines, les femmes, les enfants, ont des salaires qui varient selon les régions, selon le genre de travail qu’ils doivent faire, selon la quantité de travail qu’ils doivent produire, selon leur plus ou moins grande habileté.
- On peut parler d’ouvriers gagnant 15 à 18 francs par jour, on peut citer des femmes gagnant 6 fr. 50, et des enfants 1 à 2 francs.
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- TROISIÈME PARTIE. -- LA CHAUSSURE
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- On peut également parler d’ouvriers gagnant en moyenne 4 francs par jour, les femmes 2 francs et même moins, les enfants 50 centimes.
- En général le métier de la chaussure est rémunérateur pour le personnel hommes et femmes.
- ASSOCIATIONS
- On compte plusieurs Associations patronales, spécialement et uniquement constituées pour défendre les intérêts corporatifs et économiques des fabricants et vendeurs de chaussures.
- 1° La Chambre syndicale de la chaussure en gros.
- 2° Le Syndicat général de l’industrie de la chaussure.
- 3° La Chambre syndicale des fournitures générales pour chaussures.
- 4° La Chambre syndicale des fabricants d’articles métalliques pour mercerie, confections et chaussures;
- 5° La Chambre syndicale des marchands de chaussures en détail;
- En dehors de ces associations, il existe dans les centres de fabrication, des Associations qui groupent tous les patrons de la région.
- Les ouvriers cordonniers poussent très loin l’esprit de camaraderie et se soutiennent entre eux dans le malheur avec beaucoup de dévouement.
- Ils ont créé différents Syndicats, dont l’action n’a pas toujours été très favorable à la prospérité de l’industrie de la chaussure.
- Il existe à Paris, une Société de secours mu tuels dite de la cordonnerie; la plupart des directeurs d’usines ont créé et soutiennent des Caisses spéciales pour secours en cas de maladie, frais médicaux et pharmaceutiques.
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- EXPOSITION DE MILAN
- LA CHAUSSURE EN ITALIE
- L’industrie de la chaussure est parmi les plus prospères dans la catégorie des articles de vêtements fabriqués par l’Italie.
- La chaussure fabriquée à la mécanique est encore dans son enfance et aucun fabricant italien de cet article n’avait envoyé ses produits à l’Exposition de Milan.
- Mais on y voyait de la chaussure fabriquée à la main et qui, de l’avis même de connaisseurs très expérimentés, égalait le plus beau travail similaire exécuté en France, surtout dans la chaussure d’hommes.
- Les Italiens, très habiles dans la confection de la chaussure cousue à la main, travaillent dans des conditions telles de bon marché, qu’ils n’éprouvent pas outre mesure le besoin de recourir à la fabrication mécanique; toutefois quelques maisons viennent de se monter mécaniquement.
- SITUATION DU COMMERCE DE LA CHAUSSURE EN ITALIE
- DE 1901 A 1906.
- L’Italie fabrique des chaussures de peau, d’étoffe, de soie et de velours*
- Importations.
- Le commerce d’importation comprend surtout les chaussures en caoutchouc.
- En 1905, sur un commerce qui à l’importation a atteint 1.307.640 lires, la part des chaussures en caoutchouc était de 705.650 lires, celle des autres chaussures, cuir et étoffe, de 601.990 lires.
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- TROISIÈME PARTIE.
- LA CHAUSSURE
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- CHAUSSURES EN CAOUTCHOUC
- En 1901, le commerce d’importation de cet article en Italie, atteignait 592.000 lires; en 1905, il se montait à 705.650 lires.
- De 1901 à 1905, les importations françaises, allemandes, anglaises et américaines ont progressé; elles ont, au contraire, diminué en ce qui concerne l’Autriche-Hongrie, la Suisse, la Belgique et la Chine.
- Les principaux fournisseurs ont été en 1905, par rang d’importance, l’Allemagne, les États-Unis, l’Angleterre, l’Autriche-Hongrie, la France et la Suisse.
- CHAUSSURES EN CUIR, ÉTOFFE, ETC., ETC.
- Le commerce d’importation de ces articles a, de 1901 à 1905, subi la progression suivante :
- Valeur en lires 1901 , 1905
- Chaussures de cuir........... 217.600 589.900
- — d’autres sortes........ 47.250 12.090
- Total........... 264.850 601.990
- De 1901 à 1905, les importations ont augmenté en ce qui concerne, l’Autriche-Hongrie, la France, l’Allemagne, l’Angleterre et les Etats-Unis.
- Le commerce de la Suisse qui, en 1904, avait atteint 34.650 lires, est retombé en 1905, à 10.200 lires, chiffre très peu supérieur à celui de 1901, 9.600 lires.
- Les principaux fournisseurs pour 1905 ont été, par rang d importance : l’Autriche-Hongrie, les États-Unis, la France, 1 Angleterre, 1 Allemagne et la Suisse.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Exportations
- L’Italie exporte surtout des chaussures de cuir, d’étoffe, de velours et de soie.
- En 1901, son commerce d’exportation avait produit les résultats suivants :
- Chaussures de cuir.......... 1.206.400 lires.
- — de soie.......... 77.000 —
- Total................ 1.283.400 lires.
- En 1905, nous trouvons la situation suivante :
- Chaussures de cuir............ 1.925.250 lires.
- — desoie............... 129.270 —
- Total................ 2.054.520 lires
- Soit, en faveur de 1905, une augmentation de : 771.120 lires.
- De 1901 à 1905, les exportations de chaussures italiennes ont augmenté en Allemagne, en France, à Malte, en Suisse, aux Indes britanniques, en Égypte, en Tunisie, avec la République-Argentine et le Pérou.
- Elles ont, au contraire, faibli en Autriche-Hongrie, en Angleterre, en Chine, en Erythrée, aux États-Unis, au Brésil.
- Les principaux clients de F Italie sont, par rang d importance . l’Allemagne, la Suisse, les Indes anglaises, l'île de Malte, l’Autriche-Hongrie, les États-Unis et l’Égypte.
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-
- mm
- av
- ITALIE. — CHAUSSURES de toute espèce, de peau ou d'étoffes excepté de soie ou de velours
- Statistiques italiennes. — Commerce spécial
- PAYS ET DE DESTINATION DE PROVENANCE 1001 1903 1903 1904 1905
- IMPORTA- TION EXPORTA- TION IMPORTA- TION EXPORTA- TION IMPORTA- TION EXPORTA- TION IMPORTA- TION EXPORTA- TION IMPORTA- TION EXPORTA- TION
- lires 1 i res lires lires lires lires lires lires lires lires
- Autriche-Hongrie .... 56.000 248.800 90.400 124.000 127.200 229.600 171.600 198.000 221.850 118.150
- France 42.400 4.800 80.800 13.600 83.200 24.000 89.925 4.950 84.150 6.800
- Allemagne 27.200 498.400 16.000 452.000 63.200 500.600 95.700 525.525 52.700 672.350
- Belgique )) )) )) » )) 4.000 )) )) )) B
- Angleterre 16.800 136.000 25.600 )) 37.600 » 23.925 B 58.650 6.800
- Malte 2.400 68.800 3.200 125.600 )) 160.000 1.650 15.675 1.700 121.550
- Monténégro )) - )) )) » )) )) )) .» )) 3.400
- Espagne )) )) )) 1.600 )) )) B )) )) 8.500
- Portugal )) » )) )) )) 3.200 )) 2.475 » »
- Suisse 9.600 102.400 16.000 236.800 19.200 187.200 34.650 763.950 10.200 613.700
- Turquie d’Europe .... Indes britanniques et 3.200 ” 1.600 2.400 4.000 )) 4.950 1.650 4.250 ))
- Ceylan )) )) )) 1.600 )) )) U 28.875 B 147.050
- | Chine » 5.600 )) )) )) 6.400 )) )) B 1.700
- Possessions hollandaises )) I) » » » )) » 1.650 )) 21.250
- , Egypte 2.400 7.200 » 68.800 )) 52.000 )) 64.350 B 81.600
- Tunisie 4.000 6.400 4.000 3.200 3.200 12.000 4.125 5.775 3.400 7.650
- Erythrée )) 12.800 )) 7.200 )) 5.600 )) 8.250 )) 3.400
- Autres pays d’Afrique )) )) » 1.600 )) )) » 12.375 )) 4.250
- Etats-Unis 50.400 98.400 95.200 51.200 96.000 16.800 82.500 B 152.150 73.100
- Amérique centrale » » » )) » )) » » 2.400 B 1.650 B 1.700
- Brésil » 11.200 )) 1.600 » 6.400 )) 2.475 )) 12.000
- Argentine )) 3.200 )) 11.200 » )) )) 5.775 850 12.750
- Chili )) » )) 3.200 )) )) )) 2.475 )) 9.350
- Pérou » )) » » )) )) B 5.775 )) ))
- Grèce 3.200 » 1.600 )) )) )> )) 1.650 » ))
- Australie » 2.400 . » )) » )) )) )) )) ))
- Autres pays )) - — )) )) 6.400 )) 8.800 » 1.650 )) ))
- Totaux 217.600 1.206.400 334.400 1.112.000 433.600 1.224.000 509.025 1.654.950 589.900 1.925.250
- TROISIÈME PARTIE. -- LA CHAUSSURE 479
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- ITALIE. — CHAUSSURES EN CAOUTCHOUC, doublées ou garnies d’étofïe.
- Statistiques italiennes. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1901 1902 1903 1904 1905
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- lires lires lires lires lires lires lires lires lires lires
- Autriche-Hongrie .... 251.000 » 244.500 )) 154.500 )) 121.800 )) 118.250 »
- France 7.500 )) 6.500 )) 22.500 )) 34.650 )) 23.100 ))
- Allemagne 209.500 » 357.000 )) 282.000 )) 335.475 )) 234.850 ))
- Angleterre 85.000 )) 80.000 )) 55.000 )) 89.775 » 145.750 ))
- Suisse 7.500 )) 12.000 )) 1.500 » 12.600 )> 6.050 ))
- Etats-Unis 7.000 )) 74.500 )) 89.500 » 293.475 )) 177.650 ))
- Belgique 7.500 » 24.000 )) 29.500 )) 2.100 )) )) »
- Chine 17.000 » )) » )) » )) )) » ))
- Russie )) » 79.000 )) 6.000 )) 12.075 » y) ))
- Totaux ...... 592.000 » 877.500 » 640.500 y) 901.950 » 705.650 ))
- 480 EXPOSITION DE MILAN
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- Statistiques italiennes. — Commerce spécial
- ITALIE. — CHAUSSURES de toute autre sorte
- PAYS 1901 1903 1903 1904 1905
- DK PROVENANCE ET DE DESTINATION IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- lires lires lires lires lires lires lires lires lires lires
- Autriche-Hongrie 8.750 9.625 3.500 2.625 4.375 8.750 )) 11.700 2.790 8.370
- France 16.625 2.625 2.625 5.250 1.750 )) )) 9.000 1.860 6.510
- Allemagne 2.625 )) 11.375 41.125 7.875 )) 10.800 )) 3.720 ))
- Angleterre 15.750 )) 2.625 )) 1.750 )) 4.500 1.800 2.790 ))
- Malte » 15.750 » 4.375 )) )) )) 187.200 )) 4.650
- Russie )) )) 1.750 )) )) )) )) )) )) 930
- Indes britanniques et Ceylan » )) )) „ )) )) )) 26.100 )) 62.310
- Egypte )) 12.250 )) )) )) )) )) 900 )) 1.860
- Tunisie )) 21.000 )) 21.875 )) 21.875 900 30.600 )) 27.900
- Tripolitaine » )) » » )) )) )) 900 )) 2.790
- Erythrée )) 2.625 )) » » 2.625 )) 900 » 6.510
- Etats-Unis 1.750 )) 5.250 )) 6.125 )) 7.200 )) 930 ))
- Argentine )) )) » )) )) » )> )) » 7.440
- Suisse 1.750 6.125 875 8.750 )) )) )) 900 )) ))
- Turquie d’Europe )) 2.625 » )) )) )) )) )) )) ))
- Chili )) 4.375 )) )) )) 2.625 )) )) )) )>
- Possessions hollandaises d’Asie )) )) )) )) )) )) )) 900 )) ))
- Autres pays d’Asie.... » )) )) )) )) )) )) 2.700 )) »
- Algérie )) )) )) )) )) )) )) 900 )) ))
- Autres pays d’Afrique. )) )ï )) )) )) )) )) 2.700 )) ))
- Totaux 47.250 77.000 20.000 84.000 21.875 35.875 23.400 277.200 12.090 129.270
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- EXPOSITION DE MILAN
- LES CHAUSSURES A L’EXPOSITION DE MILAN
- L’Exposition de Milan avait groupé neuf exposants individuels auxquels s’était joint la Collectivité des chaussures de Paris qui comptaient huit des principales maisons de la Place.
- Le Jury a décerné quatre Grands prix, aux exposants individuels, MM. Boisselier, Cordier, Dressoir Pemartin Pulm et Cie, Hunnebelle.
- La Collectivité des chausseurs de Paris a également obtenu le Grand prix, elle comprenait les maisons Anthony, Berthelot, Cyr Robert, Hellestern, Lagel, Monquignon, Robat et Thomas.
- L’ensemble de cette exposition était des plus gracieux, nous nous excusons de ne publier aucune notice sur chacune des maisons qui la constituaient, mais nous avons suivi ici, comme dans les autres chapitres, une règle absolue et nous ne pouvions faire de divisions parmi nos Collègues qui avaient jugé préférable de grouper leurs efforts pour faire une exposition collective.
- Le nom des exposants, la réputation dont ils jouissent en France et à l’étranger, la haute récompense que leur a décerné le Jury sont des éléments suffisants pour établir la valeur des produits qu’ils fabriquent et qui sont de premier ordre.
- COLLECTIVITÉ DES CHAUSSEURS DE PARIS
- Anthony, 31, rue de la Pépinière. — Chaussures de luxe pour hommes, dames et enfants.
- Berthelot frères, 96, boulevard Sébastopol. — Chaussures de luxe pour hommes, dames et enfants.
- Cyr (Robert), 65, rue de Richelieu. — Bottes d’ordonnance.
- Hellstern, 23, place Vendôme. — Chaussures de luxe pour hommes, dames et enfants.
- Lagel, 352, rue Saint-Honoré. — Chaussures de luxe.
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- Monquignon (Successeur de Perchellet), 2, place Vendôme, 356, rue Saint-Honoré. — Chaussures de luxe, ressort breveté.
- Robet, 281, rue Saint-Honoré. — Chaussures de luxe.
- Thomas, 39, rue Caumartin, — Chaussures de luxe.
- Quant aux exposants dont nous avons eu à juger individuellement la fabrication, ils étaient représentés parles maisons suivantes.
- BRIHAYE (lYTédéric), Glageon (Nord).
- Cette maison a été fondée en 1879 et s’est spécialisée dans la fabrication de la chaussure de travail. Elle possède, à Glageon, dans le Nord, une importante manufacture, dontT outillage et le matériel sont américains.
- En outre, elle a des dépôts à Paris, 11, rue Gerbier dans le onzième arrondissement; à Lyon, 29, Cours Morand, et à Lille, 5 bis, rue de la Quennette. Le Jury des récompenses lui a accordé à Milan, une Médaille d’or.
- BOISSELIER (A.) ET FILS, 13 et 15, rue du Banquier, Paris.
- Cette maison, une des plus importantes manufactures parisiennes de chaussures cousues et clouées, a été fondée en 1882 par son titulaire actuel.
- M. Boisselier a rendu à l’industrie de la chaussure en gros d’importants services, en établissant des modèles qui puissent rivaliser comme prix et comme qualité avec les produits que la Belgique, l’Autriche et l’Angleterre jetaient sur le marché français.
- Non seulement M. Alfred Boisselier possède une importante manufacture à Paris, mais encore il a plusieurs ateliers en province, notamment, à LIesdin dans le Pas-de-Calais, à Breteuil, A ille dans 1 Oise, et une corroierie à Gentilly dans le département de la Seine,
- Aux différentes Expositions auxquelles il a participé, M. A. Boisselier a toujours obtenu pour ses produits les plus hautes récompenses.
- Nous citerons une Médaille de bronze à l’Exposition universelle de Paris 1889; une Médaille d’or aux Expositions de Bruxelles
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- EXPOSITION DE MILAN
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- en 1897 et de Paris en 1900; un Grand prix à Hanoï 1902; une Médaille d’or à Saint-Louis en 1904; un Diplôme d’honneur là Liège en 1905; et un Grand prix à Milan en 1906.
- Les ateliers de cette maison possèdent un outillage ' moderne
- des plus perfectionnés qui lui permet de fabriquer en grande quantité et à des prix très inférieurs des articles cousus et cloués, dont l’élégance, le confortable et la bonne qualité ont été universellement appréciés par les Jurys internationaux ainsi que le démontre la liste des récompenses (pie nous publions plus haut.
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- CORDIER ET SES FILS, Fougères (I. et V ).
- .6- S
- Cette maison a été fondée en 1868 par MM. Cordier et est actuellement dirigée par MM. Gaton et René Cordier.
- Sa spécialité est la fabrication à la machine de chaussures pour dames, fillettes et enfants. Elle possède à Fougères, dans le département d’Ille-et-Vilaine, une importante manufacture dont l’outillage mécanique constamment renouvelé est perfectionné avec les dernières inventions de la science.
- Grâce à cet outillage très moderne, elle produit des articles très-soignés comme élégance, solidité et qualité supérieure.
- M. Cordier a fait figurer ses produits à un grand nombre d’Expositions et il y a obtenu les récompenses suivantes : Médaille de bronze : Paris 1878; Médaille d’argent : Paris 1879; Médaille d’or : Paris 1889;
- — — Paris 1900;
- Grand prix : Milan 1906.
- GOLLOT, 27, rue de Turbigo, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1863.
- Sa spécialité est la fabrication de chaussures cousues a îa main. Elle occupe un grand nombre d’ouvriers, travaillant chez eux, mais réunis dans divers centres de fabrication, tels que le Pas-de-Calais, le Nord et l’Orne. C’est elle qui, avant la création des grandes Sociétés récentes, a donné l’impulsion à la cordonnerie de mesure et de confection à Paris. Elle occupe une place prépondérante pour la vente sur la place de Paris et lutte avec avantage contre les maisons étrangères qui se disputent la clientèle. Depuis 1878, cette
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- maison a pris une part active un grand nombre d’Expositions et y a obtenu des récompenses qui font l’éloge de sa production.
- Nous citerons principalement l’Exposition universelle de Paris en 1878, de Paris en 1889, de Paris en 1900, de Bruxelles et de Liverpool, où elle obtint plusieurs Médailles d’argent et d’or; à Milan, le Jury lui décerna un Diplôme d’honneur.
- GOQUILLOT (J.), 10, rue de la Bourse, Paris.
- Cette maison s’est fait une spécialité de la chaussure de luxe, et de la « Botte d’Ordonnance ».
- En outre de sa maison de Paris, 10, rue de la Bourse à Paris, elle possède une succursale à Saumur, 45, rue Beaurepaire.
- Elle a apporté sa collaboration régulière à un grand nombre d’Expositions et a obtenu des récompenses qui témoignent de la qualité supérieure de ses produits.
- Nous citerons, des Médailles d’or : Bruxelles 1897, Paris, Exposition universelle de 1889 et à Hanoï en 1901.
- Cette maison a obtenu à l’Exposition de Milan, un Diplôme d’honneur.
- DRESSOIR, PEMARTIN PULM ET Gie, rue du Général-Lasalle, Paris.
- Cette maison est située à Paris, dans le xixe arrondissement, 12, 14 ,16, et 18, rue du Général-Lasalle, 46, 52, 54, rue Rébéval, 12, Passage Lauzin, 16, 17, 18, 19, 20, rue Rampai.
- Elle fut fondée en 1873 par M. Dressoir père. En 1880, M. Dressoir le chef de la maison actuelle perdait son père, et s’associait avec M. Pémartin, son beau-frère. Cette association sagement conduite et bien administrée fit de rapides progrès.
- En 1903, à la mort de M. Pémartin père, M. Dressoir fondait une nouvelle association avec le fils aîné de M. Pémartin et M. Pulm, son second beau-frère, et élevait au titre d’associés ses principaux collaborateurs. Aujourd’hui, cette maison est une des plus importantes de France et passe à juste titre, pour un modèle du genre Son importance est due principalement à une intelligente application des plus récents procédés mécaniques qui permettent de joindre la facilité à la rapidité de la production. C’est grâce à son remarquable
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- outillage, qu’elle peut atteindre une production courante de trois
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- mille paires de chaussures par jour. Sa.force motrice comprend deux machines à vapeur, F une de 250 chevaux et l’autre de 200,
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- une génératrice à courant continu de 180 kilowatts et une autre dont le courant est de 60 kilowatts et qui sont destinées à la lumière et à des transports de force. Tout l’outillage mécanique est surveillé et entretenu par un Ingénieur des arts et manufactures. Depuis deux ans, cette maison a créé à Vitré (Ille-et-Vilaine) une seconde usine pouvant produire 600 paires de chaussures par jour; elle a en outre, installé une tannerie à Arpajon (Seine-et-Oise). Dans ces dispositions industrielles, fort bien agencées, on a tenu compte des plus rigoureuses mesures de salubrité et d’hygiène. La maison Dressoir, Pémartin Pulm et Cie n’a pas été insensible à la pratique des idées généreuses de notre époque. Elle a fondé au profit de son personnel, et sans le secours pécunier de l’ouvrier, différentes œuvres de prévoyance sociale, une caisse de retraites, une caisse de secours contre la maladie, une caisse au profit des ouvrières relevant de couches.
- Les envois de cette maison aux Expositions ont toujours été couronnés du plus grand succès. Elle obtenait en 1883, à Amsterdam, une Médaille d’argent;en 1885, à Anvers, une Médaille d’or; en 1900 cà Paris, un Grand prix; en 1902, à Glasgow, Diplôme; 1903à Hanoï, 1904, Saint-Louis, 1905, Liège, 1906, Milan, le Jury lui a décerné le Grand prix.
- HUNEBELLE, à Amiens.
- La Maison a été fondée en 1878 par M. Alfred Hunebelle.
- En installant à Amiens une fabrique de chaussures, M. Hunebelle y implanta l’industrie de la fabrication de la chaussure.
- Le point de départ fut la fabrication de la grosse chaussure ferrée, vissée ou clouée, pour homme, femme et enfant, en un mot l’article rustique monté et fini à la main.
- Peu à peu, le personnel devenant plus habile et M. Hunebelle perfectionnant son matériel, la maison se lança timidement d’abord, puis grandement ensuite dans la fabrication de la chaussure fantaisie clouée et cousue à la main.
- Les efforts faits ne tardèrent point à être appréciés.
- C’est alors que M. Hunebelle ne pouvant plus répondre suffisamment vite aux demandes faites, se vit, par suite de l’extension énorme prise par son entreprise, dans l’obligation de faire édifier en 1898 une nouvelle usine, laquelle comprend une corroierie et une fabrique de chaussures, l’une alimentant l’autre.
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- Le matériel mécanique très perfectionné se compose de machines
- françaises et américaines les plus nouvelles pour la fabrication des chaussures et des cuirs.
- La mise en action de cet outillage demande une force de 250 chevaux.
- M. Hunebelle, tout en portant tous ses soins sur les moyens de production les meilleurs à employer et sur la façon d’en tirer le meilleur parti, n’a pas oublié ses collaborateurs dont le dévouement lui a permis de mener à bien la tâche qu’il s’était fixée.
- M. Hunebelle a fondé il y a quinze ans, pour son personnel, une caisse de secours mutuels qui fonctionne de la façon la plus large, et dans tous les cas où son aide est nécessaire .
- La maison exposant pour la première fois à l’Exposition de 1900 a obtenu une Médaille d’or, puis des Grands prix à chacune des Expositions de Lille 1902, Hanoï 1903, Saint-Louis 1904, Liège 1905 et Milan 1906.
- FERLIN MAUBON, 47, rue de Strasbourg, Nancy.
- Cette maison a été fondée en 1854, elle compte donc près d’un demi-siècle d’existence. Son titulaire actuel, M. Ferlin Maubon, en est le fondateur.
- En 1885, il a fait reconstruire son usine sur les plans des installations les plus modernes et afin de donner à ses ouvriers le plus de confortabilité possible.
- La fabrication de cette maison comporte la chaussure pour hommes, femmes, enfants et fillettes.
- Elle s’est fait une spécialité de chaussures en feutre à semelle feutre vaporisées, et des chaussons de tresse et de lisière.
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- ses produits y ont toujours obtenu les plus hautes récompenses, notamment aux Expositions suivantes :
- Médaille de bronze : Exposition universelle de Paris 1878; Médailles chargent : Paris 1889, Liège 1905; Médaille d’or : Milan 1906.
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- Elle est en outre propriétaire de certains types tels que le « Brodequin Ferlin » et le « Riga ».
- M. Ferlin a appor té, depuis de longues années, une part de collaboration active aux principales Expositions françaises et étrangères;
- THIERRY FRÈRES, 140, rue de Brequerecque, Boulogne-sur-Mer.
- Cette maison, une des plus importantes de la région du nord-ouest de la France, a été fondée en 1839 par M. Nicolas Thierry. Créée sur le sol anglais, elle fut transportée en 1860 sur le territoire français. Les propriétaires actuels possèdent deux usines à Boulogne-sur-Mer, et vingt deux maisons de vente à Londres, Liverpool et Manchester.
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- LA CHAUSSURE
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- Ils ont en outre, un bureau de vente et d’achat, 79, rue Réaumur à Paris.
- Ce sont eux qui introduisirent en France, les procédés de fabrication mécanique de la chaussure, en utilisant les procédés anglais et américains ainsi qu’un système tout spécial pour l’apprêt des tiges et le montage à l’étau.
- La spécialité de cette maison pour la vente en France est la chaussure de luxe pour hommes en cousu-trépointe.
- Ces chaussures sont fabriquées par les seuls procédés mécaniques. Les produits de la maison sont répandus sur la surface du globe, mais son exportation se fait surtout en Angleterre et dans les colonies anglaises.
- Depuis un grand nombre d’années, la maison Thierry frères, fréquente les Expositions où elle a obtenu les plus hautes récompenses.
- Une Médaille d’or à l’Exposition de Bruxelles, en 1897; une Médaille d’or à l’Exposition universelle de Paris, 1900, et un Grand prix à Planoï en 1902.
- Aux Expositions internationales de Liège, en 1905, et de Milan, en 1906, M. Paul Thierry fut nommé Membre du Jury, et sa manufacture fut naturellement mise Hors concours.
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- Les Cheveux
- HISTORIQUE
- LES CHEVEUX ET LEURS APPLICATIONS
- n^Ès la plus haute antiquité, les peuples eurent l’iclée d’uti-?l liser, comme un moyen de parure, les cheveux.
- Les « Raffinés» qui se désolaient d’être chauves devaient nécessairement regarder d’une mauvais œil, l’abondance de cheveux de ceux que la nature avait plus favorisés, et il était parfaitement humain que l’idée leur vint, surtout à une époque où la liberté et la propriété étaient plutôt mal comprises, de s’approprier même les cheveux d’autrui.
- Les cheveux ont été considérés comme la marque distinctive d’un rang social élevé, les esclaves étaient rasés et, au contraire, les seigneurs, les nobles, les propriétaires prenaient les plus grands soins de leurs cheveux.
- Xénophon, l’historien grec, raconte que le Mède Astyage portait de faux cheveux. A Rome, sous l’Empire, les hommes et les femmes portaient perruques; les courtisanes recherchaient de préférence celles qui étaient faites avec les blondes chevelures des Germaines.
- L’austérité des mœurs des premiers chrétiens devait mal s’accommoder du luxe et des débauches de Rome décadente
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- EXPOSITION DE MILAN
- Les prêtres interdirent les perruques, comme ils condamnèrent le luxe et la débauche.
- Ce n’est que plus tard, et d’une façon bien discrète, que la perruque fera une timide réapparition.
- L’Histoire veut que saint Louis, ayant perdu ses cheveux, au cours d’une maladie qu’il fit pendant une croisade, reçut des médecins, le conseil de se tenir la tête constamment couverte, pour éviter le froid. La Reine Blanche s’avisa que, puisque ce sont les cheveux qui nous tiennent chaud à la tête, rien n’était plus naturel que de la couvrir de cheveux postiches, alors qu’on avait perdu les siens. Elle demanda donc une mèche à chacun des seigneurs dont la nuance des cheveux, se rapprochait le plus de celle de son fils et les cousit un à un au bonnet du roi.
- C’est là, l’origine de la sympathie que les patrons perruquiers ont toujours témoignée à saint Louis, dont ils ont fait leur patron.
- Mais ce fut, paraît-il, un patron tout « accidentel » car saint Louis ne mit pas les perruques à la mode, et il nous faudra attendre le xviie siècle, pour voir apparaître d’une façon sérieuse, la mode des faux cheveux.
- Pourtant, la perruque n’avait pas disparu, notre collègue, M. Julien Hayem, « ne serait même pas étonné que Louis XI, chauve comme un saint Pierre, et fort peu consentant à l’être, n’eût mis sur sa calvitie quelque toupet de fabrication naïve », mais ce qui est certain, c’est que les baladins, turlupins et charlatans du Pont-Neuf, s’affublaient de perruques. Certains écrits de cette époque nous ont transmis le souvenir des mésaventures comiques qui troublèrent l’existence de ces perruques de comédiens.
- L’Histoire du costume, a cru indigne de sa splendeur, de parler de ces ornements dont la valeur, certes, devait être de peu d’importance, et il lui faut toute la pompe brillante du grand siècle, pour qu’elle consente à nous parler des perruques.
- « Les postiches pour femmes, les adjuvantes, si l’on veut, furent d’usage constant dès Louis XIII (1). »
- Louis XIII étant devenu chauve, se fit fabriquer une perruque, en 1630; il donna l’exemple, car bientôt la perruque devint la coiffure de la noblesse et de la bourgeoisie.
- Les perruques des femmes étaient généralement blondes. Celles
- (1) Julien Hayem, ouvrage cité.
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- des hommes fort longues, étaient partagées par le milieu et retombaient sur les épaules.
- On distinguait les perruques « à la française » qui furent remplacées par celles « à l’espagnole », la perruque « in-folio », chef-d’œuvre du genre qu’on remarqua sous le règne de Louis XIV et qui comporte tout une forêt capillaire.
- Louis le Grand portait d’énormes perruques et « il viendra un temps sur la fin du siècle, et quand le roi cherchera à dissimuler ses loupes sous les boucles de cheveux relevées en l’air, où la perruque sera impraticable aux gens contraints de mettre leur chapeau sur la tête (1). »
- Il était fait, pour les perruques du Roi, usage de quantités énormes de cheveux, et Binette, son perruquier, disait: « Je dépouille la tête des sujets pour couvrir celle du souverain ».
- Le perruquier du grand roi, était un personnage important, et quelques-uns de ses chefs-d’œuvre ne se vendaient pas moins de mille écus.
- C’est sans doute sous son influence, qu’en 1764 furent dressées en Conseil du roi, les statuts de la corporation des perruquiers qui, en échange de leur liberté, eurent le droit honorifique de porter l’épée, et l’exclusivité du trafic des cheveux; nul ne pouvait en vendre ailleurs qu’au bureau de leur corporation.
- Après 1784, les perruques diminuèrent de volume. « La coiffure de Marie Leczinska est, en 1729, disait Richelieu, tellement réduite, qu’il serait difficile d’en diminuer quelque chose, car il ne resterait plus rien. »
- Quant aux hommes, leur perruque aussi s’aplatissait et on portait les perruques pointues ou en forme de pyramide renversée, perruques carrées, petites perruques, perruques à la « Sartine », à la « Circonstance », perruques de Bichon, perruques à la « Moutonne ». Les magistrats eurent des perruques à trois marteaux; les militaires des perruques à la « Brigadière » et les ecclésiastiques coquets eurent des perruques d’abbés.
- Mais ces derniers n’étaient venus à la perruque, qu’après lui avoir fait une guerre qui eut pour conséquence de retarder l’époque de sa réapparition.
- Vers la fin du xvie siècle, lorsqu’on recommença en France, en Italie, en Angleterre à témoigner un amour démesuré pour les che-
- (1) J. Hayem.
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- EXPOSITION DE MILAN
- veux d’autrui, quelques prédicateurs se mêlèrent de vouloir proscrire les faux cheveux et d’anathématiser ceux qui en faisaient usage, ou même ceux qui laisseraient pousser leurs cheveux.
- Pour l’Eglise, c’était un crime de porter une longue chevelure vraie ou fausse, et les prêtres exigeaient qu’on portât, à leur exemple, une large calotte, simple ou garnie de poils.
- Godefroy, évêque d’Amiens, célébrant la messe à Saint-Omer, voulut que Robert, duc de Flandre, et quinze autres seigneurs se fissent couper leurs cheveux avant d’assister au sacrifice.
- Les anathèmes furent fulminés simultanément par le clergé catholique et par les ministres protestants, réconciliés pour frapper les perruques.
- Il y eut des théologiens qui imprimèrent que les perruques étaient l’ouvrage du démon; ils citèrent à l’appui de leur assertion, Tertul-lien, Saint-Cyprien et tous les Pères de l’Eglise grecque et latine; ils rapportèrent enfin les paroles de saint Grégoire de Nazianze qui dit « qu’au jugement dernier, on arrachera aux femmes les cheveux empruntés dont elles auront chargé leur tête, comme on arracha les fausses plumes dont s’était parée la corneille ».
- On comprend donc aisément la colère soulevée par l’abbé de Rivière et ses imitateurs; on comprend l’abbé Thiers écrivant l’Histoire des perruques et vouant aux foudres de l’Enfer les abbés perruqués. En réalité, ces abbés n’étaient point de mœurs très pures et ils ont laissé la réputation de « petits abbés xvme siècle. »
- Le xixe siècle ne connut pour ainsi dire point les perruques, les hommes ont complètement perdu l’habitude de porter ce « sous-couvre-chef » dont la réputation, jugée au point de vue de la commodité ou de l’hygiène ne fut pas toujours des meilleures.
- Les femmes ont continué l’habitude d’ajouter à leur chevelure naturelle des cheveux postiches, mais elles en usent avec beaucoup plus de discrétion, et les faux cheveux ne sont destinés qu’à faciliter la coiffure des vrais, et non à les remplacer.
- Depuis quelques années, les chapeaux à larges bords ont rendu nécessaire des coiffures très amples, et la mode actuelle utilise les faux cheveux en grande quantité.
- Certaines élégantes prétendent que les coiffures modernes abîment les vrais cheveux et le grand art consiste à paraître coiffée avec des cheveux qui ne sont pas à soi.
- Est-ce le premier pas dans la voie qui nous conduira à une renaissance des perruques in-folio.
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- TROISIÈME PARTIE. -- LES CHEVEUX
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- La guerre faite au théâtre, aux grands chapeaux pourrait bien avoir cette conclusion... désirable pour nos collègues fabricants de perruques, mais peu souhaitable pour l’agrément des spectateurs.
- L’INDUSTRIE MODERNE DES CHEVEUX POSTICHES
- L’adjonction de faux cheveux est considérée aujourd’hui comme un ornement indispensable à ajouter à la toilette féminine.
- Nos fabricants posticheurs ont fait depuis quelques années de si grands progrès, qu’ils sont arrivés, non seulement à suppléer gracieusement la nature, mais encore à observer dans la confection et l’adaptation les plus strictes lois de l’hygiène; il en résulte que la production a largement augmenté et tend à s’élargir encore.
- Les coiffeurs et posticheurs parisiens sont de constants créateurs et il y a eu dans la coiffure, et il y a encore, des noms dont la renommée est universelle.
- MATIÈRE PREMIÈRE
- Les cheveux naturels sont presque les seuls qui soient utilisés dans les nombreuses transformations auxquelles se prête le travail des cheveux; en langage technique on les appelle cheveux « bruts », ou cheveux « de coupe ».
- Les cheveux naturels sont achetés en Europe et hors d’Europe.
- La Chine nous envoie plus de cent mille kilos de cheveux, qui alimentent l’industrie des filets de front et les nattes ordinaires.
- Pour les perruques et nattes de prix, en dehors des démêlures préparées à Naples, on n’emploie que des cheveux de coupe dont l’Italie fournit à elle seule plus de 6.000 kilos par an à l’état brut, et dont le prix atteint de 60 à 80 francs le kilog suivant la beauté.
- Les cheveux les plus fins et les plus appréciés viennent de France et surtout de Bretagne.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Autrefois les coupeurs ne visitaient guère que la Bretagne et la Normandie; aujourd’hui il leur faut parcourir toute la France, pénétrer en Italie, et ils trouvent de grandes difficultés à se procurer les quantités de cheveux que l’industrie exige.
- C’est au printemps et à l’automne qu’apparaît le tondeur: il exerce son industrie de mai à juillet et de septembre à novembre, soit aux mois chauds, où les cheveux trop longs sont une gêne, soit à l’époque des grandes foires, des pardons, des assemblées.
- La récolte du tondeur est généralement finie à la Saint-Jean d’été. Ce jour-là, s’ouvre à Limoges, une grande foire aux cheveux, rendez-vous de tous les marchands, y compris ceux de Paris.
- La valeur des cheveux bruts est extrêmement variable. Elle dépend de leur finesse et de leur souplesse, de leur longueur et de leur couleur.
- A l’Exposition de Bruxelles, en 1897, figuraient des cheveux de 1 m. 90 estimés 2.000 francs.
- En général les cheveux frisés de 20 à 60 centimètres de longueur valent de 32 à 170 francs le kilo; les cheveux pour natte de 30 centimètres à 1 mètre de long, valent de 32 à 440 francs.
- Ces prix sont très variables et on ne peut guère établir des tarifs définitifs, car un des éléments qui contribuent à faire la valeur des cheveux c’est leur plus ou moins grande abondance sur le marché.
- FABRICATION
- Le travail des cheveux est l’œuvre de deux catégories distinctes de fabricants : les « apprêteurs » dont le métier consiste à transformer les cheveux bruts en cheveux ouvrés, propres aux emplois industriels, et les « posticheurs » ou coiffeurs qui exécutent avec les cheveux ouvrés des ouvrages de toute espèce.
- Les opérations des apprêteurs comprennent le nettoyage, le conditionnement, le tri et l’assortiment des divers genres de produits.
- C’est une industrie q*ui exige beaucoup de soins et un outillage tout spécial.
- Les coiffeurs se consacrent à la fabrication de ce qu’on appelle du nom générique de postiches. L’exécution de ces articles nécessite
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- TROISIÈME PARTIE.
- LES CHEVEUX
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- une main-d’œuvre assez compliquée. Il y faut du goût et une grande dextérité de main. Le coiffeur doit savoir créer un modèle, et, après l’avoir créé, le monter, c’est-à-dire établir une forme sur laquelle il fixe un à un les cheveux qui forment le postiche.
- Tout cela implique des manipulations fort minutieuses.
- Les apprêteurs et les coiffeurs ne sont pas les seuls représentants de l’industrie des cheveux; à côté d’eux, il y a les fabricants de dentelles, tulles et filets en cheveux, les bijoutiers et dessinateurs en cheveux.
- Ges spécialistes exécutent de menus ornements avec des cheveux noués ou tressés; ce sont généralement des souvenirs de personnes qui nous furent chères, parents ou amis.
- LE COMMERCE DES CHEVEUX EN FRANCE DE 1902 A 1906
- Nous avons dit qu’on divisait l’industrie des cheveux en deux catégories distinctes : d’une part les cheveux bruts, d’autre part les cheveux ouvrés.
- Les importations en France comprennent surtout des cheveux bruts, et nos exportations les plus fortes, portent au contraire, sur les cheveux ouvrés.
- En 1906, on a importé en France, 314.250 kilos de cheveux bruts représentant une valeur de 2.246.888 francs, tandis que nos exportations de cheveux non ouvrés, ne se sont élevées qu’à 47.802 kilos, représentant une valeur de 549.723 francs.
- Si, au contraire, nous regardons les chiffres du commerce des cheveux ouvrés, nous voyons que les importations pour 1906, ne représentent que 10.174 kilos, d’une valeur de 305.220 francs, tandis que les exportations atteignent, 14.771 kilos, d’une valeur de 590.840 fr.
- Comparée avec les années antérieures, cette situation nous donne les résultats suivants.
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- EXPOSITION DE MILAN
- CHEVEUX NON OUVRÉS
- Importation.
- De 1902 à 1906, le commerce d’importation des cheveux non-ouvrés, présente une plus-value d’environ 68 %.
- Nos relations se sont développées avec la Chine, l’Italie et le Japon, qui ont augmenté, en France, leurs envois de cheveux non préparés.
- La Chine qui, en 1902, ne nous envoyait que 87.212 kilos de cheveux, nous en a fourni en 1906, 163.675 kilos.
- Soit une augmentation de 50 %.
- Dans nos relations avec l’Italie, de 1902 à 1906, nous constatons une plus-value de 62 %.
- Cette nation, en effet, ne nous expédiait, en 1902, que 17.396 kilos de cheveux bruts, et, en 1906, ses importations atteignent 46.063 kilos.
- En 1902, l’Allemagne nous avait adressé 7.196 kilos de cheveux bruts, mais ces envois ont cessé, et, par contre, en 1906 seulement, nous constatons que le Japon nous a vendu 85.239 kilos de cheveux bruts.
- En résumé, de 1902 à 1906, les importations en France de cheveux non ouvrés peuvent se résumer de la façon suivante.
- CHEVEUX NON OUVRÉS
- Importation.
- 819.280 francs 1.180.872 —
- 1.170.827 —
- 1.528.799 —
- 2.246.888 —
- 1902 ........ 117.440 kilos.
- 1903 ........ 168.696 — .
- 1904 ........ 167.261 — .
- 1905 ........ 213.818 — .
- 1906 ........ 314.250 — .
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- TROISIÈME PARTIE. -- LES CHEVEUX
- 501
- 1902 19°6
- Importations chinoises.......... 87.212 kilos 163.675 kilos
- Importations italiennes......... 17.396 46.063
- Importations japonaises......... » 85.239
- Exportation.
- Les exportations françaises de cheveux bruts, sont beaucoup plus faibles que les importations, néanmoins, il est utile de constater que cette branche de notre commerce se développe, car entre les chiffres de 1902 et ceux de 1906, on constate une plus value de 75 %.
- Nous exportons des cheveux bruts en Egypte, en Espagne, dans les Indes anglaises, en Suisse et en Angleterre.
- L’Espagne est notre plus fort acheteur de cet article, et de 1902 à 1906, ses achats ont progressé dans une proportion de 230 %. Quant à l’Angleterre qui, en 1902, ne nous avait acheté que 1.872 kilos de cheveux bruts, elle nous a demandé, en 1906, de lui en foui nii 11.410 kilos. La Suisse nous en a demandé, 5.588 kilos, quant à l’Egypte, elle n’a ni augmenté, ni diminué ses achats.
- La situation aux exportations se résume donc ainsi.
- Exportations de cheveux bruts
- 1902 27 395 kilos.... 301.345 francs
- 1903 45 288 .... 278.168 —
- 1904 26 985 .••• 303.581
- 1905 33 814 .... 388.861 —
- 1906 47 802 ..•• 549.723
- 1902 1906
- Exportations Exportations Exportations Exportations en Espagne en Angleterre en Egypte en Suisse 6.319 kilos 1.872 kilos .. 3.911 — » 20.577 kilos 11.410 — 3.686 — 5.588 —
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- 502
- EXPOSITION DE MILAN
- CHEVEUX OUVRÉS
- Importation.
- La Chine, le Japon, les Indes anglaises, l’Italie envoient en France des cheveux ouvrés.
- Mais les quantités qui nous parviennent ainsi sont très variables. Ainsi la Chine, de 1902 à 1906, nous a envoyé, en :
- 1902 ...................... 480 kilogrammes
- 1903 .................... 1.140 —
- 1904 .................... 1.804 —
- 1905 .................... 6.923 —
- 1906 .................... 3.542 —
- Avec le commerce de l’Italie nous trouvons des fluctuations encore plus importantes, soit :
- 1902
- 1903 200 —
- 1904 887 —
- 1905 835 —
- 1906 1.082 —
- Si nous prenons maintenant les importations des Indes anglaises, nous voyons ces fluctuations encore plus exagérées :
- 1902 ................... 9.423 kilogrammes
- 1903 .................. 19.202 —
- 1904 .................. 10.425 —
- 1905 .................... 3.762 —
- 1906 .................... 2.309 —
- En résumé, les importations en France, de cheveux ouvrés ont donné les résultats suivants pour la période de 1902 à 1906.
- 1902 . . . 11.005 kilos 308 140
- 1903 . .. 21.850 — 611.800
- 1904 . . . 16.201 — 453 628
- 1905 ... 17.862 — 535 860
- 1906 ... 10.174 — 305.220
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- TROISIÈME PARTIE. --- LES CHEVEUX
- 503
- Exportation.
- Nos principaux clients en 1902 à l’exportation, étaient : la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Egypte; en 1906, nous exportons des cheveux ouvrés en Angleterre, en Allemagne, en Suisse et en Espagne.
- Comparées avec les importations du même article, les exportations fournissent une plus-value de 95 %.
- Notre commerce d’exportation de cheveux ouvrés a varié dans les proportions suivantes :
- Avec la Grande-Bretagne 1902...................... 2.387 kilos
- — 1903...................... 8.388 —
- — 1904...................... 9.943 —
- — 1905...................... 5.712 —
- — 1906...................... 4.573 —
- 1902 1906
- Avec l’Allemagne.................. 1.612 kilos 3.686 kilos
- Avec l’Egypte..................... 1.293 kilos »
- En 1906 seulement, nous avons exporté des cheveux ouvrés en Espagne (2.756 kilos) et en Suisse (1.930 kilos).
- En résumé, la situation de l’industrie des cheveux postiches a été prospère pendant l’année 1906 et il en sera ainsi tant que la mode exigera que les femmes avantagent par des procédés artificiels, les dons de grâce et de beauté que la nature leur a prodigués !
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-
- FRANCE. — Cheveux non ouvrés.
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE et de DESTINATION 1902 1903 1904 1905 1906
- Importa- tions Exporta- tions Importa- tions Exporta- tions Importa- tions Exportations Importa- tions Exporta- tions Importa- tions Exporta- tions
- quantités quantités quantités quantités quantités quantités quantités quantités quantités quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos
- Allemagne 7.196 )) )) )) 1) 2.828 )) 8.577 » »
- Italie 17.396 )) 19.540 3.401 23.513 3.222 28.255 )) 46.063 »
- Chine 87.212 - 6.720 128.597 » 125.063 )) 136.150 )) 163.675 ))
- Angleterre » 1.872 )> )) )) )) )) 2.444 )) 11.410
- Espagne » 6.319 )) 6.937 )) 9.946 )) 12.073 )) 20.577
- Egypte )) 3.911 )) 2.742 )) )) )) 3.054 )) 3.686
- Indes anglaises » )) 12.863 » 9.124 )) 10.120 )) )) »
- Etats-Unis )) )) )) 5.902 )) 5.509 )) )) )) ))
- Japon )) )) )) )) )) )) )) )) 85.239 ))
- Suisse » )) )) )) )) )) )) )) )) 5.588
- Autres Pays étrangers . 4.833 8.573 7.682 6.306 9.345 5.480 39.293 7.666 19.273 6.541
- Indo-Chine 403 )) 14 )) )) » )) )) )) ))
- Ile de Madagascar “ )) )) )) 216 )) )) )) )) »
- Quantités totales .... 117.040 27.395 168.696 25.288 167.261 26.985 213.818 33.814 314.250 47.802
- Valeurs totales 819.280 301.345 1.180.872 278.168 1.170.827 303.581 1.528.799 388.861 2.246.888 549.723
- wmm
- EXPOSITION DE MILAN
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-
- FRANCE. — CHEVEUX OUVRÉS
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- ,
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1902 1903 1904 1905 1906
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos lvl los kilos kilos kilos kilos
- Grande-Bretagne .... 651 2.387 617 8.388 1.214 9.943 571 5.712 826 4.573
- Allemagne 77 1.612 582 2.143 148 3.882 747 7.018 614 3.686
- Italie 322 )) 200 )) 887 )) 835 )) 1.082 ))
- Indes anglaises 9.423 )> 19.202 )) 10.425 )) 3.762 )) 2.309 ))
- Chine 480 » 1.140 )) 1.804 )) 6.923 )) 3.542 ))
- Japon )) )) )) )) 1.640 )) 4.913 )) 1.298 ))
- Suisse 5 • )) )) )) 1) )) )) )) )) 1.930
- Espagne )) » )) )) )) )) )) » » 2.576
- Etats-Unis )) )) )) )) )> )) )) c 3.280 )) ))
- Egypte » 1.293 )) 2.442 » 1.618 )) » )) ))
- Autres Pays étrangers . 47 [ 1.241 109 1.401 70 4.159 111 1.704 487 2.006
- Tunisie )) )) » )) )) )) )) )) 16 ))
- Algérie )) )) » )) 13 )) )) 44 )) ))
- Indo-Chine )) )) )) )) )) 22 )) )) )) ))
- Quantités totales .. Valeurs totales ... Teaux de l’Unité 11.005 308.140 28 6.533 235.188 36 21.850 611.800 28 14.374 517.464 36 16.201 453.628 28 19.624 726.088 37 17.862 535.860 30 17.798 710.320 40 10.174 305.220 30 14.771 590.840 40
- TROISIÈME PARTIE. --- LES CHEVEUX
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- ITALIE. — CHEVEUX OUVRÉS g
- Statistiques italiennes. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1901 1902 1903 1904 1903
- IMPORTA- TIONS ! EXPORTATIONS IMPORTA- TIONS 1 BXPORTA-i TI ON S IMPORTA- TIONS | EXPORTATIONS IMPORTA- TIONS [exporta- tions IMPORTA- TIONS exporta- tions
- lires lires lires lires lires lires lires lires lires lires
- Autriche-Hongrie .... )) 174.450 )) 71 .700 )) 101.700 )) )) )) 1.500
- France 111.800 120.150 11.900 14 .100 23.700 37.500 20.100 266.400 8.100 195.600
- Allemagne )) )> 1.400 )) )) 30.150 )) )) 900 ))
- Chine )) ' )) )) )> » )) )) )) 9.600 ))
- 1 Etats-Unis )) 250.500 )) 3G .000 )) 265.050 )) 700.500 » 17.700
- B Autres pays de l’Améri-
- G que du Sud )) » )) )) » )) )) )) » 11.250
- Angleterre )> 194.550 » )> î) 57.000 » 25.500 » ))
- Suisse )) 49.350 )) » )) )) )) )) )) ))
- Malte )) )) )) » )) )) 2.550 )) ))
- Totaux 111.800 789.000 13.300 121 800 23.700 - 491.400 20.100 994.950 18.600 226.050
- EXPOSITION DE MILAN
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- ITALIE. — CHEVEUX NON OUVRÉS
- Statistiques italiennes. — Commerce spécial.
- PAYS 1901 1902 1903 1904 1905
- DK PROVENANCE ET DE DESTINATION IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- lires lires 1 lires lires lires lires lires lires lires lires
- Autriche-Hongrie )) 422.220 » 178.020 )) 471.000 )) 550.560 1.140 1.234.020
- Belgique » )) » )) » )) )) )> )) 38.820
- France 85.980 1.453.620 162.840 1.365.720 444.960 1.252.620 241.980 1.637.220 48.000 1.906.260
- Allemagne 70.800 5.460 )) )) 7.200 62.100 )) 29.820 » 5.580
- Angleterre » 96.660 » 184.800 56.340 199.560 61.920 151.020 184.620 93.300
- Etats-Unis » 547.020 )) 723.060 » 1.581.600 )) 1.317.900 )) 1.323.120
- Argentine Autres pays de l’Amé- )) )) )) )) )) )) )> » J) 6.480
- rique du Sud » )) )) )) )) )) )) )) y> 9.000
- Suisse » 83.760 » 41.880 )) 37.020 )) ” » ))
- Tunisie )) 42.000 '.y )) )) )) 780 )> » ))
- Chine » )> )) )) 31.020 )) 40.560 )) )) ))
- Grèce . . » )) )) » )) )) 720 )) )) ))
- Turquie d’Europe . . . . )) )) )) )) )) )) 900 )) )) ))
- Totaux 1 156.780 |2.650.740 162.840 2.493.480 539.520 3.603.900 346.860 3.686.520 233.760 4.616.580
- TROISIÈME PARTIE. --- LES CHEVEUX
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- EXPOSITION DE MILA
- L’INDUSTRIE DES CHEVEUX EN ITALIE
- Ce n’est pas seulement en France que l’on a pu constater la prospérité de l’industrie des cheveux postiches.
- La situation de cette industrie est également très prospère en Italie.
- Mais le commerce porte principalement sur les cheveux bruts dont l’Italie exporte de grandes quantités.
- CHEVEUX BRUTS
- Importation.
- En 1901, la France et l’Allemagne étaient les deux seules nations qui importaient en Italie des cheveux bruts.
- En 1905, les nations importatrices sont, par ordre d’importance, l’Angleterre, la France et l’Autriche-Hongrie.
- Les importations françaises ont suivi la marche suivante :
- 1901 ......................... 85.980 lires
- 1902 ........................ 162.840 —
- 1903 ........................ 444.960 —
- 1904 ....................... 241.980 —
- 1905 ......................... 48.000 — *
- L’année 1905 est la dernière dont les chiffres aient été publiés, nous ne pouvons donc dire si cette baisse formidable n’est que momentanée, ou si elle a des causes qui peuvent la rendre définitive.
- Les importations de cheveux bruts en Italie, en 1905, ont été faibles, mais néanmoins supérieures aux années 1901 et 1902.
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- La grande consommation qui a été faite ces dernières années de cheveux postiches, doit certainement avoir eu une répercussion sui les importations de certains pays, car il a été difficile de satisfaiie aux demandes de la clientèle indigène.
- De 1903, première année où l’on trouve trace des importations anglaises, à 1905, on constate une hausse constante dans leur valeur et, en 1905, ce sont les cheveux importés par 1 Angleterre, qui sont en plus grande quantité sur le marché italien ; voici 1 état des importations anglaises (cheveux bruts).
- iqna ........................... 56.340 lires.
- 1904............................ 61.920 —
- 1905........................... 184.620 —
- Quant aux importations allemandes, pour 1 année 1901, elles représentaient une valeur de 70.800 lires, et pour 1 année 1903, elles ne valent plus que 7.200 lires; elles disparaissent les années suivantes du tableau du commerce italien.
- Exportation.
- Nous avons dit que la branche principale du commerce des cheveux en Italie, était l’exportation de « cheveux bruts ».
- C’est en France que sont exportées les plus grandes quantités.
- Le commerce spécial des cheveux bruts a atteint à 1 expoitation les chiffres suivants pour les années :
- 1901 ..................... 2.650.740 lires.
- 1902 ....................... 2.493.480 —
- 1903 ...................... 3.603.900 —
- 1904 ...................... 3.686.520 —
- 1905 ....................... 4.616.580 —
- Dans ce chiffres d’affaire la part de la France a été poui :
- 1901 ..................... 1.453.620 lires.
- 1902 ....................... 1.365.720 —
- 1903 ....................... 1.252.620 —
- 1904 ....................... 1.637.220 —
- 1905 ....................... 1.906.260 —
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- EXPOSITION DE MILAN
- Celle des États-Unis, qui viennent en second, a varié de 547.020 lires en 1901, à 1.323.120 lires en 1905. L’Autriche-Hongrie en a reçu pour 422.220 lires en 1901 et 1.234.020 lires en 1905, enfin l’Angleterre, arrive au quatrième rang, avec des achats variants de 96.660 lires en 1901, à 93.300 lires en 1905.
- CHEVEUX OUVRÉS
- L’industrie des cheveux ouvrés est beaucoup moins importante en Italie, que celle des cheveux bruts.
- La France est infiniment supérieure dans ce commerce qui, néanmoins, est assez développé en Italie, car les exportations sont très supérieures aux importations.
- Importation.
- Jusqu’en 1905, la France était la seule nation qui importait en Italie des cheveux ouvrés, mais en 1905 nous avons vu la Chine et l’Allemagne, entrer en ligne de compte pour nous disputer ce marché.
- Les importations françaises qui, en 1901, étaient de 111.800 lires, sont tombées en 1905 à 8.100 lires; en 1905 également les importations allemandes ont été d’une valeur de 900 lires, et celles de la Chine ont atteint 9.600 lires, supérieures de 1.500 lires aux nôtres.
- Exportation.
- Quant aux exportations, les principaux clients de l’Italie, étaient les États-Unis dont les achats représentaient une valeur de :
- 250.500 lires................... en 1901
- 36.000 — ...................... en 1902
- 265.050 — ...................... en 1903
- 700.500 — ........................ en 1904
- 17.700 — ...................... en 1905
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- Mais en 1905, la valeur des exportations en France a été bien supérieure à celle des États-Unis, soit 195.600 lires pour la France, contre 17.700 aux États-Unis.
- L’Italie exporte des cheveux bruts ouvrés en Autriche-Hongrie, en France, aux États-Unis, dans F Amérique du Sud, en Angleterre, etc., etc.
- Comparaison du commerce italien et du commerce français
- Cheveux bruts.. Cheveux ouvrés
- Importations italiennes année 1905 valeur en livres.
- 233.760
- 18.600
- Importations françaises année 1905 valeur en francs.
- 2.246.888
- 535.860
- Total......... 252.360
- 2.782.748
- Comparaison des exportations
- Cheveux bruts. .. Cheveux ouvrés..
- Total
- Italiennes année 1905 valeur en livres.
- 4.616.580
- 226.050
- 4.842.630
- Françaises année 1905 valeur en francs.
- 388.861
- 710.320
- 1.099.181
- LES CHEVEUX A L’EXPOSITION DE MILAN
- A l’Exposition de Liège, en 1904, quatre maisons avaient figuré dans la Classe 86.
- Le Jury « émerveillé devant la difficulté inouïe que doit pré-
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- EXPOSITION DE MILAN
- seriter l’exécution, absolument parfaite, des pièces qu’il a été à même de voir dans les vitrines des quatre maisons exposantes », avait décerné deux Médailles d’or et avait dû limiter à ce nombre de récompenses, son désir de bienveillance, et son besoin de justice, car sur les quatre maisons, deux étaient Hors concours, leurs directeurs étant eux-mêmes Membres du Jury.
- A Milan, trois maisons seulement avaient participé à la Section française : MM. Croizier-Noirat, Lalanne et Latouche.
- Notre collègue, Léon Chevreau, a fait en 1905, l’éloge des efforts de ces industriels et il est demeuré « émerveillé » devant leur habileté à surmonter les difficultés du métier.
- Que pouvons-nous dire, à notre tour, des soins apportés par les coiffeurs à perfectionner encore une industrie qui, depuis longtemps déjà, fait partie du domaine des Arts, et dont les créations surprennent toujours par le goût, l’élégance, la légèreté qui ont présidé à leur fabrication.
- Si nous voulions dire notre jugement, nous ne pourrions qu’exprimer une pensée commune à tous les connaisseurs et aux élégantes : « l’art de nos coiffeurs parisiens fait désirer d’avoir des cheveux postiches ».
- Les modèles de leur science et de leur art, qui étaient exposés à Milan, furent unanimement appréciés, parce qu’ils autorisent le luxe de la coiffure qu’ils ne compromettent pas par des créations « extravagantes », ridicules à porter et insupportables à voir.
- Nos « artistes en cheveux » ont su conserver une juste limite, et ils savent que « l’agréable est fait de beaucoup de simplicité ».
- Le Jury des récompenses a décerné les récompenses suivantes.
- Une Médaille d’or à MM. Crozier-Noirat.
- Une Médaille d’argent à M. Lalanne.
- Un Diplôme d’honneur à M. Latouche.
- Les maisons exposantes étaient :
- CROIZIER-NOIRAT, 7, rue des Capucines, Paris.
- Cette maison est une des plus anciennes de Paris. Elle compte à l’heure actuelle, soixante ans d’existence, et elle est aussi une des
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- TROISIÈME PARTIE. ---- LES
- «
- plus importantes dans son genre d’industrie. Par d’heureuses transformations, M. Croizier-Noirat a favorisé un commerce qui occupe une place prépondérante parmi les industries parisiennes.
- La mode peut maintenant accepter les cheveux postiches car ils sont tout à fait invisibles grâce aux nouveaux procédés de montage.
- La maison Croizier-Noirat a participé à diverses Expositions, et les récompenses qui lui furent décernées sont un témoignage du soin, de la qualité et du goût des produits qu’elle fournit à sa clientèle.
- Nous citerons principalement une Médaille d’argent à Saint-Louis 1904, et les Médailles d’or qu’elle a obtenues aux Expositions de Liège,Milan etTourcoing.
- CHEVEUX
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- 1 ^ ^
- LALANNE (Ch.),
- 100, faubourg Saint Honoré, Paris.
- Cette maison s’est fait une spécialité des cheveux postiches. Elle a contribué d’une façon active à la prospérité de cette industrie en France.
- L’industrie du cheveu, grâce aux exigences de la mode et aux créations apportées à chaque saison, a obtenu un succès très légitime, et dont une part revient à la maison Ch. Lalanne.
- A l’Exposition de Milan, le Jury international des récompenses s est trouvé d’accord pour lui décerner une Médaille chargent.
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- LATOUCHE JEUNE, 21, rue Saint-Augustin, Paris.
- La maison Latouche est une ancienne maison pour la fabrication des peignes d’écaille et articles pour coiffeurs, sa fondation remonte à 1847.
- Elle fut reprise en 1884 par son propriétaire actuel, M. Latouche,
- qui lui adjoignit en 1898 ungrandrayon pour la vente des cheveux, et installa des ateliers en rapport avec sa consommation qui n’a fait que croître depuis cette époque.
- Elle a pris part à T Exposition universelle de Paris 1900, de Saint-Louis 1904,
- >*'*• I
- n z'x,
- de Liège 1905 et de Milan 1906, où
- elle a successivement remporté les récompenses suivantes :
- Médaille d’or, Hors concours, Membre du Jury et Diplôme d’honneur à Milan.
- Cette maison a en outre obtenu les plus hautes récompenses dans toutes les Expositions pour sa fabrication écaille, peignes et tabletterie, ce sont: Exposition universelle de 1900 : Médaille d’or ; Expositions de Glasgow, Hanoï : Grand prix ; Saint-Louis : Grand prix; Liège: Membre du Jury, Hors concours; Milan: Grand prix.La
- maison G. Latouche exposait à Milan les cheveux préparés à l’usage du coiffeur de dames servant à la préparation des postiches. Cette exposition comprenait une grande variété de teintes depuis les plus foncées jusqu’aux plus claires et les nuances les plus rares s y trouvaient représentées, le tout en cheveux naturels, ce qui explique la valeur de cette exposition, étant donnée la difficulté que 1 on éprouve à se procurer les variétés les plus rares.
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- Le Corset
- SES TRANSFORMATIONS A TRAVERS LES SIÈCLES. CE QU’IL EST AUJOURD’HUI
- INDUSTRIE ET COMMERCE
- I
- n ne saurait établir aucune comparaison entre l’objet que l’on qualifiait autrefois de corps, et l’article qui porte aujourd’hui le nom de corset.
- Si le qualificatif est resté à peu près le même, l’article a fondu et le corset moderne n’a conservé aucune trace de son prédécesseur.
- Ce ne sont pas des transformations successives qui ont enfanté le corset moderne; dans cette industrie le progrès n’a pas eu la forme lente d’améliorations nouvelles, succédant à celles qui ont été antérieurement réalisées: il a des caprices, des révoltes qui engendrent
- une industrie nouvelle.
- Pourtant, depuis une dizaine d’années, l’industrie du corset s’est assagie et il semble que les fabricants sont arrivés à produire des niodèles qui ne défient sans doute pas la critique, car elle ignore la satisfaction, mais qui ont supprimé la plupart des inconvénients qu’on reprochait aux anciens corsets.
- A proprement parler le corset n’a pas d’histoire, mais en revan-
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- EXPOSITION DE MILAN
- che, il a eu beaucoup d’histoires et on ne saurait oublier la guene oui lui a été faite par la science médicale et les assauls qu il a eu a soutenir contre l’hostilité des hommes. Il est sorti victorieux c une lutte longue de plusieurs siècles; il a, sans doute, perdu au coms de la bataille, plusieurs membres, mais il ne saurait enet e humilie car tel qu’il est aujourd'hui, le corset est, parait-il, agréable a poi ,
- et point désagréable à... regarder.
- Pour un corset ce sont deux qualités qui constituent la perfec-
- tion.
- II
- Si l’on peut prétendre avec raison que le corset moderne n’a rien de commun avec l’objet que portait autrefois une minorité de femmes, il n’est point sans intérêt de décrire ce que furent les pi emiei „ corsets » et de dire quelles ont été les origines de cette industrie.
- Nous ne citerons pas tous les auteurs qui, plaisamment ou sérieusement, ont parlé du corset, mais parmi eux, il en est tout au moins deux, dont nous ne voudrions pas taire les noms, parce qu ils appartiennent à notre grande famille industrielle, ce sont MM. Leoty e
- JUDansHsonerapport sur l’Exposition de 1900, M. Julien Hayem avait emprunté plusieurs détails à l’ouvrage de notre collègue, M. Leoty, et nous-mêmes, nous n’avons pas cru devoir negligei ses sources d’informations, qui nous ont été d’une précieuse colla dation pour la rédaction de ce cliapiti e.
- III
- A Athènes et à Rome, ces deux grands centres de l’elegance la plus raffinée, le corps était libre dans le vêtement et aucun artifice
- ne troublait la pureté et l’harmonie des lignes.
- Les révolutions du sol et des peuples ont passe, des siècles pai milliers, se sont écoulés, le monde ancien est mort, la société modeine est liée, s’est transformée, et, par-dessus des événements qui ont tu
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- TROISIÈME PARTIE. -- LE CORSET
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- comme ils ont engendré, la beauté pure et merveilleuse de la femme de l’antique Grèce et de l’ancienne Rome est arrivée jusqu’à nous, et éblouit encore nos yeux.
- Aujourd’hui encore, en Orient, les femmes demeurées fidèles aux traditions de leur race, ayant continué les usages des générations précédentes, ont exclu le corset de leur toilette.
- Elles portent de petites brassières extérieures, en drap, en soie ou en velours/pailletées ou brodées, dont les pointes s’amincissent par derrière, s’y croisent et viennent s’agrafer ou se nouer sur le devant.
- Est-ce là l’origine du corset? on n’oserait le prétendre, mais on peut en voir une ébauche dans une mode qui, au moyen âge, envahit toute l’Europe, et qui consistait à porter de petits corps extérieurs, affectant eux aussi la forme de brassières, mais garnis de ressorts, et même d’une plaque de cuivre, d’acier, d’argent ou d’or, et que l’on disait destinés à donner du relief à la taille.
- « Jusqu’en 1535, les dames se contenteront de la basquine, ne cherchant pas mieux, et pourvu qu’elles aient abandonné le vieux corset tenant aux jupons de leurs mères, elles se sentent en grande avance. »
- Notre collègue, M. Julien Hayem, s’exprimait ainsi en 1900; il nous a donné sur ce vieux corset tenant aux jupons, des détails qui nous le représentent en damas d’argent ou d’or, étoffes précieuses, dignes d’une princesse ou d’une reine; il se portait, nous dit-il, directement sur la chemise, et fut très en faveur jusqu’en 1526 (1).
- Quant à la basquine, elle se fait en soie, en damas, en camelot. Elles sont droites avec des brassières; petit à petit, le base en bois ou métal qui les maintient se fait plus résistant et nous achemine vers le corps de fer.
- Catherine de Médicis mettra, en effet, à la mode un corps piqué, formé d’une armature de fer, de bois ou d’ivoire.
- De cette époque date la lutte des médecins contre le corset. Ambroise Paré constatait bientôt, en effet, le mal, et rapportait qu’il avait vu sur sa table de dissection de jolies femmes à taille line « leurs côtes chevauchant les unes par-dessus les autres ». Ces remontrances, comme celles d’un autre médecin célèbre, demeurèrent infructueuses (2).
- (1) Julien Hayem, rapport du Jury international à 1 Exposition universelle de 1900.
- (2) Ce détail a été cité par M. A. Picard, dans son rapport sur l'Exposition de 1889.
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- Dans un opuscule, Riolan, médecin de Catherine de Médicis, n’hésite pas, en effet, à attribuer aux corsets presque toutes les maladies qui attristent et abrègent l’existence des femmes et surtout des jeunes filles.
- Vers 1640, la taille des dames, auparavant si allongée, s’est tout à coup remontée, mais le corset, s’il a perdu ses ferrailles du dos, garde ses buses avançants.
- Au commencement du règne de Louis XIV, le corset aura peu changé ses formes; toutefois le buse s’oriente dans le sens de la verticale, parfois même il s’arrondit en suivant les contours du ventre. La taille en est raide, droite, mince.
- Après 1670, il est devenu un objet de grand luxe que la femme en déshabillé d’appartement peut montrer sans déchoir. La coupe générale est en gaine fuselée, avec deux épaulettes ornées.
- En 1688, le corset, un peu rapetissé, moins sanglé peut-être, est garni de dentelles flottantes sur ses bords; aux hanches, cette dentelle forme un volant de près de 20 centimètres. Il se lace devant et est armé de baleines très flexibles qui en font un vêtement de grande souplesse. Ce n’est que vers 1720 qu’on voit des corsets établis sur ce modèle se lacer dans le dos.
- Pendant tout le xvmc siècle, la forme gainée persistera, les épau-lières d’en haut et les échancrures d’en bas resteront, et le lacet, en général, continuera à être sur le devant.
- Les élégantes très raffinées voulant s’amincir la taille imaginent aussi le corsage baleiné qui supprimait le corset.
- En 1778, le corset tombe droit sur le devant, ses épaulières sont diminuées, la cambrure des reins est assez accentuée.
- La Révolution exerce son influence « démocratisante » jusque dans la fabrication du corset. 11 n’est plus « aristocrate » et on le fabrique en toile plutôt qu'en soie.
- Les modes du Directoire et de l’Empire ne permettent pas l’usage du corset.
- Le retour au costume antique fit naître un petit corset dit à la paresseuse, qui était dépourvu de baleines, s’attachait dans le dos par des rubans et n’exerçait qu’une pression modérée.
- Ce n’est que vers 1818 que l’on voit reparaître le corset à baleines et les élégantes de la Restauration portent des corsets rigides lacés à l’arrière.
- Nous ne croyons pas nécessaire de donner à cette partie de notre travail un plus long développement. Ces renseignements sont certai-
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- TROISIÈME PARTIE. -- LE CORSET
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- nement suffisants pour donner une idée des transformations brutales qui, à diverses époques, ont été apportées dans la confection du corset.
- Tous nos collègues connaissent les rapports de M. Julien Hayem ; ils savent qu’ils y trouveront une documentation très complète et nous n’y avons emprunté que les éléments indispensables à ce travail dont le développement a une importance forcément restreinte.
- Nous allons étudier maintenant l’industrie moderne du corset, dont on peut faire remonter l’origine à l’année 1820.
- LE CORSET A TRAVERS LES EXPOSITIONS DE 1834 A 1906.
- Si l'on veut se rendre un compte exact des améliorations, perfectionnements et transformations qui se sont opérés dans l’industrie du corset, le meilleur procédé est de consulter la collection des rapports qui ont été publiés à l’occasion des Expositions organisées en France et à l’Étranger.
- L’autorité des rapporteurs nous fournit les éléments les plus sincères pour former notre jugement et permettre à nos collègues de reconnaître la valeur des efforts accomplis.
- Hâtons-nous de dire que nous avons le droit d’être fiers de la situation actuelle de cette industrie.
- Nous ne voudrions cependant pas amoindrir la valeur des efforts de nos prédécesseurs, et nous n’oublions pas que la perfection de l’industrie moderne est la conséquence de leurs travaux, de leur persévérance et de leur initiative, qui a si puissamment contribué à créer la prospérité industrielle et commerciale de la France.
- II
- La première Exposition à laquelle les corsets furent admis est celle qui fut organisée en 1834. Le nombre total des exposants ôtait, pour toutes les industries réunies, de 2.247.
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- Le rapporteur formulait ainsi son jugement sur les corsets exposés :
- « La plupart des corsets exposés ont eu pour objet principal de donner aux femmes ce que l’on est convenu d’appeler une taille élégante. Presque tous les exposants, persuadés qu’il suffisait pour la santé que la porteuse ne fût pas écrasée sous la pression du lacet, ont attesté le soin qu’ils prennent pour que leurs corsets ne serrent pas la taille, sans réfléchir que ce moyen, s’il prédispose moins à la phtisie, provoque infailliblement ces gastrites sous l’atteinte desquelles on voit de nos jours tant de jeunes personnes languir et succomber.
- « Par exception quelques fabricants ont sérieusement envisagé la question hygiénique, et si le problème d’un corset sans danger n’est pas définitivement résolu, les inconvénients qu’entraîne d’ordinaire l’usage de ce vêtement sont devenus beaucoup moins graves. Le Jury n’accorde ses récompenses qu’aux efforts dirigés vers ce but éminemment utile. »
- Parmi les exposants récompensés, nous trouvons MM. Josselin-Pousse et Werly, qui furent, en France, les premiers fabricants de corsets en gros.
- Le rapporteur s’exprime ainsi au sujet de :
- MM. Josselin-Pousse et Cie, à Paris, 28, rue Bourbon-Ville-neuve.
- « Ils ont présenté plusieurs espèces de corsets dans l’intention de soustraire instantanément une femme à la pression du lacet, lorsqu’elle se trouve incommodée. Ils obtiennent ce résultat au moyen de trois mécanismes ingénieux pour lesquels ils sont brevetés : leurs corsets, malgré les avantages qu’ils présentent, sont encore à meilleur marché que la plupart de ceux des autres fabricants.
- » Le Jury décerne à M. Josselin une Médaille de bronze.
- » M. Werly, à Bar-le-Duc (Meuse).
- » Il fait à la mécanique ( 1) des corsets sans couture, Son établissement occupe 25 ouvriers, ses produits trouvent des débouchés en France, en Angleterre, en Suisse et dans les pays du Rhin.
- » M. Werly vend ses corsets de 120 à 192 francs la douzaine avec baleines, et de 92 à 132 francs la douzaine sans baleines.
- (I) M. Jean Werly, en 1832, avait pris un brevet pour un métier à tisser les corsets.
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- » M. Bergeron, à Paris, 44-45, passage du Grand-Cerf.
- » Corsets en tissus gomme élastique, dont il serait à désirer que l’usage se répandit.
- » Mllc Aimable, à Paris, 55, rue Neuve-des-Petits-Champs.
- » A traité la question du corset sous son véritable point de vue, elle s’est proposé, elle a résolu le problème difficile d’une juxtaposition complète du corset sur le corps avant la moindre traction possible du lacet.
- » Par ce moyen, la pression totale se trouvant également répartie sur tous les points, aucune portion du corps n’est plus comprimée qu’une autre.
- » Mme Morel, à Paris, 2, rue Neuve-Saint-Roch, fabrique un corset pour femmes enceintes. Au moyen de lacets placés sur les côtés du ventre et sur la gorge, il peut s’agrandir suivant les progrès de la grossesse. Il se desserre avec facilité dans un moment d’oppression.
- « Mme Morel occupe 14 ouvrières; elle possède une très nombreuse clientèle en France et dans l’étranger, ses ouvrages sont exécutés avec soin et avec intelligence. »
- Nous laisserons de côté d’autres exposants dont les corsets n’offraient pas de caractères particuliers et nous signalerons la précaution du Jury ne voulant accorder de récompenses qu’aux fabricants soucieux de l’hygiène.
- Le rapporteur de 1834 était un philosophe, il savait que la beauté sacrifie beaucoup à la souffrance et il ne se fait guère d’illusion sur les conseils qu’il donne aux fabricants.
- Parlant des corsets de Mllc Aimable, il dit : « Ce genre de mérite, que les médecins apprécieront peut-être plus que les dames, doit être honorablement signalé par le Jury; » et après avoir vanté les mérites du corset de Mme Morel, il conclue en posant cette question : « Mais c’est une question de savoir si l’usage d’un corset ne devrait pas être entièrement supprimé pendant la grossesse ! »
- II
- La guerre est déclarée entre le corset et la Faculté de médecine; le corset a une mauvaise réputation et, en 1839, on jugera tout naturel
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- de le comprendre parmi les « matières dangereuses » qui ne sont point admises à l’Exposition.
- L’année 1844 vit une nouvelle Exposition, et les corsets ne furent pas mis en interdit, bien au contraire; le rapporteur fit un éloge de la fabrication de cette époque et vante les mérites de cet article.
- « La fabrication des corsets en France, écrit M. le comte de Noë, rapporteur, a une telle réputation, que les étrangers viennent les y chercher et l’exportation est considérable. Cette industrie a fait de grands progrès. Tous ceux qui s’en occupent ont cherché à rivaliser, et c’est à qui fera mieux, et apportera des améliorations dans l’art de les confectionner. Les corsets qui étaient exposés dans les galeries de l’industrie en offrent la preuve; les uns, montés en baleines, d’autres avec des buses en acier, et quelques-uns avec des buses mécaniques qui se prêtent à tous les mouvements du corps. Ceux-ci sont remarquables, non seulement par leur articulation simple et ingénieuse, mais aussi par le lion marché auquel ils sont établis.
- » Les riches étrangers sont tributaires de la France pour cette industrie qui nous procure une grande exportation. »
- III
- Cette note élogieuse, nous ne la retrouverons pas en 1855; le rapporteur de cette Exposition est un adversaire du corset tel qu’il est fabriqué, et avec lui nous n’avons à enregistrer que de sévères critiques.
- « Le corset est, dit M. Gervais (de Caen), rapporteur, un instrument de gêne et de mensonge destiné à déformer la femme.
- » Si nous avions à faire ici l’histoire de cette partie de la toilette féminine, nous pourrions montrer que, depuis bien longtemps, elle mérite cette sévérité d’appréciation; mais nous nous bornerons à dire qu’à aucune époque sa forme n’a été aussi déraisonnable qu’elle l’est aujourd’hui.
- » Le corset, qui n’était chez les peuples de l’antiquité, qui n’est encore chez quelques nations de l’Inde, qu’une simple brassière, plus ou moins élégante, plus ou moins ornée, destinée à soutenir et à séparer les seins, est arrivé de nos jours, à travers les transformations multipliées qu’il a subies, à représenter une enveloppe
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- continue, renfermant dans ses parois résistantes la poitrine et l’abdomen, en formant au-dessus des fausses côtes un étranglement destiné à mettre fortement en relief, à la partie inférieure, les hanches; à la partie supérieure la poitrine et les épaules.
- » Or cet étranglement, qui est aujourd’hui le point important, le but spécial du corset, est maintenu par une coupe appropriée et par un lien résistant sur le point le plus compressible de l’abdomen; il déplace les organes mobiles que contient cette cavité, il chasse une partie des viscères en bas, repousse l’autre partie en haut, où elle va refouler l’estomac et le foie sur les poumons et sur le cœur, en gênant les fonctions de tous ces organes importants, dont l’exercice régulier est indispensable à la vie. Cette funeste disposition prépare pour l’avenir, si elle ne détermine pas immédiatement des maladies du cœur, des poumons, de l’estomac et du foie, et les affections si variées et si graves dont les femmes sont atteintes plus fréquemment aujourd’hui qu’elles 11e l’ont jamais été.
- » A toutes les époques, les médecins instruits, les hommes éclairés ont combattu l’usage du corset quelle que fût sa forme. Riolan premier médecin de Catherine de Médicis; Winslow et plusieurs autres célébrités après eux, signalèrent la dépression des côtes, l’affaiblissement du système musculaire du tronc, et les déviations de la taille, qui en étaient la conséquence.
- » L’Empereur Joseph II, frappé du grand nombre de femmes contrefaites qui fréquentaient sa Cour, et sachant que la pression des corps baleinés était, en partie, la cause de ces difformités, rendit un décret pour interdire l’usage du corset dans les maisons d’orphelines, dans les couvents et les institutions de son empire.
- » Mais c’est surtout chez les jeunes filles que l’emploi des corsets est dangereux : « Souvent, dit le docteur Vincent Duval, savant médecin orthopédiste, pour avoir voulu embellir la taille, 011 a déformé le torse, compromis ou entravé la croissance, en même temps cju’on fomentait chez les jeunes personnes le germe de ces maladies auxquelles on doit beaucoup de morts prématurées; les corsets agissent chez les jeunes filles en s’opposant au développement de la charpente osseuse de la poitrine et au libre exercice des viscères qu’elle renferme. La compression du torse, indépendamment des désordres fonctionnels qu’elle produit, est très souvent la cause la plus active des distorsions vertébrales, car elle agit en comprimant les muscles du tronc et par conséquent en entravant leur dévelop-
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- pement. Alors ces muscles n’ont plus assez de force pour soutenir l’épine clans sa rectitude normale. »
- Malgré la réprobation générale de la science, malgré les conseils que les médecins donnent aux femmes chaque jour, pour elles-mêmes ou pour leurs fdles, les exigences de la mode ont prévalu, le corset s’est maintenu, son empire s’est chaque jour étendu, sa fabrication industrielle s’est perfectionnée; on a substitué le tissage à la couture, le métier mécanique à l’aiguille de l’ouvrière; et des classes aisées, dans lesquelles la femme relativement oisive, subit d’une manière latente l’influence funeste du corset, il est passé dans l’atelier, dans la mansarde, où la femme constamment soumise à l’effort et à l’attitude nécessités par sa profession, souffre bien davantage de sa pernicieuse action. Il est venu s’ajouter encore aux causes, déjà si nombreuses, d’épuisement et de destruction que contient le régime actuel des classes laborieuses.
- Considérée au point de vue industriel, la fabrication du corset se divise en trois groupes principaux :
- 1° Les corsets orthopédiques;
- 2° Les corsets faits sur mesure;
- 3° Les corsets faits à l’avance sur un certain nombre de tailles.
- (Les deux dernières catégories nous intéressent seulement, pour établir la situation du corset à cette époque; nous limiterons donc à ces deux seules spécialités la reproduction du travail de M. Gervais, de Caen.)
- Le deuxième groupe comprend les corsets faits sur mesure par des corsetiers ou des corsetières; ils sont coupés plus ou moins exactement, suivant les formes du corps auquel ils sont destinés, ou arbitrairement, suivant des formes de convention imposées par la mode et auxquelles le torse doit se plier, à un plus ou moins grand dommage ; dans tous les cas, le corset, qu’il soit en coton, en fil, ou en soie, qu’il soit simple ou orné, modeste ou riche, doit être fait d’une étoile très résistante, consolidée à sa partie antérieure par une forte lame de baleine ou d’acier; l’appareil est fermé et maintenu par différents procédés offrant tous une grande résistance, et le plus souvent par un lacet solide qui doit toujours être à l’épreuve du poignet chargé de l’opération du laçage; nous insistons sur cette question de solidité et de résistance, parce qu’elle est, en effet, une des conditions fondamentales du corset, bien que nous n’ayons pas
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- vu une seule notice, un seul prospectus, une seule annonce de corse-tier qui n’affirme que ses produits maintiennent la taille, sans la comprimer; c’est là un de ces mensonges de convention qui 11c trompent personne, mais que tout le monde répète pour masquer un abus; ainsi le même fabricant ne manque-t-il jamais d’ajouter que ses corsets sont d’une solidité à toute épreuve.
- C’est surtout à propos des corsets faits sur mesure que s’est exercé le génie inventif des corse tiers et que se sont multipliées les inventions de buses de tout genre simples ou mécaniques, de fermetures à boucles, à boutons, à agrafes, de laçures à œillets, à poulies, à aiguilles, etc., les dispositions particulières et variées à l’infini des baleines du pourtour, ainsi que des pièces qui composent les goussets des hanches et de la poitrine; c’est dans ce groupe encore que se font surtout remarquer le goût, la recherche et l’élégance que les producteurs parisiens apportent dans tous les objets de mode et de toilette.
- Le 3e groupe se compose des corsets faits à l’avance sur un certain nombre de tailles, et se subdivise en corsets cousus et corsets sans couture tissés au métier.
- Les premiers sont en général assez communs, le plus souvent mal coupés et mal cousus; les seconds, les corsets faits au métier, constituent une industrie nouvelle datant à peine de vingt ans et qui prend chaque jour des développements importants: ils embrassent tous les genres, depuis le corset que l’Angleterre livre par grandes masses à 0,60 centimes la pièce, jusqu’aux corsets élégants, brochés et brodés de soie, d’or et d’argent, tissés par nos fabricants pour l’exportation.
- Les renseignements statistiques nous manquent sur la fabrication des corsets, Nous pouvons dire seulement, en prenant pour point de départ le travail de la Chambre de Commerce de Paris, en 1848, et les notes recueillies par nous, que la fabrication s’élève à Paris, de 10 à 12.000.000 de francs au moins et qu’elle occupe environ 10.000 ouvrières, gagnant de 75 centimes à 2 fr. 50 par jour, indépendamment de 2.000 ouvriers à peu près, mécaniciens, baleiniers, etc., chargés des accessoires et gagnant de 2 à 5 francs.
- Cette Section comprend 58 exposants, savoir 36 Français et 22 étrangers
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- En 1867 la note est meilleure et les encouragements du rapporteur auront les plus salutaires effets. La fabrication du corset, comme toute l’industrie de la lingerie, est à la veille d’un bouleversement général; la machine à coudre, dont l’usage se vulgarise de plus en plus, pénètre dans la plupart des ateliers, et la production rapide, en grande quantité va jeter son poids redoutable dans la balance des transactions commerciales.
- « La fabrication des corsets à bon marché, disait le rapporteur, est aujourd’hui très importante et tout à fait spéciale à Paris. Les exposants de la Classe 91 sont peu nombreux, mais ils représentent bien cette fabrication. En 1855, le rapporteur de l’Exposition disait : « Le corset est un instrument de gêne et de mensonge »; depuis cette époque, cet objet si important de la toilette des femmes s’est modifié comme forme, et il est devenu si commode, qu’il est pour ainsi dire indispensable au point de vue hygiénique.
- » Le corset est aujourd’hui une espèce de ceinture qui ne nuit en rien à la souplesse de la taille et aux mouvements qu’il est nécessaire de conserver aux classes laborieuses.
- «Cette industrie, qui n’a cessé de progresser depuis quinze ans, a donc rendu de grands services à l’humanité en produisant à bon marché. On est arrivé à ce résultat au moyen de la machine à coudre pour la piqûre et en cherchant en province des centres de population où la main-d’œuvre est meilleur marché, en divisant avec intelligence le travail des ouvrières, et en achetant d’avance la matière première quand elle est à bas prix. La machine à coudre étant aussi employée par tous les fabricants, cet article a atteint un prix si bas que la consommation en est devenue presque générale et que plusieurs d’entre eux, qui faisaient, il y a 7 ou 8 ans, 150.000 francs, et il n’est pas douteux que cette production n’augmente encore, car nos produits sont recherchés à l’étranger à cause de l’élégance de leur coupe et de leur bonne fabrication.
- « L’Allemagne produit les corsets sans couture à bon marché, en concurrence avec celui qui se fabrique en France, mais jusqu’à présent le corset cousu a été préféré. On ne peut rien dire encore des
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- métiers de récente invention qui n’ont pas la sanction de la pratique. »
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- L’Exposition de 1878 apporta la preuve de l’importance croissante de cette industrie et de sa prospérité.
- Le rapporteur, M. J. Hartog, constatait cette situation dans les lignes suivantes :
- « Pour la France, l’Exposition de 1878 a constaté d’importants progrès dans la fabrication des corsets en général; non pas, toutefois, au point de vue de l’introduction de procédés mécaniques, car on n’a guère à signaler, depuis 1867, que la coupe au moyen de la scie à ruban.
- »Le progrès de la fabrication est dû à une plus grande habileté chez les ouvriers et les ouvrières, particulièrement chez ceux qui appartiennent aux ateliers de province, et les résultats obtenus consistent dans une plus grande élégance, une meilleure adaptation aux nécessités de la mode qui, malheureusement, n’est pas toujours d’accord, avec celles de l’hygiène.
- «Dans ces progrès, le corset cousu en gros a eu la plus large part, et l’Exposition française de cette branche de l’industrie a été tout à fait remarquable.
- «Le corset tissé, ou sans coulure, est resté longtemps stationnaire a cause de l’infériorité relative de ses tissus; un exposant a présenté; neanmoins, de remarquables, spécimens de ses produits de vente courante, confirmant ainsi l’opinion que nous avons déjà émise, que cette fabrication, en ce qui concerne les tissus, est entrée dans la voie des améliorations.
- «Les Expositions du corset cousu en détail ou sur mesure n'ont pas répondu à ce qu’on en attendait. Il y a eu, du reste, quelques regrettables abstentions dans la catégorie des corsetières en détail travaillant pour la clientèle riche.
- « Cette industrie d’ailleurs diminue d’importance, attaquée par le progrès de la fabrication en gros et par la concurrence que lui font, auprès de la clientèle élégante, les grands magasins de nouveautés.
- » Néanmoins, et malgré ses affaires restreintes, l’industrie du corset
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- sur mesure, pour toutes les parties de la confection, n’a pas encore de rivale hors de France; ce succès se justifie par la qualité des matières employées, par la perfection des formes, par le soin et le fini du travail.
- » La comparaison de notre exposition de corsets avec celle des autres pays rend notre supériorité incontestable; mais il est parfaitement évident que l’industrie corsetière de l’étranger est loin d’être complètement représentée. »
- Quant à la production de cet article en 1878, M. J. Hartog donnait les détails suivants :
- « On peut évaluer le chiffre de la production annuelle à 11 millions de francs, dont 7.500.000 pour Paris, 1.500.000 pour Lyon, 1.000.000 pour Troyes et 1.000.000 pour les autres localités productives. »
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- L’Exposition de 1889 marque une nouvelle évolution dans l’industrie du corset. Il se perfectionne grâce à l’usage des machines et le corset tout fait règne en maître absolu sur le marché, absorbant toute la clientèle.
- « La conséquence des perfectionnements introduits pendant ces dernières années dans la fabrication du corset cousu, écrit 1VI. J. Hayem, rapporteur, a été une augmentation très sensible de la production. Le chiffre d’affaires de cette industrie a triplé en dix ans; le nombre des articles fabriqués est devenu quatre fois plus considérable.
- » Ac tuellement, on comp te en France une centaine de fabricants de corsets en gros. La moitié d’entre eux sont installés à Paris. Les autres centres de production sont : Lyon, Bar-le-Duc, Orléans, Toulouse, Troyes, Laigle, Rouen, Lille, Bordeaux, Limoges, Le Mans, Blois, Nîmes et Marseille.
- » Il semble que la fabrication du corset sur mesure se soit également développée dans une large proportion. Bien que cette spécialité ait paru menacée par la concurrence que lui ont faite et lui font encore les grands magasins de nouveautés, la mode des vêtements très ajustés a donné au corset une importance capitale dans la toilette d’une femme élégante; elle a nécessité l’emploi d’articles parfaite-
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- ment confectionnés et a augmenté à l’étranger, dans de grandes proportions, la clientèle des fabricants français de corsets sur mesure.
- » Quant aux corsets tissés, la consommation en étant limitée, seules les anciennes et importantes maisons de Bar-le-Duc ont continué la fabrication.
- » ... L’importation des corsets est nulle en France. Les produits étrangers, allemands ou anglais, qui sont introduits dans notre pays, n’y pénètrent qu’en transit. Ils sont généralement établis d’après des modèles français, sur la demande des commissionnaires, et réexportés par eux comme articles de fabrication française.
- » Enfin si l’industrie des corsets s’est au début adressée à l’étranger pour se procurer les machines à coudre dont elle avait besoin, elle n'a plus guère recours aujourd’hui qu’aux mécaniciens français.
- » Notre production annuelle de corsets peut être estimée à 50 ou à 55 millions de francs environ, dont le quart au moins pour le corset sur mesure. Paris fabrique à lui seul autant que la province. La main-d’œuvre représente de 20 à 22 % du chilire d’affaires. Elle est répartie entre 18.000 à 20.000 ouvrières dont les salaires varient selon leurs aptitudes, la tâche qui leur est confiée et le mode d’exécution. Le chiffre des exportations s’élève à 10 ou 12 millions. Les salaires varient depuis 1 fr. 50 jusqu’à 5, 6 et 8 francs par jour.
- » ...Le Jury a constaté avec une réelle satisfaction, à l’Exposition universelle de 1889, les sérieux progrès qui ont été réalisés depuis une dizaine d’années par les fabricants de corsets. Ils ont exposé un Irès grand nombre d’articles qui se distinguaient par une séduisante variété de genres, de coupes, de formes, et par un emploi judicieux de tissus les plus divers, les plus fantaisie, en coton, en laine, en soie, en tulle, etc.
- « Cette facilité de produiredes articles répondant à tous les besoins, donnant satisfaction à tous les goûts, a certainement contribué dans une large mesure au développement de l’industrie française du corset, dont les modèles sont recherchés dans tous les pays. »
- VII
- Cn 1900, M. J. Hayem est à nouveau rapporteur de cette indus-h'ie et il constate qu’ « il y a eu, pour la fabricat ion des corsets in-
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- dustriels, des améliorations sérieuses, mais surtout techniques et de détail. Les maisons de gros sont arrivées à produire des articles bon marché et très apparents; quelques-unes ont introduit dans leurs ateliers l’emploi des machines américaines à plusieurs aiguilles; d’autres se sont attachées à établir des modèles mieux compris, des tissus plus riches et plus élégants, surtout plus nouveaux et toujours plus renouvelés, et ont apporté au choix et à la création des garnitures un soin tout spécial; d’autres enfin ont confié le travail de l’éventaillage à des machines perfectionnées.
- » Les salaires des hommes et des femmes n’ont pas varié depuis une vingtaine d’années. »
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- Depuis 1900, il n’y a pas eu d’Expositions universelles et internationales en France, mais l’industrie du vêtement a participé à toutes les Expositions qui ont été organisées à l’étranger, et qui offraient un véritable caractère d’intérêt.
- On peut donc résumer la situation depuis 1900, dans cette phrase extraite du rapport que M. Eug. Mermilliod a publié en 1904, à l’occasion de l’Exposition de Saint-Louis.
- « Depuis 1900, la moyenne des prix de vente a plutôt augmenté, car les fabricants se sont attachés plus spécialement à la fabrication des articles soignés et ont laissé un peu de côté les articles bon marché dont les anciens débouchés à l’exportation n’existent plus. »
- Nous n’avons pas cru, cependant, que nous devions nous en tenir à cette appréciation de notre collègue, et nous avons examiné par nous-mêmes la situation actuelle de l’industrie du corset en France ; mais auparavant nous croyons utile de tirer quelques conclusions inspirées par la lecture des rapports que nous venons de citer.
- Nous laisserons de côté toute la période trop éloignée de l’industrie moderne et nous n’insisterons que sur la période comprise entre les années 1867 et 1900.
- C’est à l’autorité de M. Alfred Picard que nous devons les lignes suivantes, extraites de son remarquable ouvrage : « Le Bilan d’un siècle. »
- — « L’apparition de la machine à coudre contribua puissam-
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- ment au progrès de l’industrie corsetière, cpii ne cessa de croître, surtout après 1870. De 1867 à 1878 la production du corset en gros avait plus que doublé.
- Le rapporteur du Jury de 1878 l’évaluait à 11 millions, dont 7 pour la fabrique de Paris, et son estimation péchait sans doute par insuffisance : le corset tissé ou sans couture était demeuré presque stationnaire; la concentration de la vente dans les grands magasins de nouveautés portait une sérieuse atteinte au corset cousu sur mesure.
- » Pendant la période de 1878 à 1889, beaucoup de fabricants de Paris et de la province modifièrent profondément leur moyen d’action, en créant de véritables usines, en y réunissant tous les perfectionnements de la mécanique moderne, en y employant la vapeur pour mettre en mouvement les machines à couper, à coudre, à plisser, à ganser, à poser les oeillets, etc., ainsi que pour apprêter et repasser les corsets. Les ateliers par entreprise encore existants tendaient à diminuer. On évaluait, en 1889, notre chiffré d’affaires à 50 ou 55 millions, somme dans laquelle la main-d’œuvre entrait pour 20 ou 22 %; dix-huit à vingt-mille ouvrières y trouvaient des moyens honorables d’existence.
- » L’exportation française atteignait 1.500.000 fr. ou 2 millions; ses principaux débouchés étaient aux Etats-Unis, dans l’Amérique du Sud, sur les diverses places de l’Europe (sauf la Russie qui se protégeait par des droits prohibitifs), et dans les colonies anglaises.
- » Comme ses devancières, l’Exposition de 1900 a été tout à l’honneur de la France, qui se distinguait par la variété de ses genres de coupes et de formes, par un judicieux emploi des tissus les plus divers, par un bon ajustage et l’élasticité, par les qualités hygiéniques, par la liberté de mouvement laissée au buste. Malgré le préjudice que lui causent les grands magasins de nouveautés, le corset sur mesure a gardé des adeptes et même reconquis des positions perdues.
- » Nos industriels sont en mesure de lutter contre la concurrence étrangère par les articles à bas prix.
- » Paris conserve le monopole de la clientèle riche et élégante.
- « Dans presque tous les pays, en Allemagne, en Angleterre, en Autriche-Hongrie, en Belgique, aux Etats-Unis, en Italie, l’industrie corsetière a progressé et amélioré sou outillage, son organisation, ses méthodes de travail. Plusieurs Gouvernements l’ont d’ailleurs favorisée, par exemple en accordant aux matières premières le bénéfice de l’admission temporaire. >'
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- Pour la période comprise entre 1900 et 1906, on peut constater que la prospérité de cette branche industrielle, en général, le développement qu’elle a pris chez toutes les nations, qui autrefois achetaient leurs corsets en France et qui aujourd’hui le fabriquent.
- Les chapitres suivants ont pour but d’établir la situation actuelle de l’industrie du corset.
- L’INDUSTRIE DU CORSET EN 1906.
- L’industrie moderne a divisé la fabrication du corset en trois branches très distinctes les unes des autres.
- 1° La fabrication du corset en gros.
- 2° Le corset sur mesure.
- 3° Les fournitures pour corsets.
- Les principaux centres de fabrication du corset en gros sont Paris, Lyon, Orléans, Lille, Laigle, Rouen et Nemours.
- La plupart des fabricants ont leurs usines, qui renferment des machines à vapeur ou moteurs à gaz munis des derniers perfectionnements.
- D’autres trouvent plus avantageux de faire travailler par entreprises; quelques maisons font aussi fabriquer dans les prisons. Beaulieu, Thouars, Riom ont des ateliers très bien installés et le travail y est fait par des hommes.
- Quelques orphelinats et l’école ménagère de Yseure fabriquent aussi le corset à l’entreprise.
- Les matières premières sont presque toutes tirées de France:
- 1° Ce sont d’abord les tissus qui se décomposent de la façon suivante :
- a) Coutils et satins couleur, tissus en coton, qui se fabriquent à Fiers ;
- b) Las tings et satins de Chine, noirs et couleur, tout en coton, qui viennent de Comines et de Roubaix;
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- c) Lastings et satins de Chine, noirs, en laine et en coton, qui sont fabriqués en Angleterre et à Amiens;
- d) Satins blancs, noirs et couleurs avec Heurs brochées en coton simili et soie, qui se fabriquent à Evreux et à Comines;
- e) Les satins de soie et coton unis et brochés, qui viennent de Lyon et de Saint-Etienne, ainsi que le tissu batiste tout en coton ou en soie, unis ou brochés;
- /) Enfin les tulles en coton, en simili et en soie, qui se fabriquent dans le Nord.
- 2° Ce sont ensuite les baleines, qui se font en plusieurs espèces de matières :
- a) Le jonc qui se trouve en France et en Chine;
- b) La vraie baleine que l’on tire de l’Amérique du Nord ;
- c) La corne qui provient des Indes;
- d) Les buses en acier qui se fabriquent en France.
- 3° Les garnitures qui emploient plusieurs produits différents :
- a) Les broderies de Saint-Quentin et de Saint-Gall (Suisse) (ces dernières sont peu employées, à cause du droit élevé qui les frappe à l’entrée en France);
- b) Les festons de Saint-Etienne et de Comines;
- c) Les dentelles coton en simili et en soie de Calais, de Caudry et de Nottingham. Ces dernières paient de 6 à 9 francs de droits de douane par kilogramme;
- d) Les rubans et les lacets en coton et en soie qui viennent de Lyon, de Saint-Etienne, et qu’on fabrique également dans certaines usines du département de l’Oise;
- e) Les sergés et fils à coudre pour éventailler;
- /) Enfin les jarretelles qui sont généralement vendues avec le
- corset.
- LE CORSET EN GROS.
- Nous avons dit, dans notre partie historique, que c’est M. Josselin qui eut le premier l’idée de fabriquer le corset par quantité pour la vente en gros,
- C’est de l’année 1820 que date cette industrie dont Paris vit la naissance.
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- Quant à la première machine pour fabriquer le corset, nous avons également dit qu’elle fut inventée en 1832 par M. Jean Werly, à Bar-le-Duc.
- Les détails que nous avons donnés d’autre part sur les modifications apportées à cette industrie au furet à mesure que son développement croissait en importance, nous dispense de nous y arrêter plus longuement, dans le passé, et nous allons seulement nous préoccuper de décrire ou d’indiquer ce qu’elle est aujourd’hui.
- La fabrication du corset en gros se fait principalement en usine dont l’outillage comporte les machines à couper, les machines à coudre à une ou plusieurs aiguilles, des machines à broder, éventailler, à border, à poser les œillets, toutes sont mises en mouvement par des moteurs à vapeur, électriques ou à gaz.
- Le travail est divisé en un certain nombre d’opérations très spéciales, et aujourd’hui, dans la plupart des ateliers, les ouvrières ont chacune leur spécialité; cette division du travail, favorisée par la spécialisation des ouvrières, a engendré les meilleurs résultats que pouvait souhaiter l’industrie du corset.
- Nous ne pourrions soutenir que le corset fabriqué par quantité a des qualités équivalentes à celles du corset sur mesure, mais nous devons constater que les fabricants ont fait, en ces dernières années, des efforts pour produire des articles capables, non seulement de satisfaire aux règles de l’hygiène, mais encore offrant le réel mérite d’articles soignés, confortables et dignes de tenter la femme... même la plus élégante.
- Nous sommes heureux de reconnaître qu’un succès mérité a couronné leur initiative et que, grâce à eux, la supériorité de l’article français s’affirme, sans contestation possible, dans l’industrie de corset.
- LE CORSET SUR MESURE.
- L’industrie du corset sur mesure est également très prospère; l’initiative, le goût, les soins très méticuleux des fabricants français leur assurent une incontestable supériorité sur leurs concurrents étrangers.
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- Paris est toujours le grand centre de cette industrie, dont le luxe et la richesse Contribuent à la réputation universelle de la fabrication parisienne.
- Déjà, en 1900, M. A. Picard constatait que le corset sur mesure avait regagné du terrain et qu’il avait des adeptes parmi la clientèle élégante.
- Depuis cette époque, le réveil de cette branche industrielle s’est accentué dans les plus heureuses proportions et, malgré la qualité des corsets que l’on trouve dans l’article fabriqué d’avance, la clientèle riche, élégante, qui s’adresse aux corse tiers sur mesure, augmente sans cesse.
- Ces industriels sont les fournisseurs attitrés de l’univers et ils font avec l’étranger un chiffre d’affaires considérable, difficile cependant à évaluer, car beaucoup de riches étrangères, qui se fournissent à Paris, remportent dans leurs malles les corsets qu’elles ont commandés pendant leur séjour à Paris.
- Nous devons également mentionner la faveur de la clientèle pour les « fantaisies » de l’industrie du corset.
- A Milan, nous avons pu remarquer que la plupart des fabricants de corsets exposaient également des ceintures destinées à soutenir le ventre, en laissant la poitrine et l’estomac libres.
- Dans les notices que nous publions sur les maisons qui ont participé à cette Exposition, nous signalons les produits qu’elles y avaient envoyés, et c’est ainsi qu’on pourra se rendre compte de l’ingéniosité de nos fabricants parisiens.
- Après avoir fabriqué des corsets qui emprisonnaient trop sévèrement le corps de la femme, on en fabrique aujourd’hui qui donnent toutes satisfactions aux hygiénistes les plus sévères; un de nos collègues exposait même un corset qui se compose de deux parties reliées sur les côtés par des élastiques, et laissant l’estomac absolument libre. Les temps ont changé depuis 1855, et nous ne dirons pas, comme M. Gervais (de Caen) que les médecins apprécieront mieux ce corset hygiénique que les élégantes.
- En 1905, M. Léon Chevreau, rapporteur de notre Classe àl Exposition de Liège, signalait déjà la vogue de ces fantaisies de l’industrie du corset, et il disait : « Un Diplôme d’honneur fut décerné à une Exposition très élégante qui renfermait, à côté des corsets dune coupe parfaite, des types fort bien traités de brassières maintien-poitrine dont la vogue s’affirme chaque jour davantage».
- La vogue est et sera pendant longtemps encore au corset droit.
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- Il a heureusement remplacé le corset cintré, généralement abandonné parce qu’il rendait le ventre trop proéminent et ne donnait pas à la femme la ligne qui la caractérise.
- C’est seulement depuis 1900 que la fabrication du corset droit s’est beaucoup développée; les corsetières ont eu de grandes difficultés à vaincre pour le perfectionner.
- On se rend compte du résultat obtenu en comparant ce qu’est aujourd’hui la silhouette féminine et ce qu’elle était autrefois, lors de la mode du corset cintré.
- Le corset droit ne gêne pas la poitrine et ne comprime pas l’estomac. Il maintient et fait rentrer le ventre, c’est-à-dire qu’il réunit tous les avantages de l’hygiène.
- La fabrication du corset sur mesure ne diffère guère, comme opération industrielle, de celle du corset fabriqué à l’avance et par quantité.
- Les mesures du corset, au lieu d’être établies d’après des mannequins et de correspondre à des tailles déterminées, sont prises sur la cliente même, et la corsetière peut tenir compte, pour les dissimuler, au besoin, des imperfections de la nature, toujours nuisibles à l’esthétique, surtout lorsqu’il s’agit d’une femme.
- La part du travail manuel est beaucoup plus considérable dans le corset sur mesure que dans le corset tout fait.
- Mais nous regretterions d’aviver par des louanges trop particulières la rivalité qui divise les fabricants de gros et les corsetiers sur mesure. Cette rivalité, si féconde pour l’industrie du corset, ne doit pas sortir des limites d’une lutte courtoise et dans laquelle on se préoccupe exclusivement de favoriser la clientèle.
- L’industrie du corset en gros et du corset sur mesure, sont toutes deux nécessaires et leurs rivalités sont leurs meilleurs stimulants.
- Nous avons constaté avec satisfaction, que l’Exposition de Milan a été une nouvelle occasion pour les fabricants, dans l’un comme dans l’autre genre, de prouver l’incontestable supériorité de leur initiative, de leur goût et de leur élégance.
- La concurrence étrangère fait, sans doute, des progrès, mais nous restons les maîtres du marché pour nos articles de luxe et nous pouvons rivaliser avec les fabricants de corsets à bon marché; à prix égaux, nous leur sommes supérieurs par la qualité et la valeur réelle des articles que nous fabriquons.
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- LA SITUATION COMMERCIALE DE L’INDUSTRIE DU CORSET.
- En 1902, le commerce d’importation du corset était de 55.343 fr. ; en 1906, il a atteint 226.400 francs.
- Quant aux exportations, elles étaient, en 1902, de 1.406.864 francs, et en 1906 elles atteignent 1.464.230 francs, contre 2.624.104 francs en 1905, année très exceptionnelle.
- A l’importation l’augmentation est due à l’introduction de corsets fins, d’origine belge et allemande, qui entrent en France non garnis, afin d’éviter de payer le droit afférent aux corsets finis.
- Quant à l’exportation, elle ne perd pas; seuls les chiffres de 1905 et 1906 ne nous paraissent pas représenter l’importance de notre exportation et nous tenons à faire ici les mêmes réserves que nous avons déjà faites dans notre rapport annuel à la Commission des valeurs en douane.
- Nos principaux clients sont, à l’exportation, l’Angleterre, l’Italie, l’Autriche, l’Allemagne, les Etats-Unis et l’Amérique du Sud, principalement pour l’article de luxe.
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- CORSETS. — Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS 1903 1903 1904 1905 1906
- DE PROVENANCE ET DE DESTINATION IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- Pièce Pièce Pièce Pièce Pièce Pièce Pièce Pièce Pièce Pièce
- Grande Bretagne .... 1.350 74.039 299 44.546 208 33.208 1.098 168.835 2.606 24.326
- Allemagne 2.724 )) 2.440 » 6.575 )) 6.519 )) 7.033 23.685
- Pays-Bas 2 >> 25 » )) )) » 16.479 908 ))
- Belgique 17.231 15.657 15.045 19.123 13.718 23.839 28.859 )) 45.109 10.682
- Espagne 530 » 632 )) 959 )) 200 )) 310 )) !
- Suisse » 33.364 )) 38.914 176 43.542 )) 53.953 )) 17.293
- Turquie )) 10.059 )) )) )) 10.322 )) 13.535 )) 13.435
- Italie 118 )) 255 )) 89 )) 149 )) )) ))
- Etats-Unis )) » )) 18.392 >) )) » )) )) ))
- Grèce » 7.515 )) )) )) )) )) )) )) ))
- Autres pays étrangers. 72 35.690 55 48.606 106 27.096 274 43.058 382 27.967
- Algérie Autres Colonies et Pays )) 17.668 )) • 35.967 150 30.590 87 26.148 )) 23.279
- de Protectorat 110 6.990 )) 10.038 )) 6.125 6.005 252 5.756
- Quantités totales. . . . 22.137 200.982 18.751 215.586 21.981 174.722 37.786 328.013 56.600 146.423
- Valeurs totales 55.343 1.406.874 56.253 1.509.102 54.953 1.310.415 151.144 2.624.104 226.400 1.4G4.230 .
- Or
- CO
- OO
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- HH
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- g
- P
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- FRANCE. — Buses et ressorts en acier, munis de leurs agrafes et boutons.
- Statistiques françaises — Commerce spècial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1903 1903 1904 1905 1906
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil.
- Allemagne e 2.126 )) 1.517 » 935 » 1.899 )) 3.507 ))
- Grande-Bretagne .... )) 51.912 )) 24.643 )) 49.588 )) 71.478 r 52.369
- Espagne » )) )) » >» » )) 8.029 )) 10.796
- Suisse )) » » )) )) 5.625 » )) )) ))
- Portugal )) » )) 7.123 )) » » )) )) ))
- Autres Pays étrangers. 345 21.275 111 19.684 190 18.694 505 15.266 306 10.550
- Algérie )) )) )) )) )) 86 » 169 )) »
- Colonies et Pays de
- Protectorat )) 2.838 )) 894 >) )) )) )) )) ))
- Quantité totales 2.471 76.025 1.628 52.344 1.125 73.993 2.404 94.942 3.813 73,715
- Valeurs totales 12.849 395.330 8.466 272.189 5.850 384.764 12.501 493.699 21.734 420.176
- TROISIÈME PARTIE. -- LE CORSET
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- EXPOSITION DE MILAN
- PATRONS ET OUVRIERS DANS LE CORSET
- Lors du dernier recensement, on comptait en France 13.856 personnes occupées à la fabrication des corsets.
- Dans cette industrie, le nombre des femmes occupées est infiniment supérieur à celui des hommes, 12.986 contre 870.
- En ce qui concerne la fabrication, la catégorie la plus importante d’établissements est représentée par ceux qui occupent de 1 à 4 personnes.
- 6 établissements seulement ont un personnel supérieur à 100 personnes; 20 en emploient de 50 à 100; 39 de 21 à 50; 61 de 11 à 20; 105 de 5 à 10; 1072 de 1 à 4, et 121 n’en occupent aucune.
- On compte également 4.182 travailleurs isolés, dont 15 hommes et 4.167 femmes.
- SALAIRES.
- Les salaires n’ont presque pas varié depuis une vingtaine d’années ; les ouvrières gagnent à Paris de 2 à 4 francs, et en province de 5 à 7 francs.
- ASSOCIATIONS.
- Il y a deux Chambres syndicales patronales: la Chambre syndicale des corsets et fournitures pour corsets.
- La Chambre syndicale des fabricants de corsets sur mesure.
- Ces Chambres soutiennent, par leurs cotisations de membres honoraires, deux Sociétés de secours mutuels spéciales au personnel du corset et qui s’appellent la « Corsetière » et la « Bergère ».
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- TROISIÈME PARTIE.
- LE CORSET
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- L'INDUSTRIE DU CORSET EN ITALIE.
- L’Italie ne produit pas de corsets riches, sa fabrication se préoccupe surtout de l’article de grosse consommation et à bon marché.
- La clientèle riche achète ses corsets chez nos grands corsetiers parisiens et la France occupe une place très prépondérante dans le commerce d’importaton du corset en Italie.
- C’est ainsi que nous constatons, au commerce d’importation, une augmentation très sensible entre les années 1901 et 1905, tandis qu’au contraire les exportations accusent un fléchissement de près de 50 %.
- 1905
- lires
- 1901
- lires
- 32.000
- 76.500
- 12.480
- 140.640
- Importation.
- Exportation
- Importations,
- En 1901 et 1902, la France, l’Allemagne et la Suisse étaient les trois seules nations qui vendaient des corsets en Italie.
- En 1903 et 1904, nous constatons, en plus, des importations autrichiennes, anglaises, américaines (1904) et Belges (1905).
- Mais la part de la France est certainement la plus importante et augmente tous les ans.
- En 1901, nous vendions à F Italie pour 6.240 lires, et en 1905 notre part est de 14.500 lires.
- Voici, année par année, la marche de notre commerce avec l’Ita-
- lie.
- Importations françaises.
- Valeur en lires.
- 1903
- 1904
- 9.120
- 1901
- 6.420
- 1902
- 12.000
- 11.440
- 14.500
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- EXPOSITION DE MILAN
- Si, au contraire, nous regardons quelle est la situation des exportations italiennes de corsets en France, nous voyons un commerce à peu près nul.
- En 1901, aucun chiffre au tableau du commerce italien; en 1902, 960 lires; en 1903, 960 lires; en 1904, 1.040 lires; en 1905,1.000 lires.
- Si nous comparons les importations françaises avec celles des autres pays qui vendent des corsets à l’Italie, nous sommes amenés à faire les constatations suivantes :
- Importations.
- Valeur en lires.
- Pays d’origine 1901 1902 1903 1904 1905
- France.................. 6.240 12.000 9.120 11.440 14.500
- Allemagne............... 4.800 8.640 4.800 5.720 13.000
- Grande-Bretagne....... » » 1.920 5.200 1.500
- Suisse................ 1.440 1.440 » 1.560 »
- Etats-Unis............ » » 960 » »
- Belgique.............. » » » 1.560 »
- Ces chiffres montrent bien notre situation prépondérante, cependant nous ne saurions prendre trop de précautions pour nous défendre contre la concurrence de l’Allemagne qui, en cinq années, a plus largement bénéficié du marché italien que nous-mêmes.
- Les articles que cette nation vend à F Italie ne sont pas les mêmes que ceux qui nous sont achetés, mais, néanmoins, on ne saurait croire que ce sont des corsets à bon marché, car l’Italie produit cet article à meilleure condition que l’Allemagne.
- Dans cet article, comme dans beaucoup d’autres, l’Allemagne copie nos modèles français, qu’elle reproduit ensuite avec des marchandises inférieures comme qualité et un soin infiniment moindre; ce sont ces « imitations » d’articles français qu’elle écoule en Italie et qui sont achetés par une clientèle modeste de petites bourgeoises et quelquefois par des clientes peu au courant des procédés de fabrication et mal renseignées sur la valeur des articles.
- On ne saurait dire qu’il y a en Italie des centres de fabrication du corset; dans les villes, il y a la corsetière « à la mode de Paris »,
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- TROISIÈME PARTIE. — LE CORSET
- 543
- mais qui ne fabrique que peu de corsets, et qui tient un commerce de vêtements; quant aux manufactures, on en trouve à Milan, à Parme, à Gênes> etc.
- Certaines de ces manufactures possèdent un outillage très remarquable et très perfectionné pour produire en grande quantité.
- On ne fabrique que le corset de coton, et l’exportation de cet article constitue à lui seul tout le commerce d’exportation du corset italien.
- Exportations.
- Les deux grands centres de l’exportation des corsets fabriqués en Italie sont la Turquie d’Europe et la République Argentine.
- Sur un commerce d’exportation qui atteignait, en 1901,140.6401ires, la part de la Turquie d’Europe était de 53.760 lires, et celle de la République Argentine de 38.400 lires.
- Mais si ces deux nations sont restées les principaux clients de 1 Italie, nous devons constater que leurs achats ont diminué considérablement d’importance.
- Les chiffres suivants le démontrent :
- Exportations italiennes en Turquie cVEurope.
- Valeur en lires.
- 1905
- 25.000
- 50 % en moins.
- Exportations italiennes dans la République Argentine.
- Valeur en lires.
- 1901 1902 1903
- 38.400 34.560 12.480
- 50 % en moins.
- 1904 1905
- 19.760 18.500
- 1901 1902 1903 1904
- 53.760 21.600 19.680 20.280
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- EXPOSITION DE MILAN
- Les fabricants italiens de corsets trouvent également des débouchés pour leurs produits en Egypte, dans l’Amérique centrale, en Grèce, etc., etc. «•
- Le Chili, le Brésil, le Pérou étaient, jusqu’à ces dernières années, des clients relativement importants; dès 1903, on voit un fléchissement dans les exportations, et en 1904 et 1905 la statistique italienne ne donne plus de chiffres pour ces pays, en ce qui concerne les corsets.
- Nous sommes donc fondés à croire qu’on n’en donne pas parce qu’il n’y en a pas, et que ces nations achètent ailleurs.
- La main-d’œuvre italienne est infiniment meilleur marché qu’en France et même qu’en Allemagne.
- Quant aux qualités des ouvrières, à en juger par les articles fabriqués, on ne saurait croire qu’elles soient très éprises du sentiment du goût et qu’elles excellent dans l’art des créations de la mode.
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- Corsets de tout genre, en coton, pour dames (1). — Statistiques italiennes. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1901 1902 1903 1904 1905
- Importations . Exportations . Importations . Exportations . Importa- tions. Exportations . Importations . Exportations . Importations . Exportations .
- LIRES LIRES LIRES LIRES LIRES LIRES LIRES LIRES LIRES LIRES
- Autiche-Hongrie .... )) 1.440 )) 2.880 2.400 » 2.080 )) 3.000 ))
- Crète )) )) )) )) )) )) )) )) )) 1.500
- F rance 0.240 )) 12.000 960 9.120 960 11.440 1.040 14.500 1.000
- Allemagne 4.800 » 8.640 ,, 4.800 » 5.720 )) 13.000 . )). . .
- Grande-Bretagne .... )) )) » 1.920 » 5.200 )) 1.500 ))
- Grèce » 2.400 )) 1.920 )) 3.360 )) 2.600 )) 4.500
- Malte )) 8.640 )) 6.240 „ 6.240 » 9.880 » 2.500
- Espagne )) )) » )) )) )) » )) » 1.000
- Turquie d’Europe .... )) 53.760 )) 21.600 n 19.680 )) 20.280 » 25.000
- Turquie d’Asie » )) )) „ » )) 9.360 )) 1.500
- Possessions hollandais. )) » » )> » » )) )) )) 1.000
- Égypte )) 9.120 )) 5.760 „ 4.320 )) 1.040 )) 11.500
- Amérique centrale . . . )) 6.720 )) 1.920 » 1.920 )) 13.000 )) 8.500
- République Argentine . )) 38.400 )) 34.560 ,, 12.480 . )> 19.760 >) 18.500
- Mexique )) 2.400 )) 3.360 » 4.320 )) 5.200 )) ))
- Suisse 1.440 » 1.440 )) » 960 1.560 )) )) ))
- Brésil )) 6.240 )) 3.360 » )> )) )) » ))
- Pérou )) 8.160 )) 1.920 )) 4.320 )) 1.040 )) ))
- Chili )) 3.360 )) 17.280 )) 6.720 )) 7.280 )) ))
- Tripolitaine )) » » 1.440 )) )) )) » )) ))
- Australie )) )) » 1.440 » )) )) )) » »
- Etats-Unis )) » )) )) 960 )) )) » )) ))
- Belgique ' )) » )) )) )) )) 1.560 » )) ))
- Indes britanniques . . . )) » )) )) )) » » 3.120 )) »
- Tunisie » )) » )) ». )) » 1 .040 » ))
- Totaux 12.480 140.640 22.080 104.640 19.200 65.280 27.560 94.640 32.000 76.500
- (1) En 1003 seulement, on relève uniquement une exportation en Argentine de G.COO lires de corsets de tout genre en Un, chanvre et jute, pour dames.
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- EXPOSITION DE MILAN
- LES CORSETS A L'EXPOSITION DE MILAN
- A l’Exposition de Milan, l’industrie du corset et ses accessoires était brillamment représentée.
- A Liège, en 1905, on comptait 15 exposants qui se répartissaient de la façon suivante :
- 3 maisons de gros;
- 4 maisons de corsets sur mesure;
- 8 maisons de fournitures et accessoires.
- A Milan, en 1906, on comptait 18 exposants sur lesquels il y avait :
- 6 maisons de gros;
- 3 maisons de corsets sur mesure;
- 9 maisons de fournitures et accessoires.
- Toutes ces maisons possédaient des installations très luxueuses et avaient fait les plus grands efforts pour présenter leurs articles sous un aspect très sincère et qui permît de se rendre compte de leur réelle valeur.
- Le Jury des récompenses a eu à examiner les maisons suivantes et leur a accordé des récompenses qui n’ont donné lieu à aucune protestation.
- BARREIROS (Mmo Berthe), 10, rue Daunou, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1889 par sa propriétaire actuelle, Mme Berthe Barreiros. Sa spécialité est le corset sur mesure. Elle est propriétaire de plusieurs modèles déposés, entre autres « le Corselet Empire » et le « Svelte ». Sa fabrication s’adresse à la clientèle riche de Paris et de l’étranger.
- Depuis 1897, cette maison a pris part aux diverses Expositions qui ont eu lieu en France et à l’extérieur.
- Elle a obtenu des récompenses qui suffisent à l’éloge de ses pro-
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- TROISIÈME PARTIE. ---- LE CORSET
- duits, dont le soin et le goût ont toujours été appréciés de sa clientèle. Nous citerons plus particulièrement l’Exposition de Bruxelles, en 1897, où elle obtint une Médaille d’argent; la même récompense lui fut attribuée par le Jury de l’Exposition universelle de Paris en 1900; à Sain t-Louis 1904, à Liège 1905, elle vit ses efforts récompensés par une Médaille d’or, et enfin, à Milan, en 1906, le Jury international lui décernait un Diplôme d’honneur.
- Mme Berthe Barreiros est membre du Comité de patronage et de direction d’une école professionnelle pour l’enseignement du corset, qui forme tous les ans un certain nombre d’ouvrières.
- BIGNON Georgesf 30. rue des Jeûneurs, Paris.
- M. Georges Bignon a pris la suite de la maison P. Dusausse, dont la spécialité était, et est demeurée, la fabrication en gros de corsets haute nouveauté, marque E. D. à « l’Aurore ».
- Cette maison fait la commission et exporte à l’étranger une partie de ses produits.
- La maison Bignon a obtenu à l’Exposition de Milan une Médaille d’or.
- CADOLLE ET FILS (M®5 Vve). 24, chaussée d’Antin, Paris.
- Cette maison a été fondée par ses propriétaires actuels, en 1888, a Buenos-Aires (République Argentine). C’est en 1898 que Mme veuve Cadolle et son fils transportèrent à Paris son siège social.
- Elle possède plusieurs succursales: à Paris, 402, rue Saint-Honoré ; à Buenos-Aires, 104, calle Peru, et son siège social, 24, chaussée d Antin, à Paris.
- C’est à cette adresse qu’est installé le magasin principal-
- Les articles qu’elle fabrique s’adressent à la riche clientèle, dont 1 élégance exige des modèles soignés et ayant, avec les nécessités de l’hygiène, un réel cachet artistique. La spécialité de la maison veuve Cadolle et fils est le corset sur mesure; elle est propriétaire de plusieurs modèles brevetés qui jouissent d’une universelle réputation. Nous citerons le « Corselet gorge », le « Confortable-Esthétique », avec le correcteur pour le gorge, et qui a apporté des modifications heureuses aux anciens modèles de corsets, et enfin le « Bien-êtie,
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- EXPOSITION DE MILAN
- corset hygiénique », qui se compose de deux parties reliées avec les côtés par des élastiques afin de laisser toute liberté à l’estomac.
- Cette maison a apporté sa collaboration régulière aux différentes Expositions qui ont été organisés en France et à l’étran-
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- TROISIÈME PARTIE. -- LE CORSET
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- ger en ces dernières années, et elle y a obtenu les récompenses suivantes :
- Médaille de bronze : Paris 1900; Médaille d’argent : Saint-Louis, 1904; Diplôme d’honneur : Liège, 1905 et Milan 1906.
- A l’étranger cette maison fait des affaires importantes avec l’Angleterre et l’Amérique. Après l’Exposition de Milan, elle a conservé une succursale en Italie.
- CHARLES (Camille), 115, boulevard Sébastopol, Paris.
- Cette maison s’est fait une spécialité des dentelles et broderies pour corsets. Elle obtint à Milan, comme précédemment à Liège, une Médaille d’argent. Elle est seule à se spécialiser dans les garnitures pour corsets qui comprennent les dentelles à trous-trous, les broderies, et les galons. Elle fait fabriquer ses produits à Saint-Quentin, à Calais, à Caudry, à Argenteuil.
- M. C. Charles est le fournisseur de toutes les maisons françaises et étrangères qui fabriquent en gros le corset et des maisons de fournitures pour corsets.
- La garniture complète harmonieusement le corset et lui donne une élégance dont les ouvrières parisiennes sont les fées enviées de partout. La garniture est au corset ce qu’est le chapeau à une femme élégante.
- En outre de l’Exposition de Liège et de Milan, la maison C. Charles a participé à F Exposition universelle de Paris en 1900 et de Saint-Louis 1904.
- CLAPIN, rue du Coq-Héron, Paris.
- Les articles fabriqués par la maison Clapin portent la marque P. C.
- Cette maison a été fondée en 1862.
- Jusqu’en 1900, elle s’était spécialisée dans la fabrication des corsets pour enfants et fillettes, et depuis cette époque, M. Clapin y a ajouté la fabrication de corsets pour dames. En outre de la manufacture de Paris, elle comprend d’importants ateliers à Orléans, 58, quai des Augustins.
- Les articles qu’elle fabrique sont de haute nouveauté, de fabrication régulière et soignée.
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- 550 EXPOSITION DE MILAN
- Depuis 1889, cette maison a figuré avec avantage dans la plupart des Expositions organisées en France et à l’étranger. A
- Paris, en 1889, le Jury lui décernait une Médaille d’argent; aux Expositions d’Anvers 1894, d’Amsterdam 1895 et de Paris 1900,
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- TROISIÈME PARTIE.
- LE CORSET
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- elle obtenait la Médaille d’or, elle compte enfin deux Grands prix qui lui furent attribués aux Expositions de Liège en 1905 et de Milan en 1906.
- DESPRÉAUX JEUNE et FILS, 31, rue de Turbigo, Paris.
- Cette maison, fondée en 1850 par M. Estivin, a é^té reprise en 1874 par M. Despréaux jeune qui, en 1895, y adjoignit la clientèle de l’ancienne maison Dacquet, dont la création remontait aux premières années du siècle dernier.
- Depuis 1905, la raison sociale est « Despréaux jeune et fils ».
- Sa spécialité est la fabrication des fournitures et tissus pour corsets.
- Elle a participé à un grand nombre d’Expositions et y a obtenu les récompenses suivantes :
- Médaille de bronze : Paris 1900;
- Médaille d’argent : Saint-Louis 1904;
- Médaille d’or : Liège 1905;
- Diplôme d’honneur: Milan 1906.
- Dans ee genre d’articles où la concurrence est des plus actives, la maison s’est acquis une réputation de premier ordre.
- DELMOTTE (A.), 73, rue Richelieu, Paris.
- Cette maison, une des plus importantes de celles s occupant des fournitures pour corsets, possède, en outre de ses magasins dePaiis, quatre usines. Une de tissage de batiste unie et façonnée a Ligny en Cambrésis (Nord);une de tissage de soieries à façon a Bussièies (Loire); une tricoterie à Saint-Maur-des-Fossés (Seine) et une fabii-
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- EXPOSITION DE MILAN
- que de buses à Paris. M. A. Delmotte occupe un nombreux personnel, et c’est sur sa proposition qu’en 1902, la Chambre syndicale des corsets et fournitures a créé une Société de secours mutuels et de retraites, intitulée « La Corsetière ».
- D’ENNETIÉRES (J.-B.) ET Cic, Comines (Nord).
- Cette maison a été fondée en 1869 par M. J.-B. d’Ennetières, le père des propriétaires actuels. C’est lui qui, à cette époque, introduisit dans la région du Nord la fabrication des tissus pour corsets. Les
- heureuses innovations que cette maison a successivement apportées dans cette fabrication ont donné une grande importance à l’usine et ont augmenté dans des proportions considérables la production.
- Elle a participé à plusieurs Expositions et a obtenu les plus hautes récompenses. Médaille d’argent : Paris, Exposition universelle de 1900 ; Médaille d’or : Saint-Louis 1904 ; Diplôme d’honneur: Liège 1905 ; Grand prix : Milan 1906.
- Les produits qu’elle fabrique sont d’une vente courante en Franceet à l’étranger.
- MM. d’Ennetières ne négligent aucun effort jpouiv étendre leurs affaires avecl’extérieur, et leur participation à l’Exposition de Milan leur a créé en Italie des relations qu’ils espèrent pouvoir suivre dans l’avenir.
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- PICARD ET MINIER, 93, rue Réaumur, Paris.
- Cette maison existe sur la Place de Paris depuis 1850. Elle possède, en outre de son magasin de Paris (93, rue Réaumur), des usines importantes à Paris,
- 61, rue Saint-Charles, à Thouars, . dans le département des Deux -Sèvres, et au Lude, dans la Sarthe.
- C’est elle qui a installé l’industrie du corset à Thouars et au Lude.
- Sa spécialité est la fabrication en gros de corsets haute nouveauté et qui sont couramment vendus dans les magasins et chez les spécialistes. Sa production annuelle est considérable.
- Depuis 1867, elle a participé aux Expositions suivantes et y a obtenu les plus élogieuses récompenses :
- Médailles de bronze :
- Paris 1867,
- Paris 1878;
- Médaille d’or :
- Paris 1889 ;
- Diplômes d’honneur :
- Anvers 1894,
- Amsterdam 1895;
- Grands prix :
- Saint-Louis 1904,
- Liège 1905;
- Hors concours, Membre du Jury: Milan 1906.
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- EXPOSITION DE MILAN
- «MU j t
- DUTOIGT, MARTIN ET O, Haubourdin (Nord).
- Cette maison s’est fait une spécialité de la fabrication en gros
- des corsets. En dehors de sa manufacture d’Haubourdin, dans le
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- Nord, elle possède une maison à Paris, 13, rue d’Uzès, une autre à Bruxelles, et une troisième à Kieff en Russie.
- La maison d’Haubourdin a institué entièrement à sa charge une caisse de secours et dons, au profit du personnel employé à la manufacture. La maison de Bruxelles possède et alimente pour une large part une Société de secours mutuels pour les employés et ouvriers.
- Elle a ob tenu, aux Expositions universelles, les plus hautes récompenses :
- Grand prix : Paris 1900; Milan 1906.
- DUGARIN (D.1, Gomines (Nord).
- Cette maison a été fondée en 1885.
- Elle s’est fait une spécialité de brochés et tissus pour corsets. C’est elle qui a appliqué, la première, le tissage du Jacquard dans les étoffes employées pour la fabrication des corsets.
- C’est ainsi qu’elle exposait à Milan une quantité de tissus brochés et lin, coton et soie.
- Elle a pris part à plusieurs Expositions et elle a obtenu notamment : Médailles d’or : Bruxelles 1897, Paris 1900; Grands prix : Saint-Louis 1904, Liège 1905 et Milan 1906.
- L’industrie de M. Ducarin occupe des usines très importantes dans le département du Nord à Comines, et à l’heure actuelle sa fabrication est maîtresse du marché international.
- LEMEUNIER ET G'"', 15, rue de Turbigo, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1899.
- Elle s’est fait une spécialité des tissus employés dans la fabiica-tion du corset.
- Elle possède plusieurs usines situées dans les centres mêmes de fabrication et où elle produit dans les meilleures conditions.
- L’usine de Ligny en Cambrésis, près de Caudry, dans le dépaite-ment du Nord, fabrique les batistes unies et façonnées, celle d’Evreux, les coulils fins, et celle de Lyon, les soieries et les biochôs. En outre de ces divers produits, la maison Lemeunier et C1C possède une manufacture de « Baleines véritables ».
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- La division qu’elle a appliquée dans donner à l’acheteur les meilleurs tissus que puissent produire la meilleure main-d’œuvre.
- Sa | clientèle est très répandue en France et à l’étranger.
- Elle possède notamment des clients importants en Italie.
- Dans l’industrie de la fabrication des tissus pour corsets elle a apporté d’heureuses transformations qui contribuent à la bonne réputation des articles français.
- Cette maison n’a eu l’occasion de concourir que dans deux Expositions.
- A l’Exposition universelle de Paris, en 1900, elle a obtenu une Médaille de bronze et une Médaille d’or pour sa fabrication de baleines.
- A Milan, le Jury international lui a décerné une Médaille d’or.
- sa production lui permet de
- LEPRINCE, 44, boulevard de Sébastopol, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1848 par Mme Veuve Martin qui l’a cédée en 1866 à son gendre, M. Louvet, devenu associé de M. Leprince père, sous la raison sociale « Louvet aîné et Leprince ».
- En 1887, M. H. Leprince, à la mort de son père, est devenu seul possesseur de la maison.
- Sa spécialité est la fabrication de corsets de genres courants et d’articles riches vendus aux maisons de bonneterie, nouveautés et grandes spécialités de corsets, tant en province qu’à l’étranger.
- Elle exporte ses produits dans le Royaume-Uni d’Angleterre et d’Islande, l’Allemagne, la Suisse, la Belgique et les Pays-Bas.
- Elle fait fabriquer dans ses usines d’Orly-sur-Morin, en Seine-et-Marne, de Dormans, dans la Marne, et de Paris; en outre, de petits entrepreneurs lui font du travail à façon.
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- La maison H. Leprince a exploité plusieurs brevets d’invention, pris pour des créations qui ont obtenu le plus grand succès auprès de la clientèle française et étrangère.
- Elle a participé à un grand nombre d’Expositions universelles et a obtenu les récompenses suivantes :
- Médaille de bronze : Paris 1878; Médaille d’argent : Paris 1889, Amsterdam 1883; Hors concours : Chicago 1893; Médaille d’or : Paris 1900; Membre du Comité d’admission et d’installation, Médaille d’or : Saint-Louis 1904; Membre du Comité, Hors concours, Membre du Jury : Liège 1905; Grand prix : Milan 1906, Membre du Comité d’admission et d’installation.
- TORGHEBŒUF ET Cie, 8, boulevard Bonne-Nouvelle.
- Cette maison a environ trente années d’expérience.
- En outre de ses ateliers de Paris, elle possède une manufacture à Saacy-sur-Marne, dans le département de Seine-et-Marne.
- Elle s’est fait une spécialité de la fabrication en séries de corsets riches et de haute nouveauté.
- Elle a apporté d’heureuses transformations dans l’industrie du corset confectionné en utilisant des matières premières de qualité supérieure et en se préoccupant de la coupe et du cachet artistique.
- MM. Torchebœuf et Cie n’ont fait figurer leurs produits qu’à deux Expositions.
- A Paris, à l’Exposition universelle de 1900, où elle obtint une Médaille d’argent, et à Milan en 1906, où le Jury international lui décerna un Diplôme d’honneur.
- THOMAS (Mme Augustine), 18, rue Daunou, Paris.
- Cette maison est de création récente, néanmoins elle s’est déjà fait une réputation par la valeur de sa fabrication.
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- Sa spécialité est le corset haute nouveauté qu’elle fabrique en détail et en gros, marque A. T.
- Elle s’occupe également de la lingerie pour femmes, blouses, jupons, déshabillés, etc.
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- L’Amérique est son principal centre d’affaires à l’étranger.
- En dehors de la maison de Paris, située, 18, rue Daunou, Mme Augustine Thomas fait travailler des ateliers de province, situés dans les Vosges.
- Elle exposait pour la première fois à l’Exposition de Milan et le Jury lui a accordé une Médaille d’or.
- SOCIÉTÉ « LE BUSC », 40, quai Jemmapas.
- Cette Société anonyme a été formée de la réunion des maisons A. Rolland, Ch. Garnot, Paturle-Nicolet, C. Libron et fils.
- Son siège social est situé quai Jemmapes, 40, à Paris, et elle possède deux usines, l’une à Paris etl’autre à Saint-Laurent-du-Pont (Isère).
- Elle fabrique principalement les buses, les laçures pour corsets, les cerclettes pour robes et les ressorts de guêtres.
- A l’Exposition de Liège, cette Société avait obtenu un Grand prix.
- La même récompense lui a été attribuée à l’Exposition de Milan .
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- La Lingerie
- CHEMISES, COLS, CRAVATES
- I
- LA CHEMISE. — HISTORIQUE
- importance; elle a pourobjetde couvrir notre corps d’étoffes
- légères, de grande souplesse, très douces au toucher, facilement lavables, afin de nous préserver contre la dureté et le contact désagréable des étoffes qu’on emploie dans la fabrication de nos vêtements de dessus qui sont de laine ou de drap.
- La lingerie « de corps » est intime, sa coquetterie, de bon ton, est de grande discrétion et, si les hommes la veulent unie, les femmes, au contraire, ne sauraient mettre une chemise qui ne soit au moins ornée d’une dentelle ou broderie dont la valeur, la richesse et l’importance varient suivant leurs conditions sociales, mondaines et de fortune.
- Aussi nous voyons des articles de lingerie de femmes agrémentés (I ornements dont la valeur varie depuis deux sous le mètre jusqu a atteindre plusieurs milliers de francs.
- La machine à vapeur, a inventé la dentelle de coton au kilomètie, pour remplacer les merveilles d’art, de patience, de goût, de déli-
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- EXPOSITION DE MILAN
- catesse et de légèreté dont nos arrière-grand’mères et grand’mères, pendant des siècles, se sont légué le secret et la patience nécessaire à l’exécution d’un pur chef-d’œuvre.
- La vie moderne est trop active pour admettre qu’une jeune fille ait le temps d’apprendre à broder.
- Les sports, l’automobile, tout ce qui est vitesse et activité a fauché tout ce qui, autrefois, constituait les arts de la femme et de la jeune fille.
- Si le xxe siècle avait à peindre le portrait delà reine Berthe, ilia représenterait, non point filant sa quenouille, mais bien en culotte de bicycliste ou en jupe courte de joueuse de tennis.
- La femme moderne apprécie autant que ses devancières, plus peut-être, le luxe et exige des articles fins et gracieux, mais elle veut qu’ils soient exécutés avec rapidité et n’admet pas qu’on lui demande une collaboration quelconque.
- Il y a encore peu d’années, la jeune fille ayant reçu une bonne éducation devait savoir broder et elle considérait comme un passe-temps agréable de marquer le linge, dont elle faisait usage.
- Aujourd’hui, les femmes qui apprécient le beau linge, le veulent brodé, mais on ne trouve plus d’ouvrières pour exécuter ces travaux, et il faut prévoir l’époque où le linge brodé à la main sera exceptionnel au point d’être rare.
- Un quart de siècle, tout au plus, a suffi pour transformer les conditions de la vie.
- Ce n’est pas seulement la jeune fille de famille aisée qui a tranché le lien qui l’enchaînait à la tradition; la jeune ouvrière elle aussi, a suivi la voie nouvelle, dont on ne peut prévoir tous les obstacles, et le désir d’un gain rapidement gagné lui fait abandonner des travaux minutieux et longs, pour rechercher une besogne simple, ne demandant pas de connaissances spéciales et qui, à certaines époques de l’année, peut produire une rémunération plus importante que celle du travail à l’atelier ou à l’usine.
- Dans les Vosges, par exemple, il y a plusieurs mois de l’année où il est absolument impossible d’obtenir du travail, au moment des moissons et des vendanges, et dans les environs des villes d’eaux, comme Contrexéville, Plombières, Vittel et autres, pendant la belle saison, les ouvrières sont occupées à un travail qui n’a aucun rapport avec la broderie.
- Il n’est pas rare de voir des commissions rester plusieurs mois et même une année entière en fabrication.
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- LA LINGERIE
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- La difficulté que les fabricants d’articles de lingerie rencontrent à se procurer la matière première nécessaire à oette industrie, la rareté et les exigences toujours croissantes de la main-d’œuvre, les obstacles qu’il leur faut continuellement vaincre pour produire certains articles au goût de la clientèle, sont autant d’entraves mises par la mauvaise intelligence à l’expansion de cette industrie.
- Pendant qu’on invente tous les prétextes pour limiter l’activité des fabricants français, la concurrence de l’étranger se développe, bénéficie de tous nos retards et accapare la clientèle.
- Car si les affaires, dans les articles de lingerie, sont prospères, nous constatons néanmoins une progression constante dans les importations.
- Entravée, à l’intérieur, par des difficultés de toutes natures, a l’extérieur, par les barrières infranchissables dont s’entourent les nations, il est aisé de comprendre que notre prospérité ait perdu de son importance et qu’elle nous conserve difficilement un rang honorable.
- On ne peut cependant mettre en doute, la bonne volonté des fabricants, les concessions qu’ils ont faites au personnel des ateliers et des usines, les marques d’intérêt qu’ils lui ont donné en créant des caisses d’assistance, en participant par des donations désintéressées aux œuvres de mutualité, en améliorant l’outillage pour supprimer autant que possible les travaux fatigants et nuisibles ù la santé, sont des marques suffisantes de l’intérêt qu ils portent à des collaborateurs dont ils n’ont jamais cherché à méconnaître la valeur et l’importance.
- Ils ont donc quelques raisons de leur demander une collaboration °ù l’animosité ne soit pas le sentiment supérieur de leur action.
- Mais nous n’avons parlé de ces maux que pour penser qu ils 11e s°nt pas sans remède.
- L’Exposition de Milan aura été une nouvelle occasion pour les fabricants français de prouver la supériorité de leurs articles dont la valeur, l’élégance, la richesse font le plus grand honneur a 1 industrie française.
- Lour se rendre compte des progrès qui ont été apportés dans cette industrie, il est nécessaire de dire quelles furent ses origines, et comme nous ne voudrions renvoyer nos Collègues à des sources historiques difficiles à contrôler, ni les mettre dans la nécessité de
- procurer des ouvrages que l’on ne trouve pas facilement en librai-rie, nous allons en quelques mots, dépourvus de prétention, diie ce
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- que fut la lingerie avant le xixe siècle et comment est née cette industrie dont le chiffre d’affaires annuel dépasse cent millions.
- Les principaux articles de la lingerie confectionnée sont la chemise pour hommes et pour femmes.
- Ainsi que nous l’avons fait pour tous les articles que nous avons eu à examiner à l’Exposition de Milan, avant d’examiner les conditions actuelles de cette branche industrielle, nous tenons à dire sommairement ce qu’elle a été dans le passé.
- Les historiens qui se sont préoccupés d’écrire l’histoire du costume ont naturellement eu l’occasion de parler de la chemise.
- Parmi les ouvrages les plus compétents auxquels nous avons emprunté les éléments nécessaires à notre partie historique, nous pouvons citer Y Histoire du Costume de M. Quicherat (1) et celle de M. Racinet.
- Nous ne saurions oublier de faire ici une mention toute spéciale aux intéressants rapports que notre distingué Collègue, M. Julien Hayem, a rédigé à l’occasion des Expositions universelles de Paris 1878 et Paris 1900.
- Pour ces travaux, notre Collègue avait eu lui-même recours aux auteurs que nous venons de citer et il a complété leur érudition par un ensemble de renseignements puisés aux meilleures sources et qui lui ont permis d’écrire une notice très complète de l’histoire des principaux articles que comporte la lingerie.
- Pour les raisons que nous avons dites au paragraphe précédent, nous avons jugé que nous ne devions pas nous contenter de renvoyer purement et simplement le lecteur à ces ouvrages.
- Il était du devoir d’un rapporteur scrupuleux de donner à ceux qu’il veut intéresser tous les éléments nécessaires pour juger de l’importance du développement des industries spécialement désignées à son jugement.
- Les travaux de nos prédécesseurs quoique très complets au point
- (1) Quiclierat. — Histoire du Costume : Hachette et Gie, éditeur.
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- de vue de l’histoire de la mode, présentaient cependant quelques lacunes au point de vue des anciens procédés de fabrication.
- Dans notre travail, nous nous sommes surtout appliqué à signaler l’importance des modifications apportées à l’organisation et à la production du travail.
- S’il est intéressant de savoir que les générations du ixe siècle portaient des chemises, il n’est pas moins intéressant de dire comment on les confectionnait, et de définir, au moyen d’une judicieuse comparaison entre les anciens et les nouveaux procédés, la supériorité incontestable de ces derniers.
- II
- La chemise, dans le sens où nous l'entendons, ne remonte qu au xme siècle.
- Si l’objet avant cette époque existait, il ne portait pas le même nom et la chemise n’est qu’une transformation ou une appropriation, suivant les cas, de ce que furent dans l’ancien temps la cainisa, le chainse et le bliaud, voire même la tunique des Gaulois.
- (( La tunique avait la même destination que la chemise moderne, et quelquefois la même forme, comme on le voit notamment sur un vase étrusque où est représentée une femme quittant sa chemise pour entrer au bain.
- » Cependant la tunique, qui était chez les Grecs et les Romains le principal vêtement de dessous, ressemblait généralement plus à nos blouses qu’à nos chemises. La chemise ordinaire des hommes en Crèce et à Rome, était une simple tunique de laine serrée autour cLs reins et descendant jusqu’aux genoux, avec deux manches courtes, qui ne couvraient que la partie supérieure du bras, n atteignant pas même le coude.
- ® Beaucoup de statues et de bas-reliefs antiques n ont d autie xetenient que cette tunique de dessous.
- >J Maisdansles classes supérieures onnese contentaitpasd un vêtement si simple, les hommes s’enveloppaient dans une grande dia-perie qui, disposée avec art, cachait presque complètement le vête-
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- ment de dessous. Ce manteau s’appelait imitation chez les Grecs et toge chez les Romains.
- » A côté de la tunique, qui était la chemise ordinaire, il y en avait de particulières et de spéciales; celle, par exemple, que portaient les esclaves; elle n’avait qu’une manche et laissait toute une partie de la poitrine à découvert. Une autre tunique appelée « exomis » ne couvrait également que l’épaule gauche, laissant la droite entièrement nue, elle n’avait pas de manches et s’attachait sur l’épaule avec une broche ou fibule : c’était le vêtement des gens dont les occupations demandaient une activité et un travail continus, comme les esclaves, les paysans, les artisans, les chasseurs. Ce vêtement était généralement donné à Vulcain, à Caron, à Diane et aux Amazones dont la vie était remplie par des travaux incessants.
- » Chez les Grecs, les femmes de distinction portaient deux tuniques; celle de dessous descendait jusqu’aux pieds et celle de dessus s’arrêtait à mi-corps, une ceinture la serrait très bas autour des hanches, elle était retenue au-dessus de chaque épaule par une broche. Une statue de Diane de la villa Pamphili montre un vêtement de ce genre, dont l’aspect était très gracieux.
- » A Sparte, la tunique portée par les jeunes filles était fendue; elle n’avait de couture du haut en bas que sur le côté gauche, laissant à droite une longue fente destinée à laisser plus de liberté aux membres.
- » C’est sur la fin de l’Empire que s’établit l’usage des « camisa », tunique de dessous ordinairement de toile de lin ou de chanvre.
- » Les peuples du Nord eux-mêmes l’adoptèrent, et Fortunat s'est servi de cette expression dans un passage de la vie de sainte Rade-gonde, où il raconte que cette princesse, voyageant un jour avec ses plus belles parures, s’arrêta dans une église, et que, touchée de la sainteté du lieu, elle déposa comme offrande sur l’autel un paquet de ce que sa garde-robe contenait de plus précieux, à savoir ses fines tuniques (camisas), ses manchettes (manicas), ses coiffes (cufîeas), ses fibules, tous les objets enfin où l’on voyait briller l’or et les pierreries. »
- Au ixe siècle, camisa est souvent synonyme d’« alba ». Dans l’église grecque, les clercs préposés à l’entretien des petits foyers où l’on faisait chauffer de l’eau que l’officiant versait dans les vases sacrés, étaient 'dits « camisati », sans doute à raison de leur costume.
- Le concile national d’Aix-la-Chapelle, tenu en 817, soumit à un
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- règlement nouveau l’habit imposé aux moines par l’ancienne discipline.
- On trouvait que le costume prescrit par saint Benoît ne répondait plus aux besoins d’une profession qui s’était étendue dans toutes les contrées de l’Europe, et à laquelle appartenaient tant d’hommes distingués par leur éducation et leur intelligence.
- Voici quelle dut être la garde-robe des religieux :
- Deux chemises ou robes de dessous, deux tuniques, deux cuculles mesurant chacun deux coudées ou 90 centimètres; deux chapes, quatre paires de chaussons, deux paires de braies, un roque, deux pelissons talaires, deux paires de bandelettes à envelopper les jambes, une paire de gants pour l’été et une de moulles pour l’hiver, deux paires de souliers pour le jour, deux paires de semelles à cordon pour se relever la nuit, en été, et deux paires de socques à semelle de bois pour le même usage, en hiver, du savon et de l’huile de toilette en quantité suffisante.
- Dans les actes du xe siècle, il est souvent fait mention de chainses (chemises), de fourrures, de chausses, de gants, donnés à la femme ou aux enfants de l’une des deux parties contractantes.
- D’autres fois la livraison de ces objets eut un sens différent. Elle fut le signe de l’investiture donnée à la partie prenante, par le bailleur qui renonçait à une possession. C’était un reste des temps où les engagements n’étaient point encore fixés par des écrits. On s’était servi de symboles pour donner aux transactions leur
- validité.
- La chemise sera désignée sous le mot « le chainse » jusqu’en 1316, époque à laquelle apparaît le substantif «chemise ».
- Pendant longtemps les « chainses » furent un objet de luxe et uon d’indispensable nécessité: on en faisait volontiers des cadeaux.
- Salomon, duc de Bretagne, au xie siècle, en envoya trente au pape Adrien IL
- On les imposait comme des redevances aux arrière-vassaux et dans maintes chartes on trouve l’obligation d’en fournir un certain nombre : les femmes serves étaient tenues d’en fabriquer pour leurs seigneurs un nombre déterminé.
- Un règlement établi pour les fermes de l’abbaye de Saint-Martin porte que les hommes du monastère doivent trois journées de travail et aux femmes on impose de fabriquer 4 chainses par semaine.
- La chemise était si bien à cette époque un objet de luxe qu’on la quittait pour se mettre au lit.
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- Au xie siècle, le chainse était le plus souvent de toile blanche, on disait proverbialement « blanc comme chainse ».
- Les deux robes qui composent, à cette époque comme par le passé, l’habillement des femmes portent aussi le nom de bliaud et de chainse.
- La laine ou la soie fournissaient l’étoffe du bliaud. Le bliaud, dont notre langue moderne a fait blouse, était toujours découpé de façon à laisser voir les bas des manches du chainse. Ces manches étaient artistement plissées autour des bras, et terminées par des manchettes de broderies d’or ou de très larges bracelets.
- Aux approches de l’an 1100, un changement radical eut lieu dans l’habillement des hommes.
- Le changement des formes n’entraîna pas celui des noms employés jusque là. Le costume reste composé de chainse, bliaud, manteau, braies et chausses.
- Le chainse, étroit et plissé, ou gaufré par le fer de la repasseuse, ressemblait à une aube de prêtre, il n’apparaissait qu’aux poignets et par le bas de la jupe qui s’étalait sur les pieds.
- Pour aller à cheval, le chainse était fendu par devant et par derrière de toute la longueur de l’ouverture des cuisses.
- Le bliaud se relevait par-dessus, de sorte qu’on voyait comme deux bannières de toile blanche voltiger autour des jambes du cavalier. Cela n’était pas d’un mauvais effet, mais devenait dangereux si l’on perdait les étriers.
- Dans la tenue de guerre l’incommodité de ces pans était flagrante, aussi beaucoup de cavaliers résistèrent-ils à la mode.
- Les ouvriers et gens de service en tant qu’ils s’habillaient pour le travail, s’en tinrent aussi aux vêtements courts.
- On voit le laboureur à la charrue représenté avec un chainse qui n’atteint pas ses genoux, et une tunique écourtée, munie d’un capuchon, lui tient lieu de bliaud.
- Enfin, plus d’un citadin, surtout dans les provinces reculées, resta fidèle par principe à la mode de ses ancêtres.
- Le Trésor impérial de Vienne possède un chainse et un bliaud dont la date est certaine, du moins celle du bliaud.
- On lit sur les bordures d’une large bande de soie brochée dont il est paré par le bas, une double inscription en latin et en arabe, de laquelle il résulte que cet ornement fut tissé à Païenne en 1181.
- Le reste de la tunique est d’une soie sergée de couleur bleue tirant sur le violet. Les manches sont en entonnoir depuis les entournures
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- jusqu’aux poignets. Le corps est bâti avec des pointes qui donnent une largeur extrême par le bas. L’encolure est si étroite qu’on a dû l’augmenter d’une fente en long, pratiquée à gauche, pour faciliter le passage de la tête.
- La hauteur totale de ce vêtement est de un mètre trente centimètres.
- Le corps du chainse est en forme de sac, les manches et l’encolure taillées comme celles du bliaud, mais cette dernière est coupée dans un carré de soie brodée qui garnit le haut de la tunique, et il y a un bouton pour attacher le pan résultant de la coupure. La fente est d’ailleurs dissimulée par des galons. L’étoffe est un tissu de fil, les bordures en soie brodée et brochée de couleur violette, deux bandes qui traversent le milieu des manches en soie bleue également brodée.
- Le chainse des femmes entièrement couvert par le bliaud n’apparaissait qu’aux manches et par une broderie dont il était décoré à l’encolure. Il pouvait être de fine laine ou de crêpe de soie, aussi bien que de fil.
- Le bliaud était étroit comme celui des hommes, mais beaucoup plus long car il couvrait les pieds par devant, et souvent produisait par derrière une queue traînante.
- Une tunique du nom de pelisson, qui était de pelleterie enfermée entre deux étoffes, la fourrure apparaissant seulement sur les bords, prenait place quelquefois entre la chemise et le bliaud.
- Ce double usage du bliaud et du pelisson au xne siècle est attesté par une infinité de chansons de geste. Ainsi l’on voit la Béatrice du roman de Raoul de Cambrai, s’habiller successivement du pelisson et du bliaud, tandis que le pelisson de Blancliefleur, dans le roman de Garin, est une robe apparente que soulève « le sein palpitant » de la jeune fille.
- La même remarque s’applique aux hommes qui usèrent également du pelisson.
- Dans la chronique de Geoffroy de Vigeois nous lisons : « En cette année (1178), la disette du lin et de la cire se fit fortement sentir. Une chemise qu’on payait ordinairement neuf deniers, se vendait deux sous quatre deniers ». Il est hors de doute qu’il s’agissait de la chemise de lin (1).
- Au xme siècle, le chainse se transforma en chemise : La chemise
- (f Détail cité par M. Julien Hayem, rapport de 1878.
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- EXPOSITION DE MILAN
- dans le sens où nous l’entendons, pièce fondamentale en toile de fil, que toute personne aisée voulut porter sur la peau.
- Le ci-devant chainse eut pour équivalent une première robe, ordinairement de laine, appelée cotte.
- « Chevaliers, bourgeois, vilains, sortent de chez eux resplendissants de pourpre. On n’aperçoit que satin, drap écarlate et fin linon. »
- Ce tableau de Guillaume le Breton, parlant du luxe de cette époque, tout en étant puissamment coloré, n’est pas complet, car il aurait pu ajouter « de fin linon et de chair ».
- Les élégantes, n’ont-elles pas inventé en effet d’utiliser les ouvertures de leur surcot pour montrer leur chemise et même leurs avantages.
- Jacques de Yitry, un célèbre prédicateur, s’élève, avec plusieurs de ses confrères, contre cette dépravation, et les fabricants de chemises trop joliment ornées, sont voués aux foudres de l’Enfer, comme ayant exercé une industrie diabolique.
- Ce n’est pas le seul exemple de la répression exercée contre une trop grande licence dans le costume à cette époque.
- Les Languedociennes se passaient volontiers de surcot, elles fendaient leur sorquanie (sorte de cotte), sur la poitrine et, par une large ouverture, lacée à de grands intervalles, elles exhibaient le tissu transparent d’une chemise froncée, plissée, brodée de soie et d’or.
- En 1298, le Consulat de Narbonne fit une loi contre cette « inconvenance ». Les cottes lacées furent défendues ainsi que les chemises brodées.
- Les mariées seulement furent autorisées par tolérance à avoir une chemise de cette sorte pour leur noce, et à la porter pendant leur première année de ménage mais pas plus !
- On a tant écrit au xme siècle que la vie privée de ce temps-là n’a pas de secret pour nous. Nous savons comment on déposait ses habits pour se coucher, dans quel ordre on les remettait en se levant.
- Un barreau de bois, appelé la perche, était disposé près du ht en guise de portemanteau, et servait à suspendre une partie des vêtements.
- Voici des instructions à cet égard.
- « Vous devez étendre sur la planche vos draps, tels que manteaux, surcots, cloche, pourpoint, enfin tout ce que vous avez de fourrure, et d’habits soit d’hiver, soit d’été. Votre chemise et vos
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- braies auront leur place sous le traversin du lit. Et le matin, lorsque vous vous levez, passez d’abord votre chemise, et vos braies. Vous mettez ensuite votre blanchet ou votre futaine, puis vous affublerez votre chapeau, après ce sera le tour de vos chausses'et souliers, puis des robes qui complètent l’habillement. Enfin vous vous laverez les mains. »
- Il serait méchant de croire que nos ancêtres de cette époque ne se lavaient que les mains, ils avaient, au contraire, continué l’habitude des bains.
- Les premières années du xive siècle virent une nouvelle révolution dans le costume. Des changements radicaux furent opérés aux longues tuniques notamment. Elles devinrent courtes, n’atteignant pas les genoux, eurent la forme d’une étroite camisole, et on les surnomma jaquet ou jaquette. L’habit de dessous fut le pourpoint ou gipon, justaucorps rembourés qui avaient leur ouverture, celui-ci sur les côtés, celui-là par devant. Les chausses, mises à découvert dans presque toute leur longueur, allèrent s’attacher auxhraies vers le haut des cuisses.
- La chemise écourtée en proportion des autres parties du vêtement devint d’un usage universel.
- Il est intéressant de noter que, contrairement à ce qui se passe ordinairement, cette mode, dont les premières indications remontent à 1340, ne fut ni donnée, ni suivie par la Cour.
- Philippe de Valois demeura, en effet, fidèle aux anciens costumes, et la mode nouvelle fut surnommée « la mode des jeunes ».
- La chemise continue à être une des parties les plus importantes de la toilette. Ainsi, dans une gravure du temps, on nous représente le roi Jean vêtu d’une grande robe à manches étroites, au-dessus de laquelle on voit s’étaler une chemise blanche échancrée qui entoure le col et se rabat sur la poitrine.
- Dès le règne de Charles VII (1422) le comble de la misère est de n’avoir point de chemise.
- Dans la « Complainte du pauvre commun et des pauvres laboureurs de France » on lit:
- Pour dieu regardez nos visaiges Qui sont si piteux et si pâlies...
- Hélas ! prélats et gens d’église Vous nous voyez nuds, sans chemise.
- Ce qui prouve que, déjà auparavant, tous les hommes font usage de chemise, c’est l’acte d’accusation de Jeanne d’Arc. Le plus fia-
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- grant de tous ses crimes, et, d’ailleurs, le seul reconnu vrai, avait été de s’être habillée en homme, au mépris du Deutéronome du Concile de Chalcédoine. L’article 12 de l’acte d’accusation s’exprime ainsi : « Renonçant tout à fait aux habits de son sexe, Jeanne s’est fait couper les cheveux à la manière des varlets, et s’est mise à porter chemise, brayes, gipon, chausses longues ».
- Mais Monstrelet et Jacques Duclerc, les chroniqueurs du xve siècle, nous ont laissé des descriptions parfaites du costume à cette époque et plus particulièrement de ceux que l’on portait sous Louis XI.
- Monstrelet écrit : « En ce temps, les hommes en vinrent à se vêtir plus court qu’ils n’eussent oncques fait, comme l’on soûlait de vêtir les singes : ce qui était chose très malhonnête et impudique. Ils fesoient fendre les manches de leurs chemises déliées, larges et blanches ».
- Ceci porte la date de 1467 et c’est également la même description que nous retrouvons dans Jacques Duclerc : « Cette année (1467), les hommes faisaient fendre les manches de leurs robes et de leurs pourpoints, de telle sorte qu’on voyait leurs bras à travers une déliée chemise qu’ils portaient, laquelle chemise avait la manche large ».
- Les chemises du xve siècle étaient presque toutes de fil et de fabrication hollandaise; on sait combien était grande la réputation des toiles de Hollande, tant pour la finesse que pour la blancheur merveilleuse du tissu.
- Le linge ainsi exhibé aux bras, le fut plus tard sur l’estomac, aux épaules, aux cuisses mêmes, grâce au nombre toujours croissant des fentes et taillades.
- En France, les nouveautés ne s’introduisirent qu’à petites doses. Le beau sexe resta habillé, sous Louis XI, a peu de chose près, comme il l’avait été sous Charles VII.
- Parlant de la chemise des femmes, Olivier de la Marche, dans son poème, le Parement des Dames d’Honneur, nous dit qu’elle est à manches longues jusqu’aux poignets, de cette fine toile de lin, dite toile de Hollande, et que le corps est formé de deux pièces cousues sur les côtés.
- C’est surtout à la mort de Louis XI qu’on adopta l’habitude dont on ne se départira plus, de découvrir, par place, le vêtement de dessous. Le premier usage qu’on fit de la liberté, fut de se procurer tout ce qu’il y avait de beau pour se vêtir.
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- Les élégants à la bourse plate font apparaître à la fente de leur pourpoint un fin mouchoir que l’on prend pour leur chemise, mais, dit Coquillard :
- Mais la chemise elle est souvent Grosse comme un sac à moulin.
- Les modes des premières années du règne de Charles VIII furent des modes de réaction.
- On était las de l’excessive exiguïté à laquelle Louis XI avait donné faveur.
- Quelques-uns ont fait honneur à la reine Anne du costume à la fois sévère et élégant qui fut alors adopté par les dames.
- Dans le Parement des Dames d’Honneur, Olivier de la Marche nous a laissé l'énumération des pièces dont se composait ce costume.
- Il donne à sa Dame « les pantoufles d’humilité, les souliers de bonne diligence, les chausses de persévérance, la jarretière de ferme-propos, la chemise d’honnêteté, etc., etc. »
- Cette chemise est décrite ainsi que nous l’avons dit plus haut.
- Anne de Bretagne résista avec une véritable opiniâtreté de Bretonne à l’invasion des façons italiennes, rapportées en France par les femmes de fonctionnaires que Louis XII employa en Lombardie pendant sa domination éphémère sur cette contrée.
- Néanmoins plus d’un détail emprunté à la toilette des Milanaises et des Génoises prit faveur dans les villes et les châteaux. Ainsi les gorgerettes et pièces d’estomac furent mises de côté.
- A leur place on laissa voir un dégagement de la robe, une encolure de chemise délicatement brodée. La chemise apparaissait encore aux manches de la cotte, qui furent faites de deux brassards ou mancherons réunis ensemble par des rubans.
- Les Bragards laissaient sortir la chemise entre le haut-de-chausses et le pourpoint.
- Sous ie règne de François Ier, à l’extrémité de la chemise on place une petite garniture plissée ou froncée et que laisse voir le pourpoint échancré et décolleté comme le corsage des femmes.
- Biaise de Montluc, qui vivait à l’époque d’Henri II, décrivant la façon dont il était habillé pour assister à une cérémonie qui eut heu en 1555, nous parle d’« une chemise ornée d’une soie cramoisie et de filet (dentelle) d’or ».
- La relation de la joyeuse entrée du roi à Lyon, le 23 septembre
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- 1548, nous montre les corporations industrielles de cette ville allant recevoir leur souverain sous l’habit militaire.
- Ces élégants soldats « portaient une chemise brodée d’or qui se montrait par un large col rabattu et par des bouillons sortant d’une fente longitudinale qui était pratiquée aux manches du pourpoint. »
- La description de la chemise que l’on portait à l’époque du règne d’Henri III nous a été faite par Biaise de Vignère, qui a traduit Tite-Live en français et qui, dissertant sur l’habillement des anciens Romains, a mis en opposition, pour en mieux faire ressortir l’austère simplicité, la variété bizarre de celui de ses contemporains. Parlant de la chemise, il écrit : « L’un, finablement, un simple bord, plus tost que renvers de chemise, large peu plus peu moins de l’épaisseur d’une jocondelle (monnaie très simple des Pays-Bas) mais cre-nellé à barbacasses, et l’autre comme la teste passée à travers une meule de moulin, goderonnée à tuyaux d’orgues de vingt-cinq ou trente lez, douz et menuz, fraisez en choux crespées, telles qu’on voit ces testes d’anges ou de vents, qui paraissent à travers un gros amas de nues ».
- Henri IY aimait la simplicité dans le costume comme dans les mœurs, et il rappelait volontiers sa détresse et l’état de sa garde-robe quelques semaines avant son entrée dans Paris. Son avoir, en fait de linge se bornait alors à cinq mouchoirs et à une douzaine de chemises dont plusieurs étaient trouées.
- Sous le règne de Louis XIII et particulièrement vers 1620, le pourpoint s’allégea beaucoup, les taillades furent moins nombreuses. Elles servirent à mettre en montre non plus la doublure, mais la fine chemise, ou bien le taffetas d’une chemisette.
- Aux environs de 1624, sous l’impulsion de Richelieu, la France reconquit sa plénitude dans l’empire de la mode qu’elle se partageait depuis cent ans avec l’Italie et l’Espagne.
- Une ordonnance de 1620 avait défendu les passementeries milanaises. On imagina alors d’étaler la dentelle et le point-coupé sur toutes les parties de l’habillement. Telle femme de robin portait des rabats de cent pistoles et des chemises toute bandées de point-coupé depuis le haut jusqu’en bas.
- Le col, les manchettes et les bas de bottes étaient garnis de larges dentelles, on en portait d’étroites sur toutes les coutures de l’habit.
- Mais en 1629 Les découpures et les broderies furent également mises à l’index, tout comme les passements, sous prétexte qu’étant
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- fabriquées à l’étranger elles faisaient sortir du royaume des sommes considérables.
- Toutefois on n’inquiéta pas les marchands qui vendaient du point-coupé, ni les dames qui en achetaient pour garnir leurs collets, mouchoirs et manchettes, car on commençait à en fabriquer à Villiers-le-Bel, près de Saint-Denis, et à Auriac.
- Quelques-uns pourtant s’étaient attachés si fort à ce genre de magnificence qu’il leur fut impossible d’y renoncer et ils auraient volontiers étranglé le ministre qui leur en interdisait le plaisir.
- Tallemand des Réaux raconte l’histoire d’un Pardaillon qui, lorsqu’il était sur le point d’entrer chez quelqu’un, après l’édit de 1629, fermait les rideaux de son carrosse pour se charger de dentelles. Sa visite achevée, il les ôtait de la même façon.
- Le pourpoint en taillade grande D’où la chemise de Hollande Renflait en beaux bouillons neigeux Comme petits Ilots escumeux.
- Après la défense du clinquant, le costume acquit la sobriété qui lui manquait. La coupe du pourpoint fut modifiée, il devint comme une veste ajustée sur le haut du buste et boutonnée depuis le cou jusqu’au sternum. Plus de ceinture, les pans s’écartaient vers le bas et laissaient voir, par l’ouverture de devant, un bouillon de la chemise.
- Celle-ci apparaissait encore à la fente des manches du pourpoint, qui restaient en partie boutonnées.
- Bientôt, à l’époque de la jeunesse de Louis XIV, apparaîtra le jabot et les lois de la galanterie, où nous lirons « vous saurez que l’on appelle un jabot, l’ouverture de la chemise sur l’estomac, laquelle il faut toujours voir avec ses ornements de dentelles, car il n’appartient qu’à quelque vieil pénard d’estre boutonné tout du long ».
- Le costume que les hommes portaient à l’époque de la splendeur de Louis XIV, en 1665, nous a été plaisamment décrit par Molière.
- Pierrot donnant à Charlotte la description du costume des gens de cour s’exprime ainsi : « Que d’histoires et d’engingorniaux boutent ces messieurs-là... ils ont des cheveux qui ne tiennent point à leur tête, et ils boutent ça après tout, comme un gros bonnet de Masse... Ils ont des chemises qui ont des manches où j enflerions tout brandis, toi et moi... en lieu de rabat, un grand mouchoir à cou à réseau, avec quatre grosses houppes qui leur pendent sur 1 esto-
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- mac. Ils ont itou d’autres petits rabats aubout des bras et de grands entonnoirs de passement aux jambes... »
- Anne d’Autriche aimait le linge fin et de grande richesse. Elle faisait tant de cas de la finesse du linge, que les chemises, même de la plus mince et de la plus line batiste, lui paraissaient rudes. Aussi Mazarin disait-il : « le châtiment de Madame la Reine mère, en purgatoire, sera de coucher dans des draps de toile de Hollande (1) ».
- A l’occasion du deuil que la cour prit en 1665 pour la mort de l’empereur Léopold, le roi déclara qu’il fallait en finir avec les manches fendues.
- Les pourpoints eurent des manches qui s’arrêtaient aux coudes.
- De ce que les manches finissaient au-dessus du coude, le reste fut pour la chemise, qui triompha ainsi sur les bras, comme sur le buste, de tout l’écourtement infligé à l’habit.
- On pense bien qu’avec cette mode « débraillée » la chemise ne pouvait plus être portée à cru sur la peau. C’eût été s’exposer aux rhumes et aux douleurs. On se garnissait par-dessous d’une camisole et d’une seconde chemise.
- La dentelle formait les poignets, des cravates autour de l’encolure du corsage, des mouchoirs de cou.
- Dans la première partie du règne de Louis XV, la veste ouverte depuis le haut jusqu’au creux de l’estomac, laissait à découvert la chemise et la cravate, celle-ci formée d’une pièce de linon ou de mousseline, dont les bouts très longs pendaient par devant. C’est ce prolongement de la cravate qui donna ensuite l’idée du jabot, dans le sens ou nous prenons encore ce mot. Un ruban noué sur la gorge, ou bien un col de mousseline agrafé par derrière, ayant remplacé la cravate pendante, on bâtit après la chemise un flot de dentelle qui conservait l’image des bouillons qu’on avait vus jadis s’échapper par l’ouverture de la veste.
- Sous Louis XVI, les hommes continuent à porter la chemise à jabot avec des cols et des manchettes de dentelle.
- Peu à peu cependant le justaucorps se déboutonna; la veste s’ouvrit et devint le gilet moderne; alors les bouts de la cravate se raccourcirent et cessèrent de tomber, le col ressortit, le jabot, de plus en plus rare, finit par disparaître, et le devant de la chemise se montra.
- Cette transformation s’est achevée dans les premières années
- (1) Detail cité par M. J. Hayon».
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- du xixe siècle. Depuis ce temps, la chemise n’a plus eu qu’à subir quelques modifications dans la coupe, quelques changements dans les dispositions du col, des plis et des poignets pour devenir telle que nous la portons aujourd’hui.
- II
- LE COL
- Le col de lingerie est une branche importante de cette industrie.
- Nos cols ou faux-cols modernes sont simples, les hommes les portent généralement unis, on en fait pour femmes de brodés et ornés d’une petite collerette plissée.
- Déjà au xvie siècle, le luxe de la chemise ne pouvait apparaître qu’au col et au bas des manches ornés de pourpre et d’or.
- Le col était un col rabattu, il admettait dans sa décoration, non seulement de la broderie, mais encore des perles.
- Cette mode dura jusqu’à la fin du règne de Henri II, époque à laquelle on revint aux collerettes fraisées, essayées déjà en 1540.
- Le portrait sur émail de François de Guise, par Léonard Limousin, témoigne de ce changement. Il porte la date de 1557.
- Henri III délaissa un moment les collerettes à tuyaux ou fraises godronnées qu’il avait été des premiers à porter du vivant de son frère, il prit à la place le col uni rabattu à l’Italienne; un tableau du musée du Louvre le représente avec ce col.
- Mais ce ne fut qu’un temps d’arrêt, en 1578 il exhiba une collerette comme on n’en avait jamais vu, formée de quinze lès de linon et large d’un tiers d’aune.
- Il avait jugé que l’amidon ne fournissait pas assez de maintien pour tant d’étoffe; il expérimenta lui-même un empois qu il composa avec de la farine de riz.
- L’invention fit pitié aux gens de Paris : « à voir la teste d un homme sur ses fraises, dit Pierre de Lestoile, il semblait que ce fust le chef de Saint-Jean dans un plat ».
- Au carnaval suivant, les écoliers allèrent se promener à la foire
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- Saint-Germain avec des fraises de même modèle en papier, et au milieu des rires, ils disaient tout haut : « à la fraise on reconnaît le veau ». Ils croyaient le Roi à Chartres dans ce moment, il y était allé effectivement, mais étant revenu sans se faire annoncer, il vint aussi se promener à la foire, fut témoin de la plaisanterie et ne la goûta pas. Messieurs les écoliers furent appréhendés au corps et coffrés au Châtelet.
- Sous le règne d’Henri IV, pour la garniture du cou il y eut un chassé-croisé continuel de la fraise et du collet montant. Telle était la largeur des fraises qu’on faisait des cuillères à longs manches, pour que les dames pussent porter le potage à leur bouche sans se froisser. Les collets, soutenus par des fils d’archal, admettaient trois, quatre et même cinq hauteurs de dentelle, la dernière dépassait la tête.
- Pendant la jeunesse de Louis XIII, le collet, de renversé qu’il avait été, devint droit; ce qui fit tomber la mode des cols de chemise rabattus. On eut en place soit des rotondes ou cols montés sur du carton, soit des fraisés à plusieurs rangs de fronces inégales qui étaient les fraises à confusion. Ces fraises, s’étaient montrées à la fin du règne d’Henri III.
- Le cardinal de Richelieu favorisa en France l’industrie de la dentelle, et contribua à la faire employer pour maints usages.
- Les cols de chemise furent agrémentés de décoration en dentelle.
- En 1693, Louis XIV régnant, on appela « chaconne » un long ruban qui fut ajouté au col de la chemise. Ce ruban tombait plus bas que la cravate et flottait hors de l’habit qu’on laissait déboutonné exprès sur le haut de la poitrine.
- En costume négligé, les femmes mettaient des fichus blancs ou mouchoirs de cou, lesquels conduisirent aux grands cols rabattus en façon de pèlerine.
- Anne d’Autriche aima les grands cols rabattus dont la sévérité élégante lui plut : elle les encouragea. Ils furent d’abord de batiste unie, eurent bientôt une garniture de dentelle, puis furent faits tout en guipure, de sorte que par eux l’usage du point-coupé se rétablit insensiblement.
- Le règne de Louis XV vit apparaître le col ou tour de col, cravate de mousseline montée sur deux pattes qui se bouclaient par derrière etquienserraientlecou.Ce fut le commencement du supplice du carcan qui ne cessa pour le malheureux Français qu’après trois révolutions, sous le règne de Louis-Philippe.
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- III
- LA CRAVATE
- Les renseignements suivants sont appelés à compléter ceux que nous avons déjà donnés dans les deux paragraphes précédents.
- Ce travail comprenant tout ensemble, la chemise, le col et la cravate, nous n’avons pas cru devoir faire une démarcation absolue entre chacun de ces articles.
- En réalité nous les avons confondus, et les paragraphes que nous avons établis nous ont simplement permis de spécialiser quelques détails se rattachant plus particulièrement à l’un ou l’autre des articles que nous examinons dans ce chapitre.
- Les Romains connaissaient l’usage de la cravate. M. Quatcher, l’auteur de la plus classique des histoires du costume en France, nous dit que « sur la colonne Trajane, le légionnaire se montre avec deux pièces nouvelles ajoutées à son costume.il a les féminales ou braies courtes et la cravate ».
- Mais ce n’est qu’à partir du règne de Louis XIV que nous voyons la cravate jouer dans le costume le rôle qu’elle a conservé de nos jours.
- Le collet rabattu ou rabat, s’attachait par des cordons garnis de gros glands, et, en 1656, les cordons firent place à la cravate de ruban ou de dentelle.
- A l’époque de la splendeur de Louis XIV, l’habillement du cou fut une longue pièce de mousseline ou de dentelle, dont les bouts descendaient jusqu’au milieu de la poitrine.
- Elle était nouée sur la gorge avec un ruban de couleur.
- La cravate joue un rôle important dans le costume. Les matelots, auxquels on venait de donner un uniforme, ainsi qu’on l’avait déjà fait pour les soldats de l’armée de terre, doivent avoir au cou une cravate de soie noire et sur le flanc une écharpe bleue également en soie.
- La cravate a, dans le costume du Grand Roi, une place assez importante pour nécessiter la création d’un nouveau fonctionnaire, si tou-
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- tefois ce n’est point une hérésie de qualifier ainsi les seigneurs attachés au service du roi. Louis XIV, en effet, créa le titre de « cra-vatier du roi».
- Ces fonctions n’étaient pas purement honorifiques, mais nécessitaient de celui qui était appelé à les remplir, un véritable travail.
- Le « cravatier » devait disposer la cravate du roi de manière qu’elle fût prête à être mise, il la présentait au maître de la garde-robe, ou au premier valet de garde-robe, ensuite il accommodait le col de la chemise du roi. La cravate étant mise, si le cravatier apercevait quelque faux pli, il y retouchait.
- Tous les matins il attachait les diamants et les manchettes aux poignets du roi.
- Il avait, en outre, la garde de toutes les cravates, manchettes et dentelles du monarque.
- Le cravatier avait les mêmes entrées chez le roi que les autres officiers de la garde-robe.
- Plus tard, en 1778, l’article 1er d’un arrêt du Conseil d’Etat, rendu le 15 mai de cette année, exempta les cravatiers du roi du droit de franc-fief, pourvu qu’ils ne fissent aucun acte dérogeant à leur qualité.
- Nous avons déjà parlé de la cravate de mousseline portée par les élégants du règne de Louis XV, nous n’insisterons donc pas et nous signalerons que les « maîtres d’agrément » qui étaient chargés, à l’époque de Louis XVI, de former la jeunesse, enseignaient « l’art de mettre sa cravate ».
- En 1787, à l’époque où l’Angleterre nous donne ses modes, les femmes portent des cravates.
- L’élégant de 1790 a au cou une cravate de couleur, garnie de dentelle à ses deux bouts et qui forme un gros nœud sur la gorge.
- En 1796 les incroyables font tomber leur menton dans une vaste cravate qui « semblait cacher un goitre ou des écrouelles ».
- Pendant les trente premières années du xixe siècle la Cravate prit des proportions ridicules et elle ôtait au cou tout moyen de se mouvoir; on avait imaginé de la garnir intérieurement d’un col de crin ou de bandes d’étoffe raide et dure, propre à métamorphoser la cravate en véritable carcan.
- Vers 1835, la mode qui avait déjà considérablement diminué là cravate, créa les cols-cravate de crin qui tenaien t la tête haute et le cou raide.
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- On porta aussi la cravate dite à la Colin, c’est-à-dire nouée d’une façon très lâche autour du cou ou retenue par une bague.
- Sous Louis-Philippe, les républicains avaient adopté la cravate rouge.
- Les romantiques et la jeune France, ennemis du col-cravate, arborèrent des cravates aux nœuds extravagants et dont la couleur chatoyante composait un véritable arc-en-ciel.
- Les gens graves se cravataient de noir et,les magistrats de blanc. La cravate blanche était exigée, comme aujourd’hui, dans les réceptions officielles et était généralement portée avec le costume de réception.
- Notre époque a vu fleurir d’une prospérité inconnue, l’industrie de la cravate. Les hommes surtout, en ces dernières années, ont pris l’habitude de porter des cravates de fantaisie, et nos élégants, oublieux des traditions, veulent avoir un choix de cravates très variées aussi bien par leur forme, leur dimension, que par leur couleur et la disposition des tissus.
- LA LINGERIE AU XIXe SIÈCLE
- Vers 1849, Paris comptait 2.000 industriels produisant pour 26 millions par an.
- A l’Exposition qui eut lieu en 1849, on remarquait déjà quelques fabricants d’articles de lingerie, mais la première Exposition universelle internationale, celle de Londres en 1851, montra la supériorité de nos produits, la perfection de leur coupe, la variété et l’élégance de leur dessin, le bon goût de leur ornementation.
- Tout se faisait encore à la main, et les maisons religieuses avaient pour ainsi dire le monopole de la confection (1).
- A l’Exposition de 1862, on constata pour la première fois l’application de la machine à coudre, qui devait amener des changements profonds dans l’organisation du travail.
- (1) 'Extrait du Bilan dJun siècle, par M. A» Picard,
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- Tout d’abord il s’établit à Paris de petits ateliers pour la piqûre mécanique; les coutures, les fronces, les ourlets continuaient à être confiés aux couvents de province.
- Plus tard, les exigences de la fabrication à bon marché étendirent le travail à la machine et amenèrent à créer de grands centres de confection hors de la capitale, notamment dans le Berry.
- Les entrepreneurs recevaient de Paris les chemises coupées et en opéraient la répartition entre les ouvrières de la région; tenant pour la plupart un commerce, ils payaient la façon par la remise de marchandises rentrant dans leur spécialité. Depuis, ce mode de rémunération a presque complètement disparu.
- En 1867, à l’Exposition universelle qui eut lieu au Champ-de-Mars de Paris, on remarquait de nombreuses pièces de lingerie entièrement faites à la machine, y compris les boutonnières.
- Le chiffre d’affaires de l’industrie parisienne atteignait 40 à 50 millions. La France gardait d’ailleurs sa suprématie pour les objets de luxe; elle avait développé dans des proportions considérables sa fabrication d’articles de qualité ordinaire et moyenne.
- L’Exposition de 1878 donna une nouvelle consécration à notre supériorité. Toutefois la concurrence de l’Allemagne devenait menaçante : nos voisins d’Outre-Rhin gagnaient du terrain à l’étranger par leurs articles vendus à vil prix; ils imitaient nos modèles, nos formes, nos nouveautés, parfois nos marques étaient contrefaites.
- Sous le coup d’un danger pressant, la France redoubla d’efforts, sut se résoudre aux plus grands sacrifices, perfectionna son outillage, améliora ses procédés de fabrication, multiplia ses modèles, s’ingénia à rechercher sans cesse des nouveautés, poursuivit l’ouverture de débouchés nouveaux, sans négliger ceux qui lui étaient antérieurement acquis.
- Tant de peines et de soins ne restèrent pas stériles. L’Exposition de 1889 attesta une fois de plus les mérites artistiques et professionnels de la France. Tous les visiteurs admirèrent les qualités de notre lingerie : beauté de la coupe, nouveauté des formes, goût irréprochable, diversité des tissus, composition soignée et choix heureux des dessins, opposition agréable des couleurs, habileté de main des ouvrières, conscience dans le travail.
- Malgré la concurrence de Vienne, de Berlin, les produits français s’imposaient au monde entier. De grands progrès avaient été réalisés pour les articles d’exportation, grâce à l’amélioration du ma tériel, à une division plus rationnelle du travail et à l’économie de
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- main-d’œuvre qui en résultait. La couture mécanique était arrivée à un tel degré de perfection que, souvent, on ne distinguait pas sans difficulté les pièces faites à la machine des pièces faites à la main.
- Depuis, la France n’a nullement démérité, l’Exposition de 1900 a été, comme ses devancières, un triomphe pour son industrie. Cependant si nous restons maîtres du marché intérieur, nos ventes à l’étranger éprouvent une diminution progressive, qui affecte principalement les objets de vente courante. Beaucoup de pays d’Europe et d’Amérique où le travail de la lingerie confectionnée était inconnu, ont organisé des ateliers de confection et de couture; la production s’est décentralisée, à l’abri des tarifs douaniers protecteurs. La lutte des peuples exportateurs a d’ailleurs pris depuis un caractère d’âpreté inouïe.
- Pourvue des outils les plus ingénieux et les plus divers, ainsi que d’un personnel d’ouvrières robustes et appliquées, approvisionnée par l’Alsace de tissus blancs ou imprimés, d’un renom universel, puisant à sa source même la matière première nécessaire à sa fabrication, l’Allemagne ne cesse de réaliser des conquêtes à l’extérieur.
- En Autriche-Hongrie, Vienne et Prague ont beaucoup perfectionné leur fabrication. Des manufactures gigantesques et dotées d’un puissant outillage se sont créées aux Etats-Unis. La Grande-Bretagne est favorisée par l’abondance de la matière première et par l’étendue de son domaine colonial.
- Au delà des Alpes, les Italiens sont des producteurs sérieux et redoutables; on ne peut qu’être frappé de la régularité et du blanc de leur lingerie.
- Ce court exposé de l’honorable M. A. Picard nous permet de suivre, dans ses grandes lignes, le développement de l’industrie de la lingerie pendant la seconde moitié du xixe siècle.
- La situation actuelle, sous certains aspects, est meilleure que celle de 1900.
- Depuis cette époque, l’outillage mécanique a fait de grands progrès et des innovations ont permis d’augmenter encore la production.
- Mais nous devons constater qu’en ce qui concerne plus particulièrement la France, notre commerce d’exportation de lingerie devient chaque année plus difficile, et que nous trouvons de moins en moins des débouchés pour notre fabrication.
- Ces difficultés n’ont pas pour raison une dépréciation quelconque
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- de la valeur de nos produits; au contraire, tous les fabricants de lingerie rivalisent pour produire des articles offrant toutes les qualités réelles d’une bonne marchandise. La fabrication étrangère dont déjà, en 1900, M. A. Picard signalait les progrès, s’est encore développée en ces dernières années. Aujourd’hui, nos anciens clients, devenus producteurs, non seulement n’éprouvent plus le besoin de nous acheter, mais encore nous font une concurrence sur les marchés qui ont laissé leurs portes ouvertes, et viennent même chez nous, pour nous disputer la clientèle française.
- Néanmoins, la France conserve un rang des plus enviables parmi les nations fabriquant les articles de lingerie, et c’est avec une satisfaction, où l’amour-propre national tient une large place, que nous constatons que même nos principaux rivaux s’adressent à notre fabrication, pour avoir les articles riches, de grande élégance et de bon goût.
- Les détails suivants permettront de juger de l’importance actuelle de l’industrie de la lingerie en France, et de la comparer avec la situation acquise par nos concurrents et principalement par l’Italie.
- SITUATION DE L’INDUSTRIE DE LA LINGERIE, EN FRANCE POUR L’ANNÉE 1906
- L’industrie de la lingerie se compose de deux branches bien distinctes.
- 1° La lingerie en gros.
- 2° La lingerie de détail.
- La lingerie en gros comprend :
- a) La lingerie pour hommes et enfants.
- b) La lingerie pour femmes, fillettes, ainsi que les layettes et trousseaux.
- La lingerie de détail comporte les mêmes divisions que la lingerie de gros.
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- Dans la lingerie pour hommes, le genre des articles fabriqués établit une démarcation très nette entre cette branche industrielle et toutes celles qui composent l’industrie du vêtement.
- Dans la lingerie de femmes, au contraire, la démarcation est assez difficile à faire. Les chemisettes, les robes de coutil, de linon, de guipure et d’autres matières similaires, peuvent-elles être considérées, comme appartenant à l’industrie delà lingerie, ou sont-elles du domaine des couturiers?
- Cette équivoque a permis aux fabricants de lingerie de confectionner des robes, et aux grands couturiers de faire la lingerie; certains d’entre eux s’occupent même de confectionner des trousseaux complets.
- Afin de donner le plus de clarté possible à ce travail, nous allons examiner en particulier chacune des diverses branches de la lingerie.
- 1° Lingerie en gros pour hommes.
- 2° — pour femmes.
- 3° Lingerie de détail pour hommes.
- 4° •— pour femmes.
- 1° LINGERIE EN GROS POUR HOMMES
- Cette branche comprend le linge d’hommes et des articles spéciaux pour enfants et garçonnets de six ans.
- Les articles fabriqués sont : chemises, caleçons, gilets, faux-cols, manchettes et devants de chemises.
- CHEMISES
- Les chemises constituent le plus fort élément de la fabrication en gros.
- On distingue, dans cet article, la-chemise blanche, la chemise de flanelle, la chemise de coton, la chemise de fantaisie.
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- La chemise blanche. — A ses débuts, les fabricants de lingerie en gros ne faisaient confectionner que des chemises blanches, aujourd’hui cet article, tout en étant de fabrication courante, est sérieusement concurrencé par la chemise de fantaisie.
- Les matières premières utilisées pour la fabrication de la chemise blanche sont le coton, la toile-union, c’est-à-dire un tissé fil et coton, et enfin la toile pur fil.
- Les tissus de coton sont fabriqués dans les Vosges ou en Normandie, ils sont envoyés dans les blanchisseries de Thaon, Senones, Gisors et Rouen, où ils sont mis en état d’être employés dans l’industrie.
- Le prix de ces tissus varie suivant leur qualité qui est très variée; la fabrication comprend des filés de différentes grosseurs.
- Dans les chemises vendues en France, on emploie principalement des tissus renforcés, pour l’exportation au contraire, on se sert de tissus affinés.
- Les tissus de coton ont subi depuis un an des fluctuations considérables; dans le courant de 1906 nous avons eu sur les prix d’achat des écarts de 15 à 20 %.
- Les toiles, employées à la fabrication des devants et poignets de chemises bon marché, nous venaient autrefois d’Irlande, aujourd’hui elles sont fabriquées, pour une partie, en France et nous en achetons aux fabriques de Belgique.
- On emploie aussi pour les devants, cols et poignets des tissus fins de coton, qui subissent un apprêt glacé spécial et qui leur donne l’aspect de tissus de toile; les connaisseurs du métier peuvent seuls faire la différence.
- Quant aux beaux tissus dénommés « percale », ils sont d’un usage peu courant dans la lingerie de gros, qui se trouve limitée par les prix de fabrication, mais ils sont couramment employés dans la lingerie de détail.
- Les fabricants de chemises en gros, utilisent pour ce qu’on appelle « le corps de la chemise » le tissu de coton qu’on a dénommé « calicot ».
- Les devants, cols et poignets sont faits avec des tissus de coton fin, la toile-union ou la toile pur fil.
- Au cours de l’année 1906, le cours des tissus de toile a également subi des fluctuations qui ont eu pour conséquence une augmentation sensible de cette matière.
- La fabrication de la chemise blanche pour homme a fait beaucoup
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- de progrès; on trouve couramment dans le commerce des articles à des prix très avantageux, car, en général, la fabrication de la chemise blanche, et notamment sa coupe, demande plus de soins que la chemise de couleur.
- Au point de vue de la mode, la forme des plastrons, des cols et des manchettes n’a pas subi des variantes bien importantes.
- La chemise avec col et poignets se vend de moins en moins; l’article de fantaisie est très varié par la forme, la disposition des plis et aussi par la quantité de tissus dont on se sert maintenant pour fabriquer les « devants ».
- Quant à la vente, elle est toujours importante, mais la création de tous les articles de fantaisie que ces dernières années ont mis à la mode, lui a naturellement fait perdre de sa valeur.
- Malgré toute l’ingéniosité dépensée par les fabricants pour varier la confection des chemises blanches, l’article uni continue à être le plus demandé.
- On ne saurait toutefois considérer comme des articles de fantaisie, les coutumes de certaines contrées et de pays étrangers.
- Dans le Nord de la France et en Belgique on porte des chemises fermées par devant et fendues dans toute la longueur du dos; en France cette coutume a une tendance à disparaître, tandis qu’elle est en grande faveur dans toute la Belgique.
- La chemise lyonnaise ne comporte, elle, ni boutons, ni boutonnières; elle est fabriquée avec un grand croisé sur le devant qui la retient fermée sur la poitrine.
- Ce sont là des exceptions de fabrication, qui n’ont aucune parenté avec la chemise de fantaisie.
- Chemises en tissus de fantaisie (chemise de flanelle de coton). — Dans son rapport sur l’Exposition universelle de 1900, notre collègue, M. Julien Hayem, écrivait, page 457 :« Dans beaucoup de cas, le coton écru qui était lourd et sec s’est vu substituer la flanelle-coton qui, sans avoir un poids moindre, est douce et agréable à porter. Ce nouveau tissu a même été appliqué à l’armée et, dans beaucoup de régiments, l’ancienne chemise militaire en coton écru a été délaissée pour la chemise de flanelle-coton qui se salit moins, adhère plus à la peau et fournit au corps plus de chaleur ».
- Depuis cette époque la vogue de la chemise de flanelle de coton 11 a fait que croître et aujourd’hui cet article a remplacé la chemise (le coton écru qui ne se fabrique plus.
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- On distingue deux sortes de flanelle de coton :
- 1°) La flanelle croisée, dont la chaîne et la trame peuvent être en couleur et qui sont fabriquées sur des métiers spéciaux;
- 2°) La flanelle tissée, dite tennis, dont la chaîne est généralement de couleur, tandis que la trame est en écru ou blanc.
- Ces tissus sont généralement épais, solides et consistants, ils sont indifféremment plucheux ou secs et conviennent très bien aux travailleurs, car ils évitent, après de lourds travaux, le refroidissement du corps.
- Les principales manufactures de tissage se trouvent en Normandie, dans les départements du Rhône, des Vosges, de l’Orne et du Nord.
- La chemise de flanelle de coton se porte généralement en hiver, tandis qu’en été la mode est aux chemises de zéphir tissé.
- Ces tissus sont fabriqués dans les mêmes centres de fabrication que la flanelle de coton.
- En général, les mêmes fabricants tissent du zéphir en hiver et de la flanelle en été.
- Les chemises de zéphir. — La hausse qui s’est produite, au cours de l’année 1906, sur le coton jumel a été cause de très grandes différences de prix sur les articles de belle qualité en zéphir.
- Notre collègue, rapporteur des tissus, signalera certainement dans son travail les conséquences de ces différences sur les prix des filés en jumel; mais, pour donner une idée de larépercussion qu’elles ont eue dans l’industrie de la lingerie, nous croyons devoir donner quelques aperçus des prix atteints par nos articles.
- Chemises en tissus imprimés. — En ces dernières années, les tissus imprimés ont pris une place considérable dans la fabrication de la chemise de couleur.
- Les impressions sur tissus permettent d’avoir des articles plus variés, de nuances très diverses et à des prix relativement bon marché.
- Dans la réalité, les tissus teints sont d’une qualité inférieure aux articles tissés, mais les acheteurs préfèrent souvent payer moins cher et avoir des objets dont la disposition de dessin et la nuance des couleurs sont très attrayantes et qui leur donnent satisfaction à l’usage.
- Dans l’industrie de la lingerie, les tissus imprimés ont pris une place telle, que pour sauvegarder leurs intérêts et ceux de leur
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- clientèle, les fabricants d’articles de lingerie ont été obligés de constituer un syndicat spécial, afin de répondre parune action concertée aux prétentions des teinturiers sur étoffes, groupés en syndicat.
- Il est, en effet, à craindre que les exigences des teinturiers n’aient des conséquences regrettables et qu’elles ne soient cause d’une diminution de vente des tissus imprimés pour la lingerie en gros pour homme.
- Le syndicat des fabricants de lingerie ne néglige aucune occasion de concilier les deux intérêts en présence, et l’avenir nous dira, avant peu, les résultats obtenus.
- Dans ce genre d’articles, la mode a multiplié les créations à l’infini et nous ne saurions dépeindre ici toutes ces innovations. L’exigence de la clientèle, les nécessités de l’activité de l’industrie, les besoins de la vente, obligent le fabricant à renouveler sans cesse ses articles et à imaginer des dispositions nouvelles.
- Nous ne saurions trop louer ces initiatives, mais nos collègues ne pourraient nous en vouloir de leur signaler les inconvénients d'un procédé de fabrication qui consiste à employer pour la confection d’une chemise des tissus de qualités très différentes. Dans le but de fabriquer des articles à bas prix, il ne faut pas sacrifier la valeur des tissus.
- Nous ne saurions trop nous élever contre des procédés qui, s’ils s’implantaient dans notre fabrication, ruineraient sa réputation.
- Des industriels ont imaginé de confectionner des chemises dont les devants, cols et poignets sont en tissus de bonne qualité, tandis que le « corps » est en tissu de qualité très inférieure. Ils espèrent trouver dans la clientèle confiante et séduite par l’aspect et la qualité des devants, un écoulement facile de leur production.
- L’erreur est grossière, car un vieux proverbe dit qu’ « on ne s’enrichit pas à tromper ». Des actes aussi inqualifiables et contraires au* habitudes de la loyauté des fabricants français, méritent d être publiquement dénoncés.
- Le plus grand service que l’on puisse rendre à nos industries, c’est de les dégager de toutes compromissions avec ceux qui ont recours à ces procédés.
- La mode actuelle et qui se poursuit depuis deux ans, est aux chemises beiges et écrues. On en fait à tous les prix, en tissus teints ou tissés.
- Les départements de Seine-Inférieure, du Rhône et des Vosges,
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- ainsi que l’Alsace, sont les grands centres de fabrication des tissus imprimés.
- Quant aux impressions sur tissus appelées satinettes, elles ont complètement disparu.
- Chemises (le fantaisie riches. — On fabrique également des chemises en tussor, en soie, en linon.
- Mais ces articles sont d’une vente limitée et, dans l’industrie de la chemise en gros, ils ont une importance infiniment moins considérable que celle des articles dont nous venons de parler.
- LA CONFECTION DES CHEMISES
- L’industrie des fabricants de chemises en gros, nécessite un matériel très complet, des ateliers spacieux et une main-d’œuvre considérable.
- La confection des chemises en gros peut comporter deux divisions :
- 1° L’article fabriqué entièrement à la machine.
- 2° L’article fabriqué en partie à la machine et terminé à la main.
- Le premier est l’article ordinaire, de vente courante, tandis que le second est celui auquel on veut apporter le plus de soins, car il est l’article riche de la confection en gros.
- La chemise confectionnée par grande quantité présente aux yeux du consommateur l’avantage de coûter moins que la chemise faite sur mesure.
- Une des plus grandes préoccupations des fabricants de gros, est donc de calculer leurs prix de revient pour qu'ils leur permettent un bénéfice, sans toutefois augmenter dans des proportions trop considérables la valeur de la chemise.
- Avant d’être dans les mains de celui qui veut en faire un usage personnel, cet article passe souvent par plusieurs intermédiaires: le commissionnaire en marchandises, le marchand de demi-gros, le détaillant, qui tous augmentent la valeur de la chemise du prix de l’opération à laquelle ils se livrent.
- Il faut que, malgré ces diverses surcharges, le prix auquel la che-
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- mise est livrée au consommateur soit encore très inférieur à ceux du fabricant, au détail.
- Malgré les progrès réalisés dans l’industrie de la chemise en gros, on ne saurait, en effet, admettre qu’une chemise achetée toutefaite est aussi bien à votre taille que si elle avait été spécialement fabriquée pour soi; aussi ces petites imperfections doivent sc liou^.ei compensées parla qualité du tissu et par un prix relativement bon marché.
- Les fabricants de lingerie sont donc obligés d’acheter leurs tissus dans les meilleures conditions, ainsi que toutes les fournitures dont ils se servent dans la confection des articles.
- RÉPARTITION ET DIVISION DU TRAVAIL
- La coupe des chemises se fait au moyen de la machine à ruban qui débite de 8 à 10 douzaines à la fois; dans certains pays on remplace cette machine par le sabre.
- Les diverses pièces dont la chemise doit se composer sont reparties dans les ateliers, et la confection des mêmes pièces est toujours confiée aux mêmes ouvrières.
- La division du travail est arrivée à engendrer de telles spécialités, qu’une chemise avant d’être achevée peut passer par de nombreuses mains.
- Nous ne saurions citer ici la totalité de ces opérations, mais nous croyons utile de donner quelques détails sur les principales :
- • 1° La coupe, qui se fait au moyen de la machine à ruban ;
- 2° Répartition dans les divers ateliers des pièces dont la chemise se compose ;
- 3° Epinglage ;
- 4° Couturage;
- 5° Retournage;
- 6° Piqûres;
- 7° Assemblage de la chemise;
- 8° Montage du col, des poignets; .
- 9° Coupe des boutonnières (cette opération se fait à la main, si les boutonnières sont faites à la main; la machine à boutonnières ne
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- les découpe pas et, une fois que le travail de la machine est terminé, l’ouvrière doit avec ses ciseaux ouvrir la boutonnière).
- 10° Fabrication des boutonnières, à la main ou à la machine;
- 11° Rabat des coutures, à la machine ou à la main.
- Chacune de ces opérations comporte elle-même un certain nombre de subdivisions dans le détail desquelles nous n’avons pas à entrer, car ce serait faire un véritable cours de fabrication, et nous connaissons trop la valeur de nos collègues pour avoir la pensée qu’il puisse leur être de quelque utilité.
- L’OUTILLAGE MÉCANIQUE
- Dans la fabrication moderne de la lingerie, l’outillage mécanique joue un rôle considérable.
- Les progrès qu’il a faits, depuis quelques années, sont étroitement liés au progrès de la confection elle-même.
- Tous les fabricants de lingerie en gros ont leurs usines, dont l’outillage est très perfectionné; presque partout les machines à coudre sont actionnées par des moteurs; c’est là une très sérieuse amélioration des anciens procédés, car la besogne la plus fatigante, celle qui était en même temps la plus nuisible à la santé, est désormais épargnée à l’ouvrière.
- La force motrice permet aussi d’obtenir un rendement de travail supérieur à celui de l’ouvrière, mais la préoccupation de produire vite ne doit pas détourner notre attention du désir de produire bien.
- On a une tendance à faire marcher les machines trop vite, ce qui est infiniment préjudiciable à la solidité et à la finesse du point.
- La machine est réglée pour le travail qu’elle doit faire, et l’ouvrière la met en mouvement au moyen d’une pédale spéciale, qui lui permet d’activer, de ralentir ou d’arrêter la piqûre, comme elle veut et suivant les besoins de son travail qu’elle n’a qu’à diriger.
- Une ouvrière ne peut diriger plusieurs machines.
- Les perfectionnements qu’on a apportés à l’outillage mécanique ont été cause de la transformation complète de l’industrie de la lingerie en gros.
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- Nous avons aujourd’hui des machines à coudre à deux aiguilles qui font une double piqûre, et dont on se sert pour rabattre les coutures.
- Les machines à boutonnières donnent maintenant de bons resu -tats, les machines à coudre les boutons, ne rendent pas encore tous les services qu’on en peut attendre, car on utilise en lingerie des boutons souvent mal calibrés et qui n’ont pas les trous perces avec la précision mathématique exigée par la machine.
- En résumé, le matériel nécessaire à une manufacture de lingerie est une source de grosses dépenses d’achat et d’entretien. Les machines à coudre coûtent de cent francs à 700 francs, leur prix est très inférieur à celui des machines employées dans l’industrie de a bonneterie qui varient entre 13.000 et 15.000 francs.
- Mais on ne peut comparer le rendement d’une machine à coudre
- à la production d’un métier à bas.
- Les machines employées dans la lingerie sont de fabrication américaine et allemande.
- Il est infiniment regrettable que nos constructeurs français se soient désintéressés, autant qu’ils l’ont fait, de la construction des machines nécessaires à l’industrie, pour se consaciei uniquemen à l’automobilisme et aux transports. , .
- Nous espérons que la supériorité incontestable de l’Amérique et de l’Allemagne dans la fabrication des machines industrielles ne
- sera pas éternelle. ,
- La fabrication des machines a une importance considérable pour l’indépendance et l’expansion de nos industries, et il faut esperer que nos constructeurs français, justement alarmés des dangers que présente pour nous leur indifférence, auront bientôt à cœur de ra -traper le temps perdu et de créer des modèles qui nous mettiont a l’abri de surprises, toujours à redouter de l’industrie étrangère.
- Dans son remarquable rapport sur les indus tries de no tre Groupe, aux Etats-Unis, notre collègue, M. Eugène Mermilliod, signalai , en 1904, le perfectionnement de l’outillage américain, et nous ne pouvons qu’épouser à notre tour les très judicieuses obseiva ions qu’il a faites à ce sujet.
- La fabrication du bel article comporte, ainsi que nous 1 avons dit, une partie de travail exécutée à la main et une autre a la
- machine. ,
- Ces chemises sont montées dans les usines et dis n uees dehors, à des ouvrières travaillant chez elles pour ctie « mies Le travail qu’elles ont à faire est surtout celui des boutonnières,
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- de la pose des boutons et certaines coutures, telles que surjets, ourlets, etc.
- Ce genre de travail s’exécutait autrefois dans les couvents, dont la main-d’œuvre était aussi coûteuse que celle de l’ouvrière libre, mais qui disposaient d’un personnel considérable et discipliné dans son travail.
- Les couvents ayant disparu, il a fallu confier cette besogne aux ouvrières qui se présentent à l’usine, et nous devons constater qu’elles n’apportent aucune régularité dans leur travail, car elles sont obligées de le subordonner aux occupations de leur ménage.
- Dans certains centres de grande production, tels que les départements de l’Indre, du Cher, du Loir-et-Cher, il est courant de voir des femmes travailler à des articles de lingerie, tout en gardant les bestiaux.
- Les fabricants de chemises en gros, qui n’ont point d’usine à eux, sont obligés de s’entendre avec des entrepreneurs, dont les usines sont bien outillées et qui prennent la responsabilité de la fabrication.
- Les principaux centres de production de la chemise en gros pour hommes, sont les départements de la Seine, de la Seine-Inférieure, du Nord, du Rhône, de l’Indre, de l’Indre-et-Loir, du Cher, du Loir-et-Cher, de la Sommé) d’Ille-et-Vilaine, des Deux-Sèvres et de la Vienne.
- CONCLUSION
- L’industrie de la chemise en gros est une branche très prospère de la lingerie.
- La vente augmente tous les jours.
- L’outillage mécanique est très en progrès.
- Néanmoins, la situation des fabricants a une tendance à faiblir, par suite du développement de la concurrence étrangère, de l’augmentation des matières premières, du renchérissement de la main-d’œuvre et des charges, sans cesse plus considérables, sous lesquelles l’industrie est écrasée.
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- GILET DE FLANELLE
- La fabrication des gilets de flanelle occupe, par son importance, le second rang dans l’industrie de la lingerie en gros pour hommes.
- Les fabricants de cet article tendent de plus en plus à se spécialiser dans ce genre de fabrication, qui comprend le gilet pour hommes et les camisoles pour femmes.
- Cette branche industrielle est dans un état de prospérité très florissant et on compte, en France, plusieurs maisons dont le chiffre d’affaires annuelles dépasse plusieurs millions.
- Les usines sont outillées avec les derniers perfectionnements de la science industrielle et, aujourd’hui, la confection du gilet de flanelle en gros se fait entièrement à la machine.
- Les tissus employés sont de coton, de coton et laine, et principalement de laine.
- Nous fabriquons nous-mêmes ces tissus, les principales manufactures sont situées dans les départements de la Marne, du Nord et de la Seine-Inférieure.
- Quant aux gilets de flanelle, on les fabrique surtout dans les départements de la Marne, de Seine-et-Oise, de la Meuse, de l’Oise et du Cher.
- Les gilets pour hommes sont unis, avec manches, demi-manches ou sans manches; à ceux de femmes il est d’usage de mettre à l’encolure et aux poignets un feston; c’est dans le département des ^ osges que se fait ce genre de travail.
- De même que pour l’industrie de la chemise en gros, des entrepreneurs spéciaux ont des ententes avec les fabricants qui n’ont point d’usine mécanique, et ils se chargent de la confection à façon.
- Le gilet de flanelle a un concurrent dans le gilet de bonneterie, uiais la vente de l’article en tissu est considérable, non seulement à 1 intérieur, mais aussi à l’exportation.
- Il est difficile d’indiquer des chiffres, car nos statistiques douanières ne font pas le départ entre les divers articles de lingerie cousue, et qu’en outre les gilets de flanelle sont tantôt catalogués
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- sous la rubrique articles de «- lingerie cousue » et tantôt sous celle de « bonneterie ».
- Quant au commerce d’importation des gilets de flanelle, il n’existe pas; l’étranger fabrique bien des articles de ce genre, mais notre production est suffisante à la consommation intérieure, et nos fabricants sont outillés pour produire à aussi bon compte que leurs collègues de l’étranger.
- Les fabricants de gilets de flanelle, comme les autres industriels qui emploient des matières textiles, ont à tenir compte dans l’établissement de leurs frais de fabrication, des variations qui se produisent dans les cours de la matière première.
- En 1906, la spéculation sur les laines a été très active, et on a enregistré des hausses considérables dont la répercussion a été une augmentation d’environ 30 % sur la valeur des tissus.
- Depuis quelque temps, dans le courant de 1905, les fabricants de gilets de flanelle ont constitué un groupement patronal qui porte le nom de « Chambre syndicale de la flanelle manufacturée ».
- Quoique jeune, cette association a déjà rendu de très importants services à l’industrie et au commerce.
- Nous tenons à signaler notamment que, dès sa constitution, notre dévoué collègue, M. Vimont, a été nommé président et que, grâce à son énergie, à sa compétence des affaires industrielles, des abus ont été supprimés et qu’une entente parfaite règne entre tous les principaux fabricants d’articles en flanelle.
- Afin de mettre en relief les avantages que ceux-ci ont trouvé dans ce nouveau groupement, nous croyons devoir donner quelques explications concernant notamment la vente des gilets de flanelle.
- A l’ancienne coutume de désigner les tailles par « page », « cadet », le système métrique avait substitué une division correspondant à des mesures métriques.
- Jusqu’en 1906, les fabricants de gilets de flanelle vendaient leurs articles par douzaine, suivant cinq tailles différentes, et dont le prix était uniforme.
- La taille 1 devait correspondre
- 3 —
- 4 —
- 5 —
- à 1 mètre à 1 m. 10 à 1 m. 20 à 1 m. 30 à 1 m. 40
- En n’établissant qu’un
- seul prix pour
- ces cinq tailles, dans
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- lesquelles pourtant la valeur des matières employées différait suivant que l’on achetait un gilet d’une première ou d’une cinquième taille, les fabricants avaient escompté que la vente des petites tailles compenserait celle des grandes tailles.
- Ils pouvaient donc se contenter d’un faible bénéfice sur les grandes puisque celui des petites tailles devait être plus important.
- C’est là un système de compensation couramment employé dans l’industrie, mais il avait ouvert la porte à des abus qui compromettaient la situation des maisons respectueuses des mesures et des tailles établies.
- Pour obtenir des ordres importants, certains fabricants consentaient des prix inférieurs à la valeur des articles établis suivant les mesures conventionnelles.
- Sans se laisser émouvoir par la perturbation qu’ils allaient jeter dans toute l’industrie de la flanelle manufacturée, ils prirent l’habitude de couper les gilets sans tenir compte d’aucune des mesures établies, et ils livrèrent à la consommation des articles de plus en plus étriqués. La flanelle, même dans les qualités inférieures, est un tissu cher, et ils rattrapaient sur la quantité employée à la confection des gilets, les bas prix qu’ils avaient consentis pour obtenir les commandes.
- Une cinquième taille, qui aurait dû avoir un mètre quarante, avait à peine les dimensions de la seconde, quant à la première, qui devait avoir un mètre, elle était devenue une brassière de nouveau-né.
- La clientèle, mise en méfiance contre ces fantaisies de mesure, prit l’habitude de demander toujours la plus grande taille. L’anarchie la plus complète régnait donc dans l’industrie de la flanelle, manufacturée, menaçant les maisons sérieuses, bouleversant le commerce de détail, indisposant les clients.
- Tout cela par la faute d’industriels, avant tout préoccupés de « rogner » un mètre ou deux sur la quantité de tissu nécessaire à fabriquer une douzaine de gilets, pour évincer des marchés ceux de leurs collègues qui maintenaient les prix et fournissaient les tailles telles qu’elles devaient être.
- Un remède énergique s’imposait; les maisons sérieuses prirent donc l’initiative de faire rentrer dans l’ordre ceux qui avaient semé, la panique dans leurs affaires, et arrêtèrent en commun des dispositions pour éviter le retour de ces perturbations.
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- 11 fut convenu que la taille serait supprimée et qu’on vendrait au mètre.
- Aujourd’hui, on vend le gilet de un mètre;
- — — 1 mètre 10 cent. ;
- — — 1 mètre 20 cent. ;
- — — 1 mètre 30 cent., etc.
- Le prix de vente est libre, il peut être différent, suivant les mesures du gilet demandé, mais on doit fournir le métrage aux clients; ce qui est plus rationnel.
- Ces résultats si appréciables, les fabricants de gilets de flanelle les doivent à la Chambre syndicale de la flanelle manufacturée. Nous devons l’en féliciter, car il est malheureusement trop rare de constater une entente parfaite entre les patrons. Celle-ci a d’autant plus de valeur qu’elle est la sauvegarde des intérêts des clients, des ouvriers et des patrons.
- Nous avons été heureux de constater que l’activité de MM. Vi-mont et Berthelot, les distingués président et vice-président de la Chambre syndicale, ne se dépense pas à défendre sur un terrain unique les intérêts des fabricants de flanelle; nos deux collègues exposaient à Milan et le Jury des récompenses leur a décerné à chacun un Grand prix.
- Espérons que l’exemple qu’ils ont donné sera suivi et que leurs Collègues tiendront à honneur de témoigner, dans les Expositions à venir, les nombreuses qualités des flanelles manufacturées en France.
- LES CALEÇONS
- L’industrie du caleçon, à proprement parler, n’existe pas, car il n’y a pas de maisons fabriquant spécialement ce genre d’article.
- La fabrication des caleçons occupe, dans l’industrie de la lingerie, le 3e rang; l’importance de son commerce est inférieure à celle de la chemise et du gilet de flanelle.
- Ce sont les fabricants de ces deux derniers articles qui se partagent la confection des caleçons en gros; nous avons, en effet, les fabricants de chemises et gilets de flanelle; les fabricants de chemises
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- et caleçons; les fabricants de chemises, gilets et caleçons; les fabricants de gilets et caleçons.
- Cette fabrication ne nécessite pas un matériel spécial, elle se fait entièrement à la machine, et les matières premières sont les mêmes que celles employées dans la confection des chemises et des gilets.
- Les tissus employés demandent à être plus renforcés que ceux de la chemise, mais ils sont également de coton, de toile et coton, de toile et de fantaisie; on y utilise aussi les flanelles tennis, de coton, de laine, etc., etc. »*.,
- L’article coton écru, qui se faisait autrefois entrés grande quantité, se fabrique beaucoup moins, et il est probable qu’avant peu de temps il aura complètement disparu du commerce.
- Les tissus de fantaisie sont très à la mode; des maisons fabriquent même la chemise et le caleçon assortis, et cette innovation a été accueillie favorablement par la clientèle.
- On compte, en effet, une assez grande quantité d’hommes qui recherchent le linge de fantaisie et apportent beaucoup de coquetterie dans leur vêtement de dessous.
- Sur ce point même, les étrangers sont plus recherchés que nous, car généralement, en France, les hommes sont très sobres dans leur accoutrement, certains même considèrent comme un manquement à la « gravité » de porter des chemises ou des caleçons de fantaisie.
- Notre souci du luxe et notre coquetterie apparaissent dans la finesse des tissus que nous employons pour nous vêtir, aussi bien dessous que dessus, mais le blanc demeure, dans la chemise comme dans le caleçon, notre préféré, tandis que les couleurs sombres sont appréciées dans les vêtements de dessus.
- Pour la coupe, les caleçons se vendant à la taille, les mesures sont assez respectées et se comptent à la longueur de F entre-jambe et à la ceinture.
- La confection en est très simple, les broderies à la ceinture se font de moins en moins et sont réservées à des séries spécialement fabriquées pour le commerce d’exportation; les boutonnières se font à la machine; dans les articles à bon marché, on simplifie autant que possible le travail ete la coupe et de la confection, c’est ainsi, par exemple, qu’on supprime les boutons et boutonnières au bas de jambe pour les remplacer par des cordons.
- Fout comme le gilet de flanelle, le caleçon de lingerie a un concurrent sérieux dans la bonneterie; l’hiver, beaucoup d’hommes pré-
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- fèrent ce genre d’article qui adhère plus à la peau et entretient la chaleur du corps.
- Nos collègues fabricants de gilets de flanelle ont créé un nouvel article, le caleçon de flanelle avec bas de jambes à côte, et qui fait concurrence au caleçon bonneterie.
- Au sujet du commerce de cet article, nous ne pouvons que redire ici ce que nous avons dit pour les gilets de flanelle. Les statistiques douanières ne faisant aucune distinction entre les divers articles de lingerie cousue, on ne peut qu’approximativement se rendre compte de la situation commerciale, pourtant, nous croyons devoir plutôt signaler une baisse à l’exportation.
- Mais les caleçons étant indistinctement considérés comme articles de lingerie cousue ou comme articles de bonneterie, la situation n’en est que plus difficile à établir avec sincérité.
- COLS, MANCHETTES ET DEVANTS DE CHEMISES
- La quantité de maisons qui se sont créées depuis quelques années dans ce genre d’industrie, suffit pour prouver son activité et son état de prospérité.
- La fabrication française a fait de remarquables progrès dans l’opération du blanchissage, et le perfectionnement de notre outillage nous permet de concurrencer les Allemands et les Autrichiens dont, jusqu’à ces dernières années, les procédés étaient réputés très supérieurs.
- Les cols, manchettes et devants de chemises se font en tissu de coton fin, en toile-union, en toile pur fil, et en tissus de fantaisie et de couleur.
- Ils sont confectionnés entièrement à la machine et demandent un travail très soigné.
- La consommation de ces articles est considérable, la concurrence est très active, et htrë fabricants ont quelque peine à empêcher des concurrents peu scfùpuleux à imiter nos marques, à les copier au besoin afin de vendre, comme articles français, des objets en coton qui n’ont eu que la peine de traverser la France pour se trouver naturalisés avant d’inonder nos marchés coloniaux.
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- Les détails de fabrication n’offrent aucune particularité qui les signal e*plus particulièrement à notre attention.
- 2° LINGERIE EN GROS POUR FEMMES ET FILLETTES
- L'organisation de l’industrie de la lingerie en gros pour femmes ne saurait être comparée a celle créée pour la lingerie d'hommes.
- Les maisons de lingerie en gros pour femmes ne sont pas organisées d’une façon industrielle et, à notre connaissance, il n y a que
- peu de maisons ayant des usines.
- En réalité, les industriels qui s’occupent de ces genres d artic es n’ont pas besoin d’un outillage mécanique, car il faut absolument que le linge soit cousu à la main. C’est tellement vrai, que dans toutes les réclames des magasins de nouveauté, sur les catalogues et annonces dans les journaux, on peut lire cette mention : « ma gre
- les bas prix, le linge est cousu à la main ».
- Depuis quelque temps le linge de femmes a augmente de valeur par son cachet de haute nouveauté et sa coquetterie. La femme recherche le linge soigné, élégant, riche, et ne veut pas d articles
- communs. . ,
- On ne peut donc pas employer à la confection de ces articles es
- machines qui produisent vite mais qui ne sont aptes qu’à faire des coutures, sans doute très fines, mais dont le point ne peut a\ on es avantages de celui que fait une ouvrière travaillant avec son
- aiguille. , . ,
- C’est également commettre une erreur que de représenter « a lingerie de Saint-Omer » comme la base de la lingerie en gios poui femmes.
- Les fabricants de ces articles font du linge commun, qu ils vendent bon marché et constituent une industrie spéciale, très res treinte, qui peut être considérée comme une des branches de a confection en gros de la chemise pour femmes, mais qui ne sauiai la représenter. . ..
- Les nécessités du travail à exécuter exigent, dans la lingerie pou
- femmes, une main-d’œuvre considérable, spécialisée c ans ces îa
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- vaux très variés et qu’il est impossible d’agglomérer en un seul centre de production. .
- Le linge est donc répandu dans la campagne, aux mains d’ouvrières travaillant chez elles, et les prix de la main-d’œuvre subissent des variations considérables, à certaines époques même il est impossible de faire exécuter des commissions.
- Il existe aussi un grand nombre de petits entrepreneurs occupant quelques ouvrières, et qui se chargent de travailler pour les maisons de gros, mais il n’y apas, dans la lingerie pour femmes, l’organisation que l’on voit dans la lingerie d’hommes et qui est si remarquable par son activité, sa puissance de travail et sa discipline.
- Les maisons de gros ont presque toutes leur siège social à Paris, la fabrication très divisée se fait dans plusieurs centres, le département des Vosges demeure le principal pour la broderie.
- Les articles confectionnés sont: les chemises de jour et de nuit, les camisoles, les pantalons, les combinaisons, les jupons, les matinées, les cache-corsets, les chemisettes, corsages et robes de lingerie, les cols, manchettes, peignoirs, fichus, cravates, ruches.
- Quant aux articles pour enfants, ce sont surtout les objets de layettes, les brassières, les bavoirs, les langes et les bonnets.
- Les tissus employés sont variés à l’infini, ils sont plus fins que ceux dont on se sert dans la lingerie pour hommes et comprennent les articles de coton, de coton et fil, de fil.
- Les prix sont aussi très variés et sont naturellement proportionnés à la finesse et à la beauté du tissu.
- Dans la lingerie confectionnée pour femmes on utilise beaucoup plus couramment les belles qualités de tissus qu’on ne le fait dans la lingerie confectionnée pour hommes.
- CONCLUSION
- Comme conclusion, nous pouvons dire qu’il existe en France plusieurs maisons de gros pour la vente de la lingerie confectionnée pour femmes.
- Mais la fabrication en gros, au sens propre de ce mot, n’existe pas, car les soins que l’on doit apporter à la confection des articles
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- ne permettent pas de les exécuter entièrement à la machine, et que la part du travail manuel est beaucoup plus importante que ne peut l’être celle du travail mécanique,
- Le linge de femmes a gagné en luxe, en beauté et en coquetterie; la confection est en progrès.
- La difficulté de la main-d’œuvre, rareté d’une part, exigences de l’autre, sont les principaux obstacles qui peuvent entraver le développement de cette industrie.
- Paris reste le grand centre de production pour les articles riches et cette réputation se trouve consacrée par la faveur dont jouissent à l’étranger nos articles de lingerie fine.
- Mais il n’est pas sans intérêt de rapprocher ces lignes de ce qu’écrivait en 1900, M. A. Picard.
- « Pour la lingerie de femmes et d’enfants (1), beaucoup de maisons françaises se sont spécialisées. De même qu’autrefois, Paris est le centre principal de production, crée les modèles, confectionne les articles de luxe et de haute fantaisie, distribue en province les tissus destinés aux autres articles et recueille les produits confectionnés. Fréquemment, les pièces doivent passer par les mains de plusieurs ouvrières spécialistes, ou même par plusieurs localités. La fabrication en gros tend à se décentraliser et à se disperser.
- » Les tissus de coton viennent des Vosges, de Saint-Quentin, de Tarare, de Rouen; les tissus de fil, de Belfast, Lille, Cambrai, Valenciennes, etc; les tissus de laine, de Reims, Rouen, Roanne; les tissus de soie, de Lyon ou d’Angleterre et surtout d’Asie. »
- CHEMISERIE EN DÉTAIL POUR HOMMES
- La lingerie de détail pour hommes comporte la même classifica-hon que la lingerie en gros, c’est-à-dire, chemises, gilets, caleçons, faux-cols et manchettes.
- Mais, tandis que la lingerie de gros se localisait dans certains centres de production, la lingerie de détail, se répandait sur la surface entière du territoire.
- (1) A. Picard, ouvrage déjà cité.
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- Il n’existe en France qu’une seule maison de détail ayant des usines mécaniques. Cette maison possédant plusieurs succursales, il conviendrait peut-être mieux de la considérer comme une maison de gros travaillant pour plusieurs clients.
- Le commerce de la lingerie de détail a pris, en ces dernières années, une très grande extension.
- Il s’est créé, chez nous, à l’instar de Londres, des maisons qui se spécialisent dans la vente de quelques articles d’habillement pour hommes, et, plus particulièrement, des chemises, de la bonneterie, des cravates; certaines vendent également le vêtement, les chapeaux et la chaussure.
- Le genre de ces maisons, tenant le milieu entre le magasin de nouveautés et le spécialiste en renom, exerce sur la clientèle homme une véritable attraction.
- La raison de cette faveur est que la plupart des hommes n’aiment point acheter, ils entrent dans un magasin en faisant les courses que nécessitent leurs affaires et se dérangent rarement pour aller « chiffonner ».
- Les grands magasins de nouveautés, toujours fréquentés par une clientèle de femmes en quête d’« une occasion exceptionnelle », d’un objet « vendu àperte », au besoin même d’un article « donné pour rien », sont trop vastes, trop confus, trop animés pour qu’un homme sache s’y retrouver.
- Il est convenu que les grands magasins de nouveautés sont le domaine de la femme, et l’homme se trouve plus à son aise pour faire choix des articles qu’il veut, dans une maison de détail.
- Dans certaines familles, les fils ont les mêmes fournisseurs que le père et c’est ainsi que se conserve la tradition de ne pas admettre qu’on puisse acheter tout faits certains articles.
- Ainsi, le même homme trouvera naturel de porter des gilets de flanelle et des caleçons confectionnés en gros, mais il ne pourra se passer de commander ses chemises aux détaillants, et de les faire exécuter sur mesure; il est admis qu’on peut acheter certains articles dans un grand magasin, mais il est également entendu que d’autres articles sont plus avantageux à acheter chez les détaillants.
- En réalité, il n’y a là que des habitudes, et l’on peut dire sans crainte, qu’à part de très rares exceptions, la qualité des articles correspond, dans toutes les maisons sérieuses, à des prix équivalents.
- La maison de détail, c’est-à-dire celle qui fabrique et vend au
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- détail, fait surtout des chemises et caleçons de commande, sur les mesures données par chacun de ses clients.
- Celles qui fabriquent les cols, manchettes, gilets de flanelle, sont relativement peu nombreuses, parce que ces articles nécessitent un outillage encombrant et très complet.
- Aussi les détaillants font exécuter ces commandes soit par des entrepreneurs spéciaux, soit, tout simplement, par les fabricants de lingerie en gros.
- En ce qui concerne la fabrication, les maisons de détail coupent elles-mêmes leur commande qu’elles font exécuter par des entrepreneurs à façon.
- Les tissus sont assez souvent les mêmes que ceux dont on se sert pour la fabrication en gros; ils viennent des mêmes centres de production.
- A côté de la clientèle courante, les maisons de détail ont la confiance des « snobs », ce sont en général de jeunes hommes, frais émoulus du collège, que la liberté grise et qui croient sincèrement que le premier devoir d’un « citoyen indépendant » est de se signaler à l’attention de ses contemporains par un genre bien à lui. Il paraît que le plus remarquable des genres est de porter des tissus fabriqués à l’étranger et de copier les contrefaçons de modes françaises qui, à force d’être dénaturalisées, deviennent « un genre ».
- Les tissus de fantaisie étrangers que la lingerie de détail utilise, viennent d’Angleterre, de Suisse, d’Allemagne, d’Autriche, etc.; ils sont, en général, plus coûteux que nos tissus français; mais il faut déjà tenir compte de la majoration que leur font subir les droits de douane perçus à leur entrée en France.
- Nos Collègues nous dispenserons d’examiner en détail chacun des articles dont se compose la lingerie de détail pour hommes.
- Ce travail serait dénué d’intérêt, car nous serions appelés à redire ici ce que nous avons déjà énoncé dans la fabrication de la lingerie en gros.
- Les procédés de travail sont sensiblement les mêmes dans la lingerie de gros et dans la lingerie de détail.
- Dans ce dernier genre, la fabrication manuelle a peut-être une plus large place que dans la lingerie de gros; mais les opérations de la confection en gros et en détail sont exactement les mêmes pour ces deux industries, car le principe de la division du travail est appliqué a l’une comme à l’autre.
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- LINGERIE DE DÉTAIL POUR FEMMES ET ENFANTS
- Les maisons qui s’occupent de la lingerie de détail pour femmes et enfants, ne sont en grande majorité que des intermédiaires entre la maison de gros et la clientèle.
- Chaque maison a une tendance à se spécialiser dans un genre d’articles, il en est de même pour la lingerie de gros : « telle maison s’occupe seulement des articles pour enfants, telle autre de la lingerie plate, telle autre de la lingerie façonnée et brodée, telle autre des cols et manchettes et des parures.
- » Toutes ces branches de la lingerie suffisent à constituer des maisons importantes, souvent considérables » (1).
- Ces lignes écrites par notre Collègue, M. Julien Hayem, au lendemain de l’Exposition universelle de 1900, sont encore d’actualité aujourd’hui et définissent avec une parfaite exactitude les conditions dans lesquelles s’exerce l’industrie de la lingerie de détail.
- LA CHEMISETTE
- L’industrie de la chemisette pour femmes et fillettes mérite une mention spéciale.
- Déjà en 1900, notre Collègue, M. Julien Hayem, signalait, dans son rapport sur la lingerie, les services rendus par cette nouvelle pièce de vêtement et l’activité de cette fabrication.
- — « Le chiffre d’affaires auquel elle a donné naissance est des plus considérables. C’est par l’emploi de milliers d’ouvrières que la fabrication des chemisettes d’été s’est signalée à Argenton et dans beaucoup de localités qui, autrefois, étaient uniquement consacrées à la fabrication de la chemise d’homme.
- » La création de cet article a rendu les plus grands services aux
- (1) Julien Hayem, ouvrage déjà cité.
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- femmes qui l’ont adopté,,aux chemisiers qui en ont propagé l’usage, et aux ouvrières pour lesquelles il a été une source de bien-être véritable. »
- La prospérité de cette industrie, si éloquemment constatée par le rapporteur de 1900, n’a fait que croître en importance au cours de la période qui vient de s’écouler.
- La fabrication de la chemisette est aujourd’hui une des branches les plus importantes de la lingerie pour femmes, et nous ne saurions trop admirer le soin que nos fabricants apportent à cet article; dans le bon marché comme dans la haute nouveauté, il a un cachet artistique du meilleur goût et qui sied admirablement à la simplicité de la toilette féminine.
- Le prix des chemisettes varie de quelques centimes à plusieurs centaines de francs. La richesse du tissu, la valeur des guipures et dentelles employées à sa confection, peuvent atteindre des prix très élevés.
- Au contraire, le pilou, la flanelle de coton, les cotons teints sont les tissus couramment employés dans la confection des chemisettes bon marché.
- La chemisette est à la fois le vêtement très simple de l’ouvrière et la toilette de ville des femmes très élégantes.
- Les exportations sont assez actives et portent surtout sur des articles de haut luxe destinés à la riche clientèle.
- LES FABRICANTS DE LINGERIE ET LEURS OUVRIERS
- Lors du dernier recensement on comptait en France 175.717 personnes occupées dans l’industrie des chemises, caleçons, gilets de flanelle, etc.
- ^Ur ce nombre, il y avait 4.320 hommes contre 171.397 femmes.
- La fabrication des faux-cols employait 996 personnes (187 bolûmes et 809 femmes).
- L industrie des cravates 3.406 personnes (351 hommes, 3.055
- femmes). ^
- Le nombre des établissements s’occupant de la fabrication de la lngerie était de 12.840. Sur ce nombre on comptait i
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- 9.496 maisons ayant de 1 à 4 ouvrières
- I.493 _ _ » —
- 568 5 à 10
- 528 — — 21 à 50
- 475 — — 11 à 20
- 162 — — . 51 à 100 —
- 78 — — plus de 100 —
- Les fabriques de faux-cols étaient au nombre de 62, sur lesquelles on comptait :
- 2 maisons n’ayant pas de personnel; 27 maisons ayant de 1 à 4 ouvrières; 3 maisons ayant de 51 à 100 ouvrières.
- Dans l’industrie de la cravate, le nombre des fabricants était de 381.
- 287 employaient de là 4 personnes
- 34 — »
- 35 — 5 à 10
- 1 — 51 à 100
- SALAIRES
- Dans l’industrie de la lingerie, les salaires sont très variables.
- Dans le linge d’hommes, les ouvrières des usines travaillent aux pièces et sont rétribuées suivant l’importance de leur rendement, et en tenant compte de leur habileté professionnelle.
- Les mécaniciennes gagnent de 1 fr. 50 à 5 francs par jour.
- Les femmes qui travaillent à la main et qui ne viennent à l’usine que pour chercher et rapporter l’ouvrage qu’elles exécutent chez elles, gagnent, en moyenne, de 1 fr. 50 à 2 francs par jour.
- Dans la lingerie de femmes les salaires ont augmenté, en ces dernières années, de près de 20 %. Dans les Vosges notamment où la main-d’œuvre se fait de plus en plus rare.
- Le chômage n’existe pas, surtout dans l’industrie de gros, au contraire, on éprouve beaucoup de difficultés à recruter le personnel dont on a besoin.
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- Dans l’industrie de la lingerie en détail, les salaires sont plus élevés, mais il y a un peu de chômage l’été.
- CHAMBRES SYNDICALES
- L’industrie de la lingerie employait surtout des femmes, il n’existe pas d’association ouvrière très puissante, et l’agitation, comparativement avec celle qui trouble les autres branches industrielles, est relativement faible.
- Les patrons ont créé, pour la défense de leurs intérêts commerciaux et industriels, plusieurs Chambres syndicales qui ont leur autonomie propre, mais sont rattachées à l’Association générale du commerce et de l’industrie des tissus et des matières textiles.
- Nous citerons :
- La Chambre syndicale du commerce de la nouveauté dont le président est M. Boisserand; MM. Bournet-Aubertot et Dufayel sont vice-présidents.
- La Chambre syndicale des fabricants de lingerie confectionnée : président honoraire : M. Émile Dehesdin; président : M. L. Blum; vice-présidents : MM. Oudineau et Virlouvet.
- Chambre syndicale des fabricants de cravates, foulards et cache-nez en gros : M. Donckèle, président honoraire; M. Jean, président.
- Chambre syndicale des fabricants de faux-cols, manchettes et devants de chemises en gros : M. P. Guionvar, président; MM. Nis-seron et Schmit, vice-présidents.
- Chambre syndicale de la flanelle manufacturée : M. Vimont, président; M. Berthelot, vice-président.
- Chambre syndicale de la chemiserie et lingerie en gros pour hommes : lvf. Georges Dehesdin, président; MM. Bauclie et Rousseau, vice-présidents.
- L’action de ces groupements est très importante, et la plus parfaite entente règne entre tous leurs membres.
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- SITUATION COMMERCIALE DE L’INDUSTRIE DE LA LINGERIE, EN FRANCE, DE 1902 A 1906
- Les explications que nous avons données au cours de ce travail, sur l’état de prospérité des diverses branches qui composent la lingerie cousue, demandent à être complétées par quelques chiffres.
- Nous n’avons pu donner pour chacune des diverses branches de cette industrie, des chiffres spéciaux, parce que la Direction des Douanes ne fait aucune démarcation entre eux.
- La « lingerie cousue » est un bloc dans lequel on met tout ce qu’on veut et, suivant les années, certains articles sont considérés comme lingerie, tandis que l’année précédente ils avaient été classés dans la bonneterie ou autres articles.
- IMPORTATION
- Les importations de lingerie cousue augmentent en France; de 1902 à 1906 nous pouvons constater une plus-value de 40 % environ.
- 1902 1906
- 929.912 francs. 1.883.228 francs.
- L’Allemagne, la Suisse, la Grande-Bretagne et l’Autriche-Hongrie se partagent notre clientèle.
- Les importations allemandes ont surtout augmenté.
- 1902 1906
- 46.154 francs. 63.900 francs.
- Les articles importés sont surtout des cols de fabrication allemande.
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- EXPORTATION
- En 1889, le commerce d’exportation de la lingerie cousue atteignit 55 millions. Les tarifs dédouané protecteurs de 1892, nous firent perdre une partie de notre clientèle, le développement de l’industrie à l’étranger a aussi contribué à diminuer l’importance de nos ventes à l’extérieur.
- De 1902 à 1906, nous avons la satisfaction d’enregistrer une plus-value considérable, à peu près 10 millions.
- 1902 1906
- 19.869.640 francs. 28.797.093 francs.
- Nos principaux clients à l’étranger sont la Grande-Bretagne, l’Algérie, les États-Unis, l’Égypte, le Mexique, les Indes anglaises, la Colombie, etc.
- Pays (le destination 1901 1912
- Grande-Bretagne................. 120.406 kilos. 145.349 kilos.
- Algérie ......................... 65.000 — 79.364 —
- États-Unis ...................... 29.107 — 70.577 —
- Égypte .......................... 11.855 — 68.425 —
- Mexique ........................... » — 47.453 —
- Indes anglaises.................... » — 35.265 —
- Colombie........................... » — 33.854 —
- Nous exportons surtout de la lingerie de femme qui représente environ 60 % de la valeur de notre commerce avec l’étranger.
- Comme on le voit, la situation est très satisfaisante, et il faut espérer que 1906 ne sera pas une année exceptionnelle, et que les plus-values que nous enregistrons se maintiendront et augmenteront leur valeur.
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- FRANCE. — Pièces de Lingerie cousues.
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1003 1003 1004 1005 1006
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quan ti tés Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos
- Grande-Bretagne . . 14.286 120.406 13.086 126.733 12.940 130.437 13.436 130.364 17.096 145.349
- Allemagne 46.154 » 57.448 » 60.662 » 65.781 )) 63.900 )>
- Républ. Argentine . )) 15.003 4.359 )) » » )) - )) ,)
- Suisse 16.320 » 13.923 „ 14.265 » 13.364 » 12.642 ))
- 1 Autriche-Hongrie . 1.585 » 23.766 )) . 10.794 » )) » 5.626 » j
- Brésil )) 21.344 )) 20.950 » 13.886 ))* » )) »
- Italie 3.685 )> 4.717 )) 2.750 » 2.421 )) 2.229 )) |
- Chili )> 8.061 » 4.734 )) )) » » )) ))
- Japon 733 » 475 » 836 )) 784 » 827 ))
- Belgique 1.852 56.070 1.487 35.918 » 24.495 »-. 19.185 » 20.335
- Égypte )) 11.855 8.768 )) 23.873 » 27.340 )) 68.425
- Indes anglaises . . . )) )) „ )) )) 37.514 )) 45.728 )) 35.265|
- États-Unis )) 29.107 » » » 29.674 » 39.921 )) 70.577
- Mexique )) » » » » 43.240 )) 42.884 )) 47.4531
- Colombie » » „ » » 32.817 » 42.425 » 33.8541
- Cuba » » » » » 16.749
- Espagne » „ » 644 » 4.874 )) )) ))
- Zones franches .... )) 8.149 9.088 » » 21.756 » ))
- Autres Pays étran -
- gers 2.266 50.523 2.037 58.952 2.779 67.317 8.298 75.837 3.783 84.020
- Algérie 65.000 53.560 54.833 68.754 79.364
- Tunisie \ 18.653 10.703 l 11.193 17.715 16.209!
- Indo-Chine - 22.675 V 18.539 j 17.253 1 15.642 j 12.522
- Guadeloupe 1 1 )) 1 )) 11.601
- Sénégal Madagascar et dép. 1.682 14.758 f 70 13.522 1.023 12.722 338 13.009 l 1.510 j.
- Autres Colonies et i i {
- j Pays de Protect. ] 47.796 ] 38.327 \ 44.376 1 47.237 1 1 39.865
- {(Quantités totales.... 88.563 1 489.400 117.009 424.295 106.684 543.630 109.299 607.797 107.613 ( 681.588
- {(Valeurs totales. Fr.. . 929.912 19.869.640 1 1.755.135 17.396.095 l 1.760.286 22.017.015 1.803.434 24.767.728 1.883.228 28.797.0931
- EXPOSITION DE MILAN
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-
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-
- FRANCE — Cravates et Cols, Cravates en soie. — Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- 1 PAYS 1903 1903 1904 1905 1900
- DE PROVENANCE ET DE DESTINATION IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos
- 1 Angleterre .......... 1.544 124 1.702 95 1.336 )) 1.285 )) 958 )> |
- Allemagne 2.498 360 3.120 168 2.729 138 2.114 205 2.222 ))
- Italie 584 )) 1.212 )) 1.914 » 2.219 )) 3.943 ))
- Belgique )) 216 )) 181 )) 511 )) 245 )) 671
- Suisse )) 268 )) 57 )) )) )) 160 )) )) ;
- Espagne )) 4 )) 1 )) 67 )) )) )) ))
- | Autriche-Hongrie .... )) 165 )) 220 )) 325 )) )) )) )) î
- Chili )) 388 )) )) )) » )) )) )) 110
- 1 Brésil )) )) » 797 )) )) )) )) 1 • )) ))
- Turquie )) )) )) )) » )) )) 115 )) 140
- Australie )) )> )) )) )) » )) 120 )) ))
- Autres Pays étrangers . 524 303 317 264 405 138 345 311 407 255
- Zone franche )) 178 )) )) )> )) )) 140 )) 156
- S Algérie )) 283 )) 518 )) 1.148 )) 547 76 380
- j Tunisie )) 177 80 )) » )) )) )) 157
- Indo-Chine » )) j )) )) 308 )> 338 )) ))
- Ile de Madagascar .... )) )) ) 102 » )) )) )) 172 )) »
- Autres Colonies et Pays de protectorat » 130 ) ' 20 )) 108 )) 465 )) 63
- Quantités totales .. 5.150 2.596 6.453 2.401 6.384 2.743 5.963 2.818 7.606 1.932
- Valeurs totales. Fr. 520.150 337.480 651.753 312.130 644.784 414.193 602.263 425.518 768.206 291.732
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-
-
-
- FRANCE. — Cravates et Cols, Cravates en tissus autres que de soie.
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS 1903 1903 1904 1905 1906
- DE PROVENANCE ET DE DESTINATION. IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos
- Grande Bretagne » 216 )) 162 » 311 209 39 665 »
- Allemagne 700 » 538 )) 153 » 235 78 155 »
- Italie 24 » 95 )) 95 » )) » 203 ))
- Belgique )) 55 )) )) )) 627 )) 641 » 413
- Égypte » )) )) 99 )) » )) )) » 102
- États-Unis )) » )) )) )) 281 » » » 151
- Suisse 1.027 )) 330 )) 267 )) 122 )) )) »
- Uruguay )) » )) )) » » » 71 )) ))
- Chili » 670 )) )) » »V » 125 » »
- Espagne )) )) )) )) » 108 )) » » ))
- République Argentine . )) )> )) » » 123 » » »
- Chine )) )) )) 115 » » )) )) )) >>
- Mexique )) 423 » # )) )) )) » » '» ))
- Brésil » 171 )> ». » » » » » »
- Autres Pays étrangers . 227 252 169 229 88 345 142 144 154 202
- Zones franches )) 694 )) 517 )) 172 )) 206 » 263
- Algérie )) 589 )) 751 » 724 » 1.383 » 1.835
- Tunisie » 418 )) 253 )) 172 » 107 » 276
- Indo-Chine )) )) )) „ )) 77 » » » 192
- Guadeloupe )) )) )) 234 » » )) » » »
- Autres Colonies et Pays de protectorat . . . » 307 )) 134 » 96 )) 176 » 95
- Quantités totales . . 1.978 3.795 1.132 2.494 603 3.036 708 2.970 1.117 3.529
- Valeurs totales. Fr. ' 83.076 166.980 47.544 109.736 25.326 133.584 29.736 130.680 49.434 155.276
- G14 EXPOSITION DE MILAN
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- TROISIÈME PARTIE. - LA LINGERIE
- 615
- LA LINGERIE EN ITALIE
- L’industrie de la lingerie fabriquée est très prospère en Italie. Les usines sont outillées mécaniquement, et la production suffît à la consommation intérieure.
- Elle fabrique elle-même beaucoup de tissus et transforme à des prix très bas les tissus qu’elle achète à l’étranger.
- Milan, Turin, Gênes sont des centres de fabrication très importants et l’on y produit surtout des faux-cols et des manchettes.
- LINGERIE DE FEMMES
- Les principales matières employées dans la lingerie italienne sont : la toile d’Irlande, les percales et nansouks de coton de l’Angleterre et d’Alsace, les batistes de Cambrai, les broderies de Saint-Gall et de Saint-Quentin.
- Le travail se fait dans des ateliers en ville; pour les articles pressés et sur mesure, au contraire, la confection est exécutée dans des ateliers spéciaux établis dans la campagne romaine.
- Pérouse notamment compte plusieurs ateliers où l’on fabrique les articles de série; Pise et Gubbio sont également des centres de fabrication de lingerie.
- Les ateliers de Pérouse comptent environ 150 ouvrières, et sont outillés pour qu’on puisse y exécuter tous les travaux; ceux de Pise et de Gubbio comprennent une cinquantaine d’ouvrières.
- La division du travail n’est pas organisée en Italie avec autant de soins qu’en France, mais la fabrication italienne est d’une régularité remarquable.
- Dans les ateliers, les mécaniciennes et les couturières sont placées
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- EXPOSITION DE MILAN
- les unes à côté clés autres, les prépareuses et les repasseuses se coudoient.
- Généralement on est frappé de l’exiguïté des ateliers et du peu de compte que les fabricants italiens font de la plupart des précautions que nous apportons dans l’organisation de notre travail.
- La lingerie italienne est très soignée d’exécution et de genres; les articles de trousseaux, pantalons, chemises, camisoles, sont très variés et d’une bonne qualité, tout aussi bien au point de vue des tissus employés que de l’exécution du travail, en ce qui concerne les articles de consommation courante.
- Paris fournit la lingerie de luxe portée par la riche clientèle.
- LINGERIE POUR HOMMES
- Quant à la lingerie pour hommes, elle comporte, en Italie, les mêmes divisions qu’en France, gros et détail.
- Les tissus employés sont fabriqués en Italie; les chemises sur commande sont confectionnées dans de petits ateliers, le travail du gros se fait dans les ateliers de province.
- Les fabricants de gros se sont surtout spécialisés dans l’industrie des faux-cols et manchettes. Leurs articles peuvent rivaliser avec ceux fabriqués en France, en Allemagne, en Autriche.
- La plus grande partie de la production est destinée à l’exportation et, grâce au bas prix de la main-d’œuvre, les industriels italiens peuvent offrir des prix de vente très inférieurs à ceux de leurs concurrents.
- En 1901, les exportations de cols, poignets et chemises de coton pour hommes atteignaient 386.100 lires.
- Les principaux clients étaient l’Egypte (93.500 lires), l’Amérique centrale (44.000 lires), la République Argentine (39.600 lires), la Turquie d’Europe (37.400 lires), la France (31.900 lires).
- En 1905, les exportations des mêmes articles n’atteignent plus que 215.600 lires, et on constate un ralentissement d’affaires des plus importants avec toutes les nations.
- Le plus important client est le Brésil, qui arrive en tête avec un chiffre d’affaires de 60.000 lires.
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- TROISIÈME PARTIE. -- LA LINGERIE
- 617
- Les tableaux que nous publions d’autre part donneront, du reste, sur la marche du commerce de la lingerie italienne, les indications les plus précises.
- CONCLUSION
- L’industrie de la lingerie est importante en Italie. Les articles se fabriquent en détail et en gros. La branche la plus importante est la lingerie de coton pour hommes. La production est de belle qualité, très soignée d’exécution et très variée de genres.
- Le taux des salaires, très inférieurs en Italie, donne un avantage aux fabricants italiens qui travaillent pour le commerce d exportation.
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-
- ITALIE. — Articles cousus, de lin, de chanvre, de jute et d’autres végétaux filamenteux, en cols, poignets et
- chemises pour hommes.
- Statistiques italiennes. — Commerce spécial.
- PAYS 1901 1982 1903 1904 1905
- DE PROVENANCE ET DE DESTINATION IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Autriche-Hongrie .... lires » lires 4.000 lires 1.000 r lires lires 1.000 lires » lires 2.000 lires 4.000 lires 2.000 lires »
- Belgique » 2.000 )) » )) » )) )) )) »
- France 5.000 39.000 3.000 )> 10.000 G. 000 15.000 6.000 10.000 »
- Espagne )) )) )) 1.000 . )) )) )) )) )) »
- Allemagne » 3.000 )) )) 2.000 3.000 1.000 )) 7.000 »
- Suisse » » » 1.000 )) )) )) )) )) »
- Angleterre G. 000 9.000 5.000 28.000 4.000 )) 2.000 )) 4.000 »
- Grèce )) )) » 2.000 )) » )) 1.000 )> »
- Turquie d’Europe .... » 10.000 )) 14.000 )) 17.000 )) 4.000 )) 2.000
- Tunisie )) 1.000 ,, )) )) 2.000 )) 2.000 )) )>
- Égypte )) » )) » )) )) )) )) )) G. 000
- Malte )) )) » » )) 1.000 )) » )) i » j
- États Unis )) 9.000 )) 11.000 » ,, ,, )) )) 4.000:
- Mexique '» 7.000 » 2.000 )) » )) 2.000 )) » I
- Amérique centrale .... )) 37.000 )) 12.000 » G. 000 )) G. 000 )) 3.000,
- Pérou » 5.000 )) 2.000 )) 2.000 » » » 2.000
- Uruguay » )) » » )) 2.000 » )) )) )>
- Argentine » 35.000 )> 4.000 » 9.000 » 15.000 )) 3.000
- Chili )) 5.000 )) 2.000 )) )) » )) )) ))
- Brésil » 12.000 » 14.000 )) 13.000 )) 14.000 )) ))
- Australie )) 2.000 )) )) )> » )) )) )) )> !
- Autres Pays )) )) )) » )) 1.000 )) 1.000 )) ))
- Totaux 11.000 180.000 9.000 93.000 17.000 G2.000 20.000 55.000 23.000 20.000-
- 618 EXPOSITION DE MILAN
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- ITALIE. — Articles cousus de coton, en cols, poignets et chemises pour hommes.
- Statistiques italiennes. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1901 1903 1903 1904 1905
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- lires lires lires lires lires lires lires lires lires lires
- Autriche-Hongrie 2.200 3.300 1.100 70.400 3.300 14.300 3.450 3.450 19.800 1.100
- France 5.500 31.900 4.400 28.600 5.500 6.600 9.200 11.500 11.000
- Allemagne 23.100 14.300 19.800 » 28.600 » 19.550 » 29.7.00 „
- Suisse )) » 4.400 26.400 » » ), „ v )>
- Gibraltar )) » » » y. » » )) 2.200
- Angleterre 7.700 )) 4.400 3.300 3.300 )) 4.600 „ 6.600
- Malte » 17.600 » 1.100 » » 1.150 » 4.400
- Portugal » )) » » » 5.500 » )) )) 3.300
- Espagne » 4.400 » 3.300 H 4.400 » 3.450 )) 2.200
- Turquie d’Europe » 37.400 » 26.400 » 14.300 » 13.800 )) 6.600
- Turquie d’Asie )) 4.400 )> » » » » ,, )) 1.100
- Égypte )) 93.500 )) 19.800 )> 7.700 „ 20.700 )) 5.500
- Tunisie )) 6.600 » 1.100 » 4.400 „ 3.450 » 6.600
- Autres Pays d’Afrique » (1) 1.100 » » » 4.400 » 1.150 )) 11.000
- États-Unis )) 8.800 » 11.000 » 13.200 » 19.550 » 14.300
- Mexique » 5.500 » 5.500 » 8.800 » 6.900 )) 13.200
- Amérique centrale » 44.000 » 12.100 » 28.600 » 18.400 )) 23.100
- Brésil » 20.900 » 45.100 » 53.900 » 19.550 » 64.900
- Pérou » 22.000 1) 29.700 » 16.500 » 26.450 )) 17.600
- Argentine » 39.600 » 13.200 )) 31.900 » 37.950 )) 17.600
- Uruguay » 3.300 » 2.200 » )) n )) 5.500
- Chili )) 16.500 » 14.300 » 8.800 » 2.300 » 14.300
- Autres Pays de l’Amérique du
- Sud » » » )) )) )> „ 5.750 ))
- Australie » 6.600 » » )) 2.200 )) )> 1.100
- Indes britanniques )> 2.200 » » » (2) 2.200 » » ))
- Cuba et Porto-Rico )> 2.200 » „ n )}
- Chine )) )> » „ 1.100 )) w
- Possessions hollandaises ” » ” » « » 2.300 » »
- Totaux 38.500 386.100 34.100 313.500 40.700 228.800 36.800 197.800 67.100 215.600
- (1) Tripolitaine. — (2) Autres possessions anglaises d’A sie.
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- 620
- EXPOSITION DE MILAN
- LA LINGERIE A L’EXPOSITION DE MILAN
- Les industries de la lingerie en gros et de détail étaient brillamment représentées à l’Exposition internationale de Milan.
- La lingerie pour hommes comptait 10 exposants, dont 2 maisons de chemises en gros; 2 maisons de gilets de flanelle en gros; 2 maisons de chemises en détail et 4 fabricants de faux-cols.
- La lingerie de femmes comptait 9 représentants, dont 6 maisons de gros, et 3 faisant le détail.
- L’industrie des cravates ne comptait que 2 exposants, dont l’un était M. Donckèle, président de la Classe 86 et président du Jury international.
- Dans la Classe 86, la lingerie occupait les plus grands emplacements et c’est également dans cette industrie que l’on remarquait les vitrines les plus importantes.
- Le Jury des récompenses comprenait, parmi ses membres, 3 industriels appartenant à notre Groupe, un fabricant de cravates, M. G. Donckèle, un fabricant de chemises en gros, M. Georges Dehesdin, un fabricant de détail, M. Maurice Schwob.
- Non seulement ces messieurs furent membres du Jury, mais ils furent encore appelés à remplir des fonctions très importantes et, en les leur confiant, leurs Collègues leur ont donné une marque de confiance qui les honore grandement.
- A M. G. Donckèle revint la mission délicate de présider le Jury; à M. G. Dehesdin, celle de rédiger le rapport du Jury; à M. Schwob celle d’être expert du Jury.
- Notre Collègue, M. Schwob, au dernier moment, se trouva empêché de venir à Milan et par conséquent ne put remplir ses fonctions.
- Sur vingt et un exposants, 3 furent Hors concours; 12 obtinrent un Grand prix; 4, un Diplôme d’honneur; 2 une Médaille d’or.
- On ne peut faire un plus bel éloge du soin que tous les fabricants de lingerie apportent à défendre leur industrie, grâce à leur activité, à leur bon goût, et aux sentiments supérieurs qui les guident, la
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- TROISIÈME PARTIE. -- LA LINGERIE
- 621
- lingerie française garde intacte sa réputation de supériorité et d’élégance.
- Les notices suivantes mettront en valeur les efforts que chacun a faits, pour contribuer avec efficacité à la prospérité d’une industrie qui assure le bien-être à une population de plus de 180.000 personnes.
- BESSAND père et fils et Cie, 2, rue du Pont-Neuf, Paris.
- La maison delà Belle-Jardinière a été fondée à Paris, en 1825, par M. Pierre Parissot.
- Son siège social, d’abord établi, 5, rue de la Cité, a été, par suite d’expropriation, transféré, en 1867, 2, rue du Pont-Neuf.
- La raison sociale actuelle est Bessand, Bigorne et Cie.
- Sa spécialité est le vêtement et la lingerie pour hommes; elle exposait dans la Classe 86 des chemises, faux-cols, manchettes, cravates, foulards, mouchoirs, lingerie.
- Pour répondre aux nécessités d’une fabrication d’année en année plus considérable, la Belle-Jardinière a été obligée de créer d’immenses ateliers de fabrication à Paris, 56, rue Didot, et à Lille, 177, boulevard de la Liberté.
- La petite maison des débuts, quai aux Fleurs, est devenue une des plus puissantes du monde dans l’industrie du vêtement et de ses accessoires.
- Tous ses articles sont coupés et confectionnés dans ses ateliers et par des ouvriers et ouvrières travaillant exclusivement pour la Belle-Jardinière.
- Le personnel ainsi employé est considérable.
- Aussi, diverses sociétés de secours mutuels ou de retraites ont été créées pour secourir les employés ou ouvriers malades ou âgés.
- Cette maison a participé à un grand nombre d’Expositions, elle a obtenu les plus hautes récompenses, et à Milan, le Jury international a récompensé ses efforts par un Grand prix.
- Mrac Marguerite ALEXANDRE, rue du Sentier, Paris.
- Cette maison, de création récente, s’est fait, dès la première heure, une réputation de tout premier ordre dans la fabrication du beau linge.
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- EXPOSITION DE MILAN
- y^gp,
- Sa spécialité est la lingerie de haute fantaisie. Elle exposait pour la première fois à Milan, et le Jury lui a néanmoins décerné une Médaille d’or.
- Cette récompense accordée dans de telles conditions est le meilleur éloge que l’on puisse faire des produits de Mme Marguerite Alexandre et du soin qu’elle apporte à sauvegarder la bonne réputation de notre fabrication française.
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- TROISIÈME PARTIE.
- LA LINGERIE
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- BERTHELOT, 35, rue des Jeûneurs, Paris.
- Cette maison fut fondée en 1869 et créa des centres industriels à Vaucouleurs (Meuse) et à Goncourt (Haute-Marne) qui avaient été ruinés par la suppression des métiers à bras.
- C’est là que fut le berceau de la flanelle manufacturée, et c’est grâce à l’initiative de cette maison, que l’usage de la flanelle se vulgarisa.
- C’est en effet elle qui fabriqua, la première, des articles bon marché et accessibles à toutes les bourses.
- En outre de sa maison de vente à Paris, située 35 rue des Jeûneurs, elle possède les deux manufactures citées plus haut.
- M. Berthelot, comme son prédécesseur, M.L. Duc, a fait figurer les produits de sa maison à la plupart des Expositions organisées en France et à l’étranger.
- Les récompenses qu’ils ont obtenues justifient pleinement la qualité et le soin apportés à leur fabrication. Nous citerons principalement :
- Médaille d’argent : Paris 1889; Médailles d’or : Anvers 1894, Bruxelles 1897 et Paris 1900; Diplôme d’honneur : Amsterdam en 1895, et un Grand prix à Milan en 1906.
- BLUM (L.), 121, rue Réaumur, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1865, par M. Oppenheimer qui eut comme successeurs, en 1885, MM. L. Blum, Gerson et Cle, anciens employés de la maison. Ces associés s’étant retirés des affaires en 1905, M. L. Blum, est resté seul Directeur de la maison.
- Il s’est spécialisé dans la fabrication de la lingerie pour dames, haute nouveauté, ainsi que des costumes, blouses, peignoirs, jupons, genres lingerie. La plus grande partie de ces transactions est faite avec le Continent, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud; il contribue ainsi à propager à l’extérieur la bonne renommée du goût français.
- 1 II expose à Paris depuis 1878, et a remporté à cette Exposition une Médaille de bronze; en 1889, une Médaille d’argent; en 1900* une Médaille d’or.
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- 624
- EXPOSITION DE MILAN
- A Saint-Louis, M. L. Blum, était Membre du Jury, et sa maison a été mise Hors concours; Grands prix: Liège 1905, Milan 1906.
- BON-MARCHÉ (Maison Boucicaut, Fillot, Ricois, Lacet et Gi0, Paris).
- Les grands magasins du Bon-Marché sont situés à Paris, dans un îlot bordé d’un côté par la rue de Sèvres, où se dresse la façade principale, par la rue Velpeau, sur toute la longueur du square; de l’autre côté par la rue du Bac et la rue de Babylone. En face s’élève l’annexe affectée à l’ameublement.
- Le fondateur de cette importante maison, M. Aristide Boucicaut, était fils d’un chapelier de Bellême, petite ville du département de l’Orne, où il était né en 1810.
- C’est en 1852 qu’il devint l’associé du propriétaire d’une petite boutique, rue du Bac, dont il ne tarda pas à être seul propriétaire et qui fut le berceau des grands magasins actuels.
- M. Boucicaut mourut en décembre 1877 ; sa femme qui avait été sa collaboratrice dévouée et clairvoyante, demeura seule propriétaire des magasins et n’eut alors d’autre pensée que d’assurer la conservation de l’établissement créé par son mari.
- Dans ce but, elle s’associa ses collaborateurs et ses principaux employés avec lesquels elle constitua, le 14 janvier 1880, une société en commandite simple dont elle conserva la gérance. A sa mort, cette société se transforma en une commandite par actions et fut dirigée par trois gérants, MM. Plassard, Morin et Fillot, que Mme Boucicaut avait désignés dans son testament.
- Aux deux premiers ont succédé MM. Ricois et Lucet, de sorte que la raison sociale actuelle est : Fillot, Ricois, Lucet et Cie.
- La dénomination « Au Bon-Marché, Maison A. Boucicaut » ne peut être changée ni modifiée.
- Le Bon-Marché a pris part à toutes les grandes Expositions où il a obtenu les plus hautes récompenses : Médaille d’or : Paris 1889; Hors concours, Membre du Jury : Amsterdam 1895; Diplôme d’honneur : Bruxelles 1897; Hors concours, Membre du Jury : Paris 1900; Grand prix : Saint-Louis 1904; Hors concours, Membre du Jury : Liège 1905; Grand prix : Milan 1906.
- Le succès du Bon-Marché n’a surpris personne, il était la récompense légitime due à une maison de premier ordre et a consacré une fois de plus son incontestable supériorité.
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- Nous devons dire que pour arriver aux résultats dont elle a le droit de s’enorgueillir, la maison du Bon-Marché dispose d’une armée d’employés, d’ouvriers et d’ouvrières d’élite, qu’elle a su s’attacher par de généreuses institutions patronales, alimentées par des prélèvements sur les bénéfices de la maison de commerce sans aucune retenue sur les salaires, telles que : Caisses de retraite et de secours, Caisses de prévoyance, Cours gratuits, Bourses d’études et de voyage, etc., ces œuvres diverses contribuant toutes à assurer à un personnel nombreux le bien-être pour le présent et la sécurité pour l’avenir.
- Le montant des charges que la maison s’impose pour ses différentes œuvres s’élève à près de 2 millions de francs par an, et il n’est pas sans intérêt d’ajouter que le Bon-Marché appartient pour ainsi dire à son personnel, la totalité de ses actions étant entre les mains d’employés ou d’anciens employés de la maison.
- CLOCHÉ (A ) fils, 80, rue Montmartre, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1855 par Mme Cloché et est, à l’heure actuelle, dirigée par M. Cloché fils, qui a repris la suite des affaires de sa mère.
- Sa spécialité est la fabrication des faux-cols et manchettes pour hommes.
- La maison s’occupe particulièrement de la commande et est renommée par l’excellence de ses marchandises.
- En 1900, M. Cloché était Membre des Comités de l’Exposition universelle de Paris. La maison exposait pour la première fois à Milan.
- Le Jury international des récompenses lui a accordé une récompense qui est tout à l’éloge de M. Cloché fils et du soin qu’il prend de sauvegarder la réputation des articles français. La maison s’est, en effet, vu attribuer une Médaille d’or. Cette récompense est d’autant plus élogieuse que cette maison n’avait encore participé à aucune Exposition.
- BONNET. 25, rue des Jeûneurs, Paris.
- Cette maison a été fondée par M. Caillet. Le fondateur se spécialisa dans la fabrication du linge de luxe, et contribua dans son industrie à la bonne réputation de l’article français.
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- La maison actuelle a participé aux Expositions de Saint-Louis en 1904, de Liège en 1905, et de Milan en 1906.
- Elle obtint à cette dernière Exposition un Diplôme d’honneur.
- Sa compétence était estimée de tous ses collègues, et, en 1900, il fut appelé à remplir les délicates fonctions de Membre du Jury.
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- DEHESDIN et fils, 91, rue Réaumur, Paris.
- Cette maison, fondée en 1828 par M. A. Dehesdin, père et grand-père des chefs actuels, est la plus ancienne dans l’industrie de la lingerie manufacturée. C’est M. A.
- Dehesdin qui a créé en France l’industrie de la chemise en gros.
- La maison était située : 52, rue Montmartre, et, jusqu’en 1891, la raison sociale fut Dehesdin et Neveu.
- A cette époque, M. Émile Dehesdin prit comme associé son fils qui, depuis dix ans, était son collaborateur, et la raison sociale devint Dehesdin et Fils.
- En 1897, par suite de l’augmentation toujours croissante des affaires, la maison fut transférée : 91, rue Réaumur.
- MM. Dehesdin ont des ateliers dans le Cher, l’Indre, les Vosges, et deux usines à Saint-Sever-Rouen et à Roye (Somme).
- / MM. Dehesdin ont pris part, depuis 1878, à toutes les Expositions universelles internationales. La maison a été Hors concours : Paris 1889, Bruxelles 1897, Liège 1905, Milan 1906 ; aux Expositions de Paris 1900, Saint-Louis 1904, elle a obtenu les plus hautes récompenses, c’est-
- à-dire le Grand prix.
- Ancienne Maison KLOTZ jeune, DONCKÈLE,
- DOLL et Gie, successeurs.
- La maison Klotz jeune fut fondée en 1833, elle est fixée depuis 1840 au 2, place des Victoires, Paris.
- A Klotz jeune, succédèrent ses deux fils Eugène et Victor Klotz, 9ui continuèrent avec H. Meyer, et sous la même raison sociale, 1 exploitation de la manufacture de cravates.
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- En 1894, la raison sociale devint Donckèle, Doll et Cle. Les propriétaires actuels avaient débuté comme employés dans la maison, l’un en 1864, l’autre en 1872; ils en étaient devenus les intéressés en 1882.
- Cette maison s’adonne plus particulièrement à la fabrication des hautes nouveautés en cravates, elle a pour clientèle principale les premiers chemisiers des grandes villes, et sa marque est répandue sur tous les marchés du monde.
- Elle a pris part, depuis 1878, à toutes les grandes Expositions internationales. M. Donckèle qui avait rempli les fonctions de Membre du Jury à Paris en 1900, et qui avait été appelé à la présidence du Jury à Liège en 1905, était président de notre Classe à Milan.
- Il fut choisi à l’unanimité comme président du Jury international de Groupe.
- GALERIES-LAFAYETTE, Paris.
- Les grands magasins des Galeries-Lafayette sont situés au centre de Paris, dans le quartier de l’Opéra.
- Ils s’étendent actuellement de chaque côté de la rue de la Chaussée d’Antin, en deux immenses ailes divergentes qui s’ouvrent l’une sur la rue Lafayette et l’autre sur le boulevard Haussmann.
- Leur création remonte à quelques années à peine et leur accroissement vraiment prodigieux constitue un des faits les plus curieux de l’histoire du Paris moderne.
- D’abord confinées dans leur étroite et première installation de la rue Lafayette, les Galeries-Lafayette s’étaient constitué une spécialité des articles de mode et de fournitures pour la couture.
- Le premier capital de l’affaire s’élevait en 1899 à 2.300.000 francs, il atteint aujourd’hui, tant en actions qu’en obligations, le chiffre de 20.000.000 de francs, et la nouvelle installation des Galeries-Lafayette, sur le boulevard Haussmann, est une des plus spacieuses et des plus luxueuses des grands magasins de Paris.
- Les Galeries-Lafayette exploitent aujourd’hui tous les articles dont la ven te se fait actuellement dans les magasins de nouveautés, autant pour la toilette et l’habillement de l’homme, de la femme et des enfants, que pour l’ameublement et tous les besoins domestiques.
- Les Galeries-Lafayette possèdent, pour les employés et ouvriers de la maison, un service médical et un service pharmaceutique gratuits et une Caisse de secéurs
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- Les récompenses obtenues aux Expositions précédentes sont les suivantes : Médaille d’argent, Paris (1900); Médaille d’or, Saint-Louis (1904); Diplôme d’honneur, Liège (1905).
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- NISSERON, 4, rue de Mulhouse, Paris.
- La maison a été fondée le 1er septembre 1887 par M. A. Nisseron qui, grâce à ses efforts et à son énergie, a su rapidement la placer au premier rang dans l’industrie du faux-col.
- L’usine construite tout en ciment armé, 24, rue de La Chapelle, est un modèle du genre, tant pour l’hygiène et la sécurité du personnel, que comme installation et outillage de confection et de blanchiment, lequel donne à la production de cette maison la perfection qui fait sa si juste renommée.
- M. Nisseron est le créateur de la chemisette dite « genre chemisier », qui a pris une si grande place depuis quelques années dans la toilette féminine.
- Cette maison n’a pris part qu’à deux Expositions où elle a obtenu : une Médaille d’or à Liège (1905), un Diplôme d’honneur à Milan (1906).
- Paul GUIONVAR et Cie, 117, rue Réaumur, Paris.
- Cette maison, fondée en 1850, a été reprise en 1887 par M. Paul Guionvar. Elle possède également une usine à vapeur, 80, rue de B°ndy, à Paris,
- La spécialité de cette maison est la cravate haute nouveauté, les faux-cols, manchettes et devants de chemises en gros.
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- M. Paul Guionvar a tenu à continuer la réputation de correction commerciale que la maison s’était acquise.
- Il s’est préoccupé, comme Président de la Chambre syndicale des
- fabricants de faux-cols, manchettes et devants de chemises en gros» d’améliorer les conditions du blanchiment dans ces industries, et de donner à l’outillage un perfectionnement qui permette une production importante et régulière.
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- Cette maison a participé, depuis sa fondation, à un grand nombre d’Expositions, et elle a obtenu des récompenses qui suffisent à l’éloge de sa production, les récompenses antérieures ont été confirmées dans ces dernières années par : Médaille d’argent, Paris (1900); Diplôme d’honneur, Liège (1905); Grand prix, Milan (1906).
- L’Exposition internationale de Milan a eu d’heureuses conséquences pour cette maison qui a trouvé l’occasion de se créer de nouveaux débouchés, et particulièrement par ses articles, cols de dames et fantaisies similaires.
- M. Pierre N. Malvergem, qui fait partie de la maison de commerce où il a débuté comme petit employé en 1887, est associé depuis 1899.
- OUDINEAU, 39, rue d’Aboukir, Paris.
- La maison Oudineau, fondée en 1854, est actuellement une des plus importantes fabriques françaises de confections de lingerie pour dames et enfants. C’est sans conteste celle qui a suivi de plus près l'évolution industrielle.
- Elle possède des ateliers outillés avec les dernières inventions mécaniques à Châtellerault, à Bujançais, à Connerré. Ses ateliers de travail à la main de Pont-de-Gennes et de Valençon sont également importants. Enfin une fabrique de lingeries mécaniques, à Saint-Quentin, vient compléter cet ensemble industriel remarquable.
- Ses produits sont exportés'dans les principales villes du monde.
- Dès sa première exposition à Paris en 1900, cette maison a obtenu la Médaille d’or, et le Jury de Milan en lui décernant un Grand prix a justement apprécié sa production.
- PLANTEVIGNES, 10, rue d’Uzès, Paris.
- Cette maison a été fondée par son titulaire actuel en 1887. Elle s est fait une spécialité de la fabrication en gros de la cravate haute nouveauté. Ses produits ont été appréciés du Jury, ellea obtenu des récompenses qui suffisent à leur éloge et témoignent du souci que M* Plantevignes a de favoriser l’industrie française en produisant des articles de goût très soignés et de bonne qualité.
- A l’Exposition universelle de Paris en 1900, elle recevait une
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- Médaille d’or; à Liège (1905), le Jury lui accordait un Diplôme d’honneur, et à Milan (1906), elle s’est vu attribuer le Grand prix.
- LES GRANDS MAGASINS DU PRINTEMPS, Paris.
- La Société des grands magasins du Printemps, fondés en 1865 et situés dans un îlot compris entre le boulevard IJaussmann, les rues de Provence, du Havre, de Caumartin, a été reconstituée, le 28 août 1905, sous la raison sociale « Laguionie et Cle ».
- Les magasins du Printemps ont été complètement transformés, à cette date, sous l’impulsion de la nouvelle direction, et ils se sont acquis une réputation de bon goût et d’élégance justifiée tant par la nature de leurs marchandises que par leur installation à la fois artistique et pratique dans un très joli décor.
- L’augmentation considérable des affaires a, depuis cette époque, mis MM. Laguionie et Cle dans l’obligation d’acheter de vastes terrains attenant aux magasins, et sur lesquels s’élèveront des constructions qui feront plus que doubler la superficie occupée par les immeubles actuels.
- Les grands magasins du Printemps ont, à Roosendaal, Bâle, Genève, Turin, Avricourt, Bucarest, Alexandrie et au Caire des maisons de réexpédition, et à Madrid, Londres, Marseille, Bruxelles, Tanger, Copenhague, Helsingfors, Lisbonne, Sofia, Christiania, Elisondo, Pors-Louis, Milan, des correspondants qui facilitent les affaires et permettent de servir rapidement et dans les meilleures conditions possibles la clientèle étrangère.
- Il existe au Printemps une Caisse de retraites, de secours et de prévoyance des employés qui est alimentée, conformément aux statuts de la Société, par un prélèvement annuel sur les bénéfices sociaux. Il y existe en outre, une caisse spéciale de secours en cas de maladies, fondée par M. Laguionie, sur ses deniers personnels, le 1er août 1906. Elle est entièrement indépendante de la Caisse de secours et tend à assurer dans les cas les plus urgents, aux employés frappés par la maladie, une indemnité immédiate et régulière.
- En vertu de cette fondation Laguionie, tout employé inscrit sur les registres du Printemps depuis au moins un an et dont le traitement total ne dépasse pas 3.000 francs, par an, reçoit, pendant 15 jours, de la caisse spéciale de secours en cas de maladie, une indemnité égale à la moitié de son traitement quotidien moyen, basé sur
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- la dernière année et qui ne peut, en aucun cas, êtie inféiieuie à 3 fr. par jour. Deux médecins sont attachés au Printemps. Ils y donnent des consultations gratuites et quotidiennes au personnel.
- Toute employée qui se marie reçoit une gratification de 100 francs, si elle appartient depuis au moins un an à la maison; il est accorde une allocation de 200 francs, aux employées en couches, dont les appointements annuels ne dépassent pas 3.000 francs, afin de leur permettre de prendre un repos nécessaire.
- Il existe encore au Printemps une Société de tir et d escrime.
- Le Printemps a pris part aux Expositions de 1889 et 1900 à Pans, aux Expositions de Milan, Tourcoing, Bordeaux, Dublin, Madrid, et il y a obtenu les plus hautes récompenses.
- ROUSSEAU (A ), rue Bertin-Poirée, Paris.
- M. A. Rousseau, le propriétaire actuel, a repris la suite des affaires
- de l’ancienne maison Lallemand.
- De création récente, cette maison a pris, depuis 1890, une giance
- extension. . . ,
- Elle possède, en outre de ses magasins de Paris, rue Bertin-Poiree et rue des Deux-Boules, plusieurs usines aménagées avec les derniers pecfectionnements de la science moderne.
- Situées sur divers points du territoire français, elles pro ilisen en grande quantité la lingerie pour hommes, dont M. A. Rousseau
- s’est fait une spécialité de fabrication.
- Le propriétaire de cette maison s’est préoccupé d’ameliorer les conditions du travail des femmes employées dans ses usines. Villedieu, à Niherne, à Vineuil et à Elbeuf, il a fait aménager dans ses ateliers des moteurs à vapeur et des moteurs électriques, qui fi) n mouvoir les machines et suppriment la fatigue corpore e e ou vrière. Un nombreux personnel est occupé dans ses magasins, usines et ateliers.
- Cette maison est une des plus importantes dans son genre dustrie, elle a participé pour la première fois en 1904 aux xpo sitions internationales, et a obtenu dès le début les p us au es
- A Saint-Louis, en 1904, le Jury lui décerna une Médaillé d or, à Liège, en 1905 et à Milan en 1906, elle eut les honneurs du
- Grand prix.
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- SGHMIT, 170, rue St Denis.
- Cette maison a été fondée en 1856.
- Sa spécialité est la fabrication des faux-cols et manchettes pour hommes. M. Schmit a apporté dans cette industrie les plus appré-
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- ciables perfectionnements, notamment dans les procédés de blanchissage.
- Son usine, installée 148, rue de la Roquette, est agencée avec les derniers perfectionnements de la science moderne et possède une blanchisserie aménagée avec un outillage des plus remarquables. M. Schmit, qui est à la tête de cette maison depuis 18 ans, n’ avait pas cru devoir participer à aucune Exposition. Il a profité du cinquantenaire de sa maison pour rompre avec cette regrettable tradition et a envoyé son adhésion aux organisateurs de l’Exposition de Milan. La supériorité de ses produits, le fini des faux-cols fabriqués dans ses ateliers, ont retenu f attention du Jury qui a décerné à la maison Schmit un Diplôme d’honneur. Le fait est assez rare, le Jury, par
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- habitude, ne décernant pas cette récompense supérieure aux commerçants et industriels qui exposent pour la première fois. Il est tout à l’honneur de M. Schmit et des soins qu’il apporte à sa fabrication. C’est pourquoi nous avons cru devoir le signaler d’une façon spéciale.
- SGHULMANN (J. et L.), 8, rue du Sentier, Paris.
- Cette maison a créé, en France, l’industrie de la blouse confectionnée. Sa spécialité est la lingerie en gros. En outre de ses maga-
- sins de la rue du Sentier, elle possède, 8, rue de Citeaux, à Paris, une importante manufacture qu’elle a aménagée avec les derniers
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- perfectionnements de la science moderne. A l’Exposition de Saint-Louis en 1904, le Jury des récompenses lui avait accordé une Médaille d’argent; à celle de Liège, en 1905, elle a obtenu une Médaille d’or et enfin en 1906, à Milan, ses efforts ont été récompensés par un Diplôme d’honneur. Ces récompenses sont la meilleure preuve de l’intérêt porté par MM. J. et L. Schulmann à la prospérité de la grande industrie française.
- VIMONT et LINZELLER, 3, rue des Deux-Boules, Paris.
- Cette maison, fondée en 1830, s’occupait alors de la filature de coton et de la fabrication des caleçons et des gilets en tricots coton à mailles diminuées.
- Aujourd’hui, sa production se compose exclusivement de gilets de flanelle pour hommes et pour dames, de caleçons pour hommes, de chemises de flanelle (pure laine et coton) tussor français, et enfin de pyjamas.
- Ces cinq articles, qui se répandent de plus en plus dans la consommation, ont amené cette maison à une organisation industrielle permettant de répondre aux exigences de la vente, aussi bien comme prix nominal, que comme fini dans la fabrication.
- Jusqu’à ces dernières années, cette maison possédait une seule usine à Gonesse, en Seine-et-Oise, mais ayant absorbé toutes les ressources productives de la région et contrainte de donner de l’extension à sa production, elle a été amenée à créer des ateliers dans le département des Vosges et du Loir-et-Cher.
- C’est dans l’usine de Gonesse que s’exécutent toutes les commandes spéciales et toute la belle confection en général.
- Par la spécialisation du travail, cette maison est arrivée à produire vite, bien et bon marché.
- Dans l’usine de Gonesse, se fabriquent le gilet de flanelle et le caleçon, quant à la chemise de flanelle elle a pris depuis quelques années, une telle extension qu’il a été nécessaire démonter un atelier spécial pour la fabrication de cet article. C’est à Romorantin que MM. Vimont et Linzeller ont installé avec force motrice cet atelier qui leur permet de répondre dans des délais très rapides aux exigences de la consommation. Ils y font également fabriquer la chemise chandail, dont le modèle déposé est leur propriété exclusive.
- La maison Vimont et Linzeller, dont le chiffre de production
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- s’est toujours trouvé d’accord pour lui décerner les plus hautes récompenses,
- Nous citerons, plus particulièrement, les Expositions de Paris (1855 et 1867) où elle obtint la Médaille de première classe, celle de Paris (1900) où la Médaille d’or lui fut donnée, enfin, les Expositions de Saint-Louis (1904), de Liège (1905) et de Milan (1906), où elle reçut un Grand prix.
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- annuelle est considérable occupe une place prépondérante dans son genre d’industrie.
- Elle s’est spécialisée dans sa fabrication, dont le goût, le soin et la qualité sont très appréciés; elle a apporté une part active de collaboration à un grand nombre d’Expositions et le Jury international
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- SGHWOB (Maurice), 69, rue Lafayette, Paris.
- Cette maison, fondée en 1871 par son propriétaire actuel, M. Mau-
- rice Schwob, est connue sous la dénomination « des 100.000 che-
- mises ».
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- Sa spécialité est la vente au détail de chemises et articles de lingerie qu’elle fait fabriquer dans ses usines de Châteauroux, de Creil et de Paris, dont l’outillage est très perfectionné.
- Ces établissements fournissent aux huit maisons de vente au détail que M. Maurice Schwob possède à Paris.
- Depuis 1889, le propriétaire de cette maison a apporté une collaboration régulière aux Expositions universelles et internationales, et il y a obtenu les récompenses suivantes :
- Médaille de bronze, Paris (1889); Médaille d’or, Paris (1900); Médaille d’or, Saint-Louis (1904); Grand prix, Liège (1905); Hors concours, Milan (1906).
- VIRLOUVET 29, rue du Sentier, Paris.
- Cette maison a été fondée le 1er janvier 1893 par M. Virlouvet.
- Sa spécialité est la fabrication de ruches et plissés de robes lingerie, corsages et parures fantaisies pour dames.
- Elle possède, en outre de ses ateliers de Paris, une importante manufacture à Bouloire dans le département de la Sarthe.
- La fabrication de la maison porte surtout sur les articles haute fantaisie et la création des nouveautés en ce qui concerne sa spécialité de lingerie fantaisie plissée et ruchée. Ces articles ne sont pas vendus exclusivement en France. Ils sont aussi très appréciés de l’étranger : l’Amérique du Nord, l’Angleterre, la Belgique, la Suisse sont de bons clients pour cette maison qui entretient également les meilleures relations avec les commerçants italiens. M. L. Virlouvet a fait figurer ses produits à diverses Expositions où il a obtenu les récompenses les plus élogieuses. Nous citerons : Médaille d’argent, Exposition universelle de Paris (1900); Diplôme d’honneur, Liège (1905); Grand prix, Milan (1906).
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- La Plume pour Parure
- HISTORIQUE
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- a plume pour parure a une histoire à elle et fait partie de l’Histoire.
- Si elle est la parure légère et gracieuse qui rehausse l’éclat et la beauté de la femme élégante, elle a son nom inscrit dans les annales glorieuses des grandes batailles.
- Si elle est un objet de parure, elle fut aussi brûlée du feu de la mitraille et est encore, dans l’armée, le symbole du haut commandement.
- La plume est mondaine, diplomatique, administrative et militaire.
- Le « panache blanc » du bon roi Henri IV guida les soldats de la h rance à la bataille d’Ivry, en 1590.
- L’appel de ce roi : « Soldats, ralliez-vous à mon panache blanc », est aussi célèbre dans l’histoire que la phrase fameuse du général Bonaparte : « Soldats, du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent ! »
- Dès la plus haute antiquité, même les peuples qui n’avaient point de civilisation très raffinée utilisaient pour leur parure, ou pour tout autre usage, les plumes des oiseaux qu’ils tuaient.
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- De même qu’ils se confectionnaient des vêtements avec les dépouilles des animaux, ils faisaient usage des plumes d’oiseau.
- On ne représente guère un grand chef sauvage des contrées chaudes, sans la tête ornée d’une quantité remarquable de plumes.
- Plus la situation sociale qu’il occupe est élevée, plus il se rapproche, par sa parenté ou ses fonctions, du chef suprême de la tribu, plus les plumes qu’il porte sont nombreuses.
- La civilisation, même lorsqu’elle atteint les limites du raffinement le plus avancé, n’interdit pas aux peuples l’usage des dépouilles d’animaux, transformées en vêtements ou en objets de parure.
- La plume est une matière qui se prête merveilleusement à la parure.
- L’industrie moderne a su, grâce à son perfectionnement, au goût, à l’initiative des fabricants, faire des adaptations multiples et de la plus grande richesse des plumes d’oiseaux.
- Parmi les personnalités qui se sont préoccupées, avec le plus de soin, d’écrire l’Histoire de la plume, nous avons tenu à faire une mention toute spéciale eu faveur d’un « apôtre » auquel la justice de ses contemporains n’a pas rendu riiommage qu’il mérite.
- M. J. Forest aîné a publié, dans les dernières années du xixe siècle, des études très remarquables, et d’une importance capitale, sur l’industrie des plumes et plus particulièrement sur l’autruche.
- Ces ouvrages qui, la plupart du temps, revêtent la forme de communication à la Société d’Acclimatation de France, n’ont point pénétré dans le grand public et sont demeurés à la connaissance de quelques intéressés ou spécialistes.
- Ils n’en ont pas moins servi à la rédaction de la plupart des études qui ont été publiées en ces derniers temps sur l’industrie plumassière, et il est profondément regrettable que les auteurs n’aient pas toujours eu la généreuse pensée de rendre à notre regretté collègue, M. J. Forest aîné, l’hommage d’une science indiscutable.
- Nous citerons également le rapport de notre sympathique collègue, M. Albert Leduc, et qui a été publié à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris (1889).
- L’éloge de ce travail de grande valeur a été fait par tous nos devanciers, rapporteurs de notre Classe.
- Nous ne pouvons que joindre nos félicitations à celles qui ont été si souvent prodiguées à notre collègue, dont la science et les qualités professionnelles contribuent à honorer l’industrie française.
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- Enfin, nous tenons à remercier ici tous nos collègues, fabricants de plumes, qui ont bien voulu, avec une obligeance dont nous leur sommes reconnaissants, nous fournir d’utiles renseignements pour la rédaction de ce rapport.
- Nous tenons à remercier plus particulièrement notre collègue et ami, M. Brossard, qui nous a communiqué sur l’industrie de la plume des indications qui nous ont été d’un précieux secours.
- Les travaux très érudits qui ont été publiés sur les origines de l’industrie de la plume pour parure nous ont singulièrement facilité la première partie de notre travail.
- Mais, si nous avons emprunté à l’érudition et à la science de nos collègues pour notre rapport, nous avons tenu à y apporter une part de collaboration personnelle, en ne négligeant aucune recherche dont les résultats pouvaient être utiles à la prospérité d’une des plus importantes industries de la mode.
- Nous avons apporté à ce travail toute notre bonne volonté; notre désir de produire une œuvre intéressante et utile a été notre seul guide.
- COMMUNICATION DE M. J. FOREST AINE, A LA SOCIÉTÉ D ACCLIMATATION DE FRANCE
- II
- Dans une communication faite à la Société nationale d’Acclima-tation de France, le 14 décembre 1894, notre collègue, M. J. Forest mne, donnait sur les origines de l’industrie de la plume d’autruche les renseignements suivants, et que nous avons tenu à reproduire en tête de notre travail, parce qu’il est impossible de mieux connaître et de mieux écrire l’histoire d’une industrie.
- H est généralement admis, écrivait notre collègue, que les raffinements de l’élégance correspondent à un degré de civilisation élevée; historique de l’emploi somptuaire de l’autruche permet des rapprochements instructifs que je livre à la méditation de mes contenu-
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- porains. S’orner de plumes est un usage qui remonte à la plus haute antiquité. On sait qu’à l’origine la plume était portée comme amulette.
- On sait que la nouveauté en modes n’est souvent que la répétition d’anciennes coutumes, modifiées, adaptées au goût du jour. Pour s’en convaincre, quelques promenades dans les galeries historiques du Musée de Versailles, du Louvre, du musée d’Ethnographie du Trocadéro, du musée d’artillerie, les collections d’estampes de la Bibliothèque nationale, du musée Carnavalet, seront éminemment suggestives, pour le curieux, pour l’artiste, pour l’industriel à la recherche de beaux modèles de coiffures avec plumes d’autruche.
- Les plus anciens documents sont fournis par les fresques existant sur les murs des hypogées et des nécropoles de l’Egypte, qui remontent à deux mille ans avant l’ère chrétienne; elles figurent des guerriers, coiffés d’une plume, des chars attelés de chevaux qui sont richement empanachés de plumes multicolores.
- L’écran-éventail formait le complément de la toilette féminine d’une dame de la cour de Ramsès, de Sésostris; ces écrans s’emploient encore aujourd’hui dans toute l’Afrique mahométane.
- Nous voyons de majestueux éventails formés d’un grand bambou dont l’extrémité est garnie de plumes d’autruches d’énormes dimensions. Ces éventails étaient encore en usage de nos jours dans les cérémonies de gala des potentats nègres du Bornou, de Wadaï, dans l’Afrique centrale.
- Les modes d’emploi égyptiens de la plume d’autruche furent adoptés par les Chaldéens et les Assyriens; les Phéniciens entre autres étaient marchands de plumes d’autruche; les Mèdes et les Perses complétaient les emplois précédents par l’usage des coquilles d’œufs d’autruche, qu’ils suspendaient dans les temples ou dans les maisons, en signe de bénédiction ou d’ex-voto, symbole de fécondité et de vie éternelle.
- Il est remarquable que ce symbolisme, héritage du passé, ait éte transmis particulièrement au monde musulman. Partout où l’on fait Salam, l’œuf d’autruche est recherché et a conservé cette signifi" cation depuis l’antiquité la plus reculée.
- La coiffure des dames grecques de l’antiquité est plus ou moins variée; les plus aisées se mettaient des brillants, mais le plus souvent une aigrette de héron ou une petite plume d’autruche lem borde le haut du front (Fenario, le costume ancien et moderne)•
- Cette mode fut adoptée par l’aristocratie romaine, et il n en
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- apparaît aucune trace après la période clu démembrement de l’empire romain jusqu’aux Croisades (1).
- Ce n’est que vers le milieu du xme siècle que le panache ou bouquet de plumes, quelquefois surmonté d’une aigrette du héron-aigrette, fait son apparition dans le monde occidental.
- C’était un ornement exclusivement masculin qui ornait le cimier du casque et le chanfrein des chevaux d’armes, en usage dans l’Asie Mineure et dans l’Arabie parmi les populations guerrières, dès la plus haute antiquité.
- La chevalerie chrétienne adopta la mode sarrasine; la plume conquise était un trophée très apprécié au moyen âge. Les trois plumes qui constituent les armoiries du prince de Galles rappellent la dépouille opime que le prince Noir arracha au casque de Jean de Luxembourg, roi de Bohême, à la bataille de Crécy, en 1346, après l’avoir tué de sa main.
- La plume d’autruche comme garniture de vêtement doit être d’un emploi fort ancien. Nous trouvons une description très explicite dans le roman de Petit Jehan cle Saintré, qui vivait à la cour du duc de Bourgogne sous le règne de Charles VII, vers 1422. La description de la façon des plumes et de leurs coloris dénote des procédés de fabrication très perfectionnés. « Et quant aux regards de mes parements, j’en ai trois qui sont assez riches, dont l’un est de damas cramoisi très richement broché de drap d’argent, qui est bordé de martres-zibelines; et en ay un autre de satin bleu, lozangé d’orfèvrerie à nos lettres, qui sera bordé de fourrure blanche; et si en ay un autre de damas noir, dont l’ouvrage est tout parfilé de fil d’argent, et le champ rempli de houppes couchées, en plumes d’autruche vertes, violettes et grises, à vos couleurs, bordé de houpettes blanches, aussi d’autruche, avec mouchetures noires en façon d’hermine (2). »
- En Italie (3), l’usage de la plume d’autruche se développa très
- (1) Pendant le xm° et le xiv° siècle, le luxe fut très grand. Ou porta alors une grande quantité de plumes d'autruche, objets fort raresct qui coûtaient fort cher ; mais les plumes semblent avoir été affectées seulement aux coiffures d’hommes, car il nous a été impossible de trouver le moindre indice d’une coiffure de femmes où soit employée la plume. (Hist. de la coiffure des femmes en /''rance, par G.-P. Eze et N. Marcel.)
- -) Quiclierat, Histoire du costume en France.
- (•Ç Les Italiens modernes sont restés fidèles au culte du panache. Dans toutes les fêtes Publiques, cérémonies, etc., la plume d’autruche figure avantageusement. Le dais qui recouvre la Sedia gestatoria du Pape est empanaché de plumes blanches d’une longueur •crnarquable, sans doublure, de toute beauté et très riches.
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- rapidement, grâce aux relations commerciales des Vénitiens, des Pisans et des Génois; elle ne tarda pas à franchir les Alpes. Sous François Ier, cette mode triompha en France; les galeries du Louvre renferment, en effet, un tableau où ce roi est coiffe d’une toque bordée d’une passe de plumes frisure chinoise, en usage de nos jours.
- Au xvie siècle, il se fit dans l’Occident un très curieux amalgame d’hommes et de choses. Les expéditions d’Italie, la longue rivalité de François Ier et de Charles-Quint amenèrent, en même temps que des relations plus suivies entre peuples voisins, amis ou ennemis, un perpétuel échange d’habitudes et de costumes. Ce fut tout d’abord un mélange fort confus; puis* peu à peu, l’ordre se fit et l’on aperçut distinctement les trois courants principaux dans lesquels la mode française était entraînée.
- « L’accoustrement de la tête estoit selon le temps. En hyver, à la mode françoise. Au printemps, à l’hespaignole. En été, à la turque (Toscane) (1). »
- Sous Henri II, les Médicis introduisent en France la mode des coiffures féminines avec plumes d’autruche.
- Pendant la seconde moitié du xvie siècle, les plumes d’autruche furent adoptées par les femmes de l’Europe occidentale, à l’exception, toutefois, de l’Angleterre; elles furent en usage en Italie, moins en Espagne et dans l’Europe orientale, où les coiffures en dentelle restent en faveur. Par contre, dans ces pays, l’usage de l’éventail chasse-mouche ou écran de plumes d’autruche, était partout répandu: les Génois, les Vénitiens, les Pisans, qui avaient le monopole du commerce levantin, fournissaient aux industriels livournais les plumes d’autruche qu’ils écoulaient dans le monde occidental, ainsi que les éventails dont nous venons de parler.
- Nous retrouvons d’ailleurs ces ornements sur de nombreux monuments : en particulier sur les bas-reliefs de l’Hôtel de Bourg-Thé-roulde, à Rouen, qui représentent des épisodes du camp du Drap-d’Or, sur le tombeau de François Ier à Saint-Denis, et à Bâle, dans la cour de l’Hôtel de Ville, où l’on peut admirer un chevalier superbe dont le casque est surmonté d’au moins vingt-quatre grandes plumes.
- Les toques avec plumes d’autruche, d’après les portraits de Charles IX, de Henri III et de leur Cour, sont encore très fidèlement portées de nos jours.
- (1) Rabelais, Gargantua, 1535.
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- Henri IV, à la bataille d’Ivry (1590), illustra le panache blanc; sous Louis XIII, les mousquetaires rendirent populaire le panache d’autruche.
- Au xviie siècle, les coiffures de la noblesse, de l’armée, dans toute l’Europe, sont couvertes de plumes d’autruche. Les majestueux lits à colonnes ont leurs baldaquins surmontés de panaches quelquefois accompagnés d’aigrettes.
- Le beaux sexe de l’aristocratie sembla se conformer à cette mode sous la Fronde : certaines statues permettent tout au moins de supposer que la Grande Mademoiselle était coiffée d’un chapeau de feutre orné de plumes d’autruches lorsqu’elle commanda le feu à la Bastille (2 juillet 1652).
- De 1630 jusque vers 1670, les chapeaux prirent beaucoup d ampleur et furent garnis d’un tour de plumes. Le chapeau à bords triangulaires, dit « à trois gouttières », adoptépendantlaseconde moitié du règne de Louis XIV, était porté par les femmes dans les costumes de cheval. Les plumes en étaient blanches ou teintes et à barbes plus ou moins longues, selon le ton du jour; parfois on y ajoutait un nœud de rubans. Le tour de plumes fut conservé jusqu’en 1710.
- L’emploi du dépassant ou frange d’autruche, d un prix modique comparé à celui des plumes d’autruche de parure, est une des conséquences de la situation économique désastreuse de cette époque.
- Cet emploi s’est continué jusqu’à nos jours; les chapeaux des généraux français sont bordés comme ceux de l’époque du règne de Louis XIV. Par extension, cet emploi gracieux a été adopté dans la garniture des toilettes féminines contemporaines.
- A partir de Louis XIV, les innovations de la mode furent définitivement monopolisées par la France. En Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Espagne, partout on s’efforça de s habiller à la fian-çaise. Cependant nous ne devons pas oublier que pendant une courte période du règne du Grand Roi, l’adoption des coiffures a la Fon-tanges fit momentanément tomber en désuétude les plumes d autruche dans le monde féminin.
- Sous la Régence, ces ornements ne furent guère plus à la mode; mais vers 1750, Mme de Pompadour remit en faveur les chapeaux à grandes plumes. Le peintre Watteau coiffait ses bergères de chapeaux relevés sur le côté et ornés de rubans ou de plumes.
- La période de prospérité inoubliable de 1 industrie plumassière tut le règne de Louis XVI.
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- Dès son avènement, l’influence de Marie-Antoinette se fit sentir en toutes choses et principalement dans les modes, ainsi qu’on en peut juger en lisant les mémoires de Mme Campan.
- « On voulait, dit-elle, avoir la même parure que la Reine, porter ses plumes, etc. »
- Elle avait la passion des panaches, et la fureur des plumes fut poussée si loin que le prix en avait décuplé et qu’on les payait jusqu’à 50 louis la pièce.
- Quand la Reine passait dans la Galerie de Versailles, raconte Soulavie, dans ses mémoires historiques du règne de Louis XVI, on n’y voyait qu’une forêt de plumes élevées d’un pied et demi et jouant librement au-dessus des têtes.
- Le goût pour les plumes fut une véritable rage. On en mit aussi bien dans les cheveux qu’aux bonnets. Elles furent plantées dans toutes les positions, devant, derrière, sur les côtés de la tête.
- La coiffure à la Minerve date de cette époque; elle se composait d’un cimier de dix plumes d’autruche mouchetées d’yeux de paon, qui s’ajustait sur une coiffe de velours noir, toute brodée de paillettes d’or.
- Il faut le témoignage de l’histoire pour se faire une idée des extravagances auxquelles la mode des plumes d’autruche donna lieu.
- On sait que Marie-Antoinette, allant à un bal donné par le duc d’Orléans, fut obligée de faire ôter son panache pour monter en carrosse, on le lui remit lorsqu’elle descendit.
- Les frères de Goncourt ont donné dans leur livre: La Femme au xvme siècle, une peinture saisissante de cette période deluxe effréné.
- « Dans ce triomphe universel, tyrannique, absolu du goût français, quelle fortune des marchands et des grandes faiseuses ! Quel gouvernement que celui d’une Berlin appelée parle temps: « le Ministre des Modes ! » et quelles vanités, quelles insolences d’artistes ! Les anecdotes nous ont gardé sa réponse à une dame mécontente de ce qu’on lui montrait: «Présentez donc à madame des échantillons de mon dernier travail avec Sa Majesté»; et son mot superbe à M. de Toulongeon se plaignant de la cherté des prix : « Ne paie-t-on à Vernet que sa toile et ses couleurs? »
- » C’est le temps des grandes fortunes de la mode, le temps oû l’on parle de la société, de la marchande de rouge de la Reine, du cercle de Mme Martin, du Temple. Nous entrons dans le règne des artistes en tout genre, des modistes de génie aussi bien que des cordonniers sublimes. »
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- On sait le rôle que jouèrent les empanachements en plume d’autruche au commencement du règne de Louis XVI. Un moment cette furie de coiffures extravagantes fut menacée, mais aussitôt les modistes redoublaient d’efforts et d’étalage.
- C’étaient de nouvelles surcharges, de prodigieux empanachements qui enrichissaient les plumassiers, qui leur valaient d’un seul coup, d’une seule ville de l’étranger, de Gênes, où la duchesse de Chartres montrait ses panaches, une commande de 50.000 livres.
- C’est l’époque des coiffures si majestueusement monumentales que les femmes sont obligées de se tenir pliées en deux clans leurs carrosses, de s’y agenouiller même.
- Baulard est en ce moment le modiste sans pareil, le créateur, le poète qui mérite l’honneur de la dédicace du Poème des modes, par ses mille inventions et ses délicieuses appellations qu’on dirait apportées de Cythère, sans compter les nuances combinées, disposées, imaginées par son goût.
- L’origine de l’emploi féminin de la plume d’autruche en Angleterre mérite d’être signalée : lord Stormont, ambassadeur du roi Georges III auprès de Louis XVI, emporta de Paris une plume d’autruche qui avait plus de trois pieds de long. Il en fit présent à la duchesse de Devonshire, et cette plume monstre, dont la duchesse se para fièrement, marqua le début en Angleterre de la mode française, qui fut continuée fidèlement jusqu’à nos jours, au grand profit des éleveurs d’autruches du Cap.
- Ce serait une erreur de croire que la Révolution changea brusquement les modes féminines; elles restèrent stationnaires pendant un temps relativement assez long. Il est bien remarquable d’observer que si les plumes étaient toujours en faveur en France, elles étaient extrêmement recherchées en Angleterre, où l’on avait la rage cl’en fourrer partout.
- Ces plumes étaient d’autruche, de héron ou de coq, argentées, dorées, noires, blanches, bleues, jaunes, vertes, saumon et lilas.
- En 1795, en Angleterre, les plumes prennent de telles dimensions qu’elles ont communément trois fois la hauteur de la tête. Ces excentricités ne furent pas suivies en France, elles auraient rappelé les coiffures exagérées du temps de la reine Marie-Antoinette et auraient été fort dangereuses à exhiber dans cette période troublée.
- Une transformation se produit, le symbolisme aristocratique de la plume d’autruche est conservé comme signe de commandement dans l’armée; les conventionnels et les généraux seuls portent le
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- panache tricolore; le plumet en plumes de toutes teintes aux couleurs nationales remplace clans les armées de la République la plume d’autruche, en usage dans presque toute l’armée de la monarchie.
- Nos contemporains retrouvent cet ornement démocratisé sur le casque de nos pompiers, des cuirassiers et de la garde républicaine. La plume d’autruche, bien modestement, frange le bicorne des chefs de nos armées de mer et de terre; le panache d’autruche n’est plus en usage dans l’armée française.
- Cette période de splendeur plumassière, si peu interrompue par la Révolution, refleurit sous le Directoire et le Consulat, si nous en jugeons d’après les gravures de l’époque représentant les Phrynés des galeries de Bois du Palais-Royal, coiffées d’un véritable nimbe de plumes d’autruche.
- Le Directoire fut une période de triomphe pour les chapeaux garnis de plumes immenses; elles décoraient surtout les turbans à la persane, agrémentés par des rangées de perles et de guirlandes de myrte; une plume blanche et un esprit, nom de l’aigrette à l’époque, complétaient cette coiffure.
- Les conventionnels et les généraux de la République, les maréchaux de l’Empire, ont promené le panache tricolore presque dans toute l’Europe.
- Durant la période impériale la coiffure militaire se complète par des aigrettes; le plumet surtout prend des dimensions triomphales.
- Le théâtre contemporain nous a fait défiler comme dans un kaléidoscope les plumets de la Grande Armée, les panaches des Tuileries et de la noblesse du nouveau régime.
- Sous le Consulat, Bonaparte exigeait le plus grand luxe de sa femme Joséphine de Beauharnais.
- Elle faisait des dépenses folles en toilette; il y avait des mémoires de trente-huit chapeaux dans un mois, des hérons de 1.800 francs, des esprits (aigrettes) de 800 francs.
- La mode des plumes s’éclipse sous Marie-Louise; de 1809 à 1813, on n’en voit pas sur les coiffures féminines, mais en 1813, elles reprennent une vogue nouvelle.
- La période qui correspond aux deux invasions de 1814 à 1815 est l’époque du succès des parures en plumes de coq, à l’imitation des armées alliées.
- En 1815 toutefois, une réaction se produit; le chapeau à la Van Dyck, avec ses larges bords hardiment retroussés et sa touffe de plumes altières sauve la cause du bon goût français.
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- Cette mode prit un développement considérable en 1816, les grands chapeaux aux larges bords étaient ornés d’immenses panaches blancs.
- Le retour au blanc complet marqua, surtout dans la toilette des femmes, le retour des Bourbons. Fleurs de lys, chapeau à la Henri IV, munis de panaches blancs, telles étaient en 1814 les modes nous intéressant.
- La période dé la Restauration jusqu’en 1830 n’est pas particulièrement remarquable par des coiffures transcendantes.
- Le symbolisme aristocratique du port de la plume d’autruche s’observe durant les règnes de Louis XVIII et de Charles X; la bourgeoisie s’abstient des parures de l’autruche et des aigrettes.
- Le couronnement de Charles X fut, au xix° siècle, 1 unique répétition du luxe extraordinaire de plumes cl’autruche en France qui nous rappelle le sacre de Louis XVI.
- Sous Charles X apparaissent les premiers turbans de paradis; il paraîtra extravagant de dire ici que le résultat le plus pratique du voyage de circumnavigation de Dumont-d Urville fut de mettre à la portée des classes bourgeoises le fameux turban de paradis, exclusif, en 1828, à l’aristocratie du règne de Charles X. Les marins de la Coquille, en 1824, en avaient rapporté un petit assortiment, mais ceux de Y Astrolabe et de la Zélée, en 1839, en rapportent une quantité suffisant aux convoitises élégantes de 1 aristocratie du règne constitutionnel
- Sous le règne de Louis-Philippe se produisent des modes de plumes d’une fabrication assez compliquée comme travail et dont la reproduction serait aujourd’hui difficile.
- Le Moniteur de la Mode, du 10 juin 1844, nous parle des saules ombrés, de plumes plates tournées en spirale.
- Le numéro du 10 novembre 1843 nous renseigne très exactement. « On met fort peu de fleurs aux chapeaux, mais en revanche beaucoup de plumes, des marabouts noués de plumes d autruche, des plumes disposées en follelles très légères, des panaches Corlez. »
- Les panaches se composent de six ou sept plumes montées en demi-guirlandes, en chaperon : la première peut avoir 25 centimètres de haut, elles vont en diminuant chacune jusqu’à la dernière, qui a eu plus de 10 centimètres.
- De même qu’elles vont en diminuant de grandeur, elles se dégia-dent de tons : la grande est beaucoup plus foncée que la petite; elles vont ainsi du gros bleu au bleu tendre, du gros vert au veit
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- clair, etc. Ces guirlandes de plumes se posent à cheval sur la forme du chapeau.
- Les plumes, de 1840 à 1845, subissent une rude concurrence de la part des fleurs artificielles en plumes, qui se portaient à l’époque et qui ont refait leur apparition en 1894.
- D’ailleurs, sous le régime constitutionnel, de 1830 à 1848, la plume d’autruche figure assez modestement dans la coiffure féminine; sa vogue ne se relève pas durant la période delà deuxième République, mais reprend, sous le second Empire, une splendeur presque égale à celle d’une partie du xvme siècle et également sous l’influence d’une souveraine d’origine étrangère, qui s’était plu à faire refleurir les modes de la reine Marie-Antoinette.
- La période contemporaine qui s’écoule depuis 1870 jusqu’à nos jours est assez mouvementée.
- Elle a connu des années de splendeur remarquables, mais c’est surtout l’article de grande consommation qui a été favorisé, c’est la période du développement envahissant de l’industrie plumassière en fantaisies d’oiseaux.
- LES OISEAUX EMPLOYÉS DANS L’INDUSTRIE
- I
- Le nombre des oiseaux dont les plumes ou duvet sont utilisés est considérable. Le plus modeste des volatiles trouve aujourd’hui son emploi dans l’industrie du plumassier.
- L’importance restreinte de ce chapitre ne nous permettait pas de consacrer une bien large place à chacun de ces oiseaux, ni même de parler de tous.
- Nous nous sommes donc plus particulièrement attachés à dépeindre les traits caractéristiques de ceux qui fournissent la plus importante contribution à l’industrie de la plume pour parure.
- Nous n’avons point la prétention de faire ici, à nos collègues, un
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- cours d’histoire naturelle, mais il nous a paru qu’avant de parler des procédés employés pour l’utilisation de la plume, nous devions dire quelques mots, au moins, des mœurs et de l’espèce de ceux qui les portent et qui payent de leur vie la convoitise qu’ils inspirent à l’homme.
- L’histoire des oiseaux a été écrite, dès l’antiquité, par les historiens les plus réputés. Nous n’avons cru devoir faire aucun emprunt à ces ouvrages, qui ont inspiré, du reste, les historiens modernes : c’est à l’œuvre de M. de Buffon que nous avons eu plus particulièrement recours pour notre documentation.
- Nous signalerons également 1’ « Histoire de la nature des oyseaux avec leurs naïfs pourtraicts retirez du naturel, escripte en sept livres par Pierre Belon ».
- Cet ouvrage, édité en 1555 et dédié à Henri H, contient d’utiles renseignements sur l’utilisation qui était faite, à cette époque, des plumes d’oiseaux.
- Ainsi qu’on le verra au cours de ce chapitre, nous lui avons fait plusieurs emprunts du plus haut intérêt.
- N’ayant point la disposition d’une place suffisante pour nous occuper de toutes les espèces d’oiseaux employées dans l’industrie, nous avons tenu néanmoins à consacrer à l’autruche la partie la plus importante de ce travail.
- L’importance de cet oiseau est considérable dans l’industrie des plumes pour parure et nous avons eu la bonne fortune de pouvoir rehausser l’intérêt de notre travail par une documentation nouvelle et infiniment précieuse pour cette industrie.
- Depuis plus d’un demi-siècle, l’élevage de l’autruche en France a préoccupé les industriels qui tirent de cet oiseau la source principale de leur industrie.
- Des tentatives intéressantes ont été faites; elles n’ont pas eu, sans doute, jusqu’à cette heure, les résultats qu’on en pouvait attendre.
- Les rapports spéciaux des missionnaires français, que nous publions d’autre part, sont le meilleur éloge que l’on puisse faire du désintéressement et de l’énergie de ceux qui se sont consacrés à une œuvre intéressante et dont les conséquences peuvent être infiniment heureuses pour l’industrie française.
- Nous aurons l’occasion de nous étendre longuement sur ce sujet, dans la partie de ce chapitre spécialement consacrée à l’élevage de l’autruche dans les colonies françaises.
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- II
- LES VAUTOURS
- Considérés par les Européens comme des êtres nuisibles ou inutiles, les vautours jouissent au contraire d’une grande considération auprès des peuples de l’Orient.
- Pour les Mahométans, en effet, le vautour esl un oiseau quasi-sacré. On lui attribue les qualités les plus diverses, et notamment celle d’écarter les maladies épidémiques et contagieuses, en purgeant les rues des matières insalubres que les habitants, avec une rare incurie, déposent autour des habitations.
- La voracité de ces animaux est proverbiale; cependant, c’est à tort qu’on les présente comme étant plus friands de viande corrompue que de chair fraîche.
- On les rencontre dans toutes les contrées de la terre, mais ils se tiennent plus volontiers dans les régions du Sud. Ils sont surtout nombreux en Asie et en Afrique; les espèces que l’on voit en France se rencontrent, du printemps à l’hiver, dans les Alpes et les Pyrénées.
- On chasse les vautours à l’affût. Les chasseurs les attirent au moyen d’un appât fait d’une chèvre ou d’un mouton morts.
- Les vautours ne tardent pas à accourir, à se poser sur la proie qu’ils se disputent à grands coups d’ailes et de bec; c’est à ce moment que le chasseur, dissimulé dans une fosse profonde de 50 centimètres, longue de deux mètres et large de 70 centimètres, tire à mitraille sur les oiseaux convoités.
- Les premiers jours de cette chasse sont aussi les plus fructueux, car lorsque les vautours ont entendu plusieurs fois le plomb siffler, ils deviennent réservés, font taire leur gloutonnerie naturelle et ne s’approchent plus qu’avec circonspection.
- Les plumes de vautour sont couramment employées dans la mode.
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- Cet usage de la plume de vautours n’est pas des plus modernes, car déjà en 1555 le naturaliste Pierre Belon, dans son « Histoire de la nature des oyseaux», signalait l’emploi fait en Egypte et dans les îles de l’archipel grec du duvet des vautours pour confectionner des garnitures d’habits ou d’autres objets d’usage domestique.
- Dans l’île de Crète et en Arabie, on vendait jadis les peaux de vautours aux pelletiers, pour en faire des fourrures de prix.
- De nos jours, l’industrie des vêtements de plumes est importante et nous aurons l’occasion de nous étendre sur cette fabrication moderne.
- Pour l’année 1906, l’importation des plumes de coq et de vautours a atteint 130.537 kilos, représentant une valeur de 1.305.370 fr.
- Les exportations se sont chiffrées par 274.805 kilos représentant une valeur de 3.595.594 francs.
- Dans le chapitre consacré à la situation de l’industrie des plumes en France, nous donnons le détail de ces calculs.
- III
- L’AIGRETTE
- SES MŒURS. — SA PRÉSENCE DANS L’AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE
- L’aigrette est un oiseau du genre héron, sa hauteur varie entre 60 et 80 centimètres.
- Son plumage est d’une blancheur éclatante, ou plus rarement d’un gris bleuté.
- Elle est obligée pour vivre de rester dans le voisinage des eaux poissonneuses et peu profondes.
- L’aigrette habite des lieux différents, suivant la saison, mais c’est surtout vers le temps de la reproduction qu'elle émigre, toujours vers les plaines inondées par le Niger et le Sénégal, ou sur les rives marécageuses des lagunes, pour y construire son nid dans les
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- branches des arbres ou des buissons qui émergent au-dessus des eaux.
- L’immense épanouissement du Niger entre Diafarabé et Tssabay présente alors un coup d’œil bien curieux.
- Sur cette étendue où l’oiseau disparaît sous les herbes, les arbres et les moindres buissons sont plus ou moins couverts de grands oiseaux blancs qui, de loin, semblent d’éclatantes fleurs blanches et mobiles.
- C’est à cette époque, qui est celle de la mue, que les plumes des ailes et du cou se transforment en ces aigrettes si délicates et si jolies que l’on emploie en Europe dans la parure.
- C’est cet ornement précieux qui cause la mort des aigrettes, précisément au moment où elles se multiplient.
- Dans l’Afrique occidentale c’est en septembre, quand Thivernage est normal, que la chasse commence, et dans les mêmes conditions; elle prend fin en février.
- Dans les mauvais hivernages, la chasse dure à peine trois mois, septembre, octobre et novembre.
- On trouve les aigrettes en bandes nombreuses à l’époque de la chasse vers Ouro-N’Guia, Ouro-Alfaka, Dialloubè, Bauzou (lac Débo), Sébèra, les villages bozos du Niger, dans la Macina, au Dahomey sur les lagunes.
- En 1901, l’hivernage ayant été très favorable, il fut expédié de l’Afrique occidentale en Europe, en provenance du cercle de Djennè, 50 kilogrammes de plumes d’aigrette commune, et 1 kilogramme de plumes crosses.
- L’aigrette de choix se vendit à Liverpool jusqu’à 1.600 francs le kilogramme; l’aigrette ordinaire, 800 francs; quant à la crosse de choix, elle valut jusqu’à 3.500 francs le kilogramme.
- En 1902, l’hivernage très défavorable n’a permis l’exportation que de 40kilogrammes environ de plumes d’aigrette et peu de crosse.
- L’aigrette paraît être facilement domesticable. Dans ce dernier cas, la région du Niger entre Diafarabé et le Débo, les environs de Porto-Novo paraissent être indiqués pour cet élevage auquel on pourrait donner la plus grande extension.
- Le 14 octobre 1904, le lieutenant-gouverneur du Dahomey et dépendances a pris un arrêté interdisant la chasse de l’aigrette pendant la période de ponte de ces échassiers.
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- III
- L’AUTRUCHE
- Nous avons emprunté à l’histoire naturelle de M. de Buffon les lignes suivantes. Nous ne pouvions faire un plus grand honneur à l’oiseau qui fournit une collaboration si précieuse, et si involontaire, du reste, à l’industrie, que de rappeler ici le poitrail qui en a été peint par M. de Buffon.
- « L’autruche est un oiseau très anciennement connu, puisqu’il en est fait mention dans le plus ancien des livres : il fallait même qu’il fût très connu, car il fournit aux écrivains sacrés plusieurs comparaisons tirées de ses mœurs et de ses habitudes ; et, plus anciennement encore, sa chair était, selon toute apparence, une viande commune, au moins parmi le peuple, puisque le législateur des Juifs la leur interdit comme une nourriture immonde; enfin, il en est question dans Hérodote, le plus ancien des historiens profanes, et dans les premiers écrits des premiers philosophes qui ont traité des choses naturelles. En effet, comment un animal si considérable par sa grandeur, si remarquable par sa forme, si étonnant par sa fécondité, attaché d’ailleurs par sa nature à un certain climat, qui est l’Afrique et une partie de l’Asie, aurait-il pu demeurer inconnu dans des pays si anciennement peuplés, où il se trouve, à la vérité, des déserts, mais où il ne s’en trouve point que l’homme n’ait pénétrés et parcourus ?
- » La race de l’autruche est donc une race très ancienne, puisqu’elle prouve jusqu’aux premiers temps; mais elle n’est pas moins pure qu’elle est ancienne : elle a su se conserver pendant cette longue suite de siècles, et toujours dans la même terre, sans altération comme sans mésalliance; en sorte qu’elle est, dans les oiseaux, comme l’éléphant dans les quadrupèdes, une espèce entièrement isolée et distinguée de toutes les autres espèces par des caractères aussi frappants qu’invariables.
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- » L’autruche passe pour être le plus grand des oiseaux, mais elle est privée, par sa grandeur même, de la principale prérogative des oiseaux, je veux dire de la puissance de voler.
- » ...Il est vrai que la pesanteur n’est pas le seul obstacle qui s’y oppose; la force des muscles pectoraux, la grandeur des ailes, leur situation avantageuse, la fermeté de leurs pennes, etc., seraient ici des conditions d’autant plus nécessaires que la résistance à vaincre est plus grande; or toutes ces conditions leur manquent absolument; car, pour me renfermer dans ce qui regarde l’autruche, cet oiseau, à vrai dire, n’a point d’ailes, puisque les plumes qui sortent de ses ailerons sont toutes effilées, décomposées, et que leurs barbes sont de longues soies détachées les unes des autres, et ne peuvent faire corps ensemble pour frapper l’air avec avantage, ce qui est la principale fonction des pennes de l’aile.
- » Celles de la queue sont aussi de la même structure, et ne peuvent, par conséquent, opposer à l’air une résistance convenable; elles ne sont pas même disposées pour pouvoir gouverner le vol en s’étalant ou en se resserrant à propos, et en prenant différentes inclinaisons : et ce qu’il y a de remarquable, c’est que toutes les plumes qui recouvrent le corps sont encore faites de même.
- » L’autruche n’a pas, comme la plupart des autres oiseaux, des plumes de différentes sortes; les unes languineuses et duvetées, qui sont immédiatement sur la peau, les autres d’une consistance plus ferme et plus serrée, qui recouvrent les premières; et d’autres encore plus fortes et plus longues, qui servent au mouvement et répondent à ce qu’on appelle les œuvres vives dans un vaisseau ; toutes les plumes de l’autruche sont de la même espèce, toutes ont pour barbes des filets sans consistance, sans adhérence réciproque; en un mot, toutes sont inutiles pour voler et diriger le vol. Aussi l’autruche est attachée à la terre comme par une double chaîne, son excessive pesanteur et la conformation de ses ailes, et elle est condamnée à en parcourir laborieusement la surface, comme les quadrupèdes, sans pouvoir jamais s’élever dans l’air.
- » Aussi a-t-elle, soit au dedans, soit au dehors, beaucoup de traits de ressemblance avec ces animaux : comme eux elle a, sur la plus grande partie du corps, du poil plutôt que des plumes; sa tête et ses flancs n’ont même que peu ou point de poil, non plus que ses cuisses, qui sont très grosses, très musculeuses, et où réside sa principale force; ses grands pieds nerveux et charnus, qui n’ont que deux doigts, ont beaucoup de rapport avec les pieds du chameau qui, lui-
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- même, est un animal singulier entre les quadrupèdes par la forme de ses pieds ; ses ailes, armées de deux piquants semblables à ceux du porc-épic, sont moins des ailes que des espèces de bras qui lui ont été donnés pour se défendre; l’orifice des oreilles est à découvert et seulement garni de poil dans la partie intérieure où est le canal auditif; sa paupière supérieure est mobile, comme dans presque tous les quadrupèdes, et bordée de longs cils, comme dans l’homme et l’éléphant.
- » La forme totale de ses yeux a plus de rapport avec les yeux des humains qu’avec ceux des oiseaux, et ils sont disposés de manière qu’ils peuvent voir tous les deux à la fois le même objet; enfin les espaces calleux et dénués de plumes et de poils, qu’elle a, comme le chameau, au bas du sternum et à l’endroit des os pubis, en déposant de sa grande pesanteur, la mettent de nouveau avec les bêtes de somme les plus terrestres, les plus lourdes par elles-mêmes et qu’on a coutume de surcharger des plus rudes fardeaux. Thévenot était si frappé de la ressemblance de l’autruche avec le chameau dromadaire, qu’il a cru lui avoir vu une bosse sur le dos; mais quoiqu’elle ait le dos arqué, on n’y trouve rien de pareil à cette éminence charnue des chameaux et des dromadaires.
- » ...Dans l’ordre de la fécondité, l’autruche semble encore appartenir de plus près à la classe des quadrupèdes qu’à celle des oiseaux, car elle est très féconde et produit beaucoup.
- » Le temps de la ponte dépend du climat qu’elles habitent, et c’est toujours aux environs du solstice d’été, c’est-à-dire au commencement de juillet dans l’Afrique septentrionale, et sur la fin de décembre dans l’Afrique méridionale.
- » La température du climat influe aussi beaucoup sur la manière de couver : dans la zone torride, elles se contentent de déposer leurs oeufs sur un amas de sable qu’elles ont formé grossièrement avec leurs pieds, et où la seule chaleur du soleil les fait éclore ; à peine les couvent-elles pendant la nuit, et cela même n’est pas toujours nécessaire, puisqu’on en a vu éclore qui n’avaient point été couvées par la mère, ni même exposées aux rayons du soleil.
- » Mais, quoique les autruches ne couvent point ou peu leurs œufs, il s’en faut de beaucoup qu’elles les abandonnent; au contraire, elles veillent, assidûment à leur conservation et ne les perdent guère de vue. C’est de là qu’on a pris occasion de dire qu’elles les couvaient des yeux.
- » Quoique le climat de la France soit beaucoup moins chaud que
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- celui de la Barbarie, on a vu des autruches pondre à la ménagerie de Versailles. »
- I
- LES FERMES D’AUTRUCHE
- LEUR ORIGINE, LEUR DÉVELOPPEMENT, LEUR AVENIR
- « A une époque où l’oubli des origines s’épaissit d’autant plus vite que les progrès accomplis ont été plus rapides, il n’est peut-être pas inutile de rappeler que le fermage des autruches, sur lequel, dans la Colonie anglaise du Cap, se sont édifiées des fortunes considérables, est dû à l’initiative de la Société d’Acclimatation de France. »
- C’est ainsi que s’exprimait dans un article publié le 5 août 1889. dans la Revue des sciences naturelles appliquées, M. L. Magaud, d’Aubusson.
- Le savant auteur de cette étude s’est plu, avec un soin qui l’ho-nore, à rendre à la France une initiative qui lui est très disputée par nos voisins et amis, les Anglais, et nous croyons intéressant de reproduire ici les principaux arguments dont s’est servi M. L. Magaud d’Aubusson.
- II
- « La domestication proprement dite n’est pas une invention moderne et récente. Elle remonte au contraire aux temps les plus reculés. On en trouve la preuve irrécusable, non seulement dans les auteurs anciens, mais aussi dans l'écriture sainte et dans les inscriptions assyriennes et égyptiennes.
- » Malheureusement, si le fait est bien établi, on ne possède aucun
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- détail sur cette domestication à une époque aussi lointaine, et c’est seulement vers le commencement de ce siècle, lorsque le continent africain fut parcouru par quelques hardis explorateurs, qu’on put obtenir des renseignements sur l’autruche domestiquée.
- » On apprit alors que certaines tribus de la Haute-Egypte et du Kordofan s’adonnaient à l’élevage de cet oiseau pour en recueillir les plumes, et qu’elles obtenaient même des reproductions par l’incubation artificielle au moyen de fours appropriés à cet usage.
- » On sut aussi qu’au Maroc on élevait en domesticité, clans le palais impérial, des autruches qui s’y reproduisaient; que dans l’Afrique centrale, depuis de longues années, plusieurs tribus capturaient ces oiseaux et les nourrissaient dans leurs huttes ou dans des enclos formés de roseaux et leur enlevaient des plumes qu’elles vendaient aux trafiquants.
- » Un Français, M. Raffinel, qui fut longtemps prisonnier dans le haut pays des sources du Sénégal, rapporta également que les autruches y sont tenues en captivité.
- » D’autre part, M. Sporrman, un voyageur suédois qui vivait à la hn du siècle dernier, dit avoir rencontré plusieurs fermiers du Cap qui entretenaient des autruches apprivoisées sur leurs terres, et que ces oiseaux leur fournissaient des plumes pour confectionner des éventails destinés à chasser les mosquitos.
- » Jules Yerreaux vit aussi au Cap, en 1818, un fermier qui possédait six autruches domestiquées. Elles couvaient leurs œufs hors de la ferme et y ramenaient leurs petits.
- » Mais tous ces faits ne constituent pas un élevage rationnel de l’autruche.
- » On continua donc, comme dans le passé, à se procurer la plume si précieuse de cet oiseau à l’aide de chasses destructives qui ne tardèrent pas à éveiller des craintes sur la disparition prochaine de 1 autruche, dans les pays de plus en plus nombreux où on lui faisait une guerre acharnée.
- » La Société d’Acclimatation de France fut la première à jeter le C1’i d’alarme par la voix de deux de ses membres, M. Gosse, savant physiologiste de Genève, et M. Chagot, négociant en plumes à Paris.
- »Le premier appela à plusieurs reprises l’attention de la Société sur les avantages qu’offrirait, particulièrement pour l’Afrique, la domestication de l’autruche et sur la possibilité d’arriver à un résultat si considérable.
- » Le second, préoccupé à juste titre de la rareté croissante d’un
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- oiseau dont les plumes forment une branche importante de commerce, et voulant prévenir sa destruction, offrit généreusement un prix de 2.000 francs pour la multiplication et la domestication de F autruche, soit en France, soi t en Algérie, soit au Sénégal.
- « Le montant de ce prix fut versé par M. Chagot, le 5 février 1858, entre les mains du trésorier de la Société d’Acclimatation. Il fut décerné à M. Hardy, directeur de la pépinière du Gouvernement, à Alger.
- » Déjà, en 1857, M. Hardy avait obtenu d’un couple d’autruches, enfermées dans un enclos du Jardin d’essai, un jeune autruchon bien constitué et qui s’éleva parfaitement.
- » Encouragé par ce succès, le Directeur, s’entourant de tous les renseignemen ts qu’il put recueillir, apporta les soins les plus empressés à tenter une nouvelle reproduction, et, le 13 mai 1858, il eut la satisfaction de voir sortir du nid une bande de neuf petits autruchons.
- » Sur douze œufs, neuf petits étaient éclos, des trois autres œufs, un avait, été sorti du nid à dessein par les autruches, il était clair, un autre était gâté et le troisième contenait un petit mort.
- » Les années suivantes, M. Hardy eut de nouvelles reproductions.
- » Ayant rempli toutes les conditions imposées pour le prix Chagot, qui exigeait de l’éleveur d’avoir obtenu deux générations au moins et de justifier de la possession de six individus produits à l’état domestique, ce prix lui fut attribué par la Société d’Acclimatation dans sa séance solennelle du 10 février 1862.
- » A la même époque, des essais tentés par le prince de Demidoff, dans son domaine de San-Donato, près Florence; par M. Graells, au jardin du Buen-Retiro, à Madrid; par M. Suquet, à Marseille; par M. Bouteille, à Grenoble, vinrent confirmer par leur réussite dans une proportion plus ou moins grande, la possibilité de la multiplication de l’autruche à l’état domestique, établie par l’expérience de M. Hardy.
- » C’est de cette expérience due à l’initiative de la France qu’est sortie l’importante et lucrative exploitation des fermages d’autruches, dans la Colonie anglaise du Cap.
- » Les Anglais avaient suivi, en effet, avec un grand intérêt, ces différentes expérimentations, et ils surent mettre en pratique, il faut le reconnaître, avec une méthode et une activité admirables, l’idée que des Français avaient conçue et réalisée.
- » L’aveu du reste est implicitement contenu dans les documents d’une polémique qui surgit en 1874 entre deux fermiers du Cap.
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- » L’un, dans une lettre adressée au Field, réclamait l’honneur d’avoir été le premier à obtenir la reproduction des autruches à l’état domestique.
- » L’autre lui répond, dans le même journal, qu’il est dans l’erreur, et il lui rappelle que cette reproduction a eu lieu, à sa connaissance, dans le district de Georges en 1870, et croit-il, à Beaufort, en 1864.
- » Or, nous venons de voir que depuis 1857, le Jardin d’essai d’Alger obtenait régulièrement une reproduction annuelle des autruches en captivité. »
- L’ÉLEVAGE DE L’AUTRUCHE DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ
- DU XIXe SIÈCLE
- L’industrie de l’autruche n’est pas restée circonscrite en Algérie et dans le sud de l’Afrique, elle a gagné peu à,peu d’autres pays.
- Il existe une ferme très prospère en Egypte, à Matariech, près du Caire. En Amérique, des établissements de ce genre ont été fondés en Floride, en Californie, à Anaheim et dans le sud de cette contrée, à Kenilworth, près de Los Angeles.
- La création de ce parc ne remonte qu’à 1885. L’exploitation a commencé avec des autruches originaires du Natal. Cette importation fut excessivement onéreuse, car le gouvernement colonial africain fit payer un droit d’exportation de 50 livres par bête embarquée. En ajoutant les frais de transport, une autruche revient, rendue en Californie, à 1.000 ou 1.250 dollars, soit environ 5.000 fr.
- L’installation du parc de Kenilworth est très vaste, parfaitement aménagée et faite dans une région dont le climat paraît être très favorable à la culture de l’Autruche.
- La République Argentine a essayé également cet élevage.
- L’Australie y a réussi dans la province de Victoria, en Nouvelle-Zélande. Les premiers couples d’oiseaux ont été introduits par M. John Matson dont l’expérience a réussi avec succès. Enfin, des essais d’élevage d’autruches ont été faits à file Maurice, avec des oiseaux provenant du Cap.
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- LES PARCS D’AUTRUCHE EN ALGÉRIE (Situation actuelle)
- L’Algérie, qui est le berceau de l’élevage domestique de l’autruche, n’a point conservé une place importante parmi les pays producteurs.
- Le Jardin d’essai, où eurent lieu les premières expériences de la reproduction de l’autruche, n’a pas jugé à propos de continuer ces tentatives.
- Sous prétexte que les plumes des animaux élevés dans ces conditions étaient de qualité inférieure à celles produites au Cap, on s’est désintéressé peut-être un peu trop tôt d’expériences qui auraient pu fournir, dans l’avenir, des résultats meilleurs.
- Néanmoins, aujourd’hui de nouvelles tentatives sont faites, notamment au Djebel-Nador, à Tiaret, province d’Oran, par M.Mon-tière.
- Les résultats de reproduction qu’il a obtenus sont, paraît-il, suffisants et ont attiré l’attention du gouvernement général, qui attend pour se prononcer que de nouveaux éléments d’appréciation lui soient fournis.
- Nous pouvons signaler également les expériences faites à Gabès (Tunisie), par le colonel Pujat.
- Il paraît que,là aussi,les résultats déjà obtenus sont dénaturé à inspirer confiance.
- Mais il faut attendre avant de se prononcer. L’élevage de l’autruche a été très sérieusement étudié; l’office colonial de l’Algérie ne perd aucune occasion de se documenter d’une façon très spéciale-sur cette importante question, et l’on peut encore espérer que notre brillante colonie peut devenir, malgré les difficultés a vaincre pour la nourriture, un centre important d’élevage de l’autruche.
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- L’AUTRUCHE DANS L’AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE
- MISSION DE M. LE DOCTEUR DECORSE
- Rapports officiels
- M. le docteur Decorse, à qui une décision en date du 15 janvier 1906 avait confié la mission d’étudier toutes les questions se rapportant à l’élevage de l’autruche, a réuni, au cours de ses voyages dans l’Afrique occidentale française, des renseignements des plus intéressants.
- Nous sommes heureux de pouvoir reproduire ici une série de rapports qu’il a adressés à l’inspection de l’agriculture, un des plus importants services de la Direction générale de l’Afrique occidentale.
- Rapport de M. le Docteur Decorse
- § 1. — Le Sahel.
- PREMIER VOYAGE
- Quatre mois passés dans une région ne permettent pas de porter sur elle un jugement définitif, surtout lorsqu’il s’agit d’une zone soumise à des alternatives très tranchées d’humidité et de sécheresse.
- En ce qui concerne le Sahel, on risque peu cependant, en affirmant que c’est une contrée bien pauvre, qui semble même, en saison sèche, misérable et déshéritée.
- Placé à la limite des zones plus ou moins désertiques du Sahara occidental, le Sahel est la transition normale qui conduit aux régions plus arrosées et plus fertiles du Sénégal et du Niger.
- Sablonneux dans la plus grande partie de son étendue, laissant ailleurs affleurer des latérites, abondantes surtout aux environs de Dioromè, son sous-sol est presque exclusivement formé d’argiles schisteuses, à peine cultivables au voisinage de Goumbou et de Sokolo, toutes feuilletées au contraire autour du Nioro, en véritables ardoises.
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- Son système orographique se réduit à des chaînes de dunes en séries plus nombreuses au voisinage d’Akor et sensiblement orientées d’est en ouest.
- C’est seulement aux environs de Nioro qu’on trouve de véritables hauteurs, à substratum de schistes ardoisiers, et peut-être de dolomies; elles forment un réseau confus de plis et de cuvettes qui contribuent, par leur enchaînement, à créer la vallée supérieure de F Oued-Kolimbinè.
- En dehors de cette région coupée d’oueds intermittents, le Sahel, avec son sol de sable argileux et de latérite, est par excellence un pays de mares temporaires nées delà pluie et qu’assèchent les premières chaleurs.
- Dans de telles conditions, on ne peut s’attendre à trouver une végétation vigoureuse. Une brousse rachitique et triste d’arbres mal venus, sans feuillage, gommiers et acacias, donne au paysage l’aspect rébarbatif et horriblemenf monotone qui le caractérise. Entre ces broussailles en parc, végètent avec vigueur, au moment des pluies, des forêts de hauts andropogons, mais les premières ardeurs du soleil les dessèchent et laissent subsister, le restant de l’année, leurs squelettes siliceux que n’ont pu consumer les incendies. Ailleurs, dans les plaines, les « kham-kham » dominent.
- Mais ce qui frappe dans ce tableau, surtout au temps où nous parcourons le pays, c’est l’effroyable sécheresse. Si rude qu’elle soit, elle paraît cependant moins terrible que dans le Sahel insoumis. Là, elle devient implacable et chasse devant elle les bêtes et même l’homme. Tous s’enfuient vers le sud.
- C’est dans cette migration vers l’herbe et l’eau qu’il nous faut chercher l’explication de l’autruche sur nos territoires.
- Ce qui les différencie en effet du Sahel saharien, c’est la période d’hivernage pendant laquelle, de juin à octobre, des pluies abondantes viennent fertiliser le sol et lui donner assez d’eau pour retarder de plusieurs mois la disparition des végétaux caducs. Or, cet excès d’humidité déplaît à l’autruche qui fuit d’instinct ces régions où elle ne peut reproduire. Elle ne vient donc chez nous qu’en oiseau de passage, à qui son organisation permet de subsister assez longtemps dans certains endroits où nous la trouvons en petit nombre, à peu près constamment, sauf en saison de pluies.
- Mais son habitat normal est le Sahel saharien. Son pays d’origine est Oualata, Bacikounou, Tichitt. C’est là qu’elle hiverne, qu’elle s’accouple, cachant ses amours dans les dunes et les steppes ini-
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- menses, où la dérangent à peine les troupeaux des Maures vagabonds. C’est là qu’elle élève ses couvées avec la coloquinte sauvage, dont ses petits aiment à se nourrir. Puis, quand le soleil a pompé jusqu’à la dernière goutte l’eau boueuse du dernier ghedir, l’autruche quitte pour un temps ses sables d’où la disette l’expulse.
- Elle suit alors les Maures qui s’en viennent vers le sud, poussant devant eux leurs chameaux chargés de sel, et leurs troupeaux voraces, aussi dévastateurs que des nuées de sauterelles.
- Parmi ces bandes d’autruches, quelques-unes, trouvant la route trop longue pour leurs petits, issus de couvées trop tardives, s’arrêtent en certaines régions, où leur nombre restreint leur permet de trouver une nourriture suffisante, même pendant la grande sécheresse. Là, elles vivent sans eau; elles arrivent à trouver la quantité de liquide nécessaire à leurs besoins physiologiques en se nourrissant, presque exclusivement, des fruits à pulpe juteuse d’une plante appelée en Bambara « kamba », dont la corolle jaune d’or sort de terre sur un court pédoncule sans feuilles.
- Mais la plupart ne font que de courtes apparitions dans les territoires que nous avons visités. On les y trouve au début et à la fin de l’hivernage.
- Suivant le Maure dans ses migrations, elles apparaissent à la fin de la saison des pluies, se dirigeant vers les contrées plus arrosées du sud. En mai, nous les retrouvons, au contraire, fuyant vers le nord, devant les grosses pluies d’hivernage, trop abondantes dans les vallées du Sénégal et du Niger.
- Et de même que l’homme suit toujours les mêmes routes, jalonnées par des villages, où il trouve à trafiquer et à boirq, de même l’autruche recherche chaque année les mêmes zones désertes où l’attirent le soin de sa sécurité et la présence de l’eau.
- Ce sont, en quelque sorte, des couloirs naturels, qu’un rapide examen d’une carte permet de discerner d’un seul coup d’œil.
- En partant de l’ouest, le premier de ces chemins d’eau est celui de Yèlimanè-Lambafara. Il passe par les mares de Toumbou-Oumou, de Gakè, de Toia et par la vallée de Tango.
- Au niveau de Nioro, un second passage est jalonné par les mares de Ahmakè, de Kergodio, de Gakou, par les vasques du Haut-Ko-limbinè aux environs de Yahèro, par les ravins de Guessènè, puis par les cuvettes de Kouriè, de Simby et de Kaïlanga.
- Entre Nioro et Goumbou passe le couloir de Sèkello, Boulai et Hof-fara. Goumbou est un des points de passage les plus fréquentés.
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- S’écartant des lieux habités, les autruches émigrent par Domba, Alasso et Mourdia.
- Cette route est la dernière qui conduise dans la « zone dévastée » bordant au nord le Kaarta-Binè et arrosée par le Baoulé du Sénégal. La région de Dianghirte en est le point de rendez-vous où les autruches s’assemblent en saison sèche, en compagnie du sanglier et des antilopes de toutes sortes qui ont fui le Sahel asséché. Plus à l’est, nos oiseaux changent d’objectif et s’en viennent chercher la verdure et l’eau jusqu’aux bords du Niger, dans le triangle Sokolo, Dioura et Monempè. Deux couloirs les y conduisent.
- L’un passe sur Nima, Tadjoua, Boudjiguirè, Farako et Kandara.
- L’autre, suivi surtout par les animaux de Bacikounou, passe par Nèrè, la mare de Gélou, Nampala et Borgelot.
- Les autres troupeaux s’en vont, plus à l’est encore, sur les rives du lac Faguibine. t
- En résumé, malgré que notre opinion soit en désaccord avec les idées généralement admises, nous pensons que l’autruche est plutôt un hôte de passage sur nos territoires. Elle est, en tout cas, si vagabonde, que nous hésitons à lui assigner une aire d’habitat constant.
- Nous avons pu cependant constater sa présence aux environs de Tadjoua, surtout dans les parages déserts de Negger et de Sanaéli-rièh, fréquentés seulement par des Maures pasteurs aux époques de l’herbe. Mais les quelques journées passées à sa poursuite nous ont fourni la preuve qu’elle n’y existe qu’en nombre restreint. Comme nous l’avons dit plus haut, les bandes rencontrées étaient surtout composées de jeunes animaux guidés par deux ou trois vieux mâles et quelques femelles adultes.
- Nous avons trouvé, chaque jour, chaque petite bande dans les mêmes endroits. Ailleurs, nous avons à peine relevé quelques traces. Il semble bien que chaque groupe reste dans un même canton, assez vaste à la vérité, pour qu’en douze heures et plus de recherches ininterrompues, nous n’ayons jamais réussi à en parcourir plus de deux, même de façon incomplète.
- Pour quiconque d’ailleurs verrait le terrain, le contraire semblerait invraisemblable. Rien à boire, pas de feuillage à manger, à peine quelques touffes d’herbe, un peu de paille fine échappée au feu de brousse, des fruits de kamba, abondants sur le revers des dunes, en quelques places seulement; voilà tout ce que les autruches trouvent pour se satisfaire,
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- C’est peu. C’est tellement peu qu’on se demande comment feraient de plus nombreux animaux pour y vivre.
- Notre tâche se trouve donc fortement limitée. Réglementer la chasse serait aussi difficile qu’illusoire. Les autruches d’ailleurs sont assez défiantes et savent assez profiter du terrain pour que leur poursuite soit très aléatoire. La rareté des dépouilles apportées à Sokolo, à Nioro et même cà Goumbou, le prouve de façon péremptoire.
- Les seules mesures sérieuses à prendre pour développer la reproduction nous sont interdites, puisque les oiseaux vont passer la saison des amours dans le Sahel insoumis.
- Protéger les femelles serait insuffisant, parce que les mâles couvent plus qu’elles.
- Restent les mesures à prendre contre le colportage des œufs. Mais nous ne pourrons jamais empêcher les Maures de détruire les couvées pour s’en nourrir.
- En ce qui concerne la domestication, nos efforts risqueraient d’être aussi impuissants.
- L’expérience de Goumbou, malgré les causes d erreur qui 1 entachent, prouve surabondamment que l’élevage en captivité est une opération désastreuse au Sahel.
- L’élevage en semi-liberté ne nous semble pas promettre de plus heureux résultats. Il importe de constater d’abord que nulle part l’indigène ne le pratique. C’est déjà une indication dont il serait imprudent de ne pas tenir compte.
- DEUXIÈME VOYAGE
- Mon dernier parcours accompli m’amène à modifier légèrement les conclusions de mon précédent rapport.
- Mon opinion s’est affermie en ce qui concerne les migrations périodiques des autruches par les « couloirs » que je crois avoir déterminés d’une façon assez vraisemblablement exacte.
- Mais il y a lieu de signaler l’existence d’une zone fréquentée en toutes saisons par l’autruche qui s’y reproduit.
- Nampala et Roundou-Radi forment en quelque sorte le trait
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- d’union entre les pays à double passage de la ligne Yèlimanè-Sokolo. et les territoires en question situés dans le bassin du lac de Tenda.
- Je crois pouvoir affirmer qu’à l’est et au nord de Boudoubadi et même de Nampala, il reste en saison humide un nombre appréciable d’autruches qui reproduisent. Mais il me paraît qu’on ne doit accepter les dires de certains indigènes qu'avec une grande réserve.
- S’il est en effet certain qu’on recueille dans cette région quelques œufs d’autruches, il est assez probable que les jeunes autruchons qu’on y aperçoit chaque année en assez grand nombre viennent du nord dès qu’ils sont en état de voyager.
- De l’aveu des indigènes eux-mêmes, et plus spécialement des chasseurs de profession, la disproportion est telle entre le nombre des nids découverts et le nombre des jeunes aperçus, qu’on ne peut croire à leur naissance sur place. Il faut donc admettre leur descente vers les pâturages dès qu’ils sont en état de transhumer.
- En continuant vers le nord-est, on entre, aux environs de Lèrè, dans une zone beaucoup plus fréquentée, etl’on arrive enfin aux régions environnant le lac de Tenda. L’autruche a dû y exister en bien plus grande abondance qu’actuellement. Le développement des relations commerciales, et surtout l’introduction des armes à feu, ont éloigné l’autruche des centres habités. Mais j’ai pu me convaincre de visu de son existence en nombre appréciable.
- L’examen du pays démontre que toutes les conditions favorables à l’existence de l’autruche se trouvent réunies dans ces parages. Je signalerai notamment les villages de Dianghè, Diarto et la rive septentrionale du lac, autour de Dougousouma.
- TROISIÈME VOYAGE
- Il existe bien réellement une zone très favorable pour l’élevage de l’autruche dans le vaste quadrilatère situé entre Lèrè, Ras-el-Ma, Goundam et la région des lacs (Sumpi).
- C’est principalement à l’ouest du lac Horo, sur le vaste plateau qui s’étend de la montagne jusqu’au lac, au niveau de Tintara, qu’on trouve réunies les meilleures conditions de terrain et de nourriture. L’autruche sauvage y existe assez abondamment.
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- La région des Drouna paraît plus favorable encore. Les Touaregs qui se livrent avec ardeur à la chasse estiment que la meilleure région est le Tèlemsi, entre Horo et Daouna, vaste plaine à sol de sable et de petit gravier où les autruches viennent pondre. On les y rencontre soit isolément, soit par couples, soit par petites familles, mais jamais en grandes bandes.
- Chaque année il s’en détruit beaucoup, les oiseaux étant recherchés pour l’alimentation. Nous croyons qu’il serait facile de se procurer dans ces régions un certain nombre d’autruchons à l’époque des couvées.
- Dans le centre populeux de Goundam, on pourrait peut-être exciter l’émulation des indigènes en entretenant au poste quelques autruches qui ne coûteraient pas cher.
- Mais cet essai ne serait guère utile que si l’on choisissait Diarto comme centre d’élevage. D’ores et déjà, j’appelle l’attention sur cette localité, car, à moins de trouver beaucoup mieux ailleurs, je crois qu’elle présente un certain nombre d’avantages capables de la faire adopter. J’attendrai cependant d’avoir vu l’Aribinda pour proposer un choix définitif.
- A Tombouctou, la question des plumes n’a pas une importance considérable. Le marché est complètement faussé par les habitudes déplorables de quelques Européens qui ont, sans motifs admissibles, poussé à une hausse exorbitante des prix. J’ai vu payer journellement à Tombouctou des plumes deux fois plus cher qu’à Tripoli. Cette anomalie n’a pas de conséquences très graves au point de vue économique, car l’exportation des plumes d’autruches est faible. Le commerce est entre les mains de quelques Tonati ou Kounta, opérant probablement pour les quelques Marocains établis. Ils écoulent leurs stocks par petits paquets aux Européens et envoient annuellement par caravanes quelques ballots destinés au Maroc, plus spécialement à Mogador. Il n’y a plus de relations avec Tripoli.
- La majeure partie des plumes provient de l’Aribinda. A cette époque-ci de l’année, j’en ai vu peu de très belles. De façon générale, le duvet est de belle qualité, mais souvent court ou boiteux. Peu de plumes enfin sont intactes : la plupart présentent de l’effranche-nient ou du becquetage.
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- § 2. — La vallée du Niger (de Tombouctou à Dounzou)
- Tomboudou-Bamba.— De Tombouctou à Bamba, le fleuve traverse une région fort giboyeuse par endroits, mais à peu près fermée complètement à l’autruche libre, sauf en de très rares endroits où on la voit parfois faire des apparitions accidentelles, à plusieurs années d’intervalle, pendant l’extrême sécheresse.
- A Bamba même, où la densité de la population rive gauche est encore faible, l’autruche est rarissime et ne se rencontre guère qu’assez loin dans l’intérieur en très petit nombre. Sur la rive droite, elle n’est pas plus abondante au voisinage même du fleuve, le long duquel se concentre la vie. Il semblerait, au contraire, qu en pénétrant dans l’intérieur de la Boucle, le nombre des autruches libres augmente sensiblement. Quant aux autruches captives, on en trouve à peine quelques-unes dans deux ou trois villages du cercle, sur le Gourma. C’est ùne quantité négligeable.
- De Bamba à Bourem et Gao. — De Bamba à Bourem et Gao la population plus groupée laisse sur les berges de larges tranches, comme à Tossay, où l’autruche pourrait trouver un accès facile, malgré les campements. Cependant, elle ne paraît s’aventurer le long de la rivière que pour y boire, s’il lui est totalement impossible de faire autrement.
- C’est seulement sur la rive droite qu’elle m’a été signalée L’Aoussa semble réservée aux gazelles, antilopes, girafes, éléphants et lions.
- I Gao. — Gao fait cependant exception, car les annales cynégétiques y signalent la venue périodique de légions d autruches, au nombre d’au moins trois cents. Lancé sur cette piste, j ai fini pm trouver quelqu’un qui en avait vu.
- Néanmoins, abstraction faite de tous renseignements vagues ou douteux, les Kounta apportent assez fréquemment au poste des dépouilles; et si j’en juge par les quantités de plumes qui m ont été montrées, le nombre des animaux tués doit se monter annuellemen
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- à une cinquantaine.
- Mais loin d’affirmer que toutes ces autruches proviennent de la rive gauche, j’ai lieu de supposer qu’un certain nombre proviennes du Gourma, où les indigènes affirment que l’autruche sau\ agt es
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- TROISIÈME PARTIE. — PLUMES, FLEURS ET PAILLETTES 673
- plus abondante, à moins de remonter loin dans le nord et le nord-est.
- Gao à Ansongo. — En aval de Gao, les apparitions d’autruches libres, le long de la rivière, sur les deux rives, sont considérées par les indigènes comme accidentelles. A Tabango seulement, dans la vallée d’Andennamane, et à Ansongo, ces apparitions sont un peu moins problématiques. En tout cas, les dires des indigènes s’accordent tous pour reconnaître que les autruches libres rencontrées dans les zones riveraines, c’est-à-dire sur une dizaine de kilomètres de large de chaque côté, sont généralement isolées ou par couples, ou par petites familles dépassant rarement cinq ou six individus, exceptionnellement dix ou quinze, jeunes poussins compris.
- Zone de F autruche domestique. — Par contre, nous entrons en quittant Gao, et plus spécialement à partir d’Ansongo, dans la région de l’autruche domestique. A ne considérer que les villages riverains, on peut tabler sur une moyenne de cinq ou six animaux par localité; nous arrivons ainsi très approximativement à un total d’une centaine, deux au plus, d’Ansongo jusqu’à Dounzou. C’est une simple approximation, car je n’ai pu constater de visu que l’existence de quarante-six animaux, la plupart déplumés.
- A Dounzou même, j’ai trouvé l’embryon d’une exploitation entre les mains d’un Européen, M. Delanne, commandité par une
- société.
- Ce commerçant possède dans l’île d’Ayorou une vingtaine d’animaux en exploitation. Ils lui ont donné, l’année dernière, treize œufs, cinq éclosions, dont deux survies.
- Conformément aux instructions reçues, j’ai cherché à me rendre compte des conditions d’élevage, et me suis efforcé en cours de coûte d’examiner le plus grand nombre de points possible. Malheureusement, la saison des pluies donne aux paysages des apparences trompeuses, et surtout le nombre des îlots devient rapidement tel, (îu ü faudrait des mois entiers pour les visiter tous. Dans ces conditions, la prudence et la sincérité m’engagent à ne retenir qu’un nombre restreint de localités. A vue de nez, s’en rapportant à l’état actuel des lieux, on pourrait en effet affirmer que partout il serait pos-sible d’entretenir des autruches. Mais je signalerai seulement :
- 1° L’île d’Ansongo, où il reste de la place libre;
- Deux îlots un peu exigus, immédiatement en amont de Fir-kindi;
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- 3° Un îlot en amont de Ouatagouma;
- 4° Un îlot couvert de vieux tombeaux dans les rapides de Karou;
- 5° L’îlot de Tesoup, immédiatement en aval de Firkou, et un peu plus bas; tous deux de bonne apparence.
- Autour de Dounzou les îles inoccupées sont nombreuses. Celles de Gao et de Mata m’ont paru offrir des conditions relativement bonnes. A toutes, en effet, on peut reprocher d’être ou trop humides, ou trop rocheuses, et jamais assez boisées.
- J’ai reculé devant la visite du dédale des îlots en aval de Dounzou. D’ailleurs, dès ce point, j’avais recueilli assez d’éléments pour pouvoir me faire une opinion.
- Possibilité d'établissement. — J’avais, en effet, à élucider la question de savoir si, oui ou non, la création d’un établissement dans ces parages pouvait être profitable.
- Tout bien examiné, je ne le crois pas.
- D’une part, nous constatons bien effectivement l’énorme avantage qu’il y aurait à s’établir dans une île, les frais seraient ainsi considérablement diminués. Cependant, cet avantage nous paraît compensé, et au delà, par les faits suivants qui m’ont paru assez nets :
- Les îles produisent bien des herbages abondants, mais dont la qualité est inférieure pour l’alimentation de l’autruche. Le bour-gou serait sans doute excellent, mais les animaux craignent l’eau et ne se risquent pas à chercher à l’atteindre. Force leur est donc de se contenter d’herbes rudes, mêlées de joncs et de carex, ou d’une espèce de fourrage à graines dures, épineuses, qu’ils dédaignent à peu près totalement.
- La preuve en est que partout les autruches ne s’éloignent guère des tas de détritus, accumulés en hauts monticules dans le périmètre immédiat des habitations; pas de feuillages, pas d’arbustes, pas de fruits comestibles.
- A la saison sèche, la situation doit être encore beaucoup plus précaire, et dans bien des cas, les îles les meilleures ne pourraient probablement nourrir qu’un nombre très restreint d’animaux.
- Les conséquences de cette alimentation défectueuse m’ont paru importantes. J’ai d’abord constaté une différence appréciable d’aspect entre les fientes des animaux de villages et celles des bêtes de brousse.
- Les autruches captives le long de la rivière ont des fientes ovjl-
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- lées, presque entièrement solides, en raison de la quantité de balles de mil et de détritus secs qu’elles absorbent. Dans la brousse, au contraire, les fumées d’autruches sont liquides ou en bouses.
- De plus, alors que l’autruche sauvage, au mois de juillet, commence déjà à entrer en amours, ce n’est qu’aux premières fraîcheurs que l’autruche domestique prend sa parure de rut.
- Le corollaire en est que la poussée de plumes est plus irrégulière, plus lente, plus tardive, et que la plume met par conséquent plus de huit mois à se développer, ainsi que j’ai pu le vérifier à Ayarou notamment, sur les oiseaux non plumés soumis à mon examen.
- Tous ces signes dénotent, à n’en point douter, une nutrition défectueuse.
- Ce ne serait rien si la qualité de la plume ne s’en ressentait pas. Or, malgré la belle qualité constante du duvet, tout ce que j’ai vu de plumes provenant d’oiseaux élevés de la sorte était presque sans valeur commerciale, abstraction faite des plumes de corps, dont on trouve toujours à se défaire, mais à des prix souvent peu rémunérateurs. N
- Les plumes d’ailes sont courtes, étroites, presque toujours boiteuses. Toutes, ou à peu près toutes, sont becquetées ou présentent des nodules attestant un mauvais développement dû au mauvais état des bulbes eux-mêmes. La remarque est générale, et l’examen des animaux déplumés m’a prouvé que les probabilités étaient en faveur de cette opinion.
- Si, de prime abord, les oiseaux en effet paraissent d’une belle venue, on s’aperçoit vite qu’ils sont gras, empâtés, poussés en taille, et que leur peau n’est pas en excellent état. Chez plusieurs, j’ai relevé la présence de tumeurs, d’abcès ou de kystes dont quelques-uns atteignaient la grosseur d’une boule de jeu de quilles.
- M. Delanne m’a dit avoir envoyé dernièrement en France une trentaine de kilos de plumes provenant en majeure partie de ses élèves.
- En tout cas, je ne saurais, en conscience, préconiser la création d’une autrucherie dans ces régions trop humides; et, jusqu’à preuve du contraire, je tiendrai la zone fluviale comme peu propice à un élevage fructueux de l’autruche, même en semi-liberté.
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- Les premières constatations faites par M. le Docteur Decorse et qui sont relatées clans sa première communication, donnaient à penser que les essais d’élevage de l’autruche seraient impraticables au Soudan.
- Mais son opinion paraît s’être modifiée à la suite des recherches et des études qu’il a poursuivies en dehors du Sahel.
- Une zone très favorable à la domestication de l’autruche existerait, en effet, dans le quadrilatère situé entre Lèrè, Ras-el-Ma, Gounclam et Soumpi.
- Cet officier n’avait accompli jusque-là qu’une, partie de la mission qui lui avait été confiée.
- Après avoir étudié le Sahel et le Niger, en amont de Tombouctou, il lui restait à explorer des régions qui semblent se prêter mieux à la domestication de l’autruche, c’est-à-dire toute la partie du Niger comprise entre Bamba et Niamey.
- C’est le second rapport qui contient les renseignements recueillis au cours du voyage sur le Niger, dans la partie de ce fleuve comprise entre Tombouctou et Dounzou.
- Il résulte des constatations du Docteur Decorse que, s’il y a intérêt à rechercher de nouveaux emplacements pour la domestication de l’autruche, des améliorations doivent être apportées, d’autre part, aux méthodes d’élevage employées par les indigènes dans les îles et sur les rives du Niger.
- Une alimentation appropriée aux besoins et aux habitudes de l’autruche, et surtout des essais conduits avec soin, permettront de déterminer les chances de réussite de cette industrie.
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- LA SITUATION COMMERCIALE DE L’INDUSTRIE DES PLUMES POUR PARURE, EN FRANCE, DE 1901 A 1906
- I
- La situation commerciale des plumes pour parure a subi, en France, au cours de la période comprise entre les années 1901 et 1906, de nombreuses variations.
- En 1901, à l’importation et surtout à l’exportation, nous avons constaté une faiblesse sensible.
- i
- 1900 1901
- francs francs
- Importation......... 39.792.000 36.350.000
- Exportation......... 36.096.000 25.304.000
- Si l’on compare ces chiffres avec ceux de l’année 1906, on constate que le commerce, à l’importation, s’est amélioré dans de notables proportions, et qu’au contraire le commerce d’exportation a une tendance à faiblir.
- 1901 1906
- francs francs
- Importation ....... 36.350.000 60.396.134
- Exportation......... 25.304.000 26.903.324
- Comme on peut le voir par ces chiffres, la situation est infiniment nioins prospère à l’exportation qu’à l’importation.
- Si nous suivons, année par année, l’honorable rapporteur de la Commission permanente des valeurs en douane, nous sommes obligés de convenir que cette situation ne saurait être considérée comme
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- très alarmante pour l’industrie française; qu’elle est la conséquence normale de circonstances indépendantes de notre bonne volonté et contre lesquelles nous ne pouvons formuler aucune plainte.
- Notre commerce d’exportation demeure stationnaire ou subit des variations plutôt désavantageuses pour les industriels français.
- La concurrence étrangère est la seule cause de cette situation, et nous ne pouvons pas empêcher des peuples qui, hier encore, étaient nos clients, de devenir fabricants à leur tour.
- Il faut reconnaître que, pour la plume d’autruche, la fabrication se perfectionne de plus en plus dans les pays qui constituaient nos principaux débouchés.
- La concurrence des fabricants allemands et danois qui, pour les articles bon marché, nous cause une crainte justifiée, ne nous atteint pas lorsqu’il s’agit d’articles riches.
- Dans l’industrie des plumes, comme dans toutes les autres, la France conserve une suprématie indiscutable pour la richesse, l’élégance et la valeur de sa fabrication.
- La clientèle riche lui demeure fidèle et les industriels français ont prouvé à Milan qu’ils sont dignes de la confiance qui leur est témoignée.
- II
- L’année 1901 ne fut pas parmi les plus prospères pour lt commerce des plumes de parure.
- Parmi celles qui ont continué à être les plus recherchées, il faut citer les plumes blanches d’autruche de belle qualité.
- Aussi leur valeur a-t-elle augmenté de 15 % environ.
- Par contre, les plumes courtes, en noir principalement, ont été délaissées et leur prix s’est abaissé de 10 %.
- L’Amérique du Nord, qui était restée un de nos meilleurs clients, a diminué ses achats, surtout en plumes fabriquées.
- Dans ce seul pays, le chiffre d’exportation, qui était en 1900 de 8.707.000 francs, est tombé en 1901 à 5.288.000 francs.
- En Angleterre, la diminution des articles exportés a été encore plus sensible. De 21.675.000 francs en 1900, nous tombons à 14 millions 699.000 francs en 1901.
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- Une des principales causes de la moins-value constatée dans notre chiffre d'affaires en Amérique est les droits de douane qui sont de 50 % ad valorem.
- L’année 1902 a été pour l'industrie des plumes pour parure une année normale.
- Les chiffres, maintenus à l’importation, sont favorables à l’exportation.
- 1902 1901
- francs francs
- Importation......... 34.371.000 36.351.000
- Exportation......... 33.019.000 25.305.000
- Les marchandises communes ont subi une baisse assez importante de 20 %.
- Les plumes de première qualité ont eu, au contraire, une demande très satisfaisante qui a relevé les cours de 10 % environ.
- A la fin de l’année, les aigrettes ont accusé une hausse très accentuée.
- L’Angleterre et les États-Unis ont augmenté leurs achats dans une légère proportion.
- Les articles riches ont été très recherchés; ce fait seul prouve que la concurrence étrangère nous atteint moins pour l’article de luxe que pour l’article courant, plus facile à imiter.
- L’année 1903 fut marquée par une reprise des affaires, et les plumes pour parure ont été l’objet d’actives transactions.
- Leur valeur a subi une hausse notable, surtout dans les belles qualités.
- L’importation a été plus forte de 20 % environ, tandis que l’exportation n’a fait que se maintenir; la consommation intérieure a été très importante.
- 1902 1903
- francs francs
- Importation.......... 36.650.000 43.810.000
- Exportation.......... 33.020.000 34.005.000
- Dans tous les pays la vogue a été la même, sans cependant que nos exportations aient varié sensiblement.
- Les boas en plumes d’autruches ou en plumes fantaisies consti-
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- tuaient l’apport le plus important dans notre chiffre d’exportation de l’article plumes.
- Les fantaisies en plumes d’oiseaux ont été plutôt négligées et de vente moins courante.
- Les crosses et les aigrettes ont subi une hausse de 25 à 30 %.
- Cette reprise des affaires s’accentua encore pendant l’année 1904.
- Importation .... Exportation ....
- 1903
- francs
- 43.809.000
- 34.005.000
- 1904
- francs
- 46.485.390
- 39.173.928
- Il est à remarquer que le chiffre des importations ne comprend guère que des matières premières, tandis que les marchandises fabriquées provenant de l’étranger sont toujours rares.
- Notre fabrication, surtout pour la consommation intérieure, reste des plus actives et pourrait l’être davantage si la main-d’œuvre était moins rare.
- L’Angleterre, l’Allemagne et les États-Unis demeurent nos principaux clients, mais les exportations dans ce dernier pays sont plutôt en décroissance.
- La mode a été aux grandes plumes d’autruche blanches et de couleurs.
- Les plus belles qualités ont été les plus recherchées; les sortes inférieures, principalement en noir, ont été délaissées. Ce qui explique que les poids étant restés à peu près les mêmes à l’importation comme à l’exportation, la valeur sur ces articles ait subi une hausse appréciable, comparativement avec celle de l’année précédente.
- Par contre, les fantaisies en plumes d’oiseaux ont été peu recherchées, mais il n’y a pas lieu de s’en préoccuper; la cause de ce ralentissement est simplement une question de mode, et dans cet article nos fabricants sont outillés pour soutenir la lutte avec la concurrence étrangère.
- Dans l’industrie de la teinture, nos ouvriers sont sans rivaux et la concurrence étrangère ne peut atteindre à leur perfection.
- L’année 1905 a été, pour l’industrie des plumes pour parure, a peu près aussi prospère que 1904.
- A l’importation, la quantité a plutôt faibli, mais la valeur a
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- augmenté de 7 millions, ce qui indique que ce sont les belles qualités qui ont été les plus suivies.
- 1904 1905
- francs francs
- Importation........ 46.485.390 53.313.415
- Exportation........ 39.173.928 21.151.768
- Le montant des exportations a baissé de 18 millions, mais il n’est pas inutile de remarquer que, d’une part, la plupart des expéditions, surtout pour l’Angleterre et l’Allemagne, se font par colis postaux, et que, d’autre part, une quantité considérable de plumes sort de France après avoir été posée sur les chapeaux et sous la rubrique « Modes ».
- Néanmoins, il ne faut pas se dissimuler que les fabricants étrangers, allemands et viennois, principalement, deviennent des concurrents de plus en plus sérieux.
- Les plumes d’autruche spécialement ont été très recherchées; les articles en fantaisies d’oiseaux ont été plutôt délaissés.
- Les boas en plumes sont toujours en grande faveur et entrent pour une bonne part dans le chiffre de l’exportation.
- Nos débouchés ont augmenté avec l’Angleterre et les États-Unis et ont diminué par contre avec l’Allemagne et la Belgique.
- Si nous comparons cette situation avec celle de 1906, on constate, à l’importation comme à l’exportation, une plus-value de 25 % environ.
- 1905 1906
- francs francs
- Importation........ 53.313.145 60.396.134
- Exportation........ 21.151.768 26.903.324
- Les boas en plumes, par leurs prix élevés, entrent pour une bonne part dans cette augmentation.
- Les articles riches et en plumes d’autruche ont été surtout recherchés.
- Les fantaisies, sans avoir été complètement délaissées, ont été moins en faveur que les plumes d’autruche.
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- Il y a pour ce dernier article, sur la matière première, une hausse très marquée et qui a tendance à s’accentuér davantage.
- Les plumes de provenance du Cap sont toujours les plus employées; toutefois, en raison de la hausse marquée de la matière première, les fabricants, surtout pour les boas, ont eu recours aux plumes d’Egypte et de Barbarie, dont les cours étaient moins élevés.
- Notre chiffre d’exportation a peu varié avec l’Angleterre, mais il a augmenté avec l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique et principalement les États-Unis.
- Malgré les fluctuations que nous venons de signaler, l’industrie des plumes pour parures est très prospère et son chiffre d’affaires suffit à témoigner d’une activité qui fait le plus grand honneur aux fabricants français.
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- FRANCE. — PLUMES de parure brutes, de coq et de vautour, sans distinction de couleur.
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS 1902 1903 1904 1905 1906
- DE PROVENANCE ET DE DESTINATION IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quanti tés Quantités Quantités Quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos
- Allemagne 9.638 » 9.201 13.869 14.438 7.409 22.679 8.420 21.877 34.093'
- Espagne 24.434 1.235 26.843 )) 25.564 » 15.634 » 12.202 4.799
- Autriche-Hongrie .... 30.637 )) 39.815 » 43.232 3.516 34.839 )) 47.984
- Italie 26.996 13.652 4.928 )) 10.362 )) 38.993 )) 38.597 ))
- Angleterre 11.418 3.922 » 3.953 )) 4.823 )) 10.384 )) 73.473
- Etats-Unis )) 8.606 )) 5.074 » 17.219 » 47.363 )) 58.784
- Belgique » )) )) 13.037 » )) » )) , )) »
- Autres Pays étrangers . 2.858 163 1.653 2.982 8.058 1.876 1.601 2.522 9.877 249 10.213 » :
- Algérie ” )) )) »
- Quantités totales . . 105.981 27.578 82.440 38.915 101.654 34.843 113.746 68.689 130.786 181.362
- Valeurs totales, fr. 1.059.810 275.780 824.400 389.150 1.016.540 348.430 1.137.460 686.890 1.307.860 1.813.620
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- FRANCE. — PLUMES de Parure, brutes, autres que de coq et de vautour, blanches.
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS 1902 1903 1904 1905 1906
- DE PROVENANCE
- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA-
- ET DE DESTINATION
- TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos
- Grande- Bretagne . 52.897 11.249 62.808 4.749 60.171 11.212 73.647 5.801 78.657 4.989
- Belgique » 1.435 » 8.677 » 11.912 » 553 » 3.291
- Uruguay » » » » 1.921 » 5.080 ” 8.155 »
- Argentine » » » » 2.620 „ » 2.592 » 1.937 »
- Allemagne 3.751 4.154 » 9.162 » 25.225 » 6.648 » 5.391
- Autriche - Hongrie . 3.338 1.480 3.008 1.752 » » » 516 » »
- Turquie 2.188 » 2.412 » » ». 1.890 » » »
- Egypte » » 1.175 » 2.978 » » » » »
- Etats-Unis » » » » » 839 » » » »
- Autres Pays étran -
- gers 2.741 1.147 3.068 1.782 5.395 1.756 4.030 947 2.988 2.038
- Algérie » » 258 » ] » J » J »
- Autres Colonies et 1
- 00 > 28 > 31 129
- Pays de protecto- i 1
- rat 18 » 13 ” 1 1 . ) ’ 1 *
- Quantités totales. . 64.933 19.465 72.742 26.122 73.113 50.944 87.270 14.465 91.866 15.709
- 1 Valeurs totales, îr. 124.999.205 7.494.025 28.369.380 10.187.580 1 l 29.245.200 20.377.600 ! 39.271.500 6.509.250 41.339.700 7.069.050
- 684 EXPOSITION DE MILAN
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- FRANCE. — PLUMES de parure brutes, autres que de coq et de vautour, noires.
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1902 1903 1904 1905 1900
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS • IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos
- Grande-Bietagne .... P )) 1.236 )) 19.932 l 624 11.112 1 429 874 3.976
- Allemagne » 6.073 )) 3.387 » S. 672 321 7.435 )) ')
- Belgiq ue )) 10.100 )) 4.892 » 5.209 '» 4.240 » ”
- Etats-Unis )) 4.591 » )) » » )) )) )) »
- Pays-Bas 880 )) 989 )) 1.241 )) » » -> »
- Chine 465 )) » » » )) » )) 210 "
- J apon 1.841 » » » 1.793 » 1.610 » » ))
- Italie )) » 2.784 » 4.816 )) ! .084 )) »
- République Argentine . )) )) 816 )) )) )) 371 )) » »
- République de Tripoli . )) » « 870 >’ )) )) » 3.578 »
- Uruguay y ” 1.012 » ù )) » P » » ))
- Autres Pays étrangers 1.747 1.484 741 3.188 1.818 85 95 445 557
- Indo-Cbine » » 15 )) )) » » » ))
- Autres Colonies et Pays de protectorat »> » )) )) 48 » )) » » •
- Quantités totales . . 4.198 22.511 7.324 9.89o 31.018 17.323 14.583 13.199 5. 107 4.533
- Valeurs totales, fr. 209.900 1.125.550 402.820 543.950 1.550.900 866.150 583.320 527.960 204.280 181.320
- TROISIÈME PARTIE. ---- PLUMES, FLEURS ET PAILLETTES 685
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- FRANCE.— PLUMES de Parure, brutes, autres que de coq et de vautour, de toute autre couleur que noire et blanche.
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1902 1903 1904 1905 1906
- i IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA - TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPOhTA- TJONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités 1 Quantités Quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos
- Russie 30.765 » 30.428 » 11.645 » 35.515 ,, 89.684 19.481
- Angleterre 89.517 51.238 89.601 21.178 73.564 26.253 72.272 18.282 103.598 23.436
- Allemagne 56.849 16.726 114.830 34.416 92.105 34.845 81.983 38.287 102.409 40.390
- Belgique 6.911 23.923 16.832 51.312 11.339 30.940 » 48.521 » 79.115
- Espagne 4.966 » » » 10.927 » 20.286 » 19.512 »
- Possessions anglai- m
- ses Méditerranée. 5.097 » » )) » » » » » »
- Turquie » » » )) » » 2.206 » » »
- Egypte 4.950 » 8.780 )) 12.323 » 11.249 » 20.644 »
- Régence de Tripoli . 5.555 » » » » w » » » »
- Indes anglaises .... » » » » » » » » 2.589 »
- Chine 9.337 » 11.719 » » » » » 12.642 »
- Japon 19.016 » 44.730 » 59.423 » 36.815 » 54.107 »>
- Etats-Unis 32.222 6.735 44.845 14.596 79.464 10.898 53.306 13.871 56.396 18.998
- Uruguay 9.993 » 13.050 » 8.250 » 7.479 » 12.521 »
- République Argen-
- tine 21.462 » 7.444 » 9.487 » 15.417 » 21.111 .» j
- Italie » » 7.913 » 10.908 » » » » »
- Autriche-Hongrie . . » » » » » » 8.562 » » »
- Autres pays étran -
- gers 14.417 2.611 32.377 2.392 52.049 3.066 23.976 3.785 24.233 9.142
- Sénégal 1.018 j 1.597 \ 1.683 1 2.921 \ 2.991 \
- Indo-Chine » » J » 1 » J 7.714 J
- Algérie » 150 » 29 » 452 » ( 304 » ! 8
- Autres Colonies et ( [ I 1 [
- Pays de protecto- \ l \
- 1 913 ] 352 1.815 1 95 |J 895 P '
- \\ Quantités totales . . 312.9881 101.38? 424.498| 123.923 434.982 J 106.454 372.082 123.050 530.996 190.570
- \\ 'Valeurs LoLales, îi .^10.328.604^ 3.345.63 1 14.008.434\ 4.089.45i 14.354.406\ 3.512.982 12.278.706 4.060.650 17.522.868 6.288.810
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- FRANCE. — PLUMES de Parure apprêtées, de coq et de vautour, sans distinction de couleur.
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1902 1903 1904 1905 1906
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIO N S EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Grande-Bretagne Etats-Unis Espagne Autres Pays étrangers . Colonies et Pays de protectorat Quantités kilos 16 )) Quantités kilos 63.400 49.435 » 827 155 Quantités kilos j 31 )) Quantités kilos 35.175 28.235 » 1.740 243 Quantités kilos 1 267 i )) Quantités kilos 24.395 21.896 755 386 » Quantités kilos « 62 T )) Quantités kilos 135.541 34.905 » 1.225 » Quantités kilos ! 13 » Quantités kilos 45.319 47.308 » 1 816 »
- k i Quantités totales. . 15 113.817 31 65.393 267 47.432 52 171.671 13 93.443
- Valeurs totales, fr. 180 2.048.706 372 1.177.074 . 3.204 853.776 624 3.090.078 156 1.681.974
- FRANCE — PLUMES de parure apprêtées, autres que de coq et de vautour, blanches.
- Grande-Bretagne 1.601 ) 390 ) 1.703 ) 2.095 )) 2.826
- Etats-Unis 94 993 316 244 4 )) 26 )) )) ))
- Autres Pays étrangers . ) 211 ) 308 803 ) 272 )) 51
- Colonies et Pays de
- protectorat )) » )) )) » 60 » )) )) »
- Quantités totales. . 94 2.805 316 942 4 2.566 26 2.367 )) 2.877
- Valeurs totales, fr. 39.950 1.514.900 142.200 536.940 2.000 1.603.750 15.600 1.775.250 )) 2.157.750
- TROISIÈME PARTIE. ----- PLUMES, FLEURS ET PAILLETTES 687
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- FRANCE. — PLUMES de parure, apprêtées, autres que de coq et de vautour, noires.
- Statistiques françaises. — Commeree spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1902 1903 1904 1905 1906
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos
- Grande-Bretagne ] 933 ' )) 1 526 J 1.140 )) 397
- Etats-Unis 1.740 j )) j )) )) )) »
- Espagne ! )) ! 238 r )) f )) 2 ))
- Australie ( O )) (’ 2 325 ( 13 )) 211 )) )> ))
- Italie ] )) » 149 )) )) ))
- Autres Pays étrangers . 545 I 486 ] 207 1 167 )) 234
- Indo-Chine )) 180 » j » )) _ )) )) )) ))
- Tunisie )) )) » / » » )) „ » 13
- Autres Colonies et Pays \ 50 l
- de protectorat )) » » \ » )) )) )) )) »
- Quantités totales . . il 3.398 2 1.099 13 882 211 1.307 2 644
- Valeurs totales, fr. 770 339.800 160 120.890 975 88.200 12.660 104.560 120 51.520
- FRANCE. — PLUMES de parure apprêtées, autres que de coq et de vautour,
- de toute autre couleur que noire et blanche.
- Grande-Bretagne .... 1 132.374 ) 155.461 110.725 6.523 J 8.488
- Etats-Unis 251 76.840 1.369 55.679 1 6.915 29.716 ! 301 47.095 l 470 81.074
- Autres Pays étrangers . \ 1.658 ) 789 I 3.597 1.346 1 6.056
- Algérie )) 56 6 )) )) )) )) )) )) J »
- Autres Colonies et Pays
- j de protectorat » )) )) 71 22 » )) )) )) ) 123
- Quantités totales .. 251 210.928 1.375 212.000 6.937 144.038 301 54.964 470 95.741
- V aleurs totales 11.295 116.874.240 61.875 6.960.000 312.165 r .523.040 13.545 4.397.120 - 21.150 7.659.280
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- TROISIÈME PARTIE. -- PLUMES, FLEURS ET PAILLETTES G89
- LA PRÉPARATION INDUSTRIELLE DES PLUMES
- Avant d’être livrées aux industriels qui confectionnent les ouvrages en plumes, on est obligé de faire subir une préparation spéciale aux plumes brutes.
- Cette industrie de l’apprêt des plumes comporte un certain nombre d’opérations que nous"croyons devoir décrire ici, sans entrer pourtant dans des détails trop techniques.
- LE CLASSEMENT
- Lorsque le fabricant reçoit les lots de plumes d’autruches, sa première préoccupation est de les trier d’abord par lots, qu’il classe par quantité de poids et qualité de provenance.
- Après avoir été écaffiotées avec précaution, pour ne point déchirer les duvets du pied, les plumes sont étalées sur une table et mises par longueur pour être enfilées convenablement.
- II
- LE SAVONNAGE
- Cette seconde opération s’exécute dans un appareil en bois animé d un mouvement de rotation.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Les plumes sont plongées clans une solution d’eau chaude et de savon. Un mécanisme spécial imprime à l’appareil un mouvement de balancier et le va-et-vient de l’eau savonneuse débarrasse les plumes des poussières ainsi que des corps gras qui les maculent.
- Après avoir été lavées et rincées à grande eau, les plumes sont blanchies.
- III
- LE BLANCHIMENT
- Les plumes savonnées sont séchées à la vapeur, et c’est après ce premier séchage que l’on peut procéder au blanchiment.
- Le travail du blanchiment a une importance considérable, au point de vue de la fabrication future des plumes.
- L’opération, très simple, consiste à plonger les plumes que l’on veut décolorer dans un bain d’eau oxygénée; ce liquide ayant la propriété de détruire les matières colorantes, sous son action les plumes deviennent complètement blanches.
- L’industrie trouve avantage à décolorer différentes espèces de plumes de teinte foncée, afin de pouvoir les employer comme plumes blanches, ou d’obtenir par la teinture artificielle de meilleures nuances et plus d’uniformité dans les tons.
- Pour les plumes d’autruche particulièrement, le blanchiment a une importance considérable.
- La décoloration des plumes d’autruche grises ou noires fut l’objet, pendant de longues années, de recherches d’autant plus actives que la découverte d’un procédé ayant cette capacité devait être le point de départ d’une véritable révolution dans l’industrie plumassière.
- Les plumes blanches étant les plus rares et les plus recherchées pour la mode, il y avait un intérêt de premier ordre à pouvoir obtenir, au moyen de procédés artificiels, des plumes blanches à volonté.
- Comme ces plumes ne se trouvent que sur l’oiseau mâle, il 11 ) en avait jamais sur le marché qu’une quantité minime et leur pi'lX était par conséquent très élevé.
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- TROISIÈME PARTIE. ----- PLUMES, FLEURS ET PAILLETTES 691
- C’est seulement en 1865 que MM. Violet Dullot, deux industriels parisiens, découvrirent la décoloration desjplumes d’autruche au moyen de l'acide chromique mis en liberté au sein d’une liqueur de bichromate de potasse.
- L’invention ne produisit pas des résultats parfaits, mais elle fut le point de départ de nouvelles recherches 'qui, elles, devaient être couronnées par le succès.
- En 1874, les mêmes industriels prenaient un brevet pour le blanchiment des plumes dites « plombées » au moyen des hydrocarbures et spécialement à l’essence de térébenthine.
- Enfin, en 1880, la maison Viol et Dullot était la première à employer l’eau oxygénée pour la décoloration des plumes grises ou noires.
- Ce procédé, qui permet d’obtenir le blanchiment parfait, ne devait pas rester le monopole de ces industriels.
- En effet, ceux-ci, après avoir pris un brevet pour leur procédé de blanchiment et en avoir acheté un autre qui présentait quelque l'apport avec le leur, se dessaisirent de bonne volonté de leurs privilèges au profit des membres de leur corporation.
- Dès lors, l’industrie de la plume d’autruche prit un essor considérable et la teinture des plumes réalisa de grands progrès.
- IV
- LA TEINTURE
- Avant d’être livrées à la teinture, la plupart des industriels décolorent les plumes au moyen de l’eau oxygénée.
- Les procédés de teinture varient nécessairement avec les nuances ciue l’on veut obtenir. Essentiellement, ils consistent à immerger L plume, pendant un temps plus ou moins long, dans une solution °ù elle s’imprègne de principes colorants qui se fixent dans ses Lssus.
- Les Italiens furent les premiers parmi les peuples occidentaux qui Pratiquèrent la teinture avec habileté. Ils durent cet avantage aux
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- EXPOSITION DE MILAN
- relations commerciales qu’ils entretenaient avec le Levant et qui leur permirent de s’initier aux méthodes qui y étaient employées.
- Dans les temps modernes, les découvertes chimiques furent cause d’une révolution profonde dans les procédés de teinture. Depuis trente ans le progrès apporte aux teinturiers des éléments nouveaux, qui transforment sans cesse leur industrie.
- Non seulement les découvertes modernes ont enrichi la gamme des couleurs d’une quantité de nuances nouvelles, mais elles ont encore transformé leur composition permettant de les utiliser pour des objets qui étaient considérés comme ne pouvant supporter leur contact.
- Les teintures employées dans l’industrie plumassière sont à base d’aniline.
- Dans cette industrie de la teinture des plumes d’autruche en noir, un industriel parisien, M. G. Brossard jeune, a apporté par des découvertes personnelles un perfectionnement qui contribue puissamment à maintenir la supériorité de la fabrication française.
- Jusque dans les dernières années du xixe siècle, on teignait la plume en noir d’après des procédés plus ou moins erronés de l’application des teintures de noir sur la laine ou sur le coton.
- Ce procédé consistait à mettre tremper les plumes dans différents bains surchargés de matières colorantes, dont on ne connaissait qu’imparfaitement les propriétés. On laissait ces plumes tremper huit à dix jours dans ces bains, qui produisaient un noir quelconque, gris ou bleu, tantôt rouge ou verdâtre, et, pour leur donner un semblant de brillant, on faisait dégorger la couleur dans des bains de savon répétés cinq ou six fois; les plumes étaient enfin rincées et leur teinte noire était ce qu’elle pouvait être.
- Il fallait trouver un remède à cette défectuosité et perfectionner des procédés, en tenant compte du progrès que la découverte des produits d’aniline venait d’apporter à l’industrie de la teinture.
- M. G. Brossard jeune se préoccupa activement de cette question et il fut assez heureux pour résoudre le problème.
- Par des expériences successives, il détermina les produits chimiques à employer, leurs proportions respectives; il obtint un produit aujourd’hui couramment employé et connu sous le nom de « Non Brossard ».
- Le procédé de teinture découvert par M. G. Brossard jeune est infiniment plus rapide que celui dont on se servaitvauparavant et
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- TROISIÈME PARTIE. ----- PLUMES, FLEURS ET PAILLETTES 693
- il donne à la plume apprêtée un éclat qu’on ne lui connaissait pas dans l’industrie.
- Le travail de la teinture est très méticuleux, il demande une très grande attention, de la réflexion et beaucoup de soins.
- En général, il ne faut pas compter moins de deux ou trois années d’apprentissage pour qu’un élève teinturier puisse donner des résultats satisfaisants dans, son travail.
- Ce n’est que par une longue pratique de la teinture que l’on peut devenir habile dans ce métier quelles exigences de la mode rendent très délicat.
- En outre de la connaissance des produits chimiques et tinctoriaux, il faut savoir définir les qualités multiples des plumes et reconnaître leur origine.
- Toutes les plumes ne prennent pas les couleurs de la même façon; les bains de teinture doivent donc être préparés différemment, suivant que l’on traite des plumes du Cap, des plumes de Barbarie, des bouts de queue mâles ou femelles, etc., dégradés ou non.
- Pour les plumes d’autruche, les nuances claires, crème, rose, ciel, maïs, etc., se font généralement dans des bains froids; les teintes medium comme le beige, le vert clair, le réséda, etc., s’obtiennent dans des bains chauds, tandis que les nuances foncées, comme les verts russes, marine, marron, etc., exigent un certain temps d’ébullition.
- Mais ce serait unejerreur de croire que les plumes sont teintes et que le travail est terminé parce que les plumes ont été trempées dans un bain de teinture.
- Le travail est beaucoup plus long et nécessite de multiples opérations dans le détail desquelles nous ne pouvons pas entrer.
- Disons seulement que nos ouvriers teinturiers jouissent à l’étranger d’une réputation méritée et qu’ils sont incomparables dans leur art.
- Us apportent à l’industrie française de la mode une collaboration a laquelle nous sommes heureux de rendre hommage et qui est universellement appréciée.
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- EXPOSITION DE MILAN
- V
- DERNIÈRES OPÉRATIONS
- Lorsque les plumes sortent du blanchiment — si elles doivent rester blanches — ou de la teinture, on les plonge dans un bain d’eau additionnée d’amidon.
- On les met ensuite au séchoir, puis on les bat à la main, alin de leur rendre l’aspect naturel.
- Dans les usines perfectionnées, le battage s’opère à la magdeleine, grand tambour sur lequel on accroche les plumes qui, par suite de la rotation de l’appareil, viennent frapper sur le rebord d’une table.
- Cette machine se nomme « magdeleine », parce que à la maison Viol et Duflot, de Nogent-sur-Marne, où elle fut mise en service pour la première fois, la femme chargée d’y attacher les plumes s’appelait ainsi.
- Depuis lors, les plumassiers français et étrangers lui ont conservé ce nom.
- Les plumes passent ensuite à l’atelier de décotage ou parage. On enlève au couteau la matière corneuse de la tige, ce qui permet de coudre ensemble plusieurs brins.
- Chaque plume employée par une modiste se compose, en réalité, de plusieurs morceaux habilement assemblés qui constituent un tout épais et matelassé.
- Comme le commerce demande que les plumes soient à peu près de même taille, chaque ouvrière a devant elle une planche de bois graduée, et elle coud les débris de plume sur une tige artificielle jusqu’à ce que la plume reconstituée atteigne la longueur voulue.
- Les plumes étant teintes, séchées et cousues, se trouvent froissées par tant de manipulations. Aussi les ouvrières doivent les présenter devant un jet de vapeur qui leur fait reprendre leur forme primitive, en redressant les brins.
- Enfin, après son passage à la vapeur, la plume subit une derniere toilette, la frisure, que des femmes exécutent en appuyant à l’aide d’un couteau non tranchant son extrémité contre leur pouce.
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- TROISIÈME PARTIE. ----- PLUMES, FLEURS ET PAILLETTES 695
- Cette opération, qui de prime abord paraît si simple, exige un habile tour de main qu’une longue pratique permet seule aux intéressées d’acquérir.
- Les plumes d’autruches peuvent alors être livrées aux confectionneurs, aux couturiers et aux modistes.
- Ces opérations que nous venons de décrire s’appliquent également, pour la plupart, aux plumes de fantaisie et aux plumes d’autruche.
- Notre travail ne pouvant être un cours de sciences techniques, nous nous sommes appliqués à donner ici quelques explications nécessaires pour pouvoir se rendre compte de l’importance industrielle que la plume de parure a en France. Nous croyons avoir obtenu ce résultat, et maintenant nous allons examiner quels sont les usages que l’on fait de la plume d’oiseau.
- LES PLUMES DANS L’INDUSTRIE EN 1906
- I
- L’industrie moderne utilise toutes les plumes, qu’elle divise en deux branches principales.
- 1° La plume pour parure et pour l’ornement du chapeau;
- 2° Les vêtements en plumes et les fourrures de plumes.
- La plume pour parure comprend surtout les plumes d’autruche, les aigrettes, la crosse, le marabout des Indes et le paradis.
- Les massacres qui ont été faits maladroitement de ces oiseaux °nt obligé certains gouvernements à prendre des mesures conservatrices.
- C’est ainsi, par exemple, qu’en Angleterre, il a été fait défense de paraître aux cérémonies de la Cour avec des parures faites d’aigrettes ou de crosses.
- Mais tandis que l’on prenait ces mesures prohibitives, la question de l’élevage domestiqué de ces oiseaux préoccupait également ceux
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- 696
- EXPOSITION DE MILAN
- qui regrettent avec raison la disparition d’espèces intéressantes, et ceux qui en font un usage industriel très rémunérateur.
- La question de l’élevage en captivité a été, depuis quelques années, très sérieusement étudiée par la France.
- Son importance est considérable pour l’industrie française. Les dioramas de l’Exposition de Milan avaient pour objet de démontrer que la domestication de l’aigrette et de la crosse, pratiquée dans des conditions favorables, peut donner des résultats aussi satisfaisants que ceux obtenus avec l’autruche.
- Nous avons consacré à ce sujet, qui intéresse au premier titre l’avenir de l’industrie de la plume, un chapitre spécial, dans lequel nou§ nous sommes appliqués à donner les renseignements les plus complets, et nous avons déjà dit que nous avions l’espoir de voir ces expériences et ces efforts couronnés du succès qu’ils méritent.
- Depuis l’Exposition internationale de Liège, il n’y a pas eu de grands changements dans l’emploi industriel de la plume.
- La confection des vêtements de plumes seule a pris une importance qui la classe aujourd’hui parmi les principales applications industrielles de la plume.
- II
- Avec celles de l’autruche, les plumes dont la valeur est la plus grande sont l’aigrette, la crosse, le marabout des Indes et le paradis.
- En 1906, les brins de crosse valaient environ 60 francs les 30 gr.; ceux d’aigrette, 250 francs; les plumes de marabout des Indes ont atteint 120 francs les 30 grammes et celles des oiseaux de paradis se vendaient 75 francs pièce.
- Le Venezuela, la République Argentine, la Colombie, le Paraguay, l’Uruguay, le Pérou, le Brésil et aussi le Tonkin, le Cambodge, l’Annam et la Chine fournissent la plus grande quantité d’aigrettes et de crosses.
- Le marabout des Indes nous vient du pays dont il porte le nom et l’oiseau de paradis est surtout importé de la Nouvelle-Guinée et des îles environnantes.
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- TROISIÈME PARTIE. --- PLUMES, FLEURS ET PAILLETTES 697
- III
- Quant à la plume d’autruche, la consommation a augmenté dans de larges proportions; son prix a donc subi une hausse considérable; elle s’est payée trois fois plus cher qu’en 1905.
- Le développement pris par l’industrie du « vêtement de plumes » est la cause principale de cetfe situation.
- C’est la colonie anglaise du Cap qui a fourni la plus grande quantité de plumes d’autruche brutes.
- En 1905, on en avait exporté de ce pays pour 30 millions de francs, et, pour 1906, l’exportation a atteint 1 million 406.119 livres sterling, soit 35 millions 152.975 francs.
- L’Egypte, nos possessions du Soudan et du Sénégal ont produit également un peu de plumes, mais d’une qualité inférieure et dont la valeur représente 4 à 5 millions de francs.
- Nous avons consacré à l’élevage de l’autruche en captivité, une partie de ce travail, et nous n’avons donc point à y revenir.
- IV
- Après les plumes d’autruche, d’aigrette et de crosse, celles de prix moyen le plus couramment employées sont fournies par la mouette et par les hirondelles de mer de l’Egypte et de la Floride, par le hibou, le grand-duc, l’aigle, le pélican, les oiseaux-mouches du Brésil, le faisan d’Angleterre et du Japon, le coq, les pies, les lagopèdes de Russie, les merles du Sénégal, les perruches de l’Indo-Chiné, de Madagascar, du Sénégal et de la presqu’île de Malacca. Enfin, le faisan, la perdrix et l’alouette de France donnent un assez fort contingent.
- Il n’y a pas encore bien longtemps, un grand nombre d’autres espèces d’oiseaux plus rares et plus petits que ceux dont nous venons de parler étaient naturalisés; puis, avec l’aspect de vie et le cachet d’élégance que savent seuls donner les industriels parisiens, utilisés à orner les chapeaux de dames,
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- 698 EXPOSITION DE MILAN
- Défense a été faite en Angleterre et aux États-Unis de parer ainsi les coiffures des élégantes.
- Pour tourner la difficulté et conserver un débouché précieux à leur commerce, nos plumassiers se sont ingéniés à fabriquer des ailes et des oiseaux factices avec des plumes de basse-cour. Cela a été le point de départ d’une véritable révolution dans cette branche de l’industrie de la plume, laquelle s’est, par suite, complètement transformée.
- Les oies, canards, poules, coqs, pintades, dindons, pigeons, etc., fournissent la plus grande quantité des plumes ainsi utilisées à Paris, qui est le principal marché, ce genre d’industrie étant essentiellement parisien. Nous avons, en effet, à Paris, plus de 400 fabricants s’occupant spécialement de ce commerce; ils emploient ensemble ' environ 20.000 ouvrières, et leur chiffre d’affaires s’élève chaque année à une vingtaine de millions de francs.
- Pour les plumes d’autruche, et toutes autres provenant des colonies anglaises, le marché le plus important se tient à Londres six fois par an. ;
- Les ventes ontllieu aux enchères publiques et les principaux acheteurs, après les acheteurs parisiens, sont les Allemands, les Anglais, les Autrichiens et les Américains.
- Ces derniers suivent très attentivement la mode lancée à Paris; aussi, dès qu’une plume nouvelle apparaît, elle est vivement demandée par les fabricants de New-York. Ceux de Vienne, de Berlin, sont également vite renseignés et passent des ordres importants. Il en résulte des hausses parfois énormes sur les plumes brutes, ce qui permet aux détenteurs de ces matières de réaliser des bénéfices considérables.
- Par suite du développement pris par la branche spéciale d’industrie qui les emploie, les plumes de basse-cour ont également subi de sensibles augmentations.
- Ainsi, les belles plumes de dindon blanc, qui se vendaient moins de 50 francs le kilo, il y a six ou sept ans, valent aujourd’hui plus de 200 francs. Celles de dindon noir qu’on payait, jusqu’en 1902, au-dessous de 7 francs le kilo, se vendent maintenant au-dessus de 30 francs. Les autres genres de plumes de basse-cour ont augmenté dans des proportions analogues.
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- LES PLUMES ET LA MODE
- LES FOURRURES EN PLUMES
- I
- Depuis 1904, année de l'Exposition universelle de Saint-Louis, dont notre distingué collègue M. E. Mermilliod fut rapporteur pour le Groupe 61, l’industrie des plumes n’a pas subi de bien profondes transformations.
- A cette époque, le rapporteur de notre Classe signalait déjà l’importance de la « nouvelle industrie de la fourrure en plumes », et il disait qu’on utilise pour cette fabrication, dans une très grande proportion, la plume du dindon qui vient de France, de Hongrie et de l’Amérique du Nord.
- Les fabricants, qui n’avaient guère lancé que le boa de plumes, à la fois si léger, si chaud et si seyant, venaient de créer d’autres genres de fourrures permettant d’utiliser de nouvelles sortes de plumes et qui offraient un champ illimité à l’ingéniosité et aux ressources de l’art parisien.
- Aujourd’hui, le commerce de la fourrure en plumes a pris une extension considérable. Une soixantaine de maisons s’occupent spécialement, à Paris, de la confection de cet article, et toutes sont dans une situation prospère.
- Cette nouvelle application des plumes à l’industrie de la mode a donc eu d’heureuses conséquences pour le commerce français, car, à l’heure actuelle, la concurrence étrangère — notamment celle de l’Allemagne, de l’Amérique et de l’Autriche, si redoutables pour nous dans les autres branches de l’industrie des plumes — n’a pas encore pu ralentir l’essor de la fabrication parisienne des fourrures en plumes.
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- EXPOSITION DE MILAN
- II
- Au début de cette industrie, la préparation des articles était purement manuelle. Mais les progrès de la mécanique ont apporté là aussi une collaboration précieuse sous forme de machines perfectionnées permettant de fabriquer vite et bien.
- III
- Les fourrures en plumes sont très appréciées de l’étranger, principalement en Angleterre et aux États-Unis.
- Nous exportons environ les 9/10es de notre production.
- A deux années de distance, nous pouvons faire exactement la même constatation que notre collègue M. E. Mermilliod : « L’exportation active de la jeune industrie des fourrures en plumes lui a permis de dépasser son aînée, l’industrie des plumes pour parure. »
- FABRICANTS ET OUVRIERS
- I
- Lors du dernier recensement, on comptait en France 2.702 fabricants de fleurs et plumes et 538 apprêteurs de plumes pour ornements et parures.
- Dans cette industrie, l’élément féminin domine dans la direction des établissements comme dans la main-d’œuvre,
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- TROISIÈME PARTIE. ----- PLUMES, FLEURS ET PAILLETTES 701
- Sur les 2.702 fabricants, 837 seulement appartiennent au « sexe fort » et 1.865 au sexe que, par une vieille habitude, nous continuerons de dénommer « faible », quoique ce qualificatif soit ici bien peu juste. fi
- Le personnel employé à la fabrication des plumes et fleurs forme un total de 11.249 personnesjetjde 4.185 pour l’apprêt des plumes.
- Nous ne parlons pas ici des fleurs et objets en perle» ou en celluloïd.
- Sur cette population ouvrière, on compte 1.530 hommes et 9.719 femmes dans la catégorie de la fabrication, et 392 apprêteurs contre 3.793 apprêteuses.
- La population active forme, pour la fabrication, un total de 23.452 individus, dont 2.135 hommes et 20.754 femmes; pour l’apprêt, 6.999 individus, dont 671 hommes et 6.328 femmes.
- On comptait, au total, 2.156 fabriques, sur lesquelles 198 n'ont pas d’ouvrier; 1.440 en ont de 1 à 4, 279 de 5 à 10, 148 de 11 à 20, 72 de 21 à 50, 15 de 51 à 100, et une seule occupant plus de 100 ouvriers.
- Les ateliers d’apprêt étaient au nombre de 456; 32 n avaient point d’ouvrier, 261 en avaient de 1 à 4, 78 de 5 à 10, 53 de 11 à 20, 25 de 21^à 50, 3 de 51 à 100, et 3 étaient indiqués comme ayant un personnel supérieur à 100 ouvriers.
- II
- Nous avons trouvé dans le remarquable rapport de notre collègue M. Albert Leduc, un professionnel en la matière, d’utiles indications sur les conditions du travail et la main-d’œuvre dans 1 industrie plumassière.
- Après avoir contrôlé ces renseignements avec la situation de l’heure actuelle, nous avons pu nous convaincre que depuis 1889 aucune modification importante n’avait été apportée dans les î dations des ouvriers avec les patrons, ni dans les conditions du tiavail, ni dans la composition du personnel, ni même dans le règlement des salaires.
- On ne saurait déduire de ces constatations qu aucune réforme n’a été faite par les fabricants et apprêteurs de plumes.
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- Nous rendons, au contraire, hommage aux soins que la plupart des fabricants apportent à perfectionner leur méthode de production, aux efforts qu’ils font pour améliorer les conditions du travail dans leurs ateliers et augmenter les salaires.
- Mais il n’est pas en leur pouvoir d’éviter les mortes-saisons, les années mauvaises ou médiocres; ils ne peuvent enfin interdire aux ouvriers de s’établir à leur compte et de travailler à façon.
- « Les hommes, écrit M. A. Leduc, sont exclusivement employés aux travaux d’apprêt qui se font, presque tous, au moyen d’appareils mécaniques. Ces appareils sont si perfectionnés aujourd’hui qu’il faut peu de monde pour les manœuvrer; c’est ce qui explique que l’effectif des hommes employés soit si faible. Quatre ou cinq ouvriers, en effet, suffisent à préparer la besogne d’une cinquantaine de femmes et d’apprenties. Ces dernières exécutent les opérations de mise en œuvre; ce sont elles qui font les « ouvrages en plumes ».
- En règle générale, le travail s’effectue en atelier chez le fabricant, parce qu’il exige un outillage mécanique assez compliqué. Cependant, un certain nombre d’ouvriers travaillent chez eux. Ce sont tous des teinturiers qui, ayant pu se créer à domicile une petite installation, préfèrent opérer pour leur propre compte. Ils sont en relation avec des fabricants qui leur donnent du travail à façon.
- Les jeunes ouvrières font un apprentissage de six mois, pendant lequel elles ne gagnent rien. Au bout de ce temps, elles reçoivent une légère rétribution ; mais il leur faut encore en moyenne dix-huit mois de stage à l’atelier avant de devenir ouvrières en titre. Ce sont en général des enfants de treize à quinze ans. (En 1904, M. E. Mer-milliod constatait que la proportion des jeunes filles au-dessous de dix-huit ans ne dépasse pas 15 % dans les ateliers.)
- Des écoles d’apprentissage pour les femmes et des écoles professionnelles pour les teinturiers exerceraient une heureuse influence sur la formation du personnel. (Ce désir de M. Leduc a été en partie satisfait et, dans cet ordre d’idées notamment, les associations patronales ont apporté en ces dernières années d’heureuses modifications dont nous nous réservons de parler en détail.)
- La lutte pour le bon marché et le désir des parents de voir leurs enfants gagner tout de suite un salaire relativement élevé, ont porté un coup sensible à l’apprentissage. On fait aujourd’hui beaucoup de « petites mains » dans chaque spécialité; mais les ouvriers, surtout les ouvrières connaissant à fond la profession, deviennent de
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- plus en plus rares. Mais il n’est peut-être pas besoin de créer des écoles professionnelles pour réagir contre cette tendance. Il existe une institution qui peut, dans une grande mesure, y suppléer, c’est la « Société d’assistance paternelle ».
- III
- Les salaires n’ont pas changé depuis 1900 et varient entre 4 et 5 fr. par jour. Mais en général le travail est payé aux pièces et il est par conséquent toujours proportionné à l’habileté de l’ouvrière. Il en est de très adroites qui gagnent une moyenne de 10 francs par jour.
- Les caprices de la mode veulent qu’on emploie surtout les fleurs en été et les plumes en hiver.
- Il en résulte que, même dans les années très prospères, les plumas-sières doivent subir les conséquences d’une morte-saison qui varie de quatre à six mois.
- Aussi, un certain nombre d’ouvrières avisées connaissent également la fabrication de la plume et des fleurs. Comme ce second métier est aussi rémunérateur que le premier, les ouvrières qui pratiquent l’un et l’autre n’ont guère à souffrir du chômage.
- IV
- Les industries des plumes, des fleurs artificielles et des paillettes, ayant entre elles des intérêts communs, se trouvent réunies dans les groupements suivants :
- Fédération des industries de la mode.
- Président...........
- Vice-Présidents.....
- Secrétaire général...
- Secrétaires.........
- Trésorier..........
- MM. Le Maire Demouy;
- Sansom et Lavanoux; Georges Brossard; Cambier et Hertzfeld; Tafïoneau.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Chambre de la mode en gros.
- Présidents........... MM. Sansom;
- Vice-Présidents... Aron, Kahn, Guillet;
- Secrétaire........ Leroy;
- Trésorier......... Barthélemy.
- Chambre de la fantaisie pour modes.
- Président............ MM. Tafïonneau;
- Vice-Présidents... Denis et Lallement;
- Secrétaires....... Germains et Francfort;
- Trésorier......... Haas Kahn.
- Chambre syndicale des fleurs et plumes.
- Président............ MM. Chaudelet;
- Vice-Présidents... Lavanoux et Guérin;
- Secrétaires....... G. Soyez et A. Jacob;
- Trésorier......... Motteau.
- Chambre syndicale
- des fabricants de fleurs artificielles de Paris.
- Président............ MM. Bacquet;
- Vice-Présidents... Pinel et Violleau;
- Secréta ire....... Vanier ;
- Trésorier......... Marion.
- Chambre syndicale
- des fabricants de plumes pour parures.
- Président............ MM. Mirtil Mayer;
- Vice-Présidents... Demaret et Lolliot;
- Secrétaires................ Deschampes et Dusauchoy;
- Trésorier.......... Billette.
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- TROISIÈME PARTIE.
- — PLUMES, FLEURS ET PAILLETTES 705
- Chambre syndicale
- des fabricants de plumes fantaisie pour modes.
- Président........ MM. Bordeau;
- Vice-Présidents.. Munier et Millon;
- Secrétaires...... Auchat et Gaiou ;
- Trésorier........ Belloir.
- Chambre syndicale des teinturiers en plumes.
- Président.......... MM. Georges Brossard;
- Vice-Président..... Cambier;
- Secrétaire.................. Nivette ;
- Trésorier.......... Conort.
- Chambre syndicale
- des fournitures générales pour fleurs et plumes.
- Président.......... MM. Deslauriers;
- Vice-Présidents.... Simonet et Thiou;
- Secrétaire......... Thiaude;
- Trésorier.......... Barthe.
- SITUATION COMMERCIALE DE L’INDUSTRIE DES PLUMES EN ITALIE DE 1901 A 1905
- Le commerce des plumes, en Italie, n’a pas une importance qui permet de le comparer à celui de la France ou de la Grande-Bretagne.
- L’Italie envoie en France de la plume brute; généralement, ces
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- EXPOSITION DE MILAN
- plumes sont apprêtées et teintes chez nos grands manufacturiers qui les réexportent en Italie.
- De 1901 à 1905, le commerce de la plume brute a donné lieu, en Italie, aux transactions suivantes :
- 1901 1905
- Valeur en lires Valeur en lires
- Importation................ 377.060 176.885
- Exportation................ 43.470 61.950
- Cette comparaison établit que le commerce à l’importation des plumes brutes, entre 1901 et 1905, a perdu plus de 50 % de son importance, tandis qu’au contraire les exportations se sont améliorées dans de notables proportions, dont le commerce français a bénéficié.
- Si l’on examine la situation par nations, nous constatons qu’à l’importation, toutes les nations ont des moins-values importantes en 1905 comparativement avec 1901.
- Principaux clients à l’importation :
- 1901 1905
- France.................. 166.260 lires. 111.860 lires.
- Allemagne............... 104.380 — 39.610 —
- République Argentine.... 78.370 — »
- Chine................... 14.110 — 15.130 —
- PRINCIPAUX CLIENTS DE L’EXPORTATION
- Le commerce d’exportation de la plume brute est très variable; en 1901, les principaux clients étaient l’Allemagne (22.890 lires) et l’Autricbe-Hongrie (14.840 lires). En 1905, la France occupe la première place (57.610 lires), et l’Autriche-Hongrie la seconde (3.780 lires' ‘
- Mais ces chiffres, dans leur importance ou leur faiblesse, ne peuvent fournir les éléments de précision nécessaire à établir la
- !
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- TROISIÈME PARTIE. — PLUMES, PLEURS ET PAILLETTES 707
- prospérité d’une branche industrielle. Ainsi, de 1901 à 1905, nous constatons les variations suivantes dans les exportations en France :
- 1901 .......................... ,,
- 1902 .......................... 69.510 lires.
- 1903 ............................. 2.800 —
- 1904 ............................ 54.180 —
- 1905.............................. 57.610 —
- Avec l’Allemagne, les variations ne sont pas moins importantes. Exportations en Allemagne.
- 1901 ........................ 22.890 lires.
- 1902 ........................ 46.620 —
- 1903 ........................ » —
- 1904
- 1905
- PLUMES OUVRÉES
- Le commerce des plumes ouvrées est important à l’importation; il n’existe pas à l’exportation.
- 1901 1905
- Importation............... 1.610.140 lires. 2.234.480 lires.
- Exportation............... 11.600 — » —
- La France a une place très prépondérante dans les importations plumes ouvrées en Italie, mais elle n’est pas seule à y trouver des débouchés; parmi les nations importatrices, nous trouvons :
- 1901 1905
- France..................... 737.800 lires. 1.106.700 lires.
- Allemagne.................. 619.070 — 695.950 —
- Autriche-Hongrie........... 229.710 — 420.050 —
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- Au, cours de la période de 1901, les importations françaises et autrichiennes se sont développées dans des proportions équivalentes, sans que l’on puisse toutefois comparer le chiffre d’affaires de la France avec celui de l’Autriche-Hongrie.
- Au contraire, les importations allemandes n’accusent que 11 % de plus-value.
- Les négociants italiens demeurent donc fidèles aux maisons françaises dont ils apprécient le soin de fabrication.
- Les plumes de parure ouvrées, importées en Italie, sont surtout de la plume de fantaisie, coq, vautour;nous n’y vendons que peu de plumes d’autruche.
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- ITALIE. — PLUMES de Parure, brutes.
- Statistiques italiennes. — Commerce spécial.
- PAYS 1901 190% 1903 1904 1905
- DE PROVENANCE ET DE DESTINATION IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos
- Autriche-Hongrie .... 2.550 14.840 3.655 9.870 765 2.100 24.225 44.030 765 3.780
- I1 rance 166.260 » 188.870 69.510 180.965 2.800 144.755 54.180 111.860 57.610
- Allemagne 104.380 22.890 66.810 46.620 48.705 » 25.075 » 39.610 )>
- Angleterre Suisse )) 2.520 18.275 )) 82.875 )) )) » 8.330 »
- 6.375 3.220 2.125 )) 1.530 2.030 1.360 )) !#> 560
- Chine 14.110 )) 5.355 )) » » 6.970 » 15.130 »
- Uuruguay )) )) )) » )) )) )> » 1.190 ))
- Indes britanniques . .. 2.295 ” )) " ” )) )) )) »
- Autres possessions an-glaises d’Asie » )) » 680 '» )) ))
- Brésil 2.720 ” )) )) )) » )> )) » ))
- Etats Unis » » )) )) 1. 105 )) )) )) )) ))
- Argentine 78.370 » 4.420 )) 6.970 » » » )) »
- Malte )) )) 1.785 )) 17.765 » 13.090 )) )) ))
- J Erythrée )) » 2.210 » 12.155 )) )) » » ))
- Japon )) )) )) * ” )) » ! » »
- Tunisie » )) )) , )) )) » )) 5.600 )) »
- Tripolitaine * )) ! )) )) 1.445 » )) 2.590 )) ))
- Totaux 377.060 43.470 293.505 126.100 354.280 6.930 216.155 106.400 176.885 • v ( 61.950
- TROISIÈME PARTIE. — PLUMES, FLEURS ET PAILLETTES 709
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- ITALIE. — PLUMES de Parure, ouvrées. — Statistiques italiennes. — Commerce spécial.
- PAYS DK PROVENANCE ET DE DESTINATION 1901 1902 1903 1904 1905
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires
- Autriche-Hongrie .... 229.710 8.700 418.810 1.450 127.410 11.020 420.050 14.790 420.050 »
- 737 son Hja 370 65.540 1 687 3.30 11.600 1.614.480 8.700 1.106.700 „
- Allemagne 619.070 382.230 459.730 2.610 529.170 )) 695.950 »»
- Angleterre )) »» )) )) 17.980 >» 126.480 » 4.030 »
- Suisse 15.500 )> » )) 5.580 870 1.240 1.450 1.240 ))
- Indes britanniques et
- Ceylan 3.410 » 2.170 » 9.300 ». 3.702 )) 4.960 »
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- Egypte » » )) )) 1.550 )) » 2.320 )> »
- Brésil )> )) )) )) , 25.520 )) )) » )> |
- Totaux 1.610.140 11.600 1.679.580 66.990 2.308.880 51.620 2.696.380 27.260 2.234.480 »
- 1-
- 710 EXPOSITION DE MILAN
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- Les Fleurs artificielles
- L’ORIGINE DE CETTE INDUSTRIE - SES BRANCHES DIVERSES — SES PROCÉDÉS DE FABRICATION SA SITUATION DE 1902 à 1906, EN FRANCE ET EN ITALIE
- I
- Les fleurs artificielles ont, comme les rois, comme les grandes découvertes, comme les sciences et comme l’art, leur historien.
- Avec un soin délicat, une érudition remarquable, un souci parfait de l’exactitude, M. Charles Petit a écrit, sur les origines de l’industrie qui nous intéresse, des travaux auxquels on a souvent rendu un hommage mérité et qui ont apporté à notre grande histoire de l’industrie et du commerce, la plus précieuse des collaborations.
- Nous ne pouvions puiser à meilleures sources les éléments nécessaires à la rédaction de cette partie de notre travail.
- Nulle compétence ne pouvait être mieux qualifiée pour donner à nos collègues quelques aperçus historiques sur une industrie, gui, à l’heure actuelle, est une des importantes parmi celles que l’on désigne couramment sous cette appellation générale « articles de Paris ».
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- 712
- EXPOSITION DE MILAN
- Si les travaux de M. Ch. Petit nous ont fourni des renseignements dont nous apprécions toute la valeur et qui nous ont aidé à rédiger notre partie historique, nous devons reconnaître que nous avons trouvé pour notre étude technique des éléments très précis dans les rapports de nos collègues, MM. Albert Leduc et Julien Hayem.
- Pour notre part, nous nous sommes efforcé de mettre en valeur les perfectionnements cpii ont été apportés, en ces dernières années, dans cette industrie. Ils sont la meilleure preuve de sa merveilleuse activité.
- Dans cette partie de notre travail, nous avons été aidé des conseils de nos collègues fabriquant ces articles, et nous tenons cà les remercier de la bienveillance qu’ils ont mise à nous guider et à nous renseigner.
- II
- L’origine des fleurs artificielles remonte à une époque reculée. On en a découvert dans les tombeaux de Thèbes, et Pline raconte que l’usage des fleurs artificielles a été importé d’Egypte en Grèce, vers l’an 350 avant Jésus-Christ.
- Sous les Césars, les dames romaines plaçaient des fleurs artificielles odoriférantes dans leurs cheveux. Elles étaient fabriquées d’écorce de papyrus et de soie de diverses couleurs;le parfum était, à 1 odorat, le même que celui répandu par les fleurs naturelles qu’on avait imitées.
- Dès le me siècle après J.-C., les Chinois faisaient des fleurs avec la moelle de certaines plantes, les plumes d’oiseaux et plusieurs espèces de soieries dont quelques-unes étaient tissées pour cet usage. Aujourd’hui encore, il n’est point de femme, en Chine, si pauvre et si vieille soit-elle, qui n’ait des fleurs dans les cheveux.
- En Espagne, on fait depuis longtemps des fleurs avec les cocons, la batiste, la gaze et les étoffes de soie.
- L’art de faire des fleurs artificielles, dans lequel excellaient les Romains, paraît n’avoir jamais été perdu en Italie. L’industrie des fleurs imitées a été, en effet, introduite dans notre pays par les Italiens, vers la fin du xve siècle.
- Sous le règne de Henri IV, les règlements des corps de métiers
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- en réservaient l’exercice aux plumassiers, panachers, bouquetiers et enjoliveurs; plus tard, le privilège de la façon et de la vente fut aussi concédé aux bouquetières, chapelières en ileurs et aux faiseuses et marchandes de modes plumassières.
- C’est à Lyon que la fabrication des fleurs artificielles a commencé en France; elle fut plus tard apportée à Paris. Pendant longtemps, de même qu’en Italie et en Espagne, elle fut exercée principalement dans les couvents de religieuses, et ces Heurs, faites de parchemin, d’étoffes grossières, de papier doré ou colorié, étaient destinées à l’ornement des autels.
- L’usage des fleurs artificielles dans la parure ne s’est répandu en France que lorsqu’on a su les faire légères et mignonnes; jusqu’à cette époque, les fleurs employées à la toilette des dames nous venaient de l’Italie et de la Chine.
- Les progrès dans la fabrication des fleurs françaises ne remontent pas à une époque très ancienne de la nôtre; c’est seulement dans le cours du xvme siècle que l’art du fleuriste s’est perfectionné et a pris rang chez nous.
- En 1738, un nommé Séguin, de Mendes, vint se fixer à Paris et eut l’idée d’appliquer son talent et ses connaissances en botanique et en chimie à l’imitation des fleurs : il est le premier qui ait cherché à copier scrupuleusement la nature.
- Il imita les fleurs chinoises avec la moelle de sureau, et fit, dans le goût italien, des Ileurs à feuillage d’argent qui eurent longtemps la vogue.
- Séguin jouissait d’une véritable célébrité.
- Pour sa fabrication, il employait ordinairement les cocons, les toiles et le parchemin; il découpait aux ciseaux tous les organes qui composent les fleurs et les coloriait au pinceau.
- En 1770, un Suisse, dont le nom n’est point parvenu à la postérité, imagina d’employer à la fabrication des fleurs l’emporte-pièce, sorte de poinçon évidé avec lequel on découpe, d’un seul coup, six ou huit feuilles ou pétales de fleurs.
- Peu après, on se servit du gaufroir gravé et de sa cuvette, entre lesquels on place les feuilles découpées pour leur donner, à l’aide d’une presse, les nervures du feuillage et des pétales de certaines fleurs.
- Sous l’Empire et sous la Restauration, la fabrication des fleurs Ht de nouveaux progrès; des fabricants habiles tels que Jourdan, Ration, Nattier, Mme Roux, Mme Prévost, se livrèrent avec ardeur au
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- perfectionnement de leur art ; de nombreux essais, de patientes études leur permirent de surmonter, mais non de supprimer les diflicultés qui s’opposaient au développement de cette industrie; ils firent des imitations de fleurs d’une vérité inconnue jusqu’alors, mais, en raison des difficultés vaincues, le prix de ces petits chefs-d’œuvre était si élevé qu’ils ne trouvaient d’emploi que pour des circonstances exceptionnelles : une corbeille de mariage, une invitation à la cour, etc.
- Malgré les préoccupations constantes des fabricants, les fleurs artificielles fabriquées pour l’industrie demeurèrent jusqu’en 1826 des produits assez grossiers; il fallait souvent, nous dit M. Alfrep Picard, une dose de bon vouloir pour y reconnaître une ressemblance quelque peu approchée des fleurs ou des plantes naturelles.
- Le progrès ne s’est véritablement manifesté qu’avec la division du travail et la spécialisation des genres.
- Vers 1824, chaque branche de la fabrication devint l’objet d’entreprises particulières. On tissa spécialement des étoffes pour la fleur et le feuillage; des ateliers distincts s’ouvrirent pour la confection des matériaux nécessaires aux fleuristes, pour la préparation des couleurs, celle des batistes, des mousselines, des gazes et autres étoffes.
- C’était là une véritable révolution dans l’industrie des fleurs artificielles, car jusqu’à cette époque, chaque fabricant devait tout faire dans son atelier : outils, apprêts, teinture, monture, et tous les genres de fleurs; aussi, quels que fussent les soins apportés alors au travail, la fabrication souffrait, surtout en ce qui concerne les feuillages, de cette organisation.
- Pour ouvrir une voie nouvelle à l’industrie des fleurs artificielles, on reconnut bientôt la nécessité d’améliorer les produits accessoires et de diminuer les prix de vente.
- La division du travail devait rendre faciles, en peu d’années, des progrès que les anciens fleuristes n’auraient jamais pu réaliser.
- Cette méthode nouvelle de travail fut bientôt appliquée à la fabrication et la division du travail fut suivie à brève échéance de la spécialisation des genres. Les fabricants de fleurs s’attachèrent, en effet, à certaines spécialités. Il en résulta la création d’un grand nombre de petits ateliers, où se fit isolément chaque espèce de fleurs.
- Les années 1827, 1828 et 1829 virent l’établissement de riches magasins, pour la monture et la vente des parures.
- Quelques années plus tard, la fleur de fantaisie commença à
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- prendre faveur, et aux Expositions de 1839, de 1844 et 1849yon constata les progrès qu’avait faits la division du travail et les perfectionnements de détail qui en étaient la conséquence naturelle.
- C’est à cette dernière date qu’il faut rapporter l’extension momentanée que prit la confection des plantes artificielles pour les études de botanique comme aussi la plus grande perfection apportée à la gravure des outils.
- Les événements de 1848 amenèrent l’emploi des fleurs artificielles dans les décorations pour les fêtes publiques.
- La supériorité des fabricants français fut officiellement consacrée aux Expositions de Londres en 1851, de Paris en 1855, et nous avons la fierté de constater que depuis cette époque, tous les rapporteurs d’Expositions, qu’elles aient été organisées en France ou à l’étranger, ont dû reconnaître que les produits de notre industrie étaient très supérieurs à ceux fabriqués à l’étranger. -
- Depuis le jour où fut consacrée notre supériorité, les progrès de la science industrielle ont encore permis d’apporter à l’industrie des fleurs artificielles des améliorations considérables.
- Les conditions de travail se sont transformées au fur et à mesure
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- du développement de l’industrie, et, malgré la concurrence que nous font aujourd’hui des nations qui, hier encore, étaient nos clientes, nous conservons la première place sur le marché international.
- Ces résultats si satisfaisants sont la récompense des efforts, de l’initiative, des qualités si diverses et si supérieures de nos fabricants français, et l’on ne peut que les en féliciter.
- Cette industrie, dont le commerce d’exportation atteint aujourd’hui 35.833.000 francs, il y a cinquante ans, était déjà considérée comme d’une prospérité exceptionnelle, et son chiffre de commerce avec l’étranger se montait à 4.146.000 francs !
- Ces chiffres sont à eux seuls et dans leur brièveté beaucoup plus éloquents que les meilleures considérations.
- Si nous voulions suivre pas à pas le développement de cette industrie et nous étendre sur les causes de cette prospérité, sans cesse plus florissante, il faudrait un travail beaucoup plus développé que ne peut l’être celui que nous présentons aujourd’hui à nos collègues.
- Les détails que nous donnons sur la fabrication moderne suffiront, nous l’espérons, à mettre en valeur l’importance du rang que l’industrie des fleurs artificielles occupe aujourd’hui dans l’activité économique de la France.
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- Avant de terminer cet exposé sommaire de l’histoire et delà situation des fleurs artificielles, nous tenons à nous faire l’écho des doléances des fabricants français.
- Déjà, en 1904, notre collègue, M. Eug. Mermilliod, dans son rapport sur l’Exposition internationale de Saint-Louis, avait signalé le préjudice que cause à l’industrie des fleurs artificielles la différence du régime douanier français et celui de l’Allemagne.
- Les fleurs fabriquées en Allemagne ne payent aucun droit poui entrer en France, tandis que les fleurs fabriquées en France payent un droit de 1.125 francs par 100 kilos à leur entrée en Allemagne.
- « L’Allemagne, écrivait M. Eug. Mermilliod, est devenue depuis dix ans notre concurrent le plus redoutable pour la fabrication de la Heur. Elle s’est formée à notre école avec une patience opiniâtre, qui est le trait dominant de son caractère national; elle a copié servilement nos modèles, et elle est arrivée à une grande perfection dans la reproduction de nos articles courants.
- » Néanmoins, il ne suffisait pas de faire presque aussi bien que nous, pour battre en brèche notre situation acquise, et la fabrique allemande l’a bien compris. Elle s’est donc attachée à obtenir les piix de revient les plus bas possibles en employant une main-d œuvie rurale qui n’avait jamais été utilisée que pour les travaux peu rémunérateurs de l’agriculture, et par conséquent se montra peu exigeante. Elle réduisit, en outre, ses frais généraux à leur simple expression par l’organisation du travail au dehors. Grâce à celte méthode, les fabricants allemands, qui sont, pour la plupart, des ouvriers-patrons, payant largement de leur personne, établiient des prix de vente que la fabrique parisienne ne pouvait pas obtenii à beaucoup près. Les fleurs allemandes commencèrent donc à prendi e la place des fleurs françaises sur les marchés anglais et américains et même sur le marché français.
- » L’industrie de la fleur avait été classée, en effet, au moment du traité de commerce franco-allemand, parmi les quelques industiies que les négociateurs français jugèrent inutile de protéger par des droits de douane. On lui fit l’honneur de croire que sa prospérité était inattaquable et, comme son commerce d’exportation était très florissant, on en conclut a fortiori qu’elle n avait rien à craindre chez elle de la concurrence étrangère. Il fut donc convenu que les fleurs allemandes entreraient en franchise et, par contre, on laissa frapper les fleurs françaises d’un droit de 1.125 francs par 100 kilos à leur entrée en Allemagne.
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- » Les résultats de cette convention furent désastreux pour l’industrie française : comme on l’a vu, l’industrie allemande mit à profit la protection dont elle était favorisée pour s’organiser, et, à l’heure actuelle, elle inonde notre marché de ses produits.
- » En outre, une partie de son exportation en Angleterre et en Amérique se faisant par l’intermédiaire d’agents établis à Paris, les marchandises importées en France en franchise sont très facilement francisées par leur transit à Paris : il n’y faut que le temps de coller sur les paquets des étiquettes portant la mention « Made in France », et elles sont réexpédiées par les ports français avec toutes les apparences de marchandises françaises.
- » Le préjudice causé à notre production nationale se trouve ainsi doublé par une supercherie contre laquelle nos fabricants protestent avec juste raison. Le seul remède à un état de choses aussi désastreux est un droit de douane sur les lleurs allemandes à leur entrée en France. La Chambre syndicale des fabricants de fleurs et feuillages artificiels de Paris a pris en main cette revendication trop légitime et elle a porté ses doléances devant les pouvoirs publics en demandant très loyalement la réciprocité pure et simple.
- » Si les fleurs allemandes étaient frappées d’un droit égal à celui qui frappe les fleurs françaises à l’entrée en Allemagne, ce droit serait suffisant pour enrayer l’envahissement du marché français et pour éviter le maquillage des produits allemands pendant leur transit en France. »
- M. Eug. Mermilliod terminait cet exposé très net d’une situation regrettable en souhaitant « que cette réclamation des représentants autorisés de la fabrique française des fleurs artificielles soit entendue en haut lieu et qu’il lui soit donné la satisfaction qui lui est due ».
- Nous tenons, pour notre part, à nous associer à ce vœu et nous espérons que les pourparlers engagés aboutiront à une solution qui forcera des concurrents peu scrupuleux à respecter tout au moins les règles les plus élémentaires de la concurrence et de la « correction commerciales » .
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- L INDUSTRIE DES FLEURS ARTIFICIELLES
- L’industrie des fleurs artificielles comprend trois grandes divisions :
- 1° Les fleurs, feuillages et arbustes destinés à la décoration;
- 2° Les fleurs pour parures ;
- 3° Les fleurs pour couronnes funéraires.
- La variété des matières premières est infinie. Ce sont les tissus de soie (taffetas, florence, satin, gaze, velours, peluche), les tissus de fil (mousseline, batiste), les tissus de coton (nansouk, jaconas, percale, madapolam, satin, velours), le papier, la baudruche, la plume, le verre, la cire, les gommes, les fils métalliques ou végétaux, le caoutchouc, la gutta-percha, la baleine, la gélatine, le coton brut, la porcelaine, les métaux ouvrés, les fleurs naturelles desséchées ou préparées, les matières colorantes, le vernis, la colle de poisson, l’amidon, la dextrine, la glycérine, les huiles, les poudres brillantes ou colorées (paillon, bronze, brocart, poudre, étincelle, poudre dia-mantée), etc.
- Nous en achetons le dixième environ en Angleterre, en Allemagne, en Italie.
- L’industrie des fleurs artificielles a son siège le plus important à Paris. Depuis quelques années cependant, des fabricants à larecherche d’une main-d’œuvre bon marché ont installé des fabriques aux environs de Paris, dans le département de la Seine et dans la grande banlieue parisienne.
- Mais Paris est toujours le centre de la fabrication riche.
- Des commissionnaires centralisent les produits et offrent ainsi à la clientèle un choix aussi complet que possible.
- FLEURS ET FEUILLAGES POUR DÉCORATION
- L’industrie des fleurs et feuillages pour décoration est très prospère et a fait, depuis quelques années, des progrès considérables.
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- Les fêtes publiques, les fêtes privées, les théâtres, les rues, les places publiques, les monuments sont les k clients » de cette industrie et lui ouvrent des débouchés considérables.
- Il n’est pas aujourd’hui une petite ville qui se respecte et qui oserait ouvrir la fête annuelle sans avoir décoré ses rues principales, l’avenue de la gare ou de la République, d’une guirlande de fleurs artificielles.
- L’électricité, cette fée merveilleuse, a été prétexte aux plus agréables inventions des fabricants d’objets de décoration, et nous connaissons tous les effets merveilleux d’éclairage que l’on obtient avec l’électricité, des lampes de couleurs très variées et les fleurs artificielles.
- Le Salon de l’Automobile, notamment, fait de grandes dépenses d’éclairage et utilise pour la décoration des larges avenues qui entourent le Grand Palais des Champs-Elysées des quantités considérables de fleurs artificielles en chiffon ou en celluloïd et obtient ainsi des effets de lumière qui, tous les ans, sont de plus en plus merveilleux.
- Les fabricants de ces articles occupent plusieurs centaines d’ouvriers et d’ouvrières, suivant la saison, et dix à vingt apprentis et apprenties.
- Quelques établissements ont des usines à vapeur et des machines destinées à actionner les turbines, découpoirs, cylindres, vaporisateurs, etc.
- FLEURS DE PARURE
- Paris est le grand centre de fabrication des fleurs employées dans la parure de la femme, et l’on peut dire que, dans ce genre, la fabrication des fleurs n’est plus une industrie, mais bien un véritable métier artistique..
- Nos ouvriers parisiens sont arrivés à produire des imitations parfaites de la fleur naturelle, et le souci de la perfection a permis de supprimer depuis quelques années la « lourdeur ».
- Aujourd’hui, la fleur artificielle est aussi légère à l’œil que la fleur naturelle, et les imitations sont si parfaites qu’il arrive qu’on peut confondre l’une avec l’autre.
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- Cette perfection permet d’utiliser aujourd’hui beaucoup plus de fleurs artificielles, et il est presque passé de mode d’utiliser la fleur naturelle dans la parure, même pour les bouquets de mariées.
- FLEURS POUR COURONNES FUNÉRAIRES
- Cette branche de l’industrie des fleurs artificielles est, pour ceux qui n’en fabriquent pas, malheureusement, mais en font usage, très prospère.
- La fabrication a subi depuis peu d’années des transformations qui ont permis de produire des articles plus luxueux et d’un goût meilleur.
- Toutes les matières employées, les fleurs, les tissus, la porcelaine, le métal, sont des produits français; seules les perles, dont il est fait une consommation considérable, viennent de la Vénétie ou de la Bohême.
- L’outillage comprend des découpoirs, des gaufroirs avec balancier, des estampoirs, des machines à enfiler les perles et à fabriquer la cannetille en perles.
- De nombreux ateliers occupant de 40 à 150 personnes sont installés avec les perfectionnements les plus modernes; en outre, cette industrie procure de l’ouvrage à de nombreuses entrepreneuses et ouvrières qui travaillent chez elles et sont payées en proportion de leur travail.
- LA FABRICATION DES FLEURS ARTIFICIELLES
- La fabrication des fleurs artificielles comporte un grand nombre d’opérations distinctes et successives que notre collègue, M. J* Hayem, a décrites dans son rapport sur l’Exposition de 1900, et auquel nous avons emprunté les renseignements suivants.
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- Première opération : Découpage.
- Le découpage de la Heur se fait à l’emporte-pièce, soit à la main, soit à la machine; le découpoir, dans ce dernier cas, est mû par la vapeur. Pour faire des assortiments de roses, il est nécessaire d’avoir un millier de découpoirs différents.
- Cet exemple, cité par notre collègue, permet de se rendre compte de l’importance du matériel nécessaire à un fabricant.
- Deuxième opération : Trempage.
- Cette opération est faite à l’aide de bains chimiques et de couleurs préparés par les soins d’ouvriers teinturiers. C’est dans un laboratoire spécial et avec le concours de chimistes et de techniciens que sont combinées les couleurs.
- Troisième opération: Séchage.
- Cette opération, suivant les saisons et l’importance des pièces à sécher, peut s’accomplir soit à l’air libre, soit à l’étuve.
- Quatrième opération : Fabrication.
- C’est après ces trois premières opérations que commence la fabrication proprement dite, c’est-à-dire la remise aux ouvrières de tous les accessoires nécessaires à la fabrication de la fleur et dont l’ensemble constitue, en terme technique, les apprêts.
- Dans les ateliers intérieurs, toutes les ouvrières sont placées face a lace devant des tables carrées sur lesquelles sont disposés les apprêts et des pots de colle.
- Une partie des ouvrières est employée à la fabrication du feuillage U l’autre s’occupe de la fleur.
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- Cinquième opération : Monture.
- La monture consiste à terminer la (leur, à la garnir, à compléter le gracieux ensemble qui consiste dans la réunion de la fleur, des feuilles et des boutons. L’ouvrière dissimule le fil de fer qui supporte la fleur dans un tube en caoutchouc; auparavant, elle fixe au fil de fer principal les fils métalliques plus minces sur lesquels sont piquées les feuilles.
- Cette opération est la dernière de celles qui sont nécessaires à la fabrication des roses artificielles.
- La variété des fleurs naturelles que l’on imite dans l’industrie a nécessairement engendré un grand nombre de procédés de fabrication, qui varient suivant la fleur que l’on veut traiter.
- LES OUVRIERS ET OUVRIÈRES DE LA FLEUR
- Dans notre chapitre consacré à la plume pour parure, nous avons dit que cette industrie se confondait beaucoup avec celle de la fleur pour parure.
- Plusieurs fabricants d’articles en plumes s’occupent également de la ileur artificielle, et nous avons indiqué que les ouvrières employées dans l’une de ces industries sont, pour la plupart, au courant de la seconde.
- Les chiffres que nous avons cités pour l’industrie de la plume doivent donc se trouver répétés ici, en ce qui concerne les fabricants et les ouvriers de la fleur artificielle.
- Nous tenons néanmoins à établir une statistique spéciale à la fleur artificielle, car cette industrie comporte des spécialités qui lui sont propres et qu’on ne saurait confondre avec les genres de fleurs exploitées par les pluinassiers.
- Au dernier recensement, on comptait :
- 23.452 personnes s’occupant à la fois de la fabrication des articles en plumes et des fleurs artificielles.
- Ces23.452personnes comprenaient 2.698 hommes et 20.754 femmes.
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- Les patrons étaient représentés par 2.702 personnes, et les ouvriers en représentaient 11.249, sur lesquels on comptait 1.530 hommes et 9.719 femmes.
- La fabrication des couronnes en perles employait une population active de 6.159 personnes.
- 648 hommes contre 5.511 femmes; le nombre d’établissements s’occupant de cette fabrication était de 656.
- La fabrication des Heurs et autres objets en celluloïd était représentée par 590 personnes, soit 351 hommes et 239 femmes. Le nombre des patrons était de 15, sur lesquels on comptait 2 femmes, celui des ouvriers était de 570, soit 334 hommes et 236 femmes.
- LES SALAIRES
- Dans la spécialité des fleurs et feuillages pour décoration, les salaires des hommes varient de 6 à 10 francs, ceux des femmes de 4 à 5 francs.
- Les apprentis contractent des engagements, en général, pour années et sont payés : la première année, 0 fr. 50; la seconde, 1 franc, et la troisième, 1 fr. 50 @u 2 francs, suivant leur capacité.
- Les salaires sont bien plus variés dans les fleurs et feuillages destinés à la Mode. Les hommes, suivant leur spécialité, gagnent de 6 à 11 francs par jour; les femmes de 4 à 5 francs. Il n’est pas rare de voir certains ouvriers très habiles et payés à la pièce, gagner de 15 à 18 francs par jour.
- Il y a quatre mois de chômage.
- Les ouvriers et ouvrières employés à la fabrication des couronnes mortuaires varient suivant les ateliers et la nature des travaux. En général, les hommes travaillant chez les patrons peuvent gagner 4 à 6 francs par jour, les femmes de 3 à 4 francs.
- Les jeunes filles gagnent de 2 francs à 3 francs et les apprenties 4e 0 fr. 50 jusqu’à 1 fr. 50.
- Au dehors, les salaires pour travaux payés à la pièce s’élèvent, pour les hommes, à 3 et 4 francs; pour les femmes, de 1 fr. 75 à 3 francs par jour.
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- LA CONCURRENCE ÉTRANGÈRE
- Avant la guerre de 1870, l’industrie des fleurs artificielles n’avait aucune concurrence à l’étranger; elle était essentiellement française et parisienne.
- Aujourd’hui, il est hors de doute que la concurrence se monte de tous côtés, et que la fabrication française arrive à un moment où il lui faudra lutter avec toute l’énergie et toute l’intelligence dont elle peut être capable pour ne pas se laisser déplacer.
- L’Allemagne, l’Autriche et la Belgique sont nos principaux concurrents.
- L’Allemagne fabrique des fleurs en mousseline et les feuillages. C’est chez cette nation que la fabrication étrangère est le plus développée. On y a créé de grandes fabriques, où l’on ne fait que l’article courant et plutôt l’article commun.
- « L’Allemagne, écrit avec beaucoup d’à-propos notre collègue, M. Albert Leduc, traite industriellement un article qui demande à être traité artistement. »
- Cette critique, déjà vieille de vingt ans, a conservé toute sa valeur, car il est impossible de porter un meilleur jugement sur une fabrication aussi peu artistique qu’encombrante.
- La fabrication autrichienne est supérieure à celle de l’Allemagne; elle fait des imitations moins maladroites des modèles parisiens; quant à la Belgique, elle s’occupe avec succès de la Heur artificielle et de la fantaisie en perles.
- L’Italie a une fabrication locale assez importante; elle exporte peu, mais protège son marché intérieur par des droits de douane très élevés.
- Nous lui achetons une bonne part des verroteries que nous employons à la confection des ouvrages en perles.
- La main-d’œuvre y étant très bon marché, elle produit à d’excellentes conditions et à des prix très inférieurs à ceux des fabricants qui pourraient être tentés de lui faire concurrence sur ses propres marchés.
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- M. Albert Leduc affirme « que dans l’Amérique espagnole (1) on fait beaucoup de fleurs artificielles d’un genre spécial, en paille, cire, coquillage, c’est-à-dire avec des matériaux qui, à première vue, paraissent aussi peu propres que possible à cet emploi ».
- Les États-Unis, l’Angleterre et d’autres nations, comme le Japon, fabriquent des fleurs artificielles, mais la fabrication française est partout très réputée, et l’Allemagne, notre concurrent le plus direct, ne peut nous entraver, surtout dans la prospérité de nos articles de luxe.
- LE COMMERCE DES FLEURS ARTIFICIELLES DE 1902 A 1906
- L’année 1901 avait été une année de grande prospérité pour l’industrie des Heurs artificielles.
- Le chiffre du commerce d’exportation s’était accru de 6 millions : les achats de l’Angleterre, de l’Amérique et de l’Allemagne avaient été plus importants que. ceux de l’année précédente.
- L’année 1902 ne devait pas être moins favorable. Le chiffre des importations, pour employer l’expression du rapporteur de la Commission permanente des valeurs en douane, était « insignifiant », néanmoins, il marquait une avanceAur celui de l’année précédente.
- L’année 1903 enregistre un recul sensible à l’exportation et une avance légère à l’importation, et, tout de suite, nous voyons les fabricants de fleurs artificielles s’alarmer d’une situation qu’un an auparavant ils considéraient comme « insignifiante », et réclamer un droit d’entrée sur les fleurs artificielles venant de l’Étranger.
- Comparativement avec l’année 1902, la situation des fleurs artificielles était, en 1903, la suivante :
- Exportations
- Importations
- 1902
- Francs
- 32.054.495
- 133.980
- 1903
- Francs
- 26.461.618
- 176.480
- (1) Depuis la dernière guerre hispano-américaine, l’Espagne n’a plus de possessions en Amérique, mais ce détail purement géographique n’a aucune importance pour le sujet qui nous occupe.
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- Cette augmentation du commerce d’importation n’est pas passagère. Nous avons dit que la Chambre syndicale des fabricants de fleurs et feuillages s’était émue de la situation et réclamait des droits de réciprocité.
- En 1904, notre trop confiant collègue de la Commission permanente des valeurs en douane se montre de moins en moins rassuré; il écrit : « C’est à regret que nous voyons à l’importation une augmentation de plus de moitié. Quoique le chiffre des fleurs artificielles reçues ne soit que de 321.600 francs contre celui de 19.622.205 à l’exportation, il y a lieu de s’inquiéter de la concurrence étrangère, surtout allemande. Il y a, du reste, une diminution de sept millions en sortie pour cet article. »
- Les chiffres suivants démontrent que notre confrère avait raison de s’alarmer; mais nous aurons la satisfaction de constater bientôt, avec les années 1905 et 1906, une forte reprise d’affaires pour notre commerce d’exportation.
- 1903 1904
- Francs Francs
- Exportations......... 26.461.618 19.622.205
- Importations......... 176.420 323.240
- De 1901 à 1906,l’année 1904fut la plus mauvaise de cette période; avec l’année 1905, nous voyons notre commerce d’exportation regagner une forte partie du terrain que l’on croyait perdu; il est vrai qu’on peut constater également une augmentation sur les importations.
- Notre confrère est rassuré, il écrit : « La fabrication allemande continue à augmenter en légère proportion, il est vrai, l’importation de ses produits en France pour l’article bon marché.
- » L’exportation a atteint 9 millions de plus qu’en 1904, cela indique que nous sommes sans rivaux pour la fabrication soignée, qui exige un goût tout particulier. Nous ne relevons qu’un total de 451.000 fr. à l’importation contre 28.573.000 francs à l’exportation; la concurrence n’est donc pas encore à redouter. »
- En effet, la situation est très améliorée et les chiffres suivants en sont la démonstration.
- 1904 1905
- Exportations
- Importations
- Francs
- 19.622.205
- 323.240
- Francs
- 28.573.269
- 451.000
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- TROISIÈME PARTIE. ------ PLUMES, FLEURS ET PAILLETTES 727
- Nous pouvions espérer que la brillante situation de 1906 avait été pour le rapporteur annuel de la Commission des valeurs en douane, l’occasion d’une brillante apologie de la situation florissante de cette industrie. Notre confrère nous a déçu, il triomphe sans épanchement et il résume son impression en quelques lignes: « Si à l’importation, écrit-il, nous trouvons une augmentation d’une centaine de mille francs, par contre notre exportation de 28.573.000 francs, en 1905, s’est élevée à 35.833.000 francs en 1906. C’est une industrie prospère! »
- Nous reprendrons à no tre tour la constatation laconique, mais éloquente, de notre collègue, et nous dirons que si l’industrie des fleurs pour parures est sujette à des fluctuations aussi nombreuses que variées, il n’y a rien là qui doive nous alarmer.
- La mode est une grande coquette qui ne compte point ses victimes; une année elle veut des fleurs, l’année suivante il ne lui en faut plus, et peu lui importe le désespoir des fabricants.
- Quant aux progrès de l’importation, nous sommes d’accord avec les fabricants de fleurs artificielles pour demander qu’on prenne des mesures pour sauvegarder nos produits de la réputation que pourraient leur faire les procédés peu scrupuleux des fabricants allemands, expédiant comme marchandises françaises des fleurs fabriquées en Allemagne et par conséquent d’origine allemande.
- Il y a là un procédé intolérable pour les fabricants français, mais nous ne saurions trop mettre nos collègues en garde contre les « droits protecteurs »; ils ont été détestables pour la plupart des industries; qu’ils se méfient des apparences !
- Voici les chiffres nécessaires à la comparaison entre les années 1905 et 1906.
- 1<J05 1906
- Francs Francs
- Exportations ...... 28.573.269 35.832.131
- Importations........ 451.000 570.980
- II
- Ayant donné ces détails sur les procédés de fabrication moderne et sur la situation de notre commerce, on nous permettra de jeter un coup d’œil en arrière.
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- EXPOSITION DE MIT.AN
- Les Expositions rétrospectives sont à la mode, et l’on ne saurait nous blâmer de comparer la situation d’aujourd’hui avec-celle d’il y a cinquante ans.
- En lisant ces lignes, nos fabricants auront le droit d’être fiers de penser que c’est à leurs efforts, à leur initiative, à leur bonne volonté, à leur qualité de goût et à leurs sentiments artistiques qu’en un espace de temps relativement court, à peine un demi-siècle, l’industrie dont ils s’occupent a pris un développement qui, pour longtemps, espérons-le, assure à la fabrication française une supériorité éclatante sur tous les marchés du globe.
- En 1847, la production des fleurs artificielles était à Paris de 11.056.000 francs, et en 1858 de 16 millions environ. 5
- En 1847, on comptait à Paris 622 fabricants et 6.153 ouvriers, dont 433 hommes et jeunes garçons, et 5.720 femmes et jeunes filles.
- La moyenne des salaires était, déduction faite des apprentis, de 3 fr. 77 pour les hommes et 1 fr. 94 pour les femmes.
- En 1858, on évaluait à 1.200 environ le nombre des fabricants, à 11.000 le nombre des ouvriers, dont 1.200 hommes et jeunes garçons, et 9.800 femmes et jeunes filles.
- La moyenne des salaires était de 4 francs pour les hommes et de 2 fr. 50 pour les femmes.
- En 1844, le commerce d’exportation s’élevait à 756.000 francs; en 1857, il était de 4.146.000 francs.
- Nos principaux clients étaient, par rang d’importance :
- Les États-Unis d’Amérique, l’Angleterre, la Belgique, les États allemands, les États sardes et le Brésil.
- En soixante-quatre ans (de 1844 à 1908), notre commerce d’exportation en fleurs artificielles a augmenté de 35.076.131 francs, et en cinquante et un ans (de 1851 à 1908), l’augmentation est de 31.686.131 francs.
- Ces résultats ne permettent pas de critiquer le passé ni d’être inquiet de l’avenir,
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- FRANCE. — FLEURS ARTIFICIELLES
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS 1902 1903 1904 1905 1906
- DE PROVENANCE ET DE
- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA-
- TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS
- Quantités Valeurs Quantités Valeurs Quantités Valeurs Quantités Valeurs Quantités Valeurs
- kilos francs kilos francs kilos francs kilos francs kilos francs
- Allemagne 3.105 206.332 4.314 326.082 8.412 260.540 15.013 » 22.620 »
- Belgique 2.472 772.718 3.322 855.956 3.570 464.229 3.548 231.323 3.217 688.655
- Autriche-Hongrie .. 371 )) 472 » 3.340 » 2.897 112.365 2.317 »
- Grande-Bretagne .. 218 22.581.273 294 16.115.186 359 12.833.496 585 20.348.761 » 24.758.341
- États-Unis » 7.898.250 8.512.159 » 5.210.133 )) 7.031.660 » 9.263.096
- Espagne » 235.442 195.459 » 202.147 » 140.008 » »
- Pays-Bas 196 » » » » ». » » » »
- Italie 68 » » » » » » ». » »
- Australie » 44.930 » » » » » » » »
- Autres Pays étran -
- gers 174 264.491 286 383.306 402 539.164 415 602.880 343 1.009.425
- Tunisie » » » » » 32.160 \ J 29.830 » J
- Algérie 95 27.580 123 51.635 79 68.641 60.338 52 (
- oo / 92 > 112.614
- Autres Colonies et l \
- Pays de protect. » 23.479 » 21.835 ” 11.695 ) 16.104 * 1
- Quantités totales. .. 6.699 2.406.269 8.811 1.886.338 16.162 1.638.892 22.550 2.212.143 28.549 2.930.700
- Valeurs totales. Fr. 133.980 32.054.495 176.420 26.461.618 323.240 19.622.205 451.000 28.573.269 570.980 35.832.131
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- EXPOSITION DE MILAN
- LES FLEURS ARTIFICIELLES EN ITALIE
- Cette industrie est relativement jeune chez nos voisins et néanmoins est déjà très active.
- On ne fabrique en Italie que l’article ordinaire en tissu de coton.
- Les Heurs italiennes sont en général achetées à l’état de « fournitures » en France et les ouvrières n’ont plus qu’à les monter.
- Les fabricants italiens achètent également en France leurs modèles, leurs fournitures spéciales et toutes les matières premières, * tissus, teintures, etc.
- La fleur fine est achetée, soit montée, soit non montée, chez nos fabricants parisiens.
- C’est dans les ateliers de Florence et de Naples que s’exécutent les travaux de fabrication et de montage des fleurs artificielles.
- Pour 1901, le commerce des fleurs artificielles entre la France et l’Italie a donné les chiffres suivants que nous pouvons comparer avec ceux de 1905, les derniers qui aient été publiés.
- 1001
- 1905
- Valeur en lires Valeur en lires
- Importations (France)........ 342.090 335.090
- Exportations (Italie)........ 56.000 51.520
- Le tableau suivant permet de juger notre situation et de la comparer avec celle de nos concurrents en Italie.
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- ITALIE. — FLEURS ARTIFICIELLES
- Statistiques italiennes. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1901 S 91)2 1903 1904 1905
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires
- Autriche-Hongrie 104.510 6.720 112.350 23.450 162.960 6.580 180.320 2.660 132.090 3.360
- France 342.090 56.000 257.670 46.550 355.110 14.910 410.060 20.020 335.090 51.520
- Allemagne 314.440 3.010 258.020 » 210.070 8.540 268.660 2.310 342.440 1.400
- Angleterre 2.800 )) » )) 58.870 » 41.440 980 20.230 »
- Malte » 15.120 » 44.170 )) 56.210 » 32.760 » 15.400
- Suisse 11.270 )) 1.330 » 14.210 6.300 1.540 1.260 1 .540
- Turquie d’Asie )) )) )) » » » » » » 7.630
- Possessions hollandaises » )) » )) » » » 980 •)) 3.360
- Égvpte „ )) » 1.890 .» » » » 2.800
- Tunisie )) )) » » 55.510 » 42.350 17.500
- Erythrée ), )) » » )) » » » » 1.190
- États-Unis >, 13.860 )) 2.380 » » » » » 3.8o0
- Brésil „ » )) 22.680 » 770 )) » » 1.260
- Argentine ), )) » .» » 10.780 » 1.750 » 2.660
- Turquie d’Europe )> 12.600 » » .» 5.250 » * »
- Indes britanniques )) 1.610 » 1.540 » M )) 980 n
- Philippines )) 4.060 )) » » » » M n
- Pérou „ 2.590 » 3.920 » 16.730 » 129.360 » »
- Grèce )) 3.010 » )) » 1.960 » »
- Chili » » )) )) )) 9.450 » 1.260 » ))
- Australie * » » » » » ” 3.500 * » ’
- Totaux 775.110 115.570 628.040 150.920 787.010 198.940 906.780 242.410 831.110 113.470
- FOURNITURES DE FLEURS ARTIFICIELLES
- Autriche-Hongrie 10.520 » 20.780 13.860 „ 20.520 » 13.460 »
- France 27.240 » 28.580 )) 59.700 )) 51.080 » 47.460 »
- Allemagne 38.360 )) 46.460 » 50.820 » 84.580 » 61.280 »
- Angleterre » * » » » » 4.120
- Totaux 76.120 » 95.820 » 124.380 » 156.180 )) 126.320 »•
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- EXPOSITION DE MILAN
- LES PAILLETTES
- L’histoire de la paillette nous fait remonter à une époque très ancienne. L’usage de rehausser par des paillettes de métal la richesse d’un vêtement ou d’un article de mode, fut introduite d’Orient en Europe vers le xve siècle.
- Les générations anciennes n’employaient que la paillette de métal. Dans le vêtement, on ne se servait guère que de paillettes d’or ou d’argent, et nous savons que les ouvriers avaient un véritable talent dans cette industrie.
- Au Musée de Cluny, à Paris, on peut voir des vêtements d’une grande somptuosité dans l’éclat desquels la paillette joue un rôle considérable.
- Mais on n’utilisait pas seulement cette garniture pour le vêtement, nous avons des échantillons multiples de son emploi.
- On dessinait avec les paillettes toute sorte d’ornements, feuilles, fleurs, étoiles, etc.
- Les paillettes en métal étaient fabriquées avec des anneaux aplatis au marteau.
- Après avoir employé seulement les métaux précieux, on utilisa des matières moins coûteuses, telles que l’acier.
- Avec les progrès de l’industrie, nous avons eu la paillette en acier bleui et en acier mordoré.
- Le poids et le prix élevé de la paillette de métal ont été nuisibles au développement de cette industrie.
- Il y a cinquante ans on utilisait pour la mode la paillette dite « de Lyon » et fabriquée en acier, en cuivre doré ou en cuivre argente.
- Du jour où fut inventée la paillette en gélatine, cette industrie prit rapidement une extension dont le développement s’est très accentué depuis une douzaine d’années.
- C’est en 1872 qu’un industriel parisien, M. Denis, introduisit quelques motifs en gélatine noire pour la broderie d’éventails.
- En 1875, ce même industriel créa les nuances sur gélatine de toutes
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- couleurs et lança les paillettes lophophores bleues, vertes et irisation de toutes nuances, même sur métal, et qui eut grand succès dans farticle de plumes et fantaisie pour modes.
- Ces nouveaux modèles figurèrent pour la première fois à l’Exposition universelle de Paris en 1889 et eurent un grand succès.
- La gélatine, préalablement insolubilisée et argentée ou irisée, permet d’obtenir des effets d’un chatoiement très heureux et toute la gamme des nuances.
- La paillette fabriquée avec cette matière est légère et d’un emploi commode.
- On l’utilise en grande quantité dans la fabrication des broderies ou passementeries pour robes, chapeaux, garnitures de cols, galons, écharpes, éventails, sacs, etc., etc.
- La gélatine, néanmoins, n’est pas la seule matière première employée dans la fabrication des paillettes.
- M. Denis a trouvé que le liège pouvait être utilisé dans cette industrie, et il fabrique des paillettes en liège couramment employées dans la broderie.
- Mais le liège ne pourra remplacer la gélatine, qui reste la véritable matière première nécessaire à la fabrication de la paillette moderne.
- L’industrie de la paillette est non seulement une industrie bien française, mais surtout et essentiellement parisienne.
- Depuis quelque temps, l’Allemagne cherche à copier nos modèles; ses produits sont très inférieurs aux nôtres comme goût et comme qualité.
- Répandus un peu dans tous les pays, c’est cependant en Angleterre et dans l’Amérique du Nord que les articles pailletés ont le plus de vogue.
- A l’Exposition de Milan cette industrie était représentée par les deux plus importantes maisons de la place de Paris.
- Leurs vitrines retinrent l’attention de nombreux visiteurs et, de l’aveu même de nos collègues, ils ont trouvé en Italie de nouveaux débouchés.
- Cependant, l’Italie cherche elle-même à fabriquer la paillette; amis il apparaît qu’elle a tout avantage à s’adresser à nos industriels, dont l’outillage et la variété infinie de production sont de nature à leur assurer, pendant longtemps, une incontestable supériorité industrielle et commerciale.
- La fabrication de la paillette n’est exploitée que par un nombre
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- EXPOSITION DE MILAN
- très restreint d’industriels; au dernier recensement, on comptait :
- 199 personnes occupées à cette fabrication, soit 129 hommes et 70 femmes;
- 182 ouvriers représentés par 113 hommes et 69 femmes;
- 10 établissements, dont un seul occupant plus de 100 ouvriers; 4 de 11 à 20, 2 de 5 à 10, et 3 de 1 à 4.
- Cette industrie ne comporte pas de chômage; elle paye des salaires élevés, aux hommes particulièrement, et les patrons sont adhérents à la Chambre syndicale de la Fantaisie pour mode.
- Cette association a fondé en 1897 des cours de dessin adapté aux industries qu’elle représente. C’est notre collègue, M. Denis, qui les dirige, et nous avons la satisfaction de constater qu’aujourd’hui ils sont suivis par 120 jeunes filles, et que tous sont très prospères.
- LES PLUMES POUR PARURES, LES FLEURS ARTIFICIELLES ET LES PAILLETTES A L’EXPOSITION DE MILAN
- La participation des fabricants de plumes pour parures, de fleurs artificielles et de paillettes avait été, à Liège, une des principales attractions de la Section française.
- Ce succès avait été trop remarqué pour que le comité d’organisation de notre Classe, à Milan, n’ait point attaché une importance capitale à s’assurer la collaboration de ces mêmes fabricants.
- C’est pour nous une grande satisfaction de constater qu’ils repondirent avec empressement à l’invitation qui leur était faite, et qu’ils furent à Milan de précieux auxiliaires pour le succès de la Section française.
- Notre dévoué collègue et ami, M. Georges Brossard, dont on connaît la compétence en ces matières, a constaté lui-même l’importance de la participation à Milan des fabricants de plumes pour parures, de fleurs artificielles et de paillettes.
- Dans le rapport qu’il a adressé aux Chambres syndicales competentes, après avoir rappelé les conditions dans lesquelles se présentait la collaboration de ces trois branches industrielles, il a montre, avec une autorité que nous ne voudrions affaiblir d’aucun commentaire, les résultats obtenus.
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- Troisième partie. — plumes, fleurs et paillettes 735
- « Par un rapprochement étroit, écrit notre collègue, les Chambres syndicales de notre industrie ont uni leurs efforts pour grouper les éléments nécessaires en vue de leur participation industrielle en Italie.
- L’appel très pressant fait auprès de tous les fabricants rencontrant le meilleur accueil, a permis d’en assurer la réussite complète.
- Comme à Liège, la France avait à cœur d’être encore au premier rang, et nos fabricants ont compris toute l’importance de leur présence à une Exposition faite dans un centre comme Milan, qui est la capitale commerciale de l’Italie.
- Le Comité de la Classe 86, qui comprenait tous les accessoires du vêtement, voulant assurer le succès de la plupart de nos industries, avait décidé de s’imposer les plus grands sacrifices afin de présenter sous une forme nouvelle nos produits et notre fabrication.
- C’est ainsi que le dévoué et si distingué président de la Classe 86, M. G. Donckèle, conçut le programme grandiose de ces beaux dio-ramas, qui ont été la grande attraction de la Section française à Milan.
- Il sollicita alors le concours de nos belles industries des fleurs et des plumes, qui furent, grâce à lui, mises à l’honneur et obtinrent le plus vif succès.
- Comme toujours, la Chambre des fleurs et plumes prit l’initiative des premières démarches à faire pour engager nos fabricants à se grouper, et je dois dire que, grâce aux nombreuses visites que je fis avec notre dévoué président, M. Emile Chandelet, l’organisation de ces dioramas fut assurée.
- L’Exposition des fleurs artificielles, des plumes pour parures et des paillettes a réuni une sélection des principales maisons de ces industries.
- L’industrie des fleurs artificielles était représentée par 26 maisons les plus réputées de Paris pour leur fabrication irréprochable.
- Les deux Chambres syndicales de cette industrie avaient pour mission de grouper ces exposants; elles ont organisé les deux collectivités suivantes :
- 1° Collectivité des « fleurs et plumes », comprenant 11 exposants;
- 2° Collectivité des « fleurs artificielles de Paris », comprenant 15 exposants.
- L’industrie des plumes pour parures a réuni les plus importantes maisons de fabrication et de matières premières de Paris.
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- EXPOSITION DE MILAN
- La Section des plumes se divisait ainsi :
- 14 maisons de fabrication;
- 2 maisons de teinture;
- 4 maisons de plumes brutes.
- Puis une collectivité des plumes fantaisies pour mode, comprenant 9 exposants groupés dans une même vitrine, dont l’ensemble si attrayant a réuni des spécimens de fabrication irréprochable.
- Deux autres vitrines figuraient à côté de celles des plumes dans la Section des dioramas :
- N. Denis et fils et Ch. Averseng, qui représentaient l’industrie de la paillette et exposaient des fantaisies pour modes.
- L’heureuse initiative qui avait été prise et la bonne volonté de tous les exposants qui s’étaient imposé les plus grands sacrifices, ont permis d’atteindre à un succès sans précédent dans les Annales des Expositions. Aussi, il y a lieu de féliciter hautement tous les fabricants qui n’ont pas hésité à montrer une fois de plus les progrès toujours croissants de nos belles industries, car ils se sont affirmés avec encore plus de qualité et de perfection devant leurs concurrents étrangers.
- On peut juger du succès obtenu par rénumération des récompenses suivantes décernées par le Jury :
- HORS CONCOURS (MEMBRE DU JURY)
- MM. Mirtil Mayer et frères, Georges Brossard, Albert Lolliot.
- GRANDS PRIX (COLLECTIFS)
- 1° Chambre syndicale des fleurs et plumes :
- Maisons exposantes : Georges Bloch, Émile Chandelet, Maurice Dechastelus, A. Duchosal, F. Feig, Paul Jaquet, Javey et CÀ Jérôme, Eug. Lavanoux, Marcel Plicque, E. Privât.
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- 2° Chambre syndicale des fleurs artificielles de Paris :
- MM. Aucanms, A. Bacquet, E. Bichelberger, J. Blanc, Dourlet, B. Feissel, L. Germain-Bailly, Maurice Girardet, Jolibois et Pan-sard, Lafon frères, E. et L. Lelioux, C. Marion, Enim. Nicolas jeune, Émile Pinel, E. Vanier.
- GRANDS PRIX (INDIVIDUELS)
- 1° Fabricants : MM. A. Benoiston, G. Duflot et Cie, C. Macdonald, N. Denis.
- 2° Matières premières : MM. Sciama et Cie, Salaman et Cie.
- DIPLOMES D’HONNEUR
- UM. Paul Cambier, J. Démaret, Gaston Dusauchoy, J.-E. Grillet, H. et C. Picard.
- MÉDAILLES D’OR
- MM. L. Boisson et Cle, A. Deschampes, Louis Gérard, Marcel Hicque, Wallach et Lévy, Maier et Pfeiffer, Mantou et Cle, Ch. Averseng.
- foutes les maisons exposantes se sont efforcées, chacune dans leur genre et leur spécialité, à montrer ce que nos industries parisiennes peuvent produire, sans craindre aucune comparaison possible avec les industries similaires de l’étranger.
- Llles ont apporté le plus grand soin et le meilleur goût dans la
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- EXPOSITION DE MILAN
- présentation de leurs articles, pour assurer le succès de cette grande manifestation commerciale qu’a été l’Exposition de Milan.
- Notre collègue, M. G. Brassard, a terminé cet exposé de la situation de l’industrie des plumes pour parures, des fleurs et paillettes à l’Exposilion de Milan, par des remerciements et des félicitations auxquelles, en notre qualité de rapporteur, nous sommes heureux de nous associer.
- « Aussi, applaudissons donc, a-t-il dit, à toutes ces hautes récompenses et réjouissons-nous de tous ces succès. Félicitons aussi les Chambres syndicales qui ont montré une entente parfaite dans l’intérêt de la réussite de cette grandiose manifestation, et remercions tous nos collègues, et surtout ceux de la Chambre des fleurs et plumes, qui ont apporté leur concours par l’appui moral et pécuniaire qu’ils nous ont donné !
- » Nous avons le devoir d’exprimer ici au si dévoué président de la Classe 86, M. G. Donckèle, qui fut aussi président du Jury international, nos sentiments de vive gratitude et de reconnaissance pour avoir permis à nos industries des fleurs et plumes de figurer dans le cadre merveilleux qu’il avait imaginé pour elles, ainsi que des hautes récompenses qu’il a pu obtenir pour tous nos exposants. »
- Après cet hommage à la compétence et à l’autorité de notre ami, M. G. Donckèle, dont le concours fut unanimement apprécié non seulement dans ce Groupe, mais encore par tous les adhérents à l’Exposition de Milan, M. G. Brossard adressait « aux petites fées, aux petites ouvrières de ces industries », des remerciements que nous ne pouvons qu’approuver en les reproduisant ici.
- « En terminant ce rapport, trop succinct pour rappeler les mérites de tous nos fabricants, je veux parler des petites fées, nos petites ouvrières, dont le travail incessant, et souvent modeste, nous vaut les merveilles qui font la renommée de Paris; nous devons leur accorder une pensée de reconnaissance, car elles ont droit aussi à tous les éloges. »
- Le rapporteur général de notre Classe ne pouvait diviser les éloges que méritent les industries des plumes pour parures, des fleurs artificielles, et des paillettes.
- En rendant hommage à nos collègues pour le soin qu’ils apportent, au milieu de difficultés multiples, à défendre la suprématie de la fabrication française, nous adressons nos félicitations aux fabricants et à leurs collaborateurs, ouvriers et ouvrières.
- Mais le développement de notre travail veut que nous exami-
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- TROISIÈME PARTIE. ----- PLUMES, FLEURS ET PAILLETTES 739
- nions, en particulier, la situation de chacune des maisons ayant collaboré à l’Exposition de Milan; les renseignements que nous publions sur elles et qui nous ont été fournis par les directeurs des entreprises, sont seuls de nature à justifier les efforts incessants que font ces trois branches industrielles, les plumes pour parures, les fleurs artificielles et les paillettes.
- Toutes ces maisons jouissent dans le monde de la mode d’une légitime réputation de premier ordre.
- Les qualités multiples qu’elles apportent dans leur fabrication, le soin, le goût, l’élégance, la légèreté et le cachet de leurs articles sont unanimement appréciés par tous ceux qui utilisent les fleurs artificielles, les plumes pour parure et les paillettes.
- Toutes ces maisons contribuent à favoriser, en France, les progrès de ces industries, et nous sommes heureux de constater qu’il leur revient une large part de mérite pour l’énergie qu’elles dépensent à défendre, contre l’envahissement de la concurrence étrangère, la bonne renommée de notre fabrication française et parisienne.
- Ayant exposé en collectivité, nous leur devions des éloges collectifs, et le Jury des récompenses leur a attribué, en collectivité, un Grand prix.
- COLLECTIVITÉ DE LA CHAMBEE SYNDICALE DES FABRICANTS DE PLUMES FANTAISIES POUR MODES
- Cette exposition collective était organisée par les maisons suivantes :
- Bordeau et Cie, 6 bis, passage Violet.— Plumes fantaisies pour modes.
- Jaquet, 10, rue Monsigny.
- Lurot et Cie, 66, rue des Petits-Champs. — Autruche et fantaisies riches, crosses, aigrettes, paradis, haute nouveauté, fournisseurs spéciaux de la haute mode de Paris.
- Millon, 45, rue des Petits-Champs. — Plumes fantaisies pour modes.
- Milliot, 57, rue Sainte-Anne. — Plumes fantaisies pour modes.
- Palla-Marchetti, 24, rue des Petites-Écuries. — Plumes fantaisies pour modes.
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- fv Mflhn
- H Mm"1
- 740 EXPOSITION DE MILAN
- Pichon et Cie, 12, rue d’Enghien. — Fabrique de plumes pour parures. Ailes, oiseaux, palettes.
- Schmit sœurs, 18, rue du Château-d’Eau. —Plumes fantaisies pour modes.
- Weil (Georges), 27, rue du Château-d’Eau.— Plumes fantaisies pour modes.
- COLLECTIVITÉ DE LA CHAMBRE SYNDICALE DES PLUMES ET FLEURS
- Bloch, 43, rue de l’Échiquier.
- Chandelet, 59, rue Meslay.
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- Deschastelus, 89, passage Choiseul.
- Duchosal, 10, faubourg Poissonnière.
- Feig, 1, boulevard de Strasbourg.
- Jaquet, 9, faubourg Poissonnière.
- Javey et Cie, 106, rue Réaumur.
- Jérome, 35, rue Poissonnière.
- Lavanoux, 226, rue Saint-Denis.
- Plicque, 138, rue d’Aboukir.
- Privât, 22, rue du 4-Septembre.
- COLLECTIVITÉ DE LA CHAMBRE SYNDICALE DES FLEURS ARTIFICIELLES DE PARIS
- àucamus, 92, rue de;Richelieu.
- Bacquet, 19, boulevard Saint-Denis.
- Bichelberger, 8, rue du Sentier.
- Blanc, 65, rue Sainte-Anne.
- Dourlet, 136, rue Saint-Denis.
- Feissel, 131, boulevard Sébastopol.
- Germain Bailly, 8, cour des Petites-Écuries.
- Girardet (ancienne maison Augustin), 15, rue Gaillon. JoLiBois-Pansard, 51, rue Vivienne.
- Javey et Cie, 108, rue Réaumur.
- Lafon frères, 59, boulevard de Strasbourg.
- Leiloucke, 13, rue Marfoy.
- Marion, 163, rue Saint-Denis.
- Nicolas Emmanuel jeune, 17, rue de l’Échiuuier.
- Pinel, 17, rue de l’Échiquier.
- Vanier, 54, rue de Bondy.
- Les exposants individuels représentaient les maisons suivantes:
- BOISSON et Cle, 4, rue Saint-Joseph, Paris.
- C’est en 1896 que M. Dégagé prit la suite des affaires de M. Tur-quin, très ancien plumassier en garnitures pour robes et manteaux.
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- A M. Dégagé succéda M. Boisson, co-propriétaire actuel de la
- maison. Cet industriel fut parmi les premiers qui entreprirent la fabrication du boa autruche et de fantaisie, c’est-à-dire: boas, cols,pèlerines,écharpes, cravates, etc., etc.
- M. Dégagé exposa en collectivité à Bruxelles, en 1897, etobtintuneMédaille d’or.
- C’est en 1903 que M. Boisson devint titulaire de la maison et il continua la même fabrication. La spécialité de la maison est donc restée le boa autruche et fantaisie, la garniture pour robes et manteaux.
- Tous les articles y sont fabriqués à la main; cependant, à l’heure actuelle, les directeurs expérimentent sur des données nouvelles la fabrication mécanique qu’ils n’emploieront que lorsqu’elle donnera des résultats parfaits. En 1905,1a maison obtint une Médaille d’argent à Liège; en 1906, à Milan, le Jury lui a accordé la Médaille d’or.
- BENOISTON, 164 et 166, rue du Temple, Paris.
- Cette maison, dont l’enseigne est : « Aux Deux Spécialités », a été fondée en octobre 1869 par M. A. Benoiston, négociant industriel. La maison de vente est située : 164 et 166, rue du Temple, à Paris. L’usine pour la fabrication brevetée S. G. D. G. des chapeaux de paille et de feutre pour dames, occupe un vaste emplacement, 18, rue Dupetit-Thouars, à Paris. Les ateliers pour la fabrication de la plume d’autruche sont situés dans le même immeuble. Ces deux usines, d’abord très modestes, ont dû, par suite de la prospérité croissante des affaires, être successivement agrandies, surtout ces dernières années. La maison A. Benoiston a spécialisé, en France, la fabrication des chapeaux de paille et de feutre pour dames. Ses usines possèdent pour la fabrication, la teinture et la frisure, des machines très perfectionnées. Elle occupe
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- une place importante dans l’industrie de la mode et des fournitures pour modes. Depuis 1900, elle a apporté une collaboration régulière aux Expositions organisées en France et à l’étranger. Le Jury des récompenses lui a successivement décerné les suivantes :
- Exposition universelle de Paris (1900), deux Médailles d’argent; Exposition universelle d’Hanoi (1902), Médaille d’or; Exposition universelle de Saint-Louis (1904), Médaille d’or; Exposition universelle de Liège (1905), Diplôme d’honneur; Exposition universelle de Milan (1906), Grand prix.
- GAMBIER (Paul),
- 13, rue Grange-aux-Belles, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1881. Depuis 1897,
- M. P. Cambier, teinturier en plumes à façon, a pris la suite des affaires de son père. Sa spécialité est le traitement des plumes de fantaisie, c’est-à-dire de tous oiseaux, hors l’autruche. Cette maison possède à Paris une installation moderne et modèle; elle obtient, par des procédés spéciaux, des résultats de teinture et de décoloration auxquels ne sont pas encore parvenues les maisons similaires. Elle traite chaque année environ 350.000 kilos déplumés, dont quelques-unes, comme celles des oiseaux exotiques, représentant une valeur de plusieurs millions de francs. Auxiliaire appréciée des maisons de haute mode, elle a exposé à Hanoï, à Saint-Louis, à Liège, où elle avait obtenu une Médaille d’or. A Milan, le Jury, reconnaissant la valeur de ses efforts, lui a accordé un Diplôme d’honneur.
- BROSSARD (G.) Jeune, 49, faubourg Saint-Martin, Paris.
- M. G. Brossard est teinturier à façon, il est chargé exclusivement de teindre les plumes pour les fabricants et les marchands.
- Il a donné à la teinture en noir des plumes d’autruche une extension considérable, et sa marque déposée : « Noir de Paris » est bien connue du monde entier.
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- Avant la découverte du « Noir de Paris » la presque totalité des différentes qualités de plumes ne pouvaient s’utiliser, comme à présent, dans cette industrie, les plumes restant rebelles à la teinture.
- Par ses procédés, M. Georges Brossard a donc contribué à donner un grand essor à la fabrication des plumes d’autruche.
- Fondée en 1885, cette maison a pris un grand développement, grâce aux progrès réalisés qui permettent â tous les fabricants d’employer les plumes d’autruche en noir et autres, sous toutes les formes et dans tous les genres : plumes pour parures, boas, étoles-passementerie, éventails, modes, confections, etc./
- Il en est donc résulté une grande impulsion commerciale qui a ouvert une ère de prospérité imprévue dans l’industrie des plumes pour parures.
- Son usine modèle, à vapeur, avec un outillage mécanique perfectionné, est unique en son genre. Les quantités de plumes d’autruche traitées en teinture par année sont considérables; leur valeur s’élève à près de 10 millions de francs.
- Les nombreuses récompenses qu’il a déjà obtenues dans les Expositions sont une preuve excellente que les perfectionnements apportés à l’industrie des plumes d’autruche par M. G. Brossard jeune ont été appréciés à leur juste valeur par le Jury et par tous les connaisseurs.
- A Bouen, en 1896, et à Bruxelles en 1897, il obtint trois Médailles d’argent, et à l’Exposition universelle de 1900, le Jury lui décerna la Médaille d’or.
- Cette même récompense lui fut décernée à Hanoï en 1902.
- A l’Exposition de Saint-Louis (États-Unis), en 1904, il obtint la plus haute récompense : le Grand prix.
- Comme membre des Comités de ces diverses Expositions, il organisa et prit part, en outre, à toutes les collectivités de son industrie qui figurèrent avec succès à Glasgow en 1901, Cork, en 1902, Hanoï en 1903, etc.
- Enfin, à Liège, il fut nommé expert du Jury, et placé, de ce fait, Hors concours. Il organisa dans la Classe 86 l’exposition des fabricants et toute la Section de l’Industrie des plumes pour parures, laquelle avec les dioramas si bien présentés, a obtenu dans la Section française un succès éclatant et bien mérité.
- A l’Exposition de Milan, pour reconnaître ses efforts constants et le dévouement qu’il a toujours apportés dans les différentes manifestations industrielles, il fut choisi comme membre du Jury.
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- Il apporta sa collaboration très dévouée dans l’organisation des dioramas qui ont été si admirés et qui ont obtenu le plus éclatant succès dans la Section française.
- DEMARET, 130, faubourg Saint-Martin, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1880 et occupe aujourd’hui un nombreux personnel. Elle s’occupe exclusivement de la fabrication de
- plumes fantaisie, c’est-à-dire tous les oiseaux, y compris ceux de basse-cour, à l’exception de l’autruclie.
- Sa spécialité est l’aigrette, la crosse et le paradis.
- La plus importante partie de sa fabrication consiste en ailes factices, oiseaux factices et fantaisies diverses destinées à la clientèle américaine. Le genre de la maison est varié, depuis le bon marché moyen jusqu’aux articles de prix relativement élevé. M. Démaret s’occupe de former des apprenties auxquelles il enseigne le métier et qui deviennent, après deux ans d’apprentissage payé, ouvrières dans la maison.
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- En 1904, à Saint-Louis, cette maison avait obtenu une Médaille d’argent; à Liège, en 1905, le Jury lui décerna une Médaille d’or; en 1906, à Milan, elle s’est vu attribuer un Diplôme d’honneur.
- DESGHAMPES, 83, rue du Faubourg-Saint-Denis, Paris.
- Cette maison s’est fait une spécialité de la fabrication des plumes
- pour parures et principalement des ailes factices.
- M. A. Deschampes a apporté à cette dernière industrie une collaboration des plus heureuses.
- Grâce à son initiative, l’industrie plumassière a pu utiliser de nouveaux éléments de fabrication, et produit, par des procédés artificiels, des plumes de grande valeur.
- A Liège, en 1905, la maison Deschampes avait obtenu une Médaille d’argent; le Jury des récompenses, à Milan, reconnaissant la supériorité des efforts faits, lui a décerné une Médaille d’or.
- Cette récompense marque les progrès réalisés en une seule année par M. Des-cliampes et est la meilleure preuve de l’intérêt qu’il porte à notre grande et belle industrie des plumes pour parures.
- DUFLOT et Gie, rue de Gléry, Paris.
- La maison G. Duflot et Cie, ancienne maison Viol et Duflot, est l’une des plus anciennes maisons de plumes de la place de Paris. Elle a été fondée en 1862 et mérite une mention spéciale dans l’histoire de la transformation de l’industrie plumassière. Dans notre chapitre consacré à la fabrication des plumes, nous avons eu l’occasion de rappeler la collaboration précieuse que la maison Viol et Duflot a
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- apportée, en France, àcette industrie. Dès son origine, sesfondateurs, désireux d’agrandir le domaine de leur industrie, cherchèrent à lui appliquer les procédés de la galvanoplastie; ils tentèrent la métallisation de la plume et la fixation sur le duvet de l’or et de l’argent métallique. Les résultats furent peu importants, mais marquèrent un acheminement sérieux vers une découverte autrement importante. Cherchant à vaincre, les unes après les autres, les difficultés rencontrées, MM. Viol et Duflot en arrivèrent à envisager le problème du blanchiment de la plume.
- Nous avons déjà dit que ces industriels virent leurs recherches couronnées d’un succès mérité, et qui eurent pour l’industrie delà plume les plus heureuses conséquences. Dans la question de l’élevage en captivité de l’autruche, MM. Viol et Duflot furent également de hardis novateurs. C’est à eux que revient l’initiative de la première société commerciale constituée pour l’acclimatation de l’au-truche dans les colonies françaises. Si ces essais n’eurent pas des résultats satisfaisants, ils furent néanmoins profitables aux fabricants de plumes pour parure, et il faut féliciter MM. Violet Duflot du désintéressement personnel qu’ils ont toujours montré dans ces expériences en abandonnant les profits à leurs collègues, lorsque les opérations furent heureuses, et en supportant seuls les sacrifices
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- lorsqu’elles furent onéreuses. La maison Duflot et Cie, en outre de sa maison de vente à Paris, possède une importante usine à Nogent-sur-Marne, dans le département de la Seine, et dont l’outillage est remarquable au point de vue des progrès qui y sont constamment apportés par le directeur, M. G. Dullot. Aux Expositions auxquelles ses produits ont figuré, la maison Duflot et Cie, sous l’ancienne direction comme sous la nouvelle, a obtenu du Jury des récompenses qui permettent de suivre étape par étape les améliorations successives qu’elle a apportées à l’industrie plumassière. Nous citerons :
- Médaille de bronze, Paris (1867); Médaille de bon goût, Vienne (1873); Médaille d’argent, Paris (1878); Diplôme d’honneur, Anvers (1885), Médaille d’or, Paris (1889); Grand prix, Milan (1906).
- Dans sa vitrine, à Milan, la maison Duflot et Cie nous montrait des plumes brutes, d’autres blanchies, d’après les brevets de 1865, et enfin des plumes blanchies d’après les procédés actuels et pour lesquels MM. Viol et Duflot avaient pris les brevets de 1880. Cette comparaison très édifiante sur l’œuvre de cette maison était aussi
- GÉRARD (Louisb 50, faubourg Saint-Denis, Paris.
- Cette maison s’occupe exclusivement de la plume d’autruche pour parure.
- Sa spécialité est la plume de très belle qualité et de grande valeur.
- Elle fournit les modistes parisiennes et exporte à l’étranger des plumes toutes pre* parées, apprêtées et teintes.
- Dans ce commerce très délicat, la maison Gérard a contribué à favoriser la bonne renommée de l’article français, et le Jury des récompenses lui a accordé, à f Exposition de Milan, une Médaille d’or.
- Elle exposait des plumes apprêtées, dont le-Jury a pu apprécier le bon goût, la légèreté et les multiples qualités qui placent la maison Gérard parmi les plus réputées.
- son histoire.
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- GRILLET V'J.-E.), 9, rue du Faubourg-Poissonnière, Paris.
- Cette maison, une des plus anciennes de la place de Paris, a été fondée en 1812 et est, depuis trente et un ans, la propriété de M. J.-E. Grillet.
- Sa spécialité est la plume d’autruche noire et couleurs, les oiseaux et fantaisies en tous genres, les boas et garnitures pour confections. M. J.-E. Grillet est président de la Chambre syndicale des fabricants de plumes pour parures ; président et fondateur de la Caisse patronale de secours de F industrie des plumes pour parures, et président de la Caisse de secours immédiats des ouvrières plumassières.
- Cette maison a déjà figuré avec avantage dans plusieurs Expositions, où elle a obtenu les récompenses suivantes :
- Médaille de bronze,
- Paris, Exposition universelle de 1878; Médaille d’argent, Exposition universelle de Paris (1900); Médaille d’or (collectivité), Bruxelles (1897), et elle a obtenu à Milan (1906) un Diplôme d’honneur.
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- DUSAUCHOY, 11, rue de Mulhouse, Paris.
- Cette maison s’est fait une spécialité des plumes d’autruche noires, des aigrettes et des crosses. Laissant de côté les séries blanches et
- noires, base fondamentale de cette maison en plumes d’autruche classiques, M. Dusauchoy exposait à Milan deux plumes médaillons avec teinture, et non peinture, en diverses couleurs, formant une couronne de différentes fleurs. Voulant, en outre, réunir dans un objet de haut luxe tout ce qu’il faut connaître dans le métier de « plumassier de luxe », M. Dusauchoy présentait au public, faite en autruche et en crosse blanche, une branche de roses avec feuilles de formes diverses. Ce travail remarquable est exécuté seulement à la pince et au couteau. Une autre branche, mais de fleurs des champs, complétait l’exposition et formait un ensemble d’une exécution parfaite, les épis de blé et leurs feuilles, les coquelicots, les marguerites et les chardons y voisinaient et rivalisaient de finesse et de sincérité.
- M. G. Dusauchoy avait déjà fait figurer ses produits à l’Exposition de Liège, où il avait obtenu une Médaille d’or. Le Jury de l’Exposition de Milan, en témoignage des efforts faits et du soin que cette maison apporte dans sa fabrication, lui a pécerné un Diplôme d’honneur.
- M. G. Dusauchoy a cédé sa maison à M. J. Sappey, que nous espérons voir figurer dans les futures Expositions.
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- MACDONALD, 17, rue des Petites-Écuries, Paris.
- Cette maison est parmi les plus jeunes de celles qui représentent l’industrie des plumes pour parures.
- Elle fut fondée en 1895 par son propriétaire actuel, M. Macdonald, notable commerçant. Sa spécialité est la fabrication de la plume d’autruche pour parures.
- Sa première Exposition est celle de Paris en 1900, où elle obtint une Médaille d’argent, depuis cette époque, nous la retrouvons dans toutes les manifestations industrielles et commerciales organisées avec le concours du Comité français des Expositions à l’étranger.
- Le Jury lui décerna successivement une Médaille d’or à Hanoï en 1902 et à Saint-Louis en 1904; un Diplôme d’honneur à Liège en 1905, et enfin un Grand prix à Milan en 1906.
- La rapidité avec laquelle la maison Macdonald est arrivée à la plus haute récompense est le meilleur témoignage que l’on puisse invoquer en faveur de la supériorité de sa production.
- MAIER (Alfred) et PFEIFFER, 36, rue d’Hauteville, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1875 et s’occupe de l’importation et de l’exportation des plumes brutes et oiseaux pour la parure.
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- Grâce aux agents qu’elle a clans toutes les parties du inonde, les marchandises arrivent dans ses magasins directement de leur lieu
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- de production.
- Cette maison ne s’occupe pas seulement de la plume pour parure, car elle vend également aux fabricants de plumeaux la plume de vautour, la plume de dinde et de coq, dont ils se servent pour fabriquer leurs articles.
- Aux fabricants de passementerie, elle fournit les plumes dont ils ont besoin pour faire les bandes de robes et les boas.
- Cette maison a obtenu à l’Exposition de Milan une Médaille d’or.
- Dans l’industrie de la plume brute, la maison Alfred Maier et Pfeiffer occupe une place prépondérante.
- Que ce soit dans la plume ordinaire ou dans les articles riches, ses produits sont universellement appréciés.
- Les garnitures pour robes demandent, en effet, des plumes de qualité supérieure, car on ne les emploie que dans les confections de grand luxe, et cette clientèle, très difficile à satisfaire, ne sau-
- rait admettre des articles de qualité inférieure.
- MM. Alfred Maier et Pfeiffer sont les précieux collaborateurs de tous les industriels qui emploient des plumes.
- Leur industrie est très importante, car il est nécessaire, pour
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- la bonne et juste réputation de tous les articles fabriqués en France, que la matière première soit de qualité supérieure et irréprochable.
- Le Jury des récompenses, en accordant à cette maison une des plus importantes récompenses, a reconnu la valeur des efforts qu’elle fait pour sauvegarder la prospérité de l’industrie des plumes en France.
- A l’Exposition universelle de Milan, elle avait organisé sa participation avec une remarquable science dans l’art de la présentation des articles.
- Dans sa vitrine, elle nous montrait la plupart des genres de plumes employées dans l’industrie, et nous ne saurions trop signaler le soin qu’elle a apporté à réunir une collection qui comprenait les plumes les plus courantes comme les plus rares.
- Il est à prévoir que cette maison, satisfaite des résultats qu’elle a obtenus, ne négligera au-
- cun effort pour obtenir dans les expositions futures des récompenses qui consacreront définitivement sa réputation de premier ordre.
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- MANTOU et Cie, 8, passage Violet, Paris.
- Cette maison, une des plus importantes de la place, s’estfaitune
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- spécialité du commerce des plumes brutes pour passementerie et parures.
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- Elle s’occupe particulièrement des crosses, aigrettes et oiseaux de paradis; elle possède ces articles qui ont une très grande valeur.
- Cette maison possède de nombreux comptoirs à l’étranger et ses correspondants lui adressent directement, des grands centres de
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- production, les plumes qu’elle revend ensuite aux préparateurs et fabricants d’articles pour modes.
- Le Jury des récompenses lui a accordé une Médaille d’or.
- MAYER (Mirtil) Frères, Paris.
- Cette maison, fondée en 1877 par M. Mirtil Mayer, a pris une importance considérable par suite du nouvel essor qu’elle a su donner à l’industrie de la plume pour parures. C’est en effet à M. Mirtil Mayer que revient le bénéfice de la création des fourrures en plumes. La maison Mirtil Mayer est la première qui ait eu l’idée d’utiliser les plumes d’oiseaux pour fabriquer des tissus et des fourrures. Cette nouvelle branche industrielle devait permettre d’employer des plumes et duvets qui avaient toujours été considérés comme impropres à la fabrication. L’initiative de M. Mirtil Mayer a été récompensée par un éclatant succès et lui a assuré une des premières places parmi les fabricants d’articles en plumes. Il a apporté une collaboration régulière aux Expositions qui ont eu lieu en France ou à l’étranger depuis plusieurs années, et a obtenu les récompenses suivantes :
- Une Médaille de bronze à Paris, en 1878; une Médaille d’or à Paris en 1889, et une autre à Paris en 1900; Grands prix : Saint-Louis (1904), Milan (1906), Liège (1905). M. Mirtil Mayer avait été mis Hors concours comme membre du Jury. M. Henri Mayer, intéressé depuis vingt-cinq ans dans la maison, en est devenu l’associé il y a une douzaine d’années, et la raison sociale, depuis cette époque, est MM. Mirtil Mayer frères.
- LOLLIOT (Albert), 4, rue Martel, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1894 par son propriétaire actuel, M. Albert Lolliot.
- Quoique jeune sur la place, elle a pris rapidement une place importante, grâce aux qualités et aux heureuses innovations de son fondateur.
- Sa spécialité est la fabrication d’articles en plumes, pèlerines, étoles, boas, etc., et fantaisies.
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- Dans sa fabrication, la maison Albert Lolliot apporte un soin et un goût qui l’ont classée parmi les premières de la place de Paris.
- L’élégance et les multiples qualités de ses articles sont appréciées de la riche clientèle parisienne et étrangère.
- Le Jury des récompenses a eu plusieurs occasions de reconnaître la valeur des efforts de cette maison et de les récompenser; elle obtenait : une Médaille d’or à Bruxelles en 1897 et à F Exposition universelle de Paris de 1900; un Grand prix à Saint-Louis en 1904 et à Liège en 1905; enfin, en 1906, M. Albert Lolliot était nommé membre du Jury, et sa maison placée Hors concours.
- PLICQUE (Marcel), 183, rue d’Aboukir, et 285, rue Saint-Denis,
- Paris.
- Cette manufacture de fleurs artificielles et ornements pour modes, fondée en 1880, a été reprise par M. Marcel Plicque en 1901.
- Le nouveau directeur y a adjoint la fabrication delà plume fantaisie, dont il s’occupe tout particulièrement, en consacrant ses efforts, au développement progressif de cette industrie éminemment française.
- L’industrie des ornements pour mode est éminemment parisienne.
- La collaboration que les fabricants de ces sortes d’articles apportent à nos modistes et couturiers est des plus précieuses; on ne saurait donc trop encourager les efforts des industriels qui ne négligent aucun effort pour affermir sa réputation en France et à l’étranger.
- Elle nous montrait à Milan, diverses sortes de plumes, dont on se sert couramment dans l’industrie.
- Le Jury a apprécié sa production en fui accordant :
- Un Diplôme de Médaille d’or.
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- PICARD (H. et G ), 87} rue d’Aboukir, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1889 et son importance croissante a mis ses propriétaires dans l’obligation de faire construire en plein
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- centre ouvrier une nouvelle usine. C’est dans le quartier de Belle ville, à Paris, 15, rue Bisson, qu’elle a été installée.
- On y traite la plume à l’état brut jusqu’à sa complète terminaison. Le laboratoire de teinture, par la modernité de sa construction et de son outillage, est un modèle, tous les récents progrès de la meca-
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- nique et de la chimie y ayant été apportés. Cette maison s’est spécialisée dans la fabrication des fourrures en plumes, et, malgré une concurrence étrangère déjà active, elle n’en reste pas moins à la tête de cette industrie. Le vêtement de plume, grâce à la main-d’œuvre parisienne qui donne aux articles français une légèreté et un chic qu’on ne saurait trouver ailleurs, demeure une industrie parisienne. MM. Picard avaient déjà pris part à l’Exposition de Liège et y avaient obtenu une Médaille d’or. Le Jury des récompenses leur a décerné, à Milan, un Diplôme d’honneur, reconnaissant ainsi les efforts qu’ils ne cessent de faire pour conserver à la France la suprématie dans cette branche industrielle.
- SALAMAN (I.) et Cie.
- La maison I. Salaman et Cie, fondée à Londres en 1816, n’a cessé d’occuper depuis lors une place prépondérante dans le commerce des plumes brutes d’autruche.
- Sous la haute direction de M. A. Guyot, l’un de ses chefs, la maison de Paris, qui existe depuis 1879, s’est placée au premier rang des maisons similaires parl’extension qu’ellea su donner, en France, à l’importation des plumes brutes d’autruche et par les services qu’elle a rendus à l’industrie des plumes pour parures; elle possède des branches dans les principales villes du Cap de Bonne-Espérance, à New-York, et est en outre représentée sur les principaux marchés du monde.
- En 1889, M. Guyot a été désigné pour remplir les fonctions de Membre du Jury à l’Exposition universelle de Paris; depuis lors, la maison a largement contribué au succès de la Classe 86 à l’Expo sition de Liège 1905; à l’Exposition de Milan 1906, la notoriété atta chée à son nom, ainsi que les dioramas dont elle a orné la Classe 86 lui ont valu un Grand prix comme haute récompense.
- SCIAMA et Cin, 4. rue d’Enghien.
- Cette maison est non seulement une des plus importantes sur les principaux marchés de l’univers, mais elle est aussi une des plus anciennes de la place de Paris. Elle fut fondée en 1822 par M. N. Scia-iïia, et continuée par ses fils. Le but spécial de cette maison a toujours été de faire de Paris le marché principal d’importation de la ma-
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- tière première destinée à l’industrie des plumes pour parures, afin de se passer des marchés étrangers intermédiaires.
- Dans ce but, elle a créé des maisons françaises d’achat à Londres en 1883; à New-York en 1884; à Port-Élisabeth (Afrique du Sud) en 1886; à Buenos-Ayres en 1891; à Oudtshoorn (Afrique du Sud) en 1896. Elle a en outre ses propres agences à Tripoli de Barbarie, au Caire (Égypte), à Canton (Chine), et en général dans tous les centres producteurs. Comme on le voit, il ne s’agit ici que de plumes brutes, et les services considérables que cette maison rend tous les jours aux fabricants de plumes, la qualité supérieure des produits qu’elle vend à l’industrie, lui donnaient des droits incontestables au Grand prix que le Jury des récompenses lui a accordé à l’Exposition de Milan.
- WALLAGH et LÉVY, 20, rue de Paradis
- Maison fondée en 1896. Exposant pour la première fois à Milan en 1906, elle a obtenu la Médaille d’or.
- Le Jury des récompenses a reconnu ainsi l’essor qu'elle a donné à l’industrie.
- Ses efforts lui ont permis de combattre d’une façon efficace la concurrence allemande, principalement dans notre commerce d’exportation à New-York et à Londres.
- Sa fabrication est la plume de fantaisie en tous genres; mais, tout en suivant les évolutions de la mode, elle a pu acquérir une situation toute spéciale pour la fabrication des fantaisies en plumes de coq. Elle est aujourd’hui réputée comme ayant la plus forte et la meilleure production dans cet article.
- Cette constatation est d’autant plus importante à faire, que la plume de coq est couramment employée dans l’industrie des parures pour modes.
- Il est à prévoir que l’impulsion donnée à ce genre d’articles par MM. Wallach et Lévy, contribuera dans une large mesure à la prospérité d’une branche industrielle dont la réputation doit être universellement appréciée.
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- TROISIÈME PARTIE. -- PLUMES, FLEURS ET PAILLETTES 761
- AVERSENG (G.), 77, rue de Richelieu, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1901 par son propriétaire actuel. Elle possède, en outre du magasin de vente, deux ateliers et une usine à Neuilly-Plaisance pour la fabrication des feuilles de gélatine.
- M. Ch. Averseng a apporté dans cette industrie d’heureuses transformations, pour lesquelles il a du reste été cinq fois breveté.
- La première Exposition à laquelle ses produits ont participé est celle de Saint-Louis (1904), où il obtint une Médaille de bronze; à Liège, en 1905, le Jury lui décernait une Médaille d’argent, et à Milan, en 1906, il se vit attribuer une Médaille d’or. Les produits fabriqués par cette maison sont d’une vente courante en Angleterre et dans l’Amérique du Nord.
- Depuis l’Exposition de Milan, l’Italie a augmenté dans des proportions assez élevées sa consommation de paillettes, et la maison Averseng y a pris de fortes commandes.
- DENIS (M.) et Fils, 29, rue Fontaine-au-Roi.
- La date de fondation de cette maison remonte à l’année 1869. Son fondateur fut M. N. Denis qui était, à cette époque, depuis douze ans, dans la fabrication de la paillette comme contremaître. La paillette ne se faisait qu’en acier poli, acier bleui et acier mordoré.
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- En 1872, M. Denis introduisit quelques motifs en gélatine noire pour la broderie d’éventails.
- En 1875, il créa les nuances sur gélatine de toutes couleurs; c’est à ce moment qu’il lança les pailletteslophophores bleu-vertes, qui eurent un grand succès dans l’article de plume et fantaisie pour modes.
- La maison Denis et fils possède près de quatre mille modèles différents, ce qui représente à elle seule plus que tous les autres fabricants réunis.
- A l’Exposition universelle de 1889, M. Denis était le seul exposant de ces articles, et il obtenait une Médaille de bronze.
- A l’Exposition de Chicago, en 1893, il présentait les paillettes fantaisies qu’il avait créées l’année précédente, et dont l’Amérique lui avait donné d’assez fortes commissions; le Jury le plaçait Hors concours.
- Il recevait une Médaille d’argent l’année suivante, à l’Exposition de Bruxelles; à l’Exposition universelle de Paris 1900, une Médaille d’or (la plus haute récompense de son Groupe) lui était attribuée.
- Aux Expositions de Saint-Louis (1904), de Liège (1905), et de Milan (1906), la maison Denis et fils obtint trois Grands prix.
- M. N. Denis fait partie des commissions d’admission et d’installation pour l’Exposition de Saint-Louis du Groupe 81.
- Il était secrétaire de la Classe 86 à l’Exposition de Liège et vice-président de la Classe 86 à Milan.
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- Industries diverses
- BUSTES ET MANNEQUINS
- ^Tn^tEPUIS cluelcIues années, et plus particulièrement depuis l’Exil lyêl position universelle de 1900, l’industrie des bustes pour couturiers, corsetiers, modistes, coilleurs, etc., etc., a fait
- en France des progrès considérables.
- L’ancien buste, lourd, n’ayant que de vagues et mauvaises formes, ne présentant qu’une très vague ressemblance avec la constitution humaine, a vécu.
- Les transformations qui ont été apportées à leur fabrication, le soin que l’on prend de les établir en conformité des formes et des mesures des individus qu’ils doivent suppléer, les innovations constantes qui en complètent la perfection, ont mis à la disposition des industries du vêtement et de la parure, un élément de travail dont la collaboration s’affirme tous les jours plus précieuse.
- On ne pouvait rendre de plus grands services à nos industries que de créer des mannequins touchant le plus à la perfection, la dépassant même.
- L’élégance de la forme, les innovations de la mode, les soins de la coupe, la plupart des opérations familières aux industries du costume ont besoin de mannequins bien conditionnés, car l’une et l’autre perfection, celle du mannequin et celle de l’objet, sont indissolublement liées.
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- Mais ce n’était pas suffisant qu’ils fussent bien fabriqués, pour la bonne présentation de nos articles : pour mettre en valeur toutes les qualités de nos créations, pour les faire désirer des vivants, il fallait donner aux mannequins l’illusion de la vie.
- Le rêve est aujourd’hui réalisé, nos dioramas, les bustes de cire qui rehaussaient l’éclat d’un grand nombre d’expositions de notre Groupe, ont prouvé la perfection que peut atteindre, dans le domaine des arts, une industrie dont les ressources étaient demeurées ignorées des fabricants industriels.
- L’industrie des bustes artistiques est spéciale à la France; nous avons eu le plaisir de visiter les ateliers du seul fabricant qui a réalisé tous les progrès dans cette fabrication et nous ne serions pas surpris si, après avoir évincé par son talent tous les fabricants d’articles similaires, il remportait encore une victoire sur le créateur du genre humain...
- Nos collègues seront d’accord pour reconnaître avec nous que ce créateur d’êtres artificiels a l’incontestable avantage de ne fabriquer que de jolis sujets.
- A l’Exposition de Milan, l’industrie des bustes et mannequins était représentée par deux très importantes maisons.
- L’une fabrique spécialement des articles pour tailleurs, couturières, etc., etc.; tandis que la seconde s’occupe plus spécialement, et nous dirons presque exclusivement, des bustes artistiques.
- Un grand nombre de nos collègues avaient fait appel pour rehausser l’éclat de leur exposition, à cette maison, qui avait été, en outre, chargée de a mettre au monde » les personnages qui figuraient dans nos dioramas.
- Le Jury des récompenses a été agréablement impressionné par le degré de perfection qu’ont atteint les fabricants de ces articles, et il a accordé aux deux maisons exposantes la plus haute récompense dont il disposait, c’est-à-dire le Grand prix.
- Les notices que nous publions sur ces exposants contribueront à mettre en lumière la part active qu’ils prennent au développement de nos industries parisiennes et françoises.
- DUBOG et Gi#, 150, rue Legendre, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1869. Elle s’est fait une spécialité de la fabrication des bustes et mannequins pour la nouveauté. Les
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- TROISIÈME PARTIE. --- INDUSTRIES DIVERSES 765
- articles, très soignés, sont fabriqués avec des matières premières de qualité supérieure. Pour la forme des bustes, elle s’efforce de la changer suivant les exigences de la mode, tout en conservant les proportions normales du corps.
- Elle fabrique des mannequins de luxe dont les coutures sont à peine visibles, et des bustes à empiècements qu’elle est parvenue à faire d’une seule pièce. Elle est, en outre, propriétaire de différents modèles montés sur des pieds artistiques. Elle se préoccupe aussi d’innover constamment les accessoires tels que les cous et les poignées qui sont de petits objets d’art en fonte de cuivre ciselée.
- En contact permanent avec les plus importantes maisons créant la mode, cette maison est des mieux placées pour suivre leurs idées, s’en imprégner et les reproduire par des modèles qui varient et se succèdent constamment. Les établissements Duboc et Cle possèdent en plus de l’usine de Paris, 150, rue Legendre, une maison de vente à Bruxelles, 31, rue du Poinçon; à Londres, 70, Great portland Street W; à Berlin, 57, Franzsischestrasse; à Tunis, 1, rue de Grèce. Elle participe d’une façon régulière aux Expositions universelles et elle y a obtenu les plus hautes récompenses.
- Hors concours : Paris (1878), Anvers (1885), Paris (1889), Chicago (1893), LIanoï (1902); Médailles d’or : Lyon, Anvers (1894); Diplômes d’honneur : Amsterdam (1895), Bruxelles (1897); Hors concours, Membre du Jury : Paris (1900); Grands prix : Saint-Louis (1904), Liège (1905), Milan (1906).
- IMANS (P ), 10, rue de Grussol, Paris.
- M. P. Imans, sculpteur modeleur en cire, a apporté à l’industrie des bustes en cire, un développement et des perfectionnements qui l’ont radicalement transformée.
- On ne saurait contester la valeur artistique des modèles qui sortent de ses ateliers.
- Les matières employées par M. Imans sont d’une qualité supérieure.
- La reproduction des modèles est parfaite. Le tout est d’une imitation absolue et même quelque peu troublante.
- La vie elle-même anime les personnages. Les dents, les ongles sont d’une finesse de travail remarquable, et les cheveux implantés un à un dans la cire, peuvent être brossés, démêlés, peignés aussi
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- souvent que l’on veut, sans aucun inconvénient. M. Pierre Imans, s’il se préoccupe de la valeur artistique, ne néglige pas la question
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- de mode, et ses bustes sont en harmonie avec les exigences infiniment variables dictées par les grands couturiers.
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- Cette industrie est non seulement spéciale à la France, mais est encore la propriété de M. Imans, qui fournit les couturiers, les cor-setiers, les musées et les coiffeurs de France et de l’étranger.
- Dans la Classe 86, à l’Exposition de Milan, on remarquait une grande quantité de ces bustes, et ils contribuèrent au succès de la Section dont ils furent une des plus populaires attractions.
- La maison de M. P. Imans a déjà participé à plusieurs Expositions, nous citerons celles de Paris, en 1900, où elle obtint une Médaille d’argent, de Saint-Louis, en 1904, où elle eut une Médaille d’or, et enfin celles de Liège et de Milan, en 1905 et 1906, où elle reçut, successivement, un Diplôme d’honneur et un Grand prix.
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- EXPOSITION DE MILAN
- CANNES, PARAPLUIES, ÉVENTAILS
- Dans son rapport général sur l’Exposition universelle de 1900, M. A. Picard nous a tracé de la façon suivante le développement de l’industrie des cannes, parapluies, ombrelles, pendant le xixe siècle.
- « L’industrie des cannes, parapluies, ombrelles, a dû, comme les autres, réduire le travail à la main, irrégulier, lent, incertain, et recourir aux machines, balancier, tour, banc à tréfiler, scie circulaire, etc. Dès 1849, la révolution dans les anciens procédés était presque accomplie; le chiffre d’affaires de la fabrique française, pour les parapluies, ombrelles, atteignait 20 millions. En 1878, ce chiffre était passé à 45 millions, dont 27 fournis par les articles de soie, 13 par les articles d’alpaga, 5 par les articles de coton. A la même époque, Paris, principal centre pour les cannes, les fouets, les cravaches, avait une production de 5 millions.
- » La France occupait le premier rang dans la fabrication des articles de prix; après avoir lutté péniblement contre d’autres pays, en particulier contre l’Angleterre, pour les parapluies et ombrelles à bon marché, elle était parvenue si non à les surpasser, du moins à les égaler. Jamais exposition n’avait été aussi brillante ni aussi riche, que celle de la Section française en 1889, et notre situation est restée excellente jusqu’à la fin du siècle. »
- Or, depuis 1900, ainsi que le constatait notre Collègue, M. Eug. Mermilliod, la situation de cette industrie a été à peu près stationnaire, mais les articles ordinaires sont produits maintenant par la plupart des pays étrangers qui étaient autrefois les clients de la France.
- Pour 1906, le mouvement des importations et exportations donne les chiffres suivants et, comparativement avec 1902, la situation s’annonce ainsi pour la France et F Italie.
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- INDUSTRIES DIVERSES
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- TROISIÈME PARTIE. --
- FRANCE
- 1906
- 1902
- Importations Exportations Importations Exportations
- Francs Francs Francs Francs
- Parapluies coton. 73.501 2.108.327 47.863 1.586.793
- — alpaga IM. 890 18.258 1.406 13.308
- — soie .. 224.445 418.015 126.477 369.162
- ITALIE 1905 1902
- Importations Exportations Importations Exportations
- Valeur Valeur Valeur Valeur
- en lires en lires en lires en lires
- Parapluies soie. . 128.400 107.100 81.600 240.800
- — autres 1.200 646.800 600 447.600
- Importations françaises en Italie : 1902 1906
- Pièces Pièces
- Parapluies coton . ... 3.239 2.637
- — alpaga 3 »
- soie 378 414
- Importations italiennes en France :
- 1901 1905
- Valren lires VaPenlires
- 17.500 11.200
- 25.800 30.600
- Parapluies soie. . — autres
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- EXPOSITION DE MILAN
- Pour la France, les centres de production sont : Paris, Lyon, Angers, Nantes, Aurillac, Bordeaux, Toulouse, Nancy, Lille, Pau, Vire, Rouen, Orléans.
- L’article riche et soigné se fabrique à Paris, plus particulièrement; on compte en province des maisons très importantes spécialisées dans l’article courant et bon marché.
- Nos principaux clients sont: pour l’article en coton : lTndo-Chine, Madagascar, l’Algérie, les Indes anglaises; pour l’article d’alpaga, la République Argentine; pour l’article en soie : l’Algérie, la Grande-Bretagne, le Chili, etc., etc.
- En Italie, la fabrication se trouve localisée à Naples et à Monza. Les maisons qui sont établies dans ces villes accaparent à peu près tout le commerce d’exportation.
- L’article riche est fabriqué à Milan, mais presque exclusivement pour la consommation de l’intérieur et non pour l’exportation.
- Les principaux clients de l’Italie sont : l’Espagne, la France, le Brésil, l’Égypte, l’Amérique centrale, les États-Unis, le Chili, la Tunisie, etc.
- La fabrication des cannes et parapluies occupe, en France, 6.850 personnes, dont 3.694 hommes et 3.156 femmes.
- On compte 601 maisons spécialisées dans le montage et la réparation; sur ce nombre, une seulement a un personnel supérieur à 100 ouvriers; 71 fabriquent les cannes; 31 s’occupent des garnitures et 42 de la fabrication des manches.
- Les ouvrières gagnent, à Paris, 3 à 4 francs par jour, les hommes de 5 à 6 francs. Le travail est moins actif pendant les mois de juin, juillet et août.
- Il existe une Chambre syndicale des fabricants de parapluies, cannes et ombrelles; les ouvriers ont également constitué un syndicat.
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- FRANCE. — PARAPLUIES et PARASOLS en alpaga.
- Statistiques françaises. —• Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1903 1903 1904 1905 - 1906
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- pièce pièce pièce pièce pièce pièce pièce pièce pièce pièce
- Grande-Bretagne .... 39 \ » )) \ J )) \ )) j )) ))
- Allemagne 127 i )> » J )) 288 ))
- République Argentine . )) 425 )) f \ 572 )) [ 735 )) / 768 )) 100
- Belgique 102 446 t 204 146 )) ))
- Italie 3 \ 3 404 \ 68 1 )) »
- Autres Pays étrangers . 2 J. 41 ) 91 j 29 ] 27 1.056
- Sénégal )) 866 » 1.272 )) )) )) 2.558 )) 1.473
- Tunisie )) 525 )) )) U )) )) )) )) ))
- Etablissements français
- de la Côte occidentale
- d’Afrique )) 450 )) » )) )) )) » )) » 1
- Algérie )) » 250 » 49 )) )) )) )) ))
- Indo-Chine )) )) )) )) )) 4.036 )) » )) ))
- Autres Colonies et Pays
- de protectorat )) 318 )) 132 )) 4.160 )) 1.748 » 414
- Quantités totales . . 273 2.584 740 1.976 748 8.931 243 5.074 315 3.043
- Valeurs totales. Fr. 1.406 13.308 3.811 10.176 3.852 45.995 1.349 28.160 1.890 18.258
- TROISIÈME PARTIE. ---- INDUSTRIES DIVERSES
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- FRANCE. — PARAPLUIES et PARASOLS en soie.
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS 1003 1903 1904 1905 1906
- DE PROVENANCE ET DE DESTINATION IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- pièce jiièce pièce pièce pièce pièce pièce pièce pièce pièce
- Grande-Bretagne .... 6.303 » 5.441 » 4.623 977 5.151 » 5.285 2.722
- Allemagne 3.910 » 4.451 » 6.482 1.610 6.295 724 9.825 ))
- Belgique 64 1.868 124 1.445 158 1.332 160 2.528 430 1.291
- Autriche-Hongrie .... )) )) 245 )) 237 )) 610 )) 1.056 ))
- Italie 378 )) 198 565 494 681 411 » 414 »
- Chili )) 2.700 )) 2.721 )) )) )) 1.125 )) 2.638
- Suisse 47 )) 10 )) )) )) 152 897 )) ))
- États-Unis 103 )) )) )) » )) )) )) )) ))
- Espagne )) 4.140 ))• » » )) )) )) » ))
- République Argentine . )) 812 )) )) » » 1 )) )) ))
- Pérou )) )) )) 1.542 )) » 7) » )) )) -
- Autres Pays étrangers . 41 5.360 31 4.194 76 3.794 74 2.749 79 '4.096
- Zones franches 152 )) . 97 » 102 )) 122 )) 176 »
- Algérie )) 7.395 )) 6.615 \ 11.773 » 12.509 )) 20.362
- Tunisie •)) 8.469 )) )) 1 )) J) )) » ))
- Indo-Chine » ,, 1 2.101 > 3 » » )) » »
- Autres Colonies et Pays de Protectorat )) 1.357 )) 3.245 S 2.635 » 1.014 » 1.046
- Quantités totales . . 10.998 32.101 10.598 22.428 12.175 22.802 12.975 21.546 17.265 32.155
- Valeurs totales. Er. 126.477 369.162 117.638 248.951 135.142 253.102 149.861 248.857 224.445 418.015
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- FRANCE. — PARAPLUIES et PARASOLS en coton.
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1903 1903 1904 1905 1906
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IM PORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS : EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités? Quantités Quantités Quantités
- pièce pièce pièce pièce pièce pièce pièce pièce pièce pièce
- Égypte » » » » » 14.671 » 10.111 » 9.628
- Indes anglaises » 33.341 » 16.510 » 13.635 » 15.821 » 25.300
- Colombie » 3.850 » 15.971 » 9.727 » 4.201 » 8.684
- Grande-Bretagne 877 » 147 )) 207 » 144 )) 186 ))
- Allemagne 819 )) 1.149 )) 1.712 )) 2.433 )) 3.882 ))
- Belgique 1.818 » 3.033 » 2.970 )) 7.331 )) 6.196 ))
- Italie 3.239 )) 4.167 )) 4.771 )) 1.852 )> 2.637 ))
- Chili )) )) )) )) )) 12.784 )) » )) ))
- Suisse 10 )) 60 )) » » 72 )) )) ))
- Chine )) 13.605 » 31.605 )) )) » 9.210 )) ))
- Mexique )) 10.702 » 12.195 )) )) )) )) )) ))
- Autres Pays étrangers . 73 53.857 190 40.249 27 65.481 56 42.844 89 51.125
- Zones franches 9.865 )) 7.999 )) 6.843 )) 9.889 )) 8.381 3.443
- Algérie * 49.509 46.735 . 32.533 \ 44.839 i 42.674
- Autres étab. français de | j I
- la Côte occidentale 1 1 1 1 1
- d’Afrique f )) I )) f )) [ )) 8.362
- Madagascar et dépend. \ 93 35.995 \ 297 27.873 \ 290 38.794 \ 315 57.899 \ 902 62.138
- Indo-Chine [ 295.523 1 243.108 [ 319.821 I 291.480 [ 384.690
- Nouvelle Calédonie. .. . 1 )) )) | )) 1 )) 1 9.136
- Autres Colonies et Pays | 1 ] ] ]
- de Protectorat...... / 60.387 74.831 / 50.181 1 59.631 / 33.707
- Quantités totales . . . 16.794 556.769 17.042 509.077 16.820 557.627 22.092 536.036 22.273 638.887
- Valeurs totales. Fr. . 47.863 1.586.793 48.570 1.450.869 47.937 1.589.237 66.276 1.608.108 73.501 2.108.732
- TROISIÈME PARTIE. --- INDUSTRIES DIVERSES 773
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- ITALIE. -— PARAPLUIES et PARASOLS en soie. — Statistiques italiennes. -— Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1901 1903 1903 1904 1905
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires
- Autriche-Hongrie .... 13.200] 2.100 33.600 )) 30.000 )) 24.000 )) 31.200 2.800
- France 13.200 17.500 20.400 12.600 18.000 35.000 38.400 4.200 32.400 11.200
- Allemagne 2.400 7.000 13.200 )) 24.000 )) 33.600 4.200 56.400 ))
- Angleterre 12.000 )) 10.800 )) 45.600 » 31.200 )) 8.400 ))
- Espagne )) 3.500 )) 16.800 )) 10.500 )) 42.000 )) 37.100
- Suisse 1.200 3.500 1.200 2.800 2.400 7.700 )) 2.100 )) 3.500
- Turquie d’Europe .... )) 1.400 )) )) )) 1.400 )) )) )) 4.900
- Japon » » )) )) )) )) )) 2.100 )) 1.400
- Afrique (contrées div.). )) (1)24.500 » (2)44.100 ('-) 1.200 (3)20.300 )) () 3.500 )) 5.600
- Etats-Unis )) 4.200 2.400 2.800 )) )) )) )) )) 2.100
- Amérique Centrale .... )) 27.300 » 8.400 )) 10.500 )) 8.400 )) 7.700
- Brésil )) 24.500 )) 18.200 )) 7.700 )) 2.800 )) 2.100
- Pérou )) 44.800 )) 16.100 )) 10.500 )) 3.500 )) 7.000
- Argentine )) 55.300 )) 56.700 » 14.000 )) 2.800 )) 11.900
- Uruguay )) 6.300 )) 1.400 )) 4.200 )) )) )) 5.600
- Chili )) 102.900 )) 4.900 » 5.600 )) 2.100 )) 4.200
- Malte ». 8.400 )) 1.400 » 2.800 )) 2.100 » »
- Chine » 4.200 » 42.000 )> 9.100 )) )) )) a
- Paraguay » 3.500 )) )) )) )) )) » )) a |
- Océanie (pays divers). . )) 1.400 » 2.800 » (°) 2.100 )) )) )) » !
- Indes britanniques . . . )) )) )) 1.400 )) )) )) )) )) a
- Mexique )) » )) 4.900 )) )) a 2.100 )) a
- Cuba et Porto-Rico . . . )) » )) 1.400 )) )) » » a a
- Autres pays )) )) » 2.100 )) 2.100 » )) a a
- Totaux 42.000 342.300 81.600 240.800 121.200 143.500 127.200 81.900 128.400 107.100
- (') Dont 21.000 Egypte, en 1901. (-i) Dont 36.400 Egypte, en 1902. (3) Dont 14.000 Egypte, en 1903. (t) Egypte. (>r>) Tunisie. (®) Australie.
- 774 EXPOSITION DE MILAN
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-
-
-
- ITALIE. — PARAPLUIES et PARASOLS de n’importe quelle autre étoffe que la soie.
- Statistiques italiennes. — Commerce spécial.______
- PAYS 1901 1903 1903 1904 1905
- DE PROVENANCE ET DE DESTINATION IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IM PO R TATIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- A n trich e-H on gr i e Lires Lires 2.400 Lires 600 Lires 3.600 Lires Lires 1.000 Lires Lires 2.200 Lires Lires 3.200
- “Belgique » » 4.600 » »
- Fronce 800 25.800 „ 29.200 1.000 33.200 ,) 42.400 1.200 30.600
- Allemagne )) 4.800 6.600 6.600 600 2.200 )> »
- Angleterre )) M „ » » 1.800
- Hollande » ), 800 ), » » »
- Grèce » » >, » )) 1.000
- Malte )) 8.000 21.800 ,) 13.400 » 8.000 » 11.800
- Monténégro » M „ » )) 1.200
- Portugal )) 1.400 }) ,, n 10.400 2.000 )) 6.200
- Espagne )) 12.000 M 16.800 )) 22.400 » 33.000 )) 37.200
- Suisse )) 1.400 1.400 » 2.400 „ 2.400 )) 2.000
- Turquie d’Europe )) 5.400 1. SOO „ 2.400 » 9.400 )) 3.400
- Indes britanniques et Geylan . . Autres possess. anglaises d’Asie. Chine 3.S00 ” 5.800 2.600 * 25.600 » 8.600 18.600 ; 8.200 2.000 1.600
- Japon ,) » 15.400 » 800
- Possessions hollandaises )) )) „ » 1.400 » 11.600
- Autres Pays d’Asie )) » 8.200 ,) » » » » »
- Égypte )) 100.000 61.200 42.000 )) 61.000 » 60.800
- Tunisie „ 22.800 „ 20.800 45.000 » 52.400 » 27.400
- Erythrée » 10.400 7.800 3.400 ), 5.600 » 3.000
- Autres Pays d’Afrique „ 15.800 7.800 „ „ 6.000 » 5.200
- États-Unis 2.200 7.200 J, 12.000 » 19.800 » 33.200
- Mexique „ 6.000 7.200 10.800 7.600 » 4.200
- Cuba et Porto-Rico 1.200 J, » ,) » »
- Amérique centrale w 37.000 }) 81.000 M 81.600 » 84.400 » 100.800
- Brésil 15.400 „ 14.600 J, 14.000 » 14.800 » 55.400
- Pérou 24.200 13.000 ), 29.000 » 50.000 » 58.600
- Argentine 47.400 42.800 w 85.200 » 69.400 » 100.200
- Paraguay 2.400 n ^ » » )) » »
- Uruguay 12.200 » F 8.800 59.400 J, 6.000 ), 3.600 » 12.200
- Chili 135.000 „ 99.400 » 55.600
- Autres Pays de l’Amérique Sud. Australie „ 7.000 » 1 3.400 14.800 » 4.000 6.400 ” 10.800 m 2.000 5.600
- Totaux 800 505.200 600 447.600 1.000 457.600 600 635.000 1.200 646.800
- TROISIÈME PARTIE. --- INDUSTRIES DIVERSES 775
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-
-
-
- FOURNITURES DE PARAPLUIES ET PARASOLS
- Statistiques italiennes. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1901 1903 1903 1904 1905
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires
- Autriche Hongrie 6.175 1.500 1.300 3.000 640 1.680 2.560 2.160 4.725 3.680
- Belgique 24.700 » 73.125 )) 72.760 » 35.520 )) 19.215 ))
- France 15.275 )) 23.400 3.000 19.520 2.880 16.640 1.440 74.025 2.990
- Allemagne 22-1.650 1.750 249.925 750 139.840 )) 275.520 )) 346.500 690
- Angleterre 6.175 )) 23.075 )) 2.240 )) 7.680 )) 8.190 1.150
- Grèce )) 1.500 )) 2.000 )) )) )) )) » 5.980
- Hollande 20.150 )) 12.350 )) 35.520 )) 16.000 )) 91.035 ))
- Portugal )) )) )) 750 )) » )) )) )) 920
- Espagne )) 60.000 )) 37.250 )) 33.120 )) 8.880 )) 4.830
- Suisse 22.425 5.250 21.125 4.750 )) 1.440 13.120 )) 58.590 ))
- Turquie d’Europe .... Indes britanniques et )) 21.250 )) 7.750 )) 13.920 » 17.760 )) 2.530
- Ceylan Égvpte )) )) » T) )) )) )) 1.920 )) 460
- )) )) )) 1.250 )) 14.400 )) 8.880 )) 6.900
- États-Unis )) )) 4.225 )) )) )) )) )) 9.450 ))
- 1 Brésil )) )) )) 3.500 )) 7.680 » 11.760 )) 16.100
- Argentine )) 124.500 )) 59.000 )) 47.760 )) 85.200 )) 56.120
- Uruguay )) 1.100 )) )) )) )) » )) » )>
- Erythrée » )) )) 1.000 )) )) )) )) )) ))
- Amérique centrale . . . )> )) » » )) 1.680 )) 3.120 )) ))
- Pérou » )) )) » » 1.200 )) )) )) ))
- Mexique * s -I )) )) » » )) )) )) 1.440 » ))
- Totaux - - 316.550 216.850 408.525 124.000 270.520 125.760 367.040 142.560 611.730 102.350
- EXPOSITION DE MILAN
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- TROISIÈME PARTIE. -- INDUSTRIES DIVERSES
- 777
- LES CANNES, PARAPLUIES A L'EXPOSITION DE MILAN
- A l’Exposition de Milan, l’industrie des cannes et parapluies était représentée par deux importantes maisons de Paris auxquelles le Jury des récompenses a décerné des Grands prix.
- BIRON (G.), 65, rue Meslay, Paris.
- La maison que dirige aujourd’hui M. Biron a été fondée, en 1824, par M. Camus.
- Elle a donc actuellement un peu plus de quatre-vingts ans d’existence et, depuis soixante ans environ, son siège social est situé : 65, rue Meslay.
- Le propriétaire actuel, M. Biron, d’abord associé à M. Camus, en 1893, a repris cette maison à son compte, lorsque le fondateur s’est retiré des affaires, en 1896.
- L’industrie de la canne traversait, à cette époque, une crise des plus graves et des plus aiguës. Les grandes maisons anglaises avaient réussi à imposer à la mode les cannes en bois naturels dites « cannes anglaises ».
- Cette mode dura pendant quelques années, causant aux fabricants français, et surtout au commerce parisien, les plus graves préjudices.
- La Maison Biron fut l’une de celles qui luttèrent avec la plus grande énergie contre cette mode qui favorisait les fabricants de Londres et de Vienne.
- Par la variété de ses modèles, surtout en ce qui concerne la canne de luxe, par sa bonne fabrication, le luxe de ses produits et leur qualité, la maison Biron contribua à ramener sur notre marché les acheteurs qui, un moment, l’avaient abandonné au profit de l’Angleterre et de l’Autriche.
- Cette maison a apporté sa collaboration régulière aux différentes Expositions qui se sont succédées depuis l’Exposition universelle de Paris, en 1900, et elle a obtenu les récompenses suivantes :
- Médailles d’or : Paris, Exposition universelle de 1900, Saint-Louis (1904); Diplôme d’honneur, Liège (1905); Grand prix, Milan (1906).
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- EXPOSITION DE MILAN
- FALCIMAIGNE (Vve)etses enfants, 20, boulevard Saint-Denis, Paris.
- Cette maison a été fondée en 1848 par M. Falcimaigne, qui en conserva la direction jusqu’en 1875. A partir de cette époque, et
- PARIS r CONCOURS
- J PARIS usât
- jusqu’en 1908, elle fut la propriété de M. Falcimaigne qui devait, à sa mort, la laisser à sa veuve et à ses enfants.
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- TROISIÈME PARTIE. -- INDUSTRIES DIVERSES
- 779
- La fabrication est faite dans les ateliers de Paris et dans une manufacture située à Angerville, dans le département de Seine-et-Oise.
- Depuis sa fondation, la maison a toujours été réputée pour ses articles de luxe et la fantaisie de ses modèles.
- Elle a participé à de nombreuses Expositions où elle a obtenu les plus hautes récompenses : Médaille d’argent, Exposition universelle de Paris (1878); Médailles d’or : Melbourne (1880), Amsterdam (1883), Nice (1884), Anvers (1885); Hors Concours, membre du Jury : Paris, Expositions universelles de 1889 et de 1900; Grands prix : Saint-Louis (1904), Liège (1905) et Milan (1906). La maison Falcimaigne fournit la clientèle de l’étranger, elle trouve des débouchés importants pour ses articles riches, dans les grandes villes de l’Italie.
- ÉVENTAILS
- L’industrie des éventails n’était représentée à Milan par aucune maison française; nous ne saurions trop déplorer cette abstention.
- Il est, en effet; infiniment regrettable que certains de nos confrères ,dont les maisons sont universellement connues, se désintéressent avec ensemble de manifestations dont l’importance pour notre réputation industrielle et commerciale ne saurait être mise en doute par personne.
- Les tableaux que nous publions leur feront, sans aucun doute, regretter de n’avoir pas montré aux Italiens que nos éventails sont, dans l’article de luxe, de pures merveilles, et, dans l’article ordinaire, de qualité et de goût supérieurs à ceux qui se font chez la plupart des nations productrices.
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-
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-
- FRANCE. — ÉVENTAILS et ÉCRANS à main, en bois et papier, et en bois et étoffes ou plumes.
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1903 1903 1904 1905 1906
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos
- Allemagne 882 )) )) )) 811 )) 1.225 )) )) »
- Espagne 3.271 163 2.608 258 1.684 197 1.644 761 1.672 6.837
- Japon 11.452 )) 7.291 24 8.786 » 5.781 139 9.388 ))
- Angleterre )) 1.610 )) )) )) 1.596 1.541 2.578 2.313 1.333
- 1 États-Unis )) 2.872 )) 2.710 » 2.089 )) 2.017 » 4.834
- Brésil )) 1.128 )) 780 )) 377 )) » )) 678
- République Argentine . )) 271 » 714 )) 1.071 )) 1.963 )) 2.582
- Chine )) )) 51 )) )) )) )) )) )) ))
- Belgique )) )) » 544 )) )) )) )) )) »
- Italie )) )) )) » )) 293 )) 607 95 1.065
- Autres Pays étrangers . 977 3.622 2.192 3.148 2.234 1.860 2.147 3.937 2.466 4.1951
- Algérie Madagascar et dépen- 1.614 » 1.599 )) 1.300 » 1.532 )) 2.1201
- dances 298 )) )) )) )> 9 9 )) »
- Indo-Chine Autres Colonies et Pays » 6 )) 2.578 )) 3.167 )) 8.781 » !
- de Protectorat 377 502 3 406 129 639 51 807 30 800 1
- Quantités totales . . 16.959 12.080 12.151 10.183 16.222 9.422 15.556 14.341 24.745 24.444
- Valeurs totales Fr.. 254.385 628.160 182.265 527.956 243.330 498.944 248.944 788.755 420.665 1.515.528' 1
- EXPOSITION DE MILAN
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-
-
-
- FRANCE. — ÉVENTAILS et ÉCRANS à main, en ivoire, en nacre, ou en écaille.
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1903 1903 1904 1905 1906
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS importa- tions EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos
- Grande-Bretagne )) 624 )) 654 )) 1.155 >, 932 » 941
- Espagne » )) )) )) » )) )) » 10 ))
- Autriche-Hongrie » )) )) )) » » 60 » 69 ))
- Allemagne )) 353 32 272 41 )) 40 )) )) »
- Suisse 5 )) » )) )) )) )) )) )) ))
- Italie 3 )) )) )) )) )) )) )) )) ))
- Autres Pays étrangers.. 54 133 52 121 59 96 23 96 46 203
- Indo-Chine )) )) )) )) )) )) )) )) 1 ))
- Quantités totales . . 62 1.110 84 1.047 100 1.251 123 1.028 126 1.144
- Valeurs totales. Fr. 4.836 227.550 6.552 214.635 8.000 250.000 12.300 257.000 14.490 331.760
- TROISIÈME PARTIE. --- INDUSTRIES DIVERSES 781
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-
-
-
- ITALIE. — ÉVENTAILS ordinaires.
- Statistiques italiennes. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1901 1902 1903 1904 1905
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires
- Autriche-Hongrie .... 5.345 1.500 10.525 )) 18.430 1.060 12.710 )) 17.425 905
- France 3.295 630 6.125 800 1.685 1.320 1.040 )) 3.140 ))
- Allemagne 1.130 )) 1.050 » 17.300 » 26.210 )) 27.575 ))
- Angleterre )) )) )) » 1.565 )) )) )) 6.075 ))
- Malte )) 1.635 )) )) )) 8.895 )) )) )) 845
- Espagne 4.640 )) 7.300 )) 4.980 )) 1.500 )) 6.770 500
- Turquie d’Europe .... )) 3.040 )) » )) 890 )) 1.960 )) 3.560
- Chine 2.595 )) 6.885 )) 2.405 )) 5.025 )) >i )>
- Japon 133.550 )) 194.600 » 184.740 )) 130.090 )) 268.460 ))
- Egypte » 1.650 )) )) )> )) )) 1.275 2.925 1.640
- Argentine » 1.755 )) » » 3.240 » )) )) 3.395
- Indes britanniques ... 3.880 » 3.090 » )) 1 )) » )) »
- Amérique centrale .... )) 1.155 » )) » \ )) )) )) »
- Pérou )) 1.305 )) )) )) )> )) . )) )) ))
- Argentine )) )) » 2.390 )) )) )) 4.370 » ))
- Grèce )) » » » » )) )) 2.230 )) »
- | Totaux 154.435 12.670 229.575 3.190 231.105 15.405 176.575 9.835 332.370 10.845
- 782 EXPOSITION DE MILAN
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- ITALIE. — ÉVENTAILS fins. — Statistiques italiennes. — Commerce spécial.
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1901 1902 1903 1904 1905
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Lires Lires Lires L'res i Lires Lires Lires Lires Lires Lires
- Autriche-Hongrie .... 70.980 » 77.245 5.145 145.670 1) 128.905 4.410 193.725 ))
- France 44.170 2.205 77.245 )) 72.205 3.745 55.650 )) 101.360 2.170
- Allemagne 9.415 )) 27.160 » 75.495 4.130 62.685 )) 69.335 »
- Angleterre 1.155 )) » » 1.540 )) 26.355 )) 13.195 »
- Malte )) 3.360 )) 12.145 )) 16.170 )) 1.925 )) 4.340
- Russie )) )) )) 5.110 )) )) )) )) )) ))
- Espagne 297.675 1.855 199.080 )) 133.105 2.170 31.885 3.640 107.800 » !
- Suisse )) )) 1.015 )) )) )) )) )) » » ;
- Japon 801.885 )) 921.550 )) 690.270 )) 664.615 )) 1.284.080 »
- Égypte » )) )) )) 1.120 )) 6.300 )) 1.330 »
- États-Unis 4.655 1.085 )) )) )) )) )) )) 1.540 »
- Brésil J) 3.255 )) )) » 1.855 )) )) )) »
- Argentine » 7.525 )) 38.185 )) 2.205 » )) )) 6.265
- Uruguay )) )) » » » 1.050 )) )) )) ))
- Indes britanniques .. . 33.215 )) 22.645 )) )) )) )) )) )) » !
- Chine 19.425 )) 45.535 » 24.395 )) 65.555 )) )) » ' ;
- Tunisie » 700 )) )) )) » )> )) )) » j
- Australie )) » )) 1.260 1.610 )) )) )) )) ))
- Totaux 1.282.575 19.985 1.371.475 61.845 1.145.410 31.325 1.041.950 9.975 1.772.365 1 12.775 1
- TROISIÈME PARTIE. — INDUSTRIES DIVERSES 783
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- 784
- EXPOSITION DE MILAN
- LA GANTERIE
- LES PROGRÈS INDUSTRIELS (1)
- On trouvé la mention de gants de peau au moyen âge, mais c’est seulement sous Henri III que les femmes de haut rang commencèrent à porter des gants proprement dits ; avant cette époque on 11e faisait usage que de mitaines. Ces gants étaient de soie tricotée, et leur usage se répandit bientôt parmi les classes aisées.
- Ce fut sous Louis XIY qu’on vit paraître les premiers gants en peau, fabriqués à Vendôme et Blois, puis à Grenoble.
- La consommation prit alors assez d’extension pour que la fabrication pût constituer une véritable industrie.
- Ces fabriques stimulées d’abord par les produits alors supérieurs de l’Angleterre firent quelques progrès, puis restèrent stationnaires jusqu’à la Révolution.
- A partir du commencement du xixe siècle, la ganterie française se relève, s’empare de la mode et forme bientôt un des principaux articles de notre commerce d’exportation.
- Sous la première République et le premier Empire, les gants étaient extravagants et les mitaines prodigieuses. Avec la Restauration, ils prirent, comme le costume, des allures plus simples et se rapprochèrent de leurs formes et de leurs dimensions actuelles.
- Payen, rapporteur du Jury départemental de la Seine pour l’Exposition de 1827, enregistrait les remarquables progrès de la ganterie parisienne, et les attribuait à la meilleure qualité des peaux de chevreau, à la solidité et à la finesse des coutures. Il estimait à 30 millions par an la production de Paris en peaux ouvrées de toute nature.
- (1) Le rapporteur de l’Exposition universelle de 1889 a écrit un chapitre historique du plus haut'intérêt sur l’histoire du gant. A l’Exposition de Milan (19061, cette branche très importante de notre industrie n’était représentée que par un seul exposant, il nous est donc impossible de donner à ce chapitre une importance très considérable.
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- TROISIÈME PARTIE. ----- INDUSTRIES DIVERSES 785
- Bientôt se développait la coupe à la mécanique des gants de peau, soit à l’emporte-pièce, soit au calibre, par le procédé Jouvin, qui devait exercer la plus heureuse influence sur l’avenir de la ganterie française.
- Un ingénieux système de numérotage permettait de faire fabriquer où de trouver sans difficulté des gants d’un ajustage irréprochable.
- Lors de l’Exposition de 1839, notre exportation avait augmenté.
- Paris tenait toujours la tête, mais la vieille fabrique de Grenoble reprenait son essor. Vers cette époque, le gant était orné, aux attaches, de petits crispins, de festons, de ruches, de crénelures.
- Une crise funeste suivit la Révolution de 1848, le chiffre d’affaires de la ganterie de peau parisienne, qui avait dépassé 14 millions en 1847, éprouva une réduction de plus de moitié. Mais cette crise fut de courte durée, car, dès 1849, M. Natalis Rondot, rapporteur du Jury, constatait une situation prospère, la France vendait au monde entier, surtout aux États-Unis et à l’Angleterre; sa production montait à 36 millions, dont 16 pour la fabrique parisienne et 10 pour Grenoble.
- Quand eut lieu la première Exposition internationale à Londres (1851), l’Angleterre avait progressé, grâce aux mesures libérales prises par Robert Peel, pour l’importation des peaux; la ganterie y occupait 25.000 ouvriers et sa production annuelle atteignait de 18 à 20 millions de francs.
- L’Autriche fabriquait pour 4 millions.
- L’Allemagne cherchait sans succès à nous imiter.
- L’industrie française présentait une immense supériorité et avait un chiffre d’affaires de 47 millions.
- La seconde Exposition universelle, celle de Paris (1855), retrouva la fabrique française en pleine activité : les trois quarts de ses produits s’écoulaient aux Etats-Unis et en Angleterre.
- D’après une enquête instituée en 1860 par la Chambre de Commerce de Paris, le négoce de la capitale s’élevait à 15 millions, dont 8 pour l’exportation.
- Au moment de 1862, à Londres, la production française était estimée à 50 millions environ, sur lesquels la France ne gardait que 2 dixièmes; 4 dixièmes allaient en Amérique, 3 en Angleterre, 1 en Russie, en Allemagne et en Italie; l’excellence de la coupe Par le procédé Jouvin et la perfection de notre mégisserie maintenaient la supériorité de nos produits.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Les industriels anglais fabriquaient bien la ganterie forte.
- Favorisée par le régime économique, la ganterie française progressa et, en 1867, pour 75 ou 80 millions, employait 65.000 à 70.000 personnes, chamoiseurs, mégissiers, teinturiers, coupeurs, dresseurs, piqueuses, couseuses, etc. La France conservait le premier rang sur tous les marchés du monde, mais elle avait éveillé une vive émulation à l’étranger, et le rapporteur de l’Exposition, poussant un cri d’alarme, préconisait la division du travail.
- Malgré la perturbation jetée par les événements de 1870-71, nos fabricants n’avaient pas trop souffert, lorsque tout à coup affluèrent sur le marché des gants d’assez belle apparence et d’un prix peu élevé, venant de Belgique, d’Autriche, de Saxe, du Luxembourg. Ils comprirent alors la nécessité absolue de perfectionner leur outillage et de rechercher une main-d’œuvre plus économique. Le rapporteur de l’Exposition de 1873 à Vienne les poussa, du reste, dans cette voie en leur conseillant de ne plus reculer devant l’adoption de la couture mécanique pour les gants de qualité courante et ordinaire.
- On rencontre les mêmes conseils sous la plume du rapporteur de l’Exposition de 1878, qui préconisait, en outre, la réunion aux ateliers de ganterie, du travail de mégisserie et de teinture, afin de centraliser le contrôle sur toutes les opérations.
- Nos concurrents allaient d’un pas plus rapide que nous dans la transformation de leurs procédés; ils créaient de vastes manufactures, y introduisaient les perfectionnements modernes, appliquaient la division du travail, réunissaient la mégisserie, la teinture, la couture, la broderie. La situation pouvait devenir critique, mais les fabricants français se défendirent; ils généralisèrent l’emploi des machines et construisirent de grandes usines commandées par des moteurs à vapeur, hydrauliques, substituèrent la lumière électrique au gaz qui altérait les couleurs, et enfin leurs efforts furent couronnés de succès puisqu’au moment de l’Exposition universelle de 1889, notre production représentait une moyenne de 90 millions.
- Deux faits dominent les dernières années du xixe siècle; l’accroissement de la consommation et la baisse des prix.
- L’Allemagne avait augmenté et amélioré sa production; de puissantes manufactures s’étaient installées aux États-Unis, en Italie; Naples progressait grâce aux salaires restreints de ses artisans; Vienne et Prague avaient une production active.
- De 1901 à 1906, l’industrie de la ganterie a progressé en France et dans les principaux centres de production de l’étranger
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- INDUSTRIES DIVERSES
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- SITUATION COMMERCIALE DE L’INDUSTRIE DE LA GANTERIE FRANÇAISE, DE 1902 A 1906
- L’année 1906 a été très bonne pour l’industrie de la ganterie de peau, les exportations ont atteint 60.248.580 francs, chiffre très supérieur à celui de 1902, qui est 33.713.085 francs; les importations ont été également beaucoup plus importantes, 112.998 douzaines, en 1906, contre 60.686 douzaines en 1902.
- L’activité intense que nous constatons dans l’industrie de la ganterie provient surtout des modifications qui se sont produites dans la toilette de la femme : à la mode des manches de robes longues, et, par suite, des gants courts, a succédé celle des manches courtes et des gants très longs.
- Depuis deux ou trois ans, les affaires en ganterie avaient été languissantes; lorsque la nouvelle mode a fait son apparition, il a fallu reconstituer des stocks importants en marchandises nouvelles.
- La matière première, soit en peau d’agneau, soit en peau de chèvre a été insuffisante et les prix ont augmenté dans des proportions considérables (1).
- IMPORTATIONS
- * Pendant l’année 1905, l’Angleterre nous avait fourni 40 %, l’Allemagne 22 %, l’Italie 34 %, F Autriche-Hongrie, environ 4 %, du montant total de nos importations.
- Ces proportions ont été modifiées en 1906, les quantités reçues d’Italie ont été supérieures à celles de provenance anglaise; F Italie
- (1) Rapport annuel de la Commission.permanente des valeurs en douane.
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- EXPOSITION DE MILAN
- représente 40 %, l’Angleterre 34 %, l’Allemagne 15 %, l’Autriche 8 % de la valeur de nos importations.
- L’Angleterre nous envoie presque exclusivement des gants d’agneau piqués pour hommes, d’un prix relativement élevé, l’Italie des gants d’agneau simplement cousus pour femmes, d’un prix inférieur aux articles similaires français.
- EXPORTATIONS
- Nous vendons des gants à l’Angleterre et aux États-Unis.
- L’Angleterre est notre principal client, mais nos exportations avec les États-Unis se développent d’une manière très satisfaisante.
- Les tableaux que nous publions, d’autre part, contiennent à ce sujet tous les renseignements qui peuvent contribuer à établir d’une façon précise la véritable importance de nos transactions en ganterie de peau.
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- FRANCE. — GANTERIE de peau.
- Statistiques françaises. —- Commerce spécial.
- ! PAYS 1903 1903 1904 1905 1906
- DE PROVENANCE ET DE DESTINATION ] IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités douz. Quantités kilos Quantités douz. Quantités kilos Quantités douz. Quantités kilos Qua ntités douz. Quantités kilos Quantités douz. Quantités kilos
- Angleterre 25.165 261.419 29.575 212.975 25.256 208.918 30.965 200.917 34.751 245.273
- Allemagne 15.347 » 14.597 » 14.466 » 17.221 » 17.217 »
- Suisse 25 » » » » » » » » »
- Italie 19.033 » 32.867 » 26.430 » 26.010 » 48.650 »
- États-Unis » 48.593 » 80.102 » 85.147 » 102.320 » 167.950
- Autriche-Hongrie . Autres Pays étran- ” » » » 2.194 » 2.453 * 9.112
- gers Colonies et Pays de 1.116 10.694 3.984 8.755 1.673 8.175 1.275 9.527 3.268 16.585
- protectorat » 371 » 468 )) 466 » 752 )) 539
- Quantités totales . . 60.686 321.077 81.023 302.300 70.019 302.706 77.924 313.516 112.998 430.347
- Valeurs totales. Fr. 1.183.377 33.713.085 1.741.995 33.253.000 1.505.409 33.297.660 1.675.366 37.308.404 3.615.936 60.248.580
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- EXPOSITION DE MILAN
- SITUATION COMMERCIALE DE L’INDUSTRIE DES GANTS EN ITALIE, DE 1901 A 1905
- L’Italie fabrique des gants de peau très ordinaires, mais capables de satisfaire une clientèle qui recherche surtout les bas prix.
- Ses articles sont de vente courante sur tous les marchés et alimentent les magasins secondaires.
- Les exportations sont très supérieures aux importations.
- Pour 1901, les importations se sont élevées à 81.600 lires contre 2.527.600 lires à l’exportation.
- En 1905, les importations ont atteint 75.240 lires et les exportations 1.674.235 lires.
- Le centre de production est Naples, les fabriques de moindre importance sont à Monza. Les autres fabriques travaillent pour la consommation intérieure.
- Importations.
- Les principaux clients à l’importation sont :
- 1901 190
- France ............... 27.900 lires. 51.810 lires.
- Angleterre .......... 26.100 — 8.580 —
- Allemagne............. 16.800 — 8.910 —
- Autriche-Hongrie..... 8.100 — 2.640 —
- Exportations.
- De 1901 àU905, nous avons à enregistrer les variations suivantes dans le commerce d’exportation des gants fabriqués en Italie :
- 1901 1905
- Angleterre ................ 1.562.400 lires. 96.350 lires.
- États-Unis .................. 470.600 — 392.575 —
- France....................... 242.400 — 512.295 —
- Suisse ...................... 106.400 — 379.045 —
- Allemagne .................... 60.600 — 193.110 —-
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- ITALIE. — GANTS de peau de toutes qualités, ainsi que simplement taillés.
- ______Statistiques italiennes. — Commerce spécial.______________
- PAYS DE PROVENANCE ET DE DESTINATION 1901 1993 1903 1901 1905
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- ' TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires
- Autriche -Hongrie .... 8.100 14.880 4.800 1.200 4.800 29.000 )) 36.600 2.640 18.040
- Belgique )) 42.800 3.000 35.200 )) 2.600 » 3.600 )) 23.575
- France 27.900 242.400 75.300 303.000 75.900 360.800 66.560 319.200 51.810 512.295
- Allemagne 16.800 60.600 9.000 116.400 9.600 179.600 21.120 26.400 8.910 193.110
- Angleterre 26.100 1.562.400 14.700 777.600 18.900 318.600 34.880 604.800 8.580 96.350
- Grèce )) 3.400 » )) )) )) )) )) )) 615
- Malte )) 8.600 » » 6.400 1.200 11.800 )) 13.600 990 11.480,
- Suisse 2.700 106.400 )) 178.800 )) 61.400 )) 178.600 )) 379.045|
- Turquie d’Europe .... )) 5.400 )) 6.200 1.800 1.000 )) 9.200 » 2.870
- Turquie d’Asie )> 2.000 )) 2.400 )) 2.400 960 )) 990 » j
- J apon )) )) )) 4.800 )) 1.400 )) 6.800 )) 7.585
- Tripolitaine )) )) )) )) )) )) )) » 1.320 ))
- Etats-Unis )) 470.600 )) 547.600 )) 478.800 )> 267.000 )) 392.575
- Amérique centrale . . . » » )) 2.000 )) 2.000 )) )) )) 2.050
- Argentine )) 1.400 )) » )) 2.600 )) 6.400 )) 16.810
- Australie )) » )) )) )) )) )) )) )) 17.835
- Égypte » 2.600 )) 4.800 )) )) » » » ))
- Tunisie )) 2.400 )) )) )) » )) )) )) )>
- Mexique )) 1.000 )) 3.000 )) )) )) )) )) ))
- Pérou )) 800 » )) )) » )) 2.000 T) »
- Danemark )) )) )) 5.000 )) )) )) )) » ))
- Erythrée » )) )) 16.600 )) )) » )) )) »
- Chili )) )) )) 7.200 )) )) )) )) )) ))
- Autres Pays )> )) )) )) » 3.600 » (') 6.400 )) ))
- Totaux 81.600 2.527.680 106.800 2.018.200 1 112.200 1.455.600 123.520 1.480.600 75.240 1.674.235
- TROISIÈME PARTIE. INDUSTRIES DIVERSES
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- EXPOSITION DE MILAN
- LA GANTERIE A L’EXPOSITION DE MILAN
- Les fabricants de gants français avaient sans doute jugé qu’ils pouvaient se désintéresser de l’Exposition de Milan. Une seule maison de Chaumont (Haute-Marne) représentait la ganterie.
- Cette maison est très importante et fait un gros chiffre d’affaires, mais il aurait été à souhaiter que son exemple fut suivi par les autres fabricants et qu’une industrie aussi importante, en France, ne fût pas représentée par un seul exposant.
- Le Jury des récompenses a décerné un Grand prix à cet exposant qui était représenté par la maison Tréfousse, Goguenheim et Cie.
- TRÉFOUSSE, GOGUENHEIM ET Cie, à Chaumont (France).
- La maison Tréfousse, Goguenheim et Cie a été transportée, en 1829, à Chaumont, dans le département de la Haute-Marne. Avant cette époque, elle était installée à Lunéville. C’est donc une des plus anciennes manufactures françaises de gants. Elle réunit en un seul établissement trois industries distinctes : la mégisserie, la teinturerie et la fabrique de gants. Elle possède des comptoirs à Londres, New-York, Montréal, Buenos-Aires, Melbourne et Sydney.
- Ses produits appréciés dans le monde entier ont toujours obtenu d’importantes récompenses dans toutes les Expositions où ils ont figuré. Nous citerons plus particulièrement les Médaillés d’argent qui lui furent décernées aux Expositions de Paris (1829 et 1844), et New-York (1853). En 1862, à l’Exposition de Londres, une « prize medal » venait récompenser les efforts de ses directeurs. En 1865, deux Médailles de bronze s’ajoutaient à cette liste déjà longue, et enfin à Paris (1867), Vienne (1873), Paris (1878 et 1889), le Jury accordait successivement à la maison Tréfousse, Goguenheim et Cie, deux Médailles d’argent, deux Médailles de progrès, deux Médailles cl’or et deux Grands prix.
- En 1872, à Lyon, M. Tréfousse avait été nommé Membre du Jury, et sa maison mise Hors concours.
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- TROISIÈME PARTIE.
- INDUSTRIES DIVERSES
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- De 1900 à 1906, la manufacture de MM. Tréfousse, Goguenlieim et Cie a apporté sa part de collaboration aux différentes Expositions qui ont été organisées en France et à l’étranger.
- * *• '• *. •
- A l’Exposition universelle de Paris, en 1900, M. Goguenlieim fut Membre du Jury; à Saint-Louis, en 1904, la manufacture se voyait attribuer un Grand prix, et à Milan, en 1905, elle recevait un nouveau Grand prix.
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- EXPOSITION DE MILAN
- TISSUS ÉLASTIQUES
- CAOUTCHOUCS MANUFACTURÉS, ÉQUIPEMENTS SPORTIFS
- Le rapporteur du Jury de la Classe 86 à l’Exposition de Liège, M. Léon Chevreau, a écrit sur l’industrie du caoutchouc manufacturé un chapitre très remarquable.
- L’industrie du caoutchouc manufacturé et celle du tissage élastique sont d’origine française.
- Après avoir répandu dans toutes les nations ses différents produits, notre industrie se trouve aujourd’hui dans la nécessité de se défendre contre ses anciens clients devenus de redoutables concurrents.
- Cependant, nous devons dire qu’elle se maintient au premier rang, grâce à ses innovations et à ses créations constantes.
- Elle apporte, dans la confection de tous ses articles, les qualités incontestables du goût français, qu’on retrouve plus particulièrement dans les accessoires du vêtement, tels que: bretelles, jarretelles, ceintures, dessous de bras, lingerie caoutchoutée, vêtements imperméables.
- L’industrie du caoutchouc manufacturé produit, en outre, une quantité d’objets divers, tels que: jouets, blagues, gommes à effacer, ballons, lance-pierres, etc., etc.
- Malgré les hauts cours de la matière première, la situation des industries du caoutchouc continue à être satisfaisante et suit une marche continuellement progressive en ce qui concerne le mouvement de la production et des affaires.
- On ne saurait en dire autant en ce qui concerne les bénéfices, car ceux-ci se sont singulièrement amoindris en raison de la concurrence acharnée qui s’exerce dans toutes les branches de la fabrication, tant sur le marché national qu’à l’étranger, et qui, bien loin de permettre aux fabricants d’augmenter le prix des objets manufac-
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- INDUSTRIES DIVERSES
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- turés, en suivant les cours de la matière brute, les oblige à réduire leur bénéfice à la plus extrême limite.
- Pour l’année 1906, tous les articles de la nomenclature accusent une avance sensible sur l’exercice précédent, aussi bien à l’importation qu’à l’exportation, sauf pour les chaussures qui ont faibli à l’exportation.
- La comparaison avec 1905 donne, pour les divers articles manufacturés, les résultats suivants :
- 1906 1907
- Tissus élastiques......... 151.092kilos. 147.264kilos.
- — en pièces............... 13.400 — 11.334 —
- — pour cardes.............. 6.571 — 5.068 —
- Vêtements ..................... 31.024 — 23.471 —
- Chaussures..................... 94.965 — 130.494 —
- Autres ouvrages............. 2.297.323 — 1.577.801 —
- En dehors de Rouen, Saint-Étienne et Saint-Chamond sont des centres importants de production, le premier pour les bretelles, jarretières et ceintures, le second pour les élastiques de chaussures.
- Rouen emploie des tissus de coton; la Loire met en œuvre des tissus à trame de soie; la Somme a quelques manufactures importantes, Paris fournit les articles de luxe et les fantaisies.
- L’importation a été, en 1906, de 1.197.465 francs pour les ouvrages en tissus élastiques et de 514.566 francs pour les vêtements.
- L’exportation nous donne, au contraire, les chiffres suivants :
- Ouvrages en tissus élastiques.................... 2.568.564 fr.
- Vêtements confectionnés en caoutchouc............ 908.396 —
- Les tableaux suivants permettront de comparer cette situation avec celle des années précédentes, depuis 1902.
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- FRANCE. — Ouvrages en tissus élastiques. — Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS 1303 1903 1904 1905 1906
- DE PROVENANCE ET DE
- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA- IMPORTA- EXPORTA-
- DESTINATION TIONS TIONS TIONS 'TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos
- Grande-Bretagne .... 39.508 110.856 42.534 92.523 39.774 52.077 7 37.924 77.118 44.005 85.581
- Allemagne 11.071 26.546 7.915 24.177 11.379 13.089 17.043 23.732 21.526 30.036
- Belgique 5.322 13.527 6.590 16.495 4.868 25.661 5.441 19.854 6.034 9.634
- Suisse 841 )) 1.238 4.286 1.905 3.954 1.544 »““j 2.682 5.828.
- Italie 63 )) 53 » 123 )) 112 )) 133 ))
- Espagne » 2.577 )) 1.168 )) 1.547 )) 2.247 )) 1.275
- États-Unis )) )) » )) )) )) )) )> )) 3.114
- Uruguay )) )) )) » )) )) » 627 )) 98
- République Argentine )) 277 )) 356 )) 2.784 )) 2.275 )) 760
- Brésil )) )) )) )) )) )) )) 723 )) ))
- Mexique )) 1.131 )) 286 )) 215 )) » )) ))
- Autres Pays étrangers. 1.254 19.756 3.249 12.903 3.299 9.923 4. 122 16.890 5.451 12.114
- Indo-Chine » )) )) 1.714 )) » )) )) .))
- Tunisie )) 425 )) )> 3 )> )) )) ))
- Madagascar et dépen-
- dances )) )) )) )) )) 235 )) )) )) 2.652
- Algérie )) 3.142 )> )) )) 4.314 )) 2.034 »
- 1 Autres Colonies et Pays
- 1 de Protectorat » 679 )) 880 » 1.189 » 1.764 »
- I Quantités totales . . 58.059 178.916 61.579 154.788 61.351 114.988 66.186 147.264 79.831 151.092
- | Valeurs totales. Fr. 812.826 ! 2.862.656 862.106 2.476.608 920.265 1.954.796 992.790 2.503.448 1.197.465,2.568.564
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- FRANCE
- Vêtements confectionnés en caoutchouc
- Statistiques françaises. — Commerce spécial.
- PAYS 1901 1903 1903 1904 1905
- DE PROVENANCE ET DE DESTINATION IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités Quantités
- kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos kilos
- Grande-Bretagne 14.625 3.577 13.907 7.582 10.468 1.891 9.941 1.674 10.324 2.192
- Allemagne 3.492 3.219 3.130 )) 3.747 )) 3.666 3.684 6.110 5.422
- Belgique 1.064 )) 1.319 1.456 1.305 )) 1.665 1.281 1.532 9.393
- État-Unis 856 )> 319 )) 593 )) )) )) 631 ))
- Espagne )) 2.089 . » )) )) 427 )) 87 )) 602
- Turquie )) )) )) )) )) » 1) )) )) 797
- Brésil )) )) » » )) 655 )) )) )) 1.057
- République Argentine . » 769 )) 64 )) . 3.168 )) 3.789 » 1.851
- Suisse 412 )) )) 390 63 470 73 )) )) )) !
- Autriche-Hongrie .... )) )) )) 126 )) » )) )) )) »
- Italie )) )) 15 » » )) ), » » )>
- Égypte )) 10.746 » » )) » )) )) )) » !
- Autres pays étrangers . Madagascar et dépen- 163 7.402 174 2.731 220 3.769 725 4.629 302 3.085
- dances )) )) )) 802 )) )) )) )) )) ))
- Tunisie )) )) 2 )) 2 1.050 )) 795 )) ))
- Indo- Chine )) 1.640 » i) )) 2.002 )) 3.250 )) 2.538
- Algérie )) 1.446 )) 779 189 1.080 )) 842 159 1.680
- Tunisie Autres Établissements de la Côte occidentale )) )) )) » )) 1) )) )) )) 847
- d’Afrique Autres Colonies et Pays » )) )) 1.234 )) 1.713 )) 1.612 * » 1.189
- de Protectorat » 2.548 » 2.063 )) 849 » 1.828 )) 671
- Quantités totales . . 20.612 33.436 18.866 17.227 16.587 17.074 16.070 23.471 19.058 31.324
- Valeurs totales. Fr. 515.300 902.772 471.650 465.129 447.849 495.146 433.890 680.659 514.566 908.396
- TROISIÈME PARTIE. --- INDUSTRIES DIVERSES 797
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- EXPOSITION DE MILAN
- SITUATION COMMERCIALE DE L'INDUSTRIE ITALIENNE DES TISSUS ÉLASTIQUES, DE 1901 A 1905
- L’industrie des tissus élastiques est prospère en Italie. Les centres de fabrication sont Milan et Turin. Les articles fabriqués sont : bretelles, jarretelles, jarretières et tissus pour la cordonnerie.
- De 1901 à 1905, on constate une hausse très sensible à l’importation et à l’exportation.
- Importations.
- 1901 1905
- 477.750 lires. 656.000 lires.
- Le commerce avec les principaux clients a subi les variations suivantes : 1901 1905
- Allemagne France Autriche-Hongrie Angleterre 186.875 lires. 432.000 lires. 89.375 — 110.000 — 79.625 — 50.000 — 65.000 — 36.000 —
- Exportations.
- 1901 1905
- 1.401.250 lires. 2.668.000 lires.
- Les principaux clients sont :
- République Argentine 1901 396.500 lires. 1905 862.000 lires.
- Brésil . ... 344.500 — 614.000 —•
- France ... 160.875 — 154.000 —
- Turquie d’Europe ... 123.500 — 76.000 —-
- Égypte ... 99.125 — 362.000 —
- États-Unis 8.125 — 50.000 —
- Chine 6.500 — 58.000 —•
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- L’Italie est une des nations industrielles qui étaient autrefois les meilleurs clients de la France, pour l’industrie du caoutchouc manufacturé.
- Elle est devenue maintenant une de nos principales concurrentes en ce qui concerne les tissus élastiques et ses applications, tels que : bretelles, jarretelles, etc.
- Il s’est monté en Italie des usines pour la fabrication du fil de caoutchouc qui peut être comme la matière première de notre industrie de tissage.
- Les fabricants italiens de tissus élastiques ne sont donc plus tributaires comme nous de l’étranger et peuvent s’approvisionner dans leur propre pays, tandis que les nôtres, non seulement doivent s’adresser aux producteurs d’Angleterre, d’Amérique et d’Italie même, mais ont à payer un droit de 40 francs par 100 kilos à l’entrée de ces marchandises en France.
- Ce droit est du reste anormal, puisqu’il ne protège aucune fabrication française.
- Nul fabrique de caoutchouc ne s’occupe, en France, de la production du fil de caoutchouc, et les droits dont il est frappé par nos tarifs douaniers ont pour unique conséquence de mettre les fabricants français de tissus élastiques dans un état d’infériorité qui leur est très préjudiciable pour soutenir la concurrence sur les marchés étrangers.
- Les articles de nos industries, fabriqués en Italie, offrent un aspect très différent des nôtres comme coloris et comme présentation.
- Les articles italiens sont généralement de qualité inférieure à ceux produits en France, ils sont de couleurs criardes.
- Malgré les fabriques indigènes, l’Italie comme beaucoup d’autres nations, continue à nous acheter les articles moyens et supérieurs de la nouveauté et de la fantaisie.
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- ITALIE. — PASSEMENTERIE et RUBANS en caoutchouc et tissus élastiques.
- PAYS DE PROVENAACE ET DE DESTINATION 1901 1903 1903 1904 1903
- IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS IMPORTA- TIONS EXPORTA- TIONS
- Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires Lires
- Autriche-Hongrie 79.625 3.250 51.520 » 79.380 8.100 45.500 22.750 50.000 64.000
- 1 Belgique 1.625 » » )) 24.300 » )) 28.000
- France 89.375 160.875 115.920 209.300 121.500 79.380 110.250 108.500 110.000 154.000
- ! Allemagne 186.875 6.500 339.710 12.880 366.120 1.620 420.Oüo 432.000
- Angleterre 65.000 47.125 33.810 28.980 48.600 » 56.000 17.500 36.000 78.000
- Malte » )) » )) )) )) » 1.750
- Grèce » 8.125 )> 46.690 )) 85.860 )> 49.000 w 68.000
- 1 Russie )) » )) » » 1.620 „ M
- | Roumanie )) )) )) )) )) )) ,, )) 10.000
- 1 Portugal » )) )) 1.610 » ), » „ »
- I Espagne » 87.750 )) 83.720 )) 90.720 W 54.250 )) 36.000 !
- | Suisse 52.000 21.125 25.760 12.880 17.820 8.100 5.250 14.000 22.000 72.000|
- Turquie d’Europe » 123.500 )) 70.840 )) 68.040 ,) 119.000 76.000|
- Turquie d’Asie » 16.250 )) 1.610 )) ), » 7.000 »
- Chine » 6.500 » 6.440 )) 55.080 „ 40.250 )) 58.000^
- Possessions hollandaises )) )) » )> » 12.960 7.000
- Égypte » 99.125 » 46.690 )) 202.500 » 309.750 362.000
- T unisie )) 4.875 )) 1.160 )) 3.240 » 8.750 M 4.000
- Autres Pays d’Afrique » » )) )) 6.480 8.100 » „ 6.000
- États-Unis 1.625 8.125 4.830 1.610 )) 8.100 14.000 10.500 6.000 50.000
- Mexique )) » )) 12.880 )) „ » 7.000 2.000
- Cuba et Porto-Rico » )> » 3.220 » » )) 10.500 „ 22.000
- Amérique centrale » 22.750 )) 1.610 » 25.920 » 19.250 w 26.000
- Brésil )) 344.500 )> 251.160 » 328.860 » 381.500 » 614.000
- Pérou » 11.375 » 8.050 » 14.580 * )) 89.250 w 34.000
- Argentine » 396.500 » 864.570 » 856.980 » 1.071.000 862.000
- 1 ruguay » 6.500 » 3.220 )) 8.100 ,) 5.250 îo.ooo;
- Chili 1.625 3.250 » 4.830 » 17.820 » 33.250 )) 30.000
- Australie 17.875 ^ 490 46.980
- Autres Pays d’Océanie » „ 1.610 »
- | Indes britanniques )) 3.250 » 27.370 » 27.540 » 17.500 »
- SI Japon ” 8.125 » ” » » 5.250 » »
- 1 Totaux 477.750 |l. 407.250 1 571.550 1.738.800 664.200 1.960.200 651.000 2.437.750 656.000 2.668. OOj
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- TROISIÈME PARTIE. -- INDUSTRIES DIVERSES
- LES FABRICANTS ET LES OUVRIERS
- Lors du dernier recensement, on comptait, en France :
- 2.394 personnes employées à la fabrication du caoutchouc et au raffinage de la gomme;
- 2.179 personnes employées à la fabrication des câbles électriques caoutchoutés;
- 710 personnes employées à la fabrication des vêtements, lingerie et tissus imperméabilisés;
- 3.544 personnes employées à la fabrication d’articles, divers (ballons, balles, instruments de chirurgie, tubes pour fleurs artificielles, etc., etc.).
- Le nombre des établissements s’occupant de ces fabrications était de 60 pour la raffinerie de la gomme; de 15 pour la fabrication des-câbles; de 26 pour la confection des vêtements et de 116 pour les articles divers.
- Dans l’industrie du vêtement, de la lingerie et tissus, une seule fabrique emploie plus de 100 personnes.
- Il existe dans cette industrie une seule association professionnelle et qui porte le nom de « Syndicat professionnel du caoutchouc, gutta-percha, tissus élastiques, toiles cirées, toiles-cuir, etc. ».
- LE CAOUTCHOUC MANUFACTURÉ A L’EXPOSITION DE MILAN
- È
- L’industrie du caoutchouc manufacturé et des tissus élastiques était représentée, à l’Exposition internationale de Milan, par deux exposants, dont une maison très importante.
- Le Jury des récompenses a accordé un Grand prix à la Société du caoutchouc manufacturé, et une Médaille de bronze à l’autre exposant.
- Les notices ci-jointes contiennent sur chacun de ces exposants les principaux renseignements qualifiés pour établir leur importance respective.
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- HERMIER. 10, rue Daunou, Paris.
- Cette maison s’est fait une spécialité de la parfumerie pour tissus, et fabrique des dessous-de-bras en flanelle parfumée, ainsi que des objets de toilette féminins, tels que guimpes et plastrons.
- Les préparations qui servent à cette industrie très spéciale sont faites par les soins de M. Hermier dans son laboratoire de Paris, et les marchandises sont manufacturées dans la banlieue parisienne par des ouvriers en chambres.
- Le Jury a accordé une Médaille de bronze aux différents produits que cette maison exposait à Milan.
- SOCIÉTÉ DU CAOUTCHOUC MANUFACTURÉ (Industrie du tissage élastique et de ses dérivés)
- 86, 88, 90, rue Notre-Dame-de-Nazareth, Paris.
- L'origine de cette maison remonte à 1865; à cette époque, l’industrie des tissus élastiques, des bretelles et des jarretières était loin d’avoir l’importance qu’elle a acquise de nos jours.
- Les créateurs de cette maison se rendirent compte par avance du progrès que l’on pouvait apporter dans cette branche industrielle, et ils eurent le grand mérite de contribuer à son développement.
- C’est ainsi que successivement, en suivant les besoins nouveaux et les progrès inhérents à ces articles, ils entreprirent la fabrication de tout ce qui concerne le caoutchouc et les accessoires du vêtement.
- La Société du caoutchouc manufacturé possède, à Mouy (Oise), une usine importante de tissage élastique, et à Viry-Châtillon, une usine pour la fabrication du caoutchouc et de tous ses dérivés, tels que dessous-de-bras, blagues, gommes à effacer, jouets et ballons en caoutchouc, étoffes et vêtements caoutchoutés, etc., etc.
- Elle exposa pour la première fois à l’Exposition universelle de Paris (1869), et y obtint une Médaille de bronze. Depuis cette époque, elle a régulièrement pris part à toutes les grandes Expositions, et les plus hautes récompenses lui ont été justement attribuées.
- Médaille d’argent, Paris (1878); Médaille d’or, Paris (1889); Grand
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- Diplôme cl’honneur, Bruxelles (1897); Grands prix, Paris (1900), Hanoï (1902), Milan (1906).
- Elle fut en outre Hors concours comme Membre du Jury à Paris en 1900, Classe 86, Saint-
- Louis (1904), Liège (1905).
- Cette maison est une des plus considérables dans ce genre d’industrie; elle fait un gros chiffre d’affaires, tant en h rance qu à l’étranger.
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- ÉQUIPEMENT SPORTIF
- Quant à l’industrie de l’équipement sportif, une seule maison de ce genre avait cru devoir prendre part à l’Exposition de Milan.
- Quoique seule, elle représentait avec éclat une industrie dont nous pouvons tous les jours constater les heureux progrès, et elle fut mise Hors concours.
- VOLLANT, 34, boulevard Sébastopol, Paris.
- Cette maison était la seule à représenter dans notre Groupe l’industrie de l’équipement sportif.
- Une des plus importantes du monde, elle s’est fait une spécialité de tous les articles de sports. Elle possède une manufacture de guêtres, molletières et vêtements de peau.
- Le développement considérable pris en ces dernières années par l’industrie des sports et l’automobilisme ont eu naturellement les plus heureux effets pour sa production.
- M. Voilant, par la création incessante de nouveaux articles qui, tout en suivant les goûts de la mode, sont confortables et pratiques, a donné un essor merveilleux à l’industrie de l’équipement sportif.
- Ses produits ont participé à un grand nombre d’Expositions, elles récompenses qu’ils ont obtenues sont le meilleur éloge que l’on puisse faire de l’activité, du goût et de la science de M. Voilant.
- Nous citerons : Médailles d’argent, à Anvers, en 1894, et à Bruxelles (1897); Diplôme d’honneur, à Toronto (Canada) (1898); Diplôme d’excellence à Altanta (1896); Médaille d’argent à Paris, en 1900; Médaille d’or à Hanoï, en 1902; Grands prix à Liège (1905) et à Tourcoing (1906), enfin Hors concours à Milan (1906).
- Comme on le voit, M. Voilant contribue puissamment au développement à l’étranger de nos articles français, et les résultats qu’il obtient sont des plus appréciables.
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- urtrième Partie
- Rations étrangères
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- QUATRIÈME PRRTIE
- L’Italie
- HISTORIQUE
- PUISSANCE COMMERCIALE
- I
- S^u" moment d’aborder l’examen des exposants italiens que uju le Jury de la Classe 86 a eu à examiner, de dire quelques mots des industriels qu’une singularité de règlement a soustrait à notre jugement, il est intéressant de rappeler brièvement quelles furent les origines commerciales de l’Italie.
- II
- M. de Montesquieu, qui se fit l’historien de « la grandeur et de la décadence des Romains », écrit :
- « Rome étant une ville sans commerce et presque sans arts, le pillage était le seul moyen que les particuliers eussent pour s’enrichir.
- »... Les Romains se destinant à la guerre, et la regardant comme le seul art, ils mirent tout leur esprit et toutes leurs pensées à le
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- EXPOSITION DE MILAN
- perfectionner. « C’est sans doute un dieu, dit Végèce, qui leur inspira » la légion. »
- »... Des anciennes mœurs, un certain usage de la pauvreté, rendaient à Rome les fortunes à peu près égales; mais à Carthage, des particuliers avaient les richesses des rois.
- » Les Romains étaient ambitieux par orgueil et les Carthaginois par avarice, les uns voulaient commander, les autres voulaient acquérir; et ces derniers, calculant sans cesse la recette et la dépense, firent toujours la guerre sans l’aimer.
- » Rome s’enrichissait toujours, et chaque guerre la mettait en état d’en entreprendre une autre.
- » Maîtres de l’univers, les Romains s’en attribuèrent tous les trésors... on faisait mille crimes pour leur donner tout l’argent du monde.
- »M. Duronius, tribun du peuple, fut chassé du Sénat par les censeurs, parce que, pendant sa magistrature, il avait abrogé la loi qui bornait les dépenses des festins.
- » Rome avait soumis tout l’univers avec le secours des peuples d Italie auxquels elle avait donné, en différents temps, divers privilèges. La plupart de ces peuples ne s’étaient pas d’abord fort souciés du droit de bourgeoisie chez les Romains, et quelques-uns aimèrent mieux garder leurs usages.
- » Mais lorsque ce droit fut celui de la souveraineté universelle, qu’on ne fut rien dans le monde si l’on n’était citoyen romain, et qu’avec ce titre on était tout,les peuples d’Italie résolurent de périr ou d’être Romains : ne pouvant en venir à bout par leurs brigues et par leurs prières, ils prirent la voie des armes, ils se révoltèrent dans tout ce côté qui regarde la mer Ionienne; les autres alliés allaient les suivre. Rome, obligée de combattre contre ceux qui étaient pour ainsi dire les mains avec lesquelles elle enchaînait l’univers, était perdue; elle allait être réduite à ses murailles : elle accorda ce droit tant désiré aux alliés qui n’avaient pas encore cessé d’être fidèles, et peu à peu elle l’accorda à tous.
- » Les peuples d’Italie étant devenus ses citoyens, chaque ville y apporta son génie, ses intérêts particuliers, et sa dépendance de quelque grand protecteur.
- »La grandeur de l’Etat fit la grandeur des fortunes particulières. Avec des biens au-dessus d’une condition privée, il fut difficile d’être un bon citoyen; avec les désirs et les regrets d’une grande fortune ruinée, on fut prêt à tous les attentats; « et, comme dit Salluste, on
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- QUATRIÈME PARTIE. ----- NATIONS ÉTRANGÈRES
- » vit une génération de gens qui ne pouvaient avoir de patri-» moine, ni souffrir que d’autres en eussent. »
- » Cependant, quelle que fût la corruption de Rome, tous les malheurs ne s’y étaient pas introduits, car la force de son institution avait été telle, qu’elle avait conservé une valeur héroïque, et toute son application à la guerre, au milieu des richesses, de la mollesse et de la volupté; ce qui n’est, je crois, arrivé à aucune nation du monde.
- » Les citoyens romains regardaient le commerce et les arts comme des occupations d’esclaves; ils ne les exerçaient point. S’il y eut quelques exceptions, ce ne fut que de la part de quelques affranchis qui continuaient leur première industrie. Mais en général ils ne connaissaient que l’art de la guerre qui était la seule voie pour aller aux magistratures et aux honneurs. »
- On reconnaît sans peine l’insuffisance des Romains pour les arts de la paix, le commerce n’eut pas à beaucoup près, dans leur empire, le développement que la réunion d’un grand nombre de nations vivant en paix sous une domination unique permet de concevoir. Il n’est pas moins vrai que les armes poussèrent la civilisation, et avec elle le commerce, dans une grande partie de l’Occident inculte; tandis que l’Orient poli continuait généralement, sous leurs lois, d’exercer ses industries séculaires.
- A Rome, les professions de l’industrie des villes étaient exercées par des aerarii ou des libertini, affranchis ou fils d’affranchis. Ils composaient primitivement neuf corporations urbaines, que l’on fait remonter au règne de Numa : les iibicines ou musiciens qui servaient, sans doute, dans les armées, les orfèvres, les charpentiers, les teinturiers, les corroyeurs, les tanneurs, les chaudronniers, les potiers, et une neuvième renfermant toutes les autres professions. Ces corporations avaient leurs chefs, leurs propriétés, leurs dévotions particulières, comme nos anciens corps de métier.
- Avec le temps, les corporations se multiplièrent, et le cercle de leurs attributions s’étendit et se diversifia; quelques-unes d’entre elles obtenaient la dispense de certaines charges.
- Il est question, au second livre de Tite-Live, d’un collège des marchands institué dans les premiers temps de la République.
- A côté du métier des armes, l’agriculture était réputée une occupation d’hommes libres. « Le plus bel éloge que l’on pût faire d’un homme, dit Caton, c’était de l’appeler « un bon laboureur ».
- Tous les écrivains anciens, historiens, géographes et poètes
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- vantent les charmes de l’Italie. « Nul pays au monde, dit Pline, ne fournit plus amplement à tous les besoins de la vie : grains, vins, huiles, lin, laines, troupeaux; pour les courses mêmes, on ne préfère pas les chevaux étrangers à ceux des races indigènes. Quant aux mines, or, argent, cuivre, fer, elle a tiré de son sein tous les métaux, tant qu’elle a voulu. »
- Les Romains prodiguèrent l’or aux plus vils usages. Avec l’alliage appelé « airain de Corinthe, » plus précieux que l’argent et aussi que l’or, on faisait de magnifiques candélabres; les meublesles plus recherchés étaient ceux de bois, de citre, d’érable et de térébinthe, incrusté ou plaqué en corne, en ivoire, en écaille de tortue. Longtemps, on ne s’était servi que de miroirs d’étain, dont les plus beaux se fabriquaient à Blindes, ou de miroirs d’airain ou de fer bruni; au temps de Pline, tout le monde jusqu’aux servantes se miraient dans des miroirs d’argent. Les verreries de Sidon fournirent même des miroirs de verre, qui tapissèrent les murs des appartements et les alcôves des lits, et même furent incrustées dans les plats et les bassins où l’on servait les viandes. Dans les festins, la vaisselle était d’argent et d’or ciselés, on se servait aussi de coupes de verre, travaillées avec goût. Le cristal qui venait d’Égypte était excessivement recherché. Mais de tous les vases, les plus précieux étaient les vases de murrhin, qui venaient d’Orient. La consommation des parfums et des essences était considérable. Le nard de Syrie, l’amo-mum de l’Arménie, l’encens de l’Arabie, la myrrhe et la cinnamome de l’Afrique, la rose de l’Italie et surtout le baume de la Judée, servirent à composer une foule de cosmétiques, dont l’usage ne tarda pas à passer des dames aux hommes, et des villes dans les champs.
- Un grand nombre de textes, dont le plus remarquable est un passage des lettres de Cicéron, attestent l’existence du contrat d’assurance chez les anciens.
- Dans l’Italie, en particulier, les douanes, dont la première mention date du temps des rois, furent abolies vers la fin de la République; jusqu’à ce moment, chaque province avait ses droits de péage, de passage, de douane.
- Jules César rétablit les douanes, mais seulement pour l’importation des marchandises étrangères.
- Afin de régulariser les importations de provinces, on avait institué des Directeurs du Commerce, qui résidaient en Égypte, en Ulyrie, sur la côte du Pont-Euxin et en Espagne.
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- QUATRIÈME PARTIE. ---- NATIONS ÉTRANGÈRES 811
- On ne trouve point chez les Romains d’expéditions telles que les Phéniciens, les Carthaginois et les Grecs en entreprirent aux frais de l’État pour découvrir et défricher des contrées lointaines, pour fonder des établissements et pour frayer des voies nouvelles au commerce.
- Le partage de l’Empire et la situation beaucoup plus avantageuse de Constantinople, qui promettait une meilleure défense contre l’invasion de plus en plus menaçante des barbares, décidèrent presque tout ce qui restait encore à Rome et à l’Italie de richesse, de puissance, d’arts et de sciences à émigrer en Orient.
- Quand Charlemagne posa sur son front la couronne des empereurs romains, l’Italie avait triomphé de la barbarie et, précédant le reste de l’Europe, se trouvait au début d’une brillante période de civilisation.
- La renaissance de l’Italie n’intéresse pas moins l’histoire du commerce que celle de la littérature el des arts. Venise, Amafi, Pise et Gênes, illustrent alors cette contrée. Sa prospérité commence à la lin du xiie siècle et atteint son apogée au milieu du xve, pour décliner ensuite rapidement jusqu’à ce que la découverte du nouveau monde et de la route maritime de l’Inde y mette un terme.
- La puissance, la richesse, la civilisation de l’Italie, furent directement liées aux croisades. Tandis que les autres peuples de l’Europe étaient entraînés par un pieux enthousiasme et par l’amour des aventures, les villes italiennes seules virent dans ces expéditions et y recherchèrent un intérêt commercial.
- La première condition de succès pour les Croisades, c’est-à-dire l’arrivée au lieu de destination, obligeait de recourir aux villes maritimes de l’Italie. Aucun État du reste de l’Europe, quelque puissant qu’il fût, n’était alors en mesure de transporter des armées à Constantinople ou aux côtes de l’Asie Mineure et de la Syrie, ni de les approvisionner des vivres et des munitions nécessaires dans de si lointaines entreprises. Dans la plupart de ces expéditions, les Vénitiens, les Génois et les Pisans suivaient avec leurs hottes les mouvements des armées qui opéraient par terre, et s’enrichissaient par des fournitures dont ils avaient le monopole. C’était avec le calcul intéressé du marchand que les Italiens prêtaient leur assistance.
- Après la reddition d’une place, s’ils jugeaient à propos d’y former un établissement, ils se faisaient concéder par les croisés les plus précieuses faveurs, la liberté du commerce, la réduction, sinon
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- EXPOSITION DE MILAN
- l’abolition de tous les droits d’entrée et de sortie, la propriété de rues et de faubourgs entiers, et le privilège d’une juridiction propre sur leurs compatriotes et sur leurs protégés.
- Il s’ensuivit durant les croisades un accroissement extraordinaire de la richesse et du bien-être dans tous les États marchands d’Italie. Tout port favorablement situé pour le commerce était occupé par leurs négociants, qui, après avoir accaparé le commerce du Levant, s’appliquèrent avec ardeur à en étendre les débouchés, en propageant dans toute l’Europe le goût des marchandises orientales et peut-être à aucune autre époque le commerce ne réalisa des profits relativement plus considérables.
- Au lieu des quelques navires employés autrefois dans le trafic avec l’Orient, il arrivait alors des flottes entières; au lieu d’un petit nombre de ports dont l’accès était permis, toutes les places de l’empire grec et des territoires conquis par les chrétiens en Syrie étaient ouvertes sans restriction. Les Italiens ne s’y présentaient plus en humbles solliciteurs, mais avec le sentiment de leur force, et ce qu’ils recevaient autrefois comme une grâce, ils le réclamaient comme un droit. Ils n’ignoraient pas que leur concours était indispensable, et ils se le faisaient payer chèrement.
- Au commencement des croisades Venise dominait à Constantinople, ainsi que dans les autres villes de la Roumélie. Sa loge commerciale, dans le faubourg de la Péra, était la plus considérable; elle comptait près de 10.000 habitants et se sentait assez forte pour braver en mainte occasion le gouvernement.
- En 1209, lorsque Constantinople tomba sous la domination chrétienne, Venise eut la prépondérance dans le commerce du Levant; évinçant la concurrence de Pise et de Gênes, elle obtint le faubourg entier de Péra, la Morée, alors siège d’une industrie florissante, avec les îles les plus fertiles et les mieux cultivées de l’Archipel, qui, depuis le Bosphore jusqu’à l’Adriatique,formèrent pour les Vénitiens comme une chaîne de stations militaires et commerciales des plus importantes.
- A l’époque de leur domination à Constantinople, les Vénitiens songèrent à asseoir sur des bases fixes le droit maritime, abandonné jusque-là à l’arbitraire et à la violence.
- Ils tinrent, en 1255, un conseil à cet effet dans l’église de Sainte-Sophie, ils y discutèrent et acceptèrent comme ayant force de loi un recueil des coutumes en matière de navigation, préparé peu de temps auparavant en Catalogne. Bientôt, les Pisans, les Génois et d’autres
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- États maritimes l’adoptèrent, de sorte que son autorité fut reconnue dans tous les ports de la Méditerranée.
- Ce code maritime, devenu célèbre sous le nom de Consulat de la mer, eut les plus heureux effets pour le commerce maritime.
- A Constantinople, les Vénitiens accaparèrent plus particulièrement le commerce de la soie et le trafic avec l’Inde. L’industrie de la soie était florissante dans la plupart des îles qu’ils occupèrent, et Constantinople en était le marché principal. Non seulement, ils donnèrent un plus grand développement à cette précieuse industrie, mais ils introduisirent l’élevage du ver à soie en Italie. Les efforts de la spéculation privée et ceux de l’admiration publique furent couronnés d’un tel succès, que les fabriques de soieries de Venise rivalisèrent promptement avec celles de l’empire grec et de la Sicile, et contribuèrent à enrichir la réputation, ainsi qu’à élargir le cercle de ses opérations commerciales.
- A la restauration de l’empire grec, en 1261, les Vénitiens furent expulsés de Constantinople, et Gênes fut toute puissante, elle bénéficia des privilèges dont avait joui sa rivale.
- Mais rien n’était plus opposé que l’administration intérieure des deux cités concurrentes. Le gouvernement de Venise représentait un système permanent; celui de Gênes était incertain, flottant, entraîné d’une innovation à une autre, soumis à de continuelles vicissitudes; le premier jouissait d’un repos constant, le second se voyait en butte aux intrigues et aux fureurs des partis. La richesse que le commerce faisait affluer à Gênes ne put compenser les vices de son organisation politique, et ce fut au plus haut point de sa prospérité que se déclarèrent les symptômes de sa décadence.
- La prise de Constantinople par les Turcs leur porta un coup mortel et eut pour conséquence la restauration de la prépondérance des Vénitiens.
- Gênes déchirée, à la même époque, par des luttes intestines, lit d’inutiles efforts pour prendre rang à côté d’eux. Au lieu d’avancer, elle recula et dut abandonner à Venise le monopole presque absolu de l’approvisionnement de l’Europe, en produits de F Inde, durant la seconde moitié du xve siècle. L’état de l’Europe favorisait singulièrement ce monopole. L’Angleterre et la France avaient beaucoup trop à faire dans leur intérieur, le Portugal et l’Espagne n’étaient encore qu’au début de leur brillante carrière, et les Néerlandais comme les Anséates, étaient unis aux Vénitiens par une étroite communauté d’intérêts.
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- Cependant, les Génois turent assez puissants pour supprimer la rivalité des Pisans et, dès le commencement du xve siècle, Pise cessa de figurer parmi les places de commerce.
- Florence prit sa place; elle remplit, à sa manière, le rôle que la chute de Pise avait laissé vacant dans la rivalité des républiques italiennes entre elles.
- Les Florentins, n’ayant pas la même position maritime, s’appliquèrent de préférence au perfectionnement de leur industrie manufacturière. Située sur l’Arno, loin du littoral, leur ville ne possédait ni port, ni navires.
- En 1421, les Florentins ayant acheté aux Génois pour 100.000 florins le port de Livourne, la ville déploya en peu de temps une activité et une énergie prodigieuses.
- Florence, néanmoins n’était pas en état, comme puissance maritime, de rivaliser avec Gênes, encore moins avec Venise. Sa principale ressource était son industrie; sous ce rapport, elle n’avait pas d’égale en Italie.
- Ses manufactures alimentaient l’exposition italienne, et fournissaient des objets à échanger contre les produits de l’Orient.
- 1 La Toscane a été sans contredit, avec la Flandre et le Brabant, le pays le plus industrieux de l’Europe au moyen âge.
- Dès le commencement du xme siècle, ses soieries et ses laines étaient en grand renom; les corporations formées par ces industries prenaient au gouvernement une part considérable, et la constitution de la République portait l’empreinte de leur influence. On comptait vingt et une corporations ou associations closes; la première était celle des drapiers, la seconde celle des changeurs. L’Angleterre et l’Espagne fournissaient la laine; la Sicile, la Grèce et le Levant, la soie. Afin d’assurer leur approvisionnement de laines, les Florentins avaient établi des comptoirs dans les entrepôts d’Angleterre, de France et de Flandre; la seule maison Alberti possédait, vers le milieu du xive siècle, des établissements à Bruges, à Avignon, à Naples, à Barlet te et à Venise. La laine anglaise traversait la France, en suivant la route de Paris et d’Avignon à Aigues-Mortes, où on l’embarquait.
- En 1338, il existait 200 fabriques de drap, produisant annuellement près de 80.000 pièces. On tirait en outre de France, d’Allemagne, des Pays-Bas pour 300.000 florins d’or de draps écrus, qui recevaient à Florence un apprêt particulier selon le goût des pays du Levant, auxquels ils étaient destinés.
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- Cet apprêt formait une industrie à part et occupait une corporation spéciale. Florence n’était pas moins célèbre par ses teintureries, qui employaient le kermès, l’indigo, la garance, l’orseille et d’autres substances tinctoriales, que le commerce du Levant avait fait connaître et introduites en Europe.
- Après la fabrication du drap, on s’adonnait de préférence à celle des étoffes de soie et de velours, des brocarts d’or et d’argent, des riches tapis, des fleurs artificielles, des ouvrages en paille tressée et d’autres objets élégants.
- Florence devint le centre du luxe, des beaux-arts et du bon goût. L’argent qui y affluait et la facilité avec laquelle on le gagnait excitaient aux dépenses et aux prodigalités. Les règlements en matière de costume cessèrent d’être observés, et la passion des Florentines pour la toilette ne connut plus de bornes.
- Florence était aussi redevable du rapide accroissement de sa richesse à une autre industrie, les opérations de banque.
- On comptait, dans l’Italie seulement, 80 comptoirs de banque florentins, ayant des succursales dans le monde entier. Ces banquiers rendirent à certains gouvernements de tels services, que, dans l'île de Chypre et en Arménie, par exemple, ils obtinrent de grands privilèges commerciaux, à la jouissance desquels ils firent participer tous leurs concitoyens.
- Les Peruzzi prêtèrent aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, et les Bardi furent les créanciers des rois d’Angleterre. Emportés par le vertige, ils s’engagèrent trop et finirent par une immense banqueroute qui entraîna la ruine de beaucoup d’autres maisons.
- Les plus nobles familles de Florence sont filles du commerce et de l’industrie. Les Pazzi, les Capponi, les Buondelmonti, les Corsini. les Falconieri, les Portinari étaient des banquiers, des fabricants de draps et des exportateurs. A leur tête se placent les Médicis qui, par d’heureuses opérations sur les laines, sur les draps et sur les épices, s’élevèrent d’une origine obscure à la fortune la plus brillante, saisirent les rênes de l’Etat et prirent place avec dignité parmi les princes héréditaires.
- Florence occupe une place éminente dans Fhistoire du Commerce. Elle n’en possédait pas que la routine, la science commerciale y était le. résultat, non seulement de l’expérience, mais de l’étude.
- Florence était, plus que toute autre ville, au courant de toutes les institutions utiles aux échanges.
- Quelque extension, quelques progrès merveilleux que le commerce
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- doive aux temps modernes, nous ne devons pas oublier le passé, ni être ingrats envers lui et c’est à l’Histoire qu’il appartenait de raviver et de perpétuer le souvenir des services anciens.
- L’esprit étroit, exclusif, qui poussa les républiques marchandes de l’Italie à se haïr et à se combattre les unes les autres, leur fit perdre entièrement de vue l’intérêt commun de la nation italienne.
- Unies, on peut penser qu’elles auraient pu affranchir l’Italie de toute domination étrangère, et même disputer aux Portugais la route maritime des Indes Orientales; mais constamment désunies, elles furent impuissantes à se défendre.
- Déjà, à la fin du xve siècle, il avait été question d’une ligue contre les Turcs, mais elle resta sans effet. Une autre ligue, formée en 1526 pour défendre l’indépendance de l’Italie contre les étrangers, n’eut pas un meilleur sort. La tiédeur et la trahison des parties contractantes amenèrent l’asservissement de Milan et la chute des républiques toscanes.
- Le défaut d’unité et de puissance collective, à une époque où de grands États centralisés apparaissaient sur la scène du monde, est, sinon la cause principale, du moins une des principales causes du déclin de l’Italie.
- L’Italie fut le prix magnifique pour lequel François Ier et Henri II luttèrent contre Chailes-Quint avec autant de valeur que d’insuccès.
- Les Italiens exercèrent une influence décisive sur la civilisation matérielle de la France. Les papes ayant transféré leur résidence à Avignon, beaucoup d’Italiens les suivirent et la plupart s’adonnèrent au commerce et à l’industrie, dont ils apportaient de leur pays l’intelligence. Le trafic de l’argent n’était nulle part autant qu’en France le monopole des Lombards et des Florentins, et la majeure partie des fabriques de drap du Languedoc et du Roussillon était exploitée pour leur compte.
- Quand Marseille s’éclipsa après les croisades, le commerce de la France sur la Méditerranée passa presque en entier aux mains des Génois. Aigues-Mortes et Montpellier, malgré leurs efforts, ne purent lutter contre de tels rivaux. L’Italie prédominait dans le midi de la France, et ce contact n’est pas resté sans influence sur notre éducation économique.
- C’est de l’Italie que nous sont venus le sentiment délicat de la forme, la pureté du goût, l’élégance qui, depuis lors, distinguent la France dans toutes les industries où ces qualités sont nécessaires.
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- C’est de l’Italie que la France a reçu la plupart des industries artistiques, comme celles du bijoutier, du fondeur en bronze et du lapidaire, la fabrication du cristal et des glaces, le moulage en cire, les lleurs artificielles, les tapisseries, la gravure en taille douce et surtout l’industrie de la soie.
- Colbert, en favorisant le développement du commerce, de l’industrie et de l’agriculture en France, travailla à émanciper la nation de la dépendance où elle était des industries italiennes.
- A cette époque, les fabricants français achetaient encore à l’Italie des quantités considérables d’étoffes de soie et de velours qu’ils faisaient plus particulièrement venir de Padoue, de Bologne, de Gênes et de Florence, mais l’Italie devenait à son tour tributaire de la France pour certaines industries, comme les étoffes de laine et de lin; elle lui fournissait également des produits de ses colonies, du sucre, du café, du cacao.
- En flattant les goûts fastueux de son royal maître, Colbert assura en France l’avenir des industries du luxe.
- Importées d’Italie, favorisées, dès François Ier, par la situation privilégiée que les femmes eurent à la cour où le luxe était envisagé comme une affaire d’art, encouragées et rehaussées dans leur éclat par la venue de princesses de la maison des Médicis, les industries du luxe furent définitivement implantées en France, sous le règne de Louis XIV.
- De Colbert date l’empire de la France dans le domaine des articles de goût et des objets de mode.
- C’est donc ici que nous devons arrêter le développement de ce court exposé.
- Il était nécessaire de nous souvenir du passé et notre orgueil national ne saurait souffrir de voir rappeler les origines italiennes de la plupart des industries dont nous sommes aujourd’hui les maîtres les plus estimés et les plus enviés; la France est assez riche en gloires pour ne pas avoir besoin d’usurper celles de ses voisines; notre participation au développement et au progrès de l’industrie et du commerce est suffisamment brillante pour que nous reconnaissions sans crainte le mérite de nos rivaux.
- La collaboration du passé doit nous rendre plus précieuse lia réconciliation de l’Italie et de la France, ces deux sœurs, dont les mœurs raffinées et polies sont les fondements impérissables de la civilisation moderne.
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- III
- Si les paragraphes que nous avons consacrés dans chacun de nos chapitres au commerce italien sont suffisants pour éclairer nos collègues intéressés sur la situation de leur industrie en Italie, ils ne peuvent leur permettre de juger, sous son véritable jour, l’état de prospérité générale de cette nation.
- Pour entreprendre avec des chances de succès, la principale condition est de connaître très parfaitement les lieux sur lesquels on veut opérer.
- L’Exposition internationale de Milan ne doit pas être uniquement considérée comme une manifestation de la sympathie et de l’estime que les peuples civilisés ont pour l’Italie.
- Elle doit avoir des résultats pratiques, et nous 11e saurions trop insister auprès de nos collègues pour les inviter à ne pas se désintéresser des résultats commerciaux que peuvent engendrer les Expositions.
- Nous ne devons pas considérer ces manifestations comme étant incapables de produire des sources nouvelles pour notre activité industrielle et commerciale.
- Sans doute, nos victoires sont magnifiques, mais la prospérité de la République ne saurait se contenter de ces résultats platoniques.
- Un homme d’Etat, dont la renommée est universellement respectée, M. Waldeck-Rousseau, a dit : « Travaillons à faire aimer la République en la rendant féconde ».
- La consommation intérieure, tout en étant considérable, est néanmoins, trop restreinte pour absorber toute la fabrication nationale. Il faut donc que nous cherchions des débouchés à l’étranger et dans les colonies.
- Les lauriers que nous avons cueillis à l’Exposition de Milan doivent nous faciliter l’écoulement de nos produits en Italie.
- L’Autriche-Hongrie occupe une place très prépondérante parmi les nations commerçantes en Italie.
- C’est contre la prépondérance de cette puissance que nous devons diriger plus particulièrement notre action, et les renseignements généraux qui vont suivre doivent avoir pour effet d’aider les industriels
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- et commerçants français à profiter de notre victoire à Milan, car, suivant la phrase fameuse, «nous devons savoir vaincre et savoir profiter de la victoire ».
- IV
- SITUATION COMMERCIALE DE L’ITALIE EN 1906
- Le commerce spécial de l’Italie pendant les cinq dernières années (non compris les métaux précieux) a été de
- Importation.
- Lires
- 1902 ............. 1.775.742.751
- 1903 ............. 1.861.960.455
- 1904 ............. 1.913.734.683
- 1905.. ............ 2.064.573.703
- 1906............... 2.424.094.846
- Exportation.
- Lires
- 1902 .............. 1.472.742.751
- 1903 ............. 1.517.444.449
- 1904 .............. 1.597.219.699
- 1905 ............ 1.730.914.189
- 1906 .............. 1.835.852.137
- Pour l’année 1906, on constate donc, comparativement avec 1905, une augmentation à l’importation de 359.521.143 lires, et à l’exportation une augmentation de 104.937.948 lires.
- La valeur des marchandises étant restée la même en 1906 qu’en
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- 1905, les chiffres représentent une augmentation effective des quantités de l’importation et de l’exportation, augmentation à laquelle presque toutes les industries ont contribué.
- L’augmentation de l’importation résulte surtout d’une situation florissante de l’industrie italienne et qu’on constate déjà depuis plusieurs années.
- L’importation des matières premières et des machines représente, en effet, à elle seule une valeur de 200 millions.
- L’augmentation à l’exportation provient : d’une part, d’une récolte extraordinaire d’olives; d’autre part, du développement des industries de la soie, des cotons, des automobiles.
- Les industries textiles cherchent des débouchés à l’étranger, le chiffre de l’augmentation montre qu’elles réussissent à s’en procurer.
- Le tableau suivant démontre dans quelles proportions ont augmenté les principaux articles importés et exportés.
- Importation.
- Augmentation ;
- Millions
- Machines, appareils de précision.......... 71,4
- Charbons .................................. 35,5
- Industrie textile et cotonnière .......... 36»
- Autres industries (peaux, gomme, nacre,
- couleur d’aniline)..................... 45 »
- Quant à la soie, l’importation de l’Europe a diminué (11 millions), mais cette diminution est compensée par une augmentation de 12 millions de la soie asiatique.
- Augmentations des denrées alimentaires :
- Million
- Blé ......................:........... 36
- Maïs.................................. 10 »
- Café ................................. 1j8
- Sucre................................. 2,7
- Cacao et chocolat ................... 1,2
- Légumes secs ....................... 2,3
- Bœuf ................................. 1,5
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- Diminution :
- Millions
- Huile d’olive........................... 16 »
- (Cette diminution a son origine dans le traité avec l’Autriclie-Hongrie, entré en vigueur le lor mars 1900.)
- Chevaux.................................. 14,9
- Poissons salés ......................... 3 »
- Exportation.
- Augmentation :
- Millions
- Automobiles .............................. 8,4
- Industrie textile et cotonnière......... 10 »
- Soie brute............................... 15,6
- Tissus de soie ......................... 10,4
- Soie manufacturée....................... 10 »
- La soie coloriée a diminué de............. 2,3
- Augmentation sur les denrées alimentaires :
- Huile d’olive............................ 33,8
- Semoules pour soupes...................... 5,5
- Fruits préparés......................... 4 »
- Oranges (Fruits du midi).................. 3,2
- Fromages ............................... 3 »
- Ont diminué :
- Bœuf ..................................... 8,5
- Fruits frais............................ 6 «
- Amandes .................................. 5,9
- Vins en fûts.............................. 5,2
- Beurre ................................... 2,5
- Il semble que la forte diminution de' l’exportation des bœufs (8 millions 5), en comparaison avec l’augmentation de l’importation, est l’indice d’une augmentation de la consommation de la viande
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- en Italie et probablement aussi un des effets du traité de commerce suisse-italien (1).
- De 1902 à 1906, les échanges entre la France et l’Italie ont donné des éléments suffisants et certains pour juger de l’accord heureusement survenu en 1898.
- Exportation française en Italie :
- Années
- 1890..................
- 1902 ................
- 1903 ................
- 1904 ................
- 1905 ................
- 1906 ................
- Exportation italienne en France :
- Années Valeur
- 1892 137.800
- 1902 -.. 153.469
- 1903 152.126
- 1904 151.300
- 1905 153.918
- 1906 171.113
- A Vimportation en Italie, la France qui était au second rang en 1897, au troisième en 1898, au quatrième en 1899, au troisième en 1901 et 1902* au quatrième en 1903, est de nouveau passée au troisième en 1904 et 1905 parmi les États d’Europe, au quatrième aussi, si nous comparons le chiffre des États-Unis, d’après la statistique italienne.
- Mais la France vient en tête si nous éliminons la 12e catégorie, minerais, métaux bruts et ouvrés, qui donne 121 millions à l’Allemagne et seulement 30 à la France, et si nous ne tenons pas compte que l’Angleterre a importé 156 millions de charbon de terre, les Etats-Unis 136 millions de coton.
- A Vexportation, nous avons l’ordre suivant: Suisse, États-Unis, Allemagne, France, Autriche-Hongrie, Angleterre, République Argentine; mais, en ne tenant pas compte de la 8e catégorie (soies et soieries), l’ordre reste modifié comme suit : Autriche-Hongrie,
- Valeur
- 143.300
- 174.866
- 171.587
- 190.099
- 212.709
- 233.677
- (1) Extrait de la Schweizerisches Handelsamtsblatt, de Berne.
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- Angleterre, France, Allemagne, Suisse, États-Unis, République Argentine (1).
- DROITS : 1902 1903 1904 1905 Différence en 1905 sur 1904
- A l’importation .... 243.034.210 236.153.110 203.868.587 236.201.719 32.333.132
- A l’exportation .... 1.132 141 1.043.231 949.946 1.027.570 77.624
- De provenance autre. . 14.185.640 12.835.120 7.868.005 9.528.481 1.660.576
- Total . . „ . 258.351.991 250.031.461 212,686.538 246.757.770 34.071.332
- TRAITÉS DE COMMERCE
- Au 1er mars 1906, l’Italie avait des traités de commerce avec la République Argentine, l’Au triche-Hongrie, la Belgique, le Brésil, la Chine, la Colombie, les États indépendants du Congo, la Corée, Cuba, le Danemark, l’Équateur, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Grèce, le Honduras, Libéria, le Maroc, le Mexique, le Monténégro, les Pays-Bas, le Paraguay, la Perse, le Pérou, la Roumanie, la Russie, San Salvador, Saint-Domingue, la Serbie, le Siam, les Etats-Unis, la Suède, la Suisse, la Tunisie, le Venezuela et Zanzibar.
- Les marchandises italiennes et turques acquittent, à leur entrée en Turquie ou en Italie, le droit de 8 % ad valorem.
- Toutes ces nations jouissent du traitement de la nation la plus favorisée.
- Pour la France, le modus vivendi stipulé le 21 novembre 1898, établit l’application du tarif minimum aux marchandises italiennes, à l’exception de la soie et des soieries. Le traitement de la nation la plus favorisée s’étend aux marchandises et aux territoires coloniaux des deux pays, exception faite pour les marchandises françaises
- (1) Ces constatations s’appliquent à I année 1905, les chiffres pour 1906 n étant encore qu imparfaitement connus.
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- dans l’Érythrée, et pour les marchandises de l’Érythrée en France et dans les colonies françaises.
- Les articles de soie et soieries sont soumis au tarif général.
- La plus grande partie des droits du tarif minimum sont conventionnés avec l’Allemagne, F Autriche-Ffongrie et la Suisse et ne pourront être modifiés qu’à l’expiration des traités conclus entre l’Italie et ces puissances, c’est-à-dire en 1917.
- MOUVEMENT MARITIME DES PORTS DE GÊNES, NAPLES, VENISE ET CAGLIARI, EN 1906
- Pendant l’année 1906, le mouvement du port de Gênes s’est élevé, entrées et sorties réunies, à 13.225 navires, jaugeant ensemble 13.409.853 tpnneaux (1). Dans ce total, les vapeurs sont représentés par 8.571 bâtiments et 12.833.961 tonneaux, les voiliers par 4.649 et 575.892 tonneaux. Parmi ces 13.225 navires, 7.272 vapeurs et voiliers, jaugeant 3.771.173 tonneaux se sont livrés à des opérations de cabotage et d’escale; 5.953 vapeurs et voiliers d’une jauge totale de 9.638.680 ont pratiqué la navigation internationale. D’autre part, on a enregistré à l'arrivée 6.634 navires jaugeant 6.835.570 tonneaux contre 6.591 navires et 6.574.283 tonneaux au départ.
- Des chiffres qui précèdent, établis au moyen des statistiques mensuelles de la Chambre de Commerce de Gênes, il ressort que la navigation à vapeur représente, par rapport à la navigation à voile, 64,84 % du nombre et 95,10 % du tonnage des navires ayant fréquenté, en 1906, le port de Gênes, que la navigation internationale couvre, en comparaison de la navigation de côte et d’escale, 45 % du nombre et 71,80 % du tonnage des navires, enfin que les entrées sont en face des sorties dans la proportion de 50,16 % du nombre et de 50,97 % du tonnage desdits navires.
- Dans l’ensemble du trafic, le pavillon italien couvre, en 1906, 8.610 bâtiments (vapeurs et voiliers, entrées et sorties réunies) jaugeant 5.136.927 tonneaux, soit 65,10 % du nombre et 38,30 % du tonnage, la part du pavillon étranger est de 4.615 bâtiments de 8.272.926 tonneaux,< soit respectivement 34,89 % et 61,69 % du nombre et du tonnage.
- (1) Rapport de M. E. Coulomb, consul de France.
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- Le mouvement de la navigation française dans le port de Gênes pendant l’année 1906, entrées et sorties, vapeurs et voiliers, bâtiments sur lest et bâtiments chargés, navires ayant fait opérations de commerce, remorqueurs et yachts de plaisance réunis, porte, d’après les relevés du registre de navigation tenu en cette chancellerie, sur un total de 354 bâtiments jaugeant 436.418 tonneaux, dont 177 de 218.209 tonneaux à l’entrée et 177 bâtiments de 218.209 tonneaux à la sortie.
- Le pavillon italien conserve la primauté à l’entrée comme à la sortie, au point de vue des voiliers comme à celui des vapeurs, dans les opérations de cabotage et d’escale, de même que dans le trafic international.
- Le classement des pavillons étrangers s’effectue, au point de vue du tonnage, dans l’ordre suivant : anglais, allemand, espagnol, austro-hongrois, danois, russe, suédois, belge, uruguayen, hondurien, nord-américain, ottoman, roumain et bulgare.
- Leur mouvement présente, par rapport avec l’année 1905, les variations ci-après :
- Accusent une plus-value, tant au point de vue du nombre que du tonnage des navires les pavillons :
- Anglais ............... X 27 navires X216.839 tonneaux.
- Allemand .............. X104 — X 164.734
- Français . . .......... X 37 — X 62.090 —
- Danois ................ X 32 — X 40.657
- Russe ................. X 21 — X 38.055
- Suédois ............... X 25 — X 35.712 —
- Norvégien ............. X 27 — X 30.397
- Belge ................. X 21 — X 23.694
- Voient, au contraire, augmenter le nombre de leurs navires, mais en diminuer le tonnage :
- L’Espagne.............. X 23 navires X 27.708 tonneaux.
- L’Italie............... X197 — X 26.563
- Sont en diminution pour le nombre des bâtiments et le tonnage :
- L’Autriche-Hongrie .... X 34 navires X 108.255 tonneaux.
- La Grèce .............. X 15 — X 27.628
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- Naples est devenu, et tendra de plus en plus à devenir, le plus important port d’escale de la Méditerranée italienne, comme il est aujourd’hui le premier port du monde pour l’émigration.
- En ce qui concerne la manipulation des marchandises débarquées, il est au troisième rang des ports de l’Italie, progressant de 893.216 tonnes, en 1895, à 1.292.201 tonnes, dix ans après (1905), soit près de 400.000 tonnes de plus.
- Pour l’année 1906, en prenant les chiffres du tonnage des vapeurs, on constate qu’après le pavillon national italien (2.183.395 tonneaux), se rangerait immédiatement le pavillon allemand (1.685.658 tonneaux), distançant l’anglais (1.527.074 tonneaux) et avec un énorme écart par rapport à notre propre pavillon (262.865 tonneaux), chiffre encore inférieur aux 263.872 tonneaux du pavillon austro-hongrois (1).
- L’année 1906 représente pour le port de Venise, non seulement l’année du plus grand trafic, depuis que ce port existe, mais encore celle qui a réalisé la plus forte augmentation sur le mouvement commercial et maritime de l’année précédente.
- Cette augmentation est la conséquence naturelle de l’accroissement des besoins de l’industrie et du développement de l’agriculture dans l’intérieur de la Vénétie et du manque presque complet de stocks à la fin de l’année 1905.
- Les transactions commerciales du port de Venise par les voies maritime, terrestre et fluviale ont atteint, pour l’année 1906, le chiffre total de 793.683.879 lires italiennes, dans lequel l’importation figure pour 434.863.888 lires et l’exportation pour 358.819.991 lires, présentant une augmentation sur l’année précédente de 44.376.995 lires pour l’importation et de 28.378.022 lires pour l’exportation.
- Les quantités importées par les mêmes voies arrivent au chiffre de 2.279.837 tonnes et les quantités exportées à celui de 1.333.311 tonnes, présentant par rapport à l’année précédente une augmentation de 329.311 tonnes pour les importations; les quantités exportées n’ont sensiblement pas varié.
- Les administrations locales ne possèdent pas de statistiques détaillées sur les transactions commerciales entre Venise et la France par voie ferrée.
- Ces transactions sont en général constituées par des marchandises riches, c’est-à-dire par des marchandises qui, pour un faible
- (1) Rapport de M. Lalane, consul de France.
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- poids ou sous un petit volume, représentent une valeur élevée.
- Dans son rapport sur la situation commerciale et industrielle de Venise, en 1906, notre consul, M. Santi, donne sur le trafic des marchandises les indications suivantes, « qui peuvent être considérées comme tenant d’assez prêt la réalité ».
- Marchandises françaises importées à Venise par voie ferrée
- Bijouterie ordinaire ............................ 200.000 lires.
- Imitation de perles fines ....................... 500.000 —
- Vins et liqueurs ................................ 300.000 —
- Draps ............................................ 25.000 —
- Divers .......................................... 300.000 —
- Marchandises exportées par voie ferrée, de Venise sur la France :
- Verrerie ........................................ 250.000 lires.
- Soies grèges, cocons, déchets, etc............... 400.000 —
- Dentelles ....................................... 200.000 —
- Objets artistiques en fer et en cuivre......... 200.000 —
- Pour les transactions par voie de mer, les statistiques établies par la Chambre de Commerce de Venise donnent, pour l’année 1906: importation de la France, 112.588 quintaux de marchandises; de l’Algérie, 19.432 quintaux; de la Tunisie, 614.947 quintaux; exportation sur la France, 6.828 quintaux; sur l’Algérie, presque nulle; sur la Tunisie, 3.645 quintaux.
- Le transport des marchandises entre la France et Venise a été effectué, pendant l’année 1906, par 53 navires qui tous battaient pavillon étranger.
- Les transactions commerciales du port de Venise avec l’étranger n’ont cessé d’augmenter depuis ces dix dernières années, notamment depuis l’année 1902, qui marqua le point de départ d’une ère de prospérité pour Venise et la Vénétie.
- En prenant les chiffres du tonnage des vapeurs, on constate que la prépondérance appartient au pavillon austro-hongrois (680.766 tonneaux). Viennent ensuite, par rang d’importance, le pavillon anglais (457.068 tonneaux), le pavillon italien (452.269 tonneaux), le pavillon hellène (71.693 tonneaux), le pavillon allemand (60.194 tonneaux); le pavillon des autres nations est représenté par des chiffres très inférieurs, et le pavillon français n’y figure pas.
- Dans la province de Venise, nous signalerons les fabriques de
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- chapeaux et de tresses de paille de Vicence, Marostica, Lusiana, Yalstagna, Pianezze, qui occupent près de 12.000 ouvriers et expédient leurs produits dans le monde entier; la France et nos colonies d’Extrême-Orient en reçoivent une partie.
- La province de Cagliari nous intéresse parce qu’elle nous fournit des peaux d’agneaux et de chevreaux qui trouvent leur débouché en grande partie sur les places de Marseille et de Grenoble.
- En 1906, la quantité exportée s’est élevée à 4.099 quintaux d’une valeur de 1.071.959 lires, la France a acheté pour sa part 3.851 quintaux pour le prix de 1.018.590 lires.
- 1° Le pavillon italien occupe, dans le mouvement maritime de cette province, le premier rang, avec 1.690 voiliers et 833 vapeurs, ayant un tonnage global de 861.974 tonnes;
- 2° L’Angleterre avec 35 vapeurs et 43.779 tonnes;
- 3° La Grèce avec 18 vapeurs, 2 voiliers, 22.723 tonnes;
- 4° L’Allemagne avec 10 vapeurs et 14.241 tonnes.
- Viennent ensuite, F Autriche-Hongrie, la Suède, la Norvège, la Belgique, l’Espagne, et enfin la France avec 1 vapeur et 140 tonnes.
- M. Thublier, gérant du consulat de France, fait observer à ce sujet que notre pays occupait autrefois une des premières places parmi les pavillons qui fréquentaient ce port, et qu’étant donnée l’importance actuelle de nos transactions avec la province de Cagliari, nos navires marchands devraient y trouver un chargement facile et rémunérateur.
- COMMERCE ET INDUSTRIE DE FLORENCE EN 1906
- Le commerce d’importation, pour l’année 1900, à Florence, a atteint 5.553.924 lires en augmentation de 3.039.634 lires sur 1905. La part de la France, pour 1906, a été de 430.833 lires en augmentation de 40.410 lires sur 1905.
- Dans la 5e catégorie (chanvre, lin, lingerie, tissus de toile), la France occupe le premier rang avant l’Angleterre et l’Allemagne. Pour l’année 1906 les articles français en augmentation sont :
- Les Fils de lin et de chanvre ........ 2.428 kilos
- contre......................... 1.159 — en 1905.
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- Tissus de jute 3.173 kilos
- contre 2.495 — en 1905.
- Tissus de chanvre 2.774 kilos
- contre 1.610 — en 1905.
- Articles divers confectionnés 204 kilos
- contre 61 — en 1905.
- Sont, au contraire, en diminution :
- Toiles 102 kilos
- contre 600 — en 1905.
- Galons passementerie 70 kilos
- contre 110 — en 1905.
- Sacs 200 kilos
- contre 420 — en 1905.
- — De cette catégorie, un très grand nombre d’articles, venus comme colis postaux, ont échappé au contrôle de la Douane.
- Dans la 6e catégorie (cotons), la part de la France a diminué d’importance, surtout sur :
- Les fils................................ 163 kilos
- contre........................... 825 — en 1905.
- Tissus mêlés de laine............. 860 kilos
- contre......................... 3.000 — en 1905.
- Les tissus mêlés de soie sont, au contraire, en augmentation (911 kilos, au lieu de 500 en 1905).
- Même observation que pour la catégorie précédente, relativement aux colis postaux qui viennent pour la plupart de France.
- Dans la lre catégorie (laines, crins et poils), l’importation française est en augmentation de 2.500 kilos; portant principalement sur :
- Les tissus de laine.................. 17.782 kilos
- contre........................ 14.908 — en 1905.
- Les tapis............................. 1.372 kilos
- contre........................... 838 — en 1905.
- Par contre, les objets confectionnés ont diminué dans une forte proportion (312 kilos contre 1.220 kilos en 1905).
- Dans la 8e catégorie (soies), l’importation générale a augmenté et ce mouvement est entièrement dû à la France qui passe de 1.771 kilos à 4.534 kilos, sans compter les nombreux colis postaux non dédoua-
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- nés à Florence. Elle tient la tête avec une très forte avance, F Allemagne, qui occupe la deuxième place, ne figurant qu’avec 1.123 kilos.
- Les gains se répartissent ainsi :
- Soie brute....................... 1;680 kilos
- contre............................ 45 — en. 1905.
- Tissus............................. 1.336 kilos • - • •
- contre..................;... 519 — en 1905.
- Velours ............................... 811 kilos
- contre........................... 530 en 1905.
- Rubans................................. 274 kilos
- contre........................... 177 -— en 1905.
- Dans la 9e catégorie (bois, meubles, paille) la France, tient largement sa place en passant de 16.350 kilos à 21.457 kilos.
- Les tresses pour chapeaux de paille ont passé, en 1906, à 3.590 kilos contre 1.494 en 1905.
- A ce sujet, il est intéressant de noter qu’une des libres le plus couramment employées dans les chapeaux de paille, le « yedda » nommé communément « chouchou », fut introduite à Florence par un de nos collègues parisiens, IV1. Emile Liez.
- Le « yedda » est un produit de la Réunion; c’est notre collègue qui, le premier, eut l’idée d’en faire fabriquer des tresses qu’il lit exécuter dans les ateliers de Florence et de les utiliser à la confection des chapeaux.
- Aujourd’hui, le yedda est couramment employé dans la chapellerie de femme, et ce produit qui, il y a quelques années, valait jusqu’à 120 francs le kilo, est vendu 3 fr. 25.
- En 1906, l’entrée des chapeaux de paille a presque doublé.
- Dans la 11e catégorie (peaux), l’importation de la France est en perte de 1.252 kilos par comparaison avec 1905; cette diminution porte uniquement sur les peaux sans poils.
- La France compte 77 paires de gants sur une importation globale de 170 paires, et 264 paires de chaussures sur 1.194, dont 459 à l’actif de l’Angleterre.
- La population de la province de Florence, au dernier recensement de 4901, était de 745.324 habitants.
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- On comptait :
- Agriculteurs : hommes, 165.354; femmes, 58.371.
- Employés dans l’industrie : hommes, 89.929; femmes, 56.817.
- Employés dans le commerce : hommes, 39.114; femmes, 2.919.
- Avant de terminer ce court exposé de la situation de Florence, il faut remarquer qu’une grande partie des marchandises à destination de cette ville n’y est pas dédouanée, celles-ci étant souvent taxées à la frontière.
- Les chiffres que nous avons donnés, bien qu’ils aient été officiellement communiqués parla douane de Florence, n’offrent donc qu’une valeur relative; mais ils peuvent donner, dans une certaine mesure, une idée de l’importance du commerce et de l’industrie dans cette ville.
- L’ÉMÎLIE ET LA ROMAGNE EN 1906
- L’agriculture, le commerce et l’industrie ont recommencé à fleurir en Émilie et en Romagne à partir de 1890. « Nous assistons, aujourd’hui, écrit Monin, consul chargé du vice-consulat dans ces deux régions, à une véritable transformation économique et, bien que l’effort industriel soit moindre ici que dans les provinces au pied des Alpes, il est toujours assez sensible pour que ses effets marquent dans l’ensemble de l’activité nationale. «
- Un élément d’appréciation de l’importance croissante de l’Émilie au point de vue industriel nous est fourni par les taxes de fabrication.
- Voici à ce propos les derniers chiffres présentés par l’administra-
- tion des gabelles.
- Province de Bologne . . ................. 4.413.651,52 lires.
- Ferrare ....................... 19.852.135,04
- — Forli ........................... 883.551,50 — ^
- — Modène ............................ 132.684,49 —
- — Parme.......................... 2.174.360,39 —
- — Plaisance ..................... 1.545.599,49 —
- — Ravenne ......................... 5.830.412,41 —
- Soit en tout................... 34.832.394,84 lires
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- que l'Émilie fournit aujourd’hui au fisc en une année; c’est le quart de l’apport de tout le royaume.
- Les industries textiles du chanvre et du lin tiennent la tête puisqu’elles trouvent leur raison d’être dans la matière première que le pays produit en abondance.
- Nous sommes heureux d’avoir pu fournir à tous nos collègues ces renseignements extraits des remarquables rapports que nos consuls adressent au gouvernement français et qui, malheureusement, demeurent ignorés d’un trop grand nombre d’entre nous.
- Ils nous ont permis de compléter notre exposé de la situation commerciale et industrielle de l’Italie en 1906 et contiennent de précieux renseignements qui aideront au développement de nos relations commerciales avec cette nation amie.
- Dans la partie de no tre rapport consacrée à l’examen des industries représentées dans notre Groupe, nous avons donné sur les industries italiennes correspondantes tous les renseignements que nous avons jugés intéressants; il n’y a donc pas lieu de revenir sur ce sujet.
- Pour donner une conclusion à cette première partie de notre étude sur l’Italie commerciale et industrielle, nous croyons devoir reproduire ici les lignes suivantes écrites par M. Monin, chargé du vice-consulat des régions de l’Émilie et de la Romagne, dans le dernier rapport consulaire qu’il a adressé au gouvernement, et que l’on pourra rapprocher de ce qu’écrivait, en 1905, M. François Gondrand, le distingué président de la Chambre de Commerce française de Milan.
- « Ceux de nos compatriotes qui sont allés à Milan l’an dernier, écrit M. Monin, ont pu se rendre compte, soit en visitant l’Exposition, soit en parcourant le pays, des progrès réalisés par l’Italie dans le domaine économique depuis une dizaine d’années. Ils ont pu s’apercevoir que la fabrication indigène s’est bien développée et que non seulement l’Italie s’est affranchie de l’étranger pour un certain nombre d’articles nécessaires à la vie courante, mais qu’elle a redoublé d’efforts pour étendre sa clientèle extérieure. Elle s’y applique aujourd’hui avec esprit de suite et fait preuve d’une vitalité économique dont on était loin de se douter. L’année 1906 restera mémorable dans les fastes du commerce international italien. L’expansion de la consommation et de l’industrie nationale a été sans précédent. La production s’accroît de plus en plus et l’on réussit à lui assurer des débouchés suffisants. Il n’y a pas lieu de trop s’étonner dès lors du désarroi qui s’est manifesté l’an dernier dans le service des chemins
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- de fer, car durant cette période une véritable avalanche de marchandises s’est renversée sur la Péninsule pour donner de la force à ses moteurs et un aliment à ses machines. Par cela même et à cause de cette augmentation dans la capacité d’absorption des matières premières, l’industrie italienne s’est trouvée dans la nécessité de recourir à l’étranger pour compléter ses propres installations sans pouvoir satisfaire les exigences de la consommation qui va en augmentant dans des proportions bien supérieures à celles de la proportion intérieure.
- » J’ai attiré l’attention sur les grands travaux d’édilité publique qui sont sur le point d’être entrepris en Émilie, ainsi que sur l’accroissement du matériel industriel. Je crois que l’on peut insister d’une façon générale pour toute l’Italie industrielle qui, grâce à l’augmentation ou à la transformation de ses industries mécaniques, est en situation de fournir d’excellents débouchés à nos établissements métallurgiques. Autrefois, la France occupait la première place pour la fourniture des ouvrages en métaux. Aujourd’hui, l’Allemagne a pris une avance considérable sur nous, et c’est à peine si nous atteignons le cinquième de son importation en Italie.
- » La balance des transactions commerciales entre la France et l’Italie marque une augmentation constante et vraiment appréciable depuis l’accord de 1898, mais surtout depuis les deux derniers exercices. Celles-ci ont presque doublé depuis la cessation des hostilités douanières, entre les deux pays. Les voies sont aujourd’hui aplanies et le commerce français a plus de possibilité que jamais de réussir en Italie s’il veut bien se donner la peine d’étudier soigneusement les conditions du marché. Sauf de rares exceptions, l’exportation française figure dans tous les articles d’importation courante en Italie. Elle a toujours été extrêmement variée et par conséquent elle a à soutenir la lutte sur un plus grand nombre de points. Il y a donc lieu d’être satisfait des améliorations réalisées, surtout si l’on tient compte que ces améliorations ont pu être obtenues au moment où l’industrie italienne, en plein développement, tend à restreindre ses emprunts, et aussi si l’on ne perd pas de vue qu’à la concurrence indigne vient même s’ajouter la concurrence américaine.
- » Malgré les bonnes dispositions évidentes de nos voisins, il ne faut pas oublier cependant : qu’il y a des habitudes adoptées depuis un certain temps par les consommateurs italiens, habitudes qui seront lentes à se transformer; qu’il y a des positions prises par nos
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- concurrents étrangers et qu’il faudra tenter de reconquérir. C est là une œuvre qui demande des efforts continus et bien dirigés.
- » La Section française a fait grande impression à l’Exposition de Milan. Un visiteur écrivait, il n’y a pas longtemps : « Le souvenir » le plus beau qu’il m’a été donné d’emporter de Milan m a été laissé » par l’art décoratif français. Jamais, avant de parcourir ces » superbes salles, je n’avais pu comprendre comment la génialité » de l’artiste et la maîtrise du praticien peuvent s’exercer dans les » moindres détails, et j’ai éprouvé le besoin de rendre hommage » aux Français ou plutôt aux Parisiens qui sont sans rivaux en fait » de bon goût et d’élégance. »
- » Ne nous ménageons pas la critique lorsqu’elle est sincère, mais n’ayons pas de fausse modestie et ne passons pas sous silence les appréciations de l’étranger lorsqu’il reconnaît nos mérites et les qualités de notre race.
- » Il y a toute une série d’articles où notre suprématie est incontestable sinon par la modicité du prix de revient, du moins par le bon goût. Ces articles, il faut s’attacher à les faire connaître, et si par-dessus le marché il peut être prouvé que leur prix n’est pas supérieur à celui des articles similaires auxquels on était habitué, il n’y a pas de raison pour que le client, revenu de son erreur, ne nous donne la préférence. Ces articles sont nombreux, ce sont surtout ceux où brille notre bon goût proverbial et où se manifeste notre sentiment artistique.
- » Toujours à propos de Milan, un ouvrier délégué par la Chambre de Commerce de cette ville pour étudier les progrès de l’orfèvrerie et des bijoux, s’exprimait ainsi dans son rapport :
- « Dans ce genre de travaux, c’est incontestablement la France » qui a la primauté. D’autres objets d’une exécution admirable et » d’un dessin des plus réussis complètent cette exhibition qui, même » si elle était seule à représenter la France, suffirait cependant à » démontrer que même dans l’industrie de l’orfèvrerie elle doit être » considérée comme une des nations les plus civilisées, car le fini » du travail suffit à faire reconnaître le degré de civilisation d’un » pays. »
- » Pour ce qui est des modes, de la lingerie et de tout ce qui touche à l’habillement féminin, notre prééminence est également sans conteste, mais comment se fait-il que beaucoup de maisons de modes de ma résidence reçoivent aujourd’hui des modèles de maisons d’outre-Rhin ou, pour préciser davantage, de comptoirs rhénans ?
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- Les chapeaux en paille ou en crin, par exemple, qui ne sont pas d’un bon marché excessif, sont par surcroît d’un goût déplorable. Je n’ai pas de peine à croire qu’il se fait mieux en France, etque si des maisons françaises s’occupant de ces articles prenaient l’initiative de faire parcourir la péninsule par des représentants habiles, elles n’auraient pas beaucoup de difficulté à supplanter leurs rivaux, car il ne serait pas difficile de produire quelque chose de plus esthétique pour le même prix. La même remarque peut s’appliquer aux fleurs, aux plumes, à la passementerie, aux rubans. Tous ces articles d’ailleurs se tiennent, et, réussir à imposer la coiffure féminine, c’est aussi contribuer à la vente de tout ce qui en fait l’ornement. Il en est de même de la lingerie, des jupons, des corsages et des blouses.
- » L’efficacité des catalogues est plus que problématique, et je suis convaincu qu’un commis-voyageur visitant de temps en temps la clientèle obtiendrait de meilleurs résultats. Les catalogues illustrés présentés sous une forme attrayante peuvent tout au plus préparer et fixer le goût de l’acheteur.
- » Autrefois, où les voyages étaient coûteux et pénibles, l’Italie était fréquemment visitée par les commis-voyageurs français; aujourd’hui que les communications sont faciles, les maisons françaises semblent avoir renoncé à se procurer des commandes au moyen de représentants actifs pourvus d’un échantillonnage séduisant.
- » L’absence de voyageurs ou de représentants sur place implique dans beaucoup de cas la nécessité de recevoir les objets de seconde et même de troisième main, et il en résulte une augmentation considérable des prix de revient qui n’est pas faite pour en favoriser la vente. En matière d’habillement, il faut tenir compte de l’évolution des habitudes. Certains articles ne sont plus portés aujourd’hui d’une façon courante, comme par exemple le foulard-mouchoir, le ruban-velours, alors qu’il y a un certain nombre d’années l’écoulement en était considérable. La mode tend aujourd’hui à être la même pour toutes les classes : il n’y a plus de différence que dans la richesse des étoffes, des garnitures et de la coupe. Les gens de la campagne imitent ceux de la ville, et les anciens costumes, qui caractérisaient certaines provinces par la façon de s’habiller, disparaissent avec les vieilles coutumes.
- » Autrefois, les articles qui formaient le noyau de notre importation en Italie étaient les lainages, les tissus mélangés de coton, les confections, la mercerie. Aujourd’hui, et cela est à peine croyable, la France figure parmi les meilleurs clients de F Italie pour les
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- tissus de laine, et, ce qui est plus grave, notre importation en Italie de ces articles diminue à vue d’œil. Nos fabricants feront bien de surveiller cette vaste branche d’exportation qui fait notre force et qui a été très éprouvée. Ainsi l’importation des tulles et des dentelles est devenue presque nulle. La France, qui y contribuait pour un chiffre considérable, il y a encore quelques années, n’importe plus en Italie que quelques kilos de dentelles. Parmi les accessoires les plus indispensables de l’habillement, il y a aussi les boutons, notamment les boutons de nacre qui, il y a une vingtaine d’années, étaient exclusivement tirés de France. Aujourd’hui, nous sommes distancés par l’Autriche et par l’Allemagne. Sur un total de 90.000 kilos, la France n’y participe plus que pour 6.000 kilos, alors que les pays précités en envoient chaque année respectivement 50.000 kilos, et 20.000 kilos. Je passe sous silence bien entendu les boutons en corozo, en os et en métal, qui ne sont plus fournis que par l’industrie nationale, laquelle arrive même à en exporter une grande quantité.
- » La mercerie fine, la quincaillerie usuelle et de luxe, la papeterie, les livres, gravures, estampes devraient être l’objet de toute la sollicitude de notre commerce d’exportation. Sur ce terrain, on pourrait aisément déjouer la concurrence germanique et autrichienne qui ne brille pas toujours par un grand sentiment artistique. Il y a lieu ici de répéter ce que disait, il n’y a pas longtemps, à ce sujet, la Chambre de Commerce française de Milan :
- « Plusieurs maisons en France seraient bien placées pour faire » d’importantes affaires, il suffirait qu’elles se donnassent au moins » la peine de faire connaître leurs créations artistiques qui seraient » certainement préférées à d’autres produits voyants, mais d’un » goût qui n’a rien de français. ;>
- « En sept ans, écrivait M. Gondrand, l’importation française en Italie a presque doublé, et cette constatation est d’autant plus importante qu’il ne s’agit pas d’augmentations subites ou momentanées, mais de progrès mesurés et sûrs : un travail de conquête nouvelle d’un marché important qui aurait, peut-être, échappé presque entièrement au commerce français, sans l’heureux accord commercial de 1898.
- Certes, il reste encore beaucoup à faire pour occuper de nouveau la première place, mais les bonnes dispositions que nous trouvons partout à l’égard de notre commerce et de nos industries, pour en rester au seul point de vue économique, nous sont un sûr garant de nouveaux progrès* Et la statistique de 1906, que nous espérons
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- voir paraître avec moins de retard, nous en donnera une nouvelle preuve. »
- Un conseil aussi autorisé ne pouvait manquer d encourager les initiatives même les plus timides, et c’est avec une bien grande satisfaction que nous avons pu constater qu’il avait été écouté.
- M. Gondrand ne s’était pas trompé, et la part des exportations françaises en Italie pour l’année 1906 a augmenté de plus de 21 millions, soit 233.677.000 francs contre 212.509.000 francs en 1905.
- L’ORGANISATION OUVRIÈRE EN ITALIE
- Les associations ouvrières italiennes se groupent sous quatre formes principales, ayant chacune un organisme central : les bédé-rations d’ouvriers del’industrie, adhérentes presque toutes au Secrétariat de résistance; les Fédérations de travailleurs de la tene,iepie-sentées par un Secrétariat national; les Chambres du travail, ayant leur fédération propre, et enfin les Unions professionnelles catholiques, adhérentes à « l’œuvre des Congrès et des Comités catholiques )>.
- Nous laisserons de côté les ligues des travailleurs de la terie, qui ne sauraient faire partie de notre travail, et nous étudierons plus particulièrement les Fédérations d’ouvriers de l’industrie et les Chambres du travail qui nous intéressent d’autant plus que Milan est leur principal centre d’action.
- 1° Fédérations d'ouvriers de l'industrie. — Le Secrétariat de résistance a été organisé par le Congrès de Milan (novembre 1902), auquel étaient représentées les 24 Fédérations de métier et le Comité fédcial des Chambres de travail. Le secrétariat a pour but d organiser de nouvelles fédérations, de transmettre aux députés ouvriers les projets de réforme votés par les congrès qu’elle a organisés, de léglei les conflits pouvant survenir entre les fédérations et de recueillii des documents satistiques, de représenter enfin les groupements ouvriers à l’office international ouvrier.
- Pendant le 1er semestre de 1906, on comptait 157.289 ouviieis de l’industrie fédérés et répartis entre 2.642 sections ou gioupe-ments locaux. Parmi les fédérations les plus importantes, figurent
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- celles du bâtiment (26.653 membres), de la métallurgie (23.175), des marins (20.462), des employés de chemins de fer (24.750).
- Comparé au total de 1904, il y a diminution de près de 29.000 membres dans les chemins de fer, de 3.359 chez les travailleurs de l’État et de 900 environ chez les chapeliers.
- Par contre, il y a une augmentation de 9.862 chez les métallurgistes, de 800 chez les tailleurs et les boulangers, de 1.500 chez les infirmiers, et de 3.500 chez les marins.
- Dans l’ensemble, les fédérations ont perdu 21.024 membres et créé par contre 362 sections nouvelles.
- Les fédérations ont des ressources très variables : celle du bâtiment encaisse annuellement 65.000 francs, et celle des chemins de fer, 100.000.
- 5 fédérations seulement font du placement et encore une seule s’en occupe-t-elle effectivement. On ne rencontre des femmes adhérentes que dans les fédérations de chapeliers (1.000), des textiles (600 sur 5.566 inscrits) et des infirmiers (300 sur 3.246).
- 7 fédérations ont leur siège à Milan, 5 à Rome, 4 à Turin et 9 dans d’autres villes. La cotisation annuelle varie entre 1 fr. 20 et 1 fr. 40; elle atteint 11 fr. 96 chez les typographes et 7 fr. 80 chez les chapeliers.
- La Fédération des textiles, teinture, compte 49 sections et 5.566 membres; celle des peaussiers, 19 sections et 1.453 membres; celle des tailleurs, 95 sections et 4.095 membres; celle des chapeliers, 37 sections et 3.590 membres; celle des coiffeurs, 14 sections et 621 membres.
- 2° Les Chambres cle travail. — Les Chambres de travail italiennes sont organisées sur le modèle des bourses du travail françaises.
- La première a été fondée à Milan, le 6 décembre 1899, à l’instigation de la « ligue ouvrière » et de F « association typographique ».
- Les organisations qui groupent le plus grand nombre de syndicats et de membres sont celles de Reggio d’Emilie (361 syndicats et 36.877 membres), Rologne (79 et 32.651), Gênes (73 et 22.860), Ravenne (85 et 21.792), Milan (120 et 20.613), Parme (194 et 12.032), Rome (85 et 10.637), Turin (62 et 9.189), etc.
- Les^deux premières comprennent les ligues d’ouvriers de la terre de la province.
- Les Chambres les plus riches sont celles de Milan, Reggio cl’Emi-lie, Carrara, Bologne et Parme, Turin, Gênes et Rome.
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- Le dernier bilan de la Chambre de Milan accuse 55.113 francs de recettes et 54.112 francs de dépenses.
- Les cotisations varient en général entre 0 fr. 50 et 0 fr. 60 par an; dans plusieurs villes, elles oscillent entre 1 franc et 1 fr. 80. A Rimini, elles atteignent 4 fr. 70, à Ferrare, 5 fr. 20, à Salerne, 6 fr., et à Foggia, 7 fr. 20.
- On évalue à 24.000 le nombre des femmes adhérentes aux Chambres, mais ily a lieu de supposer que ce chiffreest inférieur à la réalité.
- LES GRÈVES
- En 1906, le mouvement gréviste s’est traduit de la façon suivante pour les mois de :
- Janvier. — 53 grèves nouvelles, 36 intéressaient 5.315 ouvriers.
- Mars. — 95 grèves nouvelles, 70 intéressaient 19.743 ouvriers.
- Juin. — 186 grèves nouvelles, 111 intéressaient 31.217 ouvriers.
- Juillet. — 179 grèves nouvelles, 125 intéressaient 21.552 ouvriers.
- Septembre. — 122 grèves nouvelles, 95 intéressaient 70.488 ouvriers.
- Ces renseignements, qui ne comprennent qu’une partie des conflits, nous donnent, pour cinq mois de l’année, 635 grèves, sur lesquelles 437 intéressaient 148.319 ouvriers.
- 250 grèves ont eu pour cause une question de salaire; 27, la durée du travail; 39, des causes diverses; 27, des causes inconnues.
- On a compté 89 grèves dans les industries textiles, 2 dans les cuirs et 17 dans le vêtement.
- Résultats : 118 succès, 114 échecs, 193 transactions; 12 résultats inconnus.
- LE MOUVEMENT COOPÉRATIF
- Depuis plusieurs années, le mouvement coopératif en Italie a pris une grande extension.
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- Des sociétés coopératives ont été organisées non seulement pour la production agricole, pour la fabrication industrielle, pour les banques, niais aussi pour la vente au detail de tous les genres de produits.
- Une statistique publiée dans le commencement de 1904 donne les chiffres suivants :
- Au 31 décembre 1901, on comptait 2.872 sociétés coopératives, pouvant se diviser en 4 groupes généraux.
- 1° Sociétés coopératives de consommation;
- 2« — •— de crédit;
- 3° — •— de production et de travail;
- 4° — — diverses.
- Elles sont réparties dans toute l’étendue de la péninsule, mais principalement dans le Nord.
- Le capital de chaque société est généralement peu considérable. La moyenne est en Piémont de L. 128.000, en Ligurie de L. 120.000, en Lombardie de L. 45.000, et très inférieure dans les autres régions.
- On estime que plus d un million de personnes font partie de sociétés coopératives, et que cinq millions environ bénéficient du mouvement coopératif.
- LES ITALIENS A L’EXPOSITION DE MILAN
- La participation des industriels italiens à l’Exposition de Milan ne correspondait pas, tout au moins dans les industries de notre Groupe, aux efforts que l’Italie a fait depuis 1898 pour améliorer sa situation économique.
- Nous ne saurions dissimuler la surprise que nous avons éprouvée en constatant la faiblesse numérique des exposants italiens, et l’on peut se demander si nos collègues de l’autre côté des Alpes ont donné, en cette circonstance, la mesure entière de leur activité et de leur énergie.
- Sans doute les produits qui furent soumis à l’appréciation compétente de notre Jury étaient d’une qualité supérieure, mais nous au-lions aimé à voir des modèles de tous les genres de fabrication, et
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- non exclusivement des articles fabriqués dans le seul but de nous montrer à quel degré de perfection peut atteindre l’industrie italienne.
- Le Jury de notre Groupe eut à examiner 11 exposants italiens; pourquoi ce chiffre, ce n’est pas parce qu’il n’y avait que 11 industriels fabricants des articles de notre compétence, mais parce que les règlements ont des bizarreries que, tout comme les raisons du cœur, le cerveau ne doit pas comprendre.
- Cette division faite entre les exposants est d’autant plus regrettable que parmi les exposants qui furent soustraits à notre jugement, il y avait pourtant des maisons importantes.
- Quoique, en principe, ce travail doive se trouver limité à la relation de faits auxquels les Membres du Jury de notre Classe ont eu une part de collaboration, nous n’avons pas cru que nous devions passer ces exposants sous silence, et nous avons tenu à signaler leurs produits à ceux de nos collègues, qui sont intéressés à les connaître.
- A la place d’Armes, dans le pavillon de la carrosserie, nous pouvons signaler les maisons :
- Angelo Comoli, 23, via Torino, Milan. — Belle vitrine avec des chaussures de luxe.
- Ernesto Beretta, 31, via Monti, Milan. — Chaussures de chasse. Cette maison avait mis dans sa vitrine un cornet en cuir cousu et rempli d’eau afin de bien prouver au] public F imperméabilité des cuirs employés.
- Paolo Santagostino, Milan. — Spécialité d’articles de sport. Cette maison avait une fort belle vitrine d’articles de bonneterie (bas, chaussettes, gilets de chasse). Dans le fond de sa vitrine, elle avait placé des vues d’usines et d’ateliers qui indiquaient l’importante maison.
- V. Manzetti et Figli, 12, via Teresa, Turin. — Cette maison exposait des chaussures de fatigue, des bottes pour monter à cheval, et elle s’est fait une spécialité de la fabrication de ski.
- Une pancarte indiquait que cette maison « a fourni les chaussures pour l’expédition du duc des Abruzzes ».
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- Carlo Ghezzi, Milan. — Spécialité de molletières pour la cavalerie.
- Anghileri et Figli, Lecco. — Très importante maison de chaussures pour la chasse, la montagne, et s’occupant également de la fabrication de tous les articles nécessaires aux ascensions en montagne : ski, bâtons, alpenstocks, etc., etc.
- Cinohi, 7, via Bigli, Milan. — Cette maison paraissait être le dépôt de la maison Boston Rob, Shoe and C°.
- Zaramella, Turin. — Chaussures de luxe. Cette maison annonçait qu’elle pouvait produire 300 paires par jour.
- Colombo frères, 18, via Solferino, Milan. — Cette maison exposait des chaussures pour sport, vélo, tennis.
- Collini, 1, via Cappelan, Milan. — Fabrique de chaussures, bottes montantes, etc.
- Penzo, frères, Chioggia. — Chaussures de luxe, bottes pour dames, souliers riches. Cette maison fait travailler dans les prisons de Padoue, Venise, Bergame,
- Ernesto-Benedetto Lusiardi, Pescarolo (Cremona). — Cet exposant nous montrait des chaussures avec des semelles en caoutchouc et se gonflant comme les pneumatiques. D’après l’inventeur, ce système aide à la marche. Notre compétence ne nous autorise pas à garantir cette affirmation et nous signalons le procédé à nos collègues intéressés en souhaitant que, après la panne de l’automobile, nous n’ayons pas la panne... des pieds !
- Beltrami, 17, corso Victor-Emmanuel. — Cette maison, dont la spécialité est la chaussure de luxe, avait une vitrine agencée avec beaucoup de goût; elle indiquait du reste qu’elle était « Hors Concours ».
- John Marlov and Sons, Ltd., 20, via Cerva, Milan. — Cette maison s’occupe plus spécialement de la fabrication des chaussures de luxe, de chasse et des bottes fourrées, dont elle nous présentait des modèles très soignés.
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- Trigona, Monte-Carlo. — Chaussures d’une fabrication spéciale et brevetée. Dans sa vitrine on remarquait une lettre, en date du 2 novembre 1899, émanant d’un grand magasin de nouveautés de Paris, qui lui demandait l’exclusivité pour l’exploitation de son brevet en France.
- Giuseppe Borri, Busto Arrigio. — Cette maison s’occupe plus spécialement des articles de sport, tennis, etc.
- Vergeas, via Lodovica, Milan. — Maison ayant la spécialité de la fabrication de chapeaux et casquettes pour l’automobilisme.
- Belloni, corso Victor-Emmanuel, Milan. — Fabrique de chapeaux de soie, de feutre, spécialité d’articles pour la chasse.
- Mazzola, 39, via Moscova, Milan. — Exposait des gants pour sport, des gants fourrés, des gants longs pour dame, avec entre-deux en dentelle.
- Tous ces exposants présentaient des articles très intéressants au point de vue du soin apporté dans la fabrication italienne. Nous ne comprenons pas quelles peuvent être les raisons qui les ont soustraits à l’examen de notre Jury, qui eût été satisfait de pouvoir reconnaître les qualités de leurs fabricants en leur décernant des récompenses, dont le mérite aurait été d’autant plus grand qu’elles auraient été accordées par des personnalités, dont la compétence professionnelle est universellement réputée.
- Dans le pavillon des Italiens établis à l'étranger, nous avons remarqué :
- J. Bosisio et Fils, Saint-Paul. — Chapeaux.
- Guiseppe Cappellaro, Saint-Nicolas. — Chapeaux.
- Antonia Crestani, La Havane. — Chapeaux.
- B.-Joao Ferrini, Rio de Janeiro. — Ombrelles.
- Giarmoni, Nice. — Chapeaux.
- Ramenzoni Dante e Irmao, Saint-Paul. — Chapeaux.
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- J.-B. Bloise, Buenos-Aires. — Chaussures.
- Bemo Chelini et Irmao, Juiz cle Fora. — Chaussures.
- Frank Forgione, New-York. — Chaussures.
- Guelfo Zanirati, Porto-Alègre. — Cravates.
- L’ensemble des produits exposés par ces industriels était des plus intéressants; nous tenons surtout à signaler les fabricants de chaussures et de chapeaux, dont les produits étaient remarquables sous tous les rapports, fabrication, élégance et confortable.
- Notre attention a été également arrêtée sur la Societa per l’Es-portazione et per l’Industria Italo-Americana, dont le siège est à Milan, et qui avait organisé une exposition remarquable dans une grande vitrine de près de vingt mètres.
- Cette entreprise a des établissements importants dans la Répu-blique Argentine et au Brésil.
- Abandonnant cette partie de l’Exposition, nous allons jeter un coup d’œil rapide dans la « Galerie du Travail ».
- Dans cette enceinte, les exposants avaient organisé des ateliers et faisaient fabriquer sous les yeux du public.
- La Commission organisatrice avait ainsi jugé utile de faire fonctionner les machines devant le public, afin de lui montrer les progrès accomplis dans les procédés de fabrication moderne.
- Notre Classe, nous semble-t-il, aurait dû faire partie de la quatrième catégorie, qui comprenait les ouvrages en tissus et les industries de luxe, et dans laquelle nous avons remarqué des fabricants de chapeaux en tous genres, des fabricants de chaussures, d’articles tels que : cols, poignets, qui étaient confectionnés et blanchis devant le public, de cannes-, etc., etc.
- Nous citerons :
- Faini et Cie, 57, Ripa Ticinèse, Milan. — Fabricants de cannes. Cette maison, sur sa demande, avait été mise Flors concours.
- Societa II Truciolo, Carpi/— Société anonyme très importante, constituée pour la fabrication’des chapeaux"de’paille et de laine.
- Enrico Colombi, 3, via G. Sirtoni, Milan. — Confection de cols et poignets.
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- Rosenthal, Fleischer et Cie, 8, via Garibaldi, Milan. — Maison de gros très importante et fabriquant uniquement les corsets.
- Addo Tunela, 15, via Montforte, Milan. —• Confection pour dames. Cette maison exposait de jolies chemisettes pour femmes.
- L Luigi Parmigiani, 11, via S. Margherita, Milan. — Fabrique de cravates en tous genres.
- Guido Ravasi et Cie, 9, via Guido d’Arezzo, Milan. — Fabrique de tissus pour cravate.
- Fabrica It. Calzature Piatti, 38. via Berrina Milan. — Fabrique de chaussures à la mécanique.
- Fratelli Cerruti, 6, viale Ticinese, Milan.
- Giovanni Gilardini, 18, Ponte Mosca, Turin. — Fabrique très importante d’articles de peau tannée.
- Carlo Gay et Cle, 2, via S. Giovanni in Conca, Milan. — Fabrique de chapeaux de laine.
- Poletti et Falciola, 2, via Pietro Calvi, Milan. -— Fabrique de chapeaux de paille.
- Rivarini. — Fabrique de cannes.
- Tous ces exposants ont été notés et classés par nous. Nous avons également cherché à nous renseigner le plus que nous avons pu sur la valeur de leurs produits et sur l’importance de leurs affaires. Ils représentaient tous des maisons très importantes et dont l’activité contribue, d’une façon très satisfaisante, à la prospérité nationale.
- Nous ne saurions affirmer que ces listes contiennent tous les industriels dont les produits correspondaient à ceux de notre Groupe, mais comme ils étaient dispersés dans plusieurs Groupes, qu’ils ne formaient aucun ensemble, il était très difficile de les trouver et d’avoir la certitude de ne commettre aucune omission à leur sujet. .
- Nous avons dit, au début de ce chapitre, que notre Jury avait eu à examiner 11 exposants italiens.
- Avant de les signaler à l’attention de nos collègues, nous tenons
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- à remercier ici, publiquement, M. Beltrami, l’artiste si connu et si apprécié des Milanais, de l’extrême obligeance qu’il a mise à nous . seconder dans notre travail de rapporteur.
- M. Beltrami connaît notre langue, il l’apprécie en véritable artiste, il possède sur les gloires artistiques de la France et de l’Italie un jugement qui fait le plus grand honneur à son érudition et donne à sa conversation un attrait, dont nous ne saurions oublier le charme.
- Nous avons passé, en sa compagnie, des moments qui nous sont très précieux, il nous a fourni des renseignements d’une importance capitale, et c’est à sa bienveillance que nous devons ceux concernant les exposants qui n’ont pas réorganisé leur installation après l’incendie de la galerie des Arts décoratifs italiens.
- Les exposants dont notre Jury a eu à s’occuper représentaient les maisons suivantes :
- Biarcardi Italico, coiffeur. — Exposait dans la première exposition avant l’incendie, mais n’avait pas réinstallé sa vitrine après. Belle exposition de coiffures diverses, travail très bien exécuté.
- Billmiller. — Fabrique d’objets en tissus élastiques, bretelles, jarretières, etc., dans le même cas que le précédent. Fabrique importante, faisant un gros chiffre d’affaires, et dont l’Exposition était remarquable, plutôt au point de vue industriel qu’artistique.
- Civalleri. — Chapeaux pour dames.
- Fogl N. — Corsets. Cette fabrique, très importante, fait plus particulièrement l’article courant.
- Morandi Matteo. — Chaussures. Fabrique très importante aux points de vue industriel et commercial; se spécialise dans l’article courant et travaille pour l’exportation.
- Pozzi Erminia. — Éventails. Travail personnel très soigneusement exécuté et d’un très bon goût.
- Poltronieri. — Chaussures. Exposait à la place d’Armes dans le pavillon des expositions temporaires. Fabrique importante
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- s’occupant de tous les genres et travaillant pour le commerce d’exportation.
- Roccatagliata Rosa. — Corsets. Exposition remarquable comme bon goût. Cette maison possède ses ateliers à Gênes et fabrique des articles très soignés.
- Rosenthal Heischen. — Corsets. Cette maison exposait dans la galerie du Travail; son importance est considérable, mais elle fabrique plus particulièrement l’article courant.
- Sekutes et F110. — Fabrique de fleurs artificielles et de plumes très importante et occupant un grand nombre d’ouvrières; avait une exposition des plus remarquable.
- Tacchi Cattaneo. — Fleurs artificielles. Fabrication relativement importante, articles très soignés et de belle qualité; avait une exposition très attrayante et d’un goût remarquable.
- Ces listes d’exposants, la diversité des industries qu’ils représentaient, l’agencement de leurs vitrines, la qualité des articles qu’elles contenaient sont des preuves suffisantes de l’activité industrielle de l’Italie et des efforts que cette nation fait pour développer sa puissance économique.
- Les conditions de la main-d’œuvre, la richesse du sol, l’émulation qui animent les grands centres producteurs, peuvent, à brève échéance, faire de l’Italie une rivale redoutable.
- Saluons ce réveil d’une grande puissance, trop longtemps endormie, et loin d’être jaloux des lauriers qu’elle s’apprête à cueillir, sachons bénéficier des ressources que sa richesse peut offrir à nos industries.
- Écoutons et faisons notre profit des sages conseils que nous donnent nos représentants à l’étranger et les présidents des associations économiques françaises!
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- BELGIQUE
- La Belgique avait, à la place d’Armes, à peu de distance du Pavillon de la France, un petit Palais qui, tout en étant d’une conception originale, était également d’un goût artistique parfait.
- Il mérite donc une description spéciale.
- Construit sous la direction du jeune et très réputé architecte Henry Yaes, son style se rattachait à la tradition gothique dans ses lignes générales et exprimait cependant la recherche décorative caractéristique à l’époque de la pleine efflorescence de la Renaissance dans les Pays-Bas. Sur la façade principale, trois pignons aux rampants élevés, mais arrêtés dans leur chute par des tourelles d’angle à formes élancées, évoquaient l’architecture propre aux xive et xve siècles dans les Flandres, suivant les modèles types de l’Hôtel de Ville de Saint-Quentin et de la Potterie de Bruges. Au centre, se dressait, calme et noble, la figure inspirée, la statue de Saint-Michel, patron de la ville de Bruxelles, ayant sous les pieds le dragon terrassé. Au bas des trois pignons, une belle frise du sculpteur Jourdain, déroulant ses cordons de fleurs, de fruits, de médaillons reproduisant les plus glorieux artistes belges des temps passés, coupait toute la largeur de la façade et reposait agréablement la vue. L’ensemble à la fois majestueux et gai attirait les regards et imposait l’attention.
- L’intérieur du Pavillon n’était pas moins artistique : orné de splendides œuvres d’art, meubles et tapis anciens empruntés aux grands collectionneurs belges, il donnait une profonde impression de grandeur et de somptuosité.
- Au centre du vaste hall, dans des vitrines spacieuses, étaient étalés des chefs-d’œuvre de l’industrie dentellière qui a contribué à rendre célèbre dans le monde Bruxelles, Bruges et Malines.
- Le cadre de ce rapport, de même que notre rôle de rapporteur spécial de la Classe 86, ne nous permettent pas de rendre compte de toutes les merveilles groupées dans le Pavillon de la Belgique.
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- Nos collègues rapporteurs des autres Classes auront, d’ailleurs, à en parler.
- Nous allons donc nous borner à énumérer les exposants que notre Jury a eu à examiner, et à indiquer les récompenses obtenues par chacun d’eux.
- Disons cependant, tout d’abord, que la Section belge avait été placée officiellement sous le haut patronage de M. Francotte, ministre de l’Industrie et du Travail. Le commissaire général était M. le comte Adrien Van Der Burcli, et le secrétaire général M. Ma-vant. M. le sénateur Dupret avait été désigné pour présider la Commission officielle d’organisation.
- Les exposants belges de la Classe 86 étaient :
- Grande Maison de Blanc, rue du Marché-aux-Poulets, à Bruxelles; propriétaire : M. Eugène Lefebvre.
- Cette maison exposait des toiles, du linge de table, de la lingerie fine, des trousseaux, des layettes de toute beauté. Déjà Hors concours à l’Exposition de Liège en 1905, elle a été placée également Hors concours à Milan, et son chef nommé Membre du Jury.
- Day (Gustave), Montagne-aux-Herbes-Potagères, 37, à Bruxelles.
- M. Day présentait, dans une vitrine assez vaste et bien ordonnée, des faux-cols, des manchettes, des chemises de sa fabrication. Titulaire d’un Diplôme d’honneur à Liège en 1905, il a été déclaré Hors concours à Milan et classé Membre du Jury
- Crutzen frères, à Dison-Verviers.
- Ces Messieurs, propriétaires d’une importante usine pour la fabrication mécanique des chaussures en tous genres, exposaient différents modèles d’un fini irréprochable.
- Médaille d’argent, Saint-Louis (1904); Diplôme d’honneur, Liège (1905); Grand prix, Milan (1906).
- Richard de Rooster, avenue de la Porte-de-Hal, 35, à Bruxelles.
- Grande fabrique d’armes blanches, boutons et ornements militaires.
- M. de Rooster avait une vitrine spacieuse où il exposait diverses collections des produits de sa fabrication.
- Ceux-ci, d’aspect plutôt sévère, ne se prêtent guère à un agencement artistique. Néanmoins, leur ordonnancement était de bon goût
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- et témoignait de l’importance qu’a prise cette maison, une des premières de la Belgique pour les fournitures militaires du genre.
- Médaille d’argent, Saint-Louis (1904); Diplôme d’honneur, Liège (1905); Grand prix, Milan (1906).
- George (Eugène), rue de Mérode, 82, à Bruxelles.
- M. George, fabricant de chapeaux, présentait un certain nombre de très jolis modèles qui ont retenu l’attention du Jury. Celui-ci a décerné une Médaille d’argent à cette maison appelée, semble-t-il, à faire mieux encore.
- Bossut (Henri), rue du Pélican, 30, à Bruxelles.
- Fabrique de bustes, mannequins, articles d’étalages.
- La maison Bossut est très réputée en Belgique pour sa fabrication soignée et l’inédit de ses modèles. Elle exposait à Milan ses produits les plus nouveaux dans une grande vitrine richement agencée.
- Médaille d’argent, Saint-Louis (1904); Médaille d’or, Liège(1905); Diplôme d’honneur, Milan (1906).
- Borremans (Th.), rue Zerezo, 34, à Bruxelles.
- Manufacture générale du corset B. C.
- L’importance de la maison Borremans est trop connue pour que nous ayons à nous étendre longuement sur la qualité de ses articles. L’énumération des récompenses obtenues aux dernières Expositions constitue pour elle le meilleur éloge.
- Médaille d’or, Saint-Louis (1904); Hors concours, Membre du Jury, Liège (1905); Diplôme d’honneur, Milan (1906).
- Maintenant que nous avons indiqué les principales industries belges représentées dans notre Classe, il nous semble, avant de clore ce chapitre, que nous avons le devoir de parler un peu du commerce en général de notre plus près voisine.
- La Belgique, en effet, n’est-elle pas presque une France, puisqu’on y parle la même langue que nous, que les goûts, les coutumes, les usages sont à peu près les mêmes que dans notre pays? D’ailleurs, une communauté de sentiments, de sympathies réciproques ont toujours rapproché Belges et Français, et il n’est pas exagéré de dire que la plupart des Bruxellois, imitant en cela l’exemple de leur respecté souverain, sont également Parisiens.
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- La Belgique, malgré sa modeste importance territoriale est, sans conteste, un des pays les plus industriels d’Europe.
- Mais, lorsqu’on consulte la statistique commerciale belge, on est frappé de ce fait qu’elle ne classe pas, comme le font un grand nombre d’autres pays, les importations et les exportations en quelques grandes divisions qui ont cet avantage de donner une idée tout au moins approximative, de la nature du commerce au point de vue économique. Telle nation, par exemple, qui exporte en grande abondance des produits bruts, ne sera évidemment pas dans des conditions économiques analogues à telle autre nation dont la majeure partie des exportations est formée de produits fabriqués, fruits de son industrie. Ces grandes classifications offrent aussi cet intérêt de permettre, pour un même pays, de comparer entre eux les chiffres de plusieurs années, et d’en tirer des déductions sur l’orientation de la production et des échanges.
- Nous disons, pour un même pays, car il faudrait, en effet, se garder de trop généraliser et de vouloir étendre sans réserve ces comparaisons d’un pays à l’autre, au risque d’aboutir à des déductions fausses ou tout au moins sujettes à caution. Si les grandes rubriques, sous lesquelles sont classés les produits, sont toujours à peu près les mêmes, il s’en faut qu’elles renferment partout des produits de même nature. Ainsi, la distinction entre les produits fabriqués et les matières premières est parfois assez subtile : pour les uns, par exemple, le fil de laine ou de colon sera rangé dans la première de ces catégories; pour les autres, il sera considéré comme faisant partie de la seconde, parce que servant de matière première à l’industrie du tissage. Ces divergences d’interprétation peuvent donc amener des' différences assez sensibles qui risquent de fausser les comparaisons. Pour que celles-ci pussent s’établir avec une certaine approximation — sans tenir compte des autres chances d’erreur dont fourmillent les statistiques commerciales, notamment quant à la distinction entre le commerce général et le commerce spécial — il faudrait que tous les pays adoptassent invariablement le même mode de classification. Nous n’en sommes pas encore là.
- Quoi qu’il en soit, il n’est pas douteux que cette absence de larges divisions dans la statistique commerciale de la Belgique cons-ütue une lacune. Ainsi, il a été prétendu à maintes reprises que les exportations de produits bruts de la Belgique sont trop considérables par rapport à celles des produits manufacturés, et l’on en a liré volontiers des conclusions pessimistes pour l’avenir économique
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- du pays. Mais, jusqu’ici, ces affirmations n’étaient étayées sur aucune base positive, les éléments épars contenus dans la statistique n’ayant jamais été coordonnés, et aucune vue d’ensemble ne pouvant se dégager de leur examen. Or, c’est leur groupement seul qui permet de distinguer les tendances, d’en mesurer l’intensité et la direction.
- Ce travail de groupement, aussi long que laborieux et qui n’avait jamais été entrepris en Belgique, M. A. Julin, Membre de l’Institut international de statistique, a eu la patience de s’y livrer (1). Il a adopté la division généralement admise en France, en Allemagne et en Autriche-Hongrie. Elle comprend les trois classes suivantes : animaux vivants et objets d’alimentation, matières brutes et produits mi-ouvrés, produits manufacturés. Son travail s’étend sur cinq années, de 1901 à 1905, période suffisante pour se rendre compte du mouvement des échanges.
- D’après la statistique commerciale belge, les importations et les exportations atteignaient, en 1905, au commerce spécial, une valeur de 3.068.347 francs et de 2.333.670 francs respectivement. Que représentent dans ces chiffres globaux les importations et les exportations d’objets d’alimentation, de matières brutes, de produits manufacturés? M. Julin en donne la solution pour les cinq années indiquées ci-dessous :
- Commerce extérieur de la Belgique.
- (Valeurs en milliers de francs.)
- Animaux vivants et Matières brutes et Produits
- Années objets d’alimentation produits mi-ouvrés manufacturés
- — Import. Export. Import. Export. Import. Export.
- 1901 613.127 260.911 1.147.513 787.645 460.352 779.676
- 1902 632.986 241.412 1.284.239 859.934 463.458 824.144
- 1903 684.774 241.567 1.513.179 982.384 460.417 886.387
- 1904 775.198 332.334 1.534.203 934.024 472.819 916.903
- 1905. 816.016 329.194 1.664.643 1.001.455 587.688 1.003.027
- (1) De quoi se compose le commerce de la Belgique ? Petite brochure de 50 pages, tirée de la Revue économique internationale. Prix : 1 franc, chez Misch et Thron, rue Royale, ù Bruxelles.
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- Rapportés aux chiffres totaux de l’importation et de l’exportation, les nombres qui précèdent correspondent aux données proportionnelles renseignées au tableau suivant :
- Années Animaux vivants et objets d’alimentation Matières brutes et produits mi-ouvrés Produits manufacturés
- — Import. Export. Import. Export. Import. Export.
- % % % % % %
- 1901 . . . 27,61 14,27 51,86 43,08 20,73 42,65
- 1902 ... 26,59 12,54 53,94 44,66 19,47 42,80
- 1903 ... 25,71 11,45 56,96 46,55 17,33 42,00
- 1904 27,86 15,22 55,14 42,78 17,00 42,00
- 1905 26,60 14,11 54,25 42,91 19,15 42,98
- La valeur du commerce extérieur de la Belgique a donc augmenté tant à l’importation qu’à l’exportation. Cette progression se marque avec plus de netteté si, reprenant les données du premier tableau, on ramène à 100 les chiffres de l’année 1901 :
- Animaux vivants et Matières brutes et Produits
- Années objets d'alimentation produits mi-ouvrés manufacturés
- — Import. Export. Import. Export. Import. Export.
- o/ o/ o/ o/ o/ o/
- /o /o ,/o /o /o /o
- 1901 .............. 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00
- 1902 .............. 103,23 92,52 111,91 109,17 100,68 105,70
- 1903 .............. 111,36 92,55 131,85 124,70 100,02 113,67
- 1904 .............. 126,43 127,37 133,70 118,58 102,70 117,59
- 1905 .............. 133,40 126,17 145,06 127,14 127,66 128,25
- Ce tableau montre quelle a été l’importance de l’accroissement des valeurs dans chaque groupe considéré isolément. Nous voyons que les importations dont la valeur a le plus augmenté sont celles des matières brutes, puis celles d’objets d’alimentation, enfin celles de produits manufacturés. Les exportations d’articles d’alimentation et de matières brutes ont augmenté dans des proportions égales; celles de produits manufacturés dépassent un peu.
- Mais, ainsi que le fait fort justement observer M. Julin, pour F étude du commerce extérieur d’un pays, il est important de connaître
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- non seulement la valeur des objets échangés, mais encore les poids et quantités des marchandises. Kn effet, de tous les éléments de comparaison, le plus stable est la quantité ou le poids qui se retrouvent toujours les mêmes; c’est l’un des plus sûrs qui existent, parce que la manière de compter les poids et les quantités est presque toujours la même, alors qu’on ne peut en dire autant de la valeur; enfin, les piix augmentent ou baissent (25 % de différence entre 1877 et 1900), tandis qu’au contraire les mesures de volume ne subissent pas ces fluctuations.
- toutefois, nous ne suivrons pas plus loin, dans ses démonstrations, le sa\ant Membre de 1 Institut international de statistique. Il \ essoit claii ement de son très intéressant travail que le commerce de la Belgique a notablement progressé en ces dernières années. Nos échanges sont trop importants avec nos voisins, et nos sympathies pour eux trop vives pour que nous ne désirions pas la continuation de cette marche ascendante, tout en nous permettant de souhaitei un peu plus de perfection pour certains articles manufacturés.
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- BULGARIE
- De tous les petits pays balkans, la Bulgarie est celui qui a pris la plus grande extension commerciale depuis le temps peu éloigné où il a été débarrassé du joug ottoman.
- Sa constitution en principauté ne remonte, en effet, qu’à l’année 1878, à l’issue de la guerre russo-turque. Le traité de Berlin (juillet 1878), modifiant celui de San-Stefano, du 3 mars précédent, édictait que les territoires bulgares au nord des Balkans constitueraient, sous le nom de Principauté de Bulgarie, une principauté vassale et tributaire de la Turquie, tandis que les territoires du sud, entre l’Albanie et l’Adriatique, formeraient la Boumélie orientale, province autonome régie par un gouverneur chrétien, mais nommé par le Sultan et accepté par les grandes puissances européennes.
- Le premier acte de la Principauté fut d élire une Assemblée constituante, laquelle se donna une Constitution comme loi fondamentale. Presque en même temps, une Commission internationale dotait la Roumélie orientale d’un Statut organique rédigé d’après les principes de l’Administration française.
- Mais les aspirations du peuple rouméliote ne se trouvaient pas ainsi satisfaites. Incitée par les Bulgares, une révolution éclata au mois de septembre 1885, à Plovdiv, chef-lieu de la Roumélie oi ien-tale. Cette révolution fut bientôt suivie de la guerre seibo-bul-gare, pendant laquelle la milice rouméliote combattit aux côtés de l’armée victorieuse de la Principauté.
- Après bien des hésitations, le Sultan finit par reconnaître le prince de Bulgarie comme Gouverneur général delà Roumélie oiientale et, dès ce moment, l’union des deux Bulgaries resta définitive.
- C’est surtout sous l’impulsion du gouvernement princier actuel, que la Principauté a vu son importance industrielle et commeiciale prospérer rapidement. Des routes, des lignes de chemin de fei ont été créées pour déverser dans les ports de Varna, de Buigas, de Baltschik, sur la mer Noire et vers ceux de Roustchouk, de Svistov,
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- de Yidin, d’Orèhovo, de Lom, sur le Danube, les produits du pays, qui consistent principalement en céréales et soies brutes.
- Mais, outre son sol particulièrement fertile, l’admirable situation géographique de la Bulgarie lui permet de porter également ses efforts vers l’industrie pour utiliser les richesses naturelles de ses mines nombreuses.
- C’est, croyons-nous, un petit pays de grand avenir, car sa population est travailleuse, remuante et animée du désir de prendre dans les Balkans la place que lui confère sa position territoriale privilégiée.
- Le gouvernement bulgare, de son côté, s’emploie activement à protéger les intérêts de ses nationaux et à encourager leur initiative. Au cours de l’année 1903, il a fait voter par l’Assemblée une loi sur les marques d’industrie et de commerce (sanctionnée par ukase princier du 31 décembre 1903), qui est un modèle de précision et de sauvegarde pour les industries du pays. Nous regrettons que le cadre du présent rapport ne nous permette pas d’étudier en détail les 60 articles de cette loi fort intéressante.
- Une loi, très remarquable également (sanctionnée par ukases des 12 et 27 mars 1905), encourage intelligemment le commerce et l’industrie bulgares.
- Enfin, le Prince Ferdinand a autorisé la promulgation (ukases des 12 janvier 1904 et 23 juillet 1905) d’une loi sur l’organisation des métiers et corporations, dont l’application a déjà porté ses fruits.
- Au moment où toutes les questions ouvrières sont à l’étude, en France et ailleurs, il nous paraît utile de signaler cette loi à l’attention de nos législateurs.
- Les chiffres relatifs aux transactions commerciales de la Bulgarie avec les grandes puissances européennes sont particulièrement édifiants, si on les admet tels qu’ils sont fournis pour le ministère du Commerce et de l’Agriculture de la Principauté.
- Voici les importations annoncées pendant les périodes quinquennales suivantes :
- Autriche . Angleterre Turquie . . Allemagne Italie France . . Russie .. .
- 1890-1894
- 32.544.557
- 18.847.894
- 10.687.628
- 8.247.176
- 1.849.735
- 3.684.577
- 4.406.321
- 1895-1899
- 20.993.925
- 17.255.951
- 8.432.011
- 9.181.217
- 2.727.462
- 3.603.348
- 3.451.508
- 1900-1904
- 21.802.178
- 14.070.067
- 11.029.112
- 10.978.719
- 5.386.180
- 4.988.789
- 4.122.435
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- Quant aux exportations, malgré le soin certainement apporté par l’administration bulgare à l’étude des chiffres publiés, nous savons combien il est difficile de préparer une statistique exacte à ce sujet.
- Aussi, ne jugeons-nous pas nécessaire d’énumérer les chiffres dont il s’agit.
- La Bulgarie avait à l’Exposition de Milan un Pavillon spécial très coquet et très visité.
- Les objets exposés n’étaient cependant pas tous (notre impartialité nous oblige à le dire) des merveilles de bon goût, tout au moins en ce qui concerne ceux examinés par notre Jury. Nous avons vu, par exemple, des articles de mode confectionnés par les élèves d’une Ecole professionnelle de Sofia, dont les modèles étaient bien vieillots, mis en regard des modèles français. Néanmoins, il y avait lieu de tenir compte des efforts et de la bonne volonté des professeurs et des élèves, et le Jury a décerné une Médaille d’or au directeur, M. Daalof Stara-Zagora.
- Ensuite, c’était la vitrine de M. Antonio Arnoudoff-Ghineff, de Sofia, vitrine très artistiquement arrangée et contenant des fleurs artificielles, en papier, placées à côté d’aquarelles représentant des fleurs de mêmes nuances. L’effet était gracieux et original, quoique sans apparence de portée pratique.
- Le Jury a voulu récompenser l’artiste plutôt que la maison, d’ailleurs peu importante, en décernant à celle-ci un Diplôme d’honneur.
- Enfin, plusieurs marchands de chaussures s’étaient réunis pour présenter, dans une vitrine de milieu assez vaste, des produits de leur fabrication.
- Nous devons déclarer que l’agencement de cette vitrine manquait totalement de goût. Les chaussures étaient rangées pêle-mêle, sans aucune symétrie, avec seulement des étiquettes indiquant la maison à laquelle elles appartenaient, et les modèles exposés auraient certainement fait sourire nos élégantes parisiennes.
- C’est, du reste, le genre des chaussures de fatigue qui dominait. Et, bien que nos ouvriers parisiens eussent trouvé également les articles présentés par trop communs, le Jury a cru devoir encourager le travail intéressant malgré tout réalisé par ces sympathiques exposants bulgares.
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- Les récompenses suivantes ont donc été attribuées :
- Une Médaille d’argent à la maison Stoil Martinoff Kazaulik Kousseff (G.);
- Une Médaille de bronze à la maison Dvourofï Geselkofï Roussé; Une Médaille de bronze à la maison Gheorglii S. Angheloff Plovdio ;
- Une Médaille de bronze à M. Salaman Havilioff Roussé;
- Une Médaille de bronze à M. Nicolas Dragonofï.
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- RUSSIE
- Malgré les tristes événements intérieurs qui absorbaient, en 1906, le Gouvernement impérial, Sa Majesté le Tsar avait donné son consentement à la participation de la Russie à l’Exposition de Milan, et nommé, par ukase du 9/22 mars de cette même année, M. de Bilbanoff, commissaire général de la Section russe.
- Outre la preuve de sympathies ressenties par le gouvernement et la nation russe pour l’Italie, il faut également voir dans cette manifestation de courtoisie internationale le désir pour la Russie d’entretenir les relations commerciales avec l’Italie, qui est un de ses meilleurs clients.
- Notre amie et alliée fait, en effet, chez notre voisin d’au delà des Alpes, de très grosses importations, lesquelles vont toujours en augmentant.
- Ainsi, pour ne citer des chiffres qu’à partir du commencement de ce siècle, nous trouvons :
- Année 1900................ 98.107.528 francs.
- — 1901.................. 100.668.616 —
- — 1902.................. 130.398.285 —
- — 1903.................. 151.240.451 —
- — 1904.................. 141.241.000 —
- — 1905.................. 167.003.000 —
- Il ne nous a pas été possible de nous procurer le montant des envois de 1906.
- Dans les sommes que nous venons d’énumérer, les céréales figurent pour la plus grosse part. Le reste comporte des cotons de soie, du bois, du naphte, des tourteaux oléagineux, des laines, des pelleteries brutes, etc... Les produits fabriqués entrent pour une proportion insignifiante.
- De son côté, l’Italie expédie en Russie principalement de la soie manufacturée, des huiles, des produits à tanner, du caoutchouc
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- brut, des marbres, du bitume, des coraux, de la cire, des graines et plantes, du liège, des vins et liqueurs, du poisson, des couleurs, des machines et appareils, des chapeaux, de la mercerie, etc., etc.
- Mais le chiffre le plus important est fourni par les légumes et fruits, principalement les oranges et citrons, qui atteignent environ 75 % du total.
- Voici la valeur approximative des importations de l’Italie en Russie :
- Année
- 1900 ................. 23.825.915 francs.
- 1901 ................. 25.283.555 —
- 1902 ................. 28.315.992 —
- 1903 ................. 29.923.272 —
- 1904 ................. 25.828.000 —
- 1905 ................. 25.240.000 —
- Il nous paraît intéressant de signaler, en passant, que les transactions commerciales entre les deux pays jouissent du régime de la nation la plus favorisée.
- Quoique la Russie ait traversé, en ces derniers temps, une crise terrible, l’essor prodigieux de ses industries, commencé il y a à peine vingt ans, ne s’est pour ainsi dire pas ralenti.
- La valeur de la production industrielle russe, qui était d’environ 3 milliards et demi en 1887, atteint maintenant plus de 8 milliards par an.
- L’industrie des matières textiles tient une des premières places.
- Les plantations asiatiques russes fournissent, en effet, du coton en quantité presque suffisante pour alimenter les nombreuses manufactures situées principalement à Saint-Pétersbourg, à Moscou et à Lodz, en Pologne.
- Quant au chanvre et au lin, la Russie en produit plus à elle seule que tous les autres pays du monde réunis.
- Les fils et tissus de coton fabriqués dans les usines de l’empire russe sont évalués à 120 millions de francs par an, et la valeur du lin exporté en 1905 a dépassé 180 millions de francs.
- L’industrie minière et métallurgique poursuit également une marche ascendante. On découvre chaque jour, en Russie, des richesses naturelles qui promettent à cet immense empire un avenir tout de prospérité. L’activité s’y déploie encore un peu à tâtons, mais le peuple russe est patient et laborieux; et la ferme volonté d’aboutir fera bientôt de ce pays le plus grand centre de production du monde.
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- Les principaux clients de la Russie sont l’Allemagne, l’Angleterre et la Hollande. Ensuite, vient la France qui reçoit principalement des céréales, du lin, des bois bruts, du naphte et des graines de lin.
- Les produits expédiés de France en Russie consistent surtout en vins, soies, articles en métal.
- Voici d’ailleurs, d’après les dernières statistiques que nous avons pu nous procurer, le chiffre des exportations russes :
- Allemagne 254 millions
- Angleterre
- Hollande 679
- France 171 —
- Italie . . . . 167
- Belgique 119 —
- Autriche 23 —
- Les importations en Russie, quoique considérables, n’atteignent qu’un peu plus de la moitié des exportations et comprennent un plus grand nombre de pays :
- Allemagne 618 millions
- Angleterre 254
- États-Unis 107
- Chine 51
- France 69
- Autriche 49
- Italie 25
- Hollande 32
- Turquie 20
- A côté des grandes industries si brillamment représentées à la Section russe de l’Exposition de Milan, se trouvaient des articles variés fort intéressants, exposés par une catégorie spéciale de petits industriels ruraux dénommés « koustari ».
- Nous avons pu nous procurer quelques renseignements sur cette branche particulière d’artisans, qui jouent un rôle très important dans la vie économique du peuple russe. Nous croyons utile de les placer sous les yeux de nos lecteurs.
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- Les Koustari Russes
- On désigne sous ce nom, en Russie, les petits industriels ruraux. L’origine de cette appellation n’est pas exactement connue : certains, étant donnée la similitude du terme avec le mot « koust » — cpii veut dire : buisson — croient qu’il s’agit d’une allégorie, la petite industrie étant un buisson par comparaison avec la grande qui est un arbre, ou encore que les centres des différentes branches de la petite industrie sont parsemés comme des buissons sur le territoire du pays. D’autres — et il semble qu’ils sont plus près de la vérité — disent que le mot « koustar » (au pluriel « koustari ») provient du mot allemand « Künstler » (artiste), qui a été adopté par la langue russe avec beaucoup d’autres mots allemands, à l’époque de Pierre le Grand.
- Un des principaux signes caractéristiques de l’industrie des koustari — celui qui la sépare des métiers proprement dits — est le travail non pas sur commande, mais pour un marché éloigné et inconnu. De plus, tous les travaux de cette industrie sont faits en famille et ne sont, pour ceux qui s’y livrent, qu’une ressource accessoire, l’agriculture étant pour les koustari l’occupation principale.
- Il existe cependant, à côté de ce type pur de l’industrie de koustari, des formes intermédiaires qui témoignent de la décadence de la petite industrie sur certains points du territoire russe, ou tout au moins dans quelques branches de production, et de son évolution vers la grande industrie : l’entreprise emploie des ouvriers salariés; le koustar lui-même devient souvent un ouvrier qui travaille à façon pour l’intermédiaire; la petite industrie est alors pour lui la principale et même la seule occupation.
- La famille rurale, en Russie, constituait jadis une unité économique entièrement autonome et isolée; tout ce qui était nécessaire aux besoins de ses membres, la nourriture, les vêtements, les armes, les outils, la vaisselle, les ornements, était dû au travail de la famille entière. Les nouvelles conditions de la vie, le développement des voies de communication, l’accroissement de la population, l’épuisement du sol, l’augmentation des impôts et le besoin d’argent qui en résulte, tout cela a forcé le paysan à rechercher de nouvelles sources de revenus. Il a donc été obligé à produire non seulement
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- pour consommer, mais aussi pour échanger et pour vendre à ses voisins au commencement, puis aux consommateurs éloignés et inconnus ensuite.
- Il y emploie ses longs loisirs d’hiver, lequel dure, dans certaines parties de l’empire, jusqu’à sept et huit mois.
- L’industrie des koustari présente pour l’économie générale de l’empire russe une importance considérable. D’après des calculs approximatifs, on évalue de 20 à 30 millions le nombre des petits industriels dans ce pays, etl’on estime que la valeur de la production de la petite industrie rurale est au moins de un milliard et demi de roubles, soit 4 milliards de francs par an. Grâce à cette production, la population villageoise gagne de 100 à 120 millions de roubles (265 à 320 millions de francs) par an. Et il faut tenir compte que la petite industrie dont nous parlons n’est pour le paysan russe qu’une occupation subsidiaire à l’agriculture.
- Les objets fabriqués par les koustari sont de la plus grande diversité. « Le koustar, dit un économiste russe, fournit ses objets au paysan et au citadin, aux maîtres et aux domestiques. Il habille et il chausse l’armée russe et travaille pour la flotte, l’artillerie et les chemins de fer. Ses produits arrivent jusqu’aux hôtels luxueux et jusqu’aux palais impériaux. » Nos belles Parisiennes se parent souvent de dentelles russes, qui sont également hautement appréciées en Amérique.
- Le koustar fait les objets les plus divers en bois, en métal, en terre glaise, en pierre, en cuir, en crin, en corne, en lin, en chanvre, en coton, en cristal, etc. Il confectionne les produits les plus grossiers et les plus fins; des ustensiles d’écurie, des objets artistiques en bois sculpté et doré ou en mosaïque, des articles de bureau, des meubles en bois tourné, des menus objets pour l’ornement des salons, des portefeuilles, des albums, des cages à oiseaux dont les prix varient de 30 centimes à 100 francs la pièce. Avec la pierre, le koustar fabrique des meules et des monuments funéraires; avec la terre glaise, il fait de la poterie et de la vaisselle qu’il peint à la main. Il tire du niétal les objets les plus variés, les clous, les pelles, des serrures qui sont des merveilles de mécanique, des canifs de 5 centimes à 40 fr. la pièce, des fusils de 4 francs à 800 francs, des pendules, des montres, des lampes, des samovars, etc...
- La petite industrie rurale russe comprend donc une infinité de branches, mais la plus importante est celle du bois. Les immenses forêts de la Russie (notamment celles situées dans le gouvernement
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- de Nijni-Novgorod qui occupent 75 % du territoire) fournissent le matériel nécessaire à cette industrie, et le ménage du paysan et son exploitation agricole, qui ne connaissent encore que dans une mesure restreinte les objets en fer, consomment des quantités énormes de ces produits.
- La menuiserie (principalement dans les gouvernements de Moscou, de Vyatka, de Perm, de Nijni-Novgorod et de Tver) est la branche aristocratique de la petite industrie du bois. Le paysan menuisier produit, à côté des objets grossiers, des meubles destinés aux besoins de la population urbaine et même de l’exportation. Dans le gouvernement de Moscou, les koustari fabriquent des meubles en vieux style russe, dont les tables et les chaises en laqué rouge de Semenovo étaient si remarquées à l’Exposition internationale de Milan.
- La vannerie (centres principaux dans les gouvernements de Moscou, de Nijni-Novgorod et de Vyatka) comporte la confection des corbeilles et paniers, des nattes en écorce (rogogi), employées partout en Russie pour l’emballage; des sabots en écorce tressée (lapti), chaussure habituelle des paysans.
- La confection des cuillers et des bols en bois occupe aussi des milliers de ménages de paysans dans les gouvernements de Nijni-Novgorod et de Vyatka. Il est, en effet, consommé, en Russie, environ 15 millions de cuillers par an; celles-ci sont peintes et ornées de dessins primitifs à la main; elles sont vendues à des intermédiaires au prix de 5 à 8 centimes la dizaine. Ces ustensiles sont généralement peints en rouge et agrémentés, ainsi que les bols, de dessins noirs représentant des oiseaux ou des fleurs. Quelques-uns de ces articles sont exportés à l’étranger; les bols servent dans les banques pour la monnaie et le billon, et les cuillers aux enfants pour faire des pâtés de sable.
- Les koustari produisent également des boîtes, des vide-poches, des petits objets de bureau en bois sculpté peint, doré, pyrogravé, d’un goût exquis, d’après les modèles anciens ou d’après des dessins des meilleurs artistes russes. Ces bibelots se vendent couramment à l’étranger où l’on apprécie l’originalité, la naïveté de leur ornementation et de leur coloris.
- La fabrication des jouets est concentrée dans les gouvernements de Moscou, de Nijni-Novgorod et de Vladimir. Les jouets en mastic spécial, en bois, en métal, sont ordinairement grossiers, très bon marché et accessibles aux classes les plus pauvres. Mais les koustari
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- fabriquent aussi des jouets très artistiques et très ingénieux, dont la forme et le dessin imitent le vieux style russe, et qui reflètent la fantaisie populaire et la nature slave : des oiseaux fantastiques, des ours, des troïkas, des boyards richement habillés, des paysannes filant le lin, des boîtes de jonchets représentant tout ce qui compose le ménage du paysan russe, des séries de boîtes en bois se plaçant les unes dans les autres et dont la forme reproduit des types de paysannes et de paysans (Matriochka), ou dont le dessin imite les différentes scènes des contes populaires.
- Après les industries du bois, viennent celles des métaux et des minéraux (gouvernements de Novgorod, de Nijni-Novgorod, de Perm, de Tombov, de Tver, de Vyatka). Les genres principaux sont : la forge, la clouterie, la coutellerie et la serrurerie et, dans le travail des industries minérales, la poterie, la taille des pierres précieuses et demi-précieuses, la fabrication des meules à moulin, des pierres à aiguiser, des monuments funéraires. Enfin, dans certaines régions du Caucase et dans les gouvernements de Kostrama et de Kasan, des objets d’orfèvrerie et de bijouterie d’un style curieux et original sont façonnés par les koustari orfèvres.
- Les industries travaillant les matières textiles occupent la troisième place: le lin (gouvernements de Yaroslavl, de Kostrama, de Tchernigov, de Koursk), le coton (gouvernement de Moscou, de Vladimir, de Ryasan, de Saratov, de Kostroma), la laine (gouvernement de Nijni-Novgorod et de Vyatka et le Caucase), la soie (gouvernement de Moscou et de Vladimir), le chanvre, etc... Généralement, les koustari ne se servent que des métiers les plus primitifs avec lesquels cependant ils arrivent à produire des articles qui ne sont non seulement pas de qualité inférieure à ceux des fabriques, mais les surpassent même quelquefois. L’industrie du feutre occupe également un très grand nombre de koustari qui ont atteint dans ce domaine une grande perfection. Ils confectionnent ainsi des bottes très appréciées dans la Russie septentrionale, où il s’en écoule plusieurs millions de paires par an.
- Fort intéressante au point de vue artistique, et importante en ce qui concerne la valeur de ses produits, est l’industrie dentellière et la broderie des koustari. On évalue le produit annuel à environ 8 millions de francs. Les instruments de la dentellière russe sont fort simples et peu coûteux; ils se composent de coussins ronds, de fuseaux et d’épingles. La dentelle est en fil blanc et écru, en fil de coton blanc, bleu ou rouge, et aussi en soie blanche, noire ou rose.
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- On fait, outre la dentelle au mètre, des fichus, des mantilles et des robes entières. Les broderies et les dentelles faites par les paysannes russes sont souvent d’une grande finesse d’exécution et d’une réelle beauté de dessin. Elles reproduisent d’anciens dessins traditionnels, vieux de plusieurs siècles, mais pénétrés d’une poésie simple et douce.
- Des objets en peau, en corne, en soies de porc, sont aussi façonnés par les koustari.
- Enfin, il convient de mentionner particulièrement l’importante et si originale industrie de l’imagerie religieuse concentrée dans les gouvernements de Vladimir et de Koursk, où l’on produit plus de deux millions d’icones par an, peints sur des planches de bois, d’après des types immuables, par des paysans et des paysannes de tout âge. Ces icônes sont rarement peints en entier par le même artiste; ils passent ordinairement par plusieurs mains. Les uns peignent le fond, les autres dessinent les visages, d’autres les mains, d’autres encore les vêtements, les inscriptions, ou repoussent les ornements.
- On s’emploie depuis quelque temps en Russie à donner une direction nationale à la production des koustari. Des artistes renommés se sont appliqués à ressusciter dans l’art industriel russe le style national. En cela, ils ont été guidés non seulement par le désir d’éduquer et de développer le goût artistique du peuple, mais surtout pour faciliter au koustar la vente de ses produits dont le travail et les formes rudimentaires soutenaient difficilement, malgré leur bon marché, la concurrence avecles produits de la grande industrie.
- Le gouvernement fait aussi des efforts, centralise l’action dans le domaine des institutions locales et des particuliers et leur distribue des subventions. Il envoie sur place des techniciens spéciaux et a fondé des écoles professionnelles volantes pour apprendre aux paysans de nouveaux procédés de travail; il publie à l’usage des koustari des brochures populaires et des recueils de dessins; il organise des Expositions et vend aux petits industriels, dans des conditions spéciales, les matières premières provenant de ses domaines et de ses usines; enfin, il leur procure des commandes de différentes administrations de l’État.
- Les Zemstvos (le self-government provincial qui fonctionne dans trente-quatre gouvernements de la Russie d’Europe) dépensent par an cinq fois plus que le gouvernement central pour encourager les petites industries. Chaque Zemstvo a étudié la question d’une manière différente. L’un s’est préoccupé surtout du côté technique
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- du travail des koustari; l’autre des moyens d’écouler les produits; un troisième, de l’organisation du crédit populaire pour les petits industriels ; un quatrième, de la façon qui permettrait de leur procurer la matière première à bon marché; un cinquième, de répandre les sociétés coopératives ou artels, etc.
- Le Zemstvo de Nijni-Novgorod a fondé un dépôt de matières premières qui achète des métaux en gros aux usines de l’Etat et les revend au prix de revient aux koustari; le Zemstvo de Perm a fondé une banque spéciale de prêts à ces artisans; le Zemstvo de Tver a encouragé la formation de coopératives; le Zemstvo deKoursk a organisé des ateliers communs pour l’exécution des fournitures de l’Etat, etc...
- Le Zemstvo de Moscou a fondé le « Musée de la petite industrie rurale », qui achète les produits des koustari ou les prend en commission et les revend ensuite. Il vend aux petits industriels la matière première dont ils ont besoin, et cela en partie à crédit et toujours au prix de revient. Il a créé plusieurs écoles professionnelles pour la plupart des branches de l’industrie des koustari. Cet établissement, placé sous la protection de Mme la Grande Duchesse Elisabeth Feodorowna et patronné par un connaisseur des questions de la petite industrie, M. S. T. MorosofT, a pris un développement considérable.
- L’activité du musée du Zemstvo de Moscou s’est également employée à étendre l’écoulement des produits des koustari à l’étranger. C’est avec son concours que fut organisée la Section des koustari russes à l’Exposition universelle de 1900. On se rappelle, dans le jardin du Trocadéro, que le Pavillon construit sous la forme d’une isba russe, d’après les dessins de Constantin Korovine, a été un des coins les plus courus de l’Exposition.
- Depuis lors, les koustari ont encore exposé à Saint-Louis, à Liège et enfin à Milan. Ils ont créé un dépôt spécial à Paris pour la vente en gros et au détail, et, grâce à ces efforts, nombre de leurs objets sont devenus de vente courante dans notre pays et dans beaucoup de grandes villes à l’étranger.
- Notre Jury, par une anomalie que nous avons déjà signalée pour plusieurs autres Sections, n’a pas eu à effectuer le classement des exposants russes, ceux-ci ayant été examinés aussi par un autre Jury. Et pourtant, les ravissantes broderies manufacturées en chemises, corsages, les dentelles, etc., étaient, semble-t-il, exclusivement du domaine de la lingerie.
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- Bien que nos regrets soient maintenant superflus, nous ne pouvons, encore cette fois, nous empêcher de les exprimer.
- Il nous est permis de dire, toutefois, que la nation amie et alliée avait fait là un effort réel qui témoigne de son vif désir de [conquérir, à bref délai, une place prépondérante dans les transactions mondiales. Tout le mérite en revient à M. de Bilbassofî, le sympathique commissaire général de la Section russe et au Comité d’organisation, en tête duquel était M. Timiriaseff, conseiller privé, membre du Conseil de l’empire, ancien ministre du Commerce et de l’Industrie, qui ont su grouper, en quelques mois à peine, dans le coquet Pavillon construit sous l’habile direction de M. A. Dour-novo, les meilleurs spécimens des industries de leur pays.
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- JAPON
- Après la Russie, nous pensons devoir dire quelques mots sur le Japon, non pas pour établir un parallèle entre les deux nations au point de vue des transactions commerciales actuelles en Europe, mais pour signaler, incidemment, la prodigieuse activité industrielle de ce pays.
- Il y a tout au plus quarante ans, en effet, le voyageur qui parcourait les principales villes du Japon, seules accessibles à cette époque à l’Européen, n’y trouvait ni usines, ni manufactures, en dehors de celles produisant les articles nationaux nécessaires aux faibles besoins du peuple.
- Mais, initié rapidement aux goûts et coutumes de la vieille Europe, sans pour cela abandonner certaines particularités spéciales à la race jaune, le Japon s’est subitement réveillé de sa torpeur de plusieurs siècles. Ses ports de commerce, longtemps fermés, ou presque, aux produits européens, leur sont devenus accessibles; des ingénieurs, des officiers, des artisans du vieux monde ont été autorisés à s’installer dans le pays pour y former des élèves, en même temps que des jeunes gens de l’élite japonaise étaient envoyés dans les grandes villes d’Europe pour y acquérir une instruction pratique.
- Depuis lors, l’évolution du Japon a marché à pas de géant, si l’on peut se servir de cette expression en parlant d’une race de petite taille.
- Jusqu’à ces dernières années, les Japonais étaient restés tributaires de l’Europe pour les principaux articles que la transformation de leur existence avait imposés. Mais, forts de l’amour-propre qui est le signe caractéristique de leur race, ils ont pensé qu’ils pouvaient essayer de produire eux-mêmes tout ce dont ils ont besoin, et ils s’y sont immédiatement appliqués. C’est pourquoi de nombreuses usines métallurgiques, des fabriques de toutes sortes ont été installées dans le pays depuis moins de vingt ans.
- Ee charbon, les minerais de fer, de cuivre, de plomb, etc., toutes
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- les matières premières nécessaires à l’industrie se trouvent en abondance au Japon, ce qui est un des premiers facteurs de son important développement.
- i La dernière guerre contre la Russie, dont l’issue a étonné le monde, a prouvé la merveilleuse vitalité du peuple nippon patriote aveuglément, mais actif, sobre et laborieux avant tout. L’essor commercial de cette nation s’est forcément ralenti pendant la période des hostilités, la plupart des travailleurs ayant été enrôlés dans l’armée.
- Aussi, les importations totales se sont-elles élevées en 1905 à 1.261.893.798 francs, en excédent de 302.668.912 francs sur l’année précédente. Cette énorme différence, dont a bénéficié l’industrie européenne, se rapporte, en grande partie, aux achats faits par le Gouvernement de fournitures et approvisionnements nécessaires à l’armée. L’augmentation a également porté sur les matières premières telles que le coton écru, le lin, le chanvre, la laine, le fer, l’acier et le cuir, en raison des besoins des industries engagées dans les fournitures de guerre.
- Mais, remis de l’effort gigantesque qu’il a fait pour s’assurer la suprématie des armes sur la Russie, le Japon reporte à nouveau son activité vers les affaires. Et nous ne serions pas étonnés de voir, dans un avenir assez rapproché, les produits sortant de ses usines entrer en concurrence avec ceux de la vieille Europe sur les propres marchés de celle-ci.
- A Milan, le gracieux Pavillon japonais, construit dans le style national, n’avait qu’un exposant dans notre Classe. Nous ne pouvons donc donner aucun détail sur les industries de l’Empire du Soleil-Levant, dont l’absence de représentants était certainement due aux difficultés créées par la guerre qui venait à peine de finir à l’ouverture de l’Exposition.
- Le Pavillon japonais était occupé par la maison Kyoto Sensu Shokwaï, laquelle exposait de ravissants éventails.
- A vrai dire, cette maison avait plutôt organisé un magasin de vente qu’une exposition. Nous nous bornerons, par suite, à mentionner que M. Kataro Tsutsiu était Membre du Jury, et qu’il a obtenu pour son compatriote exposant un Diplôme d’honneur.
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- SUISSE
- La Suisse, voisine la plus rapprochée de Milan, ne pouvait moins faire que d’être abondamment représentée à l’Exposition.
- Le gouvernement helvétique avait désigné M. Rinaldo Simen pour remplir les fonctions de commissaire général de la Section suisse, et M. Edoardo Moerlin celles de secrétaire général.
- M. Brambilla avait été choisi comme architecte et avait fait construire, dans un des plus jolis coins du parc un Palais qui était une merveille de goût. Dans ce Pavillon étaient groupées presque toutes les branches du commerce suisse, soit plus de 600 exposants. Toutefois, ceux-ci n’étaient pas assez nombreux dans notre Classe pour avoir un représentant dans le Jury. Trois d’entre eux seulement ont retenu l’attention de ce dernier :
- Maison Velti, de Zurich.
- Cette maison avait la plus importante vitrine du Pavillon. Elle exposait des chapeaux de dames en paille et en feutre très gracieux et artistement présentés. Le Jury lui a décerné une Médaille d’or.
- Maison Schlumpf, de Zurich.
- M. Schlumpf n’avait qu’une petite vitrine accrochée au mur, dans laquelle étaient disposées, aussi élégamment que le permettaient ces objets, des semelles pour chaussures. Il a obtenu une Médaille d’argent.
- Maison Realini.
- Cette maison, dont la vitrine se trouvait dans un coin obscur, y avait placé une ravissante chemise pour poupée à côté d’une gigantesque chemise d’homme avec un plastron de 1 m. 50. Le contraste
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- ne manquait pas d’originalité, mais, dans la demi-obscurité du lieu, l’effet recherché semblait d’un goût douteux.
- M. Realini s’est vu octroyer une Médaille d’argent.
- Nous aurions voulu donner ici quelques renseignements détaillés sur les principales industries suisses, mais nous n’avons pu en obtenir aucun des exposants.
- Nous avons limité à ces nations notre jugement; elles étaient, en effet, les seules qui fussent représentées dans les industries de notre Groupe. Mais dans les autres Classes, nous avons vu, au cours de nos visites à l’Exposition, des produits fabriqués par l’ensemble presque absolu des nations qui composent l’univers.
- Nous ne saurions trop regretter que des Puissances, comme l'Allemagne, par exemple, aient jugé à propos de se désintéresser des industries du vêtement.
- Nos concurrents d’outre-Rhin ont montré, en cette circonstance, une indifférence bien inexcusable.
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- Œuvres philanthropiques et soeiales
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- CIHQUIÈME PARTIE
- Œuvres Philanthropiques et Sociales
- Onpo) ors qu’on jette un regard sur les œuvres sociales qui se sont créées dans le but d’apporter plus de bien-être aux populations ouvrières, on ne peut qu’être satisfait de la richesse et de la fécondité de cette partie de notre domaine économique.
- Dans toutes les branches industrielles et commerciales, l’activité et l’ingéniosité de l’initiative privée ont développé ces habitudes d’épargne et de prévoyance qui doivent favoriser la dignité et la grandeur de la démocratie.
- L’origine des sociétés françaises de secours mutuels semble très ancienne. Elle remonte, sans nul doute, aux corporations et confréries qui existaient pendant le moyen âge, et qui venaient en aide à leurs membres, dans toutes les circonstances critiques.
- La plupart de ces antiques institutions disparurent à la fin du xvme siècle, au moment où la Révolution supprima les corporations qui leur avaient donné naissance (décrets des 14-17 juin 1791).
- Aussi, le développement de la mutualité française demeura-t-il des plus médiocres jusqu’au milieu du siècle suivant.
- C’est seulement alors que prit naissance le merveilleux mouvement dont nous admirons aujourd’hui les conséquences.
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- La loi du 15 juillet 1850 réglementa pour la première fois les sociétés de secours mutuels, antérieurement soumises au droit commun, c’est-à-dire à l’article 291 du Code pénal, qui donnait à l’autorité administrative le pouvoir arbitraire d’autoriser ou non la création des sociétés de plus de vingt membres.
- Cette loi bornait les opérations des sociétés de secours mutuels aux secours en cas de maladie et au payement des frais funéraires, en interdisant la constitution de retraites. Elle limitait le nombre des sociétaires à 100 au minimum et à 2.000au maximum, sauf autorisation spéciale du ministre de l’Agriculture et du Commerce. Elle rendait obligatoire le dépôt des sommes excédant 3.000 francs à la Caisse des Dépôts et Consignations ou aux Caisses d’épargne; jusqu’à concurrence du maximum fixé par ces dernières, elle fixait le taux invariable de 4 % pour 100 pour le calcul des intérêts servis par la Caisse des Dépôts et Consignations. Enfin, elle accordait, aux sociétés dûment autorisées, les locaux municipaux gratuits pour leurs réunions, des imprimés pour leur comptabilité, et l’exemption de diverses taxes fiscales.
- La véritable charte de la mutualité a été, pendant quarante-six ans, le décret de 1852, qui créa les sociétés approuvées, complété par le décret de 1856, qui créa les fonds communs de retraites.
- Le règlement d’administration publique de 1851, complétant la loi de 1850, visait la reconnaissance de certaines sociétés comme établissements d’utilité publique.
- La loi du 1er avril 1898, éclose après dix-sept ans de gestation dans le sein du Parlement, présente un double caractère : elle fait d’abord succéder un régime de liberté, d’émancipation, au précédent régime du bon plaisir et de l’arbitraire; puis elle proclame la néces-sité^du concours de la science, qui doit guider le mouvement créé par la solidarité humaine.
- Au lieu de restreindre le champ d’action des sociétés de secours mutuels, la loi de 1898 l’a étendu à la réparation de tous les dommages que le participant et sa famille peuvent subir, pour des causes indépendantes de leur volonté : maladie, accident, invalidité, vieillesse, décès.
- La loi de 1898 a créé des sociétés dites libres, et qui se fondent sous la seule condition du respect des lois et par une simple déclaration.
- Toute société ayant pour but de secourir ses membres est une société de secours mutuels.
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- Accessoirement, le législateur permet aussi aux sociétés de lutter contre les conséquences de l’inactivité des participants privés de leur gagne-pain, même lorsqu’ils sont en bonne santé, soit directement par l’assurance contre le chômage, soit indirectement par la création d’offices de placement, destinés àleur faciliter la recherche du travail, et de cours professionnels, destinés à augmenter la valeur productive des travailleurs (1).
- Parmi les œuvres sociales organisées par les industries représentées dans notre Groupe à l’Exposition internationale, les plus importantes étaient :
- I. — Œuvres philanthropiques et de solidarité sociale de l’Association générale du Commerce et de l’Industrie des tissus et des matières textiles.
- Ces œuvres comprennent :
- 1° Caisse de retraites en faveur des ouvriers et employés.
- Au 31 décembre 1906, son encaisse était de 202.000 francs. « Nous ne devons pas oublier, disait à ce sujet M. Donckèle, président de la Chambre syndicale, que sur ces 202.000 francs, 15.088 seulement ont été versés par les membres participants, employés et ouvriers, et qu’à eux seuls revient la totalité des versements. »
- Le versement patronal est quadruple de celui de l’employé et ouvrier.
- Président honoraire : M. Donckèle;
- Président : M. Ricois.
- L’assemblée générale a eu lieu le 22 février 1907, sous la présidence de M. Donckèle, président.
- La séance est ouverte à 8 h. y2 par M. Donckèle, président, assisté de MM. G. Dehesdin, trésorier, et Creusât, secrétaire.
- La feuille de présence est signée par 125 sociétaires.
- (1) Léon Marie, Rapport Économie sociale, Exposition de 1900.
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- M. le Président prononce le discours suivant :
- Mesdames, Messieurs,
- Réunis ce jour en Assemblée générale, nous avons le devoir d’examiner en commun les résultats de l’exercice écoulé, de puiser dans la leçon des chiffres les enseignements qu’ils comportent, et de nous demander si notre conduite a été raisonnable et inspirée par les véritables intérêts de notre œuvre.
- Au 31 décembre 1906, notre Société comptait :
- 90 Membres fondateurs,
- 58 Membres honoraires,
- 9 Membres adhérents,
- 744 Membres participants.
- Si le nombre des Membres participants ne s’est pas accru d’une façon notable au cours de cet exercice, cela tient à ce que nos efforts pour le recrutement se sont ralentis. Il nous était difficile de prévoir l’insuffisance des enquêtes préalables qui avaient servi de base aux études de la loi sur les Retraites ouvrières, nous supposions que les législateurs, documentés, pourraient faire aboutir ou du moins feraient avancer la solution poursuivie et, dans cette pensée, il nous plaisait de marquer le pas.
- Il nous semblait équitable, tout en restant fidèle à la Mutualité, c’est-à-dire en laissant la porte librement ouverte, de ne pas solliciter cette foule anonyme dédaigneuse jusqu’alors de notre œuvre, qui serait venue se réclamer du bénéfice de la loi, et profiter des avantages de notre épargne et de nos efforts.
- Certes, nous userons dans une mesure très large de la faveur que nous réservera la nouvelle loi (lorsqu’elle sera votée), en accueillant tous les employés et ouvriers présentés par les Membres de l’Association, nous nous attacherons même à diminuer les charges de nos sociétaires tout en leur procurant des avantages plus grands, mais il entre dans notre pensée de faire une démarcation entre ceux qui furent les adhérents volontaires de notre œuvre et ceux qui n’y entreront que contraints et forcés.
- Il nous apparaît que les revenus du capital qui sera acquis au jour de la promulgation de la future loi devront d’abord venir grossir les Retraites de nos anciens adhérents, qu’une ventilation devra s’opérer en leur faveur, au prorata de leurs versements, non pour constituer une tontine, mais bien pour faire servir à leur profit les capitaux accumulés par ceux qui les choisirent et les jugèrent les plus dignes de prendre place dans notre Société.
- Lorsque la pension redeviendra disponible par extinction, alors, mais alors seulement, le capital qui l’avait constituée retombera dans la masse de tous les nouveaux adhérents.
- 11 vous appartiendra du reste, à ce moment, de dire si ce sentiment répond à vos idées de justice et d’équité. Je suis d’autant plus certain de votre réponse que, depuis notre fondation, nous avons dû constater que sur 1.052 par-
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- ticipants inscrits, 308 ont cessé de figurer sur nos contrôles, par suite de radiations ou de démissions, et cela malgré le libéralisme de nos statuts, qui permet à un sociétaire quittant la maison qui l’avait présenté de continuer à faire partie de notre Caisse de Retraites, malgré les démarches affectueuses et répétées faites auprès de chacun d’eux avant de prononcer la radiation, malgré les résultats tangibles de notre Avoir.
- Je le regrette plus pour eux-mêmes que pour nous, car s’ils sont incapables de continuer une participation volontaire de un centime par jour, c’est qu’ils sont mûrs pour l’obligation ; il pourront rentrer dans notre giron contraints par la loi, mais ils devront se contenter alors de ce que cette loi leur concédera, sans pouvoir prétendre à rien de notre sacrifice libre-inent consenti.
- Pourquoi ces défaillances trop nombreuses ?
- Espèrent-ils, ceux-là, dans le vote immédiat d’une loi qui créera l’obligation ?
- Espèrent-ils y trouver de nouveaux droits sans aucune charge ?
- Je crains pour eux que l’avenir ne leur apporte une désillusion trop cruelle, car, si nous avions voulu attendre pour créer, attendre en escomptant l’avenir d’une obligation légale, nous n’aurions pas conquis durant ces huit années, par un effort lent et patient, ce capital de 203.000 francs, qui tous les trois ans s’augmentera mathématiquement de 100.000 francs.
- Nous n’aurions pas réussi à associer à notre œuvre ces bonnes volontés, ces sympathies profondes, qui créent autour de notre institution une atmosphère de bienveillance amicale, d’union et d’harmonie, de concorde et de paix sociale.
- Car c’est avec fierté que je constate que nous ne perdons aucune de nos amitiés anciennes; chaque jour nous en apporte encore de nouvelles, et j’ai le plaisir de vous annoncer que cette année le nombre des Membres fondateurs s’est augmenté de cinq et que les donations se sont élevées à lasomme de 1.089 francs.
- Je remercie MM. Masson, Bcnoiston, Gœtze, Martel, les exposants de la Classe 86 à Milan, qui, suivant une noble tradition remontant à Saint-Louis, ont voulu clôturer leurs travaux par une souscription de Membre fondateur à notre œuvre.
- Ces Messieurs ont tenu à grossir la phalange des hommes de cœur qui rêvent l’union intime du Monde du travail ; leurs adhésions nous sont particulièrement précieuses, et, en votre nom, je leur dis cordialement merci.
- Je remercie aussi les généreux donateurs dont les noms vous seront communiqués par notre si sympathique trésorier, M. Georges Dehesdin, auquel je me plais à rendre un hommage mérité, pour le zèle et le dévouement qu’il n’a cessé d’apporter à ses délicates fonctions.
- Nos remercîments vont encore à tous nos Collègues du Comité, qui ne cessent de nous prêter le concours le plus dévoué.
- Parmi eux, j’ai le devoir de signaler particulièrement: MM. Choque, Creusât, Sapet et The venin, qui, d’une façon discrète, apportent à l’organisation de nos statistiques un esprit méthodique vraiment remarquable.
- J’adresserai aussi en votre nom au Secrétaire général, M. Barat, mes félicitations les plus sincères pour la haute récompense obtenue à Milan. Le
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- Jury lui a attribué un Diplôme d’honneur de Collaborateur, la plus haute récompense accordée, et je me réjouis d’autant plus de cette distinction que notre Caisse de Retraites a obtenu elle-même à Milan une Médaille d’or.
- En votre nom, j’adresse toutes nos félicitations aux Membres fondateurs et honoraires de notre œuvre qui ont été l’objet d’une promotion ou d’une nomination dans l’Ordre national delà Légion d’honneur àla suite de Saint-Louis et de Liège.
- MM. Anglade, Paul Bessand, Fillot, Laguionie, Martel, Perdoux, Stasse, ont été promus Officiers.
- MM. Béquet, Bernheim, Brach, Maigret, Parison, Plantevignes, Pfeiffer, ont été nommés Chevaliers.
- Il me plaît de penser que lorsqu’il s’est agi de peser les mérites respectifs des candidats, Monsieur le Ministre du Commerce a dû faire entrer en ligne de compte leur dévouement et leur attachement à une œuvre dont il suit le développement avec un profond intérêt.
- Par contre, j’ai le triste devoir de saluer la mémoire de ceux de nos Collègues que la mort a séparé de nous.
- Au cours de 1906, nous avons perdu :
- M. Philippe, de la maison Révillon frères ;
- M. Lafaix, de la maison Anfrie et Cie ;
- Mme Saint-Étienne, de la maison Révillon frères.
- En votre nom, j’exprime à leur famille toute notre profonde et douloureuse sympathie.
- Messieurs,
- Notre Caisse de Retraites a été douloureusement frappée dans ses affections les plus chères par la mort de notre ami Léon Chanée.
- J’ai le devoir de saluer sa mémoire et de dire devantvous tout le bien que nous pensons de celui qui fut un exemple par sa vie d’une unité si parfaite, par sa bonté réfléchie, parla grandeur de son caractère etla simplicité touchante de son âme généreuse.
- Léon Chanée, qui se plaisait à évoquer les souvenirs de son adolescence laborieuse, et qui avait gardé de ses débuts le culte du Travail, ne dut qu’à lui-même, à son labeur obstiné, d’émerger de la foule, de forcer l’attention et de retenir le succès.
- Lorsqu’il fut question de fonder notre Caisse de Retraites, Léon Chanée fut un des premiers à nous apporter son concours le plus dévoué ; il ne cessait de nous encourager, se refusant à voir les difficultés d’une œuvre qu’il chérissait d’avance, puisqu’elle devait apporter un peu plus de bonheur à ceux qu’il aimait.
- Il fit plus, et j’ai le devoir aujourd’hui de soulever un coin du voile dont sa modestie entendait recouvrir ses bienfaits ; le généreux donateur anonyme, celui qui, pour nos débuts, versa dans notre Caisse le don de 10.000 francs, était notre excellent ami Chanée. (Applaudissements.)
- Vos applaudissements, Mesdames et Messieurs, me prouvent que vous garderez au fond de vous-mêmes un souvenir de profonde gratitude pour cet homme de bien, pour ce grand cœur modeste et généreux.
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- Je prie M. Albert Chanée d’être notre interprète près de tous les siens pour leur reporter l’hommage ému de notre fidélité à la mémoire du cher disparu.
- Mesdames, Messieurs,
- Il y a de cela de nombreuses années, dans l’immense vaisseau du Troca-déro, une foule empressée, trop dense pour l’espace à remplir, s’étouffait pour entendre la voix du Grand Tribun.
- Gambetta présidait ce jour-là l’Assemblée générale d’une Société de Secours mutuels à laquelle j’appartiens.
- J’avais lu avec passion tous les discours du Grand Orateur, — car, pour ceux de mon âge, il était et il est resté le grand citoyen qui sut faire jaillir de nos âmes, à l’heure sombre, une suprême énergie.
- On exaltait partout son pouvoir de séduction, la magie de son verbe ; c’est vous dire combien j’étais heureux de venir écouter celui que j’admirais et juger si les qualités de rêve que mon imagination lui prêtait étaient des réalités.
- Je crois que jamais le Trocadéro n’avait contenu tant de monde; un silence fait d’attente presque religieuse régnait dans cette immense salle.
- lise leva, d’un mouvement las et fatigué, et commença avec un organe sourd et voilé, par des phrases imprécises qui semblaient vouloir chercher leur voie.
- Mais au bout de quelques instants, secouant d’un geste superbe tout son corps aveuli, retrouvant par sa volonté un organe admirable, s’exaltant à ses propres paroles, il fit passer dans cette immense foule un frisson de joie profonde à la pensée d’une Mutualité universelle, et nous plongea tous dans cette sorte de griserie qui fait la faiblesse des foules devant les rhéteurs.
- Quand il cessa de parler, nous eussions été bien en peine de redire les pensées exprimées, tant nous avions été émus, séduits, emportés par cette fougue admirable. Nous n’avions eu qu’une préoccupation, applaudir sans trêve pour lui crier notre admiration.
- Après lui, un des Maîtres les plus éminents du Barreau prit la parole. Il se nommait Me Liouville. Orateur excellent, admirable conférencier, dont le débit net et précis ne s’attaquait qu’aux réalités, il nous parla de notre Mutualité, de son action, de son idéal, de ce que nous devions faire pour étendre notre œuvre et grandir notre importance sociale.
- Il nous recommanda d’apporter à la gestion de nos fonds une économie raisonnée, de n’engager aucune réforme sans avoir assuré les ressources nécessaires.
- Il nous parla peut-être avec son cœur, mais il nous fit surtout entendre un langage de sagesse et déraison.
- Il fut écouté froidement, on l’applaudit par convenance.
- Et pourtant, le lendemain, quand nous relûmes les paroles prononcées, le véritable mutualiste n’était plus le Président de la Chambre qui, sur les ailes de sa parole enflammée, nous avait emportés dans une société idéale; non, le grand mutualiste était cet avocat précis qui, délaissant toute illusion, nous avait entretenu de nos besoins et des réalités de notre œuvre, et nous
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- félicitait d’avoir été les propres artisans de l’amélioration de notre condition sociale.
- Vous vous demandez peut-être, Mesdames et Messieurs, ce que viennent faire ici ces souvenirs d’un autre âge.
- Je vous avoue qu’ils me sont revenus à l’esprit en lisant hier les résultats des enquêtes poursuivies parallèlement par les Ministres des Finances et du Travail, sur les nécessités financières pour l’établissement obligatoire des Retraites ouvrières.
- Alors que l’un de nos Ministres estime à 1.054.000 le nombre de pensions à servir, l’autre l’évalue.à 2.200.000.
- Le premier suppose que 15 millions suffiront aux frais d’Administration, le second réclame 80 millions pour le même service.
- De telle sorte que, suivant le Ministre du Travail, il faudra se procurer la
- première année.......................................... 394 millions
- et suivant le Ministre des Finances..................... 872 —
- C’est en voyant cette différence formidable de chiffres qui transforme presque en chimère le rêvegénéreux de la pension pour tous, que me sont revenus mes souvenirs d’antan, et que j’ai revécu cette séance mémorable.
- Je crois qu’en fondant notre Caisse de Retraites, nous avons été les plus sages, et j’estime que nous ayons eu raison d’agir en hommes libres et réfléchis, faisant nous-mêmes la besogne que l’Etat semble impuissant à accomplir.
- Il peut faire luire aux yeux des insouciants des espérances; mais elles sont si confuses, elles ne nous apparaissent que dans un brouillard de millions si compact, qu’elles semblent ne pouvoir prendre corps et devenir des réalités.
- C’est pourquoi je félicite hautement les fondateurs de notre Caisse de Retraites, et vous tous, Mesdames et Messieurs, d’avoir appris à être libres en faisant vous-mêmes l’œuvre utile et nécessaire qui restera comme un merveilleux exemple de ce que peut produire l’union intime des Patrons et Employés, sous l’égide de la Mutualité.
- 2° La Solidarité commerciale et industrielle.
- L’encaisse de la société était, au 31 décembre 1906, de 25.000 fr.
- « Je ne saurais passer sous silence, disait également M. Donckèle, la fondation de notre cher et ancien président, M. Dehesdin, toujours si dévoué à notre association.
- » La Solidarité commerciale et industrielle est, vous le savez, l’indispensable auxiliaire de notre Caisse des Retraites. »
- But : assurance en cas de décès et secours temporaires.
- Versement ; la cotisation patronale est trois fois plus importante cpie celle de l’ouvrier ou employé.
- Président honoraire : M. E. Dehesdin.
- Président : M. Vimont.
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- L’Assemblée générale pour l’année 1906 a eu lieu le 26 avril 1907.
- La séance est ouverte à 9 heures, sous la présidence de M. Georges Dehesdin, vice-président. Plusieurs membres honoraires assistent à la séance.
- M. Donckèle, président de l’Association des Tissus, a bien voulu par sa présence donner une nouvelle marque de l’intérêt qu’il porte à la Solidarité.
- M. le Président déclare que la Société compte aujourd’hui :
- 21 Membres fondateurs,
- 26 Membres honoraires,
- 822 Membres participants.
- Au total. . 869 Membres, dont le quart est de 217.
- Nous avons reçu 394 pouvoirs, et 62 sociétaires sont présents à la séance: nous pouvons donc délibérer valablement.
- La parole est donnée au Secrétaire pour la lecture du procès-verbal de la dernière Assemblée, qui est lu et adopté sans observation.
- M. le Président prononce le discours suivant :
- Mesdames, Messieurs,
- Vous savez à quelles tristes circonstances je dois le privilège de présider aujourd’hui notre Assemblée générale annuelle. Notre si estimé président, M. Vimont, pris le 14 octobre dernier, avec Mme Vimont et leurs trois enfants, dans le terrible accident de chemin de fer qui fit tant de victimes, n’est pas encore guéri de ses graves blessures.
- Nous avions cependant reculé la date de cette réunion, espérant que les premiers beaux jours hâteraient sa guérison complète, et que vous ne seriez pas privés d’entendre ce soir sa parole autorisée.
- Cet espoir a été déçu. Nous craignons, hélas! ([ue notre si dévoué Président ne soit tenu de garder la chambre pendant de longs jours encore, et c’est sur ses instances mêmes que nous avons décidé de vous réunir aujourd’hui.
- Mais puisque l’absence de M. Vimont me vaut le très grand honneur d’occuper provisoirement le fauteuil de la présidence, je croirais manquer au premier de mes devoirs en ne lui adressant pas, tout d’abord, ainsi qu’à sa famille, l’expression de ma bien vive sympathie. (Bravos.)
- Je suis sur, d’ailleurs, que l’Assemblée tout entière partage mes sentiments, comme je suis certain également que notre Président est quand même avec nous en ce moment par le cœur et par la pensée. Si vous le permettez, demain, j’irai lui renouveler au nom de tous l’assurance de
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- EXPOSITION DE MILAN
- notre très sincère attachement, en même temps que je lui exprimerai les vœux que nous formons pour son prompt rétablissement. (Vifs applaudissements.)
- Mesdames, Messieurs,
- Vous allez entendre tout à l’heure l’exposé de la situation financière que vous présentera, avec sa clarté et sa précision habituelles, notre si dévoué Trésorier. Vous constaterez que le capital de notre Société s’est encore sensiblement accru au cours du dernier exercice. Cette progression méthodique, quoique trop lente, prouve la ferme vitalité de notre jeune œuvre et nous fait hien augurer de son avenir.
- Toutefois, si le résultat est appréciable, eu égard à la modicité de nos ressources, il me sera permis de vous signaler que ces ressources pourraient notablement s’élever si ceux d’entre vous qui le peuvent, et ils sont nombreux, usaient plus largement de la faculté accordée par l’article 27 de nos statuts, c’est-à-dire s’ils effectuaient des versements volontaires en vue d’augmenter leurs droits à l’allocation en cas de décès.
- Ces droits ne doivent évidemment profiter qu’aux héritiers des membres participants, et c’est peut-être pour cela qu’au premier abord notre Société paraît moins intéressante que certaines de ses sœurs en mutualité, qui réservent des avantages plus immédiats.
- Mais l’idée de prévoyance, qui est la dignité du travailleur comme elle est sa sauvegarde, ne comporte-t-elle pas également le souci d’assurer après nous, aux êtres qui nous sont chers, la sécurité du lendemain ?
- La preuve de cette préoccupation constante, qui doit être celle de tout mutualiste, nous la trouvons aussi bien en France cpi’à l’étranger, dans la prospérité des compagnies d’assurances sur la vie. Ne nous arrive-t-il pas, en effet, à tout instant, d’avoir sous les yeux les graphiques de ces compagnies où s’étalent des chiffres fantastiques de millions et même de milliards réalisés grâce à l’accroissement continu du nombre des assurés?
- Et pourtant les primes proportionnelles exigées sont fortes, car les frais de ces Sociétés sont considérables. Elles occupent des immeubles somptueux, dont l’entretien nécessite de gros frais; leurs conseils sont composés de nombreux administrateurs touchant des jetons de présence élevés: un état-major administratif grassement rétribué dirige leurs opérations avec un personnel innombrable qu’il faut encore rémunérer; enfin leurs [actionnaires touchent des dividendes importants.
- Notre Solidarité, au contraire, n’a pas de frais, puisqu’elle est administrée par les représentants que vous choisissez, sans autre rétribution que votre confiance et la satisfaction de travailler pour une cause utile.
- En outre, les fonds de notre Société sont, comme vous le savez, déposés à la Caissedes Dépôts et Consignations, dont la garantie est absolue, puisque c’est celle de l’État, et ils sont favorisés d’un intérêt de 4 y2 0/0, taux qui n’a jamais été atteint par aucune Compagnie d’assurance. C’est donc une capitalisation rapide et sûre des sommes ainsi volontairement confiées à notre Trésorier, dont le zèle éclairé contribue si remarquablement à la bonne gestion de nos intérêts financiers.
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- CINQUIÈME PARTIE. - ŒUVRES PHILANTHROPIQUES 885
- J’espère, Mesdames, Messieurs, qu’il aura suffi à votre Président intérimaire de vous rappeler combien sont précieuses les considérations qu’il vient de signaler, pour que l’année prochaine nous ayons à enregistrer un grand progrès vers cette forme si intéressante de la mutualité qui est de prévoir, pour ceux dont nous assurons l’existence avec notre travail, un petit pécule les mettant à l’abri du besoin au cas où nous viendrons à leur manquer.
- Vous savez aussi que le paragraphe 2 de l’article 2 de nos statuts prévoit l’attribution de secours exceptionnels aux membres participants malades ou infirmes et à leur famille, conformément aux prescriptions de l’article 35. Or, pendant l’année 1906, une seule allocation de 20 francs a été faite sur ce chapitre spécial de nos dépenses. Nous devons nous réjouir de cette constatation, si elle est uniquement due à une suffisante aisance de tous nos adhérents ; mais votre Comité craint que les articles 2 et 35 que je viens de citer ne soient pas assez connus de ceux qui auraient à en user, ou que certains parmi vous n’aient pas osé en demander le bénéfice.
- Laissez-moi vous dire, au nom du Conseil d’administration, que celui-ci examinera, avec la plus fraternelle bienveillance, toutes les demandes qui pourraient lui être formulées dans ce sens, et qu’il s’efforcera toujours de donner satisfaction aux intéressés momentanément dans la gêne.
- Là encore, nous ne ferons qu’appliquer une des plus belles maximes de la mutualité : « Aidons-nous les uns les autres ».
- J’ai maintenant la triste mission de vous rappeler les noms de vos collègues enlevés à l’affection des leurs au cours de l’année écoulée et d’adresser aux familles éprouvées le témoignage de nos bien vives condoléances. Nous avons à déplorer la perte de :
- M. Poitevin, de la maison Bernheim ;
- M. Zand, de la maison Dehesdin et Fils ;
- M. Pinot, de la maison Vimont et Linzeler ;
- M. Labolle, de la maison Robert Linzeler.
- Un autre deuil est aussi venu cruellement frapper notre Société dans la personne de l’un de ses membres fondateurs de la première heure. J’ai nommé le regretté M. Chanée, dont la grande générosité était proverbiale, quoiqu’elle s’exerçât souvent d’une façon discrète et anonyme.
- Il y a quelques semaines à peine, à l’Assemblée générale des Tissus et Matières textiles, l’éminent Président, M. Donckèle, que je suis heureux de saluer en cette qualité ici ce soir, retraçait en de belles paroles affectueuses, dont nous avons gardé le souvenir ému, la brillante carrière de M. Chanée.
- II ne m’appartient pas de citer le remarquable discours de M. Donckèle, mais il m’est permis de dire, à mon tour, que les vertus de l’homme de bien que nous regrettons étaient de celles qui honorent grandement une vie toute de constant labeur et d’inépuisable bonté, comme fut celle de M. Chanée. Notre Société perd en lui un de ses meilleurs bienfaiteurs, et elle lui conservera, j’en suis sûr, une profonde reconnaissance. Je me fais l’interprète des sentiments unanimes de l’Assemblée en m’adressant à M. Albert Chanée, et en le priant de les transmettre à sa famille, ainsi que l’expression très sincère de nos douloureuses sympathies.
- Mesdames, Messieurs, je ne retiendrais pas plus longtemps votre bienveillante attention, s’il ne me restait pas un autre devoir à remplir.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Tout à l’heure, notre Trésorier va vous annoncer comme nouveau membre fondateur la Classe 86 de l’Exposition de Milan.
- Le Président de cette Classe était M. Donckèl'e ; le Trésorier, M. Vimont.
- Nous n’avons malheureusement pas le plaisir de pouvoir manifester publiquement toute notre gratitude à M. Vimont ; mais puisque, par contre, M. Donckèle nous a fait l’honneur d’assister à notre réunion, je lui adresse au nom de tous, de chaleureux remerciements. (Bravos.)
- Il m’est particulièrement agréable, mon cher Président, que l’occasion me soit fournie ce soir, par mes fonctions éphémères, d’avoir à vous présenter le témoignage reconnaissant de cette assemblée de travailleurs. Je suis de ceux qui ont eu la bonne fortune d’apporter le concours de leur modeste collaboration à la réussite de la participation française de l’Exposition de Milan, et à ce titre j’ai pu apprécier la haute intelligence, le dévouement absolu que vous avez mis au service de notre industrie. C’est surtout grâce à notre savante direction, à l’exquise urbanité que vous avez exercée pour aplanir les difficultés, que notre Classe 86 a remporté chez nos voisins italiens un véritable triomphe d’admiration.
- Les résultats pratiques de cet éclatant succès profiteront certainement à tout notre commerce; mais vous avez voulu aussi, d’accord avec M. Vimont, qui mérite sa part d’éloges, que notre jeune Solidarité bénéficiât immédiatement des effets de notre victoire à Milan, et vous avez fait inscrire la Classe 86 au titre de membre fondateur.
- Cette nouvelle marque d’intérêt pour notre oeuvre de mutualité sera vivement appréciée par tous, et je vous en exprime â nouveau, mon cher Président, mes très sincères remerciements. (Applaudissements.)
- Il me reste encore, Mesdames, Messieurs, en terminant, â vous demander de m’autoriser â transmettre également en votre nom dés remerciements à votre Bureau, et en particulier â M. Pouchin, notre secrétaire, à M. Foulon, notre trésorier, ainsi qu’à M. Barat, notre secrétaire général, pour le concours éclairé et dévoué qu’ils apportent à notre Société.
- Vous me permettrez enfin de vous féliciter d’être venus ce soir en si grand nombre rehausser le prestige de cette cordiale manifestation annuelle. Vous pouvez déjà apprécier les avantages que procure l’application des idées mutualistes qui rapprochent dans un idéal commun de solidarité, patrons, employés et ouvriers.
- Continuez donc à vous faire les propagateurs, entraînez dans ce courant bienfaisant vos parents, vos amis, et vous aurez ainsi, en contribuant à atténuer les injustices du sort, servi la cause de l’humanité. (Applaudissements répétés.)
- 3° Caisse patronale de secours, dont le but est de venir en aide à d’anciens collègues ou à leur famille, victimes d’une mauvaise fortune.
- Pendant l’année 1906, cette caisse a distribué 1.500 francs de
- secours.
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- II. — Œuvres sociales de l’Industrie des Plumes et des Fleurs artificielles.
- 1° Société de secours mutuels des fleuristes et plumas-
- SIÈRES.
- But : assistance mutuelle en cas de maladie et retraite pour la vieillesse.
- Cotisation : membres participants, 2 fr. 50 par mois, plus un droit d’admission; membres honoraires, 24 francs par an.
- Président : M. Emile Chandelet.
- 2° Caisse de secours immédiats des ouvrières plumassières.
- But : venir en aide aux employés, ouvriers et ouvrières, de l’industrie des plumes pour parures, tombés dans le besoin par suite d’accident, de maladie ou de chômage prolongé.
- Cotisation annnelle des patrons, 10 francs — des ouvriers, 0 fr. 50.
- Président : M. J.-E. Grillet.
- 3° Caisse patronale de secours de l’industrie des plumes
- POUR PARURES.
- But : venir en aide aux fabricants et négociants tombés dans le besoin, ou à leur famille.
- Cotisation : 36 francs par an.
- Dons volontaires et versements : 500 francs pour être bienfaiteurs de la société, 250 francs pour être donateurs Président : M. J.-E. Grillet.
- 4° Société pour l’assistance paternelle aux enfants employés DANS LES INDUSTRIES DES FLEURS ET DES PLUMES.
- Cette société, reconnue d’utilité publique, s’est donné pour mission de surveiller, moraliser, et encourager les apprentis, tout en stimulant leurs progrès techniques et en aidant au développement de leur instruction élémentaire; sans prétendre se substituer à la famille, elle en complète l’action par un bienveillant appui qui seconde les aptitudes et réconforte tous les efforts méritoires.
- Président : M. J. Caillaux.
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- DISTRIBUTION SOLENNELLE DES RÉCOMPENSES (27 mai 1906)
- Le dimanche 27 mai, l’Assistance paternelle aux enfants employés dans les industries des Fleurs et des Plumes donnait, au Palais du Trocadéro, sa 40e fête annuelle à l’occasion de la distribution des récompenses aux élèves de son Patronage et de son École professionnelle.
- Cette charmante solennité était présidée par M. Pierre Gillet, représentant officiellement M. Gaston Doumergue, ministre du Commerce, de l’Industrie et du Travail.
- Malgré les quelques averses dont nous avions été gratifiés dans la matinée, une assistance nombreuse remplissait, dès une heure, la grande salle des fêtes du Palais.
- A 2 heures, M. Pierre Gillet, attaché au cabinet de M. le Ministre du Commerce, était reçu parle Bureau du Conseil d’administration, ayant à sa tête M. Jules Caillaux, président, et faisait son entrée aussitôt aux accents de notre hymne national, brillamment exécuté par la musique du 103e de ligne.
- A ses côtés, prenaient aussitôt place au bureau :
- M. Bertrand, attaché au cabinet deM. le Ministre de F Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes; M. Jules Caillaux, président de Y Assistance paternelle des Fleurs et des Plumes; M. Ch. Tantet, conseiller municipal; M. Aron,maire-adjoint du IIe arrondissement; M. Fergeau, maire-adjoint du XVIIe arrondissement; M. Buquet, directeur de l’École Centrale; M. Chapuis, inspecteur régional de l’enseignement technique; M. May, chef de Services administratifs de l’Enseignement à la Préfecture de la Seine; M. Lacabe-Plasteig, inspecteur de l’Enseignement primaire de la Seine; M. Victor Legrand, ancien président du Tribunal de Commerce; M. David, secrétaire du Syndicat général; M. Cally, président de la Chambre syndicale des Tissus et Nouveautés, représentant M. Pinard, président de l’Alliance syndicale; M. E. Chandelet, président de la Chambre syndicale des Fleurs et Plumes, président de la Société de Secours mutuels des fleuristes etplumassiers, censeur du Patronage; M. Soyez, secrétaire; M. Bacquet, président delà Chambre syndicale
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- des Fabricants de Fleurs artificielles de Paris; M. Deschampes, secrétaire; M. A. Deshayes, vice-président de la Chambre syndicale des Fabricants'de Plumes pour parures, censeurs du Patronage; M. Simonet, représentant; M. Deslauriers, président delà Chambre syndicale des fournitures pour fleurs et plumes; M. Balans, président de la Chambre syndicale des placiers en Heurs, plumes et apprêts.
- M. Pierre Gillet déclare la séance ouverte et donne la parole à M. Jules Caillaux, Président de la Société, qui s’exprime en ces termes :
- Mesdames et Messieurs,
- Avant de vous donner quelques détails sur les résultats obtenus cette année par notre Assistance paternelle des Fleurs et des Plumes, permettez-nous de remercier MM. les députés, conseillers municipaux et généraux, ainsi que toutes les hautes notabilités commerciales et industrielles qui ont tenu à nous apporter, par leur présence, un nouveau témoignage du prolond intérêt qu’ils ont toujours manifesté en faveur de notre œuvre.
- M. Gaston Doumergue, ministre du Commerce, de l’Industrie et du travail, m’a prévenu hier soir à 5 heures qu’il lui serait impossible, à son grand regret, de présider en personne notre fête des Récompenses. Il a délégué pour le représenter officiellement M. Gillet, sous-chef de son cabinet.
- Nous sommes reconnaissants à M. le Ministre de sa bienveillante sollicitude à l’égard de notre œuvre, et nous remercions M. Gillet d’avoir bien voulu, à la dernière minute, accepter la présidence de cette solennité.
- Nous avons reçu, conçues en terme très flatteurs pour notre œuvre, les excuses d’un certain nombre de nos protecteurs, donateurs ou amis. Nous regrettons vivement leur absence.
- Mesdames, Messieurs,
- Monsieur le Président,
- L’Assistance paternelle des Fleurs et Plumes vient d’entrer dans sa 40e année d’existence.
- Une Société n’arrive pas à cet âge sans avoir fait ses preuves, toutes ses preuves, — sans que le public, et surtout le public particulier auquel elle s’adresse, ne connaisse le but qu’elle poursuit et les services qu elle se propose de rendre.
- Nous nous en voudrions donc d’abuser de votre bienveillance en vous refaisant par le menu, l’explication détaillée de toute notre organisation; aussi nous contenterons-nous de passer rapidement en revue les résultats qui se rapportent plus spécialement à l’année qui vient de s’écouler.
- Vous savez, Mesdames et Messieurs, qu’en dehors de l’instruction générale et de 1’enseignement professionnel qu’elle cherche à développer de plus en plus, notre société a toujours poursuivi un but philanthropique. Notre institution des groupes de famille continue à mériter l’admiration de tous ceux qui en connaissent le fonctionnement; et le plus bel éloge à en taire, croyons-
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- nous, réside dans cette constatation que plusieurs sociétés dans ces derniers temps ont jugé utile et fécond d’en imiter l’organisation.
- Des hommes de bien sont venus à notre aide dans cette tâche philanthropique, et parmi eux, il en est un dont nous avons appris depuis plusieurs années à prononcer le nom avec une sincère vénération, c’est M. Emile Robin, dont la bienveillante et inépuisable générosité va nous permettre de distribuer, cette année, un nouveau prix de dévouement familial, venant s’ajouter aux deux prix de même nature qu’il avait fondés auparavant. (Applaudissements.)
- Les infortunes à soulager sont si nombreuses, hélas!
- A ce propos, permettez-moi de vous signaler — à la louange de ceux de mes collègues, que notre Conseil d’administration avait chargés de l’enquête à faire sur les candidats à ces différents prix —le fait suivant. Les cas qui leur étaient présentés furent jugés par eux si intéressants que, dans leur embarras à appliquer ces trois prix, ils se cotisèrent spontanément pour en fonder un quatrième, l’un deux mit 75 lrancs, les deux autres de nos collègues complétèrent le prix de 100 francs.
- Ce fait ne parle-t-il pas de lui-même et ne dit-il pas à lui seul tout le dévouement, toute la bonne volonté, tout l’esprit de bienveillante équité qui président à l’organisation de tous nos services? (Applaudissements.)
- La Caisse de secours immédiats aux ouvrières plumassières (Président : M. Grillet) a bien voulu, cette année, prendre en considération le cas le plus intéressant de ceux qui nous étaient signalés, et cela vous explique pourquoi le prix de dévouement familial accordé tout à l’heure à l’une de nos protégées sera de 200 francs au lieu de 100 francs.
- Enfin, la Société de secours mutuels des fleuristes et plumassières, fondée en 1852 (Président : M. Chandelet), désireuse de faire entrer dans l’esprit de nos enfants et de propager le plus possible les idées de mutualité, de prévoyance et de retraite, qui sont de tous côtés à l’ordre du jour, a mis à notre disposition cinq livrets de 10 francs, dont les titulaires se trouveront ainsi dispensés, à leur majorité, de tout versement initial (Applaudissements).
- Merci à tous ces hommes de cœur pour leur généreux désintéressement !
- Merci aussi à tous nos dévoués professeurs, dont le zèle ne s’est jamais ralenti depuis de nombreuses années que plusieurs d’entre eux nous prêtent leur concours de tous les dimanches. Merci à M. Chaplot, dont l’enseignement théorique fait le plus grand honneur à son initiative personnelle ! Merci à Mme Hébert-Lepaumier, qui a obtenu un joli succès cette année, à l’examen du certificat d’études des adultes, en faisant recevoir sur douze présentées onze élèves de sa division! Merci à Mllc Démaillé et à MUe Barrai, qui donnent à nos enfants les notions d’art que la plupart d’entre elles auront à appliquer à l’atelier! Merci à M1110 Lefèvre, qui veut bien se charger de la tâche quelque peu ingrate d’enseigner les premiers éléments de français et de calcul aux plus déshéritées de nos enfants, sous le rapport de l’instruction ! (Vifs applaudissements.)
- Merci enfin à notre collègue M. Bordeau, dont le cours pratique de montage d’oiseaux, inauguré l’an dernier, a tenu toutes les promesses de succès que laissaient prévoir ses premières leçons ! (Applaudissements.)
- Pour ce qui est de l’excellence de l’enseignement pratique donné dansles
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- ateliers des maisons faisant partie de notre Société, elle a eu sa consécration dans les résultats de notre 4Uü concours professionnel organisé le 22 avril dernier.
- N’est-ce pas un véritable événement parisien (pie ce concours qui a réuni 120 élèves cette année, s’appliquant à fabriquer dans l’espace de quelques heures des modèles de tous ces petits chefs-d’œuvres de fleurs et de plumes, qui s’en iront témoigner dans le monde entier du bon goût français et du travail si gracieux de la Parisienne ?
- Le Jury a été littéralement enthousiasmé par les résultats obtenus par les élèves de 35 année — résultats que les connaisseurs peuvent admirer à leur aise en allant jeter un coup d’œil sur les travaux exposés dans la vitrine installée dans ce palais, dans la galerie extérieure, coté Paris. (Applaudissements.)
- Il est rare d’ailleurs que nos prix d’excellence aient été obtenus par des notes aussi élevées que celles de cette année.
- Nos succès aux Expositions ne se comptent plus.
- Tout récemment encore, à l'Exposition de Liège, notre œuvre a remporté de nouveaux lauriers : un grand prix nous a été attribué par le Jury international. ( Vifs applaudissements.)
- Malgré les excellents résultats que nous venons de vous signaler, nous faisons appel aux parents en leur demandant de s’adresser à nous, en le plus grand nombre possible, pour le placement en apprentissage de leurs enfants dans nos industries ; de même, nous engageons nos collègues et nos élèves à porter tous leurs efforts pour conserver à nos produits le fini et la grâce qui les ont toujours caractérisés. C’est encore là un des meilleurs moyens de lutter contre la concurrence étrangère, à la condition toutefois de produire vite, de façon à ne réaliser le bon marché que par la rapidité de l’exécution. (Marques d’approbation.)
- Que tous nos industriels nous aident, que ceux de nos rares confrères qui doutent encore de l’efficacité de nos efforts viennent à nous ; ils comprendront vite que la prépondérance et l’avenir de nos corporations sont intimement liés à la progression de notre œuvre, dont le but suprême est d’assurer, à tout jamais, par une protection bien comprise de l’apprentissage, la prospérité de nos belles industries des fleurs et plumes ! (Longue salve d’applaudissements.)
- Après cette allocution très applaudie, M. le représentant du Ministre du Commerce, de T Industrie et du Travail, prononce le discours suivant :
- Mesdames, Mesdemoiselles,
- Monsieur le Président, Messieurs,
- M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie, appelé hors de Paris aujourd’hui, s’est vu, à son grand regret, dans l’impossibilité absolue de présider votre distribution des récompenses.
- Il m’a fait l’honneur de me désigner, parmi son entourage immédiat, pour le représenter à votre fête, et m’a oiiargé, en vous exprimant tous ses
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- regrets, de vous dire aussi quelle était sa sympathie et de vous donner ses meilleurs encouragements. (Vifs applaudissements.)
- Votre Société, en effet, est entre toutes celles qui composent les Syndicats et les Associations qui ressortissent du grand département du Commerce, de l’Industrie et du Travail, une de celles qui sont le plus intéressantes et doivent, avant toutes les autres, attirer l’attention du Ministre.
- En effet, vous avez compris des premiers, avant même, si je puis dire, que la législation le permît, qu’il était nécessaire, dans une démocratie bien organisée, de s’occuper du sort des travailleurs, et aussi de préparer des ouvriers capables, des techniciens habiles qui, un jour, entrent tout armés dans la lutte économique, prêts à faire triompher une fois de plus, sur les terrains pacifiques, le drapeau de la République. (Applaudissements.)
- Je n’ai pas à faire aujourd’hui l’historique de votre Association, les faits parlent d’eux-mêmes ; je n’en veux pour preuve que le Grand prix que vous avez obtenu l’année dernière à l’Exposition de Liège. Je veux croire que tous ces prix, qui ont honoré votre Association, ne sont que les précurseurs d’autres récompenses encore, et qu’un bel avenir vpus est réservé à vous qui avez déjà si bien commencé. (Applaudissements.)
- Je n’aurai garde d’abuser de la bienveillance que vous me témoignez, car je désire laisser à ma présence au milieu de vous toute sa signification : elle veut dire, en effet, toute la sympathie du Ministre à votre égard, elle veut dire combien M. Doumergue est heureux de voir que l’Association à la tête de laquelle se trouve votre honoré Président, M. Caillaux, est en pleine prospérité ; de voir qu’elle cherche à faire triompher partout ces beaux modèles de goût et d’élégance que j’ai pu remarquer et admirer tout à l’heure dans la galerie du Trocadéro et qui sont l’œuvre de cette industrie si essentiellement parisienne. (Applaudissements.)
- 11 est possible à l’étranger, grâce à une main-d’œuvre plus abondante et moins chère, grâce aussi peut-être à une situation particulière sur le marché, de produire en quantité des objets similaires aux vôtres, mais il est un monopole que nous revendiquerons toujours, que nous avons toujours revendiqué, c’est celui du goût, de l’élégance et de la beauté. (Applaudissements.)
- Mesdames, cette beauté c’est votre ouvrage, c’est aussi une des qualités qui sont inhérentes à notre goût et à notre cœur, et c’est pourquoi vous devez être fières de votre œuvre. Soyez donc satisfaites, puisque aussi bien vous avez compris que non seulement la Patrie devait être faite de la grandeur nationale, mais aussi de la prospérité économique et d’une belle solidarité sociale. (Applaudissements.)
- M. le Ministre du Commerce, jugeant combien étaient dignes d’intérêt votre Association et votre œuvre, a désiré vous donner une preuve réelle de sympathie ; il a insisté, d’une façon toute personnelle, auprès de son collègue, M. Briand, Ministre de l’Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes, qui a bien voulu décerner à M. Hector Beissier, membre du Conseil d’administration, les palmes d’officier de l’Instruction publique, ainsi qu’à M. Louis Javey, secrétaire de l’Assistance paternelle des Fleurs et Plumes. (Applaudissements redoublés.)
- M. le Ministre du Commerce, de l’Industrie et du Travail a encore voulu
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- donner une autre preuve de la sympathie qu’il porte à vos belles industries en accordant à Mrae veuve Tixier, née Thomas, ouvrière fleuriste depuis trente-cinq ans dans la maison Javey, une Médaille d’honneur du Travail. ( Vifs applaudissements.)
- La parole est ensuite donnée, à tour de rôle, à MM. les secrétaires: Louis Javey, Edouard Morin et C. Chapelot, pour la lecture du palmarès.
- III. — Œuvres sociales et philanthropiques des industries
- de la mode.
- 1° Société de secours mutuels des ouvriers en chapellerie
- POUR DAMES, DE PARIS.
- But : fournitures des soins médicaux et médicaments nécessaires à ses membres participants, indemnité de maladie, frais funéraires, indemnités aux veuves et orphelins, retraite viagère, placement.
- Cotisation : membres honoraires, 30 francs par an ; membres honoraires perpétuels, don de 400 francs; membres participants, 2 ou 4 francs par mois.
- Président : M. Jules Guérard.
- Président-fondateur : M. Goulley.
- Président d'honneur : M. J.-B. Daniel.
- Assemblée générale du 15 juin 1906.
- Cette importante réunion a eu lieu sous la présidence d’honneur de M. Eugène Mermilliod, et nous extrayons du discours de M. Jules Guérard, président, les intéressantes lignes suivantes :
- La Mutualité doit prendre l’homme à sa naissance et ne le quitter qu’à la fin de sa vie. Après avoir commencé à s’implanter au chevet de la mère, par la mutualité maternelle, elle doit le suivre à l’école par la mutualité scolaire, et au régiment par la mutualité militaire.
- C’est au sortir du régiment que la continuation de l’effort personnel pour la protection contre la maladie devrait être rendue obligatoire par la subvention de l’Etat et la force de la Loi. Livrés à eux-mêmes, beaucoup négligent de continuer l’exemple et les principes qui leur ont été donnés pendant qu’ils étaient enfants, adultes et ensuite serviteurs de la Patrie.
- Je voudrais que la Mutualité s’empare du travailleur tout entier, qu’elle vive dans les Syndicats parallèlement avec les institutions qui le protègent dans le travail. Ne doit-elle pas également le protéger contre la maladie, cause de toutes les infortunes et, ainsi que l’a dit avec tant d’éloquence
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- M. Mabilleau, le distingué Président de la Fédération Nationale, ne prépare-t-elle pas la Révolution sociale qui se lait dans l’union par la paix et la fraternité ?
- Il me semble que la Mutualité deviendrait dans l’organisation des Syndicats le trait d’union tant désiré entre les ouvriers et les patrons ; ces derniers prouvant leur sollicitude pour les premiers en apportant à leur effort personnel l’aide de leurs cotisations de Membres honoraires comme cela se produit dans notre édifiante société.
- Il me semble aussi qu’elle servirait de terrain d’entente sur lequel disparaîtraient tous les regrettables malentendus qui n’engendrent que haine et violence et conduisent presque toujours à cette conclusion néfaste : la grève.
- Quelle gloire pour notre France, ce pays de toutes les généreuses initiatives dont les drapeaux victorieux ont porté par le monde entier la civilisation et le progrès dans les plis de leurs trois couleurs, si, la première de toutes les nations, elle réalisait ce rêve ou plutôt cette espérance.
- Quelle gloire pour Paris, cette cité de lumière et de vive intelligence si, la première des capitales, elle remplaçait au frontispice d’un de ses monuments qui sont l’honneur de sa démocratie, les mots de Bourse du Travail, par ceux moins arides et plus éclatants de Palais du Travail et de la Mutualité.
- Compte rendu financier de la Société, présenté par M. Simon, trésorier.
- Mesdames, Messieurs,
- Mes chers Camarades,
- M. Guérard, notre sympathique Président, m’a de beaucoup facilité la tâche que j’ai à remplir ce soir auprès de vous, en donnant dans son discours un compte rendu linancier aussi détaillé et surtout aussi explicite que déjà, avant que votre Trésorier ne prenne la parole, vous êtes au courant de la situation de notre Société et de sa marche prospère.
- Il serait presque inutile que je vous lise à mon tour le bilan au 31 décembre 1905, si nos statuts et règlements, auxquels nous devons nous conformer strictement, ne prescrivaient cette lecture lors de l’Assemblée générale annuelle.
- Ce bilan est résumé en quelques lignes, car les travaux de Trésorerie et de comptabilité ne sont pas encore très compliqués, et c’est pourquoi, avant de vous les communiquer, je tiens à vous dire que tout à l’heure, lorsque j’ai entendu les éloges flatteurs que M. Guérard adressait à votre Trésorier, sa modestie en a été quelque peu effarouchée, car il lui semble ne pas les mériter.
- Je me permettrai donc, pour être agréable à notre cher premier Vice-Président, de n’accepter que la plus petite partie de ces éloges, en lui laissant la plus grosse part, car c’est bien grâce à lui, en elïet, que tout dans notre Société marche aussi bien et aussi régulièrement.
- Persuadé que vous êtes tous d’accord avec moi sur ce point je passe à la lecture du bilan au 31 décembre 1905.
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- BILAN AU 31 DÉCEMBRE 1905
- En caisse au 31 décembre 1904. 1.073 15
- RECETTES :
- Cotisations des membres participants : hommes . . » 931
- — — — femmes . . . 432
- Ensemble.....................1.363
- Droits d’entrée : hommes............................ 27
- — femmes............................... 4
- Ensemble....................... 31
- Cotisations des membres honoraires....................
- Legs du Comité de l’Exposition de Saint-Louis.........
- Total...................
- DÉPENSES :
- Médecins.............................................. 39 »
- Pharmaciens.......................................... 102 20
- Allocation journalière pour maladie.................. 639 »
- Dépenses diverses...................................... 7 10
- Frais de bureau........................................ 2 75
- Timbres-poste......................................... 24 10
- Frais de gaz (Assemblée).............................. 16 05
- Imprimeur........................................... 250 »
- Bureau de placement................................... 75 »
- Frais d’encaissement.................................. 35 80
- Fête de la Mutualité.................................. 10 10
- Total des dépenses.................1.201 10
- Versé à la Caisse des dépôts et consignations . . . 1.500 »
- Espèces en Caisse.................................... 446 05
- Total...................
- 1.363 »
- 31 »
- 630 » 50 »
- 3.147 15
- 1.201 10
- 1.946 05 3.147 15
- Allocution de M. Eugène Mermilliod, président d’honneur.
- Mes cheks Amis,
- Je tiens tout d’abord à remercier votre Vice-Président, M. Guérard, des paroles beaucoup trop aimables et beaucoup trop flatteuses qu’il a prononcées en ma faveur, et lui dire qu’il peut compter comme vous tous pouvez compter sur ma constante sollicitude pour votre Société de Secours mutuels.
- Rien ne pouvait m’être plus agréable que d’écouter votre compte rendu,
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- et j’ajoute que, pour ma part, je ne suis pas surpris, mais émerveillé des résultats obtenus par une Société qui, quoique âgée de vingt-quatre mois, a déjà fait ses preuves.
- Les chiffres que l’on vient de nous mettre sous les yeux vous montrent d’une façon très précise que par le seul jeu de vos cotisations de Membres adhérents et des droits d’entrée payés dans votre Société, non seulement vous avez fait face à toutes vos charges, mais encore réalisé un beau bénéfice qui n’est pas inférieur à 900 francs, et qui s’augmente encore des cotisations de vos Membres honoraires.
- Eh bien, Mesdames et Messieurs, je crois que vous aurez comme moi l’espérance et même la certitude que votre Société ne doit pas s’arrêter là : elle doit, au contraire, augmenter le nombre de ses Membres adhérents et le nombre des services rendus.
- Le succès appelle le succès. Le succès est la meilleure propagande qui puisse se faire ; par conséquent, soyez tranquilles, vous avez franchi la passe la plus pénible, maintenant vous voguez sous un ciel sans nuages et si votre esquif ne redoute plus rien de la tempête, c’est qu’il était monté par un équipage énergique et avisé, c’est qu’il était dirigé par une main très sûre, et je tiens à apporter ici l’expression des regrets que me cause la retraite, que je veux croire momentanée, du pilote qui a tenu en main la barre, qu’il laisse aujourd’hui et qu’il vous demande de remettre ce soir en d’autres mains.
- M. Goulley s’est acquis des titres incontestables à votre reconnaissance ; vous ne l’oublierez pas. Vous êtes des gens de cœur, vous conserverez le souvenir de son dévouement et vous lui conserverez votre amitié.
- Comme il vous le dit dans sa lettre que vous venez d’entendre, il emporte dans sa retraite une grande satisfaction : celle de savoir que les destinées de la Société qu’il a fondée, avec votre appui, sont maintenant assurées et qu’il laisse derrière lui des collaborateurs de son œuvre ayant à cœur de la continuer et d'atteindre le but suprême qu’il avait toujours ambitionné : celui de faire de votre Société une société bien ordonnée, une société forte et une société prospère.
- Il y a sans doute beaucoup de fait, mais il reste encore beaucoup à faire.
- Si les patrons et les ouvriers de notre corporation comprenaient leurs véritables intérêts, votre Société devrait compter autant de Membres honoraires qu’il y a de patrons et autant de Membres adhérents qu’il y a d’ouvriers.
- Je n’ai malheureusement pas assez d’influence pour faire partager ma manière de voir aux ouvriers, et c’est à vous, mes chers Amis, de porter la bonne parole à vos camarades, mais auprès des patrons et particulièrement de ceux qui font partie de ma Chambre syndicale, vous pouvez compter sur toutmonzèle, non seulement pour maintenir les Membres honoraires qui sont inscrits sur votre registre, mais encore pour en augmenter le nombre. Il est évident, en effet, que votre œuvre ne doit rencontrer que des sympathies de la part des patrons, car c’est une œuvre de solidarité. C’est pour eux l’occasion de prouver l’intérêt qu’ils portent à leurs employés, à leurs ouvriers, et de s’associer à l’effort qu’ils font pour se mettre à l’abri du terrible lléau qui force toutes les portes : la Maladie.
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- C’est contre ce fléau qui vous frappe à l’improviste dans vos foyers, que la Mutualité nous unit. C’est grâce à elle que vous vous sentez soutenus, entourés et non plus seuls et désarmés.
- Ne pas se sentir seul dans la vie, se sentir aimé et secouru dans le malheur, aimer et secourir les autres, voilà ce qui constitue la plus noble satisfaction pour le Mutualiste et ce sera certainement la vôtre.
- Je tiens donc à remercier tous ceux qui ont pris l’initiative de cette belle œuvre qui développe chez eux de si beaux sentiments. Je veux qu’hommage leur soit rendu et c’est pour cela que je ne veux pas que vous me remerciez d’être venu, mais c’est moi qui vous remercie de me procurer l’occasion, en assistant à votre Assemblée générale, de contempler chaque année un spectacle aussi émouvant et aussi réconfortant.
- 2° École professionnelle de broderie et de dessin.
- La Chambre syndicale de la fantaisie pour modes fut fondée le 18 mai 1897. Pour la création de ce groupement, on fit appel à toutes les industries se rattachant à l’art si délicat de la mode, et c’est ainsi que les marchands de matières premières, de fournitures pour modes, les fabricants de paillettes, etc., se réunirent dans le but de soutenir leurs intérêts communs, sous la direction de M. Charles Jeune, président; MM. N. Denis et A. Taffonneau, vice-présidents.
- Après une année de travail nécessaire pour bien mettre au point tous les projets d’études qui étaient soumis au Comité, celui-ci décida, dans sa séance du 24 mai 1898, de créer des cours de dessin, dans le but de donner aux ouvriers en broderies et fantaisies pour modes une supériorité artistique pour l’avenir.
- M. N. Denis fut chargé de l’organisation de ces cours dont l’ouverture eut lieu en octobre 1890.
- Ces cours de dessin destinés à faciliter aux jeunes filles de l’industrie de la fantaisie pour modes l’exécution des travaux qui leur sont confiés furent suivis, sur l’initiative de M. Denis, de cours de compositions qui permirent aux jeunes filles de créer de nouveaux dessins et d’augmenter ainsi la richesse de leurs articles.
- A la fin de la première année scolaire, les résultats obtenus furent un encouragement pour les créateurs qui décidèrent l’ouverture de nouveaux cours dont le nombre s’accrut d’année en année.
- En 1900, six de nos élèves participèrent à l’Exposition universelle avec le Groupe de l’Association philotechnique, et reçurent les félicitations du Jury pour la composition de leurs dessins dont l’exécution fut faite en broderie.
- En 1901, M. Denis organisa à la mairie du*Xe arrondissement
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- une exposition de tous les dessins et travaux exécutés depuis le commencement des cours ainsi que quelques broderies faites d’après ces dessins. Voyant le succès de ces travaux, le Comité, désirant faire mieux encore, décida, dans sa séance du 25 juin 1901, de créer des cours pratiques et techniques de broderies pour modes.
- Nos premiers cours techniques commencèrent en 1901 à l’École maternelle de la rue des Petites-Écuries; 32 jeunes filles purent y recevoir les premières notions de broderies pour modes et de dessin. Ils furent transférés ensuite rue Pierre-Bullet, et, depuis cette époque, 60 jeunes filles en suivent régulièrement les cours.
- En 1903, ce cours technique fut complété par un cours de dessin et d’étude des nuances pour leur apprendre à nuancer avec goût. Enfin, un cours de piquage à la machine et du report des calques fut organisé pour achever leur instruction.
- En 1904, la Chambre syndicale de la fantaisie pour modes mit 60 dessins de ses élèves à la disposition de M. le Président du Groupe 61, et elle reçut comme récompense une médaille de bronze à l’Exposition de Saint-Louis.
- Aujourd’hui, ces cours, au nombre de dix, sont suivis par plus de 150 élèves, et chaque année une exposition des travaux des élèves, le jour de la distribution des récompenses, permet de se rendre compte des progrès accomplis, progrès très réels puisque plusieurs de nos professeurs actuels sont d’anciennes élèves de nos cours.
- FÊTE DE LA DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES (Dimanche 4 mars 1906)
- La 4e fête donnée par la Chambre syndicale de la fantaisie pour modes, à l’occasion de la distribution solennelle des récompenses aux élèves de son École professionnelle de dessin et de broderie, a eu lieu, le dimanche 4 mars 1906, dans la splendide salle des Fêtes de la mairie du Xe arrondissement, sous la présidence de M. Henry Picquet, représentant officiellement M. Trouillot, ministre du Commerce, de f Industrie, des Postes et des
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- Télégraphes, assisté cle M. Maurice Félix, chef du secrétariat du ministre de l’Instruction publique et des Beaux-arts.
- Discours de M. Albert Taffonneau, président de la Chambre syndicale.
- Messieurs les Représentants du Ministre,
- Mesdames et Messieurs,
- Mes Chers Enfants,
- J’ai pour premier devoir de remercier M. le Ministre d’avoir bien voulu, comme les années précédentes, se faire représenter à cette fête.
- Nous savons, depuis de longues années, de quelle sollicitude M. Trouillot entoure notre Ecole professionnelle ; nous savons l’intérêt qu’il porte à notre œuvre; nous avons présents à la mémoire les encouragements qu’il ne cesse de nous prodiguer, et c’est pourquoi je suis heureux, au nom de la Chambre syndicale de la fantaisie pour modes, qui m’en a donné le mandat, de dire à M. le Ministre combien nous lui sommes reconnaissants d’avoir bien voulu déléguer à cette cérémonie un de ses plus distingués collaborateurs. C’est un nouveau témoignage de sympathie ajouté à bien d’autres qu’il nous donne.
- Veuillez, Monsieur le Représentant, être notre interprète auprès de M. le Ministre et l’assurer de notre vive et de notre inaltérable gratitude, en même temps que des sentiments du respectueux dévouement que nous professons pour sa personne.
- Je salue également M. le Ministre de l’Instruction publique, qui a bien voulu déléguer un de ses collaborateurs. C’est la première fois que le grand maître de l’Université nous donne cette précieuse marque d’encouragement. Elle nous touche profondément et c’est une joie pour nous de constater la sollicitude chaque jour plus vive des Pouvoirs publics pour l’œuvre que nous poursuivons.
- Je remercie — et c’est encore une dette de reconnaissance que j’acquitte — le Conseil municipal de Paris de sa sympathie qui ne nous a jamais fait défaut. Vous savez, Messieurs, les dons que nous octroie avec une si large libéralité notre grande Assemblée communale: la générosité de cœur de notre belle cité est inépuisable. Comment ne pas dire à ses élèves, à ceux qui reflètent avec tant d’éclat ses sentiments et ses aspirations, notre gratitude ?
- Mesdames, Messieurs,
- Après avoir décerné aux mérites, à tous les mérites, le tribut d’éloges qui leur était si légitimement dû, je voudrais vous entretenir de notre œuvre, de notre Chambre syndicale, de notre chère Ecole professionnelle de broderie et de dessin, du but que nous poursuivons, de l’idéal qui nous guide.
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- Ce but, vous le connaissez, et cet idéal vers lequel nous marchons tous unis d’un même cœur, nous en entrevoyons la réalisation dans un avenir prochain, si aucun concours ne nous manque.
- Nous voulons d’abord armer notre Corporation dans la lutte économique partout engagée, lui donner des instruments de défense. Or, quels meilleurs instruments pourrions-nous trouver que d’habiles et ingénieuses ouvrières ?
- Alors que la concurrence qui nous est faite par l’étranger est si vive parfois, si peu lo\rale (c’est une constatation qu’il nous est bien permis de faire), alors que nous sommes envahis (le mot n’est pas trop fort) par de véritables pillards qui copient sans trêve et sans aucune retenue nos modèles, nous voulons donner à notre Corporationdes ouvrières d’élite, qui sauront, par leur habileté professionnelle, par leur ingéniosité créatrice, par la maîtrise qu’elles auront à acquérir, défier la concurrence, la réduire à l’impuissance, pour tout dire en un mot : la vaincre.
- C’est donc tout d’abord le sort même de notre Industrie qui est en cause. C’est son avenir que nous défendons. C’est une branche importante de notre commerce national que nous entendons sauvegarder avec un soin jaloux, et préserver de toute atteinte.
- Et, laissez-moi vous le dire en toute sincérité: nous serons bien vite rassurés si vous voulez, comme par le passé, continuer à nous aider.
- Non seulement notre industrie ne sera pas menacée de mort, non seulement elle vivra, mais encore, en dépit des crises passagères, elle prospérera, elle se développera si les jeunes générations veulent bien venir à nous.
- Notre espoir réside en nos cours, s’ils sont suivis avec assiduité comme ils méritent de l’être, et en nos jeunes filles si elles veulent bien solliciter et accepter l’enseignement technique que nous serons si heureux de leur donner.
- Laissez-moi croire que cet espoir ne sera pas déçu et que notre industrie, qui atteste à un si haut degré la délicatesse du goût parisien, qui a jeté tant d’éclat dans le passé et dont l’avenir nous apparaît plus radieux encore, saura porter très haut et partout dans le monde le renom français.
- Tel est, Mesdames et Messieurs, le but que nous poursuivons: c’est tout d’abord la sauvegarde et la suprématie d’une industrie essentiellement parisienne.
- Mais notre action ne revêt seulement pas un caractère économique et national. Nous n’entendons pas uniquement favoriser l’extension de cette industrie et la faire rayonner par une victoire bien française ; nous poursuivons ainsi une œuvre artistique, œuvre éminemment bienfaisante, moralisatrice, humaine, sociale pour tout dire.
- Nous vivons dans une société dont nous connaissons les besoins. Nous savons que la jeune fdle n’a pas encore trouvé la place qui lui convient pour affronter victorieusement les épreuves qui l’attendent. Ces jeunes filles, qui seront les femmes de demain, n’ont pas les armes nécessaires pour se créer un avenir prospère et ce sont ces armes que nous voulons mettre entre leurs mains.
- Nous leur donnons un métier qui leur permettra de vivre honorablement, qui leur vaudra avec la sécurité de l’avenir l’indépendance matérielle et morale, qui les ennoblira et constituera leur plus belle parure.
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- Nous les éloignons des tentations dangereuses en leur assurant l’existence . Le métier dont je viens de parler, nous le leur dirons chez elles: près de leurs parents lorsqu’elles sont jeunes filles, près du berceau de l’enfant, lorqu’elles sont devenues mères à leur tour. Et ce qui leur paraît un rêve, une utopie nuageuse et lointaine, nous le réalisons ainsi dès maintenant-
- Vous voyez que j’avais bien raison de dire (pie notre œuvre est moralisatrice et sociale, car nous travaillons dans notre sphère, avec nos moyens d’action pourtant si limités, à l’avènement d’une société meilleure, plus juste et plus douce pour la jeune fille.
- Permettez-moi, Monsieur le Représentant du Ministre, de vous entretenir un instant des moyens d’action auxquels je viens de faire allusion, et de vous demander de vouloir bien être à ce sujet notre interprète auprès de M. Trouillot.
- Notre Ecole professionnelle compte aujourd’hui cinq années d’existence. Depuis cinq ans, il n’est pas de sacrifices que nous n’ayons consentis pour mener à bien l’œuvre entreprise. Des concours généreux se sont offerts pour aider à l’extension de cette bienfaisante institution, et croyez que le Président de la Chambre syndicale compte à son actif bien des démarches pour accroître les recettes destinées à faire vivre l’œuvre.
- Hélas ! à l’heure présente, une pensée d’inquiétude l’assiège et il se demande avec angoisse si tant de sacrifices ont été consentis en pure perte, si tant de résultats vont être compromis, si cette œuvre elle-même, d’une inspiration si haute, n’est pas menacée de sombrer !
- Il espère que les Pouvoirs publics ne lui refuseront pas un appui dont le besoin se fait réellement sentir.
- Nous avons adressé à Monsieur le Ministre une demande de subvention. Nous lui avons rappelé les services rendus par notre œuvre, nous lui avons dit notre volonté de l’élargir encore et d’augmenter le nombre de nos Cours, enfin, de fonder dans d’autres arrondissements de Paris de nouvelles Ecoles professionnelles de la broderie. En un mot, nous lui avons soumis tout un projet d’avenir.
- Les résultats déjà obtenus plaident, n’est-il pas vrai, en notre faveur. Pour les accroître, nous sollicitons le concours de l’Etat républicain afin de nous aider à l’accomplissement d’une grande œuvre démocratique. Nous demandons l’aide financier des Pouvoirs publics. Nous avons la ferme conviction que notre voix sera entendue par M. le Ministre, qui nous a déjà donné dans le passé bien des témoignages de sympathie. Il ne nous refusera pas celui que nous attendons en ce moment de sa bienveillance et qui doit exercer sur la marche même de notre Institution une influence décisive.
- Dites bien à M. le Ministre, Monsieur le Représentant, qu’à l’heure présente, après cinq années d’existence, cette œuvre peut être jugée par ses résultats, par les fruits qu’elle a portés, et par l’épreuve du temps qu’elle a subie victorieusement. Soyez notre défenseur, plaidez notre cause avec la chaleureuse conviction qui nous anime ; au nom de tous mes Collèguesde la Chambre syndicale, je vous en remercie d’avance et de tout cœur.
- Quant à vous, mes chers enfants..., travaillez, continuez à faire preuve de zèle, et que votre activité ne se ralentisse jamais.
- Vous êtes encore bien jeunes, beaucoup d’entre vous ne comprennent pas
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- sans doute suffisamment l’étendue de nos devoirs et la noblesse du but que nous poursuivons, ainsi que l’utilité pour votre avenir même d’un travail soutenu, inlassable, mais ayez confiance en nous : c’est un avenir de calme et de joie que nous voulons vous préparer. Nous avons le passionné désir de vous épargner pour le jour où vous serez devenues femmes, les inquiétudes, les soucis et les larmes. Pour réussir, nous comptons sur votre collaboration. Travaillez donc sans défaillance, sans relâche ; suivez nos cours assidûment ; écoutez attentivement les conseils de vos professeurs. Vous deviendrez ainsi d’habiles échantillonneuses, vous serez d’adroites créatrices, vous ferez honneur à votre Patrie, et un avenir souriant, venant vous récompenser, vous appartiendra.
- Pour vous, Mesdames, qui êtes les témoins de nos efforts et qui avez certainement conscience de la grandeur de notre œuvre, soyez pour vos enfants de vigilantes tutrices. Vous qui avez à juste titre tant d’empire sur ces chères créatures, encouragez-les dans la voie où elles s’engagent.
- Enseignez-leur, avec l’éloquence persuasive qui est celle des mères, l’utilité et la joie du labeur.
- Vous leur préparerez ainsi, en associant vos conseils aux nôtres, un avenir sans orages. Le succès de vos enfants sera pour vous la plus douce des récompenses ; vous en aurez été les bonnes ouvrières.
- Allocution de M. Henry Picquet, attaché au Cabinet de M. le Ministre
- du Commerce.
- Mesdames,
- Messieurs,
- C’est un très grand honneur que m’a fait M. le Ministre du Commerce en me priant de venir présider, en son nom, la distribution des récompenses des cours professionnels de la fantaisie pour modes.
- Je sais, en effet, combien il estime à sa valeur l’œuvre sociale et féconde que vous avez entreprise et combien il vous saurait gré, mon cher Président, du labeur incessant, du dévouement sans égal dont vous ne cessez de faire preuve, vous et vos collaborateurs, pour la mener à bonne fin.
- C’est pourquoi, je puis vous dire, sans crainte, que l’avenir me donne un démenti, que vous pouvez être assuré de toute la bienveillance du Ministre, vous pouvez compter sur sa sympathie qui ne saurait manquer d’aller à une œuvre aussi fermement républicaine et démocratique que par ses traditions et par son origine, aussi humanitaire et moralisatrice par l’action bienfaisante, qu’elle exerce sur toute cette jeunesse studieuse, aussi sur une œuvre, enfin superbement artistique ainsi que j’en ai pu juger moi-même par les merveilleux résultats que me faisait admirer hier encore votre sympathique président des cours de dessin, M. Denis. Car j’ai été, je vous l’avoue, Mesdemoiselles, réellement étonné de voir jusqu’à quel point vous avez su tirer parti du précieux enseignement que vous avez reçu.
- Ce n’est pas seulement l’amour du travail, le dévouement à l’étude, que
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- vos chers maîtres ont su faire germer en vous, c’est aussi le sentiment de l’art, qu’il ont fait naître dans votre âme ; non seulement, en effet, vous savez, avec un grand talent, copier les modèles que l’on vous donne, ce qui est déjà un résultat des plus appréciable, mais encore, donnant libre cours à vos imaginations fécondes, guidées par l’esprit si profondément artistique de vos professeurs, vous composez de vous-mêmes les œuvres les plus gracieuses d’une harmonie délicate dont votre esprit seul a fourni le modèle avec une perfection qui ne saurait atteindre la réalité.
- Au nom du Ministre, je vous félicite, Mesdemoiselles, des résultats que vous avez atteints ; je félicite aussi ceux à qui vous les devez, ceux dont l’abnégation et le dévouement ne vous ont jamais fait défaut.
- Vos jeunes âmes, qu’ils ont ouvertes au goût artistique et au souille des pensées généreuses, fortes d’une éducation aussi solide qu’élevée, sauront plus tard, j’en suis convaincu, rendre tout le bien qui leur aura été fait.
- Monsieur le Président, permettez-moi de vous remercier tout particulièrement des paroles de sympathie que vous m’avez adressées. Je vous le répète, les Pouvoirs publics sont profondément intéressés à l’avenir de votre industrie, et leur ferme soutien ne vous fera pas défaut.
- Je sais que vous avez à lutter avec énergie pour vous défendre contre la concurrence envahissante ; mais forts. et courageux comme vous l’êtes, ayant conscience de la supériorité incontestable de vos produits, vous êtes assurés de voir le succès couronner vos efforts.
- C’est ce que je vous souhaite du fond du cœur.
- Permettez-moi, Monsieur le Président, de vous dire en terminant combien j’ai été touché de la manière affectueuse dont vous m’avez reçu parmi vous ; j’en conserverai longtemps le souvenir.
- Allocution de M. Maurice Félix, chef de Secrétariat de M. le Ministre de l’Instruction publique.
- Mesdames,
- Messieurs,
- Ce n’est pas seulement le ministre du Commerce qui a tenu à s’associera la fête d’aujourd’hui. Le ministre de l’Instruction publique a voulu, lui aussi, vous manifester sa sympathie, vous donner une preuve de l’intérêt qu’il porte à votre Ecole professionnelle. Il aurait été heureux de venir lui-même vous témoigner sa sollicitude. Ses occupations l’en ont empêché, mais il m’a chargé de le représenter, et c’est ce qui me vaut l’honneur de me trouver aujourd’hui au milieu de vous.
- En vérité, je ne puis que me féliciter d’être venu ici, car cette cérémonie me fournit l’occasion de vous dire toute l’admiration que j’éprouve pour votre œuvre à la fois si utile et si moralisatrice, et aussi profondément démocratique.
- Votre œuvre est, en effet, de celles qui font le plus grand honneur à ceux qui l’on fondée, à ceux qui travaillent tous les jours de toutes leurs forces
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- et de tout leur cœur à en accroître la prospérité et à en multiplier les effets bienfaisants.
- C’est une œuvre d’éducation professionnelle, où la jeunesse, tout en venant préciser et approfondir les premières leçons reçues par l’enfance, peut se préparer aux réalités et aux difficultés de la vie.
- Parmi les œuvres destinées à compléter l’école, à protéger et à fortifier son action éducatrice, la vôtre est sans contredit une des plus intéressantes, parce qu’elle répond à un besoin pratique et que, en outre, elle est susceptible d’engendrer, au point de vue économique et social, les plus fécondes et les plus heureuses conséquences.
- Mais ce que nous devons admirer, ce n’est pas seulement la pensée qui a présidé à la formation de votre œuvre, l’initiative généreuse et hardie d’où elle est sortie, ce sont aussi les progrès déjà réalisés et les efforts que vous ne cessez de faire pour la développer et pour partager son action émancipatrice.
- Vous avez obtenu des résultats dont vous avez Je droit d’être fiers. Vos cours fonctionnent à merveille et sont suivis avec autant d’intelligence que d’assiduité par toute une élite de jeunes filles qui en sortent avec une instruction professionnelle plus développée, avec un bagage de connaissances techniques qui leur permettent de traverser plus victorieusement les diverses épreuves de l’existence.
- A voir ce que vous avez déjà fait, ce que vous faites chaque jour, on peut être rassuré sur l’avenir de votre école, et aussi sur l’avenir de l’industrie qui s’y enseigne.
- On ne saurait d’ailleurs trop vous louer de l’impulsion vigoureuse qu’en quelques années seulement vous avez su donner à votre Ecole professionnelle, s’il est méritoire de l’avoir fait naître, il l’est plus encore de l’avoir fait vivre et prospérer. Des œuvres comme la vôtre exigent, en effet, beaucoup de patience, de dévouement et de désintéressement. Elles ne peuvent subsister que si elles trouvent un appui dans le concours de citoyens généreux, sincèrement épris de l’idéal qu’ils cherchent à réaliser, prêts pour son triomphe à tous les sacrifices et à tous les efforts.
- Mais permettez-moi de vous le dire, vous êtes de ceux qui ne reculez devant aucune difficulté, du moment qu’il s’agit de faire le bien, d’accomplir une œuvre utile. Et c’est avec un zèle infatigable, une noble ardeur, une courageuse persévérance, que vous travaillez au développement de votre Ecole professionnelle.
- Votre Président, en particulier, M. Taffonneau, auquel je suis heureux de rendre ici hommage, s’adonne tout entier à cette tâche ; il y consacre, je le sais, le meilleur de son temps et le meilleur de son cœur.
- Aussi, est-ce pour moi une grande joie de pouvoir aujourd’hui vous adresser, au nom du ministre de l’Instruction publique, des félicitations pour les succès obtenus, des encouragements pour votre vaillance inlassable, et des remerciements pour les services rendus, de pouvoir, en un mot, vous exprimer toute sa sympathie, son estime et toute sa reconnaissance.
- Si vives qu’elles soient, d’ailleurs, elles ne dépasseront jamais la mesure de l’admirable dévouement que vous déployez chaque jour et du grand exemple que vous donnez.
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- CINQUIÈME PARTIE. ----- ŒUVRES PHILANTHROPIQUES 905
- Enfin, pour terminer, il me reste une mission très agréable à remplir. M. le Ministre a bien voulu accorder à la Chambre syndicale de la fantaisie pour modes, deux distinctions honorifiques d’Ofïicier de l’Iils-truction publique et d'Officier d’Académie.
- Je suis très heureux, Monsieur le Président, de nommer Officier de l’Instruction publique, M. Narcisse Denis, Vice-Président de la Chambre syndicale de la fantaisie pour modes ; Officier d’Académie, M. Gaston Desclaire, secrétaire des cours de l’Ecole professionnelle de broderie. (Applaudissements prolongés.)
- IV. — Institutions patronales diverses.
- En dehors des œuvres patronales privées qui ont été créées par nos collègues pour leur personnel, employés et ouvriers, et que nous avons signalées dans les notices commerciales, il convient de faire une mention à part pour les institutions sociales du Bon Marché et du Printemps.
- Prévoyance Boucicaut.
- Caisse de prévoyance fondée en 1876 par M. Boucicaut. Sont admis à y participer tous les employés comptant cinq années de présence. Elle fonctionne sans aucune retenue sur les salaires, elle est alimentée uniquement par des prélèvements faits chaque année sur les bénéfices de la Maison, et elle est destinée à constituer un capital à l’employé lors de son départ de la Maison ou une dot aux jeunes filles, quand elles se marient. Depuis sa fondation, cette Caisse a distribué 3.161.739 fr. 55, et elle disposait, au 1er janvier 1907, de 4.393.410 francs entre 3.270 participants.
- Caisse de Retraites en faveur des Employés.
- Cette Caisse, fondée en 1886, par Mme Boucicaut, est destinée à constituer des pensions variant de 600 à 1.500 francs aux employés comptant vingt années de services dans la Maison. Comme la précédente, cette Caisse fonctionne sans aucune retenue sur les salaires. Elle est alimentée par le produit des libéralités de Mme Boucicaut et
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- par les revenus d’un fonds spécial constitué au moyen de prélèvements exercés sur les bénéfices annuels de la maison, en exécution d’une décision prise par les actionnaires le 12 février 1897, sur la proposition des Gérants. Le capital est éventuellement appelé à faire face aux pensions que la Société aurait à servir à ses employés.
- Cette Caisse alloue des pensions viagères. Conditions exigées : Temps de présence, vingt ans ; âge, quarante-cinq ans pour les dames, cinquante ans pour les hommes. Des secours exceptionnels sont en outre accordés aux employés, aux veuves et aux orphelins.
- Au 1er janvier 1907, le capital, y compris les revenus du fonds spécial, s’élevait à 7.265.900 francs.
- Caisse de Secours et de Retraites des Ouvriers et Ouvrières.
- Créée en 1892, dans le but de venir en aide aux ouvriers et ouvrières du Bon Marché, au moyen de secours temporaires, de secours renouvelables et de pensions de retraite. Aucune retenue n’est opérée pour le fonctionnement d2 cette Caisse.
- Épargne. — Comptes courants.
- Afin de développer le goût de l’Épargne chez les employés, la Maison reçoit en comptes courants les sommes qu’ils ont économisées sur leurs appointements et leur en sert l’intérêt à 5 %.
- Cours gratuits. — Musique, Escrime, Langue anglaise. —
- Bourses.
- Le Bon Marché a organisé des cours gratuits de musique vocale et instrumentale, d’escrime et de langue anglaise. Chaque année, les lauréats du cours d’anglais font, aux frais de la Maison, un séjour de quelques mois en Angleterre pour compléter leur connaissance de la langue.
- Le Bon Marché a fondé deux bourses à l’École commerciale de l’avenue Trudaine, au profit de fils d’employés de la Maison.
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- Service militaire.
- Les employés qui ont quitté la Maison pour accomplir leur temps de service militaire sont, à leur libération, réintégrés dans leur emploi.
- La Maison alloue des indemnités aux employés appelés à faire une période d’exercices militaires de vingt-trois, dix-sept ou neuf jours.
- Logement des Employés. — Service médical.
- Les jeunes filles et les jeunes employés qui n’ont pas leur famille à Paris sont logés gratuitement par la Maison.
- Deux médecins sont attachés à l’établissement et tous les jours à la disposition du personnel. Les consultations sont gratuites.
- Les femmes en couches reçoivent une allocation de 100 francs pour les employées, de 60 francs pour les ouvrières.
- Institutions patronales du «Printemps».
- Caisse de Retraites, de Secours et de Prévoyance.
- La Caisse de Retraites, de Secours et de Prévoyance pour le personnel des Grands Magasins du « Printemps » est alimentée, conformément à l’article 52 des Statuts, par un prélèvement annuel sur les bénéfices sociaux.
- Cette Caisse est administrée par la Gérance.
- I. Retraites. — Le service des retraites fonctionne depuis le 1er août 1906, au profit des employés remplissant les conditions suivantes :
- Les sommes nécessaires au service des pensions de retraite sont prélevées sur les ressources annuelles de la Caisse, c’est-à-dire : les intérêts du capital constitué à la date du 1er août 1906 et le produit du versement effectué statutairement chaque année.
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- La pension de retraite est fixée à 360 francs par an, payables à la Caisse de la Société par trimestre échu.
- Toutefois — et dans les limites des sommes annuellement disponibles après le prélèvement des pensions de 360 francs — le Gérant pourra exceptionnellement, soit pour reconnaître des services rendus, soit en raison d’une situation spéciale, abaisser la limite d’âge ou de présence dans la Maison, élever le chiffre de la pension, ou en étendre le bénéfice à des employés dont le traitement est supérieur au maximum fixé par le règlement.
- IL Secours. — Les secours, dont l’attribution est à l’entière disposition du Gérant, qui est seul juge des circonstances et des espèces, sont prélevés sur les fonds de la Caisse annuellement disponibles après le service des pensions de retraite.
- Ces secours sont indépendants de l’indemnité servie en cas de maladie par la Fondation Laguionie.
- III. Prévoyance. — La création d’une Caisse de Prévoyance est actuellement à l’étude.
- Caisse spéciale de Secours en cas de Maladie.
- Une des premières préoccupations de M. G. Laguionie, lorsqu’il a été appelé à la direction du « Printemps », a été l’organisation d’institutions de prévoyance en faveur du personnel de ces Grands Magasins.
- Désireux de témoigner à ses collaborateurs l’intérêt affectueux qu’il leur porte et de créer un lien de plus entre eux et lui, M. Laguionie a créé, de ses deniers personnels, une Caisse spéciale de Secours en cas de maladie. Cette caisse spéciale fonctionne depuis le 1er août 1906. Elle est indépendante de la Caisse de Secours dont il a été parlé plus haut, et qui continue à fonctionner comme il a été dit. M. Laguionie, en créant la Caisse spécicde, a voulu personnellement assurer, dans les cas les plus urgents, aux employés frappés par la maladie, une indemnité immédiate et régulière.
- Tout employé inscrit sur les registres du « Printemps » depuis un an au moins, et dont le traitement total (appointements et intérêts) ne dépasse pas 3.000 francs par an, reçoit pendantquinze jours, de la Caisse spéciale, en cas de maladie constatée par un médecin chargé du service médical du « Printemps », et entraînant une suspension de
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- travail de plus de deux jours, une indemnité égale à la moitié de son traitement quotidien moyen, basée sur la dernière année. Cette indemnité ne pourra, en aucun cas, être inférieure à 3 francs par jour.
- M. Laguionie prend à sa charge, pour la durée de sa gérance et jusqu’à concurrence de 50.000 francs par an, les dépenses résultant du fonctionnement de cette Caisse spéciale de Secours en cas de maladie.
- Des modifications résultant de l’expérience et de la réalisation des projets à l’étude pourront être apportées à la réglementation et au fonctionnement de cette Fondation.
- Service médical. — Deux médecins sont attachés à la Maison. Les consultations ont lieu tous les matins de 8 heures à 9 heures; elles sont gratuites.
- Les médecins ont en outre pour mandat d’aller constater à domicile l’état de santé des employés absents pour cause de maladie.
- Mariage. — Il est offert à l’occasion de son mariage une allocation de 100 francs à toute employée titulaire ayant au moins un an de présence dans la Maison.
- Maternité. — Afin d’aider au rétablissement clés femmes en couches et leur permettre de prendre un repos nécessaire, il est accordé une allocation de 200 francs aux employées appartenant au « Printemps » depuis un an au moins et dont les émoluments annuels ne dépassent pas 3.000 francs.
- Service militaire. — Tout employé quittant la Maison pour faire son service militaire et ayant donné toute satisfaction jusqu’à son départ, est à son retour réintégré dans son emploi.
- Il est accordé à tout employé appelé à faire une période d’exercices dans la réserve ou la territoriale, dont le traitement est inférieur à 3.000 francs, et qui aura un an de présence au moins dans la Maison, une allocation de 3 francs par jour. Cette indemnité lui est payée avec ses appointements à la fin du mois où il effectuera sa rentrée.
- Comptes courants des Employés. — Pour encourager les employés à faire des économies, le « Printemps » reçoit en dépôt les sommes qu’ils épargnent sur leurs appointements. Dans ce but, il est ouvert à chaque employé un compte courant, et il est attribué, sur les sommes versées à ce compte par les employés, au moment où ils
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- touchent leur traitement mensuel, un intérêt fixé à : 5 % quand le compte courant ne comporte pas plus de 1.000 francs; 4 % sur le surplus jusqu’à 5.000 francs; 3 % pour les versements au-dessus de 5.000 francs.
- Secours mutuels. — Depuis le 1er janvier 1907, tous les employés titulaires du « Printemps » font partie d’une Société de Secours mutuels.
- Cette mesure a pour but d’assurer aux employés du « Printemps » en cas de maladie, ou à leur famille en cas de décès, des secours qui viendront s’ajouter à ceux résultant de la « Fondation Laguionie » et à ceux dont pourrait disposer en leur faveur la Caisse de Secours du « Printemps ».
- Société de Tir et d’Escrime du « Printemps ». — La Société mixte de Tir et d’Escrime du « Printemps » a pour but de développer le goût des exercices physiques chez les jeunes employés; de leur faciliter la pratique du tir, de leur permettre d’apprendre l’escrime avec de bons professeurs.
- Nous n’avons cité ici que les plus importantes des œuvres sociales concernant nos industries.
- En dehors de ces sociétés, il existe dans la plupart des maisons des œuvres qui font le plus grand honneur aux sentiments généreux de nos collègues.
- Nous regrettons de ne pouvoir entrer dans des détails qui nous obligeraient à donner un développement considérable à cette partie de notre rapport.
- Ces œuvres ont du reste un caractère particulier, elles font beaucoup de bien, mais elles sont d’une grande modestie et ne sauraient souffrir aucune félicitation.
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- Tableau du Minis
- Industries du Groupe
- Population active Personnes de situa- Personnel des
- INDUSTRIES OU PROFESSIONS TOTALE tion non déclarée Chefs
- Ensem. Musc. Fcm. Total Masc. F 6m. Total Masc. Fém.
- BONNETERIE
- Fabrique de tricots, bérets, jerseys, gilets de laine ou de coton,
- gants de laine, de fil ou de soie, etc 55.340 21.474 33.866 62 7 55 7.858 4.143 3.71o
- FA BRI CA T10 N DES BOUTONS 3
- Boutons en étoffe, boutons de soie 60 16 44 )) 12 9
- Boutons en bois, etc., corne, os, nacre, corrozo, papier 7.164 4.088 3.076 » » » % 1.379 729 650 1 Q
- Fabrique de boutons, boutonnier (sans autre indication) 272 99 173 » ” * 58 39 iy 11
- Boutons en métal, boutons et agrafes pour gants 1.558 709 849 » * » 49 48 1 7
- Boutons en porcelaine, bijouterie en faïence, etc 1.457 830 627 1 . )) 1 33 16 11
- INDUSTRIE DU CAOUTCHOUC 4
- Fabrique de caoutchouc, raffinerie de gomme 2.394 1.778 616 “ ” ” 62 58
- Fabrique de câbles électriques caoutchoutés 2.179 1.678 501 )) * >J 15 15
- Vêtements et linge en caoutchouc ; faux cols en caoutchouc;
- tissus imperméables 710 390 320 )) » ” 28 26
- Objets divers en gomme ou caoutchouc (instruments de chirur- 22
- gie, balles, ballons, etc. tubes pour fleurs artificielles) 3.544 2.096 1.448 » 127 105
- FABRICATION DES CHAPEAUX
- Chapeaux en feutre, soie, peluche, laine, chapeaux vernis,
- casques coloniaux, képis, casquettes, calottes 19.240 10.872 8.368 180 125 55 1.758 1.129 ü^y 79
- Chapeaux de paille 5.226 2.385 2.841 )) ” * 313 342 n nftF»
- Modistes; modes, garnitures pour chapeaux 50.194 940 49.254 5 5 7.484 399
- CHAUSSURES
- Chaussures (cordonnerie, bottes, bottines, galoches cuir et bois). 217.737 189.062 28.675 1.714; 1.589 125 31.825 27.10S 4.717
- Fabrication de chaussures de feutre, chaussons, pantoufles, espa-
- drilles, sandales 12.643 6.461 6.182 ” ” * 2.025 1.042 yoo
- CHEVEUX 14
- Fabrication d’ouvrages en cheveux, dentelles en cheveux 235 78 157 » » » 34 20
- Perruquiers implanteurs sur tissus, artistes en cheveux, chignon- 35
- niers, fabrication de postiches 451 214 237 1 1 169 134
- PAILLETTES 1
- Fabrication de paillettes en or, argent, cuivre, silicatine 199 129 70 * ? 10 9
- LINGERIE i oQ9.
- Fabrication de corsets 13.856 870 12.986 49 1 48 1.596 264 41
- Fabrication de faux cols 996 187 809 » )) » 58 17 341
- Fabrication de cravates 3.406 351 3.055 » » )) 428 87
- Lingerie autre (chemises, caleçons, gilets de flanelle, blouses, 1 0 n^0
- sarreaux, bretelles, etc., ouvroirs) 175.717 4.320 171.397 112 6 106 13.995 965 lo •
- FLEURS ET PLUMES
- Fabrication de fleurs et plumes, fleuristes en fleurs artificielles,
- feuillagistes 23.452 2.698 20.754 98 5 93 2.702 837 5ns |
- Fabrication de fleurs et couronnes en per1 es 6.159 648 5.511 3 » 3 798 293 2
- Fabrication de fleurs et autres objets en celluloïd 590 351 239 )) )> » 15 13 323
- Apprêt de plumes pour parure et ornements 6.999 671 6.328 2 » 2 538 215
- PARAPLUIES ET CANNES 423
- Fabrication de parapluies et ombrelles (montages réparation)... 5.373 2.135 3.238 » » 872 449 9
- Fabrication de cannes 474 385 89 )) » 79 70
- Fabrication de garnitures de parapluies et cannes (montures 9
- métalliques, coulants, etc.) 463 270 193 » » » 40 31 3
- Fabrication de manches de parapluies et ombrelles ! 540 404 136 )> » 48 45
- tère du Travail.
- 61 de la Classe 86
- Établissements
- Employés et ouvriers
- Employés et ouvriers sans emploi
- Travailleurs isolés
- Établissements classés suivant le nombre des employés et ouvriers
- Total Masc. Fém. Total jMasc. Fém. Total Masc. Fém. Ensem. 0 1 5 11 21 51 Plus In-
- a 4 à 10 à 20 a 50 à 100 de 100 connu
- 33,891 13.207 20.684 559 218 341 12.970 3.899 9.071 5.110 1.808 2.576 273 174 136 61 71 11
- 42 7 35 6 » 6 9 )) 5 4
- 4.831 3.034 1.797 9 5 4 945 320 625 849 341 375 46 34 30 14 8 1
- 88 21 67 44 29 15 82 10 72 45 9 32 3 • „ 1
- 1.507 660 847 1 » 1 1 1 » 37 , )) 7 5 5 11 5 3 1
- 1.393 804 594 10 4 6 20 6 14 26 1 14 5 2 2 1 1 »
- 2.287 1.693 589 45 27 18 )) )) » 60 28 4 3 10 5 10
- 2.164 1.663 501 » » ” » * » 15 » 1 1 1 ; 2 4 6 »
- 674 359 315 1 1 7 4 3 26 » 7 7 4 4 3 1 »
- 3.351 1.947 1.404 40 25 15 26 19 7 116 3 46 T8 24 15 3 6 1
- 14.537 8.451 6.086 613 367 246 2.152 800 1.352 1.291 147 749 169 91 74 34 22 5
- 4.752 2.122 2.630 26 10 16 135 19 116 245 28 74 39 45 35 14 10
- 17.436 534 16.902 1.251 2 1.249 24.018 5 24.013 6.747 440 5.705 436 125 36 5 )) »
- 79.420 62.400 17.020 3.800 3.134 666 100.978 94.831 6.147 27.255 3.159 22.310 1.024 308 230 101 87 36
- 7.715 4.240 3.475 . 65 46 19 2.838 1.133 1.705 1.356 430 756 59 43 36 14 15 3
- 154 42 112 7 2 5 40 14 26 31 4 19 4 3 1 » )) „
- 189 52 137 15 4 11 77 24 53 53 5 37 8 2 1 )) » »
- 182 113 69 6 6 J? 1 1 » 10 \ 3 2 4 )) » 1 »
- 7.668 583 7.085 361 7 354 4.182 15 4.167 1.427 121 1.072 105 61 39 20 6 3
- • 895 168 727 2 1 1 41 1 40 62 2 27 11 11 8 3
- 1.601 252 1.349 99 3 94 1.280 9 1.271 381 34 287 35 18 6 1 ))
- 61.215 3.130 58.085 2.851 57 2.794 97.544 162 97.382 12.840 1.493 9.496 568 475 528 162 78 40
- 11.249 1.530 9.719 1.266 101 1.165 8.137 225 7.912 2.156 198 1.440 279 148 72 15 1 3
- 4.406 327 4.079 122 » 122 830 28 802 656 38 419 86 63 39 8 1 2
- 570 334 236 2 2 » 3 2 1 17 » 6 1 4 4 1 1
- 4.185 392 3.793 548 15 533 1.726 49 1.677 456 t 32 261 78 53 25 3 3 1
- 2.728 1.041 1.687 92 31 61 1.681 614 1.067 601 144 369 41 21 22 2 1 1
- 338 261 77 9 8 1 48 46 2 71 4 45 14 6 2 » ))
- 411 230 181 6 4 2 6 5 1 31 2 13 3 2 7 2 » 2
- 479 346 133 1 1 1 » 12 12 » 42 1 22 9 5 2 3 » ))
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- Compte rendu financier
- 9ous avons le devoir de placer sous les yeux des Exposants les comptes de la Classe 86, et d’exprimer, au nom de tous, nos remerciements les plus sincères à notre sympathique trésorier, M. Vimont, qui s’est acquitté de cette tâche avec un dévouement et un scrupule exemplaires. Nous en voulons pour preuve le soin jaloux mis par lui à ne pas laisser improductifs les capitaux dont il avait la garde, et dont les intérêts ont produit une somme de 2.474 francs qui vient en déduction de nos frais généraux.
- > Nous tenons aussi à remercier d’une façon particulière un certain nombre d’exposants qui, dans le but de nous faciliter l’installation des Dioramas, n’ont pas hésité à nous verser des sommes très importantes ne donnant pas lieu à ristourne.
- Nous avons le devoir de rappeler que nous avons reçu de :
- MM. SalamanetCie..................................... 6.000 fr.
- Sciama et Cle.................................. 6.000 —
- Daniel, Liez et Bailly......................... 6.000 —
- La Belle Jardinière............................ 3.000 ____
- La Chambre Syndicale des fleurs et plumes...... 3.000 —
- En outre, le Comité de la Section française à Milan nous avait alloué, sur la demande pressante de M. le Commissaire général, une autre somme de 15.000 francs, toujours en vue de ces Diora-ïïias et de leur éclairage électrique.
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- EXPOSITION DE MILAN
- RECETTES
- Versement des Exposants donnant lieu à ris- francs-
- tourne ............................................. 196.065 »
- Versement volontaire d’Exposants ne donnant
- pas lieu à ristourne.................................. 28.800 »
- Subvention forfaitaire du Comité français..... 15.000 »
- Intérêts des fonds déposés par le Trésorier... 2.474 »
- Réalisation et vente du matériel.............. 2.800 »
- Ristourne du Comité français sur le prix payé pour l’emplacementr.............................. 6.885 60
- 252.024 60
- DÉPENSES
- francs.
- Lucas et Maugery. Vitrines..................... 68.433 90
- Emplacement payé au Comité Français................ 39.570 60
- Représentation et gardiennage...................... 11.570 70
- Décoration delà Classe.............................. 4.378 50
- Dioramas. Décors, Cires, Costumes, Transport... 14.962 »
- Installation électrique et éclairage........... 10.645 55
- « The Perolin »....................................... 934 60
- Honoraires de T architecte. 7 % sur 84.533 francs. 5.917 30
- Clichés photographies, Siot-Decauville.............. 3.804 35
- Frais divers......................................... 6.802 90
- Dons, Libéralités................................... 3.800 »
- Remboursé le 9 novembre 1906. 30 % aux Exposants ................................................ 58.819 50
- Remboursé le 6 février 1908. 9 % aux Exposants.. 17.645 85
- Reste disponible en prévision de l’impression du Rapport ............................................... 4.738 85
- Total égal............................. 252.024 60
- Nous sommes heureux de constater que par suite des ristournes, le mètre d’emplacement, qui primitivement avait été fixé à 600 fr., n’est dans la réalité revenu qu’à 366 francs.
- Dès le mois de novembre 1906, notre Président M. Donckèle
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- COMPTE RENDU FINANCIER
- 917
- faisait déjà remettre à nos collègues, un premier versement de 30 % sur la valeur des sommes qu’ils avaient payées, et le 6 février 1908 un second versement de 9 % est venu porter à 39 % la valeur des ristournes.
- Nous n’avons pas besoin de dire que ces versements ont produit une impression des plus favorables sur tous les exposants.
- Nos collègues ont eu ainsi une nouvelle occasion d’apprécier les qualités d’administrateur et de directeur de notre président, M. Donckèle.
- Nous devons lui savoir d’autant plus de gré des économies qu’il a su réalier, que nous n’ignorons pas les très grosses difficultés qu’il a fallu vaincre pour donner à notre classe le rayonnement incomparable qu’elle a eu à l’Exposition de Milan.
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- Conclusion
- venu d’écrire le dernier mot de notre tra-
- 1 internationale de Milan comporte plusieurs enseignements; nous les avons indiqués au cours de ce travail; elle a mis en évidence la supériorité incontestable des articles de modes françaises.
- Mais nous ne devons pas nous laisser aveugler par des succès aussi brillants, il convient, aujourd’hui, de bénéficier d’une victoire dont la renommée a pénétré jusque dans les plus petites villes de l’Italie.,
- Les efforts que nous avons faits à Milan ne serviraient à rien, s’ils n’avaient pour conséquence une augmentation considérable du chiffre de nos échanges avec l’Italie.
- C’est le sentiment de cette nécessité supérieure qui nous a guidé pour établir et rédiger notre rapport.
- Nous avons l’espérance que les enseignements qu’il contient ne seront pas perdus pour tous nos collègues.
- Que ceux qui nous auront fait l’honneur de nous lire, que ceux qui auront trouvé dans les documents que nous avons recueillis au prix des plus grands efforts, des renseignements précieux, les signalent à leurs collègues intéressés, qu’ils ne les gardent pas jalousement pour eux, que chacun sache profiter des circonstances actuelles qui nous sont si favorables, et la France occupera, avant peu, une place prépondérante dans le commerce italien.
- Si nous avons pu servir cette cause, d’un intérêt considérable pour l’expansion commerciale de notre Patrie, nous en aurons
- qp)oici le moment
- va il.
- L’Expositioi
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- EXPOSITION DE MILAN
- d’autant plus de reconnaissance à ceux de nos collègues qui nous ont fait le très grand honneur de nous confier le soin d’établir ce rapport.
- Quant à nous, nous saurons nous souvenir de la bienveillance que nous avons trouvée auprès d’eux tous.
- Le temps ne saurait atténuer le souvenir que nous conservons précieusement de tous ceux qui furent nos collaborateurs et qui nous ont témoigné une sympathie, dont nous reconnaissons toute a valeur.
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- Les Dioramas de la Section française
- Si) e succès de la Classe 86 est dû pour une large part à la ^ forme nouvelle donnée à la présentation de produits qui y figuraient.
- C’est cette Classe qui a su attirer et retenir tout particulièrement l’attention de S. M. la Reine Marguerite, de la Princesse Lœtitia et de toute la haute société italienne.
- Certes, la beauté et le luxe des vitrines exercent un attrait sur le visiteur, mais l’attention s’y égare, ne conservant qu’un souvenir confus d’une foule de merveilles, sans pouvoir fixer d’une manière positive tout ce que la volonté du cerveau voudrait pouvoir conserver.
- Le président de notre Classe, M. Donckèle, et tous ceux qui furent ses collaborateurs, avaient été unanimes à penser que nous devions nous appliquer à présenter nos articles d’une façon assez originale pour marquer d’une empreinte spéciale et de durée l’attention du visiteur.
- Nul procédé ne pouvait être plus favorable, l’expérience l’a démontré, que les Dioramas.
- Aux heures où ils étaient éclairés, toute l’attention de la foule des visiteurs se portait sur notre Section qui devenait le lieu le plus fréquenté de l’Exposition.
- Il n’est pas téméraire de prétendre que dans de nombreuses années, on se souviendra encore, à Milan et dans l’Italie entière, des « tableaux » de l’exposition française.
- Dans notre partie consacrée à lTIistorique de la Section française,
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- EXPOSITION DE MILAN
- nous avons eu l’occasion de dire quel succès eurent nos Dioramas, et il n’est point nécessaire d’insister à nouveau sur ce sujel.
- Ayant dit que nous leur sommes redevables de la popularité de notre exposition, nous devons, au moins, indiquer ce qu’ils représentaient, par qui ils furent organisés et quels furent ceux de nos collègues qui y collaborèrent.
- Les organisateurs de la Section française entreprirent de reconstituer à l’aide de Dioramas lumineux, dans des décors superbes dus à nos grands artistes, Jambon et Bailly, animés de personnages modelés sur nature par notre collègue M. Imans, des scènes qui font défiler sous les yeux du public, tantôt les diverses industries aux époques antérieures, tantôt les sources de production des matières destinées à l’art de la mode, ou bien enfin les produits eux-mêmes, exposés dans le cadre journalier où notre œil a coutume de les voir.
- Douze Dioramas couvrant une surface de plus de 400 mètres représentaient :
- Un salon de la Mode au xvme siècle.
- Parlant de cette exposition, le journal la Dentelle la qualifiait de véritable « petit bijou artistique ». L’expression singulièrement bien choisie qualifiait très justement l’œuvre de nos collègues, MM. Bailly, J.-B. Daniel et Emile Liez.
- La modestie trop discrète de notre distingué collègue, M. Emile Liez, ne saurait nous en vouloir de signaler ici la part de collaboration active qu’il prit à cette œuvre si digne d’admiration et si admirée des visiteurs de l’Exposition de Milan.
- C’est lui qui mit au service de ses collaborateurs les richesses d’une collection qui renferme les ouvrages et les gravures les plus remarquables sur l’Histoire du Costume en France et à l’étranger.
- Nos collègues puisèrent dans cette collection les éléments nécessaires à la réalisation de leur projet et, pour l’exécution, chacun d’eux rivalisa de goût, de délicatesse et d’élégance. Dans un cadre merveilleux d’un salon du plus pur Louis XVI, meublé avec un soin extrême, nous voyions une grande Élégante, devant une psyché, essayant un chapeau.
- Attentive et prévenante, la modiste se penchait pour apprécier dans la glace l’effet du modèle essayé; elle tenait à la main un autre
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- LES DIORAMAS DE LA SECTION FRANÇAISE
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- chapeau, alors que l’ouvrière assise jetait discrètement un coup d’œil pour juger du succès de son œuvre.
- Nous ne saurions oublier d’associer ici, aux mêmes félicitations, nos collègues et leurs ouvrières, d’autant plus que l’une d’entre elles était une véritable ouvrière de marque. Ivtme Émile Liez, qui possède, dans l’art de garnir les chapeaux, un talent des plus gracieux et des plus remarquables, désireuse de collaborer au succès de notre Section, avait garni de ses mains un chapeau qui figurait au Dio-rama de la Mode, et qui eut, auprès de nos visiteuses élégantes, le légitime succès qu’il méritait.
- Le marché aux fleurs sur le Pont-Neuf, a Paris.
- Exposition collective de la Chambre syndicale des fabricants de fleurs artificielles et plumes pour parure, et de la Chambre syndicale des fabricants de Heurs artificielles de Paris, en collaboration avec les magasins de la Belle-Jardinière.
- Ce Diorama était une représentation de la perspective vivante de nos quais, depuis l’Institut jusqu’au Palais de Justice, quais désignés pour le « Marché aux fleurs ».
- L’ancien Marché des Innocents.
- Exposition collective des Chambres syndicales des fabricants de Heurs et plumes, et de Heurs artificielles de Paris.
- Un Jardin au xvme siècle.
- Exposition collective de la Chambre syndicale des fabricants de Heurs, plumes, et de la Chambre syndicale des fabricants de Heurs artificielles de Paris.
- Une Ferme française
- Démonstration de f utilisation des plumes destinées à l’industrie.
- Exposition collective de MM. Salaman et Cie, Sciama et Cle.
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- EXPOSITION DE MILAN
- Une Garzera du Haut-Orénoque.
- Parc d’élevage des Crosses et des Aigrettes, exposition collective de MM. S al aman et Cie, Sciama et Cie.
- Une Forêt vierge.
- Fouillis de lianes capricieuses, où s« jouaient et voletaient les oiseaux les plus rares et les plus précieux.
- Exposition collective de MM. Salaman et Cie, Sciama et Cie.
- L’élevage de l’Autruche.
- Le coupage des Plumes. | Le triage des Plumes.
- Exposition collective de MM. Salaman et Cie, Sciama et Cie.
- Nous sommes heureux de pouvoir compléter ces courtes explications par des reproductions photographiques, qui prouvent que nos Dioramas étaient bien dignes de l’admiration qui leur a été si largement témoignée par les visiteurs de l’Exposition internationale de Milan.
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- TABLE DES MATIÈRES
- Piig'es
- Avant-Propos......................................................... v
- PREMIÈRE PARTIE
- HISTORIQUE DE L’EXPOSITION DE MILAN
- La participation de la France.......................................... 8
- Le Comité d’organisation de la Section française..................... 14
- Règlement officiel de la Section française. Classification générale ... 23
- Le Comité de la Classe 20 (industries diverses du vêtement).......... 32
- Les crédits officiels.................................................. 35
- Voyage de M. Donckèle et d’un grand nombre d’exposants sur les lieux
- de l’Exposition..................................................... 46
- Questions de transports................................................ 49
- Première visite de LL. MM. le Roi et la Reine à l’Exposition. Inauguration officielle de la Section française.......................... 53
- La retraite de M. Ancelot, président du Comité français des Expositions
- à l’étranger. Élection de M. Dupont, le nouveau président......... 68
- M. Mangili, Commissaire général de l’Exposition de Milan, visite la
- Section française................................................... 72
- La Section française est ouverte au public. La foule devant les dio-ramas de la Classe du vêtement. Les éloges de la presse milanaise.
- Les exposants offrent un banquet à M. Donckèle.................... 75
- L’inauguration officielle du tunnel du Simplon......................... 80
- Le Comité de la Section française organise une «garden-party » en l’hon-
- neur de la société milanaise........................................ 86
- Projet de loi ayant pour but de protéger temporairement la propriété industrielle dans les Expositions, présenté au Parlement par M. G.
- Doumergue, ministre du Commerce et du Travail..................... 90
- M. Ruau, ministre de l’Agriculture, inaugure officiellement la Section française ........................................................... 94
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- EXPOSITION DE MILAN
- Pages
- Le feu et l’eau causent de graves désastres à l’Exposition..........107
- Réunion des Membres du Jury à Milan.................................113
- Fêtes données à Milan en l’honneur des Membres du Jury..............121
- DEUXIÈME PARTIE
- LES COMITÉS D’ADMISSION ET D’INSTALLATION. JURY DES RÉCOMPENSES
- Formation des Comités................................................155
- Comité d’admission...................................................162
- Jury des récompenses.................................................211
- Liste des récompenses décernées aux exposants de la Classe 86. . . . 237
- Liste des récompenses aux collaborateurs de'la Classe 86............ 241
- Rapport de M. M. Jozon, Commissaire général du Gouvernement français...........................................................250
- TROISIÈME PARTIE
- SITUATION COMMERCIALE DE LA FRANCE EN 1906.
- LES INDUSTRIES DE LA CLASSE DU VÊTEMENT A L’EXPOSITION DE MILAN. LES VITRINES DES EXPOSANTS.
- L’industrie de la Bonneterie.
- Historique...........................................................265
- Sa situation commerciale en France de 1902 à 1906.,................ 276
- Situation de la bonneterie en Italie..........a.....................284
- Tableaux-statistiques................................................286
- Fabrication de la bonneterie.........................................295
- La bonneterie de l’Exposition de Milan...............................301
- L’industrie des Boutons.
- Ses origines.........................................................315
- Sa situation en 1906................................................ 321
- Sa situation en France............................................. 327
- Tableau-statistique..................................................334
- Le commerce des boutons en Italie, de 1901 à 1905 ................. 336
- Tableau-statistique..................................................348
- Les boutons à l’Exposition de Milan..................................351
- L’industrie de la Chapellerie.
- Historique...........................................................361
- Les anciennes corporations et les anciens procédés de fabrication. . . 370
- Situation de l’industrie des chapeaux de 1902 à 1906 (France)........382
- Tableaux-statistiques................................................385
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- TABLE DES MATIÈRES
- 927
- Pages
- Chapeaux de feutre. Fabrication. Commerce.............................392
- Chapeaux de paille. Fabrication. Commerce.............................402
- Chapeaux de soie, casquettes, bonnets...................................411
- Fabricants de chapeaux et leurs ouvriers................................413
- L’industrie des chapeaux en Italie. Chapeaux de feutre..................416
- Chapeaux de paille......................................................420
- Tableaux-statistiques (Italie)..........................................424
- La chapellerie à l’Exposition de Milan..................................431
- L’industrie de la Chaussure.
- Historique..............................................................449
- La chaussure à travers le xixe siècle et jusqu’en 1906................. 460
- Ses transformations, de 1820 à 1906 . ................................. 465
- Tableau-statistique.....................................................471
- Patrons cordonniers et ouvriers.........................................473
- La chaussure en Italie..................................................476
- Sa situation, de 1901 à 1906 .......................................... 476
- Tableaux-statistiques................................................. 479
- Les chaussures à l’Exposition de Milan..................................482
- L’Industrie des Cheveux.
- Historique..............................................................493
- L’industrie moderne des cheveux postiches...............................497
- Fabrication.............................................................498
- Le commerce des cheveux en France, de 1902 à 1906 ..................... 499
- Tableaux-statistiques...................................................504
- L’industrie des cheveux en Italie.......................................508
- Les cheveux à l’Exposition de Milan.....................................511
- L’Industrie du Corset.
- Historique..............................................................515
- Le corset à travers les Expositions, de 1834 à 1906 ................... 519
- L’industrie du corset en 1906.......................................... 532
- Le corset en gros.......................................................533
- Le corset sur mesure....................................................534
- Situation commerciale...................................................537
- Tableaux-statistiques...................................................538
- Patrons et ouvriers.....................................................540
- L’industrie du corset en Italie.........................................541
- Tableaux-statistiques...................................................545
- Les corsets à l’Exposition de Milan.................................... 546
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-
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- EXPOSITION DE MILAN
- L'Industrie de la Lingerie. Chemises. Cols. Cravates.
- Pages
- Historique. (Chemise).................................................. 561
- — (Col)...................................................... 577
- — (Cravate),..................................................579
- La lingerie au xixe siècle.......................................... 581
- Situation de la lingerie en France pour l’année 1906.................... 584
- Lingerie en gros pour hommes........................................... 585
- Confection.............................................................. 590
- Division du travail......................................................591
- Outillage mécanique......................................................592
- Gilet de flanelle........................................................595
- Caleçons.................................................................598
- Cols, manchettes, devants de chemises....................................600
- Lingerie en gros pour les femmes, fillettes..............................601
- Chemiserie en détail. Hommes.............................................603
- — — Femmes...............................................606
- La chemisette............................................................606
- Fabricants et ouvriers.................................................. 607
- Situation commerciale de la lingerie en France, de 1902 à 1906 .... 610
- Tableaux-statistiques....................................................612
- La lingerie en Italie....................................................615
- Tableaux-statistiques....................................................618
- La lingerie à l’Exposition de Milan......................................620
- L’Industrie des Plumes pour parure.
- Historique.......................................................... 641
- Communication de M. J. Forest aîné à la Société d’acclimatation de
- France...............................................................643
- Les oiseaux employés dans l’industrie....................................652
- Les vautours.............................................................654
- L’aigrette...............................................................655
- L’autruche...............................................................657
- Les fermes d’autruches...................................................660
- L’élevage de l’autruche dans la première moitié du xixe siècle...........663
- Les parcs d’autruche en Algérie..........................................664
- L’autruche dans l’Afrique occidentale française — mission de M. lé Dr
- Decorse — (rapports officiels).......................................665
- Situation commerciale en France, de 1901 à 1906 ........................ 677
- Tableaux-statistiques....................................................683
- La préparation industrielle des plumes................................. 689
- Les plumes dans l’industrie en 1906..................................... 695
- Les fourrures en plumes..................................................699
- Patrons et ouvriers......................................................700
- Situation commerciale de l’industrie des plumes en Italie, de 1901 à 1906 705 Tableaux-statistiques. ..................................................709
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-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- 929
- Les Fleurs artificielles.
- Pages
- Historique.............................................................711
- Fabrication...............................................................720
- Ouvriers et ouvrières.....................................................722
- La concurrence étrangère..................................................724
- Le commerce des fleurs artificielles, de 1902 à 1906 .................... 725
- Tableau-statistique-......................................................729
- Les fleurs artificielles en Italie. . ....................................730
- Tableaux-statistiques..................................................731
- . . ... . . Les Paillettes. .....
- Les plumes pour parures, les fleurs artificielles et les paillettes à l’Exposition de Milan......................................................734
- Bustes et mannequins. Cannes, parapluies, éventails.
- Tableaux-statistiques (France, Italie).................................. 771
- Les cannes, parapluies à l’Exposition de Milan...........................777
- Éventails.
- Tableaux-statistiques (France, Italie)....................................780
- La Ganterie.
- Ses progrès industriels...................................................784
- Sa situation commerciale, de 1902 à 1906 (France).........................787
- Tableau-statistique (France)..............................................789
- Sa situation en Italie, de 1901 à 1905 ................................. 790
- Tableau-statistique (Italie)..............................................791
- La ganterie à l’Exposition de Milan.......................................792
- Tissus élastiques. Caoutchoucs manufacturés. Equipements sportifs . . 794
- Tableaux-statistiques (France)............................................796
- Situation en Italie.......................................................798
- Tableau-statistique (Italie)..............................................800
- QUATRIÈME PARTIE
- NATIONS ÉTRANGÈRES
- L’Italie..................................................................807
- Situation commerciale de l’Italie en 1906............................ 819
- L’organisation ouvrière en Italie.................................... 837
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-
- 930 EXPOSITION DE MILAN
- Les Italiens à l’Exposition de Milan...........................840
- Belgique........................................................848
- Bulgarie..........................................................855
- Russie............................................................859
- Japon.............................................................869
- Suisse............................................................871
- CINQUIÈME PARTIE
- ŒUVRES SOCIALES. ŒUVRES PHILANTHROPIQUES ET SOCIALES
- Compte rendu financier............................................915
- Conclusion........................................................919
- Les Dioramas de la Section française..............................921
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