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Exposition internationale de Milan 1906? : Section française?. Groupe 42. Classe 20 (classe 85 de 1900)
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- RAPPORT
- M. André HALIMBOURG
- Conseiller
- du Commerce Extérieur de la France
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- DES EXPOSITIONS A L’ETRANGER Bourse du Commerce Rue du Louvre Paris 1908
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- M. Pekdoux, président du Groupe 42.
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- M. STOKCH, PRÉSIDENT DE LA CLASSE 85
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- Ministère du Commerce
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- Section Française
- Groupe 42 -
- CLASSE 85 DE 1900
- Classe 20
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- M. André HALÏMBOURG
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- GROUPE 42
- SECTION IV
- CORpECTIOR ET COUTUME
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
- La Classe dans laquelle étaient exposés les produits de l’industrie de la confection et de la couture pour hommes, femmes et enfants était une de celles qui devaient remporter à l’Exposition de Milan une victoire facile. La réputation de notre industrie en ces matières est universelle. La couture française jouit d’un tel prestige qu’à l’Exposition de 1900 les maisons étrangères avaient, selon l'expression du rapporteur de cette Classe pour l’Exposition de Paris, « hésité à se mettre en parallèle avec nous pour la robe et le genre garni ». Seule, la Belgique avait tenté l’expérience ; la qualité des produits qu’elle exposait était d’ailleurs tout à son honneur. Les Etats-Unis, la Hongrie, le Canada, la Russie, la Roumanie, la Suède, avaient présenté des vêtements de fourrures ; les Pays-Bas, la Suisse, la Roumanie des costumes nationaux ; la Grande-Bretagne quelques vêtements de sport. Mais l’industrie française de la couture occupait le premier rang dans sa Classe et l’on n’avait même pas songé à le lui disputer. Ne peut-on rapprocher ce fait de celui
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- EXPOSITION DE MILAN
- qui se produisit en 1883 quand l’Exposition collective et anonyme de la couture française à Amsterdam eut un tel succès qu’elle entraîna l’abstention des exposants allemands ?
- Depuis 1900 le succès de notre industrie ne s’est pas démenti. 97 maisons françaises avaient présenté des produits dans la Classe 85 à l’Exposition de Paris. Un an plus tard, 57 maisons françaises faisaient un nouvel effort et s’imposaient de nouveaux sacrifices pour envoyer au Groupe D de l’Exposition de Glasgow (tissus, vêtements et accessoires du vêtement), les produits les plus soignés. Le dévouement de nos compatriotes était d’autant plus méritoire que l’Exposition de Glasgow ne devait donner lieu à aucune distribution de récompenses. Ils furent payés de leur peine par leur succès, et ils réussirent à développer sensiblement en Angleterre le succès de nos produits.
- En 1904, Exposition de Saint-Louis. 44 maisons répondent à l’appel des organisateurs. 25 d’entre elles demandent à figurer dans la Collectivité de la couture et, parmi celles-ci, plusieurs conservent encore des vitrines particulières. Ce chiffre seul nous assurait une supériorité dans la Classe 59 qui réunissait les industries de la confection et de la couture. « On peut dire, écrit le rapporteur de cette Classe, que la France n’a rencontré aucun adversaire vraiment digne de se mesurer avec elle ni par le nombre des exposants, ni par la qualité des produits ». L’attribution des récompenses le prouva amplement : 16 Grands prix sur 29, 7 médailles d’or sur 17, 4 médailles d’argent sur 18 furent attribués aux exposants français.
- En 1905, nouvelle Exposition internationale à Liège. « Pour les exposants de la Classe 85, écrit le rapporteur, qui comprend les produits de l’industrie de la confection et de la couture pour hommes, femmes et enfants, la participation à l’Exposition de Liège venant immédiatement après celle de Saint-Louis à laquelle le plus grand nombre d’entre eux avaient participé n’était pas sans présenter de sérieuses difficultés. Après avoir fait triompher à Saint-Louis l’industrie bien française, bien parisienne de la couture, il s’agissait beaucoup moins d’affirmer sa supériorité incontestable et incontestée que de montrer une fois de plus aux visiteurs attirés de toutes les parties du monde que le génie industriel français possède des ressources infiniment variées et inépuisables ». Nouvel effort, nouveau triomphé. Le jury décerne 12 diplômes de Grands prix, la France en obtient 10. 11 attribue
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- GROUPE 42. -- CONSIDÉRATIONS GENERALES
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- 4 diplômes d’honneur nous en retenons 3, 5 médailles d’or nous en prenons 3, 10 médailles d’argent nous en avons 2. Soit 18 récompenses sur 31 et les plus hautes.
- Ap rès Paris, après Glasgow, après Saint-Louis, après Liège, c’est Milan. Exposition particulière, spéciale à l’origine, transformée peu à peu avec le concours de l’État, de la Province, de la Chambre de Commerce et de la Caisse d’épargne de Milan en une Exposition internationale et universelle. C’est la cinquième Exposition à laquelle est conviée notre industrie en moins de sept ans. Pour des produits permanents, pour des industries qui n’ont pas pour directrice la mode, le climat, et qui ne sont pas variables par nature et par essence, la multiplication des Expositions n’entraîne pas une somme importante d'efforts réitérés et de sacrifices nouveaux. Pour la couture, pour l’industrie du vêtement en général, il en est autrement. On n'a pas pu expédier à Liège les modèles de Saint-Louis, les robes exposées à Liège ne pourront pas figurer à Milan. Un an s’est écoulé. Quels changements une année n’apporte-t-elle pas dans le dessin et l’ornementation du costume féminin ? Et pourtant notre industrie s’est rendue à l’Exposition italienne avec le plus vif élan et elle a remporté, de nouveau, un très remarquable succès.
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- JURY DES RÉCOMPENSES
- C’est par le Comité français des Expositions à l’étranger, que les industriels et commerçants français ont été conviés à participer à l’Exposition de Milan. Après les formalités ordinaires de nomination des Comités d’admission et d’installation, le Jury de la 4e division du Groupe 42, qui renfermait nos produits, s’est constitué de la façon suivante :
- COMPOSITION DU JURY
- Italie....... MM. Arturo Mosters.
- Ricardo Galli.
- Angelo Capredoni.
- Edgardo Colori.
- ClNOTTI.
- Mariàni.
- France .... Storch.
- Perdoux.
- Hubert de Vautier.
- Halimbourg, André, expert juré, hors concours.
- Raudnitz,
- Belgique. . . . Choque.
- Russie .... de Daniloff.
- Kingue.
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- GROUPE 42. --- JURY DES RÉCOMPENSES 15
- M. Storch a été désigné à l’unanimité comme président pour diriger les travaux du Jury et M. Perdoux a été nommé président d’honneur.
- M. E. Raudnitz, par suite de son état de santé, n’a pris part qu’aux travaux définitifs du jury.
- Les jurés ont tenu à féliciter tout spécialement M. Storcii de
- LES MEMBRES DU JURY.
- l’excellente organisation de l’ensemble de la Classe et de l’intelligente direction qu’il a donnée aux travaux du Jury. Ils lui ont, à l’unanimité, voté des félicitations toutes spéciales pour qu’il en soit fait état dans le rapport. Dans les dernières séances, M. Storcii et les membres français du Jury ont tenu à rendre hommage à l’extrême courtoisie de leurs confrères italiens et belges.
- Sur la proposition de M. Capredoni, le Jury a félicité M. Choque de la bonne organisation de l’Exposition belge et de l’intérêt qu'elle ofïrait. Le Jury a félicité aussi les exposants hors concours de leurs Expositions personnelles et de leurs efforts désintéressés
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- EXPOSITION DE MILAN
- L’Exposition du Groupe 42 a été tout à fait brillante. Le luxe et le goût de la Section française ont été particulièrement appréciés par tous les visiteurs et, au premier rang, par les Italiens. « La Section qui exercera la plus grande attraction sur la foule des visiteurs, écrivait le Corriere délia Sera au jour de l’inauguration, est celle de l’Exposition de la collectivité des couturiers. C’est un kiosque de forme rectangulaire qui se subdivise en beaucoup de vitrines. Il est complètement fermé et on y entre par deux portes latérales. Les vitrines sont illuminées, même de jour, par une myriade de lampes électriques. Dans une vitrine de la longueur du kiosque sont exposées trente toilettes pour dames, d’une élégance et d’une richesse qu’il arrive rarement de trouver, même dans les rendez-vous les plus aristocratiques. Qui sait combien de désirs et quels sentiments d’envie et de regrets soulèveront ces gracieux chefs-d’œuvre de l’art de l’habillement dans le cœur des visiteurs ?
- Yis-à-vis se trouvent trois autres vitrines. L’une d’elles contient différentes sortes de fourrures et, dans le fond, un tableau 4:jui représente un bateau et le soleil couchant dans la mer est d’un effet surprenant. »
- LISTE DES RÉCOMPENSES
- Le jury n’a pas été avare de récompenses. La qualité des produits exposés ne lui permettait d’ailleurs pas de l’être. Voici la liste des lauréats.
- ITALIE
- Laeoret Terruggia . .
- Testa Sorelle........
- Genoni, Rosa.........
- Sarlioni, Vittorio . .
- PoNTECORVO, BeNEDETTO
- Aldo Turretta ....
- Grand prix.
- Diplôme d’honneur. Grand prix. Médaille d’or.
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- ARRIVÉE A LA SECTION FRANÇAISE
- PORTE BUANA ROTI
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- SECTION DES CHEMINS DE FER FRANÇAIS,
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- EXPOSITION DE MILAN
- BELGIQUE
- Choque et Zorn................
- Lebàcq Sciiampers.............
- Alfred François...............
- Fonso et Cie...................
- Crutzen et Cic. ..............
- BULGARIE
- Ministère du Commerce et de l’Agriculture .................................
- Oucherva (Madame).....................
- Musée national, Sofia.................
- Kosta Welitsciikoff, Sofia............
- SUISSE
- Gunzburger-Wolf-Basilia
- FRANCE
- Storcii (Léon), Paris.............
- Perdoux et Gio, Paris.............
- Hubert de Vautier et fils, Paris..
- Etablissements IIalimbourg-Akar réunis. Raudnitz (Ernest), Paris..........
- Hors concours Médaille d’or. Médaille d’or. Grand prix. Médaille d’or.
- Grand prix.
- Médaille d’or. Diplôme d’honneur. Médaille d’argent.
- Médaille d'argent.
- Hors concours.
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- LE PALAIS DES TEMPORAIRES,
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- EXPOSITION DE MILAN
- Collectivité de la couture.............. Grand prix,
- Beer (Gustave), Paris............................ —
- Bessand père et fils, Stasse et Ci0, Paris. —
- Bogler, Paris.................................... —
- Carette (Georges), Paris......................... —
- Cognacq (Ernest) (à la Samaritaine), Paris. —
- Ducher, Paris...........................
- Dury (A.) et fils, Paris......................... —
- Fillot, Bicois, Lucet etCic (au Bon Mar-
- ché), Paris........................... —
- Gaulais (The Sport), Paris.............. Médaille d’or.
- Gorse (Jean et Jules), Lyon............. Grand prix.
- Ibrahim Biiam, Paris.................... Médaille d’argent.
- Kahn (Paul), Paris...................... Grand prix.
- Krieck, Paris............................ Diplôme d’honneur.
- Laguionie et Cie (au Printemps), Paris . Grand prix.
- Louvre (Société du), Paris...................... —
- Margaine Lacroix (Mme), Paris................... —
- Neyret et Vallée, Paris......................... —
- Paquin, Paris................................... —
- Redfern, Paris..........................
- Revillon Frères (Société anonyme des
- Etablissements), Paris............... —
- Rondeau (Emile), Paris................. Diplôme d’honneur.
- Soit 24 Grands prix, 4 diplômes d’honneur, 6 médailles d’or, 3 médailles d’argent, sur lesquels la France a remporté 18 Grands prix, 2 diplômes d’honneur, 1 médaille d’or et 1 d’argent.
- Les collaborateurs de nos maisons n’ont pas été moins bien partagés ; 9 diplômes d’honneur, 28 médailles d’or, 25 médailles d’argent et 11 médailles de bronze leur ont été décernés.
- A Milan comme dans les Expositions précédentes, les Français n’avaient pas de concurrents dignes de leur être opposés, les plus sérieux étaient les Italiens qui ont reçu et qui méritaient d’assez belles récompenses, mais dont l’Exposition ne peut entrer néanmoins en ligne de compte avec la nôtre. Voici d’ailleurs quelques détails sur les principaux exposants italiens.
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- SECTION ITALIENNE
- La maison Laforet Giuseppina Terruggia, de Milan, date d’une quarantaine d’années, et Mrae Terruggia a succédé à M. Laforêt depuis dix ans environ. Cette maison, qui a une très bonne clientèle élégante, fait travailler de 60 à 70 couturières.
- Elle a aussi un atelier de chapeaux, un autre pour les gants, et une très bonne vente d’articles de Paris concernant la toilette de dames: bijouterie, bourses, cravates, etc...
- Sorelle Testa, de Milan, n’est qu’une petite maison de couture qui a peu d’années d’existence, mais elle pourra acquérir une grande notoriété si le talent d’organisation reste égal au goût exquis dont les titulaires ont lait preuve dans leur Exposition de toilettes.
- Genoni Posa, de Milan, professeur de coupe à l’Ecole professionnelle de la Société Humanitaire, a exposé pour son compte personnel. Son désir est de s’inspirer dans ses créations des oeuvres artistiques des anciens maîtres de la peinture italienne. Cette théorie peut être discutée mais elle a été appliquée par Mme Genoni avec un sentiment d’art très remarquable.
- La maison Pontecorvo Benedetto, de Rome, est une ancienne maison, la plus importante dans le genre de couture pour dame. Elle a une clientèle des plus élégantes dans la capitale et
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- EXPOSITION DE MILAN
- fournit la Reine d’Italie. M. Benedetto s’est retiré et ce sont ses deux fils qui continuent à gérer la maison.
- La maison Sâblioni Yittorio, de Milan, existe depuis une dizaine d’années ; elle fait seulement le commerce en gros de robes, manteaux et de robes brodées mi-confectionnées. Elle travaille avec les meilleures maisons d’Italie et fait des affaires assez considérables.
- La maison Aldo Turetta également de Milan, est aussi une maison de gros assez nouvelle mais qui a beaucoup d’avenir.
- La Société humanitaire est une institution fondée par Mr Loria qui destina par legs environ dix millions pour cette œuvre. Cette institution a pour but d’aider et d’instruire la classe ouvrière. Parmi les diverses écoles professionnelles fondées par cette Société, il y en a une pour les jeunes filles qui se destinent spécialement à la couture. Elle les accueille toutes jeunes encore, leur donne une instruction technique professionnelle soit pour la coupe et la confection des vêtements féminins, soit pour la lingerie. Elle développe et perfectionne l’instruction primaire acquise dans les écoles élémentaires, et par un cours spécial de dessin, inculque aux jeunes élèves des notions d’art qui aliment leur goût. Selon l’âge et l’intelligence des élèves, après deux ou trois ans d’école, les jeunes filles sont en condition de se présenter dans les ateliers industriels comme ouvrières, sans avoir à faire d’apprentissage.
- Les nombreuses maisons de l’Italie suffisent pour les besoins locaux mais l’exportation est presque nulle. On importe spécialement de la France les créations nouvelles pour l’article riche, et de l’Allemagne et d’Autriche des modèles moyens pour copier et des confections de prix moyens et bas pour la vente. Cette dernière importation va toujours en diminuant, les maisons italiennes faisant une réelle concurrence aux étrangères.
- Nous avons essayé de nous procurer des statistiques exactes sur l’importation et l’exportation des vêtements pour dames séparés de ceux pour hommes, mais la douane les classe tous sous la dénomination commune d’articles cousus. Les seuls
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- PALAIS DE LA NAVIGATION ITALIENNE
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- EXPOSITION DE MILAN
- chiffres que nous ayions pu obtenir sont ceux de Y Annuaire Commercial que publie le ministère de l’Industrie et du Commerce En voici quelques-uns :
- 1905.
- Importation. Exportation.
- Objets cousus : coton
- — laine
- — soie .
- 478.000 fr. 1.820.000 — 400.000 —
- 725.000 lr. 326.000 — 380.000 —
- Il ne faut d’ailleurs pas attacher une trop grande importance à ces chiffres, ils ne fournissent que des renseignements approximatifs car ils proviennent de déclarations souvent inexactes faites à la douane.
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- EXPOSITION I)E MILAN
- trie nationale, les devoirs d’assistance, de mutualité et de solidarité sociale. Notre tâche comporte donc encore trois parties, considérations générales sur le costume à l’époque où nous sommes, mouvement industriel et commercial, institutions sociales dans l’industrie du vêtement.
- Les historiens du costume ont souvent exagéré l’importance et la signification des modifications du vêtement à travers les années. On ne peut pas dire que la vertugale, le vertugadin, le panier et la crinoline soient l’expression du caractère des quatre siècles qui les ont connus. Il ne convient pas d’attribuer à Mü0 Bertin un rôle considérable dans l’explosion de la Révolution française. Néanmoins la mode traduit ou trahit toujours quelque chose de l’état d’âme général d’un peuple ou de la situation économique d’un pays. Il exprime un goût par la ligne, la couleur, par la femme même. Et sans aller jusqu’à prétendre que la vertu des femmes est en raison inverse de la légèreté de leur costume, on doit bien reconnaître que les nymphes et les merveilleuses qui disaient en 1796: « Voilà plus de deux mille ans que les femmes portent des chemises, cela est d’une vétusté à périr... » avaient adopté un costume ultra-léger assez en rapport avec le libertinage de l’époque.
- Cherchons donc quels sont les faits sociaux qui ont influé sur la forme et la confection du vêtement au cours des dernières années. Cherchons aussi quels goûts révèlent les vêtements modernes tels qu’ils furent exposés à Milan. Devons-nous, pour ce faire, établir une distinction tout à fait tranchée entre la grande couture, la moyenne et la petite couture, et la confection, nous ne le croyons pas. En France — et il est nécessaire de préciser car il en est autrement à l’étranger — en France à peine un modèle de grande couture s’est-il fixé que la couture moyenne et petite s’en empare et que la confection l’exécute dans la limite de ses moyens. Il n’existe pas chez nous, à une même époque, une différence très sensible entre le costume de l’aristocrate la plus élégante et celui d’une midinette un peu coquette. Il y a différence dans la valeur de l’étoffe, dans le prix des garnitures, dans la qualité de la façon évidemment ; mais les deux costumes révèlent le même goût par les couleurs franches ou atténuées ; les deux costumes ont d’une façon générale la même ligne, ou du moins le second s’efforce d’obtenir la ligne du premier. Cela
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- est vrai en France parce que chez nous tout le monde suit la mode. En Angleterre, on remarque une différence bien plus tranchée. Les classes pauvres suivent la mode avec dix années de retard. Les fripiers revendent aux pauvresses les prétentailles des aristocrates qui ont déjà passé sur bien des dos. Aucun rapport n’existe entre le costume des élégantes fortunées et celui des petites bourgeoises, ou des femmes du bas peuple. En Allemagne, où le fripier joue un moins grand rôle dans l’habillement des classes moyennes et ouvrières, la mode n’est jamais générale, pas plus qu’en Italie ou qu’en Autriche. Nous occupons donc une place tout à fait particulière à cet égard, les vrais caractères du costume sont chez nous les memes pour toutes les classes de la société à un moment donné.
- Notons cependant que la mode n’est plus à l’heure présente aussi fixe qu’elle l’a été jadis : « Le modèle, écrit M. Léon Storch dans son rapport sur l’Exposition de 1900, est fait au commencement de chaque saison : janvier, février pour la saison d’été, juillet, août pour la saison d’hiver. Les premiers modèles sont présentés aux acheteurs de province et surtout de l’étranger, à titre d’orientation pour la mode de la saison ». Il en était ainsi il y a quelques années. 11 existait au moins une mode de saison, mais le distingué rapporteur sentait déjà que cette immobilité momentanée allait disparaître. Il écrivait: « Par sa clientèle parisienne le couturier modifie, au cours de la saison les formes primitives et crée parfois des formes tout à fait différentes. Bien souvent la forme de l’arrière-saison créée dans les grandes maisons de couture sert à orienter la mode de la saison suivante ». Cette pratique s’est répandue depuis que M. Storch a écrit ces lignes. La mode est devenue pour Paris tout à fait mouvante, variant presque de semaine en semaine ; cependant on doit reconnaître que ces variations ne sont pas à tout prendre très considérables. Elles sont toutes contenues dans une ligne générale qui subsiste souvent pendant plus d’une saison. Et ce qui importe au fond ce sont les caractères généraux, les traits essentiels.
- Du costume masculin il y a peu à dire. On n’a imaginé aucune forme nouvelle de vêtement. Les pantalons se font plus ou moins étroits, les gilets plus ou moins fermés, les vestons plus ou moins cintrés, mais on porte toujours des pantalons, des gilets et des vestons.
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- On a souvent pensé à détruire cette uniformité monotone. On s’est attaché à certaines coupes spéciales imaginées ou voulues par des hommes placés en situation brillante, on a essayé de transformer Fart du costume masculin, mais ce ne furent que des tentatives étroites et sans résultats. Les formes générales du costume n’ont pas sensiblement varié. Le changement le plus significatif qu’il y ait à signaler à cet égard est le goût nouveau des couleurs plus vives, des dessins plus accentués. Nous retrouverons les mêmes caractéristiques dans le costume féminin.
- Celui-ci a du moins été influencé par différents faits sociaux. D’une façon générale le costume féminin tend à se rapprocher du costume masculin. Le même mouvement s’est déjà produit en France à la fin du xvme siècle sous l’influence anglaise. Après les volumineux paniers, les tailles longues et plates, les manches pagodes, les plis Watteau ou Louis XV, après les fantaisies outrées nées dans l’imagination de Mlle Bertin et docilement acceptées par Marie-Antoinette ; après les profusions de garnitures d'attention, d'œil abattu, de soupir de venus, vinrent les polonaises, les caracos, le genre lévite. C’est alors que naissent les robes redingotes, qu’on revient aux souliers plats et que les femmes se coiffent de chapeaux de castor. Les influences anglaise et américaine ont envahi la cour et tout le monde élégant. Une lubie, une manie aussi ridicule dans ses exagérations que celle qui avait obtenu la faveur des années précédentes s’est emparée des femmes et fait le succès des costumes collants.
- Depuis quelques années nous assistons à une évolution semblable. Simplification générale du costume, adoption des vêtements collants. Est-ce parce que nous sommes contemporains de cette transformation que nous la jugeons moins brutale, moins illogique, moins saugrenue? Peut-être, mais nous ne nous chargeons pas de répondre à cette question. Bornons-nous à faire remarquer que l’on peut trouver dans les conditions générales de la vie actuelle de bonnes raisons qui paraissent expliquer très suffisamment ce retour de mode.
- L’influence anglaise n’y est pas étrangère, reconnaissons-le tout de suite. Nous avons toujours emprunté beaucoup de choses à l’Angleterre, on nous a toujours vanté le sens pratique de nos voisins d’outre-manche et, soit dans la mode, soit dans d’autres
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- domaines, nous avons souvent copié les anglais. Dans l’ordre d’idées qui nous occupe, la Grande-Bretagne nous a depuis longtemps donné le spectacle de vêtements féminins d’une simplicité extrême, d’une sobriété de garniture qui touche à l’indigence, puis sous l'influence de toute une école artistique, elle nous a rappelé les teintes plates, les lignes sévères.
- Et nos créateurs de modèles ont pu lui emprunter à la fois les costumes de sport pratiques auxquels ils ajoutèrent beaucoup de coquetterie et les couleurs qu’ils harmonisèrent mieux que ne le faisaient certains couturiers londonniens. Au reste cette influence est plutôt celle du public anglais que celle des industriels et des artistes qui font des costumes et créent la mode en Angleterre. Ceux-là sont français pour la plupart et rattachés par des liens plus ou moins étroits aux modes françaises. Nous ne devons d’ailleurs pas exagérer l’influence de l’Angleterre,encore qu’elle ait quelque chose de tout à fait spécifique, sur les modes françaises de l’heure présente. Ce qu’elle a de purement national, c’est une sécheresse que nos costumiers se sont hien gardé de leur emprunter.
- Les anglais se sont adaptés plus rapidement peut-être aux exigences de la vie moderne et ils ont, plus vite que nous, adapté leur costume à ces exigences. Ce que nous leur avons emprunté, ce sont des modes d’adaptation que nous eussions dû trouver nous-mêmes un jour ou l’autre. C’est donc moins dans l’influence anglaise, bien qu’elle soit réelle, que dans les conditions de la vie de nos jours qu’il faut chercher les causes, les raisons d’être des transformations des vêtements féminins auxquelles nous assistons.
- L’existence à l’heure actuelle est plus mouvementée et plus remplie qu’elle ne l’était précédemment. La vie sociale exige de tous, pauvres ou riches, une activité inutile ou féconde, mais en tous cas de plus en plus diverse, de plus en plus intense. Chacun de nous a plus de choses à faire et doit les faire plus vite. Cela entraîne fatalement une simplification des vêtements. Dans les classes bourgeoises et ouvrières, les femmes travaillent: elles sont institutrices, employées, ouvrières, patronnes même. Tout métier, toute occupation régulière, soutenue, organisée, oblige celle qui la pratique à ne porter que des vêtements peu encombrants, peu fragiles, peu déchirables et peu salissants. Les élégantes, les aristocrates, même si elles ne travaillent pas
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- sont obligées de porter des costumes simples. On ne voit pas très bien comment Louise de Montaymar ferait pour promener dans nos salons, dans nos théâtres, clans nos voitures l’immense vertugadin sous lequel elle réussit à dissimuler le duc de Montmorency traqué dans Béziers. La vie moderne exige des mouvements rapides et aisés que permettent seuls des costumes simples.
- Le développement des notions d’hygiène a agi également dans le sens de la simplification du costume. Au premier chef c’est pour des raisons cl’hygiène, qui étaient devenues pour toutes femmes des raisons de commodité personnelle, que la réforme du corset s’est effectuée avec autant de rapidité dans toutes les classes de la société. La transformation du corset restera certainement comme un des faits principaux de l’histoire du costume à la fin du xixe siècle. Le nouveau corset qui dégage la taille et maintient le ventre en le relevant au lieu de le comprimer en l’abaissant, a conduit les couturiers à modifier radicalement leurs formes de jupes et de corsages. C’est dans le sens de la simplicité et de la légèreté que cette transformation s’est accomplie.
- C’est aussi à l’hygiène que nous devons en grande partie la simplification des dessous, mais ce n’est pas à l’hygiène seule. L’emploi de tissus de plus en plus légers, la nécessité de supprimer tous les vêtements gênants, et aussi une mode bien fâcheuse pour l’esthétique et qui nous est venue d’Angleterre, la combinaison, y ont contribué. Nous n’avons plus à présent le juponnage épais et touffu qui soutenait les jupes et leur donnait de l’ampleur. La simplification nous mène en ce chemin au vêtement collant et nous verrons tout à l’heure que le goût de notre époque s’en accommode parfaitement. C’est à l’hygiène encore, aux doléances des médecins contre la poussière, à la lutte contre la tuberculose que nous devons le raccourcissement des jupes. Bien des femmes désiraient depuis longtemps ne porter, pour vaquer à leurs occupations ordinaires, que des jupes venant à la cheville. L’usage des robes à terre les en empêchait. La campagne contre la poussière a supprimé cette barrière et la jupe trotteuse s’est implantée rapidement et soli-* dement dans nos catalogues de costumes. Il ne faut pas croire <* que la tendance au raccourcissement des jupes pour les femmes obligées de se livrer à un travail régulier et quotidien n’ait eu
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- COLLECTIVITE DE LA COUTURE
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- aucune influence sur la mode que suivent les plus élégantes. Nous avons dit déjà qu’en France la mode est suivie par tout le monde, cela doit s’entendre du haut en bas de l’échelle sociale. Mais il se produit également une réaction par laquelle les formes adoptées par nécessité dans les classes laborieuses influent sur l’invention des créateurs de la grande couture et sur le goût de leurs clientes. On ne cherche pas à l’heure présente à refaire de nouveau des robes à très longues traînes.
- La pratique de plus en plus répandue des sports n’a pas été sans exercer une influence profonde sur le vêtement féminin. Evidemment chaque sport comporte un costume spécial. Chasse, tennis, bicyclette, automobile, ont créé chacun un vêtement approprié qui ne peut être porté que très difficilement dans d’autres circonstances que celles pour lesquelles il est fait. Malgré cela le caractère pratique de ces vêtements spéciaux a réagi sur le costume en général. Une femme ne passerait pas sans difficulté de la légère robe de tennis à une encombrante crinoline. Nous remarquons ici la même influence du costume spécial sur l’habillement général que nous venons de signaler au sujet du raccourcissement des robes.
- Notons encore deux autres influences qui ne sont pas les moins curieuses. La première est une influence historique. Nos grands couturiers se sont mis à étudier plus soigneusement les modes des siècles passés. Ils ont trouvé pour les aider dans leurs recherches des artistes célèbres ou inconnus qui ont patiemment tourné tous les feuillets de l’histoire du costume. Ils ont fouillé les collections nationales, les musées, ils ont secoué la poussière des vieux livres, des vieilles estampes pour adapter au goût moderne les formes, les couleurs, les fleurs qui plurent à nos aïeules. Le zèle des couturiers pour l’histoire du costume s’est d’ailleurs traduit par l’élévation très rapide du prix des gravures de mode, en particulier de celles du xvme siècle. Est-ce à la même cause que l’on doit rapporter les nombreux larcins qui ont été signalés dans bien des collections d’estampes ? Nous préférons croire que les jeunes dessinateurs commis à ce soin par les couturiers ont bien sagement, ainsi qu’ils en avaient probablement reçu l’ordre, copié les gravures que l’Etat mettait à leur disposition dans les collections publiques. Toujours est-il que cette influence des recherches historiques sur le costume moderne est très sensible. On lui doit notamment en 1906 un retour
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- aux modes de l’Empire et du Directoire qui n’a pas eu tout le succès qu’escomptaient ses promoteurs. Signalons enfin pour montrer combien cette influence peut être efficace, qu’il a suffi à un artiste de talent de mettre sous les yeux des élégantes un certain nombre de chapeaux du xviii0 siècle, ceux en particulier de Mmo de Genlis, pour déterminer au début de la saison 1907 la création de la forme cloche qui a été si bien accueillie en France.
- Enfin, dernier facteur ayant eu une action sur le costume contemporain : la renaissance factice, artificielle de certaines garnitures, soieries, rubans ou dentelles. Pour des motifs divers, tantôt pour éviter une grève d’ouvriers, tantôt pour prévenir une crise industrielle, tantôt pour favoriser une branche de commerce, les pouvoirs publics ont été amenés à user de leur puissance pour faire introduire dans la mode des éléments d’ornementation qui n’y seraient peut-être pas entrés, ou toutefois qui n’y seraient pas entrés aussi rapidement. Cela est vrai surtout pour le ruban, le lacet et la dentelle à la machine. Pour des motifs étrangers à la mode, par patriotisme pourrait-on dire dans certains cas particuliers, le vêtement féminin s’est ainsi trouvé chargé d’éléments dont il ne songeait pas à s’encombrer.
- Quel est en fin de compte le résultat de toutes ces influences ? Quelle forme de costume ont-elles engendré ?
- D’une façon générale, la division du vêtement des femmes commencée il y a bien longtemps — à partir de Louis XIY on distingue nettement le corps cle jupe du bas de jupe —s’accentue. La jupe est tout à fait séparée du vêtement du torse : boléro ou jaquette. La blouse devient d’un usage tout à fait général. Ainsi, le costume féminin se compose, comme le costume masculin de trois pièces maîtresses, jupe, blouse, boléro ou jaquette correspondant au pantalon, au gilet, au veston ou à la redingote.
- Cette division du costume a pour corollaire sa simplification. Nous avons vu plus haut les principales causes de cette simplification. Que produit-elle en pratique ? Des jupes collantes, des blouses légères, des corsages ajustés. Prenons au hasard une description de toilette dans un journal de mode de 1906. Elle nous renseignera aussi clairement en quelques lignes que les photographies des vitrines de l’Exposition de Milan que l’on trouve dans ce rapport : « Jupe fourreau ornée de rivières ajourées et de rosaces brodées à l’anglaise et encadrées de pastilles
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- LES GENDARMES ITALIENS AU PARC
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- au plumetis. — Veste droite en toile ornée des mêmes broderies ». Jupe collante, veste droite. Voilà la simplicité des lignes, que compense un abus de garnitures. Le vêtement féminin en est arrivé à dessiner toutes les parties du corps, la légèreté du juponnage fait que la jupe serre les cuisses, s’incurve encore un peu à la hauteur des genoux, s’élargit au niveau du sol mais très peu. La blouse est d’étoffe très légère et transparente, elle a des manches courtes et qui tombent en flottant jusqu’à la hauteur du coude. La veste ou la redingote de couleur unie sont de lignes très simples, droites devant, ajustées derrière. Ainsi toutes les formes d’un corps de femme, telles du moins que les laisse apparaître le corset moderne, sont épousées, adoptées par l’étoffe.
- Quant aux garnitures, elles abondent. Volants, biais, empiècements, bordures en dentelles, ceintures en broderie, filigranes, soutachements, petites bretelles, jabots, petits nœuds de velours, boucles en acier, ou ornées de pierreries, gros boutons cabochons en nacre, fronçage, plissage, etc., tous les ornements possibles et imaginables ont été utilisés. D’aucuns attribuent ce goût de la prétentailles (on ne saurait mieux le définir) à l’influence des recherches historiques. D’autres y voient un effet du goût autrichien dont l’influence s’exerce chez nous par l’intermédiaire d’un grand nombre de journaux de mode. Quoiqu’il en soit, Mlle de Fontanges aimerait la mignardise, la coquetterie méticuleuse de nos modes. Enfin nous n’hésitons plus devant les rapprochements les plus hardis de couleurs franches. Depuis peu d’années les nuances vives et claires connaissent de nouveau la faveur du public et nos artistes couturiers profitent de cette vogue pour risquer les heurts de couleurs les plus audacieux et parfois les plus réussis. »
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- LE COMMERCE DE LA FRANCE
- (Vêtements confectionnés)
- Nous devons étudier maintenant le mouvement commercial auquel donne lieu, pour la France, l’industrie du vêtement.
- Pour le commerce des vêtements de femmes, les tableaux ci-dessous sont d’une éloquence qui se passe de commentaires. Nos exportations de vêtements confectionnés pour femmes, tant en soie qu’en autres étoffes, n’ont cessé de s’élever, passant de 524.997 kilos en 1900 à 771.390 kilos en 1905 et pour la valeur, de 81.163.008 francs à 98.564.093 francs. Par contre, nos importations de produits de même catégorie n'ont que peu augmenté, passant de 39,917 kilos en 1900 à 54.228 kilos en 1905 et de 2.395.020 fr. à 3.253.680 francs. Nos importations ne sont donc guère que la 30e partie de nos exportations. Nos principaux clients sont: pour les vêtements de soie, l’Allemagne, 67.133 kilos en 1905 et l’Angleterre, 22.193 kilos en 1905. Pour les autres tissus, F Angleterre, 306.508 kilos, les Etats-Unis, 96.297 kilos, l’Allemagne, 74.836 kilos et la Suisse, 44.898 kilos. Le principal importateur en France est l’Allemagne, 38.121 kilos en 1905 sur un total de 54.228 kilos.
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- VÊTEMENTS CONFECTIONNÉS POUR HOMMES
- Exportation (France). — Commerce spécial.
- PAYS DE DESTINATION 1900 QUANTITÉS Cil KILOS 1901 QUANTITÉS en KILOS 1902 QUANTITÉS en KILOS 1903 QUANTITÉS en KILOS 1904 QUANTITÉS en KILOS 1905 QUANTITÉS en KILOS
- Angleterre 92.560 34.876 33.339 20.709 39.658 82.509
- Belgique 32.147 20.816 17.417 » 17.129 »
- Suisse 18.392 17.735 16.000 14.945 15.362 18.503
- Egypte » )) 9.426 10.900 11.209 »
- Mexique » )) )) 12.256 21.461 20.563
- Colombie » )) )) )) 22.895 37.028
- Brésil 33.561 15.548 » 34.173 41.908 23.053
- République Argentine 28.952 16.692 » 23.225 38.381 21.029
- Chili 43.256 37.694 43.403 » 22.968 23.176
- Chine 211.779 109.745 22.551 » » »
- Etats-Unis 23.791 21.900 7.727 )) » »
- Japon » 16.070 » » )) »
- Allemagne » )) 19.544 13.552 » »
- Turquie » )) 10.328 76.577 )) »
- Possessions Anglaises d’Afrique . . . » » » 5.657 » »
- Autres pays étrangers 97.736 86.897 43.961 84.341 73.998 143.368
- Zone franche 17.248 16.493 14.965 17.872 18.159 20.498
- Algérie Tunisie 466.600 324.351 345.261 310.833 399.471 475.031
- 85.357 88.080 82.615 38.280 42.734 29.391
- Sénégal 46.246 72.829 129.111 17.878 85.758 76.140
- 1 Etablissements français côte occiden- cUvntalo d’Afrique | 53.491 24.965 )) 26.042 31.245
- Madagascar et dépendances .... 185.505 123.612 77.056 21.486 41.921 1 19.966 12.697 \
- Nouvelle Calédonie )) )) )) 18.284
- Guyane Française Indo-Chine 60.077 )) 86.948 23.603 107.536 20.620 11.348 » 20.931
- Martinique 41.726 )) 25.262 13.230 » » ;
- La Réunion » 41.829 » .» )) ))
- Autres Colonies et Protectorats . . . 110.072 81.987 89.911 57.356 30.767 45.296
- Totaux 1.648.496 1.238.257 1.TT7.0Î6 812.174 981.135 1.102.036
- Valeurs globales frs 25.353.868 19.044.393 17.179.706 12.491.236 15.089.856 16.949.314
- Importation (France). — Commerce spécial.
- Angleterre...................
- Allemagne....................
- Pays-Bas.....................
- Belgique.....................
- Suisse.......................
- Italie.......................
- Espagne .....................
- Maroc........................
- Autriche-Hongrie.............
- Autres pays étrangers .... Colonies et pays de protectorat Algérie......................
- Totaux
- Valeurs globales frs.
- 34.319 34.654 39.152 44.353 45.169 56.287
- 16.054 15.021 21.553 12.081 13.174 10.203
- 121 )) » » » »
- 30.443 14.780 18.687 27.888 27.117 27.155
- 2.695 1.504 744 682 759 1.638
- 1.543 1.157 1.109 1.436 1.114 1.716
- » 134 » » » »
- » 2 » » )) »
- » » 558 959 872 »
- 1.872 1.252 940 1.166 925 ,2.490
- 347 432 100 60 676 808
- » » 2.631 » » »
- 87.394 68.936 85.474 88.625 89.806 100.397
- 1.310.910 1.034.040 1.282.110 1.329.375 1.347.090 1.505.955
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- VÊTEMENTS CONFECTIONNÉS POUR FEMMES
- Exportation (France). — Commerce spécial.
- ESPÈCES PAYS DE DESTINATION 1900 QUANTITÉS en KILOS 1901 QUANTITÉS Cil KILOS * 1902 QUANTITÉS Cil KILOS 1903 QUANTITÉS en KILOS 1904 QUANTITÉS CR KILOS 1905 QUANTITÉS en KILOS
- Angleterre 54.711 41.290 55.918 16.304 12.484 22.193
- Allemagne 19.039 19.122 26.568 13.649 15.082 67.133
- Belgique 21.577 24.886 18.870 » 1.110 »
- Suisse 1.500 2.314 2.938 4.003 2.849 4.367
- Italie » » )) 969 » k -. }> ;
- ’o ] Autriche-Hongrie )) 2.192 4.786 3.051 3.714 [*f »
- C/3 Etats-Unis )) » » » » 2.368
- fl Chili » » » » » 1.864
- K Autres pays étrangers 6.162 2.743 4.293 2.706 2.776 4.212
- Colonies 225 416 575 485 1.443 615
- Totaux 103.214 92.963 113.948 41.167 39.458 102.752
- Valeurs globales Frs 36.555.238 32.922.846 44.382.746 16.034.546 14.593.541 38.326.496
- Angleterre 200.184 287.454 346.131 275.463 339.297 306.508
- g CÆ Allemagne 63.534 51.028 86.356 70.039 68.171 74.836
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- 25.793 )) )) 14.412 25.528 18.778
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- 2.734 6.406 18.451 26.399 26.733 11.261
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- 1 1 rtation (France). — Commerce spécial.
- 7.730 7.536 6.272 4.716 8.275 7.221
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- 2.204 3.797 6.041 4.698 6.039 4.028
- 3.821 2.705 741 475 418 1.341
- 2.278 2.341 3.331 2.391 3.091 3.283
- 200 11 27 183 36 234
- 39.917 63.406 82.598 81.748 57.823 54.228
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- Pour les vêtements confectionnés d'hommes, la situation est la suivante. Exportation sans progrès depuis 1900. Elle varie durant ces cinq années entre 1.648.496 kilos (1900) et 1.102.036 kilos (1905) et pour la valeur entre 25.353.868 francs (1900) et 16.949.314 francs (1905), le chiffre le plus bas étant 12.491.236 francs en 1903.
- Les importations qui, de même que pour les costumes de femmes ne sont pas non plus très importantes, s’accroissent, passant de 87.394 kilos en 1900 à 100.397 kilos cinq ans plus tard, et d’une valeur de 1.310.910 francs à 1.505.955 francs. Notre principal acheteur étranger de vêtements d’hommes est l’Angleterre, 82.509 kilos, et c’est aussi l’Angleterre qui est le principal de nos fournisseurs, 56.287 kilos.
- Une des phases les plus intéressantes de la rivalité commerciale de la France et des nations étrangères est certainement la lutte soutenue contre l’Allemagne pour la fabrication des confections à bon marché. A la faveur du régime commercial institué par l’article XI du traité de Francfort, l’Allemagne nous a fourni depuis 1873 une grande quantité de vêtements pour femmes. Nos achats en Allemagne ont encore augmenté de 1900 à 1905. Gela tient aux salaires très bas pratiqués par nos voisins, aux tissus employés, qui sont de qualité inférieure à ceux qu’emploie la fabrication française.
- Les fabriques allemandes fournissaient de 2,50 à 2,75 les tissus que les maisons françaises ne donnaient qu’à 3 francs et 3,50. D’autre part, bien des fabriques françaises hésitaient à renouveler leur matériel coûteux, mais dépassé par les inventions nouvelles. Pour toutes ces causes, nous étions il y a quelques années inférieurs à la Belgique, à l’Angleterre et particulièrement à l’Allemagne pour la fabrication des vêtements confectionnés bon marché. Aujourd’hui nos fabriques luttent à armes égales avec les maisons étrangères. Qu’a-t-on donc fait pour cela ?
- Les maisons françaises principalement intéressées ont été étudier sur place la fabrication allemande. Le résultat de leurs études a été la démonstration qu’il fallait se contenter d’un bénéfice moindre et utiliser des tissus d’un prix moins élevé. Aussi vit-on peu de temps après, surgir à côté de la fabrication ancienne des tissus de Sedan, de Roubaix, d’Elbeuf en laine fine, des échantillons de tissus parfaitement comparables comme prix et comme qualité aux tissus utilisés par les industriels allemands. En outre, la réduction très sensible des bénéfices de l’indus-
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- l’exposition au parc après l'incendie, nouvelle construction
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- triel, ont permis aux fabricants français d’obtenir pour le même prix des articles beaucoup plus élégants que ceux que fournissaient leurs concurrents d’outre-lihin.
- Il s’agit maintenant de poursuivre à l’étranger la campagne entreprise en France avec tant de décision et tant de succès par nos fabricants, pour cela il serait nécessaire que l’abaissement des droits de douane nous permette de réduire encore nos prix. Nos produits qui obtiennent déjà tant de succès par leur élégance détrôneraient alors définitivement les produits étrangers. Cet abaissement des tarifs pour les matières nécessaires à nos industries ne présenterait pas grand danger, car nous n'avons rien à redouter de la concurrence étrangère étant donné la qualité supérieure de nos tissus. Nos fabriques sont d’ailleurs parvenues à un tel perfectionnement d’outillage qu’elles pourraient encore diminuer leur prix de vente si leur production s’accroissait. Et à l’étranger, cette diminution des tarifs douaniers permettrait à notre industrie du vêtement de prendre un magnifique
- essor.
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- ORGANISATION DU TRAVAIL
- On se rappelle comment l’organisation du travail relatif à la confection des vêtements a évolué à travers les siècles. Tant que ]e costume n’a subi que des transformations lentes, c’est-à-dire jusqu’au xviii0 siècle, un grand nombre de corporations, brace-liers, pourpointiers, chaussetiers, tailleurs, etc., préparaient les vêtements que vendait le mercier. Peu à peu des tailleurs d’habits absorbèrent les professions annexes de la leur. En 1630, ils prirent le nom de tailleurs d’habits-chaussetiers. En 1655, ils s’entendirent avec les pourpointiers et obtinrent le privilège de « faire et vendre toutes sortes d’habits dont l’on se sert et dont l’on pourra se servir à l’avenir pour couvrir et habiller toutes sortes de personnes de quelque qualité, âge et sexe qui se puissent présenter ». Dans cette corporation soumise aux règlements et aux coutumes de toutes les corporations, l’apprentissage durait trois ans. Il était suivi de trois ans de compagnonnage. Les meilleurs compagnons gagnaient quatre livres par mois, les autres entre trois livres et quarante sous. Ceux qui travaillaient à la journée gagnaient 10 sous. La solidarité qui régnait à l’intérieur des corporations amenait les maîtres à se réunir pour se répartir les commandes, ceux qui en avaient trop en abandonnant à ceux qui n’en avaient pas. Le client fournissait toujours l’étoffe au tailleur. Les tailleurs-pourpointiers-chaussetiers attachés aux personnes de la famille royale constituaient l’aristocratie de leur
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- corporation et usaient de leur influence en sa faveur. Louis XIV en avait trois qui devaient « se trouver tous les matins en la garde-robe du Roy pendant qu’il s’habille au cas qu’il y eût quelque chose à coudre ou à raccommoder aux habits .» (1)
- En 1675 se produisit un événement de la plus grande importance dans l’histoire du costume; la création d’une maîtrise pour les couturières de la ville de Paris (Edit du 30 mars). Le métier de couturières ou couseuses de vêtements n’était qu’une subdivision du métier de tailleurs et nous avons vu que les tailleurs-pourpointiers-chaussetiers avaient obtenu en 1655 un monopole absolu pour la fabrication de tous les vêtements. Il n’existait qu’une très légère exception : les filles des maîtres tailleurs pouvaient, avant d’être mariées, habiller les petits enfants jusqu’à l’âge de huit ans. La guerre que se firent les couseuses et les tailleurs fut longue et acharnée et semblable, d’ailleurs, à toutes les rivalités de corporations, procès sur procès, chicane sur chicane, pour des vétilles qui nous paraissent aujourd’hui tout à fait ridicules. Toujours est-il que les couseuses l’emportèrent. Elles firent des vêtements pour dames malgré l’hostilité des tailleurs, elles se créèrent une petite clientèle, puis supplièrent le roi, par une requête, de protéger leur nouveau métier. Le roi « ayant considéré qu’il était assez dans la bienséance et convenable à la pudeur et à la modestie des femmes et filles de leur permettre de se faire habiller par des personnes de leur sexe lorsqu’elles le jugeaient à propos... » érigea « la profession de couturière en titre de maîtrise jurée pour faire à l’avenir un corps de métier » respectant toutefois le droit des tailleurs qui purent continuer à confectionner les vêtements des femmes. La concurrence des deux corporations contribua grandement à affiner le goût, à améliorer la qualité et l’ornementation de la toilette. A partir de ce moment, Versailles servit de modèle a toutes les cours, et la f rance prit la réputation d’élégance et de bon goût qu'elle a su conserver depuis. On rappelle souvent que les couturières avaient eu l’idée heureuse d’habiller des poupées selon le goût français et de les expédier dans les différents pays pour accroître leur clientèle. Ces malheureuses poupées firent souvent l’objet de pourparlers entre les Etats en raison des édits royaux sur le travail et sur les douanes. Au moment de la guerre d’Espagne, les
- (1) Cilé par M. L. Storcii : Rapport sur la Classe 85, à l’Exposition de 1900.
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- gouvernements français et anglais échangèrent à leur sujet de très graves correspondances.
- La Révolution française rompit les vieux cadres de l’organisation du travail. Elle libéra les différents métiers, rétablit le libre jeu de la concurrence. En ce qui concerne l’industrie du vêtement, ces modifications eurent moins d’influence que les transformations de l’industrie elle-même.
- ENTRÉE DU PALAIS DES ARTS DÉCORATIFS
- C’est au cours du xixe siècle que s’est établie et développée d’une part la grande couture, d’autre part le régime de la confection. Les deux choses ont la même origine : un besoin général d’élégance. Ce besoin a reçu des satisfactions différentes selon les classes qui le ressentaient. Jusqu’au milieu du xixc siècle, la confection des vêtements se lait au fur et à mesure des besoins particuliers. Pierre a besoin d’un vêtement, il porte de l’étoffe aux tailleurs-pourpointiers-ehaussetiers qui lui font un costume. Jeanne a besoin d’une jupe, elle porte de même de l’étofle aux couturières après l’édit de 1675. Dans la bourgeoisie il arrivait
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- que la femme coupait elle-même sa robe. Dès le xvme siècle, ou remarque l’apparition de la femme de chambre couturière qui, après s’être exercée, après avoir fait admirer les costumes de sa maîtresse, s’établit elle-même et travaille pour une petite clientèle privée. Mais la femme de chambre couturière était un luxe coûteux. Bien des bourgeoises se contentaient de couturières à la journée qui travaillaient pour toute la famille. Dans les campagnes les femmes faisaient elles-mêmes leurs costumes et ceux de leurs maris. Ces costumes duraient d’ailleurs fort longtemps. C’était donc la grande bourgeoisie et la noblesse qui constituaient la clientèle des tailleurs et des couseuses, mais ceux-ci travaillaient toujours au fur et à mesure des commandes. Vers 1780, les couturières avaient bien essajœ de faire rapporter la clause qui leur interdisait d’avoir en magasin plus de cinq aunes de l’étoffe de même nature. On sent dès ce moment chez elles le désir de préparer des costumes à l’avance pour les vendre au fur et à mesure des besoins. C’est somme toute l’idée de la confection qui apparaît. Elle disparaît aussitôt et nous ne la retrouvons plus que 70 ans plus tard.
- Dans l’intervalle, que s’est-il passé? Les artisans ont pris l’habitude de la liberté et de l’initiative, on est sur la voie des procédés modernes de grande fabrication. Avec les progrès du bien-être, le désir d’être bien vêtu s’est répandu. M. Parissot et la Belle Jardinière, M. Worth, la maison Gage!in, M,ne Roger sont considérés comme les créateurs de la grande couture et de la confection. Les uns se mirent à vendre des robes toutes faites dont l’étoffe avait été achetée directement en fabrique et qui avaient été taillées et cousues en leurs maisons. Les autres recherchaient des ornements précieux, des formes plus élégantes, dans de beaux tissus et de belles couleurs. Depuis une cinquantaine d’années ces différentes branches de commerce se sont développées d’une façon merveilleuse et l’industrie du vêtement est devenue une de nos premières industries nationales, ainsi que nous l’avons montré dans le chapitre précédent.
- La grande couture fait les robes les plus élégantes et les plus chères. Le couturier est devenu un véritable artiste. Depuis quelques années particulièrement, il se livre à des recherches historiques, il prend conseil de peintres ou de sculpteurs. Ses ^productions deviennent de véritables œuvres d’art d’un cachet très personnel. On sait quels services lui rendent les premières,
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- les coupeuses, les appréteuses, les essayeuses, les corsagières, jupières et manchières, dont le nom indique suffisamment la fonction. Ce sont presque uniquement des femmes qui travaillent dans la grande couture. Cependant bien des maisons ont dû faire appel à des ouvriers hommes pour des spécialités comme le costume tailleur. Il est à remarquer que ces ouvriers sont en grande partie étrangers. Ces maisons de grande couture emploient souvent jusqu’à 800 ouvrières dont les salaires varient entre 1 lr. 25 et 10 francs et auxquelles il faut joindre un stcift important de vendeuses, de manutentionnaires, de comptables. Les maisons Beer, Paquin, Drecoll et Redfern, qui ont exposé à Milan et qui appartiennent sans contestation à la grande couture, ont chacune au moins 500 ouvrières et employées. D’autres maisons : Reverdot, Armand Martial, Barroin, Tavernier. Rondeau, Lévilion, Bonnaire Lelong occupent chacune un personnel variant entre 350 et 150 personnes. Il est à remarquer au point de vue qui nous intéresse particulièrement en ce moment, que si les chefs de quelques-unes de ces maisons appartiennent en personne à des institutions de prévoyance, sociétés de secours mutuels, mutualité maternelle, caisse des écoles, aucun n'a songé cependant à doter sa maison de mutualité ou de société d'assurance, de participation aux bénéfices ou de retraites. C’est une lacune bien regrettable et qu’expliquent insuffisamment les changements qui s’accomplissent fréquemment dans le personnel.
- La moyenne couture comprend les maisons qui groupent une vingtaine d’ouvrières, un peu plus ou un peu moins. Ces maisons n’ont pas coutume de présenter leurs produits aux Expositions étrangères. Cela exige évidemment pour certaines d’entre elles de trop gros sacrifices. Cependant elles y pourraient figurer en très bonne place et leur participation accroîtrait à coup sûr leur renommée. Ces maisons sont, en général, dirigées par des femmes. La modicité de leurs frais généraux leur permet de livrer des costumes excellents à toute une partie de la bourgeoisie qui ne peut payer les hauts prix exigés par les maisons de grande couture. Elles lancent parfois des modèles heureux dont les grands couturiers n’hésitent pas à s’inspirer.
- La petite couture est représentée par le nombre très élevé des couturières qui travaillent chez elles à façon, assistées d’une ou deux ouvrières ou apprenties. Sa clientèle est la petite bour-
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- geoisie, les employés, les ouvriers à hauts salaires. Elle existe aussi sous la forme de l’ouvrière à la journée gagnant de 2 à 4 francs par jour et la nourriture, dont le nombre est certainement très élevé mais impossible à préciser.
- La confection comprend la fabrication de tous les vêtements pour hommes, femmes et enfants. Les articles sont fabriqués d’avance en très grandes quantités, vendus par séries en France et à l’étranger. Cette industrie est née comme la couture proprement dite, des révolutions industrielles du milieu du siècle. Elle est soutenue, alimentée par le besoin de plus en plus grand de vêtements confortables et élégants. Tandis que pour les classes riches ce besoin était satisfait par la couturière travaillant au fur et à mesure des commandes, faisant pour chaque client un vêtement particulier, pour les classes moins fortunées la confection apportait des costumes par taille et par série, et répondant autant que le prix le permet, à l’élégance particulière du moment. Le confectionneur est, à proprement parler, le vulgarisateur de la mode. Les maisons de confection les mieux organisées comprennent des ateliers de dessin pour la création des modèles et des ateliers de confection pour la réalisation de ces modèles, broderies, fourrures et autres garnitures sont fabriquées dans la même maison. Des machines à couper, à coudre, à piquer, à broder, permettent d’exécuter le travail très rapidement et dans des conditions de bon marché d’autant plus grandes que le confectionneur dépend de moins d’intermédiaires.
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- Peu nombreux ont été, à Milan, les représentants de la confection proprement dite, cette industrie ayant craint sans doute, à cause de l’élévation des tarifs de douane, que les résultats ne fussent pas en rapport des frais exposés. L’effort eut cependant semblé intéressant. La Couture et la Confection ne sont en effet, en France, que les deux branches d’un même tronc. Le tailleur-ehaussetier d’avant la Révolution est l’ancêtre du couturier aussi bien que du confectionneur actuels, et si le couturier peut se contenter de faire œuvre d’artiste, le confectionneur, sans négliger le souci de l’art, doit être avant tout industriel. Qu’il s’agisse de manteaux, de robes, de jupons, de vêtements d’enfants ou de vêtements d’hommes, ce n’est plus l’article de luxe que produit le confectionneur, c'est l’article de consommation courante s’adressant à une clientèle dont le pouvoir d’achat est fortement limité.
- A l’origine même, cette industrie dans ses timides débuts ne pouvait compter que sur la vente de produits à prix tout à fait bas, car si le tailleur, la couturière, donnaient satisfaction à la clientèle riche, la couturière à façon répondait aux besoins de la clientèle moyenne, et c’est plus bas que devait regarder la Confection.
- Malheureusement, ce n’était pas que par la médiocre qualité des étoffes employées qu’étaient obtenus les prix recherchés, l’avilissement du salaire, surtout, donnait ce résultat, avilissement réalisé grâce à la concurrence de la main-d’œuvre non professionnelle suffisante alors que l’on ne recherchait aucun
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- fini de fabrication. Rapidement, l’industrie de la Confection devint plus importante, et le niveau des articles produits s’éleva. La fabrication en fut confiée à des entrepreneurs qui par le sweating System, obtinrent encore des prix de façon extrêmement bas, tout en atteignant une fabrication plus soignée. Puis, par une progression qui s’observe d’une manière absolument générale, le goût se raffinant du haut en bas de l’échelle sociale, la Confection en arriva à devoir se rapprocher de plus en plus de la Grande Couture et du Grand Tailleur. La Confection fut forcée d’utiliser pour une production meilleure les éléments qu’elle a ainsi à sa disposition, le mélange tous les jours plus fréquent des différentes classes sociales exigeant presque l’unification du costume. C’est cette obligation de production toujours plus élégante et plus soignée qui a conduit quelques grandes maisons, encore trop nombreuses, à créer, comme les couturiers qui produisent tout chez eux, des ateliers de fabrication. La suppression de l’entrepreneur intermédiaire, réservant à l’ouvrier l’intégralité du prix de façon, permet, tout en relevant les salaires, d’obtenir des produits beaucoup plus soignés sans en augmenter le prix de revient.
- Dans les vitrines de la Classe 85 contenant de la Confection, on a pu voir jusqu’à quel point a été réalisé cet idéal ; faire rechercher les produits français de consommation courante tout autant que l’article de luxe.
- Les trois maisons de confection les plus importantes qui ont pris part à l’Exposition de Milan sont la Société de la Belle Jardinière, Paul Kahn et les Etablissements Halimrourg-Akar. L’histoire de la Belle Jardinière, fondée en 1825 par Pierre Parissot, n’est plus à faire. Cette maison qui n’a connu que des succès depuis 75 ans, fait des vêtements confectionnés de toute sorte et aussi sur mesure, ainsi que tout ce qui touche à l’habillement. Les costumes qu’elle a exposés à Milan ont été coupés et confectionnés exclusivement dans les ateliers et par des ouvriers de la Belle Jardinière. La maison emploie 8.600 ouvriers et employés. Elle a songé à organiser pour eux des sociétés de prévoyance et de retraites. Il existe une caisse de secours mutuels du personnel de la Belle Jardinière et la maison fait à d’anciens ouvriers ou employés des retraites individuelles en plus des
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- retraites qui sont fournies sur livrets individuels par la Caisse nationale des retraites pour la vieillesse.
- La maison Paul Kahn fondée en 1875, s'est immédiatement imposée par ses modèles de luxe et sa fabrication supérieure. Elle a obtenu dans toutes les Expositions les plus hautes récompenses.
- Les Etablissements Halimbôurg-Akar fabriquent des vêtements en gros pour hommes, jeunes gens et enfants. Ils résultent de la réunion des deux plus anciennes maisons françaises qui ont plus d’un demi-siècle d’existence. Les Etablissements Halimbourg-Akar occupent plus de onze cents ouvriers dans leurs trois usines de Fîmes, Issoudun et Montrouge. Une force motrice électrique de 300 chevaux active toutes les machines et évite la plus grande partie de la fatigue aux ouvriers. Cette maison fabrique uniquement en usines, ce qui assure à sa production une régularité qu’on n’obtiendrait pas autrement. La division du travail est en outre poussée très loin. Chaque ouvrier faisant continuellement la même partie d’un vêtement devient un spécialiste donnant une qualité de façon supérieure à celles qu’on peut obtenir dans des maisons fabriquant à l’aide d'entrepreneur. Cette régularité de production assure à l’entreprise un développement continu d’affaires dans l’exportation.
- Les directeurs des Etablissements Halimbonrg-Akar ont été particulièrement soucieux de leur personnel. Les ateliers sont surveillés tout spécialement au point de vue de l’hygiène. En outre une société de secours mutuels a été fondée qui compte 1,100 membres et pour l’entretien de laquelle la maison paie 25% de toutes les cotisations. En outre une indemnité de 52 fr. 50 pour trois semaines est accordée aux ouvrières en cas d’accouchement.
- D’autres maisons un peu moins importantes ont eu les mêmes préoccupations sociales. La maison Neyret et Vallée, fondée en 1849, qui se livre spécialement à la confection pour femmes, occupe 800 employés et ouvriers. Elle a organisé une caisse mutuelle d’épargne. La maison Jean et Jules Gorse, de Lyon, fondée en 1860, qui fait le vêtement pour hommes et jeunes gens, occupe 500 ouvriers. Elle a un système de bienfaisance bien organisé. Une rente viagère est accordée à tout ouvrier ou u èiiiployé après trente années de service. La retraite est fournie ^totalement par la maison sans retenue sur les salaires.
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- Parmi les maisons de spécialités, nous devons signaler la maison Hubert de Vautier et fils, fondée en 1836 et qui est restée sans interruption entre les mains de la famille. Cette maison fabrique des habillements, coiffures et équipements civils et militaires. L’importance de ses affaires est environ de 4 millions. Elle a organisé une caisse de retraite en faveur de ses employés, caisse uniquement pourvue par la maison et qui assure après 30 années de service à l’entrée en non activité une pension mensuelle équivalente à la moitié des appointements. La maison Hubert de Vautier occupe de 900 à 1,200 employés, ouvriers et ouvrières.
- Enfin, parmi les maisons de fourrures, la Société anonyme des Etablissements Revillon frères occupe un des premiers rangs. Elle fut fondée en 1723 et elle travaille les pelleteries depuis l’état brut jusqu’à la remise au consommateur sous toutes les formes possibles. Elle a montré à l’Exposition de Milan, par deux scènes, comment elle obtenait la matière première à son origine dans des comptoirs situés au Canada et en Sibérie, et comment, après lui avoir fait subir toutes les préparations, elle la vend au public en articles confectionnés d’après les indications de la mode parisienne. 2.500 employés, ouvriers, ouvrières, hommes de peine, agents divers et matelots constituent son personnel. Elle a organisé une caisse de secours pour le personnel, caisse qui est alimentée par des subventions prélevées annuellement sur les bénéfices. 50.000 francs ont été versés à cette caisse en 1906.
- Signalons aussi la maison Félix Jungman et Cie, fondée en 1876 qui vend des fourrures confectionnées et occupe 200 ouvriers ou employés, et la maison Grunwaldt, fondée à Paris en 1843, qui occupe 200 personnes à la confection de vêtements en fourrures.
- Les magasins de nouveauté, les grands magasins qui ont pris durant ces dernières années une si grande extension vendent au détail les produits de la confection. Ils tendent à supprimer le petit commerce qui accomplissait autrefois cette fonction d’intermédiaire entre la fabrique et le consommateur. Ils réussissent en multipliant leurs rayons, en vendant d’énormes quantités d articles, à se contenter de très petits bénéfices. Ils tentent le con-
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- sômmateur par le bon marché et le nombre de leurs clients compense le faible gain qu’ils font sur chacun cl’eux. Plusieurs grands magasins avaient exposé à Milan.
- La Société Fillot, Ricois, Lucet et Cie, propriétaire des magasins Au Bon Marché a exposé des robes fabriquées dans ses propres ateliers. Les magasins du Bon Marché font en réalité un commerce général des nouveautés mais les articles confectionnés pour dames qu’ils exécutent eux-mêmes constituent leur spécialité. Le personnel du Bon Marché est un des plus considérables qui soit.
- Employés, 4.400.
- Ouvriers à la maison, 1.900.
- — à l’extérieur, 24.200.
- Les institutions de prévoyance créées par le Bon Marché lui ont souvent valu des récompenses exceptionnelles, par exemple la médaille d’or du prix Audéoud décerné par l’Académie des sciences morales et politiques. Les voici exposés dans une note qui nous a été remise par MM. Fillot, Ricois, Lucet et Cie.
- 1° Caisse de prévoyance fondée en 1876 par M. Boucicaut. Sont admis à y participer tous les employés comptant cinq années de présence. Elle fonctionne sans aucune retenue sur les salaires, elle est alimentée uniquement par des prélèvements faits chaque année sur les bénéfices de la maison et elle est destinée à constituer un capital à l’employé lors de son départ de la maison ou une dot aux jeunes filles quand elles se marient. Depuis sa fondation, cette caisse a distribué 2.640.196 fr. 95, et elle disposait, au 31 juillet 1905, de 4.341.913 fr. 25 répartis entre 3,181 participants.
- 2° Caisse de Retraites fondée en 1886 par M"10 Boucicaut, destinée à constituer des pensions variant de 600 à 1.500 francs aux employés comptant vingt années de service dans la maison. Comme la précédente cette Caisse fonctionne sans aucune retenue sur les salaires. Elle est alimentée par le produit des libéralités de Mrue Boucicaut et par les revenus d’un fonds spécial constitué au moyen de prélèvements exercés sur les bénéfices annuels de la maison, en exécution d’une décision prise par les actionnaires le 12 février 1897, sur la proposition des gérants, Le capital est éventuellement appelé à faire face aux pensions que la Société aurait à servir à ses employés.
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- COLLECTIVITÉ DE LA COL'TURE
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- Cette Caisse alloue des pensions viagères. Des secours exceptionnels sont en outre accordés aux employés, aux veuves et aux orphelins. — Pensions minimum 600 francs, maximum 1.500 francs. Conditions exigées : temps de présence, 20 années; âge : 45 ans pour les dames,50 ans pour les hommes.
- Au 1er août 1905, le capital, y compris les revenus du fonds
- spécial, s’élevait à............................... 7.991.499 fr. 15
- Le fonds spécial était de....................... 9.410.177 90
- Les revenus étaient de............................ 535.698 »
- Au 1er janvier 1906, le nombre des retraités était de 413 pour une somme totale de pensions de ... ,....................................... 285.430 »
- 3° Caisse créée en 1892 dans le but de venir en aide aux ouvriers et ouvrières du « Bon Marché » au moyen de secours temporaires, de secours renouvenables et de pensions de retraite. Aucune retenue n’est opérée pour le fonctionnement de cette Caisse qui possédait au 1er août 1905 : 759.721 fr. 50 provenant de dons faits par les actionnaires et de prélèvements exercés sur les bénéfices annuels de la maison.
- 4° De plus, et afin de développer le goût de l’épargne chez les employés, la maison reçoit en compte courant les sommes qu’ils ont économisées sur leurs appointements et leur en sert l'intérêt à 5 °/0.
- Montant des sommes déposées au 1er août 1905, 4.000.473 fr. 95 : nombre de déposants : 2,370.
- 5° En outre, le Bon Marché a organisé des cours gratuits de musique vocale et instrumentale, d'escrime et de langue anglaise. Chaque année les lauréats du cours d’anglais font aux frais de la maison, un séjour de quelques mois en Angleterre pour compléter leur connaissance de la langue.
- 6° Le Bon Marché a fondé trois bourses à l’Ecole Commerciale de l’avenue Trudaine, au profit de fils d’employés de la maison.
- 7° Les employés qui ont quitté la maison pour accomplir leur service militaire sont réintégrés dans leur emploi à leur libération.
- 8° La maison alloue des indemnités aux employés appelés à faire une période d’exercices militaires de 28 ou de 13 jours.
- 9° Les jeunes filles et les jeunes gens qui n’ont pas leur famille à Paris sont logés gratuitement par la maison.
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- 10° Deux médecins sont attachés à l’établissement et tous les jours à la disposition du personnel. Les consultations sont gratuites.
- 11° Les femmes en couches reçoivent une allocation de 100 fr. pour les employées et de 60 fr. pour les ouvrières.
- Il n’est pas sans intérêt d’ajouter que le Bon Marché appartient pour ainsi dire à son personnel, le capital social de 20 millions, divisé en 400 actions, lesquelles sont subdivisées chacune en 160 coupures, soit en tout 64,000 parts, étant en totalité entre les mains d’employés ou d’anciens employés de la maison.
- Moulant des charges, pour institutions patronales, en lc30h.
- Prélèvements en faveur de la Prévoyance Boucicaut, de la Caisse de secours et de retraites des ouvriers et ouvrières, du fonds spécial créé pour venir en aide à la Caisse de Letraite des
- Employés. Bonification d’intérêts...........
- Logement du personnel, service médical, indemnités aux femmes en couches..............
- Indemnités aux réservistes..................
- Cours : musique, escrime, bourses de voyage, bourses à l’Ecole Commerciale...............
- Total...........
- Les Grands Magasins du Louvre furent fondés en 1855 par deux simples employés de commerce, Alfred Chauchard et Auguste Hériot avec l’aide des capitaux fournis par les frères Deveire. Le succès de cette entreprise fut grandiose. Il est dû à l’esprit d’organisation des fondateurs, à la méthode commerciale qu’ils ont adoptée et qui consiste à vendre tous les articles avec un bénéfice modéré de façon a répartir les frais généraux sur un tiès gios chiffre d’affaires et à procurer à la clientèle les prix les plus bas possibles par des articles de bonne qualité.
- Les-directeurs des « Grands Magasins du Louvre » ont com-
- 1.518.565 ir. »
- 60.000
- 22.000
- 40.000 »
- 1.540.565 fr. »
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- EXPOSITION DU « BON MARCHE »
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- pris tout de suite l’importance qu’il y avait à intéresser aux affaires de la maison, les employés depuis les plus modestes jusqu’aux plus importants. Ils se sont en outre, préoccupés d’améliorer le sort des hommes qui consacrent à l’entreprise leur activité et leur intelligence.
- Parmi ces mesures, les unes, institutions de prévoyance ou d’assistance, mettront à l’abri de la gêne et de la misère l’employé privé de travail par l’âge, la maladie ou les obligations militaires; les autres tendront à développer l’esprit de famille, en facilitant le retour au foyer, en allégeant les charges de la maternité, en encourageant l’épargne,
- En 1880, a été instituée, une Réserve de Prévoyance grâce à laquelle les employés ayant 6 années de présence, deviennent propriétaires d’un livret de la Caisse des Retraites de 1.000 francs. Le montant des rentes viagères à capital réservé ainsi ouverte s’élève pour les 25 premières années de fonctionnement à 56.087 francs. Cette œuvre de prévoyance est alimentée par l’attribution en sus des appointements, de gratifications annuelles.
- Une caisse de secours mutuels a été fondée en 1876. Elle était à l’origine, alimentée par les dons et les cotisations de ses membres, mais depuis le 1er août 1900, la Société des « Grands Magasins du Louvre » a pris à sa charge le paiement des cotisations. La caisse de secours est devenue une libéralité gratuite en faveur des employés. Le total des sommes distribuées par elle s’élève aujourd’hui à plus de 483.000 francs.
- Enfin, il faut ajouter à ces institutions, une caisse d’assistance médicale, créée en 1891, pour venir en aide aux malades, le sanatorium de Tournan pour les employés convalescents ou fatigués, les secours aux femmes en couches. Une société d’babi-tation à la campagne soutenue par les « Grands Magasins du Louvre » et la donation Cbauchard, vaste propriété de Versailles, qui fut divisée en cinq cents lots attribués aux plus anciens employés.
- Un tableau dressé par les « Grands Magasins du Louvre », fixe à 10.341.136 fr. 50 les dépenses faites de 1880 à 1905 par la Société au profit de son personnel.
- Le Printemps, maison Laguionie et G'°, lut fondé en 1866, elle fait commerce général de nouveautés et elle a particulièrement
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- développé ses institutions d’assistance. M. Laguionie en prenant la direction de cette Société, a créé une caisse spéciale pour les cas de maladie des employés, qu’il prend à sa charge jusqu’à concurrence de 50.000 francs de dépenses par an. Tout employé inscrit sur les registres du « Printemps » depuis un an au moins, et dont le traitement total (appointements et intérêts) ne dépasse pas 3.000 francs par an, reçoit pendant quinze jours, de la Caisse Spéciale, en cas de maladie constatée par un médecin chargé du service médical du « Printemps » et entraînant une suspension de travail de plus de deux jours, une indemnité égale à la moitié de son traitement quotidien moyen, basée sur la dernière année. Cette indemnité ne pourra, en aucun cas, être inférieure à trois francs par jour.
- Il existe en outre une caisse de retraites, secours et prévoyance, alimentée par un prélèvement annuel sur les bénéfices sociaux. Le service des retraites fonctionne au profit des employés ayant 25 ans de présence et 50 ans d’âge et une situation qui aura été inférieure à 5.000 francs en moyenne.
- La pension de retraite est fixée à 360 francs par an, payables à la Caisse de la Société par trimestre échu.
- Toutefois — et dans les limites des sommes annuellement disponibles après le prélèvement des pensions de 360 francs — le Gérant peut exceptionnellement, soit pour reconnaître des services rendus, soit en raison d’une situation spéciale, abaisser la limite d’âge ou de présence dans la maison, élever le chiffre de la pension, ou en étendre le bénéfice à des employés dont le traitement est supérieur an maximum fixé par le règlement.
- En cas d’insuflisance des produits annuels de la Caisse pour servir les pensions de 360 francs aux ayants-droit, le Gérant peut suspendre provisoirement la création de pensions nouvelles. A cet effet, un numéro de classement sera attribué à chaque employé à l’époque précise où il aura rempli entièrement les conditions requises pour avoir droit à la retraite. Ce numéro déclassement indiquera le rang du participant sur la liste des pensions de 360 francs à servir : soit immédiatement, s’il y a ressources annuelles sufïisantes, soit ultérieurement et suivant vacances en cas d’insuffisance.
- Enfin, un service médical gratuit fonctionne quotidiennement, des allocations sont offertes lors des massages, des accouche-
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- ments, des périodes de service militaire ; et un service de comptes courants à intérêts encourage à l’épargne les employés économes.
- La maison Ernest Gognacq «A la Samaritaine» a 37 ans d’existence, c’est également un magasin général de nouveauté. Elle a exposé à Milan des costumes et manteaux pour dames et des jupons et des corsages. Elle revendique comme caractéristique de fournir à des prix très avantageux des vêtements confectionnés pour dames pour toutes les classes de la société. Son personnel comprend 3,000 personnes, pour lesquelles un certain nombre d’institutions spéciales ont été organisées.
- 1° Livrets de la Caisse nationale des Retraites pour la vieillesse avec versements annuels de 500 francs aux employés comptant 7 années de présence à la maison.
- 2° Indemnité de 100 francs pour femmes en couches ;
- 3° Intérêt de 5 % servi aux employés qui placent leurs économies dans la maison ;
- 4° Fondation Cognacq à Rueil (Seine-et-Oise), 100 lits destinés à assurer une retraite aux vieux employés du commerce de la nouveauté et des industries qui s’y rattachent (gratuite pour le personnel de la maison) ;
- 5° Pouponnât gratuit à Rueil pour le personnel de la maison ;
- 6° Maisons ouvrières, logements à bon marché construits à Levallois-Perret avec tout le confort désirable.
- Les tailleurs n’ont été représentés à Milan que par quelques maisons. M. Georges-Emile Caiiette, tailleur de luxe faisant les costumes civils, les vêtements de cour, de vénerie et les livrées, emploie 265 ouvriers. Il a créé pour son personnel une caisse de secours pour naissances ainsi qu’une caisse de retraite qui assure 200 francs de rente à chaque ouvrier après 20 ans de travail et 300 francs après 30 ans.
- La maison Maurice Gallais, sous la dénomination The Sport a exposé des vêtements de sport dont elle s’est fait une spécialité: 300 ouvriers.
- La maison Rogler, vieille maison et vieille renommée, 80 ouvriers et la maison Nicolas Kregck, fondée en 1872, 60 ouvriers et employés, ont exposé des costumes de façon très soignée qui leur ont valu de hautes récompenses.
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- Les tailleurs sont en France dans une situation bien moins favorable que les couturiers. Alors que ces derniers jouissent à juste titre d’une réputation incontestée, le goût exagéré des choses anglaises a créé à nos tailleurs de luxe de redoutables concurrents. Quant aux petits et moyens tailleurs, c’est la confection sans cesse perfectionnée qui les menace. Il n’en va pas ici comme dans le costume féminin, un luxe de garniture qui rend la couturière presque indispensable. La confection pour hommes peut beaucoup plus facilement se substituer aux petits et moyens tailleurs que la confection pour dames ne peut se substituer à la moyenne et petite couture. Aussi, le tailleur à façon travaillant chez lui avec sa famille tend-il de plus en plus à disparaître.
- Les salaires des ouvriers coupeurs, appièceurs, pompiers(qui font les retouches après l’essayage) varient entre 5 et 10 francs. Il faut encore ajouter aux ouvriers utiliséspar l’industrie du tailleur des culottières et des giletières, qui gagnent lorsqu’elles travaillent en maison de 50 à 85 centimes par heure.
- Mais toutes ne travaillent pas en ateliers. Les tailleurs aussi bien que certaines maisons de couture pour dames donnent à exécuter du travail à domicile, que faut-il penser de cela ?
- Il est assez difficile de dire combien il y a d’ouvriers ou d’ouvrières travaillant en chambre. On estime d’après les recen-cements professionnels qu’il y a près de 700.000 salariés au service de petits patrons employant deux ou trois personnes seulement. Sur ces 700.000 salariés il y a évidemment un grand nombre de travailleurs en chambre; d’autre part les petits patrons travaillant seuls, les ouvriers à façon sans place fixe et unique, comprennent environ 1.560.000 personnes, tant hommes que femmes, et, parmi eux, une très grande partie sont aussi des travailleurs en chambre. Dans les industries de l’aiguille qui occupent environ 1.300.000 salariés, on estime que la moitié environ sont des travailleurs en chambre. Ce chiffre est très certainement inférieur à la réalité, car on compte à peine 400.000 salariés de cette industrie qui soient soumis aux investigations de l’inspection du travail. Admettons le chiffre de 700.000 personnes qui est très certainement un minimum. Gomment et pourquoi ces 700.000 personnes travaillent-elles en chambre ?
- « Si ces ateliers de famille s’étendent de plus en plus, écrit un inspecteur du travail, ce n’est pas fortuitement, mais à dessein et en vue précisément de se soustraire aux lois de réglementa-
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- tion du travail ». Empruntons à un autre inspecteur l’énumération des raisons pour lesquelles les patrons ont recours à ce mode d’emploi du travail. « Les chefs d’industrie trouvent tout avantage à créer des ateliers de façonniers : 1° pas de contact avec les ouvriers ; 2° pas de contraventions à craindre (elles retombent sur le façonnier); 3° frais généraux moindres; 4° en cas de grève situation bien plus favorable... On s’assure ainsi une production beaucoup plus intense, le métier marchant presque nuit et jour sans interruption grâce aux relais entre les différents membres de la famille ». Gomment la chose se passe-t-elle ? « Une commande nous est-elle faite pour un très bref délai disent les industriels, d’après le rapport d’un inspecteur du travail, l'ouvrage est donné au dehors et il faut bien que l’entrepreneur se débrouille ». Voici ce que disent à leur tour les chefs d’atelier clandestin à qui l’inspection veut appliquer la loi : « Comment pourrons-nous terminer rigoureusement notre journée à l’heure fixée ? L’ouvrage nous arrive souvent vers la fin de l’après-midi avec l’injonction de le livrer le lendemain matin. Gomment nous exposer à mécontenter une maison de laquelle dépendent toutes nos ressources ? Pour une commande non exécutée à temps tout l’ouvrage nous serait impitoyablement retiré et 20 concurrents prêts à le prendre. » En résumé, les ateliers en chambre qu’ils soient utilisés pour la confection des vêtements, la lingerie ou les fleurs, sont un moyen d’éluder les lois sur le travail de nuit, l’emploi des enfants, d’une façon générale toute la législation faite en faveur des travailleurs. La généralisation de ce mode de travail tend en outre à avilir les salaires. La concurrence ne s’exerce pas là ouvertement. Il n’existe aucune association des ouvriers en chambre capable d’imposer un tarif syndical, les industriels qui recourent à ce mode d’emploi spéculent, qu’ils le veuillent ou non, sur la misère plus ou moins grande de leurs ouvriers à l’extérieur qui acceptent des salaires d’autant plus faibles, que leur misère est plus grande. Ges ateliers clandestins ressuscitent-ils l’atelier de famille dont on a tant déploré la disparition anciennement ? D’abord il est très fréquent qu’ils emploient plu-sieurspersonnes étrangères àla famille. En outre l’atelier de famille tel qu’on le comprend et tel qu’on l’approuve est un atelier où pour un temps de travail normal et un salaire équitable, le père, la mère et les enfants adultes concourent à la tâche. L’atelier du travail en chambre est tout le contraire. Le travail y est pour-
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- suivi nuit et jour, la femme s’y emploie toute la journée et ne trouve pas le temps de remplir ses devoirs de ménagère. Les enfants sont employés à des travaux parfois durs et fatigants bien avant l’àge légal. Empruntons à une monographie dressée par les inspecteurs du travail des détails précis. Une maison de gros au centre de Paris envoie en province et à l’étranger des vêtements pour enfants et fillettes. Le personnel industriel intérieur se compose de 8 personnes travaillant de 9 à 11 heures, bénéficiant du repos du dimanche et gagnant de 1.800 à 3.600 francs. Le personnel industriel extérieur se compose de 60 entrepreneuses occupant chacune de 2 à 20 ouvrières et auxquelles on paie 3 francs la robe de fillette vendue 10 francs et 2 francs la jaquette vendu 7 francs. Naturellement la monographie ne peut indiquer les jours et heures de travail de ce personnel industriel extérieur. Mais elle laisse apparaître assez clairement l'importance du travail en chambre pour certaines maisons de confection et la gravité des abus qu’il autorise.
- Nous ne pouvons faire mieux en terminant ce rapport que nous joindre à tous les philanthropes et à un grand nombre de législateurs et de juristes pour demander une réglementation du travail en chambre qui fournit à bas prix, du travail de mauvaise qualité aux dépens de la santé des travailleurs.
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- TABLE DES MATIÈRES
- Considérations générales............................................ 11
- Jury des récompenses................................................ 14
- Liste des récompenses............................................... 16
- Section italienne................................................... 21
- Le Costume en 1906 ................................................. 25
- Le Commerce de la France............................................ 39
- Organisation du Travail........................................... 47
- Section française................................................... 55
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